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Full text of "Hbgirin : dictionnaire encyclopédique de bouddhisme d'après les sources chinoises et japonaises"

HANDBOUND 
AT THE 



UNIVERSITY OF 
TORONTO PRESS 



GK</d 



HÔBÔGIRIN 

DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DU BOUDDHISME 
D'APRÈS LES SOURCES CHINOISES ET JAPONAISES 



PREMIER FASCICULE: A— BOMBAI 



À LA MÉMOIRE DE 



EMILE SENART 



AVERTISSEMENT 



L'immense littérature du bouddhisme indien n'existe plus, pour la plus grande partie, dans sa 
rédaction originale, mais les collections canoniques de la Chine nous ont conservé plus d'un millier 
de ces textes traduits en langue chinoise. En outre, l'étude des doctrines, de la discipline monastique, 
du rituel, de l'iconographie, a donné naissance, en Chine et dans les pays adjacents, à toute une lit- 
térature d'exégèse qui prolonge la tradition de l'Inde. Les pèlerins et les missionnaires qui pendant 
de longs siècles n'ont cessé de circuler entre l'Extrême-Orient et l'Inde, en passant soit par l'Asie 
Centrale, soit par les Mers du Sud, nous ont laissé des informations de haute valeur pour l'histoire 
du monde bouddhique tout entier. Enfin c'est en Extrême-Orient que le bouddhisme du Grand 
Véhicule, éliminé de l'Inde dès le dixième siècle de notre ère, s'est perpétué jusqu'à nos jours, avec 
ses croyances, ses rites, ses arts savants ou populaires ; et les nombreux ouvrages qui en retracent les 
destinées en Chine, en Corée, au Japon, ou même dans l'Indochine annamite, intéressent au premier 
chef tous ceux qui cherchent à pénétrer la civilisation de ces divers pays. 

Les Sociétés Asiatiques réunies en Assemblés fédérales à Londres en içiç, à Paris en IÇ20, 
à Bruxelles en iÇ2i ont, par un vœu unanime et régulièrement renouvelé, invité les spécialistes de 
l'Extrême-Orient à préparer dans une des grandes langues internationales de la science un Diction- 
naire du Bouddhisme fondé sur les documents chinois et japonais. 

C'est pour répondre à cet appel que le Hôbôgirin a été entrepris. La libéralité de M. OTANI 
Sonyu X®&&, du Nishi-Honganji de Kyoto, et de M. WADA Kyûzaemon JfiJffl:X£JSjH> 
d'ôsaka, a assuré les fonds requis pour le recrutement d'une équipe de collaborateurs. La Maison 
Franco-Japonaise, créée à Tokyo en IÇ2Ô, a fourni le foyer nécessaire à la collaboration de 
l'Orient et de l'Occident. L'Académie Impériale du Japon a pris l'œuvre sous son haut patronage , 
et le regretté président de la Société Asiatique de France, Emile SENART, membre de 
l'Institut, qui dès l'abord s'y était intéressé tout particulièrement, avait accepté que son nom fût 
inscrit en tête du premier fascicule. 

Afin de concentrer l'effort initial sur la partie la plus neuve et la plus difficile de l'œuvre, il 
a paru opportun de s'en tenir tout d'abord aux termes techniques et aux noms propres d'ordre 
surnaturel. On a laissé de côté : (i) les noms de personnages d'ordre humain, historiques ou semi- 
historiques, et notamment des personnages que la tradition associe au Buddha Sâkyamuni ou qui 
appartiennent à l'histoire de l'Eglise : moines, princes, lettrés, etc.; (2) les noms de lieux ; (3) les 
titres d'ouvrages, tant canoniques que littéraires. Ces trois sections sont réservées pour une seconde 
partie qui pourra être entreprise ultérieurement. 

Comme l'indique son sous-titre, le Hôbôgirin est fondé, en principe, exclusivement sur les 
sources chinoises et japonaises. Les documents sanskrits, palis, tibétains, ainsi que les travaux des 
orientalistes européens, ne sont utilisés que sporadiquement et dans la mesure où ils peuvent 
éclairer les textes chinois et japonais. On s'est efforcé toutefois de restituer les correspondants sans- 
krits, palis et tibétains de tous les termes sino- japonais qui font l'objet d'articles spéciaux dans le 
Hôbôgirin. A chacun de ces termes est affectée une traduction française déterminée ; les mots français 
servant ainsi d'équivalents à des termes techniques du bouddhisme sont signalés au lecteur par 
l'emploi de Majuscules initiales. 



II 

Pour ce qui touche à V iconographie, les textes chinois et japonais, et en particulier les documents 
littéraires du tantrisme, ont été dépouillés aussi complètement que possible. Quant aux images elles- 
mêmes, il n'a été tenu compte que des matériaux japonais ; toutes les illustrations reproduisent des 
originaux conservés au Japon. 

Les auteurs du Hôbôgirin ont pris pour point de départ les principaux dictionnaires du boud- 
dhisme publiés au Japon. Le Bukkyô Daijiten de T. Oda (içiy), le Bukkyô Daijii préparé par les 
soins du Nishi-Honganji de Kyoto (1914-1922), le Dictionnaire du Tantrisme de K. Tomita 
{Himitsujirin, 191 1), le Dictionnaire des transcriptions sino-japonaises de termes sanskrits, de Ekô 
(Kikitsuekidoshû, IJ '16), V Index du Canon Bouddhique, de M. K. Kawakami (Daizôkyôsakuin, 
1927-1928), ont été dépouillés de façon méthodique, et l'on espère n'avoir omis aucun des renseigne- 
ments qu'ils fournissent, sauf toutefois en ce qui concerne les systèmes de scolastique développés par 
certaines sectes d'origine proprement chinoise ou japonaise, notamment par les sectes Kegon (Houa- 
yen), Tendai (T'ien-t'ai) et Shin. Ces systèmes peuvent en effet être considérés, dans l'ensemble du 
bouddhisme, comme des innovations locales ; les dictionnaires japonais, rédigés, pour une part du 
moins, à l'usage des fidèles de ces sectes, y consacrent une documentation détaillée qu'il n'a pas paru 
nécessaire de reproduire intégralement. On s'est contenté d'en indiquer les grandes lignes et les termes 
principaux, et seule la scolastique se rattachant directement à la tradition de l'Inde a été traitée 
à fond. 

Le Hôbôgirin n'est pas seulement une mise au point des travaux antérieurs ; on s'est imposé 
de remonter aux sources, de les contrôler, et de procéder, partout où il y avait lieu, à des recherches 
originales. D'autre part la présentation des matériaux, ainsi remaniés et complétés, a été modifiée 
à l'usage du lecteur occidental, dont le point de vue est souvent différent de celui du lecteur bouddhiste. 
Tout en laissant, autant qu'on l'a pu, directement la parole aux textes, qu'on les ait traduits ou 
analysés, on les a groupés, dans chaque article, suivant un plan déterminé ; un aperçu placé en 
tête des articles les plus importants résume brièvement les conclusions qui se dégagent des textes cités 
au cours de ces articles. On a cherché à éviter un morcellement excessif des matériaux, légitime dans 
un dictionnaire japonais qui doit servir de répertoire pour les détails à un public averti des ensembles, 
mais incommode pour des profanes auxquels les associations d'idées doctrinales et les thèmes 
traditionnels ne sont pas familiers . 

Par un retour constant aux Ecritures canoniques, base nécessaire de toute étude approfondie, 
et grâce à une collaboration harmonieuse de la science française et japonaise, les auteurs du 
Hôbôgirin se sont donc efforcés de réaliser une œuvre véritablement nouvelle, où la parole de la 
Bonne Loi et les interprétations des docteurs hindous, chinois et japonais de tous les âges, fussent 
mises à la portée de l'esprit occidental. 

Les caractères chinois sont transcrits selon leur lecture japonaise, qui a paru offrir sur 
la lecture chinoise l'avantage d'être garantie par une tradition stable, encore vivante de nos jours 
dans les écoles bouddhiques. La prononciation traditionnelle de ces écoles a été suivie fidèlement, 
même lorsqu'elle s'écarte des lectures sino-japonaises normales, soit en élidant les syllabes finales 
(-tsu,-chi) dans les termes composés de plusieurs mots, soit en introduisant des essais de restitution 
des originaux sanskrits (Daruma pour Datsuma), etc. ; ces lectures aberrantes sont marquées d'un 
signe spécial. Un index indiquera aux sinologues les prononciations japonaises de tous les caractères 



III 

importants. D'autre part, pour un certain nombre de noms propres déjà familiers au public occidental 
sous leur forme chinoise mandarine, celle-ci a été ajoutée entre parenthèses à la suite de la pronon- 
ciation japonaise : p. ex. Genjô {Hiuan-tsang), Gijô {Yi-tsing), etc. 

La transcription française des mots sino-japonais est conforme au système du Dictionnaire 
japonais-anglais de J. Inoue {Inouye's Comprehensive Japanese-English Dictionary, Tokyo, 
1920), le plus communément usité de nos jours. Toutefois il a semblé inutile d'emprunter à ce sys- 
tème jusqu'aux incohérences qu'il présente dans sa façon de rendre l'assimilation des finales, qu'il 
s'agisse soit de la nasale -n devant une labiale, soit des finales -tsu, -chi, -fu devant ch- ; on a donc 
transcrit d'une part emma pour en-ma, bombai pour bon-bai, et de l'autre shicchi {de shitsu-chï) au 
lieu de shitchi, icchu {de ichi-chu) au lieu de itchu, par analogie régulière avec busshô {de 
butsu-shô), ikken {de ichi-ken), etc. 

Le Hôbôgirin sera complété par une série d'index, comportant notamment : (j) une liste des 
termes techniques rendus en français dans le Dictionnaire, avec leurs équivalents sino-japonais et 
sanskrits-palis ; (2) inversement, une liste des termes techniques sanskrits-palis avec leurs équivalents 
sino-japonais et français ; {3) une liste détaillée des termes sino-japonais expliqués dans le Hôbôgirin, 
en caractères chinois rangés par nombre de traits puis dans l'ordre des clés, et accompagnés d'une 
double transcription, japonaise et mandarine ; {4) une liste des sigles bibliographiques utilisés pour 
désigner les ouvrages qui ne figurent pas dans le Taishô Issaikyô ; (5) une liste des abréviations et 
des signes conventionnels. Ces index paraîtront après l'achèvement du Dictionnaire. ' 

Afin de permettre au lecteur de s'orienter dans le Hôbôgirin sans attendre la publication de 
ces index définitifs, on a inséré dans le premier fascicule des listes provisoires : (j) des termes tech- 
niques traduits en français, avec leurs équivalents sino-japonais et sanskrits-palis ; (2) des sigles 
bibliographiques ; (3) des abréviations et des signes conventionnels. Des listes analogues seront in- 
sérées de même, s'il y a lieu, dans chacun des fascicules suivants. 

Le présent avertissement est lui-même provisoire ; une préface générale paraîtra avec le dernier 
fascicule. 

Un fascicule annexe, intitulé "Tables du Taishô Issaikyô", contiendra la liste complète des 
ouvrages compris dans la dernière édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le 
Taishô Issaikyô, avec les numéros d'ordre qui leur ont été attribués dans cette édition et qui sont 
régulièrement employés dans les références du Hôbôgirin ; on y trouvera de plus la concordance de 
ces numéros avec le classement suivi dans les éditions japonaises de Tokyo et de Kyoto et dans le 
catalogue de B. Nanjô {qui suit l'édition chinoise des Ming). Les titres y seront figurés en caractères 
chinois et en double transcription, japonaise et mandarine, et accompagnés de leurs correspondants 
sanskrits {ou palis) dans tous les cas où la correspondance est garantie, des noms des auteurs et 
traducteurs, etc. Ce fascicule, indispensable tant aux lecteurs du Hôbôgirin qu'à ceux du Taishô 
Issaikyô, sera de même format que le Hôbôgirin et que le Taishô Issaikyô lui-même. Il est actuel- 
lement sous presse et paraîtra immédiatement à la suite du premier fascicule du Hôbôgirin. 

Des remerciements tout particuliers sont dûs à M. Henri MASPERO, Professeur au Collège 
de France, actuellement en mission à la Maison Franco-Japonaise, qui depuis son arrivée à Tokyo 
a pris une part active à la correction des épreuves et à l'organisation définitive du travail ; à M, 



IV 

ONO Gemmyô /]\J£f'£ji&, Editeur en Chef du Taishô Issaikyô et auteur de nombreux ouvrages sur 
Vart et l'iconographie bouddhiques, qui a bien voulu mettre sa vaste érudition au service du Hô- 
bôgirin, notamment pour le choix des illustrations ; à M. MIAO Tchouan %%%&, Professeur à 
l'Université d'Amoy, qui a fourni un relevé complet des sens mystiques attribués dans les textes 
chinois à chacune des lettres du syllabaire sanskrit ; au Rév. TA Kl Dônin &fàLiÈ&, abbé du 
Gochiin jî^fên; au Hieizan près de Kyoto, dont le concours hautement compétent a été précieux 
pour la préparation de V article sur la psalmodie bouddhique, publié en partie dans le présent fasci- 
cule ; à MM. MASAKI Naohiko j&fciË,^, Directeur de V Ecole des Beaux- Arts de Tokyo, et 
KUME Keiichirô fk%fê.-~ 115, Professeur à la même Ecole, qui ont autorisé et facilité la reproduction 
de documents conservés à V Ecole des Beaux- Arts ; au Gokokuin ^13^ d'Ueno, à Tokyo, temple 
auquel appartient l'original d'une des planches en couleurs ; enfin à M. ITÔ Chôzô fflMfkM,, 
Directeur de la Grolier Society, à Kôbe, dont l'empressement et la bonne volonté ne se sont jamais 
démentis au cours du difficile travail de l'impression. 

Ont collaboré régulièrement au premier fascicule du Hôbôgirin : 

MM. WADA Tetsujô îftlfflfêtK, 

AKAMATSU Hidekage #tô^j;!;, 
HASUZAWA Jôjun gSW$, 
YAMADA Ryûjô UlQMtt, 
KUNO Hôryû ^U^H, 
NARITA Shôshin jaffllfê. 



HÔBÔGIRIN 




Fig. i. La lettre a 
(graphie attribuée à Kôbô Daishi). 



A [ÎPf = sk. 
a Q, la pre- 
mière des 12 
voyelles et 
des 50 lettres 
du *Shittan. 
Te m MM, 

Aperçu. — 

Les lettres, 
c'est-à-d ire 
les sons 
écrits, et les 
sons, c'est-à- 
dire les let- 
tres pronon- 
cées, ont servi d'aliment à toutes les mystiques. 
La mystique de l'Inde a cultivé avec passion ce 
genre d'exercice, en y appliquant les dons d'ob- 
servation et d'analyse phonétique qui caractérisent 
le génie grammatical de l'Inde. Le bouddhisme 
a recueilli cette tradition, l'a perpétuée, et l'a pro- 
pagée dans toute l'Asie Orientale. Entre tous les 
sons, l'a a un rang et un rôle privilégiés ; il ouvre 
l'alphabet (cf. Je suis l'Alpha et l'Oméga) en sk. 
comme dans nos langues ; il est l'articulation la plus 
élémentaire, formée au plus profond de la cavité 
buccale ; en outre, dans les écritures de l'Inde, il est 
inhérent à toutes les consonnes : k se lit ka, g se 
lit ga, etc. Il est le début, donc le principe de tous 
les sons ; le début, le principe s'exprime en sk. par 
le mot âdi, dont la première lettre est justement 
un a (long). Mais de plus, a est en sk. la particule 
négative (comme en grec : p. ex. atome, amorphe, 
aseptique, etc.) ; il symbolise donc aussi la néga- 
tion fondamentale, celle qui porte sur la Produc- 
tion des Essences, qui ne naissent pas par génération 
spontanée, mais résultent seulement du jeu des 
causes ; de manière générale, il symbolise toutes 
les négations qui limitent le fini par rapport à l'ab- 
solu (anitya "impermanent", etc.). A est la syllabe 
par excellence, et la syllabe se dit en sk. aksara 
" sans écoulement"; ce sera donc aussi le symbole 
du permanent. Combiné avec les articulations secon- 



daires qui modifient la voyelle (allongement, nasa- 
lisation, souffle sifflé), le système de l'a devient 
un microcosme où un jeu savant de correspon- 
dances retrouve l'évolution universelle, dans l'or- 
dre ascendant ou l'ordre descendant. Enfin la mys- 
tique voisine de près avec l'érotisme, et l'a doit se 
prêter à des interprétations d'ordre sexuel. Tous 
ces développements, qui ont été transportés à l'é- 
tranger par les missionnaires du bouddhisme, sont 
originaires de l'Inde même ; leurs équivalents s'y 
retrouvent aujourd'hui encore, à peine modifiés, 
dans les écoles du Tantrisme hindou, particulière- 
ment florissantes au Bengale et dans le Sud de 
l'Inde. Le bouddhisme tibétain a, lui aussi, accordé 
une large place à ce type de spéculations. — Ajigi 
PU^fi. Sens de la lettre a. — Classifications numéri- 
ques. — 3 Sens : Existence, Vide, Sans-Production ; 
Ttt. 1796 vu : (1) La lettre sk. a est le phonème 
originel ; ayant une origine, c'est une Essence 
d'Enchaînement-causal ; c'est pourquoi on lui 
donne le nom d'Existence. (2) La lettre a a le 
sens de Sans-Production, car, comme elle dépend 
de Facteurs, elle n'a pas de Nature-propre ; c'est 
pourquoi on l'appelle Vide. (3) Le Sans-Production 
est le Domaine de la Réalité unique ; c'est la Voie 
du Milieu. (Dans ce dernier Sens, "Sans-Produc- 
tion" s'interprète comme une abréviation de "Sans- 
Production et Sans-Barrage".) — 7 Sens : Esprit 
d'Eveil, Rubrique d'Essence, Non-dualité, Plan 
d'Essence, Essencité, Souveraineté, Corps d'Essence ; 
T. 997 ix. — 10 Sens, série dressée par Kakuban fg 
Il (1095-1143), Ajhs. — 65 Sens, T. 310 lxviii. — 
100 Sens, T. 997 11 : Les Essences ne sont pas 
futures, pas passées, pas Opérantes, pas stables, 
n'ont pas de Nature-propre originelle,pas de Racine, 
etc. — Sens dans les textes exote'riques . — Négation (sk. 
a, an), Sans-Production originel (sk. âdyanutpâda, 
ch. aji hompushô M^p$lsfi£i, cf. *Adaianokuhana), 
commencement (âdi), Impermanence (anitya), Trois 
Joyaux, etc. — T. 223 v La Rubrique de la lettre a, 
c'est le Sans-Production initial de toutes les Essences. 
Id. T. 220 lui, 221 iv, 222 vu. — Tt. 1509 xlviii 
Le Bs., en entendant dans tout langage la lettre a, 
se conforme aussitôt à son Sens, qui est que toutes 
les Essences ont dès le commencement le caractère 



de Sans-Production. En langue des Shin (Tsin) âdi 
signifie commencement, et anutpâda Sans-Produc- 
tion. — Tt. 1019 En entendant la lettre a, le Bs., 
par la force de ses Mérites, obtient d'entrer dans 
la Rubrique de la Perfection de Sapience du Domaine 
de rindiversifié, car il comprend le Sans-Produc- 
tion originel de toutes les Essences. Id. T. 279 
lxxvi, 293 xxxi. — T. 468 1, 469 Lorsqu'on prononce 
la lettre a, c'est le son de l' Impermanence. — T. 187 
iv En prononçant l'a, on produit le son de l'Im- 
permanence de tous les Opérants. — T. 397 x La 
lettre a est la Rubrique de toutes les Essences, car 
elle signifie la négation, et toutes les Essences sont 
impermanentes. — T. 376 v L'a bref a un Sens 
faste, à savoir le Sens de Trois Joyaux. — T. 375 
vin L'a bref a le Sens de Trois Joyaux, parce qu'il 
est indestructible, comme le Diamant ; puis le Sens 
de Tg., parce qu'il ne s'écoule pas, comme le 
Tg. qui ne coule pas par les neuf Orifices, n'ayant 
point les neuf Orifices, ou encore parce que ce 
qui ne coule pas est permanent, et que le Tg. est 
permanent, car il n'agit point ; puis le Sens de 
Mérites, car les Mérites, ce sont les Trois Joyaux. 
— Les auteurs ch. ont souvent recours à l'a, symbole 
à la fois du commencement et du Sans-Production, 
pour illustrer leurs doctrines. Ainsi Eshi tt & 
(Sjs.) établit une correspondance entre les 42 
lettres du syllabaire (*Shijûnijimon) et les 42 degrés 
de la carrière des Bs. (10 Résidences, 10 Con- 
duites, 10 Déflexions, 10 Terres, Eveil Egal et Eveil 
Merveilleux ; cf. *Gojûnii), et les auteurs de la 
secte Tendai, fondée par son disciple Chiki ^0, 
utilisent cette correspondance pour montrer que 
la Production de l'Esprit d'Eveil, qui marque le 
commencement de la carrière des Bs., est identique 
à l'Eveil Merveilleux qui en est l'aboutissement : 
de même que l'a est présent dans toutes les lettres 
et les contient toutes, en tant qu'il en est le prin- 
cipe, ainsi tous les degrés de la carrière sont con- 
tenus dans le premier, car "l'un est le tout et le 
tout est l'un". Ttt. 1716 v a : Dès la Production 
d'Esprit, le Bs. de la Doctrine Complète obtient le 
Caractère réel des Essences et possède toutes les 
Essences de B. ; c'est ce qu'on appelle la lettre a. 
Parvenu à la Terre de l'Eveil Merveilleux, il pénètre 
le fond de toutes les Essences ; c'est ce qu'on appelle 
la lettre dha [dernière des 42 lettres dans le classe- 
ment commençant par a-ra-pa-ca-na ; cf. *Ara- 
hashana, et *Shijûnijimon]. — Kichizô ^jigÊ, fonda- 
teur de la secte Sanron, illustre par l'a sa doctrine 
du Vide : Ttt. 1853 1 Les Essences sont dès l'origine 
Sans-Production, car elles ont pour origine la lettre 
a et se ramènent toutes à la lettre a, qui est une 
Rubrique Sans-Production. C'est pourquoi le sûtra 
dit : Les 42 lettres se ramènent toutes à l'a. — Sens 
dans les textes e'sotériquts . — T. 848 11 et VI et T. 
880 : La Rubrique de la lettre a, c'est le Sans- 



Production originel de toutes les Essences. — Ttt. 
1796 vil : La lettre a est l'origine de l'enseigne- 
ment de toutes les Essences. Dès qu'on ouvre la 
bouche, c'est le son a qui se produit ; sans le 
son a, aucun langage n'est possible ; c'est pourquoi 
on l'appelle la mère de tous les phonèmes. — Ib. 
xii : La lettre a est le Germe de toutes les 
lettres. — Ib. vu : Le Sens du Caractère réel de 
la Rubrique de la lettre a pénètre le Sens de toutes 
les Essences. Comment cela ? Toutes les Essences 
sont produites par des Facteurs. Tout ce qui est 
produit par un Facteur a un commencement, une 
origine ; mais si l'on Inspecte ce Facteur produc- 
teur, il est lui-même produit par des Facteurs ; 
et si l'on suit ces Facteurs dans leur Transforma- 
tion-par-action-réciproque, quelle en est l'origine ? 
En Inspectant cela, on connaît l'Extrémité du Sans- 
Production originel. Telle est l'origine de toutes 
les Essences. De même qu'entendre tous les mots 
c'est comme entendre le son a, ainsi voir la Produc- 
tion de toutes les Essences c'est en voir l'Extrémité 
qui est le Sans-Production originel. Voir cela, 
c'est connaître véritablement le cœur propre des 
Essences ; c'est la Sapience des Sapiences. — Sjms., 
Kkkd. : A se glose par toutes les formes de la né- 
gation. — A est le Germe de Vairocana dans le Plan 
de Matrice, et le Germe-commun de tous les per- 
sonnages des deux Plans (cf. Ttt. 1796 vu). Il a 
pour Idéal le Corps d'Essence d'Idéal de Vairocana, 
et la Connaissance par laquelle on le connaît est le 
Corps d'Essence de Connaissance de Vairocana ; 
le premier de ces Corps appartenant au Plan de 
Matrice et le second au Plan de Diamant, l'a implique 
la Non-dualité des deux Plans. — L'a est dit aussi 
"Germe de la Roue de lune" (aji gachirin shi ji 
Pf¥B%afÈ-f) ou "Germe de la lune de la Connais- 
sance", parce que dans l'Inspection des trois Eso- 
tériques (cf. *Sammitsu) on fait de l'a une Roue de 
lune, et que par l'Inspection de l'a on acquiert la 
Connaissance du Sans-Production originel de toutes 
les Essences. — Cf. aussi T. 310 xxv : "Quelle est la 
Rubrique d'Essence appelée Sceau de l'a (ajiin [fôj 
^EP) ? L'a est le Sceau qui marque que toutes 
les Essences sont créées par l'Inscience. Lorsque les 
Pratiques sont pleinement accomplies, c'est la lettre 
a qu'on atteint tout d'abord ; et l'Inscience est étein- 
te, car on sait qu' il n'y a rien de créé." — D'après 
la tradition orale, des interprétations erotiques de 
l'a ont eu cours dans les deux écoles es. du Japon, 
Tômitsu J$$$ et Taimitsu £?$£ ; cf. Tdjs. 21b. Dans 
la première (branche dite de Tachikawa jJJMÔfE), on 
le faisait correspondre aux deux principes sexuels, in 
PIS et y° le!- Dans la seconde on se figurait l'a comme 
l'état du Substantiel où le Formel et l'Esprit se 
confondent, au "point unique" de l'acte sexuel, et 
l'on identifiait la "respiration" des organes pendant 
l'acte au souffle de l'Eveil originel sans commence- 



ment.— Ajikan W r -£Wl, Inspection de la lettre a 
(et autres pratiques tantriques se rattachant à l'a). 
— L'Inspection de l'a est la pratique fondamentale 
du tantrisme. Elle a été enseignée par la plupart 
des maîtres du tantrisme ch. et jap., à commencer par 
Zemmui ifMJâ (Subhakarasirhha), auquel se rat- 
tache la section du Plan de Matrice (dans ses ou- 
vrages Ttt. 1796 et Ttt. 917). — Tt. 1665 : Un lotus 
blanc à huit pétales, dans un espace d'une coudée, 
sur lequel apparaît éclatante une lettre a de couleur 
claire. Introduire les deux pouces sous les huit 
autres doigts croisés, et faire pénétrer en soi la Sa- 
pience apaisée du Tg. — Ttt. 1796 x : La lettre a, étant 
la première, est l'Esprit d'Eveil. Si l'on pratique 
l'Application en Inspectant cette lettre, on s'identi- 
fie au Substantiel du Corps d'Essence de Vairo- 
cana. En Inspectant la Roue de cette lettre, pareille 
à la roue éclatante d'une queue de paon, le prati- 
quant s'y installe et s'installe ainsi dans l'Essence 
de B. — Ib. IV : On Inspecte son propre Esprit et 
on l'identifie au lotus à huit pétales. Le Maître 
dit : Le Cœur (sk. hrdaya) est pareil à une fleur 
de lotus non épanouie ; ses muscles octuples sont 
contractés en une masse compacte, dirigée vers le 
haut chez l'homme, vers le bas chez la femme. Lors- 
qu'on commence à Inspecter ce lotus, il s'épanouit 
et devient une base [un socle] de lotus blanc à huit 
pétales. On Inspecte sur cette plateforme la lettre 
a ayant les [cinq] couleurs du Diamant. Puis on 
place dans sa tête le Roi des Cent Lumières 
Universelles [autrement dit Vairocana], et on l'Ins- 
pecte avec l'œil sans souillure. — Ttt. 917 : Pour 
entrer dans l'Inspection, le débutant doit interrompre 
tous les Facteurs et cesser toute occupation. Qu'il 
s'assoie seul en un lieu tranquille, en croisant les 
jambes à moitié, puis tienne ses mains fermement 
en position de Sceau ... La tête droite et le regard 
horizontal, qu'il n'ouvre pas trop les yeux ni ne 
les ferme trop ; car en les ouvrant trop il risquerait 
d'être distrait, et en les fermant trop de tomber 
dans la torpeur.. . — Les détails de la méthode d'Ins- 
pection varient suivant les écoles et les maîtres. 
Dans la section du Plan de Diamant, on dessine 
la lettre a (dorée), au-dessus d'un lotus blanc à 
huit pétales, à l'intérieur d'une Roue de pleine 
lune (cercle clair sur fond foncé) ayant une coudée 
de diamètre (1 pied 6 pouces). Dans la section du 
Plan de Matrice, la Roue contenant l'a est placée 
sur le lotus. On suspend cette image au mur et l'on 
s'assied en face d'elle à une distance de 4 pieds, 
les jambes croisées soit à moitié (hankaza ^fcîj}!]; 5 !*), 
soit complètement (zenkaza jtffl!l*!!É.) ■ On accomplit 
un rite de protection du corps (*goshimbô), on 
récite diverses Formules, on forme un ou plusieurs 
Sceaux, puis on entre dans l'Inspection. Celle-ci 
se divise en trois parties : (1) Inspection du son : 
on prononce l'a à chaque expiration et inspiration 




Fig. 2. Inspection de la lettre a. 

(d'après Ttt. 1796 xi et Enos. xxxix, on Inspecte 
dans l'inspiration la Non-Production et dans 
l'expiration le Non-Barrage). (2) Inspection de la 
lettre, c'est-à-dire, dans l'ordre de la section du 
Plan de Matrice : (a) Inspection du lotus, Forme de 
Convention correspondant au Cœur (hrdaya) du 
pratiquant et à l'Idéal du Plan de Matrice ; (b) 
Inspection de la Roue de lune, Forme de Convention 
correspondant à l'Esprit (citta) du pratiquant et 
au Corps d'Essence de Connaissance du Plan de 
Diamant ; (c) Inspection de la lettre a, Germe 
de Vairocana en qui Idéal et Connaissance ne 
sont point différenciés. Dans l'école du Plan de 
Diamant, l'ordre est : Roue, lotus, lettre a. (3) 
Inspection du Caractère réel, c'est-à-dire du Sans- 
Production originel. — Les débutants restent devant 
l'image jour et nuit, matin et soir, jusqu'à ce qu'elle 
soit présente à leur esprit sans cesse, soit qu'ils 
ouvrent soit qu'ils ferment les yeux. Peu à peu elle 
leur apparaît de plus en plus grande, éclatante, 
immense ; la lune de lotus de l'a du Plan d'Essence 
de tout l'Espace s'identifie à la lune de lotus de l'a 
dans leur propre poitrine. C'est ce qu'on appelle 
l'état d'Application de l'a (ajiyuga W^rlftM) ou 
d'Atteinte de l'a (ajishicchi pH^^ÉÈ). Les prati- 
quants experts n'ont pas besoin d'image ; ils Ins- 
pectent l'a dans leur poitrine. — La méthode ci-des- 
sus décrite est dite Inspection abrégée (ryakkan B§ 
fg). On peut également Inspecter l'a en tout temps 
et en tout lieu, soit qu'on marche ou qu'on se tienne 
debout, assis, couché, etc.. . .; c'est ce qui s'appelle 
Inspection développée (kôkan |Sff@). — L'a comme 
Formule. — L'a est dit "Formule unilittère de Vai- 
rocana" Ttt. 1796 vu : prononcer l'a, c'est pro- 
noncer la plus simple Formule de Vairocana.— 



Il est dit également "Roi des Formules", parce 
qu'il peut remplacer toutes les Formules. — L'a est 
le Cœur de toutes les Formules ; quand il s'étale 
dans le Cœur du pratiquant (ajifushin PnJtfvftpC,»), 
on dit que le Cœur devient le Cœur, ou en abrégé 
le Cœur du Cœur. — Quatre utilités de l'a (Ajigu- 
shiyû pï'^^Hffl), Ttt. 1796 vu : Dans les Formules 
de Tg., chaque mot, chaque nom, chaque Caractère 
établi réalisent pleinement l'avantage du Sens affé- 
rent. D'après la Formule de Convention : (1) L'a, 
qui est le premier de tous les sons, ayant le Sens 
de Sans-Production, a l'avantage d'apaiser les fléaux. 

(2) Du fait de ce Sens, il possède au complet tous les 
mérites sans lacune ; il a donc l'avantage d'accroître 
positivement. (3) Pour la même raison, il détruit 
d'innombrables péchés ; il a donc l'avantage de 
maîtriser. (4) Comme il n'y a pas une seule Essence 
qui soit en dehors du Sans-Production, il a l'avantage 
de totaliser. — Sept phrases sur les mérites de la 
Rubrique de l'a (Ajimon kudoku shichiku fSj'-j'-'P'J 
Xhiê-kbl) : T. 848 m Dans la Rubrique des For- 
mules, pour ce qui concerne les Pratiques des Bs., 
si un Bs. désire (1) voir un B., (2) lui faire offrande, 

(3) attester la Production de l'Esprit d'Eveil, (4) 
prendre part aux assemblées de Bs., (5) être utile 
aux Etres, (6) rechercher l'Atteinte, (7) rechercher 
l'Omniscience, il doit s'exercer avec zèle à cette 
lettre a qui est le Cœur de tous les B. — Enos. établit 
une correspondance entre ces sept phrases et les 
mérites des cinq Révolutions (cf. inf. Ajigoten), 
comme suit : i re phrase, Production d'Esprit ; 2 e , 
Pratique ; 3 e , Attestation d'Eveil ; 4 e , Attestation 
interne du Nirvana ; 5 e , Utilisation externe du 



Nirvana ; 6 e , Moyen du Corps ; 7 e , Moyen de 
l'Esprit. — Ajigoten W^fiM-, Cinq Révolutions de 
la lettre a [pour ce qui suit on a suivi principale- 
ment Bdji. 27-29]. — On appelle "a à cinq points" 
(Goten no aji K^OM^) l a lettre a pourvue des 
signes de la longue, de l'anusvâra et du visarga 
(ârhh $§)', toutefois d'après Ttt. 1796 xiv (722 c) le 
"cinquième point" est âh, et non le groupe artificiel 
ârhh qui est imprononçable. — T. 848 m Un seul son 
se répand dans les quatre lieux et pénètre tous les 
Plans d'Essence, omniprésent comme l'Espace ; la 
Formule dit : a, â, am, ah. — Ttt. 1796 xi La lettre a 
produit trois lettres ; soit au total quatre lettres. Ces 
quatre n'en forment qu'une qui est omniprésente. — 
Ces cinq Révolutions de l'a sont mises en corres- 
pondance avec les degrés de l'ascension de l'Esprit 
d'Eveil, à partir de la cause jusqu'à l'effet : au i cr 
des cinq Points, a, correspond la Production d'Esprit ; 
au 2 e , â, la Pratique ; au 3 e , am, l'Eveil ; au 4 e , ah, le 
Nirvana ; au 5 e , ârhh (ou âh), l'Aboutissement du 
Moyen. Cf. Ttt. 1796 1 : (1) L'Esprit produit l'Eveil, 
(2) se munit de toutes les Pratiques, (3) voit le 
Correct Eveil Complet, (4) atteste le grand Nirvana, 
(5) produit le Moyen. C'est ainsi que l'Esprit orne 
et purifie le Terrain de B. ; de la cause à l'effet, on 
ne s'attache qu'à l'Esprit. — D'autre part, on fait 
correspondre ces cinq Révolutions de l'Esprit aux 
"trois phrases" de T. 848 1 (cf. *Sanku), comme 
suit: Production d 'Esprit = Cause; Pratique = Racine; 
Eveil, Nirvana et Moyen = Aboutissement. — Enfin 
l'on trouve chez Amoghavajra et chez Subhakara- 
simha les systèmes de correspondances suivants 
[Bdji. 27-29] : 



Système d'Amoghavajra. 


Points 


Révolutions 


Orients 


Bouddhas 


Eléments 

(liste 
indienne] 


Eléments 
. (liste 
chinoise) 


Organes 

(liste 
indienne) 


Viscères 

(liste 
indienne) 


Saisons 


Couleurs 


Formes 


Notations 


a 


Cause (Produc- 
tion d'Esprit) 


Centre 


Vairocana 


Terre 


Terre 


Corps 


Rate 


Canicule 


Jaune 






â 


Pratique 


Est 


Aksobhya 


Vide 


Bois 


Oeil 


Foie 


Printemps 


Bleu 






ath 


Attestation 
d'Eveil 


Sud 


Ratnasam- 
bhava 


Feu 


Feu 


Oreille 


Cœur 


Eté 


Rouge 






ab 


Entrée (dans 
le Nirvana) 


Ouest 


Amitâyus 


Vent 


Métal 


Nez 


Poumons 


Automne 


Noir 






ârhb 


Moyen 


Nord 


Amogha- 
siddhi 


Eau 


Eau 


Langue 


Reins 


Hiver 


Blanc 






Système de Subhakarasimha. 


a 


Cause 


Est 


Aksobhya 


Terre 












Carré 


Tréfonds 


â 


Pratique 


Sud 


Ratnasam- 
bhava 


Feu 












Triangle 


Mental 
Passionné 


am 


Attestation 


Ouest 


Amkla 


Eau 












Cercle 


Mental 


ab 


Entrée 


Nord 


Amogha- 
siddhi 


Vent 












Demi- 
cercle 


Cinq 
premières 

Notations 


âmb 


Moyen (Sub- 
stantiel des 
Plans d'Essence) 


Centre 


Vairocana 


Vide 












Sphère 


Immaculée 



ABANRANKANKEN 



Le système d'Amoghavajra fait partir les Révolu- 
tions du centre du Cercle, occupé par Vairocana qu'il 
établit ainsi comme principe de la Production d'Es- 
prit, cause de toutes les Révolutions. Il se base donc 
sur la doctrine de "l'Immanence immédiate de la 
Vérité" [dans les Etres] (sokujinishin 6Pfl*ÏÏDJ)t)> de 
"l'Eveil originel" (hongaku if.ft> cf. *Kaku $8), ^ es 
Révolutions étant considérées dans le sens descen- 
dant (hongakugeten >js:^Tff)> de B. à Profanes. 
Le symbolisme des correspondances est expliqué 
comme suit [Bdji. 27-29] : Le B. central, Vairocana, 
correspond à l'élément Terre, parce que le Vajrasat- 
tva immanent dans tous les Etres (et dont procède 
la Production d'Esprit) est la Nature Substantielle 
qui produit les B., de même que la terre est la 
base qui soutient et maintient le Substantiel propre 
de tous les Etres. (2) Aksobhya correspond à la Pra- 
tique, parce que chaque Pratique de Cercle (mandala) 
est l'Absolu, toutes les Pratiques étant fournies 
dans une seule Pratique et cette immanence de 
l'Absolu étant signifiée par le nom d 'Aksobhya 
"l'Immobile." Aksobhya correspond au Vide 
parce que, comme l'espace, il contient tous les Etres. 
On l'appelle aussi [c'est-à-dire qu'on l'identifie 
au B. du Plan de Matrice nommé] Hampe de Joyau 
(Hôdô ^Ifm., sk. Ratnaketu), parce que toutes les 
Pratiques sont fermement plantées dans l'Absolu, 
comme des hampes. (3) Ratnasambhava, qui re- 
présente l'Attestation d'Eveil, correspond au Feu, 
parce que la Connaissance de la Nature Egale et 
Absolue des Essences brûle, comme le feu, l'erreur 
de la différenciation des choses et de l'Esprit. On 
l'appelle aussi Roi de la Fleur épanouie (Kaifukeô 
f/f)!$(3{Ê:E> sk. Samkusumitapusparâja), l'Eveil étant 
comparé à une fleur épanouie. (4) La correspondance 
d'Amitâyus à l'Entrée dans le Nirvana et au Vent 
s'explique par allusion à sa voix enseignant l'Es- 
sence, qui, pareille au vent, renverse les Passions et 
produit l'Atteinte de l'Eveil. (5) Amoghasiddhi cor- 
respond à l'accomplissement du Moyen et à l'Eau, 
parce qu'il préside à la section des Actes (sk. Karma, 
cf. *Gobu Soft) du Plan de Diamant, et que la Con- 
naissance productrice d'Actes (cf. *Chi ^g 1 ), ou 
Plénitude de la Connaissance du Moyen, est pareille 
à l'eau qui épouse la forme, carrée ou ronde, du 
récipient. Son nom, "Atteinte du Non-Vide", im- 
plique que la Connaissance du Moyen, permettant 
d'enseigner l'Essence pour le bénéfice des Etres, n'est 
point vide ou vaine. On l'appelle aussi Son de Ton- 
nerre du Tambour céleste (Tenkuraion Xl&ff^» s ^» 
Divyadundubhimeghanirghosa) [sur les cinq B. des 
deux Plans, cf. *Butsu]. — Dans le système de Subha- 
karasimha, les Révolutions partent d'Aksobhya à l'Est 
pour remonter au Vairocana central, qui représente 
non la Production initiale mais le Moyen final. 
Contrairement à celui d'Amoghavajra, ce système 
s'inspire donc de la doctrine de "l'Eveil initial pro- 



duit par la Pratique" (shikaku jfëfj, cf. *Kaku $£), les 
Révolutions étant considérées dans le sens ascendant, 
de Profanes à B. Le symbolisme des correspondances 
diffère aussi de celui d'Amoghavajra : (1) la Terre 
correspond à l'Est qui est l'orientation du Printemps, 
parce que cette saison est la première, comme la 
Révolution de Production d'Esprit ; (2) le Feu, à 
la Pratique, parce que toutes les Pratiques innom- 
brables doivent être claires et distinctes comme le 
feu ; (3) l'Eau à l'Attestation, parce que grâce à celle- 
ci l'Esprit devient pur comme l'eau ; (4) le Vent 
à l'Entrée, parce qu'il est destructeur et extincteur 
comme le Nirvana ; (5) le Vide, au Centre, à l'ac- 
complissement du Moyen, parce que le centre 
participe des quatre orients sans tomber d'un côté 
unique — comme le Moyen. — Ajitaidai |ÎRl c f : f§^;, 
la lettre a comme Elément de Substantiel de toutes 
les Essences, doctrine de l'école Taimitsu, opposée 
à la doctrine de l'école Tômitsu dite Rokudaitai- 
dai 7\^Ciê^C, les six Eléments comme Elément de 
Substantiel de toutes les Essences ; cette dernière 
doctrine, élaborée par Kôbô Daishi, ne paraît pas 
s'accorder avec les données des textes canoniques 
du tantrisme ch. Cf. *Dai ;£. — Ajinaigeshô |foj 
-?l*3^fl!£, son interne et externe de l'a, le second 
étant une manifestation du premier. Ttt. 1796 xvn : 
A est interne et externe ; même s'il n'y a pas de son 
externe, on ne peut être sans le son interne de l'a. 
Ce son interne est appelé l'a dans la gorge. 

A psj = sk. â J£, une des 12 voyelles et des 50 let- 
tres du *Shittan ; second des "cinq Points de l'a", 
(cf. *A, Ajigoten), appelé "a long," chôa J||$pJ. — 
Interprétations : T. 880 L'a est l'apaisement de 
toutes les Essences (sk. âranya, d'après Meikaku fjQ 
<f|i, savant jap. du XI e siècle, cité Bdji. 2). — T. 468 
1, 469 En prononçant l'a, on expulse le Soi (sk. 
âtman). — T. 187 iv En prononçant l'a, on est utile 
à soi et aux autres (sk. âtmaparahita ?). — Ttt. 1796 x 
L'a est le second phonème ; il a le Sens de Vide, 
parce qu'il est Sans-Production comme le Vide (sk. 
âkâsa ?). — T. 376 v, 375 vin (Mahâparinirvânasûtra) 
donnent les interprétations suivantes : Saint (shôja 
§ï:ff, sk. ârya), Maître (ajari PBjfU3&, sk. âcârya), 
Conduite réglée (seido ftjj)i$[, sk. âcâra), d'après un 
Saint (eshônin -fôlEÀ» sk. ârya-âsraya ?), enseigne- 
ment (kyôkai $fc|f§). — Ttt. 1796 x La seconde lettre, 
qui est longue, c'est la Concentration de Diamant. 

ABAN (JBf^=sk. avarh. Une des principales 
Formules mystiques, qui contient le Germe de 
Vairocana dans le Plan de Matrice (a) et dans le 
Plan de Diamant (vam) Hizk. — Cf. *Ban tff. 

ABANRANKANKEN ffl&3Etë& = ak. avam- 
rarhhamkham. Formule employée par toutes les 
branches de la secte Shingon dans les occasions les 



ABANRANKANKEN 



ABIDATSUMA 



plus solennelles. C'est une des trois Formules de 
Vairocana sous son aspect de Corps d'Essence. 
Elle contient les Germes propres des cinq Eléments 
(cf. *Abarakakya) qui forment le Substantiel de 
Vairocana. Elle se rencontre dans Tt. 906, Tt. 853 
I, etc. Suivant Tt. 906 il y a trois classes d'Atteintes 
mystiques, et cette formule en est la plus élevée; 
les deux autres sont *Abiraunken = sk. avirahûm- 
kham et *Arahashana = sk. arapacana. 

ABARAKAKYA pf WmM l£=sk. avarahakha. 
Formule qui réunit les Germes propres des cinq 
Eléments : a= terre, va = eau, ra=feu, ha = vent, 
kha = espace Ttt. 1796 I. La tradition jap. en fait 
une des Formules de Vairocana Hmjr. 23. 

ABATSUDOROSHAKUNA |&JM^fô#tf = sk.? 
— Tt. 1505 1 td. fuyôgo^JJIg "mots indésirables"; 
ce terme est appliqué aux "paroles inopportunes, 
sans vérité, dépourvues de sens". (Peut-être sk. 
aprayojana ?) 

ABATSUMARA pl%kBB> ou ahamara MWB 
H (T. 410 1 ; cf. Ttt. 2128 xix qui corrige en Aba- 
samara psj#£^ [corr. pour ba 3g£] J|S$g et td. "démon 
cruel"), abamara H^!ISI$É> T. 374Xi = sk. apasmâra, 
p. apamâra ; tib. brjed byed "faire oublier". Td. samô 
fàfë, "faire oublier" Mvy. 4762 (démon), et koiiun 
#j|t: "coup de sang, vertige" Mvy. 9508 (maladie). 
Ttt. 2128 xxvi l'interprète par mukeman M^fê^iL 
"sans guirlande de fleurs" qui suppose une forme 
erronée apamâla (cf. p. apamâra), mais le traduit par 
"fou, folie". Le sens réel du mot est "épilepsie" ; 
apasmâra est à la fois la maladie et le démon qui la 
cause. Cf. T. 262 vu ; cm. Ttt. 1718 donne à ce 
démon la couleur bleue ; un autre cm. Ttt. 1721 xn 
lui attribue l'apparence d'une ombre (cf. Mvy. 4763 
châyâ "ombre" à la suite d'apasmâra) et mentionne 
aussi une td. mugai $$0. "sans cuirasse" née 
sans doute d'une te. invertie abatsurama, rétablie 
en sk. avarma ; mais il traduit lui-même le nom 
par tenkinki $$.$jfa "démon qui tord les tendons". 
Le Lankâvatârasûtra (éd. Nanjô 262) nomme aussi 
la femelle : Apasmârî. 



ABATTARA TO£H = sk. avatâra. Ttt. 1789 1 
td. mujô ^teÈ_h "sans supérieur" et nyû A "entrer" : 
confusion évidente de sk. anuttara et avatâra. 

ABAYÔKARA m^^MB = ^- Abhayamkara. 
Td. rifui ^J$g "sans peur". Nom d'un Tg. ; T. 
1312 II préside, avec d'autres Tg., à la distribu- 
tion de nourriture en faveur des Trépassés, rite 
fondé sur ce texte même ; dans ce rite il siège au 
Nord où il occupe la place de Sâkyamuni. 

ABI PSJ^L, abishi pei^g =sk. p. Avîci ; tib. mnar 



med. — Td. muken ^ffaj "sans intervalle", i.e. sans 
intermission. — L'enfer type, situé au plus profond 
du monde infernal. Tt. 1558 XI ( = K. Lav. ni, 148) 
donne deux explications du nom : (1) Il n'y a pas 
dans cet enfer intermission (vîci) de la souffrance, 
qui s'interrompt dans les autres enfers ; (2) il ne s'y 
trouve pas d'état agréable (vîci), alors que dans 
les autres enfers on admet des sensations agréables 
de Coulée. — Pour la géographie de l'Avîci, cf. 
Saddharmasmrtyupasthânasûtra cité ap. Siksâsamuc- 
caya 70. — La véritable étymologie du nom semble 
être avîcî (sous-entendu dis "la région vers en bas", 
avec l'idée de la tête en avant, latin praeceps), fé- 
minin de l'adjectif avânc "dirigé vers en bas", formé 
sur l'analogie de pratîcî "région vers l'Ouest", masc. 
pratyanc, de udîcî "région d'en haut", i.e. du 
Nord, masc. udanc ; — la forme grammaticale est 
avâcî. Quant aux sens assignés à vîci par les inter- 
prètes bouddhistes, "état agréable" et "intermission", 
ils ne sont constatés jusqu'ici que dans les lexiques 
(respect, sukha et avakâsa). — Cf *Abô et *Jigoku. 



ABIBACCHI |BIfëi$ifc Ttt. 2128 xv, ou pi 
Jfc Tt. 1509 xxvn, LXXin = sk. avivarti (?) "Sans- 
Régression". Autre te. ayuiocchi P6jf|£j(SSt T. 310 
exil, Tt. 1521 IV. — Td. *Futai ^iH, q. v. 

ABIDATSUMA (JpJM (ou ~#) mB (anc. éc. 
abidon [5pJ^#, abr. bidon Jg^|, cf. Ttt. 1851 1) 
= sk. abhidharma, p. abhidhamma ; tib. cos 
mnon pa "loi manifestée." — Td. anc. éc. : shôhô 
Wf&i "loi suprême," daihô ;£££ "grande loi" (Ttt. 
2145 x, Tt. 1507), muhihô ^HÊltifë "loi incompa- 
rable" (Tt. 1507, Ttt. 1851 I qui interprète : a néga- 
tion +bhi "comparer" + dharma "loi") ; nouv. éc. : 
taihô !$•££ "loi en face". — 7 interprétations Ttt. 1733 
I : (1) taihô H^féc "loi en face" (gloses taikô §^[ê] 
"dirigeant vers le Nirvana," taikan MWl " en f ace du 
N. par Inspection"), (2) sûhô jgfcfé; "loi par énumé- 
rations", (3) bukuhô -{£££ "loi de subjugation", 
(4) tsûhô îîlfé? "loi de pénétration" (par approfondis- 
sement), (5) muhihô Mïfc&i " loi incomparable", 
(6) daihô %fè "grande loi", (7) shakuhô fffë "loi 
explicative". Références scripturales pour chacun 
de ces sens. — 4 interprétations Ttt. 2122 11 = supra 
(i)-(4). — 36 interprétations dans cm. au Kosa de 
Jintai jjiij^ Krs. I ; cf. aussi cm. sk. de Yasomitra, 
p. 12. — Définition Tt. 1558 1 ( = K. Lav. 1, 3-4): 
L'Abhidharma, c'est la Sapience immaculée, avec 
son escorte. . .et c'est encore toute Sapience, et 
tout traité qui mène à la Sapience immaculée. — 
L'enseignement du B. s'établit à trois points de 
vue : Défenses [moralité] (adhisîlam), Esprit (adhi- 
cittam) et Sapience (adhiprajnam) ; ce dernier est 
le plus élevé, c'est celui où se place l 'Abhidharma. 
— Le corps de doctrines compris sous ce nom et les 
problèmes qui se posent à son sujet seront traités 



ABIDATSUMA 



ABÔ 



dans une partie ultérieure du dictionnaire, à propos 
des livres qui l'exposent et qui sont désignés sous 
le même nom. 

ABIMOKUTEI POÉSIE, te. d'un mot sk. hy- 
pothétique qui serait abhimukti, et qui est td. par 
shinge <f=f#£ "conviction" Ttt. 1796 III. Il n'est 
pas douteux qu'il s'agit d'une lecture fautive du sk. 
adhimukti. 

JABIMOKYA ou abimokukya p^it (ou ~g) 
ÈH£> te. du sk. abhimukha (°î) "Droit-en-face", 6 e 
des 10 Terres de Bs. — Td. genzen %]&%] "actuelle". 
—Cf. *Ji "Terre".— Nom d'un Sceau T. 848 iv. 

ABIRAUNKEN WfemWA Tt. 861, ou M^m 

&'x t. 848 m, Ttt. 1796 xi, mmm-m t. 1273, 

H^H^X Hizk. = sk. avirahûrhkham. Une des 
grandes Formules de la secte Shingon. Proprement 
c'est une des Formules de Vairocana dans le Plan 
de Matrice, mais on l'emploie aussi comme Charme 
de tous les B. Dans T. 848 III Vairocana enseigne 
cette Formule en vue de subjuguer les quatre Mâra 
et de sortir des six Destinations ; mais la première 
syllabe dans ce texte est âh au lieu de a : c'est d'après 
la tradition de Kôbô Daishi que la substitution d'un 
a initial a été admise au Japon. Ttt. 1796 ad loc. 
donne l'interprétation de chacune de ces syllabes. 
D'autre part Ssjg. de Kôbô Daishi les met en rapport 
avec les cinq Eléments, les cinq Sapiences et les 
cinq B. — Cf. *Abanrankanken, *Arahashana. 

ABISAMBUTSUDA |5BJj£HWÊ, ou abr. abi- 
sambutsu psjJUrî'felii Tt. 1509 xxxvm, ou ayuisam- 
butsu HfjÉH'flî T. 221 =sk. abhisambuddha ; tib. 
mnon par rjogs par sans rgyas. Gog. m td. gentô- 
gaku ï^^^ "qui a l'Eveil actuel et Egal" et observe 
que ce terme a pour synonyme celui de jôshibutsu 
J&3z$l» "B. accompli et parfait" employé dans 
T. 226.— Cf. *Bodai. 

abisha pmm (ou mmwî, m%&, mua. 

HiÊï^) = s k. âvesa. Td. hennyû j||A "entrée". — 
C'est l'entrée d'un dieu ou d'un démon dans un 
médium, autrement dit la possession. Plusieurs 
textes es. décrivent en détail ce phénomène, notam- 
ment T. 1277 spécialement consacré à l 'âvesa : 
"Méthode d'âvesa enseignée par le dieu Mahes- 
vara et de prompte efficacité." Mahesvara s'adresse 
à Nârâyana : "Si l'on veut connaître les choses de 
l'avenir, il faut choisir quatre ou cinq garçonnets 
(dônan jgj$, sk. batu) ou fillettes (dônyo jl^G sk. 
kumârî) âgés de sept à huit ans, sans cicatrice ni 
marque au visage, ayant l'oreille fine et l'intelli- 
gence éveillée. On les soumet à une diète frugale 
pendant trois jours au moins ou une semaine ; puis, 
quand un jour propice a été choisi pour la céré- 



monie, Pusya, Abhijit etc., on les baigne, on les 
enduit d'encens, on leur passe des vêtements purs, 
on leur met du camphre dans la bouche. Devant le 
récitant chargé des Formules, assis face à l'Est, 
on place l'enfant debout sur un petit autel de santal 
blanc enduit d'encens, d'une coudée environ, et 
on répand des fleurs. Le récitant brûle de l'encens 
de Parthie dans un chaudron à eau lustrale, il pro- 
nonce la Formule du grand Sceau en accomplis- 
sant sept fois la Bénédiction. On fait monter la 
vapeur d'encens vers les mains de la fillette, qui 
s'en couvre le visage, pendant que le récitant accom- 
plit encore sept fois la Bénédiction avec des fleurs 
rouges ... Bientôt l'enfant se met à trembler; 
c'est la marque de la possession. Il faut alors se hâter 
de l'interroger sur les bonheurs ou les malheurs 
futurs" — et aussi du passé et du présent, d'après 
les autres textes : T. 867 11, Tt. 1199, Tt. 1202, Tt. 
895 11 (qui appelle cette cérémonie hashina &fcf£$$ 
= sk. prasna "interrogation" ?). Ttt. 2061 1 rapporte 
que Vajrabodhi, au palais impérial de Chine, "lia 
par ses Charmes deux fillettes de sept ans qui se 
trouvèrent possédées par des princesses défuntes." 
Des pratiques analogues sont encore très répandues 
en Chine et en Annam ; les médiums, quel que soit 
leur âge, continuent à être désignés comme "le 
garçonnet" et "la fillette". Au Japon, les médiums 
sont appelés yorimashi ffjA», ou miko 7JÂ~£c, ou 
kuchiyose P^. 

ABISHARA psil&îiH = sk. abhicara (ou °câra). 
Td. shitsugyô $|ff "rapide". T. 721 xvi : C'est la 
quinzième des trente-six classes de Trépassés qui 
habitent le monde des Trépassés (l'autre catégorie 
habite le monde des hommes). Cf. *Gaki. 

ABISHAROKA PBlM)lPt}$9 T. 893, Tt. 1056 et 
1216, ou psjJëfàlM T. 952, ^jgffiPi^ T. 951, 
abisharaka W&MWiM T. 849, abisara pmkM 
Tt. ii94 = sk. abhicaruka (ou °câruka) ; tib. drag 
chul spyod "pratique terrible". Td. gôbuku P£tJc, 
jôbuku |§t^ "dompter". — Exorcisme. — Nom d'une 
classe d'exorcismes et de libations destinés à sub- 
juguer les Etres. — Cf. *Goma. 

ABISHIDO |5iJMH^=sk. abhijit; Mvy. 3207 tib. 
byi bzin, ch. nyo iç. Nom d'une mansion lunaire. 
T. 1300 11 Quand on naît au temps où la lune quitte 
la mansion nyo, on a beaucoup d'honneurs. La 
te. n'est donnée que par Sgsk. 11. — Cf. *Shuku. 

ABÔ pjjfg, ou |5pJ$7, fflttj. Geôliers infernaux. 
Leur nom a l'apparence d'une transcription, mais 
l'original n'en est pas connu. On peut suggérer le 
sk. avânc, avâk "la tête en bas", position qui est 
celle des êtres infernaux ; cf. le nom de l'enfer Avîci. 
Td. fugun ^^ "pas foule", fondée sans doute sur 



ABÔ _8 

une fausse étymologie avarga. Le nom est parfois 
réduit à bô jg, p. ex. T. 42. On le trouve aussi, 
mais seulement dans la littérature jap., combiné 
avec le mot Râksasa en Abôrasetsu PSJES^^IJ ; la 
forme Bôra ffr|§ ^ se Ht dans un sûtra apocryphe 
Jizôbosatsuhosshininnenjûôkyô i&ffî^îMïi % ®%k 
-\~3LW£ semble en être une abréviation. Le terme 
Abô paraît déjà dans le Vinaya des Mahîsâsaka 
T. 1421 xxvm : "tous les ministres de l'enfer, Abô 
en tête". D'après T. 741 ils ont une tête et des 
pieds de- bœuf, sont forts à renverser des mon- 
tagnes, et portent des fourches d'acier; c'est eux 
qui amènent les damnés devant Yama. D'après 
Ttt. 21 21 xlix citant un sûtra perdu, ils sont au 
nombre d'un million, soumis à l'autorité de Vai- 
sravana, et ils portent deux cornes. T. 202 xm : 
Abô à têtes de mouton, de cerf, de lièvre, et d'autres 
animaux ; Ttt. 2122 lxxxiv : Abô à tête de bœuf. 
—Cf. *Abi. 

JABOKYA |5nli^flin = sk. amogha, td. fukû ^S 
"non vide" (au sens de "non vain"). Epithète qui 
figure en composition dans un grand nombre de 
noms de divinités es., p. ex. Amoghapâsa, Amo- 
ghasiddhi (*Fukûkensaku ^H^, *Fukûjôju ^ 
S^gfc» Q- v.). Elle est associée au nom de Vairo- 
cana dans la célèbre Formule dite Kômyôshingon 
^^ytH" T. 1002 (cf. T. 1092 xxvn) : Om Amogha 
Vairocana mahâmudra manipadma jvâla pravartaya 
hûrh. — Autre te. amokukya |5pJ g flfl] dans le nom du 
fameux traducteur Amoghavajra. 

ABUDA mmt (ou Sg&Pfc, &&PÊ), ou abudon 
HStfH (j&à^oft) = sk. arbuda, p. abbuda ; tib. 
chu bur can "qui a une maladie éruptive". Td. 
hô K, shumotsu fljHIÎJ "tumeur, cloque". Nom 
d'un Enfer. T. 24 IV et 25 iv : C'est le premier des 
dix Enfers ; on l'appelle abuda parce que les corps 
des habitants de ces Enfers sont comme des bulles. 
T. 1 xix (le Dîrghâgama auquel se rattachent 
les deux textes précités) donne aussi une liste 
de 10 Enfers ; le premier y est appelé kôun JjLfÈ 
"épais nuages", parce que le corps des Etres y est 
pareil à d'épais nuages (cette interprétation ramène 
sans doute la te. abuda au sk. ambuda "nuage"). Tt. 
1505 11 le nomme comme un des 3 Enfers froids 
et le traduit par sokki 4^36 "produit soudainement". 
Tt. 1509 xvi en fait un des 8 Enfers froids : Il y 
souffle un vent empoisonné et glacial qui fend la 
peau des damnés, fait tomber leurs cheveux, déchire 
leurs tendons et leurs chairs, brûle leurs os et con- 
sume leur moelle. Tt. 1558 xi en fait aussi le pre- 
mier des 8 Enfers froids ; cm. Ttt. 1821 xi dit 
qu'on l'appelle "cloque" parce que le froid produit 
des cloques sur le corps des damnés. Id. Ttt. 1579 
iv. En jap. le mot abata, altération du sk. arbuda, 
désigne un visage marqué de petite vérole. — Cf. 



ADANA 



*Jigoku. 



abudon m^& (ou ptmm&m&,im& etc.) 

= sk. arbuda, le second des cinq états du fœtus. 
-Cf. *Tai £. 

ABUKANA m&W (ou g?) $.— Ttt. 1805 11 a td. 
konyûshû ,H^À^£ "appeler à entrer dans l'assem- 
blée". Bns. il a cité Keds. p. 46 donne la même td. 
et ajoute : C'est une pratique pour éliminer les 
péchés. — Cf. p. abbhâna qui pourrait supposer sk. 
âhvâna "appeler à soi" ; abbhâna en p. désigne le 
rappel dans l'intérieur de la communauté d'un 
moine mis en pénitence. 

ADAIANOKUHANA |Sr|gppï|^ïR^ = sk. âdya- 
nutpadâ ou °panna, td. hompushô if^^E "Sans- 
Production originel" Tt. 1509 xxvn. Un des Sens 
de la lettre a. — Cf. *A (Ajigi). 

ADAIMOKUTAKA|SiJ|g0^^n [ou ~flm] (corr. 
Ttt. 2128 xn en ajimokutokka [^*t!î@î#$l!) = sk. 
atimuktaka (?). Td. zenshiike ff }& j&ij'é, koshôshi 
lajS?^» ryûshike jf|i®| 1 é "sésame" (?) Ttt. 2131 vnl ; 
d'après cet ouvrage, l 'atimuktaka ressemble au 
chanvre, avec des fleurs rouges, des feuilles bleues ; 
on en tire de l'huile et du parfum. (Observer que 
les noms botaniques dijnnés par P. W. pour l'atimuk- 
taka sont tout différents : Diospyros Glutinosa, ou 
Dalbergia Ougeinensis, ou Gaertnera Racemosa. — 
Mais cf. Laufer, Sino-Iranica 290, qui rétablit 
adhimuktaka [?] et l'explique par "sésame".) 

ADANA PrI Pg^5 = sk. âdâna ; tib. len pa — 
Attribution-personnelle. — Td. shûji %)$$ "prendre et 
maintenir" Tt. 1593 I, 1594 1 etc. ; muge 4ffif§? "sans 
Libération" Ttt. 185 1 m etc. — Nom donné à une 
des Notations, la 7 e ou la 8 e . — Tt. 1594 1: Cette 
Notation [âlaya] porte aussi le nom d 'âdâna ; à ce 
sujet la Tradition (Âgama) est comme il est dit dans 
le Sandhinirmocanasûtra [T. 676 1] : La Notation 
âdâna, très profonde et subtile, [évolue avec] tous les 
Germes comme un Courant. Mais à des ignorants je 
ne donne pas d'explication sur ce sujet ; je crains en 
effet qu'ils ne l'Imaginent pour en faire un Soi. — 
Pourquoi cette Notation [âlaya] reçoit-elle aussi 
le nom d'âdâna ? C'est parce qu'elle maintient 
et s'attribue tous les Organes du Formel, et parce 
qu'elle est l'appui de la Prise de tous les Substantiels- 
propres. Pourquoi ? Les Organes du Formel, parce 
qu'il sont maintenus et appropriés par elle, ne se 
perdent ni se détruisent ; jusqu'à la fin de la vie 
ils font leur Révolution à sa suite. Et de plus, lors 
du Passage-d'existence, c'est elle qui prend la nou- 
velle Existence et qui maintient ainsi le Substan- 
tiel-propre. — Cf. aussi Tt. 1585 m. — On a beau- 
coup discuté en Chine sur le rang de l'âdâna dans 



ADANA 

l'énumération des Notations. En gros, on peut dire 
que les maîtres des écoles anciennes, Dasabhûmi, 
Mahâyânasamparigraha, Tendai, l'ont compté 
comme la septième, tandis que l'école nouvelle, à 
dater de Genjô, le compte pour la huitième. — Ane. 
éc. — Ttt. 1851 m énumère huit désignations de l'â- 
dâna : (1) Inscience; (2) Notation d'Acte; (3) Nota- 
tion de Révolution ; (4) Notation d'Actualisation ; 
(5) Notation [d'Obstruction] de Connaissance ; (6) 
Notation de Série ; (7) Notation Fictive ; (8) Notation 
de Prise. Le nom de Notation Fictive suffit à montrer 
que la qualité de réel est réservée ici à la huitième. 
Cette doctrine est d'accord avec la version du Mah° 
samparigraha par Paramârtha. — Le fondateur du 
Tendai se rattache à cette école : Ttt. 1716 v c, 
1777 v. — Nouv. éc. — Cf. Tt. 1579 lxxvi ; Tt. 1594 
I. Ici le septième rang des Notations est occupé 
par le Mental Passionné (sk. klistamanas) ; l'âdâna 
se confond avec l'âlaya et occupe le huitième rang. 
T. 676 1 : Cette Notation est aussi appelée âdâna, 
parce qu'elle suit le corps et le maintient. Elle est 
aussi appelée âlaya, parce qu'elle saisit le corps 
et y est emmagasinée, et partage avec lui sécurité 
et danger. — Cf. *Araya, *Amara, *Shiki. 



AD ARA HiM (ou W&!) = sk. âdara; tib. 
gus "respect". Td. gasshô ^Sjl "joindre les mains" 
Ttt. 1796 xiii, ou sakyô f^§jj "faire une salutation 
respectueuse" Mvy. 1764. Ttt. 1796 xm donne une 
liste de douze Sceaux consistant à joindre les mains; 
le 6 e , le 11 e , le 12 e sont dits Adara. Cf. *In E|J. 

AENTEIKARA |îpI $iJ Jg gnf H = sk. ?— Nom d'un 
démon, td. shokukashoshô jjfcj/C$?!H "brûlé par le 
feu qu'il mange" T. 984 1 cité Keds. 13 [S. 
XXVII, vu, 45 b, donne kotsu £fc pour en $1]]. 



AGANÔ i&UtÔnJï^sk. aghana[m] ; td. mukô 
"non épais". Nom d'un éclair à l'Est T. 1402 



JAGIBIKA H^^fiin-sk. âjîvika ; td. *Jamyô 
Jflînfr "vie perverse", q. v. 

AGINI P^fë, ou Ttt. 213 1 vi agini JgS/B = 
sk. Agni ; td. *katen i^.X "dieu du feu"; le second 
des douze grands dieux du brahmanisme (*Jûniten) 
adoptés par le bouddhisme Ttt. 1297 (qui est un rituel 
d'offrande à ces Douze Dieux). — Le bouddhisme 
lui accorde une place dans l'Es. : il est placé dans la 
Cour (ou section) de Diamant extérieure de chacun 
des deux Cercles (de Diamant et de Matrice). T. 
848 1 et cm. Ttt. 1796 v : Il est figuré dans les 
flammes avec trois marques de cendre sur le front 
et sur les deux bras (comme le font les brahmanes 
avec leurs trois doigts, ajoute le cm.) ; il est de cou- 
leur rouge foncé, tient sur son cœur un triangle ; 
sa tête est entourée d'une auréole ronde, et ses at- 



AHAE 

tributs sont le rosaire et le flacon. Vairocana se 
manifeste sous cette forme pour attirer les brahmanes 
du Veda, adorateurs du feu. — Sa Formule est : Namo 
Agnaye svâhâ Ttt. 1295, etc ' Actuellement dans 
le Cercle de Diamant il a pour attributs le bâton 
d'ascète et le triangle (dit Roue de feu triangulaire 
sankakukarin H#j.i/C$ifl) '■> dans le Cercle de Ma- 
trice (et dans la Série des Douze Dieux), il est figuré 
comme un ascète entouré de flammes avec quatre 
bras (et non deux) : une des mains droites tient 
un triangle devant la poitrine, l'autre, dressée, tient 
un rosaire ; une des mains gauches tient le flacon 
kundî devant les pieds, l'autre élève le bâton dit 
"bâton d'ascète" en forme de massue (cette tra- 
dition est celle d'Amoghavajra Tt. 908). Cf. Bbkw. 
418, 440, 673. — Il est assisté d'une reine en titre et 
d'une concubine royale Hizk. II, — Ttt. 2131 vi donne 
pour son nom de famille une te. JSakiritayani ® 
^(Jof^IflîM °i u i semble correspondre à un patro- 
nymique du type Saukrtyâyani. — Cf. *Katen. 



AHADANA |SIiKPÈ8tf = sk. avadâna ; td. hiyu 
ffiflfs "comparaison", shutsuyô #i$t "faire sortir 
la lumière". Nom d'un genre littéraire où l'Acte 
présent d'un personnage est rapporté par compa- 
raison à un épisode de son passé. — Cf. la seconde 
partie du dictionnaire. 

AHAE |$Pl$r# Gog. m, Ttt. 2131 1, ou ahae 
Htëtlt T. 1, T. 226 11, idiara Pffffl£$i T. 23 IV, ahagô 
[WlH T. 226 m, ahagôshu HIMH (ou £g) ib. 
vin, aekara WfâlmM. T - 23 vi, aegôshu ISJ#Mfê 
Gog. m, abasairasha WWMWM Tt - 1 S^S n, te. 
partielles ou totales du sk. âbhâsvara, p. âbhassara ; 
tib. 'od gsal "éclat de lumière". — Resplendissant. — 
Td. kôonten Jt^fJl "Dieux dont la voix (svara) 
est lumière (âbhâ)" (anc. éc. ; les auteurs ch. ex- 
pliquent que la lumière émanant de leur bouche leur 
tient lieu de langage Ttt. 2121 I, 2131 11, 2035 xxxi), 
ou gokkôjôten fêàft&Ji "Dieux purs de splendeur 
extrême" (nouv. éc). La td. de l'anc. éc. repose sur 
une analyse fantaisiste de l'original ; en réalité le 
nom est dérivé du verbe âbhâs "briller" avec le 
suffixe d'adjectif °vara ; les interprètes se sont plu à 
y retrouver le mot svara "son" comme dans le cas 
d'Avalokitesvara (cf. *Kannon). — On les place en gé- 
néral dans le troisième ciel, le plus élevé, de la deu- 
xième Extase dans le Plan du Formel Mvy. 3092, qui 
suit le KosaTt. 1558 vin ( = K. Lav. ni, 2). Cepen- 
dant T. 23 iv les met au neuvième ciel du Plan de 
Formel qui, ici, ne comporte pas de division en Ex- 
tases. — Leur caractéristique c'est qu'ils ont même 
corps, mais sont divers de Connotation Mvy. 2291 ; 
Tt. 1558 vin ( = K. Lav. m, 19-20) ; T.125 xxxm. 
Leur corps a une taille de 8 Lieues et leur vie une 
durée de 8 Périodes Tt. 1558 XI ( = K. Lav. ni, 171, 
174). — Parfois leur nom s'emploie pour désigner tout 



AHAE 

l'ensemble des Dieux de la deuxième Extase, p. ex. 
Tt. 1558 vin (=K. Lav. m, 19), Ttt. 2121 I. Cette 
Extase est la limite de la destruction par le feu ; 
tout ce qui est au-dessous est brûlé par l'incendie 
cosmique Tt. 1558 xn ( = K. Lav. 111, 215 ; aussi ib. 
vin = K. Lav. m, 20). — C'est donc dans le ciel des 
Resplendissants que viennent renaître les Etres à 
la fin de chaque Période ; c'est lui aussi qu'ils quit- 
tent au commencement de la Période suivante pour 
aller renaître dans les mondes inférieurs.— Mais ce 
ciel est sujet à la destruction par l'eau Tt. 1558 xn 
(=K. Lav. m, 215). — L'Ekottarâgama T. 125 xxxiv 
(=Aiig. Nik. vu 62 Suriya, où cet épisode manque) 
conte comment, au début d'une Période, les Dieux 
Resplendissants (qui dans leur ciel, ajoutent d'autres 
textes, se nourrissaient de pensée, ou de joie) des- 
cendent dans le Jambudvîpa pour y manger la 
graisse de la terre ; ceux d'entre eux qui en mangent 
beaucoup perdent leur luminosité, et les Pieds de 




Fig. 3. Dieux Resplendissants. 

Magie qui leur permettaient de voler dans les airs ; 
leur corps se solidifie, ils ne peuvent regagner leur 
ciel et deviennent des hommes et des femmes ; ils 
sont réprimandés par les autres, qui ont pu remonter 
au ciel, et ils construisent des maisons pour se cacher : 
c'est l'origine des habitations humaines. — Ce mythe 
se retrouve, avec des variantes, dans un grand nombre 
de textes (cf. O. Franke, Dîghanikâya 273 n. 1) : en 
pâli, dans l'Agannasutta du Dîg. Nik. xxvn ( = Dîr- 
ghâgama T. 1 vi et td. parallèle T. 10 11 ; aussi T. 
1 xxn et td. parallèles T. 23 VI, 24 x, 25 x) ; en sk., 
dans le Mahâvastu I, 338-348 ; en ch. (cf. Beal, Catena 
109- 112), en dehors des Âgama précités, dans le 
Madhyama T. 26 xxxix, dans Ttt. 2121 1, etc.; en 
tib., dans l'Abhiniskramanasûtra, Kanjur, Mdo Xxvi 
161 (td. Csoma, JASB, 11,' 385); aussi Rockhill, Life 
2. M. S. Lévi en a retrouvé des fragments dans une 
version koutchéenne. — Daus l'es., les Dieux Res- 



AHARARA 

plendissants sont figurés au nord de la Section de 
Diamant extérieure du Plan de Matrice ; ils sont 
assis sur une natte, flanqués de deux assistants, et 
tiennent dans la main droite un bouton de lotus. — 
Cf. *Bon, *Shikikai. 

AHAMANAABA H$J»« Tt. 1505 n, ou 
ahamana |foJ$J^$J Kog. iv, hamana j$|g£jS ib., 
ahatsuramanaba M^MkMM'^ Gog. m, ôhamana 
ÉsîM#J T. 224 11, Ttt. 2131 iv, ôha H$ Kog. iv, 
aharana $0$.%$$$ T. 23 iv = sk. apramânâbha, p. 
appamânâbha ; Mvy. 3091 tib. chad med 'od ; ch. 
muryôkô MitJt "lumière incommensurable". — 
Nom de Dieux du Plan de Formel, placés dans le 
deuxième ciel de la deuxième Extase. — Cf. *Shikikai. 

JAHAMATSURIKA |fcJïR*f(J*n, ou abamakka 
Pl$k~MlN T. 1092, ahamaraga MHkJÊMM Bzm.= 
sk. apâmârga, nom d'une plante, Achryanthes 
Aspera. T. 1060 on l'emploie pour expulser les fœtus 
morts ; td. goshitsusô 4^83?^ • 

AHANDARA PnJ^|Pg|$ = sk. avântara "à l'inté- 
rieur des limites". Ssk. vin b td. *kekkai fâfft. (q.v.) 
"limites fixées". 

AHARARA (foj $£}/;£§, ou Ttt. 2087 m aharara 
mmm, T. 155 h aharari WtWJ. Tt. 2042 1 
ahaha H#£$£> etc. = sk. p. Apalâla ; tib. sog ma med 
"sans paille". Td. mumyô 4^gj "sans pousse", mu- 
tôkan ffîfâ^t "sans paille", muru ^tg? "sans reste" ; 
Mvy. 3273 furukokue ^®jg3#c "qui ne laisse ni 
céréales ni vêtements". — Ttt. 2087 111 Nom d'un 
roi-Dragon qui habitait dans un étang localisé aux 
sources du Svat ; du temps du B. Kâsyapa, il était 
né dans la condition d'homme sous le nom de Kyôgi 
$t (var. £&) flft [ = sk. Gângi], et par ses artifices ma- 
giques empêchait les mauvais démons de déchaîner 
des orages. Les gens du pays lui offraient des céréales 
en hommage de reconnaissance. Mais un jour ils 
cessèrent, et Gângi irrité se transforma en Dragon 
venimeux ; il fit vœu de ruiner les moissons par des 
orages violents ; il reçut alors le nom d 'Apalâla. 
Pris de pitié pour la misère des habitants du lieu, 
le B. alla lui livrer combat ; il frappa la montagne 
avec le foudre de Vajrapâni, et Apalâla dompté se 
convertit ; le B. consentit toutefois à le laisser une 
fois tous les douze ans déchaîner l'orage pour assurer 
sa subsistance. — T. 155 il donne de cette légende une 
version plus développée : L'étang est localisé dans 
le village de Uren Mj^ près de Râjagrha ; cet étang 
est le séjour d'un Dragon nommé Sandari pj$|P£3*i 
[ = sk. Sundara], qui détruit les moissons dans le 
Magadha. Un brahmane le dompte par ses artifices 
magiques, et la population l'en récompense par des 
cadeaux ; mais lorsque le B. vient s'établir à Râjagrha, 
sa bienfaisante influence suffit à réprimer l'activité 



AHARARA 



AI 



du Dragon et les habitants cessent d'offrir des pré- 
sents au brahmane. Irrité, celui-ci fait vœu de de- 
venir Dragon ainsi que sa femme et ses deux enfants ; 
pour assurer la réalisation de ce vœu, il s'acquiert 
le mérite d'offrir un repas aux quatre grands disciples 
du B. Il prend alors la place du Dragon Sandari et 
se met à ravager les moissons, dont il ne laisse que 
les pailles, d'où son nom Aharari |JnJ$£|j£f Ij ; sa femme 
changée en Dragon reçoit le nom de Hijuni Jfcf^JÉ, 
et l'un de ses fils celui de Kizenni $$$!$]&. Le roi 
Ajâtasatru demande secours au B. ; secondé par 
Vajrapâni, qui brise la montagne de son foudre, le 
B. soumet le Dragon, sa femme et ses enfants, et 
tous les Dragons et démons fauteurs de maladies se 
sauvent dans le royaume voisin de Vaisâlî. — Tt. 
1448 IX, qui te. Ahatsura P5j§fc|jÉ, situe la légende dans 
"l'Inde du Nord" — c'est-à-dire du Nord-Ouest — , 
mais à la fin du récit le B. enjoint à Apalâla de "faire 
en sorte que tous les hommes habitant le Magadha 
soient exempts de crainte". Ce texte fait également 
allusion à la femme, aux enfants du Dragon, et au 
"vœu pervers" qui l'aurait fait naître en cette con- 
dition. — Tt. 1509 ix rappelle brièvement la soumis- 
sion d'Apalâla, "au royaume des Gesshi JfjiÇ dans 
l'Inde du Nord". — T. 425 iv fait allusion à un roi- 
Dragon ôra Hfljl (var. Kora iâfjl), qui ravageait les 
moissons et fut converti par le B. — Cf. aussi T. 212 
xxiii cité Watters, Travels 1 229 ; Tt. 2042 1, T. 
2043 11, et Przyluski, Asoka 6. — Tt. 1462 11 men- 
tionne le roi-Dragon Arabarô |fôj i$3£|flt (le texte p. 
correspondant, Samantapâsâdikâ, donne Aravâla) 
qui inondait les moissons au Cachemire et qui fut 
dompté par Madhyântika : il s'agit peut-être du 
même démon (cf. la prédiction sur la soumission du 
Dragon Korocha //tPflIfc [ = sk. Huruta] et la con- 
version du Cachemire, Tt. 1448 ix à la suite de la 
légende d'Apalâla). 

AHATSURASHITA |5nJ£fr$|7lï£=sk. Aparâjita; 
tib. gzan gyis mi thub "non surmonté par un autre". 
Nom d'un Yaksa résidant à Sthûnâ T. 985 11. — 
Autres te. aharajita pfttiWB£ T- 9 8 2 il ; araha- 
jitta p]%k$iM£> T. 984 1 qui traduit fushô ïfâfà 
"sans égal". — Nom d'un Sceau, te. aharashitta 
PH&.WÀ£-> td. munôshô &g£g$ "invincible" T. 
901 IV. 

AHATSUTEIHATSURATEIDAISHANA |îpJ§£ 
J&^$ l Jli&tiï?î#P ==s k- âpattipratidesanâ "confession 
du péché". Td. sange WLfà (anc. éc.) "contrition"; 
seppi fft^ (nouv. éc.) "dire le péché". Ttt. 2125 
11 ; Ssk. vin a. — Cf. *Sange. 

AHÔ WjfâÈ, litt. loi du mutisme ; cf. Mvy. 9365 
sk. mauna, tib. mi smra, ch. fugon ^ft", makusetsu 
l£f& "pas parler". Pratique ascétique du silence ; 
Ttt. 1808 IV b, se référant à T. 1435, la condamne 



comme une Infraction-grave (sk. sthûlâtyaya) en tant 
qu'hérétique ; et en effet Ttt. 19 12 v b la mentionne 
comme une pratique des brahmanes. Il semble 
toutefois que le G.V. ait admis cette pratique. Sur 
le "mauvais silence", sk. mithyâmauna, cf. Tt. 1558 
xvi ( = K. Lav. IV, 135, n. 2). — Cf. *Ayô. 

AI §£ = sk. ai ^, une des 12 voyelles et des 50 
lettres du *Shittan.— Te. g, ft, ff , ffi, ^, H. £,&, 
jS£. — Interprétations : T. 880 La lettre ai, c'est la 
Souveraineté inconcevable de toutes les Essences 
(sk. aisvarya). — T. 469 et 187 iv Le ai est le son 
de la tenue supérieure (sk. airyâpatha ?). D'après 
Meikaku Ï3j§|f^ cité Bdji. 2, le nom sk. du dieu Sou- 
verain (îsvara) est Aidairi ScîHM (Aindriya), et c'est 
par ce nom qu'il explique le Sens de Souveraineté ; 
plus tard on crut à tort que dans Aindriya il y avait 
aussi le Sens de "tenue supérieure". — Aussi T. 468 
1 "Voie sainte" (sk. âryamarga ?); T. 374 vin, 375 
vin, 376 v "Ainsi venu" (sk. aivamgata ?). 

AI ^, Amour. — Le mot Ai correspond générale- 
ment à Soif (sk. trsnâ, p. tanhâ, p. ex. dans la série 
des 12 Facteurs), mais aussi à Ferveur (Ai ou Aigyô, 
sk. preman, priyatâ, p. pema), à Attraction (Ai ou 
Aijaku, Aishû, Aizen, Aiyoku, sk. p. râga), à Désir 
(sk. p. kâma), etc. ; la diversité des originaux sk. est 
souvent perdue de vue par les auteurs ch. et jap. — 
Sous ce terme le bouddhisme ch. réunit et con- 
fond des notions que la langue technique du boud- 
dhisme indien s'est appliquée à différencier ; Ai 
désigne en général toutes les poussées sentimentales 
de l'ordre affectif. Sur cette confusion initiale vient 
encore se greffer l'équivoque qui résulte de la ré- 
volution accomplie par le G. V. dans le domaine des 
Passions : au lieu de leur déclarer une guerre sans 
merci comme le P. V., le G. V. prétend les sublimer, 
les "purger" des éléments malfaisants, et les rendre 
utiles à l'œuvre du salut universel (cf. *Bonnô). Le 
grand nombre des métaphores où figure le terme Ai 
prouve l'intense vitalité de cette notion dans la 
littérature du bouddhisme ch. et jap. — Définitions. 
— Définition de la Soif (ai) comme Facteur Tt. 
1558 ix ( = K. Lav. m, 64): "Convoiter les biens 
matériels et les plaisirs sexuels." — Autres définitions 
Ttt. 1851 v c: "Ai, c'est la Passion d'Attraction" ; 
Ttt. 1830 xvi : "Ai, c'est la Passion de la Soif." — 
Classifications numériques. — Deux Amours. — (a) 
Passionné et Sans-Passion. — Tt. 1545 xxix II y a 
deux sortes de Ferveur : la Ferveur Passionnée, qui 
est Attraction ; la Ferveur Sans-Passion', qui est Foi. 
Toute Attraction est Ferveur, mais il y a une Ferveur 
sans Attraction : c'est la Foi ; toute Foi est Ferveur, 
mais il y a une Ferveur sans Foi : c'est la Ferveur 
Passionnée. — Tt. 1558 IV ( = K. Lav. il, 171) La 
Ferveur Passionnée est Attraction, c'est celle qu'on 
a pour la femme, les enfants, etc. ; la Ferveur Sans- 



AI 

Passion est Foi, c'est celle qu'on a pour le maître, les 
hommes supérieurs, etc. — (b) Amour de Désir, propre 
aux Profanes, et Amour de Loi, propre aux Bs. et 
aux êtres supérieurs : Tt. 1509 lxxii II faut avoir des 
pensées d'Amour provenant de la Compassion, et 
non des pensées d'Amour provenant de la Passion 
du Désir d'Attraction. La Loi Mondaine est d'aimer 
sa femme, ses enfants, des bœufs, des chevaux, etc., 
et de haïr ses ennemis, les brigands, etc. Mais, 
transformant cet Amour Mondain, les Bs. n'ont que 
des pensées de Compassion pour tous les Etres. — 

(c) Amour de Trépassé et Amour de Loi : T. 374 v 
L'Amour de Trépassé n'existe plus dans la vraie 
Libération. L'Amour de Loi est la Compassion pour 
les Etres ; c'est lui qui est la vraie Libération. — 

(d) Mauvais Amour et Amour de bonne Essence, ib. 
xiii : le premier recherché par les ignorants, le se- 
cond par les Bs. ; ce dernier se subdivise en mauvais 
Amour de bonne Essence, propre à ceux qui ne 
recherchent que les deux Véhicules (Auditeurs et B.- 
pour-soi), et bon Amour de bonne Essence, propre 
à ceux qui recherchent le G.V. — Ib. xiii énumère 
encore les variétés suivantes de mauvais Amour : 
— (1) Amour de son propre corps, (2) Amour de ce 
dont on a besoin ; — (1) Amour de Désir, (2) Amour 
de Formel, (3) Amour de Sans-Forme (cf. inf. 3 
Amours) ; — (1) Amour comme Facteur d'Acte, (2) 
comme Facteur de Passion, (3) comme Facteur 
de Douleur ; — (1) Amour des vêtements, (2) des 
boissons et mets, (3) de la couche, (4) des bouillons 
et médicaments ; — (1-5) Amour des cinq Masses. 
— Trois Amours. — (a) T. 353 classe, parmi les Pas- 
sions des cinq Terres à Résidences, les Passions des 
trois Plans comme suit : (1) Terre à Résidence de 
l'Amour de Désir — Amour des Objets extérieurs des 
cinq Désirs, dans le Plan du Désir ; (2) Terre à 
Résidence de l'Amour de Formel — Amour de son 
propre corps Formel, dans le Plan du Formel ; (3) 
Terre à Résidence de l'Amour d'Existence — Amour 
de son propre mal, dans le Plan du Sans-Forme. 
Dans cette classification l'Amour tient lieu de toutes 
les Passions, dont il est le principe (cf. inf. Aikon). 
Cf. Tt. 1558 ix (=K. Lav. m, 85-86), la triple Soif: 
kâmatrsnâ, rûpatrsnâ, ârûpyatrsnâ. Cf. aussi Tt. 1579 
lxvii. — (b) Ojys. 11 c et Osks. xvm : (1) Amour du 
Domaine : pensée d'attachement conçue, au moment 
de mourir, à l'égard des parents, des biens ; (2) 
Amour de son propre corps : pensée d'attachement 
conçue, au moment de mourir, à l'égard de son 
propre corps ; (3) Amour de la Naissance future : 
pensée d'attachement conçue, au moment de mourir, 
à l'égard de la condition où l'on naîtra. — Quatre 
Amours. — Tt. 1509 xliii : (1) L'Amour de Désir, qui 
est facile à voir, le péché qu'il implique étant de la 
catégorie de l'impureté ; (2) l'Amour de l'Existence 
qui, étant sans impureté, est plus difficile à éliminer ; 
(3) l'Amour de la Non-Existence, difficile à éliminer, 



2 AI 

parce qu'il ressemble à la Connaissance par laquelle 
on détruit l'Existence ; (4) l'Amour d'Essence, con- 
sistant à aimer toutes les bonnes Essences : il est 
profitable pour atteindre la Voie ; le péché qu'il 
implique est difficile à voir. — Termes composés. 
— Aien ^£$fc, l'Attraction comme Facteur; T. 310 
lxxviii Parmi toutes les Passions, nulle n'est plus 
grave que celle formée par le Facteur de l'Amour. — 
~go ~jf_, veiller avec Amour, Ttt. 1912 vu c. — 
~gô ~i%c, Amour comme Acte causal produisant 
un Fruit futur; T. 670 II. — ~gyô ~$£, Ferveur 
(sk. preman, priyatâ, p. pema): Amour Sans-Passion. 
Tt. 1558 iv ( = K. Lav. 11, 172) L'Amour en tant 
que Ferveur a pour Substantiel la Foi. — Tt. 1585 
vi La Foi a pour Caractère la Ferveur. — Dans la 
secte Shin c'est un des noms de l'Esprit de Foi. Cf. 
T. 310 xvii, texte du 18 e Vœu : "Ferveur joyeuse" ; 
Tt. 1524 : "Ferveur pour la saveur de l'Essence 
de B.", que l'on éprouve en Paradis. — ~/zo ~i_j, 
aimer l'Essence : attachement fervent à l'Essence. T. 
360 11 ; Ttt. 191 1 v f : "Aimer l'Essence, c'est de 
l'Inscience." — ~i ~]_|, les deux troubles (*waku ^) : 
Attraction et Haine; T. 397 m. jaku ~ _f, At- 
traction (sk. p. râga), un des trois Poisons. T. 310 
xcvn Produire une pensée d'Attraction, comme une 
mouche qui voit un crachat. T. 278 xxv Ne pouvoir 
boire jusqu'à la dessécher la grande mer de l'Attrac- 
tion. — Aijakujihishin „ _^j_;*_Mls Esprit de Com- 
passion produit par l'Attraction, cf. inf. Aikendaihi. 
— Aijakushôji _£ :_f_^E, Transmigration par At- 
traction. — ~jaku ~f|f, Regret d'Amour. T. 262 iv 
Je n'aime pas ma vie corporelle, mais je regrette 
l'Eveil sans-supérieur. Ttt. 1912 vu b N'avoir aucun 
Regret d'Amour pour la vie corporelle ou les riches- 
ses: — ~kai ~^JL, Plan de l'Amour; T. 397 m. — 
~ke ~f|)t, Illusion de l'Amour, autre nom du trouble 
(*waku fê&) de l'Esprit-en-travail. Tous les troubles 
se définissent par l'Amour, parce que l'Attraction 
est le plus puissant de tous ; le mot Illusion signifie 
que toutes les Passions sont vides et illusoires. — 
~ken ~}_ (aussi Keiiai JJLJt), Amour et Vue, les 
deux Passions fondamentales ; l'une produit un 
trouble portant sur les choses, l'autre trouble la 
raison. L'Amour (Attraction) représente à lui seul 
tous les autres principes de trouble portant sur les 
choses, parce qu'il est l'origine de la Douleur (cf. 
Aikon). T. 670 vi Les Etres tombent dans la fosse 
de l'Amour et de la Vue et perdent le chemin de 
l'Eveil. Tt. 1509 vu Deux espèces de Passions : 
l'une relevant de l'Amour et l'autre de la Vue. 
Ib. xxi Les Etres ont deux Conduites distinctes : 
Conduite d'Amour et Conduite de Vue. Ceux chez 
qui prédomine l'Amour s'attachent au plaisir ; ceux 
chez qui prédomine la Vue s'attachent à la Conduite 
de la Vue du Corps, etc. Cf. aussi T. 374 xv. — 
Aikendaihi ^J^Lzk^, Grande Compassion de Vue 
d'Amour : sauver les Etres par l'effet d'une Com- 



AI 13 

passion qui n'est pas dégagée des Passions et n'est 
pas associée à la Sapience. C'est le cas des saints du 
P.V. qui n'ont pas encore tranché les Passions de 
l'Amour et de la Vue et reconnaissent encore les 
deux Caractères d'Aimé et d'Aimant ; leur Compas- 
sion étant illusoire et impure, ils sont dégoûtés d'être 
hommes ; il leur faut renoncer à cette Compassion. 
— Tt. 1509 lxxix II y a deux voies pour les Bs. : celle 
de la Compassion et celle du Vide. L'Esprit de 
Compassion leur fait prendre en pitié les Etres, et 
ils forment le Vœu de les sauver ; mais l'Esprit de 
Vide détruit cet Esprit de Compassion. La Compas- 
sion seule sans Sapience fait tomber l'Esprit dans 
l'Idée-à-rebours de l'Existence des Etres. — T. 1775 
v (Vimalakîrtinirdesasûtra) : Il faut éliminer la 
grande Compassion de Vue d'Amour à l'égard des 
Etres. Pourquoi cela ? C'est en tranchant la Passion 
des Objets extérieurs que le Bs. produit la grande 
Compassion. Une Compassion liée à la Vue d'Amour 
donne lieu à un Esprit de dégoût à l'égard des nais- 
sances et des morts ; si l'on se débarrasse d'une telle 
Compassion, ce dégoût disparaît, et où que l'on 
naisse la Compassion n'est plus Revêtue de la Vue 
d'Amour. Cm. Kumârajîva ib. : Une Compassion 
produite par l'Attraction née à la vue des Etres, 
lorsqu'on n'a pas encore approfondi le Caractère réel, 
c'est ce qu'on appelle grande Compassion de Vue 
d'Amour. Elle est illusoire et impure, et peut donner 
lieu à des Connotations de dégoût ; il faut donc l'éli- 
miner. Cm. Sôjô ib. : Celui qui soigne doit d'abord 
Inspecter ce principe que sa propre maladie, comme 
celle des Etres, n'est que le résultat illusoire et irréel 
d'un Enchaînement causal. C'est dans cet esprit que 
doit se produire la Compassion. On appelle Compas- 
sion de Vue d'Amour une Compassion née de 
l'Amour conçu à la vue des Etres, lorsque l'Inspec- 
tion ci-dessus définie n'est pas encore parfaitement 
pure. Il y' a du bon dans cette Compassion, mais 
les Domaines de la Vue d'Amour et de l'Esprit 
d'Existence [croyance à l'Existence] s'y trouvent 
mêlés, et elle n'est pas libre de tous liens ; elle doit 
donc être rejetée. Cm. Dôshô' ib. : La grande Com- 
passion de Vue d'Amour naît d'une Inspection 
où se produit l'Esprit d'Amour et où l'on désire 
sauver les Etres en les "voyant" encore (comme des 
Objets extérieurs). Elle existe aussi chez les Bs. 
qui, bien qu'ayant dompté toutes les Passions, 
font exprès de ne pas les trancher entièrement, 
et admettent les Caractères d'Aimant et d'Aimé, 
afin de sauver les Etres. — Ttt. 1958 1 expose pour- 
quoi il est faux de croire que l'œuvre d'exhortation 
à gagner la Terre Pure soit fondée sur la Com- 
passion de Vue d'Amour. Le Bs. doit pratiquer 
à la fois la Sapience de Vide et la grande Com- 
passion, et ne point tomber exclusivement dans 
l'une ni dans l'autre. Dans ce texte de T. 1775 1 : 
"De même que si l'on veut construire une maison 



AI 



sur un terrain vide on ne rencontre point d'obstacle, 
mais qu'il est impossible d'en construire une dans le 
vide, ainsi le Bs. forme le Vœu d'utiliser le Terrain 
de B. pour y parfaire les Etres, et en formant un tel 
Vœu il ne se place point dans le Vide", — le "vide" 
est interprété comme signifiant la Sapience du Vide, 
le "terrain" comme signifiant les Etres, la Vue des 
Etres, et la grande Compassion qui résulte de cette 
Vue. On ne peut construire sur un terrain s'il n'est 
vide, ni dans le vide sans terrain : il faut un terrain 

vide. kon ^g, Racine d'Amour: la Passion de 

l'Attraction comme Racine de toutes les autres 
Passions T. 397 xxvm. — T. 673 1 "Inscience et 
Racine d'Amour". — T. 262 il "L'Attraction est la 
Racine qui cause toutes les Douleurs." — Cf. BEFEO 

XXIV, 134 n. 2. kyô ~%., Ferveur et Respect. 

Tt. 1558 IV (=K. Lav. 11, 172) En ce qui concerne 
la Ferveur et le Respect, quatre alternatives : (1) 
Ferveur sans Respect, à l'égard de la femme, des 
enfants, des compagnons en vie religieuse, des dis- 
ciples, etc. (2) Respect sans Ferveur, à l'égard du 
maître d'autrui, de l'homme doué de qualités, etc. 
(3) Respect qui est Ferveur, à l'égard de son maître, 
de son père, de sa mère, de ses oncles, etc. (4) Ni 
Respect ni Ferveur, à l'égard des autres personnes. 
La Ferveur et le Respect n'existent que dans les 
Plans du Désir et du Formel. Cf. Tt. 1545 xxix. 
— Aussi Respect Fervent, comme celui du fils 
pieux pour ses parents, auquel est comparée la 
Compassion du Bs. T. 360 1. — ~nen ~;g;, Pensée 
d'Amour. Le Tg. n'en a pas T. 374 11. — ~ron ~%m, 
Vains-propos de l'ordre de l'Amour. Tt. 1564 ni 
et cm. Ttt. 1824 I Deux sortes de Vains-propos : 
de l'ordre de l'Amour, consistant à avoir un Esprit 
d'attachement à toutes les Essences ; de l'ordre 
des Vues, consistant à faire des explications tran- 
chées sur toutes les Essences. — ~shin ~<C.S Esprit 
d'Amour (= Attraction) ; T. 670 vu.— ~shû ~$t, 
Attachement d'Amour = Attraction = Aijaku, sup. ; 
T. 262 1. — ~sô ~$|î, Connotation d'Amour; T. 
374 11. — ~yoku ~$J, Désir d 'Amour = Attraction 
=Aijaku, sup.; T. 360 tt. — ~zen ~%i, Souillure 
d'Amour=Attraction=Aijaku, sup. ; Tt. 1509 I, 
xxxiv. — ~zô ~tff, Amour et Haine : aimer ses 
proches, haïr ses ennemis ; T. 279 xxvm, 262 m. 
— T. 94s iv Les Vues diverses font la Haine ; l'union 

des consciences fait l'Amour. waku ~^&, Trouble 

de la raison causé par l'Amour. — Onnai }§&, 
Amour reconnaissant, à l'égard des parents, des 
frères, de l'époux ou de l'épouse, etc. T. 360 : C'est 
un lien. T. 842 : C'est une Cause de Transmigra- 
tion. — Ttt. 2122 xxx : Au cours de la Transmigration 
dans les trois Plans, l'Amour reconnaissant ne peut 
être tranché. Le vraie reconnaissance consiste à 
rejeter la reconnaissance et à entrer dans l'Inopéré. — 
Comparaisons. — Aibaku gff , Lien de l'Amour. 
T. 246 11 "Liens de l'Inscience et de l'Amour". 



AI 14 

— ~doku ~%, Poison de l'Amour. Tt. 1509 xv 
"Flèche de la Vue enduite du poison de l'Amour". 
— ~en ~gl, Onctuosité de l'Amour, qui rend 
luisant tout le corps de ceux qui convoitent les 
richesses T. 945 VIII. — ~gen ~|ii|, Oeil d'Amour. 
T. 279 xxv L'œil d'Amour de la grande Compassion 
regardé avec Egalité tous les Etres. — ~ka ~itf, 
Fleuve de l'Amour. L'Attraction comparée à un 
fleuve où se noient les hommes ; les pensées d'At- 
traction s'attachant aux objets comparées à l'eau du 
fleuve qui imbibe toutes choses; T. 279 xxvi, 

697, 945 iv, Ttt. 1733 xi, 1753 iv. kai ~?&, 

Mer de l'Amour. L'Attraction est large et profonde 
comme la mer en tant qu'elle ne se rassasie pas de 
ce qu'elle a déjà obtenu, et agitée comme la mer en 
tant qu'insatisfaite à l'égard des objets non encore 
obtenus; T. 278 11, 279 lxxviii, Ttt. 1912 v d, 
1735 xiii. — ~ke ~$si, Lien de l'Amour Tt. 
1509 xxviii. — ~ken ~fpj, Filet de l'Amour T. 721 
vu. — ~ken ~j$iij, Cocon de l'Amour. L'homme 
pris d'Amour est comme le ver qui s'enveloppe dans 
son propre réseau de fils Ttt. 191 2 v c. — ~ki ~3&, 

Démon de l'Amour Tt. 2058 m. ko ~$Jî, Amour 

comparé à la balle de riz qu'il faut rejeter Tt. 150c 
xxviii. — ~mô ~$3, filet de l'Amour; T. 279 xxxiv, 
190 xxxiii. — ~m'« ~îMy humectation de l'Amour. 
Le moribond produit la Passion d'Amour qui 
humecte le Germe d'Acte d'où sort le Fruit de la 
douleur de l'existence future T. 279 xxxvm. — ~n« 
~$£, esclave de l'Amour T. 468 II. — ~rin ~$jjj, 
Roue de l'Amour. L'homme est sur le char, entraîné 
vers les 6 Destinations ; Srsh. vin. — ~rasetsunyo 
~$!i3;"&*> l'Amour comparé à une Râksasî Ttt. 2058 
11. — ~shu ~H, Germe de l'Amour, produisant le 
Fruit de la Douleur T. 297 1. — ~sui ~7jt, Eau 
d'Amour, qui humecte le champ de l'Acte et hâte le 
Fruit T. 279 xxxvn. — Signifie aussi émission spon- 
tanée. — Onnaika JB3£$9, Fleuve de l'Amour re- 
connaissant Tt. 1509 1. — Onnaishi J§J?!jîlJ, Epine de 
l'Amour, empoisonnée T. 1 x. — Onnainu JH^SX, 
Esclave de l'Amour reconnaissant T. 277 1. — 
Onnaigoku fê^£%$, Enfer de l'Amour reconnaissant 
T. 1 1.— Renvois.— Aibetsuriku ^ftlffi'g, Douleur 
causée par l'absence d'un être aimé. Cf. *Ku ^. — 
~go ~h§» Parole d'Amour. Cf. *Shô gj. — ~ketsu 
~£g, Lien de l'Amour. Cf. *Ketsu fg. — ~shi 
~;£, Branche de l'Amour. Cf. *Innen gj$&. 

AIKISSHI fg*£, ou aikitsu fg§ Gog. xxi. 
Td. Ttt. 2128 liv et Gog. xxi kishiki ^P% "démon 
qui fait lever les cadavres". C'est aussi l'interpréta- 
tion que donne Ttt. 171 8 sur T. 262 vu où le texte 
ch. porte kissha ^jgj (var. kissho ^M) dans une 
liste de démons qui causent les maladies ; l'original 
sk. (Lotus, 240) a krtya; il mentionne des espèces 
nombreuses de ces démons : Yaksakrtya, Amânu- 
sakrtya, Asurakrtya, et les Krtya de la fièvre seconde, 



AIKONGO 

tierce, quarte. Mvy. 4372 n'a que la forme féminine 
krtyâ, la seule en usage dans le sk. classique où 
ce mot désigne une mauvaise fée ; il est rendu 
dans Mvy. par gsed byed en tib. ; en ch. sagai f^^ 
"malfaisant". Ttt. 2131 vi td. littéralement shosa 
$ff^ "fait" (sk. krta). La première syllabe de 
Aikisshi pourrait être l'interjection sk. ai. — Tt. 620 
11 ils tiennent des bâtons de fer, portent des guir- 
landes de crânes, et provoquent la démence, la lèpre 
blanche, etc. ; méthode pour les exorciser. — Cf. 
*Bidara. 

AIKONGO tgifcWl Diamant d'Amour, nom d'un 
Bs. Dans l'Es., sa place est à l'Ouest parmi les 5 Bs. 
de Diamant de l'Assemblée de Méthode du Plan de 




Fig. 4. Aikongô. 

Diamant. Il porte une bannière à tête de monstre 
marin appelée Makatsuc'ô HfJJItët "hampe de 
Makara" = sk. Makaraketu, nom donné en sk. 
classique à l'Amour (Kâma). Il est de couleur bleue. 
On compare le Makara, à qui pour se désaltérer ne 
suffisent pas les eaux des quatre océans, au Bs. dont 
la Compassion est insatiable Kmds. III ; Mtsg. 133. 
— Ce personnage se distingue à peine de Kongôai- 
bosatsu ^|f3iJ^^^, un des 4 Bs. de Diamant qui 
entourent le B. Aksobhya (cf. *Ashuku) dans la 
Roue de l'Est du Plan de Diamant. Celui-ci est aussi 
de couleur bleue ; il tient dans la main gauche un 
arc, dans la droite une flèche T. 868 il (l'arc manque 
dans Hizk., Bzss. 41 et fig. LUI, et dans les peintures 
actuelles des Cercles). — L'arc et la flèche (de fleurs) 
sont aussi les attributs de l'Amour indien. — Les 5 
Bs. de Diamant ont d'autre part leur Cercle spécial 



AIKONGO 



is 



AIZEMMYÔO 




Fig. s. Kongôai. 

où figure Aikongô ; Bbkw. 489 et fig. clxxxi. — Cf. 
*Aizemmyôô, *Kongôbosatsu. 

AIRABATSUNA Wfèfâ.^, ou Airabatsuna % 
%&&, Airahakuna 338119$. Ainabana f|$M5, 
Irabana #f|$£$, Inabana #HJ^-^, Inrabana 
$ÈWB3R>, Innabana PM$J3gL% Inrana WÊiffî etc. 
= sk. Airâvana (Airâvata), p. Erâvana. Nom d'un 
roi-Dragon qui sert de monture au dieu Indra ; 
c'est un des dix éléphants placés aux dix points 
cardinaux pour soutenir le monde. T. 721 xxi C'est 
un roi-éléphant blanc, à six têtes ; il prend part aux 
combats contre les Asura (cf. *Ashura) et porte un 
millier d'Indra. T. 279 lxvi II est long de neuf 
Lieues, haut de trois et habite sur les flancs du 
Sumeru. Ttt. 1821 xix dérive le mot d'un nom de 
l'eau, sk. ira : ce serait un Dragon dans l'eau en 
même temps que l'éléphant d'Indra. Eog. IV expli- 
que : ira = indra + vana "voix" (sk. bhâna ou vânî?), 
ou encore i = "sortir" + râvana "cri de joie". Mvy. 
3354 td. tib. sa bsrun gi bu "fils du protecteur du 
sol" et ch. shuchishi ^iJË 1 ^ même sens (évidem- 
ment fondé sur une analyse fantaisiste ira "terre" 
+ avana "protection"), ou encore chiji itj)££ "soutien 
de la terre". Gog. xxiv (xxv) l'identifie avec 
*Irahattara = sk. Elâpattra ; l'identification semble 
inacceptable. 

AISHINTEN ^#^ "Dieux au corps aimé". 
Tt. 1509 x les nomme parmi les Dieux des six cieux 
du Plan du Désir : "leur apparence est merveilleuse, 
d'où leur nom". Ces Dieux ne se retrouvent dans 
aucune autre liste ; ce sont peut-être les Tusitakâyika. 

AITEN ppj^fô, td. Gog. vm éd. cor. [ = ix éd. 
ch.] shingaku £;ffJ§| "débutant dans l'étude" ou 
Jshimpocchi gîftjj^ "néophyte", à l'occasion d'un 
passage du Vimalakîrtinirdesasûtra td. par Shiken 



SCWt T. 474 1, où le mot se présente avec trois 
variantes : aiten PRÎ^fô, aigyô pl%ff, a ig° WJWR* 
Les versions parallèles T. 475 1 et 476 11 portent 
toutes les deux shingaku. M. Ogiwara Unrai $cl^ 
§^Ç nous suggère la correction aikatsu Pnlî&fiîï qui 
correspondrait au sk. âdikarmika = Mvy. 387 tib. las 
dan po, ch. shogaku ^J^ "débutant dans l'étude", 
et Mvy. 9242 td. analogues. 

AIZAITEN *gfà%, "dieu aimant la richesse". 
Nom d'une étoile qui préside à la richesse, rangée 
parmi les sept Luminaires, où elle est désignée comme 
"l'étoile du loup avide" tonrôsei £|&J&. Elle est 
placée dans le Plan de Matrice au Nord de la Cour 
de Diamant extérieure Tmds. vu. 

AIZEMMYÔO ^IfcBJÏ, Roi de Science d'At- 
traction =sk. Râgavidyârâja ; autres noms Ragaraja 
|&Mffl = sk. Râgarâja, Makaraga Jf fnT|if$ = Ma- 
hârâga, Bakuwakurarajahitsuriya ff QJUfâSdfrSJS 
= Vajrarâjapriya. — Aperçu. — Aizemmyôô est, comme 
tous les personnages de 
sa classe, les Rois de 
Science (*Myôô, sk. Vi- 
dyârâja), une divinité du 
type ésotérique (sk. 
tantra) qui, pour assurer 
mieux la protection des 
fidèles, prend un aspect 
terrible : les Myôô ont 
pour correspondant, dans 
le panthéon de l'Inde et 
du Tibet, les Bhairava 
"effroyables" et les 
Krodharâja "rois de co- 
lère". Comme eux il a 
trois yeux, plusieurs 
paires de bras, la che- 
velure hérissée, et il est 
susceptible de recevoir 
plusieurs visages. Il 
représente l'Amour, l'a- 
mour sublimé, mais avec un tréfonds d'érotisme 
comme c'est le cas ordinairement dans le Tantra ; 
il a hérité de l'Amour l'arc et la flèche classiques 
(tel l'Eros grec), le croc ou hameçon, et la couleur 
rouge. Mais sa fureur ne se tourne que contre les 
erreurs grossières d'où naît l'amour profane, la 
croyance au Soi et la croyance aux choses. Ses armes 
sont de Diamant (ou de Foudre ; le mot sk. vajra 
a les deux significations), comme c'est aussi le cas 
de ses congénères ; elles sont infrangibles et im- 
maculées. Destructeur des Passions vulgaires, il 
suscite à leur place un Amour plus grand et plus 
fort qu'elles, qui embrasse l'univers d'une ardeur 
égale pour l'amener au salut. — Ses fidèles se récla- 
ment de ce principe : "les Passions, c'est l'Eveil" Ttt, 




Aizemmyôô. 



AIZEMMYÔÔ 



16 



AIZEMMYÔÔ 




Fig. 7. Aizemmyôô bicéphale. 



1911 1, 1716 ix ; cf. Ttt. 1796 x: D'ordinaire on 
enseigne à vaincre l'Attraction par la Non- Attrac- 
tion ; mais maintenant j'enseigne à la vaincre par la 

plus grande Attrac- 
tion. — Sa Concen- 
tration est dite 
meonzôsammai J^ 
m^m" Concen- 
tration de l'organe 
secret, caché com- 
me chez le cheval" 
(meonzô est un des 
32 Caractères du 
Grand Mâle, sk. 
kosâpagatavastigu- 
hya, cf. *Sô fë) : 
c'est en entrant 
dans cette Concen- 
tration que Vairo- 
cana enseigne la Formule de Aizemmyôô T. 867 
(2 e chap., intitulé Esprit du Roi Aizen) ; cm. Ysks. 
I l'appelle aussi jogaishôjô $fc z iïiffifê. "Extase où est 
éliminée l'Obstruction (des Passions)" : les Passions 
sont manifestées par l'Erreur et éliminées pai 
l'Eveil, de même que l'organe du cheval apparaît 
au moment du rut et se cache aussitôt après ; 
d'après le même cm. certains textes interprétaient le 
mot râga par onzô 
f^lÊ "organe 
secret caché". 
Hmjr. 6 fait al- 
lusion à des in- 
terprétations ob- 
scènes qui eurent 
cours dans l'Es, 
j ap . , notamment 
dans la branche 
Tachikawa j£JI| 
$ft ; Aizemmyôô 
est aussi la divi- 
nité principale de 
la branche Ono 
/MFfà. On le 
considère comme 
une "transfor- 
mation" soit de 
Vairocana, soit 
du Bs. de Dia- 
mant d'Amour, 
*Aikongô, soit 
enfin de l'ensem- 
ble des 4 Bs. de Diamant qui entourent le B. 
Aksobhya dans la Roue de l'Est du Plan de Dia- 
mant : Etre, Roi, Amour, Joie (cf. *Ashuku) .—Nom 
es.: Riaikongô f|fëgfèKJ!| "Diamant détaché de 
l'Amour". — Germe: hûm. — Formule T. 867: Om 
mahârâgavajrosnîsavajrasattva jah hûm varh hoh. — 




Fig. 8. Tenkyûaizen. 



Formes de Convention: le croc à cinq pointes (pour 
pêcher les Etres), la coiffure de lion (symbole de 
courroux), l'arc et la flèche (dont le contact sym- 
bolise l'Amour Ysks. 1, ou qui représentent encore 
la Concentration et la Sapience, au moyen desquelles 
on tire sur la fausse Vue du Soi dans l'individu et 
dans les Essences). — Sceau: T. 867 Les médius sont 
dressés l'un contre l'autre, les autres doigts sont 
entrecroisés et repliés à l'intérieur des paumes. — 
Iconographie. — La forme ordinaire à une tête et six 
bras est décrite T. 867 (5 e chap.) : "Son corps a la 
couleur des rayons du soleil ; il se tient dans une 
Roue ardente, et de ses trois yeux regarde avec 
colère. Il a une coiffure de lion, surmontée d'un 
croc à cinq pointes ; sa chevelure hérissée lui 
donne un aspect irrité, et de sa tête pendent des 
guirlandes de cinq couleurs. Des écharpes divines 
couvrent ses oreilles. Dans la main gauche supé- 
rieure il tient une clochette d'or, dans la droite un 
Diamant à cinq pointes; son Attitude est celle d'un 
Etre maintenant le Plan des Etres. Dans la main 
gauche du milieu il tient 
un arc de Diamant, dans 
la droite une flèche de 
Diamant, comme s'il 
décochait de la lumière 
d'étoile pour créer l'Es- 
sence de la grande At- 
traction. La main gauche 
inférieure tient "cela" 
(un objet dont le choix 
est laissé aux fidèles : 
Joyau, corps humain, 
tête humaine, sac, etc. ; 
en général c'est le Joyau ; 
cf. Kkzs. v qui donne 
plusieurs images ne va- 
riant que par l'attribut 
tenu dans cette main), 
et la droite un lotus. . . 
Il est assis les jambes 
croisées sur un lotus 
rouge placé sur un vase 
précieux, des bords 
duquel s'échappent des 
Joyaux." — On trouve 
également une représen- 
tation bicéphale à deux ou huit bras : les deux têtes 
représenteraient respectivement Aizen Jclfë e * 
Zeiiai |fe^, ces deux noms étant mentionnés T. 
867 ; on interprète Zen comme l'aspect masculin de 
Aizen et Ai comme son aspect féminin, oar l'homme 
éprouve de l'Attraction (zen) pour la femme, mais 
la femme aime (ai) l'homme. — Une autre forme, dite 
de l'arc céleste Tenkyûaizen X^M^c» encoche une 
flèche vers le ciel. Une forme tricéphale tenant un 
arc bandé, et placée sur un lion, aurait été introduite 




9. Aizemmyôô tricéphale. 



PLANCHE I 




AIZEMMYOO. 

Peinture attnbure à Kose Aimi lîffttIM. (début du X e siècle). 
Gokokuin ilSWBi;, Ueno, Tokyo. 



AIZEMMYÔO 



17 



AJARI 



de Chine au Japon par Chishô Daishi *$&.%$$ au 
IX e siècle. — Aizemmyôôhô SJIfèBÉJIEfé;, cérémonie es. 
dans laquelle Aizemmyôô joue le rôle de divinité 
principale. Son image rouge est placée sur une 
estrade rouge et les officiants sont vêtus de rouge. 
Cette cérémonie, décrite T. 867 et Tt. 1132, peut 
s'accomplir d'après ces textes en vue des cinq 
objets suivants : (1) senchika J^jg^S = sk. sântika 
"Apaisement" (du mal), (2) fushutchika ^j^^jSn = 
sk. paustika "Accroissement" (du bien), (3) bakushi- 
karana |$f#o$!!!ifM£ =s k- vasîkarana "Ensorcellement" 
(4) gataya $[)^ = sk. ?, (5) *abisaroka ffl&fflfe 
jjp = sk. abhicaruka (ou °câruka) "Exorcisme" (cf. 
*Goma). Au xi e siècle Jôson fSL^l, fondateur de 
l'école Ono, l'accomplit au palais impérial du Japon. 
— Aizemmandara ^t$i§kMMi> Cercle de Aizemmyôô. 
Il en existe une variété à 37 personnages, qui se 
rattacherait à la tradition de T. 867, mais la forme 
la plus connue est celle de Tt. 1132 qui comprend 
les 17 personnages suivants: — au centre Aizem- 
myôô, dont ici le Germe est om ; — à ses côtés quatre 
Etres de Diamant : Ishô M&. "né du Mental" (sk. 
Manoja), Keirikira ffMtëlifè^sk. Kelikila, Airaku 
5£$â "joie d'amour" (sk. Râgavajra Hmjr. 11), Iki 
MM. "souffle du Mental", qui ont respectivement 
pour Germes ma,hâ,su,kha ; — aux angles les person- 
nages féminins correspondant aux quatre précédents ; 
leurs noms sont les mêmes, mais leurs Germes 
diffèrent : va, jra, sat, tva ; — sur les côtés de l'encadre- 
ment quatre Bs. : Formel, G. jah; Son, G. hûm; 
Odeur, G. vam ; Saveur, G. hoh ; — aux angles 
quatre Bs. des Saisons : Printemps, G. su ; Pluie, 
G. ra ; Automne, G. ta ; Hiver, G. sattvarh. Les 
Germes forment ainsi la Formule suivante : Om 
mahâsukhavajrasattva jah hûm vam hoh suratasat- 
tvam. Des spécimens de ce Cercle sont conservés 
au Japon, notamment au Taizanji ^[il^f en 
Harima et au Zuishihin H|pil>$c en Yamashiro. — 
Cf. *Aikongô. 

AJARI |5nJH9!^ = sk. âcârya, p. âcariya ; tib. slob 
dpon. — Maître. — Autres te. ajari psjfljfÊÎ, ashari |îpJ 
$l%k, ashiri [fôjjji&flj, |5njjftg^ (anc. éc.) ; ashariya 

mmw$, nmmv, pvmnm (no UV . é C .) ; jan m 

gl (abr.).— Td. kyôju ficig "professeur" Skk. VII, 
ôkuyô Ultft'fil "digne d'être servi" ib., ôkagyô H$£pJ 
ff "dont la conduite est digne d'être imitée" ib., 
shôgyô jE^T "conduite correcte" ib. et Ssk. VII, Tt. 
1660, Ttt. 2060 11, chiken ^SÊ "sage"Ttt. 2060 il, 
denju fj£iS "qui transmet" ib., kihan $Jtfg "mo- 
dèle" Skk. vu, Ssk. vu, Ttt. 2125 Vil. Cette 
dernière td. est celle de la "nouvelle école". — Origine 
de l'institution dans le bouddhisme. — T. 1428 
xxxiv En ce temps, les Moines mendiants récem- 
ment ordonnés n'avaient personne pour les ins- 
truire après la mort de leurs Professeurs. Ne 
recevant pas d'enseignement, ils négligeaient leurs 



Attitudes, manquaient d'ordre dans leurs vêtements, 
ne mendiaient pas selon la règle, recevaient souvent 
de la nourriture impure ou dans des bols impurs, et 
poussaient des cris bruyants lors des grands et des 
petits repas, comme les brahmanes dans leurs réu- 
nions. Alors les Moines mendiants allèrent rapporter 
cela au Bhagavat, qui dit : J'autorise dorénavant 
l'institution de Maîtres et de Disciples ; qu'ils se 
considèrent comme pères et fils, et s'assurent mu- 
tuellement enseignement et service. — Cinq sortes : T. 
1421 xvi Le B. dit : Il y a cinq sortes de Maîtres : 
(1) Shukkeajari ffi^H^âï (Maître pour sortir de la 
maison) ; c'est le Maître qui convertit et ordonne les 
Novices. (2) Kyôjuajari tfefêH^l^ (Maître en- 
seignant) ; c'est le Maître qui enseigne la règle des 
Attitudes à observer lors de la réception des Défenses 
complètes. (3) Kommaajari ^|^H^^ (Maître 
d'Actes ; sk. karmâcârya) ; c'est le Maître qui ac- 
complit les Actes [prescrits] lors de la réception des 
Défenses complètes. (4) Jukyôajari igM|SIg]£* (Maî- 
tre enseignant les sûtra ; sk. pâthâcârya) ; c'est le 
Maître qui a enseigné, ne fût-ce qu'un seul jour, à 
réciter les sûtra. (5) Eshiajari 'KÏiPSjffl^ (Maître 
auprès duquel on réside) ; c'est le Maître auprès 
duquel on habite dans le même logis. — Autre classifi- 
cation, de cinq, Eog. il : (1) Maître d'Actes (Komma 
99J§) ; (2) Maître d'Attitudes (Igi tfftfc) I (3) Maître 
auprès duquel on réside (Eshi j£jt) ; Maître en- 
seignant les sûtra (Jukyô $£%£) ; (5) Maître des dix 
Défenses (Jukkai +$). Cf. Mvy. 8728-8732 : (1) sk. 
âcârya, tib. slob dpon ; (2) sk. karmakâraka, tib. las 
byed; (3) sk. raho'nusâsaka, tib. gsan steston; (4) 
sk. nisrayadâyaka, tib. gnas byin ; (5) sk. pâthâcârya, 
tib. klog pa'i slob dpon. — Six sortes, Sgs. m : (1) 
Maître de tonsure (Teihatsu $lj§l) î (2) Maître pour 
sortir de la maison (Shukke ffi^O ; (3) Maître en- 
seignant les sûtra (Jukyô $&M) ; (4) Maître enseignant 
(Kyôju gcjg) ; (5) Maître d'Actes (Komma J$£$) ; 
(6) Maître auprès duquel on réside (Eshi $cjfc.)- — 
Kunjijari ^J$^M, Maître de Kundî, terme qui 
désigne dans l'es, le Maître d'Onction (l'Onction se 
faisant avec le vase kundî). — Es. — Treize Vertus 
des Maîtres d'après la secte Shingon : T. 848 I Les 
Maîtres es Cercles du premier degré doivent (1) 
avoir produit l'Esprit d'Eveil, (2) posséder Sapience 
et Compassion, (3) être experts dans tous les arts, 
(4) bien pratiquer la Perfection de Sapience, (5) 
comprendre à fond le Véhicule triple, (6) bien ex- 
pliquer le Sens réel des Formules, (7) connaître l'Es- 
prit de tous les Etres, (8) avoir Foi en tous les B. et 
Bs., (9) avoir obtenu l'Onction et autres habilitations 
à transmettre la doctrine, et posséder l'intelligence 
subtile des dessins de Cercles, (10) avoir une nature 
douce et détachée du Soi, (11) montrer de la décision 
dans la pratique des Formules, (12) être profondé- 
ment exercés dans l'Application, (13) résider avec 
fermeté dans l'Esprit d'Eveil. Avec de telles Es- 



AJARI 



18 



AKANITA 



sences on est un Maître, objet des louanges des B. 
et des Bs. — Et cm. Ttt. 1796: Celui qu'on appelle 
Maître, c'est un Etre de Diamant, le plus 
élevé parmi les hommes ; il comprend les trois 
Esotériques ; et c'est aussi Vairocana lui-même. — 
Ajariikanjô WMMtÈifflLM, sk - âcâryâbhiseka, Onc- 
tion de Maître, dite aussi Dengyôkanjô 4$fiç$llii, 
Onction de transmission de la doctrine, une des 
cérémonies les plus importantes de la secte Shingon. 
Elle consacre comme Maître celui qui la reçoit, et 
qui doit posséder les treize Vertus. Ttt. 1796 : A droit 
au titre de Maître celui qui connaît à fond tous les 
personnages vénérés, les Formules, les Sceaux, les 
Pratiques d'Inspection et les Atteintes, et qui a reçu 
l'Onction de transmission de la doctrine. — Cf. 
Rituel spécial Tt. 862. — Titres et fonctions des 
Maîtres au Japon. — Actuellement le titre d'Ajari 
(Maître) n'est plus employé au Japon que dans les 
sectes Shingon et Taimitsu (branche es. de la secte 
Tendai). On distinguait naguère trois classes d'Ajari, 
et dans chaque classe des "grands Ajari" et des "Aja- 
ri": (1) Shichikôzahajari -bî^UlpsjÉ^, Maîtres des 
sept hautes montagnes, i.e. Hiei Jfc^, Hira JfcJâ, 
Ibuki #Pft, Atago J£^3 , Kimbu &^, Katsuragi ^ 
:($, Kamine jfâ^. Sur ces montagnes se célébrait 
deux fois par an, au printemps et à l'automne, 
une cérémonie dite "Contrition de Bhaisajyaguru" 
(Yakushikeka ^SÇfe^) où l'on priait pour obtenir 
de bonnes moissons. Les moines nommés par décrets 
impériaux pour cette cérémonie étaient appelés Ajari. 
(2) Dembôajari {$ï£P6lfê;13&, Maîtres transmettant la 
Loi. Titre en usage dans les sectes Shingon et 
Taimitsu. (3) Isshinajari — IH^J^t^, Maîtres à vie. 
Titre des Maîtres d'Onction dans ces mêmes sectes. 
Cette charge peut être remplie par des nobles. — 
Dans le Japon ancien, Ajari fut un titre de fonction 
officielle, reconnu par l'Etat. Cette fonction était 
remplie par des moines appartenant aux sectes 
Shingon ou Taimitsu, et oints par transmission 
secrète. Les premiers décrets impériaux en attestant 
formellement l'institution datent de 876, mais le 
titre officiel d'Ajari est mentionné dès 836. 

AJUNNA p9fig|!, ou anjunna fâ&ffi, ajana 
WMM> îarajuna R $| $g& irijunna 3||gg M, 
ashûdana PfMffcffi^sk. arjuna, p. ajj°. Nom 
d'arbre, Terminalia Arjuna P.W. Le fameux Nâgâr- 
juna était, disait-on, né sous cet arbre Tt. 2047 et 
2058. Ttt. 1824 I td. ririju U^fâ. 

ÎAKA MfB, ou JSflJn. &&, FffR»*sk. argha, 
arghya ; p. agghiya ; tib. mchod yon "hommage 
méritoire" ; ch. kudoku Xj]^ "Mérite", kudokusui 
ïJJWjK "eau de Mérite" Mvy. 4352.— Eau liturgique. 
— Le terme sk., qui signifie au propre "valeur, hon- 
neur, honorable", a été appliqué dans l'Inde à 
l'accueil de l'hôte, et plus particulièrement à l'eau 




du bain de pieds qu'on présentait à 
l'hôte dès son arrivée. Les textes ch. 
définissent aka comme l'Eau liturgique 
T. 893 m, T. 1101, Ttt. 2131 vu, ou 
souvent comme le vase qui la contient 
Fig. 10. Akaki. Ttt. 2128 x, 2129 V, ou même comme 
un récipient en général (baignoire, etc.) Ttt. 2035 
xliii. L'Eau liturgique est parfumée avec des fleurs 
Ttt. 1796 xi. Au Japon, ce terme introduit par la 
secte Shingon est entré dans l'usage courant pour 
désigner l'Eau liturgique. — Akaki P^flMH, vase con- 
tenant de l'Eau liturgique, une des trois sortes de 
vases employés dans le rituel es. ; les autres con- 
tiennent de la poudre d'encens et des fleurs. 

JAKADA HME, ou agetsuda (TOPE, ageida 
W^PS, ou T. 474 m akonda PnJit'P'tï^sk. P- a S ada 
"remède". Ttt. 2128 xxi et xxv, qui donne l'étymo- 
logie exacte : non-maladie, y ajoute des interpréta- 
tions de fantaisie : â "étendu, tout" + gâta "partir", 
c.-à-d. que toutes les maladies disparaissent, ou 
encore agada "sans prix". Ib. xxvi td. fushiyaku 
<&JE$è "remède d'immortalité". Eog. n td. mubyô 
jfcfrt "sans maladie". Gog. xxiv td. ganyaku &%& 
"pilule". Le mot paraît, affecté d'une valeur mys- 
tique, dans le titre de plusieurs sections de T. 1092 
(xxxm, xliii, xlv, lv, lxiii). L'agada sert de com- 
paraison dans divers sûtra pour exalter la parole du 
B. qui guérit de toutes les Passions T. 279 xm 
et passim, 376 vi, etc. Au Japon, la secte Jôdo le 
compare avec le Nembutsu ^'ffj Shns. — Ttt. 2125 
III (td. Takakusu 127): Agada est la 5 e section de 
la science médicale (Ayurveda), qui traite des 
antidotes. 

AKANITA mmfflft, WMÙït, &&*$£, ou 
akanishitta |55ï$!lJÊI£lFC, akanishata JEfiSB/Ëi^Iλ aka- 
nishita pïj|S/ES?fl : E> etc. = sk. akanistha, p. akanittha ; 
Mvy. 3106 tib. 'og min "pas inférieur", ch. hige 
^£T\ id. — Dieux qui habitent le 18 e et dernier ciel 
du Plan du Formel, d'où l'interprétation donnée à 
leur nom : ils ne sont inférieurs à aucune autre 
classe dans leur Plan. Le sk. a une autre désignation 
aghanistha Mvy. 3107 (tib. gzugs mtha' "limite du 
Formel", ch. shikikukyô fe-JujË "aboutissement du 
Formel"; cf. Tt. 1558 xi = K. Lav. ni, 168) qui 
s'applique aux mêmes Dieux. Quoique les te. ch. 
reposent toutes sur akanistha, Eog. I et Ttt. 21 31 
iv donnent le sens correspondant à sk. aghanistha : 
shikikukyô. Mais Eog. ib. a aussi l'interprétation : a 
"pas" +kanistha"leplus petit", parce que ce ciel est 
le plus grand du Plan du Formel. Tt. 1558 xi ( = K. 
Lav. in, 174) : ils ont une taille de 16.000 Lieues, une 
vie de 16.000 Périodes. — Pour le terme aga I^T^ÏÎ === 
sk. agha (sup. aghanistha), cf. Tt. 1558 i( = K. Lav. 
I, 50) qui cite deux interprétations du mot agha : 
"heurt excessif" (a = atyartham) c.-à-d. le Formel 



AKANITA 



19 



AKU 



massif, ou "exempt de heurt" (a privatif) c.-à-d. le 
vide. 

tAKARAKA MMMiM^^k. Angaraka, Mvy. 
3179 tib. mig dmar "œil rouge", ch. kasei i^M." 
étoile du feu". Autre td. kayô ^C^|. La planète 
Mars, régent du troisième jour de la semaine. Dans 
l'Es, il est placé au Sud de la Cour extérieure de 
la section de Diamant du Plan de Matrice. Hizk. : 
Il est blanc et tient une lance. Mais cf. Bzze. m où 
son aspect est tout différent. 

JAKARO ppff&DPi, ou agarô HiM, akugeiro /g 
JSflf§» etc. = sk. agaru, aguru ; p. agaru, agalu, akalu ; 
tib. agaru : Amyris Agallocha P.W. (?), Aquilaria 
(?), "bois d'aloès", "bois d'aigle". Td. jinkô fcfrg, 
jinsuikô tt;K§ "parfum qui plonge au fond de 
l'eau" (c.-à-d. bois dont le "cœur" est lourd et 
parfumé) T. 665 vu etc., ou mikkô 3f£|f (Tt. 1509 
cité Ttt. 2131 vin) "parfum de miel". Ttt. 2122 
'Xxxvi cite un ouvrage où l 'agaru est décrit comme 
un produit des pays qui forment aujourd'hui 
l'Annam ; pour d'autres textes non bouddhiques, 
qui tous indiquent la même provenance, cf. Bdji. 
2824. Le Nihonshoki B^^liE, rapporte que des 
pêcheurs en recueillirent dans la mer et en firent 
hommage à la cour du Japon en 595. 

AKASHA PRl$n^ = sk. âkâsa, td. *kokû gj^ 
"Espace" Ttt. 1796 xm. 

JAKATA pijîtg^, ou PnlJlg^ id. [prononciation 
traditionnelle : la prononc. normale serait agetta] = sk. 
Agastya. Nom d'un Roi d'éclair T. 665 vu (à l'Est) ; 
d'une étoile T. 374 xm ( = Canopus ; elle guérit des 
morsures des serpents et des Mâra ; cm. Ttt. 1767 : 
cette étoile paraît au 8 e mois) ; d'un Voyant qui 
pendant douze ans intercepta le cours du Gange en 
le faisant couler dans son oreille T. 374 xxxix. Le 
miracle de la mer avalée, qui est le miracle classique 
d'Agastya, est dans ce dernier texte attribué au 
Voyant Ginu ^|g, td. Ttt. 2128 xxvi Shôsen §£{|I| 
"Voyant victorieux", sk. Jisnu. Mvy. 3457 donne 
le nom du Voyant sous la forme Agasti et td. sanso 
lllJH "rat des montagnes", tib. ri byi, même sens. 

AKAUN piJîift, te. du nom d'un Bs.— Td. Ya- 
kuô §j|3î "roi des remèdes", sk. Bhaisajyarâja. — 
Cette te. ne paraît que dans Ttt. 2131 II, citant T. 
1161 où le mot ne se retrouve pas. Mais T. 278 v 
mentionne Daiyakuô X$fè~£. et la td. parallèle T. 
279 xm porte au même endroit la te. *akada Pnf{UllI?ti 
(q.v.) — sk. agada ; il faut donc sans doute corriger 
akaun en akadon |5pJ$D3| = sk. agadarh. 



AKENTA Hii^=sk. p. âgantuka "qui sur- 
vient, accidentel" ; Mvy. 6937 : tib. (1) glo bur du 



'ons "venu soudainement", (2) glo skyes "sou- 
dainement produit", (3) thor bu "dispersé"; ch. 
(1) rai 2fc "venu", (2) shô £ "né", (3) san |fc "dis- 
persé", (4) gûrai f$2fS "venu soudainement", (5) 
shôshin £<£» "Esprit produit" ; et Mvy. 8746: tib. 
blo bur du 'oris "venu soudain", ch. kakusô ^êrffr 
"moine visiteur". Tt. 1462 vi, qui donne la te. ch., 
td. kakubiku ^Jfclc. "moine visiteur". La variété 
des td. s'explique par la diversité d'emploi du mot. 
Dans la vie conventuelle, il désigne le moine de 
passage dans un monastère ; dans la philosophie, il 
s'applique aux Passions considérées comme des 
visiteurs dont le passage trouble la paix de l'Esprit. 
Pour ce dernier sens, cf. *Kakujin. 

AKEIRA Hgg^ = sk.Angiras. Nom d'un Voyant 
Tt. 852 11. Le B. est désigné comme Ângirasa, Mvy. 
77 tib. ni ma'i rgyud "lignée du soleil", ch. nichi- 
zokukei j§|^ id. ou nichizoku $£ "race du soleil" 
(cf. l'appellation Âdityabandhu donnée au B.). — 




Akeira (A Agiras). 



Dans l'Es, il figure au Sud de la Cour extérieure de 
la Section de Diamant du Plan de Matrice, parmi les 
assistants d'Agni (*Katen) ; il est de couleur rouge 
et tient un lotus surmonté d'un flacon, Hizk. 

AKU £g "mal", syn. fuzen ^§| "pas bon"; sk. 
papa, pâpaka, akusala (p. akusala ; te. akotsushira 
P»J££ift Keds., akusatsuna MW$ Ttt. 1830 iv, 
akusetsura /g$l]|j£ Tt. 1821 v) ; tib. mi dge "pas 
bon", sdig "péché". — Mal ; péché. — Aperçu. — 
La notion du mal se transforme sans cesse au 
cours du développement du bouddhisme. Elle est, 
au début, une notion de l'ordre de la discipline, 
tant que l'église consiste surtout en une communauté 
de moines ; le mal est alors un péché (sk. avadya, p. 
avajja=lat. infandum ; tib. kha na ma tho, inter- 
prété par "ce qui n'est pas sorti de la bouche"=ce 
qui n'est pas confessé ; ch. kashaku PHff^ "blâmé"), 



AKU 

étroitement lié à la confession qui le répare ; c'est 
contrevenir à la loi telle que le B. l'a prêchée, et cette 
loi est un code monastique. La règle, c'est de résister 
à l'entraînement aux Actes ; les dix Péchés Majeurs 
(inf. Jûaku) sont des manquements à des Défenses. 
Le saint, autrement dit le disciple, tend à atteindre 
au plus tôt le stage de l'Arhat qui est une sorte de 
réduction du Nirvana, et où cesse toute activité. 
La souillure qu'il faut rejeter, ce sont les Passions, 
c'est la vie de sentiment. Avec le G.V., le boud- 
dhisme accepte résolument l'action qu'il sanctifie ; 
l'obstacle que le saint, le Bs., doit surmonter est 
l'ignorance ou la fausse science, car le B. est l'Omni- 
scient ; désormais orientée vers les perspectives de 
l'avenir, la doctrine étudie le mal moins dans ses 
origines passées, comme faisait le P.V., que dans ses 
conséquences ultérieures à travers l'infini des exis- 
tences. — Pour les péchés contre la discipline, on en 
trouvera le détail dans des articles spéciaux, sous 
les rubriques où le Vinaya les a classés. — Pour les 
Âgama, il suffira de citer un texte capital qui ouvre 
la collection de l'Ekottara T. 125 1 : En présence de 
tous les Dieux et de tous les grands saints, Ânanda 
communique à Mahâkâsyapa l'essence de la doctrine 
résumée en une stance : "Ne pas faire le mal, se 
consacrer au bien, nettoyer son Esprit, c'est la 
doctrine des B." Cette stance a été insérée dans la 
collection du Dhammapada (p., vers 183) ; elle est 
récitée régulièrement dans l'Introduction de chacun 
des Prâtimoksa, comme le résumé de la doctrine 
prêchée par le B. Kâsyapa, le prédécesseur direct de 
Sâkyamuni (cf. Shichibutsutsûkàige, s.v. *Butsu). — 
Dans la philosophie du bouddhisme dès les Âgama, 
le mal est une des trois catégories entre lesquelles on 
répartit les Essences, les deux autres étant le bien 
(sk. kusala ; cf. *Zen f|) et l'Indéfini (sk. avyâkrta ; 
cf. *Muki 4ffifE). Dans la série des Actes, le mal est 
classé comme "Noir" par opposition avec le bien, qui 
est "Blanc", et avec l'Indéfini, qui n'est "ni Blanc 
ni Noir"; cf. *Gô ^.—Définition — Il est difficile 
d'extraire de la littérature canonique une définition 
parfaitement satisfaisante du mal ; le génie hindou 
procède plus volontiers par énumérations et clas- 
sifications. Il suffira de citer ici une définition qui 
se retrouve presque identique dans deux des ouvrages 
classiques de l'Abhidharma, la Mahâvibhâsâ Tt. 
1545 li (qui consacre cinq chapitres cxii-cxvi à la 
question du Mal) et l'Abhidharmakosa Tt. 1558 
xv, d'une part à propos des Essences, d'autre part à 
propos des Actes : "Le Mal, c'est ce qui n'implique 
pas la sécurité durable, et qui amène des fruits 
désagréables." — Goaku £1, les cinq Péchés 
Capitaux, sont les infractions aux cinq Défenses, 
savoir: Meurtre, Vol, Luxure, Mensonge, Usage 
de l'alcool (cf. *Kai }j|) ; le Sukhâvatîvyûha contient 
un morceau célèbre sur les cinq Péchés Capitaux 
et les cinq bonnes observances correspondantes, 



20 AKU 



morceau qui paraît seulement dans trois des cinq td., 
T. 360, 361, 362, et qui manque à l'original sk. Il 
faut les distinguer des Gogyaku Sjjfr Péchés de 
Damnation-immédiate (sk. ânantarya) : tuer sa mère, 
un Arhat, son père, diviser la communauté, provo- 
quer (une effusion de) sang du Tg. avec une pensée 
de haine, doublés eux-mêmes des cinq péchés dits 
"analogues" (cf. *Gyaku). — Jûaku •j'M, les dix 
Péchés Majeurs (souvent associés aux Gogyaku dans 
l'expression Akugyaku MiÊ> et souvent désignés 
comme les dix voies d'Acte mauvaises, Jûakugôdô 
"h^^JÎË. sk. akusalakarmapatha), sk. dasa akusa- 
lâni, p. dasa akusalâni, tib. mi dge bcu : (1) sesshô 
!$*£ (nouv. éc. : danshômyô j^^Ë^p), sk. prânâti- 
pâta ; p. pânât° ; tib. srog gcod : Meurtre (litt. 
destruction de la vie) ; (2) chûtô {gif^t (n. éc. fuyoshu 
^>J$tplîsO> sk. p. adattâdâna ; tib. ma byin pa len : 
Vol (litt. prendre ce qui n'est pas donné) ; (3) jain 
JfPfêr (n. éc. yokujagyô ^fàfl^T), sk. kâmamithyâcâra ; 
p. k°micchâ° ; tib. 'dod pas log par gyem : Luxure 
(litt. perversion libidineuse) ; (4) môgo ^1§ (n. éc. 
koôgo HSIf-Èln)» sk. mrsâvâda ; p. musâ° ; tib. rjun 
du smra: Mensonge ; (5) akku ^P (n. éc. soakugo 
H«§wîî)> sk. pârusya ; p. pharusavâcâ ; tib. chig 
rcub mo smra : Grossièreté de langage ; (6) ryôzetsu 
^ï£ (n. éc. rikango Pffaîln), sk. paisunya ; p. 
pisunavâcâ ; tib. phra mar smra : Calomnie ; (7) 
kigo $ntg (n. éc. zôego $&WM)> sk. sambhinna- 
pralâpa ; p. s°ppalâpa ; tib. chig bkyal : Verbiage ; 
(8) tonyoku ^gfc (n. éc. ton f£), sk. abhidhyâ ; 
p. abhijjhâ ; tib. brnab sems : Cupidité ; (9) shinni 
%MiËi ( n - éc. shin @j|), sk. p. vyâpâda ; tib. gnod 
sems: Malveillance; (10) jaken JfPliL ( n - éc. id.), 
sk. mithyâdrsti ; p. micchâditthi ; tib. log par lta : 
Vue perverse. — Ces dix péchés se répartissent en 
trois catégories : les trois premiers sont du domaine 
du corps (shinakugyô fyjfèff, sk. kâyaduscarita, tib. 
lus kyi nés par spyod) ; les quatre suivants sont du 
domaine de la parole (goakugyô Hf^fx» sk. vâg°, tib. 
nag gi . . . ) ; les trois derniers sont du domaine du 
Mental (iakugyô iiJMfr, sk. mano°, tib. yid kyi. . .). 
Réf. p. ex. Âgama T. 1 ix et 125 xliii ; — T. 727 (texte 
spécial, attribué à Asvaghosa) ; — Abhidharma: Tt. 
1558 xvi ( = K. Lav. iv, 137 sq.), 1646 vin (chapitre 
entier) ; 1552 IV ; 1562 xlii. — Pour la casuistique 
de l'acte qui constitue le péché, cf. *Gô |j^ "Acte" : 
la casuistique du péché a naturellement exercé le 
zèle pieux des commentateurs ; l'analyse de chaque 
péché dans les Vinaya constitue un parfait modèle 
du genre. Pour l'Abhidharma, on se contentera de 
renvoyer p. ex. à la Mahâvibhâsâ Tt. 1545 qui a 
plusieurs chapitres, cxvm-cxxi, sur le péché de 
Meurtre, à Tt. 1509 xm qui établit dix catégories 
de péchés de Mensonge, à Tt. 1579 Lix qui établit 
sept rubriques de Verbiage ; et pour les sûtra du 
G.V., à T. 279 xxxv qui distingue dix-sept variétés 
de Grossièreté de langage. — Les dix Péchés Majeurs 



AKU : 

sont mis en relation, dans l'école du Kosa, avec les 
trois Passions fondamentales, désignées comme les 
"trois poisons", sandoku H$, ou "les trois racines", 
sankon HfJI (cf. *Bonnô) : Meurtre, Grossièreté de 
langage et Malveillance sont accomplis sous l'influ- 
ence de la Haine ; Luxure, Cupidité, Vol, sous celle 
de l'Attraction ; Vue perverse, sous celle de l'Erreur ; 
Tt. 1558 xvi, et cf. Tt. 1606 vu. — Ils sont également 
mis en rapport avec les trois mauvaises Destinations: 
Enfer, Animal, Trépassé, mais sans aucune précision 
dans la répartition ; c'est ce qui est appelé sam- 
bonjûaku Hpo"f*M "l es dix péchés en trois caté- 
gories" Tt. 1509 xcm et xcvi ; Ttt. 191 1 1 c. — La 
question n'a pas manqué d'être soulevée de savoir 
si les animaux p. ex. sont susceptibles de commettre 
des péchés de Damnation-immédiate ; certains 
docteurs le niaient, mais d'autres (p. ex. Tt. 1545 
cxix.) admettaient que les animaux à l'intelligence 
éveillée, tel le cheval âjâneya, pouvaient encourir 
la damnation (Tt. i558xvn = K. Lav. iv, 205). — T. 
] 821 11 donne une liste particulière des dix péchés les 
plus graves : (1) Meurtre : tuer son père qui est B.- 
pour-soi (cf. le cas analogue de Rudrâyana, Arhat, 
tué par son fils Tt. 1558 xvm = K. Lav. iv, 215) ; 
(2) Vol : s'emparer des biens appartenant aux Trois 
Joyaux (cf. ib. xvi = K. Lav. IV, 156) ; (3) Luxure : 
souiller sa mère, nonne et Arhatî (cf. ib. xvm = K. 
Lav. iv, 219) ; (4) Mensonge : imputer à un Tg. des 
méfaits fictifs ; (5) Calomnie : médire des saints, des 
sages et des moines ; (6) Grossièreté de langage : 
injurier un saint ; (7) Verbiage : troubler par des 
discours la recherche de la Loi ; (8) Malveillance : 
tuer sa mère ; (9) Cupidité : convoiter les biens d'un 
homme pieux ; (10) Vue perverse : Vue de l'un ou 
l'autre des deux Extrêmes. — Dans la série des dix 
Péchés Majeurs, on a encore tenté d'introduire une 
hiérarchie de gravité. Déjà le B. avait enseigné ex- 
pressément, à l'encontre de la doctrine des Jaina, 
que parmi les trois catégories de péché : du corps, 
de la parole, du Mental, le péché Mental est le 
plus grave de tous (T. 26 xxxn ; cf. Tt. 1558 xvm = 
K. Lav. iv, 218; aussi Tt. 1509 lxxxiv) ; d'autre 
part, le mensonge en vue du schisme, qui combine 
un des cinq Péchés Capitaux avec un des cinq de 
Damnation-immédiate, est considéré aussi comme le 
plus grave des péchés ; ou bien encore c'est la Vue 
perverse (Tt. 1558 xvm = K. Lav. iv, 218) : celle-ci 
en effet seule peut rompre les racines de bien (ib. 
xvn = K. Lav. iv, 170), en niant la Cause et le Fruit ; 
— ailleurs encore (T. 821 11), c'est le Meurtre et la 
Vue perverse ; ou c'est le Meurtre seul (Tt. 1509 xm, 
p. 155 inf. col. 2-3). — Inversement, l'usage de l'alcool 
est tenu pour le plus léger des Péchés Majeurs, parce 
qu'il n'implique pas de dommage pour autrui Tt. 
1509 xcn ; mais sur ce point les discussions avaient 
été très vives entre l'école de l'Abhidharma et celle 
du Vinaya qui voulait maintenir la proscription de 



AKU 

l'alcool dans toute sa rigueur (Tt. 1558 xiv = K. 
Lav. iv, 83). — La secte Tendai s'est particulièrement 
appliquée à établir la hiérarchie des péchés, en se 
fondant sur les textes précités du Daichidoron (Tt. 
1509 xm) et du Nyoraimitsuzôkyô (T. 821 il) : elle 
les divise en trois catégories selon la force de la pensée 
au moment du péché, l'objet du péché, l'existence et 
la promptitude du remords. Cf. Ttt. 1912 1 e; Tss. 
1. — La secte Vijnaptimâtra Tt. 1579 lx détermine la 
gravité des péchés au point de vue de cinq Facteurs : 
plaisir mental, moyens, manquer l'occasion de ré- 
parer, opinions fausses, circonstances. — Sans entrer 
ici dans la doctrine de la rétribution qui sera exposée 
à propos de l'Acte (*Gô), on indiquera seulement la 
rétribution (de Coulée) des dix Péchés Majeurs avec 
les divergences de trois des textes principaux : 
Âgama : Ekottara (e) T. 125 xliii ; Sarhyukta (s) 
T. 99 xxxvii ; et Abhidharma : Kosa (k) Tt. 1558 
xvii ( = K. Lav. iv, 186) identique sur ce point à 
Tt. 1562 xn et 1563 xxni : Meurtre-— vie brève ; 
Vol— pauvreté ; Luxure— épouse infidèle ; Mensonge 
—objet de calomnie (s et k) ou— haleine fétide 
(e) ; Verbiage— parole sans créance (s et k) ou— 
terrain inégal (e ; mais cf. la rétribution de Régence 
dans k :— saisons bouleversées) ; Calomnie-— les amis 
deviennent des ennemis (s et k), ou— ronces dans le 
terrain (e ; mais cf. sup.) ; Grossièreté de langage— 
entendre des propos désagréables ; Cupidité— accrois- 
sement de Cupidité (s et k), ou-— moissons pauvres 
(e ; cf. sup.) ; Malveillance— accroissement de Mal- 
veillance (s et k), ou-— beaucoup d'objets malpropres 
(e) ; Vue perverse— accroissement d'ignorance (s et 
k) ou-— huit grands Enfers (e). — Liste analogue, plus 
développée, dans T. 279 xxxv. — Enfin Ttt. 2122 a 
un chapitre entier (lxxiii) sur les dix Péchés Majeurs. 
— Termes composés. — Akki M$k> "I e m al comme 
Mobile" (de salut). Doctrine particulièrement en 
honneur dans les sectes Shin (Jôdo) et Shingon, et 
d'après laquelle les plus grands péchés peuvent 
occasionner le salut ; cf. inf. Akuninshôki. Le ré- 
formateur japonais Shinran, fondateur de la secte 
Shin, énumère (Gtks. 1) sept catégories de grands 
pécheurs susceptibles d'être sauvés par la dévotion à 
Amida. — Akkijin ~5&if |, I , > Mauvais démon. Tt. 1668 
ix énumère dix espèces de grands démons qui ont 
51.302 espèces de serviteurs ; leurs noms sont : 
Shabitadai ïliË^fê, Igarashi ffiHNfflïP , Idaigatei 
tf*»fc,Banakenta«gi£, Niraniridai $«£! 
fê, Hannida JŒJEPg, Aami MMffi, Jakyabani Jifè 
^/£, Taataita £|JBl£l^, Taitekiki fêtgfè- La 
plupart de ces noms ont une apparence suspecte ; 
d'ailleurs tout l'ouvrage semble apocryphe. — Akuja 
~JfP "niai et perversité" : les Passions et les Vues 
perverses. Les Passions sont moins graves, mais 
plus difficiles à trancher ; on les compare à des fibres 
de lotus qu'il faut couper. Les Vues, plus redoutables 
puisqu'elles conduisent fatalement aux mauvaises 



AKU 



AKURAKARA 



Destinations, sont d'autre part plus faciles à dé- 
truire ; on les compare à des pierres qu'il faut casser. 
— ~kai ~jfc, sk. duhsîla ; cf. inf. Akuritsugi. — 
~kaku ~%£ "mauvaise pensée", Ttt. 1851 v c ; 
Ttt. 1912 V d. — ~ken ~%., sk. durdrsti "mauvaise 
Vue" ; cf. *Ken H "Vue".—~ninsh6ki ~ÀIEfél> 
"les méchants comme vrai Mobile" du Vœu d'Amida. 
Hônen dit (Shns.) : "C'est pour les pires et les plus 
vils des hommes qu'est énoncée la Loi la meilleure et 
la plus haute." Et Shinran (Tnns.) : "On dit com- 
munément que les méchants peuvent naître dans le 
Paradis, et à plus forte raison les bons. C'est ren- 
verser les termes, faute de comprendre la puissance 
du Vœu qui est de sauver les Etres par sa seule 
force ; il faut dire : Les bons peuvent naître dans le 
Paradis, et à plus forte raison les méchants." — 
~ritsugi ~^||, sk. duhsamvara, "mauvaise Res- 
triction" ; c'est le contraire des bonnes Restrictions, 
c'est-à-dire des observances prescrites par la Dis- 
cipline religieuse pour "restreindre" le mal. On 
désigne par ce terme certains métiers réprouvés : 
de même qu'en embrassant la carrière religieuse on 
"restreint" le mal, de même, en se livrant à ces 
métiers, en en observant les règles, on "restreint" le 
bien. P. ex. T. 262 v ( = Lotus 168) : Un Bs. ne 
fréquente pas les parias, les éleveurs de porcs, de 
moutons, de poules, de chiens, les chasseurs, les 
pêcheurs, tous ceux qui observent de mauvaises 
Restrictions. T. 374 xxix énumère seize sortes de 
mauvaises Restrictions ; T. 156 vi en énumère douze 
sortes. Cf. *Ritsugi. — ~ryû ~f§ "mauvais Dragon' 
T. 246 I. — ~sa ~ftî "méfait", traduit à la fois sk 
duskrta (souvent rendu par la te. *tokira Çgiaffli 
q.v.), p. dukkata, tib. fies byas, Méfait (un des 
groupes de fautes disciplinaires), et sk. kaukrtya, p 
kukkucca, tib. 'gyod, Remords (qui se traduit aussi 
*ke tfe)- Dans ce dernier sens, les caractères ^gfë se 
prononcent : akusa dans l'école Kosa, et : osa dans 
l'école Vijfiaptimâtra. Sur le Remords, cf. Tt. 1558 
iv (=K. Lav. 11, 166), et Tt. 1585 vu— Cf. *Ju M- 
— ~setsu ~fft "mauvaise parole", l'un des deux 
groupes de fautes disciplinaires qui constituent le 
duskrta, l'autre groupe étant l'akusa (sup.) propre- 
ment dit. Cf. *Ju |ǧ. — ~shi ~f!îjî "mauvais maître" 
Tt. 1509 I. — ~shô ~^ "mauvaise Nature", une des 
trois Natures (bonne, mauvaise, Indéfinie). Cf. *Shô 
*($. — ~shu ~j$|l "mauvaise Destination", sk. p. apâ- 
ya, tib. nan son ; et sk. durgati, p. dugg°, tib. nan 
'gro. Cf. *Shu "Destination". — ~shûaku ~$4S "l es 
méchants parmi les méchants". Ttt. 1821 xix Les 
bouchers sont méchants par profession ; ceux d'entre 
eux qui par surcroît font le mal sont les méchants 
parmi les méchants. — ~shukû ~^l$ "mauvaise 
Prise du Vide" : s'attacher à la doctrine du Vide en 
l'isolant de la loi de causalité ; c'est une des doctrines 
extrêmes. T. 1581 11 Soutenir que tout est vide, ceci 
aussi bien que cela, c'est la mauvaise Prise du Vide. 



Tt. 1585 vu La mauvaise Prise du Vide, c'est nier 
les deux Vérités ; les B. ne peuvent y remédier par 
leurs paroles. Ttt. 19 12 vf: Mieux vaut avoir une Vue 
du Soi grande comme le mont Sumeru que d'avoir 
la mauvaise Prise du Vide. — ~soku ~ffâ "mauvais 
toucher" : toute nourriture touchée par la main 
d'autrui est impure ; le Vinaya interdit d'en manger. 
Ttt. 1804 c et Ttt. 1805 en b. — ~dô ~?i = 
Akushu. — ~m ~^5£ "mauvais ami", sk. kumitra, p. 
pâpamitta, tib. bses gfien nan ; on dit aussi : Aku- 
chishiki 3§£fllu£ "mauvaise connaissance". C'est 
l'opposé du *zennu H^Ê ou zenchishiki H^O^ "bon 
ami", sk. kalyânamitra. T. 1 xi compte parmi les six 
causes de ruine celle d'avoir un mauvais ami ; elle 
cause les six préjudices suivants : perte de temps, 
goût de se cacher, entraînement d'autrui, entreprise 
sur les biens d'autrui, usage égoïste de tous les 
biens, affichage des défauts d'autrui. Ib. quatre 
circonstances provoquent les mauvaises amitiés : 
boire, jouer, courir les femmes, aimer les chants 
et les danses. Une autre td. du même texte 
(T. 16) énumère quatre sortes de mauvais amis : 
un ennemi déguisé, un flatteur médisant, un faux 
compatissant qui jouit de vos malheurs, un intrigant 
déguisé ; ou encore : celui que le moindre empiéte- 
ment surexcite, celui qui refuse son service aux 
moments difficiles, celui qui vous fuit dans votre 
malheur, celui qui vous déserte à l'article de la 
mort. Tt. 1610 11 cite une stance du B. sur le mauvais 
ami : Un mauvais ami qui n'a ni savoir (chi £fl) ni 
connaissance (shiki §[$) du bien nuit à la bonne con- 
duite, comme une araignée qui tombe dans le lait 
l'empoisonne. 

AKU Jjg ou |l^ = sk. ah ££, le visarga, une des 
12 voyelles et des 50 lettres cfu *Shittan ; 4 e des 
"cinq Points de l'a", correspondant au Nirvana (cf. 
*A, Ajigoten), le visarga est dit "point du Nirvana" 
nehanten ïê^SS, soit à cause des sens du mot 
visarga "émission, rejet, libération", soit parce que 
dans l'ordre du syllabaire *Shittan l'ah est la 
dernière des voyelles. — Interprétations : T. 1003 1 
Nirvana ; T. 468 1, 469, 187 iv motsumetsujin jg 
j$l|£, jimmotsu fcfcgÊ» metsumotsu jgStj^ "extinction, 
absorption"; T. 879 onri : MM "éloignement" 
(des Essences Impercevables) ; T. 375 vin shôjô 
ilf^t "Véhicule éminent" (terme appliqué au Ma- 
hâparinirvânasûtra du G.V., éminent parmi tous les 
sûtra) ; T. 376 v gujin g|^ "exhaustif" (terme 
appliqué aux sûtra du G.V.). Toutes ces inter- 
prétations paraissent s'expliquer comme celle de 
Nirvana ci-dessus. 

AKURAKARA WfàWâti%k=&. âkulakara ; td. 
sakuran f£$L "faire du trouble". Nom d'un vent T. 
1341 xv, où sont encore mentionnés les vents anukaga 
fflêSfflfKl* ashugaatara H^fJIlR^-^. arambabasoto 



AKURAKARA 



23 



AMARA 



^glUH [td. hotsuji ®M "produire une 
affaire", sk. ârambhavastu ?], etc. 

AKUSATSURA Mfflfty ou akusatsuna W&ffl, 
akusetsura ^iJijè, akosshira Pl&$.ffli = sk. aksara, 
p. akkhara ; tib. yi ge, ch. ji ^, monji jSC^ "lettre" 
Mvy. 2014; aussi Ttt. 1830 iv td. jifukaiten ^^ 
Bj^Sfî "non changement des lettres" : Ttt. 1821 v 
explique que les lettres ne changent pas suivant 
les endroits. Ttt. 1796 xiv td. fudô yfîfjj "iné- 
branlable" ; ib. xvii distingue en sk. deux ordres 
de lettres : (1) aksara, les lettres fondamentales, (2) 
lipi, les lettres additionnelles. — Cf. *Benzenna. 

AKUSHAJU MXM "groupe d'aksa". Sk. aksa 
désigne l'Elœocarpus Ganitrus et ses fruits, dont on 
fait des rosaires, et qui, tombés sur le sol en tas, 
sont l'image des groupements naturels. Autre nom : 
urunarasha nj§[l^^l||5^ = sk. rudrâksa, td. temmoku 
Ji ! 1 "yeux du Dieu" (parce que les fruits ressemblent 
,aux trois yeux du dieu Rudra = Siva). Ttt. 2128 xxxv 
C'est un arbre occidental dont les fruits sont de 
petites boules, grosses comme des cerises ou des noix, 
et de couleur violette ; on en fait des rosaires aux 
grains très durs, qu'emploient ceux qui récitent les 
textes de la Section de Diamant, d'où leur autre nom 
kongôshi ^pjlj 1 ]^ "grains de Diamant". — Tt. 1585 11 
Depuis un temps infini, il y a pour les Etres toutes 
sortes de Plans qui existent à la façon d'Essences, 
comme des groupes d'aksa. Cm. Ttt. 1830 iv Les 
aksa ont la forme de mujikishi jf^'^-f' (noix de galle); 
tombés à terre, ils forment des groupes, d'où la 
métaphore. Autre cm. Ttt. 1833 Dans les pays oc- 
cidentaux on tire de l'aksa une teinture et une huile. 
— Tt. 1579 li compare les groupes d'aksa aux nom- 
breux Plans contenus dans la Notation de Tréfonds ; 
T. 945 1, aux Germes des Actes. — Gog. xxm cité 
Keds. 34 explique la métaphore par le fait que dans 
les pays occidentaux ces fruits se vendent groupés 
en masse, comme en Chine les noyaux d'abricot. 

AMA |fôl)î§! = sk. ambâ, p. ammâ ; Mvy. 3925 
tib. yum mam za za, ch. sommo JfDjïJ: "vénérable 
mère" ; Ttt. 2131 v td. nyomo-£cHJ:"mère".Tt. 1462 
VI donne amatata |fôj|§i£^ =sk. ambâ + tâta "mère 
+ père". — Cf. *Bikuni. 

AMADAIKANNON PWfë (ou ppfjgfë, MM 
6N0 ISiï- — Nom de la 21 e des 33 formes d'Ava- 
lokitesvara vénérées au Japon. Td. mui $Hj^ "sans 
crainte", kankô j^J$ "large". Ces deux td. sont 
tirées d'un rituel consacré à cette divinité, cité Keds. 
p. 5 ; on y rencontre encore la te. |îpI^^ dont le 
dernier caractère ne se trouve pas dans les dic- 
tionnaires : Keds. le corrige en §5^ dai. Le même 
rituel, reproduit Ttt. 11 15 d'après un ms. de 
l'époque de Heian, rap porte que cette divinité s'était 




incarnée naguère 
en la personne 
d'un roi dans la 
région de Khotan, 
et en donne la de- 
scription suivante :« 
"Elle a trois yeux^M^ ""'1 
et quatre bras, ' 
comme *Harami- 
tsubosatsu $iHg 
i%0. (Pâramitâbo- 
dhisattva) ; elle est 
montée sur un lion 
blanc, et regarde 
au-dessous de son 
genou gauche ; 
elle porte une 
coiffure de Joyaux 
ornée de lotus 
blancs ; ses deux 
mains antérieures 
tiennent un luth 
kûgô §g|| (vînâ) 

décoré d'une tête Fi »- I2 - Amadai Kannon. 

de phénix ; la main gauche postérieure tient un 
monstre Makara, la main droite un oiseau de bon 
augure blanc ; son pied gauche est relevé sur la tête 
du lion, son pied droit pend ; elle porte un vête- 
ment divin avec des bracelets ; tout son corps 
répand de la lumière et son visage respire la com- 
passion." Son Germe est A. D'après Hmjr. 25, son 
culte aurait été introduit de Chine par Shûei 'MWL 
au IX e siècle. 

AMARA |SJJ|f$|=sk. amala. — Immaculé. — Autres 
te. amatsura $$jfci$k> ammara ^0H. — Td. muku 
Mifê "immaculé", shôjô Jpf£j? "pur", etc. — Neuviè- 
me Notation, admise par l'ancienne école antérieure 
à Genjô (Hiuan-tsang) ; celui-ci l'exclut et réduit 
le nombre des Notations à huit. Le texte fondamental 
est T. 273 : Les B. Tg., constamment avec l'Eveil 
unique Révolutionnant les diverses Notations, les 
font entrer dans l 'amala. — T. 671 ix : Toutes sortes 
de Notations, huit, neuf, pareilles aux vagues 
dans l'eau. — T. 682 11 : L'Esprit est de huit sortes 
ou encore de neuf. — Ib. m : La Matrice pure de 
Tg. est aussi appelée Sapience Immaculée ; elle est 
éternelle, sans commencement ni fin, et transcende 
le Tétralemme. — Tt. 1584 1 : Comme Auxiliaire 
contre la Notation d'âlaya, on atteste la Notation 
amala ; la première est une Essence Impermanente 
et à-Ecoulement ; l'amala est une Essence perma- 
nente et sans-Ecoulement. On atteste la Notation 
amala pour atteindre la Voie de l'Objectif Ainsité. 
L'âlaya est toujours associé avec les Fruits de la 
Turbulence ; dans l'amala ces Fruits sont anéantis. 



Tt. 1620 "l'ouverture du poing" 
par Dinnâga) ; souvent, dans ce cas, les te. 
employées varient, et elles ont plus d'une fois 
provoqué la confusion avec sk. âmra "mangue" : 
T. 94s 11 te. ammara ^¥$%k et T. 475 1 te. ammaroku 
^£0$)- Cette dernière te. se retrouve dans la fa- 
meuse histoire de la moitié de myrobolan donnée à 
l'église par Asoka déchu T. 2043 et 2042 ; dans ce 
dernier texte on trouve aussi la te. anra ^Ifè qui 
correspond en réalité à âmra "mangue" (cf. *Am- 
mora). Gog. xxn : Les feuilles ressemblent à celles 
du jujubier ; les fleurs sont blanches et petites ; le 
fruit ressemble à la noix et il a un goût acide et 
doux à la fois. T. 1453 vin : La saveur est acre au 
premier contact mais le jus est doux, ainsi s'explique 
le nom donné en ch. au fruit : yokan ffèif "le reste 



AMARA 24 

L'âlaya est le fondement de toutes les Passions, et 
ne l'est pas de la Voie Sainte ; l'amala est le fonde- 
ment de la Voie Sainte, et ne l'est pas des Passions. 
— Tt. 1617 1 lui donne le nom de nyonyo #(]#[! 
"Ainsi-ainsi", parce qu'elle seule est sans Idée-à- 
rebours et sans Transformation. — Tt. 1587 : La 
nature vraie c'est la Notation amala, en laquelle ne 
sont point confondus Domaines et Notations. — 
Nyoraikudokushôgongyô ftJ3fcïÔî§3£S&85 (original 
perdu, pas de td.) cité T. 1585 m, Ttt. 1861 1: La 
Notation Immaculée des Tg. est pure, c'est le Plan 
Sans Ecoulement ; elle est libérée de toutes les 
Obstructions et associée à la Connaissance de Mi- 
roir. — T. 945 iv classe l'amala parmi les sept désigna- 
tions de l'état de Fruit, avec Eveil, Nirvana, Ainsité, 
Nature de B., Matrice de Tg. vide, Connaissance de 
Miroir. — Pour la nouv. éc, l'amala est simplement 
la section pure de la huitième Notation (propre aux 
seuls Tg.), la section souillée formant l'âlaya propre- 
ment dit ; Tt. 1585 ni, Ttt. 1830 III b, 1861 1, etc. 

AMAROKU |ÎBj0|/j = sk. âmalaka ; tib. skyu ru 
ra, ch. sansa \li$t Mvy. 5799. Td. yokanshi ^"ft* 
^ (de Canton) Tt. 1462 xvn, T. 145 1 1, T. 1453 
vin ; les deux derniers te. ammarakka ^j^ti^'M- 
Ttt. 2128 xxv (xxxvi) et Eog. 11 td. muku jfl$fc 
"immaculé" (sk. amala). — Le myrobolan emblic 
(Phyllanthus Emblica). — C'est un des cinq fruits 
autorisés comme remède ; à ce titre il est souvent 
mentionné dans la Discipline T. 1428 xlii, 1421 
xxn ,1448 1 (où les te. ammora 3fë : £lJ$k, amara plj^t 
|}Ê, ammaroku ^0f^ sont employées indistincte- 
ment). On s'en sert aussi pour laver les cheveux T. 
145 1 I. On le prend contre le froid T. 475 cm. m, 
ou contre la soif T. 1453 VIII. Le myrobolan dans la 
paume de la main est le symbole de la vérité évidente 
T. 374 xxvn, 375 xxv, 670 iv (cf. l'expression hastâ- 
malaka dans les écoles brahmaniques : Hastâmalaka 
"le myrobolan dans la main" est le titre d'un abrégé 
fameux du Vedânta ; cf. aussi les titres de Shôchû- 
ron ^4"lra Tt. 1621 "traité dans la paume" ou 
Gekenron 



AMIDA 



est doux". — Cf. *Karitoku. 



AMIDA WffîVfc, sk. Amitâbha. tib. 'Od dpag 
med ; et sk. Amitâyus, tib. Che dpag med. — Td. 
Muryô $£4 "Incommensurable"; Muryôkô ty&jfcft 
"Lumière Incommensurable" (Amitâbha); Muryôju 
MiÊîl "Longévité Incommensurable" (Amitâyus). 
— B. de l'Ouest. — Aperçu. — Amida est aujourd'hui, 
sans aucun doute, la divinité la plus populaire du 
panthéon bouddhique ; il a éclipsé le B. historique, 
Sâkyamuni, dans tout le domaine de l'église ch. et 
jap. — Amida, ou pour l'appeler de son nom original 
Amitâbha ou Amitâyus, est inconnu du bouddhisme 
ancien ; le P. V. continue à l'ignorer entièrement. 
La naissance de ce culte est un des problèmes les 
plus obscurs de l'histoire du G.V. ; les grands sûtra 
de cette école où Amida commence à paraître sont 
loin de lui accorder une place privilégiée. Le Paradis 
occidental de Sukhâvatî où il règne, et où ses fidèles 
s'acheminent vers le Nirvana sans sortir de l'extase 
et de la béatitude, n'était d'abord qu'un des multiples 
Terrains de B. vers lesquels le croyant pouvait orienter 
sa destination posthume : Maitreya, en particulier, 
lui fit longtemps une concurrence souvent victorieuse 
avec son Paradis de Tusita ; Aksobhya offrait, avec 
moins de succès peut-être, son Paradis d'Abhirati. 
Les facteurs qui ont assuré le triomphe d 'Amida sur 
ses concurrents demeurent encore indéterminés ; 
il n'est pas probable qu'il faille les chercher sur le 
sol indien ; on les trouvera plutôt en étudiant la 
propagation du bouddhisme hors de l'Inde, sur cette 
zone intermédiaire de la Sérinde où dominait l'in- 
fluence iranienne. Deux faits s'imposent à l'atten- 
tion dans ce problème si obscur : entre tous les B. 
des points cardinaux, Amida seul reste immuablement 
attaché à une direction fixe : toujours il préside à 
l'Ouest. En outre, son culte va de pair avec le culte 
d'une autre divinité non moins mystérieuse, Avalo- 
kitesvara, appelé lui aussi à une éclatante destinée, 
tantôt subordonné à Amida, tantôt même identifié 
avec lui. — Avec le succès d 'Amida s'est organisé 
autour de lui, comme autour du B. Sâkyamuni, un 
système de Jâtaka et aussi une doctrine de salut qui 
paraissent s'être élaborés l'un et l'autre en dehors 
de l'Inde. — Noms. — On ne trouve nulle part dans 
les documents sk. de nom réduit à la forme Amita, 
qui correspondrait à la te. ch. Amida. Le grand 
Sukhâvatî vyûha sk. donne partout Amitâbha, sauf 
une fois Amitâyus ; le petit Sukhâvatîvyûha sk. ne 
donne qu'Amitâyus. Dans les td. ch. T. 360 et T. 
3 61, on trouve les termes Muryôkaku MÈL^t "B. 
Incommensurable" et Muryôson 4itëJ!;1^: "Vénéré 
Incommensurable", qui paraissent reposer sur un 
original Amita ; mais peut-être la te. Amida n'est-elle 
qu'une abr. des te. Amidaba |5iJ$jj|?fcj3|| = Amitâbha 
ou Amidayushi Mffî$fcl3iffi = Amitâyus. — On fait 
correspondre Amitâbha à la Sapience d'Amida, et 



PLANCHE II 




tâMô^*î^i Usai 




y 



& 







, \,,*ta*-' i'k te 









2 



À- 



J>! 




A\ \Jpil ®y 1 



^AA,?'.'^3K 






AMIDA. 

Fresque du Hôryûji ?ic^=£ (VII e siècle). 



AMIDA 

Amitâyus à sa Compassion ; mais ces noms ne dé- 
signent que deux aspects d'un même et unique 
personnage ; en pratique, du reste, le nom Amitâyus 
(Muryôju) est presque exclusivement employé dans 
le monde de civilisation chinoise. Cf. T. 366 : "La 
lumière incommensurable de ce B. éclaire les royau- 
mes des dix directions sans que rien l'arrête ; c'est 
pourquoi on l'appelle Amida" (Amitâbha) ; et ib. : 
"La longévité de ce B. et de son peuple est incom- 
mensurable, infinie, et s'étend sur des Périodes 
Incalculables ; c'est pourquoi on l'appelle Amida" 
(Amitâyus). — Dans l'Es. (cf. infra), un des noms 
d'Amida (dans le Plan de Diamant) est Avaloki- 
tesvara (cf. *Kannon) : cette identification du B. 
Amida au Bs. Avalokitesvara s'explique par des 
textes es. comme T. 890 ou Tt. 931 ; dans ce dernier 
p. ex. on lit que si l'on Inspecte la lettre hrîh (qui est 
le Germe d'Amida), elle se transforme en une fleur 
de lotus entr 'ouverte, laquelle se transforme à son 
tour en Avalokitesvara ; et d'après Bdsg. ix-x, le 
/"nom fondamental" d'Amida est Avalokitesvara- 
râjatathâgata (c'est le nom qu'il porte p. ex. T. 
865 11), Amitâbha et Amitâyus n'étant que des 
appellations de ses Vertus. — Dans tout l'ensemble 
du monde bouddhique, les images d 'Avalokitesvara 
portent sur la tête une petite image d'Amida (cf. 
inf. Iconographie) : en dehors du monde de civi- 
lisation chinoise, l'existence d'Amida et de son culte 
ne paraît attestée par aucun autre document icono- 
graphique, épigraphique ou manuscrit. Dans la bio- 
graphie de Enichi (Houei-je) t£B , moine qui visita 
l'Inde au début du vm e siècle (702-719), il est 
rapporté que tous les savants de l'Inde lui parlèrent 
d'Amida et de son Paradis, et que des révélations 
sur le même sujet lui furent faites par un Avaloki- 
tesvara dont la statue se trouvait au Nord-Est de la 
capitale du Gandhâra (Ttt. 2061 xxix et 2035 xxvn). 
— Un autre nom d'Amida dans l'Es, est Amrta, 
de sorte que les Charmes d'Amrta, comme Tt. 13 16 
et 13 17, s'emploient pour Amida ; cf. aussi infra 
le "grand Charme" d'Amida, dit "Charme des 12 
Amrta". — Douze noms d'Amitâbha T. 933 et Ttt. 
1978 : Muryôkô $£;§:-)£ (Lumière incommensura- 
ble), Muhenkô j&fèJt (L. illimitée), Mugekô $&$& 
3fc (L. sans obstacle), Mutaikô $&Ws3t (L. sans 
relation), Ennôkô Ê$jj£;)fc (L. de flamme royale), 
Shôjôkô ïfff 3fc (L. pure), Kangikô fc#3t (L. de 
joie), Chiekô ^jgjfc (L. de Sapience), Fudankô 
^Êiffît (L. ininterrompue), Nanjikô HI^Tt (L. 
difficile à concevoir), Mushôkô $$$§5fc (L. indi- 
cible), Chônichigakkô fêïB/3 3fc (L. passant celle 
du Soleil et de la Lune). — Treize noms d'Amida 
T. 360 1 : les précédents, plus Muryôju (Amitâyus). 
— Trente-sept noms, Bdji. 73. — Revue des textes 
canoniques. — D'après un mot célèbre de Tannen 
ïiï#S Ttt. 1912, Amida serait, de tous les B., le plus 
fréquemment mentionné dans l'ensemble des sûtra. 



25 AMIDA 

En dehors des sûtra, des sâstra (Vasubandhu, 
Tt. 1524) et autres ouvrages qui lui sont spéciale- 
ment consacrés, on trouve sur lui de nombreux 
documents épars dans le Canon chinois. Une com- 
pilation de ces références a été faite au Japon (Absr.): 
elle cite plus de 200 ouvrages, dont la plupart 
relèvent de l'Es. ; les sûtra sont au nombre 
de 180 environ, dont 70 appartenant au G.V. ex., 
à commencer par les grands sûtra Avatarhsaka 
(T. 279 lxxx), Nirvana, Saddharmapundarîka, etc. ; 
les sâstra atteignent la vingtaine. Dans les textes 
de Perfection de Sapience, Amida ne semble pas 
figurer, sa place étant occupée par Aksobhya (cf. 
*Ashuku) ; son Paradis de l'Ouest (Sukhâvatî) y est 
toutefois mentionné T. 220 1. — A deux sâstra fameux 
nous empruntons les citations suivantes : Tt. 1666 
(Asvaghosa) : De plus, si des Etres débutant dans 
l'étude de cette Essence recherchent la Foi correcte, 
mais qu'étant faibles d'esprit et habitant dans ce 
monde Saha ils craignent de ne pouvoir rencontrer 
toujours des B. et les servir personnellement ; s'ils 
se disent, prenant peur, que l'Esprit de Foi est 
difficile à atteindre, et se trouvent disposés à la Ré- 
gression : — qu'on le sache, le Tg. a un Moyen 
supérieur de capter l'Esprit de Foi : c'est-à-dire que, 
par le Facteur de penser au B. de tout son esprit, on 
obtient d'aller naître, selon le Vœu qu'on a formé, 
dans un Terrain de B. situé "ailleurs", d'y voir sans 
cesse le B., et de quitter à jamais les Destinations 
mauvaises. C'est comme il est dit dans le sûtra : 
Si un homme pense de toutes ses forces au B. Amida 
du Paradis de l'Ouest, et que par la Déflexion des 
bonnes Racines de ses pratiques il forme le Vœu de 
naître dans ce monde-là, il obtiendra d'y aller naître. 
Il y verra sans cesse le B., et il n'y aura donc jamais 
pour lui de Régression. Car, s'il Inspecte le Corps 
d'Essence d'Ainsité de ce B. là-bas, et s'applique 
sans relâche aux Exercices, il obtiendra finalement 
de naître dans son Paradis, et de stationner dans la 
Concentration Correcte. — Tt. 1509 xxxvi (Nâgârju- 
na) : Le B. Sâkyamuni a d'autre part une Terre pure 
(shôjôkokudo ?jf£jî[ll±), telle que le royaume du B. 
Amida ; le B. Amida a aussi un royaume impur, tel 
que celui du B. Sâkyamuni. Ib. ix : Il y avait un 
Moine mendiant qui- récitait le sûtra du B. Amida et 
la Mahâprajnâpâramitâ. Peu avant sa mort, il dit à 
ses disciples que le B. Amida avec sa grande as- 
semblée était venu ; se redressant aussitôt, il prit 
refuge en lui, et mourut. Après sa mort, ses disciples 
recueillirent des fagots et l'incinérèrent. Le lende- 
main on trouva dans les cendres sa langue qui n'avait 
pas été consumée ; parce qu'il avait récité le sûtra du 
B. Amida, il vit ce B. venir à sa mort, et parce qu'il 
avait récité la Mh. Pp., sa langue n'avait pas été con- 
sumée. Ce sont des faits du temps présent. — Pour 
un autre texte de Nâgârjuna avec cm. de Vasuban- 
dhu, cf. infra Vues des Sectes (Jôdo). — Naissances. 



AMIDA 26 

— On divise les sûtra relatifs à Amida en trois ca- 
tégories, traitant respectivement de ses Naissances, 
de ses Charmes, et de l'Extase dont il est l'objet. 
Dans la première de ces catégories se rangent le 
Sukhâvatîvyûha et ses versions chinoises, T. 360, 
361, 362, 363, 364, 310 [5], qui sont (notamment 
T. 360, auquel on joint ordinairement T. 365 et 
366 : ce sont les Jôdo sambukyô fë*±EÏ$IS) les 
autorités fondamentales de la secte Jôdo, ou secte 
d'Amida. Il y est conté comment, du temps du B. 
Lokesvararâja, 53 e B. après Dîparhkara, un roi 
conçut l'Esprit d'Eveil pour avoir écouté les pré- 
dications de ce B., abandonna son trône et se fit 
moine sous le nom de Dharmâkara (T. 362 Dom- 
maka #jf $9, T. 360 Hôzô j£j^, T. 361 Hôbôzô 
tëWM, T. 310 [5] Hôsho fèfà; T. 363 donne 
Dharmâkara, Sahô #fë). Sur la prière de ce moine, 
le B. Lokesvararâja lui exposa le bien et le mal des 
Dieux et des hommes et les mérites et démérites des 
différents royaumes dans 210 Millions de Terrains 
de B., qu'il lui fit voir. Le moine passa cinq Périodes 
à réfléchir (pour faire un choix, ajoute T. 310 [5]) 
et à s'approprier les pratiques pures par lesquelles 
on peut orner un Terrain de B.; puis il se présenta 
de nouveau devant le même B. et émit 48 Vœux, 
dont le principal est le 18 e , formulé comme suit dans 
T. 360 : "A supposer que j'obtienne de devenir B., 
si des Etres des dix directions, croyant en moi et 
m'aimant de tout leur Esprit, désirent naître en mon 
royaume dans la mesure de dix pensées, et qu'ils 
n'y naissent point, je ne recevrai pas l'Eveil-cor- 
rect-complet ; exception étant faite seulement pour 
ceux qui se rendent coupables des cinq Péchés de 
Damnation-immédiate et de la calomnie contre la 
Loi correcte." Puis il accumula les pratiques jusqu'à 
ce que ses Vœux fussent réalisés et qu'il devînt le 
B. parfait Amitâyus en son Paradis occidental, où il 
règne depuis dix Périodes accomplies. — On trouve 
dans d'autres textes diverses références à des Nais- 
sances d'Amida. Les huit sûtra suivants sont cités 
dans Ass. III : (1) T. 262 III ( = Lotus 113) Le 9 e 
des 16 princes fils du B. Mahâbhijnâjnânâbhibhû 
(Daitsûchishô zfcji^lfêp), dont le I er devint Aksobhya 
et le 16 e Sâkyamuni, est devenu Amitâbha. (2) T. 
157 11 ( = Karunâpundarîkasûtra 11) Le roi Mujônen 
MW& (Sans-Pensée-de-Querelle, sk. Aranemi) qui 
régnait dans le monde Sandairan J^J^i^t pendant la 
Période Zenji §jf$ (Bien-maintenue, sk. Dhârana) 
est devenu Amitâyus. Il avait 1000 fils, dont le I er 
est devenu Avalokitesvara, le 2 e Mahâsthâmaprâpta, 
le 9 e Aksobhya, etc. (3) T. 275 Du temps du B. 
Mukuenshôkiô MÊiafSiiï prêcha le Moine 
mendiant Jômyô ffifô (Vie-pure) ; c'est lui qui est 
maintenant Amida. (4) T. 425 1 Du temps du Tg. 
Raionku ^f^lÇL (Rugissement-de-son-de-tonnerre, 
sk. Meghasvara Mvy. 99), Amida était un prince 
nommé Jôfukuhôshûon ffîîJtwfflwC^ (Son-des-Rétri- 



AMIDA 

butions-de-Mérite-pur). (5) Ib. Du temps du B. 
Konryûketsukô &flï&3fc (Or-Dragon-Certitude- 
Lumière), il se nommait le Maître de la Loi Mu- 
genryôhôon ^HRKfifUïi 1 (Voix-de- Joyau-infinie). (6) 
T. 643 IX Le 3 e des 4 Moines mendiants qui 
vénérèrent le B. Kûô ^3i (Sûnyarâja ?) est actuelle- 
ment Amida. (7) T. 372 11 Du temps du B. Shishi 
$$"ï" (Simha), Amida était un Bs. nommé Shôi |$£j$ 
(Majesté éminente). (8) T. 1017 II était un prince 
nommé Fushigishôkudoku ^^W^Ê^ifâ (Mérite in- 
concevable et éminent). — Sept sûtra contenant des 
références à d'autres Naissances sont cités dans Mjes. 
iv : (1) T. 425 Roi Tokke |§|$f sous Tg. Shôjin 
fgit -(2) T. 310 [18] Roi Enni fâfâ sous Tg. Jôrie 
tôftt (3) T. 649 Prince Fukuhôshôjô JgfRîfïféï. 
(4) T. 170 Prince Tokkô f^^fc fils du roi Gakushim- 
rau lljjyjl*, sous Tg. Gikichi f^. (5) T. 1340 xvn 
Bs. Myôsô llJ^"|i, qui éleva des stûpa après le Nirvana 
du Tg. Sanjô Mj_t. (6) T. 831 Roi Gattoku j§f# du 
temps du maître de la Loi *Benshaku fg$ff( (Prati- 
bhânakûta), lui-même futur Aksobhya, qui prêcha 
des Charmes après le Nirvana du Tg. Kanjizai fDJlf] 
^E (Avalokitesvara). (7) T. 154 Isen ]%9c, disciple de 
Shudatsu fë'i^s, 16 e B. passé. — T. 633, cité Aigk. : 
Roi Eki $J£g sous Tg. Gakkitsu R #.— Dans plu- 
sieurs des textes précités, Amida est associé à Akso- 
bhya (cf. *Ashuku). Il est d'autre part mis en rapport 
avec Maitreya dans T. 327 = T. 310 [25] (Maitreya- 
pariprechâ, cf. BEFEO XXIV, 240 n. 7), où l'on voit 
Maitreya interroger Sâkyamuni sur les dix pensées 
assurant l'accès au Paradis d'Amida. — Vues des 
sectes [Bdji. 59-67]. — Amida étant mentionné dans 
de nombreux sûtra reconnus comme autorités par 
les diverses sectes, la plupart de celles-ci ont des 
doctrines particulières à son sujet. D'une façon 
générale on distingue en lui deux aspects, celui 
de B. Idéal (Ributsu ïl^) et celui de personnalité 
vivante prêchant au Paradis de l'Ouest. — Secte 
Hossô (cf. Ttt. 1861, art. "Trois Corps", et Ttt. 
1757). — Amida et les trois Corps de B. : (1) Corps 
de Nature-propre (Corps d'Essence). En tant que 
Corps de Nature-propre, Amida est pur Idéal (yuiri 
PjÉBi) et ne se différencie pas des autres B. (2) 
Corps de Fruition pour soi-même et Corps de 
Fruition pour autrui. C'est sous ce dernier aspect 
qu' Amida peut être vu par les Bs. ayant atteint l'une 
des dix Terres. Par ceux de la I e Terre, il est vu 
sur une plateforme de lotus de 100 Joyaux ; par ceux 
de la 2 e , sur une plateforme de lotus de 1000 Joyaux ; 
par ceux de la 10 e , comme une Transformation de 
la Connaissance sans-Ecoulement. (3) Corps de 
Métamorphose. C'est en ce Corps qu'Amida est vu 
par les Bs. inférieurs aux Terres, ainsi que par les 
Auditeurs et les B.-pour-soi. De ce Corps relèvent 
aussi l'Amida qui a père et mère, comme celui des 
Naissances, l'Amida de T. 371, qui entre dans le 
Nirvana et auquel succédera Avalokitesvara, etc. — 



PLANCHE III 





i. Amida debout (secte Jôdo). 



2. Amida sur la tête de Kannon. 



AMIDA 27 

Secte Sanron. — (1) En tant que Corps d'Essence ou 
Corps de Nature-propre, Amida est dit Corps Idéal. 
(2) En tant que Corps de Fruition pour soi-même, il 
est dit Corps de Connaissance. Ces deux Corps sont 
impérissables. (3) Dans le Corps de Métamorphose, 
on distingue deux aspects : le Corps de Fruition pour 
autrui et le Corps de Métamorphose proprement dit. 
C'est en ce Corps qu'Amida se fait voir sous une 
forme mortelle pour sauver les Etres. D'après Ttt. 
1752, au I er des trois Corps correspond la formule: 
"Ce Corps de Plan d'Essence pénètre tous les Etres"; 
au 2 e , la formule : "Cet Esprit devient B." ; et au 3 e , 
correspond l 'Amida qui réside au Paradis de l'Ouest. 
— Secte Kegon. — On trouve dans les ouvrages de 
cette secte quelques art. sur le Monde d'Amida. 
Ainsi d'après Kks. iv (art. "Renaissance"), ce Monde 
a deux aspects : (1) Comme Monde du Véhicule 
unique, il appartient à la Mer du Monde Orné 
déposé dans le Lotus (Rengezôshôgonsekaikai ^Ijê 
jîic}[i:ijî%tlî^?-$*) î en tant que maître de son Monde 
sous cet aspect, Amida est identique à Vairocana. 
(2) Comme Monde du Véhicule triple (Auditeurs, 
B.-pour-soi et Bs.), c'est le Paradis de l'Ouest, où 
réside Amida en son Corps de Fruition. — Secte 
Tendai. — Cette secte distingue 3 Corps de B. et 4 
sortes de Terrains (do ±) ; d'après Ttt. 1778, Amida 
relève du Corps de Correspondance ( — Corps de 
Métamorphose) et son Paradis du Terrain de Cor- 
respondance ( = Terrain de Métamorphose) ; en 
effet, ce Paradis est un Terrain où naissent les Audi- 
teurs et les B.-pour-soi ; on y mange, on y marche, 
les jours et les nuits s'y succèdent, et Amida y prêche 
la loi du Véhicule triple. Cependant, en tant qu'objet 
d'Inspection (notamment de la 9 e des 16 Inspections 
de T. 365), Amida est conçu comme Corps de Frui- 
tion ; selon Ttt. 1751 p. ex., comme Corps de 
Fruition pour autrui. Un des grands savants jap. de 
cette secte, Genshin îj^fg , l'auteur de Akjs., a tenté de 
combiner avec la doctrine Tendai une interprétation 
es. du nom d'Amida : "A, c'est le Vide ; Mi, c'est 
le Fictif ; Da, c'est le Milieu, le Corps d'Essence. 
Le nom d'Amida peut être donné à tous les Etres des 
dix directions : Amida comme Corps d'Essence, c'est 
le Tg. de l'Eveil originel, et par conséquent l'Esprit 
de Terme (de chaque Etre) ; Amida comme Corps de 
Fruition pour soi-même et pour autrui, c'est (notre) 
corps de Formel, qui produit les causes et éprouve 
les effets ; Amida comme Corps de Métamorphose, 
c'est le B. Amida du Paradis. En méditant sur A, 
on détruit l'erreur de la Vue et l'on produit par cette 
cause le Corps de Fruition ; en méditant sur Mi, on 
détruit l'erreur des Passions et l'on produit par cette 
cause le Corps de Métamorphose ; en méditant sur 
Da, on détruit l'erreur de l'Inscience et l'on produit 
par cette cause le Corps d'Essence." — Secte Zen. — 
Cette secte ne reconnaît pas de B. hors de l'Esprit 
individuel ; ce qu'elle appelle Amida, c'est la 



AMIDA 



Nature de B. innée en chaque homme. Amida, 
c'est moi-même ; son Paradis, c'est mon Esprit ; 
mon but n'est pas d'aller naître en un Paradis après 
la mort, mais de réaliser Amida en mon corps 
présent et de faire apparaître le Paradis en ce monde- 
ci. En pratique cependant, on trouve souvent des 
images d'Amida dans les temples de la secte ; il y 
est représenté comme dans la secte Jôdo. — Secte 
Jôdo. — On oppose à toutes les autres sectes boud- 
dhiques (dénommées Shôdômon IgjJÎH, sectes de la 
Voie Sainte) les sectes dites de Terre Pure (Jôdomon 
ft^n), caractérisées par la croyance à un Paradis 
comme celui d'Amida, d'Aksobhya ou de Maitreya. 
Nâgârjuna, le second patriarche (après Asvaghosa), 
de la secte Jôdo d'Amida, distingue en effet, dans le 
chap. de Tt. 1521 intitulé : "La pratique facile", deux 
méthodes de salut : "C'est comme, parmi les voies 
de ce monde, il en est de faciles et de difficiles : 
marcher par voie de terre est pénible, naviguer par 
voie d'eau est agréable. Il en est de même des Voies 
des Bs. : les uns pratiquent avec zèle la Bonne- 
volonté ; mais d'autres, par la pratique facile du 
Moyen de la Foi, parviennent rapidement au Sans- 
Régression." Ce Moyen de la Foi consiste à penser, 
en invoquant leurs noms, aux B. des 10 directions, 
à Amida et à tous les autres B. (le Vœu fonda- 
mental d'Amida étant cité, et 32 stances, dites 
Hymne à Amida, Amidasan PnJ'jil^^, se rapportant 
exclusivement à lui), ainsi qu'à de nombreux Bs. 
(dont les noms se retrouvent dans le texte sk. du 
Sukhâvatîvyûha). Nâgârjuna considère Amida com- 
me un simple sauveur, un objet de Foi ; de même 
Vasubandhu, troisième patriarche de la secte, dont 
l'ouvrage Tt. 1524 (cm. à Tt. 1521) s'ouvre par 
cette strophe célèbre adressée au B. Amida : "Bha- 
gavat ! De tout mon Esprit je prends refuge en toi, 
Tg. dont la lumière sans obstacle pénètre les dix 
directions, et je désire naître en ton Paradis !" C'est 
chez le quatrième patriarche, Donran ^.^ (Ttt. 
1819, cm. à Tt. 1524), qu'apparaît une conception 
plus philosophique d'Amida. Il distingue deux 
Corps : Corps d'Essence de Nature d'Essence et 
Corps d'Essence de Moyen, identiques l'un à l'autre 
d'un point de vue large (kôsônyû )Plfà\), mais 
différents d'un point de vue plus étroit, dans le 
détail (ryakusônyû B&flJÀ) ; ils ne forment qu'un 
en tant qu'ils sont tous deux Corps d'Essence, car 
un Corps d'Essence est sans Caractère et pour cette 
raison même a tous les Caractères. Dôshaku Mffl, 
le cinquième patriarche (Ttt. 1958), et Zendô fl'Ç, 
le sixième (Ttt. 1753), voient en Amida un Corps 
de Fruition, par opposition à certains auteurs de 
sectes adverses qui ne voulaient voir en lui qu'un 
Corps de Métamorphose. C'est également comme 
Corps de Fruition qu'il est conçu par la plupart des 
écoles jap. de la secte (sauf par l'école syncrétique 
Yûzûnembutsu g^lMSi^^ qui le conçoit comme 



AMIDA 

Corps d'Essence). Dans l'école Shin jj|.^, Shinran 
distingue, à la suite de Donran, deux Corps qu'il 
définit ainsi Yssm. : "Le Corps d'Essence de Nature 
d'Essence n'a ni couleur, ni forme ; on ne peut donc 
le concevoir ni en parler. En tant qu'il manifeste 
sa forme hors de l'Ainsité unique, on l'appelle 
Corps d'Essence de Moyen. Amida a pris forme 
comme Moine mendiant Dharmâkara et a formulé 
48 grands Vœux ; c'est par suite de son Vœu 
fondamental de lumière et de longévité incommen- 
surables qu'il se manifeste (comme Amitâbha et 
Amitâyus) ... En tant qu'il est un fruit de l'acte 
causal de son Vœu, on l'appelle Corps de Fruition ; 
car Fruition signifie le fruit d'une cause. Hors de ce 
Corps de Fruition il manifeste des Corps de Mé- 
tamorphose, et répand la lumière sans obstacle de 
la Sapience dans les mondes innombrables comme 
les atomes." — Esotérisme. — Noms : — Muryôjunyo- 
ra i $!ÊiiLÎi#n2fc (Amitâyus-tg.) ou Kanjizaiônyorai 
ISê^tï^P^ (Avalokitesvararâja-tg.) dans le Plan 
de Diamant [PI. D.] ; Amidanyorai |5RJ!fô[_#n?i$ 
(Amita-tg.) dans le Plan de Matrice [PI. M.]. — Nom 
es. : Shôjôkongô iff?=Jî__" H]l] (Diamant de pureté) dans 
les deux Plans (ou aussi Daihikongô ^C_§_?"ti6]lJ, 
Diamant de grande Compassion). — Nature. — Du 
point de vue de l'Egalité, tous les B. étant Egaux, 
Amida n'est autre que Vairocana qui possède les 
cinq Connaissances. Du point de vue du Diversifié, 
il a pour Vertu particulière la Connaissance de 
Perspicacité (myôkanzacchi ^H^^ 1 , s ^ { - pratya- 
veksanâjnâna), une des cinq Connaissances de 
Vairocana, dont le rôle est de conduire les Etres à 
l'Eveil en tranchant les doutes relatifs aux prédica- 
tions de tous les B. Dans le système des Cinq Révolu- 
tions, il préside soit à l'entrée dans le Nirvana, soit 
à l'Attestation de l'Eveil (cf. *A [Ajigoten]). — Locali- 
sation. — Dans PI. D. il est placé dans la Roue Ouest 
des 5 Roues de Libération de l'Assemblée d'Acte, 
derrière Vairocana, et entouré des 4 Bs. Essence de 
Diamant (devant), Bénéfice de Diamant (g.), Cause de 
Diamant (dr.) et Parole de Diamant (derrière), qui 
représentent ses 4 Vertus : donner l'Essence aux 
Etres, les servir, prêcher à cause d'eux, et leur 
parler. Dans PI. M. il réside sur le pétale Ouest de la 
Cour à 8 Pétales de la Plateforme centrale, devant 
Vairocana. C'est le seul des quatre grands B. des 
directions dont la situation cardinale (Ouest) et le 
nom (Amida) restent les mêmes dans l'un et dans 
l'autre Plan. Cf. *A et *Butsu. — Germes. — Docu- 
ments divers : T. 865 : hrîh, T. 867 : hûrh, T. 848 : a 
ou amita, Tt. 973 : vam, etc., chacun de ces Germes 
ayant son interprétation spéciale. Mais selon la tradi- 
tion couramment admise, ses Germes sont hrîh dans 
PI. D. et am dans PI. M. Le Germe hrîh est commun 
à Amida et au Bs. Avalokitesvara ; d'après T. 868 il 
symbolise la pureté immaculée ; c'est aussi le Germe 
du lotus, Forme de Convention d 'Amida. Am, 3 e 



28 AMIDA 

Révolution de l'a, a pour Caractère l'Attestation de 
l'Eveil (cf. *A [Ajigoten]) ; ajouté à : sa, qui est le 
Germe propre d'Avalokitesvara, il forme le groupe : 
sam, qui est donné comme un autre Germe d'Amida 
dans PI. M., et qui représente Amida identifié au 
Caractère de Fruit d'Eveil d'Avalokitesvara (Avalo- 
kitesvara, sa + 1'Eveil, am=Amida, sam). — Formules. 
— Unilittères : a (T. 1092 xx : Om a svâhà), hrîh (Tt. 
1003). — PI. D. : Om lokitesvararâja ; PI. M. : Namah 
samantabuddhânâm sam sah. — Petit Charme (shôju 
/hP^, dit aussi Charme d'Esprit, Formule d'Esprit 
du Tg. Amitâyus) : Om amrtatejekara hûrh (Tt. 
930). — Grand Charme (daiju ;fcn,_, dit aussi Charme 
des 10 Amrta, Charme fondamental d'Amida) : 
Namo ratnatrayâya namo âryâmitâbhâya tathâga- 
tâyârhate samyaksambuddhâya tadyathâ om amrte 
amrtodbhave amrtasambhave amrtagarbhe amrtasid- 
dhe amrtateje amrtavikrinte (?) amrtavikrinta (?)- 
gâmini amrtagaganakîrtikare*(?) amrtadundubhisvare 




Fig. 13. Cercle des neuf classes d'Amida. 

sarvârthasâdhani sarvakarmaklesaksayahkare svâhâ 
(Tt. 930). — Formes de Convention. — Lotus épanoui 
PI. D., entr 'ouvert PI. M. D'après une autre tradi- 
tion, stûpa et Joyau. — Pratiques. — Amidahô [fo7_ȧ 
PÊ&6> cérémonie es. destinée à effacer les péchés, à 
assurer la naissance au Paradis et à attirer le bonheur 
sur les morts ; Amida dans son Cercle (Amidaman- 
dara) y figure au centre de l'estrade. Célébrée au 
Japon dès l'époque Fujiwara (xi e s.). — Amidamandara 
~H|^j||, Cercle de l'Amidahô : il y en a plusieurs 
variétés, dont la plus usuelle est dite Kuhomman- 
dara ^Lnnâ^M) Cercle des 9 Classes : les Amida 
des 9 Classes y figurent entourés des 4 Bs. du PL 



PLANCHE IV 




i. Triade d'Amida (Hôryûji). 




2. Pentade d'Amida (Hôryûji). 




AMIDA 29 

D., des douze B. de lumière [personnifiant les douze 
noms d'Amitâbha, cf. sup.] et de 25 Bs. [sur lesquels 
cf. Bbkw. 545-548]) ; elle aurait été introduite de 
Chine par Eun ifjîi en 847. Cf. Bbkw. 449-552 et 
fig. clxi ; aussi Mnkk. 356-357. — Amidagoma ~fjg 
0_, Libation à Amida accomplie avant l'Amidahô. 
— Sceaux. — Traditions et documents confus. D'une 
façon générale on peut distinguer deux Sceaux prin- 
cipaux : (1) Sceau de Concentration (jôin ^E|l) : les 
deux mains reposent devant le nombril, la droite sur 
la gauche, les paumes tournées vers le haut, les deux 

index recourbés 
dos à dos formant 
des cercles avec 
les pouces (cf. 
Tmds.l, Zish. 1). 

Fis- 14- Sceau de Concentration d'Amida. Ce Sceau est aussi 

appelé Amidajôin ~fëÉP, Myôkanzacchiin #j/MfÊ? 
fVflJ, Saishôsammaiin îg§|HlïfcÉP, Rengebujôin jj| 
pîfêËP. ou encore Shiyuiin &f|Ep (T. 848 et 
cm. Ttt. 1796), Jûsammajiin fëH0itiîÉP (Tt. 1067), 
Josanranshinin B&tfefiL'frfll (T. 868 11). C'est le 
sceau d'Amida dans les Cercles et dans la plupart 
des statues assises. C'est aussi le Sceau du I er des 9 
Amida des 9 Classes (cf. infra Kuhon Amida). Par- 
fois les index ne sont pas redressés et le Sceau ne 
comporte qu'un cercle, fermé par les pouces, et non 
deux. (2) Dans le second Sceau, comme dans le 
premier s'il comporte deux cercles, le pouce et 
l'index (ou un autre doigt) de chaque main forment 
un cercle, mais la main droite est élevée devant 
l'épaule et la gauche abaissée devant le genou, les 
deux paumes étant tournées en avant. D'après Tdjs. 
ce Sceau serait dénommé Hosshinseppôin ^^^^ 
Ép ou Mushofushiin 4ffi0p£MÉP- C'est le Sceau du 
3 e des 9 Amida des 9 Classes (cf. Kuhon Amida). Il 
est fréquent dans les statues d'Amida debout, notam- 
ment dans les sectes Jôdo, Shin, Tendai, etc. La 
main droite qui s'élève indique la recherche de 
l'Eveil, et ses cinq doigts représentent les Plans des 
Auditeurs, des B.-pour-soi, des Bs., des B. ex. et 
des B. es. La main gauche qui s'abaisse symbolise 
la conversion des Etres, ses cinq doigts représentant 
les Plans des hommes, des Dieux, des Trépassés, 
des animaux et des infernaux (cf. Dsky.). — On trouve 
beaucoup d'autres Sceaux dans les images anciennes 
d'Amida, antérieures à l'introduction de la secte 
Shingon au Japon. Un des plus fréquents est le 
Sceau dit de tourner la Roue de la Loi (tembôrinin 
$t?£ i riiiiËIJ)» qui figure dans une fresque célèbre du 
Hôryûji ££|^|^p [pi. 11] et dans plusieurs images de 
l'époque de Nara. Cf. Bztk. 143 ; Bbkw. 540. — Icono= 
graphie. — Une forme d'Amida à 3 faces et 6 bras est 
décrite dans T. 890 11 : la tête porte une coiffure de 
joyaux ; chaque face a trois yeux ; les deux mains 
du haut portent des lotus épanouis, la main droite du 
milieu porte le Prajnâpâramitâsûtra et la main gauche 



AMIDA 

le Diamant, la main droite 
du bas porte le rosaire et la 
gauche le vase kundî. Mais 
cette forme est rarement 
représentée. Amida est 
généralement figuré comme 
un personnage humain nor- 
mal, soit avec une coiffure 
de Joyaux (p. ex. sous son 
aspect de Caractère de Fruit 
d'Avalokitesvara, cf. Bzss.), 
soit sans cheveux sous l'as- 
pect du moine mendiant 
Dharmâkara, soit avec des 
cheveux "en conque" (ra- 
hotsu ^H). Cette dernière 
variété est de beaucoup la 
plus fréquente, notamment dans les Cercles (des 
deux Plans), où Amida figure assis sur un siège de 
lotus (symbolisant la pureté qu'implique son nom 
es.), la face dorée (couleur de l'automne, auquel cor- 
respond l'Ouest, l'or symbolisant aussi la plénitude 
et l'indestructibilité), et accomplissant le Sceau de 
Concentration. — Dans l'Ex. le Sceau le plus fréquent 
est le second décrit ci-dessus, mais le premier se 
rencontre aussi, surtout dans les statues assises. — 




Fig. 15. Tembôrinin 
(fresque du Hôryûji). 




Fig. 16. Amida (Plan de Diamant). 

Kannonchôtai Amida HJ^MSc'^» Amida sur la tête 
d'Avalokitesvara. Textes : T. 365 Dans la coiffure 
divine d'Avalokitesvara est un B. de Métamorphose 
haut de 25 Lieues. T. 848 1 Dans son chignon apparaît 
Amitâyus. — Amidasanzon ~H1£, Triade d'Amida : 
Amida flanqué d'Avalokitesvara à gauche et de 
Mahâsthâmaprâpta à droite. Généralement Amida 
est assis ; ses acolytes sont toujours debout. Au 



AMIDA 



30 



ANAHANA 



Japon, c'est sous cette forme qu'Amida est re- 
présenté dans la secte Jôdo, tandis que dans la secte 
Shin il est figuré seul et debout. Textes : Dans 
T. 157 11 (cf. sup. Naissances), les deux fils aînés 
du roi Aranemi, futur Amitâyus, deviennent Avalo- 
kitesvara et Mahâsthâmaprâpta. T. 365, 7 e Inspec- 
tion : Le B. Amitâyus s'arrêta debout en l'air ; Ava- 
lokitesvara et Mahâsthâmaprâpta, ces deux Grands- 
Etres, le flanquaient, debout, à gauche et à droite. 
Ib., 8 e Inspection : Pour se représenter ce B. 
(Amitâyus), il faut d'abord se représenter son image 
dorée comme le Jâmbûnada, assise sur une fleur de 
lotus . . . puis faire une grande fleur de lotus à sa 
gauche. . .et une à sa droite. . .et se représenter 
une image du Bs. Avalokitesvara assis sur la fleur 
de gauche... et le Bs. Mahâsthâmaprâpta assis sur 
celle de droite. . .Cf. aussi T. 371, etc. — Amidagoson 
~£Jil, Pentade d'Amida : Amida flanqué d'Avalo- 
kitesvara, de Mahâsthâmaprâpta, et de deux autres 
personnages que la tradition jap. identifie à Ksiti- 
garbha et à Nâgârjuna (2 e patriarche de la secte 
Jôdo) : groupe dit des "cinq saints" (goshô £.§£!)• 
Pas de texte canonique. D'après la tradition, ce 
groupe aurait été un objet de foi en Chine ; on croyait 
qu'il apparaissait aux mourants. Mentionné dans les 
sources jap. dès l'ép. de Heian (Shks. II, Kkzs. ; cf. 
aussi Bbkw. 538). — Kuhon Amida jlrm~> les Amida 
des 9 Classes, hypostases d'Amida correspondant à 
chacune des 9 Classes entre lesquelles sont répartis 
les Etres par rapport à son Paradis (cf. *Jôdo). 
Chacune de ces hypostases a son Germe et son Sceau 
spéciaux. Cf. Bdji. 875 et Bzze. 11, qui figurent ces 
Sceaux mais sans la garantie d'une tradition icono- 
graphique ancienne. Sur les 9 Classes, cf. T. 365, et 
BEFEO XXIV, 236. Cf. aussi*Jôdo.— Sur l'ensemble 
des questions concernant Amida, on consultera avec 
fruit les riches matériaux réunis dans Abkk. 



JAMIRITA |ÎSJiîP|£, ou amiritai 
amorizu psJSP^cSP, etc. = sk. amrta ; td. *kanro "tflS 
(litt. "rosée douce"). — Ambroisie. — Atniritagundari 
~¥3£f'J = sk. amrtakundalî ; td. kanrobyô "H"I|#R 
"vase d'Ambroisie". Nom d'un des cinq Grands 
Rois de Science, aussi Bs.; Tt. 121 1. Cf. *Myôô. 

AMMORA #jgit> ou anra 3ffj& ambara $$$ 
= sk. âmra,p.amba ; la mangue (Mangifera Indica). 
Td. Ttt. 2131 vin na ^, espèce de poire ; le nom 
de femme Amrapâlî est rendu par Nanyo ^^c T. 
553 et 534 (td. Anseikô ^tjtilî) î mais Keds. critique 
cette identification, et cite les td. soyô g^H "feuille 
acide" Hbg. ix (td. faite sur le sk. âmla "acide"), et 
nanfumbetsuju H^^lj^ "arbre difficile à détermi- 
ner", parce que le fruit tient de la poire et de la 
pêche. — Le fruit figure souvent dans les règles de 
la Discipline T. 1421 xxn ; 1428 xliii ; 145 1 1. — 
Le jardin des manguiers, Âmravana, est un des 



séjours préférés du B.; T. 1 11 ; 476 1. — Comparaison : 
Les quatre classes des moines sont aussi difficiles à 
distinguer que la mangue verte de la mangue mûre 
T. 374 vi et xxvni ; cf. Ttt. 2128 xxv et T. 145 1 1. — 
Ttt. 2087 iv distingue deux variétés (à propos de 
Mathurâ), l'une petite qui jaunit en mûrissant, 
l'autre grande qui garde jusqu'au bout sa couleur 
verte. — Les trois te. ci-dessus, ammora, anra, amba- 
ra, sont réservées en principe à la mangue ; mais la 
confusion avec les te. d'âmalaka "myrobolan emblic" 
est constante. Cf. *Amaroku. 

AMOKUTA |SpJS£, td. munôatsu ffîfâM " ir- 
répressible" = sk. amukta ? Le 36 e Sceau d'Avaloki- 
tesvara T. 901 iv. 

AMOTA pïî&t (ou ~P£). Nom d'un joyau (sk. 
âmukta ?) Ttt. 2128 xliv ; T. 463. 

AMUGAHASHA psj$filIlÔi^ï = sk. amoghapâsa; 
td. *fukûkensaku ^SH^i "lacet non vide". Nom 
d'une forme de *Kannon T. 901 iv et XII. 

AN |U, ou Bf|, *£, ^, B£ = sk. am #(, l'anusvâra, 
une des 12 voyelles et des 50 lettres du*Shittan ; 3 e 
des "cinq Points de l'a", correspondant à l'Eveil [cf. 
*A (Ajigoten)], on l'appelle "l'a pourvu du point 
du Vide", l'anusvâra étant dénommé "point du 
Vide" kûten SK (cette désignation aurait été 
suggérée par la première syllabe du sk. ambara "es- 
pace vide", d'après Meikaku H/J-f^, savant jap. du 
XI e siècle, cité Bdji. 86). — Interprétations : T. 1003 
1, Ttt. 1796 x tôgaku *fjg, jôbodai J$|£i! "Eveil 
complet" (sk. [s]ambodhi) ; Tt. 880 henzai y£$£ "ex- 
trémité" (du sk. anta, écrit amta) ; T. 187 iv, 468 1, 
469 muga $H$5è "non-moi", mugasho $SÊ$S0f "sans 
lieu de moi" (sk. amama) ; T. 375 vin, 376 v shaissai 
: M~^W "écarter toutes (les richesses)". 

ANAGI PrI^HÎ^ • Elément d'origine probablement 
indienne qui entre dans le nom de plusieurs Charmes 
mentionnés dans le même texte T. 1331 : (1) Ana- 
gichira psUft^iaifA td- "sauver des douleurs de la 
maladie" ; (2) ~chiro ~§fliii[ "sauver des douleurs 
de la maladie", ou ib. ni "pluie de la Loi dans les 
quatre univers" ; (3) ~chirô ~!t|j£ "sauver les 
Etres" ; (4) ~furo ~^]|f[ "patience de la Loi" 

(5) ~fuchikurichina ~^-*g9iW$ffî "grand salut" 

(6) ~jinnei ~a8t$f£ "sauver les Etres de la douleur" 
etc. 

ANAGON plffifÇ (° u ~it), ou anagami |5nJ#fl 
{ftlDff, anagamei ^fiUliS, abr. nagon $J£ = sk. 
anâgâmin; td. *fugen ïfifê "Sans-retour". 



ANAHANA |5nI$M$î, ou anahanna M 
anaahana [SnJ$5HiÈ$> annahanna £$$$#[$, abr. 



ANAHANA 



3i 



ANGO 



ampan ^J|9j = sk. ânâpâna ; td. *susokkan f$[,G,|B 
"Inspecter en comptant la respiration". 

ANAITEYA |5SIïfêjg3P= sk - Âd itya > td - Nitten- 
shi BX"F" "empereur du soleil". Nom d'un Sceau 
T. 1092 iv. 

ANCHINHÔ *£$&&; "méthode pour maintenir 
en paix". Pratique es. destinée à préserver l'ordre 
et la paix soit des palais ou châteaux (anchinkok- 
kahô i^c^t^ §£$?)> s °it des foyers privés (kachinhô 
§£$!tÈ& ou chintakuhô ^^ï3j "méthode pour pro- 
téger la maison"). La première application en fut 
faite au Japon en 860, au palais impérial ; elle avait 
été importée de Chine par Jikaku ^ff^. La céré- 
monie se divise en trois catégories, suivant la 
divinité qui y préside : (1) Fudôanchin ^f-Wl^c^U 
(Acala) ; (2) Yôeanchin îlîj'jfc^çiiï (Kannon au vête- 
ment de feuillage) ; (3) Monjuhachijianchin jfc$^A 
^:&$ii (Astâksara Manjusrî, ainsi dénommé parce 
qu'on emploie huit lettres de *Shittan dans ce rite). 
— (1) et (2) s'emploient à l'inauguration des maisons 
neuves, et (3) pour éloigner les calamités des maisons 
déjà habitées. L'acte principal consiste à fixer le 
Cercle (*Mandara) de la divinité protectrice à la 
maîtresse poutre de la principale chambre. 

ANDA ^ç^ = sk. anda "œuf". Nom d'une école 
hérétique qui professait la doctrine du honshôkei 
^^Éni" ou honsaikei ^c|^|f "croyance à une produc- 
tion, ou à une limite, originelles". Tt. 1640: A 
l'origine il n'y avait ni soleil, ni lune, ni étoiles, ni 
air, ni terre, mais seulement l'eau. Alors se produisit 
le grand Anda pareil à un œuf de couleur dorée. 
Quand les temps furent mûrs, il se brisa en deux 
morceaux dont l'un monta et devint le ciel, et 
l'autre descendit et devint la terre. Puis entre ciel 
et terre naquit le dieu Brahmâ qu'on appelle 
l'ancêtre de tout ce qui est. — On reconnaît ici la 
doctrine classique du brahmanisme sur le brahmânda 
ou œuf originel de Brahmâ. — Cf. *Bon. 

ANDAE £P6#, ou antabasha ^çOHJ|§£, andara- 
bassatsu £$'£W : M.ffi-> etc. = sk. antarvâsas, p. anta- 
ravâsa ; Mvy. 8935 tib. mthan gos "vêtement du 
bas", ch. tanne Jfî^ "vêtement simple", chûshukue 
^fèfjSc td - littérale (chû = antar, shuku = vâsa), gee 
Tjfe "vêtement du bas" ; autres td. gojôe JL^tH 
"vêtement en cinq pièces" Kog. xv, rie H|2£ 
"vêtement intérieur" Gog. xv. C'est une des trois 
pièces qui, avec la samghâtî et l'uttarâsariga, con- 
stituent le costume du moine. — Cf. *Kesa. 

ANGO 5£ç|§ "rester tranquille"; sk. varsa, p. 
vassa "pluie"; tib. dbyar "été". — Retraite: Saison 
des pluies, où les moines interrompent leurs péré- 
grinations pour se fixer temporairement dans un 



monastère. — Aperçu. — La Retraite n'est pas en 
principe une institution bouddhique ; c'est une 
institution indienne que le bouddhisme a dû, lui 
aussi, adopter et qu'il a propagée hors des frontières 
de l'Inde, quitte à lui laisser subir l'adaptation 
nécessaire. Dans l'Inde, c'est la saison des pluies, 
la mousson (comme nous disons en Occident, depuis 
que les navigateurs portugais ont emprunté cette 
appellation aux pilotes arabes de l'Océan Indien), 
qui commande le rythme de l'année entière, à tel 
point que le nom de la pluie, varsa, sert à désigner 
l'année ; la mousson commence vers le milieu de 
juin et se continue jusqu'au milieu de septembre ; 
les ordres vagabonds et mendiants qui ont toujours 
pullulé dans l'Inde sont obligés de suspendre 
temporairement leurs pérégrinations. Aujourd'hui 
encore, les moines Jaina, fidèles à la règle antique, 
s'arrêtent où la mousson les surprend, et attendent 
le retour de la saison sèche pour continuer leurs 
tournées. C'est donc une période capitale de la vie 
religieuse, puisqu'elle seule permet le contact pro- 
longé entre les moines et la communauté des fidèles. 
—Te. barisha PflJi^, gJt$fë$ Gog. xxn ; barishi 
#fpj!$i Bzm. ; usha ]%£ Bdji. — Autres td. uango 
Wl&fê "rester tranquille pendant les pluies" ; zage 
&M (anc. td. citée Ttt. 2087) "s'asseoir pour 
l'été" ; zarô f^Jft D -) "s'asseoir pour le dernier mois 
de l'année" (monastique : dans le comput ecclésias- 
tique, l'année s'ouvre en effet après la fin de la 
Retraite). — L'entrée en Retraite est appelée kessei 
£rî$lj "se lier par des règles" ou ketsuge £nJC "se 
lier pour l'été" ; on en sort par le gesei H^fljl] "se 
délier des règles", ou le gege fffiM. " se délier de 
l'été". Les termes correspondants dans les autres 
langues sont (cf. Mvy. 8681, 8682), pour l'entrée : 
sk. varsopanâyikâ, p. vassûpanâyikâ, tib. dbyar sbyor 
"jour d'entrée en Retraite"; pour la sortie : sk. pravâ- 
ranâ [ou°a], p. pavâranâ, "l'Invite" ; tib. dgag dbya 
(phye) "arrêt" (ch. *zuii ffîM. "liberté").— Institu- 
tion de la règle. — T. 1428 xxxvn Le B. résidait au 
jardin d'Anâthapindika, à Srâvastî, avec le groupe des 
six Mendiants. Ceux-ci en toute saison, printemps, 
été comme hiver, pérégrinaient parmi les hommes. 
Pendant les mois d'été les pluies orageuses firent des 
inondations, et ils perdirent dans les eaux vêtements, 
bols, sièges, étuis à aiguilles ; ils tuèrent en les 
piétinant plantes et arbustes vivants, et tous les 
maîtres de maison se moquèrent d'eux, disant : Les 
moines fils de Sâkya sont éhontés ; ils tuent en les 
piétinant les plantes et les arbustes vivants. Ils disent 
au dehors en se vantant : Nous connaissons la Loi 
correcte. Mais comment la connaissent-ils ? En 
toute saison, printemps, été. . .(ut sup.). . .ils tuent 
en les piétinant les plantes et les arbustes vivants 
et tranchent leurs organes de vie. Chez les hérétiques 
eux-mêmes on fait Retraite pendant trois mois ; 
et ceux-ci qui sont fils de Sâkya, en toute saison, 



ANGO 

printemps, été, etc.. . .tranchent leurs organes de 
vie. Il n'est pas jusqu'aux insectes et aux oiseaux 
qui n'aient leur gîte, trou ou nid... Les Moines 
mendiants entendirent cela. . .ils accusèrent les 
Six. . .(disant):. . .Les maîtres de maison s'imaginent 
qu'il y a des organes de vie dans les plantes et les 
arbustes. Comment avez-vous pu faire qu'ils se soient 
rendus coupables de railleries ?... Le B. réunit 
l'assemblée des moines. . .et prescrivit: Dorénavant 
les Moines mendiants sont autorisés à faire Retraite 
trois mois pendant l'été. — Textes parallèles : T. 1421 
xix (où la faute consiste simplement dans le fait de 
tuer en les piétinant les insectes et les plantes) ; 1435 
xxiv (. . .piétiner les plantes vivantes et prendre la 
vie des insectes) ; 1445 (. . .les insectes seulement). 
— Dates diverses. — Deux écoles, qu'on désigne 
au Japon comme l'ancienne et la nouvelle [quoi- 
qu'elles s'appuient l'une et l'autre sur des autorités de 
la même époque : Dôsen (Tao-siuan) 3t1f et Genjô 
(Hiuan-tsang) &%£; la "nouvelle école", en matière 
de Vinaya, ne commence qu'avec Gijô (Yi-tsing) 
iëHPL donnent des dates différentes pour la période 
de l'Ango : du 16 e jour du 4 e mois au 15 e jour du 7 e 
mois (Ttt. 1804 1 d), ou du 16 e jour du 5 e mois au 
15 e jour du 8 e mois (Ttt. 2087 vm). Genjô signale, 
dans ce dernier texte, l'erreur commise encore de son 
temps en Chine et la rectifie ; il indique expressé- 
ment que dans l'Inde la Retraite commence le I er 
jour de la I e quinzaine (noire ; cf. Gijô Ttt. 2125 
11) du mois Srâvana et s'achève le 15 e jour de la 2 e 
quinzaine (claire) du mois Âsvayuja, dates qui cor- 
respondent dans le calendrier chinois au 16 e jour 
du 5 e mois et au 15 e jour du 8 e mois (le mois Srâvana 
est le 5 e du calendrier indien dans le système Caitrâdi 
qui fait commencer l'année vers l'équinoxe vernal ; 
le mois Âsvayuja est le 8 e ). Selon Genjô, les dates de 
l'ango admises par "l'ancienne école" étaient dues 
à une erreur d'interprétation des traducteurs. Ce- 
pendant, dès avant Genjô, on trouve l'interprétation 
correcte (p. ex. Tt. 1462 xvn) aussi bien que l'inter- 
prétation erronée (p. ex. T. 1425 xn) ; T. 190 xxxix 
indique même comme dates initiales et finales le 
16 e jour du 6 e mois et le 15 e jour du 9 e mois. — En 
dehors de la période primitivement fixée, le B. 
aurait autorisé un autre trimestre de Retraite dit 
postérieur (goango fê5£;^|, p. pacchimikâ, par op- 
position au premier dit antérieur, zenango Mî&fê, 
p. purimikâ), commençant exactement un mois 
plus tard. Cette seconde époque aurait été instituée 
à l'occasion d'un retard de Sâriputra et Maudgalyâ- 
yana qui, partis le 15 pour passer la Retraite avec 
le B., ne l'avaient rejoint que le 17 (T. 1428 xxvn). 
Cf. T. 1421 xix, et Tt. 1462 xvn qui spécifie, en se 
référant au texte original du Vinaya sk., comme date 
d'entrée de la première Retraite le 16 e jour du 5 e 
mois, et de la seconde Retraite le 16 e jour du 6 e 
mois. Genjô indique, lui aussi, les deux mêmes 



32 ANIRAKA 

époques (Ttt. 2087 11). — Une troisième époque pour 
la Retraite est mentionnée par T. 1428 lviii (ap- 
pendice), qui emploie les désignations: antérieure, 
moyenne (chûango tp&fê) et postérieure ; par Ttt. 
1805 iv b, qui attribue cette triple classification à 
"l'école ancienne" exclusivement : la période moyen- 
ne aurait commencé à une date facultative entre les 
deux autres termes (17 e jour du 4 e mois et 15 e du 5 e ); 
enfin par Gijô (Ttt. 2125 11), qui nie l'existence 
d'aucune autorité en faveur de l'époque moyenne. — 
Dates aberrantes. — Hors de l'Inde, on avait altéré la 
règle pour l'adapter au climat local ; p. ex. Ttt. 2087 
I, au Tukhâra, comme la saison des pluies couvrait 
la fin de l'hiver et le début du printemps, la Retraite 
avait lieu du 16 e jour du 12 e mois au 15 e jour du 3 e 
mois. — Au Japon, l'institution de la Retraite est 
attestée dès la fin du vn e siècle ; un décret de l'em- 
pereur Temmu, conservé dans le code Engishiki 
£jE||;^> prescrit de célébrer l'ango dans les quinze 
grands monastères du 15 e jour du 4 e mois au 15 e 
jour du 7 e mois (comput de "l'école ancienne") ; il 
désigne des prédicateurs, des maîtres de lecture, et 
ordonne des distributions de textes sacrés à cette 
occasion. Dans le Japon actuel, un double ango 
est en usage : l'ango "des neiges" ou "d'hiver" 
qui va du 16 novembre au 15 février, sauf dans 
la secte Rinzai où il dure quatre mois, à partir 
du 16 octobre ; l'ango "des pluies" ou "d'été" qui 
va du 16 mai au 15 août. Ce dernier, dans la secte 
Shin, consiste essentiellement en cours et con- 
férences pour les fidèles pendant les vacances d'été. 
— Retraite du B. — On trouve dans les diction- 
naires modernes du Japon une liste "traditionnelle" 
des localités où le B. aurait passé l'ango, sans 
aucune autorité à l'appui ; en fait, cette liste est 
simplement empruntée au commentaire du Buddha- 
vamsa pâli, et elle est parvenue au Japon par les 
travaux européens. — Ttt. 1861 11 a, se référant au 
Nirvânasûtra, décrit l'emploi de la journée du B. 
pendant la Retraite. La journée est divisée en cinq 
parties : (1) le B. se lève, se lave le visage et les dents, 
se vêt et se retire dans la chambre d'Extase ; puis il 
passe son Froc, prend son Bol et va mendier sa 
nourriture ; (2) sa tournée faite, il se lave les 
pieds ; réunit l'assemblée dco moines et leur adresse 
une prédication ; puis il prend son repas et rentre 
dans la chambre d'Extase ; il en sort peu après midi 
et prêche pour les visiteurs venus de partout ; (3) 
il prend son bain, se promène au jardin ; jusqu'au 
soir il reçoit les moines et répond à leurs questions ; 
(4) il prêche pour les Dieux et les esprits jusqu'à 
minuit ; (5) après une petite promenade, il se couche. 



ANIRAKA |îôJ4Si!3$!l, ou Bzm - cité Keds. anaraka 
Hfêft}|l = sk. ârdraka ; Mvy. 5694 tib. sge 'u gser, 
ch. kyô m "gingembre". Nom de plante, Zingiber 
Officinale. 






ANJIN 



33 



ANSOKUKO 



ANJIN ^£» "apaiser l'Esprit", en le fixant 
sur Amida et son Paradis par une pensée de foi et 
d'abandon. C'est le sens spécial qu'a pris dans la 
secte Jôdo ce terme qui se rencontre fréquemment 
dans les Ecritures des autres sectes (p. ex. T. 310 
lxxvi : O roi, que ton Esprit trouve apaisement en 
cette Essence !). D'après T. 365 trois états d'Esprit 
assurent infailliblement l'accès au Paradis (sanjin 
EH'CO : (1) un Esprit parfaitement sincère ; (2) un 
Esprit profond (profondément convaincu de sa 
misère et de la puissance du vœu d'Amida) ; (3) 
l'Esprit par lequel on Défléchit ses Mérites vers le 
Paradis et l'on forme le Vœu d'y aller naître. Ces 
trois états de l'Esprit sont impliqués dans le terme 
mjin, qui désigne l'apaisement de l'Esprit par une 
dévotion exclusive et absolue à Amida, tandis que 
dans les autres sectes cette concentration est d'ordre 
:ontemplatif et intellectuel. La secte Jôdo considère 
;n effet que l'anjin a pour équivalents dans chacune 
les autres sectes respectivement les procédés suivants 
Bdji. 95): P.V., Inspection de l'Impersonnel; secte 
rîossô, les cinq Inspections de Simple Notification ; 
>ecte Sanron, Inspection de la Voie correcte des huit 
SJégations ; secte Kegon, Inspection du Caractère 
ibsolu du Vide, etc.; secte Tendai, les trois Inspec- 
tons de l'Esprit unique ; secte Shingon, Inspection 
lu Sans-production originel. 

ANOKUDATSU fflf$&, ou anabatôta WfflS&g 
£, anahadatta ffîffii$M0', etc. = sk. Anavatapta ; 
:ib. ma dros, ch. munetsu $gf?& "pas chaud" Mvy. 
5239 ; autres td. : munetsunô $£f&f§] "pas tourmenté 
jar la chaleur" Eog. 11 ; shôryô fjf 8jt "pur et frais", 
nubon ffàffe "pas brûlant" T. 291 il. Nom d'un des 
luit grands rois-Dragons ; il habite dans un étang 
jui reçoit son nom et d'où sortent les quatre fleuves 
lu monde. T. 1 xvm : il n'a pas les trois malheurs 
les autres rois-Dragons, qui sont : un vent et un 
iable ardents leur brûlent la peau et les os ; un vent 
violent souffle dans leurs palais et les découvre ; 
'oiseau Garuda les tourmente au milieu de leurs 
eux (T. 831 : du sable chaud ne lui tombe pas 
:ur la tête ; il ne pratique pas la luxure avec un 
:orps de serpent ; il n'a pas peur du Garuda). 
rtt. 2087 1 : il était Bs. de la 8 e Terre avant de 
•ecevoir la forme d'un Dragon. Tt. 1509 vu : il 
:st grand Bs. de la 7 e Terre ; aussi ib. xxxix où 
1 est cité comme un exemple des Etres mauvais 
lui sont devenus des Bs. T. 291 il : les pluies qui 
:manent de son corps fécondent le Jambudvîpa, 
:omme la compassion du Tg. fait prospérer les 
Mérites de tous les Etres. T. 1341 vu : le B. prêche 
>our lui et pour le roi-Dragon Sunda les huit 
Membres de l'Eveil. — Il est l'interlocuteur du B. 
ians T. 635 .Cf. Ttt. 2128 xxv, Eog. 11.— Dans l'Es. 
:'est le 3 e des grands Garçons qui assistent le Roi 
le Science *Fudô (q.v.). 




Fig. 17. Anoku Kannon. 

ANOKUKANNON HffiBi 1 . La vingtième des 
trente-trois formes de *Kannon révérées au Japon. 
On la représente sur un rocher d'où elle surveille la 
mer. Cf. T. 262 vu (=Lotus 265, vers 6) : "Si un 
homme venait à tomber dans l'Océan redoutable, 
qui est la demeure des Dragons, des monstres marins 
et des Asura, qu'il se souvienne d'Avalokitesvara 
qui est le roi des habitants des mers, et il n'enfoncera 
jamais dans l'eau". — L'élément anoku dans ce nom 
reste inexpliqué. 

ANOKUTARASAMMYAKUSAMBODAI Hff 
£&HigHg$l, ou abr. anokubodai PfffF&H (P- 
ex. Tt. 1509 Lxxxv) = sk. anuttarasamyaksambodhi ; 
tib. bla na med pa yan dag par rjogs pa'i byan chub 
Mvy. 6355. — Eveil correct-complet-sans-supérieur. 
— Td. mujôshôhenchi IfllJijEtil^ir' connaissance. . . " 
même sens, ou mujôshôendô ~*|î "voie.. ." (anc. 
éc.) ; — mujôshôtôshôgaku M-tïE%FÎEjst "éveil..." 
(nouv. éc). — Cf. *Bodai. 

ANSOKUKÔ ^,§.ff > sk. guggulu ; Mvy. 6257 
tib. gu gu lu, ch. ansokukô ou ombakô "fëEliï. 
Nom d'un parfum dit "parfum des Parthes" (propt. 
"des Arsacides" ; ansoku=Arsak) : Encens. Un des 
trente-deux parfums énumérés T. 665 vu, qui 
représente l'original sk. par gugura Hy^JH. Autres 
te. kukura sjt^ijl Gog. x-xi, Eog. xlv, T. 1581 vu 
(qui prescrit d'en faire offrande sans le brûler) ; 
kyokukutsura JoBlEHè Ttt. 1829 (qui lui attribue une 
mauvaise odeur) ; kutsugura ttëlJIfif/î [corr. pour 
setsu~ }{U~] Ttt. 21 31 vin. — Ce serait la résine 
obtenue de la Boswellia Serrata ou du Balsamo- 



ANSOKUKÔ 



34 



ARANNYA 



dendron Mukul, le Bdellion des Grecs ; Laufer, 
Sino-Iranica 467. 

ANTEIRA %mWi, ou Andara £|fÊH, Annara 
rë^lti- Un des douze généraux de Bhaisajyaguru. 
Cf. *Yakushi. 

ANU PBT^ ou |JpIi£, anoku psj|^ = sk. anu ; tib. 
rdul phra mo "poussière subtile" Mvy. 8191 ; ch. mi 
% "subtil", mijin %M "poussière subtile". Ttt. 
1861 va, 1821 x, 1796 1. — Cf. *Gokumi. 

ANUMODA |&!l&gltf&=sk. anumoda "approba- 
tion, litt. joie à la suite". Td. zuiki ffî^g., id. — Ttt. 
2125 1 : Salutation adressée au donateur par le moine 
qui accepte l'aumône. 



ANURADA HSX3SPB =sk - anurâdhâ; Mvy. 3201 
tib. lha mchams, ch. bô J§. — Nom d'une mansion 
lunaire. — T. 402 iv Celui qui naît sous son influence, 
s'il a de petites excroissances dans un espace de huit 
pouces au-dessus du genou, observe les Défenses, se 
conforme à la Loi, et possède honneurs et richesses. 
—Cf. *Shuku. 

ANZENNA £fj§$î ou ^p$î = sk. anjana; Mvy. 
9039 (anj°-salâkâ) tib. bsku ba'i thur ma "baguette 
à badigeonner", ch. saccho %&$} id. — Médicament 
pour les yeux T. 1227, Gog. xxn. — Il est fabriqué 
avec un minerai de couleur bleu-noir, ou violette ; 
il y en a aussi qui ressemble au kinsei i&fjf (lapis- 
lazuli ?) Ttt. 2128 xn et xxxvi. — D'après Eog. 11 ce 
médicament est tiré d'une plante aux feuilles bleu- 
foncé. — T. 279 lxxviii Si on s'en badigeonne les 
yeux, ce médicament rend invisible. 

Aô plffî, Rfjg, pnjPg, ou au |TPl^=sk. a+u. Ttt. 
1827 1 b. : Le roi Brahmâ créa 72 lettres d'écriture 
kyarô -f£$$| (kharostrî) et les avala. Les deux lettres 
a, u, tombèrent des deux coins de sa bouche sur la 
terre. C'est pourquoi on les vénère et on les considère 
comme les Sons-Rois. Les hérétiques placent l'u au 
début des quatre Veda, et l'a au début des Kôôkyô 
J^ïï^ (les épopées ? litt. "sûtra étendus des rois"). 
Cf. Tt. 1509 et Tt. 1569 cités Keds. 23. — Ttt. 1736 
1 a : Les hérétiques commencent tous leurs sûtra par 
"a, u", parce qu'ils considèrent ces lettres comme 
propices ; a est la non-existence, u est l'existence ; 
toutes les Essences relèvent de l'une ou de l'autre. — 
Cf. Ttt. 1718 1 a et cm. ; Keds. 23. 

_ ARAHASHANA PpJ££S§$J, ou arabashana pf 
M^ÊjÊ$>> etc. = sk. arapacana ; tib. a ra ba ci na. 
Formule constituée par les cinq premières lettres du 
syllabaire sk. en 42 lettres tel que l'enseignent la 
Mahâprajnâpâramitâ, l'Avatamsaka, etc. (cf. *Shi- 
jûnijimon). C'est la Formule de la première des 



trois Atteintes mystiques (cf. *Abanrankanken, 
*Abiraunken) qui sont données Tt. 905 et 906. 
Elle est l'objet de traités spéciaux où elle est mise 
en rapport avec Manjusrî Tt. 1171, 1172, 1173, 
1174; elle se rencontre déjà dans le Vinaya des 
Dharmagupta T. 1428 xi (6 e Défaillance) comme 
un type de récitation sacrée faite en commun. 

ARAKA H^tSP = sk. râga "Attraction". Ttt. 
2131 xv td. "désir". Cf. *Ai g et *Ton j£. 

ARAKA PBf£Hfc = sk. arka ; Mvy. 6217 td. byakuge 
Ë3^£ "fleur blanche". Nom d'une fleur, Asclepias 
Gigantea. Gog. x-xi et Eog. xlv te. aka |5flJ3$[l ou aga 
ppjf&f] et td- "fleur blanche". T. 1581 vu la cite 
comme une chose impure. 

ARAKAN piBM, ou arokan pgfègg, araka ^ 
BM, id. HIppJ, arika |fo7^HPj, id. |foMPPj, etc. ; abr. 
rakan %$$$, raka ||PnJ = sk. arhat. Cf. *Rakan. 

ARAMBA PSIH^. Ttt. 1733 cité Keds. 36: 
C'est une abr. de arateiramba plMkMËl^ = s ^- 
[a]ratilambha, td. tokuki f#|£ "obtenir la joie" ; ce 
médicament guérit tous les maux du corps et de 
l'esprit et assure la joie. Eog. 11 C'est un jus qui se 
produit spontanément dans des creux de pierre des 
monts Gandhamâdana et Himalaya ; quand on en 
prend, on entre en Extase. T. 279 lxxxvii II rassasie 
le corps et l'esprit. 

ARANNYA (TpJH^ T. 1435 x, 145 1 xvii,xxiv, 
Gog. I, Eog. I, Ttt. 2128 xxi, 2131 xx; ou aranna 
HÉ#fl Gog. iv ; arennya Mfàfë T. 1425 xi, 1440 
V, 1162, Ttt. 1796 m, 21 31 xx ; arenni |ÎSI| , |5E 
T. 1435 VIII, Ttt. 2128 xiv ; arennyo |foj$|$n Tt. 
1505 1 ; aranne psfljligt Eog. 1, Ttt. 2128 xxi ; aranna 
MM^ Gog. 1, iv ; arannyaka ppjj^ji Ssk. va; 
nouv. éc. arani Ig^'J^Stî Gog. iv = sk. aranya, p. 
aranna ; Mvy. 2991 tib. dgon pa "ermitage en 
forêt", ch. genjôsho p^|?^ "endroit tranquille" ; 
autres td. kûjaku ^^ "vide et tranquille" Gog. 1, 
Ttt. 2131 xx, genjaku ^^ "oisif et tranquille" Gog. 
I, gengen ffîffî "tranquille" Gog. IV, jakujô $^jf 
id. Ttt. 2128 xiv ; td. étymologiques mujô 4ffif^, 
mujôshô DHf^S?: "sans querelle" (a privatif +ran[y]a 
"bataille") Gog. 1, iv, xxm, Ttt. 2128 xxi, Eog. 1. — 
Ermitage : lieu écarté où les moines se retirent pour 
se livrer aux pratiques religieuses. — Ttt. 1796 m 
Ce lieu est en dehors des limites du monastère ; les 
moines y résident soit seuls, soit par groupes de deux 
ou trois, soit dans une hutte, soit simplement sous 
un arbre. — D'après les Vinaya T. 1428 x et xix, 1425 
XI, 1435 vin, 1440 v, 145 1 xxiv, on appelle aranya 
un lieu situé à 500 portées d'arc ou à une portée de 
voix de tout village. T. 1425 XI ajoute qu'entre le 
village et l'ermitage il ne doit y avoir ni pâturages 



APANNYA 



35 



ARAYA 



ni maisons. — Eog. I en distingue trois sortes : (i) 
datsuma }!=É0 = sk. dharma, Ermitage d'Essence, 
c'est-à-dire où l'on médite sur l'Essence apaisée et 
sans origine : c'est une Terrasse d'Eveil ; (2) matôga 
ÊftfHW^sk. mâtariga "paria", Ermitage situé [hors 
des agglomérations régulières] dans les cimetières, 
à une distance d'une portée de voix de tout village ; 
(3) dandaka ff|PÉiJ2nj = s k- dandaka (nom d'une région 
forestière et inhabitée du Deccan ancien, cf. Râmâ- 
yana), Ermitage situé dans un terrain de sable et de 
rochers. — Cf. liste de trois Ermitages désignés par 
des noms de pays : Dandaka, Mâtahga, Kalihga Tt. 
1790 ( = Vimsikâ 20), T. 26 xxxn ( = Majjh. Nik. I 
378 Upâlisutta) ; et K. Lav. iv, 163. — Arannyagyô 
f*fT, Pratique de l'Ermitage, une des douze prati- 
ques d'Ascèse ; cf. *Zuda. 

ARAYA PBl^^=sk. p. âlaya ; tib. kun gzi. — 
Tréfonds, nom donné à l'une des Notations. — Te. 
anc. éc. ariya [foJM^ft, (5*1^^15; nouv. éc. araya filffî 
M, W%m, WWiï : abr. riya WR, raya OT.-Td. : 
Anc. éc. (Paramârtha etc.) : mumotsu M : Sl "sans 
submersion", interprétation fondée sur une lecture 
a-laya, avec un a négatif en tête + laya "évanouisse- 
ment" ; nouv. éc. (Genjô &%£ etc.): zô jj$Ê "magasin". 
Ttt. 1846 11 dit que la première interprétation est 
fondée sur la lettre, la seconde sur le sens. Ttt. 1851 
m c énumère huit significations : Magasin, Sainte, 
Sens-ultime, Immaculée, Vraie, Ainsité, Maison, 
Fondamentale (c'est cette dernière désignation, sk. 
mûlavijnâna, qui était employée dans l'Âgama des 
Mahâsânghika, au témoignage d'Asariga et de Vasu- 
bandhu Tt. 1595 11 et 1597 11 ; aussi Tt. 1585 ni). — 
Aperçu. — La notion de l'âlayavijnâna "Notation de 
Tréfonds" est une des moins directement accessibles 
à l'esprit occidental. Nous sommes habitués par une 
longue tradition judéo-grecque à prendre la person- 
nalité humaine comme une donnée de l'évidence et à 
considérer la vie humaine comme une réalité com- 
plète, intégrale, pressée entre la création absolue et 
l'éternité de l'au-delà ; nous avons grand'peine à nous 
représenter la vie telle que l'Inde l'a conçue, et telle 
que le bouddhisme l'enseigne, comme un enchaîne- 
ment d'existences reliées par la causalité, en dehors 
de toute création, sans aucune préoccupation d'ori- 
gine. La notion de l'hérédité, introduite parles études 
médicales, tend cependant à modifier assez vite notre 
vieille tradition. L'âlayavijnâna est pour ainsi dire 
le magasin de ce que nous appellerions l'hérédité 
psychique; mais ici, sur le terrain indien, l'hérédité 
n'apparaît pas comme un accident de hasard dans 
la suite des générations ; elle est le lien nécessaire 
qui réunit, avec la fatalité inéluctable d'une loi 
mécanique, la série infinie manifestée dans l'existence 
présente à la série infinie qui doit en provenir. La 
psycho-physique du bouddhisme pose l'existence 
comme une suite continue d'instants ; l'âlayavijnâna 



constitue la cohésion dans chaque série autonome 
d'instants conditionnés par le développement d'une 
seule et même causalité, il nous donne ainsi l'illusion 
de l'individu, de la personnalité ; c'est donc à la fois 
une sauvegarde contre le nihilisme absolu que pro- 
fesse l'école Mâdhyamika, et c'est aussi un piège 
auquel risque de se prendre le préjugé vulgaire du 
Soi. On conçoit l'extrême importance de cette no- 
tion dans le développement philosophique du boud- 
dhisme. — Petit Véhicule. — La doctrine de l'âlaya 
se réclame toujours d'un passage de l'Ekottarâgama 
qui manque à la version chinoise de ce recueil, 
mais qui paraît dans le Nikâya p. correspondant : 
Anguttara, Catukkanipâta, n° 128. Paramârtha, le 
citant dans Tt. 1593 1, le rend ainsi : "Le monde 
se plaît à l'âlaya, aime l'âlaya, pratique l'âlaya, 
s'attache à l'âlaya ; afin d'éteindre l'âlaya, le Tg. 
énonce la Loi correcte, que le monde se réjouit 
d'entendre." La version de Genjô est légèrement 
différente Tt. 1598 11 : "Les Etres du monde ont 
l'amour de l'âlaya, trouvent la joie dans l'âlaya, se 
plaisent dans l'âlaya, font leurs délices de l'âlaya ; 
afin de trancher l'âlaya, Il a énoncé la Loi correcte." 
Le commentaire d'Asvabhâva sur ce dernier texte 
vaut d'être reproduit Tt. 1598 11 : Ce texte, dit-il, 
est celui de l'école Sarvâstivâda ; "ont l'amour de 
l'âlaya", cette expression désigne de façon générale 
l'attachement à l'âlaya ; "trouvent la joie" s'applique 
au présent ; "se plaisent dans l'âlaya" s'applique au 
passé ; "font leurs délices" s'applique au futur. 
Vasubandhu Tt. 1597 il propose la même inter- 
prétation conjointement avec une autre ; même inter- 
prétation aussi dans Tt. 1585 ni. Ttt. 1833 m signale 
un texte du Yogâcârabhûmisastra Tt. 1579 xcn qui 
se réfère à la même répartition. — Ce texte de l'Âgama 
a été imité plus d'une fois ; Asvaghosa l'a versifié 
dans son Saundarânanda, et T. 190 xxxm l'amplifie. 
— Tt. 1545 cxlv a un passage curieux : "Si les Es- 
sences sont Emmagasinées dans l'âlaya du Plan du 
Désir et sont Prises par le mamaita Jf!J|ff?^ (sk. 
mamâyita = égotifié), on dit que ce sont les Liens du 
Plan du Désir ; si elles sont Emmagasinées dans 
l'âlaya, ou Prises par le mamaita, du Plan du Formel 
ou du Sans-Forme, on dit que ce sont les Liens du 
Plan du Formel ou du Sans-Forme. Âlaya est l'équi- 
valent d'Attraction ; mamaita, l'équivalent de Vue." 
Ib. lxv "L'Arhat a. . .détruit l'âlaya"; Tt. 1546 xxxv 
(td. parallèle), au lieu de transcrire, traduit : "dé- 
truit le gîte" (sôkutsu JUS, litt. nid-grotte). — Tt. 
1558 xvi ( = K. Lav. iv, 160) Un sûtra dit : Le B. 
dit à la Grande Mère (Tt. 1559 donne Maraki ^H 
#l = sk. Mâlakîmâtar) : Qu'est-ce que tu en penses ? 
Tous les Formels, est-ce que ton œil ne les voit pas, 
ne les a pas vus, ne les verra pas, n'espère pas les 
voir ? Est-ce que, en raison d'eux, tu ne donnes pas 
naissance au désir, à l'Attraction, à l'affection, à 
l'amour, à l'âlaya ? (Le sûtra cité n'a pas été identi- 



ARAYA 36 

fié ; mais cf. passage analogue dans T. 99 xm, p. 
90 sup. = Sam. Nik. 35, 95 Sangayha, où le mot 
âlaya ne se retrouve pas.) — Cf. encore Tt. 1585 m. 
— Grand Véhicule. — Nouvelle école. — Les maîtres 
de l'école Sarvâstivâda n'étaient pas d'accord sur 
l'interprétation du mot âlaya; d'après Tt. 1593 I, ils 
en faisaient soit les Cinq Masses, soit une Impression 
de plaisir accompagnée d'Attraction, soit la Vue 
d'un Ensemble-de-réalités. Mais Asanga introduit 
une nouvelle notion: s'appuyant sur l'Abhidharma- 
mahâyânasûtra, le Larikâvatârasûtra, le Sandhinir- 
mocanasûtra etc., il fait de l'âlaya un autre nom de 
l'Esprit considéré comme le Magasin des Germes de 
toutes les Essences et comme la Concoction localisée, 
et il le compte parmi les Notations comme la huitiè- 
me, la Fondamentale (honjiki ipLfJlfc, sk. mûlavijnâna), 
ou encore la Notation de Magasin, parce qu'il 
Emmagasine l'amour du Soi. — D'après Tt. 1585 II, 
le mot zô jjj|£, td. d'âlaya, implique à la fois les 
trois sens de nôzô lËJU Emmagasinant, shozô ffiffî, 
Emmagasiné, et shûzô $fcjig£ Magasinier. "Emma- 
gasinant" signifie qu'il serre les Germes des Essences 
souillées, comme le magasin contient les marchan- 
dises. "Emmagasiné" signifie que les Imprégnations 
des Essences souillées y sont contenues, comme 
les marchandises sont contenues dans le magasin. 
"Magasinier" s'applique à l'Attraction du Soi, car 
depuis l'éternité des temps les Etres retiennent cette 
Notation en la prenant pour leur Soi interne, comme 
le magasinier veille sur le magasin. — L'âlaya est 
essentiellement cette Notation envisagée dans son 
Caractère propre ; envisagée dans son Caractère de 
Fruit, on l'appelle Notation de Concoction ; envi- 
sagée dans son Caractère de Cause, on l'appelle No- 
tation de tous les Germes. En correspondance avec 
ces trois termes, on distingue trois états de cette 
Notation Ttt. 1830 11 c : (1) L'état où l'Attraction 
du Soi emmagasine et Travaille ; c'est de toute 
éternité l'état des Bs. inférieurs à la septième Terre, 
des Catéchumènes et des Profanes ; on l'appelle 
spécialement âlaya ; cette désignation est éliminée 
pour toujours à partir du moment où l'on atteint l'état 
sans Prise de Soi. (2) L'état de Fruit des actes bons 
et mauvais ; c'est de toute éternité l'état des Bs. 
avant et y compris l'Esprit de Diamant, ou des Etres 
jusqu'à la Libération ou jusqu'à l'état Sans-Réci- 
pient des deux Véhicules ; on l'appelle vipâka (Con- 
coction) ; cette désignation est éliminée pour toujours 
à partir du moment où l'Obstruction du Connaissable 
n'existe plus. (3) L'état du maintien de la Série ; 
c'est de toute éternité l'état qui va jusqu'à la limite 
extrême des Tg. et auquel aspirent les Etres : on l'ap- 
pelle âdâna (Attribution-personnelle; cf. *Adana), ce 
qui signifie maintenir, car il maintient les Germes de 
la Série. — Cette Notation, de toute éternité, Actualise 
sans s'interrompre, à la manière d'un Courant (cf. 
*Bôru) ; mais les Morphèmes en sont subtils et dif- 



ARAYA 



ficiles à connaître. Sa nature n'est ni bonne, ni 
mauvaise, ni Indéfinie à-Revêtement ; elle est Indé- 
finie sans-Revêtement ; c'est pourquoi elle peut re- 
cevoir les Imprégnations bonnes, mauvaises, etc. 
Elle a comme Objectifs les Germes, les cinq Organes 
et le Monde-Réceptacle. Entre les cinquante-et-une 
Essences de l'ordre-de-l'Esprit, elle n'a comme 
associés perpétuels que les cinq Omniprésents qui 
sont : Acte-Mental, Toucher, Impression, Connota- 
tion, Esprit-en-travail. Telle est, en résumé, la 
doctrine de l'école de Simple Notification (Vijfïapti- 
mâtra), telle qu'elle est systématisée dans les travaux 
de Genjô et de ses disciples [Mbdj. 52]. — Ancienne 
école. — Jusqu'à Genjô, on discuta beaucoup en 
Chine sur la nature Vraie ou Fictive de l'âlaya ; 
cf. Ttt. 17 16 v c. L'école du Mhy. samparigraha- 
sâstra Tt. 1593 la tenait pour Fictive ; les maîtres 
du Dasabhûmisâstra (Db. st.) Tt. 1522 la tenaient 
pour Vraie, les sept autres étant Fictives ; cf. Ttt. 
1824 vu. C'est à eux que remontent les huit dé- 
signations énumérées sup. (Magasin, Sainte, Sens- 
ultime, etc.). L'école du Db. st. se subdivisa elle- 
même en deux ; Ttt. 1717 : "Jusqu'aux Shin (Tsin) ff 
et aux Ryô (Leang) $£, les maîtres qui propageaient 
le Db. st. formaient deux branches réparties géogra- 
phiquement : au Nord de Sôshû jfg'J'H (Siang tcheou, 
actuellement Tchang-tô ^»fê§ au Ho-nan fif$i, près 
de la frontière du Tche-li jj|tf$ et du Chan-si UJ0), 
c'était l'âlaya qu'on regardait comme la base de sou- 
tien ; au Sud, c'était l'Ainsité ; l'une et l'autre branche 
se réclamaient de l'autorité de Vasubandhu, et leurs 
opinions n'en différaient pas moins comme l'eau et 
le feu. Quand le Mhy. samparigrahasâstra vint à être 
connu (td. de Buddhasânta Tt. 1592 [531 A.D.] et 
de Paramârtha Tt. 1593 [563 A.D.]), il fournit un 
appui à la branche du Nord. Mais un siècle plus tard, 
il parut de ce texte une seconde version [de Genjô 
Tt. 1594, 648-649 A.D.] qui différait de la première 
comme la branche Sud différait de la branche Nord. 
En effet, Parâmartha [Tt. 1593] faisait état d'une 
neuvième Notation, dite Immaculée, tandis que 
Genjô [Tt. 1594] n'en comptait que huit." — Cf. Ttt. 
1824 vu ; et *Amara, *Adana. — Mahâyânaàrad- 
dhotpâdaSâstra (Tt. 1666). — On trouve dans cet 
ouvrage attribué à Asvaghosa une théorie particulière 
de l'âlaya. Au lieu d'être, comme dans l'école nouvel- 
le, une Essence Relative et Fictive de l'ordre de 
l'Opéré et du Mort-né, l'âlaya est ici la combinaison 
du Vrai et du Fictif, de ce qui ne meurt ni ne naît 
d'une part et du Mort-né de l'autre, sans qu'il y 
ait entre ces termes identité ni différence ; au lieu 
d'être Indéfinie sans-Revêtement, elle est à la fois 
Eveil et Non-Eveil, Imprégnant et Imprégné. — 
Sûtra. — Citons encore deux sûtra importants du 
G.V. sur l'âlaya : Abhidharmamahâyânasûtra, cité 
dans Tt. 1585 m : Parce qu'elle retient et emma- 
gasine les Essences, la Notation de tous les Germes 



ARAYA 

est appelée âlaya ; moi, le Vainqueur, je le révèle. — 
Laiikâvatâra, cité ib. (=texte sk. éd. Nanjô, il, 99- 
100) : De même que la mer, rencontrant le Facteur 
du vent, produit toutes sortes de vagues et, s'Actua- 
lisant devant nous, fait des Révolutions d'activité 
sans interruption, ainsi la mer de la Notation de 
Magasin (sk. âlaya), battue par le vent des Domaines 
etc., produit sans interruption les vagues des Nota- 
tions qui, s' Actualisant devant nous, font des Ré- 
volutions d'activité. — Hérésie. — T. 848 mentionne, 
dans une liste de trente hérésies, l'hérésie de l 'âlaya. 
Cm. Ttt. 1796 11 : La secte hérétique de l'âlaya 
affirme l'existence d'un âlaya qui maintient le corps 
et qui a un pouvoir créateur ; il emmagasine toutes 
les images ; si on le comprime, rien n'existe ; si on le 
distend, il emplit le monde. C'est là un Sens qui 
diffère de celui de l'âlaya dans le bouddhisme. 

ARI |JBJ^ (ou ~|g), abr. de anzukamansetsuri $H 
tt$0ll#ff!j (corr. ansha~ $gtt~?) = sk - arjakaman- 
jarî. L'arjaka (Ocymum Pilosum P.W. : basilic) est 
un arbre à fleurs blanches et parfumées. T. 262 vu 
( = Lotus p. 241): Il sera brisé en sept morceaux 
comme la branche de l'arbre ari (Lotus : "la tige du 
marjaka"). T. 985 I (td. Gijô) : Sa tête se cassera en 
sept morceaux comme le rankôshô jH|ffj§. ^*J° ^ u ' 
donne la te. complète note que rankô H§ cor- 
respond à arjaka et shôtô ffgji à manjarî. Ttt. 21 31 
vu explique que quand les branches tombent elles 
se brisent en sept morceaux. Cf. aussi ib. III. 

ARIGI HIÏ'É:=sk. âlihgi; td. hôsoku fèfêj 
'toucher en embrassant" Ttt. 1733 xix. Nom d'une 
Extase. 

ARISHA Wffîé;, anc. éc. |&I|£$? = sk. ârsa ; 
Mvy. 1432 tib. gcug lag "science sacrée", ch. 
kyôten l^jlÇ- "textes sacrés". Autre td. Dge. v koshô- 
shu "rjlgrË "ancien maître saint". — Arishage psjflj 
ïïH$ — sk. ârsagâthâ : Formules en vers dues aux 
anciens Voyants ; on dit qu'elles sont de création 
spontanée Ttt. 1796 iv (p. 619 b). 

ARITA H^ffE^sk- arista, aristaka. Nom d'arbre. 
Hbg. ix te. arishitta H^^ffu et td. mugen MWi 

'sans anneau" ; mais la td. correcte mokugen ^djÊ 
"savonnier" (Sapindus Mokurossi ; le mot sk. dé- 
signe Sapindus Detergens P.W.) est donnée T. 1059, 
avec une te. fautive arishitsukashi psfl^J^lJÎB^. Les 
graines de cet arbre, mokugenshi Tfafêlïf- (lu aussi 
mugenshi), servent à faire des rosaires T. 786 (texte 
spécial Mokugenshikyô ^/JÉ"?"!?) ; le mot est entré 
dans la langue japonaise sous la forme mukuroji. 
On les brûlait aussi pour ensorceler les démons T. 

1059, d'où sans doute leur autre nom ch. mugenshi 
iHii?."? "grains sans calamité" ; ce dernier terme, qui 
semble bien correspondre au sens étymologique de 



37 ASATTA 

l'original sk., ne paraît cependant pas attesté dans 
les textes bouddhiques. On trouve aussi une forme 
mokugenshi "fcfë,-}-. 

ARITARI HH^IÏ» td. zuishin figit» "qui suit 
le cœur". Nom d'un Bs. T. 901 xn. (Le premier 
terme du mot est probablement sk. hrd ou hrdaya 
"coeur".) 

ARIYA m$m, mWMi PWMti abr. riya $IW 
Gog. xvi, ai |5Bjïjl| Ssk. x — sk. ârya, p. ariya ; tib. 
'phags pa ; td. shô §g, shôja §E#, shônin |gA 
"saint". Gog. 1 et xvi interprète "sorti (de la 
douleur)". Cf. *Shônin. 

AROGI #sjfli$jfiJ£=sk. ârogya, Mvy. 6520 tib. nad 
med, ch. mubyô jfàfâ "bonne santé". Ttt. 2125 III 
Salutation adressée à un inférieur par un moine. 

JARORIKYA PRlPi^JlO, nom d'une Formule de 
Tara-Kannon ^IfèlS^ (sk. Târâ-Avalokitesvara) Tt. 
1039 ; cf. *Tara. 



ARUNA W%ffl> Wm.n, ou arôna J5ïJ£!$ = sk. 
aruna ; Mvy. 9296 tib. skya reh ( = rens), ch. shô- 
gyô Wfêè "aurore". Autres td. myôsô fp§;JU "aspect 
de lumière", ryôchiji T^Ë^F "moment où l'on 
distingue le sol". Nom de plante. Eog. I Le lotus 
rouge est ainsi nommé à cause de sa couleur. Nom 
de parfum (plante parfumée ?) ib. 1 : Il est de 
couleur rouge comme l'aurore ; on l'appelle aussi 
aronabattei MlÈM^kMy de arona "rouge" (sk. 
aruna) et battei "extrêmement" (°vatî ?). Ttt. 2131 
vin donne les deux sens. 



ASAHANAGA |ÎBl^gï®|5f&fl = sk. âsphânaka. Nom 
d'une Concentration T. 866 1 ; Ttt. 2128 xxxvi 
glosant ce texte écrit fautivement abahanaga |5SJ^^ 
tSPflUl °l u * a passé dans les glossaires jap., et ex- 
plique : C'est l'Inspection de Diamant subtile ; c'est 
elle qui fait de la vérité sortir l'activité. 

ASAMATSU psJH5K=sk. Aksayamati, nom d'un 
Bs. — Mvy. 702 tib. blo gros mi zad, ch. mujinne $fe 
^i£, mujinni $£|ÉiiÊ "esprit inépuisable". Cf. Ttt. 
1721 XII, 2128 xix. Il est à plusieurs reprises 
l'interlocuteur du B., spécialement dans T. 262 vu 
( = Lotus xxiv, dans le fameux chapitre sur Avalo- 
kitesvara), et il est le protagoniste de deux textes 
célèbres, T. 403 (Aksayamatinirdesa, cf. T. 397 
xxvn-xxx) et T. 310 [45] ( 6 pariprcchâ). 

ASATSUJA IHIISI^sk. asâdhya "incurable". 
Nom d'une maladie T. 231 vu, Gog. iv. 

ASATTA pBTgl£=sk. hastâ; Mvy. 3197 tib. me 
bzi, ch. shin f^. Hbg. 9 donne te. et td. Nom d'une 



ASA TTA 

mansion lunaire. T. 402 iv L'homme qui naît sous 
son influence a des points rouges au-dessous de la 
taille ; il est voleur, trompeur, fourbe, ignorant, sot, 
pauvre en Mérites. — Cf. *Shuku. 

ASEITANJAYA psffg (ou ~fë ~ji) SgffiJflî=sk. 
ajitamjaya ; tib. ma rgyal rgyal "conquérant l'incon- 
quis" ; td. munôshô ffîflêfâ, nanshô HlgÊ "invin- 
cible". Nom d'un Charme pour entrer dans la 
Concentration de la lettre A, Ttt. 1796 x; [et nom 
de ville T. 982, 984, 985 = Lévi J. As. 1915 1, 37 
et 48]. 



ASENTEIKA ppIPUlgjJO, ancienne te. asendai 
(5pj[^|| = sk. acchandaka ? Gog. xxiii-xxiv et Ttt. 
2128 xlvii sur Tt. 1602 v td. muyoku MWi "non- 
désir" ; ce nom s'applique à ceux qui ne désirent pas 
le Nirvana. Ib. ancienne td. zuiisa |§§i^f^ "agir selon 
son bon plaisir". Ib. on dit aussi senteika fëîllÉ&lSJ, td. 
taton £>f£ "ayant beaucoup de convoitise" : on est 
attaché aux Transmigrations et on ne désire pas en 
sortir. Ttt. 1831 I a classe cette catégorie comme 
la seconde parmi les Icchantika ; cf. *Issendai. 

ASETTA ^B&rlJE, ou atata WW£Vfc, arara MBB, 
aisetta HHP#TlT]3 = sk. atata; Mvy. 4931 tib. so tham 
tham "dents irrégulières", ch. chôtan J|lf| "long 
soupir". Un des huit Enfers froids, ainsi nommé du 
cri qu'on y pousse. T. 125 ni ; Tt. 1509 xvi. — Cf. 
*Jigoku. 

ASETTA ppHèfiË, ou ashitsuhata fflfàf&WL, 
ashahada psj<£ÉPtî> ashuta |TnJ$$f{Ê = sk. asvattha. 
Nom d'arbre, Ficus Religiosa. Cet arbre est fameux 
pour avoir abrité le B. quand il atteignit l'Eveil ; cf. 
*Bodai (Bodaiju). Le fruit d'asvattha est mentionné 
parmi les "huit jus" T. 1448 1 et 1453 v. Hbg. ix 
interprète à faux ce nom par ashabahada Pl^'^HS. 
PÊ, td. bakyaku J^IJjlJ "pied de cheval" = sk. asvapâda. 
Ttt. 1733 xx td. muzaiju MtfêlM "arbre sans péché" 
parce que, si on en fait trois fois le tour, on détruit 
ses péchés. 

ASHABA ps^8f$ = sk. asava, nom d'une For- 
mule qui contient en elle toutes les Formules des 
trois sections du Plan de Matrice, car a représente la 
section de Tg. (anutpâda "non-Production"), sa 
représente la section de Lotus (suci, suddha "pur"), 
et va représente la section de Diamant (vajra "Dia- 
mant", ou encore vâda parce qu'elle dépasse toutes 
les "théories") ; Ttt. 1796 iv et v. 

ASHADA M^ = sk. (1) asâdhâ (naksatra) et 
(2) âsâdha (mois). — (1) Nom d'une mansion lunaire 
double. Mvy. 3204 pûrvâ°, tib. chu stod, ch. ki %g; 
3205 uttarâ , tib. chu smad, ch. to 4*- T. 402 iv 
L'homme qui naît sous l'influence de pûrvâsâdhâ 



38 ASHAYA 

a une marque sur la rotule ; il aime à secourir les 
pauvres et renaîtra au ciel. Sous l'influence d'ut- 
tarâsâdhâ, il a une marque sur le genou droit ; il est 
querelleur et n'inspire confiance à personne. — 

(2) Nom d'un mois, le 4 e du calendrier luni-solaire. 
Mvy. 2865 tib. dbyar zla 'brin po'i chu stod ; ch. 
chûge 'ftfJC "deuxième des trois mois de l'été". Ttt. 
2087 il donne comme correspondante dans le calen- 
drier ch. la période comprise entre le 16 e jour du 
4 e mois et le 15 e jour du 5 e mois. — Cf. *Shuku. 

ASHAMARA [H^WM = sk - aksamâlâ; td. *juzu 
j$(Iy}c "rosaire" T. 901 iv. — Nom d'un Sceau, aussi 
appelé Sceau des Dix Perfections, ib. 

ASHAMASHAMA pl^B^B Tt. 1509 n = sk. 
p. asamasama ; Mvy. 529 et 6379 tib. mi ranam pa 
dan mnam pa "inégal et égal", ch. fubyôgyûbyôdô 
7£J£%J$^ id., et mutôdô ffî*f^ id.— Epi thè te 
traditionnelle des B. (a privatif+sama "égal" répété). 
Les interprétations varient : (1) tout à fait incom- 
parable Ttt. 1718 x, 1712 (c'est le sens le plus 
vraisemblable au point de vue du sk. : sama répété 
= "tout à fait égal", donc a-samasama "sans per- 
sonne qui lui soit tout à fait égal") ; (2) les B. ne 
sont pas égaux (asama) aux Etres, mais le Corps 
d'Essence est Egal (sama) de nature Tt. 1522 11 ; 

(3) il n'y a pas d'égalité (asama) entre B. et non-B., 
il n'y en a (sama) qu'entre B. et B. Ttt. 1775 1, 
1721 xn ; (4) dans les neuf Plans, l'Esprit des Etres 
ne peut parvenir à égaler l'Idéal (asama) ; c'est 
seulement dans le Plan de B. qu'il le peut (sama) : 
l'Esprit du B. est donc égal (sama) à l'inégalé 
(asama) Ttt. 1718 x. De même les six Perfections 
sont égales (sama) au B. inégalable (asama) Tt. 1509 
xl. — Epithète du G.V., au sens (1) sup. ; T. 310 xxm. 
— Nom de Concentration Mvy. 587 mêmes td. ; Tt. 
1509 XLVII Quand on atteint cette Concentration, 
on voit que tous les Etres sont égaux (sama) aux 
B. incomparables (asama), et toutes les Essences 
égales à l'Essence de B. — Nom de Charme, un des 
quatre noms du Charme de la Perfection de Sapience 
T. 250. — Une des 37 appellations d'Amida Ttt. 1978. 
— [Les textes précités donnent la td., mutôdô, et 
non la te. qui sert de titre au présent article.] 

ASHARA psjîiit, ou psjîlii, m^B etc., abr. 
asha |JSj^=sk. Acala "immuable", td. *Fudô ^"j$& 
(q.v.). Nom d'un Roi de Science. 

ASHARA |fôl^lg = sk. asâra "ricin" ou "bois 
d'aloès". Nom d'un médicament Ttt. 191 1 1 b, 
1912 1 e. 

ASHAYA PBj^iË, ou aseiya (TpJtfr^ = sk. âsaya; 
td. Mvy. 410 et 7117 tib. bsam, ch. sô *g "esprit" ; 
autre td. ch. igyô j|jâ§| "plaisir de l'esprit", shinshô 



ASHAYA 

»Ù>fë. "nature de l'esprit". — Disposition de l'esprit : 
le B. sait se conformer à l'âsaya de tous les Etres. 
Quatre sortes d'âsaya Tt. 1603 m ; huit sortes Tt. 
1594 11. Ttt. 1796 x : L'âsaya est la nature de l'esprit, 
le désir naturel des Organes qui résulte des Im- 
prégnations antérieures. 

ASHIRABANA HP$|^|$S = sk. srâvanâ, nom 
d'une mansion lunaire. Te. spéciale à T. 1341 vi. 
-Cf. *Shuku. 



39 ASHUKU 

des raisons qui ont provoqué ce mouvement ; nous 
pouvons constater toutefois qu'il semble associé à 
la poussée d'expansion qui porta le bouddhisme loin 
au-delà des frontières de l'Inde. Aksobhya a eu, 
sans doute, lui aussi, une légende développée ; mais 
il n'en a subsisté que de rares débris. Il est connu 
surtout comme un des régents des points cardinaux ; 



ASHITSUBAYUJA |»Iii^gffl = sk. âsvayuja, 
nom d'un mois. Mvy. 8268 a asvini (âsvina), tib. 
ston zla 'brin po tha skar, ch. chûshû W%k "second 
des trois mois de l'automne". Ttt. 2087 11 donne 
comme correspondante dans le calendrier ch. la 
période comprise entre le 16 e jour du 7 e mois et le 
15 e du 8 e mois. 

ASHITSUREISHA |KBI!çgg$? = sk. aslesâ ; td. 
JVlvy. 3193 tib. skag, ch. ryû $p. Nom d'une mansion 
lunaire. T. 402 iv Celui qui naît sous son influence 
a une marque sur la poitrine ; il est querelleur, il 
enfreint les Défenses, il est difficile à vivre et de 
nature luxurieuse. — Cf. *Shuku. 

ASHUBA plM'lgè, ou ashukuba H^^. etc. = sk. 
aksobhya. Nom de nombre. — Cf. *Sû |$;. 

ASHÛBI pBf3fcH=sk. âcumbin. Td. sekku g^P 
"baiser". Nom d'une Extase dans l'Es. Ttt. 1733 

XIX. 

ASHUBINI Wm&m, ou PWJgE^sk. asvinî; 
Mvy. 3213 tib. tha skar, ch. rô j£. Nom d'une 
mansion lunaire. Cf. *Ashitsubayuja, et *Shuku. 



ASHUHA |»Iïi$[ = sk. Asva. Sert à désigner les 
Asvin (Gémeaux indiens, Castor et Pollux) T. 192 
II. Ils président à la mansion lunaire d 'Asvinî ; cf. 
•Ashubini. 

ASHUKA ppj$|$n (ou ~*SÎ, PST), ashukka H$ 
j|j, ajoka PnJ^Ff&n, ajukka PRl^CjîSn = sk. asoka; Mvy. 
6166 tib. mya nan 'chaii "tranche-souci", ch. bôuke 
fèSî'fê "fleur sans souci" ; Ttt. 2131 vu td. muuke 
$£5£^£, id. — Nom d'un arbre, Jonesia Asoka. C'est 
sous cet arbre que Mâyâ enfanta le B. Sâkyamuni. 

ASHUKU pnj^ = sk. Aksobhya; tib. Mi 'khrugs. 
Nom d'un B.— Te. ashukubi |îpJÉW> ashukuba plffî 

S.— Td. fudô ^ffr, mudô MW) "inébranlable"; 
munu $£$*, mushinni $PJÎ;ï§; "sans colère". — 
Aperçu. — Aksobhya est un de ces B., dont Amitâbha 
est le type le plus connu, que le G.V. naissant paraît 
avoir introduits dans l'Eglise comme des substituts 
dépersonnalisés du B. Sâkyamuni. Nous ignorons tout 




Fig. 18. Ashuku (Akçobhya) (peinture de Shinkaku *?ft,+ 1 180). 



généralement il préside à l'Est, mais cette place 
paraît lui avoir été disputée dans l'antiquité par le 
B. Bhaisajyaguru.— Exotérisme. — Culte attesté dès 
les Han dans T. 313, td. Shirukasen, dont une 
version postérieure est incorporée dans T. 310 xix- 
xx (titre sk. Aksobhyasya tathâgatasya vyûha, cf. 
Csoma-Feer 214). Dans ce sûtra le B. Sâkya, résidant 
au Pic du Vautour avec 1250 Moines, raconte à 
Sâriputra comment le Bs. Aksobhya fit Vœu, et lui 
expose les mérites et la splendeur de son royaume. 
Autrefois, dit-il, dans le royaume d'Abhirati, situé à 
l'Est au-delà de 1000 royaumes de B., régnait et 
enseignait le Tg. Kômoku Jfg@, Oeil-étendu (ou 
Daimoku X B . Grand-Oeil ; sk. Visâlanetra ? Virû- 
pâksa ?), auquel un Moine mendiant déclara vouloir 
former le Vœu de Bs. et étudier la Voie. Le Tg. 
répliqua qu'une telle étude est fort difficile, car les 
Bs. ne doivent éprouver aucune colère à l'égard des 



ASHUKU 4o 

Etres. Le Moine forma le Vœu de n'éprouver ni 
colère, ni Répulsion, et s'étant montré "inébranla- 
ble" (aksobhya) dans l'accomplissement de ce Vœu 
pendant de nombreuses Périodes, il devint le Tg. 
Aksobhya qui règne dans ce même royaume. 
Quiconque y naît atteint le degré Sans-Régression ; 
chacun doit donc s'efforcer d'imiter les pratiques 
suivies par le Bs. Aksobhya pendant l'accomplis- 
sement de son Vœu. — Dans les textes de Perfection 
de Sapience T. 220, 224, 225, 227, Aksobhya paraît 
comme B. actuel, avec Maitreya qui figure comme 
disciple du B. Dîpahkara et comme B. futur. — 
Dans d'autres textes, Aksobhya à l'Est est opposé 
à *Amida à l'Ouest T. 362, 414. Ces deux B. se 
trouvent associés dans les récits de leurs existences 
antérieures, etc.: T. 262 III ( = Lotus 98-113) où 
Aksobhya figure comme le premier des 16 princes 
du B. Daitsûchishô jï'Mfëffî (Mahâbhijnâjnânâbhi- 
bhû) ; il devient le Novice Chishaku ^fg (Lotus 
98 : Jnânâkara) et plus tard "le B. Aksobhya de 
l'Est, résidant au royaume d'Abhirati", un autre 
des 16 princes étant le futur B. Amida ; T. 831, où 
il figure comme fils d'un maître de maison sous le 
nom de *Benshaku ^fg (Pratibhânakûta) ; T. 425 
vi, où il est appelé "B. Sans-Colère" ; T. 157 iv 
( = Karunâpundarîkasûtra 11), où il figure sous le 
nom de Misso $5i|Ç (manque au texte sk.) comme 
le 9 e des 1000 fils du roi Mujônen MWfà 
(Aranemi), lui-même incarnation antérieure d 'Ami- 
da. Cf. Abkk. 51 sq. — Dans la section de T. 475 
m intitulée "Voir le royaume du B. Aksobhya", 
il est dit que Vimalakîrti est originaire du royaume 
d'Abhirati. — Noms ch. de ce royaume : Abiradai |foj 
ttittl T. 313 et Ttt. 1757 î Ayuiradai pMMifê T. 
474 11 ; Myôki %fy% T. 475 III, 476 vi ; Myôraku 
W$k T. 474 n ; Zenke ^tk, Kangi fc^ T. 313, 
etc. [La td. Kangi rend aussi le nom d'une yaksinî, 
Abhirati, T. 1451 xxxi ; cf. Péri, BEFEO XVII, 
m, 4.] — Esotérisme [Hmjr. 15, etc.]. — Aksobhya 
réside dans le Plan de Diamant, au centre de la 
Roue (dite de Soleil ou de Lune) de l'Est des As- 
semblées d'Acte, de Convention, etc., entouré des 
4 Bs. de Diamant Satta ^110 
(Etre, sk. Sattva), ô £ (Roi), Ai 
$* (Amour) et Ki ^ (Joie). Il a 
pour Vertu l'une des 5 Connais- 
sances (cf. *Chi), la Connaissance 
de Miroir (sk. âdarsajnâna). Son 
rôle est de subjuguer les Passions 
démoniaques et de manifester le 
pur Esprit d'Eveil sans souillure. 
— Une tradition identifie au B. 
Aksobhya du Plan de Diamant 
le B. Divyadundubhimeghanir- 
ghosa (*Tenkuraion) du Plan de 
Matrice ; dans ce dernier, en 
effet, Aksobhya ne figure pas sous son propre nom ; 




Fig. 19. Ashuku 
(Plan de Diamant). 



ASHURA 

cf. *Butsu, et *A (Ajigoten). — Noms de Diamant. — 
Fudôkongô ^ijjifepjlj (Aksobhyavajra) ou Fuikongô'ffij 
ïsc^PU (Diamant-Effrayant). — Germe. — Hûm (Sjsh. 
1). — Formules. — Om Aksobhya hûm (dans l'Assem- 
blée d'Acte) et : Vajrajnâna hûm (dans l'Assemblée 
de Convention). — Forme de Convention. — Un Dia- 
mant à 5 pointes dressé verticalement sur un 
Diamant à 3 pointes horizontal. — Iconographie.-—* 
Son corps est généralement doré, mais diverses 
autorités lui attribuent une couleur bleue, qui d'après 
Bzss. 6 symboliserait l'Ensorcellement des démons : 
Tt. 11 19 il est bleu ; T. 868 11 Sa poitrine émet une 
lumière bleue qui éclaire les mondes innombrables 
de l'Est; Asbs. il repose sur un éléphant bleu (c'est 
la tradition de l'école Taimitsu) ; le bleu est sa 
couleur dans le système de correspondance des 5 B. 
es. avec les 5 points de la lettre *A (Ajigoten) ; cf. 
Grùnwedel Myth.98. — Sceaux. — Sa principale carac- 
téristique iconographique est le Sceau dit de toucher 
le sol (sokuchiin fiSgflfiÉP), ou Sceau d'Aksobhya 
(ashukuin piJ^EP), ou T. 997 Sceau d'Ensorcellement 
(nôsaibukuin tgflJKKftJ), ou T. 868 11 Sceau de la 
défaite de Mâra (hamain $iJ$|ÉP), ou encore ib. 
Sceau de l'anéantissement des Vinâyaka (nômetsu- 
binayakain tfêiftlË^JfôjilÉP) : la main droite pend 
sur le genou droit plié, les cinq doigts étendus 
touchant (ou désignant) le sol. La main gauche 
fermée tient un pan de vêtement sur le cœur T. 868 
II, Tt. 11 19, 1120 A, ou repose sur le genou gauche 
ou le nombril Hmjr. 15. — Pratiques.— Hmjr. 15 : Au 
Japon le rituel d'Aksobhya Tt. 921 s'utilisait autrefois 
pour le culte de Bhaisajyaguru (*Yakushi), autre B. 
de l'Est qui était confondu avec Aksobhya ; mais 
depuis que ces deux B. sont nettement distingués, 
le rituel d'Aksobhya n'est plus guère employé. 

ASHUMAKAHA HJiJ^fâgg, ou ashumakatsu- 
ka Hf§J§f$||3|£. etc. = sk. asmagarbha "émeraude" ; 
td. littérale Eog. I sekizô ^3^ "intérieur de la pierre". 
— Un des sept Joyaux. — Son nom est généralement 
rendu par menô Jig|J§ "cerveau de cheval" (aussi 
écrit £§{£, J^&i, tfj|{i$, S|ff), terme ch. qui désigne 
l'agate et non l'émeraude (ainsi Mvy. 5957, où td. 
tib. rdo 'i snih pa "moelle de diamant") ; cette con- 
fusion paraît due à une fausse étymologie du ch. 
menô par une variante hypothétique asvagarbha du 
sk. asmagarbha. Cf. BEFEO XXIV, 284-286. Ttt. 
1723 11 donne une td. shozô ffi%£, "intérieur du 
pilon" qui répond en réalité à musalagarbha, altéra- 
tion du sk. musâragarbha, nom d'une autre pierre 
précieuse dont l'identification n'est pas certaine. 

ASHURA psf<ÉÊ|jâ = sk. P- asura; tib. lha ma yin 
"n'est pas dieu". — Te. anc. éc. ashura H^Hâ p. 
ex. T. 26 xxxiv, asora PRj^tH E °g- l (° u Nf££i 
T. 1451 xix), asurin Wfëià T - ^5 x* 1 (ou ppjflf 
$j| T 1 xxi) ; nouv. éc. asoraku PrU^S- p. ex. Tt. 



ASHURA 



1545 xxvii, Ttt. 2087 ix ; abr. shûra |£$tâ T. 190 
xxiii. — Td. anc. éc. mutan $pflâ "P as beau", mu- 
myôge $&$$$, "pas de jeux merveilleux", mushu 
$H/pï "sans alcool", retten <%% "dieu vil"; nouv. éc. 
hiten $fr% "pas Dieu". — Généralités. — Les Asura 
remontent au passé le plus ancien des religions 
indc-iraniennes. A travers les temps et les pays, ils 
ont conservé une physionomie énigmatique et am- 
biguë. L'Asura védique est un ennemi des Dieux ; 
mais certains entre les plus grands des Dieux 
portent le titre d'Asura. Dans la Perse, l'Asura 
aboutit à Ahura Mazda, le dieu souverain du bien, 
l'adversaire d'Arihman en qui s'incarne le mal. Les 
Asura du bouddhisme continuent cette double 
tradition. — L'ensemble des questions touchant les 
Asura est posé et discuté dans un long passage de 
la Mahâvibhâsâ Tt. 1545 clxxii : "Il y a des écoles 
qui comptent les Asura comme une sixième Desti- 
nation ; c'est inadmissible, car les sûtra ne parlent 
que de cinq Destinations. Pourquoi les appelle-t-on 
Asura ? Sura signifie Dieu ; on dit : les Asura, parce 
qu'ils ne sont pas Dieux. Sura signifie beau ; on dit: 
les Asura, parce qu'ils ne sont pas beaux ; en con- 
séquence de la jalousie qu'ils ont portée aux Dieux, 
leur corps s'est enlaidi. Sura signifie congénère ; en 
effet les Asura habitaient d'abord près des Dieux, 
mais ils ne sont pas de la même espèce. A l'origine 
du monde ils résidaient au sommet du Sumeru. Plus 
tard les Dieux Resplendissants, ayant épuisé leur 
vie, leurs actes et leurs mérites, vinrent renaître 
parmi eux ; et il apparut soudain pour ces Dieux 
un palais merveilleux. Les Asura furent jaloux d'eux 
et se tinrent à l'écart. Il en advint de même avec 
les Dieux du second Ciel et ainsi de suite jusqu'aux 
Dieux Trente-trois, qui vinrent tous, les uns après 
les autres, habiter au sommet du mont Sumeru. 
Les Asura, piqués, se retirèrent vers le bas. Mais 
tous les Dieux, au moment où ils renaissaient, les 
montraient du doigt en disant : Ceux-là ne sont pas 
de notre espèce. C'est de là que leur vint graduelle- 
ment ce nom. Quant à leur laideur, elle est due à la 
jalousie qu'ils avaient ressentie. Si on demande : Où 
allèrent habiter les Asura quand ils se retirèrent de 
là ? la réponse est : Certains disent qu'il y a sur le 
Sumeru un creux pareil à un bol renversé, où se 
trouve une ville qu'ils habitent. Si on demande : 
Comment se fait-il que le sûtra (Ekottara T. 125 
xxxiv) attribue aux Asura cette parole : La mer, où 
nous habitons, a une saveur unique ? on répond : Les 
villages ressortissant de l'autorité du roi des Asura 
sont au fond de la mer, mais il réside lui-même sur 
le mont Sumeru. Certains disent qu'au milieu de la 
mer salée se trouve une grande terrasse d'or placée 
sur une roue d'or; elle est haute et large de 500 
Lieues et porte une ville qu'habitent les Asura. Le 
Prajnaptipâdasâstra (Sesetsuron, Tt. 1538) dit: Les 
Dragons de la mer intérieure virent des armées 



41 ASHURA 

d'Asura qui revêtaient des cuirasses d'or, d'argent, 
etc., et s'armaient pour sortir de la ville des Asura ; 
et ils le dirent aux Dieux. Pourquoi ? C'est que les 
Dieux se servaient des Dragons pour monter la garde 
sur le mont Sumeru ; quand ceux-ci virent de loin 
les armées des Asura so-tir de leur ville située dans 
la grande mer, ils avertirent les Dieux. — Comme les 
Dieux Trente-trois. . .les rois det> Asura ont quatre 
parcs, savoir : Plaisir, Joie, Joie extrême, Aimable. . . 
ils ont un arbre Citrapâtalî. Comme Incna est le sou- 
verain des Trente-trois, Vemacitra eac leur souverain. 
Quelle est l'apparence des Asura ? Ils sont droits. 
Quel est leur langage ? La langue sainte. A quelle 
Destination appartiennent-ils ? D'après certains, c'est 
à la Destination des Dieux. Mais pourquoi ne peu- 
vent-ils entrer dans la vraie nature dégagée des nais- 
sances ? C'est qu'ils sont Revêtus de fourberie, car ils 
doutent sans cesse du B., et croient qu'il prend le 
parti des Dieux ; si le B. leur prêche les quatre Aide- 
Mémoires, ils pensent qu'il en a prêché cinq aux 
Dieux ; s'il leur parle des trente-sept Ailes de l'Eveil, 
ils croient qu'il en a prêché trente-huit aux Dieux. 
Néanmoins, on ne peut pas dire qu'ils relèvent des 
Mauvaises Destinations ; c'est le même cas que les 
Dasyu et les Mleccha qui, eux aussi, ne sont pas 
entrés dans la vraie nature dégagée des naissances. 
Certains disent qu'ils relèvent de la Destination des 
Trépassés. Mais pourquoi le sûtra dit-il qu'Indra 
parlant à Vemacitra l'interpella ainsi : Tu es le Dieu 
de cet endroit ? Pourquoi ne le traite-t-il pas de 
Trépassé ? C'est qu'il emploie un mot honorable pour 
s'adresser au père de son épouse Sacî, et qu'il veut 
ainsi la contenter. Comment se fait-il que des Tré- 
passés aient des relations intimes avec les Dieux ? 
C'est parce que les Dieux éprouvent de la concupis- 
cence pour la beauté, sans considération de clan ni de 
famille. . . Comment se peut-il qu'ils combattent avec 
les Dieux ? Il arrive que des inférieurs combattent 
contre des supérieurs, comme esclave et maître, chien 
et homme." — Interprétations du nom. — Outre les 
interprétations données dans le texte précité, Ttt. 
2128 1 analyse Asura ainsi: anégatif+su "bien" + ra 
( = ram°) "jeu", d'où la traduction : "pas de jeux 
merveilleux", parce qu'ils n'ont pas les jeux des 
Dieux. — Ttt. 1718 11, 2122 v: Ils sont appelés Asura 
"sans alcool" parce que, ayant cueilli des fleurs, ils 
voulurent s'en servir comme ferment dans la mer, 
mais l'eau ne se changea pas en breuvage à cause 
des poissons et des Dragons ; ils s'irritèrent et firent 
serment de renoncer à l'alcool. — Classement dans 
les Destinations. — Un texte attribué à Asvaghosa 
T. 726 les dénombre comme une Destination par- 
ticulière, entre les hommes et les Dieux : "Leur 
conduite est toujours fourbe ; ils aiment à se battre 
furieusement ; pour avoir autrefois pratiqué le Don, 
ils sont devenus rois-Asura." Cf. aussi Tt. 1509 xxx, 
etc. Mais en général ils sont répartis entre les autres 



ASHURA 42 

Destinations, Enfers exceptés. Tt. 1579 iv les classe 
parmi les Dieux, dont ils ne se distinguent que 
par leur nature mensongère. Id. Tt. 1530; cf. Ttt. 
1723 11 a. T. 721 consacre quatre chapitres xvin- 
xxi aux Asura, incorporés dans la section des 
animaux ; mais il en distingue deux espèces, l'une 
malfaisante ; assimilée aux Trépassés, habitant sur 
terre, dans les montagnes, sous forme de démons, 
l'autre établie au fond de la mer et assimilée aux 
animaux. D kprès un Gâthàsûtra (Gadakyô , ffJt][S'£i|5) 
cité Ttt. 1723 il a ot 2122 v, ils relèvent à la fois 
des Trépassés, des animaux et des Dieux. T. 945 
ix (texte es.) définit quatre espèces d 'Asura : (1) 
ceux qui ressortissent de la Destination de Trépassés 
naissent d'oeufs, et grâce à la protection qu'ils 
exercent sur la Loi ont la faculté surnaturelle 
d'entrer dans le vide ; (2) ceux qui ressortissent de 
la Destination d'hommes naissent de fœtus, ils sont 
tombés du ciel et habitent près du soleil et de la lune ; 
(3) ceux qui ressortissent de la Destination de Dieux 
naissent par métamorphose, ils sont puissants, 
intrépides, capables de lutter avec les Dieux ; (4) ceux 
qui ressortissent de la Destination d'animaux naissent 
de la moiteur, ils sont vils et faibles, vivent au fond 
de la mer dans des trous ; le matin ils se promènent 
dans les airs et le soir rentrent dans leur domicile 
aquatique. — Pour les textes p. sur cette question, 
cf. K. Lav. m, p. 11 n. 2. — Causes de naissance 
comme Asura. — T. 80 et Ttt. 2122 v en énumèrent 
dix : péchés bénins de corps, de bouche, d'esprit ; 
six espèces d'orgueil ; bonnes actions faites dans 
l'intention de renaître comme Asura. — La croyance 
commune au Japon, c'est que l'inscience, l'orgueil 
et le doute font renaître parmi les Asura. — Le Sarh- 
yuktâgama cité Ttt. 2122 v donne le mythe suivant : 
Les Asura étaient autrefois des hommes pauvres qui 
habitaient au bord d'une rivière et passaient du bois 
à gué ; comme ils risquaient d'être emportés par le 
courant, un B.-pour-soi auquel ils avaient offert de 
la nourriture leur apparut dans les airs ; les Asura 
formèrent alors le vœu de renaître avec un corps 
assez grand pour que les eaux les plus profondes ne 
leur allassent qu'aux genoux. C'est pourquoi ils 
peuvent maintenant se tenir dans la mer, qui ne 
dépasse pas leurs genoux ; et ils s'appuient des deux 
mains sur le sommet du Sumeru, pour regarder 
au-dessous d'eux les Dieux Trente-trois. — Monde 
des Asura.— Grands rois : Raka HUpI (sk. Râhu), ville 
au fond de la mer, N. du Sumeru ; au centre, la 
petite ville de Rinshumabata $|^0^B î Bimashitta 
8LBW& (sk. Vemacitra) ; Semmara B$j$f| (sk. Sam- 
bara) (T. I xx) ;— Vemacitra, au fond de la mer, E. 
du Sumeru ; "le Bondissant", au S. ; Sambara, à l'O. ; 
Râhula (sic, comme souvent, pour Râhu), au N. ; 
leur assemblée se tient aux Sept-Têtes, au centre de 
la capitale de Vemacitra, Setsumabatai WtWt^lkfê (T. 
24 vi et vin) ;— Bali, Suraskandha (var. ch. Khara- 



ASHURA 

skandha), Vemacitra, Râhu (T. 262 1 = Lotus 3) ; — 
Vemacitra, Parada, Bali [te. JBaji jj-j^J-Vairocana, 
Râhula, Mucilinda, Sucitra, Sambara (T. 397 xlvii) ; 
— Bimashitta (sk. Vemacitra), Barada ^MPfc (sk. 
Parada), Zempi ^^f (sk. Suskandha), Bacchi J^Jg! 
(sk. Bali), Birushana (sk. Vairocana), Sembari [l^^H 
flj (sk. Sambara), Rakusen $!?$£ (Aimant-la-guerre), 
Zemmoku *j|g (Bon-œil), Fukusangai -t^H^?- (Sou- 
mettant-les-trois-Mondes), Mokushinrinda g JUr^'t* 
(sk. Mucilinda) (T. 310 xlii) ; — Râhu, Vemacitra, 
Sambara, Bandhi, Vairocana, Drdhavajra, [Su] 
Citrâhga, Brhadâra, Balavipulahetumati, Vatsasrî- 
sambhava, Suvratasvara (Mvy. 3392-3402) ; — (1) 
Râhu, qui pour voir les Déesses couvre de sa main 
le soleil et la lune qui l 'éblouissent ; il a une ville 
nommée Kômyô %$%, 4 parcs, 4 épouses nommées 
Nyoyô Mj$£ "ombre" (sk. Châyâ), Shokô §g|f 
"parfums", Myôrin pfrfà "merveilleuse forêt", 
Shôtoku B^ît* "vertu éminente" ; sa vie est de 
5000 années, où chaque jour = 500 années humaines ; 
(2) Damakô [fgJllllfê (td. kotsuen ^-(ig "gosier obstrué 
par un os ?"), parfois appelé Keman ?£S> habite 
la terre Gatsuman /§f|, située dans la mer plus 
profondément que celle de Râhu ; il a une ville 
appelée Sôyûgi ff^felç ; dans cette 2 e terre réside 
aussi Yûken J§fj| "Brave", sa vie est de 6000 ans, 
où chaque jour = 6oo années humaines; (3) Keman 
?£§t "Guirlande de fleurs" ; sa terre, encore plus 
profonde, est nommée Shunaba ^^^, et sa ville 
Gombira fâiSlfâ î sa vie est de 7000 ans où chaque 
jour = 700 a.h. ; (4) Bimashittara jg,IK3t£fi ( sk - 
Vemacitra), aussi nommé Pakasa S^P^I^, ou Paka- 
sabimashittara, ou Bimashittarapakasa ; sa terre, 




Fig. 20. Ashura (Asura) (Plan de Matrice). 

toujours plus profonde, s'appelle Fudô yf^^J "im- 
mobile", et sa ville Gombira, ut sup. ; dans les 
guerres contre les Dieux, Râhu marche à l'avant- 



PLANCHE VI 





i. Ashura [Asura] 
(dans les huit Assemblées) 



2. Ashura [Asura] 
(dans les vingt-huit Assemblées). 



ASHURA 

garde, mais Vemacitra est le plus fort, et c'est lui qui 
se bat le dernier (T. 721 xviii-xxi). — Cf. aussi T. 23 
11. — Nourriture: Chaque fois qu'ils mangent, leur 
dernière bouchée se transforme en boue bleue, de 
même que la dernière bouchée des rois-Dragons se 
transforme toujours en grenouilles Tt. 1509 cité Ttt. 
2122 v. Leur nourriture, comme celle des Dieux, se 
produit spontanément telle qu'ils la désirent T. 721 
cité ib. — Leurs combats avec les Dieux, notamment 
Sakra et les Trente-trois, sont un thème banal, cf. 
p. ex. T. 99 lx=ioo ni ; T. 279 xlii ; Tt. 1509 
Lxxvm (où Sakra triomphe des Asura en pensant 
à la Sapience ; aussi T. 643 1, et T. 225 11) ; T. 721 
xviii ; T. 384 v. Très souvent les Asura vaincus 
cherchent un refuge dans les trous des fibres de 
lotus, p. ex. T. 99 xvi, 125 xxi, 279 xlii ; Tt. 1509 
xxx. — Nâgârjuna discutait avec des hérétiques et 
dit : Maintenant les Dieux se battent avec les 
Asura ; soudain une tête d 'Asura tomba du ciel 
Ttt. 1775 11 ; Ttt. 2058 v. — Deux frères Asura se 
< battent pour une femme et meurent T. 190 xxin. — 
Combat singulier de 1. 'Asura Indradamana avec 
Visnu Ttt. 2049, cf. *Bichû. — Tt. 201 1 ( = Huber 
2) : Un Dieu détruit d'une seule flèche la ville des 
Asura suspendue dans les airs. — Dans les Nô et la 
littérature chevaleresque du moyen-âge au Japon, 
les guerriers morts sur le champ de bataille renais- 
sent comme Asura et se réveillent toutes les nuits 
pour batailler encore (cf. p. ex. le Nô intitulé 
Atsumori, td. Péri BEFEO XII, v). — Légendes sur 
les grottes merveilleuses des Asura : Ttt. 2087 x Le 
savant Bhâviveka s'ouvre une porte au moyen d'un 
grain de moutarde (thème bien connu des Mille et 
une Nuits) pour pénétrer dans l'intérieur d'une 
montagne, au pays d'Andhra, afin d'attendre dans 
le palais des Asura la venue de Maitreya. Cf. T. 901 
vi : "Par le Charme de l'Entrée dans le palais des 
Asura, on obtient de voir Maitreya" ; aussi la tradi- 
tion es. relative à Nâgârjuna, citée sous *Bombai. — 
Ttt. 2087 ix Une grotte du pays de Magadha ouvre 
à des visiteurs audacieux l'accès du monde des 
Asura; Ttt. 2122 v conte cette histoire avec plus 
de détails, en se référant expressément aux dires de 
Genjô : il s'agissait d'un magicien luxurieux et de 
son disciple ; grâce à ses Formules, le magicien fut 
admis dans la grotte par les femmes Asura, mais 
il ne reparut jamais ; son disciple entra alors au 
monastère de Nâlandâ, où le rencontra Genjô ; — et 
cf. le récit de ôgensaku (Wang Hiuan-ts'ô) 3E]£5lt 
dans Ttt. 2122 v, où le visiteur ne put dégager' que 
sa tête à la sortie de la grotte, ici située au Campa 
dans l'Inde centrale. — Deux Rituels es., Tt. 1246 
et 1248, indiquent le procédé à suivre pour s'ouvrir 
une grotte d 'Asura : il faut prononcer 1080 (Tt. 
1248 : 1008) fois une Formule sur des grains de 
moutarde qu'on 1 mélangés avec son propre sang, 
en frappant ch" que fois la porte de la grotte ; celle-ci 



43 ASHURA 

finit par s'ouvrir, et le magicien est accueilli par des 
femmes Asura au corps de flamme, qui lui offrent des 
parfums ; s'il reste dans la grotte, son corps demeure 
intact comme le Diamant, jusqu'à la fin du monde, 
c'est-à-dire d'une Période ; et s'il en veut sortir, les 
femmes le reconduisent avec des parfums. — Rôle 
dans la religion bouddhique. — Tt. 1509 x Ils 
sont combatifs, mais ne contreviennent point aux 
Défenses et pratiquent le Don. — T. 26 xxxvi Quand 
les hommes sont méchants, les Asura deviennent plus 
actifs et font tort aux hommes et aux Dieux ; inverse- 
ment, quand les hommes font le bien; id. T. 721 
xviii. — Tt. 1509 xxxv Toujours sceptiques, ils met- 
tent en doute les paroles du B.; cf. sup. la citation 
de la Mahâvibhâsâ. — Discussion entre brahmanes 
et bouddhistes sur les Asura Tt. 201 1. — Défenseurs 
de la foi : T. 279 lxii ils éteignent l'erreur ; Tt. 1509 
iv Râhu est un grand Bs. ; T. 397 xxm les rois des 
Asura ont fait serment de protéger la Loi ; T. 310 
lxii ils rendent hommage au B., qui prédit qu'ils 
deviendront tous B. dans la Période Bien-nommée, 
Zemmyôkô ff^ijj. — T. 397 xlvii long récit d'al- 
lure épique ou Mâra tourmente les Asura, mais 
le B. les protège ; après la défaite de Mâra, les 
Asura font hommage au B. — Iconographie. — Ttt. 
1728 11 décrit des formes d'Asura à mille têtes et 
deux mille bras, ou dix mille têtes et vingt mille 
bras, ou trois têtes et six bras. — Ttt. 2122 v Les 
Asura mâles sont laids mais leurs femmes sont 
belles. — Dans l'Es., les Asura figurent au S. de la 
section de Diamant extérieure du Plan de Matrice ; 
Bzss. cdxii-cdxiii en donne deux images : sur l'une, 
le roi des Asura porte en main le "bâton de Yama" 
(sk. pâsa, un lasso stylisé) surmonté d'une tête 
humaine ; il est assisté de deux femmes dont l'une 
tient un bol, l'autre un bâton ; sur l'autre, il tient 
une épée et les deux femmes qui l'assistent tien- 
nent chacune un bâton. Les Asura figurent égale- 
ment parmi les huit Assemblées qui se rattachent 
à Sâkyamuni (cf. *Hachibushu) et parmi les vingt- 
hu qui se rattachent à Avalokitesvara (cf. *Kan- 
non). Dans chacune de ces séries ils sont représentés 
avec trois faces et six bras ; dans la seconde série, 
deux des six mains sont jointes et les quatre autres 
tiennent respectivement le soleil, la lune, l'arc et 
la flèche. Cf. Bbkw. 523, 601, 605.— Râhu (T. 1 xxi) 
ou Vemacitra (T. 24 vin) cherchent à porter le 
soleil et la lune comme boucles d'oreilles [cf. Ekot- 
taragâma cité Ttt. 2122 v : Les Asura, hauts de 
84.000 Lieues, deviennent deux fois plus hauts 
lorsqu'ils veulent toucher le soleil et la lune, qui, 
effrayés, cessent de luire ; toutefois les Asura n'osent 
pas s'en emparer, car ces astres bienfaisants sont 
protégés par de grandes forces spirituelles]. — Ashu- 
rakin $]$£]$$£, luth des Asura, dont la musique 
subtile convient à toutes sortes d'auditeurs, de même 
que l'enseignement des Bs. Tt. 1509 xvn. — Cf. 



ASHURA 



44 



AYATANA 



*Ragô, *Bachi, *Bimashittara, etc. 

ASÔGI |J5jf£jjft, ou asôgiya OTftïftlffi, PlfèteM, 
abr. sôgi 'fê|#R = sk. asankhyeya, asankhya. Nom de 
nombre : Incalculable. Cf. *Sû. 

ATABABEIDA HftË^P^Iffc?, ou adatsubabida pg 
WfWÊ, adatsuhada pïiaiKPB. adatsubana [5pJK^ 
^ = sk. Atharvaveda ; Mvy. 5050 tib. srid sruns gi 
rig byed "savoir qui protège la vie" ; ch. samyôgou 
ffcflJlIW td. littérale du tib., et inôgohôchiron ^|g 
WkJJiiîm "traité de la connaissance des procédés 
pour protéger (la vie) par des pouvoirs extraordi- 
naires". Autres td. jutsu $f "artifice" Ttt. 2128 vixx, 
1788 v ; ju Pjjl "Charme" Gog. xvm. — Cf. *Ida. 

ATABAKU psjtFeaja, PfffMfc-plIfâMi ata " 
baka lÎPjffEUBl^sk. Âtavaka, p. Âlavaka ; Mvy. 
3377 tib. 'brog gnas "habitant de la jungle", ch. 
jukôya tËJ$ê!?f, id. Un des seize grands Généraux 
de l'armée des Yaksa Ttt. 2128 XII. Toutefois son 
nom ne figure pas dans la liste de seize Généraux 
des Yaksa T. 901 m ; mais bien dans celle de huit 
Ttt. 1796 v (cf. *Bishamon). Dans l'Es., on l'ap- 
pelle *Daigensuimyôô ^7c6ljl§8ï (q.v.) "Roi de 
Science Généralissime". Plusieurs textes es. lui sont 
spécialement consacrés T. 1237, T. 1238, Tt. 1239, 
Tt. 1240. 

ATABATTEI psl[F{;$jg = sk. Atakavatî, Alaka- 
vatî. T. 310 m nom de la ville où réside Vaisravana. 
Ttt. 2128 xi mentionne une autre te. anubanta ftl^k 
fâg- ; cf. *Bishamon. 

ATAKAARABA Pï>IIJE$!!PnIf|3g, nom d'un mé- 
dicament interprété par "jus (araba) de lumière d'or 
(ataka)" Ttt. 1733 xx. (Probablement = sk. hâtaka- 
[prabha]rasa, en corrigeant ~ba 3|| en ~sa #£.) 

ATEIRI [SllgP! (ou |g|), ou atetsuri |»f g&PJË = sk. 
Atri. Nom d'un Voyant. Dans l'Es, il est placé au 
Sud de la Cour extérieure de la section de Diamant 
dans le Plan de Matrice, parmi les assistants d'Agni 
(*Katen) ; il tient dans la main gauche un flacon à 
eau, et de la droite se couvre le corps Hizk. II. Sa 
Formule est : Ahtreya mahârsam svâhâ Tt. 850 il 
(cf. p. 89 b), 851 11, 852 11. 

ATENTEIKA Wffî]§,M=sk. âtyantika "défini- 
tif" ; td. hikkyô fjljD, même sens Gog. xxm-xxiv, 
Ttt. 2128 xlvii. — Tt. 1606 v, et Ttt. 1831 1 a, 
classent cette catégorie comme la troisième parmi les 
Icchantika ; cf. *Issendai. 

AUN peflUf =sk. ahûm &&.— A est le premier 
son formé en ouvrant la bouche, et hûm le dernier 
son formé en fermant la bouche. Ces deux phonèmes 




Fig. 21. Ateiri (Atri). 

correspondent donc à l'origine et à la fin de toutes 
les Essences, à la Production de l'Esprit d'Eveil 
et au Nirvana (cf. *A : Ajigoten). Dans l'Es., a 
correspond à l' Indiversifié, au Plan de Matrice, à 
Vairocana ; hûm au Diversifié, au Plan de Diamant, 
à Vajrasattva. A est le principe des lettres ainsi que 
des Essences ; son Sens principal est celui de Sans- 
Production originel. Quant à hûm, Unjg. en énumè- 
re les dix Sens suivants : (1) Il révèle le Caractère 
Réel de toutes les Essences. (2) C'est le Germe de 
l'Esprit d'Eveil. (3) C'est le principe de productivité 
des Essences. (4) Il embrasse toutes choses : Causes, 
Opérants, Effets. (5) C'est la transmission de Vairo- 
cana le maître à Vajrasattva le disciple. (6) C'est la 
lettre de la Non-dualité des deux Plans — Plan de 
Diamant et Plan de Matrice. (7) C'est le Germe de 
Vajrasattva. (8) Il a pour Substantiel la lettre h, 
dernière des voyelles et consonnes. (9) C'est le 
Germe-commun du Plan de Diamant, correspondant 
à l'Esotérique du Mental (cf. *Sammitsu). (10) 
C'est le Récipient de toute Ainsité. — Ssms. 11 : A 
est le véhicule de l'expiration — la dilatation et l'ex- 
pansion de l'Esprit unique développant tous les 
Plans d'Essences ; hûm est l'aboutissement de 
l'inspiration — l'enroulement et le rétrécissement de 
l'Esprit unique ramenant en lui toutes les particules 
infimes. — Kkas. 11 : Dans la pratique du *Susok- 
kan, a est l'expiration, hûm l'inspiration. — Ce serait 
par allusion à a et à hûm que dans les paires de Rois 
gardiens ou de lions, placées à la porte des temples 
jap., l'un a la bouche ouverte et l'autre la bouche 
fermée ; cf. le nom des gardiens de portes en Chine : 
heng ha eul tsiang P? P&ZlJHr , ou heng = hûm et ha 
= a— Cf. *Niô. 

AYATANA (SJflP (ou -&) tB$fl=sk. âyatana ; td. 



AYATANA 



45 



BADA 



*sho fâ "lieu", q.v. 

AYÔ UjjJl^, "muet comme un mouton". Le 
Moine muet comme un mouton est une des quatre 
sortes de Moines Tt. 1509 III (cf. *Biku) : "Il ne 
contrevient pas aux Défenses, mais il est obtus et 
sot, incapable de discerner le beau et le laid, le 
lourd et le léger, ce qui est péché et ce qui ne l'est 
pas. S'il y a une affaire dans la communauté et que 
deux Moines se querellent, il est incapable de 
décider et garde le silence, tel un mouton blanc qui 



ne peut jusqu'à l'abattoir émettre un son." — Une 
hérésie est désignée par le nom de Ayôgedô H^j^ 
^fj|f "l'hérésie du mouton muet" ; elle consiste à 
observer la pratique du silence Ttt. 1805 m c [p. 
397 b, col. 25]. Cf. *Ahô. — En réalité la td. ch. 
est une interprétation fantaisiste du sk. edamûka 
"sourd-muet", où le mot eda "muet" a été confondu 
avec eda "mouton". 

AYUTA peilÈ^ ou H/^^sk- ayuta. Nom de 
nombre. — Cf. *Sû. 



BA 3^ = sk. ba Ç, une des cinquante lettres du 
•Shittan ; te. ba ^ la plus fréquente ; mais chez les 
plus anciens td., Hôgo f£l§ T. 222 vu et Murasha 
MMi% T. 221 iv, la te. est ha $£ ; plus tard on trouve 
ma Jgj T. 469, mô ^ T. 1017, ba $f T. 1009. Inter- 
prétations : "Lien", sk. bandha, bandhana T. 222 
vu, 223 v, 468 1, 220 lui, 187, 848 11, 880, 1019, Ttt. 
1796 1. Dans les Nirvânasûtra T. 374 VIII, 375 VIII, 
376 v, on a riki j] "force", sk. bala. Un autre groupe 
de textes interprète par bâla "Puéril" T. 1012, 1014, 
1015, 1016, 1017, 1018. Pour l'Avatamsaka, T. 278 
lvii, 279 lxxvi, 293 xxxi, 295 ont kongôjô ^|]l]^ 
"Terrasse de Diamant", sk. vajramanda (bajra dans 
la prononciation du Nord-Est de l'Inde). 

BA 3gS = sk. bha 4{ , une des cinquant lettres du 
*Shittan. La te. la plus courante est ba ^ ; on a 
aussi han $£ T. 221 iv, han ffi- T. 374 VIII, bon ^ 
T. 468 1, haku Ï*J T. 220 lxxiv, ba f!g Ttt. 2128 xxv, 
hika Î${5J T. 222 vu. — Interprétations : u fé "exis- 
tence", sk. bhava, la plus fréquente ; aussi hae J$t 
Jg| "destruction", sk. bhâga (bhahga), T. 223 v, Tt. 
1509 iil, T. 220 lui, 1019 ; genjô Pfêjt? "tranquille", 
sk. bhadra (?), T. 222 Vin, 221 vin ; l'Avatamsaka 
T. 278 lvii, 279 lxxvi, 293 xxxi donne "palais 
orné", sk. bhavana. 

BA Bf§ = sk. va 2[ , une des cinquante lettres du 
*Shittan ; te. ba $§ T. 880, 469, 1019, 293 xxxi, 
Ttt. 2128 xxv ; ba #$ T. 220 lui, 279 lxxvi, 848 11 
et iv, Eog. 11 et Gog. 11 ; ba 3|g T. 468 1, 187 iv ; wa 
ftl T. 221 iv, 223 v, Tt. 1509 iil et Ttt. 2131 ; 
wa jjg T. 222 vu ; ta jfo (?) T. 278 lvii et 295. — In- 
terprétations : gongo 1t"jto, shô j^ "parole", sk. 
vâc ; c'est l'interprétation la plus fréquente. T. 374 
vin, 375 vin (Nirvânasûtra) : u ppj "pluie", sk. 
varsa ; une version plus ancienne T. 376 v a jujutsu 



PJÊ^JÇ "art des formules magiques" (sk. atharva ?). 
T. 293 xxxi, 279 lxxvi, 1019, 295 lvii : fushôanju 
m^liSr'Érl "tranquillité de toute la vie", sk. yâvajjî- 
vavâsa. Tt. 1796 1 : sui tJc "eau", sk. vâri. 



BABA Kg 

"enfant, petit' 
2049. 



faute pour basa $椣 = sk. vatsa 
td. shi ^f-, ni 56» même sens ; Tt. 



BABITAI 3gjë|$, te. désignant ce qu'il y a de 
plus important dans le Veda T. 99 v ( = Majjh. Nik. 
35 Saccaka) ; un texte parallèle T. 125 xxx donne 
ju SU "stance". Peut-être faute pour shabitai -§£jg, 
|tj? = sk. sâvitrî ? 

BACHI 3gf|i=ski Bali. Nom d'un roi des Asura. 
Autres te. bacchi gjtffc &#, Jbaji gfc#, batsui £ 
|£, bari 3gflJ, bachiri ^M, matsuri 5^lj. Plusieurs 
de ces te. remontent à des graphies bali avec 1 
linguale, d'où badi. Td. Ttt. 1718 11 hibaku :$$($ 
"lié", i.e. lié par cinq choses mauvaises ou lié par 
Indra ; cette td. se fonde sur une lecture bandhi 
"ayant des liens" ; c'est la leçon de Mvy. 3395, dont 
la td. tib. 'chih ba a le même sens. Ttt. 1723 il 
observe que l'ancienne td. "lié" est inexacte, car 
elle correspondait au sk. baddha, ch. *bada J^PÈ ; 
mais le nom correct de l 'Asura est bachika {èitffÉj^n 
qui signifierait "rond "dannen |!J® (peut-être sk. 
vrtta, pk. vatta). Même explication Gog. vu (cf. 
ib. iv). Ttt. 1736 m td. dairiki %j) "grande 
force" ; Eog. I td. uriki ^j] "ayant force", sk. 
bali. T. 190 xxiv td. ku $&} "hameçon" (sk. balisa, 
badisa). — Cf. # Ashura, et *Bari. 



BADA ^(?g Tt. 1509 xlviii (ou #$|J; Dge. vm), 
ou manda $fij|fc Dge. vin = sk. bandha "lien" et 
baddha "lié" ; cf. *Baku. Aussi abr. de *ahadana 



BADA 



= sk. avadâna. 



BADA ^P^ = sk. bhadra, p. bhadda, nom d'une 
Période ; td. zen[kô] f§[£jj] " bon " Tt - ^©Ç xxxviii, 
ou ken[kô] R[&J] "sage" T. 184 I, 425 ï ', Ttt. 1718 
vin b. Cf. *Kô.— Aussi abr. de badawara MW^Ml 
(ou badahara JgPBffii!» badarahari M^MMM, etc -) 
= sk. Bhadrapâla, nom d'un Bs. ; td. *Kengo gfg| 
"sage protecteur", q. v. 

BADANAN 3g|j||^ = sk. vadanam "visage" ; mot 
cité comme exemple de flexion Ttt. 1840 I, qui 
spécifie que c'est le singulier et qui cite aussi comme 
exemple du duel badani '^M'M = S ^- vadane "deux 
visages", et comme exemple du pluriel bada ^HîÉ 
qui est fautif (sk. vadanâni). 

BADANDA3gJi|PÈ = sk. p. bhadanta ; tib. bcun. 
—Vénérable.— Td. *daitoku Xfâ "grande vertu" 
1509 11. 

BADARA BtPB|i=sk. bhadra ; td. ken ^ "sage". 
Nom d'un roi-Dragon T. 721 xvm. — Nom d'un 
arbre Eog. I. 

BADARA[HADA]^£|t[^|?g], ou 3ggJ||[#|Pfc], 
badara[bada] mmVfflm, «««?], etc. = sk. 
bhadra[padâ] ; tib. khrums. Nom de deux des 
vingt-huit mansions lunaires Mvy. 3210-321 1 : shitsu 
ffl, sk. pûrva "antérieure", tib. °stod ; et heki §£, 
sk. uttara "postérieure", tib. °smad. — T. 402 iv 
Ceux qui naissent sous l'influence de Bhadrapadâ 
antérieure ont des marques aux reins sur un espace 
de 8 pouces au-dessous des coudes ; ils mettent les 
gens en colère, sont ignorants, très cupides et se 
plaisent à voler. Ceux qui naissent sous l'influence 
de Bhadrapadâ postérieure ont une marque entre 
le pouce et l'index ; ils aiment à donner, observent 
les Défenses, ont bonne mémoire, sont sages, chari- 
tables et sans crainte. Cf. *Shuku. — Nom d'un 
mois, sk. bhadrapadâ, tib. ston zla ra ba "le premier 
mois d'automne" Mvy. 8267 ; il correspond à août- 
septembre ; Ssk. vi b le fait correspondre à la 6 e 
lune du calendrier ch. ; de même Bzm. ; Ttt. 2087 
il : du 16 de la 6 e lune au 15 de la 7 e . 

BADARIKI Wtfàj], faute pour sadariki W&1l = 
sk. sâdhârita ; nom d'une des notes de la gamme 
heptaphone, et aussi d'un des "systèmes" en usage 
dans la musique chinoise ; cf. *Bugaku. 

BAGA Igfljn Tt. 1509 xlviii, Ttt. 1796 1, ou 3gg& 
Bzm. = sk. bhâga, bhahga ; td. ha fâ "briser". 

BAGABA 3g|f]3g|=sk. p. bhagavat ; tib. Mvy. 2 
bcom ldan 'das "le triomphateur qui est sorti (des 
existences)", rendu en ch. ib. shutsuu fàfë "sorti des 



46 BAIMO 

existences". Une anc. td. shûyû ^fi^ interprétée 
comme "aidé de tous les Mérites" était en vogue 
chez les premiers td. d'après Ttt. 2126 1 ; cf. Gog. 
xx et xxi. La td. la plus courante est *Seson j|i;^r 
"vénéré du monde". Autres te. bagaba ^WMÊ< baga- 
bon 3||ftin$:. hakugabon WMffî' bagaban Sgflnfô, 
id. ^f$H, hakuabon H|JBJ^ ; abr. gabon §]$£.— Tt. 
1503 I énumère six significations : Souverain, Bril- 
lant, Splendide, Glorieux, Faste, Noble. Tt. 1509 
Il interprète : possédant (°vat) des Mérites (bhaga) ; 
ou : habile (°vat) à distinguer (bhaga) les Caractères 
des Essences ; ou : possédant (°vat) la gloire (bhaga) ; 
ou : capable (°vat) de briser (bhaga) les trois Liens. 
Tt. 994 donne comme td. littérale : possédant des 
Mérites, comme glose : vénéré du monde, et comme 
td. grammaticale : capable (°vat) de briser (bhaga) 
les quatre Mâra, ou encore : attestant (°vat, racine 
vad "dire" à l'état de finale) le Sans-Production 
(a[nutpâda]) et brisant (bhag°) ainsi les Passions 
[donc bhag-a-vat] ; ou encore : possédant (°vat) 
Mérite et Sapience (bhaga). La glose "brisant les 
Passions" se retrouve dans le Mahâparinirvânasûtra 
T. 374 xvm. — Ttt. 1796 1 rappelle les six significa- 
tions données ci-dessus, mais ajoute que l'école es. 
adopte le sens : capable de briser [les Passions ; cf. 
l'interprétation d'arhat s.v. *Rakan] ; puis il cite le 
Traité des Sons (Shôron WÉÎm, sk. Sabdasâstra) de 
Sakra [c'est-à-dire la grammaire Aindra ; cf. *Tai- 
shaku] d'après lequel bhaga signifie "femme" : la 
femme est un Facteur de désirs, mais elle peut en 
être aussi l'apaisement ; ou encore, bhagavat signifie 
"ce de quoi l'on naît", sens que la secte Kongôchô 
jè"[S]lJllf (sk. Vajrosnîsa) interprète ainsi : la femme, 
c'est la Sapience, mère des B. ; c'est d'elle que 
naissent tous les hommes de Sapience illimitée. Si 
on obtient la satisfaction d'un Facteur de désir [au 
sens es.], toute passion est expulsée à jamais ; ce 
n'est pas comme pour les désirs mondains qui 
peuvent être apaisés un moment, mais pour renaître 
avec plus d'ardeur. — Ttt. 1851 xx b donne sept 
sens : Brisant les Passions ; Réalisant les bonnes 
Essences ; Comprenant le sens des Essences ; Pos- 
sédant des Mérites ; Possédant la Gloire ; Généreux 
en dons de Sapience ; Rejetant le sexe de la femme : 
en effet le Tg. rejette toutes les mauvaises Passions 
qui ont pour base le sexe de la femme. [Le mot 
bhaga a bien, en effet, le sens de pudendum mu- 
liebre, et les lexicographes lui ont donné le sens de 
strî "femme".] — Cf. aussi Tt. 1462 iv. 

BAHASHA 3|g®ê£ = 3k. prabhâsa, p. pabhâsa. 
Td. kômyô 3£Ejfl "éclat lumineux"; te. Ttt. 1783 11 
et Bzm. dans le titre du fameux Suvarnaprabhâsa- 
sûtra T. 663-665. 

BAIMO J|f9: "la mère des coquillages" : de 
même que les coquillages suivent leur mère et les 



BAIMO 

poissons leur roi, ainsi chez les profanes les Passions 
suivent les Vues perverses Ttt. 191 1 v. 



BAIRABA Pg9|flH = sk. bhairava ; tib. 'Jigs byed 
"terrifique". Un Rituel traduit vers l'an 1000, Tt. 
1242, est consacré à cette divinité qui y est désignée 
comme Kongôbairaba ^iljPgl^l^, sk. Vajrabhairava. 
C'est un des rares ouvrages qui représentent la 
"pratique de gauche" (sk. vâmâcâra) dans le Canon 
ch. ; cf. le Rituel tib., Kanjur, Rgyud VII, m, td. 
Griinwedel, Myth. 102. L'introduction a la forme 
d'un sûtra ; c'est un dialogue entre Bhairava et le B., 
qui l'autorise à prêcher la méthode des Atteintes magi- 
ques qui écrasent les ennemis de la Loi et défendent 
de tous les maux. Le premier chapitre enseigne à 
établir le Cercle devant lequel le magicien, désigné 
par le terme jimyô $$BJ, sk. vidyâdhara, "Porte- 
Science", doit danser jusqu'au moment où Bhairava 
en personne lui apparaît. Le 2 e chapitre, la Méthode 
des Atteintes magiques, traite des effigies sur étoffe, 
' sur écorce, en terre, en excréments, etc., qu'on brûle 
pour s'assurer le succès. Le 3 e , l'Inspection, traite 
des objets que le magicien doit Inspecter, et notam- 
ment du dieu Vajrabhairava qui est ainsi décrit : 
Il a neuf faces ; la principale a l'aspect d'une tête de 
buffle (makishamokukya |f!||!i$> @fè=sk. mahisamu- 
kha ; cf. les images tantriques des Bhairava, Lévi, 
Népal 11, 37, et Griinwedel, Myth. fig. 145 et 146) ; 
elle est noire ; elle porte deux cornes (setsuriga |£ 
pjj f$ = sk. srnga) surmontées chacune de trois faces : 
sur la corne de droite, la face centrale est bleue, celle 
de droite est rouge, celle de gauche, jaune ; sur la 
corne de gauche la face centrale est blanche, celle 
de droite est couleur de fumée et celle de gauche est 
noire. Toutes ont une expression de colère. Entre les 
deux cornes se trouve la huitième tête qui est rouge ; 
et au-dessus d'elle la neuvième, jaune, a l'aspect d'un 
jeune homme : elle porte cinq chignons et les parures 
de la jeunesse. Chacune de ces neuf têtes a trois 
yeux ; elles ont l'air méchant ou hilare, tirent la 
langue, froncent les sourcils. Le corps est nu et 
ventru ; les cheveux sont hérissés ; une peau d'élé- 
phant sert de vêtement ; les ornements sont des 
crânes. Il a trente-quatre mains tenant chacune un 
attribut différent, soigneusement spécifié dans le 
texte, et seize pieds dont chacun foule un être dif- 
férent, homme ou animal (buffle, bœuf, âne, chameau, 
etc.). Le 4 e chapitre contient la Méthode pour 
peindre les images : on choisit comme étoffe le 
vêtement d'un homme brave et honnête, ou une 
pièce de costume qui a touché le sexe d'une femme 
ou qu'un accouchement a souillée, ou encore un 
linceul. Devant le dieu lui-même l'image représente 
un cimetière (shidarin F|?fc;^> sk. sîtavana) où 
rôdent toutes sortes de démons, et un figuier nya- 
grodha auquel sont suspendus des cadavres humains 
ou des corps embrochés, avec des bêtes de proie qui 



47 BAITA 

les dévorent. Egalement devant le dieu et fixant les 
yeux sur lui est figuré le magicien, entrant dans le 
cimetière avec un air hilare. Dans un endroit secret 
et écarté, on brûle de la chair humaine devant 
l'image pour lui en offrir l'odeur ; il faut se garder 
de montrer l'image à personne. Le magicien, tenant 
un chapelet d'ossements humains, accomplit toutes 
sortes de cérémonies. Le 5 e chapitre traite de la 
méthode des Libations ; le 6 e , de diverses Inspec- 
tions qui assurent les Atteintes magiques. — Il con- 
vient d'observer que le type de Bhairava ne s'est pas 
multiplié dans le bouddhisme de la Chine et du 
Japon comme il l'a fait dans celui du Népal et du 
Tibet.— Cf. *Daiitoku. 

BAIRAGAHÔ #!Hi$«fê, cérémonie en l'honneur 
de *Aizemmyôô, sk. Râgavidyârâja. Raga |$i$5 te. 
le sk. râga ; d'après Sssr. III bai $J| est un caractère 
forgé par l'école es. pour tenir lieu des deux carac- 
tères nyohô tmW> Q u i représentent eux-mêmes en 
abrégé le terme nyoihôju tUM^PM, sk. cintâmani, 
Gemme-de-Désirs. Ce caractère, préfixé en guise 
d'épithète, impliquerait qu'Aizemmyôô est pur 
comme la Gemme. 



BAIRO fê (ou |5£) 
*Bugaku, q.v. 



(ou |g|), titre d'une pièce de 



BAITA Jl£=sk. pattra, p. patta "feuille" (spé- 
cialement feuille du palmier tâla préparée pour 
recevoir l'écriture) ; souvent abr. en bai J|, comme 
dans les expressions baiyô J||j! "feuille pattra" Ttt. 
1831 la, 2053 m, baichô JUjH "documents sur 
feuilles" Eog. I. — Ttt. 2128 x fait de baita le 
nom d'un arbre des pays occidentaux, dont les 
feuilles épaisses et dures se prêtent à la gravure 
des sûtra : elles sont si dures que si l'on écrit 
beaucoup, il faut commencer par graver les lettres 
au couteau, et ensuite ajouter l'encre ; il faut 
distinguer de cet arbre l'arbre tâla (tara ^|H) 
dont les feuilles minces, souples, brillantes, blanches 
et fines sont bien supérieures à celles de l'arbre 
baita. Le tâla est le plus haut de tous les arbres ; 
si on en coupe les pousses, elles ne repoussent pas 
(métaphore fréquente, p. ex. T. 945 vi,T. 1428 xxxv) ; 
il ressemble au palmier (shuro ^fl8|, Trachycarpus 
Excelsa) et croît dans les cinq Indes, mais les plus 
beaux spécimens sont ceux de l'Inde du Sud. Le 
Saiikiki |S^(I2 (ce passage ne se retrouve pas Ttt. 
2087) spécifie les différentes espèces de feuilles 
utilisées pour les manuscrits sk. ; dans certains pays 
on emploie l'écorce du bouleau rouge (shakka ^j^), 
ailleurs le papier, ou ie cuir, ou le métal, or, argent, 
cuivre. — L'arbre baita dont il est question dans le 
texte précité paraît être un idolum libri reposant sur 
une confusion des te. baita j^,^— sk. pattra et tara 
^UÊ = sk. tâla. Au Japon on touve même une te. 



BAITA 

baitara Hâ^iH Qui ne paraît pas attestée dans les 
textes ch. ; elle a été empruntée pour désigner l'Ilex 
Latifolia, un arbre jap. qui n'a aucun rapport avec 
le palmier. — Gog. XXIV s'élève expressément contre 
l'emploi du terme baita pour désigner le tâla, dont il 
donne la description suivante : comme le palmier, il 
est droit et haut ; ses rieurs sont blanches, grandes, 
ont la forme de deux mains élevées ; ses fruits 
deviennent rouges en mûrissant et ressemblent aux 
grenades ; il ne produit fleurs et fruits qu'au bout de 
cent ans. Ib. n ajoute que ses fruits se mangent, 
qu'il atteint une hauteur de 70 a 80 pieds, et qu'il 
est particulièrement abondant dans l'Inde orientale. 
Cf. aussi Ttt. 1721 xii. — Ttt. 2087 xi en signale 
dans l'Inde du Sud une grande forêt où tous les 
royaumes s'approvisionnaient en feuilles à écrire. — 
Eog. 1 : Le bois de l'arbre tâla est dur comme le 
fer; ses feuilles sont vastes et compactes. — Ttt. 2131 
vu : Il atteint 80 à 90 pieds de hauteur, et ses 
fleurs ressemblent à du riz jaune (ômaishi ^yjv-y*). 
— Ttt. 2131 vu td. tâla par gan ^ "rive", sans 
doute par confusion avec tara "traversée [vers l'autre 
rive]" ; cf. l'application erronée du terme baita J|£ 
à l'arbre sous lequel Sâkyamuni atteignit l'Eveil T. 
713, Ttt. 2085, 181 1 1 (cf. *Bodai). — Hbg. ix donne 
pour taraju £$| (ou R£f£) fâ et hataraju $|l£itî$ 
une td. jû 1g "lourd" qui est obscure. — C'est aussi 
par erreur que Mvy. 6180 td. par tarajuyô ^Hâlajîj^ 
"feuille de l'arbre tâla" le sk. tamâlapattra "feuille 
du tamâla" ; cf. ib. 6254. 

BAJARAHANI g£|g|t$Iij£=sk. Vajrapâni. Td. 
kongôshu ^-^Ij^ "Diamant en main" Ttt. 213 1 iv ; 
ou *Shukongô ^^p^lj, même sens. — Cf. *Niô. 

BAJARAHANI-BARIKAN $|0 J| $fè $M $, 

deux sur douze divinités protectrices de stûpa, Ttt. 
1892 citant un texte du VI e s. qui td. Bajarahani par 
Kongô #^!) (sk. Vajrapâni) et Barikan par Rikishi 
J^J I±r "le vigoureux" (cf. sk. balin) ; toutes les douze 
sont aussi appelées ib. Kongôrikishi "les vigoureux 
de Diamant". Pour Barikan, Ttt. 213 1 vi donne un 
syn. sk. Malla — Cf. *Niô. 

BAKA ^IfpJ^sk. p. vâha ; tib. rjan ; td. Ttt. 2128 
xxiv ton £g, sui $g. Mesure de capacité ; litt. une 
charrette. Tt. 1558 xi ( = K. Lav. ni, 175 sq.) citant 
un sûtra : O moines, un vâha magadhien de sésame 
de quatre-vingts kharî (boisseaux), si on y prenait 
un grain tous les cent ans, il serait vide avant que 
ne se termine la vie des Etres nés dans 1' [Enfer] 
Arbuda (cf. *Abuda). 

BAKKUYORAKU J£g||$ê "enlever la douleur 
et donner le plaisir". On désigne ainsi l'effet produit 
par la Compassion (bakku) et par la Bonté (yoraku) 
respectivement Ttt. 1509 xxvn. 



48 BAKU 



BAKU jj3$, sk. p. bandha[na], tib. 'chin. — Lien. 
—Te. *bada ^|fg, etc.— Autres td. kei g|, keibaku 
f*!$f , ketsu |^î, sokubaku ^fj| ; Tt. 1547 11 renzoku 
3J|$f|. — Nom donné aux Passions, et spécialement 
aux trois Passions fondamentales : Attraction, Haine 
et Erreur, parce qu'elles entravent la Libération. Le 
terme et la doctrine remontent aux Âgama, p. ex. 
T. 99 xxxn, T. 125 ix, etc. — Définition du Kosa Tt. 
1558 xxi ( = K. Lav. v, 87) : Les trois Liens ré- 
sultent des trois Impressions : trois Liens, à savoir 
toute l'Attraction, toute la Haine et toute l'Erreur 
[quelle que soit leur espèce] ... Ils résultent res- 
pectivement des trois Impressions de Plaisir, de 
Douleur et d'Apathie ; chacun d'eux fait Résidu 
( — prend gîte et croissance) dans l'Impression 
correspondante, en la prenant soit pour Objectif, 
soit pour Associée. — Les cm. ch. du Kosa insistent 
sur cette double répartition : Lien d'Objectif, ré- 
sidant dans les Objets des Passions ; et Lien d'As- 
sociation, résidant dans les Passions elles-mêmes 
qui s'associent à l'Esprit et le troublent ; Ttt. 1821 
1. — L'école Yuishiki, Ttt. 1832 v a, établit une dis- 
tinction analogue entre le Lien d'Objectivant et le 
Lien d'Objectivé, selon que l'Esprit lie les objets ou 
est lié par eux. Elle connaît encore une autre division, 
en Lien de Caractères sôbaku ;fflji$ et Lien de 
Turbulence sojûbaku j||jiLifë$ : le premier est la Part 
de Caractère ( = l'objectivé) liant la Part de Vue 
( = l'objectivant) et l'empêchant de reconnaître que 
les Objectifs sont Duperie ; le second doit sa dé- 
signation à sa nature épaisse et lourde ; Tt. 1602 xvi, 
1585 v et ix ; Ttt. 1830 ix b, 1832 v a. — Le Tendai, 
Ttt. 17 16 ni a et 1851 v a, distingue encore deux 
autres Liens : jibaku -J-jpf, i.e. la Vue et la Ré- 
flexion comme cause (inji £§-?■) de Transmigration, 
et kabaku >Rf$, les Fruits de l'Acte, qui font renaître. 
— La Vibhâsâ Tt. 1547 n institue quatre Liens : (1) 
yokuaishimbaku W&t^Wî-i c.-à-d. l'Attraction liant 
le corps (aux existences) ; (2) shinnishimbaku flja-'Ji 
j^f^, c.-à-d. la Haine liant le corps ; (3) kaitôshim- 
baku J&^&lj'jpii, c.-à-d. les Défenses dérobées (per- 
verses = l'observance d'une discipline hérétique) liant 
le corps ; (4) gakenshimbaku ffcM.II'fêi, c.-à-d. la 
Vue du Soi ( — la croyance au moi) liant le corps. 
Cf. Tt. 1546 xxvi, Kks. III qui substituent aux 
"Défenses dérobées" un autre terme : kaishu 5$!$ 
Prise des Défenses ( = erreur sur la bonne règle) ; 
et Tt. 1545 xlviii, 1543 iv, 1544 ni. — Dans le Sâm- 
khya, Tt. 2137 II, les Liens (baku $f, sk. bandha) 
sont ce qui attache le Mâle (Purusa) à la Matière 
(Prakrti) ; on en compte trois : (1) jishôbaku ê'|$ff , 
sk. prakrtibandha, Lien qui tient à la Matière 
élémentaire ; (2) henibaku §£||$J, sk. vaikârikaban- 
dha, Lien qui tient aux transformations de la 
Matière ; (3) fusebaku /ftf jfôjjfjl, sk. dâksinikabandha, 
Lien qui tient aux offrandes rituelles, symbole de la 
foi intéressée. 



BAKU 



49 



JBAKU JgtM» ou Jbaga fôf!m, etc. = sk. varga, p. 
vagga ; tib. sde ; td. bu Sfl, hon &, rui |g, etc. Ttt. 
1718 1, 2128 xv et xvii. Chapitre, section d'ouvrage. 

BAKUDATSU |$J|£, les Liens et la Libération : 
il y a entre eux Non-dualité T. 945 v. 

BAKUMETÔ fp^ "la réponse du cheval lié", 
type d'explication vicieuse ; Tt. 1558 vm ( = K. 
Lav. ni, 9) : "Qui a lié le -cheval ? — C'est son pro- 
priétaire. — Qui en est le propriétaire ? — Celui qui 
a lié le cheval", etc. — Ttt. 1821 vm : Il s'agit du 
cheval que l'on attache à un piquet pour le sacrifier ; 
cf. *Bashi H/fE!. 



BAN Jjjf ; Bzm. te. hataka ïl£fc£j®l = sk. patâka [ou 
°kâ]; jap. hâta. — Bannière. — Syn. occasionnels *ki j$Ç, 
*dô ff ; mais en principe ces deux mots répondent 
respectivement à sk. ketu "enseigne" et dhvaja 
"hampe". Le terme dôban $|Jf| est courant pour 




K. 



désigner les bannières bouddhiques. 
— D'après Ttt. 191 2 11 b, la graphie 
correcte est $jf, et non l|>§ qui signifie 
simplement une grande bande d'étoffe. 
— Les bannières sont d'un usage 
fréquent dans le culte bouddhique. 
On dit qu'elles signalent les vertus 
des B. ou des Bs., comme dans une 
armée les enseignes signalent les géné- 
raux ; ou encore, on les considère 
comme des offrandes faites dans le 
but d'obtenir du bonheur. Elles se 
suspendent soit aux piliers ou au 
plafond, à l'intérieur des temples, soit 
en plein air à des hampes érigées dans 
la cour ; ou bien encore, dans l'Es., à 
des hampes fixées aux quatre coins 
des Cercles. — Au Japon les bannières 
de soie tissée sont dites hirahata ^pj{ff|, 
celles qui sont faites de fils de soie non tissés sont 
dites itohata J^J§, et celles qui sont ornées de pen- 
dentifs de métal ou de pierres précieuses sont dites 
tamahata 3î$iJ. La hampe se termine d'ordinaire en 
tête de dragon. Ttt. 191 2 11 b interdit de peindre 
sur les bannières l'image des B. ou des Bs., car on 



î 






I 



Fig. 22. Hampe 
de bannière. 



BAN 

ne saurait leur faire offrande de leur propre image. 
Cependant on connaît au Japon des bannières portant 
des images de Bs. ; elles sont appelées Bosatsu- 
gyôban |Ë£J§£fV, par analogie avec les Onigata 
no hâta fyMWi "bannières à image de démon" 
qu'employaient autrefois les navigateurs et les guer- 
riers. — En Chine, où l'usage des bannières était très 
répandu dès une haute antiquité, les Bouddhistes en 
décorent volontiers leurs temples. Dans le récit de 
son voyage aux pays occidentaux (518-522), cité Ttt. 
2092 v, Sôun (Song Yun) 5^|| rapporte qu'il en vit 
un grand nombre à Kamma f?p|§f près de Khotan : 
plus de la moitié provenaient de Chine, ainsi que 
l'attestaient les dates inscrites sur les tissus en 
caractères ch. : 19 e année Taiwa ^cffl (465), 2 e 



année Keimei j^flQ (501), 2 e année Enshô 



(513), 



de la dynastie Hokugi (Pei Wei) ; une seule datait de 
la dynastie Yôshin (Yao Ts'in, 384-417). — Les textes 
canoniques mentionnent fréquemment les bannières. 
T. 1452 v en énumère cinq espèces, destinées à 
abriter la statue du B. : Bannières de lion, de Makara, 
de Dragon, de Garuda, de taureau (cf. *Butsuzô). 
T. 262 1 recommande d'en offrir : Ils atteindront 
l'Eveil ceux qui dans un sanctuaire, devant une 
statue ou une image, offrent avec respect des fleurs, 
de l'encens, des dais ou des bannières (ces derniers 
mots manquent au texte sk., Lotus 33). De même 
T. 360 1 : Suspendre des tissus de soie, allumer des 
lampes, ïépandre des fleurs, brûler de l'encens. Ib. 
Les bannières sont parmi les ornements du Paradis 
d'Amida. — T. 200 vu (Avadânasataka) raconte 
l'histoire du fils d'un maître de maison qui fut nommé 
Patâka par ses parents, parce qu'à sa naissance 
apparut une grande bannière qui couvrit toute la 
ville de Kapilavastu ; la cause en était que dans une 
existence antérieure il avait suspendu une bannière 
dans le stûpa du B. Vipasyin. — Bannières qui pro- 
longent la vie (zokumyôshimban %$np$$1M) : T. 449 
Si les parents ou connaissances d'un malade, fidèles 
du Bhaisajyaguru, font réciter par des moines le 
Bhaisajyagurusûtra, allument des lampes à sept 
étages ou suspendent les bannières de cinq couleurs 
dites "bannières sacrées qui prolongent la vie", le 
malade reprendra conscience, comme s'il sortait d'un 
rêve. — A cette croyance se rattache une légende 
d'Asoka rapportée Ttt. 2040 x et 2123 x citant 
un Sûtra des paroles de Kâsyapa sur Ânanda, Ka- 
shôgoanangyô ^5^hSH^^ ( aussi Ttt - 2I22 XXXVI 
qui écrit Kashôketsuanangyô MMtâWMM:) '■ Etant 
tombé malade avant d'avoir achevé les 84.000 (Ttt. 
2040 x et 2122 xxxvi : 1.200) stûpa, Asoka attache 
des bannières aux poteaux de son lit (ou bien aux 
stûpa eux-mêmes transportés auprès de son lit Ttt. 
2040 x et 2122 xxxvi), puis, lorsqu'il est trop faible, 
en fait attacher par des moines ; il réussit ainsi à 
prolonger sa vie de 12 ans (Ttt. 2122 xxxvi : 25 ans, 
Ttt. 2123 x: 35 ans). — Bannières mortuaires (semmô- 



BAN 50 

ban SCI! ou myôkaban frSfë) : T. 1331 xi Ce 
sont des bannières jaunes que Ton suspend dans un 
temple, très bas jusqu'au sol, pendant trois semaines 
après la mort d'un fidèle ou dès le moment qui 
précède sa mort ; par cette bonne pratique, on assure 
au mort un Mérite supplémentaire et l'on espère le 
faire renaître ainsi dans un Paradis. Ttt. 2122 xxxvi 
propose deux explications de la couleur jaune choisie 
pour ces bannières : (1) le jaune correspond au centre : 
on espère que le mort renaîtra dans le pays central, 
c'est-à-dire en Chine ; (2) le jaune est la couleur de 
l'or : l'âme du mort est censée pouvoir utiliser le 
papier de la bannière 
comme monnaie d'or 
dans l'autre monde. 
— Saishichibanshi ^ 
"fcîJIfîF' "Bannière du 
7 e Jeûne": Ttt. 2127 
11 C'est une ban- 
nière de papier qu'on 
suspend lors du 7 e 
Jeûne hebdomadaire 
après la mort d'un 
fidèle (le 49 e jour) ; 
cette coutume se rat- 
tache à un passage de 
T. 721 (cité Ttt. 2122 
lxix) d'après lequel, 
lorsqu'un homme doit 
renaître parmi les 
Dieux, il voit appa- 
raître après sa mort, 
dans l 'Existence-inter- 
médiaire, une coton- 
nade blanche et souple 
qui pend vers le bas 
et à laquelle il s'ac- 
croche pour monter 
chez les Dieux. — Ban- 
nières d'Onction (kan- 
jôban : MMM) : Dans 
les bannières réside la 
Vertu des B. ; on les 
emploie donc dans 
l'Es. pour donner 
l'Onction, c.-à-d. 
qu'au lieu de verser 
de l'eau d'Onction sur 
la tête du candidat on 
touche son crâne avec 
une bannière ; et il 
arrive que, prenant 
l'effet pour la cause, on 
donne au mot *kanjô 
"Onction" le sens de 

"bannière" Hizk. 11. Figl 23 " Bannière (tamahata). 
L'inventaire des biens du Hôryûji ï£$|?^f, dressé en 




BARA 

747, mentionne 14 différentes "bannières d'Onc- 
tion", et celui du Daianji %*&■%¥, dressé à la même 
date, en mentionne 12 ; on conserve encore au 
Hôryûji une de ces bannières, en bronze doré; elle 
est classée comme Trésor d'Etat. — Bannières de cinq 
couleurs (goshikiban E'ÊJiÉ) : les couleurs bleue, 
jaune, rouge, blanche et noire correspondent aux cinq 
directions et aux cinq B. de l'Es. (cf. *A ; *Butsu). 

BAN |H = sk. vam . Germe de Vairocana dans 
le Plan de Diamant, symbolisant son Corps d'Es- 
sence de Connaissance Tt. 905, Hizk. 1. On lui donne 
en général le Sens suivant : la parole (sk. vâc, cf. 
*Ba |j|S$) est Impercevable, gongo fukatoku "§ In^Rf 
'fè ; mais Hmjr. 881 mentionne seize interprétations 
es. — Dans le nom du Banaji iffpfil^F, célèbre temple 
de la secte Shingon situé à Ashikagamachi JË.flJlflr 
au nord de Tékyô, sont associés les Germes de 
Vairocana dans le Plan de Diamant et dans le Plan 
de Matrice ; cf. *A. 

BANA 3^2$, ou Ttt. 21 31 11 hanna Wffl, Ttt. 
1733 xix badai 3|£fë, Bzm. banei Iffïfê^sk. vana 
"bocage, bois" ; td. rin ^ "bois". 

BANAN 3£|$g, ou wanan fOpÊÎ, bandan ^f$> 
bontan #$£, bandannan B$^ïfà, bandai {${§, id. 
W$$, bannami $!$#$£ = sk. vandanam, vande, van- 
dâmi ; td. Gog. xvm garai ifeiH "je salue". Vanda- 
nam est un substantif signifiant "adoration"; le 
véritable correspondant de garai est sk. vande. Ttt. 
2125 ni te. correctement cette dernière forme par 
bandai B^flift et ajoute que c'était la salutation em- 
ployée par les moines à l'égard de leurs aînés. Les 
graffiti des grottes de l'Asie Centrale présentent 
d'assez nombreux exemples de cette formule sk. 
tracée sur les parois. Cf. aussi le fameux chant 
national de l'Inde contemporaine : bande mâtaram 
"j'adore ma mère". 

BARA 3|!|$ = sk. bâla ; tib. byis pa "petit enfant". 
— Puéril. — Td. Gog. iv *gufu j^ x ^ "ignorant", 
shôni /J\5E "petit enfant", yôgu <||jg "ignorant 
puéril". — Gog. iv mentionne, d'après T. 761 etc., 
d'anciennes td. môdô sg^ff "Voie des poils", môzu 
^gfî "tête poilue", qui reposent sur une confusion 
de sk. bâla "enfant" et vâla "poil" (cf. *bara $$§$) ; 
id. Ttt. 1831 il a, 2128 x. — Ttt. 2127 11 explique que 
ces anciennes td. s'interprétaient ainsi : les Puérils 
sont incertains comme des poils dans le vent. — Le 
mot bâla "Puéril" est souvent associé à prthagjana 
"Profane" : te. Gog. iv anc. éc. barahitsuritagajana 
^Hil&^IJ'ftiîtÎJnffil^P» n ouv. éc. barahitsurittagochina 
»«!Efë^; cf. *Ishô #4£. 

BARA 3gi§=sk. bhara (?) ; td. shidai ^M> "or- 
dre" ; donné Ttt. 1804 11 b comme un équivalent de 



BARA 



5i 



BARAMON 



, q-v. 



BARA m Mi Ttt. 183 1 11 a, ou MA Gog. iv, RM 
Ttt. 2128 x=sk. vâla, td. mô ^ "poil" ; cf. *Bara 

M- 

BARABASHA 3g|M& = sk - bâlabhaksa ; td. 
jikishôni j£/J*5E "mangeur de petits enfants". Nom 
d'une classe de Trépassés T. 721 xvn. 

BARADABAJA 3£p|IMfcSI = sk - Bharadvâja ; td. 
jûgo jËIo "parole lourde" (qui suppose une lecture 
°vâca). Nom d'un Dieu T. 374 xxiv (dans une série 
de 80 divinités), glosé Ttt. 2128 xxvi. Cf. *Harada. 

BARAGA ^JcïêfiHl = sk - varâiiga ; tib. yan lag 
mchog. Td. myôshi &j?3£ "membres excellents". 
Nom d'un degré de force athlétique Tt. 1558 xvn 
( = K. Lav. vu, 74) ; Mvy. 821 1. Le même terme 
paraît dans une épithète des Rois Tournant-la- 
' Roue Mvy. 3632. Ttt. 1821 xxvn, qui donne la te, 
en fait le nom d'un Dieu. 



BARAMARA 



sk. bhramara "abeille". 



Td. kokuhô H^ "abeille noire" T. 1341 vu. 

BARAMON ^HHP^sk. p. brâhmana ; tib. bram 
ze. — Brahmane. — Autres te. barakamana '^^^,0 
5*,jgglâfc;fc*, etc. ; abr. ramon g|H.— Td. j'ôgyô 
£j?;fT "pratiquant la pureté", jôshi ffifâ "volonté 
de pureté", jôshi ffôfâi "volonté d'apaisement", 
riyoku ^f@{ "sans Désir", shaakuhô fè2§f£ "re- 
jetant les mauvaises Essences", jôei fëîfaf "postérité 
du pur [Brahmâ]", jôin Jt?f$L "postérité de [Brahmâ] 
l'apaisé", etc. Ttt. 1775 11 donne une td. gei ^fJË 
"esprit extérieur" qui doit reposer sur une inter- 
prétation fantaisiste bahîra-manas. Le terme bonshi 
$£jj£ correspond tantôt à brâhmana "brahmane" 
(T. 125 xli, Tt. 1545 xxxiv, Ttt. 1821 xn), tantôt 
à brahmacârin "Brahmisant" (cf. *Bon), terme qui 
s'applique à tous les hérétiques sortis de la famille 
et à leurs adeptes (Tt. 1509 lxxvi), etc. — Défini- 
tions. — Comme les td. précitées, la plupart des 
définitions éparses dans les textes bouddhiques 
insistent sur la pureté rituelle, qui semble avoir 
été considérée comme la caractéristique essentielle 
des brahmanes. Ttt. 2087 vu : Baramon signifie 
"pratiquant la pureté" : strictement fidèles à leur 
Voie, ils se vouent à la continence et observent 
une pureté irréprochable. Tt. 1509 x: On appelle 
brahmanes ceux dont la famille est pure depuis 
sept générations et qui ont reçu les Défenses à l'âge 
de six ans. Ttt. 2128 xxvi : Les brahmanes sont 
des laïcs qui pratiquent la pureté, appartiennent à 
la noblesse, rejettent les mauvaises Essences et sont 
savants. Ttt. 1775 11 : Ils ont des livres sacrés spéciaux 
qu'ils se transmettent de génération en génération ; 



leur occupation est l'étude de la Voie ; ils pratiquent 
l'austérité, soit dans la famille soit hors de la famille ; 
et forts de leur Science, ils ont beaucoup d'orgueil. — 
Mais ailleurs les brahmanes sont définis comme les 
adeptes du dieu Brahmâ, leur créateur : Gog. xvm 
Les brahmanes sont ceux qui étudient tradition- 
nellement la loi du dieu Brahmâ ; ils se disent nés 
de sa bouche, et prétendent avoir seuls le droit de 
porter son nom parce qu'ils sont supérieurs aux autres 
castes ; ils n'existent que dans les cinq Indes, et 
pas ailleurs ; leur appellation singnifie "postérité 
de l'apaisé", car ils sont la postérité de Brahmâ 
("l'apaisé"). — Origine. — La doctrine classique est 
que les brahmanes sont nés de la bouche de Brahmâ, 
alors que les trois autres castes (cf. *Shishô) sont 
nées respectivement de ses bras, de ses cuisses et de 
ses talons T. 1 vi, 99 xx, 217, Tt. 1640. — Toutefois 
l'origine des brahmanes est parfois rattachée au 
mythe des Dieux Resplendissants qui, au commence- 
ment d'une Période, descendent dans le Jambu- 
dvîpa pour y manger la graisse de la terre et devien- 
nent des hommes (cf. *Ahae) ; un de ces hommes 
quitte sa famille, qui lui paraît une source de soucis, 
pour se retirer dans les montagnes et se livrer à la 
méditation, mendiant sa nourriture dans les villages: 
c'est le premier des brahmanes T. 1 VI, 23 VI, 24 X, 
25 x, 26 xxxix, 125 xxxiv, etc. Ces textes ajoutent 
que certains parmi ces premiers brahmanes, ne se 
plaisant pas à pratiquer l'Extase, s'établirent parmi 
les hommes pour s'adonner à l'enseignement : on 
les appelait "brahmanes ne pratiquant pas l'Extase" 
fuzembaramon ^T»ï|î^|j||f"i ou "brahmanes vivant 
parmi les hommes" ningembaramon AW^UffiH 
(termes de T. 1 VI ; les autres versions du mythe 
donnent différentes variantes). Ttt. 2122 cix ex- 
plique que si le nom de Brahmâ (brâhmana) leur fut 
attribué, c'est en souvenir des Dieux Resplendis- 
sants qui résidaient dans le monde de Brahmâ (i.e. 
le monde du Formel) avant de descendre sur terre. 
— Enfin un autre mythe est rapporté dans Ttt. 1796 
xix qui, à propos de la Libation bouddhique (cf. 
*Goma), donne un historique du feu sacré d'après 
les "livres védiques" et décrit en détail toutes les 
sortes de feu en usage dans le rituel brahma- 
nique. Ce curieux exposé est mis dans la bouche 
du B. lui-même qui, dans une existence antérieure, 
aurait été un roi-Brahmâ dans le ciel de Mahâbrah- 
mâ. A l'origine, dit-il, le feu sacré n'était autre que 
Mahâbrahmâ lui-même, et s'appelait comme lui 
"Orgueilleux" (gaman ffctH) et "Spontané" (jinen 
jtj$8). Son fils Brahmârâja donna naissance aux 
Etres, et au feu de ce monde nommé Habaku K£|$$'6j 
(sk. Pâvaka). Le texte spécifie ensuite les divers feux 
rituels qu'on allume lors de la conception, lors du 
bain de la femme au 6 e mois de la grossesse et une 
semaine après l'accouchement, lors de l'imposition 
du nom, lors de l'allaitement, lorsqu'on coupe les 



BARAMON 



52 



BARAMON 



cheveux de l'enfant, lors de l'initiation et, douze ans 
plus tard, lors du mariage. Au moment de l'initia- 
tion, le jeune homme reçoit un cordon de roseau 
(monja 3tp|j = sk. munja), un bâton recourbé, un vase 
(gunji jjiJ3F = sk. kundî) et un vêtement de peau de 
daim ; pendant douze ans il étudie le Veda, menant 
une vie austère et mendiant sa nourriture dans un 
bol de cuivre rouge. C'est après cette période qu'il 
prend femme et est admis dans la caste brahmanique. 
Il offre alors à son maître, avec d'autres cadeaux, 
une vache et un veau ; le maître procède au mariage, 
et c'est à cette occasion qu'il conte le mythe suivant 
aux jeunes mariés : Au début des Périodes passées, 
le roi Brahmâ le Grand, qui était le feu du Soleil 
(soriyakadaibonnô ^M^P^C^C^Ï), descendit dans 
le monde sous la forme d'une vache et se livra à 
ses désirs luxurieux ; telle est l'origine de la caste des 
brahmanes. Cette vache que voici, c'est son corps 
qu'il nous a laissé : suivez son exemple et perpétuez 
la caste de Brahmâ! — Aspect. — Les brahmanes 
portent un grand chignon enroulé, sont vêtus d'une 
peau de bête et tiennent un bâton recourbé T. 99 
xxxix. — Ils portent un cordon brahmique (bonsen 
$£|§, cf. *Bon) et se tracent sur le front trois marques 
de terre blanche (chaux), ou de cendre blanche, ou 
de bézoard de bœuf (goô ^jUt, sk. gorocanâ) ; tout 
cela est interdit aux moines bouddhiques T. 145 1 1. 
— Ils se décorent de fleurs, et de cordons de cinq 
couleurs qu'ils s'attachent à l'épaule ib. 1. — Ils tien- 
nent un vase pur et sont vêtus de peau de daim ib. 
xxviii (où le cordon brahmique est appelé "cordon 
faste" kichijôsen ^jp^j^). — Us portent un chapeau et 
laissent pendre leurs cheveux sur leurs tempes ; 
leur bâton est d'or Tt. 1545 xv. — Ils tressent leurs 
cheveux en chignon, portent une ceinture, tiennent 
un bâton de bois, leurs vêtements sont simples et 
leur diète frugale Tt. 1642. — Mode de vie. — Tt. 
1509 xxxi 1 Les brahmanes honorent la sagesse et 
les livres saints, ne tourmentent pas les Etres, prati- 
quent le Don et observent leurs Défenses. — T. 1 
xv ( = Dîg. Nik. iv Sonadandasutta) Les brahmanes 
réalisent cinq Essences : (1) Il ont des ancêtres 
honnêtes et irréprochables depuis sept générations ; 
(2) ils sont habiles à réciter les trois sections de la 
science hérétique, savent distinguer les livres sacrés 
de toutes sortes, sont versés dans les mystères des 
livres mondains, excellent dans le grand art de la 
physiognomie et connaissent à fond la divination, 
les sacrifices et le rituel ; (3) ils sont beaux ; (4) ils 
observent parfaitement toutes leurs Défenses ; (5) 
leur sagesse est profonde. — T. 99 xxxi les trois 
Sciences des brahmanes: (1) Leurs parents ont tous 
les Caractères des brahmanes, et sont exempts de 
toute souillure ; leurs ancêtres n'ont été l'objet 
d'aucune critique depuis sept générations ; (2) ils 
appartiennent héréditairement à la classe des maîtres 
(sk. guru), sont doués d'éloquence, connaissent à fond 



les livres sacrés, les noms de toutes les espèces de 
choses, les différentes classes d'Etres, les lettres soit 
séparées soit groupées, et l'histoire ; (3) ils sont 
beaux. Ces trois Sciences sont opposées à celles des 
Hors-Catéchisme qui sont : la Connaissance des 
Naissances antérieures, celle des Transmigrations, et 
celle de l'épuisement des Ecoulements (cf. *Myô 
IJQ). — Ttt. 1821 1 : Dès l'âge de 7 ans ils étudient à 
à la maison ; à 15 ans, ils reçoivent la Loi des brah- 
manes et vont étudier en tous lieux ; à 30 ans, crai- 
gnant de rester sans postérité, ils rentrent à la maison 
et prennent femme ; à 50 ans, ils se retirent dans les 
montagnes pour pratiquer la Voie. [Cette répartition 
s'écarte un peu de la doctrine classique des quatre 
asrama, ou stages de la vie brahmanique ; cf. aussi 
sup. le texte de Ttt. 1796 xix sur les feux rituels.] 
— Ttt. 2125 IV : Partout dans les cinq Indes les brah- 
manes sont considérés comme les plus nobles ; dans 
les assemblées, ils ne s'associent pas aux trois autres 
castes, et à plus forte raison doivent-ils tenir loin 
d'eux les classes mixtes qui sont en dehors des 
castes. — Ttt. 2087 11 spécifie qu'on ne se marie 
pas d'une caste à l'autre, et Tt. 1642 déclare 
qu'un brahmane qui épouse une femme de la qua- 
trième caste se voit abandonné par ses parents et 
ses dieux familiaux et tombe en enfer (et de même 
un brahmane qui reçoit de la nourriture des mains 
d'un Sûdra est transformé en Sûdra dans le délai 
d'un mois, et après sa mort renaît dans la condition 
de chien). Toutefois d'après T. 1301 les brahmanes 
peuvent avoir quatre sortes d'épouses et quatre 
sortes d'enfants, appartenant à chacune des quatre 
castes, tandis que les Ksattriya n'en peuvent avoir 
que trois sortes, les Vaisya deux sortes, et les Sûdra 
une seule. — Trois catégories de brahmanes Tt. 15 79 
Txx : (1) shushô Q#|, les brahmanes de caste, ceux 
qui naissent dans une famille d'authentiques brah- 
manes ; (2) myôsô ig^, les brahmanes de nom et 
de Connotation, ceux auxquels le monde attribue, 
par une Connotation gratuite, la dénomination 
fictive de brahmanes ; (3) shôgyô ïEf?, les brahmanes 
de Conduite correcte, ceux qui méritent le nom de 
brahmanes parce qu'ils sont infaillibles en tous 
leurs Actes et qu'ils ont rejeté les mauvaises Essences. 
— Brahmanes et Bouddhistes. — Comme on l'a 
vu par les définitions citées au début de cet article, 
les auteurs bouddhistes témoignent généralement 
à l'égard des brahmanes d'une mansuétude assez 
surprenante. Ce qui leur est reproché, c'est surtout 
leur orgueil. Toutefois il ne manque pas de textes 
où l'égalité des castes est formellement affirmée, 
au détriment de la supériorité brahmanique. Ainsi 
une importante section du Madhyamâgama T. 26 
xxxv-xli est consacrée aux brahmanes, et l'un des 
sûtra de cette section (T. 26 xxxvn = Majjh. Nik. 
n° 93 Assalâyana ; td. parallèle T. 71) met en scène 
le B. démontrant à un groupe de brahmanes de 



BARAMON 



53 



BARAMON 



Kosala (T. 71 de Srâvastî) l'inanité de leurs préten- 
tions : ils se croient seuls Blancs, seuls purs, parce 
qu'ils sont nés, disent-ils, de la bouche de Brahmâ 
et deviennent Dieux après leur mort; mais, réplique 
le B., l'humanité tout entière n'est qu'un produit 
de la Notation de l'Esprit : ceux qui en Esprit pra- 
tiquent bien le Don renaissent parmi les Dieux et 
les hommes ; mais ceux qui le pratiquent mal tombent 
dans les trois mauvaises Destinations, à quelque 
caste qu'ils appartiennent [nous suivons la rédaction 
de T. 71]. — L'égalité des castes est aussi prêchée 
au roi de Mathurâ par Mahâkâtyâyana dans le Sam- 
yuktâgama T. 99 xx ( = Majjh. Nik. n° 84 Madhura) : 
Les quatre castes sont entièrement égales, déclare - 
t-il expressément ; le monde les prétend différentes, 
mais du point de vue des Actes il n'y a point entre 
elles de réelle différence. — Un thème analogue est 
traité avec force dans la célèbre Aiguille de Diamant 
(sk. Vajrasûcî), un des premiers ouvrages boud- 
dhiques connus en Europe (td. Hodgson 1829, éd. 
' Wilkinson 1839), attribué soit à Asvaghosa, soit 
dans la version ch. Tt. 1642 à Dharmakîrti. — Un 
autre texte fameux, l'histoire de Sârdûlakarna 
(Divyâvâdâna, td. abr. Burnouf, Introd. 2 205) rap- 
porte comment un brahmane refusa de donner sa 
fille en mariage au Cândâla Sârdûlakarna ; le père 
de ce dernier, Trisaiiku, adresse au brahmane une 
diatribe violente contre le système des castes, et 
finit par le convaincre. — Cf. aussi Tt. 201 xv (td. 
Huber n° 77) Le maître de la Loi qui condamne les 
institutions brahmaniques. — Le terme *shamon 
^PP^ = sk. sramana, qui désigne les moines boud- 
dhiques (ou plus généralement, du moins à l'origine, 
tous les religieux "sortis de la famille" sans distinc- 
tion de sectes), est traditionnellement associé au mot 
brahmane dans l'expression shamonbaramon $?f"î 
'WMkf^ = sk. sramanabrâhmana, qui remonte aux 
plus anciens temps de l'Eglise. D'après Tt. 1509 x, 
cette expression désigne l'ensemble de tous les 
hommes sages, les sramana étant ceux qui sont sortis 
de la maison, et les brahmanes ceux qui mènent 
la vie de famille ; les premiers ne recherchent que 
la Voie, les seconds, en s'appliquant à l'érudition et 
à la sagesse, recherchent le bonheur. Ib. xliv ajoute 
que tous deux sont également dignes de recevoir 
des offrandes. — Il arrive que dans cette expression 
le mot sramana soit pris en mauvaise part, comme Tt. 
1462 iv où les sramanabrâhmana sont définis comme 
des ennemis de la Loi bouddhique. Mais générale- 
ment c'est le brahmane que l'on cherche à spiritua- 
liser, à "sublimer" pour l'assimiler au sramana. 
Ainsi l'Ekottarâgama T. 125 IX conte comment le 
B. rencontre à Râjagrha la femme d'un brahmane, 
qui sort de chez elle pour porter de la nourriture à 
un autre brahmane : Auriez-vous vu un brahmane ? 
demande-t-elle au B. Le B. lui montre alors Kâ- 
syapa en disant : Voici un brahmane. Puis il prononce 



cette stance : Celui qui n'a ni désir ni colère, qui 
a éliminé l'Inscience, l'Arhat dont les Ecoulements 
sont épuisés, c'est lui que j'appelle un brahmane. 
Kâsyapa se rend chez la femme, qui lui offre à manger; 
il lui prêche la Loi bouddhique, puis s'en retourne. 
Le brahmane rentre chez lui ; sa femme le conduit 
auprès du B. Le brahmane s'informe du prétendu 
brahmane qui est venu rendre visite à sa femme. 
Le fi. lui montre Kâsyapa assis en méditation : 
Quoi donc ? s'écrie le brahmane. Un sramana est-il 
un brahmane ? Ne sont-ils point différents ? Le B. 
réplique : Si tu veux parler de sramana, j'en suis un, 
car je possède leurs Défenses ; si tu veux parler de 
brahmanes, j'en suis un aussi, car je connais leur 
Discipline ; et il en est de même de Kâsyapa. Puis il 
récite ces vers : Je ne parle point du brahmane qui 
connaît la technique des Formules et qui prétend 
renaître au ciel de Brahmâ ; car celui-là n'est pas 
délivré des Liens. Celui qui est sans Liens, qui n'a 
plus de Destination où renaître, qui est libéré de 
toute Entrave et ne vante plus le bonheur des Dieux, 
c'est lui le sramanabrâhmana. Là-dessus le brahmane 
et sa femme deviennent disciples du B. — De même 
dans tout un chapitre du Dharmapada T. 210 11, 
2ii iv, 212 xxx, 213 iv, presque chaque stance se 
termine par ce refrain : C'est lui que j'appelle un 
brahmane ! P. ex. T. 210 il : Celui qui a coupé le 
courant et atteint l'autre rive, qui est sans désir 
comme Brahmâ, qui connaît l'épuisement des 
Opérants, c'est lui que j'appelle un brahmane ! 
Celui qui se purifie par la Loi sans seconde, atteint 
l'autre rive et délie les Entraves du Désir, c'est lui 
que j'appelle un brahmane !.. .Ce n'est point celui 
qui se tresse les cheveux que j'appelle un brahmane ; 
celui qui observe sincèrement les Pratiques de la 
Loi, le pur, le Blanc, celui-là est un sage ! S'arranger 
les cheveux n'implique point sagesse ; et à quoi 
bon se vêtir d'herbes ? A quoi sert de se 
montrer au dehors exempt d'attachement, si on 
ne l'est pas intérieurement ? Celui qui, vêtu 
d'habits grossiers, observe en personne les Pratiques 
de la Loi, et qui médite dans la solitude, c'est lui 
que j'appelle un brahmane! Etc.... De même 
encore dans Tt. 201 xv (td. Huber n° 74) un brah- 
mane qui vient de se convertir au bouddhisme 
s'écrie : C'est seulement maintenant que j'ai obtenu 
la Loi sublime des brahmanes !.. .Aujourd'hui 
seulement j'ai obtenu la Loi du Veda admirable ; 
aujourd'hui je me suis délivré des Passions humaines : 
cela vaut mieux que tous les Veda ; aujourd'hui je 
suis devenu en réalité un champ excellent de sacri- 
fices : je dois m'efforcer d'y offrir de grands sacrifices. 
(Sur l'interprétation spiritualiste du sacrifice dans 
le bouddhisme, cf. T. 1 xv = Dîg. Nik. v Kûtadan- 
tasutta.) — Cf. aussi T. 190XXXIH, stance adressée par 
le B. à un brahmane fourbe : Celui qui élimine tous 
les Actes de péché, c'est lui que j'appelle un brah- 



BARAMON 



54 



BARASHAKYA 



mane ! Celui dont le cœur est pur et sans détours, 
qui toujours se maintient droit et tranquille, inté- 
rieurement comme extérieurement, qui observe la 
Conduite brahmique prescrite par la Loi, en parole 
comme en pensée, qui est exempt de toute con- 
cupiscence, c'est lui qui est de la caste brahmanique ! 
— C'est dans le même esprit que, dans T. i IV et 
T. 26 xxxix, le B. enseigne au brahmane Vâsista, 
lequel défend la supériorité de sa caste, seule pure, 
seule née de la bouche de Brahmâ, que tous les 
sramana peuvent se dire brahmanes, car ils sont 
les fils du B. qui a pour surnom le Grand Brahmâ 
(cf. *Busshin, init.). Cf. aussi sous *Bon le texte 
de Tt. 1558 xxiv ( = K. Lav. vi, 244), où la vraie 
Nature de sramana est identifiée à la Nature de 
brahmane.— La Vibhâsâ Tt. 1545 lxxvii cite un 
sûtra ,d 'après lequel certains Brahmisants (bonshi 
j^jg) enseignaient trois "Vérités brahmaniques" 
(baramontai ^HFIIfr) : (0 H ne faut faire de mal 
à aucun Etre ; (2) je n'appartiens pas à cela [à un 




Fig. 24. Baramonshin. 

autre], et cela [personne ou rien autre] ne m'ap- 
partient ; (3) toutes les Essences Opérées sont des 
Essences à Barrage [sujettes à destruction]. D'après 
certains, explique la Vibhâsâ, les Brahmisants dont 
il est question dans ce sûtra auraient été des héré- 
tiques sortis de la famille, qui auraient professé ces 
trois Vérités correctes, mais avec beaucoup d'autres 
doctrines fausses ; d'après d'autres, il s'agirait des 
bouddhistes, appelés brahmanes dans ce sûtra pour 
réfuter les prétentions de certains hérétiques qui se 
disaient "les vrais brahmanes" quoiqu'ils tuassent 
des animaux pour leurs sacrifices : pour les con- 
fondre, le B. aurait enseigné que les vrais brahmanes 
ne font point de mal aux Etres ; ne cherchent point, 
en pratiquant la Conduite brahmique, à obtenir les 
plaisirs des Dieux, puisque rien ne peut nous ap- 
partenir ; et ne tombent ni dans l'éternalisme ni 
dans le nihilisme, puisque les Essences sont à la fois 
Opérées, donc non inexistantes, et à Barrage, donc 



non éternelles. — Termes composés. — Baramongo- 
ku ^ifèP^jiSI "le pays des brahmanes" : l'Inde Ttt. 
2087 11, 2088 1, 2125 m ; dans ces deux dernières 
sources, l'Inde est désignée ainsi par opposition aux 
pays des Ko (Hou) J§ (Asie Centrale). — ~hishi ~jg| 
?E "les brahmanes fuyant la mort", titre d'un sûtra 
T. 131, contant comment quatre brahmanes cherchent 
à éviter la mort en mettant en œuvre leurs Super- 
savoirs ; même histoire T. 125 xxm, 211 11, 212 
il, 770. — ~jô ~i$c "la ville des brahmanes" : le B. y 
mendia sa nourriture en vain ; c'est un des neuf 
tourments qu'il eut à subir en son existence actuelle 

Tt. 1509 vin. Cf. *Nô t$- ô ~$l "[Corps de] 

Correspondance [sous la forme d'un] brahmane", 
16 e des 32 formes sous lesquelles se manifeste 

Avalokitesvara T. 945 VI. sen ~{|I| "le Voyant 

brahmane", nom d'un Trépassé auquel on offre de 
la nourriture après les repas T. 131 3, Sms. iv. — 
~shin ~ f% "Corps de brahmane", 14 e des 33 
Corps d 'Avalokitesvara T. 262 vu ( = Lotus 264) ; 
aussi Tt. 1067 qui lui attribue une tête de Moine 
mendiant, une face rouge, des vêtements blancs de 
Laïc et le Sistre monastique ; mais cf. l'image ci- 
contre, extraite d'une éd. illustrée de T. 262 vu 
(chap. sur Kannon) imprimée en Chine en 1433. 
— ~sô ~-ff§- "moine brahmane", terme désignant 
certains brahmanes qui pratiquèrent le boud- 
dhisme, p. ex. en Chine Buddhapâlin T. 967 préface, 
ou au Japon Bodhisena qui reçut en 751 le titre 
de ~sôjô ~fèïE "brahmane administrateur du 
Sangha" Gkss. xxn. 



BAR AN AD A 2&BM%k, ou haranada 
sk. Varanâda. Td. taishô ;£§?: "grande voix". Nom 
d'un Yaksa T. 985 II. 

BARANIMITSU ^£|fê^ = sk. parinirmita ; td. 
take -fÈfb "métamorphosé par d'autres" Gog. m. 
Elément qui figure dans le nom d'une classe de 
Dieux ; cf. *Takejizai. 

BARASHA 3g$£# = sk. palâsa. Td. shakkaju # 
fêH| "arbre à fleurs rouges". Nom d'un arbre aux 
fleurs orange, Butea Frondosa. Gog. xxiv dit qu'avec 
la sève on fait une teinture rouge. Ib. xxv donne un 
synonyme kenshukuka Sû^pjfl^sk. kimsuka qui est 
en effet le même arbre ; il ajoute que les feuilles de 
cet arbre, étant résistantes, sont employées par les 
marchands à la confection de sacs. Ttt. 1767 1 cité 
Keds. 358: Les fleurs sont noires avant l'aube, rouges 
au soleil, jaunes après le coucher du soleil. Hbg. ix 
cité ib. donne une td. nichishakka ffcVc "fleurs 
rouges au soleil". [C'est l'arbre palâs ou dhâk de 
l'Inde moderne ; cf. l'article Dhawk du Hobson- 
Jobson par Yule-Burnell.] 

BARASHAKYA ^££&fë> ou harashakya £fc§^f 



BARASHAKYA 



55 



BASERA 



(ou ffâ) <f£ = sk. prasâkha [ou °â] ; tib. Mvy. 4071 rkan 
lag rgus "pieds et mains bougent". Td. shishi jj£;£, 
shibun 3£5h> shisetsu ^fîp "branches" (=mem- 
bres). Stage de l'embryon, quand les membres se 
forment, dans la cinquième semaine ; Gog. xxm, 
Ttt. 1822 ix, 1829 11.— Cf. *Tai. 

BARASHAMARA $&§*§?&§ =sk. Aparacâmara, 
Varacâmara ; nom d'un des huit continents inter- 
médiaires, dont le précédent est appelé Câmara Tt. 
1558 xi (=K. Lav. m, 146). La Mvy. 3052 td. 
câmara par shôfutsu /)\%fe "petite époussette", tib. 
rria yab "queue de yak" (utilisée comme époussette 
ou chasse-mouches ; c'est le sens du sk. câmara), et 
aparacâmara par betsufutsu jjlji^î "autre époussette", 
tib. rna yab gzan "autre queue de yak" (sk. apara 
"autre"). Les cm. du Kosa, Ttt. 1821 xi, 1822 xi, 
td. shômyôgo H^Jeb^ "yak supérieur", ce qui sup- 
pose une leçon varacâmara (sk. vara "précellent"), 
à laquelle correspond bien la te. de Tt. 1558 xi. 

BARASHI ^HH = sk. balâkî ? Nom d'un arbre. 
Td. hakuro g^ "aigrette" (Egretta Modesta) T. 
374 ix et Hbg. cités Keds. 358 ; aussi Ttt. 2128 xxv. 
Le sk. balâka signifie "grue" et ne paraît pas attesté 
comme nom d'arbre ; peut-être la te. ch. correspond- 
elle à balâkî (°kin) "ayant des grues" [le troisième 
caractère $# se lit aussi ki]. 

BARI 3£|fU T. 374 xiii, Ttt. 2128 xxvi, ou hari 
$[f!j Hbg. = sk. vâri "eau". — Aussi = sk. Bali, nom 
d'un Yaksa T. 984 1 ; et nom d'un Asura, cf. *Bachi. 

BARIKARA gjtfdfïIHsk. vârsikâhara (?) ; td. 
jikitô j£;$| "mangeur de jasmin" (cf. *Bashika). 

|BARIMANI ^flJJ^JË T. 984 11, ou bacchimatsuni 
m$J£fâ T. 985 n-sk. Balimani, td. rikishu fiïfc 
"Gemme de force" ; nom d'un Yaksa. 

BARIYA ^Pfff, ou bariya ^^H5, bayu 3gjg = 
sk. bhâryâ "épouse" ; T. 25 x td. fu #ff, même sens. 

BAROKITEI $fmmfê=sk. avalokita, td. Ttt. 
1709 m b shokan ^ff| "Inspecté" : le Caractère 
Réel des B. en tant qu'objet d'Inspection. 

BAROKITEISHIBARA mfâ$U&Wifàm=sk. 
Avalokitesvara ; te. tronquée du nom sk. de *Kannon. 

BARÔNA^» T. 397 lviii, Ttt. 1733 ", Hbg., 
^nf^ T. 985 11, baruna fôm% T. 848 1, mm& Ttt. 
1796 v = sk. Varuna, le Dieu des Eaux du brahmanis- 
me ; dans le bouddhisme, nom d'un roi-Dragon T. 
397 lviii (qui en fait le roi des Dragons-poissons) ; 
Ttt. 1733 11 td. sui 7jc "eau", T. 848 1 td. ryûô fgï 
"roi-Dragon" ; aussi nom d'un Dieu dans l'Es., cf. 



*Suiten 7jc^ ; nom de ville, T. 982, 984, 985, Hbg. 
td. ko jg£ (cf. J.As. 1915, I, 96). — Aussi nom d'un 
vent, comparé à l'Esprit d'Eveil qui peut ébranler 
tout ce qui est soumis à son influence T. 279 lxxviii 
et 283 xxxv qui te. barôna 3g|tt#|J ; T. 278 lix (version 
parallèle), te. birôna j§,U#P > I e texte sk. corres- 
pondant (Gandavyûha) donne varunapâna ; cm. Ttt. 
1735 lx td. jimmyôfû jjyÊJH, "vent rapide et violent", 
qui td. ordinairement le sk. vairambha (cf. *Biramba); 
d'après Eog. II, il s'agirait d'un vent solide et dru 
qui soutient le Cercle du vent cosmique. 



BASANBAENTEI Wffl'l&fâB T. 279 lxviii, ou 
bashabada 3g|§Ê^P£ T. 278 lxi, te. "complète" ba- 
santabaentei -Q^1^.& '$£$(}§£, Eog. n = sk. vasantava- 
yantî (?). Divinité de la nuit résidant à Kapilavastu, 
un des personnages auxquels Sudhana rend visite 
d'après le Gandavyûha = T. 278 lxi, 279 lxviii, 
293 xvii ; cette dernière version rend son nom par 
shunwa ^^P "printemps + union, harmonie" (sk. 
vasanta "printemps" + vayantî participe présent de 
va "tisser" ?). Ellle réside dans les airs au-dessus de 
la ville, assise sur un lotus dans un palais précieux ; 
sur son corps brillent les astérismes ; elle porte une 
torsade pareille à celle de Brahmâ. Elle convertit 
les Etres en les sauvant des dangers qui les assaillent, 
sur terre et sur mer, dans les ténèbres de la nuit, 
lorsque rôdent les esprits et les voleurs. — Eog. il 
analyse son nom ainsi : vasanta "printemps" + 
vayantî "présidant" : elle préside à la protection des 
Etres et des moissons au printemps ; on l'appelle 
aussi barabasatsuna '^^j£$£ffl> td. eshimui $c]L\ 
ffî?< "appui sans crainte", parce qu'elle est l'appui 
(sk. vasana) des Etres et les délivre de toute crainte ; 
son autre nom vasanta "printemps" peut aussi 
s'interpréter métaphoriquement au sens de "faire 
croître le bien chez les Etres". — Ces deux dernières 
explications sont tirées de Ttt. 1733 xix, qui corrige 
en barabasatsuna WkW^kWM la te. bashabada ^^ 
^Pg de T. 278 lxi. — Un ouvrage ch. du IX e siècle, 
le Yûyôzasso (Yeou yang tsa tsou) MIBHÊ^E de 
Dan Jôshiki (Touan Tch'eng-che) JBtJjîfc:^, rapporte 
qu'en prononçant le nom de Vasantavayantî (te. 
de T. 279 lxviii) on peut éviter le somnambulisme 
et les mauvais rêves. 

BASATTARA ^HtM Bz m., ou basan ^# 
Ttt. 1828 vi b = sk. vastra ; td. e ^5c "vêtement". 

BASEI 3gj£$Ç, nom d'un oiseau figurant dans le 
Cercle de Yama (cf. *Emma) ; il ressemble à un 
petit milan ; il est de couleur jaune, son bec est jaune ; 
il connaît des procédés pour se cacher Ttt. 1796 
xvi. — Sans doute sk. bhâsa, nom d'un oiseau de 
proie. 

BASERA ^J(tgi&=sk. Vasila ; T. 278 L, Eog. 11 



BASERA 



56 



BASHI 



et Ttt. 1736 lxvii td. jizai Èfê. "indépendant, 
souverain" (sk. vasin). Nom d'un batelier de la 
ville de Rôkaku $HHtj (sk. Kûtâgâra), auquel Su- 
dhana rend visite pour recevoir ses enseignements 
T. 279 lxvii, 293 xiv ( = Gandavyûha ; Mitra, 
Sanskrit Buddhist Literature 91, lit Paisa et Kulâ- 
gâra qui sont fautifs). 

BASHABA ^H^=sk. Vâsava (chef des Vasu), 
un des noms d'Indra T. 374 xxxiii. Td. Ttt. 2128 
xxvi gonjiki JUfftj "orné", ou encore shûkongôhô 
44»&|SIW§f "tenant le Joyau de Diamant". 

BASHANABA 3gfêUUK = sk. vatsanâbha, nom 
d'un poison T. 310 ex; td. gôtokushisai / H§ : Ï-$| 
"nombril (sk. nâbha) de veau (sk. vatsa)". — Peut- 
être l'aconite P.W. 

BASHARADAISHÔ ^#fH*W "le général de 
Diamant", nom d'un des douze généraux de Bhai- 
sajyaguru ; cf. *Yakushi. 

BASHARADARA fô#rH|51s^=sk. vajradhâra, 
nom d'une classe de divinités es. ; td. anc. éc. *shû- 
kongô ^4^|^lJ "tenant le Diamant", nouv. éc. jikongô 
I^F^^lJ même sens Ttt. 1796 I. 

BASHARAMOSHICCHI £$ B&M £0=sk. 
vajramusti, td. *kongôken ifc|jljj!]^ê "poing de Dia- 
mant" T. 901 iv. Nom d'un Sceau. 

BASHARANYÛBARA fô#rJg|X|ftSfe=sk. vajra- 
jvala, td. kongôkô &$\\Jt "éclat de Diamant" Ttt. 
1796 ix ; épithète de la Sapience des Tg. 

BASHARATAKASHA &tôr&&Çffi® = sk. Vajrât- 
tahâsa, td. *Daishôkongô ïk$Ç.ifc$]\] "Diamant-éclat 
de rire" T. 901 VIII. Nom d'un Bs. es. 

BASHAUBASHA 3ggft$gg, te. incorrecte 
désignant les Laïcs et les Laïques, sk. upâsaka et 
upâsikâ, T. 245 11 et glose Ttt. 1707 v. 

BASHI ^|ÏB "le sacrifice du cheval" ; te. ashiba- 
medayaja psJiJIlB&POT^^sk. asvamedhayajna T. 
397 L, qui donne l'analyse suivante : asva "cheval", 
medha "piquet précieux" (hôchû UtË), yajna "sacri- 
fice", et ajoute que seuls les rois'du Jambudvîpa peu- 
vent accomplir ce sacrifice. — Tt. 2137 1 (Sârhkhya) 
le mentionne en spécifiant qu'il faut tuer six cents 
chevaux ; n'en manquât-il que trois, le sacrifice serait 
incomplet et n'assurerait pas la renaissance au ciel. — 
Il est aussi mentionné Tt. 1579 xix et Ttt. 1828 v a. 
— Tt. 1569 1 le condamne parce que le bonheur qui 
en est la rétribution est Impermanent, et aussi 
parce que ceux qui l'accomplissent se rendent 
coupables du péché de Meurtre. Cm. Ttt. 1827 I c : 



Ce sacrifice a pour but l'obtention permanente du 
ciel (c.-à-d. de la vie au ciel). On prend un cheval 
blanc, on le met en liberté pendant cent jours ou, 
d'après d'autres, trois ans ; sur ses traces on répand 
de l'or, qui est donné à tous ; puis on le tue en pro- 
nonçant cette formule : C'est Vasu (*Baso 3g»||£) 
qui te tue. Ayant été tué en sacrifice, le cheval lui- 
même obtient de renaître au ciel. — T. 468 1 (aussi 
cité Ttt. 191 2 x a) mentionne, parmi vingt-six 
Vues perverses dont les Bs. doivent s'abstenir, la 
coutume qui consiste à tuer des chevaux pour les 
sacrifier au feu ; celle de sacrifier quatre mille chevaux, 
qu'on tue en tirant des flèches dans les quatre direc- 
tions, et dont les cinq viscères sont donnés aux 
brahmanes avec les sept Joyaux ; la coutume de 
répandre sur les traces de chevaux lâchés dans les 
quatre directions les sept Joyaux, que l'on offre aux 
brahmanes; etc. — Tt. 1509 cité Ttt. 1827 I c: Pour 
sacrifier au ciel [ou aux Dieux], on érige un piquet 
haut de 17 coudées (sk. hasta), soit 34 pieds. . .On 
l'orne d'objets divers et on y attache un cheval blanc ; 
à côté, des brahmanes allument du feu où ils jettent 
des fleurs et des parfums en récitant des Formules. 
Puis ils lient des herbes au ventre du cheval et le 
font rôtir au bord du feu, mais sans brûler le poil, 
jusqu'à ce que le cheval meure par la force de leurs 
Formules : on dit alors que le cheval meurt sans 
péché. Ils écorchent le cadavre, retirent de la peau 
la chair et les os, tête et queue comprises, et envelop- 
pent le tout, avec des objets précieux d'or et d'argent, 
dans la peau, qu'ils recousent. Puis ils rallument le 
feu et prononcent des Formules dont l'effet est que 
le cheval se lève et marche. Après quelque temps il 
revient et tombe par terre ; autour du territoire où 
il a marché, on établit un mur avec des orchidées, et 
à l'intérieur de cette 
enceinte on étale les 
objets précieux, qui 
seront donnés à tous 
en aumône. 



BASHI $% T. 

848 v,m& Ttt. 1796 
xvi, m& Tt. 851 h, 
mmf Tt. 850 h, 852 

11 (p. 122 a), bashi- 

shitta mmmM Tt. 

851 11, 852 n = sk. 
Vasistha ; Mvy. 3469 
tib. gnas 'jog, td. 
anjû f££Ë "bien 
établi" (racine 
vas "s'arrêter"). 
Nom d'un Vo- 
yant dans l'Es., 
souvent con- 
fondu [p. ex. 




Fig. 25. Bashi (Vasiçtha). 



BASHI 

Tt. 852 II, p. 121 c] avec Vasu (cf. *Baso), qui 
d'après Ttt. 1796 xvi était son ancienne appellation. 
A cette confusion est peut-être dû le fait qu'il figure 
à deux endroits dans, le Cercle du Plan de Matrice : 
! (1) à l'Est de la Cour de Diamant extérieure, parmi 
les assistants d'Agni (*Katen) : il est représenté 
comme un Voyant de couleur rouge, assis sur une 
natte, le genou gauche relevé ; il tient un lotus dans 
sa main droite et un chapelet dans la gauche ; à sa 
droite est sa conjointe, tenant dans chaque main 
un lotus ; (2) dans la Cour d'Akâsagarbha parmi les 
assistants de *Kannon à mille mains : il a l'aspect 
d'un Voyant émacié ; il est en marche, s'appuyant de 
la main gauche sur un bâton ; de sa main droite il 
semble faire une chiquenaude ; la tradition rapporte 
que s'il figure ici, c'est qu'il s'est construit un ermi- 
tage au pied du mont Potalaka pour servir Kannon. 
On le retrouve également, sous le nom de *Baso, 
dans la série des 28 assistants de Kannon aux mille 
mains Bbkw. 603. — Sa Formule est : Vasistha rsarh 
«vâhâTt. 850 11 (sic; cf. p. 89 b), 851 11,852 11.' Son 
Sceau est le suivant Hmjr. 870 : la main droite est 
élevée, la paume en avant, le pouce et l'index for- 
mant un cercle ; la main gauche est devant la 
poitrine, la paume en l'air, le pouce et le médius 
formant un cercle. 

BASHIKA ^Rjfi^n, 
ou bashi 3||fôjj, bashika 
3RB&8!!, barishi WJ0Ç, 
barishika ^f \\8$M> Das " 
shika ^Sp3jn, batsuri- 
shaka ^!l£ •$?$!!, barishi- 
kara 3||flj!£$Ij£j7i, bashi- 
hari ^Sft&flJ, etc. = sk. 
vârsika (ou vârsaka, 
vârsakâla, vârsapâlî). — 
Nom de fleur, Jas- 
minum Sambac. — Td. 
Eog. i-ii ujishôke pfôP$ 
*t£ïf£ "fleur qui naît au 
temps (sk. kâla) des 
pluies (sk. varsa)", c.-à- 
d. en été; Ttt. 2128 
xxv geshike Jf jg fê 
"fleur qui arrive en 
été", ib. xxvi geshôke 

H£7£ "fleur qui naît Fi «- **• Bashi (Vasi«ha ou Vasu). 
en été" ; Gog. xxi geshôgoke MÊMfà, "fleur pro- 
tectrice qui naît en été" (sk. vârsapâlî). Cette fleur 
est blanche et très odorante Ttt. 2129 v ; on en 
extrait un parfum Eog. 1. Dans l'anc. éc. td. tôge 
Mt£ "fleur de plante grimpante" Ttt. 2128 xxv. 

BASHISHÔAN $HF&fë "la femme qui brûle 
l'ermitage", anecdote édifiante (*kôan &îf|) qui 
sert de thème pour la méditation dans l'école Zen ; 




57 BASO 

rapportée Gte. vi. Pendant vingt ans une vieille 
femme avait assuré la subsistance d'un ermite 
bouddhique ; elle lui faisait servir sa nourriture par 
une jeune fille. Un jour, par ordre de la vieille, la 
jeune fille embrasse l'ermite en lui demandant : 
Comment vous sentez-vous juste en ce moment ? 
L'ermite répond par les deux vers suivants : Sur un 
froid précipice se penche un arbre desséché ; nul 
souffle tiède ne l'atteint durant les trois mois de 
l'hiver. Irritée de cette réponse qui lui paraît peu 
digne d'un religieux, la vieille fait brûler l'ermitage. 

BASHÔ &M, le bananier, Musa Basjoo. — Le 
stipe du bananier, que l'on peut défaire feuille par 
feuille sans trouver une substance solide, est com- 
paré au corps T. 475 1 ; aux Opérants T. 220 cdlxii, 
221 xxvii, 223 xxvii, 267 il ; aux six Notations 
T. 125 ix ; aux théories des Nirgrantha ib. v ; à la 
Sapience qui, sans avoir de réalité propre, sert à 
exposer la Loi, de même que le stipe du bananier 
sert à porter les feuilles T. 220 dxcvi. 

BASHUDATTA ^^jl^=sk. Vasudatta, nom 
d'un des Laïcs de Fukujô fgJ$ (sk. Dhanyâkara ?) 
qui viennent écouter Manjusrî T. 279 lxii ( = T. 
278 xlv qui donne Kakujô fgJK ; et cf. T. 293 iv 
= Gandavyûha) ; Eog. 11 td. zaise Jttîfe "donneur de 
richesses" ou uzensegyô ^flJÏfëff "généreux". 

BASO $£, ou T. 1339 1 3gSH=sk. Vasu. Nom 
d'un Voyant qui fut enseveli vivant. Tt. 1509 ni 
conte son histoire à propos de l'origine de la ville 
de Râjagrha : Vasu était autrefois le roi de ce pays ; 
il sortit de la maison et se fit Voyant. En ce temps 
s'était élevée, entre les brahmanes menant la vie 
de famille, et les Voyants sortis de la maison, une 
discussion pour savoir si, dans les sacrifices au ciel, 
il faut tuer les Etres et en manger la chair : les 
brahmanes répondaient par l'affirmative, les Voyants 
s'y opposaient. La querelle est portée devant Vasu, 
qui déclare que la loi des brahmanes prescrit 
de tuer les Etres et d'en manger la chair, et que les 
Etres ainsi sacrifiés au ciel gagnent le ciel après 
leur mort : Quelle erreur ! quel mensonge ! s'ex- 
clament les Voyants, et le couvrant de crachats ils 
prononcent cette formule : Disparais, homme 
pécheur ! Les pieds de Vasu s'enfoncent dans le sol, 
puis comme il refuse de se rétracter, restant obstiné- 
ment fidèle à sa conviction et aux enseignements 
des quatre Veda, il disparaît peu à peu jusqu'aux 
genoux, à la taille, au cou, et enfin s'engloutit tout 
entier sous les yeux des brahmanes qui le chassent 
du monde en le traitant de grand pécheur. Dès lors 
fut établie la coutume de. sacrifier des moutons au 
ciel et de s'écrier, au moment d'abaisser le couteau : 
C'est Vasu qui te tue. Le fils de Vasu, Kôsha ^$ 
"vaste char", lui succéda sur le trône ; mais, inquiet 



BASO 



58 



BATÔKANNON 



d'habiter le lieu où son père avait eu une fin si 
néfaste, il transféra sa capitale en un site où le mena 
un cerf au cours d'une chasse ; c'est ce site qui 
reçut le nom de Râjagrha, "la demeure du roi". — 
T. 1339 1 donne de cette légende une version toute 
différente : Du temps où le B. résidait au ciel Tusita, 
Vasu était le chef de 6.200.000 marchands, qu'il 
conduisit en mer pour chercher des Joyaux. Au 
retour, la flottille fut assaillie par les Makara, les 
vagues, le vent et les Yaksa. Chacun des marchands 
promit à Mahesvara le sacrifice d'un Etre, et ils 
évitèrent ainsi ces quatre périls. Au retour, ils voulu- 
rent se rendre au temple pour s'acquitter de leur 
vœu ; mais en route Vasu se reprocha d'être complice 
d'une si mauvaise pratique, et se proposa de sauver 
les moutons. Dans ce but, il produisit par métamor- 
phose un brahmane et un Moine ; le brahmane se 
mit à la tête des marchands ; il fut interpelé par 
le Moine qui l'accusa de commettre un péché en 
tuant des Etres ; la querelle fut portée devant Vasu 
lui-même, changé en Voyant. Vasu tourna en ridicule 
le Moine, qui lui affirmait qu'en accomplissant des 
sacrifices sanglants, bien loin de monter au ciel, 
on tombait en Enfer : Tu vas l'attester toi-même ! 
s'écria le Moine, et à ces mots Vasu tomba tout vif 
dans l'Enfer Sans-intermission (*Abi). Effrayés, les 
marchands relâchèrent les moutons et se firent tous 
Voyants ; dans leur existence suivante, ils naquirent 
à Srâvastî où le B. les convertit. Quant à Vasu, il 
fut tiré de l'Enfer par la force lumineuse du B. 
Keju #jfe|f! "collection de fleurs", venu de l'Est, et 
vint rendre hommage au B. avec des Etres innom- 
brables qu'il avait convertis dans tous les Enfers. 
A Sâriputra, qui s'étonne d'avoir précédemment 
entendu dire au B. lui-même que Vasu était con- 
damné à rester en Enfer pour toujours, le B. réplique 
qu'une telle croyance est fausse ; et il ajoute diverses 
interprétations du nom de Vasu, qui toutes tendent 
à prouver sa nature non infernale : va signifie "ciel", 
su signifie "sagesse" : un Etre qui possède la sagesse 
céleste ne saurait être infernal ; etc. — Baso te. aussi 
le nom d'un Dieu, sk. Vâsudeva (nom de Krsna), 
mentionné T. 374 xxiv, Ttt. 2087 xi, etc. ; deux des 
td. de ce nom données Ttt. 2128 xxvi, jitsu ^ "réel" 
et butsu <$J "chose", reposent sur une fausse lecture 
vastu ; la troisième, ji #J} "terre", est énigmatique. 
—Cf. *Bashi £&. 

BASOTO ig^ig ou ^fg4- = sk. vastu, terme 
qui sert de titre aux sections de la Discipline (p. ex. 
Osadhivastu "la section des Médicaments") Ttt. 
2154 ix, Ssk. 11 b. 

ÎBATARI @| (ou ^) fôM=sk. badarî (ou °a), le 
jujubier ou le jujube, Zizyphus Jujuba. Td. Ttt. 
1821 xxx, Gog. xxiv shôsô /h]§Ê "petit jujube". 
Mvy. 5809 donne sk. badaraphala, tib. rgya sug gi 



'bru, ch. sôkaku ^^, jinshibyaku i^-ffg. — [Aussi 
nom d'un moine Ttt. 1821 xxx, Gog. xxiv.] 

BATEI f$Jg = sk. patnî "épouse" (fém. de pati 
"maître, époux"). Métaphore de Kôbô Daishi : 
"l'Esprit est l'épouse des Bs. des quatre Perfections" 
Shrs. vu. 

BATEIYA $UgflTj, te. aphérétique du sk. upâ- 
dhyâya "Professeur" (cf. *wajô JfP/pjJ) Hizk. 1. [Cf. la 
forme tamoule vâdiyan ; en graphie koutchéenne, 
le pa de upâdhyâya était souscrit et ne formait 
qu'une syllabe avec l'u.] 

BATÔKANNON JUfiJfg^ (parfois lu Mezukan- 
non) "Avalokitesvara à tête de cheval", une des 
formes de *Kannon ; sk. Hayagrîva "cou de cheval" ; 
tib. Rta mgrin, même sens. — Te. Jkayakiriba [pour 
kayagechiriba] MTOflJ^ T. 848 1, 901 vi, fâWfà 

mm t. 848 h, wmmm tu. i 79 6 v, m tom 

Ttt. 2128; *£&]& [gochi] £Bft Ttt. 1072 A, ^ 
5H2 [gochi] Pf|J^ T. 950 il.— T. 848 1 en fait un 
Rot de Science : Le Roi-porte-Science, Grande-Force 
(dairirijimyôô jtj)fôty]3c.), a la couleur du soleil 
levant ; son corps est orné de lotus blancs ; son éclat 
est intense, comme une guirlande de flammes ; il est 




Fig. 27. Batôkannon (Tôzu). 

courroucé et montre les dents ; ses ongles sont 
aigus et il a des cheveux de lion ; c'est Hayagrîva. — 
Cm. Ttt. 1796 v : Hayagrîva se td. "tête de cheval". 
Il n'est ni jaune ni rouge, comme le soleil levant. 
Son corps est orné de lotus blancs en guise de colliers, 
etc. ; les flammes de son auréole sont intenses et 
ardentes, pareilles à des guirlandes ; ses ongles sont 
longs et aigus ; du haut de sa bouche sortent deux 



BATÔKANNON 



59 



BATÔKANNON 



dents ; sa chevelure est comme une crinière de lion ; 
son expression est courroucée. C'est un Roi 
Porte-Science (jimyôô, sk. vidyâdhararâja) de la 
Section de Diamant. La grande force de Bonne- 
volonté de ce Bs. se compare au cheval qui est un 
des sept Joyaux des Rois-tournant-la-Roue, et qui 
parcourt sans cesse les quatre continents, son esprit 
étant présent partout à chaque instant . . . Les lotus 
blancs symbolisent sa Compassion Blanche et pure, 
au moyen de laquelle il soumet beaucoup d'Etres. 
— Hayagrîva est donc à la fois Roi de Science et Bs. ; 
dans le Cercle du Plan de Matrice, où il figure à 
la 7 e place du r* r rang dans la Cour d'Avalokitesvara 
(Kannonin HëHfên:» aussi dite Cour de la Section 
de Lotus Rengebuin ^§ij!!§nfl$c), il est appelé tantôt 
Bs., tantôt Roi de Science. — Ses noms es., ou noms 
de Diamant, sont Jinsokukongô J&^^IâJlJ "Diamant 
de rapidité" (parce qu'il est rapide comme le cheval 
des Rois-tournant-la-Roue), ou Kanjikikongô Rj$ 
&'Ê'|îfi]lJ "Diamant dévorant" (parce qu'il dévore 
rObstruction de l'Inscience Ttt. 1072 A). Ces noms 
paraissent reposer sur des interprétations fantaisistes 
du sk. asva "cheval", d'une part par âsu "rapide", 
de l'autre par as "manger". — Ses Germes sont ham 
(première syllabe de Hayagrîva, avec l'anusvâra) 
ou khârh (première syllabe de khâdaya "dévorant", 
avec l'anusvâra). — Sa Formule la plus usuelle est 
la suivante Tt. 930, 11 84 etc. : On amirito tôbaba 
unhatta fyW&UfflfaWWr&fà* td. Hmjr. 879: 
Orh ! Né de l'Ambroisie, hûrh ! crac ! (sk. ora amr- 
todbhava hûrh phat). Mais T. 848 11 en donne une 
autre : Kyada hanja sahataya saka fèjp;S^lf]^fiSlfE-tfe 
^fpf, td. Hmjr. 879 : Dévorant, brisant, détruisant ! 
Svâhâ ! (sk. khâdabhanjasphatya svâhâ). — Sa Forme 
de Convention est une tête (ou une bouche) de cheval. 
— Son Sceau est "en forme.de bouche de cheval" 
bakugyô J^P^: les mains sont jointes paume 
contre paume, les médius et les auriculaires dressés 
l'un contre l'autre, les index et les annulaires repliés 
dos à dos vers les paumes ; les pouces sont tendus 
en arrière pour figurer la gueule ouverte du cheval 
'dévorant" Tt. 930, Hmjr. 879. — Les cérémonies 
qui lui sont consacrées dans l'Es, ont pour but d'as- 
surer la victoire sur les ennemis, de chasser les 
maladies, d'éteindre les péchés, etc. Pour ces céré- 
monies, des prescriptions détaillées sont données 
T. 901 vi ; toutefois dans les sectes es. du Japon 
on utilise actuellement un Rituel, Ttt. 1072 A, dont 
la td. est attribuée à Amoghavajra, mais qui serait un 
faux, d'après le maître jap. Jôgon ££JH (1638-1701). 
D'autre part, Batôkannon est au Japon l'objet 
d'un culte populaire comme divinité protectrice des 
chevaux (de même en Mongolie, Grûnwedel Myth. 
164), ou plus généralement du bétail. Dans le système 
qui identifie les six *Kannon de la' secte Shingon 
aux six de la secte Tendai (énumérîes Ttt. 191 1 11 a ; 
'identification paraît remonter à Ninkai {Hfffc, 




Fig. 28. Batôkannon (amulette du Entsûji). 

985-1046 A.D., cf. Krgs. 1 cité Bdjt. 1820), Batôkan- 
non correspond en effet à Shishimuikanzeon ffî^M 
ftMflM^t Q u i préside à la Destination des Animaux 
(shishi et mui sont tous deux des équivalents du sk. 
simha "lion"; cf. J.As. 1925, 1, 40). Dans les villes 
comme à la campagne, on rencontre partout, au 
bord des routes, l'image en pierre de Batôkannon, 



BATÔKANNON 



60 



BATÔKANNOI 



avec ou sans chapelle ; parfois la pierre n'est pas 
sculptée et porte simplement son nom en caractères 
ch. Dans certaines régions les paysans célèbrent sa 
fête, qui est l'occasion de toutes sortes de réjouis- 
sances ; ainsi au Entsûji 05Χ^F près de Gotemba 
^Mx^, au pied du Mont Fuji, la fête de Batôkan- 
non, à qui ce temple est dédié, avait lieu naguère en 
septembre et s'accompagnait de courses de chevaux ; 
le cavalier vainqueur recevait en récompense une 
image de la déesse montée en kakémono. Ces courses 
ont été interdites par la police depuis l'introduction 
au Japon des courses de chevaux à l'européenne, 
avec paris, et la fête a été reportée en avril. Le 
temple de Entsûji prétend remonter à l'aventurier 
Oguri Hangan /M^UIf (1398-1464), qui l'aurait 
fondé en mémoire de son célèbre cheval Onikage 
î&liSi^ "le démon fauve". Ce temple délivre, en 
guise d'amulettes, de petites gravures représentant 
la déesse, que les propriétaires de bétail collent sur 
la porte de leurs étables. Lorsqu'un cheval est 
malade, ils mandent l'abbé du temple qui vient 
accomplir une cérémonie à domicile. Si le cheval 
guérit, son propriétaire le mène au temple et y fait 
des offrandes pour rendre grâces à la divinité, et 
souvent il érige près de sa ferme une pierre de Batô- 
kannon. Si le cheval meurt, on invite l'abbé à 
exécuter des rites devant une de ces pierres : ces 
rites comportent des offrandes de grains de riz, de 
sel, de thé, etc. ; l'abbé revêt pour l'occasion un 
Froc sur lequel est peint un cheval. Le Entsûji 
appartient à la secte Zen, et Batôkannon y est figurée 
avec une seule face, et deux mains dont le Sceau n'est 
pas conforme aux prescriptions de la secte Shingon ; 
dans une petite chapelle à côté de l'autel, on conserve, 
pieusement enveloppée dans des soieries, une grosse 
pierre en forme de tête de cheval, trouvée sur une 
montagne du voisinage. Parmi les autres temples 
de Batôkannon au Japon, un des plus célèbres est 
le Matsuodera fàpê,^f dans la province de Tango 
f\^k> où elle est vénérée comme la 29 e des "33 
Kannon des provinces de l'ouest". — La tête de 
cheval qui caractérise cette forme d'Avalokitesvara 
rappelle le mythe du cheval céleste qui sauve des 
marchands retenus dans une île par des ogresses 
féroces: dans le Jâtaka p., 11 127, le cheval est 
appelé Valâha ; le marchand qu'il secourt reçoit le 
nom de Simhala dans Ttt. 2087 xi ; Ttt. 1733 vin 
parle d'un roi-cheval Balâha, td. un gt "nuage" 
(sk. balâhaka), qui parcourt les airs et sauve les 
naufragés ; T. 24 II, qui te. Baraka ^HHM et td. 
chômô Jç3§ "longs poils", donne ce nom au cheval 
qui est un des Joyaux des Rois-tournant-la-Roue ; 
cf. aussi T. 152 vi, 190 xlix, etc. Dans la plupart 
des versions de ce mythe, le cheval sauveur est 
présenté comme une incarnation antérieure du B. 
Sâkyamuni. Mais le Gunakârandavyûha (cf. Mitra 
Catal. 97, Burnouf Introd. 2 200 ; contrairement à 



ce que prétendent divers auteurs, ce sûtra ne paraît 
pas avoir été td. en ch.), où l'on retrouve les noms 
de Simhala et de Balâha, fait de ce dernier une in- 
carnation d'Avalokitesvara, Simhala étant le futur 
Sâkyamuni ; et le temple de Neak Pean à Angkor, 
devant lequel se dresse une belle représentation sculp- 
turale du mythe, était dédié à Lokesvara (BEFEO 
XXIII, 404-405). — Iconographie. — On trouve dans 
l'iconographie jap. une grande variété de types de 
Batôkannon : à une, trois ou quatre faces (toutes 
humaines), à deux, quatre ou huit bras ; l'expression 
est parfois douce, plus généralement courroucée ; les 
attributs diffèrent, les plus fréquerfts étant le lotus 
et la hache. La caractéristique essentielle est une 




Fig. 29. Batôkannon (Plan de Matrice). 

petite tête de cheval qui surmonte la face centrale, 
dans la coiffure. — Très rarement, la face humaine 
est remplacée par une tête de cheval : c'est le cas du 
type dit des T'ang, Tôzu ^HH, qui d'après la tradi- 
tion remonterait à Subhakarasirhha Hmjr. 879 ; 
la tête de cheval porte un lotus surmonté d'un 
petit Amida ; les attributs, hache dans la main 
gauche, lotus dans la droite, sont conformes aux 
stipulations de T. 1092 ix. — T. 901 vi décrit deux 
types : (1) Le premier se peint sur des flacons de 
terre cuite. Il a quatre faces ; celle de gauche est 
noire, avec des prunelles vertes et des crocs ap- 
parents ; celle de droite est rouge, on l'appelle 
"face qui mange les Formules" kitsujumen ^Py£M > 
la face centrale inférieure, blanche, a une belle 
expression de Bs. ; au-dessus de la statue flotte en 



PLANCHE VII 





2. Bishamon 
(statue du Hôryûji). 



i. Batôkannon (statue du Kanzeonji). 




3. Benzaiten (Kamakura). 



BATÔKANNON 



61 



BATSUNANDA 




l'air une quatrième face, bleue, qui crache des 
jjoyaux. Chacune des têtes porte une coiffure pré- 
cieuse surmontée d'un petit B. de Métamorphose 
assis. La main gauche tient un lotus, l'avant-bras 
test relevé, le poing devant l'omoplate ; la droite 
pend, les cinq doigts étendus faisant le Sceau du 
[Don de Sécurité. Aux poignets des bracelets, des 
(colliers au cou, l'image est debout sur un lotus. (2) 
[Le second type s'emploie pour les peintures qui se 
placent au centre des Cercles d'eau (suidan 7jtff^, 
[autels circulaires correspondant à l'élément Eau). 
Comme dans le "^L^T 

type précédent, O^ç^/jt 



la face de gauche, 
poire et terrible, 
montre des crocs, 
les cheveux sont 
hérissés ; celle de 
[droite est rouge 
et blanche, riante, 
les cheveux sont 
bleus ; celle du 
centre, rouge et 
planche, aux 
cheveux bleus, 
respire la Com- 
passion ; elle est 
burmontée d'une 
tête de cheval 
ileu foncé, la 
bueule fermée. 
Derrière la nuque JV> 
est une auréole 
multicolore. La 
main gauche, re- 
levée devant le 

Bein, tient un Fig. 30. Batôkannon (type de T .901 VI). 

lotus rouge sur lequel repose, à hauteur des faces 
pe l'image, un B. de Métamorphose assis, revêtu 
pun Froc rouge et auréolé. La main droite, tendue 
horizontalement, tient une Gemme-de-Désirs blan- 
che, entourée d'une flamme rouge ; de cette main 
t'échappent toutes sortes de Joyaux. L'image est 
brnée de peaux de tigre, de bracelets, de colliers ; 
pile est placée debout sur un lotus rouge, et 
purmontée d'un dais ; au-dessus d'elle flottent des 
Instruments de musique, et à ses côtés dansent des 
pieux. — Les attributs de ce second type se retrouvent 
pans une image de Kkzs. m, 1006, reproduite fig. 30. 
J— Dans le Cercle du Plan de Matrice, l'image a deux 
iiains jointes en Sceau et trois faces surmontées 
p'une tête de cheval ; toutefois dans l'exemplaire de 
te Cercle transmis au Hieizan, elle a trois faces et 
huatre mains : deux jointes, les deux autres tenant 
la hache et le chapelet ; et dans l'exemplaire du 
Engakuji H]^# de Kamakura, elle a une face et 
uuatre mains, dont deux tiennent respectivement 



le lotus et le Diamant à trois dents. — Un type assis 
à une face et deux mains, tenant la hache à gauche 
et le lotus à droite, est décrit T. 1092 IX. Un autre 
de couleur bleu foncé, avec une auréole rouge, une 
face, et deux mains tenant le flacon à gauche et le 
lotus à droite, est figuré Kkzs. ni, qui décrit aussi 
un type à une face et deux mains dont la droite 
tient un double lotus tandis que la gauche fait le 
Sceau du Don de Sécurité. — Un type debout à 
quatre mains, dont deux sont jointes, les autres 
tenant le lotus à gauche et la hache à droite, est 
décrit T. 1101 et figuré Kkzs. (Bzss. fig. 155). — 
Un type à trois faces et quatre mains, deux jointes, 
les autres tenant la hache à droite et faisant le Sceau 
du Don de Sécurité à gauche, est décrit Tt. 1067. 
— Un type à trois faces et six mains, deux jointes, 
les autres tenant le flacon et le lotus à gauche, la 
bâton et le hache à droite, est représenté par une 
fresque du Takase Garandô K^i'IllfJllM^ au Kyûshû ; 
Bbkw. fig. 225. — Un type d'aspect courroucé, à 
trois faces et huit mains, figure dans le Cercle de 
Manjusrî aux huit lettres (basé sur Tt. 11 84) : deux 
des mains sont jointes en Sceau, les autres tiennent 
à gauche le bouton de lotus, le flacon et le bâton ; 
les mains droites tiennent la hache, le chapelet et 
le lacet ; cf. Bbkw. 485. Mêmes attributs dans une 
image de Kkzs. iv, mais qui repose sur un buffle ; 
Bzss. fig. 156. — Un autre type à trois faces et huit 
bras est représenté par une belle sculpture en bois, 
datée par tradition de l'époque Heian (1126-1130) et 
conservée au Kanzeonji fjJtitÇ^f au Kyûshû (Bztk. 
fig. LXiii ; cf. pi. vu) : les faces, courroucées, ont 
chacune trois yeux ; deux des mains sont jointes en 
Sceau ; à gauche les autres mains tiennent la roue et le 
bâton, la quatrième est vide ; les mains droites tien- 
nent la hache, l'épée et le chapelet. Mêmes attributs 
dans une image assise de Jksh. — Un type terrible, 
couleur de feu, à nez de singe, à colliers et bracelets 
de serpents, à coiffure de lotus, est décrit T. 950 11. 

BATSUMOKUCHÔ $gH "l'oiseau qui ar- 
rache les yeux" Juok. ; glosé par a J| "corbeau". 

BATSUNANDA ^ (ou $) m$£, ou T. 397 
lxviii bananda 3HHPÉÎ = sk. Upananda,nom d'un roi- 
Dragon, ordinairement associé à Nanda. Td. kenki 
^^ "sage (upa) joie (nanda)" Ttt. 1723 il, zenki § 
:g: "bonne (upa) joie (nanda)" Ttt. 1718 11 ; mais 
Eog. il td. correctement le préfixe sk. upa par kin j£ 
"proche". — Upananda est un des cinq rois-Dragons 
de T. 397 lviii : il y représente une des cinq espèces 
de Dragons, les Dragons-serpents. Il est aussi, avec 
Nanda, un des huit rois-Dragons de T. 262 1 
( = Lotus 3). — D'après Ttt. 1718 11, Nanda et 
Upananda sont deux frères : Upananda est le cadet ; 
du temps du roi Bimbisâra, ils protégeaient le 
Magadha, faisant tomber la pluie à temps pour 



BATSUNANDA 



62 



BEN 




éviter toute sécheresse; 
c'est Maudgalyâyana 
qui les avait soumis. 
Bimbisâra institua une 
fête populaire annuelle 
en leur honneur. — 
L'Ekottarâgama T. 
125 xxviii contient le 
récit de leur soumis- 
sion ; il y est fait al- 
lusion dans l'Asokâva- 
dâna ( = Divyâvadâna 
395) T. 2043 11, Tt. 
2042 1. Tt. 1509 xxxii 
en fait deux frères qui 
veulent détruire Râ- 
jagrha ; ils sont aussi 
mentionnés ensemble Fig " 3I> Batsunanda (Upananda). 
T. 279 lxiv. — Dans l'Es, ils figurent dans la Cour 
de Diamant extérieure du Plan de Matrice Ttt. 1796 
v ; cf. *Nanda, et *Ryûô. — D'après T. 945 cité 
Beal, Catena 39, le Dragon Upananda peut entendre 
sans oreilles. — [Upananda est aussi le nom d'un 
mauvais moine qui manifesta une joie déplacée lors 
du Nirvana du B., T. 1 iv, 1428 LlV, etc. ; à propos 
de ce moine Ttt. 2128 xxv et 1767 1 notent la te. 
complète uhananda H$cH|f6.] 

BATSUYU fâfifa "la comparaison du radeau" : 
la Loi bouddhique est pareille à un radeau qu'il 
faut rejeter, après s'en être servi pour traverser le 
fleuve des Transmigrations T. 26 LV, 235, 997 vin. 

BATSUZETSUJIGOKU fôfiWWi 'TEnfer où 
l'on étire les langues" (comme du cuir), nom d'un 
Enfer Ojys. 1 b. 

BATTô um, ou mm, &m, %m, mm, titre 

(inexpliqué) d'une pièce de *Bugaku, q.v. 

BAWA 3g$l = sk. bhava?— Cri d'enfant; lors- 
qu'un Tg. l'énonce, bha signifie "Opéré" et va 
"Inopéré" T. 374 xx. 

BAYA JgJf|5= sk. payas "l'eau" T. 374 xm ; Hbg. 

te. haya $Jfô. 

BAYABEI £fgjÇ£ = sk. vâyave, datif de vâyu 
"vent" (cf. *Bayu) ; Dng. vu en donne une inter- 
prétation es. syllabe par syllabe. 

BAYU ^Jg T. 985, Ttt. 2131 11, Bzm., ou G$g. 
T. 848 11, Ttt. 2128 xxxviii, Bjffg Ttt. 1796 v, ^Ug 
T. 984 n = sk. vâyu; td. fû J^ "vent", fûjin J^,^, 
*fûten Bji "dieu du vent". Il protège le Nord- 
Ouest Ttt. 1796 V, 2128 xxxviii. 



BAZAR A jfq|B (ou souvent incorrectement 0) H 
Ttt. 2154 ix, ouid.|!iB^Hizk.ii,gJtBftTtt. 2061 

I ; bashara {$#f£g ib. et Ttt. 1701 1, Eog. i, im% 
T. 901 11, vin, flttfflft T «- J 796 1, ix ; bajara /fJcfS 
|$ Ttt. 2087 ix, mmMi T. 901 iv, vm, Ttt. 1698, j£ 
mm Ttt. 2060 11, M£| T. 1892; bajitsura Rf^ 
Ttt. 1796 vm ; hajara $t|?||fji(= T. 202 il ; hatsujara 
SUSJJiÊ T. 984 1 ; etc. = sk. vajra, p. vajira ; tib. rdo 
rje "diamant" ; td. *kongô jfc$\\ "Diamant", kongô- 
sho &W\ffi "pilon de Diamant". 

BAZARAUN #$B$|l4 = sk. vajrahûm, nom de 
Diamant du Roi de Science Trailokyavijaya (*Gô- 
sanze [^Htit)- 

BEISHA P^£ (° u H)> anc - éc - bisha Wtéï> JË& 
= sk. vaisya, la troisième des quatre castes de 
l'Inde ; td. shôko $jJÏ "marchands" ; ou Gog. 
xvin et Ttt. 1828 1 : za % "assis", zako %fâ "com- 
merçant assis". — Cf. *Shishô 09^. 

BEISHAKYA ÇK£fè, g$£fè=sk. vaisâkha, nom 
d'un mois correspondant à avril-mai ; Mvy. 8263 
tib. dpyid zla tha chun sa ga, ch. kishun ^^ 
"troisième mois du printemps". Ttt. 2087 11 
l'identifie à la période comprise entre le 16 de 
deuxième lune et le 15 de la troisième lune du 
calendrier ch. — C'est en ce mois qu'est né le B., le 
jour de la^pleine lune T. 1452 v. — Cf. *Bishakya. 

BEN ^, ou benzai ^if (parfois lu bensai Bdjt. 
!577)> ou gyôsetsu (rakusetsu) ^ffè, etc. ; te. Tt. 
994 11 harateibada §^PUg^®|5, Tt. 881 harateibana 
fàBMWb, Ttt. 2131 iv hateiba ^Jg3g sk. 
pratibhâna (terme qui indique à la fois la présence 
d'esprit et l'éclat de la parole), p. patibhâna ; tib. 
spobs pa "assurance, audace". — Eloquence. — C'est 
le quatrième des Pleins-Savoirs (*mugege 3Sfë§|§ 
propres aux B., aux Bs., aux B.-pour-soi et aux 
plus avancés des Auditeurs. Ces Pleins-Savoirs 
reçoivent tous quatre le nom de ben ^ dans certaines! 
td., p. ex. Tt. 1548 ix, 1553 11, Ttt. 1723 11, Mvy.jJ 
196 (aussi benzai flftz}? Ttt. 1788 va) ; mais le mot|] 
ben correspond au sk. pratibhâna dans Tt. 1558 

XXVII, 1545 CLXXX, 1542 VII, 1562 LXXVI, 1579 XLVJ 

1585 ix, etc. Ailleurs pratibhâna est rendu par' 
benzai ^if Tt. 1604 1, x, 1606 xiv ; par gyôbeni 
I5i? Tt. 1559 xx ; par ôben MM Tt. 1548 ix, 1553 

II ; ou encore T. 279 xxxviii, 397 v, 1583 vi, Tt. 
1509 xxv, 1552 xi, 1646 xvi, Mvy. 200 par les 
caractères Hlffe qui se lisent soit gyôsetsu "paroles 
[conformes au] désir [des Etres]", soit rakusetsu 
"paroles [prononcées avec] plaisir" (sur ces deux 
interprétations, cf. Ttt. 1721 11 ; la première seule 
est donnée Ttt. 1851 xi, 1925 111 b.) — Tt. 1558 
xxvii et 1559 xx ( = K. Lav. vu, 89-94) définissent I 
l'Eloquence comme la capacité de s'exprimer d'une i 



BEN 



63 



BENZAITEN 



façon à la fois serrée (exacte, sk. yukta Mvy. 874) 
et déliée (aisée, mukta Mvy. 875), ou encore Tt. 
1558 xxvn comme le déroulement coulant et non 
entravé du discours, ou Tt. 1559 xx comme des 
paroles victorieuses de démonstration et de réfuta- 
tion ; elle a pour Domaines la voix et le Chemin ; elle 
comporte neuf Connaissances ; elle est de toutes les 
Terres. — Ttt. 1851 xi distingue cinq conditions requises 
de l'Eloquence : (1) Elle doit tenir compte de la 
différence des Sens, (2) de la différence des doctrines, 
(3) de la différence des noms qui désignent les Es- 
sences, (4) de la différence des langues ou dialectes, 
(5) elle doit user de sons pleins et illimités comme 
ceux de la Conque. — Six qualités de l'Eloquence des 
Bs. qui pratiquent la perfection de Sapience Tt. 
1509 lv : (1) elle est rapide, shôshitsuben $1$;^ ; (2) 
inépuisable, mujimben ffè^z^ ; (3) on ne peut l'inter- 
rompre, fukadamben ^PJÊff^ ; (4) elle est appropriée 
(aux auditeurs), zuiôben fêtiH^ ; (5) riche de Sens, 
giben f|$|f ; (6) suprême au monde (en tant qu'elle 
Sert à enseigner le G.V.), sekensaijôben tft53^_h^- 
■Sept qualités T. 220 lxxxiv, liste analogue à la 
précédente : (1) sans restriction ; (2) inépuisable; (3) 
appropriée ; (4) rapide ; (5) infaillible ; (6) riche de 
Sens ; (7) suprême au monde. Ttt. 1735 xvn [sur T. 
279 xvi] donne une liste un peu différente, en ajou- 
tant des explications : (1) prompte (à la réplique) ; 
(2) rapide (comme une cascade, tant l'intelligence des 
arguments est parfaite chez l'orateur) ; (3) appropriée 
(à toutes les circonstances); (4) infaillible ; (5) in- 
interrompue ; (6) riche de Sens ; (7) suprême au 
monde. Cf. aussi Dmsh. xxix. — Huit qualités T. 220 
dlxvii : (1) pas enrouée, fushikatsuben ^^B^^l 
[sur le sens de shikatsu, cf. Ttt. 2128 vm] ; (2) pas 
confuse, fumeiramben ^nj2ËHL^ \ (3) sans crainte, 
fufuiben ^ffî^^ ; (4) sans orgueil, fukyômamben 
^fâ^kftfty : (5) pleine de Sens, gigusokuben fUJIf 
5è.Tr& î (6) savoureuse, migusokuben $frMtfè.Wt '■> 

(7) sans maladresse ni aspérité, fusetsujûben sfsffl, 
^ ; (8) appropriée aux (trois) saisons (chaude, 

pluvieuse, froide) et aux (trois) parties (du discours, 
début, milieu, fin), ôjibunben }&$%&%$. — Neuf 
qualités T. 220 dlxvii : (1) sans attachement ; (2) 
inépuisable ; (3) continue ; (4) ininterrompue ; (5) 
sans lâcheté ; (6) sans crainte ; (7) pas commune ; 

(8) sans limite [sk. anantapratibhâna, une des vertus 
des Tg., Mvy. 389 ; aussi nom d'une Extase, ib. 
585] ; (9) adorée des dieux et des hommes. Cf. aussi 
Tt. 1552 I. — Cf. *Benshaku, *Benzaiten. 

BENJISHINGON |Jf^EW "Formule pour ré- 
gler une affaire", terme désignant dans l'Es, les 
Formules qui accompagnent certains actes rituels : 
Onction, offrandes, etc. Ttt. 1796 vin. 



BENSHAKU fâ% 
h harateibanakuta 



'Amas d'Eloquence", te. Tt. 
llJS»{PE=sk. pratibhâ- 




Fig. 32. Benshaku. 



nakûta; tib. spobs pa brtegs pa. — Epithète des Bs. 

Mvy. 703 (qui td. 
benzaishû ffi^M)- 
Plus particulière- 
ment, nom d'un Bs. 
qui figure parmi les 
16 vénérables de la 
Bonne Période ac- 
tuelle dans le Cercle 
du Plan de Diamant 
Tt. 88i,Hmjr. 967; 
son nom es. est 
Gyôbenkongô Vjffi 
ifcUlj "Diamant 
d'Eloquence", son 
Germe est : vi, sa Forme de Convention est un 
nuage de cinq couleurs ; dans sa main droite il tient 
un nuage sur un lotus, sa main gauche fermée est 
posée sur sa hanche. — Aussi nom d'un maître de la 
Loi qui devint plus tard le B. Aksobhya T. 831 ; 
cf. *Ashuku. 

BENZAITEN fâjr%, ou Benten ffîX (pour ^ 
on trouve souvent £|)f qui est incorrect) "la Déesse 
de l'Eloquence" (cf. *Ben) ; te. Ttt. 1796 v, x : sara- 
sabateiei gif| ( ou W HKfcJSA, Ttt. 1788 v a : sara- 
shicchibatei fÉl£fê^il® = sk - Sarasvatî — Déesse 
d'origine védique, personnification de la rivière 
Sarasvatî "riche en étangs" ; le murmure de l'eau 
étant comparé à celui de la parole, elle préside à 
l'éloquence et à l'érudition. Dans le bouddhisme 
elle est généralement considérée comme la déesse 
de l'éloquence et de l'intelligence, et reçoit les noms 
suivants : Benzaiten ^|^"^, Benzaitennyo ^^T 
XiC T. 853 m, 1091 xv, T. 1153 1, Daibenten 
j$kx T - 66 4 VI > Daibentenjin ^C^X# T. 663 
11, Daibenzaitennyoshin ^C^^^^C# T. 665 vu, 
"déesse de l'Eloquence". Toutefois certains textes 
es. lui attribuent le sexe masculin et la dési- 
gnent sous d'autres noms : Bionten Hît - ^ T. 848 
11, Ttt. 1796 x, Myôonten IfàtJK Ttt. 1796 xvn 
"divinité des beaux sons", ou Myôongakuten #j;f|- 
$&% Ttt. 1796 v "divinité de la musique". Ttt. 1796 
v lui donne une concubine (hi $£), et ib. xvn dit que 
Daiben ~X^$ est le nom de son impératrice (gô Jp), 
Myôon $$9 désignant sa forme masculine, ainsi 
nommée parce qu'elle produit des sons supérieurs 
à cent milliers de sons brahmiques. — Ib. x compare 
cette divinité aux Gandharva, les musiciens célestes : 
elle en diffère un peu, car ce qu'elle révèle ce n'est 
pas la musique, mais les beautés de la psalmodie 
(ei jgjO céleste ; elle a pour Substantiel la première 
syllabe de son nom, sa, qui a le Sens de solidité 
(sk. sâra) ; s'il y a solidité, il y a production, durée, 
modification et disparition [les quatre Caractères de 
l'Opéré, K. Lav. il, 223, cf. *Ui ^"1^] ; mais dans 
la lettre a il n'y a pas de solidité, et par conséquent 



BENZAITEN 



64 



BENZAITEN 



pas de création ni de destruction ; or toutes les 
lettres peuvent s'expliquer par la lettre a [puisque 
toutes s'y ramènent, cf. *A ; par conséquent la 
syllabe sa a à la fois le Sens de solidité et celui de 
non-solidité]. Par ses beaux sons, cette divinité 
réjouit les Etres ; par ses expressions délicates et 
souples, elle leur procure du plaisir : ses paroles 
n'étant pas "solides", elle leur fait comprendre 
l' Impermanence ; et en même temps elle leur fait 
attester l'Essence "solide" de Tg. — Le Suvarnapra- 
bhâsottamarâjasûtra T. 663 II, 664 vi, 665 vu, con- 
sacre tout un chapitre à Benzaiten ; nous résumons 
ce chapitre d'après la td. de Gijô, T. 665 vu, qui suit 
de près le texte sic. ; T. 663 11 et 664 vi sont moins 
développés. — La déesse s'adresse au B. en ces termes: 
Si un maître de la Loi récite ce sûtra, j'augmenterai 
son intelligence et l'éloquence de ses paroles bien 
ornées. S'il en oublie la lettre ou le sens, je les lui 
rappellerai et les lui ferai bien comprendre, et il 
n'aura pas de difficulté à mémoriser les Formules . . . 
Et je ferai obtenir à tous les Etres innombrables qui 
entendront ce sûtra une Inconcevable Eloquence, 
prompte et aiguë, une intelligence inépuisable, la 
compréhension de tous les sâstra et des arts, la 
sortie des Transmigrations et la réalisation rapide de 
l'Eveil correct-complet-sans-supérieur; et je leur as- 
surerai longue vie en leur existence présente et un 
corps sans défaut . . . [Ici s'arrête le texte de T. 663 11.] 
Benzaiten enseigne ensuite comment, en se baignant 
selon certains rites dans une lotion de trente-deux 
sortes de médicaments et en prononçant certaines 
Formules, on peut se guérir des maladies, vaincre 
ses ennemis, échapper aux démons, aux envoûte- 
ments, aux malchances, aux influences astrales 
néfastes, prolonger sa vie, se délivrer de la misère et 
devenir riche, etc. Puis elle ajoute : Si des moines 
ou des nonnes, des laïcs ou des laïques, reçoivent, 
récitent, écrivent, répandent ce sûtra, je leur rendrai 
visite avec mes assistants, leur ferai des concerts de 
musique céleste et les protégerai de tout mal ; ils 
atteindront bien vite l'Eveil Sans-Régression. Le 
B. félicite alors la déesse, et le brahmane Kyôchinnyo 
ImR^P (sk. Kaundinya) lui adresse un éloge en 
vers : O Sarasvatî, intelligente et énergique, reçois 
toutes les offrandes des hommes et des dieux ! Ta 
gloire emplit le monde ; tu peux exaucer les vœux 
de tous les Etres. Tu résides sur le sommet des 
hautes montagnes, dans une hutte de roseaux ; tes 
vêtements sont des herbes nouées ; et tu te tiens dans 
l'attitude de l'attente, un pied levé. Auprès de toi 
viennent s'assembler les dieux ; ils entonnent tes 
louanges et te supplient, ô sage Sarasvatî ! de faire 
à tous les Etres don de paroles merveilleuses. — 
Pour répondre à ce vœu, la déesse prononce une 
longue Formule suivie de stances : ceux qui réciteront 
cette Formule et adoreront les B. et les dieux sont 
assurés d'obtenir Eloquence, richesse, pouvoirs ma- 



giques, intelligence, gloire, Libération. . . Kaundinys 
prononce alors un nouvel éloge en vers, "conform* 
aux enseignements des anciens Voyants" [cet élogt 
est extrait du Harivarhsa] : Benzaiten y est identifié* 
à la déesse Nârayanî, épouse de Visnu ; elle y reçoii 
les épithètes de faste, sereine, intelligente, modeste 
glorieuse, maternelle, brave, pratiquant la Bonne- 
volonté, victorieuse dans les combats, charitable 
patiente. Elle peut se manifester comme la sœur dt 




[Je: ^ M ï& & ^)1 



Fig. 33. Benten (amulette du temple d'Inobazu). 

Yama, vêtue de soie bleue, aux yeux effrayants : 
tantôt elle hante les précipices, tantôt les grottes, le 
bord des rivières ou les grandes forêts ; les hommes' 
de la brousse l'adorent ; elle porte une bannière faite 
de plumes de paon ; les bêtes sauvages et domestiques; 
lui font escorte ; elle agite un grelot dont le son se! 
fait entendre dans les monts Vindhya ; ou bien elle 
tient une lance à trois pointes, ou, à droite et à gauche, 
des Enseignes solaire et lunaire ; on lui fait offrande 
le 9 e et le 11 e jour de la lune noire. Elle se montre 
aussi sous la forme de Vâsudeva, compatissante au 



PLANCHE VIII 




BENZAITEN (SARASVATI). 

Peinture du VIII e siècle (date d'après S. Ôraura, Zu/.ôshûko, VI). 
Châsse de Kichijôten, conservée à l'Ecole des Beaux-Arts, Tokyo. 



BENZAITEN 



65 



BENZENNA 



milieu des batailles ; ou sous celle de Gopinandâ, tou- 
jours victorieuse dans les combats avec les dieux . . . 
Elle est le salut de ceux qui ont peur à la guerre, 
qui vont tomber dans des fosses enflammées, qui 
passent des gués dangereux ou sont attaqués par des 
brigands . . . Enfin Kaundinya récite une Formule 
(td. en ch.) à la gloire de la déesse : c'est là qu'est 
décrit le type à huit bras qui a passé dans l'icono- 
graphie jap., avec ses attributs : l'arc, la flèche, le 
sabre, la lance, la hache, le Diamant, la Roue de fer 
et le lacet. — Plus loin T. 665 x met encore dans la 
bouche de Sarasvatî un éloge en vers du B., qui 
manque au texte sk. — Dans l'Es, jap., Benzaiten 
figure à l'ouest de la Cour de Diamant extérieure du 
Plan de Matrice, entre Nârayanî et Kumâra. Son 
Sceau est dit Hinain H^ÉP "Sceau de la vînâ" (luth 
hindou) : la main gauche est étendue près du nom- 
bril, la paume en l'air, comme pour tenir le luth ; le 
pouce et l'index de la droite se touchent comme pour 
pincer la corde, les trois autres doigts sont relevés 
'Tt. 851 11, 853 m, Ttt. 1796 xiv. Sa Forme de Con- 
vention est le luth. Son Germe est : sa (sup. Ttt. 
1796 x). Sa Formule est : Om Sarasvatî svâhâ (Hmjr. 
965), ou bien : Namo samantabuddhânârh Sarasvatî 
svâhâ (Tt. 853 m). — Dans le culte populaire au 
Japon, Benzaiten est généralement considérée comme 
la déesse de la richesse ; c'est à ce titre qu'elle figure 
parmi les sept divinités du bonheur (shichifukujin 
"tipw'T'lO» est invoquée par les spéculateurs, etc. Son 
nom est alors écrit ||lf|t^ (souvent abr. en Ben- 
ten $$JO- La ressemblance des mots zai zp "talent" 
et zai jj/j* "richesse" explique comment on a pu 
attribuer à Sarasvatî ce rôle de patronne de la fortune 
qui appartient en réalité à Srî ou Laksmî (*Kichijc- 
ten pî^X) » ^ a confusion était d'autant plus facile 
que ces deux divinités figurent souvent côte à côte, 
tant dans la mythologie hindoue que dans les textes 
et l'iconographie bouddhiques. Ainsi dans le Suvar- 
naprabhâsottamarâjasûtra, le chapitre consacré à 
Sarasvatî est immédiatement suivi d'un chapitre 
consacré à Sri ; au Tôdaiji MX^f de Nara sont 
conservées de belles statues en bois des deux déesses, 
formant paire; et la peinture reproduite pi. vin 
décore une "châsse de Srî" Kichijôtenzushi i^ffiJi 
1HP. Du reste, plusieurs passages du Suv° prabh° 
sûtra, cités ci-dessus, comptent la richesse parmi les 
biens que Sarasvatî peut procurer à ses fidèles. — Le 
rôle de Benzaiten comme déesse de la richesse n'a 
pas entièrement effacé au Japon ses autres attribu- 
tions : on invoque son image à deux bras pour 
acquérir l'intelligence, et son image à huit bras 
pour obtenir la victoire à la guerre Asbs. clv. D'autre 
part, ses sanctuaires s'élèvent souvent dans des 
étangs, des lacs, ou au bord de la mer sur des îlots, 
sites qui rappellent ses origines : ainsi à Tôkyô son 
temple le plus célèbre est situé sur un îlot au milieu 
de l'étang Shinobazu ^Sfife. à Ueno Jiigf ; et parmi 




les cinq grands sanctuaires de Benten énumérés 

Hmjr. 967, quatre se trouvent placés sur des îlots, 

soit dans le lac 

Biwa à Chikubu- 

shima jfr & g, 

soit au bord de la 

mer à Enoshima 

&/ H [cf. Bzze. 

ni, 7 b], à Miya- 

jima "g"!! et au 

Kinkazani£|j£-|Ij. 
— Il circule au 
Japon un certain 
nombre de sûtra 
apocryphes où 
Benzaiten est 
désignée sous le >V 
nom mystérieux / U 
deUga^jelleV 
y est décrite com- 
me une déesse Fig- 34- Benzaiten (Plan de Matrice). 

portant dans sa coiffure un serpent blanc à face de 
vieillard, avec huit mains qui tiennent respective- 
ment, à gauche la Gemme, la lance, la Roue et 
l'arc, à doite l'épée, une arme pointue, la clé et 
la flèche ; elle est accompagnée de quinze (ou seize) 
Garçons (figurés Bzze. m) ; cf. Bdjt. 100, 1164. — 
Iconographie. — On distingue dans l'iconographie jap. 
deux types de Benzaiten, l'un à deux mains, l'autre 
à huit mains ; les attributs varient. (1) Types à deux 
mains: (a) type es. figurant dans le Plan de Matrice : 
la main gauche soutient un luth, la main droite en 
joue ; (b) type populaire : la main gauche tient une 
Gemme, la droite une épée Bzze 111 ; cf. la statue du 
XIII e siècle appartenant à la série des vingt-huit 
assistants de Kannon à mille mains, conservée au 
Myôhôin'^;^^ de Kyoto : la main gauche tient une 
Gemme Bbkw. 603. (2) Types à huit mains : (a) 
peinture de la châsse de Kichijôten reproduite pi. 
IV : les attributs sont conformes au texte de T. 665 
vu : à gauche le lacet (devant la poitrine), l'arc, le 
Diamant, la lance à trois pointes ; à droite la Roue 
de fer (devant la cuisse), la flèche, le sabre, là 
hache ; l'image est entourée de quatre personnages, 
non identifiés sauf Hârîtî à gauche en bas ; (b) 
autres attributs, texte Jksh. x, images Asbs. vi : 
à gauche la lance, le Diamant à trois pointes, 
l'arc, la Roue, à droite la lance, le croc, la flèche, 
le lacet ; (c) autres attributs, le type à huit mains le 
plus populaire Bzze. m : à gauche la Gemme, la 
lance à trois pointes, la Roue, l'arc, à droite l'épée, 
la clé, le bâton, la flèche. 



BENZENNA œ$J Ttt. 1821 v, Ssk. vi a, fëîfjtf 
Ttt. 1830 iv, ou henzenna JH§§^Î Gog. xxiv, ben- 
shana 'fËJTrfJHJ Ttt. 1822 v, Ssk. vi b = sk. p. vyanjana ; 
tib. chig 'bru, etc. — Sens principal : lettre, td. mon 



BENZENNA 



66 



BETSUGEDATSU 



3t Tt. 1558 v ( = K. Lav. 11, 238 sq.) : Par "lettre" 
(mon ~£, sk. vyanjana), il faut entendre une lettre 
prononcée (ji ^, sk. aksara,), comme a,â,i,î, etc. 
Mais, demande-t-on, le mot ji (aksara) n'a-t-il pas 
aussi le sens de lettre écrite ? On répondra : Les 
lettres prononcées n'ont pas été faites pour rendre 
manifestes les lettres écrites ; ce sont les lettres écrites 
qui ont été faites pour faire connaître les lettres 
prononcées... On appelle mot (myô %, sk. nâma) 
ce qui produit une Connotation, p. ex. les mots 
couleur, son, odeur, etc. ; on appelle phrase (ku -fej, 
sk. pada) un discours comportant le développement 
nécessaire pour que le sens soit complet, ou encore 
ce qui fait comprendre les diverses relations d'acti- 
vité, de qualité, de temps, qui concernent un certain 
objet : p. ex. la stance : Impermanents sont les 
Opérés, etc., ou la proposition : le Nirvana est tran- 
quille, etc. ; on appelle lettre (mon, sk. vyanjana) une 
lettre prononcée, p. ex. ka, kha, ga, etc. — Cm. Ttt. 
1821 v énumère les sens suivants du sk. vyanjana : 
éventail (vyanjana pour vyajana), condiments, 
lettre ; tous ces sens peuvent se ramener à celui de 
"rendre manifeste, faire connaître" (sk. vi-anj°) : 
l'éventail rend manifeste le vent, les condiments 
rendent manifeste la saveur des aliments, les lettres 
font connaître des mots, des phrases, des sens ; 
c'est pourquoi les anciens traducteurs rendaient 
vyanjana par mi lïfc "saveur". — Id. Ttt. 1822 v, qui 
compare la voix à la soie d'un brocart, les lettres 
aux lignes brodées, les mots aux dragons, phénix, 
etc., que dessinent ces lignes, et la phrase au groupe 
décoratif que forment les dragons, phénix, etc. — 
Explications analogues Ttt. 1830 11 b, qui ajoute les 
sens de "marque mineure" (sk. anuvyanjana, les 80 
marques mineures des Grands Mâles, cf. *Sô ^9) et 
d'"organe sexuel" ("marque" du sexe ; cf. sk. lihga 
"signe" et "organe viril"). — Ce dernier sens aussi 
Ssk. VI a : de même que la lettre rend manifestes 
des mots et des phrases, ainsi l'organe sexuel rend 
manifeste sa Rétribution. — Mon 3C, sk. vyanjana, 
désigne souvent la lettre par opposition au Sens, 
gi i§, sk. artha ; Mvy. 1546. Autres sens cités Mvy. : 
consonne 2013 ; mets (légumes) 5704 ; marque 
corporelle 292 ; organe sexuel 8297 (sambhinna- 
vyanjana "châtré"), 9514 (id. "impuissant"), 8775 
(ubhaya -vyanjana "hermaphrodite"), et 8931. 

BESSHINRON %\]%tm, terme désignant les 
sâstra qui portent sur un sûtra déterminé (p. ex. Tt. 
1509, 1522, etc.), par opposition à ceux qui traitent 
d'un ensemble de sûtra en général (tsûshinron y§^ 
fre, p. ex. Tt. 1594, 1585, 1564 pour les sûtra du 
G.V., Tt. 1646 pour les sûtra du P.V.) ; Ttt. 1929 vi. 

BESSHÔ jjljgjf , invitation particulière. Ttt. 1804 
m c : La Discipline des Dharmagupta distingue deux 
sortes d'invitations adressées aux moines : les invita- 



tions faites en passant par la filière de la Communauté 
(sôjishô fè^ffâ, c.-à-d. adressées au chef de la Com- 
munauté, qui délègue un moine auprès du donateur) 
et les invitations particulières (besshô, adressées 
directement à un moine) ; cette Discipline autorise 
les moines à accepter des invitations particulières, 
mais beaucoup d'autres textes le leur interdisent : ainsi 
le Brahmâjâlasûtra (T. 1484, vingt-septième Défense 
légère) déclare que les fils du B. ne doivent jamais 
accepter des invitations particulières ni des offrandes 
pour eux-mêmes, car ces offrandes reviennent à la 
Communauté des dix directions, et les accepter en 
particulier c'est voler la Communauté ; le Ninnôkyô 
£3E|? (T. 246 11 ad fin.) condamne les mauvais 
moines qui acceptent de telles invitations ; d'après 
la Discipline des Sarvâstivâdin, Zenshô ^§*Ë ( s k- 
Sujâta), en invitant séparément le B. et les cinq 
cents Arhat, ne s'est pas acquis le Terrain de 
Mérite qui est le fruit d'une invitation adressée à la 
Communauté, alors qu'en invitant au nom de la 
Communauté un seul moine, fût-il hypocrite et 
mauvais, il eût obtenu d'innombrables Rétributions ; 
la Discipline des Mahîsâsaka ne permet d'accepter 
des invitations particulières que de la part de per- 
sonnes sorties de la maison et Libérées ; le Gohyaku- 
mon SB" PI (T. 1483) stipule que si l'on reçoit une 
invitation particulière on peut envoyer quelqu'un 
à sa place pour prendre la nourriture, à moins que le 
donateur ne s'en offusque ; etc. 

BESSHÛ %\]%fc, se séparer de l'assemblée : péché 
des moines qui s'abstiennent d'assister aux céré- 
monies de leur Paroisse ; il est classé parmi les 
Méfaits Ttt. 1804 1 a. 

BESSOMMANDARA ft]&^£ffli, °" betsudam- 
mandara ElJtSU^ii- Cercle dont le personnage 
central est un autre que Vairocana. — Cf. *Mandara. 

BETANA %\]fâffi = sk. vestana ? Td. i g "entou- 
rer" Ttt. 21 31 iv, qui donne comme synonyme le 
terme beisonuten tik^-ffiX "Dieu Vestana" (?). 
Mais la te. beisonu P^2p$X désigne dans T. 145 1 
xxxix une des villes qui reçurent une partie des 
reliques du B. Sâkyamuni après la crémation de son 
corps (p. Vethadîpaka ?). 

BETSUDEN glj-ff, "transmission spéciale" de 
la doctrine "d'Esprit à Esprit", en dehors de tout 
enseignement écrit ou oral, dans la secte Zen ; Ttt. 
2059 VI. 



BETSUGEDATSU #Jg?Jfè "Libération séparée", 
sk. prâtimoksa, p. pâtimokkha ; tib. so sor thar pa 
"Libération un à un". — Pénitentiel ; une des trois 
sortes de Défenses (cf. *Kai $).— Tt. 1558 xiv 
( = K. Lav. IV, 48) Le Prâtimoksa est ainsi nommé 



BETSUGEDATSU 



67 



BICHÛ 



parce qu'il assure l'abandon (moksa, Libération) 
de toutes les espèces de péché séparément (prati, 
une à une). — Même interprétation Ttt. 1804 il a, 
1861 m : Ce sont les Défenses qui libèrent de chacune 
des sept espèces de péché séparément (trois péchés 
corporels, quatre péchés de langage). — Mais ail- 
leurs gedatsu (sk. moksa) est interprété au sens de 
Libération des Transmigrations, but visé par ceux 
qui observent le Pénitentiel T. 308, Tt. 1606 VIII, 
Ttt. 1851 1 ; et pour betsu (sk. prâti, prati) on trouve 
diverses explications : les Défenses du Pénitentiel 
sont "différentes" des Défenses d'Extase et des 
Défenses sans-Ecoulement Ttt. 1733 III, ou "dif- 
férentes" de celles des hérétiques, etc. — Cf. *Harai- 
daimokusha. 



BIBACCHI f$. (ou M) £i£fe = sk. vivarti (?), 
vaivartika, "à-Régression" Tt 1509 iv, etc. ; td. *tai 
i||. — Cf. *Abibacchi, *Futai. 

BIBAKA M^M Tt. 1509 xii ( = K. Lav. m, 
190), Mvy. 7722, 8010, ou yuihagô ^^"p Mvy. 
7848, yuihawa l^lK^fl ib. 79Ôo = sk. vivâha ; tib. 
khyad phyin. Nom de nombre ; cf. *Sû. 

BIBASHA jg (ou f$, A) ^ (ou Jg) #?, abr. basha 
5g$; = sk. vibhâsâ; td. Ttt. 1821 1 kôsetsu J^gg; 
"explication développée", shôsetsu B$ff& "explication 
supérieure", isetsu |^fft "explications divergentes"; 
Gog. xxix kôge j$(j$^ "explication développée", shu- 
jusetsu ff^ttfô "toutes sortes d'explications", bum- 
bunsetsu #5Mfe "explication par parties". Titre 
donné à certains grands commentaires de l'Abhi- 
dharma ou du Vinaya, notamment à ceux qui 
furent composés lors du Concile de Kaniska Ttt. 
2087 ni ; et plus spécialement à Tt. 1545, dont les 
auteurs (ou leurs adeptes) sont cités comme les 
"maîtres de Vibhâsâ" bibashashi M^'?^Sfi (sk. 
Vaibhâsika). 

BIBASHANA MH&$5 Ttt. 1767 xii, ou Jbiha- 
shana jgj&fjfjfl Ttt. 1844 il, 2128 xvm, Eog. I, 
abr. Jbiha j|i§£ = sk. vipasyanâ "Inspection". Td. 
*kan H|, q.v. ; aussi ken ^, Ttt. 1767 xn, shujukan- 
satsu WfêMfê Eog. i.—Bibahibashana &Wk'fèM&M 
= sk. vipasyanâvipasyanâ, Inspection répétée de la 
Douleur, du Vide, de l'absence de Soi Tt. 1462 x. 

BIBASHI ^^f , ou Tt. 1509 ix bibashi f$3gf» , 
T. 982 m, Ttt. 2128 xvm Jbipashi #§fcf\ Bjk. 
11 bibasha Jg3$>J>\ T. 4 et Bjk. 11 yuie #|§f = sk. 
Vipasyin, p. Vipassin ; tib. rnam par gzigs "vue 
complète". Td. shujuken H^f^L "toutes sortes de 
vues" Tt. 1509 ix, shôkan §^fg "vue suprême" 
Ttt. 2128 xvm, jôkan ££fg "vue pure" Eog. 1. — 
Le premier des sept B. du passé. — T. 1 1 : Il apparut 
dans la 91 e des Périodes passées ; il appartenait à 



la caste des Ksatriya, au clan Kaundinya ; le roi 
son père avait nom Bandhumant, et sa mère Band- 
humatî, qui était aussi le nom de sa ville de nais- 
sance ; à son époque la durée de la vie humaine 
était de 80.000 (ou 84.000) ans ; il avait un fils appelé 
Hôyô #Jg (T. 3 : Kenda 'X$t ; T. 4 : Suwattakenda 
^B^UPt;), deux disciples, Khanda et Tisya, et 
un disciple intendant nommé Asoka ; son arbre 
d'Eveil fut la patalî (cf. *Bodai) ; il prêcha la Loi à 
trois assemblées, la première de 168.000 disciples, 
la deuxième de 100.000, la troisième de 80.000. — 
Un sûtra td. vers l'an 1000, T. 3, est spécialement 
consacré à Vipasyin ; on y trouve sa biographie 
imitée de la légende traditionnelle du B. Sâkyamuni : 
promenades de Vipasyin prince héritier, quatre 
rencontres, sortie de la maison, première prédication 
au Mrgadâva où Vipasyin convertit son fils Kenda 
%$k et son ministre Taisoro $j?$fcBf§ puis à leur 
suite 80.000 habitants de Bandhumatî, dont 62.000 
sont envoyés dans les villes du pays pour ré- 
pandre la Loi ; à leur retour à Bandhumatî, six ans 
plus tard, Vipasyin leur enseigne le Pénitentiel ; les 
Dieux viennent l'écouter, et c'est des Dieux qu'ul- 
térieurement le B. Sâkyamuni, étant entré en Con- 
centration et s 'étant rendu à la ville de Sudarsana, 
apprend tout ce qui concerne son prédécesseur 
Vipasyin. — Cf. aussi T. 643 x, 982 m, Tt. 1509 ix, 
et les autres sources citées s.v. *Butsu ; et voir 
*Butsuzô ad fin. 

BIBATSUI Jg$^C = P- vivatta (sk. vivarta) Tt. 
1462 v ( = Samantapâsâdikâ) ; td. kôjô îjjfà "création 
d'une Période". — Bibattai JË,fô p £H = P- vivattat- 
thâyin (sk. viv° sthâyin) ib. ; td. shidainishô ^fc% 
[fOëa "production graduelle" (d'une Période) ib. 

BIBU M^ = sk - vibhu, td. henshu ^j3: "maître 
universel" ; une des 80 appellations du B. — La te. 
est donnée Ttt. 1796 xvn qui td. hôô ££3E "roi de 
la Loi".— Cf. *Butsu. 

BIBUTSURYAKU £#§. T. 374 XL, 375 xiv, 
Ttt. 185 1 1, 2128 xxvi, Ssk. m a, etc.,ouf$0Mg. Tt. 
1509 xxxni, hibutsuryaku ^^§ = sk. vaipulya ; 
td. *hôkô -ftfâ "développé", q.v. 

BICHÛ gfâ, ou SêM T. 950 ; ou ichû $tfc Ttt. 
1824 1 b, $$£ Tt. 1569 1, %&& Ttt. 2128 xxvi ; bisô 
J&£8 Ttt. 1228 lxxi ; biru j^^g ib. xxxv ; bishichû 
$m$k Ttt. 1796 xvn, gfëft ib. v ; bisôchû SÊM 
jg| Gog. xxiv, ~ JS~ Ttt. 2049 ; bishinu $Mfâ T. 
1092 iv, ~§£ ib. xvn, ~#£ Tt. 1562 xiii, ~|£ Ttt. 
1602 xvi, %M$Î Ttt. 2128 xxxv ; bichûnu gftfS 
Tt. 1579 Lix = sk. Visnu ; Mvy. 2130 tib. khyab 
'jjug "pénétration universelle", ch. hennyû ^À, ' 
même sens (confusion avec la racine vis "entrer" ?). 
Autres td. hendô )^\p] "identité universelle", henshô 



BICHÛ 

j|§[$F "suprématie universelle" Tt. 1569 I, Ttt. 
2128 xxvi ; hemmon j@^ "ouïe universelle" (var. 
hemmon ;j@fi!§) Tt. 1509 II. Certains textes assignent 
à ce nom le Sens de "Duperie" genwaku £J31& (sans 
doute parce qu'il "crée", sk. vis, des fantasmagories 
pour duper les Etres) Tt. 1562 XIII, Ttt. 1828 xvn 
a, 2128 xlviii. — Nom d'un des principaux Dieux 
du panthéon hindou, le second de la trinité (Trimûr- 
ti) ; il a pour fonction de maintenir le monde. Dans 
le bouddhisme, il est mieux connu sous le nom de 
Nârâyana (*Naraen), qui lui est donné par exemple 
Ttt. 1796 v et x, Ttt. 2128 xxxv ; on l'identifie d'autre 
part à Vâsudeva (*Baso) Gog. xxm, ou même à îsvara 
(Siva) Ttt. 1796 xvii. — D'après Ttt. 2049 c'est un 
frère d'Indra; celui-ci le fait naître au Jambudvîpa, 
comme fils du roi Vâsudeva, pour combattre l'Asura 
Indradamana. Visnu séduit la sœur de l'Asura, 
l'épouse, puis se bat avec l'Asura, qu'il tue grâce à 
une ruse de sa femme ; c'est l'origine du nom de 
Purusapura ("la ville du Mâle", Peshawar). — Ttt. 
1824 1 b fait de Visnu le père de Brahmâ, et rapporte 
comment, au début des Périodes, Brahmâ apparaît 
sur un lotus sorti du nombril de Visnu, lequel est 
né lui-même des grandes eaux sous la forme d'un 
homme à mille têtes, deux mille mains et deux mille 
pieds. C'est le mythe classique tiré de Tt. 1509 vin 
(cf. *Bon). — Dans la théorie qui identifie la Trimûrti 
aux trois Corps de B., Visnu tient lieu du Corps de 
Correspondance Ttt. 1824 1 b (cf. *Bon). La Tri- 
mûrti est également mentionnée Tt. 1579 lvi, où 
sont réfutés ceux qui vénèrent Rudra ( = Siva), 
Visnu, et Lokapati ( = Brahmâ). Ib. lix condamne 
ceux qui désirent naître au monde de Visnu ; sur 
ce monde, cf. aussi Ttt. 1828 xvn a. D'après Ttt. 
1824 I b, Visnu réside au faîte du Plan du Désir. — 
Tt. 1509 x : Visnu s'enorgueillit comme Brahmâ, et 
dit : Je suis le créateur du ciel, de la terre et des 
hommes .. .S'il y a dans ce monde des hommes 
riches, nobles et célèbres, c'est qu'ils ont une parcelle 
de la puissance de mon Corps. Je puis créer le monde, 
et je puis le détruire ; création et destruction sont 
mon œuvre. C'est ainsi qu'il nie le Caractère de 
Donnée-causale des Essences. Ib. 11 : Avec Mahes- 
vara et Kumâra, Visnu est un grand général des 
Dieux ; ses adeptes lui attribuent l'Omniscience, 
mais celle-ci est incompatible avec la colère et 
l'orgueil qui le caractérisent. Ttt. 1824 1 b : A cause 
de sa grande puissance, il prétend que tous les Etres 
naissent de lui. Tt. 1602 xiv : Certains Puérils 
mondains font de la Nature-propre éternelle d'îsvara 
ou de Visnu une Cause première. — Iconographie. — 
Tt. 1509 il : Visnu a quatre bras ; il tient un coquil- 
lage et une Roue ; il monte l'oiseau aux ailes d'or 
(Garuda). Ttt. 2128 xxxv : C'est le Dieu qui tient 
> une Roue. Ttt. 1824 1 b : Il tient une Roue et une 
lance. Gog. xxiv : Il monte le Garuda ; lorsqu'il se 
meut, il est précédé d'une Roue ; rien ne lui résiste. 



68 BIDARA 

— Dans l'Es., il figure dans le Cercle du Plan de 
Matrice, à côté de Sarasvatî, d'après T. 848 il ; mais 
le cm. Ttt. 1796 v le remplace par Nârâyana. Dans 
les représentations "actuelles" (genzu ï|^V]) de ce 
Cercle au Japon figure seul Nârâyana ; toutefois 
l'exemplaire de Kojima -f|§ représente Visnu 
séparément à côté de Nârâyana Mnkk. 509. Sa 
conjointe Vaisnavî (Bichûnyoten it?,$ïHc30 figure 
parmi les assistants de Brahmâ Hmjr. 899. — Ttt. 
1796 x fait de Visnu-Nârâyana un "Corps de méta- 
morphose du B.", et lui assigne pour Germe la 
première syllabe de son nom : vi, et pour Formule 
son nom : Visnu. — T. 1092 iv donne une longue 
Formule de Visnu qu'il est difficile de restituer en 
sk. correct : On ibôgi bishinura hazumanabi sarasa- 
mantabunai sobaka 1$, jfôgiR, WÉM%, fâfâJàffl 
II, %mWÈffl#m, WWM [sk. Om amoghe (?) 
visnura (?) padmanabhi. . .svâhâ]. Ib. son Sceau 
consiste à entrecroiser les doigts des deux mains, 
légèrement recourbés. — Cf. *Naraen. 

BIDARA JgflfcH. ou meitara jif0g= Ttt - 2 128 
xxxv, bidaroba W£$8H T - 1464 I=sk. p. vetâla ; 
tib. ro lans "faisant lever les cadavres" Mvy. 4376. 
Td. kishiki fèM.% "démon qui fait lever les cada- 
vres" Ttt. 2125 xxv, Mvy. 4376. T. 1330 1 donne 
mirizuidara *fà%y%M.$'\*M. q ui correspond au com- 
posé sk.. mrta-vetâla "vetâla-cadavre". — Nom d'une 
sorte de démon qui prend possession des morts et 
leur fait accomplir des meurtres ; par extension, ce 
nom désigne aussi le rite magique qui consiste à res- 
susciter un mort et à lui faire commettre un meurtre 
(comme Dîg. Nik. I, vi). — T. 1464 I : Le vetâla est 
un démon qui s'attache aux cadavres, les fait lever 
et leur fait commettre des meurtres. — Bsc. 11 : Tuer 
au moyen d'un cadavre qu'on ressuscite par des 
Charmes, c'est ce qu'on appelle vetâla. — Le Vinaya 
des Sarvâstivâdin T. 1435 11 (et texte parallèle T. 
1476) distingue deux sortes de meurtres, vetâla et 
demi-vetâla : Le vetâla, c'est lorsqu'un Moine men- 
diant (T. 1476 : un Laïc), au 29 e jour, cherche un 
cadavre humain intact, appelle un démon, prononce 
des Charmes sur le cadavre et le ressuscite ; il le 
lave à l'eau, l'habille, lui met à la main un sabre à 
double lame, puis forme mentalement ou oralement 
le vœu suivant : J'accomplis le vetâla contre un tel ; 
c'est ce qu'on appelle l'accomplissement du vetâla. 
(T. 1476 : Si le meurtre réussit,* c'est un péché pour 
lequel on ne peut faire Contrition.) Si la personne 
qui doit être tuée se trouve en Extase, ou dans la 
Concentration de l'Esprit de Bonté, ou si elle est 
protégée par un puissant maître de Charmes, ou par 
des Dieux ou des esprits, il ne lui arrive aucun mal. 
(T. 1476 : C'est alors un péché de Contrition.) Le 
Moine qui fait ces Charmes meurtriers a soin de! 
préparer tout d'abord un mouton ou un bananier ;] 
si le meurtre ne réussit pas, il abat la bête ou l'arbre ; 



BIDARA 

autrement le démon, privé de sa proie, revient et 
tue le Moine lui-même. Quant au "demi-vetâla", 
c'est lorsqu'un Moine (T. 1476 : un Laïc), au 29 e 
jour, fabrique un char en fer, y installe un homme en 
fer, appelle un démon, prononce des Charmes sur 
l'homme de fer, le fait lever, le lave, l'habille, lui 
attache un sabre à la main, etc.... (ut sup.) — Le 
Vinaya des Mûla-Sarvâstivâdin T. 1442 vu indique 
des procédés un peu différents : Qu'appelle-t-on le 
meurtre vetâla ? Si un Moine désire consciemment 
tuer un homme, une femme, un pandaka (eunuque), 
etc., il se rend dans un cimetière au 14 e jour d'une 
lune noire ; il y cherche un cadavre frais, que les 
fourmis même n'aient pas encore touché ; il le frotte 
avec de la terre jaune, le lave à l'eau parfumée, le 
recouvre d'un tapis neuf, lui enduit les pieds de 
beurre fondu et prononce sur lui des Charmes ; le 
cadavre s'étire alors à plusieurs reprises, comme s'il 
voulait se lever. Il le place sur un char à deux 
roues, lui attache au cou deux grelots de cuivre et 
lui met à la main un sabre à double lame. Enfin 
le cadavre se lève et dit : Qui veux-tu me faire 
tuer ? — Le maître de Charmes répond : Connais-tu 
tel homme, telle femme, tel eunuque ? — Je le con- 
nais. — Eh bien ! va trancher son organe dé vie 
(jîvitendriya). — Si le meurtre réussit, c'est un péché 
d'Exclusion (pârâjika). Mais si la personne qui 
doit être tuée porte une ceinture de plantes médi- 
cinales ; ou fixe un flacon d'eau au-dessus de sa 
porte ; ou attache à sa porte une vache et un veau 
de même couleur, ou encore, avec la vache et 
la veau, un mouton et un agneau de même couleur ; 
ou si elle a dans sa maison des pierrres pharma- 
ceutiques réduites en poudre et un cylindre de 
pierre, ou un pieu d'Indra, ou un feu jamais éteint, 
ou des images saintes, ou le vrai Corps du B., ou 
un Roi-tournant-la-Roue, sa mère ou son embryon, 
ou un Bs., sa mère ou son embryon ; ou si elle est 
sur le point de réciter les Défenses, ou les quatre 
Agama, ou les récite justement ; ou encore si elle 
va réciter, ou récite, les grands sûtra, à savoir : le 
Sûtra du petit et du grand Vide, les trois Sûtra de 
la quintuple addition, le Sûtra du filet du fantas- 
magorie, le Sûtra du roi suprême qui accueille le 
B., le Sûtra de la bannière suprême ; — si elle est 
ainsi protégée, le cadavre ressuscité ne peut entrer 
chez elle : le péché relève alors de la catégorie des 
Infractions graves (sthûlâtyaya). Parfois il arrive 
que, par suite d'une connaissance défectueuse des 
procédés magiques, le Moine soit à son tour attaqué 
par le cadavre ressuscité, qui cherche à le tuer ; si 
le Moine le tue, c'est aussi un péché d'Infraction 
grave. Quant au rite du "demi-vetâla", il diffère 
du précédent en ce que le char n'a qu'une roue, le 
mort un seul grelot, le sabre une seule lame ; les 
péchés qu'il implique sont les mêmes. — Le terme 
kishiki fèM.% td. le sk. krtya ap. Ttt. 1718 x b, 1721 



69 BIGARA 

xii, 2128 liv ; mais les krtya sont des démons qui 
provoquent les maladies, cf. *Aikisshi. Du reste 
Ttt. 17 18 x b distingue expressément les krtya des 
vetâla, auxquels ce texte attribue une couleur rouge. 

BIFURA JËlî|| = sk. p. vipula ; tib. rgyas, yans 
Mvy. 2690. Td. ko J$ç, kan % "large, vaste" Ttt. 
1796 IX. 

BIGAMA &lM=sk. ?— Nom d'une plante mé- 
dicinale de l'Himalaya Ttt. 2128 XIII. 

BIGARA Mtlli T. 374 v, Ttt. 1718 ix a, 1767 
ix, 2049, ou biyakarana Jg$#f$ , J!& Ttt. 2053 m, 
bikakarana ^.jôJ^^iJ^ Ttt. 2125 iv = sk. p. vyâka- 
rana ; tib. byâ ka ra na. — Grammaire (analyse 
grammaticale). — Td. kiron fEI» "explication, dis- 



Science des sons" (mais *shômyô correspond pro- 
prement au sk. sabdavidyâ) ; Ttt. 1818 1, 1767 ix 
jihon -Tr^i "origine des mots" (étymologie) ; aussi 
td. obscures muju $ÊfiH "sans stances" Ttt. 2128 
xxv, mukeimumi âÊfg$||| "sans queue ni tête" 
ib. xxvi. — Ttt. 1767 ix citant Kazai ^jg ( = Dôrô 
àtîIlÉJ, V e siècle) en donne la définition suivante : 
C'est le traité (ron p^u) des sons, l'autorité fonda- 
mentale en ce qui concerne les lettres et les mots 
Mondains ; le même auteur cité Ttt. 181 8 1 attribue 
ce traité à un "Bs. incarné" (?), daigonbosatsu ^ 
fêl^H- — Ttt. 2049 : C'est le traité qui explique 
comment le mot asura signifie "pas de bons jeux" 
(cf. *Ashura). Ib. en fait un traité en huit parties 
(hachibun bigararon AfrSIMfim) — Ttt. 171 8 
IX a : C'est une œuvre de Pânini qui élucide toutes 
sortes de sûtra et de particularités linguistiques. — 
Ttt. 2087 11 appelle le traité de Pânini Shômyôron 
S^^fra : il I e composa avec l'aide de Mahesvara, 
réduisant à mille stances de trente-deux syllabes les 
répertoires linguistiques plus vastes qu'avaient dres- 
sés naguère les Dieux et les Voyants. Ttt. 2053 
assigne à ce traité, qu'il dénomme Vyâkarana, huit 
mille stances au lieu de mille, et ajoute qu'après 
Pânini un roi brahmane de l'Inde méridionale com- 
posa une grammaire abrégée en 2500 stances, qui 
était très répandue chez les peuples des frontières, 
mais que les savants de l'Inde n'employaient pas ; 
il existait aussi une grammaire partielle et com- 
plémentaire en mille stances. — Ttt. 2125 iv comprend 
sous le nom de vyâkarana les cinq branches suivantes 
de la Grammaire : le syllabaire *Shittan ; les sûtra 
de Pânini ; l'analyse des racines verbales (dhâtu) ; 
la "brousse" (khila : déclinaisons, composés, etc.) ; 
les sûtra développés (vrttisûtra). — T. 374 v (aussi 
Ttt. 181 8 1, etc.) oppose le vyâkarana à l'étude des 
"demi-lettres" (*hanji ^^), c.-à-d. du syllabaire ; 
de même qu'un père circonspect enseigne à son 
enfant les "demi-lettres" avant de passer à la 



BIGARA 70 

Grammaire, ainsi le B. enseigne à ses disciples les 
sûtra des neuf catégories avant de passer aux sûtra 
développés (vaipulya, *hôkô) du G. V. ; l'ordre 
inverse serait déraisonnable. — Ttt. 1827 1 b assigne 
à la Grammaire la seconde place dans une série 
de six "traités" correspondant aux Vedânga clas- 
siques (siksâ, vyâkarana, kalpa, jyotisa, chandas, 
nirukta). — Ttt. 1571 n et 2128 xlix font allusion à 
une école hérétique qui portait le nom de Vyâkarana ; 
elle soutenait que toutes les Essences et le Soi sont 
associés à trois Caractères : Caractère masculin, qui 
produit les Essences ; Caractère féminin, qui les 
détruit ; Caractère neutre, qui les maintient ; et 
que ces trois Caractères donnent naissance à trois 
sortes d'Esprit et de sons (sanju shinshô Hîi'lM?)- 
T. 374 xxi mentionne cette école entre celle des 
quatre Veda et celle du Vaisesika. — Le sk. vyâkarana 
au sens de "Prophétie" se td. par *juki $£|E, q-v. 

BIGAYU fl#§flr = sk; Vigatasoka ; td. rishû $t|* 
riu ffè^è. "sans souci". Nom d'un B., Kog. II, ou 
d'un Bs., Mvy. 725. 

BIHAKA Mlf^sk- vipâka "Concoction" Ttt. 
1830 11 b ; td. *ijuku 



BIKU 



BIJACHI M^lS = sk. vijnapti "Notification" 
Ttt. 1831 1 a, 1834 1, 1861 1 b ; td. *shiki g$, *ryô- 
betsu T glj. — ~matarata ~J|ftjB,$iJ£ =sk. v° mâtratâ 
"Simple Notification" Ttt. 1834 1 ; td. *yuishiki [Hɧ$- 

BIJANA B^HÎ> ou bijanan ~^ = sk. vijnâna 
"Notation" Tt. 1521 vu, Ttt. 1828 1 ; td. *shiki jjj$. 

BIJAYATA ^OT£=sk. vijayaratha (?), td. 
saishôkôsha HI$£#F$ "le char victorieux" ; véhicule 
des rois Tournant-la-Roue T. 25 11. 



BIJUDA %M% ou bishuda $$Hfc=sk. visud- 
dha ; td. shôjô fô£? "pur" Ttt. 1796 vu et IX. Te. 
bijuda MîfeP'È dans le nom du moine Visuddhasimha 
Ttt. 2053 11. 

BIKADAI l^fBTti, te. désignant le vêtement donné 
à Ânanda par le roi Prasenajit, dans le sûtra du 
Madhyamâg'ama qui porte ce titre T. 26 lix ; le 
texte p. correspondant, Majjh. Nik. lxxxiii, donne 
bâhitikâ. 

BiKARA mmm, ou &mm, wmm, mm, etc. 

= sk. p. vihâra. Td. *ji ^f "monastère" ; aussi td. 
littérale jûsho fÊlâ "résidence" Ttt. 1796 III et xi, 
2066 1 ; autres td. *shôsha yfjtfj "habitation pure", 
yugyôsho jUfrîtl "promenoir" Gog. vi, kyôsho 
TÊt$& même sens Ttt. 1796 ni, etc. 

BIKARA jg,£$|£, nom d'un des douze généraux 



de Bhaisajyaguru ; cf. *Yakushi. 



BIKARAHARA &MW0M=*k. vihârapâla, td. 
goji H^p "gardien de monastère" ; titre du moine 
chargé de surveiller un monastère et notamment ses 
portes, de convoquer les moines, de les aviser de ce 
qui les concerne, etc. Ttt. 2066 I. 

BIKARASHAMI fëWli;$3iî = sk. vihârasvâmin, 
td. jishu ^îE "propriétaire de monastère" ; terme 
désignant le propriétaire attitré des biens d'un 
monastère Ttt. 2066 1 ; cf. 213 1 1. 

BIKEIROKU Ë&ffr T. 311 1, 1451 i, Tt. 1462 
XVII, ou biriroku &MW) Ttt. 2128 XVI, bibeitaka 
MPÂtBJi Bzm. 45 a, bibitokka MWi#$9 T - M53 
vin, bikeitokki W^fëtël T. 1458 vin, Ttt. 2128 
LXin = sk. p. vibhîtaka, tib. ba ru ra Mvy. 5797 (qui 
donne un synonyme sk. vaheda 5796, et td. senren 
JHâO- — Nom d'un arbre et de son fruit, Terminalia 
Belerica (cf. T'oung Pao 1915, p. 275), variété de 
myrobolan. — Un des cinq fruits dont la consom- 
mation est permise en toute occasion T. 1451 1, 
1453 vin. — Ce fruit a la forme d'une noix ; il est de 
saveur douce et guérit de la fièvre froide Tt. 1462 
xvii. — Cf. *Amaroku, *Kariroku. 



tBIKIRANA fttèBfc Ttt. 1796 v, ou 
$ Tt. 850 11 et 851 11, mgm& Tt. 852 n = sk. 
Vikrana (?), Vikîrna (?) ; td. shajo fê$- "rejeter", 
Jzeizui t%$$ "détruire" (les Passions) ; joshô [^|^ 
"écartant les obstacles", etc. Nom d'un des cinq 
Buddhosnîsa (*Bucchô j^Hf) figurant à gauche du 
B. Sâkyamuni dans la Cour de Sâkya du Plan de 
Matrice. 

BIKIRINITA $fcp£Pi#ê£-=sk. vikrîdita ; td. 
yuyaku W$k "bondissements", yûgi jjgjj^ç "jeux", 
shimpen â$f£ "métamorphoses divines" Ttt. 1796 I. 

BIKU JfcJÎ:=sk. bhiksu, p. bhikkhu ; tib. dge sloii 
"mendiant de sainteté". — Moine mendiant. — Te. 
nouv. éc. hisshu 1&$, ft|^, biko ifcff (p. ex. Ttt. 
1733 xvin). — Td. kosshi £2dt "mendiant", etc. — 
Aperçu. — Le mot sk. bhiksu, au propre, désigne 
le mendiant dans l'acception la plus générale. Mais 
il ne faut pas perdre de vue que dans l'Orient 
d'autrefois (et même encore d'aujourd'hui) un 
certain prestige sacré s'attache à la profession du 
mendiant comme à sa personne. Le mendiant est 
l'occasion de l'aumône, et l'aumône (sk. dâna, cf. 
*Se) est l'œuvre méritoire par excellence. Dans 
l'ordre brahmanique, le titre de bhiksu appartient 
au brahmane qui, ayant accompli trois des quatre 
stages de la vie religieuse, sort du monde pour passer 
par le dernier stage, dans une retraite forestière. 
L'appellation de bhiksu, qui a pris un relief marqué 



BIKU . 

dans la communauté bouddhique, est loin de lui ap- 
partenir en propre ; et dans Pintérieur même de la 
communauté, d'autres appellations, également 
connues et pratiquées par ailleurs, étaient couram- 
ment en usage, surtout celle de sramana (*Shamon) 
propagée à travers le monde hellénique dès le temps 
d'Alexandre. Comme il est de règle, on a prétendu 
tirer de ce vocable transparent des interprétations 
subtiles qui avaient le charme de l'inattendu et 
l'apparence de la profondeur : la plus répandue est 
celle où bhiksu = bhi(nna)k(le)s(a) "qui a brisé les 
Passions" ; le sk. et le p. la connaissent. Une autre : 
bhiksu = bhî + ks(am) "être capable d'effrayer (Mâ- 
ra)", a dû bien réjouir son inventeur. Au prestige du 
mendiant, sans doute affaibli par le grand nombre 
des moines, on cherchait à substituer des idées 
propres à provoquer le respect. C'est dans le même 
esprit que les traducteurs tibétains ont constamment 
attaché au simple mot sloh "mendiant" le terme dge 
qui exprime la sainteté : dge sloh, prononcé geloh. 
La sainteté du "mendiant" consiste d'abord dans 
l'observance rigoureuse des règles de la Discipline, 
et notamment du Pénitentiel ; mais plus tard un 
nouvel ordre de Défenses, les Restrictions Sans- 
Ecoulement (anâsravasarhvara ; cf. *Kai, *Bosatsu- 
kai), vient se superposer au Pénitentiel suranné ; le 
mendiant devient alors le Saint définitivement dégagé 
du péché, incapable d'y retomber. — Les Moines 
mendiants constituent une des quatre ou des sept 
Assemblées (*Shû) qui forment l'Eglise bouddhi- 
que. — Mendiant et moine. — Sarhyuktâgama T. 99 
iv (manque au Nikâya correspondant) : Le B. réside 
au Jetavana. Chaque matin il va mendier dans la 
ville de Srâvastî. Il y rencontre un brahmane d'âge 
avancé, aux Organes mûrs, qui lui aussi, muni 
d'un bâton et d'un bol, mendie de porte en porte. 
Ce brahmane déclare au B. : Nous sommes tous 
deux des bhiksu. Le B. lui répond par cette stance : 
Ce qu'on appelle un bhiksu, ce n'est pas simple- 
ment un mendiant. Comment appellerait-on bhiksu 
celui qui observe la loi de la vie laïque ? Celui 
qui possède des Mérites, qui est sans péchés, dont 
la conduite est correcte et l'Esprit sans crainte, 
c'est lui qu'on appelle bhiksu. — Tt. 1558 xv ( = K. 
Lav. iv, 96-97), se référant au Vinaya (T. 1435 1), 
distingue quatre sortes de Moines mendiants (cf. Mvy. 
8750-8753) : (1) Bhiksu de Connotation, myôsô ig 
[, sk. sarhjnâbhiksu : c'est celui qui n'est bhiksu 
que de nom, qu'on appelle bhiksu sans qu'il soit 
ordonné ; (2) soi-disant bhiksu, jishô EUS» sk. 
pratijnâbhiksu : il a reçu l'ordination régulière et se 
prétend bhiksu, mais il est immoral, incontinent, 
etc. ; (3) le bhiksu ainsi nommé parce qu'il mendie, 
kotsugai &{$, sk. bhiksuta (Kosavyâkhyâ : bhiksata) 
iti bhiksu : mendiant sans plus, brahmane ou autre ; 
(4) le bhiksu ainsi nommé parce qu'il a tranché les 
Passions, hawaku $£!§(, sk. bhinnaklesatvât : c'est 



71 BIKU 

l'Arhat. A ces quatre sortes, les mêmes textes (Tt. 
1558 xv, T. 1435 I, Mvy. 8754) en ajoutent une 
cinquième : le moine ayant reçu l'ordination régulière 
de bhiksu par un Acte quadruple de déclaration 
publique, byakushikommaengu [1 ["-1^^151^:, sk. 
jhâpticaturthakarmanopasampanno bhiksu ; c'est le 
bhiksu en tant qu'il a reçu l'ordination, conforme aux 
règlements officiels de l'Eglise, qui l'autorise à porter 
ce titre ; Tt. 1558 xv l'oppose nettement au vrai 
bhiksu (sk. paramârthabhiksu, bhiksu au Sens-ul- 
time), lequel est infaillible et ne peut déchoir de son 
état, tandis que le "bhiksu ordonné par Acte qua- 
druple de déclaration" est susceptible de pécher et 
de perdre ainsi son état. — Même série des cinq 
sortes de Moines mendiants Tt. 1579 xxix. — Cf. la 
division de la Communauté en cinq catégories (go- 
shusô H.fi.fë) Tt. 1562 xxxvin : (1) éhontés, muchi 
^Ellt» : ils portent le vêtement monacal mais violent 
les Défenses ; (2) moutons muets, *ayô j^^ : ignares 
et silencieux ; (3) partisans, hôdô J$§£ : ^ s forment 
des partis par amour de la discussion ; (4) moines 
vulgaires (laïcs), sezoku Ut'ftJ : ce sont les bons 
Profanes (Tt. 1440 11 : les moines Puérils, bombusô 
J^L-^fè [sic !]) qui font à la fois des Actes conformes 
et contraires à la Loi, tandis que les catégories (1)- 
(3) font surtout des Actes contraires à la Loi ; (5) 
moines au Sens-ultime, shôgi §£f§| : Catéchumènes 
et Hors-Catéchisme. — Même série de cinq catégories 
Tt. 1440 11. — Aussi Tt. 1509 m quatre catégories 
de moines (sô f&) : (1) ayant de la honte, ushû 
^ï|& : ils observent les Défenses mais n'ont pas 
obtenu la Voie ; (2) éhontés : ils violent les 
Défenses ; (3) moutons muets : ils observent les 
Défenses mais sont stupides : (4) véritables, jitsu fj£ : 
Catéchumènes et Hors - Catéchisme ; et T. 411 v: 

(1) Moines au Sens-ultime : B., Bs., B.-pour-soi, 
Arhat, Sans-Retour, à Retour-unique, Entrés-dans- 
le-courant ; ce sont des saints qui n'ont pas néces- 
sairement reçu l'ordination ; (2) Moines vulgaires : 
ce sont ceux qui ont reçu l'ordination ; (3) moutons 
muets : ut sup. ; (4) éhontés : ut sup. — Tt. 1440 III 
distingue (1) les bhiksu au Sens-vulgaire, setaibiku 
tUp$Jijin : ils observent les Défenses du Pénitentiel ; 

(2) les bhiksu au Sens-ultime, daiichigitaibiku f|5— 
fSnfl!f.fctjIr: '• ils observent les Restrictions Sans- 
Ecoulement (cf. K. Lav. IV, 49-51). — Tt. 1509 m 
donne cinq définitions du bhiksu : (1) on l'appelle 
mendiant, kosshi ^jr, parce qu'il mène une vie 
pure en mendiant sa nourriture ; (2) on l'appelle 
celui qui tranche les Passions, habonnô ^jt^tS» car 
bhi° signifie trancher (sk. racine bhid) et °ksu 
signifie Passion (sk. k[le]sa = ksa ? cf. interprétation 
par bhinnakilesa dans les cm. palis) ; (3) on appelle 
bhiksu l'homme qui a quitté la maison, shukkenin 
ffilÎÊÀ 5 (4) on appelle bhiksu celui qui a dit, lors 
de l'ordination : Moi, le bhiksu un tel, j'observerai 
les Défenses durant toute ma vie ; (5) on l'appelle 



BIKU 

bhiksu parce qu'il a le pouvoir d'épouvanter le roi 
Mâra et son peuple : en effet bhi° signifie épou- 
vanter (sk. racine bhî) et °ksu signifie pouvoir 
(racine ksam) ; lorsque le Moine quitte la maison, 
se rase la tête, revêt l'habit teint et reçoit les 
Défenses, Mâra est épouvanté, car il se dit : Cet 
homme entrera à coup sûr dans le Nirvana. — Dé- 
finitions (i), (2), (4), (s) ci-dessus aussi Ttt. 1775 1. 
— T. 1428 1 toutes sortes de bhiksu : de nom (de 
Connotation) myôji %& ; pseudo-bhiksu sôji jftjfêl ; 
soi-disant bhiksu jishô gf§ ; bhiksu bienvenus 
zenrai f§?fc (on leur dit : "bienvenus !" lorsqu'ils 
demandent l'ordination) ; bhiksu mendiants kotsugu 
■g 5}c ; bhiksu portant le vêtement fait de pièces 
chakukassaie ^fiJ#c3Îc î bhiksu ayant tranché les 
Passions hakesshi $£#£$* ; bhiksu ayant reçu les 
grandes Défenses et l'ordination complète selon la 
Loi, par Acte quadruple de déclaration : c'est en ce 
dernier sens que le mot bhiksu doit s'entendre dans 
les prescriptions de la Discipline. — Ttt. 1721 1 : 
Le moine est appelé mendiant (bhiksu) parce que 
d'une part il mendie au Tg. la Loi qui doit lui servir 
à exercer son esprit, et de l'autre il mendie aux 
Laïcs la nourriture nécessaire pour entretenir son 
corps. Le mendiant qui n'est pas moine ne mendie 
que sa nourriture. — Gog. vin mentionne des td. 
jokin l^fH "qui élimine la faim", joshi $fc-± "qui 
élimine" : le bhiksu élimine la faim de la concupis- 
cence et tranche tout attachement. Même interpré- 
tation Ttt. 2040 vu. — Gog. ib. rapporte encore une 
td. kunshi H£:t "qui s'imprègne" : parce qu'il s'im- 
prègne de bonnes Essences. — T. 310 cxni Le bhiksu 
est capable de trancher les Passions ; il tranche la 
Connotation du Soi, des Etres, de l'humain, des 
sexes masculin et féminin ; il pratique à la fois les 
Défenses et la Sapience ; il est libre de toute crainte, 
etc.. . — T. 721 m, iv, xlix, nombreuses stances sur 
les caractéristiques des bhiksu ; aussi T. 213 IV. — 
Le mot bhiksu est donné comme un nom de plante 
Ttt. 2128 11, 2131, etc. (P.W. : Asteracantha Longi- 
folia, ou Sphaeranthus Mollis) ; T. 1192 I c'est une 
des cinq plantes fastes : elle sert d'oreiller au B. 
quand celui-ci se livre à des Pratiques sur le sol. 



72 BIKUCHI 

en fait un Bs. féminin ; mais T. 1097 m, qui prescrit 
de la peindre au-dessous du Bs. Mahâsthâmaprâpta, 
l'appelle une Déesse ; et elle figure aussi dans une 
série de huit Reines de Science T. 895 ni. Le plus 
souvent elle est considérée comme une forme de 
Kannon, et son nom précède en manière d'épithète 
celui de Kannon T. 901 m, 1092 vin. — Dans un 
sûtra spécial T. 11 14, le B. enseigne le Charme des 
cent huit noms de Bhrkutî, qui assure à ceux qui 
le récitent toutes sortes d'avantages dont le dernier 
est la naissance au Paradis. — Iconographie. — T. 848 
1 et cm. Ttt. 1796 v : Elle est placée à gauche de 
Kannon dans la Cour de la Section de Lotus (aussi 
dite Cour de Kannon) du Cercle du Plan de Matrice ; 
elle a quatre mains : celles de gauche tiennent le lotus 
et le vase kundî, à droite une des mains tient le cha- 



BIKUCHI ^{£|g, ou bikuchi ~£D T. 901 vi, 
Jhikuchi £MM T. 895 m (p. 731), Jhirikuchi 
S^MS ib. (p. 744), etc. = sk. Bhrkutî, Bhrûkutî ; 
tib. khro gher can. — "Celle qui fronce les sourcils", 
nom d'une des formes de *Kannon dans l'Es. — Td. 
shimmoku Bjlg "yeux colériques" T. 1097 ni » 
funnu ^$* "courroucée" Mvy. 4281-2. — Tt. 1796 
x : Elle naquit d'un froncement de sourcil de Kan- 
non, et dès sa naissance terrifia par son aspect cour- 
roucé les Vajra et les Vajradhâra, qui se réfugièrent 
sous le siège du B. ; le B. lui dit alors : Arrête, ma 
sœur ! Et elle s'arrêta en répondant : A tous les 
ordres du B. j'obéirai respectueusement. — Ce texte 




Fig. 35. Bikuchi (Bhrkutî) (Plan de Matrice). 

pelet, l'autre fait le Sceau du Don du Vœu (abaissée 
la paume en avant) ; elle a trois yeux comme Ma- 
hesvara, et un chignon pareil à celui de Vairocana ; 
son corps est blanc ; son auréole est jaune, rouge et 
blanche : le jaune symbolise l'accroissement, le 
blanc l'apaisement, et le rouge le pouvoir de dompter. 
— C'est cette image qui est reproduite dans les "re- 
présentations actuelles" (genzu Ï|[I|) de ce Cercle 
au Japon ; toutefois le troisième œil y est remplacé 
par une marque frontale (ûrnâ). Id. aussi T. 1092 
vin. T. 1101 remplace le Sceau du Don du Vœu par 
celui du Don de Sécurité pour une des mains droites 
(élevée la paume en avant). D'après Asbs. iv, 1394, 
une des mains gauches tient un ms. sk. au lieu du j 
vase kundî. T. 1080 la décrit assise sur un lotus, j 
portant des vêtements divins et toutes sortes d'orne- 



BIKUCHI 

ments ; de même T. 1097 III, qui lui prête un aspect 
souriant et la montre prosternée devant Kannon, 
l'épaule droite découverte et les mains jointes. — 
Asbs. iv, 1394, et Hmjr. 889 : Ses noms es. sont 
Gôbukukongô &tfcfcW0, Jôekongô feM&Wl Joshô- 
kongô fêftp^lïjlj ; son Germe est : bhr ; sa Formule : 
Sarvabhayatrâsanî hûrh sphataya svâhâ ; ses Formes 
de Convention sont le chapelet et le lotus épanoui ; 
et son Sceau consiste à allonger les pouces parallè- 
lement, à croiser l'un sur l'autre les index tendus, et 
à replier les autres doigts à l'intérieur des paumes. 

BIKUNI }fc_É/ë = sk. bhiksunî,p.bhikkhunî; tib. 
dge slon ma ; (jap. *ama). — Nonne mendiante. — 
Te. nouv. éc. hisshuni ^.^fé, îtâlBJË» etc - — Aperçu. 
— Les Nonnes mendiantes sont un des éléments 
constitutifs de l'Eglise bouddhique ; elles forment 
une assemblée spéciale parmi les 4 ou les 7 As- 
semblées (*Shû). La tradition a gardé le souvenir 
d'une multitude de saintes dans l'entourage du B. 
ou après lui ; cf. p. ex. le recueil p. Therîgâthâ 
traduit par Mrs. Rhys Davids sous le titre de Psalms 
of the Sisters (Londres, 1909), avec les notices 
biographiques que la traductrice a placées en tête de 
chaque ensemble. D'ailleurs, dès l'origine, il y a en 
face des saintes le groupe des Nonnes perverses, 
telle Cincâmânavikâ qui mérite de tomber vivante 
en enfer. Au fond l'Eglise a toujours conservé une 
attitude de malveillance et de suspicion à l'égard des 
Nonnes ; le B. ne les aurait admises qu'à son corps 
défendant, et sans dissimuler ce qu'il en coûterait à 
l'avenir de la foi. Les inscriptions de l'époque 
ancienne, p. ex. à Sanchi, attestent le nombre et 
l'influence des Nonnes ; plus tard, cependant, la 
littérature de l'Inde les ravale au rôle d'entremet- 
teuses, telle la Kâmandakî du drame classique Mâ- 
latîmâdhava. — Institution. — Madhyamâgama T. 26 
xxviii : Le B. passe l'été au Parc des Nyagrodha à 
Kapilavastu. Sa tante maternelle Mahâprâjapatî 
Gautamî lui demande si les femmes peuvent obtenir 
le Fruit d'Arhat, et si la Discipline les autorise à 
quitter la maison et à entrer en religion ; le B. lui 
interdit pareille pensée, mais l'engage à se raser les 
cheveux, à revêtir le Froc et à mener une vie pure. 
La même scène se reproduit à la fin de la Retraite 
d'été, puis dans le monastère de Ginjaka à Nâdika, 
où Gautamî a suivi le B., accompagnée de nombreuses 
matrones Sâkya. Ce triple refus désole Gautamî ; 
Ananda intercède en sa faveur auprès du B., qui 
réplique que si les femmes sont autorisées à entrer 
en religion, la Conduite Brahmique ne tardera pas à 
péricliter dans la communauté. Ananda lui rappelle 
les bontés qu'a eues pour lui sa tante ; elle l'a nourri 
et élevé après la mort de sa mère Mâyâ. C'est vrai, 
réplique le B., mais en retour je lui ai appris à prendre 
refuge dans les trois Joyaux et à mener une vie pure. 
Le B. consent enfin à admettre comme Nonnes 



73 BIKUNI 

mendiantes, par ordination régulière, sa tante et les 
femmes en général, à condition qu'elles observent 
huit règlements graves (sk. gurudharma, p. garu- 
dhamma, ch. sonshihô &$$&; "maîtresses lois", 
ailleurs kyôhô ^féï "lois vénérables", kyôkai tfcfà 
"Défenses vénérables", fukaotsuhô ^BJjtSféc ou 
fukakahô ^Rjà&féc "lois inviolables") : (1) les Non- 
nes doivent recevoir l'ordination des Moines ; (2) 
tous les quinze jours, les Nonnes doivent aller rece- 
voir des instructions des Moines ; (3) elles ne peuvent 
passer la Retraite estivale en un lieu où il n'y a pas 
de Moines ; (4) à la fin de la Retraite estivale, elles 
doivent accomplir l'Invite [à la confession mutuelle 
des trois sortes de péchés] : vus, entendus, soup- 
çonnés, dans les deux assemblées (celle des Moines 
comme celle des Nonnes) ; (5) les Nonnes ne peuvent 
poser de question sur les Sûtra, le Vinaya et l'Abhi- 
dharma des Moines que si elles y sont autorisées 
par ceux-ci ; (6) les Nonnes ne peuvent parler des 
infractions des Moines, mais les Moines peuvent 
parler des infractions des Nonnes ; (7) les Nonnes 
coupables de péchés d'Exclusion-temporaire doivent 
faire [confession publique] sans faute pendant quinze 
jours dans les deux assemblées ; (8) une Nonne, 
même si elle a reçu l'Ordination depuis cent ans, doit 
humblement saluer, servir, respecter un Moine, 
même si celui-ci vient seulement d'être ordonné. 
Gautamî s'engage à observer ces huit prescriptions 
et reçoit l'ordination de bhiksunî avec les cinq cents 
matrones Sâkya. Par la suite, elle demande à Ananda 
de faire en sorte que ces Nonnes, qui étaient toutes 
âgées, nobles, connues du roi, et avaient une conduite 
pure depuis longtemps, fussent saluées, servies, 
respectées par des Moines d'ordination récente. 
Ananda transmet cette requête au B., qui l'arrête 
avec indignation et se contente, pour toute réponse, 
de lui énumérer tous les avantages qu'ont perdus les 
Moines du fait de l'admission des femmes dans 
l'Eglise ; et il conclut par la parole célèbre : Si les 
femmes n'avaient pas été admises dans le clergé, la 
bonne Loi aurait duré mille ans ; mais maintenant 
elle ne durera que cinq cents ans. — Le même 
récit se retrouve avec des variantes (notamment 
pour le texte des huit règlements graves) dans tous 
les Vinaya (Sarvâstivâdin T. 1435 XV, Mûlasarvâsti- 
vâdin T. 1451 xxix-xxx, Mahâsânghika T. 1425 xxx, 
Mahîsâsaka T. 1421 xxix, Dharmagupta T. 1428 
xlviii) et dans beaucoup d'autres ouvrages, p. ex. 
T. 60 et T. 1478 (sûtra spéciaux), T. 156 v, etc. 
— Gautamî et ses cinq cents Nonnes furent les 
premières, dans toute la communauté, à entrer dans 
le Nirvana Tt. 201 xiv (et cf. T. 144 sûtra spécial). 
— L'intercession d 'Ananda en faveur des femmes 
lui fut reprochée comme un Méfait lors du premier 
Concile qui se tint après le Parinirvâna. — Bikunikai 
ifclc/Êlrét. Défenses des Nonnes. — Les Nonnes ont 
leur Pénitentiel spécial, plus tardif que celui des 



BIKUNI 



74 



BIMASHITTARA 



Moines dont il est dérivé. Selon la tradition ch. (p. 
ex. Ttt. 2145 xi), le Pénitentiel des Nonnes contient 
500 Défenses, soit deux fois plus que celui des 
Moines qui en contient 250 : car il faut aux femmes 
plus de Défenses qu'aux hommes. En réalité, le 
nombre des Défenses varie avec les écoles, la moyenne 
en étant de 250 pour les Moines et 350 pour les 
Nonnes. La plupart des "règlements graves" dont 
le texte a été traduit ci-dessus sont incorporés dans 
le Pénitentiel des Nonnes. Les formules spéciales à 
celui-ci, ou bien portent sur des points n'intéressant 
que les femmes, ou bien se retrouvent dans des textes 
du Mahâvagga, du Cullavagga, etc., qui complètent 
le Pénitentiel des Moines. D'après Ernst Wald- 
schmidt, Bruchstucke des Bhiksunî-Prâtimoksa der 
Sarvastivâdin [édités d'après des mss. sk. d'Asie 
Centrale], mit einer Darstellung der tïberlieferung 
des Bhiksunî-Prâtimoksa in den verschiedenen 
Schulen, Leipzig 1926, les recensions des diverses 
écoles diffèrent beaucoup plus pour le Pénitentiel 
des Nonnes que pour celui des Moines : la plus 
archaïque serait celle des Theravâdin (en p.) ; puis 
viendraient celle des Dharmagupta, puis celle des 
Sarvastivâdin, et en dernier lieu celles des Mûlasar- 
vâstivâdin, des Mahîsâsaka et des Mahâsânghika. — 
\Jhistoire du clergé féminin en Extrême-Orient est mal 
connue. Ttt. 2122 lxxxix (cf. Lévi-Chavannes, J. 
As. 1916 il, 41) Dès la première partie du 111 e siècle 
des Nonnes indiennes seraient venues en Chine 
pour y donner l'ordination à des Chinoises. — Ttt. 
2145 xi mentionne à Koutcha trois grands couvents 
de Nonnes, qui étaient placés sous la direction d'un 
Moine ; les femmes et les filles de rois et de princes 
y venaient de toute l'Asie Centrale. Le Pénitentiel 
en usage dans ces couvents fut traduit en ch. dans 
la seconde moitié du IV e siècle, mais cette version ne 
s'est pas conservée. — Ttt. 2063 : En 335-342, le moine 
Sôken fèm avait rapporté de chez les Gesshi (Yue- 
tche) un Pénitentiel et un manuel d'ordination (kom- 
ma $|0 = sk. karma) qui servirent pour l'ordination 
de quatre Nonnes chinoises en 357. Vers 430, le 
religieux indien Gunavarman traduisit un manuel 
d'ordination des Nonnes de l'école Dharmagupta, 
et en 434 une cérémonie d'ordination eut lieu à 
Nankin en présence d'un collège de dix Nonnes 
venues de Ceylan ; ce fut la première ordination de 
Nonnes faite en Chine selon les règles (cf. Lévi- 
Chavannes, ib. 46, et Pelliot, BEFEO IV, 356, n. 4). 
En 516, le moine Hôshô (Pao-tch'ang) ^B^ rédigeait 
les biographies de soixante-cinq Nonnes chinoises 
Ttt. 2063 : treize des Tsin 317-419, vingt-trois des 
Song 420-478, quinze des Ts'i 479-501, quatorze des 
Leang 502-515. — Au Japon, les premières Nonnes 
auraient été Zenshin ff^flf et autres, qui allèrent étudier 
laDiscipline en Corée de 588 à 590 Gkss. xvm ; 
mais les ordinations régulières de Nonnes n'auraient 
commencé que plus tard. Il existe encore au Japon 



(comme en Chine) de nombreux monastères de 
Nonnes. A l'époque Tokugawa, seize d'entre eux 
portaient officiellement le nom de Bikunigosho ifcli: 
fê^^î) parce que les supérieures en avaient été dès 
l'origine des princesses ou des femmes nobles ; plus 
exactement, les monastères dirigés par des princesses 
étaient appelés Gokyûshitsu $$'$£'31, et ceux dirigés 
par des femmes nobles Gozenshitsu #$|!p|É[. Depuis 
la Restauration de 1868, ces noms ont été supprimés, 
mais la filiation des supérieures paraît se continuer 
et ces mêmes monastères sont appelés Goyuishojiin 
^c "monastères à filiation". 



BIMA jgj|! = sk. Bhîmâ, nom d'une Déesse, épouse 
de Mahesvara T. 665 VIII, Ttt. 2087 11 ; cette dernière 
source, dans un passage ultérieur, donne une variante 
bimara jg,0M Q 1 " pourrait correspondre au sk. 
bhîmala "terrible", épithète de Mahesvara (Watters, 
Travels, I, 223) ; mais cette variante ne figure que 
dans les éditions ch. de Ttt. 2087, les mss. conservés 
au Japon portent bima ]g,0 comme dans le premier 
passage. — Hbg. cite d'autre part, d'après Ttt. 1762 
xii, les deux formes bima et bimara, avec une td. 
muku 3g$g "immaculé" = sk. vimala ; d'après Hbg. 
ils s'agirait ici d'un nom de fleuve, mais les termes 
cités ne se retrouvent pas dans le texte actuel de 
Tt. 1762 xii. 

BIMANÔ #Ji*I£ = sk. vimâna ; td. rôkaku fëgfêl 
"pavillon, édifice à étage" Kse. xxn. 

BIMASHITTARA %WU.&W T. 99 xl, 190 
xxiv, 262 1, 310 lxii, 397 xlvii, 665 ix, Ttt. 1709 il 
1834 11, 2128 xxv, etc., ou f^~ T. 24 vi ; abr. bima- 
shitta ^M%^ T - ï xx > 66 3 m, Ttt. 1718 n b, Eog. 

I, etc., encore abr. en bimashitsu mUiW "> nouv. éc. 
beimashittari |I^)^K a -SflJ Ttt - i7°9 1. l 7*3 « a » l8 34 
il, etc. = sk. Vemacitra (ou Vemacitrî, Mahâvastu 
III, 148, 254 ; Vaimacitra, Hœrnle, Manuscript 
Remains 107) ; p. Vepacittiya ; tib. thag bzari ris 
"tissu à ramages". — Nom d'un roi des Asura. — 
Td. diverses : kiga &£|£ "dessins brodés", hôkin 
Hf|$ "brocart précieux" (sk. vema "métier à tisser" 
+ citra "bariolé"), allusion à ses parures Ttt. 1723 

II, 1834 11, 1709 1, 2128 xxv (se référant à Kiki |&3£) ; 
myôshoku #j;|§5 "tissu merveilleux" Mvy. 3393 
(aussi T. 190 xxix, corr. de myôki ##fé$ ?) ; jôshin 
jffîib "Esprit pur" (sk. vimala "pur" + citta "Esprit") 
Ttt. 1718 il b ; jôshinge : 0>ù~0 "fleur d'Esprit pur" 
Ttt. 2128 xxv (anc. éc.) ; shujugi $iMfê& "toutes 
sortes de doutes" (sk. vimati "doute" + citra "varié") 
Ttt. 171 8 n b ; shujushi WfÊftfc "toutes sortes de 
fils de soie", allusion à ses talents de prestidigitateur 
Eog. I ; henkû shujugongi 'M&MfÊWii^. "toutes 
sortes d'ornements dans les airs", parce que dans 
ses combats avec les Dieux il déploie ses armées dans 
le ciel, ib. ; kyôkô HPj|£ "grand bruit", kekkyo 



BIMASHITTARA 



75 



BIMOKUSHA 



^jg "habitant des cavernes" ib. (ces deux td. aussi 
Ttt. 2122 v, qui explique que du fond de la mer 
Vemacitra crie son nom à grand bruit, et que d'autre 
part il habite des cavernes marines) ; kôon î^jg 
"haut et loin" Ttt. 1785 VI. — Sa fille Sacî (cf. *Sha- 
shi) est l'épouse d'Indra T. 99 XL, Ttt. 1723 11 a, 1718 
il b, etc. ; le mythe est conté en détail T. 643 1 (aussi 
Ttt. 2122 v qui se réfère à T. 1) : Au commence- 
ment des Périodes, le feu se produisit pendant une 
Période, la pluie pendant une Période, le vent 
pendant une Période, la terre pendant une Période. 
Lors de la formation de cette dernière Période, les 
Dieux Resplendissants se mirent à voler par le monde 
et se baignèrent dans les eaux ; l'essence des quatre 
Eléments pénétra dans leur corps ; ils éprouvèrent 
un plaisir solitaire et leur semence s'écoula dans les 
eaux. Les huit vents l'emportèrent; elle tomba dans 
la boue et se transforma en œuf. Au bout de 8000 
ans sortit de cet œuf une femme de couleur bleu- 
ïioir comme la boue, à 999 têtes, chaque tête ayant 
1000 yeux, à une seule bouche dont les quatre dents 
émettaient une flamme pareille à la foudre, à 24 
mains dont chacune tenait une arme (d'après Ttt. 
2122 v, 24 pieds et 999 mains) ; son corps était haut 
comme le Sumeru. Comme elle s'ébattait dans la 
mer, le vent *Biramba (sk. Vairambha) agita les eaux 
dont l'essence la pénétra ; au bout de 8000 ans, elle 
engendra un fils quatre fois plus grand qu'elle-même. 
L'enfant avait 9 têtes à 1000 yeux chacune ; de sa 
bouche sortait du feu (Ttt. 2122 v: de l'eau); il avait 
999 mains et 8 pieds ; sa voix se faisait entendre du 
fond de la mer. Il reçut le nom de Vemacitra roi des 
Asura. A la manière des démons, il ne se nourrissait 
que de boue, et de fibres et racines de lotus. Ayant 
grandi, lorsqu'il vit que les Dieux étaient entourés 
de femmes, il demanda à sa mère : Pourquoi seul 
serais-je sans compagne ? Sa mère lui parla alors 
d'une Gandharvî des Monts Parfumés (Kyôsen ^| 
jJJ, sk. Gandhamâdana), qui était plus belle que le 
jade blanc et émettait de la musique par tous ses 
pores. Il décida de l'épouser ; sa mère alla la chercher 
et ils se marièrent. Au bout de 8000 ans, ils eurent 
une fille d'une rare beauté, comme la lune parmi les 
étoiles. Kausika (Indra) la fit demander en mariage ; 
l'Asura sollicita en échange un palais fait des sept 
Joyaux. Indra jeta dans la mer sa coiffure qui devint 
un édifice palatial sur lequel trôna l'Asura ; un 
lotus de ce palais se transforma en 84.000 femmes 
qui accompagnèrent chez les Dieux la fille de l'Asura; 
celle-ci reçut d'Indra le nom de Etsui fàM, (sk. 
Manojnâ? Ttt. 2122 v: elle s'appelait Sacî et était la 
sœur de Râhu). Elle devint jalouse de ses suivantes, 
que lui préférait l'empereur des Dieux, et s'en plai- 
gnit à son père qui déclara la guerre à Indra : l'Asura 
se leva dans la mer, s'accroupit sur le sommet du 
Sumeru, et de ses 999 mains secoua le Sumeru 
et la ville d'Indra, Sudarsana ; les quatre mers 



s'agitèrent et Indra fut terrifié. Un esprit conseilla 
à Indra d'invoquer la Perfection de Sapience ; 
aussitôt quatre roues de lames tombèrent du haut 
des airs sur Vemacitra et lui tranchèrent oreilles, 
nez, mains et pieds ; la mer en fut toute rougie ; 
l'Asura mutilé se réfugia dans des trous de fibres de 
lotus. — Comme les autres Asura, Vemacitra est 
constamment en lutte avec les Dieux. Divers récits 
du Sarhyuktâgama T. 99 XL (td. parallèle T. 100 
ii-iii ; Sam. Nik. xi, 1, 4, 5, 7) le montrent en conflit 
avec Indra, qui l'emporte toujours. Un de ces récits 
met en scène des Voyants établis dans une forêt, 
près du champ de bataille ; ils reçoivent en même 
temps la visite du Dieu et celle de l'Asura ; ce dernier 
se montre discourtois à leur égard, et les Voyants 
prédisent qu'il sera vaincu par les Dieux, puis lui 
inspirent des songes (ou des frissons) de mauvais 
augure. Cet épisode est cité dans la Vimsikâ de 
Vasubandhu Tt. 1589, 1590 ; cf. J. As. 1925 I, 17 
sq. — Pour d'autres informations sur Vemacitra, cf. 
*Ashura. 

BIMBA M|=sk. p. bimba ; tib. bim ba Mvy. 
5210. Nom d'arbre, Momordica Monadelpha, une 
sorte d'amarante ; td. sôshi fàfê, Gog. m, Ttt. 2131 
Vin. Les lèvres rouges sont comparées à son fruit 
T. 278 ix, 297 lxv, 293 x ; c'est une des quatre-vingts 
marques secondaires des Grands Mâles (sk. bimbo- 
sthi Mvy. 5210, p. bimbotthi ; aussi b°a). Eog. 11 : 
Ce fruit ressemble à la pomme. — ~chô ~|H, terme 
désignant une sorte de tenture qui orne le palais des 
Dieux dans le ciel Tusita, ainsi nommée soit parce 
qu'elle est rouge comme le fruit du bimba, soit 
parce qu'on y voit le reflet (sk. bimba) des objets 
extérieurs ; T. 279 xxn et cm. Eog. I. 

BIMBARA JHKR [I], nom d'un parfum T. 279 
xxn et cm. Eog. 1. 

BIMBARA $mi£ [II], ou Tt. 1558 xn ( = K. Lav. 
ni, 190) bimbatsura ~jʣ~, ou Mvy. 7703 etc. bim- 
para ~$j[~=sk. virhvara Mvy. 7703, 7829, 7958, 
ou bimbara ib. 8006 ; tib. drkigs. Nom de nombre ; 
Gog. 1 se référant à T. 190 td. jucchô +$$. Cf. *Sû. 

BIMOKUKUSHA M@l^ = sk. Bhîsmotta- 
ranirghosa, nom d'un Voyant T. 279 lxiv ; T. 293 
vin td. daiimyôshô %.J$.QJ5£ "grande voix terrible". 
Cf. les gloses (inexactes) Kse. lxiv, Eog. 11, Ttt. 
1733 XVIII. 

BIMOKUSHA M@^ = sk. vimoksa; td. *geda- 
tsu j|?)}£ "Libération" Ttt. 185 1 1, 1733 XVIII. — 
Ttt. 1851 1 distingue vimoksa, Libération de l'ordre 
de l'Opéré, de moksa, Libération de l'ordre de 
l'Inopéré (muigedatsu 



BIMOKUTEI 



76 



BINGADA 



BIMOKUTEI ^^Ig=sk. vimukti ; td. *gedatsu 
"Libération" Ttt. 1736 liv. 

BINAYA &MM T. 898, 1442-1451» 1456, 1457, 
1459, Ttt. 1733 1, 1805 11 a, 1807 1, 1828 ix, 1861 11 a, 
Eog. 1, Gog. xiv, ou binaya &fflW Ttt. l8 o5 n a, 
Gog. xiv, binaya #^|î T. 1464, binaya |M#fë 
Gog. xiv, bini jgJë T. 1440, 1441, 1463, 1489, 1775 
1, Ttt. 1805 11 a, 1815 1, Srs. 1 b, Eog. 1, Gog. xiv, 
[binika Wï/S^ Gog. xiv] = sk. p. vinaya ; tib. 'dul ba. 
— Discipline ; titre d'une des trois Corbeilles du 
Canon. — Td. *ritsu fê. "code de lois" Ttt. 1805 11 a, 
Gog. xiv, etc. ; jôbuku flltfc "domptant" (les Pas- 
sions) Gog. xiv, (les Pratiques ou les Actes mauvais) 
Ttt. 1773 1 ; aussi Ttt. 1807 1, 1828 ix, 1861 11 a, Eog. 
1, etc. ; metsu j$£ "éteignant" (le mal) Gog. xiv, 
(les mauvaises Essences) T. 1463 1, (les mauvais 
Actes) Srs. I b, (les mauvais Fruits des Actes ou des 
Passions, ou le feu des Péchés) Ttt. 1733 1 ; aussi Ttt. 
1805 11 a, 1815 1, etc. ; inshô 5I*É "guidant les 
Etres" (les Laïcs vers la Voie) Srs. 1 b, ou "pro- 
duisant" (des Mérites) ib. ; rigyô ffèff "Pratiques 
écartant" (de la mauvaise Voie) Gog. xiv ; zenji f| 
îp "gouvernant bien" (les Etres) T. 1775 I [Kumâra- 
jîva] ; kedo / fb$£ "convertissant et sauvant" (les 
Etres) Gog. xiv. — Cf. *Ritsu. 

BINAYAKA &%$fcM Tt. 1266, T. 1267, Tt. 
1270, Ttt. 1273, Tt. 1274, Ttt. 2129 vu etc., ou 
binayaka ~ -&$)!} Ttt. 1796 vu, binnayaka ^#15 ^$1 
T. 1272, Ttt. 2129 vu, binayokka fèffiMîM Tt. 1266 
= sk. vinâyaka ; tib. log 'dren Mvy. 3165. — Un des 
noms de Ganesa, dieu hindou à tête d'éléphant, 
patron de la littérature ; devenu dans le bouddhisme 
un démon malfaisant. — Ce nom signifie en sk. "celui 
qui écarte" (vi-nî) [les obstacles, vighna- vinâyaka] ; 
le mot vighna "obstacle", qui entre dans un grand 
nombre des épithètes de Ganesa (vighnesa "maître 
des obstacles", vighnajit "vainqueur des obstacles", 
vighnarâja "roi des obstacles", vighnântaka "mettant 
fin aux obstacles", etc.), sert aussi à désigner le dieu 
lui-même. — Les interprètes bouddhistes expliquent 
régulièrement vinâyaka par "obstacle", shôge (^^,| : 
Ttt. 1796 vu Les Binayaka, ce sont tous ceux qui 
font des obstacles ; tous ces obstacles son,t produits 
par des Connotations illusoires de l'Esprit. — Ttt. 
1273 Vinâyaka est un démon qui poursuit sans cesse 
les hommes pour leur susciter des obstacles et des 
difficultés. — Gog. xiv C'est un démon à forme 
humaine et à tête d'éléphant, qui fait obstacle aux 
affaires d 'autrui. — Ttt. 2129 vu C'est le Dieu des 
obstacles ; il se manifeste avec un corps humain et 
une tête d'éléphant, et fait obstacle aux Actes méri- 
toires. — Toutefois Mvy. 2165 donne l'interprétation 
correcte batsuja J£}f|5 "écartant ce qui est néfaste". 
— Vinâyaka est parfois confondu avec Vinataka, nom 
d'une des sept montagnes d'or qui entourent le 



Sumeru (Mvy. 4146 te. binataka M^tS?S3. td. shô- 
geshinsen f^||f /M' |ll "mont du Dieu des obstacles", 
tib. rnam par 'dud "recourber" [sk. vi-nam ?] ; cf. 
Tt. 1558 xi = K. Lav. m, 141) : p. ex. Gog. xiv qui 
explique que cette montagne a la forme de la tète 
de Vinâyaka, ou Ttt. 1829 1 qui te. binatakka ]^M 
fr£$JD et explique que la montagne est habitée pai 
des Dieux qui font obstacle à la bonne Loi. — Cette 
confusion rend compte de certaines te. aberrantes 
du nom du Dieu : binataka ^l^tH^D Ttt. 1273 (td, 
zôbi ^.^l "trompe"), benayataka Ç^^^ffM^ Ttt 
2129 vu. Mais Tt. 1667 donne d'autres te. bina- 
ranôga &MBMM, biminanôga ®fâfflfè%, q"' 
paraissent simplement fautives. — D'après Tt. 127c 
Vinâyaka est l'aîné des 1500 fils de Mahesvara 
et d'Umâ ; il a pour sœur Hennayaka j^^^jjB 
aînée de leurs 1500 filles. Cette sœur est une méta- 
morphose d'Avalokitesvara qui, pour réprimer les 
mauvaises pratiques de son frère, le séduit et l'épouse: 
tous deux sont représentés en train de s'embrasser, 
sous le nom de *Daishôkangiten ^C|^f5c^X» <3-v. 
— Vinâyaka au sens de "conducteur" est aussi une 
des 80 appellations du B. ; cf. *Butsu. 

BINDARA ^(h3 (ou gfc) 331. ou binzu OTî = sk. 
pindâra ? Td. shûyoku £!$; "désirs réunis". Nom 
d'un Enfer où est entré le roi Ajâtasatru T. 627 il, 
Kog. vi b ; aussi mentionné dans le Daijiinnengyé 
Jï^t-ïQfâtM., sûtra apocryphe de tradition au Hieizan. 
qui te. ^P'Ë|$! et en fait un des Enfers où tombent 
les sceptiques. 

BINGA m$[) = sk. bhrngâra, p. bhinkâra "vase" 
T. 945 11 : Si l'on emporte un vase bhrngâra, vide el 
bouché, d'un pays à un autre, l'air qu'il contienl 
lorsqu'on l'ouvre au bout du voyage n'est ni celu: 
du pays d'origine, ni celui du nouveau pays ; cai 
dans le premier cas l'air du pays d'origine aurai) 
été diminué de la quantité emportée dans le vase 
ce qui n'est pas possible, et dans le second cas 
c'est-à-dire si de l'air nouveau était entré dans le 
vase à son arrivée dans le nouveau pays, on devrai! 
voir sortir cet air lorsqu'on ouvre et renverse le vase 
De même la Masse de Notation, qui est à la fois 
sans Donnée-causale et sans Nature-propre, est vidt 
et illusoire. [De même que le vide, ou l'air, est sans 
allée ni venue, de même la Notation est sans produc- 
tion ni destruction : interprétation de Ejô 'J§t|* 
Hksd. xx.] — Le cm. de ce passage, Ttt. i799 n b 
qui explique que la te. binga désigne un vase ayani 
la forme de l'oiseau kalavinka, confond binga $ 
= sk. bhrngâra, avec binga f^fl abr. de *karyôbings 
'MîfèMM^sk. kalavinka ; cf. Mvy. 481 et 4868. 

BINGADA $gf!Jl]I?£ = sk. vigada "remède" (anti- 
dote) ; Ttt. 1733 xx et Eog. n relèvent une te 
"complète" bigôma Ji,2s£|§f qui reste inexpliquée. 



BINGADA 



77 



BIRUSHANA 



Ib. td. joko $ft£, fuko ^^ "éliminant" (les 
maladies et les poisons) ; ces td. reposent sur une 
fausse étymologie vi-gata, cf. *Akada. 

BINIYA MfiMË = sk. vidyâ; td. *myô ij/J 
"Science" Dge. i, qui fait de ce terme un synonyme 
de *shingon jj^H" "Formule". — Te. bitei dans 
biteidarapitaka MB^t'^'J^^f^^vidyâdharapitaka, 
td. myôjujizô ^Bftt^i^ "Corbeille des détenteurs 
de (Formules de) Science" Ttt. 2066 il. 

BINZURUGA %WÊM T - 66 3 ni > 66 4 vn » ou 
bindora ^fêMk T. 665 ix, nom d'un roi-Yaksa ; td. 
ryûfudô ifc^ifr "debout immobile" Ttt. 1785 VI. 
Le texte sk. correspondant (Suvarnaprabhâsotta- 
marâjasûtra) paraît donner Pingala. 

BIRABA &BM Tt. 1602 x, ou binra fâ% Tt. 
1579 xxx, binra |j||g Tt. 1828 11 a, bira }|j||$[ Gog. 
xxii = sk. bilva, p. billa ; tib. bil ba. Nom d'un arbre 
et de son fruit, iEgle Marmelos. Gog. xxm Dans 
les pays occidentaux, les sacrificateurs utilisent cet 
arbre pour orner leurs cérémonies ; le fruit en est 
doré, et gros comme une orange (kanshi "tf "?)• Ttt. 
1828 11 a Le fruit ressemble au citron (ki 1$£) ; il est 
de couleur safran (*ukkon Çf jfc, sk. kuiikuma); dans 
les pays occidentaux, on le donne aux voyageurs 
en guise de porte-bonheur. 

BIRAMBA ^l;3g| Ttt. 2148 xlviii, Gog. 1, xvn, 

xxii, abr. biran jgjg T. 279 xm, Eog. 1 ; ou biran 

gjg, T. 278 v, Tt. 2042 v ; biramba f$Jg£| Tt. 1559 

xvi, Gog. xxv, abr. biran f^JK, Ttt. 2128 xlviii, 

Gog. 1, xvn, xxii ; beramba VXjÊLWk Tt. 1759 xxvn, 

Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, 2128 xlviii, Gog. I, XVII, 

xxii, Eog. 1, abr. beran Il£j|| Ttt. ib. ; beramba 

VKMM Tt. 1558 xxii, Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, abr. 

beran P^Hf, Ttt. 1821 xxii, 1822 xxii, Gog. xxv ; 

te. aberrantes : senramba fêll^ Gog. xxv, senran 

pË$£ Ttt. 2128 xlviii, Gog. 1, xvn, xxii, senran 

jtelJtij, Tt. 1548 vi, Gog. xvn, zuiramba |§i^^ Gog. 

■cxv, zuiran Bjffg Ttt. 2128 xlviii, Gog. 1, xvn, xxii 

l=sk. vairambha (cf. Divyâvadâna 105), p. verambha, 

Iveramba. — Nom d'un vent, td. jimmyôfû jfi^SL 

■ 'vent rapide et violent". — T. 278 v, 279 xm : De 

■nême que le vent Vairambha fait trembler la terre 

lentière, ainsi le Terrain de Mérite des B. ébranle 

Bes Etres des trois Plans. Cm. Eog. 1 donne les étyme- 

■ogies suivantes : (1) be $£ "disperser" (san gfc : sk. 

|vi préfixe ?) + ramba "atteint" (shoshi 0fjg : sk. 

Hambha ?) : tous les endroits atteints par ce vent sont 

Hdispersés et détruits ; (2) bi jg, négation (sk. vi 

fcréfixe) + ramb "tarder" (chi 5g : sk. lamb°): ce vent 

me tarde pas, il est très rapide et violent. Ib. Le 

(Cercle du vent cosmique qui soutient le Cercle de 

ll'eau porte le même nom que le Cercle de ce vent 

tlVairambha). — Tt. 1558 xxii ( = K. Lav. vi, 155) 



D'après certains maîtres, l'ascète doit suivre l'air 
qu'il expire jusqu'au Cercle du vent [qui soutient 
l'univers] et jusqu'au vent Vairambha. Cm. Ttt. 
1821 xxii, 1822 xxii : Vairambha est le nom d'un 
vent qui souffle à l'intérieur des Monts de Fer en- 
cerclant [l'univers à quatre continents ; sk. Cakravâda, 
cf. K. Lav. m, 141] ; d'autre part, d'après Para- 
mârtha, beramba ït^W^ signifie : "qui s'élève sans 
cesse", kôki fUS : c'est le vent qui fait tourner le 
soleil et la lune. — T. 310 xxxvn Grâce à ses Super- 
savoirs le B. arrête au moyen d'un seul poil le 
vent violent beransôga IJ^M.'fê'iÔn (**•£• vairambha- 
sangha ?), qui peut détruire les mondes des dix 
directions nombreux comme les grains de sable du 
Gange. Cm. Ttt. 2128 xm Ce nom désigne un grand 
vent d'ouragan qui souffle au moment de l'incendie 
cosmique à la fin des Périodes et peut détruire les 
mondes. — Tt. 2042 v (td. Przyluski 356) Même le vent 
violent Vairambha ne pourrait emporter les liens 
dont Mâra a été chargé par Upagupta. — Cf. *Barona. 

BIRANAKASHABA ffil^^^$^, te. d'un mot 
signifiant "tortue" Ttt. 213 1 vi. La seconde partie 
de ce terme correspond au sk. kasyapa, kacchapa, 
"tortue". 

BIRARI JfïPlJl^, nom d'une espèce de renard qui 
tue et dévore les hommes T. 1341 xv. — Sk. bidâla 
"chat" ? 

BIRIKU &mW Tt. 852 11 (p. 121 c) = sk. Bhrgu ; 
tib. nan spon "rejetant le mal", td. ch. kiaku 3f§3§ 
même sens Mvy. 3451. — Nom d'un Voyant qui 
figure parmi les assistants d'Agni (*Katen) au Sud 
de la Cour de Diamant extérieure dans le Cercle du 
Plan de Matrice ; toutefois dans les représentations 
"actuelles" (genzu JJJfw]) de ce Cercle au Japon, il 
est remplacé par la conjointe du Voyant Angiras 
(*Akeira) Mnkk. 505., avec lequel certaines sources 
le confondent Sfdk. ix. Dans Tt. 852 11 (p. 122 a), 
850 11 (p. 78 a), 851 11 (p. 103 b), son nom est te. 
gechiriga ^l^|ÏP qui paraît correspondre au sk. 
gargha (?). Il a pour Formule : Namo gautma mahâ- 
rsarh gargha svâhâ (sic) Tt. 850 11 (cf. p. 89 b), 851 
n, 852 11. — Mvy. 3573 le mentionne d'autre part 
dans une liste de rois mythiques. 

BIRISHAGANA $ÊM$Htiffl = sk. Vrsagana (Vâr- 
sagana), nom du roi-Dragon qui habitait un étang 
au pied des Monts Vindhya et enseigna le système 
Sârhkhya à Vindhyavâsa Ttt. 2049. 



BIRIYA mm Eog. 1, ou jggfjfô Ttt. 1851 
XII, MUfltë Bzm., abr. biri Jg^ = s k. vîrya, p. viriya 
"Bonne-volonté" ; td. *shôjin ||!/ijÊ, q.v. 



BIRUSHANA jgj 



= sk. Vairocana, nom 



BIRUSHANA 



78 



BISHAKYi! 



d'un B. ; cf. *Roshana et *Dainichi. 



BISASHA f$l£jRt Ttt. 2125 m, ou M~ Bzm. 44 
= sk. bhaisajya, p. bhesajja ; tib. rci, sman. Td. 
*yaku |§ "médicament", q.v. 

BISASHAHARISHIKARA B|ftJH:ftfllfe&!li= 
sk. bhaisajyapariskâra "Equipement de Remèdes", 
td. yakushigue iiîf j^t T. 1453 x. Un des treize 
Equipements du Moine mendiant ; cf. *Shigu. 



BISEIYA #CT Ttt. 1796 v, fèfâffl Tt. 850 11 
[= Vijayâ], ou bishaya Mït^P T. 848 iv, Tt. 851 il 
[= Vijayâ], bijaya #^$ Hizk. il, bijayu MMM 
Tt. 850 11 [=Vijaya], bijayoku fëfêM Tt. 851 11 
[=Vijaya] = [I] sk. Vijaya, td. saishô |||$£ "victoire 
suprême" ; troisième des cinq Buddhosnîsa (*Buc- 
chô; le second est Jaya) qui entourent Sâkyamuni 
dans la Cour de Sâkyamuni du Plan de Matrice 




Fig. 36. Biseiya (Vijayâ). 

Ttt. 1796 v ; il est de couleur jaune et tient un 
lotus dans la main gauche Hizk. 11 ; cf. *Kinrim- 
bucchô. — Aussi=[II] sk. Vijayâ, td. saishô H$£ "in- 
vincible", nom d'une des deux compagnes du Dieu 
du Soleil (*Nitten; l'autre est Jayâ) dans la Cour 
de Diamant extérieure du Plan de Matrice T. 848 
iv, Tt. 850 11, 851 11, Ttt. 1796 v; elle est de 
couleur chair et tient l'arc et la flèche Hizk. 11. 

BISHAFU M£#, ou Tt. 1509 ix bijobafu ?|&R 
^Ff, T. 411 vu bishôfu M^i?, Ttt. 1735 xx, 
Eog. 1 Jbishibabu ^^gR, T. 125 xlv bisharaba 



&&W&, Bjk. 1 bisha |££, fusha &£, T. 190 m 
bishamon jg^PJ, T. 4, 278 vu zuishô fê|^ = sk. 
visvabhû (°bhuj), p. vessabhû ; tib. kun skyobs 
"protecteur de tous". Td. issaishô — $)%$ "victo- 
rieux de tous" Tt. 1509 ix, hehissaijizai j||— "ÇJJêlE 
"souverain universel" (sk. bhuj "jouir de, régner") 
Ttt. 1735 xx, 213 1 I, Eog. 1 ; issaiu — -tJU4=f "existant 
universellement" (sk. bhû "devenir, être") Eog. I ; 
kôshô |§c^k "produisant largement" (sk. bhû, sens 
causatif) Bjk. 1 ; shujuhengen flîlflÊïi, Gog. xxi- 
xxii ou nôhengen gÊfj£ï| Ttt. 2128 xvm "produisant 
toutes sortes de transformations" (même étymologie). 
— Le troisième des sept B. du passé. — T. 1 1: Il 
apparut dans la 31 e des Périodes passées ; il apparte- 
nait à la caste des Ksatriya, au clan Kaundinya ; le 
roi son père avait nom Zentô ^® "bonne lampe" 
(sk. Supradîpa ? — le pâli, Dîg. Nik. xiv, a Suppatîta 
==sk. Supratîta auquel répond la te. de T. 2 sohara- 
teitsu lïÇ&fcJStJglSJJ ; T. 4 donne suharadaijosetsuri 
fè$.W&WMM), sa mère Shôkai ffê$ "moralité 
glorieuse" (p. Yasavatî = sk. Yasovatî, auquel ré- 
pond T. 4 yashaotsudai JflîïJjMti ! T. 2 donne 
harababatei Ml^lMS^sk. Prabhâvatî ?), sa ville 
de naissance Anupamâ ; à son époque la durée de la 
vie humaine était de 60.000 ans ; il avait un fils 
nommé Myôkaku %ty^ "Eveil merveilleux" (T. 4 : 
Suharawatsu M^^0). deux disciples, Fuyû $oS| 
et Uttama H£0 (P- Sona et Uttara ; T. 4 : Butsu- 
dai 4${g et Utta fg£ ; T. 2 : Yashutara ff$|£££), 
un disciple intendant nommé Jakumetsu yfëiÀËL 
"apaisement" (p. Upasannaka ; T. 2 : Upasento 
fèOTSf î T. 4 : Fukushiyô fê&M) ; son arbre 
d'Eveil fut le sala (cf. *Bodai) ; il prêcha la Loi à 
deux assemblées, la première de 70.000 disciples, 
la seconde de 60.000. — Cf. T. 643 x, et les autres 
sources citées s.v. *Butsu. 

BISHAJARASHO fè$?fflM#f = sk. Bhaisajyarâja 
T. 474 11. Nom d'un B. ; td. *Yakuô ||ZE. 

BISHAKA &M (ou &) $fl = sk. Visâkhâ ; nom 
d'un des huit Yaksa de la suite de Vaisravana (cf. 
*Bishamon) Ttt. 1796 v. Dge. xv td. daiman ;fcj$j 
"tout plein" ou jihô f$fë; "maintenant la Loi". 

BISHAKYA ^gfè, ou M£fê, #Wfê, beshakya 
Ç^^^ = sk. visâkhâ, nom d'une mansion lunaire ; 
ch. tei Jj£, tib. sa ga Mvy. 3200 ; td. littérale besshi 
glJ^J "branche (sâkha) à part (vi)" Gog. xvm ; autre 
td. fusshô $&J1. "étoile bouillonnante" (?) Ttt. 2040 
I. [Visâkhâ était aussi le nom personnel de Mrgâra- 
mâtâ (Rokushimo fê&'f'BiÙ, qui fit construire pour 
le B. un temple au Jetavana ; elle était née sous 
l'influence de cette mansion.] — Aussi — sk. vaisâkha,' 
nom du deuxième mois (avril-mai) ; tib. dpyid zlaî 
tha chun sa ga, ch. kishun -fê^ "3 e lune du prin-j 
temps" Mvy. 8263 ; td. Ttt. 1821 vm jôyô fk% 



BISHAKYA 



79 



BISHAMON 



croissance . 

BISHAMON S'^PI. ou Tt. 1509 liv Wfrft = 
sk. Vaisravana, Vaisramana, p. Vessavana ; tib. rnam 
thos bu, rnam thos sras "fils de celui qui est entière- 
ment entendu" (c.-à-d. du glorieux, sk. Visravas, 
jnom du père de Kuvera). Autres te. : (1) beishirabana 
k^R» Tt. 1298, bisharabana g (ou #) &lfê 
m<fi Gog. xix, Ttt. 2129 VI, qui répondent au sk. 
Vaisravana ; (2) mais la plupart des te. répondent 
pu sk. Vaisramana : beishiramana ^X^MkW-^ Tt. 
L 246, beisharamana V%%$&fêffl T. 9°* XI > heishi- 
jramana M^M^M T. 665 VI, Tt. 1246, beishiramana 
k^^ Ttt. 2129 vi, bishiramanô %%W$rMM 
JEog. 1, etc. — Nom d'un des quatre Dieux-Rois 
ï*Tennô X3Î) ', il préside au Nord, aux Yaksa, et 
aussi à la richesse, à la guerre, etc. — La plupart des 
îtd. de son nom reposent sur la forme sk. Vaisravana 
J' racine sru "entendre") : la plus courante est tamon 
%■% "beaucoup entendu", qui s'interprète de 
pifférentes façons : beaucoup de gens entendent 
oarler de sa richesse Gog. xix, Ttt. 2129 vi, ou de 
tes Mérites Eog. 1 ; il entend souvent prêcher la Loi, 
par c'est lui qui protège la Terrasse d'Eveil des B. 
Ttt:. 1721 xn ; les mêmes interprétations s'attachent 
lux td. fumon -^•[^ "vastement entendu", hemmon 
igfifl "partout entendu" Gog. xix, Ttt. 2129 VI. Gog. 
kix donne une td. rimon lH[îfj "séparément entendu" 
pu le préfixe sk. vi° (d'où vai°) est pris au sens 
! iéparatif . Enfin Eog. 1 donne une glose fantaisiste 
Ke la forme sk. Vaisramana : vai serait une exclama- 
ion précédant le mot sramana "moine" ; à l'origine 
pe roi s'appelait Kuvera (Kukotsura {f^Sfjl, à corr. 
[en Kubira {^Mft). mais il lui arriva un jour de 
•evêtir le Froc pour écouter prêcher le B. ; et lors- 
qu'il entra dans l'assemblée des auditeurs, ceux-ci se 
i pirent les uns aux autres : Vai, sramana ! vai, sramana! 
lé ! voici le moine, voici le moine ! D'où son nou- 
veau nom. — Comme régent du Nord, Vaisravana 
igure non seulement dans la série des quatre Dieux- 
lois, mais aussi dans celle des Dieux des huit direc- 
ions (*Happôten), des Douze Dieux (*Jûniten), etc. 
1 habite au Nord du Sumeru, soit sur le flanc Nord 
le la montagne à mi-hauteur, T. 24 vi et 25 vi, Ttt. 
121 1 (au sommet du Yugandhara, à 42.000 Lieues 
u-dessus de la terre), Tt. 1644 v (entre les deux 
ommets du Yugandhara), Tt. 1558 xi ( = K. Lav. 
H, 160 : sur la 4 e terrasse, à mi-hauteur du Su- 
eru, au niveau du sommet du Yugandhara, là où 
ont les châteaux du soleil et de la lune) ; soit à 1000 
ieues au Nord du Sumeru T. 1 xx, ou à 4000 
ieues T. 23 m. Il a trois villes, un parc, et un 
tang, dont les noms diffèrent selon les textes : 
première ville, T. 1 xx Kai pjg "redoutable", T. 
3 ni Shama $fg, T. 24 vi, 25 vi Bisharaba fg<£r 
W&; deuxième ville, T. 1 xx Tenkyô %%fc "vénérée 
es Dieux", T. 23 ni Hakaraotsu #£iJra£JàB> T. 24 vi, 



25 VI Gabahattei $$&$$& ; troisième ville, T. 1 xx 
Shûki 5jÇ|§ "tous les refuges" (ou : "refuge des 
assemblées"), T. 23 III Aniban PSJ/Ê^» T. 24 vi, 25 
Adabanta |&J^^^ (et cf. les te. suivantes désignant 
l'une des villes de Vaisravana : T. 310 II] *Atabattei 
P"»ÏP£$JS, T. 1245 Anakabatei H^&Mftfô' 999 
Anakabatei |5^^|$fjgi = sk. Atakavatî, Alakavatî ; T. 
982 11, Ttt. 2128x1 Anabanta j§^$6^,T. 984 1 Ata- 
banta M£-%à£>, 985 11 Katabanta 'ffl^Vfc&y T - 190 
11 Araka pslil^O, ib. xn Arakabanta WM^^Z-, Tt - 
1644 v Arakamanda psliJÊÏiîi^lS'Ë) ; le nom du parc 
est : T. 1 xx Kabientô ^JÊiiiSBJi, T. 23 III Kabienta 
$â§Lfê£', T. 24 VI, 25 VI Kabien j&Ufc&E ; le nom de 
l'étang : T. 1 xx Narinni $Jg$/E, T. 23 m Nari $jîflj, 
T. 24 vi Natsuini ffôffÊ/ê, T. 25 vi Nachini UflP.fô 
(sk. Nalinî, Nadinî). Vaisravana, qui est le plus 
important des quatre Rois, dispose seul d'un parc et 
d'un étang (et les trois autres Rois n'ont qu'une 
ville chacun) ; mais sa résidence communique par 
des escaliers avec celles des trois autres, qui vien- 
nent lui rendre visite et se promener dans son 
parc. Tt. 1644 v décrit en détail sa ville, ainsi que 
tout le royaume qu'il régit. — C'est lui qui protège 
le continent situé au Nord du Sumeru, l'Uttaravatî 
T. 397 Li, ou bien encore, au Sud du Sumeru, la 
partie septentrionale du Jambudvîpa T. 397 lu : 
c'est en effet, ajoute ce dernier texte, dans le 
Jambudvîpa qu'apparaissent les B., et c'est pourquoi 
Vaisravana y veille sur les quatre royaumes de 
Ôgamagada ^fjJ^VÊ. Bôgamagadha f&f^fl 
|?g, Abanta psf*^ et Shidai £$§ ; il en a reçu la 
mission du B. lui-même : avec ses 91 fils qui par- 
courent les dix directions, montés sur des animaux, 
des hommes, des femmes, et avec les Yaksa, les Râk- 
sasa, les Kumbhânda, les Trépassés, les Pisâca, les 
Dragons, les Dieux, les constellations qui forment 
son armée, il défend le bouddhisme et réprime le 
mal ; aux pieux fidèles, il assure cinq avantages : 
accroissement de vie, de richesse, de santé, de 
plaisir, de célébrité ; mais il abandonne les disciples 
pervers à la justice royale. — Dans T. 2043 vi et Tt. 
2042 vi, c'est d'Indra que Vaisravana reçoit, après 
la mort du B., la mission de protéger le bouddhisme 
dans la région du Nord, spécialement contre les 
attaques de trois rois cruels, Saka, Yavana, Pahlava. 
— Et en effet c'est dans les pays du Nord que Genjô 
(Hiuan-tsang) rencontra le culte de Vaisravana Ttt. 
2087 1 et xn : le grand couvent de Balkh était protégé 
par son image, qui avait miraculeusement fait échouer 
l'attaque armée d'un khan turc ; et les rois de Khotan 
prétendaient descendre de Vaisravana, leur premier 
ancêtre étant né du front de sa statue (sur cette 
dernière légende, cf. Kse. xlv). Ttt. 2126 11 insiste 
sur les rapports "très étroits" qui existaient entre 
Vaisravana et Khotan, et prétend même que son 
nom, Bishamon, était tiré d'un des noms du pays 
de Khotan, Bishabu If^pfl- Cf. aussi T. 982, 984, 



BISHAMON 



80 



BISHAMOIS 



985 (J. As. 1915, I, 53), qui assignent comme ré- 
sidence à Vaisravana le pays des Tukhâra. — Il préside 
aux Yaksa. La Mahâmâyûrî, T. 982, 984, 985, le 
mentionne lui-même comme Yaksa, à deux reprises, 
d'abord sous le nom de Vaisravana, puis sous celui 
de Vaisramana (J. As. 191 5 1, 53 et 58). — T. 279 
lxvii : Il est à la tête de la multitude des Yaksa. — 
Tt. 1644 v : Du Yugandhara jusqu'au Cakravâda 
septentrional, tous les Yaksa dépendent de lui. — 
T. 133 1 IV II prononce cette stance : Autrefois, 
cultivant l'Eveil, je me suis fait roi des démons 
(Yaksa) pour le bénéfice des Etres ; à ceux qui 
demeurent dans les ténèbres de l'Inscience, j'ouvre 
les yeux avec ma hache d'or ; et je les sauve des 
Transmigrations, et les élève au Nirvana. — Dans T. 
1245, texte tardif qui lui est spécialement consacré, 
il prononce un sûtra intitulé Adanôtei PRlIFÊ^iSf 
( = p. Âtânâtiyasutta du Dîg. Nik. xxxn, qui ne figure 
pas dans les td. ch. des Âgama ; cf. aussi Hœrnle, 
Manuscript Remains, 24 sq.), grâce auquel les 
disciples du B. peuvent se défendre contre ceux des 
Yaksa dépendant de Vaisravana qui sont incrédules 
et malfaisants. En réalité ce sûtra traite des quatre 
Rois, et le quatrième, qui régit le Nord, y est appelé 
le Yaksa Kuvera (cf. inf.) ; il a 91 fils nommés 
Taishaku $?f!g (nom désignant ordinairement De- 
vendra Sakra = Indra), qui sont soumis au B., et 
qui par leur exemple incitent tous les Yaksa à 
protéger le Nord. Dans le même texte T. 1245, 
Vaisravana prononce ensuite des Formules destinées 
à subjuguer les Gandharva malfaisants, qui sont ses 
propres frères, les Pisâca, les Kumbhânda, les 
Trépassés, les Dragons, etc. — Dans T. 999 1-11 
( = sk. Mahâsahasrapramardinî, cf. Mitra, Nepalesc 
Buddhist Literature, 166-167), Vaisravana enseigne 
également une Formule pour dompter les Yaksa 
qui enivrent les hommes, les hébètent, les rendent 
fous, les dévorent : C'est moi qui suis leur roi, 
déclare-t-il, et ils adorent la sainte image placée 
dans le stûpa que je tiens à la main. — Ib. Le B. 
enseigne la "Formule du roi Brahmâ" qui permet 
de soumettre le fils aîné de Kuvera, le grand Yaksa 
Sanjaya J|k^SF (sk. Sanjaya), qui chevauche un 
homme, et ses autres fils Janika Éf,flS2ïï» Daimi ;fc$ÉJs 
"grand démon" et Ufuku ^flg "jarre-ventre". — 
D'après Tt. 1509 liv et Ttt. 2129 vi, il préside à la 
fois aux Yaksa et aux Râksasa. — Tt. 1297: Lorsque 
Vaisravana est joyeux, les Yaksa ne nuisent point 
aux hommes ; lorsqu'il est en colère, ils causent du 
désordre. — T. 1 xx ( = Ttt. 2121 1) et T. 24 VI ( = 25 
vi) : Il est toujours accompagné de cinq Yaksa qui 
veillent sur sa personne : (1) T. 1 Hanjarô j^^^> 
T. 24 Gojô 2£3fc "cinq fois dix pieds" (sk. Pancâla) ; 
(2) T. 1 Dandara fëïP'gil. T. 24 Kôya jJgjfF "brousse" 
(cette dernière td. correspond au sk. Âtavaka, cf. 
*Atabaku) ; (3) T. 1 Keimabatsuda MBWt (sk. 
Haimavata), T. 24 Konsen ^-Uj "montagne d'or" 




Fig. 37. Bishamon (Plan de Matrice). 

Amrta). — Famille.— Tt. 850 



(sk. hema "or") 
(4) T. 1 Daigen 

mmii, t. 24 jô. 

shin JUJ- "lonf 
corps" ; (5) T. 
Shuitsuroma |tE)§ 
jfèj^, T. 24 shim- 
mô $f^ "aiguille' 
poil" (sk. Sucilo' 
ma). — Ou encore 
d'après une au tri 
liste donnée Bdjt 
1487 : (1) Zennik 
Ï?JÊA î (2) Dok. 
ken $3g| ; (3) Nats 
tHftl; (sk. Nada) 
(4) Kubatsura % 
HtSft(sk.Kubâra) 
(5)Kanro-H-|g(sk 
lui attribue hui 



frères, une mère et une grand 'mère. — D'après Std 
1, son père s'appelle Rabada |j/i2£|[P& ou Bananda 3g 
JUPE, et sa mère Mitsujaru fëÙ ou Sofu ffî.%-- 
Ses huit frères ne sont autres que les huit générauï 
Yaksa qui l'entourent dans le Cercle du Plan de Ma- 
trice Ttt. 1796 v : (1) Mânibhadra ; (2) Pûrnabhadra 
(3) Pâfïcika ; (4) Sâtagiri ; (5) Haimavata ; (6) Visâkha 
(7) Âtavaka ; (8) Pancâla ; le texte ajoute qu'ancien- 
nement Pâfïcika, le 3 e , était nommé Sanjaya [pour h 
restitution de ces noms en sk., cf. J.As. 1915, 1].— 
Selon T. 1245 cité sup., il a pour frères les Gan- 
dharva. — Quant à ses fils, le nombre et les noms er 
varient selon les textes. L'aîné est le plus souvent 
appelé Nata ^jî(F£ ( = sk. Nada ; cf. Nada-Kûbara 
nom du fils de Kuvera dans la mythologie hindoue) 
C'est lui qui aurait remis au maître ch. Dôsen îftjÉ 
une dent du B. volée à Indra par les Râksasa Ttt 
2061 (cf. *Butsuge). On raconte aussi, dans la secti 
Zen, qu'il se rompit les os et se déchira la chai: 
pour les restituer à ses père et mère, puis leur apparu 
et leur prêcha la 
Loi Gte. 11 ; mais 
cette légende 
n'est pas attestée 
dans les textes 
canoniques Stj. 
VI. Selon Bdjt. 
1297, Nada a 
trois faces et huit 
bras ; mais un, 
Rituel qui lui 
est consacré, Tt. 
1247, rapporte 

qu'il tient une 
, , . . Fig. 38. Bishamon (Plan de Diamant). 

dent dans la main 

gauche, une lance* à trois pointes dans la droite, es! 

de couleur bleu-noir mêlée de rouge, et foule un 




rSHAMON 



81 



BISHAMON 



Yaksinî ; d'après cç Rituel, du reste, Nada n'est 
pas le fils de Vaisravana mais son petit-fils, plus 
ment le 3 e fils de son 2 e fils (lui-même 
nommé Hanshika ^^jjQ = sk. Pâncika, Hmjr. 813) ; 
ç'esl un démon terrible qui protège l'Etat et le 
bouddhisme en réprimant les méchants, auxquels 
il arrache les yeux et le cœur, brise la tête avec 
son bâton de Diamant, etc. — Comme on l'a vu 
dans plusieurs des passages précités, Vaisravana 
est souvent identifié à Kuvera, le dieu hindou de 
la richesse ; à ce titre il préside à la richesse 
(cf. *Kubira). Dans T. 397 lu il est régulière- 
nent désigné sous le double nom Kuvera -Vaisra- 
vana (Kubira-Bishamon $Jf$j$Èi£$?n) ; et tandis 
que l'Asokâvadâna Tt. 2042 vi l'appelle Bishamon, 
le passage correspondant de l'Asokasûtra T. 2043 
vi le nomme Kubira. — Sa richesse est proverbiale : 
la fortune d'un maître de maison de Râjagrha 
est comparée à la sienne T. 703 ; T. 279 lxxvii 
compare les Amis-de-bien (*zennu) à Vaisravana, la 
Loi à ses trésors, les Pratiques à sa fortune, ou 
encore ib. lxxviii l'Esprit d'Eveil à Vaisravana qui 
supprime la douleur de la pauvreté. Dans T. 190 
xii il est appelé "propriétaire d'un grand dépôt de 
trésors" daikozôshu ^f^f^^r. ; dans Tt. 201 11 
(td. Huber 59), Indra et Vaisravana sont cités comme 
des richards peu généreux. — Dans un conte de T. 
202 iv, il apparaît à la laïque Upasenâ (ou Mahâsenâ) 
au moment où celle-ci récite le Dharmapada sur le 
toit de sa maison : elle entend une voix dans les 
airs ; c'est Vaisravana qui se rend chez Virûpaksa, 
accompagné de ses mille Yaksa ; il dit à Upasenâ : Si 
je te donnais des joyaux célestes, tu ne saurais qu'en 
faire ; je vais donc te donner une bonne parole . . . 
L'Ekottarâgama T. 125 xxvi rapporte l'histoire 
de Keizu ff|gfj "tête de coq", un brahmane qui, 
trop pauvre pour offrir de la nourriture au B. et à 
sa suite invités à Kapilavastu, avait été expulsé de la 
confrérie locale des brahmanes ; il emprunte de 
l'argent à un notable de la ville, en promettant de 
se vendre comme esclave pour payer sa dette ; les 
brahmanes acceptent son argent, mais refusent de 
lever l'expulsion prononcée. Sur l'ordre du B., 
Indra et Vaisravana viennent à son secours. Vaisra- 
vana fait chercher dans la Forêt de Santal une grande 
cuisine de fer où ses cinq cents Yaksa préparent le 
epas du B. ; il remet au brahmane une barre d'or 
qui, jetée à terre, se transforme en cent milliers 
l'onces d'or ; avec cet or, le brahmane achète des 
nets que cuisent les Yaksa, et peut ainsi offrir un 
nagnifique festin au B., à ses moines et à tous 
es Arhat miraculeusement présents. — Dans le 
Suvarnaprabhâsottamarâjasûtra T. 665 vi (passage 
nanquant aux autres recensions, T. 663 et 664 ; 
:'est sur ce texte que repose un sûtra spécial plus 
ardif, T. 1244), Vaisravana enseigne la "Formule de 
a Gemme-de-désirs", qui, prononcée selon certains 



rites, fait apparaître devant le fidèle le fils de Vaisra- 
vana, Zennishi j^U.^ [T. 1244 Shanisa $CflB^?] ; 
celui-ci demande au fidèle : Pourquoi appelles-tu 
mon père ? Le fidèle répond : Je désire des richesses 
pour les offrir aux Trois Joyaux. Vaisravana enjoint 
alors à son fils d'assurer au fidèle un don quotidien 
de cent kârsâpana [T. 1244 "pièces d'or"] ; le fidèle 
devra les dépenser en offrandes aux Trois Joyaux et 
en aumônes aux pauvres. Puis le Dieu-Roi ajoute : 
Si le fidèle veut me voir en personne, qu'il peigne 
l'image du B. [T. 1244: Sâkyamuni prêchant la 
Loi], avec à sa gauche *Kichijôten (Sri) et moi- 
même à sa droite, et toutes sortes d'assistants des 
deux sexes. . .Qu'il accomplisse devant cette image 
certains rites, prononce une longue Formule. . .Alors 
je lui apparaîtrai sous la forme d'un jeune homme 
ou d'un vieux Moine mendiant [T. 1244 d'un 
Laïc], tenant la Gemme-de-désirs [T. 1244 dans 
ma main droite] et un sac d'or [T. 1244 une boîte 
d'or dans ma main gauche] ; et j'exaucerai tous 
ses vœux, et le rendrai riche. . . — Enfin Vaisravana 
était vénéré en Chine et au Japon comme un dieu 
de la guerre. Tt. 1248 donne une Formule inti- 
tulée "Formule du Dieu-Roi du Nord, Vaisramana, 
qui suit les armées pour protéger la Loi" : si l'on 
prononce cette Formule devant une image de Vai- 
sramana, — qui représente le Dieu-Roi sous un aspect 
terrible, revêtu d'une cuirasse, tenant dans la 
main gauche une lance et dans la droite, posée sur 
la hanche, un stûpa qu'il offre au B. Sâkyamuni, et 
foulant deux Yaksinî noires, — il envoie son troisième 
fils Nada aux côtés de ceux qui dirigent des troupes 
pour protéger leur pays ; ou encore, si l'on enduit 
d'or en poudre la cuirasse de son image et qu'on lui 
offre des parfums, des fleurs et des mets en pronon- 
çant sa Formule cent mille fois, il prend lui-même le 
commandement de ses troupes célestes et vient 
seconder son fidèle, auquel il assure la victoire ; ou 
encore, si on la récite sans arrêt jour et nuit, il délègue 
son prince héritier Dokken ^|É à la tête des troupes 
célestes ; ou encore, on peut suspendre son image à 
une hampe et la porter en guise de bannière à quinze 
pas devant l'armée, ce qui rendra l'ennemi impuis- 
sant. — Un Rituel de même titre Tt. 1247 ("Rituel 
du Dieu-Roi du Nord, Vaisravana, qui suit les 
armées pour protéger la Loi"), plus spécialement 
consacré à Nada (cf. sup.), ajoute en colophon que, 
lors des "grands troubles des cinq royaumes", on 
essaya vainement, pendant huit mois, toutes sortes 
d'autres cérémonies ; seul le rite prescrit dans ce 
texte s'avéra efficace pour rétablir la paix. — Il s'agit 
des troubles qui éclatèrent en Asie Centrale à la fin 
du règne de Gensô (Hiuan-tsong) ^^ sous ^ a 
dynastie des Tô (T'ang) Jg, et par les "cinq 
royaumes" il faut entendre cinq peuples étrangers 
qui assiégèrent alors la ville de Ansei (Ngansi) 5£:i5. 
L'affaire est rapportée en détail dans le "Rituel de 



BISHAMON 



82 



BISHAMON 



Vaisravana" Tt. 1249 ( — Ttt. 2126 n dont le texte 
est plus correct) : En la i re année Tempo %% (T'ien- 
pao, 742 A.D.), les cinq royaumes de Seiban jS^ 
(Tibet), Daiseki ^^ (Arabes), Kôko /HU (Sogdiens) 
et autres, assiégèrent la ville de Ansei. Le 11 e jour de 
la 2 e lune, un rapport fut présenté à l'empereur pour 
demander des troupes de secours. L'empereur dit 
au maître Ichigyô — ff : Professeur, la ville de Ansei 
est assiégée par les Arabes et autres, et réclame des 
troupes ; mais comme elle est située à une distance 
de 12.000 lieues, il faudrait huit mois pour que mes 
troupes y arrivent, et je ne sais que faire. Ichigyô 
répliqua : Pourquoi Votre Majesté n'invoquerait-elle 
pas à son aide le Dieu-Roi du Nord, Vaisravana, avec 
ses troupes célestes ? — Comment puis-je l'invoquer ? 
— Par l'entremise du moine sérindien Daikôchi ^kjfê 
^?(Ttt. 2126 [et Std. 1] : Amoghavajra). — L'empereur 
fit mander ce moine, qui l'invita à se munir d'un 
brûle-parfum et à le suivre dans le sanctuaire ; le 
moine prononça vingt-sept fois une Formule [tirée 
de T. 246, ajoute Ttt. 2126] ; l'empereur vit alors 
apparaître des centaines de soldats en armes, et le 
moine lui expliqua que c'étaient les troupes du deu- 
xième fils de Vaisravana, Dokken $§{it, qui venaient 
prendre congé avant de partir pour Ansei. A la 4 e 
lune, on reçut un rapport de Ansei déclarant que, 
le jour même de cette cérémonie, on avait vu ap- 
paraître au Nord-Est de la ville, enveloppés d'un 
brouillard obscur, des géants revêtus de cuirasses 
d'or ; on avait entendu un vacarme de tambours et 
de cornes, et ressenti un grand tremblement de 
terre ; les troupes des cinq royaumes, épouvantées, 
s'étaient retirées dans leurs camps, où des rats d'or 
avaient rongé les cordes de leurs arcs et de leurs 
arbalètes ; une voix dans les airs avait ordonné 
d'épargner les vieillards et les faibles qui ne pouvaient 
s'enfuir. Puis Vaisravana s'était manifesté en per- 
sonne sur la porte septentrionale de la ville ; on avait 
dessiné son image, qui était jointe au rapport adressé 
à l'empereur. — A la suite de ces événements, con- 
tinue Ttt. 2126 11, un édit impérial ordonna à tous 
les fonctionnaires provinciaux de faire placer à l'angle 
Nord-Ouest des villes des images de Vaisravana et 
de ses assistants, et à tous les monastères bouddhi- 
ques de lui consacrer un édifice spécial ; et depuis 
lors, ajoute ce texte qui date du X e siècle, il est 
d'usage dans les préfectures de faire des offrandes 
à Vaisravana le premier jour de chaque lune, en 
exécutant des chants et des danses : c'est ce 
qu'on appelle "réjouir le Dieu-Roi", rakutennô ^| 
JOE- — Tt. 1249, citant les paroles du même moine 
Daikôchi ^JH^?, donne un programme mensuel des 
faits et gestes de Vaisravana : le I er jour de chaque 
lune, il tient une réunion avec les dieux et les 
démons ; le 11 e jour, il prend congé de son deuxième 
fils Dokken qui part en tournée d'inspection ; le 
15 e jour, il tient une réunion avec les trois autres 



Dieux-Rois ; le 12 e jour, il échange un stûpa avec 
son fils Nada : ce jour-là, il faut lui offrir du riz 
glutineux avec du lait ou du miel. — Dans le Japon 
médiéval, Vaisravana était le patron (mamori horizon 
'!f^.^i) des guerriers, qui recevaient parfois dans 
leur enfance le surnom de Tamommaru &$ï\$l, 
comme ce fut le cas d'un célèbre héros du xiv e 
siècle, Kusunoki Masashige fp|îE^C- — Dans l'Es., il 
a pour Germe : vai, pour Formes de Convention 
le bâton ou le stûpa ; nombreuses sont ses 
Formules : la plus usuelle paraît être simplement 
son nom précédé de : Namo. Son Sceau principal 
est le suivant : les annulaires sont dressés l'un 
contre l'autre, les index sont recourbés comme des 
crochets, les autres doigts sont entrecroisés à l'inté- 
rieur des paumes T. 1244 ; mais il a plusieurs autres 
Sceaux. — Iconographie. — Vaisravana est figuré au 
Japon comme un guerrier cuirassé ; ses attributs sont 
généralement le bâton (sk. danda) et le stûpa. Ce 
type est conforme aux textes suivants : T. 1244 Sur 
la paume de la main gauche il tient un stûpa qu'il 
regarde, et dans sa 
main droite un bâton. 
Id. Tt. 1293 (couleur 
bleu-noir, vêtements 
rouges, cheveux vio- 
lets) ; id. aussi Tt. 
1298, qui ajoute que 
son corps est doré, 
qu'il est revêtu de la 
cuirasse, assis sur deux 
démons et assisté de 
deux Déesses lui 
offrant des fleurs (fig. 
Kkzs. vi, 2244) ; et 
Tt. 908 qui omet les 
Déesses (fig. Asbs. vi, 
2026). C'est ce dernier 
type que reproduisent 
les Cercles du Plan de 
Matrice (porte Nord 
de la Cour de Diamant 
extérieure) et du Plan 
de Diamant (où 
Vaisravana préside 
aux Yaksa à l'Ouest) ; 
toutefois il y a pour 
siège un lotus au lieu 
des deux démons, et 
la cuirasse diffère dans 
les deux Cercles (Bzss. Fi ^- 39- Tobatsu-Bishamon. 

fig- 327-328). — Souvent le bâton est remplacé par; 
une longue lance, généralement à triple pointe et àj 
banderole: Tt. 1248 II tient dans sa main gauche j 
une lance, sa droite est posée sur sa hanche ; ilj 
foule deux Yaksinî noires et offre un stûpa au B. 
Sâkyamuni. T. 901 xi Sa gauche tient une*lance, 




BISHAMON 



83 



BISHASHA 



sa droite un stûpa (fig. Kkzs. vi, 2242 ; c'est sous 
cet aspect qu'il est généralement figuré dans la série 
populaire des sept divinités du bonheur, Shichifu- 
kujin 4jjjii|ljji"S ; cf. aussi la statue conservée au Hôryûji 
fc&iHï'tr"» ou il foule un démon unique [pi. vu]). 
Tt. 1246 : Il tient dans sa gauche une lance à trois 
pointes ; sa droite est sur sa hanche (fig. Asbs. vi, 
2026 ; ce type s'est conservé au Kuramadera $£JI§^r* 
près de Kyoto, temple consacré à Vaisravana ; cf. 
Renondeau, BEFEO XXVI, 259 sq.). Ib. et Tt. 125 1 
I mentionnent un type tenant à gauche un stûpa et 
foulant trois Yaksa, dont le central est soit la déesse 
de la Terre (*Jiten iJË;?;). s °it Vinâyaka (*Binayaka), 
les deux autres étant identifiés à *Biramba j^j§jjj3|| et 
à Niramba /ËH^ (?). Cf. Tt. 1203 : Il est monté sur 
un démon, porte un stûpa à droite et de sa main 




Fig. 40. Sôshin-Bishamon. 

» gauche se tient la hanche. — Autres attributs : Tt. 

j 1067 stûpa à gauche, épée à droite, cuirasse, face 
jaune, coiffure de joyaux, aspect courroucé. Tt. 1068 : 
stûpa à gauche, Diamant [massue] à droite, couleur 
violette. T. 951 1 : lance à gauche, Diamant à droite. 
Kkzs. vi, 2241 (fig. ib. 2243) : lotus à gauche, lance 
à triple pointe à droite, corps doré, cuirasse, sabre ; 
sur la coiffure, un oiseau rouge. Tt. 926 : Il a le 
corps vert et tient une fourche. — Dans la tradition 
lamaïque, Vaisravana tient dans sa main droite une 
bannière et dans sa gauche un rat crachant des 



Joyaux (Grûnwedel, Myth. 181). — En Chine, la 
coutume moderne, qui lui attribue une bannière et 
un stûpa, paraît être un compromis entre la tradition 
ch. classique, attestée par les textes cités ci-dessus 
et conservée au Japon (cf. aussi BEFEO XXV, 440 
sq.), et la tradition lamaïque. — Types aberrants. — 
Dans la secte Taimitsu (branche es. du Tendai), on 
célèbre un rite dit: Hûmkhadaya (cf. Tt. 2151), en 
l'honneur d'un "Vaisravana à double corps" (Sôshin- 
Bishamon fÇit'lêc^'PI) Q u i est une combinaison de 
Vaisravana et de la déesse *Kichijôten (Srî) Asbs. vi ; 
les deux personnages sont représentés dos à dos, avec 
des faces rouges à trois yeux, des vêtements noirs, des 
cuirasses ; l'un tient un Diamant, l'autre une Roue 
(fig. Asbs. vi, 2046). Ce type iconographique, connu 
au Japon dès 1264 A.D. (Asbs. vi, 2047), paraît se 
rattacher à un texte de T. 665 vi où Vaisravana est 
associé à Srî (cf. sup.) ; du reste, Vaisravana et Srî 
figurent fréquemment côte à côte dans les textes es., 
p. ex. Tt. 1249 init., Tt. 850, etc. Plus tard, les 
deux personnages furent considérés comme des méta- 
morphoses de Vairocana, d'une part dans le Plan de 
Matrice, de l'autre dans le Plan de Diamant, leur 
combinaison symbolisant l'identité des deux Plans 
Hmjr. 892.— Tobatsu-Bishamon %1& (ou J$) Jg$?f"ï 
est une forme de Vaisravana qui serait apparue au 
roi d'un pays de Tobatsu ^^ ou JTopara §[S$£|$ 
Asbs. vi, 2028-2029 ; on le représente soit sous 
l'aspect normal de Vaisravana, portant un stûpa sur 
sa main gauche, debout sur la déesse de la Terre qui 
soutient ses pieds et est flanquée de deux démons 
(statue du Tôji ^^p de Kyoto, Bdjt. pi. xcvn ; cf. 
sup. le texte de Tt. 1246), soit chevauchant un lion 
et pourvu de quatre têtes et de dix mains dont huit 
tiennent des sabres (tôhachi J] J\ pour tobatsu JÏÏIS ; 
fig. Bdji. 3517). — Une autre forme à dix mains est 
mentionnée Asbs. VI, 2054-5, qui la fait remonter 
au XI e siècle : la peau est rouge, les vêtements noirs ; 
deux des dix mains sont jointes, les autres tiennent, 
à gauche : (1) le stûpa, (2) la clochette, (3) la Roue, 
(4) la flèche et la corde, et à droite : (1) la faucille, 
(2) le sabre, (3) l'arc, (4) le Diamant. 

BISHARA jg|îil = sk. Visâla ? Nom d'un roi 
divin qui protégea, pendant la traversée d'Inde en 
Chine, la statue de santal du B. envoyée par le roi 
de Srâvastî, en 511, à l'empereur Wou des Leang 
Ttt. 2035 xxxvn. 



BISHARA I$g|l = sk. vicâra "Décision" ; td. 
*shi fpj Gog. xxili. 

BISHASHA M&j§ Tt. 850 11, 851 11, Ttt. 1796 
x, Gog. xxi, xxiv, Mvy. 4756, ou bishasha l||~ T. 
410 1, Tt. 1558 11, Gog. xxi, bishasha ^ffîtH Gog, 
xiv, hishasha Jt^il T. 982 11, bishaja M^SÎ T - 
279 xlvii, 984 11, Gog. xxi, Eog. n = sk. pisâca, p. 



BISHASHA 



84 



BISHUKATSUMA 



pisâca ; tib. Mvy. 4756 sa za "mangeur de chair". 
— Nom d'une classe de Trépassés. — Td. T. 984 11 
tenki pgf^î, "démons fous", Gog. xxi tenkyôki J^JE 
}j& id. ; Ttt. 1796 x gokkuso $&£%£ " trè s doulou- 
reux". — Gog. xxi et xxiv Ils sont éminents entre 
tous les Trépassés. — Tt. 1558 11 ( = K. Lav. I, 52) 
Leur œil est Contreheurté par l'eau comme par le 
sec. — Eog. 1 Leur nom signifie "démons qui dévo- 
rent les âmes" kanshôki R$J#jf jfë, ; avec les Gandharva, 
ils relèvent de l'autorité de Dhrtarâstra, roi céleste 
de l'Est. — Bbkw. 601 Ils forment la dernière des 
vingt-huit classes d'Etres qui accompagnent Kannon 
aux mille mains. — Dans l'Es., ils figurent avec leurs 
conjointes, les Pisâcî (te. bishashi JË^^C, ~ / $ï), au 
Sud de la Cour extérieure de Diamant dans le 
Cercle du Plan de Matrice ; ils sont représentés 
comme des démons émaciés qui dévorent des 
mains humaines, boivent du sang, etc. Le Sceau 
des Pisâca consiste à entrecroiser les doigts des deux 
mains recourbés (ainsi que font les chrétiens pour 
prier), sauf les deux médius qui sont dressés et 
tendus l'un contre l'autre, comme une aiguille ; pour 
les Pisâcî, les médius sont arrondis en forme de 
cercle, au lieu d'être tendus Hmjr. 891. La Formule 
des Pisâca est : [Namah samantabuddhânâm] pisâ- 




Fig. 41. Bishasha (Pisâca). 

cagati [svâhâ], et celle des Pisâcî : Pisi pisi (te. hishi 
hishi Jfcgjfci ou hiji hiji Jfcfôjfcfff) Tt. 850 11. 
Mais d'après Ttt. 1796 x cette dernière Formule 
(te. hishi hishi J£i p! Jti Hî ) serait celle des Pisâca ; ib. 
en donne l'interprétation suivante : pi signifie Sens- 
ultime (sk. paramârtha), si signifie extinction (sk. 
sântâ) ; pisi signifie donc : le Sens-ultime, c'est l'ex- 
tinction. — Au Japon, dans les couvents des sectes 
Shingon et Zen, les Pisâca sont devenus les dieux 
des lieux d'aisance, shishin $f\jjfll : on y inscrit leur 
nom ou leur Formule. 



BISHAYA ^,^-tJÎ Ttt. 1796 x, ou MïW Bzm. 
= sk. visaya ; td. *kyôgai Jj^^Ç. "Domaine", ou koku 
[§§ "royaume" qui correspond plutôt au sk. ksetra 
(cf. *Bukkyô, *Butsudo). 

BISHIBA jgïi3£g=sk. visva, nom d'un vent Tt. 
1579 xxvn ; cm. Ttt. 1828 td. "ayant toutes sortes 
d'ornements" (sk. visva "tout"). Ttt. 2128 xlviii 
donne une td. fuku ^vfô "non pourri" qui semble 
reposer sur une interprétation fantaisiste : vi, préfixe 
privatif -f racine svâ "être gonflé" (par la pourriture). 
— Aussi nom d'un médicament T. 676 ; Gog. xxi 
td. ushujukunô ^HM^bÊ "ayant toutes sortes de 
vertus efficaces" (panacée). 



BISHIKISHA M$£ii = sk. vieikitsâ Ttt. 1830 
vi b ; td. *gi ^ "Scepticisme". 

BISHISHA ^f»$; = sk. visesa "Spécification", 
une des catégories du système Vaisesika Ttt. 1827 
1 b. Td. anc. éc. bessô %\\fâ Ttt. 1827 1 b ; nouv. 
éc. dôi |n) 



BISHISHARANASAMPANNA f$ (ou J£) &M 
iJ/î#$H|8!HJ = sk. vidyâcaranasampanna, td. *myôgyô- 
soku niîff Je. "pleinement doué des Sciences et des 
Pratiques" T. 223 Vlll, 614 I [corr. fjjl] en {£], Tt. 
1509 11, Gog. m ; 4 e des appellations du B., cf. 
*Butsu. 

BISHITABATA JgB§£3g£=sk. vijitavat "ayant 
vaincu", td. shôsha $?fé ; un des noms du soleil T. 
1340 VI. 

BISHITTARA MK£|fê=sk. vicitra "bariolé, 
divers, merveilleux"; td. zen f| "excellent", tangon 
j^H "orné", etc. Ttt. 1796 1. 

BISHUKATSUMA ^MWM T - 25 vu, 202 1, 
Tt. 1509 IV, ou bishukatsuma ®r$~ T. 694 I, 
bishitsubakatsuma $êMW~ Tt - T 5 62 XII > abr - 
bishu jg"^" = sk. Visvakarman, p. Vissakamma. Td. 
shujukugô HHllil "toutes sortes de travaux" 
Gog. xxv, qui remarque que dans les pays occiden- 
taux les artisans sacrifient à ce Dieu. — Nom de 
l'architecte et artisan des Dieux dans la mythologie 
hindoue. Dans le bouddhisme, où il reçoit le titre 
de Dieu ou de fils-de-Dieu, il accompagne ordinaire- 
ment Indra, p. ex. T. 202 1 et Tt. 1509 IV où Indra 
se transforme en faucon et Visvakarman en pigeon 
afin d'éprouver le roi Sibi, qui fait don de sa chair 
pour sauver le pigeon. — C'est lui qui, métamorphosé 
en homme, sculpte une statue du B. pour le roi 
Udayana T. 694 I, ou aussi pour le roi Prasenajit 
Ttt. 1912 1 (cf. *Butsuzô) ; c'est lui qui fabrique des | 
colliers et bracelets de Joyaux pour Indra et les I 
Dieux Trente-trois T. 25 vu. — ~sammaya ~H$ 



13ISIIUKATSUMA 



85 



BODAI 



$ft, nom d'une des formés de Vairocana ; T. 865 11 
en fait un Bs., et T. 867 décrit son Sceau; cf. 
Mvy. 4310. 

BISHUSHARANA jtifôljfôlgj!, td. kansha $i# 
"celui qui regarde", nom du soleil T. 1340 VI (sk. 
visvacârana "espion universel" ?). 

BITAKA M1fiji = sk. vitarka, td. *jin *$ "Délibé- 
ration" ; cf. Gog. xxiii, qui mentionne une ancienne 
td. kakkan jfêM- 

BODAI |£fë = sk. p. bodhi ; tib. byan chub — 
Eveil. — Td. anc. éc. dô îff "voie", chi £fl "savoir", 
chi ^g» "Connaissance", chic ^^- "Sapience" (p. 
ex. Tt. 1509 xliv) ; nouv. éc. kaku %& "Eveil". — 
L'emploi du terme dô "Voie", pour traduire bodhi, 
semble dû à l'influence du vocabulaire taoïque sur 
les premiers traducteurs. Quand Genjô(Hiuan-tsang) 
* introduisit un système de traduction plus rigoureux, 
le mot dô fut réservé pour servir d'équivalent au sk. 
mârga. L'adoption d'un nouveau terme par Genjô 
(Hiuan-tsang) provoqua une controverse avec les 
docteurs taoïstes à l'occasion d'une td.sk. du Dôtoku- 
kyô (Tao tô king) jH^J^ exécutée en 647 par ordre 
impérial pour répondre à une demande du roi de 
Kâmarûpa, Bhâskaravarman Ttt. 2104 11 ; cf. Pelliot, 
Autour d'une traduction sanscrite du Tao tô king, 
T'oung Pao 191 2, 405-407. Kiki ^[JE, le fameux dis- 
ciple de Genjô (Hiuan-tsang), renouvelle la condam- 
nation portée par son maître contre l'emploi du terme 
dô, Ttt. 1830 1. Des trois autres termes qui avaient 
servi à rendre le mot bodhi, deux : chi ^ et chie 
^fït, ont été affectés dans l'école nouvelle à la td. 
respectivement du sk. jnâna "Connaissance" et 
prajnâ "Sapience". — Aperçu. — Avant de discuter 
la signification du terme bodai = bodhi, il est néces- 
saire d'écarter au préalable une conception trop 
répandue, et néanmoins erronée. On croit communé- 
ment que la bodhi est la marque caractéristique des 
B., parce que le premier terme est l'abstrait tiré de 
la racine verbale qui, au participe — plus exactement 
un adjectif verbal — , a fourni l'appellation de Buddha 
(racine budh, bodh "s'éveiller" ; bodh-i "éveil" ; 
buddha [budh + ta] "éveillé"). Au reste, cette fâcheu- 
se confusion ne date pas des temps modernes ; elle 
avait cours déjà dans certaines écoles anciennes. Le 
Kathâvatthu pâli, que la tradition singhalaise prétend 
rattacher au Concile d'Asoka, et qui passe en revue, 
pour les condamner, une longue série de proposi- 
tions suspectes, réfute, assez laborieusement, la 
thèse que la bodhi fait le B. (iv, 6) ; le cm. nous 
apprend que l'école des Uttarâpathaka (Septentrio- 
naux), entre autres, admettait cette thèse. Mais, 
comme le rappelle justement le même cm., il ne faut 
pas perdre de vue que bodhi, au propre, désigne l'in- 
tuition des quatre Chemins (Entrée-dans-le-courant, 



Retour-unique, Sans-retour, Arhat) ; s'éveiller, c'est 
parcourir les stages qui de l'ignorance conduisent 
au salut ; mais il n'est nullement besoin d'être un 
Eveillé, un B., pour avoir cet Eveil. On comprend 
dès lors que le roi Asoka, retraçant les débuts 
de son évolution spirituelle, écrive : "Autrefois 
les rois se mettaient en route pour des parties de 
plaisir. . . Sa Majesté le roi, dans la onzième année 
après son couronnement, s'est mis en route pour 
la sambodhi" (i er édit sur roc). Ce passage a exercé 
l'ingéniosité des interprètes ; la sambodhi, la com- 
plète bodhi, n'est que le couronnement normal 
d'une carrière réglée par la religion. La méthode 
d'entraînement qui permet de la parcourir de bout 
en bout distingue trente-sept genres d'exercices, qui 
ont tous pour objet de purifier l'esprit, d'éliminer 
les troubles des passions ; le Milinda 33 ( = T. 1670 
1) a raison de leur assigner comme base commune les 
Défenses : c'est une discipline de morale ascétique 
qui aboutit à la défaite suprême du mal, c'est-à-dire 
de la douleur. Lorsqu'enfin le postulant peut se 
dire, dans toute la netteté de sa conscience : J'ai 
éliminé la Douleur, je n'aurai plus à éliminer la 
Douleur, il atteint l'Eveil dans l'espace de vingt- 
quatre moments. — Tel est du moins l'Eveil chez 
les Auditeurs et les B.-pour-soi. Mais chez un B. 
proprement dit, l'Eveil a une autre nature ; au témoi- 
gnage du cm. sur le Kathâvatthu déjà mentionné, 
"la bodhi des B. consiste dans l'intuition universelle, 
dans l'omniscience". Elle est de l'ordre de la con- 
naissance ; elle est aussi de l'ordre du transcendant, 
de l'absolu. Le G. V. est tout entier contenu en puis- 
sance dans cette opposition entre les deux bodhi, 
reconnue aussi par le P.V. qui se borne à l'impliquer, 
tandis que le G. V. la développe à satiété. La bodhi 
des B., c'est l'Eveil-correct-complet-sans-supérieur ; 
c'est le Grand-Eveil ; c'est l'Eveil-complet-manifeste, 
et les multiples désignations qui lui sont appliquées 
en vertu d'un long usage prennent dans les écoles 
des valeurs spécifiques. Les raffinements d'une 
métaphysique subtile qui se plaît à spéculer sur les 
rapports de l'absolu et du relatif, du transcendant et 
du contingent, amènent à analyser en plusieurs 
éléments la bodhi même des B. : on distingue des 
bodhi particulières pour chacun des Corps (de 
Métamorphose, de Fruition, d'Essence, etc.) où 
s'hypostasie le B. — Entre les deux pôles de la bodhi, 
Auditeurs et B.-pour-soi d'une part, B. de l'autre, 
et pour les relier par une chaîne continue, vient dès 
lors se placer une classe d'Etres que le P.V. n'ignore 
pas, mais que le G.V. multiplie à l'échelle de sa 
cosmologie, les Bs., "Etres de la bodhi", ou plus 
justement encore "héros de la bodhi" comme tradui- 
sent les interprètes tibétains, incarnations vivantes 
et frémissantes d'un concept sèchement monastique 
à son origine. Théoriquement B. en devenir, ils 
égalent en fait et tendent même à éclipser les B. par 



BODAI - 86 

le prestige de la bodhi toute seule, recherchée ou 
acquise, dédaigneux de ce Nirvana qui semblait en 
être le fruit inséparable: chez eux la connaissance 
de la Douleur, sublimée, s'est transformée en retour 
à l'action pour sauver les autres ; le sentiment de la 
Douleur, sublimé, s'est transformé en compassion 
pour aller à leur secours.— Textes divers.— Abhi- 
dharmakoêa Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. VI, 282) : La 
Connaissance de l'Epuisement (jinchi ^§\ sk. 
ksayajnâna) et la Connaissance du Sans-Production 
(mushôchi M!&n> sk - anutpâdajnâna), c'est l'Eveil. . . 
Par ces deux Connaissances, on abandonne complè- 
tement l'Inscience : par la première, on sait en toute 
vérité que la tâche est accomplie (la Douleur a été 
reconnue) ; par la seconde, on sait que la tâche ne 
sera plus à accomplir (la Douleur, une fois reconnue, 
ne sera plus à éliminer). — Ib. v ( = K. Lav. il, 
205) : Le sage conquiert l'Eveil en trente-quatre 
moments : seize constituent l'attestation des Vérités, 
dix-huit constituent l'élimination des Passions. — 
Ib. xxiii ( = K. Lav. VI, 177) : Les B. et les B.- 
pour-soi vont jusqu'à l'Eveil en une . séance, en 
s 'appuyant sur la quatrième et dernière Extase, parce 
que cette Extase est une Concentration sans-Portée 
(*fukyôdô ^fSt&» sk - âninjya) et tout-aiguë (*myôri 
B^jfl], sk. patu).— Ib. xxv ( = K. Lav. vi, 282) 
distingue trois Eveils ; cf. inf. — Mahâprajnâpâra- 
mitâiâstra Tt. 1509 lxxxv (cm. à cette définition 
donnée par le B. à Subhûti : On appelle Eveil le 
Vide, l'Ainsité, l'Essencité, l'Ultime Réalité) : On 
appelle Eveil la Sapience de Caractère Réel, qui 
correspond à la Concentration du Vide, et par 
laquelle sont connues l'Ainsité, l'Essencité, l'Ultime 
Réalité (jissai ^^, sk. bhûtakoti) ; c'est cette 
Sapience de Réalité qui est dite Eveil. La Sapience 
des trois voies de Catéchumènes (Entrés-dans-le- 
courant, à Retour-unique, Sans-retour) n'est point 
dite Eveil, car ils n'ont pas tranché les Passions ; on 
nomme Eveil la Sapience des trois Hors-catéchisme 
[Arhat, B.-pour-soi, B.] qui ont à jamais épuisé 
l'Inscience, sans résidu. Et l'on ne peut appliquer le 
terme d'Eveil correct-complet-sans-supérieur aux 
deux Hors-catéchisme [Arhat et B.-pour-soi] qui 
n'ont pas atteint l'Omniscience ni le savoir correct 
et complet (shôhenchi jFJffl£fl> sk - samyaksambodhi] : 
la Sapience du B., seul parmi les hommes, est dite 
Eveil correct-complet-sans-supérieur [anuttarasam- 
yaksambodhi]. "Eveil" a aussi un Sens nominal et 
formel (*myôsô ^^0), verbal et graphique. Son 
Sens Réel échappe à l'analyse et à la destruction. Et 
il est Ainsi, non différent, permanent, sans fausseté ; 
car chez les Etres la Sapience comporte des supério- 
rités graduelles, mais celle du B. est sans-supérieure. 
De même les Essences comportent des supériorités 
graduelles, des antérieures, qui sont fausses, aux 
ultérieures qui sont vraies et réelles ; mais quand on 
parvient à l'Eveil il n'y a plus rien qui soit plus 



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réel : aussi l'Eveil est-il dit Réalité.. .Selon certains, 
les Sens de l'Eveil sont innombrables, infinis ; seul 
un B. peut les connaître tous, les autres hommes 
n'en ont qu'une connaissance partielle. De même 
les joyaux accumulés dans le trésor d'un roi Tour- 
nant-la-Roue ne sont connus que s'il les distribue : 
chacun connaît alors ce qu'il reçoit... Ib. lui 
distingue trois Eveils (cf. inf.), et ajoute : On donne 
le nom d'Eveil à la Sapience pure et immaculée des 
Hors-catéchisme. Les Bs. ont une grande Sapience, 
mais elle ne reçoit pas le nom d'Eveil parce qu'ils 
n'ont pas épuisé les Imprégnations des Passions. . . 
Ib. xliv bodhi est traduit par mujôchie M-h*mM> 
sk. anuttarâ prajnâ. — Ib. ic On dit proches de 
l'Eveil correct-complet-sans-supérieur ceux qui ont 
obtenu les Caractères de Corps d'Essence ; on les 
dit proches, parce qu'ils n'ont pas encore atteint 
l'Omniscience. — Ib. xc Selon la Vérité Vulgaire, on 
parle d'atteindre l'Eveil ; mais au Sens-ultime, rien 
n'existe du Formel jusqu'à l'Eveil y compris. — Ib. 
lui Cinq Eveils ; cf. inf. — Upâsakaêîlasûtra T. 1488 
1 (Vinaya du G.V.) : On appelle B. ceux qui ont 
obtenu l'Eveil, et Bs. ceux qui ne l'ont pas obtenu 
. . .Les Etres ne possèdent point [nécessairement] 
la nature d'Eveil, de même qu'ils ne possèdent point 
[nécessairement] soit la nature d'hommes ou de 
Dieux, soit la nature de lions, de loups, de chiens, 
etc. C'est à cause des Facteurs d'actes bons ou 
mauvais, accumulés par eux jusqu'à leur existence 
présente, qu'ils ont telle ou telle nature. De même 
sont dits Bs. ceux qui, ayant accumulé des Facteurs 
d'actes bons, ont produit l'Esprit d'Eveil. Il est 
faux de dire que tous le Etres possèdent la nature 
d'Eveil, car s'ils la possédaient ils n'auraient pas à 
cultiver les Facteurs d'actes bons.. .Ils peuvent ne 
pas la posséder antérieurement, et la posséder ul- 
térieurement ; on ne peut dire qu'ils la possèdent 
par détermination. — Suit un chapitre sur les trois 
Eveils ; cf. inf. — VimalakîrtinirdeÉasûtra T. 475 I : 
Si Maitreya atteint l'Eveil correct-complet-sans- 
supérieur, tous les Etres doivent aussi l'atteindre. 
Pourquoi cela ? Tous les Etres ont le Caractère 
d'Eveil... O Maitreya! Fais donc en sorte que 
ces fils-de-Dieux abandonnent la Vue d'un Eveil 
particularisé. Comment cela ? L'Eveil ne peut être 
atteint ni par le corps ni par l'esprit. L'Eveil est 
extinction, car tous les Caractères y sont éteints ; 
non-Inspection, car il est détaché de tous les 
Facteurs ; sans pratiques pieuses, car il ne comporte 
pas de mémoire ; élimination, car il est exempt de 
Vues : détachement, car il est détaché des illusions ; 
Obstruction, car il n'admet pas de Vœu ; sans 
accès, car il est étranger à toute convoitise ; con- 
forme, c'est-à-dire conforme à l'Ainsité ; stable, ou 
stabilisé dans l'Essencité ; arrivé, car il est arrivé 
à l'Ultime Réalité ; sans-dualité, car il est en dehors 
des Essences du Mental ; Egal, étant égal au vide ; 



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Inopérant, étant sans production ni stabilité ni dis- 
parition ; savoir, car il pénètre l'activité de l'Esprit 
des Etres ; insaisissable, étant sans accès ; non com- 
posé, étant exempt des Imprégnations des Passions ; 
sans lieu, étant sans forme ; il est Dénomination- 
fictive, car son nom est Vide ; pareil à une fan- 
tasmagorie, car il est sans prise ni rejet ; non 
troublé, étant éternellement paisible ; bon apaise- 
ment, car il est pur ; sans prise, car il échappe aux 
Facteurs ; non différent, car il est l'Egalité de toutes 
les Essences ; incomparable, car rien ne lui est com- 
parable ; subtil, car l'Essence en est inconnaissable. 
— Ratnakûta T. 310 xxvn Dialogue sur l'Eveil entre 
Manjusrî et Mâra, qui a pris la forme du B. assis 
sur un lotus. Manjusrî lui demande s'il a atteint 
l'Eveil. Mâra répond : Le Bg. lui-même ne peut 
l'atteindre ; comment le pourrais-je ? L'Eveil a le 
Caractère de Rétribution ; on ne peut l'atteindre 
sans Désir, sans Déflexion vers la Libération [et par 
«conséquent un B. ne peut l'atteindre], etc. Suite de 
sophismes tendant à prouver l'impossibilité d'at- 
teindre l'Eveil. — Ib. xxxix L'Eveil est sans accès ni 
issue. . . C'est un autre nom du Vide. Ib. i.x Manjusrî 
dit : Je ne recherche pas l'Eveil, car il est Imper- 
cevable ; le rechercher serait convoitise, xcvin 
L'Eveil est une Essence sans différences ; à Manjusrî 
déclarant que tous les Profanes doivent le rechercher, 
Sumatidhârikâ réplique : Tu admets donc une dif- 
férence entre l'Eveil et les Profanes ! — Ratnamegha- 
sûtra T. 660 ix L'Eveil n'est qu'une Dénomination- 
fictive ; au Sens Ultime il est Impercevable. — 
Avatamsaka T. 279 lu L'Eveil étant sans Caractères, 
il n'y a pas de différence à l'accomplir ou non. — 
T. 464 Sûtra de l'interrogation de Manjusrî sur 
l'Eveil (titre sk. Gayâéîrsa) : Venant d'atteindre 
l'Eveil à Gayâsîrsa, le B. entre en Concentration 
et se demande comment il l'a atteint : par le corps 
ou par l'Esprit ? Ce ne peut être par le corps, 
périssable et sans intelligence ; or l'Eveil n'a de 
nom que selon la Vérité Vulgaire : il est sans forme, 
sans Formel, sans détermination, sans Caractère, 
sans direction, sans accès, sans vie ; il dépasse tout 
langage, transcende les trois Plans ; il est sans vue, 
sans ouïe, sans perception, sans savoir. . .Si d'autre 
part il est atteint par l'Esprit, l'Esprit est produit 
par des Facteurs ; étant produit par des Facteurs, il 
est vide comme une fantasmagorie, sans lieu, sans 
Caractères, sans Nature, sans existence.. .Les Es- 
sences par lesquelles on atteint l'Eveil correct- 
complet-sans-supérieur sont donc toutes vides ; ce 
ne sont que des noms d'usage vulgaire ; en réalité 
elles n'ont ni existence, ni base, ni Substantiel, ni 
Caractère ; il n'y a rien qui puisse être atteint par ces 
Essences ; il n'y a pas d'Essences utilisables pour 
atteindre l'Eveil, et par conséquent pas d'Eveil. 
Pénétrer cela, c'est justement ce qu'on appelle l'Eveil. 
...Manjusrî demande alors comment les Laïcs 



87 BODAI 

peuvent produire l'Esprit d'Eveil. Réponse : Con- 
formément au Caractère de l'Eveil. — Quel est ce 
Caractère ? — Il transcende les trois Plans, dépasse 
tout langage. C'est en éteignant toute "production" 
que l'on "produit" l'Esprit d'Eveil ; la production 
de l'Eveil est non-production.. .La fin de l'opuscule 
porte sur la voie des Bs.— Catégories numériques. 
— Trois Eveils : (I) (a) Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. vi, 
282) Eveil des Auditeurs, Eveil des B.-pour-soi, 
Eveil correct-complet-sans-supérieur. — (b) Tt. 150g 
lui (cf. sup.) Eveil des Arhat, des B.-pour-soi, des 
B. — (c) T. 1488 1 chap. sur les trois Eveils, des 
Auditeurs, des B.-pour-soi, des B. : Si l'on appelle 
B. ceux qui ont atteint l'Eveil, pourquoi les Auditeurs 
et les B.-pour-soi ne reçoivent-ils pas le nom de B. ? 
Si l'on appelle B. ceux qui ont l'intuition (kaku <ffi 
= Eveil) de TEssencité, pourquoi ne pas donner ce 
nom aux Auditeurs et aux B.-pour-soi qui ont aussi 
cette intuition ? Si les Omniscients sont appelés B., 
pourquoi refuser ce nom aux Auditeurs et aux B.- 
pour-soi qui le sont également ? — Parce qu'il y a 
trois Eveils. Les Auditeurs atteignent l'Eveil en 
écoutant ; les B.-pour-soi, en réfléchissant, et ils 
ne comprennent qu'une partie de la vérité ; les B. 
l'atteignent par leurs pratiques. Les Tg. comprennent 
toute chose sans maître, sans écouter, sans méditer, 
par l'effet de leurs pratiques ; eux seuls sont appelés 
B. Les deux autres ne connaissent que le Caractère 
général de TEssencité ; les B. en connaissent les 
Caractères particuliers. Les Tg. possèdent la con- 
naissance des Facteurs ; les deux autres connaissent 
les quatre Vérités, mais non les Facteurs. L'eau du 
Gange étant comparée à la rivière des douze Facteurs, 
l'Auditeur est pareil au lièvre qui traverse le fleuve 
sans en connaître la profondeur ; le B.-pour-soi, au 
cheval qui la connaît aux moments où il touche le 
fond ; le B. est comme l'éléphant qui en connaît 
toute la profondeur. Les Auditeurs et les B.-pour-soi 
ont tranché les Passions, mais non les Imprégnations ; 
les Tg. ont tout arraché jusqu'à la racine. Ils ont 
tranché le Doute Passionné, mais non le Doute 
Indéfini ; les Tg. ont tranché ces deux Doutes. Les 
Auditeurs ont du dégoût pour l'Erudition, et les B.- 
pour-soi pour la réflexion ; les Tg. n'en ont ni pour 
l'une ni pour l'autre. C'est comme un objet pur 
placé dans un récipient pur : chez les Auditeurs et 
les B.-pour-soi, la Connaissance est pure, mais non 
le récipient ; chez les Tg., Connaissance et récipient 
sont purs. Chez ceux-là la Connaissance est pure, 
non la pratique ; chez ceux-ci tous deux sont purs. 
— (d) Tt. 1545 cxliii long développement analogue 
au texte précité. — Cf. aussi Tt. 1585 II. — (II) Trois 
Eveils correspondant aux trois Corps de B. (sambu- 
tsubodai H#î£î§) Tt. 1520 ; Ttt. 1918 ix ; Ttt. 
1716 x : (1) Eveil du Corps de Métamorphose (ôge- 
shimbodai Mb#Ï5r#i) : ex. T. 262 v (-Lotus 188) 
le Bs. Sâkyamuni qui sort du palais de Kapilavastu et 



BODAI 

qui atteint l'Eveil à Gayâ ; (2) Eveil du B. de Fruition 
(hôbutsubodai f|x#t£éi) : c ' est celui °i ui est atteint 
après la pratique des Dix Terres et le Nirvana : ex. 
ib. ( = Lotus 192) où le B. déclare qu'il a atteint 
l'Eveil depuis d'innombrables Périodes ; (3) Eveil 
du B. d'Essence (hôbutsudai ï&$iJt!ir#§) : c'est l'Eveil 
permanent, sans disparition ni extinction ; c'est la 
Nature de Matrice de B., en éternel Nirvana ; tous 
les Etres y participent : ex. ib. ( = Lotus 193) où le 
Tg. voit les trois Plans dans leur Ultime Réalité, hors 
de toute contingence. — Cinq Eveils, Tt. 1509 LUI, 
mis en correspondance avec les Degrés (cf. *Gojûnii) 
de la carrière du Bs. : (1) Eveil de la Production 
d'Esprit (hosshimbodai It'll^îë) : c'est la vertu du 
Bs. des dix degrés de Foi, qui fait Vœu d'accomplir 
l'Eveil sans-supérieur ; l'Eveil n'est encore contenu 
là que comme un effet latent. (2) Eveil de l'Esprit 
dompté (bukushimbodai i^'L^H) : c'est la vertu 
du Bs. qui écrase et surmonte ses Passions et son 
Esprit par l'exercice des Perfections ; il correspond 
aux dix degrés de Résidence, aux dix de Conduite 
et aux dix de Déflexion. (3) Eveil de l'Esprit de 
Science (myôshimbodai Hfl'L^U!)» obtenu par l'Ins- 
pection de toutes les Essences des trois Plans, la 
compréhension de leurs Caractères général et parti- 
culiers, et de leur intégrale pureté : il est un Caractère 
de la Perfection de Sapience et correspond aux dix 
degrés des Terres. (4) Eveil de sortie et d'arrivée 
(shuttôbodai fHïlJ^îê) : sortie des trois Plans, 
arrivée à l'Omniscience ; correspond au degré de 
l'Eveil Merveilleux. (5) Eveil sans-supérieur (mujô- 
bodai ^_h^tê) : c'est l'Eveil des Bs. du 52 e et 
dernier degré, celui de l'Eveil Egal ; il est caractérisé 
par l'Eveil correct-complet-sans-supérieur, atteint 
sur la Terrasse de l'Eveil quand toutes les Passions 
sont tranchées. — Variétés de l'Eveil. — Daibodai % 
^5fH!, sk. mahâbodhi. — Grand-Eveil. — L'Eveil des 
B. par opposition à celui des Auditeurs et des 
B.-pour-soi. Tt. 1604 11 ( = éd. Lévi p. 14) L'Esprit- 
en-travail des Bs. a une grande force de poussée 
puisqu'il fait surgir le Grand-Eveil ; il a un double 
Sens, en tant qu'il a pour Objectifs le Grand-Eveil 
et le profit des Etres. Aussi Tt. 1585 il. — Sambodai 
H^r$| (ou sambôji S^lflg^ ) = sk. p. sambodhi ; tib. 
rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet. — Td. shôgaku 
EU, shôtôgaku 3E^^.— Genzentôgaku 3gfi|^$ 
["Eveil Actuel et Egal"], sk. abhisambodhi, tib. 
mnon par rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet 
manifeste. — Tt. 1579 xlvii ( = Bodhisattvabhûmi, 
vihârapatala, éd. Rahder p. 1) : La Résidence de 
Tg. dépasse toutes les Résidences de Bs. ; c'est la 
Résidence de la Grande Bodai d'Eveil complet 
manifeste (le texte sk. diffère un peu : trayodasas ca 
tâthâgatavihâro yo'sya bhavaty abhisambodher 
niruttaro vihârah). Cf. aussi Tt. 1604 1 ( = éd. Lévi 
P- 3-4) '■> et *Abisambutsuda. — Sammyakusambodai 
HlêHiïSI (ou sammyakusambôji ~HfôfiÈ) = sk. 



88 BODAI 



samyaksambodhi, p. sammâsambodhi ; tib. yah dag 
par rjogs pa'i byan chub. — Eveil complet correct. 
— Td. anc. éc. shôhenchi jE^I£fl "savoir correct et 
complet", ou shôshindô .IEjR-jM "voie correcte et 
vraie" ; nouv. éc. shôtôgaku .TE^p'fS "Eveil correct 
et égal", ou shôtôshôgaku lE^ÏIl^ "Eveil correct, 
égal, correct". — Anokutarasammyakusambodai |îi'l|^ 
£>%k=M=Mfè, abr. anokubodai pm^Vk m 
anuttarasamyaksambodhi, p. an°sammasanv ; tib. bla 
na med pa yah dag par rjogs pa'i byan chub. — Eveil 
correct-complet-sans-supérieur. — Td. anc. éc. mujô- 
shôhenchi 4bê±jE|^£U, ou ~chi ~*g, ou ~dô ~j! ; 
nouv. éc. mujôshôtôshôgaku M.hlE^fjE^t- Ttt. 1723 
11 (de Kiki) analyse ce dernier terme ainsi : mujô 
= anuttara, shô = sam, tô = myak, shô = sam, gaku = 
bodhi ; manifestement, dans cette explication, le mot 
tô %£ "Egal" du chinois rend l'afnxe yak (yanc) du 
sk. Le même texte distingue de plus quatre sortes 
d'Eveil : (1) Eveil sans-supérieur, mujô : c'est le 
terme le plus général pour désigner le Plan d'Essence 
de l'Eveil. (2) Eveil correct, shô : c'est le terme 
employé par opposition à l'Eveil pervers des héré- 
tiques ; c'est celui des Arhat. (3) Eveil égal, tô : par 
opposition à l'Eveil inégal des deux Véhicules — des 
Auditeurs et des B.-pour-soi qui comprennent seule- 
ment le Vide des naissances ; (4) Eveil correct répété, 
ushô XïE : par opposition à celui des Bs. qui n'est 
pas complet ; il est propre aux B. — Termes com- 
posés. — Bodaibun 3¥|§#- [I], sk. bodhipaksa, p. b° 
pakkha ; tib. byan chub kyi phyogs. — Ailes de 
l'Eveil. — Td. anc. éc. bodaibun "parties de l'Eveil"; 
bodaibunhô ^tUfrfife "Essences des parties de 
l'Eveil" (sk. bodhipaksikadharma, p. bodhipakkhiya- 
dhamma) ; [dôjhon [£Ë]pq "Rubriques [de la Voie]", 
ou hongyô nriff, ou encore (p. ex. T. 1670) hongyô 
tmWL '■> nouv. éc. kakushi J^;£ "branches de l'Eveil", 
kakubun ^St "parties de l'Eveil". — Groupe de 
trente-sept Essences considérées comme les auxi- 
liaires de l'Eveil et réparties généralement en sept 
catégories (shichika -£;$•) : ( a ) quatre *nenju Ï&.&, 
sk. smrtyupasthâna, Aide-Mémoire ; (b) quatre 
*shôdan JEHJf, sk. samyakprahâna, Eliminations 
Correctes (ou parfois shôgon jEiJÎJ, sk. samyakpra- 
dhâna, Efforts Corrects); (c) quatre *jinsoku fliijJjSJËL, sk. 
rddhipâda, Pieds de Magie ; (d) cinq *kon $H, sk. 
indriya, Organes ; (e) cinq *riki j) , sk. bala, Forces ; 
(f) sept bodaibun ^|î§5r (plus communément 
kakubun %fr ; cf. inf. [II]), sk. bodhyahga, Mem- 
bres de l'Eveil ; (g) huit *shôdôbun §23li5r, sk. 
âryamârgâhga, Membres du Chemin Saint [cf. ces 
divers termes]. — Tt. 1509 xix discute un ensemble 
de questions posées au sujet des Ailes de l'Eveil : 
La Prajnâ Pâramitâ dit que les Bs. doivent posséder 
les trente-sept Ailes de l'Eveil du fait du Sans- 
Production. Comment l'expliquer? Si on demande 
pourquoi ces Ailes de l'Eveil sont mentionnées à 
propos des Bs., alors qu'elles appartiennent en] 



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propre à la Voie des Auditeurs et des B.-pour-soi, 
la réponse est : Les Bs. Grands-Etres doivent étudier 
toutes les Bonnes Essences, toutes les Voies... Du 
reste, où est-il dit que les trente-sept soient particu- 
lières aux Auditeurs et aux B.-pour-soi ? Dans cette 
section du G.V. qui est la Prajnâ Pâramitâ, le B. dit 
que ces Ailes appartiennent aux Trois Corbeilles 
du G.V., non point qu'elles sont propres au P.V. Par 
grande Compassion, le B. énonce les trente-sept 
catégories de la Voie du Nirvana ; c'est selon leurs 
Vœux et leurs Facteurs que les Etres obtiennent 
chacun leur Voie : qui fait Vœu d'être Auditeur le 
devient. . .qui fait Vœu d'être B. le devient. Si la 
Compassion du B. paraît plus ou moins grande, c'est 
en raison de la diversité des Vœux des Etres et de 
leurs Organes plus ou moins aiguisés. De même la 
pluie versée par le roi-Dragon tombe partout 
également ; mais les grands arbres en reçoivent 
davantage en raison de la force de leurs racines. Il 

"est exact, répliquera-t-on, que nul texte ne stipule 
formellement [que les trente-sept Ailes sont réservées 
aux deux Véhicules inférieurs] ; mais on peut l'in- 
férer par le raisonnement : en effet, les Bs. demeurent 
longtemps dans les Transmigrations, ils circulent 
dans les cinq Destinations sans se hâter d'arriver au 
Nirvana ; or les trente-sept Ailes n'ont rien à faire 
avec les Perfections, ni avec la grande Compassion ; 
elles se rapportent exclusivement à l'Essence du 
Nirvana : donc elles ne relèvent pas de la voie des 
Bs. Nous répondons : Oui, les Bs. demeurent long- 
temps dans les Transmigrations, mais ce n'est pas 
sans connaître et différencier la voie fausse et la vraie, 
la Mondanité et le Nirvana. Cette connaissance une 
fois acquise, ils font le grand Vœu de sauver les 
Etres. . .Ils possèdent bien cette connaissance, qu'ils 
continuent à étudier ; néanmoins ils ne vont pas 
jusqu'à l'attester [par le Nirvana], car ils n'ont pas 
encore les six Perfections au complet... Le B. l'a 
dit : C'est comme un archer qui tire dans l'espace 
flèche sur flèche, de sorte que l'une chasse l'autre 
et l'empêche de tomber à terre ; le Bs. décoche dans 
l'espace des Trois Libérations [Mvy. 1542- 1544] la 
flèche de la Perfection de Sapience, et pour l'em- 
pêcher de tomber sur le sol du Nirvana, il décoche 
sur elle la flèche du Moyen (de salut d 'autrui). De 

|| plus, si les Bs. restent longtemps dans les Trans- 
migrations, ils doivent y éprouver une multitude de 

[tourments de corps et d'esprit ; comment pourraient- 

j ils les supporter s'ils n'avaient la connaissance réelle ? 

Il C'est pourquoi les Bs., quand ils s'occupent de la 

i connaissance réelle [que sont] ces trente-sept Ailes, 
peuvent, par la force de la Perfection de Sapience, 
transformer le Mondain en Nirvana de Fruit. En 

'effet, le Mondain des trois Plans est produit par 
Réunion ; ce qui est produit par Réunion n'a pas de 
j Nature-propre, et est donc Vide ; le Vide ne peut 
re pris ; or le Nirvana a ce Caractère de ne pouvoir 



être pris ; c'est pourquoi il est dit : Les Bs. Grands- 
Etres. . .doivent posséder les Ailes de l'Eveil du fait 
du Sans-Production ... Les trente-sept Ailes, c'est 
la Terre de la Connaissance Réelle. Mais, dira-t-on, 
si les quatre Aide-Mémoire suffisent pour atteindre 
la Voie, à quoi bon parler de trente-sept Ailes ? Et 
si c'est pour abréger que vous parlez de quatre, et 
que vous parlez de trente-sept par développement, 
vous avez tort : car au point de vue du développe- 
ment, il faudrait parler d'Ailes innombrables. Nous 
répondons : Les quatre suffisent pour atteindre la 
Voie ; mais il faut aussi parler des autres. En effet, 
les Etres sont de toutes sortes. . .l'Essence de B. est 
unique ; et c'est en vue des Etres qu'il fait des ex- 
plications diverses . . . De même un seul médicament 
ne suffit pas au médecin pour soigner toutes les 
maladies.. .Les trente-sept se ramènent en principe 
à dix Essences : Foi, Défenses, Recherche-mentale, 
Bonne-volonté, Mémoire, Concentration, Sapience, 
Détente, Joie, Apathie... Le texte justifie ensuite 
l'ordre de classement adopté pour les sept catégories : 
quatre Aide-Mémoire, etc. Pourquoi placer en 
premier lieu les quatre Aide-Mémoire et en dernier 
lieu les Membres du Chemin, alors qu'il faut marcher 
dans un chemin avant d'atteindre le but ? On ré- 
pond : Les trente-sept sont un procédé d'enseigne- 
ment pour l'entrée dans le Chemin ; lorsque le 
Pratiquant vient trouver le Maître, il lui faut d'abord 
retenir par la mémoire l'Essence de la Voie : c'est 
le moment des Aide-Mémoire. Puis quand il a retenu 
[la leçon], il faut qu'il en tire le fruit : c'est alors 

l'affaire de la Bonne-volonté ; etc — La question 

du groupement des Ailes en Rubriques d'Essences : 
Foi, Défenses, etc., est débattue ausi par la Vibhâsâ 
Tt. 1545 xcvi, et le Kosa Tt. 1558 xxv ( = Lav. vi, 
284) ; les deux ouvrages présentent de frappantes 
analogies. Le Kosa donne la répartition suivante : 
Sapience, Bonne-volonté, Concentration, Foi, Mé- 
moire, Joie, Apathie, Détente, Défenses, Délibéra- 
tion. La Vibhâsâ admet des classements en 11 et 
en 12 catégories. Tt. 1579 xxix et lvii donne des 
listes de 9 ou de il. — Ailleurs encore, les Ailes de 
l'Eveil sont réparties en relation avec les Perfections 
Ttt. 1912 vu b [secte Tendai]. — Le Kosa loc. cit., et 
la Vibhâsâ loc. cit., justifient l'ordre de classement 
des sept catégories, en mentionnant deux traditions 
divergentes. Tt. 1558 xxv ( = K. Lav. VI, 190) dis- 
tingue de plus les catégories de Membres de l'Eveil 
(f) et de Membres du Chemin (g) qui sont toujours 
sans-Ecoulement, d'une part, et d'autre part les 
autres catégories (a-e) qui sont susceptibles d'être 
sans-Ecoulement ou à-Ecoulement, selon les Terres. 
Mais d'après Tt. 1579 xxvm, lxxi, lxxii, même les 
Membres de l'Eveil et les Membres du Chemin sont 
susceptibles d'être à-Ecoulement s'ils ont pour 
Nature-propre l'Imagination ; ils ne sont sans- 
Ecoulement que s'ils ont pour Nature-propre la 



BODAI 90 



connaissance correcte. Tt. 1545 xcvi et Tt. 1558 
xxv ( = K. Lav. vi, 291) ont enfin une répartition 
des trente-sept en rapport avec les Terres [de l'ordre 
de l'Extase ; cf. T. 1558 xxiv = K. Lav. vi, 228, et 
Mvy. 1478- 1486] : les Ailes ne sont au complet que 
dans la Terre de la première Extase ; graduellement 
leur nombre se réduit à 36, 35, 32, et 22 enfin dans 
les stages extrêmes du Plan du Désir et du Dernier 
Etage de l'Existence. — Ttt. 191 1 vu a [secte Tendai] 
enseigne quatre combinaisons des Ailes : (1) tôbun 
%5ï, lot de convenance : un seul des sept groupes 
peut suffire ("convenir") pour atteindre la Voie ; p. 
ex. les quatre Aide-Mémoire, d'après Tt. 1509 xix ; 
(2) sôshô yfBSi, de contenance mutuelle : chacun des 
sept groupes contient tous les autres, et réciproque- 
ment ; p. ex. les Aide-Mémoire contiennent les autres 
et y sont contenus, d'après ib. ; (3) taii HH£, d'assi- 
gnation respective : p. ex. les sept Membres de l'Eveil 
assignés au Chemin des Exercices, les huit Membres 
du Chemin assignés au Chemin de la Vue ; (4) sôshô 
%ÛëE> de production mutuelle : chacun des sept 
groupes sort du précédent, et le dépasse en profon- 
deur. — Un texte spécial T. 472 : Bodhipaksanirdesa- 
sûtra (cf. Mvy. 1382 ; titre sk. inexact dans Nj. 792) 
traite des trente-sept Ailes ; le B. au Pic du Vautour 
les définit dans un sermon adressé à Manjusrî. — 
Outre la liste classique des trente-sept Ailes, il existait 
sporadiquement des listes aberrantes : p. ex. Tt. 1545 
xcvi les Vibhajyavâdin ont une liste de 41 par l'ad- 
dition des quatre Tiges de Saints [sur lesquelles Tt. 
1558 xxn = K. Lav. vi, 146-148] ; une des recensions 
de T. 1670 donne une liste de 32, en confondant en 
un seul groupe de cinq les Organes et les Forces 
(BEFEO XXIV, 109 n. 3), et le texte pâli corres- 
pondant, Milinda 33, énumère les sept catégories 
dans un ordre aberrant : Organes, Forces, Membres 
de l'Eveil, Membres du Chemin, Aide-Mémoire, 



BODAI 

Efforts Corrects, Pieds de Magie ; autres listes aber- 
rantes dans les textes palis, K. Lav. vi, 281 n. 1. 
— Bodaibun3£fêfr [II], ou plus généralement kakul 
bun ||5h sk. bodhyanga, p. bojjhanga ; tib. byan 
chub kyi yan lag. — Membres de l'Eveil. — Autres td. 
kakui %£M, "esprit d'Eveil", kakushi jlfc^i "branche 
de l'Eveil" ; aussi hengakubun î^^^ "parties de 
l'Eveil complet" ou tôgakushi %?§&&. "branches de 
l'Eveil Egal", termes qui correspondent au sk. 
sambodhyanga, p. sambojjhanga. — Une des sept 
catégories qui constituent les Ailes de l'Eveil, formée 
elle-même de sept termes, dont l'ordre varie avec 
chacun des Véhicules. Ordre dans les textes du P. 
V. (p. ex. T. 604 Sûtra sur les trente-sept Ailes ; 
T. 26 xxiv ; T. 125 xxxiii) : (1) *nen ;§;, sk. 
smrti, Mémoire ; (2) *chakuhô ff fë, sk. dharmapra- 
vicaya, Sélection des Essences ; (3) *shcjin %n%, sk. 
vîrya, Bonne-volonté ; (4) *ki 4§£, sk. prîti, Joie ; 

(5) *kyôan $g;£, sk. prasrabdhi, Détente ; (6) *jô 
fë, sk. samâdhi, Concentration ; (7) # sha fê, sk. 
upeksâ, Apathie [cf. chacun de ces termes]. Le G. 
V. (p. ex. Tt. 1579 xxix) met en premier lieu la 
Sélection des Essences et en dernier lieu la Mémoire ; 
Ttt. 1924 11 b intervertit de plus l'ordre des termes 

(6) et (7). Cf. encore Tt. 1545 xcv. — Bodaidôjô ~M. 
Jj|, sk. bodhimanda. — Terrasse de l'Eveil. — Nom 
de la terrasse où un B. obtient l'Eveil. La Terrasse 
de l'Eveil du B. Sâkyamuni est située à Bodhgayâ. 
— Bodaiju ~f$, sk. bodhidruma. — Arbre d'Eveil. 
— Autres td. kakuju %\$ ou dôju MÎM- Nom 
générique de l'arbre sous lequel un B. obtient l'Eveil. 
Tt. 1521 ni mentionne les noms des 16 espèces de 
grands arbres qui peuvent être arbres d'Eveil. Les 
listes des arbres d'Eveil des sept B. passés varient 
avec les textes, comme il est indiqué dans le tableau 
suivant (T. 125 xlv donne une liste analogue à T. 
330 vin, mais intervertit l'ordre des arbres 4 et 5 et 
substitue comme 7 e l'arbre srî, kichijôju ^jp^-leO : 



Noms des 7 B. 
du passé 


T. I, 1 (-Dîg. Nik. XIV) 


Tt. 1521 V 


T. 159 VII 


T. 440 VII 


Tt. 1462 III 
(— Samantapâsâdikâ, I, 99) 


1. Vipasyin 

2. Sikhin 


fbara $f]i (var. hahara 
\Wmm) (p. pâtalî) 
pundarîka (p. jd.) 


asoka 
pundarîka 


nyagrodha 
sirîsa 


pâtalî 
pundarîka 





3. Viévabhû 

4. Krakucchanda 

5. Kanakamuni 


sala (p. sala) 
Sirîsa (p. sirîsa) 
udambara (p. udumbara) 


fila 

Sirîsa 
udambara 


asvattha 

asoka 

udambara 


éâla 

udambara 

sirîsa 


(B. Kunai (p. Kakusandha) ; 
•I arbre makashariba SsJtîJfcflJ 
lïl (p. mahâsirîsa) 
p. udumbara 


6. Kâsyapa 


nyagrodha (p. nigrodha) 


nyagrodha 


(shada gfë) 


nyagrodha 


p. nigrodha 


7. Sâkyamuni 


asvattha (p. asattha) 


aévattha 


pippala 


asvattha 






Pippala et asvattha sont l'un et l'autre des ap- 
pellations du banyan, Ficus Religiosa des botanistes ; 
cf. *Asetta. — Hôken £feHî Ttt. 2085 emploie pour 
désigner l'arbre d'Eveil de Sâkyamuni le terme *baita 
J|^=sk. pattra "feuille". D'après une tradition 
chinoise erronée, bai ^ signifierait "feuille" (sk. 
pattra), et ta ^ serait pour tara ^j|| "palmier" (sk. 



tara), d'où par confusion avec sk. tara " traversée. I 
Libération" l'emploi du terme baita pour désigneii 
l'arbre de l'Eveil ou de la Libération (Bdjt. 1441) ; 
cf. Ttt. 21 31 ni qui donne tara ^§^; comme une 
te. du nom sk. du palmier (tara), tout en le] 
traduisant par an ^ "rive" (autre rive, traversée 
sk. tara) ; et Ttt. 1811 1 qui mentionne *baita j^,£ 




comme te. de l'original sk. du ch. bodaiju. — T. 220 
dlxx : Par le Moyen de la Perfection de Sapience, 
l'arbre d'Eveil apparaît aux Etres sous des formes 
diverses : soit comme un pippala, soit comme un 
arbre ayant les couleurs de la voûte céleste (?) 
tennensaiju XM&tH, ou fait de Joyaux, ou haut 
comme sept palmiers, ou mesurant 94.000 Lieues. 
— Tt. 1509 l: Sa racine est d'or, son tronc a pour 
matière les sept Joyaux, ses rameaux et son feuillage 
sont lumineux. — T. 279 xxv, lxviii, lxx décrit les 
arbres d Eveil de divers B. peu connus, p. ex. xxv 
celui du B. Gattôô /§$£3E (sk. Candrapradîparâja ?) 
dont la racine est de corail, le tronc de cristal, 
les rameaux d'or et les feuilles d'agate. — L'arbre 
d'Eveil du B. futur Maitreya est le nâgapuspa, 
td. ryûge fppf-, T. 125 xliv, 159 vu, 453.— En 
Chine (du moins dans le Nord) et au Japon, le 
nom "d'arbre d'Eveil", bodaiju, est donné à une 
variété de tilleul (Tilia Miqueliana), dont l'aspect 
'rappelle celui du banyan (Ficus Religiosa), et dont 
les fruits servent à faire des chapelets. Cet arbre fut 
importé au Japon par Eisei Zenji «SfètSjpîîfîïlJ à l'époque 
des Sô 7J5 ; on l'y trouve fréquemment auprès des 
temples ou des monastères bouddhiques. — Bodaiju- 
shin ~tlj/pil, divinité de l'arbre d'Eveil. Tt. 1545 
xli Un roi Tournant-la-Roue se promène dans les 
airs ; soudain le Joyau de la Roue cesse de fonction- 
ner; le roi prend peur, s'entend appeler par la 
divinité d'un arbre d'Eveil et atterrit auprès de 
l'arbre, auquel il rend hommage en se repentant. 
Ib. cxxv Cette même divinité, nommée ici Taigo 
fe§ "Parole de Vérité", se transforme en belle 
femme pour séduire le roi Pusyamitra, ennemi du 
bouddhisme ; elle protège ainsi l'arbre d'Eveil et 
permet aux génies défenseurs de la Loi de vaincre 
et de tuer le roi. — Tt. 1509 ni Lorsque le B. 
atteignit l'Eveil, cette divinité alla en porter la 
nouvelle à son père Suddhodana. — T. 665 x Le B. 
conte à cette divinité la vie antérieure de Jala- 
vâhana. — Bodaisatta ~PH3§ = sk. bodhisattva ; abr. 
•Bosatsu. — Bodaishi ~-J-, espèce de graines dont 
on faisait des chapelets, mentionnés T. 787 et 788 ; 
on les identifie généralement aux graines du tilleul 
(bodaiju). Cf. tib. bo-de, nom d'un arbre dont les 
fruits servent à faire des chapelets (Csoma). — 
Bodaishin ~<|>, sk. p. bodhicitta, tib. byah chub kyi 
sems. — Esprit d'Eveil, l'acte spitituel qui inaugure 
la carrière du Bs. — Tt. 1509 xli : L'Esprit d'Eveil, 
c'est la Production d'Esprit initiale, quand le Bs. 
pense à la Voie sans-supérieure et se dit : Je deviendrai 
B. ; l'effort qu'il accomplit ensuite pour parfaire 
les six Perfections est appelé l'Esprit égal-sans-égal 
(mutôdô M^^f, cf. *Ashamashama).— T. 657 11 : 
O Ajita, sache que tous les Mérites des B. se trouvent 
inclus dans l'Esprit dompteur (jôbukushin ffî\k>b) 
produit initialement ; car il est difficile de rencontrer 
un Bs., difficile de rencontrer un B. dans le monde. 



91 BODAI 

O Ajita ! il n'y a pas de crème de lait sans vache ; 
il n'y a pas non plus de Germe de B. sans Production 
de l'Esprit d'Eveil. Mais, s'il y a une vache, il y a de 
la crème de lait, et de même s'il y a un Bs. qui pro- 
duit l'Esprit d'Eveil, le Germe de B. n'a pas d'in- 
terruption. O Ajita ! s'il y a germe, il y a fleur et 
fruit ; et de même, s'il y a un Bs. qui produit l'Esprit 
d'Eveil, le Germe de B. n'a pas d'interruption. 
Ainsi, sache-le bien, Ajita, c'est la Production de 
l'Esprit qui est ce qu'il y a de plus difficile ; la mise 
en branle de l'Esprit d'Eveil est difficile ; il est dif- 
ficile de devenir un B. O Ajita ! il est bien rare de 
trouver dans l'océan un trésor de valeur inappré- 
ciable, mais des autres trésors il y en a beaucoup. 
De même il y a peu d'Etres qui peuvent produire 
l'Esprit d'Eveil, mais il y en a beaucoup qui produi- 
sent l'Esprit d'Auditeurs ou de B.-pour-soi. Sache-le 
donc bien, Ajita, l'Esprit de Bs. est ce qui se trouve 
le plus rarement, tout comme la fleur d'udumbara 
qui ne se montre qu'un seul moment ; aussi cet 
Esprit est-il précieux, d'une valeur inestimable. Et 
cet Esprit est immense comme le mont Sumeru, il 
est indestructible comme l'Espace, il est insondable 
comme l'océan ; il est incomparable, il surpasse en 
valeur toutes les Gemmes des Trois mille Grands 
Chiliocosmes. — T. 310 xxxvi : C'est parce que le 
Bs. Grand-Etre accomplit l'Esprit d'Eveil qu'on 
l'appelle Bodhisattva ("Eveil-Etre"), Mahâsattva 
("Grand-Etre"), Etre merveilleux, Etre qui surpasse 
les trois Plans. — T. 278 lix : L'Esprit d'Eveil est 
appelé le Germe de tous les B., car c'est lui qui donne 
naissance à toutes les Essences de B. ; c'est un bon 
Terrain, car il fait pousser les Essences Blanches et 
pures ; il est la terre, en tant qu'il porte le monde 
entier ; il est l'eau, en tant qu'il nettoie toutes les 
souillures des Passions ; il est le vent, en tant que rien 
ne peut l'arrêter ; il est le feu, en tant qu'il consume 
toutes les mauvaises Vues ; il est le soleil, en tant 
qu'il brille sur toutes les espèces d'Etres ; il est la 
lune, en tant que toutes le Essences Blanches et 
pures y sont au plein ; il est la lampe, en tant qu'il 
éclaire tous les Plans des Essences ; il est l'œil, car 
il voit le mauvais Chemin et aussi le bon. — Deux 
espèces d'Esprit d'Eveil dans la secte Tendai [Bdjt. 
163 1]: (1) Enjibodaishin fân^^Vk'b , l'Esprit d'Eveil 
"pratique", qui consiste en quatre Grands Voeux 
(shiguzeigan [jy^ Çj§|), à savoir : (a) Shujômuhen- 
seigando ^4M*É S ÏÏÂ^. : tout innombrable que soit 
la multitude des Etres, on fait vœu de lui assurer le 
salut : c'est là les Défenses de Captation des Etres 
(nyôyakuujôkai flif^ftpr^; cf. *Bosatsukai), le profit 
d'autrui (rita flJftJi), la Nature de B. comme Facteur 
(enninbusshô $3c[iS|$ , j , |É ; cf. *Busshô), et la cause de 
l'Eveil du Corps de Métamorphose (kebutsubodai 
'fb'W^flë ! c f- SU P- Bodai) ; (b) Bonnômuhenseigan- 
dan J$t$^§^ îffJSIMlf : tout innombrables que soient 
les Passions, on fait vœu de les trancher : c'est là 



BODAI c 

les Défenses de Restriction (shôritsugikai JH^fl^), 
le Mérite qui vient de l'Elimination (dandoku IHfîS), 
la Nature de B. comme cause proprement dite (shô- 
imbusshô jEBMïfô'IÊ). et la cause de l'Eveil du Corps 
d'Essence (hôbutsubodai &#|£$É ; (c) Hômommu- 
jinseiganchi fèP^Ms&ïfJIBH] '• tout inépuisables que 
soient les Rubriques d'Essences, on fait vœu de les 
connaître : c'est là les Défenses de Captation des 
bonnes Essences (shôzembôkai îlÊf?ï£3$). le Mérite 
qui vient de la Connaissance (chitoku ^^), la Nature 
de B. comme cause de compréhension (ryôimbusshô 
TH^tt). et la cause de l'Eveil du Corps de Fruition 
(hôbutsubodai 8*$jj3£#l) ; (d) Mujôbodaiseiganshô 
M±.¥ï~$kWM%£ • le Vœu d'attester l'Eveil sans- 
supérieur : c'est là la Nature de B. comme Fruit du 
Fruit (kakabusshô ^^^tÊ)» et la cause de l'Eveil du 
Fruit de B. (bukkabodai #^:^t|). On peut obtenir 
l'Eveil des Trois Corps en accomplissant intégrale- 
ment les trois derniers Grands Vœux, et on peut 
ensuite se rendre utile aux autres Etres ; ces trois 
Vœux constituent donc proprement le profit per- 
sonnel (jiri |=jflj), mais ils mènent au profit d'autrui 
(rita ^iJfÊ) 5 ainsi s'explique l'expression d'Esprit 
d'Eveil "pratique" (enjibodaishin) appliquée à ces 
Vœux. (2) Enribodaishin ^SË^IH'll*» l'Esprit d'Eveil 
"d'Idéal" (théorique, rationnel) : les Essences sont 
originellement apaisées et inactives ; celui qui 
recherche l'Eveil, vers le haut pour lui-même et 
vers le bas pour autrui, en comprenant le véritable 
Caractère delà Voie du Milieu, pratique la Production 
d'Esprit d'Eveil la plus haute (cf. Ojys. I b.) — Trois 
espèces d'Esprit d'Eveil, dans la doctrine es. [Bdjt. 
163 1, Bdji. 4180] : L'école Shingon définit ainsi le 
Bodaishin Ttt. 1796 : C'est l'Esprit de Foi pur. . . 
c'est la recherche exclusive de l'Omniscience. — 
Chacun des cinq B. du Shingon a sa vertu propre 
(shutoku ifiQ, et la Connaissance de Miroir (daien- 
kyôchi ;fcllltt^a, sk. âdarsajnâna) du B. Aksobhya, 
qui préside à l'Est, a pour vertu propre de faire surgir 
l'Esprit d'Eveil (cf. *Ashuku, et *A). Aussi est-ce 
vers l'Est qu'on s'incline quand on reçoit les Défenses 
dites de Convention (sammayakai H5K^P5S), Défen- 
ses dont le Substantiel est formé par les trois Bodai- 
shin qui sont : (a) Gyôganbodaishin flM^lê'lls 
Esprit d'Eveil de Pratique du Vœu, sk. pranidhâna- 
caryâbodhicitta : gan, le Vœu, c'est le vœu de sauver 
tous les Etres par la doctrine merveilleuse du G.V., 
puisqu'on sait que tous les Etres ont au fond de leur 
nature la nature de Matrice de B. et sont capables 
par conséquent d'arriver à l'Eveil sans-supérieur ; 
gyô, "pratiquer", c'est la pratique des quatre Grands 
Vœux (guzeigan ^ffH, c f- SU P) î (b) Shôgibodai- 
shin iHIH^Cs Esprit d'Eveil au Sens-ultime, sk. 
paramârthabodhicitta : le Sens-ultime, c'est éliminer 
toutes les Essences inférieures, méditer sur les 
Essences supérieures et les exalter ; il y a deux 
procédés pour avancer en connaissance : étudier la 



1 BODAI 

doctrine et Inspecter la vérité ; étudier la doctrine, 
c'est. parcourir graduellement les dix stages d'Esprit 
(*jûshin 'tË'lls q-v.) ; Inspecter, c'est approfondir 
le Sans-Nature-propre des choses : dès lors toute 
illusion disparaît, et l'on réside dans l'Ainsité; des lors 
on possède toutes les vertus ; (c) Sammajibodaishin 
HfJpitË^tS'Cs Esprit d'Eveil de Concentration : la 
Concentration (sammaji — sk. samâdhi), c'est l'Ega- 
lité de possession (tôji ^ffâ, sk. samâdâna), de pensée 
(tônen ^f&, sk. samâsmrti), d'arrivée (tôshi *Ç-^, 
sk. samâgati). Si un ascète atteint la Terre de Convic- 
tion (shingeji j|fj$?ftiî, sk. adhimuktibhûmi ; cf. *Ji) et 
qu'il se plonge dans la méditation ésotérique des Cinq 
Sections (*Gobu £pff5)> il possède alors en commun 
avec les B. la vertu de pratique personnelle et de 
conversion d'autrui (jigyôketatoku ÊlT'ffc'fliif*) > il 
a comme les B. la pensée de protéger les Etres une 
fois qu'il est revenu dans le Plan des Etres ; enfin 
cette pensée, il n'est pas d'endroit qui lui soit inac- 
cessible. — De ces trois Bodaishin du Shingon, deux 
appartiennent à la doctrine ex. aussi bien qu'es. ; le 
troisième terme est spécial à la doctrine es. Aussi 
est-il dit Tt. 1665 : Seul le Shingon enseigne la 
doctrine pour devenir B. dans son propre corps 
(sokushinjôbutsu |p|p $£-{&) ; seul il traite du Samma- 
jibodaishin ; les autres écoles ne s'en occupent pas. 
— La secte Jôdo présente quelques traits particuliers 
[Bdji. 4181]. T. 360 I divise en trois classes ceux qui 
veulent aller à la Terre Pure, et enseigne qu'ils doi- 
vent tous produire l'Esprit d'Eveil sans-supérieur ; 
T. 365 rapporte l'histoire des cinq cents filles Vaidehî 
qui, en écoutant le B., produisirent l'Esprit d'Eveil 
correct-complet-sans-supérieur, et firent Vœu d'aller 
naître à Sukhâvatî. Donran^^, Ttt. 18 19, commente 
ces deux textes : sans doute, dit-il, il y a bien trois 
classes d'Etres parmi les aspirants à la Terre Pure, 
comme enseigne le Sukhâvatî vyûha T. 360 1 ; mais 
tous ont également produit l'Esprit d'Eveil sans- 
supérieur. Cet Esprit d'Eveil, c'est le Vœu de devenir 
B. (gansabusshin JH'fëlilî'l» qui est, autrement dit, 
le Vœu de sauver les Etres et de les faire naître dans 
le Terrain de B.— Dôshaku MW, dans Ttt - *958 | 
traitant de l'Esprit par lequel on fait Vœu de devenir 
B., dit : Cet Esprit est vaste, immense ; il emplit 
tout le Plan des Essences, étant identique à l'Espace, j 
éternel, sans obstacle ; il abat l'obstacle des deuxi 
V. Si on fait le Vœu de devenir B., il faut commencer j 
par produire l'Esprit d'Eveil. — La doctrine du Jôdoj 
identifie l'Esprit d'Eveil avec l'Esprit de foi (dansjj 
l'efficacité d'un autre) et avec le Vœu de renaître dans 
la Terre Pure ; ces trois Esprits sont appelés Bodai- 
shin, Esprit d'Eveil. C'est là le trait propre au Jôdo.jj 
— La secte Shin (Bdji. 4182) a donné une valeur 
spéciale au terme Daibodaishin ^^H'il» qui géné-jj 
ralement ne fait qu'ajouter à l'idée de Bodaishin j 
la valeur de supériorité (dai — sk. mahâ "grand" ;| 
daibodaishin = sk. mahâbodhicitta) que lui confère 



BODAI 

la doctrine du G.V. D'après Kgss. de Shinran fflffî, 
le Daibodaishin est un quatrième Esprit d'Eveil qui 
se superpose aux trois autres : il consiste dans la 
croyance à la Déflexion de la puissance du Vœu 
d'Amida (ganrikiekô M^JfcHfà) ; cette croyance, 
c'est l'Esprit de Diamant (kongôshin -fèfUlR») du 
Passage Transversal (*ôchô $fàg) ; ainsi Bodaishin, 
dans la secte Shin, ne désigne que les trois classes 
inférieures. 

BOMBAI ;££PjL ou plus simplement Bai flj|. — 
Psalmodie : récitation psalmodiée ou chantée des 
textes sacrés. — Syn. shômyô ^B^, baisan Pjljfjf, 
baiju |lj$!, *bonnon j^if. bonsan ffî$£, bompô $£J&, 
etc. Dans les textes ch., le terme le plus courant est 
Bombai "Bai brahmique" (cf. *Bon). Mais au Japon 
on emploie surtout le terme Shômyô, qui correspond 
en principe au sk. sabdavidyâ "science des sons" 
(grammaire) ; à l'époque actuelle, c'est seulement 
dans la secte du Nishi-Honganji que les termes Bon 
ou Bombai désignent de façon générale la Psalmodie: 
dans les autres sectes ces termes, pris au sens étroit, 
s'appliquent à une des quatre catégories entre les- 
quelles on répartit les Hymnes rédigés en langue ch.; 
cf. inf., La Psalmodie au Japon. — A côté de bai Pj|, 
caractère phonétique forgé par les bouddhistes ch., 
on trouve d'autres te. : bachoku 3g$^ Ttt. 1723 iv b 
(p. 727 b), bashi 3g(5fi Gog. vu et xv, bainoku P^jg 
T. 1428 m (p. 582 b col. 17), Ttt. 1719 v b, 1723 
IV b, 2131 iv, Gog. vu et xv. D'après le Shutsuyô- 
ritsugi éBH^Iî (ouvrage en xx chapitres de Hôshô 
[Pao-tch'ang] f|P|l des Ryô [Leang] $£ [début du 
VI e siècle], auquel était joint un glossaire de termes 
sk. en ni chapitres ; cet ouvrage est perdu, cf. Ttt. 
2122 c, 2149 iv et x) cité Ttt. 1804 1 d et 2131 
vi et xi, le mot bainoku PKfg appartiendrait à la 
langue du pays de Uppi ff $f- (Uruvilvâ ? prâkrit 
local ?) et signifierait "arrêter, réprimer" ; les 
récitations psalmodiées par où s'ouvrent les céré- 
monies bouddhiques auraient pour but de "ré- 
primer " les Facteurs externes et ainsi d'apaiser 
'esprit, préambule indispensable à l'accomplisse- 
ment du rite. — Les originaux sk. des te. précitées 
sont difficiles à restituer ; le terme le plus com- 
nunément appliqué à la récitation en sk. p. est le 
verbe bhan "dire", p. ex. sk. dharmabhânaka (bai- 
noku PHfH = bhânaka ?) et p. sarabhanna (cf. inf. 
e texte du Vinaya des Mûlasarvâstivâdin, T. 1435 
Utxvn, où bai RU correspond manifestement au 
3. bhaiïna). Au Japon, la restitution généralement 
idmise est pâthaka ; elle semble peu appropriée et 
:orrespond mal aux te. Sans doute celles-ci recou- 
vrent-elles des formes prâkrites dérivées de la racine 
^han. — La Psalmodie en Inde. — Sur la récitation 
les textes sacrés du bouddhisme dans l'Inde, cf. 
Lévi, J. As. 191 5, 1, 401-447. Le texte fondamental 
;st l'épisode de Srona Kotikarna qui passa une nuit 



93 BOMBAI 

avec le B., dans sa cellule, et lui récita une série de 
textes, spécifiés, avec 1" 'intonation" (sk. svara, p. 
sara ; T. 1425 xxm et 1435 xxv td. saishô $B§!? "sons 
subtils") : Vinaya p., Mahâvagga v, 13 ; Udâna (p.) 
v, 6 ; T. 1425 xxm, 1428 xxxix, 1435 xxv [td. Cha- 
vannes, Cinq cents contes, 11, 262], 1447 1 [ = Divyâv. 
20] (et cf. T. 125 xm, p. 612 b : avant d'entrer en 
religion, Srpna Kotikarna était joueur de luth). — 
La nature de V "intonation" (sk. svara) est précisée 
par un autre passage de la Discipline (Vinaya p., 
Cullavagga v, 3) qui autorise la psalmodie (p. sara- 
bhanna, sk. svarabhânya), mais interdit les intona- 
tions prolongées en manière de chant (p. âyataka 
gîtassara, sk. â° gîtasvara) ; ces dernières ont en effet 
cinq défauts : on se laisse prendre soi-même à son 
intonation ; les autres s'y laissent prendre ; les maî- 
tres de maison sont agacés ; en se passionnant pour 
son propre timbre, on brise sa méditation ; les gens 
d'après en viennent à suivre l'exemple. — Dans les 
textes ch. parallèles, cette liste se retrouve avec de 
légères variantes. T. 1435 xxxvn (Sarvâstivâdin) : 
Un chant (ka ffi, sk. p. gîta) pareil à celui des laïcs 
a cinq défauts : le chanteur conçoit lui-même de 
l'attachement pour son chant ; il en fait concevoir 
aux autres ; s'il est seul, il a toutes les chances de 
se livrer àl a Délibération et à la Décision [qui 
empêchent la Concentration] ; l'Attraction obscurcit 
son esprit ; les laïcs calomnient les moines en 
déclarant que le chant des moines ne diffère pas 
du leur (ou encore, d'après une seconde liste : les 
jeunes moines qui écoutent le chanteur l'imitent, et 
par suite conçoivent de l'Attraction et contrevien- 
nent aux Défenses). Mais, ajoute ce texte, une 
psalmodie (bai Pj| = p. bhanna) faite avec de bonnes 
intonations (shô j|£, p. sara ; shôbai l?rPÎ| = p. sara- 
bhanna), comme celle du Moine JBadai iè&|H <i ui 
est le premier pour le Bai [cf. inf.], a d'autre part 
cinq avantages : le corps ne s'épuise pas ; la mémoire 
n'a pas de perte ; l'esprit ne se fatigue pas ; les 
intonations ne se gâtent pas ; le texte est facile à 
comprendre (ou encore, d'après une seconde liste : 
les Dieux à l'entendre ont la joie au cœur). — T. 
1463 11 (Sarvâstivâdin) : Le B. interdit de réciter 
les Défenses en élevant la voix ; une récitation 
chantée a en effet cinq défauts : on conçoit de l'at- 
tachement pour sa propre intonation ; on indispose 
les gens du monde ; on ne se distingue pas des gens 
du monde ; cela empêche de cultiver la Voie ; cela 
gêne l'entrée en Concentration. Ib. VI : Il y a cinq 
défauts à réciter en élevant la voix et en chantant 
comme les hérétiques : (i re liste ut. sup. ;) 2 e liste : 
on n'a pas la réputation d'être maître de soi ; on n'est 
pas ce qu'il faut pour les auditeurs ; on ne réjouit pas 
les Dieux ; le langage devient incorrect et difficile à 
comprendre ; le langage n'est pas soigné et le sens 
n'est pas saisissable. — T. 1428 xxxv (Dharmagupta) : 
Une récitation chantée avec de trop grands écarts de 



BOMBAI 



94 



BOMBAI 



voix, comme font les gens du monde, a cinq défauts : 
le chanteur conçoit de l'attachement pour ses propres 
intonations ; il en inspire aux auditeurs ; ceux-ci 
étudient à sa suite ; les maîtres de maison calomnient 
les moines et s'enorgueillissent de les entendre 
chanter comme eux ; dans la méditation solitaire, 
l'attention est distraite par les sons, et la Concentra- 
tion Extatique est troublée. — Contrairement aux 
textes précités, T. 145 1 iv (Mûlasarvâstivâdin) 
autorise les intonations poussées au chant, mais 
seulement pour les Hymnes au B. et pour le Sûtra 
Tripartite (Sankeikyô H^^)- — Ce sûtra était une 
composition d'ASvaghosa, qui introduisit le chant 
musical dans la liturgie ; Gijô (Yi-tsing, 671-695), 
qui l'a traduit T. 801, l'avait entendu exécuter au 
couvent de Tâmralipti (Bouches du Gange) ; il 
rapporte Ttt. 2125 iv que dans ce monastère, con- 
formément à la Discipline des Mûlasarvâstivâdin, 
les cérémonies comportaient la récitation chantée 
d'Hymnes au B. [p. ex. les cent cinquante stances 
de Mâtrceta, dont de nombreux fragments ont été 
retrouvés en Asie Centrale, et qui furent td. en ch. 
par Gijô (Yi-tsing) lui-même Tt. 1680 ; ces stances 
avaient été développées en Hymnes de trois cents et 
de quatre cent cinquante stances par Jina et par 
Sâkyadeva] et du Sûtra Tripartite [sûtra composé 
de : dix vers sur les Trois Joyaux ; un petit sûtra ; 
des vers sur la Déflexion des Mérites et la Production 
du Vœu]. Gijô (Yi-tsing) décrit aussi le rôle du chant 
dans les cérémonies de Nâlandâ ; il indique que si 
la note est prolongée à l'excès, le sens devient dif- 
ficile à saisir : c'est sans doute cet inconvénient qui 
avait déjà provoqué la condamnation du chant par 
la Discipline. Tt. 2058 v exalte les talents d'Asva- 
ghosa comme musicien et chanteur au service de la 
Doctrine : "Spontanément il battit la cloche et le 
tambour ; il accorda le luth et la guitare ; le son 
modérait la douleur, redressait le courbe ; ses accords 
faisaient aussitôt régner l'harmonie. Il proclamait 
les Essences, la Douleur, le Vide, l'absence de Soi. . . " 
— La Discipline condamne encore un autre procédé 
de récitation chantée, la récitation mot par mot (kuku 
-fcJ^J, sk. padasah), un de ceux que les brahmanes 
emploient régulièrement dans la récitation des Veda, 
et qu'ils appellent padapâtha, récitation où chaque 
mot (pada) est détaché du contexte et énoncé à part 
sans subir aucune des modifications que l'euphonie 
grammaticale (sandhi) impose à l'intérieur de la 
phrase : T. 142 1 vi ; 1428 xi (comme les brahmanes 
récitent les intonations de leurs livres) ; 1435 X 
(comme les brahmanes lisent les Veda) ; 1442 xxvi 
(comme les brahmanes récitent les traités héréti- 
ques) ; 1425 xxm (un temps en élevant la voix, un 
temps en l'abaissant, un temps en l'arrêtant court). 
— Enfin la Discipline proscrit l'usage du senda flfllî'g 
( = sk. chandas) dans la récitation des textes. Dans 
la littérature p., p. ex. cm. ad Cullavagga v, 33, ce 



terme est interprété ainsi : Le sanskrit, comme dans 
les Veda. T. 1428 lu (Dharmagupta) glose : Le beau 
parler des gens du monde ( = le sanskrit). T. 1421 
xxvi (Mahîsâsaka) : Les règles rigoureuses de la 
grammaire. Mais les Sarvâstivâdin T. 1435 xxvi et 
xxxvm, et les Mûlasarvâstivâdin T. 145 1 vi, expli- 
quent : "Les intonations chantées à la manière des 
Veda" et Gijô (Yi-tsing) ib. annote : "Le mot chandas 
signifie la méthode de psalmodier des brahmanes : 
on allonge les intonations et, avec la main, on frappe 
l'air pour marquer la mesure ; le maître chante 
d'abord, et les autres le suivent." On voit que, pour 
les écoles de langue sanskrite, la proscription du 
chandas portait sur l'intonation et les accents de 
hauteur à la manière védique, tandis que pour les 
écoles de langue prakrite, elle portait sur l'emploi 
du sanskrit. — Divers règlements concernant le Bai 
se trouvent encore dans les textes de la Discipline 
concernant l'institution des réunions Sabbatiques 
(sk. posadha, p. uposatha). C'est sur l'instigation 
du roi Bimbisâra que le B. institua ces réunions, 
imitées de celles des brahmanes ; les moines y réci- 
taient le Bai. T. 1441 vi (Mûlasarvâstivâdin) : Le 
B. permet aux moines de suivre l'exemple des héré- 
tiques, qui au cours de leurs réunions trimensuelles 
psalmodiaient le Bai et attiraient ainsi une multitude 
de fidèles. Il les autorise à psalmodier non d'une 
voix ordinaire, mais "avec de beaux sons" (i.e. sk. 
svarabhânya), et en se mettant debout afin d'être 
mieux entendus ; et à réciter ainsi des textes abrégés 
ou résumés, au lieu de sûtra complets. Il stipule par 
contre qu'il y a Méfait à chanter des demi-Bai 
[c.-à-d. des demi-stances], ou à chanter le Bai à deux : 
en effet lorsque deux moines psalmodient ensemble, 
cela trouble l'assemblée. — T. 1435 lvii (Sarvâsti- 
vâdin) suit de près la texte précité, mais interdit en 
outre de réciter le Bai en vue de profit matériel [cf. 
dans le Vinaya des Mahâsânghika, T. 1425 xxxvi, 
l'histoire d'une nonne habile à chanter le Bai, qui se 
fait inviter partout et offrir des cadeaux par ses 
auditeurs, excitant ainsi la jalousie des autres nonnes], 
et aussi de choisir pour le réciter soit des infirmes : 
borgnes, hermaphrodites, goitreux, manchots, bos- 
sus, qui provoquent les railleries des profanes, soit 
des moines immoraux ou inexpérimentés. — T. 1463 j 
VI (Sarvâstivâdin) : Le B. institue des récitations : 
Sabbatiques et dit aux moines : Je vous permets le j 
Bai ; le Bai, ce sont des textes récités. Ils avaient 
l'autorisation de réciter, mais ne savaient quelles ' 
Essences réciter. Le B. dit : Des Sûtra jusqu'aux 
Upadesa, tout ce qui vous plaira des douze classes 
de textes sacrés ... Il leur permet aussi de réciter des 
résumés ou des abrégés, afin d'éviter des longueurs 
lassantes. . .Mais il interdit à deux moines de réciter I 
ensemble le même texte ; et il proscrit la psalmodie 
poussée au chant, qui a cinq défauts. . .(cf. sup.). — 1 
T. 1428 xxxv (Dharmagupta) : Ici ce sont les Sûtra 



BOMBAI 95 

que le B. prescrit comme textes à réciter ; il permet 
du reste de ne pas les réciter intégralement. Il interdit 
à deux moines de réciter ensemble sur un même 
siège ; d'entrer en concurrence ; de se critiquer 
mutuellement ; de psalmodier le Bai en chœur. Il 
autorise l'intonation chantée, mais condamne les 
trop grands écarts de voix, qui ont cinq défauts. . . 
(cf. sup.). — T. 1421 xviii (Mahîsâsaka) : Lors des 
réunions Sabbatiques les moines sont autorisés 
à célébrer par des Hymnes (santan ff£i&) les Trois 
Jo yaux, les Aide-Mémoire, les Eliminations-cor- 
rectes, les Pieds-de-Magie, les Organes, les Forces 
[cf. Bodaibun, s. v. *Bodai], l'Eveil, et tous les 
Dieux ... Il leur est interdit de psalmodier ces 
Hymnes en chœur : un seul moine doit être choisi, 
pour psalmodier, parmi ceux qui ont bien étudié 
les Défenses. . .11 doit être sans infirmité, connaître 
la Grammaire et posséder les Âgama. . .Lorsqu'il 
est fatigué, d'autres doivent lui succéder tour à 
tour. . .La psalmodie poussée au chant est proscrite. 
— En dehors de la Discipline, les textes canoniques 
mentionnent à maintes reprises des récitations du 
type Bai. L'Ekottarâgama T. 125 xxm conte com- 
ment Mandgalyâyana et Ânanda voulurent se mesurer 
dans un concours de Bai ; le B. les en blâma en 
disant : Dans ma Loi il n'y a pas de compétitions ; 
ce n'est pas comme chez les brahmanes. Et il con- 
damna dans des stances l'usage excessif de la Psal- 
modie. — T. 202 xi conte l'histoire d'un moine af- 
freusement laid, mais qui chante si bien le Bai que, 
au cours d'une expédition contre Angulimâla, le 
roi Prasenajit et son armée font halte pour l'écouter 
au Jetavana ; les éléphants et les chevaux refusent 
d'avancer. Le roi demande à voir le moine pour lui 
offrir 100.000 pièces de monnaie ; mais il le trouve 
si laid qu'il ne les lui donne pas. Le B. rapporte alors 
l'existence antérieure de ce moine. La même histoire 
est contée T. 145 1 iv, où le moine est nommé Zenwa 
§$], par allusion au nom de son père Daizen ^C^, 
un notable de Kausâmbî, et à sa voix harmonieuse, 
wa %U ; mais ici c'est un vêtement, au lieu d'argent, 
que veut lui offrir le roi Prasenajit. — Ce texte ajoute 
que le B. considérait ce moine comme le premier, 
parmi ses disciples, pour la beauté de la voix ; 
lorsqu'il psalmodiait les sûtra, on l'entendait jusqu'au 
ciel de Brahmâ. Cf. Ekottarâgama T. 125 m : [Parmi 
les "premiers disciples" du B.,] celui dont la voix 
pure et claire atteint le ciel de Brahmâ, c'est le moine 
Rabana-Badai ffik^ffiljgfê [le texte p. parallèle, 
Ang. Nik. I, xiv, 1, donne : "le nain Bhaddiya" ; 
la te. Badai répond donc au p. Bhaddiya, et Rabana 
au sk. p. Ravana "crieur, chanteur"]. Dans T. 1435 
XXXVli [cf. sup.], le nom du moine qui est "le premier 
pour le Bai" est te. J Badai g£$g ; dans Tt. 1509 xxm 
(229 c, 29), Rabana-JBadai ffl3gffi$fâ— D'après 
une tradition es. rapportée Ttt. 1798 1, un Vénérable 
[i.e. Nâgârjuna] s'était rendu dans l'Inde du Sud 



BOMBAI 



pour obtenir le grand Vajrasekharasûtra (T. 865) 
enfermé dans un stûpa de fer ; il prononça un Charme 
de Vairocana, et jeta sept graines de moutarde contre 
la porte ; mais les dieux occupant le stûpa l'empêchè- 
rent d'y entrer, et il ne put qu'entrevoir les encensoirs 
et les baldaquins qui en décoraient l'intérieur ; il y 
entendit aussi des voix chantant un Hymne au 
Vajrasekharasûtra. C'est à cet Hymne que la secte 
Shingon fait remonter l'origine du Bai. — Enfin nous 
réunissons ici quelques références au sujet d'un 
personnage énigmatique, Hansha jKfjlls, dont il sera 
question au début du paragraphe suivant (Historique 
de la Psalmodie en Chine). D'après T. 185 11, qui 
l'appelle "l'artiste Hansha, le musicien des Dieux" 
3^$tj|3$8j{£, ce personnage fut envoyé par Brahmâ, 
avec Indra, auprès du B. en Extase ; il lui chanta 
des stances en s 'accompagnant de son luth, l'éveilla 
de son Extase et l'empêcha ainsi d'entrer dans le 
Nirvana avant d'avoir prêché la Loi. Dans l 'Ekot- 
tarâgama T. 125 VI, c'est pour tirer d'Extase 
Subhûti, malade sur le Pic du Vautour, que le même 
personnage, ici nommé Hashajun $£j||1îj, descend 
du Ciel des Trente-trois, avec Indra et 500 Dieux, 
et chante des stances aux sons d'un luth de vaidûrya ; 
Subhûti sort d'Extase et prêche sur sa guérison. 
Dans un autre passage du même Agama, T. 125 
xxn ( = Sumatîsûtra T. 128, p. 841 b), qui écrit 
Hanshajun JΣj|§çl0\ ce personnage reparaît dans 
l'escorte qui accompagne le B. chez Sumatî ; 
il vient après Brahmâ, Indra, Guhyaka-Vajrapâni ; 
toujours muni de son luth de vaidûrya, il célèbre les 
Mérites du Tg. Dans le Suratasûtra T. 328 (p. 55 
c), il reçoit l'épithète de "Dieu ailé" (?), ikiten H^ ; 
accompagné de ses 500 "anges" %\, qui accordent 
leurs luths, il chante des stances en l'honneur du B. 
et de Surata. Dans un autre passage (ib. p. 53 a, 
col. 19), il est question de son "épouse ailée (?) aux 
nombreux luths" Hfc^SSIfiflf ; Indra la charge, avec 
sa femme et ses courtisanes, d'aller tenter Surata. 
D'après une glose étrange de Ttt. 2128 IX ( = Gog. 
m), Hanshajun j|3$i1[J correspondrait au sk. pan- 
câbhijnâh "les cinq Supersavoirs". C'est la même 
interprétation que donne Ttt. 213 1 xm, mais pour 
Hanshaujun Jîx'^Ë^flU» forme suspecte qui se retrouve 
dans Hsh. v (Z. I, xliv, I, 56 a), où elle est confondue 
avec hanshaushitsu jj$i!|ç~F*^*; : cette dernière te. 
correspond au sk. pancavarsa, qui désigne les grandes 
assemblées quinquennales instituées par le roi 
Asoka ; mais dans Ttt. 1718 11 b (p. 25 a ; aussi glose 
Hssk. il, éd. Dnbz. p. 70 b) elle est employée, sans 
doute par erreur, pour désigner la musique des 
Dieux. — Historique de la Psalmodie en Chine. 
— Ttt. 2059 xiii contient la biographie des onze 
premiers maîtres du Bombai en Chine, tous qualifiés 
de kyôshi ^ftjî "maîtres des sûtra" : les trois premiers 
sont, par leurs origines, un Koutchéen, un Scythe, 
un Sogdien, Haku Hokkyô (Po Fa-k'iao) ffJfêfêq 



BOMBAI 

, _, , u, — . 

(fvers 350 ; origine étrangère pas certaine), Shi 
Toriyaku (Tche T'an-yo) £#É (fvers 400), Ko 
Hôbyô (K'ang Fa-p'ing) jÉfë 2 ? (fvers 450). Cet 
ouvrage ajoute un historique du Bombai en Inde et 
en Chine, et marque la difficulté que le Bombai 
présentait pour le bouddhisme chinois : on ne pouvait 
réciter le chinois, monosyllabique, avec les intona- 
tions du sanskrit, polysyllabique, ni le sanskrit sur les 
mélopées chinoises. C'est, dit Ttt. 2059 xm, un 
prince impérial de la dynastie Gi (Wei) f5_ des Trois 
Royaumes, Sô Shoku (Ts'ao Tche) ffH, [titre 
posthume :] prince de Chinshi (Tch'en-sseu) |Sft,_J._E 
[192-232 A.D.], qui fut le premier à s'occuper du 
Bombai ; épris de chant et de musique, il avait étudié 
"les sons admirables de Hansha" jfâ^ttïïaW 1 [cf- 
sup.] ; il reçut une inspiration au Gyosan (Yu chan) 
&UJ [aussi écrit £fcUj ; dans l'actuel Chan-tong, a 
8 lieues ch. à l'ouest de la sous-préfecture de Tong-a 
^HH» préfecture de T'ai-ngan ^5^^f] et adapta 
au Bai des extraits de la biographie du B. (T. 185) 
pour servir de modèle aux étudiants ; il composa 
ainsi quarante-deux pièces [dont six étaient encore 
connues au VII e siècle, d'après Ttt. 2122 xxxvi]. 
Plus tard, Haku Hokkyô (Po Fa-k'iao) et Shi Ton- 
yaku (Tche T'an-yo) continuèrent et développèrent 
son enseignement ... Dans l'ère Kenchû (Kien- 
tchong) Çgtp de Sekiroku (Che-lô) 7â^&) [nom d'un 
usurpateur barbare ; au lieu de Kenchû il faut pro- 
bablement lire Kembyô (Kien-p'ing) ^^P, nom 
d'une des ères qu'il institua, 330-332 A.D.], un 
esprit céleste descendit dans un bâtiment adminis- 
tratif à Ahyû (Ngan-yi) 5J_t», [dans l'actuel Chan-si] 
et y chanta des sûtra pendant sept jours. . .puis la 
tradition fut interrompue . . . Sous les Sô (Song) ^ 
et les Sei (Ts'i) ^ (420-501), Donsen (T'an-ts'ien) 
ÉfâË [d'origine scythique], Sôben (Seng-pien) fê^f, 
Bunsen (Wen-siuan) >C!Él et d'autres rétablirent un 
système de psalmodie uniforme. . .qui peu à peu 
tomba, lui aussi, dans l'oubli.. . .Dans l'Inde, con- 
tinue Ttt. 2059 xm, toute récitation chantée des 
paroles de la Loi est appelée Bai ; mais en Chine, la 
récitation des sûtra est appelée *tendoku $$lfï (Q-v.) 
"lire en parcourant" ; le nom de Bombai est réservé 
au chant des Hymnes (san fjf). Primitivement, dans 
l'Inde, le chant des Hymnes était accompagné par 
des instruments à cordes et à vent ; mais depuis que 
les cinq Assemblées [*Shu, constituant le clergé] 
se sont séparées des Laïcs, c'est la musique vocale 
qui doit être tenue en honneur ... Le même ouvrage 
traite ensuite de quelques pièces considérées comme 
des types classiques de Bai. Les premières furent 
composées par le prince Sô Shoku (Ts'ao Tche), puis 
le Scythe Shiken (Tche K'ien) _£|§j [mort en 253] 
introduisit trois pièces de Bombai, qui se perdirent 
après lui. . .Le Bombai du Nirvana, dû à Ko Sôgai 
(K'ang Seng-houei) JlfèftHi" [d'origine sodgienne, 
mort en 280], était tiré du Nirvânasûtra en deux 



96 BOMBAI 

chapitres, et on l'appelait Naiombai ifts'/HllH [°f- Tta 

2122 xxxvi, 2123 iv]. Sous les Shin (Tsin) ^ (265- 
420), le maître de la Loi Kôza (Kao-tso) ïjUJ_ (var. 
Shô [Sheng] <_) transmit à Myakuryaku (Mi-li) jg 
/_§ une méthode qui est celle de l'actuel Gyôchiimmon 
^T#_ÉP>C [?]• On récite encore aujourd'hui [c.-à-d. 
sous les Ryô $£ (Leang), en 519 A.D.] la pièce en 
vers de six mots, commençant par Daijiaimin ^C^ 
^SL_>» qui fut composée par Shi Toiiyaku (Tche T'an- 
yo) [ces vers sont extraits de T. 638 1 ; le sens en est : 
"Au Grand Compatissant qui prend pitié de tous 
les Etres, tous ceux qu'aveugle l'Obstruction des 
Masses, à lui qui donne la vue à ceux qui n'ont pas 
d'yeux, à lui qui par la clarté de la Voie convertit les 
ignorants, à lui qui réside dans le monde comme dans 
l'espace, pareil à un lotus qui ne touche pas l'eau, 
à lui dont la pureté d'Esprit surpasse tout, au Saint 
suprême, révérence et hommage !"]. . .Ces mélodies 
ont toutes été composées par de grands artistes ; les 
imitations postérieures sont défectueuses... — La 
tradition plus ou moins authentique relative au 
prince Sô Shoku (Ts'ao Tche) se retrouve dans un 
grand nombre de textes : Ttt. 2104 1 se référant au 
Hôonshû îfê$i% de Sôyû (Seng-Yeou) fôjjifi [cf. 
inf.] ; Ttt. 1723 iv, 2035 xxxv, 2036 vi, 2122 xxxvi, 

2123 IV, 21 31 xi ; Ttt. 1719 v b et Gog. vu se référant 
au Sengenki _^|||2 des Ryô (Leang) ; Ien H$î de 
Ryu Keishiku (Lieou King-chou) fflj§fcfêt des Sô 
(Song, V e siècle), etc.. . .11 aurait reproduit dans ses 
mélodies du Gyosan des voix surnaturelles qui 
provenaient soit des rochers, soit du Dieu Brahmâ 
lui-même ; le Bombai est appelé quelquefois (p. ex. 
Ttt. 1723 IV b) Gyobon fa (ou %&) ^£ en souvenir de 
cette origine. — Un autre historique du Bombai en 
Chine se rencontre dans deux compilations du VII e 
siècle, dont la seconde copie la première, Ttt. 2123 
IV et 2122 xxxvi ; elles citent quatre stances qui se 
chantaient à l'époque des Tô (T'ang) dans les céré- 
monies religieuses : la première est extraite du Lali- 
tavistara T. 186 Vin et commence ainsi : Goshiten- 
shûten ^S^tf^ "Notre maître, le Dieu des 
Dieux..."; la seconde, commençant par les mots 
Ungatokuchôju 5Mî#il# "Comment obtenir 
longue vie...", est tirée du Mahâparinirvânasûtra ! 
T. 374 m ; la troisième, commençant par les mots 
Nyoraimyôshikishin jfll^^felp "Le merveilleux; 
Corps de Formel du Tg. . . . ", est tirée du Srîmâlâ-j 
sûtra T. 353 ; la quatrième commence par les mots! 
Shosekainyokokû ^tW#tl__2£ "H réside dans le\ 
monde comme dans l'espace. . ." ; c'est la seconde! 
moitié de la double stance de T. 638 1 citée plus! 
haut. Les trois dernières de ces quatre stances 
sont encore aujourd'hui chantées au Japon ; cf. inf. i 
— Ttt. 2122 xxxvi rapporte en outre une curieuse! 
anecdote sur des esclaves qu'un richard des Ho-I 
kusei (Pei Ts'i, 550-577 A.D.) avait ordonné dej; 
tuer lorsqu'il mourrait, afin qu'ils l'accompagnas- 



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HÔBÔGIRIN 

Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme d'après les sources chinoises et japonaises 

Le Hôbôgirin paraît par fascicules d'une centaine de pages ; chaque fascicule est illustré de 
nombreuses figures dans le texte et de plusieurs planches hors-texte, dont quelques-unes en 
couleurs. L'ouvrage entier comportera probablement une dizaine de fascicules. 

Il n'est accepté de souscription que pour l'ouvrage complet, mais le montant total de la 
souscription n'est pas versé d'avance : chacun des fascicules sera payé séparément au fur et à 
mesure de la publication. Le prix de chaque fascicule sera d'environ 5 yen ( = 12,50 francs or= 10 
shillings = 2^ dollars or), frais de port en sus. Pour les personnes n'ayant pas souscrit dès le 
début, le prix de tous les fascicules parus avant la souscription sera majoré de 25%. De plus, 
les éditeurs se réservent d'augmenter le prix total de l'ouvrage après la publication de l'ensemble. 

Les personnes qui désirent recevoir le Hôbôgirin doivent adresser leur souscription à la 
Maison Franco-Japonaise, en spécifiant leur préférence pour l'un ou l'autre des deux modes de 
paiement suivants : 

(i) paiement par remboursement postal à la réception des fascicules, pour les pays où l'envoi 
contre remboursement postal est admis par la Poste Japonaise (Allemagne, Belgique, Chili, Chine, 
Danemark, Dantzig, Finlande, France et Algérie, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas et Indes 
Néerlandaises, Suède, Suisse); 

(2) paiement d'avance, sur préavis du prix exact de chaque fascicule, par mandat postal ou 
chèque, valeur en yen, adressé à M. le Rédacteur en Chef du Hôbôgirin, cjo Maison Franco- 
Japonaise, Tôkyô. 

Avant la publication de chacun des fascicules, le prix exact en sera communiqué aux 
souscripteurs. S'ils ont choisi le premier mode de paiement, le fascicule leur sera expédié dès sa 
publication ; s'ils ont choisi le second, l'expédition ne sera faite qu'après réception du montant. 

Au Hôbôgirin est annexé, sous le titre de Tables du Taishô Issaikyô, un index de la dernière 
édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le Taishô Issaikyô. Ces tables, 
indispensables tant aux lecteurs du Hôbôgirin qu'à ceux du Taishô Issaikyô, formeront un 
fascicule d'une centaine de pages, de même format que la Hôbôgirin, ce format étant aussi celui 
du Taishô Issaikyô. Elles sont actuellement sous presse et paraîtront immédiatement à la suite 
du premier fascicule du Hôbôgirin. Les Tables du Taishô Issaikyô seront expédiées à tous les 
souscripteurs du Hôbôgirin dans les mêmes conditions que les autres fascicules ; mais elles seront 
aussi mises en vente isolément. Prix : 5 yen. 

Les éditeurs s'étaient proposé de publier ultérieurement une traduction anglaise 
du Hôbôgirin, comme l'annonçait la circulaire ; mais en raison des difficultés que 
présenterait le travail de traduction, ce projet a été abandonnée 

HÔBÔGIRIN 

An Encyclopaedic Dictionary of Buddhism compiled from Chinese and Japanese sources 

The Hôbôgirin appears in sériai parts, each part, of about 100 pages, being illustrated by 
numerous figures in the text and several plates, some in colours. The complète work will 
comprise about 10 parts. 

Though subscriptions are accepted only for the complète work, the subscription price is 
not payable in full in advance, but separately for each part as it appears. The price of each 
part will be approximately 5 yen ( = 10 shillings = 2£ gold dollars= 12.50 gold francs), exclusive 
of postage. For those who are not original subscribers, the price of any paît issued previous 
to their subscription will be increased by 25%, while the publishers reserve the right of 
increasing the total price after the publication of the complète work. 

Intending subscribers to the Hôbôgirin should apply to the Maison Franco- Japonaise, 
specifying which of the following methods of payment they elect, viz. : 

(1) payment through the Post Office on receipt of each part, in those countries to which 
the Japanese Post Office despatches postal matter under the C.O.D. System (Belgium, Chile, 
China, Danzig, Denmark, Finland, France and Algeria, Germany, Holland and Dutch Indies, 
Iceland, Italy, Norway, Sweden, Switzerland) ; 

(2) payment in advance, on receipt of notice of the exact price of each part, by postal order 
or chèque payable in yen to The Chief Editor of the Hôbôgirin, c\o Maison Franco-Japonaise, Tôkyô. 

Before the publication of each part, its exact price will be notified to subscribers. If they 
hâve elected the first method of payment, the part will be despatched to them upon publication. 
If they hâve elected the second method, the part will be despatched only after receipt of its price. 

There is annexed to the Hôbôgirin, under the title of Taishô Issaikyô Tables, an Index of the 
latest Japanese édition of the Buddhist Canon in Chinese, the Taishô Issaikyô. Thèse Tables, 
which are as indispensable to readers of the Taishô Issaikyô as to those of the Hôbôgirin, 
will form a volume of about 100 pages, of the same format as the Hôbôgirin ,which is also that of 
the Taishô Issaikyô. They are now in the press, and will appear immediately after the first part 
of the Hôbôgirin. The Taishô Issaikyô Tables will be sent to ail subscribers to the Hôbôgirin 
under the same conditions as the other parts ; but they will also be for sale separately. Price: 
5 yen. 

The editors had in view the eventual publication of an English translation of the 
Hôbôgirin, as announced in the circular ; but on account of the difficulties which the 
work of translation would involve, this project has been abandoned. 



SUPPLEMENT 

AU PREMIER FASCICULE DU 

HÔBÔGIRIN 

DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DU BOUDDHISME 
D'APRÈS LES SOURCES CHINOISES ET JAPONAISES 



I. Liste provisoire des termes techniques, p. i. 
II. Sigles et abréviations bibliographiques , p. x. 

A. Ouvrages chinois et japonais, p. x. 

Liste provisoire des ouvrages non inclus dans le Taishô Issaikyô, p. xi. 

B. Autres ouvrages, p. xiv. 

III. Abréviations et signes conventionnels, p. xv. 



III 


SUPPLÉMENT 




[de] Contrition 


Kôhike ftfêfë 


Pratidesanîya (pâtidesanîya) 


Convention 


Sammaya HIflcIP 


Samaya (id.) 


Conviction 


Shôge §&$? 


Adhimukti, adhimoksa (adhimutti, 
adhimokkha) 


Corbeille 


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Pitaka (id.) 


Coreligionnaire 


Dôhô lâlfè 


Sahadhârmika (sahadhammika) 


Corps 


Shin $f 


Kâya (id.) 


Corps de Correspondance 


ôjin %% 


*Nirmânakâya 


Corps d'Essence 


Hosshin fèfy 


Dharmakâya (dhammakâya) 


Corps de Fruition 


Hôjin fg£, juyûshin ^Ff]^ 


Sambhogakâya 


Corps de Métamorphose 


Keshin jkfy 


Nirmânakâya 


Coulée 


Tôru l$lM 


Nisyanda (nissanda) 


Cour 


In U 




Courant 


Bôru H$ft 


Ogha (id.) 


Cupidité 


Tonyoku i%Qk 


Abhidhyâ (abhijjhâ) 


[Péché de] Damnation-immédiate 


Muken fjUfifJ, gyaku $fî 


Ânantarya (ânantarika) 


Décision 


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Vicâra (id.) 


[ce] Défaillance 


Haitsudai i£î§î$§ 


Pâ[ta]yantika (pâcittiya) 


Défense 


Kai $ 


Sîla (sîla) 


Déflexion 


Ekô HA 


Parinâmana (id.) 


Dégagé des Imaginations- 


Rifumbetsu W.ft%\\ 


Nirvikalpa 


particulières 






Degré 


I fà 


*Avasthâ 


Délibération 


Jin ^ 


Vitarka (vitakka) 


Dénomination-fictive 


Sesetsu fâgg, ke f|3 


Prajnapti 


Dernier Etage de l'Existence 


uchô %m 


Bhavâgra (bhavagga) 


Désir 


Yoku $; 


Kâma (id.) 


Destination 


shu m 


Gati (id.) 


Détente 


Kyôan «£ 


Prasrabdhi (passaddhi) 


Détermination 


Ketsujô $£fë 


Niyama 


Détermination-spéciale 


Jôi ft& 


Pratiniyama 


[de] Détermination-spéciale 


Bekkyô gl]^ 


Pratiniyatavisaya 


Diamant 


Kongô &B4 


Vajra (vajira) 


Dieu 


Ten X 


Deva (id.) 


Dieu -Roi 


Tennô JiJL 


Devarâja (id.) 


Dignité 


Zan <f 


Hrî (hiri, hirî) 


Disciple 


Deshi tfc^ 


S'sya (sissa) 


Discipline 


Ritsu $L 


Vinaya (id.) 


Dissimulation 


Fuku $g 


Mraksa (makkha) 


Dissocié-de-1 'Esprit 


Shinfusôô 'C^fflUÎS 


Cittaviprayukta 


Distraction 


Sanran &%[ 


Viksepa (vikkhepa) 


Diversifié 


Shabetsu ijjlj 


*Vis : sta (visittha) 


Doctrine Complète 


Engyô HfJC 




Domaine 


Kyôgai itl?. 


Visaya (visaya) 


Domaine de Buddha 


Bukkoku {^gj 


Buddhavisaya (B°visaya) 


Don 


Se g& 


Dâna (id.) 


Donnée-causale 


Innen @Jfe 


Nidâna (id.) 


Douleur 


Ku =£ 


Duhkha (dukkha) 


Doute = Scepticisme 






Dragon 


Ryû H 


Nâga (du.) 


Droit-en-face 


Genzen ï|gîj 


Abhimukha 


Duperie 


Gen £J 


Mâyâ (id.) 


Eau liturgique 


Aka ^f] 


Argha, arghya (agghiya) 


Ecoulement 


Ro ^ 


Âsrava (âsava) 


Effet = Fruit 






Effort-correct 


Shôgon jEfjjj 


Samyakpradhâna (sammappadhâna) 


Egal, Egalité 


Tô ^, byôdô 2p^ 


*Sam9, *samatâ (id.) 



SUPPLÉMENT 



IV 



Egal-sans-Egal 
Elan 
Elément 
Elimination 
Elimination-correcte 
Eloquence 
Encens [de Parthie] 
Enchaînement-causal 
Energie 

Enfer, Infernal 
Enivrement 
Enseigne 

Ensemble = Corps 
Ensemble-brahmique 
Ensemble-de- Réalités 
Ensorcellement 
Entrave 
Entrée 

Entré-dans-le-courant 
Epuisement 
Equipement 
Ermitage 
Erreur 
Erudit 

Esotérique, Esotérisme 
Espace 
Esprit 

Esprit-en-travail 
Essence 

Essencité, Nature d'Essence 
Etat 
Etre 

Evanouissement 
Eveil 

Eveil complet-correct 
Eveil complet-correct-sans- 
supérieur 
Eveil complet-manifeste 
Eveil Egal 
Eveil initial 
Eveil merveilleux 
Eveil originel 
Evidence 
Exaltation 
[d'jExclusion 
[d'JExclusion-temporaire 
Exemple 
Exercice 
Existence 

Existence-intermédiaire 
Exorcisme 

Exotérisme, Exotérique 
[en] Expectative de succession 
Extase 
Extrême 
Extrémité 
Facteur 



Mutôdô 3&*f*$ 

Yoku '$ 

Dai X 

Dan gjf 

Shôdan jEgff 

Ben^ 

[Ansoku]kô [£&]# 

Tnnen 0$ 

Kûnô Ij)fâ, 

Jigoku ifêiK 

Kyô m 

Ki fifc 

Bonshu %1fc 

Ufhin # # 

Kôchô ^g, keiai %&$* 

Ketsu ^ 

Nyû A 

Sudaon ptpgïM 

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Shigu 3Ï& 

Arannya plfâfc 

Chi H 

Tamon £|?fl 

Mitsu #J 

Kokû $$ 

Shin >C* 

Shi A 

Hôfè 

Hosshô fè& 

Buiii ^"U 

Ujô ;£fâ> shujô 2fc£ 

Monzetsu F$$g 

Kaku g, bodai gfg 

Shôtôgaku .1E^^ 

Mujôshôtôshôgaku 4REJ:jE^jE<! 

Genzentôgaku ïlflîj^'fï 

Tôgaku %% 

Shikaku jfêrjg 

Myôkaku ^;^ 

Hongaku ^^ 

Gen ï| 

Jôko &$ 

Harai $H"£ 

Sôzan fft^g 

Yu ^ 

Shu |f 

U # 

Chûu tf^Êf 

Gôbuku [5$1£ 

Ken g 

Fusho fâjfc 

Zen gfj 

Hen j§ 

Sai|Ç* 

En Éfe 



Asamasama (id.) 
*Chanda[s] (chanda) 

Mahâbhûta (id.) 
*Prahâna (pahâna) 

Samyakprahâna 

Pratibhâna (patibhâna) 
*Guggulu (guggula ?) 

Hetupratyaya (hetupaccaya) 

Sakti (satti) 

Niraya, naraka, nâraka (id.) 
*Mada (id.) 
*Ketu (id.) 

Brahmakâyika (id.) 

Satkâya (sakkâya) 

Vasîkarsna 

Samyojana (sannojana) 
*Pravesa 

Srotâpanna (sotâpanna) 

Ksaya (khaya) 

Parskâra (parikkhâra) 

Âranya (aranfia) 

Moha (id.) 

Bahusruta (bahusuta) 
*Tantra 

Âkêsa (âkâsa) 

Citta (id.) 

Cetanâ (id.) 

Dharma (dhamma) 

Dharmatâ (dhammatâ) 

Avasthâ 

Sattva (satta) 

Mûrchâ (muccha) 

Bodhi (id.) 

Samyaksambodhi (sammâs°) 
; Anuttarasamyaksambodhi 
(anuttarasammâsambodhi) 

Abhisambodhi (id.) 
*Sambodhi (id.) 



Pratyaksa (paccakkha) 

Auddhatya (uddhacca) 

Pârâjika (id.) 

Sanghâvascsa (sanghâdisesa) 

Drstânta 

Bhâvanâ (id.) 

Bhâva (id.) 

Antarâbhava (id ) 

Abhicaruka [âbhicâruka] 

*Ekajâtipratibaddha 

Dhyâna (jhâna) 

Anta (id.) 
*Kcti (id.) 

Pratysya (paccaya) 



V 


SUPPLÉMENT 




Ferveur 


Aigyô ^ifc 


Preman, priyatâ (pema) 


Fictif 


Ke jg 




Fils-de-Dieu 


Tenshi Ji-f- 


Devaputra (devaputta) 


Foi 


Shin jg 


Sraddhâ (saddhâ) 


Fonctionnement 


Ruten ïjffëg 


Pravrtti 


Fondamental — Radical (cf. 


Racine) 




Force 


Riki j] 


Bala (id.) 


Forme de Convention 


Sammayagyô H VfcMM 




Formel 


Shiki £> 


Rûpa (id.) 


Formule 


Shingon ifttlf 


Mantra (manta) 


Fortune, Fortuné 


Kichijô §jp^ 


Sri (sirî) 


Foudre = Diamant 






Froc 


Kesa mm 


Kâsâya (kasâya, kâsâva) 


Fruit 


Ka & 


Phâla (id.) 


Garçon 


Dôji %=£ 


Kumâra (id.) 


Gemme 


Shu gfc 


Mani (id.) 


Gemme-de-Désirs 


Nyoishu ftlJÊP* 


Cintâmani (id.) 


Génération spontanée 


Keshô jkfe 


Aupapâduka (opapâtika) 


Germe 


Shuji [shûji] ff^f- 


Bîja 


Germe-commun 


Tsûshuji jiQ^f 




Grammaire 


Kiron fPJ£ 


Vyâkarana (id.) 


Grand Brahmâ 


Daibon ;£$£ 


Mahâbrahmâ (id.) 


Grand-Etre 


Makasatsu 0MM 


Mahâsattva (mahâsatta) 


Grand Eveil 


Daibcdai ;fc|£$§ 


Mahâbodhi 


Grand Véhicule 


Daijô ^fH 


Mahâyâna 


Grossièreté de langage 


Akku Jgp 


Pârusya (pharusavâcâ) 


Haine 


shintni] mm] 


Dvesa (dosa) 


Hampe 


dô n 


*Dhvaja (dhaja) 


Hébétement 


Konjm t#tt 


Styâna 


Honneur 


Ki M 


Apatrâpya (ottappa) 


Hors-Catéchisme 


Mugaku ^teJ|i 


Asaiksa (asekha) 


Hymne 


San fg 


Stotra 


Hypocrisie 


Ten m 


Sâthya (sâtheyya) 


Idéal 


Ri m 




Idée-à-rebours 


Tendô ggfjj 


Viparyaya (id.), viparyâsa (viparyesa) 


Imaginaire 


Hengeshoshû jgft#f|4 


Parikalpita 


Imagination-particulière 


Fumbetsu ^jglj 


Vikalpa 


Immaculé 


Muku ||JSg, amara ffl&fè 


Amala, vimala (id.) 


Impercevable 


Fukatoku ^Pjf# 


Anupalabhya 


Impermanent, Impermanence Mujô jf^"^ 


Anitya (anicca), anityatâ (aniccatâ) 


Impersonnel, Non-Soi 


Muga £8 


Anâtman (anattâ) 


Imprégnation 


Kunjû £^ 


Vâsanâ (id.) 


Impression 


Ju g 


Vedanâ (id.) 


Impudence 


Muki &fâ 


Atrapâ, anapatrâpya (anottappa) 


Incalculable 


Asôgi jBÇftjK 


Asamkhya, asamkhyeya (asankheyya) 


Incommensurable 


Muryô $11: 


*Apramâna (appamâna) ; *amita (id.) 


Inconcevable 


Fukashigi ^Pj rf @,^ 


Acintya (acinteyya) 


Indéfini 


Muki me 


Avyâkrta (avyâkata) 


Indéterminé 


Fujô ^^ 


Aniyata (id.) 


Indignité 


Muzan gfljf 


Âhrîkya 


Indiversifié 


Mushabetsu MÏÊffl 


*Avisista 


Individu 


Futogara litt^li 


Pudgala (puggala) 


Inexactitude 


Fushôchi ^jSjE^O 


Asamprajanya (asampajanna) 


Inexpressible 


Fukasetsu ^NPjffê; 


Anabhilâpya 


Inférence 


Hi & 


Anumâna (id.) 


Infraction-grave 


Chûran ftJR 


Sthûlâtyaya (thullaccaya) 


Inopéré 


Mui £g 


Asamskrta (asankhata) 





SUPPLÉMENT 


VI 


Inscience 


Mumyô $pj 


Avidyâ (avijjâ) 


Inspection 


Kan |@ 


Vipasyanâ (vipassanâ) 


Intention 


Ishu ftj£ 


Abhiprâya 


Invite 


Zuii mU 


Pravârana[°â] (pavâranâ) 


Jalousie 


Shitsu $£ 


îisyâ (issâ) 


Jeûne 


Sai ^ 




Joie 


Ki* 


Prîti (pîti) 


Joyau 


Hô gf 


Ratna (ratana) 


Laïc 


Ubasoku fà$$$k 


Upâsaka (id.) 


Laïque 


ubai wm. 


Upâsikâ (id.) 


Lettre 


Mon 3t 


Vyanjana (id.) 


Libation 


Goma jg^ 


Homa (id.) 


Libération 


Gedatsu mU 


Moksa, vimoksa ; mukti, vimukti 
(mokkha, vim° ; mutti, vim°) 


Lien 


Baku f^$. 


Bandha, bandhana (id.) 


Lieu 


Hô -jî 


Desa (desa) 


Lieue 


Yujun gj^ 


Yojana (id.) 


Liminaire 


Mishi ifcjg 


Anâgamya 


Loi 


Hôfè 


*Dharma (dhamma) 


Lotus 


Renge ^aj£- 


Padma (paduma), pundarîka (id.), etc. 


Luminaire 


yô m 


Graha 


Luxure 


Jain ffî& 


Kâmamithyâcâra (kâmamicchâcâra) 


Magasin, Emmagasiner, etc. 


zô m 


*Âlaya 


Maintien 


Jû & 


Sthiti 


Maître 


Ajari TOM 


Âcârya (âcariya) 


Maître de maison 


Chôja Jl^f 


Grhapati (gahapati) 


Maîtrise 


Jizai g^ 


Vasitâ 


Mal 


Aku M 


Papa, pâpaka (id.) ; akusala (akusala) 


Mâle 


Jôbu £5*c 


Purusa (purisa) 


Malveillance 


Shin[ni] BJH"^] 


Vyâpâda (id.) 


Mansion lunaire 


Shuku fêf 


Naksatra (nakkhatta) 


Masse 


Un ^ 


Skandha (khandha) 


Matière 


Jishô gl£ 


*Prakrti 


Matrice 


Tai Jfê, taizô fâM 


Garbha (gabbha) 


Mauvaise Destination 


Akushu MM 


Durgati (duggati), apâya (id.) 


Mauvaise-volonté 


Kedai £|$ 


Kausîdya (kosajja) 


Méfait 


Tokira 2g±$| 


Duskrta (dukkata) 


Membre 


Shi £ 


Anga (anga) 


Membre de l'Eveil 


Kakubun %fr 


Bodhyanga (bojjhanga) 


[huit] Membres du Chemin Saint 


[hachi] Shôdôbun [Aj|g5i^ 


Ârysstângamârga (ariya atthangika 
magga) 


Mémoire 


Nen ^ 


Smrti (sati) 


Mémoire-dérobée 


Shitsunen ^Jç^ 


Musitasmrtitâ (mutthasati) 


Mensonge 


Môgo £§* 


Mrsâvâda (musâvâda) 


Mental 


I M 


Manas (id.) 


Mental Passionné 


Mana 5fc#|$ 


Klistamanas, manas 


Mentation 


Shiryô ,g„j| 


Man[y]ana 


Mérite 


Toku |£, kudoku Ijjfêi 


Guna (id.) 


Mesure 


Ryô J| 


Pramâna (pamâna) 


Métamorphost 


Ke ft, henge ^ffc 


Nirmâna (nimmâna) 


Méthode 


Rishu j®i® 


Naya 


Meurtre 


Sesshô |2£ 


Prânâtipâta (pânatipâta) 


Milieu 


Chû # 


Madhya (majjha) 


Million 


Kutei (ftag 


Koti (id.) 


Miroir 


Kyô m 


Âdarsa (âdâsa) 


Mobile 


Kiti 


*Yantra (yanta) 


Moine mendiant 


Biku itj£ 


Bhiksu (bhikkhu) 



VII 


SUPPLÉMENT 




Moment 


Setsuna $l]#fl 


Ksana (khana) 


Monde ; Mondain 


Sekai tim, seken « 


Loka ; laukika, laukya (loka ; 
lokika, lokiya) 


Mordant 


Nô {g 


Pradâsa 


Morphème 


Gyôsô ffrHJ. 


Âkâra (id.) 


Mort 


Shi ^ 


Marana (id.) 


Mort-né 


Shômetsu ^j§£ 


*Utpannaniruddha, utpâdanirodha 
(uppannaniruddha, uppâdanirodha) 


Mot 


Ku ft 


Pada (id.) 


Moyen 


Hôben #{lg 


Upâya (id.) 


Naissance 


Shô £ ; honjô ^c^ 


Jâti ; jâtaka (id.) 


Nature 


Shô i± 


*suffixe °tâ 


Nature-propre 


Jishô gtt 


Svabhâva (sabhâva) 


Négation 


Fu ^ 




Négligence 


Hôitsu $k& 


Pramâda (pamâda) 


Noir 


Koku ^ 


Krsna (kanha) 


Nom 


Myô £ 


Nâma (id.) 


Nombre 


Sûfc 


Samkhyâ (sankhâ, sankhyâ) 


Non-Convoitise 


Muton ffèfè 


Alobha (id.) 


Non-dua!ité 


Muni lîn 


Advaya 


Non-Erreur 


Muchi i$£ 


Amoha (id.) 


Non-Haine 


Mushin M-Bg| 


Advesa (adosa) 


Non-Négligence 


Fuhôitsu ^J&gi 


Apramâda (appamâda) 


Nonne mendiante 


Bikuni Jfc_£/Ê 


Bhiksunî (bhikkhunî) 


Non-Soi— Impersonnel 






Non- Violence 


Fugai ^^ 


Ahimsâ (id.) 


Notation 


Shiki j$ 


Vijnâna (vinnâna) 


Notification 


Ryô T, ryôbetsu T#J 


Vijnapti (vinnatti) 


Novice 


Shami fj^fô [msc] ; 


Srâmanera [fém. °ikâ] ; 




shamini *^3i/ê [fém.] 


sâmanera [fém. °î] 


Objectif, Objectivité 


Shoen J?f$ 


Âlambana 


Objectivant 


Nôen ggft 


*Sâlambana 


Objet 


Kyô & 


Artha (attha) 


Obstruction 


Shô f^ 


Avarana (id.) 


Obtention 


Toku f# 


Prâpti (patti) 


Occultation = Obstruction 






Odeur 


Ko § 


Gandha (id.) 


Omniprésent 


Hengyô jgfl 


Sarvatraga 


Omniscient ; Omniscience 


Issaichi — g)^ 1 


Sarvajfïa ; sarvajnatâ (sabbannu ; 
sabbannutâ) 


Onction 


Kanjô -^IM 


Abhiseka (abhiseka) 


Opérant 


Gyô fx 


Samskâra (sankhâra) 


Opéré 


Ui^"^ 


Samskrta (sankhata) 


[de r]Ordre-de-l'Esprit 


Shinjo <il>0f 


Caitta, caitasika (cetasika) 


Ordre-de-succession 


Shidai tyjg, 


Anukrama (anukkama) 


Organe 


Kon ^g 


Indriya (id.) 


Organe de vie 


Myôkon tffrijg 


Jîvitendriya (id.) 


Orgueil 


Man <|f 


Mâna (id.) 


Orifice 


Ku JL 


Dvâra (id.) 


Paradis 


Gokurakusekaif§ç^ii£j^>Jôdo^f-jt *Sukhâvatî 


Paroisse 


Kekkai jfê^L 


Sîmâ (id.) 


Parole-compétente 


Shôgyô gg|fc 


Âptavacana 


Part 


Bun # 


*Bhâga 


Passage-d'existence 


Kesshô |££ 


Pratisandhi (patisandhi) 


Passage Transversal 


ôchô mB 




Passion 


Bonnô gg{| 


Klesa (kilesa) 


Passion de passage 


Kakujin ^H 


Âgantukaklesa (âg°kilesa) 





SUPPLÉMENT 


VIII 


Passionné 


Zemma IftfÇj" 


Klista, samklista (kilittha, sankilittha) 


Patience 


Nin £ 


Ksânti 


Péchés Capitaux [dix] 


Jûaku -f-^g 


Dasa akusalâni (dasa akusalâni) 


Péchés Majeurs [cinq] 


Goaku jî^g 




Pénitentiel 


Haradaimokusha 2£ijè$§7k3£ 


Prâtimoksa (pâtimokkha) 


Perception 


Toku f*f, ryô T 


Upalabdhi (upaladdhi) 


Perfection 


Do & 


Pâramitâ (pârarm, pâramitâ) 


Période 


Ko £fj 


Kalpa (kappa) 


Perspicacité 


Satsu ^ 


Pratyaveksana (paccavekkhana) 


Petit Véhicule 


Shôjô /N.ffê 


Hînayâna 


Pied-de-Magie 


Jinsoku $$JË, 


Rddhipâda (iddhipâda) 


Plaisir 


Raku £H 


Sukha (id.) 


Plan 


Kai ^ 


Dhâtu (id.) 


Plateforme 


Dai î 


*Kûta (id.) 


Pleine-Passion 


Zôzen fg# 


Samklesa (sankilesa) 


Plein-Savoir 


Mugege ɧjgi$ 


Pratisarhvid (patisambhidâ) 


Point 


Ten & 


• 


Poison 


Doku ^ 


*Visa (visa) 


Porte-Science, 


Jimyô &W 


Vidyâdhara 


Possédant-la-Science 






Pouvoir Magique 


Nyoitsû MMM 


Rddhi (iddhi) 


Pratique 


Gyô fx 


Carana (id.) 


Prenable 


Shoshu B\M 


Grâhya 


Preneur 


Nôshu ii^st 


Grâhaka 


Prise 


Shu Ifc 


Grâha (gâha) 


Production 


Shô £, ki jg, hotsu g 


Utpâda (uppâda), 
samutpâda (samuppâda) 


Production d'Esprit 


Hosshin f<|'C.> 


Cittotpâda 


Profane 


Ishô g£ 


Prthagjana (putthujjana) 


Professeur 


Wajô ftffi 


Upâdhyâya (upajjhâya) 


Prophétie 


Juki SME 


Vyâkarana (id.) 


Puéril 


Gufu j&£ 


Bâla (id'.) 


Pur 


Shôjô ffijf 


Suddha (suddha) 


Racine, Radical 


Hon ^c, kompon ^g^C 


Mûla (id.) 


Rancune 


Kon fg 


Upanâha (id.) 


Réalité, Réel 


Jitsu ff 


*Bhûta (id.) 


Réceptacle 


Ki^ 


Bhâjana (id.) 


Recherche-mentale 


Shiyui ftjg 


Mîmâmsâ 


Récipient 


E $c 


Âsraya (assaya) 


Réflexion 


Shi ,©. 


Cintâ, cintana (id.) 


[de] Régence 


Zôjô i&± 


Adhipati (id.) 


Régression 


Tai 5l 


Vivartana 


Reine de Science 


Myôhi BJfà 


Vidyârâjnî 


Relatif 


Eta fôftiî 


Paratantra 


Remords 


Ke m 


Kaukrtya (kukkucca) 


Répulsion 


Shin Bj| 


Pratigha (patigha) 


Résidence 


Jû ffi 


*Vihâra (id.) ' 


Résidu 


Zuimin |^BE 


Anusaya (anusaya) 


Respect 


Kyô |& 


Gaurava (gârava) 


Resplendissant 


Kôon 5tÇ 


Âbhâsvara (âbhassara) 


Restriction 


Ritsugi #jg 


Samvara (id.) 


Retraite 


Ango ^^ 


Vaisa (vassa) 


Rétribution 


Hô m 




Réunion 


Wagô $]& 


Sâmagrî (sâmaggî) 


Revêtement 


Gai H 


Nîvarana (id.) 


Revêtu, à-Revêtement 


Ufuku ^^ 


Nivrtta 


Révolution 


Tenfc 


Parâvrtti 



IX 


SUPPLÉMENT 


Rituel 


Cxiki \m 


Roi de Science 


Myôô BJ3E 


Rpsaire 


Nenju ;g;$c 


Roue 


Rin m 


Rubrique 


Mon FJ 


Sabbat 


Sainichi j|fB 


Saint 


Shô H 


Sans-Connotation 


Musô H«i 


Sans-Contreheurt 


Mutai ^M 


Sans-Ecoulement 


Muro MU 


Sans-Forme 


Mushiki $|fe 


Sans-intermission 


Abi pif£, mukcn HflQ 


Sans-Notification 


Muhyô 4$:^ 


Sans-Passion 


Muzen jfê$& 


Sans-portée 


Fudô ^ffr 


Sans-Production ' 


Fushô ;££, mushô j|E£ 


Sans-Production originel 


Hompushô JfCfiQi 


Sans-Régression 


Futai ^ig, abibacchi p]1$.\ 


Sans-reste 


Muyo mm 


Sans-retour 


Anagon ptf%§ 


Sans-Revêtement 


Mufuku 4flE$g 


Sans-supérieur 


Mujô M±. 


Sapience 


e m 


Saveur 


Mi 1* 


Sceau 


In f$ 


Scepticisme 


Gi ^ 


Science 


Myô BJ 


Section 


Bu SP, hon & 


Sécurité 


Mui ^g 


Sélection des Essences 


Chakuhô ^^ 


Sens 


Gi # 


Sens-ultime 


Shôgi §S^ 


Série 


Sôzoku ;fôi! 


Signe 


Sô *g 


Simple Notification 


Yuishiki P||^ 


Singulier 


Fugu ^î^t 


Sistre 


Shakujô gj#; 


Soi 


GaS 


Soif 


Ai ^ 


Son 


Shô |£ 


Sous-Passion 


Zuibonnô H*Mâ 


Souverain ; Souveraineté 


Jizai g^E 


Spécification 


Dôi mu 


Substantiel 


Tai f|, hontai ^fl 


Supersavoir 


Jinzû 3$jj§ 


Supramondain 


Shusse tfilfi: 


Tablette 


Dochô gjgg 


Temps 


Ji R# 


[de] Terme 


Hikkyô $^g 


Terrain 


Den EH 


Terrain de Buddha 


Butsudo $jj±. 


Terrasse d'Eveil 


Bodaidôjô ^fëîË-àg 


Terre 


Ji *È 



Kalpa 

Vidyârâja 

Mâlâ (id.) 

Cakra (cakka) 

Paryâya (pariyâya) 

Posadha (uposatha) 

Arya (ariya) 

Âsarhjnika (*asannin) 

Apratigha (appatigha) 

Anâsrava (anâsava) 

Arûpa, ârûpya (arûpa) 

Avîci (id.) 

Avijnapti 

Aklista, asarhklista (akilittha, 
asankilittha) 

Âninjya (ânenja, ânejja, etc). 

Anutpâda (anuppâda) 

Âdyanutpâda 

Avaivartika, *avivartin [cette seconde 
forme ne paraît pas attestée dans 
les textes sanskrits] 

Anupadhisesa, nirup° (anupâdiscsa) 

Anâgâmin (id.) 

Anivrtta 

Anuttara (id.) 

Prajnâ (pannâ) 

Rasa (id.) 

Mudrâ (muddâ) 

Vicikitsâ (vicikicchâ) 

Vidyâ (vijjâ) 
*Kula (id.), # varga (vagga), 
*nikâya (id.), etc. 

Abhaya (id.) 

Dharma[pra]vicaya (dhammavicaya) 

Artha (attha) 

Paramârtha (paramattha) 

Santâna (id.) 

Nimitta (id.) 

Vijnaptimâtra[tâ] 

Âvenika (id.) 

Khakkhara 

Âtman (attan) 

Trsnâ (tanhâ) 

Sabda (sadda) 

Upaklesa (upakkilesa) 

îsvara ; aisvarya (issara ; issariya) 

Visesa 
*Sarîra ; *kâya ; *dhâtu 

Abhijnâ (abhinnâ) 

Lokottara (lokuttara) 

Salâkâ (salâkâ) 

Kâla (id.) 

Atyanta (accanta) 

Ksetra (khetta) 

Buddhaksetra (b°khetta) 

Bodhimanda (id.) 

Bhûmi (id.) 



SUPPLÉMENT 



Terre Pure 
Tétralemme 
Thèse 

Tige de Saint 
Torpeur 
Touchable 
Toucher 

Tournant-la-Roue 
Transformation 
Transformation-par-action- 
réciproque 
Transmigration 
Travail 
Tréfonds 

[Dieux] Trente-trois 
Trépassé 
Trouble 
Turbulence 
Ultime Réalité 
Unité[-de-famille] 

Usage de l'alcool 

Vainqueur 

Vains-propos 

Véhicule 

Vénérable 

Vent 

Verbiage 

Vérité 

Vérité vulgaire 

Vertu 

Vide 

Vieillesse 

Violence 

Vitesse 

Vœu 

Voie 

Voie du Milieu 



Vol 

Voyant 

Vrai, Vérité 

Vue 

Vue perverse 



Jôdo ff ± 
Shiku B^ 
Shû -fc 

Shôshu §p 

Suimin 

Shosoku 

Soku j|j§3 

Tenrin \ 

Temben 

Tenden 



Shôji £?e 

Gengyô ïgjfr 
Araya ^OT 
Tôri '|7lf (J , sanjûsan 
Gaki ffifa 
Waku ^ 

Sojû ^im 

Jissai 5£fê§ 
Dôbunshô \p\%"&. 

Onshu ffcfg 

shôsha m% 

Keron ggft 
Jô ^ 

Daitoku ;*;$jg 
Fû J^ 
Kigo $£!§ 
Tai jj$ 
Zokutai {§§$ 
Toku H 
Kû g 
Rô ^ 
Gai ^ 
Seisoku f^îjg 
Sei[gan] gLgg] 
Dô 3l 
Chûdô #3t 



Chûtô $$ 
Sen f[|j 

Shin jj| 
Ken JL 
Jaken ffîfl 



*Sukhâvatî 
Catuskotika (catukotika) 
Pratijnâ (patinnâ) 
Aryavamsa (ariyavarhsa) 
Middha (id.) 
Sprastavya (photthabba) 
Sparsa (phassa) 
Cakravartin (cakkavatin) 
Parinâma[na] 

*Ano'nyavasa parinâmafna] 

Samsara (id.) 

Samudâcâra (id.) 

Âlaya (id.) 
[ten]H+H[5£] Trâyastrirhsa (tâvatimsa) 

Prêta (peta) 
*Kâhksâ (kankhâ) 

Dausthulya (dutthulla) 

Bhûtakoti 
[shudôbunshô Sabhâgatâ [nikâyasabhâga] 

Madyapâna (majjapâna) 

Jina (id.) 

Prapanca (papanca) 

Yâna (id.) 

Bhadanta (id.) 

Vâyu (id.) 

Sambhinnapralâpa (s°ppalâpa) 

Satya (sacca) 

Samvrttisatya 
*Guna (id.) 

Sûnya, sûnyatâ (sunna, sunnatâ) 

Jarâ (id.) 

Vihimsâ (id.) 

Java (id.) 

Pranidhâna (panidhâna) 
*Mârga (magga) 

Madhyamamârga (majjhimamagga), 
madhyamâ pratipad (majjhimâ 
patipadâ) 

Adattâdâna (id.) 

Rsi (isi) 

Drsti, darsana (ditthi, dassana) 
Mithyâdrsti (micchâdittbi) 



-*+*+- 



II. SIGLES ET ABRÉVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES. 



A. OUVRAGES CHINOIS ET JAPONAIS. 



Tous les ouvrages contenus dans la dernière édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le 
Taishô Issaikyô ;foE— IJM& (publié sous la direction de MM. Takakusu Junjirô MMtiftflt et Watanabe Kaigyoku 



XI SUPPLÉMENT 



; 55 vol., Taishô Issaikyô kankôkai ^CïE— ^J]|SflJ^T#, Tôkyô, 1924-1929), sont désignés par les lettres T., 
Tt., Ttt., ou Tttt., suivies d'un chiffre arabe. Ce chiffre correspond au numéro sous lequel l'ouvrage cité se trouve 
classé dans le Taishô Issaikyô ; pour trouver le titre de l'ouvrage, on se reportera aux Tables du Taishô Issaikyô (à 
paraître incessamment comme annexe au Hôbôgirin), qui indiqueront également le nom de l'auteur, du traducteur, 
le nombre de chapitres, etc. 

Afin de permettre au lecteur de reconnaître à quelle couche de la littérature bouddhique est empruntée chacune 
des citations, la lettre T. ( = Taishô Issaikyô) a été réservée aux ouvrages considérés comme l'enseignement direct 
du Buddha [sûtra, vinaya] ; Tt. indique les ouvrages attribués aux Pères, aux Docteurs et aux écrivains de l'Inde 
(ou de la Sérinde) [sâstra, stotra, kalpa, dhâranî, mantra, avadâna, etc.] ; Ttt. marque les textes d'origine chinoise 
(ou coréenne), et Tttt. les œuvres japonaises. — Exemples : T. i25 = n° 125 du Taishô Issaikyô : Zôichiagongyô 
fll— ffl&M. (Ekottarâgama) ; Tt. I5s8 = n° 1558 du Taishô Issaikyô: Abidatsumakusharon M^MMi^îk 
(Abhidharmakosasâstra) ; Ttt. 2o87 = n° 2087 du Taishô Issaikyô : Saiikiki M^IB (Si yu ki) ; Tttt. 2161 =n° 2161 du 
Taishô Issaikyô : Goshôraimokuroku îijlJrfiJfé EU Hê (Catalogue des manuscrits rapportés de Chine par Kôbô Daishi). 

Pour les ouvrages qui ne figurent pas dans le Taishô Issaikyô, on a utilisé des sigles de deux, trois ou quatre 
lettres, suivant que les textes cités sont d'origine hindoue, chinoise ou japonaise. On trouvera ci-dessous une liste 
de ces sigles. — Exemples : Gog. = Gennôongi ïffi^S (Glossaire de Hiuan-ying) ; Ksdj. = Kokushidaijiten ISj&^SfiSi 
(Dictionnaire historique du Japon). 

Un chiffre romain, placé à la suite d'un chiffre arabe ou d'un sigle, marque le chapitre (kan [kiuan] ^) d'où 
est tirée la citation. Lorsque le chapitre lui-même est divisé en parties (_h, f£, "f, ^C, 5jç, etc.), ces parties sont 
désignées par des lettres minuscules : ainsi &— _fc=i a ; &H^ = n b ; ^T^.S = m c. La page est indiquée, s'il 
y a lieu, à la suite du chapitre par un chiffre arabe entre parenthèses, suivi de lettres pour désigner soit le recto (a) 
ou le verso (b), soit la section de la page : supérieure (a), moyenne (b) où inférieure (c), où se trouve le texte cité. 
Enfin la colonne est occasionnellement précisée par un chiffre arabe à la suite du numéro de la page. — Exemples : 
Ttt. 1718 iv b (58 c, i5) = n° 1718 du Taishô Issaikyô, chapitre iv, 2 e partie, page 58, section inférieure, colonne 15 ; 
Sjsh. 11 (10 a, 8) = Shujishû, chapitre II, page 10, recto, colonne 8. 

Les sigles S et Z se rapportent respectivement à l'ancienne édition du Canon Bouddhique connue sous le nom 
d"'édition de Tôkyô" (en japonais Shukusatsuzôkyô fâfflMM, titre complet Dainihon-kôtei-daizôkyô ^C 5^^fT 
JçM$c£> 40 liasses, 318 fascicules, Kôkyôshoin j&ÎSCtÇEtSi Tôkyô, 1880-1885) et au Supplément de l'"édition de 
Kyoto" (Zokuzôkyô JKSSIS, titre complet Dainihon-zokuzôkyô ^cB^jUiêt^, 150 liasses, 750 fascicules, Zôkyô- 
shoin BJfê^fê, Kyoto, 1905-1912 ; réimprimé à Shanghai, Commercial Press, 1923). Dans les références à 
l'"édition de Tôkyô", un chiffre romain suivi d'un chiffre arabe indique la liasse (chitsu ij#c) et le fascicule (satsu $))) ; 
pour le Supplément de l'"édition de Kyoto", la série (hen H) est indiquée par un grand chiffre romain, la liasse 
(tô %£) par un chiffre romain plus petit, et le fascicule (satsu $}•) par un chiffre arabe. — Exemples : S. vi, 3 (24 
b, 12) = Shukusatsuzôkyô, liasse VI, fascicule 3, page 24, verso, colonne 12; Z. II, xxil, 5 (18 a, a, 9) = Zokuzôkyô, 
série II, liasse xxn, fascicule 5, page 18, recto, section supérieure, colonne 9. 

LISTE PROVISOIRE DES OUVRAGES NON INCLUS DANS LE TAISHÔ ISSAIKYÔ. 

Un petit nombre des ouvrages cités dans cette liste provisoire ont été inclus dans des volumes du Taishô Issaikyô 
parus après l'achèvement du premier fascicule du Hôbôgirin. On a indiqué ici leurs numéros d'ordre dans le Taishô 
Issaikyô ; à partir du second fascicule, c'est par ces numéros qu'ils seront désignés dans le Hôbôgirin. — Les noms 
d'auteurs (ou de traducteurs) sont imprimés en italique. — Le nombre de volumes, ou de chapitres, est indiqué par 
un chiffre romain à la suite du titre ; si l'ouvrage n'a qu'un volume ou un chapitre, ce chiffre est omis. — Les titres 
abrégés sont précédés d'un astérisque *. — Impr. = imprimé ; éd. = édité, éditeur. 

Abkk. Amidabutsu no kenkyû pSf!}J8P'g$&0)$f3£. Yabûki Keiki ^PXBgf?. Heigosha j^^jrfd;, Tôkyô, 191 1. 

Absr. Amidabutsusetsurin vu MWfc\%Wck-k%- Kei J 6 HËfi£ (ti774>- Impr. 1770. 

Aigk. Amidaingyôki 11 PIWtB\fîWm%è- Ekû ^Q (1644-1721). Impr. 1684. 

Ajhs. Ajihishaku P^|ÈÎ?- Enchin gj^ (814-891). Dnbz. xxiv & xxviii. 

Akjs. Amidakanjinshû |S?§M%M l fr& Genshin ^{a (942-1018). Dnbz. xxiv & xxxi. 

Ars. Anrakushû 11 $£$£M^- Dôshaku (Tao-tclïo) Mfâ (562-645). Ttt. 1958. 

Asbs. Asabashô c pHÉifi^W^. Jôchô j|cg£ (1205-1282). Dnbz. xxxv-li. 

Ass. Amidakyôshoshô iv PJ51PEt?fi&# > H&- Shukô (Tchou-kong) $^Ê (1532-1612). Z. I, xxxm, 2-3. 

Bbkw. Bukkyôbijutsukôwa fâ&MMWtW- Ono Gemmyô /MF^j?. Kôshisha Ç^fd:, Tôkyô, 1927. 

Bdji. Bukkyôdaijii m ^t^X^^EJ^. Compilé par l'Université Bouddhique [du Nishi-Honganji, à 

Kyoto] #&£$£$. Fuzambô %\[\M, Tôkyô, 1914-1922. 

Bdjt. Bukkyôdaijiten #ffc*8&fc. Oda Tokunô ^fflfëïg (1860-1911). ôkura shoten ^HJÊ, Tôkyô, 

1917 ; 2 e éd. [non modifiée] 1928. 

Bdnp. Bukkyôdainempyô #ifck3^. Mochizuki Shinkô ^J-fi 1 ^. Buyôdô $$%&, Tôkyô, 1909. 



SUPPLÉMENT XII 



*Bodaishingi = Taizôkongôbodaishingiryakumondôshô x fâWL&M^$k>k$&lQif$%rfà-\-l&- Annen 

$£%& (ca. 884). Ndzk., Tendaishû-mikkyô III. 
*Bommôkyôjukki-=Bommôkyôbosatsukaihonjukki iv ffîfât^ffî.J&fciÊÎZMtfè- Shôshô (Cheng- 

tchouang), dyn. Tô (T'ang) [618-906] IgBfè. Z. I, lx, 2. 
Bikunishô = Shibumbikunishô vi M^itJai^P^^- D ^ sen (Tao-siuan) Ms. (596-667). Z. I, lxiv, 1. 
Bommôbosatsukyôshochû vinfflS&W^M&\M. Yokan (Yu-hien), dyn. Sô (Song) [960-1279] 

$H&. Z. I, lix, 3-4. 
Butsuzô no kenkyû &RiQ)fâf&. Ono Gemmyô /MF£gj?. Heigosha H^p-tfc, Tôkyô, 1918. 
Bongozatsumyô ^o§H^. Raigon (Li-yen), dyn. Tô (T'ang) [618-906] Jgâî!|1l*. Ttt. 2135. 
Butsuzôshinshû 11 &JMKft£l&- Gonda Raifu^lB^^ & Ômura Seigai XH^M- Heigosha [%*? 

ît, Tôkyô, 1919. 
Butsuzôtsûkai, vol. 1 [seul paru] #ftj|ff$ft-Hfe. Naitô Tôichirô HW0 <*• Rokumeisô g|P|$£, 

Nara, 1927. 
Butsuzôzui v $j}ftl[II?||t!. Préface et postface de 1690. Dessins de Ki-no-Hidenobu &E^»fo> x 783. Ed. 

Morie shoten ^tt^JÊ, Tôkyô. 
Dainichikyôgishakuemmitsushô x % BMMM^^è^'Y^- Kakuon (Kio-yuan), dyn. Ryô (Leao) 

[xi e s.] ^H%. Z. I, xxxvii, 1-2. 
Daiminsanzôhossû l ^C0Qnj^^^(2.+^. Ichinyo (Yi-jou) — #|], etc. (ca. 1410). S. xxxvn, 1-2. 
Dainihombukkyôzensho cl (avec x rouleaux annexes) jt B'fc$fï$k$-:WtlSlL~\'î{è {ffi%l\tfè~\~)- Daini- 

hombukkyôzenshohakkôsho ^ B ^$fj$iC:èl8 : 'iHT$f > Tôkyô, 1913-1921. 
Dainichikyôgishaku xiv % RW^M'i'W^è • Ichigyô (Yi-hang) — ff (683-727). Z. I, xxxvl, 3-5. 
Dainihonjiinsôran "fc ^^RSMUC- Tôkyô, 1916.. 
Daishûkôyô cj^^fllf. Kôken 3fc§fl| (1652-1739). Impr. 1739. 
Daizôkyôsakuin m ^^^'^0|H^. Kawakami Kozan }\\±.%li}. Daizôkyôsakuinkankôkai XffîîÊ 

^lf!KT#, Kyoto, 1927-1928. 
Encyclopœdia Japonica = Nihonhyakkadaijiten x B^If^;?C§£&-Hgî. Sanseidô .n4=fâ£> Tôkyô, 

1908-1919. 
*Ennôshô = Dainichikyôshoennôshô lvi ^.B^MlMM0S.-^%- Gôhô ^f£ (1306-1362). Ed. 1708. 
*Eoriongi Sf^gll-fg == Shiiiyakudaihôkôbutsukegongyôongi 11 MM^^M^^WM.^^^%- Bon 

(Houei-yuan), dyn. Tô (T'ang) [618-906] @f||$û. S. xxxxi, 10. 
Gedôtetsugaku £J-jti?2fJ|l. Inoue Enryô ^f JtlUT ( I 8S9-i9i9). Tetsugakkankôgirokushuppanbu $?f 

««ftftfltfflJKtf, Tôky*, ^897." 

Genkôshakusho xxx 7C^)Rlfi : n+^- Shiren %$%%. (ca. 1322). Dnbz. ci. 
Gakkaiyoteki ^ïfë|&$3- 
*Gennôongi ^JBgÇjg^Issaikyôongi xxv — $Hît§|Zl-f*lL&. Grand (Hiuan-ying) £flg (ca. 650). 

S. xxxix, 6-7. 
Goshimbôshô ^^ï£Sjî>. 

Gotôegen xx £^#tcZ1+^. Fwsa* (P'ou-tsi), dyn. Sô (Song) [960-1279] 5fcHfê?. Z. II, xi, 1-4. 
Gutokushô 11 ^%^IL%. Shinran $g,*g| (1 173-1262). Sszs. 
Hombongo x jgfâM-\r&. Ttt. 2130. 

Hizôki 11 $&j£Jji2H&. Kûkai Q% (774-835). Ndzk., Shingonshû-jisô I. 
Honchôkôsôden lxxv ^^igjffMlL. Shiban 0j$@ (1626-1710). Dnbz. cii-cm. 
Himitsujirin jjKjgfri*- Tomita Kôjun ^ffilM- Kajisekaisha 2/n$t£l?-Wt> Tôkyô, 191 1. 
Hokkesandaibuhochû xiv fè^ëE.XffîfàU'ï'Bfë- Jûgi (Ts'ong-yi) îjfêfi (fio9i). Z. I, xliii, 

5— xliv, 1-3. 
Hokkeshoshiki x r£^-^fAgS-f-^. Shcshin ^^ (ca. 1200). Dnbz. xxi-xxii. 
Ibushûrinronshojukki ^SP^^Im^îîilS. Kiki (K'ouei-ki) %l£ (632-682). Z. I, lxxxiii, 3. 
Jukkanshô x +&#-t-?Éj. Ejû ]^1f(xu e s.). Dnbz., X e rouleau annexe. 
*Jûôkyô = Jizôbosatsuhosshininnenjûôkyô Jffijft^lriÉlt'frlSiMH'BEfE- Z - h XXIII > 4- 
Kôbôdaishizenshû 5A^fe^:fii|î^r^. Ku&aï 5gf& (774-835). Tôkyô-Kyôto, 1910. 
Kikitsuekidoshû xxx 1R^^±^H+^ [aussi intitulé Bongojiten %M¥-&]- E ^â *g^. (1716). 

Rééd. Tetsugakkandaigaku f^ft;*;^, Tôkyô, 1905. 
Kyôgyôshinshômonrui vi &fâfêffî.~XMrifë- Shinran $$fâ (1 173-1262). S. XL, 9. 
Kusharonjujoki xxix fMH£8WB^-HL4< ^onn» (Touen-lin), dyn. Tô (T'ang) [618-906] Jgjl 

fl|. Z. I, lxxxvi, 2-3. 
Kujikongen ^b-^g^. Ichijô Kaneyoshi —jfëffc& (1402-1481). Nihombungakuzensho 0?fc&;!pl 

£# xxii, Hakubunkan ffXfg, Tôkyô, 1892. 



XIII SUPPLÉMENT 



Kkas. Kakuashô ^ffîfâ. 

Kkkd. Kongôchôkyôkaidai ^fêlOT^il Kûkai &M (774-835)- Kdbz. iv. 

Kks. *Kegonkumokushô=Kegongyônaishômontôzatsukumokushô iv i^Mfll^ft^H^^ftS^IS^J. Chi- 

gon (Tche-yen) ^fH (602-668). Ttt. 1870. 
Kkzs. Kakuzenshô cxxvm ^|f#HZl+A^- Kakuzen Hjjlp (xn e s.). Dnbz. xlv-li. 
Kmds. Kongôkaimandara[dai]shô 11 &W\ifrsk^7$LJtlstP^%è- Shinnichi -fg H d-1307). Dnbz. xliv. 
Kog. *Kakôongi Pj^^fl = Shinshûzôkyôongizuikanroku WîMffîM^^ffîM$k- Kakô (Ko-hong) pJ$. 

Compilé 931-935. S. xxxix, 1-5. 
Krgs. Kannonreigenshô W&W&&- 
Krs. *Kusharonsho = Abidatsumakusharonsho vu PRllË,^0{Er^lra^' Jintai (Chen-t'ai), dyn. Tô (T'ang) 

[618-906] ^#^. Z. I, lxxxiii, 3-4. 
Ksdj. Kokushidaijiten $\$.X1$&. Ed. révisée, Kôbunkan §i>5Cf|, Tôkyô, 1912. 
Kse. *Kegonshoengishô = Daihôkôbutsukengongyôshoengishô lxxx "X^^^^ùf^Mïm.^^iPA^^ (autre 

titre abrégé *Kegondaishoshô ^J&XÉîJtfi)- Chôkan (Tch'eng-kouan) jgfjg (737-838). Z. I, vm, 

4-5, ix, 1-5, x, 1-5, xi, 1-4. 
Mbdj. Mochizuki, Bukkyôdaijiten ^t5c^C%?^, fasc. i-lll [seuls parus]. Mochizuki Shinkô ^^jfaT- 

Buyôdô ^^^, Tôkyô, 1909. 
Mjes. Muryôjukyôesho x Mltl£W.iïffî-t'fê- Shuntai Ibgjjfê (1664-1721). 
Mnkk. Mandara no kenkyû ^^i.O)Wi%. Toganoo Shôun ^MPÉfl- Ed - Université Bouddhique du 

Kôyasan ^ff iLlX^&ffcffî, Kôyasan, 1927. 
Mtsg. Mandaratsûge ||^iîî§IS?- Gonda Raifu ffiffiff^. Heigosha p^fi, Tôkyô, 1916. 
Mvy. Mahâvyutpatti = Honyakumyôgidaishû WbM'&^Êi,%%- Ed. Sakaki Ryôzaburô $^^HâP, avec un 

index sanskrit en I vol. annexe. Publication de l'Université de Kyoto de la secte Shingon 

Bc^^Mffî%W^< Kyoto, 1916-1925. [Les chiffres à la suite de ce sigle se rapportent aux 

numéros des termes cités.] 
Ndzk. Nihondaizôkyô lui BsfcfcjJSMfi+Hfê- Nihondaizôkyôhensankai R^%ffîÊ.W&^, Tôkyô, 

1914-1922. 
Ngjg. Nittôguhôjunreigyôki iv À^^c^îSSifTfEK^. Ennin @]C (journal de son voyage en Chine de 

838 à 847). Dnbz. cxm ; aussi éd. photographique d'un manuscrit de 129 1, Tôyô Bunko 3|îï^j8£ 

^, Tôkyô, 1926. 
Ojys. ôjôyôshû vi &t}cMMsîfê- Genshin Mfè (942-1017). Dnbz. xxxi. 
Osks. ôjôyôshûshikishô xxv fè.£MMiaM$>^~^fti&- Kakuei ^4f (fiôgs). Impr. 1683. 
S. *Shukusatsuzôkyô %fHfflM$E> "édition de Tôkyô" du Canon Bouddhique ; cf. la notice qui précède 

la présente liste. 
Sfdk. *Shosetsufudôki ^|fe^|^|2 — Daihitaizôfutsûdaimandarachûshosonshûjihyôshigyôsôshôishosetsufu- 

dôki x xmmMWMxm^m*m&m*mmM]mtiLm%t*mmï®. Pri™ sunjaku gm®, 

3E (884-927). Dnbz. xliv. 

Sgs. *Shibunritsugossho |Zg5H^HI^=Shibunritsusampozuikikommashosaienki xxn P9^*^lHffilS ; ^^l 
•ÉWWMeZ:+r%. Dôsen (Tao-siuan) ^ (596-667). Z. I, lxiv, 3-5. 

Sgsk. Sangôshiki 111 ^ffcfêI§H4ls- Kûkai 5g$Ê (775-835). Kbdz. ix. 

Shjg. *Shôjigi ^^# = Shôjijissôgi i^gyfôS- Kûkai m% (775-835). Kbdz. m. 

Shns. Senjakuhongannembutsushû 11 Mfê'fcË!i&$t>MH%è- Genkû ^îg (1133-1212). S. XL, 7. 

Sjk. *Shijiki = Shibunritsusanhanhoketsugyôjishôshijiki xlii BfrWM^fàMff^-£P ! M%ÎÎW-t~%è- 
Dôsen (Tao-siuan) 3Hljf (596-667) ; Ganshô (Yuan-tchao) x;jîg (1048-1116). Ttt. 1804. 

Sjm. =Sjs. 

Sjkk. Shittanjikikôjutsu m &Hfc^tEï!iï$H&. Jôgon : 0%fc (1638-1701). 

Sjms. *Shittanjimoshaku ^J^f^fi^Bonjishittanjimo narabi ni shakugi $£¥fâ§t&$$W^- Kûkai S$* 
(775-835)- Kbdz. vu. 

Sjs. Shijûnijimonshaku 11 P9-M1^P^I1^. Eshi (Houei-sseu) !£,§» (512-577). 

Sjsh. Shûjishû 11 ^^S— ^- Chôzen jg$P (fi68o). 

Skk. Shibunritsukaishûki xx H^#^^|ÉZ1+^. Eso (Houai-sou), dyn. Tô (T'ang) [618-906] fêfêM- 

Z. I, LXVI, 1-5, LXVII, I. 

Sms. Shakumonshôtô vin HHjEWVË- Go Kokki (Wou Ko-ki) ^^B & Shûkan (Tsong-kien) ^jg 

(1223). Z. II £, m, 5. 
Srs. Shibunritsusho xx H:5fr#$ftr~H£. Hôrei (Fa-li) fêggf (569-633). Z. I, lxv, 3-5. 

Srsh. *Shôryôshû = Henjôhokkishôryôshû x *IE81tMÉiiS+&- Kûkai ^^ (775-835). Kbdz. x. 
Ssjg. Sokushinjôbutsugi ffflfyfàffiWè. Kûkai &%$ (775-835). Kbdz. 11. 



SUPPLÉMENT 



XIV 



Ssk. 



Shibunritsushojikishûgiki xx ^^^W^^^Î^^L^^Jôhin (Ting-pin), dyn. Tô (T'ang) [606-918] 

m%m- z - J> lxvi > 1-3. 

Shittansammitsushô vin 2&||-$i;$3>A^5- Jôgon ££jg| (1638-1701). 
Shoshûshôshoroku ni jff^£Sfi$$Hfè- Kenjun |$]flfj (1740-1810). Dnbz. 1. 
Shinshûtaikei fê.m%%- Shinshûtensekikankôkai A^^fêT'Jfïll". Tôkyô, ca. 1917. 
Shinshûzensho lxxiv J|.^£lï : 'b+I3&- Zôkyôshoin j$$£g^, Kyoto, 1913-1916. 
*Shotenden = Jûhenshotenden il MH^^I^^^- Gyôtei {Hing-t'ing), dyn. Sô (Song) [960-1279] 

T^fflÉ- Z. II, xxiii, 2. 
Soteijion vin MMM-I^A^- Zengyô (Chan-k'ing), dyn. Sô (Song) [960-1279] 5fëff P. Z. II, xvm, 1. 
Taishô Issaikyô ^CjE— 'W%l£> nouvelle édition du Canon Bouddhique ; cf. la notice qui précède 

la présente liste.] 
Tetsugakudaijisho m ^^^^^H^ ; index en 1 vol. annexe. Dôbunkan H3jStft, Tôkyô, 1912; 

Supplément, 1 vol., ib. 1926. 
Tôdaijiyôroku x MXé^B+^ê- Zokuzokugunshoruijû xi $MAffîmMfàÏÏ>1 — &, Tôkyô, 1907. 
Tetsugakujiten @$S?jl^. Compilé parla librairie Iwanami ^^^Jg, Tôkyô, éd. révisée, 1927. 
Taizôkaimandara[dai]shô 11 ^èM^^^MiiXWZ^- Shinnichi /fg0 (fi307). Dnbz. xliv. 
Tannishô %K%%P ( XIIie s -)- Sszs - 

Tendaishikyôgishucchû x 3^^BJ^ity||£È+^j?- Munin (Mong-jouen) fgjg} (1275-1334). S. xxxn, 10. 
[Tt., Ttt., Ttt. — Taishô Issaikyô ; cf. notice en tête de la présente liste ] 
*Unjg. Unjigi n^m- Kûkai &fê (775-835)- Kbdz. m. 

Yugikyôshûkoshô m ïiijfti^fè-Ê#H&. Raiyu fgï${ (1226-1304). Ndzk., Mikkyô 11 b. 

Yuishinshômohi 9fei$$P'3ÇM- Shinran ^fâjg (1 173-1262). Sstk. 

Zokuzôkyô ^^^, Supplément à l'"édition de Kyoto" du Canon Bouddhique ; cf. la notice qui 

précède la présente liste. 
Zuinshû Hijl^l^ll. 

Zenrinzôkisen |f fàj&lllîj- Mujaku Dôchû £3fjj|&- Baiyôshoin HH^gc, Kyoto, 1909. 
Zenshûjiten t^ÙÂ- Yamada Kôdô UlBfëâË- Kôyûkan ft8yi, Tôkyô, 1915. 
*Zuzôshô m$$>=Jksh. 
Zuzôshûko (xvi rouleaux) gj#^"S+A^- Omura Seigai ^ftSIË- Tôkyô, sans date. 



Ssms. 

Sssr. 

Sstk. 

Sszs. 

Std. 

Stj. 
[T. 

Tdjs. 

Tdjy. 

Tgjt. 

Tmds. 

Tnns. 

Tss. 



Ysks. 

Yssm. 

Z. 

Zish. 

Zrzs. 

Zsjt. 

Zzsh. 

Zzsk. 



B. AUTRES OUVRAGES. 



Ang. Nik. 
Beal, Catena 
BEFEO. 
Csoma[-Feer] 

Dîg. Nik. 
Grûnwedel, Myth. 
Hœrnle, Remains 

Introd. 

J. As. [ou J. A.] 

JASB. 

JRAS. 

K. Lav. 



Lotus 

Majjh. Nik. 
Mitra, Catal. 



Mvy. 

Nj. 



Anguttara Nikâya, éd. P.T.S. 

S. Beal, A Catena of Buddhist Scriptures from the Chinese. Londres, 187 1. 

Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Hanoi, 1901 sq. 

A. Csoma de Kôros, Analyse du Kandjour ; traduite et annotée par Léon Feer. Paris, 

1881. 
Dîgha Nikâya, éd. P.T.S. 

A. Grûnwedel, Mythologie des Buddhismus in Tibet und der Mongolei. Leipzig, 1900. 
A. F. Rudolf Hœrnle, Manuscript Remains of Buddhist Literature found in Eastern 

Turkestan. Oxford, 19 16. 
Eugène Burnouf, Introduction à l'histoire du bouddhisme indien. 2 e éd., Paris, 1876. 
Journal Asiatique, Paris. 

Journal of the Asiatic Society of Bengal, Calcutta. 
Journal of the Royal Asiatic Society, Londres. 
Abhidharmakosa de Vasubandhu, traduit et annoté par L. de La Vallée Poussin. 

Paris-Louvain, 1923 sq. [Les chiffres romains se rapportent aux chapitres (sthâna) 

du texte original, les chiffres arabes aux pages de la traduction française.] 
Le Lotus de la Bonne Loi, traduit. . .par E. Burnouf. Rééd. Paris, 1925. 
Majjhima Nikâya, éd. P.T.S. 
Rajendralala Mitra, Catalogue of the Sanskrit Buddhist Literature of Népal. Calcutta, 

1882. 
Mahâvyutpatti ; cf. supra liste A. 
Bunyu Nanjo, A Catalogue of the Chinese Translation of the Buddhist Tripitaka. 

Oxford, 1883. 



XV 



SUPPLÉMENT 



P.T.S. 
P.W. 

Sam. Nik. 
Watters, Travels 



Pâli Text Society. 

Petersburger Wôrterbuch : O. von Bôhtlingk, Sanskrit Wôrterbuch in kûrzerer 

Fassung, 3 vol. Rééd. Leipzig, 1923-1925. 
Samyutta Nikâya, éd. P.T.S. 
Thomas Watters, On Yûan-chwang's Travels in India. Londres, 1904-1905. 



III. ABRÉVIATIONS ET SIGNES CONVENTIONNELS. 



abr. abrégé, abréviation 

A.D. Anno Dei [après Jésus-Christ] 

ad fin. ad finem [vers la fin] 

anc. éc. ancienne école; cf. ci-dessous "n.éc, 

nouv. éc." 

B. Buddha 

Bg. Bhagavat 

Bs. Bodhisattva 

ca. circa [environ] 

c.-à-d. c'est-à-dire 

cf. confer 

ch. chinois 

cm. commentaire 

col. colonne 

cor. coréen 

corr. correction, corriger 

éd. édition, éditeur 

e.g. exempli gratia [par exemple] 

Es., es. ésotérisme, ésotérique [sk. tantra] 

Ex., ex. exotérisme, exotérique 

G.V. Grand Véhicule [sk. mahâyâna] 

ib. ibidem 

id. idem 

i.e. id est [c'est-à-dire] 

inf. infra [ci-dessous] 

init. initio [au commencement] 

jap. japonais 

litt. littéralement 

ras., mss. manuscrit, manuscrits 

n. note 



n.éc, ) 
nouv. éc.) 



nouvelle école [terme dont la valeur 

varie selon les textes et les auteurs : d'une 
façon générale, on appelle "nouvelles", shin- 
yaku fïffpi, les interprétations, traductions, 
transcriptions, etc., de termes techniques, 
de noms propres, etc., qui furent introduites 
sous les Tô (T'ang) Jg? (618-906), par Genjô 
(Hiuan-tsang) pour les Sûtra et l'Abhi- 
dharma, par Gijô (Yi-tsing) pour le Vinaya, 
par Fukû (Pou-k'ong, Amoghavajra) pour 
l'ésotérisme, etc., tandis que celles des 
auteurs et des traducteurs chinois antérieurs 
aux Tô (T'ang), p. ex. Kumârajîva, Para- 
mârtha, etc., sont dites "anciennes", kuyaku 



Hlf^l ; la terminologie de l'"école nouvelle" 
se distingue de celle de 1' "école ancienne" 
par une plus grande précision : les traduc- 
tions reposent souvent sur des analyses 
étymologiques, les transcriptions phonétiques 
sont plus rigoureuses ; c'est cette terminologie 
qui, dans l'ensemble, est restée classique 
chez les bouddhistes d'Extrême-Orient]. 

p. pâli ; — page 

p. ex. par exemple 

PI. D. Plan de Diamant [sk. vajradhâtu] 

PI. M. Plan de Matrice [sk. garbhadhâtu] 

P.V. Petit Véhicule [sk. hînayâna] 

q.v. quod vide 

réf. référence 

sk. sanskrit 

sq. sequens, sequentes [et suivant(s)] 

sup. supra [ci-dessus] 

s.v. sub voce [sous le terme] 

syn. synonyme 

te. transcription, transcrire 

td. traduction, traduire, traducteur 

Tg. Tathâgata 

tib. tibétain 

ut sup. ut supra [comme ci-dessus] 

var. variante 



Un astérisque * précède les termes auxquels est 
ou sera consacré un article spécial du Dictionnaire. 

Une croix f signifie "mort". 

Une double croix J dénote les prononciations 
anormales qui sont de tradition dans les écoles boud- 
dhiques du Japon : p. ex. pSj^if!Jn lu Jabokya au 
lieu de la prononciation normale qui serait abok[u]ka 
en Kanon ^ff- ou amokuga en Goon ^^ [les 
termes bouddhiques sont généralement lus en 
Goon] . 

Le signe = placé entre un terme sanskrit-pali et 
un terme sino-japonais signifie en principe que l'un 
est une transcription de l'autre. 



Un petit cercle 
palis. 



sert à abréger les mots sanskrits- 




3 



FONDATION ÔTANI *r WADA 






HÔBÔGIRIN 

DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DU BOUDDHISME 
D'APRÈS LES SOURCES CHINOISES ET JAPONAISES 



PUBLIÉ SOUS LE HAUT PATRONAGE DE 

L'ACADÉMIE IMPERIALE DU JAPON 

ET SOUS LA DIRECTION DE 

SYLVAIN LÉVI et J.TAKAKUSU 

PROFESSEUR AU COLLEGE DE FRANCE PROFESSEUR HONORAIRE À LUNI VERSITÉ IMPÉRIALE DE TÔKYÔ 

MEMBRES DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DU JAPON 

RÉDACTEUR EN CHEF 

PAUL DEMIÉVILLE 



DEUXIÈME FASCICULE : BOMBAI— BUSSOKUSEKI 

y 

MAY H 1956 

MAISON FRANCO-JAPONAISE 
TOKYO 
19 3 

_ 

AGENTS DE VENTE 
MAISON FRANCO-JAPONAISE, TÔKYÔ — LIBRAIRIE DAIYÛKAKU, TÔKYÔ — GROLIER SOCIETY. KÔBK 

) 



HÔBÔGIRIN 

Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme d'après les sources chinoises et japonaises 

Le Hôbôgirin paraît par fascicules d'une centaine de pages ; chaque fascicule est illustré de 
nombreuses figures dans le texte et de plusieurs planches hors-texte, dont quelques-unes en 
couleurs. L'ouvrage entier comportera probablement une dizaine de fascicules. 

Il n'est accepté de souscription que pour l'ouvrage complet, mais le montant total de la 
souscription n'est pas versé d'avance : chacun des fascicules sera payé séparément au fur et à 
mesure de la publication. Le prix de chaque fascicule sera d'environ 6 yen (=15 francs or =12 
shillings = 3 dollars or), frais de port en sus. Pour les personnes n'ayant pas souscrit dès le début, 
le prix de tous les fascicules parus avant la souscription pourra être majoré de 25%. De plus, 
les éditeurs se réservent d'augmenter le prix total de l'ouvrage après la publication de l'ensemble. 

Les personnes qui désirent recevoir le Hôbôgirin doivent adresser leur souscription à la 
Maison Franco- Japonaise, en spécifiant leur préférence pour l'un ou l'autre des deux modes de 
paiement suivants : 

(1) paiement par remboursement postal à la réception des fascicules, pour les pays où l'envoi 
contre remboursement postal est admis par la Poste Japonaise (Allemagne, Belgique, Chili, Chine, 
Danemark, Dantzig, Finlande, France et Algérie, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas et Indes 
Néerlandaises, Suède, Suisse) ; 

(2) paiement d'avance, sur préavis du prix exact de chaque fascicule, par mandat postal ou 
chèque, valeur en yen, adressé à M. le Rédacteur en Chef du Hôbôgirin, cjo Maison Franco- 
Japonaise, Tôkyô. 

Avant la publication de chacun des fascicules, le prix exact en sera communiqué aux 
souscripteurs. S'ils ont choisi le premier mode de paiement, le fascicule leur sera expédié dès sa 
publication ; s'ils ont choisi le second, l'expédition ne sera faite qu'après réception du montant. 

Au Hôbôgirin est annexé, sous le titre de Tables du Taishô Issaikyô, un index de la dernière 
édition japonaise du Canon Bouddhique de langue chinoise, le Taishô Issaikyô. Ces tables, 
indispensables tant aux lecteurs du Hôbôgirin qu'à ceux du Taishô Issaikyô, formeront un 
fascicule d'environ 200 pages, de même format que le Hôbôgirin, ce format étant aussi celui du 
Taishô Issaikyô. Elles sont actuellement sous presse et paraîtront immédiatement à la suite du 
deuxième fascicule du Hôbôgirin. Les Tables du Taishô Issaikyô seront expédiées à tous les 
souscripteurs du Hôbôgirin dans les mêmes conditions que les autres fascicules, au prix de 8 yen ; 
mais elles seront aussi mises en vente isolément. 

Les éditeurs s'étaient proposé de publier ultérieurement une traduction anglaise 
du Hôbôgirin, comme l'annonçait la circulaire ; mais en raison des difficultés que 
présenterait le travail de traduction, ce projet a été abandonné. 

HÔBÔGIRIN 

An Encyclopaedic Dictionary of Buddhism compiled from Chinese and Japanese sources 

The Hôbôgirin appears in sériai parts, each part, of about 100 pages, being illustra ted by 
numerous figures in the text and several plates, some in colours. The complète work will 
comprise about 10 parts. 

Though subscriptions are accepted only for the complète work, the subscription price is 
not payable in full in advance, but separately for each part as it appears. The price of each 
part will be approximately 6 yen ( = 12 shillings = 3 gold dollars = 15 gold francs), exclusive of 
postage. For those who are not original subscribers, the price of any part issued previous to 
their subscription may be increased by 25%, while the publishers reserve the right of increasing 
the total price after the publication of the complète work. 

Intending subscribers to the Hôbôgirin should apply to the Maison Franco -Japonaise, 
specifying which of the following methods of payment they elect, viz. : 

(1) payment through the Post Office on receipt of each part, in those countries to which 
the Japanese Post Office despatches postal matter under the C.O.D. System (Belgium, Chile, 
China, Danzig, Denmark, Finland, France and Algeria, Germany, Holland and Dutch Indies, 
Iceland, Italy, Norway, Sweden, Switzerland) ; 

(2) payment in advance, on receipt of notice of the exact price of each part, by postal order 
or chèque payable in yen to The Chief Editor of the Hôbôogirin, cjo Maison Franco-Japonaise, Tôkyô. 

Before the publication of each part, its exact price will be notified to subscribers. If they 
hâve elected the first method of payment, the part will be despatched to them upon publication. 
If they hâve elected the second method, the part will be despatched only after receipt of its price. 

There is annexed to the Hôbôgirin, under the title of Taishô Issaikyô Tables, an Index of the 
latest Japanese édition of the Buddhist Canon in Chinese, the Taishô Issaikyô. Thèse Tables, 
which are as indispensable to readers of the Taishô Issaikyô as to those of the Hôbôgirin, will 
form a volume of about 200 pages, of the same format as the Hôbôgirin, which is also that of the 
Taishô Issaikyô. They are now in the press, and will appear immediately after the second part of 
the Hôbôgirin. The Taishô Issaikyô Tables will be sent to ail subscribers to the Hôbôgirin under the 
same conditions as the other parts at the price of 8 yen ; but they will also be for sale separately. 

The editors had in view the eventual publication of an English translation of the 
Hôbôgirin, as announced in the circular ; but on account of the dificulties which the 
work of translation involve, this project has been abandoned. 












HÔBÔGIRIN 

DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DU BOUDDHISME 
D'APRÈS LES SOURCES CHINOISES ET JAPONAISES 



DEUXIÈME FASCICULE : BOMBAI— BUSSOKUSEKI 



AVERTISSEMENT 

DU DEUXIÈME FASCICULE 



La publication de ce fascicule a été retardée par la préparation des tables du Taishô Issaikyô, 
qui sont à V impression depuis plus d'un an et demi. Elles devaient paraître avant le deuxième fascicule 
du Hôbôgirin, mais afin d'éviter un trop long délai il a paru préférable de publier ce deuxième fascicule 
avant les Tables, bien que cette modification risque d'incommoder les lecteurs du Hôbôgirin, privés 
de la concordance bibliographique qui leur est indispensable. Les Tables du Taishô Issaikyô paraîtront 
peu après le présent fascicule. 

M. Jean Rahder, professeur de sanskrit et de grammaire comparée à l'Université d'Utrecht, 
chargé par le Gouvernement Français d'une mission spéciale à la Maison Franco-Japonaise, a passé 
huit mois à Tokyo pour collaborer au Hôbôgirin. Le Gouvernement Hollandais lui a accordé une 
subvention pour ses frais de voyage. Il a pris une part active à la préparation des fascicules deuxième 
et troisième ; les articles Bonnô fM'\$i et Butine 5t'$i sont de sa main. 

Au Professeur J. TAKAKUSU sont dûs les articles Bugaku %$£ et Busshô #tt. M. E. GAS- 
PARDONE, membre de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, chargé d'une mission à la Maison 
Franco-Japonaise pour collaborer au Hôbôgirin, a mis la dernière main à la correction des épreuves du 
présent fascicule. 

La préparation de l'article Bombai ^M a été facilitée par le concours bienveillant des meil- 
leurs spécialistes japonais : le Professeur TANABE Hisao EH£lf£ï£t, de Tokyo, le Rev. TAKI 
Dônin ^ifËàtS, du Hieizan, les Rev. MIZUHARA Gyôei 7.k!^#Ê^, ÔYAMA Kôjun %W\ 
£?$ et NAKAGAWA Zenkyô +JI|*tJc, du Kôyasan, et le Rev. ONOZUKA Yochô >VmU 
$M, de Tokyo. 

Pour l'illustration du présent fascicule, des remerciements sont dûs au Bureau de la Musique, 
du Ministère de la Maison Impériale (Kunaishô Gakubu fj F*3 ^IfêSPj , à l'Ecole des Beaux- Arts 
de Tokyo, au Daigoji $!!$]#, près de Kyoto, au Yûzûdainembutsuji MMX&ffî^, d'Osaka, à la 
Bibliothèque du Tôdaiji MX^, de Nara, et enfin à la Toppan Printing Company ûUSÉPlî'Jlltd:, de 
Tokyo, qui a exécuté toutes les reproductions. 

Ont collaboré régulièrement au deuxième fascicule du Hôbôgirin : 
MM. WADA Tetsujô mBWM, 

AKAMATSU Hidekage #fô^, 
HASUZAWA Jôjun ^f/«, 
KUNO Hôryû ^if^H, 
NARITA Shôshin /&ffl^g. 



BOMBAI 

sent dans l'autre monde ; on voulut les étouffer 
sous un sac de terre, mais leurs parents invitèrent 
des moines à faire une cérémonie en leur faveur, et 
à chaque son de Bai la barre de fer qui fermait le 
sac se brisa, et les esclaves ressuscitèrent. — Enfin Ttt. 
2145 XII cite la table du Hôonshû fé$BJf| de Sôyû 
(Seng yeou, 445-518 A.D.) ; le sixième chapitre de 
cet ouvrage (aujourd'hui perdu, cf. BEFEO XXIV, 
4, n. 4) était consacré au Bombai. Cette table nous 
apprend que plusieurs pièces de Bombai avaient été 
composées par un empereur de la dynastie des Sei 
(Ts'i) Méridionaux f$|pf (479-502 A.D.), ainsi que 
que par un prince impérial, patron des lettrés et des 
moines, Shô Shiryô (Siao Tseu leang) IH^Isi» prince 
de Kyôryô (King ling) j£|§?:E [nom posthume : 
Bunsen (Wen siuan) j^CjÉH, qui était le deuxième fils 
de Butei (Wou ti) jjfc'Tj? (483-493 A.D.) ; l'art de la 
Psalmodie paraît avoir été particulièrement floris- 
sant sous cette dynastie Le Nanseisho (Nan Ts'i 
chou) ^j^U xl (éd. lith. de Shanghai, 3 b, col. 6), 
et Ttt. 2035 xxxvi rapportent qu'en 487 A.D. le 
prince de Kyôryô (King ling) invita chez lui des 
moines célèbres pour discuter sur le bouddhisme 
et "élaborer de nouveaux sons pour la Psalmodie 
(Bai) des textes sacrés" MMMWÎWÈ- — Sur la tech- 
nique musicale du Bombai en Chine, on ne sait 
pratiquement rien. Un sûtra es. td. par Vajrabodhi 
en 733, T. 866 iv (248 a), mentionne les noms de 
quelques notes ou modes hindous : Pour psalmodier 
les Hymnes, prescrit ce texte, il faut employer le 
matin le ton Sharô $fj|g (sk. sâdava, le 5 e des 7 râga 
classiques), à midi le ton moyen, Chûon cIjÇ (sk. 
madhyama, 4 e des 7 notes de la gamme, et nom d'un 
mode), le soir le ton brisé Haon ^Ç (sk. ?), la nuit 
le cinquième ton, Daigoohin ^H^^ (sk. pancama, 
la 5 e des 7 notes). — D'autre part, à l'époque des Tô 
(T'ang), la secte de la Terre-pure paraît avoir fait 
grand usage de la Psalmodie dans ses cérémonies. 
Un rituel compilé par Chishô (Tche cheng) *$^- 
vers 730 A.D., Ttt. 1892 (456 ^464 a, 465 a), décrit 
le rite de l'"éparpillement des fleurs" qui dès cette 
époque, comme de nos jours au Japon, s'accompagnait 
de stances chantées ; plusieurs des stances citées 
par Chishô sont encore en usage au Japon (Ungabai 
■eMP^ ; Nyoraimyôshikishin 5H^#ê4' [cf. fig- 47] ; 
"Puisse ce mérite profiter à tous..."; etc.). — Le 
rite de l'"éparpillement des fleurs" figure également 
dans le recueil de Hosshô (Fa tchao) ££gg intitulé 

'Rituel et Hymnes de la cérémonie abrégée des cinq 
assemblées de *Nembutsu de la Terre-pure" Ttt. 

1893. Cette cérémonie fut instituée en 766 par 
Hosshô, un des patriarches de l'"Association du 
Lotus" Rensha ^jf±, au temple Chikurinji (Tchou 
lin sseu) 1ttt# qu'il avait fondé au Godaisan (Wou 
t'ai chan) JZruMJ. Hosshô s'était inspiré du texte 
suivant du Sukhâvatîvyûha T. 360 1 (271 a) : "Le 
vent pur [soufflant dans les arbres faits de Joyaux 



97 BOMBAI 

qui ornent la Terre-pure] produit sans cesse cinq 
tons (goonshô HrîliSÉ), et le% tons de prime (kyû ^§f) 
et de seconde (shô $j) s'harmonisent naturellement 
de façon subtile et merveilleuse." De ce passage (qui 
manque aux recensions sk. du Sukhâvatîvyûha), il 
semble ressortir que les "cinq tons" n'étaient autres, 
pour les traducteurs de T. 360, que les cinq notes 
de la gamme chinoise classique. Mais ce n'est pas 
ainsi que l'entendit Hosshô. A l'imitation des har- 
monies paradisiaques, il institua "cinq assemblées" 
(Goe IL'ft, d'où son surnom de Goe Hosshi S'H' 
ïJ^jîj), c.-à-d. cinq cérémonies au cours desquelles 
des assemblées de fidèles psalmodiaient le nom 
d'Amida de cinq façons, sur "cinq tons" différents, 
à savoir, dit Hosshô dans son rituel Ttt. 1983 (476 b) : 
(1) d'un ton égal (hyôjô ^p^), puis (2) lentement 
d'un ton égal-montant (hyôshôjô ^_h^f),puis (3) sans 
lenteur ni hâte, puis (4) en hâtant peu à peu, puis 
enfin (5) de façon hâtive. En dehors de ces invoca- 
tions du nom d'Amida, Hosshô cite dans son recueil 
toutes sortes de stances destinées à la Psalmodie. 
— L'"éparpillement des fleurs" est encore décrit 
sous les Sô (Song), en 1015, par Junshiki (Tsouen 
che) ^^ dans Ttt. 1984 (941 c - 942 a). — Sur le 
Bombai en Chine vers la fin des Tô (T'ang), on 
trouve aussi de précieuses informations dans les 
notes de voyage ou les documents rapportés à cette 
époque par les pèlerins japonais ; cf. inf. — La Psal- 
modie au Japon. — Bibliographie. — La Psalmodie 
n'a pas encore été au Japon l'objet d'un travail scien- 
tifique d'ensemble. L'histoire n'en est guère connue 
que par des listes de filiation qui apportent peu de 
renseignements positifs sur l'activité des maîtres 
dont elles énumèrent les noms. Les documents sont 
loin de manquer, mais ce sont pour la plupart des 
manuscrits conservés dans les temples, et l'on vient 
à peine de commencer à les classer et à les mettre en 
œuvre. La théorie musicale est souvent mal comprise 
par les praticiens bouddhistes, tandis que les musico- 
graphes laïcs ne l 'étudient qu'en passant. La tech- 
nique vocale, les différents systèmes de notation 
n'ont jamais été décrits ou codifiés méthodiquement ; 
ils varient suivant la secte, l'école, le temple et même 
le maître, et l'enseignement en est resté traditionnel 
et essentiellement oral. Cet enseignement était du 
reste encombré de spéculations philosophiques ou 
religieuses : on établissait des correspondances com- 
pliquées entre les cinq tons et les cinq Buddha, les 
cinq Connaissances, les cinq éléments, les cinq 
directions, les cinq saisons, les cinq viscères, etc. ; 
entre les douze degrés chromatiques et les douze 
mois, les douze caractères cycliques, etc. ; entre le 
le mode Ryo et le Plan de Diamant, le mode Ritsu 
et le Plan de Matrice, etc. Toutefois la diffusion de 
la musique européenne a provoqué récemment un 
renouveau des études relatives à la Psalmodie. 
Plusieurs spécialistes, nourris d'une tradition encore 



BOMBAI 98 

bien vivante au Japon (en Chine elle paraît s'être 
moins bien conservée),* s'efforcent d'épurer cette 
tradition en la soumettant à l'analyse scientifique. 
Durant l'été de 1928, une grande exposition de 
documents relatifs à la Psalmodie fut organisée au 
Kôyasan ; on y réunit plus d'un millier de textes 
manuscrits et imprimés, couvrant toute l'histoire du 
Bombai au Japon depuis l'époque de Nara jusqu'à 
nos jours. Des cours et des conférences furent donnés 
à cette occasion par des spécialistes des différentes 
sectes, venus de toutes les parties du pays. — Pour 
préparer la suite du présent article, on a utilisé les 
publications des savants modernes, en les complétant 
à l'aide d'informations inédites dues à leur bienveil- 
lant concours. Les principaux ouvrages consultés 
sont les suivants: — Sur la théorie musicale japonaise 
en général, les travaux classiques de M. Tanabe 
Hisao ffl&fô#É : Ongaku no genri -^^0)WM "Les 
principes de la musique", Tôkyô 1916, 4 e éd. aug- 
mentée 1924, et Nihon ongaku kôwa ^3 $êj!$a?î 
"Cours de musique japonaise" (avec un appendice 
sur la Psalmodie bouddhique), Tôkyô 1926 ; le gros 
ouvrage de M. Iba Takashi / @*^^, Nihon ongaku 



BOMBAI 



gairon ifcÇJ 



"Traité de musique japonaise", 



Tôkyô 1928. — Sur la musique vocale du Japon, 
Takano Tatsuyuki i^ffgZ, Nihon kayôshi ^Dt 
f&!È. "Histoire du chant au Japon", Tôkyô 1926. — 
Sur la Psalmodie dans la secte Shingon, plusieurs 
articles de MM. ôyama Kôjun ;k|lj&ï$, Mizuhara 
Gyôei 7jtgC|g3fè, Iwahara Taishin -ggciJHIî et Hori- 
zaka Shôzen ^S^MÉ!?, parus dans la revue de l'Uni- 
versité du Kôyasan, Mikkyô kenkyû fâ&ffî'jt, an- 
nées 1924- 1929 ; un historique publié par M. Ôyama 
Kôjun dans la collection Nihon shûkyô daikôza ^ 
%$kXW^M.i v °l- XII > Tôkyô 1929 ; enfin de nombreux 
manuels et recueils de Psalmodie, imprimés ou 
manuscrits : les principaux sont, pour l'école Shin," 
le Gyosan taigaishû ^.UlM^*^ de Chôe S^ ( I 49°)> 
souvent réédité avec des modifications (1569, 1649, 
1683, 1685, 1711, 1743, 1834, 1892; l'édition la 
plus récente a été publiée au Kôyasan en 1925), et 
pour l'école du Shingi-Shômyô (branche Buzan) le 
Shingi shômyô daiten fr^^BJ^* de M. Uchi- 
yama Shônyo |*3|i|]E#n (1917). — Sur la Psalmodie 
dans la secte Tendai, un article de M. Taki Dônin 
^•f»E^Ë^> dans le volume précité du Nihon shûkyô 
daikôza, complété verbalement par l'auteur, et divers 
manuels et recueils dont le principal est le Gyosam- 
mokuroku /&M-lB$fe de Shûkai ^^ (1235-1237). — 
Historique. — La récitation chantée des textes semble 
avoir été pratiquée déjà à l'époque de Nara. Elle y 
fut introduite par des moines ch., tels Dôei (Tao 
jong) jJi^t, arrivé en 719, qui "excellait dans le 
Bombai" Gkss. xvi, ou Dôsen (Tao-siuan) ÎËÏ#, 
venu de Chine en 735, qui "lorsqu'il récitait le 
Brahmajala émouvait tous ses auditeurs par la pureté 
de sa voix, pareille au son du métal ou de la pierre" 



ib. xvi. En 752, lors de la cérémonie solennelle de 
l'"ouverture des yeux" du grand Buddha de Nara, 
le "Bai" figure avec trois autres procédés de récita- 
tion dans la relation des fêtes (Tdjy. il, 42-43) : 200 
chanteurs exécutèrent le Bonnon, 200 le Shakujô, 
10 le Bai, et 10 le Sange (sur ces termes désignant 
des. pièces de l'hymnaire chinois, cf. inf. Les textes 
psalmodiés). Les mêmes pièces furent aussi exécutées 
en 795 au Hieizan, lors de l'inauguration du Kom- 
ponchûdô m^tf^ fondé par Dengyô Daishi (cf. 
Eigakuyôki WMMîïL h ed - Gunshoruijû HfÇHifé 
xv). Entre 753 et 809 un moine jap., Jicchô Kashô 
HL&^Pfpiî. passe pour avoir dirigé annuellement au 
Tôdaiji ^^C^ de Nara l'exécution d'une pièce de 
Bombai intitulée Kannon sembô fjJ : fi"||i$È ou Jû- 
ichimen kega ^ — 'Ml^j'â Tdjy. iv ; mais cette pièce 
ne s'est pas conservée. En 783 un édit impérial 
prescrivit d'améliorer le Bombai Gkss. xxm, ce qui 
prouve bien qu'à cette époque il était déjà florissant 
au Japon ib. xxix (335). Le Professeur B. Matsumoto 
fô^jSCHiP de Kyoto possède dans un ms. de l'épo- 
que de Nara une pièce de Bombai intitulée Hokke 
sembô j£?}\i l |Éf࣠; c'est un texte fragmentaire pourvu 
de notations musicales très simples. — Mais c'est avec 
l'introduction des deux sectes Shingon et Tendai, 
au début de l'époque de Heian, que le Bombai se 
constitua en discipline régulière et continue, dis- 
cipline qui ne tarda pas à supplanter la tradition de 
musique vocale des écoles de Nara (où se conserva 
par contre la tradition ue la musique instrumentale, 
cf. *Bugaku). C'est dans ces deux sectes, qui dès 
l'origine attachèrent une importance particulière 
aux rites pompeux et aux cérémonies qui frappent 
la vue et l'ouïe des fidèles, que l'art de la Psalmodie 
s'est transmis jusqu'à nos jours, d'une part, pour 
la secte Tendai, au Hieizan, de l'autre, pour la secte 
Shingon, au Kôyasan et dans les grands temples 
de Kyoto et du Yamato ; et toutes les autres sectes 
bouddhiques du Japon ont emprunté leur Psalmodie 
à la secte Tendai. Malgré bien des contacts et des 
emprunts réciproques, la tradition du Shingon esl 
restée nettement distincte de celle du Tendai, tanl 
pour la théorie musicale que pour les procédés tech- 
niques du chant et les systèmes de notation, et c'est 
seulement depuis quelques années que les spécialistes 
des deux sectes se sont mis à collaborer à l'étude 
érudite du Bombai. — Secte Shingon. — Dans la secte 
Shingon, la tradition remonte au fondateur Kûkai 
Sï& (Kôbô Daishi fjL&jïffî). L'année même de 
sa mort (835), il obtint la promulgation d'un édit 
qui prescrivait de désigner chaque annéee trois 
moines de la secte pour étudier le Shômyô §j£ 
Sous ce nom, qui traduit originellement le sk. sab- 
davidyâ, c.-à-d. la grammaire, on comprenait alors 
l'étude de la langue, de la récitation et de l'écriture 
sanscrites. Peu à peu le sens du terme Shômyô fut 
restreint à l'art de la récitation : Shômyô et Bombai 



BOMBAI 

sont devenus synonymes. Kôbô Daishi avait rap- 
porté de Chine, entre autres mss., un grand nombre 
d'hymnes en sk. La liste s'en est conservée Tttt. 
2161 (p. 1063) : Bonjifugengyôgansan ^-f^f^T 
\MWt "Hymne au Vœu accompli par Samantabha- 
dra" ; Bonjikikkeisan ^^eifÊÊniîi "Hymne au bien- 
heureux" ; Bonjishichiguteibutsumosan ^t^-b{iy§ 
f')|' l ; itf£ "Hymne aux sept Millions de Mères de B." ; 
Bonjisempatsumonjuippyakuhachimyôsan ;££ ^ ^ §fc 
b^^j^ïï A^Iil "Hymne aux 108 noms de Manjusrî 
aux mille Bols" ; Bonjijûrokudaibosatsusan ^Ê^+ax 
X ïï-W.Wt "Hymne aux seize grands Bs." ; Bongodai- 
sammayashinjitsuippyakuhachimyôsan ^£§§;JcHB^ft 
J)tïî! _J Ï3 A^affÊ "Hymne aux 108 noms de la grande 
Réalité de Convention" ; Bonjitenryûhachibusan ^ 
rî^fiAnftHj "Hymne aux huit classes, Dieux, 
Dragons, etc." ; Bonjijûichimensan ^£ c f r "J'*— 'ïBtjt 
"Hymne aux onze faces [d'Avalokitesvara]" ; Bon- 
jikongôhôrôkakushingon oyobi ippyakuhachimyôsan 
ît'ï : mWMmm,nn-ÏÏA%m "Formule du pa- 
vil Ion du Pic de Diamant et Hymne aux 108 noms" ; 
Bonjirengebusan ffi^^iê(èp$Wt "Hymne à la Section 
de Lotus". Le Kiizokufudoki ^E^^/£l±fS iv men- 
tionne plusieurs cérémonies accomplies par Kôbô 
Daishi au Kôyasan et qui devaient comporter du 
Bombai. — Après une tradition continue de près 
de deux siècles (Shinga Jjt$H 801-879 ["dont la 
voix, lorsqu'on 848) il récitait à l'empereur Jimmei 
les noms sk. des trente-sept personnages principaux 
du Plan de Diamant, était pure et claire comme un 
collier de perles" Gkss. m], Shinnen j^ffi 804-891, 
Gennin ggC 818-887, Yakushin g%fë 827-906, Uda 
Ihôô ^g-fèï^ 864-931, Kankû j|[£ 884-972, 
Kanchô ^^J 916-998 [dont on rapporte qu'il écrivit 
des notations musicales pour la Psalmodie du Rishu- 
kyô ïMlÈi^, Ardhasatikâ Prajnâpâramitâ)], l'art de 
la Psalmodie tomba en décadence dans la secte et 
il se forma un grand nombre d'écoles sans unité. 
[Au milieu du xn e siècle (1 145-1550), le moine Ka- 
kushô ^'|^, fils de l'empereur Toba, convoqua au 
temple de Ninnaji dfP^p, près de Kyoto, quinze 
spécialistes qui pendant plus de deux mois étudièrent 
et comparèrent les mélodies transmises dans les 
diverses écoles ; à la suite de leurs travaux, ils fondè- 
rent les écoles dites de Ninnaji-Sôôin {H^P^MfUtë 
BciM ou de Hon-Sôôin ^B^^OÎJ (école principale, 
fondée par Kakushô), de Nakagawa-Daishin cpi'IX 
pHàît (ou simplement Shin 3j|ôfE, fondée par Shûkan 
tënDî, nom posthume [Daijshin Shônin [:k]jjt LÀ) 
et de Daigo g§$jy{£ (fondée par Jôhen fèM)> dont 
la première se subdivisa en branche ancienne dite 
de Bodaiin ^|g[$cÔÎÏ, et branche nouvelle, dite de 
Saihôin ySfîfêciM. Dans l'école Ninnaji-Sôôin, la 
hauteur des notes vocales était fixée par rapport à 
celles du luth (koto ^) ; dans les écoles Shin et 
Daigo (comme dans celle d'Ôhara, secte Tendai), par 
rapport à celles de la flûte (fue ^ [cf. fig. 44]).— De 



99 



BOMBAI 



ces trois écoles, la première, celle de Ninnaji-Sôôin, 
disparut à la fin de l'époque Tokugawa ; dans cette 
école les recueils de Bombai étaient dénommés 
Hossokushû ££HlJ;!f|, et l'on continuait à employer, 
du moins sporadiquement, l'ancien système de 
notation dit Ko-hakase (cf. inf.). Le Ninnaji a adopté 
depuis lors la Psalmodie de l'école Shin, mais on y 
conserve encore de nombreux manuscrits de Bombai 
dont le plus ancien remonte à l'ère Yôwa (1181), 
manuscrits dont les notations se rattachent aux 
systèmes Ko-hakase et Fu-hakase (sur lesquels cf. 
inf.). — Aux temps modernes ont seules subsisté les 
deux autres écoles, Shin et Daigo. Le centre de 
l'école Shin était originellement au Nakawagadera 
ffjil^p en Yamato, mais au milieu du xm e siècle il 
fut transféré par Shôshin Jj^k au Kôyasan, où cette 
école s'est perpétuée jusqu'à nos jours à l'exclusion 
de toute autre. C'est au Kôyasan que vers 1264-1275 
Kakui j-tM, dit Shôrembô HÊ^lJi, inventa le sys- 
tème de notation en trois registres de cinq notes, 
toujours usité depuis lors (cf. inf. ; fig. 47-48, 51-54), 
que vers l'an 1300 Ryûnen P§?|$ résuma les gammes, 
modes, systèmes, etc., propres aux différentes pièces 
de Bombai, en une série de stances mnémoniques 
(cf. fig. 47-48) qui figurent encore dans les manuels 
modernes [c'est le plus ancien ms. de Bombai du 
Kôyasan], qu'en 1496 Chôe ^jg composa le Gyosan 
taigaishû ^lil^^r-iH [° u simplement Gyosan &UJ, 
terme qui s'emploie au Japon pour désigner en 
abrégé les manuels de Bombai], resté jusqu'à nos 
jours le manuel de Bombai le plus courant dans la 
secte Shingon, et qu'actuellement encore l'étude du 
Bombai, aussi bien pratique que théorique et his- 
torique, est cultivée par une brillante équipe de 
spécialistes, dont les travaux sont publiés dans la 
revue Mikkyô kenkyû ^fScfiFf;^, organe de l'Univer- 
sité du Kôyasan. Quant à l'école Daigo, qui était 
tombée en décadence peu après sa fondation, la 
tradition en fut reprise à la fin du xm e siècle, avec 
des innovations empruntées à l'école Shin, par Raiyu 
lÉfJifc, qui avait inauguré au Daidembôin ^-{lÉféc&c 
de Negoro #|2|S (au sud du Kôyasan) le mouve- 
ment connu sous le nom de "Shingon réformé", 
Shingi-Shingon M^èBrW- Elle est cultivée de nos 
jours (sous le nom de Shingi-Shômyô $?iê§f:B$) au 
Chishakuin ^fgi; de Kyoto et au Hasedera Jç^lHr* 
en Yamato, sièges respectifs des branches du "Shin- 
gon réformé "connues sous le nom de Chizan ^(Ij - ^ 
et de Buzan HHUiBt, ainsi que dans les temples qui 
en dépendent. La Psalmodie usitée dans cette école 
remonte, sous sa forme actuelle, à Raishô fjfjE dit 
Sennombô 'Sf.^ffj, qui la fixa à la fin du xvin e siècle 
et en compila un manuel (1682 ; éd. révisées 1683, 
1685, 171 1). Un nouveau manuel, très répandu 
aujourd'hui, a été publié en 1917 sous le titre de 
Shingi shômyô daiten %ft$£%£RMX J&. — Secte Tendai. — 
Dans la secte Tendai on fait remonter la tradition 



BOMBAI _^_____ l 

du Bombai à Ennin HC (Jikaku Daishi J&j&%ffî), 
qui étudia la récitation chantée auprès de dix maîtres 
chinois au cours de son voyage en Chine de 838 à 
847 Gkss. xxix. Dans son journal de route Ngjg. 
1, il décrit une cérémonie accomplie en 838 dans 
un monastère chinois ; on y récita plusieurs pièces 
de Bombai, notamment la stance qui commence 
par ces mots : "Inépuisable est le Formel du Tg." 
(cf. inf.). Ennin mentionne ailleurs plusieurs autres 
pièces encore chantées de nos jours au Japon (Unga- 
bai SMng î Gobai fâM ; Sange fk^i ; hymne com- 
mençant par ces mots : "A lui qui réside dans le 
monde. . .' ; etc. — cf. inf.) ; il décrit aussi la façon 
de psalmodier des moines coréens, et note que le 
Bombai de Chine était analogue à celui du Japon. 
Ses descriptions concordent dans l'ensemble avec 
les procédés encore suivis au Japon ; c'est donc 
probablement sous son influence que se constitua le 
rituel des récitations sacrées dans le Tendai japonais. 
Après son retour, en 851, il exécuta dans le temple 
qu'il avait fondé au Hieizan une cérémonie com- 
portant du Bombai, dite Injô nembutsu ^IS^j'fô, 
qu'il avait apprise en Chine, au Chikurinji (Tchou 
lin sseu) it^# du Godaisan (Wou t'ai chan) 5p Ul» 
où cette cérémonie avait été instituée par Hosshô 
(Fa tchao) fèftft (cf. sup.). D'autre part, c'est à lui 
que sont attribués les premiers Hymnes composés 
pour la Psalmodie en langue japonaise (Wasan $]jj$j, 
cf. inf.), notamment un "Hymne à la Relique", 
Shari sandan ^flj^^l, qui se transmit par ses 
disciples et successeurs. Après lui, les maîtres du 
Tendai qui se spécialisèrent dans le Bombai furent 
Enchin Qg 814-891, Sôô fàm 831-918, Jôzô ^W, 
891-964, Ryôgen gjff (alias Jie 3|i£) 912-985 
fauteur d'un texte de Bombai intitulé Daishinijûro- 
kujôshiki ^Sfin+Ai^], Genshin $>{g 942-1017 
[auteur de Rokudôkôshiki A^ti^fS), recueil de 
Bombai encore en usage de nos jours], Kakki :fg|fi, 
Ekû ^g^, Kansei %%£, et Ryônin &j& 1072-1132 
[cf. Gkss. xxix]. Ce dernier donna un nouvel essor 
au Bombai dans la secte Tendai et en fixa définitive- 
ment la tradition ; c'est lui qui inventa le système 
de notation dit Meyasu-hakase @5fe|f± (cf. inf.), 
ainsi que l'atteste un ms. de sa main, daté de 1131, 
que conserve le Yûzûdainembutsuji f$i : M.%1&$i>~^f a 
Ôsaka [temple principal de la secte Yûzûnembutsu, 
secte dont le fondateur n'est autre que Ryônin] 
(fig. 42). Son école porte le nom d'Ôhara jïfiji, 
faubourg de Kyoto situé au pied du Hieizan, où 
Ryônin s'établit en 1094 et fonda en 11 09 le Raikôin 
?£?âî$c î c'est en ce lieu, surnommé Gyosan $&ll| par 
allusion à la montagne où le prince chinois Sôshoku 
(Ts'ao Tche) avait entendu des voix surnaturelles, 
que se perpétua principalement l'étude de la Psal- 
modie dans la secte Tendai, aux temples Raikôin 
2&ffi£c (fondé par Ryônin), Shôrinin BM^c (fondé 
par Jakugen jja^ en 1013, un siècle avant l'époque 



D BOMBAI 

de Ryônin), et Sanzenin H^l^c (transféré un peu 
plus tard du Hieizan à ôhara). — Parmi les succes- 
seurs de Ryônin, on peut mentionner son disciple 
Kakan %.*%, qui enseigna le Bombai à l'empereur 
Goshirakawa fê[ÊîJI| après son abdication en 1158, 
et eut pour élèves Chôkô ^&, fondateur d'une 
école de Bombai au Myôonin ^^fêt, et Chishun 
^ / $?, lui-même maître de Tanchi ^$^ dit Rennyû- 
bô HÀ;J£ et de Jôshin : &>i> dit Renkaibô H^LJ^. 
On doit à Tanchi (qui connaissait également la musi- 
que instrumentale) un catalogue des pièces de Shô- 
myô et un ouvrage (ms.) intitulé Shômyôyôjinshû 
§?flJ3H'L^j|l, où il attribue au mode Ryo une origine 
chinoise, au mode Ritsu une origine japonaise et 
au mode Chûkyoku une origine indienne (sur ces 
trois modes usités dans le Bombai, cf. inf.). Un de 
ses élèves, Shûkai Sn^, compila le Gyosammoku- 
roku $j]J0f& (1235-1237), répertoire des pièces 
de Bombai usitées dans l'école d'Ôhara ; il y indiqua 
pour chaque pièce le système conventionnel de 
notation, la hauteur de l'initiale, le mode (Ryo g, 
Ritsu ^, etc.), le ton (Chôshi pl^f) et la position de 
la voix (Kayô ÇtH ou Otsuyô &$£)• Son élève Kien 
g$3 dit Enjubô É$kM-, auteur du Shômyôzuimon- 
chû WtWiïRffifà. où il parle du Hennon g£||\ c.-à-d. 
des pièces au cours desquelles on change de mode, 
alla s'installer au Kôyasan ; sa succession fut assurée 
à Ôhara par Kakuen §g$3> P uis P ar Keien |?$3. 
Ensuite l'école d'Ôhara tomba en décadence, mais 
vers le début du xv e siècle elle fut restaurée par un 
maître du Hieizan, Ryôyû $£&$■> auteur du Shôsô- 
kuketsuyôki g?&P?&$â5, et jusqu'à nos jours 
Ôhara est resté le centre du Bombai dans la secte 
Tendai ; un des derniers résidents du Sanzenin fut 
le Rév. Taki Dônin £fcE?lS>, éminent spécialiste 
auquel est due une large part de la documentation 
mise en œuvre dans le présent article. — Le Bombai 
de la secte Tendai (école d'Ôhara) a exercé une 
influence considérable sur les autres sectes boud- 
dhiques du Japon. A Nara, les sectes Hossô et Kegon 
lui ont emprunté la notation dite Meyasu (cf. un 
ms. de Gyônen |gg£ [secte Kegon, 1 240-1 321] 
intitulé Ubaribai 4£$ggfÉPJt, à la bibliothèque du 
Tôdaiji de Nara ; fig. 23), qu'elles ont quelque peu 
modifié depuis lors ; la notation actuellement usitée 
dans la secte Hossô est dite Fu-hakase Mt#±. Dans 
la secte Jôdo, les deux principaux centres de Bombai 
sont le Chionin £HJi#£ de Kyoto et le Zôjôji Jt±"# 
de Tôkyô ; dans ce dernier temple la tradition du 
Bombai remonte à Ryûe PU?", un maître d'Ôhara 
qui y fut invité au milieu du XVII e siècle. — Dans la 
secte Shin jjt^, la branche du Nishi-Honganji 
(Ryûkokuha fi^fôÊ) adopta fort tardivement, vers 
1830- 1843, le Bombai du Tendai ; à cette époque 
deux maîtres d'Ôhara, Shûyû ^W. et Kakushû 
jtt^;, compilèrent à l'usage de cette branche un 
manuel en 2 vol. intitulé Ryûkokubaisaku fjt^PH^t 



BOMBAI 

qui en l'ère Meiji fut simplifié et refondu sous le 
titre de Bombaishû ^Pf^H, en 3, 5 ou 7 vol. suivant 
les éditions ; la notation se rattache au système 
Meyasu. Dans la branche du Higashi-Honganji 
(ôtaniha :X4?M)> le Bombai se chante avec accom- 
pagnement instrumental et la notation, qui n'est 
pas bien ancienne, se rapproche de celles de la 
guitare (biwa ^eâ) et des chants du théâtre de 
marionnettes (jôruri ffîïn?^)- [Du reste ces dernières 
notations furent également inventées par des maîtres 
d'ôhara, et de façon générale le Bombai joua un 
rôle capital dans le développement de la musique, 
surtout vocale, au Japon.] — Dans la secte Zen, le 
Bombai s'utilise surtout dans les cérémonies dites 
Kôshiki fH^ ; la technique est celle d'Ôhara, mais 
(particulièrement dans les branches Rinzai et ôbaku) 
avec des modifications introduites directement de 
Chine. — La secte de Nichiren a également adopté 
le Bombai du Tendai ; les principaux centres où il 
est cultivé sont le temple de Minobu %^ au pied 
du Mont Fuji et, à Kyoto, le Honryûji ^l^t^F et I e 
Hongokuji ;<fcil3^r* > dans ce dernier temple on con- 
serve un système archaïque de notation d'ôhara. 
— Enfin la secte Yûzûnembutsu $b : M&$P^i fondée 
vers l'an 1100 par Ryônin lui-même à Ôhara, n'a 
pas conservé le Bombai de l'école d'Ôhara ; elle 
utilise actuellement un manuel compilé par Shûen 
zj?$li vers 181 8-1 830 et intitulé Daigenzan shômyôshû 
~XW.\hW^M- — Les textes psalmodiés. — Les prin- 
cipaux textes qui se psalmodient selon les procédés 
du Bombai peuvent être classés en trois catégories : 
(I) Bonsan ^^, Hymnes sanscrits ; (II) Kansan 
$£fj|, Hymnes chinois ; (III) Wasan $l=j§£, Hymnes 
japonais. — (I) Bonsan ^^, Hymnes sk. transcrits 
en ch. Le Canon ch. en contient un bon nombre, 
tous transcrits à l'époque des Sô (Song), vers la fin 
du X e siècle, Tt. 1055, 1107, 1131, 1196, 1197, 1677, 
1682, 1683, 1684, etc. Au Japon, le recueil de la 
secte Tendai intitulé ôhara gyosan kemmitsu shô- 
myôshû XMfa\l\M%îWBM$k (titre abr. Rokkanjô 
/A^Ëfô) en donne la liste suivante : Shicchisan -b^f^ 
"Hymne aux quatre Connaissances" ; Dainichisan 
^C fj| "Hymne à Vairocana" ; Bussan ^f^ "Hymne 
au B." ; Hyakujisan W^H: "Hymne en cent lettres" ; 
Shotensan j^f;£fj$ "Hymne aux Dieux" ; Kikkeisan 
îo££|^ "Hymne au bienheureux" ; Shinryakusan t(s 
B&fi£ "Hymne résumé" ; Fugensan ^^^ "Hymne 
à Samantabhadra" ; Amidasan (foJ^liP'ÉnÉj "Hymne 
à Amida", etc. Pour la secte Shingon, le Gyosantai- 
gaishû fa\l}WffiM ajoute Fudôsan ïfiW)Wt "Hymne 
à Acala" ; Shiharamitsu [S^UlU "les quatre Per- 
fections" ; Kongôsatta <feçéj[$fii "l'Etre de Dia- 
mant", Kongôhô ^H]!Jî|f "le Joyau de Diamant", 
Kongôgô ^IèJiJII "les Actes de Diamant", etc. Ces 
textes ne se psalmodient que dans les cérémonies 
Esotériques. On les répartit en Hymnes antérieurs 
(Zensan MM) et Hymnes postérieurs (Gosan âtfft), 



'i BOMBAI 

selon le moment auquel ils se chantent au cours 
des cérémonies, et aussi en Hymnes généraux (Sôsan 
fâln*) et Hymnes particuliers (Bessan #1];^), suivant 
qu'ils portent sur un ensemble de personnages ou 
de doctrines, ou sur un personnage déterminé. Le 
programme d'une cérémonie, dans la secte Shingon, 
comprendra p. ex. : (1) Hymnes antérieurs : (a) 
Hymnes généraux : Hymne aux quatre Connaissances 
et Hymne résumé ; (b) Hymne particulier : Hymne 
à Acala ; (2) Hymnes postérieurs : (a) Hymnes 
généraux : les mêmes que sup., mais en td. ch. ; 
(b) Hymne particulier : Hymne au B. — A titre de 
spécimen, nous citerons l'Hymne aux quatre Con- 
naissances (Shichisan E^ 1 ^ ; cf. fig. 42) ; texte sk. 
te. Tt. 876 et Tt. 957 : Om vajrasattvasarhgrahâd 
vajraratnam anuttaram vajradharmagâyanaih vajra- 
karmakaro bhava ; td. ch. T. 866 iv ad fin. ; sens : 
Om ! Captés par l'Etre de Diamant, [nous obtenons] 
le Joyau de Diamant sans supérieur ! De par nos 
chants de Loi de Diamant, mets-toi à accomplir des 
Actes de Diamant ! — (II) Kansan $tjjf£, Hymnes 
traduits ou composés en ch. On en distingue quatre 
catégories, dites Shikahôyô P9|!jfï£lc "les quatre 
parties essentielles de la Loi" : (1) Bai Pj| ou Bombai 
ffîflft "la Psalmodie" proprement dite ; (2) Sange ifc§l 
"l'éparpillement des fleurs" ; (3) *Bonnon ^^ "la 
voix brahmique"; (4) *Shakujô ^tt "le Sistre". Les 
Kansan se chantent dans toutes sortes de cérémonies, 
Esotériques aussi bien qu'Exotériques. — (1) Bai Pj| 
ou Bombai ^£Pj|, ou encore Sanju i^Sfï. Les Hymnes 
appelés Bombai (au sens étroit) se divisent en trois 
catégories, dites respectivement antérieure, moyenne 
et postérieure ; ils se chantent toujours dans le même 
ordre : (a) Hymne antérieur (Shobai ^Pjl, Bombai 
proprement dit) : dans les cérémonies Exotériques 
c'est le Nyoraibai #P?|ÇPj| [cf. fig. 47], stance extraite 
du Srîmâlâsûtra T. 353, dont le sens est : Le mer- 
veilleux Corps de Formel du Tathâgata est sans égal 
au monde ; il est incomparable, inconcevable ; c'est 
pourquoi nous lui rendons hommage ! Dans les 
cérémonies Esotériques on emploie le Ungabai 2X 
'fnJPH, stance tirée du Nirvânasûtra T. 374 ni : Com- 
ment a-t-il obtenu la longévité et un corps de Dia- 
mant infrangible ? Et par quel Facteur a-t-il acquis 
une force irrésistible ? (b) Hymne moyen (Chûbai 
cpPJt) : pour toutes les cérémonies c'est une stance 
du Srîmâlâsûtra qui fait suite au Nyoraibai sup. ; 
le sens en est : Le Formel du Tathâgata est inépui- 
sable, et il en est de même de sa Sapience ; toutes 
ses Essences sont permanentes ; c'est pourquoi nous 
lui rendons hommage ! (c) Hymne postérieur (Gobai 
f&PJt), stance extraite de T. 638 1 : A lui qui réside 
dans le Monde comme dans l'Espace, pareil à un 
lotus qui ne toucherait pas l'eau, à lui dont la pureté 
d'Esprit surpasse tout, au Saint suprême, révérence 
et hommage ! — Toutes ces stances se psalmodiaient 
déjà en Chine à l'époque des Tô (T'ang) ; cf. sup. 



BOMBAI J 

— (2) Sange ffciïjpl "l'éparpillement des fleurs". 
Stances psalmodiées par les officiants pendant qu'ils 
éparpillent des pétales de fleurs, soit réels (pétales 
de lotus ou de chrysanthèmes, ou encore feuilles de 
badiane), soit de papier colorié. Comme on l'a vu 
plus haut, cette cérémonie était bien connue en 
Chine à l'époque des Tô (T'ang). Elle se fonde sur 
des textes canoniques comme le suivant, extrait de 
la Prajnâpâramitâ en 25.000 stances T. 223 [dont 
toute une section, k. vm (277-279), est intitulée 
Sange] : "Les hommes ou les femmes excellents qui 
éparpillent dans l'air ne fût-ce que [les pétales 
d']une seule fleur, en pensant au B., seront délivrés 
de la Douleur et obtiendront une Félicité inépuisa- 
ble," — ou encore sur ce passage du Sukhâvatîvyûha 
T. 360 11 (272 b) : "Ils font Vœu de naître en ce 
royaume [d'Amida] par la Déflexion des Mérites qui 
consistent à suspendre des étoffes, à allumer des lam- 
pes, à éparpiller des fleurs ou à brûler de l'encens." 
La première et la troisième des trois stances qui con- 
stituent le texte du Sange sont toujours les mêmes ; 
la seconde varie suivant le B. auquel est consacrée 
la cérémonie : Sâkyamuni, Amida, Vairocana, Bhaisa- 
jyaguru, etc. I e stance [cf. fig. 56, et la transcription 
p. ni] : Nous voulons, sur la Terrasse d'Eveil, faire 
offrande au B. de fleurs odorantes ! 2 e stance (pour 
Sâkyamuni) : A celui qui n'a pas d'égal dans les dix 
directions, ni chez les dieux ni chez les hommes, ni 
en ce monde dans les cellules des Erudits, ni dans 
les palais stellaires ni dans les cieux ; au Mâle, au 
Taureau, au grand Moine, sans pareil sur la terre 
entière, sur les monts et dans les forêts ! 3 e stance : 
Puisse ce Mérite [que nous sommes en train d'ac- 
quérir] profiter à tous ! Puissions-nous tous, nous et 
les Etres, accomplir la Voie de B. ! Au B. cette 
offrande de fleurs odorantes ! — (3) *Bonnon ^^ 
"la voix brahmique". Ce sont les stances suivantes, 
extraites de l'Avatamsakasûtra T. 279 : Les plus 
belles fleurs des dix directions, nous les avons 
éparpillées dans les dix directions, en offrande au 
vénérable Sâkya et à tous les Tg. ! Des fleurs de 
lotus précieuses, supramondaines, innombrables, 
ayant toutes de merveilleuses couleurs, nous les 
avons offertes aux Sûtra du G.V. et à tous les Bs. ! 
— (4) *Shakujô Hg$; "le Sistre". Longues stances 
divisées en neuf (ou trois) sections ; à la fin de 
chaque section, les officiants agitent le Sistre en 
mesure pour en faire sonner les anneaux métalliques. 
Le début des stances est tiré de l'Avatamsakasûtra 
T. 279 xiv ; le reste paraît dû à un auteur ch. ou 
jap. inconnu. Voici la td. des trois premières sec- 
tions : (a) Le Sistre en main, nous souhaitons que 
les Etres instituent de grandes assemblées d'aumône, 
afin de révéler la Voie conforme à la Réalité et de 
rendre hommage aux trois Joyaux (bis) ! (b) D'un 
Esprit pur, rendons hommage aux trois Joyaux ! 
Produisant un Esprit pur, rendons hommage aux 



2 BOMBAI 

trois Joyaux ! Puissions-nous rendre hommage aux 
trois Joyaux, avec un Esprit pur! (c) Les Bs. des 
trois temps, sistre en main, rendirent hommage aux 
trois Joyaux ; c'est pourquoi, prosternés, nous leur 
rendons hommage aussi ! — (III) Wasan fflfff , Hymnes 
en langue japonaise. On en distingue trois genres : 

(1) les Wasan proprement dits, qui sont en vers ; 

(2) les Kyôke f&jb "prédications", soit en vers plus 
ou moins libres soit en prose ; (3) les Kunkada p| 
ÎWÊ "stances (chinoises) lues à la japonaise". A 
l'époque de Heian, le Wasan fut surtout cultivé 
dans la secte Tendai, plus particulièrement par les 
maîtres de la branche Sammon HP^'M (p- ex. Gen- 
shin ^fs) Q u i furent les précurseurs de la secte 
Jôdo .C'est dans cette dernière secte qu'à l'époque 
de Kamakura le Wasan trouva ses plus célèbres 
poètes, notamment Shinran §ftH (1 173-1262), le 
grand réformateur qui fonda la secte Shin j^.^>", et 
Ippen — jjjjï (1239- 1289), fondateur de la secte Ji 
P$^j. Les Hymnes de Shinran (dont l'authenticité 
n'est du reste pas toujours certaine) sont restés jus- 
qu'à nos jours populaires entre tous. — Voici des spéci- 
mens de chacun des genres de Wasan: — (1) Wasan 
proprement dit : Sharisan ^f ljf|f de Ennin (Jikaku 
Daishi, secte Tendai), psalmodié pour la première 
fois en 860 ; c'est le plus ancien Wasan connu. Nous 
n'en citerons que le début : \% S fp&^lpï. i§ y 3 

> t*. &M ? vl$** -v • ffî± - /¥- 9 êL»* * -v • • • 
Te. Hotoke no o-shari \va, ô koto katashi ya, uyamô 
koto katashi ya ; hitotabi mo aite, magokoro ni oro- 
gameba, akushu wo zo hanaruru ya, jôdo ni zo ha- 
yaku umaruru ya... — Td. Hymne aux Reliques. 
Il est difficile de rencontrer des Reliques du B., 
difficile de les vénérer. Mais si l'on en rencontre, 
ne fût-ce qu'une fois, et qu'on les adore d'un cœur 
sincère, on quittera les Destinations mauvaises et 
l'on renaîtra bientôt en Terre-pure, etc. — (2) Kyôke 
de Kakuban "f^tU (1095-1143, secte Shingon) : H 
icssfà^i- i) -jri) . -f \r*,m%ï*i- yD-'y -t. Kl? 
yfayr^K. #n#J5$É# * v vx. * j ^ y 

7 y jr is, — Te. Ryûnyo wa hotoke ni nari ni keri, 
nado ka warera mo narazaramu ? Goshô no kumo 
koso atsukutomo, nyorai gachirin kakusarenu, mono 
koso arikere. — Td. La fille du Dragon [Sâgara] 
est bien devenue B. ; pourquoi donc ne le devien- 
drions-nous pas aussi ? Epais sont les nuages des cinq 
Obstructions ; mais le disque de la Lune du Tg. n'en 
est point obscurci. — (3) Kunkada (de tradition au 
Hôryûji fëH#): m$m±' HCP'J'V »^ïk^/ 

-. %mmm?*m. mïï?m x ) 5M»-&*--t c .j 

Gokuraku jôdo no tômon wa, Naniwa no umi nizo j 
mukaetaru ; tembôrinjo no seimon ni, nembutsu ! 
suru hito mairetate. Yuki tsuki kôri tokuru hi, keichô \ 
wo tomo natte hôon wo tsutae ; tsukinokori tsuyu : 



BOMBAI 103 

musubu ashita, rika wo otte bukkai ni gusu. — Td. 
La porte orientale du Paradis fait face à la mer de 
Naniwa [ôsaka] ; à la porte occidentale de la salle 
de prédication se rendent les fidèles pratiquant le 
•Nembutsu. Aux jours où fond la neige et où la 
glace se dissout, même par le chant des coqs se 
transmettent des sons de Loi ; aux matins où sous 
les derniers rayons de la lune se forme la rosée, on 
cueille les fleurs des haies pour en faire offrande aux 
Terrains de B. — En dehors des textes précités, on 
en psalmodie encore d'autres variétés dans les céré- 
monies des différentes sectes et écoles : Sûtra, 
Formules, prières, etc. ; il est impossible d'entrer 
ici dans le détail de toute cette littérature. — Théorie 
musicale. — La théorie musicale du Bombai est 
entièrement dérivée de celle de la musique chinoise 
classique, et n'a aucun rapport avec celle de l'Inde. 
On sait que sous les Six Dynasties et les Tô (T'ang) 
la musique chinoise a subi de fortes influences oc- 
cidentales, et principalement sérindiennes. C'est par 
ces influences que devront sans doute s'expliquer 
les quelques analogies qui pourront être constatées 
entre la Psalmodie des bouddhistes de civilisation 
chinoise et celle qui est usitée dans les autres Eglises 
bouddhiques, ou même dans les Eglises chrétiennes ; 
du reste ces analogies ne semblent porter que sur 
certains procédés de la technique vocale, et sur l'al- 
lure générale du chant. De toute façon, au Japon, le 
chant bouddhique est adapté au système musical 
chinois, et les théories sur lesquelles il repose ne 
sont que des théories chinoises plus ou moins modi- 
fiées ou dégénérées. Ces théories se sont mieux 
conservées dans la musique classique dite "Musique 
Noble" (Gagaku ïf|$|), c.-à-d. dans le musique de 
cour dont un des genres est le *Bugaku (q.v.). Avant 
d'aborder les principes du Bombai, on exposera donc 
sommairement la théorie classique de la Musique 
Noble. — La hauteur absolue des notes est fixée 
d'après une échelle chromatique de douze degrés 
(Jûniritsu -f-Zlflï), comme dans la musique chinoise ; 
mais la nomenclature des degrés est toute différente 
au Japon, probablement par suite de confusions 
japonaises entre les noms chinois des degrés et ceux 
des "systèmes" (Chôshi M-f)- Cette échelle n'est 
pas tempérée ; au Japon comme en Chine, les théo- 
riciens ont connu de haute date le tempérament, 
mais il n'a jamais été appliqué en pratique ; les notes 
de la gamme européenne tempérée, qui sont indi- 
quées ci-dessous, ne correspondent donc qu'approxi- 
mativement aux notes japonaises. Pour la hauteur 
exacte de ces dernières, calculée par un savant an- 
glais en 1873 d'après des diapasons conservés aujour- 
d'hui au Conservatoire de Tôkyô, cf. Tanabe, 
Principes, p. 363 sq. 



BOMBAI 



Les douze degrés (Jûniritsu -\-_J$). 



Noms japonais. 



Ichikotsu ^fg 

Tangin Bfi^ 
(ou ~l£) 



Hyôjô ^1 



Shôsetsu J$$g 



Shimomu f$S 



Sôjô 



Fushô .j|>£g 



Ôshiki $fë| 



Rankei $£# 



Notés japonaises. 



Noms chinois. 





Kôshô 



Tairyo ±B 



Taisô -XW: 



Kyôshô ?l$g| 



I 



Ufc: 



Banshiki |g-gfc 



Shinsen jjjffdj 



Kamimu _h$R 



Kosen ftîgfe 



Chûryo <4>g 



Suihin ||§î 



Rinshô $$| 



Isoku ^HlJ 



Nanryo ]§g 



Bueki &jft 



=#^ 



Oshô 



La gamme mélodique ou diatonique (kin iêj, 
onkai ÇP^), au Japon comme en Chine, est à cinq 
tons (on ^, shô gj£), ou à sept tons si l'on introduit 
deux demi-tons supplémentaires soit par augmenta- 
tion (ei ^, abr. ^, ou yô |J§, abr. ^, dièze) soit par 
diminution (hen fH, abr. 2j£, bémol). Les cinq tons 
peuvent être assimilés à ce que nous appelons degrés 
de prime, de seconde, de tierce [ou quarte], de quinte 
et de sixte. Ils portent les noms suivants : 



Prime 
Seconde 

Tierce [ou quarte] 
Quinte 
Sixte 
Chacun des degrés 



Kyû 'g* (abr. r>). 
Shô $j (abr. 7^). 
Kaku fâ (abr. n). 
Chi m (abr. 1U). 
U M (abr. 3). 
de la gamme pentatonique 
peut être pris comme fondamentale d'une échelle. 
On obtient ainsi cinq modes, ou échelles de cinq fou 
sept) tons séparés par des intervalles dont la dis- 
position varie comme suit : 

Mode de prime : ime_ 2 de_ 3 ce _ 5 te _6te # 
Mode de seconde : 2 de -3 ce ~5 te -6 te -8 ve . 




5. Mode de tittfWk* mm. Vkyoku H A; 
KrOdnie) g=hôC2d«!g Ei»h5C2 <le »iigmJ tRiuuJcikuM") Cbi(6«) [UÛ8(*5| EiuCBMinRmi. 



Dans la Musique Noble du Japon, les seul modes 
usités sont, en théorie, les modes de prime et de 
sixte ; mais en pratique le mode de prime, qui est 
celui de la "musique exacte" (shôgaku jE$|, con- 
forme aux normes théoriques), est remplacé par 
celui de seconde (Tanabe, Cours, p. 268 ; Iba, 
Traité, p. 71). Le mode de seconde est dénommé 
"échelle de Ryo", Ryosen SSÈ> et I e mode de sixte 
"échelle de Ritsu", Ritsusen ^J£ ; aussi la quarte, 
qui est la caractéristique essentielle du mode Ritsu 
auquel la tierce manque, est-elle désignée par le 
terme Ritsukaku fê.f$ "tierce de Ritsu". — Dans le 
tableau ci-dessus on a donné comme exemples, pour 
la commodité du lecteur occidental, les cinq modes 
de la gamme de dos, note qui est en dehors de l'é- 
chelle chromatique sino-japonaise. Mais chacun 
des douze degrés de cette échelle peut devenir la 
tonique d'une gamme, et chacune de ces douze 
gammes comporte cinq modes, suivant que la fonda- 
mentale est prise comme prime, comme seconde, 
comme tierce, comme quinte ou comme sixte. On 
aboutit donc à un total théorique de 60 "systèmes" 
(Chôshi MT), c.-à-d. de 60 échelles mélodiques 
différant à la fois par la hauteur absolue de leur 
initiale et par la disposition de leurs intervalles. 
En pratique, dans la Musique Noble du Japon, on 
n'utilise que six de ces "systèmes", dont chacun 
porte un nom. Dans les trois premiers, les intervalles 
sont ceux du mode de seconde (Ryo) ; dans les trois 
derniers, du mode de sixte (Ritsu) 



BOMBAI 104 

Mode de tierce : 3 ce ~5 te -6 te -8 ve -o me . 
Mode de quarte : 5 te -6 te -8 ve -Qme_ I0 me 
Mode de sixte : 6 te -8 ve -9 me -io me -i2 me . 
En ramenant ces cinq modes, par exemple, à la 
note Shinsen (dos) prise comme fondamentale ou 
tonique de cinq gammes, on obtiendra le tableau 
suivant [les notes entre crochets sont les deux tons 
supplémentaires de la gamme heptatonique] : 

LES CINQ MODES. 

1. Mode dr frime (A,/ûehô K M , Kyûtyoku %S M). 
Kjrû'jmO Pho<2'l«) Kaku<3«) [HenchiW "> dim)] Cbi<Ms) t'C6te) [H«nkjûCff»e rtimj] 



h' 



BOMBAI 

LES SiX SYSTÈMES DE LA MUSIQUE NOBLE. 

t Syttème Ichiloltv il tt Ktoniqite lekikottu.ri fl mode Ryo,2de) 
KyKtwn Kli«2<IO [K»ku(3«!j| [Rit«i,]k»kii(4te) CliKSU» (LT<6t*i) Eiu(61fnifm.) 



2 Synème SOjn 5 M (tonique Sôjô. tel,-, mode Ryo. a*). 

Kyrifluieï S|,ni2de) [K »ki,(3iO| (R,>.>, 1 ]k.kiiC4l°' OI.K6>«) JjGiKj Eiu'6t' wgmj 
_ Q LA O 

3 Syl'-ne Ta->hiki-fi1t(r, H -k^/l„ninu' Hyôjd.mi 4 , mode Ryo, »*% 
KjûCIi»"') »1AÎ*1 pUkuUrq [R,i»i<k«ku(4i«l C1.K5t« [U(6t^ Eiu(8»Mgm) 



4 Synteme /l yôj S ai gi {tonique tiyàjô,ml„ mode Ritt«,gle\ 

K,vùt|m«)|sliôe''e') EUIinCideungm.) [Ruink rinUttl ChiCfite) (tlMKJI Kiu (fit? .ugm.) 

^ ["1 ° " ~ 

6 Syetème Otkiki X » (lon%que Ôlhiti.U,, mode Ri Cm. gley 
K<i(IW (ShôCS^ Ei«hô(2<l«»u|tm.)[Rit.iiJktku(4Kl rhi(5l«) |U(«'«>] Eiu ffiie nugm.) 




Telle est en résumé la théorie classique de la 
musique japonaise. Dans la Psalmodie bouddhique, 
on retrouve des modes de Ryo et de Ritsu, avec 
l'addition d un troisième mode dit Chûkyoku cpft 
"mode moyen" (auquel Tanchi attribuait, mais 
sans aucun fondement, une origine hindoue, cf. 
sup.). Toutefois dans le Bombai les termes Ryo et 
Ritsu ne désignent pas les mêmes modes que dans 
la Musique Noble ; et d'autre part ces modes dif- 
fèrent dans les sectes Shingon et Tendai 



Les trois modes de la secte Shingon 

Ryo : mode de prime (heptatonique). 
Ritsu : mode de sixte (heptatonique). 
Chûkyokyu : mode de tierce (heptatonique) 

Les trois modes de la secte Tendai. 






Ryo : mode de prime (heptatonique). 

Ritsu : mode de seconde (pentatonique). 

Chûkyoku : mode de sixte (heptatonique). 
En outre certaines pièces sont composées dans le 
mode dit Hennon ^^ "tonalité changeante", qui 
n'est qu'une combinaison des autres c.-à-d. qu'au 
cours même de ces pièces on passe de l'un à l'autre 
des trois modes indiqués ci-dessus. — Les musiciens 
bouddhistes assignent aux modes Ryo et Ritsu cer- 
taines caractéristiques d'ordre subjectif qui rappel- , 
lent en quelque sorte celles que notre sensibilité 
attribue aux modes majeur et mineur (majeur gai, i 
mineur triste, etc.). Ryo reçoit les épithètes de "in i 
Pi*, féminin, rude, exotérique, léger, superficiel"; on i 
l'assimile à la prédication de Vairocana dans le Plan, 
de Matrice. Ritsu est "yô [y|, mâle, doux, ésotérique, !' 
lourd, profond", comme la prédication de Vairocana , 
dans le Plan de Diamant. Mais à vrai dire ces carac- 
téristiques sont loin de correspondre, dans la pensée ! 
de ceux qui les formulent, aux deux modes con- |i 
sidérés comme de simples échelles tonales ; il semble ] 



BOMBAI 105 

que la tonalité proprement dite soit souvent, parfois 
même entièrement perdue de vue, et jusqu'au récent 
renouveau des études de Bombai, c'était par certains 
procédés de la technique vocale que se définissaient 
plutôt les deux (ou trois) modes. On aboutissait 
ainsi à des formules comme la suivante : "Ryo se 
chante en faisant sortir la voix vers l'extérieur, Ritsu 
en la faisant entrer vers l'intérieur ; dans le mode 
Chûkyoku on utilise l'un et l'autre de ces procédés, 
de même que certaines pièces de flûte se jouent à 
la fois en aspirant et en expirant." Cette définition 
s'éclaire par d'autres épithètes appliquées aux deux 
modes principaux : Ryo se chante "en avant, en 
surface" fomote ^), Ritsu "en arrière" (ura jf|). 
Il semble que de façon générale, en Ryo, le chant 
soit plus lent, plus uni, plus coulant, plus riche en 
longues notes tremblées ou glissées, tandis que 
Ritsu est plus rapide, plus rythmé, avec des inter- 
valles mieux marqués ; quant à la position de la 
voix, elle reste en principe normale dans l'un comme 
dans l'autre mode, et même en Ritsu, la voix "en 
arrière' n'est pas ^sauf exceptions) une voix de 
tête. Du reste les procédés techniques qui distin- 
guent les modes sont fixés par des règles précises 
relatives aux ornements ou groupes mélodiques que 
nous appellerons "formules vocales" (Kyokusetsu 
ftfffj, cf. inf.). Certaines de ces formules vocales 
sont particulières à l'un ou à l'autre des trois modes. 
Ainsi dans le Tendai, la formule dite Asa-ori "des- 
cente légère" est propre au Ryo, le Kada-ori "des- 
cente de Gâthâ" au Chûkyoku ; l'Atari "son qui 
frappe juste" ne s'emploie que dans le Ritsu et le 
Chûkyoku, le Moro-ori "descente faible" dans le 
Ryo et le Ritsu seuls, etc. D'autres sont communes 
aux trois modes, mais s'exécutent différemment 
selon le mode ; tel est le cas du son "tremblé", Yuri, 
la plus fréquemment usitée de toutes ces formules : 
le Yuri du Ryo, dit "grand Yuri", ô-yuri, se chante 
tout autrement que celui du Ritsu et du Chûkyoku, 
dit "petit Yuri", Ko-yuri (cf. inf.). La secte Shingon 
institue des règles analogues, mais qui sont loin 
d'être exactement les mêmes. D'autre part, certaines 
de ces formules vocales s'attachent à des degrés 
déterminés de la gamme, et ces degrés varient sui- 
vant le mode ; ainsi pour le Tendai le Yuri, dans 
les modes Ryo et Chûkyoku, se chante sur les degrés 
de i me et de 5 te , tandis que dans le mode Ritsu il 
ne se chante que sur celui de 5 te iet occasionnelle- 
ment de 2 de ) ; le Sugu, "tout droit", est propre aux 
degrés de 3 ce et de 4 te dans le Ryo et le Chûkyoku, 
mais en Ritsu il peut aussi se chanter sur le degré 
de i me , etc. Enfin les modes sont répartis en deux 
"genres", genre A et genre B (Kayô EpHI, Otsuyô 
ZJÊù, suivant que la note dominante (au sens du 
plain-chant, c.-à-d. la note qui figure le plus souvent 
dans une pièce) est la i me (tonique) ou la 5 te (domi- 
nante au sens moderne). Telles sont quelques-unes 



BOMBAI 

des particularités fort complexes qui caractérisent un 
mode dans la Psalmodie bouddhique. — Quant aux 
"systèmes" (Chôshi fH-f"), ce terme en désigne pas 
dans le Bombai, comme dans la Musique Noble, des 
échelles définies à la fois par leur hauteur absolue et 
par leur mode. Un Chôshi bouddhique est unique- 
ment défini par la hauteur absolue de sa fonda- 
mentale ; c'est ce que nous appelons un ton, et pour 
chaque pièce le mode (Ryo, Ritsu, etc.) est toujours 
indiqué à part, quel que soit le Chôshi. Aussi ces 
systèmes portent-ils simplement le nom de leur 
fondamentale : le système d'ôshiki, ôshikichô ^HIQ, 
est celui qui a pour fondamentale ou tonique la note 
ôshiki, la3 ; c'est le ton de la, la gamme de la, et en 
principe cette gamme peut être disposée selon les 
intervalles de n'importe lequel des trois modes, Ryo, 
Ritsu ou Chûkyoku. Toutefois dans la pratique on 
n'utilise dans la secte Shingon que cinq de ces 
gammes, deux en Ryo, deux en Ritsu, une en Chû- 
kyoku, et onze dans la secte Tendai, trois en Ryo, 
quatre en Ritsu, et quatre en Chûkyoku. 

LES CINQ SYSTÈMES DE LA SECTE SHINGON. 



Syttème frkitoltnHlt. mode Ryo (.Ion de rê,. 
Kyi(imf) SMGto Kaku(3<») panchiffiwdiraS Chi(5i« 



iode de ime-) 
VW*> (henkjûœwdim.) 



Syttème Sôjôjt Jl, mode Ryo {.ton de toi, mode de /«<). 
KrnCI™» Shôl2<l«» KakuOce) |henchiC5teditiL>] ChR5») UC8W1 JjeokyûCS»» dim.j 



3. Syttème llyôjô » m. mode Riliu {ton de mt 3 jmode de et''). 
Kyuam«ISho(2ii«3 Ei«bô(2 d eaugm.)|Jlitsu>xku(4t'4.Clii(5te> |ÎJ(6t«J Eiti(8« atigm.) 



4. Sytlèuie Rtntkikiun.mode llitm (ton de ,i,,mode de 8te\ 

KySam^ [8h9a*>)] EiilwC2*aagm.)Dlitau)kiku(4«) ClnCS») [U(6«3 Eiu«te»ogm» 



5. S'j'thne. Ôthili w ■ , mode Cknkyoku(ton de la,,mode de jce) 
KyùCl"W[Shô<2 d «)] Ei»hô<2<feaugm} (Ritsu]kaktiC4l<>)|p!ii(5tcg Eiclii(S»angnjEiu(6te.ugnO 

_ kj jo a ' 

LES ONZE SYSTÈMES DE LA SECTE TENDAI 

1. Syttime Byùj S f- H. mode Ryo (tonde mi,, mode de /«<). 




3 Syttème Ôtkik, X m, mode Ryo {tonde la,, mode di- l« e y 




.Système Soja C *, "ode Rittn (ton de toi,, mode de 2d«). 



T. Syttème BanaKtki m », mode Rittu\to* de ti,,mode de i' fa > 



8. Syttème 1 cktkoltu a M. mode C Miyotu {Ion de ré,, moite de 6''}. 



ToT- 



BOMBAI 



106 



BOMBAI 




1 1. Sytt'ur Ô.kiti « M, >»oil' rhiifatiUo» Je la, moi/- il. ut") 



Technique vocale. — Il a été question ci-dessus 
des "formules vocales" qui relient entre elles les 
notes essentielles du chant et donnent à la Psalmodie 
son dessin et sa couleur caractéristiques. Ces formules 
reçoivent en japonais les noms de Setsu fip "sections" 
ou de Kyokusetsu ft^fî "sections mélodiques." Il est 
difficile de définir, et surtout de transcrire en notation 
occidentale, ces formules vocales qui ne sont pas à 
proprement parler des traits ou ornements mélodi- 
ques, puisque l'une d'elle est la note chantée "tout 
droit" (Sugu), ni des "phrases" puisque certaines 
consistent en des interruptions de la voix ou du 
souffle, en des façons spéciales de poser la voix, de 
l'émettre, de la couper, etc. On remarquera toutefois 
que les termes Setsu et Kyokusetsu s'emploient 
généralement au sens de "mélodie, air". Ces formules 
sont très nombreuses et, comme on l'a vu plus haut, 
varient selon le mode, la secte, l'école, le maître, le 
chanteur. On se bornera ici à en nommer et à en 
décrire quelques-unes. 

Les principales formules vocales de la Psalmodie 
(Kyokusetsu 



Yuri ;x >; (ou ÊM, ou en abr. a., &). 

Son "tremblé" (de yuru j$j£> "faire trembler, 
balancer"). C'est la formule la plus fréquente de 
toutes ; la note sur laquelle s'exécute le Yuri dans une 
pièce donnée, prime ou quinte, détermine le "genre" 
du mode de cette pièce (genre de tonique, Kayô 
¥HI, ou genre de dominante, Otsuyô ZM. ', cf. sup.). 
Dans la secte Shingon, le Yuri du Ryo, dit "grand 
Yuri", Ô-yuri X& (*jfr;i), peut se transcrire 
comme suit : 



Cette transcription est du reste très approxima- 
tive et le "grand Yuri" paraît s'exécuter souvent 
comme un simple trille d'une note ou d'une demi- 
note environ, soit haute soit basse, précédé d'une 
tenue plus ou moins longue. Le Yuri du Ritsu, ou 
"petit Yuri", Ko-yuri /,h& (na), est un tremblé 
plus long et de plus en plus rapide, qui semble s'ac- 
compagner généralement d'une montée de la voix: 



D'autres variétés du Yuri sont le Yuri-age È-L 
'tremblé avec montée", le Yuri-ori ET "tremblé 



avec descente", le Fuji-yuri ^^ "tremblé en forme 
de grappe de glycine", qui commence par des inter- 
valles plus lents et plus étendus pour finir par des 
"tremblements" plus rapides et de plus en plus 
légers, etc. Le Yuri entre aussi dans des formules plus 
complexes comme le Yuri-kake-kiru a'j il *r + fr 
"tremblé-suspendu-coupé" qui peut se rendre ainsi 
(cette formule est propre au mode Ryo du Shingon) : 



Dans cette formule le silence qui suit le début du 
Kake indique une "coupure de la voix mais non du 
souffle" (setsuonfusessoku W^B^WÈÙ, celui qui 
suit la fin du Kake est une "coupure", Kiri + y , 
proprement dite du souffle. Le crescendo qui marque 
la montée à la 2 de du Kake, sur laquelle la voix 
s'arrête en appuyant, est une "poussée" de la voix 
(osu J^"t", % *)> et l'arrêt appuyé est dit "voix de 
fond" (negoe fllÇ). 

Sori y >; (abr. y). 

Son "courbe" (de soru jx £> "recourber"). Cette 
formule, qui dans le Shingon est propre au mode 
Ritsu (pour le Tendai, cf. sup.), est une montée 
glissée de la voix (comme on recourbe un arc). 

Sugu ;*. 9' (abr. *). 

Son "tout droit" et assez court, sans aucune 
particularité ; ce terme s'emploie notamment pour 
marquer que la note dominante ne doit, par excep- 
tion, pas être "tremblée". 

Uchitsuke #"# (ou ukegoe ^-^). 

Son "transmis en battant" (uchitsuke £T#), par 
lequel on "reçoit" (ukeru 5^6) la voix d'une syllabe 
à l'autre, c.-à-d. qu'on commence à prononcer une 
syllabe avant de couper l'émission de voix qui a 
servi à chanter la syllabe précédente. 

Modori ^ K >; . 

Son "qui revient" (de modoru ^h "revenir, 
retourner"). En Ryo c'est la même note répétée 
trois fois, avec deux coupures de la voix (mais non 
du souffle : coups de glotte) : 



En Ritsu, c'est une montée à la seconde avec les 
mêmes coupures : 



Cette formule devient l'Iro-modori "Modori co- 
loré" lorsqu 'entre les deux coups de glotte s'intercale 
un double trille dit Iro £} ( A o ) : 



i^7- Jh£ 



# ^r tfk «3*- Ifc ?p, ^ 



FIG. 42. HYMNE AUX QUATRE CONNAISSANCES. 
Notation Meyasu. Manuscrit de Ryônin (1131). 
YuzîidainembHtsuji , Osaka. 




%A» #f 




FIG. 43. PSALMOD1B D'UPALl (DÉBUT ET FIN). 

Notation Meyasu. Manuscrit attribué à Gyônen (1240-1321). 

Bibliothèque du Tbdaiji, Nara. 



BOMBAI 



107 



BOMBAI 



Furi 7 l ) 



Son "secoué" (de furu $r£> "secouer, branler"). 
C'est un tremblé suivi d'une descente d'un ton ou 
d'un demi-ton environ, puis d'un retour au ton 
originel. 

Suteru ^f>. 

"Lâcher" la voix, la laisser tomber jusqu'à extinc- 
tion, comme dans un "Ah!..." de consternation. 

Hana ni ireru §fa\. 

Voix nasale. 

En dehors de ces formules vocales, dont les quel- 
ques indications qui précèdent ne peuvent donner 
qu'une idée incomplète et inexacte, la technique du 
Bombai paraît tenir compte dans une certaine mesure, 
pour la Psalmodie des textes rédigés ou transcrits 
en chinois, des quatre tons de la langue chinoise 
(shishô E9^)- Ces tons, qui se sont du reste transmis 
au Japon de façon fort incorrecte et pour la plupart 
des mots auxquels ils sont affectés ne correspondent 
pas aux tons chinois réels, sont décrits comme suit 
dans la secte Shingon : (1) le ton égal (hyôjô ?fW£) 
est plat et relativement bas, les mots qui en sont 
affectés se chantent sur les degrés de i me , de 2 de , 
de 3 ce (ou 4 te ), etc. ; (2) le ton montant (shôjô _kij£) 
est plus haut et plus bref, il se chante sur les degrés 
de s te ou de 6 te ; (3) le ton partant (kyoshô ;£>§£) est 
caractérisé par une longue montée de la voix, de la 
4 te à la 5 te ou de la s te à la 6 te , etc. ; (4) quant au 
ton entrant (nisshô AS?9> propre aux mots à finale 
consonantique, il est bref et forcé, et se chante avec 
une descente de 6 te à 5 te ou de 5 te à 4 te , etc. Les tons 
sont aussi mis en rapport avec les formules vocales, 
et une formule montante comme le Sori portera 
plutôt sur un mot affecté du ton partant, ou bien 
ncore le ton d'un mot sera modifié en raison de la 
formule vocale ou du degré que la notation musicale 
ndique pour ce mot, etc. Il y a en outre des règles 
ompliquées fixant les modifications que peuvent 
ecevoir plusieurs tons qui se succèdent ; de plus, les 
ons varient suivant la prononciation, Kanon ^^ 
>u Goon ^^ ; certains tons (l'égal et le montant) 
ont même affectés aux syllabes du Kana japonais, 
te. Toutefois ces règles s'appliquent surtout à la 
ecture des textes à haute voix (shôyomi S?r|f|), qui 
l'est pas de la Psalmodie proprement dite, ou encore 
une variété de la Psalmodie dite Kôshiki ^^, 
écitation de prières, de déclarations, etc. ; dans les 
lus anciens manuscrits de Kôshiki, de petits cer- 
îes marquant les quatre tons aux quatre coins des 
aractères (et doublés pour marquer les consonnes 
nitiales sonores) tiennent lieu de notation musicale. 
Jne longue pratique serait nécessaire pour saisir 
xactement et analyser tous ces procédés techniques 
ue les documents écrits laissent à peine deviner. 



— Il en est de même du rythme et de la mesure (que 
la notation du Bombai néglige totalement). Dans la 
secte Tendai, on distingue du point de vue du rythme 
quatre catégories de mélodies : (1) Jokyoku F£$], 
mélodies à rythme irrégulier (les plus nombreuses) ; 
(2) Teikyoku 5Ëft, mélodies à rythme fixe (divisées 
en mesures régulières) ; (3) Gukyoku $.$$, com- 
binaison des deux premières catégories ; (4) Hakyoku 
$£&% » mélodies qui n'appartiennent ni à la première 
ni à la seconde catégorie, c.-à-d. à rythme tout à 
fait libre et changeant. Par "mesure", ma RJJ, il 
semble qu'on entende une émission de voix ; dans 
les mélodies à rythme fixe, ces mesures peuvent être 
soit à deux temps (raku-byôshi |f£fâ~f*)» soit à trois 
temps (hongyoku-byôshi ^ftfà^ 1 ) ; les temps sont 
désignés par le terme hyô #3 "claquer, battre", et 
il y a différentes façons de battre les mesures soit 
binaires, soit ternaires, en en subdivisant ou en en 
multipliant les temps ; ces temps sont dit hyôshi 
fÔT, terme qui désigne au propre des claquettes de 
bois. Dans quelques manuscrits de la secte Shingon, 
on trouve encore d'autres indications d'ordre rythmi- 
que, mais la terminologie en est fort obscure. En 



* 


n 




- > 


-8- 




K. A** 




4L 

«dtr 


tf^ 








A 


^& 




«ér 


Vit. 


SB 


f# 


J*# 


Bfr- 


■± 



Fig. 44. Notation Fu-hakase. 

Secte Shingon (école Shin) et secte Tendai (école d'Ohara). 

Les chiffres se rapportent aux trous de ta flûte. 



BOMBAI 



108 



BOMBAI 



I" registre (inférieur) 



fait, la théorie du rythme semble mal établie dans le 
Bombai, et c'est par l'imitation orale que les chan- 
teurs apprennent à rythmer les pièces. — Il faut 
remarquer enfin que le chant est toujours à l'unisson ; 
la Psalmodie bouddhique ignore la polyphonie. — 
Notation. — Le Bombai dispose de différentes nota- 
tions musicales qui s'écrivent soit à gauche, soit 
(moins souvent) à droite des caractères du texte 
chanté, et peuvent se répartir en deux catégories : 
(i) notation des degrés de la gamme constituant les 
notes essentielles, et (2) notation neumatique des 
formules vocales qui relient ces notes entre elles. 
Il semble qu'à l'origine on n'ait guère distingué 
entre ces deux catégories ; dans le système de 
notation dit "ancien", Ko-kahase "Êî^i, celui des 
manuscrits de l'époque de Nara (p. ex. le fragment 
appartenant au Prof. B. Matsumoto, cf. sup.) et 
de l'époque de Heian (dont quelques-uns sont con- 
servés au Ninnaji), les traits, très simples, paraissent 
indiquer sommairement le mouvement général de la 
voix (p. ex. un angle indique une descente, etc.). Il 
en est de même du système dit Fu-hakase f||j||:t, 
déjà plus complexe et plus précis ; c'est le système 
qui semble avoir été usité postérieurement à la grande 
conférence de 1145-1150; la hauteur des notes 
essentielles y est indiquée par des chiffres corres- 
pondant aux trous de la flûte 
ou aux cordes du luth (cf. fig. 
44). Certains des signes du 
Fu-hakase ont survécu dans 
la notation Meyasu du Ten- 
dai. — La désignation la plus 
courante des notations est le mot hakase tlfj:, litt. 
"docteur", terme énigmatique que l'on rattache à 
l'institution, sous l'empereur Moramu en 701, d'une 
fonction de "docteurs es sons", onhakase iajïpit, 
qui étaient chargés d'enseigner les prononciations 
des mots chinois, Kanon et Goon (cf. Ksdj.501); 
mais il s'agit plus probablement d'une déforma- 
tion de quelque autre terme. On emploie aussi le 
terme fushi, écrit {$.-±, fHdr, ^dt ou ^p, ou encore 
les expressions bokufu MfH> ompu if-ffl ou simple- 
ment fu ff|, etc. ; mais hakase flldt apparaît déjà 
dans les manuscrits de l'époque de Kamakura. — 
C'est à cette même époque que la notation du Bombai 
fut perfectionnée par l'invention de nouveaux sys- 
tèmes, l'un, dans la secte Shingon, qui permettait 
de noter exactement les notes essentielles, l'autre, 
dans la secte Tendai, qui rendait les formules vocales 
par des figures graphiques déterminées. Le premier 
de ces systèmes est appelé Goon-hakase JL^f^dt 
"notation des cinq tons" (c-.à-d. des cinq notes de 
la gamme) ou Hom-bakase ^fif-b (Hom-pu 7^|§) 
"notation essentielle". Il semble qu'un système de 
ce genre ait déjà été connu, dans la secte Tendai, 
de Jikaku Daishi (ix e siècle), et dans la secte Shingon 
de Daishin Shônin (xn e siècle) [cf. fig. 45] ; mais tel 



qu'on l'emploie de nos jours 
dans la secte Shingon, il fut 
arrêté au Kôyasan, vers 
1264- 1275, par Kakui j^M. 
qui eut en même temps 
l'idée de déterminer l'éten- 
due moyenne de la voix, 
c.-à-d. le nombre ap proxi- 
matif de degrés diatoniques 
dont la notation peut être 
nécessaire pour une pièce 
donnée. Il la fixa à trois 
registres (ou octaves) de cinq 
tons (ou degrés) (Goonsanjû 
iL^HjË)) niais en sup- 
primant les trois premiers 

tons du registre inférieur et Ancien système de la secte Tendt * 
le dernier ton du registre supérieur ; il aboutit ainsi 
à un registre pratique de onze tons. A chacun des 
degrés de ces trois registres, Kakui attribua comme 
notation un petit trait droit et plein, dont il fit 
varier à !a fois la direction propre et la position par 
rapport aux caractères chantés. Ainsi pour la gamme 
pentatonique de sol en mode de prime (système 
Sôjô en Ryo), la notation d'après le système de 
Kakui sera la suivante : 




Fig. 45. Goon-hakase 
(notation des cinq tons). 



*>«•<- te/„tre (»«,«) 
Kjaa"»98l,aa<l'!> Kaku<3"9Clii(5l<9|UC6WJ 



ymc rcgittrc Supérieur) 

KyM'"<D Shaa^'K.kuW*) Clik.0KD ||no;te| 




î / 

Le système de Kakui est généralement résumé en 
des tableaux synoptiques (fig. 5 1-5 4) où les quatre tons 
(trois trop bas et un trop haut) qui restent en dehors 
du registre vocal pratique sont distingués par des 
traits vides (blancs). En supprimant ces quatre tons. 
on obtient les deux registres suivants qui sont dits 
"modifiés" (hentai §£gf ; cf. fig. 54) : 



l' r 'egielr, modifié 
KTÛ(l ,ne )Shô(2 <te )K«ku4le Clii(5 u ) U(6W> 



geme regCttre modifie 
KjûCPW) ShôO*) Kâkusgte)Chi«l«> W 8 ) Kv5C8» 




^ °m ^ #i 



- s r 

Il semble que Kakui n'ait pas prévu de signes poui 
les demi-tons de la gamme heptatonique ; mais dans 
les recueils postérieurs on trouve des notations 
comme ^ pour la 6 te augmentée du I er registre (h 
6 te parfaite étant ^), etc. Toutefois dans l'usag* 
courant les degrés pentatoniques sont seul notés 
et ils sont rendus par des traits pleins mis bout il 
bout sans petits cercles terminaux (fig. 47-48). — Cett< 
notation a le mérite d'indiquer avec précision I; 
hauteur des notes essentielles ; mais elle ne tien 
aucun compte des formules vocales qui constituen 
effectivement la mélodie. Ces formules furent notée: 



BOMBAI 



109 



BOMBAI 



REGISTRE 
MOYEN 


SUGU 
(DROIT) 


YURI 

(TREMBLE) 


ORI 

(DESCENTE) 


AGE 

(MONTEE) 


SORI 
(COURBE) 


PRIME 


î* 


î' 


t* 


f 


^-0* 


SECONDE 




p 

s 


m 


y 


jfi 


TIERCE 
(OU QUARTE) 


— 0$ 


— 0^ 


|— ojH 


L_o^ 


K-O^ 


QUINTE 


\ 




x 


S, 


s 


SIXTE 


K 


K 


\ 


s 


i 

m 



Fig. 46. Meyasu-hakase moderne (notation des cinq tons combinée avec celle des principales formules vocales). 

Secte Tendai, école d'Ohara. 




■n 



1 









Ml 







t*t*j 1 — 1 



Fig. 47. Début du Nyoraibai. 

Notation des tons essentiels avec indication des formules vocales en caractères chinois et en Kana. 

Secte Shingon, école Shin. Extrait du Gyosan taigaishû. 



41. 



* 



BOMBAI 



BOMBAI 



4t- 



t^s* 




& 



t èS 
Q4gï 

^f islR 

' * 2 
«** 

Fig. 48. L'éparpillement des fleurs (premier vers). 

Notation des tons essentiels avec indication des formules vocales 

en caratères chinois et en Kana. Stance mnémonique de Ryûnen. 

Secte Shingon, école Shin. Extrait du Gyosan taigaishû. 









Fig. 50. Fragment de Gâthâ. 

'Notation essentielle" et "notation d'emprunt" combinées. 

Secte Shingon, école Shingi. 



4. * 



^ 




Fio. 49. L'éparpillement des fleurs (premier vers). 
"Notation essentielle" et "notation d'emprunt" combinées. 
Les petits cercles, doublés pour indiquer que l'initiale est 
sonore, figurent les tons chinois. Secte Shingon, école Shingi. 



T + 



iSi 



t 



'X 



- ! n 



v 



/ 



m. 



ft 



■t 



* 



Êk 



3» 






V ..*. ^ 









Fig. 51. Notation des trois^registres de cinq tons. 

Secte Shingon, système de Kakui. 

Tableau synoptique extrait du Gyosan taigaishû. 



BOMBAI 



BOMBAI 




Fig. 52. Notation des trois registres de cinq tons. 

Secte Shingon, système de Kakui. 

Tableau synoptique extrait du Gyosan taigaishû. 

dans la secte Tendai (où l'on connaissait également 
une sorte de Goon-hakase, cf. fig. 45) à l'aide d'un 
système original dont l'invention est attribuée a 
Ryônin j^^î» (1073-1132), le fondateur de l'école 
d'ôhara. Le système de Ryônin est appelé "notation 
adaptée à l'œil", Meyasu-hakase @^ct$lt, c.-à-d. 
que les mouvements de la voix y sont figurés graphi- 
quement pour l'œil, une montée étant représentée 
par un trait montant, une descente par un trait des- 
cendant, une montée suivie d'une descente par une 





Fig. 53. Notation des trois registres de cinq tons. 

Secte Shingon, système de Kakui. 

Tableau synoptique extrait du Gyosan taigaishû. 

courbe, un tremblé par un trait tremblé ou par une 
suite de points, etc. (fig. 42-43). Ce système rend 
bien la ligne générale de la mélodie, notes es- 
sentielles et formules de liaison, mais il n'indique 
pas de façon exacte la hauteur des notes essenti- 
elles. Pour remédier à cette insuffisance, on s'avisa 
de combiner la notation Meyasu avec celle des 
cinq tons essentiels, en modifiant les traits droits de 



cette dernière par l'adjonction 
de petits crochets soit montants, 
soit descendants, de courbes, de 
points, destinés à figurer la façon 
de chanter tel mot portant telle 
note essentielle. C'est ce système 
qui est actuellement en usage 
dans l'école d'ôhara (fig. 46, 56), 
et qui porte aujourd'hui le nom 
de Meyasu, l'ancienne notation 
Meyasu étant reléguée dans la 
catégorie des "notations ancien- 
nes" Ko-hakase. — Dans la secte 
Shingon, au lieu de combiner 
les deux notations, on les écrit 
séparément l'une à côté de 
l'autre, la "notation essentielle" 
en gros traits pleins, avec des 
angles bien nets pour distinguer 
chaque ton, et la notation des 
formules vocales en traits plus 
déliés, comme une sorte de com- 
mentaire imagé (fig. 49-50). — 
Cette dernière notation, dans la 
secte Shingon, diffère du Meya- 
suhakase du Tendai. Elle repose 
sur des principes analogues, mais Y 18 .- 54- Notation des 

c r ° ' trois registres abrèges 

depuis la fin du XVIII e siècle On (onze tons). Secte Shin- 

utilise dans le Shingon un sys- « on \ système de Kakui - 

- . » Tableau synopttque ex- 

terne, figuratif plus perfectionné trait du Shingi shômyô 

que le Meyasu. Ce système est datten - 
appelé Karibakase fl?tî!î±' "notation d'emprunt" 
(c.-à-d. qu'on "emprunte" certaines figures conven- 
tionnelles pour rendre les formules vocales du Bombai, 
de même que certains mots chinois, dits mots d'em- 
prunt, Kana f^^, sont "empruntés" pour transcrire 



1 J* * * 

* Jti 



4& 

-m 



*4 I 



ie. 



.*..— ...t-~à *€: 



s\ 



1 



J 



Fig. 55. L'éparpillement des fleurs (premier vers). 

Kari-bakase ("notation d'emprunt".) 

Manuscrit de Kankô. Secte Shingon, école Shin. 



BOMBAI i 

les syllabes de la langue japonaise) ; il apparaît pour 
la première fois, au Kôyasan, dans un manuscrit de 
1789 dû à Kankô %% (fig. 55). — Enfin il existe un 
procédé plus simple pour noter les formules vocales : 
c'est d'écrire leurs noms, complets ou abrégés, soit en 
caractères chinois soit en Kana, au-dessus, au-dessous 
ou à côté des traits de la "notation essentielle" (cf. 
fig- 47-48). Des indications de ce genre apparaissent 
dans certains manuscrits dès l'époque de Kamakura. 





Fig. 56. L'éparpillement des fleurs (début). 
Notation Meyasu moderne. Secte Tendai, école d'ôhara. 

De même, on peut compléter les notations figura- 
tives (Meyasu ou Kari) en y adjoignant en caractères 
chinois les noms des notes essentielles (cf. fig. 55, 56). 
Du reste, tous les systèmes de notation ci-dessus 
mentionnés, outre qu'ils ne tiennent aucun compte de 
la métrique, remplissent si imparfaitement les buts 
mêmes qui leur sont assignés, qu'on les complète 
presque toujours par de telles indications écrites, 



I BOMBAI 

surtout s'il s'agit de mélodies lentes et riches en 
formules vocales ; et parfois même le nom du ton 
est écrit auprès du trait de Goon-hakase qui repré- 
sente ce ton (fig. 50). Les mots chô Jç "long" et 
tan ^2 (abr. %) "court" indiquent grossièrement la 
longueur des tenues (cf. fig. 47-48). — Enfin chaque 
pièce de Bombai est précédée, du moins dans la secte 
Tendai, d'un tableau synoptique des tons essentiels 
qui figurent dans cette pièce, avec leur notation 
en Goon-hakase, et d'indications relatives au mode 
(Ryo, Ritsu, Chûkyoku), au "genre" du mode (A 
ou B), au système (Chôshi) et à l'initiale (Shutsuon 
$5^, première note chantée). Ainsi pour la pièce 
Sange ffcfjl (cf. fig. 56), on a les indications sui- 
vantes : gft "mode Ryo", ZM "genre B", 2pf6§ 
"système Hyôjô", tfiia j§JC "initiale quinte", avec un 
tableau synoptique des quatre tons (2 de , 3 ce , 5 te , 6 te ) 
qui figurent dans la pièce. Dans la secte Shingon, 
ce dernier tableau est en principe inutile puisqu'on 
suit toujours le système de Goon-hakase fixé par 
Kakui, et les autres indications sont résumées par 
une des stances mnémoniques de Ryûnen $fe?& (cf. 
sup.) ; pour le Sange, par exemple (cf. fig. 48), cette 
stance est la suivante : Hk^—^R^tt- #H2fcPMfê£î§i 
&in). SfW^Inlfii-. "La pièce Sange est dans le 
système Ichikotsu (ton de ré), mode Hennon (chan- 
geant) ; dans cette pièce le degré de quinte est le 
même que le degré de seconde dans la pièce Nyorai- 
bai, ou que le degré de quinte dans la pièce Ungabai." 
— La transcription donnée ci-dessous d'après M. 
Taki Dônin permettra au lecteur de déchiffrer le 
spécimen de notation Meyasu reproduit fig. 56. 

L'ÉPARPILLEMENT DES FLEURS (PREMIÈRE STANCE). 

Secte Tendai, école d'Ohara. 

Transcrit par le Rév. Taki Dônin d'après la notation Meyasu {fig. 56) 

Mode de Ryo (prime). — Genre B (note dominante : quinte). 

— Système Hyôjô (tonde mi). — Initiale Chi (quinte). — Notes 

essentieles : Shû (2de), Kaku (30e), Chi (ste), U (6te). 

Rythme libre. Très lent. 

Formulai toc»I«s:- Ynti (qvadfupU) jf.n.iij' 'lri>M 

Notes »»»«>iti«llesi-St« 




BOMBU 



"3 



BON 



SR~I 




BOMBU Ji^, litt. "homme du commun", sk. 
prthagjana. — Profane. — Bombu, pris au sens litt. 
[bon Xi peut s'interpréter soit par "vulgaire, vil" 
Ttt. 1851 vi (590 a), soit par "commun, ordinaire" 
Ttt. 1912 I c (179 a), 1964 (105 a)], correspond 
exactement au sk. prthagjana ; toutefois ce dernier 
terme est rendu dans la n. éc. par des td. étymolo- 
giques signifiant "né a part", besshô jj}l]^Ë, ishô J^^fe, 
etc. ; et bombu sert parfois d'équivalent au composé 
sk. bâla-prthagjana "Profane Puéril" (cf. *Bara, 
*Gufu).— Cf. *Ishô. 

BON ^£=sk. p. brahman, brahmâ ; tib. chahs. — 
La te. bon ^ est une abréviation de bomma J£Iff. 
Autres te. bonramma ^ffCif, baragama ^H^jg 
(Ttt. 2128 xxvi), Jmoragomma SiH^Hf, Jmorakam- 
ma : &$$MB, îbaramma W&W ( Eo ë- ")> Iboramma 
fjj»fj^ (Ttt. 1736 xvin), etc.— Td. shôjô fffïf, 
shôketsu fjf ifpj "pur" ; riyoku iH$C "détaché du 
Désir" ; jakujô 3xjt? "calme et apaisé". — Le dieu 
Brahmâ porte dans les textes ch. les titres de Bonten 
^CX "le dieu Brahmâ", Bonnô ffîî. "le roi Brahmâ", 
Bontennô ^^ï "Brahmâ roi des dieux". Précédés 
de l'épithète dai ^ "grand" (Daibonten, Daibonnô, 
Daibontennô), ces titres ne s'appliquent en principe 
qu'à Mahâbrahmâ, le plus élevé des dieux de la pre- 
mière Extase. Mais ces divers termes désignent 
parfois tous les dieux Brahmâ de la première Extase, 
ou même par extension tous les dieux du Plan du 
Formel. — Aperçu. — Le terme bon ^, dans le boud- 
dhisme ch. et jap., a réuni, au préjudice de la logique 
et de la clarté, deux notions que le brahmanisme 
distingue avec soin : le brahman neutre, et le Brah- 
man (nomin. Brahmâ) masculin. Le brahman neutre 
est l'idée du sacré, impersonnelle et transcendante ; 
il est la plénitude de l'être, dégagée de tous les con- 
ditionnements. Brahmâ n'est qu'un dieu, puissance 
temporaire, quelle qu'en soit l'énorme durée ; il est 
le principe de la vie phénoménale en tant qu'il 
"émet" toutes choses après chacune des destructions 
périodiques de l'univers. Son rôle s'arrête là ; la 
fonction de maintenir est réservée à Visnu, celle 
d'anéantir à Siva. Il est l'ancêtre (pitâmaha), le grand 
aïeul (prapitâmaha) ; à ce titre il a droit au respect, 
mais il n'intéresse pas le culte. Pratiquement, il n'a 
pas de temple ; on en trouve difficilement deux ou 



trois à travers toute l'Inde qui lui soient dédiés. 
Créateur par émission (srsti), il est l'incarnation du 
désir ; les Brâhmana, ouvrages des temps védiques, 
ont à foison cette formule : "Brahmâ eut un désir 
(akâmayata) . . . " Bonten, le dieu Brahmâ, perpétue 
ce trait fondamental ; installé au bas du Plan ou 
Monde du Formel, il passe son temps à penser qu'il 
a créé, qu'i 'est le créateur, et la cour qui l'entoure, 
Grands Brahmâ, Acolytes Brahmiques, Assemblées 
Brahmiques, Ensembles Brahmiques, n'ont qu'une 
pensée, c'est que Brahmâ est leur créateur ; aussi le 
ciel de Brahmâ est-il l'asile de l'hérésie. A la fin de 
chaque Période, les flammes de l'incendie mondial 
vont détruire ce ciel ; d'autres dieux, déchus des 
stages supérieurs et ramenés au niveau de la première 
Extase, viennent ensuite le repeupler et reprendre 
la besogne brahmique. — Cependant le Brahmâ du 
brahmanisme, ce "souverain des créatures" (Prajâ- 
pati) qui s'était souillé même par l'inceste, s'est en 
partie purifié dans le bouddhisme ; il est situé juste 
en dehors et au-dessus du Monde, du Plan du Désir 
où dominent Mâra et ses acolytes, Sakra et les dieux 
mineurs ; il représente dans les textes tous les dieux 
du Plan du Formel. Il est au niveau de la Première 
Extase, l'étape initiale dans le développement de la 
vie mystique. La confusion entre le Brahman et 
Brahmâ a même valu à ce dernier de recueillir la 
qualité essentielle qui s'attachait à l'autre : le Brah- 
man symbolisait dans l'ordre brahmanique la vie 
pure, et par excellence la continence, la chasteté ; 
l'étudiant brahmanique (brahmacârin, ch. bonshi), 
au cours de ses études sacrées, y était tenu sans 
réserve. Le bouddhisme a étendu cette prescription 
à la vie entière du clergé, moines ou nonnes ; la 
"conduite brahmique" (brahmacaryâ, ch. bongyô) 
est devenue une règle absolue et permanente. On 
en est venu à interpréter Brahmâ, par une étymologie 
fantaisiste mais expressive, comme "l'expulsion" 
(bâhana) des Passions. C'est en se détachant du Désir 
que l'on peut renaître dans son ciel. — C'est cette 
notion de pureté sacrée qui s'attache au nom de 
Brahmâ dans la plupart des composés où il entre : 
Voix brahmique (*bonnon), Roue brahmique (bon- 
rin), Stations brahmiques (bonju), Voie brahmique 
(bondô), Véhicule brahmique (bonjô), Gemme 
brahmique (bommani) . . . La langue sacrée, le sans- 
crit, devient la langue brahmique ; le syllabaire 
qui sert à l'écrire devient l'écriture brahmique. 
L'ascension de Brahmâ atteint son apogée dans les 
formules qui proclament que l'essence de Brahmâ, 
brâhmanya, est l'essence de la vie monastique, 
srâmanya (deux termes qui traditionnellement, les 
Grecs mêmes en sont témoins, étaient opposés l'un 
à l'autre), et que Brahmâ est le Buddha. En Chine, 
sous l'influence du bouddhisme, le nom de Brahmâ 
(ch. Fan=jap. Bon) devient le symbole de l'Inde, 
berceau du B. et terre-sainte de la religion : on 



BON 



114 



BON 



l'appelle terre ou pays brahmique (bondo, bonkoku) ; 
le missionnaire qui en vient est dit moine brahmique 
(bonsô), et la même épithète s'applique aux manu- 
scrits ou aux livres qu'il importe (bonkyô, bonten), 
ainsi qu'aux couvents bouddhiques (bonsetsu, bon- 
kaku), à leurs cellules (bonshitsu), à leurs cloches 
(bonshô). — Le bouddhisme associe au nom de 
Brahmâ le titre énigmatique de Sahâmpati (ch. 
Shabashu) ; il lui garde aussi, du moins dans l'Es , 
ses attributs brahmaniques, sa monture (une oie), 
ses quatre visages ; il conte sa naissance dans le lotus 
issu du nombril de Visnu ; on le trouve même dans 
le bouddhisme chinois, dès le vi e siècle, chez un 
moine, il est vrai, d'origine iranienne, groupé en 
Trinité (Trimûrti) avec Visnu et Siva comme une 
sorte de contrefaçon des Trois Corps de B. Parfois 
on lui donne un aspect inattendu : une jeunesse qui 
ne se fane pas, un paon comme monture, le titre de 
Kumâra ("jeune homme" et "prince") ; ce sont les 
traits fondamentaux de Kârttikeya, le fils de Siva, si 
populaire dans le Sud de l'Inde sous le nom de 
Subrahmanya "le Bon Brahmique" ; et cette appella- 
tion d'origine obscure mène sur le chemin d'une 
confusion entre les deux dieux. — Brahmâ était du 
fait de son nom l'incarnation de la caste brahmani- 
que ; le bouddhisme ne pouvait résister au malin 
plaisir de l'embrigader au service du B. ; il en est 
résulté cette conséquence piquante que Brahmâ est 
beaucoup plus populaire dans le bouddhisme que 
dans le brahmanisme hindouiste. C'est à sa demande, 
amusante ironie, que le B. se décide à prêcher la 
Loi, à tourner la Roue de la Loi, appelée aussi Roue 
brahmique. Plus tard, quand le bouddhisme par le 
Tantra fusionne avec le sivaïsme, c'est à Siva-Mahes- 
vara qu'on attribue l'honneur d'avoir converti 
Brahmâ, embrigadé comme le Sage de Diamant dans 
le panthéon tantrique. — Dans les récits bouddhiques, 
Brahmâ a pour compagnon ordinaire Sakra, l'Indra 
védique, resté le premier des dieux mineurs de 
l'hindouisme ; tous deux sont les protecteurs attitrés 
du B. — Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. 
— On peut tirer du Kosa les éléments d'une petite 
monographie de Brahmâ. Tt. 1558 vm ( = K. Lav. 
ni, 2) : Le monde de la première Extase comporte 
trois Terres : Ensemble Brahmique, Acolytes Brah- 
miques, et Grand(s) Brahmâ... Les Cachemiriens 
disent que le Plan du Formel ne comporte que seize 
divisions [cm. C'est l'opinion correcte des Sarvâsti- 
vâdin, qui n'accordent que deux divisions au ciel 
de la première Extase, les Grands Brahmâ n'y étant 
pas comptés à part ; les "Occidentaux" (du Gan- 
dhâra) reconnaissent dix-sept divisions, dont trois 
pour la première Extase, en comptant les Grands 
Brahmâ à part]. Dans le ciel des Acolytes Brahmi- 
ques s'élève, disent-ils, un haut pavillon appelé ciel 
de Grandfs] Brahmâ, habité par un seul souverain, 
et qui ne constitue pas une terre séparée. — Ib. ( = K. 



Lav. in, 17) Tous les dieux de l'Ensemble Brahmique 
[c.-à-d. ici tous les dieux de la Première Extase], 
qui sont Actualisés les premiers quand commence 
une Période, ont — à la différence des Etres du Formel 
qui sont divers tant de corps que de Connotation — 
diversité de corps, mais Connotation identique (cf. 
Ekottara T. 125 XL init.). Ils forment tous, en effet, 
Connotation d'une seule et même cause qui serait 
Brahmâ : au commencement d'une Période, ils 
produisent cette Connotation : "Nous sommes créés 
par le Grand Brahmâ," et le Grand Brahmâ produit 
cette Connotation : "Ces Acolytes sont créés par 
moi." Toutefois ils diffèrent de corps, car autre est 
le Grand Brahmâ, autres sont ses Acolytes, par la 
hauteur, la largeur, l'aspect, le langage, l'éclat, les 
vêtements, etc. Le sûtra dit : Les Acolytes de Brahmâ 
se souviennent ainsi : "Autrefois nous avons vu 
cet Etre de longue vie qui dure si longtemps . . . etc. 
. . .jusqu'à : Et Brahmâ fit ce vœu : Puissent d'autres 
Etres naître dans ma compagnie ! Et au moment où 
il a formé ce Vœu nous sommes nés dans sa com- 
pagnie." — Autre question : Où se trouvaient les 
Acolytes quand ils ont vu Brahmâ antérieurement ? 
. . .Trois réponses : Ils étaient dans le ciel des dieux 
Resplendissants ; ou ils étaient dans l'existence 
intermédiaire qui a précédé leur naissance au ciel 
de Brahmâ ; ou encore, c'était dans le monde même 
de Brahmâ [la Vibhâsà Tt. 1545 11c ajoute deux 
autres réponses]. — Ib. ( = K. Lav. m, 20) cite un 
sûtra, le Saptasûryavyâkarana (Ang. Nik vu 62 = T. 
125 xxx ; aussi Dîrghâgama T. 1 xxi, T. 26 11) : Les 
Etres qui sont nés depuis peu de temps dans le ciel 
des Resplendissants s'effraient en voyant la flamme 
monter et détruire les palais du monde de Brahmâ 
[au-dessous d'eux], lors de la destruction de l'uni- 
vers par le feu ; mais les autres, qui connaissent les 
révolutions cosmiques, les rassurent en disant : 
N'ayez pas peur, amis ! Déjà auparavant cette flam- 
me, ayant consumé le palais de Brahmâ, a disparu. — 
Ib. xii ( = K. Lav. m, 183 sq.) A la destruction 
finale de chaque Période, les dieux disparaissent peu 
à peu de leurs mondes pour entrer dans un monde 
supérieur ; ainsi les dieux du monde de Brahmâ 
entrent dans la deuxième Extase et renaissent 
après leur mort dans le ciel des Resplendissants. Et 
lorsqu'il ne reste plus un seul Etre dans le monde de 
Brahmâ, la disparition des Etres est achevée ... le 
Monde-Réceptacle est alors entièrement consumé 
jusqu'au Meru. De ce Monde ainsi embrasé la flamme 
conduite par le vent va brûler les palais du monde 
de Brahmâ. . .Lors de la création d'une Période, au 
bout de vingt Périodes intermédiaires pendant les- 
quelles le Monde avait disparu, c'est dans les palais 
vides de Brahmâ que renaissent les premiers Etres, 
préalablement morts dans le ciel des Resplendis- 
sants. — Ib. ( = K. Lav. ni, 215) La deuxième Extase ' 
est la limite de la destruction par le feu ; tout ce qui 



PLANCHE IX 




BONTEN (BRAHMA). 

Peinture du VIII e siècle (date d'après S. Ômura, Zuzôsftûko, VJ ). 
Châsse de Kichijoten. consente U l'Ecole des lieaux-Arts. Tokyo. 



BON 



"S 



BON 



est au-dessous est brûlé ; le ciel de Brahmâ, qui est 
de la première Extase, périt donc par le feu. — Ib. 
xxviii ( = K. Lav. vin, 182) L'Extase Intermédiaire 
a pour fruit le Grand Brahmâ ; quiconque pratique 
au plus haut degré cette Extase renaît en qualité de 
Grand Brahmâ.— Ib. xxiv ( = K. Lav. vi, 214) Il 
n'arrive jamais qu'un Saint renaisse parmi les Grands 
Brahmâ, parce que leur ciel est un lieu d'hérésie, 
puisqu'on y considère le Grand Brahmâ comme 
créateur ; en outre, si un Saint y naissait, il y serait 
supérieur au Grand Brahmâ qui en est le chef. — 
Ib. xv ( = Lav. IV, 105) La Discipline Sans-Ecoule- 
ment existe chez les hommes et chez les dieux de 
toute classe, sauf chez les dieux de l'Extase Inter- 
médiaire [le ciel des Grands Brahmâ] et chez les 
dieux Sans-Connotation. — Ib. xxiv (=Lav. vi, 224 
sq.) La vraie nature du Moine (srâmanya) est appelée 
dans le sûtra Nature Brahmique (brâhmanya ; ch. 
baramonshô ^jJIIP'MÉ), parce qu'elle élimine (bâha- 
na) les Passions. On dit aussi Roue Brahmique (brah- 
macakra, ch. bonrin ^£$j|, q.v. inf.), parce qu'elle 
est tournée par le vrai roi Brahmâ. Le B., étant 
associé à la suprême Nature Brahmique, est Brahmâ. 
C'est pourquoi le sûtra dit : "Ce B. est aussi appelé 
Brahmâ" ; c.-à-d. que le B. est calme et apaisé. 
— Au lieu des trois divisions de la première Extase 
citées sup. d'après le Kosa (en accord avec la Vibhâsâ 
Tt. 1545 lie, le Saddharmasmrtyupasthâna T. 721 
vm, etc.), la Mvy. 3085-3088 donne une liste de 
quatre divisions : (1) Ensemble Brahmique, sk. p. 
brahmakâyika, tib. chaiis ris ; ch. bonshu 3?£îi t tc - 
bonkai J£$i (ou j)\\) % ; autres td. bonshu ^^ 
"Assemblée Brahmique", bonshin ^^ "Ensemble 
Brahmique", jôshin : 0§k "Ensemble pur" ; le terme 
d'Ensemble Brahmique s'emploie parfois pour -dé- 
signer tous les dieux de la première Extase, ainsi 
Dîrgha T. 1 xx (132 o, col. 26), Ekottara T. 125 
XL init., etc.] ; (2) [3 dans Mvy.] Acolytes Brahmi- 
ques, sk. p. brahmapurohita, tib. chaiis pa mdun na 
'don, ch. bonfu 3£$H [autres td. jôshi ^S5 "maîtres 
purs" Tt. 1505 11 ; bonzengyôten ^Mfs'ji. "dieux 
marchant devant Brahmâ", bonzenyakuten ^jiîljfc^; 
"dieux se rendant utiles devant Brahmâ" Gog. 
xvi 11] ; (3) [2 dans Mvy.] Assemblées Brahmiques, 
sk. brahmapârisadya, p. °pârisajja, tib. chaiis 'khor, 
ch. bonshu ffîlsfc, bonken 3C^, te. bonharisha $!$£ 
flj (ou |£) $?, bonhaô &2£||, etc. ; autre td. ken- 
zoku ff/^jj Tt. 1552 ; (4) Grands Brahmanes (sic, 
alias Brahmâ), sk. Mahâbrâhmana (al. Mahâbrahmâ, 
aussi p.), ch. daibon X^E etc - — Cette liste est d'ac- 
cord avec Dîrghâgama T. 1 xx, T. 24 vin, T. 23 IV 
(textes parallèles), cm. Tt. 1505 11, et Prajnâpâr T. 
224 11, etc. — Durée de vie et dimensions des dieux 
Brahmâ. — Vibhâsâ Tt. 1545 ne : Pour l'Ensemble 
Brahmique, leur vie est d'une demi-Période, leur 
Corps d'une demi-Lieue ; pour les Acolytes, une 
Période et une Lieue ; pour les Grands Brahmâ, une 



Période et demie, une Lieue et demie. Cependant, 
d'après le Dîrghâgama T. 1 xx, dans tout l'Ensemble 
Brahmique la vie ne dépasse pas une Période. — 
Orgueil de (Mahâ)Brahmâ. — Dîrghâgama T. 1 
xxn : Le Brahmâ d'une nouvelle Période, qui a 
terminé son existence dans le ciel des Resplendissants, 
renaît dans la résidence vide des Brahmâ et, par son 
Vœu, d'autres Brahmâ y renaissent aussi. Il pense 
alors : Je suis le roi Brahmâ, le grand Brahmâ 
roi des dieux ; je suis incréé, j'existe spontanément, 
je n'ai rien reçu d'un autre ; dans le Chiliocosme j'ai 
obtenu tous les Sens excellents de la Souveraineté 
suprême ; suis riche, puissant, je puis créer tous 
les Etres par mes métamorphoses ; je suis le père et 
la mère de tous les Etres. Les autres Brahmâ nés 
à la suite de son Vœu ont les mêmes pensées au sujet 
du Grand Brahmâ. Ce Brahmâ roi des dieux a tou- 
jours l'apparence d'un jeune homme ; c'est pourquoi 
il porte l'appellation de dôji jfc-f- (sk. kumâra) 
"jeune homme" (sur cette appellation, cf. inf. la 
citation de Kichizô Ttt. 1824 1 b). — Texte parallèle 
T. 24 1 : Le dieu Brahmâ s'enorgueillit en pensant : 
Je puis créer, métamorphoser, fabriquer des Du- 
peries ; je suis pareil à un père. Il n'en est pas ainsi 
du Tg. — Vibhâsâ Tt. 1545 ne Le dieu MahâBrahmâ 
dit : Je suis Brahmâ, je suis le Grand Brahmâ ; je 
possède la Souveraineté dans le monde, je puis 
créer, métamorphoser, produire, donner naissance ; 
je suis le père de cela . . . Mais en réalité le Grand 
Brahmâ n'est pas un vrai Grand Brahmâ qui aurait 
obtenu la Souveraineté intégrale ; il prend une Es- 
sence vile pour une Essence supérieure . . . Parmi les 
Essences, il n'y en a pas de supérieure au Nirvana, 
ni parmi les Etres, de supérieur au saint B. qui 
possède la Souveraineté de l'Esprit et celle des Es- 
sences. Les Auditeurs et les B.-pour-soi n'ont pas 
celle des Essences, mais ils ont celle de l'Esprit. Un 
roi Brahmâ ne possède ni l'une ni l'autre. — Cf. 
encore Madhyama T. 26 il et Samyukta T. 99 xxxxiv. 
— Souverain du monde [seshu tft£ (Tt. 1579 lvi 
612 c, 3)]. — Son titre le plus ordinaire est sk. Sahâm- 
pati (ou Sahapati), Mvy. 31 16 tib. mi mjed kyi bdag 
po "maître de Mimjed" (expression glosée par bzod 
"supporter des souffrances " = sk. sah°) ; le ch. ne 
traduit que le mot pati (shu £ "souverain") et 
transcrit saha (shaba §£3|!) ; autres te. shabahatei 3£3|§ 
$3? T. 25 ix, shakahatei ÉM^^ T. 24 ix, Jsampa 
H§fc Gog. m. L'élément *shaba (q.v.) = sk. saha est 
généralement glosé par kannin $$/§» "supporter avec 
patience", p. ex. Ttt. 1733 IV citant T. 157 : Le roi 
Brahmâ supporte les péchés des Etres, concupis- 
cence, colère, ignorance ; c'est pourquoi on l'ap- 
pelle de ce nom. M. Przyluski, J. As. 1924, 11, 1, 
propose d'interpréter Sahapati comme une déforma- 
tion prâkrite du sk. Sabhâpati "maître de l'assem- 
blée [des dieux]". — Le Brahmâ Sikhin, qui paraît à 
côté du Brahmâ Jyotihprabha dans le Lotus T. 



BON 116 

262 1 ( = Burnouf 3) et ensuite seul, avec le titre 
de Grand Brahmâ ib. m ( = Burnouf 106), a été 
considéré comme la forme même de Brahmâ sou- 
verain ; p. ex. Ttt. 1718 11 b. ou Sikhin est traduit 
par chôkei HfSf "chignon" et par ka j/c "feu", 
avec cette explication : Le roi Brahmâ est appelé 
Sikhin parce qu'il brise les Passions du Plan du 
Désir au moyen de l'Extase de l'Eclat du Feu. Un 
autre cm. Ttt. 1723 11 explique Sikhin comme "le 
sommet (chignon) de l'incendie" (parce que l'incen- 
die cosmique qui termine chaque Période s'arrête 
après avoir consumé le palais de Brahmâ). Aussi T. 
220 dlxx (Prajnâ): Le roi Brahmâ portant un chignon, 
maître du monde ; et Tt. 1509 1 : Le roi Brahmâ, 
qui maintient les trois milliers de Grands Chilio- 
cosmes, est appelé Sikhin. — Brahmâ des héréti- 
ques. — Tt. 1640 définit l'attitude de diverses écoles 
hérétiques au sujet de Brahmâ (cf. Tucci, Un traité 
d'Âryadeva sur le Nirvana des hérétiques, T'oung 
Pao 1925-26, p. 21 sq.) : Quels sont les hérétiques 
qui soutiennent que Brahmâ est la cause du Nirvana? 
— Les maîtres de l'école du Veda, qui disent : Du 
nombril de Nârâyana poussa une grande fleur de 
lotus ; de cette fleur naquit Brahmâ l'Aïeul ; ce 
Brahmâ a créé toutes choses vivantes ou inanimées. 
De la bouche de Brahmâ naquirent les brahmanes, 
de ses deux bras les Ksatriya, de ses cuisses les 
Vaisya, de ses talons les Sûdra. Toute la grande terre 
étant un Terrain de Défenses où l'on cultive les 
Mérites, il fit naître les fleurs et les herbes qui servent 
à lui rendre hommage. Il créa les bêtes sauvages des 
monts et des champs, les pourceaux et les brebis 
qui sont des animaux domestiques ; si on tue ces 
animaux en guise de sacrifice pour en faire hommage 
à Brahmâ, on obtient de renaître dans le Lieu de 
Brahmâ et c'est ce qui slppelle le Nirvana. C'est 
pourquoi les maîtres de cette école appellent Brahmâ 
l'Eternel et la cause du Nirvana ... Les maîtres de 
l'école de Mahesvara disent : Le fruit est un effet dû 
à Mahesvara ; Brahmâ est la cause ; Mahesvara est 
un seul Substantiel en trois parties, Brahmâ, Nârâ- 
yana et Mahesvara (cf. aussi la citation s.v. *Anda). 
— Mahâprajfiâpâr°sâstra Tt. 1509 vin : Après l'in- 
cendie d'une Période, tout est vide ; puis, par la force 
des Facteurs de Mérite des Etres, les vents arrivent 
des dix directions et, se rencontrant et se neutralisant, 
ils peuvent soutenir les grandes eaux ; de celles-ci 
naît un homme a mille têtes, avec deux mille bras et 
deux mille pieds, appelé Ichû :J|i$| = sk. Visnu. De 
son nombril naît un précieux lotus à mille pétales 
d'or, dont l'éclat est pareil à celui de dix mille soleils : 
dans cette fleur est un homme accroupi, lui aussi 
infiniment lumineux ; c'est Brahmâ roi des dieux. 
De son cœur naissent huit fils, qui donnent naissance 
au ciel et à la terre et aux hommes. Ce Brahmâ roi 
des dieux a éliminé sans résidu toute luxure et toute 
colère. — Ttt. 1796 11 Pour les maîtres des Veda, 



BON 

Brahmâ est comme le B. [pour les bouddhistes], les 
4 Veda comme les 12 classes de Sûtra, et les maîtres 
sont comme la Communauté. — Ttt. 1824 1 b (par 
Kichizô cfiii&, d'origine iranienne, 549-623), com- 
mentant le passage du Madhyamakasâstra Tt. 1564 1 : 
D'après certains, tous les Etres naissent de Ma- 
hesvara, d'après d'autres, de Visnu ... Kichizô dit: 
Dans la doctrine des Mahesvara, on peut retrouver 
les Trois Joyaux, à savoir : Les maîtres sont la Com- 
munauté, (Mahâ)îsvara est le B., les Etres nés de 
lui sont la Loi. . .Le Mahâprajnâpâramitâsâstra [Tt. 
1509 11] mentionne ensemble trois dieux, Mahesvara 
et Visnu comme ci-dessus, et de plus Kumâra [l'ou- 
vrage auquel se réfère Kichizô contient de Kumâra 
la description suivante : "Il tient un coq, une clo- 
chette, un étendard rouge, et il a pour monture un 
paon ; c'est donc bien le Kumâra-Kârttikeya des 
brahmanes, cf. sup. Aperçu]. Kumâra signifie "jeune 
homme" ; ce dieu n'est autre que le roi Brahmâ de 
la première Extase, appelé ainsi parce qu'il a l'aspect 
d'un jeune homme. [Cf. aussi un texte du Dîr^hâ- 
gama T. 1 v ( = Dîg. Nik. II, 200, 220) où Brahmâ 
se montre sous la forme d'un Garçon éternellement 
jeune (sk. Sanat-Kumâra) à quintuple chignon (sk. 
Pancasikha). Dans le brahmanisme Sanat-Kumâra 
est un des fils de Brahmâ.] On l'appelle aussi Nârâ- 
yana, c.-à-d. "racine des êtres" (Gog. xxv donne aussi 
Nârâyana comme un nom de Brahmâ parce que, 
d'après ses adeptes, Brahmâ donne naissance à tous 
les hommes ; id. Kjk. xxvn). Mais pourquoi le 
Madhyamakasâstra (Tt. 1564 1) et le Satakasâstra (Tt. 
1569 1) ne mentionnent-ils que deux, et non pas trois 
dieux ? Pour deux raisons : (1) Les trois dieux des 
hérétiques leur tiennent lieu des Trois Corps : 
îsvara est la racine, comme le Corps d'Essence ; 
Visnu est la correspondance, comme le Corps de 
Correspondance ; Brahmâ se produit par métamor- 
phose dans le nombril de Visnu, il est comme le 
Corps de Métamorphose. Or, le Mahâprajnâpâra- 
mitâsâstra enseigne Trois Corps ; c'est pourquoi il 
mentionne trois dieux. Le Madhyamaka et le Sataka- 
sâstra n'enseignent que deux corps, celui de Vérité 
et celui de Correspondance ; c'est pourquoi ils ne 
mentionnent que deux dieux. [Mais l'assertion de 
Kichizô à propos du Mahâprajnâpâramitâsâstra est 
erronée ; cf. *Busshin, où tous les passages tirés de 
ce sâstra ne mentionnent que deux corps.] (2) 
Brahmâ se trouve dans le nombril de Visnu ; il n'y 
a donc pas lieu de le mentionner à part. — La Trinité 
brahmanique, Trimûrti, est également identifiée aux 
Trois Corps de B. et aux Trois Joyaux dans un 
texte tantrique traduit au VIII e siècle, Tt. 1003 11. 
Ce texte décru un Cercle dit de Vajrayaksa où 
figurent : au centre le Bs. Vainqueur des Mâra ; 
devant lui, le' roi Mâra ; à sa droite Mahesvara, der- 
rière lui Brahmâ, à sa gauche Nârâyana. Puis vient 
un autre Cercle dit des trois frères du dieu Madhu- 



ON 



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kara [td. tib. 'bran rcir byed "faiseur de miel" dans 
Kandjour, Ses rab vi=T. 243, sûtra dont Tt. 1003 
est le commentaire ; Madhukara peut désigner Mâra, 
en tant que créateur de l'ivresse du printemps et de 
l'alcool], à savoir le roi Brahmâ, Nârâyana, et Mahe- 
svara ; leurs images y sont disposées en forme d'arc. 
— Brahmâ inventeur de l'écriture. — Nirvâna- 
sûtra T. 374 vin et glose Ttt. 2128 vin : Le sûtra de 
Brahmâ, ce sont les Aksara [cf. *Akusatsura, *Ben- 
zenna], mot qui signifie en chinois "se répandre sans 
se différencier" [sk. ksar, couler], ou encore "inépui- 
sable", ou encore 
"éternel" : seul le 
sanscrit est éternel ; 
les autres langues 
sont créées par des 
saints mineurs et 
sont réduites à 
néant quand la Pé- 
riode finit; seule, 
l'écriture de Brah- 
mâ subsiste à tra- 
vers les Périodes 
avec Brahmâ roi des 
dieux et son sûtra. 
— Aussi T. 374 
xxvi, glosé ib. : Le 
dieu qui a inventé 
l'écriture, c'est Brahmâ, créateur des voyelles du 
*Shittan. — Ttt. 2053 111 En Inde Genjô (Hiuan 
tsang) étudia l'écriture brahmique . . . L'origine en est 
sans commencement, on n'en connaît pas l'auteur ; 
au début de chaque Période, le roi Brahmâ l'enseigne 
d'abord aux dieux et aux hommes ; c'est pourquoi 




Fig. 57. Brahmâ dans le Plan de Diamant. 
Cercle du Ninnaji. 




Fig. 58. Brahmâ dans le Plan de Matrice 
Cercle du Ninnaji. 



on l'appelle écriture de Brahmâ. — Ttt. 2087 11 
L'écriture fut inventée à l'origine par Brahmâ, qui 
institua 47 lettres comme modèle. — Cf. aussi *Shit- 
tan, et sup. *Aô. — Dans la liste des 64 écritures 
que donne le Lalitavistara (cf. BEFEO IV, 574 sqq.), 
la première est appelée Brâhmî (ch. Bonsho ffî^Èt) et la 
dixième Brahmavallî "liane brahmique". — Brahmâ 
dans la légende du B. — Brahmâ est souvent 
associé dans les textes comme dans l'iconographie 
à Sakra (Indra) ; leurs noms sont combinés dans les 
termes Bonshaku Jfcffî ou Shakubon $f$£ ; l'un 
représente le Plan du Formel, l'autre celui du Désir. 
Ce sont eux qui accueillent le B. à sa naissance [p. ex. 




Fig. 59. Brahmâ dans le Plan de Matrice. 
Figure extraite de l' Asabashô, VI. 

Lalitavistara T. 187 m; Vin Mûlasarv T. 145 1 
xx, où Brahmâ tient un parasol et Indra un chasse- 
mouche], eux aussi qui vont à sa rencontre lorsqu'il 
redescend du ciel des Trente-trois. Hôken (Fa hien) 
Ttt. 2085 et Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 iv rap- 
portent comment le B. et les deux grands dieux 
descendaient sur trois escaliers parallèles, l'un fait 
d'or au milieu, pour le B., un autre d'argent, à droite, 
où Brahmâ se tenait, un chasse-mouche blanc à la 
main, un autre de cuivre ou de cristal, à gauche, où 
Indra se tenait avec un parasol de Joyaux. Pour les 
textes ch. sur cet épisode, souvent figuré dans l'art 
bouddhique, voir les références dans Bbrk. 22-23, 
383-386 ; cf. aussi Foucher, Etude sur l'iconographie 
] bouddhique de l'Inde, I, 157. — C'est aussi sur la 






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requête de Brahmâ que le B. se décide à prêcher la 
Loi ; c'est le fameux brahmayâcanâ T. 190 xxxm ; 
T. 1428 xxxi. Un monument marquait encore à 
l'époque de Hôken (Fa hien) et de Genjô .(Hiuan 
tsang) l'emplacement de cet épisode. Références aux 
textes ch. Bbrk. 1 1 . — Brahmâ et Sakra sont souvent 
associés, dans les textes comme dans l'iconographie, 
aux quatre Dieux-Rois (*Tennô 3i3iL) '• ils forment 
ensemble le groupe le plus populaire des dieux 
protecteurs du bouddhisme. — Iconographie. — Dans 
l'Es. Brahmâ est le premier des Vingt Dieux con- 
vertis par Mahesvara et devenus les protecteurs du 
bouddhisme. Chacun d'eux a un nom de Diamant 
et une conjointe. Brahmâ a pour nom de Diamant 
Vajramuni et sa conjointe Brâhmî a pour nom de 
Diamant Vajrasânti. Brahmâ est placé dans la section 
extérieure de chacun des deux Cercles de Diamant 
et de Matrice. — (1) Cercle de Diamant. Un texte 
tib. td. Mnkk. 248 sq. le décrit monté sur un char à 
oies, ayant le corps doré, quatre faces, tenant dans 
les deux mains droites Diamant et chapelet et dans 
les deux mains gauches bâton et flacon. D'après 
Hizk. il tient une fleur épanouie. Cependant l'ima- 
gerie courante au Japon le représente avec une seule 
tête et deux mains dont la droite tient un lotus 
(fig. 57). — (2) Cercle de Matrice. Ttt. 1796 v décrit 
ainsi le Grand Brahmâ : Il est coiffé d'un chignon, 
et assis sur un char à sept oies ; il a quatre faces et 




quatre bras ; l'une des mains droites tient un lotus 
et l'autre un chapelet, l'une des gauches porte un 
vase et l'autre fait le sceau de la lettre Orh. Hizk. 
11 donne une description un peu différente, mais qui 
concorde avec l'imagerie traditionnelle du Japon 
(fig. 58-59) : quatre faces à trois yeux chacune ; 
l'une des mains droites tient une lance, l'autre fait le 
Sceau du Don de Sécurité ; l'une des mains gauches 
tient le lotus, et l'autre le flacon. Bzze. 111 donne une 
image analogue. Pour d'autres textes relatifs à la 
figuration de Brahmâ dans les Cercles, cf. Bbkw. 
467 (Cercle du Lotus) et ib. app. m, p. 56 (Cercles 
de Diamant et de Matrice). — Brahmâ appartient 
aussi à la série es. des Douze Dieux (*Jûniten |-~ 
%), souvent peinte au Japon depuis l'époque de 
Heian (cf. Bbkw. app. il, p. 105). — On trouve au 




Fig. 60. Brahmâ tenant un chasse-mouche. 
D'après une peinture datée de 755. 
Collection du Marquis Inoue, Tôkyô. 



Fig. 61. Bontenkô (Brahmî) dans le Plan de Matrice. 
Cercle du Ninnaji. 

Japon, notamment dans les temples de Nara (cf. ib. 
app. Il, p. 91), de nombreuses images de Brahmâ 
sculptées ou peintes antérieurement à l'époque de 
Heian, durant laquelle furent introduits les Cercles 
et l'iconographie de la secte Shingon ; dans ces 
images non es., il n'a qu'une tête et deux bras, et il 
est presque toujours accompagné de Sakra et des 
quatre Dieux-Rois. Cf. pi. IX-X, et fig. 60. — Bon- 
tenkô ffîjljn, conjointe de Brahmâ: Ttt. 1796 11 
C'est une déesse adorée dans le monde ; mais dans le 
bouddhisme Brahmâ, étant sans Désir, n'a pas d'é- 
pouse. Elle figure toutefois dans la section extérieure 
du Cercle de Matrice, à l'ouest (Brahmâ étant à l'est) ; 
cf. fig. 61. — Formules. — Tt. 1298 (Rituel des Douze 
Dieux) met Brahmâ au premier rang et le décrit, la 
main droite fermée sur la hanche droite, et la main 
gauche dressée au-dessus de l'épaule gauche avec les 
cinq doigts étendus ; il donne comme la Formule de 
ce dieu Namah samantabuddhânâm brahmana svâhâ. 
T. 1300 I ( = Sârdûlakarnâvadâna, Diyâv. p. 63 
inf., mais le texte sk. est altéré) donne une formule 
"sâvitrienne" (parodie de la Sâvitrî ou Gâyatrî, la 



PLANCHE X 




BONTEN (BRAHMA). 

Terre sur bois. Epoque de Nara (VIII e siècle). 
Réfectoire du Horyuji ffiH^â^. 



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formule sacrée du brahmanisme) : S'il y a Formel, il 
y a nécessairement Désir ; s'il y a Désir, on est sûr 
d'atteindre le ciel de Brahmâ. Le sk. ajoute : Voilà, 
ô brahmane, la Formule sâvitrienne qui a été énoncée 
par Brahmâ Sahâmpati, et elle a été approuvée par 
les B. complètement Eveillés d'autrefois. — Termes 
composés. — Bomma ffîfâfr : Brahmâ et Mâra, ou les 
Brahmâ et les Mâra ensemble, combinaison très 
fréquente dans les textes, p. ex. T. 262 I ( = Lotus p. 
13 inf.) ; elle représente tous les dieux du Formel avec 
tous les dieux du Désir (sk. p. Sabrahmaka Samâ- 
raka). Autre te. Bommara ffîfÊjlitfâk T. 1060. — Bom- 
mani ^£HUiî = sk. brahmamani, td. jôshu £!?#£ "Gem- 
me pure", nom de gemme ; l'épithète brahmâ dénote 
la pureté Ttt. 213 1 m. — Bondan ^£i8 ou ^£fQ. = s k. 
p. brahmadanda : Nom d'une peine disciplinaire 
appliquée aux Moines ; td. littérale bonjô ^^ "bâton 
de Brahmâ", glosé mokuhin $$fâ "tenir à l'écart 
dans le silence". Dîrghâgama T. 1 iv : Chanda était 
violent et égoïste. Le B. dit à Ânanda : Si après ma 
disparition il ne se conforme pas au rituel du Nir- 
vana, infligez-lui la peine du brahmadanda : que les 
Moines ne lui adressent pas la parole, ne fassent pas 
compagnie avec lui, ne lui enseignent point. T. 1421 
xxx même épisode. Tt. 1509 11 explique brahma- 
danda comme le châtiment selon la loi du dieu 
Brahmâ. Etymologie fantaisiste du terme ch. Ttt. 
1805 glosant Ttt. 1804 1 b. — Dans l'ordre brahmani- 
que, le terme s'applique à la malédiction prononcée 
par un brahmane. — Bondo ^£:fc, "terre brahmique" : 
l'Inde. — Bondâ ^£jH "Voie brahmique" ; Tt. 1509 
vm : On dit de celui qui cultive la pureté de l'Extase 
et tranche la concupiscence, qu'il marche dans la 
Voie brahmique. — Bondâ ^jj£ "salle brahmique" ; 
autre nom des bonjû ^frfË "Stations brahmiques" 
(sk. brahmavihâra) ; cf. *Muryôshin. — Bonen ;££$£ : 
Brahmâ et Nârâyana associés. — Bonfu ^£|it ; sk. Brah- 
mapurohita, "Acolyte Brahmique" ; cf. sup. Brahmâ 
dans la cosmologie bouddhique. — Bonfuku ;££flîg, 
sk. bramapunya, Félicité Brahmique : quatre actes 
méritoires qui font renaître au ciel de Brahmâ. Tt. 
1558 xviii ( = K. Lav. iv, 250) : Le sûtra (Ekottara 
T. 125 xxi, cf. aussi Vibhâsâ Tt. 1545 lxxxii) dit 
que quatre personnes produisent la Félicité Brah- 
mique : (1) celui qui élève un stûpa là où il n'y 
en avait pas pour y vénérer une relique du Tg. ; 
(2) celui qui construit un monastère, donne un 
jardin, ou offre à la Communauté des quatre points 
cardinaux les quatre choses (sk. vastu), vêtement, 
nourriture, couche, médicaments ; (3) celui qui réta- 
blit l'union de la Communauté divisée ; (4) celui qui 
pratique les quatre Incommensurables ( = Stations 
brahmiques). [Mais T. 125 xxi compte comme le 
quatrième celui qui invite un B. à prêcher la Loi.] 
La mesure de la Félicité Brahmique, c'est de procurer 
la naissance au ciel pour une Période, durée de la 
vie des Acolytes Brahmiques. [C'est l'opinion des 



anciens maîtres Sautrântika ou Mahâsânghika, mais 
la Vibhâsâ Tt. 1545 lxxxii dit que la mesure est la 
même que celle du Mérite qui produit les Caractères 
de Bs. — Pour l'opinion de Sanghabhadra Tt. 1562 
xxm, cf. K. Lav. IV, 261, n. I.] — Dans la secte Ten- 
dai, le bonfuku "Félicité Brahmique" s'oppose au 
shôfuku ggfg "Félicité des Saints" [des trois V.] 
Ttt. 1718 x. — Bongo ;££!|J "langue brahmique", le 
sanscrit, ainsi nommé soit parce que l'origine en 
remonte à Brahmâ, soit parce qu'il est la langue de 
l'Inde, appelée en Chine "terre brahmique" Bondo 
^E±. D'après Genjô (Hiuan tsang) Ttt. 2087 11, 
Brahmâ et Indra l'enseignèrent les premiers ; Pânini 
résuma leurs enseignements sous l'inspiration de 
Mahesvara. Gijô (Yi tsing) Ttt. 2125 IV limite ce 
prétendu historique de la langue à Pânini et Mahes- 
vara. Tt. 1558 xi ( = K. Lav. m, 165) : Tous les 
dieux parlent la langue sainte, le sanscrit [Genjô 
(Hiuan tsang) ajoute : qui est le parler de l'Inde 
Centrale]. Ttt. 1916 rapporte que, d'après la secte 
Vijnaptimâtra, le sanscrit, langue des dieux, n'est 
parlé que jusque chez les dieux de la première Ex- 
tase ; à partir de la deuxième Extase, il n'y a plus de 
Raisonnement, donc plus de langage. — En Chine le 
sanscrit fut d'abord appelé Kogo j!jj]!§ "langue des 
Hou" (Barbares Occidentaux) ; c'est seulement vers 
la fin des Six Dynasties qu'on commença à distinguer 
le Bongo ^£§f£, sanscrit proprement dit, des autres 
parlers des Pays Occidentaux. La distinction du Kogo 
et du Bongo suscita dès l'époque de Gensô ^% 
(557-610) des controverses qui se prolongeaient 
encore sous les Sô (Song) 5i5 au XI e siècle. Cf. Ttt. 
2061 m (td. Lévi BEFEO iv, 561) : Dans les Cinq 
Indes, c'est le Bongo pur ; au Nord de l'Himalaya, 
c'est le Kogo ; écriture et langue diffèrent . . . Dans 
l'Inde les mots et les lettres sont ceux qu'a inventés 
le dieu Brahmâ ; ils sont originellement au nombre 
de 47 ; mais ils vont se multipliant : C'est ce qu'on 
appelle seizô pfj|iÊ "corbeille bleue" (sk. nîlapitaka) 
. . . Depuis les Kan (Han) ^| jusqu'aux Zui (Souei) 
flÊI (25-618), les traducteurs désignaient l'Inde sous 
l'appellation Ko JjEj...on appelait tout indistincte- 
ment du nom de Ko. A partir de la dynastie Zui 
(Souei), on donna à tout communément le nom de 
Bon ;££. C'est le cas de dire : Qui passe le but ne 
l'atteint pas. — Cf. *Butsugo, sur les langues que le 
B. emploie pour prêcher. — Bongyô Jfcff "Conduite 
brahmique", sk. brahmacaryâ, p. °cariyâ ; Mvy. 1279 
tib. chahs kyi spyod. Le mot est emprunté à l'ordre 
brahmanique où il désigne la pratique rigoureuse 
de la règle et spécialement la continence imposée 
pendant la période des études. — Mahâpr°pâr°sâstra 
Tt. 1509 xx : Les dieux qui ont tranché le désir sexuel 
sont des Brahmâ, terme qui s'applique à tous les 
dieux du Plan du Formel ; c'est pourquoi la méthode 
pour trancher le désir sexuel est dite Conduite 
brahmique. — Mais la Conduite brahmique désigne 



BON ] 

aussi l'ensemble de toutes les bonnes actions. Tt. 
1509 vin explique que, s'il en est ainsi, c'est pour 
bien marquer quelle importance capitale a l'élimina- 
tion de la luxure. — T. 310 cxiv Dans la Loi boud- 
dhique, c'est la pureté de l'Esprit qui fait la Conduite 
brahmique. — T. 1775 II Quoiqu'ayant femme et 
enfants, Vimalakîrti observe toujours la Conduite 
brahmique. — T. 1670 ( = Milindapanha 76) Le roi 
demande : Le B. se conforma-t-il à la Conduite 
brahmique? N'eut-il pas de rapports avec les fem- 
mes ? — Certes, répond Nâgasena. — Alors, reprend 
le roi, le B. fut un adepte de Brahmâ ! — Certains 
commentateurs chinois interprètent Bon par Nirvana 
et expliquent que la Conduite brahmique est celle 
qui conduit au Nirvana Ttt. 1721 m, 1796 xvn. — 
La Conduite brahmique est la seconde des cinq 
Pratiques des Bs. qui mènent au Nirvana T. 375 xi 
et xiv sq. ; cf. *Gyô. — Tt. 1604 vi ( = Mah° sûtrâP 
td. Lévi 147) Quatre vertus de la Conduite brahmi- 
que : (1) elle est unique, parce qu'elle n'a rien de 
commun avec les autres ; (2) elle est pleine, parce que 
contrairement à la Conduite des hérétiques elle 
parachève l'abandon des Passions des trois Plans ; 
(3) elle est pure, parce qu'elle est nettoyée naturelle- 
ment, en tant qu'elle est sans-Ecoulement ; (4) elle 
est nette, parce qu'elle est nettoyée des taches, car 
la Série personnelle est nettoyée chez ceux dont 
l'Ecoulement est épuisé. — Bonjô ^Kl "Véhicule 
brahmique" : on appelle ainsi le V. des Bs. parce 
qu'il est pur. — Bonjû ^frfî "Station brahmique", 
sk. brahmavihâra ; cf. *Muryôshin. — Bonkai J&\-, 
monde de Brahmâ ; cf. inf. Bonsekai. — Bonkai ^ 
jjg^ = sk. brahmakâyika, Ensemble-brahmique ; cf. 
sup. Brahmâ dans la cosmologie bouddhique. — 
Bonkaku ^E|HJ "pavillon brahmique", terme dési- 
gnant les temples bouddhiques. — Bonkô ^£fp "son 
brahmique" : son de la voix du B., p. ex. Ttt. 
2125 I ; cf. *Bonnon. — Bonnô ^£Jl "empereur [de 
la Loi de la terre] brahmique", désignation ch. du 
B., p. ex. dans la préface de Ttt. 1912. — Bonkoku 
3l£|ji| "pays brahmique" : l'Inde, p. ex. Ttt. 2125 III. 
— Bonkyâ ^fg, ou bonkyô ^1$, bonkô j&fc, °on- 
saku ^^, termes désignant ce qu'on appelle au- 
jourd'hui en Occident pothî (hindoustani pothî, du 
sk. pustaka, dérivé lui-même du persan pust "cuir, 
parchemin"), c.-à-d. les manuscrits de l'Inde et 
des pays de culture indienne, serrés (ko $$, kyô f$) 
entre des planches ou dans une boîte (kyô ^,saku^) 
de bois, auxquelles ils sont fixés par des attaches ; 
par extension, les livres chinois reliés de la même 
façon (notamment les collections d'estampages épigra- 
phiques). — Bonkyô est aussi le nom d'un Sceau : 
pour le former, on dispose les mains en forme de 
bonkyô Zish. I. — Bonnyo Jfcic "femme brahmique" : 
femme observant la Conduite brahmique, ou femme 
d'un Brahmisant, ou encore femme d'un brahmane 
(p. ex. T. 567). — Bonrin %$fc, sk. brahmacakra : 



o BON 

Roue brahmique, synonyme de *hôrin j£^, sk. 
dharmacakra, la Roue de la Loi, que fait tourner le 
B. — T. 26 xxxiv ( = Majjhima 1 431, 368) Le Tg. 
fait tourner la Roue brahmique. Mah°p°pâr°sâstra 
Tt. 1509 xxv La Roue brahmique porte ce nom parce 
qu'elle est pure... ou encore parce que Brahmâ 
signifie vaste (sk. brhant) : or la Roue de la Loi que 
fait tourner le B. s'étend au monde entier ; ou encore 
parce que le B. enseigne les quatre Stations brah- 
miques ; ou encore parce qu'à l'origine c'est Brahmâ 
Roi des Dieux qui invita le B. à faire tourner la Roue 
de la Loi ; ou encore, pour plaire à ceux qui vénèrent 
le dieu Brahmâ. — Le B. dit tantôt Roue de la Loi, 
tantôt Roue brahmique. Quelle différence y a-t-il 
entre ces termes ? — Ils sont synonymes. Toutefois, 
d'après certains, Roue brahmique se rapporte aux 
Quatre Incommensurables ( = Stations brahmiques) 
et Roue de la Loi aux Quatre Vérités ; ou encore, on 
dit Roue brahmique parce que la Voie est atteinte 
au moyen des Quatre Incommensurables et Roue 
de la Loi en tant qu'elle est atteinte au moyen d'autres 
Essences ; ou encore, Roue brahmique s'emploie 
par rapport aux Quatre Extases et Roue de la Loi 
par rapport aux trente-sept Ailes de l'Eveil ; ou 
encore, Roue brahmique s'applique à la Voie de 
l'Extase et de la Concentration, et Roue de la Loi 
à celle de la Sapience. — T. 183 Un ermite qui est 
le futur Maitreya, s'étant suicidé, renaît dans le 
monde de Brahmâ où il prêche la loi de Brahmâ ; 
il y obtient l'Eveil et y fait tourner la Roue brah- 
mique. Il institue un Pénitentiel qui interdit sévère- 
ment la viande comme aliment ; cf. BEFEO XXIV, 
166. — Cf. aussi sup. le passage du Kosa sur le 
srâmanya-brâhmanya. — Bonsekai ^tjtti"^?-» ou bonse 
^Etfr» bonkai ^t%, bontenkai ^X|?-, sk. Brahma- 
loka, "monde de Brahmâ" ; on le désigne souvent 
en chinois comme le septième Ciel (Daishichibonten 
Wt-\l*$E>3V) parce qu'il vient au-dessus des six mondes 
ou cieux du Plan du Désir. T. 1670 ( = Milinda- 
panha 81) Une pierre qui tomberait du monde de 
Brahmâ ne toucherait la terre qu'au bout de six 
jours (pâli : de quatre mois). Ttt. 2122 v Une pierre 
de 1000 pieds jetée du ciel de Brahmâ le 15 de la 9 e 
lune arrive au Jambudvîpa le même jour de l'année 
suivante. Tt. 201 v ( = Sûtrâlarhkâra td. Huber 130) 
Les Voyants de l'antiquité croyaient qu'en renonçant 
à leur vie ils renaîtraient dans le monde de Brahmâ 
. . .Mais ce n'est pas en se suicidant qu'ils renais- 
saient dans le ciel de Brahmâ : c'est en pratiquant 
l'Extase et en se délivrant des Liens. Leurs confrères 
crurent qu'ils y renaîtraient en se jetant dans les 
abîmes ou dans le feu ; c'est ainsi que naquirent les 
Vues Perverses. — Bonsen ^£f§ : le cordon brahmani- 
que (porté par les hautes castes à partir de l'initiation 
et tressé de plantes différentes selon la caste). T. 
145 1 1 interdit aux moines de le porter; c'est un 
péché de transgression. — Bonsetsu ^^lj = sk. brah- 



BONNÔ J 

maksetra "Terrain brahmique", terme qui désigne 
l'Inde, où plus fréquemment les couvents boud- 
dhiques. — Bonshaku ^£J^, Brahmâ et Sakra [Indra], 
souvent associés; cf. -sup. — Bonshakushitennô 3>fcff!['!<] 
Jiï, Brahmâ et Sakra associés aux quatre Dieux- 
Rois ; cf. sup. — Bonshabashu $&£~^'ï., sk. Brahmâ 
Sahâmpati ; cf. sup. Souverain du monde. — Bonshi 
^ij£, litt. "qui a la volonté brahmique", sk. p. 
brahmacârin ; Brahmisant. L'équivalent sk., qui 
signifie littéralement pratiquant la Conduite brah- 
mique (cf. sup. Bongyô), s'applique en particulier 
à l'étudiant en cours d'instruction et tenu spéciale- 
ment à la continence. Le bouddhisme a changé 
la valeur du mot. Tt. 1509 lxxvi Les Brahmisants, 
ce sont tous les hérétiques sortis de la famille, 
ou encore ceux qui suivent leur Loi. T. 125 ix 
L'Arhat qui a épuisé les Ecoulements, c'est lui 
qu'on appelle Brahmisant. — Le mot bonshi est 
souvent l'équivalent de brahmane, p. ex. T. 26 
xxxvn, xxxix, et Tt. 1545 xxxiv. Les commentateurs 
chinois interprètent la traduction bonshi "qui a la 
volonté brahmique" comme signifiant "qui a la 
volonté du Nirvana" Ysk. xix. — Bonshin ^^, sk. 
brahmakâya "corps de Brahmâ" ; cf. *Busshin init. 
Bonshin s'emploie aussi pour désigner le Corps 
d'Essence du B. Ttt. 1813 1. — Cf. aussi sup. Bonkai 
= sk. brahmakâyika. — Bonshitsu ^£H[ "chambre brah- 
mique", désignation de la cellule du moine. — Bon- 
shâ ^£|i "cloche brahmique" : on désigne ainsi les 
grandes cloches des monastères ; cf. *Shô "cloche". 
— Bonshu ^£^, sk. Brahmapârisadya (ou aussi 
Brahmakâyika) ; cf. sup. Brahmâ dans la cosmologie 
bouddhique. — Désigne aussi la Communauté boud- 
dhique. — Bonsô ffîfè "moine brahmique" : moine 
des Pays Occidentaux, ou moine pratiquant les Dé- 
fenses. — Bonten ffiX "le Dieu Brahmâ", et Bontennô 
&XÏ "Brahmâ Roi des Dieux" ; cf. sup. — Bonten 
fâ!& "les livres saints de l'Inde". — Bontenkô %% 
Jp, la conjointe du Dieu Brahmâ ; cf. sup. Icono- 
graphie. — Cf. aussi *Baramon, *Bombai, *Busshin, 
etc. — Sur Brahmâ dans les Nikâya et les Âgama, le 
Prof. Ui a publié dans Itkk. in, 63-195, un important 
travail qui n'a malheureusement pu être utilisé pour 
la préparation du présent article. Il y montre notam- 
ment comment le bouddhisme dépersonnalise Brah- 
mâ au point de confondre sous ce nom toutes sortes 
de personnages différents. Cf. p. ex. le sûtra du 
Sarhyuktâgama T. 99 iv (27 b-c) [=T. 100 xin 
(466 c) = Sam. Nik. 1 ,14] où un certain Brahmâ 
entre en religion, devient Arhat et, au cours de sa 
tournée de Mendicité, enjoint à sa propre mère de 
ne pas adorer le dieu Brahmâ ; sur ces entrefaites 
survient Brahmâ Sahapati qui recommande à la 
mère de faire offrande au Moine-mendiant, son fils, 
et non au dieu. 

BONNÔ j£tg (litt. "tourment, affliction"), sk. 



1 BONNÔ 

klesa, p. kilesa ; tib. non moiis pa. — Passion. — 
Aperçu général. — Le point de départ du boud- 
dhisme est la Douleur. Les langues romanes, slaves, 
germaniques comme le sanscrit nous permettent de 
suivre un développment sémantique qui conduit 
d'une racine signifiant "douleur" à un dérivé 
signifiant "passion": français pâtir-* passion; russe 
stradat "souffrir"-*-strast "passion" ; allemand leiden 
-*■ Leidenschaft ; sk. klis- [faire] "souffrir"-*- klesa. 
Le même développement se laisse poursuivre dans 
la liaison de la première et de la deuxième Vérité, 
ainsi que dans l'enchaînement des douze Dpnnées- 
causales. La première Vérité constate le caractère 
Douloureux des Essences et des Opérés ; la deuxième 
Vérité, celle de la Formation, en indique la cause : 
les Passions. L'ordre réel des douze Données-causales 
(opposé à l'ordre logique des quatre Vérités) se 
poursuit en sens inverse ; il commence par la Passion 
fondamentale, l'Inscience, qui équivaut à l'ensem- 
ble des Passions, et finit par rémunération de la 
vieillesse, de la mort, et de diverses manifestations 
de la Douleur : affaiblissement, fièvre, souffrance, 
plaintes, tristesse, tribulations. Le caractère idéaliste 
du bouddhisme est attesté par les équations sui- 
vantes : Inscience = Désir = Racine des Essences T. 
59 (855 c) ; Inscience = Passion (Harivarman ; cf. 
K. Lav. ni, 91); Esprit = Inscience T. 418 1 (906 a), 
Esprit-en-travail = Cause des Passions T. 26 xxxm 
(635 b). L'Acte est causé par les Passions, qui agrègent 
les cinq Masses en une entité individuelle illusoire 
Tt. 1545 xlvi (238 b) ; l'Acte est causé par l'Esprit 
T. 721 xx (114 b), T. 276 (235 b) ; donc les Passions 
et l'Esprit sont identiques en tant que Causes des 
Actes, d'où résultent le Monde-Réceptacle et le Monde 
des Etres. La Passion n'est donc pas seulement 
une catégorie psychologique, mais aussi une caté- 
gorie ontologique cardinale, de même que le principe 
apparenté de l'Esprit. Déjà dans le Sarhyuktâgama 
T. 99 x (69 c), le Buddha déclare que les Passions 
des Etres et les variétés du monde matériel dépendent 
de l'Esprit, comme les couleurs et les dessins d'un 
tableau sont créés par le peintre. L'école Mahâsan- 
ghika (Anguttaranikâya I, p. 10; Traité de Vasumitra 
Tt. 2031) admettait l'existence d'un Esprit dont la 
substance est originellement pure, mais qui est 
accidentellement souillé par des Passions-de-passage. 
Plus tard le Tathâgatagarbhasûtra, le Srîmâlâsûtra, le 
Lankâvatâra, le Mahâyânasraddhotpâda divisent cet 
Esprit, la Matrice de Tg., la Notation de Tréfonds, en 
deux sections (ou états), l'une Immaculée, l'Ainsité, 
l'Essencité, l'autre Passionnée, Magasin des Germes 
des trois Plans à-Ecoulement. Les efforts du G.V. 
pour expliquer l'interaction et l'Imprégnation réci- 
proque de ces deux principes métaphysiques opposés 
ont donné lieu à une dialectique du Milieu, conciliant 
thèse (Passion) et antithèse (absence de Passion) dans 
une synthèse progressive. L'application de cette 



BONNÔ J 

méthode dans le domaine de la Discipline et de la 
morale a élargi le cadre étroit des Défenses négatives 
et des pratiques ascétiques du P.V. Une casuistique 
ingénieuse et intentionaliste permet aux Bs. (même 
aux Bs. Moines) du G. Vt tous les péchés et 
toutes les Passions, en première ligne les péchés 
de concupiscence, pourvu que ces péchés jouent 
le rôle de Moyens nécessités par la grande Com- 
passion et le Travail salvifique. La fin (le Nirvana, 
l'Eveil, l'état de Buddha) justifie les Moyens (les 
Passions comme combustibles du processus vital), 
mais cette fin disparaît dans un avenir lointain, de 
plus en plus reculé (comme dans le cas des Bs. Ic- 
chantika du Lanka, qui refusent d'entrer dans le 
Nirvana aussi longtemps qu'il y aura des Etres à 
sauver ; cf. *Issendai). Ce Nirvana sans-Reste et 
cet Eveil du P.V. sont tellement éloignés dans un 
avenir infini que les Bs. considèrent leurs Passions 
et les actes altruistes qui en résultent comme des 
sortes de buts provisoires, accommodés à la Trans- 
migration ; d'où les notions du Nirvana sans-Rési- 
dence (cf. *Nehan) et de l'Eveil actif et éternel. Leur 
tâche qui est de sauver les Etres pendant des vies 
innombrables n'est jamais accomplie ; les Etres de- 
viennent les Mobiles de leur activité mondaine. Ces 
énormes perspectives du G.V. expliquent la contra- 
diction apparente de la Prajhâpâramitâ, qui enjoint 
aux Bs. d'aimer les Passions aussi profondément 
qu'ils doivent adorer le B., et le paradoxe du fonda- 
teur de la secte Tendai : "La Passion, c'est l'Eveil." 
—Terminologie.— Te Jkireisha §|ftfè Ttt. 2135 
(1228). — Dans les plus anciennes td. on trouve au 
lieu de bonnô les termes aiyoku 5£@{ "Amour- 
Désir, Attraction", p. ex. T. 350 (td. 11 e siècle ; 
cf. Staël-Holstein, Kâsyapaparivarta p. 80, 88, ni, 
165), ketsu fâî "Entrave", shi $• "messager", kesshi 
&o$! "Entrave-messager", eo %g%ff "Tache", ku tjQ 
"Souillure", rô $$■ "peine" T. 474 I (524 b), jinrô 
JH^ "poussière-peine" T. 475 il (549), etc. La td. 
bonnô 0>|$ apparaît vers la fin du IV e siècle, comme 
il ressort des textes cités dans la suite du présent 
article. Dans Tt. 1548, td. en 415 A.D. (comparé 
avec le Vibhanga p. dans Adkk..), les termes bonnô 
ggfô bonnôshi ^fgjfê et bonnôketsu #|f$fg corres- 
pondent au sk. samyojana "Entrave". Les stances du 
Samyuktâgâma T. 99 xvn (119), td. au V e siècle, 
désignent comme bonnô les Passions appelées cha- 
kushi ^f$>, shi {sg et ketsu fâ dans la partie corres- 
pondante en prose. Dans Ttt. 2122 (compilé en 668 
A.D.), les trois termes bonnô £gt$> shibonnô ^0t^» 
et shi -g; sont employés comme synonymes. — Le 
mot bon fâ, litt. "vexation, tourment", entre dans 
le nom du ciel Mubonten MtMX, sk. Avrha, p. 
Aviha, douzième monde du Plan du Formel, qui 
porte ce nom parce que les Dieux y sont délivrés de 
toute vexation ; dans un passage de T. 99 xxn (159) 
sur le ciel Avrha, bonnô se trouve comme équivalent 



2 BONNÔ 

de bon. Quant a nô f^, l'autre élément du composé 
bonnô, il apparaît comme terme isolé dans le Ratna- 
kûtasûtra T. 310 xxxv (196) et le Sâriputrâbhidharma 
Tt. 1548 xx (655), où l'on en énumère dix espèces 
qui correspondent aux dix âghâtavatthu "occasions 
de malfaisance" du Vibhanga : (1-3) garder rancune 
à celui qui me fait du tort dans le passé, le présent 
et l'avenir ; (4-6) à celui qui maltraite les personnes 
et les choses que j'aime ; (7-9) à celui qui traite bien 
les personnes et les choses que je déteste ; (10) à celui 
qui me fait tort à cause de mes Fautes. D'autre 
part, nô f§j est la td. courante du sk. upâyâsa "Tri- 
bulation" dans la série des douze Données-causales, 
et du sk. pradâsa "Mordant" dans la liste des cent 
Essences (et dans la Trirhsikâ, etc.). Dans Tt. 1605 
IV (678 a), nô f§J est un nom donné aux trois 
Poisons et compté comme Passion dans la liste des 
variétés des Passions. — Dans l'éc. nouv. la plupart 
des termes qui avaient servi anciennement à rendre 
le sk. klesa ont été affectés à la td. d'autres mots 
sk. : ai 2c, sk. trsnâ "Soif" ; yoku $J, sk. kâma 
"Désir"; ketsu fâ, sk. samyojana "Entrave"; shi $>, 
sk. anusaya "Résidu" ; ku ijj, sk. mala "Souillure". 
La nouv. éc. rend sporadiquement klesa par waku 
3$i "Trouble", qui représente souvent le sk. kariksâ. 
— Nô et bonnô rendent souvent le sk. p. angana 
"Tache", et parfois (Mvy. 6499) bonnô corres- 
pond au sk. p. upadhi "Base". — Petit Véhicule. 
— Âgama. — La doctrine des Passions remonte aux 
plus anciens discours de Sâkyamuni sur les Quatre 
Vérités et les Douze Données-causales. L'origine 
de la Douleur, telle que la définit la deuxième 
Vérité (Vérité de la Formation), est appelée "Soif" 
ou "Passion", et trois des douze Données-cau- 
sales, l'Inscience, la Soif et l'Appropriation, sont 
comptées parmi les Passions ; l'Inscience figure 
même comme la Passion fondamentale. — Le Sam- 
yuktâgâma T. 99 xvm (127) [et cf. ib. vin (50, 51)] 
comprend sous le terme Issaibonnô —~W$M.$U "toutes 
les Passions" les groupes suivants : les 4 Courants 
ru $l> ou Jougs yaku fji (Désir, Devenir, Vue, 
Inscience), les 4 Appropriations shu IJî (Désir, Vue, 
Mauvaises Défenses, croyance au Soi), les 4 Liens 
baku $fi (Attraction, Haine, Adhésion excessive aux 
règles disciplinaires, Vue du Soi), les 9 Entraves 
ketsu $g (Amour, Haine, Orgueil, Inscience, Vue, 
Adhésion excessive, Doute, Jalousie, Avarice), les 
7 Résidus shi $i (Attraction, Haine, Soif de l'Exis- 
tence, Orgueil, Inscience, Vue, Doute), les 5 Revête- 
ments gai iH ou Aliments yô ^ (Cupidité, Malveil- 
lance, Torpeur, Exaltation, Doute), les 3 Soifs (Soif 
du Plan du Désir, Soif de l'Existence, Soif de 
l'Inexistence), les 3 Taches e f§j (Attraction, Haine, 
Erreur). — Ib. xxvi (189-192) définit les cinq Bonnô, 
appelés successivement taihô j1|£è "Essences de 
Régression", shô (^ "Obstructions", gai H "Revête- 
ments", et shinju >&$$ "Arbres [touffus qui étouf- 



BONNÔ 



123 



BONNÔ 



fent] l'Esprit". Ib. xxiv (171) les désigne en outre 
comme les cinq mauvais Groupes, fuzenju HSfj|^ 
(sk. akusalarâsî). Ces cinq Passions portent les noms 
suivants (équivalents p. d'après Sarh. Nik. xlvii, 
5) : (1) Cupidité toiiyoku &'{& (p. kâmacchanda) ; 
(2) Malveillance shinni BH^ (p. byâpâda) ; (3) Tor- 
peur suimin g|@K (P- thînamiddha) ou Hébétement 
konjin f-Hifc (p. thîna) ; (4) Exaltation et Remords 
jôke ^fô (p. uddhaccakukkucca) ou Exaltation jôko 
fê% [var. T. 1 vin (51) jôge $ (ou M) B] ; (5) 
Doute gi fêfe (p. vicikicchâ). Trois de ces Passions, 
la Cupidité, la Haine ( = Malveillance) et le Doute 
(souvent remplacé par l'Inscience ou l'Erreur), 
constituent les trois Racines du Mal fuzengon ^Sf| 
$| (sk. akusalamûla), aussi désignées comme les 
trois Entraves, les trois Poisons, etc. — Le Samyukta- 
gâma T. 99 xxvi (192) traite encore des Aliments jiki 
£ (sk. âhâra) et des Non- Aliments fujiki Jfcj^ de 
ces cinq Passions ou Revêtements. L'Aliment du 
premier Revêtement, la Cupidité, est le Toucher ; 
celui de la Malveillance, l'Obstruction ; celui de la 
Torpeur est constitué par les cinq états suivants : 
(a) somnolence, (b) absence d'animation, (c) bâiller 
et s'étirer, (d) boisson et nourriture excessives, (e) 
fatigue ; le quatrième, l'Exaltation, a pour Aliments 
(a) l'affection (sk. vitarka, cf. K. Lav. v, 89, 99) pour 
le village natal et la famille, (b) pour la patrie, (c) 
le désir de l'immortalité, (d) le regret des plaisirs 
mondains éprouvés dans le passé ; le cinquième, le 
Doute, a pour Aliments l'Incertitude quant au passé, 
au présent et au futur. — Un autre passage (ib. p. 
189-190) définit les Revêtements comme les causes 
des Passions : les Revêtements affligent [bonnô et 
nô employés comme verbes — de même que shi >$» 
T. 99 xvil (119)], recouvrent, assoupissent, suffo- 
quent l'Esprit et augmentent les Passions. — Ib. p. 
191 divise chacun des Revêtements en deux : Cupidité 
externe et interne ; Malveillance et signes externes 
(i.e. expressions) de la Haine ; Hébétement (p. thîna) 
et Torpeur (p. middha) ; Exaltation (p. uddhacca) 
et Remords (p. kukkucca) ; Doute quant au Bien et 
au Mal : soit au total dix Revêtements. — T. 99 ix 
L'Essence qui Entrave keppô $Sf£, ou qui Approprie 
shuhô I[££fc, est définie comme la Cupidité yokuton 
'$ifi ; les Essences Entravées par les Entraves, ou 
Appropriées par les Appropriations, sont les Do- 
maines des cinq Organes et du Mental. — h'Ekotta- 
râgama T. 125 xvn (632) [ = Majjh. Nik. v] définit 
les Entraves ketsu $§ comme les mauvaises Essences 
qui produisent les Vues Perverses. — ib. p. 633 
kesshi lolJÈ est défini tantôt comme les mauvaises 
pratiques des Moines-mendiants qui ne sont pas 
des disciples du B., tantôt par l'origine (Cupidité, 
Mal, ou Cupidité, Haine, Erreur) de ces prati- 
ques. — Ib. p. 630 II y a trois Entraves-messagers 
kesshi ^SU qui lient les Etres et les empêchent de 
passer de la rive de la Transmigration (Vue de l'En- 



semble-de-Réalités) à la rive du Nirvana (extinction 
de cette Vue) : (1) Vue d'un Ensemble- [de-réalités] 
shinken $f%, (var. shinja U'jfft), c.-à-d. croire à 
l'existence d'un Soi dans le corps, produire la Con- 
notation d'un Moi goga ^ifc, d'un Etre, croire à 
l'existence d'un principe vital (sk. jîva), d'une per- 
sonne (sk. purusa), à laquelle on peut s'attacher 
comme à un support. (2) Adhésion excessive aux 
règles disciplinaires kaitô J&%at '> c'est croire à ce qui 
suit : "Par cette pratique disciplinaire, j'obtiendrai 
la naissance dans une famille noble, dans une famille 
de brahmanes, dans le ciel parmi les Dieux." (3) 
Doute portant sur l'existence ou l'inexistence d'un 
Soi, d'un Etre, d'un principe vital, des père et mère, 
de la vie actuelle et future, des Moines, des brah- 
manes, des arhat, de 1 Attestation de la Vérité. — 
Ib. xx (650) énumère quatre Entraves ketsu fâî qui 
correspondent aux quatre upakkilesa "Sous-Pas- 
sions" de l'Ang. Nik. iv, 50 : (1) Désir, (2) Haine, 

(3) Erreur, (4) [recherche du] Bénéfice [personnel] 
riyô ^(]^|. — Ib. vi (573) énumère d'autre part 
21 Entraves de l'Esprit qui font tomber les Etres dans 
les mauvaises Destinations : (1) Répulsion shin Bjj| ; 
(2) Violence igai ^W ', (3) Torpeur suimin BÉ@R ; 

(4) Exaltation jôge ffîlB î (5) Doute gi fâ ; (6) Colère 
nu j{S* ; (7) Malveillance ki ,§, (sk. vyâpâda) ; (8) 
Mordant nô >\$ ; (9) Jalousie shitsu ^ ; (10) Rancune 
zô <ffj ; (11) Indignité muzan M$fi'> (12) Impudence 
mugi $&$& ; (13) Duperie gen jQ ; (14) Hypocrisie 
kan ^ (sk. sâthya) ; (15) Fausseté gi fj$ (sk. mrsâ) ; 
(16) dispute jô §^ (sk. vivâda kalaha) ; (17) Enivre- 
ment kyô ^ ; (18) Orgueil man ^ ; (19) envie to $j ; 
(20) Orgueil de supériorité (cf. K. Lav. v, 26 ; 
Penser : "je suis supérieur", "je suis égal", relative- 
ment à l'égal, au supérieur) zôjôman i&Jitsi ( s k- 
adhimâna [ou abh ]) ; (21) Attraction ton Jt- — 
Madhyamâgama T. 26 xxvin (603) : L'Extrême de 
la Douleur kuhen ^^ consiste dans les sept mes- 
sagers shi $i suivants : Dispute tôjô PJJf^, Jalousie 
zôshitsu {$&$, Hypocrisie yuten |$|§, Duperie goô 
$CiÊ> Mensonge môgo ^|§, Calomnie ryôzetsu pfô 
f§", et les innombrables mauvaises Essences. — Un 
passage du Madhyamâgama T. 26 xxxm (635) [cf. 
Dîg. Nik. xxi] groupe les Entraves (kesshi) dans une 
série causale : Esprit-en-travail -"-Pensée -— Désir -*- 
Amour -"Avarice-Jalousie-*- Massacre et les autres 
mauvaises Essences mentionnées ci-dessus à partir de 
"Dispute". Toute cette série constitue une Masse 
de Douleur kuon ^fptî (sk. duhkhaskandha). — Ib. 
p. 639 Les hommes commettent beaucoup de 
Péchés zai Jfll, à cause de quatre Pratiques : Pratique 
du Désir, Pratique de la Haine, Pratique de la 
Crainte fu 'fôj, Pratique de l'Erreur. — Le Dîrghâgama 
T. 1 vin compte plusieurs Passions dans les catégories 
numériques du Sangîtisûtra : les trois Ecoulements 
ro $j§ : Désir, Devenir, Inscience ; les trois feux 
ka i/c '• Désir, Haine, Erreur ; les quatre Liens du 



BONNÔ 



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BONNÔ 



Corps shimbaku |p$$ : Cupidité, Haine, Adhésion, 
Vue du Soi ; les quatre épines shi jpl] : Désir, Haine, 
Vue, Orgueil ; les cinq Entraves inférieures geketsu 
T#n (sk. avarabhâgîya sarhyojana, dites inférieures 
parce qu'elles appartiennent au Plan inférieur, c.-à-d. 
au Plan du Désir) : Vue d'un Ensemble-de-réalités, 
Adhésion excessive aux règles disciplinaires, Doute, 
Cupidité, Haine, et les cinq Entraves supérieures 
jôketsu _fcjn (sk. ûrdhvabhâgîya sarhyojana, appar- 
tenant aux Plans du Formel et du Sans-Forme) : 
Amour du Plan de Formel, Amour du Plan du 
Sans-Forme, Inscience, Orgueil, Exaltation ; les 
cinq espèces de Jalousie zôshitsu ff| j!^ : relatives au 
domicile, au Donateur, aux bénéfices, au Formel, à 
la Loi. — Vinaya. — T. 1428 xxxm (797 a) [Dharma- 
gupta] Sont appelés "feu ardent" : Organes, Objets, 
Notations, Impressions, Désir, Haine, Erreur, nais- 
sance, vieillesse, maladie, mort, tristesse, douleur, 
tribulation. — T. 1462 v (703 c) ( = Samantapâsâdikâ 
p. 163) : Le Bg. énumère à Anuruddha onze Passions 
de l'Esprit : (1) Doute, (2) Non-Captation (p. ama- 
nasikâra), (3) Hébétement, (4) Torpeur, (5) épouvante 
kyô jS| (p- chambhitatta) ; joie après la réception 
d'un don (p. ubbilla var. uppilava "Bondissement") 

(6) grossièreté dai J\ (p. dutthulla "Turbulence") 

(7) Bonne-volonté trop zélée (p. accâraddhaviriya) 

(8) Bonne-volonté trop molle (p. atilînaviriya) ; (9) 
loquacité (p. abhijappâ "désir") ; (10) Non-dis- 
cernement fufumbetsu xfvfrj}!] (p. nânattasahhâ) ; 
(11) recherche excessive des Formes (p. atinijjhâ- 
yitattam rûpânam). — T. 1463 vin (850) [Sarvâsti- 
vâdin] Il y a 500 Passions, dont 10 Résidus, 10 Liens, 
10 Entraves sont énumérés. . .Les Passions à aban- 
donner par la Vue des Vérités sont : (1) Vue d'un 
Ensemble-de-réalités ; (2) Adhésion excessive aux 
règles disciplinaires ; (3) Doute ; (4-6) Attraction, 
Haine, Erreur menant aux mauvaises Destinations. 
Après l'élimination des Passions 1-3 on obtient le 
Fruit de l'Entrée-dans-le-courant. Quand l'Attrac- 
tion, la Haine et l'Inscience du Plan de Désir sont 
devenues minces, on obtient le Fruit du Retour- 
unique. Après l'élimination de ces Passions, on 
obtient le Fruit du Sans-retour. Après l'élimination 
de l'Attraction et de l'Inscience des Plans de Formel 
et de Sans-Forme, on obtient le Fruit d'Arhat. 
Sont à abandonner par le Chemin de l'Exercice sept 
Passions, à savoir : (1) Attraction du Plan de Désir ; 
(2) Haine ; (3) Attraction du Formel ; (4) Attraction 
du Sans-Forme ; (5) Inscience ; (6) Orgueil ; (7) 
Exaltation. — Scolastique. — Traité de Vasumitra sur les 
sectes Tt. 2031-2033 (et cm.). — Trois des cinq thèses 
attribuées à Mahâdeva, qui occasionnèrent le premier 
schisme bouddhique, se rapportent aux Passions. 
D'après Mahâdeva, l'Arhat est susceptible d'éprou- 
ver les trois Passions suivantes : l'ignorance muchi 
38§£Q (sk. ajnâna), le Doute yûyo $m (sk. kânksâ), 
et [la Passion qui consiste en ce qu'on est sujet à] 



la séduction shoyû $f!>§ (sk. ullâpana) ; selon d'autres 
écoles, l'Arhat est au contraire délivré de toutes les 
Passions (cf. J. Masuda, Early Indian Buddhist 
Schools, p. 15). D'autre part, les écoles Mahâsânghi- 
ka, Ekavyavahârika, Lokottaravâda et . Kaukkutika 
soutenaient que celui qui est Entré-dans-le-courant, 
dans la première Terre du Chemin de la Vue, dans 
la Détermination de l'Exactitude shôshôrishô[ketsujô] 
ïEfâfêféÈtïfe/Ë] (sk. sarhyaktvaniyâma), détruit toutes 
les Entraves ; les Sarvâstivâdin disaient qu'il ne 
détruit que trois Entraves, à savoir la Vue d'un En- 
semble de-réalités, le Doute, et l'Adhésion excessive 
aux règles disciplinaires. De plus, les écoles avaient 
des opinions différentes sur la nature même des 
Passions. Les Mahâsânghika, les Ekavyavahârika, les 
Lokottaravâda, les Kaukkutika, les Andhaka et les 
anciens Mahîsâsaka distinguaient dans la Passion 
d'une part la Résidu zuimin|^|15(sk. anusaya: Germe 
de la Passion, Passion latente, endormie, en puis- 
sance, à l'état subtil, subconsciente, inclination 
interne) et de l'autre l'Enveloppement ten $| (sk. 
paryavasthâna, paryutthâna: Passion actuelle, mani- 
festée, en exercice, l'explosion de la Passion). L'En- 
veloppement, enseignaient ces écoles, est Associé à 
l'Esprit, de l'Ordre-de-1'Esprit, Objectif ; le Résidu 
n'a pas ces qualités. Les Mahîsâsaka tardifs allaient 
encore plus loin ; ils professaient que la Nature du 
Résidu est toujours présente [en tant que le Résidu 
est la cause qui produit les Essences]. Les Sarvâsti- 
vâdin prétendaient que tous les Résidus sont 
compris dans la catégorie des Enveloppements, mais 
que tous les Enveloppements ne rentrent pas dans la 
catégorie des Résidus ; ce sont ces derniers, disaient- 
ils, qui sont Associés à l'Esprit, de l'Ordre-de-l'Esprit, 
Objectifs. Les Mahâsânghika, etc., tardifs disaient 
que les Passions et le Chemin peuvent exister en 
même temps, les unes à côté de l'autre, c.-à-d. qu'il 
y a des Terres où les Passions sont contrôlées, mais 
où les Résidus ne sont pas encore supprimés (Masuda 
p. 33). Les Kâsyapîya soutenaient la thèse suivante : 
Du moment que les Passions sont détruites par 
l'Arhat et reconnues par lui comme telles, la Nature- 
propre de la Passion [cf. le Résidu] cesse d'exister ; 
les Sarvâstivâdin soutenaient au contraire que même 
après la destruction des Passions leur Nature-propre J 
continue à exister (ib. p. 65). Une des thèses des ] 
Mahâsânghika (ib. p. 30) contient une doctrine qui ! 
fut développée plus tard dans certains ouvrages du 
G. V., mais que réfute la Vijhaptimâtratâsiddhi 
[S. Lav. 1 1 1-1 12] : La Nature de l'Esprit est originel- 
lement pure ; étant souillée par les Sous-Passions et 
les Passions-de-passage, elle devient impure. — Abhi- 
dharmajnânaprasthânaéâstra Tt. 1543 IV (786 c) : Les 
36 Résidus [cf. inf. Kosa] du Plan du Désir compor- 
tent tous la Délibération et la Décision. Parmi les ! 
31 Résidus du Plan du Formel, il y en a qui compor- I 
tent la Délibération et la Décision, il y en a d'autres : 



BONNÔ 



125 



BONNÔ 



qui comportent la Décision sans la Délibération, et 
d'autres encore qui ne comportent ni Décision ni 
Délibération. Les 31 Résidus du Plan du Sans-Forme 
n'ont ni Délibération ni Décision. . .Parmi les 5 
Entraves du Plan du Désir, la Haine est associée à 
3 Organes : ceux de la Douleur, de la Tristesse et 
de l'Apathie ; le Doute est associé à 4 Organes : ceux 
de la Joie, du Plaisir, de la Tristesse et de l'Apathie ; 
la Cupidité, la Vue d'un Ensemble-de-réalités, l'Ad- 
hésion excessive aux règles disciplinaires sont as- 
sociées aux 3 Organes de la Joie, du Plaisir et de 
l'Apathie, et il en est de même des 31 Résidus du 
Plan du Formel Les 31 Résidus du Plan du Sans- 
Forme ne sont associés qu'à l'Apathie. — Ib. v (789- 
797, résumé) : L 1 'interrelation [des Passions] ichigyô 
— fx (sk. ekâyana, cf. Mvy. 6418 ; i.e. la théorie des 
relations qui existent entre les différentes Passions et 
leurs différents modes) parcourt d'un bout à l'autre 
les 6 [catégories temporelles], les 7 petites et les 7 
grandes [catégories temporelles], [les catégories d'] in- 
terdépendance [des Passions, sans tenir compte de la 
classification présent-passé-avenir], le Devenir [dans 
les 3 Plans]. Dans l'explication des 6 [catégories 
temporelles], on répond à 6 questions, dont la pre- 
mière est formulée ainsi : "Si une certaine Entrave 
existait dans le passé, existera-t-elle également dans 
l'avenir ?" Dans l'explication des 7 petites [catégories 
temporelles], on répond à 7 questions, dont la pre- 
mière est formulée ainsi : "Est-ce que l'existence 
passée d'une certaine Entrave (p. ex. l'Amour) 
entraîne nécessairement l'existence passée d'une 
certaine autre Entrave (p. ex. la Haine), et inverse- 
ment ?" Dans la section des 7 grandes [catégories 
temporelles], on confronte de cette façon chaque 
fois de 2 jusqu'à 8 Entraves avec une autre Entrave 
dans le passé, le présent et l'avenir. Sept fois sept 
(49) cas d 'Enchaînement-causal résultent de cette 
confrontation. [Cf. version parallèle Tt. 1544 iv 
(938 c).] — Mahâvibhâsâ Tt. 1545 xlvi (238 b) : 
L'Entrave de la Vue d'un Ensemble-de-réalités est 
la Racine des 62 Vues. Ces Vues sont les Racines 
des autres Passions. Ces autres Passions sont les 
Racines des Actes. — U Abhidharmakoéa Tt. 1558 
consacre une section entière à la question des Passions 
(xix-xxi = K. Lav. v). On trouvera ci-dessous des 
citations caractéristiques destinées à résumer cette 
section, suivies de quelques passages extraits d'autres 
sections. — xix (98-99) Il y a six ou (en subdivisant 
l'Attraction) sept Résidus [équivalent de "Passion" 
dans ce texte Sarvâstivâdin ; cf. sup. Traité de Vasu- 
mitra] : (1) Attraction du Plan du Désir ; (2) Haine ; 
(3) Attraction du Devenir, c.-à-d. des deux Plans 
supérieurs ; (4) Orgueil ; (5) Inscience ; (6) Vue ; 
(7) Doute. Il y a dix Résidus si l'on divise en cinq 
la Vue : (1) Vue d'un Ensemble-de-réalités ; (2) 
Vue de Prise des Extrêmes ; (3) Vue Perverse [nier 
ce qui existe réellement] ; (4) Adhésion excessive 



aux Vues [etc.] [considérer comme bon ce qui est 
mauvais] ; (5) Adhésion excessive aux règles dis- 
ciplinaires [considérer les règles disciplinaires comme 
le Chemin unique de la Libération ; tenir pour cause 
de purification ce qui n'est pas tel]. [Dans la scolas- 
tique ch. ces cinq Vues sont dites "Passions aiguës", 
rishi flj$«, par opposition aux "Passions obtuses", 
donshi $$$i, qui sont l'Attraction, la Haine, l'Or- 
gueil, l' Inscience et le Doute.] En tenant compte des 
trois Plans auxquels ces Résidus appartiennent et 
des cinq modes d'Elimination (Vue de chacune des 
quatre Vérités et Exercice), on obtient le chiffre de 
98 Résidus, répartis comme suit : (I) Plan du Désir : 
12 Vues (Vue d'un Ensemble-de-réalités, Vue de 
Prise des Extrêmes, 4 espèces de Vue Perverse, 4 
espèces d'Adhésion aux Vues, 2 espèces d'Adhésion 
aux règles disciplinaires), 4 Doutes (susceptibles 
d'être abandonnés respectivement par la Vue de 
la Vérité de la Douleur, de la Formation, du Barrage, 
du Chemin), 5 Attractions (susceptibles d'être aban- 
données par la Vue des 4 Vérités et par l'Exercice), 
5 Haines, 5 Orgueils, 5 Insciences [Total : 36]. 
(II) Plan du Formel : Les mêmes 36 Résidus moins 
les 5 Haines [donc 31 Résidus]. (III) Plan du Sans- 
Forme : Les mêmes 31 Résidus. [Grand total : 98 
Résidus.] — Ib. xix (102 c) ( = K. Lav. v, 40) Tous 
les Résidus des deux Plans supérieurs, et dans le 
Plan du Désir l'Inscience, la Vue de Prise des Ex- 
trêmes et la Vue d'un Ensemble-de-réalités, sont 
Indéfinis ; les autres Résidus sont mauvais. — Ib. xx 
(107) ( = K. Lav. v, 71 sq.) Dix Résidus se suivent 
dans une série causale : Inscience— Doute— Vue 
Perverse— Vue d'un Ensemble-de-réalités-* Vue de 
Prise des Extrêmes-- Adhésion excessive aux règles 
disciplinaires-* Adhésion excessive aux Vues-* At- 
traction [que l'on éprouve pour sa Vue propre]-* 
Orgueil [de cette Vue] —Haine [de la Vue d'autrui] 
. . .11 y a trois Causes-Facteurs d'une Passion : (1) 
Non-Elimination de son Résidu ; (2) présence [dans 
le champ de l'expérience] du Domaine ; (3) Acte- 
Mental Non-Fondé. Dans le cas d'un Arhat sujet 
à la Régression [dans la doctrine du P.V. l'Arhat est 
délivré des Résidus], une Passion peut naître par la 
seule force du Domaine. — Les Résidus et les Enve- 
loppements constituent 3 Ecoulements, 4 Courants, 4 
Jougs, 4 Appropriations, et [Ib. xxi (108 b)] [9 ou 
10] Entraves, [3] Liens, [98] Résidus, [16, 19 ou 21] 
Sous-Passions, [10] Enveloppements. — Ib. xxi (109 c) 
( = K. Lav. v, 91) Il y a siv Souillures de Passion : 
Duperie, Hypocrisie, Enivrement, Mordant, Ran- 
cune, Violence (cf. ci-dessus la liste de 21 Résidus 
tirée de l'Ekottarâgama T. 125 vi). Ces Souillures 
et les dix Enveloppements (Indignité, Impudence. 
Jalousie, Avarice, Exaltation, Remords, Torpeur, 
Hébétement, Colère, Dissimulation) sont produits 
par les Passions ; c'est pourquoi on les appelle Sous- 
Passions. — Ib. iv (19 c) ( = K. Lav. il, 161 sq.) On 



BONNÔ 



126 



BONNÔ 



appelle [Essences des] Grandes Terres de Passion 
daibonnôji[hô] ^M^Atfè] (sk. klesamahâbhûmika 
[dharma]) les Essences qui existent toujours et ex- 
clusivement dans l'Esprit Passionné, au nombre 
de 6 : Erreur, Négligence, Mauvaise- volonté, Absence 
de Foi, Hébétement, Exaltation. Le Mûla-Abhi- 
dharma dénombre 10 grandes Terres de Passion, en 
omettant l'Hébétement et en ajoutant les 5 grandes 
Terres de Passion suivantes : (1) Mémoire Pas- 
sionnée, appelée Mémoire-dérobée ; (2) Concentra- 
tion Passionnée, appelée Distraction ; (3) Sapience 
Passionnée, appelée Inexactitude ; (4) Acte-Mental 
Passionné, appelé Acte-Mental Non-fondé ; (5) 
Conviction Passionnée, appelée Conviction Perverse. 
Il y a deux Grandes Terres de Mal daifuzenji ;fc^>§| 
#jj (sk. akusalamahâbhûmika) : l'Indignité et l'Im- 
pudence ... Il y a dix Petites Terres de Passion (ou 
Sous-Passions) shôbonnôji /bJUi^flË (sk. parîttakle- 
sabhûmika, upaklesabhûmika) [les 6 Souillures de 
Passion, énumérées ci-dessus, plus 4 Enveloppe- 
ments : Colère, Dissimulation, Jalousie, Avarice]. 
Il y a huit Terres Indéterminées fujôji ^5Ë#Ë (sk. 
aniyatabhûmika) : le Remords, la Torpeur, la Déli- 
bération, la Décision, [l'Attraction, la Haine, l'Or- 
gueil, le Doute]. — Ib. xvn (92 c) ( = K. Lav. iv, 202) 
La Passion est de deux sortes, chronique et aiguë. 
Seule la Passion chronique et continuelle s'appelle 
"Obstruction qui consiste en Passion" (bonnôshô 
#ït$i[^&)> parce qu'elle est difficile à dompter, comme 
c'est le cas chez un eunuque ou une femme stérile 
[qui ne' peuvent satisfaire leur Passion). — Grand 
Véhicule. — Sûtra. — Mahâprajnâpâramitâsûtra. — T. 
220 dlxxxviii (1039) Le Bhagavat dit : Les Bs., 
en s 'appuyant sur les Domaines des cinq Désirs, 
produisent des pensées de Saveur et d'Attachement. 
Quoiqu'on appelle ces pensées des Actes-Mentaux 
Non-fondés, elles ne peuvent pas faire obstacle à 
l'Eveil-sans-Supérieur. En effet ces Actes-Mentaux 
Non-fondés font tomber dans les Passions, qui 
causent telle ou telle Naissance ; les Bs. reçoivent 
dans telle ou telle Destination tel ou tel Corps ; en tel 
ou tel temps les Perfections et les autres innombrables 
Essences de Buddha sont graduellement apprises et 
perfectionnées ; en tel ou tel temps, les Bs. s'appro- 
chent peu à peu de l'Omniscience. Et c'est pourquoi 
le Bhagavat dit que les Passions sont pour les Bs. 
un grand bienfait (daiondoku X&Wd- Les Passions 
peuvent s'accommoder (zuijun $all(fî, sk. anuloma) 
à l'Omniscience, peuvent aider à effectuer l'Omni- 
science. — Ib. dlxxx (998) L'Habileté dans les Moyens 
(sk. upâyakausalya) des Bs. consiste dans la produc- 
tion des Passions, la réception d'un Corps dans 
l'existence suivante, afin de porter avantage aux 
Etres. . .Les Passions peuvent aider les Bs. à attester 
l'Eveil-complet-correct-sans-supérieur. . .Les Bs., en 
cherchant le Grand Eveil, revêtent la cuirasse de la 
Bonne- Volonté pour sauver les Etres. Les Bs. restent 



longtemps dans la Transmigration, et pour porter 
grand avantage aux Etres ils ne doivent pas se hâter 
de couper les Actes-Mentaux Passionnés, qui causent 
de nouvelles Existences et permettent ainsi aux Bs. 
de réaliser les Perfections et l'Eveil-sans-supérieur. 
Tant que le Bs. n'a pas encore attesté l'Eveil, il ne 
doit pas chercher à éliminer complètement ces 
Actes-Mentaux Passionnés. Il n'en est pas dégoûté ; 
au contraire il en est reconnaissant, il aime et estime 
les Passions et leurs Domaines aussi profondément 
qu'il aime et vénère le Buddha. Apologue : Un 
marchand s'avance lentement, avec son char lourde- 
ment chargé d'un trésor, dans la direction d'une 
ville lointaine. Au fur et à mesure que sa voiture 
roule, le moyeu, les jantes et l'essieu s'usent : les 
parties aiguës s'arrondissent, les parties rondes 
deviennent aiguës. Enfin à l'arrivée dans la ville, les 
éléments du char s'écroulent et se dispersent. Le 
propriétaire, ayant accompli ce qu'il voulait faire, 
n'en est pas désolé, ne regrette pas son char. Il en est 
de même de l'Habileté dans les Moyens. Le Bs. lie, 
capte et reçoit un corps dans l'existence suivante, 
et réalise graduellement les Perfections ; de temps 
en temps il fait diminuer peu à peu les Entraves 
de l'Existence (uketsu ^sfâî, sk. bhavasamyojana) ; 
il s'approche lentement de l'Omniscience, et à un 
moment donné atteste enfin le Grand Eveil. A ce 
moment les Entraves du Corps, qui lui a servi de 
support, sont toutes épuisées. Il a accompli ce qu'il 
avait à faire (shosa iben #ff^E$$, s k. krtyakrta) ; 
il n'a plus besoin des Entraves du Corps, de même 
que le marchand ne peut plus utiliser son char après 
l'arrivée dans la ville.. .Quoique les Passions fassent 
Obstruction au Grand Eveil, elles peuvent pourtant 
aider à produire l'Approvisionnement de l'Eveil. — 
Suvikrântavikrâmipariprcchâ T. 231 iv (706) : Pre- 
nable et Preneur sont appelés "combustion" nen j$$ ; 
leur élimination est appelée Apaisement jakujô ^ji?. 
L'Obstruction des Passions (wakushô j^£ |^) est ap- 
pelée combustion, son élimination est appelée Apaise- 
ment . . . Toutes les Passions sont Imagination-parti- 
culière, vide et fausse ; elles ne naissent pas, elles ne 
disparaissent pas ; leur Nature-propre est apaisée, 
elle est appelée Egalité ... Toutes les Passions du 
Preneur et du Prenable, qui obstruent les bonnes 
Essences, naissent de la Vue d'un Ensemble-de- 
réalités. — Ratnakûtasûtra T. 310 lu (309) : Les 
Bs. qui s'appuient sur la Perfection de Sapience 
savent que toutes les Essences [et par conséquent 
les Passions] sont des Essences de B., sont B., sont 
le Chemin, sont libérées, sont dégagées. Les Pas- 
sions proviennent de Connotations fictives et fausses ; 
[mais] la Nature Substantielle des Passions est 
dégagée (jiri fÉJpjjl, sk. vivikta). Pourquoi ? C'est le 
Sens Prouvé (ryôgi TU» sk- nîtârtha) des Passions, 
etc. Même la plus petite Passion ne peut naître 
par Formation. Comprendre cela (zuikaku (^^, sk. 



BONNO 

anubodhana), c'est l'Eveil. La Nature de la Passion, 
c'est (soku |p) la Nature de l'Eveil. — Ib. lxxxxi 
(523) Les Bs. désireux de parfaire l'Eveil embrassent 
(shô $3f) la Transmigration ; les Passions peuvent 
leur porter avantage. Les Passions produites ne sont 
pas des péchés pour les Bs., qui ont atteint la Maî- 
trise de la Loi ; telle est l'Habileté dans les Moyens 
des Bs. Mais les Bs. préfèrent la mort à la pratique 
des Passions causées par des Racines de Bien faibles 
et inférieures, Passions qui ne peuvent ni porter 
avantage à autrui, ni parfaire leur propre Eveil. Il 
y a des Bs. qui par la Force de la Sapience s'appuient 
(harien !§£$;) sur les Passions présentes ; il y en a 
d'autres qui par la Force de l'ignorance sont soumis 
à la Régence des Passions. La différence entre ces 
deux classes de Bs., appelés respectivement egyô 
Hff " pratiquant la Sapience" et shogô ^jfè "dé- 
butants" (sk. âdikârmika ; ou dongyô |$fT "obtus"), 
est comparable à la différence entre le Profane et 
l'Entré-dans-le-Courant [dans le P.V.]. L'Entré- 
dans-le-Courant montre la Conduite du Profane ; il 
est lié par l'Attraction, la Haine et le Doute, mais 
parce qu'il comprend parfaitement ces Passions, il ne 
tombe pas, comme le Profane, dans les Mauvaises 
Destinations. Quoique le Bs. pratiquant la Sapience 
n'ait pas éliminé les Imprégnations de l'Attraction, 
de la Haine et du Doute, il n'est pas Revêtu des 
Passions, il peut détruire les péchés graves. Par 
le feu de la Sapience il brûle le combustible des 
Passions. Constamment il ajoute de ce bois que sont 
les Passions, et le feu de la Sapience, augmenté de 
cette façon, devient de plus en plus brillant et brûle 
sans cesse. — Ib. xxxv (196-199) Neuf dizaines de Pas- 
sions et de mauvais actes : Dix Oppressions (hippaku 
jaiâ) > dix occasions de Malfaisance ; dix Fourrés de 
Mauvaise Vue ; dix grandes flèches envenimées 
(Amour, Inscience, Désir, Attraction, Faute, Erreur, 
Orgueil, Vue, Existence, Non-Existence) ; dix racines 
de l'Amour, qui se suivent dans un enchaînement 
causal : Amour -«-recherche -«-Obtention -«-[sentiment 
du] Sien— Appropriation ferme-»- Cupidité— Attache- 
ment immodéré — Avarice — collectionner -*> garder- 
emploi du couteau et du bâton, disputes, calomnie, 
Verbiage et les autres mauvaises Essences ; dix Per- 
versités ; dix Voies d'Acte mauvaises ; dix Essences 
Passionnées ou Souillures (Avarice, mauvaise moralité, 
Haine, Mauvaise Volonté, Distraction, mauvaise Sa- 
pience, manque de respect, Doute pervers, absence de 
Foi, non- vénération de la Loi) ; dix grandes Craintes 
[existant dans le] Courant de la Transmigration ou 
dix Liens. — Ib. ci (566) : La Nature [originelle] des 
Passions ne peut être Perçue, n'a ni augmentation 
ni diminution, est la Nature originelle du Domaine 
de B., est le Domaine de B. C'est pourquoi on dit 
que le Tg. réside dans l'Egalité. Les Passions résident 
dans l'Egalité vide, sans Signe, sans Vœu. . .Ce dont 
la Nature est le Vide [n']existe [qu'en] paroles et 



127 



BONNÔ 



en lettres, et c'est à cause de [i.e. par opposition à] 
l'existence de ce Vide, qu'existent Attraction, Haine, 
Erreur, de même que, si Non-Naissance, Non- 
Opéré, Non-Sur-Opérant, Non-Production n'exis- 
taient pas, leurs contraires, Naissance, Opéré etc., 
seraient également Inexpressibles. Si le Vide, le 
Sans-Signe, le Sans-Vœu [trois Portes de Libération, 
cf. Mvy. 1542-1544] n'existaient pas, l'Attraction, 
la Haine, l'Erreur, etc., et toutes les Vues seraient 
Inexpressibles. En ce Sens on dit : "Résider dans 
les Passions, c'est résider dans ce qui a pour 
Nature le Vide." Toutes les Passions constituent 
l'Egalité ; celui qui pratique correctement cette 
Egalité n'est ni dégagé des Passions ni pris dans 
les Passions. Si un moine ou un brahmane disent: 
"Moi-même je suis dégagé du Désir, mais je crois 
que telle autre personne a des Passions", ils possèdent 
deux Vues : (1) Vue de Permanence, quand ils disent 
"avoir des Passions" ; (2) Vue d'Elimination, qifand 
ils disent "ne pas avoir des Passions". Celui qui pra- 
tique correctement ne voit plus les Signes de soi- 
même et d'autrui, d'Existence et de Non-Existence. 
— Avatamsakasûtra T. 279 lxii (332 c) : Les trois 
Plans sont la ville ; l'Enivrement et l'Orgueil sont 
les murs ; les Destinations sont les portes ; l'eau 
de l'Amour est le fossé [qui entoure les remparts]. 
[La ville est] couverte par l'obscurité de l'Erreur, 
brûlée par le feu de la Haine et de l'Attraction. Le 
roi des Mâra en est le seigneur ; les Puérils l'habi- 
tent. — La Cupidité constitue les rênes, l'Hypocrisie 
et la Duperie sont la bride et le mors, le Doute et 
le Trouble sont les œillères [des Etres comparés à 
des chevaux]. — Daiabhûmikasûtra T. 279 xxxvn 
(196), T. 287 v (556) [=sk. éd. Rahder p. 58 ; pour 
la td. tib., cf. Acta Orientalia iv, p. 253, 232] A partir 
de la première Terre jusque et y compris la 7 e Terre 
la pratique des Bs. est délivrée des Passions, au fur 
et à mesure que leurs capacités et mérites se déve- 
loppent dans les Terres successives par l'effet de 
la Déflexion de l'Eveil [des B. sur les Bs.] et en 
considération de l'Egalité du Chemin. Le Bs. de la 
7 e Terre a vaincu la plupart des Passions ; il habite 
la Terre intermédiaire chûgen fffi^ ( s k- antarikâ) 
entre les 6 Terres inférieures, encore souillées par 
la Pleine-Passion, et les trois Terres supérieures, 
totalement dépourvues du Travail des Passions. 
C'est pourquoi on appelle la 7 e Terre pure-Pas- 
sionnée zenjô y&ffi (sk. vyâmisra-parisuddha, sam- 
klista-visuddha). On compare le Bs. de la 7 e Terre 
à un Roi Tournant-la-Roue qui connaît la pauvreté, 
les péchés, les douleurs, les passions des hommes 
des quatre continents, mais sans être souillé lui- 
même, quoiqu'il possède encore un corps humain ; 
le Bs. de la 8 e Terre à un dieu non Passionné du 
monde de Brahmâ, qui visite et inspecte les mille 
mondes. — D'après un autre passage du même sûtra 
T. 287 m (546 c), la 3 e Terre du G.V. correspond 



BONNÔ 128 

au Fruit A-Retour-unique du P.V. ; dans cette Terre 
tous les Liens de Désir, de Devenir, d'Inscience 
deviennent minces (mihaku $$$£, sk. tanu) ; les 
Liens de Vue (Passions à abandonner par le Chemin 
de la Vue : Vue d'un Ensemble-de-réalités, Adhésion 
excessive aux règles disciplinaires, Doute) ont été 
abandonnés dans les Terres inférieures ; l'Attraction, 
la Haine et l'Erreur Perverses (Passions à abandon- 
ner par le Chemin de l'Exercice) sont diminuées 
(sk. anupacayarh prahânam gacchanti). La 3 e Terre 
fait partie de la Terre Mince (miyokuji $$C$CiÉ, sk. 
tanûbhûmi Mvy. 1145 ; ms. népalais suklavidarsanâ) 
et correspond à la catégorie de l'école des Sarvâsti- 
vâdin dite bairiyokuton fê$|t$i;;gC (sk- bhûyovîtarâga), 
catégorie comprenant ceux qui ont abandonné les 
six premières variétés de Passions du Plan du 
Désir (Attraction, Haine, Erreur fortes-fortes, fortes- 
moyennes, fortes-faibles, moyennes-fortes, moyennes- 
moyennes, moyennes-faibles) [cf. sup. Abhidharma- 
kosa]. — Gandavyûha T. 293 ix (704) Qu'est-ce qu'on 
appelle les Passions internes du Corps naishimbonnô |*j 
%fM^ ? Elles ont 4 Causes- Facteurs : (1) L'Organe 
de l'Œil qui embrasse (shôju §|;g, sk. parigrah ) 
les Objets Formels ; (2) l'Attachement sans-Origine 
aux Imprégnations ; (3) la Nature Originelle et 
Propre de cette Notation (hishiki $£§!£, Notation de 
Tréfonds); (4) l'Acte-Mental et l'espoir (kemô # 
!!Ë) à l'endroit des Objets Formels. Par la Force 
de ces 4 Causes- Facteurs, la Notation de Tréfonds 
se Transforme, et les vagues de la Notation appa- 
raissent, pareilles à la Série ininterrompue d'un 
Courant. Toutes les Notations des Organes sont 
produites comme la Notation de l'Œil. Les [objets 
les plus petits tels que les] Atomes-Ultimes et les 
Pores apparaissent en même temps [que la Nota- 
tion]. Comme un clair miroir montre soudainement 
les images, les Notations à un moment donné 
se manifestent subitement. Comme une tempête 
fouette l'eau de l'Océan, de sorte que les vagues 
n'ont pas de repos, le vent des Domaines bat la mer 
de l'Esprit pur et fait surgir les vagues de la Nota- 
tion, dont la Série est ininterrompue. Les Causes- 
Facteurs (vent, eau, vagues) se créent mutuellement, 
ne sont pas séparées entre elles, ne sont ni identi- 
ques ni différentes, comme l'eau et les vagues. Du 
fait de l'Acte, les Signes sont produits, les Liens 
profonds surgissent, et on ignore la Nature-propre 
du Formel, etc., et de l'Ensemble des cinq Notations. 
Tout cela Révolutionne cette Notation de Tréfonds. 
Enfin on ne se dit pas à soi-même : "Moi, je 
produis les sept Notations." On ne dit pas : "Les 
sept Notations naissent de la Notation de Tréfonds." 
Ce n'est que du fait de la Prise (shûshu gffî) des 
Signes des Objets par l'Esprit-propre (jishin g,i», 
que l' Imagination-particulière naît. Tels sont les 
Morphèmes de la très profonde Notation de Tré- 
fonds : Subtilité, Terme, Ultime Limite. Seuls la 



BONNÔ 



comprennent les Bs. de la Terre de Tg. [Ce passage 
de T. 293, qui manque au texte sk. du Gandavyûha 
et aux autres versions ch. de l'Avatamsaka, s'appa- 
rente de très près à des passages du Lankâvatâra- 
sûtra, du Ghanavyûhasûtra, du Sraddhotpâdasâstra, 
etc.]. — Érîmâlâdevhimhanâdasûtra T. 353 v (220-222), 
T. 310 cxix (675-678) : Répartition des Passions 
en cinq Terres, dont les quatre premières servent de 
Récipients et de Germes aux Passions fortes et 
grossières, appelées Passions supérieures jôbonnô 
-h#J(f§)- Ces 4 Terres s'appellent : (1) Terre où 
sont réunies toutes les Vues ; (2) Terre de la Soif 
[du Plan du] Désir ; (3) Terre de la Soif [du Plan 
du] Formel ; (4) Terre de la Soif de l'Existence. 
[Le cm. de Kichizô ^jjgÊ Ttt. 1744 (50-51) explique 
ces Terres comme suit : la Terre (1) est celle des 
cinq Passions aiguës (cf. sup. Kosa) ; les Terres 
(2-4) sont celles des cinq Passions obtuses, parmi 
lesquelles la Soif prédomine, entraînant Rétribution 
dans le Plan du Désir (2), du Formel (3), du Non- 
Formel (4). Le Substantiel de (1), ce sont les 88 
Passions ; de (2), l'Attraction, la Haine, l'Orgueil, 
l'Inscience ; de (3-4), la Soif, l'Orgueil, l'Inscience. 
Le Récipient de (1) et de (4) est la Notation du 
Mental ; de (2), les 6 Notations ; de (3), les Notations 
du Corps, de l'Œil, de l'Oreille, du Mental.] La 5 e 
Terre, subtile, sans commencement, non-Associée à 
l'Esprit, Récipient de toutes les Passions supérieures, 
s'appelle Inscience. [Cf. Ttt. 185 1 ni c (524 c), 
qui fait correspondre cette Terre de l'Inscience 
originelle à la 7 e Notation (Attribution-personnelle) ; 
et comparer le rôle capital que joue l'Inscience dans 
le système du Sraddhotpâdasâstra Tt. 1666- 1667.] 
Les Arhat, continue T. 353 v, les B.-pour-soi et 
les Bs., ayant éliminé les 4 Terres, ne peuvent pas 
éliminer cette 5 e Terre, que seul le B. sait éliminer. 
La Terre de l'Inscience est la Cause et le Récipient 
des Actes sans-Ecoulement et des Corps-nés-du- 
Mental (sk. manomaya-kâya) des Arhat, des B.- 
pour-soi et des Bs. de grande force. Le non-épuise- 
ment du sans-Ecoulement est la Terre de l'Inscience, 
qui produit, réunit, maintient et établit toutes les 
Passions supérieures, arrangées selon l'ordre de 
leur suppression par le Chemin : Passions suffo- 
quant l'Esprit de l'Eveil, la Quiétude, l'Inspection, 
l'Extase, le shôju IF3£ [sk. samaya, i.e. selon Kichizô 
les 3 Concentrations], les Moyens, la Connaissance, 
le Fruit, l'Obtention [de l'Eveil], la Force, la Sécurité. 
Le terme Magasin des Passions bonnôzô ^'^^ 
désigne [l'ensemble de ces] cinq Terres, parce 
qu'elles embrassent toutes les Passions et parce 
qu'elles constituent l'état Emmagasinant et Vide de 
la Matrice de Tg. L'état Emmagasiné et non-Vide 
de la Matrice de Tg. est appelé Réalité, Corps d'Es- 
sence de Tg., Nature de B. [et aussi Ttt. 1744 ni a 
(72 c) Coupure du Tétralemme] . On appelle cette 
Matrice de Tg. Magasin du Plan d'Essence, Magasin 



BONNÔ 



129 



BONNÔ 



du Corps d'Essence, Magasin Supérieur Supramon- 
dain, Magasin de la Pureté de la Nature -propre. 
Cette Pureté de la Nature-propre, qui est Matrice 
de Tg., est souillée par les Passions-de-passage. 
L'Esprit Momentané, bon ou mauvais, ne peut 
être souillé par les Passions-de-passage, en tant 
que les Passions ne touchent pas cet Esprit et que 
cet Esprit ne touche pas les Passions ; mais pourtant 
il y a des Passions qui souillent l'Esprit [i.e. l'Esprit 
est à la fois souillé et non-souillé ; cf. *Araya]. — 
Sannipâtasûtra T. 397 11 (10-13) Plusieurs Passions 
sont énumérées dans une liste des 16 mobiles de la 
Grande Compassion et des 32 mauvais Actes, dont le 
16 e s'appelle "Liens des Passions des Etres", le 17 e 
"Vue de Soi". — Le ManjuSrîpariprcchâsûtra T. 468 
1 a (501 a) enseigne comment éliminer les 98 Passions 
ou Résidus, divisées comme suit : (I) Plan du Désir : 
(a) 10 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité 
de la Douleur ; (b) 7 Passions à abandonner par la 
Vue de la Vérité de la Formation ; (c) 7 Passions à 
abandonner par la Vue de la Vérité du Barrage ; (d) 
8 Passions à abandonner par la Vue de la Vérité du 
Chemin ; (e) 4 Passions à abandonner par l'Exercice. 

(II) Plan du Formel : 31 Passions réparties comme 
ci-dessus : (a) 9 ; (b) 6 ; (c) 6 ; (d) 7 ; (e) 3. 

(III) Plan du Sans-Forme : 31 Passions classées 
comme sous (II). [Cf. sup. Abhidharmakosa.] — Vima- 
laktrtinirdeSasûtra T. 467 iv (575) [td. Genjô 650 
A.D.], Ttt. 1775 vu (390 b) [td. Kumârajîva 406 
A.D.] : Le Bs. pratiquant le Non-Chemin montre et 
pratique toutes les Passions mondaines, quoique sa 
Nature (son Esprit td. Kumârajîva) soit absolument 
pure et non-souillée. Le terme "toutes les Passions 
et les 62 Vues" vise les dix groupes suivants, tous 
Germes de Tg. : (1) l'Existence du Corps ; (2) l'In- 
science et la Soif du Devenir ; (3) l'Attraction, la 
Haine, l'Erreur ; (4) les 4 Idées-à-rebours (*tendô) ; 
(5) les 5 Revêtements ; (6) les 6 Sphères (sk. âyatana) ; 
(7) Résidences des 7 Notations ; (8) les 8 Perversités 
(sk. mithyatva) ; (9) les 9 occasions de Malfaisance 
(sk. âghâta) ; (10) les 10 Voies d'Acte mauvaises. — 
T. 475 11 (549) [autre éd. de la td. de Kumârajîva] : 
Les Passions sont les disciples (serviteurs) obéissants 
du Bs. — Ib. m (553) : Les B. peuvent accomplir la 
tâche de B. par les 4 Mâra et les 84.000 Passions. — 
Ib. 1 (542 c) : Les Passions (td. Genjô : l'extinction 
des Passions) sont la Terrasse d'Eveil (td. Genjô : 
l'Eveil merveilleux), parce que [l'Eveil] les connaît 
comme elles sont en Réalité. — Ib. il (548 a) : En 
vue des orgueilleux, le B. dit qu'être libéré de la 
concupiscence, de la Colère, de l'Erreur, c'est la 
Libération ; mais pour ceux qui n'ont pas d'Orgueil, 
il dit que la Nature de concupiscence, de Colère, 
i'Erreur, c'est la Libération. — Samâdhirâjasûtra T. 
639 ni (563 c) : Les Bs. qui possèdent la Connais- 
sance dépassent le Plan du Désir et la Terre des 
Passions du Plan du Formel et du Sans-Forme. — 



Sandhinirmocanasûtra T. 676 IV (707) [td. Genjô 
647 A.D.], T. 675 v (684) [td. Bodhiruci 514 A.D.], 
T. 678 (717) [td. Gunabhadra 435-443 A.D.] : 

(I) La Pratique des Perfections dans la Terre de 
Conviction est appelée simplement Perfection. Le Bs. 
y manifeste encore des Passions ; il ne sait pas encore 
les dompter (td. Gunabhadra ; mais td. Bodhiruci : il 
sait les dompter). (2) La Pratique toujours plus in- 
tense des Perfections dans les 7 premières Terres est 
appelée la Perfection proche (td. Genjô) ou supérieure 
(td. Gunabhadra). Le Bs. y manifeste encore des 
Passions, mais il est capable de les éliminer. (3) 
La Pratique toujours plus intense des Perfections 
dans les 3 dernières Terres, où le Bs. ne manifeste 
plus les Passions, est appelée la Grande Perfection. 
— Il y a trois espèces de Passions-Re'sidus dans les 

10 Terres : (1) Les "compagnons violents", c.-à-d. 
les Passions non-Innées (sk. asahaja), qui accompa- 
gnent les Passions Innées (sk. sahaja). Le Bs. les 
détruit dans les 5 premières Terres. (2) Les Passions 
minces (sk. tanu) de l'Inscience que le Bs. pratique 
dans la 6 e et la 7 e Terre. (3) Les Résidus très Sub- 
tils, consistant dans l 'Obstruction-Récipient du 
Connaissable (td. Bodhiruci : Obstruction oubtile 
des Domaines), que le Bs. élimine dans les 3 der- 
nières Terres. On compare l'élimination successive 
de ces 3 groupes de Passions à l'arrachement de 
l'épiderme, du derme et des os. — Tout en produisant 
des Passions, le Bs. n'est pas Passionné, parce 
qu'à partir de la première Terre il connaît bien 
toutes les Essences et Passions. C'est l'incommen- 
surable Mérite des Bs., qu'ils produisent des Passions 
jusqu'à l'Eveil. — Dans un autre passage ces Pas- 
sions sont classées en deux catégories : (I) 1 1 Tur- 
bulences (td. Bodhiruci : Obstructions ; td. Guna- 
bhadra : Fautes à contrecarrer), détruites dans les 

11 Terres jusque et y compris la Terre de Tg., et 

(II) 22 Erreurs (td. Bodhiruci : Espèces d'Insci- 
ence), deux Erreurs étant associées à chaque Tur- 
bulence comme suit: (1 a) Attachement à l'Individu 
et à l'Essence ; (1 b) Pleine-passion des mauvaises 
Destinations. (2 a) Fautes et Infractions Subtiles ; 
(2 b) les mauvaises Voies de l'Acte. (3 a) Désir- 
Attraction (td. Bodhiruci : chercher et désirer la 
Loi) ; (3 b) entendre et retenir complètement les 
Charmes. (4 a) Amour des Aplanissements ; (4 b) 
Amour de la Loi. (5 a) Acte-Mental unilatéral (ikkô 
-^[p], sk. ekântika) à l'endroit du Monde : unilaté- 
ralement tourner le dos au Monde, unilatéralement 
envisager le Monde ; (5 b) Acte-Mental unilatéral à 
l'endroit du Nirvana : comme sous (a) lire "Nirvana" 
au lieu de "Monde" ; (6 a) Droit-en-Face Inspecter 
le développement des Opérants ; (6 b) manifesta- 
tion d'un grand nombre de Signes. (7 a) Manifesta- 
tion de Signes Subtils ; (7 b) Acte-Mental et Moyens 
exclusivement tournés vers le Sans-signe. (8 a) Faire 
des efforts pour l'obtention du Sans-signe; (8 b) 



BONNÔ 



130 



BONNÔ 



faire des efforts pour la Maîtrise des Signes. (9 a) 
Maîtrise des Charmes et d'innombrables mots et 
lettres pour prêcher la Loi ; (9 b) Maîtrise de l'Elo- 
quence. (10 a) Les grands Supersavoirs ; (10 b) 
compréhension des Secrets subtils (himitsu jjj#$5, 
sk. guhya). (11 a) Très subtil Attachement aux 
Domaines Connaissables ; (11 b) très subtile Ob- 
struction. — Tathâgataguhyagarbhasûtra T. 821 il 
(844-5) : De même qu'en soufflant sur un petit feu 
de brins de paille, il brûle peu à peu les choses 
environnantes et devient enfin un amas de feu 
grand comme le mont Sumeru, ainsi un Profane 
Puéril produit un petit Acte-Mental et une Délibéra- 
tion incorrects, s'attache fermement aux Vues qui 
en résultent et augmente ainsi peu à peu les Passions. 
D'autre part, de même que le feu doit s'éteindre, 
ainsi les Délibérations irréelles, les Passions, etc., 
quand elles ne sont plus produites, conçues, savou- 
rées, imaginées, doivent graduellement s'éteindre. 
[Même] les Passions et Délibérations faibles et 
minces sont irréelles. Apologue : Un homme qui 
entre dans un magasin de poisons, sans qu'il ait 
avalé de poison, est mortellement effrayé et se met 
à crier : "Je suis empoisonné." Un bon médecin 
lui donne un médicament irréel, et contrecarre 
ainsi par suggestion les douleurs imaginaires de son 
patient ; si le médecin lui avait donné un véritable 
médicament, il aurait succombé. Ainsi le Profane 
est tourmenté par des Passions irréelles ; l'Attraction 
est contrecarrée par l'Inspection de l'impureté 
(sk. asubhabhâvanâ, cf. K. Lav. vi, 149-152) ; la 
Haine par la Compassion ; l'Erreur par l'Ench îne- 
ment-causal. Ni les Essences contrecarrées (Passions : 
Attraction, etc.), ni les Essences contrecarrantes 
(Inspection de l'impureté, etc.) ne sont des choses 
réelles, fixes, établies. Les Passions et les Opérés 
ne viennent pas, ne s'en vont pas ; on appelle les 
Opérés "dégagés des Passions". Telle est la Matrice 
de Tg., la pureté originelle de toutes les Essences, 
même des dix mauvaises Voies de l'Acte. Le Bg. 
dit que l'Attachement non-ferme aux Passions et 
aux mauvaises Voies de l'Acte n'est pas un péché, 
mais que l'Attachement et la Prise fermes, même 
lorsqu'il s'agit d'un mal infime, constituent un péché. 
Quand il n'y a pas Résidence, Prise, Attachement 
fermes, Production de Vues, à l'endroit des cinq 
Péchés-de-Damnation-immédiate, le Bg. n'appelle 
pas cela un péché. On n'obtient pas l'Eveil par les 
bonnes Essences, de même que le bois et l'herbe 
brûlés ne renaissent ni ne repoussent. Savoir que 
les Passions naissent de l 'Enchaînement-causal est 
appelé l'Obtention de l'Eveil, c.-à-d. savoir que ces 
Essences produites sans Nature-propre sont des 
Essences Sans-Production. Un homme qui commet 
les crimes les plus graves des dix mauvaises Voies 
de l'Acte ne recevra pas une mauvaise rétribution 
dans une mauvaise Destination, s'il sait et croit 



qu'il n'y a ni Naissance ni Extinction, ni Bien ni 
Mal, ni Passionné ni Attachement. Toutes les Pas- 
sions disparaissent après leur Production ; il n'y a 
ni Péché ni Résidence permanente du Péché ou des 
Passions. — Sûtra ésotériques. — T. 781 (294 a) : La 
Nature-Propre originelle des Etres est pure ; par les 
Passions-de-passage elle peut être divisée en deux 
aspects [pur et impur]. — T. 870 (291 b) : Le Bs. 
peut ruiner ces ennemis méchants, les Passions qui 
n'ont pas de commencement. — Le Mahâvairocana- 
sûtra T. 848 1 (2-3) énumère 60 états d'Esprit mon- 
dains d'un Pratiquant de l'Application (sk. yogâ- 
câra), représentant la plupart des Passions de Vue. 
Ces 60 états d'Esprit sont désignés par les noms 
suivants, et expliqués dans les cm. Ttt. 1796 H (59 D_ 
600) et Z. I xxxvi 3 (274 sq.) : (1) Attraction ; (2) 
Non- Attraction, considérée comme une espèce 
d'Attraction : Désir du Non-Passionné ; (3) Haine ; 

(4) Bonté [de Vue et d'Amour, cf. Aiken, s.v. *Ai] ; 

(5) Erreur ; (6) Connaissance [mondaine, incapable 
d'atteindre le surhumain] ; (7) suivre l'opinion du 
Maître sans la critiquer ; (8) Doute ; (9) Esprit 
obscurci ; (10) [excès ou insuffisance de] Science ; 
(n) considérer une partie comme l'ensemble auquel 
la partie appartient ; (12) disputes avec autrui ; (13) 
désaccord avec soi-même ; (14) s'abstenir de porter 
jugement ; (15) Dieu [désirer l'accomplissement 
spontané des souhaits, sans qu'il y ait besoin d'ef- 
forts] ; (16) Asura [prendre plaisir à la Transmigra- 
tion] ; (17) Dragon [désir de richesses] ; (18) Homme 
[rendre le bien pour le bien, le mal pour le mal] ; 
(19) Femme [attachement aux désirs, au plaisir, 
aux apparences] ; (20) îsvara, dieu des hérétiques 
[convoitise du pouvoir divin] ; (21) marchand [s'oc- 
cuper trop longtemps de l'accumulation et des 
occasions d'application des doctrines, comme le 
marchand qui accumule les marchandises et cherche 
des débouchés] ; (22) paysan [rechercher l'Erudition 
en tardant à mettre en pratique la Loi, comme le 
paysan qui s'informe de l'agriculture au lieu de 
cultiver] ; (23) fleuve [suivre les deux Extrêmes, 
comme une rivière suit les rives] ; (24) étang [soif 
insatiable d'argent, de gloire, comme celle de l'étang 
jamais rassasié des eaux qu'il reçoit] ; (25) puits 
[creuser outre mesure la doctrine] ; (26) garde [ex- 
clusive] ; (27) avarice ; (28) chien [contentement 
prématuré, comme les Auditeurs le produisent : de 
même le chien est vite content d'un rien qu'on lui 
jette] ; (29) blaireau [réception passive de la Loi, 
comme le blaireau qui attend sa proie ; manque de 
reconnaissance] ; (30) Garuda [manque d'indépen- 
dance, comme le Garuda dépend de ses ailes] ; (31) 
souris [désir déraisonnable de l'Elimination des Liens, 
comme la souris prise au piège qui se débat] ; (32); 
chanson [embellir outre mesure les sermons]; (33). 
danse [s'adonner aux jeux magiques et aux Super- 
savoirs] ; (34) frapper le tambour [se préoccuper 



BONNÔ 

de l'Eloquence] ; (35) maison [observance égoïste 
des Défenses, "pro domo"] ; (36) lion [désirer être 
plus fort que les autres] ; (37) hibou [esprit troublé 
pendant la journée ; n'étudier que la nuit] ; (38) 
corbeau [avoir peur] ; (39) Râksasa [toujours cher- 
cher les mauvaises conséquences d'un bon acte] ; 
(40) épine [regretter un bon acte ; avoir peur et 
honte après un mauvais acte : épines qui piquent la 
mémoire] ; (41) caverne [amour de l'immortalité 
où l'on jouit des cinq Désirs, comme dans les cavernes 
de Dragons ou d'Asura où l'on a l'immortalité et 
de belles femmes] ; (42) vent [manque de sélection] ; 
(43) eau [se repentir de ses péchés au lieu de com- 
prendre la Non-Production du péché : croire qu'il 
faut se laver de ses péchés, comme l'eau souillée 
peut être purifiée] ; (44) feu [exubérance passagère, 
comme une flambée] ; (45) boue [manque de dis- 
cernement, comme tout est mêlé dans la boue] ; 
(46) montrer la couleur [de l'entourage : être sujet 
à la suggestion d 'autrui] : (47) planchette [Pratique 
étroite, unilatérale, délimitée comme une planchette 
qui ne peut supporter sur l'eau qu'un poids infime] ; 
(48) s'égarer ; (49) herbes vénéneuses [stupéfiants : 
inertie] ; (50) filet [Liens du Soi] ; (51) cangue [excès 
de Quiétude et d'Inspection : vie trop contemplative]; 
(52) nuage [subir l'influence des douleurs et des 
plaisirs, comme par un temps orageux où la sensi- 
bilité est exacerbée] ; (53) champ [soigner et parfu- 
mer le corps, comme le paysan soigne son champ] ; 
(54) sel [Actes-mentaux que rien n'apaise, comme 
la soif que donne le sel] ; (55) rasoir [Elimination 
superficielle du vulgaire] ; (56) mont Sumeru [esprit 
hautain] ; (57) mer [orgueil grand comme la mer] ; 
(58) trou [relâchement croissant après un enthou- 
siasme initial, comme les petits trous qui se produi- 
sent peu à peu dans les ustensiles de ménage] ; (59) 
recevoir une nouvelle naissance ; (60) singe [Dis- 
traction, inconstance]. Quand le Maître corrige 
l'Esprit de son Disciple, ces 60 états d'Esprit dis- 
paraissent l'un après l'autre. — L'Inscience produit 
les cinq Passions Radicales (sk. mûlaklesa : Attrac- 
tion, Haine, Erreur, Orgueil, Doute), qui sont cha- 
cune multipliées par deux à cinq reprises (parce 
que l'Esprit Passionné des Etres, en s'appuyant 
toujours sur les deux Extrêmes, n'obtient pas le 
Chemin du Milieu), soit au total: 5x2=10x2 — 
20 x 2 = 40 x 2 = 80 x 2 — 160 Sous-Passions. On com- 
pare l'Inscience au germe ; les cinq Passions Radicales 
aux racines ; les dix Passions Radicales (5 aiguës, 
5 obtuses) aux grandes branches ; les 160 Sous- 
Passions aux petites branches, qui partent des 
grandes branches en fourches successives de deux 
rameaux ; les 80.000 ou innombrables Passions aux 
innombrables feuilles. Le Pratiquant de l'Applica- 
tion (sk. yôgâcâra) dépasse pendant la première 
Période Incalculable la première catégorie d'Imagi- 
nation (te. kôha $#$£, td. môju 5ç$L, sk. kalpa) 



131 



BONNÔ 



des 160 Passions, appelée "grossière" ; pendant la 
deuxième Période Incalculable il dépasse la deuxième 
catégorie d'Imagination des 160 Passions, appelée 
"subtile" ; pendant la troisième Période Incalculable 
il dépasse la troisième catégorie d'Imagination des 
160 Passions, appelée "très subtile". Ensuite il 
obtient le premier état d'Esprit de la Sapience de 
B. Il y a trois groupes de trois Imaginations : (1) 
les trois Poisons ; (2) Organes, Objets et Notations ; 
(3) Acte (tronc), Passion (souche) et Inscience 
(germe). — Vinaya. — T. 1485 1 (1016 b) : Du Magasin 
de l'Inscience naissent 13 Passions [7 Vues et 6 
états d'Esprit d'Attachement]. Les 7 Vues sont : 
Vue Perverse, Vue du Soi, Vue de Permanence, 
Vue d'Elimination, Adhésion excessive aux règles 
disciplinaires, Adhésion excessive aux Fruits, Vue 
de Doute. De ces Vues naissent les 6 états d'Esprit 
d'Attachement : Attraction, Amour, Haine, Erreur, 
Désir, Orgueil. — T. 1494 (1098) : Toutes les Passions 
sont la Patience [par laquelle on admet la] Non- 
Production des Essences. — Scolastique. — Mahâpra- 
jnâpâramitâiâstra Tt. 1509 xevi (730 a): Les Pas- 
sions produisent tous les Actes, bons, mauvais et 
Indéfinis . . . L'Esprit des Passions produit les Actes 
bons, Sans-portée, Sans-faute ... Tous les états 
d'Esprit naissent simultanément avec la Sapience ; 
la Sapience doit donc exister dans l'Esprit d'Ins- 
cience. Quoique Sapience et Inscience soient des 
Essences opposées, dans l'Esprit Unique (isshin 
— ifa, sk. ekacitta, cf. Dasabhûmikasûtra T. 287 iv 
(553 a )> v (555 b) ; cf. aussi le Sraddhotpâdasâstra 
où l'Esprit Unique est subdivisé en deux Rubriques : 
Rubrique d'Ainsité et Rubrique de Mort-né) la 
Pureté et les Souillures sont produites. — Ib. 111 
(81 c) Il y a deux espèces de Passions : (1) celles 
appartenant à la Soif [Attraction], et (2) celles ap- 
partenant à la Vue [Inscience], L'élimination de la 
première catégorie s'appelle "tâche" shosa 0ff^ 
(sk. krtya). L'élimination de la seconde catégorie 
s'appelle "accomplissement" (iben £J$, sk. krta ; 
krta-krtya est une épithète de l'Arhat). — Ib. vu 
(110) Parce que toutes les Passions Entravent et 
entourent l'Esprit, on les appelle toutes Enveloppe- 
ments. Il y a dix Enveloppements : Haine, Dissimu- 
lation, Torpeur, Somnolence, Vains-propos, Exal- 
tation, Indignité, Impudence, Avarice, Jalousie . . . 
Il y a deux espèces de Passions : (1) d'attachement 
interne : les 5 Vues, Doute, Orgueil, etc., (2) d'at- 
tachement externe : Désir (in ^), Haine, etc. 
L'Inscience est à la fois interne et externe ... Les 
Passions sont appelées kesshi fâî$i "Entraves- 
Résidus". — Ib. xvn (189) La Prise du Caractère 
de la Distraction produit les Passions, Haine etc. ; 
la Prise du Caractère de la Concentration et de 
l'Extase produit l'Attachement. Chez le Bs. il n'y 
a Prise ni de l'un ni de l'autre. — Ib. xx (209 a-b) 
L'Esprit de toutes les Passions, pratiquées par les 



BONNÔ 

gens de peu (shônin /]\ A.)> produit de petites choses ; 
c'est pourquoi on appelle [leurs Passions] "petites". 
Parmi ces Passions, toutes petites, on appelle [par- 
ticulièrement] petites ces 4 Passions : Répulsion, 
Rancune, Haine, Mordant. L'Esprit qui a détruit 
la Répulsion et la Rancune s'appelle "large" ; 
l'Esprit qui a détruit la Haine s'appelle "grand" ; 
l'Esprit qui a détruit le Mordant s'appelle "Incom- 
mensurable". . .Le désir de se livrer à la Grossièreté 
de langage, d'injurier, de tuer, de blesser, de voler, 
s'appelle Répulsion. Guetter [préméditer, calculer] 
le moment et l'endroit opportuns pour nuire de 
toute sa force s'appelle "Rancune". . .La Rancune 
qui dure longtemps devient de la Haine . . . Porter 
préjudice par un Acte corporel ou oral . . . , l'Esprit 
étant fixé, sans peur, s'appelle "Mordant". — Ib. 
xxvn (260 c, 261 b-c) ; Les Arhat, les B.-pour-soi et 
les Bs., qui ont obtenu la Patience de la Non-Produc- 
tion des Essences, n'éliminent que [le Travail des] 
Passions (sk. klesasamudâcâra, cf. Dasabhûmika- 
sûtra, éd. Rahder p. 71), tandis que le B. [qui possède 
l'Omniscience] n'élimine pas seulement [le Travail 
des] Passions, mais aussi leurs Imprégnations. — 
Ib. xxxix (346 a) Les Auditeurs disent : Les En- 
traves, Haine, Vue Perverse, etc. constituent un 
péché grossier ; les Entraves, Amour, Orgueil, etc. 
constituent un péché subtil. Les affections (kaku 
H, sk. vitarka) du Désir, de la Haine, du Mordant 
sont appelées grossières ; les affections relatives 
au village, à la patrie, à l'immortalité (cf. ci-dessus 
Samyuktâgama T. 99 xxvi), sont appelées subtiles ; 
l'affection du Bien seul est appelée très subtile. Mais 
dans le G.V. tout cela est appelé grossier, et consti- 
tue des péchés grossiers. — Ib. xli (361 b) L'Impres- 
sion est la base de tous les Liens mondains ; c'est 
à cause de l'Impression que naissent les Entraves 
et Résidus. L'Impression de Plaisir produit la 
Cupidité ; l'Impression de Douleur produit la 
Haine ; l'Impression qui n'est ni Plaisir ni Douleur 
produit l'Erreur. Ces trois Poisons produisent les 
Passions et l'Enchaînement-causal des Actes. — Ib. 
lxxxvi (662 b) On dit sommairement que les Entrés- 
dans-le-courant et les A-retour-unique éliminent 
3 Entraves, [et en subdivisant,] 88 Entraves. Les 
Sans-Retour éliminent les 5 Entraves inférieures 
[cf. sup. Âgama], [et en subdivisant,] 92 Entraves. 
Les Arhats épuisent les 3 Ecoulements, [et en sub- 
divisant,] toutes les Passions. — Yogâcârabhûmiéâstra 
Tt. 1579 vin (314 b-c) : variétés des Passions : 9 
Entraves, 3 Liens, 7 Résidus, 3 Sous-Passions, 8 
Enveloppements, 4 Courants, 4 Jougs, 4 Appro- 
priations, 4 Attaches du Corps (Attraction, Haine, 
Adhésion excessive aux règles disciplinaires, entête- 
ment de celui qui dit : ceci est vrai (shijitsushûshu 
jtfclftiJtëX sk. idamsaccâbhinivesa), 5 Revêtements, 
3 Ecoulements [puis les noms suivants donnés aux 
3 Poisons, Attraction, Haine, Erreur] : 3 troncs, 3 



132 



BONNÔ 



Souillures, 3 Violences, 3 flèches, 3 Propriétés, 3 
mauvaises pratiques, 3 Racines du Mal, 3 manques, 
3 brûlures, 3 Mordants, 3 causes de disputes, 3 
flammes, 3 fièvres, 3 Fourrés, 3 obstacles. — Ib. LV 
(603 c) 15 variétés de Passions : (1) internes ; (2) 
externes ; (3) à abandonner par la Vue [des Vérités] ; 
(4) à abandonner par l'Exercice ; (5) comprises dans 
les Enveloppements des bonnes Destinations ; (6) 
id. des mauvaises Destinations ; (7) comprises dans 
les Résidus ; (8) de la catégorie faible ; (9) de la 
catégorie moyenne ; (10) de la catégorie supérieure 
[forte] ; (11) du Degré de la Distraction; (12) du 
Degré de l 'Exaltation-Remords ; (13) du Degré 
mince ; (14) du Degré du Domptage (seibuku fljlJtJc) ; 
(15) du Degré du Dégagement des Attaches. — 
Vijnaptimâtratâsiddhi Tt. 1585 iv (22 a-b) (S. Lav. 
2 55 S Q-) : Le Mental [Passionné] est associé aux 
quatre Passions Radicales : Erreur du Soi (c.-à-d. 
l'Inscience : ignorer l'Idéal du Non-Soi), Vue du 
Soi (considérer le Non-Soi comme Soi), Orgueil 
du Soi, Amour du Soi (sk. âtmasneha, Attachement 
au Soi imaginé). Ces quatre sont appelées Passions, 
parce 'qu'elles troublent et salissent l'Esprit interne 
(Notation du Tréfonds), de telle sorte que les [six] 
Notations externes de Fonctionnement deviennent 
Pleinement-Passionnées ; parce qu'elles empêchent les 
Etres d'échapper à la Roue de la Transmigration. — 
Il y a dix Passions ; pourquoi le Mental [Passionné] 
n'en [possède-t-il] que quatre ? — A cause de l'Exis- 
tence de la Vue du Soi les autres Vues ne naissent 
pas, parce que dans un seul état d'Esprit il n'y a 
pas deux sortes de discernement (sk. prajnâ). — 
Pourquoi le Mental [Passionné] doit-il posséder la 
Vue du Soi ? — Parce que les deux Adhésions et la 
Vue Perverse sont exclusivement produites par 
l'Imagination-particulière et sont à abandonner par 
[le Chemin de] la Vue, [tandis que] les Passions 
associées au Mental [Passionné] sont exclusivement 
Innées et à abandonner par l'Exercice. La Vue du 
Sien (sk. âtmîyadrsti) et la Vue des Extrêmes nais- 
sent en s 'appuyant sur la Vue du Soi ; or la Vue 
associée au Mental ] Passionné] ne naît pas en s 'ap- 
puyant sur cela [la Vue du Soi] ; [en effet] elle prend 
toujours l'intérieur [Notation du Tréfonds] pour 
un Soi, et c'est pourquoi elle doit être la Vue du 
Soi. — A cause de la certitude de cette Vue, le Doute 
ne peut se produire [c'est pourquoi le Doute, qui 
est une des dix Passions, n'est pas associé au Mental 
Passionné]. A cause de l'Attachement au Soi qu'est 
l'Amour (sk. sneha), la Haine ne peut pas naître. 
C'est pourquoi le Mental n'est associé qu'à quatre 
Passions. . . [Ces quatre Passions] sont Innées, d'Objet 
intérieur, apprécié (ji ^p), subtil, et sont différentes 
des [autres Passions, produites par] l'Imagination- 
particulière, d'Objet extérieur, méprisé, grossier. 
[Cf. cm. Ttt. 1830 v a (395 c) : l'Objet intérieur est 
aimé et produit l'Orgueil, tandis que l'Objet ex- 



BONNÔ 



133 



BONNON 



térieur produit l'Orgueil seul sans amour.] — Ib. 
VI (23 b) : Le Mental [Passionné] est muni de 18 
Essences de r]Ordre-de-l'Esprit : 5 Omniprésents, 
4 Passions Radicales [Erreur du Soi, etc.], 8 Sous- 
Passions [Hébétement, Exaltation, Absence de Foi, 
Mauvaise-volonté, Négligence, Mémoire-dérobée, 
Distraction, Inexactitude], et une Sapience d'objet 
pécial. — Ib. v (23 c) Les quatre Passions Radicales 
Erreur du Soi, etc.] obstruent le Chemin, obscurcis- 
sent l 'Esprit-propre ; on les appelle à-Revêtement 
(ubuku ^TJS, sk. nivrtta). N'étant ni bonnes nim au- 
vaises, on les appelle Indéfinies, de même que les 
Passions des deux Plans supérieurs, embrassées par la 
Force de la Concentration, sont comprises [dans la 
catégorie] Indéfinie. Ou encore, on appelle [les quatre 
Passions Radicales] Indéfinies parce que leur Réci- 
pient est subtil, et parce qu'elles Fonctionnent 
spontanément . — Mahâyânâbhidharmasangîtiéâstra é- 
cole Hossô] Tt. 1605 iv (678 c) : Dans le Plan de 
Désir, il y a 10 Passions (énumérées ci-dessus : 
Abhidharmakosa) à abandonner par la Vue [de 
chacune des quatre Vérités] ; [total : 40 Passions]. 
— Dans les Plans du Formel et du Sans-Forme, il 
y a 9 Passions [les 10 Passions fondamentales moins 
la Haine] à abandonner par la Vue de chacune des 
quatre Vérités [total: 2x36 — 72 Passions]. — Dans 
le Plan de Désir il y a 6 Passions Innées [Vue d'un 
Ensemble-de-réalités, Vue de Prise des Extrêmes, 
Attraction, Haine, Orgueil, Inscience] à abandonner 
par l'Exercice ; dans les deux Plans supérieurs il y 
a 2 fois s Passions (les 6 Passions Innées moins la 
Haine) à abandonner par l'Exercice [total : 16 Pas- 
ions]. — [Grand total : 128 Passions.] — Ecole Tendai. 
— Ttt. 191 1 1 a (1 c-2 a) : La Passion de l'Inscience, 
'est (sokuze tPê) l'Eveil. . .La Passion, c'est la 
Sapience. — Ib. 1 b (9 a) L'Attraction, la Haine, 
'Erreur, c'est l'Eveil. La Passion, c'est l'Eveil. C'est 
ce qu'on appelle la Vérité de la Formation. — Ib. 
v b (46 a) Les 5 Revêtements, en tant que Résidus 
btus (Troubles d'ordre affectif], obstruent la pre- 
mière Extase ; en tant que Résidus aigus [Troubles 
d'ordre intellectuel], les 5 Revêments obstruent la 
Vérité.— Ttt. 1717 vu (868 c) : L'Ecole Tendai 
nseigne trois Passions ou trois Troubles, d'après le 
Mahâprajnâpâramîtâsâstra. L'Obstruction de la Con- 
aissance embrasse Fait et Idéal. Ce qui obstrue la 
Connaissance des Faits, c'est le [i er ] Trouble, celui 
des grains de poussière (jinja JH$?, Erreurs innom- 
rables). Ce qui obstrue la Connaissance de l'Idéal, 
c'est le [2 e ] Trouble, celui de l'Inscience. L'Obstruc- 
tion des Passions, à abandonner par le Chemin de 
a Vue et de l'Exercice, constitue le [3 e ] Trouble, 
dit kenjiwaku HJSiËS- — Dnbz. xxiv (34-35) : Dans 
es dix Degrés de Foi est dompté le Trouble de la 
Vue et de l'Exercice des 3 Plans. Dans la I e Ré- 
sidence, on élimine le Trouble de la Vue. A partir 
ie la 2 e Résidence jusqu'à la 7 e Résidence, on élimine 



le Trouble de l'Exercice. De la 8 e à la 10 e Résidence, 
on élimine les Imprégnations. Dans les dix Degrés 
de Conduite on écarte le Trouble des Grains de 
Poussière, de ce qui est en dehors des 3 Plans [kaige 
-^.H, c.-à-d. le Domaine de la Transmigration par 
Métamorphose et des Actes sans-Ecoulement]. Dans 
les dix Degrés de Déflexion, on progresse dans 
la pratique de l'Inspection du Milieu, et l'on dompte 
le Trouble de l'Inscience. Dans les 10 Terres, on 
commence à Attester le Chemin du Milieu . . . Dans 
le Degré de l'Eveil Egal, on avance de nouveau et 
l'on élimine une catégorie d'Inscience ; on Atteste 
une partie du Chemin du Milieu. Puis le Degré de 
l'Eveil Merveilleux est marqué par l'élimination 
d'un nouvelle catégorie d'Inscience, après quoi il 
est appelé Eveil Merveilleux complet. — Termes 
composés. — Bonnôbyô ~^ maladie des Passions T. 

374 (375 c), Ttt. 191 1 va (53 b). dei ~$2 boue 

des Passions T. 475 il (549). — ~dô ~M (sk. klesa- 
vartman) chemin des Passions Ttt. 191 1 ni b (30 b). 
— ~doku ~^f§ poison des Passions T. 475 (553 c). — 
~gôramô ~%V$$?fâ ( s ^- klesajâla) filet des Passions 
T. 190 (774 c). — ~hyô ~;»fC glace des Passions 
[dont la substance est identique à celle de l'eau, 
c.-à-d. de l'Eveil ou de l'Essencité : bodaisui ^^7j<] 
S. xxxix 9 (8 a) ; cf. Ttt. 191 1 v a (56 b). — ~jin 
~P^ armée des Passions Ttt. 191 1 v a (49 a). — 
~joku ~^ eau trouble des Passions T. 366 (348 a), 
T. 262 1 (7 b). — ~ga ~V6! fleuve des Passions T. 
449 (402 c). — ~kai ~ïlj: Mer des Passions T. 397 
(302). — ~ku ~l]à Souillure de Passion T. 278 
(402 b). — ~kyokushi ~jjp|îpj épines des Passions 
T. 660 (314 c). — ~ma ~]|| les Passions comme 
démons Tt. 1509 (99 b). — ~muhen{shu)seigandan 
~ M'MiWÛ^SMWî Vœu d'éliminer les Passions Incal- 
culables Ttt. 191 1 v a (56 a) ; Dnbz xxxi (43 a). — 
~netsu ~j|& fièvre des Passions T. 665 (412 b-c). — 
~n'« ~^c forêt des Passions Ttt. 1819 il (843 b). — 
~sen ~jjj montagne des Passions T. 660 (311 c). — 
~shaku ~;jjfc banc de sable des Passions T. 190 
(819 c). — ~shin ~ifir combustible des Passions T. 

2 93 (7 21 a )- sn ô ~W Obstruction qui consiste 

en Passion Tt. 1509 (100 a), T. 374 (428), T. 375 
(670 a), T. 397 (301 a). — ~shû ~ff Imprégnation 
de Passion Tt. 1509 (686, 260 c). — ~yaku ~t)jj 
Joug des Passions T. 99 xxn (150 b). — ~yo ~f& 
reste des Passions Tt. 16 10 (802), Ttt. 1846 (244). — 
~zoku ~$Jt, Passion comme brigand T. 365 (341 c), 
T. 476 (576 b).— Kongôbonnô ifc%\]fâ^ Passions dures 
comme le Diamant T. 411 (728). 



BONNON ftfê, ou bonshô &§£, bonkô 
etc. ; sk. brahmasvara, p. b°ssara, tib. chans pa'i 
dbyans Mvy. 248. — Voix brahmique, terme désignant 
la voix des B. (et parfois des Bs.) ; c'est un des 32 
Caractères des Grands Mâles (cf. *Sô, sk. laksana). 
— T. 262 1 ( = Lotus 6) : Je vois aussi les B., ces lions 



BONNON 



134 



BONNON 



parmi les rois, qui énoncent les sûtra . . . Leur voix 
brahmique, profonde et merveilleuse, est un délice 
pour ceux qui l'entendent. — T. 360 il (273 a, 8) 
La voix brahmique [d'Amida] est pareille au ton- 
nerre. — Tt. 1524 (231) La voix brahmique des 
Tg., aux sons subtils et merveilleux, s'entend dans 
les dix directions. — T. 1 1 La voix brahmique [des 
Grands Mâles] est pure et claire. — T. 26 xi Elle 
est délicieuse comme la voix de l'oiseau kalavinka 
(cf. *karyôbin). — T. 223 ccclxxxi Que l'assemblée 
soit grande ou petite, chacun l'entend également : 
tantôt elle est tonitruante comme le tambour céleste, 
tantôt douce comme le murmure du kalavinka. — 
T. 220 dlxvii (928) Même Indra, Brahmâ et les 
autres Dieux, dont les Mérites sont minimes, pos- 
sèdent une voix dont la portée est profonde et loin- 
taine ; à combien plus forte raison les Tg., qui 
durant des Millions de Périodes innombrables ont 
accumulé les Mérites ! — Dirghâgama T. 1 v (35 b-c) 
La voix brahmique du B. a cinq qualités pures : (1) 
elle est correcte ; (2) harmonieuse ; (3) pure et 
claire ; (4) profonde et pleine ; (5) elle a une portée 
universelle. — Autre liste de cinq qualités Mahâp 
pâr°sâstra Tt. 1509 iv (91) : La voix brahmique, 
qui est un Caractère des Grands Mâles, est pareille 
aux cinq sortes de sons qu'émet Brahmâ, le roi des 
Dieux : (1) elle est profonde comme le tonnerre ; 

(2) pure et claire, elle s'entend au loin, et fait le 
délice des auditeurs ; (3) pénétrante, elle inspire 
le respect ; (4) elle est facile à comprendre ; (5) on 
ne se lasse pas de l'écouter. Telles sont aussi les 
cinq intonations qu'émettent les Bs., pareilles à la 
voix du kalavinka. — La voix brahmique a huit 
qualités, dites Membres (sk. p. anga). T. 360 11 
(273) La voix brahmique est pareille au tonnerre ; 
ses huit sons (hatton AÇ) retentissent merveilleu- 
sement. — T. 278 vi Pour prêcher la loi selon le 
désir des auditeurs, il y a huit variétés de voix brah- 
mique (hasshu bonnonjô AfÈJ£îkÏÏ£) • • ■ huit sortes 
de sons (hachibuon AnftW) pour énoncer les quatre 
Vérités. — T. 1 111 (19) De sa voix octuple, le B. 
enjoint à Ânanda de prendre de l'eau. — T. 579 II 
Huit sortes de sons brahmiques, comme la voix 
du kalavinka. — Ces huit qualités (parfois désignées 
en abrégé par le terme hachibon A&> Gog. 1 ; en 
p., atthanga samannâgata brahmassara, p. ex. Dîg. 
Nik. II, 211) varient selon les textes. Liste de T. 76 : 
(1) précellente ; (2) facile à comprendre ; (3) douce ; 
(4) harmonieuse ; (5) vénérable et sage ; (6) infail- 
lible ; (7) profonde ; (8) pas féminine. Liste de T. 
309 vin (1030) : (1) ni masculine, (2) ni féminine ; 

(3) ni forte, (4) ni faible ; (5) ni pure, (6) ni impure ; 
(7) ni mâle, (8) ni femelle. D'après Ttt. 1733 iv, la 
première de ces listes se rapporte aux Caractères 
de la voix brahmique, la seconde à sa Nature même. 
— Liste de Ttt. 1925 m b : (1) précellente ; (2) douce ; 
(3) harmonieuse ; (4) vénérable et sage ; (5) pas 



féminine ; (6) infaillible ; (7) profonde ; (8) iné- 
puisable. Dms. xxxi, commentant cette liste, ex- 
plique "pas féminine" par "virile, redoutable". — La 
Vibhâsâ Tt. 1545 clxxvii (889 a) donne une liste 
de huit Mérites de la voix brahmique dont presque 
tous les termes se retrouvent dans les listes de cinq 
citées ci-dessus : Le B. a dans sa gorge un Elément 
merveilleux qui lui permet d'émettre des sons brah 
miques, agréables et harmonieux comme la voix 
du kalavinka, ou bien profonds et tonitruants comme 
le tambour d'Indra ; sa voix brahmique a huit 
Mérites : elle est (1) profonde ; (2) harmonieuse ; 
(3) claire ; (4) agréable à l'oreille ; (5) pénétrante ; 
(6) réjouissante ; (7) facile à comprendre ; (8) on 
ne s'en lasse pas. — Dix qualités de la voix des Tg. 
Avatarhsakasûtra T. 279 li (268) [et cm. Ttt. 1735 
xlix (876)] : (1) elle a une portée universelle et dispose 
de sons innombrables ; (2) elle réjouit les auditeurs 
selon leurs désirs, en énonçant la Loi avec clarté ; 
(3) elle les réjouit en se conformant à leur foi et a 
leur intelligence, et en purifiant leur Esprit ; (4) 
elle les convertit de façon opportune [en tenant 
compte des circonstances], chacun entendant ce 
qu'il lui convient d'entendre ; (5) elle est [en son 
essence interne] sans Production ni Barrage, comme 
un cri [continu] ; (6) elle est impersonnelle (mushu 
|H§3£), n'étant qu'un produit de tous les Actes an 
térieurs ; (7) elle est très profonde, étant incommen 
surable ; (8) elle est infaillible, car elle tire son 
origine du Plan des Essences ; (9) elle est ininter- 
rompue, car elle s'étend à tout le Plan des Essences 
(10) elle est sans changement, étant Aboutissement 
— Soixante qualités (Membres, sk. p. anga) de h 
voix de B., énumérées Mvy. 445-504 (sk. sastyanga 
svara) ; la 38 e est d'être "chantante comme la vob 
brahmique". Même liste Tt. 1604 vi ( = Mahâyâ 
nasûtrâlarhkârasâstra, td. Lévi 142-145 : Buddhasy« 
sastyâkârâ vâk) ; mais T. 310 x (55-56) donne un< 
liste un peu différente, où la "voix brahmique" n< 
figure pas. — D'autre part, le Lankâvatârasûtra T 
670 m, 671 v, 672 iv (sk. éd. Nanjô m, 142-143 
mentionne soixante-quatre "Morphèmes de la vob 
brahmique ' ' (catussastyâkârabrahmas vararutaghosa) 
Qu'est-ce, ô Mahâmati ! que l'Egalité de parole de; 
B. Tg....? De même que je produis une parol< 
dont les sons sont ceux de la voix brahmique à soi 
xante-quatre Morphèmes, ainsi la produisent toui 
les autres B....et cette parole est sans augmenta 
tion, ni diminution, ni différenciation ; car elle i 
pour Nature-propre les sons de la voix brahmique 
[pareille à la voix] du kalavinka. — Ces soixante 
quatre Morphèmes sont énumérés T. 312 vu (719 
720) ; le 38 e est la "voix brahmique". Ttt. 1535 xxn 
(721-722) ramène ces soixante-quatre aux hui 
"Membres de la voix brahmique" (cf. sup.) multi 
plies par les huit cas de la déclinaison sk. — Le. 
textes canoniques font fréquemment allusion aiu 



BONSHÔ 



135 



BÔRU 



soixante variétés de la voix de B. ; ainsi T. 279 xxix 
(158 c), ib. xlvi (244, où chacune des variétés est 
subdivisée en 500 parties, elles-mêmes subdivisées 
en sons innombrables), T. 660 iv (299, où il est dit 
que la voix des Bs. comporte 60.000 sons différents, 
qui pénètrent l'Espace et tous les Plans d'Essence, 
et pleuvent sur les Etres comme une pluie de Loi), 
T. 223 lvii (322, rokujûmimyôshion TA+lHiJ^Ç), 
etc. — Le terme bonnon "voix brahmique" s'emploie 
aussi pour désigner la Psalmodie ou plain-chant 
bouddhique, et plus spécialement, au Japon, une des 
quatre pièces de Psalmodie qui constituent l'hym- 
naire de langue chinoise ; cf. *Bombai. — Sur la voix 
de B. en tant qu'infinie et unique, cf. *Button. 

BONSHÔ jyg, les Profanes (cf. *Bombu) et les 
Saints (cf. *Shô), identifiés par Sôjô (Seng tch'ao) 

f {'$, disciple de Kumârajîva, dans les formules 
célèbres Bonshôichinyo Jtig— #H, Bonshôfuni J\JgL 
H*Z1 "Profanes et Saints relèvent de la même et 
unique Ainsité ; entre eux, pas de dualité". Cf. 
dans Ttt. 1775 iv (362 a) son cm. à ce passage du 
Vimalakîrtinirdesasûtra T. 475 1 (542 b) : Tous les 
Etres sont Ainsité ; toutes les Essences sont Ainsité ; 
tous les Saints sont Ainsité, et Maitreya aussi est 
Ainsité . . . L'Ainsité, c'est la non-dualité, l'indif- 
férencié ... Si Maitreya obtient l'Eveil complet- 
correct-sans-supérieur, tous les Etres doivent aussi 
l'obtenir (cf. *Bodai). Et aussi Ttt. 1857 (148 c), 
qui est un traité original de Sôjô : Un homme dont 
la Nature-propre est pure, qui recèle en lui-même 
l'Unité, et qui pendant la vie n'a point de Con- 
notations illusoires, est un Saint ; mais dans l'Ultime 
Réalité il n'existe point d'Essence de Saint, et si le 
Saint se distingue du Profane, c'est dans une mesure 
atomique (infime). Un homme dont la Nature- 
propre est pure, qui recèle en lui-même l'Unité, 
mais qui produit au cours de sa vie des Connotations 
illusoires et souille ainsi son Substantiel-propre, 
c'est un Profane ; mais dans l'Ultime Réalité il n'y 
a point d'Essence de Profane. . .C'est pourquoi il 
est dit dans le Sûtra : La Nature de B. est Egale ; 
elle est vaste, infinie ; entre Profanes et Saints, point 
de dualité ; tous les Etres possèdent au complet la 
Nature de B., et il n'est pas jusqu'aux plantes, aux 
arbres, aux fourmis, aux atomes, aux poils, aux 
cheveux, qui ne recèlent l'Unité en eux-mêmes. . . 
— Dans le Système des "dix Plans d'Essence" 
(jippokkai +*£!?.) de l'école Tendai, les Profanes 
appartiennent aux six Plans inférieurs (Enfers, 
Trépassés, Animaux, Asura, Hommes, Dieux) et les 
Saints aux quatre Plans supérieurs (Auditeurs, 
B.-pour-soi, Bs. et B.) ; d'où l'expression Rokubon- 
shishô AH.E9IE Ttt - 1912 v b. D'autre part, d'après 
le système des quatre Terres qui est propre à cette 
même école, Profanes et Saints résident ensemble 
dans la première Terre, dite Bonshôdôgodo Jil^fn] 



lî;fc> laquelle se subdivise en terres pures et en 
terres impures ; cf. *Shido. — L'école Shingon ré- 
partit les Profanes entre les Enfers, les Trépassés, 
les Animaux, les Hommes et les Asura-Deva, tandis 
que les Saints sont Auditeurs, B.-pour-soi, Bs., 
B. (soit Gombutsu $JH#i soit Jitsubutsu 'ff^t») ; d'où 
l'expression Gobon-goshô j£ JL5.1& Hzks. vi. 

ÎBORITA &!££=sk. vrata, p. vat[t]a ; td. kin 
^ "interdiction" Ttt. 1796 xvn (751 c). — Obser- 
vance rituelle ; cf. Kaigon $C*g, s.v. *Kai. 

JBORON ^,p§0fc Tt. 9S7 (322 b), ou %&& T. 
951 1 (226 c), ffîmmW T. 952 1 (264 c), #**P$ 
T. 953 1 (287 a), etc. = sk. bhrûrh, Formule es. ; 
c'est le Germe de *Kinrimbucchô ^"lii^jM (sk. 
Usnîsacakra, cf. *Bucchô), qu'on appelle "Kinrin à 
la lettre unique" (Ichijikinrin — ^^|j») parce que 
cette Formule ne comporte en sk. qu'un seul groupe 
graphique. 

BÔRU (ou boru) ^ôfg, *||flft, anc. éc. bôga ^pl ; 
sk. ogha, tib. chu bo. — Courant. — Terme désignant 
les Passions (ou plus précisément leurs Résidus, sk. 
anusaya) lorsqu'elles sont très violentes : elles en- 
traînent les Etres comme le courant d'un fleuve qui 
déborde entraîne maisons et arbres. — Tt. 1588 xx 
( = K. Lav. v, 80) Les Résidus sont nommés Cou- 
rants, parce qu'ils entraînent dans leur bouillon- 
nement les bonnes Rubriques [c.-à-d. tout ce 
qu'il y a de bon chez les Etres] . . . Lorsqu'ils sont 
très violents, les Résidus sont nommés Courants ; 
en effet, si les Etres y tombent, ils sont emportés 
sans pouvoir résister, car le bouillonnement en est 
irrésistible. — Vibhâsâ Tt. 1545 xlviii Trois sens du 
mot Courant : "agitation bouillonnante", "flux 
qui ressaute", "submersion" : les Passions, etc., 
entraînent les Etres, de toutes les Destinations et 
de tous les Plans, dans les Transmigrations, en les 
agitant dans leur bouillonnement, en les élevant 
aux ressauts de leur flux, en les submergeant. Mais, 
demande-t-on, si le mot Courant se définit par 
"submersion" (tsuideki H$^), on ne peut classer 
parmi les Courants les cinq Entraves supérieures 
(sk. ûrdhvabhâgîya sarhyojana, K. Lav. v, 87 ; cf. 
*Ketsu et *Bonnô), puisque ces Entraves impli- 
quent la renaissance dans des Plans supérieurs 
[Formel et Sans-Forme] (donc une évolution ascen- 
dante). On répond : Dans le cas des Entraves supé- 
rieures, on se place au point de vue des Plans et des 
Terres ; dans le cas des Courants, au point de vue 
du Chemin de la Libération. En effet, même ceux 
qui sont nés au Dernier Etage de l'Existence (*uchô, 
le plus élevé des cieux Sans-Forme) peuvent être 
submergés par les Courants, et ainsi ne point at- 
teindre la Libération et la Voie sainte. Le Vénérable 
Myôon j&% (Ghosa) dit que, même si depuis 



BOSATSU 



136 



BOSATSU 



longtemps on naît de plus en plus haut, on peut 
être submergé par les Courants, car ils font rétro- 
grader les bonnes Rubriques ; et le Vénérable Saju 
2t*s£ dit qu'on appelle Courants les Passions violentes 
et chroniques (cf. K. Lav. iv, 202). — Les mêmes 
sources répartissent les Courants en Courants de 
Désir, d'Existence, de Vue et d'Inscience. Cette 
quadruple répartition se retrouve dans le Mahâ- 
parinirvânasûtra T. 374 xxvn, où le Nirvana est 
comparé à un îlot que ne peuvent emporter les 
quatre Courants ; cf. aussi Tt. 1552 iv, Ttt. 1851 
v a, etc. — De plus, Tt. 1588 xx ( = K. Lav. v, 73-75) 
et Tt. 1545 xlviii subdivisent ces quatre catégories 
de Courants en 108 éléments : dans le Plan du 
Désir, 29 Passions ; dans les Plans de l'Existence 
(Formel et Sans-Forme), 28 Résidus ; dans les 
trois Plans, 36 Vues et 15 Insciences. — Le Courant 
est aussi l'image du perpétuel devenir, ses vagues 
étant comparées aux incessantes Transformations 
de l'Esprit, comme dans la stance fameuse du San- 
dhinirmocanasûtra T. 676 1 : La Notation d'Attri- 
bution-personnelle, très profonde et subtile, [évolue 
avec] tous les Germes comme un Courant, etc. ; 
et cm. Tt. 1585 m ( = S. Lav. 174) Frappée par les 
Facteurs, elle produit, telles des vagues, les Nota- 
tions de Fonctionnement ; mais elle-même, telle 
un Courant, est toujours continue (cf. aussi S. Lav. 
iSb-îSJ 5 Ghanavyûha T. 681 1 [727 b), III [746 c) ; 
et *Adana, *Araya). — Le rêve est également comparé 
à un Courant que l'éveil interrompt Tt. 1579 lxxiii. 

BOSATSU |£g| = sk. bodhisattva, p. bodhisatta ; 
tib. byah cub sems dpa' "héros d'Esprit d'Eveil". 
— Autres te. fusatsu $^j$t Ttt. 2128 x, xvi, bodaisatta 
llifêWM passim, gH^É Ttt. 1796 1, mojisattaba 
PjitËUtBlÉ Ttt. 1709 11 c. makabodaishicchisatta 
MM1Ê$k'k i fcWM = sk. mahâbodhicittasattva Ttt. 
181 1 1. — Td. dôshujô M^ëE "Etre de Voie" (anc. 
éc. p. ex. Ttt. 1851 xiv), dôdaishinshujô jft;fc'|>^4 
"Etre de grand Esprit d'Eveil" (anc. éc. p. ex. Ttt. 
!775 !)» daiji ;fc±- "grand héros" (p. ex. T. 225 1, 
T. 292 iv, T. 310 1, Ttt. 1775 1), kaiji ^j± "héros 
qui ouvre [la Voie]" (p. ex. Ttt. 1718 11 a, Ttt. 1778 
1, Gog. iv), shôji jE:t "vrai héros" (p. ex. T. 292 
iv, T. 360 11, T. 397 vin) ; nouv. éc. kakuujô -ff^ÉTfpf 
"Etre d'Eveil". — Aperçu général. — Dans 'e P.V. ce 
mot désigne en principe, à leur stage antérieur, les 
quelques B. que reconnaît ce V., et principalement 
Sâkyamuni, depuis le moment de leur Vœu dans 
un passé éloigné jusqu'à l'attestation de l'Eveil. 
Mais la Vibhâsâ discute déjà les motifs qui peuvent 
autoriser les Etres en général à s'appeler Bs., et le 
Kosa insiste sur l'altruisme des Bs. Selon le G.V. 
tout Etre est un Bs., tout au moins virtuel, car tout 
Etre (sk. sattva) a en lui les germes de l'Eveil (sk. 
bodhi). — Les anciennes écoles de l'Inde se sont 
appliquées à marquer avec précision les étapes de 



la longue carrière qu'ont à fournir les Bs. Le point 
de départ en est la Production de l'Esprit d'Eveil 
(cf. Bodaishin, s.v. *Bodai), suivie du Vœu de devenir 
B. (cf. *Gan) ; la confirmation de ce Vœu est obtenue 
par une Prophétie (cf. *Juki) reçue d'un B. Avant 
d'atteindre le terme final, le Bs. doit traverser des 
périodes qui confondent l'imagination, mais que 
la scolastique prétend calculer avec rigueur : le 
P.V. s'était déjà exercé à ces supputations ; le Kosa, 
et dans le G.V. l'école Yogâcâra, en fixent la durée 
à trois Incalculables suivis de Cent Périodes. Dans 
l'intervalle, le Bs. du G.V. doit pratiquer les Perfec- 
tions (cf. *Haramitsu) au nombre de Six ou de 
Dix : Don, Défenses (moralité), Patience, Bonne- 
volonté, Extase, Sapience, auxquelles peuvent s'ajou- 
ter : Moyens, Vœu, Forces et Connaissances. Son 
ascension progressive est théoriquement répartie en 
dix stades appelés Terres (cf. *Jûji) précédés d'une 
sorte d'introduction appelée Pratique de Convic- 
tion. Les Terres s'échelonnent ainsi : Joyeuse, 
Immaculée, Clarifiante, Radieuse, Dure-à-gagner, 
Droit-en-face, Va-loin, Immobile, Bonne-pensée, 
Nuage d'Essence ; on parvient ensuite à la Terre 
de B. Les Dix Terres ont été à leur tour incorporées 
dans un système plus large, où elles couronnent 
une série de Degrés dont le nombre varie d'un texte 
à l'autre ; le chiffre total est le plus ordinairement 
de 52 Degrés (cf. *Gojûnii). Mais, derrière cet 
appareil scolastique, l'inspiration fondamentale qui 
anime le Bs. dans toute sa carrière, c'est la volonté 
inébranlable d'être utile à autrui. Le P.V. se con- 
tentait d'enseigner une méthode de salut personnel 
qui promettait comme fin suprême le Nirvana, l'ex- 
tinction à jamais de toute personnalité. Le Bs. au 
contraire reste de propos délibéré dans l'activité, 
qui est la souffrance ; mais son activité est pure, 
car elle est dégagée de tout intérêt, de tout attache- 
ment. Le Bs. est une sorte de saint ou d'ange, qui 
forme le trait d'union entre les Etres et les B. ; il 
participe des uns et des autres : comme les Etres, 
il vit dans le monde, sans être astreint à la vie monas- 
tique comme dans le P.V. ; le jeu normal de ses 
Actes ne peut le conduire qu'à de hautes Destina- 
tions, mais quand l'intérêt d'autrui le réclame, il 
s'abaisse de son propre choix aux Destinations 
inférieures. Comme les B. il possède les Caractères 
merveilleux ; il leur ressemble de si près qu'il ap- 
paraît souvent comme un B. vivant, équipé de tous 
les pouvoirs d'un B. En dehors de toutes les spécu- 
lations scolastiques, le Bs. est par excellence le 
"héros" de la charité et du sacrifice ; c'est autour 
de cette notion, sèchement abstraite à son point de 
départ, que se condense et se groupe tout ce que le 
bouddhisme contient de sensibilité attendrie, de 
dévotion exaltée, de charité ardente, de passion du 
sacrifice, de volonté de "racheter" les Etres souf- 
frants, sans aucun soutien que les Mérites accumulés 



BOSATSU 



137 



BOSATSU 



par les Bs. et qu'ils consentent à "défléchir" (cf. 
•Ekô) sur autrui. Un texte tardif qui se présente 
comme le Manuel du Bs., le Bodhicaryâvatâra T. 
1662 (td. en français par La Vallée Poussin et par 
Finot) combine dans un mélange curieux les sub- 
tilités de l'école et les émotions de la foi. — D'autre 
part, l'Eglise a introduit les Bs. dans la hiérarchie 
monastique ; elle a institué une ordination spéciale 
à leur usage, et parallèlement tout un système d'ob- 
servances destinées à faire pendant aux règles de 
l'ancienne Discipline ; le G.V. a son Vinaya propre, 
avec son Prâtimoksa, ses Défenses, son rituel de 
confession. Mais les mêmes termes ont servi à 
couvrir des conceptions toutes différentes : les 
prescriptions d'ordre moral et spirituel ont remplacé 
pour la plus grande partie les règles purement 
cléricales de l'ancienne Discipline (cf. *Bosatsukai). 
— Petit Véhicule. — Traité de Vasumitra sur les 
sectes Tt. 2031 ; Les Sarvâstivâdin disent que les Bs. 
sont encore des Profanes ; ils professent que pour 
les Bs. les Liens ne sont pas encore détruits ; c'est 
seulement quand ils ont acquis la Détermination 
de l'Exactitude (*shôshôrishô jE *{&$$&., sk. sam- 
yaktvaniyâma : c.-à-d. qu'ils sont prêts à accepter 
la vérité exacte sur les Essences, quelle que cette 
vérité puisse être) qu'ils passent du stade de Profane 
au stade de Saint (sk. âryapudgala). [Les Mahâsân- 
ghika soutiennent au contraire que les Bs. devien- 
nent automatiquement des Saints du fait qu'ils 
entrent dans la seconde Période de leur carrière.] 
Les Haimavata aussi enseignent que les Bs. sont 
des Profanes ; cependant leur entrée dans le sein 
maternel, lors de la conception, ne s'accompagne 
ni d'Attraction ni d'Amour. Selon les Mahâsânghika, 
les Bs. dans le sein maternel n'ont pas à passer par 
les stades normaux du développement de l'embryon : 
kalala etc. ; ils prennent la forme d'un éléphant 
blanc pour y pénétrer, et en naissant ils sortent du 
flanc droit de leur mère ; ils n'ont pensée ni de désir, 
ni de colère, ni de malfaisance ; pour le service des 
Etres, ils font vœu de naître dans les mauvaises 
Destinations ; ils sont libres de choisir telle Des- 
tination qui leur convient. Toutefois, dans l'inté- 
rieur de cette grande école, les branches Caityasaila, 
Aparasaila et Uttarasaila refusaient d'admettre cette 
dernière thèse. [Le Kathâvatthu xxm, 3 attribue 
aux Andhaka une thèse analogue à celle des Mahâ- 
iânghika sur la liberté qu'auraient les Bs. de choisir 
eur naissance ; cf. aussi Kosa, ci-dessous Tt. 1558 
kxiii]. — Vibhâsâ Tt. 1545 clxxvi Le sûtra dit : Il 

a des Etres qui ne sont pas de l'espèce des ignorants, 
nais de celle des sages, on les appelle Bs. Qu'est-ce 
lu'un Bs. ? Il est nécessaire de le définir pour tran- 

her l'orgueil des faux Bs...Il y a des Etres qui, 
iu fait d'un seul don de nourriture, de vêtement, 
Je logement, de rameau de saule, ou de l'observance 
l'une seule Défense ou de la récitation d'une seule 



stance, ou d'une seule Concentration de l'Esprit 
ou d'une seule Inspection de l'impureté, etc., pous- 
sent aussitôt un Rugissement-de-lion en s 'écriant : 
A cause de cela, je suis certain de devenir B. ! — 
Contre cet orgueil, nous déclarons qu'il ne suffit pas 
d'avoir accompli des Pratiques difficiles pendant trois 
Périodes Incalculables ; il faut avoir accompli les Actes 
qui produisent les Caractères merveilleux (cf. *Sô ;ffj) 
pour dire : Je suis Bs. ... Le Bs. jusqu'à la fin de son 
premier Incalculable, malgré toutes ses Pratiques 
difficiles, ne sait pas avec certitude qu'il sera B. Le 
deuxième Incalculable achevé, il a bien cette cer- 
titude en lui-même, mais il n'ose pas encore l'ex- 
primer sans crainte. A la fin du troisième Incalcu- 
lable, lorsqu'il pratique les Actes producteurs des 
Caractères merveilleux, il a à la fois la certitude et 
le Rugissement-de-lion sans crainte. . . — On appelle 
Bs. l'Etre qui est susceptible d'Actes de Concoction 
produisant les Caractères merveilleux. — Mais si 
tous les Etres doivent être appelés Bs. dès qu'ils 
ont produit l'Esprit d'Eveil sans-Régression, pour- 
quoi ce nom est-il réservé à ceux-là seuls qui peuvent 
accomplir de tels Actes ? — On n'appelle un vrai 
Bs. que celui dont l'Eveil et la Destination sont l'un 
et l'autre définitivement assurés [cf. Kathâvatthu 
xiii, 4, cm.] ; l'Eveil seul est assuré à partir de 
la Production d'Esprit, mais la Destination ne le 
devient qu'avec la faculté d'accomplir les Actes 
produisant les Caractères merveilleux. [Cf. Kathâ- 
vathu iv, 7, thèse hérétique des Uttarâpathaka : Le 
Bs. se reconnaît à la possession des Caractères mer- 
veilleux.] Le vrai Bs. est connu comme tel par les 
hommes et par les dieux ; mais, tant- qu'il n'ac- 
complit pas ce genre d'Actes, les dieux seuls le 
connaissent. Du fait de ces Actes, le Bs. élimine 
cinq infériorités et gagne cinq supériorités : (1) il 
est affranchi des mauvaises Destinations et n'en 
acquiert que de bonnes ; (2) la famille où il naît 
n'est pas vile, mais noble ; (3) il est toujours de sexe 
masculin ; (4) il n'a pas d'infirmités ; (5) il n'oublie 
rien et se rappelle ses existences antérieures . . . 
— Question : Le nom de Bs. est tiré de Anuttarasa- 
rhyaksambodhi "Eveil complet - correct - sans supé- 
rieur". Pourquoi dit-on de celui qui n'a pas attesté 
cet Eveil qu'il est en Déroulement continu (zuiten 
HM) s k- anuvartin), et de celui qui l'a attestée 
qu'il est sans Déroulement continu et qu'il est 
B. ? Réponse : Le premier est appelé Bs. parce 
que, sans avoir encore obtenu l'Eveil (bodhi), il 
poursuit sans cesse, avec une Disposition supérieure, 
il se Défléchit vers l'Eveil ; il s'en approche, l'aime, 
le vénère, y aspire, cherche à l'attester, désire l'at- 
tester ; son Esprit sans relâche ne s'en distrait jamais. 
Quand l'Eveil a été attesté, cette recherche, cet 
amour, cette application, tout cela est arrêté. . .C'est 
alors qu'on est appelé B. De plus, sattva a le sens 
de "brave" ; le Bs. est celui qui, n'ayant pas encore 



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obtenu l'Eveil, le recherche avec bravoure et Bonne- 
volonté ; lorsqu'il a attesté l'Eveil, cet Esprit de 
bravoure en vue de l'Eveil disparaît ; il ne reste 
plus que la supériorité de l'Eveil ; il est alors appelé 
B. [Cf. Buddhabhumisûtrasâstra Tt. 1530 11 même 
étymologie ; le tib. l'a consacrée en adoptant comme 
td. canonique du mot Bs. l'expression "héros d'Es- 
prit d'Eveil".] — Ib. clxxvii Liste des Caractères 
des Bs. : naissance noble, beauté, virilité, absence 
d'infirmités, mémoire des existences antérieures, 
foi dans les causes et les effets, érudition, respect 
de la Loi, intelligence, éloquence, douceur, Déter- 
mination sans Régression, compassion, bienfaisance 
sans espoir de rétribution, etc. [Cf. autre liste Tt. 
1602 xx : compassion, paroles d'amour, bravoure et 
décision, aumône, analyse du sens profond ; et aussi 
Mvy. xxx]. — Abhidharmakoêa Tt. 1558 xn ( = K. Lav. 
m, 191 sq.) Pourquoi les Bs., quand ils ont fait le Vœu, 
mettent-ils un si long temps à atteindre l'Eveil ?. . . 
Pourquoi leur faut-il accomplir des œuvres héroïques 
au cours de trois Incalculables?... — Pour le bien 
d 'autrui, parce qu'ils veulent devenir capables de 
retirer les autres du grand fleuve de la souffrance. — 
Mais quel bien personnel trouvent-ils dans le bien 
d 'autrui ? — Le bien d 'autrui est leur bien propre, 
parce qu'ils le désirent. — Qui pourrait vous en 
croire ? — A la vérité, les hommes dépourvus de pitié 
et qui ne pensent qu'à soi croient difficilement à 
l'altruisme des Bs., mais les hommes compatissants 
y croient aisément. . . Il y a une catégorie d'hommes 
qui, indifférents à ce qui les concerne personnelle- 
ment, sont heureux par le bonheur d'autrui, mal- 
heureux par la souffrance d'autrui. Pour eux, être 
utile à autrui, c'est être utile à soi-même. La stance 
dit : L'inférieur cherche, par to js moyens, son plaisir 
personnel ; le médiocre cherche la destruction de 
la douleur, non pas le plaisir, car il est source de 
douleur ; l'excellent, par sa douleur personnelle, 
cherche le plaisir d'autrui et la destruction définitive 
de la douleur d'autrui, car la douleur d'autrui est 
sa douleur. — Ib. xvm ( = K. Lav. IV, 220) A partir 
de quel moment reçoit-on le nom de Bs. ? — Dès 
qu'on accomplit des Actes produisant les Caractères 
merveilleux. Dès lors on obtient de bonnes Des- 
tinations, des naissances nobles, l'absence d'infir- 
mités, la virilité, la mémoire des existences anté- 
rieures et l'absence de Régression. — Ib. xxm ( = K. 
Lav. vi, 176) Dans le but d'être utiles au prochain, 
les Bs. vont dans les mauvaises Destinations. — Ib. 
xvm ( = K. Lav. iv, 224) La carrière du Bs. est 
de trois Incalculables avec cent Périodes supplé- 
mentaires [cf. Tt. 1509 xxm ; Que le Bs. ne tombe 
pas dans les mauvaises Destinations, après trois 
Incalculables, c'est la théorie de la Vibhâsâ]. — 
Grand Véhicule. — Un passage de Ttt. 2125 1 mar- 
que bien la place considérable que les Bs. occupent 
dans le G.V. : Ce qu'on appelle le G.V., c'est honorer 



les Bs. et lire les sûtra du G.V. ; ce qu'on appelle 
le P.V., c'est ne pas faire ces choses. — Grand Véhi- 
cule et Petit Véhicule. — Les textes de Prajnâpâramitâ 
insistent à maintes reprises sur les traits qui opposent 
le Bs. au saint (Arhat) du P.V. : T. 220 dlxxx 
Afin de sauver les Etres, le Bs. ne doit pas trancher 
prématurément les Passions. — dxci II n'est pas 
permis au Bs. de résider dans l'Extase ni de sortir 
des trois Mondes, car ce serait tomber dans les 
deux V. inférieurs. — dxcii Un Bs. qui dans l'Extase 
peut pratiquer les cinq autres Perfections est Sans- 
Régression. [Pour cette "Régression" qui ramène 
le Bs. aux V. inférieurs, cf. ib. cm : Dans les mondes 
des dix directions, il n'y a qu'un Etre, ou deux, ou 
trois, qui restent Bs. Sans-Régression, car la plupart 
retombent parmi les Auditeurs ; xxxvi ; Un Bs. qui 
retombe à la Terre des Auditeurs est dit "tombé 
du sommet", chôda HU ; cf. *Futai.] — T. 221 xv 
Quoique ses pratiques soient pénibles, le Bs. ne 
tombe pas au milieu du chemin dans les Terres 
des deux V. — xx Le Bs. n'a pas pour terme l'Attes- 
tation, mais la Pratique. — vu C'est sans quitter les 
cinq Masses qu'on marche dans le chemin des Bs. 
— T. 223 xxix Dès le moment où il a produit l'Es- 
prit, les Pratiques du Bs. sont pour les Etres, non 
pour lui-même. — Autres textes sur le même sujet : 
Prajnâpâr°Èâstra Tt. 1509 xxxvi Quoique les Bs, 
voient le Nirvana, ils passent tout droit sans s'j 
arrêter. — lu On ne peut appeler Bs. celui pour qui 
le Formel est à part de l'Esprit, et l'Esprit à pari 
du Formel. — lxxxv Le Bs. n'est pas bon, il esl 
Indéfini ; il a l'Esprit d'Attachement ; faire le bien 
ce n'est pas l'activité d'un Bs. — Ib. iv discute 
longuement le rang assigné aux Bs. parmi tous les 
auditeurs du B. dans l'introduction du Mahâpra- 
jnâpâramitâsûtra : Pourquoi y sont-ils énoncés \ 
la suite des quatre Assemblées (Moines, Nonnes 
Laïcs, Laïques) alors que leur vraie place est im 
médiatement après les B. ? C'est que les Arhat on 
peu de Sapience, mais ont accompli la Matura- 
tion, tandis que les Bs., riches en Sapience, n'on 
pas encore épuisé les Passions. Il y a deux sorte: 
de Lois bouddhiques : Esotérique et Exotérique 
Dans l'Exotérique, les B., les B.-pour-soi et le 
Arhat sont tous des Terrains de Bonheur parce qui 
leurs Passions sont épuisées sans résidu. Dan 
l'Esotérique, on dit que les Bs. ont atteint la Patieno 
des Essences Sans-Production, que leurs Passion 
sont tranchées, qu'ils possèdent les six Supersavoir 
et servent au profit des Etres. C'est en se plaçan 
au point de vue Exotérique que le sûtra place le 
Arhat avant les Bs. En effet, par la force des Moyens* 
les Bs. se manifestent, entrent dans les cinq Desj 
tinations, et éprouvent les cinq Désirs en vue de 1 
Captation des Etres ; s'ils étaient placés au-dessui 
des Arhat, les dieux et les hommes en seraient trou 
blés et pris de doute... — Mais pourquoi sont-il 



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placés après les Laïcs et les Laïques ? . . . Dans les 
sûtra des Auditeurs, on ne parle pas de quatre Assem- 
blées. Pourquoi encore une Assemblée spéciale de Bs. 
ici ? — Réponse : Il y a deux sortes de Voies, celle 
des Auditeurs, et celle des Bs. Les quatre Assem- 
blées, c'est la Voie des Auditeurs ; les Bs. Mahâsat- 
tva, c'est la voie des Bs.. . .11 y a deux sortes de Bs., 
les Moines et les Laïcs. On place en général les Bs. 
Moines dans les deux Assemblées monastiques, 
et les Bs. Laïcs dans les deux assemblées laïques. 
Si on en parle ici séparément, c'est que les Bs. 
peuvent être inclus dans les quatre Assemblées 
tandis que les quatre Assemblées ne comprennent 
pas nécessairement des Bs....car elles n'ont pas 
produit l'Esprit d'Eveil... — Pourquoi, au com- 
mencement des sûtra du G.V., parle-t-on de deux 
Assemblées, Bs. et Auditeurs, tandis qu'au commen- 
cement des sûtra du P.V. on ne parle que de l'As- 
semblée des Auditeurs ? — C'est afin de distinguer 
es deux V. Le V. des Auditeurs est étroit et petit, 
'est celui du profit pour soi, de l'action pour soi ; 
le V. des Bs. est large et grand ; c'est celui du profit 
pour tous . . . — Mais pourquoi, dans les sûtra du G.V., 
ne se contente-t-on pas de parler de l'Assemblée 
des Bs. ? — C'est que le G.V. est large et que tous 
es V. y rentrent, tandis que le P.V. est étroit et ne 
:ontient pas le G.V. ... — Que signifient les mots 
Bodhi et Sattva ? — Bodhi, c'est la Voie des B. ; 
attva, c'est soit un Etre, soit un Grand Esprit. 
Le Bs. est l'Etre qui veut obtenir l'Esprit, indestruc- 
:ible comme une montagne de diamant, des Mérites 
ie la Voie de B. [Même interprétation de Sattva 
?ar Esprit Tt. 1521 II, et aussi Ttt. 1775 1, Ttt. 1718 
I.] Une stance dit : "Toutes les Essences de B., 
sapience, Défenses, Concentration, qui sont pro- 
bables à autrui, c'est ce qu'on appelle Bodhi ; l'Esprit 
nébranlable, capable d'accomplir avec Patience les 
:hoses de la Loi, infrangible, indestructible, c'est 
:e qu'on appelle Sattva." Ou encore : sat signifie 
'louer la Bonne Loi" [sk. st(ava) "louange"] ; tva 
lésigne le Substantiel de la Bonne Loi . . . Ou en- 
:ore : le Bs. est appelé ainsi parce qu'il recherche 
a Bodhi afin de délivrer les Etres (Sattva) de la 
îaissance, de la vieillesse et de la mort [même ex- 
plication Tt. 1530 11 ; et cf. Tt. 1604 n = Mah° 
ûtrâl°, td. Lévi 32)... Il y a deux sortes de Bs., 
Sans-Régression ou à-Régression, comme c'est 
mssi le cas des Arhat. Les premiers seuls sont vrai- 
ment des Bs. ; les autres ne reçoivent ce nom que 
par extension. Ces deux catégories sont exposées 
bar le Tg. dans des chapitres spéciaux de la Prajnâ- 
pâramitâ [T. 220 cccxxv-cccxxvn, cdxlvii, dxiv- 
>xv ; ib. dlxxxiii : Le Bs. à-Régression est appelé 
in faux Bs.]. — Merveilles des Bs. (exception faite des 
Caractères merveilleux, q.v., s.v. *Sô). — T. 279 
vi Le lieu qu'habitent les Bs. est vaste comme 
espace. — T. 310 cxvi Ce qui est sans limite, sans 



bout, sans île, sans îlot etc., on l'appelle Sapience, 
et aussi Bs. Mahâsattva. — T. 475 11 (texte sk. dans 
Siksâsamuccaya 324 sq.) Les Bs., possédant l'As- 
surance, peuvent manifester en un instant les formes 
les voix, les attitudes de tous les Etres ; ils se font 
vieux, malades, morts, ils se jouent aux fantasma- 
gories en vue de mûrir les Etres ... ils deviennent 
lune, soleil, Sakra, Brahmâ, les seigneurs du monde, 
l'eau, le feu, la terre, le vent. S'il y a une épidémie, 
ils se font médicament pour que les Etres en soient 
libérés, sauvés, guéris ; s'il y a une famine, ils se 
font boisson et nourriture. . .Ils font voir les désirs, 
les jouissances, et aussi l'Extase aux Extatiques ; 
ils chassent Mâra et ne lui laissent pas d'entrée. 
Comme on montrerait un lotus irréel au milieu du 
feu, ainsi ils montrent à la fois les Passions et l'Extase 
irréelles. S'ils le veulent, ils se font prostituées pour 
attirer les hommes ; ils les amorcent avec l'hameçon 
de l'attrait, ils les installent dans la Connaissance 
des B....Pour les pauvres, ils se font trésors iné- 
puisables, et quand ils les ont enrichis, ils font 
naître en eux l'Esprit d'Eveil. — T. 299 iv dévelop- 
pement très analogue. — Tt. 1509 xxxvin A cause 
de leurs grands mérites, les Bs. sont parfois des 
rois Brahmâ ; ils sont toujours de condition sou- 
veraine partout où ils sont ; même s'ils naissent 
parmi les daims ils sont rois des daims. — T. 279 
xxxiv Les Bs. de la première Terre, s'ils sont Laïcs, 
sont rois du Jambudvîpa. — T. 286 v Les Bs. émettent 
de leur poitrine de Diamant bien ornée une grande 
lumière dite lumière qui défait les démons. — T. 
279 xxxix Les Bs. des dix Terres émettent de la 
lumière par dix endroits, pieds, genoux, flancs, 
mains, épaules, cou, face, sourcils, crâne, nombril. 
— T. 310 c Les Bs. émettent de la lumière dans 
quatre circonstances : don d'une lampe, protec- 
tion de la Loi, prédication à des Etres relâchés, 
décoration de stûpa dans les temples. — T. 397 11 
Huit sortes de radiances : de Mémoire, de Mental, 
de Pratiques, d'Essence, de Connaissance, de 
Réalité, de Supersavoir, de Sans-Contreheurt. — 
T. 223 C'est grâce à ces Facteurs que sont les Bs. 
que sont tranchées les trois mauvaises Destinations, 
toutes les calamités, épidémies, disettes, etc.... 
— Tt. 1509 xxxvi C'est grâce à ces Facteurs que 
sont les Bs. que peuvent exister dans le monde les 
Essences de Bien. . .les cinq Défenses, les dix 
Biens, les huit Défenses (litt. Jeûnes, sk. astângika 
uposadha), etc., Essences réparties 'nfê trois catégories 
par lesquelles on obtient respectivement la Voie, 
la naissance au ciel, la naissance parmi les hommes. 
Cf. T. 222 1. — Esprit de sacrifice des Bs. — T. 261 
ni Les Bs. font le Vœu d'éprouver tous les tour- 
ments à la place des Etres. — T. 155 1 Si l'on veut 
rechercher la Voie suprême, qu'on ne regrette point 
la vie de son corps ; qu'on rejette son corps comme 
de l'ordure, ayant compris le néant du Soi, le néant 



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du Sien. Il n'est pas difficile de donner des richesses ; 
mais c'est par des œuvres héroïques que l'on at- 
teint rapidement l'Eveil. — T. 279 xxm chapitre 
sur les dix Déflexions (sk. cité sous le titre de Vajra- 
dhvajasûtra dans Siksâsamuccaya 280 sq.) Le Bs. 
Mahâsattva pense : Dans toutes les mauvaises 
Destinations je dois éprouver toutes les sortes de 
douleurs à la place des Etres, afin qu'ils obtiennent 
la Libération ; et ainsi le Bs. éprouvant des tourments 
redouble de zèle ; il ne se relâche point, il ne se 
dérobe pas, il est sans crainte, sans faiblesse, sans 
Régression, sans effroi, et il ne se dégoûte jamais. 
Pourquoi cela ? Parce que tel est son Vœu ; il désire 
résolument porter les Etres comme un fardeau 
afin de les libérer. . .C'est comme la Déflexion dont 
il est parlé dans le Daiekôkyô ^JUfRjH ( = Mahâ- 
parinâmanâsûtra, cf. Vajradhvajaparinâmanâ citée 
Siksâsamuccaya 213) : J'ai fait le Vœu que tous 
les Etres obtiennent la Pureté et l'Ominscience ; 
mes pratiques sont destinées à leur procurer l'Om- 
niscience ; ce n'est pas pour moi-même que je 
cherche la Libération. . .Pour tous les Etres j'accepte 
toutes les douleurs, afin qu'ils sortent de l'infini 
des Transmigrations et de la vallée des Douleurs ; 
pour tous les Etres j'éprouverai toutes les Douleurs 
dans tous les mondes, dans toutes les mauvaises 
Destinations jusqu'à la fin des Périodes futures, 
et c'est pour eux que je cultiverai sans cesse des 
Racines de Bien. Car il vaut mieux que j'éprouve 
seul toutes les douleurs et que les Etres ne tombent 
point dans les Enfers ; dans ces Enfers, parmi les 
Animaux, chez le roi Yama, dans tous les endroits 
difficiles, je ferai de mon corps un otage et rachè- 
terai (sk. nihkratavya) tous les Etres qui sont dans 
les mauvaises Destinations . . . C'est ainsi qu'il me 
faut Défléchir mes Racines de Bien en sorte que les 
Etres obtiennent la joie sans fin. . .la joie de l'Om- 
niscience. — Bodhisattva et Buddha. — T. 220 xxix Bs. 
et B. ne diffèrent que du point de vue de la Causa- 
lité ; l'un et l'autre ont la Connaissance de tous les 
Caractères. Cf. Tt. 1509 xciv ; et Ttt. 1735 lu : 
Au point de vue de la Cause, on reste éternellement 
Bs. ; au point de vue du Fruit, on est éternelle- 
ment B. — T. 220 dlxviii et T. 231 11 Le corps du 
Bs. ne diffère de celui du Tg. que par les Mérites. — 
T. 223 xxix Ceux qui marchent dans le Chemin sans 
Contreheurt sont des Bs. ; ceux qui marchent dans 
le Chemin de la Libération sont des B. — Tt. 1509 
xciv Les Bs. diffèrent des B. en ceci, que leur Sa- 
pience est obtuse et leur Pratique des six Perfections 
incomplète, car ils n'ont pas pénétré toutes les 
Rubriques. . .Les Bs. sont pareils à la lune du qua- 
torzième jour qui ne soulève pas encore la marée ; 
les B. sont comme la lune du quinzième jour. — Ib. 
xl Les Bs. de la dixième Terre ne diffèrent pas des 
B. ; ils possèdent les dix Forces, tels Samantabhadra, 
Manjusrî, Avalokitesvara. — Ib. xxix Les Bs. actua- 



lisent des corps de B. en vue de sauver les Etres. — 
T. 279 xliii Bs. et B. accomplissent également les 
Pratiques et les Vœux de Bs. ; ceux qui entrent dans 
le domaine de la Connaissance sont appelés B. ; 
ceux qui ne se lassent pas des Pratiques de Bs. 
accomplies par les Tg. sont appelés Bs. — T. 227 il 
Lorsqu'il n'y a pas de B. dans le monde c'est par 
des Bs. que sont assurées les pratiques bonnes et 
droites ; cf. Tt. 1509 lviii. — T. 305 v Les B. nais- 
sent des Bs. ; c'est donc grâce aux Bs. que la Tige 
de B. n'est pas interrompue ; c'est pourquoi calom- 
nier les Bs. est un péché aussi grand que de calom- 
nier la Loi du B. — T. 220 cccxciv Tant que tous 
les Etres ne sont pas arrivés à la perfection, n'ont 
pas atteint la Terre-pure, les Bs. n'attestent pas 
l'Eveil ; cf. T. 223 xxm. — L'étroite analogie des 
Bs. et des B. apparaît plus clairement encore si on 
compare, p. ex., dans Mvy., les rubriques spéciales 
assignées à chacune de ces deux catégories ; on 
obtient ainsi deux tableaux parallèles qui mani- 
festent une symétrie systématique : En face des dix 
Forces de B. (Mvy. 120-129), on a les dix Forces 
de Bs. (760-769) ; des quatre Assurances de B. 
(131-134), les quatre Assurances de Bs. (782-785); 
des huit Essences Singulières de B. (136-153), les 
huit Essences Singulières de Bs. (787-804) ; des 
Concentrations de B. (506-623), les Concentrations 
de Bs. (737-745). — Diverses appellations des Bs. — Tt. 
1604 xii Liste de seize appellations. — Mvy. 625-643 
Liste de dix-neuf appellations. — Cf. aussi Dzsi. II, 
889-891. — Comparaisons. — T. 279 lxiii : cercle du 
vent, terre, océan, soleil pur, lune claire, général 
farouche, souverain, feu ardent, nuage, pluie de 
saison, patron de barque, maîtresse poutre du pont. 
— Tt. 1509 v océan, Sumeru, roi des remèdes, soleil, 
terre, vent, feu, nuage, lune, Sakra. — Tt. 157Ç 
lxxix grande eau, grand feu, grand vent, lune claire 
roue du soleil, lion, dragon (comparés aux Pratiques 
des Bs.) — T. 279 lxxviii général de la Loi qui pro- 
tège la ville murée de l'Omniscience. — Ib. lxxvii 
( = sk. Gandavyûha cité Siksâsamuccaya 34 sqq.lj 
terre qui supporte tout, diamant infrangible, mon- 
tagne du Cercle de Fer inébranlable, esclave obéis- 
sant, disciple docile, serviteur sans dégoût, mèn 
nourricière, employé zélé, balayeur sans orgueil 
épi mûr qui s'incline, cheval sans méchanceté I 
chariot à lourde charge, éléphant bien dompté; 
Sumeru sans écroulement, chien sans irritation [cfj. 
Tt. 1558 xviii = K. Lav. iv, 223], candâla saniji 
fierté, taureau châtré sans violence, bateau toujour;j 
prêt à aller, maîtresse poutre du pont pour traverseij 
l'eau, fils déférent, fils de roi respecteux (attitude.'j 
du Bs. à l'égard des Amis-de-bien). Le même ouj 
vrage donne d'abondantes comparaisons du mêm<| 
genre. — T. 221 xvn refuge du monde, lampe dij 
monde, logis du monde. — T. 224 v protection di| 
monde, plateforme du monde, salut du monde.—: 



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Tt. 1509 xlviii Le Bs. dans la septième Terre, 
procédant à l'Inspection du Vide des Essences, est 
pris de regret et de dégoût, comme un homme 
qui, ayant fait en rêve un radeau pour passer un 
fleuve, se réveille en plein courant et regrette son 
vain effort. — Rubriques numériques. — Deux sortes de 
Bs. — (a) A-Régression et sans-Régression ; cf. 
•Futai. — (b) Faux et vrais T. 310 exil : Les faux 
Bs. ont quatre Essences : convoitise pour les of- 
frandes, convoitise de renom, convoitise de bonheur 
égoïste, répulsion pour la vie de retraite. Les vrais 
Bs. ont quatre Essences : Foi dans la rétribution 
des Actes, Esprit de grande Compassion, joie dans 
le Nirvana, détachement du Fruit des bons Actes. — 
T. 220 dlxxxiii et Tt. 1509 iv : Les Bs. à-Régression 
sont les faux Bs. ; ceux sans-Régression sont les 
vrais. — (c) Gâtés et parfaits Tt. 1509 xxix : Les Bs. 
gâtés ont bien produit l'Esprit d'Eveil, mais faute 
de bons Facteurs, ils ont la pensée Revêtue par 
les cinq Obstructions ; ils naissent riches, nobles, 
rois, grands démons, rois des Dragons, mais non 
pas devant les B. ni dans les conditions exemptes 
de péché soit chez les dieux, soit chez les hommes. 
Les Bs. parfaits ne perdent jamais l'Esprit d'Eveil ; 
ils sont soit laïcs, soit religieux, observent les cinq 
ou les dix Défenses, font des Dons de biens ou de 
Loi. Aussi xlix sur les deux familles, ke ^, de Bs. 
(d) Bs. de Sapience chizôbosatsu ^iftHH et 
Bs. de Compassion hizôbosatsu ^i%i^\(M., selon la 
endance qui prédomine chez eux Tt. 1509 lxxiv. — 
é) Bs. d'Extase et Bs. de récitation des sûtra ib. 
xli. — (f) Bs. de grande force (dairikibosatsu %j)i^ 
ijjt) et Bs. néophytes (shimpocchibosatsu t^WM.^ 
$r ; cf. *Aiten) ; les premiers sont prêts à toutes les 
métamorphoses pour sauver les Etres, ne redoutent 
i l'apostolat aux delà des frontières, ni les hérésies ; 
es seconds ne sont pas susceptibles de métamor- 
hoses, et sont exposés à déchoir. — (g) Laïcs (koke 
;§!& ou zaike $l£) et religieux (shukke H\M) '• 
Tt. 1509 vu Bhadrapâla (Zenshu ^- i ^ î ) et les quinze 
uitres Bs. de la Prajnâpâramitâ sont des laïcs ; 
Vlafijusrî, Maitreya sont des religieux. T. 159 
ai Les Bs. laïcs peuvent approcher les prostituées, 
es bouchers, pour les convertir ; les religieux ne 
e peuvent pas. Cf. aussi T. 848 vi. — (h) Deux 
^orps de Bs. T. 1509 lxxiv, corps de chair trans- 
nigrant (shôjinikushin $iJE\H$k) et Corps né de 
'Essencité [ou du Plan d'Essence, cf. La Vallée 
oussin, Notes bouddhiques vin, p. 218, Bruxelles, 
929] (hosshôshôjin £fe'|É^fel!')> I e premier est celui 
les Bs. avant les Terres, dans les trente stages dits 
les Sages (cf. *Gojûnii) ; n'ayant pas encore attesté 
'Essencité, ils reçoivent en rétribution de leurs 
^.ctes des Corps de Portion (bundanshin frffi.fy) 
lui transmigrent dans les trois Mondes ; le second, 
'est celui des Bs. des Terres qui ont attesté 
Essencité [ou Plan d'Essence] sans-Production et 



reçoivent un Corps qui ne transmigre pas et qui 
peut se métamorphoser de façons inconcevables. 
Ib. xcn L'activité du Corps d'Essencité [ou de 
Plan d'Essence] des Bs. montre l'Egalité des 
Essences. Cf. autres passages td. par La Vallée 
Poussin, op. cit. 221-223. — Trois sortes de Bs., cor- 
respondant aux trois étapes : Production d'Esprit, 
Sans-Régression, Corps Ultime Tt. 1509 xcnr. — 
Ib. xxxviii [td. La Vallée Poussin, op. cit. 219- 
221] trois sortes de Bs., qui obtiennent respective- 
ment, lors de la Production de l'Esprit d'Eveil, la 
Terre Sans-Régression, l'Eveil, les six Supersavoirs. 
— Quatre sortes, correspondant aux quatre étapes : 
Production d'Esprit, pratique de la Voie, Sans- 
Régression, Expectative-de-succession (cf. *Fusho) 
T. 397 x. — Dix Corps de Bs. dans les dix Terres : 
Corps d'Egalité, de Pureté, d'inexhaustibilité, de 
bonnes Pratiques, d'Essencité, transcendant le rai- 
sonnement, inconcevable, apaisé, de Vide, de Con- 
naissance merveilleuse T. 220 dlxviii ; 231 11 ; Ttt. 
1861 vu c. — Termes composés. — Bosatsubiku 3£ 
$?IJ£iIr. = sk. bodhisattvabhiksu : A l'intérieur, c'est 
un Bs. ; au dehors, il a l'apparence d'un Moine 
mendiant ; p. ex. Sadâparibhûta dans T. 262 vi 
( = Lotus p. 228). Cf. *Bosatsukai. — ~*bugaku ~$$ 
i§|, "danse et musique du Bs.", pièce de danse 
avec accompagnement orchestral, qui s'introduisit 
au Japon à l'époque de Nara (vm e siècle) ; la tradi- 
tion s'en est perdue au xvi e siècle. Le Bs. qui figurait 
dans cette pièce paraît avoir été Samantabhadra ; 
les danseurs présentaient des offrandes de fleurs. On 
connaissait en Chine, sous les Sô (Song), un ballet 
analogue. Au Japon, on lui attribue une origine 
came. Il est possible que cette pièce ait été importée 
en Chine au début du vn e siècle par des musiciens 
du Fou-nan (Bas Cambodge) qu'un général chinois 
avait ramenés du Campa ; c'est de Chine qu'elle 
serait parvenue au Japon un peu plus tard. Cf. 
Etudes Asiatiques publiées à l'occasion du 25 e an- 
niversaire de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, 
1, 199 sq. — ~daiji ~;Jc:Jb = ~makasatsu, q.v. — 
"~gfi ~§S> titre de Bs. donné à des moines éminents : 
ainsi Dharmaraksa, moine originaire de Tonkô 
(Touen houang) qui vécut vers l'an 300, était appelé 
Tonkô bosatsu jfëèàWffî- Ttt. 2059 1 ; en 883 le moine 
Daigyô ^Cfr reçut de l'empereur de Chine le titre 
de Jôshôjin bosatsu fêfpBl^p; Ttt. 2035 xlii ; au 
Japon ce titre fut décerné pour la première fois, par 
décret impérial, à Gyôgi ff?S? en 749 Gkss. xvn. — 
"~j6 ~5!t, V. des Bs., un des trois ou des cinq V. ; 
cf. *Jô. — ~j*u/ï — hflË, dix Terres de Bs., cf. *Jûji. — 
~makasatsu ^J^|6l^ = sk. bodhisattvamahâsattva ; 
mahâsattva est td. daiji ;£:£ "grand héros", dai- 
shujô :fc^^£ (anc. éc), daiujô %Jàfâ (nouv. éc.) 
"grand Etre" ; Mvy. 626 daibosatsu %^$k "grand 
Bs.", tib. sems dpa' cen po "grand héros d'Esprit". 
— Tt. 1530 11 Le mot Mahâsattva est ajouté au mot 






BOSATSUKAI 



142 



BOSATSUKAI 



Bs. pour distinguer les Bs. des Auditeurs et des 
B.-pour-soi, qui recherchent également l'Eveil ; ou 
encore pour distinguer les Bs. des Terres de ceux 
qui n'ont pas encore atteint les Terres. — T. 261 iv 
Ceux qui d'un Esprit pur prennent refuge dans les 
trois Joyaux, produisent l'Esprit d'Eveil et attei- 
gnent le stade Sans-Régression, sont dits Bs. ; ceux 
qui naissent dans ma Loi sont dits Mahâsattva. Tt. 
1509 xlv Mahâsattva signifie "grand Esprit" : par 
son grand Esprit il connaît toutes les Essences et 
sauve les Etres. Ib. xcvi Avant d'atteindre le stade 
Sans-Régression, Sadâprarudita (Jôtai ^Pif) était 
appelé Mahâsattva, car sans posséder la vraie Sa- 
pience il y pensait profondément, ne lésinait pas sur 
sa vie et avait de grands mérites. T. 221 xxvm Les 
Bs. sont les grands héros parmi les dieux et les 
hommes. — ~shnshô ~îi J |É, Nature de Germe de 
Bs., une des cinq Natures ; cf. *Shô. — ~zô ~j^, sk. 
Bodhisattvapitaka Mvy. 1330 : Corbeille des Bs., 
nom donné aux Ecritures du G.V. ; cf. *Zô. 

BOSATSUKAI gggtà, sk. bodhisattvasîla, Dé- 
fenses des Bs. — Terme désignant l'ensemble des 
prescriptions disciplinaires propres au G.V. On dit 
aussi Daijôkai ;X5Jl5#, sk. mahâyânasîla, Défenses 
du G.V. — Généralités. — Dans un essai intitulé 
"Des Défenses du P.V. à celles du G.V. "(ap. Tôyô 
bunka no kenkyû M-WtC^^^t^ Tôkyô 1926, p. 
180-202 ; cf. aussi du même auteur "Les Défenses 
du Brahmajâla", ap. Butten hihyôron ^j&ttfcfPfRB, 
Kyoto 1927, p. 398-419), le prof. B. Matsumoto 
définit comme suit les Défenses du G.V. par op- 
position à celles du P.V. : (1) elles sont d'inspiration 
altruiste tandis que celles du P.V. ne visent qu'au 
profit personnel ; (2) elles peuvent être prises par 
serment individuel alors que celles du P.V. sont 
reçues du B. ou d'un maître ; (3) elles ont un carac- 
tère absolu et doivent être observées en toute cir- 
constance par tous les Bs., contrairement à celles 
du P.V. qui dépendent de Facteurs et se modifient 
lorsque ces Facteurs changent ; (4) les Défenses 
du P.V. ne peuvent être reçues qu'en présence de 
dix moines dont trois font fonction de maîtres ; 
celles du G.V. peuvent être prises par serment devant 
le B. sans aucune intervention étrangère, c'est de soi- 
même qu'on peut les recevoir; (5) les Défenses du 
P.V. sont formelles, dans le G.V. l'esprit importe plus 
que les formes : ainsi dans le P.V. les Péchés capitaux 
entraînent l'excommunication quel qu'en soit le 
motif, dans le G.V. ils ne l'entraînent pas s'ils sont 
commis pour le bien d 'autrui. — Le caractère al- 
truiste des Défenses du G.V. est bien marqué dans 
un texte traduit par Kumârajîva T. 1489 : "Qu'ap- 
pelle-t-on Discipline des Bs. et Discipline des 
Auditeurs ? ... La Discipline fondée sur la crainte 
des trois Mondes, c'est celle des Auditeurs ; naître, 
comme tous les Etres, dans les trois Mondes afin 



de convertir tous les Etres au cours de Transmigra- 
tions incalculables, c'est la Discipline des Bs.... 
Trancher pour soi-même les Entraves des Pas- 
sions, c'est la Discipline des Auditeurs ; désirer 
trancher les Passions chez tous les Etres, c'est celle 
des Bs." — La Discipline des Bs. n'a jamais réalisé 
l'uniformité canonique que la Discipline des Audi- 
teurs avait dans le P.V. ; sollicitée par des tendances 
diverses, elle a constamment oscillé entre elles. 
Les règles de morale l'emportent sans aucun doute 
sur le formalisme monastique ; mais tantôt on essaie 
de les combiner, tantôt on tente de substituer 
aux anciennes prescriptions un code nouveau. Au 
témoignage de Gijô (Yi tsing) Ttt. 2125 1, les deux 
V. observaient une seule et unique Discipline. Genjô 
(Hiuan tsang) Ttt. 2087 ni rapporte qu'en Oddi- 
yâna les adeptes du G.V. suivaient les Disciplines 
du P.V. Cependant, dès l'Avatamsaka, s'ébauche 
la doctrine dite des Trois Masses de Défenses : 
la I e comprend les prohibitions, soit identiques à 
celles du P.V., soit différentes ; la 2 e comprend les 
actes de bien d'ordre individuel, elle énonce les 
commandements positifs qui sont l'innovation du 
G.V., c'est la moralité au sens large ; la 3 e comprend 
tous les actes qui tendent à servir au bien d'autrui, 
elle exprime l'inspiration profonde qui fait l'ori- 
ginalité du G.V. — L'histoire de la Discipline des 
Bs. en Chine, de ses théories et de ses pratiques, 
est encore trop mal connue, et la documentation 
réunie ci-dessous est trop incomplète, pour qu'on 
puisse tenter de l'esquisser ici. Au Japon, deux 
écoles opposées se constituèrent à l'époque de Heian 
l'une, se fondant sur des textes appartenant à l'é- 
cole Hossô (Vijnaptimâtra), professait que la première) 
des trois Masses de Défenses est identique au> 
règles canoniques du P.V. ; l'autre, qui suivait 1< 
Brahmajâlasûtra, se séparait complètement du P.V.— 
Textes canoniques. — Le MahâprajnâpâramitâÉâs- 
tra Tt. 1509 ne connaît pas de prescriptions spéciale.' 
de Discipline pour les Bs. ; mais si les pratique: 
sont uniformes, l'esprit est tout différent, xxill 
distingue les Défenses à-Ecoulement (urokai Ji : MÈ. 
et les Défenses sans-Ecoulement (murokai l&ïjyjjtë) 
les premières affaiblissent les Passions et permetten; 
de les éviter; les secondes les déracinent, xin dis) 
tingue (1) les Défenses inférieures qui assurent, ;j 
celui qui les observe, de naître dans la Destinatioi 
humaine ; (2) les Défenses moyennes qui assurenj 
la naissance dans les six cieux du Désir ; (3) le 1 
Défenses supérieures qui assurent la naissancl 
dans les cieux du Sans- Forme. Le troisième group, 
se subdivise à son tour en (a) Défenses pures in 
férieures qui mènent au Fruit d'Arhat ; (b) moyenne; 
qui mènent au Fruit de B.-pour-soi ; (c) supérieure 
qui procurent l'Eveil ; celles-ci comportent la Corni 
passion pour tous les Etres et la volonté de le 
sauver, lxxviii (à propos du passage du Prajnâpâraj 



BOSATSUKAI 



143 



BOSATSUKAI 



itâsûtra où le Bs. fait Vœu, entre autres, d'avoir 
I pour moines d'innombrables Bs.) : La plupart des 
B. ont pour moines des Auditeurs et n'ont pas de 
Communauté spéciale de Bs. ; ainsi les Bs. Maitreya, 
Marïjusrî etc. siègent dans la Communauté des 
moines Auditeurs et y prennent place à leur rang 
comme tels ; c'est que le B. Sâkyamuni n'a pas de 
Communauté spéciale de Bs. Mais il y a des B. qui, 
prêchant exclusivement en vue du V. Unique, n'ont 
pour moines que des Bs. Il y en a dont la Commu- 
nauté est un mélange d'Auditeurs et de Bs., p. ex. 
dans le Terrain du B. Amida il y a beaucoup de 
moines Bs. et peu de moines Auditeurs. — Le Nirvâ- 
qasûtra T. 374 xxvni distingue expressément les 
Défenses des Bs. des Défenses des Auditeurs ; [le 
contenu en est identique, comme l'indiquent d'autres 
passages, mais] pour les Bs. elles commencent à la 
Production d'Esprit et se prolongent jusqu'à l'Eveil ; 
pour les Arhat, elles débutent avec l'Inspection du 
Squelette [la dernière des neuf Inspections d'Im- 
pureté, Mvy. 1164] et s'arrêtent au Fruit d'Arhat. 
Ib. distingue (a) les Défenses intégrales (kukyôkai 
$£§lJ$Û> qui ne requièrent pas de Facteurs, et celles 
qui ne le sont pas, puisqu'elles exigent une inter- 
vention humaine, celle d'un maître, etc. ; (b) les 
Défenses qu'on observe pour la Loi et celles qu'on 
observe par intérêt ; (c) celles qui sont profondes 
et inébranlables, et celles qui sont superficielles et 
vacillantes ; (d) celles qu'on observe pour les Etres 
et celles qu'on observe pour soi ; (e) celles qui sont 
innées et celles qu'on acquiert par l'enseignement. 
Le premier groupe de chacune de ces séries conduit 
à voir le Nature de B. et les Tg. ; [ce sont donc celles 
des Bs.] — h'Avatamsaka T. 279 xxxv prescrit dix 
actes de bien, interdit dix actes de mal, exactement 
comme le P.V. (cf. Jûaku +^§, s.v. *Aku) ; mais 
il y ajoute des prescriptions nouvelles, telles que 
compassion, pitié, bienveillance, protection etc. uni- 
verselles. — Cette triple division annonce les trois 
Masses de Défenses. Celles-ci sont nommées et 
définies avec précision dans des textes traduits 
vers le début du V e siècle. T. 1581 iv-v, td. ca. 414- 
426 {Bodhisattvabhûmi, chapitre sur les Défenses; 
cfpLa^Vallée Poussin, Le Vinaya et la pureté d'in- 
tention, dans Notes bouddhiques, vu, Bruxelles 
1929) distingue d'abord deux sortes de Défenses 
de Bs> : pour les Laïcs et pour les Moines ; elles 
forment ensemble ce qu'on appelle "toutes les 
Défenses" issaikai -^iJJJ^. Celles-ci se subdivisent 
en trois Masses (ju |fé, sk. skhandha) : (I) Défenses 
de Restrictions (ritsugikai fft'ftl^, sk. samvarasîla) : 
ce sont les Défenses que reçoivent les sept Assem- 
blées : Moines, Nonnes, Catéchisés, Novices hommes 
et femmes, Laïcs et Laïques et que peuvent recevoir 
les Bs. soit Moines soit Laïcs [le texte parallèle du 
Yogâcâryabhûmisâstra, Tt. 1579 XL, spécifie qu'il 
s'agit du Pénitentiel des sept Assemblées] ; (II) 



Défenses de Captation des bonnes Essences (sh§- 
zembôkai §|fj;fi£, sk. kusalasamgrahasîla ?) : ce 
sont toutes les bonnes pratiques du corps, de la 
bouche et de l'esprit, que cultivent les Bs. en vue 
du grand Eveil, en prenant comme point de départ 
les Défenses de Restrictions; (III) Défenses de Cap- 
tation des Etres (shôshujôkai ï^^^fcrêt) : ce sont 
les Actes altruistes ; on en distingue onze catégories. 
Le texte décrit ensuite la cérémonie de l'ordination. 
Si un Bs. Moine ou Laïc, ayant émis le Vœu d'Eveil, 
désire étudier les trois Masses de Défenses, il doit 
se rendre chez un Bs. Coreligionnaire (dôhô [n]^, 
sk. sahadhârmika), ayant lui aussi émis le Vœu et 
possédant sagesse et force ... Il doit se prosterner 
devant lui et lui adresser cette prière : Je désire 
vous demander, Révérend (ou : homme excellent, 
ou : mon Aîné), de me donner toutes les Défenses 
pures de Bs....Puis il doit saluer les B. des dix 
directions et tous les Bs. sages et forts des grandes 
Terres, et, fixant son esprit sur les Mérites de ces 
derniers, obtenir de la force par leurs Mérites et 
purifier son Esprit. [T. 1499 ajoute : Le Bs. sage et 
fort doit alors enseigner au candidat la Corbeille 
de la Loi et les Matricules des Bs., et lui apprendre 
tout ce que les Bs. doivent étudier et éviter.] Pros- 
terné devant une statue de B., il renouvelle sa 
demande d'ordination et purifie encore son Esprit 
en le concentrant sur un Objectif unique : les Mérites 
qu'il obtiendra prochainement ... Alors le Bs. sage 
et fort lui dit : Toi un tel, homme excellent (ou : 
excellent disciple de la Loi), es-tu un Bs. ? — Oui. — 
As-tu émis le Vœu d'Eveil ? — Oui. — Tu désires 
recevoir de moi les trois Masses des Défenses pures 
de Bs. ; tous les Bs. passés, futurs, présents, les 
possédèrent, les posséderont, les possèdent, les étu- 
dièrent, etc. ... Peux-tu les recevoir? — Oui. — Ce 
dialogue est répété trois fois, puis, tandis que le 
candidat reste toujours prosterné, le donateur des 
Défenses s'adresse ainsi, devant une statue de B., 
à tous les B. et Bs. : Maintenant le Bs. un tel, devant 
moi, le Bs. un tel, a déclaré à trois reprises recevoir 
les Défenses de Bs. Moi, le Bs. un tel, j'ai témoigné 
pour le Bs. un tel. Je désire que tous les B. et Bs. 
de tous les temps et en tous lieux, tous les saints 
suprêmes, tous les Etres Eveillés, soient aussi témoins 
de ce Bs. un tel qui reçoit les Défenses. — Il répète 
cette formule trois fois ; et ainsi est terminé l'Acte 
de la Réception des Défenses. — Le texte énonce 
ensuite une longue série d'infractions que les Bs. 
doivent éviter, notamment quatre péchés d'Exclusion 
(*harai $S|j|^|, sk. pârâjika) qui diffèrent entièrement 
de ceux qu'enseigne le P.V. : le premier consiste 
à se louer soi-même et à dénigrer autrui ; le second, 
c'est l'avarice ; le troisième se définit par la colère, 
la grossièreté, la violence ; le quatrième consiste 
à calomnier la Corbeille des Bs. et à établir une 
Loi illusoire. Le texte énumère également un grand 



BOSATSUKAI 



144 



BOSATSUKAI 



nombre de Méfaits (*îtokira $?î!îfl,sk. duskrta), que 
la confession publique (Contrition) suffit à effacer ; 
pour les péchés d'Exclusion, s'ils ont pour cause 
des Passions de l'ordre inférieur la confession devant 
un seul témoin suffit, ou même l'acte de Contrition 
solitaire ; s'ils ont pour cause des Passions de l'ordre 
moyen, ils nécessitent la confession devant trois 
personnes au moins ; s'ils ont pour cause des Passions 
de l'ordre supérieur, on ne peut s'en absoudre qu'en 
recevant à nouveau les Défenses. Il est en effet 
spécifié que pour les Bs. ces péchés n'entraînent 
point l'Exclusion sans retour ; ils peuvent recevoir 
une nouvelle ordination, ce qui n'est pas possible 
aux Moines-mendiants qui suivent le Pénitentiel. — 
Le texte ajoute qu'en l'absence de personne quali- 
fiée, par ses Mérites, pour donner les Défenses, on 
est autorisé à les recevoir "de soi-même", en s'age- 
nouillant devant une statue de B. et en répétant 
trois fois la formule suivante : Moi, un tel, je déclare 
à tous les B. des dix directions et à l'Assemblée des 
Bs. des grandes Terres que je reçois maintenant les 
trois Masses de Défenses, devant tous les B. et Bs. 
Ces Défenses furent étudiées par les Bs. passés, le 
seront par les Bs. futurs, le sont par les Bs. présents, 
etc. Après quoi il se relève. [Une des Essences Sin- 
gulières des Bs. est qu'ils possèdent les Défenses 
sans qu'elles leur soient enseignées, Mvy. 788 sk. 
anupadistasîla, ch. gushokairitsusha -jt^jétftMIf.] — 
Le Yogâcâryabhûmiêâstra Tt. 1579 xl-xlii (attribué à 
Maitreya-Asanga, td. Genjô VII e siècle) comprend un 
chapitre sur les Défenses qui ne diffère du texte 
précité que par de légères variantes de rédaction ; la 
terminologie chinoise y est celle de la nouv. éc, et 
la troisième Masse, p. ex., y porte le nom de nyô- 
yakuujôkai ^^^trljS "Défenses pour le bénéfice 
des Etres" (sk. sattvârthakarasîla ?). — Les fragments 
de T. 1581 (Bodhisattvabhûmi) et Tt. 1579 (Yogâc 
bh°sâstra) relatifs aux péchés d'Exclusion et aux 
Méfaits ont été détachés sous le titre de Bosatsu- 
kaihon ^WtlQUf- "Texte des Défenses de Bs." et 
forment respectivement T. 1500 (td. ca. 414-426) et 
1501 (td. Genjô vn e siècle). Le fragment de Tt. 1579 
relatif à la cérémonie d'ordination, aux quatre péchés 
d'Exclusion, à la confession, a été également détaché, 
avec de légères modifications, sous le titre de Bosa- 
tsukaikommamon ^Wj$MW%. "Texte de l'Acte [de 
Réception] des Défenses de Bs. "et forme T. 1499 
(td. Genjô VII e siècle). — La théorie des trois Masses 
de Défenses se retrouve dans les traités de l'école 
Vijnaptimâtra apparentés à Tt. 1579 : Tt. 1594 III 
(Asanga), 1522 iv (Vasubandhu), 1585 ix (les dix 
maîtres, Dharmapâla etc.) ; dans ce dernier texte elles 
sont définies ainsi : Les Défenses de Restrictions, 
c'est éviter tout ce qui doit être évité ; les Défenses 
de Captation des bonnes Essences, c'est attester par la 
pratique tout ce qui doit être attesté ; les Défenses 
de Captation des Etres, c'est assurer le profit et le 



bonheur de tous les Etres. — Un autre ouvrage traduit 
au début du V e siècle, T. 1582 iv (chapitre sur les 
Défenses), expose les trois Masses d'une façon ana- 
logue à T. 1581 : la première comprend les Défenses 
des sept Assemblées, que les candidats doivent 
recevoir avant les deux autres Masses afin de purifier 
leur Esprit, de même qu'un homme qui se propose 
d'inviter un roi commence par nettoyer sa maison ; 
la deuxième Masse comprend dix sortes de bonnes 
pratiques du corps, de la bouche et de l'esprit ; la 
troisième se répartit en onze catégories. Le texte 
ajoute que pour observer les Défenses un Bs. ne 
doit jamais penser : Je les ai reçues d'un maître, 
d'un Professeur, mais : Je les ai reçues des B. et Bs. 
des dix directions ; si je les avais reçues d'un Maître 
ou d'un Professeur, elles ne seraient pas appelées 
Défenses de Bs. Il enfreint également ces Défenses 
s'il -fait des distinctions entre les Moines des dix- 
huit écoles : il doit considérer tous les Moines, et 
tous les Etres, comme des disciples des B. et Bs. des 
dix directions. — Dans le chapitre servant d'introduc- 
tion au même ouvrage T. 1582 1, le B., résidant au 
jardin d'Anâthapindika, enseigne comment les Bs. 
doivent faire acte de Contrition pour leurs péchés 
devant 35 B. ; puis il expose à Upâli les différences 
entre les Défenses [le Pénitentiel, spécifie T. 310 
xc] des Auditeurs et celles des Bs. : elles diffèrent 
par les Facteurs, par l'Esprit, par les Ornements, 
par les Moyens. Pour les Auditeurs, la pureté des 
Défenses consiste à ne pas rechercher l'Existence ; 
pour les Bs. elle consiste au contraire à la rechercher, 
et il n'est pas de pire infraction que le dégoût de 
l'Existence. Les Défenses des Auditeurs tendent à 
la destruction des Passions, tandis que les Bs. peuvent 
éprouver tous les plaisirs des Passions sans pour 
cela violer leurs Défenses. Les Défenses des Audi- 
teurs sont rapides, elles visent à éliminer les Passions 
en une seule fois ; celles des Bs. sont lentes, elles 
conduisent à l'Eveil par des Moyens graduels. 
Les premières peuvent se définir par le mot "bou- 
cher", les secondes par le mot "ouvrir". Pour les 
Auditeurs l'infraction aux Défenses constitue un 
obstacle irrémédiable à l'obtention de la sainteté ; 
mais si un Bs. commet une infraction, pourvu qu'il 
prenne conscience de son péché il peut continuer à 
penser à l'Eveil. S'il a péché le matin, il lui suffit de 
fixer son esprit sur l'Omniscience pendant la journée ; 
s'il a péché à midi, pendant la soirée, etc.. . .11 ne 
faut pas qu'il se laisse bouleverser par le remords, 
ni qu'il exagère le repentir ; mais un Auditeur qui 
commet un péché dégradant perd, lui, toute sa 
Masse de Défenses (passage cité en sk. sous le 
titre d'Upâlipariprcchâ dans Siksâsamuccaya 178). | 
Des trois infractions : Attraction, Répulsion, In- 
science, la première est légère, car elle peut aider à 
Capter les Etres et d'autre part elle est difficile à 
trancher ; la Répulsion est plus grave, car elle éloigne 



BOSATSUKAI 



HS 



BOSATSUKAI 



des Etres, tout en étant plus facile à trancher (sk. 
Siksâsamuccaya 164). A la fin du chapitre, Manjusrî 
explique à Upâli le Sens profond de la Discipline. 
— Un texte très proche de ce chapitre, mais un 
peu développé, forme la section 24 du Ratnakûta 
T. 310 xc, intitulée Upâlipariprcchâ. — T. 1582 ne 
contient pas de prescriptions pour l'ordination des 
Bs. ; celles-ci sont énoncées dans un opuscule du 
même titre (Bosatsuzenkaikyô ^J^cHtiIIjL "Sûtra 
des bonnes Défenses de Bs.", avec une variante 
JUparimombosatsujukaihô là$Mfà'&W%.tâfé "Mé- 
thode d'ordination des Bs. [enseignée dans] l'Upâli- 
pariprcchâ") dû au même traducteur (Gunavarman, 
ca. 431 A.D.) T. 1583. Ce texte commence par 
stipuler que l'obtention des Défenses de Bs. doit 
nécessairement être précédée de celle des Défenses 
de Laïc, de Novice et de Moine-mendiant, de même 
que pour atteindre le quatrième étage d'un édifice il 
faut passer par les trois premiers. Cette comparaison 
laisserait à croire que le Bs. doit être Moine, mais la 
suite du texte montre qu'il peut aussi bien être Laïc. 
Après la réception des Défenses du P.V., le candidat 
doit s'Inspecter soi-même comme s'il Inspectait un 
Etre parvenu à la Connaissance, puis, se retirant en 
un lieu tranquille, il salue tous les B. et Bs., met le 
genou droit en terre devant une statue de B. et, tourné 
vers l'est, dit en joignant les mains : Révérends B. 
des dix directions et vous, Assemblées des Bs., 
écoutez-moi ! Moi, un tel, je désire maintenant 
demander les Défenses de Bs. Inspectez mon Esprit, 
et si j'ai des pensées sans foi, contraires à l'Eveil, des 
pensées de mal, de mensonge, ne me donnez pas 
les Défenses ! Si je n'ai point de telles pensées, 
donnez-les moi, par compassion ! Il répète cette 
formule trois fois puis, ayant concentré son Esprit 
en silence, il reprend à trois reprises : Maintenant 
les Défenses de Bs. m'ont été données, je les ai 
obtenues. Comment cela ? Tous les B. et Bs. ont 
Inspecté mon Esprit au moyen de la Connaissance 
de l'Esprit d'autrui ; j'ai un Esprit de vérité, et je 
sais qu'ils m'ont donné les Défenses de Bs. par 
compassion. Or je suis sans maître ; tous les B. et 
Bs. sont mes maîtres. — L'événement est alors an- 
noncé par les B. et Bs. aux grandes Assemblées ; 
le nouveau Bs. se relève et les salue. C'est là ce qu'on 
appelle l'Acte [d'ordination] par soi-même (jikomma 
ê$J^) ; c'est la méthode suivie s'il n'y a point dans 
le voisinage de sage qualifié pour donner les Défenses, 
ou encore en cas de troubles politiques, de maladie, 
etc. Mais si l'on peut se rendre auprès d'une per- 
sonne de même Esprit d'Eveil, de même Loi, de 
même Mental, possédant la Connaissance, habile 
à parler et à enseigner, c'est d'elle qu'il faut solliciter 
l'ordination ; la cérémonie est dite alors Acte par 
lequel les Défenses de Bs. sont reçues d'un Bs. 
(bosatsujubosatsukaikomma ^M^lÊtMj&^M) • Par 
des formules analogues à celles qui ont été citées 



ci-dessus, le candidat s'adresse au donateur des 
Défenses, qui lui pose les questions suivantes : Es-tu 
maintenant un vrai Bs. ? As-tu produit l'Esprit 
d'Eveil ? Possèdes-tu les trois sortes de Défenses 
du P.V. ? Es-tu détaché de toute chose, externe et 
interne ? Es-tu prêt à donner ta vie et tes biens ? 
Peux-tu recevoir et observer toutes les Défenses de 
Bs. ? Puis le donateur intercède auprès de tous les 
B. et Bs. pour qu'ils agréent le candidat. Un vent 
frais s 'élevant des dix directions signifie que sa 
requête est accordée ; le candidat s'engage de nouveau 
à bien observer les Défenses, et le donateur en in- 
forme tous les B. et Bs. en ces termes : Maintenant 
un tel a déclaré à trois reprises avoir reçu de tous 
les B. et Bs. les Défenses de Bs. C'est moi, un tel, 
qui parle ; le récipiendaire est un tel. Je témoigne 
pour lui. Ses grands maîtres sont tous les B. et Bs. 
innombrables des dix directions ; je suis son petit 
maître. Il y a deux sortes de maîtres : visibles, comme 
moi ; invisibles, comme vous. Cet homme a reçu 
les Défenses des deux sortes de maîtres. — Le texte 
énonce ensuite tout ce que doivent faire et éviter 
les Bs. après cette ordination : ils doivent notam- 
ment étudier la Corbeille de Loi et les Matricules 
des Bs. ; parmi les infractions, huit sont distinguées 
comme particulièrement graves, six d'entre ces 
huit devant être observées par les Bs. Laïcs ; un 
grand nombre d'infractions plus légères sont définies 
en détail. — T. 1485, ouvrage qui d'après une tradi- 
tion suspecte aurait été traduit vers la fin du IV e 
siècle, définit la première des trois Masses non plus 
comme les Défenses du P.V., mais comme dix Dé- 
fenses spéciales dites d'Exclusion (*harai = sk. pârâ- 
jika) ou pour lesquelles on ne peut faire Contrition 
(fukake ^RltêO : eues interdisent respectivement 
(1) le Meurtre, (2) le Vol, (3) la Luxure, (4) le Men- 
songe, (5) la médisance, (6) l'Usage de l'alcool, (7) 
l'exaltation de soi-même au détriment d'autrui, 
(8) l'avarice, (9) la Malveillance, (10) la calomnie 
relative aux trois Joyaux ; il n'y a pas dans le P.V. 
de liste exactement correspondante [cf. *Aku]. La 
seconde Masse des Défenses est constituée par 84.000 
Rubriques de bonnes Essences, et la troisième com- 
prend la compassion et le renoncement en vue de 
la conversion et du bonheur de tous les Etres. Trois 
sortes d'ordination des Bs. sont distinguées : supé- 
rieure, moyenne et inférieure. La première est celle 
qu'on reçoit devant les B. ou Bs. présents ; la seconde 
est reçue d'un maître, lorsque les B. et Bs. sont 
entrés dans le Nirvana ; la troisième est prise par 
serment personnel devant une statue de B. ou de 
Bs., s'il n'y a pas de maître dans un rayon de mille 
lieues. Avant de recevoir l'ordination, les candidats 
s'engagent à ne pas enfreindre les dix Défenses 
d'Exclusion ; s'ils les enfreignent, il leur faut re- 
cevoir une nouvelle ordination. La confession 
publique suffit par contre à effacer la violation des 



1 



B) SATSUKAI 



146 



BOSATSUKAI 



84.000 Défenses "légères". — Un texte de valeur 
douteuse, T. 839 1, expose une doctrine analogue 
à la précédente. — Le Brahmajâlasûtra (td. par 
Kumârajîva en 406) T. 1484 est resté en Chine 
jusqu'à nos jours l'ouvrage le plus populaire de la 
Discipline du G.V. Une td. antérieure de ce texte, 
attribuée à Ko Môshô (K'ang Mong siang) M^M 
qui travailla à la fin du 11 e siècle, est mentionnée 
Ttt. 2034 iv ; mais il s'agissait probablement du 
texte du même titre qui fait partie du Dîrghâgama 
T. 1 xiv ( = Dîg. Nik. n°i). T. 1484 passe pour être 
une section extraite d'un grand Brahmajâlasûtra en 
61 sections et 120 chapitres, ouvrage inconnu par 
ailleurs, mais qui d'après les commentateurs de 
l'époque aurait été analogue, par son plan et par 
sa doctrine, à l'Avatarhsakasûtra [cf. Matsumoto, 
Butten hehyôron]. La tradition de T. 1484 lui-même 
n'est pas parfaitement claire ; il n'est pas mentionné 
dans Ttt. 2145, et Ttt. 2146 v le classe parmi les 
textes "douteux". La théorie des trois Masses n'y 
figure pas ; les Défenses, qui sont exclusivement 
propres au G.V., sont divisées en dix interdictions 
graves (jûkinkai JU||;Ji£, série identique à celle de 
T. 1485 ci-dessus, sauf interversion des n os 5 et 
6) et quarante-huit Défenses légères (kyôkai $£;J$). 
Pour le détail de ces dernières, on consultera la td. 
de De Groot, Le Code du Mahâyâna en Chine, 
Amsterdam 1893, qui décrit également la cérémonie 
de l'ordination telle qu'il l'a observée dans un temple 
voisin de Fukushû (Fou tcheou) flig'J'I'l en China. 
On choisit pour cette cérémonie le 8 e jour de la 4 e 
lune ou le 17 e de la 11 e lune, anniversaires de nais- 
sance de Sâkyamuni et d'Amitâbha. Les candidats 
reçoivent, dans les quelques jours qui précèdent, 
les cinq, les dix et les deux cent cinquante Défenses 
du P.V. qui leur assurent respectivement la qualité 
de Laïcs, de Novices et de Moines ; cette ordination 
préliminaire est conférée par l'abbé du monastère, 
un Maître d'Actes et un Maître Enseignant (cf. 
*Ajari), devant sept témoins, selon le rituel du P.V. 
L'ordination de Bs. comporte la confession devant 
les B. et Bs., l'acceptation par serment des dix et 
quarante-huit Défenses du Brahmajâlasûtra, la 
brûlure des cheveux au moxa (on se brûle parfois 
un ou plusieurs doigts, et l'histoire du bouddhisme 
chinois rapporte des sacrifices plus cruels), puis 
le rite de l'ordination proprement dit. Ce dernier 
est accompli par l'abbé du monastère, qui dirige 
en fait toute la cérémonie ; mais en principe Sâkya- 
muni y joue le rôle de Professeur, Manjusrî celui 
de Maître d'Actes, Maitreya celui de Maître En- 
seignant, et les témoins sont les B. des douze direc- 
tions. — Citons pour terminer un texte montrant 
comment le G.V. élargit la notion de moine au point 
d'aboutir à une véritable négation des principes 
mêmes de l'Eglise : T. 159 Dans le monde et hors 
du monde il y a trois sortes de moines (sô fè) : les 



moines Bs., les moines Auditeurs et les moines 
Profanes. Manjusrî, Maitreya, etc., étaient des 
moines Bs. ; Sâriputra, Maudgalyâyana, etc., étaient 
des moines Auditeurs ; tout Profane sincère, ob- 
servant parfaitement les Défenses du Pénitentiel, 
possédant toutes les Vues correctes, et capable 
d'enseigner à autrui la Loi de la Voie sainte et de 
rendre heureux les Etres, est appelé un "moine Pro- 
fane" [cf. *Biku]. — Textes historiques. — En Chine, 
d'après les préfaces de T. 1484, trois cents disciples 
de Kumârajîva reçurent les Défenses de Bs. lorsque 
ce texte fut traduit en 406. — L'empereur Mei (Ming) 
des Sô (Song) ^HJ^ (466-472) les reçut Ttt. 2145 
xii, et de même, en 467, un laïc nommé Hi Sôsen 
(Fei Tch'ong sien) J|s^5fc Ttt. 2122 xxiv. — En 519- 
520 l'empereur Bu (Wou) des Ryô (Leang) jjj£H5 
$T les reçut de Eyaku (Houei yue) i^fà (il régna 
encore trente ans), et son exemple aurait été suivi 
par 48.000 moines et laïcs Ttt. 2035 xxxvn, Bdnp. 
1004. — En 551 l'empereur Bunsen (Wen siuan) 
"jSCm. des Hokusei (Pei Ts'i) :jfc^? l es reçut avec son 
impératrice et ses concubines (il régna encore six 
ans) Ttt. 3025 xxxvin. — L'empereur Sen (Siuan) 
^*j? des Hokushû (Pei Tcheou) &M (578-580) 
fit choisir 220 moines auxquels il fut interdit de 
se couper les cheveux ; on les appelait "moines 
Bs." bosatsusô ^^fâ" > l a tonsure leur fut permise 
en 580, lors de l'avènement de l'empereur Bun 
(Wen) 3St$? des Zui (Souei) |îpf. Le moine con- 
temporain Genshû J£ïîj; n'admettait pas qu'il pût 
y avoir des "moines Bs." ; il estimait que l'usage 
de porter des coiffures fleuries, des bracelets, etc. 
. . .comme les statues de Bs., était un abus contraire 
aux institutions bouddhiques Ttt. 2126 11. — En 
Corée, les rois Eisô (Ouei tjong) 0^ (1106-1122) et 
Jinsô (In tjong) K^-% (1123-1146) recevaient les 
Défenses de Bs. chaque année à la 6 e lune Bdji. 4175. 
— Au Japon, en 749 l'empereur Shômu |jg|J; et l'im- 
pératrice les reçurent de Gyôgi fàSS? Tdjy. 1 (9-10). 
Au début du ix e siècle, Saichô Mcât (Dengyô Daishi 
#$CX8|Î) les reçut en Chine ; il rapporta au Japon 
le Brahmajâlasûtra, et en 806, au mont Hiei, il 
conféra les Défenses de Bs. à plus de cent personnes 
Bdnp. 275. Dès lors les adeptes de la secte Tendai, 
au mont Hiei, suivirent pour les ordinations, du 
moins en théorie, le Brahmajâlasûtra, tandis qu'à Nara 
on s'en tenait à la tradition des textes se rattachant 
au Yogâcâryabhûmisâstra Tt. 1579, selon lesquels la 
première Masse est constituée par les Défenses du 
P.V. La première école, dite du Brahmajâla ou de 
la Discipline du G.V., reconnaissait une communauté 
spéciale de moines Bs., dont les Défenses et l'ordi- 
nation différaient de celles des moines Auditeurs ; 
l'autre, dite du Yoga, soutenait au contraire qu 
moines du G.V. ne se distinguent de ceux du P.V«| 
que par l'esprit qui les anime. — Cf. *Endonkai j 



BÔZU 



147 



BUCHAKUKONGÔ 



BÔZU :£££, désignation populaire des moines 
bouddhistes au Japon, d'où est tiré le terme européen 
'bonze". En ch. le mot bô (fang) ^ signifie "quar- 
tier d'une ville (ou du palais impérial), hameau, 
atelier", etc. ; mais au Japon il s'emploie aussi pour 
désigner les "quartiers" ou groupes de bâtiments 
dont l'ensemble constitue un monastère bouddhique 
— ou plus précisément les habitations des moines 
(dites aussi bôsha #réj, bôryô Jfifë, etc.) — , d'où 
l'expression bôzu, lecture en go-on des caractères 
ifjî. "maître de bô". Cette expression paraît avoir 
désigné anciennement les supérieurs des monas- 
tères ; ainsi dans l'Azuma-kagami ^j^KI vi, on 
appelle bôzu le supérieur d'un monastère du Yamato 
en 1135. Mais plus tard elle fut appliquée à tous les 
moines en général, et le Hogo-no-uragaki JK"ÈS®, 
rédigé vers 1567, l'emploie pour désigner jusqu'aux 
Novices. Sous les Tokugawa, on appelait bôzu, par 
dérision, les vassaux (samurai) de bas rang qui 
remplissaient les fonctions de médecins, de maîtres 
de la cérémonie du thé, etc., parce qu'ils se rasaient 
la tête comme les bonzes ; et pour la même raison, 
les fillettes au service des prostituées recevaient le 
sobriquet de bôzu-kamuro 3#;Ë5fè "chauves comme 
des moines". Le mot bôzu a pris ainsi un sens 
de plus en plus familier ou ironique. On l'abrège 
souvent en bô ijj, ou avec le suffixe honorifique san 
en bô-san, qui dans la région du Kansai, ainsi qu'à 
Nagasaki, se prononce bon-san. C'est cette pronon- 
ciation nasalisée du terme bô qui paraît expliquer le 
■n- du mot "bonze", tel que le notèrent au XVI e 
siècle les premiers missionnaires portugais à Naga- 
saki ; Saint François Xavier écrit bonzo, bonso, 
correspondant sans doute à une prononciation jap. 
bonzu ; mais Richard Cocks, qui visita Edo (Tôkyô) 
au début du xvn e siècle, donne boze, bose, formes 
qui rendent bien la prononciation bôzu du Kantô 
(cf. Yule-Burnell, Hobson-Jobson 105). Le mot bô, 
Ou son diminutif bocchan tfjj- Y >, s'emploient 
encore de nos jours comme appellation familière des 
petits garçons, dont c'était autrefois la coutume de 
raser le dessus de la tête ; à Kyoto on trouve le 
diminutif bon-bon 4C>$C>, où reparaît le -n- de 
notre mot "bonze" 

BU |$, Section. Terme qui correspond aux mots 
sk. varga (catégorie, section d'ouvrage, etc.), nikâya 
(école, secte), kula (groupe), etc., et entre dans 
diverses expressions numériques comme les sui- 
vantes : — Ryôbu Mffî, les deux Sections ou variétés 
de Cercles es. : Plan de Diamant et Plan de Matrice ; 
cf. *Mandara, etc. — Sambu Hpfl, les trois Sections ou 
clans (sk. kula) du Plan de Matrice : Section de.B., de 
Lotus, de Diamant; cf. *Taizôkai ; — désigne aussi 
trois méthodes d'Onction, cf. *Kanjô ; — trois sortes de 
Libation, cf. *Goma; — et différents groupes de trois 
sûtra, cf. *Sambukyô — Shibu HoP, shibushu ~^£, 



etc., les quatre Assemblées constituant la Commu- 
nauté, cf. *Shu ; — désigne aussi un groupe de quatre 
sûtra (shibukyô'PgSIJiK), cf. *Sambukyô.— Gobu SâP, 
les cinq Sections du Plan de Diamant correspondant 
aux cinq B. et aux cinq Connaissances : Section de 
B., de Diamant, de Joyau, de Lotus, d'Acte ; cf. 
*Kongôkai ; — aussi les cinq écoles du P.V. qui 
possédaient chacune un Vinaya particulier : Dharma- 
gupta, Sarvâstivâdin, Mahîsâsaka, Kâsyapîya, Vâtsî- 
putrîya, cf. *Shôjô ; — cinq méthodes de Libation, 
cf. *Goma. — Hachibu Aqft, huit Assemblées, cf. 
*Hachibushu ASP3fc — Kubu jifâ, jûnibu[kyô] -f- 
— t$[|xiL les neuf ou douze catégories entre les- 
quelles sont traditionnellement répartis les textes 
sacrés du P .V —Jûhachibu +A§ft, nijûbu Zl+ê(5, 
les dix-huit et les vingt écoles (sk. nikâya) du P.V. ; 
cf. *Shôjô. — Nijûgobu Zl+JL^Î, les vingt-cinq Sec- 
tions du Plan de Diamant, obtenues en attribuant 
cinq Connaissances secondaires à chacun des B. qui 
représentent les cinq Connaissances principales 
Hizk. 11. — *Nijûhachibu[shu] Zl+Awl$[^], vingt- 
huit Assemblées ; cf. article spécial. — Rokujûrokubu 
7\-\r/\e$, les soixante-six exemplaires du Hokkekyô 
(Saddharmapundarîkasûtra) que les pèlerins japo- 
nais reçoivent de soixante-six temples différents ; 
souvent abr. en rokubu Aqft. — Termes composés. 
— Bugyô ffîfi "pratiquant en groupes", sk. varga- 
cârin, une des deux sortes de B.-pour-soi ; cf. *En- 
gaku. — Bumo gjJ^J: "mère de Section", bushu §P£ 
"président de Section", personnages présidant aux 
Sections des Cercles es. — Bushu désigne aussi les 
patriarches fondateurs des écoles du P.V. — Btishû 
q$$t "[opinions] soutenues par les écoles" du P.V. ; 
cf. le titre de Tt. 2033. 



BUCHAKUKONGÔ #flU&HlJ, nom d'un des 
huit grands Rois de Science (cf. *Myôô). Pour le 
premier élément de ce nom, Buchaku, litt. "pas" + 
"lancer", Tt. 1232 donne une te. hannanôkesshiha 
M#$iil i n$:#£ [pour le second caractère, on trouve 
une var. han f&t fautive], qui semble recouvrir un 
original sk. padânârh ksepa "lancement des pieds" 
(?). T. 965 fait de ce personnage une manifestation 
du Bs. Samantabhadra, et en donne la description 
suivante : Dans la main droite il tient un dais, dans 
la gauche un Diamant [foudre à trois dents] ; son 
corps à la couleur de l'Espace [azur] et émet une 
flamme éclatante [cf. fig. 62]. Ce type est figuré Asbs. 
v (2020), Jksh. VIII. Tt. 1232, qui est un Rituel de 
Buchakukongô, indiquant toutes sortes de Formules 
et de Sceaux pour les cérémonies es. qui lui sont 
consacrées, décrit en détail un type, également assis, 
à vingt bras : son corps est de couleur bleue ; il 
écrase un Mâra bleu à quatre bras ; il est flanqué 
de deux Garçons de Diamant, de couleur rouge. 
Aucune représentation de ce second type n'a été 
conservée au Japon. — D'après Asbs. v et Jskh. vin, 



BUCHAKUKONGÔ 



148 



BUCCHÔ 




Fig. 62. Buchakukongô. 
D'apiès un destin de Shinkaku (fn8o), reproduit dans Zuzôshûko. 

son Germe est hûrh, et sa Forme de Convention le 
Diamant (foudre) à trois dents. 

BUCCHÔ $fc]g, sk. Buddhosnîsa, Usnîsarâja, 
etc. Nom de divers personnages es. personnifiant la 
Protubérance-crânienne du B. (cf. *Chôsô Util}), 
un des Caractères du Grand Mâle (cf.* Sô ifg), 
manifestation et symbole de la Connaissance qui le 
distingue. Dans les textes comme dans l'icono- 
graphie, ces personnages sont souvent associés en 
groupes, de nombre variable ; dans le présent 
article il ne sera question que de ces groupes, des 
articles spéciaux étant réservés à ceux des Bucchô 
qui ont assez d'importance et d'invidualité pour 
être traités comme des personnages indépendants 
(cf. *Byakusangaibucchô, *Daibucchô, *Kinrimbuc- 
chô, *Shijôkôbucchô, *Sonshôbucchô). Ils sont 
souvent représentés sous l'apparence de Rois Tour- 
nant-la-roue, l'épithète de Rinnô $i3E étant fré- 
quemment accolée à leurs noms. — Trois Bucchô. 
— Un groupe de trois Bucchô figure à la droite 
(c'est-à-dire au Nord) de Sâkyasirhha, à l'est du 
Cercle du PI. M. décrit par le Mahâvairocanasûtra 
T. 848 1 (7 c), qui leur donne les noms suivants : 
(1) Kôdai Uc;*; "vaste et grand" [sk. Mahosnîsa, cf. 
te. Sfdk. 125] ; (2) Gokkôdai @^^C "très vaste 
et grand" [sk. ?] ; (3) Muhehonjô $§y|Hli? "voix 
au son infini" [sk. Anantasvaraghosa, cf. te. Sfdk. 
260]. Mais dans le Cercle spécial de Sâkyasirhha 
décrit ib. v (35), ils reçoivent les noms suivants : 



(1) Kôshô J^£ "vaste-produit" ; (2) Hosshô H£ 
"émis-produit", ou Geita %%> [sk. Abhyudgata, te. 
Sfdk. 260] ; (3) Muryôshô MmM "voix infinie". 
Dans le cm. Ttt. 1796 xvi (743 c), leurs noms sont 
encore différents : (1) Ezûdaibucchô -#JS^#IM 
"grand Bucchô syncrétique" ; (2) Abihosshô pBfji 
H£ [sk. Abhyudgata] ; (3) Muryôon ^ft^ "son 
infini". Ce cm. ajoute que (1) a pour Sceau (c.-à-d. 
pour attribut) le Diamant, (2) le Lotus, et (3) la 
Conque ; et ib. v (634 a) leur assigne respectivement 
les couleurs (1) blanche, (2) jaune et (3) rouge [cf. 
aussi Tt. 850 (76 b), 852 (138 a), 973 (378 b)], en 
spécifiant qu'ils personnifient la Protubérance-crâ- 
nienne comme symbole des vertus de chacune des 
trois sections du PI. M. : (1) section de B., (2) section 
de Diamant et (3) section de Lotus. D'après Tt. 
973 (378 b), on peut aussi les interpréter comme 
représentant respectivement (1) les Défenses, (2) la 
Concentration et (3) la Sapience. — D'après Dns. 
vu (376 b), les trois Bucchô ont pour Germe-commun 
la syllabe hûrh ; mais dans Tt. 850 (77 et 89), leurs 
Germes sont les suivants : (1) srûrh, (2) trârh, (3) 
hûrh. — Cinq Bucchô. — Le groupe le plus connu 
est celui des cinq Bucchô qui, comme les précédents, 
figurent à la fois à l'Est du Cercle du PI. M., à la 
gauche de Sâkyasirhha T. 848 1 (7 c), et dans le 
Cercle spécial de Sâkyasirhha ib. v (35 a). Le Mahâ- 
vairocanasûtra T. 848 (loc. cit.) en donne la liste 
suivante [les indications entre crochets sont tirées 
du cm. Ttt. 1796 v (633 c-634 a) et xvi (743 c) ; pour 
les noms sk., cf. aussi Tt. 850 (89)] : (1) *Byakusan- 
gai Él^H "Parasol blanc" [sk. Sitâtapatra ; Parasol 
blanc ; couleur or] ; (2) Shô ^ "Victorieux" [sk. 
Jaya ; épée ; couleur safran] ; (3) Saishô f||^ "Vic- 
torieux suprême" [sk. Vijaya, cf. *Biseiya ; Roue ; 
jaune clair] ; (4) Kaju tKM ou Kôju %%. "masse 
de flamme" [sk. Tejorâsi ; Chignon ; blanc] ; (5) 
Shajo Jjjy[$; "qui écarte" ou Joshô |^|^ "écartant les 
obstacles" [c'est-à-dire les Passions ; sk. Vikîrna, 
Vikrana, cf. *Bikirana ; Croc; blanc "peu profond"]. 
Dans T. 848 v (35 a) et cm. Ttt. v (633-634 a), 
l'ordre de (4) et (5) est interverti. — D'après Ttt. 1796 
v (633 c-634 a), ces personnages représentent les 
cinq Connaissances (cf. *Chi) du Tg. Sâkya, et sont 
figurés sous l'apparence de Rois Tournant-la-Roue 
parce que parmi toutes les Vertus du Tg. ces Con- 
naissances sont prééminentes comme des Rois Tour- 
nant-la-Roue. Toutefois, ajoute ce cm., ils n'ont des 
Rois Tournant-la-Roue qu'un Caractère, celui de 
la Protubérance-crânienne "double" (protubérance 
de chair surmontée d'une touffe de cheveux) ; pour 
le reste ils sont figurés comme des Bs. — I b. x (686 
c) assigne à chacun des Cinq Bucchô des syllabes- 
Germes qu'un autre cm., Dng. vu (376 b-377 a), 
interprète comme suit : (1) Sitâtapatra : larh, "Com- 
passion" ; (2) Jaya : sa, "Apaisement" (sk. sânti) ; 
(3) Vijaya : sî, "Lotus de la Loi" (sk. Saddharma- 




I 






Tecfgai ?m 

(Dais) 



Hôkô Wt 

O'cjorâsi) 




kt 



Jôgoten iff5>; 
(Suddhavâsadeva 



Hosshô *£ 
(Àbhyudgata) 




(Jôzanze P$^.1tt 
(Trailokyavijaya) 



'M 



Dainichi :*B 

( Vairocana) 



Sonshô SjtU5 
(Vikîran») 



Kôro »* 
(Briile-parfum) 



- Muhenjô ml&& 
(Anantasvaraghosa) 



Saishô fil 
( Vi jaya) 



Kôshô 3f.t£ 
(JVlahosrjûça ) 



Fudô *fc<; 
(Acab) 










148 













a. ajo 



(«iaC) 



(b'W 



fît. 1796^ 
Buddhosnî 

personnifiant la 

(cf. *chôsô mffl), 

(cf.* Sô ffl), 
de la Connaissance 

sont 

variable ; dans 



.>. obuH 



group 

articK 

articii 

qui 1 

être : 

(cf. •] 

chô, 

souvent p. (KiaaA) 

nant-ia-ro! 

quetri! 

et 

le du PI. M. 

oms suivants : 

Ylahosnîsa, cf. 

^AÇ* "très vaste 

^JÉHH "voix 

i, cf. te. Sfdk. 

imha 

. ants : 



Jït/fc "vaste-produit"; (2) Hosshô $$£ 
i'§£ [sk. Abhyudp 
"voix il 
3 c), leurs non 
laibucchô fëjfà kfàl 

(2) Abih 
luryôon ■$ 
a pour Sceau : 
le Diari le Lotus 

Conque ; et ib. v (1 •- assigne resp 

les couleurs (1) blanche, (2) jaune et (3) roui 
Bi Tt. 850 (76 b), 852 (138 a), 073 (37* 
I spécifiant qu'ils personnifient la Protubérar 
• nienne comme symbole des vertus de chacune à* 
I trois sections du PI. M. : ife)tfç,Ç,îiQn; de B., (2) 
j de Diamant et (3) secfc^dfcrffoaèjs. D ap 
3 (378 b), on peut aussi les interprète. 
JW$ ôjJôh; représentant respectivement (1) les Défenses, 
(iUioiaT) Concentration et (3) la Sapience. — D'après 
vu (376 b), les trois Bucchô ont pour Germe-c; 
la s? Kins r Pt. 850 (77 e; 

,.. iits : (1) srum, (2) tran 

nq tïuccliô. — Le groupe le plus ( 
,ô qui, comme les pi 
figurent à la fois à l'Est du Cercle du PI 
gauche de Sâkyasimha T. 848 1 (7 c), et da 
Cercle spécial de Sâkyasimha ib. v (35 a). Le 
iûtra 1 . 848 (loc. citv) en donne i 
** crochets son 

[ (743 c) 
( 1) •Byal 
îtapatj 
blan $ "Victo: 

; ; (3) Saishô jj|t£ 
Vijaya, cf. *Biseiya ; 
■ ■ir]f^ Kaju >XÂ ou Kôju jt% ' 
de flamme'^, Tejorâsi ; Chignon; blanc 
Shajo f£|i£ "qui écarte" ou Joshô ^{îg "écart- 
obstacles" [c'est-à-dire les Passions ; sk. Y 



.' dans /.uzôshilko. 

in le j 

BX irfjifiu.Cl 



on que dv . des 

^ l '!!Mïh Vikrana » cf - * B »kirana ; Croc ; blanc "peu pro 
Bvidualitépour ' Dans T. 848 v (35 a) et cm. Ttt. v (6; 
nages indépendants j l'ordre de (4) et (5) est interverti. — D'après Ttt 
iô. *Kinrimbuc- ! v (633 c-634 a), ces personnages représenter 
... Ils sont j cinq Connaissances (cf. jf^iJs^JiU^Tg. Sâkya, e 
ence de Rois Tour- ; figurés sous rapparencrj^i^«^iùfiri^ournant-la- 
"ô $$;£ étarrl*!^- 31 p;;rce que parmi toutes les Vertus du Tg. ces 
Trois Buccrïo. naissances sont prééminentes comme des Rois ' 
nant-la-Rouc joute ce cm., ils n'oi 

qu'un Caractère 

t>le" (protubé 

de cheve 

les Bs. — I b. S 

iucchô des syll 

Germes qu'un au' ; )ng. vu (376 b-3"; 

interprète comi Sitâtapatra : larh, "I 

passion"; (2) Java: sa, "Apaisemer 

: sî, "Lotus de la Loi" (sk. Saddh. 



droite 



PLANCHE XI 




LES HUIT BUCCHO. 

Cercle dit de Vikîrna (Sonshô-mandara ft8S3fS). 
Planche extraite de V Asabasho , chafi. III. 



BUCCHÔ 

pundarîka, sa° plus le signe de l'î qui figure les 
étamines), représente la longévité et les Supersavoirs 
es. du Tg. ; (4) Tejorâsi : trîrh, qui signifie "Ainsité 
Immaculée, Roue du Feu" ; représente l'éclat de 
la Sapience et de la Concentration du Tg., qui 
détruit les ténèbres ; (5) Vikîrna : hrîrh, signifiant 
"délivré des Facteurs", représente les Supersavoirs 
de Sécurité du Tg. — Les mêmes couleurs leur sont 
assignées dans Tt. 852 (120). Mais dans Tt. 973 
(378 b), on trouve une autre liste de couleurs : 

(1) blanc, (2) jaune, (3) rouge, (4) bleu, (5) noir, et 
d'après ce même texte (372 a) les cinq Bucchô re- 
présentent les cinq Connaissances non du B. Sâkya, 
mais de Vairocana, qui porte les Bucchô dans sa 
coiffure. — Dans une autre série de textes, T. 950 
(149 b), T. 951 (230 b), T. 952 (266 a), T. 953 (290 
c), où Vijaya est désigné par l'épithète d'Ekâksara 
(cf. *Kinrimbucchô et *Biseiya), le quatrième des 
cinq Bucchô, Vikîrna, est remplacé par Kôbucchô 
i'.'.'j f''!'M "l'élevé" [probablement sk. Unnâtosnîsa, 
cf. T. 1191 v (855 a, 27-28)]. — Dans le Cercle de 
•Sonshôbucchô MM$>lk ( = Vikîrna) décrit Tt. 
973 (381 b), les cinq Bucchô apparaissent montés 
sur des Garuda qui étendent leurs ailes et lèvent 
une patte pour arracher le cerveau des Dragons. 
— Les Sceaux des cinq Bucchô sont décrits Tt. 850 
11 (76 c), Tt. 853 11 (159 b), T. 950 m (209 b).— 
Tejorâsi est mentionné séparément T. 901 1 (970 b) 
comme un Bs. qui apparaît dans l'auréole de la Pro- 
tubérance-crânienne du B. Sâkyamuni au moment 
où celui-ci pratique la Compassion ; ce Bs. prononce 
un Charme qui fait disparaître Hayagrîva (cf. *Batô- 
kannon), en faveur duquel Avalokitesvara inter- 
vient ; le B. prononce alors un Charme qui anéantit 
Tejorâsi. — Huit Bucchô. — Groupe constitué par 
l'ensemble des deux précédents (cinq Bucchô + trois 
Bucchô). L'expression "huit Bucchô" se rencontre 
par exemple Ttt. 1796 v (634 a), Dng. IV (314 b), 
appliquée à l'ensemble de ces deux groupes en tant 
qu'ils se rattachent à Sâkyasirhha. Mais dans le 
Cercle de Mahosnîsa (*Daibucchô) T. 965 (339 c) 
et dans celui de Vikîrna (*Sonshôbucchô) Tt. 973 
(376 a), les huit Bucchô sont groupés autour de 
Vairocana, dont T. 965 les présente comme des 
émanations ; leurs noms et leurs attributs sont du 
reste les mêmes que dans les deux groupes ci-dessus 
décrits [les couleurs, qui diffèrent, ne sont indiquées 
que dans T. 965] : (1) Sitâtapatra, parasol, blanc ; 

(2) Jaya, épée, bariolé ; (3) Vijaya, Roue, vert ; (4) 
Vikîrna, Croc, rouge ; (5) Tejorâsi, Protubérance- 
crânienne, rouge clair ; (6) Mahâ, Diamant, jaune 
dans cercle bleu ; (7) Abhyudgata, Lotus, jaune ; 
(8) Anantasvaraghosa, Conque, violet. Tous sont 
assis sur des lotus de leur couleur ; et d'après Tt. 
973 chacun porte dans sa coiffure, comme Vairocana 
lui-même, cinq petits B. personnifiant les cinq 
Connaissances. — Dans T. 965 (339 c-340 c) Vairo- 



149 



BUCCHÔ 



cana, se manifestant sous l'apparence d'un "Bucchô 
syncrétique", Shôissaibucchô $jJ-H|U$|j]îî, entouré 
des huit Bucchô (cf. inf. Neuf Bucchô), voit ap- 
paraître devant lui les huit grands Bs. (Vajrapâni, 
Manjusrî, Âkâsagarbha, Maitreya, Avalokitesvara, 
Ksitigarbha, Sarvanîvaranaviskambhî. Samantabha- 
dra, cf. Mvy. 645-652), qui actualisent à leur tour 
les huit grands Rois de Science (cf. *Myôô). Se 
fondant sur ce texte, les auteurs japonais établissent 
un système de correspondance entre les huit Bucchô, 
les huit grands Bs. et les huit Rois de Science Asbs. 
m (960), Kkzs. 1 (286) ; c'est sur ce système que 
repose une des variétés du Cercle dit de Daibucchô 
XWM%S&%k (cf. *Daibucchô).— Dans le Manju- 
srîmûlakalpa T. 1191 (cf. Przyluski, BEFEO XXIII, 
310), les Bucchô (sk. Usnîsarâja) figurent dans les 
deux Assemblées dites des Tg. et du Lotus, à la 
tête des Rois de Science (sk. Vidyârâja) sur lesquels 
ils ont la même prééminence que les Rois Tournant- 
la-Roue sur de simples Rois. Pour un Cercle de 
Sâkyamuni que décrit cet ouvrage (Przyluski, loc. cit. 
314), le texte sk. donne la liste suivante des huit 
Usnîsarâja [cf. T. 1191 v (855 a, 27-28)] : (1) Ca- 
kravartî, ch. Dairimbucchô ^C$iJ|5]M> ( 2 ) Usnîsa, ch. 
Sonshô Hlgffîi-, (3) Abhyudgata, ch. manque, (4) 
Sitâtapatra, ch. Byakusangai Él^la.» (5) Jayosnîsa, 
ch. Saishô Ht|j|$f (?), (6) Kamalosnîsa, ch. manque, 

(7) Tejorâsi, ch. Kôju 3£UI, (8) Unnâta, ch. Ko jjtî. 
— Neuf Bucchô. — Les huit Bucchô groupés autour 
du "Bucchô syncrétique", Shôissaibucchô ^-^^33^ 
Hf, qui les manifeste et n'est lui-même qu'une forme 
de Vairocana T. 965 (cf. sup.). Dans T. 867 (263) 
un personnage analogue, Issaibucchôrinnô — '$$$ 
BéHÉ 3Î, apparaît dans le Cercle de la Mère-de-B. 
Vajrasrî qui est elle-même une émanation de Vajra- 
sattva ; le Sceau de ce personnage est décrit Tt. 850 
11 (76 c) et 851 (103 c). Parfois dans l'iconographie 
japonaise le 9 e Bucchô est appelé Henjô JU^ 
"omni-lumineux" Asbs. m (863) [le Sceau d'un 
personnage de ce nom est décrit Tt. 954 (312 a)], 
ou encore c'est le Tg. Vairocana lui-même qui est 
joint aux huit Bucchô ib. 989. — T. 951 (247-248) 
donne une liste de neuf Bucchô dits Chôrinnôbosa- 
tsu Hf $M 3E ïf |H (sk. Usnîsacakravaftibodhisattva), 
qui figurent autour du B. Sâkyamuni comme les 
huit Bucchô, mais dont les noms et les attributs 
(posés sur des lotus qu'ils tiennent chacun dans leur 
main gauche) sont en partie différents : (1) Ekâksâra 
( = Vijaya), Roue entourée d'une lame ; (2) Tejorâsi, 
Cœur du B. ; (3) Unnâta, Roue à huit rais ; (4) 
Sitâtapatra, Parasol ; (5) Jaya, épée ; (6) JZeizui 
t$ft$ = Vikîrna (?), Bannière ; (7) Ezûsanchô ^jH 
H® "Syncrétique triple" ( = Mahosnîsa), Diamant ; 

(8) Edôissaichô '^[p1- j ^0@ "Syncrétique transcen- 
dant" ( = Abhyudgata), Lotus sans attribut ; (9) 
Shômuhen ?§î4ffi}& "son infini" ( = Anantasvara- 
ghosa), Conque. — Dix Bucchô. — Un groupe de dix 



BUCCHÔ 

Bucchô est mentionné Tt. 949 (190 a-b), mais leurs 
noms ne sont pas spécifiés dans les textes ch. D'après 
la tradition jap. Asbs. III (988), il s'agit des huit 
avec l'addition de (9) Zekibucchô ^§9^111 e t de 
(10 a) Munôshôbucchô MnèfÊWM ou (10 b) Hen- 
jôbucchô jSRS-P'JS, ou bien encore Hmjr. 945 
des neuf Bucchô ci-dessus avec l'addition de (10 c) 
Futsûbucchô -fHiH^Bf- Tous ces Bucchô addition- 
nels sont mentionnés sporadiquement dans les textes 
ch., mais on ne connaît que leurs Formules et leurs 
Sceaux, ce qui rend leur identification difficile : — 
(9) Zeki ^§5 "I e destructeur" correspond, d'après 
sa Formule, au sk. Sarvavighnam vidhvarhsanam 
kâra "celui qui cause la destruction de tous les 
obstacles" T. 950 v (218 a-b) ; toutefois dans Tt. 955 
(312 b) cette épithète sk. est rendue en ch. par 
JZeizui t$H$> et c'est au sk. Vikîrna que répond le 
ch. Zeki flljgfc [dans T. 951 (257 b), au contraire, 
JZeizui répond à Vikîrna]. — (10 a) Munôshô j&jfêffî- 
"l'invincible" : la Formule d'un Bucchô de ce nom 
est donnée T. 950 v (221 b), mais ce nom ne se laisse 
pas rétablir en sk. ; son Sceau est décrit ib. (223 b). 
— (10 b) Henjô ;H$ft "omni-lumineux" ; Sceau et 
Formule Tt. 954 (312 a). — (10 c) Futsû ^jg "com- 
mun, syncrétique", est aussi appelé Futsûissai ^jJH 
— -Ç(J ou simplement Issaibucchô —ÏJ]$>1M dans T. 
950 11 (222 c), qui donne sa Formule et son Sceau, 
et ajoute que "voir ce Sceau, c'est comme voir tous 
les B.". Un Sceau différent est donné Tt. 949 (190 a) 
sous le nom de Futsû ^jH, avec cette remarque : 
"Si l'on n'a pas le temps de faire les Sceaux de 
chacun des dix Bucchô, il suffit de faire ce Sceau 
en récitant la Formule de tous les Bucchô." 

BUGAKU ||^ "danse et musique". Nom d'un 
genre de divertissement de cour (danse avec accom- 
pagnement orchestral) en usage dans certains temples 
bouddhiques du Japon. — Les origines de la danse 
au Japon. — La danse nationale du Japon ancien 
est souvent mentionnée ; mais la manière de l'exé- 
cuter ne s'est pas transmise exactement. Elle res- 
semblait probablement au Kagura j$!£&, la danse 
shintoïste qui passe pour remonter à Ame-no-uzume- 
no-mikoto ^c^HiÉC-pp ; celle-ci l'aurait, dit-on, exécutée 
devant la grotte de la déesse du Soleil pour l'attirer 
au dehors. Le Kagura se danse encore aujourd'hui 
dans les sanctuaires du Shinto, à Ise, à Kasuga, 
etc., et parfois aussi dans les fêtes rustiques à l'oc- 
casion de la moisson. La forme primitive de la 
danse semble avoir consisté en de simples mouve- 
ments des mains et des pieds, teburi ^Jg, ashiburi 
j^lÈÊ, accompagnés à l'occasion de textes chantés, 
prescriptions divines ou psaumes. Quand il chante, 
le danseur avance le pied droit et lève le bras droit. 
On distinguait, semble-t-il, deux styles dans la danse, 
le style indigène, hinaburi %%§,, et le style de la 
cour, miyabitoburi KÀ#K- Des chants, un certain 



150 



BUGAKU 



nombre ont été transmis par les Kataribe d'Izumo 
(les Kataribe |§nP étaient des familles ayant pour 
charge de conserver par transmission les récits 
historiques). D'autres sont désignés comme les 
chants de Kume, Kume no uta ;Xyjv3fe (Kume est 
un nom de lieu) ; on les exécute en battant la mesure 
de la main, tabakari ^Ht, c.-à-d. qu'on claque des 
mains plus ou moins vite pour rythmer la voix. 
Les instruments sont le wagon $1^ "luth du Japon", 
à huit cordes ; la sonnette, suzu §p, simple ou 
multiple, et les claquettes de bois, hyôshigi tÔ"?"^» 
pour marquer le temps. — Pièces purement japo- 
naises. — D'après le Ryô-no-shûge ^MiW en 30 
volumes, composé dans l'ère Engi (901-923) par 
Koremune Naomoto tJt?r;j^L^, — qui est un com- 
mentaire (le second en date) sur le Taihô-ritsuryô 
^Wft^*> I e Code de la période Taihô, publié en 
700, — dans le passage où il explique le règlement du 
Bureau de la Musique Noble (Gagakuryô ÏH^^), 
les danses musicales étaient: (1) Kume-no-mai fK%t 
|5f ; (2) Gosetsu-no-mai Jifnîlf ; (3) Ta-no-mai [HH > 
(4) Yamato-no-mai f|||î| ; (5) Tatabushi-no-mai |^'^ 
|5| ou Kishi-no-mai ^ itll ; (6) Tsukushi-no-mai 
3£$t||. — (1) Kume est le nom d'une famille que la 
tradition fait remonter à Amatsukume XP^&Jft et 
à ôkume ^C^Vyjt, personnages qui accompagnèrent 
le dieu Ninigi-no-mikoto JgArffi^ lors de sa des- 
cente sur terre dans la province de Hyûga [pj . 
Elle était chargée de protéger la famille impériale et 
possédait des danses et des chants qui se sont trans- 
mis jusqu'à nos jours. La danse de Kume est géné- 
ralement exécutée par quatre danseurs, secondés 
par deux ou trois chanteurs et quatre musiciens. 
Des trois chants de Kume qui nous sont parvenus, 
les deux premiers sont des poèmes attribués à Jimmu 
'Pl'iKi I e premier empereur, et le troisième est un 
hymne en son honneur. (2) Gosetsu peut signifier 
"les cinq fêtes de l'année" : (a) Nouvel-An ; (b) 
fête des fleurs de pêcher, le 3 de la 3 e lune ; (c) fête 
des iris, le 5 de la 5 e lune ; (d) fête du Tisserand 
(l'étoile Vega), le 7 de la 7 e lune ; (e) fête des chry- 
santhèmes, le 9 de la 9 e lune. Mais il paraît s'agir 
plutôt d'une danse d'origine chinoise, les mots 
gosetsu devant s'entendre au sens de "cinq modula- 
tions". Cette danse est exécutée par des jeunes filles 
lors des cérémonies après l'Intronisation (Daijô-sai 
~X1Ê%&) et à la Moisson (Niiname-sai $?'$"!&) î j 
cette dernière a lieu chaque année à la 11 e lune, le ; 
premier jour de la Vache (ushi-no-hi 3tB)- L'ex- ,| 
pression gosetsu est expliquée comme suit dans le 
Honchôgetsurei ^^j^-fr, cité Ksdj. : "On l'appelle I 
danse des cinq modulations parce que les danseuses 
lèvent leurs manches de cinq façons différentes. Il 
est dit dans un ouvrage chinois, le Sôgozuihitsu 
i^fê[5a$ '■ La première année du duc Shô (Tchao) 
BS&, I e duc demanda si les femmes pouvaient être 
autorisées à s'approcher: "Soyez modéré [setsu fâi] ! ' 



PLANCHE XII 




1. Byakusangai 
(Sitâtapatra) 



2. Shô m 
(Jaya). 



3. Saishô M 
(Vijaya). 



4. Kaju 'KM 
(Tejorasî). 




5. Shajo m. 
(Vikîrna). 



6. Kôshô H* 
(Mahosnîsa). 



7. Gokkô fëH 
(Abhyudgata). 



8. Muhennon *É>§1? 
(Anantasvaraghosa). 



A. LES HUIT BUCCHO DU PLANT DE MATRICE. 
Cercle conserve au Ninnaji fcfiJ^F près de Kyoto. 




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B. LES HUIT BUCCHO DU PLAN DE MATRICE. 
Cercle conservé au Tdji %$, Kyoto. 



Bl'CAKU 



151 



BUGAKU 



lui fut-il répondu. "La musique des anciens rois 
avait pour but d'enseigner la modération en toute 
chose. C'est pourquoi il y a cinq modulations (goses- 
shô 7i" ?!?!§?•) : lente (chi )g), rapide (soku $§), princi- 
pale (hon 2Js:), dérivée (matsu 5^) et de ton moyen 
(chûshô 4 J §£)• Il ne f aut P as jouer de mélodies plus 
basses que le ton moyen." Il semble difficile d'iden- 
tifier à ces "cinq modulations" les cinq façons de 
lever les manches dans la danse Gosetsu ; mais cette 
danse n'a vraisemblablement aucun rapport avec 
les cinq fêtes de l'année. Il existe d'autre part une 
cérémonie dite Gosetsu-sadame ILfîp/Ë, au cours 
de laquelle des danseuses se présentent devant 
l'empereur. (3) Ta-no-mai est probablement identi- 
que au Oharida-no-mai qui débuta dans le palais 
de Shôtoku Taishi WiMX^ situé à Oharida /bUffl, 
en Yamato. Dans la 12 e année de l'empereur Temmu 
(684), des familles spéciales de chanteurs et de 
joueurs de flûte furent chargées de se transmettre 
cette danse. C'est elle qui, en se transformant, devint 
plus tard le Dengaku ffl^l, si populaire après la 
période de Kamakura. (4) Yamato-no-mai est une 
forme antique de danse japonaise, mais tout ce 
qu'on sait à son sujet, c'est qu'elle fut exécutée pour 
la première fois en 718, et qu'elle était pratiquée 
surtout aux environs de la capitale. Deux chants 
accompagnant cette danse nous sont parvenus. (5) 
Tatebushi-no-mai porte aussi le nom de Kishi-no- 
mai "danse des bons chevaliers", au témoignage du 
Shakunihongi fp :fc&E, commentaire sur le Nihongi. 
Les danseurs, au nombre de dix, tiennent de la main 
gauche un bouclier et de la droite une épée ; cinq 
d'entre eux étaient de la famille Hashi-no-Sukune 
iCTfB'ipS et cinq de la famille Fumi-no-Imiki >C,gc 
tJ*. Elle fut exécutée pour la première fois devant 
le cercueil de l'Empereur Temmu, en 686. (6) Tsu- 
kushi-no-mai est sans doute originaire de Kyûshû, 
la partie septentrionale de cette île étant connue 
sous le nom de Tsukushi. — Il y a en outre une danse 
spéciale pour le Nouvel-An, le Manzairaku f^^^â ; 
i la fin d'une des figures de cette danse, les danseurs 
poussent le cri de Mannen-arare ^7?u "Dix 
mille années de vie !", après quoi ils se mettent à 
:ourir d'un pas de course particulier qui est appelé 
Arare-bashiri ou encore Tôka S§^. — Après l'ère 
Pempyô (729-748), il y eut des danseuses pour 
exécuter les danses musicales, et le genre devint 
îinsi de plus en plus populaire. Une danse de nains, 
:omme il y en avait dans la Perse et l'Asie Centrale, 
fut aussi admise au temps de l'Empereur Temmu 
^673-685). Toutes ces formes de "danse et de musi- 
que" se combinèrent pour former pendant la période 
de Kamakura des spectacles musicaux de nature 
populaire comme le Dengaku 03$!, le Saibara -fg$5 
H, le Sarugaku %($& lequel est une sorte de Dôkegi 
iÙiflS0Jc "pièce comique". Plus tard encore, à l'époque 
ies Ashikaga, elles aboutirent à deux types : le drame 



classique, Nô |g, et la farce, Kyôgerç ££ti\ — Influ- 
ences étrangères. — Ce développement, au reste, 
s'était fait en partie sous l'influence des civilisations 
voisines. La preuve en est dans l'inventaire du per- 
sonnel dépendant du Bureau de la Musique Noble 
pendant l'ère Yôrô (717-723); les sections de ce 
Bureau sont alors : Tô (T'ang) J|j (Chine), Koma 
It&'tfM, (Kokourye, Corée septentrionale), Kudara 
IS'JM (Paiktjyei, Corée du Sud-Ouest), Shiragi ffî|j|= 
(Silla, Corée du Sud-Est), Gi-gaku fë|j* ou Kure- 
gaku ^$| (Wou, Chine du Sud), et elles compren- 
nent plus de 500 personnes. Les musiciens étrangers 
sont au nombre de 27, avec 120 étudiants; les musi- 
ciens indigènes, 8, avec 230 étudiants ; 30 hommes, 
100 femmes apprennent le chant ; 100 personnes, 
la danse. Pour la 3 e année de l'ère Tempyô (731), 
le personnel est détaillé comme suit : danseurs 
provinciaux d'origines diverses, 8 ; danseurs de 
Tsukushi, 20 ; musiciens des Tô (T'ang), 39 ; de 
Kudara, 26 ; de Koma, 8 ; de Shiragi, 4 ; de Dora 
p£|$ï (ou ££Jj£, traditionnellement identifié avec l'île 
Quelpaert, appelée Tonra f£$£ dans le Nihongi), 62. 
— Ainsi la musique officielle à l'époque de Nara était 
essentiellement une production étrangère importée 
dans l'île ; elle combinait le Sankan-gaku H^^l, 
la musique de Corée, nom sous lequel était englobée 
la musique chinoise de la dynastie Zui (Souei) 
Ppf, et la musique chinoise des T'ang, Tô-gaku 
^î^c» ou de Wou, Go-gaku %$&. La première n'était 
qu'une musique sans danse, et on la désignait comme 
Zabu fëffî "la section assise" ; l'autre était une danse 
musicale qu'on exécutait debout, d'où son nom de 
Ryûbu j£|$ "section debout". L'ensemble combiné 
répond bien au groupe indien nrtya-gîta-vâdya 
"danse-chant-orchestre" ; on lui donne ordinaire- 
ment le nom de Bugaku. Avec le développement de 
l'art musical, le Bugaku gagna en importance ; la 
religion l'adopta et s'en servit pour ses cérémonies ; il 
fut admis aussi dans l'instruction classique ; l'étude 
et la pratique s'en répandirent. L'influence que la 
Chine exerçait politiquement sur ses voisins ouvrit 
encore la voie à d'autres emprunts : la musique de 
Koutcha (Kiji îfèjSÊ) au Nord, celle du Champâ 
(Rinyû ^b) au Sud, passèrent ainsi à leur tour dans 
les cadres officiels ou populaires. Par un heureux 
hasard, ces deux pays situés aux extrémités opposées 
de l'Empire du Milieu avaient reçu la civilisation 
indienne et la culture bouddhique ; leur musique 
n'était de part et d'autre qu'un rameau du même 
tronc indien. — La musique, il est vrai, et la danse 
aussi, avaient été prohibées par le B. dans la Dis- 
cipline ; mais cette interdiction ne s'appliquait qu'aux 
moines ; il n'était pas défendu d'employer ces deux 
arts dans le culte ou dans la propagande (cf. T. 1428 
xxvn). En fait, le témoignage des pèlerins chinois 
prouve que le bouddhisme indien en tirait le meilleur 
parti. En Chine, le procédé de psalmodie appelé 



BUGAKU 



152 



BUGAKU 



*Bombai semble avoir été en usage dans le service 
bouddhique dès le IV e siècle. En 465, au temps des 
premiers Sô (Song) ^, le moine Sôkin (Seng-kin) 
fê-ffî ayant été désigné comme supérieur du clergé, 
sôshu fèï, il lui fut assigné un ensemble de hôgi 
££££, c.-à-d. un équipement religieux qui consistait 
en baldaquins, bannières, tambours, cymbales, etc., 
destiné à "augmenter le prestige du cérémonial 
bouddhique" Ttt. 2035 xxxvi. Après le retour de 
Genjô (Hiuan-tsang) en Chine, quand on transporta 
au couvent de Daijionji (Ta ts'eu ngen sseu) ;fci$&jf, 
•#p, bâti en l'honneur du grand pèlerin, les images et 
les textes sacrés qu'il avait rapportés de l'Inde, les 
neuf sections de musique qui dépendaient du Minis- 
tère des Rites encadraient la procession des fonc- 
tionnaires civils et militaires ; arrivées dans la cour 
intérieure du temple, elles y exécutèrent des danses 
Ttt. 2053 vu. Mais on ignore si la Chine a jamais eu 
des monastères disposant d'une troupe de musiciens 
et de danseurs comme ce fut le cas au Japon.— Au 
Japon, la musique coréenne (Sankan-gaku) fut intro- 
duite en même temps que le bouddhisme et fut 
employée à peu près exclusivement dans les cérémo- 
nies bouddhiques. L'an 20 de l'Impératrice Suiko 
(612), un musicien de Kudara (Paiktjyei) nommé 
Mimashi çfcjfS^. arriva au Japon et y introduisit le 
Kure-gaku ^yfl, c.-à-d. la musique originaire du 
pays de Wou ^ situé sur le cours inférieur du Fleuve 
Bleu. Une école de musique fut établie à Sakurai 
-dj^ en Yamato pour former de jeunes artistes. Le 
prince Shôtoku passe pour avoir largement employé 
la musique dans le service bouddhique. Le Kure- 
gaku était classé dans la "musique debout", et désigné 
aussi comme Gi-gaku {£H| "musique de danse ', 
tandis que la musique coréenne était de la "musique 
assise" et désignée comme Gasso ci*lj| "musique de 
concert". Entre tous les grands temples pourvus 
d'une troupe de musiciens, le Shitennôji PQj^îE-^F 
d'Ôsaka occupait une situation privilégiée ; il était le 
centre des études de musique et de danse ; certaines 
familles, p. ex. Tôgi, Hayashi, Sono, Oka, étaient 
spécialement désignées pour fournir le personnel, et 
recevaient en retour des exemptions de taxes ou de 
charges. Un Bureau de la Musique Noble (Gagakuryô 
%fk$$M) f ut établi sous l'Empereur Mombu en 700, 
avec mission de surveiller les affaires musicales. Le 
règne de l'Empereur Shômu (724-748) marque un 
moment décisif ; deux grands musiciens étrangers 
seraient arrivés alors au Japon, l'un du Champâ 
(Riiiyû $ceî), l'autre du Sud de l'Inde ; le premier 
s'appelait Buttetsu ^jjg 1 , le second Bodhisena (te. Bo- 
daisenna ^fêHHUÎ) du clan brahmanique des Bha- 
radvâja (te. Barachi ^gHî!). D'après la légende, ils 
s'étaient rencontrés dans les mers du Sud, où But- 
tetsu, parti pour faire fortune, avait fait naufrage ; 
Bodhisena le décida à se rendre en Chine avec lui. 
Ils allèrent de compagnie au mont Godai Jig (Wou 



t'ai), pour y rendre hommage à Mahjusrî ; mais un 
prêtre malicieux, probablement un Japonais, leui 
déclara que le saint était absent à ce moment-là. Il{ 
se retirèrent, et en route ils rencontrèrent un prêtre 
japonais, Rikyô SiÉit, qui était venu étudier en Chine 
et qui les engagea à se rendre au Japon. Ils purent 
profiter du bateau qui ramenait au pays un envoya 
de la cour japonaise. Le Bs. Gyôgi fr^, appelé le 
Manjusrî du Japon, vint à leur rencontre sur la plage 
d'Osaka avec une troupe de musiciens, et les con- 
duisit à Nara, qui était alors la capitale, le 8 e jour de 
la 5 e lune de l'an 736. La conversation entre ces trois 
personnages se serait tenue dans un mélange de 
sanscrit et de japonais ; non seulement ils purent se 
comprendre, mais ils purent encore constater, paraît- 
il, que leurs idées et leurs doctrines étaient en parfai 
accord. A Nara, les deux hôtes furent installés ai 
Sugawaradera 'ft^^f , dont Gyôgi était le supérieur 
L'hospitalité qu'ils y recevaient les enthousiasma 
tel point qu'ils se mirent à chanter et à danser 
l'indienne, en battant la mesure avec leurs baguette; 
à manger. Or, il y avait dans la forêt, derrière 1( 
Sugawaradera, un vieillard qui vivait là sans jamai: 
ouvrir la bouche, toujours étendu face à l'Est; 01 
l'avait surnommé "le vieux qui est couché et re 
garde", Fushimiô IJ&^Lfl. Quand il entendit le: 
étrangers chanter et danser, il se précipita vers 1< 
temple et entra dans la salle à manger en criant 
"Les temps sont venus ! Voilà le moment !" San: 
doute il était lui-même d'origine hindoue. Buttetsi 
et Bodhisena passèrent ensuite au Daianji ^S&c^f 
où le brahmane enseigna le sanscrit et la doctrin» 
de l'Avatamsaka, tandis que son compagnon en 
seignait la musique avec le sanscrit. Versés tou: 
les deux dans la science musicale, ils travaillèren 
ensemble à choisir dans les sûtra des textes à chanter 
à les mettre en musique, et à former de jeunes élèves 
Gyôgi vint à mourir avant l'achèvement du Granc 
B. de Nara ; son disciple Rôben &$!$ demanda, pa 
ordre impérial, à Bodhisena de présider à la céré 
nomie de dédicace en qualité de moine officiant, et : 
Buttetsu en qualité de musicien. On les chargea auss 
de préparer pour cette cérémonie les jeunes moine 
du Shitennôji qui devaient jouer de la musique. But 
tetsu trouva néanmoins le temps d'étudier l'ancienn 
musique du Japon et y introduisit de notables per 
fectionnements. En outre il composa pour la cir 
constance une pièce musicale, le Manshûraku ^f| 
"joie des dix mille automnes", resté célèbre depui 
lors et qui se joue encore souvent à la Cour.— 
Dans le récit qui précède, tout ce qui concern 
Buttetsu paraît légendaire ; mais Bodhisena est ui 
personnage historique, et il est assuré que dès l'-é 
poque de Nara certaines pièces de Bugaku passaien 
pour être de provenance chame. La musique et 1 
danse que Buttetsu est censé avoir enseignées son 
traditionnellement désignées par le nom de Riiiyû 



PLANCHE XIII 




Cl. Asukaen, Nara. 



1. Estrade, tentes et tambours pour le Bugaku. 
Tôdaiji, Nara (1929). 




2. Scène de Bugaku. 
HÔryT.ji (1928). 



IGAKU is3 

hachigaku ^gA^, "les huit musiques du 
Champâ". On les classe parmi les vieilles danses 
musicales du Japon, sauf le Manshûraku qui est classé 
parmi les nouvelles: (i) Bosatsu-no-mai ^[$1$$, 
'danse du Bs." ; air Shada $?!?£. (2) Batô-no-mai 
>f\}% "danse de Pedu" (?) ; air Dô 3H ; elle a pour 
pendant le Genjôraku ^t^^k "Retour à la ville", 
air Taijiki ;fc^. (3) Karyôbin-no-mai ?2S|§t$5f|S| ou 
Fugengaku ^ÇJïltc "danse de l'oiseau kalavinka", ou 
"danse sans parole" ; air Shada ; le pendant en est 
une pièce de musique nouvelle, Kochô-no-mai $]$fi 
"danse des papillons" ; air Ichikotsu MMi- (4) 
Bairo-hajin-raku 4&JH$$P^?â " la Marche triom- 
phale de Bhairava" (?) ; air Hyô 2f ; cette danse sert 
de pendant à une pièce de musique nouvelle, Taihei- 
raku ;fc^p|§! "musique de la Grande Paix", air Taijiki. 



BUGAKU 



(5) Amma $&]>$ ou Iriyôjichin-no-kyoku I^IUjiÉiiffe, 
'danse Ambâ" (?) ou "le Masculin et le Féminin 

apaisent la Terre" ; air Shada ; le pendant en est 
Ni-no-mai IL$$. "danse d'imitation"; air Ichikotsu. 

(6) Manshû-raku {è]fX^k "joie des dix mille au- 
tomnes" ou Jisommanshû i^^^^ "Les dix mille 
automnes de Maitreya", ou encore Shôkamanshû 
Pg^^fjl; "les dix mille automnes avec chœur"; c'est 
une pièce de musique nouvelle ; air Banshiki ^^ ; 
le pendant en est Chikyû-raku itë^m "Longévité de 
la Terre" ; air Sô fg. (7) Ra[n]ryôô-nyûjin-kyoku $^§£g 
3EÀpî|îfÉ "le roi des Nâga Sâgara entre au camp", 
ou Motsunichigengo-gaku "SBJS^Pl?! "ramener au 
méridien le soleil couchant" ; air Ichikotsu ; le 
pendant en est une pièce de musique nouvelle, de 
nom coréen, Nasori l^^^lj ou Sôryû-no-mai §Çfll5| 
'le double Dragon" ; air Ichikotsu. (8) Konju-raku 

kM'éu. "I e Hou qui boit du vin", ou Suiko-raku 
5?$] $1 "le Hou ivre" ; air Ichikotsu ; le pendant en 
;st Rinka %$${. "chant de la forêt", air Ichikotsu. — 
1) Le Bosatsu-no-mai était sans aucun doute une 
cène ou un chant tirés du Jâtaka de Visvantara, 
ppelé aussi Sudâna. L'origine en est peut-être le 
irame musical de Candragomin sur ce sujet, men- 
ionné par Gijô (Yi tsing) comme un spectacle 
Populaire de son temps, ou bien encore le Nâgânanda 
le Harsa Sîlâditya qui représente l'admirable sacrifice 
lu Bs. Jîmûtavâhana. Aujourd'hui encore la légende 
le Visvantara est représentée en Birmanie et au Siam. 
Bosatsu-no-mai a disparu peu après la période 
le Nara. Tout ce qu'on en sait de précis, c'est qu'il 
' figurait un seul danseur, et que l'air était celui de 
hada (cf. inf .) Quelquefois on le dansait en même 
emps que le Kalavinka et le Papillon. — (2) Le mot 
Batô (ou *Battô), dans le titre du Batô-no-mai, est 
usceptible de nombreuses graphies $t2JÎ, WtM, êfcsH, 

i> M$M 5 c'est assez pour prouver qu'il s'agit d'un 
not étranger. Batô doit représenter le nom de Pedu, 
m roi qui paraît à plusieurs reprises dans le Rig et 
'Atharva Veda comme un protégé des Asvin qui lui 
nt donné un cheval merveilleux, blanc, nommé 



Ahihan "tue-serpent". Le danseur, vêtu de blanc et 
couvert de longs poils, porte dans sa main droite une 
sorte de petit plectre qu'il manie comme une arme ; 
il court en poussant des cris singuliers qui figurent 
sans doute des hennissements de cheval. C'est une 
danse du type Hashirimono "course dansée", exécutée 
par un seul personnage. Le Genjôraku, "Retour à la 
ville," qui lui sert de pendant, portait primitivement 
le nom de Genjaraku &&&$& "Joie à la vue d'un 
serpent". Au milieu de la scène est placé un serpent 
en bois enroulé trois fois, et le danseur tourne autour 
en courant. L'arme qu'il tient est noire et longue 
de 15 cm. dans le Batô, dorée et longue de 35 
cm. dans le Genja. Selon le Kyûtôsho (Kieou 
T'ang chou, Ancienne Histoire des T'ang), traité 
sur la musique, le Batô serait venu des pays d'Oc- 
cident en Chine : le sujet en serait l'histoire d'un 
homme qui aurait été tué par une bête de proie ; le 
fils de la victime retrouve dans la forêt la bête cou- 
pable et la tue. La musique et la danse sont divisées 
en huit sections qui représentent la joie du cheval 
et qui ont un caractère vraiment impressionnant. 
Au Japon on exécute cette danse à l'occasion d'une 
course de chevaux ou d'une séance de lutte ; dans 
ce dernier cas, le gagnant de la lutte doit exécuter la 
danse. Le Batô figure dans les programmes de 
musique du règne de l'Empereur Tô Gensô (T'ang 
Hiuan-tsong @fj£".3^, 721-754), et il y est classé dans 
le groupe brahmanique. Il aurait été apporté de 
l'Inde en Chine sous l'Empereur Eisô (Jouei-tsong) 
/Ç^? (710-712). Il aurait donc été introduit à peu 
près simultanément en Chine et au Japon. — (3) 
Karyôbin, du Karyôbin-no-mai, te. le sk. kalavinka, 
nom du coucou indien ; mais dans la littérature boud- 
dhique le kalavinka est un oiseau de paradis, et son 
nom y est td. par myôonchô tj/çtllk "oiseau à la voix 
merveilleuse" ou senchô fjl|J|| "oiseau féerique". 
On dit que sa voix chante les vérités de la Douleur, 
du Vide, de l' Impermanence. Parmi les paons il 
refuse de chanter, et ne chante qu'en compagnie de 
ses semblables ; on dit aussi qu'il chante déjà dans 
la coquille. Le nom de Fugengaku "musique sans 
paroles" donné aussi à cette pièce montre qu'elle 
n'était pas accompagnée de chant. Quatre danseurs, 
qui ont chacun une paire d'ailes sur le dos, dansent 
lentement en frappant des cymbales pour figurer le 
chant de l'oiseau. La danse du Papillon, Kochô-no- 
mai, qui lui fait pendant, substitue aux ailes de kala- 
vinka des ailes de papillon ; on en attribue l'origine 
à Fujiwara-no-Tadafusa HilJ^fè. J§ , gouverneur de 
Yamashiro, à l'occasion d'un concours de lutte en 
présence de l'Empereur Uda (907). Les danseurs 
portent une fleur de yamabuki |JjPfc (kerria) dans leurs 
mains et aussi sur leurs diadèmes. — (4) Le Bairo- 
hajin-raku, quoique classé dans la musique an- 
cienne, sert de pendant au Taiheiraku qui est 
compté dans la musique nouvelle. La danse de 



BUGAKU 



i54 



BUGAKU 



Bairo remonte, dit-on, à un nommé Hammeitoku (?) 
ï&Ofli* ; Buttetsu l'enseigna à la troupe des musi- 
ciens du Shitennôji, et chaque année on en donnait 
une représentation au Tôshôdaiji ^|St§# près 
de Nara, pour l'anniversaire du B. ; c'est ce qu'on 
appelait Heroe fô|Sl#"> ou Hero est une pro- 
nonciation altérée de Bairo. Originellement elle 
était exécutée par douze danseurs d'âge moyen, 
qu'on réduisit plus tard au chiffre de quatre. Les 




Fig. 63. Danse Bairo. 
Paravent conservé au Bureau de la Musique, Ministère de la Maison Impériale 

quatre danseurs, portant chacun une hallebarde et 
un bouclier, viennent sur le devant de la scène 
et font une ronde tandis que la musique joue le 
Rinyûranjô ^fcê<^L^ "prélude du Champâ". La 
ronde est appelée Dairin ;fc$j| "grand cercle" (sk. 
mahâmandala, jap. waku "rebord"). Puis ils des- 
cendent de la plateforme jusque dans la cour, 
plantent aux quatre coins leurs hallebardes, dégai- 
nent leurs épées, remontent sur la scène et font une 
seconde fois la ronde ; ensuite, levant leurs boucliers 
l'un contre l'autre, ils vont en dansant de droite à 
gauche et, la danse achevée, se mettent à courir dans 
l'attitude de l'attaque : c'est là le Herobashiri "courir 
le Bairo". Ils descendent de scène, rengainent leurs 
épées, remontent en scène, et se disposent sur une 
rangée. Le Ranjô "prélude" est terminé ; le Chôshi 
fïj^ "air", appelé aussi Jo f^ "introduction", 
commence alors, suivi de l'air "brisé" Ha $£, et 
d'une reprise du Ranjô ; on joue ensuite l'air Kyû 
%* "rapide" et encore le Ranjô. Les danseurs dansent 
une dernière ronde et se retirent en courant (cf. 
Dainihonshi % 5^$., section sur la musique). La 
fin de la septième ronde doit coïncider avec un ton 
appelé shamô ^^Ç, peut-être sk. samo "calme", 



ou samavâdi "accord d'ensemble". Si la corres- 
pondance est parfaite, elle présage une bataille vic- 
torieuse ; autrement c'est signe de défaite. Minamo- 
to-no-Yoshiiye MM.*i%> (1041-1108) aimait beaucoup 
cette danse, dit-on, et la faisait exécuter avant de 
partir en campagne ; il triompha deux fois, dans la 
guerre de neuf ans (1054- 1062) et dans celle de trois 
ans (1085-1087). Depuis lors on exécute le Bairc 
à l'occasion d'une victoire. Le Bairo étant une 

danse guerrière ne peui 
être d'origine bouddhi- 
que, puisque le boud- 
dhisme a toujours été 
opposé à la guerre. Elle 
vient sans doute de 
l'hindouisme ; Bairc 
n'est autre que Bhairava 
la forme terrible de 
Siva. Ce serait en prin- 
cipe une danse fréné- 
tique de Siva, ou peut- 
être encore le norr 
d'un type mélodique 
sk. râga, car un bhaira- 
varâga paraît dans Ice 
listes de râga. Marche 
triomphale, le Hajin- 
raku $cp>ji^â "musique 
d'attaque du camp" 
comme on appelle 
encore le Bairo, ferai) 
un pendant tout nature 
au Taiheiraku "joie de 
la grande paix" ; les deux forment bien un Bambt 
#|5| "couple de danses". — (5) Amma est le sk 
Ambâ "la mère", nom qui est donné par excellence 
à la déesse Durgâ, l'épouse de Siva. La danse 
semble représenter la danse frénétique de Siv£ 
imitée par la déesse. Un autre nom de cette danse 
est Ihyô-jichin-no-kyoku "musique des (divinités 
mâle et femelle, pacification de la terre", désigna- 
tion quelque peu énigmatique, mais évidemment er 
rapport avec la terre sous son aspect maternel. Er 
outre, la danse qui lui fait pendant, Ni-no-ma 
"danse secondaire", implique une idée d'imitation 
dans cette danse, les danseurs des deux sexes parais 
sent au-dessous de l'escalier du pavillon tandis que 
les danseurs de l'Anima sont encore à danser sur 1 
plate-forme qui sert de scène. Quand ceux-ci s 
retirent, les nouveaux venus leur demandent de leu 
céder leurs bâtons, mais en vain ; ils montent don^ 
sur la scène sans bâtons, et ils essaient d'imiter le 
pas et les gestes de leurs devanciers, mais sans 
réussir. L'expression Ni-no-mai a été conséquent 
ment appliquée aux entreprises qui échouent pa 
maladresse. La danse d'Amma était originelle 
ment accompagnée d'une musique indienne, mai 






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155 



BUGAKU 



sous l'Empereur Nimmyô (834-850) on y introduisit 
des modifications par ordre impérial ; chacune des 
danses est accompagnée d'un chant spécial. Pour 
Anima, c'est : "D'où est venue la musique ? La 
musique est venue du Sud de l'Inde. L'art de la 
danse a été créé par des rejetons de la famille du B., 
des Asura, etc. Si nous goûtons l'exécution de la 
musique, le B. la goûtera aussi. Amma a été composé 
par un homme noble." Et pour Ni-no-mai : "Le 
jour approche du crépuscule ; j'ai encore un long 
chemin devant moi." Les danseurs d'Amma portent 
un bâton et aussi un masque appelé zômen jJUîiî Qui 
consiste en une figure géométrique sculptée sur une 
planche oblongue ; ceux de Ni-no-mai portent une 
branche de bambou et ont un masque souriant. — 

(6) Le Manshû-raku, appelé aussi Jison-gaku, est la 
seule "musique nouvelle" parmi les airs du Rinyû ; 
c'est Buttetsu lui-même qui l'aurait composé à l'oc- 
casion de la cérémonie de dédicace du grand B. de 
Nara. Les danseurs sont au nombre de six. Le 
pendant en est Chikyû-raku, appelé aussi Enjiraku 
[M|il!î$ê "la musique de la Terre ronde", également 
dansé par six personnes et composé en "musique 
nouvelle". Le trait particulier du Manshû, c'est que 
la mélodie Jo f§? y diffère complètement de la mélodie 
Ha $£ ; on a là probablement une combinaison de 
"musique ancienne" et de "musique nouvelle". — 

(7) Le Ra[n]ryâô passe pour être une allusion à l'his- 
toire d'un prince chinois, Chô Kyô (Tchang Kong) 
3J|^ prince de Ranryô (Lan-ling) jJUH, des Sei (Ts'i) 
fë du Nord (550-577) ; mais la forme primitive du 
nom semble bien être Raryôô, abréviation de JSagara- 
ryôô ^>$JiÈ4fii£ "Sâgara roi des Dragons" ; comme 
le danseur porte dans les deux danses une tête de 




Fig. 64. Danse Ranryôô. 

Paravent conservé au Bureau de la Musique, 

Ministère de la Maison Impériale. 

serpent comme masque, on les a confondues. Une 
tradition veut que cette danse ait été introduite au 
Japon par Owari Hamanushi au temps des Tô 
(T'ang) ; une autre, que Buttetsu l'ait importée du 
Rihyû. C'est la plus vraisemblable des deux, puisque 



le vrai sujet en est Sâgara dont la fille a obtenu 
l'Eveil dès l'âge de huit ans. On donne encore à cette 
danse le nom de Motsunichi-gengo-gaku "ramener 
au méridien le soleil couchant" ; en effet l'acteur, 
qui porte un masque de Dragon et une baguette 
dorée d'un pied de long, fait le geste de ramener le 
soleil en arrière. Le pendant en est la danse Nasori, 
nom coréen de signification inconnue, ou encore 
"danse des deux Dragons" ; la musique en est coréen- 




Fig. 65. Danse Nasori. 

Paravent conservé au Bureau de la Musique, 

Ministère de la Maison Impériale. 

ne, et du type "nouveau" ; trois acteurs y figurent 
tandis que le Raryôô, musique "ancienne", n'a 
qu'un seul danseur. Deux chants curieux se rat- 
tachent au Raryôô ; l'un est : "Nous châtions les 
Hou ; jadis nous avons vu le Tg. ; c'est lui qui pro- 
tège notre royaume ; ramener en arrière le soleil 
fait notre joie" ^jfôA • ^MMM ' ffcil*^ ■ M B 
£&£!• Et l'autre : "Nous sommes les enfants des 
Hou ; notre souffle est comme le roulement du ton- 
nerre ; avec la foudre sur notre front, nous foulons 
sous nos pieds les pierres comme de la boue" ^-^ 

m% - tiiMinm • &&mn • mm^--^) Konju est 

aussi en rapport avec les Ko (Hou) ; ce nom signi- 
fie "le Hou qui boit du vin" ; on l'appelle aussi 
Suiko "le Hou ivre". La musique est "ancienne", 
antérieure aux Tô (T'ang). La danse met en scène 
le roi des Hou en état d'ivresse ; il tient dans 
la main gauche un plectre large du haut, long d'une 
dizaine de centimètres, qui symbolise la cuiller à 



BUGAKU 



156 



BUGAKU 



puiser le vin. Tandis que le danseur de droite 
et le danseur de gauche montent et descendent 
par l'escalier de droite et de gauche respectivement 
dans les autres danses, ici le danseur arrive par 
l'escalier de gauche et sort par l'escalier de droite, 
en signe d'ivresse. Le pendant en est Rinka "le 
chant de la forêt" ; c'est la forêt personnifiée qui 
chante, comme dans l'Avatamsakasûtra T. 279 IV. 
Le nombre des danseurs est de quatre ; la musique 
est du type "nouveau". — Ces huit danses consti- 
tuent la musique dite du Rinyû (Champâ) : (1-5) sont 
indiennes ou indo-malaises ; (6) est une composi- 
tion de Buttetsu ; (7) et (8) sont de la musique d'Asie 
Centrale (Hou) introduite en Chine avant les Tô 
(T'ang) ou importée au Japon par Buttetsu ; en 
tout cas il les a remaniées l'une et l'autre. Intro- 
duites par Buttetsu en 735, elles furent jouées en 
public pour la première fois en 749, à la cérémonie 
de dédicace du grand B. de Nara. En 753, l'empe- 
reur Kôken donna à l'orchestre de la Cour l'ordre 
d'étudier la musique indo-malaise ; en 767 l'em- 
pereur Shôtoku, s'étant rendu au Yamashinadera 
I'II^tF, voulut se faire jouer ces pièces. Elles figu- 
rent au programme de la musique impériale en 
806, en 844, etc. Encore en 1588 quand l'Empereur 
Goyôsei alla visiter son ministre Hideyoshi à sa 
résidence de Jurakudai US^âffS à Kyoto, les cinq 
pièces représentées devant lui comprenaient Batô et 
Genjaraku. Sous l'Empereur Meiji, quand il fut 
procédé au choix des pièces de musique pour les 
cérémonies de la cour, on retint trois des huit piècer : 
(2) Batô + Genjôraku, (3) Karyôbin + Kochô, (7) 
Raryôô + Nasori ; enfin en 1888, quand la Cour 
décida de remettre en honneur la vieille musique, 
sur les 55 pièces choisies figuraient toutes les danses 
musicales de Buttetsu, à l'exception du Ni-no-mai, 
et du Bosatsu-no-mai qui est une œuvre purement 
bouddhique. [Sur le Bugaku dit du Champâ, cf. 
Demiéville, La musique came au Japon, dans Etudes 
Asiatiques publiées à l'occasion du vingt- cinquième 
anniversaire de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, 
Paris 1925.] — La musique du Bugaku. — Quant aux 
airs ou "systèmes", chôshi fHiP (cf. *Bombai), en 
usage dans le Bugaku, le chapitre sur la musique du 
Shûgaishô fê Jf-fy xxxi en énumère onze ; le chapitre 
sur les systèmes musicaux dans le Wamyôruijushô 
ffl£i|§Jfè# xlix en énumère douze : — (1) Ichikotsu 
9Mt- Le sens de cette appellation est obscur ; la 
lecture même est singulière, on s'attendrait à la lecture 
Ichiotsu. Il arrive souvent qu'un air soit désigné par 
le nom de la localité d'où il est originaire ; peut-être 
ce nom se rapporte-t-il à la localité de Idiqutshari 
près de Tourfan (?). C'est un air de musique ancien- 
ne, c.-à-d. antérieure aux Tô (T'ang), et il est employé 
dans 20 morceaux de Bugaku. — (2) Shada $?!?£, 
nom également obscur. On peut y chercher encore 
un nom de pays ; Shada était le nom d'une puis- 



sante tribu turque dont le roi, Shuyashakushin yfcJfli-fô 
if,», défendit l'empire chinois contre les envahisseurs 
tibétains et reçut en récompense, de l'Empereur 
Sensô (Siuan-tsong) jifSn (847-859), le nom chinois 
de Ri Kokushô (Li Kouo-tch'ang) ^JUJI. Mais le 
système Shada remonte à une époque bien anté- 
rieure à ces événements. M. Takakusu (Shigakuzasshi 
xvill, 6-7) a supposé que Shada était une désigna- 
tion abrégée de la gamme indienne : sa ri ga ma pa 
dha ni, qui aurait été réduit à sa dha ni. Les 7 notes 
de la gamme primitive ont pu être subdivisées en 
12 par l'emploi de demi- tons comme dans la gamme 
européenne. Des 7 notes, (2) ri ( = rsabha), (3) ga 
( = gandhâra), (5) pa ( — pancama), (6) dha ( = dhai- 
vata), (7) ni ( = nisâdha) sont des tons entiers; (1) sa 
( = sadja) et (4) ma ( = madhyama) sont des demi- 
tons. Si on partage les 5 tons primitifs en demi-tons, 
on a ainsi 12 notes ; c'est là la gamme chromatique 
(vikrta) tandis que l'échelle de 7 tons est diatonique 
(avikrta). On a le bémol (komala) et le dièze (tîvra) 
comme dans la gamme européenne. Ainsi l'air Shada 
ou Sadhani désignerait la gamme propre de l'Inde ou 
une mélodie dans cette gamme. L'auteur du Daini- 
honshi JCB^$. suggère que Shada : $$fc serait une 
erreur pour Bada ^|5^" ou *Badariki ^[î't'jj, nom 
d'un air importé en Chine par Sujîva de Koutcha 
vers la fin du VI e siècle ; le mot est expliqué par 
hyôshô ?fWt "son égal", c.-à-d. le ton chinois kyû >V • 
D'après le Gakusho (Yo chou) ^||j, de Chin Chô 
(Tch'en Yang) (^^ (io94- io 97). le mot *Badariki 
est un mot sérindien (Hou) qui signifie "le chemin" 
dô iË (sk. paddhati ?). Mais, comme on le voit, c'est 
*Badariki qui paraît être fautif, et la leçon correcte 
doit être Sadariki '^%1j . Sujîva était le fils d'un 
brahmane des Pays Occidentaux, artiste en vînâ 
(biwa ^H), musicien fort compétent. Il enseignait 
que la gamme a 7 notes dénommées : (1) *Badariki 
Wt'Jj, var. Sadariki §£|?Ê# ( = sk. sâdhârita), (2) 
Keishiki ||g| ( = sk. kaisika), (3) Shashiki : (' ] JWl 
( = sk. ?), (4) Shakôkaran : $fê.))U : {Ê ( = sk. sadjagrâ- 
ma ?), (5) Sharô $;)|ft ( = sk. sâdava), (6) Hanzen 
fâfâ ( = sk. pancama), (7) Kôr'isô fèflJH ( sk. 
vrsabha). Ces désignations correspondent à celles 
des 7 râga classiques de l'Inde (cf. Epigraphia Indica 
xii, 227). Le système Shada est employé dans 8 
pièces de Bugaku. — (3) Taijiki '£:$£, nom du troi- 
sième "système", doit désigner une musique arabe ; 
Taijiki répond à Tajik, le nom bien connu des Arabes 
en Perse, en Inde et en Chine. On l'emploie dans 
11 pièces de Bugaku. — (4) Banshiki ^^ est lai 
prononciation traditionnelle, tandis que la lecture i 
usuelle est Banshô. M. Takakusu est tenté d'y ] 
retrouver le nom du Penjab. On l'emploie dans 
17 pièces. — (5) Ôshiki iHU est le nom de la 11 e 
lune ; ce nom indique donc une origine chinoise. 
On l'emploie dans 4 pièces. — (6) Hyô *£ "l'égal", 
s'emploie dans 18 pièces. — (7) Shô '[£ "la nature", 



PLANCHE XVI 





_** 



Cl. Asukaen, Nara. 



1, Costume du Karyôbin (Kalavinka). 
Todaiji, Nara. 





Cl. Asukaen, Nara. 

2. Costume du Ranryôô. 
Todaiji. Nara. 



Cl. Asukaen, Nara. 

3. Masque du Ranryôô. 
TÔdaiji, Nara. 



PLANCHE XVII 




1. Danse Genjaraku. 

Paravent conservé au Bureau de la Musique, 

Ministère de la Maison Impériale. 




2. Masque du Batô. 

Epoque Fujiwara. 

Horyuji. 



3. Masque du Bosatsu (Bodhisattva). 

Epoque Fujiwara. 

Horyuji. 



Cl. Asukaen, Nara. 



4. Masque du Nasori. 
XI/I* siècle. 
Todaiji, Nara. 



IUCJAKU 



157 



BUKUDAN 



10 pièces. — (8) Kotsujiki &j£. "le mendiant", 
6 pièces. — (9) Sô f£ "le double" peut s'appliquer 
à la Dvipadî indienne. On ne l'emploie que dans 
2 pièces. — (10) Sui 7k. "l'eau" est probablement 
le râga sindhuka de l'Inde ; 5 pièces. — (11) Koma- 
no-kyoku îW)f§|ft "l'air coréen". Toutes les pièces 
importées de Corée relèvent de ce système ; 34 
pièces. — A cette liste, le Wamyôruijusho xlix ajoute 
le Kaku j£j "la tierce". — La musique actuelle de 
la Cour n'a conservé que 29 pièces d'Ichikotsu, 
8 pièces de Taijiki, 7 de Hyô, 5 de Banshiki, 
5 de Sô, 4 de Ôshiki. — Les familles de musiciens 
professionnels étaient classées d'après les localités 
où elles enseignaient leur art. D'ôsaka relèvent les 
familles Tôgi, Hayashi, Sono, Oka ; de Nara, les 
familles Kami, Oku, Shiba, Tanji, Kubo ; de Kyoto 
les familles Ôno, Tobe, Toyohara, Abe, Yamanoi. 
Un petit nombre sont restées attachées à leur centre 
ancien ; la plupart ont suivi la Cour. — Le Buga- 
ku dans les temples bouddhiques du Japon. — 
Aujourd'hui, dans les monastères, le Bugaku va de 
compagnie avec le *Bombai. Le *Bombai est pure- 
ment rituel et se récite à l'intérieur, tandis que le 
Bugaku s'exécute au dehors et a un caractère de 
solennité. La scène normale du Bugaku est une 
terrasse en bois élevée dans la cour du temple, haute 
de 3 pieds, longue et large de 24 pieds. Sur la plate- 
forme on installe une scène surélevée de 12 à 15 
cm., longue et large de 18 pieds, qu'on recouvre de 
soie damassée. Le bas de la scène est revêtu de bois 
laqués noirs. La scène est tout entière entourée par 
une palissade de laque rouge, ayant aux quatre coins 
une perche dorée. Deux escaliers de deux ou trois 
marches montent à la scène, l'un en avant, l'autre en 
arrière ; un rideau damassé sombre les recouvre. Des 
bannières flottent aux quatre coins ; on les appelle 
mizuhiki jfâ] "tireurs d'eau" ; elles symbolisent une 
offrande. Sur le côté droit de la scène sont placés un 
grand tambour et un grand gong ; tout près, on 
dispose un petit foyer fermé par un rideau de soie, 
st où se tiennent les instrumentistes. Il y a en outre 
deux tentes ; les danseurs de la section chinoise 
accupent celle de droite, les danseurs de la section 
de Corée, celle de gauche. Si le temps est pluvieux, 
an dresse la terrasse à l'intérieur, et on se sert d'un 
ambour et d'un gong de dimension moyenne ; c'est 
lors "la cérémonie de la pluie" Ugi pÊH|§. Une 
cérémonie raccourcie est appelée Shikibutai %MM. 
'scène étalée". On peut se passer de la terrasse ; 
:'est alors le Sunadachi $?;£ "posé sur le sable" : 
>n répand du sable blanc sur le terrain qui sert 
le scène. D'ordinaire le nombre des musiciens 
:t des danseurs s'élève à 50 ; ce sont les reijin 
flÀ "artistes". Une exécution par 6 danseurs est 
lite Taikyoku %#& "grande pièce" ; par 4 dan- 
eurs, Chûkyoku tfj^ "pièce moyenne" ; par 2 ou 
, Shôkyoku ;\\fà "petite pièce". On distingue 3 



catégories de danses d'après le style : Bubu jji;|5| 
"danses guerrières"; Dôbu j£££ "danses enfantines"; 
Hashirimono j&fyl "courses". D'après leur origine, 
on les classe en danses de gauche Zabu 2t|!| (de 
Chine [Tô %] et d'Inde [Tenjiku X**]), et danses 
de droite Yûbu fc$$ (de Corée [Koma]). Les danses 
de gauche passent les premières ; celles de droite 
suivent. Si chaque groupe danse une pièce, c'est le 
Bambu 4&$!| "danse par paire". La danse de droite 
est appelée Tôbu %£$£ "danse en réponse", en tant 
qu'elle fait pendant à celle de gauche. On les divise 
encore en deux groupes d'après leur date. Tout ce 
qui est antérieur aux Tô (T'ang) est "musique 
ancienne" kogaku "£$1 ; à partir des Tô (T'ang), 
c'est la "musique nouvelle" shingaku jUfUâ. La musi- 
que indienne et indo-malaise est rangée dans la 
musique ancienne, celle de Corée dans la musique 
nouvelle. 

BUKKAKUSAMMAI #jgHBfc "Concentration 
de l'Eveil de B.", nom d'une Concentration dans 
laquelle grâce à la Bénédiction d'un B. on goûte à 
l'Eveil de B. ; Ânanda l'aurait pratiquée. Ttt. 1718 
1 a (4 b), 1719 1 b (161 c) (école Tendai). 

BUKKE $>% "la maison de B."— T. 287 1 (538 a) 
[Dans la première des dix Terres] le Bs., dépassant 
la Terre des Profanes, atteste la nature Déterminée 
de Bs. ; il naît dans la maison de Tg. . . . — Ttt. 1750 
(186 b) Les Essences Inconcevables de B., c'est la 
résidence de B., la maison de B. ; à partir de la pre- 
mière Terre on naît dans la maison de B. — T. 365 
(346 b) Assis sur la Terrasse d'Eveil, il naît dans la 
maison de B. — Dans l'école Jôdo, cette expression 
est interprétée comme désignant la Terre-pure Ttt. 
1753 IV (278 a). 

BUKKYÔ #tj;, ou bukkyôkai $,*&%, etc. ; sk. 
buddhavisaya, tib. Mvy. 3064 sans rgyas kyi yul. — 
Domaine de B. : terme analogue à *Butsudo $fr:fc 
(q.v.), sk. buddhaksetra, mais de sens plus large et 
plus abstrait. Les expressions ch. traduisant res- 
pectivement sk. buddhavisaya et buddhaksetra sont 
souvent confondues. Les citations suivantes feront 
sentir la nuance du terme Domaine de B. : T. 1484 
1 II peut faire entrer le Domaine de Mâra dans le 
Domaine de B., et le Domaine de B. dans celui de 
Mâra. T. 279 il Le Domaine des B. est Inconce- 
vable ; il compénètre tous les Plans d'Essence. — 
Bukkyôkaishôgonsamtnai $|tf]£|?-j1:l:§8:: : -llfc> Concentra- 
tion Ornée du Domaine de B., nom d'une Con- 
centration de Samantabhadra Ttt. 1796 x (680 c). 

BUKÙDAN tfc®f "dompter et trancher" les Pas- 
sions. Dans l'élimination des Passions ou Troubles 
(waku J^), l'école Tendai distingue deux degrés : 
"dompter" et "trancher", dont le second corres- 



BUKUDAN 



158 



BUNNE 



pond à une élimination totale et définitive, tandis 
que le premier (propre aux Bs. inférieurs aux Terres) 
est moins avancé ; certains Bs. s'en tiennent inten- 
tionnellement au degré inférieur, afin de rester dans 
les trois Mondes pour y convertir les Etres Ttt. 
1716 11 a, Bdjt. 1550 a-b. 

BUKUZÔ j£ff% "le trésor caché". La Nature 
de B. (cf. *Busshô) comparée à un trésor caché par 
les Passions, que les Etres découvrent en eux-mêmes 
par le Moyen d un Tg. ; de même une pauvre femme 
a chez elle un trésor dont la cachette lui est révélée 
par un étranger qui l'a engagée pour arracher les 
mauvaises herbes T. 375 vu (648). Cf. aussi T. 310 
xvn (95 a) : Le Mâle victorieux, qui a accompli 
tous les Exercices, est comme un trésor caché chez 
les pauvres. 

BUNNE (bun-ei) ;fr|§j=sk. p. pindapâta ; tib. 
bsod snoms "nivellement de Félicité" ou bien (Mvy. 
8564, 8571, 8581, 8591) zas "nourriture" ; koutchéen 
te. pimtwât (Hoernle, Remains p. 382) ; mongol 
te. binvat, biniat. — Mendicité. — Td. kotsujiki -g^ 
"mendier la nourriture" ; keen ikfêfc "Facteur de 
conversion" (Mvy. 2374, 8671) ; takuhatsu f£§fc 
"tendre le Bol" (éc. Zen) ; etc. — L'anc. éc. emploie 
la te. bunne fr§j (T. 78 et T. 180 td. entre 265 et 
316 ; T. 234 td. entre 420 et 479 ; T. 1470 td. entre 
148 et 170) ; la nouv. éc. emploie la td. kotsujiki £S 
j£. — Terminologie. — Etymologie des termes sk. p. — 
Sk. p. pinda signifie "boule de riz", et par extension 
"aumône consistant en nourriture". Il y a trois ex- 
plications de l'autre élément du composé pinda-pâta. 
— (1) La plus courante est celle du Visuddhimagga 
(p. 31 : La nourriture "tombée" dans le Bol du 
Moine-mendiant pour sa ronde d'aumône est appelé 
"pindapâta") qui dérive le nomen actionis pâta 
de la racine pat, "tomber", de sorte que pindapâta 
signifierait "la chute de la nourriture dans le Bol, 
quand -le Donateur donne l'aumône", et d'une 
façon plus générale "l'aumône", "la nourriture 
mendiée" (tib. zas ; ch. jiki jj£ T. 1448 iv (i6) = Di- 
vyâvadâna, p. 50). Deux glossaires ch. et un cm. ch. 
du Dharmaguptavinaya confirment cette interpré- 
tation. Ttt. 2128 lxvi (734 c) et S. xxxix 1 (10 a) : 
Bunne est une forme dialectale ; la forme correcte 
est hindahata $&£$.£■ [=sk. p. pindapâta]. Hinda 
lÊfê: [ = sk. p. pinda] signifie "boule", hâta $£^ 
[ = sk. p. pâta] signifie "chute" ; c.-à-d. que la 
nourriture tombe dans le Bol. Ou bien on dit que 
hindaya ^^^t [ = sk. p. pindâya (datif), souvent 
suivi du sk. p. carati "aller mendier sa nourriture"] 
signifie "boule", c.-à-d. "boule de nourriture". Il 
ne faut pas rendre [bunne] par kotsujiki £^£ [car 
kotsu •g "mendier" ne rend ni pinda ni pâta]. Ttt. 
1805 ni c (392 b) : La td. ch. du mot sk. bunne fr'fâf 
est tanda W-WL "mettre en boule et faire tomber", 



car en Inde on a l'habitude de mettre la nourriture 
en boule, de la faire tomber et de l'accumuler dans 
un bol (tanjikidajôuchû J$^^#^fp)- Mon opinion 
[celle de Ganshô ytffî> 1048-1116] est qu'on dit 
kotsujiki pour faire ressortir ce qui est le plus im- 
portant [kotsu £ "mendier"] dans la Mendicité. — 
Cette etymologie a l'avantage d'être applicable non 
seulement à la forme sk. du terme, pindapâta (cf. 
Divyâvadâna, Avadânasataka), mais aussi à sa forme 
pâlie. — (2) Les scribes qui ont essayé, dans les pre- 
miers siècles de notre ère, de sanscritiser les textes 
rédigés en prâkrit, ont souvent "corrigé" (p. ex. 
Dasabhûmika, éd. Rahder p. 20 ; Divyâvadâna, pp. 
239, 684) °pâta en °pâtra, mot signifiant non seu- 
lement "Bol" mais aussi "nourriture", "repas" (td 
onjiki f$C|£, Dasabhûmika p. 20) ; cette correction 
était d'autant plus facile que les graphies °tra et °ta 
se ressemblent fort dans les mss. indiens. L 'etymo- 
logie par °pâtra ne s'accorde pas avec les textes p., 
où l'on ne trouve jamais la forme pindapatta qui 
correspondrait au sk. pindapâtra. — (3) Buddhaghosa 
suggère dans son commentaire au Suttanipâta 
(p. 374) une troisième etymologie qui est purement 
fantaisiste : "Pour le déjeûner [des Moines, repas 
avant midi], on dit "pâtarâsa", parce qu'on doit le 
manger (°âsa) le matin de bonne heure (pâtar) ; c'est 
un nom qu'on donne au pindapâta." — Etymologie 
du terme ch. bunne. — La te. ch. bunne 5M!f remonte 
évidemment à un terme prâkrit ou sérindien (cf. les 
formes koutchéenne et mongole) correspondant au 
sk. pindapâta. Bun 5f (ch. fen) représente "pin[da]" ; 
ei Hf (ch. wei) rend le phonème vai, qui par les stages 
intermédiaires hypothétiques bai et pai doit résulter 
d'un original sk. pâta, avec chute de la dentale inter- 
vocalique et contraction et palatalisation des voyelles 
(cf. BEFEO XXIV, 131 n. 9; Shaei £{|j = sk. Srâ- 
vasti ; niei Jêftf = sk. p. nivâsa ; etc.). Plusieurs 
commentateurs ch. ont considéré bunne 5Mtf comme 
une td., "diviser [bun 5r] l es aumônes et sauvegarder 
[ei |§j] la moralité", p. ex. Kichizô ^"^ dans son 
cm. au Sukhâvatîvyûha Ttt. 1746 (119 b) : "[Les 
ressortissants des trois Véhicules] peuvent distribuer 
leur Corps et sauvegarder les Etres [qui sont les] 
Mobiles [du salut]", nôbunshingomotsuki ïj&'jt %Wt. 
^fH. Un autre exemple de cette interprétation n'est 
connu que par une citation ap. Ttt. 2127 1 (275 b):J 
Le Vinayades Mahâsanghika dit: "Kotsujiki, c.-à-d.j 
distribuer des Dons (bunse 5Hf$Î) aux Moines et! 
aux Nonnes, les protéger (eigo {tjJS) et leur faire 
pratiquer les Actes du Chemin." C'est pourquoi on! 
rend [kotsujiki] par bunne %>§}. — Petit Véhicule.) 
— Âgama. — Samyuktâgama T. 99 ix (57 b) : Le; 
Bg. dit à Sâriputra : "Si la Notation visuelle desj 
Moines est sans Attachement Passionné, sansj 
pensée d'amour (ainen ^îsO à l'égard du Formel.j 
lorsqu'ils méditent, se rendent au village, y mendientj 
leur nourriture puis sortent du village, et s'ils font; 



BUXNE 159 

le vœu de s'entraîner jour et nuit à réprimer 
leurs pensées, ces Moines [pratiquent] la Mendicité 
pure (jôjokotsujiki ££!$;'£ j£) dans les quatre At- 
titudes. C'est pourquoi ce sûtra est appelé : Rési- 
dence de la Mendicité pure. — Ib. xxxix (284 a-b) 
[Un jeune Moine méconnaît l'ordre des visites (sen- 
goshidai %%k'X%)- Tantôt il retourne à une maison 
où il a déjà reçu une aumône, tantôt il omet de 
mendier à telle maison où il devrait le faire. Ses 
confrères le réprimandent, mais il se défend en disant 
que les Moines âgés font comme lui.] Le Bg. dit : 
"Il n'y a pas longtemps que ce jeune Moine a quitté 
sa famille ; il n'est pas encore accoutumé aux lois 
et aux préceptes. Il dépend de ceux qui sont plus 
âgés que lui ; il dépend [des aumônes] du village. 
Vêtu de son Froc et tenant son Bol, lorsqu'il entre 
dans le village pour mendier, il ne veille pas bien sur 
son corps ; il ne contrôle pas ses organes ; il ne 
réprime pas ses pensées ; il ne sait ni convertir les 
infidèles, ni rendre inaltérable la foi des fidèles. 
S'il reçoit des biens matériels, vêtements, nourriture, 
et boissons, siège et couche, médicaments, il se livre 
sans cesse à l'Attachement et à l'Attraction Pas- 
sionnés. Il ne voit ni les péchés, ni la sortie du monde 
(shurri /JB^|). Il mange avec désir et convoitise, 
ne sachant [se borner à] sustenter son corps ; une 
telle nourriture le rapproche de la mort. — Ib. xlii 
(308 a-b) : Le B. réside dans la forêt de bambous 
Karanda près de Râjagrha. De bonne heure le matin, 
il s'habille et entre dans la ville de Râjagrha, tenant 
son Bol, pour mendier sa nourriture. Suivant l'ordre 
des visites, il arrive à la maison du brahmane Agni- 
datta, qui prépare des mets exquis dont il remplit 
son Bol. Le troisième jour Agnidatta, le voyant de 
nouveau s'approcher, fait cette réflexion : "Pour- 
quoi ce Moine chauve vient-il à plusieurs reprises, 
attiré par les mets exquis ?" Le B., connaissant sa 
pensée, prononce ces vers : "Le Roi des Dieux fait 
pleuvoir jour après jour ; le paysan laboure son 
champ jour et nuit, il sème plusieurs fois et récolte 
plusieurs fois. De même que la femme porte plusieurs 
fois des enfants, et la vache des veaux, on peut 
donner plusieurs fois l'aumône aux mendiants. Du 
fait de ces aumônes répétées, on obtient toujours 
une bonne réputation ; et si l'on atteint le Chemin 
Saint, on ne reçoit plus à plusieurs reprises l'exis- 
tence, on ne naît plus, on ne meurt plus à plusieurs 
reprises ; on n'éprouve plus à plusieurs reprises 
chagrin, douleur, tristesse ; le cadavre n'est ni brûlé 
par le feu à plusieurs reprises, ni dévoré par les 
vers." A l'ouïe de ces stances, Agnidatta devient 
croyant et remplit de nouveau le Bol du B. Mais le 
B. n'accepte pas, car cette aumône n'est due qu'aux 
stances qu'il vient de prononcer ; et il récite ces 
nouvelles stances : "On ne doit pas accepter une 
aumône donnée comme suite à un sermon. Méditer 
sur la Loi en elle-même (jihô êÈk), prêcher la Loi 



BUNNE 



sans recevoir de nourriture, c'est la vie pure ; que les 
brahmanes le sachent bien ! Il faut offrir des sacrifices 
excédant ce que l'on recouvre (yokuyô f^t&^lfl) au 
grand Voyant pur, qui a épuisé tous les Ecoulements 
et éliminé toute Souillure. Il faut offrir des sacrifices 
de nourriture à l'excellent Terrain de Mérite ; pour 
ceux qui recherchent du Mérite, mon Terrain est 
excellent." Agnidatta demande où il doit mettre la 
nourriture qu'il vient de donner ; le B. répond : "Je 
ne vois personne qui la pourrait manger ; il n'y a 
qu'à la jeter dans de l'eau sans vers ou sur un terrain 
sans herbe." Agnidatta la jette dans de l'eau sans 
vers ; aussitôt une vapeur s'élève, et l'eau se met à 
bouillir comme si l'on y avait jeté une boule de fer 
incandescente. En conséquence de ce miracle, Agni- 
datta devient croyant et incline sa tête aux pieds du 
B. [Anecdote analogue Tt. 1509 xxn (225 a-b)]. — 
Ekottarâgama T. 125 xli (772 a-c) : Le B. réside dans 
un jardin de Bénarès. A l'heure fixée, il se rend en 
ville pour mendier sa nourriture. Mâra le malin se 
dit : "Maintenant je vais persuader aux habitants de 
la ville de lui refuser toute nourriture." Le B. entre 
dans la ville, mais nul ne lui adresse la parole, nul ne 
vient lui rendre hommage ni lui offrir des sacrifices ; 
il sort de la ville sans avoir rien reçu. Mâra lui 
demande : "Vous n'avez donc rien reçu ?" Le B. 
réplique : "En conséquence d'un acte de Mâra, je 
n'ai pas obtenu de nourriture. Mais vous ne tarderez 
pas à en être puni. Dans la Bonne Période il y avait 
un B. nommé Krosa, qui lui aussi dépendait de 
cette ville avec ses 400.000 [disciples]." Mâra pensa : 
"J'ai vainement cherché un moyen pour [dompter] 
ce Moine. Maintenant je vais engager la population 
de Bénarès à refuser toute aumône à ses Moines- 
mendiants." [Le B. dit aux Moines qui reviennent 
de la ville où ils n'ont rien reçu] : "Il y a quatre 
espèces de nourriture humaine (cf. *Jiki) : (1) ordi- 
naire, (2) Plaisir des Impressions, (3) pensées [du 
Mental], (4) Notation ; et cinq espèces de nourriture 
surhumaine : (1) Extase, (2) Vœu, (3) Mémoire, 
(4) huit Libérations, (5) Joie [de la Loi]. Les Moines 
doivent rejeter la nourriture humaine et chercher 
des Moyens pour se procurer la nourriture surhu- 
maine." Ayant entendu ces paroles, et s 'étant sub- 
jugués eux-mêmes, les Moines se procurent la nour- 
riture surhumaine. Mâra se dit : "Je n'ai pas trouvé 
de Moyen pour [dompter] ces Moines. Maintenant 
il me faut flatter en eux les six Organes ; j'engagerai 
la population [à donner tant d'aumônes] que les 
Moines cherchent leur profit et l'obtiennent de plus 
en plus, de sorte qu'ils s'attachent à ce profit, ne 
puissent s'en passer un moment, et recherchent les 
Moyens sensuels." Lorsque les Moines reviennent 
mendier, les habitants leur offrent en abondance 
vêtements, nourriture, siège et couche, médicaments ; 
tirant les soutanes (sk. sanghâtî), ils les accablent 
d'aumônes contre leur gré. Le B. prêche à ses 



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Auditeurs le sermon suivant: "Ces avantages [maté- 
riels] font tomber dans les mauvaises Destinations 
humaines, et empêchent d'atteindre le lieu de l'In- 
opéré. Ne produisez pas un Esprit d'Attachement 
et de Connotation ; n'ayez point de penchant pour le 
profit; renoncez à ces pensées. Les Moines qui s 'at- 
tachent' au profit ne réalisent point le Corps d'Essence 
consistant en cinq [Mérites : Défenses, Concentration, 
Sapience, Libération, Connaissance acquise après la 
Libération]. C'est pourquoi ceux qui n'ont pas encore 
produit l'Esprit de profit doivent se garder de le 
produire, et ceux qui l'ont produit doivent se hâter 
de l'anéantir." Mâra se voile la face et disparaît. 
[Le Sarhyukta T. 99 xxxix (288 a) ( = Sam. Nik. 4. 
2, 8, Pinda) donne une anecdote analogue : Au bourg 
de brahmanes dit Sâlâya, le B. confond par des 
stances Mâra qui d'abord lui fait refuser toute 
nourriture, puis lui en fait donner ; allusion à cette 
anecdote Tt. 1509 IX (121 c, 15).] — Ekottara T. 125 
xlvii (800 b-801 b) Le B. dit aux Moines : "Vous 
devez [comme moi] manger une seule fois par jour ; 
votre corps deviendra léger et agile, vos esprits 
vitaux deviendront forts et vigoureux ; vous pourrez 
pratiquer la Conduite brahmique." Bhadrapâli (p. 
Bhaddâli) dit au B. : "Je ne puis supporter [le 
régime] d'un seul repas ; mes esprits vitaux sont 
trop faibles." Le B. : "En arrivant à la maison du 
Donateur, mangez une partie et rapportez le reste 
chez vous." Bhadrapâli : "Je ne puis supporter ce 
régime non plus." Le B. : "Je vous permets de con- 
trevenir au jeûne et de manger pendant toute la 
journée." Bhadrapâli : "Même ce régime m'est 
insupportable." Le B. ne répond plus. [Le Moine 
Udâyin vient mendier sa nourriture après le coucher 
du soleil chez un Maître-de-maison dont la femme 
est enceinte. Apercevant dans l'obscurité la figure 
sombre du Moine, la femme le prend pour un démon, 
s'effraie et se blesse la matrice ; l'embryon meurt. 
Par suite de cet accident, de mauvaises rumeurs se 
répandent en ville : "Les Moines tuent les enfants 
par des imprécations ; ils n'obéissent plus aux 
règles disciplinaires, ne savent plus quand il faut 
manger, viennent et s'en vont sans modération ; ils 
ne se distinguent en rien des Laïcs." Des Moines 
rigoristes portent plainte au B., qui convoque une 
assemblée et prêche :] "Si l'on ne mange qu'une 
seule fois par jour, le corps devient léger et agile 
et l'Esprit obtient la compréhension (kaige f!fîf|?), 
puis les Racines de Bien, puis la Concentration, 
puis la Connaissance correcte des Vérités . . . Con- 
tentez-vous d'un seul repas par jour ; prenez-le 
pendant la journée, et ne dépassez point l'heure 
fixée pour ce repas. Il vous faut faire aussi une tournée 
d'aumônes pour gagner votre vie. Gardez-vous 
d'éprouver ni joie à recevoir, ni tristesse à ne rien 
recevoir. En réfléchissant pendant le repas, vous 
serez sans Attraction ni Attachement. Vous ne 



tendrez qu'à sustenter votre corps, à faire disparaître 
les anciennes douleurs, à n'en pas créer de nouvelles, 
et à restaurer vos forces vitales. C'est là ce qui s'ap- 
pelle Mendicité (kotsujiki). — Ne prenez qu'un seul 
repas, en une seule fois [sans interruption], étant 
assis. Se lever [pendant le repas] est contraire aux 
règles du repas ; et après le repas, il ne faut pas 
manger de nouveau. C'est ce qui s'appelle ichiza- 
nijiki -^.^ffijife. — Lorsqu'on reçoit la nourriture, il 
faut la manger [telle qu'on l'a reçue]. Comment 
pourrait-on l'arranger encore [selon ses désirs] ? Ceux 
qui reçoivent de la nourriture une seconde fois ne 
doivent pas se remettre à manger. — Sûtra divers. — 
T. 159 v (314 b) : Les Bs. qui ont quitté leur famille 
obtiennent dix avantages supérieurs par suite de la 
pratique constante de la Mendicité : (1) Ils mendient 
leur nourriture pour entretenir leur propre vie ; 
ils viennent et s'en vont librement, indépendamment 
d'autrui. (2) Quand ils font leur tournée d'aumônes, 
ils commencent par prêcher la Loi et produisent 
ainsi un bon état d'Esprit ; ensuite ils se mettent à 
manger. (3) Us ont une grande Compassion poui 
ceux qui ne donnent pas ; en prêchant la Loi, ils 
produisent un état d'Esprit de renoncement et un 
Mérite supérieur. (4) Par la pratique de la doctrine 
bouddhique, ils renforcent leur moralité ; leur Mérite 
devient complet, leur Sapience inépuisable. (5) Les 
sept et les neuf espèces d'Orgueil disparaissem 
spontanément ; être vénérés par les hommes, c'esi 
leur Terrain de Mérite excellent. (6) Ils obtiennem 
la Protubérance-crânienne des Tg., et doivent re- 
cevoir les grands sacrifices offerts par le monde 
(7) Ils maintiennent les trois Joyaux, et porten 
avantage aux Etres. (8) Quand ils cherchent de h 
nourriture, ils n'ont pas un état d'Esprit d'attenttj 
avide, ils ne louent pas tous les Donateurs et Donaj 
trices. (9) Ils suivent l'Ordre-de-succession fixé} 
sans faire de distinction entre les maisons riches e 
pauvres. (10) Les B. se réjouissent ; [la tourner 
d'aumônes] est le meilleur moyen d'obtenir l'Omni! 
science. — Abhiniskramanasûtra T. 190 xxxix (83*1 
b) : Les Moines demandent au B. ce qu'ils doivenj 
dire quand ils mendient leur nourriture : " Donnez j 
nous de la nourriture. . . " ou bien simplement 
"Donnez de la nourriture. . ." Le B. répond: "Vou; 
ne devez pas compter sur vos paroles. . .il vous fau 
penser à préserver votre existence . . . Ceux qu 
possèdent la Connaissance mendient leur nourriturj 
sans parler, sans tendre la main [comme pour dire] 1 
"Donnez à manger !" Les Saints, silencieux, si 
tiennent debout de côté en méditant ; c'est eu:j 
qu'on appelle les véritables Moines faisant leul 
tournée d'aumônes. Ceux qui possèdent la Con 
naissance, en pratiquant la Mendicité, restent 1 
regard fixé sur un point. Si [les Maîtres-de-maison 
voient quelqu'un dans cette position, ils sauront qu 1 
c'est un Moine faisant sa tournée d'aumônes. — T 



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783 (720 c) [Sûtra sur les douze pratiques d'Ascèse]. 
Les Moines-mendiants Ermites sont dégagés des 
deux Attachements ; leur apparence extérieure et 
leur Esprit sont purs ; ils pratiquent la Loi de l'Ascèse 
(*zuda), comportant douze obligations : (1) habiter 
un Ermitage ; (2) pratiquer constamment [exclusive- 
ment] la Mendicité (jôkotsujiki fê^jlt, cf. Mvy. 
1131 sk. pindapâtika) ; (3) pratiquer la Mendicité 
dans l'Ordre-de-succession ; (4) ne recevoir qu'un 
seul repas par jour (sk. ekâsanika) ; (5) ne recevoir 
des aliments qu'une portion limitée [pour en donner 
une portion aux indigents et aux bêtes sauvages], 
etc.... [A propos de la Mendicité constante:] (a) 
Manger ayant reçu une invitation et (b) manger en 
Communauté produisent des Causes-Facteurs d'E- 
coulement, (a) Si celui qui a reçu une invitation 
obtient de la nourriture, il pense : "C'est parce que 
je suis un homme méritoire et excellent que j 'obtiens 
cette nourriture." S'il ne reçoit rien il est fâché contre 
ceux qui l'ont invité [et pense :] "Ils manquent de 
discrimination : ceux qui ne doivent pas inviter 
invitent, ceux qui doivent inviter n'invitent pas." 
Ou bien il se tourmente à force de s'humilier ; il 
souffre des reproches qu'il se fait à lui-même. Cette 
, Attraction et cette déception peuvent obstruer le 
j Chemin, (b) Celui qui mange en Communauté doit 
j suivre la Loi de la Communauté, interrompre ses 
| affaires pour recevoir des hôtes, soigner et admi- 
nistrer les affaires de la Communauté, avoir des 
1 devoirs, remplir des fonctions. L'Esprit est alors 
j Distrait et cela empêche la Pratique du Chemin. 
C'est à cause de pareilles afflictions et Distractions 
qu'on doit accepter la loi de la Mendicité constante. 
— Vinaya. — MahUâsaka T. 1421 xxvn (178 a-c) 
Le Moine-mendiant doit se lever de bonne heure, 
descendre du lit, mettre ses chaussures de cuir. . .En 
sortant il doit attentivement fermer la porte après 
avoir déposé son Bol entre ses pieds. Il doit cacher 
la clef pour que personne ne puisse la voir . . . De 
sa main gauche il tient son Froc, de la droite son 
Bol ; sa tête est penchée, il regarde en avant. Il doit 
bien connaître l'aspect des rues, bien distinguer 
l'aspect des portes. Arrivé à la grande porte exté- 
rieure ou à la petite porte intérieure, il doit claquer 
des doigts, tousser, faire du bruit. Qu'il y ait quel- 
qu'un à l'intérieur ou non, il doit faire connaître 
[son arrivée]. Entré, il doit réfléchir: "Où dois-je me 
mettre?" Si quelqu'un dit: "Vénérable, venez, 
entrez," il entre attentivement. Si un homme lui 
donne à manger, il ne doit pas abaisser ses regards 
sur la nourriture en la recevant. Si c'est une femme, 
il ne doit pas lui parler, ni la regarder, ni percevoir 
sa beauté ou sa laideur. S'il a reçu assez dans une 
famille, c'est bien; si ce n'est pas suffisant, il va dans 
d'autres maisons, jusqu'à ce qu'il ait assez. Alors il 
sort du village, s'éloigne des hommes, dépose son 
Bol, ôte sa Soutane, en enlève la poussière ... Il balaie 



l'endroit où l'on mangera, arrange les sièges . . . lave 
les grands récipients (jôjôjikki $£ !!!£!£)• Si une 
portion est trop grande, on doit d'avance la diminuer 
pour atteindre le juste milieu . . . On laisse dehors les 
chaussures couvertes de poussière. A l'heure fixée, 
on donne un signal de cloche (kanchi Jj|$i = sk. p. 
ghantî) ou bien on entonne un chant pour rassembler 
[les Moines]. Quand [les Moines] sont assis, on fait 
passer les grands récipients. S'ils sont trop grands, 
il faut diminuer [leur contenu] pour atteindre le 
juste milieu ; s'ils sont trop petits, il faut ajouter 
pour les remplir. Puis ils mangent des légumes et 
des médicaments. Si un Moine arrive en retard, on 
doit lui donner de l'eau : s'il l'accepte, on lui donne 
une nourriture abondante dans un récipient ; s'il 
n'accepte pas l'eau, [c'est qu']il a déjà mangé. Après 
le repas on doit mettre en lieu sûr les sièges, balayer 
le terrain, jeter les ordures, laver les grands récipients, 
les mettre à leur place, enlever les pots à eau. Puis 
les Moines se rendent chez leur Professeur ... Si 
le Maître leur dit : "Venez avec moi [pratiquer la 
Mendicité]", [les Disciples] le suivront. S'ils ne 
peuvent pas entrer dans une maison, ils ne seront 
pas fâchés. S'ils entrent mais n'obtiennent pas de 
siège, ils ne seront pas fâchés, et resteront debout 
derrière leur Maître. Si le Donateur leur donne de 
la nourriture, ils la recevront ; mais s'ils n'obtien- 
nent rien, ils ne seront pas fâchés. Si le Maître a 
des restes de nourriture et les leur donne à manger, 
ils ne doivent pas être fâchés. S'ils prêchent la Loi 
chez un Laïc, ils ne discourront pas de façon confuse. 
Si le Maître prononce un mot rustique ou mala- 
droit, ils l'en préviendront ; ils s'en retourneront 
avec lui dès qu'il s'en retournera. Tel est le premier 
Catéchisme (gakuhô $$;%£;) de la Mendicité des 
Moines Ermites. — Ib. xxn (148 a) Les Moines- 
mendiants obtiennent du riz non glutineux (ou non 
décortiqué, ko %$), toutes sortes de riz, de galettes, 
de grains grillés et de riz glutineux, d'orge grillée, 
de liqueurs amères, de conserves au sel, de sel, 
de viande, de poisson, de lait, de lait fermenté, de 
légumes, de racines, de racines de lotus, de canne 
à sucre, de fruits ... Ils n'osent pas accepter et le 
disent au B., qui réplique : "Je vous permets d'ac- 
cepter toutes ces victuailles, comme il vous plaira." 
— Le B. réside à Vaisâli ; une famine règne et la 
Mendicité est difficile. Les Moines qui ont obtenu 
de la nourriture la mettent en réserve en divers 
endroits et la perdent. Ils pensent : "Si le Bg. nous 
permettait de manger ensemble et de passer la nuit 
dans le même endroit, un tel malheur n'arriverait 
pas." Ils demandent au B. de leur donner cette 
permission, [ce que le B. fait]. Puis ils préparent leur 
nourriture en plusieurs endroits, et la perdent. Ils 
pensent : "Si le Bg. nous permettait de préparer 
notre nourriture dans notre monastère, un tel malheur 
n'arriverait pas." [Le B. leur en donne permission.] 



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Puis ils engagent quelqu'un pour faire leur cuisine, 
lui donnent des gages, le nourrissent ; mais ce 
cuisinier est un voleur. Ils pensent : "Si le B. nous 
permettait de faire nous-mêmes notre cuisine, nous 
pourrions éviter cette perte." [Le B. leur en donne 
permission.] Les Moines faisant eux-mêmes leur 
cuisine cherchent quelqu'un qu'ils paient pour leur 
apporter les mets. Ils pensent : "Si le B. nous per- 
mettait de garder la nourriture nous-mêmes et de 
chercher quelqu'un [un moine] qui apporte les mets 
sans être payé pour ce service, nous pourrions éviter 
cette dépense." [Le B. le leur permet.] Les Moines 
obtiennent des fruits sans qu'on les leur apporte [en 
les cueillant eux-mêmes]. Ils avertissent le B. qui 
leur dit : "Je vous permets de prendre votre nour- 
riture aux arbres comme il vous plaira." Les Moines 
obtiennent les fruits des étangs sans qu'on les leur 
apporte. Ils avertissent le B. qui leur dit : "Je vous 
permets d'aller dans l'eau des étangs et d'y cueillir 
[des fruits]." Les Moines, désirant manger des fruits, 
les nettoient sans employer un nettoyeur. Ils avertis- 
sent le B. qui leur dit : "Je vous permets de manger 
les fruits en enlevant vous-mCmes les noyaux." — 
Dharmagupta T. 1428 xxxn (789 a) : Si le Bg. prêche 
la Loi à trois hommes d'un groupe de cinq, deux 
mendient la nourriture, et ce qu'ils reçoivent suffit 
pour nourrir les six. Si le Bg. prêche la Loi à deux 
hommes d'un groupe de cinq, trois mendient la 
nourriture, et ce qu'ils reçoivent suffit pour nourrir 
les six. — Ib. xlix (933 a) : De mauvais Moines- 
mendiants prennent inconsidérément la nourriture 
que les Maîtres-de-maison tiennent [dans leurs 
mains], avant même que ceux-ci la leur donnent. 
Voyant cela, les Maîtres-de-maison les prennent en 
haine et disent : "Les Moines, fils de Sâkya, ne savent 
pas se contenter ; ils prétendent connaître la Loi 
correcte, mais [cette habitude] est-elle la Loi cor- 
recte ? Ils se précipitent pour arracher d'avance la 
nourriture, comme s'ils étaient des personnages de 
haut rang." Les Moines avertissent le B. qui dit : 
"Les Moines ne doivent pas prendre la nourriture 
avant que les Maîtres-de-maison ne la leur donnent. 
Il y a des cas où l'on appelle le Moine [pour prendre 
la nourriture lui-même] : [p. ex. quand la personne 
qui veut donner] est une femme, un malade, une 
femme enceinte, une femme tenant un enfant 
dans ses bras, quelqu'un qui tient des objets des 
deux mains ; ou bien quand il pleut, ou que le 
sol est boueux. Dans ces cas, le Moine hésite et 
n'ose prendre la nourriture d'avance ; mais, je 
vous le dis : [dans ces cas-là] quand on appelle il 
faut aller "...Ces [mauvais] Moines vont mendier 
leur nourriture dans de grandes maisons (daike 
^;^)...Le B. dit: "En pratiquant la Mendicité, 
il ne faut pas préférer les grandes maisons. En 
mendiant dans l'Ordre-de-succession, il ne faut pas 
avoir de préférence." Ces [mauvais] Moines mendient 



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en usant de force, obtiennent [la nourriture] en usant 
de contrainte, puis s'en vont. . .Le B. dit : "Ce n'est 
pas convenable. Lorsque les Moines savent qu'ils 
recevront quelque chose, ils doivent attendre. Lors- 
qu'ils sortent [d'une maison], ils doivent observer 
attentivement l'aspect de la première porte et jus- 
qu'au tas de fumier [pour reconnaître ensuite le 
chemin à suivre]. — Sarvâstivâdin T. 1435 xin (93 c- 
94 c) [Un Maître-de-maison demande aux Moines- 
mendiants malades :] " Souffrez- vous ?" Ils répli- 
quent : "Nous sommes malades et nous souffrons à 
cause de la Mendicité." Le Maître-de-maison : 
"Je vous invite, vous qui êtes malades, à venir mangei 
chez moi." Les Moines : "Le B. n'a pas encore 
permis de prendre des repas à part (betsujiki #lj'i£" 
pour cause de maladie." Les Moines, ne sachant 
que faire, avertissent le B. qui convoque la com- 
munauté et dit : "Dorénavant il sera permis au> 
Moines-mendiants malades de prendre des repas s 
part. Dorénavant cette Défense doit être observée 
Les Moines-mendiants qui prennent des repas î 
part commettent un péché de Défaillance, à moin: 
qu'ils ne soient malades. Les Moines sont appelé: 
"malades" s'ils [souffrent de] chaleur, de froid 01 
de vent excessifs. . .S'ils sont malades et prennen 
des repas à part, ils ne sont pas [coupables d'un 
Manquement." [Quand le temps est venu pour fair< 
leurs vêtements, les Moines se lèvent de bonne heure 
cherchent les ustensiles nécessaires pour les teindre 
les teignent et les sèchent, de sorte qu'ils n'ont pa: 
le loisir d'aller mendier leur nourriture en ville 
Un Maître-de-maison les voit dans la détresse, e 
leur offre un repas chez lui. Ils avertissent le B. qu 
convoque la Communauté et dit :] "Dorénavant i 
sera permis aux Moines qui font leurs vêtement 
quand le temps de les faire est venu, de prendre de 
repas à part..." [A l'occasion de la détresse d 
quelques Moines n'ayant pas le temps d'aile 
mendier leur nourriture le matin au cours de leur 
voyages par terre ou par navigation fluviale, le B 
dit :] "Dorénavant il sera permis aux Moines voya 
geurs de prendre des repas à part ... Si un Moin 
arrive un certain jour et mange [à part] le lendemair 
il est de Défaillance ; s'il mange [à part] un certai 
jour et part en voyage le lendemain, il est de Défai 
lance. Mais si, étant de passage, il arrive et part ] 
même jour, il n'y a pas Manquement à prendre u 
repas à part si l'arrivée a lieu soit après midi so: 
très peu avant midi [ce qui ne laisse pas au moin 
le temps de faire sa tournée régulière de Mendicit 
le matin de ce jour]. — Le B. accompagné de 125 
Moines réside à Râjagrha. Les Moines vont prat: 
quer la Mendicité. Les Maîtres-de-maison ne peuver 
donner de nourriture qu'à deux ou trois Moines 
comme il en vient d'autres, ils ne peuvent plus rie 
donner, ferment leurs portes et disent: "Il y a tro 
de Moines ; qui peut [leur] donner [des aumônes] ? 



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Les Moines qui arrivent après les autres n'obtien- 
nent rien et souffrent. [Un Maître-de-maison a 
pitié d'eux et les invite à manger chez lui. Les Moines 
avertissent le B. qui dit :] "Dorénavant il sera permis 
aux Moines de prendre des repas à part à cause de 
leur grand nombre, s'il y a au moins huit Moines, à 
savoir quatre Moines qui mendient d'habitude dans 
le bourg et quatre Moines de passage. Si des Moines 
au nombre de moins de huit prennent des repas à 
part, ils sont de Défaillance." — Ib. xli (298 c) Entré 
dans la cour [de la maison], le Moine-mendiant 
s'arrête et claque des doigts. S'il n'obtient rien, il 
doit claquer de nouveau ; puis une troisième fois. 
S'il obtient quelque chose, il doit tenir son Bol des 
deux mains, s'incliner et recevoir la nourriture. 
S'il veut mendier encore dans d'autres maisons, il 
doit regarder le soleil pour savoir l'heure. S'il est 
encore tôt, il peut continuer à mendier. S'il est déjà 
midi, il faut cesser [la tournée d'aumônes]. — Ib. 
xli (300 a) Un Moine [de passage] vient comme hôte 
[de la Communauté] à Srâvastî. Il entre dans une 
maison vide, où un serpent dort sur un lit. Le Moine 
s'assied sur le serpent, est mordu, et meurt en même 
temps que le serpent ... [Le B. enseigne après cet 
accident la Loi des Moines de passage à la Com- 
munauté] : "Le Moine de passage doit poser les 
questions suivantes de bonne heure, à l'aube, aux 
Moines résidents, et ce n'est qu'après avoir posé ces 
questions qu'il peut aller pratiquer la Mendicité : 

'Y a-t-il dans le quartier [réservé à cette] Com- 
munauté (sôbô jfètfj) un repas préliminaire (zenjiki 
j£) ou non ? Y a-t-il des repas à heure fixe (jijiki 
■j£) ou non ? [T. 1421 xxvn (179 a) Y a-t-il un 
repas dans ce quartier ou non ? Prépare-t-on la 
nourriture tôt ou tard dans ce village ?] Dans quels 
endroits se trouvent de mauvais chiens, de mauvais 
taureaux, des maisons d'adultes, de garçons, de 
filles, de veuves, de femmes légitimes ? Où sont les 
maisons où l'on étudie les Actes [rituels ou dis- 
ciplinaires] de la Communauté (sôkommagakke j% 
f^lMW^fc) ? Où sont les maisons où l'on renverse 
les Bols (fukuhatsukommake |g&$ÉfI^) ? Où 
faut-il aller, où ne faut-il pas aller ?" — Ib. xlvi 
(330 c -331 a) Le B. réside à Srâvastî. Il y a une 
Nonne-mendiante, Uranandâ, qui pendant plusieurs 
années avait eu des Disciples. Elle dit à ses Dis- 
ciples : "Où j'entrerai, vous toutes entrerez aussi. 
Si j'obtiens quelque chose, vous l'obtiendrez aussi..." 
Elle entre dans une maison et s'en va, son Bol plein 
de nourriture. Une Disciple la suit, entre et s'en va, 
son Bol plein de nourriture. Une deuxième, une 
troisième entrent. Le Maître-de-maison ne peut plus 
donner, ferme sa porte et dit : "Qui peut donner de 
la nourriture à ces Nonnes néfastes ?" Une Nonne 
de peu de désirs, qui sait se contenter et pratique 
l'Ascèse, apprend ce fait, s'attriste et raconte tout 

au B. Celui-ci convoque la Communauté des Moines 



et des Nonnes... et dit: "Si une Nonne conserve 
des Disciples pendant plusieurs années, elle commet 
un péché de Défaillance et le degré de Défaillance 
dépend du nombre d'années [pendant lesquelles ses 
Disciples restent chez elle]. Elle n'est pas [coupable 
d'un] Manquement, si elle ne [retient] ses Disciples 
que pour un ou deux ans." — Ib. xli (298 b) Le B. 
dit : "Il y a deux espèces de Mendicité [au profit du 
Moine-mendiant lui-même, non pas au profit de la 
Communauté] : (1) accepter des invitations ; (2) ne 
pas accepter d'invitations. (1) Ceux qui désirent 
recevoir l'aumône destinée à la Communauté (sô- 
motsubun fêfflfr), aumône donnée après invitation, 
doivent renoncer à la Loi de la Mendicité (kotsu- 
jikihô £) j£féc) avant d'accepter cette aumône destinée 
à la Communauté. S'ils ne renoncent pas à la Loi 
de la Mendicité et acceptent l'aumône destinée à la 
Communauté [c.-à-d. cumulent l'aumône commune 
et l'aumône individuelle], ils commettent un Méfait. 
S'ils disent, après avoir reçu l'aumône destinée à la 
Communauté : "Nous sommes des pindapâtika, [et 
avons droit à ce titre à une aumône individuelle]", 
ils mentent et sont de Défaillance. (2) Si ceux qui 
n'acceptent pas d'invitations [c.-à-d. les pindapâtika] 
veulent en accepter [ce qui est contraire à la Loi 
de la Mendicité] ou bien recevoir l'aumône destinée 
à la Communauté, ils doivent d'abord renoncer à 
la Loi de la Mendicité... — Tt. 1440 11 (512 c) 
Celui qui donne des aumônes obtient cinq Mérites : 
(1) beauté ; (2) conduite irréprochable ; (3) force ; 
(4) éloquence ; (5) longévité. Celui qui, un certain 
jour, mendie dans l'Ordre-de-succession, doit 
manger la nourriture qu'il reçoit dans la première 
maison [rencontrée] ; et si cette nourriture ne lui 
suffit pas, il doit tout de même s'arrêter [et ne pas 
en mendier ailleurs]. S'il ne reçoit de nourriture que 
dans la septième maison qu'il rencontre dans l'Ordre- 
de-succession, il doit la manger, mais s'il ne reçoit 
rien il doit tout de même s'arrêter [à la septième 
maison et ne pas aller plus loin]. En faisant la tournée 
des maisons dans l'Ordre-de-succession, il s'arrête 
lorsque la nourriture reçue lui paraît suffisante, sans 
se fixer une certaine quantité de nourriture ; et le 
lendemain il fait la tournée des maisons à partir de 
celles qu'il a visitées la veille. C'est ce qu'on appelle 
la Loi de la Mendicité dans l'Ordre-de-succession. 
Pourquoi observe-t-on cette Loi ? (1) Parce que 
pour ceux qui vivent en Profanes dans la famille il 
y a beaucoup de causes de Violence Mordante. (2) 
Parce qu'[en dehors de la Mendicité] la nourriture 
n'est pas pure et qu'il y a de nombreuses causes de 
mauvaise conduite, de malveillance et d'hostilité 
entre les Laïcs et la Communauté, les Laïcs fouettant 
les Moines. (3) [Pour éviter le péché qui consiste à] 
observer chez autrui [les manifestations d'une] gêne 
de l'Esprit, du Formel et du Mental. (4) Pour prati- 
quer la Tige de Saint qui consiste à avoir peu de 



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désirs (shôyoku ^^, sk. alpecchatâ) et à savoir se 
contenter (chisoku £fljg,, sk. samtusti) [cf. K. Lav. 
vi, 145]. Si l'on accepte l'invitation d'un Donateur, 
on peut commettre les Fautes suivantes, qui dépen- 
dent des conditions de l'invitation : manger d'abord 
la nourriture grossière, pour faire venir ensuite des 
mets délicieux ; s'il y a peu, insister pour qu'on ap- 
porte beaucoup ; si les mets ne plaisent pas, com- 
mander de nouveaux plats ; lorsqu'on reçoit l'in- 
vitation, avoir de l'espoir. Tout cela est contraire 
à la Tige de Saint qui consiste à avoir peu de désirs. 
(5) Pour louer auprès du Donateur les quatre sup- 
ports [de la Discipline : (a) porter des vêtements 
purs ; (b) toujours mendier sa nourriture (sk. pinda- 
pâtika) ; (c) coucher au-dessous d'un arbre ; (d) 
employer l'urine comme médicament ; ces quatre 
supports sont souvent appelés les quatre Tiges de 
Saint]. En recevant une invitation, [au lieu de] se 
préoccuper toujours de la pensée : "Est-ce moi ou 
lui qui perd ?" le Mendiant doit être tranquille ; 
son esprit n'est pas lié, il ne fait pas attention au 
plus ou au moins. (6) Parce que les autres aliments 
sont épuisables, tandis que la nourriture mendiée 
est inépuisable. — T. 1448 iv (16 a) ( = Divyâvadâna, 
p. 50) : Le Bg. dit à Mahâmaudgalyâyana : "Prenez 
un repas urgent (senkyûjiki 5feÉt^> sk. atyayika- 
pindapâta)." — "Pourquoi ?" Le Bg. répond : "Il y 
a cinq cas urgents où l'on doit manger avant les 
autres : [les cas] d'une personne qui arrive de loin (sk. 
âgantuka), d'une personne qui compte partir pour un 
pays lointain (sk. gamika), d'un malade (sk. glana), 
d'un infirmier (sk. glânopasthâyika), d'une personne 
chargée de mission [urgente] (sk. upadhivârika). Ce 
dernier cas se présente maintenant, et c'est pourquoi 
je vous prie de manger avant les autres." — Grand 
Véhicule. — Sûtra. — Pancaêatikâ (?) -Prajnâpâramitâ 
T. 234 1 (740 c-741 b) [cf. T. 220 dlxxvi (974-979)] 
Le Bs. Manjusrî (Jushu jUtt") allait entrer dans la 
ville de Srâvastî un matin pour pratiquer la Men- 
dicité. Il mit en ordre son Froc, prit son Bol et son 
Sistre, et selon l'exemple du B. imparfaitement 
suivi, sa démarche était tranquille et belle. . .Le Bs. 
Nâgasrî (Ryûshu H^O [q ui apprenait les doctrines 
de la Perfection de Sapience auprès de son Maître 
Manjusrî] le vit entrer dans la ville, accompagné 
d'une foule immense, et lui demanda : "Que faites- 
vous ?" Manjusrî répond : "J'entre en cette ville 
pour mendier, plein de pensées de pitié. Grand 
sera l'avantage [produit par la] Sapience. Je ferai 
le Travail de la Mendicité pour sauver tous les 
dieux et les hommes du monde, et devenir le grand 
guide des Etres." Nâgasrî demande à Manjusrî : 
"Quoi donc ! vous n'avez pas encore éliminé la Con- 
notation de la Mendicité ?" Manjusrî répond : "J'ai 
éliminé cette Connotation du point de vue de l'exis- 
tence ; du point de vue de la non-existence il n'y 
a ni Elimination, ni rien qui puisse être Eliminé. 



C'est là ce qui s'appelle la Mendicité pure des Bs. 
— Ib. (743 b) Manjusrî dit à Nâgasrî : "Quand on 
pratique la Mendicité, il ne faut pas avoir la pensée 
de lever les pieds, de les poser, de s'arrêter, d'avan- 
cer, de reculer, d'incliner le corps ou de le redresser, 
ni d'un endroit, ni d'une promenade. Il ne faut pas 
avoir la Connotation d'une ville, d'un chemin, d'une 
ruelle, d'une maison, d'une porte, d'hommes ni de 
femmes, de jeunes gens, de gens faibles, ni du 
Formel, ni de la figure, ni de la production, ni de 
l'extinction. — Ib. 11 (744 c) Nâgasrî dit à Man- 
jusrî : "Allez mendier à l'Est." Manjusrî répond : 
"L'Est, l'Ouest, le Sud et le Nord, existent-ils d'une 
façon plus réelle que les chevaux sauvages créés 
par un magicien ?".. .Nâgasrî dit: "Je m'en irai 
[de Srâvastî, où il aurait voulu mendier], faute d'un 
Bs. Garçon qui m'accompagne." Manjusrî répond : 
"Je ne viens ni ne m'en vais ; je n'ai ni com- 
pagnon, ni associé, car le Chemin n'a pas de com- 
pagnon..." Nâgasrî dit: "C'est l'heure prescrite 
par la Discipline ; allons ensemble mendier en ville. 
Je pense à l'heure, afin d'aller à temps et non trop 
tard." Manjusrî répond : "Les Essences sont in- 
temporelles ; on ne peut laisser passer [le moment 
opportun]. Ceux qui résident dans la pratique des 
Connotations ont les Connotations de temps et 
d'absence de temps. Comment les Bs., qui compren- 
nent l'incompréhensibilité du Vide, pourraient-ils 
parler de temps ou d'absence de temps ? L'absence 
de temps opportun ou inopportun (jihiji P#^fl$) 
caractérise la Discipline et l'Essence de B., tandis 
que les autres Essences comportent un temps op- 
portun ou inopportun. Ceux qui calculent et con- 
sidèrent les divisions du temps ont la Connotation 
de laisser passer le moment opportun. Les Disciples 
du Bg. se rassasient toujours de la Sapience du Che- 
min. . .ils n'ont ni la Connotation de la nourriture, 
ni celle du Fait de l'Existence de la nourriture. 
Cette nourriture [sans Connotation] s'appelle nour- 
riture sans mélange (muzôjiki M%fefit) ! ceux <ï u i 
la mangent s'appellent Saints et Bons. En en man- 
geant toujours, ils augmentent la nourriture con- 
sistant en Essence d'Ambroisie, et par la force de 
cette nourriture peuvent vivre pendant une Période 
et plus. Ils n'ont plus de Notation de recherche de 
nourriture . . . Dans le seul désir de délivrer [les 
Etres] des souffrances des cinq Destinations, ils 
manifestent leur entrée dans un pays, district, ville 
ou village, afin d'y pratiquer la Mendicité ; mais 
ces Saints sont dégagés de toute nourriture ; ils ne 
mangent aucune nourriture. Ils sont toujours rassasiés 
de Concentrations de Sapience. Ceux qui continuent 
à manger la nourriture mêlée éprouvent le Fonction- 
nement et appartiennent à la Transmigration. 
Dès la première Production de l'Esprit [d'Eveil], 
les B. perdent la Connotation de la faim et de la 1 
soif. . . " Nâgasrî dit : "Me voilà déjà rassasié de cette! 



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nourriture supérieure, quoique je n'aie fait qu'en- 
tendre votre prédication sur cette nourriture de Loi. 
A plus forte raison ceux qui grandissent en mangeant 
cette nourriture sans mélange, doivent-ils cesser 
de manger toute nourriture [mêlée de] Réflexion et 
de Désir." Manjusrî : "Comment [ce dont] le Sub- 
stantiel est Vide pourrait-il se rassasier de nourriture 
mêlée ?" Nâgasrî : "Le Vide n'existe pas." Manjusrî : 
"Peut-on rassasier la création d'un magicien ?" — 
"Non." — "Peut-on donc rassasier une apparence 
manifestée (genzô ï^$l) ?" — "Non." — "L'océan est- 
il donc rassasié [de l'eau] des fleuves ?" — "Non." — 
"Ainsi les Essences ne sont pas saturées, comme le 
Vide, et pourtant vous avez dit que la Connotation 
de rassasiement (saturation) existe . . . Les Essences 
sont toujours sans Désir, du fait de la Concentration 
et de la Libération ; elles n'ont ni Formel ni ap- 
parence . . . Comment pourrait-il y avoir une Con- 
notation de rassasiement ?" Nâgasrî : "Par con- 
séquent nul ne mange plus aucune nourriture ; et 
pourtant vous dites que le Vide est la Racine de la 
nourriture." Manjusrî : "En effet tous les Etres ne 
mangent pas, comme dans le cas de Bg. créant par 
Métamorphose d'innombrables hommes, qui nour- 
rissent [d'autres] hommes, [également] créations 
magiques. Y a-t-il soit une nourriture que mangent 
ces hommes créés par Métamorphose, soit des 
mangeurs ?" Nâgasrî : "L'état de Métamorphose 
n'a ni Connotation ni Notation, n'existe pas, n'a pas 
de nourriture. A plus forte raison, comment peut-on 
dire que des mangeurs [créés par Métamorphose] 
existent ?" Manjusrî : "Ainsi toutes les Essences, 
avec Vue ou sans Vue, sont comme une Métamor- 
phose magique..." Nâgasrî: "Voici maintenant le 
moment opportun pour nous en retourner ensemble 
au Jetavana. Ma faim et ma soif sont pour toujours 
éliminées." Manjusrî : "C'est comme si un homme 
créé par les Métamorphoses d'un magicien disait : 
J'ai faim, j'ai soif. Des chevaux sauvages [yaba §f^, 
type d'une sorte d'illusion optique] affamés sont-ils 
plus réels que cet homme ? Et il en est de même de 
tout ; toutes les Essences sont pareilles à ces chevaux 
sauvages. Les fils de famille qui comprennent cela 
disent : Nous avons éliminé la faim et la soif. Ils 
mangeront cette nourriture semblable à celle des Es- 
sences, qui ne peut être ni éliminée ni détruite, et 
qui est sans faim ni soif ; c'est ainsi qu'est rassasiée 
la Racine de toutes les Essences. Les Profanes qui 
ne comprennent pas cette Racine disent : Nous avons 
faim et soif ; nous sommes rassasiés. Mais les Saints 
et les Bons, comprenant cette Racine des Essences, 
n'ont ni faim, ni soif, ni satiété. . ." — (747 a) Man- 
jusrî dit à Sâriputra : "Je vous invite à manger la 
nourriture pure." Sâriputra : "En quel endroit me 
sera donnée cette nourriture ? Quelle espèce de 
nourriture allez-vous préparer (sesetsu IjfaWi) ?" 
Manjusrî répond : "Quant à ce qui est mangé, il 



n'y a pas de nourriture et il n'y a pas d'acte de manger 
ou d'avaler. Quant à ce qui est avalé, il n'y a ni 
Formel, ni bruit, ni odeur, ni saveur, ni substance 
mucilagineuse ou fine. L'endroit de cette nourriture 
ne se trouve ni dans les trois Plans, ni en dehors des 
trois Plans. C'est l'endroit de la nourriture des B., 
. . .nourriture qui est invisible à l'Œil charnel, 
extérieur et intérieur, à l'Œil divin, [et même] à 
l'Œil de la Sapience..." — Myôshin j$'i} demande 
à Manjusrî : "En mangeant quelle nourriture Su- 
bhûti, Sâriputra, etc., sont-ils entrés dans l'Aplanis- 
sement de Barrage ?" Manjusrî dit : "En mangeant 
la nourriture sans-Ecoulement, en pratiquant l'ali- 
mentation sans Attachement, non- vulgaire . . .Ils ne 
mangent plus aucune nourriture dans les trois Plans." 
A ce moment, Subhûti et Sâriputra s'éveillent de 
l'Aplanissement et vont pratiquer la Mendicité. 
Subhûti entre chez un Maître-de-maison dont la 
femme est Laïque. Elle lui demande : "Avez- vous 
encore la Connotation de la Mendicité ? Vous ne l'avez 
pas encore détruite ?" Subhûti : "Depuis l'origine 
j'ai détruit la Connotation de la Mendicité." La 
Laïque : "A l'origine, était-elle détruite ou pas encore 
détruite ?" Subhûti : "L'avenir est Vide comme le 
passé, tout comme le Vide originel (honkû ^s;$)." 
La Laïque : "Alors, tout étant Vide, comment peut- 
on parler de "détruit" et de "pas encore détruit" ? 
Tendez la main ; je vous donnerai une aumône." 
Subhûti tend la main. La Laïque : "Ceci est bien 
la main d'un Arhat qui [à la différence d'un Bs.] ne 
comprend pas ce [Vide] originel (hon ^s:) et Atteste 
le Barrage, n'est-ce pas ?" Subhûti : "La main d'un 
Arhat n'a pas de forme, n'est pas visible, ne peut 
être tendue ni retirée. Comme un magicien fait des 
Duperies, ainsi un homme [créé par] Métamorphose 
prononce ces paroles. Ou donc se trouverait la main 
de cet homme [créé par] Duperie ? Comment peut- 
on dire qu'il tend la main ? La main [créée par] 
Duperie est-elle visible ? Peut-on la tendre ?" Elle 
répond : "Non." Subhûti : "Ainsi le Bg. dit que 
toutes les Essences sont, comme une Duperie, 
originellement Vides." Elle demande : "Si tout est 
vide, pourquoi continuez- vous à chercher de la 
nourriture ?" Et à ce moment elle n'est pas encore 
disposée à donner une aumône à Subhûti [avant 
qu'il n'ait fait un miracle pour prouver le Vide]. 
Elle dit: "Tendez votre Bol." Soudain le Bol 
disparaît. Elle le cherche, mais il n'est nulle part 
et la main de la Laïque ne s'approche pas de 
Subhûti. Elle dit : "Ceci est un corps pur, sans At- 
tachement, un Ermite (gengo PUS, sk. p. aranyavi- 
hârin) loué par le B." Après ces paroles, le Bol 
reparaît spontanément. Subhûti tend son Bol ; elle 
le remplit de nourriture et le rend à Subhûti, en 
disant : "Ceci est bien le Bol du plus éminent Ermite 
loué par le B. Sâkyamuni, n'est-ce pas ?" Subhûti : 
"Les Ermites dont parle le B. n'ont pas de Bol." 



BUNNE 



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BUNNE 



La Laïque : "Si les Ermites n'ont pas de Bol, quel 
moyen ont-ils de recevoir leur nourriture ? Les 
Ermites qui ont fait l'objet d'une Prophétie (iki 
SfG) ne doivent pas être des Arhat qui Attestent le 
Barrage. Après avoir mangé cette nourriture, ils 
comprennent que le mangeur est comme une Duperie, 
et ce qui est mangé comme une Métamorphose ; 
c'est comme un homme [créé par] Métamorphose 
qui fait manger des hommes [créés par] Duperie ; 
ou encore, c'est comme d'abreuver des assoiffés au 
moyen d'une illusion optique (litt. chevaux sauvages). 
Ceux qui comprennent cela pénètrent comme le 
Tg. la pratique de la Mendicité [due] du Vide originel 
(hommu ;£$&) du passé, du présent et de l'avenir. 
Ceux qui ont la Connotation de donner ou de re- 
cevoir fabriquent les nombreuses divisions du De- 
venir, ont la Vue de la Dualité, Fonctionnent avec 
les Profanes dans les cinq Destinations . . . Selon la 
Loi des B., non seulement ceux qui reçoivent la 
nourriture, mais aussi ceux qui la donnent, doivent 
comprendre ... que les Essences sont pures, n'exis- 
tent pas du tout, qu'il n'y a ni don ni réception, ni 
Défense ni transgression, ni Patience ni querelle, 
ni énergie ni paresse, ni Concentration ni Distrac- 
tion, ni Sapience ni stupidité . . . Les Disciples qui 
comprennent la pratique de la Mendicité de cette 
façon, n'ont pas la Connotation de la nourriture 
mêlée des trois Plans ; mais d'autre part, ils ne ré- 
sident pas dans le Plaisir du Nirvana." — Ratnakûta 
T. 310 cxiv (645 a) Si le Moine-mendiant reçoit de 
la nourriture, il ne doit pas concevoir d'Attachement ; 
s'il n'en reçoit pas, il ne doit pas avoir de Haine. 
S'il passe dix maisons sans avoir reçu de nourriture, 
il ne doit pas être triste... Il fait ce Vœu: "Les 
Etres qui me voient et me donnent de la nourriture, 
puissent-ils tous naître au ciel !" Après avoir reçu 
de la nourriture fine ou grossière, il doit regarder 
autour de lui et se demander : "Qui est pauvre dans 
ce village ?" Il doit partager la nourriture reçue 
avec ces pauvres ... S'il ne voit pas de pauvre, il 
doit penser : "Je fais le Vœu de partager la nourriture 
que j'ai reçue avec tous ceux qui en désirent parmi 
les Etres que je n'ai pas vus : moi comme Donateur, 
eux comme bénéficiaires." — Après avoir reçu de la 
nourriture, le Moine Ermite l'apporte à son ermitage, 
se lave les pieds et les mains, puis, après avoir pris 
de l'herbe, s'accroupit les jambes croisées et mange, 
son Esprit n'ayant ni Amour, ni Orgueil, ni Haine, 
ni Souillure. S'il est sur le point de désirer de la 
nourriture, il fait cette réflexion : "Maintenant dans 
ce corps il y a 80.000 vers. Quand ces vers obtien- 
dront cette nourriture, ils auront tous plaisir et 
repos. Maintenant je Capte ces vers par la nour- 
riture ; ayant obtenu l'Eveil, je les Capterai par la 
Loi." Si la nourriture n'est pas suffisante, il doit 
penser : "Maintenant que mon corps est léger, je 
peux pratiquer la Patience, éviter l'urine et la selle 



mauvaises ou insuffisantes. Ayant obtenu un corps 
léger, j'obtiens un Esprit léger, peu de somnolence 
et l'absence des Connotations de Désir." Si le Moine- 
mendiant reçoit beaucoup, il doit produire la Con- 
notation du contentement, prendre quelques mor- 
ceaux de nourriture et les placer sur une pierre bien 
nettoyée, en pensant : "Puissent les oiseaux et les 
bêtes sauvages manger cela !".. .Après le repas il 
nettoie son Bol, se rince la bouche et se lave les 
mains. Après avoir nettoyé son bol à l'eau, il le 
frotte pour le sécher. — Ib. (645 c) Les Moines 
mendiants pratiquant la Mendicité ne doivent pas 
produire la Connotation d'une saveur préférable aux 
autres saveurs. A l'égard de la nourriture excellente 
il s'exhorte à penser ainsi : "Je suis comme un hors- 
caste, qui doit purifier son corps et son esprit ; ce 
n'est pas à moi de purifier la nourriture et la boisson, 
car après avoir mangé d'excellente nourriture, tout 
devient excrément, souillure, puanteur. Je ne dois 
pas rechercher de nourriture excellente." Lorsqu'il 
entre dans une ville pour mendier, il ne doit pas 
penser : "[Je veux que] des hommes me donnent 
de la nourriture, non pas des femmes, [ou inverse- 
ment] ; [je veux que] des garçons me donnent de la 
nourriture, non pas des filles [ou inversement]. Je 
dois recevoir de la nourriture fine et exquise, et non 
grossière ou vile. Qu'on me donne au moment 
opportun, et non inopportun. Je dois obtenir de la 
nourriture facilement et vite, non pas difficilement 
et avec délai. En entrant dans un village, je dois 
recevoir [des témoignages] de vénération ... de la 
nourriture fraîche, et non conservée, d'une famille 
riche, et non pauvre. Tout le monde doit venir à ma 
rencontre ..." Les Moines ne doivent pas produire 
les Connotations de nourriture fine ou grossière, 
car les Etres commettent souvent de mauvais Actes 
par l'Attachement aux saveurs délicieuses ... Ceux 
qui savent se contenter doivent rejeter la nourriture 
fine et ne prendre que la nourriture grossière, aban- 
donner l'Attachement de la langue aux saveurs. 
Après leur mort, ceux-là naîtront dans le ciel ou 
parmi les hommes. . .Même s'ils ne mangent pendant 
une semaine que des haricots, ils ne sont pas tristes ; 
en effet ils ne mangent que pour sustenter leur 
corps et pratiquer le Chemin. Le Moine qui reçoit 
quelques morceaux de nourriture dans son bol doit 
les manger en compagnie d'autres Moines de Con- 
duite-brahmique. Lorsque le Moine-mendiant est 
malade, il ne peut pas mendier, n'ayant pas de 
messager ; il doit alors dompter son Esprit comme 
suit : "Je suis seul, sans camarades, seul j'ai quitté 
ma famille. La Loi est mon compagnon.".. .Ayant 
Inspecté son corps tel qu'il est en réalité, le Moine 
possédant la Sapience, étant seul et absorbé (isshin 
— ~'L>), peut obtenir la première Extase. L'Extase 
constitue sa nourriture pendant un jour jusqu'à 
sept jours, son Esprit est heureux ... L'explication 



BUNNE 

vulgaire est que les Dieux et les Dragons lui donnent 
de la nourriture, parce qu'il est dégagé de la Rétribu- 
tion des Passions. Lorsqu'il pleut fort, lors d'une 
tempête, quand il y a beaucoup de poussière, le 
Moine ne peut pas mendier. Alors la Bonté constitue 
sa nourriture et son ornement. Si deux ou trois 
jours passent sans qu'il mange, il doit penser : 
"Il y a beaucoup d'Etres qui tombent parmi les 
Trépassés, et jusqu'à cent ans n'ont jamais de 
salive . . . Mon corps et mon Esprit sont faibles ; 
mais maintenant je supporte bien la faim et la soif, 
je pratique diligemment le Chemin Saint, je ne 
dois pas reculer." Le Moine-mendiant ne doit pas 
s'approcher familièrement des gens vivant en famille. 
Ayant demandé aux gens vivant en famille d'enlever 
les morceaux impurs de la nourriture, il doit prêcher 
la Loi, assis, jusqu'au moment où la nourriture est 
épurée ; alors, l'ayant reçue, il se lève et s'en va. 
Le Moine-mendiant ne doit pas être Hypocrite et 
faire montre de ses propres mérites, en disant 
par exemple en présence d'autrui : "Je ne mange 
que de la nourriture mauvaise et grossière ; man- 
geant avec tant d'autres [Moines], je ne mange 
pas à ma suffisance ; maintenant j'ai faim, j'ai soif ; 
mon corps est affaibli." Il doit faire preuve d'une 
Apathie universelle. Que la nourriture tombant 
dans son Bol soit grossière ou fine, abondante ou 
parcimonieuse, pure ou impure, il doit tout re- 
cevoir sans joie ni tristesse. . .S'il sort de la ville 
son Bol vide, il doit penser au Tg. qui renonça à la 
dignité de roi Tournant-la-Roue et lui aussi sortit 
d'une ville son Bol vide, [et se dire] : "A plus forte 
raison, moi, de faible Mérite, n'ayant pas planté de 
Racines de Bien, dois-je m'en retourner mon Bol 
vide. . .Si je n'ai rien reçu, c'est que j'ai moi-même 
un démon (mâra), ou bien suis employé par un 
démon, ou bien c'est qu'un démon étouffe [l'Esprit 
des] brahmanes et Maîtres-de-maison. Je dois 
m'appliquer à me délivrer des quatre démons [Pas- 
sions, Masses, Mort, Dieux *Takejizai] et à éliminer 
toutes les Passions..." C'est ainsi que le Moine- 
mendiant doit maintenir les Tiges-de-Saint. — Bodhi- 
sattvabuddhânusmrtisamâdhi T. 414 11 (804 c) : [Un 
Maître-de-maison est sur le point de donner de la 
nourriture à Maitreya, mais celui-ci refuse] et dit: 
"Je ne peux pas encore recevoir cette offrande. 
D'abord vous devez planter la Cause-Facteur des 
Racines de Bien de l'Eveil." Le Maître-de-maison 
répond : "Si vous pouvez offrir en hommage mé>n 
don de nourriture à d'innombrables B., je produirai 
l'Esprit d'Eveil. Je suis Déterminé dans la Pratique 
véritable du G.V., car, du temps d'un B. précédent, 
j'ai planté les Racines de Bien." [Cette condition est 
agréée et la nourriture reçue par Maitreya.] Mai- 
treya se rend soudain, en un clin d'œil, à la résidence 
de ces innombrables B., leur donne des offrandes, 
puis reparaît chez le Maître-de-maison. Ayant vu 



167 BUNNE 

ce Signe de Supersavoir, le Maître-de-maison dit 
en se réjouissant : "Maintenant je dois de nouveau 
planter des Racines de Bien.". . .11 fait le grand Vœu 
et formule ce serment : "Si des Etres pratiquant la 
Conduite d'Eveil apprennent comment mon don de 
nourriture a constitué une Cause- Facteur de Racines 
de Bien, qu'ils obtiennent tous l'Eveil Sans-supé- 
rieur." — Ratnameghasûtra T. 658 v (231 b) [cf. T. 
660 vin (316 b-c) ; et Gandavyûha T. 293 xxxm 
(815 a), manque dans l'original sk.] Dix Essences 
sont appelées kotsujiki £) j£ : (1) Porter avantage aux 
Etres [Donateurs] en leur procurant l'occasion d'ob- 
tenir de la Félicité ; (2) pratiquer la Mendicité dans 
l 'Ordre-de-succession ; (3) ne pas éprouver de regret 
quand on reçoit tantôt de la bonne nourriture, 
tantôt de la mauvaise [T. 660 vin (316 b) : n'avoir 
ni fatigue ni dégoût] ; (4) avoir peu de désirs, savoir 
se contenter ; (5) partager la nourriture obtenue avec 
autrui ; (6) ne pas produire [des pensées] d'augmen- 
tation, de diminution ou d'Attachement, à l'égard 
de la bonne ou de la mauvaise nourriture ; (7) garder 
la mesure en mangeant ; (8) viser au Bien [T. 660 ib. 
manifester les bonnes qualités] ; (9) perfectionner 
les Racines de Bien ; (10) être dégagé de la Prise et 
de l'Attachement. . .Le Moine pratiquant la Men- 
dicité contrôle ses pensées, n'abandonne pas la per- 
fection des [quatre] Attitudes, ne regarde pas avec 
mépris et précipitation. Sa démarche est calme et 
belle, ses Organes sont apaisés. Il ne regarde pas plus 
loin que huit pieds devant lui. Dans l 'Ordre-de- 
succession, ne faisant aucune sélection entre maisons 
de ksattriya, de brahmanes, de riches ou de nobles, 
il reçoit sa nourriture jusqu'à ce qu'il ait assez, puis 
s'arrête. Il évite [les maisons où se trouvent] de 
mauvais chiens ou des vaches qui viennent de mettre 
bas, ou des animaux tombés parmi les animaux à 
cause de leur transgression [passée] des Défenses. 
Il ne se rend ni chez les personnes qui peuvent le 
molester, ni aux endroits où l'on peut le tourner en 
dérision ou le prendre en aversion. En mendiant sa 
nourriture, dans l'Ordre-de-succession, il n'a ni 
Attachement ni Haine. Il ne conçoit ni aversion ni 
Amour à l'égard des Etres. A l'égard du bon et du 
mauvais, son Esprit est Egal et Correct . . .Rentré dans 
quartier de la Communauté, il ôte sa Soutane, dépose 
son Bol. . .offre un sacrifice à l'image du B. ou à un 
caitya ou à un stûpa, puis divise la nourriture qu'il 
à mendiée en quatre portions : Il donne la première 
portion à ses camarades de Conduite-brahmique ; 
la deuxième, aux pauvres mendiants ; la troisième, 
aux Trépassés ; et il prend pour lui la quatrième . . . 
[Il pense :] "Je ne rends mon corps ni maigre ni 
gras, car un corps maigre et affaibli empêche la 
Pratique du Chemin, tandis qu'une nourriture 
surabondante produit une Torpeur excessive. Pour 
pratiquer le Chemin, je garde la mesure, ne mangeant 
ni trop ni trop peu. . .Ayant éliminé la Vue du Soi, 



BUNNE 



168 



BUNN1 



je peux donner la chair de [mon] corps aux Etres." — 
Sâstra. — DâSabhûmivibhâsâSâstraTt. 1521 xvi (1 1 1 c) : 
A pratiquer la Mendicité jusqu'à la mort, on a 
dix avantages : (1) Pour vivre on dépend de soi-même 
et non d'autrui ; (2) [on peut se dire :] je ferai résider 
dans les trois Joyaux les Etres qui me donnent de la 
nourriture, et ne mangerai qu'après avoir fait cela ; 
(3) [on se dit encore] : Je ferai naître en eux l'Esprit 
de Compassion ; je les consolerai, je les ferai avancer, 
je les affermirai [dans la Perfection du] Don ; et je 
ne mangerai qu'après ; (4) on se conforme à la 
Pratique de la doctrine de B. ; (5) on est aisément 
nourri et rassasié (iyô Jg^|, sk. suposatâ ; iman Jgi#t, 
sk. subharatâ Mvy. 2376-2377) ; (6) on brise l'Or- 
gueil ; (7) c'est une Racine de Bien pour produire la 
Protubérance-crânienne ; (8) on sert de modèle pour 
la Mendicité aux autres Etres qui pratiquent la bonne 
Loi ; (9) le Moine-mendiant n'a pas affaire aux 
hommes ou aux femmes, grands ou petits ; (10) en 
mendiant dans l'Ordre-de-succession, on produit 
l'Esprit d'Egalité à l'égard des Etres, et l'on produit 
ainsi la semence de la Connaissance de tous les 
Morphèmes. [Un texte apparenté, mais plus ancien, 
sur les dix articles (jûji +5|£) de la Mendicité se 
trouve dans T. 323 (28 a)]. — Yogâcâryabhûmiiâstra 
Tt. 1579 xxv (422 a) : Comment accomplit-on le 
Mérite de l'Ascèse ? Par la Mendicité constante 
(jôgokotsujiki &J$]£2 1£) et la Mendicité dans l'Ordre- 
de-succession . . . On distingue deux sortes de Men- 
dicité : (1) Mendicité exercée selon ce qu'on obtient 
[chez un seul Donateur] (zuitokukotsujiki fiSî^Siit) ; 
(2) Mendicité exercée dans l'Ordre-de-succession. 
Le Moine-mendiant qui pratique la première sorte 
dépend [exclusivement] de la nourriture qu'il obtient 
[dans une seule famille de Donateurs], où il va et 
d'où il revient [tous les jours]. Le Moine qui mendie 
sa nourriture dans l'Ordre-de-succession entre dans 
les rues des villages et, en faisant la tournée des 
maisons, dépend de la nourriture qu'il obtient [dans 
plusieurs familles de Donateurs]. Il ne lève pas sa 
main très haut, il ne passe pas aux autres maisons 
[en pensant] : "Je désire obtenir d'excellente nour- 
riture, j'espère en recevoir beaucoup." En distin- 
guant les deux sortes de Mendicité mentionnées ci- 
dessus on compte 13 sortes d'Ascèse ; en ne les 
distinguant pas on n'en compte que 12 [comme 
Mvy. 1128-1139]. — Historique en Chine et au 
Japon. — Dès l'époque des Six Dynasties l'institu- 
tion de la Mendicité était tombée en désuétude 
en Chine, et l'écrivain Chin Yaku (Chen Yue) %fà 
[appellation Kyûbun (Hieou-wen) f/fCj£], mort en 
5 10, s'en plaint dans une petite dissertation reproduite 
Ttt. 2103 xxiv (273 b) : "Actuellement, dit-il, les 
communautés de moines n'acceptent d'invitation 
que pour une seule fois, alors que le B. et sa 
communauté acceptaient de façon constante les 
invitations des Donateurs, car ils ne préparaient 



point eux-mêmes leur nourriture dans le monastère, 
mais, le moment venu, s'en allaient, Bol en main, 
procurer de la Félicité aux Etres. Parmi les moines 
actuels, non seulement ceux qui observent le juste 
milieu sont peu nombreux, mais il y a des amateurs 
de bonne chère et de haute liesse qui, lorsqu'on les 
invite, n'acceptent qu'à la dernière extrémité et, 
obligés d'introduire de grossiers légumes dans leur 
bouche gourmande et grasse, tendent le cou et 
plissent le front pour bien montrer qu'ils n'y trouvent 
aucune saveur ; recevant le Don sans plaisir, ils ne 
peuvent procurer de Félicité au Donateur ... Or ceux 
qui ont quitté la vie de famille doivent se sustenter 
par la Mendicité. La Discipline interdit clairement 
aux moines d'établir eux-mêmes des cuisines et 
d'entretenir des nettoyeurs [jônin £jîA> cf. sup. T. 
1421 xxn (148 a) ; cette assertion de l'auteur ch. 
est formellement contredite par le Vinaya des Mahî- 
sâsaka T. 1421 loc. cit., qui autorise les moines à 
faire eux-mêmes leur cuisine, par le Vinaya des 
Mûlasarvâstivâdin T. 1458 iv (545 b), qui donne 
des prescriptions détaillées pour la construction des 
cuisines (jôchû fffjgj) dans les monastères, etc.]. 
Maintenant, comme on a tout le nécessaire dans les 
monastères, on cesse de pratiquer la Mendicité, et 
l'on trouve humiliant pour les moines d'aller mendier 
aux portes avec un Bol ; nul n'observe plus une 
pratique que la communauté déclare honteuse . . . 
Aujourd'hui la communauté, [en se laissant inviter] 
une seule fois, se donne l'apparence d'observer [la 
Discipline]. Mais en réalité il n'y a pas de différence 
entre la pratique de la Mendicité et celle qui consiste 
à accepter des invitations de Donateurs [ces deux 
pratiques n'étant que deux applications de la règle 
qui prescrit aux moines de vivre des aumônes que 
leur préparent les fidèles] ; et si l'on n'observe plus 
ni l'une ni l'autre de ces pratiques, la Loi de la 
Mendicité périt pour toujours. Si cette Loi périt, 
la Communauté n'est plus la famille du B. ; et si le 
B. et sa famille sont séparés, les trois Joyaux s'é- 
croulent." — Peut-être la pratique de la Mendicité 
fut-elle remise en honneur sous les Tô (T'ang), avec 
la fondation de la secte du Vinaya (Ritsu) ; d'autre 
part, elle fut observée dans la secte du Dhyâna (Zen) 
à l'époque des Sô (Song), ainsi qu'en témoignent 
plusieurs textes cités Zrzs. 486-487. Mais de nos 
jours, elle paraît avoir complètement disparu en 
Chine, comme du reste en Corée et dans l'Indochine 
annamite. — Au Japon, elle s'est conservée dans la 
secte Zen, où elle est désignée, comme en Chine ' f 
sous les Sô (Song), par les termes jihatsu ^f§^ 
"tenir le Bol" ou takuhatsu f£§fc "tendre le Bol". I 
Peu après la Restauration de Meiji, en 1872, elle fut » 
frappée d'interdit ; en 1881 l'interdiction fut levée, 
et les moines furent autorisés à reprendre leurs 1 
tournées d'aumônes, mais seulement le matin de 7 à t 
11 heures, par groupes de trois à dix, et à condition i 



BUNNE 



169 



BUPPATSU 



que le chef du groupe détienne un permis officiel 
et que les mendiants se gardent de molester le public 
ou de gêner la circulation. Toutefois la Mendicité, 
ainsi réglementée, est loin d'être constante, même 
dans la secte Zen ; elle n'est pratiquée que par les 
novices à titre d'exercice disciplinaire, ou encore 
par des moines dans certaines circonstances excep- 
tionnelles, lorsqu'il s'agit de faire une collecte soit 
pour les besoins du monastère, soit pour des œuvres 
de bienfaisance, etc. Les mendiants, presque tou- 
jours en groupes, se suivent en file derrière leur 
directeur, tenant un Bol dans la main gauche et une 
clochette dans la droite. Si un fidèle leur fait signe, 
l'un d'eux s'approche de la porte, reçoit le Don 
(qui est généralement de l'argent ou du riz cru) 
dans un sac (dit sac d'Ascèse, zudabukuro giîP'&IS) 
qui lui pend devant la poitrine, puis récite une 
stance à l'éloge de la Perfection du Don. — Cf. *Biku, 
*Zuda, etc. 

BUPPATSU $J£, sk. buddhakesa, p. b° kesa.— 
Les cheveux du B., une de ses principales Reliques. 
— Les cheveux du B. tels que les décrit la liste des 
32 Caractères du Grand Mâle (cf. *Sô) ont une forme 
et une couleur déterminées : ils sont d'un bleu foncé 
(bleu-noir) et enroulés (bouclés) vers la droite comme 
des Conques ; ces caractéristiques s'appliquent du 
reste à tous les poils du B. La liste des 80 marques 
secondaires ajoute que la couleur des cheveux est 
pareille à celle de l'abeille [noire], et qu'ils sont beaux, 
souples, pas mêlés, pas rudes, et parfumés Mvy. 
342-347 (variantes dans Lotus 605 sq.). Un sûtra 
td. au début du V e siècle, T. 643 I (649 a-b), précise 
même le nombre des cheveux du B. : 84.000, et 
rapporte qu'on en déroula deux fois les boucles pour 
les mesurer : à la naissance, elles mesuraient 12 | 
pieds, au mariage du Bs. 13 % pieds, et c'est cette 
dernière longueur qu'elles conservèrent jusqu'au 
moment où le Bs. les coupa en quittant son palais. 
Mais, ajoute ce texte, à celui qui entre en Concentra- 
tion pour pratiquer l'Inspection du B., les cheveux 
du B. apparaissent avec des proportions et toutes 
sortes de caractéristiques merveilleuses. C'est ainsi 
que le B. les montre à son père Suddhodana à Ka- 
pilavastu : ses boucles déroulées atteignent alors une 
longueur fabuleuse, elles s'étendent du Nyagrodhâ- 
râma jusqu'au palais royal dont elles font sept fois 
le tour ; elles ont la couleur du vaidûrya bleu foncé, 
et dans les rayons qui en émanent apparaissent d'in- 
nombrables B. de Métamorphose; puis lorsque l'Ins- 
pection est terminée, elles s'enroulent de nouveau 
vers la droite et reprennent leur aspect normal de 
coquillages (reimon Hf>C). — Ce sont ces boucles en 
forme de Conques [rahotsu $$§§, p. ex. T. 187 m 
(557 a)l» plus ou moins stylisées, que reproduit en 
général l'imagerie du B. Un sûtra iconographique td. 
en 692 A.D., T. 694 11 (793 b), recommande en effet 



de représenter le B. d'après ses Caractères et ses mar- 
ques secondaires, mais rapporte ib. 1 (790 b) comment 
les artistes chargés par le roi Udayana de sculpter la 
statue du B. (cf. *Butsuzô) se récrièrent sur la dif- 
ficulté de leur tâche et déclarèrent qu'entre tous ces 
Caractères et ces marques, ils ne pouvaient s'engager 
à reproduire que le chignon en forme de Conque et 
la touffe entre les sourcils. — Toutefois dans l'art du 
Gandhâra on trouve les cheveux ondulés à la grecque 
(cf. Foucher, Art Gréco-Bouddhique, II, 696-703). — 
D'autre part, l'école es. attribue à son B. Vairocana 
une chevelure en forme de tiare (sk. jatâ-mukuta). Le 
Mahavairocanasûtra T. 848 1 (6 c) enseigne en effet 
que Vairocana porte une tiare en forme de chignon 
(ou un chignon et une tiare), ou encore ib. (5 a) 
qu'il a pour tiare un chignon. D'après l'interpréta- 
tion du cm. ch. de Subhakarasirhha Ttt. 1796 iv 
(622 b), il s'agit bien d'une torsade de cheveux en 
forme de tiare, mais selon le cm. tib. de Buddha- 
guhya (cit. Mnkk. 136) il s'agit d'une tiare recouvrant 
le chignon ; et dans l'iconographie jap. on rencontre 
l'un et l'autre de ces deux procédés Mnkk. 134-136. 
Les deux cm. s'accordent du reste pour expliquer que 
cette coiffure exceptionnelle est due au fait que le B. 
Vairocana réside parmi les Dieux Suddhavâsa (ou 
d'après Buddhaguhya parmi les Dieux Akanistha, 
ce qui revient au même puisque Suddhavâsa est un 
nom collectif désignant les cieux les plus élevés du 
Plan du Formel, dont les Akanistha occupent le 
dernier). Il porte donc la coiffure (et le costume) 
d'un Dieu, à la différence des quatre autres B. qui 
l'entourent (cf. Cinq Buddha, s.v. *Butsu) et qui 
sont figurés sous l'aspect normal de B. humains et 
terrestres, avec des cheveux en forme de Conques ; 
en effet ces quatre B. représentent respectivement 
la Production d'Esprit, les Pratiques, l'Eveil et le 
Nirvana, que Vairocana accomplit sur terre, comme 
fils d'un roi de Kapila, avant de monter au ciel 
Suddhavâsa (cf. Mnkk., loc. cit., et Ajigoten, s.v. *A). 
— On sait que dans l'iconographie cette chevelure 
bouclée "en Conques" est propre aux B., alors que 
les moines (disciples, etc.) ont en principe la tête 
rasée. Les prescriptions de la Discipline relatives à 
la Tonsure (sk. mundanâ) des moines seront exa- 
minées s.v. *Teihatsu j]f>lj§| ; il semble que de façon 
générale la Discipline interdise simplement aux 
moines de porter des cheveux longs de plus de deux 
pouces. Quant au B. Sâkyamuni, la légende tradi- 
tionnelle rapporte que lorsqu'il quitta son palais, 
après s'être défait de ses parures, il se coupa de son 
épée la mèche ou le chignon (sk. cûdâ) qu'à la façon 
brahmanique il portait sur le sommet de la tête ; 
puis un coiffeur miraculeusement apparu coupa (ou 
rasa) le reste de sa chevelure. La mèche, lancée en 
l'air par le Bs., y fut recueillie par Indra qui l'emporta 
au Ciel des Dieux Trente-trois, lesquels la vénérè- 
rent et instituèrent une fête en son honneur (fête 



BUPPATSU 



170 



BUPPATSU 



dite cûdâmaha, et représentée dans un bas-relief de 
Barhut ; cf. Huber, BEFEO XIV, 1, 14-17) ; le reste 
des cheveux, ajoutent divers textes, fut également 
recueilli par Indra dans un vêtement divin et emporté 
au ciel pour y être vénéré. Les détails de cet épisode 
varient selon les textes. Le coiffeur est tantôt un 
personnage humain apparu sous un jasmin (sk. 
sumanâ) T. 1421 xv (102 b), tantôt la métamorphose 
d'une guirlande de fleurs nommée Sumanâ et pro- 
venant de chez les Dieux Suddhavâsa T. 190 xvm 
(737 c ) J et l a scène est localisée en divers lieux. Un 
stûpa élevé par Asoka à Râma près de Kapilavastu 
commémorait cet épisode Ttt. 2087 VI (td. Watters 
11, 23). — La tradition pâlie prétend qu'après cette 
première tonsure le B. n'eut plus jamais besoin de 
se couper les cheveux, qui restèrent toujours longs 
de deux pouces et bouclés vers la droite (Nidânaka- 
thâ, cf. Dutoit, Leben des Buddha, 26). De même 
on lit dans la Sarvâstivâdavinayavibhâsâ, td. en ch. 
aux iv e -v e siècles, que le B. n'a jamais besoin de se 
raser la tête, car celle-ci présente toujours l'aspect 
d'une tête rasée depuis une semaine Tt. 1440 vm 
(553 b)- — Toutefois cette tradition est loin d'être 
admise par toutes les écoles, et l'école Sarvâstivâdin 
elle-même la démentit dans un autre ouvrage. En 
effet le Vinayamâtrkâsûtra T. 1473 m (816 c), qui 
ressortit à cette école, rapporte à propos de l'insti- 
tution de la tonsure répétée des moines (cf.' *Tei- 
hatsu) Y anecdote du coiffeur Upâli qui, à Râjagrha, 
coupa les cheveux déjà longs du B. et entra ainsi 
dans la quatrième Extase. Ce coiffeur, encore jeune, 
était accompagné de ses parents qui durant l'opéra- 
tion demandèrent à trois reprises au B. si leur fils 
s'acquittait convenablement de sa tâche : "Oui", 
répondit d'abord le B., "mais il se tient trop penché"; 
puis : "Il lève trop la tête" ; puis : "Il respire trop 
fort". Upâli ne manqua pas de tenir compte de 
chacune de ces observations, de sorte qu'à force de 
rectifier son attitude et de régler sa respiration il finit 
par entrer dans la quatrième Extase, et qu'Ânanda 
dut lui prendre le rasoir des mains. Cette histoire 
se retrouve dans le Vinaya des Dharmagupta T. 1428 
lu (957 a) et dans l'Abhiniskramanasûtra T. 190 lui. 
[Plus tard Upâli entra en religion avec les seigneurs 
Sâkya dont il était le coiffeur, et qui durent le vénérer 
comme leur ancien : Vinayamâtrkâsûtra T 1463 v, 
Sûtrâlarhkâra Tt. 201 vu (td. Huber 222-230), V° 
des Mahîsâsaka T. 142 1 iv (17 a), Abhiniskr T. 190 
Lin, etc. ; il devint le meilleur des disciples du 
B. pour l'observance de la Discipline, qu'il récita lors 
du premier Concile.] — D'autre part le Vinaya des 
Mahîsâsaka T. 1421 [cité Ttt. 1804 ni c (146 c, 3)] 
déclare formellement que le B. se coupait les cheveux 
deux fois par mois, tandis que d'après le Vinaya des 
Mahâsânghika T. 1425 xvm (373 c) et xxix (463 b), 
il ne se les coupait que tous les quatre mois. On 
retrouve jusque dans les Âgama des allusions à ces 



tonsures répétées ; le Samyukta rapporte à deux 
reprises que le B., s'étant fraîchement fait couper les 
cheveux, et accroupi vers la fin de la nuit pour 
méditer, s'était couvert la tête de son vêtement ; il 
fut chaque fois surpris dans cette attitude par un 
brahmane qui dans un cas T. 99 xxil (155) [ = T. 
100 ix (436) = Sam. Nik. 2, 2, 8 Kakudha] lui deman- 
da s'il était triste ou joyeux, et dans l'autre, à Kosala 
T. 99 xliv (320) [=T. 100 v (408-409) = Sam. Nik. 
7, 1, 9 Sundarika], remarqua que certains brahmanes, 
eux aussi, se faisaient raser la tête. — Il semble même 
que la coupe des cheveux du B. ait été l'occasion 
d'une fête non seulement chez les Dieux (comme 
on l'a vu ci-dessus), mais aussi chez les hommes [cf. 
Mvy. 5674-5675 énumérant parmi les grandes fêtes 
périodiques la fête de la torsade, sk. jatâmaha (en ch. 
et en tib. fête de la coupe des cheveux) et la fête 
du chignon, sk. cûdâmaha, cf. sup.]. Le Vinaya des 
Mahâsânghika T. 1425 xxix (463 b) [cf. aussi xvm 
(373 c )] rapporte que lors de la coupe des cheveux 
du B., qui avait lieu tous les quatre mois, les gens 
du monde, rois, ministres, ksattriya, brahmanes, 
chefs de villes, etc., se réunissaient en foule pour 
entourer le B. et lui offraient des gâteaux ; c'est à 
cette occasion que le B accomplit le miracle de la 
multiplication des gâteaux. Cette légende est sans 
doute la transposition littéraire dans la biographie du 
B. d'un usage réel ; la coupe des cheveux était dans 
les monastères une cérémonie élaborée que la Dis- 
cipline décrit en détail (cf. *Teihatsu). — Le culte des 
cheveux du Buddha (auquel s'associe en général celui 
de ses rognures d'ongles) paraît remonter fort haut ; 
c'est à ce culte qu'est rapportée l'origine des premiers 
stûpa, fabriqués du vivant même du B. Le Vinaya 
des Dharmagupta T. 1428 lu (957 a-b) rattache 
la fabrication des premiers stûpa à l'épisode d'Upâli 
le coiffeur, rapporté ci-dessus : lorsqu'étant entré 
en Extase Upâli dut remettre son rasoir à Ânanda, 
celui-ci voulut recueillir les cheveux coupés dans un 
récipient déjà usé ; mais le B. lui recommanda de les 
recueillir dans un récipient ou dans un vêtement 
neufs (les noms des étoffes convenables sont spé- 
cifiés). Sur ces entrefaites un prince royal, le général 
Gopalî, qui allait partir en guerre en Occident, 
demanda au B. quelques-uns de ces cheveux, que le 
B. lui donna en lui enjoignant de les conserver dans 
un stûpa d'or, d'argent ou de Joyaux, ou bien encore 
de les envelopper dans des étoffes (spécifiées). Le 
B. l'autorisa en outre à les faire transporter à dos 
d'éléphant ou de cheval, ou en char, ou par des 
porteurs sur leur tête ou sur leurs épaules. Le prince 
les emporta donc à la guerre, où il fut victorieux, 
et à son retour fit élever dans son royaume un "stûpa 
des cheveux". Les Moines-mendiants, puis les 
Laïcs, demandèrent alors au B. la permission de 
suivre l'exemple de ce prince ; le B. leur remit des 
cheveux à emporter et leur donna les mêmes instruc- 



BUPPATSU 



171 



BUSSHI 



tions qu'au prince, mais en y ajoutant des prescrip- 
tions détaillées sur les "stûpa des cheveux", les 
diverses formes qu'ils peuvent affecter, les matières 
dont ils peuvent être faits, les endroits où il faut les 
placer, et toutes les pratiques qui s'y rattachent (cf. 
*Tô i&). — Dans le Vinayamâtrkâsûtra des Sarvâsti- 
vâdin T. 1463 m (816 c), le même épisode est conté 
un peu différemment : le prince qui reçut les cheveux, 
ici appelé Gopa (var. Gopâla), les emporta tout 
d'abord dans un vase fait des sept Joyaux, et c'est 
en route qu'apprenant la venue de bandits étrangers 
il fit ériger un grand stûpa pour y vénérer les cheveux. 
— Toutefois dans le Vinaya même des Sarvâstivâdin 
T. 1435 xlviii (351 c), l'érection des premiers stûpa 
est rapporté à un don de cheveux et de rognures 
d'ongles fait à Anâthapindika, tandis que dans le 
Vinaya des Mahâsânghika T. 1425 xxix (461 b-c), 
dans le Mahâvastu (III, p. 305 sq.) qui en est une 
anthologie, et enfin dans l'Abhiniskramanasûtra T. 
190 xxn, elle est rapportée à un même don fait aux 
marchands Trapusa et Bhallika peu après l'obten- 
tion de l'Eveil. Ces deux marchands, qui furent 
les premiers Laïcs convertis, élevèrent dans leur pays 
un "stûpa des cheveux" et un "stûpa des ongles", 
que le Mahâvastu situe au Gandhâra, mais que 
Genjô (Hiuan-tsang) [Watters, Travels, I, 11 1 sq.] 
localise en Bactriane, tandis que des traditions plus 
tardives les placent à Ceylan ou en Birmanie (cf. 
BEFEO XXIV, 40-41 et 42 n. 1).— Le culte des 
cheveux du B. était très répandu dans toute l'Inde 
et l'Asie Centrale. Le Mahâprajnâpârâmitâsâstra Tt. 
1509 ix (126 c) mentionne un stûpa érigé au Cache- 
mire par le Voyant Revata sur des cheveux que le 
B. lui avait donnés après l'avoir soumis, et Genjô 
(Hiuan-tsang) mentionne plus de vingt stûpa "des 
cheveux et des ongles" Tt. 2087 (875 a, 879 a, 890 b, 
1 a, 892 b, 895 c, 896 a-b, 898 a, 898 a-c, 910 b, 
924 a, etc.). — En Chine, un des stûpa les plus anciens 
était celui (à trois étages) qu'avait fait élever l'em- 
pereur Kembun (Kien-wen) fi§j$t$? des Shin (Tsin 
orientaux) [371-372 A.D.] au Chôkanji (Tch'ang kan 
sseu, "Monastère du Long Pilier") fl-f ^r* de Nankin. 
Quelques annés plus tard, rapporte Ttt. 1059 xm 
(409 b), vers 375 A.D. [ou vers 396 d'après Ttt. 2106 
(405 b)], le moine Etatsu (Houei-ta) Hfjli fit exécuter 
une fouille sous ce stûpa : à environ 10 pieds de pro- 
fondeur, on trouva trois "stèles" de pierre, dont la 
centrale contenait trois boîtes les unes dans les 
autres, l'une de fer, la deuxième d'argent et la troi- 
sième d'or ; dans cette dernière on découvrit trois 
Reliques (*Shari, os du B.), avec un ongle et un 
cheveu ; le cheveu, enroulé en forme de Conque et 
lumineux, était long de plusieurs pieds. C'était là, 
dit-on, un des 84.000 stûpa d'Asoka. En 535- 
545» ajoute Ttt. 2106 loc. cit., on restaura le stûpa, 
et les reliques furent solennellement exposées en 
présence de l'Empereur Butei (Wou-ti) des Ryô 



(Leang) U£n£'ï?? ; mais peu après le stûpa tomba en 
ruines et les reliques furent transférées sous un 
autre stûpa de Nankin. — C'est également l'Empereur 
Butei (Wou-ti) qui, en 539, fit chercher au Funan 
(Fou-nan) $cj$î [bas Cambodge actuel] un cheveu 
du B. long de 12 pieds (cf. BEFEO III, 671). — Enfin 
Dôsen (Tao-siuan) jJftjL [596-667] eut vers la fin de 
sa vie des révélations surnaturelles dont l'une avait 
trait aux cheveux du B. ; au cours de cette révéla- 
tion, qui est longuement rapportée dans Ttt. 2122 
x (362 b-c), Dôsen (Tao-siuan) apprit comment, 
après l'Eveil, le B. se fit couper par Brahmâ les 
cheveux et la moustache avec un rasoir que lui 
avaient offert des Dragons lors de sa sortie du palais ; 
les poils coupés se transformèrent en deux stûpa 
gigantesques. Puis le B. multiplia miraculeusement 
le rasoir ; il créa 84.000 rasoirs pour être distribués 
dans tout l'univers, et l'un de ces rasoirs fut déposé 
par Manjusrî dans une grotte du Shôryôzan (Ts'ing- 
leang chan) fnSRtfJ en Chine. 



Fig. 66. Buppatsuin. 
(Buddhapâtramudrâ?) 



BUPPATSUIN #&ÉP, sk. buddhapâtramudrâ (?), 
Sceau du Bol de B. Un des Sceaux du B. Sâkya- 
muni T. 848 iv : les deux mains reposent près du 
nombril, l'exécutant du Sceau 
étant assis dans l'attitude de l'Ap- 
plication ; la Formule corres- 
pondante est : Namah samanta- 
buddhânâm bhah. Cm. Ttt. 1796 
xm : La main gauche tient deux 
pans du vêtement, et sur elle 
repose la droite ; les deux mains 
sont superposées sur le nombril, 
comme pour la pratique de l'Extase, les paumes 
tournées vers le haut et légèrement incurvées comme 
pour tenir un Bol. En accomplissant ce Sceau, on 
s'identifie au Tg. . . .et l'on fait en sorte que tous les 
Etres qui ne sont pas des Réceptacles [c.-à-d. qui 
n'ont pas le "calibre" suffisant pour recevoir la Bonne 
Loi] deviennent des Réceptacles de la Loi [hôki 
ï£l^> épithète du Bol à aumônes ; cf. *Hachi 0jt]. 

BUSSHI 0JHF-, sk. buddhaputra, p. b°putta. [En 
sk. p. on a souvent jinaputra (°putta) "fils du 
Victorieux", que Mvy. 629 rend en ch. par Bus- 
shi ; "le Victorieux" est une des épithètes les plus 
fréquentes du B., cf. *Butsu.] — Fils de Buddha : 
terme désignant soit les Moines, soit plus générale- 
ment les fidèles du B., ou même tous les Etres, car 
le B. est pour tous comme un père. — On trouvera 
s.v. *Busshin et *Bon les texte