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Full text of "Handelingen"

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JMll(j|^/| 



■^ BEQUtSr 

UNWEKSnY orMICHIGANl 
ŒNERAL LIBRARY i 




Dl 






ANNA'LES 



DE LA 



mm\ DIMOLATION 

POUB L'ÉTUDE 

DE L'HISTOIEE & DES ANTIQUITÉS 
DE LA FLANDRE. 



4* S£&IE 

TOHE z, nxyn* yolüme de u collection 



ji:sr:srÈssi -is&i 



BRUGES 

IMPBIMEBIE DE FLANCEE, FBÈBES 
1888. 



Wf^ 



Le FréBident, 



^/y/v ^ ^^y/e^i-^^i^ j 



Le Seorétaire, 




■^■■■^■^ LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIETE D'EMULATION 

FOUR l'Étude db 

L^HISTOIBE ET DES ANTIQUITÉS 
DE LA FLANDRE. 

Membres Effectifs. 

Messieübs : 

1. Auguste db MAESE-UMNANDEB^ingénienr-hydrograplie, à Gand. 

2. Alfbkd BOKSE, membre de la Chambre des Représentants, écbeyin 

de la Tille de Broges, mbhbkb du CoMixi. . 
8. L'abbéCLAEBHOÜT, professeur au collège épisoopal de Thourout. 

4. Alois NELIS, professeur à Tathénée royal de Bmges, BiBLioTHicAiRB. 

5. Jules BBOUGKAEBT, biblîophilei à Courtrai. 

6. L*abbé A. C. E. J. DE SOHBEVEL, licencié en théologie, directeur du 

séminaire, à Bruges, membbb du Comité. 

7. Godbfboid KÜBTH, professeur à rUniyersité, à Liège. 

8. Monfleignenr H. F. BBACQ, prélat domestique de S. S., assistant au 

tr^ne pontifical, officier de TOrdre de Léopold, docteur en théo- 
logie,éy6que de Gand. 

9. Le baron Abthub SIJBMONT DE VOLSBEBGHE, sénateur, à son 

obitean, \ Yoormezeele-lez-Ypres. 

10. Jean YAN BUYMBEEIE, bibliophile, membre correspondant de la 

Commission royale des monunents, à Courtrai. 

11. Le baron Ebnbst VAN CAIX)EN, docteur en droit, \ Lophem. 

12. LjC baron BETHÜNE-D*YDEWALLE, membre correspondant de la 

Commission royale des monuments, président de la Gilde de S. 
Thomas et S. Luc, à Gand. 
18. Le cheyalier Gustave VAH HAVBB, ancien sénateur, bourgmestre 
de Wyneghem, près d'Anvers. 

14. Jules YANDENFEEBEBOOM, Ministre des Chemins de fer, postes 

et télégraphes de Belgique, à Bruxelles. 

15. Ebnbst L£F£VRB-YAN DEN BERQHB, arohédogue, à Gand. 



Mbssibqes : 

16. J. VAN GALOEN DE BASSEGHEM, conseiller proTÎncial, membre 

de la Commission adminlstrâtire des Hospices civils, à Bmges. 

17. DÉSIRÉ VAN DE CASTEELE, conservatenr des archives de TÉtat 

à Liège, chevalier de TOrdre de Charles III d'Espagne, söcrétaire de 
l'Institut archéologique liégeois, membre de TAcadémie d^archéo- 
log^e d^Anvers, de la Société historique, archéologique et littéraire 
de la ville d^Ypres et de l'ancienne West- Flandre, de la Société 
de littérature néerlandaise de Leide, de la Société zélandaise des 
Bcienc«s etc. membre du Comité. 

18. Le chanoine Ad. DUCLOS, conservateur des SS. Beliques du diocèse 

de Bmges, membre de la Gilde de Ste-Lutgarde pour l'étude de la 
langue et des antiquités flamandes, rédacteur du Rond den Heerd, 
membre du comité directeur de la Société archéologique et du 
Musée de Bruges. 

19. A. DIEGEBICK, conservateur .adjoint des archives de l'État, à Gand. 

20. Mgr. le baron F. BETHUNE, chanoine de la cathédrale de Bruges, 

membre correspondant de la Commission royale des monuments, 
président de la Société archéologique, à Bruges. 

21. Le comte Th. YAN DEB STBATEN.PONTHOZ, grand-maréchal de 

la Cour, grand*oroix des Ordres de Léopold et du Lion néerlandais, 
de la Couronne de fer d* Autriche etc., à Bruxelles. 

22. L'abbé FEBBANT, curé de St François, k Menin. 

23. GusTAYB OABTON, chevalier de TOrdre de Léopold, docteur en méde- 

cine, à Wynghene. 

24. Monseigneur Jean-Josepb FAICT, docteur en théologie, en philo- 

Sophie et lettres, officier de VOrdre de Léopold, évèque de Bruges, 
prélat domestique de S. S. et évèque assistant au trône pontifical. 

25. Le vicomte Albéric DE MOKTBLANC, membre de la Chambre des 

Beprésentants, chevalier de TOrdre de Léopold, à Ingelmunster. 

26. Le baron KEBVTN DE LETTEKHOVE, membre de la Chambre des 

Beprésentants, commandeur de TOrdre de Léopold, chevalier des 
Ordres de François-Joseph d'Autriche et de 1* Étoile Polaire, 
membre de l'Académie rojale de Belgique, président de la Com- 
mission royale d'Histoire etc. à St. Michel lez-Bruges, Président. 

27. Jules LAMMENS, sénateur, à Gand. 

28. LÉON DE FOEBE, docteur en droit, à Bruges, Secrétaire-Trésorier. 

29. Le comte Amedée VISABT, membre de la Chambre des Beprésen- 

tants, bourgmestre de la ville de Bruges, chevab'er de l'Ordre de 
Léopold. 

80. Le comte TmERRY DE LIMBÜBG STIBUM-DE THIENNES, séna- 
teur, membre de la Commission royale pour la publication ded 
anciennes lois et ordonnances etc., à Gand, membre du Comité. 

31. EDOUARD KEELEMAKS, chevalier de l'Ordre de la Couronne de 
Chêne et ancien bourgmestre d'Eecloo, membre du Comité. 

82. Le Père Supérieur de la résidence des Bfi. PP. Jésuites, à Bruges. 



Messieurs : 

33. L*abbé J. B. M. BOMMEL, principal du collège Sfc-Lonis, à Bruges, 

MEMBRE DU GoMITé. 

34. BENé CHALON, commandenr de TOrdre de Lëopold et de VOrdre 

dn Christ de Portogal, etc., président de la Société des Bibliophiles 
belges, membre de VAcadémie royale de Belgique, vice-président 
de la Commission royale des monuments etc., à Bruxelles. 
96. Le chanoine Alphonse DE LEYN, docteur en droit, membbb du 

COMITi. 

36. J. M. £. FEYS, cheyalier de l'Ordre de Léopold, membre correspon- 
dant de TAcadémie héraldique italienne de Pise, professeur hono- 
raire d*athénée, à Bruges, ViCB-pRisiDENT. 

87. Le Docteur Ami BEMBBY-BABTH, membre effectif de la Société 
historique, archéologique et littéraire de la ville d^Tpres et de 
Tancienne West-Flandre, membre correspondant de la Société 
historique et littéraire de Tournai, du Cercle archéologique de 
Mons, de la Société paJéontologique et archéologique de Charleroi, 
de la Commission historique du département du Nord, de la Société 
académique d^agriculture, sciences et arts de Douai, de la Société 
des antiquaires de la Morinie, de la Société littéraire, historique 
et archéologique de Lyon, etc., archiviste de la ville de Menin. 

38. EuaiiiB COBTTL, membre dn Comité flaniand de France, h Bailleul. 

89. Ignace DE COUSSEMAKEB, archéologue, membre de plusieurs 
sociétés savantes, à Bailleul. 

40. Ferdinand TAN DEB HAEGHEN, chevalier des Ordres de Léopold 

de Belgique, de TÉtoile Polaire et de la Couronne royale de 
Prusse etc., membre correspondant de la Commission royale des 
monuments, bibliothécaire de TUniversité, à Gand. 

41. L'abbé Auo. VAN SPEYBEOÜCK, membre du Comité flamand de 

France, membre de Tacadémie pontificale " Gli Arcadi" de Bome, 
à Bruges, bibliothIIc aire- adjoint. 

42. L'abbé VAN DEB MEEBSCH, directeur du couvent des Dames de 

Bousbrugghe, à Ypres. 
48. Le chevalier AMEDis DE SCHOUTHEETB DE TEBVABENT-DE 
MÜNCK, ancien vice-président du conseil provincial de la Flandre 
orientale, président dn Cercle archéologique dn pays de Waes, 
château de Moeland, à St- Nicolas (Waes). 

44. Adilb MÜLLE DE TEBSCHUEBEN, membre de la Chambre des 

Beprésentants, à Thielt. 

45. Alphonse BOELS, bibliophile, à Broges. 

46. WITTEBYCK, instituteur, à St Croix.lez-Bruges. 

47. Le baron DE CONIKCK DE MEBCKEM, sénateur, à son château, 

à Merckem. 

48. Arthur MEBGHELYNCK, membre titulaire du Comité flamand de 

France, de la Société historique, archéologique et littéraire de la 
ville dTpres, â Ypres. 



Messieïïbs : 

49. L. J. MESSIAEN, curé, à Heckem. 

50. Le vicomte DE PATIN DE LANGEMABCE, au château de Lan- 

gemarck. 

51. Le Baron Jean BETHUNE-DE VILLEBS, membre dn conseil pro- 

vincial de la Flandre occidentalci bourgmestre d'Oost-Boosebeke, 
membre du Comité de la Gilde de S. Thomas et S. Luc. 

52. Le Haron Albert VAN CALOEN-VAN OCKEBHOUT, docteur en 

droit, conseiller provincial de la Flandre occidentale, à Lophem, 

MBMBBE DU COMITÉ. 

58. WiLFRXD C. BOBINSON, ancien zouave pontifical, rédacteur dn 
Catholie Progress, à Bruges. 

54. Victor MAELFAIT, littérateur, membre de la Société " De Vriend- 

schap ", à Boulers. 

55. Le vicomte DE BUFPO BONNEVAL DE LA FABE, à Bruges. 

56. Le chevalier Amaüry-Joseph-Chaeles DE GHELLINGK D*EL- 

SEGHEM, membre de la Société des Bibliophiles flamands à 
Gand, de la Société des Bibliophiles belges, de la Société archéolo- 
gique de Mons et dn Cercle archéologique d'Enghien, à Bruxelles. 



Membres honoraires. 



Messie UBS : 

1. Mgr. A. NAMËGHE, rectenr émérite de ronirersité catholique de 

LouTain, prélat domestique de S. S., docteur en théologie, chanoine 
honoraire de Tégliae métropolitaine de Malines, officier de TOrdre 
de Léopold, professeur émérite à la faculté de philosophie et let- 
tres, à Parck-lez.Louyain. 

2. Lgtuis de B ACKEB, inspecteur des monuments historiques, oheralier 

des Ordres de la Couronne de Chêne et de Henri-le-Lion de Bruns- 
wick, officier d* Académie, membre de la Commission historique 
du département du Nord, de la société des Arts et des Sciences 
de Douai, des antiquaires de la Morinie, de la Société d^Émulation 
de Cambrai, etc., à Noordpeene. 

3. Le R. Père Henri-Mabie IWEINS, de Vordre des Frères-Prêcheurs, 

membre de TAcadémie d'archéologie de Belgique, membre cor- 
respondant de la Société des antiquaires de la Morinie et du 
Comité flamand de France, à Louvain. 

4w 'ÊBovARD YAN CAÜWENBEBGHE, littérateur, écheyin de la yille 
d'Andenarde. 

6. NOLET DE BEAUWERE VAN STEELAND, docteur ès-lettres, 
chevalier de l'Ordre du Lion néerlandais, commandeur des Ordres 
de la Couronne de Chêne, du Christ de Portugal et d*Emest- 
Auguste de Hanoyre, cheralier des Ordres de Léopold de 
Belgique, de l'Étoile Polaire, du Danebrog, d* Adolphe de Nassau, 
de François I*' des Deuz-Siciles et de Henri-le-Lion de Brunswick, 
associé de l'Académie royale de Belgique, à VilTorde. 

6. Alphonse-Philippe-Ghislain Comte VAN DE WALLE, homme de 

lettres, chevalier de l'Ordre de St Grégoire-le-Orand, comman- 
deur et chevalier de divers autres Ordres, administrateur de la 
Banque de la Flandre Occidentale, membre de TAcadémie d*ar* 
chéologie de Belgique, du Comité flamand de France, de la 
Société des antiquaires de la Morinie, etc., à Bruges. 

7. Ch. PIOT, officier de l'Ordre de Léopold, chevalier de l'Ordre de 

' François-Joseph d'Autriche, archiviste-général du Bojaume, 
membre de l'Académie royale de Belgique, et de la Commission 
royale d'Histoire, etc., à Bruxelles. 

8. N. DE PAÜW, avocat général à la Cour d'appel de Gand, chevalier 

de l'Ordre de Léopold, vice-président de l'Académie royale 
flamande, membre de la Commission des archives et de celle des 
monuments de la ville de Gand, du Cercle archéologique de 
Termonde etc., à Gand. 



Messieubs : 

9. Mgr. Ie obanoine OHRiiiEN DE HAISKES, Beorétaire-général des 
Facultés catholiques de Lille, ancien archiviste-général du 
département da Nord, à Lille. 

10. Le R. P. HüB.- Pbospes VAN DEB SPEETEN, de la Compagnie de 

Jésus, à Bmxelles. 

11. Alphonsb de SCHODT, directeur-général de l'enregistrement et 

des domaines, officier de l'Ordre de Léopold, secrétaire-trésorier 
de la Société royale belge de numismatique, membre de la Société 
des antiquaires de Suède, à Bruxelles. 

12. ÂLB. MATTHIEU, juge au tribunal de première instance, k Bruxelles. 



HISTOIRE 



DU 



SEMINAIEE 



DE BEUGES 



PAR 



J^- O- IDE SOUR/EVEHj 

UCnClt KV TSiOLOGII DE LUVIVIBSITÉ CATHOLIQUS DB LOUYAIH 
FBO7B80SÜB S^SISTOIBS ICCLfiSIASTIQUS Au SÉKIHAIBl DE BBÜGES 



BRUGES 

niPRIMEBIE DE FLANOEE, FBÈBES 
1888 



siégosépis- épiscopaux: Arras, Cambrai, Tournai, Utrecht, sous 
copanx des (Jeux luétrouoles étrangères. L'évêque d'Utrecht 

dix-sept pro- . no , t m t h -i /^ i ï 

Tinces BODs était sufEragant de 1 archevêque de Cologne; les 
ch..Qmnt. ^vêqucs d'Arras, de Cambrai et de Tournai étaient 
Buffragants de l'archevêque de Reims. Pour ne 
parler que des intérêts a:'eligieux, l'étendue des dio- 
cèses, la diversité des langues qu'on y parlait, la diffé- 
rence des mœurs et des habitudes empêchaient les 
premiers pasteurs de remplir pleinement leur mis- 
sion. L'instruction des fidèles était négligée; le 
clergé inférieur, faute de surveillance suflBsante, en 
divers lieux, s'acquittait de ses devoirs avec négli- 
gence; le relâchement faisait des progrès et facilitait 
l'introduction de l'hérésio.Charles-QuintjConvaincu 
de la nécessité d'opérer une réforme dans l'orga- 
nisation ecclésiastique des Pays-Bas, avait fait 
dans ce sens plusieurs tentatives à Rome. Malheu- 
reusement les diflBcultés politiques qui vinrent à 
rompre les bonnes relations entre l'empereur et le 
Saint-Siège, et probablement aussi les guerres qui 
troublèrent alors l'Europe, rendirent ces démarches 
infructueuses. 

Philippe II réalisa, mais sur une plus large 
échelle (^), les désirs de son auguste père : après 
bien des négociations, il obtint du Pape Paul IV 
la bulle Super Uiiiversiy créant toute une nouvelle 
hiérarchie composée de trois églises métropolitaines 
et de quinze cathédrales. 



(^) Charles-Quint n'avait demande que six ou sept évéchét 
nouveaux. 



8 

Malines érigée en métropole avait six nouveaux nierarciiîo 
sièges épîscopaux dans sa circonscription: Anvers^ acfus^Phni*^© 
BoiS'le^DuCy Bruges^ Gand^ Buremonde et Ypres. n- 
Au midi, les évêchés d'Àrras^ de Namui\ de Saint- 
Orner et de Tournai étaient soumis à la juridiction 
de Varclievêque de Cambrai. Cinq nouveaux diocèses 
créés pour les provinces septentrionales à Deventer y 

Groeninghe^ Harlem^ Leeuwarde et Middelbourg 

ressortissaient à l'archevêché d'ÜTRECHT (^). 

La constitution particulière de Pie IV Ex injundo 

Nobis desuper catholicœ servitutis officio^ datée du 

12 Mars 1560, institue définitivement l'évêché {^) 



{}) Comme le remarque fort jadicieusement Mgr Claessens, " la 
diyision était très-normale. Le Saint-Siège éleFait au rang de métro- 
poles les trois Tilles qui représentent trois populations, diverses de 
Itingnes, de lois et d'habitudes sociales: les Gallo- Wallons, les 
Flamands-Brabançons et les Frison s-Bataves. " — Voir, pour de 
plus amples détails: P. Claess£NS, Quelques éclah-cissemeiifs sur 
V établissement des évêchés dans les Pays-Bas, Louvain 1Ô59. 

(*) Voici en quel ordre se sont succédé . les premiers pasteurs 
de Tancien diocèse de Bruges : 



Pierre CurtiuB (de CorU) 
Semi DriatioB (Drûux) 
"Mmlhîan Lambrechi 
Charles-Philippe de Rodoan 
Antoine Triest 
Bénis Cbristophori (Stqffeh) 
Serrais Quinckeros {d* Quitteken) 
Kioolas da Uaudion 
Charles Van den Bosch 
Boben de Hajnîn 
François de BaiUoneourt 
Hambert-GoillAnnAe de Precipiano 
Guillaume Bassery 
Henri-Joseph van Snfiteren 
Jean-Bap iate-Louis de CasülUon 
Jean*Bobert- GhitfLi in Ce imo 
7£iz.Qnill..Autoln« Brenart 



fiacre le 26 ï>éc. ISCI 

" " 18 Sar. 1509 

" "28JIÜU.1590 

transf . en Juin 1002 

sacré le Jnill. 1617 

" *' 2ôMail623 

" " 16JuinlG30 

" "2ÖjBnv.l642 

" "23 Juin. 1661 

" " 22 0ct. 1662 

" " 28 Juin 1671 

" " 21 Mars 1683 

" " 7 JHnv. 16D1 

" " 22 Mars 1716 

*• " U Juin. 1743 

" " 16 Juin 1754 

" " » Juin 1777 



mort lo 16 Oct. 1567 

" " 12 Mai 1594 

" " 1 Juin 1602 

*' " 7 Juin. 1616 

transf . en Mars 1622 

mort le 6Ao<ktl629 

" » 6 Mars 1639 

" "24 Sept. 1619 

transf. en Avril l6.'/8 

mort le 10 Dec. 1668 

" " 3 Nov. 1681 

tr>nisf. on Août lego 

mort le 18 Juin 1706 

" "24 Pévr. 174J 

" " 26Juinl76i 

" " 22 Dec. 1775 

" " 26 Oct. 1794 



4 

de Bruges, fixe les limites du nouveau diocèse Q), 
et détermine la mense episcopale. 

L'ancienne collégiale de Saint-Donatien, élevée à 
la dignité d'église cathédrale, devra donc, en vertu 
du concile de Trente, avoir son séminaire. Avant 
d'exposer les origines de cette salutaire institution, 
et afin de rendre plus facile l'intelligence de tout ce 
qui va suivre, il sera utile d'esquisser brièvement 
l'organisation du chapitre de Saint-Donatien et de 
faire connaitre l'école chapitrale, ainsi que la chaire 
publique de théologie fondée, par Jean de Witte, 
évêque de Cuba. 

CHAPITRE IL 

OBGANISÂTIOK DU CEAPITBE DE SAINT-DONATIEZT. 

Au moment de l'érection de l'évêché de Bruges, 

le chapitre de Saint-Donatien était organisé comme 

Prévôt, suit. A sa tête (^) se trouvait le j^ré\ot{prae2)ositus), 



0) Le diocèse fut divisé en un archiprêtré, celui de Bruges, et 
sept doyennés, ceux d'Ardenbourg, de Thourout, de Roulers, de 
Ghistelles, d'Oudenbourg, de Darame et de l'Écluse. 

(2) " Déclarât (sententia 2 oct. 1456) quod decanatus sit dignitas 
curata electiva, non tamen principalis, cum prepositura sit princi- 
palis et prepositus caput. Déclarât quod decanus pars sit capituli 
et sub nomine capituli contineatur. Decanus sicut pars sub toto, 
est tamen honorabilior pars, spiritualia ministrans et habens ani- 
marum curam omnium canonicorum et habituatorum chorum 
ecclesie frequentantium, cura certis preeminentiis et insigniis 
ultra canonicos sibi appropriatis. " — Arcb. de l'évêché: EMrada ex 
quodam libro cujus iitulus sic sonat : Summarium fundationum, 
privilegiorum et munimentorum ecclesiœ S. Donatiaui per Hu- 

BEKTUM WaGHENAEHS. 



qui joignait à ce titre celui de chancelier perpétuel 
ou héréditaire de Flandre. Élu par les chanoines, 
il était confirmé par le prince, et exerçait une juri- 
diction temporelle très-étendue Q). 

Des revenus spéciaux étaient attachés à la dig- 
nité prévôtale. 

Le corps capitulaire se composait d'un doyen ^<^/^j^ 

. , , *^ grand-chan- 

{decawis), premier dignitaire, d'un grand-chantre tre. 
(cantor), second dignitaire du chapitre, et de trente 
chanoines. 

En dehors des biens particuliers réservés aux 
deux dignités, on comptait, il est vrai, trente et une 
prébendes, dont vingt-sept grandes (^) et quatre 
petites (^) ; mais depuis 1344, la seizième d'entre 
elles était unie au décanat. 



0) Sur la prévôté {proossche) de Saint -Donatien et le canonicat 
(caneunixsche) qui ensemble formaient une seigneurie ecclésiasti- 
que, voyez BEA.UCOÜRT de Noortvelde, Beschryving der heerlykhede 
en lande van den Troosschen, Brugge 1764 ; Waknkœnig, Histoire 
constiiuliminelle et administrative de la ville de Bruges et du pays du 
Fi^anc, Bruxelles 1851, § m, p. 4S; et surtout Gilliodts-valN- 
Se VEREN, Za Prévôté cZe Saint'Dimaiien,à Bruges, dans La Flandre, 
revue des monuments d^histoire et d* antiquités, Bruges 1872-73, p. 337; 
Coutume de la Prévôté de Bruges, dans le Recueil des anciennes 
coutumes de la Belgique, publié par ordre du roi, Bruxelles 1887, 
Introduction pp. 1 à 242. 

(*) Provenant de la division des douze prébendes de la première 
fondation faite par Arnould-le- Grand (961) en vingt-sept pré- 
bendes à revenu égal. 

(') Trois de ces prébendes furent fondées en 1194, par la comtesse 
de Flandre Marguerite d'Alsace; la quatrième fut ajoutée en 1368 
par Pliilippe de Arbosio, de doyen de Saint-Donatien devenu 
évêque de Tournai-KoTon. 



6 

Le doyen était chargé du soin spirituel des cha- 
noines, des chapelains et des clercs qui fréquen- 
taient le chœur. — Un prêtre délégué par lui 
exerçait le ministère pastoral parmi les laïcs de la 
paroisse de Sainfe-Donatien(^). Depuis peu, le grand- 



Q) En vertu d'une sentence arbitrale en date du 2i Juillet 1522, 
interprétée par le grand conseil de Malines, le 17 Juillet 1523, 
" sont réputés paroissiens de Saint-Donatien, s'ils viennent à 
mourir dans les limites de Téchevinage de Bruges, qu'ils y aient 
leur domicile, ou qu'ils y soient de passage: 

Le comte, la comtesse de Flandre et leur famille; 

Le maître des requêtes, les secrétaires, les portiers et tous autres 
officiers et serviteurs de la maison comtale; 

Les président et conseillers du grand conseil et du conseil de 
Flandre, et tous leurs officiers salariés par le prince ou admis à la 
retraite avec pension; 

Les deux concierges, l'un de la grande maison, l'autre de la 
maison verte du comte et de la comtesse, situées à Bruges, ou 
leurs remplaçants réels en cas d'absence; 

Le maître-général, le gardien et l'essayeur de la Monnaie de 
Flandre, le graveur du coin, le portier et le concierge de l'hôtel de 
la Monnaie et tous les employés de la Monnaie du comte et de la 
comtesse salariés par eux; 

Le bailli, l'écoutète et leurs deux clercs, l'amman et les douze 
collecteurs de la ville de Bruges; 

Les deux receveurs-généraux de Flandre, à savoir, celui du 
domaine et celui des aides et subsides ; le receveur des reliefs, le 
receveur de l'extraordinaire et tous les receveurs commis par le 
comte ou la comtesse, dans l'exercice de leur fonction; 

Le prévôt, le doyen, les chanoînes,les chapelains, les vicaires, les 
choraux, les cou tres et autres bénéficiers, habitués et installés qui 
perçoivent les distributions quotidiennes dans l 'église de Sain t-Do- 
natien;les deux bedeaux ecclé8iastiques;les deux bedeaux laïques,le8 
autres cou tres de l'église et les chapelains possédant une chapellenie 
fondée dans réglise,ainsique le maître des écoles de Saint-Donatien; 

Les dix feudataires, à savoir, six de trompe (de cornu, hoomblae' 
zers) et quatre gardiens de lice {aijtwaerdere); 

Le bailli, les vingt-huit reneurs actuels et leurs successeurs en 
même nombre; les quatre ammans héréditaires, le clero de la 
vierschaei'e,\es deux receveurs de la prévôté et les six collecteurs; 



7 



contre {majm^ custos) était parfois Q) en même 
temps past(yr laicarum. 

Le graiid-cliantre réglait les offices divins et le 
chant du chœur. — Un sous-chantre {succentor 
appelé auss.i phonascus) enseignait la musique aux 
choraux et réfectionaux et dirigeait la maîtrise. 

"Le doyen et le grand-chantre étaient élus par 
les clianoines. 

Lorsque le décanat était vacant, le chapitre ^löction du 
s'assemblait pour fixer la date de Télection et en 
faisait informer les chanoines absents. Au jour 
convenu, après la messe solennelle chantée en 
l'honneur du Saint-Esprit, on se réunissait en 
séance capitulaire pour recueillir les suffrages, 



Les épouses, les enfants et le personnel des fonctionnaires pré- 
cités et demeurant avec enx; les familiers élevés et nourris chez 
enz; leurs reuves avec leur maison, aussi longtemps que ces per- 
sonnes gardent le célibat ou le veuvage. — Arch. de Tévôché ; 
Tketracta ex quodarti libro etc. déjà cité. 

Cette sentence arbitrale du 24 Juillet 1522, qui modifie celle du 
16 Février 1485 (*), fut elle-même modifiée par un décret impérial 
du 6 Juillet 1722. — Y oir, Vei'eckeyde sententien aenwyeende ende 
verklaerende, wélcJce persoonen moeten gehouden worden voor paro' 
chianen van Sint-Donaes hercke linnen Brugge, Brugge, bij pieter 
Tan de Gapelle (s. d.). 

(*) Nous disons parfois, car il n'en était pas toujours ainsi. Far 
exemple, à la mort de Jérôme Clichtoveus (5 Nov. 1555), qui était 
major custos et pastor laicorum, la cure paroissiale des laïcs fut 
conférée à Jean Smout et la charge de grand-contre confiée à 
Corneille Coorde. C'est à tort que Foppbks {Compendium chrono' 
logicum episcoporum Brugeymum etc., p. 198) range ce dernier 
parmi les pastores laicorum. En 1561, Hubert Hnbrechts cumula 
de nouveau les deux fonctions. — Voir Ada capituU 8. Donaiiani, 
6 Nov. ; 18 Dec. 1555 ; 8 Jul. 1561. 

(*) On la trouve dans Qilliodzs-yav Sivimnr, CoutMme d« la Prévôté dé Brug^, 
T. Ji p. 86. 



8 

(à moins que Télection ne se fît par inspiration, 
per vlam Spiritus sa net i ou par compromis, per 
viam compromissi^ au lieu de se faire par scrutin, 
per viam scrutinii). Dès que les scrutateurs choisis 
par le chapitre avaient vérifié et dépouillé les 
bulletins, le grand-chantre proclamait doyen de 
Saint- Donatien celui qui réunissait la pluralité des 
voix. Après Tadhésion du nouvel élu, les chanoines 
se rendaient à l'église pour y chanter le Te Deum^ 
avec accompagnement de musique et au son de la 
cloche du chapitre, et le secrétaire, s'avançant 
jusqu'à la grande porte du chœur, annonçait aux 
fidèles le résultat de l'élection. 
Ba réception. Le jour fixé pour la réception étant arrivé, le 
nouveau doyen se présentait aux chanoines réunis, 
exhibait l'acte de son élection et de son adhésion, 
payait les droits de réception (cent couronnes d'or 
et huit gros), présentait deux hommes honorables 
qui se portassent caution pour rendre l'église 
et le chapitre indemnes, et prêtait le serment propre 
au premier dignitaire. Après quoi, le récipiendaire 
était mis en possession réelle, actuelle et corpo- 
relle du décanat: le grand-chantre précédé du 
fabricien le conduisait au maître-autel, qu'il devait 
baiser, et l'introduisait dans la stalle décanale, 
vis-à-vis de celle du prévôt. A son retour dans la 
salle capitulaire, le nouveau doyen prenait place 
sur le siège qu'il occuperait dorénavant dans 
les séances délibératives, et après avoir lu un 
passage de l'évangile et donné le baiser de paix 
à ses confrères, jurait de ne pas révéler les secrets 
du chapitre. 



L'élection du grand-chantre était moins solen- 
nelle, mais sa réception se faisait à peu près avec 
les mêmes cérémonies Q). 

Les chanoines étaient nommés par le prévôt ou 
par le Saint-Siège, selon les mois de vacance. 

Lors de la réception d'un chanoine nouvellement Serment des 
nommé, celui-ci prêtait le singulier serment dont ^ *^°"^®** 
voici la teneur: Ego N... juro (iormitorium, refeC" 
torium^ librain panis et vini, œqualitatem^ foraneU 
tatenif ordinationem inter decanum et capitulum 
antiquam et novam, statuta, privilégia et statutum 
de coUatione beneficiorum et consuetudines appro- 
hâtas. Sic me Deus adjuvet etc. (^). 

Il serait trop long d'expliquer complètement 
cette formule. Arrêtons nous cependant à quelques 
uns de ses termes. 

** Dormitorium^ refectorium et libram (^) paiiis et 
vini'^: cet article signifie dans le style du temps où 
il a été composé, une promesse jurée de vivre en 
communauté selon les règles établies ; — or, déjà 
depuis plusieurs siècles la vie commune n'était plus 
en vigueur dans la collégiale de Saint-Donatien. 



(}) Ada eapit, sous les rubriques Eledio, receptio deoani, eledio, 
recepiio cantoris, 

(') HuBEBTUS VTaghenaers, Juramentum adm. BB. DD. deeani 
et canonicorum eccletiœ cathedralis S. Donatiani Bnigensis, élucida- 
tum ex aniiquiorihii^ ejusdem eccleeim munimentiSf anno Domini 

UDCXLYI. 

(') Libra panis et vini veut dire ici livraison, distribution de 
pain et de vin. Le terme liberare dans les anciens documents équi- 
vaut souvent à celui de eolvere, prœstarc. 



10 

''Fm-aneitatem'': ce mot exprime la loi de la 
résidence permettant une absence de sept mois par 
an(^); — loi qui n'était plus conforme aux pres- 
criptions du concile de Trente (^) en vertu des- 
quelles il n'était pas permis aux chanoines d'être 
absents de leur église plus de trois mois chaque année. 
Enfin, entre autres^* Privilégia^* le chapitre pré- 
tendait avoir celui d'être entièrement exempt de la 
juridiction de l'ordinaire; — exemption à laquelle, 
en tout cas, le concile de Trente (^) venait de mettre 
fin. 

Parmi les chanoines plusieurs étaient chargés 
d'un office. 

Ainsi, tous les ans, après la fête de saint Jean- 
Granda offl- Baptiste, le chapitre désignait les grands officiers 
ciera. (magui officiarii), à savoir: 

L' obediencier (obedientiarius) , 
Le maître de la fabrique (fahricarius) ^ 
Le receveur delà foranéité (receptor f oraneitatis) ^ 
Le. receveur de l'égalité (receptor cequalita- 
Us) C). 



(*) Yoir Histoire du sémiriaire de Bruges, T. H (*), Documents 
p. 12, note, où la loi de la résidence est exposée. 

O Sess. 24. 0. 12. De reform, 

(») Sess. 6. C. 6. De reform, 

(*) Voir Hist du sém. de Br. T, II, Doc. p. 8, note 1, p. 10, note 1, 
où nous avons donné quelques notions sur ces quatre grands 
offices. Des administrations de moindre importance, telles que 
^'officium ceepitum, Voff, pieiaiiê, Voff. hoapltum canonicalium, Voff. 
magni aUarie, Voff. novi partis, Voff. chnruJ'nim, Voff. refectionalium, 
etc., avaient aussi leur receveur chanoine ou chapelain, 

(*) Annale de la SocxHi d'émulation, année 1883, T. XXXIII. 



11 

L'écolâtrie, qui était plutôt un office qu'une dignité, ficoUtre. 
était conférée à vie à Tun des chanoines Q). 

Le secrétaire du chapitre n'était pas nécessaire- Secretaire. 
ment un chanoine; cependant il avait au chœur une 
Btalle spéciale ('^). 

Un promotor causarum officii capituli était chargé Promotor 
de poursuivre d'office et de citer devant le chapitre 
les habitués de l'église qui se dérangeaient ou 
contractaient des dettes (^). 

Après les chanoines, qui formaient le corps 
capitulaire, venaient les chapelains (capellani) et 
les clercs installés (clerici installati). 

La collégiale de Saint- Donatien comptait une ChapeiaîM 
vingtaine de chapellenies de gremio chori (*), dont les chor?' ^ "^* 
bénéficiers inamovibles étaient nommés par le 
suffrage unanime des chanoines, (excepté le grand- 



(*) Nous parlerons pins longnement de Técolâtre an chapitre III 
de ce livre. 

(') '* Ac tanc prsestitî solemne juramentnm ad pectns sficerdo- 
taie de fcacendis seu non revelandis capituli secret is deque officio 
hojusmodi (secretariatns) fideliter ezercendo, quo facto installatus 
foi ad dextrum latus chori in stallo secretarii consneto per D. fa* 
bricarium, salvis juribus ecclesiœ. " — Acia cap, 9 Jul. 1561. 

(*) " Ordinatur et injungiturpromotoricansammofficii capituli 
qnod omnes et qnoscnmqne habituâtes ecclesiœ cnjuscnmquo 
qnalitatis, de quibns seu eornm Titœ et mornm abnsibus idem pro- 
motor habet informationes, hodie ex officio citari procnret ad 
proximum diem capitnlarem et procédât pront de jure. " — Ada 
cap. 7 April. 1568 (n. s.). 

(*) Le chapitre disposait aussi d*nne quarantaine de chapellenies 
de extra chorum: mais les titulaires de ces bénéfices, nommés 
seulement par le chanoine tournaire (tumarius), qui était de 
semaine, n'avaient pas accès au chœur, ni droit aux distributions 
etc. 



12 

coutre, dont le bénéfice était à la collation du 
prévôt) (^), avaient leur place dans les stalles 
supérieures du chœur et participaient aux distri- 
butions, réfections et pitances (^). 

(*) " Honorabilis vir D. et M. Hubertus Hubrechfcs presbyter 
Leodiensis diocesis, S. T. licentiatus, virtute litterarum collationis 
majoris oustodiœ Lu jus ecclesisB a praeposito emanatarum, admis- 
sus fuit ad eamdem custodiam etc. " — Ada capit. 8 Jul. 1561. 

(2) L'expression " Distribuiiones, refectiones, pitanti<B " est la 
formule employée pour désigner en général le lucrum que les 
chanoines, les chapelains et les clercs installés pouvaient gagner 
en assistant aux heures canoniales, aux messes, aux anniversaires, 
aux processions, etc. 

Le mot distribution signifie tout ce qui est distribué comme 
droit de présence au service divin. Dans le langage du chapitre 
par dütrihuiions on entend particulièrement les émoluments 
attachés aux différentes parties de [l'office journalier du chœur, 
c'est-à-dire aux matines et laudes, aux petites heures, à la messe, 
aux vêpres. 

Réfection étymologiquement veut dire repas, fci ce mot exprime 
des avantages du réfectoire attachés à certaines f êtes et anniver- 
saires etc. (refectiones inajorum solemnitatimif rpf. ohituum, ref, 
festi dwplicis). Ces avantages donnés en nature au réfectoire du 
chapitre, lorsque la vie commune existait encore, étaient depuis 
longtemps distribués en argent. 

La part de pain, do vin, etc. qui revient à chacun des membres 
d'une communauté s'appelle pitance. La signification de ce mot 
dans la formule ci -dessus est la môme que celle de réfection. Il y 
avait des pitances d'anniversaires, de fondations particulières, de 
processions générales, etc. {pitantiœ ohitûs, processionum in palmis, 
processionum generalium). A raison des modes divers de gagner 
les émoluments et de la quantité différente qui revenait aux 
doyen, chanoines, chapelains et clercs, on distinguait les lucrum 
refectionalef lucrum pitentiale et lucrum œquale. C'est probablement 
le motif pour lequel on appelait certains avantages refectiones et 
d'autres pitantiœ. 

Pitance équivaut parfois à hibilia {wynpof, pot-d^-vin) donné aux 
chanoines présents à la location des dîmes. Mais ce n'est pas dans 
ee sens qu'il faut entendre ce mot ici, car les chanoines seuls 
avaient droit au pot-de-vin. — Yoir Hist. du eêm. de Pr., Tomé II, 



13 

Lors de leur réception ils juraient d'obéir aux 
doyen et chapitre, de respecter les chanoines, d'ob- 
server les privilèges, statuts et usages de l'église, 
de fréquenter les heures canoniales etc. Q). 

Ils chantaient l'oflSce avec les chanoines et 
assistaient ceux-ci dans la célébration du service 
divin. Quelques-uns remplissaient aussi l'une ou 
l'autre fonction spéciale. 

Parmi eux, le grand-coutre ou gardien du 
trésor de l'église, lorsqu'il était en 'même temps 
pastor laicornra,étSi>\t le premier et occupait la stalle 
qui suivait celles des chanoines (*^). 



Doc. p. 9, note 1 ; p. 10, note 1 ; Copia lihelli scriptl anno D* 1Ö36 
par D. et M. Nicoîaum Coriache preshyferum capellannm ecdesiœ 
eailiedralis S. Donaimnî, msc. de notre bibliothèque privée. 

(^) Voici la teneur de leur serment: 

" Ego N. promitto et corporalitcr jure obedientiam et fideli- 
tatem decano et capitulo hujus ecclesiae conjunctim et diyisim et 
canonicis ejusdem ecdesiœ reverentiam, observantiam privile- 
giomm, statutorum et consuctudinum ipsius ecclesise ac ordina- 
tionum corumdem decani et capituH, pacis quoque ac tranquillitatis 
dictae ecclesiœ nec non excutionem et promotionem cultus et officii 
divini, horisque nocturnis et diurnis interesse secundum quod 
ad me et meum spectat beneficium : et ipsius beneficii bona reddi- 
tus et pertinentia recuperare, def endere et conservare pro posse, 
et nullam facere conspirationem contra decanura et capitulum 
conjunctim vel divisim et facientibus non adhaerebo publiée vel 
occulte ncc prœstabo eisdem consilium, auxilium et favorem. " -^ 
DE MoLO, Collection de plans, tombeaux^ épithaphe^ ^tc, n** 595 dea 
manuscrits de la bibliothèque de la ville de Bruges, 2* supplément 
du catalogue. 

n"Praestito juramento per capellanos de gremiochori prœstari 
Folito, positus est (Joannes Trympont) in realem possessionem 
majoris cnstodiae p(îrinstallationem in primo loco versus summum 
altare sedium superiorum dexteri lateris chori, postea ad parochiam 
dnctuB, positus est in possessionem curae laicorum per osculum 



14 

Chapeiaînkde A 068 chapelains de gremio chori, il faut ajouter 
Baint-BaaUe. j^g chapelains de Saint-Basile {capellani 8. Basilii, 
Basiliani) au nombre de quatre, chargés de célébrer 
l'office divin dans l'oratoire de Saint-Basile et d'y 
veiller à la conservation de la précieuse relique du 
saint Sang. Ils occupaient, au chœur de Saint-Do- 
natien, les stalles supérieures immédiatement après 
le pastor laicorum, et avaient leur part dans certaines 
distributions à la condition de faire acte de pré- 
sence aux premières vêpres et à la grand' messe du 
dimanche et des fêtes doubles, aux processions de 
ces jours ainsi qu'aux vigiles et messes des anni- 
versaires auxquels étaient attachés des refectoria. 
Ces ohapellenies étaient conférées par le prévôt ou 
par la cour de Rome, selon les mois. 
Clercs in- J\ existait dix-huit stalles inférieures (*), à la 
collation du doyen qui dans son choix devait s'in- 



altaris ibidem, ac Bubinde ad chornm reductns, inBtallatus fuît in 
Btallo dominis cononicis prozimiori» cum solemuitatibus debitis 
et consuetis. *' — Acta cap. 1 April. 1579. 

Lorsque le major custos ne remplissait pa^s simulfcanëment la 
fonction de curé des laïcs, il était installé dans le dernier siège 
des chapelains. " Absolutis diviuis, D. fabricarius posuit Mk^°^ 
Comolium Coorde majorem custodem in possessionem majoris 
oustodisB hujus ecclesiœ juriumque et pertinentiarum omnium 
ejusdem eumdemque installavit in infimo loco capellanorum de 
de gremio chori ad finem ut oculos semper baberet ad altare, 
jocalia et sacristiam ecclesiœ. " — Acta ca^?. 20 Dec. 1555. 

(^) Outre ces dix-huit stalles, deux autres étaient conférées par 
le prévôt, Vune au clerc du sanctuaire, l'autre au clerc de la tour ; 
une troisième était concédée au maître d'école sur la présentation de 
récolâtre; enfin, depuis le 23 Avril 1528, une quatrième stalle» 
celle du clerc du dortoir, était déclarée ne pas faire partie des 



15 

epirer uniquement de Tutilité et des nécessités de 
l'église et n'installer que les chantres et autres 
fonctionnaires les plus méritants et les plus capa- 
bles 0). 

Les clercs installés^ bénéficiers de troisième rang, 
participaient dans une certaine mesure aux réfec- 
tions, pitances et distributions quotidiennes, mais 
leur bénéfice n'était que temporaire. Aussi le ser- 
ment qu'ils prêtaient à la cérémonie de leur admis- 
sion, comprend-il la clause d'amovibilité (^). 

Ils aidaient les chapelains dans le chant du 
chœur et faisaient partie de la maîtrise {clerici 
musici) \ quelques-uns étaient chargés de certains 
offices; cinq d'entre eux jouissaient d'une yicai- 



dix-hnît et Mre à la collation des doyen et chapitre conjointement. 
— HüBERTUS Waghbnabrb, Jutamenlum. etc. elucidaium j Acta cap, 
23 April. 1528. 

0)" Decanas jarare semel tenebitur qnod nec prœjndicio neo 
affectione camali vel tnrpi, vel in odiatn capituli vel canonîcorum 
aliqnem acienter installabit, sed prop ter util itatem et necessitatem 
officii et servi tii ecclesisa, et taies qaos credet esse idoneos in 
litteratnra cantu et moribus. " — Hubertus Wâghbnakb»^ Jura" 
mentum etc. 

(*) ** Pra&dicti installât! non repntabnntnr habere beneficia 
perpétua sed temporal ia, qnoniam ad nndam voluntatem decani 
et capituli vel majoris eorum partis cum decano in hoc concor- 
dantie stalla dimittere et ecclesiam exire tenebuntur quotiea 
eisdem placuerit, causa aliqua non expressa vel existente. 

Decanus in amovendo utetnr talibus verbis : Nômine nostro et 
eapittdi véL majoris partis eorum in hoc nohiscum concordantis, te 
staUo amoûemus, et pUantiis, refedionibus et quotidianis distribiUio' 
nihui privamus. 

Et in ter caetera juramento in eomm institutione firmabunt 
quod postquam modo prSBdicto fuerint privati, privationi pare- 
bunt. " — HuBESTUS Waghenaebs, Jurameninm etc. 



16 

rie Q); d'autres avaient le privilège de pouvoir 
chanter au salut (^). 

Ceux qui étaient prêtres avaient besoin d'une 
dispense de ce chef pour être admis; ils avaient 
cependant le pas sur les clercs non promus au 
sacerdoce (^). D'autre part, bien souvent le chapitre 
accorde aux clercs installés la permission de monter 
aux saints ordres et à la prêtrise; mais d'ordinaire 
la promotion à une chapellenie suivait de près 
cette faveur. 

Petits officiera. Sous le nom de petits officiers (parvi officiariijy 
dont le mandat était renouvelé deux fois l'an, 
le 24 Décembre, veille de Noël, et le 23 Juin, veille 



(') " Una quinque vicariaram hujus ecclesiœ vacans per disces- 
Bum Pétri Sergeant bassi confertur Natali Forestier presbytero 
basso. " — Ada cap. 26 Martii 1566. — Kous ne saurions pas 
définir les fonctions des vicaires. Le seul texte que nous ayons 
rencontré et qui donne quelque lumière, est le suirant : " Una 
quinque vicariarum chori vacans per abscessura N. fuit coUata 
Rolande Coyemans basso, quem D"' pro funeribus portandis ei 
aliàs quartum in ordine declararunt " — Ada cap. 3 Sept. 1571. 

(^) Ce privilège est exprimé par la formule très fréquente dans 
les actes capitulaires : " cui (clericoinstallato) concessus fuit locus 
in laudibus vespertinis. " 

(') La phrase " cum dispensatione quia sacerdos *' revient très 
souvent quand il s'agit de l'admission d'un clerc à une stalle. En 
voici un exemple : " Ad praBsentationem D. Decani receptus fuit 
Theobaldus Lamberti bassus ad stallnm cum dispensatione quia 
sacerdos.... D* ordinarunt quod cantores presbyteri juxta turnum 
BU8B receptiónis aliis clericis non sacerdotibus in omnibus 
prsBferantur. " — Ada cap. 14 Jul. 1561. — Nous doutons fort que 
M. Alph. De Schodt (*) soit dans le vrai lorsqu'il dit que les 
vicairee ne pouvaient être mariés et devaient être revêtus de la 
prêtrise, sauf dispense du chapitre. 

(♦) Méreaux de hienfaUanee ecclénatiiqueê et religieux de la ville de Surngee» 
Bruxelles 1873-1878, p. 192. * 



17 

de la Nativité de saint Jean-Baptiste, figurent: 

Le marqueur ou pointeur du chœur (tabularius 
chori, dtetarum, tafeldraegher); — il était chargé 
de rédiger chaque semaine le directoire (chartabella) 
indiquant l'office divin à chanter, les messes et 
les anniversaires à célébrer, les processions à 
faire, les sermons à prêcher; d'entretenir le 
tableau des présences journalières {tahida dietarum)^ 
d'après lequel on déterminait quels étaient les 
chanoines résidents ou forains; d'annoter les assis- 
tances des différents ministres; de distribuer aux 
chanoines, chapelains, clercs et autres gens d'église 
subalternes la part qui leur revenait, selon leur 
assiduité, dans les distributions quotidiennes et 
extraordinaires, les réfections, les pitances, les 
amandes, la cire, l'argent comptant, les deniers du 
carême etc. (^); 

Le maître de chant ou sous-chantre (sicccentor ou 
j)honascus); 

Le maître d'école (rector scholarum) (-); 

Les deux bedeaux du chœur (virgiferi chori^ 
roedraeghei^); — d'après la formule de leur serment, 
ils étaient obligés d'assister à l'office ; avaient la 
garde de 1 église depuis la fin des complies jusqu'au 
signal du coucher ; devaient nettoyer le pavement 
du chœur, les stalles, le lutrin, préparer et remettre 
en place les livres d'heures, les ornements sacer- 



V) Voir ITisfoirô du Scminalre de Bniges, T. II, Documents, 
p. 10, note 1. 

(")I1 sera question du snccenforet du rerfor scholarum nu chap. III. 

2 



18 

dotaux, les meubles des autels et les tapis; 
empêcher les clameurs et le tumulte dans la 
maison du Seigneur et en écarter les personnes 
inutiles, les enfants et les chiens, etc. Q); ils 
dormaient dans Téglise; ils surveillaient la célé- 
bration des messes et notaient les manquements ; 
lors de leur admission, ils fournissaient caution 



Q) " Frimum est'qnod debeant interesse omnibus horis, costodire 
ecclesiam, dormitorium, claustrum, ambo simul vel alter eorum 
vice soa, a tempore il] o quo oompletorium sit factum in ecclesia 
nsqne ad pnlsationem campansB somni, donec aliquis de cnstodibus 
acoesserit; item debent mandare pavimentam chori singnlis 
diebus, onm stallis, et pnlpitum etiam mundum tenere....; item 
quotiescnmque processio debet fieri, alter eorum vice sua seqnatar 
processionem !cum virga, in veste naptiali....; item debent ponere 
et deponere libres neoessarios seoondam officium chori nocturnum 
et diamum, exceptis bis libris qui cathenis ligati immobiles soient 
in choro permanere; item in duplicibus et pr83cipuis festis, quando 
clericus camersd debet ire ad compulsationem, ipsi la min aria 
interim'acoendent in clioro necessaria; item debent singnlis diebus, 
quando cantandaest missa ad majus altare vel ad altare animarum, 
juvare parare dicta altaria et ponere et deponere utensilia 
altarium diotorum post missas cantatas ; item debent prœcipuis 
festis omnia omamenta ecclesiae juvare ponere et deponere et 
plicare cum utensilibus argenteis et aureis et cappis et ferre et 
déferre; item debent sedare clamoreset tumultum in ecclesia 
sicut et custodes; item inutiles personas, pueros et canes et bruta 
evagantia, si intraverint ecclesiam^ ab eadem abigere; item 
vestimenta sive tapeta quaa sternunt sub pedibus ministrorum 
ministrantium ad altare majus et quas debent sterni in adventii 
principum vel praslatorum, debent ot deponere suis temporibus 
et excutere de pulvere et plicare. v<.; item debent sub expensis 
ecclesiœ ministi*are do prunis tempore hiemali ad majus altare ; 
item debent singnlis hebdomadis mundare nova sedilia, et debent 
ministrare in nocturnis quando necesse sunt sex lumina.... " — 
Voir DE MoLO, Inscripiions etc. où le texte se trouve en entier, 
mais évidemment défectueux en plusieurs points. 



19 

en garantie des objets précieux confiés à leurs 
soins Q); 

Le clerc du dortoir (clericus dormitorii ou 
dortoriariuSy doi^mter clerck); — en vertu du serment 
qu'il prêtait, il était tenu de ne pas révéler les 
secrets du chapitre, d'entretenir la propreté au 
dortoir, d'y dormir toutes 'les nuits, à moins d'un 
empêchement légitime, de soigner les lampes, 
l'eau bénite à l'entrée du chœur et l'eau du lavabo 
de la chambre basse, d'éveiller le doyen et les 
chanoines en temps utile pour les matines etc. ; 
il occupait la stalle qui suit celles des clercs 
installés (^); 



(0 " Wulfardus Hellync clericus qnondam clioralis hujus eccle- 
siœ roceptus in virgiferum chori, praîstitifc juramentum virgife- 
roram solitam, salva cautionc pro jocalibas et ornamentis. " 

" Virgiferi, moniti at diligeuter defect as missarum notent, 
necnon tempestive in chorum compareant collectas ostensuri; 
— . acriter increpati quod non visitent scholas et quod singulis 
diebus lune non adferant defectus missarum, — continuantur. 

" Andréas Bottyn alter virgifer admittitur ad ofl&cium clerici 
dormitorii, salvo quod offîcio virgiferatus adhuc deserviet etdormiet 
in templo donec de alio virgifero provisum f uerit. " 

" Pro securitate ecclesiae et bonorum ejus, virgiferi chori vespere 
tempcstivius per domum decani et non per burgum ad ecclesiam 
cubitum venire, ac clocmannus vel aliquis eorum in turri dormire 
cogantur. " — Adaeap. 16 Nov. 1513; 23 Jun. 1557; 23 Jun. 1556; 
2i Dec. 1555; 12 Aug. 1566. 

(-) " Promittis et corporaliter juras obedientiam, reverentiam 
et fidelitatem decano et capitule ac singulis canonicis, sécréta 
capituli non rcvelare, singulis noctibus in dormitorio, légitima 
non praeveniente causa, dormire et rcsidero personaliter ; item 
dormi torium mundum tonere, sex lampades, tres videlicet ante 
chorum, duas in dormitorio, et unam in claustre cum cœteris 
consuetis accendcro et extinguere horis consuetis et debitis ; 
aquam benedictam in introitu chori et aquam ad lavandum manus 



20 

Lo coutre de l'église antérieure (custos Q) navis 
ecdesiœ, ecclesiœ anteriorisy cerevendulus^ coster van 
Je voorkercke); — il avait la surveillance des messes 
à célébrer sur les autels de cette partie de Téglise, 
avec charge de notifier les défectuosités au 
chapitre, devait prendre soin, sous caution, des 
ornements et meubles de ces mêmes autels et livrait 
le pain et le vin nécessaires au saint sacrifice (^) ; 

Le portier ou bedeau du chapitre (ostiarius ou 
virglfer capitiUi) ; — c'était un maître de cérémo- 
nies chargé d'aller prendre à leur stalle et d'y 



in introitu bassœ camerae semper tenere ; decannra et canonicos 
in dormitorio dormientes evigilare pro eundo ad matutinas; bona 
eorum existentia in dormitorio fideliter dcfendere et custodire....; 
de scyphia in liieme et uvis in asstate servire in singulis 
refectionibus, expensis tuis; singulis diebus capitularibus, exceptia 
gcncralibns et quadragesimalibus, candelam débita} quantitatis et 
hora débita illuminare et alia consueta huic officio incumbentia 

facere fideliter et exercere ; debet stare in stallo immédiate sub 

clericis installatis. " — de Molo, Inscriptions etc. 

(') Au Tome II de VHistoire du Séminaire de Briiges, p. 7, note 2, 
nous avons nomméoet officierons eZ«« cuuiosnavisecclesiœ. Angelus 
cerevendi.dus. C'est par erreur que le mot J 71/70 /m « procède son 
véritable titre. Voici ce qui nous a trompé. Dans les actes capitu- 
laires, sous la rubrique renovatio imrvorum officiariornmy le prénom 
des antres petits officiers n'est d'ordinaire pas indiqné; nous pen- 
sions qu'il en était de même pour le cercucndulus. Mais plus tard 
les dénominations Angelus de Vamo, Angelus van dcr Hacghc, 
nous ont prouvé que le mot Angelus était lo prénom de van der 
Haeghe, coutre de l'église antérieure pendant de longues années. 

(-) " Cerovendulus monitus ut defectus missarumin navi ecclesia) 
notet ; — quod vinum acre non tradat célébrât uris et canes 
expellat, — continuatnr. " — " Novus custos anterioris ecclesiœ 
admittitur salva cautiono pro jocalibus et ornamentis altariura 
anterioris partis ecclesia*. '* — Acta en p. 23 Juu. 1557 ; 21 Dec. 
1532 ; 24 Dec. 1519. 



21 

reconduire les chanoines ministres, qui devaient 
remplir les fonctions do diacre, sousdiacre, etc., 
d'éloigner da chœur les laïcs (^). 

Lors du renouvellement de leur mandat, ces 
petits officiers se présentaient devant les chanoines 
réunis en séance capitulaire, et déposaient sur le 
buffet les insignes de leur charge, à savoir: le 
tahulariuSy ses tableaux, le succentœ\ sa branche de 
palmier, le rectoi'^ sa férule, les virgifen^ leurs 
verges longues, le dortorianus^ les clefs du dortoir, 
le custos navis ecclesiœ^ les clefs de l'église, Vostia- 
rius capituli, sa longue verge blanche. Le chapitre, 
après aToir examiné la conduite et la fidélité de 
chacun des fonctionnaires, les démissionnait ou les 
continuait dans le service de l'église par la resti- 
tution de leurs insignes. 

Il deviendrait oiseux de faire une énumérationAtitresofficicrs 
plus complète des officiers de Saint-Donatien ; qu'il *«^*^*®™es. 

suffise de signaler encore : 

L'organiste {organista); — c'était tantôt un 

ecclésiastique, tantôt un laïc ('^); 

Ije signator puisas horarum^ (teecJcenaere); — le 

chapitre l'admettait sur la présentation du grand- 

coutre ; c'est la raison, sans doute, pour laquelle 



P) " Ostiarius capituli admonitus quod diligens ait in dacendis 
et reducendis canonicis ministris altaris ; — quod laicos e choro 
expellat, — continuatur. " — Âcta cap. 23 Jun. 1556; 24 Dec. 15;52. 

{^ Voir Van de Casteele, Maîtres de citant et organistes de 
Sciint-Donatten et de Saint-Sauveur à BrugeSy Bruges 1870, p. 38, 
^nslcs Annaleê de la Société d'Émidation, T. XXII, p. 138. 



22 

on l'appelait parfois clericus majoris custodis ou cleri- 
cuscuratiQ)\ï[ semble qu'il était chargé d'indiquer 
au clerc de la tour l'horaire de l'oflfice canonial, 
variant selon les divers temps de Tannée, les fêtes 
et Toccurence de funérailles ou anniversaires; 

Le clerc de la tour {clericus turris, clocmannus^ 
torre clerck) ; 

Le clerc du sanctuaire (clericus sanctuarii^ 
sacrista (^), minor cicstos^ sanctuarie clerck). 

Nommés tous deux par le prévôt, ces clercs 
étaient installés au chœur, l'un dans le premier 
siège inférieur de gauche, l'autre dans le dernier 
siège inférieur de droite. 

Le clericus turris^ dans la cérémonie de la 
mise en possession de son office, devait toucher 
la porte fermée au bas de l'escalier conduisant à 
la tour; il avait les sonneurs (pulsatores, servitores) 
sous ses ordres et surveillait le service des cloches 
et de la sonnerie. 

Le sacrista était l'auxiliaire du grand-coutre; 



(^) " Ad prœBentationem majoris custodis (Jacobi Haverbout), 
recipitnr noyas signator puisas horarum hujus ecclesiœ Anthonios 
Lupi, clericus Tornacensii diocesis. " 

" Comparait D. curatus (laicorum et major custos) Clichtoveus 
prœsentans D^' mois pro signatore pulsus Henricum Noppe, 
quondam hic choralem.... D' eumdem admiserunt. " — Ada cap, 
2 Dec. 1510 ; 21 Aug. 154L Voir la note suivante. 

P) C'est par erreur, pensons nous, que M. De Schodt {•) fait 
du dericuB sandiiarii et du sacrista ainsi que du aigncUor pulsus et 
du dericus curati des fonctionnaires différents. Dans Pacte capitu- 
laire du 27 Sept. 1512, les expressions derlcatus 8anduarii,cîericatu8 
eacrisiiœ sive minoris custodis sont synonymes. 

(*) Méreaux de hiei^atianee etc. p. 191. 



23 

à son entrée en fonctions, le f abrioien lui remettait 
comme insigne les clefs du sanctuaire. 

Comme ces deux clercs installés n'étaient pas 
du nombre des dix-huit amovibles, ils ne prêtaient 
le serment de ceux-ci que jusqu'à la clause 
d'amovibilité exclusivement Q). 

En dernier lieu venaient les enfants admis au ci»o™ux et 

TUTi-i 1 réfoctionaux. 

service du chœur et de 1 église, les choraux et les 
réf ectionaux, que nous aurons tout à l'heure l'occa- 
sion de faire connaître spécialement, en parlant de 
l'école chapitrale. 

L'érection de Tévêché de Bruges et l'élévation Change - 
de la collégiale de Saint-Donatien à la dignité de doits p&r la 
cathédrale, amenèrent quelques changements dans ^^^^^ ^^^^' 
l'organisation du chapitre. 

Tout d'abord. Pie IV, par la bulle " Ex injuncto /^pp^"Î7 



0) " Comparens Franciscus Amonts, clericuB Brugensis, pridem 
tinas yirgiferorum chori, exhibait litteras E**"* Bragensis ut 
pitepoBiti ha jus ecclesiae collationis et provisionis sibi factae de 
officio clericatas tarris, valgo clocmanniœ.... qaibas litteris lectis 
B^ camdem admiserant et receperant ; qai, prœstito clericorum 
installatoram jaramento asqae ad claasalam amovibilitatis, at 
habetar in libro statutoram, installatas fait in prima sede inferiori, 
lateris sinistri chori; et introdactas in possessionem per tactam 
claasi ostii ad gradas tarris... " 

" D. ^gidias, Basset presbyter Tomacensis diocesis, virtate 
litterarum collationis clericatas sanctaarii ha jas ecclesisE) a 
D*" prœposito effianataram, admittitar ad eamdem clericatam ; 
prsBstito per eam jaramento clericoram proat in libro statatoram 
(•), per D. fabricariam in sanctnariam dactas, fait positus in 
possessionem per traditionem claviam dicti sanctaarii, stallo sibi 
in choro in infimo loco sediam inferiornm lateris pnepositi 
assigaato, cnm dispensatione qnia sacerdos. " — Acta cap. 19 Aag. 
1554; 18 Nov. 1560. 

(*) Dans d'antres actes de réception on lit : u$que ad etamulam awKnibilUatii, 



24 

Nohis '' supprime la prévôté et unit à la mcnse 
episcopale riiôtel du prévôt, les fruits et émolu- 
ments, les droits et juridictions de la dignité pré- 
vôtale Q). 
Dix pr^ben- j^^jj^ q^q Iqq évêqucs de Bruffcs soient entourés 

des re8er7ees ^ i i t» i • • t • 

d nommes savants, capables d exercer la juridiction 
et de remplir d'autres fonctions, le Pape ordonne 
que de toutes les prébendes de l'ancienne collé- 
giale, les dix qui viendront à vaquer en premier 
lieu soient réservées à perpétuité et distribuées 
comme suit: 
à révoque, La première sera unie à la mense (^) de l'éveque, 
qui, à raison de cette possession, sera personne 
capitulaire et aura voix et autorité, même au 
chapitre, avant le doyen et les chanoines, 
et à nenf Les ncuf autrcs seront données à autant d'écclé- 
graduéfl. sîastiques gradués, dont trois maîtres ou licenciés 
en théologie, et trois docteurs ou licenciés en droit 
canon; les trois derniers, choisis dans la noblesse 
du diocèse, devront avoir aussi obtenu au moins 
la licence en droit canon ou en théologie dans une 
université célèbre: aucun titre nobiliaire n'est 
exigé pour les six premiers gradués. 



Q) Cette suppression ne devra toutefois sortir ses effets qu'à la 
vacance de la prévôté par la mort, la démission etc. du prévôt 
actuel Claude Carondelet. 

(') La mense totale comprenait donc: 1/ cette prébende cano- 
niale; 2/ les biens de la prévôté do Saint-Donatien; 3/ les biens du 
monastère cistercien de Ter Doest, près de Bruges; 4/ les biens 
possédés dans le district de Bruges par l'abbaye de Saint-Bertin, do 
Saint-Omer, (et non pas " les biens-fonds do l'abbaye bénédictine de 
Saint-Bertin-lez-Bruges, comme le dit, par erreur, Mgr Claossens 
dans ses " Quelques éclairciseements, etc. p. 85). 



25 

La nomination des gradués est réservée, pour 
la première fois seulement, à Tévêquo; mais, dans la 
suite, ils seront élus par le collège des gradués 
restants, de concert avec Téveque, dont le suffrage 
ne sera prépondérant qu'en cas de parité des voix. 

Le Souverain Pontife transfère à l'église de Archidiacro. 
Saint-Donatien l'archidiaconat brugeois qui, 
jusqu'ici, avait existé dans Téglise de Tournai, avec 
tous ses droits et juridictions (^), et crée en outre 
les dignit^îs d'archiprêtre et de pénitencier. 

L'archiprêtre a juridiction sur les recteurs des Archiprôtre. 
églises paroissiales de Bruges et doit veiller à 
l'administration des sacrements, ainsi qu'à la prédi- 
cation de la parole divine dans la ville. 

Le pénitencier est chargé de tout ce qui regarde pénitencier. 
la direction des consciences dans toute l'étendue 
du diocèse. 

Les neuf chanoines gradués, tous ensemble et 
chacun d'eux séparément, doivent à raison de leurs 



(^) Yers lo milieu du XVI' siècle, l'ancien diocèse de Tournai 
était divisé en trois archidiaconés, ceux de Tournai, de Gand et do 
Bruges. L'archidiaconö de Tournai comprenait les doyennes de 
Tournai, de Lille, de Seclin, d'Helchin et de Courtrai. Celui de Gand 
était composé des doyennes de Gand, de Roulers, d'Audenarde et 
de Waes. Celui de Bruges avait les doyennés de Bruges, d'Arden- 
bourg et d'Oudenbourg. Les archidiaconats de Bruges et do Gand 
n'étaient que des oflBces, et l'archidiacre de Tournai seul était 
dignitaire du chapitre. Toutefois, d'après le texte de la bulle : E^, 
injnncfo qui dit : '* archidiaconatum Brugensem in ecclesia 
Tornacensi, quaî inibi digniias etc. y" le Saint-Père entendait insti- 
tuer l'archidiaconat comme dignité de l'église cathédrale do 
Bruges. — Voir la liste des archidiacres de Bruges à Tournai, dans 
les Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, 
Tome 16, p. 1, sqq. 



26 

canonicat 'et prébende, aider Vévêque par leurs 
conseils et leur action, lorsqu'ils en seront requis, 
pour les affaires qui regardent la religion et l'Église, 
ainsi que pour toute difficulté qui se puisse présenter. 

Un chanoine gradué en théologie et un autre, 
gradué en droit canon, tous deux les plus anciens 
dans l'ordre de leurs prébendes, ont la faculté 
d'instituer la visite par tout le diocèse, et leurs 
confrères gradués sont tenus de les assister dans 
cette charge, chaque fois qu'ils en seront requis. 
L'archidiacre et deux autres chanoines gradués, 
l'un en théologie, l'autre en droit canon, des plus 
anciens, sont chargés de faire l'examen de ceux 
qui aspirent aux ordres sacrés ou vont entrer dans 
le saint ministère. 

Les trois dignitaires, l'archidiacre, l'archiprêtre 
et le pénitencier, seront choisis parmi les gradués 
et obtiendront les trois prébendes qui deviendront 
vacantes après celle attribuée à l'évêque. 

La bulle ne parle pas de la chantrerie (^) ; cepen- 
dant les deux anciennes dignités de doyen et de 
grand-chantre continuèrent d'exister. 

Comme appendice à ce chapitre, nous donnons un 
document, qui tout en indiquant un grand nombre 
de fonctionnaires de l'église de Saint-Donatien, 
nous fait connaître en même temps un ancien 
usage de l'antique collégiale. 



0) En- disant que Tévêque, au chapitre, aura le pas sur le doyen, 
le Pape laisse subsister le décanat. 



27 



Dit zijn dhonde costuinen binder cathédrale kercke van 
St Donaes in Bnigghe onderhouden, ende dit nopende 
de distributie van de crakelynghen, ende de maniere 
van doene int mandaet van de voornoemde kercke. 

Imprimis egrediuntur duo virgiferi^ habentes quilibet 
lÎDtheamen ex utroque humero pendens pro abstergendis 
pedibus, et coquus debet procurare aquam. Deinde pro- 
pinatur yiuum renense, quod ferre debent duo virgiferi, 
signator et custos navis ecclesie, egredientes quilibet 
cum magna testa et argenteo calice. Postea distribuuntur 
mice^ deinde propinatur vinum rubrum et fertur ab 
eîsdem quatuor qui tulerunt renense vinum. Postea 
lavantur pedes ministrorum, tune vinum renense eisdem 
propinatur, mica distribuuntur, et postea vinum rubrum 
et fertur a solis virgiferis et postea distribuitur saccarum 
et sic est finis. 

Men doet backen 375 dobbel crakelynghen ende 400 
inkele ende worden ghedistribueert in dose maniere : 
Eerst den proost wesende binder stede van 

Bruggbe 16 orakel. 

Item als den proost buter stede resideert dan 

zal zijn ontfanghere hebben, alias niet 8 „ 

Item myn heer delcen 8 „ 

Item noch als hy den dienst doet van t man- 
daet noch 8 „ 
Item elck vande canneunichen oflBcierende in 

t mandaet 8 „ 

Item elck van dander canneunichen present 

of zieck 4 „ 

Myn heere den cantere in die qualiteyt 4 „ 

Myn heere den obedientier als zulck 4 „ 

Den officier vande capellanen 3 „ 



28 

Den ontfanghere capellaen wesende 3 crakel. 

Den secretaris „ „ 3 „ 

EIck vande capellanen binder choor present 

of zieck 3 „ 

Den officier vande clercken 2 „ 

Diaken ende subdiaken eick 2 crakel. compt 

t samen 4 ,, 

Elck vande clercken 2 „ 

Den bailhi van de proosche ende den grpffier, 

ende den sluitei^e vanden ommeganck elck 

3 crakel. compt t samen 9 „ 



Dit waeren al groote crakelynghen, 
dese naervolghende zyn cleene crakel. 
Item den batllu vanden choore 8 crakel. 

Den leenhoudere vanden proost of zyn stede- 

houdere 8 „ 

Den sanctuarie clerck, torre clerck, dormter 
clerck, elck van de roedraghers ende den 
costere vande voorkercke elck 4 „ 

Elck van de eoralen 4i ^ 

Elck van de refectionalen 2 „ 

De gi'af makere 2 „ 

Elck van de proosts dienaers present of zieck 4 ,, 
Twee dienaers in de dispense, den cock ende 

de meester knaepe elck 4 „ 

Item om de volcke te deelen twee vuile dwalen 
met wat groote boven voor de notabeleu, in 
elck te minsten 100 of bet 200 „ 

De reste ter discretie van den obedientier. 



Item nopende de reliquien van de maeltydt s maen- 
daechs inde paesche daeghen. 



29 

Den ohedientier met de twee officielle ende den ontfanghere 
deelen die in vieren, elck een vierendeel, ende t surpluuB 
dat zj niet deelen en willen onder hem lieden, t zelve 
distribueren zy t heurliedere discretie dese naervolghendo 
persoenen : 

Eerst die Victimœ ghezonghen heeft. 

Item den tafeldraeghere. 
„ den dormter clerck. 

Den haillu van den choore. 

Den costere van der voorkercke. 

Den coclc. 

Die twee roedraeghers metten teechenaere. 

Die clocman met een dienaere. 

Elck ter discretie van de officiers in dancke nemende 
dat men hemlieden gheeft. 

Item dient ghenoteert dat myn heere de obedientier, 
die officiers ende ontfanghere t samen ghaen heten met 
alle die dienaers, ende ook t samen upstaen ten fyne 
dat men vergaderen mach tlywaet, kannen, ghelaezen, 
thin, ende thoutewerck omme te wetene watter onghereedt 
of ghebroocken es. 

Ghetrocken ut een houdt briefken. 

Dat was naer de costume van ouden tyden by den 
voorseide obedientiers ende officiers gheconcipeert An° 
154G, ende ghelast Bambeke ontfanghere int nette te 
stellen als vooren, ende onderteekent by meester Jacob 
van der Meulene canneunick ende obedientier. 

CHAPITRE nr. 

ÉCOLE Bü CHAPITSE DE BAINT-DOlSrATIElSr. 

Comme toutes les églises cathédrales et collé- 
giales, l'église de Saint-DoTiatien avait son école. 
Vers la seconde moitié du X VP siècle, elle était 



30 

fréquentée par les choraux et réfectionaux attachés 
au service du chapitre, et par quelques autres 
enfants. 

Cette école, véritable berceau du futur séminaire 
de Bruges, mérite une attention spéciale. 

Il faudrait peut-être remonter jusqu'à l'origine 
même du collège chapitrai, pour assister à la nais- 
sance de son école. Malheureusement l'absence 
d'archives aussi anciennes rend cette recherche 
impossible. 

Le premier document connu, qui éclaire notre 
sujet, date de 1238 et porte la suscription: Concordia 
de XXX pueris frequentantibus chorumfada iiiter 
prepositum et capituhcm (^) . — Les chanoines avaient 
décidé de n'admettre que trente enfants pour le 
service du chœur. A la demande du prévôt Franco, 
qui, n'ayant pas été consulté, regardait cette 
résolution comme préjudiciable à Yécole et à Véco- 
latrie soumises à son autorité, ils révoquèrent leur 
décision, et de commun accord, trois chanoines 
furent délégués pour statuer à nouveau sur le 
nombre des enfants qu'il serait utile de recevoir. 

Au commencement donc du XIIP siècle, un 
assez grand nombre d'enfants au service de l'église 
fréquentaient l'école chapitrale. 

Un document de 1312 contient une résolution 
capitulaire, en vertu de laquelle le chapitre admettra 
huit enfants doués d'une bonne voix, qui porteront 
la tonsure et chanteront toujours au chœur, à 



(') Archives de Tovôché de Bruges. — Liasse Befedionales, 



31 

1* exclusion d'autres enfants; aucun salaire ne 
leur aéra attribué, mais, s'ils le méritent, ils seront 
promus en temps et lieu Q). 

Jusqu'ici, ces enfants ne sont désignés par aucun 
nom spécial, et nous n'avons pas de détails sur 
leur emploi. A une époque que nous ne pouvons 
pas préciser, mais qui est antérieure à 1403 (^), les 
chanoines favorisèrent les plus pauvres d'entre les 
écoliers, au nombre fixe de treize^ en leur cédant 
une part dans les re/ech'ons(^), et les appelèrent pour 
cette raison les " tredecim pauperes refectionales. " 

Un peu plus tard (7 Mai 1421), une ordonnance Premièredis- 
du chapitre, Ordinatio stipendiorum succentoris et chonuxetâes 
quatuor puerorum choralium, distingue pour la '^ ^ wnanx. 
première fois les réfectionaux des choi^aux et déter- 
mine davantage leurs fonctions respectives. En 
voici l'analyse (*): " Afin que la messe quotidienne 



Q) Histoire du Shnînaire de Bruges, T. II, Doc. p. 1, note. 

(*) En 1403, Maiolns Fabri fonde nn anniversaire dans lequel 
les treize pauvres réfectionaux, an retour de l'offrande, recevront 
cbacan trois sons. — Histoire du Séminaire de Bruges, T. Il, p. 39, 
note 2. 

P) " Refectionales participabant ex superfluis in refectionibus " 
— Arcb. de VÔYêché: Summariumfundationum priviîegiorum oie* 
Voyez aussi la note suivante. 

(*) Cette résolution capitulaire offre un intérêt trop grand pour 
n'être pas donnée ici en entier. 

" Si temporalium ecclesio nostro régi mini intendimns, spiri- 
tualium ad que condonata est et ordinata, curam solertiorcm 
gerere tanto magis obligamur. Sane ecclesiam ipsam in honorem 
Be^tissime virgiuis genitricis Dei primario fundatam, majores 
nostri decorarc curantes, in cadcm missam de Salce singulis 
diebus, loco et hora prefixis cantandam sal abriter statuer un t. 
Sed quia eadem minus reverenter, uuico clerico ministrante, 



J 



32 

de Salvc^ fondée en Thonneur de la sainte Vierge, 
soit chantée plus convenablement et que TofiSce du 
chœur soit moins troublé par le chant défectueux 
des petits écoliers, dorénavant quatre enfants bien 

inepto et sincopato cantu hactenus velocius agitata esfc, Nos 
Amaiidus (dcBrevimoiite) decanus et capitulum coclesic S. Dona- 
tiani Brugensis, ncdum ejusdem officio misse, verum ctiam choro 
ecelesic nostre, propter defectus quamplurea qiioad cantum per 
parvulos scolares sapins commissos, notabilissimarum Camera- 
censis et Toriiaceiisis eccicsîarum ac aliarum convicinarum 
exemplis, in modum qui sequitur studuimus providerc: 

Olim refectionibus cibariorum solitis, certis ex causis substractis, 
pro eisdera XII Ib. paris, in cboro distribuebantur, et pro tune ex 
bonis communibus in elemosinis CXXIÏ ft erogabantur; post 
vero, propter tenuitatem proventuum bonorum ex guerris patrie, 
dicte rcfectiones ad YI Ib. par. reducte fuerunt et ex bonis 
communibus in elemosinis LXl Ib dumtaxat largiebantur; nunc 
vero refectionibus ad VIII Bb. par. reductis, crescentibus bonis 
predictis, elemosine Imcusque minime creverunt, quod in preju- 
dicium panperum vertitur necnon nostranim periculum animarum. 
Quibus obviaro cupieutcs secundura justicio modorationem et 
equitatcm, ex bonis communibus LXXXIIII Ib. par. in elemosinis 
in Lune modum decernimus distribucndas : 

Statuimus et ordinamus ut do cetero quatuor parvuli in 
contrapiincto et discantu competenter imbuti, si commoditas 
adsit, ex pauperioribus scolaribus ccclesie et aptioribus claras 
voccs habcntibus nondum mutatas, assumantur por succcntorem, 
omni semoto favore, capitulo nostro prcsentandi, qui singulis 
diebus, assistente et dirigente succentore predicto, missam de 
SaIcCf vcti'O chorum per unura concanonicorum nostrorum solitam 
celebrari, tencantur cum contrapuncto seu discantu et mensura 
cursim depromero more cnpellanorum. 

Insuper tenebuntur idem succentor et quatuor parvuli predicti 
singulis diebus anni, majori misse cliori et vesperis interesse, cum 
aliis officiando et in cantu cum contrapuncto laborando ; volumus 
nicbilorainus succentorcm ad instruendum reliques scolares pro 
scrvitio altaris versiculis tam matutinalibus quam aliis cantandis 
et débite pronunciandis manere prout et sicut bactenns obligatum, 
hoc tamon additc», qnod, ut crclc^ia talibuH non careat, idem 
succentor teneatur amplius solito quos aptiorcs invcucrit iu 
dirfcantu et contrapuncto diligenter inloiiuare. 



33 

dressés dans le contre-point et le déchant, clioîsis 
parmi les écoliers les plus pauvres et les plus aptes, 
ayant une voix claire qui ne mue pas encore, seront 
admis par le chapitre sur la présentation du 
succent(yi\ et chanteront tous les jours à la messe 
de Salvey à la grand' messe du chœur et aux vêpres. 
Le sous-chantre n'en continuera pas moins que par 
le passé, d'enseigner aux autres écoliers tout ce qui 
regarde le service de l'autel, la prononciation cor- 



Preterea labori dictomm snccentoris et quatuor parvulorum 
sic proTidemus et salario pro preeenti, utpote cuilibet dictorum 
quatuor parvulorum obedîentiarius de sepedictis LXXXIIII 1b 
par. ex elemosinis qaepanis pauperuvi nuncupantur, pro qualibet 
die unum panem valons quatuor mittarum, succentori autem 
duos taies panes distribuât. 

Item ordinamus ut ex eisdem elemosinis obedientiarius 
canonicus singulis annis semel cuilibet predictorum quatuor 
parvulorum qninque ulnas panni ejusdem coloris pro tunica talari 
et totidem panni albi pro foderatura provideat et dispenset, pro 
quolibet ad valorem VI ïb XII sol. par. Insuper ex eisdem ele- 
mosinis dentur succentori pro laboro predicto per prefat um 
obedientiarium III ft XII sol.'par. et per capitulum IX ft XII sol., 
sic tameu et non alias quod inde ex panno consimilis coloris 
decenti tunica non nisi talari singulis annis vestiatur. 

Item quod summa tam pro pane quam pro vestibus pro 
quolibet dictorum quatuor parvulorum ad IX ft XII sol. par., 
pro succentoro vero ad XIX îh IIII sol. par., annuatim ascendet. 
Summa per obedientiarium solvenda XL VIII Ib par. 
et per capitulum IX ft XII sol. par. 

Besiduum vero dictorum LXXXIIII ffi par. videlicet XXXVI 
Ib par. reliquis refectionalibus et pauperibus distribuatur. 

Sbatuimus etiam tempns panni dandi in Pasca; reservamus 
etiamnobis premissa corrigendi minuendiet in melius immutandi. 

lis non obstantibus qnilibet Dominorum canonicorum ad 
dictam missam obligatorum solvet annuatim duobus virgiferis 
chori V sol. gross. " -- Acia cap. 7 Maii 1421. 

3 



,34 

recte des versets à chanter aux matines et ailleurs; 
en outre, il aura soin, plus qu'autrefois, d'incul- 
quer aux plus capables les principes du déchant et 
du contre-point et de les préparer ainsi à succéder, 
le cas échéant, aux choraux qui viendraient à quit- 
ter. Chaque choral recevra journellement la valeur 
d'un pain, soit quatre oboles, et annuellement à 
Pâques, cinq aunes de drap de couleur uniforme 
pour une soutane (valant 6 îb 12 sous par.); leur 
maître recevra la valeur de deux pains, soit 
huit oboles, et une soutane de même couleur, 
(valant 13 îb 4 sous par.). Ces salaires, sauf 9 Ib 
12 sous à payer par le chapitre au succentovy seront 
prélevés sur le fonds de 84 îb par., appelé panis 
pauperurriy dont le reste sera distribué aux autres 
rêfectionaux et aux pauvres.*^ Cette dernière phrase 
semble indiquer que les quatre choraux étaient 
choisis parmi les rêfectionaux. 

Mais ce n'était là qu'une première ébauche. 

En 1469, le chapitre chargea le grand-chantre 
Richard de Capella, le chanoine Gilles Joye et 
Jean Damiens d'aviser aux moyens de fonder des 
choraux (^). 

Fon lation ^^ prôtro zélé et dévoué leur vint en aide. Le 

des choraux. ]7 juji^ 1470, Jcau vaudor Coutore, chapelain Je 

extra ehorumy transféra spontanément en faveur 

de l'église de Saint-Donatien une rente perpétuelle 

de cinquante livres de gros, devant servir à diverses 



0) Acki cap. 16 Aug. 1469. 



35 

fondations qu'il se proposait Q) de faire pour la 
gloire de Dieu et le salut de son âme. Parmi ces 
fondations, que le chapitre accepta solennellement 
le 23 Juin 1484, figure celle des six chcn^aim. 

Jusqu'alors il n'y avait que quatre choraux. Bien 
qu'ils fréquentassent l'école du chapitre, ils demeu- 
raient auprès de leurs parents; leur salaire et les 
frais de leur costume étaient payés sur des fonds 
destinés aux pauvres en général, sans spécification 
des personnes nécessiteuses. J. vander Coutere porte 
le nombre des choraux à six et fonde des revenus 
perpétuellement affectés à leur entretien complet 
et aux honoraires de leur maître. Ces enfants, choisis 
parmi les plus pauvres de laville ou d'ailleurs, doués 



(*) A la mort de vander Coutere, arrivée en 1480, les négocia- 
tions ouvertes entre celui-ci et le chapitre pour fixer la nature et 
les détails de ces fondations, n'avaient pasjencore abouti. Eoland 
Cordier, neveu du chapelain, agissant en son nom et au nom de 
sa mère Madeleine vander Coutere, veuve de Sigerus Cordier, de 
concert avec le chanoine Jean de Pauw {Pavonis), exécutèrent le 
projet du défunt et le présentèrent au chapitre le 23 Juin 1484. 

Un seul et même acte fondait deux chapellenies, dont^Fune 
dé ffreyyiîo chori, et l'autre de extra chorum, deux anniversaires, une 
distribution spéciale à ceux qui fréquenteraient le plus assidûment 
le chœur pendant le mois de Mars, et enfin l'œuvre des six choraux. 

Les charges de la fondation totale montaient à 47 fi) gr., dont 16 fi) 
10 s. pour les chapellenies, 2 fl) pour les anniversaires, 3 îb pour 
le mois de Mars, 25 ft pour l'entretien des choraux et le salaire du 
maître de chant et 10 s. pour l'indemnité du receveur. La rente 
de 47 fl) gr. au denier 24 (selon l'usage de l'église de Saint-Dona- 
tien), exigeait un capital de 1128 îb gr. Roland Cordier versa entre 
les mains des chanoines la somme do 128 Ö) gr.; les 1000 autres 
livres r'taient représentées par la rente de 50 ïb gr. au denier 20 
déjà cédée au chapitre en 1470. — Voir VHi$toire du Séminaire de 
Bruges, T. II, Documents, pp. 1 li 20. 



36 

d'une bonne voix, habiteront désormais chez le 
sacceiitory qui les nourrira et les instruira. Tous les 
ans, à la fête de saint Donatien, chaque choral 
recevra une soutane, un capuce et les autres vête- 
ments nécessaires.Le sous-chantre recevra également 
une soutane de même couleur que celle des 
choraux. 

Par cette fondation, les choraux formaient une 
institution distincte; ils n'avaient de commun avec 
les autres enfants que la fréquentation de l'école 
chapitrale. 
Organisation Bientôt après, l'œuvre encore précaire des réfeC' 
nanx." ^^ ^^ tîonaiix attira l'attention du chapitre. Les chanoi- 
nes la consolidèrent le 29 Janvier 1532 (n. s.). 
*' Déjà depuis plus d'un an, disent-ils (^),les treize 
pauvres réfectionaux, à la grande édification des 
fidèles, fréquentent le chœur, vêtus d'un costume 
uniforme et de même couleur, à l'instar des cho- 
raux. Mais jusqu'ici, les ressources affectées à leur 
entretien ne sont que bien modestes; elles consis- 
tent en un revenu de 15 îb 12 sous par., que le 
receveur de l'obédience distribue aux réfectionaux 
à raison de trois patards {duferi) par semaine, et 
en un revenu de 35 ib par., payées en plusieurs 
termes par le tahularhis chori^ du chef de prières 
récitées à genoux devant les tombes des fondateurs, 
lors de leurs anniversaires (^). 

(*) Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 39. 

{^) Nous en avons un exemple dans la fondation vander Coutere 
attribuant deux gros à chacun des treize réfectionaux qui, pendant 
son anniversaire, récitent des prières devant sa tombe. — Histoire 
du ISéminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 15. 



37 

A ravemr,tout ce qui revient déjà, et reviendra 
dans la suite aux réfectionaux, des fondations 
faites en leur faveur, sera reçu et administré par 
deux ou trois chanoines, choisis parmi les plus 
anciens, qui s'adjoindront un chapelain ou un 
clerc. 

Chaque année, à Tépoque du renouvellement des 
officiers, ces recteurs ou gouverneurs des réfectio- 
naux rendront compte de leur gestion au chapitre. 

Afin de subvenir provisoirement aux nécessités 
de ces enfants : 1/ chaque fois qu'on établira une 
table des pauvres, tout ce qui, sous le nom de 
prébendes, soit dans les funérailles soit dans les 
anniversaires, est distribué en monnaie aux pauvres, 
sera recueilli par le portier du chapitre et remis 
aux recteurs des réfectionaux,pour être exclusive- 
ment affecté à ceux ci; tout ce qui, sous le nom do 
prébendes, est en nature^ continuera d'être à la dis- 
position des doyen et chanoines pour être donné 
aux pauvres; 2/ les sommes d'argent, que, le 
mercredi et le vendredi de la semaine sainte, l'obé- 
diencier distribue d'habitude à la foule bruyante 
de pauvres valides et invalides, envahissant lo 
cloître de Saint-Donatien, seront également réser- 
vées aux réfectionaux; 3/ la fabrique prendra sur 
la sonnne totale qu'elle donne annuellement à 
V officium cespitum {office des tourbes)^ une somme 
partielle de six à huit livres par., qu'elle donnera 
à titre gracieux aux réfectionaux. 

Un enfant pour être admis comme réfectional, 
doit être présenté aux doyen et chapitre par les 



38 

gouverneurs, qui feront un rapport fidèle sur 
l'éfeit, la condition et la pauvreté du candidat. 

Tous les mercredis et vendredis, le succentor se 
rendra à l'école chapitrale pour enseigner aux 
réf ectionaux de 3 Ys t. à 4 Y» h., depuis la Purification 
jusqu'à la fête de saint Bavon, la musique (nuis Ica 
perfraota)y ou du moins le chant grégorien, les 
cérémonies du cliœur, les versets, etc. Il recevra 
de ce chef un honnête salaire de la part des 
recteurs, à la discrétion des chanoines. 

Aucun enfant de l'école, désireux de fréquenter 
le chœur, ne sera reçu s'il ne porte une soutane 
pareille à celle des réfectionaux. 

Les gouverneurs auront à cœur d'augmenter les 
ressources de l'office, afin qu'en temps opportun 
on puisse fournir aux réfectionaux des surplis, 
ceintures, chappes, tuniques etc., de même forme 
et de même couleur. 

Le jour auquel, grâce à la générosité des bien- 
faiteurs, l'office des réfectionaux parviendra à ce 
degré de prospérité, toutes les prébendes pécu- 
niaires, ainsi que les autres aumônes de l'obédience 
et de la fabrique, retourneront à leur destination 
primitive. " 

Les bienfaiteurs ne firent pas défaut. 

En 1548, l'œuvre des réfectimaiLXse vit l'objet des 
largesses du grand-chantre, Jacques vander Meulen 
{de Molendino). Cet ami des enfants pauvres fit une 
fondation à perpétuité, dont les revenus devaient 
servir à nourrir et à loger dans la maison du 



39 

rector scliolaruin six réfectionaux. En signe de 
reconnaissance, le chapitre offrit au chanoine un 
setier de vin (^). 

Cet acte de générosité ne fut que le prélude 
d'une générosité plus grande encore, à laquelle 
s'associa un autre chanoine. 

En effet, deux ans plus tard, le 22 Septembre ^, 

^^ A T ttTj- Reorgan:sa- 

looO, le même Jacques vander Meulen et Jacques tjonoufonda- 
de Coninck (Regis), estimant que l'aumône ne peut ment iite'dcâ 
être mieux affectée qu'à l'éducation pieuse et sainte réfectionaux. 
de la jeunesse, exposée aux séductions de ce siècle 
corrompu, augmentèrent la fondation, chacun d'une 
rente perpétuelle de vingt-quatre livres de gros, 
destinée à couvrir les frais d'entretien et de loge- 
ment de tcnis les treize réfectionaux chez le maître 
d'école, dans une maison située, si possible, non 
loin de l'église de Saint-Donatien. 

Les diverses stipulations, faites par les généreux 
fondateurs, trahissent chez eux le noble désir de 
fonder une œuvre stable, sérieuse et utile à la gloire 
de Dieu. 

Tout est minutieusement déterminé : qualités 
morales et intellectuelles requises chez le rector 
scholaruniy que l'écolâtre, de concert avec les 
gouverneurs des réfectionaux, doit présenter à la 
nomination du chapitre; obligations qu'il aura à 
remplir; émoluments et privilèges qui l'encourage- 
ront dans Taccomplissement de sa tâche; — 



P) Sistoîre du Séminaire de Bruges, T. II, Documents p. 81, 
note 1. 



40 

conditions d'admission des réfectionaux, motifs 
de renvoi, devoirs de reconnaissance envers les 
bienfaiteurs, fréquentation du chœur et de l'école 
chapitrale ensemble avec les choraux, ordre des 
leçons, des répétitions et des disputes 7nore 
scholastico^ Tavant-midi, l'après-midi, en été et en 
hiver, instruction religieuse, enseignement de la 
musique à donner par le succentor^ service à l'église, 
mesures prises pour éviter la perte de temps et le 
trouble des classes; — recommandations faites au 
maître d'école touchant la piété des enfants, et aux 
recteurs touchant l'intégrité du choix des réfec- 
tionaux ; visite au moins mensuelle de la maison 
des réfectionaux par les gouverneurs, l'écolâtre 
et le receveur de Toffice; — rien n'est oublié. 

Il serait trop long d'en donner ici tous les 
détails (^). Relevons cependant quelques articles : 

" Les enfants à admettre comme réfectionaux 
doivent être doués d'un bon caractère, et avoir des 
dispositions pour l'étude. Ne seront point admis 
ceux qu'on prévoit devoir retourner dans le monde, 
et ne pas devenir un jour ministres de l'Église; 

" Le rector scholarum aura soin de ne pas réciter le 
bréviaire, ni célébrer la messe, aux heures de leçon; 

" Si des choraux viennent à perdre la voix, de 
manière à ne plus pouvoir s'acquitter de leurs 
fonctions, le succentor^ de l'avis des gouverneurs, 
devra présenter au chapitre les réfectionaux les 
plus capables de remplacer ces choraux; 



(^) Ces détails se trouvent dans Tajote de fondation, HUtoire 
du Béminaire de Bruges, T. II, DocumentSi p. 81 et soiv. 



I 



41 i 

Lorsque les ressources le permettront, les élèves 
les plus ayancés pourront être envoyés à Tuni- 
versité. '* 

Tout cela indique chez les pieux fondateurs 
l'intention de faire de l'institution des réfectionaux 
(et de celle des choraux) une pépinière cléricale 
confiée aux soins d'un rector schoïarum prêtre (et 
du succentm)^ sous la haute direction de l'écolâtre 
et la surveillance du chapitre. 

Par la réorganisation des réfectionaux, la con- 
dition des choraux se trouvait améliorée pour les 
études, pendant leurs années de service. Mais le 
temps de leur service, dépendant de la conservation 
de la voix, n'était pas toujours assez long pour 
leur permettre de terminer leurs cours à l'école de 
Saint-Donatien. 

Le chanoine de Coninck porta remède à cet incon- 
vénient, en instituant l'œuvre des choraux licenciés. 
Le même jour, 22 Septembre 1550, il présente au 

chapitre le projet de doter les choraux d'un revenu Fondation 

perpétuel de sept livres de gros, devant servir à licenciée!*"* 

placer les choraux, que l'altération de leur voix rend 

inhabiles au chant et impropres, dès lors, à remplir 

leurs fonctions au chœur, soit chez le rector schola- 

mray si leurs dispositions pour l'étude donnent des 

espérances réelles, soit chez un artisan, s'ils sont 

moins bien doués sous le rapport de l'intelligence. 
Inutile de dire que le chapitre accepta avec 

empressement {ohviis ulnis) de si magnifiques 

propositions : il vota k chacun des deux fondateurs 

trois setiers de vin et chargea l'écolâtre et le 



42 

chanoine Jean van der Straten de leur offrir 
l'expression de la plus vive reconnaissance du 
corps capitulaire Q). 

Jetons maintenant un rapide coup d'œil (^) sur la 
marche de la triple œuvre des choraux, {officium van 
der Gouterey ou choraliura) des choraux licenciés 
{officium Regis ou officium choralium destitutorum) 
et des réfectionaux {offi^cium tredecim paup&imm 
refeciionalium). 

La fondation van der Coutere ne prit oflBcielle- 
Œuvro des ment cours qu'à partir du 23 Juin 1484, date de 
son acceptation par le chapitre. 

Cependant, depuis 1482, les choraux étaient 
Cohabitation, installés chez le succentory qui était pour lors 
Alain de Groote. 

Afin de ne pas interrompre la cohabitation, 
d'ordinaire le maître de chant, qui résignait ses 
fonctions, ne quittait pas avant l'arrivée de son 
successeur. Lorsque parfois il y avait un inter- 
valle entre le départ du démissionnaire et l'entrée 
en fonction du nouveau titulaire, le rector scholaruin^ 
ou un chapelain, ou même un chanoine prenait 
soin des choraux, Il en était de même, en cas 
d'absence ou de maladie dxiphanascvs (^). 

Le nombre normal des enfants de chœur était 
Nombre, de six. En 1531, le chapitre résolut d'y ajouter 

(») Ada cap, 22 Sept. 1550. 

O Ce coup d*œil embrasse l'époque qui s'étend depuis la fon- 
dation des œuvres jusqu'à l'érection du séminaire. 

(^) On peut s'en rendre compte en examinant la série des 
maîtres de chanti que nous donnons à la un do ce chapitrci 
Appendice I. 



43 

deux sumuméraîres, et le doyen, sur les instances 

des chanoines, pour subvenir aux frais, céda à 

l'office van der Coutere, les revenus d'une des 

dix-huit stalles inférieures dont il disposait, mais 

à la condition que la présentation et la nomination 

des deux nouveaux choraux appartiendrait au 

doyen pro tempende existenti. En reconnaissance, le 

chapitre offrit un setier de vin au bienveillant 

dignitaire (^). Bien que, depuis 1544, les fruits 

d'une seconde stalle fussent appliqués à la même 

œuvre (^), en 1564, l'exiguïté des ressources 

obligea les chanoûies de réduire le nombre des 

choraux de liuit à six, sauf à recourir aux réfec- 

tionaux, les grands jours de fête. Du consentement 



(^) " Quia ex pancitate choralium non possit Bffîpe satisfieri 

officio divino, ideo nonnuUi DD. de capitule decori domus Dei 

studentes, et adhuc duorum choralium victum et supportationem 

adinvenire volentes, supplicarunt D. decano quatenus consentire 

dignaretuT in eztinctionem unius stalli ex suis octodecim; eu jus 

Btalli proventns in usus dictorum duorum choralium servaretur 

et adplicaretur. D. vero decanus ejusdem domus Dei decorem 

provehere, suorumquo confratrum supplicationi non obsurdescere 

Tolens, consensit in extinctionem unius stalli, quod quidem 

lucrum exinde proveniens singulis annis adplicabitur officio 

Coutere in victum et sustentationem eorumdem choralium. Quorum 

tamen nominatie et presentatio spectabit perpétue ad decanum 

pro tempore existentem. TJnde DD. de capitule eidem gratias 

egerunt immertales présentantes ei sestertium yini ex Coutere. " 

— Ada cap. 11 Jnl. 1631. 

(^) " Item a D"» Jacobo Siens tabulario cjiori ad causam unius 
stalli clericalis ad opus duorum choralium supernumerariornm 
cum sex pnoribus intertendorum, anno 1531 cemmuni consensu 

DD. decaniet capituli (fructibus ejusdem illis applicatis) extincti 

necnon et alterius similis stalli clericalis anno superiori (1544) 
iisdem choralibns huicque officio pro illis ad tempus applicati, 
XHT ft ym s. X d. gr. " — Comptée vander Coutere, 1543-44. 



du doyen, les émoluments des deux stalles cléri- 
cales ne furent néanmoins pas retirés Q). 
BeesourceB. Au point de vue financier, l'œuvre des choraux 
faisait partie de la quadruple fondation van der 
Coutere. Cette fondation, outre la rente constitutive 
de 47 Ib gr. par an, percevait un revenu variable 
d'environ 2 Ib gr., produit de la troisième part 
du loyer de cinq maisons situées dans la CaroU 
straetkin (^) (aujourd'hui rue de l'Hydromel) et 
léguées par le chanoine Gilles Joye (t 1484), pour 
un tiers à l'office van der Coutere, pour deux tiers 
à l'office de l'obédience. 

Bientôt les 25 Ib gr., allouées à l'entretien des 
enfants de chœur, ne suffirent plus à couvrir les 
dépenses que la cherté des vivres et l'usure des 
meubles faisaient croître. 

Les chanoines s'ingénièrent avec sollicitude à 
créer de nouvelles ressources. Cette sollicitude 
revêtit même, dès le commencement, un caractère 
touchant. 



Qy* Domîni yolentes officium Coutere, f undatoris choralium.cum 
tempore arrieragiis purgari et in integrum restitui, post habitam 
deliberationem coucluserunt et per modum probe ordinarunt, 
quod deinceps tantum sint et reserventur sex chorales, quibus si 
et quando opus fuerit in festis solemnioribus et aliisi refectionales 
in gerendis candelabris et aliàs assistere tenebuntur. Dnobus 
tamen libris sive stallis, D* decano consentiente, ad opus dicti 
offîcii ut antea cursum habituris. " — Ada cap, 9 Aug. 1564. 

O Voir les Comptée (*) vander Cout-ere à partir de 1485-86, où 
le nom de la rue CaróUtraethin est aussi orthographié, tantôt 
H KarooUtraetkin, tantôt H Caliêetraetkin, 

(*) DanB la suite de oe chapitre nous désignons les Comptu vanéUr Coutere par 
C. Cher., les Compin du rifeciionau» par C. JZ{^.,et les Compta dêi choraux lioenoUi 
par C. Stgiê. . 



45 

En 1490, le froment se vendait à un prix fort 
élevé. Afin de diminuer les charges de la fondation, 
le chapitre permit aux choraux d'aller prendre 
leurs repas, à tour de rôle, chez les chanoines Q). 

Au mois de mars 149 7, le 6uccenf or Jean Blyman 
avait loué une vaste maison pour les choraux. Aux 
fins de la meubler, le chapitre imposa, pour un 
certain temps, une taxe de 2 Ib gr. aux chanoines 
qui seraient nouvellement reçus. Cet impôt pro- 
duisit la somme de 16 Ib gr. (^). 



0) " Conclnstim fait propter caristiam" vîctualîum et precipae 
fmmenti qaod chorales per vices ibnnt praosum et cenatam cnm 
D"^ cazLonicis hajas ecclesia donec frnmenta eruntlin leviori f oro." 
— Acta cap. 24 Nov. 1490. 

(') Solotum D. Johanni Bliman in sableyamen expensarum, 
quas de mandato DD. sustinuerat facîendo provisionem de 
diversis ntensilibos reqnîsitis, locando.domam amplam et snmp- 
tnosam ad exercendum officiam snccentoris hujas eoclesie et 
regendom chorales. II ft gr. " — G. Chor. 1491-92. 

" Denarii recepti ex receptione novornm canönicornm intrantiam 
per statotum fàctam et observatum in subleyamen sustensionis 
choralium hnjus ecclesie. 

Primo a Mg^ Leone de Sancto Vedasto can<^** II Ib gr. 

Item a Mg* Petro Bonitemporis can'» II fc gr. 

Item a Mg» Carolo de Campis pro decanatu IV R gr. 

Item a Mg* Johanne Pinnoc can^° II ft gr. 

Quam summam de Xft gr. persoM Mg* Martine Christiaens nt 
ex illis emeret nteusilia pro domo snccentoris et choralium neces- 
saria " — C. Chor, 1491-92. 

" Eeceptnra in receptione Mg'* Jeronimi de Busleiden saccessoris 
qnondam D. Pétri Basin XL s. gr. 

Item in receptione D. Pétri Nnman, sncccssoris qnondam Mag'' 
Martini Christiaens XL s. gr. 

Item in receptione D. Stephani de Plaines, saccessoris qnondam 
Pétri Bogaert XL s. gr. 

Nota quod citra dictam recepfcionem D. Stephani de Plaines, 
nihil receptnm est ad usum choralium " — C. Chor, 1495-96-97. 



46 

Nous avons déjà mentionné la cession de deux 
stalles en faveur des choraux. Ce double subside, 
sauf une interruption de six ans, fut continué 
jusqu'au 5 Juin 1570, époque à laquelle le doyen 
le révoqua. Les distribut iones de chacune des 
stalles rapportaient, en moyenne, 6 Ib gr. Q). 

Tous les ans, les élèves de l'école chapitrale se 
choisissaient parmi eux un évoque {episcopus Inno- 
centium) pour la fête de saint Nicolas. Souvent, en 
cas de refus d'autres écoliers plus fortunés, le choix 
tombait sur un choral. Le jour des Innocents, on 
organisait une cavalcade dans laquelle les chan- 
tres de Saint-Donatien, sous peine de perdre les 
émoluments d'un mois et le lucrum attaché au 
chant des grandes antiennes 0, devaient escorter à 
cheval Tévêque des enfants. IJn repas clôturait le 
règne éphémère du jeune prélat mitre. A cette 
occasion, le chapitre avait l'habitude d'accorder 
une indemnité d'une livre de gros, prélevée sur les 
prébendes des chanoines non résidents (^). De 



O Âda cap. 5 Jun. 1570; — C. Chor. de 1531 à 1570. 

(*) " DD. dederunt succentori unam libram gr. ex cqualitate ad 
condacendnm equos et parandum cenam in die Innocent ium, 
quod choralis qui jam episcopus est, est pauper et quod non potuit 
invenire alios juvenes ". 

" Fuit episcopus Innoccntium pro festo divi Nicolai unus ex 
choralibus, ex quo nemo aliorum scolarium esse velit ". 

" DD. ordinarunt quod omnes musici can tantes et lucrum reci- 
pientes in O (*), vadant in equis die Innocentium cum episcopo, 
Bolito more, sub prena perditionis lucri unius memis'*. — Ada cap, 
22 Dec. Ii0(j; 2i) Nov. 15:51 ; 2:5 Dec. 1500. 

<•) D*autrcs réöolutions capitiilaires disent: " Omnos muf«ici lucrari volentos in O, 
Bint prozimo dio Innocentium in equis, sub pœna consueta ", — Àvia ctip. 
17 Dec. 1623. 



47 

1541 à 1545, le malheur des temps ne permettant 
pas de s'adonnera, dépareilles réjouissances, cette 
somme fut appliquée à l'œuvre des choraux Q). 

Les enfants de chœur avaient droit à de menus 
profits, appelés pitanciœ matutinales et exeuntiœ, 
ainsi qu'à quelques oboles des offrandes. A partir 
de 1543, ces petits revenus furent portés parmi les 
recettes de l'office, pour payer les effets d'habille- 
ments (^). 

Parfois d'autres offices venaient au secours des 
choraux, soit pour leur fournir des vêtements et 
des livres, soit pour payer le barbier (^). 



0) " Ad causam xx solidorum gr. quos annue prébende* DD. 
canonicorum absentinm (obedîentîa si minus snffîcinnt, defectum 
supplante) ad festam Innocentium pro sociis mnsîcis contribaere 
et Bolvere consuevere; quod autem ob temporis infelicitatem non 
Bit eqnitatnm, dictumque festum Innocentium minus servatum, 
extitit somma xx sol.gr. praBScripta huic officîo ob ejus tenuitatem 
Tariaque onera gratiose concessa et applicata. Unde pro annis 
1541 et 42 ... XL. sol. gr. "— C. Chor, 1539-40-41-42; cfr. 1543-44 ; 
1545. 

O " Yocetur snccentor ut ex lucro cboralium prorideat illis de 
caligis et calceis. *' 

" CommittiturD. officiario provideri cboralibus de calceis, caligis, 
camisiis, etc. et ordinatur quod deinceps denarii et mite cboralium 
cum exeuntiis serventur in comparationem .bujusmodi rerum. " 
— Acta cap. 10 Sept. 1543; 30 Mart. 1544. 

" Item extraordinarie receptum'ex ordinatione'capitnli certis ex 
causis DD. meos ad boc moventibus, a D. Jacobo Siens tabulario 
pro pitauciis matutinalibus cboralibns competentibus. ... et 
pro exeuntiis. . . . nec non a D. Jacobo Jacobi clerico san- 
ctnarii pro mitîs seu denariis ex oblationibus dietis cboralibns ctiam 
rompotentibus. . . . Vlîl s. Il d. gr. " — C. chor. 15^4-3- M'. 
(*) " Provideatur cboralibus de libris rndimentorura exfabrica." 
" Tonsurentur omnes chorales expensis quatuor officiorum per 
modum elemosine. " 



48 

En 1560, le chanoine Josse Lambrecht établit 
une table des pauvres et n'oublia pas les clioraux. 
Trois prébendes, chacune de 2 gros, leur étaient 
réservées. De plus, vingt-deux prébendes étaient 
assignées aux chanoines résidents, pour être distri- 
buées par eux aux indigents; mais lorsque le nom- 
bre de ces chanoines était insuffisant, les pré- 
bendes des absents revenaient aux choraux et 
réfectionaux. Disons-le à la louange du chapitre, 
les chanoines étaient presque toujours en nom- 
bre Q). 

Enfin, en 1570, le custos navis ecclesiœ Laurent 
Deurwaerder légua aux choraux la somme de 
12 gros (2). 

Voilà rétat financier de l'œuvre des choraux 
jusqu'à l'époque de l'érection du séminaire (1571). 
Nous verrons dans la suite que, jusqu'à la fin de 
l'existence du chapitre, les chanoines portèrent con- 
stamment aux enfants de chœur le plus vif intérêt. 



" DD. ordinarunt quod illi 20 sol. 6 den. gp. per Mag. Antonium 
de Schoonhove pro camisiis choralium debursati, eidem exsol- 
vantur mediatim ex fabrica et Oontere. " — Acta cap, 2 Dec. 1544; 
12 Jan. 1540 (n. s.); 2 Juin 1546. 

Q) " Ex pecunia proveniente ratione trium prebendarum reli- 
otarum choralibus perD.Judocum Lambrecht in erectione mens» 
pauperum feria quinta posbdominicamsecundamPascsB^receptum 
a virgifero VI. gr. 

Praedicfeus D. Lambrecht per f nndationem in prasdicta erectione 
mensœ pauperum cavit distribuendas 22 prebendas D. decano et 
DD. canonicis resideutibus, et casu quo pauciores résidentes sint, 
tune prebenda vel prebendaa cedent mediatim choralibus et media- 
tim refectionalibus. Sed quia hoc anno f uerunt plures résidentes, 
ergo hic receptum nihil. " — C. Chor, 1560. 

(^) " Item pro legato Laurentii Deurwaerder custodis navis 
ecclesiae pro choralibus receptum... XII gr. " — O, Chor. 1570, 



49 

Le costume distinctif des choraux comprenait costnmo-^ 

une barrette noire (biretum nigrum)^ un surplis en 

toile {supeï-peîUceum panni linei)^ une soutane et 

un capuclion en drap dont la couleur, changeant 

d'année en année, était tour à tour noire, verte, 

rose, violette ou pourpre, rouge, moirée, brune, 

{Uinica cum caputio panni nigriy viridisy rosacéil 

violacei ou ptirpurei û.peerschy riibri ou sanrjainei^ 

mtbblavei ou mixti vulgo moreyt^fiisci Q). En 1564, 

les chanoines renoncèrent à la coutume de varier 

tous les ans la couleur des soutanes des choraux, 

et résolurent de leur fournir un drap d'une teinte 

approchant de celle de l'étoffe employée pour les 

réfectionaux (^). 

Aussi bien que les chanoines, les chapelains et Rasure. 
les clercs fréquentant le chœur de Saint-Donatien, 

{}) " Solutnm Michaeli van Maie pro XXVII ulnis panni mixti 
coloris, thendisce moreyt, pro sex tunicis et totidem cnputiis 
chornlinm in die S** Donatiani patroni nostri, pro qualibet ulna 
XXXV 8. par iiij Ib j s. gr. " 

*' De novis vestibas choralinm jaxta colorem ordinarium, 
fiet, qui nunc dîcitur futurus viridis. ** — C. Chcn-, 1506; Ada cap. 
10 Sept. 1543. Voir aussi CC. Chor. passim. 

P) " Quia ob puororum juvenilem etatem, tenerem complexio- 
nem et naturam, ex frequenti capitum eorum rasura ipsi chorales 
sepenumero scabiosi évadant, ita quod prêter alia inconvenientia, 
officium multos sumptus supportare habeat, DD. ob preroissa et 
alias causas eos moventes sumptus hujusmodi volentes evitari et 
coDSuli dictorum puerorum sanitati, pur modum probe ordinarunt 
quod dicii chorales amplius non radantur, scd, prout refectionales, 
deinceps super pectinem tondeantur, habita tamen sic satis magna 
corona ad instar sacerdotum, quodque talaribus vestibus, refec- 
tionalium togis colore non multum disparibus, vestiantur, ut 
inter dictos chorales et refectionales quodammodo uniformitas 
servet ur, choralibus in eo solo differentibus quod gestabunt 
caputia et coronas majores. " — Ada cap, 9 Aug. 1564 



50 

les choraux étaient tenus d'observer la rasure aux 
jours réglementaires indiqués sur un tableau de 
la sacristie Q). 

Cet usage dura jusqu'en 1564.- L'action trop 
fréquente du rasoir produisant des maladies cuta- 
nées chez les enfants, il fut décidé que désormais 
on leur couperait les cheveux ras, au peigne et aux 
ciseaux, de manière cependant à former une cou- 
ronne assez grande, à l'instar de celle des prêtres, 
et plus grande que celle des réfectionaux (^). 
Ponctions. Lcs choraux, comme leur nom l'indique, étaient 
employés au chant de l'ofl&ce du chœur. Il leur in- 



(*) La ra3ure était de rigueur la veille, avant les premières 

vôpres, des fêtes de : 

Nodl, Pentecôte, avant la bénédiction dea 

VEpiphanie, fonts baptismanx, 

la Puriflcation, la Trinité, 

rAnnonciation, B. Basile-le-Grand, 

Pâques, avant la bénédiction des la Nativité de B. Jean-Baptlste, 

fontB baptismaux, l'Assomption de la S. Vierge, 

la Dédicace de l'église de Saint- la Nativité de la B. Vierge, 

Donatien, l'Exaltation de la Croix, 

l'Invention de la Croix, S. Donatien, 

l'Ascension, avant le départ de la Toussaint, 

procession pour Sainte-Croix, l'Immaculée Conception. 

En outre devaient être rasés: le 12 Octobre, avant- veille de la 
fête de saint Donatien, les quatre chanoines, autant de clercs- 
vicaires, les choraux et le grand-chantre, présents à la cérémonie 
de l'exposition de la châsse du saint patron; 

Le jeudi saint, avant le commencement de Toflâce, le doyen, les 
chanoines et les clercs de service au mandat; 

Le samedi de chaque semaine, ou le vendredi après les vôpres, 
les ministres du maître-autel, le chapelain hebdomadaire, le 
chanoine et le clerc qui tenaient la chantrerie le dimanche. 

Toutefois, si avant le jeudi tombait une fête exigeant la rasore, 
les ministres de Tautel et les autres assistants, n'y étaient pas 
rigoureusement tenus. — Copia libélli etc. déjà cité. 

O Voir p. 49, note 2. 



51 

combait de chanter les antiennes, les versets, les 
responsoires, les graduels, et la messe journalière 
de Salve Q). Ensemble avec les clercs-cliantres, ils 
formaient la maîtrise de Saint-Donatien. 

Notons, en passant, que cette maîtrise jouissait 
d'un certain renom. 

En effet, nous voyons les autres églises réclamer 
parfois le concours des jeunes choraux et recruter 
leurs succentores parmi les chantres de Saint- 
Donatien. Ainsi, Philippe Kogerie, Noël Truye, 
Jean Flamme, Mathias Pottiers, maîtres de chant 
de Saint-Sauveur, et Adrien de Landtheere, 
phœiascus de Saint-Gilles, avaient f ait leur appren- 
tissage dans notre collégiale (^). 

En 1490, Jacques Hobrecht, succentor, est invité 



(') Voir p. 33, et T. II, p. 367. 

(') " Dictnm fuit Aliano (de Groote) ut chorales in solemnibus 
non eant alibi extra ecclesiam cantatum ; quod infra annum alios 
juTenes instruat qui alibi extra ecclesiam cantare habebunt. " — 
Acia cap. 23 Juin 1480. 

Voir : Maîtres de chant et organisies de Saint-DonaUen et de 
Saint-Sauveur à Bruges, pp. 45, 48, 49, 54, 55. — Au sujet de 
Philippe Rogerie, M. Edm. Van der S traeten s'exprime ainsi : 
** Si ce n'est point un cas fortuit d'homonymie, le renseignement 
est précieux, car il nous initie au début de la caiTière d'un 
musicien qui fut élevé aux hautes fonctions de maître do chant 
de Philippe II, roi d'Espagne, et dont les œuvres furent 
publiées, après sa mort, par son digne élève Géry De Ghersen." 
Malheureusement il n'y a qu'un cas fortuit d'homonymie. PMUjrpus 
Rogerlus phonascus capellœ regiœ n'obtint son office qu'en 1590 ou 
1591. Or, notre Philippe Rogerie, succentor de Saint-Sauveur en 
1528, avait été admis comme choral à Saint-Donatien déjà en 1503. 
Pour identifier les deux personnages, il faudrait admettre que 
Phiîippus Bogerius, lors de sa nomination à la chapelle de 
Philippe II; était centenaire. 



52 

par Philippe de Clèves à se rendre à l'Écluse, aveo 
quatre clercs-musiciens Q). 

Le 22 Mai 1522, les choraux se font entendre 
au palais de Marguerite d'Autriche à Bruxelles, 
pendant le dîner de la princesse (^), 

En 1539, à Toccasion d'un concours de rhétori- 
que qui devait avoir lieu à Gand, le magistrat de 
Bruges prie le chapitre de vouloir permettre au 
maître de chant, Lupus Hellync, d'accompagner la 
gilde du Saint-Esprit avec quatre choraux et deux 
ou trois clercs-chantres (^). 

En 1553, sur les instances de Pierre Maessens, 
maître delà chapelle royale de Bohème, le chapitre 
cède un choral à Maximilien II. Ce même prince, 
devenu roi des Romains, reçoit à son service, en 
1563 (n. s.), Jacques Flamme, clerictbs tenor de 
Saint-Donatien (*). 



(*) " Exhibait Mtf^ Jacobns (Hobrecbt) succentor litfceraa D. 
Philippi de Cleves qnibus mandat sibi nt veniret versus Slusam 
unacum quatuor sociis de musica ad faciendum ibidem bonum 
vultum, rogando DD. ut sibi unacum DD. Ghristiano Baelde et 
Petro Zuburch licentiam impertiri velint. DD. petitioni sue intuitu 
D.Philippi ad sex vel octo dies an nuerunt/'—ilda cap. 15 Oct.1490. 

(') Maîtres de chant et organistes de Samt-Bonatien et de Saint' 
Sauveur à Bruges, p. 23. 

P) " Comparuere certi oppidani ex parte magistratus exponentes 
se propcdiem Gandavum propcraturos cum ghilda S. Spiritus ad 
rhetoricam seu rhithmos ibi premiis propositis, petentes secum 
posse in honorem oppidi adducere succentorem, quatuor chorales 
et duos aut tres cantores per eos eligendos. Quibus DD. ob honorem 
cultus divini et oppidi annuerunt. " — Acta cap. 19 Maii 1539. 

(*) " Comparons Mgr Petrus Maessens magister cantus capelle 
D. Maximiliani Regis Bohcmie exhibait litteras commissorialos ad 
levandum ex his partibus nonnuUos cantores et pueros pro sacello 
ejusdem D. Maximiliani manu regio maj^^'signatas, quarum vigore 



53 

En 1561, c'est Marguerite de Parme qui, par 
rintermédiaîre de Mictel de Bock, son organiste, 
demande aux chanoines de pouvoir mander en 
Espagne le choral Antoine Diest. Mais le chapitre, 
pour diverses raisons, s'excuse auprès de la du- ' 
chesse et lui rappelle qu'à son départ de Belgique 
elle avait déjà amené avec elle un de leurs meil- 
leurs choraux Q). 

Le 24 Avril 1564, Nicolas Deeloos, clericus con- 



idem Mgr Petrus petiit sibi per DD. de capitulo concedi licentiam 
hinc abducendi nnum ex pueris choralibns hujus ecclesiein servi- 
tmm ejusdem Mazimiliani. Qnibus litteris prelectis, necnonandito 
tenore cajusdam articuli in commis sione per enmdem Maximilia- 
num eîdem Mgro Petro tradita et ipsias Maximiliani man a uti 
dicebat signata contenu, quo promittebat cantoribus et pueris 
in serritiam saam adsamendis, faturam promotionem, et desaper 
habita deliberatione, tandem petitioni pretacte, qaantam in eis 
fuit, annuerunt. " 

" Jacobas Flamme clericas tenor, in Maximiliani regis Bomano- 
ram servitiam receptas, valedicit. " — Ada cap. 4 Mart. 1553 
(q- a.), 1 Febr. 1563 (n. s.). — Après la mort de Maximilien, 
Jacques Flamme demeura attaché à la chapelle de l'empereur 
Kodolphe II. — Maîtres de chant et organistes etc. p. 55, note 2. 

(^) " Comparons coram DD. 'de capitule Michael de Bock regisB 
iDaj*>« organista exhibait certas illustris D® Margaretœ dacissas 
de Parma.... litteras, petiitque sibi concedi Antonium Diest 
choralem ha jus ecclesiaa, quaa ex fundatione capella ejusdem 
niaj*^ etiam esse dignoscitur, in obsequium sues maj*^* versus 
Hispaniam ducere posse. Oui DD. Antonii parentnm et amicorum 
instanter reclamantium rationibus auditîs et perpensis, respon- 
dendum duxerunt dictum Antonium ob e jus parentum et 
amicorum reclamationem, ejusdem tenellam œtatem et complexio- 
nem necnon frequentem segritudinem, denique in litteratara 
parram admodum eruditionem, eidem ecclesiœ merito seryandum 
esse, eoqne magis quod dudum regia maj^ in sua profectione 
versus Hispaniam unum ex prœcipuis choralibus in suum obse- 
qmam habuerit. " — Aela cap, 7 Mali 1561. 



54 

iratenor^ part pour l'Italie, au service du duc de 
Ferrare Q). 

TJn peu plus tard, en 1568, Adrien van Cauwen- 
hove, chantre de la chapelle royale, demande, au 
nom du duc d'Albe, d'envoyer deux choraux en 
Espagne. Le chapitre consent à lui en céder un, et 
si le roi insiste pour en avoir deux, il se permettra 
de présenter ses excuses au duc, voire même à sa 
Majesté (2). 

Dans la série des maîtres de chant, que nou8 
donnons plus bas (^), on voit briller des noms 
célèbres dans l'histoire de la musique. 

D'ailleurs, les chanoines ne négligeaient aucun 
moyen pour engager des musiciens capables : 
tandis qu'ils faisaient promettre aux parents ou 
tuteurs des choraux de ne pas retirer leurs enfants 
ou pupilles avant un temps déterminé, ils attiraient 
et tâchaient de conserver les clercs-chantres, en leur 
accordant des faveurs, des privilèges, et en leur 
donnant l'espoir d'une prochaine promotion (*). 



Q) " Nicolaus Deeloos clericus con fera tenor in Italiam ad ser- 
vitium ducis Ferrari» prof ecturus, valedicit." — Adacap, 24 April. 
1564. 

P) " Oomparens Adrianus van Ganwenhove cantor capellœ 
régi» maj*** exhibuit litteras ducis Albani.... quarum vigore 
petiit a DD. duos chorales in servitium su» maj"» versus Hispa- 
nias ducere posse. DD. considérantes paucitatem choralium, in 
unius dimissionem condescenderunt ; quatenus duos habere per- 
sistât, nuUos concessuri sed suam ezcusationem ad ducem 
Albanum seu etiam maj^'"* regiam transmissuri. " — Ada cap. 
4 Maii 1568. 

(^) Appendice I de ce chapitre. 

(*) " Oomparuerunt Henricus Forietmakere et Johannes Ha- 
ghele tutores Pétri van der Meersch qui pro eo fidejubebant* Item 



55 

Quoique avant l'institution de l'œuvre des cho- Faveurs. 
raux licenciés, aucun fonds special ne fût destiné 
à venir en aide aux enfants de chœur dont le ser- 
vice était terminé pour cause de mutation de voix, 
cependant, dès le principe, la fondation van der 
Coutere prit d'eux un soin particulier lorsqu'ils le 
méritaient. 

Ainsi nous voyons les chanoines fournir aux uns 
les moyens de regagner le toit paternel (^), main- 



Johannes Waelkin pro Jobanne filio ejns. Item Katerina, relicta 
Jobannis Martins pro Fransken Spasbeen et D. Jobannes Ondanc 
pro filio Dammaerd de Straten, quod per annum integ^um cboro 
continuabunt sab pœna dnornm nobiliam aorî pro quolibet." 

" Arnoldas Flamme admissas fuit in cboralem bujus ecclesie, 
et promiserunt Silvester Flamme patruus et Jacobus Flamme 
frater ejnsdem se fortes facientes pro pâtre, in fide bonorum 
yirorana, quod dictum Amoldum ab eadem ecclesia non amovebunt 
quandia eidem ecclesie servire poterit." 

" £x relato D. Guillelmi Eicbafort, DD. intelligentes quemdam 
esse Grandavi bassum voce et arte eximium, miserunt eumdem 
Richafort Grandavum ad pellioiendum eumdem bassum in hanc 
ecclesiam cum addictione stalli et dimidii, laudum vespertinarum, 
quotidiane misse et maturioris promotionis." 

" Joacbimo Ricbafort (juniori) excellenti musico tenori datur 
in pensionem annuara 1 îb. gr. usque ad revocationem." 

" Vadat Sanguin in Zelandiam Ter Goest quaasiturus si fîeri 
potest bassum unum ibidem commorantem multum excellentem 
et voce et arte. " 

" Scribantur litter» Micbaëli de Vernay basso et capellano 
ecclesisö Tornacensis quod hue ad servitium Dominorum advolare 
velit, cum spe quod aliqua pensiuncula ultra lucrum ordinarium 
sibi concedetur, et hoc propter idoneitatis ejus excellentiam. " — 
Ada cap, 21 April. 1421 (n. s.); 11 Sept. 1559; 10 Oct. 1524; 
19 NoT. 1539; 31 April. 1535; 16 Mart. 1562 (n. s.). 

(^) " Item ex ordinatione DD. solutum Johanni Hollandrino 
chorali propter mutationem vocis destituto, pro expensis redeundi 
domum, V. S. gr. " — 0. Ohw, 1497. — Les exemples de ce genre 
abondent. 



56 

tenir les autres en pension dans la maison du 
suc€entoi\ pour y achever leur éducation musicale(^), 
les placer, soit chez un honnête artisan (^), soit 
chez le redor scholarwm de Saint-Donatien (^), 
enfin, voter des subsides pour leur permettre de 
continuer leurs études dans des écoles étrangères, 
comme à Eecloo et à Gand (*), au couvent des 
Guillelmites de Bruges (^), ou chez des maîtres 
particuliers de la ville, par exemple, chez Jacques 
de Meyere (®). 



Q) De ce nombre fat Arnold Feye, qui, après avoir étudié sous 
le célèbre Walfard Hellync, devint clerc installé et maître de 
chant des réfectionanx. Le chapitre le qualifie de licet non voce 
eximitie, exîmiœ tamen ortie penUœ. — C Chor, 1528-29 ; Acta cap. 
31 Jul. 1542; 7 Martii 1543 (n. s.). 

(•) " Datum Anthonio de Sonneville chorali destituto in voce 
pro officio discendo mechanico, X. S. gr. " — C. Chor, 1518-19. 

(*) Augustin Deurghys et Jean de Backere furent placés chez 
Ghislain de Brabandere. — C. Chor, 1512-14. — Gérard Bachusius 
donna des leçons à Josse van Huile. — Ibid, 1527-28. — Élie Cant 
et Adrien de Landtheere devinrent les élèves d'Adrien Ghilius. 
— Ibid, 1529-32. — Encore ne citons nous que les choraux dont 
les noms sont exprimés en entier. 

(*) Adrien Belays et Martin de Gock étudièrent à Eecloo ; 
Antoine Willaert à Gand. — 0. Chor. 1528-30; 33, 37. 

(*) " Jaspari de Landheere dudum chorali huj us ecclesiœ et nunc 
visitanti scolas apud Fratres Guillelmitas, DD. annuerunt in sub- 
sidium studii tres libras gross. ad triennium, salvo quod in fine 
cujuslibet anni, quando recipere habebit unam libram, légitime 
doceatur ipsum in studio profecisse. " — Acta cap. 15 Nov. 1553. 

(•) " Gommunicato cum M. Jacobo Meyero super coUatione 
aliquot choralium in scholis suis, voce deficientium, retulit 
D. Bachusius Meyerum paratum esse admittere Fetrum pro una 
libra gross., Franciscum pro quatuor libris. Yen. D. Begis in 
eleemosynam obtulittres libras gr., D. Bachusius unam libram et 
cantor unam libram. Pro tertio chorali, scilicet Gornelio, iste conti- 
noabitor in scholis Sohynckii nostri usque Nativitatis Christi vol 



57 

Parmi les clioraux dont les chanoines favori- 
sèrent les études (^), mentionnons Adrien de Landt- 
heere et Wulf ard Hellync. 

Adrien de Landtheere admis comme choral le 
10 Novembre 1522, après un service de huit an- 
nées, continuo ses études sous la direction d'Adrien 
Chilius. Le 4 Octobre 1535, il est admis à une 
stalle cléricale de Saint- Donatien. Au commence- 



Joannis; tnm Bolvetnr ex officio Coutereaafc alias, ant capitatim per 
canonicoB." — Actacap. 11 Oct. 1641. — De cette résolution |capitu* 
laire, il résulte qu'à cette] époque, Jacques de Meyere, Tannaliste 
des Flandres, dirigeait à Bruges une école particulière, puisque les 
chanoines distinguent Meyerua de Schynckius qu'ils appellent " le 
nôtre " noeiri SchynckiL D'ailleurs, le nom de Mcjerus ne figure 
pas dans la série des redores echoUirum de Saint-Donatien. C'est 
donc à tort que Sanderus *, Foppens • *, J. P. van Maie * ^ 
P. Ledoulx * ^, le rangent parmi les^maîtres de l'école chapitrale. 

(') Malheureusement les comptes ou .les'actes capitulaires n'in* 
diquent pas toujours les noms de ces privilégiés, ni l'école 
où ils sont envoyés. — Nous pouvons toutefois citer encore 
comme subsidies in favai^em studiorum : Boger van den Brande, 
Grégoire de Quercu, Jean de Brune, Henri Noppe, Antoine 
Gheerts, Jean van der Piet. — O. Chor, 1515-16; Ada cap, 28 Sept. 
1519, 22 Oct. 1532, 11 Oct. 1540, 10 Oct. 1543, 16 Jan. 1544 (n..s.). 
— Yoici en quel sens les résolutions du chapitre étaient rédigées: 

" DD. Mei respectum habentes ad grata servitia que Livinus 
N. choralis quinque annis et ultra huic ecclesie cantando et 
ecclesie predicte serviendo continue impendit, nolentes hujusmodi 
servitia irremunerata relinquere, scd pocius volentes ipsum Livi- 
num pro posse ad majora promo vere, ut idem Livinus in grama- 
tica et litteris saltem usque ad congruitatem instrui possit, 
ordinarunt et constituerunt eundem in mensa rectoris scholarum 
dicte ecclesie..." — Âda cojp, 20 Martii 1504 (n. s.). 

* ttaniriu illmHraia, Hagœ oomitam 1782 p. 412. 

*i Compendium c\r<mologieiuik etc. p. 24é. 

** LevtmhtMehrijeing der geleerde «» door kwui vermaerde Bruggelingen, mic. de la 
Irtbllothèqne de la ville de Conrtrai, fonds Ooefchals. 

•* Leum der vemaerde mannen der riad Brugge, msc. appartenant à M. A. De Wolf « 
pbaxmaoien à Brnges. 



58 

ment de 1538 il part pour Rome, et en 1542 nous 
le retrouvons à Saint-Gilles de Bruges, où il exerce 
les fonctions de maître de chant. Dans les actes du 
vicariat, sede vacante y et dans ceux de l'évêque 
Drieux, il figure successivement, de 1567 à 1572, 
comme suppléant du curé de Saint-Jacques à 
Bruges, qui avait été suspendu de ses fonctions, 
curé d'une des portions paroissiales de Dudzeele, 
titulaire de la chapellenie de Saint-Nicolas d'Ouden- 
bourg, et chapelain de l'autel de la Sainte- Vierge 
à Sainte-Walburge de Bruges Q). 

Wulfard Hellync, enfant de chœur du 14 Mars 
1506 (n. s.), au 12 Mai 1511, obtient la permission 
de fréquenter les écoles. Le 16 Novembre 1513, 
il est admis comme virgifer chori de Saint-Dona- 
tien, et s'acquitte de cet humble emploi pendant 
deux ans. Promu entretemps au sacerdoce, il devient 
clerc installé, le 19 Octobre 1519, nonobstant sa 
qualité de prêtre. A la démission du succentar 
Pierre de Raedt, le chapitre désigne l'ancien choral 
pour lui succéder et Hellync remplit avec éclat les 
fonctions de maître de chant, sans interruption, du 
17 Juin 1523 jusqu'à sa mort arrivée le 4 Janvier 
1540 (n. s.). Comme bénéficier de la chapellenie 
d'honneur, sacellaniœ honoris ou capéllaniœ majorisy 
il partage la sépulture des chapelains {^). 



(») Acta cap, 10 Nov. 1522; 15 Oct. 1530; 4 Oct. 1535; 9 Fcbr. 
1538 (n. s.); La Flandre, 1868-69 p. 209; Acta vicarlaius, 28 Oct. 1567, 
7 Oct, 1569; ActaDnutii, 4 Dec. 1571; 12 Febr. 1572 (n. s.). 

(*) " Wulfardus filius Jobannis Hellync clericus Trajectensis 
diocesis receptus fait inchoralem bajus ecclesie cnm bonoribus et 
emolumentis consuetia." 



59 

Le chanoîne Jacques de Coninck, premier auteur Œnvre des 
de la fondation des choraux licenciés, comme ont ciés. 
soin de V exprimer les comptes, non content d'avoir 
consacré à cette œuvre une rente de sept livres 
de gros, y avait encore ajouté, avant de mourir, 
une autre rente de trois livres, mais s'était réservé 
l'usufruit de ces libéralités, sa vie durant. Il mourut 
le 23 Septembre 1552. Son confrère, Jean van der 
Straeten {Stratius), décédé également en 1552, 
avait légué par testament à la même œuvre la 
somme de seize livres de gros représentant une 
rente annuelle d'une livre de gros au denier 16. 
A partir de 1553, V officium choralium destitutoimm 
ou Begis fut annexé à Voffi^ium van der Coutere, Le 
chanoine François Dommissent, mort le 5 Février 
1557 (n. s.), majora le revenu de l'institution nais- 
sante d'une somme de dix sous de gros par an Q). 



" Tune DD. mei concesserunt "Walfardo chorali hujas eccleeio 
propter mntationem vocis sue quod possit se transferre ad scolas 
ac secQin portare omnes habitus et vestes sibi ex parte ecclesie 
datas et factas." 

" Wulfardus Hellync recipitnr ad stallnm et habitum ha jus 
ecclesie, cum dispensât ione quia sacerdos." — Ada cap, 14 Martii 
1506 (n. s.) 12 Maii 1511; 19 Oct. 1519; coll. 26 Nov. 1515. — Voir 
aussi plus bas la série des maîtres de chant, Appendice I ad ann. 
1523. 

(1) " Item dat et légat Domîcellaa.... relict» mg'' Jacobi Buyssart 
suas consanguines très libras grossorum de sez similibus libris 
quas idem testator annue habot super quatuor membris FlandrisB. 

Item residuum de dictis sex libris gross. annuis super quatuor 
membris Flandrise dat et légat ad opus choralium ecclesisB sancti 
Donatianilicentiatorum cum conditionibus in priori sua fundatione 
ad opus eorumdem choralium facta contentis." En marge : " Van 
dese rente van VI Ib gr. es by den overledene voor zijn overlijden 
ghedisponeert ende wettelycke transpoort ghedaen te wetene 
van m 95 gr. ten profyte van de W* ende d'andere III ten behouve 



60 

Pour faire même sommairement l'histoire de 
cette utile fondation, il faudrait énumérer tous les 
choraux qui, au fur et à mesure de leur départ 
de l'église, furent placés, selon leurs aptitudes 
diverses, chez le rector scholarum ou chez des hom- 
mes de métier, et durent ainsi leur avenir à la 
générosité des chanoines de Saint-Donatien, 
Qu'il suffise de citer quelques noms : 
Jean Flamme, en récompense de dix ans de 
service, peut continuer ses études d'abord sous 
Piat Oste, ensuite sous Guillaume de Liedekercke. 
Tout en demeurant chez ce maître, il devient 
dericîcsinstallatus contratenor ^ le 3 Décembre 1561, 
et est chargé de remplacer le rector scholarum 
dans les offices que celui-ci a l'habitude de rem- 
plir à l'église. Nommé succentor de Saint-Sauveur 
à Bruges, en 1563, il remplit ces fonctions jusqu'en 
Mars 1572. A cette époque, bien qu'il soit élevé à 
la dignité de chanoine depuis plus d'un an, 
il s'engage au service du roi d'Espagne, où son 
frère Arnold était déjà reçu Q). 



ende onderhouden ter schole van de afghaende choralen,yolgbende 
de letteren >an transpoort (*) daer af zynde." — Testam, Jacohi 
Regis, 22 Sept 1552. 

Voir Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 166, 
et CO. Regis 1553; 1556. 

0) co. Regis 1659-62 — "Ad prœsentationem D. decani receptus 
fait ad stallum Joannes Flamme contratenor, îstis tamen legibus 
adjectis, quod ipse rectori scholarum in antiqua subjectione 
cobabitabit, quodque insuper refectionales una cum succentore 
ad ecclesiam et cborum addncere et abinde domum reducere, 
necnon seryitiorum onera dicto rectori in bac ecclesia incumbentia 

(*) Co« lettres âAtent dn U Mai 1663. 



61 

Jean de Vlieghere (Volator), élève de Jean 
Zomers, après avoir exercé les fonctions de suc^ 
centor à Saint-Omer, est rappelé à Bruges pour y 
devenir maître de chant à Saint-Donatien (1572) Q). 

Bupportare tenebitur; ad qnem fînem dictnm rectorem repraeeen- 
tabit (*) eisdemqne praerogalivis et emolumentis gaudebit. " 

" Joannes Flamme clericus contratenor, officium succentoris 
in SS. Salvatoris adeptns, litteratorie gratias agens DD. qaod 
eum a teneris annis hucusque in eornm servitio aluissent, valedixit, 
petens se in DD. gratia et benevolentia semper commendatum 
haberi. Cujus promotionis et adeptœ conditionis DD. congratu- 
lantes, si et quatenùs imposternm ei favere ac prodesse poterunt, 
capitnli gratiam et benevolentiam addixerumt." — Acta cap, 3 Dec. 
1561 ; 9 Dec. 1563. 

" Collatio canonicatns S S. Salvatoris D. Joanni Flamme pbr^ 
Cameracensis diocesis. " — Âda DriutU 14 Jan. 1571 (n. s.). 

" Nos decanus et capitulum ecclesie collegiale S. Salvatoris 
Bmgensis, attestamur providnm virum D. Johannem Flamme 
presbjterum Cameracensis diocesis apud nos fuisse et esse 
magistrum cantus et cboralium multis annis, atque actn canonicum 
ejnsdem ecclesie, et vixisse pacifiée atqae laudabiliter satisfecisse 
sao officio magisterii froquentando ecclesiam sedulo et docendo 
cborales in cantn docte, cam vite et morum probitate. Quorum 
meritorum intuiti jam brevi ad canonicatum et prebendam dicte 
ecclesie, sub turno nostro, alternato cum R"° D. Episcopo Bru- 
gensi, vacantes, eumdem promovimus. Certificaraus etiam D. 
Johannem non esse aliquîbus sentenciis suspensionis aut ezcom- 
municationis innodatura, verum, a nobis cum gratiarum actione 
licentiam abeundi cepisse ad inserviendum inclitissimo régi 
Hispanie sub spe promotionis future. In cujus rei testimonium 
etc. " — Ada cap. 8S. 8aJv., 24 Martii 1572 (n. s.). 

C) ce. Regis, 1562-64, 

" M. Joannes Volator, nnper choralis et alumnus bujus 
ecclesiae, ex ecclesia cathedrali Audomarensi, ubi succentor erat, 
hue vocatus, admissus fuit ad officium succentoris hujus ecclesiae." 

" Joannes Volator, magister cantus, egit DD. gratias pro eorum 
favore, de sîbi coUata altera capellania van der Banck de extra 
chorum." — Ada cap. 30 Jnl. 1572; 6 Maii 1573. 

(•) Le retior Gnillanmc de Liedekcrcke, sVüint engagé dans les liens dn mariage, 
ne ponvait plu» convenablement fréquenter le chœur. — Voir Appendice II, a.f 
ann. I6m. 



62 

Arnold Flamme, également élève de Jean 
Zomers, devient clerc installé et, en 1570, est admis 
dans la chapelle royale d'Espagne (^). 

François de Visschere, d'abord pensionnaire chez 
le chanoine Brants qui avait accepté la direction 
de l'école, prend ensuite des leçons d'orgue de 
Corneille van den Rjne, exerce les fonctions de 
virgifer chori et est appelé au service du prévôt 
d'Eversam (^). 

Séverin Baten, placé chez l'écolâtre Georges de 
Vrieze, devient successivement bénéficier de la 
chapellenie de extra chorum^ fondée à l'autel de 
Saint-Daniel, suppléant du rector scholarum de 
Vrieze, jusqu'à l'érection du séminaire, tabularkis 
chorl^ chapelain de gremio chori^ et enfin maître 
de chant de Saint-Donatien en 1596 (^). 



O CG.Begi8,lb64r66. 

" Decernuntur litteraB testimoniales pro Arnoîdo Flamme 
contratenore ad servitium regiœ majestatis vocato, videlicet quod 
a sua juvenili œtate novem aut dccem annis choralis hujas 
ecclesia3 f aerit, ac subvenieute vocis sqbö mutatione, tribus annis 
huic ecclesisB pro contratenore laudabiliter servierit, ac honeste se 
gesserit et catholice vixerit. " — Acta cap. 17 April. 1570. 

(2) CC, Regis, 1566-70; Acta cap, 13 Febr. 1567 (n. s.); 27 Febr. 
1570 (n. s.). 

" Franciscus Visschers alter virgiferorum chori, ad servitium 
prajpositi de Eversam vocatus, valedicit gratias agens DD. quod 
eum a teneris annis in eorum servitio aluissent. " — Acta cap, 
13 Nov. 1570. 

(3) ce, Itegls, 1567-69; Acta cap, 11 Maii 1569. 

" Ad pnesentationem seu commendationem D. Vriese scholas- 
tici, regimen scbolarura nu ne habcntis, admissus est Severinus 
Bfttcn ad omnia munia et onera rectoris scholarum in choro 
subeundum et exercendum, cum distribu tionibus chori et emolu- 
mentis consuetis." 



63 

Mathias Pottiers continue ses études sous la 
direction de l'écolâtre de Vrieze, devient virgifer 
cliori^ est admis, le premier parmi les anciens 
choraux, au séminaire qui venait de s'ouvrir, reçoit 
la prêtrise le 16 Juin 1576, et est nommé succentor 
à Saint- Sauveur, le 12 Janvier 1577. A peine en 
fonctions, il y est pourvu d'une prébende canoniale, 
le 24 Mai suivant. Avant de finir ses jours, il rentre 
à Saint-Donatien pour occuper une stalle de cha- 
noine dans l'église même, où il avait été assis sur 
Tescabeau des enfants de chœur Q). 

En parlant des réfectionaux, nous avons distin- cEuyr© des 
gué leur organisation, en Janvier 1532 (n. s.) et 
leur réorganisation ou fondation proprement dite, 
en Septembre 1550. 

Dès le mois de Mai 1532, les chanoines de Première 
Sprynghere, van der Meulen et Hamere, furent 

*' DD. continuarnnt Severinum Baten contrafcenorem, in stallo 
suo nuper adepto, ad exercitîum rectons scholarum; eumdem ab 
eo die, de numero clericorum promovendorum déclarantes. Coi 
etiam concessns est locus contratenoris in landibus yespertinis, 
donec per DD. aliter sit provisum (*)." — Acta cap, 24 Nov. 1569; 
23 Jun. 1571. — Acta cap. 23 Jun. 1573; 2 Dec. 1596. 

0) ce. Begis, 1569-72 ; Acta cap. 4 Dec. 1570. 

" Attenta ingenii dezteritate Mathiœ Pottiers nnper choralis, 
D. scholastico cohabitantis, plaçait DD. qnod ipse prœsentetur et 
commendetur B"*^ D*" ad babendum locnm in seminarie Brngensi." 

" Comparait in capitale Matbias Pottiers nupor cboralis, bacte- 
nus in seminarie edacatus et jam ad sacerdotium promotus, petens 
admitti ad stallam clericorum; DD. cupientes eidem aliunde 
melius prospectum, responsum ad ipsius petitionem adbuc distule- 
nmt. " — Ada cap. 23 Jun. 1571; 18 Jun. 1576. — Ada cap. 
S8. SàlvaiorU, 12 Jan., 24 Maii 1577; Fofpems, Compendium 
chronoîogieum etc., p. 111 ; Gailuabd, Inscriptions funéraires et 
monumentales de la FI. Oec, T. I, Église de S. Donat, p. 166. 

(*) Voir Appendice II de ce chapitre, ad ann. 1580. 



64 

nommés par le ctapitre redores refectionalium, 
jusqu'à révocation. Ils s'acquittèrent, fidèlement de 
cette charge, qui consistait principalement à faire 
un choix minutieux de sujets qualifiés, à soigner 
les intérêts des enfants et à leur fournir en temps 
utile les vêtements nécessaires et le costume uni- 
forme Q). 

Il avait été décidé que les leçons de chant 
seraient données aux réf ectionaux par le succentay\ 
dans l'école de Saint-Donatien. On s'écarta quelque 
peu de cette résolution: un local, devant servir 
de salle de musique, fut approprié non loin de 
l'école, et, si pas toujours, du moins souvent, un 
professeur spécial dressa les treize privilégiés au 
service du chant (^). 

Voilà le peu de détails que fournissent les actes 
capitulaires sur la première période de l'œuvre, 
de 1532 à 1550. Malheureusement les comptes de 
ces années n'existent plus. 



Q) Acia cap. 19 Maii 1532 et passim, jusqu'en 1550. 

(^) " Aptetur locns propo scholas, pro refectionalibus ibidem 
mnsîcam gregorianam saltem addiscitnris. " 

" Deinceps D. Gerardus Thol quolibet die sub vespera, una hora 
ante landes yespertinas, docebit chorales et refectionales, salvo 
quod Lupus succentor superintendat. Salarium erit 1 9) gr. annue 
ex officio refectionalium, de qua summa convenient superintendens 
et Thol. " 

" Toi (Gerardus Thol) erit magister musicus refectionalium et 
non Lupus (Wulfardus Helljnc), docturus eos dietim una horula 
ante laudes, capitule superint enden te et non Lupo. " 

" Ex parte refectionalium, quorum instructionem in musica 
Arnoldus Feye ab hac luce sublatus, dum yiveret hujus ecclesia» 
clericus installât us, sub certo annuo stipendio susceperat, propo- 
situm fuit etc. " — Ada cap. 13 Sept. 1532; 26 Fcbr.; 8 Martii 
1535 (n. s.). — Ada cap. 7 Martii 1543 (n. s.). 



65 

Jusque-là, en dehors des heures de classe et de 
service à l'église, les réfeotionaux étaient aban- 
donnés à leurs parents. 

Moins heureuse que celle des choraux, cette Deuxième 
situation fut modifiée par la fondation Begis et ^ " 
de Molendino^ faite en 1550. 

Les deux fondateurs s'étaient réservé, à vie. Cohabitation. 
l'usufruit des rentes constitutives, avec la faculté 
de l'attribuer encore, chacun pour sa part, à 
une ou plusieurs personnes à dénommer par eux. 
Le chanoiae de Coninck mourut le 22 Septembre 
1552, sans avoir désigné d'usufruitier dans son 
testament. Le grand-chantre van der Meulen qui, 
en 1552, par acte de dernière volonté, avait déjà 
reporté son usufruit sur l'un de ses neveux 
Laurent, Walram ou Charles van der Meulen, 
selon la survivance, renonça à tout droit le 19 
Octobre 1555, et décéda le 18 Février suivant Q). 

A partir de cette date, la fondation prenait 
pleinement cours, et le chapitre, lié par promesse, 
ne pouvait tarder d'en exécuter les clauses, dont la 
principale avait pour objet la cohabitation des 
réfeotionaux avec le maître d'école de Saint- 
Donatien. 

Aussi le plus ancien des rares comptes de l'œuvre, 



(0 Testaments de Be^is et do de Moîendino. — Archives de 
Yéyêché : serie Testaments. 

" Ad cansam annui redditus per D. et M. Jacobum de Molen- 
dino cantorem transportati, pro parte eeu quota refectionalium eo3 
concemente, a die XIX Octobris anni LY, qiiando idem D. cantor 
cessit omni usufructui ejusdem redditus etc. " — 0. Bef, 1556-57. 

6 



66 

sauvés de la destruction Q), celui de 1556-57, nous 
renseigne que le ludimagistei\FrB.nçoia duQuesnoy, 
logea chez lui les enfants, au moins depuis le 
13 Mai 1556 Q). 

Mais, d'après l'acte de fondation, la demeure 
commune des réf ectionaux et du rector scholarum 
devait être située à proximité de la collégiale de 
Saint-Donatien, et il était stipulé que les économies 
et les accroissements de l'office seraient employés, 
avant tout, à l'achat de pareille maison. Dans sa 
sollicitude, le chanoine Regis avait, la veille de sa 
mort, légué, aux mêmes fins, une rente de dix livres 
de gros, déjà transportée en faveur de l'œuvre 
depuis le 15 Juillet 1552 (S). 

En 1560, le chapitre trouva l'occasion de réaliser 
plus complètement les intentions des fondateurs 
et chargea les chanoines Gérard Bachusius et 
Josse Lambrecht d'acheter la maison de François 



Q) H n'existe plus que les quatre comptes suivants : du 24 Juin 
1556 au 24 Juin 1557; 1559-60; 1569-70; 1570-71. — A raison de 
cette pénurie, nos renseignements sur les réfectionaux seront 
nécessairement incomplets, en bien des points. 

(2) " Magistro Francisco du Quesnoy, rectori scholarum, ratione 
expensarum cibi et potus dictorum refectionalium, ad ratam 
quinque librarum X s. gr. annue pro quolibet eorumdem,... pro 
integro anno cesse XIII Maii LVII etc." — 0. Réf. 1556-57. 

(') Histoire du Séminaire de Br^ujes, T. II, Documents, p. 92, 
note 1. — Nous disons, dans cette note, que déjà le 15 Juin 1552, le 
chapitre acheta la maison nommée Saint-Patrice, et située 
rue des Chevaliers; c'est une erreur. Comme on le verra, c'est 
le 21 Mai 1560, qu'une maison de la rue Sainte-Walburge fut 
acquise pour les réfectionaux; l'achat de la maison Saint-Patrice 
eut lieu sous l'évêque Bemi Drieux, lors de l'érection du 
séminaire. 



67 

Le Gillon-van der Cappelle, sise me Sainte- 
"Walburge, près du cimetière de Téglise du même 
nom Q). 

' L'immeuble nouvellement acquis reçut bientôt 
le rector scholarum, avec ses jeunes pensionnaires, 
et leur servit de demeure jusque vers la mi- Août 
1566, époque des premiers troubles religieux à 
Bruges f ). 



(>) " DD. ratificant contraotum per dominos Bachusium et 
£abricarium cnm Francisco Le Gillon initnm snper emptione 
domus dicti Le Gillon propecoemeterium ecclesîe Dive Walbnrgis 
ad opns refectionaliam, committentes eisdem recipere sen accep- 
tare donationem per enmdem Le Gillon desuper oblatam. " — 
Acta cap. 20 Maii 1560. 

•* Francis Le Gillon ende joncvrauwe Johanna, de dochtere'van 
Adriaen van der Cappelle zyn wyf , als erf vachtich ende proprieta- 

rissen ghaven halm ende wettelicke" ghifte M"* Gheeraert 

Bachntis ende Joos Lambrecht pbr*' ende canneunicken vander 
collegiale kercke van SinteDonaes in Brngghe, als gbecommibteert 
bij die van 't capitele van de zelve kercke, present ende accep- 
terende, ten behonve ende prouffyte vande derthien refectionalen 

vander voorseide kercke van twee hnnsen met beuren toebe- 

boorten twelcke nn een wuensto es te gader staande deene neffens 
den andere, ten voorhoofde in Sinte Woubnrghe straete bij Sinte 

Wonbnrghe kercke, ande noortzyde van de straete achter- 

waerts streckende met zeker plaetse van lande ghepaveert tot 
eenen achterhuaso dat nu een camere es gheappliceert ende 
wesende van toebohoorte van den hiiusinghen ghenaomt ten 
figheboomo voorhoofdende de zelve huusinghen in Sint-Jans 

straete belast eerst met XX s. gr. grontrenie, en totte dien 

noch met II R gr. tsj" losrente den penning XVIII, ende noch 
met V ft gr. tsj" lyfrente den penning VIII ten lyvo van Zozine 
van der Cappelle, religieuse in *t clooster van Hemelsdale inde 
prochie van Wercken. " — Arch. de la ville de Bruges, Wettelyhe 
podseringen, Jah Digne, Reg. de 1559 à 60, 21 Meye 1560, fol. 427. 

O " In transmigratione refectionalium ad alias aedes solatam 

XXn s. " — C. Befed, 155Ô-60. 



68 

Depuis ce temps jusqu'à l'érection du séminaire, 
les réfectionaux, après avoir habité plusieurs 
semaines la maison paternelle, furent logés d'abord 
chez le chanoine Brants, puis chez l'écolâtre de 
Vrieze, qui consentirent successivement à prendre 
eux-mêmes la direction de l'école et des treize 
pauvres écoliers Q). 

Dans l'intervalle, la maison de la rue Sainte- 
Walburge, quelque temps inoccupée, fut finalement 
louée à Jacques Lucas (^). 
Nombre. Le uom scul d^officium tredecim pcmperum 
refectionalium indique suffisamment que treize était 
le chiffre normal des réfectionaux recueillis par 
l'institution. Il est probable qu'une raison de 
symbolisme, bien plus que l'exigence du service. 



(^) Appendice II de ce chapitre, ad <mn. 1666-71. 

" Magistro Johanni Brants pro expensis FrancÎBCÎ (de Vis- 
Bchere) destitati choralis pro medio anno cesso 17 Angnsti (1567).. 
III îfc gr. " 

" Solutum M. Georgio de Yrieze Boholastico pro expensis 
Mathiœ (PottiorR) destitnti'clioralis pro medio anno cesso 23 Maiî 
1570... III fc gr. "— C a Chor. 1566-67; 1569-70.— Cfr.. C G. Chor. 
1567-68-71. 

" M. Georgio de Vriesescholastico et M. Joanni Brants ad catisam 
expensanim et institutionis pro quolibet annne LXVI fib par., pro 
anno cesso Joannis Bapt. 1570... VIIP LVIII » par." 

'' M. Georgio de Vriese, ad causam expensamm et institution is, 
pro anno cesso Joan. Bapt. 1571... VTEP LVIII ft par."— C CBef, 
1569-70; 1570-71. 

(') " Quod domnm refectionalium nunc vacantem DD. nolentes 
eandem divendi, nisi evidenter in ntilitatem pueromm vergere 
posset, ordinarunt eam ad certura tempas locari pins offerenti." — 
Ada cap. 29 Jan. 1567 (n. s.). 

" Keccptum a Jacobo Lucas pro locagio domus, tertio ex sex, 
cesso Joan. Bapt. 1570... XL VIII Ib par." — C, Bef. 1569-70. 



69 

aura engagé le chapitre à privilégier précisément 
treize enfants pauvres, d'autant plus que ce 
nombre était familier à Saint-Donatien, lorsqu'il 
s'agissait de nécessiteux. C'est ainsi que le jeudi de 
chaque semaine, on distribuait des aumônes à treize 
indigents qui assistaient à la grand'messe, derrière 
le chœur. C'est ainsi encore que le chanoine Begis fit 
un legs important à l'école Bogaerde, à la condition 
d'y entretenir treize enfants pauvres, et que son 
collègue, Josse Lambrecht, fonda des prébendes en 
faveur de treize vieillards, douze hommes et une 
femme, de l'hospice Saint- Josse, rue des Baudets Q). 

(1) *< Begheere myn hantvaert ende jaerghetyde met datter 
ancleift simpelicke zonder pompe ghedaen tehebbene in den choor... 
met eenen disch yan hondert provene in vleesche, broodt ende 
ghelt ofte in andere waere naer den tjt, elcke provene weerdich 
zjnde thien grooten ten behoeve vanden aerme. Yan welcke 
hondert provene de derthien aerme die aile donderdaghe commen 
ter hoochmeese bachten choore, mitsgaders de vjf aermen alsdan 
zittende int mandaet, ende de derthien refectionalen vande kercke 
aUe commende ter commendacie ende zielmesse van mynen haut- 
vaert ende jaerghetyde voorseid ende aldaer lesende ende biddende 
devotelic ontrent mjne sepaltore van tbeghin selve tot den hende, 
zullen elc een proven hebben." — Teetamentum Jacohi de Molendino 
17 Octobris 1552. 

" Item [lego] tredecim iUis viris pauperibus feriis quintis ad 
mandatum venientibus, aliisque quinque quibus pedes lavantur 
in ecclesia divi Donatiani summo sacro finito, singulis unum 
Bolidum grossorom. " — Testamentum Frandsd Fiere 1567. 

" Item dat et legat pueris ten Bogaerde hu jus oppidi domum sue 
habitationis unacum vicina domo ac omne jus sibi competens in 
domo angnlari, quamquidem domum cupit et vult adstatim post 
obitum suum tempore congrue plus offerenti vendi et denarios 
ezinde provenientes gubernatoribus seu curatoribus eorumdem 
pneromm ten Bogaerde nnmerari tradi et deliberari, salvo quod 
dicti gnbematores seu curatores perpetuis futuris temporibus 
tredecim pneros panperea ad instar fundationia domini temporalis 



70 

EeflflouroeB. TJnétatdebiens,dresséenl558(^),nous donne une 
idée générale des ressources dont disposait Tœuvre 
desréfectionaux. Elles consistaient principalement 
en 77 ib 10 s. gr. de rentes annuelles, y comprises 
celles de 48 ïb gr. constituées par de Molendino et 
Begisy et celle de 10 ïb gr. destinée par Regis à 
l'achat d'une maison. En outre, les profits ordi- 
naires provenant de fondations ou connus sous le 



de Praet, (si vires hujas legati etalterius infrascripbi eisdem paeris 
legati patiantnr) alere et intertenere tenebuntur." — TeBtametUum 
Begis, 

** Item aengaende het patrimonie goet,... de zelve testateur 
verclaert hoe dat hj daerof heeft in zyn lovene ghedisponeert, en 
aengaende zyn andre goedinghe heeft die gheghevene metter 
warmer handt, dat men heet donailcyiie inter vivos, de XIII arme 
mannen ende vrauwe ghefandeert in het godshuis van S' Joos 
inde ezelstraete binnen Brugghe.'' — TestamentumJtidoci Lanibrecht, 

(*) Yoici eet état de biens, en entier : 

*' De Befectionalen hebben up tofficie van tforein vier 0^ grooten 
tsjaers den penninck XXIIII, zijn IIII ft gr. 

IJp tzelve officie sichtent den XX*° in Septembre 57, IIII Ib 
III 8. IIII den. gr. tsj" den penn. XVI zyn 

IIII ft in 8. ini d. gr. 

Up de stede van Brugghe III ft gr. tsj" den penn. XVI zijn 

in ft gr. 

Up de casselrye van Oassele en thout vanNiepen VIII ft VI s. 
VIII den. gr. tsj'- den penn. XVI zijn VIII ft VI s. Vin d. gr. 

Up den grooten Thol van Brugghe in diverscho brieven 
XLVni ft gr. tsj" den penn. XVIII zijn XLVniftgr. 

Up een hofstede met hondert ghemeten in Watervliet toebe- 
hoorende Mathias Lauryn X ft gr. tsj'* den pen. XVI ghegheven 
by myn heere Begis om een huus te coopene by de kercke met 
conditien etc. comt X ft gr. 

Somme van de losrenten es LXXVII ft X s. gr. tsjaers. 

Ordinaire exeuntien en fundatien bedraghen jaerlicz ontrent 

VIII ft VI 8. gr. 

Extraordinaire zaken valent estimative 

V of VI 8. gr. aat eo ciroa. 



71 

nom de exewatiœ^ produisaient environ 8ft 6 s. gr., 
et les profits extraordinaires montaient à 5 ou 6 s. gr. 
par an. Enfin, les prébendes en nature attribuées à 
l'office dans les diverses tables des pauvres, rappor- 
taient 130 à 140 pains, dans le courant d'une 
année. 



Ex mensa panperum obitus Joannis Finnoc patrie Joannis 
canonici habent refectionales panes XXYI 

Ex mensa panperum obitas M. Joannis Finnoc canonici etiam 

XXVI 

Ex mensa pauper am obitas D. Bemigii de Louf canonici etiam 
panes XXVI 

Ex mensa panperum D. cantoris de Molendino XXVI 

Ex mensa paupernm D. Dommessent'panes XII 

Ex mensa paupernm D'^ Panormitani secundum numernm 
canonicorum absentium habent communiter XII vel XVI panes. 

It^m in mensis panperum Joannis Finnoc, M. Joannis Finnoc, 
G^rgii yan der Donc, eius uxoris et aliis, aliquando excrescunt 
unum, duo vel plura signa, secundum numernm canonicorum 
absentium et tune pro quolibet signo habent duos panes. 



SequurUur œiera tolera/nda super praernissis. 

Eerst voor de costen van de XIII refectionaien heeft M* Fran- 
choia du Quesnoy [als hy] scoolmeester was, ghehadt y oor elo V fc 
X s. gr. tsjaers zonder wasschen en wringhen en zonder zommighe 
broon makende jaerlicx LXXI K X s. gr. 

De ordinaire lasten bedraghen noch jaerlicx zonder de jaercn 
als zj nieuwe keerlen hebben of dierghelycke, estimative V Sb gr. 

Den zancmeester leerende de refectionaien simpel zanck ofte 
ander musycke hj ordinancie van myne heeren zal hebben zjn 
devoir doende XX s. gr. tsjaers. 

De nieuwe keerlen die zy moeten hebben Sinte Donaes daghe 
LVm ten lancsten, costen wel met voeringhe scheeren en maken 

IX of X ft gr. 

Ooc moet men onderhouden up huerlieder incommen de bedden, 
slaeplakenSi dexels, hemden, overslopen ende suckenien. 

Jeghens paesschen elo zal moeten ooc hebben twee nieuwe 
oyerslopen. 



72 

Les comptes, qui concordent généralement avec 
ces données, fournissent le détail des recettes 
ordinaires et extraordinaires. La rubrique, Becepta 
ordinaria^ comprend : les exeuntiœ de chaque mois; 
la part qui revient aux réf ectionaux dans les fon- 
dations de Pierre Bracman et de Remi de Louf, 
dans les tables des pauvres établies par Jean 
Pinnoc père, le chanoine Jean Pinnoc fils, et R. 
de Louf, dans les obits de Jean Sachiseur et de son 
épouse Q) ; les menus émoluments que les enfants 
méritaient en assistant à la messe du Saint-Esprit, 
fondée par Jean Meurin, et en portant des torches 
à la fête du très-saint Sacrement, ainsi qu'au ser- 
vice anniversaire, célébré pour le repos des âmes 
du maréchal de France J. de Villiers de Tlsle- 
Adam et de ses compagnons d'armes (^) ; les deniers 
hebdomadaires payés par l'obédience et les aumônes 
du mercredi et du jeudi de la semaine sainte (^). 



(^) Bien des fondations et tables des pauvres non exprimées par 
les comptes» sont comprises dans les exeuntiœ, par exemple celles 
de Philippe van den Berghe, de J. van der Contere (*), du doyen 
Marc Laoryn, de Georges van der Donck, du prévôt Jean Oaron- 
delet, archevêque de Palerme, etc. 

C) ** Pro missa spiritus Meurin... XXVI s. par. 

Pro thedis per refectionales in festo Yenerabilis Sacramenti 
gestatis... III s. par. 

Pro thedis in obitu D. de Lilleadam (*^) militis per refectionales 
delatis... LII s. par."— CO. Bef, 1556-71. 

(*) 0'est le seul des trois subsides provisoires, accordés en 1582, 
qui soit continué encore en 1570-71 ; — Ofr. plus haut, p. 37. 

(*) Voir SigMre du Séminaire de Brugn, T. Il Doouxne&ts, p. 16. 

m J. de VilUen de l'iBle-Adam ayait été tué à Brages, le 23 Mai 1487, dans U 
révolte des Brogeois contre PhiUppe-le-Bon. Le duo condamna la tUIo à faire célé- 
brer, à ohaque azmivenaire de cette date lugubre, un aervloe solennel en TégliM de 
Bainb-Donafeien. — Naxéohi, Coun d^hitMrê noHonalê, T. 6, pp. 297 et SéO. 



73 

Sous la rubrique, Becepta extraordinaria, sont 
classées deux sources de revenus variables, d'abord, 
les prébendes pécuniaires^ réservées proprement 
aux chanoines, mais, en cas d'absence de ceux-ci, 
cédées aux réfectionaux Q); ensuite, les libéralités 
de nouveaux bienfaiteurs. 

Parmi les nouveaux bienfaiteurs figurent, entre 
autres (^), J. van der Meulen,P. Dommessent, Josse 
Lambrecht, Claude Carondelet, Thomas Petralbis, 
JosseBaesdorp, François Fiers et Gérard Bachusius. 

Le grand chantre J. van der Meulen établit trois 
tables des pauvres, deux de 100 prébendes de 
10 d. gr., à dresser le jour de ses funérailles et le 
jour de son premier anniversaire, et une troisième 
de 60 prébendes de 6 s. par., à dresser tous les 
ans, lors de la célébration de son obit. Dans chacune 
de ces distributions, les réfectionaux, ayant droit 
à 13 prébendes, reçurent deux fois 3 îb 18 s. par., 
en argent et 52 s. par., en nature, et, dans la 
suite, annuellement, 52 s. par., en argent et 26 s., 
par., en nature (^). 

0) Voir pins haut, p. 48, où il est question d'une table des pan- 
Très fondée par Josse Lambrecht. 

(*) C'est toujours la pénurie de comptes qui nous oblige à user 
de termes restrictifs. 

(>) ** Item Toor eenen disch yan tzestich provene te stellenci 
elck weerdicb zynde in broode ende ghelde zesse schellinghen par., 
ten daegheTande jaerghetydeden armeghedestribueerttewordene, 
compt aohtien ponden par., yan welcke LXproyene.... zullen hebben 
de derthien r^ectionalen ten graye lesende, XIII teekene..." — 
TeHamentum de Molendino, — Cfr. p. 69, note 1. 

Pour l'intelligence des calculs, il est nécessaire de se rappeler 
que 1 liyrer=20 sous; 1 b.=12 deniers; 1 d.=12 oboles, et quel liyre 
de gro8=sl2 liyres parisis. 



74 

Le chanoine Dommessent (ou Dommissent) insti- 
tua également trois discheuy fixés, l'un, au jour de ses 
obsèques, l'autre, au premier anniversaire et le 
troisième, à perpétuité, au jour de la fête de Notre- 
Dame des sept Douleurs. L'office perçut de ce chef 
deux fois 4 îb 16 s. par., quoad denarioSy et 3 ib par., 
en pain, et puis, tous les ans, 24 s. par., quoad 
denarioSy et 12 s. par., en pain Q). 

Dans la mensa paitperum du jeudi après le second 



(1) " Aussy sera le iour dudict serrice mis et dressé ung diseh 
de 80 prébendes valissant chascane 12 gr. scilicet 4 gr. en pain et 
8 gr. en argent, les qnelles seront distribuées à Messieurs doyen 
et chanoines, comme est de coustume; aux 4 dois tres des mendians, 
chascun 2;aucloistre de Castaine Boom 2; aux 13 réfectionaulx 13; 
aux enfants duBogaert 6; aux filettes 6; la reste à la discrétion des 
exécuteurs à certains ses parens et amys." 

** Et que en la fin de Tan au mesme iour ou aultre plus propice 
soit célébré en l'église S* Douas, ung anniversaire en la mesme 
sorte que son dict service, hoc est avecque 30 messes, 80 prébendes, 
psalmes et collectes ad sepulchrum" ' 

" Item que incontinent après sa mort hoc est en dedens l'an soit 
fondé en l'église de S' Douas ung disch de 60 proves, valissant 
6 ^. la pièce, en pain 2 gr., la reste en argent, sur Tobédienoe le 
denier 24. Lequel diech sera mis au lieu acoustumé, le iour que 
Ton célébrera la messe do sept Douleurs par lui f ondée, incontinent 
prime chantée, pour demeurer iusques la fin de la dicte messe, et 
distribuer icelle messe achevée. Desquelles proves Messieurs 
auront 18; syx réfectionaulx 6, lesquels seront tenus lire à la sépul- 
ture; quattre cloistres de mendians chascun deux font 8; seur- 
rettes inden Castaine Boom 2; syx pauvres escoliers du Bogaert 6; 
syx pauvres fillettes 6; roedraghere de chapitre pour sa paine 3; la 
reste nuynero 11 à ses prochains parents, nep veux et niepces et 
enfans d'yceulx et enfans de leurs enfans, à condition de offrir en 
ladicte messe, et, en cas de faulte, seront les proves des défaillans 
distribuées par le roedraghere et taffeldraghere, par moitié, à pauvres 
gens. Faiqt et ordonné le 25 d'aoûst 1556. Franohoia Dommessent. — 
Tettamenium Frandsci Do^nmesaent» 



75 

dimanche de Pâques, fondée par Josse Lambrecht, 
les réf ectionaux avaient droit, comme les choraux, 
à 6 d. gr., soit 6 s. par. Q). 

Les dispositions testamentaires, faites en faveur 
des réfectionaux par Claude Carondelet, semblent 
se rapprocher de celles de van der Meulen et de 
Dommessent. Puisque le compte de 1569-70 accuse 
une recette de 32 s. par., provenant de Tobit du 
prévôt, il est probable que les comptes p récédents, 
s'ils existaient, renseigneraient la part des 
réfectionaux dans les tables des pauvres, dressées 
le jour des funérailles et du premier anniversaire. 
On peut conjecturer de même au sujet des libé- 
ralités de Thomas Petralbis, riche Lombard, dont 
Vobit, d'après le compte de 1569-70, rapportait à 
V officium 16 s. par. 

Les chanoines François Fiers, Josse Baesdorp et 
Gérard Bachusius,ancien redœ* scholarum et gouver- 
neur des réfectionaux, léguèrent respectivement à 
l'œuvre 3 ib 18 s. par., 12 ïb par. et 72 ïb par. (^). 

A ces bienfaiteurs connus, il faut ajouter des 
bienfaiteurs anonymes et involontaires: en 1570-71, 
les amendes perçues par la cour ecclésiastique et 
montant à 126 ft par., furent affectées à l'œuvre 
des réfectionaux (^). 



0) " Pro missa Lambrecht Vis. par". CÖ. Bef, 1569-70, et 1570-71. 
— Voir p. 48, et note 1. 

(») C. Bef. 1569-70. 

(S) << A D. offîciali pro tribus amendis in cnria spirituali ad utili- 
tatem refectionaliom adjadicatis, nna de 18 fi> par., altera de 48 S&, 
et tertia de 60 ft, valet simul 126 ft par." 0. Bef, 1570-71 .— Autre- 
fois déjà> avant l'organisation définitive de l'œuvre» le cha- 



76 

Nous tairions un des nombreux titres que de 
Molendino et Regis se sont acquis à la reconnais- 
sance des réfectionaux, si nous ne rappelions 
ici la promesse faite par ces fondateurs de fournir 
une première fois à leurs protégés, 13 lits neufs 
avec matelas, oreiller et couvertures, 26 paires de 
draps, 13 barrettes, 26 paires de souliers, 39 che- 
mises, 13 chapes chorales, 26 surplis et ceintures. 
Les mortuaires des deux chanoines payèrent à 
l'office, chacune pour sa part, la somme de 19 ib 
9 s. 8 d. gr. (1). 

Enfin J. de Coninck avait, par acte de dernière 
volonté, institué les pauvres, héritiers de tous ses 
biens qui resteraient après solde des legs et dettes. 
Les exécuteurs testamentaires firent de ces biens 
un fonds spécial, appelé cista (caisse) Begis^ in 
umm paujperuniy où le chapitre put longtemps 
puiser abondanmient en faveur des réfectionaux, 
considérés à juste titre comme les pauvres de pré- 
dilection du généreux chanoine. 



pitre avait recours à de semblables indastries pour lai venir en 
aide. '' Panitio duoram capellanornm... Solvant 2 9) 2 d. gr. inusus 
refectionaliam ''. — Acta oa/p. 21 April. 1539 (n. s.)- 

(^) *' Ter cause voor deerste reisetecoopene 13 bedden, orpuUen, 
Bekplaken»coutsen,liemden, choorcappen,suckenien, overseloppen 
ende andersins omme de 13 refectionalen vande kercke van St 
Donaes, ende dat over de heltscheede volghende de fundatie van 
den overledene totten onderhouden van de zelve refectionalen. 
Want dander heltscheede gaet anne M. Jacob de Molendino die 

van ghelycke ghefundeert heeft. Dus hier 19 & 9 s. 8 gr." ~ 

Stoei ende mveniaris van aekterhgelaeten goeden van den eereamen 
heere wijlen M, Jacóh Begie. 

Off. Teetameniwin JacoU de Molendino, où la sooune de 19 &> 
9 B. 8 gr. est lëgnëe avec la môme destination. 



11 

Une soutane en drap noir, une barrette, un sur- Ooitùme. 
plis en toile, avec ceinturon et une oliape chorale 
composaient le costume des réf ectionaux de service 
à l'église. La fréquentation du chœur soumet- Eaaure. 
tait le réfectional aux règlements touchant la 
rasure. 

En vertu d'une résolution capitulaire du 11 Dé- 
cembre 1559, le peigne et les ciseaux, moins 
dangereux pour les têtes des enfants, rem- 
placèrent le rasoir, et à Tancienne barrette succéda 
le bonnet montant, de forme ronde ou plutôt qua- 
drangulaire Q). 

Tandis que les choraux étaient des enfants de FonctionB. 
choeur proprement dits, appartenant à la maîtrise, 
les réf ectionaux exerçaient les fonctions à* acolytes (^) 
et leur principal emploi consistait à servir les mes- 
ses. Afin de ne pas perdre un temps précieux pour 
l'étude, chaque réfectional ne pouvait servir qu'une 
seule messe par jour, et lorsque les treize ne suffi- 
saient pas à la besogne, les virgiferi chori ou 
d'autres officiers inférieurs de l'église étaient requis 
pour y suppléer. Dans les messes solennelles, un 
des refectionales tenait la patène, depuis la fin de 



(*) Histoire du Séminaire de Bruges, T. Il, pp. 40 et 91. 

" DD. ordinAmnt quod refectionalium capDli deinceps super 
pectinem tondeantnr, qaodqne gestent pileos rotnndos sen potias 
quadrangnlares expensis officii emendos. ** — Actu cap, 11 Dec. 1559. 

O La résolution capitulaire citée p. 44, note 1, semble attribuer 
aux choraux des emplois qui regardent Tacolytat. Nous pensons 
néanmoins qu'il s'agit là uniquement des fonctions de céroféraire, 
à exercer durant certaines parties de TofiBce canonial solennel, par 
exemple, aux capitules et aux oraisons de laudes et de vêpres. 



78 

l'offertoire jusqu'au commencement du Pater Q). 
Moins versés dans les connaissances musicales 
que les choraux, les réfectionaux étaient chargés 
du chant facile ou plutôt de la lecture du martyro- 
loge et des leçons à matines. C'étaient eux aussi qui, 
les jours d'obit, récitaient les sept psaumes avec les 
litanies sur les tombes des fondateurs: le directoire 
du tahularius renseignait exactement les offices 



O HUtoiredu Sémmairede Bruges, T. II, p. 88. 

" Bector scbolaram admonitas sni officii et ut mittat ref ectionales 
tempestiye ad tenendam patenam in summis missis, fuit continna- 
tue." — Actacap. 24 Dec. 1555. — Ce détail confirme ce que dit le 
P. Lebrun (•) touchant la patène aux messes solennelles: " Au lieu 
de porter la patène à la sacristie [après la prière offerimu8]et de Vy 
laisser jusqu'à la fraction, elle est gardée par le sous-diacre selon 

le rit romain, ou par un acolyte selon le rit de plusieurs églises 

A Paris un enfant de chœur, ou un clerc en chape la garde 

dans un bassin d'argent jusqu'à ce que le sous-diacre la prenne au 
commencement du Pater, et la tienne élevée jusqu'à ces mots 
Panem 7i08irum, pour la donner au diacre qui la montre aussi et la 
remet au prêtre à la fin du Pater, A Notre-Dame de Paris, on se 
sert d'une espèce de chape renversée le devant derrière, dont le 
chaperon, qui se trouve par-devant, est ouvert pour laisser passer 
les bras; on appelle cette espèce de chape un soc. On s'en sert 
aussi à Châlons-sur- Marne, à Tournai, et à Saint-Pierre de Lille, 
où on l'appelle Tabarre." Employait-on à Bruges, le bassin comme 
à Paris, ou bien le soc, comme à Tournai ? D'un côté, les relations 
de Saint-Donatien avec l'église mère de Tournai, militent en faveur 
du soc, et dans ce cas, on peut croire que la cappa choralis des 
réfectionaux avait la forme voulue. D'un autre côté, le texte 
cdehranti in majori aUari mmistrent de la/nce (**), si l'on traduit 
lan^c par bassin, semble indiquer l'usage de Paris. 

(♦) ExpJiralion des prièrei et deê cMmonie» de la mr*»/', par le P. Lbubuit, prfire de 
r oratoire. Paris 1829, pp. 2&^260. 
(♦») Histoire du Séminaire de Brtiges, T. II, p. 88. 



n 

funèbres pendant lesquels les rëfectionaux devaient 
se rendre ad tumulum Q). 

Les réfedionales de Saint-Donatien de Bruges, 
distincts des chorales, rappellent les primitivi de 
Notre-Dame de Tournai, distincts eux aussi des 
chorales de cette cathédrale (^), et To^xistence, dans 
ces églises, de deux catégories d'enfants admis à 
leur service, concorde parfaitement avec l'assertion 
de Molanus qui distingue parmi les écoliers des 
collégiales, les symphoniaci pueri, vulgairement 
appelés choraides et les pueri dressés aux rites et 
cérémonies ecclésiastiques (^). Une étude minu- 
tieuse des anciens chapitres de Liège (*), Namur 
etc., établirait peut-être la même distinction d*6ii- 
fants de chœur et d^acolytes. 

Regis et de Molendino avaient exprimé le vœu Favenra. 
de voir un jour les ressources de l'œuvre servir à 
procurer aux réfectionaux les plus méritants le 
bienfait de l'enseignement universitaire. 



C) " Ludimagister, monîtus qnod sollioitior foret circa juven- 
calos in lectara martyrologii et lectionum, continuutar." — Ada 
cap. 24 Dec. 14.32. Uistoirc du Séminaire de Bruges, T. II, pp. 88, 89; 
PB MoLO, coUedion de plans etc. T. 2, fol. 225 et sqq. 

O F. F. J. Lecouvet, Instriidion publique au moyen-âge. Les 
enfants de chœur et les Maîtres de musique de la cathédrale de Toumay, 
dans le Messager des sciences historiques, des arts et de la bibliogra- 
phie de Belgique, Gand, 1856, p. 147. 

P) D. JoANNis MoLANi, 8. Th. Lovanii professons, pontificii et 
rcgii librorum censoris, de canonicis lïbri ires, Lovanii 1635, 
pp. 284-28Ô. 

(*) Voir, par exemple, la résolution capitnlaire du 9 Jnin 1553 : 
" Ordre aux choraUs et duodeni de Saint-Lambert do vivre ensemble 
dans la même habitation que leurs maîtres, in teylleria sue ecclesie. 
- Analecteê etc. T. VI, p. 383. 



80 

De 1556 à 1571, nous retrouvons les noms de 
trois jeunes gens qui quittent la maison du rector 
scholarurrhy pour faire leurs études supérieures à 
rUniversité de Louvain, au moyen de subsides 
accordés par Voffici/um refectionalium : ce sont ceux 
de Gilles de Vlieghere, étudiant de la pédagogie 
du Porc (1562-65), d'André Hoye (1567-70) et de 
Donatien Desuus (1568-71), élèves de la pédagogie 
du Lis (1). 



(*) " Ezposîto per D. Woelaert canonicnm qnod bnrsa 4 ib gr. 
annne nnperpro ^gidîoYolatore refectionali Lovanîi obtenta, ad 
presens adhuo vaoaret, petens an DD. eundem javenem mittere et 
pro illias oris expensis quiopiam adhuc oontribuere vellent, DD. 
eidem jnveni ob indolis et ingenii dexteritatem favere, ipsnmque 
ad stndîa promovere cupientes, ooncesserunt 3 9) gr. annue, ad 
triennium si opos sit, ex cista Begis. " 

" Audita lectura missivarum ^gidii Yolatoris, nuper refec- 
tionalis, D. Kervyno directamm, per qnas insequendo snam 
recepiionem ad bursam LoYaniensem, lecto, lîntheaminibus etaliis 
qnibnsdam rebns pro prima vice sibi opus esse significabat, DD. 
ordinamnt per dictam D. Kervynnm refectionalium receptorem 
transmitti D. Famelio canonioo ibidem agenti, 2 9> 10 s. gr. ex 
cista Begis sumendas. " 

*' Lect» faernnt missîvsa ^gidii Yolatoris Lovanii in vim 
bnrsœ obtentœ stndentis, f elicî stadioram saccessn se ad logicam 
ascendisse scribentis ac de necessariis sibi subveniri supplicantis* 
DD. certiores facti ex relatu D. Pamelii, ex 2 9> 10 s. gr. sibi alias 
transmissis pro lecto etc. emendis, adhuc 2 flor. superesse, ordina- 
mnt quod eidem ^gidio dicti 2 flor. ad sibi neoessaria emenda 
appUcandi tradantur. D. Heere libros logicaa intaitu pietatis et in 
studiorum favorem dare obtulit. '' 

" Lecta Bupplicatione Andreœ Hoje refectionalis, eleganti 
carminé ab eo confecta, per quam humiliter postulabat ob paren- 
tum suorum tenuitatem, manus adjutrices sibi porrigi, ad acceden- 
dum Lovaniumatque ibidem sua 8tudiacontinuandum,perficiendum 
et promovendum, DD. considérantes supplicantem felici ingenio 
ac docbrina pneditum et dignum qui in continuationem studiorum 
juvetur, consenserunt quod Lovanii in studiis alatur ad triennium 



81 

Le chapitre, en favorisant ses anciens protégés» 
n'entendait pas faire des prodigalités, pour nourrir 
chez eux des sentiments de vanité et d'orgueil; il 
exigeait que leur promotion se fît in specie pauperis 
et non pas in specie divitis. Ayant appris que 
Hoyus avait subi Tëpreuve préparatoire aux grades 
(dctus determinantiae) à l'instar des riches, les 
chanoines s'en plaignirent au régent du Lis et lui 
firent connaître leur volonté expresse de voir 
Tex-réfectional promu à l'instar des pauvres. Un 
peu plus tard, ils signifièrent les mêmes inten- 
tiens au sujet de la promotion de Desuus Q). 



vel usque ad gradns magîsterii promotionein, conoluBionem inre- 
niendœ ad hoc pecunisa adhuc différentes. Interim petat etiam 
supplicans a B""* Brngensi anxilinm. " 

"Lecto carminé Andreœ Hoye brevi Lovaninm itnri, immensas 
DD. gratias agentis, ob id qnod enm ibidem in stndiîs pro triennio 
vel usque ad magisterii promotionem alere consenserint, DD. in 
6 ib gr. anniias consensernnt. " 

" Deliberato mature super contentis supplicationis Donatîani 
Desuus refectionalis, manus adjntrices sibî porrigi postulantis ut 
Lovanii in studiis collocari posait, DD. attenta ipsius indolis atque 
ingenii dezteritate et prœstantia, eidem in favorem studiorum ob 
parentum tenuitatem 6 ib gr. annue usque ad gradus magisterii 
promotionem addizerunt, mediatim ex cista Begis, mediatim ex 
tribus officiis." — Acta cap. 9 April., 13 Maii, 2 Dec. 1562; 11 Aug., 
24 Sept. 1567; 9 Jul. 1568. 

(^) " Pervento ad notitiam DD. regentem pœdagogiaD Liliî Lova- 
niensis postulare sibi solvi semiannnm expensarum oris Andreœ 
Hoye quondam refectionalis, cni DD. ob suam et parentum suorum 
tenuitatem ex mera eleemosyna intuitu felicis ingenii atque indolis 
61bgr. annue ad triennium in favorem studiorum et promotionis 
nuper addixerunt, ita quod in specie pauperis promoveretur, quem 
jam in specie divitis actum dcterminantias fecisse intellezerunt : 
iidem DD. 3 îb gr. pro semianno ex cista quondam Begis, prout 
alias capitalariter conolusum cxistit, dicto regenti ordinarunt 
transmitti atque eidem rescribi quod DD. actum determinantiœ 

6 



82 

Grilles de VHeghere obtint la 33* place sur 177 
concurrents dans le concours pour les lignes^ en 
1565; Hoye la 15® sur 141, en 1570, et Desuus la 
74« sur 152, en 1571 C). 

Comme le cours de la Faculté des arts était de 
deux années, et que nos étudiants passèrent à 
Louvain un temps plus long, il est permis de. croire 
que tous trois en revinrent munis du diplôme de 
maître-ès-arts ; cependant, nous n'en avons la 
certitude que pour Gilles de Vlieghere (^). 

Donatien Desuus embrassa l'état ecclésiastique, 
car bientôt après son retour à Bruges, une chapel- 
lenie lui. fut conférée par révêqueRemiDrieux(^). 

Gilles de Vlieghere, après avoir conquis le titre 
de magister artium, revint à Bruges où il exerça 
pendant un peu plus d'un an les fonctions d^hypo- 
didascuhis du chanoine Brants, alors rector schola- 



pcr prsBfatnm Andream in specio diyitis transactum non appro- 
bant, nec etîam aliqua ration e intendant ultra addictam eleemosy- 
namquicquam amplius exsolTere, nec intelligunt quod aliter qnam 
Bub specie panperis promoveri debeat. " 

" Decretœ fuenint litterœ testimoniales snb sigillo ad causas, 
quod Donatianus Desuus Lovanii studens ac brevi promovendus, 
aliquot annis fuit unus ex tredecim refectionalibus hujus ecclesiœ, 
ad cujus onus nulli admittuntur, aut illius expensis aluntur, nisi 
pauperos, proat idem Donatianus pauper est. Et hoc ut promoveri 
possit in specie pauperis. '* — Acta ca^, 5 Maii 1568; 18 Dec. 1570. 

(^) Analedss pour servir à Vhisioire eccléfdadique de la Belgique, 
T. IV, p. 453; Archives générales du Royaume, Acta facultatia 
artium, ad ann. 1570 et 1571. 

(2) " ^gidio Yolatori brevi ad magisterium promovendo, pro 
poscrema vice déesse nolentes, DD. concesserunt 21 Ehen. et 16 
stuferos." — Acta cap. 19 Febr. 1565 (n. s.). 

O Ada Ih'iîuii, 1 Febr. 1574 (n. s.). 



88 

rvm Q). A partir du mois de Décembre 1667, il 
n'est plus fait mention de lui dans les actes capitu- 
laires de Saint-Donatien; seulement, P. Van Maie 
nous apprend qu'il cultiva la poésie latine et qu'il 
mourut à Paris (^). 

Nous sommes mieux renseignés sur la carrière 
d'André Hoye, plus connu sous le nom de Hoyus. 

Revenu de Louvain au commencement de 1570, 
il enseigna quelque temps à Bruges, où le philologue 
François Modius suivit ses leçons (^). De 1573 à 
1593, il fut attaché successivement, en qualité de 
régent, au collegium Marianum d'Arras et au col- 
lège de Béthune (^). 

Jacques Pamelius, chanoine de Saint-Donatien, 
et depuis un an exilé volontaire à Douai, pour cause 
de religion, venait d'éditer les œuvres de Tertullien 
(1579). En vue d'une nouvelle édition, il pria son 
ancien protégé, André Hoyus, de donner des notes 



{}) Voir : Appendice II de ce chapitre, ad ann, 1566. 

(*) Levensbeschrijving der geleerde en door himst vermaerde Brug- 
gelingen.— Bibliothèque de la ville do Courtrai, (fonds : Gk)ETHALs). 

(') " Testes mihi.... Modius denique, meus olim Bragis discipn- 
1ns." — Lettre de Hoyus à Juste-Lipse,dans le Sylloges epistolanim 
de P. Bu&MAN, Ifepiêt. 625. — Foppens (Biblioiheca BelgicaJ, dit que 
Modius, encore jeune, fut l'élève d'André Hoyus à Douai. Il se 
trompe, car Hoyus ne devint professeur à Tuniversité qu'en 1593, 
alors que Modius était âgé de 47 ans. 

(*) " Certa patriae,... mox in summas calamitates prolapsurae 
praesagia, me in Atrebates, gen tem... rel igiosiorem... eztruserunt: 
ubi jam per annos prope viginti,... publicam institaendae juventuti 
operam dedi, nnper,... singnlari Dei beneficio,ad hano regiam apud 
Doacenos graecarum littcrarum professionem... provectus. " — 
Lettre à Juste Lipse, citée plus haut et datée: ^ Duaci, prid. Id. 
Octobris 1593." — Foppbks, BibliotJma Belgica,Y° Andréas Hoyus. 



84 

philologiques expliquant les expressions proverbiales 
de l'écrivain cartliaginois. Le régent d'Arras Q) se 
fit un devoir de reconnaissance d'accéder au désir de 
son Mécène, et lui présenta le fruit de son travail 
en 1583, sous le titre de: Proverbiales f ormidae toto 
opère hoc Tertulianico contentae^ brevibtis scholiis 
illvstratae (^). 

Pendant son séjour à Béthune, Hoyus publia ses 
prémices poétiques : Mattheus^ et Machabaetcs^ sive 
constantia : tragoediae sacrae, Auctore Andréa Eoio 
Brugensi. Accessere aliqiiot eiusdem atictoris elegiae 
et diversige7ierispoemata.'D\iQ,cil587{^).ljQ, première 
tragédie, MattheuSy retrace les travaux apostoliques 
et le martyre de S. Mathieu en Ethiopie. La pièce 
contient quelques bons vers, mais l'unité d'action 
fait défaut, et le dialogue manque de vivacité (*). 



(*) " Apud Atrebates, Kalend. Jannarii 1583. " — Dédicace des 
Vroverbialea formulae etc. 

(') Les Proverbiales formulae parurent, pour la première fois, 
dans le Tertidlien de JPamelius, imprimé en 1584 à Anvers, chez 
Plantin. Dans l'édition, que nous avons sous les yeux; 
Q. Septimi Floreniis TertuJiani Carthagîiiensis preehyteri (ypei-a 
omnia per Jacóbum Pameliuin îllvsfrata in qumque tomos divisa, 
(Rothomagi, 1662), ces notes occupent les pages 58 à 77 de 
l'introduction qui précède le corps do l'ouvrage. Nous y trouvons 
également, pp. 13-15 : In Tertulianum T). Jacohi FameJii Brugeneiê 
opera reeiiiuium, Andrcoi Iloii Brugeyisis epûjramma, quo singidornui 
librorum, qui hoc quinque periito opère contintniur, argumenta ex 
ordine hidicankir. C'est une courte indication, en 141 vers, des ma- 
tières traitées dans les diverses œuvres de Tertullien. 

(') La dédicace du Mattheus à Jean et Charles de Ghistelles, et 
celle du Machahaous à Charles de Bernemicourt, sont datées do 
" Bctuncao Atrebatium. " 

(*) Appréciation de M. L. Roerscü, professeur do l'université do 
Liège, dans la 2?io^mj?/u'ö 7iat tonale, publiée par V Académie royale 
dee sciences, des lettres et des heaiw-aris de BelgiquCy Bruxelles 1886-87, 



' 85 

La seconde, MachabaeuSy sive constantia^ met 
en scène la courageuse fermeté des sept frères, et 
Tauteur salue dans le triomphe de Judas Machabée 
l'image de la Flandre délivrée de l'oppression 
hérétique. 

Suivent dix-sept élégies, adressées, pour la plu- 
part, à des amis du poète, entre autres, à François 
Moschus, prêtre, poète et prédicateur, (1,2,3,4,17); 
à Frédéric Jamotius, médecin et littérateur, de 
Béthune, qui invitait souvent Hoyus à sa maison 
de campagne (5, 6); à Antoine Meierus, directeur 
du collège d'Arras (7, 8) et à Philippe de Noir- 
carmes, le vainqueur des rebelles confédérés à 
Tournai et Valenciennes (10). Un dernier poème 
célèbre un combat naval près des îles Açores en 1582. 

Après avoir rempli pendant près de vingt ans 
les obscures fonctions de régent de collège, 
Tex-réfectional de Saint-Donatien fut appelé à 
se produire sur un théâtre plus élevé. En 
1593, il quitta Béthune pour aller occuper, à 
l'université de Douai, la chaire de Uttérature 
grecque et latine, d'éloquence et d'histoire Q). La 
nouvelle carrière de Hoyus dura trente-sept ans. 
Un de ses élèves. Valere André, dit l'avoir écouté 



Art. HoYE (André van) p. 570. — Balthazar Soulin, doyen de Saint- 
Amé de Douai et licencié -ès-décrets, donne son approbation en 
ces termes : " Tragoediae hae doae doctae et lepidae sunt, nec 
minus piae ; ao dignae quao typis commendentur ; ut etiam 
Elegiae adjunctae et Poëmata. " 

0) Voir plus bas les titres et les approbations des ouvrages 
d'André Hoyus. 



86 

avec plaisir Q). A défaut d'autres témoignages 
touchant le professeur, les travaux de tous genres 
qu'il nous a laissés dénotent chez lui une activité 
et une érudition peu communes. 

Pamelius, en éditant les œuvres de saint Cyprien 
et de TertuUien, s'était inspiré de l'apostolique 
désir de confirmer les catholiques dans leur foi et 
de frayer aux protestants le chemin du retour à 
l'unité romaine, par l'exposé des doctrines et des 
rites de l'Église au IIP siècle, en tout conformes 
aux doctrines et aux rites de l'Église au KVP 
siècle (*). A son exemple, François Moschus, alors 



0) " Quem biennio f ere toto cum graecas tam latinas docentem 
litteras libenter audivi." — Yale&iüs Andréas, BihliothecaBélgica, 
Y* Andreae Havus. 

(') " Qatim enim redacendis ad mentem sectariis, quive ab iUis, 
pr6 dolor, seducti sont, pharmacum aptius aliunde depromi 
neqneat qoam ez apotheca antiquitatis ecclesiasticae ; si quia 
profecto vetemm Patrum, iste [Cyprianus] vel maxime, non 
nuins modi, sed omnis generis suppeditare poterit. Ezempli gratia. 
Si de Bomani Pontificis primatu ait controversia, abunde aatia- 
fecerint Epistoîa LV quae est 7 ad Comelium, et liber de Unitaie 
EecUnae, nbi tum primatnm Petro datum et super illo aedificatam 
a Christo Ecclesiam adserit, tum Pétri cathedram principalem 
Ecclesiam dicit,et non aliunde haereses oboriri et Bchismata,quam 
inde quod uni in ecclesia vice Christi judici non obtemperetur. 
Si de sanctommin coelis cum Christo jam regnantium invocatione 
dubitetur,... si de Martyrum festis,... si de suffragiis defunctorum 
disceptet quispîam,... si de Purgatorio,... si de confessione sacra- 
mentali quam auricularem nuncupant, incidat disputatie,... si de 
augustissimo Euoharistiae sacrificio... etc. " — D. Cecilii Cyprimii 
Oarthagînienne epùcopi.,, opera... Adnotationes Jacohi Paniélii... 
Parisiis 1574. Epistola dedicatoria. 

" Gerte quum antiquitate potissimum adversus omnes haereses, 
vel ipso Tertuliano teste praescribi debeat ; non aliunde magis 
fidei catholicae articulos hodie controversos, aut Ecclesiae ritus et 
traditionei antiqnas oonfirmarii quam ex nostro auctore» posthac» 



87 

curé d'Armentières, se proposait de publier les 
Histœ^iae de Jacques de Vitry, dans le but de 
fournir aux catholiques des armes contre Tliérésie 
de Luther, qui avait tant d'erreurs comnaunes 
avec celles de Mahomet réfutées par le savant 
cardinal Q). 

Comme Hoyus avait apporté sa pierre à l'édifice 
du Tertullien de Pamelius, de même il prêtera son 
concours à Moschus, et d'autant plus volontiers que 
cet ami avait daigné tenir sur les fonts baptismaux 



opinor, jadicabit aeqnus lector, si diligentias penitiusque iUum 
introspexerit. Amplius dico, ex solo f ere hoc anctore confie! posse 
jastum catechismum : qui sufficiat tum ad catechizandos mdiores 
quoqne fidèles tum ad redncendos eos, qui fortassis a recta fide 
deriarunt etc." — EpUtola dedicatoria du Tertullien de Pamelius, 
édition de 1626. 
Q) " Nonnulla subtexam de hujus operis utilitate, quae sane 

multiplex est : 4 Ad christianae religionîs incrementum, et 

haercseon extirpationem non parum habet ponderis. Hinc enim 
perspiciet lector, qui fucrit, illo saeculo, Del sacrorumque cultus a 
majoribus acceptus, et oonstantissime retentus. Hinc etiam videbit 
quam foeda, quamque rectae rationi dissentanea f uerit tum vita 
tum doctrina Mahometi. Hinc arma quoque sumet in alios haere- 
ticoB Mahometo posteriores, ut in Luteranos aliosque Evangelicos 
pseudoprophetas. Habet enim Luterismus non pauca falsao 
doctrinae capita cum Mahometismo communia, quae fere sita 
sunt aut in religionis novatione, aut inrituum mutatione... etc." — 
Jacobi de Yitriaco primî(,mAcconen8i8, deinde Tiiaculani episcopi et 
iSf** Ecd. B. cardincdis, sedisque Apoetolicae, in Terra aanda, in Lnpeiio, 
in Francia olim legatit libri duo. Quorum prior oeientajjs, nve 
HIEAOSOLTMITANAE : aUer occiDENTALis historiae nomine inecribUur. 
Omnianuneprimum studio et opera D. Franciêci Moscki NivigeUaiis 
L O^ et Armentarianorum curûmi^t e tenébrie et situ in lucem édita, 
Dnaci, 15d7. 



88 

son enfant François Q). En signe de gratitude, il 
coUationna donc le travail de l'éditeur avec le 
manuscrit original du monastère d'Oignies, corrigea 
les fautes typographiques, donna une explication 
des mots les plus difficiles employés par l'écrivain 
du XIP siècle et composa la biographie de Jacques 
de Vitry (^). Cette biographie, insérée dans la 
publication de Moschus, est intitulée iViia D. Jacobi 
de Vitriaco^ ex diversis scriptoribiiSt maximam vero 
partem ex Thoma Gantipratens^i collecta^ per Andr. 
Hoium Brug. Pr. gr. 

Bien avant son départ de Béthune, Hoyus, 
poussé parPamelius(^), avait entrepris de composer 
une paraphrase poétique des prophéties d'Ezéchiel. 
L'ouvrage fut terminé à Douai, et parut sous ce 
titre: Ezechiel propheta, paraphrasi poëtica ilhis- 
traUiSy et in VI libros trihutus. Auctore Andréa Hoio 
Brugeme^ regio graecarum litterarum apud Dua^ 



(1) ** Andr. Hoias, Francisco Moscho compatri suc, s. " — 
Dédicace de la VUa etc. 

" Andr. HoioB Bmg. reg. graeoae litteratarae apud Dnac. prof, 
honoratissimo D. Francisco Moscbo, I. CJ. licentiate et Armen- 
tarianae ecclesiae pastori, compatri suo longe carissimo. " — 
Dédicace des notes explicatives, p. 458. 

P) •* Hosce historiarum D. Jacobi de Vitriaco libros, ex vetusto 
membranaceo exemplari, qnod in Oegniacensi Angastinianorum 
S. Nicolai monasterio adservatar, opera et sumptibns D. Francisci 
Moscbi dîligenter descriptos, et ab And. Hoio fideliter collâtes et 
emendatos, ntiliter typis excudi posse censeo. Daaci, 21 Angust. 
1596. GuiLUSLiiUS EsTius, Bacrae theoîogiae dodor et ^ofesior 
ordinariuB.** 

(>) « Pamelio snasore opus boe suscepimus olim, 

FÎuereptnm Audomams quem gémit usqne patrem."— Dédicace 
de VEmhM.^ Or Pamelina moorat à Uons,le 19 Septembre 1587. 



89 

censés prof essore. Accesserunt orationes tres: 1" de 
novae apud Europaeos monarchiae pro tempore et ad 
infringendam Turcicae dominationis impotentiam 
et ad stabiliendum chr. rel. statum utilitate; 2^ de 
Gallicanis Gapetiae stirpis regibus^ satyra sive 
somnium; S^ de gentis urbisque Atrebatium laudibus 
panegyrica: item Duacum et Betunea. Duaci 1598(^), 

Le paraphraste divise les quarante-huit chapitres 
d'Bzéchiel en six livres. 

Le premier livre (ohap. 1-11) (^) comprend la 
mission prophétique du fils de Busi, sa prédiction 
du siège et de la famine de Jérusalem, de la cap- 
tivité et de la dispersion du peuple, juste châtiment 
des crimes commis dans la ville et dans le temple. Le 
deuxième livre (ohap. 12-19) Q) expose les repro- 
ches adressés par le voyant au roi et aux faux 
prophètes,puis les pxmitions réservées au chef de la 
nation et aux séducteurs. L'explication des images 
hardies figurant la dévastation du pays de Juda et 
de Jérusalem, fournit la matière du troisième livre 
(chap. 20-24)(*).Le quatrième livre (chap. 25-32) (^) 



0) C'est le titre donné par M.L. Boe&scs, {Biographie nationale^ 
d'après H.«K. Duthillûeul dans sa Bibliographie douaiiienne. 
L'exemplaire mis à notre disposition porte également le millésime 
1598, mais son titre s'arrôte avant le mot Accetierwni, et son 
texte ne comprend pas les Orationes ire$. 

O Dédié an cardinal César Baronins, le célèbre auteur des 
Annales eceUsiaetici, 

O Dédié à Mathieu Moulart, évéque d'Arras. 

{*) Dédié à Tévôque de BrugeSi Mathias Lambrecht. 

(*} Dédié à Jacques Blasesusi évéque nommé de Namur» com- 
patriote d'André Hotus* 



90 

contient les prophéties contre les Ammonites, les 
Moabites, les Iduméens, les Philistins, les villes 
de Tyr et de Sidon, et les Égyptiens. Le cinquième 
livre (chap. 33-39) (^) se compose des avertisse- 
ments que le prophète adresse aux juifs après 
la ruine de la Cité sainte, et des consolations qu'il 
leur apporte, en prédisant le retour du peuple 
choisi dans la terre promise. Enfin le sixième livre 
(chap. 40-48) (^) retrace la peinture de la Jérusalem 
nouvelle, de TÊglise du Christ, sous la magnifique 
description de la ville et du temple. 

A la fin de l'ouvrage, l'auteur donne des notes 
explicatives et quelques extraits d'écrivains anciens 
concernant Ezéchiel (^). 

Ce travail paraît être un des plus beaux fruits 
du talent poétique deHoyus et de ses connaissances 
des langues et des livres saints. 

Les vers en sont coulants, le style en est élevé, 
mais sans enflure, comme l'exigeait l'original (*). 
Aussi les éloges et les féKcitations ne firent pas 
défaut au poète; témoin les nombreuses poésies 



0) Déâié à Michel d*Esne, ëvèque nommé de Tournai. 

O Dédié à François Moschus, curé d*Armentières et chanoine 
de S.-Piat, de Seclin. 

(') Notae i/n po6tica7ii Ezechiélis prophetae paraphraeim, quib%M ea 
es^Ueantur, quae ex hebraeie, et praesërtim LXX. Interpp, ad chrio- 
rem sententiae enarrationem, supra vulgatam Latmoi'um versionem, 
êtmi depromta : et loca nonnulla iUustrantur, — Eîogia quorwndam 
acHptorum de Ezechiele propheta, ex quibue et vita ^usdem et vaticinii 
argumentum luds non^nihil aecipiunt, 

{*) M. L. BosBSCH, dans la Biographie naHonaU.—EsTlüs, le grand 
commentateur des Saintes Éorituresi se serti dans son approbationi 
des termes : " opus doote elaboratum. " 



91 

grecques et latines que lui adressèrent ses amis et 
qui sont insérées dans l'édition de VEzechiel (^). 

Hoyus ne s'adonnait pas exclusivement à ces 
travaux relevés; il savait aussi, à l'occasion, prendre 
le rôle plus modeste de traducteur. C'est ainsi que 
nous avons de lui : 

De imitatione Dominae nostrae gloriosae Virginis 
et Deiparae Mariae. Auctore B. P. Francisco Aria^ 
Societatis Jesu presbytero. Nunc e galUco in latinum 
sermonem conversas per Andream Hoium Bncgensem. 
Antverpiae, 1602 (^). 

Meditationes super sacrosancta Dom. N. Jesu 
Christi passione, cum artificio meditationis i/nibi 
instituendae, auctore B. P. et Doct. D. Qaspari 
Loartio Soc. Jesu presbytero y eadem nunc primum e 
gallico in latinum sermonem conversa et undeviginti 



(^) Il n'y en a pas moins de douze : Fr. Mosohus, Goillanme 
Warlincnrins, Antoine Meierus et son fils Philippe, Simon 
Ogerinâ, Pierre Jamotius, fils de Frédéric, les Jésuites Bobert 
Svertius et Charles Goessinus, envoient des carmina à leur ami. 
Jean Silvius et Frédéric Jamotius célèbrent le paraphraste en 
vers latins et grecs. Quelques-uns se servent môme de termes 
enthousiastes, par exemple, Jean Silvius : " In heroicam Andréas 
Hoii peradmvrahüem àbsirueorum magni Ezeehielis oracutorum 
enarraMonem " ; Fr. Jamotius : '* In dodisnmum virum Andream 
Hoium, Ezeehielis propThetae parapTiroaten, Federici Janwtii medici, 
Carmen pvndaricum " ; Simon Ogerius : *'In AndreaeHaii Brugemia 
viri dodissimi, ac poetae praesianiisaimi Ezechielem, Simonie Ogerii 
AudomarapolUae carmen. '* 

(') Voir AuG. DE Backer, Bibliothèque des écrivains de la Oom* 
pagnie de Jésus, Liège et Paris, 1869-76, Yol. I, col. 280. — 
M. L. BoBBBCH donne un autre titre : JV. Ariae de imüaüonê 
B. Mariae libeUu» latim versus» Antverpiae, 1602. 



92 

hexastichis ad singulas icônes illustrataper Andream 
Eoium Brugensem. Duaci, 1605 Q). 

Les trois ouvrages suivants ont plus de rapport 
avec la position de professeur de Hoyus : 

Orthoepeia sive de germana ac recta linguae 
graecae, et dbiter latinae pronuntiatione. Pleraquey 
praeter vett. grammaticos et rhetores, ex Aldo avo^ 
Scaligero patre^ Ang. Ganinio^ Ad. Melcercho, Jo. 
GhecOy Frid. SylburgiOy aliisque ; et quoad latina ex 
Just. IdpsiOf excerpta. Concinniore serie digesta^ 
amputer aucta et aliunde illustrata. Opera Andreae 
Soii Brug. Accessere ejusdem dissertatiunculae : de 
caussis corruptae pronuntiationis ; de dialectorum 
graecae linguae sedihus ac coloniis; de Graeca Hagio- 
graphorum editione. Duaci 1620. 

C'est, on le voit, une simple compilation; la plus 
grande partie de l'ouvrage est copiée du traité 
d'Adolphe de Meetkerke, imprimé à Bruges enl565. 

Oratio in funere sereniss. principis Albertiy 
arehiducia Avstriae, Burgundiae Brabantiaeque 
duciSf Flandriae comitis, etc. Quod augustae et 
aeviternae ejusdem memoriae Academia Duacena^ 



0) Voir Atjg. de Backeb, 1. c, Vol. II, col. 769. — Un exem- 
plaire, sans date, est cité par M. L. Boebsch sous ce titre: 
Qaafp. Loariii MedücUionea in Paesionem Chriati, e gaUico in 
iermonem laiinum versas tetraetichis adomavU Andr, Hoyue. Duaci. 
— L'ouvrage figure aussi dans le recueil intitulé : 

Opuscula pia, sive medUaiionum de vita D. N. lesu Chriati eiitsq. 
Mairie et Virginia Mariae, de Qacro Eucharistiae Sacramento, de IIII 
hominie noviasiynis, iteni de Passione eiusdem D. N. leau Ohrieti, 
CMdoribus B.Bdi8 e 8oc. lesu patrihiLS Prioris quidem partis Laça 
Pinello aUerius vero laspari Loartio, inierpretibus üUils E. P. loan. 
Buseo, hidus And. Eoio Brugensi» Duacii 1606. — Voir Auo. de 
Baokb&i 1 0., Vol. II, col. 769. 



93 . 

vi^ Non. ux^^ a^ MDGXXI. celebrandum euravit. 
Habita in scholis piiblicis ah Andr. Hoio Brug. regio 
linguanim ibidem prof. Duaci 1621. L'université 
trouva sans doute naturel de confier l'éloge funè- 
bre de Tarchiduc Albert au professeur d'éloquence 
qui maniait avec tant de facilité la langue latine. 

Historia universa^ sacra et profana. Ela quidem 
ex sacris^ quae vocant^ bibliis^ eorumque interpretibus: 
haec vero eideiriy qua deficit^ succidanea; ex graecis, 
heh^aeiSi latinis^ aUisque probatissimae fidei scrU 
ptorïbuSy accurate^ ac fideliter delibata : et perpétua 
aetatunij dve ab orb. cond. ad Ghristi Domini 
natalem^ annoncm^ rerumque gestarum^ serie digesta^ 
et in II Tomos tributa. Auctore D. Andréa Hoio 
Bi^ugense^ regio^ in Academia Duacena^ eloquentiae 
et historiarxim professore. Duaci 1629. — In-folio, 
T. I, 458 pp. T. II, 652 pp. 

Le premier volume, dédié au cardinal Ferdinand 
archiduc d'Autriche, comprend l'histoire univer- 
selle depuis la création du monde jusqu'à Alexan- 
dre-le-grand ; le second, dédié à l'archevêque de 
Malines, Jacques Boonen, s'étend depuis Alexandre- 
le-grand jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. Dans 
cette dernière dédicace, Tauteur se plaît à rappeler 
son ancienne condition d'écolier de Saint-Donatien 
et la reconnaissance qu'il doit au chanoine van 
Eetvelde, grand-oncle maternel du prélat Q). Les 



O " N. Eetveldium, ad S. Donatianî, "Bmgis canonicum, virum 
veneranda tuni canitie et auctoritatc gravem, puer olim, ét ejus- 
dem ecclesiae schola^que alumnus, venerari memirii; et raunificum, 
in caeteris, studiorum mcorum fautorem experiri. " — Uistona 
univerea, T. II, EpistoUi dedicatoria. 



94 

sentiments pieux de l'historien lui font mettre le 
fruit de ses labeurs sous la protection du Christ, 
roi des siècles, de la Vierge Marie, étoile de la mer, 
et de l'archange Raphaël, guide des voyageurs Q). 
Suivant l'habitude de l'époque, les événements 
y sont disposés par années indiquées au haut des 
pages. La critique fait défaut, mais le livre est 
utüe par la masse des faits qui y sont accumulés (^). 

(1) Vota auctobis, 

Christo Deo, Bomhio et Servatori. 

A Te principium; tibi desinît, optime Christe, 
Ghriste, salus hominum et summi Sapientia Fatris. 
In te, Principio, cœlum Deus, et sola terrae 
Condidit ; et quidquid complexu utriasque tenetur. 
Te duce, perpetuo revoluta tenore cucurrit 
Aetatum series, et succidanea régna: 
Etc... 

B. Virgini Deiparae Marine, 

Tu quoqne, sancta Bei genetriz, fidissima nantis 
Stella maris : ta me tot tempestatibus actnm, 
Dnm res omni aevo gestas comprehendere conor ; 
Fer yarios casas, per tot discrimina rerum, 
Duxisti: et fessnm optata statione locasti. 
Etc... 

B. Baphaeli archangdo. 

Nec me, dnz divine, tui meminisse pigebit, 

Certa viatomm cura et tutella, Baphael. 

Etc.. 
O M. L. RoEKSCH 1. c. — Voici Tapprobation donnée par Gaspar 
Nemius, S. T. D., professeur à l'université de Douai: " Haec histo- 
riauniversa...aactoreclar. viro Andréa Hoio, regio linguarum, sive 
eloquentiae et historiarum, etc. in Academia Duaccna prof essore, 
eleganti stylo, insigni diligentiaac labore, accuratoque judiciOjper- 
texta ac digesta, atqne a me. . . diligentcr Iccta et recensa : non modo 
nibil, qnod catholicae fidei, aut bonis moribns adversetur, conti- 
nere aut adserere: sed ad reoonditiorem et scriptonim et rerum omni 
aevo, totoque orbe gestarum, intelligentiam, et chronologiae ctiam 
rationem investigaudam, plurimum conducero deprehensa est. " 



95 

Gérard Corselîus, ancien professeur de Louvain, 
alors membre du grand Conseil, avait procuré à 
Hoyus le privilège royal pour l'impression de 
VHistoria universa. En reconnaissance, celui-ci lui 
dédia l'appendice de sa grande histoire, dont 
voici le titre: Appendix ad universa m historiam 
sacram et profanam: qria comprehenduntur^ excerpta 
historiae Orosianae : sive chronologia ex historiarum 
P. Orosii libris contexta. De VII Bomanorum 
regihxiSj eorumque rebus gestis^ observata temporum 
ratione^ syntagma. Orationes III eodem pertinentes. 
I. De Mardochaeiy qui reginae Estherae patruv^^ 
pietate, et laudabili adversus Amanem theomachum 
constantia. II De sociali Judae Machabaei fédère 
cum Bomanis. III De Pharisaeis^ vetere et praepo- 
tente, apud Judaeos secta. Auctor e eodem Andrea 
Hoio Brugensey regio^ in Academia Duacena, 
eloquentiae et historiarum prof essore. Duaci 1629 (^). 
On trouve encore des poésies de Hoyus dans une 
foule d'autres ouvrages H. 



(1) Mathias Naveus, S. T. D., chanoine de Seclin, et curé de 
S.-Pierre à Douai, approuve l'ouvrage en ces termes: "Haec chrono- 
logia... opera D. Andr. Hoii, linguarum in aima Universitate 
Dnacena regii, clarissimique professoris, nihil religioni catholicae 
aut bonis moribus repugnans continent, et ob raram rerum anti- 
quarum notitiam, multiplicemque utilitatem, praeli beneficie lucem 
mereiitur publicam. " 

(*) Par exemple, dans : SiM. Caulertus, Rhetorica, 1594 ; Deuciab 
poetarwn Belg. 1614, Tom. II ; JusT. Habduyn, GoddeL lof-sanglien, 
1620; Fked. Jamotius, PoemcUa, 1593; JusT. Lipsius, Epidolae, 
1605, Fania poètuma, 1613, et Opera, 1637; Ant. Mëierus, Ursiis, sive 
de rébus divi VediisU, 1580, et Cato christiantis, 1598; Ea. Putbanus, 
Ejtidohve, 1662 ; Arn. de Baisse, Ad natales saiidorutn Belgil Jo. 
Molani aurdarimn, 1626, et Hierogazc^hylaciujn, 1628; Just. Byckius, 



96 

André Hoyus ne survécut que deux ans àla publi- 
cation de son histoire universelle. Il mourut à Douai, 
en 1631. Son fils Timothée Q), prêtre de l'Oratoire, 
ancien secrétaire de Monseigneur Boonen (^), lui 
succéda dans sa chaire de la Faculté des arts. 

Nous ne résistons pas au désir de faire revivre les 
traits de Thumble réfectional devenu professeur 
à l'université de Douai, et dont la constante piété, 
la parfaite orthodoxie, l'infatigable ardeur au 
travail font honneur à l'école chapitrale de Saint- 
Donatien. 

Ce portrait, dû au burin de Martin Baes, et qui 
se trouve en tête de VHistoria universa^ est accom- 
pagné des vers suivants de Simon Nepos, professeur 
de Pandectes, collègue d'André Hoyus: 

In effigibm et opus histobicum 
OL F. Andreae Hoii, professoris. 

Caetera praetrepido maestum de gutture murmur 
Singnltusve^ aviam saecla^ ciere soient; 

Dam leti pallens ocalos circnmvolat nmbra. 
Solusj iö^ cantu fanera malcet^ Olor. 

An non annosam agnoscis^ mea Masa^ clientem ? 
Cycni caesaries ; par qaoqae barba viro est. 



Pradudia poeiica, 1606, Primuîae epi8iol{caetl610,Poemata, 1614, et 
Epistolae, 1615 ; Ant. Sanderus, Poetnata, 1621, et Opuscula minora, 
1651 ; Dausquitjs, dans Silii Italici de hello imnico sec, lihr. XVITt 
1615; Max. de Vkibndt, Epigrammata, 1603. 

(*) Bibliothèque de la ville de Douai, Mec. u. 1020, Becueil de 
documents et de ineces diverses^ provenant en graVide partie de 
M. Plouvain, T. ir, Université de Douai, Faculté des arts, fol. 46. 
D'après ce msc, Timothée serait dcyenu plus tard curé do Saint- 
Pierre à Douai. 

Voir Hietm'ia universa, T. Il, Epietola dedicaioria. 




Sirrtpficitas Û} C O LV^MEj^ : 
yos datis , INCOCTTTM GL.NKKOSO 



AA'ÜKKAS HOYUS, Brugensis, regius, in Academia 
Dnacena. linguarum, elocjuentiœ zt historiarum professor. 



3 Réoux. dtl f hlh. 



97 

üt septem decies aevo exsaperarit aristas j 

Et bis lustra octo proximus adnumeret : 
Inf ractoj vegetae, perstant in corpore vires ; 

Ullaque vix f rontem ruga senilis arat. 
Ingenii vis nulla perit : et mente tenaci^ 

Qnae legit^ docoit^ cuncta reposta tnanent. 
Non dabit bic tristeis elegos^ non flebile carmen^ 

Non qaae deliri^ ludrica metra^ senes. 
Cycneum sonat ore melos : dulcemque senectam 

Exhilarat^ doctos voce sequente sonos. 
Nunc ingens exegit opus ; primique prof anam 

Commisit sacrae^ temporis bistoriam. 
Nil tarnen bic, canos praeter, mirere, caducum ; 

Nil, ubi judicium non sibi constet, babes. 
Ipse sacris Rabbi Moises; Xenopbonque Pelasgis: 

Est alter Latiis, Livius, bistoriis. 
O qualem, quantumque senem ! yisne omnia verbo 

Perstringam ? Andekas, quem colis, Hoius bic est. 

Simon Nepos, Atrehas I. V. Doctor et in 
Academia Duacena Pandectarum professor 
regius ex ordinarius; ticeinehaU 

Nous avons les mains pleines de preuves pour vocations ec- 
établir à toute évidence, que l'institution des cho- Ar^i^us^ 
raux, mais surtout celle des réfectionaux et des 
choraux licenciés, ont toujours produit des minis- 
tres de l'Église, et que les chanoines Begis et de 
Molendino ont réussi à souhait dans le pieux dessein 
de préparer, par leurs libéralités, un champ fertile 
où s'épanouiraient plus facilement les germes 
des vocations ecclésiastiques et religieuses. 

Pour s'en convaincre, il sufiirait déjà de se rap- 
peler ce que nous avons été amené à dire au sujet 
des choraux Philippe Rogerie, Adrien de Landt- 

7 



98 

heere, Wulfard Hellync, des choraux licenciés 
Jean Flamme, Séverin Baten, Mathias Pottiers et 
du réfectional Donatien Desuus Q). 

Une petite statistique achèvera de prouver notre 
thèse. 
Vwîationseo. De 1481, première année de la cohabitation des 
chez les cho- choraux avcc le maître de chant, à 1571, époque 
™"^ de l'érection du séminaire, les noms de 67 enfants 

de chœur sont conservés. Sur ce total, 36 reparais- 
sent comme officiers ou comme bénéficiers de 
l'église qui abrita leur enfance. 

Parmi les petits officiers ex-choraux figurent 
4 tahularii chori (^), 4 succentores (^), 1 hypodû 
dascaliis du rector scholarum (*), 20 virgiferi chori {^) 
et 1 custos navis ecclesiae (®), 

Au nombre des autres officiers subalternes 



(0 Voir plus haut, pp. 51, 57, 58, 60 à 63 et 82. 



(^) Jean Jnvenis, 

alicka de Jonghe, 1492. 

Jacques Siens, 1539. 

François Zeghers, 
aXiaa Aemonts, 1548. 

Séverin Baten, 1573. 
(') «Wulfard Hellync, 1523 (*). 

«Jacques Siens, 1556. 

•Corneille Oroes, 1586. 

•Séverin Batcn, 1597. 
(*) Béverin Baten, 1569. 
(*) Jean Jnvenis, 1483. 

PasqnierN..., 1495. 

Georges Minne, 1500. 

Ange Baers, 1511. 

Philippe Rogerie, 1511. 

Wulfard Hellync, 1613. 



Auguste Deurghys, 1515. 
Barthélemi Valcke, 1517- 
Boger van den Brande, 1 518. 
Josse van Huile, 1528. 
Antoine Willaert, 1530. 
Jacques Siens, 1534. 
N... Waghenaere, 1638. 
Chrétien Verbaere, 1539. 
François Zeghers, 

alias Aernouts, 1542. 
Pierre Wildeman, 1550. 
Corneille Croes, 1566. 
Mathias Pottiers, 1570. 
Pierre van Maren, 1570. 
François Amonts, 1574. 
(8) Ange Baers, 1519. 



(*) Noua avons marque d'un astérisque les noms des prôtres. 



99 

viennent 4 signatores pulsus horarum (^), 1 clericus 
turris (^) et 1 clericus sanctuarii (^). 

Quant aux bénéficiera, les clerici installati 
comptent 18 anciens choraux (*), les chapelains 
de extra chorurriy 16 (^), les chapelains de gremio 
chori^ 9 (^) et les chanoines, 1 C). . 



(*) Boger van den Brande, 1516. 

Ange Baers, 1519. 

Martin de Cock, 1535. 

Henri Noppo, 1642. 
(') François Arnoots, 1584. 
(') *Comeille Croes, 1585. 
(^) Jean Jnvenis, 1488. 

Philippe Paillet, 1499. 

Philippe Bogerie, 1512. 

François Weylins, 1517. 

Auguste Denrghys, 1517. 

Josse van Spiere, 1518. 

•Wnlfard Hellync, 1619. 

Barthélemi Yalcke, 1522. 

Antoine Willaert, 1534. 

Adrien de Landtheere, 1535. 

Jacqnes Siens, 1639. 

Arnold Feje, 1542. 

François Zeghers, 
alias Aemonts, 1546. 

Pierre Wildeman, 1555. 

Jean Flamme, 1561. 

Arnold Flamme, av. 1570. 

♦Pierre THermite, 1672. 

Corneille Croes, 1573. 
(*) Josso van Spiere, 1528. 



Auguste Denrghjs, 1534. 

Chrétien Verbaere, 1540. 

Antoine Willaert, 1641. 

Jean van der Piet, 1541. 

Jacqnes Siens, 1542. 

François Zeghers, 1552. 

Adrien Belays, 1556. 

Jean van der Piet, 1561. 

•Andrien de Landtheere, 1662* 

Corneille Croes, 1563. 

Pierre Wildeman, 1564. 

Antoine Diest (•), 1567. 

Severin Baten, 1569. 

•Pierre l'Hermite, 1672. 

François Amonts, 1572. 
(•) » Jean Juvenis, 1506. 

•Philippe Bogerie, 1624. 

•Antoine Willaert, 1538. 

•Wnlfard Hellync, av. 1540. 

•Andrien Belays, 1562. 

•François Zeghers, 
alia8 Aemouts, 1562. 

•Jacqnes Siens, 1662. 

•Séverin Baten, 1577. 

•Corneille Croes, 1586. 
(") •Mathias Pottiers, 1615. 



(*) Nonobstant le refus du chapitre d'accorder Antoine Diest à Michel de Bock 
ponr la chapelle royale d'Espagne, (voir p. 63), il paraît que le jeune choral sarrit 
néanmoins pendant plusieare années dans la maUriso de Marguerite de Parme, car 
son nom figure parmi les Enfaiu des rôles de 1602, 1663 et 1666, reproduits par 
M. Edmond van der Straeten, dans La munque aux Pay$-Baê avant U XIZ^ $ücle, 
T. I, p. 246, et T. Vin. pp. 41, 42, 80. Nous n'hésitons pas à identifier " A ntonie 
Deyat, Antoine Deyst " (rôles de 1662 et 1665) avec " Antoine Diest. Aux chapelles 
de Flandres " (rôle de 1603), et à y reconnaître notre choral. 



100 

Mentionnons encore 7 possesseurs de bénéfices 
dépendant du patronat du chapitre (^), et nous 
aurons le contingent de clergé que fournirent à 
Saint-Donatien les institutions van der Coutere et 
de Coninck. 

Le chiffre des 67 choraux connus se complète 
en ajoutant aux 36 déjà cités : 3 enfants de chœur 
devenus réfectionaux, 1 religieux, 1 chanoine de 
la collégiale de Notre-Dame à Bruges (^) et 26 
dont les actes capitulaires n'expriment les noms, 
que pour signaler soit simplement leur admission 
comme choral, soit leur retour vers la maison 
paternelle, soit encore leur placement dans une 
école ou chez un homme de métier. 
et chez les Pour Ics réfectiouaux, en remontant de 1571 à 
péfectionanx.-|^gg2^ date de leur première organisation, on ne 
retrouve que les noms de 35 écoliers. Parmi eux, 

Q) Auguste Denrghys, chapelain Notre-Dame à Thospice du 

de Dndzeele, 1684. Saint-Esprit, de Dixmude, 

Antoine Willaert, custos à 1566, et chapelain de Noordt- 

la léproserie de la Made- hmiidegremiochorideVégMBe 

leine, 1538. paroissiale de Dizmnde, 1578. 

François Zoghers, alias Aer- * Adrien de Landtheere, curé 

nonts, chapelain de Dndzeele, d^nne des portions de la 

1552. paroisse de Dndzeele, 1569. 

Samuel van Beepînghe, custos Séyerin Baten, chapelain de la 

de Dudzeele, 1566. chapellenie dite parvae ima- 

Corneille Croes, chapelain de giniSf à Damme, 1569. 

O Voir plus bas, p. 107. — " Mg"* Piato Oete rec?tori Bcholanini, 

pro alimentis et institutione Pétri THenpite et Jacobi Lescornet, 

quondam choralium et ob defectnm vocis prœdicto rectori ad 

erndiendum traditornm... iij fc gr. " — 00. Eegis 1557-61. 

" Seqnentes sunt promoti ad ordioem subdiaconatns : ... 
Jacobns Lescornet aocolitus sub titulo prebendae et canonicatus 
B. Mari» civitatis Bnigen. " — Archives de la ville de Bruges, 
Arch. Ecclésiastiques, n° 7753 : Begistrum ordinaiorum et Umsuraio- 
rum stih JB"° D, Bemigio Driuiio secundo episc, Brugen., 16 Maii 1573. 



101 

nous rencontrons 1 succentor (^), 1 hypodidascalus 
du rector sclwlarumi^)^ 6 virgiferi cliori (^), 1 clericus 
dormitorii ('*), 1 clericus installatus (^), 4 chapelains 
de extra chorum (^), 2 chapelains de gremio chori Ç)y 
1 chanoine (^) et 4 titulaires d'autres bénéfices à 
la collation du chapitre (^). En tenant compte des 
noms qui font double, triple, ou même quadruple 
emploi, cette première série se réduit à 10. 

Dans le registre des ordinations de Remi Drieux 
figure une deuxième série de 10 réfectionaux aux- 
quels révêque confère la tonsure en 1569-1571; 
mais nous ne pouvons pas poursuivre leur carrière, 
puisqu'à partir du 10 Avril 1571, ils appartiennent 
au séminaire Q^). 



C) *Jean de Vlieghere, de choral 

devena réfectional, 1572. 
C^) GiUes de Vlieghere, 1566. 
(') Thomafl van Hecke, 1541. 

Jean Bloqnin, de choral devena 
réfectional, 1559. 

Henri Meese, 1559. 

Simon Sooondonck, 1559. 

Josae Oudtheere, 1568. 

François de Visschere, de cho- 
ral devena réfectional, 1567. 
{*) »Henri Meese, 1564. 
(') Jean Bloqnin, 1551. 
(') «Henri Meese, 1566. 

Donatien Decins, 1567. 

•Michel Inghelmont, 1569. 

Jean deVlieghere, 1573. 
(0 •Henri Meese, 1572. 

•Michel Inghelmont, 1574. 
(") «Michel Inghelmont, 1582. 
(•) «Jean de Vlieghere, chapelain 
de Boonen, à Oostkerke, 1568, 



et de Noordthaat, à Dizmade, 

1577. 
«Henri Meese, chapelain de 

Dadzeele, 1571. 
François de Visschere, rentré 

d*Eversam,(*) cuêtoa et scho' 

laaticus à relise de Blan- 

kenberghe, 1572. 
«Michel Inghelmont, chapelain 

de la 1" messe de gremio 

chori, à réglise paroissiale de 

Dizmade, 1574. 
(»») Michel Oaef («»), 1569. 
Jean Troch, " 

Jean Coppenjans, " 
Gai Hejnckens, " 

Nicolas de Pape, " 
Jacques de Meanick, 1669. 
Pierre Kieckens, *' 

Gilles van Swevezeele, '* 
François Waghers, " 

Pierre Strivent, 1571. 



(*) Voir plus haut, p. 62. 

m BêjfUtru» ordinat^rum etc. 16. S6 Doo. IMOj 80 UartU 1671 (n. §.). 



102 

Si aux 20 noms mentionnés on ajoute ceux de 
6 religieux, de 2 étudiants à l'université de Lou- 
vain (^), et de 6 enfants, dont un meurt réfec- 
tional (^) et 5 quittent l'institution pour motif de 
santé, pour défaut de vocation ecclésiastique ou 
pour d'autres raisons (^), on arrive à parfaire le 
chiffre des 35 réfectionaux connus. 

Nous avons limité nos recherches à l'église de 
Saint-Donatien. IVest probable qu'étendues à d'au- 
tres églises, elles fourniraient de nouvelles preuves 
de la fertilité de l'institution des choraux et des 
réfectionaux, puisque déjà l'ex-choral Jacques 
Lescornet figure au nombre des prébendiers du 



(*) Voir plus bas, p. 108 et plus haut pp. 82, 83, où il est question 
de Desuus et de Hoyus. 

(*) C'est Voffidum refedionalium qui supporte les frais des funé- 
railles: " Carolus Lupi juvenculus refectionalis hestema die in 
domo patris sni defunctus ex infirmitate ordinatur crastina die 
mane cum missa de requiem inhumari in cadmeterio ezpensis 
officii refectionalium." — Ada cap, 10 Martii 1567 (n. s.). 

(') Voici de quelle manière les réfectionaux prennent congé: 
'* Comparens Joannes Eie refectionalis apud quemdamchirurgum 
collocandus valedixit, DD. gratias agens quod eum hactenus in 
scholis tenuissent et alu^ssent. Unde DD. ei monuerunt ut 
beneûoiorum acceptorum memor existât, Deumque oret pro 
fundatoribus et statum ecclesiasticum semper in honore et 
reverentia habeat. '' 

" Comparens in oapitulo Gerardns Stratius refectionalis exhibuit 
remonstrationis cedulam qua immensas agit DD. gratias quod eum 
quinqueannorum spatio in scholis ali et litteris institui curaverint, 
simul valedicens ex quo in servitium canonici Iprensis, E™' Iprensis 
familiaris, se assumptum asserebat; DD. sibi sueque adepte 
-V conditioni congratulantes eum abire permiserunt, injuncto sibi 

^ quod ratione beneficiorum acceptorum pro fundatoribus refec- 

tionalium, dominorumque incolumitate orare memor esset. '* — 
Ada cap. 12 Jun. 1564; 10 Sept. 1565. 



103 

chapitre de Notre-Dame et que la collégiale de 
Saint-Sauveur compte trois anciens choraux parmi 
ses chanoines, à savoir, Jean Flamme, Mathias 
Pottiers et Corneille Croes Q). 

Tout en nous renfermant dans les mêmes limites, 
interrogeons les documents pour savoir à quel 
degré de la hiérarchie ecclésiastique sont montés 
les anciens écoliers chargés d'un emploi ou pour- 
vus d'un bénéfice à Saint-Donatien. 

Les virgiferiy les dgnatores pulms et le ctistos 
navis ecclesiae^ officiers de rang inférieur, n'étaient 
probablement que de simples clercs tonsurés, car, 
d'une part, il n'est jamais fait mention d'aucun 
ordre reçu par eux, et d'autre part, la corona^ 
dont parle le chapitre à propos de la rasure des 
choraux et des réfectionaux, semble avoir été la 
tonsure cléricale (^). 

Les clerici installati étaient certainement élevés 
à la cléricature. Non seulement leur nom nous 



O Voir plus haut pp. 60. 63, 100, note 2. — " D. Cornélius Croes 
clericus tenor, canonicatum et prebendam ecclesie S. Salvatoris 
adeptus,yaledixit, DD. gratias agens pro eorum beneiiciis hactenus 
acceptis, obnixe petens apud eosdem DD. semper commendatus 
baberi,quemDD. audierunt et copiam honesti discessusfecerunt." 
— Ada cap. 20 Jun. 1576. 

O En effet, une vingtaine de choraux, lors de leur admission 
comme tels, sont dëjà qualifiés du titre de clericue de tel ou tel 
diocèse (voir page 58, note 2), et il n'est pas rare de rencontrer 
dans les comptes des dépenses faites pour payer les frais de lettres 
de tonsure : 

" Datum D. Petro de Corte pro litteris promotion um duorum 
choralium ad tonsuras ccclesiasticas iiij s. ij d. gr." — " Pro litteris 
tonsure cujusdam choralis, ex ordinatione DD. ij s. ij d. gr." — 
00. Chw. 1517.19. 



104 

l'indique, mais en outre, lorsque des étrangers, 
c'est à dire des sujets non encore attachés à l'église, 
étaient admis ad stallurny ils devaient produire 
leurs litteras tœisuralesy ou bien, s'ils n'avaient 
pas déjà reçu la tonsure, ils s'engageaient à la 
recevoir aux premières ordinations (^). Selon toute 
apparence, ils avaient souvent fait plus que franchir 
le seuil du sanctuaire, puisque parfois on voit des 
prêtres reçus comme clercs installés avec la clause 
cum dispenmtione quia sacerdos. Ce fut le cas pour 
Wulfard Hellync et Pierre l'Hermite (^). 

Le [temps que les jeunes gens passaient dans 
l'exercice de ces humbles fonctions, était un temps 
de stage et de préparation aux ordres sacrés. La 
promotion à une chapellenie soit de extra chorum^ 
soit du patronat, ou à Aüti office plus considéré, 
comme par exemple celui de tabulariicSy était la 
récompense de leur service diligent et de leur 



Q) " BeceptuB et admissns fait Francisons de Bronckere tenor 
ad Btallnm, qni prestito jnramento, installatus fait.... et exhibait 
litteras tonsare." 

" Daniel Mathie van Heasden clericas bassus admissns est ad 
stallum ea lege qnod intra mensem exhibeat litteras testimoniales 
sue vite et conversationis, qnodquo proxime quataor temporam 
diebns caret se clericali tonsnra insigniri, snas desnper litteras 
capitalo exhibendo, sub pena privationis stalli." 

" Ad presentationem venerabilis D. decani, receptus fuit ad 
stallum Laurentius Vos, contratenor, dilatis juramento et instal- 
latione donec testimoniales et tonsurales attulerit." — Acta cap. 
19 April. 1563; 6 Jun. 1569; 16 Jan. 1570 (n. s.). 

(') Voir p. 58, note 2, 3". " Ad presentationem venerabilis D. 
decani, receptus fuit ad stallum D. Petrus THermite Pbr tenor 
quondam choralis hujus ecclesie, cum dispensatione tamen quia 
saoerdps." — Acta ca^, 2 Jun. 1572. 



105 

conduite réglée. Dans ces promotions, la préférence 
était donnée aux anciens élèves de Saint-Donatien(^). 
Lorsque les aspirants au sacerdoce continuaient 
à donner des signes de véritable vocation, les 
chanoines, après mûr examen, leur accordaient la 
faculté de monter aux saints ordres (^) et bien 
souvent le bénéfice auquel les candidats avaient 
été promus, constituait le titre clérical exigé pour 
la réception du sous-diaconat (^). Une fois élevés à 



(^) En voici un exemple : 

"Beceptns fuit ad clericatns dormitorii officium Henricus Meese 
efc per D. decanum presentatus fuit etiam admissus ad stallum, 
eo potissimum intuitu quod alumnus ecclesie fuerit, quodque 
unius cantons vices supplero poterit ; ad quem effectum eidem 
injunctum eztitit ut quandocumque in rebus capitolum concer- 
nentibus scribendis non occupabitur in cella, continuus in choro 
remaneat ad cantons sublevamen et se suamque vocem incantu 
et musica exercendum. " 

" Clerico dormitorii [Henrico Meese] in suo turno comparent 
et exhibente supplicationis cedulam, qua in effectu de numero 
expectantium promotionem seu promo vendorum per DD. haberi 
reputari et declarari humiliter postulabat, DD. ob bonam illius 
indolem ac quod semper fuerit alumnus ecclesie. nolentes illius 
animum tenere suspensum, sed potius ut bene et ûdeliter impos- 
terum ecclesie serviat allicere volentes, enmdem Henricum 
clericum installatum et de numero promotionem expectantium 
seu promovendorum declararunt et déclarant per présentes. " — 
Ada cap. 17 Apr. 1564; 23 Jun. 1665. 

(') " Petiit Jacobus Siens tabularius cbori posse ad ordines 
promoveri. Post deliberationem commissa fuit ejus idoneitas 
Johanni Smout, cui cobabitat et examinatoribus discutienda." 
— Acia cap. 5 Mars 1544 (n. s.). 

(3) " Ad subdiaconatum : Cornélius Croes accolitus sub titulo 
cappellaniee Noordtbuut de gremio chori ecclesiae parochialis S. 
Nicolai Dixmudensis. 

Michaël Inghelmont accolitus sub titulo capellaniœ fundatsB ad 
altare summum in ecclesia parochiali S. Nicolai oppidi Dixmu- 
densis." — Begistrum ordinaioriim etc. 16 Maii 1573. 



106 

la prêtrise, ils pouvaient espérer d'obtenir une 
chapellenie de gremio chori. C'est ainsi que tous 
les ex-choraux et réfectionaux devenus chapelains 
de chœur, étaient prêtres. Le jour de la célébra^ 
tion des prémices était pour le chapitre une nou- 
velle occasion de prouver combien il avait à cœur 
le bonheur de ses protégés, en leur octroyant des 
présents ou des faveurs (^). Disons-le en passant, 
cette sollicitude des chanoines ne s'arrêtait pas 
même là; elle savait encore procurer d'honnêtes 



(^) " Supplicanti D. Jacobo Siens, tabulario, quod die Trinitatis 
posait primitias celebrare, cum positione pelvis, in capella enea» 
annuitur, cui dantur qnataor canne vini ex obedientia, sed quod 
reçognoscat ecclesie fabricam. " 

" DD. consenserunt D. Severino Baten tabule chori deservitori, 
ferîa 2' Fenthecostes suas primitias in capella venerabilis Sacra- 
menti celebrare posse, eidemque presentarunt 1 Ib. gr, et sex 
cannas vini, ex fabrica mediatim et obedientia. " 

" Ad petitionem D. Pamele canonici, concessum fuit Michaeli 
Inghelmont capellano de choro nuper ejusdem D. Pamelii famulo, 
sibi adhnc cobabitanti, die crastina S** Michaëlis in capella venera- 
bilis Sacramenti suas primitias celebrare posse, eidem oblationes 
tune obvenientes concedendo. " 

" Lecta supplicatione D. Mathie Potiers, nuper choralis, et 
bactenus in seminarie educati et litteras edocti, petentis dominica 
proxima, suas primitias, seu primam suam missam posse celebrare 
in sacello venerabilis Sacramenti, post ônitum in choro divinum 
officium et gratiam fieri super oblationibus, DD. eidem locum 
petitum atque oblationes in eadem sua prima missa obventuras 
annuerunt. Salvo quod per modum recognitionis fabrice hujus 
ecclesie ex iisdem oblationibus septem grosses exsolvat. Sibique 
ulterius, respectu servitii ut choralis longo tempore prestiti, alias- 
que ob causas DD. animes provide méventes, XXIIII Ib par. 
gratiose concesserunt, videlicet XII fb. par. ex officio destitutorum, 
IIII &. par. ex equalitate, IIII &. par. ex obedientia, et alias 
similes IIII ft. par. ex cis ta Begîs, pro hac vice solvendas. " — 
Ada cap. 26 Maii 1544; 6 Maii 1573; 28 Sept. 1574; 24 Jul. 1576. 



107 

funérailles aux prêtres, anciens écoliers, qui mou- 
raient dans l'indigence (^). 

Quant à Mathias Potiers et Michel Inghelmont, 
chanoines de Saint-Donatien, Jean Flamme et 
Corneille Croes, prébendiers de la collégiale de 
Saint-Sauveur, ils étaient tous revêtus de la dignité 
sacerdotale avant d'appartenir au corps capitu- 
laire (^); Jacques Lescornet, membre du chapitre 
de Notre-Dame, fut ordonné sous-diacre, étant 
déjà pourvu de son canonicat (^). 

Les vocations sacerdotales ne sont pas les seuls vocations 
fruits qui mûrissent à l'ombre de Saint- Donatien: ro^jgîe^wos. 
on voit dans ce sol favorable éclore en même temps 
des vocations religieuses. Presque tous les ordres, 
comptant des maisons à Bruges, y trouvent des 
recrues. 

L' ex-choral Victor Wildeman {*) devient frère 

0) " Et quia def anctus [Jacobua Siens cappellanus de choro] 
longo tempore vite sue bonus, diligens ac fidelis ecclesie servitor 
perpetno extitit, DD. ob virium domns mortaarie tenuitatem et 
matris defunctî panpertatem, honestas exequias gratis fieri con- 
sensernnt et ordinarunt." — Acta cap. 29 Jan. 1565 (n. s.). 

Voir pp. 60, note 1, 3s 99, 101. 

P) Voir p. 100, note 2. 

{*) "Lectaactacapibulari 6 Oct. anni 50 qaa DD.intnitu pietatis 
Zigero [Wildeman] chorali tune dimisso, in favorem studii aut 
operis mechanici per ipsum addiscendi, conoesserant 2 & gr. intra 
biennium ex tune immédiate sequens solvendas, iidem DD. intelli- 
gentes eundem Zigerum die dominica proxima religionem Fratrum 
Guillelmitarumhujus oppidi ingressurum, ordinarunt eidem Zigero 
ex nuDC unam et in fine secundi anni alteram ft gr. numerari et de 
illis satisfieri ex officio obedientie.'' 

" Fratri Zeghero Wildeman nuper chorali bu jus ecclesie, nuuo 
religioso domus FF. Guillelmitarum bu jus oppidi, primitiaa suas 
propediem celebraturo, datur in subsidium unus angelotus ex tribus 
officiis, fabrica, obedientia et equalitate.'' — Ada cap, 16 Maii 1552; 
11 Mart. 1556. 



108 

Guillelmite.Parmi les anciens réf ectionaux, Jean van 
Haese et Gaspar de Jonghe, neveu du célèbre Roger 
de Jonghe, entrent au couvent des Ermites de 
Saint- Augustin (^); François Milanus est reçu chez 
les Cisterciens de Ter Doest (^); Martin Reubins et 
Georges van den Bussche prennent l'habit de 
Saint-Dominique Q) et François Everaerts revêt la 



Q) ** Fratri Johanni van Haese napor refectionali hujus ecclesise, 
die domînica proxima professionem ordinis S. Augusfcini in hoc 
oppido emissuro datur in eleemosynam intuitu paupertatis 1 fi) gr. 
ex offîcio refectionalium." 

" Comparens Mg' Bogerius Juvenis, provincialis JLugustinen- 
siam, honeste admodnm DD. gratias egib pro Jaspare Javenis sno 
cognato, refectionale valedicente, eo quod DD. hactenus in studiis 
eum alnisseut, quem religionis institut am et habitum monasticum 
ejusdem ordinis Augustinensis brevi sascepturum asserebat^petens 
eidem commodato relinqui vestem suam talarem donec habitnm 
monasterii induerit; quas tune restituetar. Oui petitioni DD. 
annuerunt, pio javenis instituto congratulantes, rationem de sibi 
gratificando habituri dum etquandoin eodemordine profitebitnr." 

" DD. certiores facti, Jasparem Juvenis nuper refectionalem 
hodiema die proûteri in monasterio FF. Angustiniensium. Idcirco 
juxta promissionem in suo hinc discessu illi factam de sibi gratifi- 
cando et quicquam concedendo, 1 9) gr. dari et presentari ordina- 
runt ex offîcio bonorum refectionalium." — Acta cap. 16 Oct. 1555; 
9 Aug. 1564 ; 15 Oct. 1565. 

(«) «< Francisco Milano refectionali se dedituro (uti scripto expo- 
sait) monasterio de Thosan alias Doest et supplicanti sibi porrigi 
manus adjutrices, DD. post deliberationem eidem in subsidium 
emptionis habitus monachalis concesserunt duas libras gross. ex 
bonis refectionalium non tamen prius solvendas quam certo con- 
stiterit ipsum dictnm monasterium intraturum.*' — Acta cap. 
5 Oct. 1558. 

(») " Lecta supplicationis scedula F''» Martini Ruebins religiosi 
conventus Fratrum Fredicatorum hujus oppidi, qua petiit eleemo- 
synam sibi concedi in sublevamen prandii seu festi sui jubileipro- 
pediemcelebrandi, DD. attendentes id novitatem quandam existere, 
tamen habite respecta et consideratione quod idem supplicans olim 
hujus ecclesie refectionaUs faerit» de gratia speciali eidem annue- 



109 

bure des Frères-Mineurs Franciscains Q). Deux 
réfectionaux sont placés au monastère des Dunes; 
mais leurs noms nous sont inconnus et nous igno- 
rons s'ils sont réellement devenus moines (^). Le 
chapitre, loin d'être égoïste et de vouloir conserver 
ses protégés au service de son église, se félicite de 
les voir embrasser un si saint état. La prise d'habit, 
la profession, la célébration des prémices et même 
du jubilé sont autant d'événements heureux aux- 
quels les chanoines s'intéressent, en accordant des 
gratifications aux anciens élèves de l'école chapi- 
trale, héros de ces fêtes religieuses. 



rnnt quatuor oannas yini ex tribus officiis, precibus et oratîonibns 
dictî fratris sese commandantes." 

"Ad supplicationem D. Prioris Fratrum Predicatorum pro parte 
Greorgii van den Bussche nuper refectionalis breyi in dicto mona- 
sterio professuri factam, DD. insequendo spem gratificationis 
eidem Georgio in suo discessu in professionis eyentu,datam,eidem 
per modum eleemosyne 1 % gr. ex cistula quondam D. Begis 
annuerunt." 

" Audito quod G^rgius Sjlvius, quondam hujus ecclesie 
refectionalis et alumnus, in monasterio Fratrum Prœdicatorum 
dudum professus, dominica proxima sit celebraturus suas primi- 
tiaa, DD. eidem gratiose concesserunt X s. gr. ex bonis ciste 
quondam D. Regis ad elemosjnas applicatis." — Ada cap. 23 Jul. 
1561 ; 8 Apr. 1566 (n. s.); 6 Mart. 1573 (n. s.). 

(*)" DD. ex certis causis eos moventibus Francisco Everaerts 
quondam hujus ecclesiaB refectionali, nunc Minoritarum conventui 
addicto ac ibidem brevi professuro, in eleemosjnam concesserunt 
unam libram gross. ex officie refectionalium. " 

" Francisco Everaerts nuper refectionali nunc Franciscano, 
circa dominicam proximam suarum primitiarum diem, gratuitam 
DD. benevolenciam sibi fieri supplicanti, concessa fuit 1 !b gr. ex 
cista Regis." — Ada cap. 29 Jun. 1561 (n. s.); 10 Jun. 1566. 

(') " DD. consenserunt quod duo refectionales ex majoribus col- 
locentur in monasterio Dunensi, quos modernus abbas habere 
petivit." — Acta cap. 1 Febr. 1570 (n. s.). 



110 

Cette statistique, résultat, il est vrai, d'un 
examen rapide, est cependant hautement signifi- 
cative; elle justifie l'affirmation émise tout à 
l'heure touchant le caractère de l'éducation donnée 
par le chapitre à ses enfants de prédilection. 

Qu'il nous soit permis de relever parmi les ex- 
réfectionaux les noms du P. François Everaerts 
et du chanoine Michel Inghelmont. 

Everaerts, religieux franciscain, f ut, comme nous 
le verrons plus tard, le vaillant collaborateur du 
P. Corneille Adriaensz, dans la lutte contre les 
protestants à Bruges (1566-84), et l'éloquente 
parole du zélé Gardien préserva une foule d'âmes 
du malheur de l'apostasie. 

Parmi ses écrits dont les troubles du temps 
empêchèrent la publication, le P. Marchant loue 
spécialement une série de sermons sur les Macha- 
bées : Historia septem fratrum Machahaeorum con- 
cionibus explanata Q). 

Michel Inghelmont, recueilli par l'institution 
Begis et de Molendino (1560), passa au service du 
chanoine van Pamele (1567) (^), obtint succes- 
sivement plusieurs chapellenies (^), reçut la prêtrise 



Q) Servais DniKS, Histoire littéraire et hibliographique des 
Frhres Mineurs de VOhservance de St-François en Belgique et dans 
les Pays-Bas. Anvers 1885, p. 112. 

(2) " Michaeli Inghelmont refectionali, per D. Pamele in suam 
familiam et servit] nm assumpto, dati faernnt dno coronati aurei 
pro comparando chlamide ex cista Begis." — Âda cap. 5 Martii 
1567 (n. s). 

(») Voir p. 101, note 9 et p. 150, note 3. 



111 

des mains de Remi Drieux (18 Sept. 1574), et 
suivit son patron en exil (1578) d'abord à Douai 
puis à Saint-Omer. Pamelius ayant été pourvu 
d'un canonicat et de l'archidiaconat de Flandre à 
la cathédrale audomaroise, le 2 Janvier 1581, 
Inghelmont lui succéda dans la 13° prébende de 
Saint-Donatien, le 4 Juillet 1582 (i). 

Le Tertullien de Pamelius conserve un souvenir 
des relations de Michel avec son Mécène. Dans la 
préparation de l'édition qui dura huit ans (1571-79), 
Inghelmont fut le copiste de l'éditeur, et rédigea 
dans la suite, de concert sans doute avec Pame- 
lius, les magnifiques tables des éditions subsé- 
quentes (^). 

n se fait ainsi que deux anciens réfectionaux, 
le professeur Hoyus et le chanoine Inghelmont, 
eurent leur part dans la gloire qui revient au 
célèbre éditeur des œuvres de Tertullien. 



Q) Archives de la ville de Saint Orner. — Âda cap. B. M. Y., 
2 Jan. 1581. Foppens, Compejidium etc. p. 147. 

O " Qua in fcstinatione [preecipitante editionem typographe], 
quum egregiam tibi operam poncre intelligerem Dn. Michaelem 
Ingelmontium, Brugensem tuo beneficio canonicum, qui tibi toto 
hoc in opère assiduus fuit a manibus, et in indicibus una tecum 
dirigendis, stadium adhibuit singulare, popularis mei exemple, 
etc." — Dédicace des Praverhinlee formulœ d'André Hoyus. 

" Cura indicem scripturarum in S.Cyprianum, qualis a nobis est 
editus, gratum fuisse plerisque intellexerim, similem omnino ad 
Tertulianum [por] D. Michaelem Ingelmontium canonicum Bru- 
gensem, amanuensem in toto hoc opère nostrum, curavi colligi." 
— Ad SS. Litterarum Professores, Jacobi Pamelii Prefatiuncula. 

Voir le Tertullien de Pamelius, pp. 58 et 78 de l'édition de 1626. 



112 

Ajatrea en- Les choraux et les réfectionaux, dont nous 
c^raraeties venons d'esquissor Thistoire, formaient Télé- 
fr4nentimt^ ment Stable des écoliers de Saint-Donatien. Mais, 
st^DoMtien^ comme il a été dit plus haut, d'autres enfants fré- 
quentaient également l'école chapitrale. 

La preuve de cette assertion découle de plusieurs 
faits qui trouvent ici leur place. 

D'abord, de temps immémorial, les familiares 
attachés au service domestique des chanoines, 
jouissaient de la faveur de suivre gratuitement les 
classes de Saint- Donatien Q). 

Ensuite, de 1537 à 1544, Alexandre Barradot, 
chanoine encore mineur, fréquente l'école du cha- 
pitre, sous Jean Schyncx, et, à raison de cette 
fréquentation, il obtient le privilegium studii^ à 
rinstar de ses confrères plus âgés, qui étudiant 
dans l'une ou l'autre université, sont dispensés de 
la résidence canonique (^). 

(*) " Idem (Jacobus de Witte) receptus rector... ad scholas 
deductus fnît... cam declaratione ei facta qnod famulos canoni- 
conim gratis docere et institnere teneretur juxta antiquam 
consuetndinem. " — Ada cap. 10 Oct. 1611. 

(') " Gomparuit magister scholamm addacens Alexandrum Bar- 
radot minorennemcanonioum in scholis nostris militantem litteris, 
attestons eum anno elapso apud se militasse. Qno audito DD. 
eomdem Alexandram ex gratia ante trienninm sibi facta pro rési- 
dente habuernnt, oonstituentes eidem nomine Hamere defnncti 
novum sanm caratorem M. Joannem de Yisschere canonicum." 

" Continuatur gratia Alexandre Barradot alias data quod in 
scholis nostris residere possit tanquam in loco privilegiato, ad unum 
annmn." 

" Alexandro Barradot canonico minorenni oonceditnr de gratia 
speciali posse in bis scholis residere et litteris yacare ac si in privi- 
legiato loco resideret, sed pro hoc anno dnmtaxat. " — Ada cof, 
16, 29 Jnn. 1540} 13 Jun. 1543. 



113 

En troisième lieu, longtemps avant Tëpoque de 
la cohabitation des refpxtionales avec le rector 
scholarum, celui-ci pouvait loger et nourrir dans sa 
maison des élèves pensionnaires, mais il était tenu 
de les envoyer, le jour, à l'école collégiale qu'il diri- 
geait. Les maîtres Gérard Bachusius et Jean 
Schyncx, ne se conformant pas à cette règle, 
furent de ce chef rappelés à Tordre Q). François 
du Quesnoy, sous lequel commença la vie com- 
mune des réfectionaux, obtint la faculté de gar- 
der chez lui les internes qu'il avait auparavant. 
Après son décès, avant de lui nommer un succes- 
seur, le chapitre agita la question de savoir si le 
futur maître d'école pourrait suivre les traditions de 
son devancier, et décida négativement. Cependant, 
sur les instances de Piat Oste, les chanoines revin- 
rent sur leur décision, et lui permirent d'adjoindre 



(^) " Ladimagistro precipifcnr nfc bis in die daci faciat convictores 
suos ad scholas. " 

** Nisi ladimagister suos convictores ad scholas adducat et 
reducat, exanthorabifcur." 

" Ladimagister nec licentiatur nec continaatur, sed ei prescri- 
bitur itertim ut convictores ad scholas adducat. " 

" D. Arnoldns l^aurentins Pbr, ad presentationem D. et 
Mg'* Joannis Fenyn scholastici, snbspe débite diligentie tatn circa 
choralium quam refectionalium instructionem exhibende, admitti- 
tnr ad regimen scholarum, injnucto sibi expresse quod suos com- 
mensales vcl convictores, si quos postmodum haberot, secum ad 
scholas doccndi causa ducat, stallo sibi post prestitum jaramentum 
clericorum in choro assignato, cum dispensatione tamen quia 
sacerdos. " — Ada cap. 24 Dec. 1526 ; 30 Maii 1530; 23 Jun. 1538 ; 
11 Jan. 1546 (n. s.). 



114 

aux réfeotionaux sept ou huit pensionnaires, qu'il 
instruirait sur le même pied Q). 

Enfin, de temps en temps, des différends surgis- 
saient entre Técolâtre et le rector scholarum^ 
d'une part, et des professeurs particuliers ou des 
communautése, nseignant dans les limites du patro- 
nat de Saint-Donatien, d'autre part. Résumons 
les débats. 

Au mois de Septembre 1424, maître Jean de 
Poorter (öivis) proteste contre Georges Potshooft, 
chapelain de Saint-Basile, ancien ludimagister de 
Saint-Donatien, parce que celui-ci donne des leçons 
à quelques pensionnaires, sans les envoyer à 
l'école collégiale et sans payer aucune indemnité 
au rector. Potshooft prétend qu'en sa qualité de 
maître-ès-arts, il a le droit de professer. L'écolâtre 



(*) " Vocenfcur DD. ad orastinum diem super eo, an futurus rector 
scholarum uDacumrefectionalibushujasecclcsias alios pueros exbra- 
neos seu convictores domi auœ alere poterit, prout fecit novissime 
defanctus, nec ne, deliberaturi." 

" Tandem collectîs votis ordinarnnt ex certis cansis animos 
Buosmoyentîbns, quod futurus rector nullos poterit conrictores seu 
commensales preaterquam dîctos refectionales domi suae alere. Qua 
ordinatione facta, retulit D. scholasticus se nactum esse qucmdam 
magistrum Piatum Oste, qui dictos refectionales sub oonditione 
prsddicta (modo DD. de capitule ita visum fuerit) instruendos et 
erudiendos acceptabat. Quo quidem Piato comparente, et se ad 
regimen scholarum admitti petente, nihil fuit conclusum, sed 
dilatum, donec DD. de ejusdem Piati idoneitate et probitate vitas 
informati fuerint." 

" DD. annuentes contentis in scedula supplicationis roctoris 
scholarum, eidem consenserunt quod septora aut octo commensales 
refectionalibus, eadem ratione victus escipiendos ac pari diligentia 
instituendos, adjungere possit. " — Ada cap, 3, 4 Nov. 1557 ; 
8 Mart. 1559 (n. s.). 



115 

Théodorio Batensoen lui contestant cette faculté, 
les deux parties s'en réfèrent à l'arbitrage du doyen 
Amand de Bremmont et des chanoines Nicolas 
Steroholf et Baudouin de le Poêle. Afin de conci- 
lier les intérêts respectifs, les arbitres décident 
que Fécolâtre doit permettre à Georges Potshooft 
de loger et d'instruire seize pensionnaires, sauf à 
reconnaître les droits de Técolâtrie en payant 
annuellement au rector 5 sous parisis par élève. 
S'il en veut davantage, il lui faut une permission 
spéciale de la part del'écolâtre (}). Le chapelain ne 
se rendit probablement pas à cette sentence, car, en 
1426, Jean de Poortere dut réitérer ses protesta- 
tions. Demandeur et accusé promettent de se 
soumettre à la décision du chapitre. En vertu de 
cette nouvelle décision, il est permis à Potshooft 
d'avoir autant de commensaux qu'il lui plaît, sous 
la condition de les conduire à Vécole chapitrale; si- 
non, il n'en peut conserver que dix, et alors il 



(*) " Nos Amundus [de Brevimonte], Kicolaus Stercholf et 
Balduinus de le Foele, canonici ecclesie S. Donatiani Brngen., 
Tornac. diocesis, arbitratores et amicabiles compositores electi 
concorditer et assumpti per honoi*abiles viros Mg"" Theodorioum 
Batensoen scholasticum dicte ecclesie ac Georgium Potshooft 
capellanum S. Basilii Brugon. magistrum in artibus, super con- 
troversia de qna in compromisso in nos facto fit mentio, dicimus 
et arbitramur, quodcontemplatione et intuitu persone Mg'* Georgii 
prefati, scholasticas ipsi permittat et toleret, quod idem 
Mg*" Georgius vita sibi comité, babere ac instraere valeat si velit, 
sexdecim commensales et non ultra, nisi de speciali licentia dicti 
D. scbolastici, aut ejus vices gerentis, salvo quod pro quolibet 
dictomm scbolarium in signum récognition is ju ris scholastici, 
solvat annuatim y solidos paris, rectori scholarum dicte ecclesie 
S. Donatiani." — Ada ca^. 23 Jan. 1426 (n. s.). 



116 

payera pour chacun d'eux annuellement 24 sous, s'il 
ne les envoie pas à Saint-Donatien, ou bien 10 sous, 
s'il les y envoie au moins une fois par semaine Q), 
Même querelle, en 1438, entre maître Chrétien 
de Neckere et le chapelain Omer de Poortere, qui 
tient un convict nombreux, au préjudice de 
récolâtrie. Le grand-chantre Baudouin de le Poêle 
et le chanoine Nicolas Stercholf sont chargés de 
rétablir la paix entre les parties. L'absence du rap- 
port que les arbitres devaient faire au chapitre, 
en cas d'insuccès, est un indice de l'heureux résultat 
de leur mission (^). 



(*) " Mg' JobanneB Oiyis rector soholarnm hujus ecclesio et D. 
GeorgiuB FotshooEb capellanns S. Basilii sponte se submiserant 
ordinationi capitali de et saper controyorsia inter ipsos existente 
ex eo qaod idem D. Georgias in domo saa oertos tenet commensales 
Bcolares qaos ibidem instruit, ipsos ad soolas S. Donatiani non 
mittendo, nec jura scolastioi seu rectoris scolarum solvendo, et 
promiserunt bine inde servare ordinationem capitali, sab poena 
qnacumqae per idem capitnlam infligenda. Qaa sabmissione facta, 
DD. capitulantes prebabita deliberatione matura ordinarunt, pro- 
nunciarunt ac sententiarnnt qaod idemD. Georgias teneat scolares 
tot quot velit commensales, ipsosque continue, prout alii scolares 
fréquentant, mittat ad scolas si sibi placet; sin au tem, teneat decem 
scolares dumtaxat, quos si ad scolas mittere noluerit, solvat pro 
quolibet dicto rectori XXIIII solides annuatim ; si vero illos aut 
aliquos ex eis semel ad minus in hebdomada qnalibet ad scolas 
miserit, sol vat prefato rectori pro quolibet illorum X solides an- 
nuatim. Similiter ordinarunt quod ipse D. Georgius eosdem scolares 
qui in cantu instruuntur similiter mittat ad succentorem bu jus 
ecclesie in cantu instruendos et sibi sol vat sua jura." — Acta caih 
8 Jul. 1426. 

P) " Ad querelam Mg^' Obristiani de Neckere scolarum rectoris 
de Mg^** Audomaro Ci vis capellano bujus ecclesie, quod commen- 
sales multos tenet quos non mittebat ad scolas in prejudicium sui, 
DD. deputarunt D. cantorem et Mg"" Nicolaum Stercholf ad 
conoordandnm eos si possen t,alioquin ad referendum." — Actacoip* 
U Jul. 1438. 



117 

Un peu plus tard, (1455), maître Louis van den 
Hecke porte plainte devant le doyen du chapitre, 
Roland VÊscriyBin{Scriptoris), au sujet de Mathias 
de Banc.Il l'accuse d'avoir ouvert une école de gram- 
maire, au mépris des coutumes qui ne permettent 
aux chapelains de tenir des élèves qu'à la condition 
de les envoyer à Saint-Donatien et de payer le 
salaire du rector. Mathias de Banc se prévaut 
de son titre de maître-ès-arts, auquel un induit 
apostolique accorde la faculté d'enseigner en tout 
lieu; il ajoute que les parents de ses écoliers ne 
sont pas paroissiens de Saint-Donatien, que par 
conséquent ses élèves, s'ils sont tenus de fréquen- 
ter une école paroissiale, doivent être envoyés 
aux écoles des paroisses respectives de leurs 
parents. Le doyen, se rendant aux explications de 
de Banc, déboute van den Hecke de ses préten- 
tions (^). Celui-ci en appelle au chapitre et répond 

(*) " Comparentibas coram DD. decano et capitalo Mg^" Mathia 
de Bano appellato et Ludovico [van den Hecke] rectore scolamm 
hnjns ecclesie appellante, D. decanns retulit qaaliter nuper dictas 
M. Ludovic as convenerat prefatum M. Mathiam coram ipso, pro- 
ponens contra eam qaod nullus beneficiatus sive habituatus hujus 
ecclesie posset tenere pueros in sua domo et instruerein grammati- 
calibus, nisi illos mitteret ad scolas hujus ecclesie et solveret rec- 
tori salarium saum, sicuti sibi pro aliis pueris solvitur, quodquo 
non obstante dictns M. Mathias, qui capellanus esb hujus ecclesie, 
certos in domo sua tenebat pueros quos instruebat in grammatica- 
libus absque hoc quod eidem rectori satisfaceret de jnribus suis 
vel quod mitteret eosdem pueros ad scolas ; quare petebat eum 
condempnari ad dictes pueros mittendum ad scolas et sol vend um 
sibi jura sua sicut solitum est. Ad que prefatus Mg*' Mathias 
reverdit se esse magistrum in artibus quodque ut talis ex induite 
apostolico habet facultatem regendi scolas et tenendi pueros ubique 
terraram. Item dixit quod parentes dictorum pueroram quos tene- 



^ 118 

que les enfants demeurent, non pas chez leurs 
parents, mais bien chez de Banc qui est bénéficier 
de Saint-Donatien, et dès lors, suppôt de la collé- 
giale. Le nouveau tribunal députe Jean de Poor- 
tere, ancien maître de l'école du chapitre et le 
chanoine Guillaume de Niepa, pour terminer le 
différendàramiable.Ilfautcroire qu'ils y réussirent, 
car le 3 du mois de Mars, la cause est remise à 
huitaine sub spe pacis, et après cette date, on 
n'en trouve plus de traces (^). 

Un cas plus grave se présente en 1467. L'éco- 
lâtre Grilles de Beversluus attaque Jean de Moor 
parce que celui-ci donne des leçons à de nombreux 
élèves tant internes qu'externes, au préjudice de 

bat nolunfe paeros saos mittî ad scolas, qnodqne per eum non stat 
quominus non mittantur. Item dixit quod parentes prefati non 
sant parochiani ha jus ecclesie^ymo alterias parochie et sic, si mibte- 
rentar ad scolas, deberent mitti ad parochiam parentam et non ad 
scolas hajas ecclesie. Tandem prefatas D. decanas,auditis partibas, 
Mg'"^ Mathiam ab impetitione Mg^* Ladovici absohendum daxit'\ 
— Ada cap. 12 Feb. 1455 (n. s.). 

C) " Quiqaidem Mg*' Ladovicus ab ordinatione siye sententia 
D. mei decani hajusmodi appellavit ad DD. meos de capitale at 
moris est. Qaare idem D. decauns prefato Mgro Ladovico 
diem assignavit ad comparendam coram DD. meis de capitale ad 
diem hodiernam ad dicendam caasas sae appellationis. Qaibas sic 
per D. deoanam oitatus Mg*' Ladovicus replicavit ad id quod 
per Mg'*'" Mathiam allegatam fait saper eo qaod paeri debe- 
rent mitti ad scolas in parochia nbi parentes erant parochiani, 
qaod pueri non residebant cum parentibas, sed cum dicto Mg'" 
Mathia beneficiato in hac ecclesia et subjecto. DD. mci aaditis 
prcmissis dixeruut se yelle yisitare Begistra sua et continaarant 
causam ad viu dies. 

"DD. mei continaarant caasam inter rectorem scolaram et Mg'*^ 
Mathiam de Banc asqae ad diem lune seqaentem et nichilominns 
deputaverant Mg'°" Johannem de Poorter et Willelmam de Niepa 
ut sint interim cnm partibus et via amicabili pacificent eaa ai 
possint. " — Ada cap. 12, 25 Febr. 1455 (n. s.). 



119 

l'école de Saint-Donatien. Sommé jusqu'à trois fois 
par le doyen de comparaître devant le chapitre 
sous peine d'excommunication, de Moor, pour 
toute réponse, tente de se soustraire à la juridiction 
des chanoines en ré&ignant son oflSce de custos de 
la chapelle de la sainte Croix retro chortim. Averti 
une dernière fois oralement par le secrétaire Vla- 
mings (Flamingi) en présence de deux témoins, il 
persévère dans sa contumace. Le 26 Janvier 1468 
(n. s.), la sentence d'excommunication contre le 
rebelle est affichée aux portes de Saint- Donatien 
et de Saint-Basile (^). 



Q) " In facto petîtionis D. scolastioi contra Mg^"" Johannem 
de Moor, cui D. scolasticus petens împonit quod tenet plnres 
Bcolares commensales in domo sua nsqne ad 20 vel plures, et habet 
adhnc alios ab extra venientes in domo sua ad scolas, quod facere 
non debet sine consensu D. scolastici et rectoris scolamm, vel qnod 
debeat mittere commensales suos ad scolas s. Donatiani vel habere 
super inde compositionem cum predictis, petens quod ipse M. Jo- 
bannes reverderet ad quesita, D. Mg' reverdit se non fuisse advisa- 
tum et petiit dilationem/quam finaliter sibi consenserunt ad diem 
crastinam. " 

" De Mg*" J. de Moor contra D. scolasticum, DD. ordinarunt, 
attentis tribus oontnmaciis et qualiter in fraudem et causa 
fngiendi forum DD. capituli, ausus fuit resignare suam matricu- 
lariam sive oustodiam capelle sancte Grucis in bac ecclesia, DD. 
conclusive ordinarunt, considérantes quod novissime pro trina vice 
monituB fuit dictus Mg' Johannes per D. decanum, snb poena 
excommunicationis et una vice pro omnibus comparere bodie in 
capitule, et quod non venit, oonclusum est ut moneatur oretenus 
per me Flamingi scribam capituli auctoritate DD., ut inf ra septem 
dies satisfaciat de contumaciis sub poena excommunicationis in- 
cnrrende. Sic et indilate in presentia Fetri de Glincquemaere 
clerici installati et Jobannis Scoonbove virgiferi capituli monui. " 

" Preterea quia Mg' Jobannes de Moor monitus non parnit 
monitioni, DD. ordinarunt quod litteratorie excommunicetur ad 
valvas S. Donatiani et S. Basilii. " — Ada cap, 23 Decembris 1467. 
19, 26 Jan. 1468 (n. s.). 



120 

En 1484, Ivon de Jongho (Jiivenis)^ prêtre du 
diocèse de Cambrai, traduit devant le chapitre par 
maître Godefroid Dommele, se montre plus docile. 
Convaincu d'avoir ouvert une école élémentaire 
à Sainte-Croix, dans les limites du patronat de 
Saint-Donatien, il avoue ses torts et demande 
Tautorisation nécessaire pour continuer son ensei- 
gnement. Le chapitre la lui accorde, sauf à s'enten- 
dre sur les conditions avec l'écolâtre et le rector Q). 

Ije même jour, Dommele dénonce les Domini- 
cains, qui viennent d'ériger dans leur couvent des 
écoles où un professeur laïc instruit non seulement 
des pensionnaires,mais encore des externes en grand 
nombre, au grave détriment de l'école chapitrale, 
surtout à raison de la proximité. Malgré les invita- 
tions amicales à eux faites,de cesser leur entreprise, 
les religieux résistent. Le chapitre décide de ne pas 
leur accorder l'autorisation, et de ne point conclure 
d'accord; il les menace d'introduire une plainte in 
casu novitatiSi si après un dernier avertissement 
ils ne se rendent pas (^). 



0) '* Gomparens quidam D. Ivo Juvenis presbyter Cameracensis 
diocesis qai infra patronatum hujas ecclesie eb in parochia 
S. Gracia tenuit hactenus efe adhac teneb parvas scolas docens 
legere et scribere, per Mg"^"^ Godefridum Dommele scolarum 
hujas ecclesie rectorem adductus, recogaovit et confessas est 
coram DD. sibi non licuisse neque licere scolas hnjasmodi tenere 
nisi DD. aub saltem D. scolastici desuper obtenta licenbia, petens 
a capitule generaliter et a D. scolas tico ac rectore memorato parti- 
culariter gratiam et licentiam predictas. Quod sibi capitiilum 
aunuit salvo jure scolastici et rectoris super quo cum eis habeat 
tractare. " — Acta cap, 12 Jul. USi, 

(') " Audita denuntiatione dicti rectoris scolarum quod Fratres 
Predicatores in eorum conventu noviter erezerunt scolas, tenentes 
quemdam magistrum lajcumi qui non solam intraneos sed etiam 



121 

n semble que les Dominicains ne tinrent pas 
compte des réclamations des chanoines. En effet, 
trois ans plus tard, l'écolâtre Pierre van Houtte 
(de Ligno) se plaint de ce que, par suite de la 
négligence et de la connivence du rector scholarum 
ou de ceux que la chose regarde, les Frères-Prê- 
cheurs et beaucoup d'autres ouvrent impunément 
des écoles dans les limites du patronat, sans recon- 
naître les droits de Técolâtrie. C'est pourquoi il 
propose de réserver au scholasticus les causes des 
écoles foraines et d'empêcher désormais toute 
intervention de la part du maître d'école do Saint- 
Donatien Q). 



extraneos recepit et admîttît in bono numero in prejudicium 
soolarum hujus ecclesîe preserbim propter yicinitatem locorum, et 
abaque licentia D. scolastici, ymo contra ipsius voluntatem, cum 
sepe amicabiiiter moniti desistere, non cessant dictas scolas tenere, 
DJD. omnibus oonsideratis conoluserunt non permittere easdem 
scolas ibi, neque componere super illis, et propterea, nisi désistant 
post aliam monitionem per dictum rectorem ac me nomine capituli 
faciendam, qneratnr contra eos complaincta in casu novitatis. " 
— Acta cap. 12 Julii 1484. 

(^) " Vacante officio rectorie scolarum hujus ecclcsie per resigna - 
tionem Mg'* Godef ridi Dommelen, nuper in manibus DD. factam, 
exposuit venerabilis D. Mgr Petrus de Ligno scolasticus, quod 
cum hactenus ob non prosequutionem et per negligentiam seu 
dissimulationem rectoris dictarum scolarum pro tempore existen- 
tis, seu aliorum quorum interest, Fratres Predicatores Brugen. et 
pluresalii sub et in patronat u hujus eoclesie permittuntur scolas 
tenere, absque hoc quod jus scolas trie reoognoscant. Idcirco ne 
de cetero in detriment um scolastrie hujusmodi id contingat et ut 
via justicie taies cogantur recognosoere jus hujusmodi, inten- 
tionis erat unum capitule presentare habilem et ydoneum ad 
regimen scolarum hujus ecdesie, sub tali tamen conditiono, quod 
scole foreuses cum onero et oommodo juribus ipsius scolastrie 
reserventur et rector de illis se interponere non habeat, nomi- 
nando sic et presentando Mg^" Johoannem Johannis. Quo audito 



122 

Sans rechercher sur quelle base reposaient les 
droits revendiqués par Técolâtre et dans quelle 
mesure le mode d'exercer ces droits était en 
opposition avec la défense faite par les conciles 
et les papes (*), de trafiquer à prix d'argent de la 
licence cZ'e7tôei^ner,nousnous contentons de constater 
un fait: celui du monopole de l'enseignement, 
pour toute l'étendue du patronat de Saint-Dona- 
tien, en faveur de l'école chapitrale, laquelle, de ce 
chef, devait nécessairement se peupler d'autres 
élèves que des seuls choraux et réfectionaux. 

Une conclusion qui se dégage également de 
l'exposé des conflits scolaires, et que nous nous 
permettons de relever en passant, c'est qu'au 
XV® siècle, l'instruction, même celle du second 
degré, était loin d'être négligée à Bruges. 

Après avoir parlé des diverses catégories d'élèves 

fréquentant l'école des chanoines, il reste à dire 

un mot sur l'école elle-même, sur son emplacement, 

la nature de l'enseignement qui s'y donnait et le 

personnel qui en avait la direction. 

Empiaoe- Situécs toujours à proximité de l'église, les 

ment^Yéwie scholae occupèreut néanmoins successivement des 

natiën. emplacements différents. 



DD. post deliberationem de sufficientia et jdoneitate dicti 
Mg'^ Johannis etiam ox diatarna experientia ad plenum informât!, 
ipsum ad easdem scolas, eas sponte acceptantem sub tali conditione 
admittendum daxerant". — Ada cap, 12 Jul. 1487. 

{}) Par exemple les III« et IV' conciles de Latran ; Alexandre III 
dans sa lettre aux évoques de France : Pro scholie regendis, et 
Grégoire IX dans ses Decreialee. Voir : Revue des questions histO' 
riques, T. 19, Paris 1876, p. 513, La licence d'enseigner et le rôle 
de Véoolâtre au moyen âge, par Geokgas Bovbbon. 



123 

Au XIP siècle (1127), à en juger par le récit de 
Galbert de Bruges dans la vie du bienheureux 
Charles- le-Bon, Técole paraît avoir été adossée à 
la collégiale, entre le mur ouest de l'édifice et 
rhôtel de la prévôté Q). 

Plus tard, peut-être en 1331, lors de la construc- 
tion de réglise antérieure, l'ancien local fut démoli 
et le nouveau bâti près de la porte du bourg, 
(à l'entrée de la rue haute), derrière la maison de 
Blankenberghej à l'est de Saint-Donatien (^). 

Au commencement du XVI® siècle, une partie du 
clottre entourant la collégiale était déjà affectée à 
l'usage des écoliers (^). 



(^) " At idem Walteras se ia organistro, scîliceb ia domicilio 
qaodam organorum eoclesie in eodem solario quo occis as jacebat 
consul, occultaverat. 

Sed de loco in quo laiuit, dam strepitam armoram audiret, 
patans in ecclesia melius salvari, excnrrit, et deorsam ab alla 
testudine scholarum saltans, inter medios inimicos f agit, usque 

infra chorum templi Sagittas statim direxerant contra feoes- 

tras turris viotores castri, ut non posset in turri quisquam caput 
per fenestras emergere, cui non injicerentar mille sagittse. Gum 
nihil super hoc proficerent utrimque, obsessi flammas injecerant 
in tectum scholarum, quöd templo adjacuerat ; per hoc volentes 
domum praepositi exurere, cui idem tectum vicinum fuit. " — 
Ada Sanetorum, Martii T. I, pp. 185, 195. 

(') " Binder Buerchpoorte voor sinte Donaes scole. " — Arch. 
de la ville de Bruges : Chambre pupiUaire, section de 8* Donat 1419, 
fol. 101. — " Ab eodem officie foraneitatis, adcausamhorticontigui 
domui de Blankenberghe, et est locus ubi quondam fuit scola... 
VI ft. par. " — C. Fabricae 8. Danat. 1507. 

(') '' In ampliationem schole hujus ecclesie, ob mukitudinem 
puerorum scholam frequentantium DD. concesserunt et concedunt 
precario ut locus versus cloacum, vel apud introitum cemeterii, 
eidem schole applicetur usque ad eorum revocationem. " 



124 

Matières en- L'école de Saint- Donatien était-elle un établisse- 
Boignées. j^ej^t d'instruction supérieure, ou bien seulement 
secondaire, ou élémentaire ? 

M. F. Vande Putte, dans sa Notice sur la biblio- 
graphie de la Flandre occidentale au moyen-âge (^), 
affirme que " l'école de Saint- Donat à Bruges était 
ouverte pour l'enseignement supérieur, qui com- 
prenait le droit civil et canonique " et parle 
d'une donation de livres faite en 1291 aux religieux 
de Thosan " par Gervasius professeur de droit 
à Saint-Donat à Bruges. " Et en effet la charte 
publiée aux pièces justificatives commence par ces 
mots: " Univer&is présentes litteras iiispecturis^ 
Qervasius professor legum^ ecclesie saiicti Dœiatiani 
Brugensis canonicus et scolasticvs salutem in 
Domino {J) '\ 

Nous n'oserions pas, pour notre part, attribuer 
à l'école chapitrale l'honneur d'avoir été, même 
vers la fin du XIII siècle, une institution de droit 
civil et canonique. 

D'abord l'expression professor legum, séparée 
des mots ecclesie sancti Donatiani Brugensis^ qui 
n'affectent que le qualificatif canonicus et scolas- 
ticuSy ne signifie pas nécessairement " professeur 
de droit à Saint-Donatien ". Il serait d'ailleurs 



" Facta per D. fabricarium propositiono quod a R"° raonitus esset, 
ut scholas hujus ecclesie in ambitu a multis aiinis ob tumultus 
occlusas mundari, puriücari et reparari curaret, depatati f aère DD. 
officiarii cnm D. scholastico, ad hujasmodi scholas visitandnm. " 
— Ada cap, 13 Apr. 1573; 16 oct. 1600. 

(^) Annales de la Société d'Émulation, T. I, pp. 169, 170. 

(2) Ibidem, p. 178. 



125 

étrange que Gervaîs, s'il expliquait réellement les 
lois à la collégiale, se fût dessaisi de ses livres de 
droit, de son vivant, en faveur de la bibliothèque 
de Ter Doest. 

Ensuite, tout en accordant que notre école peut 
avoir été autrefois une institution supérieure, (dont 
l'histoire n'a cependant pas conservé le souvenir, 
comme elle conserve celui de la brillante école de 
Tournai sous Odon d'Orléans) (^), nous opinons 
qu'elle aussi, à l'instar des autres écoles chapitrales, 
aura subi les conséquences de l'érection des imi- 
versités au XIP siècle, et sera devenue bientôt une 
simple école latine. 

Un document du 2 Mai 1242 (^) vient à l'appui 
de notre opinion. 



(*) Voir Stallaert et Van dbr Haeghen, De Vinetrudion 
publique au moyen-âge, p. 85 ; F. F. J. Lecouvet, Instruction publi- 
que au mojf en-âge, Odon d'Orléans et Vahbaye de Saint-Martvn à 
Toumay, dans le Messager des sciences historiques, Gand 1855, p. 4Î74. 

(') " Nos It[obertQ8]decanQ8 toturaque capitnlnm Beati Donatiani 
in Brngis notum facimus tam presentibus qnam f ataris, qnod cum 
dissentio orta csset inter nos et quosdam de canonicis nostris, 
quos dicebamns mansisse causa studii in locis talibas in quibus, 
juxtaconsuetudinem in ecclesia nostra ab antique observatam, non 
licebat studere sine periculo foraneitatis per generalem licentiam 
eundi ad scolas a capitulo impetratara, et proptcrea unus de 
concanonicis nostris procurator sive custos eiusdera foranei- 
tatis a communi capitulo constitutus, petierit in jure coram 
nobis eosdem canonicos judicare foraneos, et super hoc inter eos 
in capitulo aliquamdiu fuisset litigatum: tandem placuit universis 
et sin.j?ulis de capitulo tres de nobis assumereridelicet R[obertum] 
decanum ac magistros Jacobura Fuchelare et Willelmum filium 
Gbiselini. 

Quibus potestatem nostram ordinariam ex parte capituli con- 
cessimus plenariam ordinandi vel statuendi que vidèrent expedire 
statui ecclesie nostre, tum super licentia canonicorum eundi ad 
Bcolas impetrata a capitulo, tum asBignandis locis, ad que canonici 



126 

Des difficultés s'étaient élevées au sein du corps 
capitulaire parce qu'on arait déclaré forains quel- 
ques chanoines qui étudiaient dans des villes, où, 
d'après une ancienne coutume, il n'était pas permis 



licentiati se debeant ad stndendum transferre vel possint sine 
perioulo foraneitatis, et in quibus iocis studentibns duo solidi de 
communi distribatione qualibet ebdomada debeant ministrari» 
et de commani oonsensn omniam illorum qui de jure debeant ad 
hoc evocari disposuimus, ut pro amputanda de cetero discordia et 
removenda quantum possibile erit scrupulositate, ordinatio sive 
statutum dictorum trium in scriptis redigatur, et tam sigillo 
capiculi quam sigillis ipsorum consignetur. Promisimus etiam 
universi et singuli quod quicquid iidem tres de premissis ordinare 
sive statuere duxerint,nos et posteri nostri bona fide observabimus 
et observarî faciemus. 

Nos igiturB[obertus] decanus ac Mag'* J[acobusT et W[illelmus] 
predicta delegationo in nos suscopta diligenter simul tractavimus 
de predictis, et licet multas et varias consuetudines vicinarum 
ecclesiarum super hoc casu inquisivimus, tamen pensata utilitate 
servitii ecclesie nostre, sic ordinamus de premissis: ut canonicus 
quilibet volens se ad studium déferre, a decano et capitule prius 
licentiam petat et obtineat. Qua generaliter sive simplicité r 
obtenta, potest studere absque periculo foraneitatis, Parisiis vel 
Aurelianis vel apud Montem Pessulanum vel Andegavi, quamdiu 
in Andegavensi civitate studium duraverit competens et generale. 
Item poterit studere Bononie vel alibi in Lombardia, ubi majus 
studium f uerit vel generalius. 

Quicumque vero canonicus ad alia loca preterquam ad predicta 
ne studendi causa transtnlerit absque decani et capituli licentia 
8peoialî,fonineuB habeatur.Ordinamus insuper quod si studia a Iocis 
prenotatis se transférant, decanus et capitulum poterunt prout 
studia mutantur et loca similiter mutare. Quicunque igitur 
canonicus in Iocis ccrtis predictis per licentiam decani et capituli 
studuerit, duos sol. qualibet septimana tempore studii sui tantum 
de communi habere debebit distributione. lu cuius ordination is 
ürmitatem presens scriptum sigillo capituli unacum sigillis 
dictorum trium quibus vices, ut dictum est, commisimus, duximus 
consignandum. Actum publice anno D"* M" CC° XL" secundo 
mense Maio in crastino Dedicationis Ecclesie." 

De cerlie Iocis deputatie ad attidendtun canonicis, 

Arch. de TÉvêché : Ctninhdre, fol. 91. 



127 

d'étudier sans encourir le danger de foranéité, 
même après avoir obtenu la permission générale 
d'aller aux écoles. Le doyen Robert et les cha- 
noines Jacques Fuchelaere et Guillaume Ghiselin, 
chargés par leurs confrères de déterminer, pour 
l'avenir, les endroits où l'on pourrait étudier sans 
péril de foranéité, désignèrent Paris, Orléans, 
Montpellier, Angers (aussi longtemps que cette 
ville conserverait son université ou studium gene- 
rale)^ Bologne ou quelque autre lieu de la Lom- 
bardie, où existerait un studium majus vel genera- 
livs. Celui qui étudierait ailleurs, sans une permis- 
sion spéciale du chapitre, serait déclaré forain. 

Il résulte de cette ordonnance que, bien long- 
temps avant 1242 (juxta conmetudinem ah antiquo 
observatam), les chanoines s'imposaient les frais 
d'un coûteux voyage pour aller suivre au loin les 
cours universitaires. Aussi les registres aux actes 
du chapitre, surtout les plus anciens (^), fourmillent- 
ils de permis de résidence à l'étranger, pour cause 
d'étude, accordés aux prébendiers (Ucentia eundi 
ad scolasjy et de lettres d'écolage délivrées par 
les régents d'université aux bénéficiers étudiants 
(litterae scolaritatis) (^). 



Q) Le pins ancien registre s'ouvre an 27 Juin de l'année 1345. 

(') Voici un exemple de l'un et l'autre : 

" Decanus et capitulum ecclesie S. Donatiani Brugensis Torna- 
censis diocesis dilecto nostro concanonico Mg" Rassoni de Busco 
in legibns licenciato salntem in Domino. Ut ab eccelesia nostra 
valeatis tos a festo Nativitatis B. Johannis Baptiste proxime 
venturo per quatuor annos ex tune continue et immédiate sequen- 



128 

On se dira peut-être qu*il était aisé aux 
chanoines de préférer à l'école de droit civil et 
canonique de Saint-Donatien le studium generale 
d'une ville lontaine, puisqu' en vertu dxiprivilegùim 
studii ils continuaient de percevoir les gros fruits 
de leur prébende et une part des distributions 
communes. Cette objection perd sa valeur par le 
fait que les simples clercs, auxquels leur position 
de fortune interdisait de fortes dépenses, pouvaient 
néanmoins, eux aussi, aller puiser la science à ces 
sources nouvelles. 

En effet, le chapitre avait la louable habitude 
d'accorder chaque année un subside de sept livres 



tes libère absentare et in studio generali interim vestram residen- 
tiam facere ac grossos f motus prebende vestre percipere et ultra 
hoc duas librae gross. vobis ex parte capituli annis singulis ipsis 
quatuor annis durantibus per modum pensionis annue persolven- 
das vobis tenore presentium de gratia speciali licentiam elargimur» 
duDimodo quolibet anno doceatis iu capitulo de vita vestra et de 
loco in quo vestram residentiam duxeritis faciendam. In cujus rei 
testimonium dicte ecclesie nostre sigillum ad causas litteris pre- 
sentibus duximus apponcndum **. 

" Universis présentes littoras inspecturis et audituris Gauffridus 
Guillopini U. J. professor in venerabili universitate studii Ande. 
gavensis, in jure canonico actu regens, salutomin Domino. Notum 
facimus per présentes quod discretus vir Mg' Basso de Busco 
Cameracensis diocesis, canonicus prebendatus ecclesie S. Dona- 
tiani Brugensis Tornacensis diocesis fuit et est verus et continuus 
scolaris studens in dicta universitate et audiens jus canonicum 
sub nobis ordinarie rcgentibus in studio prelibato ac gaudens et 
merito gaudere debens privilegiis et indultis per sedem aposto- 
licam gratiose concessis docioribusj raagistris et scolaribus dicte 
universitatis... et presertim illis apostolicis in quibus cavetnr 
quod doctores, magistri et scolares beneficiati in dicto studio stu- 
dentes, fructus beneficiorum suorum proinde possunt et debent 
percipere ". — Ada cap, 19 Nov. 1369 ; 9 Sept. 1374. 



129 

aux clercs indigents qui faisaient leurs études à 
l'université de Paris Q). Sans parler des libéralités 
que fit, vers 1228, Mathieu de Saint-Piat, grand- 
chantre de Tournai, en faveur des pauvres clerici 
étudiant dans la capitale de France (^), d'autres 
ressources encore étaient créées pour favoriser 
ces émigrations scientifiques des jeunes gens peu 
fortunés. Arnould, seigneur de Maldeghem,. en 
Flandre, et chanoine de Tournai, avait, par 
testament du 24 Janvier 1276 (n. s.), légué une 
rente annuelle de cent cinquante livres " à l'usage 
des pauvres écoliers à Paris ou ailleurs, là où se 
font les études solennelles, à condition que ces 
écoliers appartiennent au diocèse de Tournay et à 
la nation flamande. '' Les pauperes scolares de 



(1) « Fait concessa D. Gilberto Lupi scolari in theologîa stadenti, 
pensio YII fl> par. pro anno proxime futuro, consuefca dari per 
capitulam efcudenfcibus in theologie fucultate/* 

" In capitulo per DD. decanum et capitulum concessa est 
Petro Mojaert dericOi pensio pro anno prosenti consneta dari 
stndcntibns scolaribns Parisiîs.** 

" Continnata fuit pensio VII ïb par. clericis panperibns con- 
sneta exhiberi, Mg"* Petro Moyaert pro anno presenti 1373." 

" Per DD. de capitulo concessa fuit per annum pensio VII fl) 
par. consueta dari in elemosinam clericis Parisiis studentibus, 
Georgio Neckere clerico." 

" DD. concesserunt pro anno currente gratiose et intnitn pieta- 
tis «lohanni Rnddere filio Johannis,scolari parisiensi,YII Ib par.que 
de bonis obodientie dari consueverunt in elemosinam et subsidium 
scolarium Parisiis studentium." — Ada cap. 27 Jul. 1319; 5 Oct. 
1366; 17 Aug. 1373; 11 Maii 1393; 26 Jun. 1408. 

(*) A. P. V. Descamps, Notice sur Walier de Ma}*vlsy éveque de 
Tournay, Tournai 1852, p. 86. — Nous ignorons si les clercs de 
Saint-Donatien étaient dans les conditions voulues pour jouir de 
cette fondation. 

9 



130 

Saint-Donatien réunissaient, au moins jusqu'à 
l'érection de l'évêché de Bruges, les qualités 
requises pour profiter de ces largesses faites 
exclusivement en faveur des Flamands du diocèse 
de Tournai Q). 

Quoi qu'il en soit de l'importô.nce de l'école de 
Saint-Donatien au XII* siècle, il est certain qu'au 
XV® siècle, les matières y enseignées se réduisaient 
à la religion, aux principes du chant et du comput 
ainsi qu'aux belles-lettres. 

Religion. L'instruction religieuse comportait l'explication 
de l'Oraison Dominicale, de la Salutation Angélique, 
du Symbole des Apôtres, du Décalogue, des 
Conunandements de l'Église, des Sacrements et 
d'autres sujets qui s'y rapportent, et alm ad 
eam rem attinentla. Une heure entière y était con- 
sacrée tous les dimanches et jours de fêtes de 
l'année f). 

Chant. La nature des leçons de chant est indiquée par 

les expressions: cantus gregorianus^ simpélzanck 
en ander musycke^ discantusy mensura, musica per-* 
fractüj contrapunctiimy moteta^ qui se rencontrent 
souvent lorsqu'il est question des devoirs à remplir 
par le succentor à l'égard des choraux et des réfec- 



(') Voir : Annales de la Sociéié d'Émulation, année 1849, T. XI. 
p. 345, Testament cTAmoiild de Maldenghem, chanoine de Toumay; 
F. F. J. Lbcouvet, Instrudion 'publique au moyen-âge. Vahhaye de 
Saint-Pierre à Gand et V Université de Pam dans le Messager des 
sciences historiques, année 1855, p. 171. 

(*) Voir; Histoire du Séminaire de Bruges, T. II. Documents, 
p. 90. 



131 

tionaux Q). A raison de la diversité de leurs fonc- 
tions, réducation musicale des réfectionaux devait 
être naturellement moins développée que celle des 
choraux. 
En dehors des leçons proprement dîtes, les élè- 



Q) Voir plus liaufc, p. 32, note, p. 71, note. — T. II, Documents, 
p. 40, et Appendice I de ce chapitre, ad annuni 1419. — Le mot 
décharU signifie originairement, deuxième chant (discantue), ou 
chant d'accompagnement, deuxième partie. 

Le mot contra'punctum a la même signification. 

La mélodie principale, ou la première partie, s'appelait tenor, 
tenue, cantua, et chacune de ses notes s'appelait un punetum. 

La mélodie d'accompagnement, ou deuxième partie, s'appelait le 
dia-canéue, le déchant; chacune de ses notes opposée à chacune 
des notes de la tenor, et chantée en même temps que chacune de 
celles-ci, s'appelait un conira'punctum. 

Les termes déehant et contre-point n'indiquaient donc primitive- 
ment que la seule partie d'accompagnement. Bientôt cependant ils 
se sont appliqués à V ensemble, de façon à signifier une mélodie qui 
se chantait en deux parties, et môme plus tard, à toute mélodie 
polyphone. 

La première partie continua do s'appeler la tenor ou tenue et 
mâme canius, le chant \ la deuxième s'appela motetum', la troisième, 
iripîum', la quatrième, quadruplum. 

Le déchant était tantôt mesuré rigoureusement, tantôt «ton 
mesuré ou à rhjthme plus ou moins libre. 

Parfois les diverses parties étaient écrites d'avance; quelque- 
fois aussi le déchani (c'est à dire les parties d'accompagnement) 
s'improvisait. 

A un moment donné, le mot (xmtre-point servit à désigner le 
déchant écrU d^avan^ et mesuré ; le mot faux'hourdon signifia le 
déchant écrit d^avance mais non m^esuré, et enfin le terme déchant 
ne désigna plus, généralement au moins, que le déchant improvisé. 

D'après cela on comprend aisément les termes discantus, contra- 
punctum, mensura, motetum, 

La mueica perfrada indique le chant mesuré, soit harmonisé, 
soit non harmonisé. Le raotperfracta a été choisi parce que la mesure 
brise nécessairement le mouvement naturel de la déclamation qui 
est propre au chant grégorien. 



132 

ves avaient un exercice en commun : tous les soirs, 
avant de quitter la classe, ils chantaient les 
Laudes vespertinœ Q). 

L'enseignement de la musique devait être sérieux, 
à en juger seulement d'après le talent des maîtres 
auxquels il était confié : Alain de Groote, Jacques Ho- 
brecht, Jérôme de Clibano, Jean Cordier, Antoine 
de Rycke, Wulfard Hellyn, Jean de Hollande, etc, 

Comput. Les notions du comput ecclésiastique étaient 
exigées pour la lecture correcte du martjrrologe. 

Lettres II est plus diflBcilc de déterminer en quoi consis- 

tait l'enseignement des lettres. 

A ce sujet nous lisons dans la Notice historiqtie 
sur V ancien college des Jésuites de Bruges (^) par 
le R. P. L. Delplace, S. J. : " Le collège des Jésuites 
fut le premier établissement complet d'enseigne- 
ment secondaire qui ait existé à Bruges... D'autre 
part, le clergé s'intéressait à développer une 
institution fort ancienne, celle des réfeotionaux : 
c'étaient treize enfants attachés au service de 
l'église Saint-Donatien et qui, outre les leçons de 



Nous pensons toutefois que le mot nnoleia employé dans les 
documents auxquels nous renvoyons, ne signifie pas la deuxième 
partie d'un chant harmonisé, mais bien ces espèces de chants qu'on 
appelle encore maintenant du nom de iiwteis. — Voir Mignk, 
Didïonnaire de plaln-chant cl de musique d^éfjliar, V" Dédiant, etc. 

(•) Appendice TI de ce chapitre, ad ann. 1562. — Par Ldudes 
t-erspeiilnne il faut entendre probablement des chants en l'honneur 
de Marie. L'usage de chanter le soir les louanges de la Mère de 
Dieu, Lof ter eei-en van der gloj'ieitser maghet Marien^ existait aussi 
à Tcglise de Saiut-Donatien. Voir p. 16, note 2, et p. 162. — Sur 
l'origine des saints de la Sainte Vierge, voyez E. Rkmbry, Le P. 
Marc d'AvMHOy Bruxelles 1884, p. 4-5, note 3. 

AnnaUs de la Soc, d'Êm^, année ISSl, T. XXXIV, pp. 29, 33. 



133 

chant que leur donnait le succentor ou phonascus, 
suivaient les classes latines à l'école du cloître.... 
Le nombre restreint de réfectionaux, en y ajoutant 
même quelques choraux, ne permet pas de suppo- 
ser un cours régulier et bien complet d'humanités; 
quelques élèves s'y rendaient cependant propres 
à suivre les cours de philosophie de l'Université de 
Louvainet à entrer au collège Saint-Donatien, fondé 
dans cette ville,en 1484,par un chanoine de Bruges." 

Cette appréciation sur l'école de Saint-Donatien 
ne nous paraît pas admissible dans tous ses points. 

Les Jésuites, nous le verrons plus loin, ont doté 
l'enseignement secondaire à Bruges d'un program- 
me détaillé, comprenant l'étude de la langue 
grecque et ont établi une division de cours bien 
déterminée: organisation qui n'était peut-être pas 
en vigueur avant l'établissement de leur collège. 

Mais, d'abord, après ce qu'on vient de voir sur 
les diverses catégories d'écoliers fréquentant l'in- 
stitution chapitrale, il n'est plus permis de conclure 
du nombre restreint d'élèves à l'absence d'un 
cours régulier et bien complet d'humanités, 

EnsuitCjles considérations suivantes sont de natu- 
re à faire concevoir sur l'instruction donnée à Saint- 
Donatien une idée qui est loin d'être défavorable. 

Si d'une part il est fait mention de libri rudû 
mentorunty la qualification de schola in grammati- 
calibus désigne plus qu'une école élémentaire (^). 

(*) " Admissns juvenisad habitum et freqnentationem chori quia 
scit Biifficienter contrapunctam et cantnm, licet nou freqnentet 
Bcholaa hnjus ecclesie in grammaticalibus/' — Ada cap» 19 Febr. 
1420 (n. B.). — Voir plae haut, p. 47, note 3. 



184 

Quant aux auteurs classiques en usage à l'école 
du chapitre, nous n'avons pu découvrir que deux 
noms, celui du grammairien Jean Despautère et 
celui de Timprimeur-latiniste Paul Manuce Q). 

Les exercices littéraires que les enfants donnaient 
de temps en t^mps au réfectoire des chanoines, 
accusent une connaissance assez étendue de la 
langue latine, comme on peut en juger par les 
quelques sujets sauvés de l'oubli, grâce au secré- 
taire du chapitre. En 1484, sous Godefroid 
Dommele, les élèves déclament le premier livre de 
V Enéide de Virgile (^). Gérard Bachusius leur fait 
jouer successivement, en 1524 et en 1525, Les AdeU 
phes, comédie deTérence et VAululaire dePlaute(^). 
En 1533, ils représentent le Plutus d'jî^ristophane, 
traduit du grec en latin par leur maître Adrien 



(*) "Symoni de Molendino bibliopolae pro prima parte Despanterii 
cam figura Adriano de Landtheere de Aertrycke ohorali seniori 
empfca,... X gr. " 

" Joanni Yinoz bibliopolae pro certo libello cum scoliis Panli 
Manutii istic al lato per Joannem Grane oboralem,... I s. VI gr. " 
— ce. C%or. 1529-30; 1591-93. 

" DD.ante magaam fenestram congregati, quia refectorium ad- 
huc împeditum erat de hestemo Indo scolarinm, ordinant qnod offi- 
cium £abrioe satisfaoiat carpentatori qui para vit locumad ludendum." 

" Bectori scolarum hujus ecclesie DD. ooncedunt tres cannas vini 
ex equalitate in expensia oommunibus contra impensas ludi pre- 
memorati, videlicet primi libri Eneidos, quod DD. in decus ecclesie 
factum reputarunt. " — Ada cap, 19, 20 Octob. 1484. 

(>) " Gerardo Baohusio ludimagistro propter Adelphos Terentii 
eximie per jnyenes aotitatos dantnr quatuor canne vini ex quatuor 
offioiis. " 

" Ludimagistro oonceditur refectorium pro Aulularia Plauti 
agenda. — Ludimagistro ob egregie actam Aululariam dentnr 
quatuor canne vini. ** — Acta cap» 31 Aug. 1524; 21» 28 Ang. 1525. 



185 

Chilius et Les Sectes à V encan de Lucien Q). Squs 
François du Quesnoy, en 1555, ils exécutent une 
pièce intitulée : Decollatio sancti Joannis Baptistœ{J). 
La tragédie latine du poète Liévin van Brecht, 
Euripus tragœdia christiana (^), fait l'objet d'une 
représentation dramatique en 1564 (*)• 

(^) " Ludimagîatro conceditur posse agere Plutam Aristophanis 
in refectorio et Auctionem Lnciani diebas dominico et lune. " — 
Acta cap, 4 Sept. 1533. — Voir: Appendice II de ce chapitre, ad 
annum 1530. — Une traduction latine des Sedea à V encan, ^ite 
par Nicolas Beraldus, avait paru à Louvain vers 1520 (*). C'est 
probablement de cette version que Cbilius s'est servi pour la 
représentation tbéâtrale de ses élèves. 

O " Bector scbolarum obtinet licentiam exhibendi tragediam de 
decollatione S. Joannis Baptiste, die jovis vel dominico, salva 
visitatione per D. doctorem Fenyn facienda. " — Ada cap, 26 Aug. 
1555. . 

O En voici le titre : Euripue, tragœdia (^ridiana nova, aulhore 
F, lÀvino BrecfUo ArUverpimeif e familia Frandscana Lovanienn, 
Lovanii, apvd Martinv/ni Rotarium et Petrum Phalesium, hiblio' 
pdaa juraios, M. D. XLIX. — Cette tragédie fut jouée une 
première fois à la pédagogie du Faucon, à Louvain, en 1548. 

(4) « Audita supplicationis cednla M. Joannis Zomerii scbola- 
rum rectoris peten tis consensum exbibendi tragoediam Euripi 
cum actione ludrica, dominica prozima hic in refectorio, commissum 
fuit D. scholastioo cum assumendis primum.omnia visitare, ad 
referendum ". 

" Audito rapportu DD. Vriese scbolastici et Pamele canonici, qui 
tragoadiam M. Livini Brechts de Euripo, per rectorem scbolarum 
mutatam et abbreviatam, visi tarant unacnm certa actione ludrica 
flandrico idiomate contesta, DD. percipientes ex diversis causis 
non expedire dictam tragcediam sic mutatam et abbreviatam 
exhiberi, multo minus actionem ludricam, ne potissimum in loco 
sacro sacra prophanis misceri videantur, attendentes etiam et 
indigne ferentes quod idem rector bac de re D. scbolasticum citius 
non premonuisset, actionem ludricam nuUo modo admittere, nec 
hujnsmodi tragoadiam aliter quam per authorem scripta est agi aut 

(*) Luciani Viiarum auHio, Or, H Lat, ex inierpr, Nieolai Beraldi, Exoadebat 
Thaodorioiis ICartiniui. Sine looo (Loyanii, 16S0.) 



136 

Un détail qui prouve que les écoliers de Saint- 
Donatien n'étaient pas étrangers à la prosodie, 
c'est que le réfectional André Hoyus rédigea en 
élégants vers latins sa supplique tendant à pouvoir 
continuer ses études supérieures aux frais du 
chapitre. 

Nous avons déjà constaté que les élèves, au sortir 
de Fécole ohapitrale, étaient censés aptes à fréquen- 
ter les cours de la Faculté des arts à l'Université 
de Louvain. 

Enfin, la plupart des redores scholarum étaient 
maîtres-ès-arts Q) et leur série comprend plus d'un 



exhiber! permit tere volnerunt. Dicto scholarum rectori paalo post 
ad capitnlnm pro responso venienti conclnsionem capitularem 
declararant, insnper sibi districte inbibentes ne postlmc similia 
attentet aut pneros discere faciat, neve aliquos libres vel anthores 
in scholis prelegere, aut jurent atemdocere présumât, nisi prius 
D. Bcholastico facta tempestiyius omnium ostensione, ipsius con- 
sensus desuper accédât. DD. annuerunt rectori scholarum sup- 
plicanti dominioa proxima tragœdiam Euripi prout exstat publiée 
exhiberi posse." 

" Corn parente in capitule M. Jeanne Zomerio scholarum rectore 
et DD. gratias agente pro sibi concesso refectorio hesterna die ad 
tragcsdiam Euripi per sues soholares publiée agendum, DD.ob id 
quod sic satis féliciter et cam bona gratia omnia peracta fuere, 
eidem rectori sex cannas vinigratiose propinarunt ex quatuor offi- 
ciis, requirentes eum quod pueros aliqua recreatione exhilaret, ut ad 
majora et meliora cientur. " — Acta cajp» 23, 25, 30 Oct.; 6 Nov. 1564. 

0) Du £ait que la plupart des professeurs étaient maitres-ès-arts, 
nous n'oserions pas inférer l'existence d'une école supérieure à 
Saint-Donatien, et, malgré toute l'autorité de l'historien des 
Flandres, nous ne pouvons souscrire à l'argumentation de Wam- 
kœnig, dans son ouvrage Flandriache Staats' und BeckUgeèehichie^ 
T. I, p. 443, où il dit que " l'école de Sainte-Pharaïlde [à Gand] 
était une école supérieure, comme celle d'Ypres ; en effet [denn\^ 
on enseignait la logique à Ypres et l'école de Sainte-Pharaïlde 
avait un magiiter artûiin pour directeur. " 



137 

nom connu dans le monde littéraire : Adrien 
Chilius, Guillaume de Liedekercke, Liévin Apol- 
lonius Gentbrugge, etc. 

L'école de Saint-Donatien, placée sous la surin- Personneido 
tendance de Técolâtre, avait pour professeurs le saint . Dona- 
rectar scholarum et le mccentor. *^*®"' 

Le succentoQ', appelé aussi phonasctLS^ était nommé succentor. 
par le chapitre, sur la présentation, paraît-il, du 
doyen Q). Lors de sa réception, on lui remettait 
comme insigne de ses fonctions une branche de 
palmier {palmetum)^ et on l'installait dans la pre- 
mière stalle inférieure de droite, du côté du prévôt. 
A moins que le nouveau titulaire ne fût déjà du 
nombre des clercs installés, le doyen lui conférait 
une stalle (^). 

Le phonascus dirigeait la maîtrise et enseignait 
la musique d'une manière spéciale aux choraux, 
puis aux réfectionaux ainsi qu'à tous les enfants 
de l'école, même aux élèves des professeurs 
particuliers établis dans le patronat de Saint- 
Donatien (^). 

Si d'une part le chapitre usait de son droit de 
punir le succentor en défaut, d'autre part il savait 
encourager le maître de chant en lui accordant 



(1) Un seul acte attribue le droit de présentation an doyen. De 
fait, c'est d'ordinaire le chapitre qui nomme, sans mentionner 
ancane présentation; une fois, nons voyons le grand-chantre 
présenter nn candidat, et une antre fois, simplement le recom- 
mander. — Voir Appendice I de ce chapitre, ad ann, 1365, 1500, 
1556, 3"" et poMvm. 

(') Appendice I, ad ann, 1485; 1560 et pamnu Cfr. p. 21. 

(') Voir pp. 33, 38, 116, note 1 ; Appendice I» ad ann, 1513. 



188 

des faveurs pécuniaires ou la promotion à un 
bénéfice Q). 

1j officium choraliv/m^ en dehors de l'indemnité 
pour l'entretien des enfants de chœur (fixée à 
2 9) gr. par choral, mais souvent majorée à raison 
de la cherté des vivres), payait annuellement au 
mccentor 4 9) gr., dont une représente la valeur de 
la soutane à laquelle il avait (^oit, et dont les trois 
autres constituent les honoraires attachés à l'exécu- 
tion de la fondation van der Ooutere, en vertu de 
laquelle il devait journellement conduire ses élèves 
au tombeau du fondateur pour y réciter le Miserere 
et le De profundis. Ij officium refectionalium lui 
octroyait un salaire de 1 îb gr. du chef de leçons 
de chant à donner aux réfectionaux (^). 
luetor 8cho^ Le rector scholarum^ présenté toujours par Téco- 
larum. lâtrc, admis par les chanoines réunis en séance 

capitulaire, et pourvu d'une stalle (s'il n'en possé- 
dait pas déjà), était installé dans le premier siège 
de gauche du côté du doyen, et mis en possession 
du rectorat par le scholasticus^ qui le conduisait à 
Técole et lui mettait entre les mains la férule 
magistrale (^). 

(^) Appendice I, ad ann, 1461 ; 1506 ; 1556, et 'pasdm. 

(•) Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 17. — 
" Item SQCcentori huj. eccl. ut finita missa de Salve singuHs 
diebns cam choralibns ecclesie jaxta tenorem fandationis accederet 
ad tamulum dicti fandatoris legendo ibidem De profundis et 
coUectam qnolibet anno III Ib gr III Jb gr. 

Item eidem pro una tnnica qnam singulis annis cam choralibas 
habere tenetar in festo S. Donatiani cnjaslibet anni in fandatione 
estimata ad XX s. gr . . . XX s. gr. " — C(7. Chor» passim. 

Cfr. p. 71, note: Sequuntur onera toleranda super prcBTnissis, 

(*) Appendice II de ce chapitre» ad wn/n, 1403; 1562 et passim. 



139 

Ses principales fonctions consistaient à donner 
l'instruction religieuse et littéraire aux élèves de 
l'école chapitrale. Souvent, peut-être toujours, il 
s'adjoignait un aide qui portait le nom de submo- 
nitor ou hyjpodidascalus {}). 

Pour les punitions et les récompenses, il était sur 
le même pied que son collègue, le maître de chant. 

Outre les émoluments provenant de la stalle ou 
de son bénéfice, il percevait unminerval exigible des 
écoliers non attachés au service de l'église (*). La 
fondation Uegis et de Molendino lui allouait une 
indemnité annuelle de 3 ïb gr. par réfectional, 
mais cette somme était dépassée plus ou moins, 
d'après le prix des subsistances (^). 

Pour l'enseignement des choraux, le re4>tor ne 
pouvait exiger aucun droit d'écolage (*). 

A partir de 1420, le succentor et le rector sont 
régulièrement comptés parmi les petits officiers, 
dont le mandat se renouvelle deux fois par an, le 
23 Juin et le 24 Décembre. 

Tous deux sont dispensés partiellement de 
l'assistance au chœur (à laquelle ils sont tennis en 
qualité de clercs installés), lorsque cette assistance 
est incompatible avec leurs occupations scolaire6(^). 

O Ibidem, ad ann. 1396; 1438; 1446; 1454; 1562; 1566; 1569. 

O Voir p. 116, note 1 ; 117, note 1. 

(>) Voir p. 71, note : 8equuntu/r onera etc. ; Acta cap. poêêim, 

(*) Acta cap. 23 Jan, 1476. (n. s.). Les comptes des choraux 
n'accasent aucun salaire en faveur du rector. 

(*) Hidùire du êéminaire de Brugee, T. II, Documents, pp. 87, 90; 
Appendice I de ce chapitre, ad ann, 1410; 1419; Appendice II, ad 
ann. 1433$ 1438 etpattim. 



140 

Le rector etle succentor, qu'ils fussent prêtres ou 
noii,avaient le pas sur les autres clercs installés,noii 
élevés au sacerdoce, sans égard à l'ancienneté Q. 

Il est digne de remarque que la plupart des 
rector es et des succentores étaient prêtres. Bien plus, 
la fondation de Coninck et van der Meulene suppose 
un maître d'école sacerdos; et, de fait, depuis 1550 
jusqu'en 1571, Guillaume de Liedekercke est le 
seul qui fasse exception à la règle. 
Écoiâtre. L'écolâtrie ne constituait pas une dignité capi- 
tulaire, mais simplement un office qui n'était 
annexé à aucune prébende fixe (^). 

La collation en appartenait de droit au prévôt 
de Saint-Donatien, comme le prouvent et la teneur 
des lettres par lesquelles le chef du chapitre confère 
l'office, et les protestations qu'il oppose aux 
chanoines lorsque ceux-ci se permettent d'élire 
l' écoiâtre (^). Plusieurs fois, il est vrai, des nomi- 
nations furent faites par le Pape (ou en son nom), 



0) ** DD. Yolentes statutum naper editnm in observantiam 
revocari, ordinarunt et stacuerunt quod inter clericos installatos 
et alios do nigra amntsia, sacerdotes in offertoriis et processionibus 
alios non sacerdotes, juzta receptionis seninm précédant, ita 
tamen qnod rectori scholarum et snecentori presbyteris existen* 
tibus, solitom officii stallam permittatnr, et qaandocumqne ipsi 
rector et saccentor institaentur, etiam si non sint sacerdotes, 
alios etiam non (*) sacerdotes precedere habebnnt. " — Ada cap. 
21 Aug. 1570. 

(*) Appendice III de ce chapitre, ad ann. 1441. 

(<) Ibidem, ad a/nn. 1361; 1383; 1504. 

(V Bi la particale n&» était due à nn Iap»uê ealawU da secretaire da chapitre, 
alors il faudrait dire que le reeior et le tueeentor avaient le pas sur tons les deros 
installés, prdtrei on non. 



141 

mais le chanoine Hubert Waghenaers, dans son 
mémoire sur récolâtrie, Q) les explique, en suppo- 
sant qu'à Eome on croyait l'office inséparable des 
prébende et canonicat de Técolâtre décédé pendant 
un mois apostolique (^). 

Le nouveau titulaire, muni de ses lettres de 
collation, se présentait à la séance du chapitre pour 
être mis en possession de son office. Après avoir 
prêté le serment propre au scholdsticus, il était 
conduit à l'école où un chanoine l'investissait de 
son autorité en lui remettant les verges et la férule 
magistrales (^). 

De par son serment, l'écolâtre était obligé de 
rédiger lui même ou de reviser la correspon- 
dance, surtout les lettres latines, du chapitre; do 
défendre les biens et les droits de l'écolâtrie ; de 
surveiller les leçons à lire au chœur, et de remplir 
tous les devoirs que la coutume ancienne imposait 
à l'écoKitre de Saint-Donatien (^). 

C'est sans doute en vertu de la première clause 
du serment, que nous verrons le scholasticus de 
Vriese chargé de complimenter Pierre Curtius 
lors de l'intronisation de cet évêque. 

Quant aux biens dont il est question ici, ils sem- 
blent consister en quelques émoluments attachés 

(*) Archives de révôchc. Mémoire manuscrit 'int'ituU schohistinft . 

(*) Par Mois apostoliques on entend les mois pendant lesqnoLs 
la collation des bénéfices vacants était réservée au Saint-Siège. 

(3) Appendice III, ad ann. 1495; 1501; 1511. 

(*) Voir la formule du serment dans Vllidolre du séminaire de 
Bruges, T. II, Documents, p. 83, note 2. — Quelques détails donnés 
dans cette note doivent être rectifiés d'après Texposé ci-dessus. 



142 

a ToflBoe Q). Peut-être Técolâtre avait-il aussi une 
part dans le minerval des élèves aisés, et dans 
les rétributions payées par ceux qui obtenaient 
l'autorisation d'ouvrir une école dans les limites 
du patronat. 

L'écolâtre avait le droit de présenter un candidat 
pour la charge de rectoi' scholarum de Saint-Donatien, 
mais il appartenait au chapitre d'agréer ou de 
récuser ce candidat et d'examiner les griefs for- 
mulés contre lui. Lorsque le mattre d'école provo- 
quait des plaintes par son inconduite ou son 
insuffisance, l'écolâtre ne pouvait de son propre 
chef, le démettre de ses fonctions ; il devait en 
référer au chapitre, qui se réservait la faculté de 
maintenir ou de licencier le rector délinquant ou 
devenu inhabile (^). 



(1) <* Egidius Beverslans canonicns scolasticns conquestna est 
qnod magister fabrice sine causa sibi dédit impedimentum in per- 
ccptione fructuum scolastrie, attente quod ipse fait bic residens 
boc anno, et snpplicavit sibi providere per capitnlam. DD. previa 
deliberatione declararunt frnctns scolastrie ad ipsum scolasticum 
pertinere. " —Acta ca/p, 21 Febr. 1442 (n. s.) 

** Scbolastria debet habuisse emolnmenca, qnia in registre E in 
initie sea antefoliis taxatnr siont cantoria ad V 9^ gr. et in registre 
cap. 3, fol. 10 contribuit Henricus de Charetto 10 s. par. et in 
registro C in antefoliis ad 10 9^ par. " — Scholcuiria, 

O Bachnsins dans sa Bapsodia (Arch. de TÉv.) résume ainsi un 
acte capitulaire du 1 Avril 1443 (n. s.): " Declaraverunt DD. super 
jure scholastici quod jus instituendi vel destituendi non spectabat 
ad Bcbolasticum, sed dumtaxat spectabat ad eum [presentare] 
quando scbole vacabant per mortem vel per recessum ; si tamen 
contingat quod rector scbole est inutilis vel minus suffîciens, 
scbolastici est inquirere aut dispicere novum aliquem et ydoneum 
et illum capitule nominare ut capitulum talem possit instituere 
qui ad hoc foret ydoneus et sufficiens. " — Cfr. Appendice II, ad 
ann, 1438. 



143 

D'après la fondation Begis et de MolendinOf la 
présentation du rector scholarum devait se faire par 
récolâtre et les trois provisurs ou gouverneurs 
des rdfectionaux conjointement(^). Cependant, après 
comme avant 1556, le scholasticus continua de 
présenter tout seul le maître d'école (^). 

Par contre, une clause de la même fondation 
attribuant à l'écolâtre et aux gouverneurs le droit 
d'admettre et de renvoyer les réfectionaux, fut 
pratiquement modifiée en sens inverse. Une pre- 
mière résolution capitulaire du 7 Avril 1557 règle 
ce droit comme suit: Désormais seront provi- 
seurs, pour Tespace d'un an, d'abord le doyen 
et les deux chanoines les plus anciens, puis les 
trois chanoines suivants par ordre d'ancienneté, et 
ainsi de suite. Chacun d'eux pourra admettre un 
réfectional, à tour de rôle. Si pendant l'année trois 
admissions ont eu lieu, la quatrième sera dévolue 
au chanoine suivant le plus ancien. Si au contraire 
l'année se passe sans qu'aucune admission soit 
faite, les admissions se feront par les chanoines 
selon l'ancienneté (^). 



(0 Histoire du séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 84. 

C) Appendice II, ad ann, 1562. 

(') " DD. ex certis causis animes snos moventibus ordinarunt 
qnod deinceps tres canonici seniores secundum receptionem erunt 
provisores réfection al ium ad annaro^inter quos D. decanus ratione 
dignitatis sue decanalis erit primus. Qui provisores nominationem 
refectionalium sigillatim et successive habebunt, et facta per 
primum ex dictis tribus provisoribns nominatione alicujus novi 
refectionalis, secundus sequetur et secundum tertius. Et si forte 
singulos dictorum trium provisorum infra dictum annum nomi- 
nare contigerit, qnod tune sequens nominatie devolvetnr ad 



144 

Cette disposition paraissait sans doute trop 
compliquée; car, le 10 Octobre 1558, on statua ce 
qui suit : Il y aura toujours trois chanoines pro- 
viseurs. Au fur et à mesure que l'un d'eux aura 
admis un réfectional, il sera remplacé comme 
proviseur par le chanoine qui suit dans Tordre 
d'ancienneté. Aucune admission ne se fera sans 
l'avis préalable de l'écolâtre Q). 

Le scholasticus n'enseignait pas par lui-même à 
l'école de Saint-Donatien. 

Son principal devoir, quoique non spécifié dans 
la formule du serment, consistait à surveiller 
les mœurs et la diligence du maître, la conduite 
et les progrès des élèves, à contrôler les livres 
et les auteurs employés dans les classes, à 
examiner les pièces littéraires jouées par la jeu- 
nesse (*^). 

Cette tâche était facilitée par la visite au moins 
mensuelle, qu'en vertu de la fondation Begis et 



canonicum secundum seninm proxime scquentem. Si voro anno 
durante nemincm per dictos provisores nominari contigerit, eo 
caau, qnoad nominationem ordo senii observabitur. " — Âcta cap. 
7 April. 1557 (n. s.). 

(*) " DD. ordinarunt quod deinceps singuli triam canonîcorum 
in turno ad nominationem réfectional ium existentium, manebant 
provisores eorumdem refectionaliam, donec per eos sigillatim et 
successive facta fiierit nominatie refectionalium, quam nomina- 
tionem facere non potemnt nisi prins desuper adhibito consilio 
D. scliohistici pro tempore existentis, et facta per primum ex 
dictis tribus provisoribus nominatione alicujus novi refectionalis, 
tune adjungetur duobus aliis canonicis tertius canonicus senior 
secundum receptionem, et sic do seniore in seniorera." — Ado. cap. 
10 Octob. 1558. 

Voir p. 135, notes 2 et 4, 



145 

dé Molendino^ il devait faire à la maison des réfec- 
tionaux, de concert avec les proviseurs et Ie 
receveur de V officium refectionalium Q). 

L'obligation de donner ses soins à l'école était 
regardée comme si importante, qu'en cas d'absence 
prolongée de l'écolâtre, le chapitre obligeait celui- 
ci à constituer, à ses frais, un chanoine qui le rem- 
plaçât dans ses fonctions (^). 

Les conflits scolaires relatés tout à l'heure ne 
sont pas assez explicites pour en déduire d'une 
manière certaine le droit de l'écolâtre sur les écoles 
situées dans les limites du patronat. 

Le scholasticvs semble avoir été investi de la 
^faculté de conférer la licence d' enseigner ^ à laquelle 
d'ailleurs était subordonnée partout l'ouverture 
d'une école publique. Mais l'écolâtre, mandataire de 
l'Église dans l'autorité qu'elle possède de contrôler 
l'enseignement, a-t-il abusé de ses fonctions pour 
convertir son pouvoir en un monopole lucratif? 
Nous ne le pensons pas. 

(0 Histoire du séminaire de Brtiges, T. II, Documents, p. 92. — 
" Décima tertia Maii anni LVI dam DD. decanus, Springhere, 
Scoonhove et Vriese una cum receptore refectionalium visitationem 
fecissent in domo rectoris, solatam cuilibet secundnm f undationem 
II 8. par.... X s. " — C. Bef. 1556-57. Cette rubrique revient régu- 
lièrement dans les autres comptes des réfectionaux. 

O " DD. decanus et capitnium conclusernnt scribere D. sco- 
lastico [G. Beversluus] quod ipse aliquem institueret hic residentem 
canonicum qui cxpensis suis superintenderet scolis hujos ecclesie, 
alioquin DD. in hoc providebunt. Et nichilominus, attentis noto- 
riis defectibus contingentibus in dies in regimine scolarnm, DD. 
ex nunc deputaverunt Mg'""" B. de Capella ad superintendendum 
Bcolis donec DD. haberent responsum D. scolastici vel donec alias 
per eos desuper esset pro visum. " — Acta cap, 23 Jun. 1461. 

10 



146 

Ou bien, à cîôté du droit de délivrer la licence 
cVenseujner existant chez Técolâtre, l'école de Saint- 
Donatien jouissait-elle d'un monopole juridique- 
ment fondé qui s'étendait sur tout le patronat ? 
Nous penchons vers TaflBrmative, sans pouvoir 
toutefois étayer notre opinion de preuves tout à 
fait concluantes Q). 



(^) Nous trouvons, dans les actes capitulaires du chapitre de Notre- 
Dame à Bruges, des faits supposant un monopole semblable en 
faveur de l*école de cette collégiale et corroborant aiusi notre opinion: 
" D. Petrus van der Donck rector scholarum réitérât suas 
querelas contra D. Arnoldnm Nepotis quod hic in prejudicium et 
destructionem scholarum hujus ecclesie in domo sua fovet et in 
expensis tenct multos commensales, eos in lingua latina erudiendo 
sic ut propterea schole generales hujus ecclesie totaliter peribunt • 
et ad nihilum redigentur, cogeturque in posterum hujnsmodi 
scholas deserere et derelinquere nisi aliter desuper provideatur. 
Idem conquerens dictorum DD. auxilium et officium bénigne im- 
plorando débita cum instantia petiit et requisivit desuper fieri 
provisionem oportunam. DD. igitur super premissis matura déli- 
bérât ione prehabita vocatoque et cora paren te D. Arnoldo Nepotis 
eundem super premissis gratiose primitus advisantes monuerunt 
Bub penis perjurii et inobedientie, quod singulis diebus et tempo- 
ribus ab antiquo consuetis mittat hujnsmodi suos commensales 
tam ad scholas quam chorum ecclesie prcdicte cumhabitu dccenti 
et ecclesiastico ad instar aliorum scholarium adventiciorum easdem 
scholas et chorum in dies frequentantium. " 

" Suborta lite et qnestionis materia per et in ter venerabiles et 
circumspectos viros DD. prepositum et capitulum ecclesie colle- 
giate Beate Marie Brugensis Tornacensis diocesis ex una, ac 
Mg'"" Joannem Tayspil canonicum et scholasticum ejusdem 
ecclesie respective actores ex altera, contra et ad versus Mg*"""* Arnol- 
dnm Nepotis presbj'terum capellanum de grege et gremio chori 
prefate ecclesie, occasione et ad causani scholarum et scholarium 
ejusdem ecclesie, coram magnificis DD. de nobilL cousilio camere 
Flandrie in oppido üandensi mot is reu m partibus ex tertia, tan- 
dem anno, mense et die ac loco subscriptis constituti coram me 
notario publico et testibus inferius descriptis discreti viri DD. et 



147 

Sous révêque Curtius, la juridiction de Técolâtre 
de Saint-Donatien s'étendra, nous le verrons plus 
loin, sur toutes les écoles de la ville de Bruges. 

Nous croyons être utile à ceux qu'intéresse 



Mg'* Antonias Marcafcellis canonicus per prefatoa DD. de capitule 
ad infrascripta specialiter commissus et deputatus, nec non memo- 
rati Joannes Tajspil et Arnoldas l^epotis, animo et intentione 
concordandi, pacem componendi, volentes quantam in eis est 
bnjasmodi litem, causam et questionis materiam extingnere et 
totaliterannihilare, laborîbasque et expensis ulterioribus quos et 
qaas forsan adhuc habere debereut parcero cupientes, ex certis 
eorum scientiis ac propriis et spontaneis voluntatibus maturisqne 
deliberationibus ac consilio prehabitis, omnibus melioribus modo, 
forma et causa quibus potuerunt et debuerunt, et quelibet ipsa- 
ram partiam potuit et debnit, pacem et concordiam, que nutrit 
amorem, amicabiliter inierunt, fecerunt et ad invicem convenerunt, 
modo et forma sequentibns. Primo TÎdelicet quod omnes distribu- 
tiones, obventiones et emolumenta chori quocumqne nomine cen- 
seantur, eidem Mg™ Arnoldo Nepotis reo quomodocumque et 
qualitercuroque contingentes et contingentia, a quibus per senten- 
tiam et ordinationem capitularem ob non paritionem certe moni- 
tioni in personam suamfacte et intimate, prout in actis capitularibus 
latins declaratnr, inoipiendo a prima die mensis Januarii anni 1520, 
fuit snspensns et declaratus foraneus, cedent et pertinebunt pre- 
fatis DD. de capitule usquc ad primam diem mensis Martii proxime 
instantis exclusive, salva et excepta somma quinque Ib gr. moncte 
Flandrie quam prelibati DD. pietate moti eidem Mg'** Arnoldo 
Nepotis ex dictis distributionibus, obventionibus et emolumentis 
aîinunnt levandam et percîpiendam, dicto Nepotis in hoc expresse 
consentiente. Innufer prelibatus Nepotis qui multos in domo sua 
fovet, tenet et docet commensales promisit hujusmodi suos com- 
mensales ad scholas et chorum ecclesie prefate mittere. Et kis 
mediantibns articulis pax et concordia inter partes predictas fuit 
et est facta et declarata, renuntiantes expresse de alto ad bassum 
dictis liti et cause cum omnibus inde secutis et secuturis expensis 
hinc inde factis compensatis, et ex causa. Actum in domo dicti 
Nepotis Anno a Nativitate Domini 1522 sabbato mensis Februarii 
die 22, presentibus Mgr Ambrosio Danins de gremiocbori predicte 



148 

l'histoire de la musique et des lettres en donnant, 
sous forme d'appendices, la série des succentores^ 
rectores scholares et scholasticif qui se sont succédé 
à Saint-Donatien. 



eoclesie cappellano et Daniele Spetebroot presbjterîs dicte Toma- 
oensis diocesis testibus et me." 

De Nete, not. 

" Articulas iste snpra scriptns qui incipit : Insuper prelibatns 
Nepotis etc. de consensu partium ac testium in eo positorum fuit 
reformatus ut sequitur: Inatiper prefatuB Mgr Arnoldus Nepotis est 
contentuB deinccps mittere suos commensales ad'scholas et chorum 
hnjus ecclesie juxta conventionem inter ipsum et Mg^" Danielem 
Spetebroot rectorem scholarum initam et factam. " — Ada cap, B, 
M. 7. Bnig. (•) 5 Maii 1518; 22 Febr. 1522 (n. s.) 



•2. laei 



(*) Archives do Notre-Dame à Brngee. Compendium a ctorum Mpifuhirium iHPi^ù 
cccleitie colleqiate Beate Marie Virginie Brugi», fol. 06 et 117. 



149 



APPENDICE I. 

Maîtres de ohant de Baint-Donatien. 
1365 - 1572. 

1365, 13 Août. O *GuiLLAüMB BARBIER, prêtre (2), est 
nommé succentor par le doyen, le grand-chantre et 
le chapitre. Le 23 Juin 1366, sur la présentation 
du grand-chantre Brixius de Gandavo, il est ré- 
admis par le chapitre pour l'année courante. Le 
18 Avril 1367 (n. s.), il se voit priver de sa stalle qui 
est cédée à Jean de Scuatvelde. Il meurt au mois 
de Décembre suivant et Pierre de Cruce lui 
succède dans sa vicairie. 

** Ordinatnm foit per DD. decannm, cantorem et capitulnm qaod D. 
Willelmns [Barbier] erit snccentor eccleaie nostre S. Donatiani et habe- 
bit Qsqne ad festam Parificationis Beate Mario prozime f aturnm daplicca 
cotidianas et fructns provenientes ex succentoria et XXIIII Ib par. de 
fabrica ratione capellaniarom absentiam, quibaa deaerviet missas cela- 
brando et interim ipse experietar mores nostroa et similiter nos mores 
ipsias. Quibns sic g^stis D. Jo. decanus protestâtes fait quod non intendit 
per presentem graiiam dicto D. Willelmo factam prejudicari quovismodo 
jnri decanatus soi, neo ipsi D. Willelmo contribnere stallam nec jura 
stalli, ymo qaod jns soum ad stalla vacantia contribaenda ubicamqne 
sibi placnerit (') sibi remaneat salvnm, sanum penitns et illesum, do 
quibns petivit instrnmentam, vocans in testes DD, Johannem de Tullo 
et Baldninum de Castris canonicos." 

" In eodem capitale per prefatos DD. de capitulo presentato primitus 
D. Willelmo Barbier per D. Brizium de Grandavo cantorem D. Jo. deoano 
et capitale, at safficienti et ydoneo ad officiam succentorie prefate ecclesic 
pro hoc anno presenti LXVI, fait idem D. Willelmns recept os et admis- 
ses per prelibatos DD. ad predictom officium solemnitatibus ad hoc 
consnetis." — Acta cap, 12 Aug. 1866; 23 Jan. 1366. 

C) Sauf indication contraire, la date qui précède les noms des succen- 
tor es, est celle de leur nomination, renseignée dans les actes capitalaires 
de Saint- Donatien. 

(') Les noms des maîtres de chant prêtres sont marqués d^an 
astérisque. 

(>} Toir pp. 14 et 16. 



150 

1370, 21 Août. ♦jEAN ECGHAERT, bénéficier du diocèse 
de Cambrai. Le 21 Mai 1371, il devient chapelain de 
Saint-Basile. 

*' D. JohannoB Ecghaert recoptos fait per capital um in snccentorem et 
hoc cum consensa capellanorum et clericorum ad hoc yocatoram, qui 
ibidem in capitale consensernnt quod per annam pitanciaa et refectiones 
reciperet, et non ultra, pront alii clerici inBtallati hactenns recipinnt et 
recipereconsaeverant. Et ultra predicta dicti DD. de capitule eidem pro- 
iniserunt XXIIII Ib par. pro quibus bis vel ter in septimana celebraret 
missam in presonti ecclesia deserviendo capellaniam...., promittentes 
iidem DD. dicto D. Jobanni qnod litteras sue absentie impetrarent ab 

episcopo Cameracensi, videlicet de curato occlcsie de , en jus est posses- 

sor. Et super hoc capellani et clerici petiernnt instrumentum a me Petro 
de Quercu notarié publiée." — Acta cap. 21 Aug. 1370. 

1387, 22 Avril. *victor DEISEN, chapelain cfo retro cho^ 
rum. Le chapitre lui accorde pro officlo succentone, 
des honoraires de 18 Ib par. par an, jusqu'à révo- 
cation. En Février 1399 (n. s.), il paraît dans un 
acte comme matncularma de l'église Saint- Jacques, 
à Bruges. 

" DD. de capitule qui fnerunt XI in numero assignaverunt usque ad 
revocationem eornm Victori Deisen pro officio succentorie XVIII fb par. 
annuatim." — Acta cap. 22 April. 1887. 

1399, 12 Juillet, pierre COOTS, admis ad eiallum, à la 
direction de la maîtrise et chargé de tenir les 
orgues. Il résigne son office le 7 Avril 1400 (n. s.). 

" DD. decanns et canenici ante fenestram in dormiterio propter hoc 
congregati receperunt et admiserunt Petrum Coots ad stallum vacans ex 
eo quod D. Jacobus de Bergis qui idem stallum solebat obtinere, ipsum 
Tacuum dimisit per multa tempera. Et reg^t idem Petrus snccentoriam 
etludet super organa istius ecclesie.** 

" In capitule Petrus Coots clericus installatus et succentor renunciayit 
simpliciter dicte succentorie et eam in manibus DI). resignavit." — 
Acta cap. 12 Jul. 1399; 7 April. 1400 (n. s.). 

1400 (n. s.), 14 Avril. *éloi STALINHOOPT, clerc 
installé. Le 19 Février précédent, il avait pu monter 
aux ordres sacrés, ealvoatallo» Privé du lucrum chori 



151 

pendant quelque temps, il est readmis encore le 
28 Juillet 1407, à la condition d'être plus régulier. 

" Eligius Stalinhooffc clericus installatus admittitnr ad sncceniorîam 
modo et forma qaibus eam habnit J'etrns Goots. ** 

" Per DD. admissns fuit D. Eligins Stalinhooft ad stallnm et succen- 
toriam, mediante juramento clericorum consueto, hac conditione apposita, 
qaod si demcritis suis exigentibns aut negligentia vel incnria sua erga 
pueros faciente, ipsum a dicta sueccntoria amoveri et licentiari contin- 
uât, eo ipso dictum stallnm tenebitnr dimittere, nisi super hoc a DD. gpra- 
tiam obtinuerit de novo. " — Acta cap. 14 April. 1400 (n. s.); 28 Jul. 1407. 

1410, 16 Juillet. *gillesMICHABLIS, mentionné comme 
maître de chant. II avait été d'abord clerc installé 
et vicaire, puis nommé chapelain de Saint-Basile, 
le 12 Septembre 1409, en remplacement do Gilles 
Potshooft. Dans la promotion de la Faculté des 
arts à Louvain, en 1435, Gilles Michaëlis obtient 
la 7* place sur 79 concurrents (^), 

" DD. fecernnt gratiam D. Egidio Michaëlis quod ipse stando aut 
sedendo in scolis causa instruendi jurenes in musica possit ac yaleat 
lucrari pitancias suas etc. " — Acta cap. 16 Jul. 1410. 

1412, 23 Juin, thomas FABRI, clerc installé, succède à 
Gilles Michaëlis, démissionnaire. Il était élève de 
Tapissier, et ses œuvres ont été retrouvées par 
M. de Coussemaker P). 

" Per resignationem Egidii Michaëlis de snccentoria sua quam czercero 
Bolebat DD. providernnt Thome Fabri clerico hujus ecclesie installato, 
quam quidem snccentoriam ipse fideliter exercere promisit et facere 
debitum suum et taliter quod DD. per Dei gratiam bene erunt contenti." 
— Acta cap. 28 Jun. 1412. 

1415, 18 Décembre. *piebrb ZOETEMAN, clerc installé, 
figure sous le nom de siiccentar dans une résolution 



(*) Analectes pour servir à Vhiatoire ecclésiastique de la BelgiquCf T. I, 
p. 408. 

(-) Mattresde chant et organistes de Saint -Donatien et de Saint-Sauveur 
à BrugeSf documents recueillis par Disisé van de Casteele et annotés par 
Edmond tan der Straeten, Bmg^s 1870, p. 10. 



162 

par laquelle le chapitre lui permet^ nonobstant les 
statuts de Saint-Donatien^ de recevoir les ordres 
sacrés. 

" Conoessum foit gratiose snooentori Peiro Soeieman, qnod non ob- 
étante etatato ecclesie edito in oontrarinm, diotus Petmg posait se facere 
promovere ad saoros ordines. *' — Acta cap. 18 Dec. 1416. 

1419, 19 Juillet, jacquks COUTERMAN, clerc installé. 
A partir de 1420, le succentor est régulièrement 
conipté parmi les petits officiers dont le mandat se 
renouvelle deux fois par an (^). 

" DD. in capitulo capitulariter oongregati inscitaemnt Jacobum Goa- 
termaD, cai ob hoc stallom alias contolernnt, iastallatam admiserunt in 
snecentorem, nt poeros in canta snfficicnter instraeret. Qui qoidem 
Jacobas onns arripuit et promisit se factaram. '* 

" DD. considérantes qnod sncoentor Jac. Gonterman sepissime etiam 
poeros in motetis erudiendo occnpatus ezistit adeo, qnod bene modo 
continno choro vacare neqneat, ooncessemnt qnod, sire presens, sive 
non, in ohoro Inorabitor [distributiones] cotidianas et hoc ab hino nsqne 
festnm natali^ Domlni prozime f aturum. " --Acta cap, 19 Jul. 141^ 4 Jnl. 
1420. 

1422 (n. s.), 19 Janvier. *pierbb ZOETKMAN, nommé 
suppléant de Couterraan toujours en défaut et peu 
réglé dans ses mœurs. 

** Hector soholaram et sncoentor resignavernnt officia sua se precando 
ad eadem [reassumi]. Quos DD. continnamnt injnng^ndo sncoentori qnod 
cnm pneris choralibns missam de Salve concipiat in TÎgph'a Apostolorum 
Pétri et Panli et continnet, pront alias ordinatnm et per eum promissnm 
eztitit, alias licentiandus. 

Item pro defectn per eundem snccentorem oommiaso. . . DD.injonzeront 
ei pro ponitione qnod per octo dies continnos inteisit omnibns horin snb 
pena amissionis stalli. ** 

'' Sncoentor scilicet Conterman absolratnr a oantoria et snppleat offi- 
cinm illnd D. Petrns Zoeteman donec habeatur ntilis. ** — Acta cap, 
20 Jnn. 1421 ; 19 Jan. 1422 (n. s.). 

1422, 23 Juin. KAROLÜS, chapelain, intérimaire après 
le renvoi de Couterman. 



(>) Voir pp. 16 et 142. 



153 

'* DD. concliuierant lioentiare snooentorem Conierman In vigilia 
B. Joannis Bapt. et ordinamnt D. Earolum ad hoo officium ad tempus, 
doneo provideatur de succentore. ** — Acta cap, 17 Juin 1422. , 

1422^ 29 Juillet, sihon BANARII, clerc da diocese de 
Cambrai. 

'' DD. receperunt in succentorem Simonem Banarii dericam Camera - 
censis dioceais, et posltub fait in stallo per D. Fe tram Pavonia ^' — Acta 
eap. 29 Jul. 1422. 

1425, 25 Mal. *jean SCORKIN et jacqües de RAVENS- 
GOTE, sappléants de Ranarii, infirme. 

** Propter infirmitatem Symonis Kanarii sncoentoris plaçait DD. do 
capitulo quod Johannes Scorkin et JaoobuB de Bavenacote officium succen* 
toris ezerceant donoc aliter per capitulum fuerit provisum **. 

" DD. concesserunt Johanni Scorkin ut primàm suam missam celebret 
ad majtts altare hnjus eoclesie. ** — Acta cap, 25 Mail; 14 Jan. 1425. 

1428, 9 Août. JACQÜES COUTERMAN, qui, depuis le 
24 Septembre 1427, pouvait de nouveau fréquenter 
Féglise en surplis, mais sans aumusse (^) {abaque 
almutio), et depuis le 13 Octobre était chargé des 
orgues, est réadmis en qualité de succentor. Le 
23 Décembi-e 1429, le chapitre ne le maintient pas 
dans sa charge, et Finforme qu'on avisera d'ici au 
carême prochain. 

" DD, ad humQem snpplicationem Jacobi Conterman ipsam reoepenint 
ut eoclesiam istam ut alii clerici installati freqnentet' cnm saperpellioio 
et abaque almncio^ donec anper hoo aecam f uerit légitime diapeniatom. 
De modo vero Incrî per ipanm recipiendl, prozima die capitnlari ordinare 
decreverunt. *' 



(>) AüHuasE. V6tement porte par les chanoines, depuis le XI* siècle, 
pendant Toffice des heures canoniales, pour se préserver dn froid. C'était 
à l'origine une cape on pèlerine plus ou moins longue, terminée par un 
capuchon en Uûne, feutre ou toute autre étoffe le plus souvent foorrée. 
Yojez, pour tout ce qui concerne la forme et les usages de Taumusse, 
ViOLLET-iiK-Duc» Dictionnaire raièonné du mobilier françaiSf Tom. III, 
Vêtements etc, Paris 1869, pp. 81 sq. et Victob Oat, Glossaire archéolo- 
giquê du moyen âge et de la renaissance, Tom« I, Paris 1887» pp* 86, 86. 



154 

" DD. super Incro et modo lucrandorum per Jacobnm Conterman 
nuper in hanc ecclesiam receptnin ordinantcs, decreverant ipsum obligari 
Bïngulis diebns ad minus interesse somme misse et vesperis, et hoc 
mediante ipsnm percipere debere ab obediencia quolibet mense IIII"' Ib 
par. Et casu quo ab'qaos defectns fecerit non intercsscndo nt premittitur, 
illi defectns per tabnlarium notabuntur et in fine mensis eidem de dictis 
III I"' fb defalcabnntur. Frcterea iidem DD. ipsum Jacobnm extnnc ad 
officium organorum admiserant, pro quorum salario sibi dari ordinarunt 
II fl) gr. annuatim. " 

" Et fuemnt [officiarii] per DD. reassnmpti, succentore dempto, super 
cujus statu iidem DD. hinc ad XL»" ordinare intondunt. " — Acta cap. 
24 Sept., 13 Oct. 1427; 23 Dec. 1429. 

1430, 23 Juin. *jacques de CLIBANO, clerc installé, 
réadmis. Sa première nomination, qui doit avoir 
eu lieu an commencement de 1430, n^est pas 
renseignée. Le 23 Juin 1433, il refuse de continuer 
ses fonctions, probablement pour cause de maladie, 
car, le 19 Janvier précédent, le chapitre avait résolu 
de le maintenir dans son oflSce jusqu^à Pâques, 
malgré sa mauvaise santé. 

" DD. gratiose dispensarunt cum D. Jacobo de Clybano ut, non 
obstantie quod sit presbyter, possit stallum in hac ecclesia obtinere. " 

" Decanns et capitulum concessernnt D. Jacobo de Clibano quod 
remaneat in officio succentoris usque ad festum Pasche proxime f nturumi 
ejns infirmitate non obstante. " 

** Fuerunt reassnmpti [officiarii], D. Jacobo de Clibano succentore 
ezcepto, qui succentoriam reassumere recusavit. " — Acta cap. 15 Jnn. 
1429; 19 Jan. 1433 (n. s.); 23 Jun. 1433. 

1433, 19 Août. *PiEBRE ZOETEMAN, intérimaire. Il 
donne sa démission le 23 Juin 1435. 

** DD. ordinarunt qnod D. Petrus Zoeteman deserriret officio succen- 
toris usque ad festum nativitatis J. Bapt. proxime futurum. '* 

" M. Petrus Zoeteman rogatns réassura psit officium succentoris usque ad 
semi augastum vel qno usque DD. fuerint provisi de alio. " — Acta êap. 
19 Ang. 14â8; 23 Jun. 1434. 

1435, 23 Juin, jean ROBERTI, clerc installé, admis 
d'abord (20 Juin), probandi gratia, maintenant 
définitivement. 



155 

" DD. conclasernnt D. Joh. Roberti asanmendam in snccentorem, pro 
nno anno, gratia probandi, si Bciret et yaleret hoc onns regere. *' 

" OflBciarii resig^ayernnt sna officia et fnernnt reassumpti ad ea 
omneSi excepto D. Fetro Zoeteman, qni dimisit Baccentoriam, quam 
DD. contulerant Jobanni Roborti clerico installato. ** — Acta cap. 
20, 23 Jnn. 1435. 

1438, 21 Août. *MATHiA8 DE BANC, suppléant de Roberti 
qui obtient la permission de s'absenter pendant six 
ou sept semaines pour faire son noviciat chez les 
Chartreux. 

Le novice ne fait pas profession, mais reprend 
ses anciennes fonctions qu'il remplit jusqu'au 
23 Juin 1452. 

" DD. mei concdsserunt Johanni Roberti gratiam se absentandi ab 
ecclesia spacio VI vel VIII septimanarum cansa probandi religionem 
Garthasianornm qaam intendit intrarci et hoc absqae periculo stalli et 
Mg*" Mathias [de Banc] promisit cnram suocentorie gerere per tres vel 
IIII°' hebdomadas qnonsque DD. providerint.** — Âcta cap, 21 Aug. 1438. 

1452, 23 Juin. *coenbille HEYNS et jean BOUBBRT 
succèdent simultanément à Jean Roberti. Le 17 
Septembre 1453, Heyns peut recevoir les ordres 
sacrés, sans perdre sa stalle. 

" Reassampti foerunt [officiarii] excepte J. Boberti succentore. Et 
loco Boberti fueront deputati ad sacoentoriam Cornélius Heyns et 
Johannes Bonbert. '* 

" DD. fecemnt gratiam Gornelio Heyos clerico installato qnod possit 
procedere ad sacres ordines absqae dimissione stalH. *' — Aeta cap, 
23 Jun. 1452; 17 Sept. 1463. 

1454, 22 Juin. *jban BOUBERT, seul réadmis comme 
succentor, Heyns étant foraneus ou non résident, 
parce quMl était devenu desservant {viecgerens) à 
Saint- Michel. Boubert célèbre ses prémices le 
deuxième dimanche après Pâques, 1458 (^). 



(^) C*c8t par erreur que M. Van de CasteelOi dans ses Maîtres de chant 
etorganiiieÈ, eto.» p. 10, a In Joanni Rolêtt, au lien de Joanni Bouhtrt* 



156 

" Beassnmpti faemnt [offioiarii] prêter D. Cornelîum altemm snocen- 
torem qoi foraneuB existit, et commiasnm fnit officiam saccentorie Johanni 
Boli Qsqoe ad nativitatom Domini. " 

" DD. assignarnnt D. Johanni Boabort snccentori noviter ad saoerdo- 
tinm promoto, diem ad celebrandam suam primam missam in hac ecclesia, 
dominica Misericordia Domini post Pascha. '* — Acta cap. 22 Jun. 1451; 
22 MartU 1468 (u. s.}. 

1460, 13 Juin. *peecheval de POLINCHOVE, clerc 
installé^originaire da diocèse de Téronane, suppléant 
de Boubert malade. 

" DD. ordinaront Perchevaldnm [de Polinchove] clericnm installatnni, 
attenta infirmitaté anccentoris, ad regendam Bacoentoriam. " — Acta 
cap. 13 Jnn. 1460. 

1460, 1 Octobre. *jkan BOUBERT, rétabli, reprend ses 
fonctions. 

*' Goram DD. oomparuit D. Johannes Boubert et eignificavit DD. meis 
qnaliter ipae fnit effectua sanus, et petiit reassumi in aucoentorem, 
attente quod ipae non fuerat privatua ab eadem et qnod Perchevaldua de 
Polinchove foerat aolam aflanmptna per modnm proviaionia. DD. mei 
eiadem auditia ordinarnnt quod dictua Perchevaldaa deaerriret dicte 
anceentorie uaqae ad featnm Bemigii prosime futurum et peroiperet 
omnia lacra pro rata quarte partia anni presentia, dempta tunica qnam 
diotna Boubert qui in dicto feato Bavonia ad dictum officium reaaanmere- 
tnr integram recipiet. De quo ambo reoeaaerunt contonti. ** — Acta cap, 
27 Aug. 1460. 

1461, 29 Avril (n. s.). *aüiLLAUME de RIGAULT remplace 

Jean Boubert congédié à cause de ses continuels 
manquements. Le 24 Décembre, il résigne ses fonc- 
tions, tout en consentant à les exercer jusqu'à la 
nomination du nouveau auccentoi'. Peu de temps 
après, le chapitre lui confère la chapellenie de 
Saint-Antoine, de extra chorum. 

** DD. injnnxerunt D. Johanni Boubert auccentori acolarum hnjna 
ecoleaie, ex eo quod culpa aua nnllua choralium in feato aanctorum 
Jacobi et Chriatofori venerit ad matntinaa, atare debeat ad acabellum et 
intereaae omnibua horis per octo diea continnoB, niai légitime occupa- 
tua fnerit ciroa aoolarea auoa. " 

" DD. yocato D. Joh. Boubert ancoentore, interrogarant eum quare 



157 

oommiserafc defecium in missa Beate Marie, qni nescivit se excasare et 
propterea DD. in modam correctionis pro hnjasmodi defeotu condemp- 
navernnt eum ad solvendam fabrice II libras cere et standum com 
pneris ad stapellum per octo dies in matutinis, missa et yesperis sub 
pena Incri diei pro qnolibet defectn et reonperationis ipsius diei per 
unam alinm diem seqnentem." 

" DD. consideratis defectibns continnis J. Bonbert snocentoris requisi- 
vemnt Mg""" 6. de Riganit ut assnmeret onus snccentorie, qni onns hnjas- 
modi in se snscepit, casn qao sensus sni ad hoc snffioiant. Et ad hoo 
sciendnm contentabatar probare per dimidiam annnm vel por annom 
donec DD. essent provisi de alio magistro, casn qno ipse Mgr Gnillelmus 
neqniverit onns snccentorie et officium am plias exercere. " — Acta cap, 
7 Ang. 1458; 26 Maii 1469; 29 April. 1461 (n. s.). 

1462, 23 Juïn. *corneille HEYNS, successeur de G. de 
Bigault^ est réadmis. Il reçoit sa démission le 
24 Décembre 1465. 

" Officîarii.... reassumpti, dempto snccentore G. Bigault, qai simplici- 
ter resignavit officium suum succontorie in manibus DD. Et DD. jusserunt 
eidem quod deserviret officio predicto donec per eos desnper aliter f nerit 
provisum. " 

" Reassnmpti fuerunt... dempto snccentore Cornelio Heyn s qui deposi- 
tus est, et loco e jus assumptus Petrus Basin clericus installatus.'* — Acta 
cap. 24 Dec. 1461; 24 Dec. 1466. 

1465, 24 Décembre, pierrk BASIN ou BASYN, clerc 
installé. Il est remplacé, avant le 23 Juin 1466, 
par le suivant. 

1466, 23 Juin. *jacqubs LUUCX, mentionné comme tel. 

Déjà avant 1457 il était clerc installé. Le 26 Avril 
1468, il obtient la permission de s^engager au service 
de révêque de Liège. 

" In capitule comparentes DD. Jacobns Lnucx snccentor et Jacobos 
Amonret presbyteri de extra chomm capellani, petierunt a DD. dari 
licentiam enndi Lcodiam in servicio D. episcopi Leodiensis... Et fuit 
Perchevaldns de Polinchoread officiam snccentorie institutas per capita - 
Inm uaque ad eornm rcclamationem. " — Acia cap. 26 April. 1468. 

1468, 26 Avril. *percheval de POLINCHOVE, capeh 
lanus de gremio chori. Le 5 Juillet 1475, il quitte 
son emploi pour devenir chapelain de Saint-Basile. 



158 

" D. Perchevaldns de Polinchoye Pbr capellanns de choro et sacoentor 
hojuB ecolesie, gratias habait DD. de dicto officio et supplicavit DD. ut 
vellent ponere alium, nam ipae erat f atams capellanos S. Basilii. DD. 
habnerant sibi reciproce gratias de servioio ecclesie impenso et assamp- 
seront ad dictam officium D. Alianum de Groote, Pbrum capellauum de 
extra chorum hujuseccleBie. Datum sibi [fuit] nigrnm almutium et pres- 
titit juramentum clericorum instaliatorum. " — Actacap, 5 Jul. 1473. 

1475, 5 Juillet. *alain de GROOTE, [senior), possesseur 
d'uDe chapellenie de extra chorum, A Toccasion de 
sa nomination, il obtient une stalle surnuméraire 
(la 19*), nonobstant sa qualité de prêtre. En 1476 
et en 1480 (n. s.), le dimanche de la Passion, il 
représente, avec les chantres de la maîtrise, une 
moralité dont il avait composé la musique et les 
paroles. Le 20 Janvier 1480 (n. s.), il est mis en 
possession de la chapellenie d'Artois, que lui avait 
conférée Maximilien d'Autriche. Sous lui les cho- 
raux, en vertu de la fondation J. van der Coutere, 
commencent à cohabiter avec le mircemtor. En Fé- 
vrier 1485, de Groote manifeste déjà le désir de 
résigner ses fonctions et obtient la capellania 
Animarum fde gremio charij; cependant, le 23 Juin, 
le chapitre le prie encore de diriger la maîtrise 
jusqu'à l'arrivée de Jacques Hobrecht, son succes- 
seur incessamment attendu. 

" De D. Aliano qui est succentor et clericus installatns XIX°* supra- 
nnmerarins (*) aliqui DD. fecernnt difficultatem an lucraretnr pitan- 
tias, refectiones etalia lucra ecclesie. DD. ordinaront ut inscriberetur in 
tabula, et baberet plumbnm et pauem, dispeusato secum quod posset 
habere stallum non obstante sacerdotio. " 

** D. decanns obtulit sponte ex sua bursa tradere et dare D. Aliano Pbro 
suooentori hujus ecclesie omnia et singula lucra que lucraretur in 
obedientiaet foraneitate ut clericus installâtes . " 

*' D. Alianus de Groote succentor hujos ecclesie supplicavit DD. ut cis 
placeret, ut ipse uuaciim sociis de ecclesia possent Indere dominica pro- 



(') Il n'y avait que diz-buit stalles dont pouvait disposer le doyen du 
chapitre. Voir plus haut, p. 14, note 1. 



159 

xima quemdamladam spiritnalem, qaem Indam, hoc est, copiam posaemnt 
Boper bofFetnm per dominos visitandum. DD. mei depntarnnt ad visitan- 
dum dictamladnm J. Coolbrant et M. K, de Gampis et dominnm cura- 
tam hoJQS ecclesio M. J. do Hoya. " 

" D. Alianas de Groote succentor hnjus ecclesie petiit ut ipse cum 
Bociis ecclesio possct ladcre die dominica proxima unam moralitatem quam 
ipse SQccentor composait, DD. mei erant contenti dnmmodo dicta mora- 
litas per DD. depntatos visitaretur anne esset aliqaid erroris in eadem. '* 
— Acia cap. 12, 17 Jul. 1476 ; 27 Martii 1476 (n. s.); 15 Martii 1480 (n. s.). 

" Solotum D. Aliamo de Groote saccentori, pro czpensis quatnor chora- 
linm de eodem anno 1482 pro sex mensibus... V ft gr." — C. Chor, 1482-83. 

" OflBciarii ecclesie solito more detnierant officiorum süornm intersi- 
gnia, vidclicetVirgam, f crulam, claves, tabulam et yirgas, eaqae super 
buffetum posnerunt, et admoniti quidam se emendare, alii benefacta 
cuntinuare, eadem intersignia cuique reddita reportarunt. Verumtamen 
Buccentori dictum fuit quod succentoriam administret donec e pro- 
ximo veniat M. Jacobus, magister puerorum ecclesie Caraeracensis, 
qui exspectatur huc vcnturus ad roBidendum.*' — Acta cap. 28 Jun. 1485. 

1 485, 13 Octobre. *jacqües HOBRECHT, maître de chant 
des enfants de chœur de la cathédrale de Cambrai, 
admis comme succentor de Saint-Donatien, à la 
suite des démarches qu'il fit auprès du chapitre 
par rintermédiaire d'un ami. Le jour de sa récep- 
tion, les chanoines offrent quatre canettes de vin au 
nouveau phonascus et aux musiciens, qu'à leur 
demande il avait amenés à Bruges. — Avant d'exer- 
cer les fonctions de maître de chapelle à Cambrai, il 
avait déjà, dès 1465, dirigé la maîtrise de la cathé- 
drale d'Utrecht {^). 

" Deinde D. AHannsde Groote resif^navit custodiam sive matriculariam 
dictam de Halve in parocbiali eccleBia S. Nicolai Dixmudensis fundatam 
Himpliciter in nmnibns DD. et resi^natione admissa, eam oontulerunt 
Jobanni Rykelin presenti et acceptanti, qui et joravit recuperare redditus 
et jura si qui vel que deperditi sont et deperdita. Quibng sic gestis DD. 
ad iînem qnod officio succentorie provideretnr, attenta etate D. 
Aliani de Groot(3 clerici inatallati ot virarii, contnlerant sibi acceptanti 
capellaniam misse animarnm sive vicariam doniinorum, vacantem ut 
premititur per asaeoutionom, ot prestito jurumento iuductus fnit in 



(*) Maîtres de chant et organisteHy etc., p. 17. 



160 

poflseasionem, siallo sibi in choro a parte sinîstra per D. Biircliardum 
assignató anctoritate DD. meomm. 

Insnper üdem DD. aadito qnod Hgr Jacobos Obrechts magister 
choraliam eoclesie Cameracensis hactenna mnltom desideravit huic 
ecclesie in süccentorie officio sernrei super qno etiam per litteras snas 
ad qnendam datas fuemnt plenins informati, ordinaront per me litteras 
scribi ad eam qnatenns breiï hnc Teniat snper hoc cnm capitule locntnrus, 
aut scribat cujasfoit intentionis, nt officio de eo vel de alio ait proTisnm. " 

" Ordinatnm est litteras scribi ad Mg"" Jacobnm Hobrecht, magis- 
trnm pneromm Cameraoensiam, qaod veniat vel saltem snam intentionem 
signifioet, et si sciat aliqaem tenoristam et habentem altam Tocem, 
dacat secnrn hnc installandos. ** 

" Compamit coram DD. Mg' Jaoobns Obrechts, presbyter mnsicas, 
magister pneromm ecclesie Cameracensis, qoem DD. mei literis snis 
demandayerant ad officinm sncoentorie hojos ecclesie, qni stallo chori per 
prefatnm presidentem (K. de Gampis), tanqnam in ea parte yicarinm D. 
deoani sibi collato, prestitit jaramentom clericomm, et DD. mei cnm eo 
tanqnam sacer«2ote dispensantes, de officio saccentorie sibi acoeptanti 
providcrnnt, cnm onere, preeminenciis et emolnmentis, qnem installavit 
Hg' Johannes Bonividni a parte D. prepositi circa stapellam anctoritate 
capitoli, ordiuatamqne fait qaod dicto Mg'** Jacobo receptor eqaalitatis 
Bolveret, contra ezpensas snas bis Tel ter eundo et reieando factas sez 
libras par., et IIII cannas vini, pro ipso et sociis musicis qaï cnm ipso 
vénérant.*' — Acia cap, 7 Febr. 1485 (n. s.); 12 Sept., 13 Oct. 1485. 

1487, 2 Octobre *jean RYKELIN on RIKELIN, sup- 
pléant de J. Hobrecht, pendant Ie séjonr de celni- 
ci à la conr dn duc de Ferrare, Hercnle I. 

" Pro expensis mense qnatnor choraliam solntam M. Jacobo snccentori 
pro qnolibet terminoram (24 Dec. 1466 et 28 Jnn. 1487) Y fl> gr.... 
Xftgr." 

" Pro çxpensis mense, solam lill choraliam, solotam M. Jacobo 
snccentori et D. Johanni Rikelin in ejns absentia ad hoc commisse pro 
qnolibet terminornm (24 Dec. 1487 et 23 Jan. 88) Y ib gr... X B) gr. *' 
— CC. Chor. 1486-87-88. 

** Exhibite faeront littere missive D. Hercnlis dncis Ferrarie ete, per 
qnemdam Comeliom de Lilloo ejns oapelle cantorem, qnibns capitalnm 
rogat qnatenns permittere vellent qaod Mg' Jacobas saccentor apnd 
ipsnm Teniret per aliqaot menses ibidem raorataras. DD. aadito eodem 
Comelio et etiam D. Johanne Cordier, qni retalit qaod idem dax 
cnm valde delectetnr arte mnsica, et compositionem mnsicalem dicti 
Mg*^ Jacobi pretor ceteras compositiones magnipendat, dadam 
affectayerat ipsam yidere, mox eandem Mg'^'' Jacobnm in capitale 



161 

yenientem et petitioni ipsius dacis acqniescentenii a festo S. Donatiani 
prozlmo ad sex meuses se absentcure pormisemnt et licentiam conceese- 
rnnt, dummodo tarnen officio sno et choralibus ita interim provideat qnod 
non sit defectas. Et nominato D. Johanne Bykelin capellano ad onas 
hnjasmodi snbveniendmn, DD. facmnt contenti, ordinanteB litteras scribi 
ad O. dacem gpnusiosas et présentantes prefato Comelio daas oannas vini 
cnm pane. " 

" Anditis missivis M. «Taoobi Hobrecbt sncoentoris ex oppido Bergensi, 
DD. precepernnt me ad ipsnm scribere quatenns non obstante metn 
guenamm compareat huc pro festo beati Johannis, ut saltem de cbonüï- 
bas collooandis et docendis vel tnnc disponat, attente qaod D. Johannes 
Bykelin de ilUs petit exonerari. Alioqain quodDD. ipsi provideant de alio 
saccentore necesse erit. " 

" De Mg'* Jacobo saccentore, qui na per a dace Ferrariensi, qmem de 
licentia capitnli yisitatit, jamdudum rediit Bergas, denno ordinatllm est 
qaod ad eam scribator at boe instanti festo B. Jobannis revertatnr hac 
at deserviat officio sao, alioqain DD. necesse habebnnt in hoc proyidere, 
maxime attente qaod locam tenens saas emnino absolyi yelit. " 

" Yisis litteris D. dacis Ferrarie quibas capitale g^ratias agit qaia 
consenserant M. Jacobam Hobrecbt saccentorem ad eam yenire, DD. 
intellecta excasatione ipsias M.Jacobi qni propter pericala yiaram inter 
Bergas abi est et Slusam, adbac concesscrant sibi temporis redeandi ad 
locam et officiam saam bino ad festam Assamptionis pront ipsa posta- 
layerat. " — Acia cap. 2 Oct. 1487; 12, 18 Jan.; 6 Ang. 1488. 

1488, 15 Août. *JACQüB8 HOBRECHT, rentré de son 
voyage, reprend ses fonctions. En 1489, il obtient 
une chapellenie de extra chorum. Le 1 7 Janvier 1491 
(n. s.), les chanoines trouvent bon de le congédier 
amicalement. 

M. Edmond Vander Straeten, dans sa Musique 
aux Pays-Bas avant le XIX^ siècle, parle en ces 
termes de celui qu'il regarde comme un eminent 
compositeur, un maître illustre et une gloire musi- 
cale : '' Le mystère plane aussi sur plus d^une phase 
de Fexistence du maître. Faute de renseignements, 
on est obligé d'enjamber au moins une soixantaine 
d'années dans la carrière de Jacques Obrecht, pour 
Finstaller d^emblée, en 1492, comme maître de 
chapelle de la cathédrale d'Anvers, en remplace- 
ment de Jacques Barbirau. 

11 



162 

" Or, ayant d'être éleré à ce poste eminent, 
Jacques Obrecht avait rempli à la collégiale de 
Saint-Donatien à Bruges, les fonctions de cantor, 
fonctions infiniment plus niodestes et moins lucra- 
tives.... [Suit un extrait des comptes de la ville 
de Bruges (2 Sept. 1489-2 Sept. 1490), attribuant 
un salaire à Jacob Obrechts, priester ende canter 
van Sint'Donaes hercke te Brugghe, ende zine 
medeghesellen, ter cavsen vande love ende salve 
daghelycXf aile avonde ghesongen thebbene, ter 
eer en ende weerdichede van der glorieuser maghet 
Marien, binder voorscreven k&rc1ce,,„ van eenen jare 
ghevallen te meye t'X C... xx Ib]. 

'' Notre musicien occupe déjà, au mois de Mai 
1489, remploi de cantor à Saint-Donatien (^). '' 

" Il est reconnu que la somptueuse cour de 
Ferrare était, aux XV® et XVI® siècles, le rendez- 
vous de délite des artistes et des littérateurs.... 

''Dès 1484, le talent du fameux Jacques Obrecht 
y était hautement apprécié. Le musicien néerlan- 
dais se trouvait alors, selon toute probabilité, 
entouré d'honneurs à une autre cour non moins 
célèbre, celle des Médicis, à Florence. Le duc de 
Ferrare s'était adressé à son ambassadeur près de 
cette cour, pour obtenir, par l'intermédiaire du 
chantre Corneille Laurenti, et cela le plus tôt 
possible, la messe de VHmnnie armé de Philippon 
(de Bourges ?), qui venait d'être achevée. Environ 
cinq mois après cette demande, lo même duo 
remercia son correspondant, Laurenti, de lui avoir 
envoyé une messe de Jacques Obrecht, dont il lui 
était infiniment reconnaissant... 

"Très vrÉtà3embrablement,nL0us le répéton8,maître 



Q) La musique aux Vays-Baa etc., T. III, pp. 182-183. 



163 

Jacques Obreclit était établi, en 1484, à Florence, 
comme chantre de la chapelle des Médicis. 

'' En effet, Aaron, dans un passage de son Institu- 
lion harmonique, déclare avoir connu Jacques 
Obrecht à Florence, et avoir été fréquemment 
dans son intimité (*)/' 

'^ Ce maître illustre dirigea, selon M. Houdoy, 
la maîtrise de la cathédrale de Cambrai, de 1483 
à 1485, après avoir été précédemment attaché, en 
la même qualité, à l'église d' Utrecht. Les archives, 
consultées par M. Houdoy, nous apprennent qu^il 
quitta son poste cambrésien pour Anvers (^). *^ 

Les textes, que nous avons cités plus haut, 
confirment ou rectifient ces détails biographiques. 
La date des lettres adressées par J. Hobrecht à son 
correspondant brugeois (avant Février 1485) et 
celle de son installation comme succentor à Saint- 
Donatien (Octobre 1485), s'accordent avec les 
données de M. Houdoy touchant le séjour du 
maître à Cambrai, mais contredisent celles relatives 
à son départ de Cambrai pour Anvers. 

La présence de J. Hobrecht à Florence, en 1484, 
perd en même temps toute probabilité. Si Aaron 
y a connu J. Hobrecht avant 1504, ce doit avoir 
été entre Octobre 1487 et Août 1488, lors du 
voyage de notre succentor chez le duc de Ferrare. 

Les comptes de la ville de Bruges s'expriment 
évidemment d'une manière inexacte, en donnant à 
J. Hobrecht le nom de cantor do Saint-Donatien, 
nom qui, dans cette église, était réservé au cha- 
noine grand-chantre. Dans les actes capitulaires 
de Notre-Dame, le mot cantor signifie simplement. 



(') La musique aux Pays-Bas ofcc, T, VI, p. 129. 
O Ibidem, p. 471, note 1. 



164 

il est vrai, clericus musicus M.9Àa, en 1489,Hobreclit 
occupait déjà à Saint-Donatien une position pins 
élevée^ celle de maître de chant. Par conséquent, 
il y a erreur encore à le qualifier du titre de cantor^ 
dans le sens de clericus musicus. 

Nous avons déjà rapporté que J. Hobrecht 
se fit entendre devant Philippe de Clèves^ à 
rÉcluse, en 1490 0). 

<* Solntam M. Jacobo Hobreoht suocentori.... a festo B. J. Bapt. 
anniSS uaqae ad 26 menais Martii seq.... VII fl) X 8. gr. ** 

*' Eidem.... a festo nativitatis Domini anni 1490 usqne ad festom 
S. Tinoentii (22 Jan.) seqnens.... XXXIII s. IIII d. gr. " — CC. Cher. 
1488.90. 

" Ex tnnc oonclasnm fait qaod D. Petnis Basyn haberet regimen 
choralinm bnjas eoclesie donec ecclesie foret provisum de snocentore, 
et michi etiam injanctum ut gratiose dicerem snccentori (J. Hobrecht) 
qaod DD. mei piopter melias lîœntiarant eam. *' — Acta ca]^* 
17 Jan. 1491 (n. s.). 

1491 (n. S.), 17 Janvier. *pierre BASYN, chanoine delà 
14« prébende, est chargé de Tintérim, probable- 
ment parce qu'il avait déjà rempli Toffice de 
succentor en 1465. 

" Solatam D. Petro Basin qui onus cboralium post rocessum M. Jacobî 
Obreohta saccontoris accoptavit, pro ezpensîs eoramdem cboralium a 
20 Januarii 1490 (91 n. s.) usqne nltimam ejusdem mon sis anni 1491 
(92 n, s.)... VII ft gr. " — C. Chor. 1491-92. 

1491 (n. S.), 28 Mars. *jean BLYMAN ou BLIMAN, 
chapelain de gremio choisi. Il n'entre pas en fonc- 
tion, nous ignorons pour quel motif, et le chapitre 
^indemnise des frais qu'il s'était imposés dans la 
location d'une maison et l'achat de meubles (-). 



(>J Voir pp. 51 et 52, note 1. 
(»> Voir p. 45, note 2. 



165 

" Deinde DD. concorditer elegerunfc in snctentorem. hmjns ecelesie 
D. Johannem Blyman capellanam do gremio chori, spcrantes quod 
honorem occlesie et profoctam puerornm faciet. " — Acta cap. 28 Mart. 
1491 (n. B.). 

1491, 20 Avril. JÉRÔME DE CLIBANO, de Bois-le-DucO). 
Nommé à cette date, Jérôme, de Tagrément du 
chapitre, rentre chez lui pour arranger ses affaires. 
Malgré les vives instances des chanoines, il ne 
revient à Bruges pour exercer son emploi que le 
1 Décembre 1492. Dans ^intervalle, la plupart des 
choraux sont toujours confiés à Pierre Basyn, 
jusqu'au 31 Janvier 1492, puis au rector scholarum 
Jacques Hemme^ et quelques-uns placés respecti- 
vement chez les chanoines Martin Christiaens, Jetn 
Gilles {^gidii) et Jean Goetgebeur {Bonwicini), 
Jérôme, bien qu^il soit bon musicien (^), ne s'acquitte 
pas des devoirs de sa charge à la satisfaction du 
chapitre. Le 16 Août 1497, les chanoines lui signi- 
fient, que, puisqu'il ne prend pas à cœur la direc- 
tion des choraux, ils se sont pourvus d'un autre 
succentor, mais veulent bien le conserver comme 
clerc installé avec les profits d'une double stalle. 
Le 11 Octobre suivant, de Clibano, reconnaissant 
ses fautes, demande à être réintégré dans ses fonc- 
tions de maître de chant et à reprendre sa stalle et 
l'habit de chœur dont il avait été privé. Le chapitre 
refuse de revenir sur sa décision au sujet de la 
succentoria, mais restitue au clerc repentant le 
stallum et Vhabitus choralis. Quatre ans plu? tard, 
nous rencontrons notre Jérôme de Glibano parmi 
les chantres de la grande chapelle de Philippe-le- 



(}) C'est par erreur que Hermans, dans ses Mélangea historiques de la 
province du Brabant septentrional, le dit originaire d* Anvers. Voir ifatire^ 
de chant et organistes, etc., p. 14, note 1. 

(^)Voir sur ce compositenr : E.yAMDSB Stbavtsn, Lamusique auis FXys- 
BaSf eto.| T. TI, p. 292; Maîtres de ehant $t orga^iêta, eio.| p* 14» note 1. 



166 

Beau, qui partirent avec l'archiduc pour l'Espagne 
en 1501 ('). 

" Tune DD. receporant in snccentorem hajua ecclesîe Jeronimnm 
de Clibano oriundum de Buscodncie " — Acta cap. 20 April 1491. 

" Solatam M. Jacobo Hemme roctori scholarnm hujns eccleaie pro 
expensis similibos ab nltima Jannarii anni 1491 (92 n. s.) nsque ad 
primam Decembris inclusive anni 1492... YI fl) VI d. gr. 

Jeronimo do Clibano succentori pro expensis similibus a prima 
Decembris anni 1492 ad festnm natiyitatis beati Jobannis Baptiste anni 
1493... III Ib VI 8. gr. 

Item M. Martino Christiaens qui ad requobtam DD. dédit ezpensas 
uni cborali ad quatuor menses cum dimidio et alteri ad unum mensem 
cum dimidio... XXX s. gr. 

Item D. Jobanni Egldii pro similibus expensis alterius cboralis pro 
quinquemensibus... XXV 8. gr. 

Item D. Jobanni Bonivicini pro expensis tertii cboralis ad nnum 
mensom... V s.gr. " — CC. Chor. 1491-92.93. 

" DD. considérantes quod succentor hucusqne ecclesie servivit qnoad 
juvenes et cborales instruendos in cantu, quodqne eidem sepins 
dixerunt quod se emendaret, quod hucusque minime fecit, dixerunt 
eidem quod jam essent provisi de uno succentore, eo quod animo non 
baberet regimen neque administrationem cboralinm et succentorie. Si 
Tolit tamen manere apud DD. et ecclesie inservire ut ceteri clerici 
installati, dabunt eidem luorum duorum installatorum. Quo per enm 
audito nicbil reverdit. " 

" Tuno comparuit Jeronimus de Clibano quondam succentor et clericus 
installatus bujus ecclesie, rogans obnixe DD. decannm et capitulum pro 
babitu et officio succentorie, recognoscens reatnm suum quodque maie 
juvenes et cborales bncusque instruxisset et officium exercuisset 
promittens, modo DD. placeret eidem faoere gratiam et eundem denuo 
recipere, se emendaturum... quod DD. babebunt causam promovendi 
eum ad majora. DD. considérantes quod jam alteri provisum eztitit de 
Buccentoria, attento quod dictns Jeronimus buousqne satis yagabundus 



(^) " Ordonnance de Pbilippe-le-Beau pour la composition et le gouver- 
nement de sa maison pendant son voyage d'Espagne : 1 Novembre ISOl. 

Grande chapelU 

Cbappelains à XII sols par jour. 



Géromme de Cljbano.** 
Collection des voyagea des souverains des Pays-Bas publiée par 
M. Gachard, BraxelloB 1876, T. I, pp. 346-346. 



167 

fnit» fnemnt contonti oidem restituero habitam et stallnm, salvo quod 
absentabifc se ab ecclesia per quindecim dies aat tres hebdomadas. De 
penaioBe tarnen eidem danda annue ez quatuor offlciis nichil conclasam 
fuît. '* — Acta ca/p, 16 Aug.; 11 Oct. 1497. 

1497, 9 Octobre. *jean CORDIEE, ancien chanoine de 
Sainte- Walburge à Furnes et possesseur de Ia 
26® prébende de Saint- Donatien, depuis le 30 Juin 
1483, sur les instances du chapitre, accepte la 
direction des choraux jusqu'à l'arrivée de Jean 
Clerici, successeur de Jérôme de Clibano. 

Notre Jean Cordier est bien réellement le fameux 
musicien auquel M. de Burbure consacre une 
notice dans la Biographie nationale, et dont M. 
Vander Straeten cherche si activement à reconsti- 
tuer la carrière artistique. 

Voici, en substance, ce qu'en dit M. de Burbure: 
'^ Jean Cordier fait partie de la nombreuse pha- 
lange flamande de chanteurs et de compositeurs de 
musique qui portèrent en Italie la science du dé- 
chant, qu'avaient déjà développée à un haut degré 
leurs compatriotes, les Dufay, les Okegem, les 
Binchois, les Tinctoris. Il excellait surtout dans 
l'art du chant, et un historien milanais, Messer 
Bernardine Corio, voulant prouver en quelle estime 
cet artiste était tenu par ses contemporains, affirme 
qu'il recevait du duc de Milan, Galéas Sforce, qui 
régnait de 1466 à 1476, une pension de cent ducats 
par mois. 

" Il arriva en 1492-1493, à Anvers, où Jacques 
Obrecht dirigeait depuis quelques années la maî- 
trise renommée de Notre-Dame. Ancien ami de 
l'éminent compositeur, il fut accueilli par lui avec 
le plus vif empressement, et pour fêter son arrivée, 
les directeurs de la confrérie musicale des saluts 
de la sainte Vierge lui offrirent, selon l'usage du 
tempsi un présent de deux meaurea de vin. 



168 

'' Cependant le désir de visiter un maître qu'il 
vénérait n'amenait pas seul Cordier à Anvers. 
Possesseur d'une prébende canoniale à l'église 
collégiale de Saint-Gommaire à Lierre^ il avait 
l'intention de permuter ce bénéfice avec celui d'un 
prêtre du diocèse de LangreH, nommé Guillaume 
Mickiels^ à qui appartenait la place de clerc de 
l'église de Leffinghe, au diocèse de Tournai. 

" Nous ignorons où et quand le célèbre chanteur 
termina sa carrière. Cependant, il est presque cer- 
tain qu'il mourut à Bruges, où il était, en 1500 et 
1501, chanoine de Saint-Donatien, dont le chœur 
musical était dirigé par J. Obrecht (^). •' 

" Jean Cordier, écrit à son tour M. Vander 
Straeten, célèbre chantre du XV* siècle, ami de 
Jacques Obrecht et originaire de Bruges, fut 
attaché de 1480 à 1482, peut-être même plus tôt, 
à la chapelle archiducale de Maximilien. 

" Ce prince, grand amateur de musique, se trouva 
malade à La Haye, au printemps de 1480. En 
guise de distraction, il se fit donner des concerts 
par les artistes de sa chapelle. C'est ainsi que Jean 
Cordier, le ténoriste, fut appelé à se faire entendre 
devant l'archiduc à deux reprises différentes, en 
1480 et 1482. 

" Cordier se trouvait encore en Hollande en 1487- 
88, où le magistrat de Berg-op-Zoom lui versa le 
vin d'honneur. 

'' Il avait alors quitté l'Italie. Un témoignage 
contemporain, cité par Ambros, le place en tête des 
chantres de la chapelle ducale de Milan. 

" Un Gisbert Cordier était chanoine de Saint- 
Donatien à Bruges, en 1480. Il avait pour oncle, 
Jean De Coutere. 



Q) Biographie natioiiaU, T. IV, col. 802, r* CoBDXiB (Jean)i uriiolo 
ftignl t Ohev, I. de Burhwrê» 



169 

"En forçant Tétymologie de De Coutere, si on 
n'en fait pas De Coustre, on pourrait lui appliquer 
^appellation flamande de Cordier. Coutere sonne 
un peu Goordere, qui se prononce d'ailleurs, en 
certaines parties du Brabant, Coodere, Ooofere, en 
adoucissant le r ; dont Coutere. On dit à Bruxelles 
hood, koot pour hoord ; poot, pour poort etc. 

'^ M. de Burbure présume que Jean Cordier, «^ 
qui est d'ailleurs cité en toutes lettres, en 1500, 
lors de la réinstallation d'Obrecht, — est mort à 
Bruges. Bien n'est plus exact, à preuve cette ligne, 
extraite d'un fragment de registre aux comptes de 
la chapelle de Saint- Jean à Bruges : 

Pro obitu DominiJo. Oordier,canonici, . . . xxiiij gr. 

" Cette mention est faite au mois de Septembre 
de l'année 1517, qui, sans nul doute, est la date 
réelle du décès de l'artiste (}). 

En 1474, (ici nous résumons le récit de M. E. 
Vander Straeten), le duc de Milan Galéas Sforce 
donne à Gaspard Van Weerbeke, chantre de sa 
chapelle, une mission de confiance et toute artisti- 
que, n s'agit de se rendre en Picardie et en Flandre, 
pour y recruter une série de chantres. Parmi les 
virtuoses enrôlés par Van Weerbeke, se trouve 
Jean Cordier. — Morigi se trompe, lorsqu'il trans- 
forme le chanteur Cordier en maître de chapelle; 
dans un sauf -conduit daté du 23 Septembre 1496, 
Tartiste brugeois, sur le point de se mettre en route 
pour se rendre en famille avec quatre compagnons, 
est qualifié simplement de cantor. 

Deux listes des cantores de la chapelle de Milan, 
l'une du 80 Mars, l'autre du 3 Décembre 1475, 
comprennent le nom de J. Cordier (*). 



Q) La muiiqiiê auc fayt'BoM eie., T. If I, pp. 191-198. 
O Ibidtu»T.yi|Pp.6àl9. 



170 

Cordier, fort probablement, aura commencé 
sa carrière de chantre à la chapelle pontificale à 
Rome, car diaprés Fomari son nom est gravé sur 
un marbre commémonitif de cet édifice, à côté de 
celui de Josquin Deprès, chantre de la sixtine en 
1472 C). 

Monsieur Vander Straeten se demande toutefois 
sMl n^y eut pas deux chantres éminents du nom de 
Cordier? Le chantre de la chapelle sixtine (1472), 
le ténor attaché au service de l'archiduc Maximi- 
lien (1480-1482) et le canitar de la cour de Milan, 
mentionné en 1475 et en 1496^ ne sont-ils qu'un 
seul et même personnage? (^). 

Nous sommes heureux de pouvoir ajouter quel- 
ques détails à ceux fournis par les deux savants 
musicologues et d'éclaircir, au moins en partie, le 
doute de M. Vander Straeten. 

Jusqu^ici, que nous sachions, aucun document 
ne force à faire du Cordier de la chapelle pontifi- 
cale et du Cordier de la maîtrise milanaise deux 
artistes distincts. Les actes capitulaires de Saint- 
Donatien identifient le cantor de Milan en 1475 
avec celui dont il est fait mention dans le sauf- 
conduit de 1496 et, presque certainement, avec le 
chantre de Maximilien en 1480-1482; ils complètent 
la plupart des données biographiques de MM. de 
Burbure et Vander Straeten. 

En groupant ces divers détails, on pourrait 
résumer ainsi la carrière de Jean Cordier ; 

Le virtuose brugeois fit ses débuts dans la carrière 
de chantre à la chapelle pontificale, avec Josquin 
Deprès, vers 1472. 



(^) La mmique aux Pays^Boi etc., T. VI, pp. 4B0-431. 
C) Ibidemi p. 16, note 2, et p. 481. 



171 

Enrôlé par Van Weerbeek en 1475, il entra au 
service du duc de Milan, Galéas Sforce. 

En 1480-1482, peut-être plus tôt, il était attaché à 
la maîtrise de Tarçhiduc Maximilien d'Autriche. Ce 
prince, en qualité de tuteur ou mambour de son 
jeune fila Philippe-lejBeau, souverain de Belgique, 
avait la collajiion de toutes les prébendes du cha- 
pitre de Saint-Gommaire à Lierre, jure patrona- 
tu8 (^). C'est sans doute pour récompenser son 
serviteur, que Maximilien conféra une prébende 
canoniale à Jean Cordier. 

En 1482, une maladie l'empôcha de remplir les 
fonctions de ténor à la chapelle archiducale et, 
probablement, le fit songer à la retraite. 

Rentré à Bruges, Cordier, déjà possesseur d'un 
canonicat de Sainte- Walburge à Fumes, permuta 
ce bénéfice, avec Georges de la Bricque, contre 
la 26° prébende de Saint-Donatien. Les lettres de 
collation, émanant du prévôt, datent du 80 Juin 
1483. 

Les chanoines traitèrent toujours avec les plus 
grands égards leur nouveau confrère, dont la pré- 
sence à Bruges était si précieuse pour la réputation 
de la maîtrise collégiale, surtout au point de vue 
du déchant. 

Ainsi, le chapitre lui fait grâce de Vanniis f abri- 
cas (^), et décide que les gros fruits du bénéfice 
de Cordier, par exception à la règle établie, ne 
seront pas affectés à la fabrique de l'église, la 



(^) P. Claessens, Les chapitres séculiers en Belgique, dans les Précis 
historiques, année 1884, p. 229. 

('^) C'est ainsi qu'on désignait à Saint- Donatien Tannée de priration, 
appelée ailleurs année de carence. Il était statué qne le bénéficier institué 
abandonnerait, la première année, les gros fruits de son bénéfice à la 
fabrique de l'église. — Voir P. Claxssins, Les chapitres séculiers en 
Belgique, dans 1m Précis historiquei, année 1884, p. 88. 



172 

première année. Ainsi encore^ il admet Cordier à 
la résidence^ bien que le chanoine ne se soit pas 
présenté pour la demander^ en temps opportun 
(c'est-à-dire pendant les octaves des saints Pierre 
et Paul). 

L'Italie semble avoir des attraits tout particu- 
liers pour l'ancien chantre de la chapelle sixtine 
et de la cour des Sforce. 

En 1487> on lui accorde un congé de trois ou 
quatre mois et davantage^ au besoin, pour se rendre 
à Milan. S'il n'eut point pour compagnon de route 
son ami^ le succentoràe Sainl-Donatien J. Hobrecht, 
dont la visite au duc de Ferrare date de la même 
époque, il est très probable que les deux artistes 
retournèrent ensemble par la Hollande; on constate 
en effet leur présence à Berg-op-Zoom vers le 
même temps. 

En 1492, Cordier obtient un nouveau congé pour 
faire le pèlerinage ad Limina Apostoloi-um. 

Enfin, en 1495, il fait un second voyuge à Milan, 
et ce voyage explique le sauf-conduit que le prince 
lui délivre, en Septembre 1496, pour son retour en 
Flandre. 

Un mal atteint J. Cordier en 1499 et ne le 
quitte plus jusqu'à sa mort arrivée à Bruges, le 
28 Septembre 1501. 

Conformément au désir exprimé dans son testa- 
ment, J. Cordier fut enterré dans la nef de l'église 
de Saint-Donatien, à côté de l'autel de saint Jean- 
Baptiste, son patron, faut-il croire. Une pierre 
encastrée dans le mur, incrustée de cuivre et ornée 
d'un tableau {tafereel) avec épitaphe, conserva la 
mémoire du célèbre chantre (^). 



Q) Cfr. J. Gailliard, InêcnpHons funéraires eto.| Égliiê de SainU 
2)onat, p. lia 



173 

Inutile de dire que Vohitios, dont il est question 
dans ^extrait des comptes de la chapelle de Saint- 
Jean donné par M. Vander Straeten, n^est rien 
qu'un anniversaire célébré en 1517. 

Le fait que Madeleine van der Coutere> sœur du 
chapelain de ce nom, avait épousé Soyer Cordier, 
explique parfaitement comme quoi Gisbert Cordier 
était le neveu de Jean van der Coutere, sans quHl 
soit nécessaire d'avoir recours à Pingénieux effort 
de M. Vander Straeten, pour transformer étymo- 
logiquement le nom de Goutere en celui de 
Cordier (^). 

" Item Jeronimo de Clibano pro ezpensis qninque choraliam a festo 
Johannis anni 97 nsque ad diem nonam menais Octobris snbBeqnentis, 
qoo idem Jeronimns hinc abiit III ib XII s. XI d. g^." 

" Item poflt reccssnm dicti Jcronimi, D. Johannes Cordier canonicns ad 
instantiam DD. do capitnlo refçimen et coram dictomm choraliam nsque 
ad diem decimam menais Novembris aabaeqnentia acceptavit, qui ex 
ordinatione eornmdem propter expensas et sollicitudines extraordinarias 

per eum habitas recepit 2 Ib gr. Ideo hic solatum XL s. gr. " 

— ce. Chor. 1495-97. 

" Eodem die DD. capitalariter congregatia oomparnit venerabilia vir 
D. Johannes Cordier, presentans certaa litteras patentes Bev^' patris D. 
prepositi super coUatione canonicatns et prebende ha jus ecolesie sibi 
per eundem D. prepositum facta, in vim tarnen permutationis facte 
inter ipsum D. Johannem de certia canonicata et prebenda ecclesie 
beate Walbarge Fumensis quos obtinero dignoscitur, cum D. Goorgio de 
de la Bricqae, petiitqne se in canonicam recipi etc. " 

" Annnentes DD: reqneate D. J. Cordier canonici» eu jus fractaa hoc 
anno pro fabrica esae deberent, attendentes bona servitia et diligentiam 
finibna huic ecclesie in disoantando et officiando obseqnitnr, quodque 
ecclesia ex eo plarimum decoratnr, ad finem qnod per hoc residentiam 
Buam magis inclinctnr continuaro in hoc loco, fecernnt sibi gratiam de 
frnctibas sais, et qaod hao vice propter certes re8})ectn8 honoris silîcet 
ecclesie, fabrica fructibas prebende illias caroat et non habeat dicta 
fabrica annum in hujasmodi saa prebenda, ex gratia speciali et sine 
prejudicio in fntnram. '* 

" Dictnm fuit et ooncoasum D. Cimier quod si perrexerit Mediolannm 



(*) Voir plus haat, p, 36, note t. 



174 

ad qnedam sna negoiia ibidem at asserit sollicitanda, poterit ibi esse per 
tres vel quatuor menées continaos ; qnod si ultra manserit, capituliun 
aget cnm ipso ita gratiose, qnod merito debebit contentari. " 

" Noyissime conclu sum fait qnod Cordier sapplebit officiam cantoris 
nnaoam Clencquomeure sao coadjatore et DD. providebant sibi de 
salarie secandam diligentiam qaam circa illod faciet. " 

" D. Johannes Cordier exposait se esse intentionis visitandi limina 
beatoram Apostoloram Petri et Pauli caasa devotionis et peregrinationis, 
rogans at interim DD. velint enm habere et compatare pro résidente.... 
DD. sant contenti quod prêter XXXVI dies gratie, habebit qaataor 
mensee integp^os qnibas pend^ntibas repatabitar résidons et habebit 
turnam et qaod [si] contingrat eam dintiaa esse absontem, [repatabitar] 
tamen résidons pro anno carrente dumtaxat. " 

" D. Johannes Cordier rogarit DD. meos qaod licet non venisset in 
tempore ad presentandam se ad residentiam cam aliis DD., at eam ex 
gratia vellent habere pro anno XC7 carrente pro résidente, qaodqae 
posset in omnibus lucram eqaaliter cam DD. meis partem habere. DD. 
mei attendentes quod dictas D. Cordier paratus est et fuit semper tam 
in cantu qaam in aliis ecclesio insorvire, ex gratia speciali consenserant 
qaod ipse pro dicto anno XCV reputaretar résidons et lucraretur 
lacranda per DD., exceptis tomo, denariis quadragesimalibas et 
amigdalis. " 

" Eodem die D. Johannes Cordier exposait DD. dolenter qnaliter 
necessario deberet accedere dncem Mediolanensem, cui dia servirerat, 
rogando DD. at velint eidem dare grossos fructus suos anni carrentis 
XCV*'. DD. mei satis scientes quod coactus recedit, qnodque libenter 
pcrmanerot apad eos, petitioni sue libenter annnerunt, rogando eundem 
ut quantocitius redeat. " 

*' NoYÏssime D. Johannes Cordier propter aliquas etiam satis notorias 
quas patitur infirmitates, rog^yit DD. meos ut stando, in domo sna vel 
forsitan aliquando causa solatii et sanitatis acqoirondo, illam exeando, 
possit laorari in ecclesia prout alii interessentes. DD. mei considérantes 
hujnsmodi requestam esse justam et honestam illi assenserunt oonce- 
dentes sibi qnod petiit. " 

" Concessnm et indultum fuit D. et M. Joanni Cordier ut ubioamqae 
locorum resederit causa sanitatis recupcrande, tam extra oppidum 
Brugense qaam in illo existens, non frcqucntando aut visitando cccle- 
siam, Incrabitur omnes et singnlos fructus, distributiones et qnecumquo 
omolumenta que ad causam snornm canonicatus et probendo lucrari 
quomodolibet possot si pcrsonaliter rosidcret et omnibus horis continuo 
interesset. Etiam concessum fuit ei ex nunc qnod in vigilia octavaram 
beatoram Apostolorum Petri et Pauli poterit so facero presentari por 
procuratorem ad residentiam. " 

" Die Sabbati XVIII Septembris 1501 DD. in sanctuario congregatia 



175 

comparnenint yenerabilea viri DD. et Mg^* Petrus Clencquemenre, 
Gaillelmns Bertrand! canonici et Bemigias Loaf clericas hnjns eoclosie, 
ut et tanquam ezecutores testamenti sive voluntatis pio memorie D. 
Johanm'B Cordier dndum hujus ecclesie canonici hoo mane defuncti, et 
exhibuerunt ibidem testamentum dicti D. Johannis per me confeotum. 
Quo lecto et audito, DD. ad petitionem dictornm executorum ordinamnt 
post prandium post completorinm accedondnm esse processionaliter pro 
cadavere et juxta voluntatem ipsius defuncti consenserunt sibi locnm et 
sepulturam ad latna altaris sancti Johannis Baptiste in navi eoclesie, 
salvo jure ecclesie consueto. Fuit etiam pro tune conclusnm ad petitionem 
dictorum ezecutorum, quod die mart is prozima celebrarentur vigilie et 
mercnrii seqnent^ ezeqnie pro dicto defuncto juzta morem pro canoniois 
hujus ecclesie alias defunctis observatum. " — Acta cap. 23 Jnn. 1483 ; 
3 Febr. 1484 (n. s.)ï 10 Jul. 14S7 ; 14 Jul. 1490 ; 3 Sept. 1492 j 29 Oct., 
11 Dec. 1495; 8 Jul. 1499; 15 April. 1501 (n. s.); 28 Sept. 1501. 

" Item betaelt Jan de Maech van tgraef te maetsene ende vande steenen 
te legghene met leveringhe van zes voetsteenen tsamen. . V s. VI d. 

Item noch betaelt den zelven om den mur te brekene ende die 
epitaphe te stellene inden mur met leveringhe van steene ende mortels 
tsamen II s. VI d. 

Item betaelt Jacob van Oost steenhauwer voor eenen steen ghemaect 
ende sépulture met oenen tafereele tsamen IX ib g^. 

Item noch betaelt den scildere om het voors. tafereel te scilderen 

XII s. gr. " 

Rekeninghe ende hetiyys vande forniorture van wylen zaligher ghedachte 
heer Jan Cordier priester etc. 

1497, 8 Novembre. *jban CLERICI ou de CLERC, après 
beaucoup de démarclies faites par les chanoines do 
Saint-Donatien, quitte Saint-Omer pour venir à 
Bruges, où il est reçu avec honneur. Le 23 Décem- 
bre 1498, il donne sa démission, parce que le 
chapitre se refuse à augmenter les émoluments 
stipulés dans Tacte de fondation van der Coutere. 
Le texte succentor^ tune commorans in 8. Audo- 
maro, n^est pas assez clair pour en conclure que 
Jean Clerici exerçait les fonctions de maître de 
chant dans la collégiale audomaroise; il peut 
signifier simplement, que le nouveau succentor 
nommé par le chapitre de Saint-Donatien, résidait 
auparavant à Saint-Omer. 



176 

Le 2 Avril 1499, Jean Clerici est nommé 
phonascus de Notre-Dame à Bruges. En Juillet 
1500, il reçoit sa démission, tout en conservant une 
stalle au chœur. 

Nous le retrouvons, en 1527, comme possesseur 
de la Q^ prébende et, en 1553, comme curé de la 
portio aurea de Notre-Dame. 

Jean Clerici ou de Clerc était brugeois, fils de 
Jacques et Passchine Gailliard (^). 

" Item die nltima Aagpasti anni 97 Mg' Johannes Darvilera ecolesie 
beato Marie Brug. canonicuB, qui ad instantiam DD. mag^stro Johann i 
Clerici Buocenfcori tnno commoranti in S. Andomsiro, et in quantnm 
ydonens comperiretnr, ad dictom officium snccentoris aesamendo, scrip- 
serat uthicanditnras compareret etc., praesentibus DD. decano, Cordier, 
Clencqnemenre, et aliis de mnsica sociis plnribns, in den Meyera fait 
festivatnm» expoBniqne ibidem pro expensis factii . . . . XI a. g^. 

Item qnarta Septembria ejuadem anni solatnm certo nunoio miaao ad 
dictnm Mg"*" Johannem succentorem, tnno commorantem in S. Â.ndo- 
maro, ni ai hic, nt promiaerat, venire intenderet, reditam auum accéléra* 
ret. Sin autem eto XLIIII gr. 

Itemnltima Norembria aolntnm D. Bemigio Loaf miaao ad dictom 
Mg"" Johannem Clerici, nt finalem reportaret reaponaionem au eaaefc 
Tontnrua acoeptatnma onui auccentoria, yel ne, pro expenaia aeptem 
diernm qnibna vacavit V a. gr. 

Item octava die menaia ejnsdem, ex ordinatione DD. aolutum int 
hoocJcxkin, praeaontibna Cordier, Clencqnemenre et Halewijn canonioia, 
Mg*** Johanni Darrilera et prefato Mg'* Johanni Clerici, eodem die ad 
officinm anccentoria admiaso, ac allia, in anblevamen expenaamm fao- 
tamm V a. gr. " — CC Chor. 1496-97. 

" Beoeptna fait Mg' Johannea Clerici et admiaaua in clericnm inatal- 
latnm et cantorem aive auccentorera hujoa eccleaie. " 

" DD. deatitnemnt D. Johannem Clerici ab officio cantorie. Conaenae- 
rnnt sibi atallum in choro cnm lucro installatornm ot rocepemnt D.; 
Joannem Paatoris in cantorem. '* — Acta cap. D, M. V. 2 ApriL 1499 
7 Jnl. 1600. — Cfr. 2l.Nov. 1527 et 5 Maii 1553. 

1498, 23 Décembre. *alain db GROOTE, (senior), ancien 
succentor, accepte de prendre provisoirement soin 
des choraux. 



(^) J. Gailliard, Tnacripttona funéraires otc.,Égli8e deNotre-Dame, p. 69. 



177 

Entre le 13 Octobre 1485, jour auquel il 
cessa une première fois d'exercer les fonctions de 
maître de chant à Saint-Donatien, et le 23 Décem- 
bre 1498, date du présent intérim, nous trouvons 
Alain de Groote comme chapelain de gremio chori 
à Notre-Dame et chargé de la direction des choraux 
de cette collégiale, depuis le 15 Mars 1491 jusqu'au 
3 Septembre 1495. 

D'après M. Vander Straeten {}), vers la fin du 
XV** siècle, un chantre flamand de la chapelle des 
ducs d'Esté fut chargé d'aller recruter, aux Pays- 
Bas, des voix nouvelles pour remplir les vides 
qui existaient dans la brillante phalange chorale 
attachée à la cour de Ferrare. A Bruges, '' Bartho- 
lomé de Flandre " put enrôler un contralto employé 
à l'église de Notre-Dame et nommé Aleanus, Si, 
comme le présume le musicologue, Alain d© Groote 
est bien VAleanus en question, c'est entre Sep-, 
tembre 1495 et Décembre 1498 qu'il faut placer 
le séjour de notre musicien à la cour d'Hercule I. 
Cela devient d'autant plus probable qu'en Octobre 
1495 Alain de Groote (junior) obtint, via permu- 
tationis, la chapellenie de gremio chori possédée par 
Jacques Berbloc. Or ce dernier avait recueilli ce 
bénéfice par la résignation d'Alain de Groote 
(senior). Il est donc probable que celui-ci aura 
renoncé à la chapellenie pour se rendre en Italie 
vers Septembre-Octobre 1495. 

" D. Alianus de Groote preBb5'ter et erclesie beate Marie capellanna 
de gremio chori ad prodi(;tnm officium [niagiatri choralinmj cum omni 
honore et jure Bibi epectantibus ratione dicti officii receptiis est per DD. 
virarium [prepositi] et capitulum ojusdcm ecclcsie l>eate Marie, ipaeqiio 
D. Alianus dictum officium ut prefortar assnmens eiadem DD. gri^tj/is 
retalit. " 



Q) La musique auso Pays'Sa^, etc., T, ,VI, p. 71 sqq. 

' 12 



178 

" Alianns de Groote capellanns de gremio chori hnjns ecclesie credens 
ex receptione dicti installati [ Jacobi Doorme] se dcstitui de succentoria, 
adstatinii rideïicet circa horam 11'" ante prandium misit ad domam D. 
Joh. Wouters vicarii D. prepositi chorales 4 ejasdem ecclesie. " 

" DD. vigore collationis D. prepositi admiserunt Âlianam de Groote 
clericum Tornacensis diooesis, ad capellaniam de gremio chori ecclesie 
beate Marie ad altare S. Cnicis in capella S. Crucis, vacantem per 
resignationcm ex caasa permutationis inter ipsnm et D. Jacobum Berbloo 
de illa ad capellaniam in ecclesia S. Trudonis extra Brngas. Qoi D. 
Jacobns Berbloc habnerat dictam capellaniam de gremio chori a D. 
Aliano de Groote, presbytère et [patruo] (^) dicti Aliani, clerici. " — 
Acta cap. B. M. V, 15 Mart. 1491 (n. s.); 3 Sept., 15 Oct. 1495. 

" Tnnc positis super baffetum capituli intersigniis officiornm eingu- 
lorum officiariorum hu jus ecclesie, DD. correptis singulorum moribns 
omnes in eornm officiis cóntinnarunt, dempte Mg" Johanne Clerici qui 
copit licontiam a DD. quia DD. capituli noluerunt eidem dare pro expen- 
sis choralium annue magis qnam dnas libras et decem solides gr. pront 
fundatie canit et predecosaores sui habuerunt. Qnam licentiam DD. mei 
acoeptarunt. Et inoontinenter mieernnt pro D. Aliamo qnem rogaront ut 
choriiles per modum prorisionis regeret usque ad tempus, qui precibus 
DP. obtemperavit. " — Acta cap. 23 Dec. 1498. 

1498. 31 Décembre. *jaoques HOBRECHT, qui après 
avoir quitté Bruges, en Janvier 1491, s'était rendu 
à Anvers et y avait obtenu, Tannée suivante, la 
direction de la maîtrise de Notre-Dame, par voie de 
concours, est réadmis dans ses fonctions d'autre- 
fois et in locum suum j^ristinum. Malheureusement 
la maladie qui, en 1498, avait déterminé son départ 
d'Anvers, l'atteint de nouveau et si violemment, 
que le succentor, renonçant à l'espoir d'une guéri- 
son, demande, par l'intermédiaire du chanoine Jean 
Cordier, à être déchargé de son emploi (3 Septem- 
bre 1500). Le chapitre déplorant le triste état de 
santé de J. Hobrecht, accepte sa démission et le 
prie de garder chez lui les choraux pendant quel- 



{*) Le mot est abnrgé et roseeroble plutôt à paire (pre); mai» comme 
}fi texte des ac*te9<-apîtalairca do Saînt-DoDatien (voijr p. 181) dit expres* 
sèment qu'Ai, de Groote (junior) est Je neyca d*Al. de Groote (senior) ^ 
uaus avons cru pouvoir lire patru^. 



179 

qnes jours encore. Le maître s'empresse de faire 
répondre qu'il est prêt à tout et prend soin des cho- 
raux jusqu'au 7 Septembre, jour auquel on pourvoit 
à son remplacement. Au mois d'Octobre suivant, les 
chanoines, en reconnaissance des services rendus 
par l'ex-maître de chant, lui confèrent la chapel- 
lenie de la S^^ Croix de extra chorum et lui accor- 
dent les fruits d'une stalle cléricale. A raison de sa 
dignité de prévôt de Saint- Pierre à Thourout, à la- 
quelle il venait d'être élevé, le chapitre le dispense 
d'occuper les sièges inférieurs des clercs installés 
et lui permet de monter aux formes des chapelains. 
— En 1501, le grand musicien reparaît à Anvers. 
Toujours souffrant il part pour l'Italie, en 1504, se 
met au service du duc de Perrare et meurt de la 
peste en 1505. 

Deux épitaphes, composées par Gaspard Sardi, 
de Perrare, et retrouvées par M. Louis Lodi, secré- 
taire de la bibliothèque palatine de Modène, célè- 
brent la gloire de l'illustre maître : 

Musicus HOC HOB RECHT DOCTUS NÜLLIQÜE SECUNDUS 

Arte vel inoenig sarchophaqo tegitur. 

Musicus hic Hob recht doctissimus, arte secundus 

NULLI ALIO, TEOITUR, VOCE VEL INQENIO (^). 

" DD. congroj^atifl in rovestiario Dr decano preaidctite, receptns fuifc 
Mg' Jacobns Obrecht in succcntoroTii hujas eccicsio et in locum Buum 
prîstinam, qui por jnramentam somcl prcsfcitnm promisifc obcdientiam 
reyerontiam ofc honorom DD. decano et capitnlo et etiam ecclesio legaliter 
inserviro et javones instmere et docere in cantu et consnetudinibus 
occlesic. " 

" DD. meis în rovcstiario congregatie D. et Mg' Johannes Cordier 
canonicns hnjas occtesio, rogatns, nt <lixit, et instanter reqaisitas a 
Mg" Jacobo Hobrocht sacoentoro eccleaio, ad presens grari eg^tndine 
lal)OiEnto, ozposait DD. meis qnaliter dicims Mg' Jaoobns gratnlabatur 



(*) VaiNDKK Stkakten, La vitui4iue auv Paya-Ba^, etc., T. III^ p. 187 
Uiq,. Cfr. pp. 127 à 129 ; 471 à 474; T. l, f. 118^ où il est question de8 
œuvres de 7. Hobreoht. 



180 

DD. meifl de omnibus honoribns sibi impensis et qnia ad presena infirmi- 
tate gravi laborat qnam etiam timet non de lovi ant facili cnrabilem, 
qnodque propterea officio sno sucoentorie intendere non valet, rogabat 
DD. meoB qnatenns ipsum ab hnjusmodi suo officio absolvere, (a quo 
etiam ex tune quantum in eo fuit se abaolvit), et chorales apud aliqnem 
bonnm virum, quem DD. mei ad hoc deputarent, disponere et coUocare 
voilent et dignarentur. DD. mei dolentes de infirmitate ipsius Mg" Jacobi 
Hobreoht, acceptarunt absolutionem ipsius Mg*^ Jacobi, et ipsum etiam a 
dicto officio Buccentorie absolverunt. Qnia tarnen illico de choralibus et 
illorum collocatione disponere non potuerunt, deputarunt me Johannem 
Dionisii eorum secretarium ut ego acccderem dictum Mg"»" Jacobum 
et rogarem illum ex parte DD. meorum ut chorales ipsos nsque diem 
inne proximam in sna doma et expengis suis tonere vellet, qui quidem 
Mg' Jacobus postquam sibi id pro parte DD. meorum exposuissem se 
liberaliter hoc facturum promisit, offerens se ad servitia DD. meorum 
quoad viveret. " 

" DD. mei ad nominationem D. Victoria Brunync contulerunt honesto 
viro Mg"* Jacobo Hobrecht capellaniam S. Grucis in hac ecclesia de extra 
chorum existentem, novissime vacantem per obitum D. Jacobi Feckele^ 
illins poBsessoris, ooncedentes eidem Mg"* Jacobo litteraa in forma, salvis 
juribus. " 

" Preterea quia D. et Mg' Jacobus Hobrecht, qui bene famosns musicus 
esse noscitur, huic ecclesie in instructione choralium et alias plura et 
grata servitia impendit, DD. mei contulerunt sibi lucrum unius stalli in 
hac ecclesia cum honoribns et oneribus solitis. 

" Et quia idem Mg' Jacobus, qui preposituram ecclesie S. Fetri Thoral- 
tenais obtinet, eaque ratione in dignitate constitutus oxistit, et indecornm 
foret quod cum clericis in bassis formis se tenore doberet, consensenint 
qaod idem Mg' Jacobus déferre posset habitum capellanornm et stare 
superius cum capellanis et in processionibus haberet locum sicnt alii 
capellani de extra chomm, non obstantibus quibuscumquo in controrium 
facientibus. " — Actu cap, 31 Dec. 1498; 3 Sept., 26, 29 Oct. 1500. 

1500, 7 Septembre. *alain de 6R00TE, {senior) autrefois 
phonascus de Saint-Donatien, et actuellement cha- 
pelain de gremio chori, succède à Jacques Hohreclit. 
Il meurt vers la 'fin du mois d^ Avril 1501, et les 
choraux, à partir du 10 Mai, sont confiés aux soins 
du rector schoïarmn, Josse Montfort. 
" Preterea ad presjsntationem seu reoommendationcm vcncrabilis ^viri 
D. et Mg^ Richardi de Capella hujus ecclesie cantoris, DD. mçi provi- 
derunt de officio sncpentorie, v^ante per absolutionem D. et AîgV Jacobi 
Hobrecht, honesto viro Dr Aillermo de Groote <:apeUano do gremip cHori 



181 

in bac ecclesia, qni aliqnando pristinis tomporibns idem officinm exer- 
cnerat, injnngentes sibi ut chorales in canta et etiam moribns diligenter 
instmeret oniniaque illa que ad dictnm officium spectant et pertinent 
faceret, alioquiu eum dicto officio privarent; quaro gratulabatur DD. de 
honore sibi impenso, et officinm ipsum acceptans, illud pro suo posse 
diligenter curare promisit. " 

" DD. Mg' Ludovicus Boegiers, major custos, et Aillermus de Groote, 
nepos quondam D. Â.illermî de Groote succentoris et capellani de gremio 
chori hu jus ecclesie, et ipsius testamenti seu ultime voluntatis executores, 
exhibuerunt testamentum originale dicti defuncti, déclarantes se veile 
aoceptare onus executionis dicti testamenti, cum tamen et sub beneficie 
inventarii et non alias, et rogaverunt DD. meos, quatenus cadaver exanime 
ipeius posset sepeliri in ambitu hujns ecclesie circa partem orientalem 
juxta locnm sépulture D. Amoldi Absalonis et fièrent pro eo processiones, 
exequieet solemnitates alie consuete. DD. mei, viso et prelecto testamento 
predicto, promiserunt dictis oxecutoribus circa hujnsmodl testamenti 
executionem facere assistentiam poisibilem et solitam, et consensemnt 
sepulturam, prooessiones et exequias petitas, salvo jure cujuslibet. " 

" Postquam aliquandiu disputatum fait de novo succentore, tandem 
DD. mei deputarnnt DD. Joh. Gordier,«Yictorem Brunync, Joh. Lammins 
et Eustatium de Paris ad inquirendum et investigandum pro aliquo bono 
et honesto viro ydoueo ad officium succentorie hujus ecclesie et ad exinde 
citins quo poterunt advisandum capitule. 

'* Fuit etiam ordinatum quod chorales qui fuerunt huousqne in domo D. 
Aillermi, essent in domo et sub custodia rectoris scholarum quoadusque 
DD. mei essent provisi de novo succentore. " — Acta cap, 7 Sept. 1600; 
28 April., 10 Maü 1601. 

1501, 17 Mai. *pieree VINELOO, natif de rÉcluse. Il 
semble qu'il n'exerça pas ses fonctions, car les cho- 
raux sont toujours logés dans la maison de Josse 
Montfort, et placés sous la surveillance de celui-ci 
ou sous celle d'Antoine de Bycke, clerc installé. 

Peut-être Vineloo, admis le 12 Janvier 1495 
(n. s.) comme succentor à Saint-Sauveur (^), rem- 
plissait-il encore cette charge en 1501, et ne 
voulut-il pas quitter son poste pour se mettre au 
service des chanoines de Saint-Donatien. 

" D. PetruB Vineloo, Pbr. oriundus de Slnsa, receptus fait in saccen* 
torem hajna ecclesie. '' 



(}) MaitVê» de ehani oi organiêiês, etCii p< 74. 



182 

^' DD. in revestiario congregatis, receptns fuit Anthonini Bjcke 
oriandns de Lovanio, clericns Leodiensis diocesis, ad stallnm et habitnm 
hu jas ecclc8ie> qui habebit singnlis hebdomadibas a receptore officii 
obedientie 3 s. g^. pro toto et irtiegro suo lucro, ratione dicti habitus et 
stalli, donec DD. mei latioB ordinaYerint de sao lucro et etiam Yiderint 
indnstriam et diligentias suas. 

" Eodem die deputati f uerunt mOjgister fabrice et ooadjutor ad recipien- 
dum ex ancilla D. Aülermi de Groote dudum succentoris hu jus ecclesie 
utensilia et omnia illa que D. Aillermus sub se habuit pertiuentia chora- 
libus juxta teuorem cujusdam inventarii desaper confecti. " 

" DD. mei volentes experiri de indastria et moribus Anthonü Bjcke, 
novissime ad stallum et habitum hu jus ecclesie recepti, dederunt slblin 
commissis ut instrueret chorales in cantu et incederet cum eis^ tam in 
ecclesia quam extra, sicat sucoentor facere consaevit et concesserunt 
sibi omnia emolumenta que suocentores habere consueverunt, pro oorum 
disoretione. Yoluerunt tamen quod dicti chorales ordinarentur adhuc por 
aliquot dies aut menses apad rectorem scolaram prout eis videbitur. " 

" NoYis8im« conclusam fait quod Anthonius Bycke intraret domam 
quam D. Aillermus de Groote pie memorie sucoentor inhabitare consaevit, 
et receptis ad sa utensilibus choralium sub tamen inrentario, que in 
dicta domo sant, haberet chorales secum in expensis et illos tam in cantu 
quam in yictu et aliis gnbernaret prout succentores hujus ecclesie facere 
consueverunt et hoc quoadusqne DD. mei de soccentore alio essent pro- 
visi vel desuper latius duxerint ordinandum. Et fait ibidem expresse 
injanctum clericis et vicarüs tam presentibas quam absentibns qaatenus 
ipsi obedirent eidem Anthonio in choro, pro hiis que cantum spectant, 
tanquam succentori sub pœna indignationis et correctionis capital!. ** 

" Mg™ Judoco [Monfort] rectori scholaram qui de ordination» et 
mandato DD. habuit sex chorales in expensis suis, tempore absentie 
succentoris, promissnm fuit quod pro hujusmodi suis expensis et cura 
dictornm choralium ha'beret ex Mg*^ Joh. Bonivicini receptore officii 
Coutere pro qaolibet chorali unum stuferum in die." — Acla cap. 17 Maii; 
2, 18, 28, 80 Junii 1601. 

1501, 12 Juillet. *ANT01NB de RYCKE, qui a déjà fait 
un mois d^ intérim, est admis en titre. Le 15 Décem- 
bre suivant, il obtient la permission de recevoir les 
ordres sacrés. Â son départ quelque peu inattendu 
(27 Mars 1504), le rector scholariim Jean Wint 
est chargé de la direction provisoire des choraux. 
M. E. Vander Straeten (^) suppose, à tort, quo 

Q) Maîtfeê de ehant et organiëUs, ttc.> p. &0, note . 



183 

de Bycke est originaire de Bruges. L'acte capita- 
tulaire cité plus haut dit expressément qu'il est 
natif de Louvain. 

Faut-il identifier notre Antoine cU Rycke avec 
Antonio Divitis et Antoine le Riche? Les dates 
connues pour les trois musiciens homonymes ne s'y 
opposent pas (^). 

" Anthonias Kycke pronnntiatns et dcclaratus fuit saccentor hnjns 
eeolesio cum honoribns et oneribus consaetis. " 

" Antbonio de Bycke snccentorî hujus occlesie fuit data lîcenlia 
accipiendi ordinea sacros a quocumque vejlct catbolico (intistite. " 

" Accordate fuerunt D. Antbonio de Bycke succentori, qui nuûc 
dominica proxima celebratnms est a^ altare parocbio in bac ecclesia 
8uam primam missam, quatuor canne viniex offiolo equalitatis. " — Acta 
cap. 12 Jul. 15 Dec. 1501 ; 1 April. 1502. 

" Solutum D. Antbonio de Bycke sncoenton* pro expensis sex cboralinm 
pro uoYom mensibus XI Ib. YI s. gr. et adbuc pro qualuor diebus III 8. 
IIII d. gr. Et rectori scholarum pro 33 diebus quibns tenuit in expensis 
suis 4 cborales et pro septom diebus quibus tenuit unum choralem XXIII 
s. II d. gr. Et succentori novo Vinelo pro quinquaginta qmnque diebus... 
XXXVII s. VI d. gr. " — C. Char. 1503-1504. 

1504, 20 Avril. *PiEREB VINELOO. Le chapitre s'étant 
vainement adressé à Nicolas Craen en résidence à 
Bois-le-Duc, (et qui cependant, à la mort d^ Alain 
de Groote, en 1501, avait sollicité l'emploi), nomme 
succentor le musicien sur lequel son choix s'était 
déjà porté en 1501. En Novembre 1507, Vineloo 
tombe malade et meurt le 22 Décembre suivant. 
Depuis le 20 Décembre jusqu'à l'arrivée du nouveau 
succentor, les choraux sont logés chez Pierre do 
Vync 7'ector scholarum, et surveillés par Jean 
Blyman; Jean le Petit et Pierre Zouburch leur 
donnent des leçons de chant. 

Pierre Zouburch était un clericus musicus dont 
le chapitre faisait grand cas, à cause des services 
qu'il rendait à la maîtrise. 



Q) Uoitru à$ chant $i organUteit pp« 21, 22. 



184 

Il est du nombre des chantres choisis par 
J. ïïobrecht pour donner une fête musicale en 
présence do Philippe de Clèves, à l'Écluse (^). 

Le talent de Jean le Petit paraît avoir été plus 
apprécié encore. En effet, successeur d'Alain de 
Groote (junior J, il remplit les fonctions de maître 
de chant de Notre-Dame à Bruges, depuis le 
31 Janvier 1508 (n. s.), jusqu'au 28 Août 1514. 

Le nom de Jean le Petit se rencontre parmi les 
chantres de la cour de Milan, en 1458 (*). Mais la 
distance entre cette date et celle de 1514 ne permet 
guère de rapprocher le virtuose de la chapelle 
ducale et le succeutor de Notre-Dame à Bruges. 

" Quia ad anres DD. venerat qaod D. Acthonins de Rycke, saccentor 
hujvB ecolesie, abaque scitù eorumdem, sua utenailia l)ona ad Zelandiam 
destinavit et miait, intendens illic suam iuautea facere reaideutiam, et 
officinm anum dimittere, vooato priua ad ae D. Anthonio et premisaa 
coram eiadem oonfiteute) dioti DD. mei ordinarunt per me aecretarium, 
Bcribi litteras cum proprio nuncio ad Nicolanm Craen, valentem muaicmn 
et valde commendatnm lu Bnscodncia residentem, qui ae ad officium 
predictum dum ultimum vacaret commendari et recipi aupplicayit, in 
effecta continenteBi quod ai ipae Nicolaua ad dictnm officium oum auis 
oneribuB, prerogativis et commodité tibua recipi ac eidem ut decet 
deaeryire vellet) ipai DD. mei eum reciperent et admitterentj salvo tamen 
quod hino ad quindecim diea poat Paacha prozime futurum ad residen- 
tiam yenire et Super premiaais litteras responaionem suam continentes 
DD. mois cum eodem nuncio remittere deberet. *' 

" Beceptua fuit D. Petrus Vineloo Pbr Tomacensis diocesia in aucoen- 
torem. " 

" Tune deputatua fuit et ordinatus ad regimen choralium, propter 
magnam infirmitatem D. Pétri Vineloo auccentoria et uaque ad ejua 
convajeacentiam aive obitum, D. Jobannes Blyman Pbr capellanna hujua 
ecclesie. " 

■* DD. propter magnam infirmitatem qua laborat Mg' Petrus Vinelo 
auccentor, ita ut curam de choralibua hujua eccleaie gerere minime poteat, 
commiaerunt eoadem choralea Mg"* Petro Vjno rectori acholarum pro 
eorum intertentione et pro instmctione cantus Johanni le Petyti olerico 



(^) Voir p. 62» note 1. 

(') La muêiquê au» Payê^Bait etc«, T. YI, p. 12. 



185 

installato donec ipsi alias desuper providerint, salvis tamen eis jure et 
salarie debitîs. " — Âcfa cap. 20 Martii, 20 April. 1504 5 15 Nov. 20Dec. 
1607. 

" Solutnm DD. Victori Brnnynck et Jacobo Haverbout exeontoribus 
D. Pelri Yinelo qnondam saccentoris pro expensis ses choralinm a festo 
B. Johannis Bapt. nsqne ad festnm B. Thome ApostolL, VU ft. VIII s. gr. 

'^ ItemMg"* Petrode Yync tnnc rectori scholarnm, qnî de mandate DD. 
habnit in expensis dictes chorales ab eodem f este B. Thome nBqne ad 
vigiliam Parificatienis B. Marie Virginis.... XXXVI s. YIII d. gr. 

" Item D. Petro Zoubarch, qui direxit chorales in ecclesia et alibi pest 
obitum D. Pétri Yinelo usqne ad ad ven tam modemi saccentoris... Y s. 
gr. ♦' — C. Chor. 1507-1508. 

" Considérantes servitiam et honorem qnod et quem D. Petras 
Zeuborch capellanas de gremio chori hajos ecclesie impendit ecolesie in 
canta, 'DD. loco pensionis qoam sibi forte aocordare pessent et yellent, 
consentinnt sibi qaed domam qoam acta inhabitat, qae pertinet fabrice 
hajos ecclesie, pro anno futaro et preterito habébit gratis, hoo est, 
abëqae aliqao locagie. " — Acta cap. 2 Sept. 1499. 

" Solatam Johanni le Petit ricarie ha jas ecclesie pro nna pensione 
annua sibi concessa de XX s. gr.... XX s. gr. " — CC, Chor, 1606-1506. 

" Beceptas fait, prestite prias jaramente, ad stallnm et ad oi&ciam 
cantorie hnjas ecclesie débite deserviendam Jehannes Parvi, clericus 
Cameracensis diocesis. " 

" DD. in saoristia oapitulariter oengregatis, prorisam est per eosdem 
D. Petro de Raet yicario de gremio chori de officie cantorie per recessam 
D. Johannis Petit vacante. " — Acta cap. B. M. V. 81 Jan. 1608 (n. s.); 
28 Aug. 1614. 

1508 (n. S.), 26 Janvier. *alain de GROOTB, (junior), 
neveu de Fancien phonascus Alain de Groote, 
(senior J. Une démarche infructueuse avait été faite 
par le chapitre pour obtenir comme maître de chant 
Jean de Prato^ réaidant en Hollande. 

Avant d'être nommé aticcentor de Saint- 
Bonatien^ Alain de Groote avait rempli les 
mêmes fonctions à Saint-Sauveur^ dès avant 
le 27 Mai 1500 {^) jusqu'au 26 Juin 1503 (») et 



(*) Dans on acte capitalaire de Saint-Donatien, de cette datOi Alain 
figare comme auccentar de Saînt-Saavear. 

(<) 0*e8t sans dente par distraction que M. B. Tander Straeten 
{MaittêB de chant et organittês, ttto.i p. 28, noie 8 «t la rnuêiquê am 



186 

à Notre-Dame, antérieurement déjà au 23 Sep- 
tembre 1506 0) jusqu'au 9 Décembre 1507. 

D'une part, les de Groote sont qualifiés de prêtres 
du diocèse de Tournai; d'autre part, Alain (junior) 
habitait Bruges, avec ses sœurs. Ne pourraît-on 
pas en inférer que ces musiciens étaient, sinon 
brugeois, du moins flamands ? 

" D. Alianns de Groote Pbr, sua spontanea voluntuto cepit licentiam 
ab officio cantorie ac habita et Inoro chyri, rogans DD. ut Bervitinm per 
ipeuin factam gratnm et aoceptabile caperent. " — Acta cap. SS. Salva- 
toria 26 Jon. 1603. 

" Andita petitione D. Aliani de Groote cantos magisfti asserentis se 
întellexisse quod DD. de capitalo providerunt de hnjnsnlodî officio 
cantorie cuidam D. Joh. Merschaert ac petentis propterca ant cinniic 
absolvi, aut, ne provisionem per eumdem de VictualibuB factam porderôlf 
usqne ad proximam Joh. Baptiste festam continaari, per inaturam dclibe- 
rationem responanm fnit eidom, qnod deserviret dicto officio usqnc ad 
primnm mensis Jannarii, ad qnam diem plenam persolntionem acceperat, 
et qnod tono ita cnm eodem agetnr qnod non habebit occasionem 
perdendi provisionem snam. " — Acta cap. B. M, V. 9 Dec. 1Ö07. 

" Tnnc DD. mei délibérantes saper novo anccentorei ordinarnnt litteras 
cnidam Mg^ Johanni de Prato in Hollandia residenti tanquam ad hoc 
habili et ydoneo esse scribendas, qaia ad hajasmodi officiam habebant 
eam oommendatam. " 

" Mg^ AUanuB de Groote Pbr reoeptos fait in snccentorem et admisaus 
ad stallnm... cnm dispensatione qnia sacerdos. " 

** Capellania perpetna fnndata ad altare S. Juliani collata fnit Aliano 
de Groote snoceutori. *' — Acta cap. 7| 26 Jan. 1608 (n. s.); 20 Sept. 1918. 



Pays-Bas, etc., T. VI, p. 78, note 1) dit d'Alain de Groote, qu'il remplit 
pendant quelques mois gratuitement les fonctions de maître de chant en 
l'église de Saint-Sauveur, à partir du 26 Juin 1608. Car la phrase " cepit 
licentiam àb officio cantorie, rogans DD. ut servitium per ipsum factum 
gratum et acceptahile caperent " signifie bien " il prit congé, il résigna son 
office, tout en priant les chanoines d^avoir pour agréables les services ^'tî 
avait rendus. " 

(^) Les actes du chapitre de Notre-Dame du 17 Septembre 1601 aa 
19 Juillet 1606 n'existent plus. Alain de Groote est déjà mentionné 
comme phonascus à la date du 23 Septembre 1606. Il doit donc avoir été 
nommé avant cette époque, probablement en remplacement de Jean 
PastoriSi après le 26 Juin 1603. 



187 

" Item D. Aillemo de Groote moderno Baecenteri pro expensis ohora- 
lium a vig^lia snpradicta [Parificationis] nsqae ad festum m^tiyitatis 
B. Johannis Bapt. in anno 1508... VI ö). V s. gr. " 

" Solutnm sororibas D. Aleami pro factura sex parium lintheamitHiin... 
I 8. gr. " — CC. Chor. 1607-1510. 

1513, 12 Octobre.BAETHÉLEMiBINCHOISouBINSOET, 
clerc du diocèse de Cambrai. Il quitte son poste à 
l'improviste, en Janvier 1520 (n. s.). Malgré cette 
faute, le chapitre lui restitue plus tard (1524) son 
ancienne stalle^avec le privilège de chanter au salut. 
Mais le chantre inconstant, parti, sans en avertir 
les chanoines, pour Arras où il compte devenir 
succentovy est définitivement licencié (1525). 

** Beceptns fait ad stallnm ei officium auccentorie hujus ecelesie 
Mg' Bartholomeus Binaoet clericus Cameracenais diocesia... Et fuit oon- 
ceaaum Aliano de Groote auo predece»sori ultra staUum quod obtinet, 
dimidium atallum... quique obtinebit locum promotion ia aecundum aaum 
introitum et conauetudinem obsûrvatam. *' 

'* DD. ordinarunt quod aingulia diebua ferialibua inantea auccentor hujas 
ecelesie in domo propria videlicet in eatate ab hora quinta poat meridiem 
uaque ad horam laudum et in hyeme ab hora quarta uaqoe ad dictam 
horam laudum habeat docere et instruere omnea acolarea iatarum scola- 
rum in cantn volentea proficere, salvo sibi aalario gratioso et consueto. 
Et in aingulia feriis quartia et aextis in acoliq ab hora décima uaque 
undecimam, hoc aalyo quod ai dictîa feriia quartia et aextia featum 
occurreret, tune docebit eosdem die précédente. 

" Item quod choralea firequentent acolaa, conauetudinem ab aatiquo 
obaervatam inaequendo. 

" Item aingulia diebua dominicia et feativia auccentor in latere auo et 
rector acolarum in latere oppoaito hora primarum et aliarum horarum 
debeat in choro atare et dirigere pueros paalmodientea juxta morem ab 
antique obaervatum. 

" Et in aliia faciat idem sucoentor prout alii aui predeoeasorea auceeu- 
torea prioribua temporibua facere aolebant. " 

** Binchoia olim auccentor admittitur ad atallum et landea vegpertiaaa 
in loco primo poat magiatrum acolarum. " 

" Bartholomeua Binchoya Attrebatum propter aucoentoriam ibidem 
adipiacendam, ut fertur, profectua, lioentiatur propter inconatantiam, in 
cujua locum aurrogatur Bogerina Bemardoa." -- Aeta cap» 12 Oct. Ifil8| 
8 Sept. 1616; 11 Maii 1624} 28 Aug. 1626. 



188 

1520 (n. s.), 27 Janvier. *pibrre de RAEDT, clerc installé, 
nommé d'abord ad interim, puis définitivement. 
Après le départ précipité de Binchois, jusqu'au 
2 Février, les choraux sont confiés aux soins de 
Julien de Coc. 

En 1641, de Raedt reparaîtra pour quelques 
. jours comme succentor intérimaire de Saint-Dona- 
tien. A- propos de cette courte apparition^ voici 
comment s'exprime M. E. Vander Straeten (^) : 

" Pierre de Raedt, que ses contemporains appe- 
laient familièrement Pierkeji, est connu par une 
messe 'manuscrite à quatre voix: qnmn dicunt 
horainesy conservée dans la bibliothèque de. Cam- 
brai, eM dont M. de Coussemaker publia en parti- 
tion le «anch^. intéressant. M. Fétis^ privé de tout 
renseignement ultérieur sur Pierre de Raedt, dit, 
avec son assurance habituelle, que ce musicien 
flamand *^ vécut au commencement du XVI^ siècle". 
La position éphémère que Pierre de Raedt occupa 
à Saint-Donatien, vers le milieu dudit siècle, est 
une première étape définitive dans la biographie 
de cet artiste''. 

Ce n'est pas de 1541 que date la première étape 
de la carrière artistique de Pierre de Raedt; elle 
remonte vingt-sept ans plus haut. 

En effet, le compositeur, avant d'être attaché à 
Saint-Donatien, (1520-1523), avait déjà rempli les 
fonctions de phonascus à Notre-Dame, depuis le 
28 Août 1514 n jusqu'au 8 Avril 1517. On dirait, 
d'après la teneur de l'acte capitulaire, que les 
chanoines de cette collégiale n'acceptèrent sa 
démission qu'à regret. Aussi huit ans plus tard 



Q) Maîtres de chant et organUtee, eto.| p. 27. 
C) Voir p. 86. 



189 

nous trouvons de Raedt chargé à nouveau de la 
direction des choraux de Notre-Dame (24 Février 
1525.6 Juin 1526). 

*' Comparait D. Petrus de Baet vicarins perpétuas dyaconalis misse 
animaram cantorqae et magister ooraliam... et petiit animo deliberato 
et bene consnlto, at dizitj ab ipsis officio et oora coralium absolvi... 
Qnibas sic per eam propositis, de mandato vicarii [prepositi] se panln- 
lom retrazit. DD. igitur per vicarinm desnper singulatim interrogatis, 
Bcratatis vocibus... eoqae introTocato, interrogatoqne per vioariom an 
dictas Petrus de Baet esset ejusdem opinionis ut supra et bene ac 
mature délibérât us respondit constanter quod sici quia licet officio suo 
BÎbi commisso pro posse suo diligenter insudasset corales instmendo, 
respectum ad honorem chori et ecclesie habendo, erant tamen aliqni qui, 
ut dixit, seminaverunt post tergum suum aliqna verba dicta raheeuwen 
et alia multa. Quibus per DD. auditis, attenta etiam ejus responsione 
quia deliberate petiit absolvi, D. vicarins ex conolusione DD. eumdem 
absolvit et ab officio relaxavit. Salvo quod eidem officio deserviet usque 
ad adventum alterius oantbris, quod facere promisit, saltem usque ad 
diem et festum S. Bonifacii.** — Acta cap. B, M, F. 8 April 1617. 

'* DD. bene informati de recessu Mg'^ Bartholomei Binsoet clerici 
installât! et succentoris hujus ecclesie (et qualiter ipse officium sucoen- 
torie et chorales sine directere diînisit) instituerunt D. Petrum de Baedt 
clericum installatum ad officium ipsum exercendum, chorales dirigendum 
ot instruendum in scientia et moribus quousque du m alias providerînt. *^ 
" Attente qnod Petrus de Baedt ad succentoriam receptus chorales in 
domo propria ot suis cxpensis recipero intendit... dentur nova utensilia 
ex officio Coutere. " 

" Gontinuatnr succentor sub spe omendationis, alias non. *' — Acta cap' 
27 Jan., 1 Febr. 1520 (n. s.); 23 Jun. 1522. 

" Solntum Mg"* B. Binchois succentori pro expensis sex choralinm ad 
rationem unius dim idii anni incipientis in fcstè B. Joh. Bapt. anni XIX* 
et finientis in festo nativitatis Domini anni XIX^ solvendo pro quolibet 
chorali tres Ib gr. ex speoiali gratia ob cbaristiam victualium....IX Ib gr. 

" Item solutum Jnliano do Coc pro expensis commdem choralium pro 
sex septimanis.... II & v. s. gr. 

** Item Mg"* Petro de Baot nunc succentori a festo Purification is usque 
ad festnm B. Joh. Bapt. anni viceBimi....Vrfl)xv s. gr." — C. Chor. 1519-1520. 
" Comparens D. Petrus de Raet supplicavit rocipi in cantorem et 
rectorom choralium, offorens se eiden» cantorio laudabiliter deflervitumm 
si DD. vellcnt angmentaro ordinariuni salaritim'do quatuor Ib gr. annuo. 
Super quo DD. habita mâtura deliberatione eumdem D. Petrum in 
cantorem et rectorem choralium receperunt augmentando salarium ordi- 



190 

narimm de 'Incr* dimidii stalli clericonim de choro. Efc ultra hoc DD. 
habeotes respeotum ad caristiam jam yigentem oonsensemnt eidem dari 
iinum liottnm tritici et habitationem domus canonicalia oaqne ad festnm 
S. Joh. Bapt. gratis. Et ai tanc doraverit adhnc presena cariatia ita at 
hottam tritici Tendatnr octo vel novem solidia, idom D. Petma habebit 
daaa fl> gr. annae dnrante hnjaamodi cariatia et non ultra." 

" Vocato et comparente D. Petro Baet cantore et rectore choraliam 
hujna eccleaie ezpoaait D. vicarina qupd fama fuit ipsum ceaanrum can- 
torie et rectorie choralium, quod tamen facore non deberet niai trimestri 
ante predicendo. Super quo idem rector aaaeruit se non receaaurum niai 
predicendo trimestri ante, quod ai tnnc DD. non eaaent proviai, potiua 
adhuc deaerviret per dimidium ultra." 

" Comparait Jacobua de Ponte aupplicans recipi ad officium cantorie et 
rectorie choralium.... quem Jacobum DD. ad dictum officium admiserunt." 
— Acta «op. B. M. V. 24 Febr. 1625; 17 Mart., 16 Jun. 1626. 

1523, 17 Juin. *wülfard ou lupus HELLYNCK, clerc 
installé; ancien enfant de chœur et virgifer de 
Saint-Donatien. 

M. E. Yander Straeten, qui ne connaissait que les 
actes capitulaires relatant la nomination deHellync, 
une prétendue punition infligée au succentor, et 
son décès, s'exprime ainsi(^): " Ces renseignements 
sar Lupus Hellinc ou Hellin nous paraissent 
extrêmement importants, attendu qu'on ne savait 
absolument rien au sujet de ce maître habile. Sa 
réputation a été énorme pourtant, à en croire les 
éloges brillants que lui adresse le scribe des actes 
capitulaires do Saint-Donatien à Bruges. Devons- 
nous prendre au pied do la lettre la qualification de 
princeps imisicorum qui est donnée à Lupus 
Hellin?.... 

'^ L'insistance du scrijbe, qui reprend, à deux 
reprises, le panégyrique de Lupus Hellin, nous 
semble offrir toutes les garanties d'une entière 
sincérité. Nombre de ses ouvrages imprimés dans 
divers recueils de France et d'Italie, lui ont sur- 

(*) Maîtres de chant et organiste», etc., f . 25* 



191 

Técu. Qu'on les examine ; on pourra par la com- 
paraison de ceux qui ont vu le jour en même temps, 
contrôler de visu et de auditu, l'assertion du secrétaire 
du chapitre de Saint-Donatien. 

'' Une autre question se présente: celle de la 
nationalité de l'éminent artiste. Dans sa Notice sur 
les collections musicales de Cambrai, etc., M. de 
Goussemaker pense qu'il était flamand, car, dit-il^ 
'^ le motet Panis quem ego daho du ms. 124, porte 
'' l'inscription suivante : Liipv-s noster Hellinc (c'est 
'^ le copiste qui parle). Or, ce recueil a été écrit et 
'' peint par des artistes flamands. " 

'^ Nous ajouterons que Bruges en particulier et 
la Flandre en général renferment quantité de 
familles anciennes du nom de Hellin et Hellinch. 
Comme le cas est arrivé bien souvent, le maître, 
après avoir séjourné en Allemagne et en Italie, 
aura aimé à prendre une position de retraite dans 
son pays, et il aura opté pour Bruges, qui peut-être 
est sa ville natale. De quel poids est maintenant 
l'ppinion de M. Pétis qui assigne à l'Allemagne 
la patrie de Lupus Hellin ? 

'' Le chapitre lui infligea une punition, le 
28 Février 1524 n. s. Est-ce à la suite de cette 
condamnation disciplinaire qu'il alla voir l'Italie 
et l'Allemagne?" 

La courte notice biographique que nous avons 
donnée plus haut Q) sur Hellync, éclaircit déjà 
bien des points restés obscurs jusqu'ici. Il suffira 
d'y ajouter quelques détails nouveaux. 

Wulfard Hellync, fils de Jean, était jeune clerc 
du diocèse d' Utrecht, quand, en 150G, il vint s'en- 
gager comme choral au service de Saint-Donatien. 



(>) Voir pp. 52 et 6a 



192 

La question de la nationalité da compositeur semble 
ainsi tranchée; il est d^ origine hollandaise. 

Sauf, peut-être, deux ans d'études (Mai 1511- 
Novembre 1513) et quelque temps de préparation 
au sacerdoce (après Novembre 1515 et avant 
Octobre 1519), Hellync passa à Bruges les trente- 
cinq dernières années de sa vie. Après avoir été, 
pendant un an et demi, chantre {clericus installatus) 
de Téglise où il avait fait son apprentissage, il 
exerça les fonctions de phonascus à Notre-Dame, 
depuis le 20 Juin 1521 jusqu'à sa nomination 
de succeiitor à Saint-Donatien, le 17 Juin 1523. 
Il occupa ce poste pendant dix-huit ans, c'est- 
à-dire, jusqu'à sa mort. Durant cette longue 
carrière, nous n'avons découvert aucune trace 
d'absence prolongée : les comptes des choraux 
paient régulièrement tous les ans, sans exception, 
Wulfardun Hellynck, pour l'entretien de six ou huit 
choraux; jamais il n'est question d'un suppléant, et 
deux fois l'an, au jour réglementaire, le succentor 
se présente en personne devant le chapitre, avec les 
autres of&ciers, pour faire renouveler son mandat. 
Un voyage en Italie et en Allemagne entrepris par 
Hellync,en 1 524,nousparedt donc aussi inadmissible 
qu'un séjour du maître dans ces pays, avant sa 
retraite à Bruges, en 1523. D'ailleurs la résolution 
capitulaire du 28 Février 1524, où M. Vander 
Straeten croit voir une punition infligée au stLccen- 
tor, punition capable de provoquer le départ du 
maître de chant, n'a pas une portée aussi *grande; 
si nous en comprenons bien le sens (^), le chapitre 
charge Wulfard Hellync de payer à l'hôte de 



(*) Nous tâchons de justifier notre manière do voir dans une note 
explicative de l'acte capitulaire cité plus bas. 



193 

l'auberge la massue [in de Jeolve ou in de hnodse), 
uue dette de quinze patards> contractée probable- 
ment par les chantres de Saint-Donatien à Poc- 
casion du carnaval, et s'ofEre à rembourser cette 
somme au phonascus, lorsque celui-ci aura commu- 
niqué aux chanoines les noms des débiteurs. 

C'est uniquement par ses compositions musicales 
que Hellynck se fit une réputation au dehors. 
M. Vander Straeten lui attribue les messes '^ Be 
resurrectione '' " Garolus Ymperator '' '' Surrexit 
bmus '' 0). 

Les termes dans lesquels le secrétaire du chapitre 
enregistre d'abord l'annonce du décès de Wulfard, 
puis, un an après, la fixation d'un service anniver- 
saire : " princeps omnium musicorum totius mundi, 
— succentor qualem nec preterita habverunt nec 
fiitura habitnra sunt secula " — " vervs musicus 
eximius, " ces termes, disons-nous, montrent assez 
quelle haute estime les chanoines avaient pour le 
succentor dont l'habileté faisait briller leur maîtrise 
d'un si vif éclat. 

On se rappelle que le magistrat de Bruges, 
soucieux de l'honneur de la ville, eut recours au 
talent de Lupus et de ses chantres, pour faire 
figurer avec succès la gilde du Saint-Esprit dans 
une fête de rhétorique, donnée à Gand en 1539 (^). 

De 1523 à 1541, nous rencontrons dans notre 
collégiale toute une pléiade de musiciens dont les 
noms, plus ou moins célèbres, gravitent autour de 
celui de maître Helljnc : Barthélemi Binchois, 
Pierre de Raedt, Philippe Rogerie, Adrien de 
Landtheere, Jacques Siens, Jean Leunis dit Apollo, 



Q) La musiq'm ava Pays-Bas, T. VIII, pp. 866, 362, 870, 872, 880. 
(*) Voir p. 52, note 8. 



13 



194 

Gérard Thol^ Joachim et Gaillaame Bichafort^ 
auxquels on peut joindre Antoine Willaert. 

Plusieurs d'entre eux ne sont plus des inconnus. 

Binchois et de Baedt^ anciens succentores, deve- 
nus l'un clerc installé ('), l'autre chapelain, chantent 
encore sous Lupus. Le chapitre, afin d'engager 
de Baedt à prêter à la maîtrise le concours de sa 
voix exercée, lui donne une pension annuelle d'une 
livre de gros. 

Philippe Bogerie, Adrien de Landtheere et 
Jacques Sienp, ex- choraux et futurs maîtres de 
chant respectivement de Saint- Sauveur, de Saint- 
Gilles et de Saint-Donatien, développent leurs con- 
naissances musicales, sous la direction de Hellync(*) . 

Jean Leunis, contratenor en 1539, est le ménestrel 
qui fit plus tard, sur l'ordre de la ville, un recueil 
de tous les airs joués sur le carillon du beffroi de 
Bruges (^). 

Gérard Thol, mieux connu comme chanoine de 
Saint-Donatien, vicaire général de Jean Carondelet 
dans l'administration de l'archidiocèse de Palerme, 
prévôt de Notre-Dame à Bruges et aumônier de 
l'empereur Charles-Quint et du roi Philippe II (*), 
mérite cependant d'être mentionné aussi à titre de 
musicien.Il fut excellens musicus d'après Foppens(^) . 



(ï) Voir p. 187. 

(») Voir pp. 51, 67, 99, note 4. 

(*) La musiqv^e aux Pays-Bas, etc., T. V, p. 18, où M. Vander Straeten 
cite un extrait des comptes de la ville de Bruges 1552-1553 : " Bouc 
ghemaect van al do airkens op den beyaerd, in 't slaen yan hueren en 
half hueren op de appelen ter Halle, Jan Leunis, gheseyt ApoUo. '^ 

(*) Pour de plus amples détails sur Gérard Thol, voir : Beaücoübt de 
KooRTVELDB, DescvipHon historique de Véglise collégiale et paroissiale de 
Notre-Dame à Bruges, p. 208 j J. Gailliaed, Inscriptions funéraires, etc.. 
Église de Notre-Dame, p. 41. ^ 

(*) Compeiidium chronologicum, etc., p. 129 : " Fuit excellens musicus, 
primo phonascus etc. " 



195 

Ancien enfant de chœar de Saint-Pancrace et de 
Saint- Pierre à Leyde, le jeune Thol continua de 
cultiver le chant à Termonde et à Gand. Attaché 
ensuite à l'église de Saint-Donatien^ en qualité de 
virgifer (1526), il y devint tahulariits (1528), 
chapelain et vicaire (1534) et fut chargé de donner 
des leçons de musique aux réfectionaux (1532). 
C'est à tort toutefois que Foppens en fait un 
phonascus (^). — Un chapelain-chantre, nommé 
Gérardi Thol, figure dans la liste des chantres 
flamands de la chapelle de Philippe II en 1559 (*); 
le prévôt de Notre-Dame étant mort en 1558, nous 
sommes en présence d'un simple cas d'homonymie. 
Guillaume et Joachim Bichafort, peut-être deux 
frères de Jean Bichafort, l'habile compositeur 
flamand, connu sous le nom italianisé de Eicciü' 
forte ('), furent des musiciens estimés, s'il est 



(*) Voir p. 66, note 2, où est établie, pour la première période de 
rinstitntion des refeetionales (1632-1650), la distinction entre le auccentor 
et le professeur de chant des réfectionaux et des choraux. Pendant que 
Hellync occupait le poste de phonascus et dirigeait la maîtrise, Thol et 
Feyo enseignèrent successivement la musique aux enfants. Plus tard, 
Antoine Galli, appelé d*abord 8uccentor(CC. Chor. 15 tô- 1647), est appelé 
ensuite auccentor et magister cantva {CC. Chor. 1547-1650). Antérieure- 
ment à 1632, un professeur de chant paraît avoir existé à côté du 
succeiUor; les comptes des choraux de 1612 et de 1616 mentionnent un 
nuigister eantus, et sous le suecentor Alain de Groote (Junior) et sous 
Barthélemi Binchois : 

" Solutum D. cantori D. Johanni I^ammins pro nunoio misse Cnrtracam 
pro magistro choralium habendo.... XVI gr." - 

" Solutum Mg" Yincenoio, magistro eantus modemo pro expensis 
itinoris pro prima vice qua venerat Brngas.... IIII s. II gr. " 

" Solutum Mg^'^ Bartholomeo Binchois snccentori pro viatico suo 
versus Cameracum pro novo magistro eantus habendo. " — CC Chor. 
1512; 1616. 

(') La musique aux Paya-Bas, etc., T. VIII, p. 26. 

(') Pour les œuvres de Jean Bichafort, voir La musique aux PayS'BaSy 
etc., T. VIII, pp. 360, 878, 452, 458. 



196 

permis d'en jager par les termes exeellens muaicua 
et eximiiLS musicus, dont le secrétaire du chapitre 
se sert pour désigner Fun et l'autre. 

Joachim Richafort^ tenor de Saint-Donatien^ 
touchait tous les ans une pension Q), outre les 
fruits de sa stalle et devint plus tard '^ chantre de 
la royne " Marie de Hongrie (*). 

Un procès-verbal de la collace de Gand, publié 
par M. Gachard (^), constatant la présence do 
Guillaume Richafort en cette ville, le 6 Juin 1539, 
lui donne le titre de maître de chant de Saint - 
Donatien. Cette qualification est inexacte. G. 
Richafort n'était pas succentor, mais clericus instaU 
lattis, chantre faisant partie de la maîtrise dont 
la direction appartenait à Wulfard Hellync. 

Vers la même époque, Antoine Willaert, ex-choral, 
occupait une stalle cléricale à Saint-Donatien (*). 
Quel qu'ait été son mérite comme chantre, nous 
ajoutons son nom à ceux des autres musiciens, 
parce qu^il est le frère du célèbre maître de chapelle 
de Venise. 



{*) Voir p. 64, note 4, in fine. 

(^ La musique aux Pays-BaSf etc., T. HT, p. 824. 

{') Relation des troubles de Oand sous Charles. Quint par un anonyme; 
suivie de trois cent trente documents inédits sur cet événement^ par 
M. Gachard, Bmzelles 1846, Supplément, p. 683 : " So zjn Toor my 
notaris apostolicns.... ghecompareert..., her Lieven Berchman, presby- 
tère-... hcr Anthennis Banwins, her Pieter Van den Bergbc, moesce^ Jan 
De Brune, her Marcns van den Vivere, preabyterg,.... de welcke ver-, 
claerst hebben, ten verzoncke van .Tacob van Quickclhorglie, dat zy 
comparanten op den 6" dach van Joninn int jncr 1539, preaont ende bij 
gbeweest hebben op den Reep binnen deser stcdn van Ghondt, ten hnyse 
van Jooa Vander Beken, bachtcn in den lochtinck onder eenen groenen 
waghene, daer zy comparanten zatcti goede chicre te maecken met 
M' Willem Eicheafort, presbyter, sanghmeester vander collegiale kercke 
van Sent Donaes te Bmggbe, enz. " 

(*) Voir p. 99, note 4. 



197 

On le saitj Bruges etBoalers se disputent la gloire 
de compter Adrien Willaert parmi leurs enfants {^). 
M. Fétis le fait naatre à Bruges et appuie son 
affirmation sur un témoignage de Zarlino^ qu'il ne 
produit pas et que M. Vander Straeten a vainement 
cherché dans les œuvres de Félève d'Adrien. M. 
Vander Straeten, et ceux qui avec lui assignent 
Koulers comme berceau de l'artiste flamand, invo- 
quent le témoignage de Meyerus, compatriote 
contemporain de Willaert. D'autres ne regardent 
cependant pas cet argument comme décisif, attendu 
que le terme oriundus employé par l'annaliste des 
Flandres, signifiant originaire de, n'a pas la même 
valeur que le terme natus, natif de, et que ces deux 
termes se voient parfois réunis ; par exemple, dans 
cette phrase : Oortraco oriundus, sed natus Insulis, 
originaire de Gourtrai, mais né à Lille (^). 

Nous n'avons nullement la prétention de clore 
le débat; toutefois nous pensons qu'il faut tenir 
compte des détails suivants, capables peut-être de 
provoquer des lumières ultérieures. Antoine Wil- 
laert, frère d'Adrien, fut admis en qualité de choral 
de Saint-Donatien, le 11 Mai 1519. En 1528 et 
1529, il jouit de la faveur de continuer ses études 
à Gand, et reçoit à cette fin un subside annuel d'une 
livre de gros, à prélever sur Vofficium van der 
Coutere. Les deux années, la somme est payée par 
le receveur de l'office directement au père d'Antoine, 
Denis Willaert, une fois même en présence du 
succentor Hellync, donc à Bruges, selon toute 
apparence. 

Ne peut-on pas, sans témérité, déduire de ces 
faits que Denis Willaert habitait Bruges et que 



(0 La musique aux Pays-Bas, etc.| T. I, pp. 248-262; T.VI, pp. 174-268. 
O Annales de la Société d'ÉrmUation, T. XXI, p. 864. 



198 

ses deux fils^ s'ils ne sont pas nés dans cette ville, 
peuvent cependant être regardés comme brugeois^ 
à raison du moins de leur résidence dans notre cité f 

** Beoipitnr ad preBentationem decani Wulframus Hellynck ad atallum 
et officium saocentoris cum joramento et installatione solita et consueta." 

" Lnpns Hellin intra pascha prozimnm soi vet XV stnferos hospiti in 
Glava. Ipae antem nomina eomm notet qui dictoa XV stnf. in repotiis 
barbarisationis expendisse dicantor, referatqne in capitnlum et fiet sibi 
jnsticia " (*). 

" Fropinqoi D. Lnpi Hellin snccentoris, qnalem nec preterita habaenmt 
nec f utara habitara snnt secula, defunctij exhibuerimt testameutum ejus, 
petentes ipanm' confirmari, vig^lias caotari, in capellanornm sepnltara 
poni et martia ezequias fieri cum polsn minimo, offerentes omnia ezaol- 
vere pro more eoclesie. Qaibns DD. annuerunt." — En tnargi: " Prinoeps 
omniom moflicoram totios mundi defonctos. '* 

" Diebos dominica et Inné proximia fiet anniveraarinm D. Lnpi Hellin 
BUücentoria hnjna eocleaie, cantoria, yeriqne mnsici eximii." — Aeta cap. 
16 Jnn. 1528; 28 Febr. 1624 (n.B.)i U Jan. 1641 (n.a.); 19 Jan. 1642 (n.B.). 

" Petro de Baedt dudnm anocentori, nnnc capellano, datnr penaîo 
1 9) gr. nt inclinatus ait ad oantandnm onm aliia maaicia. " — Acta cap, 
8 Febr. 1630 (n. a.). 



(^) Voici lea conaidéranta qni noua ont dicté l'interprétation donnée 
ploahant (pp. 192-198) à ce texte. 

En 1624^ le jour de Pâqnea tombant le 27 Mara, le carnaval avait 
lien an commencement de Février. Or Tacte capitnlaire eat daté dn 28 de 
ce moia. Repotia aignifie proprement dea feativitéa célébréea, antrefoia, 
le lendemain dea noces, on le aeptième jour aprèa la cérémonie, quia quasi 
reficitur potatiot dit Forcellini ; de là, d^aprèa Docange, on a donné ce nom 
an repaa offert à Toocaaion de Tanniveraaire on dn jnbilé de la profeaaion 
d'nn religieux : ce n*eat paa forcer la aignification dn terme repotia qne 
de le prendre dana le aena de repotatio, iterata potatio, Barhari$atio, 
mot d*nne latinité fort dontenae, ne ae trouve dana aucun dictionnaire. 
Ne pourrait-on paa le rapprocher de harhator ou harharra» Barhatoreê : 
peraonnagea masqués, mimi qui larvati in theatris ludunt^ quomodo in 
Bacchanalihus fieri aoletf in quihus larvae ipsœ prolixiorihus et formœ 
insolentis, harhia instructœ sunt, Barharra: folie, mendoaepro harhurra, 
stultitia, ineptia. (Ducakqb, P' Repotia, et Barharra). D'ailleurs le 
euceentor dana lea fétea que ae donnaient lea ohantrea avait une certaine 
reaponaabilité, témoin la réaolution capitnlaire du 12 Décembre 1580: 
'* Deincepa auocentor inainuabit muaicia quantum vini ait eiadem preaen- 
tatum. Ât ipsi aoli remanebit authoritas conatitnexidi loeum ubi id vinum 
expend«tar et potabitnr." 



199 

" Admittitnr ad stallom Joannes Apollo clericus Tomacenais diocesiB.** 

" Apollo contratenor freqnentet easdem landes [vespertinas] nsque 
ad nativitatem Christi. '* 

" Cnstodia ad altare S. Joannis coufertur Joanni Lennis." — Actacap. 
18, 24 Nov. 1639; 16 Nov. 1641. 

" Comparait D. Gnillelmns Hichafort homiliter sapplicans mite secnm 
agi qnoad ponitionam propter lesionem Mg*^ Francisci Friscobaldi 
capellani, cnjns supplicatione andita, primo attenta hnmilitate et snppli- 
cantis panpertate, et prinoipaliter confiiderata et visa absolutione hujn» 
delict], enmdem lacro ecclesie restitaernnt. DD. interdicentes eidem 
nichilominus chori freqnentationem et missarum celebrationem. " En 
marge : " Gnillelmns Hichafort mnsicns eximins inhibetor celebrars 
missam. " — Aeta cap. 2 Dec. 1682. 

" Item Djonisio Willaert patri Anthonii Willaert qnondam choraÜB 
Gandavum ad stndium litterarnm missi, ex gratia et ordinatione DD. pro 
anno X7« XXVIII, 22* Martii solvi presente D. Wulfardo anccentore et 
per qnitanciam.... XX s. gr. " 

" Item Dyonisio Willaert patri Anthonii qnondam choralis, in conti- 
nnationem studii apnd Gandavnm etiam pro anno XY^ XXIX ex grati» 
speciali capituli solvi 11 Aprilia ante pascha.... XX a. gr. " — CC. Chor. 
1628.1680. 

*' Conceditnr Anthonio Willaert accedere Bomam et Venetiaa apnd 
fratrem et qnod posait abesse ad dimidinm annnm, sed non ultra, sine 
amissione sol stalli. " — Acta cap, 26 Febr. 1637 (n. s.). 

1541 (n. s.), 19 Janvier. *pibrek de RAEDT, ancien 
succentor, qui avait été le suppléant de Wulfard 
Hellync pendant la dernière maladie de celui-ci^ 
accepte de continuer à prendre soin des choraux. 
Cinq jours plus tard^ il tombe malade et doit 
renoncer à l'intérim. 

^'11 y a une lacune ici, dit M. Vander Straeten (^), 
à en juger par un passage de la Relation des 
Troubles de Oand sous Gharles-Quint, Il y est dit 
notamment que, le 10 [6] Juin 1529, donc peu de 
temps avant les troubles susdits, Guillaume Richa- 
fort, maître de chant de Saint- Donatien à Bruges, 
se trouvait à banqueter à Gand, sous un berceau 



(') Maîtres de chant et organistes, etc.» p. 27, note 1. 



200 

de verdure placé au fond d'un jardin. Inutile 
d'ajouter de quelle manière il fut impliqué dans 
les événements qui surgirent. '' 

Nous ne pouvons souscrire à cett« opinion. Si 
lacune il y avait^ il faudrait la placer en Juin 1539, 
et non pas en Janvier 1541. Mais il n'y a pas de 
lacune, Wulfard Hellync ayant été succentor de 
1523 à 1541, sans interruption. En 1539, nous 
l'avons vu, G. Richafort était chantre à Saint- 
Donatien, et c'est à ce titre, sans doute, qu'on le 
trouve à Gand le 6 Juin, à l'occasion de la fête de 
rhétorique donnée par la ville et qui dura plus 
d'un mois (^). Probablement était-il du nombre 
des musiciens auxquels le chapitre avait, en Mai 
1539, permis d'accompagner le succentor Lupus 
Hellync (*). Quant à l'implication de Guillaume 
dans les troubles qui suivirent la fête, il n'y a pas 
lieu de l'envelopper de mystère. Richafort, dans le 
procès-verbal de la collace, ne paraît ni comme 
témoin, ni comme accusé; son nom est incidem- 
ment cité dans la description de l'endroit où aurait 
eu lieu une conversation touchant la conduite des 
députés de Gand. 

" Bogatur Petras de Baedt qnod continnare velit offîcinm snocentoris 
ad V vel VI hebdomadas cnm lucro suocentori débite; qnod facere 
promisit." — Acta cap. 19 Jan., 1641 (n. s.). 



(*) Voir p. 196, n. 1, où nous avons donné l'extrait auquel M. Vander 
Straeten fait allusion et qui se trouve non pas dans la Relation des 
troubles, par un anonyme, mais dans le Supplément de M. Gachard. — 
Nous lisons dans la Relation etc., (p. 81) : ** Quant à leurs excuses du 
refus qu'ilz avoîont fait de payer leur portion de Tayde.... pour la povreté 
et petit gaignage.... ilz ne s'en sçauroient nullement excuser sur la dicte 
povreté,.... car tost après, ilz trouvèrent bien argent pour faire la feste 
de la rhétorique qui y fut faicte et tenue, laquelle dura plus d'un mois, 
et où plusieurs villes des dis pays de par deohà se trouvèrent, ce qui 
consta à la dicte ville de Gand et aux manans d'icelle, bonne Bomme. ** 

(•) Voir p. 62, note 8. 



201 

1541 (n. s.), 24 Janvier. *jban MONACHI, chapelain, 
remplace Pierre de Baedt comme intérimaire, 

*' Propter sogritndinem Petri de Baedt commissi ftd regimen choraliam, 
eadem commissio confertar D. Monachi doneo aliter proviBnm faerit/* 

" D. Joanni Monacbi, qni aliqno tempore hsbnit reg^mton cboralinm, 
datnr nnns dacatns ex Coutere." — Acta cap, 24 Jan. 23 Mart. l&il (a. b.). 

1541 (n. s.), 21 Février, jean db HOLLANDE, admis 
après promesse formelle d'être plus régulier dans 
ses mœurs et de remplir fidèlement les devoirs de 
sa charge. Il entre en fonction le 10 Mars et reçoit 
sa démission pour cause d'inconduite, au mois de 
Mars 1544 (n. s.). 

" Ce Jean de Hollander, à coup sûr, dit M. E. 
Vander Straeten (^), est le maître belge, dont on 
publia, dans les recueils de Tilman Susato à Anvers 
en 1543 et 1558, des chansons à quatre, cinq et 
six parties. On ne sait rien de sa vie. Sa nomination 
au poste de maître de chapelle de Saint-Donatien 
à Bruges, est une première phase de sa carrière 
dont il convient de tenir compte.'* 

J. de Hollande avait succédé à Jacques de 
Reux (2), comme succentor de Saint-Sauveur vers 
la fin de 1538 et occupait encore cette place lors 
de sa nomination à Saint-Donatien. 

En 1497 nous avons rencontré un choral appelé 
Johannes Rollaiidrinus (^); Jean de Hollande aurait- 
il donc reçu son éducation musicale à Saint- 
Donatien ? 

** Propositione facta de succentore, inter mnltoB nominatos vocabitnr 
H. Joannes de Hollande, saccentor 88. SalTatoris Brugenflis, nti dicitnr 
maxime idoneus, auditnrns leges sibi imponendafl anteqnam admittatnr.** 



(1) Maîtres de chant et organistes etc., p. 28. 
(*) Ibidem, p. 46. 
(») Voir p. 66, note 1. 



202 

" Vocato Mg™ Joanne do Hollande snocentore ecclesies SS. Salratoris 
pro foribas sacrarii stante, introvocatna seae ad officium commendavit 
capitnlo. Cui verbaliter expositam fait, primo, qnod nnllam anspectam 
foveret; item quod chorales tam in moribna qnam scientia masica dili- 
gen ter instmeret; item quod quolibet die hora 4 pomeridiana nsqne ad 
landes refectionales, cum suis, in scholis doceret; item qnod chorales 
cnm modestia dnceret et domnm rednceret, in cibo et potn honeste 
cdncaret etc. Qnœ omnia dictns Hollande strenne adimplere promisiti 
adeo nt non sit de eo futara conquerendi occasie, qno facto, admissns 
fait ad sncoentoris officium, collato sibi stallo." — Acta cap. 16, 21 Febr. 
1641 (n. s.). 

'' D. Wnlfardo Hellynck snccentori pro expensis octo choralinm pro 
quolibet annae tres fl> gr. ex gratia spociali ob victnaliam charistiam 
Bolvi oidem D. Wnlfardo et executoribns e jus a festo nativitatis divi 
J. Bapt. auni 1539 usqne ad 10 diem mensis Martii anni 40, more 
gallicane, XU tb II II s. gr. D. Joanni de Hollande dicto Wulfcudo snffecto 
pro rata temporis a dicta 10 die mensis Martii anni 40 usqne ad festnm 

nativitatia divi J. Bapt. anni 1543, UI ft XVI s. gr XCIIII ft gr." 

— CC, Chor. 1$39.1643. 

1544 (n. s.), 26 Mars. jacqües CLEMENT, admis à titre 
d'essai. Les choraux et le succentor sont logés 
d'abord chez J. de Backere, puis chez André 
Zoetaert. Etait-ce parce que le chapitre n'avait pas 
pleine confiance en Clement ? Nous ne saurions le 
dire. Toujours est-il qu'après un an, on dut songer 
à remplacer le maatre de chant. 

*' Deliberato super dando lucro annno Jaoobo Clement Pb'^ aut admit- 
tendo ad sncoentoriam, Mg'^^' Johanne de Hollande nnnc snccentore eo 
mnnere dostitnendo, sed pro honesta dimissione ejus officii ad stallnm 
cum aliqna mercede annna retinendo, collectis DD. votis, et D. Joanne 
de Hollande introvocato, eidem fuit ezpositum per organon D. cantons, 
quod cum aliis suppositis sœpe dizerit qnod vellet bene ezonerari labo- 
ribns et cura snccentoris, et qnia rêvera ad idem munns propter corruptos 
mores nulle modo estidonens, DD. pneadviserunt eidem qnod tolerabunt 
ad aliquantnlum temporis, sed quod non capiat spem continuationis sui 
muneris snccentoris, retinendus tamen in stallo si relit, ezpectaturus 
suo loco et tempore promotionem ant pensionem usque ad tempus 
promotionis. Qui abiens se hnmiliter commendavit gratiis DD. Jacobus 
vero Clement admonitus gravitatis muneris et tenendi regiminis, pnero- 
mmqne instruendorum in vita, moribns et habitn, necnon instruendsB 
domns alicnjus concedendas aut cum aliqno bono viro habitandi, fuit 
eidem D. Jacobo datum tempus deliberandi quibus via et modo, si 
capitulo ita yideatur, provinciam hnjusmodi acceptare possit. ** 



203 

" Deliberato 8np«r admittendo ad suooentoriam D. Jacobo Clement 
qui dizit se invenisse civem bonmn qai sibi et pneris expensas vendat, 
post deliberationem DD. admiserunt eum per modam probœ, salYo quod 
officiarii œqnalitatis et fabricœ Tisitabnnt domum et audleot conditiones 
in ter civem et eundem D. Jacobum pactas sen paaciscendas, et quod 
vivat pacifioe et honeste, pnerosqae in moribus et mnsica instituât 
assidae, secns rejicietnr ea facilitate qna admittitnr. *' — Acta cap. 
12 Mart. 1544 (n. s.); 26 Mart. 1544 (n. s.). 

*' D. J. de Hollande Buccentori pro ezpensis octo choralium a f este 
nativitatis divi J. Bapt. 154S nsqne ad 29 diem menais Martii anni 
prescripti, more gallicane, XVIII fi) gr. ; Joanni de Backere in onjns 
domnm dicti chorales cum D. Jacobo Clemente memorato D. J. de Hol- 
lande snffecto Buccentore migrarunt prescripta 29 Martii, cui J. de Backere 
commorati sunt iidem chorales usqae ad 22 menais Novembris anni 1544, 
nnde eidem solvi XVIII fi) XIII s. IIII d. gr. ; pro expensis eonimdem 
choralium qui a dicta 22 KoTembris 1544 usque ad vigiliam nativitatis 
divi J. Bapt. anni 1545 Andree Zoetaert cohabitavere et convixerunt, 

eidem Andree X7I ft VI s. VIII d. gr Uil ft gr. " — CC. Chor. 

1543-1545. 

1345^ 6 Mal. jean di HOLLANDE est chargé provisoi- 
rement da soin des choraux toujours logés chez 
Zoetaert. 

** Per modum provisionis committitur D. Johanni de Hollande presenti 
et acceptanti, cura et regimen choralium, quodque oum iisdem in domo 
qnam ipsi inhabitant dormiat eosqne in eoclesiam ducat et ab eadem 
reducat cnm lucro succentori débite.'* — Âcta cap. 6 Mai 1545. 

" Item D. Johanni de Hollande qui mensibus Mayo et Junio 1545 
postquam D. Jacobus Clemens migrasset, usque ad festum nativitatis 
divi J. Bapt. chorales nostros docuit et cum illis in domum Andrée eidem 
convicturus et commoratums se contulit et alias vices succentoris 
supplevit VIII s. IIII d. gr. " — CC Chor. 1544-1545. 

1545, 17 Juin, antoinb GALLI (ou de HAENB ?). Ce 
musicien est Fauteur de quatre chansons à quatre 
parties, qui figurent dans un recueil imprimé par 
Pierre Phalèse, à Louvain, en 1555 : *' Pensée est 
mieiine ", *' Patience, eimuyctz " 'Œumhle et léaV' 
" Au glay, hergieronette " (^). 

'' Il reçoit sa démission ici eu 1550. Or, il est 



(*) Li musique aux Pays-Baf^t etc., T. I, p. 118. 



204 

porté en 1544^ dans les extraits relatifs à Saint- 
Sauveur^ comme maatre de chant de cette église. 
Il en résulte qu'il cumulait les deux fonctions. 
Antoine Galli, dont le talent n'a pas dû être de 
peu d'importance, est encore cité dans la célèbre 
collection de Nuremberg : Novum et insigne opus, 
éditée en 1558^ et où les plus fameux compositeurs 
de l'époque ont fourni leur contingent de produc- 
tions. " — Ainsi s'exprime M. Vander Straeten (^). 

Et en effet Antoine Galli, magister cantus à 
Saint- Sauveur, probablement depuis 1542, en 
remplacement de Gisbert Fabri, y est encore men- 
tionné le 17 Novembre 1544 (*); mais comme sa 
nomination à Saint- Donatien date de 1545, on ne 
peut pas affirmer qu'il cumulait les deux fonctions. 
GüUi passa de Saint- Sauveur à Saint-Dpnatien, 
comme plusieurs autres l'avaient fait avant lui. 

S'il était permis d'identifier avec notre succentor 
M" Antoine qui, mandé de Hollande par le chapitre 
de Notre-Dame, exerça dans cette église les fonc- 
tions àe phonascus depuis le 2 Août 1532, jusqu'au 
3 Décembre 1534, Antoine Galli aurait été attaché, 
en qualité de maître de chant, aux trois collégiales 
de Bruges. 

Malgré son talent, Galli se fit congédier en 1550, 
du chef de négligence et de trop de liberté dans la 
direction des choraux, qu'il se permettait de con- 
duire au cabaret à des heures indues. 

*' Mg*^ Anthonins... demandatuB ex HoUandia admittitnr in phonascnm." 
" Johannes Dorimont, Pbr Leodiensis diocesÎB, orinndns de Montibns 

Hanonie, reoipitnr in phonascum. " — Acta cap, B. M» F. 2 Aug. 1532 ; 

8 Dec. 1634r. 
" D. AntoninB QsMi prestito jaramento oleriooram admittitnr ad 



Q) Maîtres de chant et organiates, etc., p. 28. 
(2) Ibidem, pp. 46, 47. 



205 

BiaHam et ad sncoentomm linjns ecdesie, salvo qnod chorales sub 
antique salario, hoo est, pro qnolibet chorali tres libras grossomm anna. 
atim recipiendo intertenebit, et nihilominns qb oaritatem annone, DD. 
de illi dando pro qnolibet chorali tres libras cum dimidia nsqne ad eorum 
roTocationem habebnnt respectnm. " 

" Succentor acriter increpatns quod chorales freqnenter ducat etiam 
tempore nocturne ad domos laicomm et tabemas pnblioas non sine 
ideooro ecclesie et deinde expresse sibi inhibito, sub psena licentiae ne de 
cœtero chorales sine consensu D. decani alio ducat quam oporteat, fuit 
continuatns. ** 

" 8accentor acriter increpatur quod non gerat ouram choralium eosdem 
tam in bonis moribus quam disciplina instmendo, necnon circa repara- 
tionem eornmdem vestium in tempore procurandam. " 

" Snocentor non continuatur, verum ad primam diem capitnlarem 
suspenditur. " 

" Quia D. Anthonius Galli succentor in officie subb succentorîœ quoad 
institutionem choralium in bonis moribus, disciplina et cantn, ac aliter, 
licet ad hoc dirersis ricibus per DD. de capitule monitus hactenus se 
emendare non curavit, neque curât, verum de die in diem efficitur 
negb'gentior et inutilior in regimine eornmdem, DD. de capitule hujus- 
modi nogligentiam et contemptum diutius ferre nolentes, oumdem 
Anthonium introvocatum et comparentem exnunc licentiandum suoque 
officio privandnm duxerunt, prout licentiarunt et privarunt, contenti 
tamen ut ad proximum usque festum J. Bapt. maneat, interea sibi de 
alio servitio provisurns." — Actn cap. 17 Jun. 1646j 23 Jun. 1648j 18 Mart. 
1549 (n. s.); 14 Apr. 1560 (n. s.). 

1550, 23 Juin. *adbien RELAES ou REL AYS, ex-choral, 
intérimaire jusqu'au 5 Août. 

" D. Adriano Belaes qui ex ordinatione capitoli vacante suocentoria 
aloit et docuit 6 chorales spacio 40 dierum a 28 scilicet mensis Junii 
XV^L usque ad diem 5 mensis Augusti inclusive.... II ïb I s. IX gr. Pro 
relique autem tempore... D. Florentio Villain modemo succentori XVIII ft 
XVIII 8. II gr. 8 mit. " — CC. Chor. 1650-1561. 

1550, 19 •luillet. ïlobent VILLAIN. Il n'entre en fonc- 
tion que le C Août. Nommé maître de cliant à la 
cathédrale de Touraai, il résigne son emploi à 
Saint-Donatien, le 24 Décembre 1555, et part le 
15 Janvier 1556. 
D'après M. Vander Straeten, ce ne serait qu'en 



206 

1557 que Villain remplaça à Tournai Pierre de 
Manchicourt (^). 

" DD. admiserunt et recepenmt D. Florentînm Vilain in sncoentorem 
hnjns ecclesie. '* 

" Snocentor dicens se esse recepium et admisenm in magistrum cantns 
ecclesiaB cathedralis Tomacensis, eg^t DD. gratias qnod enm hactenns 
in eorum servitio tolerarnnti petens nihilominns in sno officie oontinnari 
nflqne ad f estum Porificationis. " — Acta cap. 19 Jnl. 1550 ; 24 Dec. 1656. 

1556 (n. s.), 15 Janvier. *jacques SIENS, ex-choral, 
intérimaire. 

" Pro expensis sex choralîam, ad tres libras decem solidos grosB. esti- 
matis, Bolvi D< Florentio Yillain pro medio anno incipiente a festo 
nati^itatis dîvi J. Bapt. anni 1555 et flniente festo nativitatis Doniini 
ejasdem anni, X ib X s. gr. et pro qnindecim diebns in mense Jannario 
seqnente adhnc XVII s. VI gr. 

" Item D. Jacobo Siens qai ad requisitionem capitnli a predicta die 
15* Jannarii, vacante snccentoria, alnit dictes sex chorales et vices sac- 
centoris snpplevit nsqne ad 29 ejasdem mensis, solvi XXXVIII s. II d. 
gr. » — ce. Chor. 1555-1556. 

1556 (n. S.), 29 Janvier. Nicolas CONRARDI. Sa carrière 
de 8uccen(o7' fut bien courte, car il mourut après 
trois mois d^exercice. 

" Mg' Nioolaas Conrardi snb spe qaod chorales tam in canta quam in 
moribas bene instraeret, et qaod corn matre sua familiam alet, admissns 
fait per probam ad officium succentoriœ. Qniqaidem Mg*" Nicolaas petiit 
licentiam eundi ad patriam pro addncenda sna matre, promittens se 
reditaram ante Parificationem. Coi petitioni DD. annacrant. " 

" Snccentori g^viter œgrotanti concessœ f aérant donc liberali XII Ib 
par. ex tribus officiis, fabrica, obedientia et a3qaalitate. " — Acta cap. 
15 Jan. 1556 (n. s.); 22 Apnl. 1556. 

** Item D. Nicolao Conrardi suocentori, qui a die 29 Januarii 1555 nsque 
ad !•" Maii sequentis functus est officie succentorîs, solvi V ib VI s. gr." 
— ce. Chor. 1555-1556. 

1556, 1 Mai. *jacqües SIENS fait un second intérim, 
jusqu'au 7 Mai. 



(*) La musique aux Pays-Bas, etc., T. VIII, p. 30. 



207 

" Itom D. Jaoobo Siens, qui paulo ante mortem D. Nioolai snoeentoris 
a die 1* Mail asqne ad 7"*" ejasdem mensis iteram gessit cnram chora- 
lium, Bolvi V B. IIII gr. XVI mit. " — CC. Chor. 1656-1556. 

1556, 4 Mai. *bbrtrand NICOLAI. En 1559 il obtient 
une chapellenie et devient prêtre. Le chapitre 
invité au dîner des prémices, offre au néomiste 
huit cannettes de vin et douze thalers, monnaie 
d'Allemagne. 

" Ad prsosentatîonem D. Decani, fuit admîssTis ad Btallam clericomm 
D. Bertrandaa Nicolaï, non sacerdos, anctoritate vero capitnli admisans 
ad snocentoriam, Balvo jure D. decani qnatenns preesentatio saccentoris 
ad enm spectei, cni DD. de capitnlo nnUo modo derogari intendant. '* 

" Altera capellania van der Banc oonfertor Bertrando Nicolaï snc- 
centori. " 

" D. Bertrando Nicolaï sncoentorî invitanti DD. decannm et capitnlum 
ad prandinm snarum primitiarum craatina die celebrandarum, eidem 
DD. prœsentamnt octo cannas vini et duodeoim daleros Germaniœ in 
specie constitnentes III ib II s. gr.monetœ Flandriaoi ex quatuor offîciis.*' 
-— Acta cap. 4 Maii 1666 j 2 Jan., 6 Maii 1659. 

" Item D. Bertrando Nicolaï modemo succentori pro relique tempore 
a 7* Maii usque ad festum nativitatis divi J. Bapt. anni 1556 II Ib 
XIIII s. VI gr. " — ce. Chor. 1555-1556. 

1559, 24 Juillet. *noêl TRUYE, chapelain de gremio 
choH et en même temps de Saint-Basile. Au com- 
mencement de 1549, nous le trouvons déjà comme 
maître de chant à Saint-Sauveur. En Avril 1550, 
lorsqu'il était question de congédier Antoine Galli, 
le chapitre de Saint-Donatien offrit à Noël Truye 
le poste de succentor, mais les chanoines de Saint- 
Sauveur, désireux de conserver leur musicien, lui 
accordèrent une double stalle et lui promirent une 
promotion. Le 16 Décembre 1552, Noël Traye fut 
remplacé à Saint- Sauveur par Simon Cardon, mais 
fat admis à reprendre ses anciennes fonctions, le 
29 Mars 1557 0). 



(1) Maîtres de chant §t organistes, etc., pp. 48, 49. 



208 

Préférant garder sa chapellenie de Saint-Basile^ 
Truye résigna les fonctions de succentor à Saint- 
Donatien^ le 31 Juillet 1560^ tout en acceptant 
de prendre soin des choraux jusqu'à l'arrivée de son 
successeur. Plus tard, il fut pendant quelque temps 
maître de cliapelle à Arras. 

" Presentato D. Natali Truye, S. Basilii et hnjns ecclesie de gremio 
cliori capellano, per D. et M. Comelium Olaeysseune cantorem, DD. 
decano et capitulo, ad officium suocentorie, tanquam ad hoc sufficiënte 
et idoneo, fuit idem D. Natalis per D. decanum ad BtaUum clericomm 
presentatuB, et deinde capitulariter ad idem officium admisBus, Bub 
juramento etc. " 

** Gomparens D. Natalis Truye, succentor hujus ecclesiœ, declaravit se 
intentionis esse retinendi et deserviendi capella? 8. Basilii, quo audito 
rogatuB fuit quatenus apud chorales tantisper manere velit donec et 
quousque ecclosife de novo succentore Bit provisum, qnod se libentisaime 
facturum promisit. " 

** Proposito per D. cantorem quod Bev. D. prepositua hujns ecclesie 
ob paucitatem capellanorum in sancto Basilio residentium D. Natalem 
Truye ibidem capellanum absentem et non residentem, ad personalem 
residentiam vocari et compelli reqairebat, DD. ordinarunt conauli M. 
Nicolaum Wympium jurisperitum ad quo modo vel qua via eumdem 
Natalem ad hoc cog^ magiB ezpediet audiendum et referendum. Qui 
desuper per me rogatus consuluit procedendum esse per monitionem et 
citationem sub prepositî, decani et capituli nominibus fiendam, requisita 
asBistentia offioialis Attrebatensis ob id quod Natalis ibidem resideat et 
phonascuB existât.''— Acta cap. 24 Jul. 1559 ; 31 Jul. 1560 ; 15 Sept. 1563. 

1560, 26 Août. *GuiLLAUME BOCOURT. Il avait exercé 
les fonctions de maître de chant à Notre-Dame, 
du 6 Décembre 1537 au 6 Mars 1539. En 1545, il 
avait succédé, en qualité de chapelain du magistrat 
de Furnes, à Jean Ghiselin (^). Les clercs installés 
célébrèrent la bienvenue du nouveau succentor à la 
fête do sainte Cécile 1560. Rocourt résigna ses 
fonctions en Juin 1572 {*-), mais continua d'avoir 



(}) La musique aux Pays-Bas, etc., T. I, p. 63. 
(3) Et non pas le 6 Mars 1572, comme l'affirme M. Vande Caateele 
clana 1^ Maîtres de chant et orçanisteSf etc.^ p. 29. 



209 

soin des choraux jusqu'à l'arrivée de son successeur^ 
Jean de Vlieghere. 

" Inseqnendo oonclasionem capitnlarem super receptione cnjnBdam 
GniUelmi Boconrt in magistmm canins sen reotorem ohoralinm hnjns 
ecclesie, fnit idem Qaillelmns per DD. vicarinm [prepositi] et canonicos 
ad dictam oantoriam et rectoriam choralinm admîssns et receptns. " 

" Snpplicayit magister canins admitti ad celebrandnm die dominica 
proxime seqnenti snas primicias snb canin et in choro sollemniter cum 
appositione pelvis. Qnod DD. consensernni salvo jure chori et cerothe- 
carnm. ^' 

" Compamit D. Martinns de Zagbere Pbr Tomacensis diocesis snppli- 
cans sibi de graiia DD. de officie cantorie sive rectorie choralinm pro 
nnnc per disceasnm D. Gnillelmi Boconrt vacante provideri. Qua petitione 
andita eidem D. Martino, post prestitum per enm juzia consnetndinem 
ecclesie jnramentnm consnetnm, dictnm officinm cnm illins honoribus, 
oneribns et emolnmentis annuendum dnzerunt. " — Âcta cap. B. M, V. 
6 Dec. 1587 j 29 ÂprU. 1638; 6 Mari. 1589 (n. s.). 

" Andito rapportn DD. decaiii et cantons hujns ecclesie de probiiaie, 
scientia et idoncitato D. Gnillelmi Boconrt presbjteri et mnsici, tandem 
idem Bocourt pcr Mg''*"' Cornelinm Clayssenne cantorem ad officium 
snocentorie, et per D. decannm ad stallnm ulericornm présenta ta s, 
capitnlariter fuit admisses. '* 

'^ Andita lectnra sapplicationis pro parie clerioomm installa iomm 
hujns ecclesie ezhibite, grainitaiem pecnniariam hn militer petentinm, 
in snbsidinm prandii per eos in proximo fesio dive Gecilie ad sese honeste 
recreandnm ut moris est preparandi, et habita desnper matnra delibc- 
raiione, tandem DD. dictes clericos ad sunm officinm posthac in choro 
diligeniius soliio exercondnm, per hoc allicere et anîmare sperantes, 
necnon in novi snccentoria advenins congraiulationem, eisdem clericia 
in dicii prandii snblevamen, ex graiia speciali annuemni X s. gr. ex 
obedientia. " 

** Capellania Tan der Banc de extra chornm, confertnr Gnillelmo 
Boconrt snccentori. '* 

" Capellania de gremio chori coUata fuit D. Gnillelmo Boconrt 
snccentori." — Aeta cap. 26 Aug., 20 Nov. 1560; 12 Ang. 1566; 
10 April. 1570 (n. s.). 

1572, 31 Juillet, jean db VLIEGHERE ou VOLATOR, 
ancien choral de Saint- Donatien^ et maître de chant 
à Saint- Orner. Nous le retrouverons plus tard en 
exil dans la cité audomaroise, lors des troubles 
religieux. 

14 



210 

" Din mnltomqüe delîberato super continnatione modemi Tel aflsamp- 
tione novi siiccentorifl et audito ex D. Brantio quod Mg' Joannes Volator 
nu por choraÜB et alumnnB hujns ecclesie, nunc saccentor in ecclesia 
cathedrali Andomarensi hnc veniret, modo addatnr angmontnm stipendii 
ad VI ib gr. annne, DD. conolaserant emndem esse reqnirendnni, data 
commiaeione dicte D. Brantio eqnalitatis officiario scribendi ad eandem, 
cnm intimatione quod de augmente per eundem petite facile cum DD. 
de capitule conveniret. Interim fuit requisitua M. Guillelmua Boconrt 
modemus auccentor nt adhnc ofScii vices anbiret donec ait ecclesie 
prospectum de alio et DD. laboris ipsiua rationem sunt habitnri. *' — 
Aeta cap, 80 Jun. 1572; Cfr. 30 Jul. Q), 



APPENDICE II 

Maîtres d'éoole de Baint-Donatien. 
1360-1571. 

1360 (n. 8.), 17 Mars. jean de TYLIA, magister in arti" 
bus (*), nommé rector par Ie chapitre, (pendant la 
vacance de récolâtrie), pour Tannée 1360. En 1361 
et 1362, il est présenté par l'écolâtre Jean Campion 
et admis par le doyen et le chapitre. 

*' DD. J. decano et capitule in loco capitulari more solito congregatia 
concessom est Mg"* Johanni de Tylia per capitulum (vacante scolastria 
per obitum D. Gabrielis de Placcutia canonici et scolastici hujus ecclesie) 
quod ipse Mg' J. de Tylia regeret acolas hujus ecclesie ad festum S. 
Johannis Baptiste proxime venturum incipiendnm.'* 

" In capitule D. Johannes Campion canonicus et scolasticus hujus 
ecclesie nominavit ad regimen scolarum hujus ecclesie pro anno f uturo. 
Mg""" Johannem de Tilia magistmm in artibus." — Acta cap. 17 Mart. 
1360 (n. 8.)i 20 Jun. 1362. 



C) Voir p. 61, note 1. 

(') Lorsque dans les actes le rector porte le titre de mattre-ès-arts, 
nous l'indiquons en faisant suivre so^ nom de l'abréviation Mag, Art, 



211 

1363^ 15 Juin, jeân ME Y. Il était en même temps cara 
de réglise paroissiale de Maldeghem. Son mandat 
est renouvelé pour la dernière fois, le 12 Mai 1367(^) . 

'' D. Johanoes Gampion canonicas et soolasticiis hnjus eoolesie presen- 
tayit in capitalo D. J. decano et capitnlo Mg^" Johannem Mey ad 
reg^ndas Boolas ipsius eoclesie pro hoc anno proxime fnturo, qaî ad 
eandem presentationem receptns erat per eosdem DD. et admissns. " 
— Âcta cap. 16 Jun. 1863. Cfr. 12 Maii 1867. 

1368, 2 Mai. josse dk BIERVLIET. 

Cfr. Acta cap, 23 Jnn. 1374. 

1375, 8 Juin, jossb HUGONIS. Il devient chanoine de 
la 30» prébende, le 30 Juin 1382. En 1420, il fonde 
une rente annuelle de trois livres parisis, en faveur 
du maître d^école de Saint-Donatien, à charge de 
faire réciter le soir, par les écoliers, le psaume De 
profundis, avec la collecte pro defunetis. 

" D. Jiidooafl filins Hugonis canonicas fandat III fi> par. annne assig. 
nataa pro majori parte snper terris in terri torio de Sysseele, per 
obedientiam annne distribaendas rectori bcolamm, cnm onere procnrandi 
nt qnotiescnmqne pneris scolae datar liceiitia,eadem die yesperi leg^tnr 
per eos psalmns De profundis cum coUecta pro defnnctis. 17 Sept. 1420." 
—- Arch. de Tévèché: Summarium fundationum etc. per Hubebtum 
Waohemaebs. 

1376, 26 Mai. godefboid ou qodenabd de ZIEBIXZA, 
zélandais. 

Cfr. Acta cap, 8 Mail 1881. 

1383, 8 Avril, jean BULTINC. 

Cfr. Acta cap, 15 Jnn. 1889.' 

1389, 6 Octobre. *jban GRACHT, Mag. Art. 

" Presentatas fait die oapitnlari et in oapitnlo DD. de capitnlo per 
KgnuB Q^ ^Q Steene canonicnm et scolasticnm hnjns ecclesie, Mg* Johannes 



(*) Les actes de nomination et d'admission étant faits dans les mômes 
termes, nons ne les donnerons plus dorénavant que lorsqa*ils contiennent 
des détails dignes d*étre relevés. La date de la première nomination, sauf 
indication contraire, précède les noms des rectoreei celle de la dernière 
nomination est indiquée par Cfr. Acta cap. 



212 

Gracht ad regimen scolamm hnjas eoolesie, qni insiallatuB fait per enndem 
scolasfcioum recepto prestito per dictnm Mg"™ Joh. jnramento. " — Ofr. 
Acta cap, 15 Jon. 1391 où il est dit de noareaa : pro anno futuro, 

1392, 22 Juin. *michel de KILLEM. Il est nommé major 
custos, Ie 18 Juillet 1393. 

1393, 21 Juillet, oboeges POTSHOOPT,ifay. AH. I/acte 
d'admission ne contient pas Ia clause pro anno 
futuro. Aussi ne trouvons-nous pas de nomination 
de rector pour les années 1394 et 1395. Le 2 Sep- 
tembre 1398, Potshooft devient chapelain de gremio 
chori et la même année se rend à Paris pour étudier 
la médecine. 

" In capitalo f acta fait gratia Mg^ Georgio Potshooft atadenti Parisiia 
qaod hoc anno 1898 fractas capellanie sae qaam obtinait in choro hnjas 
ecclesie, dedacto servicio ad oapellaniam inonmbente, percipere possit." 
— Acta cap, 4 Oct. 1398. 

1396, 29 Mai. venant de MOBRBBKB. Sous son recto- 
rat, il est question pour la première fois, que nous 
sachions, d'un professeur auxiliaire {submonitor). 

" Mg' Gaillelmas de Fossa canonicns et scolastions presentavit Mg""> 
Venantiam de Moerbeke ad regimen scolaram anni fatari inchoandnm in 
profesto nativitatis Beati Joh. Baptiste. Qaem DD. de capitalo admise- 
rant sab conditione qaod idem Mgr Venantias sibî provideat de bono et 
safficienti snbmonitore, qaod facere promisit." — Acta cap. 19 Jnn. 1402. 

1403, 23 Juin. *GB0RaES POTSHOOFT, Mag. Art., 
bachelier en médecine, chapelain de Saint-Basile, 
présenté par Vécolâtre G. de Fossa, le 7 Mai précé- 
dent. Il résigne ses fonctions, le 26 Mai 1404. 
En 1409 (12 Septembre), Potshooft obtint du 
prévôt Baudouin de Niepa la 31* prébende, mais il 
dut probablement céder son bénéfice à Jacques 
Petit, docteur en théologie, pourvu du même 
canonicat par le cardinal de Barro, légat du Saint- 
Siège, car, en 1424, les actes capitulaires ne lui 
donnent que le titre de capellanus 8» BasiUû 



213 

" AdmissaB fait Mg' Georgins Potshooft oapellanni S. BasiUi ad 
regimen scolarum hoj. eocl. vigore predentationia de ipso alias f acte per 
jfgnuB Q^ ^0 Fossa scolasticnm, et de mandato DD. positus fait idem 
Mg' Georgins per D. scolasticam in posseasionem corporalem dicte ree- 
torie pro anno presenti in scolis predictia per traditionem ferule et 
virgamm, piesen tibus Mg'^ Jacobo Yoe canonico huj. eccl. et D. Quintins 
F. Nicolai, F. Hug^nis, capellano S. Baailil. 

" Eodem die ad supplicationem Mg'* Georgii facta fait sibi gratia per 
DD. qaod posset Incrari et percipere in choro hnj. eccl. pitancias et 
grataitates per rectores scolarnm Incrari et percipi consuetas, non preja- 
dicando in aliqno jnri capellanie sae S. Basilii, de qao protestatoa fait." 
— Acta cap. 23 Jan. 1408. 

1404, 26 Mai. *jban GRISEPERE ou de GRYSPEERE, 
Mag. ArLj que Ton trouve en 1428, mentionné 
comme curé de Sainte- Walburge, à Bruges. 

Gfr. Acta cap. 9 Jan. 1406. 

1407, 18 Avril. QBBAKD HENRICI (ou HENDRIKS?), 
Mag. Art. 

1409, 28 Juin. JiAN BAERS, Mag. Art. En 1432, il devient 
chanoine de la 21® prébende. 

1410, 23 Juin, jban de ARMINGHE, ou de ERNINGHB, 

Mag. Art. Il exerce ses fonctions pendant plus de 
onze ans. A partir de 1420, le rector scolarum est 
compté régulièrement parmi les petits officiers dont 
le mandat se renouvelle deux fois par an, le 23 Juin, 
veille de la Nativité de saint Jean-Baptiste, et le 24 
Décembre, veille de la Nativité de Notre- Seigneur. 
Au commencement de 1422, le chapitre se voit 
obligé de congédier de Arminghe, dont Tincurie 
menace l'avenir de l'école. 

** DD. decanna et alii capitulantes determinarant ezpediena proridere 
de rectore acolaram, attente defectu notabili tam in doctrina qoam mori- 
bna Bcolarium, timentea per hoc scolaa poaae perire." — ' Acta cap. 
19 Jan. 1422 (n. a.). 

1422 (n. fl.), 28 Janvier. *jean CIVIS ou dk POORTERE, 
natif de Thielt^ licencié ès-décrets. Il n'entre en 



214 

fonctions que le 13 Juin suivant. En 1438j il est 
promu au canonicat dont Georges Martini avait 
été le dernier possesseur. Dans son testament 
Fancien rector songe aux réfectionaux. 

*' D. decanuB et alii addiscentes bonam famam cam in soientia quam 
in moribns Mg** Johannis [Civis] nati et orinndi de Tielt, oontalerant 
eidem regimen goolarum inchoandnm in proximo festo natiritatis Beati 
Joh. Bapt." 

" Presentatas fait Mg* Johannes de Poortere per Mg"" Nicolanm 
Stercbolf procuratorem Mg'^ Theodoricî Batenaoen scolastici ad regimen 
soolamm et admissus per capitulnm ad distribntiones et alia Incra." 

'* DD. gratiose concesserunt Mg^ Jobanni rectori scolamm ni per 
istam qnadragesimam stando in scolis lucretnr pitancias nt oeteri 
offioiarii/' — Âeta cap. 28 Jan. 1422 (n. s.); 23 Jon. 1422; 18 Febr- 
1426 (n. s.). 

*' Item lego XIII refectionalibns nt in ezeqniis meis sedeant ad Bepnl- 
cbrum vel ad corpas orantes pro defnnctis in habitu chorali cnilibet V b., 
videlicet III ft V s." — Testamentum D. Joh, Civia P5'* canonid 
8. Donat%am,i, 

1483 (n. s.), 23 Février, jacques N ? mentionné comme 

rector. Nous n'avons pas trouvé la date de sa 
première nomination; mais un acte capitulaire 
permet de conjecturer que Jacques succéda à Jean 
de Pootere, vers 1429. 

" Mg* Andomaros Civis procurator Mg'^ Jobannîs Civis insinnavit DD. 
meis acceptationem et provisionem per enmdem Mg^™ Johannem vig^re 
gïratie sue expectative factas de prebenda et canouicatn ecdesie S. Dona- 
tiani vacantibus per obitmn qnondam D. G. de Lapide. Qnas DD. 
babnernnt pro insinnatis. " 

" DD. oonoessenmt Mg~ Jaoobo rectori scolamm quod de gratia pro 
tempore existons in scolis habeat pitancias et refectiones ac si esset 
presens in offlciis. '* -- Acta cap, 18 Nov. 1429; 28 Febr. 1488 (n. s.). 

1438, 23 Juin, chrétien db NECKEBE. 

Cfr. Acta cap, 24 Dec. 1489. 

1438, 30 Septembre. Olivier ANSEEIS (ou de GANZE?), 
Mag. Art. En 1443, Técolâtre Gilles de Beversluus 
se crut obligé, en acquit de conscience, de remplacer 



215 

le redor négligent. L'accomplissement de ce devoir 
lui suscita^ de la part du chapitre, quelques diffi- 
cultés. Les chanoines n'entendent pas que l'écolâtre 
renvoie, de sa propre autorité, le maître d'école en 
fonction (I Avril) {^). Ils se réservent d'examiner 
par eux-mêmes la conduite d'Olivier. Après bien 
des instances inutiles, l'écolâtre présente trois 
candidats É verard de Harlem, Ambroise Engheleu, 
ancien professeur de philosophie et examinateur 
pour la licence de la Faculté des arts à l'IIuiversité 
de Louvain (2), et Gilles de Caeiseele (13 Mai). Le 
chapitre consent alors à licencier de Ganze et charge 
de Beversluus de présenter un candidat flamand 
(20 Mai). L'écolâtre insistant pour faire admettre 
de Caeiseele, les chanoines le prient de vouloir 
offrir le rectorat à Adrien Loys, ancien auxiliaire 
{submonitor) du maatre d'école, probablement An- 
seris. Le chanoine de Beversluus répond qu'il a 
satisfait aux vœux du chapitre, en présentant un 
flamand non prêtre, et que Loys au contraire est 
prêtre et, par suite, moins apte à remplir les fonc- 
tions de redor (25 Octobre). Enfin de Caeiseele est 
admis, laais seulement après avoir affirmé sous 
serment qu'il n'a fait à l'écolâtre aucune promesse 
de gratification (27 Novembre, 28 Décembre). 

" DD. mei in capitalo cong^g^ti admiserunt Mg'*™ Olirerium magia- 
triun in artibnB ad reotoriam scolarnm hujns ecclesie et fait installatus 
in loco Bolito per Mg"™ Baldninam de le Poêle cantorem, presentibua DD. 
Nicolas Weyteman capellano, Johanne Peereboom et Nicolao Breedmont 
clericifl installatia. Qni etiam Mg' Baldninus per traditionem rirge et 
femle in.scolis commisit sibi ex parte DD. decani et capitnli regimen 
scolarmn, presentibuB Johanne et Nicolao predictis. *' 



(^) Voir p. 142, note 2. 

O Anàlectes pour servir à Vhistoirê, etc. T. I, pp. 390, 405, 415; T. II, 
p. 222 : "Admissns ad regentiam, ad legentiam; tentator liœntiandoram, 
AmbrotioB Engbelen e natione Hollandiœ." 



216 

« Mg^Oliverio raotori soolarnmfaota fuît gratis qaod oomparendo nanc 
in XL* ia prinoipio YII psalmorum Tesperarum et collactanun Inoretnr 
lacranda in eis qnamyifl non revertatnr in fine, et hoc pro ntilitate Bcola* 
rimn ne cogatur frequenter exire scolas. ** — Aeta cap. 30 Sept. 1488; 
15 Febr. 1439 (n. s.). 

" D. Egidina de Beyerslnns scolasticns hujnfl eccleaie proposait coram 
DD. meis capitulariter oongregatis qoaliter propter cnlpam, negligentiam 
et defectum Mg** Oliverii rectoris scolarum, ipse reddnntor inntiles et 
qnod pueri ibi pamm Tel nichil addiscunt; qaaro ipse, cni ex officio soo 
incnmbit providere de rectore, dixit qnod intendebat providere de alio 
rectore vel per semetipsom regere cum aliqno probo sibi adjuncto scolas, 
et reqnisiyit saper hoc sibi dari consensum et reversum. DD. attendentes 
quod dictas Mg' Oliverins est freqaenter passionatus et jam rezit per III 
vel IIII annos et non est sibi provisam et jam proxime instat festum 
B. Johannis Baptiste et foret [inhonestnm] vel dimittere vol lioentiare 
enm slo ex abrapto, conclnserunt dicere dicto D. scolastico qnod ipsi se 
informarent de statu scolarum et si reperirent defectum notabilem, ipsi 
super hoo providerent et super hoc significarent ipsi D. scolastico volun- 
tatem eomm suis looo et tempore opportunis. *' 

" D. Bgidius de Beversinus scolasticus huj. eocl. proposait quod anno 
preterito ip6e,ad quem ratione officii sui soolastrie spectat habere respec- 
tum ad regimen scolarum, perpendens quod Mg* Oliverius rector scolarum 
erat minus utilis ad regimen soholarum et quod pueri sub eo parum vel 
nichil proficiebant, requisiverat quod amoveretur et quod alium rectorem 
posset presentare sicut ad eum spectat. Et DD. tune dehiis minus infor- 
mati, considérantes etiam qnod proxime erat festum nativitatis B. Joh. et 
non fuisset honestum eum sic ex abrapto lioentiare, reverderunt sibi quod 
ipsi DD. de capitule adverterent si diotus rector se emendaret in futurum 
vel non, et si non, quod eo casu posset providere. Dixit etiam quod ipse 
pluribus vieibus hoc anno instetit ut dicto rectori tamquam minus utili 
daretur lioentia et sibi scolastico faoultas alium rectorem presentandi 
sicut sui predeoessores alias presentarant, quod DD. bene erant informati 
quod dictas rector omnino erat inutilis, et tamen nullum potuit habere 
reversum Anale. Quapropter ipse scolasticus utens jure suo presentavit 
ad regimen scolarum hajus ecclesie pro hoc anno Mg^" Everardum de 
Harlem, vel Mg*^ Ambrosium Enghelen, vel Mg"" Egidium de Caeiseele 
et posait in optione DD. de capitule ut de hiis tribus unum ad eorum 
beneplacitum eligerent et ad hujusmodi suam presentationem instituèrent 
et admitterent ad regimen scolarum. DD. in capitulo congreg^ti in pauoo 
numero conclnserunt die lune proxime futura super premissis deliberare, 
et reverderunt dicto D. scolastico quod die lune proxime futura sibi 
reverderent super requisitione sua, super quibus D. scolasticus petiit 
instrumentum rog^ans in testes Mg"" J. Civis et D. Johannem de Pur- 
gatorio oanonioos. " 

** CompAmit In oapitulo D. Egidlng de Berortlaïui scolaitioiu «t pdtilt 



217 

sibi dari reyeranm saper reqnisîtione per eam facta die lune prozime 
preterita. DD. meî deliberatione previa conclaserunt Mg"*" OliTerium 
licentiaiidnm fore a regimine scolaram, sed qaia iiifirmns et pauper erat 
eoncluseront eam tolerandam asqae ad natale Domini prozime futurum, 
at interim sibi provideat, salvo tamen quod interim faciat diligenciam 
saam circa scolares. Et hanc conclasionem significaraat D. Egidio scola- 
stico dicentes sibi quod prorideret de alio bono et sufficienti viro flandrico 
qaem presentaret et si esset sofficiens DD. admitterent eam et facerent 
id quod facere ienentur." 

" Officiarii fuerunt reassampti, ezcepto quod rectori scolarum Mg*"^ 
Olirerio fait dictum quod infra hino et festum natiritatis sibi provideret 
aliande nam DD. erant intentionis providendi de alio rectore.'* 

" DD. sollicitati per D. scolasticom super admissione Mg^ Eg^dii 
soaserunt dicto D. scolastico et requisierunt eum quod ipse vellet 
inquirere a Mg^ Adriano Loys, qui alias fait submonitor in scolis, ntram 
ipse vellet assumere regimen dictarum scolarum et si ita esset et 
D. Bcolastictts eam presentaret DD. mei admitterent eum quia plnres ex 
eis babebant bene noticiam ejus. D. scolasticus reverdit se satisfecisse 
ordinationi DD. in hoc quod ipse presentaverat unum ydoneum et flamin- 
gum flamingantem et non sacerdotem, dictus vero Mg' Adrianus erat 
sacerdos et non posset oommode vacare ad regimen scolarum. " 

" DD. ad instanoiam et presentationem D. Egidii de Beverslaas cano- 
nici et scolaatioi admiserunt Mg"^ Egidium de Caeiseele ad regimen 
scolarnm, eum protestatione quod si non esset reportas ydonens, ipse 
scolasticus amitteret jus presentandi rectorem prozima vice futura. 
D. scolasticus ad hoc dizit quod ipse tenebat dictum Hg^ pro sufficienti 
et ydoneo, tamen si DD. sciebant aliquem saffloientiorem et magis 
ydoneum ipse eum libenter presentaret» et fait protestatus quod etiam 
si dictus Mg' Eg^dius foret reportas minus ydoneus, ipse tamen non 
amitteret presentationem suam, attenta oblatione per eum facta." 

" Presentavit se Mg' Egidius de Caeiseele nominatus per scolasticam 
ad regimen scolarum in capitule et dizit se venisse ad servicium DD. et 
ef^lesie si DD. placeret. DD. mei advisarunt enm de uno videlicet utrum 
ipse esset paratus prestare jnramentnm quod pro regimine scolarum 
inter ipsum et D. scolasticam nulla vel secreta vel publica pactio inter- 
venisset de aliqaid dando, nam si aliquid promisisset dare illud veri- 
similiter posset amittere, quia singulis vigiliis nativitatis Domini et Beati 
J. Bapt. haberet dimittere officium snum in manibus DD. Qui reverdit 
se hoc jurare paratum. Et sic DD. sibi dizerant quod in vigilia nativitatis 
Domini veniret et ipsi eum admitterent et interim possit sibi providere 
de domo et aliis neoessariis. " 

" DD. admiserunt Mg'^ Egidium de Caeiseele ad stallum et ad 
regimen scolarum ad presentationem D. scolastici et prestito per eum 
Jaramento clericoram solito fait positas in possessionem stalU et booIa* 



218 

rnm etc. '* — Acta ccvp, 26 Apr. 1442; 13, 20 Maü, 23 Jxm., 26, 29 Oct., 
27 NoY., 23 Deo. 1443. 

1443^ 23 Décembre, qillbs de CAEISEELE. Noasyenons 
de Yoir les différends auxquels sa nomination 
donna lieu. 

1446, 23 Juin, jean de STEEL ANT, Mag. Art. On con- 
state de nouveau la présence d'un professeur 
auxiliaire {submonitor). 

" Mg' Egidios de Beversluna scolasticns nominavit et presentavit Mg'*" 
Johannem de Steelant magistrom in artibos ad regîmen soolamm tan- 
quam sufficientem et ydonenm. DD. eo viso et aadito, tamen noticiam 
ipsias non habences, cepemnt dilationem ad dandum reversum an per ejns 
admissione nsqne ad medinm maii proxime fntnrom. " 

" DD. decanua et oapitnlum admiaeront Mg^" Johannem de Steelant 
magistrom in artibna per D. acolaaticnm preaentatum ad regimen acola- 
ram et atallam, offerentea se paratoa enm in poaaeaaionem stalli introdn- 
cere qnamprimum veniret infra hinc et festnm natiyitatia B. Johannia 
proxime fotomm. '* 

" Hg' Johannea de Steelant rector acolarnm conatitnit aanm anbmoni- 
torem procnratorem aaum preaentem ad exigendnm et recipiendnm a 
peraonia eccleaiaaticia qni aibi ratione aoolarnm obligantur et de receptia 
qnitandam. '* 

" DD. conoeaaernnt Mg^ J. de Steelant rectori acolarnm qnod poaset ire 
peregrinatnm Mechliniam pro indalgentiia, premiaao quod faciat acolari- 
boa proriaionem de inatructore. " 

" DD. considérantes qnod Mg* J. de Steelant rector acolarnm, canaante 
egritndine in qua din laborarit, impotena effectua eat ad regimen acolarnm 
et qnod acole dépérirent, conclnaemnt qnod D. Egidina de BeTeralnna 
acolaaticna proyideat de alio reotore qnanto cicina fcanto melina. *^ — 
Acta cap. 26 April., 18 Haü 1446; 24 Sept. 1448; 13 Oct. 1451; 10 April. 
1464 (n. a.). 

1454, 7 Mai. louis van den HECKE ou de DONZA, 
Mag. Art., clerc, originaire de Deinze. Jean Leporis 
(ou de Haeze ?) est son submonitor. 

" Mg' Egidina Beveralnus acolaaticna preaentavit... Mg'"'" Lndovîcnm 
de Donza, dericnm, magistmm in artibna, qnem DD. admiaeront... et 
fait etiam poaitna in poaaeaaionem in soolis per traditionem ferale per 
D. Bcolaationm. " 

** DD. deoanna et capitnlum conoesiemnt rectori loolamm ni meliaf 



219 

vftcare posset in scolis qaod non teneatnr persererare in vigiliis, septem 
psalxnis et lectnra biblie, qnodque nichilominna Boas pitantiaa lacretur in 
omnibus aient snis predecessoribns solitnm est concedi. '* 

** DD. mei gratiam fecemnt Mg*^ rector! Bcolamm ad ejns hnmilem 
sapplicationem qnod ipse in scolis cnm decenti habitu chori existons 
luorabitnr septem psalmos, bibliam et Placebo.'* 

*' Cornélius Sael oppidanas qneritur quod junior snbmonitor Mg*"' Lndo- 
vici reotoris scolarnm verberaverat filinm suum scolas frequentantem/* 

" DD. mei injunxerunt Mg'» Jobanni Leporis submonitori, quod ipse 
assumeret onus et regimen scolarnm Mg'* Lndoyici de Donza ac etiam 
scolarinm hujus ecclesie, donec et qnonsqne dioti DD. alias desnper pro- 
yidissenti et hoc qnia Mg' Ludovions transcripserat se nolle redire, 
quiqnidem Mg' Johannes onus hujosmodi in se sponte snscepit." — 
Acta cajp, 7 Maü 1454; 25 Febr. 1465; 7 Martii, 18 Aug. 1456; 12 Jun. 1458. 

1458, 21 Juin. jban LEPOEIS (ou de HAEZE?), i^ubmoni- 
tor, et^ depuis le 12 Juin, suppléant du rector Louis 
yan den Hecke, absent. Le 24 Décembre 1459, le 
chapitre le renvoie pour cause d'inconduite. Le 
15 Janvier suivant, sont présentés Jean de Platea, 
prêtre, et Arnold Scaghe, mais aucun des deux 
n'est admis. 

" Mg* G. Juvenis cantor, procurator Egidii de Beverslnns scolastici, 
nominavit ad regimen scolarnm tanquam habilem et ydoneum Mg"^*" 
J. Leporis et requisivit a DD. dictam nominationem admitti, sed DD. 
continuamnt banc materiam nsqne ad diem mercurii ad oonclndendum 
et usque ad Tîgiliam B. Joh. ad exequendum eomm oonclnsionem desuper 
concipiendam. " 

" Tune admiserunt DD. presentationem alias faotam de persona 
M£^ Johannis Leporis ad regimen scolarnm. Sed ipse fuit per DD. advi- 
satus ne gravaret scolares suos aliquibns novitatibus, yideliœt, de 
Bolvendis pecnniis pro ludendo et similibus." 

" DD. mei decanus et capitulum f ecerunt gratiam Mg"' Johanni rectori 
scolarum hnjus eoclesie ad e jus humilem supplicationem, quod ipse onm 
habitu deoenti chori in soolis predictis existons lucrabitnr septem psalmos, 
bibliam et alia sicut predecessores sui ex gratia lucrari consneverunt." 

" D. Bcolasticns presentavit DD. de capitule Mg"™ Johannem de Platea 
presbyterum et Mg'^ Amoldum Scaghe in magistrum scolamm, quate- 
nuB informarent se super ydoneitate eorum et admitterent alium eorum 
ad regimen soolamm hujus ecclesie. DD, dixerunt se velle informare." 
— Acta cap, 19, 21 Jnn. 1468^ 14 Febr. 1469 (n. s.); 16 Jan. 1460 (n. s.). 



220 

1460, 28 Maî. *jkan db PRATO {^),Mag. Art., reçu après 
avoir, sur la foi da serment, donné aux chanoines 
l'assarance qnMl n'avait promis ancuno gratification 
à récolâtre. II devient chapelain de gremio chori et 
résigne ses fonctions, le 2 Mai 1470. 

" Tauc concesserunt gratiam Mg~ Johanni de Prato rectori scolarum 
ni lucraretar Inorando in hac qnadragesima essendo in scolia more solito.** 

" Fait dispenaatnm cam Mg"* Johanne de Prato rectore Bcolarum qui 
non habebit perseyerare in miasa principia, dnmmodo tamen in iUa hora 
Bit in Bcolis et occapatns circa instnictionem ■colariom." — Acta cap, 
8 MartU 1462 (n. s.); 25 Ang. 1467. 

1470, 2 Mai. *loüis van den HECKE, Mag. Art. Les 
actes l'appellent homme savant, vir sdeniificua. 
C'est sans doute le motif pour lequel le chapitre le 
reprend comme rector scholarum. Il devient prêtre 
et chapelain de choro vers la fin de 1482, Quoique 
promu il continue d'exercer ses fonctions jusqu'à 
l'admission d'un nouveau maître d'école. 

" Vacante rectoria soolamm hnjas eoolesie per hoc qnod Mg' Johannes 
de Prato promotus est ad capellaniam de choro, venerabilis vir Mg' 
Egidins de BeverelunB scolasticns, cni ex offlcio sno acolastria incnmbit, 
presentavit DD. Bcientificnm vimm Hg"*" Lndoricom van den Hecke, 
dericam, artiam magistnim in rectorem et magistrnm scolarnm : DD. 
yero admisemmt enm et collato sîbi stallo ohori hnjusmodi offlcio rectorie 
annexo etc, '* 

" DD. concesBemnt de gratia Mg"' Ladovico yan den Hecke magistro 
Bcolamm nt existens in Ikïolis lacretnr distribationes septem psalmomm 
et vig^lianim ante prandinm et biblie post prandium more solito.'* — 

" DÎBpensatam fait cnm Mg~ Lndovico van den Hecke magistro soola- 
rQm,qaatena8 se nnica vice presentendo in die, in choro, diebos specialiter 
ferialibus et existons in scolis, circa suos scolares intendens, lacrari posait 
pitantias perseyerantiam exigentes, nnacum pitantiis ad speciale sire 
singnlare ordinatis nt pnta ad Misse introitnm, Kyrie, Gloria in excelsis, 
Allelnia, Patrem, Oftertorîum, Sanctns yel Agnns ant Vesperarom respon- 
soriam ymnnm antiphonam snper Magnificat ant sniEragiam post Magni- 
ficat siye antiphonam etc .*' 



Q) Dans le conconrs pour les lignée de la Faculté des arts à Lonvain, 
en 1448| Jean de Prato obtint la 42* place. — Analecteê pour nrvir d 
l'hiêtùirê etc., T. II, p. 232. 



221 

" OomparenB Mg' LadoTicas van den Hecke magister soolarnm rappli- 
OAvit nt posset prooedere ad saoros ordines, et qnamviB promotas esoet, 
qood ob eam rem offioiam snnm sibi non aoferretnr. DD. annnerunt 
Bnpplicationi sue in forma.*' 

" Yacante rectoria scolamm hnjns eooleeie per promotionem Mg^ 
Ludovici van den Hecke ad oapellaniam de choro, Tenerabilis vir Mg' 
Petras de Ligno scolasticns présentât ad eandem reotoriam Mg"*" Gode- 
fridnm [Dommele]. Cnjns audita snpplicatione, DD. mei prius, ex relata 
ejnsdem D. soolastici, qaod diotns Mg* Godefridas vir dignas et yalens 
esset atpote qai novem ant decem annos rexerat in universitate Lova- 
niensi, ad plenam informât!, ipsam admittentes stallom de cboro eidem 
contalerant. *' — Acta cap. 2 Maii 1470; 27 Febr., 27 Jan. 1471 1 8 Febr. 
1476 (n. s.); 10 Febr. 1483 (n. s.). 

1483 (n. s.), 10 Février, oodepeoid DOMMELE, de Bois- 
le-Dac. II avait été régent à l'Université deLouvain 
pendant neaf on dix ans. En 1487, il renonce 
à son emploi poar devenir secrétaire de sa ville 
natale. 

'* Bector scholaram Mg' Godefridns Dommele qui confessas est igno- 
rantiam snam orassam, qaod sabbato lllP' tempornm noWssime preterito 
leotiones ad missam non ordinayerit, promisit diligentias abinceps se 
aotorom. Et sabintnlit de impedimento per clericam assisie Colardam 
sîbi prestito de cerevisia bragensi pro se et commensalibas sais babenda, 
rogans provisionem capitali, at pio commensalibas prediotis maxime 
hiis qai choram fréquentantes ecolesie servinnt, manere possit in ea 
libertate qna predeoessores sai in officio rectorie semper gavisi faeront.'* 

" Mg* Godefridas Dommele oepit licentiam a scolis, qnia seoretariatam 
oppidi Bascodacis ande oriandas erat, adeptns." — Âcta cap, 80 Maii 1485; 
28 Jan. 1487. 

1487, 12 Jaillet.JEAN JOHANNIS (ou JANSSBNS.?)^). 

1491, 12 Décembre. *jacques HEMME. Le 16 No- 
yembre de la même année, Sibrand Fineti, présenté 
par Pierre de Ligno, n^avait pas été accepté. 
Hemme devient écolâtre, le 2 Mai 1502. 

" Visis litteris Mg'* Pétri de Ligno scolastici per qaas videtnr commen- 
dare qnemdam Mg"^*" Sibrandeam Fineti ad scolas hujas ecclesie per 
modam tamen provisionis, DD. duxerant expectandam asqne proximum 
diem capitnlarem et interim latios cogitabant. " 



(ï) Voir p. 121, note 1. 



222 

** Yisis Utteris DD. deoani et scolastici qnod scolasüons présentât 
litteris snia Mg^» Jacobnm Hemme ad scolas ha jas ecclesioi rogando 
DD. Heet sit sacerdos quod velint cam eo despenBare qnod alias ydonens 
est ad scolas regendas, DD. attendentes ydoneitatem dicti presentati et 
qnod DD. decanns et scolasticns valde commendarent enm, enmdem cnm 
diapensatione quod sacerdos est, in reotorem scolaram recepernnt." — 
Acta cap, 16 Nof., 12 Deo. 1491. 

1499 (n. s.), 26 Janvier. *jo8SB MONTFORT. 

1503, 8 Mai. *jean VICTRIOIUS ou WINT. 

*' Concessnm fait Hg'* Johanni Wint rectori scolaram qaod posset ire 
ad sacroB ordines et illos ab episcopo Tomacensi snscipere.^* — Acta 
cap, 6 Mart. 1606 (n. s.). 

1504, 22 Juillet. *piebebi db VYNC, chapelain de extra 
chorum. 

" Vicaria perpétua ha jus ecclesie vacans per dimiasionem et recessnm 
Mg'' Petri Yyno pridem rectoris scolarum et clerici installât! coUata fuit 
Joanni de Beeck." — Acta cap, 28 Febr. 1609 (n. s.). 

1508, 80 Août. *coRNBiLLE DB GRAVE. Il devient 
chapelain de Tune des chapellenies d'Artois, le 
9 Janvier 1514 (n. s.). 

" Ad presentationem Mg' Johannia Lammins scolastioî, providas rir 
Cornélius de Qrave clericus receptus fuit per DD. in rectorem scolaram 
ha jus ecclesie cum honoribus et emolumentis consuetia et fuit installatui 
per D. fabricarium in primo loco in inferioribns sedibus a parte deoani." 
— - Acta cap, 30 Aug. 1608. 

1509, 23 Mai. *pibere OBSTERHOUT. 

1512 (n. s.), 17 Mars. *ghtslain de BRAB ANDERE. 

" Ad presentationem D. scolastici Mg'' Guillelmi Bertrandi, receptns 
fuit in rectorem scolarum Mg' Gislenus de Brabandere cum dispensatione 
tamen quia sacerdos, fuitque tam in inferioribns sedibus chori prima 
videlioet a latere decanali, qnam in scolis installatus et introductus.** 

*• Goncessum fait Gisleno de Brabandere reotori scolarum quod domi- 
nica Quasimodo proxime futura posset celebrare suas primitias in choro 
et ad summum altare." — Acta cap. 17, 31 Mart. 1512 (n. s.). 

1516 (n. S.), 9 Février. *pa8Quieb de CORTE, du diocèse 
de Térouane. Le 29 Mai 1526, il devint clei'icus 
sanctuarii. 



223 

1522, 23 Juin. Léonard CLODINS. 

1528, 4 Mai. *gbrard BACHUSIUS. En 1537, il obtient 
le canonicat de la 1 1® prébende. 

1530, 19 Septembre. *adribn OHILIUS, natif de Malde- 
ghem. 

'^ Tout ce que nous savons de lui, dit M. 
Roulez (^), c'est qu'il fut d'abord instituteur à 
l'école de Saint-Donat, puis curé de l'église de ce 
nom à Bruges. On vante ses connaissances dans 
les langues grecque et latine. Chilius traduisit le 
premier, en vers latins, le Plutus d'Aristophane. Il 
donna une traduction, également en vers latins, 
du Vélocipède, petit drame tragi-comique, qui se 
trouve parmi les œuvres de Lucien, mais qui est 
une mauvaise imitation du Tragopodagra de cet 
auteur. Ces deux morceaux ont paru à Anvers chez 
Hillen, 1533, in 8\ " 

Ghilius ne fut jamais pastor laicorum de Saint- 
Donatien, mais bien curé de Maldeghem^ son lieu 
natal. 

Le premier de ses opuscules parut sous ce titre: 

Aristophanis comici facetissimi Plutus. Adriano 
Chilio interprète, 

Plutus. 
Qui prius Argolico fulgebat murice, laudis 
Bomanae didici proemia ferre togOrS, 

Antverpias, apvd Michaelem Hillenium in Rapo . 
An. M, 2>. XXXIIL 

Le travail, dédié à Marc Laurin, doyen du 
chapitre, était destiné aux enfants de l'école de 



(*) Biographie nationale, T. 4, p. 76, Art. Chilius (Adrien), 



224 

Saint-Donatien^ qui représentèrent en public Vœ\x^ 
vre de leur maître (^). 

Nous avons vainement cherclié un exemplaire du 
second opuscule (^). Toutefois, la Tragoedia Ludani 
cui titulus est, Podagra, a quodam graece latineque 
erudito versibtis reddita, imprimée chez Martin 
de Keyser, à Anvers, en 1530, n'est pas une première 
édition, sans nom d'auteur, de la traduction de 
Lucien, £aite par Chilius, puisque celui-ci^ en 
1533, donne le nom de prémices à son Plutus. 

Plusieurs biographes (') attribuent encore à notre 
rector une paraphrase latine du Psautier d'après le 
texte chaldéen, qui aurait été conservée dans la 
bibliothèque de l'abbaye des Dunes à Bruges. Nos 



(1) << Atquî oertissitnam in epem addaoor, candissime JDxta ac erudi- 
tissime Laorine, ut hic noster labor fntorus Bit et advenus prodigiosam 
qnorumdam calumniandi acabiem bene tutus, et candidis œqnîsque non 
omnino ingratuSi si tuo quoque calcule probatus, sob tni nominis auspicio 
ezeat, quem eqnidem e tam oelebri olarissimorum pariter ao prudentissi- 
morum yiroram corona delegi, cui bas meas nnncuparem yigilias, utpote 
ejas ooncilii pnesidem, cujus instituendam snscepi juventutem, cujusqne 

insignem expertus sum benignitatem Te itaque ero ut bas in g^rsocis 

litteris studii nostri primitias tibi ceu Gamillo cuipiam ac propugnatori 
consecratas Iseto animo fronteque exporrecta excipias.... Qnod si Aristo- 
pbanicaa elegantiœ delicias non videar assecntns, id tibi velim persuadeas, 
prima bœo fuisse ejns laboris TTpoyvfivacrfiaTa, qnœ si a viro tam 
multis probato nominibus probentnr, neqne nostri nos pœnituerit laboris, 
neqne majore grayabimur oonatu vestram rem scholasticam provebere." 
— Dédicace du Plutus, 

(^) Le Plutus et la Podagra parurent ensemble, en 1533, cbez le même 
éditeur, sous le titre donné plus haut, mais ainsi complété : " ÂriatO' 
phanis,,,, togas. 

Podagra Luciani poaterior^ eodem Adriano Chilio interprète. Ant- 
verpiee, etc. "(*)• 

(3) VALèBE Andbé, (Bihliotheca Belgica); Foppens, (Bihliotheca Bel- 
gka)', Van Male, (Levensheschrijvingy etc.) V» Adriancs Chilius. 

(*) BuUtHn du bibliopkiU helge, XDC, p. é09. 



225 

recherolies pour la décoarrir» ont été infractaeusea. 
Chilius mourat en Juin 1569. 

'* Satisfaoiat receptor obedientîe magîstro Bcholanuii pro misaig per 
enm ad Danielis de jnsHii DB. celebrari jnisîs. *' — Aeta cap, 11 Jao. 
1631 (n. B.). 

" Mg"^ Adriano Chilio alteriiu portionis ecclesie paroohialifl de Malde- 
ghem rectori, ooncessum fuit alteri portioni ejasdem ecoleaie per destî- 
tuttonem D. Roberti Gantolme illius novisaimi rectoris vacanti deservire, 
usque ad vigiliam Natiyitatifl B. Job. Bapt. 1569. " 

" Altera portio parocbialis ecclesie de Maldegbem, vacans per obitum 
qnondam Mg'' Adrîani Chiliii illios dam viveret noyissimi rectoris, ad 
presentatîonem DD. decani et capituli ecclesie S. Salvatoris Harlebe- 
oensis, collata fnît D. Joannî Goetbals presbytoro Gandensis diocesis. " 

— Acta vieariatiM Brugensis, gede vacante, 19 Jun. 1568 ; 15 Jim. 1569. 

1533, 20 Octobre, jïan SCHYNCX ou SCHYNCK. Con- 
gédié par le chapitre du chef de négligence, après 
on rectorat de douze ans, il se rend à Lonvain 
pour j faire ses études de droit. A l'occasion de sa 
promotion au grade de licencié ès-lois, les chanoines 
lui octroient un subside de cinquante florins.En 1567^ 
nous le trouvons parmi les officiers de la cour ecclé- 
siastique de Bruges, comme scriba et audientiariuê» 

" Quia Mg* Adrianns Cbilins renuntiaWt regimini scolamm, D. scolas- 
tiens ad easdem vacantos presentavit qaemdam Mg*^ Joannem Sohjnok, 
qoern DD. aooeptanmt.*' 

** Gapellania de extra obomm in Yarssenaere ooUata fait Joanni rectori 
scolarom. ** 

" Ladimagistor sepias adxnonitas, absoWitor a scola ; potest tamea ad 
nnam yel duos menses preesse soole.** 

" DD. annaentes sapplioationi Mg'^ Joannis Scynox, naper rectoris 
scolaram bajas ecclesie, concesserant eidem in soi promotionem ad 
gradam licentie in stadiis legom 50 florenos caroli ez 4 officiis." — Acta 
cap, 20 Oct. 1538; 17 Jan. 15^ (n. b.)i 23 Dec. 1545; 23 Jan. 1649 (n. s.). 

1546 (n. s.), 11 Janvier (i). *arnold LAUBENTS. 

" Gapellania animaram collata fuit Arnoldo Laarentii ladîmag^stro." 

— Acta cap. 21 Nov. 1552. 



(») Voir p. 118, note 1. 

15 



226 

1553 (n. s.), 7 Janvier. *prançois du QUESNOT. Sous 
lai, les réfectionanx commencent à cohabiter avec 
le rector scholarum (^). Il était le beau- frère du 
célèbre Jean van Geldre {Oeldriics). 

** Cnstodia eoclesie parochialis de Wytschaete collata fuit Fr. dn 
Qnesnoy, olerico Tomacensi, rectori Bcholarnm." 

" Bector scholarnm admonitns sni officii, sub spe emendationis et qnod 
sibi assnmet Bnbmonitorem, continnator ad mensem dnmtazat.*' 

" Obitns Fr. du Quesnoy. — Ad instantiam eorumdezn [executornm 
testamenti] DD. sabstituerunt Mg"™ Joanoen yan Greldre, sororium 
defnncti, tertinm executorem in locum Laurentii de MolendinOi Leodii 
residentifl/' — Acta cap, 30 Oct. 1554; 24 Jun. 1556; 22 Oct. 1557. 

1557, 10 Novembre. *piat OSTB. Après avoir renoncé à 
ses fonctions, en 1560, il devient chapelain de 
gremio chori et curatua monetariorum. 

" Mg' Piatus Oste rector scholarnm ageus DD. gratias quod hactenas 
enm in suo officio tolerarunt, raledizit et rennnciavit suo mnneri, quam 
renunciationem DD. acoeptamnt, consentientes ut adhuc habitum ecclesie 
gerat et refectionales domi alat, donec ipsis de alio rectore provisum 
fuerit." — Acta cap, 26 Martii 1560 (n. s.). 

1560 (d. s.), 1 Avril. Guillaume de LIEDBKEECKE. 
En 1561, il donne sa démission et se marie. 
Contrairement aux traditions établies, le chapitre 
le conserve néanmoins pour quelque temps comme 
rector, mais à certaines conditions : G. de Liede- 
kercke continuera d'habiter la maison des réfec- 
tionaux ; à l'église, dans les offices, il sera remplacé 
par Jean Flamme, clerc installé {^); toutefois, il 
pourra occuper un des sièges inférieurs du chœur, 
en costume laïc, afin de surveiller ses élèves. 
Plus tard, G. de Liedekercke fut jugé capable 
d'occuper la chaire publique de belles-lettres, 
fondée par Tévêque de Cuba, Jean de Witte. Parmi 



(>) Voir p. 66. 

(2) Voir p. 60, note 1, 



227 

ses élèves, on cite Gabriel Janssens (^), mieux 
connu que son maître. 

" Comparens Mg' Qnillelmns Lîekeroke reotor scholamin valedizit et 
gratias egit DD. qnod eam hactenus in eoram Borvitio tolerarunt, qno 
facto, rogatus fnit qnod refectionales adhnc aleret et operam snam in 
scholis prestaret donec et qnonsqne eisdem de novo proyideatnr Indima- 
gistro. Qnod se libenter factnmm promisit/* 

*' Mg' Gnillelmna Liekercke qni jamdndnm per contract nmmatrimonii 
rector scholarnm esse desiit, ex certia cansis animoe DD. moventibne, 
ad ejnsdem schole moderationem de consensn D. scholaetici fnit reas- 
snmptns et retentns ad tempna unins anni in festo Bayonis proxime 
f ntnro incepturi, absqne tamen Incro distribntionnm chori solito, sed loco 
illamm, cnm sex libramm gioss. pensione annna, sibi ex obedientia que 
distribntionnm hnjnsmodi onns snpportare habet, solvenda. His tamen 
legibns et conditionibns adjectis, videlicet qnod ipse tenebitnr in domo 
refectionalinm qnam inbabitat remanere, et dum in ecclesia divina 
peraguntnr officia, in scholis perseverare, ac onera consneta rectori 
Bcbolamm incnmbentia tam in ecclesia quam extra eam per se vel alinm 
respective snpportare, quodque poterit tempore divinornm et presertim 
festiyis diebns in decenti habitn sno secnlari, chomm nnnm ant altemm 
ex sedibns inferioribns sinistri later is ibidem occupando, nt in mores 
dictomm refectionalinm in choro tnnc existentium animadvertere valeat, 
absqne reprebensione frequentare. " — Acta cap, 11 Ang., 15 Sept. 1561. 

1562, 13 Juillet. *jean ZOMERS (*), admis à la condition 
de recevoir la prêtrise aux ordinations prochaines. 
Le 22 Juin 1566, le chapitre ^informe qu'il doit 
songer à se procurer une autre position endéaus 
les trois mois. La mesure prise par les chanoines 
ne fut bientôt que trop justifiée. En effet, le rector 
accusé d'avoir assisté au prêche des gueux et d'avoir 
acheté un livre suspect d'hérésie, tout en niant le 
premier chef d'accusation^ fit des aveux touchant 
le second. Le prévaricateur fut sur le champ privé 
de son habit de chœar et déclaré ne plus être 
suppôt de Saint-Donatien (12 Août). 



(*) Nous rencontrerons celni-ci pins tard également parmi les profes- 
seurs de la fondation Cuba. 
(2) Voir p. 135, note 4. 



228 

Jean Meeze^ prêtre^ présenté par Fécol&tre^ le 
7 Âoût^ est admis mais n^accepte pas. 

Le sons-maître on hypodidaacalus (c^est le terme 
désormais snbstitué à celui de subm&nitor), Liévift 
Apollonins Gentbrngge^ qni enseigna sons Zomers^ 
est pins favorablement connn qne le maître d'école 
en chef. 

n a mérité de passer à la postérité par la pnbli-* 
cation d'un ouvrage intitulé : 

Levini Apollonii, Oandohrugani, Mittelhurgensis, 
de Peruviœ regionis^ inter Novi Orhis provinciale 
celeberrimcBj inventione : et rebus in eadem gesfis, 
libri F. Ad Jacobum Olaroutium Maldeghemmœ ac 
Pittemiœ dominum. Brevis, exactaque Novi Orbis, et 
Peruviœ regionis chorographia, Antverpiœ, apvd 
Joannem Bellerum sub Aquila aurea, M. D. Lxvii (^). 

Dès 1583 parut une traduction allemande de ce 
travail ; elle forme la troisième partie d'un recueil 
d'ouvrages sur le Nouveau Monde, traduits en la 
même langue et publiés par Nicolas Höoiger; en 
voici le titre : 

HiBEON. Benzon. Erste Theil der Newen Welt 

und Indianisehen Niedergàngischen Königreichs. . . 

Pktrus Martyr. Ander Theil der Newen, Welt... 

Levinus Apollonius. Dtitte Theil der Newen 
Welt des Peruvischen Königreichs, welches dos 
mechtigste und fruchtbareste ist, under allen andem 
Landtschafften oder Provintzen des Indianisehen 



{}) M' Tebnaüx, Bihl. améric.f cite cet ouvrage sous le millésime de 
1665. Il existe des exemplaires avec le millésime 15G6, mais cenx-oi sont 
de la même impression que les exemplaires au millésime de 1667; de ces 
derniers le titre seul a été réimprimé. La Bibliothèque royale de Dresde 
possède des exemplaires des deux éditions. Voir: Graesse, Trésor de 
livres rares et préeieueo, vol. I, p. 168; F&£i). Muller, Cat<ilogt^ of hooks 
on America.,, Amsterdam, 1872, p. 148, n*" 1215. 



229 

Nîdergângischen Reichs : wie und durch wehhe 
Personen dasseUdg zum eraten erfunden, tind was 
sich von der ersten Erfindung an, hiss auf unsere 
^etzige Zeit, fur schröchliche krieg und BluU 
vergiessungen, eyns theils gegen den Peruvischen 
Mnwohnem, andertheils zwischen den Spanischen 
Landtpjlàgern und Vögten, allein von wegen 
Ehrgeytzes und Eygennutzes verloffenv>nd zugetragen 
haben.Auch von derselbigeVölekem 8iUen,Begiment, 
Aberglauben, Ceremoniën, Oottesdienet, Oébràuch 
in Essen und Trincken, Handthderungen, Oewerb- 
schafften und unerschöpfflichen Ooldtgruben U7id 
Beichthumben, so in diesem Königreioh gefunden 
werden. Item, von der Frantzosen Schdffarth in die 
Landtschafft Floridam, und ihrer schröcklichen 
Niderlag die sie von den Spaniem im Jar m. d. ilv. 
darinnen erliiten. Mit angehenchter Supplication 
an Konig Oarol den IX in Franchreichj der Er- 
sehlagnen Frantzosen Witwen, Waysen, Verwandten 
und Emwohnem in der Landtschafft Florida, darinn 
sie ihr Unschuld gegen den Spaniem vor Koniglicher 
May. griindlich erkla/ret und geoffenbaret.Alles durch 
Olaubwilrdige Personen, und fürnemblich durch 
den Hochbemmbten Oeschichtschreiber Levinum 
Apollonium GANDOBRuaANUM , in Lateirdscher 
Sprachwahrhafftig beschrieben, und zum thetl selbst 
Persônlich erfahren. Erst jetz aber avss dem Latein, 
zu Nutz alun Regenten und Oberherren, Ehrgeytz 
und Eygennutz zuvermeiden : Auch Inebhabem der 
Historien, mit hôchstem Fleiss und Muhe verteut- 
schet, durch Nicolaum Eôniger von Tauber Kônigs- 
hqfen. Babbl^ Sébastien Henricpetri, 1583. 

A cette époque^ on possédait^ il est vrai^ Fhistoire 
de la découverte de l'Amérique de Pierre Martyr 
d'Angliiera {De Novo Orbe Decades; De insulis 
nuper inventis et iticolarum mo^^busj De rebus ocea- 



230 

nids, sive de navigatione, et terris de novo repertis), 
ainsi qno quelques cosmographies et recueils de 
voyages, relatant sommairement les origines du 
Nouveau Monde ; mais une narration détaillée de la 
conquête du Pérou, une description complète de ce 
pays et de ses richesses^ des mœurs, des usages, du 
culte et des cérémonies religieuses des indigènes, 
telles que nous trouvons dans le livre de Gentbrugge, 
devaient être de nature à intéresser les Européens 
et en particulier les Belges^ qui avaient déjà avec 
le peuple péruvien des relations commerciales très 
suivies. Aussi, le traducteur Höniger appelle-t-il 
Liévin Apollonius un historien fameux, et Tauteur 
de la Bibliotheca antiqua le place-t-il au-dessus 
des historiographes vulgaires (^). 

Foppens attribue à notre hypodidascalus un 
autre ouvrage intitulé: De navigatione Gallorum 
in terram Floridam deque clade anno 1565 ab His- 
panis accepta. AntverpiaB, apud Joannem Bellerum 
1568. Nous ne Tavons pas trouvé. Le titre allemand 
donné plus haut insinue que ^histoire de Texpédi- 
tion française en Floride n'est pas l'œuvre de Liévin. 

Jusqu'ici Levinus Apollonius (^) était connu 



(*) " Professor in Academia Brugensi erat ApoUonius, nr eruditns, efc 
in rebus historicis hand yolgariier versatas; ni ideo etiam majoris 
momenti sit hoo scriptum ; acoedit qnod cum nnllus ante ipsnm tanta 
düigentia tradiderit ; qna ratione, qnibns ducibns, qno discrimine atqne 
éventa rerum inventa sit ao oocupata Pemvia, et qnibns deinde initiis 
iranunque oansis ea ipsa civili implicata bello, mnltîs Hispanomm 
stragibns permadnerit, landi ipsins ing^ns adhuo addatnr incrementnm, 
maxime cam totns inonbnerit Novi Orbis historiis enarrandis. '* — 
Bibliotheca antiqua puhlicata Jenae, Anno M. d. ce. v., p. 869. 

(*) Leviwus et Apolloniui, à notre avis, sont les deux prénoms dn pro- 
fesseur dont le nom de famille est Oenibrugge. Les titres de Toriginal latin 
et de la traduction allemande de Thistoire du Pérou, et surtout la signa- 
ture de la dédicace " Levinus Oandohruganue*^ militent en notre faveur. 
D'autre part il existe encore aujourd'hui à Gand des familles du nom de 
Qentbmgge et de van Gentbmgge. 



281 

comme professor in Academia Brugensi et précep- 
teur d'André Hoyus (^). Au milieu du XVP siècle 
il n'y avait à Bruges d'autre institution digne de 
ce nom qu9 les chaires publiques fondées par Jean 
de Witte, évêque de Cuba. Or, Liévin ne figure pas 
parmi les professeurs de théologie ou de belles- 
lettres de cette fondation. C'est donc uniquement de 
l'école chapitrale qu'il faut entendre l'expression 
Academia Brugensis, 

D'ailleurs, la présence de Gentbrugge à Saint- 
Donatien comme professeur auxiliaire nous est 
révélée incidemment par une résolution capitulaire, 
qui permet à Vhypodidascalus Liévin Apollonius de 
prononcer au réfectoire des chanoines un discours 
ayant pour objet l'éloge de la noblesse, de laude 
nobilitatis. 

L'historien du Pérou mourut, croit-on, soit sur 
le sol péruvien, soit dans les îles Canaries (*). 

" Ad presentationem D. Yriese Bcholastici de idoneitate Mg^ Joannis 
Zomerii fidem facientis, idem Mg' Joannes in rectorem scholaram recipitar 
et admittifcnr, qai per D. Barradotinm D. decani nnnc abseniis yicarium 
ad Btallom presentatua et; admissns, prestito clericornxn Bolito jnra- 
mento, installatus fait in choro ad latns docanale in stallo rectoris 
scholaram oonsaeto, per D. Lambrecht, D. fabricarii coadjatorem. Postea 
vero per prefatam D. soholasticam ad scholas dednctas, in dicti officii 
rectoratos scholaram et emolamentorum possesaionem positas est, per 
ferale et virgarom in manibus sais traditionem. Et fait illi capitalariter 
injanctam, qoatenasproximisqaataor temporamdiebas et alîis sacces- 
sive seqaentibns ad sacerdotiam se promoveri procaret, qaod se f actarnm 
promisit. " 

" Bector scholaram prias monitas ut pueros bonos mores ac litteras 
doceat, modnmque et consaetadinem antiqaam oanendi laudes yesperi 
in scholis, ante discessum puerornm, in usum revocet et reducat, con- 
tinuatar. ** 

" Beotor scholaram prias monitns ut refectionales et alios pueros 



(') Bïbliotheca antiquat etc., 1. c; FoPPENs, Bihliotheea lélgicuf y^ Lae- 
▼inufl Apollonius. 

(9) FOPPBNS, Bihliothêca helgiea, 1. c. 



282 

pietatis leges et precopta bonosque moree dooeafc, ao landes Tespeiiinas 
in Bcholis oantari faciat, oontinnatnr. " 

" Beotor acholamm cantinnatnr, data oommissione DD. decano, canton 
et Bcholastioo eom admonendi privatim nt infra trimestre de alia proyi- 
sione sibi prospiciat." 

" Ad presentationem D. Vriese scliolastici, Joannee Meese Fb' ad regi- 
men soholamm per oeesnm sen abseessam Kg^ Joannis Zomerii vacans 
admittitnr, idqne per modnm probe, qui ob sibi recnsatnm domus refec- 
tionalicm locaginm deolaravit se adhnc desuper veile deliberare." 

« D. Joannes Meese in capitale comparens deliberatos, conditionem 
snb legibns pristinis sibi oblatam, se aoceptare nolle deolaravit. Proinde 
oommissnm fnit D. decano onm assnmendis monere et indnoere D. Yriese 
s<^lasticnm nt sohole de idoneo rectore capitale presentando qnanto- 
cios provideat, vel regimen ejnsdem per se subeondnm sascipiat." 

" Fervente ad DD. notitiam quod Mg' Joannes Zomers rector sohola- 
mm hesterno die concioni sectariomm extra civitatem interfaisset et 
librum snspectmn emisset, per hoc edicto regio oontraveniendo, DD. 
enmdem coram eis vooari fecernnt, cnjns negatione qnoad concionem et 
confessione qnoad libri emptionem anditis, DD. enndem habitn ecolesie 
privamnt sen pro non snpposito habnerant et declararnnt." — Acta cap, 
18 Jnl. 1662; 23 Deo. 1563; 28 Jnn. 1564; 22 Jnn^ 7, 11, 12 Ang. 1566. 

" Concessnm fait Mg~ Livino Apollonio reotoris soholamm hypodi- 
dascalo, dominica proxima sub horam tertiam pomeridianam hic in 
refectorio pablioe declamare posse oertam orationem de lande nobilitatis 
per eum exhibitam, salvo quod prins visitetur per sdholasticum et alios, 
pront visitata fait ** — Acta cap, 12 Jun. 1564. 

1566, 17 Août. *jiAN BRANTS (}), ancien professeur de 
philosophie à la pédagogie da Lis, à Louvain, et 
actaellement chanoine de la 6® prébende, en pré- 
sence dn renvoi de Zomers et dn ref as de tfean 
Meese, se dévoue et consent à prendre la direction de 
Técole, mais à la condition que les réfectionaux, 
va la difficulté des temps, soient placés provi- 
soirement chez un autre. Le chapitre décide 
donc de les renvoyer pour deux ou trois semaines 
auprès de leurs parents; chacun d'eux recevra 
trois gros et demi par jour et ils fréquenteront 
l'école et l'église comme d'habitude. 



(*) AnaUctêi pour ê9rvir etc., T. XX, p. 871 • 



233 

Le 23 Septembre 1566, Gilles de VHeg'here, 
ancien choral, maître-ès-arts Q), choisi par Brants 
comme hypodidascalus, en remplacement sans donte 
de Liévin Gentbragge, est admis à occuper une 
stalle cléricale et à exercer an chœur tontes les 
fonctions du rector scholarum. 

En Décembre 1567, G. de Vlieghere est à son 
tour remplacé en qualité de sous-maître par Jacques 
Faignaert. 

Après s'être consacré pendant trois ans à IMn- 
struction des enfants et à Téducation des réfec- 
tionaux, le chanoine Brants manifeste plusieurs 
fois le désir d'être déchargé de son emploi. Le 
chapitre, croyant ne pouvoir insister davantage^ 
nomme rector scholarum le sous-maître Faignaert 
(15 Octobre 1569). Mais ce dernier refuse d'ac- 
cepter la charge, parce que le chapitre ne veut pas 
lai accorder la maison du chanoine Barradot 
(9 Novembre). 

'* DD. in looo capitalari congregatis, ezposito per D. decanam qaod 
D, Braatins canonicus, intuita pieiatis et ne javentns periret, i>aratn8 
erat refectionalinm et schole vacantis regimen sub antiqnis conditionibns 
acoeptare, idem Biantins tonc presens sanm consensum desaper ad hoc 
prestitit, et soam operam in scholis ciroa juvenom institntionem obtnlit, 
reqoirens nihilominus ob presentie temporis angnstiam et calamitatem, 
refeotiouales certo tempore alibi in expensis ooUooari. Unde ordinatum 
fnit qaod nnDsqoisqae refectionalis apud parentes remittatnr ad doas 
Tel tres septimanas, onm solntione triam grossorom cnm dimidio singnlis 
diebns pro expensis, nt interim temporis sacoessas yideator, ita tamen 
qaod iidem refectionales in dies scliolam et ecclesiam more solito factori 
et aervitnri accédant' " 

*' Goncessam D. Brantio canonioo et scholarom moderatori nt qoando- 
camqae prinoipio matatinaram interfaerit, in scholis ciroa pneroram 
institntionem manendo et continoando oxcnsari et Incrî earamdem mata- 
tinaram porticeps esse possit." 

" Ad preeentationem D. deoani Mg' Eg^dias Volator per D. Brantiam 
canonioam ladimoderatorem in hypodidasoalam assamptas, reoeptaa foit 
ad stallom, ad omnia rectoris scholaram officia in ohoro sabeondum." 



Q) Voir plos haut, p. 82. 



234 

" Jaoobus filins [G^paris] Faignaeii per D. scholaaticnm presentatiiB 
ad locnm rectoris scholarnm et per D. decanuxn ad siallam, per capitnlnm 
receptns est. " 

" Attente quod D. Brantins canonicus refeotionales et scliolas relin- 
qnere intendat, qnodqne D. scholasticns paratns sit ad regimen dictamm 
Bcholarom et refectionalinm presentare Jacobnm, filinm Gasparis Faig- 
naert, modemnm hypodidascalnm, t-anqnam habilem et idonenm, aliisqne 
variis ex cansis DD. moventibns, iidem DD. declararunt se admittere 
sen paratos esse ad enmdem presentatnm admittendnm. " 

" D. et Mg' Georgius de Yriese, attente qnod Brantins oanonicns 
maneat in rennnciatione scholarnm et refectionalinm, présentât Mg"*" 
Jacobum Faignaert, modemnm hypodidascalnm, ad regimen dicte schole 
et refectionalinm, ab ipso semel presentatnm et a DD. tnno admissnm, 
rogans nt DD. yelint manere in sna conclusione semel facta. Snper qno 
habita deliberatione DD. ordinarnnt hoe negotinm differendnm in proxi- 
mnm diem capitnlarem. " 

*' Andita relatione DD. decani, Woelaert et Hnbrechts, capitnli depnta- 
tomm, snper snfficienti litteratnra Mg^ Jacobi Faignaert ad institntionem 
refectionalinm, et deinde snbsecnta relatione aliornm DD. depntatomm..., 
DD. de capitulo inherendo retroactis enmdem Mg™" Jacobnm ad 
presentationem D. scholastici, onm consilio et assensn provisomm refec- 
tionalinm factam, salvo jnre cnjuslibet, admittendnm dnxemnt et 
admisemnt. " 

'* Petita per D. Faignaert, obedientie receptorem, volnntate et bene- 
placito DD. snper migratione sui cognati Mg'* Jacobi Faignaeit scholarnm 
rectoris cnm refectionalibns ad illins proprias edes, vel remansione in 
domo qnam hactenns cnm D. Brantio canonico habitamnt, DD. prehabita 
deliberatione, refeotionales in domo in qna nnnc sunt remanere yolnerunt 
et conclusemnt. " 

" D. Faignaert ob recnsatnm sibi oertnm looaginm domns Barradot 
pro se, cognato sno et refectionalibns, conditionem scholarnm et refec- 
tionalinm, ad qnam dictns snns cognatus receptns erat, recnsayit. " — 
Acta cap, 17 Ang., 11, 25 Sept. 1666; 9 Dec. 1567; 16 Aug., 26 Sept., 
15 Oct., S, 9 Noy. 1569. 

1569, 21 Novembre. *QEORaBS de VRIESE, écolâtre, 
ne trouvant pas de nouveau rector et cédant h de 
nouvelles instances du chanoine Brants, consent à 
diriger lui même Fécole et les réfectionaux. 

Le 24 Novembre 1569, Séverin Baten (^), sur la 
présentation de deVriese^est admis comme vice gerens 

C) Voir p. 62, note 8. 



235 

dans les mômes conditions que de Vlieghere et 
Faignaert sous le chanoine Brants. 

Le 21 Mars 1571 (n. s.), de Vriese demande à 
ôtre déchargé de la direction des réfectionaux, 
mais le chapitre diffère de répondre. Dans Tinter- 
valle le séminaire est fondé. 

" A.Tidita propositione D. Brants canonicii petentia liberari ab onere 
refectionaliam, et ipsoa alibi collocari, D. Yriese scbolasticns asserens 
magnis diligentiis factis, adhnc nnllam invenire potuisse Indimagistmm, 
declaravit se onns et regimen acholaram et refectionalinm domi sue 
alendornm acceptare per modnm provisionis, donec eoclesie de aliqao 
Boholaram rectore et Indimagistro ait proviaam. " 

" Attenta declaratione D. Vrieae scholastici, asserentis ae intentionia 
eaae continnahdi in regimine acholaram et refectionalinm, donec eomm 
domna infra trea ant quatuor annoa yacua exiatat, et forte diutias, Deo 
favente, DD. qnantnm in ipais eat, D. Brantinm canonicum a locagio 
domna canonicalia D. Barradot abaolvemnt, aeu ipanm indemnem erga 
D. Barradot deanper conseryare promiaemnt. " 

'^ Andita propositione D. Vriese acholaaticî in efiPectn declarantia qnod, 
ob certaa canaas enm moventea, intenderet relinquere scholaa et refec- 
tionalea, ac anoa convictorea domi retinere, petena eiadem refectionalibna 
de rectore proTÎderi, aibique consenanm preatari ut domum eccleaie aL'as 
per enm in canonem acceptatam, laicis locare poaaet, oaau qao nnllna 
habitnatomm eam cnpiat, DD. snper ntraque sue propoaitionia parte 
conclnaionem diatulemnt, ordinantea interim nt dicta domna per habi- 
tnatoa yiaitetnr. " — Acta cap. 21, 24 Noy. 1669; 21 Martii 1571 (n. s.). 

1571, 23 Juin. *piat OSTE, chapelain de gremio chori et 
ancien rector scholarum, figure désormais sous le 
titre de rector scholarum seu senvinarii, 

Séverin Baten, cessant d'être hypodidascalus, 
conserve sa stalle et est déclaré du nombre des 
promovendi (^). 

" Qnoad Petrnm yan Maren alternm yirgiferorom cbori, etiam D. 
Bcholastico cohabitantii ordinatnm fnit qnod apnd Mg"^ Piatnm in 
eodem aeminario collocetnr, ao enm eodem Mg"^ Piato anper ezpensia 
conyeniatnr. " 

'' Bector soholaram seu seminarii Mg' Piatas Oste fait oontinnatos. *' 
— Acta cap. 28 Jun. 1671 } 28 Dec. 1678. 



Q) Voir p. 62, note 8. 



236 
APPENDICE III. 

fioolfttres de Balnt-Doiuitlen. 

1261-1555. 

1261^ GILLES^ en même temps chanoine de Notre-Dame 
à Bruges^ connu par une lettre que lui écrit 
Urbain IV, le 17 Septembre 1261 {^). 

1291^ GEBYAIS^ professor legvm, dans une donation de 
livres qu'il fi^it à Tabbaye de Ter Doest^ ö^intitnle 
écolâtrede Saint-Donatien ('). 

18??, JBAN FI VINT, chanoine de la 11« prébende (»). 

1335 (n. s.). Février, hinei de CARRETO ou dk 
GHâRETTO, possesseur de la 9*" prébende à Saint- 
Donatien et chanoine de la métropole de Rheims, 
mort en 1846 (*). 

L'acte capitulaire de Février 1885 (n. s.), où il 
est signalé comme écolâtre, n'existe plus. Il &nt 
croire qu'il y est question de la démission de de 
Carre to, puisqu'un acte du même mois et de ^la 
môme année mentionne un nouveau titulaire de 
l'écolâtrie. 

" Henrions Cli»retto fnit scolastious 1884 Feb., reg. 8, fol. 10, a. 8.**— 
Arch, de Vévéehé, ma. intifcnlé Seholastria. 

*' De gratia facta D. H. de Carreto de non residendo ab blenninm : 
'FaofcQS fait et oonstitntns procnrator generalis capitali et ecclesie 
nostre D. Henrions de Carreto et conoessa fnit sibi gratia de non resi- 
dendo Bmgis, sed quod absentando se stare posset Bemis vel alibi 
nbicamqae locorom pro libito volantatis sne, a festo Beati Joh. Baptiste 



(^} FsYset NÉLis, Lee eartulairee de la prévôté de SainUMartifit à Tpree, 
Bruges 1884, T. I, La prévôté de Saint-Martin, esquisse historique, p. 88. 
(') Annales de la Société d'Émulation, l*** série, T. I, p. 178. 
(') Foppens, Compendiwn chronologicum eto., p. 189. 
(^} FoPFXMs, Compendium chronologicum «to., p. 182. 



237 

nnper elapso nsque ad prozhnnm bienninin» Incrando grossos- fmiettiB 
prebende sue mediantibuB XIV 9> par. ** — Acta cap, 11 Jol. 1346. 

1335 (n. 8.), Février, h. de ALETO. 
** Ö. de Aleyo, 1334 Tebr., »eg. 3, fol. 16. a. 1. " — Scholastria, 

1346, 5 Juillet, pierre db VALBRIANIS figure comme 
écolfttre danâ tin acte capitalaire de cette date. 

" Die y dicti mensis [ Jalii 1846] D. Jaoobns Faniielli promisit «oirere 
D. Peito de YalerianiBsoolasticoX'*"' Ib ad panem infraprozhniim fettvm 
Beate Marie Magdalene.*' — Aeta eap, 5 Jol. 1346. 

1347 (n. 8.), 25 Janvier (^). öabriel de BURGATIS ou 
DE PLACENTIA, natif de Plaisance en Italie, 
chanoine de la 7® prébende, est reçu par le chapitre 
en vertu de lettres de nomination émanant da car- 
dinal Anibaldi, légat dn Saint-Siège. Il monmt en 
1360 («). 

" Die 25 dicti mensîB [Janiiarü 1347 (n. 0.) ] D. Gabriel de Flaoentîa 
reoeptus fuit et admissns, salvo jnre cnjnslibet, ad soolastriaia hajas 
eocleBÎe tnnc yacantem quocmnqne [modo] hoo esBet^ virtate Ktterartim 
D. Anibaldi 8. B. B. oardinaliB.** — ^Icto cii|>. 21^ Jan. 1347 (n. B.). 

1361, 30 Septembre, jean CAMPION, chanoine de la 
18® prébende, nommé par le prévôt de Saint- Dona- 
tien Gui dé Bologne, évêque de Porto. D'après 
Jacques de Meyere, Fannaliste des Flandres, Cam- 
pion était un homme très versé dans les lettres, 
orateur et poète. Il mourut vers la fin d'Octobre 
ou le commencement de Novembre 1383 ('). 



(>) DbràMTant }& date qui précède fo nom de Féoolfttre Éera c^Ile do 
sa té6et>tion par le chapitre. 

O Foppens, Oompendium chroTMlogicum, etc., p. 125 ; 

(') Foppens, Cowpendtwm chronotogicum etc., p. 169j MvYERVSf Annalium 
Flandrien lihri XTTJ, ad ann. 1362. J. de Heyere se trompe en assignant 
Tan 1862 comme daté de la mort de Campion, pnisqne cet éoolâtre nomme 
encore le réetor icholarum en 1883 (*). 

(*> Aeta eap, 8 Aprilis 188B. 



238 

" Eadem die [nltima Septembris 1361] D. Johannes Campion canoni- 
cns hnjns ecclesie receptns est per DD. J. decanam et capitolom in 
fioolasticam hujas ecclesie, virtnte et anctoritate patentiom litterarum 
Bey"'' in Christo patris ac D. D. Gnidonis episcopi Portnensis et hnjns 
ecclesie prepositi, oujns scolastrie collatie ad ipsnm pertinet pleno jnre; 
presentibns D. J. Paessin et Mg*"" Brizio de Gandavo canonicis hnjns 
ecdesie testions etc. Et statim Mg' Brixins de Gandavo ad hoc a D. decano 
et capitale depntatos dnxit dictnm scolasticnm a capitnlo in chomm nbi 
sibi nt soolastico assignavit stallnm in choro» et tnnc dnxit enm in domnm 
scolarum hnjns ecclesie, nbi enm posnit in corporalem possessionem dicte 
scolastrie, presentibns discretis viris DD. Jacobo de Dizmnda et Jacobo 
Bnsschere oapellanis hnjns ecclesie testibns etc." — Acta cop. 80 Sept. 1361. 

1383, 13 Novembre. Georges van de STEENE ou de 
L APIDE,ancien curé de Saint-Nicolas, à Dixmude, 
chanoine de la 21® prébende, licencié-ès-lois, admis 
en vertu de lettres de collation, délivrées par le 
prévôt de Saint- Donatien Sigeras de Beka. 

** Eodemdie in capitnlo virtnte litterarnm D. prepositi hnjns ecclesie 
receptns fuit et admissns ad soolastriam hnjns ecclesie Mg' Georgius de 
Steene canonicns hnjus ecclesie. 

Tenor litt^rarwm : Sigerns de Beka, prepositns ecclesie sancti Donatiani 
Brngonsis Flandrie cancellarins.. venerabili yiro Mg'° Géorgie de Lapide, 
licentiate in leg^bns, canonico prebendato ecclesie nostre, cnm sincera in 
Domino dilectione, salntem. Literarnm soientia, mornm honestas ao alia 
virtntnm mérita quibns personam vestram norimns insignitam, necnon 
et grata laudabilia obseqnia qne nobis et ecclesie nostre exhibnistis dili- 
genter et devote exhibere poteritis in fntnram, merito nos indnonnt nt 
personam vestram illo prosequamur fa vore ex qno fmctns vobis accre scant 
omnimodiet honores. Volontés igitur premissornm meritornm vestromm 
intnitn vos favore proseqni benevolo, scolctstriam ecclesie nostre sancti 
Donatiani qnam in eadem naper obtinait dofnnctns D. Johannes Campion 
nltimns possessor ejnsdem,nnnc liberamet vacantemper mortem ejusdem 
D. Johannis et ad nostras collationem et provisionem pleno jnre spectan- 
tem, vobis conferimns et de illa providemns cnm suis jnribns et perti- 
nentiis nniversis, investientes vos de ipsa soolastria per traditionem 

?, salvo in omnibus jure aliène. Reqnirentes nichilominus vene- 

rabiles viros nobis iu Christo diloctos decanum et capitulum ecclesie 
nostre predicte qnatenus vos, vel procuratorem vestrnm legitimnm pro 
vobis, ad prefatam scolastriam, jura, libertates et pertinentias ejusdem 
recipiant et admittant et in possessionem indncant sou induci faciant 
corporalem, jnxta consuetudinem et morem ecclesie nostre, in quantum 
in eis est et pertinere potes t ad eosdem, adhibitis solemnitatibns in 



239 

talibas consnetis adhiberi. Datam Insnlis sub sigillo nostro die deoimo 
mensis Novembiis anno Domini MOCCLXXX tercio. '* — Aeta cap, 
13 Nov. 1888. 

1393 (n. s.), 10 Février, jacqubs db MEYBRE, chanoine 
de la 5® prébende, nommé par le prévôt Sigerus de 
Beka. Il fut élu cantor^ la 20 Septembre 1400, et 
mourut en 1409 (^). 

" Eodem die receptns fuit in acolasMcum et positus in possessionem pcr 
D. decanum D. Jacobns Meyere. 

Tenor litterarum : Sigeros de Beka prepositas S. Donatianî.... dilecto 
nostro D. Jacobo Meyere, canonioo ecclesie nostre S. Donatiani salutem. 
Soolastriam qaam nuper in ecclesia nostra S. Donatiani obtinnit Mg' 
Gaillelmus de Lapide nltimas possessor ejnsdem, ad nostras coUationem 
et provisionem pleno jure spectantem, nnnc liberam et vacantem per 
mortem ejnsdem Mg^ Guillelmi, yobia conferimus et de illo providemns.... 

Datnm Brngis sab sigillo nostro die YIII [Febr.] anno Domini 
MCCOXCII." — Acta cap. 10 Febr. 1898 (n. s.). 

1400, 20 Septembre. Guillaume de FOSSA ou van deb 
GRACHT, licencié-ès-lois, bénéficier de la 25« pré- 
bende, nommé par le prévôt Baudouin de Niepa, 
en remplacement de J. de Meyere, qui venait d'être 
promu à la dignité de grand-chantre. Il avait fait 
ses études à l'université d'Orléans, comme l'attes- 
tent des litterœ scolaritatis. S'il faut en croire 
Foppens, van der Gracht, originaire du diocèse 
d'Arras, appartiendrait à la noble famille qui donna 
au monastère des Dunes le vénérable abbé Ides- 
balde, mort en odeur de sainteté. Il mourut le 
8 Août 1420, après avoir célébré son jubilé de 
cinquante ans de canonicat (^). 

" Et qaia scolastria hnj . eccL per promotionem prediotam [D. Jacobi 
Meyere ad cantoriam] vacabat in manibos R''* patria D. B[a1duini de 
Niepa] prepositi haj. occl., ideuiRev*''** pater eandem cam jaribus sois et 
pertinentiis anivorsis contalit venerabili vîro Gaillelmo de Fossa, licen- 



(*) Foppens, öompendium etc., p. 97. C'est par erreur que de Meyere 
s*y trouve mentionné comme cantor en 1396. 
(2) Foppens, Compendium etc., p. 178. 



240 

tiato in legiboB canomico baj. eocl., et enlem providit de eadem, inresüendo* 
ipsum per bireti sni traditionem presentialiter. Et dictas Mg' Gnillehmit 
petiit iDstrumentiiin, et diotas Bev^"' pater mandarit per me Baldainnm 
fieri litteras collationis sub sne prepositnre sigillo, si sit opas. A.otam in 
aanctaario baj. eool. die XX Septembris, presentibns D. Petro de Qoercu 
oanonico hnj. eccl. et Jofaanne de Hagba olerioo prepositnre, testibus ad 
hoc Yocatis, etc." — • Acta cap. 20 Sept. 1400. 

1421 (n. S.), 20 Février .Thbodobic BATENSOEN,pourvu, 
par voie romainej de la prébende et de l'écolàtrie 
vacantes par la mort de G. de Fossa. 

" Eadem die D. Theodorictis Goby canonicns ecclesie S. Pétri Leo* 
diensis, procorator et eo nomine Mg^ Theodorici Batensoen, presentavit 
DD. litteras apostolicas et processus saper collatione canonicatas e^ 
prebende necnon scolastrie buj. eccl., qaos dam yizit Mg*^ Goillelmas de 
Fossa obtinere solebat, sapplicans et reqnirens nomine qno snpra ad 
eosdem admitti et in possessionem poni et indnoi. Qaibns litteris aposto- 
licis et processibas in parte de mandato DD. per me lectis, iidem DD* 
aliqoali deliberatione habita, volontés apostolicis obedire maodatis, enm 
procnratorem nomine prefati Mg^ Theodorici Batensoen admisemnt et in 
possessionem dictoram canonicatas, prebende et scolastrie per Egidiom 
de Mante eoram concanonicnm indaci fecerant^ stallam in sinistra parte 
chori et looam in capitale assignando, jnramento solito per eam in 
animam Mg^ soi prestito oam ceteris solemnitatibas et palsa oampane 
oapitalaris solitia et consnetis, presentibns Gerardo de Polslawer canonioo 
Beate Marie [Tnngren8i8,F] Mg'^' Balduino f® Baldnini et Johanne Walteri 
et qaampIariboB aliis testibas. — 8ign. de Place a." — Acta cap, 20 Pebr. 
1421 (n. s.). 

1438, 7 Novembre, ouillaumb de SARS, successeur de 
Batensoen comme chanoine de la 25^ prébende et 
comme écolâtre, nommé également via romana. Il 
était . camérier du Pape, mais n'avait pas encore 
reçu les ordres majeurs. 

** Anno Domini M CCCC XXXVIII die septima mensis Norembris 
coram DD. mois in capitale ad sonnm campane congregatis comparait 
Mg* Baldainas de le Foele cantor et canonicns hnj. eccl. et procarator 
Mg^ Gaillelmi de Sars D. N. pape cabicalarii,...».. In yim processnnm...... 

saper literis apostolids et gratia dioto Mg^ Gaîllelmo facta per D. N. 
papam de canonicatn et prebenda ac scolastria hnj as ecclesie vaoantibas 
per obitnm Mg^ Theodorici Batensoen.... petiit se ad diotos canonicatam 

et prebendam ac soolastriam admitti.... DD. mei préhabita deliberatione 

enndem procnratorem nomine magistri ani, prestito per enm joramento 



241 

osnonioonuB solito, ftâmisenmt.... et per Mg*^ JAoobun BnMardi man- 
davenmt sibi ataUnm et loonm asaigiiari in payimento ohori secimdam 
oonsnetadinein eoolesie qnift in laorifl non ent,,*, $te," •— Acta xap, 
7 Kor. 1488. 

1441^ 26 Juin. aiLLES Di BEVEBSLUÜS saooède à de 
Sara. par voie de permutation. Ses lettres de colla- 
tion émanent du prévôt David de Burgundia. Il 
n'était encore que simple clerc. 

** Die lune XXVI Jnnii oompemit in capitolo...* EgidinB Berenluai 
clericiiB Tomacensis dicoeBis et exhibait litteras D. prepositi saper ooUa* 
tione canonioatas et prebende haj. eocl. necnon officii Bcolastrie ejasdem 
per eondem D. prepositom sibi factam et reqnisiyit se ad eos ao ipsorom 
poflseasionem admitti. DD. mei cantor et capitolnin, andita lectnra litte* 
rarom predictArnm, avisaverant D. Egidiom qnod scolastria hu]. eocl. 
est simplex offidam non annexmn alicni prebende et qood prebenda sibi 
collata erat sabdjaconalis et interrogavemnt eam atrom ipse vellet 
assumere et adimplere onos sue prebende incambens, qoi rererdit qaod 
ita. Tnnc DD. admiserant enm salyis joribos consnetis et flaira flde- 
joBsione per eam danda de indempnîtate capitnli.... Et prestito per 
eondem Eg^dinm jnramento canonicoram solito, fait dnotns ad oboram 
ad magnnm altare, abi obtnlit anrom et deinde per Mg^" Henricnm 
Glapdorp canonlcam fait sibi locos assignatos ad latos sinistrom in 
payimento, qoia non erat in sacris, et reyersns ad oapitolom aperoit 
Ubrom Byangeliorom et legit in eo et fait tnno receptor ad oscnhim 
pads, presentibos etc. 

Tenor litterarwn D. prepositi seqv/itur et est talis : 

Dayid de Borgondia prepositos ecol. S. Donatiani Brogensis, Toma- 
censis diocesis Flandrieqae canoellarîos, dilecto nobis in Christo lîgidio 
Beyersloos derioo Tomacensis diocesis salotem in Domino sempitemam. 
Oanonicatom et prebendam neonon soolastriam eocl. S. Donatiani Brag. 
quos noper in ea Mg' Goillelmos de Sars obtinebat ad meam collationem 
et provisionem pertinentes nono libères et yacantes per resignationem 
de eis per Joannem Hoyin curie episcopalis Tomacensis joratum nota- 
riam proooratorem dicti Mg'' Gaâlelmi ad boc speoialiter oonstitotum 
nomine procoratorio ipeios et pro ipso in manibos aostris sponte faotam 
et per nos gratiose admissam, causa teonen permatationis et non aliter 
fiende de ipsis yobiscom, ad costodias seu matricularias ecolesiarum 
S. Nicolai Gandensis, de Eokerghem, de Ghaeftingbe B. MaHe et de 
Arlebordi cappella, alias Slyppen, oom sois dependendis, videlioet omn 
oostodia et scolastria de Steene, soolastriisqtte ipeios lod de Arlebàldi 
capella, de Leffinghe, Bfannekinsyere et de Willeldnskercke eidem matri- 
cularie de Arlebaldi capella adnexis, robis presenti et acceptant! cum 

16 



242 

plenîtadine jnrifl canoDici ao Bois jnribns et pertinentiis univenis tenore 
preBentinm conferimas et de illis etiam proyidemns myestiendo yos de 

eisdem per presentinm traditionem litterarnm 

Datnm Bragis in domo habitationis nostre Bvb noBtri appenflione 
Bigilli. Anno Domini 1441 mensia vero Junii die 24. " — Acta eap. 
26 Jon. 1441. 

1474, 18 Ami. jean COOLBRANT, chanoine de la 12» 
prébende, succède à Beversluus décédé, en vertu 
de lettres de collation données par le "prévôt 
Antoine Hanneron, en date du 20 Juillet 1473. 

'* Venerabilis vir Mg' Jo. Goolbrant petiit a DD. poni in possessionem 
realem et actualem scolastrie hnj. eocl. vacantia per obitum D. Egidii de 
Beyerslans. Cnm in medium exhibait illins oollationem sibi factam.... 
Oujus tenor sequitttr et est talis : 

— Anthonins Hanneron, preposituB eccleaie Sanoti Donatiani Bmgensifi, 
TornacenBis diocesis ac Flandrie cancellarius, dilecto nobis in Chrifito 
magistro Johanni Goolbrant, canonico prebendato ecdesie nostre pre- 
dicte, salutem. Scolastriam eoclesie nostre, nnper per obitum seu 
deceBBum magistri Egidii de Beyerslans, dnm yiyeret etiam prefate 
eooleaie canonici prebendati, ad nostras collationem, proyisionem et 
omnimodam dispositionem pleno jure spectantem et pertinentem yaoan- 
tem, Yobis presenti et acceptanti propter Deum contnlimus et conferimas 

per présentes, qaooiroa Datam Mechlinie anno 1473, mensis Jalii 

die yicesima. — DD» matara deliberatione prehabita poni fecerunt enm 
in possessionem..,. etc, " — Acta cap, 18 April 1474. 

1480, 19 Octobre, pieeeb de LIGNO, docteur-ès-décrets, 
chanoine de Saint-Donatien, nommé probablement 
par le prévôt, en remplacement de J. Goolbrant, 
décédé. Adrien Milot, titulaire de la 25® prébende, 
lui dispute inutilement Fécolâtrie. Ëlu doyen du 
chapitre le 5 Avril 1492 (n. s.), de Ligne meurt le 
12 Septembre suivant, avant d'avoir pris possession 
de sa nouvelle dignité. Il était aussi prévôt de 
Saint-Hermès à Benaix (^). 

" Mg*" Petrus de Ligno ostendit in capitule collationem sibi factam de 
Bcolastria ecolesie S. Donatiani Brugensis, petens admitti. DD. delibe- 
ratione preyia, dictum Mg'*™ Petrum de Ligne in soolasticnm receperunt 



(1) Foppens, Compendium etc., pp. 83, 178. 



243 

modo et forma consDotis et jnramento ; proyiso qnod idem Mg' Fetnui 

promitteret jura et conBuetudines Bcolastrie intertenere et inter cetera 
qnod litteraa capitnlares et missivas que verbiB latiniB mitterentnr, 
conficere haberet, vel conf ectas yisitaret et dirigeret et similiter saper- 
intenderet de lectionibns in eoclesia legendis, et alia faoeret pront moris. 
Qne premissa idem Mg' Petrns de Lig^o promisit et Bic fnit admissns. *' 
" D. et Mg' A. Milot canonicns hnj. ecol. insinnavit DD. meis diligentias 
factas per enm nomine proprio et pro se snper scolastria hnj. eccl. 
vacante per obitnm M. Jo. Coolbrant, et ezhibnit litteras ezpectativas et 
processuB apostolicos. DD. mei habnerunt dictas diligentias pro insinna- 
tis. " — Aeta cap, 19 Oct., 4 Dec. 14S0. 

1495 (n. s.), 18 Mars. jban BONIVICINI ou GOETGE- 
BETJE, nommé par le Pape. 

'' Poatremo depntati snnt venerabiles DD. decanns et Bogaert ad 
commnnicandum cnm Mg"* Joanne Bonivioini qni petit recipi in soolas- 
ticnm hnj. eccl. virtnte nnins nnde Bnpplicationis, per qnam papa eidem 
contnlit dictam scolastriam, per obitnm qnondam Mg'* Petri de Ligno 
dicte Bcolastrie novissimi poBsessoris vacantem. " 

" Tnnc Mg' Joannes Bonivicini rogavit DD. pront fecit die capitnlari 
preterita qnod DD. enm admitterent ad scolastriam hnj. eccl. DD. mei, 
proviBo qnod illa [snpplicatione] non ntator qnodqne illi rennnciet, enm 
recepernnt. Qno andito, dictns Bonivicini illa snpplicatione non nti 
promisit et prestitit jnramentnm de legaiiter scolaBtrie deserviendo et 
circa scolas et rectorem oculnm habere, necnon missivas capitnlo directas 
recipere ao illamm litteramm secnndnm qnod DD. dictaverint reapon. 
sionem soribere et indnctns est in possessionem per D. Johannem Egidii 
receptorem fabrice et etiam ad soolas per dationem virge in mann sna 
et palmetii cnm observatione singnlamm solemnitatnm debitamm et 
oonsnetamm. ^* — Acta cap, 16, 18 Martii 1495 (n. s.). 

1501, 19 Octobre, liévin db JONCHBERE, docteur-ès- 
lois, chanoine de la 2^ prébende. 

Jean Bonivicini avait obtenu de Borne la faculté 
de résigner Técolâtrie entre les mains de Louis 
Barradot, doyen de Notre-Dame à Courtrai, juge 
et exécuteur désigné à cet effet. Jacques Hemme, 
chanoine de Saint-Donatien, muni de lettres 
patentes délivrées par Barradot et portant collation 
à lui faite de Técolâtrie, demande au chapitre à 
être mis en possession de son office. Les chanoines 



244 

réoasent les lettres et procèdent à l'élection d'an 
nouvel écolàtre. Lear choix tombe sar Liéyin de 
Joncheere. 

« Mg' Jaoobas Hemme oanonioius hnj. eool. preBentavit DD. qnaadan 
litteras patentes venerabiliB yiri D. ao Mg'* LudoYÎoi Bairadot deoan) 
Gcclesie B. Marie CnrtraoensiB per qnas» ut asserait, oonstabat offidom 
soolaetrie hnj. ecol. qnod obtinere solebat honorabiliB yir Mg' JohanneB 
Bonivicini per ipsios pnram liberam et simplicem reBignationem in 
manibns dicti Mg^ Lndovioi decani, jndioia et exeontoris qnoad id per 
diotom Mg"*" Johannem in vim facnltatis aire lioentie permntandi Bibi a 
Sanota Sede apostolica conoesse electi et assnmptijfactam et per eumdem 
D. deoannm jndicem admisBam vaeanB, pro tnno albi Mg~ Jacobo coUatam 
fore et etiam de illo cnm sois juribos et pertinentiis rnuyersia provianm. 
Qaapropter petiit et rogayit diotna Mg* Jacobaa DD. meoa qoatenna 
ipanm ad ofiicinm acolastrie et in acolasticnm hnj. ecol. reoipere et 
in iilina corporalem, realem et actaalem poaaeaaionem ponere et indacere» 
aen poni et indnci mandare dignarentnr, cum aolemnitatibna ad id reqni- 
aitia. DD. mei habita in et anper hnjnamodi petitione deliberatione 
aliqnali, reaponderont eidem Mg^ Jacobo quod cnm matnritate Toiebant 
examinare auaa jam exhibitaa litteraa et qnod hora 2* poat meridiem circa 
initium vesperarnm omnea DD. canonici convenirent in loco capitnlari 
et tnnc reaponderont pront de jnre aentirent reapondendnm. Adyeniente 
dicta hora 2" poat meridiem, omnibna DD. decano et canonicia in loco ipao 
capitnlari capitnlariter congregatie et exiatentibna, Mg* Jacobna anpra- 
dîctuB petiit et rogavit denno ad poaaeaaionem acolaatrie recipi. DD. mei 
in abaentia ipaina Mg^ Jacobi et etiam in abaentia Johannia Boniricini 
reaig^antia, ad longnm videmnt et examinarnnt jam exhibitaa litteras 
et illarnm tenorem et tandem, conaideratia omnibna que circa hoc conai- 
doranda videbantnr, reapondendnm eaae condusernnt pront et de facto 
dictia Mg*^' Jacobo et Johannî in capitule reveraia per organum D. 
docani reapondemnt : qnod certia canaia et motivia animoa eorum ad 
id moventibna et inducentibua non poterant nec intendebant admittere 
litteraa exhibitaa per ipanm Mg^*" Jacobum nec etiam eum ad poaaea- 
aionem acolaatrie recipere illarnm rigore, déclarantes exprease qnod, 
attenta yacatione ipaina acolastrie per resignationem snpradicti Mg^ 
Johannis Boniyicini, ipai procédèrent etiam illico ad electionem aen 
nominationem noyi scolaatioi. De qna reaponaione prefatna Mg* Jaoobas 
fnit maie contentus et protestatns fuit expreaae de snia loco et tempore 
esaeqnendo et etiam defendendo jna anum qnod pretendebat in dictam 
scolastriam. Qna proteatatione non obatante DD. mei peraiatentea în ana 
reaponaione et conclnaione, aboedentibua dictia Mg^' Jacobo Hemme et 
Johanne Boniyicini, proceaaemnt ad electionem aiye nominationem noyi 
aoolaatici et omnes concorditer et unanimiter, excepte Mg^ Nicolao 
Breydel, omnibna modo et forma qnibos potnemni et debneront meliori* 



245 

hxm, elegerant efe nèmixiariint yenerabilem et oiroonspectnm viram D. et 
Mg'^Liyiniim de Joncheere^legnm dootorem^ibidempresentem oonfratrem 
BQum in et ad officinm soolastrie hnj. ecol., ipsumqne Mg"" Liviniim qui 
electioni et nominationi de persona sua faotis saam prebnit assensnm, in 
scolastionm dicte ecolesie pronnnoiarant et pnblicamnt. Qnibas omnibna 
Bio actie de mandate et anotoritate capitnli Mg* Ghysbertag de Scoonoria 
receptor fabrioe, in presentia plnrinm DD. canoiiicoranii mei notarii, ac 
testinm infrascriptomm, enmdem Mg"™ Livinnm electomi ad Bcolas 
linjns ecdesie précédente virgifero capitnli, nt moris est, dnxit et 
inibi ipenm in corporalem, realem ét actnalem possessionem dicti officii 
soolastrie per assignationem loei in eisdem scolis et traditionem yirgamm 
ao alias pront melins potnit et debait posnit et induxit, onm aliis eolem- 
nitatibns reqnisitiB. Snpra qnibns omnibus tam dicti DD. quam etiam 
ipse Mg' Livinus petiemnt et petiit instrumentum publicnm unum yel 
plura a me notario infraecripto. Testes ad instaUationem ec poesessionis 
induotionem in scolis fuerunt Bemigius Lonf Fbr et de Molendino clerici 
installati hnjns eoclesie. Sign, J. Dtonisii Not." — Acta cap, 19 Oot. 1501. 

1502, 2 Mai. Jacques HEMME, ancien reetor scholarum, 
bénéficier de la 19* prébende, admis comme écolâtre 
en remplacement de Liéyin de Joncheere qui, sur 
les instances des cbanoines, avait donné sa démis- 
sion anx fins de conserver la paix entre le chapitre 
et le prévôt revendiqaant le droit de conférer 
Técolâtrie. 

'' Die Veneris penultima mensis Aprilis, DD. in loco capitulari capxtn- 
lariter cougregatisi honorabilis et scientificus vir Mg* Livinua de Joncheere, 
legnm doctor et canonicns huj. ecd., pridem per capitnlnm electus ad 
officium soolastrie et in scolasticum ecclesie, ad instantes preces DD. et 
ad finem qood pax et concordia remanere poterit inter D. Bey"*" arohie- 
piscopum Bisontinnm prepositum huj. eccl. qui dictum officium soolastrie 
ad ipeins collationem pertinere prétendit et DD. meos de capitule, et 
etiam ad rogatnm spectabilis viri Jberonimi Lauryn thesaurarii generalis 
Dl"* prinoipis nostri ibidem preeentis, omni juri, liti et cause sibi in et 
ad diotnm officinm soolastrie quomodolibet oompetentibus, in mei notarii 
publioi et testium ad id Tocatorum presentia, palam, publiée et expresse 
œssit et renunciavit ao per présentes renuncîat, actam sive instrumen- 
tum publioum ouîlibet petentî super premissis fieri et dan conaentîendo. 
Aotum in looo supradicto, presentibus ibidem honorabilibus viris Adriano 
Drobbe et Kicasio Hanneron proouratore prefati lU"»* D. archîepisoopi 
testibns ad premissa yoeatis speoialiter ao rogatis et me 

JOBANNl DTONIBIX KoT. *' 



246 

« Mg* Jaoobnfl Hemme receptns fait in scolaBticnm ei admisBus ad 
officium aoolastrie hnj. eool. Qui prestitifc joramentam per scolasticos 
prestari oonBuetnm... etc, " — Acta cap, 29 April., 2 Mail 1502. 

1504, 14 Août. JKAN LAMMINS, chanoine de la lO*^ pré- 
bende. Qaoique Lammins soit ponrva de l'écolàtrie 
par Léon de Sancto Vedasto, vicaire général du 
prévôt Georges de Bavière et agissant ao nom de 
celai-ci, le chapitre se permet de l'élire clandes- 
tinement et de l'admettre en vertu de cette élection. 
Léon de Sancto Yedasto proteste contre la conduite 
des chanoines et revendique en &veur dm prévôt 
la faculté de conférer l'office d'écol&tre, que le 
droit et la coutume lui ont toujours reconnue. 

" Vacante scolaatria haj. eccl. per obitom qnondam Mg^ Jacobi 
Hemme Pb'* et canonici ejasdem ecdesie ipsios scolastrie nltimi posses- 
soris, DD. mei elegemnt et admisenmt ad eandem Mg^ Johannem 
Trf^fnminH eomm oonfiratrem et concanonicnm preeentem et acceptantem. 
Qni prestitit jnramentnm per scolasticoB prestari oonsaetnm... etc. " 

" Tono compamit ibidem yenerabilis Mg' Leo de Sanoto Vedasto, 
canonicns et yicarins D. prepositi hnjus ecclesie et ibidem coram DD. 
meÎB in presentia Mg** Bemardini de Cnria notarii et testinm ad hoc 
Tooatorum, feoit et leg^ petiit qnandam snam protestationem scripto 
requirens eandem in registre dicti capitnli inscribi. DD. mei andita 
dicta protestatione, licet in eam non consenserint, annnemnt petitioni 
sne, onjus tenor sequitur et est talis : Licet alias scolastriam ecclesie 
8. Donatiani Brogensis, Tomacensis diocesis, ou jus collatio, provisie et 
onmimoda dispositie, quotiens illam vaoare oontingat, ad prepositum 
dicte ecclesie pro tempore ezistentem et non aliam seu alios, tam de 
jure quam de consnetudine speotare dinoscitur, per obitum Mg^ Jacobi 
Hemme illius ultimi pacifid possessoris vacantem, ego, Leo de Sancto 
Vedasto canonicus prebendatus dicte ecclesie, lUustrissimi D. Georgii 
oomitis palatin! ex ducibus Bavarie prepositi ejusdem ecclesie vicarius 
generalis, ad dictam scolastriam oonferendam suffioienti mandate atque 
facultate muniius, eandem scolastriam yenerabili yiro D. Johanni Lam- 
mins auotoritate dicti D. Georgii prepositi contulerîm et assignaverim, 
eique de illa unacum suis juribns et pertinentiis nniversis providerim, 
egoque et dictns D. Jobannes Lammins litteras collationis desuper in 
forma débita expeditas vobis DD. decano et capitule dicte ecclesie 
S. Donatiani in loco capitulari congregatis capitulariter presentaverimus, 
nt earum vigore prefatum D. Johannem Lammins in scolastioum recipe- 
retii et ad illius juramentnm admitteretis, eratque, pront adhuo est, 



247 

idem D. Johannes vigore earnm ooilationis litterarum in scolasticnm per 
vos recipiendna et ad jaramentam dicte scolastrie admittendns, attamen, 
vos DD. decane ot oapitnlam, me et dicto D. Johamie Lammins per 
vestram ordinationem a loco capitalari egressiSi interea qno existimabam 
vos Baper materia receptionis et admissionis dicti scolastici deliberare 
oeque me neqne dicto D. Jobanne Lammins vocatis aut alias advisatis, 
eündem D. Johannem ad dictam soolastriam tamqnam modo premisso 
vacantem, clandestine nominare sive eligere et enm prétexta vestre 
nominationis sen pretense electionis in scolasticnm recipere et admittere 
presnmpsistis, Heet tamen nnlliteriOtiam de facto, quasi tota dispositie ad 
voe spectaret et pertineret, dictamqne pretensam nominationem sen 
electionem sic per vos nnlliter factam in actis registri vestri oapittilaris 
registrari fecistis, hiis et aliis modis illioitis dietam D. Gteorginm pi^po- 
sitnm sno jnre ooilationis spoliare intendendo, et qnantnm in vobis erft 
spoliando ant saltem jas ooilationis dicto B. preposito speotans et perti- 
nens nsorpando et enm in soa pacifica possessione conferendi dictam 
soolastriam tnrbando et roolestando. De qoibns omnibus et singolis 
sic per vos attemptatis revocandis, injuriisqne dampnis et interesse dicto 
D. preposito et micbi ejus vicario per premissa illatis, reparandis et suis 
loco et tempore prosequendis, in presentia notarii et testium bic astan- 
tium expresse in büs scriptis protester. " — Aêta cap» 14 Aag. 1604i ; 
28 Jol. 1505. 

1511, 10 Novembre. Guillaume BERTRAND, docteur- 
ès-décrets, chanoine de la 18^ prébende, nommé 
probablement par le prévôt en remplacement de 
Jean Lammins, qui, élu grand-chantre le 15 Sep- 
tembre, avait résigné Toffice d'écolâtre. G. Bertrand 
était en même temps prévôt de Sainte-Pharaïlde 
àGand. 

" Quia BD. mois légitime constitit quod scolastria hnj. eecl., vacans 
per simplicem resig^ationem venerabilis viri Mg'^ Johannis Lammins 
ipsius scolastrie ultimi possessoris, collata fuit cum suis juribus et perti- 
nentiis nniyersis yenerabili viro Mg^ Qoillelmo Bertrando deoretornm 
doctori, presenti et aoceptantii idem Mg' Guillelmus de mandate capitnli 
fait per venerabilem vîrum D. Victorem Brunyno in scolis dicte ecclesie 
in corporalem, realem et actualem possessionem ipsius scolastrie jurium- 
que et pertinentiarum sacrum omnium introductus et illic de eisdem per 
traditionem yirge investitus» adhibitis aliis solemnitatibns debitis et 
requisitiB. " — Aeta cap. 10 Noy. 1511. 

1524 ?, ? JEAN DE PENTN. Nous n'avons pas trouvé 

l'acte de son admission. Il est probable qu'il fut 



248 

nommé en remplacement de G. Bertrand^ éln eatUor 
le 15 Jain 1524. J. de Fenyn^ brageois, juris 
utriuaque doctor, était célèbre par son érudition et 
ses vastes connaissances^ puisées dans les universités 
de Louvain^ de Paviei de Bologne et de Borne. H 
écrivit plusieurs ouvrages pour l'enseignement de 
la pbilosopliie et fut Tami d'firasme avec lequel il 
entretint un commerce épistolaire. H mourut le 
23 Octobre 1555. 

1555^ 11 Décembre, oxoboks db VBIESS, bénéficier de 
la 31* prébende^ nommé par le prévôt. Les chanoines 
en l'admettant font une réserve toucbant le droit 
du chapitre d'élire l'écolâtre. Gr. de Yriese reste 
en fonctions jusqu'à sa mort^ arrivée le 24 Février 
1574 (n.s.), trois ans après l'érection du séminaire. 

" Uff Q^orgias de Vrieae virtnte litteraram collationiQ scholastrie 
hnj. eocl. a D. preposito emaziataram, admittitnr ad eandem scholaa- 
triam, jure eleotionis DD. de capitule ad eamdem scholaetriam compe- 
tente ujyo rémanente. '* 

** Uff Geergina de Vrieae noTissimo die oapitalari ad Bcolastriam hnj. 
eooL admiBSQS, prestitit jnramentam per scolasticos prestari consaetnm, 
▼idelioet, qnod litteraa missivas capitoli speoialiter latinis verbis confi- 
ciendas, ipse oonfioiet yel oonfectas visitabit et diriget, bonaqne et jmra 
ipeiofl Boolaetrie pro posée sao oonsenrabit et defendet et qaod babebit 
Bvperintendentîam oircaleotlones legendes in cboro,ac alia omnia faciet, 
ad que soolasticas hnj. eocl. ex consaetadine antiqna obligatnr et 
tenetor. Qnoqnidem jnramento sic prestito, idem Mg' Georgius fuit de 
mandato et anotoritate capitnli per D. fabrioariom positna et induotns in 
possessionem soolaetrie prediote jurinmqne et pertinentiaram omniun 
ejuadem in soolis ejnsdem ecdiesie et illio investitus de eisdem per 
traditionem vixge et ferale more solito, onm aliis solemnitatibna ad id 
reqniaitiB, presentibns Mg^ Francisco dn Qnesnoy reotore scholamm et 
Jeanne Lasoomet oetiario capitnli testibiu ad premisaa vooatis et rogatia. *' 
— Aeta cap. U, 16 Dec. 1666. 



249 



CHAPITRE lY. 

CHAI&IS PÜFLiaUES DB TltOLOaiX ET DS BBLLE8-IETTSB8 
FOBBlBS ▲ BBüaE3 PAB JEiJI DB WITTB, ÉVEaUB DB CÏÏBA. 

Comme Técole de Saint-Donatien est le berceau 
du futur séminaire, ainsi la fondation Cvha en sera, 
dans la suite, le plus solide appui. C'est à ce titre 
que nous devons faire connaître cette institution. 

Jean, issu de l'ancienne et noble famille des de JeandeWHte, 
Witte Q) (sago togaque illustris)^ naquit à Bruges 
le 6 Août 1475. Jeune encore, il fut envoyé par 
ses parents en Espagne, pour s'y former aux affaires 
commerciales. Mais, plus porté vers la piété et la 
religion qu'avide d'honneurs et de richesses, il prit 
l'habit des enfants de Saint-Dominique au couvent wiigieux do. 
de Saint-Paul à Valladolid (^). Ses vertus et sa 
science attirèrent bientôt sur lui l'attention et l'en- 
levèrent à sa retraite. 



(^) Voir Histoire du Séminaire de Bmgeaf T. Il, Documents, 
p. 43, note 1. — D'après P. Ledoülx (Levens der vermaerde maai- 
nen der stad Brugge^ (msc.) V** Joannes de Witte), Jean était fils de 
Jean de Witte, seignenr de Baddervoorde, conseiller des ducs de 
Bourgogne, comtes de Flandre, et de Marie Hoose, petit-fils de 
JoBse de Witte et de Jacqueline de Baenst, et arrière-petit-fils de 
Pierre de Witte et de Barbe van Aertrjcke. 

Ç) D'autres disent dans le couvent de Salamanque. Voir: Segttieb, 
Infulae Belgieae Ord, FF» Praedicatorum, Tomaci 1666, p. 7. — 
Laubent Vitali donne la description du couvent de Valladolid 
dans sa BéUtUon du premier voyage de Oharles'Qmnt en Espagne, 
publiée dans la OoUeetion des voyages des souverains des Pays-Bas, 
par Gacha&d et Pioi, Bruxelles 1881, T. 8, p. 160, " De la 
beauté de ung eoUiegû et aussy de }ing manoilh'é defrhres de Saind 
Dominiegue* " 



260 

Philippe-le-Beau et Jeanne d'Aragon, proclamés 
roi et reine de Oastille, de Léon et de Grenade, à la 
mort d'Isabelle (1504), s'embarquèrent le 10 Jan- 
vier 1506, pour aller recueillir la succession qui 
leur était échue. Avant de quitter les Pays-Bas, 
Philippe ordonna " que Monseigneur le duc Charles 
sonfilz, et aussi trois de ses filles [c'est-à-dire Éléo- 
nore, Isabelle et Marie] demoureroient en la ville de 
Malines jusques à son retour ou qu'il en ordonneroit 
aultrement (^)." Mais le nouveau roi de Oastille 
mourut à Burgos (®), le 15 Septembre,^ cinq mois 
après son arrivée en Espagne, et la tutelle de ses 
enfants fut confiée à son père et leur aïeul, l'empe- 
reur Maximilien I. 
précepteordes Daus la prévisiou des futures relations des 
^p^.i^fB^n" jeunes princesses avec des peuples différents, peut- 
être déjà Philippe, ou plus probablement Maximi- 
lien, après la mort de son fils, songea à leur donner 
un précepteur, joignant à la piété, la connaissance 
des langues flamande et espagnole. Le choix tomba 
sur le dominicain Jean de Witte^ qui, à raison de 
sa naissance en Flandre et de son séjour en 
Espagne, parlait les langues de ces deux pays. 

D'ailleurs, l'ordre des Frères-Prêcheurs était en 
haute estime auprès de la cour et en avait la con- 
fiance. Ainsi, à l'exemple de Philippe-le-Bon, duc de 



(^) Collection des voyages etc., T. I, p. 461 : Beweiéme voyage de 
Philippe'le'Beau en Espagne en 1506. 

(*) C'est sans doute un lapstis calami qui fait éorire àM.GALESLOOT, 
que Philippe mourut à " Bruges." Voir: Marguerite d*Yorh, dans 
leBÂniudes de la SoeUtêd* Émulation, T. X^X» p. 819. 



251 

Bourgogne, qui avait eu pour confesseur le Frère 
Simon de Laude Q), du couvent de Douai, évêque 
de Sélivrée (Selymbria) (^) in partihus infidelium 
(* 1463), Maximilien s'était choisi comme directeur 
de sa conscience, le Frère Nicolas Brugman (^), du 
couvent de Gand, également évêque de Sélivrée 
(«23 Avril 1493). En 1490, il avait confié l'in- 
struction de son fils unique Philippe-le-Beau au 
Frère Michel François (*), du couve^it de Lille. 
Celui-ci devint ensuite le conseiller, Taumônier et 
le confesseur de son jeune élève, et après la mort 
du Frère Brugman, fut à son tour nommé évêque de 
Sélivrée par le Pape Alexandre VI, le 15 Juillet 
1496. Lorsqu'en 1602, Jeanne, étant devenue héri- 
tière présomptive des couronnes de Castille et 
d'Aragon, par le décès de son neveu don Michel, 
l'archiduc et son épouse projetèrent leur premier 
voyage en Espagne, le Frère Michel François s'ex- 
cusa auprès du prince d'entreprendre une aussi 
longue traversée, que son âge et ses infirmités 
rendaient périlleuse; après lui avoir procuré un 
autre confesseur, le Frère Jean Lampier, du oou- 



(') B. De Jonohe, Beîgium Dominicanum, Brux. 1719, p. 191. 

(2) On traduit commanément " epiêcopuê Saîuhriensiê " par 
évêque de Saluhrie, ** mais le yrai titre de ce siège est Sdynibria, 
Voir E. Beubrt, Saint QiUeê, $a vie, ses reliques, son cuUe en Bel- 
gique et dans le Nord de la France, Bruges 1881 T. I, p. 80 n. 4. — 
Selymbria, petite ville de la Turquie d'Europe, est appelée aujour- 
d'hui SéUwée. 

(3) B. De Jonghe, Belg. Dom,, p. 66. 

(^) QuETiP et EcHAED, Scriptores ordims Praedicatorum, Lut. 
Paris. 1721, T. II, p. 7. — Buzelikus, OaUo-FUmdria sacra et pro* 
fana, Duaci 1624, Lib. 1. p. 81. 



262 

vent de Bruxelles, il se retira à Malines auprès de 
Marguerite, veuve de Charles-le-Téméraire, dans 
l'intention d'instruire les enfants confiés à la garde 
de cette princesse; mais il mourut le 2 Juin 1502, 
quelques mois avant le départ de la cour. 

Le Frère Jean Lampier (^), devenu confesseur de 
Philippe, l'accompagna en Espagne, une première 
fois en 1502, une seconde fois en 1506; à cette 
dernière époque, il était déjà évêque de Sélivrée. 
Ce fut lui qui ferma les yeux au duc mourant, à 
Burgos, et devint le confesseur et le conseiller du 
jeune Charles et de toute la famille royale. H mou- 
rut à Malines en Octobre 1509. 

En confiant l'instruction des princesses à Jean 
de Witte, de l'ordre de Saint-Dominique, la cour 
ne fit donc que suivre ses anciennes traditions. 

Nommé précepteur (^) d'Éléonore et d'Isabelle, 

(^) B. De Jonghe, Belg. Domin., p. 343. — Jean Lampier était de 
Nivelles (NivigeUa), — Si Ton compare les assertions de De Jonghe 
avec les relations des voyages de Philippe-le-Bean, c'est bien ce 
religieux qu'il faut reconnaître sous les dénominations suivantes : 
" Aujourd'huy (1 nov. 1501) monseigneur l'archiduc or- 
donne que, durant son prochain voyaige d'Espaigne, il se veult 

et entend servir des cy-dessoulz nommez etc 

Grande chapelle. 

Frère Jehan de Noyelles, [lisez Nivelles], jacobin, à xvi sols. 
Monseigneur a retenu ce frère Jehan son confesseur dès le xin de 
Novembre 1501, à xvi sols par jour, et ordonné le insoripre en ces 
ordonnances. " — OoUecHon des voyages etc., T. I, p. 345. 

** Bôle des officiers de la maison de Philippe le Beau au 
8 Juin 1606." 

Grande chapelle. 

TEvesque de Salnbxye, zivm s. " -^ Ibid., p. 524. 

(3) Quant à l'époque de la nomination de de Witte, nous no 
pouvons pas la préciser exactement Tontefoisi elle doit dater 



253 

le religieux, s*il n^était pas déjà aux Pays-Bas, y 
revint Q) pour leur enseigner la religion et les 
langues. Il était en même temps le confesseur 



d'avant Avril 1509, comme le prouve le document que voici: 
" Je Jehan de Witte, frère de Tordre de saint Dominike, confesseur 
de madame Lienor d'Austrice et de Bourgoigne etc., confesse avoir 
réoeu de Jehan Micault, conseillier et receveur général de toutes 
les finances de l'Empereur et de monseigneur l'archiduc d'Austrice, 
la somme de dix neuf livres dix solz du pris de quarante gros mon- 
noie de Flandres la livre, pour don que mesdits seigneurs m'en 
ont fait de grâce espécial pour une fois en considéracion des bons 
services que je leur ay faiz et faj encoires journellement alentour 
de madite dame à l'instruire à bien et autrement. De laquelle som* 
me de xix livres x solz du pris et pour la cause que dessus je suis 
content et bien payé et enquicte mesdits seigneurs, leurdit receveur 
général et tous autres. Temoing le seing manuel de maistre Olivier 
De Kesele, secrétaire d'iceulx seigneurs cy mis à ma requeste. Le 
xxvin* jour d'Avril l'an mil cinq cens et neuf. Bign, Kesele. " 

— Archives du département du Nord, Chambre des œmptes de Lille, 
B. 2212, pièce en parchemin. 

(*) Après l'exposé que nous venons de faire, nous croyons pouvoir 
nous écarter du récit de G. Câssandeb (Orat. in laudem urb. Bru* 
garwm) et de B. Db Jonohe {Belg, Bom, p. 188), d'après lesquels 
Jean De Witte aurait été nommé précepteur des filles de Philippe- 
le-Beau, lorsque ce prince se rendit en Espagne avec toute sa 
famille. En effet, Philippe et Jeanne firent deux voyages en Es- 
pagne : le premier en 1502 (4 Nov.), lorsque la mort de don Michel 
rendit Jeanne, sa tante, héritière présomptive des couronnes de 
Castille et d'Aragon ; le second en 1506 (10 Janv.), après le décès 
d'Isabelle. En 1502, Éléonor» n'avait que 4 ans, Charles environ 
2 ans, Isabelle quelques mois. D'ailleurs, Antoine de Lalaing dit 
expressément que les '' enfans furent mis et nourris, pendant le. 
tempz de ce voyage, en la ville de Malines (*) " et nous avons vu 
que Miehel François se disposait à in^iTiire la jeune princesse. 

En 1506, nous venous de le voir également, les enfants restèrent 
à Malines. Cela est confirmé parles paroles que Philippe prononça 
durant la tempête qu'il essuya: ** Hélas! et que feront mes beaulx 
enfifans et semblablement tous mes bons subjectz? (**) " 

(*) CoüwHon de$ vogageê etc., T. I, p. 126. 
(♦♦) lUd.y T. I, p. 410, 



254 

d*Éléonore, et peu de temps après la mort du Frère 
Jean Lampier, en 1514, le pape Léon X le nomma 
évêque de Sélivrée Q). 

En 1617, Charles-Quint et sa sœur Éléonore 
partirent pour l'Espagne Q. Le nom de de Witte 
ne se trouve pas sur la liste des personnes qui 
les accompagnèrent. En 1519, Éléonore devint 
reine de Portugal par son mariage avec Emmanuel- 
le-Grand. Peut-être le prélat oontinua-t-il, pendant 
quelque temps,de remplir les fonctions de précepteur 
auprès d'Isabelle et de Marie. Nous n'avons pas de 
détails sur de Witte de 1517 à 1528. 
nlfi?^® ^o A la demande de Charles-Quint, le pape Adrien 
VI avait élevé l'église de Saint- Jacques de Cuba à 
la dignité de cathédrale, le 28 Avril 1522. Le pre- 
mier titulaire du nouveau siège épiscopal fut le 
Frère Bernard de Mesa, de l'ordre de Saint-Domi- 
nique. Le Frère Sébastien de Salamanque, religieux 
du même ordre, lui succéda. A la mort de ce der- 
nier, en 1528, l'empereur nomma évêque de Cuba 
Jean de Witte, et la nomination fut confirmée par 
Clément VIL Mais de Witte n'administra son 
diocèse que pendant deux ans à peine, car en 1530, 
à la prière d' Éléonore, qui, veuve d'Emmanuel de 
Portugal, venait d'épouser François I, roi de France, 
et sur les instances de Charles-Quint, il résigna son 
siège pour accepter les fonctions d'aumônier de la 



Caba, 



(>) Aroh* de TÉtat à Bruges, Archives ecdéeiastiqueê, registre 
anépigraphe portant le n° 410, ad ann. 1514. 

(2) Collection des voyages etc., T. III, p. 46-47. 



255 

reine Q). Le 16 Novembre, il fut remplacé à Cuba aumônier de 
par le Frère Michel Ramirez, ^^^^^ ^" 

Malgré la rivalité qui régnait entre le royaume 
de France et l'empire d'Allemagne, Jean de Witte, 



(*) " Hoc anno in e jus (Eleonorœ) preces declinans, et velut ex 
mandato Caasaris (Caroli V), noster J. de Witte episcopus vix a 

biennio Oubanus redit, episoopatu relictoe^c." — Arch. de TÉtat 

à Bruges. Arch, Ecd. reg. n* 410, ad cmn, 1530. 

Les auteurs ne s'accordent pas au sujet Vépiscopat de de Witte. 

D'après Ca.ssa.nder, (Or. in ïavd, urh. Brug.) de Witte se conduisit 
à Cuba en pasteur laborieux et en évangélisateur infatigable; le 
premier, il bâtit et consacra une catbédrale dédiée au Sauveur 
{prirmaqm Chrüto aervatori tempUim pHnceps, qiiod cathédrale 
vocant, exedificavit et consecravit). 

C'est probablement cette expression 'primusque etc. qui fait dire 
à (*) Saiïdbrus et à Piron (*) que de Witte fut le premier évoque 
de Cuba. 

Lambrbcht P), après avoir désigné de Witte sous le nom de pre- 
mier évoque de Cuba, hésite un instant dans son assertion parce 
qu'il avait lu dans Pierre Martyr que le siège de Cuba fut 
occupé d'abord par le Frère Bernard de Mesa ; puis il explique sa 
manière de parler, en disant que de Witte n'a pas pris possession 
de son église, mais a resigné son siège immédiatement après sa 
consécration. 

Seguier ('*) affirme que de Witte est mort le 15 Août 1540 
à Bruges, où il s'était rendu pour se faire sacrer, avant de partir 
pour l'île de Cuba. 

Gams (^) donne la série des évéques de Cuba dans l'ordre suivant : 
" Santiago de Cuba. 
28 IV [April.] 1522 Cathedr. er. 25 XII [Decembris] 1803 archîepisc. 
1525 cl. Joann. de CTbita [lisez Witte] 0. S. Pr. [lisez 

O. S. D.] res. 1535. 
1537 într. Mich. Bamirez de Salamanca O. S. D. 
Bernard, de Mosa, O. S. D. 1538. " 

0) Flandria illtuirala, Hagœ comitum 1732, T. 2, p. 108. 

(') Alffemeene Uoen^eêchryoing der mannen en vrouwen van België, Mechelen 1800, 
T. 1, p.'400. 
(*) Se* terckeUeke hiêtorie, Loven 1680. Dédicaoe «fi Jine. 
{*) InfnUe Beijfiem, p. 8. 
(") 8erie$ epieeoporum JSeeUeuie catMteaey Ratisbonas 1873, p. liO. 



256 

sut se concilier en même temps la vénération 
d*Éléonore et TafEection de Charles-Quint. 
Sa retraite à Après quelque temps» sentant ses forces brisées 
^"'^" par rage, ü sollicita d'Éléonore et de Oharles-Quint 
la faveur de rentrer dans sa ville natale pour y 
passer le reste de ses jours. 

H serait diflGioile de préciser Tépoque de son 
retour définitif. En efEet, on constate une première 
fois sa présence à Bruges le 20 Décembre 1530, 
date à laquelle Tévêque de Cuba oflSlcie à l'église 
de Notre-Dame, lors du service funèbre célébré 
pour le repos de Tâme de la duchesse Marguerite 
d'Autriche Q). Deux ans après, le même prélat 

Nous avons saivi Fontana cite par Db Jonohe, {Bdg, Dom, 
p. 190) parce que à titre de Domvnicam rébuê Ordinie et auntiquUa-' 
tibus inquirendis et &ieiUiendia omnino adcUcttéa, selon Qübtiï et 
EcHARD {Script. Ord. prœd, T. 2, p. 660), son autorité doit prévaloir, 
et parce que ses données se ooncilient mieux avec les autre détails 
sur de Witte, puisés au msc. n* 410 déjà cité. 

Jaiissen (') suit également Fontana, et, pour expliquer la phrase 
de Cassander, conjecture que de Witte, peut-être en souvenir de 
réglise de Saint- Sauveur de Bruges, aurait enlevé le titre de cathé- 
drale à réglise de Saint-Jacques pour le donner à sa nouvelle 
église de Saint- Sauveur. 

(*) " Die Mercurii XIIT mensis Decembris, DD. de capitulo, 
receptis ex camera Flandrie litteris super œlebrandis exequiis pro 
anima dneisse Hargarete.... fuit ordinatum quod fièrent exequie 
predicte cnm pulsu trium dierum, quamm prima erit dies lune 
proxime sequentis et 2' fient vigilie cum tribus lectionibus et 
laudibuB, et tercîa die commendationes cum missa.... 

Et fuerunt hujusmodi exequie honorifice celebrate, presentibus 
toto collegio Bcabinali et tota natione Hispanorum hujus civitatis. 
In quibuB exequiis missam celebravit B. D. Johannes de Witte 
Jacobita episcopus Oubensis.... Et DD. de capitule presentarunt 
dicto B. D. episcopo quatuor kannas vini. " — Ada cap. B. M. F. 
13 Dec. 1530. 

(ij Biéàragen tot âê oudheidkunde en ffeêekiedenU, intonderkeid van Zemmek-rkuah 
deren, Hiddelboig 1859, bl. 168, nota 1 op bl. 14», 



257 

recommande aux cliatioine0 de Saiüt-Donatien un 
religieux dominicain français pour les sermons du 
Carême à prêcher au réfectoire du chapitre (^). En 
1535, Jean de Witte chante la messe dans la collé- 
giale de Saint-Donatien, aux funérailles de son 
parent, Josse de Brune (^). 

La retraite du précepteur ne F empêcha pas de 
rendre encore des services à ses anciennes élèves. 
Ainsi lorsque, grâce à l'intervention du pape 
Paul III, les deux souverains belligérants, Fran- 
çois I et Charles-Quint, eurent signé la trêve de 
dix ans (13 Juin 1538), Jean de Witte ménagea une 
entrevue entre Êléonore et sa sœur Marie de Hon- 
grie. Les deux reines se rencontrèrent en Octobre 
à Cambrai et se félicitèrent de la paix obtenue ('). 

L'évêque se fit bâtir à Bruges une belle demeure, 
nommée depuis, Vhâtel de Cuba. On y lisait, au- 
dessus de la porte d'entrée, l'inscription " Omne 
solum viro patria est, " surmontée des armes de la 
reine de France ("*). 

(') " R"* D. Cnbensi episcopo, qai alias supplicari fecit in capitulo 
pro Jacobita quodam Franco, coucionatore, nti fertur, longe 
doctîssimo, ad habendnm refectorium pro XL*,re8pondebitar poBt 
Natalia. " — Ada cap. 2 Dec. 1532. • 

n"Propninqiii cnra caratohnj. eccl.in sanctnario comparuerant 
roganteffquod D. episcoinis de Cuba sanguineus ejusdemdefuncti 
[Jndoci de Brune] exequiarum sui cognât i sine prejudicio ecclesie 
posset missam celebrare in choro, quibusDD. attenta sang^initate 
et qnod sine prejudicio ecclesie id fieret, annuerunt." — Ada cap. 
19 Febr. 1535 (n. s.). 

(*) Arcb. de )'État à Bruges, Archives ecclésiastiques, reg. n" 410, 
ad ann. 1538. 

{*) Ibid. reg. n" 409, Bt'cvis collecHo omnium honorum immohi- 
liujn Conv. Brxt/g. Ord. FF. Prœdic, fol. 164. — Cfr. Histoire du 
Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 43, note 1. 

17 



258 

En sa qualité d*aumônier d'Éléonore, Jean de 
Witte avait reçu annuellement une pension consi- 
dérable, tant de la part de la reine, que de la part 
du frère de celle-ci, l'empereur Charles-Quint (^). 

Même après son retour à Bruges, cette pension 
lui fut continuée par la cour de France. 

Le prélat fit de sa fortune le plus noble usage (^). 



(^) Mathias Lambeecht, Eén Tcerckelicke historie etc., Dédicace, 
infime. — Nous ne conoaissons pas le montant de cette pension. Le 
seul compte que nous ayons pa découvrir, date de 1516,alors qae de 
Witte était confesseur d'Éléonore, encore archiduchesse d'Autri- 
che; nous le donnons à titre de curiosité: " Entre les debtes deues 
à cause de la despence ordinaire et extraordinaire de l'ostel de mes 
dames Lyenore et Isabeau d'Austrice, de Bourgoigne etc. infantes 
de Castille, contenues et déclairées en ung qnayer de parchemin 
signé en fin et baillié en la chambre des comptes du roy de Castille, 
nostre sire, à Lille, par Didier Boîsot, conseillier et maistre de la 
chambre aux deniers des mes dites dames et attachié en la fin de 
son quatriesme compte illeo rendu de ladite entremise pour six 
mois finiz le derrain jour de juing XV*^ quinze sont escriptes et 
mises en debte à la charge d'icelluy seigneur roy folio XXXI, les 
parties qui s'ensuivent : A frère Jehan de Witte, evesque de Salu- 
bry pour reste de ses gages de Tannée finie décembre XV^ douze 
Cil livres XVI solz. A lui pour les années finies décembre XIII 
et décembre XIIII, IP XLYII livres IIII solz. A lui pour les 
six mois ensuivans finiz le derrain de juing XV' quinze LX 
livres IIII solz. Font ces troiç parties ensemble la somme de quatre 
cens dix livres qnatre solz du pris de quarante gros monnoye de 
Flandres la livre. Ainsi fait et extrait ou la chambre des, comptes 
à Lille, le XVI* jour d'avril l'an XV seize après Pasques. 

Signé BosquiEL. " 

— Archives du département du Nord, Chambre des comptes de 
Lille^ B. 2258, pièce en parchemin. 

Le 17 Août 1516, Jehan de Witte confesse avoir reçu cette somme. 

— Ibid., B. 2260, p. en parchemin, scellée d'un scel en cire 
rouge écrasé. 

{-) Il était d'une générosité rare; jamais personne ne s'adressait à 
lui en vain. (G. Cassander, Orai, in latuî. urh. Brtig,) — Il portait une 



259 

Le mouvement général des études classiques 
s'était propagé de l'Italie dans toute l'Europe et 
jusque dans nos provinces. Grâce à l'appui spécial 
qu'Érasme prêta aux projets généreux de son bien- 
faiteur, Jérôme Busleiden, une institution consacrée 
à l'enseignement des trois langues savantes, le 
latin, le grec et l'hébreu, venait de s'ouvrir à 
Louvain, en 1518, sous le nom de collège des Trois- 
Langues {collegium Trilingue, collegie van de Dry 
Tonghen) et sous celui de collège de Busleiden 
{collegium Baslidianum ou Buslidii). 

Le fondateur avait voulu que son établissement 
eût son siège dans le collège de Saint- Donatien(^), si 
l'on pouvait y trouver un local convenable, ou bien 
dans le collège d' Arras. Aucun de ces deux collèges 
n'accepta le legs dont le testateur voulait les favori- 
ser; en présence de ce refus, le magistrat de Bruges, 
ville où Érasme comptait tant d'amis,et oùBusleiden 

affection particulière au couvent de son ordre à Bruges. Avant de 
mourir, il lui donna diverses sommes d'argent, des joyaux, ses 
ornements pontificaux, tons lep meubles de sa chapelle domes- 
tique, etc. De ce chef, les Dominicains célébraient tous les ans, 
le 16 Août, un service anniversaire et récitaient journellement 
les psaumes Miserere et De prof utidis, pendant que le chœur chantait 
l'antienne Invioîata. Un riche mausolée, orné de l'effigie en 
marbre du prélat, fut élevé sur la dépouille mortelle de de Witte, 
inhumée dans le chœur de l'église des Frères-Prêcheurs. - — Arch. 
de l'Ét. à Br., Arch Eccl, reg. n» 409, fol. 164 et reg. n° 410, ad ann. 
1555; Fragmenta, maandschrift voor de geschiedenis van sted&n en 
cUn-pen in Vlaanderen, Thielt 1888, 2' jaar, n» 12, bl. 206. Voir aussi : 
Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 43 sqq., où 
l'on trouve les uombreux legs faits par l'évoque de Cuba, ainsi que 
l'inscription de son monument funéraire. 

i^) Collège fondé en 1484 par Antoine Hanueron, prévôt de 
Saint-Donatien de Bruges. Cfr. Histoire du Séminaire de Bruges, 
T. II, Documents, p. 21, où nous donnons l'acte de fondation. 



260 

avait été prévôt de Notre-Dame (^), offrit d'affecter 
gratuitement au collège projeté, de spacieux édifi- 
ces (^). Cette offre n'eut point de suites. 

Tous ces souvenirs, et puis le séjour à Bruges de 
Jean-Louis Vives, avec lequel JeandeWitte était lié 
d'amitié (^), exercèrent peut-être quelque influence 

(*) " Nous ne savons, dit M. NèvE (Mémoire hùdorique et littéraire 
sur le collège des Troie-Langues à V Université de Louvain. Bruxelles 
1856, p. 42, note 4), sur quelle autorité Tai^bé Bax fait aussi Jérôme 
Bnsleiden.... prévôt de Notre-Dame à Bruges. " 

Le nom de J. Busleiden ne figure pas sur la liste des prévôts de 
Notre-Dame, donnée par J. Gailliabd {Inscriptions funéraires etc., 
Bruges, église de Notre-Dame, p. X). 

** Après la mort de Jean de Bourgogne, Tan 1499, écrit Beau- 
court DB NooRTVELDE (Description historique de Notre-Dame àBi^es, 
Bruges 1773, p. 206), ceux du chapitre choisirent un prévôt, 
nommé François, le surnom du quel on ne trouve point; mais le 
prince s'y opposa et conféra la prévôté à Louis de Yerre, alias 
de Weyere [lisez de Yeyere]. " 

Bax était cependant bien renseigné. Jean de Bourgogne mourut 
le 25 Janvier 1500 (n. s.)- Le 5 Février, Philippe-le-Beau impose à 
rélection du chapitre, Louis de Yeyere, son aumônier, mais deux 
jours plus tard, les chanoines choisissent, per viam Spiritus sancti, 
Jérôme Busleiden. L'archiduc ordonne de réunir le corps capitu- 
laire aux fins d'élire son candidat (22 Mars). Après bien des pour- 
parlers, Busleiden, da consentement du chapitre, résigne sa dignité 
prévôtale en faveur de de Yeyere, par voie de permutation contre 
la ohapellenie de la maison du comte de Flandre, ad majus aUare 
capeUe domus seu curie comitis FlajidrÙB, dont l'aumônier du prince 
était le possesseur (10 Novembre 1500). Jérôme Busleiden fut donc 
prévôt de Notre-Dame du 7 Février au 10 Novembre 1500. — 
Acta ca^. B. M. V. 5, 7 Febr., 22 Mart., 10 Nov. 1500. 
(«) FÉLIX NèvE, Mémoire etc., pp. XII, 36, 47, 49, 53. 
(') La Flandre, revue des monuments etc. 1876, p. 309: " Il (Yivès) 
était lié d'amitié avec Pierre (lisez Jean) de Witte, évêque de 
Cuba." — Jean- Louis Yivès ne mourut que le 6 Mail 540. Yoir sur ce 
personnage: Namèche, Mémoire sur la vie et les écrits de Jean-Louis 
Vivhs, dans les Mémoires couronnés, T. XY, Bruxelles 1841; 
Yan dbn Busschb, LttMf Viv^s célèbre philosophe cZi^XF (lisez XVT) 



261 

flup les dernières volontés de Tévêque de Cuba. 
Toujours est-il qu'inspiré par des hommes sages 
et éclairés, il résolut d'employer ses richesses à la 
propagation des bonnes études dans la ville de 
Bruges. 

Par disposition testamentaire Q) du 10 Février n y fonde 
1540 (n. s.), autorisée en vertu d'une dispense du pubUqueg"" 
Souverain Pontife, il destina toute la masse de ses 
biens, après paiement des dettes et des legs parti- 
culiers, à la création d'une ou de plusieurs chaires, 
à savoir, de belles-lettres, de logique et physique 
(c, à d. de philosophie), et, si possible, de théologie. 

D'après les stipulations du testament, dont Texé- Dispositif 
cution était confiée à Corneille van Baesdorp et à tion Cnbaf*' 
Jean Olaeyssone(^), les leçons devaient être données 
par des religieux dominicains, ou par des laïcs très- 
versés dans ces matières. Toutefois la préférence 
était accordée aux parents du fondateur. 

Les professeurs, gratifiés d'un honnête salaire, 
étaient tenus d'enseigner tous les jours de Tannée, 
au couvent des Frères-Prêcheurs, ou, selon Tevis 
des exécuteurs, dans un autre endroit convenable, 
La fondation devait sortir ses effets à perpétuité. 

C. van Baesdorp et Claeyssone avaient, leur vie 
durant, le droit de présenter les candidats. La nomi- 
nation des titulaires, et, après la mort des exécuteurSi 



nèeUt dans La Flandre, 1. c. ; Joajt. Lud. Yivis, VàtemtvM, Opera 
omnia, ed, Qr. Majoamo, Yalentiae Edetanorum 1782, T. I 
Qenealogia J. L. Vivis, p. XXIX sqq. et J. L, Vivie vita, pp. 1-220' 

0) Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Docaments, p. 43 sqq . 

(^) Ibid,, p. 50, notes 1 et 2. 



262 

Teütière disposition de l'œuvre, étaient dévolues 
au magistrat de la ville de Bruges. 

Le digne évêque mourut le 15 Août (^) ] 540. 
Malheureusement la fortune qu'il laissa, ne suJËsait 
point pour remplir ses généreuses intentions ; les 
aumônes et tes libéralités, &.ites pendant sa vie, 
avaient fortement ébréché son avoir. 

Il est permis de croire que van Baesdorp, 
médecin d'Éléonore, exposa à celle-ci l'embarras 
de la situation ; car après la mort de Jean de Witte, 
la reine de France, d'accord sans doute avec son 
époux François I, ce grand mais parfois impru- 
dent (^) Mécène des belles-lettres, ne voulut pas 
laisserpérir une institution aussi utile; elle continua, 
pour un temps, de payer la pension allouée à son 
ancien confesseur et aumônier (^). 

Grâce donc aux ressources que la générosité royale 

ajouta au fonds provenant de la mortuaire de 

de Witte, la volonté du testateur put, dés 1541, 

recevoir son accomplissement partiel. 

Chaire de Bespcctaut l' Ordre dans lequel le testament 

et ses profes- éuumérait les leçons, on commença par instituer 

■*""• la chaire de littérature in boni's litteriSf in huma' 

nioribm litteris. 



(*) F. Yan Male {Lôveneheschrijvltig, etc.)t assigne le 14 Août 
comme date du décès de de Witte. Cependant toutes les archives 
dominicaines assignent le 15 Août " ipso die Assumptionis. " 

(*) Ce prince ne fut pas assez judicieux dans le choix des 
étrangers, dont on lui vantait les connaissances et les talents. Il 
attira ainsi dans son royaumo des humanistes, qui, à la faveur de 
leur réputation scientifique! j propagèrent les doctrines nouvelles. 

(') G. Cassakdbb, Oi*at. in îatid, urb. Brugarum, 



263 

Le premier professeur fut Georges CassanJer. g. Caseander. 

Georges Cassandor, né à Pitthem (^) en Flandre, 
le 15 Août 1513, fit ses études à Louvain, où il 
était élève de la pédagogie du Château et devint 
maître-ès-arts, en 1533. Si, comme aucuns l'affir- 
ment, il a enseigné les belles-lettres à Gand, ce 
ne peut avoir été qu'avant son arrivée à Bruges (^). 

Le 3 Mai 1541, en présence du magistrat, d'un 
grand nombre de savants et d'une foule de jeunes 
gens avides de s'instruire, Cassander maugura 
solennellement son cours par un magnifique dis- 
cours à la louange de la ville, des études humani- 
taires, de leur protecteur Jean de Witte et de tous 
ceux qui avaient contribué à réaliser les vœux du 
prélat fondateur. Outre ce discours, un autre 
souvenir nous rappelle encore les débuts de la 



(^) Pendant bien longtemps, les auteurs ne s'accordèrent pas 
au sujet du lieu natal de Cassander. Les uns le faisaient naître à 
Bruges, (peut-être parce que dans VIndex Uhroruinlpi'ohïbUorum 
ils le voyaient qualifié de Brugerms); — d*après les autres, il aurait 
vu le jour dans Tile de Cadzand et emprunté de là son^nom de 
Cassander, Cependant Cassander lui-môme dit expressément qu'il 
ne s'est jamais intitulé hrugeois, {Opera omnia^ Parisiis, 1616, 
p. 1191); il appelle la Flandre sa patrie (Ihid. p. 1130) et jusqu'à 
trois fois il nomme Josse BAvestein, |de Thielt, son compatriote, 
c<mterraneus (Ihid, pp. 1095, 1097, 1206). M' Assink Calkoen (•), le 
dernier biographe de Cassander, a eu la bonne fortune de recevoir 
en communication de M. Fiot, archiviste du royaume à Bruxelles, 
un document qui tranche la question; parmi les élèves de la 
pédagogie du Château, divites castrenses, gradués ès-arts, sous le 
rectorat de Buard Tapper, figure, à la date du 28 Janvier 1531(n.aw), 
le nom de " Georgius Oasant, de PUthem, Flandrensis, " 

(^) Assink Calkobn, l. c, pp. 19, 30. 

(*) J. 1£. Absiiix Galkoxv, Spêcimtn hiêioHeO'tkeologieum Oeorgii Coêêandri viiaê 
atquê operum narraiiomem mMAcm, Amstelodami 1868, p. e. 



204 

nouvelle institution. Jacques de Meyere, l'annaliste 
des Flandres, à cette époque maître d'école à Bruges, 
dans une poésie élégiaque souhaite la bienvenue à 
Cassander, et chante la libéralité de de Witte et la 
munificence de la reine Éléonore(^). 

En 1542, le savant humaniste, amené, par le pro- 
gramme qu'il s'était tracé, à expliquer les éléments 
de la rhétorique, publia à l'usage de ses élèves 
un opuscule intitulé: Tabulae brèves et expeditae 
, in praeceptiones rhetoricae (^), et dédié à Corneille 
van Baesdorp et à Jean Glaeyssone. Il y expose, 
sous forme de questions et de réponses, la série 
des préceptes et la méthode de l'art oratoire, et, 
suivant la division reçue, traite successivement de 
Yinventiony de la disposition^ de Vélocution^ explique 
les figures (figuras verborum, figg. sententiarum, 
figg. amplii&cationis) et termine par les lois de la 
composition. 

L'année suivante, le docte professeur prit la 
résolution de se rendre en Italie et renonça à la 
chaire de belles-lettres {^). 

Avant son départ, il eut soin de recommander 
aux administrateurs de la fondation la candidature 



(^)G.0A8fiAHDi&, Opera omnia^ p. 1251 ; QicHisUme du Séminaire 
de Brugee, T. II, Documents, p. 44, note, où Ton trouve le titre 
complet de YOraiio etc. 

(<) G. Gassavdbu, Opera omnia, p. 1272 (*). 

(') Hùtoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 179, 
note 1. — Afin de ne pas interrompre le récit, nous examinerons, 
à la fin de ce chapitre, le motif qui dicta cette résolution. 

(*) Cet ouvTttffe 4tani devenii ola«aiqu6 dans pluftienn tfoolM de renom, Cmia.nd«r 
tn donna, en lUO, une eeoonde édition revue et Mgmtntée. 



265 

d'un jeufte flamand, dont probablement il avait 
fait la connaissance à Louvain. Sur la présentation 
de van Baesdorp et cle Claeyssone, Jacques Cruckius 
fut admis par le magistrat de la ville, le 8 Février 
1543 (n. s.) O- 

Cruckius, natif de Messines, avait étudié la phi- Jaoqnea Cmc 
losophie, les belles-lettres et le droit. Après avoir, 
comme élève de la pédagogie du Lis à Louvain, 
obtenu la 8* place in prima linea^ au concours de la 
Faculté des arts, le 18 Février 1535 (^), il suivit 
pendant quelque temps les leçons de Goclenius et 
de Nannius au collège des Trois-Langues (^), et 
devint ensuite licencié en droit. (*). 

La carrière du nouveau professeur fut aussi 
longue que celle de Cassander avait été courte : 
il occupa la chaire de littérature pendant plus de 
quarante ans. Durant cette période, le philologue 
édita plusieurs ouvrages. 

En 1565 parut : Q. Horatii Flacci carminum 
liber qimrtTis, ex antiquiss. mantcscriptis codicibns 
cum commentariis falso adhuc Porphyrioni et Acroni 
adscriptis; opera Jacobi Gruquii Messinii apud 
Biiufenses Utterarum professais yvhlici editus. 



(») Ibidem, p. 179, note 1. 

(*) Analêctee pour servir etc., T. II, p. 303. 

(') NivB, Mémoire etc., p. 337. 

(*) "Meester Jan Craucke, licentiaet inde rechten ende lecteur np 
de halle binnen deser stede by ordonnantie van der wet... 2 Ib gr." 
En marge: "Nienwe partie gheaccordeert by der wet volghende 
acte daenof ghedepesscheert in daten van den ix Meert 1544, ende 
by quittancie." — Oomptea de la viUe de Brugeê 1544-45, fol. 54, sous 
la rubrique Baiêoene laker,* 



266 

Ejusderii in eundem adnotationes. Brugis Fland. Ex 
officina Huberti Goltzii^ 1565. 

L'ouvrage est dédié à François d'Helfaut, abbé 
du monastère de Saint-Pierre à Gand, qui avait 
gracieusement permis à Cruckius d'emporter chez 
lui quatre vieux codices manuscrits d'Horace, con- 
servés à la bibliothèque blandinienne, à la condition 
d'en publier ce qu'il trouverait digne d'être connu 
des savants. 

Quelques années auparavant, Cruckius exposait 
à ses élèves les Odes d'Horace et réunissait des 
notes au cours de ses leçons. Il était arrivé au 
quatrième livre, quand un religieux de Saint-Pierre, 
Antoine du Pré (a Prato) lui découvrit le trésor 
caché sous la poussière. C'est ce qui explique 
pourquoi la publication du dernier livre des Odes 
précède celle des trois premiers Q). 

Après chaque Ode, dont il croit avoir rétabli le 
véritable texte, il donne, sous le titre de cammen- 
tatoVy l'explication, épurée par lui, d'un scholiaste 
qui n'avait transmis que les commentaires altérés 
d'Acron et de Porphyrion, puis la sienne propre, 
sous le titre de Gruquius (^). 



(*) Yoir la dédicace et la préface de cet ouvrage. 

(^) " Suivant Tezemple des érudits de son temps, le professeur 
de Bruges ne recueillit pas toutes les variantes des manuscrits 
avec la fidélité et le soin scrupuleux, qu'on y apporte de nos jours, 
et, malgré la grande valeur de l'un d'eux, il ne songea pas à les 
prendre pour base de son texte 

*' De nos jours, od a accusé de fausseté un certain nombre de 
variantes eb plusieurs passages des scelles, sans qu'on ait prouvé 
Bufiisamment cette accusation. Quoi qu'il en soit, le caractère de 
De Orucque, tel qu'il se révèle dans ses écrits, éloigne tout 



267 

Cette première publication fut bientôt suivie de 
celle de : Q. Horatii Flacci Ejpodôn liber, ex anti- 
qiiisdmis septem codicihus mdnuscQ'iptis, cum coin- 
mentariis antiques emendatus et editiis opera lacobi 
Cruquii Messinii, apud Brugenseis politioris littera- 
turae professoris puhlici. Ejmdem in eundem adnota- 
tiones. AntverpiaB, ex officina Ghristophori Plantini 
MDLXVII. Le livre est dédié à Jacques Olaerhout, 
seigneur de Maldeghem, etc., dont Taïeul maternel, 
Jacques van Halewjn, avait encouragé les études 
de Cruckius et favorisé le cours de littérature Q). 

En 1573, il publia: Q. Horatii Flacci satyra- 
runiy 8&it potius eclogarum libri II, ex antiquissimis 

soupçon de mauvaise foi. Nous voyons en lui un homme candide 
et modeste, guidé uniquement par l'intérêt de la vérité et non par 
le désir de se faire valoir." — Bingrajihie nationale etc., T. V, p. 48, 
V" De Crucque (Jacques), article signé: J. Roulez. — Cet article 
parut en 1876. Depuis lors, la discussion touchant la bonne foi de 
Cruckius et la valeur de sa collation ainsi que de celle de ses 
manuscrits se poursuit toujours. Après Th.Bergk, 0. Keiler (défa- 
vorables à Cruckius) et R. Zangemeister (favorable au professeur 
de Bruges) cités par M' Roulez, d'autres savants sont entrés en 
lice. Tandis que M. Haupt (*), W. Meves (*»), P. Höhn (*«) et R. C. 
Kukula (*3) prennent la défense de Cruckius, Fr. Matthias (•^) et 
J. SUiussner (**) se prononcent contre la valeur de notre critique. 
Nous n'avons pas qualité pour nous immiscer dans cette contro- 
verse philologique. 
(*) Voir la dédicace de VEpodon, 

(*) Udter dU Kritik der HorMiiehe» &«diohie dans ses Opuêoula, Berlin 1870, 
T. lU. p. 43. 

{*h I>« oodieiê Horatiani qui Blandi»i»u vetustitêimuê voeatur natura aiqtté indole, 
Berlin 1881.— Ueber dsn Werth de» codex Blandiniuê vetuiiisiimu» fur die Kritik dee 
Sorax. Berlin 1882. 

(**) De eodiee Blandiniano antiquieeimo. Jenae 1888. 

(*>) De Cruquii eodiee vetueHeeimo. Vindebonœ 1886. 

(*«) Quaêiione» BloMàMiionae, Halis 1883. 

(**) Cruquiut und die SoraH'krHik, Leipzig 1884. — Cfr. Soratii opera edideruni 
0. KxLLXB et J. UluBSxsB. Lipsiœ 1885. 



268 

undecim codidbus manuscHptis cum antiquis com- 
mentariiSy post omneis qui hactenus editi suntj 
infinitis locis purgatï et clarius expUcati opera Jacobi 
Oruquii Mesdnii^ apud Brugenseis politioris littera- 
turae professoris publici. JEjusdem in eosdem com^ 
mentarii. Antverpiae ex o^ina Ghristophœn Plantini 
MDLXXIII. 

Michel Drieux (DHutius)^ professeur de droit 
canonique à Louvain et fondateur du collège qui 
porte son nom, avait été le Mentor de Cruckius 
pendant le séjour de celui-ci à TUniversité ; il 
l'avait aidé de ses conseils et de ses lumières (^), 
voire même reçu à sa table, en société du docteur 
Vulmar Bernaerts, de Pierre Nannius et d'autres. 
Remi Drieux s'était lié d'amitié avec le protégé de 
son oncle. 

C'est en souvenir de ces relations que Cruckius 
dédia son nouvel ouvrage à son ancien ami, devenu 
depuis évêque de Bruges (^). 



(*) " Qui [Michael Drusiua] primùm nostram instituit adolescen- 
tiam gubernayitqae sua prudentia a priznis dialecticœ natumlisque 
audienbiœ prsBceptis, ad eatn usque philosophise partem, qui» 
legalis est: quique deinde ex peregrinatione, quam ejns hortatu 
fortiter instituerai!), me reversum ita humaniter est amplexatns, ut 
quoties honoris ergo, ad eum accederem, non desierit offîcii modes- 
tisBque in rebus agendis commonefacere, ne fortasse quid œlatis 
ardore, reramque ignoratione apud yiros bonos, honestœ £amœ et 
nomini meo deperiret. Interim si quid in juris studio difficultatis 
obscuraB me ab instituto cursu deterreret, nihil erat ei antiquius 
pro summa legum peritia, qua multos annos Lovanii antecessor 
illuzerat, quam juris nodos, et legum quœdam quasi œnigmata 
dissolvere, nosque reluti data manu per salebras omneis magno 
animo deducere. " — Dédicace des Satyrarwm Ubri IL 

(•) Ibid., Dédicace. — Cruckius exprime également son affection 
respectueuse à Tendroit de l'évoque, dans une poésie : " D» fawio 



269 

Donner un commentaire complet sur Horace, 
tel fut le rêve du laborieux professeur. Il parvint à 
le réaliser en 1578. Il réunit en un seul volume ce 
qu'il avait publié précédemment et ce qui restait 
encore à publier, savoir, les trois premiers livres 
des Odes, ainsi que les lettres, parmi lesquelles se 
trouve l'Art poétique; il y ajouta une triple bio- 
graphie d'Horace, tirée des manuscrits de Blandin. 
Le commentateur y suit la méthode adoptée autre- 
fois pour le quatrième livre des Odes. 

L'ouvrage, dédié cette fois au magistrat de la 
ville de Bruges, est intitulé : Q. Soratius Flaccus^ 
ex antiquissimis tindecim Ub. m. s. et schedis aliquot 
emendatus etplurimîs lacis cum commentariis antiquis 
esepurgatus et editus opera Jacóbi Gmquii Messenii^ 
apud Bruganos poUtioris litteraturae professoris 
piiblici. Ejusdem in eundem enarrationes, observation 
nes et variae lectiwies, cumaliis quibusdam et indice 
locupletissimo, Antverpias, ex oficina Ghristophoi% 



laetoqite auspicio reverendiesimi DD,RemîgiiDrii8il episcopi Brugeneis 
cangratnlatio Jacohi Mesdnii, " qui se trouve immédiatement après 
la dédicace. 

" Selon SweertiuB et Sanderus, cités par Paqnot, De Crucque 
serait auteur de diverses poésies latines, qui n'ont probablement 
jamais été réunies. Nons ne connaissons que deux pièces (*) : Tune 
de trente-trois distiques, imprimée dans son édition des satires 
d'Horace; Vautre de soixante-dix-neuf vers, placée en tête de son 
édition complète du poëte. Ni Vnne ni l'autre, ne confirme le juge- 
ment favorable que les deux savants portent sur le mérite du 
professeur de Bruges comme poëte. " — Appréciation de M. J. 
Roulez, dans la Biographie nationale 1. c. 

(*) Denx autreR polies Intines de Crnckius, et (|iii ont échappé à M' Roules, 
sont insérées daiui : Hub. GtOLTZivh. C'. Jnliun Caesar, »ive hint. imper, cae». rom. 
Bniff. 1563-167^. L. I, : " Consona mena Divum eto..." *' Sic fatum melias etc...'* 



270 

Plantini^ architypographi regii MDLXXVIII Q). 
Pour récompenser les labeurs de Cruckius, la 
ville lui accorda une prime de cinquante florins et 
doubla la gratification annuelle octroyée déjà sous 
le nom de JceirlaJcen ou di^oit de robe (^). A partir 
donc de 1578, le professeur percevait 4 livres de 
gros, outre sa pension ordinaire de 24 livres (^). 



(^) ** De Crucque ne manqnaifc pas d'érudition, mais sa critique 
laisse souvent à désirer. Il donne trop au verbiage et devient 
parfois ennuyeux. On lai a reproché, non sans raison, de vouloir 
expliquer Tantiquité payenne par l'antiquité sacrée, de cKercher 
des étymologies grecques et latines dans le flamand et dans 
l'hébreu. En somme cependant, grâce aux manuscrits qu'il a eus 
à sa disposition, il a bien mérité d'Horace. Mais c'est moins à son 
talent qu'à la perte des manuscrits Blandiniens, consaltés par lui 
seul, qu'il doit la notoriété, dont il jouit encore aujourd'hui. " — 
M*^ J. Boulez, dans la Biographie ncUionale, 1. c. 

Plus tard, une édition de VHorace de Cruckius avec des notes 
de J. Dousa, parut sous le titre : Q. HorcMus Flaccus, cum œmmen' 
iariis et enarrcUionibus commmtatoris veteris et Jacohi d'uquii 
Messenen, Liiérarum apud Brugenses lyrofessoriB, Acceeserunt Jani 
Botbsae Nordovîeis in eundein commentarioîus, unacum succidanea 
aj)pendi<^ ad superiorem commetitcuriolura. Item audariam commen- 
tât oris veteris a Cruquio edUL Lugd. Bat., ex ojjic, Plantiniana, ap. 
Pranc. Raphelengium, 1597. 

(') " Actum den vierden November 1578. Item alsdan pre- 
senteerde Meester Jacob Cruckius 't coUegie commentarius by hem 
ghemaect in Horatium. Ten regarde van welcken ende de eere by 
hem de stede ghedaen, was hem toegheleyt de somme van vichtich 
guldens eens, ende voorts twee fe gr. 't siaers tot verbeterynghe 
van zyn keirlaken zyn leven gheduerende, sonder by zyn succes- 
seurs te trecken in consequentie." — Archives de la ville de Bruges, 
Secrète resolutie houc, reg. 6, ann. 1575-85, fol. 193^*^. 

Déjà à partir de 1544, Cruckius recevait 2 livres de gros pour 
son keirlaken. Voir p. 265, note 4. 

(^) En vertu du testament, l'administration de la fondation était 
réservée aux exécuteurs. C. van Baesdorp, dernier survivant, 
mourut le 24 Décembre 1565. A compter de l'exercice 1567-68,c'est 



271 

L'âge ne ralentit pas l'activité do notre philo- 
logue. En 1582, il offrit aux deux magistrats de 
Bruges son livre: M. Tal. Ciceronis oratio proT. An. 
Milone. Gum enarratione Jacobi Gruqidiy bonarum 
litterarum professoris publici Briigis. Antverpiae, ex 
officina Ghristophori Plantini MDLXXXII {^). 

La ville, en signe de gratitude,vota au professeur 
une somme de cinquante florins, plus une augmen- 
tation annuelle de pension de cinquante florins 
Carolus, tandis que le Franc allouait à l'auteur une 
indemnité de 100 livres parisis (*-^). 

la ville qui administre. D'après lo' compte de 1554 (le seul qui 
nous reste de la première administration) et les comptes de la ville 
1567-68 sqq., la pension annuelle allouée au professeur de belles- 
lettres était de 2i livres de gros. 

(*) A la fin du volume, on trouve: Brevîs oraiionis parœnesia 
Jacohl Crii>quil ad juventutem Bncganam, ** Toutes les études do 
De Crucque se concentrèrent sur Horace. Son édition de la 
Milonienne deCicéron n'offre rien de remarquable." — M' J. Boulez, 
dans la Biographie nationale, 1. c. 

(*) " Don V*" Nov. 1582, presenteerde Meestor Jacob Crucquius, 
lesore in de latynsche letteren, an schepenen coUegialick vergadert 
commenfcare by hem ghemacct in orationem Ciceronis pro Milone. 
Ende was hem naer dancksoggynghe van zynen aerbeyt ende 
industrie, tot vcreerynghe van zynen persone ende onderstande 
van zyne familie, ghepresenteert ende ghejuendt de somme van 
vichtich guldens eens, ende voorts by maniere van toelegghe extra- 
ordinaire vichtich carolus guldens 't siaers zo langhe schepenen 
dit redelick dyncken zal, ende emers tot by der stichtynghe vande 
ghemcene schole hem zy ghegheven middele omme leven." — 
Archives de la ville de Bruges, Secrète resoîiUie hùiic, reg. 6, ann. 
1575-85, fol. 356". 

. " M' Jacop Cruucke by vorme van hiesschede(ȕc) over de presen- 
tatie by hem ghedaen an *t coUegie 's landts van den Vryen van 
zeker zynen bouck ende uutlegghinghe van de oratie Ciceronis 
pro Milone. By ordonnantie. C. Ib (par.). " — Archives de l'État à 
Bruges, Comptée dw Franc, 1582-83, fol. 68'°. . 



272 

Le vieillard ne jouit pas longtemps de ces 
faveurs; il mourut le 22 Juin 1584 Q). 

Nous interrompons ici rhistoire de la chaire de 

belles-lettres, pour la reprendre après les troubles 

de 1578-84. 

Chaire de thee- En 1545 (n. 8.), Ics rcveuus de la fondation étant 

profeflseuraf dcvcnus Suffisants, grâce sans doute, une fois 

encore, à la munificence de la reine Éléonore, on 

créa la chaire de théologie, désignée sous les noms 

de lesse in de Heilighe Scrifteure, lesse in de Reilighe 

Godtheyt (^). 

joneriüB. Le 5 Février, le magistrat nomma professeur 

d'Écriture sainte François Jonerius, espagnol, 

bachelier en théologie, présenté par Claeyssone (^). 

A la demande de ce dernier, les chanoines de 



{*) " Van den 7*" April 1584 totten 22*" Juni daernaer, dach van 
zyn overlyden...." — Comptes de la ville, C. 1584-85 fol. 35". " On 
ignore l'époque précise de sa mort. S'il était vrai qu'elle eut lieu 
en 1621 ou en 1628, comme l'avance Sckstein, je ne sais d'après 
quelle autorité, il serait devenu centenaire." — M' J. Roulez, dans 
la Biographie nationale, 1. c. 

('0 CÖ, de la viUe de Bruges, passim. 

(3) « v«" February XV" XLIIII. M« Jan Claisseune als executeur 
ende macfatich over M" Cornelis Barsdorp zynen mede executeur 
vanden testamente van zaligher memorie Eerweerdighen vader in 
Gode broeder Jan de Witte biscop van Cuba, presenteerde den 
collegie van scepenen der stede van Brugghe, M' Franciscus 
Jonerius bacelier inde heleghe scrifture omme lecteur te zyne 
vander lesse inde ze] f s te heleghe scrifture ghefondeert by den 
vooni. biscop, versonckende dat den collegie ghelieven zoude 
hem dftertoo te admitteren metten vrydomme van assyse daertoe 
staende, twelcke ghehoort, 'bvoorn. college adraitteerde den voors. 
M' Franciscus, endc daertoe 't vrydom vanden assyse van wyne 
ende biere als hy huus houden zoude. " — Archives de la ville 
de Bruges, Secrète regoluti-e bouc, reg. 1, ann. 1541-45, fol. 259. 



273 

Saint-Donatien permirent à Jonerius de donner 
ses leçons dans le réfectoire de leur cloître Q). 

Cette complaisance n*a rien qui doive nous 
étonner. Le chapitre avait la coutume d'accorder 
l'usage de son local à l'un ou à l'autre théologien, 
exégète, prédicateur, pour y exposer des cas de 
conscience, interpréter l'Écriture sainte, prêcher 
les stations de TAvent et du Carême ou des sermons 
à l'occasion des grandes fêtes liturgiques. 

Ainsi, le savant François Costerus, provincial 
de la Compagnie de Jésus en Belgique, y donne 
des conférences de théologie morale, en 1571 (^). 

En 1532, Jacques Maillet, franciscain colétan (^), 



(*) "Comparuit coram DD.in sanctnario congregatis Mg** Joannes 
Claysseune, alter oxecutorum tcstamenti pie memorie B"*^ D.Joannis 
de Witte, episcopi Oubensis, supplicans humiliter quatenus iîdem 
DD. Guidam Hispano theologie baccalaureo locum refectorii hnjus 
ecclesie pro ibidem singulis diebus temporis quadragesimalis, ad 
horam quartam, extra vero quadragesimam ad aliam horam magis 
accommodam, facienda lectione in theologia, per eumdem quondam 
t). episcopum Cnbenscm fandata, annnere yellent. Gui quidem 
Bupplicationi DD. satis inclinati, ob paucitatem DD. in crastinum 
diem desuper concludore distulernnt. " 

" Petitioni Mg'* Joannis Clayssenne qnoad locum refectorii pro 
habendis lectionibus pnblicis in theologia, cnidem Hispano annu- 
cndura, hesterna die facte, DD. annuerunt. " — Acta cap. 24, 25 
Febr. 1545 (n. s.). 

p) " Instante D. Monacbi pro parte D. doctoris et provîncialis 
Jesuitarnm [Fr. Costeri] intendentis postridie Oircumcisionis 
Domini usque ad XL*™ docere casus conscientisa, concessus fuit 
cidem ad hoc locns refectorii, et ut capiat horam magis commodatn." 
— Acta cap. 24 Dec. 1571. 

(') CoUtans: franciscains qui avaient embrassé la réforme de 
sainte Colette de Corbie, au commencement dtf XV* siècle. 

17 



274 

explique la lettre de saint Paul aux Corinthiens (^) 
et, en 1 541 , un orateur français commente les épîtres 
du docteur des nations (^). 

Des religieux de différents ordres briguaient 
l'honneur de se faire entendre devant cet auditoire 
choisi. Pour ne citer que quelques noms, Jacques 
Maillet déjà mentionné et Thomas Hazard, S. T. D., 
frère-mineur (^), Pierre Hovius, ermite de Saint- 
Augustin (*), Jean de Meyere et Adrien Bcquet, 
S. T. B., carmes chaussés (^), Jacques de Atrio et 
Gui de Lille, dominicains (^), y prêchent tour à tour. 

Le célèbre jésuite Robert Clayssone, à peine 
rentré de France et nommé professeur de la chaire 
publique de théologie, commence, au réfectoire de 
Saint-Donatien, la série des prédications éloquentes 



(*) " Concionatorî Maillet propter excellentiam conceditur locus 
refectorii usque Pascha. " 

" Concionatorî cuidam coletano nostro eximio, qui tota hac XL* 
verbum Dei excellenter lingua gallica, in refectorio predicavib, 
qui quoque successivis horis aliquot pomeridianis Pauli epistolam 
ad Coriuthios déclara vit, tum ob predicationis excellentiam tutu 
ob epistole declarationem ac etiam ob viatici sui subsidium, utpotc 
qui versus provinciale concilium seu capitulum suum Tolose pro- 
pedicui cclebrandum dicitur accersitnrus, dantur 4 caroli ex 4 
officiis. " — Ada cap. 16 Jan. 1532 (n. s.); 27 Martii 1532. 

('^) '* Conceditur concionatori Gallico quod quotidic Lora terbia 
cum dimidio a meridio possit in refectorio Epistolas Pauli 
exponere." — Acta cajp. 28 Febr. 1541 (n. s.). 

(3) Acta cap. 6 Nov. 1549; 30 Oct. 1543. Cfr. note 1 de cette page. 

(*) Acta cap. 29 Nov. 1564. 

(*) Acta cap. 6 Nov. 1514; 3 Oct. 1558. 

(*) " R. P. Jacobus de Atrio studens honori Prœdicatorum ordinis 
in Duaco,supplicanB pro loco refectorii ad concionandum gallice in 
advontu et quadragesima, eumdem obtinet." — Acta cap. 10 Oct. 
1542. Cfr. 23 Nov. 1546 et 31 Jan. 1547 (n. s.). 



275 

dont il édifiera dans la suite la ville de Bruges (^). 
Guillaume Taelboom, également professeur de la 
fondation Guba^ j entretient ses auditeurs du 
raystère de TÉpiphanie (^). Le docte François 
Lucas, mieux connu sous le nom de Lucas Brngensisj 
et Gilles van de Walle, S. T. B., recteur de l'école 
Bogaerde, y font leurs débuts oratoires (^). Il n'y a 
pas jusqu'à l'évêquo de Sarepta in partibvs in- 
fdeliumy Nicolas Bureau (Burelli), suffragant de 
l'évêque de Tournai, qui ne figure parmi ces 
prédicateurs d'élite (*). 



(*) " Conceditur Mg'° Koberfco Claeyssona Pb'*» hujus oppidi in 
theologioi lectori, quod die crastino post vesperas in refectorio, 
snperpellicio et stola vestitas, concionetur." — Ada cop.l Jiil.1560. 

P) ** Comparait D. et Mg' Guillelmus Taelboom, sacre theologie 
professor, petens sibi concedi die dominica proxima Epiphanie, 
post vesperas locum refectorii, ad habendam orationem de eadem 
solemnitate. Oui petitioni DD. annuerunt." — Acta cap, 4 Jan. 1577. 

(3)«|£gro Egidio Walle theologie baccalaureo concessus fuit locna 
refectorii, ad die crastina [dominica] finitis vesperis ibidem decla- 
mandam orationem per R™»™ Brugensem visitandam. " 

« ]\|;gro Egidio Walle theologie baccalaureo supplicanti, eoneessus 
fuit locus refectorii ad die crastina [dominica] finitis vesperis vel 
mercurii sequenti, ipso die Assumptionis Marie, declamandam 
orationem per R""" Brugensem aut ipsius consiliarios visitandam.*' 

" Mg" Egidio Walle S. T. baccalaureo, rectori schole Fomariane 
dominica proxima suas primitias colebraturo, qui habuit his supra 
diebus orationem hic in refectorio, presentate fuerunt sex canne 
vini ex tribus officiis. " 

** Cuidam Mg" Francisco Lucas Brugensi conceditur locus 
refectorii, ad die Jovis proximo, ipsa fcstivitate S. Joannis Bapt. 
finitis vesperis ibidem orationem habendam et publiée declaman- 
dam, D. archidiacono se eandem orationem visitasse déclarante/' — 
Aeta mf. 4, 11, 16 Aug. 1571; 21 Jun. 1574. 

("*) Acta cap. 3 Oct. 1546. — A cette énnmératîon dëjà longue, 
nous pourrions encore ajouter d'autres prédicateurs: Les gardiens 
des Frères-Mineurs de Bruges et de Saint-Omer (6 Nov. 1532; 



276 

Ces sermons extraordinaires se faisaient, oroyons- 
nous, en français ou en latin (^), et, pour ce motif, 
au réfectoire du cloître, devant un auditoire plus 
restreint que celui de l'église, où la parole de Dieu 
était prêchée en flamand à tout le peuple. 

Le magistrat de la ville de Bruges avait la cou- 
tunie de donner une gratification à ceux qui prê- 
chaient les stations de TAvent et du Carême (^). 
Le chapitre octroyait bien aussi, de temps en temps, 
une indemnité à ces orateurs, mais ne s'en faisait 
pas une règle fixe. Le nombre des solliciteurs était 
grand, et les chanoines considéraient déjà comme 
une faveur l'autorisation accordée à un prédicateur 
de prendre la parole dans leur salle (^). 

19 Sept. 1547); le prieur des Dominicains de Douai (7 Jan. 1538 
(n. 8.); 31 Aug. 1545); les pères confesseurs des monastères des 
Annonoiades et du Val des Anges (8 Jun. 1551 ; 22 Apr. 1555), etc. 

(*) L'expression ad gallice concionandiun, ou son équivalent, se 
retrouve dans presque tous les actes capitniaires indiqués plus 
^ hant. Quant à Taelboom, Lucas et vande Walle, nous croyons qu'ils 
ont prêché eu latin. On sait qne cette langue était familière à 
Taelboom et à Lucas, témoin la dispute publique que le premier 
soutint, en 1580, contre les calvinistes à Bruges (*), et le recueil de 
sermons publié par le second, sous le titre de : Sermones de diversis 
chri8tia7iœ fidei mysterUB, Antv. 1610. 

(3) «« ^as ghoconsenteert d'heer Jan Pères trésorier bouchoudere 
te betalen broeder Aernoudt... religieus Augusfeien die desen 
Vasten geprict heeft up SinteDonaes reftere, IX Carolus guldens." 
— SecMe resolutie houc, reg. 1, ultima Martii 15i4. Cfr.5 Jan.l5tö. 

(•) " F. Gnillelmus Furbiciua hio per totam quadragesimam 
concionatus et breviter laurea doctoratus coronandns snpplioat 
sibi elemosjnam erogari pro expensis lauree. DD. nulla ratione 
habita suarnm concionum hic factarnm, namquo pro loco refectorii 
ab omnibus concurritur, scd solo habito respect u sui doctoratus, 
concessernnt eidem quatuor carolos aureos. " — Ada cap. 16 Apr. 
1531. 

(*) Miêioire du Séminaire de Srugti, T. II, Documents, p. \%i eqq. 



277 

Jonerius n'enseigna que pendant un an et trois Comeiiie 
mois, car, le 29 Mai 1546, il fut remplacé par B^rou^e^(oa 
Corneille Adriaensz. Q). Brauwer). 

Corneille Adriaensz. Brouwer (ou Brauwer), natif 
de Dordrecht, était fils d'Adrien Cornelisz. Brouwer 
(ou Brauwer), qui, après la mort de sa femme, avait 
embrassé l'état ecclésiastique et était, en 1520, 
curé de la " Nouvelle-église" dans sa ville natale(^). 
Il fit ses études à Louvain (^),à la pédagogie du Porc. 
Après avoir obtenu la 4® place in prima linea 
dans la promotion de la Faculté des arts, en 1540, 
il s'appliqua aux études théologiques et devint 
bachelier. Il enseignait la philosophie au Porc 
depuis 1544, lorsqu'il fut appelé à Bruges pour j 
expliquer l'Écriture sainte (*). 



Dans les actes postérieurs, les expressions ex grcUia, pro hoe vice 
tantum, reproduisent la même pensée. — Ada cap. 20 April. 1544; 
30 Martii 1545. 

(*) Histoire du Sémmaire de Bruges, T. II, Documents, p. 178, 
note 1. 

('^) M. Balen, Jansz. Beechrifvinghe der stad Dordrecht, Dordrecht 
1677, blz. 112; Servais Dibks, Histoire littéraire et hihliographique 
des FrèreS'Mineurs de Vóbservance de Saimi-François en Belgique et 
dans les Pays-Bas, Anvers 1885, p. 104. Voir aussi la note 3. 

D'après W. van Gk)UTH0EVBN, {D*oude chronycke ende historien 
van Hollandi, enz. Dordrecht 1622, blz. 222), le père de Corneille 
Adriaensz. se nommait Adriaen Woutersz. 

(') Janssen, De Kerkhervorming te Brugge, enz., Botterdam 1856, 
I D. blz. 107.- 

(*) Dans la Tabula prima chronologica de conventibus Fratrum 
Minorum et moniaUum eis suhjedarum in Flandria, ah anno 1544 
usque ad annum 1626 (msc. du B. P. Etienne de Neef, conservé 
aux archives des BB. PP. Bécollets à Saint-Trond) nous lisons : 
** Anno 1578 Brugis vel capbi vel fugati fuerunt fratres, totusqne 
conventus spoliatus; quidam tamen eelosiBsimi fratres apnd 



278 

Sous son professorat les leçons se donnaient aux 
halles, l'après-midi, de trois à quatre heures. 
Peut-être est-ce à T occasion de ce transfert, que le 
magistrat invita les chanoines à assister au cours 
public et à y envoyer leurs subordonnés. Le chapitre 
répondit gracieusement à cette invitation (^). 



amicos manserant absconditi, signanter vir doctissimus F. Corné- 
lius Brauwerius, filius Adriani, ab originis loco dictus Dordracenns, 
qui cœtibus privatis, diu noctaque verbum Dei proponebat, hœre- 
ticorum errores confutabat, catholicos ad perse verantiam in fide 
anîmabat, ao sacramenta ministrabat, verus Brugensinm apo- 
stolus. " Le personnage, connu en religion sous le nom de Fr. 
Corneille de Dordrecht, Br. Cornelis uan Dordrecht, Fr. Cornélius 
Dord/racenus ou a Dordraco, s'appelait donc en réalité, dans le 
monde. Corneille Brauwer. Or, parmi les concurrents pour les 
lignes en 1540, on rencontre à la 4" place " Cornélius Brouwer, 
B(yrdracenu8 (*) " et parmi les professeurs de philosophie de la 
pédagogie du Porc " Cornélius Brouwer, Dordracenm, dictus etiam 
Cornélius de Dordraco.,. ab anno 1544 ad 1546(**). " D'après les 
archives de la ville de Bruges, c'est précisément en cette der- 
nière année, que " Mg' Cornélius Dordracenus " fut admis par le 
magistrat à recueillir la succession de Jonerius dans la chaire 
d'Ecriture sainte. Ces données nous paraissent de tout point 
suffisantes pour reconnaître " Corneille Brauwer, professeur de 
théologie à Bruges, en 1546" dans " Corneille Brouwer, professeur 
de philosophie à Louvain, de 1544 à 1546," 

0) "DD.in 8anctu%rio congregatis comparuerunt ibidem deputati 
mtrifistratusBrugensis snpplioantes quatenusDD.lectiones publicas 
in sacris [littorisl ex fundatione quondam D. Johannis de Witte 
episcopi Cubensis in phallis hujus oppidi, ab hora tercia pomeri- 
diana usque ad quartam deinceps habendas, sua presentia decorare 
necnon suos subditos ad eisdem interessendum admonere dignen- 
tur. Cui quidem DD. post maturam deliberationem desuper habi- 
tam, dicte petitioni annuerunt, sese dicto magistratui commen- 
dantes. " — Acta cap, 19 Jun. 1546. 

(•; AnaUotêi etc., T. U, p. 823. 

(**) Analeeiei etc., T. XX, p. 237t " ComeliuB Brouwer, Dordraoenns, dictas etiam 
ComelinB de Dordraco, anno 1640 in aohola artium e Poroo qnartus, in hoc pœda- 
goffio (Poroeaii) philoeophiam doouit ab anno 16i4 ad 1640." 



279 

Le nouveau professeur réunissait toutes les 
qualités requises pour rendre, par son enseigne- 
ment, de sérieux services; à la connaissance appro- 
fondie des trois langues sacrées, le latin, le grec 
et l'hébreu, il joignait une vaste érudition et une 
facilité d'élocution surprenante (^). 

Corneille Brouwer ne remplit pas longtemps les 
fonctions de lecteur;il les quitta bien tôt,pour prendre 
l'habit des Frères-M ineurs au couvent de Dordrecht. 
Nous ignorons la date exacte de son départ, mais, 
d'après les comptes de la ville, Josse Walrave est 
le titulaire rétribué pour l'exercice de Septem- 
bre 1547 à Septembre 1548 f). 



(^) " Anno Doraini 1581 exhajas mundi pericnloso pelago ad 
saîntis portura enafavib venerandus ad. Pater F' Cornélius 
Adriani, Dordracenus dictus eo quod Dordracho Hollandie oppi- 
do originem daceret; qui hujus conventus anfce dévastation em 
tertio guardianus extitit; vir admirabilis eraditionis et eloqùentie, 
triumque linguarum sacrarum callentissimus, qaas et publiée 
docuit; qnique, annis 36 continuis, popalum Brugensem divini 
verbi pavit alimento; hujus urbis apostolus, splendor et ornamen- 
tum; Bomane fidei propngnator acerrimus; nec secus quatn alter 
Athanasins, validissimus hereticorum malleus dici potuerit ; tan- 
dem Yclut alter Elias, relictus soins, apud amicos clanculum. 
sustentatus, a Domino Deo evocatur, ac in xenodoohio S** Joannis, 
ipsis hostibns spectantibns, solemnibus exequiis sepelitnr. Hujus 
ossa, bene disposita, anno 1615, translata fuere ad novam conse- 
cratam ecclesiam, perpétua memoria dignissimus. Bequiescat in 
pace. " — Arch. de la ville de Bruges, Acta diuma defundorum 
Frairwm Minorum Recollectorum in oonventu noatro Brugensi ah 
dnno 1247, à la date du 14 Juillet. 

{«) " Joos Walrave Pb' ghestelt ende ghecomitteert lecteur 
ende professeur vander lesse inde H. Scriftuere up de halle deser 
stede, by ordonnantie vande collegie, JI ft gr.** — En marge: " Nieuwe 
partie ende ghehoort de redenen van burchmeestre ende soepenen. 
Transeat. " — OC. de la viUe de Bruges, 1547-48, foL 51*. 



280 

L'heureuse et puissante influence que le F. Cor- 
neille Adriaensz. exerça sur la ville de Bruges, 
comme prêtre et prédicateur, dédommagea ample- 
ment celle-ci de la perte d'un professeur savant. 

En effet, pendant plus de trente ans (^), le zélé 
religieux ne cessa de prêcher la parole de Dieu 
aux fidèles, les confirmant dans la foi catholique, 
les prémunissant contre les pièges des sectaires, 
réfutant les nouveautés doctrinales, si bien qu'il 
mérita d'être appelé un nouvel Athanase, le véri- 
table marteau des hérétiques. 

Jean Lernout {Janus Lernutius)^ poète et homme 
de lettres brugeois, contemporain du F. Corneille, 
a vu une collection inédite de sermons dus au 
célèbre frère-mineur; mais les manuscrits en sont 
perdus (^). 

Heureusement, nous trouvons un spécimen de 
la doctrine et des prédications du franciscain dans 
les deux ouvrages flamands, qu'il a transmis à la 
postérité, et qui sont aujourd'hui des raretés 
bibliographiques presque introuvables (^): 

De speghel der thien ghehoden, huutgeleijt bij B. 

(0 Déjà en 1549 (n. s.) il prêchait les st&tions du Carême à 
rëglise de Saint-Jacques. 

" Ontfaen vande aelmoesenen gbegheven inde sermoenen ghe- 
predîct inde vastene by Broeder Oornelis van Dordrecht..." — 
Archives de l'église de Baint-Jacques à Bruges, Comptes de la 
fabrique, reg. 3, anno 1548-49. 

(') F. SwEBETius, Athenae Belgicae. Antv. 1628, p. 180. 

(•) La bibliothèque de l'Université de Gand possède un exem- 
plaire des deux ouvrages. Un exemplaire du traité des sept Sacre- 
ments a été vendu à la vente Yergauwen à Bruxelles, en 1884, 
(T. I du catalogue, n^ 256). M. Bembry, chanoine de la cathédrale 
de Bruges, est possesseur d'un exemplaire du Miroir des dix corn- 



281 

Oomelis van Dordrecht: Predicant int conuent vanden 
minrebroeder 8 binnen der stede vanBrugghe.Gheprent 
te Brivgghe inde Noordtzandt strate^ ind'e gouden 
handt by my Gorijn van belle^ gheswooren prentere 
der K. M. vom- Jan Verbuere. [1554]. 

Dè senen Sacramenten wtgheleyt ende openhaer- 
lijck te Brngghe ghepreect by B. öoimelis van 
Dordrecht^ minderh'oeder nv ter tyt Lesere binnen 
den conuente aldaer.By Jan vanden Buerre^ghesiDoren 
boeckvercooper, te Brugghe op de Burght a en sint e 
Donaes kerckduere in't gulden A. b. c. Met gracie 
ende preidlegie. MDLVI. 

Le premier de ces opuscules, le Miroir des dix 
commandements, est une explication du Décalo- 
gue. Le Traité des sept Sacrements, série de 
sermons sur les Sacrements, prêches à Bruges, 
est dédié au magistrat de cette ville. Dans la 
dédicace, l'auteur rappelle son professorat de 
théologie Q). 

Le fruit des labeurs apostoliques du F. Corneille 
doit avoir été immense, à en juger seulement par 
la haine féroce que lui vouèrent ceux dont il com- 
battait les erreurs. 



mandements. Un volume contenant les deax opuscules réunis 
figurait au catalogue de la vente van Huerne à Bruges, en 1845, 
sous le n? 379. Oe sont les seuls exemplaires que nous connaissons. 
(^) " So ist dat ick so wel van ouer tien iaren (te wetene in mijnen 
staet van Beligie) als oock daer te voren, wesende alsdoen opde 
Halle deser stede (als onweerdich) Léser publijck inder Faculteyt 
van Theologie, al mijn vterste beste ghedaen hebbe om duer predi- 
catien, leeringen ende andere gedionsticheden, de inwoonende 
vander seluer steden, ende een yegelijck dies behoenende te onder 
hondene oft te beweghene tot volstandioheyt vander waraohtiger 
religiën. " 



282 

Une foule de personnes pieuses, connaissant sa 
sainteté et sa science, s'étaient placées sous sa 
direction. Plusieurs de ses pénitentes, tout en res- 
tant dans le monde, s'adonnaient aux austérités du 
jeûne et faisaient usage du cilice et de la discipline. 
Les novateurs prirent occasion de ces progrès de 
l'esprit de pénitence chrétienne, pour dénaturer les 
faits et accuser le confesseur de pratiques honteuses; 
ils inventèrent Thistoire des dévotaires et de la 
discipline secrète Q). S'il en fallait croire l'auteur 
anonyme d'un affreux libelle, dont il sera question 
tout à l'heure, c'est en ]563 que cette étrange mé- 
thode de conduire les âmes dans la voie des mortifi- 
cations, suivie dès avant 1553, aurait transpiré dans 
le public. Le magistrat, soucieux de l'honneur des 
femmes et des filles de Bruges, après avoir ordonné 
une enquête, dont le dossier fut volumineux, aurait 
porté plainte aux supérieurs du F. Corneille et 
provoqué Téloignement du religieux prévaricateur 
à Ypres. Trois ans plus tard, en Février 1566, 
le F. Corneille serait retourné à Bruges, sans auto- 
risation, pour recommencer ses prédications furi- 
bondes. 

Le P. Servais Dirks, dans sa notice biogra- 



(^) Par respect pour le lecteur, nous ne faisons connaître ces 
calomnies que par une citation de Yoetius, extraite de sa PolUica 
ecdeêiaetica. Amstéioà. 1663, P. I, p. 686: " Nec minus conveniro 
videtur cum transcendentali devotione virginum, viduarum, ac 
mulierumBrugenBiura,quei8 omnispudoris depositionem et ezclu- 
sionem instillabat Cornélius Hadrianus Minoritarum celebris 
concionator et lector ibidem» ut statis diebus et horis totas nudas 
se ei sisterent virgulis leniter csedendas ad aalntarem pœnitentiam 
et satisfaotionem pro peccatia.'' 



283 

phique sur Corneille Brauwer, ne rejette pas le 
fait d'une enquête. Mais il dit qu'elle confirma la 
bonne réputation dont le pieux franciscain avait 
toujours joui et tourna à la confusion de ses 
accusateurs. Il ajoute que, pour céder pendant 
quelque temps à la persécution et laisser se calmer 
Teffervescence populaire, le P. Corneille partit 
pour le couvent d'Ypres, et en fut nommé gar- 
dien; charge qu'il remplit durant trois ans. 

Nous nous rallions, sur ce dernier point (^), à 
Topinion du savant publiciste. Quant à l'enquête, 
les archives de la ville de Bruges n'en disent mot; 
toutes les recherches faites pour découvrir le dos- 
sier relatif à cette affaire sont demeurées infruc- 
tueuses, et les résolutions du magistrat qui parlent 
cependant si souvent de Broeder GoimeliSj ne font 
pas la moindre allusion aux faits imputés au reli- 
gieux, en 1563, ni à des investigations ordonnées 
de ce chef. 

Quoi qu'il en soit, cette perfide calomnie ne 
produisit pas l'effet que s'en étaient promis les 
hérétiques. Malgré les pasquinades et les chansons 
dirigées contre lui, le F. Corneille ne perdit, ni 
l'estime des gens de bien, ni la considération dont 
ses frères en religion et l'autorité diocésaine l'en- 
touraient ; plus que jamais, les foules se pressaient 
autour de sa chaire, attentives et recueillies. 

Nous devons toutefois faire une réserve au sujet delà charge 
de gardien que le Fr. ComeiUe aurait occupée à Tpres. En effet, 
la Series Ouardianorum ah anno 1603, quo regularie oheervantia est 
inirodztda, usque ad annum 1608. (Arch. de la ville d'Ypres) ne 
comprend pas le nom de Fr. Oornelias Dordracenus parmi les 
gardiens du couvent Yprois. 



284 

Invité à prêcher les stations dn Carême à la 
collégiale de Saint-Sauveur Q), le Fr. Adriaensz. 
revint à Bruges au commencement de 1566 et se 
fit entendre, du 28 Février, mercredi des Cendres 
au 18 Avril, jeudi après Pâques: pendant la semaine 
une fois le jour, les dimanches et les jours de fête, 
deux fois, matin et soir, et le jour de la Résurrec- 
tion, trois fois (^). Le succès du prédicateur fut si 
grand que le chapitre de Saint-Donatien, frappé 
du bien opéré par cet homme apostolique, crut que 
la ville de Bruges ne pouvait point se passer de 
son ministère. Aussi, le 1 Avril 1566 (n. s.), sur 
la proposition du doyen de Tordomar, les cha- 
noines envoyèrent une députation chez l'évêque 
Curtius, pour le prier d'insister auprès du provincial 
des Frères-Mineurs, en vue d'obtenir le maintien 
du F. Corneille au couvent de Bruges. Le pro- 
vincial ne voulut pas donner à la requête une 
réponse favorable, sans avoir consulté l'évêque 
d'Ypres, Martin Eythovius. Cette démarche et 
son résultat prouvent tout le prix qu'on attachait 
aux prédications d'Adriaensz., non seulement à 
Bruges, mais encore à Ypres (^), 



(1) Il 7 avait déjà prêché le Carôme en 1558. — Arch. de Téglise 
de Saint- Sauveur, Bekening f ahrijke ann. 1558. 

(') Le Fr. Corneille ne prêcha pas moins de soixante sermons 
dans l'espace de cinquante et un jours! C'était ainsi que se donnaient 
alors les stations du Carême. — Ibidem, ann, 1566, 

(') ** Attdita propositione D. Decani de fratre Cornelio francis- 
cano insigni concionatore multum fructnm suis ooncionibus 
faciente circa populi instructionem et edificationem, quem reipn- 
blice Brugensi hoc tempore maxime utilem et necessarium 
asserebat, petens an DD. expediens videretar apud ordinis provin* 



285 

De fait, le F. Corneille, resta à Bruges, et, 
durant neuf autres années consécutives, il fut 
choisi pour préparer les fidèles aux solennités de 
Pâques dans les églises de Notre-Dame et de 
Saint-Sauveur Q). 

Daniel Carré, curé de Couckelaere, avait été 
condamné, par Toflâcial de la cour ecclésiastique 
de Bruges, à suivre pendant deux ans les cours de 
théologie à l'Université de Louvain. Au commen- 
cement de 1569 (n. s. ), il obtint des vicaires 
oapitulaires {sede vacante) la commutation de sa 
peine et put rester à Bruges, à la condition de 
fréquenter, la semaine, les leçons du professeur 
public d'Écriture sainte, Guillaume Taelboom, et, 
les dimanches et jours de fête, les sermons du F, 
Corneille (^). 



cialem nnno in civitate existentem insfcare ut in hfu^ civitaie 
relinqnatnr, DD. probantes intentionem D. deoani ejusque 
effectuationem exoptantes, depntarunt eandem D. decanum ao 
DD. oantorem et Claysseune qui insistent apad Beverendissimum 
Brngensem nt ad hoc inducat provincialem, cai provinciali si favo* 
rabiie responsum concédât, seu hajusmodi petitioni annuat, viuum 
ex parte capituli presentari ordinatur pro discretione dominorum 
deputatorum. Unde relabione deputatorum proximo die capitulari 
habita qnod provincialis parum videbafcnr inclinatus, ita quod 
consuleret episcopum Iprensera, postmodum dafcunis responsum, 
vinum non fuit presentatum." — Ada cap. 1 April. 1566 (n. s.). 

(*) Archives de Tégliso de Nobre-Damo à Bruges, n" 446-447, 
Bekeningm der Kerk 1567-72; Arch. do Tcglise de Saint-Sauveur, 
Rekening fabrijclca, ann. 1573-75. 

{*) " Doniinus Daniel Carré, curafcns ecclesia de Couckelaere, ob 
certa sua delicta condemnatns per D. ofiScialem Brngensem, inter 
alla, ad accedendnra Lovanium, et ibidem per tobum biennium 
permanendum ac lecbiones sacre theologie frequentandum et 
audiendam, obtinnit secum dispensari ub hic manendo, accédât 



286 

Josse Ravestein, de Thielt, nommé inquisiteur 
apostolique général par Pie IV, en 1560, avait le 
pouvoir, et en usait, de transmettre, par subdélé- 
gation, la faculté d'absoudre du cas d'hérésie ceux 
qui venaient à résipiscence et imploraient le 
bienfait de Tabsolution. Parmi ces inquisiteurs 
subdélégués, en 1568, nous trouvons le F. Corneille 
de Dordrecht, dont le nom est associé à ceux des 
PP. Roger de Jonghe et Jacques van de Velde, 
ermites de Saint-Augustin, des PP. Alphonse 
de S* Émilien et Paul Coye, dominicains, et du 
savant Jacques Pamelius Q). 

Il est à remarquer que ces ecclésiastiques et 
ces religieux avaient été proposés à Josse Ravestein 
par les vicaires capitulaires. 

Les Frères-Mineurs de leur côté continuèrent à 



singulis diebuB lectiones theologie et froquentet diebus dominicis 
et festivis concionea fratris Cornelii Dordraceni, sententia contra 
eum lata in buo robore nihilominus permanente, et donec fuerit 
monitup, ut parendo eidera sententie accédât Lovanium." — Ada 
vicariatii^ 14 Jan. 1569 (n. s.). 

(*) " Comparent ib us prefatis fmtribus Rogoro Juvenis,Alphonso 
Emiliano, Paulo Coeye, M»f" Jacobo Pamolio, fratribus Jacobo 
Veldio, Coruelio Dordraceno et M'-''* Adriano Smout per D". 
Tiletanum inquisitorem generalcni subdelegatis, DD. vlcarii facta 
ipsis lectura littcrarum raisaivarum et subdelegationisper eumdem 
Tiletanum cuilibet eornm faote, eosdem comparentes requisierunt 
quatenus hujusmodi provinciara et onus absolvondi sectarios 
légitime pénitentes suscipere vellent; qui quidem comparentes 
ad partem se retmhentes et redeuntes declararunt sese dietum onua 
seu provinciam suscipere, eo addito quod nomina et cognomina . 
omnium et singulorum pœnitentium et confitentium notabuut et 
describetit; quo audito, Dni vicarii cuilibet subdelegatornm 
propinarunt expensis episcopatua unam cannam vini. " — Ada 
Vicariattu 13 Martii 1568 (n.s.). Cfr. 20 Febr.,12 Martii 1568(n. s.)- 



287 

donner à leur confrère des témoignages non équi- 
voques d'estime et de confiance. En dépit des 
calomnies répandues contre lui, le F. Corneille fut, 
après comme avant, investi de la charge de gardien 
du couvent de Bruges. Des actes publics de 1560, 
1561, 1568, 1572, 1573, 1574 et 1575 lui donnent 
ce titre Q). 

Une nouvelle épreuve attendait Tardent apôtre. 
En 1569 parut le dégoûtant libelle intitulé: 

Historie van B. Gornelis Adriaensen van Dordrecht, 
minrebroeder binnen die stadt van Bi^ugghe. Inde welcke 
warachtelick verhaelt wert, de discipline ende secrète peni- 
t€ncie,ofgees8elinghe,die hy ghehntycte met zijn deuotarigen: 
de welcke veroorsaect hebhenzeer veel wonderlicke sermoenen, 
die hy te Brugge gepredict heeft, teghen den magistraet 



(') ** Cornelis van Dordrecht president vanden Minrebroeders 
cloostcr in Brugghe en Bogier de Jonghe provincial van den 
Augustiners, enz, " — Arch. de l'Etat à Bruges, Chartes, mélanges 
généraux. Carton 113, n** 2598, Acte notarial en date du 18 Nov. 1560. 

** Ghepreect by Broeder Cornelis president vander Ordene der 
Minnebroeders in BruggUe, beghinnende den XVI in Sporkele 
wesende tsoudaclis voor asschcn woensdach ende bendende 
twoeusdacbs inde Paesscheweke XV*^ LXI, enz, " — Arch. de 
réglise de Notre-Dame à Bruges, n" 446, liekeningcn d^^ Kerke van 
1539 à 1569. 

" Fi-atres Joannes ITauwacrt, Adrianus Scryewatro , pro 

quibus Fr. Cornélius Dordnicenus guardiuniis conventus Minorum 
Bragensis spopondit, admissi f ueruut ad predicaudum et audien- 
dum confessiones christiüdeliam in decanatibus episcopatus Bru- 
gensis." — Ada Vivarialus 17 Febr. 15t)8 (n. s.). 

Voir plus bas le docuraeut du 23 Mai 1572, (Ada DiitUii), où 
Tcvt^que désigne Conidiiie Dovdi'a^enuê sous le titre do gnardiauns. 

" OntfauG vanden sermoenghelde. — Vande sermoenen gheprict 
by den gardiaen Broeder Cornelis van Dordrecht. Cette phrase 
revient textuellement dans les comptes de l'église de Saint-Sauveur 
aux années 1573, 1574 et 1575.** 



288 

aldaer, ende teghen die vier leden des lania van Vlaenderen: 
Item tegen het vergaderen vande Qenei*ale staten^ ende tegen 
die tsamen gheconfedei'ierde edel lieden: met noch veel 
andere gruwelicJce blasphemien teghen Oodt ende de natiiere: 
oock veel bloetdorstighe sermoenen tegen de Galuimsten, 
Lntherianen ende Doopers, vol leelicke leugenen ende abomi- 
nabile woorden. Inhoudende ooc twee vermaen brieuen van 
Stephanus Lindius, anden seluen B, Gomelis, in latine 
gesonden, ende nn ouergheset in nederlants: met noch 
sommighe paequilllen (sic) ende refereynentusschen de ser- 
moenen begrepen. Ghedruct intjaer 1569. 

L'infâme production contient d'abord, dans des 
termes révoltants, l'histoire calomnieuse de la 
discipline secrète, ensuite les prétendus sermons 
prêches par le F. Corneille, du 24 Février 1566 
au 7 Juin 1568, enfin la traduction flamande de 
deux lettres latines, adressées au F. Corneille par 
Jean Casteele, sous le pseudonyme de Stephanus 
Lindius. 

Ces deux lettres de Magistratu et de Missa^ qui 
attaquent l'Église catholique et sa doctrine plutôt 
que le religieux franciscain, sont la seule partie 
authentique de cette malsaine élucubration. 

On conservait autrefois aux archives des RR. PP. 
Récollets, le texte original de la réponse du F. 
Corneille aux lettres de Stephanus Lindius " de 
Magistratu '* et " de Missa"(^). P. van Maie affirme 



Q) Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, Documents, p. 180, 
note 1, où Ton tronve le titre complet des deux lettres, tel que le 
donnent Vlndcv lihrornm prohihitorum, imprimé t\ Anvers, en 1570, 
et Vlfidex imprimé à Rome, en 1876. 

"In archivio hujus conventus servantiir ejus opera sequentia 
(ast ubinam nuncp ingemisco): 1° manuscriptum originale contra 



289 

avoir reçu ce précieux manuscrit des mains du 
curé de Saint- Jacques à Bruges, M. Charles NoUet, 
et l'avoir remis au P. Joseph Pot, définiteur du 
couvent des Récollets de cette même ville, qui 
en délivra une copie au généreux donateur Q). 

Les sermons attribués au F. Corneille ne sont 
pas l'œuvre de ce religieux, mais un ignoble traves- 
tissement, une indigne parodie de ses prédications. 
La paternité de ce /ac<zAmappartient,d'après M. Th. 
Arnold, à Hubert Goltz ou Goltzius, imprimeur à 
Bruges, dont le nom est demeuré célèbre dans les 
annales de la typographie aussi bien que des arts; 
il aurait été aidé, dit-on, dans cette triste besogne, 
par Jean Casteele ou Castelius, ancien curé de 
l'église de Saint- Jacques, en la même ville (^). 



Stephanum Lindium. 2° libellus cujus tituluB: De apeghél der thien 
gheboden,,,. 3° libellus cujus titulus: De awen aocramenten,.., " — 
Archives des BB. PP. BécoUets à Saint-Trond, Extractum ea reg, 
convenius Brugerms PP. Mmorum Becolledorum, 

(') " Sbephauus Lindius, anderzints heer Jan vanden Casteele, 
pastor van S. Jacobs te Brugghe, schreef aen onzen Cornélius 
Adriani, alias Dordracenus, eenen wydloopenden brief, op 28 Nov. 
lo(>6,De MagislratuGtMiseafàou welcken don vader Coi-nulius zeer 
gheleerdelick beantwoorde, in zynen brief gheschreven op don 
18 Dec.1567; den welcken ickoorspronkelic gheschreven met de hand 
van Cornélius hebbe vereerd gheweesb van den Z. E. Heer Carolns 
Nollet. Drtn ick hoblie dezen brief voorts vereerd aen den E. vader 
Joseph usPot,dtifiaiteur van de EE.PatersBecolleoten tot Brugghe, 
den welcken my daer af eene copie heeft ghegeven,de welcke ick 
by my bewaere. " — P. van Male, Levensheschryvvnghe, enz. 

(^) Biblioiheca Belgiea, Bibliogni/plde gmérale des Pa/y e-Bas, par 
Fkro. Van der Haeohkn, bihUothécaire de V Université de Oand, 
Th. J. L Arnold et B. Van dbn Bebgue, livraisons LXXV* et 
LXXVI% B 64 " et B 175 "•37. — M. Th. Arnold, dans nn 
travail intitulé: Broeder Co)'neliê Adriaensz. van Dordrecht. Een 

19 



290 

Si l'influence puissante, et trop souvent néfaste, 
de la presse avait pu, cette fois du moins, donner 
quelque crédit aux accusations des sectaires, et 
faire croire à la réalité, tant des faits imputés au 
religieux, qu'à la suprême inconvenance de son 
langage en chaire, à coup sûr, le F. Corneille eût été 
chassé de la ville et déposé par ses supérieurs. 

Et cependant, après 1569, comme avant, il se fait 
entendre non seulement chez les Frères-Mineurs, 
mais encore dans les églises plus vastes, oii Ton 
réclame Tappui de son éloquente parole. C'est ainsi 
qu'il prêcha les stations du Carême en 1570, 
1571 et 1572, dans la collégiale de Notre-Dame et 
en 1573, 1574 et 1575 dans l'église de Saint- 
Sauveur (^). 

L'autorité diocésaine encourage les études et 



pleidooi, et publié dans l&Bietsche Warande {samée 1878), a entrepris 
d'établir le caractère apocryphe des ** Sermoenen van Br, Gomdis " 
et de venger la mémoire da religieux calomnié dans VHistorie van 
Br, Gomdis. L'auteur a démontré déjà d'une façon victorieuse, avec 
une érudition bibliographique et un sens critique peu communs, que 
les historiens accusateurs du F. Corneille ont agi injustement 
IV en admettant, sans réserve et sans examen, l'authenticité du 
libelle " Hidorie [en Sermoenen] " et du récit de van Meteren ; 
2°/ en falsifiant ces données et en y ajoutant des énormités, qui 
ne reposent sur aucun document historique, même apocryphe; 
3V en négligeant des documents d'une authenticité certaine et les 
écrits des historiens favorables au F. Corneille. 

M. Arnold, espérons-le, achèvera bientôt son œuvre et nous 
prouvera, à l'aide de documents irrécusables, qu'un imposteur, le 
trop fameux Hubert Goltzius, a rédigé VHi^torie [en. Sermoenen'] 
van Br. Comelis. Tous les amis de la vérité lui en sauront gré. 
Puissions-nous avoir facilité la tâche du savant bibliographe par 
la publication des détails inédits, insérés dans notre travail ! 

(*) Voir plus haut, p. 285, note 1. 



291 

les travaux entrepris par le P. Corneille pour la 
défense de la foi catholique. L'évêque Bemi Drieux 
accorde simultanément à Jacques Pamelius et à 
Corneille de Dordrecht la faculté de lire la version 
de l'Ancien Testament de Sébastien Munster et la 
Bible éditée par Franc. Vatable; il octroie à Elisabeth 
vanden Bussche la permission de faire usage du 
Scutum Jideîy des ouvrages de Jacques Veldius et 
de Corn. -Adriaensz., touchant les controverses entre 
catholiques et hérétiques Q). 

Après, comme avant la publication de V Historie 
[en Sermoenen], les Frères-Mineurs, réunis en cha- 
pitre provincial, portent leurs voix sur le F. Corneille 
et lui confient les fonctions de gardien, non pas 
d'un couvent quelconque, mais du couvent de la 
ville deBruges.Le vaillant religieux conserve même 
cette charge au delà du triennat réglementaire (^). 



(0 ** D. R**' de requisîtione fratris Joannis Mortier, saorist» 
Prœdicatoruin conventas Bmgensis, confesaarii domicellœ Elisa- 
bethsB van den Bnssohe, alias Priesters, concessifc eidem domicellee 
licentiam efc facaltatem legendi et habendi (altra licentiam illi 
concessam 5Aprilisl571 aNativitate Dpmini) schntam [»ic] fidei, 
libres patris Jacobi Veldii, patris Cornelii Dordraceni atquo alios 
in lingnam vernacnlam versos de controversiis inter catholicos et 
hœreticos nunc temporis disserentes, a catholicis authoribus scrip- 
tos et approbatos ". — Acta Driufii, 7 Oct. 1575. 

" D. R™" concessit patri Cornelio Dordraceno, franciscano con- 
ventus Bnigensis S. T. B., facultatem et licentiam habendi et 
legendi versiones veteris Testamenti Sebastiani Munsteri ettotam 
volumen Bibliorum Vattalbi isic], 

Similem licentiam necnon habendi et legendi versiones veteris 
Testamenti a damnatis auctoribns éditas concessit D. et M''" 
Jacobo Famelio S. T. L. ac ecclesiaa cathedralis Brngensis cano- 
nico ". — Ada Driutii, 16 Sept. 1571. 

Voir plus haut, p. 287, n. 1. 



292 

Après 1569, comme avant, le P. Corneille jouît 
de Taffection des hommes de bien. En 1552, Oom. 
Adriaensz. avait assisté aux derniers moments du 
chanoine Jacques de Coninck et lui avait fermé les 
yeux. De même, en 1577 et 1580, les chanoines 
Jean Brants et Josse Lambrecht manifestent leurs 
sympathies à l'endroit de Broeder Oornelisy en lui 
réservant un legs dans leurs dispositions testa- 
mentaires Q). 

Les atroces calomnies du libelliste anonyme 
n'empêchèrent pas l'évêque Remi Drieux de con- 
server à l'égard du F. Corneille la confiance et 
l'estime, que lui avaient montrées les vicaires capi- 
tulaires. Non content d'accorder au religieux une 
ample juridiction pour prêcher et absoudre des cas 
réservés dans toute l'étendue du diocèse (^), il le 
charge encore de plusieurs missions spéciales. 



Q) " Betaelt Broeder Comelîs van Dordrechfc predîcant ten 
Freren, Toor zjn visitatie, bjstandt ende consolatió, ghedaen den 
overledenen tot in de doot, ten oorboire van den cloostere endo 
'tzynder recreatie, bj quictantie xx s. gr.". — 8taet ende inventaris 
etc., Jfacoh Begis. 

'* Item ic gheve den Eerweerden Pater Cornelis van Dordrecht, 
predicant ende lesemeester vande Minnebroeders in Brugghe, de 
somme van twintich scell. gr. ". — Teatamenlum M^^ Joannie 
Brants + 1577. 

" Item gheeft Broeder Cornelis van Dordrecht religieus der 
Ordine van Sinte Franchois in Brugghe thien scellinghen gr. '\ 
— Testaraenium M^^^ Jvdod LamhreclU, 

(*) **D. R""' ad presentationem patris Cornelii Adriani Dordra- 
oeni gnardiani conventus Fratrum Minornm Brugensis, concessit 
eidem, ac fratribus Francisco de Busco vicario, Adriano Screywa- 
tere, Wilhelmo Stephani, Egidio Logghe, Francisco Fabri, Petro 
Hellinck, Gerardo Yervnst et Petro Willems dicti conventus 
religiosis, licentiam predicandi verbum Dei in et sub terminis 



293 

En exécution des règles 5® et 10® touchant les 
livres prohibés, rédigées par les Pères députés du 
concile de Trente, Tévêque avait, le 31 Mai 1571, 
nommé visiteurs et examinateurs des imprimeries 
et librairies, Tarchidiacre Jacques Beckius, l'archi- 
prêtre Hubert Habrechts, le pénitencier Mathias 
Lambrecht etle chanoine Jacques Pamelius. Comme 
dans les Pays-Bas il existait beaucoup de livres 
pernicieux inconnus aux Pères du concile ou édités 
depuis, Philippe II fit ajouter à Y Index de Trente 
un appendice confectionné par les évêques, les pré- 
lats et les docteurs. Il publia le tout, le 15 Février 
1570 (n. s.), en ordonnant " que tous les livres ré- 
prouvés et defEenduz par le catalogue faict audict 
concilie de Trente, et l'appendice dressé par nostre- 
dicte ordonnance et annexé à iceluy soyent brusléz 
endéans trois mois après la publication de cestes... 
Et que les autres livres qui restent et sont encores 
à corriger et purger, soyent endéans le temps sus- 
dict exhibez et rapportez es mains du Magistrat 
du lieu, avec Tinventoire et spécification d^iceux, 
dont le dict Magistrat sera tenu avertir nostredict 
cousin le Duc d'Alve, ou lesdicts de nostre conseil 
ordonné lez ioeluy, afin de commettre personne 



conBuetis diocesis Brngensis confessîonesque audîendi et absol- 
vendî, ac patri gnardiaoo cum tribus aliis prioribns anpra specifi- 
catis facnltatem etiam absolvendi in casibus S. P. reservatis sive 
episoopalîbus. Salvo tarnen qnod pastoribns locoram quorum 
subditoB absolvent in quadragesima aut paschate eorumdem 
confitentiam et absolutorum nomina et cognomina scripto exhibere 
teneantur, cadera licentia ad annum durante. " — Acta Driutii, 
24 Octobre 1573. 



294 

idoine et qualifiée pour les repurgor...(^).** SurTinvi- 
tation du duc d'Albe, des comités de censeurs 
furent institués dans tous les diocèses, chargés de 
faire Tezamen des livres et de transmettre leurs 
observations au comité central établi à Anvers (^). 
Les quatre examinateurs nommés dans le diocèse de 
Bruges, ne pouvant pas suffire à la besogne, Remi 
Drieux leur adjoignit, le 25 Octobre 1571, neuf 
autres savants ecclésiastiques séculiers ou religieux, 
savoir : Jean Trimpont, S. T. L., curé de Saint- 
Donatien, Adrien Smout, S. T. B., curé de Sainte- 
Walburge, Guillaume Taelboom, S. T. B., curé de 
Sainte- Anne et professeur de la chaire publique 
de théologie, les PP. Christophe de Saint-Tite, 
commissaire apostolique, Jacques van de Velde, 
provincial, et Roger de Jonghe, S. T. DD., des 
Ermites de Saint- Augustin, Alphonse de Saint- 
Ê milieu, S. T. D., dominicain, Théodoric Vasseur, 
prieur des Carmes, et le F. Corneille de Dordrecht, 
S. T. B., de l'ordre de Saint-François (^). 

En 1570, Philippe II accorda une amnistie géné- 
rale, par laquelle il pardonnait à ceux qui, dans 
l'espace de trois mois, viendraient, avec un vrai 
repentir, abjurer leurs erreurs. Le 16 Juillet, jour 

(*) Philippi IL regis ccUhólici edictum de librorum prohibUonim 
ccUalogo ohservando. Antv. 1570. 

(') P. DE Baii, De lavdibus quihus vet&i-es Lovanienaium tlieoîogi 
effenri poseunt oratio. Lovanii 1848, p. 33. 

(■) "D. R""" considerans quatuor visitatores etexamiuatores per 
B. S. P. ad visitationem librorum imprimendorum aut yenalium 
efc officinarum impressorum ac librariorum dudum deputatos non 
posse librorum ezpurgandorum eecundum modum et rationem 
indice expurgatorio [ne], jussn et auctoritate Ser. Beg. et Gath.Maj. 
editOi mnltitadinem BUBtinerei pro subditornm diooeBifi Brngensis 



295 

auquel le duc d'Albe promulgua le décret de la 
clémence royale devant le peuple assemblé à Anvers, 
on y publia dans Téglise de Notre-Dame, la bulle 
confirmatoire de Pie V accordant aux repentants 
une indulgence plénière, et aux confesseurs des 
pouvoirs spéciaux d'absoudre du cas d'hérésie (}). 

A Toccasion, de la naissance d'un fils (4 Décem- 
bre 1571), le roi prorogea, pendant un nouveau 
terme de trois mois, à commencer le 23 Mai 1572, le 
délai fixé par le generael Pardoen de Juillet 1570 Q. 

Le 6 Juin 1574, Louis de Requesens proclama 
une nouvelle amnistie, à laquelle le Pape Grégoire 
XIII ajouta de son côté des faveurs spirituelles 
extraordinaires (^). ' 



commoditate et celeriori libroram dicto cathalogo expressorum 
emendatione, ultra dtctos venerabiles viros et DD. Jacobum 
Eeclfiam archidîaconum, Ilabertam Hubrecbts archipresbytemm, 
Mathiam Lambrecht pœnitentiariam, Jacobum Famelium S. T. 
LL. et ecclcsie cathedralis canonicos, nt premittitur per nos 
depntatos et quos quatenus opus est ad infrascripta iterato 
deputamus et committîmus, insuper ezimios viros et DD. 
Jobannem Trimposium, S. T. L., Sancti Donatiani pastorem, 
Adrianum Smout, Guillelmum Taelboom, pastorem Sancte Anne, 
S. T. Baccalaureos, ac reverendos patres Ghristophorum de S'° 
Titio, commissarium apostolicum, Jacobum Veldium, provincialem 
et Butgerum Juyenis, S. T. Doctores, ordinis Augustinensium, 
reverendum patrem Alpbonsum Emilianî, S. T. Doctorem ordinis 
Dominicanorum, patrem Cornelîum Dordracenum, S. T. B., ordinis 
Franciscanorum, et patrem TheodoricumYassoris, priorem ordinis 
Garmelitarum et eorum quemlibet ad predictum correctionis 
opus deputavit et dbmmisit députât et committit per présentes. " 
— Ada DritUii, 25 Octobre 1571. 

(*) Gachaed, Carre8po7idance de Philippe LE eur lee affaires des 
Paye-Bas. Bruxelles, 1848-61, T. II, p, 680. 

Ibid., T. II, p. 695. 

(*) J. F. VAN DB YbldEi Synopsis monumerUorum. Qandavi, 1822, 
T. m, p. 1028. 



296 

L'archevêque de Cambrai, Maxîmilîen deBerghes, 
exécuteur des bulles pontificales, avait délégué 
Tévêque de Bruges pour l'absolution ab hœresi dans 
ce diocèse, avec faculté de subdéléguer Q). 



(') " D. B"*"* volens mandare executioni certain bullam seu gratiam 
apostolicam quoad absolationem heretiooram etc., cujns execntio 
personaliter erat commissa R"* ac lU"*** D. archiepiscopo Camera- 
censi, cum clausula qnod ipso alios delegaro et illi dclegati alios 
sabdelegare possentr ipse igitiir D. B"" tanquam delegatus 
prefati D. archiepiscopi auctoritate sibi concessa sabdelegavit 
sequentes honorabiles viros ac DD. Jacobnm Eeckium, archidia- 
conum, Hubertnm Hubrechts, archipresbyterum, Matthîam Lam- 
brechts, pœniteatiarium, Jacobum Pamelium, sacre theologie 
Licentiatos, cauonicos ecclesie cathedralis Bragensis, Joannem 
Trimposium, ejasdem ecclesie pastorem, Adrianum Smout, pasto- 
rem ecclesie parochialis S. Walburge Brugensis, venerabiles patres 
commissarium apostolicumButgerum Jnvenis et JacobamVeldiam, 
ordinis Augustinensiam, conventus Bragensis, révérendes patres 
Alphonsum £milianam,FaulnmCoianum, ordinis Dominicanorum 
acconventas Brngensis, necnonet D. prioremejusdem conventus, 
pat rem quoqae Cornelium Dordracenuoi, ordinis Franciscauoram 
conventus dicte civitatis." — Acta DritUli, 24 Jul. 1570. 

" B"" in Christo Pater et D. Driutias episcopus Brugensis, 
aoceptis litteris sue excellentie cum exemplaribus litterarum Ser. 
Beg. Gath. prorogationis ad ires alios menses gratie sue Majes-- 
tatis dudum concesse, volentibus redire ad gremium sancte 
matris Ecclesie, ne quisquam dicte gratie et clementie regie 
ignorantiam in futurum pretexere valeat, precipit et mandat omni- 
bus et slngulis decanis christianitatis, ecclesiaram parochialium 
sue diocesis pastoribus ac concidnatoribus, quatenus diebas domi- 
nicis et festivis populo ad divinum audiendumcongregato notificent 
et déclarent prorogationem predicte gratie populnmque serio 
admoneant et bortentur ad eamdem gratiam et absolut ion em 
regiam iterato eis oblatam (si eguerint) promerendara, signifi- 
cantes omnibus cbristifidelibns ad gi-atiam hujusftiodi obtinondam 
opus esse sjncera ab erroribus et heresibus ad fidem catholicam 
Ecclesiamque Bomanam infra tres menses a die publicationis que 
fuit XXIII mensis Maii conversione et errorum excessuumque 
oonfessione coram deputatis fideliter faoienda. Depntati au tem 
per diocesim Brugensem sant yenerabiles et ezimii viri et DD. 



297 

A trois reprises, en 1570, 1572 et 1574, parmi les 
prêtres subdélégiiés par Remi Drieux, figure notre 
Cornélius Dordracenus. Ainsi le digne religieux se 
trouve de nouveau associé à tout ce que la ville de 
Bruges comptait de plus respectable et de plus sa- 
vant. Ses collègues étaient: Jacques van den Eecke, 



Jacobus Eeckins, archidiaconns, Hubertus Habrechts» archipros- 
byter, Matthias Lambrechts, pœnîtentiarius, Jacobua Pamelîus, S. 
T. licentiati et ecclesie cathedralis canonici, Joannes Trimposius, 
similiter S. T. licentiatus et pastor S. Donatiani, Christophorns de 
S. Titio commissarius apostolicus, Jacobus Veldius provincialia, 
Butgerus Juvenis, magistri nostri, religiosi ordinis Augustinensis, 
pater Cornélius Dordracenas, guardianus conventas Franciscano- 
ram et pater Gnillelmus van Eecke, religiosns ordinis Dominica- 
norum. Qnod E""' prefatus ad omniam notitiam deduci volait 
omnibosqae innotescat ac ut premittitur notificari per decanos 
christianitatam,pastores et concionatores respective mandat.Actam. 
Brugis die XXIIl. Maii anno 1572. " — Ada Driutii, 

" D. R™" ab Illustr"** et Eev"" D. archiepiscopo Oameracensi, 
primario commissario et executore apostolico certi Brevis apos- 

tolici qaoad absolationem heretîcorum , per episcopatum Bra- 

gensem subdelegatas cum potestate ulterius alios per diocesim 
Buam subdelegandi, ne ampliseima Sue Sanctitatis gratia optati- 
ssîmo fructu careat, precipit et mandat omnibus et singulis decanis 
christianitatis, pastoribus et vices eorum gerentibns ac verbi Dei 
concionatoribus quatenus in ecclesiis et conventibus suis.... sub 
concione aut divine officie e suggestu supradictam gratiam publi- 
cent et claris verbis auditoribus explicent,atqae solemnes et devotas 
processiones eodem die publicationis et duobus festis vel dominicis 
sequentibus célèbrent, humilesque et pias preces pro aberrantium 
a fide catholica Bomana conversioue et ad gremium sancte mat ris 
Ecclesie reductione fuudant, seduloque omnes culpabiles adhor- 
tentnr ut iufra tempus a regia et catholica Majestate prefixum 
gratiam condoftationemque apostolicam et regiam sincero corde 
studeant promereri, ne mors infernusque eos subito absorbeat, 
quum pœnitentie non erit locus nec tempus. Pro commodiori autem 
et celeriori presentis gratie executione S. P. subdelegavit per 
civitatem et diocesim Brugensem venerabiles et eidmios viros et 
DD. Jacobum Eeokiami archidiaconum, Habertnm Hubrechts, 



298 

archidiacre, HubertHubrechts, archiprêtre,Mathias 
Lambrecht, pénitencier, Jacques Pamelius, cha- 
noines de la cathédrale, Jean Trimpont, pastœ' 
laicorum de Saint-Donatien, tous licenciés en théo- 
logie, Adrien Smout, curé de Sainte- Walburge, S. 
T. B., Roger de Jonghe, Christophe de Saint-Tite, 
commissaires apostoliques, et Jacques Veldius, 
provincial, ermites de Saint-Augustin, Alphonse 
de Saint-Émilien, Paul Coye, Guillaume van Eecke 
et André Heynsius, prieur, de Tordre de Saint- 
Dominique, enfin le célèbre François Oosterus, 
professeur de théologie de la Compagnie de Jésus. 
Des marques aussi constantes de sympathie, 
d'estime et de confiance données au Fr. Corneille 
par ses frères en religion, par les chanoines et 
par révêque, qui, tous témoins de ses travaux 
apostoliques, auraient dû être les premiers, en 
ce temps de lutte, à rejeter un religieux abusant 
du tribunal de la pénitence et souillant la chaire 
de vérité de propos immondes; de telles marques 
de faveur, disons-nous, ne laissent pas subsister 
le moindre doute sur le caractère calomnieux des 
accusations formulées dans V Historie [en Sermoe* 
nen\ van Br. Comelis, Adriaensz. était le fléau 

archipresbyterum, Mathiam Lambrechts,pœnîtentarium, M. Jaco- 
bnm Famelîum, S. T. Licentiatos et canonicos ecclesie cathedralis 
Brugensis, neonon reverendos patres Christophorum de S*** Titio, 
commiusarium apostolicum et Jacobum Yeldinm, religiosos ordi- 
nia et conventus Augustinensiam, Faulum Cojanum, provincialem 
ordinis Dominicanorum, Franciscain Gosterum^presbyterum socie- 
tatis Jean, sacre theologie professores et Doctores, ac patrem 
Gorneliam Dordracennm, guardianum conventus Franciscano- 
rum... " — Âcta DriuHi, 21 Jun. 1674, 



299 

des hérétiques et lés hérétiques voulaient le perdre; 
voilà le secret de toutes les calomnies. 

A la haine des sectaires se joignait le mauvais 
vouloir du magistrat de la ville de Bruges. Mais 
la persécution des uns et les vexations de l'autre 
ne faisaient que stimuler l'ardeur du vaillant 
apôtre. Redoublant d'énergie, l'infatigable fran- 
ciscain continua de prêcher en public jusqu'à la 
dispersion des religieux de son ordre. Le 3 Fé- 
vrier 1578, le collège des échevins enjoignit au 
gardien des Frères-Mineurs d'interdire la prédi- 
cation au courageux athlète, avec menace d'em- 
ployer la force pour arracher celui-ci de sa chaire, 
s'il osait enfreindre cette défense (^). Quelques 
jours plus tard,la ruine du couvent était consommée. 

Afin qu'on ne puisse nous accuser de réticences 
calculées, examinons les griefs du magistrat à 

(^) " Alsdan was versocht ter Camere te commen de gardiaen 
vanden cloostere vande Graubroeders, Br. Jacob Dastudillo, endo 
daer ghecomen zynde mot een zyn medebroeder, was versocht 
voorts te verbiedene Br. Cornelis van Dordrecht meer te prekene, 
met expressen verclaerse indien hy hem vervoorderde meer up 
den stoel te commen, dat hem scepene daer unyt zouden doen halen 
byder weirlicke ende stercke handt. Ende dat uuyt cause dat hy, 
nietjeghcnstaende zo menichvuldich vermaen ende interdictie 
hem ghedaen, zo by den zelven gardiaen ende voorsaten in officie 
als by myn heere den bisschop, die vanden vicariate, ende ooo de 
voorsaten in wette van scepenen, bleef hem in zyn sermoen moyen 
met de affairen vanden lande ende vande staten, blamerende dicwils 
huerlieder acten, ende van huerlieder gheallieerde, tot groote 
ontstichtynghe vande ghemeente ende daer duere by dese stede 
brochte in d'ooghe van andere dit interpreterende alle zulcke 
schandaleuse propoosten by der wet goet ghevonden ende ghead- 
voueert te zyne, ende voorts zyn persoon in dangier ende tcloos- 
tere in den haet van oen ygheliok. " — Seci^ete reaoluiièbouc, 
3 Febr. 1578. 



300 

charge du Pr. Corneille. Cet examen prouvera, 
une fois de plus, que les avertissements et les 
mesures vexatoires dont le prédicateur fut l'objet, 
n'ont pas été provoqués par son prétendu langage 
indécent et grivois, mais par des motifs d'un tout 
autre ordre. 

Les pasquilles, les vers et les libelles, d'une 
part, les caricatures, les charges et les représen- 
tations grotesques, de l'autre, étaient les armes de 
prédilection employées par la Réforme allemande 
pour combattre l'Église romaine, ses dogmes et 
ses rites, pour vilipender le Pape et les évêques, 
pour dénigrer le clergé et les moines Q). L'usage 
de ces armes empruntées à l'art et à la littérature 

0) Voir sur cette matière, J. Janssen, O^schichte des detUschen 
Volkes aeU dem Ausgang des MittelàUers. Freiburg 1888, Sechster 
Band, pp. 35-47: Spott-, Schand- und Lasterbilder- zahllose Holz- 
schnitte wider " das verflnchte teufliache Pfaffengeschlecht" etc.; 
pp. 224-230 : Unzahlige Spott- und Schmàhschriften etc. — Parmi 
les nombreuses gravures injurieuses à la religion catholique, ren- 
seignées par réminent historien, il en est une qui nous a frappé; 
c'est celle qui représente un moine donnant la discipline à une 
religieuse. Le texte allemaud nous dira que la calomnie lancée 
contre le F. Corneille au sajet des dévoiaires n'était pas une inven- 
tion originale de son auteur : " Auf einem Holzschnitt entblösst 
ein Monch eine auf der Erde liegende Nonne, um sie mit einem 
an einer Stange befestigten Fuchsschwanze zu geisseln. Die 
Unterschrift lautet : Im Ellostergarten wird verricht soloh Disciplin 
wie man hie sicht. ** 

Fuchsschwanze, queue de renard, vossensteert. C'est également 
une discipline bien douce que Goltzius (Historie [m Sermoenen^ 
et VAN Meteren (Belgische ofte Nederlantsche historie) mettent entre 
les mains de Broeder Cornelis; si bien que van Male (Levens' 
heschryvinge) relatant les calomnies de ces écrivains, se sert de 
l'expression: " eene zachte lyfkastjdinghe met eenen vossen steert." 
On sait que, môme dans le langage ordinaire, les mots : Iemand niei 
eenen vossensteert geeselen signifient: châtier quelqu'un doucemewt^ 
comme le verbe Fuchssdhw&nMn signifie: cajoUn', ea/retêer, fiaUer. 



301 

passa de rAUemagne aux Pays-Bas. Malgré la 
défense faite par les placards^ sous des peines 
sévères, on y voyait, surtout à partir de Térection 
des nouveaux évêchés, pulluler les productions 
satiriques et bouffonnes, semées à profusion par les 
hérétiques et les rebelles, dans le but de ruiner, 
dans l'esprit du peuple, les catholiques fidèles à la 
religion et au roi, en particulier le cardinal de 
Grranvelle Q). Bruges aussi avait des caricaturis- 
tes (^), et dans les registres aux résolutions du 
magistrat de la ville, plus d'une fois, il est question 
de fameuse libellen ^ scandaleuse brieven^ diffama' 
toire liedehens (^). 



0) une des plus fameuses caricatures de ce temps est celle où 
le cardinal était représenté couvant des œufs, d*oà sortaient de 
petits évêques eh foule, avec le diable voltigeant au-dessus de 
sa tète et la légende : Hic est fiXius meus dilectus, ipsum audits. 
Voir Namkchb, Cours d'histoire naiioTiaîe, Louvain, 1884, T. XIII, 
p. 287. 

n Dans YEdictum de Philippe II, mentionné plus haut (p. 294, 
n. 1), sous la rubrique Dmftsche oerhoden hoecken, (litt.i^ p. 87, on lit: 

** De Tliien ghebodeu, by Jacob Jauaseu Bruyis. 

Tmiiaeckel daer Chriutus V. Duysent ghespyst heeft, een caerte 
oft figuere, by Jacob Janssen Brugis. 

Het Oordeel, by den selven ". 

(') *' Ghelast te scryven an Mevrauwe de gouvernante up haeren 
brief vau tscry ven vande brief kin s anden pastor Smout, hoe dat 
tcollege vau 1* article niet ghe weten en heifc, by dat myn heere 
den bisBCop tzelve ontrade omme scandael te scuwen, zo hy ooo 
dede van nyet te publyceeren by halleghebode, hoe wel dat tcollege 
de briefkins bewaert, zo dat tauderen tyden np ghelycke briefkins 
zyn zulcke debvoiren ghedaeu dat de facteurs achterhaelt zyn 
gheweest eude metter doot ghepuuiert... " 

" Gheresol veert by halleghebode te vercondighen zo wie ter ken- 
nesse vande wet zal brynghen de autheurs scryvers, sayers of 
plackers van eenighe pasquillen, fameuse libellen of papieren de 



302- 

En Juin 1560, dans un sermon prêché à l'église 
de Sainte- Walburge, Broeder Gornelis^ pour donner 
plus de poids à ses paroles et pour détourner plus 
efficacement ses auditeurs des nouveautés doctri- 
nales et de la rébellion contre le souverain, se 
permit de leur exhiber une de ces caricatures 
outrageantes et de leur en dénoncer la malice. Le 
curé de la paroisse, Adrien Smout, en fit autant. 
Le magistrat peureux s'en émut ; il députa Téche- 
vin Pierre Hanseman et le pensionnaire Gilles Wyts 
au couvent des Frères-Mineurs, et manda le curé 
pour lui exposer le danger qu'il y avait -à agiter 
ainsi le peuple. Adrien Smout présenta des 
excuses Q). Cet incident doit avoir été de peu 

welcke onlancx di verschel îck ghestroyot ende bevondea zyn ghe- 
weest, dat hem unter stede buerse zullen voor eene schoonesse 
ghegheven worden hondert keysers guldens eens. Verbiedende 
voorts een yghelick van nu voortan znlcz te doen up peyne van 
metter galghe ghestraf t te worden naer het nutwysen vande lette- 
ren van placate daerup uutghegheven inde maent van Meye 
latstleden LX VI. " — Secrète resolutiehouc, 18 Sept. 1564; 4 Oot. 
1567. Cfr. 27 Jan. 1558 (n. s.) (Diffamatoire liedekena); 3 Jan. 
1560 (n. s.) (Scandaleuse brieven). 

(') " Ghecommen zynde ter kennessc van den college dat Broe- 
der Cornelis zoude hebben int sermoen Ste Walburge ghetoocht 
een figure metter penne int papier ghecontrefait die scandaleus 
was, ende dat den prochiepape aldaor ooc t zelve den ghemeente 
te kennen gaf, zo es an Broeder Cornelis ghezonden d'heer 
Pieter Hanseman scepene met M' Gillis Wyts pensionnaris; ende 
ontboden den voorseyden prochiepape es hem vertoocht tdangier 
datter inne gheleghen es t ghemeente daermede te ontstichtene; 
daer up den voorseyden prochiepape comparerende heift zyn 
excuse ghedaen." — Secrète resolutiehouc, 22 Jun. 1560. 

Tous ceux qui ont l'habitude de lire les documents de cette 
époque agitée, savent que le mot scandaleus n'a pas la signification 
dHndécenti à^immoral ou à* obscène, mais bien celle de injurieux, 
irrespectueux, capable d* exciter, de troubUr le peuple. 



303 

d'importance, puisqu'il n'empêcha pas le même 
magistrat de donner, un mois plus tard, un témoi- 
gnage public de satisfaction aux Franciscains, en 
leur octroyant un subside de six livres de gros, 
tant pour les aider à couvrir les frais de restaura- 
ration de leur couvent, qu'en signe de gratitude 
pour les services que ces religieux rendaient à la 
population brugeoise, par leurs instructions et 
leurs sermons Q). 

De 1561 à 1565, une grave question d'économie 
sociale, déjà soulevée en 1 526, préoccupa de nouveau 
les esprits à Bruges. 

Le règlement concernant la bienfaisance publi- 
que, dressé sur les pressantes instances de J. L. 
Vives (^), et mis en vigueur pendant quinze ans, 
était tombé en désuétude (^). 

Le 27 Novembre 1561, le magistrat de la ville 

(^) " Gheconsenteert te ghevene den cloostere van de Freremi* 
neuren ter contemplatie ende respecte van de groote coste die zy 
ghedaen hebben int repareren van heurlieder dormptere ende 
van de goede dienste die zy doen int preken ende uatlegghen 
van den woorde Grods, de somme van zes ponden grooten." — 
Secrète resolutiehouc, 2 Aug. 1560. 

(*) Joannis Ludovici Vivis Valent ini. De Buhventicme pauperum. 
Sive de liwmanis necessitatihvs lihri II. Ad seiiatum Bnigensem. 
Prior de subventione privata, quid unumqiie7nqiie facere oporteat. 
Alter de subventione puhlicat quid civitatem deceat. Brugis 1525. — 
La dédicace est datée dn 6 Janvier 1526. 

(') " Upde missive van die van Doomicke verzouckende thebben 
copie van de ordonnantie vanden aermen die zy verstaen hier 
onderbonden te worden, es gheresolveert by den greffier by mis- 
sive te doen antworden dat wy een onde ordonnantie, nu interrupt, 
wel XV jaeren onderhouden hebben, maer dat wy eene nieuwe 
willen stellen ende dat men hemlieden zal van copie zenden. " — 
Beerde resolutiehouc, 6 April. 1562 (n. s.). 



304 

chargea R. Ommejaghere, Philippe Bruneel, éche- 
vins, Jean van Nieuwenhove, conseiller, Soyer van 
Maie, Orner Coolman et Jean Aernoult de rédiger un 
projet de nouvelle ordonnance touchant l'entretien 
des pauvres et la répression de la mendicité (^). 
Le projet, présenté au collège, le 9 Janvier 1662 
(n..s.) (^), suscita, dès qu'il fut connu du public, 
de vives protestations; mais les édiles passèrent 
outre, et l'ordonnance fut publiée, probablement 
en Septembre 1562 (^). Tandis que les opposants 
s'adressaient à Tévêque pour lui exposer les incon- 
vénients du règlement, le pensionnaire Gilles Wy ts 
prenait la plume pour le défendre (*). Curtius, 

(^) ** Omine orde te stellen np d*aermen ende vagabonden daer- 
denre de sayetiere, fustyeniers ende andere neeringhen deser stede 
qualic kuenen ghedient werden, enz. heift tcollege gheaathoriseert 
d*heeren R.... Ommejagher, Philips Brnneel, Segher Van Maie, 
Jan Van Nieuwenhove, Omaer Coolman ende Jan Aemonlt omnie 
eene preparatie te maken van de ordonnantie zo tanderen tyden 
ghedaen es ter süstentatie van hniswerkers ende extirpatie vande 
onbescaerode aermen, ende ten eersten trapport te doene." — 
Sficrete resolutieboiic, 27 Nov. 1561. 

(') " Eodem hebben de mannen ghestelt tot maken vande ordon- 
nantie vanden aermen overbroclit de zelve, ende tcollege heift 
hemlieden ghepresenteert elc II cannen wyns." — Ibid, 9 Jan» 
1562. (n. s.). 

(•) Voir pins bas, p. 309, n. 1. 

(*) I)e coniînendîs et tzleiidis doml pauperibus e1 înordlnem redi- 
gendis validis mendicaniihus Egidli Wytsii, jureconeuUi Brugensie, 
consümm. Ad reverendisdmum D. Epiècopum et anvpliesvrnum Sena' 
Inm Brugensem. Antv. 1562. — L'auteur offrit son ouvrage au 
magistrat, le 4 Septembre 1562: " Eodem heift M' Gillis Wyts 
ghepresenteert zynen bouck inhoudende raedt omme te onder- 
houden de aermen, gheprent met privilégie ende ghedediceert den 
bisscop van Brugghe ende Mynheeren vande wet, ten welcken 
respecte en van zyn dienst heift tcollege zyn jaerlicx pensioen 
gheaugmenteert tot II* gulden tsjaers." — Secrète resoUdièbotic, 
4 Sept. 1562. 



305 

comprenant Timportance de la question, soumit 
l'ordonnance à l'avis des théologiens de Louvain. 

Les docteurs donnèrent leur réponse à Tévêque, 
le 6 Mars 15C3 (n. s.). En voici l'analyse, d'après 
Mgr de Eam Q). 

**Ils louent, sans réserve (^), le magistrat de Bru- 
ges de ce qu'il s'occupe avec tant de charité et de zèle 
à mettre en vigueur des mesures propres à bannir 
de la commune la mendicité et la fainéantise, et à 
secourir plus efficacement les véritables indigents... 

'* La Faculté reconnaît l'utilité de la bie'bf aisance 
collective, mais elle maintient la nécessité de la 
bienfaisance individuelle, sève et racine de la pre- 
mière. Elle recommande l'exercice des œuvres de 
miséricorde, et demande que la répression, si dési- 
rable de la mendicité, ne dégénère pas en une 
sévérité excessive qui anéantisse toute liberté indi- 
viduelle, qui blesse la pudeur du pauvre, qui 
condamne à mourir de faim celui qu'on ne peut 
nourrir ou entretenir suffisamment. C'est à ce point 
de vue seulement {^) que les docteurs de Louvain 



Q) De Eam, Opinion des ihéologiene de Louvain sur la répres- 
ëioti adminivtratioe de la mendicifét en 1662 et 1565, dans les 
Bulletins de V Académie royale des sciences, des lettres et des beaux- 
arts de Belgique, T. XXII, p. 266. Cfr. Annexe I, p. 267. 

p) Le texte latin porte : '• Non possnmus non magnopere com- 
mendare charitatem et stndiam vestri magistratus..." 

(') " Per ordinationes exhibitas, disent les théologiens, non videtur 
in nniversum egentiam necessitati et pndori posée satis snbyeniri ; 
imo in ipsis ordinationibns qnfedam inesse pntamns, quse si non 
prorsns impia (dans le sens de sans pitié), certe parnm christiano 
homine digna vîdentûr." — Plus loin ils désapprouveront encore 
roMonttince, eh ce qai totichô les fondations pienses. 

20 



306 

présentent quelques remarques crîtîques sur l'or- 
donnance de Bruges. Ils font ces remarques non 
pas pour empêcher la réalisation du but qu'on veut 
atteindre, mais pour qu'on ne s'écarte en rien des 
sentiments d'humanité et de justice, et que Ton 
puisse parvenir à concilier tous les intérêts. 

" Sous prétexte de grossir le trésor des pauvres, 
on eût voulu détourner de leur institution primi- 
tive certaines fondations pieuses et en réunir les 
revenus à la collecte générale. Les théologiens de 
Louvaitt réprouvent ce moyen. Cependant la Faculté 
croit que l'évêque de Bruges doit, avec une solli- 
citude paternelle, avoir égard aux bonnes intentions 
du magistrat, et qu'il convient, non pas de réprou- 
ver l'ordonnance d'une manière absolue, mais de 
tâcher d'en faire modifier quelques dispositions." 

En 1564, parut un règlement modifié, dans plu- 
sieurs de ses parties, d'après les instructions des 
docteurs de Louvain. Il fut néanmoins attaqué 
encore, en particulier par Laurent de Villavicentio, 
ermite de Saint- Augustin. Interpellé par l'évêque 
au sujet de son opposition, ce religieux publia, la 
même année, un travail Q) où il réfute l'ouvrage 
de Wyts et fait la critique des trente-six articles 
de l'ordonnance de 1564 (^). 



(*) De œconomia sacra circa pauperum curam a Chrido instiiiUa, 
apoefolie iradita et in uniuersa Ecclesia inde ad nostra usque tempora 
perpétua religione observata, cum quarundam 2rropo8itionum, quœ 
huic sacrœ cecanomice adversantur, confutaiione, libri III, auihare 
fraire Laurentio a Villavirentio Xeresano, dociore theologo Augtisti- 
niano ere^nita. Antv., ex offic. Chr. Plan ti ni, 1564 

(') Cette critique se trouve à la fin de Tonvrage précédent 
(pp. 262-266 [296]), song Ten-tête: Ddibei^afio hiirgimngistrorum 



307 

" La controverse devint si animée, de part et 
d'autre, que le magistrat se détermina à suspendre 
l'exécution de son ordonnance et à en référer au 
gouvernement. 

" La gouvernante, Marguerite de Parme, s'a- 
dressa à l'Université de Louvain et ordonna aux 
Facultés de théologie et de droit de lui donner un 
avis sur les deux écrits qui soulevaient à Bruges 
des disputes opiniâtres. 

" La réponse de la Faculté de théologie à la 
gouvernante porte la date du 30 Mars 1565. 

"Dans cette censure théologique, nos docteurs.... 
trouvent que les deux écrivains, Villavicentio aussi 
bien que Wytsius, sont trop attachés à leurs 
opinions, et qu'en les soutenant avec trop de 
violence, ils s'écartent des règles de la modestie, 
des convenances et de la charité chrétienne. 

" YiUavicentio avait consacré une partie notable 
de son ouvrage à exposer les principes qui militent 
en faveur de la liberté du pauvre et qui confirment 
l'autorité de l'Église concernant les fondations 
pieuses, autorité que les idées de l'époque tendaient 
à méconnaître. A ce point de vue seulement (^), la 



afque ecabinorum senatua dvltaiia Bnigensîs in negocio pauperum 
sei'vanda, anno 1564 pronuneiafa, cum rei^ponsione fratrie Laurentii 
a Villaviccntw Xereztini docforis theolodi Av/ftisiinmni er&mitœ, R, 
Eplscofo ejtosdem civitatls, qui hoc ab ipso petierat, exhibita. 

(*) Le but que Villavicentio se propose, est approuve par la 
Faculté, sans réserve. " Scopns tamen libelli, dit-eUe, a M. N. 
Lanrentio conscripti laudandus est, ut qui ex professo spectet ad 
defonsioneni tum pauporum tum auctoritatis ecclesia stic», quœ 
hodie in plerisqne locis graviter labefactàtnr." 



308 

Faculté loue le but que l'auteur s'est proposé. Mais 
ce que la Faculté blâme et réprouve, c'est Tani- 
mo&ité de l'écrivain, ce sont ses attaques contre le 
magistrat de Bruges, c'est la prétention de vouloir 
trouver dans certaines dispositions de l'ordonnance 
des tendances favorables au luthéranisme. Ce qui 
déplaît à nos docteurs c'est que Villavicentio mé- 
connaît (^) à son tour les droits de l'autorité civile 
par rapport aux soins à donner aux pauvres.... 

" Les sentiments des docteurs de Louvain dif- 
fèrent donc essentiellement de ceux de Villavioentio. 
Voyons maintenant ce qu'ils pensent de Wytsius. 

*^ Ils ne sauraient approuver son livre sans 
réserve Q), car quoique la partie qui traite de la 



(^) Le texte latin porte : " in eo vehementior est, quod aliqaot 
locis a sœcnlari magistratu videatur tollere omnem panperam 
cnram, eamqae Bolam pertinere ad episcopi jnrisdictionem." 

(') Mgr de Bam nous semble trop indulgent à l'endroit de 
Wyts. Voici ce que la Facaltë dit de Touvrage du pensionnaire: 
" Soopus vero libelli Egidii Wytsii nobis non per omnia probatur. 
Nam etsi ex parte laudandus sit, quod ostendat non ita, ut passim 
fit, tolerandos esse Talidos mendicantes, non tamen quacumque 
ex parte, nam nimis constringit paupernm subventionem, et nimis 
tribuît saBCulari magistratui cum prsBJudicio auctoritatis eoclesia- 
sticœ : in quibus totus liber potissimum versari Tidetur. Qusa dum 
agit, non solum in eo peccat, quod coniemptim nimis etiam ipse in 
cos invehitur, qui ejus sententiam non approbant, vocans eos 
refractarios et blaterones, ideoque eos asserens senatus constitu- 
tiones impngnare, quod cum suis rationibus putent non esse 
conjunctas; sed multo magis in eo quod quaedam affirmet, quœ 
pioê et chrietianae aures mei^Uo offendani, qiiœque sayidionihus cano- 
niciê palam répugnant, ut cum XIII cap. sui libelli asserit por 
magistratum saecularem pias voluntates def unctorum in alios usns 
posse converti.... Item cum folio 13 dicit, partie ularia judicia de 
contractibus usurariis, decimariis, matrimoniorum et votorum 
formis, œqualitate et justitia, non ex sacra scrîptura peti debere, 



809 

répression de la mendicité soit digne d'éloges, 
cependant Fauteur est trop enclin à restreindre la 
subvention des pauvres et à étendre l'intervention 
de l'autorité civile au préjudice de l'autorité ecclé- 
siastique, et même à tel point que l'ouvrage dans 
son ensemble ne paraît pas avoir d'autre but. La 
Faculté blâme sévèrement ces dispositions, mais 
elle est loin (^) de porter une accusation d'hérésie 
contre l'écrivain... (^)." 

Ce fut probablement à la suite de cette décision 
que le règlement du magistrat de Bruges fut mis 
à exécution (^). 

Cet exposé était nécessaire pour nous faire saisir 
la portée du différend qui surgit entre le Fr. Cor- 
neille et le magistrat, à propos de la suppression 
de la mendicité. 



aedexcivilibuslegibns..." — M. Carton dans la notice consacrée à 
G. Wyts {Biographie des hommes remarguahles de la Flandre ocd' 
deifUcde, Bruges 1847, T. 4, p. 325), dit: ** J'ai lu les deux ouvrages, 
et celui de Wyts est une œuvre de bon sens.'' Qu'il soit permis 
de mettre en regard de cette appréciation, celle de Mgr Malou, le 
savant évêque, si entendu dans les questions de bienfaisance: 
" Abundantia sterilis ; voces et verba ; res perpaucœ; commemo- 
rantur quœdam circnmstantiœ locales." Ce sont les mots écrits 
de sa main sur son exemplaire de l'ouvrage de Wyts. 

(^) On trouvera, à la page suivante, la note à laquelle nous ren- 
voyons p. 304, note 3. 

*' Itaque auctorem Wytsîum, etsî hœreseos vel suspicîonis de 
hasresi non putamus condemnandum, maxime quod omnia subji- 
ciat ecclesiœ judicio, admonendum tamen putamus, ut in scribendo 
et consnlendo sit circumspectior atque utrique magistratui suam 
agnoscat tribuendam et tribuat reverentiam et auctoritatem." 

C) Opinion des théologiens etc., 1. a Cfr. Annexe III, p. 275. 

O Db Lbyn, Esquisse biographique de Pierre de Corte (Cnrtius), 
premier évêque de Bruges, ancien professeur de V Université de Louvain, 
Louvain 1863, p. 108. 



310 

Parmi les plus ardents contradicteurs du règle- 
ment de 1562 se trouvaient les ordres mendiants et 
plusieurs ecclésiastiques,entre autres Adrien Smout. 
Le 29 Août 1562, Alphonse deSaint-Émilien, domi- 
nicain, etc. Adriaensz., franciscain, avaient obtenu, 
grâce à l'intervention de Tévêque, de conférer sur 
la matière avec les députés du magistrat, Sébastien 
vanden Bussche et Philippe Bruneel, échevins, et 
Gilles Wyts, pensionnaire. Sur le rapport des 
députés, comme quoi le Fr. Corneille avait vive- 
ment combattu l'ordonnance et aurait même, dans 
un sermon, parlé de la conférence de manière à 
agiter le peuple, le collège pria Curtius d'interdire 
la prédication au curé de Sainte- Walburge, Adrien 
Smout, ainsi qu'à Broeder GorneliSf et fit mander le 
gardien des Frères-Mineurs à la chambre du con- 
seil. Le gardien ne se présenta point, mais fit 
savoir que les quatre ordres mendiants avaient 
résolu de ne plus comparaître devant le magistrat(^). 

(*) " Up tvertooch den college ghedaen byden greffier civil hoe 
dat mynheere den Bisscop hem te kennen hadde ghegheven dat bj 
zynder Eerw. ghecomen hadden Broeder Alfonsus doctor van de 
Fredicaren en Broeder Cornelis predicant van de Minrebroeders, 
yerzouckende, np de ordonnantie van den arme te stellen, te 
commen in communicatie met ghedeputeerde van mynheeren, zyn 
by den college ghedeputeerd dheeren Sebastiaen van den Berghe 
en Philips Bruneel, scepenen en M' Gillis Wyts, pensionaris." 

" Up trapport vande ghedeputeerde gheweest hebbende by myn- 
heere den Bisscop ende vande groote oppositie van Broeder Cornelis 
die ooc ghister of eerghister zoude gheprect hebben vande commu- 
nicatie ten verzoucke vanden Bisscop hem gheconsenteert, ende 
ghezeyt scandaleuse ende séditieuse woorden, es gheresolveert 
thove te zenden alle de informatien en verzoucken an den Bisscop 
dat hy den pi*ochiepape van Ste Wouburghe verbiede te preken 
alBOOc Broeder Cornelis. Dat men ooo zonde ontbieden den gar- 



811 

L'opposition du Pr. Corneille, commune d'ailleurs 
aux ordres mendiants et à beaucoup d'ecclésias- 
tiques, se comprend parfaitement, si Ton considère 
qu'elle visait l'ordonnance de 1562, abritée sous la 
défense de ŒUes Wyts et non encore corrigée* par 
la Faculté de théologie (^), et que la conférence eut 
lieu, avant la publication du règlement, avec un de 
ses rédacteurs, Philippe Bruneel, et avec son plus 
chaud défenseur, Gilles Wyts. Les contradicteurs 
du magistrat voulaient empêcher la promulgation 
de l'ordonnance telle qu'elle était alors conçue, 
et les observations faites par les docteurs de 
Louvain, tant sur le règlement lui-même que sur 
l'opuscule de Wyts, nous disent qu'ils avaient 
raison. S'il y eut de l'animosité de la part de 
0. Adriaensz., à n'en pas douter, il y en aura 
eu aussi de la part du pensionnaire qui, déjà si 
violent dans son écrit, ne l'aura pas été moins dans 
une discussion orale. 



diaen en hem te kennen gheven indien hy Broeder Oornelis njefc 
en verbiefc dat men zal raedt vinden, nyet min dat men de publi- 
catie doen zal vande ordonnantie." 

** Alzo tcollege omme beters wille ter cause voorscreven hadde 
doen verzoacken an mynheere den gardiaen ende Broeder GorneliSj 
te compareren hier int college, so heift Antheunis de Kieck, hooft- 
man yande stedegarsoenen, gherelateert dat sy zouden gezeyt 
hebben hoe tusschen de IIII orden was ghesloten int college 
nyet meer te compareren." — Secrète resóluiiebouc, 29, 31 Aug., 
2 Sept. 1562. 

(O L'opuscule de Wyts venait précisément de paraître. Cfr. 
p. 304, n. 4. La réponse de Louvain est datée du 6 If ar^ 1562. 
Contrairement à Fopinion de Mgr deEam,leB dates de la rédaction 
de Tordonnance, de sa présentation au magistrat et de sa publica- 
tion, exigent que l'on entende la date du 6 Mars 1562, stylo Bra- 
Icmtiœ, c. à. d. 1563 (n. s.). 



312 

Ceci se passait avant le séjour du Fr. Corneille 
au couvent d'Ypres. Après son retour à Bruges, 
il prêcha, sans relâche, jusqu'en 1578. Pendant 
cette période de douze ans, trois fois, que nous 
sachions, le magistrat crut devoir se plaindre des 
sermons du religieux. Il le déféra, le 5 Juillet 
1566, à révêque, et, le 20 Janvier 1567, au gardien 
des Frères-Mineurs Q). 



(^) " Eadem es mynheere den Bisscop gheadverteert gheweest 
by de gheputeerde van den college hoe dat Broeder Cornelis 
frere mineure, Broeder Jacob Veldeken ende Spykelboort augus- 
tynen, zeere scandaleaselic preken zo dat tghemeente daerinne 
onsticht T?ort ende van hem verzocht daerinne ordene te stellen, 
dat zyn Eerw. belooft heift te doene. " 

** Ontboden den gardiaen van de Freren miueurcn es hem te 
kennen ghegheven hoe dat Broeder Cornelis ghisteren voor ende 
naer noene ghepreeckt heyft dat die van Brugghe hebben verloren 
heurlieder privilegiën ende dat men zal stellen in alle prochien 
inqni sitearen ende alzo tzelve zoude tvolck menghen verwecken 
tot seditie, es hem gheboden dat hy Broeder Cornelis zonde doen 
zwyghen, of dat 't coUegie zal moeten daghen thove mits mynheere 
den Bisscop gheen debvoir en doet." — Secreie reeoliUiébouc, 5 Juil- 
let 1566. 20 Jan. 1567 (n. s.). 

Una résolution du 24 Avril 1567 n'atteint pas directement 
Broeder Oornelü, Le magistrat y fait seulement allusion aux réso- 
lutions du '5 Juillet 1566 et du 20 Janvier 1567, à propos d'une 
difficulté entre Charles Courtewyle et l'évoque. Le prieur des 
Carmes, dans ses sermons, s'étant écarté de l'exactitude doctrinale, 
la cour ecclésiastique se vit obligée d'instruire son procès. Chose 
étrange, les édiles, si chatouilleux à l'endroit des autres prédica- 
teurs, prennent la défense de celui-ci. Après quelques années 
d'interdiction, Courtewyle put reprendre ses prédications, comme 
nous le verrons plus loin, p. 322, notes 1 et 2. 

" Verstaen by den college hoe den prior van de Carmers zoude 
ontboden zyn by den Bisscop om te antwoorden up zekere 
articlen die hy zoude ghepreect hebben zonder hem die te willen 
gheven by ghescrifte, daer uuyt zoude meughen volghen groote 
zwarichede tusschen tghemeente twelcke tcollegie ghelast es in 
payse te houden, es versocht an den Burchmeeater by den Bisscop 



313 

Le 3 Février 1578, dans leur résolution de faire 
interdire formellement rexercice de la prédication au 
franciscain, les édiles résument ainsi tous les griefs 
à sa charge: ils accusent Broeder Oornelis de s'occu- 
per de politique en chaire; ils lui reprochent de 
blâmer les actes du magistrat et ceux de ses alliés, 
au grand scandale de la commune et au risque de 
brouiller la ville de Bruges avec d'autres cités, 
qui pourraient croire que les propos violents du 
Franciscain avaient l'approbation de l'autorité ci- 
vile ; enfin ils déclarent que le prédicateur met en 
danger sa propre personne et voue son couvent à la 
haine du public Q). 



te ghaene ende an mynheere den Scoutheeten om bem te bidden 
de zaeken wjslic te bandclen, of dat tcollegie tot benrlieder 
excuse zal bedwon gben zyn tbove de clachte te doene, te meer 
deur dat mynbeere den Bisscop tanderen tydvn up de clacbte yan 
tcollegie van dat Broeder Comelis ende andere zouden openbaerlic 
gbeprect hebben int scimp ende prejuditie yanden collegie, 
verclaersde gheen authoriteyt te hebben up den yoors. Broeder 
Cornclis. Mynheer den Burcbmeester heeft ghezeyt dat hy de 
zaeke discretelic zal handelen." 

" Up de requeste yan mynbeere den prior yande Carmers zyn 
ghecom mit teert den burcbmeester yan den Courpae, den yoor- 
scepen Nicolaus Boulangier en den pensionnaris de Groote omme 
an mynbeere den bisscop te yerzoucken dat bem in zijn proces 
worde ghedaen goede en corte expeditie, ende ooc zyne eere ende 
goede reputatie bewaert ende gbeconseryeert, zo verre alst mogbe- 
lick sal wesen; tzelve proces beleidende alzo civilickalst zyn Eerw. 
tot eer van tbooft van zulck een notable gbemeente ende ooc van 
dese stede daerinne hy langhe ghepredict heif t sal weten te bebo- 
rene." — Secrète resólutiehouc, 24 April., 10 Jun. 15Ô7. 

(^) Voir plus haut p. 299, n. 1. Nous tenons à le rappeler encore 
une fois, les mots sckandaîeuse propoosten do la résolution du 
3 Février 1578 n'ont pas le sens d'ohschie, mais celui àHnjurieux, 
àHrreèpectaeux à l'endroit du magistrat, capable d'agiter le peuple. 
Le contexte l'établit à tonte évidence. Ofr. p. 303» n. 1. 



314 

Afin d'apprécier sainement ces démêlés, il im- 
porte de remarquer que leurs dates correspondent 
précisément aux époques les plus troublées pour 
les Pays-Bas et les plus critiques pour la ville de 
Bruges. 

La ligue anticardinaliste formée par le prince 
d'Orange et les comtes d'Bgmont et de Homes, le 
départ du cardinal de Granvelle [13 Mars 1564](^), 
les conférences secrètes des seigneurs projetant 
la confédération connue sous le nom de compromis 
des nobles [Novembre 1565] (^)j l'audace toujours 
croissante des sectaires et les progrès de Terreur (^) 
avaient préparé les événements plus graves de 
1566. Cette année, à laquelle les annalistes fla- 
mands ont donné le nom de ivonderjaar. Vannée 
des prodiges^ est demeurée tristement fameuse. Il 
suffit de se rappeler les requêtes présentées par 
les confédérés à la gouvernante, les 5 et 8 Avril, 
touchant les édits de religion (*), la célèbre réunion 
de Saint-Trond [mi- Juillet] , suivie d'une nouvelle 
requête des compromissaires le 30 Juillet (^), la 
conjuration des réfugiés à Sandwich et à Nor- 



(*) Namèche, Cours d'histoire natùmcde. Période espagnole, T. 13, 
chap. V, pp. 195-212; 241-294; Kbrvtn de Lettenhove, les Hugue- 
nots et les gueux, Bruges 1883, T. 1. chap. VIII, pp. 152-196. 

(«) Namècue, 1. c. T. 14, chap. VII, pp. 1-29; Keevyn de Letten- 
hove, 1. c. T. 1, chap. X, pp. 263-275. 

(') Namèche, 1. c. T. 13, chap. VI, p. 298-301; Keeyyn de Let- 
tenhove, 1. c. T. 1, chap. Vni, pp. 178-182. 

(<) Namèche, 1. c. T. 14, chap. VII, pp. 48-65; EZervyn de Let- 
tenhove,]. c. T. 1, chap. Xn, pp. 295-312. 

(>) NAMicHB, L c. T. 14, chap. VIII, pp. 100-118$ Kebvtn ds 
LeitenuovSi 1. 0. T. 1, chap. XIII, pp. 818-354. 



815 

wich Q)j la multiplication des prêches publics (^), 
les horribles excès des iconoclastes surtout à 
Anvers et en Flandre (^). 

Bruges, où les nouvelles doctrines avaient fait 
jusques là le moins d'adeptes, était alors sérieuse- 
ment exposée. L'hérésie et la rébellion menaçaient 
d'envahir la cité, que Marguerite de Parme comptait 
encore parmi ses villes bonnes (*). Depuis quelque 
temps, beaucoup de marchands et de gens de métier 
suspects, installés à Bruges à la faveur du commerce 
et de l'industrie, communiquaient l'esprit de nou- 
veauté religieuse à nombre de bourgeois (^). Des 
hommes de condition, parmi lesquels se recrutaient 
les bourgmestres, les échevins, les conseillers et les 
pensionnaires, partageaient les idées de Cassandre 
et, tout en voulant rester catholiques, professaient 
des principes d'une fausse et dangereuse modé- 
ration. Plusieurs d'entre eux étaient même soup- 
çonnés d'hérésie, non seulement par le fougueux 
Laurent de Villavicentio, mais aussi par le calme 



(*) E. DE CoussBMAKBB, Trouhîes rdigiewx du XVI' aiède dans la 
Flandre mai-Uime, 1560-1570, Bruges 1876, T. 1, pp. 21-23. 

Kbrvyn de Lettbnhovjî, 1. c. T. 1, chap. XIII, pp. 327-331, 
chap. XIV, pp. 359-360. 

{') NAîiicHE, 1. c. T. 14, chap. IX, pp. 128-145; Keevyn de 
Lbttenhoye, 1. c. T. 1, bhap. XIV, pp. 355-380. 

{*) Gachard, Correspondance de Philippe II sur les affaires des 
P'tys-Bas, T. 2, p: 582, Lettre de la duchesse de Parme au comte 
d'fîgmont (11 Août 1566):" s'estant Tonen ladicte ville de Bruges 
si bien conduict jusques à présent " ; p. 156, Lettre circulaire de 
la duchesse de Parme aux villes bonnes (28 Octobre 1566). 

(^) Voir la lettre de Curtius à Marguerite de Parme, dans 
V Appendice du chapitre V de ce livre. 



316 

évêque de Oorte Q). Sous prétexte de défendre les 
privilèges de la ville, le magistrat de Bruges s'op- 
posait aux mesures prises par Tévêque et par l'in- 
quisiteur Titelman contre les hérétiques et s' associait 
à ceux qui réclamaient radoucissement des placards. 
Ces dispositions de l'autorité civile encourageaient 
et enhardissaient les sectaires autant qu'elles 
excitaient le mécontentement de Philippe II {^). 
Aussi, à partir du mois de Juillet 1566, vit-on 
les prédicants calvinistes et anabaptistes s'appro- 
cher de la ville, prêcher presque sous ses murs, 
et exercer des actes de religion, tels que célébrer 
des mariages et baptiser à leur guise. A Bruges 
même, les novateurs tenaient des conventicules, 
avaient leur consistoire composé d'anciens et de 



(1) " Omme trapport ghedaen int coUegie hoe dat frère L&urentie 
doctor Augustin dezer stede, zonde thove hebben ghezejt dat hy 
tcoUegie hiet suspect van hérésie ende dat mynheere den Bisscop 
zoude hebben ghesoreven an zomighe heeren thove dat die van 
Brugghe zouden zyn suspect; es verzocht an mynheere den burch- 
meester van den courpse te scry ven andon heer die hem hierof 
veradverteirt heif t of tcoUegie zoude meughen hen veronsculdighen, 
omme» daerof hebbende antwoorde, ghedaen te zyne naer reden e." 
— Secrète reeclutiehom, 31 JuL 1564.yoir GiiCiSLAADfOorrespondance de 
Phuippe II, T. 2, p. XXXVII, où il est dit qu'en 1565, f ray Lorenço 
signala particulièrement à Tanimad version du roi le magistrat 
de Bruges, le pensionnaire Gilles Wyts, le clerc des orphelins 
Pierre Mouscron, et l'ex-bourgmestre Corneille van Baesdorp. 

(') Gâchard, OorrespondaTice de Philippe II, T. 1, p. 329, note 1, 
Séance du conseil d'État des 13, 17 et 20 Octobre 1564, où il est 
question de la requête des quatre membres de Flandre contre 
rinquisiteur et Tévêque ; p. 373, Lettre du roi à la duchesse de 
Parme, 20 Octobre 1565, dans laquelle il exprime son mécontente- 
ment de la dispute que ceux de Bruges ont suscitée à leur évêque 
et à l'inquisiteur; T. 2, p. 565, Avis des États de Flandre sur la 
modération des placards (25 Mai 1566). 



817 

diacres (ouderlingen en diakenen)^ et chantaient 
des psaumes non seulement dans des maisons par- 
ticulières, mais encore sur la voie publique, la 
grand* place et le bourg (^). 

Le magistrat, il est vrai, avait énergiquement 
préservé la ville du fléau de l'iconoclastie et pro- 
hibait les prêches à l'intérieur de la cité ; mais il 
ne prenait pas des mesures efficaces pour empêcher 
les Brugeois d'aller aux prêches, laissait les mères 
apporter leurs enfants au baptême des ministres 
réformés, tergiversait et temporisait avec les sec- 
taires, imitant en cela l'hésitation et la faiblesse 
du gouverneur de Flandre, le comte d'Egmont. 

Après quelques années d'accalmie, la ville de 
Bruges était, en 1577 et 1 578, de nouveau menacée, 
et cette fois plus gravement que jamais. 

La pacification de Gand (8 Novembre 1576) 
n'avait rien pacifié, grâce aux menées perfides du 
prince d'Orange (^). La défection des États géné- 
raux qui déclarent don Juan traître et parjure et 
entament des négociations avec l'archiduc Mathias 
pour le gouvernement général des Pays-Bas, ral- 
lume la guerre civile (^). Entretemps, à Gand, 
deux gentilshommes, Jean de Hembyze et Fran- 



(^) Afin de ne pas noua répéter, nous ne donnons ici qne des 
généralités sur la situation de la ville de Brnges; on trouvera les 
détails, avec les preuves à l'appui, an chapitre suivant. 

(«) Keb-vyn de Lettenhove 1. c. T. 4, cinquième partie» chap. 
X, pp. 166-166; sixième partie, chap. l'XXlV paeeim^pp. 169-483. 

(a) Namèche, 1. c. T. 17, chap. XX, pp. 245-420; T. 18 chap. 
XXI, pp. 1-147 pcuBi^im', Keevyn de Lettenhove 1. c. T. 4, 
sixième partie, chap. XXV, pp. 484-493. 



318 

çois de la Kethulle, seigneur de Ryhove, soulèvent 
les passions de la multitude, s'emparent de l'auto- 
rité suprême et inaugurent le règne de la terreur 
en emprisonnant le duc d' Arschot et les principaux 
membres des États de Flandre, parmi lesquels 
l'évêque de Bruges Remi Drieux. Ils prétendaient 
ériger une république indépendante dans laquelle 
entreraient, degré ou de force, les autres villes de 
la province*. Sur Tordre de Guillaume de Nassau, 
le magistrat gantois est renouvelé et on institue 
une sorte de comité du salut public sous le nom de 
krijgsraad^ conseil de guerre, composé de XVIII 
notables choisis parmi les plus séditieux de la cité. 
Tout exercice du culte catholique est bientôt 
interdit, les religieux sont maltraités, les églises 
envahies, les monastères pillés. La révolution gueu- 
se, non contente de dominer à Gand, veut encore 
embaucher les autres communes de la Flandre et 
fait des efforts inouïs pour entraîner Bruges (^). 
Deux fois donc la ville de Bruges se trouva en 
danger de perdre la foi et fut sur le point de se 
révolter contre son souverain légitime. 



(») Namèche 1. 0. T. 18, chap. XXI, pp. 139-147; Kervyîî 
DB Lettenhove, 1. c. T. 4, sixième partie, chap. XXVI, pp. 
496-507; Van Malb, Oeschiedenis van Vlaenderen van hef jaer 1566 
toi de vrede van MunMcr, Brngge 1843, chap. V, blz. 56-70; Ph. dk 
Kempenare, Vlnemsche Kronijk, of dtxgrpgîMer van al het gene godenk- 
weerdig voorgevallen is binnen de stad Gent, sedert den 15 Jnly 1566 
tot 15 Juny 1535, overgezofc door J. P. Van Male, Genfe 1839, blz. 
184-199; B. DE JoNGHE, Gendsche geschiedenissen, ofte hvnijke van de 
beroerten en ketierye binnen en ontrmit de stad van Gend, sedert het Jaer 
1566 tot hef jaer 1585, Gend, I, blz. 310-336, IT, blz. 199. 



819 

En face de ce péril imminent, les prédicateurs 
catholiques, stimulés d'ailleurs par les exhortations 
royales et épiscopales (^), s'opposèrent de toutes 
leurs forces au triomphe de l'erreur et de la 
rébellion. Parmi eux se distinguaient les religieux 
des ordres mendiants et plus spécialement les 
Franciscains. Le Fr. Corneille en particulier déploya 
toute l'énergie de sa puissante parole. Dans ces 
circonstances critiques, où la politique était si 
étroitement unie à la religion, est-il étonnant que 
l'apôtre de la vérité attaque de front les novateurs 
et leurs doctrines subversives, blâme la faiblesse 
du magistrat et des États de Flandre, commente 
les événements publics, et annonce les malheurs 
qui vont fondre inévitablement sur des sujets 
rebelles à Dieu et à leur roi ? 

Loin de nous de prétendre que jamais, dans 
l'exercice, si pénible alors, de son ministère, l'ora- 
teur ne se soit laissé emporter par son zèle. D'une 
nature ardente, doué d'une éloquence populaire, le 
religieux aura usé de cette hardiesse évangélique, 
si commune aux prédicateurs de l'époque, et dans 
le feu de la mêlée, il aura parfois laissé échapper 
des paroles propres à blesser un magistrat ombra- 
geux et craintif. Mais ce quo nous ne pouvons 
admettre, ce que nous repoussons de toutes nos 
forces, c'est que le courageux athlète se soit servi 

(*) Gachard, l. c. T. 1, p. 360, Lettre de la duchesse de Parme au 
roi (22 Juillet 1565), où il est question des remèdes canoniques 
prescrits par Philippe II, tels que d'avoir de bons prédicateurs, etc. 
Voir la lettre de Tévôque Curtius à Marguerite de Parme, dans 
V Appendice du chapitre V de ce livre. 



320 
des termes orduriers, qui font rougir le lecteur 
condamné ne fût ce qu'à parcourir l'indigne 
pamphlet: Hlstoriö [en Sermoenen] van Broeder 
Cornelis. 

Les accusations formulées contre lui par l'auto- 
rité communalci nous venons de le constater une 
fois encore, ne portent pas sur le caractère immoral 
et obscène, mais bien sur la violence des prédica- 
tions du Fr. Corneille. Tout l'ensemble de la car- 
rière d'Adriaensz., l'estime dont il est entouré, les 
missions qui lui sont confiées depuis son retour à 
Bruges en 1566, excluent toute idée de vrai scan- 
dale. Ajoutons un seul détail : tandis que le magis- 
trat peureux et susceptible s'effarouche des sermons 
de Broeder Cornelis, les églises de la ville se dis- 
putent l'orateur, et parfois longtemps d'avance 
veulent être assurées d'entendre son éloquente 
parole pendant les stations du Carême (^). Les 
gratifications accordées par les marguilliers au 
couvent des Frères-Mineurs, beaucoup plus impor- 
tantes, lorsque c'est le Fr. Corneille qui prêche, 
prouvent encore la préférence donnée au prédica- 
teur populaire (^). 

D'ailleurs, le Fr. Corneille n'est pas le seul 
prédicateur qui déplaise au magistrat. Les édiles 



(^) ** Betaelb voor de presentatie ghedaen den gardiaen van den 
Freremineuren [Broeder Cornelis] als predicandt vander Vastene 
a" 1573, int ghezach van eene collatie die men met hem plach te 
hondene inden Advendt daer te vooren, omraevan hem verzekert 
te zine. In ghelde X s. gr. " — Archives de l'église do Saint- Sau- 
veur, Rekening fahrychct ann. 1572-1573. 

P) Voir les comptes des églises de Sainfc-Sauvenr, de Notre 
Dame et de Saint-Jacques, aux années indiqnccfli, p. 285, note 1. 



I 



821 

reprochent aux quatre ordres mendiants d'exaspé- 
rer les sectaires Q). 

Lorsqu'en 1566 Adriaensz. est déféré à l'évêque, 
Spykelboort et Jacques van de Velde, ermites de 
Saint- Augustin, sont déférés en même temps (^). 
En Décembre 1576, le même Veldius, pour lors 
provincial de son ordre, est accusé d'avoir prêché 
contre la pacification de Gand (^) et, en Mars 
1578, il est repris, en société cette fois avec le 
franciscain François Everaerts, pour s'être occupé 
en chaire des affaires de TËtat (^). Enfin, la même 
année, Charles Courtewyle, prieur des Carmes, se 



(0 *' ITp tvertooch van den Eerw. Heere den Bisschop hoe dat 
de vier ordenen verzoncken te meughen preken, es gheantwoordt 
dat hy daerinne doe zo hem goet dinct, hoewel 't collegie dinct 
zere pericnlens zynde, zonderlinghe omme dat de predicanten zere 
ezabpereren de sectarissen, de welcke mynheere wel doen zoude 
te vermanen dies hemlieden te vermyden." — Secrète reeokiHebouc, 
31 Ang. 1566. Cfr. note 3 de cette page. 

O Voir p. 312, note 1. 

(*) ** Alzo scepenen wel ende behoorlick gheinformeirt waren dat 
Br. Jaoob vando Velde, meester vande Angustynen, hadde in zyn 
latste sermoen vele gheseyt tot lasterynghe vanden Paix, zo waren 
ontboden de vier biddende ordenen omme te vorsouokene dat in 
huerlieden sermoenen hemlieden zonden yermyden van te roerene 
vande zaken van staten of die eenighsins zonden moghen offen- 
deren tgemeente. " — Secrète resoluiiehoucj 14 Deo. 1576. 

(*) ** Alsdan waren in soepen camer e ontboden Broeder Jacob 
vande Velde, doctor inde Godtheyt ende provinciael vanden ordene 
vande Augustinen, ende Broeder Francoys Everaerde, vanden or- 
dene van Sinte Francoys, ende beide vermaent ende berespt Tan 
zeker indiscrete en uproeryghe proposten by heurlieder opden stoel 
ghepredict, ende verboden meer zulcx te doene of henlieden in 
henrlieder sermoenen te becommeren metten affairen van state, 
np peyne van tpredicken henlieden verboden te wordene. " — 
Secrète résolut iehouc, 17 Marfc. 1578. 

21 



822 

▼oit interdire la prédication, parce qu*îl a fait allu- 
sion à Tarchiduc Mathias, en disant qu'on ne devait 
pas reconnaître comme gouverneur celui qui n'était 
point légitimement nommé en cette qualité par le 
roi (^). Et cependant, Jacques van de Velde et 
Charles Oourtewyle sont regardés par les protes- 
tants eux-mêmes comme des religieux modérés, 
favorables à la cause des novateurs (*), et Stepha- 
nus Lindius, dans sa première lettre à Broeder Gor^ 



(1) " Alsdan waa verboden Broeder Oaerle Courfeewylle Carme- 
Ijter, meer te predicken ^bedarende dese alteratie en tot' andere 
ordonnantie ende yoorts in maeltyden, vergader jnghe van volcke 
of elders te honden eenighe oproerighe proposten up peyne van 
jeghens hemlieder gheprocedeert te wordene als seditiens ende 
nproerigh zynde van de gliemeente» nnyt cause dat de zelve 
Broeder Caerle gheconviuceert was ende ooo opeulick kende, dat 
men niet en behoorde te kennen noch obedieren voor gouvernenr 
die niet en was specialick ghesonden van den conynck, noch en 
hadde commissie van zyne majestyt, met meer andere nproerighe 
-woorden dacrby, tacito ghenonch denoterende myn heer den arts- 
hertoch Mathias, byde Staten voor gouverneur eendrachtelick 
ghecoren ende ontvanghen, mits twederbieden van Don Jan ende 
B'conincx absentie; hebbende ooc ghenouch ghelastert den eet 
den zelven artsherboghe ghedaen, tot groote oustichtinghe van de 
ghemeeute. Al niet lydelick in desen tyt souder dies betooch te 
doene. " — Seotete reaoluHebouc, 13 Maii 1578. 

(') Jamssbn, De kerkhervorming te Brugge, 1 deel, tweede tijdperk, 
YIII, Begunstigers der hervorming onder de Brngsche geeste- 
lijken, bl. 99, " Karel Oourteville", en bl. 100, " Jacob van de Velde". 
Inutile de dire que, pour Thonnour dn savant et zélé religieux 
Jacques van de Velde, nous n'accepton» pas la faveur à lui faite 
par Janssen, de le compter parmi les protecteurs du pur évangile. 
Quant à Oourtewyle, il a pu un instant n'avoir pas été assez correct 
dans Texposé de la vérité catholique et mériter ainsi Tanimadver- 
sion de Tévéque Curtins; mais déjà sons Remi Drieux, sinon avant, 
la permission de prêcher lui fnt rendue. 



823 

nelis^ les appelle des hommes pieux et savants Ç). 
Ce qui plus est, Tun d'eux, Veldius, quelques mois 
après avoir reçu sa première admonestation, est 
honoré d'un présent de la part du magistrat, auquel 
il vient d'offrir un de ses ouvrages, et en 1571, 
à l'occasion de son doctorat en théologie, il est 
gratifié d'un nouveau cadeau (^). 



(1) " lok en weyghere niet, ja selfs ick beghere grootelycks dat 
ghy desen brief deelachtich maeckt, niet alleeiie den allerweerdich- 
eten heere, mjn heere den bisschop, xnaer ook den eerweerdighen 
Taderen Bogerius, Veldius, Panins, Courdemjls ende anderen ghe- 
leerden ende godtvmohtigen mannen."' — ÉUtorie [en sermoenen] 
van Broeder Comelis, édition de Deventer, 1639, p. 153. 

O " Alsdan gbepresenteert Broeder Jacob van de Velde, Hoen- 
tiaet inde godtheit, III K. gr. voor 't presenteeren van zjn boecks- 
ken in 't vlaems. " — Secrète resoltUiebouc, 18 Jan. 1567 (n. s.). 

Cet ouvrage est intitulé : 

Een daer betooch vanden oorspronch der Ltetherie, van die menich» 
vuldicheyt der seden. Va/n die tweedrachticheyt die onder den secta' 
rissen es. Van die schade ende hloetstortynghe, die ter cause der seden 
is gheschiet int Christendom vanden jare duust vyf hondert zeven- 
thiene, tot den jare duust vyf hondert zesentzesiich. Eerst ghefnaecht 
in LaJtine hy„„ Willem Verlindb [Lindanns].... ende nu vn cms 
Nederlandsche tale over ghesteU by B. Jagop vande Velde Prior 
vamten Augwslynen te Brugghe. Brugge, P. de Clerck, 1567. La 
dédicace au magistrat de Bruges est datée de cette ville, le 1 Jan- 
vier 1567. Jacques vau de Velde publia la même anuée: Ben brief 
van die heiige bisschop,.. AtJianaidurS, vnde welcke hy betoocht dot 
hier voorlyts die Arrianen ghevioleert ende te nide ghedaen hebben 
die Sacramenten^ die doop-vonien, kttrcken ende cloosters: zoo men nu 
heeft zien doen ans Beelde stoormers, ende Sacrament-schenders, int 
Jaer 1566. Overghesielt wt den Laiyne in Vlaemsche, hy B. Jacop 
yande Velde. Aymo 1567. Noch een cort betmjs, hoe dat den dienst 
dlemen die Helighcn,., es doende, ghecn afgoderie en es, Ghe^tnaed by 
B. Jacop van de Velde... Bsugge, P. de Clercq, 1567. En 1580 
' Veldius fit imprimer : Een cort betooch der warachticheyt desLichaams 
Jetm Ghristi int Sacrament des Ouiacr. Ghe^naett by üföes^' Jacop 
VaM DE Velde, predicant bindxn- stede van Brugghe, BruggOj Jacq. 
Janszueuo^ 1580. 



824 

Les années que nous venons de traverser, appàr« 
tiennent à ces temps où la lutte est nécessaire, où, 
malgré ses amertumes et ses périls, il faut s'y jeter, 
coûte que coûte. On doit regretter assurément ces 
vivacités, dont les polémiques les plus justes ne 
sont pas toujours exemptes, mais il faut savoir 
respecter ceux qui combattent pour le salut des 
âmes, au prix souvent de douleurs intimes et parfois 
même en payant leur tribut à la faiblesse et à la 
passion humaines ; il faut savoir se garder de rape- 
tisser par des imputations mesquines les grands 
caractères et les grands rôles. 

Nous reconnaissons au Fr. Corneille ce grand 
caractère, nous lui attribuons ce grand rôle. Si, en 
1566, Bruges ne fit pas naufrage dans la foi et 
demeura fidèle à son souverain légitime; si, de 1578 
à 1584, lorsque la ville gémissait sous la domina- 
tion tyraniiique des gueux, la très-grande majorité, 
pour ne pas dire la presque totalité des Brugeois, 



Tous ces écrits prouvent que Torthodoxie de Veldiusest au-dessus 
de tout soupçon. Rappelons encore que J. van de Yelde était, en 
1568, du nombre des inquisiteurs subdélégués par Josse Eavestein, 
et qu'en cette qualité il fut nommé examinateur du mcnnonite 
Jacques de Rore ou de Keersemaecker, en 1569, (voir p. 326, note 2). 
Déjà en 1565, nous voyons le magistrat réclamer les services du 
religieux dans les causes des prisonniers suspects d'hérésie. 
" Verzocht mynheere den Prior vanden Augustynen, Veldeken, 
te examineren de ghevanghene suspect van dolynghe. " — Sea-ete 
i'eaolutiehouc, 28 Apr. 1565. 

" G heresol veert te beschynckene Broeder Jacob van de Velde, 
provinciael van de Augustynen, 't zynder promotie tot docteur- 
schepe in theologie, te ghesohiedene binnen der Unïversiteyt van 
Leuven de toecommcnde maant van ootober, mot twee cannen 
rynsche wyn. " — Ibidem, 28 Sopt. 1571. 



325 

conserva la religion de ses pères et le désir de 
rentrer sous l'obéissance du roi, une large part de 
cette gloire revient à Broeder Cornelis^ le fléau des 
hérétiques, le courageux prédicateur qui, malgré 
des avanies de tout genre, épuisa ses forces dans 
la lutte suprême. 

Aussi, les sectaires devenus maîtres de la cité 
livrée par trahison à Ryhove,le20Marsl578,firent- 
ils éclater leur vengeance d'une façon terrible non 
seulement contre leur vieil ennemi Adriaensz., mais 
encore contre Tordre des Franciscains tout entier. 

Depuis 1569, Hubert Goltzius, par prudence 
sans doute, n'avait pas continué la publication des 
sermons apocryphes du Fr. Corneille. Il s'était 
contenté d'employer son talent de peintre pour 
ridiculiser l'orateur populaire, en faisant un por- 
trait satirique du religieux, qu'il représente effaré 
et furieux au moment où il voit pour la première 
fois ses prédications travesties Q). 

L'année 1578 était plus propice pour ruiner 
Broeder Gomelis dans l'opinion du public. En effet, 
bientôt parut un nouveau libelle sous le titre : 

Het tweede boecTç vande sermoenen des wel vermaerden 
Predicants B. Cornelis Adriaenssen van Dordrecht, Minre- 
broeder tot Brugghe. Waervan iï inhouden begrepen staei 
int naervolghende bladt. Nu eerstmael in Druck uuytghe^ 
geven buyten Noirdwitz 1578. 



(*) Ce portrait porte l'inscription: " F. Cornélius Adriani 
Dordracen. ord. S. Francisci, apud Brngenses concionator celeb. 
ad vivum delin. MDLXXIII. " Il est conservé aux archives de la 
ville de Bruges, qui le reçut de M. J. Vermeire, membre do conseil 
de régence, au mois d'Octobre 1829. 



326 

Ce produit malsain contient les prétendus 
sermons prêches par le Fr. Corneille, depuis le 
8 Juin 1568, jusqu'au 24 Juin 1669, ainsi que ses 
disputes soutenues avec les deux téléobaptistes Jac- 
ques de Rore, alias de Keersraaecker ou de Keers- 
gieter, et Herman van Vleckwijk, Inutile de dire 
que ces sermons, comme ceux contenus dans le 
premier pamphlet, ne sont qu'une écœurante paro- 
die des véritables prédications du religieux. Quant 
aux disputes, dans lesquelles Broeder Oornelis est 
représenté comme un fanatique aussi cruel et san- 
guinaire que bassement ordurier (^), leur caractère 
apocryphe a déjà été dévoilé par M. Arnold (^). 
Le savant bibliographe, s'appuyant sur le témoi- 
gnage irrécusable de Jacques de Eore lui-même, 
nous apprend qu'en réalité celui-ci reçut la visite du 
franciscain, mais n'entama avec lui aucune contro- 
verse, pour la raison bien simple que toute discussion 
était formellement interdite. Il nous reste peu de 
documents où le Fr. Corneille apparaît en qualité 
d'inquisiteur ; mais dans tous, son rôle se réduit à 



0) Un fragment de la dispate du Fr. Corneille avec H. van Yleck- 
wijk figure dans Thistoire de la réforme de Q-. Brànqt (Qeechiedétma 
der refoitnatie enz. Amslerdam 1671, D. I. blz. 508); mais les 
retoaches faites par Taatear au texte original porteraient à croire 
qu'il a eu honte de le reproduire dans toute sa crudité. 

{*) BMiotheea helgica, B 64 5^ xo-12. B 175 12-J7. Voici ce que De 
Bore écrit à ses ouailles. ** Drie reysou was ick by den Provincîael 
van de Augustijnen, met zijn medebroer Veldeken en de eens by 
den Predicant van de grauwe broers, genaemt broer Cornelis, 
maer sy en wilden niet disputeren. Sommige heeren seyden, het 
was verboden, ende mijn heren en begeerdent niet, si on waren 
niet gecomen om van my onderweaen te ayn, maer om mi selve te 
onderwijsen," 



327 

examiner, instruire et réconcilier avec TËglise les 
hérétiques qui lui sont confiés Q). 

(') " Betaelt Mathens de Zntter, burcbmeestere, ende deo gref- 
fier np den 23 eode 24 in sporkele met M' Pb. van Belle, den 
gbeyangen gbeezamineerfc nopende zeker brjeven van dyverscbe 
personen by bem ontfaen, welcke personen bem bnerlyden name 
niet gbestelt en badden, ende tsanderdaecbts met broer Cornelis 
ten Freren ende den meester van den Augustynen, myts dat by 
vande zeven sacramenten der beiliger kercke [zeide P] datter maer 
twee en waren, bet sacrament van den bontare ende bet doopselle; 
bebondens, dat men die beboort te gbebniyckene alzo men die 
gbebrayckt in de stad van Handen [lUezi Emden] in noordt [lUezi 
oost] vrieslant, maar alzo de Hoomscbe Kerke die gbebruyckt en 
bilt by die voor gbeen sacramenten, te elc zxiiij st. p. elo daecbts. 

Betaelt bet gbemeene college by bemlieden verteert np den 1 ende 
2 dacb in Maerte, aldaer bet gbemeone college vergadert waren te 
Bruggbe up den steen met M' Matbens van Vyven, W Maerten de 
Mil, ende M' Pb. van Belle ende broer Cornelis ten Freren, meenenda 
gbeoonoladeert ende gbesloten bebbende de sententie van den gba- 
vangben, ende den gbevangben zynde in de vergaderyngbe van 
bet collegie metten gbeleerde beeft verclaerst dat by van zyn 
opinien afscbeden wilde, biddende de coninck. Majesteit, ende 
bet gbemeene collegie om graoye, ende by gbevangben beloofde 
voor broer Cornelis te biecbten ende ten belegben saoramente te 
gane, ende al te doene dat een goet kynt der belegber kercken 
beboort te doene ; daer mede de zake gbestateert was ende daer 
was gbezeyt by den gbeleerde datmen de informacye zoude doen 
boren van bet leven van [lisez: dat] den voorseiden Aernondt (nq} 
gbeleetbadde, als by te Beynegelts gbewoent badde, ende an die 
vanden geestelicken bove tT per, waeromme by Beynoudt {eic) daer 
gbedaecbt gbewoest badde, binnen 2 dagben ende «enen nacbt, elo 
zxv st.p. daegbts.*' — Arob. générales du royaume à Bruxelles, Compte 
de MonmJcenrede, 1556-57, n« 36528 de la Cbàrobre des comptes. 

** Den XI in sporcle [15]56 (1557 n. s.). Aldaer lin camere] 
gbetermineirt wiert np de zake vande voorn. Lanreyns Abbeiy 
ende wiert ooc overzien tavys van de consultanten, zo wiert gbe* 
ordonneert dat men examineeren zoude ^en zelven Laureyns in 
de presentie van mijnen beere de suyergaen, de M' van den 
Augustyne ende broeder Cornelis up zyn gbeloove. " — Arob. da 
rfltat à Bruges, Comptes de la Prévôté, 1556-57. 

" Betaelt broeder Cornelis van Dor^reobt» lésera vanden olooi* 



328 

Le libelliste anonyme de V Historie [en sermoeneW] 
van Broeder Gornelis a donc inventé la dispute 
d'Andriaensz. avec Jacques de Bore, dans le but 
de noircir son adversaire et de le vouer à la haine 
publique; il a sciemment affirmé ce qu'il savait 
être faux. Surpris, ne fût-ce qu'une fois, en flagrant 
délit de mensonge, un auteur perd tout droit à la 
confiance de ses lecteurs, alors surtout que cette 
altération de la vérité est chez lui le résultat de 
l'esprit de parti. D'après cette règle élémentaire 
de la critique historique, nous pouvons légiti- 
mement rejeter et la dispute du Fr. Corneille avec 
Herman van Vleckwijk et l'histoire des dévotaires 
et les sermons que l'ignoble pamphlétaire attribue 
au religieux franciscain Q). 



tere Tan de Minrebroeders in Brugghe, voor zyne moyte ende 
dienst den Lande gbedaen omme te instmerene eenen Toussain 
GniBO ende Denjs Thys, beede gbevangben van hérésie, by ord. 
thien scellingben gr... yi Sb. par. " 

" Betaelt broeders Gornelis van Dordrecht ende Martin... reli- 
giensen yan de Minrebroeders in Brngghe, voor hnerlieder moyte 
int onderwysen van den voornomden Tonssain... yi Ib. par. " — 
Arob. de l'Etat à Bruges, Comptes généraux du Frane, 1556-57. 

(*) N'est-ce pas une chose étrange de voir un historien recon- 
naître le caractère apocryphe de VHistorie [en germoenen] van Br. 
Oomeliê et néanmoins en approuver la publication P Voilà cepen- 
dant ce que fait M. F. Van Hulst, en écrivant au sujet du faussaire 
Qoltzins : 

** Nous avons peu de détails sur les peintures faites par Goltzius.... 
Carie Van Mander, cit^ par Mîllin, loue beaucoup une charge 
piquante qu'il fit à Bruges, en peignant le portrait d'un prédica- 
teur connu sous le nom de frère Corneille. Ce frère Corneille est le 
fameux Adriaensen, accusé par tous les écrivains protestants et 
par J. Boileau, dans son Hittoire des FlagèUants d'avoir institué 
pour les femmes et pour les jeunes filles un genre de discipline qui 
blessait toutes les lois de la décence. Quoi qu^il en soit, cet Adriaen- 
sen prêchait comme un furieux et entremêlait ses exhortations 



329 



Au commencement du mois de Mai 15783 les 
Frères-Mineurs de Bruges eurent à déplorer l'apo- 
stasie de deux religieux, qui s'enfuirent de leur 
couvent et se réfugièrent chez Ferdinand Leys, 
ancien du consistoire calviniste Q). Soit inspirés par 



d'obscénités qui, du reste, deyaient moins blesser à cette époque 
des oreilles généralement peu délicates. Le curé de Saint-Jacques 
de Bruges, Van de Casteele, publia dans un but satyrique des 
sermons apoorypbes du frère Corneille, et Hubert Gk>ltEins lui 
prêta ses presses à cette fin. M. Ooethals reproche très-sévère- 
ment à notre numismate cette condescendance qu'il ne considère 
cependant pas comme très-coupable. Si Ton yeut bien réfléchir que 
ce frère Adriaensen est généralement représenté comme un fana* 
tique sanguinaire, qui, pour nous seryir d'une expression répétée 
par M. Goethals lui-même, espérait bien noyer la réforme dans le 
sang des réformateurs, tout son grand zèle ne doit pas empêcher 
de reconnaître qu'à une époque où la Belgique était sous 1% domi> 
nation du duo d'Albe, le curé de Saint- Jacques faisait une bonne 
œuyre en cherchant à détruire par le ridicule l'influence de ce 
prédicateur furibond ; si ses parodies sont souyent obscènes, c'est 
que pour réussir elles deyaient nécessairement ressembler aisvK 
prêches qui leur ayaient seryi de modèles et, en définitiye, il sera 
bien difficile de faire à Goitzius un grief sérieux d'ayoir prêté ses 
presses pour l'impression de ces pamphlets du temps, non plus 
que pour avoir personnellement ridiculisé le frère Corneille, en 
faisant sa charge d'une manière spirituelle."-— La Revue de Liège, 
êoua la direction de M, Félix Van HuUt. 1846-1, pp. 24, 25, article 
signé F. V[an] H[ulst]. 

(*) " IJp trapport ter camere ghedaen dat J' Nicolaes Despars 
couronnel yande poorterje hadde hem yeryoordert uuyten huuse 
yan Ferdinande Leys te halene twee graeubroeders gheloopen 
zynde uuyten cloostere, sonder daertoe thebbene tconsent van 
scepenen, sonder twelck gheen ezploicten en mochten ghedaen 
wefrden in eenighe huusen van dese stede yolghens de privilegiën 
yan diere, was gheresolveert de zelve twee broeders wederomme 
te doen leidene byden sohouteten ter zelver plaetste, ende dat 
terstont ende sonder voerder vertreck, omme alsdan dezelve ghe« 
hoort, voerder gheordonneert te wordene, zo behooren zoude» " 
— Secrète reaóltUièbotic, 12 Maii 1578. 



330 

les hérétîqueSi soit poussés par le désir de justifier 
leur défection, ces misérables accusèrent leurs 
anciens frères en religion d'avoir violé leurs vœux 
et commis un crime abominable. 

Les sectaires trouvèrent Toccasion trop favo- 
rable pour ne pas la saisir et l'exploiter contre 
leurs ennemis. 

Bien que la cause des religieux, à raison du pri- 
vilège du for, ressortisse toujours au supérieur de 
leur ordre, le magistrat de Bruges charge Técou- 
tête, Georges de Themseke, et le bourgmestre de la 
commune, Josse de Cabootere, d'investir le couvent 
de soldats (14 Mai) et dépêche le pensionnaire 
Nicolas Casembroot chez Tarchidiic Mathias, le 
prince d'Orange et les Ëtats, pour les informer de 
la mesure prise à l'endroit des Franciscains 
(17 Mai) (^). Casembroot, en passant par Gand, y fit 
probablement part de la nouvelle, car, le 18 Mai, 
les prétendus méfaits des religieux de Bruges 



0) " Gheboort alsdan de informatien gheboort (ne) np dat diver- 
Bche broeders vanden oonyente van Siiiie Francojs waren gheyn- 
f ecteert yande vicie van sodomie ende vnggherye tot grooter oneere 
vande stede ende scbandael vande gbemeente, zo waren gbelast 
den Scbonteten ende Bnrcbmeester van den courpse te gaene in 
tcloostere, gbeassisteert met xz of zxv soldaten tot beurlieder 
verzekertbede, ende berolieden van alle de broeders vanden 
convente te verzekeren tot, de zelve allegader gbeboort ende 
gbeezamineert zynde tot contentemente van scbcpenen, anders 
worde gbeordonneert." 

" Was gbecommitteert Nicolaes Casembroot pensionaris omme 
te treckene tbove ende zjn Alteze metgaders mjnbeefe den 
prince van Orangie ende den raedt van staten te ad verteerene van* 
den exploicte gbedaen np tcloostere van de granbroedera ende van- 
4e cause ende redenen van dien." Sea*ete re$oluiièbouct 14« 17 Maii 
1578. 



331 

servirent de prétexte aux gueux gantois pour sévir 
de plus belle contre les enfants de Saint-Fran« 
çois (^). 

Bientôt les plans du Taciturne sont combinés et 
les ordres donnés: 

A Bruges, sur onze accusés, six d'entre eux 
réputés les plus coupables, sont mis au secret dans 
le Steen i et cmq confiés au F. gardien pour être 
enfermés dans la prison du couvent; tous les autres 
frères doivent promettre sous serment de rester 
chez eux, portes closes, et de ne pas sonner la cloche, 
sous peine de se voir expulser de la ville (24 Mai) (*). 

A Gand, sept ou huit franciscains sont incar* 
cérés au château des comtes (26 Mai). Josse Kuxia^ 



(^) Pour de pins amples détails sur la triste éqxnpée dont les 
Francipcains de Gaiid furent les victimes, voir van Putmbboück, 
E enige bladzijden uit de ge^chiedeni$ van het voormalig Frandseaner' 
Tdooster, ie Qenf, Gent [1889], blz. 157-178, ainsi que les sources 
citées par cet auteur, savoir : Jav van den Vivere, Chronyche van 
Ohendt ; Bernard de Jonghb, Gendsehs gesehiedeniêseth, enz. ; Ph. 
DE Kempen ARE, FZ^em^r^ hrcmijh, enz. Nous ne pouvons en donner 
ici qu'un court résumé. 

(') " Zo was gheresolveert, omme tclooster te moghen ontlasten 
vande garde van soldaten, boven ten steene te beweghene zesse 
vande beschuldigste ghesloten in blockhuysen, doende toi; dien 
hende, zo varre dat nood wort, mymen den gbemeenen steen 
omme de zelvo te bet te moghen bonden verscbeden, ende dandre 
vyfve gbevangben beitchuldicbt zynde ten alderminsten van 
onkuyscbe bandelyngben, over te leveren den gardiaen omme. by 
hem bewaert te wordene in den carckere vanden convente of 
elders.... Inetende voorts alle dander broeders in tconvent sonder 
voorder gRrde onder caucie juratoire van in tcloostere te blyvene 
met ghesloten duere ende zonder gbeluyt... up peyne van als 
faulteurs van vuylen faicte, daermede tcloostere belast es, nuyter 
stede gbedreven ende gheextermineert te lyne../'— Seeretê reiclltt» 
<ie5ottc, 24 Mali 57& ' 



832 

man et Gilles Wyts, chargés de connaître de la 
cause, ont bi^n vite terminé le procès. Les tour- 
ments de la torture, et les liypocrites promesses 
d'impunité données par de Hembyze à son neveu 
Daneels, ermite de Saint- Augustin, arrachent des 
aveux inconscients. Ces aveux, rétractés aussitôt 
après, suffisent au tribunal pour admettre les accu- 
sations de Jean van Hove, frère-mineur apostat, 
et pour prononcer un verdict de condamnation. Le 
28 Juin, deux franciscains et un dominicain sont 
fouettés et bannis, trois franciscains et deux 
dominicains exécutés par le feu Q). 

La tragédie de Gand se joua bientôt à Bruges. 

Le gouverneur, ou plutôt son tuteur, Guillaume 
d'Orange, ne se fiant pas à Thabileté du tribunal 
ordinaire de Téchevinage et voulant donner à 
l'affaire un certain éclat, tout en paraissant sauve- 
garder l'impartialité, avait délégué Josse Huusman 
et Gilles Wyts, conseillers de Flandre, pour diriger 
les débats, ensemble avec le magistrat et deux 
jurisconsultes de leur choix, en présence de Remi 



0) " Betaelfe Willem vander Meulne, gheweldigben prevoost, de 
somme van xij fc xvi s. gr. over de alimentatie ende vangheneacoa- 
ten van broeders Vincent Isaac, Vincent Hoflate, Ghilein Boeye, 
Minnebroeders, Joos van Dickele en de Claeys Daneels, Augus- 
tynen, gheexecuteert metten viere, metgaders broeders Jan 
Buicke, Rougier Vlaemynck ende Lieven Lack, ghepuniert by 
gheesselynghe, bannissement ende scavotterynghe. " Extrait des 
comptes de la ville de Gand, 10 Mai — 15 Août 1578, cité par van 
PuTMBROTrcK,l.c. p.l74,notel. Le plus âgé des cinq religieux brûlés 
vifs n'avait pas vingt ans ; ils ignoraient même la nature du crime 
dont la douleur, la crainte ou un vain espoir leur avait arraché 
l'aveu. 



333 

Drieux, official de la cour ecclésiastique» de deux 
chanoines du chapitre de Saint-Donatien, du pro- 
vincial des Frères-Mineurs et de François d'Astu- 
dillo, gardien du couvent de Bruges. Les commis- 
saires choisirent comme adjoints les jurisconsultes 
Jean du Breucq et Jean Caluwaert. Les échevins 
(contrairement aux ordres de l'archiduc, qui laissait 
au chapitre le choix de ses délégués), requirent 
Tarchidiacre Van denEecke et le chanoineBarradot. 
A la demande de D'Astudillo, Van den Eecke et le 
pénitencier Mathias Lambrecht (Barradot s'était 
fait excuser), acceptèrent l'ingrate mission d'assis- 
ter au procès (^). Le provincial ne comparut point, 
mais le général de l'ordre se fit remplacer par le P. 
de GoisseaUj lecteur du couvent d'Ath. Ce dernier 
toutefois ne vint à Bruges que le 3 ou le 4 Juillet. 



(^) " Lecte f aernnt littere clanse a gubernafcore D. Mathia archî- 
dnce Austrie emanate, qnibus petebatur per DD. de capitnlo daos 
canonicos deputari qui... intéressent examini et informationi quo- 
rümdara Franciscanorum hujus civitatis in carceribus detentorum. 
... Quarum lectura audita, declararunt DD. archidiaconus et 
Barradot se hodie ante prandium nna cum offîciali brugensi apud 
magistratum Tocatos et ad eumdem effectum a dicto raagistratu 
rcqnisitos fuisse, jnicta certas litteras D. commissario Iluusman et 
magistratai scrip tas, qni provinciam acccptare distnlerimt incon- 
Bulto capitule. Quibus sic actis, commissum fuit eisdem DD. ut 
super preipissis communicent cum D. gardiano dicti ordinis, ac 
ejus consilium requirant... " 

" Lecta fuit supplicatio gardiani Franciscanorum, humiliter 
petentis tam suo quam conventns noraine, duos ex capitule jnxta 
contenta litterarum gubernatoris deputari. DD. ad hoc deputarunt 
et rogarunt DD. archidiaconum et Barradot prius per magistra- 
tum ad hoc requisitos ; sed audita instanti excusatiune D. Barra- 
dot... eumdem exonerarunt, ad hoc ejus loco députantes et rogantes 
D. et Mg'"" Mathiam Lambrecht canonicum et pœmtentiarium. " 
— Acbi cap. 14-15 Jun. 1578. 



S34 

On n'avait pas attenda son arrivée pour instruire 
la cause. Commencée vers le milieu de Juin la pro- 
cédure orc2^'?2air6 était terminée le 2 Juillet, sans 
obtenir l'aveu des inculpés, et le tribunal allait porter 
sentence de torture^ si Drieux, Van den Eecke et 
Lambrecht ne s'y étaient opposés, sans doute, 
parce que les conditions requises pour recourir à 
cette justice extraordinaire faisaient défaut. Devant 
cette opposition, et en considération de l'absence 
du provincial, le collège s'adresse à l'archiduc Q). 
Dans Tintervalle, le P. de Goisseau, au nom du géné- 
ral, réclame les prisonniers comme sujets de Tordre, 
avec promesse de les juger et de les punir, s'il les 
trouve coupables. Les échevins, Huusman et Wyts 
rejettent la juste revendication du P. de Goisseau(^), 



(*) " Comparerende in camere M" Joos Huusman ende Gillis 
Wyts paeden Boonincx, ende oommissarissca ghedeputoert tot 
kennesse yande gbeseqnestreerde graeubroeders, vertoochden hoe 
zj by ordinaire executie gbeproccdeert hebbende, zoo varre hem- 
lieden dat moghelick ivas, ende dat de zake voorts wns ghedispo- 
neert ter torture, zj zwarichejt macten, zo ooc deden huerlieder 
adjoiiictcn, ran voorts te procederen (sonderlinghe inde absentie 
van den ministre provinciael doertoe by zyne Alteze bescreven 
zynde ende nyet ghecompareert, noch yemant ran zynent weghe), 
ten traerc by andere specialen laste van zyne Altozc, te moer dat 
den officine] endecanennicken daertoe by zyne Altczo ooc ghecom- 
mittcert ende by hemlieden gheassumeert zynde, daerup ref nseer- 
den dacrover te staene, versonckende... dat dien aenghaende by 
hemlieden ghesacmdelick metten college ghescreven zoude worden 
an zyn Alteze,.... hemlieden in antwoorde was ghegheven dat tool- 
legie bereet was voorts te vaerene... ende... dat zy alleene scryvcn 
zouden. " — Secr.de reaólntiehouc, 2 Jul. 1578. 

(-) " Ten zelveu daghe, ontboden zynde ter camere broeder 
Fraiicoys de Goisseau (les ere vanden cloostere vande gineubroe- 
ders tot Ath, als ghedelegheerde vanden genérael vanden kelve 
ordenc), gheassitecrt met den gar^iftén vanden' couvente* deser 



885 

soumettent les accusés à la question Q) et recourent 
à la violence pour forcer le délégué du général 
à leur remettre les FF. Adrien Soreywatere et 
Gilles Logghe (^). 

Outre les tourments de la torture, recourut-on, 
comme cela se fit à Gand, à de trompeuses pro- 
messes pour extorquer des aveux? Nous l'ignorons. 
Toujours est-il qu'une sentence de condamnation 
fut prononcée contre François de Voughenaere, 
François Maertens, Martin Revelaere, prêtres, 



Btede, ende ghevraecht of hj van advyse was hem tecouformerene 
ter ordonnantie van zjne Alteze np de kennesse vande graenbroe- 
ders hier ghe vangen... ende ap den voet bij de zelve ordonnantie 
ghedreghen, persisterende hj den vertoghe by monde ende scrif- 
teliok daerup by hem te vooren ghedaen, ende zegghende deu voet 
vande zelve ordonnantie te zyne bayten de commissie hem by den 
voorn, generael gheprescribeert, versouckende daeromme achter- 
volghende den tenenr vande zelve zyne commissie, hem de voorn, 
ghevanghene ghelevert te wordene omme als snpposten vanden 
ordre ende vanden voorn, generael, unyt zynen naeme van huer- 
lieder misdaet ghekent te word ene, met belofte van over de 
bescfaaldighen zulcke correctie te doene, dat de eere Gods zonde 
worden bewaert ende vnldaen ten debvoireu vande goede jnstitie, 
ooo tot vuile satisfactie van schepenen, sonder dat hy vande zei ven 
zyne vermete wilde wycken, zo dan hem verclaerst was zo by de 
commissarissen sconincx als den coUege, dat zy, dat nemende voor 
refunz, zonden voorts procederen volghende de voorn, ordonnanbie 
van zyne Alteze, bnnyben de welcke zy niet en mochten te gaene." 
— Secrète reaoliUiebouCt 9 Jul. 1578. Cfr. 5 Jul. 

(')'* DD. intelligentes qnod D. Smout» canonicn8,hesterna die in 
bnrgo (certis minoritis «d torturam ductis)... tumuHuosa verba 
protnlerit, que possent ra pi in cahimniam, ita qnod ex parte 
magistratns per pensionarium illinc abire jussus, iterum redierit, 
iidem DD. timentes inde posse majus scandalum oriri, ac itlius 
persone pericnlnm iniroinere..., eidem ordinarnnt et ordinant, ut 
deinceps a similibns abstineat." — Acta cap. 11 Jul. 1578. 

P) Seerde reBoïuHvhouCy 12 et 14 Jul. 1578. 



336 

Jacques SpeoImaD, Jean Fabri et Jacques Frum- 
bout. Malgré l'énergique refus du Fr. de Goisseau 
de les abandonner au bras séculier, l'exécution eut 
lieu le 26 Juillet, au mépris du droit canonique 
sur lequel d'ailleurs le gouverneur avait recom- 
mandé de ne pas insister Q). Les trois premiers 
religieux furent brûlés vifs sur la place du Bourg, 



(*) " Alzo M" Joos Huusman ende Gilles Wyts, raden Bconîncx 
eiide commissariesen ^an zyne Maj* ten desen ghestelt. M'" Jean 
du Bruecq ende Jan Galawaert adjoincten, metgaders Bnrch- 
meesters ende schepenen vande stede, vyndende de processen van 
broeders Francojs de Youghenaere, Francoys Martins ende Mar- 
tin Beyelare Fb", metgaders Jan Fabri, tfacob Speelman ende 
Jacob Fmmbont, allegader gheaccuseert ende gbeconvinceert 
zjnde Tan de Tnyle zonde jeghens natnre, ende willende daerof 
een hende maeken, hadden ontboden in camere broeder Francoys 
Goissean... vicaris of ghedelegaeerde vanden generael van den 
orde van Sinte Francoys, ende ter presentie vanden gardiaen van 
desen con vente, metgaders M" Bemigins Driutius, officiael ende 
Matfays Lambrecht, penitenoiaris (absent den archidiacre mits 
zyne zieckte), versochten dat de zelve vicaris nuyt cracht« van 
zyne commissie ende delegatie zoude willen de handt doen van 
voorn, broeders ghevanghen ende de zelve abandonneren, die 
overleverende de voorn, heeren, omme by hemlieden tzaemen, als 
ghedelegueerde jugen by commissie van zyne Alteze, gherecht te 
wordene naer hnerl. verdiensten, ende daer de zelve vicaris hadde 
dies gheexcnseert, verclaersende dies gheen commissie thebbene... 
de voorn, heeren nemende tvoorscreven vertreck voor refunz..., 
verclaersden dat zy ghedelibereert waren metter zake voorts te 
varene..., ende dat de zake [niet] en ghedoochde enicb voorder nyt- 
stel om te stremmen tgroot schandael..., daertoe ooc ghevoucht 
dat zyn Alteze hadde ghescreven dat men up het caneunick recht 
niet zeere en zonde insisteren." 

" Ëadem waren gheexecuteert de drie graeubroeders priesters 
hierboven als sodomiten metten viere, alvoren ghewoelt zynde, 
ende niet min waren, ter eere van den priesterlycken staet, de 
verbroyde lichaemen begraeven in de holighe aerde. God ghedyncke 
de zielen ende vergheve alle menschen heure feiten." — Secrète 
resólutiehoucy 25, 26 Jul. 1578. 



337 

les trois derniers baUus de verges et chassés ignor 
miDieusement de la ville. Le l*'^ Août, le magistrat 
baimitneaf autres frères, Adriea Screywatere, Denis 
Hocke, Philippe Oohaert, Gilles Logghe» Alard 
Franckaert, Denis Busco, Gilles Maroelis, prêtres, 
Jacques Tant, novice, et Antoine Fav0rs, frère lai (O- 
Quinze victimes, ce n'est pas assez pour les 
sectaires; les Frères-Mineurs doivent diaparaitre. 
Le 6 Août, les échevins décrètent la suppression 
du monastère, alléguant comme motif de leur 
sentence, l'absence de tout signe de repentir 
châ^ les religieux et la nécessité d'apaiser la colère 
divine (^). Le 13 Août, François d'Astudillo et 



(*) " Ten zelven daghe waren in tclooster vande graenbroeders 
gfaesonden dheeren Fr. ¥»n NieuYireQhayBe ende Bejnjûar Wyuc- 
kelman, Bofaepenen, ia^gader9 Nicolays C^s^mbroot, pensionaris 
omme an Br. Franooya Goisseau. . . metgaderp, Br. Francoys D astu- 
dillo gardiaen, te versouokene dal» ^y spndeu willen de handt 
doen vande broeders Adria^en Screywatere, Penys Hocke, Philips 
Oohaert, .Gillis Logghe, Allaert Franckaert, Denis Basco» Gillis 
MJarcelis, ThF*; Jacob Tant, noyicie, ende Anthone Fevers, leeke- 
broeder, ende de zelve hemlieden overleyensn pwme gfaepaniert 
te wordeae... daerup de zelve oommissaris [Goisseau] antwoorde 
aïs up tversouck an hem ghedaen van de ^nd^ere zesse hi^ervoren 
ghepuniert... mids weloke refause was by conunissarissen, adjoinc- 
ten ende schepenen gheresolveert voorts te varen,e tot vuldoene 
van den bevele ende commissie van zjp. Alteze." — Secrète resolu' 
iiebouc, 1 Aug. 1578. 

(') '' Alsdan anderwaii ghetracteirt zynde de zake van de Jesni- 
ten ende Graenbroeders... was ghesloten de Jesuiten te zegghene 
uaytter stede ende schependomme met expressen laste van te 
vertrcckene binnen thien dagen, ende aengaende de Graenbroe- 
ders, tcloostere te scheedene ende separerene ende aile de meunio- 
ken daer nuyt te doen vertrecken binnen ghelioken daghen, met 
consente nochtans van hier te moghen bly ven in weirlicke habyten 
by huerl. vrienden of anders, ende solder in andere cloosters 

22 



338 

François E vera«rts reçoivent Tordre de se disperser 
eux et leurs confrères, endéans les dix jours, avec 
la faculté cependant, pour ceux qui sont bourgeois 
de la ville, de demeurer à Bi^uges en costume de 
prêtres séculiers, chez des amis, et non dans un 
autre couvent. La même faveur est accordée à 
Broeder Co^melis et au Pr. Défense, quoique 
ceux-ci ne jouissent pas du droit de bourgeoisie 
(18 Août) Q). 

Une requête du gardien, appuyée par les Floren- 
tins, tendait à obtenir pour les Franciscains la 
permission de conserver leur demeure et leur église 
et d*y exercer le saint ministère ; elle fut favora- 
blement apostillée par l'archiduc Mathias, sous la 



huerlioden vertreck te nemen y omme textirperene de memorie 
van het abominable vicie ende zonde jeghens nature, daerin tzelve 
was gevallen ende zo veele jaren hadde ghecontinneert tot groote 
oneere vaude stede ende verstorjnghe van God almachtich, heb- 
bende dat, zo vehementelick es te pres nm eren, die noch ghebleven 
zyn, gheweten ende bj communen ghedissimuleert, emmers 
dîaeraf njet ghedaen de demonstratie ende bewjs van leetschepe 
ende mishaghen daertoe staende ende naer rechte ende redene 
ghereqaireert, sonderlynghe ooc in gheestelicke personen. " — 
Secrète reaóliUiebouc, 7 Ang. 1578. Cfr. 6 Aug. 

(^) ** Eadem was bj resolutie ende ter presentie van Burchmees- 
ters schepenen ende raeden metgaders vande edele ende notabele 
deser stede gheordoniieert den graeubroeders deser stede in den 
persoon van broeder Trancoys D'astndillo, gardiaen ende broeder 
Francoys Everard predicant, beede gbecompareert zynde in 
camere, te scheedene uuyten couvente ende dat te verlatene binnen 
thien daghen... consenterende metten inwooners descr stede hier 
te blyvene buuyton den couvente in weirlicke habyten." 

*' Eadem was gheconsenteert Broeder Cornelis van Dordrecht 
ende Nicolays Défense, minnebroeders, hier te blyvene met de 
separatie van den convente, behoudens in habyten van weirlicke 
priesters ende dat zy hemlieden in al draghen wyselick ende 
gheesteliok, ende oncost der stede." — Ibidem, 13, 18 Août 1578. 



339 

réserve toutefois que le magistrat n^eût pas de 
motifs pour maintenir le décret de suppression. 
Les édiles, cela va sans dire, trouvèrent des rai- 
sons. Jacques Speelman, un des fustigés, avait, 
par écrit, rétracté ses aveux ainsi que son accusa- 
tion à charge du Fr. de Voughenaere et blâmé 
vivement la conduite de certains pensionnaires et 
échevins; le Fr. Gérard Vervuust, retiré à l'Écluse, 
avait également vengé l'honneur des condamnés 
et le Fr. Corneille n'avait pu s'empêcher de. 
protester à son tour contre l'inique sentence d'un 
tribunal incompétent. C'était assez pour que le 
magistrat, revenant même sur ses résolutions des 
13 et 18, décidât, le 22 Août, le bannissement 
immédiat, avant le coucher du soleil, de tous les 
religieux, indistinctement, bourgeois ou non. Le 
lendemain, d'Astudillo et Bveraerts, retenus sous 
bonne garde, ainsi que Vervuust, appréhendé à 
rÊcluse ou à son retour de cette ville, sont expulsés 
également; ils avaient eu à répondre de toutes ces 
protestations, et les échevins ne se déclarèrent point 
satisfaits de leurs explications Q). Le couvent des 
Frères-Mineurs, cédé aux ministres calvinistes 
depuis le 3 Septembre 1578, fut mis en vente le 

Q) " G bezien de requeste fchovo ghepresenfceert van weghen de 
gardiaen van de Graeubroeders metgaders de natie vande Floren- 
tynen metter apostille van zyne Alteze, by de welcke schepenen 
gheordonneerb was de zelve graeubroeders te laten payselick ghe- 
bruuckene van huerlieden oude wnenste ende cloostere, ende daer 
te continuerene den goddelickeu dienst^ ten waere zj eenighe 
redene hadden ter contrarie...; ghezien ooc zeker briefken ghevon- 
den ten cloostere in handen van broeder Francoys Everard, 
inhoudende tverclaers van broeder Jacob Speelman, revocatoire 
van zyne confessie ende bedrachte ghedaen voor commissarissen 



340 

2)3 Juillet 1.580^ rasé, at son emplacement teansr 
formé en bj^^nchï^ser^ et en marché au bout Q)* 



ende tcoUegiç tot laste van broeder Fr. Yougkenaere, met zeker 
notable inj arien tot oneere ende belastjnghe van zeker schepenen 
en4e pooB^ooacissen, dater juuyt, m^gaders de propoosten gbebo^r 
d^ p^r Sinus, by broedeer Ghera^d Yervunst... i;nen mocjl^te 
yerstaen huerlieder qnaet herte tott^n magistrate ende secrète 
macbinatien... de welc]ce bjden yoors. suppliante was verz wegben 
eijA^ grootelicjE te 4i|chtene> zo|ide spreuken lan^z zo yoorder tot 
sti^ds onpere pnd^ blam$i^ie .en^Q ifproeringhe yaixde gben^eente; 
gbe^sien ooq een ander briefke4 reyocatoire onder bet bajid teeken 
yan broeder Gprnelïs Adriaens : zo was gheresolyeert te doen 
eQepti^ereiiB de yoorg. resolpti^e up den ^iij deser maei^t heoiiiedeu 
g^edepopcei^'t als yan tcloostere te rujmen ende daeruuyt te 
scbeeden, ordoneerende hemlieden yoor zonne onderganck alle- 
gader te yertreoken uuyter stede, zo wel de poorters ende inghe- 
boprei^p deser stedp als de yremdcj niet jeghenstaende tconpent 
bj ,d^ yoorg. re/ioli^tie den poorters ende ingheboorne ghegbeven 
yan hier te blyyene in weirlicke priesters habyten, houdende 
aHeenliok daer met schadebelett^ars vast ende wel bewaert den 
g^rdia^n ei^de aan yan4e broe^ers^ ^ranooys [Eireracd] pnunA 
nader ^ yerfintwoorden tyoors. calumnieux brievekep, met^aders 
ooc broeder Gherard Yeryuust indien hy wedergheoomen is yan 
Sinus, ende daer hy noch waere ter Sluus, hem daer doen houden, 
oqume up («zelye brielken poo gheFn^echt ei^de onderzocht te 
zyne..." 

" Alsdan was gheresolyeert, (up trapport ter camere ghedaen 
yanden yerolaerse ende confessie yan broeder Fr. D'astudillo gar- 
di^wnei^de Fr*^verard n^etg^ders Gherard Yervuust nopende het 
briefkep ghemencionneert biepup up den xxij d^s^ maent) de 
zelve drie broeders achtervolghende de resolutie aldaer, te doen 
vertrecken uuyter stede ende daer buyten te zegghene met inter- 
dictie van niet weder te keerene sonder den speciael consente 
vande wet. 

Was voorts gheresolveert tcloostere te doen bewaren by 
Yinoent van de Bure garsoen, een schadebeletter ende een sheren 
dienaere up huerlieder eyghen oosten ten pryse van xx gr. sdaechts 
of daer oudere." — Secrète reeoluiieboiic, 22, 23 Aug. 1578. 

(') " Waren ghecommitteert tot visitatie vanden cloostere vande 
graeubroeders Schout, Burchm'* vanden Courpse ende alle de 
schepenen die daertoe zullen moghen vaceren, metgaders Nieu- 



Ui 

•* Il ïi*éöt üiuHéftient ctoyàblé, écrit BèaucoHrt de 
Noorttelde Q% à la önitè de Ctrstis, coftrfne quel- 
ques hi&toriens partiaux te diâent) que ces téiigi&nx 
aient reçu liû tel cïiâtiment gel punîtioti de leurs 
mauvaises actions. Il est bien plus vraîsemblÀbie 
que Punique câudé de Imt nidllieur était la hame 
implacable que les Ôueuit àtaient && particulier 
contre les Frères-Gris, qui àvaiefit paY^oi eux de 
célèbres prédicateur»/ quiy tous lès joui^s et aîveo 
un zèle soutenu^ découvraient au peuple les firar^ 
beries attachées s la nouvelle doctrine. '* 

H. Q. Janssen, écrivain protestant^ redottiHaftt que 
l'esprit de parti, effet de la haine vouée à Broedéf 
OomeliSf ne fut pas étranger au triste dénouemBnt 
du procès intenté aux Franciscains (^)r 

Le D' Nuyens (^), considérant la marche jéé^ 

Tandt ende Gasembroot pensionaris, omme dàer thende te moghen 
déaignei^ tgénné tiren zal wifleû laeteir M exercitie' vâ'Ad^ 
ghereformeevâe religie." — Secrelè rèiùluH^^&Uôi î Se^; 1578. €h, 
3, 10, 12 Sept; 2e Jnl. 1580. 

Une maison bâtie à côté da couvent par d^Astndillo, fat vendue 
par ]a vitle h Jacques- Broucqsauk, fxmrgmesére, qui acbeéa' acr^f 
Ibr blanofaisâerie. — Ibidem, 23 Mavtif et 2h Âug. 1582. 

0) TaUètm fiâete des- irovbUê d, rwoltUiom eih Flandre et dam get 
environst arrivés depuis IbOOjusqtià 1585, T. 2, publie par la Société 
des Bit)liopbi}e^ Befgés, Mofas, 1845, p'. 29: Beaucourû écrivait térs^ 
1790. evms, Jeur-hoechm âer êtadi Brugge, Brugge, 17^^111 m 
blz. 27. 

(>) De Kerh'heruorrmng té Bru^e, I D. bli. 175: " Waarsokijnlfjk 
ook [weigerden den eed van getrouwigheid al» MBthiaB]yevettalB< 
ia andere plaatsen, de minderbroeders ol FraneiacAneii,! tegei^ wito> 
buitendien bevige beschuldigingen wa^n opgerefeeo, hoesieer 
missehien pikptijdigheid daalroBiâer gemengd wAs, iiift ooéen baüff 
tegen Broeder Cornelia. " 

O Qesehtedeniê der Nederlanduske heroerhn in âe XV2' eniio» Am* 
sterdam» 1867» III werk» I D.» bli. 227» 



342 

gressive et méthodique des accusations dirigées 
contre les religieux, la nature systématique de la 
persécution, la conduite uniforme tenue dans pres- 
que toutes les villes (sauf à Gand, où Ton se mit 
en besogne d'une façon plus rude et plus démago- 
gique), conclut à l'existence d'un plan tracé d'a- 
vance et savamment combiné par des hommes 
habiles et audacieux. 

Après le récit que nous venons de foire, récit 
basé sur des documents officiels, nous pouvons 
nous prononcer plus catégoriquement. 

Toutes les circonstances plaident en faveur de 
l'innocence des condamnés. 

Les accusateurs sont deux misérables 'apostats 
réfugiés chez un des plus chauds partisans de la 
réforme. 

Le tribunal proprement dit se compose des 
échevins de Bruges, des commissaires Huusman et 
Wyts, des adjoints du Breucq et Caluwaert ; — 
Tofficial, les deux chanoines, le gardien et le pro- 
vincial des Frères-Mineurs avaient été simplement 
invités à assister à l'instruction. — Or les échevins(^) 
étaient les hommes de confiance du prince d'Orange 
qui, le 26 Mars 1578, les avait nommés, après 
avoir congédié le magistrat régulier de Septembre 

(') Nous ne disons pas que tous les ^cbevinR fussent favorables à 
la réforme ; nous parlons du magistrat considéré comme corps. Au 
chapitre II du livre II de cette histoire, on pourra juger de ce 
corps, lorsqu'on le verra à l'œuvre pendant les troubles de 1578-84. 
Disons toutefois dès maintenant que lo bourgmestre des échevins 
Georges van Brakele et Téchevin Jacques Broucqsault étaient 
les plus acharnés ennemis des catholiques. 



343 

1577. Wyts, déjà connu pour n'être pas Tami des 
Franciscains, fit partie du pseudo-conseil de Flan- 
dre, établi par Mathias en 1580, et dont de Kempe- 
naere dit que tous les membres se conduisaient en 
vrais calvinistes Q). Son confrère, Huusman, égale- 
ment député par le Taciturne, était sans nul doute 
un homme de la même trempe, et les deux com- 
missaires en s'adjoignant comme assesseurs les 
jurisconsultes du Breucq et Oaluwaert, auront fait 
un choix conforme aux intentions do leur maître. 
Du côté clés accusés, on constate à la vérité des 
aveux, mais des aveux arrachés par la torture 
(à l'emploi de laquelle les ecclésiastiques s* oppo- 
saient) et rétractés aussitôt après. L'indignation 
publique se soulève contre le verdict des juges Q) 

Q) Vlaemsche Kronyh enz.blz. 226 : " Al dëze raedsheeren gingen 
ter gensche predicatien, enz, " 

(*) " Alsdan comparerende ter camere heer Piefcer Braems tot 
wiens hunse ghisteren soldaten ghesoiiden gheweest hadden, ter 
canse dat hy besich zynde met messe te doen, en daer ziende 
M' Joos Hnusman raedt ende commissaris tot kennesse vande 
delicten vande graenbroeders, hadde den zei ren M' Joosghedaen 
zegghen dat hy zonde gaen nyter kercke, of andersins dat hy niet 
voorts varen en conste metter messe, verolaersde np tghevrach 
heml. by schepen ghedaen, dat hy dat ghedaen hadde nyt hem 
zelven, omme dat hy ghelesen hadde dat hy salcx schnldich was te 
doene als hy in de kercke zaghe de genne die handt zonden heb- 
ben ghesleghen np priesters..."— flfecref e r€êolutièbouc,Sl Jnl. 1578. 

" Pervento ad notitiam DD. D. Smont canonicnm ex bnrgo 
per duos observantes vigilias, adductnm fuisse ad ecclesiam ad 
impediendum tnmultum qui verosimiliter potuisset oriri ob ipsius 
ibidem loquendi libertatem in magistratum et alios, causa futuri 
snpplicii in aliquot minoritas, ordinatum fuit DD. tempore summe 
misse convocandos, super opportuno remedio adhibendo delibera- 
turos. " 

*< Ob certas querelss ad capitnlnm delatu de D. Petro Braemi 



844 

et les frahoiscaiïïö les plus en tènom dé vertu et 
de science (^) pï'otestent de Tinnocenee de leurs 
confrères, en blâmant sévèrement la conduit© du 
tribunal. À peine la ville de Bruges est-elle l*ëiitrée 
en grâce avec son roi, que le Fr. d'Âstudillo der- 
nîet* gardien, élu provincial, au lieu de cacher 
ailleurs la honte qui attrait pesé sur son ordre si 
les crimes mis à sa charge eussent été vî*ais, s'em- 
presse de retourner dons la cité réconciliée et öe 
voit restituer Tancien emplacement du couvent, 
pour y établir une nouvelle résidence (*). Parmi les 

pbro ac custode S. Basilii qui in hodierna sue misse celebratione,... 
ulterius pergere noluit... ob presentiam spectabilis yiri Mg** Judocî 
Huusman... ex eö quod eum ezcommttnicatum putabat ob consî- 
linnl datum circa supplicium Minontarum... " — Asta eap, 26» 
30 Jul. 1578. 

(0 C'étaient les FF. Corneille Adriaensz., François Eyeraerts et 
Gérard Vervuust. Ces deux derniers, comme le Fr. Comeiile, 
furent plusieurs fois gardiens. Everaerts remplit cette charge à 
Gand, à Bruges et à Ypres. Vervuust, gardien du couvent d'Tpres, 
a laissé plusieurs ouvrages. Voir Servais Dxrks, Higtoire littéraire 
et hibîiographiqtte des Frères-MineurStetc, p. 113. — BegistrumtVa' 
irum Mvnorum reeoUectorum corwenius Iprensiê coUeetum partim ex 
éhronicia ordin>i»,aUi8qv>e hietoiiographiaipaHim ex archivia provinciœ 
et conveniuê htyus, aîiiegue memoriaUhita et annotcUionibiu prœceden» 
Hvm ovardiafioi'iàm, Eeviaum et auetum anno 1677. I^. I> § 2 Series 
guamianorum ah anno 1503, quo regularis ohservantia est inttoducta, 
usque ad awnvm 1606, (Msc. appartenant à M' Aimé Verschaeve(^) 
à Ypres) ; " 14" V. a. P. F. Gerardus Vervuyst f 1597; 15" 
(anno 1595) Francisons Everaerte. " 

(S) « Alsdan was ghelast Michiel de Buddere te verhuusene 
uyten hunse bjder stede gbedaan maken up den gront vanden 
Freren cloostere naest den huuse vanden Provinciael Astudillo 
ende eertyds vercocht aen d'heer Jacob de Broucqsault, ende 
tzelve overteleveren den zelven provinciael Astudillo totzjnen 
dienste ende van zynen medebroeders. " — Secrète resohUi^ouCt 
4 Sept. 1584. 

(*) G*Mt par erreur que daae U note 1 de la page 28S, &oiu atUibno&s la ptoprMI 
de oe mao. aux arohivee de la vlUe d'Yprei, 



â45 

frètes rentrés à Bruges, on coinptait sans doute 
pins d'un des condamnés de 1578. La pénurie des 
documents ne nous a permis de découvrir qu'un 
seul nom^ celui de Gilles Logghe qui devint jubi- 
laire Q). 

Enfin, François de Voughenare prédicateur 
distingué, François Martens prêtre d'Un grand 
savoir, et Martin Revelaere jeune étudiant en théo- 
logie> tous trois brûlés vifs et par conséquent, 
réputés les plus coupables, brillent avec Tauréolé 
du martyre dans les annales des Frères-Mineurs, 
et le gardien François Everaerts, témoin de leur 
vie et de leur supplice, lui qui assurément eût gardé 
un prudent silence, s*il avait cru à la culpabilité de 
ses frères, consacre ce distique à leur mémoire (^) : 
Florenti detàte atque ipsis juvenilibits anniê 
Ho8 tres ad Ghristum tramtulit una dies. 



(1) Voir p. 340, note 1. 

(^ " Anno 1579 [conventuâ] ab haereticis solo fuit œqnatns, pulsis 
vel captis religîosis ac Tariis opprobrüs satnratis: inter qtioa 
extitît V. P. F. Franciscna Yingtnare, (mc) rhetor thentonicnâ 
insigniâ, in communi conversatione paoificns et gratns, qui cnm* 
F. Francisco Martini, sacerdote maximi ingenii, necnon F. Martino 
BeTelare ab hiereticis furentibus violenter captus, in carcerem 
oonjectus, ad obscurandam martyrii gloriam per calumniam accu- 
satuB criminis insimulatur nefandissimi ac crndelissinie necatui^ 
cum sociis, quibus hoc distichon posuit B. P. F. Franciscus 
Everàrdi : Florenti etc." 

" Anno 1578 bœretici Brugis sub conficto crimine tres prœclaros 
]jatres morti tradiderunt, quorum pietatem cum P. Everardus 
cognosceret optime, nobis pro eorum înnocentia reliquît hoc 
distichon: Flùrenti etc." — Archives des BB. PP. Bëcollets à 
Saint*Trotid, Chronohgia Prouineiœ 8, Joseph Flandriœ FF. Min, 
RecoUedorum, Tit. OonvmUu» Brugensie, fol. 5, et Tabula ehronohgica 
P. St^hàh.i an Nerf, porte I» anno 1578. 



346 

Qu'étaît devenu dans ôette tourmente le Fr. 
Corneille? 

Deux jours avant la dispersion des Franciscains, 
un riche marchand de soieries, Othon Arremarre, 
eut la charité et le courage d'aller au couvent cher- 
cher Broeder Gornelis. Il l'emmena chez lui pour le 
dérober à la persécution et en prit un soin paternel, 
s* exposant ainsi au péril de perdre sa fortune (}). 
Le digne vieillard, bien que brisé par ses longs et 
rudes labeurs, ainsi que par les lugubres événe- 
ments dont il était le témoin et la victime, aimait 
trop les âmes en danger, pour ne pas leur consacrer 
ses dernières forces. Il continua son apostolat, 
prêchant dans des réunions privées, encourageant 
les catholiques au milieu des épreuves, les excitant 
à la persévérance, administrant les sacrements en 

(^) ** Inter primarios fautores tempore revolutionis FF. Minorum 
at prœcipue F. Oornelii Dordracensis fuit Ottho Arremarre, serici 
pannis tum temporis negotiator, dives et attaviis D. Brujnsteen, 
ut vidi ex originali attestatione quam desuper anno 1606 dabant 
Fr. Eeginaldus Blancke guardianus, Franciscus Everaerts sacer- 
dos eocleBiastes et frequens guardianus, item F. ^gidios Logghe 
«jubilarius. Inter castéra sio habebatur: ipse Ottho, biduo ante 
nostrorum f rat rum B rugis extermiuationem, ex nostro conventu 
senem languidum et membrorum impotentem eduxit, ne in bœre- 
ticorum manus incideret, suis sumptibus paterno affectu succnrrit, 
non absque gravi suarnm facultatum periculo aluit et conservavit. 
Tandem Fr. Cornelio mortuo oculos clausit et eumdem in Xeno- 
dochio divi Johann is B rugis (ubi pestis, quam hasretici valde 
timebant, grassabatur) sepeliendum curavit, ne hœretici in ejus 
corpus sévirent. Ëtiam opitulante Otthonis veneranda matre, 
effigiem ejus pincillo depingi curavit, quam in nostro conventu 
in ejuH memoriam usque in bodiernum diem custodimus etc." — 
Extrait des archives des B.B. PP. EécoUets, cité par J. P. van Maie 
dans son ouvrage: Nauwkeurige heachrijving van de oude en 
hedend-yegsche stand van Brugge in VUiendeten (Mso. do la 
bibliothèque de M. De Wolf, pharmacien à Brages). 



347 

cachette Q). Le 14 Juillet 1581, la mort mit fin à la 
noble carrière du vaillant athlète. Arremarre lui 
ferma les yeux, et afin de soustraire sa dépouille 
mortelle aux profanations des hérétiques, il la fit 
inhumer à l'hôpital Saint-Jean, où sévissait la 
peste. En dépit de la fureur des sectaires et de la 
défense faite d*exercer publiquement le culte 
catholique dans les couvents et hospices, une foule 
immense de fidèles de tout rang assistèrent aux 
funérailles solennelles du saint religieux (^), 

(») Voir p. 277, note 4. 

(') " Cornelins Adriani Minorita, Dordracenns dictufi, qnod 
Dordraco Holiandî» oppido originem ducerot. Hujus aliquando 

coenobii (*) potuerit convelli. Tandem velafc alter Helias 

propbeta Domini relictns soins, plenns diernm in festo S. 
Bonaventurœ anno 1581, in ipsis hadreticorum tumultibus, 
omnibns religiosis causa fidei proscriptîs, olanculura apud amicos 
snstentatns ad cœlestia régna a Cbristo Jesu, cni fideliter servierat, 
OTOcatur. Cnjns corpus non sine admiratione summa ab omnibus 
Catholicis urbis concommitatum (qnod minime tune licebat) 
ipsis hostibus spectantibns, nec quiequam contradicentibus, 
solemni pompa,* et splendidis ezequiis in Xenodochio Divi 
Joannis, ubi sola tuuc erat catbolicorum sepultura, tumulatum 
est. Hujus Eev. Patr. ossa intégra et bene disposita inventa, anno 
1615 translata fuere pompa funebri ex prœfato Xenodocbio ad 
noyam extructam et consecratam ecclesiam, et reposita circa 
summum altare ad latus epistolœ sub sarcophage. Fuerunt 
présentes, qui et ejus scpulchrum ante triginta quatuor annos 
curaverant, qui asserebant videntes capnt ejus: Etiamsi non 
scirem patrem Cornelium hic sepultum : vere tamen et sincère 
dicerem illnd ipsum esse eaput ipsius propt er certa signa in 
front ispicio. Gui ht ne inde adhuc crin es adhaerebant. Scripta ejus 
post mortem (uti facta calumniis) impudicis salibus, dicteriis, 
erroribns, ac meris sjcophantiis inspersa maligna hssresio vitiavit, 
et ad ludibrium boni viri edidit." — Sandeeus, Flandria itludraia, 
Hagœ oomitum 1732, T. II p. 159. Ex monumentU mec Monasterii 
Frandscanorum Brugensie sic ad me missie, 

{*) Ce que nous aroiu omis n*est que la reproduotion, Baof quelques 7ariaatei^ 
du uzte de Tépitephe donnée plot bas, p.SI0» 



348 

Trois épitaphes, dont le texte nouö a été conserve, 
\diirent ratifier, sitôt après le décès d'Adriaenöz., 
les éloges que tous les hommes de bien décernaient 
au célèbre franciscain Q). 

La première, placée dans Téglise de l'hôpital 
Saint-Jean, fait allusion à la modeste sépulture 
du grand honmie. En voici la teneur: 

Ecquis in bbscuro latitans, die parya tabella, 

Tamnlo Mo repostas eonditur 7 

Quis f agiens adeô est et fainae^ et lacis, et aorae, 

Umbris ut hic velit obrui ? 
Tane Pater oelebri condigno ex marmore orypta 

Hic Dordracene recabas ? 
Quem tam facondae decoravit gratia lingaae, 

Monita Salatis oam dares, 
Ut tua fama volet totum vulgata per orbeto, 

Stridente quamvis Zoilo. 

Sed quia Seraphici plactfit pia sennta Patri», 

Plaçait sepulchrum igûobile; 

Nam titoli et Pario excisae de marmore tambae 

^tate longâ intercidunt. 

Virtus sola viget vivitque aetema;, nec aevo 

Labente longo extingaitnr. 

Haec jam te aequavit Saperis, coeloque locavit 

Sertis decorum fulgidis. 

Quid javat iguoto hune igitar requiescere busto, 

Qai mente coelo vixeritî (*). 



(0 A ces épitaphes il fant ajouter encore Textrait da neerohgttem 
que nous ayons reproduit plus haut, p. 279, note 1. 

(") J. P. FoppBNS, Bihliotheca Belgica. Brnx. 1T3®. I. p. ïtó. — 
F. SWEBBTIUB, Seléciae christiani orhis delieiae. Col. Agr. 1608. p. 607» 
.— F. SwBiBfivt, AthmiOê Bêlgicaê. Antv. 1628. p. 180. 



349 

La deuxième épitapke, destinée à l'église des 
Frères-Mineurs, provisoirement restaurée après la 
pacification de la ville de Bruges et le retour des 
religieux, était ainsi conçue : 
D. O. M. 

Rev. Patri Fr. CorBelio Adriani Dordraceno, hujus 
aliquoado Coenobii ante Proyinciae vastitatem toto Belgio 
splendidissiioiamplissLmiqae Guardiano (^) vigilantissimo^ 
et Sacrae Theologiae interpret! facundissimo, viro incom- 
parabilis tam eruditionis, tûm eloqaentiae^ trinmque 
lingaaram^ quae sacrae sunt et dicuntur^ callentissimo. 

Qui annis continuis triginta (^) populuin Brugensem in- 

credibiii cum gratia^ f ructu^ atqae utilitate, divini verbi 

suavissimo pavit alimonio^ sementem verespargens Evan- 

gelicam; tantâqae contentione zizania à malignorum 

spiritaum fibris evellens, ut verns Brugensium Apostolas, 

splendor, decus^ et ornf^mentnm Christianae Beipablicae^ 

Catholioae^ Orthodoxae^ Bomanae fidei propugnator acer- 

rimus, nec secas qaam alter Athanasias validissimus 

haeretiooram maliens dici potuerit. Qaique inter varias 

hujns exulceratissimi sœcnli calamitates^ inter innumeraa 

haereticornm oalnmnias, inter obstrigillantinm sycophan- 

tarum caninos insultas^ libellorumque famosa Indibria^ 

tam invictam semper animi moderatîonem tenuit, nt 

nullis nnqaam vel hostium fidei oppugnationibns, vel 

i*eram adversaram procellis potnerit convelli. Qui deniqne 

in hoc D. Francisci Institato annis fait quadraginta, 

samma cam probitate vitae^ eraditionis gloriâj Religionis 

zelo flagrantissimoj optimè de hao Oivitate, tam in Theo- 

logica Professione pablice^ quam in perpetuis indefessisque 



(*) Dans Teztraifc da mac. donné par Sanderns (voir plus bant p. 347) 
on lit " hiê guardianoB extitit. " 

(') Hsc. cité : '* qui annis 36. " Ce chiffre est exact si Ton compte Tan- 
néa 1546, date de l'arrivée de Corneille Bronwer à Bruges, et Tannée 
1581, date de sa mort. 



350 

ad populum concionibus ad mortem nsque promeritus 
fuit. Laborumque suorum tandem aliqaando amplam 
mercedera verissimus fidelissimusque Christi Confessor 
percepit, piis omnibus ingens sni desiderium relinquens. 
Hoc amoris et observantiae testimonium ac monumentam, 
Patri opt. ejusdem Ordinis Fratres posuerunt anno a parta 
Virginis gloriosae CIo.Iq.LXXXI pridie ld. Jul. Ejus- 
que mortui effigiem Fr. Franciscus Bverardus hujus 
looi GuardianuSj .qui viventem unicè semper colebat, sin- 
cerae dilectionis ergo in hoc templo, pro rerum praesentium 
facultate restauratOj appendi curavit (}). 

François E veraerts, gardien du nouveau couvent 
de Bruges (1584-87), avait fait placer à côté de 
cette épitaphe le portrait du Fr. Corneille sur son 
lit de mort, peint par les soins de la mère d'Othon 
Arremarre (^). 

Le 6 Mai 1615, lendemain de la consécration de 
la nouvelle église des Frères-Mineurs, par l'évêque 
Charles Philippe de Rodoan, les restes mortels de 
Corneille de Dordrecht y furent transférés et placés 
auprès de ceux de son fidèle disciple Everaerts. 

L'épitaphe suivante conserve le souvenir de 
cette translation et célèbre la mémoire des deux 
vaillants défenseurs de la religion catholique : 



Q) J. F, FopPEN'S, 1. c, p. 191-192. — F. Sweertius, Selectae chrîsHani 
orhie deliciae. Col. Agr. 1608. pp. 505 — 607. 

(*) '* Haîc duo epitaphia ampHus non exstant [174fO]; ejus vero 
effigies olim in teraplo appeiisa kodie in cella patris guardiauî 
servatur. Extat tameu uscfue in bodiernum diem in ecclesia nestra 
sequens epitapbium lapidi caji-uleo iuciBum ad latus epistolte circa 
summum altare : D. O. M. Iteverendis Patribus etc. " — Arch. 
des RR. PP. RécoUets de Saiut-Trond, Extradiim ex regisiro con- 
ventu^ Brugemis FF. Minor urn Eecolledorum, 



351 

D. O. M. 

Reverendis Patribus 

V. P. F. Cornelio Dordraceno 

Et P. Francisco Everhardi Q) 

H a jas coenobii Franciscani 

Guardianis dignissimis^ 
Concionatoribas celeberrimis, 

Haereticorum malleis^ 

Catbolicorum propugnatoribus : 

Qaorum posterior bic mortuus 

Et sepultus anno 1609. (^) 5. Novembris 

Prior turbulento tempore, anno salutis 

Hnmanae 1581. 14. Jnlii 

In Nosocomio S. Joannis 

Sepulturae locnm, Catholicomm 

Opera obtinuit : 

Sed ejus ossa huc transtulit 

P. Joannes van der S traeten 

Itidom Guardianus, 

Peregrinus Jerosolymitanus 

Ac montis Sinaj^ anno 1615. 5. Maii, 

Altera die Consecrationis hu jas novi 

Templi, qnibus et huac lapidera posait. 

Anno 1616 : bis associatus. R. I. P, (^). 

Ces inscriptions, si élogieiises soient-elles, ne 
sauraient être taxées d'exagération ; les travaux et 

0) KappcloTifl, en passant, qne le P. François Everaerts est l'ancien 
i^fectional de Saint Donatien, dont nons avons parlé p. 110. 

(') Sanderns et Foppens donnent l'année 1589 comme date de la mort 
de François Everacrts. P. J. van Maie, témoin oculaire, affirme avoir lu 
1609. .C'est bien l'époqne exacte, car on 1595, Everaerts fut nommé ^ar- 
<lîen du couvent d'Yprea, et vivait encore en 1606. Voir P. J. van Maie : 
Levensbeschrijving, enz. Y° Adriaensz. Cfr. p. 344, note 1 et p, 346, note 1. 

(3) Sandeeüs, 1. c. T. II, p. 411. — Foppens, 1. c. p. 192. 



352 

les souffrances de Corneille Adriaeosz. le rendaient 
digne de ces marques d'honneur. Le témoignage 
de deux auteurs contemporaius du célèbre apôtre 
suffirait au besoin pour l'attester. 

Guillaume Weydts, né en 1547, simple ouvrier 
brugeois, ambachtsman, dont la position modeste 
mét le témoignage à Pabri de l'influence du pouvoir 
et des préjugés de caste, consigne dans son journal 
la mort de Broeder Gwmelis^ qu'il appelle " un digne 
et savant prédicateur, qui a prédit les événements 
tels qu'ils sont arrivés " Q). 

Le second témoignage émane du R. P. Costerus, 
de la Compagnie de Jésus, tour à tour recteur des 
collèges de Bruges et de Cologne, supérieur des 
provinces rhénane et belge, qui nous a laissé près 
de quarante ouvrages. Cet homme de vaste science 
et de haute piété, reconnaît dans le Fr. Corneille, 
qu'il a vu à l'œuvre à Bruges, " un religieux savant 
et vertueux, contradicteur des hérétiques, et dont 
le gueux Cock n'est pas digne de baiser l'empreinte 
des pieds (^)." 



(*) Ihjt e$ van zomviegJie zoeken dye gheBchyet zyn hier te Brugghe 
ende daer ontrent, Chronique flamande 1571-1584 publiée par B. 
Varenbergh, Gand, Lahaye 1869, p. 32: " Op den XIIIP Tan 
Julyus, zoe overleedt pater Cornelys, een broere vande Frère 
doestere, ende was begraeyeu in de kercke van Synt Janshuus; 
dyt was een weerdych ende gheleerdfc predycandt, dewelcke wel 
voerzeydt beeft den tydt zoe zy ghecommen es, ende by was gbe- 
boeren van Dordrecht in Hollaudt. " 

(^) De tweede wedet^-legginge Francieci Costeri Priester der Soci^eyt 
Jesu, vant tweede hoeckeken P. P. Cock ketters Calvinist, nu leech- 
gangher te Enchusefti, niaer seylmaker van gyn awèocA^.T'Antwerpen, 
By Gbeleyn Janssens... Anno 1606, p. 15: 



353 

II ne BufiBsait pas aux sectaires d'avoir calomnié 
le digne religieux pendant sa vie. En 1599, Emma- 
nuel van Meteren, historien anversois, dont la 
partialité et la crédulité sont reconnues par des 
auteurs protestants eux-mêmes (^)j reproduit, hors 
de tout propos, dans son histoire des Pays-Bas, la 
fable des dévotaires et de la discipline secrète, tirée 
de VHistorie [en ssermoen^^ri] van Broeder Gornélis^ 
à laquelle il renvoie (^). Il y ajoute des extraits de 
deux sermons que le Fr. Corneille aurait prêches 
en 1572, et dans lesquels Torateur, s'accommodant 
aux circonstances, se fait gueux, s'irrite contre les 
Espagnols et regretté ses prédications d'autt-efois 
publiées par ses ennemis. Tous les détails touchant 
le franciscain, qu'il n'a pas copiés du libelle anony- 
me, sont ou inexacts ou absurdes (^). M. Arnold 

" Ketter Coch, Het is te bedencken, Gostcr, dat ghy gheoti 
oprecht nederlander en syt. 

Costerus, Desen geuschen Cock yerwijt my dit, omdat ick de 
historie ende oirspronc verhaele vanden naem geus ; hy meynt dat 
ick sulcks van Broer Cornelis gheleert hebbe. Maer hy moet weten 
dat ick op dat pas oock Godts woort in dese landen t' Antwerpen 
in onser liever Vrouwen kercke preekte, geÏijck Broer Comelis 
te Brugge, die ie naemaels gekcnt hebbo voor een seer geleert 
ende deugdelijc religieus, bestryder der ketteren, wiens voetstap- 
pen desen geuschen Cock niet weirdigh en is te cussen... ** 

O Ever. van Bbïd et S. de Wind, citës par M. Arnold dans son 
Pleidooi, p. 4. 

O Bm. van Meterbn, Belgische ofte Nederlantsche historie, van 
onsen tijden, enz. Delft, 1599 fol. cxjcviii a - cxxxa. Dans les autres 
éditions flamandes et dans Tédition française {Histoire des Pays- 
Bas, etc., La Haye 1618) on trouve ce récit à l'année 1578. 

(') Ainsi, Fauteur est inexact lorsqu'il assigne Tan 1581 ou 1582 

comme date de la mort du Fr. Corneille, et dit que le prédicateur 

cessa de prêcher en 1576; il est absurde lorsqu'il représente le 

franci&cain en 1572 comme un caméléon. 

28 



854 

sedemande, non sans raison, siE.van Meterenn'apas 
inséré cet hors-d' œuvre dans son grand travail sur la 
demande du pamphlétaire, pour donner à Y Historie 
[en sermoenen'] etc. un semblant d'authenticité. 

Aussi, les écrivains qui se sont occupés d'A- 
driaensz. immédiatement après E. van Meteren, se 
défient-ils de son récit. Pas un d'entre eux ne 
touche à l'histoire des dévotaires, et leurs témoi- 
gnages sont tous plus ou moins élogieux {}). Il faut 
descendre jusqu'à P. Cornelisz. Hooft (1581-1647) 
pour rencontrer un nouvel accusateur (^). Celui-ci, 



(^) M. Arnold expose toat cela avec ce tact critique qu'il possède 
à an si haut degré; nous ne faisons que le résumer : 

!• C. VAN Mander {Schilderhoeck, enz., Haarlem, 1604, fol. 248^^), 
protestant, qui, à raison de son origine flamande et de son séjour à 
Bruges de 1581 à 1583, devait être à même de conniûtre les faits 
et gestes du Fr. Corneille, mentionne la charge de ce religieux 
peinte par Goltzius, et ajoute que, d'après la rumeur pliblique, 
Groltzius aurait décrit et imprimé les sermons du franciscain. — 
Arnold, Pleidooi, pp. 18-20. 

2" W. VAN GouTHOEVKN (d'Oiide Chronyche ende Historien van. 
UoUandt, enz., Dordr., 1622, blz. 222), de Dordrecht, donne la date do 
la naissance et de lamortd'Adriaensz., (1521-1581), et le nom de son 
père. 11 lui fait un honneur d'avoir possédé les trois langues 
sacrées et constate la célébrité que lui ont value ses sermons 
singuliers, courageux mais aéditienx(wonderhaerlijcke, dappere, maer 
aproerighe sermoonen). Cependant l'auteur avait sous les yeux 
l'ouvrage de van Meteren, puisqu'il dit que le Fr. Corneille prê- 
chait à Bruges en 1566, 1568 et 1572.— Arnold, PZôi^oi, pp. 20-2-2. 

3* M. S. BoxHORN (Tooned der steden van Hollandt, overgesef, 
verhef, ende vermeerd. d, O. Baerdeloos, Leyd., 1634, blz. 90), profes- 
seur à l'université de Leyde, traite le Fr. Corneille de linguiste 
savant et de prédicateur considéré, éloquent et agréable, mais qu'on 
tourna, dit-il, en ridicule, à cause de son caractère facétieux {In zijn 
sermoenen.», was hy geacht, weleprekende ende vleyende van woorden. 
Nochtans was hy van naiuere hoven maten genoechdijck, ende met 
welckemen spotte ende gechte). — Arnold, Pleidooi, pp. 25-26. 

(2) Hoopt's NederUmdeche historien, 13* boek. 



855 

sans citer de sources^ ressasse, mais âass un langage 
plus vif, toutes les calomnies mises au jour par 
E. van Meteren. Et cependant les épitaphes et 
Textrait du Necrologium n'étaient plus inconnus (^). 

Ce fut le signal d'une véritable conspiration 
contre le Fr. Corneille. 

Tandis que les éditions de VEistcnHe [en sermoe^ 
nen] van Broeder Comelis se multiplient (^), les 
écrivains protestants ou hostiles au catholicisme 
saisissent toutes les occasions pour citer le pauvre 
religieux à leur barre. La gravure l'exhibe armé 
d'une discipline (^); les livres amusants et la litté- 
rature populaire l'exposent à la risée du public 

(*)F. SwBBRTius (voir pp. 348,349) et Sandbrus {Flandr, iUustr., 
Col. Agrip. 1641, T. I, p. 245) venaient de les publier et VAiijBH 
Akdbé (BibîiotliecaBelgica, Lov. 1643, p. 142) avait donné une notice 
du Fr. Corneille puisée à ces sources autorisées. 

(') La première partie ont une seconde édition en 1576, une 
troisième en 1592, une quatrième eq 1607. La seconde partie fut 
réimprimée en 1608. Les deux parties réunies furent rééditées en 
1639, en 1698 et en 1714. 

(') Notamment dans la réimpression de la seconde partie des 
Semwenen 1608, dans les éditions complètes de VHUtorie {en mt- 
moenen^ etc. ainsi que dans les trois ouvrages suivants : 

V Wondei'Ujck Evangdium van Nlœdemns, verrijckt met hoiidighe 
uytleggingen, begrijpende kortelijck den ouden toestandt der H, Eoam- 
sche kerck, door den hooghgeleerden Arnoldus Monta nius (sic). Rot- 
terdam, 1671. — Arnold, 1. c, p. 125. 

Tooneel der hooft-ketteren, bestaende in verscheyde afheeliseU van 
valsche jtropheten, naecktloopere, geest-drijvers, sedarissen en duyveîe- 
konstennren, By een vergadert en in H coper gemeden dooi' Chr. van 
SiCHEM. Middelburg, 1666. — Arnold, 1. c, p. 120. 

Pa^ekoet, opgedist in geuse schotelen, handelende van de pausselyke 
opkomst, afgodery en beeldendieiiet, mis, mitsgaders hun val en einde. 
In nederduitsclie dichtkmwt gebracht. Met figuren. Te Blokziel, op 
kosten van den uitgever, 1720. — Arnold, 1. c, p. 126. 

Une gravure scAudaleuse accompi^gne le passage que Simon de 
Vbies consacre au Fr. Corneille, dans son ouvrage cité plus bas. 



356 

lèget (^); les historiographes et ïes théologiens en 
parlent avec mépris (^; mais ce sont surtout les 



(0 De gee$i van Èroêr Oomeli» Adrt(ienz, verhatenâe 'veeJs tôôiiâér- 
l^ie9 M»ekteH, kférinaêêkdîfkê aèArdi^hedeti, vuyU en taOèrl^hè feâenènf 
uyibeeldende syn inwendige geti<iUe, AmWécàuoài 1666. — ABNOtD» 
1. c, p. 121. 

(<^AC. ïftmv»), Dm Höom$cke^ Vylen-êpiegél. Oèirùdc^n i/ik/î ter- 
séhêyde» ùuâe ÈoôïMch^eaihdijebe Legmtde'-Boeékent ende anders 
Bch^trerê.VefmaJcdiick, ende didMijck om te Uêen voor aUe eaiholyclce 
Üertekens, Met nodige annataiien en verklaringen hier en dà^r verlicht, 
Müsgadere met verschegdefi» hyjf^êre phlen térclért, Dordrecht, 1671. 

— Ae»ou), 1. B., p. lai. 

G. ScHOTBL, Vttderlandaàie volksboeken en volkeeproolcjeê van de 
vroegêie tijden tot het einde der l8* eeuw. HaarTemi 1874, D. tl, 
b?^. â25-22ir. On y lit le» MïfémiêB suivantefi : 

'' De sermoenen tassohen 1566-72 te Brugge gebondeni over- 
treffen in lafheid, platlield en vtiilheid al trat tan dien aard in het 
Ifcbt ÏÛ Tersclienen.... Hij spaatde noch de geeetelijktaeid, noch 
den magfisfcrftat, noch Ëoomachën-, noch Onroomai^hbn) tohoMt 
tierde, raasde, dreigde, bralde hU één beaeténè} miet troest« getaareo» 
dreigend gelanfc, fonkelende oogen ën yerdiende ten roHé den 
Haam Tan eéMbhejaik, aUervnhutknfivtm fitnnpetk edhntht'àUerhéhuh" 
itèfn kerkbaJ^}élaar, bsm door tijdgenoot en na^slAcht geg^yené " 

(*) G. Brakt, Qeechiedenis der reformatie oilz. D. I, bÜB. 608. — 
AttKOLl^tl.b., p. 80. 

F. IIal«& hu M . BReutftiua tau Kidïk, Tooneel der Vereenigde 
Nederlanden, vù%, Leeuwarden, 172d, D. II, biz. 24-20.— AbkoIiD,1.o.« 
pp. 45-49. 

fi. DH VftlKs, Omêtandi^ vervolgh op Jok, Lodew. QoUfriede hirio- 
ftêcKe krongék öf àtgmneen kUdarieehe gedenk-hoéken, Leydèn, 1698^ 
D. I, coL 493-495. 

E. koNcn, Ahikêia,Eeileekriftfâr QeschiehteiBtaati' und Kiràten- 
recM, La Haye, 1829-1880, pp. 298-322. — Arnold, l.e., pp. 71*73. 

M. ScÈoocKivs, thoereètaiiones variœ.Trû} . ad Rh. 1663, pp. 586-589. 

— Arnold, 1. c, pp. 117-118. 

ANtONtvs MAiiHAUs, dauB ToiiTrage : Akhrias AtciAtus, 
Tra4iatii8 contra vHam monaetiea^u Ctd à4icedit eyUoge epistohtrum, 
etb. Quce primus omnium in lueem protülit adjectis passim notie 
A. MATTHiEUs. Hag8B CottitUfcik, 1740, p. 317.— Arnold, 1. o. p. 31. 

Q. YoXTiüs^ Politioa eedesiastiêa, Amsterdam, 1663. Yoir p. 962, 
notie 1. 



857 

^iteure 4e ^ictiomiaires de toni geiire qui en fo^t 
\me description odieuae. 

Swt quelquea exceptions Q)^ l^ous ces i^ute^ra 
négligent ou rejettent les sources favorables à C. 
Adriaensz., qu'ils taxent de fraudes pieuses; il en 
est même qui renchérissent sur leur? devanciers, 
sans pour cela produire aucun document nouveau, 
pas même i^pocryphe. (^) C'est ainsi que cet homme 

Jacq. B01LEA.Ü, Hialoriaflagellaniium, Paris, 1700, pp. 218-219. 

" Inter exempta tam inianst» notitiss reoçnsere non per- 
tiimeecam^ bigtoriam hominis cucnllati et cordigeri conventns 
BmgensiB anno circiter 1566 cui nomen erat Cornelio Adria8em(nc) 
origine Dordracensù, adversus hœreticos Onezios stomachoslsaimi 
ooncîonatoris; qui puellas ceù fœminas qnasdam sacramento 
fidelitatis et obedientiœ aibi adstrictas et specie pietatis devot^iB 
non qnîdem aspen^tis et nodosis funibus rerberab^t, aed nndata 
earmn femora, et nates inhonestis ribicibns rorantes virgis betnleis 
aut yimineis ictibus moUiter inflictis perfricabat, nti refert 
Emana^l Meteren.... " 

(0 Ce gont: M. Balkn ^ur,, (Be^ihryvinge der itad Dordrecht, 
Pordr. 1677, blz. 204); Hugo VAtr H&ussvn et Hugo van Byn, 
(vAir Hxug&gv en yaj< lBiXM,Oudh€dçn en gestichtefn van Zuid-Holland, 
enz. JUeiden, 171d, blz. 108, 133-134). Le premier guit van iCront- 
hoeven et Boxhorn; le deuxième, jang^niste, a Tair dç puiger à 
Yalère André et en réalité copie Boxhorn; le troigièmç, coreli- 
gionnaire du précédent, parait impartial et renvoie i Sandema, 
Yalàre Anàxé et Bi^le. — Aakold, FUidooi, pp- 29, 38-42. 

O FiB£RB Batue, DicUannairê hidwiqtke ei erUique, 5* éd. revoe, 
oorrigétt et augmentée par paa MAifSÀyz» AvMt^rdim 1740» T 2$ 
p. 677 : " (Corneille d'âadrien).... Leg ourran^ V^ ^^^ P^V^ 90A9 
aoa nonl après ga mort ggnt paraemAB 4e boufonneries, ^t de 
quolibets malhonnêtes. Sanderus prétend que les hérétiqneg j ont 
fonrré oola, pour diffamer la mémoire de ce bon et innœent reli* 
gienx. Il faudrait en avoir des preuves, pu ne Is dire pas. Les 
Frotestans parlent de ee CordeHev oomme d'un violent déclama* 
teur." «- Bnit uns courte description de la disciplina ieorète* ^veo 
cette conclusion : " Il n'/ a rien que oes gens-là n^ spient capables 
de persuader anx femmes» sous la beasi prétexte da dévostiouj 
lorsqu'ils ont k talent de bien jaser» at que leurs prédications les 



358 

apostolique passe à la postérité comme un prédicateur 
grossier et obscène, un bouffon lâche et inconstant, 
un moine cruel et sanguinaire, un débauché dévot et 

Pbosfeb Marchand, (Dictionnaire historique [publié par J. N. 
S. Allemand], La Haye, 1758-59, T. 1, p. 127, note A), à propos 
d'nne monnaie qne Louis de Bourbon, prince de Condé aurait fait 
frapper, avec la devise LtMUmicus XIII Dei graUa Frcmcorum rex 
primiie christianus s'exprime ainsi : " Le plus ancien auteur, que je 
sache avoir fait mention de cette monnoie, est un moine Hollau- 
dois, d'ailleurs fort connu, tant par sa rébellion ouverte et 
déclarée, que par son libertinage dévot, et impie : en un mot, le 
fameux Frère Cornelis Adrianseu de Dordrecht, Fi-anciscain de 
Bruges, d'où l'on fut enfin forcé de le bannir à Ypres; qui, non 
content de se déchainer aussi publiquement que séditieusement 
en pleine chaire contre les magistrats et les princes, abusoit encore 
le plus criminellement du monde, de la Confession," — Après avoir 
décrit rhistoire des dévotaires, il continue, dans une note : " On 
auroit peine à se persuader à quel excès il portoit son insolence et 
ses débauches, si divers écrivains contemporains, tant catholiques 
[!] que protestans, ne nous en avoient conservé la mémoire; 
Emanuel de Meteren est celui d'entre eux qui les décrit le mieux 
dans son Histoire des Païs-Bas.... L'on j voit avec horreur des 
saletez et des brutalitez si grossières et si impies, qu'il n'y avoit 
qu'un moine absolument abimé dans la débauche la plus crasse et 
la plus infame, qui pût les proférer. Je sai bien que Sanderus, 
Valere André et Foppens... disent, qne ces Sermons ont été remplis 
de ces infamies par les hérétiques. Mais je sai bien aussi, que ces 
Sermons et son Histoire avoient été imprimez plus de 10 ans avant 
sa mort arrivée en 1581, et que ces Bibliothécaires n'ont osé en 
parler qu'en passant comme chat sur braise. Avec tout cela, ce 
misérable moine avoit assez de crédit pour faire condamner au feu 
de fort honnêtes gens. " 

J. A. Dfl Chalmot, Biographiaeh woordenboek der Nederlanden, 
hwaUende de levenaheachrijvvngen van voorname staoUmannen, 

hrijgehelden, geleerden dichters schildere van de oudste 

tijden af tot op heden, Amsterdam, 1798-1800, Vol. I, blz. 74. 

A rencontre de la vérité, cet auteur fait dire à Halma: " Hij 
(Br. Comelis) leefde nog enigen tijt hier na, maar ellendig 
kwijnende, en met vele ziektens, de vrugten van zijn ongebonden 
leven worstelende. " — Abnold, 1. c, pp. 69-70» 

Z^ouvaoi* d^idionnaire historique, par une société de gens de 
lettres, Oaèn et Lyon 1789 :'* Adbian {Om^eüle), prëdioaèeur flamand 



359 

impie que des maladies honteuses, juste punition 
de sa vie désordonnée, traînent ignominieusement 
au tombeau. 



de l'ordre S. François, natif de Dordrecht et mort en 1581, âgé de 
60 ans. Ses ouvrages sont remplis d'expressions libres et de 
turlupinades. " 

(Michaüd), Biographie universelle ancienne et moderne. Noav. édit. 
Paris, M"« 0. Desplaces, 1854 et suiv., Vol. I, p. 192. 

" Adkian, proprement Adbiansen (Corneille), franciscain dé- 
honte, que van Meteren, dans son Histoire des Pays-Bas, et J. 
Boileau, dans son Hisioria jlageUantium, accusent d 'avoir souillé 
par ses mœurs la sainteté du confessional. Il était né à Dordrecht, 
en 1521, et fut longtemps gardien de son ordre. Il se mêla des 
affaires politiques pendant la guerre des Pays-Bas, et changea 
plusieurs fois de parti, en restant toujours fidèle à celui du vain- 
queur. Ce fut pour échapper à sa haine, que Georges Cassander 
quitta Bruges, où il enseignait les belles-lettres; On appelait 
communément Adrï&ïif le frère ComeiUe. Il mourut à Y pres [!], en 
1581. On a plusieurs éditions de ses sermons, en 1569, in-8*. 
Amsterdam, 1607 et 1640, in-8*. A ces deux dernières est jointe 
une figure qui représente Tinfâme discipline à laquelle Adrian 
assujettissait ses pénitentes avant la confession, discipline queYoet 
appelle DiscipUnam gymnopygicam Comelianam. (Disp. Select, 
p. lY, p. 262). On a prétendu qu'Adrian avait été calomnié par 
les protestants, mais cela paraît peu probable. " — Article signé : 

G-T (Guizot). 

D. VAK Hoogstraten, Historisch, Qeographisch, Genealogisch en 
Oordeelkundig woordenhoek. Amst., 1733, D. I, blz. 123. 

Jac. Kok, Vaderlandsfih woordenboek enz. Amst., 1785-94, D. I, 
blz. 340-341. 

Woordenboek der samenleving, enz. Amst., 1836-61. 

Biographie universelle, ou Dictionnaire de tous les hommes qui se 
sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs 
vertus ou leurs crimes, Brux., 1843-47. 

Biographisck woordenboek door A. J. van dbh Aa, van Hardebwijk 
en Schotel. Haarl., 1852-78. 

QéUlvstreerde Encyclopaedie, onder hoofdredactie van A. Winklbb 
Pbins. Amst., 1869 sqq. 

Beiknopi hiographis6h handwoordenhoeik van Nederland, hehélxende 
de UvensheseJirijvingen van véle personen, die tich in NederUmd hebben 
hèkend gmnaahtt door J. C. Kobüb en W. Di Bitbcovbt. Zatph»i 
18M«n« -> ABiro&Di l o.| p. U4i noie li 



360 

Beaucourt de Noortvelde est le premier qui 
entreprit une véritable défense du franciscain 
outragé et vengea sa mémoire des atroces calomnies 
de van Meteren au sujet des dévotaires Q). 

F. V. Goetlials, quoique moins bien disposé à 
l'égard de l'Église catholique, donne sur le Pr. 
Corneille une notice biographique, que M. Arnold 
regarde comme la plus sérieuse de toutes. Malgré 
son ton parfois un peu railleur à l'endroit des 
moines, l'auteur voit en Broeder Cornelis un homme 
savant, versé dans la théologie et la connaissance 
des langues sacrées, un prédicateur d'une éloquence 
bizarre à nos yeux mais puissante sur les masses, un 
défenseur zélé de la foi, calonmié par ses ennemis (^). 

Q) Tableau fidèle des troubles etc. Mons, 1845, pp. 50-85. Les 
notices sur le Tr. Corneille données par Sweertias, Valère André, 
Sanderus et Foppens, sont basées sur les épitapkes et l'extrait da 
nécrohgium, mais ne constituent pas une apologie e» professa. 

(') Lectures relatives à Vhistoire des sciences etc. Brux., 1838, T. 4, 
pp. 65-76. 

L'auteur blâme Goltzius d'avoir imprimé le pamphlet Historie 
[en sermoenen] etc., qu'il nomme une inflLme publication, parodiant 
les véritables prédications du Fr. Corneille. Quant à l'histoire des 
dévotaires, il s'exprime ainsi : ** La raison ne permet point d'ajouter 
foi à de pareilles absurdités, mais je les rejette seulement à cause 
de leur improbabilité ; car tous les historiens de la réforme sont 
unanimes pour accuser ce franciscain. 

'* S'il s'est rendu coupable de quelques-unes de ces fredaines 
monacales les moins répréhensibles, il est à présumer que ses 
frères et ses supérieurs n'en furent pas informés. Sa méthode do 
prêcher, conforme à l'éloquence de son époque, ne pouvait déplaire 
dans son coYLvent ; on sait qu'elle était du goût des moines, sa 
violence semblait partir d'un bon cœur, voué au service de Dieu. " 
— Gt>ethals ne pouvait cependant pas ignorer que tous ces 
écrivains de la réforme n'ont fait que copier VHxstorie [en sermoe- 
nen] etc. et le récit de van Meteren ; il devait tenir compte aussi 
des écrits de Sweertius» Yalère André, Sanderus et Foppens. 



861 

Il ferme volontairement les yeux à la lumière de 
la vérité, dit M. Arnold, celui qui après avoir lu la 
biographie du religieux par Goethals, ajoute encore 
foi au libelle Historie \_en sermoenen] van Broeder 
Oornelis et à B. van Meteren. 

Néanmoins, vingt ans plus tard, en 1858, H. Q. 
Janssen (^) admet, sans réserve aucune, les témoi- 
gnages du pamphlétaire anonyme et de l'historien 
anversois, et fait de 0. Adriaensz. le portrait le 
plus hideux. L'écrivain ouvre son récit par une 
exclamation, qui prélude dignement à Pacte d*accu- 
sation dressé contre sa victime : Frère Corneille, 
s'écrie-t-il, qui ne le connaît, ce fils du tonnerre, 
tour à tour et trente ans durant, redouté et honni, 
méprisé et loué; lui, dont maint volume d'histoire 
nationale esquisse, depuis plus de deux siècles, la 
lugubre silhouette; lui, dont la tradition transmet 
d'une génération à l'autre le triste souvenir, et que 
ses sermons — impérissable monument de sa honte, 
— font encore revivre à nos yeux. Frère Corneille : 
que de fois ce nom a retenti à nos oreilles, presque 
toujours comme un nom sinistre! L'idée seule de 
faire sur cet homme de^ recherches nouvellç^, 
met notre esprit à la torture; entendre parler de 
lui, nous donne le frisson, et nous nous résignons 
d'avance à plonger les regards dans un abime de 
ténèbres et d'immondices. 



(') De herhheruormvng te Brugge, enz., Botterdam, 1856, D. I, 
blz. 106-116. Cfr. Bij&ragen tot de oudheidkunde en geachiedmis, 
imonderheid van Zeeuw8ck»Vlaanderen, 4* D., Middelburg 1859« 
blz. 286: ** Anecdote, betrekkelijk broeder Cornelin", artiole 
signe H. Q. J[a.hs8BK]. 



362 

Fuis, sans mentionner la notice de Goethals, 
et sans faire un usage loyal des épitaphes et 
de l'extrait du Necrologium, l'auteur ne trouve 
pas d'expressions assez fortes pour flétrir ce moine 
impudique, ce prédicateur ordurier et scandaleux, 
ce fanatique avide du sang des réformés Q). Enfin, 



(^) "B r o e d e r Co&nslis, wie kent hem niet,dien zoon des donders, 
eens dertig jaren lang tegelijk gevreesd en bespot, verfoeid en 
geprezen, in menig vaderlandsch geschiedboek sinds ruim twee 
eeuwen afgesohetst, door de overlevering van het ééne geslacht 
verlevendigd tot het andere en nog als voor onze oogen afgemaaid 
in zijn' sermoenen -bundel, het ijzeren gedenkteeken zijner 
schande P Broeder Cobnelis : zoovaak reeds kwam die naam ons 
voor — ach, doorgaans als een kwad e naam — dat wij niet alleen 
met gespannen geest naar uitvoeriger* berigten vragen, maar dat 
wij, huiverig geworden waar wij van hem hoorden, voorbereid zijn 
om te staren in een' zwarten poel van duisternis en onreinheid." 

" Twee zaken waren er, waarom broeder Cornklis bj tijd- 
genoot en nakomelingschap zoo berucht is geworden ; zijne 
geheime discipline en zijn schandelijk prediken. Het eerste 
beschrijven wij niet : de kieschheid beveelt ons het diepste 
stilzwijgen.... " — L'auteur parle ensuite de la découverte 
de Tordre des dëvotaires, de l'enquête ordonnée par le magistrat, 
du dossier volumineux et de l'éloigné ment du Fr. Corneille à Ypres. 
— " Zijne beruchte sermoenen, door een' waarheidlievende uit 
zijnen mond opgeteekend en vervolgens in 't licht gegeven, laten 
al wat men ooit van trivialiteit, menschelijke drift en onreinheid 
op den heiligen kansel gehoord heeft verre achter zich. Zij behelzen 
de grootste schandtaal, waarmede ooit de leerstoel van waerheiden 
Godsvrucht is ontwijd geworden. Geen straatwoord zóó laag, geen 
scheldnaam zôô afgrijsselijk, die er niet in gevonden wordt; geen' 
enkele bladzij onbezoedeld, ja, niet overvloeijende van wat 
gruwelijk is en onwelluidend. Inderdaad, waar z66 booze en on- 
reine geest alom zich uitlaat, dâàr moet men zich geweld aandoen 
om hem het oor te leenon : wie afdaalt in dezen poel gaat een' 

pestwalm inademt Maer boven alles is het te verwonderen dat 

de geestelijkheid, de goede Boomsoh-katholiken, hunne zaek met 
een zoo beestelijk instrument hebben willen bevorderen en 
lulk een' Bohandelijk persoon gebmikan. " 



363 

après avoir dans une note, prétendu réfuter Beau- 
court de Noortvelde, il termine son réquisitoire 
par cette triomphante péroraison : Le voilà donc 
qui se dresse devant nous, ce champion-géant! 
Il pose, ici comme un Goliath, plein d'arrogance 
et de présomption, muni du glaive, de la lance 
et du bouclier, combattant avec des armes char- 
nelles, alors qu'il devrait combattre au nom du 
Seigneur des armées. Là, comme un Oaïphe, chez 
qui le but justifie les moyens,rusé et sans conscience, 
ne s'inquiétant pas de la mort de l'innocent, dès 
qu'il s'agit du triomphe de ses intérêts personnels. 
Ailleurs, comme un Saul, respirant menaces et 
carnage, mais jamais, hélas, transformé en Paul. 
L'insensé! Il prétendait enrayer le mouvement 
de son siècle en lui lançant les anathèmes de 
^ Semeï, et étouffer la réforme dans le feu et le sang; 
mais il ne savait pas combien est vraie, même en- 
deçà de la tombe, cette parole du Seigneur, que 
nulle âme humaine ne saurait subir la mort Q) ! 



(*) " Z66 staat hij daar* de reus onder de kampioenen ! Hier als 
een Goliath, pogohend, laatdunkend en honend te voorschijn 
tredende, voorzien met een zwaard en met een' spies en met een 
schild, strijdende met vleesschelijke wapenen waar hij had moeten 
strijden in den naam van den Heer der heirscharea. Ginds als 
een Cajaphas, voor wien het doel de middelen heiligde, sluw en 
gewetenloos, zich niet bekommerende over den dood der onschuld 
waar het den triomf gold van eigenbelang. Elders als een Saulus, 
moord en dreiging blazende, helaas, nooit een Faulus geworden I 
Die verblinde I Hij waande den tijdgeest te bezweren door den 
Simeï'svloek, te verbrijzelen door brandstapels en moordsoha- 
votten; en hij wist niet, hoe waarachtig het woord des Heeren ia, 
ook aan deze zijde des grafs, dat geen* rnenschenziclen gedood 
kunnen worden !" 



864 

L*aadac6 n'est pas toujours un élément de viotckif e; 
M. Arnold l'a prouvé à Janssen dans son remarquable 
travail, si heureusement intitulé : Un plaidoyer {Eên 
pleidoQi)^ et dont nous avons déjà parlé. Le savant 
bibliographe y démasque les ruses de guerre 
employées par les ennemis de Broeder Oomelie et 
surtout par l'auteur de la Kerkhervanning te Brugge; 
il y dévoile avec sûreté leurs artifices et relève 
avee précision les erreurs, parfois volontaires, les 
réticences calculées, le manque de critique et de 
loyauté de tous ces écrivains, qu'il dénonce pour 
la plupart comme copistes ou plagiaires (^). 

De longues et pénibles recherches, d'Ueureuses 
découvertes ont accumulé entre nos mains de 



(0 Oa B6 demande oomment H. P. Al^vdingk-Thijm, apr^s 
avoir la le Flddçai, ait pu ^rire sur le Fiç. Corneille une notice 
biographique, où nous relevons les assertions suivantes: " Elevé 
à la prêtrise, Adriaensz. devint successeur 4e Oas8aader(!) dans une 
chaire publique à Bruges.... En 1563, il fut eovpjé par son 
gardien à Ypres, à cause de sa singulière discipline de pénitence (!) 
et de la manière dont il reprochait au magistrat la tolérance de 
celui-ci à Tégard des hérétiques. De retour à Bruges, en 15d6, il y 
attaqua, d*un tom acerbe et souvent cynique (!)i les nouveautés 
religieuses et leurs auteurs. (1568 $ehickt$ ikn 9ein Ouardian naeh 
Ypern, Veranlusecmg zu diesier Veröuderung war di^ Art uTkd Weite» 
wie er dem Brügger Magietrai êekie Müde gegmi die heteser vqrwarf, 
iowie eeine eigenihimUcke BuaeéUacipUn, Im J. 156|S kehrte er naoh 
Brugge eurüók und ausêerié eieh m eeinea Fredigiet^ avf eekr détle, 
Ja ofi eynieehe Weiee gege» die JcircUicken Nemrungerk uni deren 
Urheber). Il déclama en 1572 oontna le dixième denier imposé par 
le duo d'Albe (I), et U&ma hautement l'attitude de3 évôq^iea 
devant la révolution. H écrivit plusieam ouvrages «Jioétiques 
flamands, p. ez. (1) " sur ks sept sfMsrementa " et *' sur lea dix 
oommandements " ; cependent oea ^ritsi ne sont pas parvenus 
jusqu'à nous (1). Il en est autrement de ses sermons» qui 
ont servi de sources principales à ses biographes. La première 



365 

nt)mbreuz documentai inédits et contemporains du 
Fr. Ooraeillej négliger de les mettre au jour, c'eût 
été manquer à un devoir de charité et de justice. 
Sincèrement conyaincu de rinnocence du digne 
religieux, nous ne pouvions nous abstenir d'appuyer 
les conclusions de M. Arnold, ni laisser peser sur 
notre professeur de la fondation Cuba, des accusa- 
tions trois fois séculaires sans doute, mais de tout 
poitot imméritées Q). 

édition de la preraiëro partie fut imprimée à Bruges en 1566 (!) par 
un de ses ennemie, le libraire de Neater (!) (*), pendant le séjour 
de Corneille à Ypres. La seconde partie fut publiée en 1569 (!) 
par H. Gbltzins, ayec la coopération de J. Castelius. L'éditeur y 
ajouta une biographie injurieuse du Fr. Corneille, où il racoute que 
oelui-oi donnait à ses pénitentes d' Ypres (!) la discipline d'une façon 
peu correcte et établit Tordre dee dévotaires, obligées au silence 
par serment. La chose, dit*on, aurait été découverte seulement 
dottsé ans plus tard. 11 est impossible de déterminer ce qu'il y a do 
vrai dans ces assertions". — Wbtshb und Wblu's Kir^iUexicon, 
Freiburg 1882, t^ AbEiABNsz. OornélitH, article signé : F. Alber- 
dingk-Thijm. 

(>) iTii courant de sincérité se manifeste chee les historiens de 
la réforme. Dans son gigantesque travail : Geachichte dee deiUsehen 
Volkés (Freiburg 1888, Seohster Band, p. 220), M. Janssen enregistre 
la réhabilitation de Thomas Murner, le fameux moine franciscain 
du 16* siècle, tant calomnié autrefois. Celte réhabilitation est due à 
des auteurs protestants. Kous osons espérer que cette impartialité 
trouvera dee imitateurs chez leurs coreligiomùres à l'endroit de 
Broeder OorneZw. 

Au moment où nous écrivons ces lignes, les journaux se font 
l'écho des sucoèâ oratoires remportés à Rome, dans TégHse de 
San-Carlo, par un humble religieux, Fra Agostino da Moutefeltro, 

(*) L'auteur de cette notice aura aana doute été induit en erreur touchant ce 
pÊeudongme, par la leeture d'une lettre qui pinède la seconde partie des Sermoeneu et 
cönunenoe ainsi: JvnvB tav ▼aB»i»oi.n m0HÊeket g^fnei^li^fUnwieni OatmxiBv 
Nmincia, gêhuk emde êoUdk^t. CkriaUnêH itvukertiff* vrient, «v en w niet vergheten uwe 
eorekenldidikeyit die gkg altydt gekadt hebt, tmijle daigkgf gijt heêiek gheveeet int verga- 
deren bjf geeekrtfUj die eonderlinexte propooeten ende eententien der Sermoenen van oneen 
fwr venihwnb» B. CemeUê eni." 



866 

Ce considérant nous servira d'excuse auprès de 
ceux de nos lecteurs, qui trouveraient trop longue 
l'étude consacrée au célèbre prédicateur. 

Reprenons maintenant la série des titulaires du 
cours public de théologie, 

lai aassi, comme Fr. Corneille, enfant de la grande famille fran- 
ciscaine, et qui après avoir électrisë Pise, Florence et Turin, 
enchaîne en ce moment les masses au pied de sa chaire dans la ville 
éternelle. Fidèles à leur tactique, les adversaires de la religion, 
impuissants à arrêter le mouvement populaire, n'ont trouvé rien 
de mieux que de salir la robe du saint religieux et de répandre, 
par les mille voix de la presse, une ignoble parodie de ses éloquen- 
tes prédications. Yoici ce que nons lisons dans le Bien jmhlU 
de Gand: 

" On écrit de Rome, 11 Mars (1889) : 

La prédication du Père franciscain Agostino da Montefeltro 
produit un effet vraiment prodigieux sur l'immense auditoire, qui 
se presse chaque jour à SaM-Charles au Gorso. On voit en quelque 
sorte passer à travers cette foule des frémissements d'enthousiasme, 
et, s'ils ne peuvent se manifester librement à l'intérieur de l'église, 
ils éclatent au dehors en applaudissements, en ovations magnifi- 
ques, chaque fois que Padre Agostino sort de Saint-Charles pour 
rentrer à son couvent. 

Dans son sermon de ce matin il a montré, dans la notion que 
nous donne de Dieu l'Église catholique, la substance et la base de 
toute science, de toute morale, de toute justice et la condamnation 
triomphante des erreurs et des aberrations de l'impiété. Quelque 
sublime qu'il ait été par la doctrine, il a su, et c'est son caractère 
distinotif, accommoder sa parole à l'intelligence du peu])le et mettre 
à la portée de tons les esprits les plus hautes vérités de la 
philosophie et delà théologie. Son éloquence, vraiment apostolique, 
est sans apprêts et sans fard; on sent qu'il parle du cœur et il 
sait faire passer sa persuasion la plus intime dans l'àme de 
l'auditeur ; son élocution simple, spontanée, est rapide et 
pénétrante. 

Le merveilleux succès de l'humble religieux ne pouvait manquer 
d'exciter le dépit de nos libéi-âtres. Un de leurs principaux organes, 
la Rif or mat l'a menacé des rigueurs de la police " s'il ne modère 
pas la fougue de sa parole ". D'autres le tournent en ridicule et 
publient de soi-disant comptes rendus de ses sermons, où ils lui 
font avancer les plus grosses hérésies. 



867 

Josse WalravG Q)^ né à Audenarde, étudia la phï- JoMeWairaye 
losophie à la pédagogie du Faucon à Louvain et fut 
proclamé 9® dans la même promotion où son prédé- 
cesseur, Corneille Brouwer, avait été 4® (^). 

En 1551, Walrave prit congé pour aller résider 
dans sa ville natale (^). 

Hier encore, on débitait publiquement des comptes rendus de oe 
genre, ainsi que des pamphlets odieux contre Téminent prédicateur. 
Mais le peuple romain en fait bonne justice par son dédain pour 
les insulteurs et par son enthousiasme pour l'illustre franciscain. " 
— N» du 14 Mars 1889. 

" On télégraphie à VOhservcdeurfrançaîê: 

Bome, 27 Avril (1889). 

Son Eminenœ le cardinal-vicaire a mandé hier le Père Agostino 
et lui a infligé une remontrance au sujet de la bénédiction qu'il 
avait cru devoir accorder au roi d'Italie et à ses ministres. 

Le Père Agostino publiera une rétractation dos paroles impru- 
dentes qui lui furent inspirées par un zèle irréfléchi. (8ou8 
réserves):* — N» du 29 Avril 1889. 

'' La fable mise en circulation par la Trtbuna, d*une prétendue 
admonestation que le F. Agostino aurait reçue du cardinal-vicaire 
a été formellement démentie par VOeservatore romano, déclarant 
que le P. Agostino n'est pas môme allé au Yicariat le jour où la 
Trlhuna affirmait qu'il y avait reçu une réprimande." — N* du 
2 Mai 1889. 

On croirait lire une page de l'histoire du Frère Corneille ; 
tant il est vrai qu'à toutes les époques, aujourd'hui comme il y a 
trois siècles, la haine et la mauvaise foi ont recours aux mômes 
armes, le mensonge et la calomnie. Le coryphée de l'impiété 
moderne l'a dit et répété à satiété : " Mentez, mentez toujours, il 
en restera quelque chose." Le précepte du mattre est fidèlement 
gardé. 

(») Voir plus haut, p. 279. 

(«) Analectes, etc., T. II, p. 323. 

(') " Betaelt M' Joos Walrave, ter cause vande Icsse die hy 
ghelesen heift inde Godtheit up dhalle der stede van Brnggho, 
voor zyn pensioen, den tyt van drie maendeu, verschenen den 
27 Julio 1551, V ft gr. 

Ende hier nam hy oorlof ende vertrack naer Ondenaerde daer hy 
ghynck resideren zo hy zeyde. " — Bekeninghe van der executie etc. 



368 

Soit que le désir de rentt*er dàBs sa patrie ne fût 
qu'un prétexte allégué auprès des administrateurs 
de la fondation Guba^ soit qu'une nouvelle position 
lui fût offerte après son départ de Bruges, toujours 
est-il que Tancien élève de Ttlniversité enseigna 
la philosophie pendant les années académiques 
1551-52 et 1552.53, dans l'établissement où il 
avait fait ses études (^). 
0^1"^ Il fut remplacé, le 20 Juillet de l'année 1551, 

par Corneille Coorde (^), natif de Roulers, ancien 
élève de la pédagogie du Château à Loüvain, 7® de 
la première ligne dans le concours de la Faculté 
des arts en 1643 (^), et bachelier formé en théologie. 
Après l'ouverture de son cours aux halles, le 
nouveau lecteur fut reçu par le magistrat au local 

(') Afiiüect&i, etc., T. XXI, p. 119. 

(^) " Actam den 20 in Hojmaend 1551. üp tvertooch van M' Joos 
de Damhondere, greffier vande vierschare deser sfcede, als substi- 
tuut van M' Gornelis van Baesdorp, raed phisicyn ende medecyn 
der C. M., ejrecutenr... vande testamente van wylen Br. J. de 
Witte... die vertoochde den college... dat M* Joos van Walrave... 
laetst bediendere vande lesse in der Godtheyt, oorlof ghenomen 
hadde ende vertrecken wilde, ende M' Gornelis Goorde van Rous- 
selaere Pb" die hem voor nut ende ydoine by lieden van eere ende 
verstande gherecomman deert was, vulveirdich was 't last ende 
condicie vande zelver lesse te accepterene, was by den college 
gheresolveert ende gbeaccordeert dat de voorn. M' Gom. accepte- 
rende de voors. lesse, gauderen zal van zulcke proffycten ende 
emolumenten van vryheden van zekere quote van assise ende van 
eenen keerlakene sjaers, ghelyck de voorn. M' Joos zynen voor- 
zate ghegaudeert hadde, consenterende dat inde stede vande drie 
hueren naer den noene dat men de voorn, lesse gheploghen beeft 
te doene, de zelve lesse van nu voordaen ghedaen zal meugheu 
worden ten vier hueren in den zomere ende ten drien ende alf in 
den wintere." — Secreie resoliUiehoivCi 20 Jul. 1551. 

(3) Atmlectes etc., T. III, p. 10. 



809 

de VAne iweuffht où on lui offrit, à titre de bienvenue 
et d'après les usages reçus, six canettes de yin du 
Ehin O- 

La pension allouée à ses prédécesseurs était de 
20 livres de gros; celle de Coorde et de ses suc*» 
cesseurs fut portée à 22 livres (^). En outre, à partir 
de 1547-48, les professeurs de théologie, mis sur le 
même pied que ceux des belles-lettres, recevaient 
de la ville, sous le nom des Tcdrlaken^ une gratifia 
cation annuelle de 2 livres de gros (^). Tous jouis" 
saient, dans une certaine mesure, de l'immunité des 
impôts sur la bierre et le vin (*). 

Parmi les joyaux délaissés par Jean de Witte, se 
trouvait un anneau d'or aux armes de l'évêque. 
En 1554, C. van Baesdorp, du consentement du 
magistrat, en fit cadeau à Corneille Coorde (^). 



(0 "Betaelt inden blinden ezele den derden dach van Septembre 
XV' LI, over sesse cannen rjnschen wjn, die ghescboncken waren 
meestre Cornelis yan Goorde bacalaureus formatas, lesere in theo- 
logie, naer costume, tzynen welleoommé, naer dat hy beghonnen 
hadde te lesene np dhalle, de somme van elleven scellingen grooten 
ayn XI s. gr. " — IH ende IIII reheninghen, etc, 

O Walrave reçoit toujours 20 fc gr. — " Coorde, anghenomen 
inde stede van M' Joos Wiklrave te XXII ISa gr. tsjaers." — III ende 
IIIÏ rèkeninglben, etc. 

(') CC. de la ville, passim. Le heirlahen se donnait parfois en 
nature. Far exemple, nous lisons dans le compte de 1552-53, fol. 48: 
*' Midts dat by [J. Crancke] dese jaerscbaere by ordonnancie 
yanden collegie gbehadt heeft een keirlaken in specio [6 ellen 
dobbcle leeuwen] ghelyk dander pensionnarissen, hier te deser 
yaert.... niet. " — Cfr. Ö. 1558-59, fol. 54'». 

(*) Voir l'acte de nomination de Oruckius, p. 265,note l;de Corneille 
de Dordrecht, p. 277, note 1; de Corneille Coorde, p. 368, note 2. 

(*) Histoire du Séminaire de Brugee, T. II, Documents, p. 63. 

24 



870 

Après la mort de Jérôme Olichtove (5 Nov. 1 555), 
Goorde lui succéda en qualité de grand-coûtre 
(major custos) de Saint-Donatien, tout en conti- 
nuant ses fonctions de professeur, jusqu'en Octobre 
1557, date de sa mort (^). 

Sous son professorat, les leçons se donnaient 
Taprès-midi, à trois heures et demie en hiver, et à 
quatre heures en été. 

En Décembre de Tannée 1557, Guillaume de 
Poitiers, évêque nommé de Térouane, ancien cha- 
noine de Saint-Donatien, écrivit au magistrat de 
Bruges pour lui présenter un candidat. Mais le 
collège s'excusa et préféra s'adresser à Pierre 
Valcke (FaZco) (^), brugeois, ancien élève de Técole 
Bogaerde, proclamé primus dans la promotion de 
1550 de la Faculté des arts. 



{>) Ada cap, 13 Oofc. 1557. 

(') " Up tverzouck by brief ven an fcooUege ghedaen by myn heer 
Poictiers ghecoren bisoop vftn Terenburcb omme ghepromoveerfc 
thebben eenen N... totter lessé vander halle deser stede in de 
godtheyt... Daer dat tcollege heeft veretaen te Leuven te wennen 
eenen M. Petrus Falco kindt vande Bogaerde scole, die zonde 
eerste gheweest hebben vande promotie in ariUms te Leuven, es 
gheresolveert te scryven an hem te Leuven of hy zonde willen 
dese lesse begheeren." — SecrdereBoltUiehtmc, 7 Dec. 1557. 

Pierre Vaicke est le premier brugeois qui obtint les honneurs du 
primus. Il avait étudié à la pédagogie du Lis. 

En 1782, lors de la réception solennelle de François Beyts, autre 
brugeois, proclamé premier en philosophie, le P. Dominique De 
Foordt, prieur des Ermites de Saint- Augustin, rappela le souvenir 
du triomphe de Valcke dans ces chronogrammes : 

Petrus VaLCke brUgensIs fuit prIMUs 

CünCtls Votls In LILIo LoVanlensI. 

geLeerDen Man. 

p. Ledoux, Leume der vermaerde mannen der stad Brtigge. (Msc. 

appartenant à M^ De Wolf, pharmacien à Bruges). 



871 

Ces démarches n'aboutirent pas, oar, le 16 Sep- 
tembre 1558, le magistrat demanda à Pierre de 
Cor te, alors professeur à l' Université de Louvain, 
des renseignements sur Ghislain de Vroede. 

Sur l'avis favorable et la recommandation de GhîBiaîn 
P. deCorte, G. de Vroede fut agréé. Le 5 Octobre ^e Vrœde. 
suivant, le nouveau professeur se présenta devant 
le collège et accepta la charge qui lui était 
offerte Q). 

Ghislain de Vroede, de Dunkerque,fut troisième 
au concours général de Louvain en 1542, professa 
la philosophie au collège du Lis de 1545 à 1549, 
et devint licencié en théologie (-). 

Malheureusement, il ne fit que passer à Bruges, 
Dès le 23 Janvier 1559, le. nouveau professeur 
demanda d'être délié de ses engagements, pour aller 
prendre possession de la cure du grand béguinage 
à Bruxelles, dont le prince d'Orange venait de le 



(*) " Gboordonneert te scryven an Curfciua te Leuven omnie 
informatie thebbcn ende zyn advys van M' Gislenna de Vroede 
bacchalaureus Theologiae omme de lossen thebben in tbeologie 
bier te Brugghe. " 

" Ghoreaol veert te scryven an myn heore Petrus Curtîus hoe 
dat myn heeren M' Gislenus do Vroedo by zyn recommandatie 
hebben ghepromoveert cndo gheadmetteert totte professie vande 
lesse in theologie, biddende hom dat hy den voors. M' Gislenus 
danof advertero. '* 

" Up tverzouck van myn voors. heer Gurtius es gheresolvoert 
te scryven een antwoorde an myn heer Poictiers ghecoren biscop 
van Terenbiirch voor excuse van dat zyn gherecommandeerde 
niet en es ghepromoveert totbe lesse van theologie. " — Secrète 
nsolutlehonc, 16, 20, 2i Sopt. 1508 Cfr. 5 Oct. 1558. 

(-) Ayialc'des, etc, T. III, p. 5; T. XX, p. 366. 



872 

pourvoir (^). En I6625 il deyint caré de la paroififie 

de Notre-Dame de la Chapelle. Nommé suffragant 

de rarohevêque-cardinal de Granvelle en 1569, il 

fut sacré à Saînte-Gudule, sous le titre d'évêque 

de Sélîvrée {SoMyria) i. p. L, le 23 Avril 1670 {% 

Après le départ de G. de Yroede, la chaire de 

théologie demeura vacante pendant plus d'un an. 

Le 13 Novembre 1559, le magistrat écrivit à 

0. van Baesdorp, alors absent de Bruges, pour 

le prier de faire connaître son candidat, et, le 25 

Mars 1560, François vande Woestyne se chargea, 

au nom du collège, de faire des avances auprès de 

Robert Olaeyssone, récemment rentré de France, où 

il s'était rendu célèbre par ses prédications. 

Eoberfc Ce choix ayant reçurapprobation de C. van Baes- 

cueyssone. (Jorp, le magistrat s' empressa de nommer Olaeyssone 

(5 Juillet 1560) et résolut de lui offrir, à son entrée 

en fonctions, douze canettes de vin (^), 

i}) " 23 Jan. 1559 (n. s.). Den lesere vande halle in theologie 
heeft verzocht ontsleghen te zyne omme dat den prinsche yaa 
Oraignen hem heeft voorsien van eene scoone cure, twelcke hem 
es gheconsenteert. (Ghenaempt Gislenus de Yroe). " — Secrète 
retoltUiehoue, 23 Jan. 1559 (n. s.). 

(') Afuîleetest etc., T. III» p. 5; P. Clabssens, Hieioire des arche- 
vêques de Malines, Loavain 1881, T. I» p. 171. 

(*) ** Ghelast omme traceren vande lesse in theologie np de 
halle te scryven omme eenen lesere mjn heere den docteur in 
medecjn Baesdorp. " 

** Up de provisie van noode wesende omme te voorsiene de lesse 
in der godtheyt van een gheleerden man, ghercsol veert dat men 
verneme hy missive an M' Robrecht Claeysseune of hy de lesse 
zoude willen anvoërdcn, hem de zelve presen toerende. Danof last 
ghenomen heeft M' Franeoys vande "Woestyne. " 

** Ghehoort trapport van Philips van Belle rapporteerende dat 
M' 0. Baesdorp van advyse was te confererene M' Robrecht 



r 



373 

Bien que Robert fût le fils de Jean Claeyssone, 
exécuteur testamentaire de J. de Witte, on ne peut 
accuser le magistrat d'acception de personne. 

Robert Claeyssone était vraiment Thomme savant 
qu'on chercliait. Né à Bruges d'une famille très- 
considérée,il étudia la pUlosopbie à Louvain^comme 
élève de la pédagogie du Château, où il obtint la 
6® place au concours de la Faculté des arts, en 
1547 (^). Un des premiers Belges, il entra dans la 
nouvelle Compagnie de Jésus. C'est sans doute à 
cette occasion qu'en 1553 (n. s.), il résigna une 
cbapellenie dont il était possesseur à Saint«Doûa« 
tien O. 

Envoyé par ses supérieurs dans la capitale de 
France, il y prêcha devant la reine Catherine de 
Médicis. Eustaohe de Bellay, évêque de Paris, se 
montrant peu favorable aux Jésuites, Robert évan- 
gélisa les villes voisines et le diocèse de Sens, en 
1554. Guillaume du Prat, évêque de Olermont, 
avait offert aux disciples de Saint-Ignace son 
hôtel à Paris, pour y établir un collège; mais rüni- 
versité et le Parlement s'opposant à cette fondation, 
le prélat protecteur de la Compagnie emmena avec 
lui en Auvergne Robert daeyssone, dont il appré* 



OlAyssemie f** M' Jans, onknox gheoommen nat Ynjoûkrfok, de 
lesse in theologie.... up de wedden daertoe ghesohiet, was de Mire 
collatie van M' Baesdorp by den college gheadvoneert ende goet 
ghevonden, ende gheseyt den aelren ClaeyMenne taynen anoomi- 
men te sohyncken XII stede oannen wyna. " — Bê&reU reioMU^ 
houe, 18 NoY. 1558; 25 Martü 1559; 6 Jnl 1560. 

(0 AnaUdeê, etc.., T. III» p. 83. 

(*) ÂHa cap.» 8 Febn 1558 (n. s.). 



374 

ciait singulièrement l'éloquenca et le savoir. C^était 
en 1555. Le jeune jésuite y déploya un zèle si gé- 
néreux que le cbapitre et les citoyens de Billom lui 
confièrent l'érection d'un collège, sous les auspices 
de l'évêque. C'est le premier établissement de ce 
genre créé en France (1556). Robert y enseignait 
probablement encore les saintes Écritures et les 
éléments de la dialectique, lorsqu'il fut rappelé 
dans sa ville natale pour disposer de ses biens Q). 
Le prévôt de Saint-Donatien eût vivement désiré 
que le nouveau professeur donnât ses leçons au 
réfectoire du chapitre. C. van Baesdorp avait déjà 
consenti à satisfaire à ces vœux, mais, sur les 
instances dû magistrat, il décida que le cours serait 
continué aux halles (*). 



(1) Oela-NDINUS, Hw^onoô SociGtatU Jeeu pare prima, sive Ignaiius. 
AntVerpiœ, 1620, pp. 242, 340, 377, 403; Delplacjs, Notice histo- 
rique sur VoffUiie^i collège dee Jésuites à Bruges, p. 4. 

(3) « AI20 Philips van Bello ter camere gheraporteert hadde dat 
M' Oomelia van Baesdorp.... yau advyse was de lesse in theologie.... 
by M' Bobert Claysseane te doen lesene binnen den beloke van 
S. Donaes np den reftere, uuten der halle, was gheresolyeert by 
hem te schickene twee soepenen ende voors. Belle, ende by de 
zelve yan hem te doen verso uckene dat, ten upziene dat de voors. 
lesse tot noch toe altyt es ghedaen gheweest up de halle, dat ooc 
dezelve daer ghestelt es gheweest by hem ende wylent M' Jan 
Olayssenne zynen mede executeur nu overleden, ende om me naer- 
mals met die van S. Donaes of myn heere den proost niet te vallene 
in eenioh gheschil, willende by aventure iiaer zyn overlyden 
schepenen de voors. lesse versteUen anderwarf up de halle, Baes-. 
dorp believen zoude de lesse up de halle te laten continueren. 
Ende was daertoe ghecommitteert M' Francoys vander Woestyne 
ende Pieter Anohemaat sohepeneu, de weloke ende de voors. Belle 
Stappans by den voors. Baesdorp ghegaen zynde en vandaer 
wederkeerende rapporteerden dat... Baesdorp... dat ghedaen hadde 
ter bcgheerte van myn heere den proost, ende dat, ter begheerte 



875 

L'enseignement de la théologie reprit le 16 
Juillet 1560. Mais ce travail ne suffisait pas au 
zèle ardent du religieux. Bien souvent il fit enten- 
dre sa parole éloquente dans la cathédrale de 
Saint-Donatien Q). 

Pour le malheur de la ville, Robert Claeyssone ne 
séjourna pas longtemps, pour lors, à Bruges. Avant 
le mois de Mai de Tannée 1561 (^), sa présence fut 
réclamée à Rome et la chaire de théologie resta 
vacante jusqu'en Octobre 1562, époque à laquelle 
le magistrat la conféra à Antoine Gaespoel. 

Antoine Gaespoel, de Louvain, fit ses études Antoine 
dans sa ville natale. Élève de la pédagogie du *®'^^' 
Faucon, il obtint la 7*^ place in pnma linea au 
concours de la Faculté des arts, en 1553; plus tard, 
il devint licencié en théologie (^). 

L*évôque Pierre de Oorte avait connu Gaespoel 
à Louvain. Empêché, par son grand âge, de prêcher 
lui-même aussi souvent qu'il l'eût voulu, le prélat 
manda son ami à Bruges, en fit son hôte et son 
commensal, et le prit pour un de ses aides dans le 



yan tnyn heeren vander wet ende omme de yoors. considération 
by hemlieden vertoocht, hj van advyse was hemlieden te ghelie- 
yene, ende de lesse up de halle dezer stede noch te doen conti- 
nueren. " — Secreie resoUUièbouc^ 10 Jnl. 1560. 

(') Yoir plas hant, p. 274, note 4. 

" De lesse in H. godbheyi heeft gevaohiert tot den 16 daoh 
yan Hoymaent [15]60, dat M' Bobert Clayssenne die heeft 
begonst. " — O, de la vüle, 1559-60, fol. 55. 

O " Midts dat hy [B. Clayssenne] niet en las tot Heilig Bloet- 
daghe... niet. '* — O. <2d la vüUt 1560-61, foL 58. 
(>) Analêdeê, etc.» T. III, p. 361. 



376 

ministère de la prédication Q). Oe choix était excel- 
lent; il procura aux fidèles de Bruges la faveur 
d*entendre un orateur zélé et éloquent {^). 

Sous le professorat d'Antoine Gaespoel, les leçons 
de théologie, données d'abord parait-il au réfectoire 
de Saint-Donatien, furent de nouveau ti*ansférées 
aux halles de la yüle Q). 



O ** D. Antonio, phallarnm hajuB civitatis pnblioo profeasori 
B"* Brngensia domestico et familiari id sapplioantl, DD. in gratiun 
dicti E***, ad instar sai capellani habitum ecolesie conceaserunt 
nsqne ad revocationem. " — Acta cap. 5 April. 1563 (n. 8.). 

Voir la lettre de P. de Oorte à Marguerite, dochesse de Parm^ et 
gonvernante des Pajs-Bas, dans l'ilppaïuiîcd du chapitre Y de oe livre. 

(9) Foppiirs, Oompendium etc., p. 171 : ** Ecclesiastes facnndis- . 
simns.*' 

(*) " Bxposito per D. Barradoiinm ad inatantiam B"** Bragensia 
qnod idem D. B**" qnotidianas leotiones theologicaa nuper in 
pballia inatitntaa et fieri soâtas, hand ita dndnm intermisâaa, hnc 
ad loenm refeotorü tranaferri et fieri affeotaret et proeoraret, 
petena qnatenna DD. in hoo condeacendere et locum annnere 
dignarentnr. Snper qno habita délibérations DD. oerta oonside- 
ratione mot!, ex gratia per modnm probe» diotaa leetio&ea hic in 
refeotorio fieri poaae oonsenaenmt naqne ad rèyooationem. Salfo 
qnod nlterina nihil fiat ant innovetur sine conaenan oapitnli, qni- 
bnadam tamen ex DD. omnea DD. ad hnno aotnm eaae vocandoa 
anatinentibna, qnia gratioanm. " 

" Belecta aemel atqne itemm acta per qnam ad B*** Bmgenaia 
inatantiam leotionea theologioaa in phaUia hio ad refeotoriiim 
tranaferri et fieri poaae oonoedebatnr, tandem DD. in illins oon* 
tentia remanaenmt, aalro qnod aoamna vel pulpita non appona&tnr 
et nihil fiat, vel innoretnr aineoonaenan oapitnli." — Aota cap, 12, 
15 Oct. 1562. 

'* Up tvertoooh yan myn heere de Bnrohmeestere de Ba^dorp 
ala d*administratie hebbende hj teatamente van den biaoop yan 
Onba fondateur yande leaae np de halle, hoe dat hy begheerde 
thebben tadvya yan den coUegie omme te conaenteren den leaere 
in de haUe yan theologie te preken deaen vaabene tonaer Vranwen 
ter yersonoke yande kerokmeesfcers aldaar, heeft tcollegîe ghead* 
yiseert dat, ghemerokt dat de halle te repareren ea, lo dat men de 



877 

Le 10 Septembre 1567, Tévêque, en vertu des 
pouvoirs que lui accordait la bulle de Pie IV '* JSte 
htjuncto Nobis " conféra à notre professeur la 22* 
prébende de sa cathédrale, devenue vacante par 
la mort du chanoine Jean Reff ect et encore réservée 
aux gradués. Gaespoel était aussi suppléant du curé 
de Saint- Jacques (^), François Thibaut, qui avait 
été suspendu de ses fonctions. 

Il mourut au palais épiscopal^le 17 Octobre 166 7, 
le lendemain du jour où son vénérable maître 
l'avait précédé dans la tombe (*). 

Le 6 Novembre 1667, Gruillaume Taelbopm, à Qj^Taeiboom. 
titre de parent de Tévèque de Cuba (^), sollicita 



lesse nyet en zoude knennen doen, datmen ten dioD respecte ende 
gheen andere» zoude hemlieden lesere betaelen zyn gajgen. ^ — 
Seer^ resol/uiUôbaue, 15 Not. 1663. 

e) Voirp. U.-^Jeia cqp. 10 Sept. 1567; SI Mali 1566; Jloto 
ticaHcUuê, sede vacante, 27 Oct. 1567. 

(^ Âcta cap. 18 Oct. 1567. Il fut inhumé dans l'église de Saint* 
Donatien. L'inscription suivante consacrait sa mémoire : 

Jahua ••«»•• TiTA 



BnruvrVKL 

venerab, viri D» ao M 

AKiHoirn Gazsiobl LovAimsKsis 

Pb^ ac a. T. L. 

d Jm^ ùMtatiê 

Baerarum ÎUterarum profesioris, 

$è0ûnon ^« 00ol. Muft» 

catumieit 

qui obtU 1567, 17 (kMriê. 

n est étrange que GaiUiardi qui reperdait cette épitaplie {Inêûtip* 

iiom fi»n6taÊTe$ etc., S. Donat, p. 118). aift lait da Gaei^^ori «i^ 

professeur au S^vyinairê ^(^iêtopal* 

(') Hiêloirê du Siminaiire de Brugeê, T. II» Docttm«Dts, p. 178» 



378 

la succession de Gaespoel dans la cliaîre de 
théologie. Le magistrat consulta le Fr. Paul yan 
der CojCi prieur des Dominicains^ les chanoines 
Jacques de Pamele et Silvestre Pardo, licenciés en 
théologie et d'autres sur le choix à faire, et, en 
particulier, sur la capacité de Taelboom. Le 
rapport on ne peut plus élogieux touchant le 
candidat '' versé dans les langues latine, grecque 
et hébraïque,et surtout dans la science théologique", 
détermina le collège à nommer Taelboom (4 Décem- 
bre 1567). Pour mieux assurer la régularité des 
cours, il fut enjoint au nouveau professeur de ne 
pas quitter la ville sans permission Q). Un chan- 
gement dans le mode de payer les honoraires, 
introduit lors de l'entrée en fonctions de Taelboom, 
semble viser le même but: on statua que le professeur 
recevrait à l'avenir un méreau de 2 s. gr. par leçon,de 
manière à toucher, au bout de l'exercice, en don- 
nant cinq leçons par semaine, la somme complète 
de 22 ft gr., allouée au titulaire {^). 

Guillaume Taelboom, né à Bruges, en 1540, était 
fils de Léonard et de Jeanne de Zoete. Envoyé à 
Louvain pour y faire ses études à la pédagogie du 
Château, il fut le 4f in prima linea de la promotion 

0) Hiitaire du Séminaire de Brugei, T. II, Doonments, p. 187, 
notel. 

(t) *< BsghearreBteert de ordoBAntien vande lesse in theologie, te 
weten dat de leeere eal teloke leese hebben een loot weerdioh 2 s. 
gr. tot Yjt lessen de wéke, beloopende tot 22 ft gr. ts jaers gheordon- 
neert tot de roors. lesse. Tweloke gheven zal yemandt inde 
treiorie, lo langhe als de lesse int scepenhnns sal ghedaen worden, 
de weloke ordonnantie es in de tresorle ". ^ Seardê r9êoUdMouOf 
9 Jan. 1668 (n« s.). 



379 

de 1561. Dans la suite il obtint successivement les 
grades de bachelier et de licencié en théologie. 

L'évêque de Bruges l'avait pourvu de la seconde 
portion de la cure de Lisseweghe. Afin d'observer 
les conditions imposées parle magistrat» Taelboom 
résigna son bénéfice entre les mains du vicariat, a^^ 
vacante^ le 22 Décembre 1567, et, sur la présenta- 
tion du chapitre de Saint- Donatien en qualité de 
patron, il fut nommé, le même jour, curé de Tune des 
portions de l'église paroissiale de Sainte*Croix et 
de Sainte- Anne intra et extra Brugas Q). 

Sous son professorat les leçons se donnèrent, au 
moins pendant un certain temps, à la maison 
scabinale ou hôtel de ville (^). 

Le lecteur exerça paisiblement ses fonctions 
jusqu'à l'époque des troubles. 

Nous aurons plus loin (^) l'occasion de constater 

(*) " D. et Mgr. Guillelmua Taelboom, rector ij* portionis in Lisse- 
weghe, pure et libère resignavit eamdem snam portionem in mani- 
bu^ DD. vicariorum, sapplicans ut DD. dignentor de eadexn 
providere persone idonee. Quarn resignationem iidem DD. admi- 
serant. 

Eodem momento, altera portio parochiaJis ecolesie sanote Cmois 
et Anne extra et intra Brugas, yacans per resignationem D. Fran- 
cisci de Witte, procuratoris legitimi D. et Mg^ Amoldi Dierokens 
illins rectoris, causa permutationis de illa ad perpetoam capeUaniam 
de gremio chori fundatam ad altare sanote Oatharina, situm in 
' collegiata et parochiali ecclesia sanoti Pétri Lovaniensis Leodiensis 
diocesis, cum D. et Mg'» Gnillelmo Taelboom presbytère Bragensi 
S. T. B. fiende et perficiende, collata fuit,ad presentationem DD. 
decani et oapituli ecolesie catbedralis Brugensis litteratorie hio 
exhibitam, eidem Mg'» Guillelmo et sibi présenta et aoceptaoti 
oommissa onra animarum parocbianornm ejusdem portionis in 
forma consueta, et jure oujuslibot salvo." — Aota vióoricUuê, 
22 Dec. 1667. 

(») Ypir p. 378. note 2. 

(') Au chapitre II du livre II de cette histoirOi 



380 

combien fut précieuse pour la religion la présence à 
Bruges d*un théologien aussi courageux que savant 
Bornons-nous ici à quelques détails nécessaires 
pour ^intelligence de cette notice Q). 

Taelboom combattait vigoureusement les nova- 
teurs. Il avait vengé publiquement contre leur chef, 
Jean Oapito, ^institution du jeûne et du carême. Ne 
réussissant pas d'abord à obtenir du magistrat le 
banîssement de leur adversaire, ses ennemis firent 
si bien qu'tm prêtre apostat, Adrien Lopins (*), lui 
fut substitué dans la chaire de théologie. Le titulaire 
légitime s'en plaignit et obtint gain de cause. Il en 
profita pour faire, en présence de Capito, des autres 
ministres protestants et d'un nombreux auditoire, 
tm discours apologétique de la foi romaine. Invité à 
défendre dans une controverse publique ce qu'il 
avait avancé dans son discours, il accepta le défi. 
Les deux bourgmestres, Jacques Broucqsaulx et 
Josse de Oabotere, le greffier François de Groote, 
le corps échevinal presqu'au complet. Lopins, Ca- 
pito et tous ses ministres, une foule de savants et 
une grande partie de la population brugeoise assis- 
tèrent à la dispute scolastique (18 Mai 1580). Lé 
docte professeur sortit vainqueur de la lutte, et fut 
maintenu dans sa chaire. 

Le récit de cette joute théologique, le discours 
de Taelboom et ses thèses avec leur défense, nous 
sont conservés dazis l'ouvrage suivant: 

Foar 068 détails, Toir: Hütoire au Béminawn de Bm^st, T. H, 
DoonmentB, pp. 177-197. 

(*) Au ohapitre II du livre II de cette histoiref noas donnerons 
de plus amples reiuieignetnenti sur Jean Oapito «I Adrien Lopiiuk 



881 

Apóhgetiea cathoUeaô reliffiomB Quillblmi Tabl* 
BOEMIJ paêtoria 8. Annae et sacrarum Ktter(mmb 
apud Brïtgenses professons: qu^us continentwr Epi^ 
stola ad Beverendiss* B. Bemigium Driutium Epü" 
copum Brugensem, qua explicaiur scripti oecasio 
et argumentum: Oratio pro defensione Oathólieae 
Beligionis publiée Bmgis habita, inpraesentia Mini» 
strorum sectae Galvinisticae, anno 1580. Disputatie 
de verbo Dei non soripto dictam orationem subseeuta^ 
contra praedictos ministres, coram senatu et civibus 
Bmgensibus. Lovanii, apud Joannem Masium, Typ, 
jur. anno M. U. LXXXVIII. 

Furieux d'avoir été confondus» les coryphées 
des calvinistes, parmi lesquels se trouvait Ferdi- 
nand Leys, ne pouvaient supporter qu'un prêtre 
qui les gênait si fort demeurât longtemps à Bruges. 
Après avoir enseigné encore pendant six mois» et 
expliqué surtout les sacrements de pénitence et 
d'eucharistie, Taelboom fut suspendu de son lec« 
torat par la commission des biens ecclésiastiques 
[confisqués]. Il toucha cependant ses honoraires 
jusques vers l'époque à laquelle il fut exilé Q). 

Brisé par les souffrances endurées dans ses 
pérégrinations, le vaillant confesseur de la foi fut 
accueilli par Jean Six, évêque de Saint-Omer(^), qui 

Q) D'après les comptes de la ville, Taelboom reçut sa petiston 
complète pour l'exercice Juin 1580- Juin 1581. 
(*) Nommé à révôchë de Saint-Omer par Philippe II, le 13 Mai 

1580, et confirmé par bref de Grégoire XIII, en date du 3 Mars 

1581, Jean Six prit possession de son siège par procuration, donnée 
à Jacques de Pamele, le 19 Juillet suivant; il fit son entrée 
solennelle dans sa ville episcopale, le 6 Août de la même année. — 
Archives de la ville de Saint-Omer, Ad^ cap, 8, Audomari, aux 
dates indiquées. 



882 

le nomma curé-doyen de Bourbourg, Paatenr aussi 
zélé dans l'exil que dans sa pauvre patrie, Taelboom 
se montra digne de la confiance du prélat, si bien 
que^ le 21 Avril 1584, celui-ci le désigna pour 
succéder à François Lucas, comme chanoine théo- 
logal du chapitre audomarois Q). 

Q) Il ne fut mis en possession qne le 24 Décembre suivant : 
" Comparait personaliter in capitnio discretas vir et Mg* 
Ghiillelmns Taelboom.... habens et tenons in manibns certas 
collationis et provisionis litteras...., quibua per R«»« D. episcopnm 
sibi providebatur de oanonioatn et prebenda liberis et VBcantibns 
per aliornm oanonîcatus et prebende consecutionem Mg** Francisci 
Laoe... Beqnirens eapropter DD. meos qaatenns... in corporalem, 
realem et actnalem possessionem dictornm oanonicatas et prebende... 
îndncere dignarentnr. Oui requisîtioni... DD. annuentes... enndem 
D. Gnillelmnm Taelboom in petitam possessionem... posnerunt. 
Qao facto predictus D. ao Mg' Guillelmus Taelboom presentavit 
se ad stagium et residentiam faciendam. Ad qnam DD. mei 
deliberatione premissa eamdem admisernnt, salvis salvandis. Et 
deinde ad ejusdem instantem reqnisitionem concesserant ipsi 
licentiam pemoctandi extra civitatem hinc ad vigiliam nsque 
Epiphanie proxiroe inolusive, perdendo ut moris est, idque 
intuitu deservitnre paroohialis eocl. Watinensis- pastore carentis. 
Tenor atUem dictarwn UUerarum aeqytitwr et est talis: 
Joannes Six Dei et sedis Apostolice gratia, episcopus 
Andomarensis, dilccto nobis in Christo venerabili viro Mg'° 
Gnillelmo Taelboom, S. T. L., Pb~ parochiali eoclesie Burburgensis 
diocesis nostre Audomarensis, salutem in Domino. Canonicatum 
et prebendam lectonües eccl. nostre cathedralis Audomarensis, 
libères et vacantes per aliorum canonicatns et prebende ejusdem 
eocl. acceptationem et consecutionem Mg'' Francisci Luce.... tibi 
presentietcum lectionis onere acceptanti habili atquo ad id munns 

per te ipsum explicandum idoneo Dei nomine contulimus et 

donavimus, conferimus et donamus per présentes.... 

Datum et actum Audomaropoli in domo n ostra episcopali, anno 
D* 1584, mensis Aprilis die 21, presentibus ibidem venerabilibus 
viris ac DD. Mg'** Jacobo Pamelio S. T. L., arcLidiacono Flandrie... 
et Mg*** Sylvestre Pardone S. T. L., canonico eccl. cath. Antver- 
piensis, testibus. 

De mandate R"»» D. : Fr. Lucas secret."— -4cf a cap. 8. Âudomari, 
24 Dec. 1584. 






883 

En cette qualité, il expliqua lui-même, sans confier 
cette besogne à d'autres (^), les saintes Écritures 
pendant plus de quatre ans. H devint ensuite 
successivement archidiacre de Flandre (20 Juillet 
1588) (^), titulaire d'une prébende réservée aux 
gradués (10 Mars 1593) (') et enfin archidiacre 
d'Artois (27 Mai 1605) (*). 

Après la réconciliation de la ville de Bruges, 
révêque Eemi Drieux et le magistrat redevenu 
catholique comptaient sur le retour de l'exilé. Le 
premier l'avait pourvu de la 9* prébende, aSectée 
aux gradués en théologie (^); le second Tavait 



Q) " Ad reqnisifcionem D. ac Mg'^ Guillelmi Taelboom professons 
lectionis theologioe, DD. mei accordarunt eidem vacationem dicte 
lectionis ad sez hebdomadas pro vaoantiis estiris "» — Ada cap» 
8. Juchmari, 29 Jul. 1585. 

O En remplacement de Jacques Famelius, décédé le 12 Sep- 
tembre 1587. Les lettres de collation, en date du 19 Février, 
émanaient de Philippe II, usant de son droit de régale pendant 
la vacance du isiège de Saint-Omer. — Ada coup, 8, AiAdomari, 
20 Jul. 1588. 

P) Pourvu par l'évoque Jean du Yemois, le 5 Mars. — Ihîdem, 
10 Martii 1593. 

(*) Nommé par Tévéque Jacques Blasœus, le 27 Mai. L'archi- 
diaconat d'Artois était une dignité du chapitre audomarois et ne 
pouvait être conféré qu'à un chanoine gradué. 

** Personaliter constituius venerabilis ac discretus vir ao D. 
Quillelmus Taelboom Pb' S. T. L., canonicus graduatus affectus 
et archidiaconus Arthesie [lisfm Flandrie] hujus eccl., habens et 
tenons Htteras collationis et provisionis a B"'^ D. Jacobo Blasaso 
emanatas quibus per R"*™ providebatur sibi de arcbidiaconatu 
Arthesie ejusdem eccleHie affecto canonico gradnato, vacante per 
obitum D. Jacobi Poullain etc" — Ibidem, 27 Maii 1605. 

(^) " B'""' D. episcopus Brugensis de consilio et assensu canonico- 
rum prebendas affectatas obtinentiam,contulît D. et Mg^'^ Guillelmo 
Taelboom S. T. L. absenti tanqnam presenti canonicatum et 



384 

invité à reprend]^ son ooura public ftuz halles Q). 
Mais Taelboom déoliûa ôea oBrea et oonsaora les 



prebendam affectatosi Taoantes per Bimplicem resîgnafcionem D. 
Lanrentii de Molendino ntproouratoris D. et Mg^ Adriani Yamsi 
i£tiii8 noviaiimi possessoriB ". 

" Comparait coram B"''' D« ac venerabilibuâ BD* prebendas 
affectas in ecclesia cathedrali obtinentibus yenerabilis D. Hg* 
Antonias Begis canonicns et sofaolaster predicte ecolesie nt et 
tanquam procnratoi^ legittimns yen. D. Mg'^ Gnillelmi Taelboom 
S. T. L. canonici eeol. catbed. S. Ponatiani Bmgensis (pront 
oónstitit per cert&s litteras proourâtorii signatas : De Latere 
not.) i^gnavit pnre et libère ad manns B*** D. et predictôram 
DD. oanonioatom et prebendam quos in prediota eocl. catbed. 
Brng. obtinebati qnam resignationem prenominatns B"* D. ac 
DÛ. préfati (prestito prias per dictnm D. Antboniam solemnî 
jarameato ia animam dicti Taelboom qnod ia bajasmodi resigna* 
tionem non intervenit nec interveniet f raas, dolas, simonie labes 
aat aliqaa ilHcita pactio) admiserant ". — Acta Driutii 20 Sept. 1584; 
10 Jan. 1588. 

(^) ** Up tyertooch gbedaen yan wegben M' Willem Taelboom was 
hemgbeoonsenteert toUerantie yan het doen yande lesse theolo* 
gale tot beter oommoditejt '^ 

" Was gbeordonneert te bescbryyen M' Willem Taelboom 
canonynck yan S' Omaers ten fyne bj comme resideren ende doen 
de lesse tbeologicael yan de fnndatie yanden busscop yan Gaba 
ende dat binnen zes weken naer de receptie yande briefyen, np 
paine dat men honden zal de plaetse vacant, zo was oock ghere- 
solyeert de lesse te confereren den M' yan de predicaren 
yolghende zyn yerzonck ende yanden Prior hedent in coUegie 
yerzooht yolghende den wille yanden f andatear ". — 2 Oct 1587. 

" Was gheconsenteert die vande Jacobynen te doen de lesse 
yan Cnba ter halle np condition dat indien yemandt presenteert 
yan den bloede zal gheprefereert [zyn] omni Umpore, Ende inghe- 
yalle M' Willem Taelboom hem presenteert onthier en Lichmesse 
zal yan ghelycken ontfanghen worden in de continaatie yan de 
lesse ghelyck hy ghedaen heeft " — 

" Waeren ontfanghen briefyen van m" Willem Taelboom ende 
ghemerct de excusen by der zelyen yerclaerst, was hem ghecon- 
senteert noch dach tot Paesschen orome de lesse te continuerene ". 
— Secrète reeoltUieboue, 8 Jun. 1586; 2 Oct. 1587; 16 Nov. 1587; 
80 Jan. 1588. 



385 

dernières années do sa vie au service du diocèse, qui 
l'avait si généreusement accueilli aux jours du 
malheur. Il mourut à Saint-Omer, le 19 Septembre 
1608 {^); mais il n'avait pas oublié sa ville natale. 
Par un testament, dont il confie Texécution à Fran- 
çois Lucas, doyen du chapitre audomarois et à 
Michel Ingelmont, chanoine de Saint- Donatien, il 
exprime sa volonté d'être inhumé à Bruges, dans 
l'église des Guillelmites, auprès do ses parents, et 
fait prouve d'une égale générosité envers les com- 
munautés religieuses et les pauvres, tant ceux de sa 
patrie réelle que de sa patrie adoptive.Taelboom dote 
en outre des fondations importantes,oii la préférence 
donnée aux paroissiens de Sainte- Anne et de Sainte- 
Croix témoigne de son affection pour ses anciennes 
ouailles (^). Son corps fut embaumé et transporté, 
dans le carrosse de l'évêque Blasaeus, de l'église 
cathédrale de Saint-Omer au faubourg du Haut- 
pont, pour être conduit de là, par voie d'eau, jusqu'à 
Bruges, sous la garde de deux sœurs hospitalières. 
Les funérailles solennelles de Taelboom eurent 
lieu, le 24 Septembre, en présence do l'évêque 
Charles-Philippe de Rodoan, des bourgmestres des 
échevins et de la commune, ainsi que d'une foule de 
personnages distingués, ecclésiastiques et laïques, 
accourus pour rendre un dernier hommage à la 
mémoire de l'archidiacre d'Artois à Saint-Omer, 
que sa double qualité d'ancien curé de Sainte- Anne 

(*) Acta cap. 8. Audomari, 19 Sept. 1608. 

(-) Archives de ré vôché de Bruges. — Série Testaments: Testa- 
Tiientum G. Taelboom, Cfr. Histoire du Séminaire de Bruges, T. II, 

Docameüts, pp. 214-219. 

25 



386 

et d'ancien professeur de la chaire de Cuba, leur 
rendait cher à juste titre Q), 

Outre YApologetica^ Taelboom nous a laissé un 
magnifique éloge funèbre de Jacques Pamelius, 
son ami et compagnon d'exil, son prédécesseur 
dans Tarchidiaconat de Flandre, et évêque nommé 
de Saint-Omer : 



(^) F. J. van Maie pense, à tort, qne G. Taelboom fat enterre 
à Saint-Omer. Voir : Histoire du Séminaire de Entges, T. II, 
Documents pp. 182-183, où est reproduite l'inscription fanëraire 
gravée sur la tombe du défunt. 

Yoici quelques extraits relatifs au transport du corps et aux 
funérailles de Taelboom: 

" Mises faictes sur la recepte avant dicte : 

Au chirurgien aiant ouvert et accommodé le corps dudict feu 
Seigneur pour le porter à Bruges 6 9). 

Paie à Tapoticquaire pour huit torses d'une livre de cire la 
pieche, lorspu'on porta le corps en l'église de S. Orner, et pour 
avoir assisté à caulwer ledict corps et livré les drogues, ensemble 
18 &. 

Paie au palrefrenier de Monseigneur le B""^ aiant preste sa coche 
et chevaulx pour mener ledict corps vers le hault-pont. . 30 s. 

Paie au batelier pour mener ledict corps à Bruges. . 28 R. 

Paie à deux sœurs hospitalières, accompaignans ledict corps, 
pour leur dis pens de bouche et aultres soufferts sur le chemin, 6 0). 

Anltres mises faictes à Bruges a l'enterrement et service le 
24 de Septembre 1608 : 

Pour l'advertence donnée aux carfours de la ville du trespas et 
service 30 s. 

A Michel de Clercq pour livrison du drap tendu tant à la 
maison de Sire Jehan de Tollenaere, là oh, le corps fut apporté, 
qu'à l'église 33 ib. 4 s. 

Audict Sire Jehan de Tollenaere pour le bancquet funèbre faict 
en sa maison a Monseigneur le R"", Messieurs les bourgmestres 
et aultres gens honorables tant d'église que séculiers, y comprins 
les héritiers et les parens, le tout en conformité de la dernière 

volonté du défunct, paie 116 fc 15 s. " 

— Archives de la ville de Saint-Omer, G. 521, Compte de Vexèeuéion 
têdamerUaire de M' Tadhoom.., que font François Lucas,,, et 
Miéhid IngdmofU, etc. 



387 

In óbitum D. Jacohi Pamelii^ theologie D. Salva- 
toris Ultrajedensis Praepositi^ ecclesiae Audomaropo- 
litanae archidiaconi et Episcopi designati, oratio 
funehris Guillelmi Taelbomii 8. T. L. canonici et 
in iliius archidiaconatu successoris, Antverpiaö apud 
Petrum Beller um sub scuto Burgundiae. M. D. L. 
XXXIX. 

Avant de terminer ce chapitre, il ne sera pas 
sans utilité, pour T intelligence de l'histoire des 
troubles, défaire connaître plus intimement Georges 
Cassander. 

Nous avons vu Cassander renoncer à la chaire ^^^^l^ 
des belles-lettres à Bruges et partir pour l'Italie, Casaander. 

en iD4ö. diverseB. 

Quel fut le motif de ce départ ? 

André Gérard van Tperen {Hyperius)^ religieux 
dominicain apostat et professeur de théologie à 
l'Université de Marbourg, dans une lettre adressée 
à Cassander, en 1553, lui écrit avec un faux accent 
d'humilité : Puisse la doctrine céleste et vraiment 
chrétienne, qui a été pour vous, pour moi et pour 
beaucoup d'autres hommes irréprochables la cause 
de notre exil, pénétrer un jour dans notre patrie 
et y être reçue Q) ! 



(') " Sed ntinam aliqoando audire detar, doctrinam cœlestem 
vereqne obristianam quae te, qnœ me, qiisB multos alios, vitœ 
innocentia commendatos, coëgit exulatum ire, in patria nosfcra 
locum aliquem obtinere. Utinam, iuquam, Deas Pater cœlestis sic 
nostratîbas alîqtiando faveat, ut Jesu Ghrisbi Filii ejas salatare 
Evangelium pure apud eos praedicetur ! " — lUustrium et eîaroruni 
vlrotttm eplëloîae seUctióréa, etc.,tnhiiiae in cerituriasIL Lugd. Batav. 
1617, p. 45, Ep. VII. Ande. Hypbrius ad Cassanduüm, 4 Galend. 
Julii 1653. 



388 

En 1595, Bona7enture de Smefc (Viilcanius)^ 
brugeois de naissance, qui embrassa le calvinisme 
et mourut sans religion aucune, dans Tépttre dédi- 
catoire aux États généraux de Hollande, placée en 
tête de l'édition qu'il donna de l'ouvrage de Nilus 
(De primatu Papœ), écrit: Il y a environ quarante 
ans (donc vers 1555), Georges Oassander, homme 
très savant, professeur public des belles-lettres à 
Bruges,8'exila volontairement pour se soustraire aux 
calomnies de son collègue Corneille [Adriaensz.], 
ce théologien furibond, qui enseignait les lettres 
sacrées dans la même ville (^). 

Pierre Bayle reproduit l'assertion de Vulcanius 
en le citant; " J'ai lu quelque part, dit il, que 
George Cassander, qui enseignoit les belles lettres 
à Bruges, pendant que Corneille d'Hadrien y 
enseignoit la théologie, se vit obligé, l'an 1555, à 
s'exiler volontairement, pour céder aux calomnies 
de ce collègue f ) ". 



Hyperius était donc partisan da par ëyangile. C'est lai aussi 
qni fît prévaloir la doctrine zwinglienne dans la Hesse, sous le 
landgrave Philippe. Voir Döllinger, La réfonne, son développemenf 
intérieur et les résuUata qu*eUe a produits dans le sein de la société 
luthérienne, Paris 1849, T. 2, p. 208. 

(*) " Quum ante annos circiter XL.., Georgius Cassander vir 
doctissimus Brugis Flandrorum, communi utriusque nostrum 
patria.publicum bonarum litterarum prof essorera agens, ut collegœ 
cujusdara sui qui sacras ibidera literas docobat, (illiiis inquam 
furiosi theologi, a quo postca cum se in seraphioam familiara 
dedisset, faraosa illa Gjnopjgica disciplina Cornelianœ nomen 
ihvenit) calumniis cederet, voluntarium sibi ipsi exilium indixisset, 
etc. " — l^ihi de primatu Papœ Honiani, II. II, ex Bibliuih. Valicana: 
Bonaveniura Vulcanio int^-prete, etc. Lug. Batav. 1595. 

n Dictionnaire histoHque et critique, etc., p. 678. 



389 

Goethals, bibliothécaire de la ville de Bruxelles, 
s'exprime ainsi, sans indiquer les sources auxquelles 
il a puisé: " En 1541, il [Oassander] fut nommé 
par le magistrat de Bruges à la chaire de théologie 
fondée en cette ville par Jean de Witte, premier 
évèque de Cuba. Mais ses opinions théologiques se 
rapprochant de celles des réformateurs, il ne garda 
pas longtemps cette place et se mit ensuite à voya- 
ger avec son ami Corneille Wouters de Gand (^)." 

" Georges Cassander occupa quelque temps la 
chaire des belles-lettres, c'est-à-dire les lettres 
latines, grecques et hébraïques ; mais ses principes 
étant trop progressifs pour son époque, on lui 
reprocha d'être luthérien ou calviniste, et bientôt 
il se vit dans la nécessité de quitter sa chaire et 
même sa patrie. Corneille Adriaensen dont la répu- 
tation l'avait précédé à Bruges, fut choisi pour son 
successeur (^)." 

Assink Calkoen (^) admet l'opinion de Goethals 
et croit en trouver la confirmation dans le témoig- 
nage de G. van Yperen. 

Janssen, renchérissant encore sur les assertions 
de Goethals et de Calkoen, ajoute : On comprend 
de là pourquoi le frère Corneille est toujours resté 
un si formidable antagoniste de Cassander. Nommé 
à la place de Cassander pour lui faire contrepoids, 
et son adversaire dès le principe, il n'est pas 



Q) Lectures rélativea à Vhietaire des êciences etc., T. I, p. 56. 
(«) Ibidem, T. IV, p. QQ. 

(3) Specimen hietoricO'theologicum Qeorgii Ocuscmdri vücb îUqite 
operum tuarraUonem exhibene^ pi 29. 



390 

étonnant que toujours et surtout plus tard, du 
haut de la chaire, il ait si violemment combattu 
son prédécesseur et les nombreux partisans que 
celui-ci comptait à Bruges. Peut-être faut-il attri- 
buer à sa polémique et à la réaction provoquée par 
les amis de Cassander, la courte durée de la carrière 
de Corneille comme professeur et sa retraite au 
couvent des Frères-Mineurs Q). 

" Suivant à la fois un goût personnel, écrit 
M. Hausle (*), et la tendance générale du siècle, 
Cassander s'appliqua spécialement à Tétude de 
rÉcriture Sainte et des controverses théologiques. 
Quelques témoignages qu'il avait rendus en faveur 
des novateurs lui ayant causé du désagrément, il 
quitta la ville [de Bruges], et, en 1542, accom- 
pagna un riche chanoine de Saint-Donatien, Cor- 
nélius Wauters, qui partageait ses opinions, en 
Allemagne et à Rome, étudia l'hébreu à Strasbourg, 
auprès de Paul Fagius, et s'ensevelit dans une 



(*) Bijdragen tot de oudheidkunde en geschiedenie inzonderheid van 
Zeeuwêch'VlaMderen, 4* D., Middelb. 1859, blz. 150: " Hieruifc laafc 
zioh verklaren, waerom broeder Cornelts immer een eoo fel 
antagonist van Cassander is gebleven. Als tegenwigt tegen 
Cassander in diens plaats gesteld, van zijne aftreding af diens 
wederpartij, is het geen wonder, dat hij steeds, dat hij later 
bepaaldelijk op den kansel, zich zoo heftig aankante tegen zijn 
vervanger en tegen diens te Brugge zoo talrijke geestverwanten. 
Welligtmoet het ook aan zijn polemiseren toegeschreven worden 
en aan de reactie van Cassanders vrienden te Bragge, dat ook hij 
zoo korten tijd slechts zijn leeraarspost behield en zich terugtrok 
in het Minderbroedersklooster ". 

(*) Didiimnaire encyclopédique de la théologie caiholique,,,, publié 
par Uê êoins du D' Wetzbr el du D* Weltb, iraduvt par I. Goscrlbr. 
Paris 1859» p. 86, Cassakdrr {Qeorgee). art. signet Havbli. 



391 

profonde retraite, durant Tété de 1549, à Cologne, 
où il continua à s'occuper de recherches scienti- 
fiques sur les points de doctrine controversés, et 
à entretenir une active correspondance avec des 
hommes d'Ëtat et des savants catholiques et pro- 
testants, parmi lesquels se trouvaient Bucer, 
BuUinger et Castalio. '* 

"Il [Oassander] cultiva les belles-lettres, dit 
M. A. Vander Meersch (*), se familiarisa avec les 
langues grecque et latine, et enseigna les humanités 
à Gand, où ü obtint, en 1541, la première chaire 
publique fondée par Tévêque Jean de Witte. Plus 
tard, il s'occupa surtout de l'étude de la théologie et 
de celle de droit canonique. Ces études modifièrent 
ses convictions et les rapprochèrent, à certains 
égards, de celles des réformateurs. Dès lors il 
renonça à ses fonctions, se mit à voyager, séjourna 
quelque temps à Bome, et s'établit ensuite à 
Cologne. " 

Enfin le P. Servais Dirks (^) expose son opinion 
de la manière suivante: " Lorsque le trop célèbre 
Georges Cassander, professeur de belles-lettres à 
Bruges, se mit à débiter ses témérités doctrinales, 
il se vit obligé à quitter sa chaire. — Il avait eu 
depuis quelque temps pour élève un jeune homme 
de Dordrecht, nommé Corneille Brauwer, fils 
d'Adrien.... — Corneille étudia d'abord sous les 



(1) Biographie nationale, T. 3, p. 364, CAâ8ANDB& (Qeorgea)^ art. 
aignd : AuG. Van dbr Meersch. 

(«) Histoire lUiéraire d bibliographique dee Frh'ee- Mineure dé 
Vobeervance, etc., p. 104. 



392 

yeux de son père. Il s'appliqua spécialement aux 
langues grecque et hébraïque, et, devenu prêtre, 
il alla à Bruges pour y achever ses études, sous la 
direction du célèbre Cassander. — Le disciple 
n'imita point les hardiesses de son maître, et c'est 
sur lui que tomba le choix du magistrat pour rem- 
placer dans sa chaire le professeur démissionnaire. 
Brauwer enseigna pendant quelques années avec 
le plus grand succès, et s'adonna en même temps 
à la prédication pour laquelle il avait de merveil- 
leuses dispositions. — Admis dans l'ordre des 
Frères-Mineurs de l'observance en 1548, les supé- 
rieurs l'envoyèrent faire son noviciat à Dordrecht, 
Il avait alors 27 ans. Immédiatement après sa 
profession il revint à Bruges et se voua entièrement 
à la vie apostolique. — Il était bien nécessaire 
alors qu'il y eût des prédicateurs saints et savants 
qui eussent de l'autorité sur le peuple. L'ensei- 
gnement de Cassander avait porté des fruits 
amers pour le catholicisme. Entouré qu'il était 
par une foule de savants, adulé par des étrangers 
de distinction que sa réputation attirait à Bruges, 
doué de qualités séduisantes et d'ailleurs de moeurs 
irréprochables, il s'était formé un parti nombreux 
et puissant dans la haute bourgeoisie. Ce qui 
rendait surtout son enseignement dangereux, c'est 
qu'il n'affirmait point ses erreurs, mais les propo- 
sait simplement en forme de doutes, de problèmes, 
les corroborant par des arguments qu'il se gardait 
bien de réfuter. Quelquefois c'étaient des insinua- 
tions perfides blessant la foi dans l'âme des 



393 

catholiques confiants, qui se seraient révoltés 
devant une erreur hardiment formulée. 

" Dans V Index expurgatorius publié en Belgique 
par ordre de Philippe II, on peut voir quelles 
étaient les erreurs qu'on reprochait à Cassander..., 
— L'influence de Cassander fut d'autant plus 
grande qu'il ne faisait que continuer l'enseigne- 
ment et les hardiesses d'Érasme, de Louis Vives et 
d'autres humanistes, qui tous avaient des partisans 
à Bruges, même parmi les prêtres. Il se forma dans 
cette ville si catholique de véritables sectes, qui 
cependant protestaient de leur fidélité envers 
l'Église. Il y eut les Érasmiens, les Cassandriens ; 
ceux qui favorisaient les erreurs de Luther furent 
d'abord désignés sous le nom de Martinistes, et ne 
passaient point pour hérétiques ". 

Les affirmations du contemporain Bonaventure Motif piansi- 
de Smet (^) et de ceux qui les admettent, sont de^CasBandSR 

toutes également fausses. see tendances 

^ religieuses. 

D'après les détails puisés aux sources les plus 
authentiques, Cassander ne fut jamais professeur 
de théologie, mais bien des belles-lettres (1541-43) 
et eut pour successeur immédiat, Jacques Oruckius 
(1543-84), qu'il avait d'ailleurs lui-même patronné. 

Corneille Brouwer Adriaensz. n'enseigna jamais 
les belles-lettres, mais la théologie (1546-47), suc- 
cédant à l'espagnol Jonerius. 



0) Même en admettant que dans le témoignage de Vulcanius il 
y ait une fan te d'impression et qu'il faille lire LX au lieu de XL, 
de manière à désigner Tannée 1545 comme époqne du départ de 
Cassander, Terreur subsiste toujours. Cassander quitta Bruges eo 
1543 et Brouwer &*y arriva qu'en 1546. 



894 

Par conséquent Cassander et Brouwer n'ont pas 
été collègues, et le dernier ne succéda point au 
premier. 

Le registre aux résolutions du magistrat de 
Bruges se contente de dire que " G. Cassander 
était d'avis de se rendre en Italie Q). " 

Si donc il £aut attacher au départ de Cassander 
ridée d'exil, cet exil doit avoir été purement volon- 
taire et, de plus, tout à fait indépendant de l'influence 
de Corneille Adriaensz. Brouwer, qui, à cette époque, 
était simple étudiant à Louvain et n'a pu être, dès 
lors, ni un collègue calomniateur, ni un élève indo- 
cile et compromettant. 

Sont-ce les opinions théologiques contrariées du 
professeur, qui le déterminèrent à s'exiler volon- 
tairement? 

D'une part, il est peu probable qu'en 1543 il 
existât entre Cassander et Hyperius cette commu- 
nauté de principes religieux, auxquels ce dernier 
attribue la cause de leur exil. Nous n'oserions pas 
admettre qu'à cette époque,le lecteur de belles-lettres 
à Bruges partageât les doctrines protestantes avan- 
cées, que ï'ex-dominicain professait à Marbourg('^). 

D'autre part, les erreurs reprochées à Cassander 
dans Y Index expurgatorius de 1571 et relevées par 
le P. Dirks, se rapportent au temps (1556-1564) 
oh. l'humaniste se piqua de théologie et publia les 
ouvrages malencontreux, qui lui valurent tant de 
déboires. 



Q) Hiâioire du Séminaire de Bruges, T. 2, Dooumonts, p. 179| 
&otel. 
(■) Voir p. 887» note 1. 



395 

Sous ces réserves, nous nous rallions à l'opinion 
de ceux qui regardent les tendances dangereuses en 
matière de religion du jeune professeur, comme la 
cause de son renoncement précipité à la chaire de 
littérature. Nous croyons que Oassander prit la 
résolution de se retirer, en partie pour satisfaire, en 
société et aux frais d'un riche ami, CorneilleWouters, 
son goût, commun d'ailleurs à beaucoup de savants 
d'alors, d'explorer l'antiquité classique, surtout en 
Italie; en partie pour se soustraire ainsi à l'ennui que 
commençait à lui causer une certaine opposition de 
la part d'une fraction des notables de Bruges. 

En effet, déjà dans son discours d'ouverture 
(Oratio in laudem urbisBrugarum)^V orateur insinue 
qu'il a des détracteurs, lorsqu'il se félicite de 
n'avoir pas à craindre la calomnie ou l'envie, ni de 
la part de la jeunesse studieuse, ni de la part des 
hommes érudits qui viennent par leur présence 
encourager les futurs élèves du cours public Q). 



(0 " A quibus [adolesceatibas et virîs doctrina et yarioram 
stadiorum genere exercitatis] taatum abest, nt calunmiam ali- 
qnam, aut in^idiam ullam niibi metuam, ut etiam favorem et 
laudem, et si non omnia ferantur secunda, non quidem in mei, 
sed in professiouis hujus, institutique gratiam certissime augarari 
non dubitem. Nam ut ab adolescentibus*.. ezordiar, nemo est tam 
rerum humanarum imperitus, qui non hanc œtatem ab bac teter- 
i-ima invidiœ peste et lue immunem et liberam esse soiat.... Kunc 
ad eos transeo, qui œtate provectiores, moribus graves, eruditioue 
doctrinœ confirmât!, bunc locum sua praesentia oobonestare, et 
literis huno honorem déferre volnerunt, ut adolesoentiam sacratis- 
simae buio litterarum militiae inautoratam et in primis adbuc tyro- 
cinii sui rudimentis yersantem, ipsi quasi emeriti jam et yeterani, 
hoc iudioio favoris, et studii sui, ad capessendum alaoriter ezer- 

citinm studiorum excitent et invitent Qaod oum ita sit, quis 

est quttflo, qui mihi ab ejusmodi viris perioiilum aliqaod aut 



396 

Ce qu'il avait insinué en 1541, il le dit plus 
ouvertement, en 1542, dans la dédicace de ses 
Tabulas brèves et expeditae inpraeceptionesrhetoricae 
à 0. van Baesdorp et J. Claeyssone. 

Lorsque les Barbares firent irruption dans le 
capitole, écrit-il, les chiens qui auraient dû révéler 
ce mouvement insolite par leurs aboiements, se 
turent, tandis que les oies, dont on ne pouvait 
attendre rien de pareil, éveillèrent par leurs cris 
et leurs battements d'ailes Tattention de la jeunesse 
romaine et l'excitèrent à repousser Tennemi. Ce 
fait, que nous lisons dans l'histoire des RomainB, 
se reproduit aujourd'hui. Ceux qui font profession 
de science et de sainteté et semblent les défenseurs 
nés des lettres et de la civilisation contre la bar- 
barie, loin de remplir ce devoir, attaquent de leurs 
traits acerbes les humanités et ses fruits; au con- 
traire, des citoyens, qu'on appelle laïques, profanes 
et hommes du siècle, entreprennent de protéger 
vigoureusement les études et l'éducation des jeunes 
gens, menacées de toutes parts; ils ne se contentent 
. pas de pousser à la culture intellectuelle, ils mettent 
encore tout en œuvre pour la favoriser et la faire fruc- 
tifier. Vous êtes du nombre de ces derniers, hommes 
honorables (C. van Baesdorp et J. Claeyssone) (^). 



damnum dennnciet, et non potins prœsidiam omne et tutelam 
poIliceatarP Nam qnod ad me attinet, certo ego mihi conscîns 
Bum» quàm nichil in me ejnsmodi deprehendî posait, qnod Tel a 
nalignissimis, et peryersi3Bimi8 ingénus arripi, et in invidiae 
materiam converti posait." — CassakDeR, Opera omnia, etc., p. 1251. 
(0 " Qnod in Eomanornm histoiia legitur, irrumpentibas in 
oapitolium Barbaris, canes» qnornm erat insolentem illam motnm 
indioaro latratOi oontioaisae t anseres vero a quibua ejusmodinihit 



897 

Il est évident; que Tauteur de ces lignes regarde 
comme ses contradicteurs des personnages eoclësias- 
tiques. Son langage trahit chez lui, oonstatons-le 
dès à présent, des dispositions semblables à celles 
qu'on trouve chez Ërasme à l'endroit des docteurs 
de Louvain (}). 

Un retour sur les commencements du collège des 
Trois-Langues à Louvain aidera peut-être à nous 
expliquer les motifs de cet antagonisme. 

" Il faut bien le reconnaître, écrit M^ Namè- 
che (^), la nouvelle institution ne s'était pas établie 



expectabatur, strepHu qao poteranfc efc clangore Boraanam 
juventutem ad seso taendum, et hostem repellendutn excitasse: 
idem prope modum hao nostra tempestate usa venisse comperimus, 
quiim iî qui eruditionis et sanctimonisB personam gerant, ei ad 
oninem corn litterarum, tum morum propulsandam barbariem 
constitni vidontur; tantum abest| ut quod sui mnneris est 
preestent, ut etiam humanitatem omuem et pietatem, quas tueri 
debeant, acerbissime insectentur: probi vero cives, quos laicos, 
prophanos et seculares appellant, adolescentium étudia et înores, 
quibus a barbaris nndique tenduntur insidias, fortissime tuenda, 
siiscipiunt: neque ad studia tantum capessendamagnisclamoribu s 
provocant, sed operam etiam omnem et indnstriam, ad ea jnvanda 
et promovenda, quod in ipsis est, conférant. Quorum in albo vos 
estis, viri ornatissimi : etc. ". — Cassander, Opera omnùi, p. 1272. 

(') Dans une lettre du 26 Février 1516, Erasme se plaint en ces 
termes des théologiens de Louvain : " Qui a melioribns literis 
pertinacissime soient abhorrere, quique suam inscitiam hoo felicius 
tuentur, quod id faciant prœteztM pietatis, ut indoctum vulgus ab 
bis persuasum credat religionem violari, si qnis illorum barbariem 
cœperit incessere. Nam isti apud imperitam plebecnlam potissi- 
mum soient qiiiritari et «nd lapides provocare, si periculnm vide- 
rinfc, ne quid nescisse videantur. " — Db Reiffbnbbrg, Mémoires 
sur les deui» premiers siècles de VUnive^'sîié de Louvain (quatrième 
mémoire, p. 41 ), dans les Nouveaux mèmoirea de l'Académie royale 
de sciences et helles-lettres de Brwoeïles, T. 7. 

(') Namèche, Cours d'histoire nationale, T. 10, p. 858. 



398 

sans opposition et sans lutte au sein de V aima mater. 
Elle avait pour adversaires les partisans de la 
routine, les preneurs ignorants du passé, toute une 
foule dominée par les préjugés d'éducation et 
d*école. Une certaine inquiétude, une certaine 
méfiance se montrait aussi chez des hommes graves 
et instruits, chez la plupart des membres de la 
faculté de théologie, en particulier, qu'en ce 
temps de réforme, de bruit et d'exaltation, tout 
changement, toute nouveauté trouvaient peu sym- 
pathiques. Ces hommes gardaient un silence peu 
encourageant, mais d'autres attaquaient même 

violemment la nouvelle institution Ërasme mit 

un soin, une activité extrême à protéger les débuts 
du collège des Trois-Langues; il se fit le défenseur 
ofl&cieux de l'institution, et ne négligea rien pour 
lui procurer des amis et des protecteurs. Mais la 
faveur d'Érasme avait ses inconvénients et ses 
dangers. Érasme, dit M. Nève, qui du reste le juge 
avec une indulgence que nous ne partageons pas 
entièrement, Érasme n'avait-il pas plus d'une fois 
abordé les questions les plus graves, au milieu de 
matières fort légères, et ne les avait-il pas traitées 
avec hardiesse, alors même qu'il n'avait rien cédé 
à Terreur? N'avait-il pas porté dans la satire, par 
exemple dans Y Éloge de la Folie^ Moriœ Encomium^ 
une causticité excessive, qu'avaient dû blâmer ses 
admirateurs sincères, tels qu'Adrien Barland et 
Dorpius? Et même ne s'était-il pas laissé aller 
quelquefois à des sorties violentes et de mauvais 
goût à l'adresse des docteurs entêtés, inexorables 



899 

en leurs discours contre les lettres et ceux qui les 
cultivaient?'* 

Nous inclinons à croire que des sentiments 
semblables d'inquiétude et de méfiance excitèrent 
les préventions de quelques-uns contre la nouvelle 
chaire des belles-lettres, fondée par l'évêque de 
Cuba, surtout parcequ'ils craignaient de trouver 
dans Cassander un autre Érasme. 

Les liens qui existaient entre le collège des 
Trois-Langues de Louvain et le cours de littéra- 
ture de Bruges, l'amitié qui unissait Jean de 
Witte à Louis Vives Q), les relations qu'Érasme 
avait entretenues avec beaucoup de savants bru- 
geois, entre autres avec Jacques de Meyere, éga- 
lement ami de Cassander (^), tout cela fournit des 
arguments en faveur de notre opinion. Toutefois 
cet antagonisme semble n'avoir pas duré long- 
temps. Le silence que Cruckius, successeur de 
Cassander, garda pendant sa carrière de quarante 
ans au sujet des détracteurs des humanités, ses 
rapports avec le chef du diocèse, Eemi Drieux (^), 
les éloges que Mathias Lambrecht, archidiacre du 
chapitre de Saint-Donatien, prodigue à la fonda- 
tion Cuba (*), permettent de conjecturer qu'on 



(ï) Voir plus haut, pp. 259 et 260. 

(') Kervyn de TjEttenhove, La Flandre pendant Us trois derniers 
siècles, Bruges 1875, p. 19. 

(») Voir plus haut, p. 268. 

(*) " Hierby leefde hy [Jan de Witfce] niet alleen eerlichen, maef* 
▼erspaarde so veel dat hy stervende op den 14 Oostmaent 1540, 
by testamente begeerde gefondeert te hebben twee oft dry dage- 
ÜTSche lessen, daeraf d'eene is inde godtheyt, maer d*ander zyn 



400 

en voulait moins à Tinsfeitutiou elle-même qu'à 
son premier professeur. 

Quant à Cassander, ses tendances et ses prin- 
cipes religieux étaient de nature à justifier l'inquié- 
tude et la méfiance des catholiques brugeois à son 
égard. 

Si nous ne trouvons pas de traces certaines de 
ses sentiments dans V Oratio in landem urbis 
Brugarum et les Tabulae brèves et expeditae in 
praeceptiones rhetoricae^ publiées pendant son pro- 
fessorat, les écrits pqstérieurs de Tex-lecteur des 
belles-lettres, devenu théologien, contiennent sur 
ce aujçt des révélations précieuses. 

Écoutons comment il raconte lui-même son 
éducation théologique, dans l'ouvrage De officia 
pil viriy édité en 1561. 

Encore jeune homme, dit-il (^), j'aimais déjà 



inde griecxsche ende latynscho taie. Het welcke sonder twyfel een 
schoon saeke is voor die van Brngge, so wel voor geestelycke als 
weerlycke lieden, die genoechte hebben inde gelee rtheyfc, oft ooo 
geen middel noch bequaraicheyt en hebben om elders in groote 
scholen te studeren. Ten is noch sonde noch schande te leeren ooo 
voor de gene die tot state gecomen zyn : maer niet te comen ende 
niet te willen leeren; woer door de selve lessen soratyts seer 
verflouwen: want so men secht: den hoorder verweet den leBer." 
— Mathias Lambrecht, Een kerckellcke historie, enz., Dédicace. 

Q) " Equidem jam inde ab adolescentia constitutionum et caere- 
moniarum ecclesiasticarum observantissimns fui sic tarnen, ut 
natura, vel divino potius impulsu, omnem superstitionem, quam 
tune utcunque deprehendere videbar, vehementer detestatus sim. 
Mox itaque cum in lectiouem scriptorum hnjus setatis, qui refor- 
mationem quandam et repurgationem anperstitiosorum cultuum 
et abaurdarum opinionum promittebant, inciderem, mire illorum 
instttutum plaouit : qui tarnen ita supersbitiones et abusiones, quse 
nonnuUis oœremoniis ecclesiasticis admixt» erant, ezosas hab«rem> 



401 

beaucoup les ordonnances et les cérénoionies de 
r Église; mais en même temps, par une tendance 
naturelle de mon esprit, ou plutôt par une impul? 
sion d'en haut, j'avais grandement en horreur 
toute superstition, n'importe où je croyais la ren- 
contrer. Bientôt je me mis à lire les écrits de ceux 
qui promettaient la réforme des pratiques supersti- 
tieuses et le redressement des opinions absurdes; 
leur but me plut singulièrement» Mais, tout en détes- 



nt ipsam ecclesiastîcam polit îam, quœ his caBremoniis f ere constat, 
non snblatam et eversam, sed repurgatam et emendatam esse 
yellem. 

Postea a3tate et jadicio accrescente, vîsi sont mihi in his abusibus 
et corruptelis notandiset insectandisnonnnlli inrep ra etTKefifieva 
prosilire: idemque illis accidere, quod iis qui cum pntres et 
corruptas corporis partes praecidere Yohint, etiam sanam partem 
et qaœ sine corporis gravi offensione et laBsione toUi non potuit, 
invadunt : non pancos etiam scabie, ulceribus et vitiis corporis 
offenses, ipsins corporis odium concepîsse, et pro curatoribus, 
hostis et iusectatoris personam induisse. 

Itaque putavi, mihi et eorum scripta, quos illi ut adversarios 
invadebant, eadem diligentia porlegenda, et pari attentione et 
jndicii œquitate inter se conferenda: in qnibau adversariis, ut in 
BBstn contentionura accidit, nonnnlla quoque offendebant. Nam 
mihi qnidem ita videbatur, ut illos odio vîtiornm, etiam quae sana, 
aut certe medicabilia erant, prascidenda et removenda contendisse : 
ita hos contra, cseco quodam amore corporis etiam vitiata et 
morbide, tanquam sana et bene habentia, tuenda suscepisse. 

Cum igitur u trique a regia via, hi quidem in dextram, illi vero 
in sinistram non nihil defloxisse vidèrent ur, ad ipsam directam 
regiamque viam inqnirendam mandate divino me cogi et impelli 
putabam. Quare ut certius aliquid de hac re cognoscerem, et 
certum aliquod firmumqne judicium de his controversiis compa- 
rarera, statui mihi ab omni partium studio abstinendum, et perso- 
narum prœ judicium seponendum, libertatemque judicandi (qnte, 
nisi exuta partium et personarum affectione, constare non potest) 
retinendam. " — Cassandek, Opera, p. 781. 

26 



402 

tant les superstitions et les abus qui s'étaient 
glissés dans plusieurs cérémonies religieuses, j'étais 
loin de vouloir la destruction du culte, je n'avais 
en vue que sa réformation. 

Plus tard, lorsque Tâge eut mûri mon jugement, 
je crus m'apercevoir que plusieurs de ces réforma- 
teurs, en s'attaquant aux abus, dépassaient la 
mesure; ils me semblaient imiter ceux qui, voulant 
couper des membres gangrenés, entament les 
parties saines du corps et le blessent tout entier; je 
remarquai qu'un grand nombre d'entre eux, par 
horreur pour la lèpre et les ulcères qui couvraient 
le corps, avaient pris en haine le corps lui-même, 
et au lieu d'apporter remède à ses souffrances, 
s'en déclaraient les pires ennemis. 

Je me crus donc obligé de lire, avec une égale 
attention, les écrits de la partie adverse et d'en 
faire la comparaison sincère avec ceux de ses 
antagonistes. Cette lecture ne me satisfit point 
complètement. Poussés par un amour aveugle du 
corps, les écrivains catholiques voulaient conserver 
les membres réellement malades et qui à tort leur 
paraissaient sains. 

En présence de ce double écart, je me crus 
obligé, par un ordre d'en haut, de chercher la 
voie droite. Je résolus donc, afin de me former un 
jugement sûr touchant ces controverses, de n'em- 
brasser aucun parti, de déposer tout préjugé et 
de conserver ma liberté de penser. 
Éducation Aiusi, dc Tavcu même de Cassander, il se 

théologique ... j i i ^ i • 

de Cassander. noumssait, jcuuc cncore, de la lecture exclusive 



403 

des pseudo-réformateurs. C'est plus tard seulement 
qu'il lut les ouvrages des catholiques militants 
d'alors, lesquels d'ailleurs il trouva tout aussi 
exagérés. 

Or, le professeur de littérature avait vingt-trois 
ans lorsqu'il monta dans la chaire de Cuba. On 
peut donc aflGlrmer en toute sécurité, qu'à cette 
époque, l'homme présenté par C. van Baesdorp et 
J. Claeyssone et admis par le magistrat de la ville 
pour enseigner les belles-lettres à la jeunesse bru- 
geoise, était animé, à l'égard de l'Église romaine, 
de sentiments rien moins que favorables. Nous en 
trouvons la confirmation dans un passage de la De^ 
fensio libelli de officio pii viri (^),où Cassander avoue 
que, savourant les écrits de ceux qui promettaient la 
réforme de TÊglise, il était ennemi des pontificaux^ 
surtout parce que ces derniers . lui semblaient 
défendre leurs idées et réfuter celles de leurs 
antagonistes par le fer et le feu, plutôt que par 
des arguments et des raisons. 

Deux lettres adressées à Cassander pendant 
son professorat à Bruges (les seules de ce temps 
qui nous restent), sont loin de jeter un jour plus 
favorable sur ses tendances. 

Elles le montrent en relations avec des amis peu 
bienveillants à l'endroit des catholiques. L'un de ses 



(*) " Initio qiioque lectioni eorum, qui EcclesisB reform ationem 
pollicebantur addictior, iniquior fait lis, qui Fontificii dicantar, 
ea potissimam de causa, quod lanienis et iuceiidÜB poilus, quam 
argamentis et rationibus sua tueri et aliéna refutare viderentur." 
— Cassakdeb, Opera, p. 812. 



404 

coiTospondants, l'espagnol Jacques Dryander ('), 
ardent partisan de la réforme, attaque vertement 
les inquisiteurs, qui, selon lui, corrompent la foi, 
prônent le judaïsme, protègent Thérésie plutôt 
que de combattre pour la défense de la foi (*^). 

(*) Jacq. Dryander fut brûlé vif pour cîanse d'hérésie, en 1545. Il 
comptait parmi ses amis intimes un religieux carme de Bruges 
nommé Christophe (probablement Christophe Fabritius, apostat 
qui se maria en Angleterre et fut puni de mort à Anvers). Il était 
le frère du fameux François Dryander, alias Enzinas, élève de 
Melanchton à Wittenberg et auteur d'une version espagnole du 
Nouveau Testament. — Voir, outre la note suivante, Gachabd, 
Correspondance de Philippe II, T. 1, pp. 306, 310, 327, T. 2, p. 510; 
Fellkr, Biographie, v** Dryander. 

(2) *f Frater meus Dryander, cum Leucoream abire constituisset... 
meis humeris hoc onus imposuit, ut te meis scriptis de toto 

ipsius animo certiorom redderem Vir doctus, et in litteris 

sacris satis faeliciter versatus, amicus praeterea meus singularis, 
Christophorus monachus Carmelita, pluribus precibus ame petiit, 
ut nonnuUos libres, quos ad illum jam mitto, qno tu tins et rectius 
recipere posset, tibi dirigcndos curarcm." — Parlant des profes- 
seurs do la Sorboune dont il suivait les cours, il dit: " Praèceptor- 
culorum magi s tel lorum que ])assim miram videbam copiam, qui 
optimos quosque authores impudentissirae explicandoe susoipiunt 
et suis ineptis annotatiunculis, et misorum scholasticorum popel- 
lum falUint, et doctissimos illos votc^es ab ipsis non intellectos 
jam corrigunt, jam vellicant, jam dcniqne in horas omnes pro sua 

inscitia, vertunt Narrarem tibi copiosius illorum tyrranidem et 

ssevitiam, inauditamque crudelitutem, quam, me prtDsentc, exer- 

cuerunt inqnendam juvenem innocentissimum " — Après avoir 

raconté le supplice d'un jeune parisien qui, revenu à Paris après 
un séjour de trois ans à Genève (postquam Genevae, apud illos 
christianissimos viros, habitarat), avait été accusé d'hérésie, 
Dryander continue: " Mirabatur vulgus hominnm illius pertiua- 
ciam, (sic enim vocabant), at docti et christiani viri multo magis 
mirabantur illorum cœcorum tenebras, qui dum cupiunt et dici 
et videri inquisitores fidei, maximam crudclitatera exercent, ut 
potius sint dicendi inquinatores fidei et Juduïsmi sbrenui propu- 
gnatores, hœreticîeque pravitatis assertores, quam fidei propugna- 

tores, quum nihil minus sint Sine intermissione oro Dominum, 

ut ex tan tis tenebris nos dignetur liberare: eo enim impietatis demen. 



405 

L'autre, Eustache Knobelsdorf, quoique plus 
modéré^ laisse cependant percer des sentinoients 
analogues Q). 

Grand admirateur d'Érasrae(^), notre humaniste 
appartenait à la fameuse école dont celui-ci avait été 
le chef trop écouté. Cette école du nouvel huma- 
nisme, pleine de mépris pour la théologie scolastiquo 
et la philosophie du moyen-âge, pleine de défiance 

tisBque omnia magistrorum Dostrorum sfciidia devenere, ut traditi 
in reprobum sensum, ut Paulus ait, existiment se maximum obse- 
quium Deo prsestare, cum persequuntur dilectos Dei. Dominus 
misereatnr nostri, et liberet nos ab uoguibus istorum cacodœmo- 
num. Amen." — Cent. EpisL (*), Epist. Xf, p. 55; Tura doctrina, 
tum pietate inaigni viro M. Georgio Cassandro, professori publico 
Brugensi dignissimo et amico suo charissimo, Jacobos Drjander. 

(*) " Quod petia ut distinctius siugula prsBScribam quœ obiter 
tum de exurendis Lutherànîs attigi, ex animo faciam...'*. Puis il 
raconte le supplice d'un jeune homme et d'un vieillard: ** Juvenis 
ille quod nescio quœ in imagines miraculosas (quas hio maximo 
concursu non yenerantnr, sed adorant) incautius dixerit, nempe 
non multum a lapideis gentilium dus differre, ejiciendas ex chri- 
stianorum templis si idololatriaa subreperet vitium yel suspicio. 
Fertur praoterea qussdam dixisse non aliéna a Martini sententia... 
Yetulus ille.... quum nescio quse in monachos de invocatione san- 
ctorum liberius quam Lie competit, prseterea christianos omnes 
esse sacerdotes, dixisset, convictus testibus, in carcerem con jectus 

est Orandns Deus est, ut si maie sentiunt, oonvertantur; sin 

bene, yiriliter pugnent, sed plus satis; reprimenda enim yox est." 
— Cent. Epist., Epist. VI, p. 37 : Doctissimo Qeorgio Cassandro, 
professori primario in coUegio recenter institato Brugis, amico 
suo prœcipuo, Eustathius a Knobelsdorf. 

O " Quod autem scribit F. Balduinus utramque partem fati- 
gatam jam factam ssquiorem, in mentem yenit Erasmus Botero- 
damus, qui pro siogulari sua in rebus eoclesiasticis prudentia, 
prope mihi yates fuisse videtur." — CASSiiNDEB, Opera, p. 1154, 
Epist. LX. D. Joachimo Hoppero. 

(*) CxHT. Spift., o*est ainsi que nous désignerons désonnais 1» oollectlon do 

lettres inUtoléei lUuHrium ti clarormm virorum êpiêtùtaê êêUHUtrê» trUuU te 

•tn^nfMM ir. Lugd. Batar. iei7. 



406 

vis à vis de Tautorité pontificale, dépourvue de la 
vraie science des dogmes chrétiens, amère dans 
ses attaques, non seulement contre les pratiques 
superstitieuses, les abus et les vices du clergé 
régulier et séculier, mais encore, indirectement, 
contre les religieux et les ecclésiastiques en géné- 
ral, les sacrements, les indulgences, la vénération 
des images, les prières pour les morts, en un mot 
contre T Église romaine tout entière; cette école, 
personne ne Tignore, a créé un scepticisme des 
plus dangereux et a été l'un des principaux agents 
de la grande révolution des idées au XVP siècle Q). 

Rien d'étonnant donc que beaucoup de brugeois 
bien pensants s'alarmèrent de voir Cassander 
occuper la chaire publique de belles-lettres. 

Si le disciple n'était pas d'une humeur aussi 
caustique que son maître, s'il n'en avait pas le 
langage mordant et rempli de sarcasmes, il en 
avait du moins épousé les idées et les principes. 

Malgré la lecture des auteurs catholiques contem- 
porains, à laquelle il s'adonna plus tard, malgré 
ses études scripturistiques et patrologiques, l'ex- 
professeur de Bruges se ressentit toujours de sa 
première éducation, et ses œuvres qui traitent de 
religion sont toutes empreintes de ce vice originel. 

Lus à Bruges, les écrits de Cassander y exer- 
cèrent une influence néfaste sur les esprits, et 
ceux qui avaient charge d'âmes n'eurent que de 



(*) Sur Érasme et sdn inflaenoe néfaste ainsi que sur la perni- 
ciease école du nouvel humanisme, voir: Jamssbh, Oachichte des 
dôMtêchm Volkeêt etc.» Zweiter Band, pp. 1-36. 



407 

trop justes raisons de combattre, du haut de a 
chaire de vérité, un ennemi d'autant plus à re- 
douter qu'il se présentait comme l'ange de la paix. 

C'est ce qui ressortira mieux encore du court Travaux de 
examen, que nous allons faire, des travaux publiés a^^^on' 
par l'humaniste, devenu théologien, après son ^^^^^ 
départ de Bruges. 

Cassander partit donc pour l'Italie. A la 
demande de son ami et compagnon de voyage, 
Corneille Wouters, il publia en 1544 ses Tabulas Travaux 
prœceptionum dialecticarum^ qnae quam brevissime * ™*'^^' 
et planissime artis methodum complectuntur, in 
puerorum et rudium gratiam^ commencées à Rome 
et achevées à Bologne (^). 

C'est une suite de ses Tabulae brèves et expeditae 
in praeceptiones rhetoricae de 1542. 

En 1550, il compléta cet ouvrage par les 
Tabîilae locorum diaîecticorum (^). 

A partir de 1551, il entra dans une voie nouvelle 
et abandonna les classiques grecs et latins pour so 
tourner vers la Bible. Il entreprit d'abord de 
donner, pour les enfants des écoles du duché de 
Clèves, la vie des hommes illustres de l'Ancien 
Testament: De viris illustribus^ liber primus, con- 
tinens vitas eorum qui commemœ^antur in sacris 
bibliis usque ad Regum historiam (^). Cet opuscule 

(*) Cassander, Op&i^a, p. 1293. 

(») Ibidem, p. 1331. 

(3) Ibidem, p. 1049. Avant 1551, peat-être encore pendant son 
séjour à Bruges, Cassander avait composé deux opuscules: Vwi 
aliquot iUtistres, qui ante Procam t>i LaUo fuere, et Ad 0. Plinii 
Seeimdi de virie iUuitribus librum, appendiâ üUutrium virorum, qui 
•um Pompêiêfitere, (Opéra, pp. lilil-l&61)i 



408 

est un travail de transition à des travaux plus 
sérieux. 
Travanz L'année suivante, 1552, parut la publication: 
j» ro ogiqnes. jff^yj^^^^ Atigustodufiensis ecclesiae presbyteri, de 
pruedestinatione et libero arbitrio dialogus nunquam 
antehac typis expressus. — Epistolae duœ ad 8. 
Augustinum^ altera Prosperi^ altera Hilarii Arela^ 
tensis episcopi, de reliquiis Pelagianae haereseos, 
adfidem vetusti exemplaris restitutae. — Sententiae 
ex libris 8. -Augustini de prœdestinatione sanctorum 
et bono perseverantiae, quibus ad superiores epistolas 
respondetur, et tota haec controversia explicatur Q). 

Cet ouvrage nous prouve que Cassander, outre 
rÉoriture sainte, lisait encore assidûment les Pères. 

L'auteur, dans Tépitre dédicatoire adressée à 
Herman de Bouclieim (^), expose brièvement l'his- 
toire des dogmes de la prédestination, de la grâce 
et du libre arbitre, ainsi que les luttes entre saint 
Augustin et Pelage. Il tâche aussi de répondre 
à l'objection si connue : A quoi servent les bonnes 
œuvres et la pénitence, puisque,* si je suis prédes- 
tiné, je me sauve nécessairement; si je suis 
réprouvé, le salut m'est impossible? A cette occa- 
sion, il fait profession de suivre toujours le senti- 
ment de l'Ëglise catholique. Nous verrons plus loin 
ce qu'il entend par là (^). 

(1) Cassandbr, Opera, pp. 614-667. 

(') Herman de Boucheim avait prêt^ à Cassander le manuscrit 
d'Honorins. 

(*) " Non puto tamen abs re fore, si paucis, proat Dens dederit 
ex canonioœ soripturœ et oatholicœ ecclesiiB sententiai cnjus me 
jadioiam et normam semper prosequi profiteer, nonnnllornm 
impiorum hominnm oavillia oooaram."-*CA88AKi>BB» €jpéni»p.6I9t 



409 

Dans le même ordre d'idées, il édita en 1655: 
B. Vigilii martyris et episcopi Tridentini opera, 
quorum aliqua nunquam antehac intègre édita, et 
nunc demum mo auctori vendicata... Adhœc, commen- 
tarius de duàbus in Ghristo naturis et unica hypo- 
stam, adversus praecipuas hujus aetatis haereses Q). 
L'ouvrage comprend la Disputatio inter Sabellium, 
Fotinum, Arrium et Athanasium de Tévêque Vigile, 
les Libri V contra Eutychen et alios haereticos, 
non recte de naturarum proprietate et p&rsonae 
Ghristi unitate sentientes, du même écrivain, ainsi 
qu'une dissertation de Cassander sur le dogme de 
rincarnation, établissant deux natures et une seule 
personne en Jésus-Christ. Ce dernier écrit est dirigé 
contre les téléobaptistes Menno Simonsz. et Adam 
Pastor, dont les rêveries ressuscitaient les erreurs 
des Docètes et des Ariens. 

Notons, en passant, que Vigile, auquel Cassan- 
der donne le titre d'évêque de Trente, était évêque 
de Tapse en Afrique (^). Quant au dialogua d'Ho- 
noré d'Autun, édité par Cassander, voici ce qu'en 
disent les auteurs de VHistoire littéraire de la 
France, énumérant les ouvrages de ce prélat : 
** 3° Un dialogue entre le maître et le disciple, 
intitulé VlnéoitaBle. L'objet qu'Honoré s'y propose 
est d'expliquer le mystère de la prédestination et 
de le concilier avec le libre arbitre. Cet ouvrage 
serait excellent sans deux ou trois endroits qui 



(») Cassakdbr, Opéra, pp. 449-613. 

(^) DoM Bksii Cbillier, Histoire générale dei auteurê sacrée et 
eecUêiasiiques, Paris 1748, T. 15, p. 250; Mione, Patrol lat, T. 62, 
col. 93. 



410 

exhalent une odeur de semipélagianisme. On a 
voulu néanmoins accuser notre auteur d'avoir 
donné dans l'excès opposé. Il est vrai que l'ouvrage 
présente des contrariétés grossières dans l'édition 
donnée par George Cassander à Baie en 1528 (sic)^ 
et répétée à Cologne chez Sylvius en 1552; ce qui 
fait dire au P. Duchesne, jésuite, que tous les textes 
ne partent pas de la même plume, ou que l'auteur 
n'avait pas le sens commun. L'alternative est cer- 
taine; mais il faut ajouter que Jean Conen, pré- 
montré de Tongres, plus fidèle, plus sensé que 
Cassander, et guidé par de meilleurs manuscrits, 
fit disparaître ces contrariétés dans une nouvelle 
édition qu'il donna de Vlnévitahle à Anvers, en 
1620 et 1624, édition qui depuis a passé dans les 
trois grandes Bibliothèques des Pères (^)". 

Ces paroles disent assez que les Bénédictins de 
Saint-Maur professaient une médiocre estime pour 
Cassander comme éditeur des Pères. 
Travanx C'cst en 1556 quc commencèrent les tribulations 
uturgiqueB. théologiques de Cassander, lorsqu'il publia ses 
Hymni ecclesiasHci 'praesertim qui Ambrosiani 
dicuntuTy multis in locis recogniti et multorum 
hymnoimm accessiime locupletati. Gum scholiis^ 
oppœ'tunis in locis adjectis^ et hymnorum indice. 
Beda de metrorum generibus, ex primo libro de re 
metrica Q). 

Au lieu de se contenter d'éditer simplement le 



(») Histoire lUtéraire de la France, Paris 1759, T. 12, p. 165; 
MiONE, Patrol lat,, T. 172, col. 15. 
(') Oassandih, Opera, p. 147. 



411 

texte des anciennes hymnes dé l'Église, Cassander 
inséra dans sa collection des hymnes de Josse Clich- 
toveus, Jacques de Meyere, Louis Vives, Georges 
Fabricius (^) et d'autres, anonymes; de plus, il y 
ajouta des scolies où il nef ut pas toujours également 
heureux, par exemple : touchant le mérite j Yinvoca' 
tion des saints^ la communion sous les deux espèces^ etc. 
Aussi les théologiens de liOuvain n'hésitèrent- 
ils pas à ranger cet opuscule dans le catalogue des 
livres prohibés (1558) (^). U Index publié sous 
Paul IV en 1559 le condamna également (^). 

(*) Greorges Fabricius, de Keranitz, était luthérien. Ses Odarwni 
Itbri ires ad Bewin omnipotentem sont censurés par les théologiens 
de Louvain, en 1558, dans le Gaicdoghe etc. (Voir note 2), feuill. 
B [iij] r». 'L*IndextriderUin7i8,de^b64!, range G. Fabricius parmi les 
auteurs 'primae clasds, c'est-à-dire parmi les hérétiques ou les écri- 
vains suspects d'hérésie, et dont tous les ouvrages, même futurs, 
sont prohibés. 

(^ CcUaloghe ende intitidaUe vanden quaden verboden hoecken etc., 
Loven, 1558, feuill. B [iij] r«. — Déjà en 1540 la Faculté de théo- 
logie de Louvain avait publié un catalogue de livres hérétiques 
ou suspects d'hérésie, dont elle défendait l'achat, la vente, l'édition 
et la lecture à tous les suppôts de l'Université (*). En 1546 et en 
1550, les mêmes théologiens avaient, à la demande de l'empereur 
Charles-Quint, dressé successivement deux catalogues plus étendus 
d'ouvrages prohibés dans les Pays-Bas (*^). Le catalogue de 1558, 
phis ample encore que les précédents et dont nous donnons ici le 
titre, est le quatrième que dressa la Faculté théologique de 
Louvain. Ces catalogues n'ayant pas force de loi pour tous les 
fidèles, le pape Paul IV ordonna à la congrégation du Saint-OfiSce 
de faire un Index des livres prohibés, obligatoire pour toute la 
chrétienté. Cet Index fut publié par autorité pontificale, en 1559, 
sous le titre que nous donnons dans la note suivante. 

(*) Index auiorum et lihrorum, qui ah Offido Sanct^ie Bom. et 
Univeriàlia InquiêUionie caveri ah omnibus et nngulia in univena 
Chrieiiana BeptibUca mandantur... Index venundatur apud Anto- 
nium Bladum... Bomae, 1559. 

<•) Placeoêttn «on Vlaend^rtn, 1 Bouok, mbrioa VII, bU. 16S. 
(•V lUimm bli. 14S-168} 170-186. Ces dans oalaloiraM toni rMpeotivmnent an&dztft 
wax pUoardâ d« GSutrlu^Quiat du 90 Juin 1M6 «t da tt Avril IMO. 



412 

Oassander et son compagnon, Corneille Wouters, 
avaient eu le projet de soumettre leurs écrits à 
l'examen des théologiens, mais un ami les en avait 
détournés Q), 

Si l'auteur des Hymni avait eu le courage et la 
prudence de ne pas suivre ce mauvais conseil, il 
n'aurait pas dû se répandre en tardives doléances, 
dont nous avons l'écho dans ses lettres. 

Voici ce qu'il écrivait, en 1569, à Jean van der 
Meulen {Molinœus)^ professeur de décrets à l'Uni- 
versité de Louvain: Je n'ai jamais songé, que 
mes scolies aux hymnes encourraient une puni- 
tion aussi imméritée, celle d'êtres insérées sim- 
plement dans le catalogue des livres prohibés. 
Cette mesure m'a été d'autant plus désagréable 
et pénible, que j'en ignore le motif. Si quelque 
passage semblait choquant, avant que de le 
condamner, il aurait fallu entendre la défense 
ou l'explication de l'auteur. Si le censeur (que 
Dieu lui pardonne) n'y a vu aucune hérésie, 
comme je sais qu'il l'a affirmé, mais seulement des 
propositions capables d'offenser le pieux lecteur, 
pourquoi ne pas le dire? Je suis pourtant à me 
demander où sont ces propositions blessantes. 



(1) " Certo capio vos candori stadere, ne hoo seculo carruptelis 
nndequaqae noacioi allenae quoque impietatis tos faciatis mini- 
stros. Non plaoet quod censurœ vestrorum theologoram vultis ea 
committere, qaia ansam dabîtis de vobis, studiis ac scriptis vestris, 
eo magis in poster um judicaudi: taceo quam omuia ad limam 
ipsorum quadrabunt/* — P. Bubman, Syüoges epùU'larum a viris 
iUiutribue ecripiarum, T. 2, p. 236, epist. XVII, Cornelio Walthero 
et Georgio Oassandro, N. N. 18 Maroii anno 55. 



413 

Toutefois la malice des hommes ne me fera jamais 
déserter l'antique tradition catholique pour passer 
à un parti. J'ai eu, et, Dieu aidant, j'aurai toujours 
en horreur les nouveautés téméraires; j'aime la 
paix et la concorde religieuse à laquelle j'ai con- 
sacré tous mes labeurs, sans attendre, de ce chef, 
grande récompense en ce monde. Vous m'obligeriez, 
si par votre influence, vous obteniez que la cen- 
sure fût levée ou mitigée Q). 



(*) " Liturgica nostra aliqaando loclipletiora edere statueram, 
et, (ut in praefatiuncala me facturum recepi) intégras ipsas litur- 
gias, libellos ipsos ordinis Romani cum aliquot expositoribus 
emittere in animo habueram cum aliis nonnullis commentariie 
qui ec^lesiasticsB antiquitatis studiosis non ingrati fortassis nec 
inutiles JButnri ei'ant : sed qnaedam postea inciderunt, quœ hoc 
meum studium et animi impetum plane retuderunt, cum videam 
piorum virorura studia ad catholicse ccclesiie utîlitatem, et eccle- 
siasticam pacem et unitatcm collata tara iniquis et malignis 
censuris objici. 

Nunquam enim fore putabara, ut scholiola nostra in hymnos 
ecclesiasticos in tam indignam censuram et repreîiensionem incnr- 
rerent, ut in catalogum reprobatorura librorum simpliciter inser- 
uerint, quod (certe fateor) mihi ingratissimum et raoleatissimnra 
accidit, eo magis quod causara hujus rci hactenus cognoscere non 
pötijerim 

Oportuerat sane ante judicasse, si quid erat quod offenderet, et 
purgatiouem vel explicationem auctoris exspectasse. Quod si 
censor ille, cujus hoc auctoritate est factum, cui, lioet mihi 
inique, Deum tantum propitium opto,nullum errorem aut hœresim 
in illis scholiis deprehendit, id quod illum confirmasse certo 
intellexi, sed contineri tarnen quasdam quse rudibus et imperitis 
offensioni esse possint : cur hoc ipsum non adscribi jnssit in banc 
vel similem sententiam, non quod erronea aliqua contiueat, sed 
piorum animorum offensiva? Id certe tolerabilins futurum erat: 
quanquam qua3 sint illa offensiva nondum prorsus conjicere possim. 

Nunquam tamen ullorum homînum improbitas efficiet, ut 
catholico illo et perpetuo antiquitatis ecclesife consensu relicto, ad 
partes aliquas vel sectas me conferam. Sicut enim hactenus, et 



414 

A ces plaintes, Molinaeus répondit: Il n'y a 
aucun espoir de faire retirer la censure. Mais 
consolez-vous, VIndex ne comprend pas seulement 
les livres hérétiques ou suspects d'hérésie; on y 
insère encore ceux dont la lecture est inopportune 
en ces temps de troubles. J'aurais voulu pour 
beaucoup vous voir éditer les Hymni sans ces 
scolies, qui nous empêchent de jouir de votre 
travail. Josse Ravesteyn semble concevoir de 
vous une opinion moins favorable, sans doute, 
parce que vous ne revenez jamais dans votre 
patrie et que vous préférez les pays où règne une 
plus grande liberté de penser (^). 



Deo adjuvante faturus, sum ab omnî sbadio temerarias' novitatis 
abhorrentissimuSyacpaoisetconcordiaB ecclesiasticœ, salva pietabe, 
amantiâsimus, ad qnam pro meo modalo adjavaadam hactenus 
omnia mea stadia contuli, qaamqaam scio haie studioram generi 
eziguam iu hoc muado gratiam esse pK-opositam : ita enim natura 
comparatum est, ut qui partes dissidentes conciliare velit, malam 
utrinque gratiam ineat, dum ab n traque diffidere eum a se, qui 
non per omnia sibi assentiatur, existimat. 

Quod si tu, yir humanissime, pro tua auctoritate, aliqua ratione 
effîoere possis, ut iniqua illa censura vel inducatur, yel mitigetur, 
magnum mihi ad suscepta mea studia prosequenda calcar adje- 
ceris.... 

De corpoi*e îllo liturgico emittendo nondum omnino animum 
despondi." — Cassander, Opera, p. 1094, Eximio viro D. Joanni 
Molinœo, regio decretorum prof essor i Lovanii. C'est une réponse 
à une lettre de Molinseus du 1 Juillet 1559. 

(*)" Plane ut rotractetur judicium, quod magnopereameconten- 
dis, ne spes quidem eut ulla. Illud intérim dolorem lenire poterit, 
quod in catalogum librorum lectionis improbatae nedum ea 
referuntur, quœ hœresim quampiam aub statuunt, aut redolent, 
sed qusecumque œtati nostras parum videutur congrucre. Velim 
profecto te hjmnos ipsos edidisse suppressis scholiis, quse labore 
nos tuo frui haudquaquam sinunt. 



415 

Dans sa réponse, Cassander insiste de nouveau 
pour connaître les raisons alléguées par les cen- 
seurs et se déclare prêt à faire les corrections vou- 
lues, si on lui prouve qu'il a avancé des assertions 
réellement choquantes. Quant au reproche de 
Eavesteyn, il s'en défend en disant : Je puis avoir 
plusieurs motifs très avouables de préférer le séjour 
en pays étranger, entre autres le motif de santé, 
et il est injuste de me prêter des motifs odieux. 
D'ailleurs la liberté plus grande de penser qui règne 
ici, peut être nuisible aux ignorants, mais elle est 
incapable d'ébranler dans la foi catholique des hom- 
mes solides et pieux, armés par la lecture des livres 
saints et de la tradition et versés dans l'antiquité 
ecclésiastique. Aussi, je confesse que dans cette 
tourmente religieuse, j'ai toujours suivi ce juste 
milieu, que le Christ a fait briller à mes yeux 
comme une étoile, ce juste milieu, dis-je, dans Tin- 
telligence de l'Écriture expliquée par la tradition 
perpétuelle de l'Église. J'avoue également que j'use 
volontiers, non pas de la liberté de penser, mais 
de la liberté de tout lire et connaître, quelque 
impie et absurde que ce soit, parce que j'estime 
cette étude nécessaire (^). 

nie [Tiletanus] videtur, quantum prima froute conjeci, non 
omnino iiitegram de te opinioncm habere, forte quod patriam nun- 
quam répétas, quodquo eas prœferas ditiones, in quibus quidvis 
senfciendi opiuandique libortas est major. " — SyUoges episf., T. 2, 
p. 246. epist. XXVII, Johanues Moliuœus Géorgie Cassundro. 
(Sans date). 

(*) ** Gratum mihi feceris si causas et moniraenta ut appellant, 
qua) censores istos et criticos, ut vocas, ad scholia nostra notanda 
aduxerint, ad nos transmittas; mutare non gravabor si quid 
merito offensionem parère intellexerim : confutationi autem nostrae 
Bive purgationi optarim, ut apiid illos locus ait. 



416 

En 156], J. van der Meulen expose enfin à 

Oassander les griefs des théologiens de Louvain, 

griefs qu'il fait siens. On lui reproche donc : 

1** d'avoir appelé insignes les livres Carolins (^) 

écrits contre le septième concile œcuménique 

(2* de Nicée) touchant la vénération des images; 



Qaod nuDcias D. Tiletannm non sabis integram de me opinionem 
babere, optarim in illoet illl siraîlibus paulo majorem constantiam, 
quam nt tam levibus arguraentis sinistre de proximo sentiant 
cujus animi stndium et institutum nondum penitns cognoverint 
Curpatriam non repetam, et hiec loca prœferam? variad cansœ 
esse poBsint, eœqne jnstœ et probabiles, quare non satis perite, 
noqne pie ad unam causam, eamque odiosam, recarritur. Quam 
multi enim aliénas provincias, easque remotissimas, non modo 
propinqnas, certis de causis incolunt? inter quas non postrema 
est tuendaa yaletudinis; ejus imprimis studiosis et Faletudinariis, 
in qno ego sum numero, habenda est cura. Deinde ut major hic 
sit sentîendi opinandique libertas, ea rudes fortassis et imperitos 
ad perverse sentiondum adducere possit; constantes tamen et 
pietatis studio serio incitâtes, et non nul la lectione et cognitione, 
cum sacrarum, tum traditionis veterum scriptornm instructos et 
comraunitos, ac vêtus tatis ecclesiasticœ, totiusque catholicœ, boc 
est, antiquBB perpetuse, ac universalia consentionis non imperitos, 
a soliditate catholicae fidei dimovere non poterint. Itaque de me 
proftteor, in his astate noatraobortisundîquevehementiusprocellis 
me medium cnrsum, quem mihi Christus in sacrée scripturœ vera 
intolligentia, perpétua ecclesiw traditioiie nobis cxplicata et relicta, 
tamquam cjnosuram quandam, praömoiistravit, semper retinuisse, 
et eodem gubernante, doneo ad portum cœlestis patria3 porveniam, 
obtenturum. Postrema et illud fateor me banc non quidem sen- 
tiendi et opinandi, sed legendi et cognoscendi quidvis quam vis 
etiam absurdum et iropium libenter amplecti. Video enim hoc 
genus studii hoc a^tate inprimis utile et necessarium."— Cassander, 
Opera, p. 1097, D. Joanni Moliuœo. 

0) Le second concile de Nicée, tenu en 787, dans sa 7' session, 
avait défini ; " Qu'on doit vénérer {TrpodKVvqcnv aVGvefieip) 
les saintes images, mais que le culte de latrie {Xarpeia) est 
réservé à Dieu seul." Les actes du concile étaient rédigés en grec. 
Le pape Adrien I en fit faire une traduction latine dont il envoya 
un exemplaire à Charlcmagne. Malheureusement cette traduction 



417 

2^ d'avoir affirmé qu'anciennement la communion 

n'était point regardée comme complète, si elle ne 

se faisait sous les deux espèces; 
3^ d'avoir dit que les termes : Omnes Sancti, orate 

pro me, n'expriment qu'un simple désir, et non 

pas une prière; 
4** d'avoir avancé que les bonnes œuvres ne sont 

pas la cause du salut, mais seulement le signe, 

l'occasion, la voie du salut. 
Le correspondant termine en suppliant son ami de 
vouloir clianger,omettre ou mitiger ces assertion8(^). 



était si défectueuse que, rendant les mots irpotricvvTiarKT et X^rpeta 
indistinctement par l'expression adorcdio, elle prêtait aux Pères 
de Nicée un langage tout opposé, à savoir : " Qu'on doit adorer 
les images." 

A la suite de ce malentendu, un codea^ de quatre livres, publié 
en 790, sous le nom et peut-être sur l'instigation de Charlemagne, 
attaqua outre mesure la prétendue doctrine du concile de Nicée. 

Cet ouvrage, qui a gardé dans l'histoire le nom de lihri Garolinh 
émet entre autres les principes suivants : 

" L'adoration et le culte ne doivent revenir qu'à Dieu; lui seul, 
et non pas la créature, est adorandus et colendtts. 

On doit simplement vénérer les saints (venerandi); il faut leur 
rendre Vopportana veneratio. 

Il y a cependant des cas on on accorde Vadoratio à des hommes; 
elle consiste à se prosterner devant eux, ou à les baiser, mais cela 
n'a lieu que salutationis causa et par amour, ou bien par humilité. 

Quant aux images, on ne doit pas leur rendre cette adoration, 
car elles sont sans vie et formées de main d'homme. On doit en 
avoir: a/ pour l'ornementation des églises; b/ pour rappeler 
d'anciens souvenirs, mais on ne doit leur rendre ni d^adoratio ni 
de cuUura. 

Il est insensé d'allumer des cierges et de brûler de l'encens 
devant les images." —Voir: Hépélé, Histoire des conciles, traduite 
de l'allemand par Delarc, Paris 1870, T. 4, p. 363, T. 5, pp. 118 sqq. 

C) SyUoges epütól., T. 2, p. 249, epist. XXX, Johannes MolinaBus 
Georgio Cassandro, 18 Martii 1561. 

27 



418 

Cassander s'omprossa de fournir des explications, 
avec prière de les communiquer aux théologiens les 
plus équitables et les plus modérés, qui ne peuvent, 
dit-il, manquer d'y trouver leurs apaisements. Les 
demi-savants, superstitieux et d'humeur chagrine, 
il faut les négliger; jamais personne ne pourra les 
satisfaire (^). 

Ces explications peuvent se résumer ainsi : 
1° J'ai appelé insignes les livres GarolinSj dit 
Cassander, d'abord parce qu'ils furent publiés au 
nom et par l'autorité de Charlemagne, du consente- 
ment du synode (^) [de Francfort], auquel assis- 
taient les légats du Pape. Ensuite parce qu'ils 
ont été toujours tenus en honneur, sans que per- 
sonne, jusqu'ici, les ait condamnés ou mal notés. 
Charlemagne en les éditant, n'a fait que suivre le 
sentiment du synode de Francfort, qui, certaine- 



(») " Tiletano plaçait, quod ea, quae offenderunt in scholiolis ad 
hymnos tais, matare non récuses. Itaque dedi operam, ut censu- 
rnm videas. " — Sylloges epist. T. 2, p. 248, epist. XXIX, Joh. 
MolinaBus G. Cassandro, 27 Oct. 1559. 

" Iiitellexi ex Arnoldo Birckmanno te resp)on8ani nostram 
ad censuras theologorum theologis exhiba isse, cnm propositi 
mei fuerit ut tequioribus tautum et modes tioribas communicares. 
Sed tamen facile id fero. Nam œquis, moderatis et peritis viris 
abunde satisfactum esse scio; sciolis, morosis et superstitiosis 
nemo-unquam satisfecerit ; et spero voncrandum illorum theolo- 
gorum senatum nunc ita constitutum, ut contra tritum illud 
liivianum : Major pars vbicai detenorein. " — Cassander, Opera, 
p. 1120, D. J. Molinseo. 

(*) C'est une erreur. Les livres Carolins parurent en 790, tandis 
que le synode de Francfort n'eut lieu qu'en 794-. II n'est même 
plus possible de savoir si les livres Carolins ont été présentés au 
synode de Francfort, et s'ils ont été approuvés par cette assem- 
blée.— Voir: HÉFÉLÉ, le. T. 5, pp. 101, 121, 137. 



419 

ment, a rejeté la doctrine du synode grec de 
Nicée statuant qu'il faut adorer les images. Les 
Romains avaient peu d'estime pour le synode de 
Nicée et s* en tenaient à l'ordonnance de Grégoire, 
qui écrit à Serenus de Marseille: On ne doit pas 
plus adorer les images que les briser ('). 

2** Après avoir invoqué l'autorité de YOrdo 
BuinanuSy des papes Léon I, Gélase I, Martin V, 
du moine Paschase-Ratbert et d'Augier, Cas- 
sander conclut : Il conste donc assez qu'à cette 
époque la participation au Corps et au Sang de 
Notre-Seigneur sous les deux espèces était regardée 
comme nécessaire dans la communion pleine, légi- 
time et solennelle. Je ne parle pas de la communion 
extraordinaire des infirmes et de ceux qui ne sup- 
portent pas le vin, ni de la communion des enfants 
et des étrangers (*), ni de la communion domestique 



(*) " Quatuor illo<i libros adversus synodum Grœcorum de ado- 
randis imaginibus Niceœ babitam insignes appellavi, primnm quod 
lUuatrissimi regis Caroli nomine et auctoritate, assentiente uni- 
versa synodo, oui legatî Bomani Pontificis intererant, conscripti 
et editi sint. Deinde quod yideam eos Hbellos in pretio et honore 
semper habitos fuisse.... Breviter citatum honorifice hoc volumen 
et laudatum lego, damnatum, reprehensum, imo vcl uotatum non 

lego qûod tamen Carolus senten tiam totius synodi Francfor- 

dianae seqnutns pro zelo suse fidei sno nomine conscribi et evnlgari 
voluerit. Illud certe constat, synodum illam Graecorum Niceœ 
iternra habitam in celebri illa synodo Francfordiensi rejectam 
fuisse, qna parte statuebat imagines sanctorum adorandas...." — 
Cassakdbr, OT^era, p. 1103. 

(') Communio peregrinorum, A propos du synode d'Agde, tenu 
en 506, qui réduit le clerc désobéissant à la peregi-ifia communio, 
Héfélé dit : " On ne sait ce qu'il faut entendre par cette pei'egrina 
communio. Dom Ceillier cite une dissertation de Jacques Dominicus 
pour expliquer cette expression comme il suit: Il doit, comme les 
clercs étrangers, communier après tout le clergé, mais avant les 



420 

et privée. — Vous n* admettez pas la nécessité 
absolue de la communion sub utraquê specie; aussi 
n^ai-je pas touché cette nécessité absolue. — Mon 
intention n'était pas d'approuver ni d'improuver la 
communion utriusque ou alteriiis speciei. Je me suis 
contenté simplement d'exposer la coutume des 
anciens. — Vous jugez inopportun d'accorder l'u- 
sage du calice aux Mes; mais d'autres théologiens 
très entendus, comme Gropperus et Bckius, sont 
d'un avis contraire. J'avoue que j'opine avec eux(^). 

laïques." Bingham donne une autre explication. Il fait la suppo- 
sition suivante : De même que Ton accordait tout ce qui était néces- 
saire, mâme aux étrangers qui n'avaient pas de lettres de paix, leur 
donnant ainsi, pour ainsi dire, la communio henignitatis, mais non 
pas la communio altaris, de même on traitait de cette façon les 
clercs désobéissants, jusqu'à ce qu'ils s'améliorassent, et cette 
exclusion temporaire de l'Église était une peine moindre que d'être 
relégué, d'une manière indéfinie, dans la communio laicaUs. " — 
Histoire des conciles etc., T. 3, p. 255. 

(>) '* Satis igitur constat iis seculis ad plenam, legitimam et 
solemnem communionem, utriusque sacramenti corporis et sangui- 
nis Domini participationem necessariam habitam fuisse; de extra- 
ordinaria infirmorum, abstemiorum, infantium, peregrinorum, 
doraestica, item et privata,... hic nîl loquor... Addis te non admis- 
surum, eam absolute fuisse necessariara... Ego enim de absoluta 
necessitate nihil loquutus sum; deordinariaet solemni communione 
loquor, quam certe pro aliquo tempore negari non potest neces- 
sariam habitam fuisse.... Meum propositum non fuit, utriusque, 
vel alterius speciei communionem vel probare vel improbare.... 

Quod autem ais, non censere te calicis usum esse concedendum 
laicis, lion œgre scio feras, si alii insignes et exercitati theologi 

aliter sentiant, Joanues certe Gropperus Et Joannes Eckius 

In hac sentcntia scio esse multos eruditos et pios viros catholicas 
pacis amantes, sectas omnes détestantes. Cum his, ut ingénue 
fateor, haud gravatim sentio, qui pulant ad concordiam et pacifi- 
cationem ecclesiarum plurimum pertinerc, si usus dorainici calicis 
non abrogatus ob abolitus, sed ad tempus suspens us et intermiss us 
populo fideli légitima et ordinaria via restitaatur." — Cassandbr, 
O^era, pp. 1106-1108. 



421 

3° Touchant l'invocation des Saints (^), ce qui 
m'a amené à en parler comme je l'ai fait, c'est que 
la question de savoir si, dans quelle mesure et 
comment les Saints connaissent et exaucent nos 
prières, n'est résolue d'une manière certaine, ni 
chez les anciens, ni chez les modernes; la discussion 
se renferme dans les limites de la probabilité. C'est 
pourquoi, ne voyant aucune nécessité d'établir 
que les Saints ont connaissance de nos prières, je 
croyais suffisant, pour éviter les reproches de 
quelques-uns, de dire que nos invocations peuvent 
s'expliquer dans le sens de désirs; ce qui est moins 



(») " De interpellatione sanctorum jam olim in Litaniis publicis 
Qsitata, Bcripsî non videri mihi car minus liceat beatos il los spiritus 
ex quadam pii desiderîi redundantia compellare atque exhortari 
ut id faciant» quod eos ultro facere credimus; nt perinde valeat : 
Omnes 8andi orate pro me, atque, tUinam amnea Sandi went pro me, 
etc. Hue me primum induxit, quod de hac quaB8tione,an, qnatenns 
et quomodo sancti cognoscant et exaudiant singnlorum eos inter- 
pellantium preces, nil apud veteres neque recentiores definitum, 

sed pmbabiliter tantum disputatnm yideam Movit me quoque 

potissimum quod apud Hugonem de sancto Victore legeram, non 
ideo inanes fore nostras preces, quibus sanctos ad orandum pro 
nobis invocamus, etiamsi concedamus eos voces postnlantium non 
audire.... Quare cum yiderem non necessarium, nt statuamus 
sanctos întelligere nostras preces,credebam ad oalumnias nonnul- 
lornm repellendas satis esse si dicamus per modum desiderîi eas 
interpella tiones oxplicari posse, quod minus habet absurditatis, et 
diyinarum litterarum exemplis congrnit. Si quis autem hujusmodi 
compellationes pro intimatione quoque desiderii, et directa (nt ita 
loquamur) alloquutione haberi yelit, non repugno. Crediderim 
tamen hnjusmodi intimationi tacitam conditionem subesse debere, 
qnalem Gregorius Nazianzenus in orationo funebri sororis Gor- 
goniœ exprimit, cum ait : Proinde si noatri aermonea vél parumper 
tUn cures aint, honorque tnlia aandia a Deo debeiur anitiuibua, ut 
iàlia readacant, auacipe ei tu aermonem noatrum.** — Cassandbb, 
Opera, p. 1108-1109. 



422 

absurde et plus conforme aux saintes Écritures. 
Si l'on veut que nos prières expriment de plus une 
intimation directe de nos désirs, je n'ai rien à y 
opposer. Toutefois, je crois qu'alors il faut sous- 
entendre la condition tacite, formulée par Grégoire 
de Nazianze, dans Toraison funèbre de sa sœur 
Gorgonia, lorsqu'il dit: Si nos paroles vous inté- 
ressent quelque peu, et si Dieu doit à ses Saints 
de leur donner pareille connaissance, vous aussi, 
agréez donc notre panégyrique Q). 

4° Enfin, quant à la question du mérite(^), où vous 



(^) Les scolastiqaes n'ont jamais mis en donte si les Saints con- 
naissent nos prières. Seule, la question comment ils en ont connais- 
sance, était l'objet de leurs disputes. Les protestants, au contraire, 
attaquaient Tinvocation des Saints, sous prétexte que les Bien- 
heureux ne connaissent pas nos prières. — Voir: Bjsll^bmin, De 
œntroversiis christianœ fidei, etc. Pragœ, 1721, T. 2, p. 418. 

Voici le passage de saint Grégoire, tel que nous le lisons dans 
rédition de ses œuvres, publiée à Cologne en 1690; il diffère du 
texte donné par Cassander: " Quod si quid eos quoque, qui tibi a 
nobis habentur, honores curas, atque hoc prsBmii sanctis anîmis 
divinitus contingit, ut ista sentiant, nostram quoque orationem, 
pro multis, ac pr» multis funebribus donis accipias velim. " — 
D'ailleurs le si qu'emploie l'orateur n'est pas dubitatif mais affir- 
matif. — Voir: Bellaemin, l. c, T. 2, p. 419. 

(^) " Eestat extremus locus de meritis, ubi scribis tradere me 
bona opera non esse causam vitœ œternaB, sed signum, occasionem» 
Tel viam, cum ego ibi nil tradam, sed bona fide sententiam vetusti 
cujusdam ex scholasticorum numero scriptoris exponam.... Quid 
autem clarius dicto B. Bernardi, qui in libro de gratîa et libero 
arbitrio sic loquitur P Alioqui si proprie appeUetitur ea quœ dicimus 
nostra merUa^ spei qucedam sunt seminaiia, charifatis incentivay 
occuUœ prœdestinalionis indiciafuturœfœlicilaiisprœsagia, via regni, 
vum causa regnamdi. Quid autem hac conclu sione firmius, Merüa via 
sunt regni, non causa regnandi? ,», Indicavi quoque scolasticos 
causam hic intelligere non proprie dictam, sed causam sine qna 
non, qu89 vere et proprie causa non est. Hicauotorem habeo Petrum 



423 

me reprochez d'avoir dit que les bonnes œuvres 
ne sont point la cause du salut, mais le signe, 
l'occasion, la voie du salut, je n'ai fait qu'exposer 
la sentence d'un ancien scolastique. Saint Bernard 
tient le même langage. Les scolastiques, entre 
autres, Pierre d'Ailly, regardent nos œuvres méri- 
toires non comme cause proprement dite du salut, 
mais comme condition siiie qua non. D'ailleurs 
presque tous font dériver l'eflBcacité du mérite à 
l'égard de la récompense, non de la valeur intrin- 
sèque de nos œuvres, mais de l'acceptation et de la 
promesse divines. Que cette promesse oblige Dieu 
en justice, comme les uns le disent, ou qu'elle ne 
l'oblige pas en justice, comme d'autres le pensent. 



de Alliaco ....eu jus hase sunt verba in IV, Q. I, arb. 1 : Quia causa 
est iüud, ad cujuts esse sequitur aîiquid. DuplicUei' pofest aliquid dici 
causa; uno modo p'opie, quando ad praesentiam esse tmius virtute 
ejus ex natura rei sequitur esse alteriu^, et sic ignis est causa caloris; 
alio modo improjyrie, quando ad praesentiam esse univs sequitur esse 
aUerius, non tamen virtute ejus, nec ea natura rei, sed ex sala volun- 
tate alterius. Et sic actus meritoi^ius dicitur causa respecta p^'aemii. 
Subdit aatem: Gatksa, sine qua noti, non debet simplioifer et absolute 
dici causa, quia proprie, non est causa, Qiiid quod scholastici omnes 
pene, dignitatom, aequalitatem, et commensurationem meriii et* 
prœmii, non in reipsa et intrinseca bonitate actus, sed in divina 
acceptatione, pactione et ordinatione constituunt? Quamvis autem 
nonnuUi sint, qui hic œqualitatem quandam et justitiam ex 
divina pactione et conventione statuant, affirmantes Deum homini 
jure promissionis ad reddendum prasmium obligari : Hsec tamen 
ipsa obligacio principium habet gratuitum, neque ullam operibus 
intrinsecam virtutem addit, sed omne jus conseqnendi prœmii in 
gratuita promissione consistit. Quid quod nonnulli insignes scn'p- 
tores hoc ipsiim negaiit, Deum videlicet sua promissione nobis 
obligari?.... Nam, ut taccam, quod mérita omnia Dei dona sunt, 
ita ut homo ma gis propter ipsa Deo debitor est, quam Deus 
homiui. " — Oassaxdbr, Opera^ pp. 1109-1110. 



424 

il reste toujours vrai que la promesse est toute 
gratuite et ne donne aucune valeur intrinsèque à 
nos actes, de manière que tout le droit à la récom- 
pense dérive de la gratuité de la promesse. Je 
pourrais ajouter que les bonnes œuvres elles-mêmes 
sont des dons gratuits de Dieu Q). 



(') D'après la doctrine protestante la plas mitigée, les bonnes 
œuvres ne sont que la màny^eêtcUion de la foi justifiante. Le salut 
ne dépend pas d'elles. Cependant, ces œuvres 4)euyent ôtre appe* 
lées méritoires de la vie éternelle, non pas à raison de leur valeur 
intrinsèque, mais uniquement à raison de la libéralité de Dieu qui 
nous adopte en considération des mérites du Christ. 

La doctrine catholique, au contraire, enseigne que les œuvres 
surnaturelles de Thomme justifié sont véritablement cause méri- 
toire du salut, en vertu de la promesse divine, et en vertu de la 
condignité ou valeur intrinsèque que ces œuvres tirent des mérites 
et de la grâce de Jésus-Christ. Aussi les scolastiques attribuent- 
ils l'efficacité du mérite non pas aeidemenl à la promesse divine 
(comme le prétend Cassander), mais en môme temps )k la valeur 
intrinsèque que Jésus-Christ donne aux œuvres de l'homme jus- 
tifié agissant avec le secours de la gr&ce. 

Ces œuvres surnaturelles ne sont pas tellement les dons de Dieu 
qu'elles ne soient pas aussi les mérites de l'homme justifié. (Cfr* 
Conc. Trid. Sess. 6. Can. 32). 

Saint Bernard développe cette idée dans le chapitre 14 de son 
traité De gratia et libero arhiirio, d'où est extrait le passage cité 
par Cassander (HcLec, cum certum êU divino in nohis custHari êpiritu, 
Dei aunt munera; quia vero cum nostrae vóluntaÜs asse/Mu, iwgtra 
8unl mérita). Lorsqu'il dit que nos mérites sont la voie du snlut» 
non la cause du salut, il veut signifier que nos mérites, en tant 
que nôtres, ne sont pas cause adéquaie, puisque nos œuvres pour 
être méritoires {in actu primo) doivent être faites avec le concours 
de la grâce, et qu'en outre la promesse divine doit les rendre 
dignes de récompense (in actu secundo). — Cfr. 8. Bemardi Opera 
omnia, Parisiis 1839, T. 1, col. 1396 sqq. 

Quant à Pierre d'Ailly, une fois qu'il définit la cause proprement 
dite " tout ce qui opère en vertu de sa propre nature ", il ne peut 
plus regarder les bonnes œuvres comme cause proprement dite 
de la vie éternelle, puisqu'une des oonditions du mérite est l'inter- 
vention de la promesse de Dieu. 



425 

Molinœus déférant aur désirs de Tinculpé, s'ab* 
Btint de communiquer les explications de Cassander 
aux théologiens réputés les plus sévères; il n'en 
fit part qu'à ses collègues les plus conciliants 
HunnaBus, Hesselius et Ravesteyn. 

Ces explications, on Ta vu, n'enlèvent pas toute 
leur couleur protestante aux scolies sur les hymnes. 
Et cependant, s'il faut en croire le professeur 
de Lotivain, Hunnseus ainsi que Hesselius ne 
produisirent aucune observation, et Ravesteyn 
se contenta de faire quelques remarques à propos 
des livres Carolins. Van der Meulen lui*même avoua 
qu'il ne trouvait plus rien à redire Q). Sans nous 
arrêter à chercher le motif de la réserve actuelle des 
Louvanistes, notons simplement que Ravesteyn, 
dans son apologie du Concile de Trente (*) contre 
Eemnitius, parlera sur les bonnes œuvres et le mé- 
rite tout autrement que ne le fait Cassander; que de 
même, Hesselius, dans son traité de l'invocation des 



(*) " Eqnidem iis, quos dariores paulo intellexi esse tibi, nihil 
nnqnam commanicavi. 

Plane ab Hunnaso et Lovanio nullam censaram elicui. Sed ne a 
Tiletano qaidem quicqnam adnotatam est, nisi qnod ad sjnodnm 
Franoofordianam adscripsit haeo verba: haee mera ealunmia est; 
nam definüio synodi Nicenœ longe alla est, ni facüe patet eam ferle* 
genti; et paulo post ad Gregorii Bomani Pontificis sententiam base 
Bubjicit: manifeêtum est Qregorium loqui de adorcUione quae propvia 
ed Deo, non atUem de veneratione.... Et sane, ut ingénue eloquar 
quod sentio, unîversa epistola mibi videbatur tantopere authoritate 
et ratione munita, ut mordendi nullus relictus foret locus. " — 
SyUogeê epiitol, T. 2, p. 252 Epist. XXXI, Jobannes Molinœns 
Georgio Caasandro, Yigilia Joannis 1561. 

O Apólogim »eu defentionis dpcretorum sacrosandi eoncüii Tridan- 
Uni,,,, adverauê cenauroê ei examen MarUni KemnUii,.,, Pars prima» 
Lovauii 1568, pp. 358-381. 



426 

Saints Q) dirigé contre Monhemius, réfutera indi- 
rectement les assertions de Cassander sur cette 
matière, et attaquera ex professo dans un écrit 
spécial (^), comme nous le verrons tantôt, les opi- 
nions de Cassander sur la communion sous les 
deux espèces. 

D'ailleurs Cassander n'ayant pas donné de nou- 
velle édition, son livre subsistait toujours tel qu'il 
l'avait publié. Aussi V Index Tndentinus^ publié sur 
l'ordre de Pie IV (1564), condarana-t-il expres- 
sément les Hymni. U Index expurgatorius (1671) {^) 
renouvela les trois dernières observations formu- 
lées par les censeurs de Louvain et en ajouta 
quelques autres. Relevons-en une seule, celle qui 
regarde le scolie dont l'auteur fait suivre une hymne 
au précieux Sang de Notre-Seigneur, attribuée à 
Louis Vives. On pense, dit le scoliaste, que le sang 
conservé à Bruges, est une partie du sang recueilli 

(*) Tract ahi8 pro invocaiione aarictoi-um, contra Joannem Monhe" 
mium..,. Lov. 1562, pp. 28 sqq. 

(*) Dedaraiio quod 9umptio eucharistiœ suh unica panie specie neqi^ 
Chridi prœcepto aut instUutioni adversetur, neque minus fructiwsa 
sii, qvMm communio aub ulraquepanis et vini specie; cum dissolutione 
eorum quœ contra adferuntur, Lov. 1566. 

(3) Nous avons vu plus haut (p. 293) que Philippe II publia, le 
15 Fëvrier 1570, VIndex do Trente avec un appendice dressé par 
les évêques et les docteurs. Le décret accompagnant cette publi- 
cation ordonna de livrer au magistrat, endéans les trois mois, tons 
les livres encore à expurger. Des comités de censeurs diocésains et 
un comité central établi à Anvers furent chargés par le duc d'Albe 
de l'examen des livres. Le résultat de leurs travaux parut chez 
Plantin sous le titre : Index expurgaiorius libroi'am qui hoc sœculo 
prodieruntfjuxia sacri conciUi Tridentini decretum Philippi II regis 
jussu et audoritatet aique Albani duds consUio ac ministerio in 
Bdgio concinaius amio 1571. 



427 

sur le corps du Christ avant sa sépulture. Mais les 
théologiens ne s'accordent pas sur la question de 
savoir si le Sauveur a repris, ou non, tout son sang, 
lors de ]a résurrection. Devant cette divergence 
d'opinions, ne serait-il pas plus sûr et plus net, 
suivant le conseil du Christ, d'adorer avec les Juifs 
ce que vous connaissez, que d'adorer avec les 
Samaritains ce que vous ignorez Q). Les expurga^ 
tores firent biffer cette remarque (*). 

(*) Les scolastiqaes anciens, il est vrai, ont nié qae nons 
possédions une seule goatte da véritable sang de Notre- Seigneur, 
non point qa'ils eussent des preuves historiques quelconques à 
Tappui de cette opinion, mais en vertu de certMus axiomes spécu- 
latifs qu'ils avaient acceptés a priori. Les arguments tirés de 
l'union bypostatiqne du Verbe avec Thumanité et de la résurrec- 
tions glorieuse de Jésus-Cbrist, ne résistent pas à la saine critique 
et sont rejetés par les théologiens modernes. En fait d'histoire, les 
opinions préconçues ont bien peu de valeur et les témoignages 
véridiques en faveur de l'authenticité de la relique du S. Sang 
conservée à Bruges, renversent les raisonnements des scolastiques, 
qui en cette matière ont trop peu consulté les faits. — Voir pour 
les détails sur cette question : Malov, Du cuUe du Saint- Sang de 
Jésus- Chrid et de la relique de ce sang qui est conservée à Bruges, 
Bruges 1851, pp. 41, sqq. 

(') Voici quelques extraits de l'Index ea;2}ttr^a<onu«. Nous donnons 
entre crochets les passages de Cassauder, auxquels il fait allusion. 

" Pag. 487 ad illa verba, [Ut pio régi pariter canentes cum 
suis sanctis] Mereamuraulamingredi cœli, scholium incipiens, 
Yocabulum Merendi apud veteres, etc. [ecclesiastioos scriptoresfere 
idem valet quod conseqni, seu aptum idoneumque fieri ad con<* 
sequendum id, quod iutercœtera vel ex uno Cypriani loco apparet. 
Nam quod Paulus inquit I Timoth. 1, aXKa kœl r/kerfOffv, quod 
vulgo legitur misericordiam consecutus sum, vel ut Erasmus vertit, 
misericordiam a^6p^iM«um,idGyprianus legit,misericordiam merui... 
quœ vocis notio si retineatur, multa quœ durius dici videntur, 
mitiora et commodiora apparebunt] deleatur totum. 

Pag. 149 et sqq., qu» habet de sacramento corporis et sangui- 
nis Christi, pertinent ad Ecclesia suggillationem et universum 
Bcbolium. 



• 428 

Revenons à Tannée 1557. 

Cassander, en apprenant que ses Hymni avaient 
été censurés par les théologiens de Louvain, hésita 
un moment à continuer des publications de ce 
genre; mais cédant aux instances de ses amis, et 
sans attendre les motifs de la censure qu'il avait 
prié van der Meulen de lui communiquer, il édita 
en 1558, ses Liturgica de ritu et ordlne Dominicae 
Goenae celebrandasy quam celeht'ationem graeci Litur-^ 
giarriy Latini Missam appellarunt Q). 

Pag. 187 Omnes Sancti orate Deam pro me, perinde valet ao 
si dicatar:Utinam omaes sancti Deum orent pro me, etc. [Qaam 
velim ut omnes sancti Deum orent pro me! quis aatem cam Denm 
orat, non cupiat omnes qnotquot in cœlo et terra sant pias preces 
saas una cam sais precibus conjungereP si enim nnins justi 
preoatio multam valet, non dabiam quin plariam sanctornm et 
jastoram preces plas valeant. Qaae aatem oaationes hic sint 
adhibendae, qaibusqae in rebus vulgo hic peccetur, non est ha jas 
loei ezplicare] deleatar asque ad f inom. Nam re vera Sauctos 
invocamas preces eorum postulantes, non solam desiderantes. Et 
amplius petit qui dicit: Ora pro me, qaam is qui dicit: Utinam 
ores pro me. Nam illad andienti et intelligenti, dicitur : hoc vero 
etiam ab absentibas et non intelligenti bus op tari potes t. 

Pag. 224. QasDcanque profert de utriusque speciei communione, 
sao ac dubitantis more profert. 

Pag. 257. At in hoc opinionam dissidio [vide nam tutiiis et 
ezpeditias sit Chris ti monitioni obsequentem, cam Jadœis adorare 
quodscia8,qaamcamSamaritanisadorareqaod nescias] deleatar 
usqae ad finem. 

Pag. 261. Tota disputatie illa de meritis Sanctornm, a loco 
Porro qnia tam hic, tum alibi deleatar totum usqae ad finem. 

Habet hic liber vetustos et puloherrinos hymnos, quos ezpediret 
recudi, omissa epistola dedicatoria; prœtermissis etiam recentiorum 
hjmnis laoobi Meyeri, Ghorgii Fabricii et cœterorum junioram, 
quorum hymni vel tollantur vel tieorsim imprimantur : non enim 
convenit inter hymnos veüastoram et Ecclesiasticorum Patrum, 
hosoe reoentiores connamerare." — Index expurgaioritts etc.; p. 14, 

0) CiasANDiR, Opera, pp. 1-88. 



429 

Cette fois-ci, Tauteur a soin de prévenir, dans 
sa préface, qu'il ne pose pas en juge, arbitre ou 
même consulteur, mais qu'il se contente d'exposer, 
de narrer, et qu'à dessein, il a choisi les textes 
historiques, évitant les textes dogmatiques, afin 
de laisser au lecteur le soin de conclure. Parmi les 
cérémonies de la messe, dit-il, il en est qui, depuis 
longtemps déjà, universellement en vigueur et 
communes à presque toutes les nations, sont encore 
reconnaissables dans leurs vestiges. D'autres 
cérémonies ont été ou retranchées ou modifiées; 
quant à ces dernières, si pour quelques-unes, l'on 
a eu des motifs do les abolir ou de les changer, 
pour d'autres, il est presque nécessaire de les réta- 
blir aujourd'hui. Mon seul désir est de voir les 
dépositaires de l'autorité rendre l'action auguste 
du Sacrifice à son intégrité et sa dignité premières, 
de voir remédier aux abus qui s'y sont introduits et 
mettre ainsi fin aux mortelles dissensions touchant 
la légitime administration des mystères sacrés Q). 



(') *' Quœ omnia privatis meis studiis primum comparaveram, 
donec me noiinulli aniici et viri boni ad publicationem hnjus opus- 
culi incitarunt» nonnihil, ut fateor, renitentem, ut qui varietatem 
et malignitatem judiciorum hao nostra œtate utcumqtie cognitam 
babeam: et expertns didicerim nihil tam circumspecte, tam mode- 
rate, tamque religiose proponi posse, quod non in offensam et 
reprehensionem aliquorum incurrat. Sed id rursum me consolatur, 
considemntem, stndia nostra qiialiacumque non maledicis repre- 
hensoribus, sed benignis et candidis lectoribus servire debere.. 
quibus etiam aolis hanc meam opollam inscribo dcdicoque, et qnam 
utilitatem hinc accipere possint, ex meoipsius animo conjecturam 
facio.... Observabnnt enim facile, in bis ritibus nonnuiia esse om- 
nibus gentibus fere communia, et jam olim summo consensu 
usurpata, quorum adhuc forma certe aliqua et extrema tanquam 



430 

Cassander émaille ces avis de reproches assez 
amers évidemment à l'adresse de ceux qui avaient 
censuré ses Hymni. Il oSve son travail, non pas à 
ces critiques médisants, mais uniquement aux lec- 
teurs pieux, bienveillants et sincères, qui mettent 
la gloire du Christ et la paix de l'Église au-dessus 
de leurs intérêts personnels; de tels lecteurs sauront 
le défendre contre la malice de ceux que de vains 

liaeamenta servantur; alia esse obsoleta, yel commntata, quorum 
partim omissio et commutatio non sine ratione facta est, partim 
vero restitatio et redintegratio prope necessaria videtar. Sed hœc 
aconratins ezplicare, hujas loci non est. Non enim hic jndicis vel 
disceptoris, ac ne consultons quidem, sed indicis tantum et narra- 
toris personam mihi sumpsi.... Consulte autem eos tantum locos 
selegi qui factum exponunt,non qui etiam dogmata confirmant, ut 
liberum peues lectorem judicium relinquatur. Do me autem hoc 
tantum profiteer, nihil mihi longius esse, quam ut acerbissima, et 
pene exitiosa EcclesiaB dissidia quas de légitima hujus sacrosaticti 
mystorii administratione bac nostra œtate eztiterunt, mature et 
prudenter componi videam, et sacrosanctam hanc actionem su» 
integritati et dignitati restitui, et si quid morbi aut yitii paulatim 
inolevit, (ut in rebus optimis et prœstantissimis fieri solet) id per 
eos, pênes quos hujus rei perficiendœ auctoritas est et scientia, 
ita curari et instaurari, ut divinis literis summa auctoritas defe- 
ratur, Ecclesiœ priscœ sua reverentia exhibeatur, et cum prœsen- 
tibnsi ac per universum adhuc orbem dijffusis ecclesiis qnoad fieri 
potest, charitas, pax et unitas conservetur. Hune meum animum 
omnibus pus et candidis viris, qui ubicumqno locorum sunt, 
Christi gloriie, Ecclesiœ paci, non suis affectionibus serviunt, 
testatum volo, eosque vicissim attester, et patrones mihi advoco 
adversns eorum improbitatem, qui vanissimis suspicionibus (quas 
aut ipSL sibi ex inanibns cenjecturis finxerunt, aut ex levinm aut 
pravorum hominum dclationibus conceperunt) adducti, bonis 
viris quorum nondum animum perspectum habent, obtrectare 
etiara apnd graves et in dignitate constitutos viros non verentur.* 
quibus hoc unum imprecor, ut charitatis officiis oxhi bendis eum 
potius, cujus nomen usurpant, imitentur, quam ut falsiscnlumniis 
adversus insontes struendis professionc sua indigna admittere 
videantur." — Cassander, Opera pp. 4, 5. 



431 

soupçons, conçus à la suite de frivoles conjectures 
ou de délations mensongères, poussent à blâmer 
et à noircir, même auprès de personnages haut 
placés, des hommes droits et honnêtes, doni? ils ne 
connaissent pas le fond de l'âme. Plutôt que de 
calomnier l'innocence, ces chrétiens feraient mieux 
d'imiter la charité de leur Maître. 

Malgré cette préface, et, sans doute, à cause 
d'elle, les Liturgica semblent n'avoir pas échappé 
aux censures de l'Université de Louvain Q). Quoi 
qu'il en soit, le livre fut réprouvé plus tard par 
V Index expurgatorius (^). 

Après de nouvelles hésitations (*), dues aux 
difficultés qu'il rencontrait avec les théologiens 
de Louvain, Cassander compléta ses Liturgica par 

(*) *' Accepi hic, statuisse eosdem Criticos nostris quoque litar- 
gicis interdicere, qaod sane mihi valde inopinatam accideret: 
niclius enim de gravitate et humanitate prœsentium Dunc theolo- 
gorum persaasus eram. Scio enim me in iis liturgicis bona fide 
nsum, et receptos tantum anctores me addaxisse existimo. Qnare 
obtc'istor tnam fidem et nostram amicitiam, at ea de re me certio- 
l'oin facias. Et si qaid forte in iis liturgicis displiceat, mihi 
HÎgnifices. Spero tamen tantum adhuc humanitatis istic reliquum 
os8e, ut non ante ad libelli censuram et notam accédant, quam 
nio locornm, quœ ipsos offeudunt admoneri curent, neque enim 
mihi persuadere possnm viros dictes et prudentes hominis famam 
tara vilcm habere, ut eam tam temere conspu reent. Cnpiam vero 
primo quoque tempore hujus rei certior fieri: nam statui liturgica 
lijvc nonnuilarnm liturgicarum et plnrîum testimoniorum acces- 
fîione locupletata emittere." — Cassander, Opera, p. 1115. D. Joanni 
Molinaeo. 

(') "Liturgica, liber tollatur, ut est in indice." — Index 
ecinirgaiorlus, etc., p. li. 

(') ** At ne hos quidem [libelles] publicaturus fuissem langue- 
fiictus qnorumdam hominnm improbitate, in pejorcm omnia partem 
torquentium, nisi me fortuitus casus hue impuUsset." — Cassander, 
Opera, p. 91. 



432 

la publication de VOrdo romanus de officio missae. 
Cet Ordo comprenait: Ordo processionis ad eccledam 
sive missam secundum Bomanos. 

Ordo processioniSy si quando episcopus festivis 
diebvs missam celebrare voluent^ ita ut ah antiquis 
patribus oceidentalium institutione est constitutus. 

Liber de romano ordine, qualiter celebrandum sit 
officium missae. 

Ordoecclesiasticus Bomanae ecclesiae, vel qualiter 
missa celebretur. 

Ordo missœ secundum Bomanos, vulgo dictus 
micrologus. 

Dialogus hoc titulo, Expositio missae ex concordia 
divinarum scripturarum. 

Expositio quarumdum vocum ecclesiasticaiiim, quœ 
in his libellis passim occurrunt^potissimum ex schdiis 
D. Pétri Urbevetani episcopi Jur. Canon. Doct. in 
vitas Pontif. Damasi (*). 

En 1560, Cassander publia, non sans se plaindre 
encore une fois de l'iniquité des censeurs louvani- 
Btes (^), un autre travail liturgique intitulé: Preces 
ecclesiasticœ quœ collectae vulgo dicuntur^ ex variis 
libris ecclesiasticorum officioi*um diligenter conquis 
sitaCy et in m^dinem digestae, cum aliis nonnullis 
precationibus collectarum spedem referentibus Q. 



(*) Cassandee, Opera, pp. 89-145. 

(-) " Nec te latet judicioram perversitas, qnœ siraplicissime ac 
religiosîssime dicta in sinistrain et deteriorem partem torquere 
soleat, quam iniquitatem in tenui opusculo, magis, ut libens 
credo, unius aut alteriofi hominis praBJudicio, quam totins ordinis 
sententia atque consilio experti sumus," — Cassander, Opera, p. 303. 

P) lUdem, pp. 301-448. 



433 

D'après Aâaink Calkoen, les Preces auraient 
encouru la censure des théologiens de Louvain; 
nous croyons au contraire qu'elles déplurent aux 
réformateurs Q). 

Les publications liturgiques de Cassander accu- 
sent chez l'auteur d'immenses recherches, une 
vaste érudition et une ample connaissance de 
Fantiquité chrétienne. Aussi des hommes compé- 
tents dans la matière décernent-ils au liturgiste 



(') Specimen hütcrieo-iheohgieum etc. p. 72, note 1 : " In transita 
etiam oommemoro, non tantam Hymnoe eceUstasticos sed et 
LUtêrgica et Preces ecolesiasticaa theologorum censura condemnataa 
f lusse. Vid. Epist 23 ad MolinsBum et 34 ad Solinandrum." — Nous 
avons cité plus haut (p. 431, note 1), la lettre 23 à Van der 
Meulen, dans laquelle il est question de la censure des LUurgica; 
quant à la lettre 34 à Solinander, sur laquelle Assink Calkoen 
s'appuie pour affirmer la condamnation des Preces par Tuniversité 
de Louvain, et où nous ne voyons que des plaintes de la part des 
protestants, en voici les passages principaux: ** Intelligo nonnullis 
bonis viris institutum nostrum in his ecclesiastiois precibus eden- 
dis non probari tom quod ex his precibus nonnullas ad supersti- 
tionem populi alendam facere existiment, eas videlicet, in quibus 
mérita et intercessioues sanctorum hominum commemorantur, in 
quibus equidem hominibus zelum aliqucm Dei libenter agnosco, 

scienti» tamen non nihil et charitatis reqniro Ego sane ingénue 

in iis me esse profiteor, qui omnem superstitionem et corruptelam 
in rebus religionem attingentibus pessime odernnt, ecclesiamque 
amotis perniciosis morbis 8U89 integritati et sanitati, qnoad fieri 
potest, restitutam cupiunt; sed veniam mihi dandam puto, si in 
dijudicatione harum rerum post divinas littcras antiquissimum 
quoque et perpetuum universarum ecclesiarum consensnm adhi- 
beam; neque me quorumdam hominum recentium, quamvis neque 
indoctornm, neque impiornm, opinionibus tanquam prœjndiciis 
me teneri et adstriugi sinam." — Cassander, Opera, p. 1125. On 
remarquera que Cassander se montre moins sévère envers les 
censeurs de la réforme qu'envers ceux de Louvain. 

28 



434 

des éloges mérités, saus cloute, mais qui a certains 

égards pèchent par exagération Q). 

Oorrespon. Avant de parler des autres ouvrages composés 

Bander ^ **" par Cassauder dans le but de pacifier l'Église 

et d'amener la réconciliation entre les deux partis, 

(^) £usÈBB Renaudot, dans la préface de sa LUurgiarum orienta' 
Uum coUectio (Paris, 1716), écrit :*' Solus quantum adipisci legendo 
potuimus, plus vidib reliquîs Georgius Cassander, qui in breyi, 
sed erudito scripto, quod Liturgica appellavit, ea solidioris do- 
ctriniB semina inspersit, ex quibus fructus longe maximi colligi 
pobuissenb, si imibatores habuisset." 

Ijemèmeù,ntexir,à&jï8 La perpétuité de la foy de V Église caihóliqiLe 
toibckant VEuchariatie, (Paris 1711, T. 4, p. 15), s'exprime ainsi: 
'* George Cassandre, théologien d'un grand mérite et qui avait un 
caractère singulier de douceur et de charité avec une capacité 
supérieure à celle de la plupart des autres théologiens de son 
temps, s'est servi pareillement de l'argument tiré de la conformité 
de la discipline des premiers siècles, dans la célébration de la 
liturgie, et à ce dessein il fit plusieurs recherches très curieuses 
comprises dans le traité qu'il appella Liturgica, 11 n'y rapporta pas 
seulement divers extraits des anciens offices de l'église occidentale : 
H y joignit ce qu'il put trouver alors touchant les rites de l'église 
orientale, et quoique ce qu'il en a dit ne soit pas aussi ample ni 
aussi exact que ce qu'on a découvert depuis, cela suffirait néan- 
moins pour renverser tous les systèmes de la réforme." 

DoK GuÉ&AKGEA, daus ses Lisiiiulions liturgiques (Paris, 1878, 
T. 1, p. 473) dit à son tour: " Georges Cassandre, docteur flamand, 
combattit avec zèle les nouveautés de la réforme, quoiqu'on soit 
en droit de lui reprocher quelques propositions trop hardies. 11 
publia un ouvrage savant ayant pour titre: Liiurgica de ritu et 
ai'dine Dominicœ ctenœ celehraiïdœ e varlis sa'iiftoribm. C'est un 
recueil de passages des auteurs ecclésiastiques sur toutes les par- 
ties de la messe. 11 est suivi de VOrdre romain, le seul que l'on 
coonût alors. Cassandre publia, en outre, un recueil d'hymnes dans 
le genre de celui de Clichtoue, et un autre recueil des oraisons 
que l'on appelle collectes." 

Pjmont, auteur du beau travail : Les hymnes du Iréoiaire romain, 
études critiques, littéraires et mystiques (Paris, 1874), cite assez sou- 
vent les liymni de Cassander. 



435 

parcourons quelques-unes de ses correspondances 
avec des savants de son époque, de 1557 à 1561. 
On y verra qu'autant les catholiques se méfiaient 
de cet écrivain, autant les protestants avaient con- 
fiance en lui et le traitaient comme un des leurs. 

Voici d'abord quelques extraits de son commerce ^^^ G* ^ett- 
épistolaire avec Guillaume Kettler, évêque élu de 
Munster et voué de cœur à la réforme. 

Kettler demande s'il peut, sans causer du scan- toaohantiaii. 
dale, célébrer un service funèbre, selon le rituel Jj^^^ ^^^^^ 
usité dans son pays, pour l'électeur de Cologne 
défunt. Le plus grand mal de cette liturgie, répond 
Cassander, est que beaucoup l'expliquent de 
manière à y trouver des preuves en faveur du 
purgatoire, dont l'existence est ici vivement dis- 
cutée; puis, ce qui devrait surtout servir à l'édifi- 
cation du peuple, est proposé dans une langue 
inconnue et sous la forme de cérémonies muettes, 
d'où il résulte que les fidèles n'entendent que des 
Hons creux et ne voient que des rites vides de sens. 
Quant à la messe pro defuncto^ qui constitue la 
partie principale de l'office, on ne peut pas la 
réprouver, pourvu toutefois qu'elle se célèbre selon 
l'usage antique, c'est-à-dire que les paroles de la 
consécration ne soient pas omises, et que la com- 
munion soit distribuée sous les deux espèces aux 
proches parents et amis du défunt Q), 

(*) '* Vitium autem praöcipuum in his esfc, quod a multis ad 
purgatorium stabiliendum haec detorqueantur, quod hic totum in 
opinione est positum, et quod ea qu^e prsecipue ad œdificationem 
fidelis populi referri debuerant, ignota populo iinguaet mutis cœre- 
moniis fiant, itaut ad populum prœter ignotas quasdam actiones, 
et inanem verborum crepitùm nihil peryeuiat, quod omnino per 
tempuB immatandom erit 



436 

semenV^des ^® même prélat consulte Cassander au suj^t 
éyèqnee. du Serment d'obéissance et de fidélité au Souve- 
rain Pontife, qu'un évêque élu doit prêter lors 
de sa consécration. Il le prie de lui en indiquer 
les impietates et les clauses illicites, et s'enquiert 
s'il peut, sans blesser sa conscience, prêter le 
serment en émettant la protestation ** qu'il n'en- 
tend s'obliger à rien qui soit contraire à la parole 
de Dieu (1)." 

Voici, en résumé, la réponse de Cassander (*) : 



...Neqne sane et ipsam Missam (improbandam censeo), ai yeteri 
ritu fiat, videlicet, nt et testamentam Christi recitetur, et prœsen* 
tibus aliquot prœsertim propinqais, et aliqua necessitudine 
defuncto con junctie iutegra sacramenta dispensentur. " — Cbnt. 
EpUt, Epist. xvj, p. 78. 

(*) '' Quanquam omnibus (saltem pus) constet, juramentum quod 
episcopi hisce temporibus Pontifici Bomauo pnestare ooguntur, 
multa impia et cbristianae libertati adversantia continere; tarnen 
non desunt (ut quisque vir doctus pro acumine ingenii imperitis 
multa persuadere potest) qui illud pbalerati» rationibus excusent 

atquo défendant Cupio ut tu pro tua singulari doctrina, singulas 

impietates, nec non omnia illicita, quœ in hoc juramento continen- 
tur, adductis rationibus annotare, et potissimum si juramentum 
hoc (dum protestatio sive cautela illa prsdcederet, scilicet si aliqnid 
contineret, quod verbo Dei adversaretur, quod in iis nullo pacto 

obstrictus esse volim) salva conscientia prsBstari possit yelis. " 

— Cent. Epist, Epist. xx, p. 85 Doctiss. viro Georgio Cassandro, 
amico singulari, Coloniœ, Guillelm. Electus Monasteriens. 

(') Cassander suppose qu*il s*agib de la formule du serment 
prescrite par Grégoire VII qu'on trouve dans les Déci'éiaîes 
(Lib. II, Tit. 24, De Jur^urando, Cap. IV.). La formule déjà usitée 
au XVP siècle et dont veut parler G. Kettler est celle que nous 
lisons dans le PorUificaUi cette dernière contient plusieurs clauses 
que la première n'a pas. La plus fameuse de ces clauses est 
énoncée ainsi: " Hœretîcos, schismaticos et rebelles eidem Domino 
nostro vel successoribus prœdictis pro posse persequar et impug- 
nabo ". Quoiqu'elle n'ait rien de répréhensible au point de vue de 



4âf 

Il faut parfois subir un moindre inal afin d'en 
éviter un plus grand et de procurer un bien 
considérable, à la condition que ce moindre mal 
n'entraîne pas de péché et que ce mal plus grand 
et ce bien considérable regardent le salut des 
âmes. Dans la supposition qu'il ne vous est pos- 
sible dé garder votre charge episcopale et de 
travailler au bien de TÉglise, qu'en subissant 
l'inconvénient de la prestation du serment, il 
reste à examiner si le serment, bien que dur, peut 
être prêté sans péché, et s'il y a pas moyen de 
trouver un mode de le prêter sans offenser Dieu. — 
Ego N... episcopus db hac hora inantea fidelis ero 



la Yérta de religion et de charifcé, les papes ont permis parfois de 
remettre on de la changer. Ainsi nn décret de 1791 antorise les 
évéqnés Irlandais à F omettre, et tout dernièrement le patriarche 
de Gilicie à pa employer les termes: '* Hadreticorum, schismatico- 
ram,et febellium sanctitati yestrœ vestrisqaesaccessoribus errores, 
conatus ac machinationes pro posse impngnabo; illorumque con< 
yersioni sedalam operam impendam." — Voir : Bouquillon, Tra' 
etaius de virluie réligionia, Brngis 1880, T. I, p. 395. 

" Primnm est quod non raro ea tempora incidant, ut minora 
mala et incommoda snbeunda sint metu majoris mali incurrendi, 
et fiducia ezcellentis alicujus boni obtinendi, modo hoc malum 
quod Buscipiendum est, ex eo sit genere, quod cum nulle peccato 

et periculo salutis sit conjunctum Item, si illud malum quod 

metuitur, et bonum quod speratur ad causam salutis, et vitœ 

setemas pertineat Imprimis îgitur diligenter expendendum 

est num A. T. in eam necessitatem redacta sit, ut non aliter 

officium suum Ecclesiœ et reipublicas prœstare possit, nisi de more 
hoc juramentum praestetur, et magna aliqua spes proposita sit, fore, 
ut hoo juramento pra9stito, eximia aliqua utilitas in Ecclesiam et 
rempublicam redundatura sit, quœ omnia juramenti hujus detre- 
ctatione et omissione impedirentur. Quod si ita est, certe nihil tam 
dnmtai et molestum esse debet, quod non episcopus ad Ecclesiaa 
gubernationem légitime vocatus subire debeat» ut vocationi snœ 



438 

sancto Petro sanctaeque Bomanae ecclesiae^ domino- 
que meo Papae G. ejusque sticcessœibus canonice 
intrantibus. Ces mots peuvent commodément s'en- 
tendre ainsi : Je conserverai fidèlement la doctrine 
que saint Pierre a enseignée aux Romains et lui 
obéirai, ainsi qu'au pape et à ses successeurs, en 
tant qu'ils auront conservé la doctrine reçue de 
saint Pierre. — Papatum sanctag Bomanae eccle- 
siae.., adjutor ero ad defendendum et retinendum... 
contra omnes homines. Cette clause, à première 
vue, paraît dure, voire même inique. En effet, si 
par papauté Ton entend la tyrannie et l'iniuste 
domination, que le pape, au mépris du droit divin 



quantum in ipso est, satisfacîat. Restât igitur nunc videre, num 
hoc juramentum ex eo genere sit,quod etsi incommodum aliquod 
adjunctum habeat, tamen cum peccato et periculo salutis conjun- 
ctnm non ait, et an aliqaa ratio inveniri possit, quo hoc juramentam 
sine Dei et conscienti» offensione prœstetur. Itaque in genere hoc 

juramentum et singulas ejus partes expendamus Quod initio 

S. Petrus commemoratur, eique fidelitas promittitur, phrasrs fuit 
superioris satatis; hic tamen commoda interpretatie adhiberi 
potest. Ideo enim S. Pétri nomen prœponi videtur, quod is Boma- 
nam Ecelesiam sincera Christi fide et doctrina institnissc, eamque 

primus ex prœscripto divini verbi administrasse credatur 

Quare hac forma loquendi intelligi potest, se doctrinam illara et 
fidem quam B. Petrus Bomanos docuit, fideliter conservaturum 
eique obtemperaturum, ac Bom. quoque pontifici pressenti, ejusque 
Buccessori quatenus illam doctrinam, quam a B. Petro acceperint, 

retinuerint et conservarint Unicum est in hoc juramento, quod 

prima f rente non modo durum, sed etiam injustum apparet: nompe, 
quod de papatu BomanaB Ecclesiœ defendendo et retinendo inseri- 
tur, incertum enim videri possit, quid papatus nomine intelligatur. 
Si enim papatus nomine tyrannis illa et injusta dominatio, qua 
non modo contra jus divinum, sed etiam humanum ecclesias et 
respublioas jamdudum oppressit, multaque sibi arrogat tanquam 
jure sibi débita, quœ illi nec jure divine, nec humano oonveniant, 



489 

et humain, a exercées sur les églises et les nations, 
si l'on entend cette puissance que le pape reven- 
dique de droit divin, tandis qu'il ne la possède ni 
de droit divin, ni de droit humain, il n'est personne 
qui puisse, sans se rendre coupable, s'obliger à 
confirmer pareille tyrannie. Mais si le mot papauté 
signifie la primauté et la prérogative, qu'autrefois 
déjà les Grecs et les Latins ont reconnues au pape, 
à raison de la constance dans la foi dont la ville de 
Eome a donné des preuves jusqu'à une certaine 
époque, à raison de la célébrité de l'Église romaine, 
rien ne semble s'opposer à ce qu'on reconnaisse 
cette primauté, lorsque cette primauté sert à édifier 



certe sine peccato fieri non potesc, ut quîsqoam se ad t jrannidem 
illam stabiliendam obstringat. Ab si pa patas nomine inteliigatar 
primatas ille et prasrogativa, qaam ei jam olim, tam Grœci turn 
Latini detalerant, ut in ordine episcoporum propter arbis illius 
amplitadinem, et fidei sinceraa, qusB aliquousqne ibi vigaerit, con- 
stantiam, et ecclesiœ illias loci celebritatem primas obtineat, et 
pecaliariter procurationem et inspectionem eoclesiarum per occi- 
dentem habeat, nihil prohiberi videtur, quin eb talis primatas, si 
uti jam diximus, ad ecclesise œdificationem non destructîonem 

faciab, agnoscatur Jam vero nemo est yîrorum doctor am, qui 

non in eo consentiab, hanc esse ratîonem omnis jaramenti generalis, 
at non aliter obliget,nisisaI vis, ut aiunt, conditionibas generalibus, 
in quibus conditionibus li89 exceptiones intelliguncur. Imprimis 
in omni jaramento jus superioris excipitur; item, cum in genere 
aliquid juratar, semper intelligi debet si honesta, licita et-moderata 
sint, qasQ jaramento continenbur,.. ita enim scholastici et canonistaa 
loquantur.... 

Itaque quamvis in singulis hujus jaramenti partibus, quœ 
in di versas sententias trahi possent, tacita intenbio et exceptie 
juramentum prœstantis, qui ea omnia ad œquiorem et melioremi 
partem trahat, coram Deo sufficere videatur, tamen in hoc tanto 
et tam pericaloso negocio majorem adhuc cautiouem et diligentiam 
adhibendam existimo cum conscie&tiœ co&BUlendflD» tum Boandal 



440 

et non pas à détruire. -^ D'après les cànonîsttBd, 
il est vrai, celui qui jure en général, ne s'oblige 
par serment qu'à ce qui est honnête, licite et 
raisonnable, et dans un serment dont les clauses 
sont susceptibles de plusieurs sens, Tintention de 
ne s'engager que dans le sens honnête, suffit pour 
justifier devant Dieu Tassermenté. Cependant, 
j'estime que, dans une affaire aussi grave, afin 
d'éviter le scandale et de tranquilliser votre con- 
science, il importe de prendre des t)récaution8 
plus grandes. Vous devez faire, par devant notaire 
et en présence de témoins, non seulement une 
protestation générale, mais en outre une protesta- 



eyitAnâi causa, nempe, ut si omnino hoc jnramentnm, qna forma 
in Decretalium libris posîtnm est, prœstanânm sit, ante, coram 
notario et testibus viris aliquot grayibus protestatio fiat, non 
quidem in genere tantnm, sed de singnlîs qnoqne partibns. In 
qnibus ambignitas înesse, et in deteriorem partem torqneri pos- 
sint, hoc vel simili modo. Quod promitto fideïem me fore S. Petro 
non ita intelligi volo, qnod numen aliqnod B. Petro, ant inspection 
nem cordium illi tribuam ; sed qnod doctrînam et fidem, qna is 
Bomanam ecclesiam constitnisse creditur, fideliter observatnmm 
me promittam. Item qnod jnro, me fidelem fore S. Eom. Eoclesiœ, 
et domino Papsd ejnsque successoribns, etc., sic intelligi yolo qua- 
tenus illa Ecclesia in fide, ob qnam S. Panlns eam tantopere corn- 
mendat perstiterit. Papœ yero ipsi qnatenus et ipse eam fidem' 
retinuerit, et yerbo Dei congrnentia prseceperit. Item, papatnm 
Bomanœ ecclesiœ, nihil aliud intelligo, qnam primatnm illum et 
prœrogatiyam ecclesiasticam, qna inter episcopos ordinis et politisd 
canssa primas obtinnit, eaqne aliqnando ad ntilitatem Ecclesiœ 
féliciter est nsus; nullo autem modo mepotestatem agnosoere 
siye illa hnmano, siye diyino jnre arrogetnr, qusd ad Eoclesiœ 
destrnctionem pertineat Nec abs re futurum puto, si et genera- 
lis quesdam protestatio siye exceptie fiat coram eo, qui juramentnm 
excepturuB est, in banc sententiam : Mei înstitnti non est, nt hoo 
jnramento plus obligari velim» qnam ad ca quœ licita snnt et ho* 



441 

tion {sartfeul^e eöncemant diactmv des ekiiisetf 
ambiguës, par esiemple: Ën jurant fidélité à saiiit 
Pieffe, je n'entends pad attribuer à Pierre tine 
puissance divine 0« Ie don de scratOT les coears^ 
mais je promets de garder la doctrine qu'il a 
prèchée aux fidèles de TËglise romaine naissanle^ 
De même, en jurant i^être fidMeàfËglise romaiwy 
au pape et à ses successeurs, j'entends cela pour 
autant que cette Église persévère dans k iài, 
dont saiüt Paul la loue, et pour autant qtie 

neeto, et âalva oonseîeittûl prœstevi i^sviM el débemfe. Hœe Miten» 
de eo jaramento dicta sint, quod t)eeretaliam libro oontinettir, non 
aatefn si alla qnœdam capita speciatim addaütür, ni vefbi gfatî&5 
PromHté me por oumiA^ «t in oumibtts ettéà fidam MMhtafMH^ 
quam hodie Bom. Eocleaia, et iA ea Fontîfez Panlmi lY proSlet«r# 
Item, promitto me nihil religionis negotio tentatumm et innova- 
tnrum absqae ejùs sabctitatis cûnsensu. ttém, firönlitto lùô tiëëi^« 
txHM) prasertim Latherande appetlatM, përMCntimitll, oOMneqM 
eo6 pro hœreticis et scffaisniaticiB halÀtnrnmi, qaos pro talibas hodie 
Bom. Ecclesia damnayit, etc. Haocc^pita cum speciaiiasint, bu jus* 
modi interpretationes et cantiobes non aémittunt, et taie jafamenv 
tnm penitus est detreotandam. Hao igitHr cantione et modera« 
tione adhibita, tutius fortasse hoo socramentnm jnrisjarandî 
prœstttri poterit, modo ea accidant, qu» supra jndicavimns : pri* 
âram, si nnlla alia yia et mtio inveüiri pessit hi suscepto muttere 
persietendi, nisi hvjnsBUidî plme jnrsmenimm pffwstetn^ aUoqw 
tatissimum f nerit omnino hoc joramentum, quod prorsus periculo 
non caret, declinare, aut certe taie dare juramentum quod lùîtiore 
et tolerabîliore for n» coneipiiitur. Deinde in hao jurameiiti prsMtA^ 
tiooe speotaoflhim est, si TÎa per hoe aperiatar, liberan et pia» 
Ecclesiœ reformationem facilius instituendi» ita ut hoo >urameBto 
prsBstito, officie quod Fontifici debeas satisfactum putes, et jànit 
aactorkae afiqua et robor per id tibi aooedat» «tin refbrÉUMkKie 
inetîtiieQdft poatiftcia anotoritas non tatttopere sit metnenday si 
eam ad pium institutum impediendum conTertat» alioqui est 
compertissimum, nullam tam moderatam et prudentem reforatt* 
tionem institvi poMOi qwua Bom« Peatifex ait appfobatttraa. " «** 
CiHt. Bpid, Bpist. nj, pp. 87-105. 



443 

le pa{)e conserve la même foi. De lîiême par 
papauté j'entends la primauté et la prérogative 
ecclésiastique, en vertu desquelles le pape tient 
le premier rang parmi les évêques pour l'ordre et 
la discipline, et dont il a fait jadis un heureux 
usage; mais je n'entends nullement lui recon- 
naître une puissance, soit de droit divin, soit 
de droit humain, qui serve à la destruction de 
l'Église, et ainsi de suite. — Il sera également 
utile de protester en général, devant celui qui 
reçoit votre serment, que vous ne voulez pas vous 
engager au delà de ce qui est honnête, licite et 
peut être juré sans blesser votre conscience. — 
yoilà pour le serment tel qu'il est contenu dans 
les Décrétales. Il en serait autrement, s'il y avait - 
des clauses spéciales, comme celle-ci : Je promets 
de garder en tout la foi que l'Église romaine 
d'aujourd'hui et le pape Paul IV professent; je 
promets de ne rien innover en fait de religion, 
sans le consentement de sa Sainteté; je promets 
de poursuivre les hérétiques, surtout ceux qu'on 
appelle Luthériens, et de regarder comme héréti- 
ques et schismatiques, ceux que l'Église romaine 
a condamnés aujourd'hui comme tels, etc. Ces 
points sont spéciaux et ne souffrent aucune inter- 
prétation droite. Pareil serment doit être à tout 
prix refusé. — Avec ces ménagements et ces 
précautions vous pourrez peut-être impunément 
prêter le serment. Mais, je le répète, tout ceci dans 
l'hypothèse qu'il vous soit absolument impossible 
de conserver votre charge, à moins de prêter le 



443 

serment. Sinon, il vauârait mieux vous en abste- 
nir. En outre, ii importe d'examiner, si au moyen 
de la prestation du serment, il vous sera plus 
facile d'entreprendre librement la sainte réforma- 
tion de l'Église, de manière qu'après avoir satisfait 
au pape par ce serment, vous soyez en mesure de 
ne plus devoir redouter autant l'autorité pontificale, 
si celle-ci s'employait à enrayer votre pieux 
dessein, car, sachez-le, il n'est pas de réforme si 
modérée et prudente que le pontife romain 
approuve Q). 

Hausle, dans sa notice sur Cassander (^), dit que 
les réponses de celui-ci à Kettler furent évasives, 
indécises, toutefois rédigées dans le sens du 
dogme catholique. Nous ne pouvons partager cette 
indulgence, et nous ne doutons pas que, si cette 

0) Il serait trop long d'analyser la saite de cette correspondance; 
un mot encore suffira. 
' Kettler effrayé déjà des difficultés exposées par Cassander 
touchant le serment tel que le donnent les Décrétàles, voyait 
encore beaucoup moins le moyen de se servir de la formule en 
usage de son temps, surtout à raison de la clause: Hœreticos... 
impugnalo, Cassander, interrogé de nouveau, répond en s'en 
rapportant à ses explications antérieures. Quant à la clause 
embarrassante, il faut supposer, dit-il, que le pape est un homme 
droit, qui suivra la règle dictée par les saintes Écritures pour 
juger si quelqu'un est hérétique on schismatique, et ne regardera 
comme rebelles que ceux qui refusent de lui obéir, après avoir été 
charitablement avertis; il faut supposer que par la guerre à diriger 
contre eux, il entend purement un combat spirituel. S'il en était 
autrement, la protestation de ne vouloir vous engager qu'à ce qui 
est licite, honnête et modéré, donnera à votre serment le caractère 
d'un serment forcé, — Cbnt. Epist., Epist. XXII et XXIII, 
pp. 106-118. 

O Wbtzbb et Wblte, Dictionnaire encyclopédique de la théologie 
eaikoliqiMt traduit par Qoechler T. 8, p. 87i ▼• OaMandbr« 



444 

ébôgftiîtàtîon àvaît èlè publiée |)ar Son auteur, elle 

lui aurait valu de la part des tliéblogieris une 

tertfe ôeusure. 

^^^^^respon. Yers la même époque, en 1557, Cassander et 

mnder aveo Bón Compagnon 0. Wouters reçoivent une lettre 

^taciuaniyri- j^ Mâthiàs Francowitz (mieux connu sous le nom 

dé Macitcs /%nct«), par laquelle celui-ci invite Ses 

très cbers amis, comme il les appelle, à prêter leur 

concours à Texécdtion du dessein qu'il avait conçu 

de composer une grande histoire ecclésiastique. 

Elles sont fameuses les Centuries de Magdehourg^ 
daifi lesquelles le plus ardent disciple du chef de 
là réforme prétend donner au luthéranisme une 
base historique opposée à celle du catholicisme. 
La partialité et la violence que respire ce 
vaste travail, les mensonges et les fourberies 
accumulés par la haine des centuriaieurs contre 
rËglise catholique, sont reconnus par leurs core- 



(') " Notas est vobis noster quidam historiens conatas, atinam 
tam felix quam pius. Accedet tamen etiam sucoessus Domino 

benedicente. Ad quem cnm multiplici auxilio opus habeamue» 

Tosque nobis et libris et sententies adjumento esse posse certo 
soiamusy misimus hune nostram studiosum Wilhelmum Baden« 

sem, qui yobiscum coHoquatur^ yestram sententiam de hoo 

c^re ejusqae forma audiat, ex yostris manuscrîptis monumentis, 
Tel annolet, vel etiam describat» quœ nobis utilia futura yidebun- 
tur. Quare tos per pablicam utilitatem, ac ipsum Dominum oramus 
et obsecramus, ut ne grayatim ei et sententiam et libros yestros» 
doneo istiö est, communioare yelitis, eique denique pro yestra 
eruditioneac jndicio commonstrare»quœnam potissimum describere 
aut annotare debeat ''. ^ Cent. EpisL, Epist. XIII, p. 71. 
Ezimiia doctissîmisque yiris D. Oornelio Qualtero et D. Qeorgio 
Càssandro, dominis suis etamicis oharisBimis» Matth. FL liljricas» 
10 JnL 1557. 



445 

ligionaîres modernes, telg que P^ve^^ Çchuo^t 
et Stâudlin. Nous n'ayonSj il est yvdi, ^uçuu 
motif de croire que OaiS8an4er ait accepté Viw- 
tfttiqn de flacius, ni celle des collaborateur^ 
immédiata de T Achille des Luthériens, Jean Wi* 
gand, Martin Cop, Ebelinck et Mathieu Judex. (^) 
Seulement nous constatons que Francowitz çomp^Q 
sur l'amitié de Cassander, e^ cela à une éppq^e où 
l'ingrat élève de Mélancbton déf epda^t avfjç achar* 
n,ement, contre son ancien protecteur, le maintien 
rigoureux du strict luthéranisme, s' attirant airtsi 
la colère des Wittemboqrgeoip Mélapchtoniens^ qui 
rappellent le rebut de l'humanité, un dém^on d'or- 
gueil, de tous les diables le plus endiablé. 

Tout aussi instructive est la porrespoadancçi corw«p«i. 
qu'eut avec Cassander, en XÖ60, BijçhAr4 Çox> eand^^a^ô 
évêqu^ d'Ely, près de Londres. Rwwwt 4^»î«»^cax. 
Worças, écrit l'ex-précepteuç d'Edouard VI,^ je 
me suis rendu à Cologne pour çalue^ i^es d^eça 

(') " Scitis procul dabio, quod maximis sumptibas et laboribas 
historiam ecclesiasticam in Iicclesia Ghrisii saminopere neoessariam 
corn portare et tezere Deo adspin^te copemur. luteUeximu^ autçm 
ex iinestantissimo viro D. Doctore Gasp^ro a Njdbraek vos daos 

universaa antiquitatis studiosissimos et p^riti98imos esse 

Frsedicavit etiam idem Doctor vestn^m piet^tem et huinanitateiç, 

et fecit certissimam spem, quod a uobis rogati nihil nobis, 

denegatnri estis. Hoc officium ipsi Ghristo, cujus historiaijci tezi- 
mus, totiqne Ecclesias gratum erit. Methodum nostri institut! 
Wilhelmus habet, ex qua intelligere potestîs, si non summa indu- 
stria, saltem accurate et fideliter omniaa nobis fieri". — Cekt. Epiai, 
Epist.IV,p. 9. Doctissimis et integerrimis viris D. Cornelio Gual- 
thero et D. Georgio CassandrOi Dominis et amicis suis colendis, 
gubernatores et inspeclores institut» historiœ ecclesiasticsB : Joan. 
Wigandus pastor Magdeburg.^Martinus Copus Medecinœ doctor, 
Ebelinck Alman Burgher in Magd., Matthœus Judex. 



446 

amis Cassander et C. Wouters. Je n'ai trouvé ni 
l'un ni l'autre. De là j'ai regagné directement 
l'Angleterre. Ici tout est tranquille, Dieu soit 
loué, depuis la mort de Marie, à laquelle a succédé 
là très pieuse Elisabeth. Celle-ci a détruit la super- 
stition papiste, remis en honneur l'Évangile, chassé 
les prêtres papistes et rétabli les pasteurs du 
Christ. On n'est pas d'accord ici, sur la question 
d'ériger dans les temples l'image du crucifix, selon 
l'ancien usage. Les uns opinent que la chose est 
permise, pourvu qu'on ne vénère pas l'image elle- 
même. Les autres estiment que les images sont 
prohibées en général, à raison du danger inévitable 
qu'elles présentent. Je vous prie de m' aider de vos 
lumières et de me donner votre avis. Rien de neuf 
dans ce pays, sinon que les Écossais, surtout les 
Évangéliques (et leur nombre n'est pas petit) 
redoutent une attaque des Français. Prions Dieu 
de les vouloir protéger. Je serais charmé d'ap- 
prendre que votre prince propage la vraie doctrine 
du Christ, en dépit de tous les papistes (^). 

(*) " Cam prîrois ipse "VVorraacia discessi, et Coloniam veni, ibi 
meam Oassandrum Corneliumque salutaturas^eisque valedicturus. 
Nentrum reperi. Illinc recta in Angliam. Ibi pacata omnia, ait 
Deo gratia, mortua Maria. Bcgnat Elisabetha pietatis amatrix et 
fantrix. Per hanc pnlsa superstitio papistica, restauratam evange- 
lium Ohristi, pulai ministri papistici, restituti pastores Christi...-^ 
Non oontentio est, sed neque intégra inter nos consensio de imagine 
crncifixi intemplis erigenda, quemadmodam hactenus usurpatum 
fait. Alii existimant licere, modo absit cultus aut veneratio ipsi 
imagini exhibenda. Alii putant ita in universam omnes imagines 
prohibitas, ut nefas sit, ullam omnino in templis perstere, propter 

periculum ita inseparabiliter annex 11 m Hac in re quoniam 

judicio tuo plurimum semper detali, to vehementer rogatum velim, 

ut animi tui sententiam paucis mihi explicare digueris Nihil 

relata digaam habeo, nisi quod Scoti nobis vicini sibi non nihil a 



447 

Celui qui tient un pareil langage doit regarder 
Cassander non seulement comme ami, mais encore 
comme favorable au pur Évangile. Sans cela, com- 
ment osei-ait-il dans une lettre adressée à un catho- 
lique, célébrer avec délices la victoire de la réforme 
sur l'Église romaine en Angleterre, et demander 
des prières pour le triomphe des protestants? 

A ces propos de sectaire Cassander se contente 
de répondre qu'il est flatté du souvenir que Cox, 
malgré son élévation à l'épiscopat, veut bien lui 
garder; puis il émet un avis favorable à l'érection 
de rimage de la croix, pourvu qu'on évite toute 
superstition et qu'on donne à la croix sa vraie 
forme Q). 

Parmi les réformés avec lesquels Cassander Correapon- 
était lié d'amitié, mentionnons encore le Zwin- aand^r ^avw 
glien Bullinger, prédicant à Zurich, qui écrit à son ^'*^*'*K®r 
ami comme à un coreligionnaire. Notre église, 
dit-il, prospère. Quelques voisins nous molestent, 
mais néanmoins la vérité fait son chemin (^). — 

Giiliis metuant, prassertim qui Evangelium amplectantur, qusD pars 
illorum bciie magua est. Rogaudus Dotuinns, ut ab illorum parti- 
bus stare diguetur. Libeuter cognoscercm, Ducem vestrum, pro 
ea qua illum prosequar veneratione, veram Christi religioDem 
propagare invitis papistis omnibus ". — Cent. Epist. Epist. II, 
p. 5. EximisB pietatis et cruditiouis viro D. Goorgiu Cassaudro, 
amico meo longe charissimo apud Coloiiiam Agrippiuam, Richar- 
dus Coxus, Eliensis cpiscopus. 

(*) Cassander, Opera, p. 1110. 

(') " Laboramus prœdicando et scribendo. Bene habet Ecclesia 
nobis crédita, ütinam beneficium Domini agnoscat et grata sit, ne 
alioquin maie grati percutientem sentiamus. Vicini quidam non- 
nu lli molesti sunt nobis : sed procedit nihilo minus veritas." — 
Cent. Epist. Epist. XIX, p. 83. Pnestantissimo viro D. Georgio 
Cassaudro, DiisburgiyelColouiaenuncagenti, domino suo colendo 
et f ratri percbaro, Bulliugerus. ïiguri, 20 Aug. 1559. 



448 

Que le Seigneur itouB prçykège eontre Iûb dMMÎns 
et lia eSwta des eanemis de la parole de Dieu. 
I^riœ^le de noue être propioe. L'ËvangUe fait ici 
et dama les en'nretiB des progrès immenseB. Vous 
savea qu'ea France le BEOmbre des fidèles grandit 
merveilleusenwmt» Le eardinal de Lorraiae négocie 
avec le pimtile romain, Fempereur et le roi d'Es- 
pagne, la reprise du concile. Il croit qu'un concile 
est capable d'enrajer le mouvementi évangélique, 
TinseMé (0 I 

Vous aurez sans doute appris que les puissants 
du siècle se disposent à eéMbrw un concile. Ils 
proclament bien que le eoncile sera libre, mais 
on agira comme autrefois, et sa célébration n'aura 
d'autre but que de tromper. Que le Seigneur fasse 
arorter tous les desseins des impies, et préserve 
du ma) son figfise afBigée (^)! 

(^> '' Dômwns BiMin ^m ao9 i^pslentat et ia moltiset gmvibus 
hosti^BK iEQçl4 I)ei coiuiiliia cqnatibasqu^ qos iuoffense in via 
Domini progrodi facit. Ipsi sit laas et gloria. Hune orabis pro 
j^^, ul ptrpetno QobÂs sit elenens ^ propitiua per Cbristutn. 
Yeüita» Yerbi Deî 9upra qnam tr^^li potest in his et yicinia regioiii- 
bss incieeoit.... Scia et in QaUia Tebementer angeri numerum fide- 
Uum. Ueoqi^ Card. liOtbi^iogiua solicite agit cam Poat. Eooaauo, 
Quia Imperat. et i?ege Hispaaiarmn, missis ad eos Legatis, de 
coatÎAoando aut celebraodo concilio. GoacUio enim amena credit 
cijUTBam üvangelii impediri posse." — Osnt. Eyist, Epist. XXY, 
p. 122, Excellenti pietate et eruditione viro D. Greorgio Cassandro, 
jamagentiColoniae, domino sao colendo et fratri chariss., Bullinger, 
Tiguri, 4 Aug. 1560. 

O '* Audisti f ortassis quid potentes hujas Bs&culi instituant; de 
concilip celebrando. Libenim dicitnr ab illis, sed more yeteri celé- 
brabitiuc, ueqae iaaliuxn finem qiwa dolosum celebrabitar. Domi- 
nua dissipet onmia impiorum coAslUa, et servet afflictam soam 
Hcclesia^m liberetqae a malo." — Ibidem, p. 125. 28 Aug. 1560. 



449 

S'il est vrai que la correspondance d'un homme, 
les lettres qu'il écnt comme celles qu'il reçoit, le 
dépeignent, nous sommes assez édifiés sur Cassander 
pour ne plus être étonnés des étranges principes 
professés dans ses travauxde pacification religieuse. 

De qfficio pu ac puhlicae tranquilUtatis ver e amantis Travaux de 

... , -^ ,t . . j. .7. / IX ^ T ,1 pacification 

vm^ m hoc rehgioms dissiato. (s. 1.) : tel est le religieuse 
titre d'un travail publié par Cassander, en 1561, ^'•*^*«*>- 
sous le voile de l'anonyme (^). 

Cîalvin, prenant le change, attribua cet opus- 
cule à François Baudouin, qui l'avait introduit 
en France au colloque de Poissy, et maltraita 
ce dernier dans une réfutation virulente intitulée: 
Respmisîo ad versipellem quendam mediatorem qui 
pacificandi specie rectum Evangelii cursum in Gallicu 
abrmnpere molitus est. Genev. 1561. 

L'année suivante, Cassander répondit aux invec- 
tives de l'apôtre de Genève sous la forme d'un dia- 
logue entre deux personnages fictifs. Modesties (^) et 
Placidus: Tradltiomtm veteris ecclesiœ et sanctorum 
Patrum defensio adversus Jo. Galvini importunas 
criminatiœies, ou Defensio insontis libelli^ de officio 
pli viriy adrersus iniquum et importunum crimina- 
torem (^). Les deux interlocuteurs après avoir fait 
de Cassander le portrait le plus flatteur (*), pren- 
nent la défense des points incriminés par Calvin. 

(') Cassander, Opera, pp. 780-797. 

(*) Alias, Verunius MinîestuH Paciinonfanus, psenàony me de C&s^ 
sander cherchant modestement la vérité afin de parvenir à la paix. 

(3) Cassander, Oi)era, pp. 7^8-879. 

(*) " NuUam in eo morositatem, sed sumraatn hamanitafcem et 
morum placiditatem deprehendi. Cujas[Cassandri] cum mihi inno- 

29 



450 

ÜD allemand combattit aussi Tauteur du livre 
De ofpA^io pil viri. Dans un libelle, Viae common- 
stfatoVi il le traite d'hypocrite et de transfuge au 
camp des papistes et menace de publier un écrit 
où Oassander avait autrefois professé touchant 
rEucharistie l'opinion de Zwingle. Oassander lui 
opposa la réponse pseudonyme : Bartholemœi Ner- 
vii ad calumnias quibus Oassander in germanico 
quodam libello Vice commonstrator inscripto petu- 
lanter impetitur, responsio (^). 

Les catholiques furent également émus à l'appa- 
rition de l'ouvrage de notre humaniste devenu 
théologien. Guillaume Lindanus fit à l'auteur des 
reproches assez vifs, par lettres, et Teût publi- 
quement réfuté, si Joachîm Hopperus^ secrétaire 
du voi ^Espagne, ne l'avait pas, à la prière de 
Oassander, empêché de publier son: Theophihis^ 
sive examen libelli de officio pii vin (^). 

oentia et integritas perspecta sit... — De aiictoris animo, quam 
iilum œqaum, moderatum et fraternum exbibuerit, jadicabit 
melias Deus... — Et qui pacato tranqnilloque libellum animo 
legorint... summum veritatis studium, ingenuitatemi candorem, 
aimplicitatem, moderationem atque modestiam deprobendent. " 
— Befenaio insont ia lihelli, etc. pp. 811, 813, 817. 

(*j Oassander, Opet-a, pp. 880-891. 

(') ** Aecepi bis diebus, clariss. vir, literas a D. Guilbelmo 
Liudano, quem aute iutellexeram advcrsus libellum de officio pii 
viri aliquid esse commentât um. Sed, ut verum fatear, taie quale 
bis litehs continetur, a yiro tam erudito minime omnium expec- 
tabam.... Confido ueminem fore paulo modo aaquiorem et prassen- 
tem temporis atatum prudeuter considerantem, qui, si libellum 
ipsum, reum, ejusque defensionem siuceriore et caudidiore auimo 
inspiciat et expeudat, et capita accusatiouis oum ipsis locis unde 
accusatio ducta est attentius paulo conférât, non iniquius et 
durius aocusationem istam institutam esse pronunciét... Cadternm, 



451 

Ce que le futur évêque de Euremonde ne put 
faire alors, Jean Hesselius et Josse Ravesteyn le 
firent bientôt, Tun dans son ouvrage: De officio 
pii, et chHstianœ pacis vere amantis viri, exurgente^ 
aut viyente hœresi; cum refutatione sententiœ cujuS' 
dam falso hoc ipsum docere promittentis: authore 
Joanne Hessels a Lovanio S. T. in Acad, Lov. prof, 
reg. Antv. 1566; l'autre dans un discours à ses 
élèves en théologie, imprimé sous ce titre: Oratio 



non ignorabam, quod et libellus non prœtermisit, banc esse indîg- 
nissimam et deplorandam pacificatoram conditionem, nt qaum se 
inter pugnantes medios interponant, ntrinqne plagas accipiant. 
Yernm ab bao parte tam graves et indignas plagas non ezpec- 
tabam. Certe hsec res studia nostra conciliandœ paci instituta 
tantum non rostinxit, et pacis concordiaeque impetrandae spem 
propcmodum omnem excassit. Nam si hujnsmodi dariores senten- 
tisB valerent, nihil pacifîcationi loci relictum video. Et qnis non 
animum abjiciat, cum pios suos conatus tam sinistre et indigne 
accipi et exagitari videat P Quid enim indignius et iniquius, quam 
modestas admonitiones, sjcophantias, sanguinarias blaspbemias, 
infandas contumelias, venenatos et a Sathana dictâtes aculeos 
appellare? et amicas ad societatem Christi invitationes, pcstilentes 
adulationes et bis prasditoris pacis intercessiones vocareP 

Quare videat tua prudentia, an expédiât hoc tempore hujusmodi 
scripta publicari, (uam intelligo adversus eundem libellum scrip- 
tum Thcophili titulo esse paratum) et an non potins honesta 
ratione auctor admonendus et inducendus sit, ut vel prorsus ab 
editione vel certe ab hujnsmodi acerbiore insectatione temperet. " 
— Cent. EpUt. Epist. XLVII, p. 221. Ampliss. et clariss. viro 
D. Joach. Hoppero, rcgias Maj. Hispaniarum a secretîs consiliis 
G. Cassander. 

" Menses snnt tres pins minus, quod aliis de rebus Bruxellam 
veniens D. Lindanus, quandam suam lucubratiunculam mihicom- 
municavit, quam TheophiUut sive Exanien libelli de ojfficio pii viri 
inscripsit. Eam nt accepi, avide continuo percurri: Inveni libellum 
quantum quidem mihi judicii est, nec inelcganter nec indocto 
cbnscriptum. Uniim non placuit, niraia in reprchendendo acer- 
bitâs, et verborum nonnunquani potins qxxAxù. reram exagiiatio. 



452 

altera^ in scholis theologicis ah eodem authore [Ju- 
doco Ravesteyn] habita^ in qua dcfnonstrat portum 
tutum etfidaniy in quo acqitiescere jjossint pii homi- 
nes et de sua salute œterna soUciti^ in miserabili 
pnesentis ecclesiae dissidio. Lov. 1567. 

Pourquoi donc l'opuscule de Cassander provo- 

qua-t-il ainsi à la fois les attaques des protestants 

et celles des catholiques ? 

Examen du L'auteur commeüce par avouer qu'il a été 

rêndw? i>eoA longtemps ballotté par les flois du doute. Heu- 

ficio pit vm. j,^^^ d'avoir enfin gagné le port, il se propose 

cliaritablement d'indiquer à ses frères, exposés 

aux dangers de la tourmente religieuse, la route 

vers l'asile sauveur où ils trouveront la paix de 



Sed saspicans non tam vero judicio ita me patare, quam quod 
natui-a leui sam et facili, et fugitans tumultum, et ob id mihi 
diffidcus, communicavi rem cum aliis duobuK Lindani et meîs 
amicis, quos euscriptam lucubratiunculam quoque perlegisse 
Bciebam. His, idem quod mihi visum est, uec ex re fore ccclesise 
christiauas si ita in lucem profcrretur. Itaque, ut apud alios majores 
ejus rei forte meutio iucidit, et illis placuit, uequaquam irritandos 
aut exulceraudos esse eos, qui rem catholicam quoquo modo juvare, 
et paci ac concordiae studere videntur. Quod audiens, retuli ea de 
re ad D. Liudauum, Lortatusque sum, ut si quid essct in eo libeUo 
quod offenderet, super eo per litteras potius, privatim et amice, 
quam scriptis publiée libelliSi cum authore commuuicaret, f ortasse 
re beue iutellecta, fore, ut facile couveuiat, et vel unus sententia 
désistât, vel alter se aliter verba, quam dicta sunt, accepisse, in- 
telligat. His igitur mouitis ille parens, ut est saue vir bonus, litteras 
ad te dédit, in quibus si quid reperis fortasse vehementius aut 
acerbius dictum, rogatum te velim, ut pro tua soUta modestia 
prope singulari, minus gravate id feras: dabo enim oporam ut 
ubi responsum tuum acceperit, quod nunc hic agons summo desi- 
dcrio e:ikpectat, non solum mitior fiat; verum etiam tibi ac lutio- 
nibus tuis, quoad ejus fieri queat, se accommodet. ... Antv. 
19 Maii 1563." — Ibidem, Epist. XLVIII, p. 230, Doctissimo atque 
ornatiss. viro D. Georgio Cassandro. ... Joach. Hopperus. 



453 

la conscience et le salut; il désire en même temps 
montrer aux hommes de bonne volonté les moyens 
d'arriver à la réconciliation des partis, à la pacifi- 
cation de rÉglise. 

Puis, il communique le fruit des recherclies péni- 
bles qu'il a faites, Dieu l'y ponssant et ** l'Esprit 
Saint invoqué (^) ". 

— L'Écriture Sainte et sa saine intelligence (2), 
voilà, dit-il, nos deux guides dans les controverses. 
La lettre seule des livres sacrés ne sufiit pas, il 
faut consulter leur vraie interprétation, contenue 

(^) Voir p. 400 ot sqq. où nous avons entendu Cassander ra- 
conter Ini-môrae son édncation tbéologîqne. — " Hœc de doctrîna 
et cieremoniis sontentia mihi post divini spiritus implorntionem,... 
vera, christiana,catholicoque homîni pacisque et ecclesiasticœ iini- 
tatis slndioso digna et conveniens visa est. " — Câssândbr, Opera, 
p. 786. 

(^) " Itaqne mihi jadiccs et arbitras in hoc difficillimo et ardao 
negocio adenndos, et consulendos esse putavi: nnllamque firmius 
et certius judicinm invcniri, qnam si ipsa Scriptura sacra, ejasqae 
vera et sanaintelligontia proponatur... Quœ intelligentia petenda 
a commnni consensu et publico testimonio omnium ecclesiaram, 
qqibus doctrinam a Chrîsto acceptam, tanqnam depositam qnod- 
dam, ApostoH commendarunt... 

Atqne hsec est, qnaa calholica traditie et veritns non scripta 
a nonnuUis appellatnr. Qaanquam in iis qnre fidei qa^stiones 
attingunt, nihil est qnod Scriptaris sacris non aliqno modo conti- 
neatnr, cnm hœc traditio nihil aliad sit, qnam Scriptnrœ ipsins 
explicatio et interpretatio : ita ut non inepte dici posset, Scriptnram 
esse implicatam quandam et obsignatam traditionem, traditionem 
vero esse Scriptnram explicatam et resignatam. 

Non inepte igitur Vincentius Ljrinensis,... eum qui seadversns 
hœreses omnes munitum et tutum esse velit, hœc duo sibi pro- 
ponere debere confirmât : canonicam auctoritatem, et catholicam 
traditionem... Quœ quidem catholica traditio tribus notis depre- 
henditur: antiquitato» universitatô et consensione. '* — Ihidenu 
pp. 732.783. 



454 

^ans le témoignage public et unanime de toutes 
)es églises, auxquelles les apôtres ont confié le 
dépôt de la doctrine du Christ. C'est ce que 
quelques-uns appellent la tradition catholique ou 
la vérité non écrite. Quoique dans les questions 
de foi il n'y ait rien qui ne soit contenu de quelque 
manière dans la Bible, comme la tradition n'est 
autre chose que l'explication et l'interprétation de 
la parole de Dieu écrite, on peut dire que l'Écriture 
est une certaine tradition implicite et fermée et la 
tradition l'Écriture expliquée et ouverte. D'après 
Vincent de Lérins, ajoute-t-il, la tradition catholi- 
que se reconnait aux trois notes de l'antiquité, de 
l'universalité et de l'unanimité. — 

Ensuite, de cette règle générale il déduit quel- 
ques règles particulières pour juger les points tant 
doctrinaux que disciplinaires Q). 



' Q) Voioi les règles touohaufc les questions dogmatiques. Bemart 
quons que la troisième n'est pas assez nette et que la quatrième 
l^se absolument à désirer, parce qu'elle néglige le rôle dt^ 
magistère vivant de l'Église: 

" 1. Eam doctrinam veram et catholicam haben dam esse judico, 
qu8B sacris litteris est ezpressa. 

2. Quœ ex mente et Intel ligentia earundem literarum ab ipsis 
nsque Apostolorum temporibns est tradita, et per suocessionem 
ad nos nsque derivata, quarum ntramque pari fidei integritat^ 
ampleotendam duco. 

3. Quœ ab omnibus ecclesiis vel majore certe parte est recepta, 
et probabilibus rationibus e sacris literis confirmata. Hanc quoque 
pio cuique suscipiendam existimo : quamvis ingeniosis hominibus 
rationes occurrere possint, quibus probabiliter refutetur. 

4. Quœstionum quoddam genus est, quœ neque tam claris 
scripturœ testimoniis, neque tam antique et magno oonsensu 
eoolesiœ nituntur, tarnen posterioribus temporibus, in hao prsBci- 
paa occidentiili ecolesiœ parte, constitutœ et reoeptœ snnt: quœ 



455 

Ces principes de Cassander excitèrent le cour- 
roux de Calvin, ennemi acharné de la tradition 
dont l'autorité, à ses yeux, détruit celle de TÉcri- 
ture. 

Sans nous engager dans le dédale des disputes 
entre les deux antagonistes, passons aux assertions 
qui scandalisèrent les théologiens catholiques et 
constituent Verreur capitale de Cassander. 

Quel est donc le port oh le nautonier charitable 
promet de conduire Thomme pieux qui veut trou- 
ver le salut? 

— Né dans l'Église occidentale ou romaine (^), 



cum divinis literis manifeste non répugnent, in eamm confatatione 
neque pagnaciter agenduni, neque ea de caasa ecclesiarum paoem 
perturbandam puto. Quod si sententia aliqua, jam omnino recepta 
et firmata, minns probabil is videatar, de ea tamen non . passim et 
odiose contendendam, sed cum eraditis et modoratis yiris placide 
inquirendam et disceptandnm existimo. Qa» antem certornm 
hominum, quamvis doctoram, probabilibus disputationibns asse- 
rnntar, ita ut alii aliter de iis sentiant, liberam cuique qaid 
yelit seqnendi potestatem esse constat. Si qnaa vero sententi» 
et iliyijiis literis et veteris ecclesisB traditioni advers», et per 
errorem vel imperitiam vel etiam ambitionem postremis his et 
cormptiçsimis temporibns invectce yidentur, eas ut fermentnm 
yitandas et cavendas non nego: sic tamen, nt priyato homini 
temere apad qnosvis de iis contendendam non pntem, nbi certa 
offensio, profectus et utilitatis nnlla spes. Itaqae prudentiam eam 
Christianam hic adhibendam, nt non temere et passim ubiqne 
dicas qnidqoid sentias, neque tamen unquam dicas contra quam 
sentîas: ubi yero gloria Dei vel prozimi utilitas postulat, libère eb 
constanter dicas quod sentias. " — Ibidem, pp. 783-784. 

(1) " Cum igitur in hac ecclesia occidentali sive Romana, in qua 
nati, eb in Christo regenerati, cu jusque per baptismum (quantum 
ad externam conversationem) ciyes et membra efifecti sumus, pro- 
fcssio Christiani nominis,. Scripturarum auctoritas, et doctrina 
illa apostel icAi quod ad capitales religionis artioulos attinet, retï- 
n^tnr, sacraknentaqne ut sunt a Ohristo instituta lefventur 



456 

écrit Ie pacificateur, régénéré au Christ dans son 
sein et devenu son enfant par le baptême (quant 
au for extérieur), je déclare lui appartenir efc la 
vénère comme la vraie Église, comme le temple 
de Dieu, comme un membre non à mépriser du 
corps de la grande Église, de l'Église catholique. 
Je la vénère, parce qu'en elle se trouve la profes- 
sion du nom chrétien, l'autorité des Écritures et 
la doctrine apostolique (en ce qui touche aux 
articles fondamentaux de la religion) ; parce que 
chez elle sont conservés les sacrements tels qu'ils 
ont été institués par le Christ, (quoique la célébra- 
tion et la dispensation de l'Eucharistie ne soient 
pas exemptes d'abus); parce qu'en elle se reconnait 
encore l'image de l'Église primitive dans l'obser- 
vance de beaucoup de cérémonies et de rites; parce 
qu'enfin les évêques, qui la gouvernent, descendent 
des apôtres par une succession perpétuelle (bien 

(qnamyis in Eocharistiœ celebratione et dispensatione nonnihil 
yitii yideri poBsit) et in znultarum cseremoniarum et ritunm obser- 
vatione priscœ adhuo ecclesiœ imago in ea conspiciatur: ad htec 
perpétua presbyterorom seu episcopomm, quamvis multum a 
prisca integritate degenerantium, jam inde ab apostolis siioces- 
sione gnbernetar ; hano inqnam ecclesiam ut veram ecclesiam et 
domum templumque Dei. magnœque iUius et catholicœ eGclesiœ; 
non contemnendum membrum, non possum non ampleoti et vene- 
rari. Quamvis non inficior, eandem illam ecclesiam a prisco suo 
illo décore, et splendore non parum diversam, multisque morbis 
et yitiis deformatam, nonnumqaam et gubernatorum tyrannide 
miser abi liter pressam.. . . 

Interim tamen eos damnare non possum, qui in fundamentis > 
apostolicœ doctrinœ persistentes, studio sincerœ religionis, cum 
aliqua correctionis indigere, ab eruditis et pus yiris admoniti 
intelligant, in aliqua ecclesiœ parte, prœeante summa auctoritate, 
Bccedente communi illius ecclesiae consensu, in doctrinœ genere 



457 

qu'ils aient dégénéré de leur intégrité primordiale). 
Je la vénère, mais j'avoue que cette "Église a 
perdu de son antique splendeur et de son ancienne 
beauté, que beaucoup de taches et de vices la 
défigurent et qu'elle est parfois misérablement 
opprimée par la tyrannie de ceux qui la dirigent. 
Entretemps, quant à ceux qui, dans certaine 
fraction de l'Église, guidés par des hommes pieux 
et érudits, sous la conduite de l'autorité suprême 
et avec le consentement unanime de cette Église, 
ont cru devoir corriger certains articles de doc- 
trine, abolir quelques rites, même très anciens, 
dont l'abolition était utile ou nécessaire au peuple, 
et y substituer des cérémonies plus favorables à 
la piété et à la discipline; quant à ceux-là, dis-je, 
je ne puis les condamner, pourvu qu'ils adhèrent 
aux points fondamentaux de l'enseignement apo- 
stolique, qu'ils introduisent ces modifications sans 



aliqna repnrgarnnt : efc cœremonias aliqnot etiam yetastîores, oam 
id popnli magna atilitas et prope nécessitas exigat, auferendas» 
aliaaqae pietati et disciplinas conyenientiores saffîciendas esse 
patant : modo id quam minimo scandalo et perturbatione fiat, et 
commnnio spiritas et vinoulnm pacis cam reliqao ecclesi» corpore 
conservetur. 

Qais enim mombro vitio vertat, si reliqao corpore laborante, et 
sui caram négligente, ipsam sai coram suscipiatP non nt reliqao 
oorpori insaltet, sed carandi ezemplam prœbeat, et ad imitationem 
invitet? 

Eos igitar qui in his cœtibus ita versantur, at nihil aliad qaam 
Christi gloriam et ecclesias ejas instaurationem quaarant, totoqae 
animo ad ecclesiœ pacem et anitatem incumbant, et cam reliqao 
ecolesiœ corpore, etiamsi quadam ritaam et opinionam diversitate 
discrepent, charitatis tamen yincalo colligent ar, a Christo capite 
et corpore ejas, qaod est ecclesia, separare et removere non pos- 
sam; qaam vis a multis omnem ecdesiœ instaurationem et refor* 



458 

. scandale et sans briser les liens de la charité avec 
les autres membres du corps de TËglise, et qu'ils 
n'aient en vue que la gloire du Christ, la restau- 
ration de rËglise et la pacification religieuse des 
esprits; encore une fois, je ne puis les détacher 
ni du Christ le chef, ni de T Église son corps, alors 
même que beaucoup les considèrent comme héré- 
tiques, schismatiques et ennemis de TËglise. 

D'autre part, je condamne celui qui combat 
les abus et la corruption de l'Église romaine, de 
manière à se séparer de l'Église elle-même et à 
refuser tout commerce avec elle. Pareillement, je 
désapprouve les dépositaires de l'autorité dans 
l'Église romaine, qui ne voient en elle aucune 
plaie et qui, non contents de ne lui appliquer aucun 
remède, rejettent, persécutent encore et mettent 
^ mort ceux qui les engagent à guérir les maux 
dont elle soufEre. — 



ipationem vel inconsiderato zelo, y cl privato animi morbo aaper- 
nantibuB, nt haaretici, schismatici, et ecclesiœ hostes tradncantnr 
et oondemnentur. 

Illos yero probare minime possam, qui ita a Bomanae ecclesiœ 
abasibus et oorrnptelis reoedere voluerant, ut ab ipsa ecclesia 
defecisse, seqae ab omni ejns consortio et commnnione séparasse 
yideantar. Qaare non ad eam medicandam et instaorandam, sed 
perdendam potins et evertendam, omnia sna stndia conferre viden- 
tnr. Qnemadmodnm riirsum in iis qui Bomanœ ecclesiœ guberna- 
tores haberi volunt, illud improbandum existirao, quod morbum 
nuUum agnoscunt, et quod huic rei consequens est, remédia non 
admittunt: immo de correobione admonentes et ad curationem 
exhortantes, operamque snam ad id efficiendum offeren tes, non 
modo rejiciant, et ab ecclesiœ sooietate dcpeliunt, verum etiam 
multis in locis cradeliter interficiendos censuerunt; quœ res huic 
miserabili schismati occasionem dédisse videtur. " -* Cassandkr, 
Oftnta. pp. 706*787. 



459 

Ainsi, pour ne relever que l'idée mère de cette' Erreur capi- 
étrange tliéologie,d'aprè8Cassander, l'Église catho- ^Jj; ^"• 
lique se compose de deux branches, TËglise romaine 
et l'Église évangélique. Appartiennent à la vraie 
Église tous les sujets qui admettent les points 
fondamentaux de la doctrine des apôtres et con- 
servent la charité avec les membres de la branche 
sœur. 

Ce venin mortel, Cassander le distille douce- 
reusement dans toute la suite de son mielleux 
ouvrage. 

Écoutons l'ange de la paix : 

— Ni la persécution, continue- t-il(^), exercée par 



(1) *• Neqae tamen satis oansae est, car haio oœtai ecolesiœ oatho- 
lioœ nomen detrahatur, qnod mnlti, qnî eam gnbernant, reote mo- 
nentespemeqaantar: neqae enim id ecclesiœ tribnendam est, qaod 
falsoirumet infideliam gabematoram yitio committitar... 

Neqae errores tam dootrinœ, tam hamanaram traditionam, qai 
in ea obtinaerant, ad aaferendam eoclesi» titalam safficiunt, oam 
in eoclesia Hierosoljmitana, in Pontificibas et pharisœis, qai ejna 
gabemationem tenebant, hajasmodi errores Ghristas ipse notarit 
et reprehenderit, oam a f ermento soribaram et pharisœomm oayen- 
dam monet... Idem tamen Ghristas admonet saos, at in cathedra 
Moysi sedentes... aadiant, reote ex presoripto divinœ legis monen- 
tibas pareant, qaamvis opera illoram , dootrinœ qaam profitentor, 
minime oonsentiant. 

At dicant nonnulli, e yera eoolesia prodiisse Papistas, qnos 
Yooant, sed per falsas et novas opiniones et impios oaltas ab ea 
defecisse : qnare ab iis tanqnam ab Anti-Ghristi ecclesia et diaboli 
sjnagoga qaam longissime secedendam, nuUamqae cam ea com- 
me nionem habendam. 

Yeram illad mihi vide. Longe aliad est a pari taie et sinceritate 
tam doctrines tam moram, qua vetas et primitiva ecclesia flomit, 
degenerasse : et ab ipsa yeteri ecclesia prorsas defecisse. Ecclesia 
enim ab ipso fandamento quod est Ghristns pro nobis mortnas et 
resascitatas, eestimanda: oui foiidamento si poster! pro auro et 



460 

les autorités de TÉglise romaine contre les horaraos 
droits qui les avertissent, ni les erreurs de doctrine 
et de traditions humaines qui se sont introduites 
dans cette Eglise, no constituent un motif suffisant 
pour se séparer d'elle et pour lui refuser le titre do 
vraie Église.Ce n'est pas àl'Église qu'il faut imputer 
des actes dûs à la malice de supérieurs faux et infi- 
dèles. D'ailleurs le Christ a repris de semblables 
erreurs chez les pontifes et les pharisiens de l'Eglise 
do Jérusalem et cependant il a enjoint aux siens 
d'obéir aux maîtres qui siégeaient dans la chaire 
de Moïse. 

Vous objecterez: Les papistes ont déserté la 
vraie Église, en enseignant des doctrines fausses 
et nouvelles et en introduisant un culte supersti- 
tieux. Il faut donc s'en séparer comme de l'église 
de Tantéchrist et de la synagogue du diable. 

argento et lapidibus preciosis, lignum, fœnum et stipalam snper- 
straxcrint, non tamen continuo a fundamento recesscrunt... sed 
ibi cnrandura, ut pro ligno, fasno et stipula, au ru m, lapides et 
gemmœ in eodem œdiûcio, superque eodom fundamento repo- 
nantnr... 

Contra autem, quod omnes ii qui ob reprehensionem nonnuUo- 
rum abusuum initio rejccti, conscientiœ impulsu in ratione docendi 
et forma ministerii aliquid immutarunt, ab ecclesia defecisse, 
dicuntar,et inter hœreticos et schismaticos numerantnr : videndum 
est,quam id recte et juste Ôat. Ecclesia enim Ghristi(*)caput est, et 
corpus ; a copite non receditur, nisi per falsam et Scripturis sacris 
dissentaneam de capito Ghristo doctrinam; a corpore vero(*),non per 

(*) Uses: "Totos Chriftus caput est et corpus. A oapito ; a corpore vero, 

quod est Ecclesia " C'est ainsi que Kavesteyn et Hesselius citent Gassander, 

d'après la prenaière édition du livre De qfflcio pu viri, Saint-Augu«tin {De UmUaie 
SceUeûe, c. 4), dit, il est vrai: " Totus Christus caput et corpus est... Quicumque 
de ipsooapite, ab scripturis sanctis dissentiunt... non sunt de Ecclesia. Et rursua 
quicumque de ipso capite scripturis sanctis consentiunt, et unitati Ecclesiœ non 
communicant non sunt in Ecclesia. '* Mais on ne trouve pas dans le passage du 
dooteur de l' Église, la conclosion de Cusaander i '* A eapite aoa receditur, nui " 



461 

A cela je réponds: Autre chose est dégénérer de 
la pureté doctrinale et morale de la primitive 
Église, autre chose est abandonner l'Église elle 
même. On se rattache à l'Église par son fonde- 
ment qui est le Christ. Remplacer, par du bois et 
de la paille, l'or et les pierres précieuses de l'édi- 
fice, n'est pas encore se détacher du fondement. 

Par contre, est-il juste de compter parmi les 
hérétiques et les schismatiques, parmi les rebelles, 
tous ces hommes qui, obéissant à la voix de leur 
conscience ont modifié l'enseignement de la doc- 
trine et la forme de la liturgie? Nullement. En 
effet on ne se sépare du chef, qui est le Christ, 
qu'en professant une doctrine fausse et contraire 
aux Écritures touchant le Christ; on ne se détache 
du corps, qui est l'Église, qu'en brisant le lien de 
la charité. Une divergence quelconque dans la foi 
et la discipline n'opère pas cette défection. 

C'est pourquoi, on ne doit pas regarder comme 
détachés de l'Église, même s'ils sont rejetés par 
l'Église romaine, ceux qu'une foi correcte dans le 

quamyis rituum et opinionum dîversitatem, sed per solam chari- 
tatis defectionem, quare, ut ante qiioque dixi, qui recta senteutia 
de Christo, capiti jiiuguntui* et charitatis et pacis vinculo, etiamsi 
opiuionibus quibusdam et ritibus discrepent, reliquo ecclesiœ cor- 
pori conectuntur, uuUo modo ut schismatici et ab ecclesia alieni 
babeudi sunt, etiamsi ab alia ecclesiaî parte poteutiore, et guber- 
iiationem obtineiite rejecti, et ab eorum societate et commonione 
sepamti videaiitur. Neque eiiim quajvis rejectio et separatio 
schismaticos facit, sed initia separatiouis et causœ spectandae sunt : 
non enim separatio facit schisma, sed causa. 

Haîc de iis tautum loquor, qui bauc separationem inique féru ut, 
et omnibus votis pacem et conciliationem desiderant, et a quibus 
quadam ex parte cxtcrua communione separautur : fidei tamen et 



402 

Christ unit au chef, et que la charité rattache au 
reste du corps de TËglise, malgré leur écart tou- 
chant quelques points de doctrine et de liturgie, 
pourvu qu'ils souffrent de cette séparation, dési- 
rent ardemment la paix et soient prêts à recevoir 
tout ce qu'ils croient n'être pas en opposition 
avec les commandements de Dieu. 

Mais 3*estime qu'il faut considérer comme héré- 
tiques et schismatiques ceux qui soutiennent au 
sujet du Christ une doctrine impie et rejettent 
toute communion avec les autres églises. — 
ErronramaU Ici Ics erreurs fourmillent sous la plume de 
Bwîden^ "' Cassander. Il ne déchire plus seulement Tunité de 
l'Église, il renverse en outre l'infaillibilité de son 
enseignement et de sa croyance; il méconnait la 
valeur de l'excommunication prononcée par elle; 
il établit les individus juges de la foi et régulateurs 
des rites. Les points fondamentaux se réduisent à 
la foi dans le Christ. 

Concevant l'unité de la vraie Église à peu près 
comme la conçoivent de nos jours un grand nom- 
bre d'Anglicans, il admettra bientôt trois branches 
l'Église romaine, l'Église protestante et l'Église 



charitatis vincalo conjunguntar, et ad omnem consensionem et 
comznunionem parati sant, qaam divinis institatis et mandatis 
non adversari arbitrantur. 

EoB vero qui per impiam de Christo ecclesise capite et funda- 
mento sententiam, a Christo capite separantur, etfalsapersuasione 
ab omni societate etcommuuione aliarum ecclesiarum abstinentes, 
a Cbristi corpore se di^ellunt; vere hsereticos et schismaticos 
dicendos et habeudos existimo, neqae ad uUam vel externam vel 
internam ecclesisB societatem pertinereputo..." — Ibidem, pp. 787- 
789. 



463 

orientale; il regardera comme articles essentiels 
de la foi, les articles du Gredo. 

En effet, dans sa conclusion, il s'exprime ainsi: 
— Par conséquent tout ce que je trouve d'intè- 
gre (^), de sain, de conforme à la doctrine des Évan- 
giles et à la tradition apostolique, soit dans l'Eglise 
appelée catholique soit dans l'Église appelée évan- 
gélique, je le vénère comme appartenant en propre 
à l'Église du Christ. Je considère comme vraie 
Église et membre de la vraie Église catholique 
du Christ, toute église qui adhère au fondement 
de la vraie doctrine des apôtres, contenue dans 
le symbole de la foi, et qui ne se sépare pas de la 
communion des autres églises. J'applique cette 
appréciation non seulement aux Occidentaux, mais 
aussi aux Orientaux, à l'Église grecque et à ceux qui 
s'en rapprochent, comme les Ruthènes, les Syriens, 
les Éthiopiens, les Arméniens. Mais je déteste 

(*) " Qaicqnid igitur in a traque hac eoclesiaà parte, sive ea antiquo 
nomine catholicse, sive nuper nato evangelicae nuncupetur, inte- 
grum, sanum, doctrinae evangelicae et apostolicie tradition] consen- 
taneam invenio, id ut Christi ecclesiae propriura veneror et 
amplector; camque ecclesiam, quod in fnndamento ver» et apo- 
stolicœ doctrinae, qnœ brevissimo îllo fidei symbolo continetur, 
consistât, nec impio scUismate a reliquarum eccle&iarnm commu- 
nione se separet, veram ecolesiara veraeque ecclesiae et catbolicae 
ecclesiae Cbristi membrnm esse judico. Neqne id tantum de Occi- 
duis, sed etiam Orientalibns ecclesiis, ut Graecorum, eorumque 
qui ipsornm instituta fere seqnuntnr, ut Ruthenorum, Syrorum, 
Âetbiopum et Arraeniorum sentio... 

Imprimis antem odi factionum illa odiosa et e Tartaro usqne 
emissa nomina; cum bi alios Papistas, Anticbristianos, Satanae 
rainistros, hoates doctrinae Cbristi; illi vero contra, bos Haereticos, 
âcbismaticos, Apostat as. Ecclesiae Cbristi bostes appelant... *' — 
Ibideni, p. 791. 



464 

Bouverainement l'invention infernale de ces noms 
odieux des factions qui s'appellent réciproquement 
papistes, antichrétiens, ministres de Satan, ennemis 
de la doctrine du Christ d'une part, hérétiques, 
schismatiques, apostats, rebelles à l'église du Christ, 
d'autre part. — 

Liffnedecon. q^qI ^g^ maintenant, d'après Cassander, le 

par l'homme dcvoir de 1 hommc pieux r 

— Doit-on, se demande-t-il (^), si bien éviter 
l'esprit de parti, qu'on rejette les deux partis 
pour former une secte neutre? Non. Je désap- 
prouve seulement l'attache à un parti, qui détruise 
la liberté et l'équité du jugement, c'est-à-dire, 
qui vous empêche de reconnaître et de désavouer 
les vices et les erreurs dont aucun parti n'est 
exempt, et qui vous pousse à persécuter l'autre 



pieux. 



(*) *' Neque vero iia partiam studium vitandum puto, ut utraque 
parte improbata, novam quandam et neutralem (quam vocant) 
sectam introducere Tidear : sed eam tantum partium addictionem 
improbaodam duco, quee libertatem et asquitatem judicandi prœpe- 
diat, qua videlicct a vitiis et erroribus, quibus neutra pars omnino 
immuuis est, considcrandis et reprehendendis avoceris : et ad ea 
quoque quœ in albera parte recta et sana sunt aspernenda, eamquo 
hostili animo persequendam compellaris. 

Quiu potius bœresibus, quae per impia de Christo dogma [ta] 
a capite Christo, et nefario schismate ab ejus corpore recesserunt, 
damnatis, in utraque hac parte, quse fundamentum religiouis 
retiuet, ita versandum existimo, ut si non per omnia in ritibus et 
sententiis conveniatur, charitatis tamen communio iirmiter reti- 
neatur, et ad plenam quoque solidamque concordiam constituen- 
dam omni studio, coutendatur. Hoc ego OflSciura Pii Viri, auœque 
saiuti coiisultum volentis, his perturbatissimis periculoruroque 
plenissimis temponbus, essejudico. Quod qui prœstent, eos vere 
pureque catholicos esse et dici posse arbitrer. Namque religio 
vera sinceraque inter duo mala mihi posita et constituta videtur." 
— Ibidem, p. 791-792. . .- . 



465 

camp, à mépriser ce qui s'y trouve de droit et 
de sain. 

Au contraire, tout en condamnant les hérésies 
qui s'éloignent du chef par la profession d'un dog- 
me impie touchant le Christ et se séparent du corps 
par un schisme criminel, ayez soin d'appartenir à 
l'un ou à l'autre parti demeuré fidèle aux articles 
fondamentaux de la religion, de manière à con- 
server les liens de la charité, malgré la divergence 
de rites et de doctrine, et à diriger vos efforts 
vers une pleine et parfaite concorde. Telle est, 
selon moi, la ligne de conduite à tenir par tout 
homme pieux, qui veut se sauver au milieu de ces 
temps troublés et gros de périls. Celui qui agit de 
la sorte, est véritablement et sincèrement catho- 
lique. Car la religion pure et vraie se trouve entre 
les deux extrêmes. — 

Georges Cassander, en établissant le système des Conaéqnences 
articles fondamentaux, trace le chemin aux sec- du système de 
taires qui s'appelleront indifférents, adiapharistes, ^****"^^'^- 
syncrétistes, latitudinaires ; il est le précurseur des 
Hunnius, des Georges Calixte, des Jurieu. 

On sait que le protestant Bayle attaqua ce der- 
nier dans un écrit intitulé: Jantia cœlœ^um reserata 
cunctis religionibus a celehri admodum domno Petro 
Jurieu^ et orné de l'épigraphe : Porta patens esto^ 
nulli claudatur honesto. 

Les théologiens catholiques qui réfutèrent Cas- 
sander lui firent, à raison, presque les mêmes 
reproches, sous une forme moins caustique. 

De o^îo pil acpuhlicœ tranquillitatisvere aman- 

80 



466 

Us viri: ce titre est bien doux, écrit Hesselius, 
de même que le nom de paix. Mais, avec TÊvan- 
gile, il faut distinguer deux sortes de paix, la paix 
de Jésus-Christ et la paix du monde. Je vous 
laisse la paix, dit le Sauveur, je vous donne ma 
paix; ce n'est pas comme le monde que je vous 
la donne. Cette paix du monde, qui consiste dans 
une conciliation criminelle, le Christ n'est pas 
venu la confirmer, mais la détruire. 

Cassander, répond à son tour Josse Baves teyn, 
prétend vous indiquer un port de salut, et en 
réalité il vous conduit vers un gouffre profond, 
prêt à engloutir les imprudents qui l'y suivent. 

Ouvrir, disent l'un et l'autre, les portes de la 
vraie Église, en dehors de laquelle il n'y a point 
de salut, à tous ceux qui, adhérant au fondement 
de la religion contenu dans le court symbole des 
apôtres, sont unis au chef par la profession de la 
foi correcte touchant le Christ et au reste du 
corps de l'Église par les liens de la charité, c'est 
y introduire la plupart des hérétiques de tous les 
temps, les Encratites, les Montanistes, les Catha- 
res, les Novatiens,le8 Apostoliques, les Origénistes, 
les Donatistes, les Jovinianistes, les Helvidiens, 
les Pélagiens, hérétiques que tous jusqu'ici ont 
regardés comme rejetés du sein de l'Église. 

Exclure de l'Église ceux-là seuls qui professent 
au sujet du Christ une doctrine impie et rejettent 
toute communion avec les autres membres, c'est, 
sous l'apparence d'un pieux zèle pour la pacifica- 
tion des esprits, user d'une bienveillance homicide 



467 

et promettre traîtreusement le salut à toutes les 
erreurs qui n'atteignent pas la vraie doctrine 
touchant le Christ. 

Écoutons encore Cassander exposant la situation 
religieuse de son temps : 

— Il existe (^), de nos jours surtout, deux classes 
d'hommes. 

Les uns, voyant l'Église souillée de beaucoup de 
taches et défigurée par les vices qu'elle a contrac- 
tés peu à peu, veulent son renversement complet 
et défendent à outrance les dogmes de Luther ou 
de Calvin. On pourrait peut-être les appeler anti- 
catholiques, Luthériens ou Calvinistes. 

Les autres, au contraire, considérant que parmi 
eux l'Église reste encore en partie debout, préten- 
dent à tout prix conserver son état actuel, malgré 
la corruption et les abus qui y régnent; ils ne souf- 
frent pas qu'on y introduise aucun changement, 



0) " Eztant enim hodie potissîmum dao hominum genera: quo- 
rum alteri quod ecclesiam non paucis macalis respersam, et pau- 
latim contractis vitiis deformatam vident, omnem ejus statum 
labefactatum et convulsum cupiünt ; et dogmata Lutheri, non qaœ 
sanior adhuc et tranquîllior, sed postea ballas impeta perculsus, 
irritatior et commotior, asserait, qnovis modo confirmanda et 
defendenda ducunt : id quod a suis sectatoribus (quos habet nec 
panciores, nec obscuriores) Calvino qnoqae accidit, quos fortassis 
recte anticatholicos et Liitheranos seu Calvin ianos appelles. 

Sunt alii ex ad verso, qui quod non pauca ex ipsa antiquitate 
adhuo apud se reliqua vident, prœsentem ecclesiea statum quamvis 
corrnptum, et paulatim snbortis abusionibus contaminatum, om- 
nino tamen suo loco manere volunt, neque quicquam, quamvis id 
veterum decretis consentanee fieri posait, immutari patiuntur: 
Pontifioem vero Bomanum, quem Fapam dicimus, tantum non 
Deum faciunt ; ejusque auctoritatem non modo supra totam eccle- 
siam, sed supra ipsam Scripturam divinam efferunt, et sententiam 



468 

bien que cela puisse se faire saus blesser les anciens 
décrets ; ils font presque un Dieu du Souverain 
Pontife, appelé Pape; ils élèvent son autorité non 
seulement au-dessus de toute l'Église, mais même 
au-dessus des Saintes Écritures: ils attribuent à 
ses sentences l'autorité des oracles divins, et vont 
jusqu'à les regarder comme règle infaillible de la 
foi. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait les 
appeler pseudo-catholiques et papistes. Entre ces 
deux catégories qui sont aujourd'hui les plus 
en vue dans l'Église, il en est une troisième, 
obscure et presque inconnue. Forcés de se ranger 
dans l'un ou l'autre camp, les hommes de cette 
catégorie ne sont cependant attachés de cœur à 
aucun parti. Ils admettent ce qui, de part et 
d'autre, est correct et conforme à la foi et à la dis- 
cipline catholique ; évitant ce qui est contraire et 
dépasse le juste milieu, ils appellent de tous leurs 



cjus diyinis oraculis parem, imo infallibilem fideî regalam constî- 
taunt: hos non video cur minus psendo-catholices et papistas 
appellare possis. 

Inter hos qui maxime hodie in ecclesia eminent, tertiam quoddam 
genus hominum, qaamvis fere occultum et obscurum, reperitur: 
qui cum in alterutra parte versari cogantnr, tamen nuUi parti ex 
animo addicti, qnicquid utrobiqne rectum et catholicœ fidei et 
obserrationî consentaneum est amplectentes : qnaa vero bis con- 
traria, et modum mediumque (ut in contentionibus fit) excedentia 
deprehenduntur, déclinantes, veram sinceram et divinis literis 
catholicœque ecclesiœ traditioni congruentem pacem et coucordiam 
omnibus yotis oxoptant, et ad cam conctliandam omnem snam 
operam et studium conferre parati sunt. Atque hoc animo si plnres 
in utraque parte prœditi sint, facilius et citius pax futura, et 
concordia coitura sit. Nam nisi talium hominum consilium yaleat, 
nulla conciliationis sp3S est; et taies si audiantur, de pacificatione 
desptrandum non erit..." — Cajssand£&, Opera, p. 792. 



469 

vœux Ia paix et la concorde en harmonie avec lea 
Saintes Écritures et la tradition catholique, et sont 
prêts à diriger vers ce but tous leurs efforts. Que 
ne sont-ils en plus grand nombre dans l'un et 
l'autre parti, les hommes ainsi disposés ! La paix et 
la concorde triompheraient plus vite et plus faci- 
lement. Si l'avis des sages n'est pas écouté, c'en 
est fait de la réconciliation. S'il prévaut, on ne 
doit pas désespérer de la pacification. — 

Comme le remarque judicieusement le professeur 
de Louvain, Jean Hesselius, cette troisième caté- 
gorie d'hommes, qui, d'après Cassander, appartien- 
nent seuls à l'Eglise, est obscure et presque 
inconnue, c'est très vrai. La raison en est que la 
conciliation est impossible, sans que l'un ou l'autre 
jparti renonce à sa doctrine. Qu'y-a-t-il de commun 
entre le Christ et BélialP Mais iGassander oublie 
une quatrième catégorie, celle des hommes qui ne 
veulent la paix ni avec les Luthériens ni avec 
les Calvinistes, s'ils doivent l'acheter à la condi- 
tion que ces partis restent intacts; qui désirent 
voir disparaître les abus introduits sous le gouver- 
nement du Pape ; qui ne font pas du Souverain 
Pontife presque un Dieu, mais voient en lui un 
homme, parfois répréhensible; qui n'exaltent pas 
son autorité au-dessus des Saintes Écritures, ne 
regardent pas comme règle infaillible de la foi 
n'importe quelle sentence émanant de lui, mais 
reconnaissent et respectent le ministère qui lui a 
été confié dans la personne de saint Pierre, selon 
la parole divine et le consentement unanime des 
Pères; qui oonfessent quUl est le pasteut" de toutes 



470 

les brebis du Christ, que le Sauveur a prié pour 
lui afin que sa foi ne défaillit pas et afin qu'il 
confirmât ses frères par sa foi indéfectible. Cette 
catégorie, omise par Cassander, est considérable 
dans rÉglise catholique; et si tous en faisaient 
partie, il ne serait pas nécessaire d'inventer un 
nouveau port, qui n*a jamais existé, pour éviter 
les éoueüs de Thérésie (^). 

Enfin, sur quelles preuves Cassander éiablit-il 

son système inouï? 

învt^^r^" Nos guides, avait-il dit, doivent être TÉcriture 

Cassander et la tradition catholique. Et en effet il puise des 

arguments dans cette double source, mais des 

arguments indignes de sortir de la plume d'un 

homme qui se pique d'être théologien. Jugez-en. 

— C'est en vain, écrit-il, (^) que quelques-uns se 

(') Hbssslius, De officio pii,„ viri.,, vigente haer6${, p. 105. 

O " Inanis autem mihi eonim oratio videtnr, qui his religionîs 
dissidiis se a pietatis studio retardari et avocari queruntar. Satis 
enim ampla pietatis exercendœ materia in iis rebas, qaibas in 
rebus utrinque convenitur, proposita est. Nam de fide in Christum 
mortuum et resuscitatum pro nobis collocanda, et cbaritate Dec 
et proximo exbibenda, controTersia nulla est. Porro in his duobns 
capitibus pietatis summa consistit. Quid enim est aliud pietas, 
quam officium prœstare DeoP Quod officium quid aliud est, quam 
ejus obtemperare mandatis P Porro mandata e jus, Apostolo teste, 
Rravia non sunt: videlicet ex Deo natis, et ejus spiritu prœditis: 
Hoc est, inquit, mandatum ejus, ut credamos in nomino Filii ejus 
Jesu Christi, et diligamus alten&trum. 

Non igitur pietas subtiles arduarum et diffioilium quœstionum 
digceptatores, et curiosas latentium et abditarum rerum investi- 
gatores; sed simplices broTissimi yerbi, hoc est mortui et resusoi- 
tnti Ohrîsti professores, et fidos Toluntatis suœ executores requirit. 
Prope, inquit Paulns, est verbum in ore tuo, et corde tuo; hoc est 
verbum fidei quod predioamus. Quia si confitearis in ore tuo Do- 



471 

plaignent d'être détournés de la piété par les dissen- 
sions religieuses. Car nous trouvons amplement 
de quoi nourrir la piété, dans les points sur 
lesquels on est d'accord de part et d'autre, c'est- 
à-dire dans la foi au Christ mort et ressuscité pour 
nous, et dans la charité envers Dieu et le prochain. 
Or la piété consiste à obéir aux commandements 
de Dieu, et ces commandements de Dieu sont 
faciles à observer, selon le témoignage de l'apôtre 
saint Jean, disant : C'est là son commandement, 
que nous croyions au nom.de Jésus-Christ son 
Fils, et que nous nous entr^aimions, selon qu'il 
nous Ta ordonné* 

La piété n'exige pas qu'on scrute les questions 
ardues et difficiles, mais qu'on professe la foi dans 
le Christ mort et ressuscité : La parole est toute 
proche, dit saint Paul, elle est dans votre bouche 



minam Jesum, et in corde tuo credideris qaod Dens susoitavit 
illam a mortuis, salyas eris, etc. Et idem : Nemioi, inqnit, qaic* 
qnam debeatis, niai ut invicem diligatis, qui enim diligit prozimum, 
legem împlevit. Et adTimotheum monet, non intendendum fabulis 
et genealogiis infinitis, quœ quœstiones exhibent magis qnam 
œdificationem Dei. qn» est in fide : finem antem et complementnm 
totins prsdcepti esse charitatem de corde poro, et consoientia bona» 
et fide non ficta. 

Mtlius est, inquit [Irenœns], nihil omnino scientem qnempiam, 
... et oredere Deo, et perseverare in ejus dileotione, quœ hominem 
yivificat, neo alind quœrere ad scientiam nisi Jesnm Christum 
Filium Déi, qui pro nobis orncifizus est; qnam per qnœstionnm 
sabtilitates et mnltiloqoinm in impietatem oadere. Cni et hado 
Hilarii sententia consentit: In simplicitate ûdes est; in fide jnsti* 
tia est ; in confessione pietas est. Non per difficiles nos Deus ad 
beatam Titam quœstiones vocat,... In absolato nobis ao iaoili est 
œtemitas» Jesnm suscitatum a mortnis per Denm eredere, et ipsum 
esso Dominnm confiteri. " — Cassavdbr, Opwot p. 7M. 



4?2 

et dauâ votre coeur : et c'est là cette parole dé là 
foi que nous prêchons. Parce que si vous confessez 
de bouche le Seigneur Jésus, et si vous croyez 
de cœur que Dieu l'a ressuscité, vous serez sauvé. 
Tâchez de ne devoir rien à personne que la charité 
mutuelle, car qui aime son prochain, a accompli la 
loi. Il ne faut point s'attacher à des fables, et à 
des généalogies dont on ne voit pas la fin ; qui 
font plutôt naître des contestations, qu'elles n'édi- 
fient selon Dieu, ce qui se fait par la foi : or la fin 
du précepte, c'est une charité qui parte d'un cœur 
pur, d'une bonne conscience, et d'une foi qui n'ait 
rien de faux. 

Croire en Dieu, dit saint Irénée, persévérer dans 
son amour qui vivifie et ne chercher d'autre con- 
naissance que celle de Jésus crucifié, vaut mieux 
que de tomber dans l'impiété par la discussion des 
questions subtiles. Saint Hilaire écrit de même: 
La foi est dans la simplicité ; la justice est dans 
la foi ; la piété est dans la profession de la foi. 
Dieu ne nous appelle pas à la vie bienheureuse par 
le chemin des questions difficiles. Le salut se trouve 
dans la foi, bien facile, en Jésus ressuscité des 
morts. — 
etréfoUBpar Bavestcju ct Hessclius ont aisément renversé 
^vet^ ?* ces preuves tirées de textes isolés, en leur opposant 
cent passages de l'Écriture et des Pères, qui démon- 
trent que pour se sauver, il est nécessaire d'observer 
tous les commandements de Dieu et de croire 
toutes les vérités révélées et proposées à notre foi 
par rSglise enseignante. 



473 

Le système de ce théologien novice, écrivent-ils, 
établissant la distinction entre les articles fonda- 
mentaux, qu'il faut admettre sous peine de damna- 
tion, et les articles non fondamentaux, qu'il est 
permis de rejeter sans danger, est un système 
nouveau, inconnu aux saints Pères et aux scolas- 
tiques, même à ceux qui ont vécu en des temps 
aussi troublés que les nôtres par les dissensions 
religieuses. C'est un système arbitraire, qui, loin 
d'être basé sur les Écritures, leur est opposé aussi 
bien qu'à la tradition catholique. 

D'après ce système, l'Ëglise n'est plus la colonne 
de la vérité, le tribunal suprême qui prononce sans 
appel dans les controverses de la foi ; d'après ce 
système, l'Ëglise peut errer quand elle enseigne des 
points doctrinaux non contenus dans le Credo. 

La foi qui n'est pas entière, n'est plus une foi. 
En effet, l'objet de la foi est la parole divine, et 
son motif, l'autorité de Dieu qui révèle. Cette 
autorité étant la même, quelle que soit l'impor- 
tance relative des vérités révélées, nier une seule 
de ces vérités, c'est renverser l'autorité sur 
laquelle elles sont toutes fondées. Donc ce système, 
inventé par le pacificateur qui ne possède pas la 
connaissance des dogmes, conduit à toutes les 
erreurs, à l'incrédulité complète Q). 

(*) Voir: J. lUvssTETK, Oraiio altera in qua demonstraiportum 
ivium et fidum, in quo acquieacere poanntpii Tiominee, in miHerahili 
praeaentis Eedlenœ disHdio: et J. Hesselius, De offido pii, et 
cknstianaê paeie vere amaniis viri, exurgente, aut vigente hœreai, où 
l'on trouvera la réfutation dëtaillëe du livre De officiopii viri de 
Cassander. Voir aussi la judicieuse appréciation portée sur ce 
même ouvrage par Matbias Lambrecht et que nous avons repro* 
duite sous forme d'appendice à la fin de ce ohapitre. 



474 

Les craintes de J. Bavesteyn et de J. Hesselius 
se réalisèrent bientôt. Car Mathias Lambrecht, 
archidiacre et, depuis, évèque de Bruges, atteste 
en 1590 que la plupart des partisans de Gassander 
finirent par embrasser le calvinisme Q). 
caBflander Pas u'cst bcsoin d' examiner davantage les erreurs 
Pj^/îf §*n entassées dans l'opuscule De officio pii viri. Le 
Trente'^* ^® cri d'alarme jeté par Lindanus est pleinement 
justifié et les Pères du Concile de Trente, rédac- 
t6ui*s de Vlndex^ n'avaient que de trop pressants 
motifs de ranger Cassander parmi les auteurs 
hérétiques ou suspects d'hérésie, dont il est défendu 
de lire les ouvrages, même futurs. Nous compre- 
nons déjà suffisamment que les théologiens de 
Louvain avaient raison de dénoncer aux fidèles 
tout le danger d'une pareille doctrine. Nous le 
comprendrons mieux encore si nous considérons 
avec quelles dispositions Cassander accepta les 
remontrances des catholiques et la censure romaine. 
Ces dispositions, on peut les résumer ainsi, d'après 
sa correspondance. 
Sea diapoBi. — Mou petit livre De officio pii viri, écrit-il, est 
conda^mni* ^^^ pubUcatiou bicu innoccute, où j'expose avec 
tion. modération et candeur mon opinion touchant les 

moyens de parvenir à l'unité religieuse. Et mes 
modestes conseils, mes amicales invitations à la 
concorde chrétienne, on les traite de flatteries 
trompeuses et de sarcasmes diaboliques; mes efforts 
de conciliation, on les appelle des actes de haute 
trahison» De telles attaques sont de nature à me 

(') Appendioô de ce chapitre, in fine. 



475 

décourager et à paraliser mon zèle pour la paix Q). 
— Ailleurs, ohangeant de ton : — Je ne m'arrête pas, 
dit-il, à ces invectives de gens ignorants, malha- 
biles, superstitieux et d'humeur chagrine qui ser- 
vent mal la cause de la restauration de l'Eglise; 
j'y oppose, en me consolant, les approbations 
d'hommes sincères, prudents, expérimentés, au 
jugement droit et reconnus pour l'ardeur avec la- 
quelle ils poursuivent l'œuvre de la pacification (*). 
Si l'évêque de Buremonde use envers moi de 
sévérité, Georges Wicelius (le vieux) m'écrit: (') 
Je souscris à V opinion de Gassander; j'aime Lindanus, 
mais j'aime encore plus la vérité. — Je me réjouis 
d'apprendre, que mes vues sont partagées par 



(*) Voir pins hant, p. 450, note 2. 

(*) " Gkbudeo scriptnm illnd tibi, tuiqne similibns viria sincero 
fndicio, Bummo candore animi, magna rernm pmdentia, eximio 
pietatis et yerœ ecclesiasticas paois studio prœditis non improbari ; 
nam imperitos, morosos, et superstitiosos, qnomm magna in 
ntraqne faotione tnrba est, nihil moror. Ezcellentissimo viro 
D. Ketelario hs9c visa et probata esse lœtor, cnjns mihi jadioium 
instar est mnltorum. " — Gassandjeb, Opera^ p. 1161, D. Henrico 
Baers. 

(■) " Certo scio mnltos gravissimos et stndio catholicœ pacis et 
rernm sacrarum peritia insigniter pneditos viros libelli oansam 
adyersns tnam severam insectationem approbatnros, prœsertim 
in qno consilium tantum candide et modeste proponitur, non 
superbe et contentiose sententia prasscribitur. Nolo autem interim 
T. D. celare me... [tuarnm] litterarnm argumentum una cum 
summa ad easdem responsionis ad D. G^orgium Wicelium trans- 
misisse, qui remisse ezemplari bœc verba sua manu adsoripsit : 
Qeorgio Cassandro suhsoribo, OuiUdtnum Lindanum amo, niei quod 
magU amusa veriku. Nec dubito quîn cum bac sententia optimorum 
quorumque, et prudentissimorum, minimeque morosorum judioia 
oongmant. " — Ihid. p. 1154, B. D. G. Lindano, S. T. profesaori 
et electo Karemondensi. 



476 

Henri Baers» chancelier du duc de Clèves, Kete- 
larius, François Baudouin etc. Je suis heureux 
de savoir que mon ouvrage gagne de jour en jour 
en faveur auprès des savants bien intentionnés de 
France, où Claude d'Espence se propose de le tra- 
duire en français afin de l'offrir à la reine, et auprès 
des érudits pieux d'Allemagne oh. le très docte et 
très vertueux évoque de Naumbourg, Jules Phlugh, 
a daigné s'ouvrir à Georges Wicelius (le jeune) en 
ces termes: " J'ai lu avec délices le livre de Gas-^ 
sander qui me paraît être sage et juger sainement... 
Comptant ériger un institut théologique^ je voudrais 
beaucoup y mettre à la tête un homme de science 
pareil à Gassander (^). " — 



(1) « Aooepi litteras a D. Francisco Balduino... in qoibns hœc 
inter çœtera : 

" Nuno iterum àUqua in ape aumiu informandœ aîicujus modéra* 
iionia; partim quia de coneilio vix eperatur quicquam ; partim quia 
tUraque pare fatigata ait fada aequior, Libdlua tuua cum aua reapori' 
aione vndiea magia placet viria lonia. Et hodle D, EapencœtM mecum 
àgebatde eo m linguamGdUieam verte7ido,utreginœ offerretur,,»'Rorvim 
et his similium per Qalliam et Qermaniam bonorum yiroram jadi« 
oium, vel ipsa œquitate, vel naturœ propansione libenter ampleo- 
tor, et qal illad improbant, et diversam rationem seqaendam 
putanCy non mihi recte Ecclesi» instaurationi et tranquillitati 
Gonsalere yidentar. " — Ibidem, p. 1155| D. Joachimo Hoppero. 

" Libellam de officîo pii viri cum soa defensione bonis viria 
istio [in GktUia] placere gaadeo; placet et hic per Germaniam 
optimis et pradentissimis qaibusqae. Habeoaatem prœclara hajus 
rei testimonia D. Jalii Piilaghi episcopi Numburgensis doctîssimi 
et yenerandi senis, et Qeorgii Wicelii in rebns ecclesiasticis exer- 
citatissimi. Sed est quidam e schola Loyaniensi jam episcopali 
titulo ornatus, qui adyersus libellum huno Dialogum conscripsit» 
a quo tamen edendo hactenus grayiore aaotoritate prohibitns est: 
cum literis tamen prîvatim mecum egiti multaque in libelloi qnflS 
reprehondenda putati annotayitj oui priyatim quoque quam potui 



477 

Quant à sa condamnation par Y Index de Pie IV, 
voici comment Cassander l'apprécie : — La négli- 
gence et rinconsidération de ceux qui ont dressé la 
liste des livres prohibés m'étonnent au plus haut 
point. Leur religion a été surprise sans doute par 
des gens ennemis de toute réforme de T Église et 
cherchant à ruiner le crédit des hommes qui y 
travaillent. En insérant mes Ilymni eccledastici 
parmi les ouvrages défendus, ils ont suivi, à tort, 
le catalogue de Louvain. Mais je ne vois pas pour- 
quoi ils condamnent, sans distinction, tous mes 
autres écrits. Si mon opuscule De offkio viH pii a 
offensé quelques esprits chagrins, il a été approuvé 
par des savants sérieux et très catholiques, dont 

modestissime respondi, non auctorem me proûtendo, sed neqae 
pertînaciter quœ accusarat defendeado, sed modeste qu» pro 
îibello dici possint dispataado. Heri qaoqae Jesuitam quendam 
in vesperiîs, qaas vocant, hic Colonisa longa et accarata oratione 
in hanc libellam non sine acerbitate inveotum intelligo, sed an- 
otoris nomine omnino supresso. Quare si istic ab insignibas aliquot 
et probitate fidei viris testimonium aliqaod honorifioam impetrare 
possis, et ad nos primo qaoqae tempore transmittere digneris, 
rem mihi pergratam et oportanam feceris, in quo testimonio 
qaoqae nomen nostram omnino dissimalarl et prœtermitti velim. 
Qaod si (at plaoere quibasdam scribis) in gallicam lingaam hoc 
opascalum convertendam sascipiatar, aut si alioqai istic rccuden- 
dam videatar, capiam errata suis qaœqae locis diligenter corrigi." 
— Ibidem, p. 1156, Francisco Baldaino. 

" Scribo tibi jadicinm venerandi senis et eraditissimi viri, 
et episcopi vigilantissimi Julii Fhlagh de hac Pacemontani defen- 
sioiie... Sampta sant ex literis ad Georgiam Wiceliam juaiorem: 

Libruni Coêsandri cum quadam animl Diei voluptate legi; et quia 
idem vldetur, et hene sapere, et rectejud Icare, pergratam mihi feceris, 
9i de condllione ejus me fecerût certiorem. Cupio nunc conBilia de 
collcgio quodam theologico constituendo, cul lihenter pium aliquem 
ac dodam viram prœficerem, ai talem aliquem, qualis Cassander est, 
nancisci possem. " — Ibidem,]}, 1149, Clariss. D. Joachimo Hoppero. 



478 

plusieurs ont interposé leur autorité pour empê- 
clier les premiers de vomir leur bile contre ces 
pages inoffensives. Toutefois, cette censure injuste 
et subreptice ne me détachera pas de T unité de 
rÊglise catholique, et ne me fera pas déposer les 
armes que j'ai prises pour la défendre Q). — 

Q) *' Sed vide, doctissime et pradentiBsime Ma8Î,qa89 nobis hlnc 
pradmia reponautar, nempe qaod Erasmus ille de se couqaeritur, 
ut ab utraque parte plagas accipiamas, et ab illis lapidemur. Credo 
a te visum Catalogam reprobatoruxn libroram nunc titalo Fii IV 
publicatum, in quo vehementer miratns sum rem tantam ab iis, 
quibos hoc negotium commissam fuit, tam negligenter actam, et 
tam temere subreptioni qnorumdam hominum esse indultum. Et, 
ut facilius querimoniss nostrad justissimaB oausam agnoscas, in 
littera quidem Qnulla in prima classe, quse reprobatorum auctorum 
nomina continet, Greorgii Cassandri fit mentio; in altera vero 
classe, qua certa tantum scripta certorum scriptorum continentur, 
bymni ecclesiastici cum scholiis Georgii Cçkssandri nùmerantur, 
idque ex catalogo LoTaniensium, quamquam id immerito, quod 
latins ezplicare longpim esset. In littera vero C in prima illa classe 
nominatur Cassander Brugensis, cum nullus extet liber eo titnlo 
emissus, neque enim Georgius ipse Cassander unquam se Brugen- 
sem inscripsit: id quorum studio et subreptione factum sit, satis 
suspioor, hominum videlicet, omnem Ecclesise reformationem, ac 
omnes eos, qui eo hortantur, abhorrentium, ac eorum consilia 
labefactare, et auctoritatem elevare conantium, cum verisimile 
sit, auctorem ejus catalogi Cassandrum hune Brugensem alium 
a Oeorgio Cassandro existimasse, cum in Greorgto Cassandro, 
eu jus alia quœdam religionem attingentia scripta extant, unicum 
illud de hymnis ecclesiasticis exceperint. Beliqna vero, quae 
Georgii Cassandri nomen prœferunt, non video, cur tam severam 

animadversionum omnia et sine discrimine mereantur Libellus 

de officio pii viri, quamvis nonnuUos morosiores offenderit, tamen 
aliis gravissimis et eruditissimis viris ac catholicœ professioni 
addictissimis probatur, quorum aliqui auctoritatem suam interpo^ 
suerunt, ne morosiores illi conceptam illam adversus innoxium 
opusculum bilem evomerent... Quamvis itaque non dubito apud 
bonos et saquos viros, quibus animus noster et studium erga 
catholicam Ecclesiam perspectum est, nil hac injusta et subrep- 
ticia censura, noscro nomini decessurum ; doleo tamen invidis et 
calnmniatoribus tam temere ansam esse prasbitam. Quam vero 



479 

Les consolations et les encouragements de ses 
amis ne pouvaient qu'entretenir et développer ces 
sentiments chez Cassan der. — La censure de Rome, 
lui dit Metellus (^), ne doit pas vous troubler. Vous 
savez en effet ce que les hommes probes ont à 
souffrir au milieu de si grandes dissensions reli- 
gieuses. — Je -souffre, lui écrit André Masius (^), 



bollam est Gas^andri... catholicœ veritatis et ecclesiasticee uniia- 
tia unice Btadiosi nomcn inter schismaticos eb seditiosos collocariP 
Sed heac improbitas nuaqaam effîciet, ut a oatholicie Ecclesiœ 
unitate me divellam, aut sasceptum pro ejas defensione studium 
deponam aut remittam. " — Cassander, Opera, p. 1190, Claris- 
simo et dootissimo TÎro D. Andréas Masio. 

(') " Nec te moveat Index libroram prohibitorum per Patres 
TridentinoSi ex anctoritate Pontiôcis approbatus, in quo hjmni 
tui condemnantur vel yetantur legî. Vides enim quid concordiad 
caussa, probos pati convenit in tot, tantisque de religione dissidiis. 
— V Idus Octobris 1564, Colon. " — Obnt. Episl. Epist. LXVIII, 
p. 318, Eruditis viro D. G. Cassandro theologe, Jo. Metellus. 

n " Quod tnum nomen in catalogum illum invidiosum sit per 
malevolorum hominnm artes relatum, eo mibi dolet magis, quo 
te id gravins ferre animadverto, quanquam apud eos, qui rcs ipsas 
judicant, tibi illud tuisque scriptis infamise futurum non est. 
Quis enim nescit, ut nulle cum judicio, ita maxima cnm invidia 
Indicem illum esse comportât um et consutumP Quis Jesuitarum 
importunam impudentiam, et conjunotas cuni hao virtute mirificas 
ad quœvis eoclesiastica munia (ut sic dicam) obrependi artes igno- 
ratP Ego certe persuasus sum illis solis a Ooncilio permissam 
fuisse il lam operam. Verum, mi Cassander, quando nostri sœculi 
summum decus et ornamentum Erasmum habes sooium eadem 
illa censura perstrictum, non est profecto quod magnopere tibi 
illo nomine displiceas. Nam Erasmi nomen, ut Cassandri, in 
primam classem, Desiderii vero ut Georgii, in seoundam retulerunt 
Arisfcarchi illi aut Aristippi verius. 

... Et quis scit, mi Cassander, num ductu divinsa providentiœ 
in famosum illud album sis relatus, quo lubentius tua scriptaab 
iis legantur, ad versus quorum protervas parumque religiosas 
novitates illa imprimis elucubrasti. Idibus Febr. 1565. " — Cemt. 
Epist Epiât. LII, p. 264, Optimo atque doctiss. viro D. Géorgie 
Cassandro -suo, A. Masius. 



482 

centos circiter annos a tempoi^ibus apostolorum 

fioruerunt Q). C'est un recueil de témoignages des 
anciens auteurs ecclésiastiques en faveur du bap- 
tême des enfants. Il est précédé de deux préfaces 
dont l'une, adressée à Guillaume, duc de Clèves, à 
la demande duquel l'ouvrage avait été composé, 
expose l'origine de la secte des Anabaptistes, et 
dont l'autre, dirigée contre ces sectaires, traite de 
l'autorité de la tradition catholique. Suit uiïe 
thèse sur la valeur de la coutume universelle de 
baptiser les enfants et sur plusieurs rites employés 
dans l'administration du sacrement (^). Un appen- 
dice parle de l'autorité des églises apostoliques, 
d'après TertuUien {^). 

De propos délibéré, l'auteur, afin de ne pas 
effaroucher les Anabaptistes, a supprimé les pas- 
sages qui font mention des exorcismes, de l'exsuf- 
flation et de la communion eous les deux espèces 
donnée aux enfants immédiatement après le bap- 
tême {^). 

Ce premier traité se complète par un travail 
publié en 1565, sous le titre de: De baptismo infan^ 
tiiim. Doctrina catholicae ecclesiaey divinaruin lue- 



(') Cassander, Opera, pp. 668-700. 

(^) De origine anahaptislicœ seciœ, et de auciorltaie conêensus ecdesiœ 
et catholicœ tradiiionis prmfatioyies duœ. Altera ad IllnstrUs. princi- 
pem Juliœ, CllvirOf eic, diicem. Altera advcrsm Anahaptisias etc. 
Adjecta est hrevls c.vpositw de auctorltate consiietudinU universalis 
haptiuindorum înfanlium et variisrifibus haptismî cpUhrnmîL Geor>jii 
Cnssandri — 

(^) Appendix de aiidoritate ecclesiarum apoetolicarum ex- Terftdliano. 

(*) Cassandee, Opera, p. 1142, Gerardo Veltio. 



483 

rarum testimonüs explicata. Pars altera (^), et dédié 
au comte de Nieuwenaar. Après avoir exposé ce 
qu'il croit être la doctrine de l'Église catholique 
touchant le baptême des enfants, Oassander traite 
de l'exorcisme, de l'interrogation sur la foi, et des 
autres cérémonies du sacrement et termine par une 
dissertation sur l'état des enfants qui meurent 
sans avoir reçu le baptême (^). 

Comme les deux ouvrages ont pour but spécial 
le retour des Anabaptistes à la doctrine et à la 
pratique de l'Église catholique au sujet du baptême 
des enfants, nous nous dispenserons de les exami- 
ner. Remarquons toutefois que l'auteur, dans les 
dédicaces respectivement adressées aux deux prin- 
ces connus pour leur dévouement à la réforme, 
félicite ces derniers du soin qu'ils prennent des 
intérêts religieux de leurs sujets. Nous pourrions 
faire observer encore que Oassander, qui affecte si 
fort de puiser uniquement aux sources de l'Écri- 
ture Sainte et de la tradition catholique, exhume 
l'opinion singulière et isolée de Gerson, de Biel et 
de Oajetan (^), en faveur du salut des enfants morts 
sans baptême, mais dont les parents demandent 
instamment la grâce de la régénération, alors que 

(») Ibidem, pp. 701-779. 

(*) De exordsmo, interrogatione fidei, et réliquia in haptismo infan- 
iium tisitatis cœreinoniis. — De staiu infantium qui in ecclesia nati, 
dira haptismi eacramentum inoriuntur. Audore Georgio Cassandro. 

(^) La sentence de Cajetan fut désapprouvée par les théologiens 
du Concile de Trente et jugée digne de censure. Pie V la fit enlever 
dans l'édition des œuvres du cardinal, imprimée à Borne, et 
Dominique Soto la combat comme hérétique. — Voir PA.LLâviciNi, 
Hietoria ConcUii Tiidentini, lib. IX, cap. VIII, n. 4. 



484 

le sentiment unanime des théologiens appuyé sur 
la parole divine, exclut du royaume du ciel tous 
les enfants que le sacrement ou le martyre n'a pas 
justifiés. 
Caaaander XJ^ livre oui fit ülus de bruit, est celui que Cas- 

consnlté tou- -^ ^k/>j n - i 

chant la com- sander publia en 1564, encore une fois sous le 
h^s^deux espS^ voilc de Tanonymc, et intitulé: De sacra communione 
^08- christ iani populi in utraquey panis et vini specie. 

Sitne ejus restitutio cathoUcis hominibus optanda^ 
etiavisi jure divino non simpliciter necessaria habea- 
tur. Gonsultatio cujusdam paci ecclesiae optime con^ 
sultum cupientis (^). 

Dans la polémique soulevée à propos de l'opus- 
cule De officia pii viri^ nous avons vu l'auteur du 
libelle Viae commonstrator menacer de livrer à la 
publicité un écrit de Cassander, où celui-ci embras- 
sait l'opinion de Zwingle, opinion d'après laquelle 
la cène n'est que le souvenir des souffrances et de 
la mort du Sauveur. 

Cassander avoua qu'autrefois il avait en réalité 
composé un petit traité sur l' Eucharistie et soutenu 
la sentence de Bucerus ; qu'il avait même abordé 
d'autres matières, par exemple, le baptême, au 
sujet duquel il professait alors la doctrine de 
Calvin. Mais, ajouta-t-il pour sa défense, je n'avais 
travaillé que pour moi-même, à titre d'essai, sans 
vouloir publier les manuscrits, me réservant de les 
corriger et de les modifier. Depuis, mieux édifié 
sur le sens de la tradition catholique, j'ai changé 
d'opinion, comme le prouve, pour le baptême, mon 

(*) Cassander, Opcroy pp. 1015-1018. 



485 

traité De baptismo înfantmm. Si vous avez la perfi- 
die de faire paraître mon ancien écrit touchant 
l'Eucharistie, (qui est tombé entre vos mains, je ne 
sais comment) cela ne me troublera guère, puisque 
la sentence que je tiens aujourd'hui est conforme à 
la doctrine de l'antique Église Q). 

Plus tard, Guillaume Lindanus, parvenu à la 
connaissance de cet ouvrage, en fut vivement 
scandalisé et ne manqua pas d'en reprocher les 
erreurs à Cassander. 

Cassander, craignant que l'évêquo de Ruremon- 
de ne les réfutât publiquement, le pria, par l'inter- 
médiaire de Horstius, de ne pas l'attaquer à ce 
sujet (^). 

Si ce libelle, lui écrivit-il, fut mien autrefois, 
il ne Test plus actuellement. Je ne l'ai jamais édité. 
J'en avais confié le manuscrit à un ami, sous la 
condition expresse de ne le communiquer à per- 
sonne. Le précepteur des enfants de cet ami Ta 
dérobé, et c'est ainsi qu'il est venu aux mains 
des Jésuites. Toutes les erreurs qu'il contient, 
je les réprouve. Je vous donnerai satisfaction com- 
plète. Croyez-le bien, je ne veux soutenir aucun 



(') Cassandek, Opera, p. 885. 

" Recte autem, efc ex mea sententia facit humaniBsimus vir 
D. Horstius, qui nomino nostro te admonuit, ne quid contra libel- 
lum iUum de necessitate utriusque speciei ucerbius mediteris, sed 
potias ut eam abjicias et aboleas: nam ut olim fuerit meus, non 
esse jam meum, neo a me editum et publicatum, sed perfidia sub- 
reptum, et errores, qui in eo notantur, jam olim a me quoquo 

improbentur " Ibidem pp. 1163-1163, Epitt. LX et LXXI, 

Reverendissimo D. Guillelmo Lindano. — Cfr. Sylloges episL Epist. 
XL VIT, T. 2, p. 273, Petras Ximenius Georgio Cassandro. 



486 

paradoxe contraire à l'iSglise catholique. Si dans 
le temps je me suis écarté de son sentiment, qui ne 
m'était pas suffisamment connu, aujourd'hui que 
j'ai fait un examen plus exact de ses doctrines, j'y 
adhère pleinement. Vous jugerez plus favorablement 
du livre que je viens de publier: De sacra commu' 
nione christiani populi in utraque partis et vini specie. 
C'est la réfutation de mon ancien écrit, que je 
condamne à juste titre. 

Le jugement des théologiens catholiques ne fut 
pas aussi favorable que se le promettait Cassander. 

Hesselius trouva même l'ouvrage anonyme si 
dangereux qu'il crut devoir le réfuter publiquement, 
comme il le fit dans son traité : Declaratio quod 
sumptio eucharisties sub unica panis specie^ neque 
Christi prœcepto aut institutioni adversetur^ neque 
minus fructuosa sit, quam communio sub utraque 
panis et vini specie; cum dissolutione eorum quœ 
contra adferuntur. Lov. 1566. 

Afin de faire mieux saisir la portée de la Consul^ 
tatio de Cassander, rappelons quelques détails 
historiques sur l'usage de la communion sous les 
deux espèces Q). 

{}) Voir : J. CoKBLET, Histoire dogmatique, liturgique et archéolo" 
gigue du Sacrement de VEucharidie, Paris 1885, T. I, pp. 601-631 ; 
BossuET, Traité de la communion sous les deux esphces et Défense de 
la tradition sur la communion sous une esphce, dans ses Œuvres 
complUes, Paris 1846, T. 8, pp. 226-418; Bene dictus XIV, Dô sacro- 
sancto missœ sacrificio, Lov. 1762, T. I, pp. 443-465; Bellabkikus, 
De controversiis christianœ fidei etc., Pragœ 1721, T, 3, Controversia 
tertia. De sacramento EncharistisB, lib. 4, ce. 20-30, pp. 383-409 ; 
Becaktts, Opuscula theologica, Paris 1642, De commnnione sab 
utraque specie, pp. 371-391 et les théologiens qui traitent de l'Eu- 
charistie, en particulier cens qne nous citerons tout à Theure. 



487 

Dans rÉglise occidentale, pendant les onze pre- Aperçu bîsto- 
miers siècles, et dans l'Église orientale jusqu'à nos ge deiacom- 
jours (^), s'est conservée la coutume générale de J^g ^e^ espè! 
communier sous les deux espèces du pain et du ^^' 
vin. Mais ce n'était là qu'une règle disciplinaire et 
nullement dogmatique, puisqu'elle a souffert tou- 
jours d'assez nombreuses exceptions. En effet, la 
communion des malades et celle des enfants, la 
communion domestique et celle des voyageurs sur 
terre ou sur mer se faisaient d'ordinaire sous une 
seule espèce; même, dans la distribution publique 
et solennelle de l'Eucharistie à l'église, on se con- 
tentait parfois de donner aux fidèles le pain consa- 
cré, sans les faire participer au calice. A preuve le 
fait suivant du V® siècle. Les Manichéens abhor- 
raient le vin, qu'ils considéraient comme une 
créature du diable, le fiel du dragon. En outre, ces 
hérétiques, ne voyant dans la passion du Sauveur 
qu'une illusion et une apparence fantastique, niaient 
que le Fils de Dieu eût versé son sang pour notre 
rédemption. Pour se mieux cacher, dit Léon-le- 
Grand, et répandre plus aisément leur venin, ils se 
mêlaient aux catholiques jusqu'à communier avec 
eux, mais ne recevaient que le corps de Notre- 
Seigneur et évitaient avec soin de boire le sang 
par lequel nous avons été rachetés. Saint Léon 
découvrit enfin leur abstinence superstitieuse, et 
voulut que, reconnus à cette marque, on les chassât 
de l'église. Un peu plus tard, saint Gélase, afin 



(*) Encore anjourd'hai, en Orient, on trempe l'hostie dans du 
vin oonsacré et on la présente an commnniant à Taide d*une 
cuiller {cochlear)» 



488 

d'empêchor la fraude, défendit expressément de 
communier autrement que sous les deux espèces. Si 
les Manichéens ont pu, tout en s'abstenant du calice, 
rester cachés parmi les catholiques, c'est évidem- 
ment qu'ils n'étaient point les seuls à ne recevoir 
qu'une espèce. Le décret réprouve non pas l'absti- 
nence du calice elle-même, mais l'abstinence du 
calice pratiquée par suite d'une aversion hérétique. 
La communion sub utvaque specie n'a donc jamais 
été considérée comme rigoureusement obligatoire, et 
si les saints Pères en recommandant la communion 
mentionnent les deux espèces et rappellent l'institu- 
tion de Notre-Seigneur, ils parlent conformément à 
la discipline alors en vigueur et n' urgent pas plus 
l'exemple du Sauveur, qu'ils ne le font lorsqu'ils 
recommandent le baptême conféré, de leur temps, 
par immersion. D'ailleurs, la question de la néces- 
sité de communier sous les deux espèces n'étant pas 
encore agitée, ils traitent plutôt de la réception de 
l'Eucharistie que du mode de recevoir le sacrement. 
Au moyen âge les théologiens se préoccupè- 
rent du danger de répandre le précieux sang, 
surtout quand il y avait une grande affluence 
de communiants. Pour éviter ce péril, on recourut 
d'abord à l'usage du chalumeauy puis au système 
de Vintinction. Le chalumeau (fistuîa^ cannay can» 
nula, sipho, inpa^ calainus) était un tuyau d'or ou 
d'argent, au moyen duquel le peuple humait le 
liquide eucharistique contenu dans les calices 
ministériels Q). L'intinction consistait à tremper 

(') Voir : Heusseks, Êlénimte d*arekéologie cfhréUmne, Lonyain 
1885, T. I. pp. 4^2. 463. 



489 

riiostie dans le vin consacré. Par là était maintenue 
la communion sous les deux espèces. Mais à partir 
du XP siècle, le système de l'intinction prépara en 
Occident la suppression de l'espèce du vin pour les 
fidèles, et les inconvénients de la communion sub 
utraque la firent disparaître, sans contradiction et 
sans plainte, ici au XIP siècle, là au XIII®, plus 
tard ailleurs. Parmi ces inconvénients se placent 
outre le danger d'effusion et de profanations invo- 
lontaires, Taversion des personnes qui ne peuvent 
souffrir ni le goût ni Todeur du vin, la répugnance 
qu'éprouvaient beaucoup de fidèles à boire après 
tant d'autres dans le même calice, ou à faire usage 
du même chalumeau; la rareté et la cherté du vin 
dans certaines contrées, la difl&culté de consacrer 
assez de vin pour tous à certains jours de fête, la 
difficulté de conserver le vin consacré pendant les 
chaleurs de Tété et les rigueurs de l'hiver, la diffi- 
culté de le transporter loin de Téglise, lorsque le 
prêtre ne célébrait pas dans la maison des malades. 
Ajoutez à cela le péril d'induire les fidèles dans 
Terreur consistant à croire que l'espèce du pain 
contient seulement le corps de Jésus-Christ privé 
du sang, et l'espèce du vin, le sang séparé du corps. 

La communion sous les deux espèces était tombée Errenn des 
en désuétude,lorsque,à la fin duXIV®siècle,Mathias ^^^^^ 
de Lanow et bientôt après lui Pierre de Dresde, 
Jacobel, curé de Saint-Michel de Prague, et Jean 
Huss voulurent la rétablir, sous prétexte que c'était 
là une obligation de précepte divin et de nécessité 
de salut basée sur les paroles du Seigneur : Si vous 



490 

ne fnangez la chair du Fils de V homme ^ et si vous 
ne buvez son sang^ vous n'aurez point la vie en vous. 
Les disciples de Jean Huss allèrent plus loin et 
soutinrent que le pain consacré contient seulement 
le corps de Jésus-Christ, et non pas son sang. 
Pour se conformer davantage à T exemple du Sau- 
veur, quelques fanatiques distribuaient le sacrement 
au peuple, sub utraque specie^ même après souper, 
rejetant ainsi le jeûne eucharistique établi par 
rÉglise. Comme il ne s'agissait plus d'une affaire 
de discipline, mais d'une véritable hérésie, le concile 
de Constance intervint, et rendit en 1415 le décret 
oondamnéei suivant : " Bien que Jésus-Christ ait institué après 
oiiea ®**^'*' souper et administré à ses disciples ce vénérable 
sacrement sous les deux espèces du pain et du vin, 
toutefois, et ce nonobstant, l'autorité louable des 
sacrés canons et la coutume approuvée de l'Église, 
a observé et observe que le sacrement ne doit point 
être célébré après souper, ni reçu des fidèles sinon à 
jeun, sauf le cas de maladie...; et encore que 
dans la primitive Église les fidèles reçussent ce 
sacrement sous Tune et l'autre espèce, toutefois 
pour certains périls et scandales, la coutume que 
les célébrants le reçoivent sous les deux espèces, 
et les laïques seulement sous une,. a été raisonna- 
blement introduite; puisqu'on doit croire fermement 
et ne douter en aucune sorte, que le corps entier et 
le sang de Jésus-Christ sont véritablement contenus 
tant sous l'espèce du pain que sous l'espèce du vin. 
Comme donc l'Église et les saints Pères ont eu 
de justes motifs d'introduire pareille coutume, et 
que celle-ci est observée depuis fort longtemps, 



491 

elle doit passer pour une loi que personne ne peut 
condamner, ni changer à son gré sans l'autorité 
de l'Église. C'est pourquoi on doit estimer erronée 
la croyance qui voit dans cette coutume ou cette loi 
une chose sacrilège et hérétique; et ceux qui 
affirment opiniâtrement le contraire de ce qui a 
été dit ci-dessuS| doivent être chassés comme 
hérétiques. ** 

Les troubles suscités par les Thaboristes et les 
Calixtins ou XTtraquistes provoquèrent, de la part 
du concile de Bâle en 1437, un décret analogue for- 
mulé en ces termes : " Les laïques croyants, et 
aussi les prêtres qui ne disent pas la messe, ne sont 
obligés par aucune loi divine à recevoir rSi^oba* 
ristie sous les deux espèces, et il apparii^nt ^ 
r Église de régler, eu égard au respect dft au Saint" 
Sacrement et au salut des fidèles, de quelle manière 
on doit communier. Or, qu'on comQiunie d'aprôs 
l'ordonnance de l'Église, sous un^ ou sous dQnx 
espèces, dans les deux cas le Sacrement profite au 
salut de celui qui le reçoit dignement. Sous l'espèce 
du pain il n'y a pas seulement la chair, et sous 
celle du vin il n'y a pas seulement le sang, mais 
sous chaque espèce on reçoit le Christ tout entier. 
La coutume de communier sous une seule espèce a 
été établie par l'Église pour de bonnes raisons; 
il faut l'observer comme une loi, et il n'est permis 
à personne de la changer sans l'autorité de l'Église." 

Les erreurs des Hussites furent aussi solidei^entetréfatéespar 
réfutées parle dominicain Jean de TorquemadaJ^'t^tJ^t'" 
ou Turrecremata, iElneas Sylvius, depuis pape sous 



492 

le nom de Pie II, Thomas de Valden, de l'ordre 
des Carmes, le cardinal Nicolas de Cusa, Jean Ger- 
son, chancelier de Paris, et Gabriel Biel. 
Erreurs des Néanmoins, au X VI^ siècle, les Luthériens et les 
^^ *■ Calvinistes renouvelèrent les mêmes hérésies. Tous, 
même les Sacramentaires qui nient la présence 
réelle et ne voient dans l'Eucharistie qu'un signe, 
une figure du corps et du sang de Jésus-Christ, 
défendent la nécessité de communier sous les deux 
espèces, en vertu du précepte divin, qu'ils trouvent 
dans les paroles du Sauveur : Faites ceci en mémoire 
de moi, et dans ces autres : Buvez-en tous. Ils invo- 
quent en faveur de leur thèse l'institution de 
l'Eucharistie sous les deux symboles et l'exemple 
du Seigneur, distribuant la communion