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Full text of "Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme : recueillie d'actes anciens qui justifient l'origine & la médiocrité de leur fortune contre les imputations des alchimistes : on y a joint le testament de Pernelle & plusieurs autres pieces intéressantes"

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il,, u,,,,1m' m; il ni i II III! Mi iii; 

Isricvlaà rlainel Ecrivam, Libraire Jicre 
en luniva\nte Je Fa/iJ' , mort en 1^18 - 



Tïïïï 



ig ili li in Ilii-l(l li l!il!iji ri;: i! l, ^ i,;.;,: i i n ljil iij l ll i ym ; : ^ ^ 
d après faluntrc jui cuni^ J -y C^r/iii ncvc dce- ^-iracfw^ • 



après 



HISTOIRE 

C RITI Q_ U E 

D E 

NICOLAS FLAMEL 

E T 

DE PERNELLE SA FEMME; 

Recueillie d'Actes anciens quijujlifient 
r origine & la médiocnté de leur 
fortune contre les imputations des 

Alchimifies , 

,Pn y a joint le Teltament de P e a n e j. t e 
6c plufieurs autres Pièces intéreffantes. 

Par M. L, V*** 




A PARIS, 

Chez G. Desprez , Imprimeur & Libraire ordinaire 

du Roi & du Clergé de France , rue S: Jacques , 

àfaint Profper&aux trois Vertus. 



M. DCÇ. LXI. 

'Avic Approbation ^ Privilège du R&î. 



Pleraque eorum qn^e recul 1 , quoique 
referam, parva forfiran Se levia me- 

moratu videri non nefcius fum 

Non ramen fine ufu fuerit , introfpi- 
cere illa primo afpedtu levia, ex quis . . . 
fiçpe rerurii motus oriuntur. 

Tacite 3 Ann, L. iv. C. 32. 



Avis au Relieur pour placer les deux Figures. 

Le Portrait de Flàmel doit fe mettre vis-à-vis Iç 

Frontifpice. 
Sa Maifon de la rue de Montmorency page i ; j 
Il y a un carton à mettre à !a page 3 7 



iO 



AVANT-PROPOS. 

LOrfque je compofai mon Eflai 
hidorique fur Se Jacques de la 
Boucherie , j'eus occafion de parler 
de Nicolas Flamel , perfonnage aulTi 
célèbre par Tidée que Ton a eue de 
fa fortune , que par l'ufage qu'il en 
a fait. 

Le penchant naturel que Ton a 
pour le merveilleux , n'a pas permis 
à la plupart des Ecrivains qui onc 
fait mention de Flamel , d'examiner 
avec attention ce que Ton en racon- 
toit. Sans évaluer fes fondations , 
on les a comptées , & les eftimant 
plus confidérables que celles même 
que f ai f oient les Rois & les Prin^ 
ces ; * on en a cherché la fource 
dans des moyens, ou oppofés à la 
probité , ou fi extraordinaires , 
qu'ils tiennent du prodige. 

Quoiqu'au fond il foit afTez peu 
important de favoir fi Flamel a été 
riche , ou non , s'il a poflédé la 

* Lenglet du Frefnoy , Hiftoire de la Philo« 
fophie Hermcci^ue , T, i, p^iî6, 

a i) 



iv AVANT-PROPOS, 

pierre Philofophale, ou s'il n'a dû 
fa fortune qu'à fon travail : cepen- 
dant je me fuis trouvé engagé à 
travailler de nouveau far ce fait hif- 
torique. 

L'Hiftoire de Flamel n'étant pas 
l'objet principal de mon ElTai , je 
ne devois pas !a traiter avec toute 
l'étendue que la matière le compor- 
te. J'en avois dit aflez néanmoins 
pour pouvoir me flatter d'avoir ré- 
pandu quelque jour fur ce que 
j'avançois d'oppofé aux bruits po- 
pulaires ; on a même paru contenc 
de mes preuves; * mais les fuf- 
frages n'ont pas été unanimes. 
L'Auteur de l'Année Littéraire ** 
en faii'aut l'analyfe de mon Elfai , a 
adopté le fentiment d'un favant Bé- 

* L'Auteur du Journal Chrétien dit que dans 
l'ElTai , on juflïfie ■parfaitement Flamel au fiijet 
des accufdtions faitts contre lui , & qu'il paraît 
que ce Bourgeois fut un très- honnête homme , qui 
ne fut pas fi riche quon l'a dit plufieurs fois. 
Journal Chrétien mois , de Janvier 1759 , art. 
8 p. 95. M. de Machy tient à peu près le rhém€ 
langage dans l'Edition qu'il vient de donner des 
DilTertations Chymiques de M. Po:t. 

** Année Littciaiic, Leiue du 31 Novem- 
bre 17; 8. 



AVANT ^PP^OPOS. V 

nédiclin 5 &ù cQntredic mes vues fur 
la fortune de Flamel. Depuis on a 
donné l'opinion de ces deux Au- 
teurs , comme vraifemblable dans 
une édition que l'on prépare d'une 
Defcription de Paris , dont on a 
bien voulu me comaïuniquer l'ar- 
ticle qui me regarde, 

A ce premier motif, qui paroif- 
foit demander un éclairciflemenr^ 
s'eft joint le défir de perfonnes avan- 
rageufemenr connues dans la Répu- 
blique des lettres y & pour lefquel- 
les toute vérité eft précieufe. Elles 
ont penfé qu'il feroit utile de faire 
connoître à fond un homme auffi 
renommé que l'eft Flamel , Se que 
je devois mettre dans un plus grand 
jour, ce que je n'avois qu'ébauché 
dans mon Eilai. 

J'avoue que c'eft avec quelque 
peine que je me fuis rendu à ces 
motifs. Il n'eft rien de fi rebutant , 
que de parcourir d'anciens titres , 
la plupart peu intérefTans par eux- 
mêmes , &c prefque toujours très- 
difficiles à déchiffrer. Une fanté 

^ii) 



y] AVANT-PROVOS. 

foible m'en faifoic redouter le 
travail : d'un autre côté je craignois 
d'importuner de nouveau les dépo- 
fîtaires des pièces qui m'étôienc 
néceflaires. Je m'y fuis enfin dé- 
terminé. La complailance de M. 
le Curé de Si Jacques 6l de Mrs. 
les Marguilliers 3 m'a procuré des 
fecours abondans 6c précieux; j'en 
ai profité avec d'autant plus de li- 
berté , que mon premier Ouvrage 
ne leur avoir pas été défagréable. 
Muni des différentes pièces que 
j'ai trouvées dans le tréfor des ar- 
chives de St Jacques, j'ai relu avec 
la plus grande attention , toutes cel- 
les que j'avois déjà examinées; je 
les ai difcuréesToigneufement \ j'ai 
porté la même attention fin* d'au- 
tres titres que je n'avois point lus 
encore , &; en conféquence je me 
fuis mis en état de redifier ce qui 
pouvoir manquer d'exaftitudedans 
mon premier travail , &: de porter 
jufqu'à la démonftration , ce que j'y 
ai avancé fur le bien de Flamel. 
. Un avantage particulier que l'on 



AFANT^PROPOS, vîj 

peut retirer de l'Ouvrage que ja 
donne aujourd'hui , eft une connoif- 
fance allez curieufe de plufieurs 
quartiers de Paris , tels qu'ils étoienc 
il y a plus de 3 co ans. On la trouve- 
ra dans le détail de difterens en- 
droits où étoient fitués les biens de 
Flamel, Divers titres qui forment 
des pièces juftificatives , imprimées 
en entier , répandront beaucoup de 
lumière fur ce fujet. On y verra 
auifî les mœurs & les ufages du tems 
où a vécu Flamel. Si quelques faits 
particuliers font préfentés avec une 
certaine étendue, on fe flatte qu'ils 
ne déplairont pas à tout le monde : 
il eft desfavans &: des curieux qui 
favenc s'amufer utilement &: asiréa- 
blementj de ce qui pourroit paroître 
infpide à un certain nombre de 
Lefteurs. 



tiij 



ff mm ^f;^ mtn ^^-^i^r 



TABLE 

DES CHAPITRES 

Canreniis dans ce Volume. 
Avant-Propos. 



PREMIERE PARTIE. 

Chap. I. 'Y Dee du caractère de Flamet 
j£ 6' de Pernelle y page i 

II. Du mariage de Flamel avec Femelle^ 
Ils s'apportent du bien Vun a V autre ^r 
De la profejjlon d'Ecrivain au tems de 
Flamel , ^ 

ÎII. Du prétendu voyage de Flamel à 
Compojîelle , 1 5 

IV. Fin du voyage de Flamel ^ dates qui 
fixent fa prétendue découverte , 1 5 

V. Flamel fait bâtir une arcade des Char- 
niers des SS, Innocens , & le petit por-^ 
tail de St Jacques , J2 

VL Flamel & Femelle fe font un don 
mutuel^ quils renouvellent plufieurs 
fois^ j^$ 

ViL Ferndle fait fon tejlament ^ où elle 



TABLEDESCHAP. ix 

révoque le don mutuel. Elle ordonne 
un pèlerinage à Boulogne fur mer. Elle 
rétablit le don mutuel par un codicille i 

W 

VIII. Mon de Femelle. Fable des Al^ 
chymifies à ce fujet. Selon eux _, Fia- 
mel & fa femme vivent encore , 6) 

IX. Procès fufcité à FLimd par le beau- 
frère & lafœur de Femelle, Saijïe des 
biens de la fucceffion. L'affaire s'ac- 
commode j yi 

X. Suite des affaires de V exécution du 
teftament de Femelle. Confiance que 
témoignent a Flamel fes Affociés dans: 
cette exécution , S 2 

XI. Du Compte rendu par les Exécu- 
teurs du teflament de Femelle , & du 
bien que poffédoient enfemble les deux 
Epoux , S 8 



SECONDE PARTIE. 

Chap. I. T^Lamel fait élever unefe- 
JP conde arcade aux Char- 
niers des SS. Innocens. Des hiérogly- 
phes qu on lui attribue^ loi 

II. Suite des hiéroglyphes attribués' à 
Flamel y i i 5 

m. Suite des bâtimens élevés par Fla- 
mel ^ \S4 



t T A é L Ë 

iV. Des maifons acquifes ou bâties par 
Flamel , 1 42 

V. Suite des maifons acquifes par Fla- 
mel, 15! 

VI. Taxe impofée fur les habitans de 
Paris, Vîfite que Von prétend avoir 
Clé rendue à Flamel , de la part du 
Roi , 1 /j 

Vil. Procès que Flamel intente , & ne 
finit point. Sa mort^ 180 

VIII. Du tcflament de Flamel^ \86 

IX. Suite du tejlament de Flamel, ipy 



TROISIEME PARTIE, 

Chap. I. T?^^ de l'exécution dutefla- 
jL ment de Femelle, 20 j 

II. Saifie des biens de la fucceffion de 
FlameL Commencement de F exécution 
de fon tefiamenî , 2 .1 / 

m. Fin de l" exécution du tefiament de 
FlameL affaire & tranfucîion entre 
quatre Légataires, 22'/ 

IV. Les premiers Exécuteurs du tefti- 
ment de Flamel inquiétés j on leur fuf 
cite un procès criminel^ 233 

V. E clair ciffement fur le bien que Flamel 
a laijfé en mourant , 24s 

Vi. Relevé des recettes du bien de Fla- 
mel y &c. 466 



DES CHAPITRES, kj 



pièces tirées des Archives de laParoiffe 
de St Jacques de la Boucherie , rela- 
tives à THiltoire de Nicolas Flamel 
& de Pernelle. 

I. T^Oj^ mutuel fait entre Flamel & 

JuJ Pernelle^ 2ço 

IL Aclede renouvellement du don mutuel <t 

&C. 2ÇJ 

III. Ratification du don mntuel ^ 2ç^ 

IV. Tefiament de Femelle , 2ç/ 

V. Codicille de Pernelle ^ 304 

VI. Quittance donnée par Jean Ferier 
& Ifabelle fœur de Pernelle y 307 

VU. Sentence du Châtelet y qui charge 
flamel de prendre les foins néceffaïres 
pour V ace omplïffe ment du tefiament de 
fa femme t 308 

VIII. Compte de V exécution du tefiament 
de Femelle^ 314 

IX. Vente de 78 livres ^ fols de rentes , 
faite à N, Flamel y 328 

X. Acle contenant la déclaration des biens 
dont Vufufruit fut laiffé à Flamel , 34^ 

XI. Acle d'amortiffement d^une maifon ^ 
donné à iV. Flamel par le Prieur & 
le Couvent de S t Martin des Champs ^ 

3S4 

XII. Sentence du Chàtelet de Paris y 
qui donne main-levée à la Fabrique de 



xij TABLE DES C H A P. 

St Jj-cques dd la Boucherie , de la/ai- 
fie faite fur Ls biens de la fuccejfion 
de N. F lame l^ ' 3S9 

XIII. Sentence du Châtelet & contrat en- 
tre VEglife de Paris , V Hôtel-Dieu , 
S te Geneviève la petite , & la Fabrique 
de St Jacques^ &c, 361 

XIV. Acle du Commiffaire Andry le 
Preux 5 pour un des comptes de Vexé^ 
cution du tefamentdeN. Flamel ^ sjo 

XV. Lettre des Officiers de r Hôpital des 
Quin-^e-Fingts j &c, sjj 

XVI. Tranf action faite entre la Fabri- 
que de St Jacques (S' V Hôpital des Quin- 
le-Fingts, ^ , , -^^-^ 

XVI I. Extrait qui contient le cérémonial 
autrefois ohfervé pour les obits fondés 
par N, Flamel ^ ^SS 

Addition pour la page 37 , 5* autres ad-* 
ditions & corrections^ ' jpr 



Fin de la Table des Chapitres. 



HISTOIRE 




HISTOIRE 

C RITIQ UE 

DE NICOLAS FLAMEL 



£ T 



DE PERNELLE SA FEMME 



PREMIERE PARTIE' 

CAPITRE PREMIER. 

Idée du caraclere de Flamel^ & de 
Perndle, 

r^'^îtW ^ "^ \\o\x% a pas écé pofîîble de 
^â I fyp découvrir avec cercicude i ori- 
g^ p^ gine iSi le lieu de la nailfance 
&^s^ de Nicolas Flamel. Les ades 
qui concernent cet homme fameux , 
quoiqu en grand nombre â S. Jacques 



1 Histoire Critique 

de la Boucherie , ne donnent cependant 

aucune lumière fur ces deux objets. 

la Croix, Quelques Auteurs ont écrit qu'il étoic 

^autreT'^ de Poutoife, &c une fignification faite 

vers 1452 à un habitant de cette Ville , 

au fujet d'une rente de la fucccffion de 

Du corn- ce bourgeois , pourroit favorifer cette 

L'i-irtor opinion. Peut-être Flamel étoit-il ne 

Si. dans le fauxbourg de la ville de Pontoi- 

fe fur la ParoiiTe de Notre-Dame j Hgli- 

fe a laquelle il a fait un don par foii 

Tef^.iment teftament. 

à'^i/if "de Quoi qu'il en (oh , Flamel a demeure 
lEiui fui dans Paris , ou route fa vie, ou la phïs 
s. 'jl'cques grande partie. Il prend dans les ades flnrs 
p^. iSi. en fon nom la qualité de bourgeois de 
cette capitale : il y ajoute toujours celle 
d'Ecrivain , de enfin , mais fort tard, on 
le trouve qualifié Libraire Juré en l'Uni- 
verfité de Paris. Quanta Pernelle fa fem- 
me, nous ignorons le lieu de fa nailfan- 
ce & quels croient (es parens : elle pou- 
voir erre née à Paris , ayant une fœur 
établie dans cette Ville , &c s'y étant elle- 
même mariée deux fois avant que d'é- 
poufer riamel. 

Ces deux époux croient, ce fembîe , 
parfaitement afiortis par l'amour du 
riavaii, ôz par ur.e piété dans le goût 
de leur fiecle ; ii cependant on n'ar- 
pcrçoit pas quelque chofe de plus du 
coré de tlamel, par rapport à cette der- 



D E N I C O t A s F L A M î L. 5 

ïilere qualicc. Les pièces que nous avons 
f^mblenr découvrir que i'cpouie écoic 
fo ucenue par Je mari , que celui-ci i ani- 
moic , ôc que Ci d'elle - même elle étoic 
adive & laborieufe , elle lui dut les dif- 
poiîcions pieufes qu'elles a Uires. 

Le mari ik la femme aimoienc à pa- 
foîrre -, mais avec quelque di-féreiice dans 
ce goiic. La feuimefemble avoir vécu en 
bonne bourgeoife. On lui voit deux va- 
lets ; les avoic-elle tous deux ensemble ? 
il y auroit lieu de le croire par la maniè- 
re dont ils font nommés dans Ton cella- 
menr. Avec cela une garde - robe alTez 
fournie pour un temps où le luxe de no- 
tre âge écoic inconnu. Elle avoit con- 
tradé des dettes appellées dans un aâre , 
les cUmis & dettes d*icelle feue Femelle, 
C'étoit peut-être l'effet de fes dépenfes 
trop fortes. 

Après la mort de Pernelle , Flamel 
vécue dans un autre goût : plus concen- 
tré chez lui avec fa fervanre ALir^uerite 
la Quefnelj & peut-être Collette fille de 
cette domeftique, il s'occupa fans dou- 
te a fe mettre en étac d'w-xécuter (es 
pieux projets. A en juger par le bien qui 
fe trouva a la mort de fa femme , & par 
celui qu'il a lailTé^ou auquel il avoir droit, 
il devint plus riche pendant fon veuva- 
ge. L'œconomie plus grande alors & 
un travail alîldu furent pour lui une 



4 Histoire Critiqub 
mine abondante -, il en rira non feule- 
ment de quoi augmenter fes acquittions, 
mais auffi de quoi fournir aux batimens 
qu'il éleva. 

Tour ce qu'il fit eut pour objet la reli- 
gion. Il femble que fon extérieur annon- 
çoit la plus grande (implicite. Sa ftatue 
qui ctoit à fainte Geneviève des Ardens, 
paroîr le montrer tel : c'eft ce qui le fai- 
foit aimer. Ilétoit doux dans le commer- 
ce de la vie 5c peu difficulrueux dans Ces 
acquittions. Peut-ctre auflîfon extérieur 
(impie couvroit-il un peu de finelTe : il m'a 
femblé en appercevoir quelques traits j 
ie Lecteur en jugera. 

Tandis qu'il étoit modefle chez lui , 
mangeant, dit-on , fur de la vaillelle de 
terre des chofes très -communes, il a 
éclaté par beaucoup d'œuvres extérieu- 
res : elles ont fait fa réputation , même 
de fon vivant : n'a-t-elle pas été bien au 
de-la de fes vues? 

Flamel penfoit-il que quelques bati- 
mens <^ fon tellament l'établireient l'un 
des plus fameux Philofophes herméti- 
ques ? Il a trouvé une place éclatante 
dans cette claiîe : l'a-t-il méritée :- a-r il 
cherché ôc trouvé l'admirable &: envié 
fecret de rranfmuer les métaux en or ? 
C'ell: ce qui ne paroît pas croyable. Trop 
riche pour avoir travaillé, pendant plus 
de vingt - quatre années, a un œuvre où 
Ton fe ruine infailIibiemeaCj iQrfqu'on. 



DE Nicolas F LAMEt. 5 
tie réuirir point , il ne fut pas d'ailleurs af- 
fez opulent pour qu'on puifle le foupçon- 
ner d'en avoir polfédé le fecrec. 

Cependant, quand j'ai du dans l'EfTai 
fur riiiftoire de la Paroilfe de faint Jac- 
ques de la Boucherie, quil ne faut pas 
chercher la four ce des rlcheffes de Flamel 
dans la fable de la tranfmutation des mé^ 
taux en cr \ je n'ai pas prétendu nier ce 
que penfent des perfonnes au fait de la 
cliymie , qu'il pourroit n'être pas im- 
polîible de réuflir dans cette opération. 
Ainfi j'écarte de cette expreflion un fens 
abfolu. Mais ce que j'ai cru pouvoir trai- 
ter de fable, c'efl que Flamel fe foit ap- 
j>liqué 5 pendant un fi grand nombre 
d'années , d la recherche de la pierre phl- 
lofophale : c'efl: que cette recherche lui 
ait réuflfî de la manière dont on le lit 
dans le traité qui contient l'explication 
des figures que l'on voit à une arcade à^^ 
charniers des Innocens : c'efl: encore que 
ce traité foit une prodiiclioa qu'il ait 
mife au jour; paroi (Tant très-clair , au 
contraire , que ce livre efl: un Roman fait 
après coup par quelqu'Alchymiite , qui , 
pour faire valoir un ouvrage hermétique 
de fa façon , aura profité de la réputa- 
tion que les richefles prétendues immen^ 
fes de Flamel lui avoient acquife. 

J'efpere que les faits que j'ai pu re- 
cueillir d'une multitude d'A(5tes ^ d« 

Aiij 



6 Histoire Critique 
comptes rendus après la niorr de Flamel, 
Ôc encore de recherches difFérenres , don- 
neront lieu de conclure que toutes les 
perfedtions que lui attribuent difFérens 
Auteurs qui ont écrit beaucoup de tempa 
après lui , / uteuts qui le qualifient Foc- 
re. Peintre, Mathématicien ^ Architec- 
te, & enfin grand Alchymifte ; que tou- 
tes ces qualités , dis- je , s'évanouiront en 
examinanr de près l'Ecrivain 5 de que- 
Nicolas Hamel j» a la lumière de tant de 
pièces, ne paroirra qu'un homme peut- 
crre un peufinguller, mais d'ailleurs fore 
ordinaire» 



CHAPITRE II. 

Du mariage Je Flamel avec Femelle i iU 
5^dpport€7-.t du bien V un à Vautre. De, 
la prcfcjjlcjî: d'Ecrivain au temps de 
FlameL 

FLamel éroir intelligenc dans le ma- 
nien:enc de fes nfî-aires ; Térat d'ai- 
f'ance où il parvint en dï la preuve. Jeu- 
ne & adroit , il fçut fe ménager pour 
époufe Perneîie , qui , quoique déjà d'un 
c€rt?in âge , & veuve de deux maris , 
étoit riche , ou du moins ai fée pour fon ' 
temps ^ pour fon état. Aucun Àde ne 
nous indique Tannée dans laquelle ces 
deux époux contractèrent leur mariage ; 



H 



DE Nicolas Fla M EL. 7 
il fembie cependanr qu'en 1 371 il ne de- 
voir pas y avoir long-remps qu'il fiifTent 
mariés. Un don murueljqiii eftla premiè- 
re des pièces qu'ils nous ont Liirées , (.:) 
dit que le don ell: fait h caufe des grands & 
agréables fervices que V un apvorte à Vau- 
tre j depuis la celé h ration de leur mariage , 
& foneàpréfeîit. Mais en l'année i 3 8f> , 
lin autre Adle qui renouvelle ce don , 
porte qu'ils le le tont , parce qu'ils conf^^ 

derent les grands biens fervicts , 

que par longtemps ils ont fait l'un à Vau- 
tre, Plus de treize années s''étoient écou- 
lées depuis leur premier A6le : aufTî dans 
le fécond parlent-ils d\in longtemps , à 
la différence du premier. 

Flamel &: Pernelle , en fe mariant , 
mirent en communauté les biens qu'ils 
poiTédoienr. Il falloir , quoi qu'en dîfe 
l'Auteur de l'Année Littéraire , Qu'ils leu xi. 
fuffenc affez confidérabies. C'éroient des t^l^^'""' 
biens meubles & conques immeubles qu'ils 
avoient^ difent-ils , acquis avant leur m.a- 
riage & durant icelui, Pernelle apporta à 

{a) Le don eft du 7 Avril I ni , avant Pâques 
Fleuries , c'eft-à-dire , félon notre manière pré- 
fente de compter 3 1375 , parce qu'alors l'année 
civile commençoit a Pâques. Comme dans la 
fuite je dois citer pluficurs dattes pareilles a celle- 
ci, j'avertis qu'ordinairement après l'année éta- 
blie dans les Actes où fe trouvent ces dattes, je 
mets le chiffre de l'année qui la fuit, année qui eft 
la véritable par rapport à nous. Ainli j'écris 
i3^7-y8, 140^-7 &c» 

A lii; 



8 Histoire Critique 
Cu don f^n mari le fruit de {qs travaux ôc de feJ 

miuucl de , . , ri 1 . 

1371. denx mariages precedens. riamel, jeu- 
ne, laborieux, économe , y joignit le 
produit de fes foins intelligens ôc de fon 
indu'b ie dans fon Art» 

L'Arc de TEcriture , bien loin d'être 
Teff. yi. un métier peu lucratifs comme le dit 

^Ag. 150. p^Lifg^r de la lettre que je viens de ci- 
ter , devoir alors être avantageux. Sans 
répéter le peu que j'ai écrit fur ce fujet 
dans lElfai , il iiiffit de faire attention aux 
feules écritures nécelfaires pour le cours 
de la Jurùce ^ Mémoires , Requcres , 
comptes , 6<:c : combien maintenant cer- 
tains Imprimeurs ne font-ils pas emplo- 
yésjquand les affaires fe fuivent avec cha- 
leur dans les Tribunaux ? Toutes ces pie- 
ces étoient portées chez les Ecrivains y 
qui fouvent en rendoient des copies 
multipliées ; nombre d'articles fpécifiés 
dans les anciens regiftres comme payés 
aces Ecrivains , en font foi.C'étoit donc 
pour eux un moyen de profiter : ajourez à 
cela les autres branches de leur profef- 
iion , comme copies de livres ou autres 
pièces d'écritures pour le grand nombre 
des particuliers qui ne fçavoient pas ma- 
nier la plume. 

Aufîi l'Ecrivain dont il s'agit n^étoit il 

pas le feul qui eut du bien. Il y en a voit 

ElJ.KiAf:. d'autres qui étoient à leur aife , (În: mè- 

t^ m8. me riches. J'ai parlé dans l'Elfai d'un 

Jean Harengier , qui échangea avec la. 



DE Nicolas Flamei. 9 
Fabrique de faint Jacques fa maifoii 
de la rue du Porche , pour une autre , 
qui faifoic un des coins de la rue Mari- 
vaux , vis-a-vis celle de Flamel. J'ajoute De udé- 
feulement à celui-là un Anfel Chardon ^^^^^ 
aifez norable fur la ParoiiTe de faint Jac- Pe.ndken 
ques pour en être Marguillier. Celui-ci ^''^* 
achera de même une maifon dans la rue 
des Ecrivains. 

On avoir alors un rel befoin de ces 
Arrives , que , non-feulement il n'efl: pas 
étonnant qu'ils devinifent aifés, mais en 
même -temps d'une claile fupécieure à 
celle des Ecrivains de nos jours. Leur 
pioFetiion fermoir ce que l'on appelle un 
état. Flamel ôc Pernelle fe donnent l'un 
à l'autre leurs biens , pour avoir , difent- 
i\s, fiz vie honnêtemejiî félon fan état : 
ils repréfentoient donc en quelque for- 
te dans Paris. Il efl vrai que rlamel feul 
a éclaté parmi eux y mais c'a é:é par une 
conduite qui lui a été particulière, & fa 
réputation ne furprend plus , quand oa 
le fuit dans fes actions. 

Flamel & Pernelle^unis par le mariage 
avec »n Çonàs peur-être alfez confidérable 
pour leur temps,raugmenterent journel- 
lement. Dieu répandit une abondante bé- 
nédidtion fur un travail aflidu , dont on 
projittoit de lui confacrer les fruits. Le 
détail des acquiinions d'une multitude 
de petites rentes que nos Ecrivains conf- 

Âv 



10 Histoire Critique 
titiiererit enfemble , nous manque -y a 
. quelques-unes près tuur eft perdu , ou a 
été en pnrcie renibcutfé. Les contrats de- 
venus mu iles , ont été détruits. C'étoit 
a Tachât de ces rentes que ces époux pré- 
voyons emp;oyeient ce qu'ils gagnoienr.. 
Ils tirent auffi cnfeniblc quelq-ties bâti- 
mens 5 leur ufage parriculier , &c des 
oeuvre^ pies en hirent l'objet. 

Leur premier foin , ce femble , fut de. 

fe loger chez eux. Une échope ôc une 

maifjn leur ét'-'ient néceflnires -, ^ le 

quartier où les Ecrivains étoient venus 

P'ôye^ habiter , leur Fournit les emplaxremens 

^' f' '^ ' dont ils avoient befoiR. \irte place vu:-- 

de , (ifuée d un dts coins de la rue Mari- 

Ducomp- vaux 5 fe préfenta ; îlamel &c fa femme 

c-il: tel- l'achetèrent , &: la couvrirent d'un bâti- 

tam. de ment, j'ai décrit, dans notre EfTai fur 

iaint Jacques , les grrivures 6: les mi- 

eriptions que Flamel ht mettre fur les 

-gjf.f.i^u faces de fp. maifon , du moins ce qui 

en a fubfillé jafqu'en l'année 1756 : on 

peut y recourir». 

Ces gravures , ou égratignuresfur la 

pierr-e comme les appelle Sauvai , & ces 

infcriptions , étoient, difent les Alchy- 

miirtes , àQS (ignés myftérieux par lèfquels 

Tréforde Flamel apprenoit à ceux qui étoient au 

Recher- £^if f^ cmalîcé iTAde^tc. C'eft ainh , au 

cnes , pag j n 1 1 r ^ 

%-j6. Edit. rapport de iiorel , qu^- le rameux jacques 
de I6JÎ. Coe^J; ^ devenu fi puifTant fous Char- 



DE Nicolas Fla me t. 1 1- 
hs VU, nu moyen j dit-on ^ du grand 
fecrer que Raymond Lulle lui avoir 
appris , chargea de figures hiérogly- 
phiques les bâtimens qu'il hc élever. 
Quelles qu'aient été les figures qui fe 
voyoient , ou qui fe voient encore, foie 
à Bourges , où étoir la mai.fon de Jacques 
Cœur, foit à Montpellier, çAy Sic-on , 
il a fait bâtir la loge ; celles que nous 
avons vues à la maifon de Flamel étoienc 
dQs images de dévotion ren quoi il a fui- 
vi 5 6(: fa piété , êc un goût qui , ce fem- 
ble , ne lui a pas été particulier , mais 
fur lequel on peut dire qu'il a enchéri. 
Les inlcriptions éroient aulfi toutes dé- 
votes : exceptons cependant le petit dif- 
tique qu'il avoit peut-être copié au Pa- 
lais , où on lelifoit auprès de la Itatue 
d'Enguerrand de Marigni. J'ajoute a ce Corrofit 
que j'ai dit de ce diftique dans rEifaijque éS de ca- 
V'Ecrivain , qui vraifemblablement bâ- i;«cCo:ro- 
tilToit peu d'années après fon mariage , 
fe voyant envié par fes confrères , vou- 
kr leur fermer la bouche de leur dit : 

Chacun foit content de fes biens j 
Qui n'a foufntance , il n'a riens. 

Le peu d'étendue de h maifon an 
coin de la rue Marivaux où éroient les 
veiH^es de la dé\-orion Se du sont de l'E- 
erivain^a embarraué, comme il ieparoir, 
TAuteuc de l'Année Littéraire , puif- 

A vj 



12 Httoire Critique 
qiiM l'appelle , ma'ifon très-peu propre k 
loger cUs penjlonnaires , & des penfionnai^ 
teft rr ^^^fi^^ ^^ Seigneurs de la Cour, Mais , ôc 
fa^. 151. la claire,^ la pcnfion chez ce Maître d'é- 
ciirure , font un fait q,iie l'an ne peut 
nier : des aétes autennques le prouvent. 
Cet homme avoir donc une place fufîi- 
fante pour contenir Tes élevés j & lui , 
qui fe contentoi: d'un réduit de deux 
pieds & demi de long fur deux pieds de 
le-^ , [a) pouvoir Te contenter auffi de la 
maifon dans l'érendue où nous la voyons» 
Cependant voici quelque chofe de plus 
fatisfaifant fur cet article. 

Ce que nous appelions aujourd'hui la 
maifon de Flamel, au coin occidental 
de la rue Marivaux, & de celle des Ecri- 
vains , ne forme qu'une moitié de ce 
qu'il habitoit. Après la mort de Flamel _, 
lorfque l'on mit fin à l'exécution du tef- 
tament de la femme , la maifon fut par- 
tagée par les exécuteurs des deux tefta- 
mens : on en forn^a deux, où il y eue 
deux enfeignes. L'une, celle du coin ,., 
refta fous l'enfeigne de la fleur de lis ; on 
mit à l'autre l'image de fai'-'t Nicolas. 
Voilci ce qu'apprennent les titres , de ce 
qui doit fatisfaire le critique : il voit que 

{a ) L'Aureur de î-^ letrre me: fur mon compte 
ce que je dis daiis Tlilai de I creiici-je qu'avoicnt 
h?, cchrppcs de Flan e]. J'ai cependant eue Sau- 
Yal de qui je l'ai pri' . C'cftau rome troifiemc de. 
cet Auteur, page 1^7. Voyez ILifai page ?<?. 



sï Nicolas Fiamei. i^ 
Flamel devoir être au large dans fa claf- 
fe, & que (es penfionnaires pouvoienc 
refpirer chez lui. 

Avoic-il parmi fes élevés des fils de 
Seigneurs de la Cour , comme veut bien 
les appeller TAuteurde la leurre r Pour- 
quoi n'en auroir-il pas eu r Les Seigneurs , 
au remps de Flamel , ne commençoient- 
ils pas à revenir de la fotre afteclanon de 
ne fçavoir pas manier une plume ? Ce 
qu'on lit dans un adte que j'ai déjà ciré , LeComp. 
éi qui m'a donné lieu de parler comme f^e l'excca- 

.,/.-. , ^ ,y, j n 11 tion rcft.de 

je l ai rair, c elt qu a ia mort de rernelle , perneiie. 
des gens de Cours ou Cour ( car certe dic- 
tion elt fynonime , félon les PP. Béné- 
dictins , Auteurs de la Diplomatique , Bit;Um. 
{a)) dévoient à Flamel, & qu'il n'en g^^' ^'^' 
éroit pas payé : <f>: u l'on ne veut point 
que ce foir pour àts leçons que l'Ecri- 
vain auroit données à leurs enfans , ce 
fera , au moins , par l'occupation q^e zes 
gens de Cour ou Seigneurs lui auront 
fourni par des pièces d'écriture. 

Les deux époux tirenr auffi enfemble 
l'acquifition de leur double échoppe : 

{a ) Les mêmes Auteurs difent que les lettres ih'ui, 
At Caur ou (ie Cours ne fe ^iltinguoicDc pas de 
l'écriture employée par les Officiers des Tribu- 
naux. On voit par la remarque de ces fçavans 
Auteurs, une différence enrre Cofirs & 'jribu- 
na.r:x y Se ainil qu'on doit entendre par les gen^ 
de Cour déhgn>s dans l'inventaire de Pernelle , 
des gens attachés à la Cour du Roi , des gens dé ■ 
Cour, comme nous parlons aujourd'hui. 



«4 Histoire Critique^ 
peut-être commencèrent- ils par fe pour- 
voir de ces petirs attelliers. J'en ai aifez- 
parlé dans l'eifai. Le Critique Littéraire 
nppeUe baraque ce petit bdriment lolide : 
qu'on lui donne ce nom , peu importe. 
J'ajoute que fa forme (3c fon peu d'éten- 
due fembient avilir , foit notre Ecrivain , 
foit fes confrères, qui en nvoient de pa- 
reilles. Mais en même-temps on voit , 
eefemble, que c'eft ainfi qu'ont com- 
mencé ces anciens Ecrivains. 

Lorfque l'écriture celfa d'être cultivée , 
de telle forte même q^ie l'ignorance de cet 
Artétoir devenue une marque de no- 
bleiïe , àts hommes , que ce point d'hon- 
neur ne touchoit pas , trouvèrent dans le- 
talent de l'écriture une redource avanta- 
geufe pour leur fubiillance. Plus étoic 
négligé d'ailleurs un axr (i important y 
plus ceux-ci devinrent néceffaires : & 
voulant s'offrir au Public, ils fe placèrent 
fans doute dans des endroits apparens , 
dans des embrafu tes vu ides , comme 
ceux qui fe logèrent entre les piliers de 
TEglife de faint Jacqi^es ; ils choi firent 
des. recoins allez grands pour contenir 
leurs bureajix. L'ufage s'établit , ^ le 
peuple s'a.coufuma a les y chercher. 
L'exciV'pîe de 1 lamel , & celui que nous 
fournilîent d'autres Ecrivains, montrent 
que, quelque riches qu'ils devin (Tent , 
Us conferyoienc toujours ces places. 



DE Nicolas F t a m: e t. i j 
L'échoppe éroit l'enfeigne de l'Ecrivain , 
le lieu où l'on indiq^uoit fa demeure , s'il 
n'y éroic pas. A fa place quelqu'aide y 
parailfoit , tandis que le travail principal 
fe faifoit dans les bureaux établis dans la 
fiiaifon. 

C'eil la, ce femble , la manière do- 
concilier le féjour de Flamel dans fa ba- 
raque , avec la clalfe & la penfion qu*it 
tenoit chez lui. Le Critique dit qu il ejl 
bien difficile dele faire. Mai^ puifque Fia- z. fr^i^^ 
mel a confervé fon échoppe pendant tou- 
te fa vie , il falloir bien qu'il en fît ufage , 
& qu'à l'exemple de fes confrères il ne 
rougît pas de s'y montrer. Pernelle , Ci 
elle fe méloit de ce travail, pouvoir à 
fon tour remplir la place. Leurs aides oU' 
Clercs , comme un certain Mangin y 
nommé d'ans le reitament de Pernelle, 
fuppléoient a leur abfence -, ils fe re- 
noient ôc écrivoient dans ce petit bu- 
reau 5 qu'il éroic important de ne pas 
abandonner. 



CHAPITRE î I L 

Dm prétendu voyage de Flamel à- 
Compofielle, 

FLamel & Pernelle s'occupoient, foîr 
à conferver le bien qu'ils avoient 
acqiiisi avant leur mariage. & depuis , foie 



i(j Histoire C r i t i <i u r 
à en acquérir encore par leur bonne dili^ 
gencc. Ils gagnoient fans doute , & n'a- 
yant point d'enfans , ils penferenc à fe 
favorifer l'un Tautre pat un don mutuel. 
Les deux époux firent cet acte en 1371- 
75 : je Tai déjà indiqué; mais je remets 
d en parler au long, lorfque nous nous 
occuperons de deux autres aâ;es qui eu- 
rent le même ob|et. Préfentement fui- 
vons l'Ecrivain dans un long .& pénible 
voyage qu'il entreprit y fi nous en croyons 
l'Auteur du livre àts figures hiérogly- 
Pag. \r. phiques , cinq ou (\x années après ce pre- 
fôTi. '^^ "^^^^* ^^^^ ^^ l'amitié réciproque du mari 
& de la femme, c'eft-d-dire , vers l'an 
1 579. C'eft un épifode curieux : s'il n'oc« 
cupe pas le ledteur, car c'eft le privilège 
de la vérité, du moins il l'amufera. 

L'Ecrivain dans les commencemens- 

de fon mariage , félon le récit de i'Hifto- 

ibid.fag rien hermétique, acheta pour deux fio- 

^^' Tins un livre qui lui fut préfenté. Le livre 

étoit couvert de cuivre bien ouvragé, les 

feuilles cTécorces déliées gravées 

d'une très - grande rndujlrie ^ de écrites^ 
avec une rointe de fer. Celui qui le ven- 
dit , ignoroit le riche tréfor qu'il donna x 
vil prix*>l'acheteur n'en fçavoit pasdavaa- 
ta/,e. Une infcriprion en grolfes lectres 
dorées, contenoit une dédicace faite à 
la ^ent des Juifs par Abraham le Juif 
Prince , Prêcre , Léyite , AJlrologue: &. 



IJE NiCOL AS Ft A XCE I. t-f 

Philofoj'he, Trois fois fept feuillets ^ ain- 
fi nombres, non fans myftere, compo- 
foient fon tout. Parmi ces feuillets plu-» 
iîeurs contenoient ào belles figures enlu^ 
minées* L''éeriture étoit latine , belle , 
nette & colorée. Elle contenoit des con- 
folations & des avis aux Juifs -, elle ren^ 
fermoic auiîî des inftrucbians fur la 
tranfmutation métallique en paroles com- 
munes j mais il n'éroit point parlé du 
premier agent, figure dans les peintures : 
c'écoit le plus beau livre que l'on pCic 
voir. Je crois j fait-on dire au nouveau 
polTeiTeur de cette rareté , quilavoit été 
dérobé aux ml [érables Juifs , &c, Voicî 
la fuite de Ihiftoire ; c'eft Flamel qui 
parle. 

Ayant che^ moi ce beau livre y je ne 

faifois nuit & jour quy étudier ne 

fçachant point avec quelle matière il fal^ 
toit commencer , ce qui me caufoit une 
grande trifteffe , me tenoit foBtaire , & 
faifoitfoupirer à tout moment. Ma fem^ 
me Pe crénelle > , * . laquelle fav ois épou^ 
fée depuis peu ^ étoit tout étonnée de cela , 
me confolant & me demcandant de tout 
fon courage , fi elle pourroit me délivrer 
de fâcherie» Le bon mari ajoute à la nar- 
ration de fon chagrin , qu'il aimoit cette 
nouvelle époufe autant que lui-même : 
comment aiiroit-il pu rédfter à fes ins- 
tances \ Je ne pus 5 continue-t-il > tenir 



l8 H IS T OI R E Cr I T I au E 

ma langue que ne là diife tout. Il dccoiT- 
vre donc ^3. précieiife empierre j les yeux | 
de la femme en foiic fiappés : \qs belles 
couvertures y graveuf es _y images & pour-- 
traicis l'ébiouillenr ; elle en fur autant | 
amoureufe que moi-même j die encore le ^ 
mari. 

Il s'en falloir , comme on le voir j que 
l'Ecrivain , quoique pofTcileur du livre, 
fur devenu Adepte {a\. Voulanr s'inf- 
truire j & n'ofanr expo fer fon rrcfor, il 
en fait peindre chez lui quelques images. 
S'il écoic peintre , comme on l'a dit , 
pourquoi emprunte-t-il une main étran- 
gère 5 <Sc ce livre, qu'il ne vouloir pas 
montrer, comment ofe-t-il le contierà 
lin peintre, pour lui en faire copier les 
images ? Les contradictions échappenc 
aux Auteurs des Romans. Flamel conti- 
nue : Je les montrai [ ces figures ) à Paris 

à pliijieurs grands clercs la plupart 

d'iceux fe mocquerent de moi , & de la bé- 
nite pierre , fors un appelle AP Anfeaul- 
777 if, qui étoit licendé en Médecine, An- 
feaulme, grand étudiant en Alchymie , 
ne manque pas de demander a voir le 
livre V il fait inftance : mais toujours l^af- 
furai, dit le polfelTeur , que Je ne lavois 

( a ) Adepte , nom dérive du parricipe adcptus , 
trouvé. C'cft le nom de certains Alchymiftes , 
qui prétendent avoir trouve le Iccret de la tranf- 
mutation des métaux ou la pierre philofophale 
Dich de Trévoux^ 



DE Nicolas Flamêl 19 

point. Le dévot l il ne ment point par 
furprifc : le menfonge eft bien médité 5c 
bien fourenu. J'abrege ce récit. 

Vingt & un an fe patTent , & pendant 
un fi longtemps , l'écolier en AIcKymie 
fait mille brouilleries > & fans doute 
mille dépenfes ruineufes. Comment 
fourniffoit-il à des frai^ qui ont ruiné \qs 
plus opulens l c'eil: l'aHaire de l'Auteur. 
Enfin , continue le narraceur , ayant per- 
du efpérance de jamais comprendre > ces 
figures, pour le -dernier je fcs un vœu à 
Dieu & à Monfeurfaint Jacpies de G al- 
liée j pour demander V iéiterpritation dH- 
celles a quelque Sacerdot Juif. 

Le voyage eft réfoku Pernelle confent 
â une féparation , qui dut coûter à font 
cœur j mais fes larmes étoient fans djou- 
te tempérées par l'elpérance de voir re- 
venir fan cher Flamel, qui , nouvel Ar- 
gonaute, lui apporterait la Toifon d'Or 
[a). Le maii donc , fous l'habit de Pèle- 
rin, part, & fiiit tant, dit-il , qu'il arri- 
ve à Montjoye {^) , puis à faint Jacques , 
ou avec grande dévotion j'accomplis mon 

{a) Les Alchymiftes regardent la fable des 
Argonautes comme une alL^gorie dn grand œu- 
vre ào. la médecine univerfelle ou pierre pliilofo- 
phale. T>. Femeti ^ Dict. Mitc-herrKétiquc , p. 44- 

{b) Mv.iîjoye : c'eft vraifèmblablemenr oiieU 
que lieu peu éloigné de faint Jacques en Gallice , 
d'où l'on découvroit certe ville ; ce qui donnoir 
une grande joie au Pèlerin : 2dontjoye , ^on-s- 
gauati , ou maurn gaudinm^ 



20 HistoïkE Critiqué 
vœu. Qui eft-ce qui ne feroir curieux de 
fçavoir comment le Pèlerin épancha fon 
cœur aux pieds du faint Apôrre ? nous 
l'apprenons d'un Alchymille. Flamel dit 
fans doute : 

Dieu rout-puiiïant j éternel de 

qui viennent tous les biens Se tous les 

dons parbits laifïez-moi , je vous 

prie, connoîcre votre éternelle fageffe -, 
elle qui environne votre trône , qui a 
tout créé ôc fait , qui conduit de confer- 
ve tour. Daignez me l'envoyer du ciel 
votre fanduaire, ôc du trône de votre 
gloire , afin qu'elle foit Se qu'elle travail- 
le en moi : car c'eft elle qui eft la mai- 
treiTederous les Artscéleftes & occultes 3 
qui poiïede la fcience & l'intelligence de 

toutes chofes Que par fon efprit 

j'aie la véritable intelligence, que je pro- 
cède infailliblement dans l'Arc noble 
( auquel je me fuis confacré) dans la re- 
cherche de la miraculeufe pierre des fa- 
ges que vous avez cachée au monde , 
mais que vous avez coutume de décou- 
vrir au moins à vos élus Que ce 

grand œuvre que j'ai à faire ici-bas , je 
le commence , je le pourfuive, & je l'a- 
chevé heureufemenr -, que content j'en 
jouilfe à toujours. Je vous le demande 
par J. C. la pierre célefte , angulaire , 
miraculeufe de fondée de toute éternité^ 



DE Nicolas Flamel. 21 
êcc. (a) Mais laiiTons le Pèlerin aux 
pieds de faine Jacques, continuer les ef- 
fufions de fon ame, 6c faifons quelques 
réflexions. 

Les Juifs, chafTésde Paris, y avoienc 
laifTé le magnifique livre donc on a lu la 

(a) Cette pnere eft extfaite d'un ouvrage qui 
fe trouve au tom. i. de la Bibliothèque Cliymi- 
que de Manget , à la pag. f 57. Il eft fous le :itr.c 
ftib/ècutio XII , & intitulé : Hydrolitus Sophicus , 
feu Aquarium fapientum. L'Auteur y fournit cette 
prière aux Aichymiites , qui veulent entrepren- 
dre l'œuvre. La voici entière en latin. 

Oratio, 

« /^ Mnipotens, alterne Deus, Pater ccrieflis 
3j V>/ luminis , à quoetiam omnia bona &. per- 
ï) feda dona proveniunt : logamus infinitam 
3' taam mifcricordiam , .ut nos ^Eternam tuam fa- 
3J pi^ntiam j qu^e continua circa tuum thronum 
3> eft , &: psr quam omnia creata facliaque lunt i 
3> atque etiamiium reguntur, &. confervantur , 
5j reclëagnorcere patiaris , mitte illam nobis de 
«> fancio tuq coclo , & ex throno tuae gloria,* , ut 
5> una nobircum lit & limul laborc: , qaoniam 
sj magiitra eft oniinium ccrleftium occuharum- 
33 queartium , etiam omnia tcit t<. incelligit. Fac 
>> raoderarè nos comicetur in omnibus noltris ope- 
3> ribus , utpcr illius iplrirum verum intcH'^ctum , 
3> infallibiien-jque proceiîum ncbililnnix hujus 
5> artis , hoc eii tapientum miraculofum lapidem, 
3> quem mundo occultalii , & fakim eisttis ruis 
Si revclare foies, certo 3: lîne uilo errorc difca- 
s> mus , &: ira fammum opus quod heîc nobis per- 
33 agendum eft, primum reclo & bene inchoemus, 
33 in eo ej-iLdemque labore conftanter progredia- 
33 mur , îx tandem etiam béate abfolvamas, illa- 
33 que ?jrernum cum gaudio fruamur. Pcr cœlef- 
33 :cm illum & ab 2e:erno fuîdatuin angjlarem 
w nuraculofumque lapidein Jcfum Chriilum , 
« qui tecum , 6 Deus Pacer , una cum Spiritu 



21 HiSTOTR.E Critique 
defcriprion. Mais , die Mademoirelle de 
Liiiraa dans Ton Hiffcoire de Charles VI 
Tom. c. cejl une preuve certaine quiine contenoit 
t^g- '^0- que de vaines idées -, car queujjent-ils pu 
emporter de plus précieux ? Rien de lî 
feiifé que ce mot, & jamais \(i^ juifs , 
dépoLuiics de leurs biens , & chalFés , 
n'auroienc négligé la re^Tource la plus 
prochaine &: la plus abondante dans leur 
mi (ère. 

Mais encore qui imaginera qu'un 
bourgeois de Paris , tel même qu'on 
connoîc Flamel , par le peu que j'en ai 
dit jufqu'ici , ayant déjà du bien , avec 
cela une profelîion honncre «Se tranquille 
qui devoit , félon fon déiîr & par fon ex- 
périence, lui en procurer encore l'augmen- 
tation , abandonne , après plus de vingt 
années de mariage, fa maifon, fa femme , 
fon écatjpour courir après la chofe du mon- 
de la plus incertaine ? Il n'étoir pas ruiné , 
puifque cinq ans avant ce voyage, il 
avoir du bien, comme on l'a vu. Si donc , 
en fuppofant qu'il ait travaillé depuis 
Tachât de fon livre, comme il faut le dire 

3> San^fto, verus Deiis , in una inJiiTolubili divi- 
5> na C)Ten:ia , imperac & regnar , Tiiimicus Deus 
5> run-iiiie iajdarus in fcmpircrna fcrcula. Amen. 
C'oll:avc: foni'jmcnt q'-U' les Alchimiîics font 
caracl:criic<; dcvocs : rien ne l'ell^plds que oerce 
pricrc. Mràs plus d'une perfonnc Icra rcvohcc de 
l'obicc pour lequel elle eft faite , & d*y voir les 
paroles de i'Ecricure ii fcandaleafcmcac em- 
ployées. 



DE Nicolas Fiamei. 25 
avec l'hiftoire racontée dans I2 traité 
Hermétique, quatorze on quinze ans de 
travail continuel n'avoient pas abforbé 
fon bien-, (ix années de plus ont-elles pu 
le mettre dans l'état d'un homme défef- 
péié, qui court après l'avanture ? Si le 
ieui elprit de piété eût conduit Flamel 
dans ce voyage long & périlleux pour 
fon temps , on pourroit peut - être le 
croire : les pèlerinages étoient alors fore 
en vogue. Une ferveur , que Tufage 
commun animoic , pouvoir tirer de leurs 
foyers , même dQS pères de famille. 
Mais pour l'objet unique dont il s'agit , 
lui faire bazarder un il long voyage,avec 
toute l'incertitude de la rcufîite , Se de 
plus , le faire courir après des Juifs qu'il 
devoir avoir en horreur; rien de plus 
éloigné , je ne dis pas feulement du vrai , 
mais du vraifemblable. Je continue l'hif- 
toire : elle efc curieufe jufqu'à la fin. 

Le Pèlerin , à fon retour de Compof- 
telle, rencontre dans la ville de Léon 
un Médecin Juif, qui s^étoit rendu chré- 
tien 5 & par l'enrremife d'un marchand, 
il fe lie avec ce Médecin : la connoilTan- 
ce fut des plus heureufes. M^ Canches , 
c'étoit le nom du Médecin , écoît fon 
fçavant en fciences fubiimes. Aux nou- 
velles que le voyageur lui donne du li- 
vre j il ejl emporté de grande ardeur & 
joie. Il voit les extraits , il en explique 



24 H I s T O IR E C R I T I Q. U E 

le commçncemçnc. Le tréfor mériroit 
d'être vu de près j il fe rcfoud de palier 
en France avec le poOTefleurj fon nou- 
vel ami. 

Les deux voyageurs s'embarquant d 
Sanfon , arrivèrent heureufement en 
ffànce. Sur mer, le Médecin avoit in- 
•terprcté la plupart des figures, ^ très à 
propos pour rAlchymille François. A Or- 
léans, M^ Candies , Fatigué, & affligé 
de grands vomilTemens qui lui éroienc 
rçftés du paifage , décède. Cn penfe 
dans quelle défolation il lailfe fon compa- 
gnon. Celui-ci exprime lui-même (on cha- 
grin : r en fus fort tiffligé» Il ajoute :au 
mieux que je pus je le fis enterrer en VE- 
glïfe de fa'inte Croix , ou il repofe encore. 
Encore 1 1 lamel avoir-il delfein de le fai- 
re traiifporrer à Paris ou ailleurs î II con- 
tinue : jDieu aie fon ame \ car il mourut 
bon chrétien , & certes fi je ne fuis empêr- 
ché par la mort ^ je donnerai à cette Egli- 
fe quelques rentes pour faire dire pour 
fpn ame tous les jours quelques meffes* 
Cette belle promelTe , fruit d'une vive 
reconnoilTance , exige une remarque. 

Flamel , comme il parozc , avoir donc 
deflein de fonder plaiieurs annuels a 
l'intention de M^ Canches, qui l'avoic 
fi bien inftruic. Il a eu le temps de le fai- 
re , puis qu'écrivant , félon le traite ^ en 
1 3 î^5? > & n'étant mort qu'en 1418, vingt 

années 



DE Nicolas î^lamei'. if 
années lui ont fourni un efpace bien fuf- 
fifant pour pouvoir acquitter fa promefle. 
L'a-t-il fait î non, on peut l'aiïiirer. De- 
puis peu M. Paris , Grand - Vicaire du 
Diocefe d'Orléans, a bien voulu faire fai- 
re une recherche ample & exacte, ( ce font 
les termes d'une lettre éctire fur ce fujec , 
qui m'a été communiquée ) & l'on n*a 
trouvé aucun veftige d'une fondation fai- 
te par Flamel. On ajoute qne perfcnne du 
Chapitre nen a entendu parler, L'Ecri- 
vain , fondateur & bienfaiteur fi géné- 
reux , a-t'il donc oublié , & fon ami , 
& fa promefTe ? Et comment du moins 
Canches n'a-t-il pas eu place dans le tef- 
tament fi long <S<: fi médité de Flamel > 
Le ledieur eu tirera lui - même la confé- 
quence. Cependant voyons les deux 
époux réunis. 



CHAPITRE IV. 

'Fin du voyage de Flamel : dates qui 
fixent fd prétendue decouvens» 

LE Pèlerin arrive chez lui , la joie ren- 
tre dans fa maifon , Pernelle en eft 
comblée. On apperçoit dit l'Hifloiie des ib'd.^, si* 
Symboles de cette joie fur la porte de 
TEglife de S. Jacques. Qui voudra voir , 
dit Flamel , l'état de mon arrivée ^ au il 
nous contemple tous deux en cette ville de 

B 



1(5" Histoire CRfTTQiT H 
Paris y fur la pone de la Chapelle de faine 
Jacques de la Boucherie , du côté & tout 
auprès de ma maifon ou nous fommes 
peints, Flamel & Pernelle font fur cetc^ 
porte en fciilpcare , & non en peinturei 
Ni la joie , m la riiflelTe ne le Font app'er- 
cevoÎL" fur leurs vifages , on y voir un air 
de gravité convenable à la liruation oii 
on les a repréfentcs : & fi Flamel s'ell 
jamais fait figurer en habit de Pèlerin , 
c'ert a cette occafion cju'il auroit dû le 
faire. Cependant il ert en habit bour- 
geois , tel qu'il convient au colliime de 
fon temps. Quant à l'Eglife de faint Jac- 
ques , du vivant de notre Ecrivain , elle 
éroit trop accrue pour être appelîce une 
Chapelle; & Flamel lui-même dans ^on 
teftament l'appelle continuellement l'E- 
glife de faint Jacques. 

Le yoyai;eur rentrant chez lui , n'croic 
point chargé de la riche toifon. Quel- 
ques inftruàions & Fefpérance de'réuf- 
ru-,c^eft tout ce qu'il préfenta à fon époufe. 
Les opéi'ations recommencerir. Les bon- 
nes gens con fument du charbon , ufenc 
des fourneaux, brifent des matras, ré- 
duifent des matières en fumée. Knfin*, 
on^rcuflit fur une partie : tant y a que 
par la grâce de Dieu & interceffion de la 
bienJteureufe & fainte Vierge , je feus ce 
que je.de fircis _, c^ef -à-dire ^ les premiers 
principes, AinC , apirès plus de vingt an* 



DE Nicolas F l a ?vî e l. 'r> 
nées de travail , Flainel en croit encore 
la commencement. Il ajoute, non toutes 
fois leur première préparation qui ejî une 
chofe très difficile fur toutes celles du mon^ 
de ; mais je Veus encore à la fin , après les 
longues erreurs de trois ans ou environ» 
&c. Le dévot Alchymifte , pendant ces 
trois années, ne faifoit qu'étudier _y tra- 
vailler priant Dieu le chapelet à la 

.main , lifant attentivement _, ejjayant di- 
verfes opérations : l'échoppe , la clalFe , 
les élevés , que devenoit alors tout cela ? 
TAuteur de rhifloire ne s'en efl point- 
occupé. 

V^oici le terme fortuné des travaux du 
Philofophe. Finalement je trouvai ce que 
je dJ /trois. La première fois que je fis la 
projection , ce fut fur du mercure , dont 
fen convertis demi- Livre ou environ en pur 
argent meilleur que celui de la Minière. 
Foible récompenfe de tant de déptnfes 
èc de peines l Mais l'efpérance de faire 
mieux étoit un fort foutien. Ce fut ^ 
continue le Philofophe, le 17 de Janvier 
un lundi environ màdi en m.a mafon ^ pré- 
.fente Pernelle feule. L'an de la reftitution 
de Vhumain lignage 13S2. La date eft 
précife, détaillée ; elle eil auiîî remar- 
quable : on le verra dans peu. 

Les deux époux , ne fe trouvèrent 
plus partagés entre la crainte ^ l'efpé. an- 
ce : animés par leur première réuiîite, ils 

B ij 



^1% Histoire Critique 
recommencent l'opéi-ation : celle-ci a fur 
la première autant d'avantage qu'il y a 
•de différence entre l'or & l'argent. En 
préfence de Pernelle feule , dit encore le 
mari , en la même maifon le vingt-cinquie- 
777e jours d* Avril fuivant de la même an- 
née^ fur le cinq heures dufoir. , . .je tranf- 
muai véritablemeni^en quafi autant de pur 

or meilleur que l'or commun , une 

femblable quantité de mercure, L'Alchy- 
mifle exacft avoir fans doute écrit fur Çon 
journal, les momens où {qs longs <S: pé- 
• nibles travaux avoient été couronnés de 
la réulîîte. Mais, fans y penfer, il véri- 
fie lui - même ce qu'il avance quel- 
ques lignes plus bas : V extrême joie 
ôte le feus auffi bien que la grande trij^ 
teffè y de dans le trnnfport où il s'efl: 
trouvé, il s'eft oublié fur deux points 
cilentiels. 

Du temps de Flameî , Se encore près 
de deux liecles après lui, on ne com- 
mençoit l'année qu'à Pâques. La pre- 
mière projection efl: datée du 17 de 
Janvier 1382, parce que cette année 
1381 continuoit encore j comme ell-e 
devoit continuer jufqn'd Pâques, où de- 
• voit commencer l'année 1385 : En cela 
la date ell bonne , & on fe reconnoît. 
Mais il n'en elt pas de même de la date 
de la féconde pfojeélion. La f'ète de Pâ- 
dJ'^^ ''"quss, qui, cette année, étoit le o Avj:ii 



BE Nicolas Flamei. ip 
étant pafTée j au 25 d'Avril , jour fixé 
pour la féconde projedion , on compcoic 
depuis dix-neuf jours 138^. Cette fécon- 
de projection ne s'eft donc pas fliite dans 
la même année , comme l'Auteur du 
traité le fait dire à Flamel. 

Certainement fi notre Ecrivain étoit 
l'Auteur de cette belle hiftoire, il ne fe-* 
roit pas tombé dans une bévue qui con- 
fond une année avec une autre. Comme 
Ecrivain accoucumé à copier des pièces ^ 
ôc peut-être à en compofer, il connoiiToit 
le ll:yle. Pour éviter cette confufion , 
on avoir alors Tattention de fpéciher dans 
les ades qui fe faifoient depuis le li 
Mars, premier fiege de la Pâque, juf- 
qu'au2 5 Avril, dernière place de cette 
fête 5 fi l'ade fe faifoit avant ou après 
Pâques [ ^ ] , parce que cette grande fête 
réglant l'année, 6c étant mobile, on au- 
loit pris une année pour l'autre , corn- 
me dans le fait dont il s'agit : en r fi la 
féconde projecbion eftdu 25 Avril 1382^ 
la première a néceOairement été faite en 
1 3S1. Mais la narration portant expref- 
fément pour la première , Janvier 1382, 

[a] Parmi les picees de la fuccefTion de Fla- 
mel on en trouve plufieurs dont la dateeftfpc- 
ciliée de cette forte. On a vu ci-deifus que le pre-» 
mier don mutuel eft date du 7 Avril avant Pâquei 
Fleuries ^]jt. Une autre pièce que j'ai foas la 
maiii , eft lignée le mardi fécond jour du mois d'A- 
vril avant Pâques l'an de grâce 146^^ , & ainfi dç 
pluûeurs autres. 

Eiij 



30 Histoire Critique 
en datant pour la féconde le 25 Avril de 
la même année ^ on ne fe reconnoît point *, 
& cependant, félon cette hiftoire, Fla- 
mel a voulu dater pofitivement , puif- 
qu'il fpccifie avec tant d'exa»flirucle le 
mois 5 le jour & l'heure où il s^il vu au 
terme fi défiré de ^qs travaux Alchy- 
ml que s. 

Il y a, ce femble, un fondement lé- 
gitime de penfer que l'Auteur de cette 
pièce pourroit n'avoir arrangé fon hiiloi- 
re que dans le commencemeni du dér- 
iver (iecle ; C\. que le Gentilhomme Poi- 
tevin , qui en 16" 12 l'a donnée comme 
étant la rradudiion d'une pièce latine qui 
n'avoit jamais été imprimée , en pour- 
w^'^ toit être lui-mcnie l'Aureur. Auiïi , félon 
^*^* '' Sauvul, or. n'a jamais vu cerre pièce la- 
tine. L'A'jreur domiis près de cinquante 
ans qu'on avoir celfé de compter le com- 
men rement de l'année à Pâques, a pu 
D'y Tvoir pas fait de réflexion : peut-être 
étoit-il jeune lorfqu'il l'a écrit, &: il n'a- 
voit pas vu cet ufage en vigueur. 11 a 
compté à la manière de fon temps, <3c il 
s'eil décelé [ al. 

[^] Borel , pn^î. içj;. de fon Trcfor des Recher- 
ches , à'w. que le livre des Hiéro^lyf.qucs a éîéim- 
•prhrJ a Var;s chez. GiiUla.itne Gu.Uard l'an \^6i. 
Celui que j'ai en main, qui paroit erre une pre- 
mière édition , ou une copie figurée fur Ii pre- 
m.'ere , porre au fronrifpice j qu il n'a pas encore' 
cté imprimé , ih'.are 161 z. Le privilège du Roi, 
donné à, Pierre Amauld , lieur de la Chcvailcric , 



DE Nicolas F l a m e t. 51 
. Le prétendu Flamel s'eft bien aiuant 
oublié fur la date du jonr. Ce fut , dit-il . 

le 1 7 dâ Janvier un lundi iS^-^' li 

n'avoir pas l'Arc de vérifier les dates. En 
1 3 o 2. 5 le 1 7 de Janvier étoit un vendre»- 
ài 5 6c non un lundi j [ ^ ] ôc ce ne peut 
être une faute de copiile : car y a-r-il 
quelque reiiemblance entre ces gqwx 
noms vendredi &: lundi t De plus , le fieur 
de la Chevalerie a préienté la pièce com- 
me une tradudl'on. Le copifte auroit 
donc lu die lundi pour die veneris : la dif- 
férence eft encore plus énorme, & ne 
peut s'admettre [c ]. J'aurai d'autres oc- 

cft du II Mars i^ii j. & à la fin on lit, acheva 
fCïm-prïmer aux frais & dépens du Jiei-r Traduc- 
teur ce é Avril ibiz. Eorel s'eft donc trompé ^ & 
il a pris l'adreile d'un recueil qui contient aufîî 
trois traités j comme celui de Pierre Arnauld , 
fous le titre général : Tra-asformaticn meîalliqMe ^ 
&c , Tçavoir Ai Fontatne des Amoureux de fcience ; 
la 'Ke-znantrance de 'Sature a VAichymifie , & ie 
Sommaire Fkrlo/opkiaue. de Kicolas ïlamel. Ce 
Tolume fut imprime aVaris^ chez. Gmllaurrie 
G'iilUrd & Arr.aury Warar.eore ^ i<;6i. 

[^] En I ? 81 la fére des Rois tomba le lundi ; 
le Dimanche dans Toclave fut le 12 de Janvier : 
ainfî le vendredi iuivant fut le 17 de ce mois. 
Art des dates. 

[c] Les RPv. PP. Bénédidins , Auteurs de la 
nouvelle Diplom.atique , pofent un principe qui 
peut être appliqué à ces dates fautives. Ils difenc 
au tom. II. pag- 4^i:un feul caracicre [de vrai eu 
de faux ] peut quelquefois décider de X^fiétriffure 
[d'un titre. ] Une fiule de caracieres favcrahles yie 
réfijieroiî pas a un défavanîageux , s'il étcit de nu- 
ture a ne pouvoir compatir avec une pièce vraie ^ 
kc. Suivant ce principe , quelque naïveté qu'il 

B iiij 



51 Histoire Critique 
cafions de revenir fur ce traité : conti- 
nuons a fuivre les deux époux dans ce 
iqu'on peut leur attribuer de certain. La 
vérité, quelque peu importante qu'elle 
foit fur certains objets , farisfait tou- 
jours, tandis qu'une belle erreur ell tou- 
jours une erreur , qui dégoûte l'efpric 
fait pour la vérité. 



CHAPITRE V. 

Flamclfait hàdruns arcade des Charniers 
des SS. Innocens , & le petit portail de 
S. Jacques, 

UNe des voûtes ou arcades des Char- 
niers d'^s SS. Innocens , du côté de 
la rue de la Lingerie, eft un monument 
élevé par Flamcl,du vivant de fa femme» 
Il ell de l'année 1 3 89 , & je ne crois pas 
m'ètre trompé en lifant accompagné d'u- 
ne perfonne le chiffre qui eft gravé fur un 
des piliers. On en éroir alors à certe partie 
des Charniers que l'on bâtiffoit fuccelîî- 
vement , & , comme il le paroîr, aux 
dépens des riches bourgeois de Paris 3' 
qui fe faifoient un devoir d'y contribuer 
comme a une œuvre de religion. A la 
plupart de ces voûtes on voit les armes 
ou les chiffres des Citoyens qui les ont 

paiaiJfe dans le récit que l'on fait faire à Fiamel» 
des dates fi vifiblement faillies, fur-tout la der- 
nière , doivent décider de toute Thifloire , & là 
faire regardei coirjne inventée à plailir. 



I7i. 



DE Nicolas Flamel. ^j 
fait élever [a]. Une entr'aurres , qui eil 
la cinquième du côté de la rue delà Lin- 
gerie, ôc au-delTus de celle de Flamel , 
eft chargée de l'écuifon de Nicolas Bou- 
lard , dont il a été beaucoup parlé dans 
rElfai fur la Paroiire de S. Jacques. Bou- ^/r. p^^; 
lard , comme il a été dit ^ étoit un riche 3^- »05 è^. 
&c pieux bourgeois : Flamel & Pernelle > 
que leur travail aiîidu &c leur économe 
attention plaçoient dans le même rang , 
crurent pouvoir s'aiîocier aufli à cette 
oeuvre bonne en elle-mcme . quoiqu'elle 
eût un certain éclat ; mais le mari Ôc la 
femme aimoient à fe faire voir au- de- 
hors. 

Le bâtiment eft marqué au coin de 
TEcrivain par les lettres initiales de foa 
nom , N. & F. Une peinture qui re- 
préfentoit un homme tout noir [b]^ dc 
tous les autres fymboles dont il eft parlé 

[ /? ] Les Epirapliiers que j'ai cités dans l'ElTai , 
ont confervé une infc? iprion <dt:irée par un bour- 
geois qui avoit fait élever dans le même temps 
une de ces voûtes Elle porte : L'an de grâce 1 3i/7 , 
fu: fynde ce charnier , 6' le fit faire 'Pierre Potier _, 
Pelletier & hc^rgeois de Paris , en rhonneur de 
Dieu & de la Vieige Marie , Ù tous les benotts 
faints & faintes de Paradis :, pour mettre les cjfe^ 
mens des îrépajf^s. Priez Dieu, peur lui ^ pour les- 
trépaffes. 

[b] L'Auteur du livre de l'explication des ligu- 
res du charnier fait dire à Elamel pag. 57 

Centre un des piliers de ce charmer je y ai fait 
charhonner ^peindre groffieremént un homme tout 
noir GV. Il fera dans la fuite queftion de cçwg 
figure. 



54 Histoire Critique 
dans le livre des figures ^ font difparus ', 
mais on y lit encore quelques vers ou 
limes que voici , celles qu'on a pu le^ 
dcchiixer. [a] 

Hclas mourir convienc 

Sans rcmedc homme & femme 

nous en fouvienne 

Hélas mourir convient 

Le corps 

Demain peuï-écre dampne's 

A faute 

Mourir convient 

Sans remède homme & femme. 

Certains Alchymiftes auront fans cÎolt» 

te voulu que ces efpeces de Aances fuf- 

fenc l'ouvrage de Tt^crivain. Bjrel, qui 

parle après eux , lui donne la qualité de 

^cr.fag Po'ùe François .3 ëc il apporte en preuve 

'^^' une infinité d'infcriptions fur Us murs de 

S. îniiocenr de la rue Marivaux 

[^b~\\ déplus 5 un aifez long traité en 
Ters y dont nous parlerons dans la fuite. 

[^] Dcp^JîS que cet a^rriclc acte écrit, l'arcade 
a été réédiiiée , «S: les pierres qui concenoient les 
infji ^!pLions , ne parciflcnc plus. 

[i?] Il eO: à remarquer qu'cxccpré les deux vcrs^ 
que l'en n rap;;>crrts ci-dcllus, les infcriptions 
qui fu l> h lie ieiî: encore , il y a quelques années à 
la maifbn de Fl^mel , étoienc des paiîages de TE- 
crirur^^on lit un verfc: d'unpfeaume à une de (es, 
îi^aifons rue de Montmorenci. On a donc lieu 
de croire quelapocfîe n'a pas été autant employée 
par f iaii^el^quc Iç difcnt les cuiieux Alchyrmftçs* 



DE Nicolas Fia M Et; 5J 
Tout cela a donc fait aiieou* l'hcrivani 
fin- le Parnaiîe Gaulois à côté de Jean de 
Aléhun (c). Mais voici un préjugé bien 
fondé 5 ce femble , contre la réalité de 
cette mufe gotique. On fe rappelle le pe- 
tit diftique écrit fur un pilier de la mai- 
fon du bourgeois» Flamel , ai-je die , 
pouvoir avoir été le chercher au Palais y 
où on le lifoit bien avant lui. Un Pocte 
fi fameux auroit-il été ramaffer ailleurs 
deux petits vers pour en orner fa propre 
maifon ? On connoit ces fortes de génies j 
ils font trop fufceptibîes du point dlion- 
neurj pour fe couvrir ainfi publiquemenc 
de lauriers empruntés. 

Flamel étoit 1 oece de îa manière donc 
il étoit peintre. Il emprunte , on l'a lu , 
une mam écrangtre pour peindre chez, 
lui dans une occaiion délicate où lui-mê- 
me auroit dû travailler : veut-il verfifiei' 
pour fa maifon ^ il va encore â f em- 
prunt. Il en aura été de même d^s rimes 
du charnier que l'on vient de lire ; elles 
feront i ouvrage de quelque rimeur du 
temps. Le bourgeois aifé , 6t qui aimoit 
àparokre, payoit bien fans doute ceux 
qui travailioient pour lui. 

Quoi qu'il en foit cependant de la poc- 
iîe de fiamtl, qui avec un certain efpri:, 

(c) Le Scmrr.sire Phiîcrophique , arrribué à 
riamçl , cfl -?ppc!iéi^ Roman Chym'.qne , comme 
on dit le B^or/t-an de la. Rofe ^ & ces deux oUYiar 

ges oac çcç imprimes ç;ifemble. 

B v] 



Si<p. p. 



5(5" Histoire Critique 
&c roujoiirs la plume a la main, aiiroîc 
pu quelquefois donner carrière à une 
verve nacureile , fi les itances du charnier 
ne donnent pas une haute idée de la 
mule qui les a produites , elles font du 
moins honneur à la façon de penfer de 
celui qui les y a fait graver : on voie 
qu'il écoit chrétiennement occupé d'un 
moment auquel on ne fçauroit trop 
penfer. 

Après les rimes fe lit cette autre inf- 
cripcion, qui caradérife auffi ladcvotioni 

du bienfaiteur donné pour Tamour 

de Dieu Can i ^Sç, Veille':^ prier pour les- 
trefpajjts ^ en difant Parer nojler y Ave, 
La voûte pour laquelle ces infcriptions 
ont été faites , &: une autre dont il feraf 
parlé plus bas , ont été regardées comme 
, de fuperbes ban mens par Roch le BaiUifx 

H. le Bail- ^ . ^. ,. . ^ 1 r i 

!if Epir.au lemoinSj dit cet Auteur 5 les Jurer bes 
Leaeur du laùmens au il l riamel ) a faits au cimc- 

Démoire- . r> t /-a 1 • 

rion p. 6. tiere S. Innocent, Ou cet Auteur parloir 
à Rennes f^ns les avoit VUS, OU il écrîvoit dans 
renthoufiafme. Rien de plus petit, ea 
effet j pour quiconque voit ces arcades 
avec àes yeux qui ne font pas éblouis. 
Leurfoime, leur étendue, leur hauteur, 
tout ell petit (3c d'une bâti (Te qui comme 
elle ne furpaffa pas les facultés d'autres 
bourgeois : elle ne furpaffa pas aufîi cel- 
les d'un Ecrivain de ce temps très-aifé, 
ii <jui ne brilloir que par ces dépenfe§j. 



DE Nicolas Flamec» ^7 
Le portail de TEglife faint Jacques, 
connu pour être un don de l'Ecrivain, 
ne fera jamais auflî placé dans la clalFe 
de ces fuperbes bâtimens gotiques. Il en 
a été alTez parlé dans rÉlTai , où en- ^^- P- 1> - 
traîné par la décifion de M. Leheuf ^ ' 
on paroîc adopter la date que cet Au- 
teur donne à ce petit édifice, c'ell-d- 
dire l'année 1599. Maintenant qu'une 
infcriprion , que la pouffiere de plufieurs 
ilecles déroboit entièrement d la vue, 
vient de redécouvrir , nous pouvons af- ^"^^ «» 
furer qu'il ell: de dix années plus ancien. ""{lufpTu. 
Cette infcriprion, qui remplit tout lecir-î!"' pout^ 
cuit de 1 ogive, a ete lue & examinée fein de la 
avec le plus ^rand foin & toutes les ""sne^e 
précautions nccellaires, par une perlonne premier^ 
bien nu fait -, la voici telle qu'on l'a dé- f-aJ^'^io^' 
ciiifFrée. En V honneur de Dieu fa fait ce à \2i fin de 
portai 6' donné par un des Paroifliens & ;^^'^^'^'^se» 
Ja jemme _, L an de grâce mu CCC. IJII. terre vi- 
vins & VIIJI. Prieipourles Bienfaicîeurs expiLniéef 
de la dicte Eglife y & pour tous autres 
qui meflier en ont ^ fi vous plaifi. 

Cette ii^fcriprion fait preuve que 
Sauvai & M. Lebeufonz parlé fans être 
aflfurés de la date qu'ils avançoient; dc 
Sauvai^ ciré par ce dernier Hiftorien^ 
a cru la voir dans un extrait des comptes 
de la Prévofté de Paris, (a) 

( a ) Cet extrait qui fe lit dans Sauvai , énonce T. 5 , fi 
fous la date de 155;^, q;:e îlamd tient pour 4 fois -Î7- 



3? Histoire Critique 

Cette petite porte étant de l'année 
15895 il s'enfuit que les dévots Ecri- 
vains faifoient travailler en mcme-tems* 
à deux endroits , fi cependant il ell: af- 
furé»que l!arcade des Charniers dont on 
On n'a pu yie^jt^e parler , foit de la même année, 
nouveau ce Ces Bourgeois avoient donc amalie ua 
^"^"z^" ^ fonds fuftifant. Peut-être aufli fonr-ce 
54, noce cts ûcpenles qui occar.onnerent inlenli- 
^*^ blement les dettes qu'ils contractèrent , 

comme on le verra dans- la fuite. Quoi 
qu'il en foit, on travailloit erv 1389 à 
élargir l'Eglife de faint Jacques , 6^ nos zé- 
lés Paroilîîens voulurent fuivre l'exemple 
de quelques autres qui répandoient avec 

parifis par an une petite place .à. l' encontre 

St Jacques de U Boucherie ; fur quoi cet Autcur 

ajoute : C'eji la place or. ic (lit N. Flamel a fait 

hâtir le petit portail de St Jacques. Le compte de la 

Prévofte parlant d'une place qui ctoir encore 

alors a l'c7icontre St Jacques , il s'enfuit qu'il 

n'eft point queftion de celle où l'Ecrivain avoit 

fait bâtir le portail , mais de celle de fa double 

V. î^Tai, éhoppe. 

f. 39- J'ajoute que ce prrit portail eft tout ce que 

7; , ^ p. Flamel a fait bâtir de ce côté , quoique Sauvai 

2^1. ' dife qu'il a fait le côté gauche ., le contraire le 

vérifie, tant par la date connue de la conftruc- 

tion des Chappelles , que par le bâtiment de la 

Aucompte voûte, faite . en 1404, partie du produit des 

de 1404. quêtes. Se partie aux dépens de la Fabrique. Le 

ïirai , ju reftc de cette nef ae fut terminé qu'en 1^77 & 

T^. ■ 14«i, 



> t3E Nicolas Fiamei. |^ 
une pieufe profulion leurs largefTes lur 
une EgUTe qui n'a été prerqiie bâtie que 
de bienfaits. Mais il eft bon d'obier ver 
qu'il y a eu bien de la différence dans les 
contributions : Bouiard àc d'autres bour- 
geois en ont fait beaucoup plus que les 
Ecrivains. 

Excepté les deux bâtimens donc on 
vient de parler, il ne m'a rien paru de 
plus dans ce genre que l'on puilîe attri- 
buer au mari <5c a L femme enfemble , 
foit dans Paris 5 foit à S. Jacques. Et Bor. ^a^, 
quant à cette paroiiîe , iî Borel a avancé ^^^' 
que fon rient , de Hamel , la plupart de 
ce qui ejl à S. Jacques ; bien lom que 
l'on puiiFe établir la certitude de cette 
tradition-, il QÎ'i viiible que, tout bien 
examiné, à quelques dons particuliers 
près (^), tout ce qui dans cette Egli- 
îe peut regarder , foit Flamel & Per- 
nelie , foie rlamel feul, fe réduit au por- 
tail dont on vient de parler, ^'i cepen- 
dant on vouloit leur attribuer la fonda- 
tion de quelque pilier , dont il s'en éleva 
plufieurs de leur temps (r) , en ce cas 

[b) L«s inventaires inicrc's dans les compre? 
<)e la Fabrique de ùÀ-ii Jacojes depuis 1404 jus- 
qu'à 1411 5 poi'tenr ces articles : Item , un tableau 
d'imagerie aunep:îU ds N. S. que Con met a->:x^ 
fi fies fur le grant A/itel; que dxzna NicoLis fia- 
met. Et dans un autre endroit ; Iiem , an tableaux 
ployans à une pa-'jïo-a d'un cojîé ^ & À une réfurrec" 
tion d'autre cofis , Ù Fa, donné de nouvel Nicolas 
Tlamcl 3 & éî oit fur le grand Autel. 

{c) Il a été remarqué dans l'EfTai, pag. fz, 
<iu'un compte de dv'penfç pour! année 1468 ap:-. 



40 Histoire Critique 
nos bourgeois en auroient été quittes I 
aulîi bon compte que le furent les exé- 

y. Efai cuteurs de Jacqueline laBourgeoife : Et, 
f*^. »67' £^j-^5 avoir eu befoin d'une tranlmutntioii 
opérée par le creufer , plufieurs pièces 
d'écritures un peu importantes , ôc un 
gain honnête fur la vente de quelques 
livres qui ne fe donnoient pas alors à 
bon marché, leur auroient bien fourni 
une fomme de vingt-deux livres. 

Mais il faut fuivre 6^ achever l'énon- 
cé de Borel , dont on vient de lire quel- 
ques mots; il fournit du curieux. On 
tient aujji de lui , dit donc cet Auteur ,- 
la plupart de ce qui ejï à S, Jacques de la 
Boucherie , comme on voit par les infcrip^ 
lions en pierre & en bois _, & par les vitres 
qui y font , dont une partie font eftimées 
hiéroglyphiques par les curieux , entr' au- 
tres celle où on voit un preffoir de raijins. 
A entendre le Médecin _, ne ciiroit -or» 
pas que l'i-glife de S. Jacques étoit rem- 
plie d'infcriptions drelTées par le Philo- 
fophe ? On a mémoire d'une infcription 
qui étoit gravée fur du cuivre, 6c l'on 
fçnit , à n'en pas douter , ce qu'elle con- 

E(rp.î9' renoit : c'eft ce qu'on a vu dans l'Elfai, 

prend qu'en cette année on rerommença à tra- 
vailler à la grande nef de l'Eglife de faint Jac- 
ques. Il y e'tC die que l'on reprit l'ouvrage dcprùs- 
les chapiteittii, des piliers en atnont. Flamel auroic 
pu faire fonder à Tes d^pen- q^ elqucs-uns de CÇÎ 
bas de piliers ç^ue l'on exhaulla alors* 



D E N TCO L A s F L AM E L. 4I 

^ ee qui fe découvrira mieux dans la 
fuite. Une autre qui eft comme l'Epita- 
phe de Flamel , fubtifte encore , & peut- 
être eft-ce tout ce que de tranquilles 
curieux y ont jamais appereu. Mais puif- 
que Borel parle d'infcriptions gravées 
fur du bois , ôc qu'il ne feroit pas éton- 
nant qu'il y en eût eu , voici ce qui peut 
avoir occasionné quelque gotique fculp- 
ture en bois , accompagnée de légendes. 
Au temps de Flamel , il y avoit à faine 
Jacques une Chapelle du titre de S. Clé- 
ment. Elle étoit placée auprès de l'ancien 
clocher j & comme il le paroît , adolfée 
a l'échoppe même de l'Ecrivain : c'eft ce 
qui l'aura engagé a choiiir cet Autel pour 
y faire célébrer les meifes qu'il a fondées 
pour tous les mois de l'année. Cette Cha- 
pelle fut fans doute ornée de quelque 
boiferie aux dépens du fondateur ^ & , 
félon {on goût décidé , & celui du fiecle, 
les ornem€ns gotiques . de même les lé- 
gendes, n'y manquèrent pas. Peut-être 
en voyoit-on jufque fur le coffre (^) à 
l'antique, dans lequel on confervoit les 
ornemens dépendans de cette Chapelle» 

{a) Au fol. ii6. du compte de 1416 à 1431 , 
on lie : Ou coffre de la, Chapelle S. Clyment à 
T^f celas Flamel l'on troptve : un Calixte avec la pa- 
tène d'argent doré 3 &c. Item un Mijfel à deux fer- 
moirs de cuivre commençant au fécond feuillet eundo 
vos libéra 6v. \tem un ve(iement de drap de foye. 
noire doublé d'azur ou efl écrit N. F. en la ch.rju- 
tié> év. Le lefte des ornemens & linge eJft peu. de 



42. Histoire Cr.itique 
Borel peut en avoir appercu quelques veC- 
tigeSjquineparoiifencplus.C'éroirunou- 
vrage de Hamel , difoient les curieux Al- 
chymiftes : donc les marmoufers goti- 
ques que l'on voyoic , écoienc des hiéro- 
glyphes. C'eil: ainli qu'une certaine ma- 
ladie fait voir jaunes tous les objets : à- 
une imagination vivement occupée de 
hiéroglyphes tout devient hiéroglyphe. 
Il n'y a pas jufqu'aux vitres de Tirghle , 
& entr autres celU ou on voit un prejjoir 
de raijins» Remarquons que l'antiquaire 
énonce une vitre qu'il voyoit alors dans 

Bor.ibid. g. Jacqu3S , c'e(l-à-dire , en 1(^55 , an- 
née de l'édiiion de fon Tréfor de Re- 
cherches. 

Un très - beau vitrage , dont il y a 
encore des veftiges aflez confidérables , 
fe voyoit en entier en 1(3 5 5 , & il n'a été 
mutilé que depuis une trentaine d'an- 
nées. Il repréfentoit un preffoir , &c ex- 
primoit cette prophétie d'Ifaïe : Toradar 
cdlcavi foius. Le Sauveur paroifToit dans 
le bas du vitrage , tournant la roue du 

jf;c.6y preffoir, & dans le haut que l'on a con- 

"• *'^* chofe , & on trouve des inventaires d'autres Cha- 
pelles qui croient j & plus richement , &: plus 
anipiement fournies. 

Au même comp:e fol. 74. on lit en dcpenfc : 
à Jekan i'ra?if(>'s la foin?ne de 8 fols qui due lui 
rtoiî peur avotr fait refaire un quartïtr du co>.ve- 
lefqvic de la table qui couvre In table de l Ai'tcl de 
la Chapelle de fa JSlicûUs kUmcl peindre Ui 
ymages, 6Vf 



DE NiCOtAS FlAMEL. 45 

fervé, J. C. eil environné d'une gloire , 
& couvert d'un vêtement rouge relative- 
ment à ces autres paroles du Prophète : 
Quare rubrum eji vejlimentum tuum. 

On n'ignore pas que les Hermétiques, 
pour qui la bénite pierre efl un miracle , 
ptu délicats fur les applic;itions qu'ils 
font de l'Ecriture Sainte, y trouvent par- 
tout leur pierre. Cent exemples que l'on 
pourroit en apporter, nous meneroienc 
trop loin. Qui ne fixait anllî qu'ils la trou- 
vent cette pierre miraculeufe dans l'em- 
blème facré du Prophète [^ ] , qu'il eft 
pour eux une à^% enveloppes du i^rand 
œuvre; & c'eft delà que le voyant il bien 
peint dans la paroiife fui laquelle Flamel 
a vécu , ils ont pen^é 'que nul autre que 
lui , de qui , félon eux . vient la. plupart 
de ce qui ejl à S. Jacques , n'a pu faire 

[«] J'ai en main une image finguiicre , déri- 

féeparquelqu'Alchymille, oii fe voit cet em- 
lémc (iu prciToir. On y apperçoic au fond Jefus- 
Chiid: courbé tous fa croix , ^ placé fous la pou- 
tre d'un prefToir : un Ange en tourne la vis. Du 
prelfoir fort une rigole, qui eil: conduire jufqu'à 
une autre image du Sauveur, vérue d'an man- 
teau , 5c couronnée à l'impérial.^ La rigole palTe 
par le dos de J. C. & traverfant ton côté ouvert , 
elle defcenddans unbailinoùle Sauveur eft aiFis. 
L'imagi natif Auteur a accompngné cttiç. féconde 
fig itères fepr planètes fous des tcrmeshumaines. 
La lune fous la figure de Diane, &c. Mercure 
avec fon caducée , tient la place la plus cie-/cc. 
Le nlm s'y voit auffi, 5c une colombe, qui fans 
doute figure le Saint - Efprir. îl y a encore beau- 
coup d'autres objets fîngulieis qail feroit trop 



long de décrire» 



44 Histoire Critique 
élever ce vicrage, & en même-teinps les 
Bor. ihid. autres vitaes ejlimées hiérogyphiqucs par 
Us curieux* C^éroienc des effets du génie , 
comme de l'abondance du creufet du 
Philofophe. 

Mais Fiamel , qui , s'il eiic été de leur 
clafTe , auroit pu avoir la même manie , 
y pcnfa-t-il jamais ? Ce qu'il y a de cer- 
tain 5 c'eil que iamais il ne fit peindre la 
vitre qu'a vue Borel. La raifon en eft ^ 
que cette verrière a été pofée plus de cent 
dix-huit années après la mort de l'Ecri- 
vain [ ^]. Aufli la peinture était-elle en- 
tièrement dedinée dans le bon goût, qui 
commençoit à reprendre le deiîlis dans le 
XVI iiecle. Et Borel, qui parle d'une 
vitre qu'il avoit fous les yeux , n'en vo- 
yoit pas alors d'autre dans S. Jacques , 
oii le même fujet s'apperçût j puifque 
tous \qs vitrages de l'Eglife , excepté 
ceux de quelques Chapelles connues , 
avoient été changés depuis l'année 1^24 
jufqu'en 164^1. [b^ 

Les curieux Alchymifces n'ont pas été 
plus heureux dans la découverte qu'ils 
ont cru faire du portrait de Fiamel , re- 

[/?] Il eft dit dans l'ErTai p. 7(^. que le vitraî^c 
que les Alchymiftes ontartnbué à Fiamel , a çzé 
pofé en I c î($ , cS: c'eft le plutôt. En cette année la 
labrique concéda la Chapelle où il fut placé , a 
Jeanne Lccomte , veuve de Jacques Bouiiîer, 62 
c"e(l cette veuve qui en fît la dcpcnic. 

[h] J'ai fait mention de ce changement dans 
l'Elfai , pag. ji. note [a] 



DE Nicolas Flame t. 45 

préfenré , dit encore Borel , en riche ha.r- 
h'ufur une vitre vis-à-vis de fafépulturc. 
Ici leur critique a de nouveau échoué. 
Ils ont vu dans une Chapelle à peu près 
vis-â-vis de la place où l'Ecrivain a été 
enterré [ c ] , le portrait fur verre du ref- 
pectabie Magiftrat Jean de S. Romain , 
qui dans un habillement prefque fembla- 
ble à celui que portoit notre bourgeois , 
avoir atfez de fon air. Le Magiftrat étoic 
en riche habit j il convenoit à fon état : 
fa robe étoit en or , & le manteau ou ha- 
bit de delTus en écarlate , avec le chape- 
ron autour cjii col , fes armes étoient à 
coté de lui. Si Ton nous eut confervé cet- jr, g^, 
te vitre qui a été fouftraire depuis plufîeurs i^i- î^* 
annéesjuous aurions encore le portrait de 
l'homme célèbre qu'il repréfentoit , & 
la preuve fubiiftante & claire de ce qu$ 
Ton avance. 

Les deux bâtimens dont il vient d'être 
parlé dans ce chapitre, commençoient à 
expofer Flamel éc Pernelle aux yeux de 
leurs concitoyens 3 & a les faire confidé- 
rer comme de riches bourgeois. On ver- 
ra dans une autre partie^comment l'Ecrir 

[r] Borel , & les curieux dont il a tiré des lu- 
mières j n'ont pu voir au lieu qu'ils ont indi- 
qué , d'autre portrait qui pût être de Flamel ; puif- 
qae les autres Chapelles qui font auprès de cet en- 
droit, n'ont été bâties que depuis Flamel. Le por- 
trait de l'Ecrivain n'ctoir pas non plus dans la 
nef vers le lieu de fa fépulture ; les fenêtres de 
cette nef n'ont été faites qu'après 1468. 



4<> Histoire Critique 
vain dans fbn veuvage , a donné lien a 
raccroilfemenr d'une vépiiration dont le 
mari (Se la femme jetterent enfemble 3c 
de bonne heure les fondemens. Mainre- 
nanc voyons ces deux époux agir pour 
eux-mcmes. 



CAPITRE VI. 

Flamel & Femelle fe font un don mutuel^ 
qiiils renouvellent plujieursfois* 

L'Amour réciproque des deux époux , 
&c la foUicitude qu'ils eurent l'un 
pour l'autre , les engagèrent a fe grati- 
lier de bonne heure d'un don mutuel. Je 
l'ai indiqué dès le commencement de cec 
ouvrage : mais les aéles de cette eÇ^ecQ 
qu'ils firent enfuite pour cimenter cette 
première opération , Se dont nous allons 
nous occuper , demandent un détail dans 
lequel je vais entrer. 

Pernelle éroit d'un certain âge. Le 
jTjari & la femme, unis depuis pfufieurs 
cnnées, ne fe voyoient point d'enfans : 
ils penferenr donc à s'afliirer l'un à l'au- 
tre , non-feulement le bien qu'ils avoient 
déjà acquis dans leur communauté ^ Sc 
- celui qu'ils efpéroient acquérir au plaijir 
de Dieu & par leur bonne diligence , mais 
encore celui qu'ils avoient acquis avant 
leur mariage. Tel eft l'objet entier de ce 



P E N I C L A s F L A M E L. 47 

premier acle mutuel. Les deux époux le 
font de leurs bons grésthonnes volontés, . . 
, . & mefmement la dicle femme fe répu^ 
tant par bon confeil eu avec plujieurs de 
fes affins. Cet expofé fans doute n'eil: pas 
feulement de ftyle , & il importe pour la 
fuite : âinfi Pernelle agiiToit en toute li- 
berté. C'étoit pour l'avantage d'un mari 
laborieux : elie craignoit que le fruit des 
travaux de ce cher époux ne palfât à à^s 
collatéraux. On trouve ce premier doa 
en entier parmi \qs pièces , 6c je n'en dis 
pas davantage. 

Les Ju ri fconful tes décideront de la 
folidité de l'acbe par rapport au temps oîi 
il a été fait. Cependant , foit que le mari 
& la femme craignilfenr quelque défauc 
qui invalidât leur don , foit, & plutôt 
comme il y a lieu de le penfer , pour fe 
lier davantage , ils renouvellerent cette 
grâce mutuelle , le lo de Septembre 
138^, dix ans & cinq mois après leur 
premier ade. Un feul objet les occupoit 
dans ce premier , c'étoit l'afFedlion qu'ils 
fe portoient l'un à l'autre. Dans celui-ci 
un autre motif les fait agir : ce font \qs 
isuvres de piété. Ils donnent toute la par^ 
■tie du premier mourant cz/za; Eglifes , au.-c. 
pauvres ^aux perfennes miférables ;dc cette 
partie doit être employée par celui des 
deux qui furvivra, foit de fon vivant , 
fpit par fon teilament > comme bon lui 



48 HîSTOTRÊ Critiqua 
jemblera & félon fa confcience feulement^ 
La religion fe joint donc ici , comme on 
le voit , aux fentimens naturels qui pa- 
roiffent aulîi ; puifqu'ils difent qu'ils 
agilTenc ainfi afin qiiQchafcund^eux , tant 
comme il vivra en ce monde _, p^iffc avoir 
fa vie honejlement félon fôn eftat. 

Mais ce dernier motif, effet de l'a- 
mour mutuel t aufîî-bien que de la crain- 
te que l'un àts deux époux ne relfentîc 
le befoin, fournit une réflexion toute 
naturelle. Comment fe peut-il que ce 
mari &: cette femme, quatre ans après 
î)u^-^un^ leur riche découverte , fuflent encore in- 
^'"^^^ ^' quiets fur le fort de celui des deux qui 
furvivroit ? Quel befoin Flamel , en pof- 
feflion de la plus belle tnine d'or , avoit-il 
du bien de Pernelle?Et Pernelle, de 
de {on côté , auiîi adroite que fon mari 
à. parfaire le grand œuvre, fon aide dans 
cette furprenanre & féconde opération , 
que craignoit-elle? Je l'ai parfaite trois 
y^/5 5 dit l'Adepte, dans le Roman her^ 
Pxg. H- ï^^^^ue, avec l'aide de Pernelle ^ qui 
Ventendo'it auffi-bien que moi pour m'a^ 
y oir aidé aux opérations , &^fans doute Jl 
elle eut voulu entreprendre de la parfaire 
feule , elle enferoit venue a. bout» C'eft-a* 
dire, qu'elle écoit devenue Adepte comb- 
ine fon mari , & même que le grand 
œuvre n'étoit plus pour elle qu'w/z jeu 
d'enfans ; c'écoit proprement fon ouvrage, 

un 



l^E-N.ICOLAS Flamel. 49 

un ouvrage de femme [a], lis n'avoienc 
donc pas beloin , pour avoir leur vie ho^ 
nefiement , de la parc de celui qui décé- 
deroic le premier ; &" pourquoi encore , 
pour des œuvres pies qu'ils pouvoienc 
taire indépendamment de cette part , 
fiuilrer leurs héritiers d'un bien qu'une 
loi Julie leur donnoit ? fuivons rhilloire. 
Flamel & Pernelle, qui n'avoient pas 
été tranquilles après leur premier adte , 
ne le furent pas encore après le fécond. 
L'inquiétude étoit, ce femble, du côté 
du mari. Pernelie avoit une fœur nom- 
mée ilabelie, mariée a Jean Perrier , 
marchand de Vin , ou Tavernier , com- 
me on parloir alors. Perrier n''avoir point 
d'énfans d'ifabelle , comme je l'ai die 
dans l'ElFai [^]; mais cette femme en 
avait trois d'un premier mariage qu'elle 
avoit conticiclé avec un nommé Guillau- 
me Lucas : c'eft ce que prouve un article 
du cellament de Pernelie. Ainfi celle-ci 

[^J Les Philo/hphes dtfent prefqu-e tous ^ que le 
grand œuvre e[i un ouvrage de femme & un jeu 
d'en/ans^ pour fignifier la fa,cdiie de parfaire la 
pierre a ceux qui Jônt infiruiîs des opérations : & la 
ckofe efl vraie fans doute ; car fi elle eût été bien dif- 
ficile^ ils ne fe feraient pas tant appliqués à Us ca^ 
çher^ y &c. C'eft ce qu'on lit à la page 56 1 du Die- 
cionnaire Myco-heimériqu; de D. Pernery. 
' [^ 1 II faut corriger dans l'Elfai fur S. Jacques , 
une fâuce qui s'y ert giiilce fur Perrier : page 
I f 9 , ligne 19 , au lieu de , il en avoit , lire il y en 
avoit d'un ^premier lit dlfihclle j & cnco'e à la pa^e 
i^i , ligne 1 , au lieu de Verrier , mettre d^lfahetU* 



50 His T o iR E Critique 
avoit trois neveux , qui , par leur mère 
Ifabelle , dévoient hériter de droit de 
leur tante. Un don mutuel , de plus en- 
core , une difpolltion abfolue de la fuc- 
celîion pour des œ-ivres pies , ne dévoie 
pas plaire à des gens que ce bien regar- 
doit de Cl près, & dont ils pouvoient 
efpérer de jouir bientôt , à caufe du 
grand âge de Pernelle. Soir donc inquié- 
tude de la part de Flamel , qui pou- 
voit craindre qu'Ifabelle ne prît quelque 
empire fur refprit de fa fœur, foit plu5 
grande précaution , le don muruel ell 
encore renouvelle le 18 de Septembre 
13 88, deux ans de huit jours après le 
premier renoiivellemenr. 

A quelques différences près, ca troifîe- 
me adte eft entièrement conforme à celui 
de 1 5S(^,exceptéquerony trouve plus de 
force dans les renonciations qui font de 
flyle dans les acftes ; les voici : Et renori" 
cerent iceitx mdrics exprejjhnent par leurs 
fermens fais & jurés ausjains Evangiles de 
Dieu , & par la foy de leur corps pour ce 
donnée es main des dicîs Notaires a toutes 
exceptions , grâces , lettres , difpenfes & 
impétrations ; (S* à tout ce qu on peut dire , 
rropofcr , ou alléguer & qui aidier & va^ 
loir leur pouroit à venir faire ou dire con-- 
tre ces lettres y dcc. Avo.ïM ceci, ilsdifenc, 
la quelle grâce viutuelle les dits mariée 
rouldrent valoir joir & avoir fon plein ef^ 
fec des mai/it^^ant/ans la jamais révoquer 



DE Nicolas Flamel. 5* 
Je tour es voyes d'un commun ace on , ils 
nt la vouldrent rappelUr enfemble & 
€jlre nulle. Flamel 6c Pernelle s'engagent 
Àonc, avec les précautions les plus éten- 
dues , à foutenir leur nouvel aâre, & 
ils le fortifient par la religion d'un fer- 
irient fait furlesfaints Evangiles. 

Près de huit années s'écoulent. Se ni 
Tun ni l'autre de ces deux époux ne don- 
nent d'atteinte , du moins marquée , a 
ieurs engagemens réitérés. 11 fembl© 
néanmoins que fourdement on travail- 
loit i giigner refprit de Pernelle. La 
feur Ifabelle, le beau-frere Perrier, les 
trois neveux , Guillaume , Oudin , &: 
Colin { ce font les noms des enfans qu'Ifa- 
belle avoit eus de fon premier mariage ) 
ctoient vraifemblablement inftruits Aqs 
<iifpo(îtions de Flamel & de fa femme , 
& fans doute ils lailfoient appercevoir 
leur mécontentement. Pernelle pouvoir 
écouter le cri de la nature , qui parloir 
pour fa fœur & £qs neveux ; Flamel , 
toujours ferme dans fon objet, prit alors 
des mefures pour fixer la volonté chan- 
celante de fa femme. Il voyoit que le 
terme de fa vieille époufe approchoit , 
& que l'on méditoit un teftament ou 
tout pouvoir être détruit. Une nouvel- 
le ratification des premiers aétes parut à 
cet homme une barrière contre le chan- 
gement qu'il appréhendoit. Cette ratifi- 

Cij 



51 Histoire Critique 

cation eft du famedi cinq Août \^^(j ^ 
environ un an avant la mort de Per- 
ijelle. Nous l'avons en deux petits ac- 
tes de même date , palTés chez le m.c- 
me Notaire. Excepté quelques mots 
tranfpofés, ces deux ades font parfaite- 
ment femblables. L'un eft du mari, qui 
n'eut pas fans doute de peine à s'y réfou- 
<lre ; la femme cependant y parle aufîî 
comme autorifée du mari. L'autre ade 
eft entièrement de la part de Pernelle ; Se 
comme la pièce eft courte Se curieufe^ 
je l'infère ici en entier. 

» Pernelle , femme de Nicolas Fla- 
}> mel , autorifée fur ce du dict Nicolas 
3) Sec, loa , gréa , ratiffia Se approuva 
3) toutes Se chafcunes les ordonnances , 
59 promefTes , accors , grâces mutueles , 
39 dons , aumofnes , tranfports 6c autres 
j5 chofes qui peuvent avoir été faites Se 
5) paftees , entre elle Se fon di6t mari , 
5» en quelque manière que ce foit félon 
5> leur forme Se teneur, fans rien excep- 
39 ter. Et icelles chofes , grâces mutueles 
33 ou autres ordonnances , volt des main- 
33 tenant pour lors, & des lors pour main-r 
33 tenant eftre tenues Se accomplies , fans 
ji aler ou faire aire aucontraire , par voye 
33 de reftamenr de dernière voulenté_, ne 
3? autrement : en déboutant Se voulant 
j? être déboutés , tous héritiers Se autres 
>» gui vouidioien: aler au contraire Sec^ 



i>E Nicolas Flamèl. 55 
3; Non obftant droits, couftumes ne au^ 
5î très chofes a ce contraire. Mefuiemenc 
j5 que à ce avoir fait fe tient moult teniie 
33 en confcience pour certaines caufes , 
35 &c. promett. &c. oblig. dcc. coux. 
î> 6<:c. ^. a tout ce. &c. garent fe mef- 
3î tier eft. ôcc. Jur. Voul. &c. Fait l'an 
3> mil trois cens quatre vins ôc feze le 
>5 famedi cinq jour du mois d'Aouft. >5 
Beauvais , Delanou'é» 

La pièce qu'on vient de lire eft claire ; 
& , excepté une claufe qui demande 
quelqu'attentioh , elle n'a pas befoin de 
commentaire. 

Pernelle dit qu'elle agit par ccnfcien-' 
C€\ c'eft aufîi l'exprellion dont fe fervent 
ces deux époux dans l'aéte qui leur eft 
commun : mefmement ^ difent-ils , que 
à ce avoir fait fe tiennent moult tenus en 
confcience. Il faut avoir recours à la con- 
jecture fur ce motif édifiant 3 puifqu'au- 
cune des pièces qui fubfiftent ne noas 
découvre rien de certain à cet égard. 
Flamel Se fa femme ne fe feroient-ils 
pas engagés, par quelque promeiTe {o^ 
lemnelle, de confacrer à Dieu tout le 
fruit de leurs travaux, après la mort du 
furvivant } Leur bien confiftoit en des 
acquêts ou conquêts -, ils étoient libres 
d'en difpofer : de plus , dans leurs ades 
mutuels _, après avoir parlé des foins ôc 
des peines qu'ils ont pris pour acquérir 

Ciij 



54 HitoiréCritiquë 
leurs biens , ils reconnoiirent en bons 
chrétiens le premier Auteur de leurs ri- 
chelTes, ôc difenr, que Notre Seigneur 
J. C. les leur a prejles en cette mortel vie* 
Occupés de cette vue , ils fe feront cru 
obligés en confcience , du mains Fia- 
mel, de les rendre à J. C. , foit dans la 
perfonne des pauvres , foir dans celle de 
{qs Miniftres. Flamel pourroit bien s'y 
être engagé le premier, 6c Pernelle avoir 
été entraniée par les exhortations de Ton 
pieux mari : mais il s'qw falloir que fa 
volonté , quelque forte & déterminée 
qu'elle le pnroirfè ici , fût bien nffermie. 
Elle va noiiS donner nn exemple hï&x 
marqué de l'inconftance fi naturelle i 
l'humanité. 



CHAPITRE VII. 

Pernelle fait fon Tejlament y ou elle ri- 
voque le don mutuel. Elle ordonne un 
pélerinaf^e à Boulogne fur mer. Elle 
rétablit le don mutuel par un codicille,. 

UN an après WCtQ qui vient d'èrre 
rapporté, le 15 du mois d'Août 
1397, Pernelle , attaquée de la maladie 
dont elle mourut , fit fn difpofition tef- 
tamenraire. L'étendue de ce teftamenr, 
les détails dans lefquels entre la malade, 
font connojcre que depuis long - temps 



Dï NiCO L A s Ft A MÊ t. 55 
elle le médicoir. Mais, après des adtes 
auflî folemnels que ceux qu'elle avoijf 
iignés, on peut dire que cette dernière 
pièce eft l'ouvrage de la fuggeftion , 8c 
qu'eu égard aux fenrimens que Pernelle 
avoit manifeftés, la nouvelle lumière , 
qui dans ce moment éclaira fa confcien- 
ce, ne dut être qu'un faux jour qui Té- 
blouit. Ce teftamenr eft en entier parmi 
les pièces ; il eft affez inréreffant pour 
être lu : arrêtons-nous feulement ici fur 
quelques-uns des articles qu'il renferme. 

Une impreffion étrangère apurement 
dirigé les paroles de la teftatrice. On a vu 
dans les actes précédens inquiétude ré- 
ciproque dQS deux époux , flc dans celui- 
ci on apperçoit une indifférence marquée 
pour un mari qui jufqu'alors avoic paru 
lui être extrêmement cher. Les exécu- 
teurs qu'établir Pernelle, font trois étrart^ 
-gers : d'ailleurs bien loin de donner à 
Ion époux cette marque de confiance , 
elle garde fur lui un filenceque l'on peut 
regarder comme infultanr. Elle le nom- 
me; mais c'eft en déclarant qu'elle rap^ 
pelle & révoque toutes les lettres tant mu- 

tueles de don efgal comme autres 

pajfées à Nicolas Flamelfon mari & aveC" 
ques lui &c. Ce n'étoit point Pernelle qui 
parloit ; c'étoit Perrier ou Ifabelle. 

Ifabelle parla fans douce encore en fa- 
veur de fes enfans, & elle eut la fatif- 

Ciiij 



5^ Histoire Critique 
fadion de les voir nommés dans le tefta* 
ment de fa fœur.Ce fut, à la vérité > 
pour une fomme qui paroît aujourd'hui 
très modique; mais elle ne Tétoit pas 
alors. Dans la fuite cette fomme fut aug- 
mentée : cependant s'ils eurent davanta- 
ge 5 par une condition relative à l'accom^ 
modement des affaires , le bien qui de- 
voir leur revenir par leur mère , s'éva^ 
nouit pour eux. On le verra dans la futfo. 
Un autre arricle du reftament alTee 
curieux ,. 6c même important ponr notre 
objet y/^rainCi énoncé. Item voult & or^ 
dena un voyage être fait une fois par un 
homme pèlerin de pié y à N, D, de Bou- 
longne fur h mer y au quel pèlerin pour 
le marc çç faire elle voult quatre livres tournois 
*^àT k h ^ ^^^^ baillés & payés par lefdis exécuteurs, 
Kov. 1599 Le falaire éft foible pour un voyaye d'en- 
V'EiInc^' viton, foixante lieues : Mais peut - être 
Ccs4iivies qu'au temps de Pernelle, où les péleri- 

roiemn^:oL"^g^5^^<^^^"^ ^*^^^ ^^ vigueur, des liom- 

tcr auioui- nies pcu intérelfés fe prêtoient , par une 

ou 17 liv. vue de religion , a ces œuvres pies , oc 

tenoient la place de ceux qui par eux 

mêmes ne, poiivoient les accomplir : l'ex- 

>reiIion d homme pèlerin de pied femble 

'infinuer.[ ^2] 

['<ï] Je ne cite pointpour exemple de ces Teîe- 

_ -^ . rins de pied, celui de C halos de S. Mars, dont il 

; *_/'" a cté parle dans l'Ellai d'après l'auteur des monu- 

' '*** * mens de la Monarchie Françoifc. M. d'Hofîer de 

Serigny, dans l'on Armoriai de la NoblelTe, a 

démonué la fau/Teté de la charte d'annoblUfe- 



w 



DE Nicolas Flamel. 57 
Lateftatrice ajoute lequel pèlerin fera 
chanter & dire en VEglife N, D, ou dit 
lieu deux mejfes. C'ejl ajfavoir l'une du 
S, Efperit , & l'autre de N. D, & offrira 
un cierge de cire pefant dou:[e livres , &Ji 
payera pour chafcune mejjk deux fols p a- 
rijis. Il n'eft point parlé d'autres dons de 
Pernelle pour cette Eglife. Sa fuccelîîon 
en fut quitte à peu de frais : douze li- 
vres de cire , qui alors valoic environ 
trois fols , 6c quatre fols tournois ou cinq 
fols parifis pour les deux melFes : voild 
toute la dépenfe. 

Ce voyage à Boulogne fur mer put 
néanmoins paroître quelque chofe de 
plus confidérable qu'il ne reçoit en etîbr. 
Peut-être le regarda-t- on comme extraor- 
dinaire de la part d'une limpie bourgeoi- 
fe. On en parla; la renom.mée , qui grof- 
fît toujours les objets , enfla les récits , 
& le goût du merveilleux les ht adopter. 
11 y a tout lieu de croire que c'eft d nprès 
ces récits d'autant plus enflés , qu'ils 
avoient palfé par plus de bouches > que 
TAuteur àts Explications des figures da 
Charnier fait parler Flamel fur un lieu, 
nommé Boulogne, Cet Auteur , après 
avoir fait raconter à fon Philofophe , p.-^e ^î, 
comme àQs euèts prodigieux de fon 
inépuifable creufet , une multitude de 

ment de Châlos & de fon voyage fait à pied à 
Jérufalëm pour Iç Roi Philippe I. 

Cv 



58 H I s T O I RE Cr I TIQU E 

biens opcrcs dans Paris, biens dont Je 
réferve l'examen pour la fuite , il lui fait 
ajouter : outre ce que nous avions fait à 
Bolcigne , qui nejl guieres moins que ce 
que nous avons fait icy. 

Flamel & Pernelle font-ils donc les 
fondateurs ^ ou au moins les reftaurateurs 
de l'ancienne & fameufe Eglife de No- 
tre-Dame de Boulogne fur mer , ou de 
celle de Boulogne proche de Paris ? ( Car 
les Auteurs qui ont parlé de Flamel, ne 
font pas d'accord duquel de ces deux 
Boulogne il eft queftion dans le traité. ) 
Mais quelle que puiffe ctre cette Eglife , 
il eft d prefumer que s'ils avoient fait 
dans Tune ou dans l'autre, àts fonda- 
tions aufli confidérables que celles que 
1*011 prérend qu'ils ont faites a Paris , il 
y auroit quelque monument qui en au- 
loit confervé la mémoire : le temps , qui 
détruit tout, laiffe toujours appercevoir 
au moins quelques veltiges de ce qui a 
été immenfe. Voici cependant le réfultac 
des informations faites avec exactitude 
fur les lieux, 
i.<iu\9 A Boulogne fur mer , on ignore par- 
Avnli7)9' fairement/& Flamel, & Pernelle. Une 
lettre écrite de cette Ville par M. Dau- 
phin d'Halinghen , JVlagiftrat connu , 
porte que M. de Marfilly ^ Grand-Vicai- 
re 5 a fait les plus exacles recherches dans 
ie Channer du Chapitre^ fans avoir rien 



.06. 



©E Nicolas Flamel. 551 
trouvé qui concernât les prétendues doua-- 
tiens , fondations , ou dotations faites 
par Nicolas FlameL Et ce n'eit pas que 
cette Eglife manque de titres. La lettre 
ajoure , qu'il y a dans Us archives des ci" 
très qui remontent au dow^ieme & att 
onzième fiecle. 

Si rien ne fe fait appercevoir à Bou- 
Jogne-iur-mer , ce fera donc à Boulogne- 
fur-feine , ou les Menulsy proche de Pa- 
ris. En effet, M. l'Abbé Lenglet , qui 
copie prefqu'en entier dans fon Hif- 
loire de la Philofophie hermétique , le r.t.^a^, 
récit attribué a Flamel, dit que c'eft a-' 
Boulogne près Paris , que le Philofophe 
a fait travailler. Mais ii cet Auteur s'é- 
toit donné la peine de faire des infor- 
mations , fur le lieu même , il y auroic 
appris qu'à Boulogne les Menuls il n'y 
eft pas plus queftion de Flamel qu'à Bou- 
logne-fur-mer. 

En effet quelque recherche que Ton 
ait pu faire dans cette Eglife Royale qui 
eft plus ancienne [a] que Flamel , on n'/ 

[a'] Quoique l'Eglife de Boulogne , près Paris, 
n'altéré coiilacrée par Guilhume Charrier , Eve- 
que de Paris , qu'en l'année 14^9 , Q-l\z eft cepen- 
dant beaucoup plus ancienne. Un mémoîr;^ , qui 
nous a été fourni par M. Henocq , adiucllement 
Curé de cette paroilTe , porte que le Roi Philip- 
pe V , dit le Long , donna det lettres parentes en 
février i^i;?, ran: pour l'érablilTemcnr en ce 
lieu, d'une j:onfrairie en l'honneur de N. D. de 
Boulogne fur mer , (jue pour le bâtiment d'une 

Cvj 



le Beuf 



60 H I S T O I R Ê C R I T I Q.U E 

a trouvé aucun de ces veftiges que ce 
cciebre hcrivain avoir coutume de lail- 
fer par-tout où il mettoii la main. Son 
ëcntoire, fes légendes dévotes , {qs pré- 

Eglife. Ce Prince , accompagne de Charles foa 
fiere , <k de Philippe de Valois Ton coufin , pofa 
la prcraiere pierre du bâiimenc dans le même 
mois de Février & dans la même année. Il Te 
coiifervc roigncufemenî: dans le tréfcr de cettfi 
Eglife deux niiellesqui fervireni: a la cérémonie: 
elles fonr garnies d'argent aux manches, éc or- 
née de ticurs de lis. 

Le bâilniencfuc continué en 1310, & les libé- 
rali:és du Roi , de la Reine, des Princes, Prin- 
celFes , Seigneurs, Evéques & Bourgeois de Pa- 
ris, conh ères de N. D. de Boulogne , en firent 
avancer la con.ftrudion ; enforre que l'Eglife fut 
élevée ( f/2 morûs de dix ans ^ dit M. le Beuf. ) 

3, &. il, A l'occaiion de cette nouvelle Eglife, le petit 
village de Menuls, coir.pofé de quarante mai- 
fons, où étoit déjà une chapelle fous l'invoca- 
tion de famre Jemme , fut démembré de la pa- 
roilfe d'Aureuil. Hugues de Befançon , Evcque 
de Paris , & non Foulques de Chanac , comme le 

Ibid. ^it M- ^^ Beuf, l'établit en ParoiiFe en vertu 
d'une Bulle du Pape Jean XXII, datée du 1 5 
Août iU;^- L'Evéque vint de fa maifon de faint 
Cloud , le premier Dimanche de Juillet 1 3 ^o , 
pour faire la bénédicîilion de l'Eglife neuve , & y 
chanta folemnellement la grand'Meife. En mê- 
me-temps il établit les limites de la ParoilTe , & 
le village de Menuls a porté depuis le nom de 
Boulogne» 

Quant au bâtiment de l'Eglife , dont M. le 
Beuf dit qu'il ert delà délicateffe ordinaire du 
gorhique du XIV liecle , on y voit par-tout des . 
veftiges de la munificence Royale. Les fleurs de 
lis y paroillenr en quantité : l'éculTon de France , 
qui en efl Cerné , termine la voûte du chever. A 
d'autres voûtes on voit- encore les armes de Fran- 
ce , femées de fleurs de lis. Si quelques verrières 
©nt été donuées par des bourgeois , comme l'al^ 



t>E Ni C O I A s Fl A ME t: ^I 

tendus lymboles d'Alchyniille Adepte , 
ne fe montrenc nulle parc. Si 1 on dit 
qu'en trois 'fiecles Ôc plus , qui fe font 

fure M. le Beuf , qui die en avoir la les infcrip- 
tions, il paroîc néanmoins que la plus grande 
partie venoïc de la libéralicé des Princes Se des 
Seigneurs. 

Il fubflile beaucoup d'anciennes parties de ces 
verrières , ornées de fleurs de lis , & il y refte plu- 
sieurs éculFons remarquables. On en voit un qui 
eft de France , avec un lambel d'une forme an- 
cienne i un autre, qui eft écartelé , porte au 
premier & quatrième quartier , d'azur à une bor- 
dure de gueules , & au troilîcme & quatrième de 
Jrance ; il enparoit auJTi un où l'on voit un quar- 
tier de Bourgogne. Des vell:iges d'écuilons peints 
à quelques voûtes , fe voient encore, quoique fort 
effacés , &c font fans doute aux armes des Sei- 
gneurs qui contribuèrent au bâtiment. 

Il paroîc donc certain que i'Eglife de Boulogne 
-les Menuls ell: un monument de la piété d'un Roi 
de France , des Princes , des Seigneurg & des au- 
ttes confrères, dans le commencement du XIV 
fîecle , & qu'elle a éié bâtie oC peut-être achevée 
près d'un fiecle avant la mort de Flamel. Cet Ecri- 
vain, ou n'exillioit pas , ou n'étoit pas en état de 
fe placer dans la noble & iîlulhe compagnie qui 
l'a fait élever. Ce qu'il peut avoir fait de fon 
temps, &: comme confrère, peut fe réduire au 
payement exaâ: des droits de confrairie pour fa 
part & pour celle de la dévote Pernelle : s'il a fait 
•quelque chofe de plus, ce fera peut-être quelqac 
don de iî peu de conféquence , qu'on n'a pas cru 
devoir en faire mention. 

On voit néanmoins aujourd'hui dans i'Eglife 
.de Boulogne j près Paris, un monument quipeut 
venir de Flamel. C'efi une figure de l'Apôtre 
" S. Jacques , placée dans la Chapelle à droite. 
' Cette rtatue étoit au portail de famtc Geneviève 
. des Ardtns : un parnculier l'a achetée lors de la 
démolition de cette Eglife en 1747, &. a eu ht 
" dévoîioji de ia faire pofer où elle eft. 



(jz Histoire CnîTiciirt 
écoulés depuis Hamel , ils ont été Jé- 
truits-, je réponds ce que j'ai déjà infi- 
nué, que les veftiges de chcfes immen- 
fes ne s'évanouifTent pas ainfi , de même 
que la mémoire ne s'en perd pas entiè- 
rement. 

Ajourons que M. le Curé de cette 
M. l'Abbé ParoifTe s'eft joint à un Magillrat connu 

M k^rdVs ^ ^^^^ ^" ^^^^ ^^ ^^^^^ ^^^ recherches. 
Comptes. Us en ont fait enfemble avec la plus fcru- 
puleufe exaditude , & ils n'ont décou- 
vert nulle part aucune apparence de dons 
ou de fondations de la part de notre pré- 
tendu Philofophe. Rayons donc Boulo- 
$Tne près Paris du catalogue des lieux où 
l'on prérend que Flamel a verfé avec pro- 
fufion l'or de fon creufet. A l'égard da 
voyage du Pèlerin de pied , ordonné paT 
Pernelle , on peut dire qu'à l'exemple de 
fon mari, cette femme ctoit vraifembla- 
blement de la Confrairie de N. D. de 
Boulogne furmer,&: que fans doute on la 
voyoicde compagnie a vecfon bon époux,, 
vifiter l'Eglife de Boulogne lesMenuls, 
efpece de fuccurfale de l'Eglife de Boulo- 
gne-fur-mer : ces dévots Pèlerins y laif- 
foient quelques offrandes. C'eft fans 
doute d'après ces voyages de dévotion > 
que l'on a fjrgé les merveilleufes hiftoj- 
res, auxquelles oîi a cru pouvoir donner 
quelque app.-trcn ce de réalité, en infif- 
taiu fur l'aicicle du cedament où Pex- 



D H N I C L A s F L A M t tr ^} 

nclle ordonne un pèlerinage à Boulogne- 
fur-mer. 

La dévotion de Pernelle l'avoir auflî 
engagée à fe faire affilier à l'Ordre de la 
Trinité : c'eft un fait qui peut avoir ici 
fa place. On trouve dans l'énumérarion 
des pièces exiflantes en 1^16 , qui con- 
cernent la fuccelTion de cette femme , 
l'énoncé d'une lettre du Général de l'Or- 
dre de la Trinité , qui lui accordoic la. 
communication es bienfaits de l'ordre. 
Une autre lettre apparemment du même 
Général , défignée au même endroit, lui 
avoit été donnée pour foy confejjer. 
Peut-être s'adreira-t-elle pendant quel- 
que temps à un des Religieux de cet 
Ordre, en faveur duquel Fiamel a fait 
dans la fuite «ne petite fondation : ce- 
pendant Pernelle, lors de fa mort, avoit 
pour confelTeur Jean Adam , l'un des 
quatre grands Chapelains de S. Jacques* 
Je reviens à ce qui firivit le tellament 
de Pernelle. Flamel ne dut pas en être 
content r peut-être dans une affaire où il 
parloir de confcience , employa-t-il le 
pathétique du confeffenr Jean Adam , 
qu'une belle fondation pour fa Paroilfe 
devoir flatter. De quelque manière qu'il 
en air été , foit par le confeiTeur , foie 
par le mari , Pernelle s'éleva de nouveau 
contre le fentiment naturel , qui , ce 
femble,lui avoit reproché l'exhéréda- 



(^4 HisToiîiE Critique 
tion de fa fœiir «5c de Tes neveux ^ ôc elle 
changea fa difpofirion. 

Dix jours après la date du teftament , 
le quatre du mois de Septembre 1 597 > 
cette femme di6te le codicille dont j'ai 
parle dans notre Eilai. Ce nouvel ade 
eft fait avec la folemnuë requife : il por- 
te que Pernelle, infirme de corps , eft 
cependanty^/^Éf de penfce & d'entende- 
ment, C'eft, comme l'exprime la pièce , 
ce qui parut aux deux Notaires. La ma- 
lade y remet les chofes a peu près au 
même état qu'elles étoient par le don 
mutuel qu'elle rappelle , & elle donne à 
fa fœur Ifabelle pour tout droit de fuc- 
ceilion en tous its biens, meubles ^ det- 
tes j créances , héritages demourans du 
décès d'elle 300 livres tournois une fois 
payés. Quand à Nicolas f en feigneur & 
mari ^ cette fois il elt mis au rang de (qs 
exécuteurs , qui déjà étoient au nombre 
de trois , comme je lai dit. Llle y ea 
ajoute encore un cinquième , voulait 
que fon teftamenr ne puilîe être accom- 
pli par moins de trois d'entr'eux , au lieti 
qu'auparavant elle s'en remettoit a deux. 

Telle e't l'idée de ce codicille, qui , 
s'il fut dicté ou confei/ic par Aqs vues 
pures , n'c-i fur pas moins le fujet d'une 
grande J^renfici. Oii le trouve entre les 
pièce*;, 'obfei vr ; u (^h'iI elt chargé d'une 
fonci.;':.jn d^ ".'r.cre meifes balfes de 



DE Nicolas Plame t. ^5 
Requiem ^ perpétuellement célébrées : 
ç'eft à cette fondation que Pernelle veut 
que foit employé tout le réjîdu ou fur- 
pltis de Ton bien , fon teflament acquit- 
té : & encore, ajoute-t-elle , pour cer- 
taines œuvres piteahles qui faites font 
pour Dieu ^ & en aumônes par Vorden- 
nence & voulenté de fes dis exécuteurs* 
Néanmoins cette fondation & le pieux 
emploi du reftedes biens , ne doit avoir 
lieu qu'après la mort du mari. La tefta- 
.trice , de nouveau occupée du befoin 
que pourroit en avoir Nicolas , fon cher 
& bon ami compagnon & mari j veut , les 
dépenfes de Ïqs legs 5c de fes dettes ac- 
quittées, qui! en jouiire le refte de fa 
yie. Nous verrons après 1?. mort de Fla- 
^el 5 1 accompli(rem.ent de cette clau- 
fe , & l'augmentation qu'y firent les 
exécuteurs. 



CHAPITRE VII I. 

^ Mort de Pernelle, Fable des Alchymif.es 
à ce fujet. Selon eux _, Fcrnel & fa 
femme virent encore, 

IL étoit temps pour Pernelle , au fept 
de Septembre , de revenir fur (qs pas. 
Proche de fa fin , elle mourut fix jours 
après le mardi onze de ce mois en i 5 97, 
Cette femme prévoyante avoic réglé par 



6(^ Histoire CiiiTï(^tjB 
fon reftament la dcpenfe du luminaire 
de Tes obleques , & avoit ordonné que 
Ton y employât trenre - deux livres de 
cire. Un autre article règle le prix du 
dîner du jour de l'enterrement, où l'on 
invitoit, félon la coutume du temps , 
les parens Ôc les voifins ; on doit y dé- 
penfer quatre livres feize fols parifis, 
C'eft tout ce que porte le teftameiit par 
rapport à cette cérémonie ; mais la dé- 
penfe totale en eft fpécifîée dans l'extrait 
de l'inventaire. On lit que l'on y employa 
38 hv. 10 den.parifis. Le bout de Van 
coûta 8 livres 17 fols. Ces cérémonies 
funèbres furent-elles fomptueufes ? elles 
purent l'être , quoique d'une dcpenfe qui 
paroît foi aie : cette dépenfe étoit pro- 
portionnée au temps, ou à l'état de la 
perfonne pour laquelle on la faifoit. 

Après ce qu'on vient de lire de la ma- 
ladie, du teilament, de la mort de de$ 
obfeques de Pernelle, quelqu'un imagi- 
neroit-il que cette femme vit encore, ôc 
que tout ce qui fe palfa en 1 597 ne fûc 
qu'une feinte pour en impofer au Public? 
On croit Pernelle malade j elle ne l'eft 
pas : On la dit morte; elle ell vivante : 
à fa place on porte au cimetière àes ïn- 
nocens , des habits &: un morceau de 
bois : pour elle, pleine de vigueur &c de 
fanté , ou plutôt rajeunie par l'ufage de 
Vélixir parfait^ ou Médecine de Vordrg 



B E N I C O t A s t L A M E t. 6-y 

fupérieiir [a'] qu'elle pofTédoit , elle étoic 
déjà partie pour la SuilTe. Là, félon l'or- 
dre qu'elle en avoir reçu , elle artendoic 
fon cher Nicolas. Nicolas quelque temps 
après 5 joue la même comédie. Un long 
tellament , des obfeques iblemnelles , 
des Fondations remarquables ; rout cela 
occupe les efprits , & le Philofophe mort 
pour fes voifins , &c bien vivant pour lui , 
va retrouver fa fidèle compagne. Tous 
deux réunis-, fans prendre d'habitation 
fixe pour vivre avec plus de liberté, par- 
courent différens pays \ de en vrais Phi- 
.lofophes , ils vivront fans doute au moins 
au(ïi longtemps que les premiers hom- 
mes , C*eil-à -dire , i.iilL ans ; terme mar- 
qué par le Créateur pour les véritables 
Adeptes. On a peine à faire mention 
d'une fable Ci mal tifTue -, mais elle dé- 
couvre les Qxcès où entraîne le crour du 
merveilleux. Paul Lucas, dans fon voya- 
ge de Grèce , la rapporte au long ôc hifio- 
riquement^ dit-il ♦, il a voulu en amufer 
fon ledeur : on peut la voir en entier 
dans fon ouvraee. ^ 

° V.i 

[^iLes Alchymiftcs diflinguent deux fortes '* "*'^' *°^' 
de Médecine. La première , qu'ils appellent hié- 
decine de l'ordre feipérieur , eft leurélixir, quand 
il eft parfait pour la guérifon du corps humain. . 
... il guérit le corps en le confortant , en le ra- 
jeunillànt. Médée s'en fervit pour le père de Ja- 
fon. Leur Médecine de l'crdre inférieur , ell Icir 
éiixir projette fur un métal imparfait. D. Peraety 
DitiioTiaire Mytho-hermétique , page x8<. 



Lucitf 
V. de G.ece. 



^8 Histoire CïiîTiQTTî 

La date prccife de la mort de Pernel- 
le, fixée particulièrement dans l'extrait 
du compte de l'exécution de fon tefta- 
mentj me fournit loccafion de revenir 
encore au traité fur les figures des char- 
niers. Il faut rapprocher cette date, de 
deux autres , établies dans l'avant-propos 
de cet ouvrage hermétique. 
pa^e 47. L'ouvrage commence ainfi : Encore 
que moi Nicolas Flamel Ecrivain & habi^ 
tant de Paris en cette année. 1399 , &c. 
Voila la première date qui eft précife. 
L'Auteur, fous le nom de Flamel, dit 
qu'il écrit en 1399*} mais dans le même 
avant-propos à k huitième page , fe pré- 
fenre une aurre d::îe bien éloignée de la 
première ; c'eft l'année 141 5. Lorfque 
jefcrivois ce commentaire ^ lit-on a cet 
endroit , en l'an 1 41 5 . Sur la fin de l'an , 
après le trefpas de ma fi de lie compagne que 
je regretterai tous les jours de ma vie y 
&c, A laquelle de ces deux dates faut-il 
s'en rapporter ? L'Auteur de l'Hiftoire 
Lenoict de la Philofophie hermétique tranche la 
du Frcihoy (jifïiculté. Selon lui , Flamel en 141 3 
Phiiôto- faifoit la revue de fon écrit , compofc en 
piiie lier- 1299; mais dans le traité on lit : J'efcri- 

-, ^. VOIS ^72 / <2« 1 4 1 3 , ce non pas , je 

revoiois. 

Je ne chercherai point a concilier avec 
lui-mcme un Auteur qui ignoroit l'hif- 
toire de celui, qu'il fait parler, ôc qui 



DE Nicolas Flamel. 6<) 
peut-être a brouillé les dates pour trou- 
ver à s'échapper, j'obferverai feulement 
qu'on ne peut s'arrêter, ni à Tune , ni d 
l'autre de ces dates. 

En effet, Flamel en 1599 , i^conà^ 
année de fon veuvage , étoit bien éloi- 
gné de pouvoir s'appliquer à un ouvrage 
de réflexion tel que le traité hermétique 
qu'ion lui prête. Exécuteur du teftamenc 
de fa temme , il avoit pris particuliére- 
nient en & fur foy le Jais ^ charge ^ dili- 
gence & cure d'en remplir les conditions. D'un a^e 
Une quantité confidérable d'aétes palfés ^^t^^^..^^^' 
après la mort de Pernelle , prouvent évi- 
demment que cet homme veuf, outre 
fon travail ordinaire , étoit chargé de 
beaucoup de foins. En 1598, on trouve 
^Qs tranfaclions , des fentences du Châ- 
telec j un nombre confidérable d'enfai- 
finemens. En 1599, c'efî: le compte de 
l'exécution du' tellament de Pernelle ^ 
une déclaration étendue des biens de 
cette exécution , biens divifés en une 
quantité de parties très-minces \ & d'au- 
tres pièces , qui toutes fe faifoient fou$ 
fes yeux & par ^qs foins. Dans cet em- 
barras Flamel pouvoit-il s'appliquer a 
compofer un ouvrage qui demandoir un 
homme tranquille & dégagé de toute 
affaire ? 

On ne fe trouvera pas mieux appuyé , 
É l'on veut s'arrêter à la féconde date qui 



tlj 



70 Histoire Critiqua 
eft 141 5. Si l'Auteur à cet endroit îi 
voulu fixer le temps de la mort de Per- 
nelle , comme l'Abbé Lenglet du Fref- 
noyl'acru, puifqu'il a écrit PernelLey 
fidelU compagne de Flamel j mourut en 
Uid.^ig. 1415 , au plujiard , l'ignorance & l'im- 
pofture fe découvrent. Il y avoir dix-fept 
ans que cette femme éroit morte. Si feu- 
lement cet Auteur a voulu faire dire à 
fon Philofophe , qu'il écrivoit fur la fin 
de Tannée 141 3, Pernelle étant déjà 
morte , je demande comment alors il a 
pu placer dans la bouche du mari le dif- 
cours tendre de affectueux que Ton a la 
ci-delTus. Qu'il l'eût ajouté après la date 
de 1 399 , dix- huit mois après la mort 
de Pernelle , de dans une féconde année 
de veuvage , il étoit encore de faifon. 
Le deuil étoit à peine palTé ; je ne fais 
mcme Ci dans ces temps il étoit fini. 
Alors il pouvoir naturellement dire : 
après le trefpas de ma fidelle compagne 
que je regret crai tous les jours de ma vie. 
Mais après dix-fept années de veuvage , 
les regrets , quoique réels , ne font plus 
de la même vivacité. 



Mk 



I 



DE Nicolas Flamel. 71 



CHAPITRE IX. 

Procès fufcité à Flamel par le beau-frere 
& lafxur de Femelle, Saijie des biens 
de la fuccejjïon, L affaire s'accommode» 

LEs commencemens du veuvage de 
Flamel ne furent pas tranquilles. Si 
Perrief & Ifabelle ignoroient le codicille 
<iu quatre Septembre, on penfe quelle 
fut leur furprife à la lecflure d'un adte 
qui les réduifoit à une fomme une fois 
payée \ fomme qui devoit leur paroître 
fort modique , eu égard au reftede la 
fuccefilon. La mauvaife humeur éclata , 
&: produifît un procès qui parcourue 
plu fleurs Tribunaux. 

Six jours après la mort de Pernelle , i-ciyde 
les exécuteurs prefentent requête au Pré- 
vôt de Paris. Il s'agifîbit d'avoir un 
Commiffaire pour l'examen du compte 
de l'exécution , & le Prévôt de Paris 
nomma Miles de Rouvroy , Commif. 
faire Enquêteur. L*mventaire ne tarda 
pas à être commencé [^ ] ; & dans cette 
première opération la mauvaife humeur 
d'Ifabeau & de fa famille fe fît vivement 
appercevoir. Enfaifanc le dit inventoire , 

[/«] Ou lie dans une Sentence du \o O^'^obrp 
1597 , comme inventoire avait été commencie ^f^ir 
n ^ far le point d'être parfait & cUi , 6'f» 



Sepccmbre. 



7z Histoire CRiTi'dtrr 
Extrait ^^^ uii a6be 5 la matière écoit moult con-^,^ 
àcV'myzïi- i^fifl^nj^^ cntrc la dite héritière & iceux 
exécuteurs, La fermentation eH;' fi forte , 
qu'on ne fe reconnoît plus dans Texamea 
des papiers, 6c que l'on fait regître de' 
vieilles obligations , de dettes expirées & 
payées ^ efcrites es viels papiers dudit Ni- 
ibid. colas. Le mécontentement multiplie les 
difficultés i d>ç l'inventaire, fur le point 
d'ctre clos , eft arrêté par une faifie des 
biens de la fuccelîion que fait un Huiflier 
du Parlement. î 

Nous avons dit que cette affaire par* 
courut plufieurs Tribunaux. Une Sen-^ 
Sentence tence du Châtelet rapporte qu^elle fur 
l"c'V557- ^^"«^^"^^^ ^"^ parlement , en Chaftellet & 
^S. ailleurs. Cet ailleurs ^ qui marque un 5*^, 

Tribunal , paroît défigner celui de l'Of- 
ficial , qui , comme il s'agilfoit d'un 
teftament , put connoître de l'affaire , 
avant qu'elle fut portée à. la Cour du- 
Parlement. Quoi qu'il en foit , Flamel 
& fes coexécuteurs oppofans a la fai-; 
fie 5 fe retirent par devant Noffèigneurs: 
tenans les Requêtes du Roi N, S^""- au 
Palais Royal à Paris '^ c'eft-à-dire aux 
Requêtes du Palais. Ce Tribunal donne 
jour, l'affaire y ell plaidée, 6c renvoyée-. 
au Châteler. 

Tout ceci fe pourfuivoit avec la plus 
grande célérité. A peine y avoit-il iîx 
femaines que Peinelle écoit motte , ôç, 

déjà 



l 



OE Nicolas Fla M Et. 7| 

déjà les conrendans ëtoienc à ce fécond 
ou même au troifieme Tribunal. Perrier 
Ôc Ifabelle prefToient ; ils vouloienr avoir 
de l'argenr. Les exécuteurs ^ die une Sen- 
tence, ^'^«^'/V/zr tenus de payer prompte- 
ment la femme de ^oo liv. tour, a la def- 
fus nommée Ifabeau. Le Châtelec rend 
une Sentence le 21 Od:obre 1397, & La même 
ordonne que l'inventaire commencé par vî^.r^^i^^yl 
Pierre Paris &: Guillaume de la Porte , ?8. 
Notaires , fera fait & parfait au plutôt , 
6c que les lettres de don mutuel , dont 
Nicolas s'entend a aider , lui feront bail- 
lées pour s'en aidier, quand & contre qui 
bon lui femblera. Après cette Sentence , 
ou au plus tard après deux autres du 50 
du même mois d'Odobre , on entra en 
payement avec Ifabelle, en lui délivrant 
cent livres tour, a compte de fon legs. 

L'objet le plus important pour Flamel 
fut décidé le 30 du même mois ^ c'eR-à- 
dire , la validité du don mutuel. Une des 
deux fentences rendues ce jour, porte : le 
dit don vaudra & tiendra , & d'icelui le dit 
■ Nicolas joira pleinement durant fa vie* 
Elle ajoute , quefe ilnefl pcffédant des 
biens immeubles pour le réfidu dis immeu^ 

blés quil doit tenir il fera tenu de 

bailler caution fouffifante juf^u a la v<z- 
leur d'iceux. Ce jugement, qui contrif- 
toit Perrier & Ifabelle, dut fans doute 
contenter l'Ecrivain , a l'exception ce* 



74 Histoire Critique 
pendant de la claiife d'une caution. En 
effet 3 outre que les s<fles du don mutuel 
portoienc exprelTément qu'il ne feioit 
tenu bailler aucune caution , plègerie , &c. 
Si les biens de cet homme eufient été 
aulli confidérables qu'on l'a débité ; s'il 
eut été Seigneut de fept Paroi (Tes a l'en- 
tour de Paris, ou au moins àcs lors de 
<]uelques-unes de ces fept Paroi If es , n'a- 
voit-il pas dequci répondre d'une partie 
à\\ bien de fa fcn.nre, partie qui deve- 
noit d'autant plus foitle que Pernelle ex- 
céda dans fes leg^ pieux? [a] C'étoic 
donc faire une forte d'injute au donatai- 
re. On voit par-la que û on connoiifoit 
déjà Flamel par quelques dépenfes exté- 
rieures, on ne le connoiifoit pas par des 
fonds dignes d'être remarqués. Les dé- 
penfes mêmes qu'il avoir faites , purent 
donner lieu de douter de fa folidité , 
6c faire mettre ce fait en queftion au 
Châtelet. 

Cette même fentence du 30 Oélobre 
.termine le procès par ce prononcé : 
Avons condempné & condempnons les di- 
tes parties , 6' chafcune d'icelles par no- 
ire Sentence & à droit, & partant fe dé- 
panent de cour ^ de procès fans dépens 

[<« ] Une Sentence du Châtelet <îu 19 Janvipr 
ï 397-98 porte : à la part ^ du mobilier, d'icelle 
exécution n'app^rtcnoit pas qui put fouffir à la, 
quinte partie pour accomplir la dis tejîament & 
^pMcille. 



DE Nicolas Fia me t. 75 
d'une partie ne d'autre. Cela ne veur-il 
pas dire que les parties s'accommodè- 
rent? Auîîi eft-il ajouté, en préfence & 
du confentement d-^s dites parties. 

Quelques articles font réglés par une 
féconde Sentence du même jour. Celle- 
ci eft qualifiée accord judiciaire, (a) Elle 
rappelle que les parties avaient eues en- 
tr elles plujï^urs altercations , qu'elles 
avaient été en voye d'entrer en grande in- 
yolution de procès. On y entérine de nou- 
veau le teftament & le codicille , 6c on 
ajoute que ledit Nicolas baillera des biens 
immeubles de la défunte pour l'accomplif- 
fement ^qs adtes teftanienraires : c'eft 
-que , comme il efl: remarqué ci-deiTus, 
le mobilier étoit de beaucoup trop foible. 
Cette Sentence ordonne de plus que tou- 
tes les dettes que la ditte défunte devait fe- 
ront payées par les exécuteurs , fans que 
Perrier & Ifabelle en foient aucunement 
tenus : ôc à ceux- ci , les 500 livres tour. 
payés pour une fois , pour tous lais , droits 
de fucceffion j hérédité , &c* 

Cette Sentence , en ordonnant qulfa- 
belle auroitles 300 livres pour tout legs, 
ne comprend pas dans cette fomm© le 
legs que Pernelle avoic fait à fes neveux. 
Leur mère, en confentant à l'accord ju- 
diciaire 3 avoir fans doute follicité pour 

(^)Dans la quittance générale ^ donnée pat 
Peirier 5i Ifabelle. 

Dij 



7^ HîToiRE Critique 

eux. Le Châcelec leur fut favorable, Se 

il accrut les huit livres cour, de chacun , 

reçu d'or jufqu'à la ibmme de quarante éciis d'or, 

vaioitieis) ^ pprca^er entre Guillaume y Oudin , & 

ïanv. 1397. r kt • tti n » 1 

^s. 11 fols Colm, Mais llabeile n eue pas tome la 
^dtiî.d'un fatisficlion qu'elle pouvoit défirer. Elle 

aae dadit • j, , 1 ^ ^ j 

jour. Vit û abord le payement des quarante 
écus d'or rejette bien loin : i4 fur différé 
ju[qi\ après l' accomflijjèment du don mu^ 
rwdZ 3 c'eft-à-dire , à la mort de Flamel^ 
& plus de vingt années après cet accord, 
(cz) Elle devoir d'ailleurs relTenrir quel» 
que peine de la claufe humiliante dont 
cet accroiffement fut motivé. Sera -par 
lefdls extcuteurs , eft-il dit _, donné pour 
JDieu & en aumofne aux enfans de ladite 
Jfabeau , &c. Cette claufe ne de voit elle 
pas déplaire aufli à Flamel , oncle de ces I 
enfans par fa chère Pernelle ? fi cet hom- 
me 5 que Ion fuppofe fi généreux , eue 
eu , comme le prétendent les Alchymif- 
ces , le précieux fecret de la poudre de 
projection , n'aurôir-il pas dû tirer £qs 
neveux de l'état d'humiliation où les 
mettoit la claufe de la Sentence du Châ- 
telet ? bien plus auroit-il paifé le reRe de 
fes jours fans s'acquitter avec eux d'une 
Xomme dont ils paroiiïbienc avoir befoin? 

(/T)Je n'ai point trouve cjc quittance de ces 
•.Ciîarante écus d'or i ^J-yV^^^ i'^J ^i- ^^"s J'Eilai 
ptgc'i^l 3 que Pcn icr &: îfabciie doiuicrent qiiit- 
^nce du tour , c'cf: fur \.m énonce de i 'inveûtairc 
de 16^^ qui paroi: l'exprimer. 



DE N ï C O 1 A S F t A M E t. 77 

On t\n plus exacl à l'égard d'ifabelle. 
Peu après l'accord, on la farisfic pour le 
rette de la fomme qui lui croie k'guée* 
Le mardi , 1 5 Janvier 1 3 97-9S , les exé- 
cuteurs payeienc ICO liv. rour. peur le 
rejld & par paye de ^00 liv. tour, en hlans 
de dix deniers pièce. Perrier & îfabeile 
donnèrent quittance du tour en préfence 
de Nicolas & Béguinoc, Notaires. 

Flamel ^ les autres exécuteurs de- 
meurèrent tranquilles pour cette partie , 
c]ui avoit été réglée parla jufrice^ mais 
les deux beaux-freres & la belle- fœur 
reilerent-ils bons amis ? la chofe paroîc 
fort douteufe. Le Curé de S. Jacques , 
Hervey Rouilel , l'un ^qs exécuteurs, 
put opérer par {qs foins, <S<: l'accord, 6c la 
réconciliation , de on n'a pas de peine d 
croire que Ton pieux paroiiTien ne fe foie 
porté de bon cœur aux vues pacifiques de 
fon pafleur. Cependant il n'eit plus fait 
mention de cette famille dans toute la 
faire des aftaires de notre Ecrivain. Il 
femble que des deux cotés on s^éloigna> 
ou tout-à-coup, ou infenfiblement. Per- 
nelle n'ayant point lailTé de poflériré y 
{qs parens, qui ne tenoient plus à Fla- 
mel , qu'ils pouvoient regarder d'ailleurs 
avec fondement , comme l'Auteur de 
leur exhérédation , le quittèrent. L''Ecri- 
vain 5 de fon côté , les abandonna auili : 
il eft clair par toute la fuite de fa con- 

Diij 



78 Histoire Critique 
diiire , qu'il s'en foucioit fort peu. En 
effet, s'il eût eu qaelcju'actache pour les 
parens de fa femme, qui ne paroillent pas 
avoir été d leur aife , ou pour quelqu'un 
ti'entr'eux -, outre peut-être qu'il n'eût 
pas travaillé à les frufter d'un bien que la 
loi leur donnoit , au moins auroit-il du 
en faire mention dans fon immenfe tef- 
tament. Cette pièce étoit la place où na- 
turellement devoir figurer quelqu'un de 
les neveux. 

Sur quoi donc peut ctre fonde le lan- 
gage aftedtueux que l'on fait adrelfer par 
f lamel à un des enfans d'Ifabelle , Colin 
Lucas fans doute , comme filleul de Nico- 
las-''. On le trouve , ce langage prefque pa- 
ternel , dans un autre traité de l'œuvre 
hermétique, que D. Pernety , Bénédic- 
tin , prétend avoir été écrit en 141 4. Ce 
Révérend Père, 'qui a fourni quelques 
"Mémoires au Critique Licrcraire à l'oc- 
cafion de ce que j'ai dit de Flamel dans 
rElfai, alTure avojr vu ce traité manuf- 
crit 5 qui eft, dit-il , de l'écriture du 
Lettre du femps. Cela peut-être. U dit encore que 
bre 1758.1e manulcrit eiïecru de la propre main 
pags 25^. ^^ Flamel i comme ajoure-t-il , le manuf- 
cric le porte. Cela peut - être encore. 
Un Ecrivain copioit alors des livres ; c'é- 
toit fa profeftîon : il pouvoir y mettre fon 
nom pour fe fiire connoître. Flamel , 
Ecrivain de Libraire Jure de l'Univerfité, 



DE Nicolas FiAME t. 7^ 
peut par cette raifon avoir mis Ton nonl 
au manufcric , qui eft un Pfeautier : 
mais qu'il ait compofé le Traité allégo- 
rique que D. Perneti dit être écrit fut 
les marges 3 c'eft, ce femble, ce que l'on 
ne peut admettre. 

Le manufcric efk _, dit-on , de l'année 
14 14 : Ainfi, en fuppofant pour auten- 
tique le livre de l'explication des figures 
du charnier , comme il parok que le pen- 
fe D. Pernery ^ livre compofé en 141 3 » 
le traité allégorique écrit fur les marges 
du manufcrit, aura été fait dans l'année 
fuivanre. De cette forte les ouvrages du 
Philofophe fe fuivoient de près. En 
avoit-il le temps , au milieu des occu- 
pations que devoit lui donner un bieri 
tout partagé en petites rentes, avec dcs^^ 
procès prefque continuels pour la con- 
fervation de ce bien ? Je trouve qu'en 
14T4, Flamel ^? crier & fubhajler une 
maifon, rue du Cimetière S. Nicolas, 
pour une rente qu'il avoir fur cette mai- 
fon. Il pourfuivit les criées de cette mai- 
fon pendant cette année & dans le com- 
mencement de l'autre. Il acheta encore 
plufieurs rentes , qu'il feroit trop long 
de décailler. La feule année 1414 nous 
fournit de fa part huit ades ; refte de 
beaucoup d'autres qui ne font point ve- 
nus jufqu'd nous. Ces occupations mul- 
tipliées > jointes au travail ordinaire de 

D liij 



5o Histoire Critioub 
notre Ecrivain ^ & aux lenteurs de la 
vieillefTe , ( car ceci fe paffoit fur la fin 
de fa vie ) tour cela lui lailloit-ii aflez 
de temps pour fe livrer à la comporition ? 
Ce qu^il y a de fingulier, c'eil que le 
traité que l'on veut qu'il ait compofé 
pour fon cher neveu,, foit inintelligible. 
On n^ entend rien au traité de Flamel > 
parce qu'il ejl allégorique j dit TAuteur 
i.f. 151. delà lettre, après D. Pernety. Certai- 
nement le Philofophe récompenfoit {on. 
neveu d'une manière fort confolante. Il 
avoic fu lui enlever un bien très- réel , ôc 
il lui en préfente un tout-à-fait incer- 
tain 5 pour ne pas dire imaginaire : fi \ù 
neveu Colin étoit cher a Flamel , il de- 
voir donc lui donner fa confiance , com- 
me il l'avoir donnée à la tante Pernelle > 
&: le conduire pas à pas dans cette opé- 
ration il rifquable. îSlon : il lui préfente 
un ouvrage que les plus habiles n'enten- 
denr point; un ouvrage fcellé, dont il 
garde la clef, &c il lui dit : travaille : 
y ai repéré comme repéreras en ouvrant y 
comme te dirai dans ce livre que je te pré- 
fente ; ainfi Colin , avec toute l'amitié 
de fon oncle , eft condamné par l'oncle 
même , d faire au moins milbrouilleries ^ 
comme l'oncle en avoir fait, à errer par 
les longueurs de vingt cinq années , ^<, 
peut-être miférable fouftleur , delHné 



3-E N t C O t A S F L A' Xr E 1 . 8 1! 

à V enfer , [a) c'eft - à - dire , au feu per- 
pétuel de fon fourneau , & d n'avoir 
cjue de la fumée (3ç ^ts cendres en 
échange du bien qu'il devoir efpérer 
pour gage de l'aminé de fon on^ie. 

J'obferverai encore qû'e dans le peu 
que contienc l'extrait donné par l'Auteur 
de la lettre , on ne trouve pas à la vérité 
des preuves de fauireté aufîî évidentes 
que dans l'explication des figures du 
charnier ; mais il eft aifé d'y remarquer 
que ces deux Auteurs font également peu 
au fait de la véritable hiftoire de Flamel. 
\\s rapportent férieufemenc l'un & l'au- 
tre ces exprelîions comme étant de notre 
Ecrivain , après la more de ma fidelle com^ 
pagne Perennelle^ je me prends fantaijle 
& liefjè en me recordant d'icelle efcrire en 
graçe de toi. Cette manière de s'énoncer 
lembleroit infinuer que ce fur peu après 
la morr<ie fa femme , que Flamel fe dé- 
termina à çoiîipofer l'ouvrage qui dévoie 
faire la fortune de fon neveu. Cepen- 
dant, en fuivant l'ordre à^s dates, on 
voir qu'il y avoir déjà au moins dix- 
fepT ans que Pernelle étoit morte. Après 
une fi longue viduité , on ne s'exprime 
pas 5 comme an fait parli^r.içi notre Ecri- 
yain J.& le langage qu'on lui fait tenir 

{a) A te fer : Les Philofophes Hcrmécii-jne* 
appelk de ce nom le travail inutile, 6c, pour 
ainfi dire, éternel des faux Aichymifles , &Cr 
Did. Myrc-hetmé:. page ii6, 

D V 



Sx Histoire Critique 
ell du moins une forte préfomption qu'il 
ii'eft nullement l'Auteur de l'ouvrage, 
qu'on lui attribue. 

L 

C A P I T R E X. 

Suite des affaires de V exécution du Tef- 
tament de Femelle, Confiance que té- 
moignent a Flamel fes JJJbciés dans 
cette exécution, 

LEs affaires de la fucce/Tion donnè- 
rent encore pendant quelque temps 
de l'occupation a Flamel , & trois Sen- 
tences du Chatelet, toutes trois du mar- 
di 29 Janvier 1597-98, nous en appren- 
nent le détail. Les deux premières de ces 
pièces nous font voir l'extrême con- 
fiance qu'eurent dans la probité de Fla^ 
mel 5 les exécuteurs qui lui étoieot 
allbciés. Ceux-ci , occupés d'autres af- 
faires, ou peu au fait, particulièrement 
le Curé RoufTel , qui étoit plus entendu 
fans doute au gouvernement de fa Pa- 
roi (Te qu'à l'a pourfuite des procès , ou à 
l'examen des comptes ; ceux-ci, dis-je , 
s'en rapportèrent d Flamel dès le com- 
mencement de l'affaire, & l'inftituerent 
leur Procureur irrévocable général & cer*- 
tain meffagé efyécial pour les repréfen- 

ter poursuivre tous plais & caufes 

intentées ayant U trefpajjement de la defr. 



DE Nicolas Flamel. 85 
funte 6* les deffcndre pour caufe de pro- 
priété de rentes d'hypoteques , 6'^. On 
voir ici une preuve de ce que j'ai avan- 
cé : c'eft l'occupation continuelle de Fla- 
mel à foutenir ou à intenter à^s procès 
pour la confervation d'un bien roue par- 
tagé en petites rentes, & de plus à rece^ 
voir àf acquitter toutes créances & arréra- 
ges d'enfans d'efcolle , &c. Ce font les 
termes de l'ade , par lefquels il paroîr 
que notre Ecrivain avoir encore le foin 
de former des élevés dans fon art. 

L'autre ad:e , qui eil: très - étendu , 
ajoute au premier par l'idée qu'il don- 
ne de la probité & de l'intelligence de 
Fiamel \ qualités qui déterminent [es co- 
exécuteurs du teftamenr à lui en aban* 
donner entièrement la direélion j de ils 
prennent , difent-ils , ce parti, . . . ,par^ 
ccque véans que le manis , fumptueux & 
domageable étoit : Et ejl que ledit Nico^ 
las qui fçŒVoit la nature des- chofesfe char- 
geaft & printfur foy le fais cure & dili- 
gence de accomplir le dit tejlament & au- 
tres devoirs. Comme aujji ^ difent-ils en- 
core , pour être le dit Nicolas aucunement 
r-écompenfé d'aucunes mifes & defpent 
caufés par le procès fufcité par Perrier & 
Ifabeau. Les exécuteurs appellert ici ma- 
nis fumptueux & domageable , l'aiïaire 
dont ils fe déchargent , & que FlameL 
prândfur fon compte. C'eft qu'outre plu»- 

D vj. 



S4 Histoire CRiTiQtfF 
fleurs dépenfes que celui-ci avoir déjà 
prifes fur lui , ils prévoioient qu'il lui en 
couteroir encore confidérablemcnr : mais 
on verra par la fuite de l'ade qu'ils rrou- 
verenc un moyen de le dédommager. 

Il s'en falloir de beaucoup qu'il y eue 
des rréfors amalfés chez Flamel, lorfque 
fa femme mourut : ces bourgeois n'c- 
toienr pas même en argent comptant y. 
ou ils en avoient rrès-peu. Epuifcs fans 
doute parles bâtimens qu'ils avoient éle- 
To^ livres vés , par un prêt de cent francs que tous 
loumuis. |ç^ ^^^^ enfemble.ou Flamel feul dans le 
moment de fon veuvage,avoit fairau Roi 
prêt pour lequel il femble qu'il avoir cté 
obligé d'emprunterjde plus la longue ma- 
ladie de Pernelle, tour cela avoit confom- 
mé le peu de comptant qu'ils avoient, 
êc il fe trouva des dettes alTez confidéra- 
bles. Le reftament ayant été déclaré va- 
lide 5 iî n'y eut pas d'autre expédient 
pour Tacquirrer dans fon enrier , & pour 
farisfaire aux dertes , qae de vendre des 
fonds. On s'y réfolut -, mais la fomme 
nécelfaire pour cette exécution difpen- 
•dieufe, étoir forte, du moins pr rapport 
au temps. Par le calcul que l'on fit , on 
l'évalua d'abord à y'i liv. 1 1 den. Ce- 
pendant l'affaire preifoit. On lit dans cet 
T5u i? adte-ci &: dans un aéle de rranfporr , les 
'^^^v.\y)T exécuteurs ne pouvaient finer ^ de la fom- 
me nécelTaire, fans faire prom^um^nt. 



DE Nicolas Fiamel. ^'^ 
cette vente de la plus grande partie des- 
biens meubles & immeubles qui pouvcit 
tourner à grand perte & dommage à icellc 
exécution. 

Dans cet embarras , Flamel Iin-mème 
fe préfente pour êcre l'acquéreur de ces 
biens. Son incérèc particulier cîemandoic 
êec arrangement , & l'exécution y trou- 
voie fon avantage , puifque l'acheteur , 
en travaillant pour elle , travailieroic 
auiîl pour lui. Les exécuteurs reft.imen- 
taires acquiefcenr a la proportion qui 
leur éîoir faite \ & pour former la Tom- 
me nécelTciire, ils conviennent d'aban- 
donner à Flamel 78 liv. 5> fol. 8 den. Sc 
maille parilis des rentes de la fucceflîoii 
dont quelques-unes éioient peu folides y 
hypotéquces fur des maifons & petits 
édifices de peu de valeur ^ demùnrés par 
pièces & comme imitils au rapport de plu- 
fieurs Jurés ^ gens €n ce ccngnoiffans\ 
Cet abandon eft fait pour la fomm*e de 
5 91 liv. 16 fols 4 den. parifis ou ^00 liv. 
comme il efl: fpécifié dans TaCte de vente» 
On abandonne encore à Flam-el pour 
completter la fomme, le mop.tant àes^ 
biens meubles trouvés au décès de fa. 
femme. Quant à lui , il ^e charge d'em- 
ployer à l'acquit du reftament & du co- 
dirille la fomme défi^née : les exécuteurs 
•ccnfentent en meme-tômps qu'en verta 
du don mutuel, il iouilFe par indivis da 



t6 Histoire Critique 
furplus des rentes de la Communauté r 
d'un feptier de bled, de la maifon ôc des 
ouvrons à Ecrivain qu'il entretiendra 
comme ufufruirier. 

Il y avoit dans cette exécution des 
rentes viagères dont on faura dans peu 
le montant. Par l'adte préfent elles font 
deftinées à récompenl'er Plamel des dé- 
penfes dont j'ai parlé, & à^s dommages 
prévus. On lui laifTe donc ces rentes via- 
gères par lui & la dicte défunte conquef- 
tées j tant en bled , en vin ^ comme au^ 
très, ôc il lui eft permis d'en faire a fa 
volonté, fans être tenu d'en rendre ja- 
mais aucun compte aux exécuteurs ou à 
d'îiutres pour raifon de l'exécution, 
ru 19 Tan- Un autre acte , qui pour l'ordre des af- 
^g" ij?7- faireSjfemble précéder celui dont je vienj 
de parler , quoiqu'il foit du même jour , 
c'ell le tranfport que l'on fit à Flamel des 
78 liv. 9 fols 8 den. parifis de rentes di- 
vifées en foixante & fix partis , depuis 
cinq livres parifis jufqu'a cinq fols parifis* 
L'ade paroît curieux , pour fervir d don- 
ner des connoilfances fur le local de 
Paris au commencement du XIV^ fiecle : 
il efi: fort long, & je l'infère parmi les 
pièces. Dans cet adle on voit l'énoncé 
ou la fituation des lieux,. foit de Paris , 
foit des environs , fur lefquels cette 
quantité de petites parties de rentes 
icoienc établies. Les différentes cenfives- 



DE Nicolas Flamel. Sj 
s'y trouvent aiilîî. Le calcul n'y eft pas , 
je crois, bien exacft-, j'ai remarqué des 
variations ou des fautes dans plufieurs de 
ces pièces -, l'inatrentlon des Ecrivains 
qui les ont grofToyées , les y a laiiTé 
gliiïer. (a) 

Parmi les noms qui fe lifent dans cet 
a.6te , ell œlui de Jean de S, Romain ima- 
gier ^ propriétaire de maifons & louages 
mués vers la porte S. Denis -, & ces biens 
tenoient â une maifon fur laquelle Fla- 
mel & Pernelle avoient i liv. lo fols de 
rente. Le Procureur Général du Parle- 
ment de Paris, fous Louis XI, portoic 
le même nom ; étoit-il fils de cet ima- 
gier } Au relie, par imagier on doit , ce 
femble , entendre particulièrement un 
Sculpteur , ou tailleur d'images y commQ 
on appelloit alors ces Artiftes. 

On trouve encore une rente de trente 
fols, placée fur la maifon d'un Pierre 
Hazart , qui aboutilfoit par derrière aux 
murs de VHoJlel du Roi de Navarre» 
Mais le quartier n'eft pas défigné. Un 
Vicomte de M.eaux avoir fon Hôtel dans 
la rue du Cimetière S. Nicolas , &: nos 
Ecrivains jouiiloient d'une rente de 12 

( /ï ) La date défeâiueufe de la mort de Pernel- 
le , eft une de ces fautes. Elle eft marquée dan? 
cet acle-ci en 1 5^8 , quoique le compte de l'exé- 
cution du teftament & la. fuite de tous les a(51:es 
qui font relatifs à cette affaire, ralîurenc pour 
Jk mois d€ Septembre 13^7, 



N: 



SfS" HtstoiîIîCrttiqus 
fols panfis fur une niaifon joignante S 
cet HôreL Le Le£ieur verra dans la pie- 
ce même les autres paiticulariics qui 
peuvent incérelîer. 



CHAPITRE XI. 

Du compte rendu par les exécuteurs du 
tejlament de Pernelle \ & du rien que 
pojjedcient enfemble les deux époux, 

Ous voici aux derniers acfles qui 
aient aé faits dans le rems de la 
mort de Pernelle , pour l'exécution du 
reilament de cette femme. Ils rerminenc 
l'affaire , autant qu'elle put Terre alors,, 
à caufe de la fondation àQS quatre MqÇ^ 
fes , qui ne devoit avoir lieu qu'après 
l'accomplifTement du don mutuel, c'eft- 
à-dire , après la mort de Flainel. 

L'Ade le plus important pour l'objet 
principal que nous cherchons , c'eit-aî- 
dire ^ pour la quotité du bien de no$^ 
Ecrivains , eft le compte de l'exécution 
du teftamenr & du codicille de la défun- 
te , donné par Miles de Rouvroy , Com» 
miiTaire Examinateur. On le trouve ea 
entier parmi les pièces. Mais puifque 
lettre l'Auteut de l'Année îirtérdire veut qu^il 
î'^l' ^U' ne foie pas vraifemblable que liamel 
à fi more n'eut que 300 livres de rente ^ 
& environ 400 livres lois du décès dç 



©E Nicolas Fia M Et. S^ 

Pernelle, je dois , fondé fur cet ade au- 
thentique 5 donner une certaine étendue 
à la preuve de ce que j'ai avancé. On ne 
l'aura néanmoins préfenrement que pour 
le rems de la mort de Pernelle : la iroi- 
fieme Partie de cet Ouvrage donnera 
lieu de mettre au clair , autant qu'il fera 
poflible 5 le bien que Flamei a laide en 
niouranr. 

Le Critique femble croire que j'ai 
parlé avec une précifîon arithmétique. 
Ce n'étoit pas mon deifein. Appuyé fur 
des ades certains , pour éviter trop de 
détail , j'ai déllgné à peu près à quoi ce 
bien pouvoir monter : Selon rinventaire 
fait après la mort de Femelle , ai-je dit, 
les deux époux pouvoient avoir aux envi-^ 
vous de 400 livres de rente : Et convain- 
cu par moi-même de la vérité j j'ai penfé 
qu'en citant l''a<5Ve qui m'éclairoit ^ je fe- 
lois cru. On veut plus de lumière , je la 
donne ; on verra fi je me fuis de beau- 
coup écarté du vrai. 

L'inventaire des biens de la commu- 
naïué , ou plutôt de tous les biens, car on 
ne voit point de réferve en aucun ade 
pourles biens propres que Flamei & Per- 
nelle pouvoient avoir; cet in venraire fut 
commencé aufîi-tôt après la mort de 
Pernelle \ on l'a lu _, &: je l'ai avancé- 
d'après un ade qui l'énonce formelle- 
ment. Il excita pour lors une grande cou- 



5)0 Histoire Critique 
D'une tention -, c'eft ce que j'ai encore rappoî- 
dj^Thie- ^^' £ft-il croyable qu'avec une opération 
le: du 50 ù. prompte , de dans de telles circonftan- 
^j'^^/*^ CQS , on aie détourné , ou de Targenr , 
ou des effets de la fuccefîion ? Le croira- 
t-on de la part de Flamel ? Sa mémoire , 
quoiqu'en ait dit Naudé , Bibliothéquai- 
re du Cardinal Mazarin , qui l'accufe de 
friponnerie envers les Juifs j elî: au-def- 
fus d'un foupçon (î défavantageux. Tout 
dut fe trouver chez l'Ecrivain dans ce 
moment critique. Piiifque tandis que 
d'un coté Tes alfociés dansTexécution lui 
donnent route leur confiance , de l'autre 
Perrier ôc Ifabelle , qui fe préfentenc 
chez lui prefque fur le champ , ne Lui 
font aucun reproche fur fa probité, quoi- 
qu'alfurément ils n'eunfent pas lieu d'è- 
ire contents des difpo/itions qui les re- 
gardoient. 

Quelles font donc les richefTes que les 
yeux perçans &c intéreffcs d'Ifabelle ap- 
perçurent chez fon beau-frere ^ En quoi 
confiftoit tout le bien que poiTédoient 
alors les deux époux ? Le voici avec le 
mains d'étendue ôc le plus de netteté 
que je puis Texpofer. 

Des biens meubles ôc uftenciles de 

* ménage j eftimés par Quatrebaut , Pri- 

feur Juré du Roi , 1 08 livres i 9 fols Pa- 

rifis : encore faut- il comprendre dans 

texte fomme quelques aircrages reçus , 



t» E Nicolas FtAMii. 51 
comme le dit un des ades da 29 Janvier 
1 397-98 j arrérages auxquels on en joi- 
gnit quelques autres reçus dans l'inter- 
valle de cette affaire , qui augmentèrent 
cette femme. 

On feuillette les livres de compte , 
on ouvre les regîtres , & la fomme to- 
tale de rentes perpétuelles que Flamel 8c 
Pernelle poifédoientj foit dans la Ville, 
foit à la campagne , fe trouve monter à 
294 livres , 2 fols Parifis. Il peut y avoir 
lieu 5 ce me femble , d'être étonné de 
trouver chez ces bourgeois des rentes 
viagères ou àviage, comme on parlok 
de leur tems. Ils en avoient cependant , 
&c il eft naturel d'en conclure qu'ils 
avoient voulu rendre leur revenu plus 
confidérable : c'eft un argument contre 
la découverte de la poudre de projeâ:ion. 
Ils avoient donc de ces rentes viagères ; 
mais comme par rapport aux rentes per- 
pétuelles , chez Flamel on ne parloit 
point par mille livres, il en étoit de mê- 
me du viager : 59 liv. 8 fols pariiîs for- 
ment tout le montant de ces rentes via- 
gères, il faut y ajouter neuf poinçons Se 
quatre queues de vin de rente a viage 
( a ) -, de nn feul feptier de bled méteil , 

(a) On voit par le teftament de Flamel , que 
de fou temps le vin valoit ^ & 8 deniers la pin- 
te. Par la fuppata-tion qui a été faire , ces pièces 
de vin de rente , cenfres meliire des environsdc 
Paris , & eftimées au prix de lîx deniers la pin- 



5?1 HiSTOiRÉCRÏTIQtTÉ 

perçu fur les héritages de Pierre Bréval ^ 
Maçon à Rofny , près du bois de Vin- 
cennes (b), Cerre dernière partie de ren- 
ie croit perpétuelle. 

Ces bourgeois étoienr logés , comme 
on la vu, dans la maifon qui leur ap- 
partenoit , & ils n'en avoient point d'au- 
tre au temps de la mort de Pernelle : 
elle étoit double , comme je l'ai dit. La 
moitié avec une des échoppes , fut ven- 
due à Jean - François Tabellion avant 
1429 poiir 14 liv. parifis de rente perpé- 
tuelle. Uautre partie étoit occupée en 
1458 pour le même prix de 14I1V. pa- 
rilis par Pierre Gouffet & par la veuve 
de Guillaume le Comte, Marguillier de 
S. Jacques , dont il fera beaucoup parlé 
dans la fuite -, La féconde échoppe , Ci 
v.T.fJai long-temps inhabitée 5 fut enfin louée 
P^' 40. gj^ 1454» huit fols pariiis par an. 

Tel étoit le bien de nos Ecrivains ^ 
niais celui qu'ils polfédoient avant leur 
mariage , ( car ils en avoient , leur don 
mutuel le dit expreffément ) a-t-il été 
compris dans cet inventaire t c'eil ce qui 
lie fe voie point *, & de quelque manière 
qu'il en aie été, ce bien ne regardant 

te , valoient;, les ncufpoinç::Mis 48 liv. 12 fols Se 
les quatre queues 4^ liv. 4 fols de rente. 

( ^ ) Je n'ai pu découvrir dans routei les pièces 
c^uc j'ai vues le prix auqrîel étoit alors le irptier 
^c bled : pour l'orge ilvaiou enHiS. 16 fols ie 
iepcier. 



DE Nicolas Flamel. 9^ 
poitic ie creufec , fi on l'infere dans les 
lonimes expofées , c'eft une loulaactioa 
i faire fur le tout que l'on va voir. 

II ne tàin pas une longue addition 
pour établir maintenant le montant du. 
revenu dont pouvoient jouir enfembi^ 
Flamel &: fa femme. On voit que , quant 
au perpétuel , il eft au-delfous de ce qua 
j'ai avancé , & au plus de ^^^o liv. pari- 
fis , en y comprenant le revenu qu'auroic 
p^ produire la maifon , s'ils l'eufienc 
louée. Quant aux viagères , dont le vin 
faifoit la plus grande partie , en eftimanc 
ce vin au prix de 6 den. la pinte , com- 
me on le vendoit dans ce temps ^ Flamel 
retiroit de ces rentes 141 liv. 4 fols pari- 
fis : le tout enfemble monte à 471 livres 
ou environ : mais, outre qu'il s'y trouve 
un viager coniidérable , eu égard au per- 
pétuel , on fera attention que l'on n'a 
pas établi dans l'FiTai une fomme fixe. 

Il faut ajourer que ces bonnes gens 
Revoient , & qu'on leur devoir aulïî. 
Pernelle avoir contracté des dettes , 
comme il a été dit. Le com,pte de l'exé- 
cution les appelle clamis ou dettes d'icel^ 
le feue Pernelle, Le mari en avoir con- 
tradé fa part ; elles tombèrent fur U 
Communauté. Leur totalité fe monte à 
j88 liv. 14 fols parifis : cette fomme, 
fi forte pour le temps , eft certainement 
encore un argument contre Jes précen- 



i 

94 Histoire Critiqué 
dues productions du creiifer. Des Alchy- 
niiiles fortunés , comme on prétend que 
ceux-ci Tout été, eulfenr-ils contradé 
âQs dettes aulîî confidérables , des dettes 
criardes i^ car c/aw/i pourroit-ii fignifier 
autre chofe ? Et quoiqu ordinairement 
dettes criardes s'explique par menues 
dettes 5 ce terme s'étend aulîî à des det- 
tes confidérables , dont des créanciers 
pourfuivent avec cris le payement. Quoi 
qu'il en foit, les deux époux dévoient 
De l'aae pl^fi^^^s grands dettes. Leurs dettes ac- 
de vente ou tivcs étoient fottes 5 d la vérité , mais 
Sr^rFla- lîîoiridres que les dettes paflives. Ces det- 
tuel. ces adives font portées à la fomme de 
284 liv. parifis. Ils étoient donc arriérés 
de plus de cent livres , qu'il faut dimi- 
nuer fur la totalité de leur bien, [a ) 

( A ) En I Î99 , année dans laquelle les affaires 
de la fucceffion de Pernelle ont été réglées ; le 
marc d'argent valoir le 17 de Novembre 6 liv. 8 
fols félon la table publiée par Leblanc. 

Par la fuppatation qui a été faire , on a trouvé 

que 100 liv. de ce temps, évaluées au temps pré- 

^ .£• ^j._ fent , où le marc d'argent eft fixé par le tarifa 

rêtc^'^èn'lâ 4^ ^^^' ^^ '■^^^ produiroient aujourd'hui 731 liv. 

Cour desl6/oIs? deniers. 

Monnoyc s Ainli ? ^o liv. parilis de rente du temps de Fla- 
Ic 18 Juin mel r< Pernelle ,. qui font en livres tournois , 
jji^. 411 liv. 10 f Is , ptodairoient maintenant 50ii 

iiv. 10 fols tournois. 

Et 141 liv. pirifis, montant de ce que Flamel 
pouvoir avoir en viager , qui font en tournois 
176 liv. ç fols, don'- croient aujourd'hui 1151 
II f.-ils 5 den. tournois. 

Or, comme les rentes perpétuelles fe conftj 
tuoient alors environ fur le pied du denier dix 



DE Nicolas Flamel. 95 
Ce fut le i(^ de Juin que les exécuteurs 1^99* 
rendirent le compte qui vient de nous 

& peu au-deflbus ; ec qui fera prouvé dans la fui- 
te : en établiiTant ces rentes au denier dix , lia- 
mei a pu fe former un revenu de 5 5c liv. parihs , 
ou 411 liv. 10 fols tournois avec ^^coliv. parifis 
ou 41 iç liv tournois. Ec en ramenant ce fonds au 
taux d'aujourd'hui, il feroit ?0ii8 liv. lo fols ] 
deniers tournois. 

Quant aux 141 liv. pariiîsde rentes viagères , 
ou 17e liv. î fols tour, le fonds que l'on fournie 
pour ces rentes étant moindre que celui que l'on 
(donne pour le perpétuel 5 & de plus, les rentes via- 
gères que pofTédoic Flamel paroilTant avoir été 
conftituées fur deux têtes ; on a eftimé ces rentes 
à If pour cent , parce que cinq pour cent de ce 
temps-ci érant égaux à dix pour cent du temps de 
Flamel , où l'on conftituoit en perpétuel enviroa 
à dix pour cent , fept ôc demi pour cent que de 
notre temps on peut donner fur deux téres , font 
égaux à quinze pour cent. Ainfi le fonds qui a 
fervi à conftitucr ou former les 141 liv. parifis 
ou 176 liv. f fois tournois a pu être de 940 livres 
parifis, ou ii7f liv. tournois, qui feroient au- 
jourd'hui 8^10 liv. 10 fols 9den. tournois. 

En 1'j9^. Revenu de Flamel & PernelU, 



£n livres parifis. 
Perpétuel îjol. 
Viager. 14.1. 



471 



ÎG livres tourn. 


Perp. 


411 l. 


10 f. 


Viag 


17^. 


^r. 




î88. 


15. 



Produir. aujourd'hui 

en livres tourn. 
Perp. «îoii 1. 17 f. 
Viag. 1x91 I. 1 1 f. » 

43141- 8^., 



Fonds qui a fu former les rentes di. Flamel 
en 13^^. 



En liv. parif. 



4i40 1- 



En livres tourn. 
p. le perp. 41 1\ 1. 
p. le viac; 1 17^ 1- 



S5eoi 



Feroit aujourd'hui en li- 
vres tournois, 
p. le perp. jcziS I.:o f. 5 
p.hviag. 8 610 1. 10 f. 9 
1883^1. if. 



Voilà tout le bien de Flamel & de Pçrnelle en» 



96'. Histoire Critique 
foLunii: ii clairement la connoiflance cîu 
bien que Flaiiiel ôc Pernelle polfcdoienc 
eiîfcmble. Le 16 du iiiCme mois, le Pré- 
vôt de Paris le ratifia par une Sentence 
qui porte décharge pour les exécuteurs ; 
ik le lendemain 27 , ces exécuteurs firent 
^înTemble un nouvel a(5le C]ui termine 
cette affaire. Celui-ci contient premiè- 
rement une décharge entière donnée i 
Flamel pour fa geition : on réferve ce- 
pendant un article qui jufqu'alors n'avoic 
pu avoir fon exécution -, il ert: aullî rcfei:- 
vé dans la Sentence de ratification. 

Le tellament de Pernelle établit un 
legs de 1 1 liv. tournois en faveur de trois 
filles , Jehannette laPaquote : Tune d'el- 
les devoir avoir 6 liv. en accroilfemenc 
de fon mariage. Les deux autres , Maline 
& TaJJine Dufrefne , chacune 60 fols 

fembj'e. En même -temps qu'il faifoit au plus , 
taiic en perp;rriicl, qu'en viager, 471 iiv. parifis 
( car c'eit de ces livres parifis, ordinairement en 
ufai»e alors, que l'on a entendu parler dans l'Ef- 
fai fur S. Jacques. ) le tonds de ces bourgeois 
rnonroit environ à 4140 liv. parifis , & rapporté 
à ce temps-ci en livres tournois , il ne monte pa^s 
à 400CO livres. 

Et quand^ pour quelqu'erreiir ou omifTion que 

, l'on auroit taire, il eût été un peu plus fort, il 

cil' certain que Borcl ctoi: bien loin de compte , 

lorfqu'il a cru apperceyoir que les richeires de 

rHcrivain tormeroient à préfent t>/.vi d'un r/iillio/i 

Borcl délivres. Mais comme cet Auteur l'eniend du 

Tréfor pa- bicn que Flamci a lailîé à fa mort , il fera tenips 

gc 164. de nous étendre fur cela , lorfque nous y ferons 

arrivés. 

pour 



B E Ni c o l a s F l a m e 1. 5)7 
rpour le même objec. Ce legs n'ayanr 
pu être acquitté, fiamel en demeure 
chargé fur la parc de la Communauté 
dont rufufruit lui eft laiffé. La quit- 
tance de cette fomme ne fe trouve point 
dans les titres. 

L'A de entre les exécuteurs,. contient 
encore une déclaration exacte des biens 
dont Fiamel alloit entrer en jouilTance 
comme ufufruitier. Il eft curieux de voir 
ce qui lui refta pour fa parc du don mu- 
tuel ; 8c quoique l'ade foit en entier pa- 
mi les pièces, donnons <:ependant ici 
fous un coupd'œilj toutes les parties de 
ce furplus. 

Les dépenfes de l'exécution^ tanc 
pour les legs, que pour Ïqs procès de 
les frais de Texécutien même, furent 
au delà de la fomme de ■y6i livres iz 
deniers à laquelle on s'étoit première- 
ment fixé. Elles font arrêtées dans le 
compte à 829 livres 5 fols 6 deniers 
parilis ; fomme qui fut prife fur la parc 
de Pernelle. Les rentes de la commu- 
nauté qui refterenr , font, fuivant cette 
dernière fentence, 106 livres 6 fols 11 
deniers poitevine, (a) Ainfi la moitié 
pour la part du don mutuel 5 eft de 55 

(^ ) La poitevine , ou picle , ou Pougcoife , 
valoit la moitié de l'obole , 6c partageoit le denier 
cn.Quacre parties. . On l'appelloit picle tournoife 
ouparidsj félonie denier qu'elle partageoit» 
Le Blanc i page 151, 

E 



^S HïS TOIR E C a TTTaUE 

livres 5 fols G deniers de rentes déc^^" 

rées telles quelles & prinfes par part'i^^» 
Elles écoienc en 4S parties. Outre ^^ 
qui avoir été employé des parties ds 
lentes rachetées pendant le cours de l'af- 
faire pour l'exécuàon, il fe trouva 
dexcéden: 185 livres 16 fols parifis^ 
provenues de plufieurs parties de ces 
rentes reinbourlées , qui monroient en- 
femble a 17 livres 11 fols parilîs de 
rente ; la moitié en argent comptant mile 
entre les mains de rufufruitier , fut donc 
91 livres 8 fols parilis : Avec cela la 
moitié de la maifjn , dont on juge du 
prix toncier par celui de la location , 
le petit ouvroir à Ecrivain &: la moitié 
du feptier de bled. C'eil: là toute la parc 
Q3nt Flamel entra en jouiffance en vertu 
du don mutuel j &: avec les 819 livres 
5 fols dépenfés , c'ell tout le bien de 
Periielle. tlamel devoit avoir autant de 
fon côté 

Les réflexions fe font allez multipliées 
<îans cette partie , fans en préfenter de 
nouvelles au lecteur. En vovant ces 
Bourgeois dans une fituation fort ordi- 
naire pour leur tems , il jugera que les 
Auteurs qui leur ont attribué des richef- 
{es prodigieufes j comme la Seigneurie 
de frpt Paroiifes aux environs de Paris , 
avec quatre mille écus d'or de revenu, 
ou bien quinze.-cenc:-milie çcu$ , lu^ 



ronrdebicé que (ql des bmirs qm n'ont 
eu d'autre tondemenc que celui de la 
poudre de projection , <lonc on les a cra 
poifelfeurs j Ez il conclura, ceniefem- 
ble , de Teicpoluion hmple que j'ai fai- 
te de leur bien , comme ce i'efpece de 
médiocrité où ils le font trouvés en 
1399 , quatarze années après la préten- 
due découverte^ (j) que ce qui a été 
dwbité 3c repère tant de tois eit une ù- 
ble , que le goût de beaucoup deper- 
fonnes pour le merveilleux a fait pâlfer 
julqu'i nos jours. 

L'Exécution du reil:ament de Per- 
relle en reil:a pour lors i ce que nous 
avons vu. L'Orionnance, qui regarde 
la fondation des quatre Meiles balTes 
perpétuelles , fut fufpeniue jufqu^iprès 
la mort de Flainel. Cette fo:idation taie 
donc partie des aîfaires qui fuivirenrli 
mort de l'Ecrivain : il fera tems d'en 
parler alors. Dans la partie où nous al- 

'[ a Combien d'aunes richeifes Flamel & Per- 
nelle ne devoien:-ils pas avoir amartees en qua- 
torze années ? i'Auteur des lahUs Eg^pie^jy.es 
6' Grecques dexcilces ., raconte d'après Diodore T. i. ♦. 
<le Sicile , di:-il, des prodiges bien di&rensde Hî , cr- 
ia venu de la poudre^ Symar.dius, Roid'EgA-p-/*»-. 
te , poirciieur d'j grand lecrer, avoir tai: envi- 
ronner ion monument d'un cercle d'or malîît, 
•dont la circonférence étoit de ;c<> coudées, 6c 
chaque coudée éroic ua Cube d'or. S'ur un des 
cotes d-i périltyle d'un palais , qui étoit auprès 
du monument , on \(>\ojt Syrn^Jidiuj qn: ojfroit 
aux DiCHx for ^ rjit^nt' qu'il fasfott tous Iti 



ïQO Histoire Cjiitîque 
Ions entrer-, nous le fuivrons jurqu'àfa 
mort. 

*/25. La fommc en c'coit marquée , & elle mon- 
toit à i^iioooooooo mines. Une Ji grande fom- 
tne paroh incroyable ^ ajoute D. Perncry j mais 
elle ne l'eji pas a ceux qui favent ce que peut 
iranfmuer un gros de poudre d.e projection mul- 
tipliée en qualité aut<tnt qu'elle peut l'être. 

Le Lecftcuu compatcia fans doute les immen- 
fes & énormes cttufions du creulct de Symart- 
dius, avec la ftcrilué de celui de Flaancl, ^: 
il eu jugera. 




DE Nicolas FlAmee. lor 

•ï? 



Il il Mxlî^..;^lc<^ îî II 

SECONDE PARTIE. 

CHAPITRE PREMIER. 

Flamel fait élever une féconde Arcade 

aux charniers des SS. Innocens. Des 

hiéroglyphes quon lui ainibue. 

L'Hiftoire d'un Particulier dont la 
vie obfcure a été renfermée dans 
un petit cercle d'aflaires domeftiques, 
ne doit point fournir des traits aiïez pi- 
quants pour intereifer beaucoup un 
Lecteur : Voilà ce qu'a été Flamel. Sa 
vie ne fut , à proprement parler , qu'une 
fuite d'a6tions communes dont peu mê- 
me font venues jufquM nous. Les feuls 
batimens que cet Ecrivain a élevés & 
fes fondations j l'ont rendu fameux 6c 
forment fon hiftoire. C'eft principale- 
ment ce qui va nous occuper dans cette 
partie , où nous le fuivrons depuis fon 
veuvage , jufqu'au rems où il mourut* 
L'Homme regardé comme extraordinai- 
re , en rendra le détail interreflanr. 

Les embarras & les foins occafionnés 
par l'exécution du teflament de Pernelk- 

E ii} 



loi HîSToiRï Critiqtîr 
étant celfés , Flamel duc rentrer dans fa 
vie ordinaire. Ce qui continua donc à 
l'occuper , ce fut fans doute fes entre- 
prifes d'écriture , la vente des livres ^ 
puifqu'il étoit Libtaire de l'Univer- 
iité , le foin de {es élevés , s'il con- 
tinua d'enfeigner , 6c fingulierement la 
geftion d'un bien toiit partagé en petites 
rentes, comme il a été dit plufîeurs fois y 
ce n'étoit pas la moindre de fes occu- 
pations. 

Mais il en eut une particulière en 

1404-5 5 Ôc quoiqu'on en ait parlé dans 

t(fal,f. VEiTai 5 elle doit être rappellée ici. Jean 

*^^' Perrier, Prêtre,. Bénéficier de N. D» 

ÔC Curé de faine Benoît le bien tourné 

Sent, du a Paris , nomma Flamel pour être l'un 

%'C'Jo^^^^ ^^^ Exécuteurs teftamentaires. Il lui 
donna pour cette gellion des afTociés 
dont la compagnie fit honneur à 
FEcrivnin -, entr'aurres deux Chanoines 
de Paris, l'un nommé ]ean de Saimsy 
qui devint Evêque de Meaux pendant 
le tems de l'exécutian du teitament ; 
rautre , Maître Jean Roland, Amfi il 
paroîr tant par les perfonnes auxquelles 
on voit ici Flamel a(Tbciéj que par le 
choix que Perrier fit de lui , que fi l'on 
trouvoit chez l'Ecrivain de l'honneur & 
de la probité , on lui connoiffoit avec 
cela de l'intelligence dans le manimenc 
des affaires. La confiance q^u'eurent eii. 



DENlCOtAsFtAlt^EL. 16^ 

lui {qs afTociés dans rexécucion du ref- 
tament de Pernelle, jointe à ce fécond 
traie 3 fait preuve que l'homme ne doie 
point être regardé comme un Ecrivain 
qui fimple Arcifan , ne dut qu'à fa mairk 
les prohrs qu'il faifoit. Flamel accom- 
pagnoit la pratique de fon art de la con^ 
noilfance des affaires. C'eft là une 
des fources d'où lui vinrent les pro- 
fits confidérables qu'il fit. Une conduite 
fage & intelligente , en même tems 
qu'elle gagne la confiance , attire des 
récompenfes proportionnées , & plu- 
fleurs fe font enrichis légitimement par 
cette vaye. 

Le goût décidé de Flamel pour les 
bâtimens , goût qui lui aura pro- 
curé chez les Alchymiftes , la qua- 
lité d'Architede qu'ils lui ont donnée ; ^°"^'^-'^^' 
lui fourniffoit aulli l'occafion d'em- 
ployer fes profits 5 auflî-bien que l'ex- 
cédent de fon revenu. Il fut la trouver 
cette occafion , après la mort de fa fem- 
me, comme auparavant. A toutes les 
occupations qu'il avoit d'ailleurs en- 
grand nombre, il continua de joindre 
QQS travaux qui par eux-mêmes de- 
mandent fouvent un homme tout en- 
tier. Dieveim veuf, il agit peut-être 
avec plus de liberté : mais il le fie 
toujours avec plus d'aifance. 

Le Bâtiment qui peut avoir été le pre- 

£iv 



J04 HisTOîRÊ Critique 
mier conih-uit par tlamel depuis la mort 
de Pernelie, eft l'efpece de Maufolée 
que l'on voit à l'entrée des Charniers 
desSS. Innocens du côté de la rue faint 
Denis , vis-à-vis de l'Arcade qu'il avoit 
fait bâtir en 1585;, le Ciméiicre entre 
deux.. Jacques Cohorry dans la préface 
qu'il a faite pour le SoQ-imaire Philo- 
fophique 5 écnr attribué à Tlamel, pa- 
roit avoir fixé la date de ce Tomber-a 
àl'année 1407, (a) c'ed ce qu'on ne 
peur vérifier. Mais comme cet Auteur 
s'efl: , ce femble , trompé fur l'autre Ar- 
cade , qu'il date de cinq années, trop 
tard j il pent .de mcme s'être trompé fur 
celle-ci. ( Z') Et ce qui donne plus lieu de 
le penfer, c'eft que Hamel en 1407 

Blbllotli. ,(^^ Gohoiry qui a fixe une de ces Arcades à 
des Philof. ''année 1407 doit l'avoir enicndu de celle-ci , 
Chym. Paifquon lifbit à l'autre i^,S^. F.t qnand pour 
i74i. T.. Cette autre Arcade, fixée dans la nouvelle Bj- 
i. ^. 161, bliothéque Ciiymique à Tanné 1599, & parGo- 

horry à n9? , on fe feroit trompé , ce que l'on 

ne croit pas ; celle-ci eft toujours poftéricure ; 

Se la datede 1407 , qu'on lui donne , occaiîonneia 

dans peu une remarque. 

{b) Jacques Cohorry appelle le Parifien ou 
le Solitaire, a fait imprimer cniçéi ious le titre 
de Traz/sforwation métallique j un Recueil de trois 
traités d Alchyniie dont le troiiîeme eft le Som- 
maire Philofophiquc. Dans la préface que Co- 
horry a faite pour ce fommaire , il dit N. Fla- 
mcl florijjott l'an 1^95 6' 1407 comme il appert 
en la Vrlle de Paris ei monuments de deux Ar- 
ches oppofites entr elles qu'il fit alors faire. Puifquc 
cet Editeur a été chercher à ces Arcades leteras. 
où Hamcl pouvoi: avoir vécu, il paroit. qu'il 



DE Nicolas F l a m e i. 105 
étoir crès occupé A un Bâtiment conli- 
dérable dans la uie de Montmorency. 11 
paroîc donc que cette Architedure go- 
thique du Charnier ôc tous fes ornemens 
ont précédé l'année 1407, & que ce 
monument eft un premier emploi que 
fit notre Ecrivain du revenu particulier 
du don mutuel. Lui-même commença à 
exécuter ce qu'il femble avoir in- 
fpiré à fa femme , en employant à une 
œuvre pie le bien qui lui avoir été laiifé 
pour fon ufage. Il bâtie une Arcade 
des Charniers -, & en même tems un 
Tombeau pour la défunte. Peut-être 
ëleva-t-il aufii pour lui-même ce Tonio 

ii'étoit point iKftruit d'ailîeurjr _, &: que comme 
bien daurres , il a débité les bruits populaires. 
11 eft remarquable que Duverdicr a copié dans Du'/eràlci;, 
fa Bibliothèque les paroles de Gohorry. La p- 3H- 
Qroix du idzme a fait a peu près de même , la c. du 
mais au lieu de 1407 , date que Gohorry donrie Maiae^ f 
à la fecor.de Arcade, ilaccrit 14C;? , ce qui peut 343. 
être une erreur de chiffre. On.appercoit toujours 
que ces deux Auteurs ont copié le plus ancien. 
Je ne fai (\ Gohorry ne feroit pas au 111 le pre- 
mier qui^, par les faits qu'il a écrit ix: fait im- 
primer fur Fiamel , lui aura comme aiTuré une 
réputation, qui n'avoit été jufqu'à lui que dans 
une tradition incertaine. Rcch le Bailli f\ donc 
on imprimoit le Démojîérîon en isi^ , aurafervi Ty^moCtf 
à confirmer ce que (on Devancier avoit dit. rion, tpic^ 
Celui-ci ou l'Editeur qui a compoié la Préface au Ucti _p. 
de ce Démçjierion ^ pour parler comme La Croix 6. 
du Maine j y rappelle à la vérité la découverte 
du vieux Livre manufcrit, mais il ne dit point 
L'avoir apprife dans le Traité fur les figures du 
Chairdex ; en forte qu'il peut parler enca-- 



10^ Histoire CritiqUi 
beau , puifqu'il s'y effc fait repréfenrer^ 
mais enfuite i! changea cette deftination- 
Les Sculptures qui ornent cette Ar- 
cade ont fort occupé les Hermétiques,, 
il faut en parler. Au vrai de à des yeux, 
qui ne font point enchantés, elles ne 
montrent rien que de fniiple «^ de très- 
. convenable au lieu pour lefquelles elles 
ont été' faites. Le principal objet eit le 
Sauveur. Il effc repréfenté de bout, hé^ 
nifiant de fa droite & tenant dans fa 
gaucho le globe du monde. Le pied qui 
loutient cette fi^g^^re eft orné de deux 
Anges jouants des inftrumens. Trois au- 
tres Anges dont deius tiennent des rou- 

rç comme fonde fur la mémctraïlition : tradition 
qu'ArnauJH' de la Chevalerie aurarccuciliic pour 
faparc.Siquelqu'Ecrivainplus ancien que CCS trois 
Auteurs avoir parlé de yiamel , ils n'cuilcntpas 
manqué de s'en appuier ; c'eft ce qu'ils ne font 
pas, ou du moins je n'ai pu le découvrir. 

Quant aux Auteurs contemporains de l'Ecri-- 
vain , pas un qtie je fâche n'en fait mention. 
Cependant Juvenal des Urfîns, qui entre dans 
certains détails en auroit bien pu dire un mot. 
Faire de l'or, & en faire aulfi abondamment 
que l'on dit que Flamcl a fçu en tirer de fou 
creufèt , auroit été quelque chofc de f\ admi- 
rable &c de. il capable de remuer l'imagination 
de tant d.'hojrrfmes avides de ce beau métal y 
qu'il n'eft pas croyable que l'Hiftorien du 
Rift- de icgne db Charles VI eut tu cet événement. Il 
ChailesVl. avoit, ce me femble, d'autant plus lieu d'en par- 
T. 6. p. 1er que le fecrct qu'on dit que Flamel favoic 
3i8. fi bien garder , ne lailla pas , dit-on encore , 

de tranfpirer de manière à éblouir la Cour , com* 
we. le la^porce Mademoifeik. de Lulf^ij. 



DE Nicolas Flamel. 107 
Féaux 5 {a) environnent la cêre du 
Sauveur ôc formenr comme une gloire. 
Du coté gauche eft Flamel a genoux 
aux pieds de Se Paul , &c Pernelle eft de. 
Taurre coté aux pieds de St Pierre. Ce 
Saint, outre qu'il étoit le Patron de 
l*ernelie y eft là fans doute comme Por- 
tier du Ciel , Jaiùtor Cœli , coiiime oa 
le lit dans Pancienn^ hymne des SS. 
Apôtres^ Flamel, qui eût pu fe placer aux 
pieds de St Nicolas fon Patron , s'efl 
mis aux pieds de St Paul , parce ,qu'il 
s'agifToLt d'une Image du Jugement;. 
Ces Prmces des Apôtres y font repré- 
fentés comme Juges du Alonde , Indices. 
f<zcli. Deux Anges portant aulli des rou- 
leaux , fonr derrière ces deux Perfon- 



nages. 



Au defTous de routes ces Hgares eft 
«ne corniche ou plinte qui les foutienr. 
Elle eft chargée de cinq tableaux de fculp- 
ture. Celui du milieu repréfente la ré- 
furreâiJon des morts. Au côté gauche pa- 
roiiTent deux perfonnes, l'une avec une 
barbe, & l'autre fans barbe^ Toutes^ 

{a) On lit fur ces rouleaux, i Pater Om^ 
nipctens. O ]efu bo?:e, 

Flamd & Pernelle en tiennent auffi : Sur cehii> 
<iu mari on lit , Dde m^Àa qn&feci : Se fur celui 
de la femme , Chijle , precor , efto pius. Les An- 
ges qui Tant derrière eux , diréntfar leurs rou— 
lea'JX , l'un du côté de flamel , ô B.ex fempiterne -^ 
l'autre du côté de PeincUe , f,zl\e , Domine An* 
geUrniTJo 



io8 Histoire Ckj7tq,vt, 
deux, fardes ro uleau.x qu'elles tiennenr 5,. 
prédifent le Jugement. ( ^^ ) A droire , 
deux Anges en annoncent le moment 
par le Surgite mortui , &c. Lei deux au- 
tres tableaux qui fonr les deux extrémi- 
tés delà corniche, font très-myftérieux 
aux yeux des Alchymiftes , ^ fans myf- 
tere à quiconque n'y en cherche point. 
Ce font les fymboles A^s qii.irre £van~ 
geliftes. L'Homme fymbole de l'Evan- 
gelifte St Mathieu, fourenant le Lion 
ailé de St Marc , c'efl le tableau 

( a ) Selon Arnauld de la Chevalerie , ces deux 
Perlbnnages repiéfcnccnt Fiamei &. fa iemme. 
VHo-ûnne dépeint ici -me rejfemole _, tout exprès bien 
.. ern ymiurel ^ de même que la femme figure tr); s ~ 
à fi? ^^' ^'^^'^^^^^^'^^ Femelle. Mais rien de plus concrouvc 
sic f^ 6^9! ^^^ cette repréfentation de Flamel avec de la 
' ^* barbe & dans fa vieillelle , à la différence de 
la Hgure qui eft au deilus où il cil iculpté avec 
' fa £cmmz , félon que ficus étions ^ dit-il encore , 
e?i notre adolefcence. C'ed une explication faite 
après coup pour trouver dans ce tableau un des 
myfteres de la pierre Philofopliaie. En effet , il 
paroît certain que jamais Flamel n'a porté la 
barbe longue ; ce n'etoit point l'ufage de fon 
• fiecle. Dé plus, fi lorfque cette figure a été faite 
environ en 1400 , Flamel eut porté la barbe , les 
Sculpteurs qui vers ce tems &: après on fait fes 
autres figures comme à- fainre Geneviève en 
1404 , à fa maifon de la rue de Montmorency 
en 1407, à l'Hôpital St Gervais en 1411 ; les 
Sculpteurs-, dis-je , n'euiTent pas manqué de le 
montrer au Public tel qu'il paroiiloit. Ccpen- 
pcndant ces figures & routes celles qu'on a vues 
de lui, le rcpréfentcnt fans barbe. Ainii le por- 
trait de Flamel en vieillard avec barbe , eilune 
imagination du Glofeur des figures du Char- 
nicr\, 5c uae nouvelle preuve de la fauifeté de. 



I 
i 



ïi E N I C G I A s r L A M E t7 ICf)' 

àu coté droit : dans l'autre à gauche le 
Bœuf de St Luc de l'Aigle de'St Jean , 

-c'eil: tout ce que l'on doit y voir. 
[â] Sous cette plinre &î. au milieu. 

• font encore trois petits tableaux toujours 
enigmatiqueS'3 félon les Alchy milles. 
Enfemble ilsrepréfententent le Marty- 
re des SS. Innocens , image adaptée à 

toute l'hiftoire. J'en ajoute encore une. Cet 
Auteur ne paroir pa<; moins avoir imaginé lorf- 
quc Car ces niors NicoUs IcUinel & PernellU 
fa fLimne ^ qaon lit ^n Jdîons de ces figures , 

il rai: dire a ion Fniloiophe : Cet écrit ne^ ? • ^*' 

représente fvn on que moi ci ma fe'ûime avons donné 
sette Arche. Si TArcade cit de 1407 , comme l'ont 
cru les A-Uteurs cités ei-deirus, & cchii-ci fans 
" mmte avec eux : Perneiie alors érant décédée de- 
.puis dix ans, comment le mari &: là femme 
enfemble, ont-ils pu la donner } C'cil néanmoins- 
le fens que préfentC la phrale en la li Tant dans 
Touvrags , d'autant plus que deux pages aupa- 
ravant on faire dire a riamel : Elle a ??îoi ... , f. ST' 
avons déccré fept Eglifes y avec pUifeurs réparât- 
cicns en leurs Cyméiicres. 

Quant aux- deux Perfonnagc; dont il efi quef- 
tioHj ils peuvent rcpréfentcr des Prophètes , qui 
prédifent le Jugement. Leurs roulcaiix portent • 
Ilcmo veniet ad judicitim Dei , 8c , ^ vere illa die s 
terribilis erit. Si l'un d'eux cfl une femme , il ne 
le parok point dans la figure qu'en a donné La- 
Chevalerie lui-mém.e. Et la coefFurede ce per- 
fonnage , femble un bonnet oriental , ou un 
chaperon avec boureiet comme on en portoit 
dans ce tems. 

[b^ Puifque Ton apperçoit clairement dans le 
premier tableau les fymbôles de deux dèsEvan- 
"eiiftcs , celadoit aider à décider de l'autre ta- 
bleau qu'on ne peut voir fur le lieu , atrendu 
qu'il eil: couvert. Ainfi les deux animaux fculp- 
tés. tlans ce fécond tableau & repréfentés fut le. 



;ÏT<5 HrTOrRE CRîTrQUfi 

h. ParoifTe fur laquelle le Cimetière efl 
fîtué. Enfin fur la muraille Se derrière 
les grandes figures , on voit deux petits 
cartouches formés par des ornemens 
gothiques 5 dont le vuide eit rempli par 
Î^N. &:i'F. Er fous la plinre a droite, 
un cartouche de m.ême delfein renferme 
une main qui tient l'ccrkoire fymbole 
diftinârif du Bienfaiteur. 

Telle eft toute cette fameufe fculpru- 
îe. On ne demande pas de moi que j'ex- 
pofe ici les fens Hermétiques qu'on lui 
a donnés,, de même qu'à la peinture 
dont elle étoit couverte j^' ornée félon 
le gour ancien : Mais un m.ot fur le 
myftère de l'écriroire pourra faire juger 
(du rour. 

Flamel , fans naiffance Se fans dignité, 
n'avoir point d'armoiries. Les Lettres 
initiales de fon nom Se fon écritoire, 

delfein public par le fieur de la Clievaîerie, 
fenr les fymboiss des deux aurres Evangcliltes» 
L'Animal qui pcutrcpréfenccr TAigledc StJean^ 
eft fans ailes ; mais ou le tems les avoit dé- 
truites , ou elles ont été omifes dans la gravure. 
Il femble encore que cet animal foit repréienté 
avec quatre pieds j c'eft que fouven: on a figuré 
l'Aigle de St Jean fous la Forme d'un Griffon.. 
C'eft fous cette form.e qu'on le voit à un des an-' 
gles de la Tour de Sx Jacques. 

Il faut cependant ajouter que l'on fait donner 
par Flamtl a ces figures, une inrerprétation ap- 
pellce Théologique. Elles rcpréfentent , dit-il, 
les malins efprits, &:c. Le lion infernal qui en- 
Vbve un homme , &c* On pouroii pcuc être s'sa 
uuir là. 



1>E NîCOtAS TlAMïî, TtT 
c'eft ce qu'il croit naturel qu'il prie pour 
fediftinguer. Cependant ne rien trouver 
de myftérieax. dans récritoire de Flamel , 
e^'éroit pour un certain ordre d'Alchy- 
miftes marcher trop uniment. Eux qui , 
au r?;pport de Sauvai , fe diftiUent l'ef- sauv. T. 
prit pour quintefcencLer des vers gothi- ^-f- 57- 
ques 5 des figures ,,. »de ronde boJJ'e ^ . . . 
ou égratïgnées y &c. croient bien éloi- 
gnées de s'en tenir à une explication 
naturelle &: iimple.- L'écriroire , le car- 
touche qui la renferme, auflî-bien que 
ceux de Lettres iniri^es rais à l'aleu^.- 
bic 5 fe font trouvés rranfmués en au« 
tant de vaijjeaux de Pkilofopkie, Je ne 
penfe point , fait-on dire a l'Ecrivain 
Alchymifte , qu'il faille interpréter ce 
vaijfeau de terre a la main droite de ces 
figures ^ dans lequel if y a une écritoire ;. 
ou plutôt un vaijjeau de Fkdofophie yji 
tu ôte Us liens & joins le canon au cor^ 
net, Ny les deux autres femblahles .... 
ces vaijjeaux ne fignifient finon que dans 
de femblahles ( a ) f'ai parfait trois fois ™ , . . 

{a) D. Peiuety, dans fon Ouvrage fur les^^'' 
Tables Egyptiennss , dir que /fi Phbfophej fai- 
foient enjcrte de faire entrer le Vafe de V.Aiidaiis 
leurs allégories 3 de manière qu'en n'eût pas Is 
moindre foupf on fur l'idée qu'ils en avaient. Il a 
donc fallu trouver le Vaje myfterieux dans le • 
monument de PlameL Delà eft venu la belJe mé- 
tamorphofede l'écritoire en fourneau. Dom Per- 
ne:y ajoute , tantôt c'était une tot:r , tantôt un 
navire^ &c. Ilamel la reprsfente dans fes hiétû'- 
gliphes fous la jiguTS d'nneécrimre^. 



tT2 Histoire Critique 
le Magijlere. Néanmoins comme le 
Glofeur hermétique fe méfioit de {on 
incerprétacion^ il ajoure :• Qui voudra 
dujji croire que fui mis ces vaifjeaux en 

jorme d'armoiries quil le croye ^ 

s'il le veut , parce que toutes ces deux 
interprétations font véritables. Des deux 
interprétations il n'y en a fans doute, 
qu'une véritable, & c'ell la dernière : 
l'Ecritoire relie écricoire 6: le figne de 
l'Ecrivain. 

C'efl: ainfi qu'un certain Pierre Loi- 
fel, Cordonnier , s'eft diftinguc par une 
botte pofée en pal dans un éculfon. Ce 
Cordonnier fournit de fon vivant à la 
dépenfe à^s bâtimens du Chapitre & de 
de la Sacriftie àes Chartreux de Paris. 
-Sa femme Marguerite, morte en, 1 3 3 1 ,. 
fut la première inhumée dans ce Cha- 
pitre *, & Loifel le fut en 1 3 43 . On voit^ 
L.B T. dit Mr le Beuf ,yz^r leur tombe un écujfon 
2'f* '84. ayjj2t une botte en pal, chargée fur le haut 
de la geîiouilUere d'un petit oifeau , ac- 
compagné en chef de deux autres oi féaux. 
Un Cordonnier contribuer alfez confî- 
dérablement au bâtiment du Chapitre 
& de la Sacriftie des Chartreux pour 
y être inhumé avec fa femme l II avoic 
trouvé la pierre Philofophale.] La: 
botte que porte l'éculfon que l'on voie 
fur fa tombe, eft l'emblème du triple 
vaiifeau. Comme à i'écncoire de FlanieL 



rrE Nicolas FlAmei. rrj 
©n y trouve trois parties , le pied , le 
corps de la botte , la genouillère. Les 
oifeaux qui paroilTenc en forcir, ce font 
ks efprics qui s'élèvent du vaiffeau de ^^^^^^^^J^ 
■ Philojophie j c'eft volatifation ou fMi- chard. p, 
.mation. Mais pour revenir au vrai , la ^^' 
-botre eft le figne diftindtif de Loifel 
Cordonnier. De mcme l'écriroire eft ce- 
lui de Fiamel Ecrivain , 6<: pas davan- 
tage, {a) 



C H A P I T Pv E IL 

Suite des Hiéroglyphes attribués à Fla^ 
mel, 

LEs fculprures de l'Arcade qui eft au- 
lieu où l'on croit que Perneile a 
été inhumée, ne font pas le feui objet 
du Cimetière des Innocens qui ait oc- 
cupé les Hermétiques. Ils fe font en- 
core attachés à une Procellion que Fia- 
mel, dit- on , y avoit fait repréfcnter ; de 
plus, aune figure peinte que l'on nomme 
V Homme tout noir ^ dont j'ai déjà dit E>-P'îc./'; 
quelque chofe , & enfin a un écuflon^^* 
fymbolique que l'on y voyoit ei-devant. 
Notre Ecrivain aimoit à faire travail- 
ler les Sculpteurs 6c: les Peintres : Mais 

f ^) Il fubfif^e encore fur un des bauans de 
la Porte de St Jacques que Plamel a fait bâtir-, 
un. peut écuilon en ogive où fe voie l'écritoire.- 



ÏT4 Histoire Cn.iTic^tJÊ 
comme chez lui tout fe porroir vers k 
dévotion , aiifli routes fortes de fujets de 
piété étoienc de fon goût. Edifié vrai- 
îemblablement de ce que par un ufage 
qui n'eft pas encore aboli dans certai- 
nes Paroi{Fes , on alloit le jour même 
de Pâques au Cimetière j où Ton chan- 
toit le Répons Credo quod redemptor 
meus vivit y il voulut apparemment faire 
repréfenter ces Proceflion s, ou quelques 
autres. Et pour aniiïïer le Fidèles à af- 
iifter avec piété à ces fainres cérémo- 
nieSj Flamel crut que deux petits vers 
feroient bien placés fous cette Image ^ 
il fit donc écrire : 

Tlid. f Moiik plaift à Dieu Proceflion 

•87. 
*" S-'eile eft faite en dévotion.. ( a) 

Ce que difent clairement ces vers , eft 
fans doute tout ce qu'entendoLt le dévot 
Auteur de cette peinture :. Mais on eft 

(^) Si Ton en croit l'Auteur des Tables dévoi- 
lées , Flamel a pxis l'idée des Proceilions qu'il lie 
peindre au Cimetière , turceJks que faifoicnc les 
Payeas dans leurs cérémonies pour l'enlèvement 
T. 1. p. de Proferpine. Le quatrième jour de la fc te de 
fSy. c?"/. ( Profcrpine, ) dit-il , des bœufs trainoient par les 
rues un chariot dont les roues etoimt faites ccmmt 
des tambours . . . ..parce qu'elles reprefent oient //* 
forme du matras Philofophique que ¥lamel com- 
pare a U7ie ecritoire. 

Mais les roues du chariot de Profcrpine />v)!;^j^ 
muées en matras ^ auront: , ce fcmble , le fort de 
J'écritoire vaijfeau de Fhilofophie. Les Anciens fé 
fa. voient d'une efpece de chariots aoimncs rHjr 



CENrcOtASpLAMEI. IIJ^ 

Bien loin de compte. Ces vers font une 
énigme , ôc en voici le mot. Ainfi qu'une. 
Proceflîon doic être faite avec piété , le 
grand œuvre veut de même qu'on pro- 
cède avec dévotion :C'eft un travail qui 
plaît beaucoup à Dieu Ci on le fuit pieu- 
îement» Telle eft Vallufion ; ]^ Vai mis 
Ik tout e.'^prês y fait-on dire àFlamel^ 
pour les grands Clercs qui f entendront^ 
C^ejl quajl le commencement du Livre 
du Roy Hercules , traitant des couleurs 
de la pierre y intitule V Iris y en ces ter^ 
mes y Operis ProceJJlo multum nature 
placet. Heureufe explication d'une fine 
allégorie l En voici une autre : C''eft celle 
de rUomme tout noir. 

Cette figure étoit encore autrefois une 
énigme qui exerçoit les Hermétiques. 
Il faut voir ce qu'elle pouvoir fignifier. 
Gohorry qui en parie dansfes remarques 
fur la fontaine périlleufe 5. ne ditpoinc ^^^ 

tiques , dont les roues appellées tympana^ tam- 
bours , étoient pleines & fans *^ rayons , afin 
d'avoir plus de réiîftance. Ces chariots à roues 
pleines 3 éroient en ufage à la. Campagne & à la- 
Guerre : On les employoit peut-être dans les cé- 
rémonies de Proferpine, comme plus convena- 
bles à la folemnité de la Reine des lieux des ténè- 
bres : l'élegancc ou ta recherche convenoit-elle 
dans une fête lugubre qui fe fa{bit en partie pen- 
dant la nuit ? 

On voit dans le Receuild'eftampes intitulé .4^- 
jnirandfi 'Roman, anîiqmt. veji'gia , la forme d'un V,,^'* 
de ces chariors ruftiques à roues pleines, ag- ^ ■•j-i''^î' 
peildes par l'Editeur, tym^ana^. 



fi^ HrsToiiiE CriticIue- 
qu'elle fCit noire ^ il la caraderife feil^ 
lement , un des perfonnages fait peindre 
par N. Flamel en un des Charniers des 
SS, Innocens à Paris, Ainfi, n'y a-t-il 
pas lieu de croire que La Chevalerie, 
ou TAureur de l'explication des figures 
quel qu'il foit,qui fait dire à Flamel qu'il 
a fait charhonner & peindre grcjjierement 
un kcmrne tout noir y n'en a pris l'idée 
que de l'écar où il a vu de fon tems le 
perfonnage qu'il désigne. Lat- peinture 
alors obfcurcie & falie par les vapeurs 
de plus de deux fiecles , lui a paru tou- 
te noire : Et comme dans le grand œuvre 
une des opérations porte au noir : c'en 
a été alTez pour faire une énigme de ce 
perfonnage. Cejt le Vieillard à tête noire ^ 
le Globe noir y le Corbeau dont il faut 
couper la tête. 

Gohorry ajouce que le perfonnage ve- 
garde l'autre coté où font les monftres j 
c'eil:- à-dire, l'Arcade où font les fculptu- 
res. La Chevalerie dit qu'il regarde droi- 
lement les hiéroglyphiques. Que le Pein- 
tre, ou le Charbonneur ait été a (fez en- 
tendu pour fixer les yeux de cett^ pein- 
ture grolîiere fur les fculptures a quatre- 
vingt toifes d'éloignement , & mieux 
encore fur un petit cadre d'environ deux 
pieds, ou qu'il n'en ait rien été; cela a du 
être dans l'idée de ces Auteurs. Il 
fhlloit joindre emblème à emblème. 



p-E Nicolas F l a m e t. T17 
"Le perfonnage , ajoute Gohorry, éreii- 
^ûic les bras 5 Se les deux Auteurs en- 
Jemhle difent qu'on .lifoic fur un rou- 
leau , 

Je vois merveille dont moult je rnesbahis, ^^^^ ^^' 
De quelle merveille ? En voici une ^'^^ •■ Je uou 
double explication. Cet homme noir ^ dit 7Jmji%j 
La Chevalerie , peut aujjl bien crier mer- ejbaiù, 
veille de voir les œuvres admirables de 
Dieu en la tranfmutation des métaux , 
qui font figurées en ces hieroglifiques 
qu'il regarde attentivement _, que de voir 
enterrer tant de corps morts qui s'élève- 
ront hors de leurs tombeaux au jour re- 
doutable de leur jugement, LailFons Je 
premier fens aux Hermétiques : Le fé- 
cond eft naturel , on peut s'y tenir. 
Flamel avoir fait peindre plufieurs/^^r- 
Jonnages à .l'Arcade de la rue de la lin- 
gerie. On en difdnguoit un qui fuivanc 
Lancienne mode où Ton faifoit parler les 
figures par des rouleaux, en avoit un au 
rour de lui chargé de l'infcription que 
l'on vient de lire. Ce perfonnage au 
moyen de fon rouleau rendoit raifon de 
rétat de furprifedans leq-jeHlparoiffoit. 
C'étoir d'une merveille qu'il apperccvoit 
devoir s'opérer. Tant de morts jettes 
en terre pour en forcir révivifiés a la fin 
des fiecles. Merveille digne certaiae- 
mertt de l'exclamation exprimée fur le 
. Iiouleauj pc figurée dans le gefte do^ç 



ïi8 Histoire Crittq.us 
on avoir anirié la figure. 

Voici cependant une autre raifon de 
laTurprifeôc de lexclamarion dnperfon- 
nage. Celle-ci efl peut-être la véritable* 
Ceft Gohorcy qui paroîc la fournir. 
Auprès de cette peinture on voyoit des 
lames ou plaques fur lefquelles étoienc 
tepréfentces une éclipfe de Soleil &z de 
la Lune , & uneplanetce que Gohorry 
défigne par celle qui diftingue l^énus. 
L'acclamation de rhomme3&: fans doute 
en même-tem-s de ceux qui l'accompa- 
gnoient,puifqu'il n'étoitpasfeul, n etoic- 
elle pas occaSonnée par ces fignes } Et 
ces lignes ne repréfentoient-ils pas ceux 
qui précéderont le jour du jugement ^ 
Hamel qui avoir fait fculpter au tom- 
beau de fa femme le Jugementvdernier , 
fit après coup peindre à cette Arcade 
qui étoit aulîi fon ouvrage, lesfîgnes, 
<^ui 5 félon l'Evangile, jetteronrles hom- 
mes dans l'effroi 3ux approches de ce 
grand jour. C'étoit Id une peinture très- 
alLortie à un Cimetière , & une raifon 
naturelle de faire crier Je vois merveille 
donc moult je rnesbahis, (a) 

Ce ne font pas là toutes les envielop- 

U'id. p. î7. ^ ^ ^ ^^ Chevalerie parle aulfi <ic trois plaques 
dg fer & cuivre doré . . . . repréfentar.s la fainîe 
Paj/ton 6' Réfurreciton du Vils de Dieu. Cciles-ci 
pourroicnt bien ccre les mêmes que celles donc 
Gohorry fait mention. Le Soleil s'ccant obfcurci 
« la mort du Sauveur, on l'avoic iîgurc aulU-bica 



CE Nicolas FtAMEi. ii^ 
pesde la fameufe pierre que l'on voyoic 
aux Charniers. Un écuiroii fingulier BoreiTrer. 
■donc il y a une gravure, tourniffoic en-^'*^"^' 
core le fujet d'une protonde méditatioQ 
aux curieux Alchymiltes. L'Ecrivain , 
<lic-on 5 avoir fait reprtéfenter cet écuf- 
fon à la même Arcade du côré de la 
rue de la L ingerie. Que lîgnihoit-il 
pour lui} la defcription que je vais ea 
donner en fera décider. 

Une croix partage réculTon 3c porte 
comme fur le tout une couronne d'épi- 
nes 5 dans le centre de laquelle ell un 
cœur chargé de larmes d'où s'é- 
lève un roleau. Les quatre parties de 
reçu contiennent les fymboles des qua- 
tre élémens •, Dieu qui y préfide , efl: 
£guré dans le premier quartier par des 
caraderes hébraïques , mais mal tracés , 
fi l'on a voulu écrire [en'\n^{b) n'eft-ce pas 

que la Lune que l'on faifoit aulTi paroître dans les 
anciennes repréfenLarions de ce Myitère. Si ce- 
pendant ce ibnc d'autres objets, La Chevale- 
rie eft ici en défaut. Le Soleil 6l la Lune Hgu- 
rent trop bien dans la Procelllon du grand œuvre 
pour que liamel décrivant les ornemens qu'il 
avoit fait mettre à cet endroit , ait manqué d'en 
parler. Peut-être ces plaques ne fubkiloient-elies 
plus déjà au tems de La Chevalerie. Borel parle BorclTrcf. 
de quatre plaques qu'il dit avoir été arrachées , ?• i^** 
dont , ajoute-t-il, on voit encore les marques it ou 
eUes ont été arrachées. 

[è] Deux images de l'écufTon que j'ai €n main 
repréfentent différemment ces caractères hébrai- 
ques , & on ne reconnoît ni dans l'une ni dans 
i autre le n?rr« Dans l'une (juieft uoe gravure, il« 



i 



ï 1(5 Htstotre Critique 

Iq monde créé par le Tout-puiirant dc 

racheté par Jefiis Chrifl. 

11 y a plus. Dans les quarre élemens 
fe croLivenc les fymboles du Jugement. 
Le fécond quartier eft chargé <l'iine nuée 
fur laquelle on voit une trompette , un 
dard, & dans le milieu une palme 
avec une couronne j cela dénote la 
trompette du Jugement , la récompenfe 
«3c la punition. Le troifieme quartier re- 
préfente la terre & des épis qui s en 
élèvent : figure remarquable delaRé- 
furredion. Le quatrième, des globes 
de feu, fymbole des flammes érernel- 
ies. Quant au premier quartier, on y 
voit une nuée obfcure vers TEnfer , la- 
quelle dardant des rayons de feu , eft 

font mai rendus. Dans l'autre qui efl: undcfîein, 
on peut y lire nn"t'" ou nnn Et comme le mot hé- 
breu eft place dans une gloire, fi Ton prend 
pour Ja première le^^on , la racine "tnn il peut 
lignifier un cri dc joye , vox cvantium : celeuf- 
rna. Ce qui revient a ces paroles du Pf. 49. exul- 
îabunt fayicïi in gloria. Si l'on s'arrête à la fé- 
conde ,lc.ç on- qui paroît la véritable, la racine 
doit écre tth gloijicavit y honoravit Sec. &i1in 
glortofus decorafus. C'eft l'état de gloire où 
" font élevés les bien-heureux : Mais par rapport 
à cet Hcbi eu qui tient un peu du Savant, n'eft-ce 
pas encore trop attribuer a l'Ecrivain Flamel î 
On lui fait dire dans fon HUloire qu'il n'avoit 
appris qu'un peu de Latin. Comment donc a-t-il 
f' '*7' .pu s'imaginer de faite tracer fur fée. ilbn en 
quçftion un mot qu'il ne devoit pas entendre, 
.ui même en lire les caraéleres ? C'cft ainti que 
tout eft concrouvé dans cette belle Hiltoire. 

lumineufe 



foE Nicolas Tlamee. ^li 

lumineiife par-delfus avec les caractères 
iiébraïqaes donron vient de parler j c'elî 
Ja gloire da Ciel. 

Les Alchymiftes qui , comme on la 
vu , veulent trouver dans nos plus hauts 
inyilères leur pierre miraculeule , favenc 
encore attirer à eux toutes ces allégo- 
ries : mais le bon Flamel afTez fin pour 
{es intérêts , avoir-il de ce coté les yeux 
fi perçans ? Je croi pouvoir dire qu'il n'al- 
ioit pas Cl loin , & que tout cet ouvrage 
en formera la preuve. Si cet homme 
dévot fit jamais ufage de cet éculTon, 
ce fut fans doute, parce qu'ayant trouve 
j'image pieufe , elle lui parut en même- 
tems convenable au Charmer dont il dc- 
ceroit une Arcade. ( a ) 

En effet , s^il eft vrai , comme l'ap- 
prend encore une note imprimée à côté 
de la gravure de cet écuiTon , qu'on le 
voyoit auiîi aux pieds de plufieurs ima- 
ges de St Thomas d'Aquin , (h) notre 
hqmme qui vivoit un peu d'emprunt, 

■ (a) Borel dir page 164. : Il y aujfi un écuffon 
chimique de Lui à un pllter de St Innocsm dont 
Mr l Agneau Médecin a mis la figure dans fon 
harmonie chimique. 

[ ^] On cite 1 Ecole de Théologie des Corde- 
liers de Paris , uae des vitres de la chapelle de 
Se Thomas d'Aquin aux Jacobins de Paris, &: 
plufîeurs autres dans diiférens endroits. Il y a 
quelques variétés en:re l'écuffon attribué a Se 
Thomas & celui que l'on donne a Fiamcl. Une 
première j que la couronne d'épines ne fe trouve 
pas dans le centre , mais qu'elle environne l'c- 



Vil Histoire CaiTiatri! 
le trouvant fi bien placé , a tout natu- 
rellement été conduit à le prendre pour 
lui, coiTime il s*q(\. approprié les deux 
petits vers qu'îl avoir fait graver fur un 
pilier de fa maifon. 

Mais puîfque cet écuflTon fymbolique 
nous fait nommer un faint Docfteurque 
l'on a vou'U merire dans la cialîë des 
Philofophes Kermétiques-, l'Ange de 
l'Ecole raiiLoit-il réeliemsnt compofé, 
&c y enre-idait-îi le Hn qu'y trouvent les 
Alchymiftes j lUen ce ferrible, n^ répu- 
gne à pcnfer que pdifqa'on en a, dir-oa , 
orné les images du faint Docteur, il 
pourroit bien en erre fauteur. En efter, 
le Douleur Angélique , plein de mépris 
pour les grandeurs de la terre , avoic 
fans doute oublie jufqu'aux armoiries des 
comtes d'Aqiùn : il prit pour les Hennés 
la Croix de . efus-CKrift avec fa couron- 
ne d'épines, l'our fe foucenir dans ce gé- 
néreux mcoris du (iecle j la vue du ter- 
me de cette vie comme de celui du 
monde entier, lui parut une image uti- 
le _, il voulut l'nvoir fous fesyeux, il 
en fit comme un fceau ; &c ces paroles 

cuiTon : Vnc autre zP: q.ie ce font de*; ctoiIc$ 
qui tienn!nt la place des riractcrc^ hébraïques. 
Cci c-oilcs figurer^; aulii forr bien les Bienhcu- 
Dar.îfl , reux dans la siloirc. Qyajî ftilU in perpetusts 
c. I». jit'rniînres. 11 y a encore quelques autres diffé- 
rences; mais le fjnicft ic niiins;, & l'on voit 
que l'un clt copié fur i'autrr. 



DE Nicolas Fiamhi. îi^ 
m Deiicéionome , Utmam novtjjlma ds^.c. 
jproviderent ^ en ftirenc comme la Lé- ^^* ^*^^' 
.gende. [a] 

C'ed U , je crois , tout ce qui fe peut 
dire fur cet écu(Ton par rapport au Doc- 
teur Angélique. Peut-être cependant n'y 
penfa-r-il jamais , 6c cette allégorie qui 
renferme , dit-on , tous les myileres de 
la pierre , peut bien lui avoir été attri- 
buée par quelqu'ancien Alchymifte. Ce- 
lui-ci perfuadé que le faint Dodeur 
inftruit par le Bienheureux Albert avoic 
poifédé le grand fecretj {b) aura cru ho- 
norer l'image du Saint. Mais vouloic 
ainfi placer l'Ange de l'Ecole dans la 

[ ^ ] ^ Ces paroles du Dcuteronome font écrites 
au Jelloas de réculTon que l'on dit avoir été 
placé aux pieds de l'image de St Thomas. 

(_b) On trouve dans un petit Recueil des por- 
traits des principaux Pliilorophes Hermétiques , 
celui de St Tiiomas d'Aquin. Ce Saint eil placé 
suprès d'un monticule ouvert , d'oii forte nt des 
vapeurs accompagnées de deux caracleres chy- 
miques. Au dellus du mont on voit un hom- 
me tenant des tenailles auprès d'un fourneau 
où eft un creufct. Au bas de l'image font ces 
vers. 

Angelici Thomas nomca Doflorishabebac, 

Doclrina toto clarus in orbe fua. 
Illius Albertus Magnus Prxccptor habetur 

Hinc chymicx célèbres hauferat arcis opes. 
Ex vivo argento proprio cum ful^'hure mixto 

Ceu uatura Ars fie cuncta metalla pariu 

Fij 



ii4 Histoire Critique 
claife des Hermériques , bien loin de 
l'honorer, n'elVce pas plutôc lui faire 
une injure ? Le ferviceur de Dieu qui 
certainement méprifoit l'or, & n'éroic 
occupé que de l'étude d'une Religion 
qui ne prêche que ce mépris , auroit-il 
perdu un tems , qu'il employoit fi uti- 
lement d'ailleurs , à une recherche pref- 
?ue toujours enfantée par la cupidité ? 
amaisilne le fit, de jamais fa plume, 
toute confacrée à répandre dans l'Eglife 
une brillante lumière, ne fut employée 
d écrire les Traités que l'on trouve avec 
fon nom dans des Receuils chymiquesî* 
Vie de Se Pour rcjetter avec indignation ^ dit 
d'Aquin,p. le R. P. Touron dans la favante viedu 
7^^- faint Dodleur qu'il a publiée, toutes 

CCS mauvaifes pièces quon ne fauroit 
lut attribuer quaux dépens de Véquitc 
& du bon fens ... il fuffit de dire quel- 
les font remplies de fables ^ de puérl^ 
lités , de fuperjîitions ; faint Thomas 
nen ejî donc pas fauteur. ...Le fervi^ 
. leur de Dieu & Vimpojleur qui lui a 
fuppofé de tels ouvrages ne fuivoient 
certainement pas les mêmes maximes. 
Ils ne fe conduifoient pas par les me- 
mes principes. Je ne fai fi on peut 
dire quils av oient la même Religion. Je 
finis cette difgrefiion occanonnée par 
hécuiïon fymbolique , 6c je reviens à 
Fkmel. 

S'il y a lieu d^crreiurpris aue l'on aie 



ï>E Nicolas Fiamel. iiy 

pQ croire l'Ange de TEcole Auteur de 
livres Alchymiques, il peur n'en être 
pas tout-à-fait de même par rapport à 
l'Ecrivain. Des gens pleins de l'idée de 
réuflir dans l'opération du grand œuvre, 
êc d"*)^ trouver un moyen sûr de s'enri- 
chir , ont pu facilement penfer que Fia- 
mel qui, fans naiffance & d'un érac obfcur 
s'étoit élevé avec éclat, non-feulement 
pouvoir avoir tenté fortune de ce cô'é , 
ôc qu'elle lui avoit été favorable; mais 
encore par une fuite de cette première 
idée, qu'il pouvoir bien être Auteur fut 
cette matière. Comment en effet l'Ecri- 
vain qui avoit toujours la plume a lamain, 
qui dans fon état pouvoit s'être fomé â 
écrire de lui-même, n'auroit-il pas été 
engagea faire part à quelqu'ami dos prin- 
cipes du grand art ? C'eil ce qu'on a pu 
penfer. Mais s'il paroît prouvé, comme 
je le crois, que jamais Flnmel ne puifa 
dans un creufet l'or qu'il polféda _, jamais 
auflî il n'a eu lieu d'écrire de lui-même 
fur un fujer qui demandoic un homme 
bien différent de ce qu'il a écé. 

On fait déjà , ce me femble , à quoi 
s'en tenir fur le Roman publié en i6ii 
par le Gentilhomme Poitevin. J'ai aufÏÏ 
parlé des notes fur le Pfautier manufcric 
queD. Pernety dit avoir vu. Pour les at- 
tribuer à Flamel il faut d'autres preuves 
que celles qu'apporte TAuteur de 1'^- 

î iij 



I^iWl. 



TX(j HiS TO I R E Cr.it IQU E 

née Littcraire : Mais il y a bien d'au- 
tres ouvrages fous le nom de 1: lamel *, 
& Borel en fournit un Catalogue af- 
fez long dans fa Bibliothèque chymi- 
que. 

Un des principau:c eft le Sommaire 

Philo fophique , appelle autrement ^ dit 

Borel 5 le Roman de FlameL Eft-ce parce 

que cet ouvrage a paru un Roman , &: 

c]ue les Philofophes, dit l'Abbé Len- 

gler , n'en tirent aucun fecours , qu'il 

a reçu cette belle cpirhere ? Quoiqu'il en 

Manget , foit , cet Ecrit qui a ccé traduit en Latin ^ 

J/'^' • eft en vers François, & le lan^noe con- 

X.i^.3<58. Vient aiiezaceiui du règne deLharlesV f» 

( iz ) Le froncifpice porte r Le Sommai^ 

rc Philofophijue de Nicolas FlameL 

(a) yolci la conclujion de cet Ouvrage., 

Dant prierai l'Haut Crtateur 
Qu'il doint la grâce à tout bon cœut 
D'Alchymïftcs qui' font fur terre. 
Brièvement le poulet conqbcrre. 
Pour puis en être alimenté 
Nourrie très bien fubflanré , 
Comme ce peu qu'ici déclare , 
jMc vient du haut Dieu notre Perc 
Qui pour fa bénigne bonté ,. 
Le m'a donné en charité : 
Donc vous fais ce préfent pet^t; 
^fia que meilleur appétit 



* E Nt CO L A s F L AME L. \ ly 

C'efl tout ce qui déhgne rFcrivain , 
& c'eft de-lifans doute qu'il aura mérité 
le nom de Pocte. Mais le litre feul eft- 
il une preuve quellamel foit l'Auteur " 
du Livre. Dans ce cas faint Thomas 
d'Aquin auroit compofé les Livre? que 
nous venons de voir rejettes avec tant 
d'indignation par un favant Ecrivain. 
Quant à l'Ouvrage dont l'étendue efl 
de ^5<j vers, on peut alTurer que pas 
un mot n'y défigne avec certitude. l'Au- 
teur d qui on veut le donner. 

Ajoutons que félon Borel cette pièce ., Eorei 
eft au fonds dd rOpufcule du Trévifan , chym!'*' 
c'eft-à-dire apparemment, un fommai- 
re de ce que le Trévifan a enfeigné. 
Y a-t-on penfé en l'attribuant à Flamel \ 
De Dodleur qu'il devoit être certaine- 
ment \ lui qui dit ^ f ai parfait trois fois 
le Magiflere , ^ qui après ces trois réuf- 
fites devoit être en état de donner lui- 

Aycs cherchans & fjivans train , 

Qu'il vous montre foir & matin : 

Lequel j'ai mis fous un Sommaire, 

Ahr\ qu'entcucl:cz mieux l'affaire 

Selon des Philofophes figes, 

Les dits , qu'entendez, d'avantage. 

Je parle un peu ruralement : 

Par quoi je vous prie humblement » 

De ra'excufer & en gré prendre 

£t à fore chercher toujours tendre. 



îlâ H rS T OT R E C R I TÎQU-* 

même d'utiles leçons _, on en fait un 
copifte , un plagiaire ^ puifqu'il ne nom- 
me oint l'Auteur qu'il exrrait. Cepen- 
dant s'il paroit étrange que fon nom fe 
life cl la tète de ce fommaire , c'eft vrai- 
femblablement que l'ouvrage enfeveli 
dans la poufliere d'une Bibliothèque, 
s'eft montré fans père d quelque fure- 
teur Alchymille , peut-être a Gohorry 
qui le premier l'a fait imprimer en i ^6i:, 
( tz j tt celui-ci y ou au moins quelqu'au- 
tre qui l'avoit rraiifcntj fans trop de 
critique , aura jugé que peifonne ne mé- 
riroit plus que Hamel> eftimé fi pr<>- 
fond , devoir mis au jour cet Orphe- 
lin. C'eft j ce fem.ble 5 ce que l'on peut 
croire jufqu'd ce qu'on nous produife 
<]uelqne pièce convaincante du contraire. 
Nous en dirons autant d'un autre 
Traité intitulé Le Dejîr dejué ou le 
Livre des (ix paroles, C'eft le frontif- 
pice qui donne cette production a Fia- 
mel , mais l^'Ouvrage en lui-même ne 
le défîgne pas plus que tout autre 
Ecrivain Alchymifte. Un avance aifé- 
ment fur le compte de ceux à qui l'on 
a déjà attiibué quelques faits éclatans : 
^ les Livres même, donnés a riotre 

( a ) C'cft ce que dit Gohorry lui-même dans 
la Pic face , où on lit : Le îrotjieme Livre {qui 
n'avoit pas avant été mis en lhmi(r§) eft inùtnlé 
U Sommaire > ^c. 



DE -N I C Ot A s Fl A M E L. îl^ 

Ecrivain , peuvent en fournir la preuve» 
En effet, ce qu'il nous paroît avec 
fondement que l'on a fait a l'égard de 
ces premiers Traités , fe réalife pour 
beaucoup d'autres ouvrages qui portent 
aulîî le nom de Flamel. Non-feulement , 
il a fallu le faire Auteur , mais encore 
Auteur multiplié. C'eft ainfî qu'on lui 
attribue un ouvrage que Borel intitule j^^*^* ^ "^^ 
Le grand Eclaircijjement de Nicolas 
Flamel. Mais le Bibliographe avoue que 
cette pièce n'eft qu'une portion d'un plus 
grand Livre mis au jour par un Alchy- 
miile , Chriftophe Parijîen. ( û) En voici 
encore un autre. L'anachronifme fî con- 
fidérable où l'on eft tombé en l'attri- 
buant à Flamel , montre une efpece de 
manie. Il porte pour tine dans la Bi- 
bliothèque de Borel , Flamellï annota- 
tiones ad Dioni.iinn. Zacharium. (h) 
Mais 5 dit l'Abbé Lenglet, les Remarques 

[ ^ ] 'Nota 5 dit BorcL Lihrum ijîum non F/^- 
tnelli geniÀnuin ejfe y Jed ejfe tantum port'ionem 
Lihri Chrijiopkor- Parif.eyijis fuh hoc titulo edîtu??i. 
Le même Borei dans fbn Tréfor page 1 66 dit, 
que l'on trouve divers Livres de Chymie corn- 
pofés par ce Ch lophe l^arifien. 

[ è ] On trouve cet Ouvrage au Tome i du 
Théâtre Chymique , à Strasbourg 1615 j page 82.0. 
Il porte ce titre : Q_u<idam ex ISlicolao VlameUo 
Atttore Gallo. Et dans la Bibliothèque Chymi- 
que de J^^w 'Jacques Manget'Do&.ç.'JLï: en Méde- 
cine j à Genève 1701 , page 3 jo , fous le titre ^ 
J^icolai TUmelli Commmt^rius in Dionifii ZadiA* 
ni o^ufculum» 

Vv. 



1^0 H I s T O I RE C R I T î QUE 

-lenje , J}^^ Zachdire font vifibleiventfuppofees y 
Hiii. de la puisque Zachaire vivoit en 1550 plus. 
Pbiiofoph. <Je cent cinqiunce norès Flamel. Je n'ai 
**f- »'-?,. pf^iï^^ 3. reliechir après cet j^veu raitpar 
î'Hiftorien Hermétique. Il dit encore , 
fes Laveures mfs. font dcuteufes. Ce 
que l'Abbé Lenglet entend par Lavû^ 
res eft de incme un ouvrage qui porte le 
nom de Flamel. On le trouve aulii dans 
le Catalogue de Borel fous ce titre af- 
fez pompeux : La vraye Pratique de la 
noble fcience d'Alqu'unie , ou les Laveu- 
res de FUmeL Le Bibliographe ajoute 
Tnfs, anr/.juum propria Flamelli ma- 
nu ut exifàmatur exaratuin^ Voilà deux 
Auteurs quiprefentent chacun leur dou- 
te. Mr Lenglet doute que l'Ouvrage foic 
attribué avec fondemer.t à l'Ecrivain , 
ôc Borel que l'écritute lui appartienne. 
PuiTque rien dans cet Ouvrage des Lava- 
res n'a prouvé aux iavans îon autenti- 
cité, leurs doutes joints à ceux que 
l'Hiftoire de l'Ecrivain Fournir, doivent 3. 
ce me fcmble, fe tourner en négative. 
Borel qui fait paroître une incHnation 
particulière pour llamel comme pour les 
Hermétiques 5 femble s'être pki .1 grof- 
fir le Catalof^ue des ouvrafres du Philo- 
fophs. 11 cire un Recueil manufcrit de 
tous les Hiéroglyphes & des vers gravés 
fur les monumens élevés par ce Bour- 
geois.. U k. dit différent d'un autre qui 



DE Nicolas F l a m e l. 151 
avoit clé public 5 Ôc il y ajoute fes Pro- 
cédions. Cts Proceflions font , fans dou- 
te 5 celles du Cimetière , dont il 
a été qaeiUon ci-defîus. Le grand Tef- 
tament de l'Ecrivain trouve encore fon 
article , comme manufcrit. Ainfi ces pie- 
ces font miles au rang des produciions 
Chymiques. 

Le peu que j'ai donné des vers & 
des légendes écrites fur les murs des ba- 
rimensdellamel peut faire juger du ref- 
re, je ne m'y arrête pas. Quant au Tef- 
tamen: prdfentemenî imprimé, on voit 
ce qui en eil -, de plus il y aura lieu 
dans la fuite de dire quelque chofe fuc 
un arcicle prérendu myltérieux. Mais 
un ouvrage q\-!i a encore mérité d'ace 
infcrit par B orel dans fon Catalogue , 
eft Z<2 Mujïque Chymique de FlameL Je 
n'ai pu voir celui-ci qui je croin'ellque 
nianiucrit, je ne puis donc en pailer^ 
Cependant ne peut-on pas au moins en 
juger par ceux qui viennenr de padeî: 
en revue :- Y^^s fept premières produc- 
tions attribuées à l'Ecrivain, les unes,. 
on ne peut les lui afiurer , les autres 
font reconnues pour n'être pas de lui. 
Celle dont je n'ai pu avoir communica- 
tion , peut ttre rangée dans l'une de ces 
deux clailes : Et pour parler de tou ces 
enfemble , je dis qu'en attribuant ai 
l'Ecrivain une fi grande quantité d ou-- 



151 Histoire Critique 
vrages , on prouve qu'il n'y en a polnc 
de lui , puifque l'on montre par là qu'on 
ne le connoîc point. En effet, c'en eft 
trop pour un homme dont la vie fe dé- 
couvre évidemment toute occupée d'af- 
faires abfolument érrancreres à un travail 
qui auroit demandé un efprit tout rem- 
pli de cet objet. J'ai déjà prefenté cet- 
te réflexion , & on a pu fe convain- 
cre de fa foUdi^é. (a) Ce que j'ai en- 
core a expofer,. achèvera, comme je i'ef- 

[ ^ ] Le grand nombre d'ouvrages attribués à 
Flamcl , & fa réputation d'Alchymillie célè- 
bre , font un argument àffez frappant. Cepen- 
dant quelque diiproportion qu'il y ait entre 
faint Thomas d'Aquin 5c notre Bourgeois , on 
^ peut, ce femble , répondre à cet argument par 

l'exemple de ce qui eft arrive envers le faint. 
Docleur. 

Jamais en effet , quelqu'un fut-il plus éloi- 
gné que le Saint, tant par fon cara^l:ere que par 
fa piété , de s'occuper d'une recherche auffi dé- 
placée pour lui. Néanmoins on l'en a chargé , 
jufqu'à mettre fous fon nom fix ouvrages dont 
le P. Touron dit que les favans s'accordent à- 
les ranger parmi les écrits fuppofés du faint 
Vie du S. Dodleur. Sans doute que l'on aura cru fainr 
t' 7»^» Thomas Auteu-r de tant d'ouvrages indignes de 
fa plume , parce qu'il avoir été élevé par le Bien- 
heureux Albert , Évéque de Ratisbonne ^ que l'on 
a non moins témérairement cru polFe/l'eur dir 
grand fecret. 

Quant à Fiamel , il a fait beaucoup d'œuvres, 
extérieures que la renommée a augmentées jSc 
fait monter à un tel point, qu'on a imaginé ne 
pouvoir les lui attribuer, qu'au moyen d'une, 
voye extraordinaire. Aux uns c'a éré un com- 
merce avec les Juifs , & une fourberie indigne 
<i'un honnête homme ; fait dont pIufieursAuTr 



DE N I C O L A S F L A M E I. 1$^ 

père, cette conviction ; c'eft la fuite des 
occupations du Bourgeois , foit à (es bâ- 
limens , foie à la gefton de fon bien. 

tcurs ont démontré la faufTeté. La pierre Phi- "V. îffs-f> 
lofophale s'ell picfcntée a beaucoup d'autres , H^ C?" i^ 
qui croyent tout ce que l'on débite fur ce beau 
moyen. Mais comme faint Thomas ne pcnfa 
jamais aux ouvrages qui lui font attribués , & 
qu'au contraire , il établit des principes qui y 
font tout oppofés : Ilamel de Ton coté très-em- 
ployé pendant fa vie a des occupations tout-à- 
fait difparates, ne paroît en aucune manière 
avoir pu s'appliquer à compofer le nombre 
d'ouvrages qu'on lui donne ^ & par une fuite 
nécellaire , a la ledlure de la quannré confîdé- 
rable des dii-Férens Auteurs qu'on lui fait citer. 
J'ajoute néanmoinsquc la profellion d'Ecrivain 
Libraire peut avoir fait palfer par (es mains 
plufîeurs manufcrits du grand Art. Des cetems- HiA. (Je 
la co7n-me en celui-ci ^ [ c'eft ce que dit Mlle, de Char. Vl^ 
Luifan] il n'étoit que trop de gt^iSiTim cerve^iu J.<î.p.3>8« 
creux , gâtés par l'avarice , C'A cherchaient les 
moyens de rr,idti?lier lefpcce par la converfion des 
métaux. On écrivit alors fur cette matière. F^»- 
taifie, natif du Hainaut , lit paroitre un ouvra- 
ge intitulé La Fontaine des amoureux de Science. Ihi^^ 
D'autres Livres de cette efpecs purent aulTi pa- 
roitre com.me le Sommaire ^hilofopkique , &c» 
Et le Libraire atlez ^n, n'aura pas manqué > 
vûladifpofîtiondes elprits , de Fournir fon ma- 
gaîin de ces Livres "c de les vendre d'autant plus 
cher ^ que ceux qui les achetaient crcyoient déja-- 
étre à même d'une abondante m.ine d'or. Ne 
feroit-ce pas un débit particulier de ces ouvra- 
ges qui auroit établi les fonds m.sns de la ré- 
putation de Plamel fur l'Aichymie-Le Libraire 
dcvoit naturellement entretenir fes Marchands 
de«: merveilles contenues dans les Livres qu'if 
débitoit .: Il vendoif cher, & en cela Alchy- 
miile heureux , tandis qu'il livroit fes acheteurs 
à la fumée de leurs lam.pes , ceux-là lui fôut» 
ciilpieût un argeni bien réel. 



M 34 Histoire Critique 



CHAPITRE 111. 

Suite des hàtimens élevés par TlameL 

NOus avons encore à parier de quel- 
ques batimens publics auxquels Fia- 
niel comme Ciroyen pieux è: gêné- 
leux a contribué. \]\\ , doni la date ell: 
certaine , efl le portail de l'Eglife de- 
fainte Geneviève la petite ou des Ardens, 
bâti comme on le ht dans norr^ 
Eirai en 1402. L'infcription qu'où y 
voyoir , en même-tems qu'elle nous ap- 
prend cette date y nous dit qu'il fut 
fait des aumônes de plujïeurs. Ce por- 
tail n*eil donc pas en entier far le compte 
de Flamel : (!k l'édiface , petit en lui- 
même , à proportion de rËglife, com- 
me nous l'avons vCi , réduit de plus à 
une partie de la part de ce Bienfaiteur ^ 
ne peut être mis au rang àQs fw^erhes 
hàtimens qu'on s'eft plu â lui attribuer» 
Comment donc la figure de ce Bour- 
î»eois a-t-elle ère placée en gros mo- 
dule au côté occidental de cette porte \ 
La queftion eft naturelle , elle demande 
un examen. Il efl certain que Ion 
voyoit à fainteGenevieve des Ardens \.\x\q. 
figure dellamel placée vraifembiable- 
ment fur la partie à laquelle il avoir 
contribué. J'en conclus qu'il ne faut pas 



DE NiC'OiAS Fia ME t. f^f 
S*arrêter à la qmntiré de poi craies que 
cet homine tiop curieux de fe montrer 
a expofé à la vue du public , pour dire 
qu'il a beaucoup dcpenfe aux endroits 
où ces figures ont ccé vues. C'croit le^ 
goût de rhomuie» 11 fe joignoir â un 
ufage alors très- pratiqué. Combien de 
fculprures de particuliers n'a-t-on pas 
remarquées, & ne voit-on pas encore 
dans les Eglifes } Une travée de la clô- 
ture d'un chœur a mérité autrefois la 
repréfentation en fculpture de toute une 
famille. Faifoit-on préfent d'un tableau, 
d'une verrière , on s'y faifoit peindre, 
Parlera-t-on avec i'Auieur de l'année 
Littéraire, du droit o^mq YlîivnQX pouvoir 
avoir pour placer fon portrair ou fa ita- 
tue aux édifices auxquels il faifoit 
travailler. Mais cet Ecrivain , eut-il été 
beaucoup plus riche , étant fans digni« 
té , n'en eût pas eu plus de droit. Qu'on- 
fe fcrve de ce terme à légarddes grands^ 
des illufrres Fondateurs des Eglifes, re- 
préfentés ordinairement en figure de- 
pied ; il eil placé. Quant à Flamel 6c 
aux Bourgeois de fa force, c'eft l'ufa— 
ae , le eout , la facilité d'en hiire \^ 
dépenfe qui leur a permis d'orner & 
quelquetois de remplir nos Eglifcsde- 
portraits on de figures pofées à genoux^ 
2c dans une pofture humble. La dé- 
penfe par laquelle on fatisfaifoic a. car 



v^6 Histoire CRJTîQuè^ 
gouc 5 n'écoit pas confidcrable dans le 
bon vieux tems. Peac-ctre le Tailleur 
dlmages qui a fait celle que nous avons 
vue à faince Geneviève, n'eur-il de 
Flamel pour fon falaire que quatre oa 
cinq livres. J'ai dit dans i'ElFai que les 
quatre énormes figures qui fe voyent au 
fommet de la tour de faint Jacques, 
n''ont coûté en 1521 que la fomme de 
vingt livres. 

Ce n'eft pas tout ce qui regarde cette 
£gure , &: les autres dont le Bourgeois 
s'elt lui même honoré. L'Auteur de l'an- 
f. iy«. née Littéraire avance que Flamel eft 
prefque toujours repré fente en Pèlerin 
de faint Jacques. Certainement l'Ecrivain 
ne paroiiïbit pas fous cet habit à Ste- 
J'ai dit Geneviève. On le voyoit avec une robe 
eue' ceaê lo^gu^ 5 un mnnteau long 6c retroufTc- 
Êgure a été fur l'épaule droite 5 le chaperon à demi 
coufervee. ^^^^^^ au-toui du col avec k cornette 
longue 6c pendante très-bas : avec cela 
une ceinture à laquelle ell attachée l'écri- 
, toire, (igné de la profelîion dont l'E- 
crivain Te faifoit honneur , figne qui 
cepen.lant manque à quelques-unes de 
CQS figures. Tel eft l'habit fous lequel 
paroi lîoit Flam^ à la porte de fainte Ge- 
neviève, 6c c'eft celui fous lequel on 
le voit encore dans {qs aurres portraits 
fubfiftans , comme on Vy appercevoit 
dans ceux que nous avons vu détruire» 



DiNrcoLAsFtAXfEi. 1T7 
Les curieux, il y a peu d'années ^ 
pouvoient confidérer fix ou fept d-e ces 
figures exiftantes enfemble. (a) 

Cependant comme le cririqueLitré- 
raire lemble parier de moniimens encore 
fur pied , je lui demande s'il en con- 
noitroic d'aucres que ceux que jeviens 
de rapporter : au refte le peu que j'ea 
cire paroîc décider de ce que pouvoient 
être les figures que le tems a détruites 
avant nos jours , ii néanmoins il y ea 
a jamais eu à d'autres endroits^ com- 
me à fdint Cofme ôc à /aint Martin ^ 
lieux mentionnés par le Critique. 

Mais fi jamais il y a eu quelques figu- 
res de Flamel d faint Martin & a faine 
Cofme, il eft vifible qu'elles étoienr 
femblables pour rhabillemenr. aux fijc 
que je vien^ de citer ; Borel lui-même 
en fournit la preuve. Cet Antiquaire 
tout occupé fans doute du pèlerinage 
de fon célèbre Philofophe , ne s'eft fervi 
que des yeux de fon imagination. Après 
avoir décrit un portrait peint d l'huile, 
où félon lui Flamel paroi (Toit en la mè^ 
me manière qiiil était , hrfquit fut à 

[ /? ] Une à fainre Geneviève des Ardcns. Deux 
à faint Jacques de la Boucherie , favoir j fur la: 
petite porte de l'Eglife rue des Ecrivains , & une. 
fur le pilier de la maifon de Flameî : une autre 
aux Charniers des Innocens : une à l'ancienne 
Eglife^ àc THôpiral de faint Gervais , & une ou- 
deux à la mai ton bâtie par flamel daas laruç 
4e Montmorency. 



Ï^S H I s T O I R E C R I T r QU ^ 

faint Jacques en Galice , c'eft: a-dire , eri 
Pèlerin avec un hâton diflingué de trois 
couleurs,/^ rioir^ le blanc ^ & le rouge y 
aulîî-bien que fes habits & fon bonnet ; 
il ajoute de fuite , on le voit repréfenté 
DE MEME à faint Martin à^s Champs , 
à la porte de fainte Geneviève des Ar- 
dens. Or, tiouve-t-on ces marques ca- 
raéleriftiques d'un Péleiin , le laton , 
le bonnet a la figure placée autrefois à 
la porte de fainte Geneviève "t On en a 
luci-deiïas la defcription. Bore! a donc 
imaginé. Vraifeniblablement aufîi , plu3 
connoilîeur en didllons &: en mors an- 
ciens qu'en cofttume , il aura vu avec 
les mêmes yeux les portraics qui pou- 
voient, être 5 foit à faint Martin des 
Cnamps , foit à iaint Coime. Quant 
îiu tableau peint à l'huile, dont parle 
cet Auteur, pourroic-on s'y ancrer > 
Le portrait placé en maifon particulière 
aura reçu le nom que fon curieux pof- 
feireur vouloir donner ù une rareté go-^ 
ihique , ornement de fon cabinet. 

Pour revenir à faint Alattin iSc à faine 
Cofme, on peut penfer que l'on y re- 
niarquoit quelque part la main de Ila- 
niel. Sauvai dit que les curieux Alchy- 
mides n'oublioient pas de vifiter ces 
deux endroits. Notre Ecrivain qui eue 
à traiter avec les Moines de faint M a-r- 
i:in , comme on le verra dans peu 3 ^ 



deNicolasFlamel. Ï59 ^ 

C[ui leur fit quelques dons , voulut ap- 
paremment en lailfer à^s marques ex- 
térieures. Defontems peut-être élevoit- 
on quelque bâtiment : il y contribua ' 

félon fa pieiife coiirume, ^: s'y montra 
par quelques-uns des ornemens qui lui 
étoienc en quelque forte particuliers. 
Mais tout eft difparu , & l'on n'y voit 
aucune figure qui lui appartienne. C^efc 
ce qui m'a été aiTuré dans la maifon, 
A faint Cofme, s*il y a eu quelque mo- 
nument, ou plutôt quelque petite ba- 
tiire de la part de l'Ecrivain , ce qui n'a 
pu être que peu confîdérabîe, certaine- 
ment^ la mémoire en elt entièrement 
perdue ; on peut r::nurer d'après le ré- lerrre Ji^ 
moi^naqe donné par Mr Beilot , Caxé '^ ^^^"» 
de cette Pnioiil^* '^ 

Il refte encore à parler ici d'un des 
édifices publics que l'on attribuoit a 
FJamel. C'ell de l'ancienne Chapelle de 
THôpiial de faint Gervais, fituée dans 
la rue de la Tixeranderie. Tout défi- 
gnoit l'opulent Ecrivain fur la face ex- 
térieure de cette Chapelle. Des images 
de Saints, des.légendes, des croix , une 
figure à genoux qui , quoiqu'elle parût 
im peu différente de celle qui éroit a 
fainte Geneviève des Ardens , repré- 
fenroit, difoit-on , Elamel. [^jLescu- 

[«jDepuisquelquesannéescettepctite Chapelle 
aéré converrie en une niaifon particulière; 5c cous 
ks orneni^ns excéiieurs en ont été fiippnmés». 



^40 Histoire Critique 
rieux y alloienr comme aux autres lient 
iauv.T. dcfignéspar Sauvai , &c y voyoient fans 

3-p-iiî. 57- doure les fignes du plus parfait Adep- 
te. Néanmoins cetre pente Eglife n'étoic 
ceramement pas du nombre des trois 
Chapelles ôc quatorze Hôpitaux élevés 

j^f '^" ^' félon la Chevalerie , par i lamel de Per- 
nelle , avant que celle-ci mourût. 
La Chapelle de l'Hôpital de faintGer^ 

Lebeuf,T vais fut rebâtie, dit M. Lebeuf5en 141 1> 

•• ?• ^3^ Jong-tems ap'ès le décès de Pernelle. 
Cette reconllrucfcion n'eft pas en entier 
fur le compte de Hamel -, peifonne ne 
la lui attribue. Mais une allez bonne 
contribution lui aura donné la facilité 
de préfider su Portail , & de le faire 
orner à fa manière. En eff^r. Sauvai 
paili-iu des viidroirs c]'.:: les r-Jir.irareiir^ 
de Flamel nécoienî point de fort tems 
parej^eux de vifiter _, dix, Tcn y voit des 
portes qu il a fait conjlruire. Du nom- 
bre de ces portes pouvoir donc ctre 
celle de la Chapelle de fainr Gervais > 
en entier ou feulement en partie comme 
à fainte Geneviève *, & c'eft par rapport 
à cetre Chapelle, tout ce que l'on peut 
attribuera l'Ecrivain. On voit en mt'me- 
tems le goût affez fîngulier d'un hom- 
me qui aimoit à fe faire connoître , [j] il 

[/«] Qni aimo'rt àfef:iire co7înoîîre^ Flamcl n'c- 
toit donc point Adepte , puifque , dit-on , il n'y a 
perfonne qui foit plus modcfte & plus curieux 
^e fe cacher que les véritables Adsptes^ 



Dï Nicolas Flaxiel. 141 
cKoifî'roic la partie la plas apparente 
d'un édifice pour y placer Tes bienfaits. 
Au refte il a pu le faire avec (implicite *, 
ôc en travaillant p;<iur un Hôpital il Ta 
fait par amour pour l'exercice de l'hof- 
pitali é , on poura en juger par la fuite. 
Quoiquil en foit, il n'excéda pas en 
fatisfaifant à fa dévotion , 6c fon reve- 
nu dépenfé avec économie lui fu ffifoic. 
Voilà , ce femble, tout ce que l'on con- 
noît des édifices publics attribués i hla- 
mel. Si on les joint à fa maifon du 
coin de la rse Marivaux bâtie dans les 
commencemens defon mariage , letouc 
fait un objet qui paroît confidérable, 
mais il faut remarquer le long efpace 
<le tems qui s'eft écoulé depuis que le 
Conftrudteur commença a faire ufage 
de fesépargn-es. En comptant depuis 137^ 
& peut-être dès auparavant, on voie 
qu'il rravailloit par intervalles , qu'il 
, prenoit du tems pour fe mettre en état 
de fatisfaire a fa piété & qu'il l'a fait 
avec d'autant plus de facilité, que tou- 
tes fes dépenfes ne fe portoienc qu^ 
d'un feul côté. 



^fip 



^41 Hl5T0TPvE CrITIQUI 



C A P I T R E IV. 

Des maifons acquifts ou bâdes par 
FlameL 

A En croire les recirs du Livre de 
^V Explication des figures du Char- 
lùer ^ les bâtimens publics élevés par 
Flamel fonc prefque fans nombre : on a 
VLi ce qui en eft. Ces premiers ouvra- 
ges de l'Ecrivain fonc bornés : de mê- 
me les maifons qu'il a bâcies fur la fin 
de fa vie fe reduifent à peu , c'eft-a- 
dire , à deux ou crois. Les pièces con- 
fervées à faine Jacques de la Boucherie 
vont fournir la preuve de ce fair. Nous 
marcherons ici avec une lumière d'au- 
ranc plus alfurée j qu'elle nous fera ad- 
miniftrée par les actes que Flamel lui- 
même <i laiiTés 5 ou par ceux qui ont 
ecé faits après fa mort par fes Exécu- 
teurs Teftamenraires. 

Flamel ^ en attirant à lui la Îwqz^^-' 
fion de fi Femme, avoir un autre ob- 
|et que celui de vivre plus à fon aife. 
11 y auroit: lieu de croire qu'il vouloir 
exercer l hofpitalité envers des pauvres 
qui ne pouvoient fe procurer de loge- 
ment. Ce qu'il f^mble avoir fait pour 
l'Hopiral de fiint Gervais en 141 1 eft 
xine preuve qu'il aimoic cette vertu de$ 



DE Nicolas Fla M il. 145 
Patriarches, [^2] Cependant il eft très- 
douteux qu'il ait mis à exécution ce 
beau deirem, au m-^ins de la manière 
folemnelle dont il femble l'avoir projet- 
té. Lors de la mort de Flamel {es mai- 
fons, ôc particulièrement celles de la rue 
<ie Montmoiency , paroiiTenr comme 
remplies d'hôces qui payoient leurs 
loyers, [b] Peut-êrre y en avoit-il 
quelques - uns logés graruirement j de 
que 11 ce Bourgeois fe fût dans la fuite 
trouvé en état , il eut converti Ces mai- 
fons en hofpices : mais fes fondations 
y mirent obftacie , 6c fe voyant moins 



riche de moitié i qu'on ne le penfoit, il ,^'^'^ ^^^ 
a ces deux objets. 



Be fe trouva pas en état de fatisfaire 



I475' 



Flamel rempli , comme il le paroît , 
^e ce louable projet , choifit pour faire 
les acquifitionsnécelTaires un quartierde 
Paris , ou plutôt du fauxbourg enfermé 
<ians Paris par une nouvelle enceinte , 
où le terrein ne devoir pas .être cher. 

[ ^ ] C'eft peut-crre Flamel qui avoir fait écrire 
fuL- une pierre à la porte de l'Eglife la deftinarion 
de l'Hôpital. M. le Beuf nous en a confervé ce 
{cul mot , pcîir hebergier. 

[b] Un article du teftamcnr de Flamel porte : îfTaj. f. 
Item laijfe en aunuine ^ pour prier Dieu pour lui ^-7^» 
À fes hôtes qui demeureront lors en fes maifons 
outre la porte faim Martin 6' devf^nt l'Eglife St 
Jacques , à chacun vingt fols parifis , oh uur ra~ 
hxitrc fur leurs louages. Les premiers coi.nptes 
rendus après fa mort, font chargés des nom ^ 
(je tous les hô:v> , 5: du prix de kurs ioycTS, 



^44 H I s T o I it T C R r T I Q if ^ 
C'efl: la rue de Montmorency défigncâf 
dans les titres ^ffi^P'/'ès de V ancienne por- 
te 5 dite la parce de fairU Marrin , & 
auiîî ouUre la porte, [c~\ Peut-ctre une 
mazure que Flamcl poirédoit à cet en- 
4^x407.^' ^roit dès avant 1406, [d] le fit-elle 
tourner de ce côcc-lâ. Toute cette par- 
TÎe qui étoit de la dépendance du Prieu- 
ré de iaint Martin , Se particulièrement 
la rue de Montmorency , ctoit comme 
abandonnée. On y voyoit, difent les 
Moines de ce Prieuré, dans un adte 
dont je vais parler , grant quantité de^ 
maifons & de lieux cheux & en ruyne & 
défen. Il y avoir des longtems en icelles 
rues de la terre grant s punaijîes de boes 
& autres ordures en diminution des hof- 
tes & ménagiers , 6* par efpécial en la 

rue de Montmorency par oh petit 

de gens pajjent. Un quartier ainfi aban- 

[c] Ccrtc ancienne porte étoit auprès de Jt 
.rue aux Oës On lit au compte de i^^6 à 145 j, 
entre les dehx portes faint Martin. 

[^] Flamel avoit apparemment acquis cette 

ina'zurc à l'occalion d'une rente de i livres parilîs 

qu'il pofTédoit en commun avec Pernelle , & qu'il 

acheta avec toutes les autres qui lui furent ren- 

^ 3^. d'.ies comme il a été dit ci-delTus. C^tte renre cft 

* rpcciHéc dans l'aile de vente qui fe trouve parmi 

les pièces » & ell délignée hypothéquée fur une 

petite d: ai fo7i & lonuges . . . rue de yicntmcrency y 

tenant À .une hxute^ rnxifon ou il fouloiî avoir ^ef- 

tuves. L'Ecrivain fit fans doute mettre en criées 

. cette rnaifon , pour la rente qui ne lui étoit pas 

pa^ée., &L elle lui aura écé adjugée- 

donnç 



DE Nicolas Flamel. 145 

donnée dévoie donc procurer à fhiniel 
des facilités pour les acquificions nouvel- 
les qu'il proj'eccoir* 

Vers le mois de Février 1405-6"^ 
l'Ecrivain acquit une maifon ou rlace D'une 
auprès de la mazure donc il étoit déjà cK^ieie-'^'^ 
Propriétaire. La place avoic au Levant di 10. Fér. 
un grand bâtiment en ruine qui avoir ''^'^'^"''* 
fervi d'étuves pour les hommes. Du cote 
de la rue faint Martin , elle tenoit par 
quelques portions à deux maifons. Une 
qui faifoit le coin de la rue, l'autre il- 
tuée dans la rue faint Martin , appar- 
tenoit a Barthelemi Crocquemeure , Cor- 
donnier. Outre cette place j le Prévôt de 
Paris adjugea encore à Flamel le 2z 
Juin de la même année certains louages 
& deux petites ejlables à chevaux^ qui 
fe trouvoienc entre la place qu'il avoit ^- ^,>^^<^ 
acquife , & la maifon du coin , fur lef- zzjS^^\ 
quels il avoic 5 livres 6 fols de rente. '40<ï. 

Le plan de Flamel ne fe crouvoit pas 
rempli par ces premières acquilitions -, 
enforte qu'il jettoit encore fes vues fur 
quelques maifons qui avoifuioient fou 
terrain. Prelfé cependant d'exécuter fon 
deiïein , il voulut commencer a élever 
une maifon fur une portion de ce qu'il 
polfédoit. Les Moines de faint Martin 
étant Seigneurs de tout ce coté , il fal- 
loit traiter avec eux. Flamel les vit, 
ôc vraifemblablement dans le defTeiii 

G 



T4<^ Histoire Critic^ub 
de fe les rendre favorables , il leur fait 
pave du pieux projet cjui l'occupoic. Ceux- 
ci encrèrent dans fes vues , ratifièrent 
fa requête &' lui accordèrent de bâtir c/^j 
édifices de telle ordonnance quil lui plai^ 
roit yfoit maifons d'aumône par manière 
d'Hôpital ou autrement. Ils ajoutèrent 
néanmoins une exception remarquable, 
c'eft que ledit Nicolas Flamel^ ne fes dis 
ayans caufe , ne pourront ^ ne feront te-f 
nus faire ou faire faire en ladite place 
Chapelle ne lieu faint. L'tntrepnfe de 
Flamel ne tendoit donc point à tormet 
un Hôpital en règle ^ ou les Moines 
s'y oppoferent. Il voulut feulement fe 
procurer quelques maifons pour y loger 
gratuitement de pauvres gens. La piété , 
ce femble , étoit particulièrement por- 
tée dans ces tems à pratiquer la précieufe 
EiT. f- 48- vertu de Phofpitalité. On a lu dans TE (Tai 
[u'il y avoit en 1414 dans la rue des 
rhs , une maïfon d'Aumône où l'on re- 
tiroit de pauvres femmes veuves. Il y 
en avoit d'autres de cette forte dans 
Paris. [^] 

Les Moines de faint Martin furent 
réellement très-fatisfiits de voir bâtie 
fur leur terre qui étoit prefque défer- I 

[^j FcIiUicn rapporte qu'en 141^ un Garde 
<3e la Monnoyc d': Paris &; ia femme, donne- 
nereni: deux maifons pour fcrvir de logement 
à huic pauvres femmes vein'es, vercueufes 6c 
fort âgées. Hift. de Paris. T. 1 , page 807. 



1 



DE Nicolas Flamel. 147 
tée. Ils le firent connoîrre par la ma- 
nière donc ils accordèrent à Mameira- 
morciirement du tetrein fur lequel il 
vouloit bâtir. ■ C'eft , difent-ils , fans 
pour ce fdyer aucunes ventes ou devoirs 
à nous j ou CL nofdits fuccejf.urs, \\s di- 
fenc encore , que L'en pourra jaire édi- 
fier à L'exemple & aide de ce , Les autres 
places ou masures , ., , & illec venir de- 
niourer hojles & mefnagiers , au piouffic 
& honneur de ladite terre & Jurifdicîic- 
îion , 6' des voifins d'environ. Néan- 
moins en donnant gratuitement l'amor- 
ti (Temenc que tlamel leur demandoit, 
ils fpécihent la réferve de leurs droits, 
tant fur la terre que fur lesbarimens, 
& au lieu de huit deniers dont étoienc 
chargées la maifon & les deux petites 
étables , ils fixent le cens à un leal de- D'uneSmt. 
nier de fonds de terre payable chaque p^urb rai 
année à la faint Pvemi. tif. de «c 

Rien ne fembie plus favorable pour 
Plamel que ce Traire. Cependant la fui- 
te de l'acte nes'accordepas trop avec le 
gratis que les Moines paroiifent accor- 
der , à moins qu'ils n'ayent entendu 
qu'ils ne recevoient pas de l'argent 
coniprant. Le Bourgeois en effet en 
avoir befom pour fon bâtiment, il le 
réfervoit. Voici donc ce qu'il fait avec 
ces Seigneurs. Il polfédoit une rente de 
70 fols parifis fur une maifon que le« 

Gij 



148 Histoire Criticiue 
Moines déiignQnz granc rue faint Martin 
en notre cenjive .... aboutijjanr par der- 
rière CL V hôtel ou habitations qui furent au 
Roi d'Arménie, [a) Flamel en reconnoif- 
fcince de 1 amortiirement de fon rerrein , 
conftitueau Prieuré de faint Martin une 
rente de dix fols parilis à prendre fur 
ces 70 fols. Déplus , il aiîigne fur cette 
même rente, autres dix fols parifis à 
prendre une fois feulement _, toutes fois 
& quantcs que il ara ou tems a venir nouvel 
Prieur enladicieEglife,LQsMoinesa\i-\icii 
de donner gratuitement, ne gagnent-ils 
pas à ce marché ? Ils auroient peut-être re- 
çu fix livres parifis de lods de ventes ^ (b) 
Se ils acquéreur une rente perpétuelle , 
dont le fonds dans ce tems où l'on conf- 
tituoit environ au denier dix , pouvoic 
monter à neuf ou dix livres : plus en- 
core une redevance de dix fols à chaque 

{a) Le Roy d'Arménie , dont il eft parlé dans 
cet acle,doic ctre Lyon de Lilingwcn ou Lufignan , 
enterré aux Célellins à Paris , où on lit cet épi- 
tahe que je tire de Coriofec. Cy gijl îres-ncble 
ts excellent prince Lyon de Li[ingnen\ Quint Roy 
Lai in d'Annénie j qui rendit lame à Dieu à Paris 
le i<oeme jour de Novembre , Van de grâce i]^^. 

(Jj) On ne trouve point combien Flamel a 
payé pour fes premiers terreins dans la rue de 
Mcmcjnorencyj mais on voit que lamailbndu^ 
coin de ccûte rue qu'il aclicta en Juin 14C7 avec 
une rente dont elle étoit chargée, lui revint à 
^09 livies parifîs, & qu'il paya aux Moines 7 
livres 7 fols 6 deniers parilis de lods & ventes, 
fuivant les quittances données par Michel leDe« 
xublc , Saitenicr du Pricutc de faim Maicm. 



DE Nicolas Flamel. 149 
lYlutation de Prieur. Le tout femble plus 
que compenfé. Le Bourgeois facile dans 
fes marchés ôc qui avoitbefoin des Moi- 
nes , les laififa écrire ce qu'ils voulurent. 

Frère Jean Alvernus humble Prieur .... 
& tout le Couvent firent l'acfte folemnel 
de cet accord, le mercredi 17 de Novem- 
bre 140(3. Et pour la confervacion de 
cette pièce , les Moines en délivrèrent 
quatre expéditions qui fe gardent dans 
les archives de faint Jacques. Ces adles 
font fans autre fignature qu'une croix 
allongée 5 bien formée, éc cantonnée 
de quatre petites lettres variées dans les 
quatre pièces. On voit à chacune deux 
grands fceaux , dont l'un repréfente Se 
Martin en foldar , &" l'autre en Evêque. 
Sur un des contrefcels eft une main qui 
paroît bénir avec cette légende , Deum 
Urne. Le même jour 17 de Novembre 
le Prévôt de Paris Guillaumede Tignon- 
ville ratifia par une fenrence^ tant l'ac- 
cord entre les Moines & Flamel , que 
la claufe'qui portoit un denier de fonds 
de terre au-lieu de huit. 

Après ces préliminaires j Flamel com- 
mença à travailler a une maifon qui eil: 
encore fubfiftante , elle eft appellée 
dans les anciens titres le grand Pignon, 
{^a) Quelque détail fur ce bâtiment peut 

(/i) Cette maifon a été appellée le grand Vi- 
sion eu égard aux autres maifons de Ilamel qui 

G iij 



15a Histoire Critique 
intéredlT. L'Acquéreur encore dans l'an- 
née du uerrair , ou avoir été forcé de 
faire quelqu'ouvrage , ou il s'étoir preiFé 
d'avancer fon bâtiment. Dès le onze de 
Janvier 1406-7 Jean Evrart ferment à 
verge j avoit viiité l'ouvrage par ordre 
du i^ évôt de Paris & à la requête de 
Flamel. Le Sereenc affirma qu'il avoic 
ère paye pour un mur mitoyen entre 
les éruves (is: la maifon à laquelle on 
rravaiKoit, 43 livres 6 fols 8 deniers, 
panfis dont les Cenfiers des Eruves ou 
ayins caufe dévoient la moitié. Evrarc 
ajoure qu'il a fait murer la maifon à^is 
Etuves, parce qu'on y entrait nuit & 
jour ^ quon en a':batoit des parties _, en- 
levait le viJs mérien ^ &c encore que les 
voiims éroient ^/2 doubie & péril, La clô- 
ture coûta 8 fols pari(is délivrés par 
Evrart à un Maçon & à fon ai Je aux 
frais des Cenfiers. 

Le dix de Février fuivant Flamel prc- 
fenta une nouvelle requête au Prévôt de 
Paris. Il y dit qu'il lui convient faire plu- 
fieurs réparations qu'il nofe bonnement 
faire fans provijiôn & autorité de juflice. 
Le Prévôt lui permet de f\ire travaillei-5& 
d^avoir {^on recours fur la maifon ou pla- 
ce en cas de retrait. Jean P^rz? M açoa 
& Jean Delahaye Charpentier , nom- 

reflerent baffes & en grande partie dans l'crac où 
elles éccienc lors de leur achac. 



ÎÎÈNiCOtAsFtAMÈL. I5Î 

mes experts , déclarent qu'il eft de né^ 
ceflîré de bâtir ou refaire un pan de mur 
aboutilfant au lieu ou foulcUnt être les 
étuves & à un jardin emprès _, que , le 
tout avalué à huit toi/es quarrées ckaf- 
eune toife pourra coûter peur faire la 
yuidange^ abattre^ détruire y mener terres 
& gravois aux champs j & acquérir moil^ 
Ion & plajire & toutes peines d'ouvriers^ 
^1 fols parifis. Le prix de ces ouvrages 
eft remarquable, voici encore un autre 
article. 

Le même Sergent fit le 16 Janvier 
de l'année fuivante 1407-8 un autre rap- 
port d'un mur neuf, toujours mitoyen 
entre la maifon des Etuves & celle du 
grand Pignon. Fiamel qui bârifToit fo- 
lidement, avoit fait Ton mur plus épais 
qye n'étoit l'ancien. Les Propriétaires 
dQs Etuves étant tenus d'en payer la 
moitié , Evrart fit la réduction du mur 
nouvellement élevé , à l'épailTeur de l'an- 
cien. Auparavant le mur portoit un pied 
un quart d'épaiffeur fur fix toifes quatre 
pieds de haut , & quatre toifes deux 
pieds & demi de lé-^^ à compter par 
hors d'œuvre ; en tout vingt - neuf 
toifes. La moitié, c'eft a-dire, quator- 
ze toifes & demi huit pieds , eft pri- 
fée chaque toife pour moilon , plâtre, 
vuidange, charois aux champs, peine 
d'ouvriers 3 â i livre 4 fols parihs la 

G iv 



ICI Histoire Critique 

toife, & en tour, lyliv. 13 (ols^âen. 
De plus on avoir élevé en pierre la jambe 
ëriiere fur la rue : onze pierres de liais 
y avoienr été employées , elles coûtè- 
rent tant la pierre que la façon de la 
taille 8 livres parifls, dont Flamel paya 
quatre livres. 

Ce détail fournitjce femble, la preuve 
que Flamel 5 tant avec le bien qu'il pof- 
lédoit qu'avec fon travail , étoit très 
en état de faire ces dépenfcs. En mc- 
me-tems que le fol fur lequel il bâtif- 
foit devoit lui avoir peu conté, dans 
un end.oit hors de l'ancienne enceinte 
d(^ la ville (a) Se prefque déferré ; la 
bâtifle étant à un prix fi foible , fans 
fouffler du charbon ou allumer la lampe, 
il n'eut befoin pour fournir à ces frais 
que de fon travail ôc de fes épargnes. 
Si l'on vouloir faire une eftimation de 
tout ce qui entre dans l'airemblage des 
matériaux d'une maifon , aux prix ou 
ils étoient en 1407 ou environ dans 
ce tems , [ ^ ] on trouveroit que la mai- 

{a) Quelques adles apprennent que l'on met- 
toit de la dirtércnce entre les biens qui étoienr h- 
tués dans l'ancienne enceinte , oC ceux qui ctoiect 
au-dcla. Les premiers étoient plus ellimés &:d'un 
plus grand prix. Jeanne Coquarrix exigea de la 
fabrique de fainr Jacques en 141^ , ime rente de 
60 Ço\s ded.^ns l'ancienne fermeture ul. Paris. V. 
Eifai page fo. 

[^1 On a rapporté dans l'Elfai fur l'hiftoire oie 
la Paroiire de laint Jacques > le prix de pluilcuis 



DE Nicolas Flamei. 155 
fon du grand lignon pourrou à peine 
avoir coûté 100 livres pariiis à conftruire. 

L'Infcription que Flamel Hc graver au- 
dcrfTiis des encrées de cerce mailon fe 
lit dans notre Efifai. Elle apprend que iif.^.-o^, 
le Propriétaire faifoit une loi à ceux 
qu^ logeoit de dire tous les jours une 
Pâte nojire & un Ave Maria y ôcc. Gerce 
loi rapprochée du confentement queles 
Ivloines de faint Martin donnèrent pour 
con[i:mre maifons d'aumône par manière 
d'Hôpital 5 appuie ce que l'on a dit da 
delTein du Conftructeur qui étoit d'é- 
lever une maifon d'hofpice. Vraifem- 

matériaux vers le rems de Flamel : voici encore 
quelques articles. 

En 1407 quarre voyes & rlemi déplâtre coûtè- 
rent 17 fols pariîis , ôc en 141 1 fep: maids , i lois. 
En 14C4 Simon le Marinier fournir une quantité 
confîdçrable de plomb a fi fols parilis le cent. 
Un allemblage de pièces de charpente pour for- 
mer la place d'un etcalicr deftiné a moa:er a un 
horloge, coûta 11 livres. Des verrouxj queues ôc 
paumelles deftinés à fermei ia barrière du Cloî- 
tre coûtèrent 4 fols ve;s 142.6- Le 10 Mars 141^ 
trois cens carreaux de grès coûtèrent 4 liv 8 fols 6 
deniers. Et le jour d'a-^paravaut on avoir payé lO 
îoifes & fix pieds de f.'.vemeK: 6 livres iz fols pa- 
lifîs. Ce pavé fut employé à la chaujfee de U rue 
des Arjis de-^ant la gans. Une porte neuve pour la y. Efl" p, 
eha-tfîbre appel- e enfranihrfe garnie de ferruie mi^ ^c , 
fe a point 1 livre 4 fols. En 14041a fabrique dépen- 
fa 9 libres 18 fois , qui furent payés en onze écus 
d'or de c -tre valeur pour les vctdtes depuis ta Cha^ 
pei'e de la }Aadeleim délign^^e vers le Chœur, 
jîifqna la perte de l'Eglife "vers la pierre au laii oC 
la couverture rnife àpoint. 



154 Histoire Critique. 
blablement lorfque ï lamel fit écrire que. 
chacun des hoces du lieu éroir tenu a 
ces prières 5 ii enuendoic que c'étoirune 
forte de payement de leur loyer. Et le 
grand nombre de perlonnes reprcfentces 
à genoux fur les pierres au-delfus ^des 
portes de la maifon & à quelques ^pi- 
liers paroifïe^a être des hôtes du Proprié- 
taire récitans leur Patenotre. Flamel 
voulut que ces hôtes en entrant dans 
leur holpice , euifcnt fous leurs yeux 
t<. la loi Se l'image de l'ex.^runon de 
cette loi. Il eil aulîî , fans do-Jte, dans 
cette tr >upe dévote , & il paroît qu'il 
eft repréfenré par la première figure 
defiînée après TApôt^e faint Jacques du 
côté du Cimetière fainr Nicolas. Après 
lui fe voit une femme qui porte un pa- 
nier, feroît-ce fa fervanre Alarguerire la 
Quefnel qui contribuoit à l'œuvre par 
un don dDnt on va parler ? Pernelle , 
quoique morte depuis long tems, doic 
être de l'autre côté. Une patrie de ce 
que flamel employoit au bâtiment de 
fa maifon , étoit un produit du don mu- 
tuel -, cette femme a dii trouver place 
fur ce monument en face de fon mari» 
Et le mari toujours curieux de mul- 
tip' er fes portrair:>, s'ell encore fait 
repréfenter en très-petit modèle fous 
le linteau de la première porte du côté 



Maison ^ ScLse a Parw nu- Je . ffonùru'rmcy, <fuc Nuolaj Fiiwu/ Ecrivain a fait hàhr~ 




WT m P^ 



\ l 






-U 



DE Nicolas Flai^îel. lyj 
de la rue faint Marcin. (û) Cq feroir 
une curiodcc d'avoir le delfem de toutes 
ces hgures , &: des gravures donc le bas 
de la maifon ell chargé, [h] Nous iaif- 
fons cec ouvrage a quelqu'antiquaire de 
nous nous contentons de donner ici la 
face extérieure de ce bâtiment iingulier 
par fon ancienneté ôc par fa forme. 

J'omettois un trait particulier qui peut 
caradéiifernocre Conflrudleui , le voici, 
Flamel , ou par ignorance de :oure l'é- 
tendue de fon terrein , ou trop occupé 
d'ailleurs pour veiller far fes o.:/:iers_, 
les avoir laiiïe rentrer coniidérabie.iienc 
fur lui-même. Il s'en apperçur après 
coup. Aîals le Bourgeois avoit à tran- 

(a) C'eft ce qu^ l'on peut juger parla forme 
& rhabillem:;rir d'.ine p:;rite figaie fculprée que 
l'on voie a la place que l'on i/idique. 

[b] Oucrc la grande infcripcion qui apprend 
l'année de la confri action de la maifon , que nous 

avons donnée avec quelques autres dans l'Elfai , Elf. f. 'cy. 
on a déchiffré fur unecornichedj premier pilier Se 306, 
vers le Cnneciere de fainc Nicolas , ces mots: 
Nous hu}Kolement t> dévotement. Au milieu du mê- 
me pilier on lit , Sit L^ùmenDomini , qui dévoie 
erre conrinué fjr les autres piliers & fuivi du 
Gloria P^/ri qu'on découvre au cinquième pJier. 
Qu;':i^ a la partie d'infcripnon que nous avons 
rapro-:é : à h page i ;9 de l'Eifai , qui porte, yious 
au:>ei fer:^,:ms befo'^KCa:, pour notre vie gagner : 
no js l'avons donnée comme il a été di: d après les 
mémoire; m^s. de Mr Prévoit Avocat.^ Et ces 
ié«,'rndes font en beaacoup d'endroits li dégra- 
dées , qu'il ne nous eil pas po!''bIe de rendre rai- 

fon Je .'O'.i^e?, Ce nre l'on en lapporte fuiîît pour 

' ';- ' ,: . - -^ut; qui V regue. 



J5^ Histoire Critique 
figer avec un bon voifin , &c bien loin 
de fe trouver lezé par une méprife il 
lourde , il reçut une avanrageufe com- 
penfarion. 

Le voifin étoit beau- fils d'un Bnrthe- 
lemi Crocquemeure j qui a déjà éré nom- 
mé. 11 paroît que ^lamel s'étoit acquis 
l'amirié du beau fils comme du beau- 
pere. Celui-ci avoir déjà confenti â Vvrn- 
dre une partie de la cour de fa maifon 
qui s'éroit trouvée à la bienféance du 
Conftrudlcur. L'autre portion devenue 
De l'Ade lon^ue , ttroïtc j G" en commun , néioit 
non '^°"^' P^^^^ proufitahie ne sûre pour la démou- 
rance de Pafquier , devenu Propriétaire 
de la maifon , Ça femme ne autres, mefna^ 
giers. Pafquier prend avis de Tes amis, 
6c fuivant le confeil qu'il en avoir eu ^ 
dit-il , pour la bonne amour & âffcclion 
quil ûvoit audit Nicolas , il lui fait de 
fa cour un don irrévocable entre vifs 
à toujours , & veut que ce foit en re^ 
compensation de ce quen faifant par le- 
dit Nicolas fes édifices , il a perdu par 
fimplejp plus de demi pied de fa terre 
en aucune partie du long de ladite cour. 
En mcme-tems le Donateur charge fon 
voifin de faire à fes dépens un nouveau 
mur de féparation : mais afin de mettre 
plus au large fon donaraire , il confenc 
que le mur foit tel ^ 6* fait en tel tems 
que Flamel le jugera à propos j 6c pour 



DE Nicolas Flamei. 157 
furabondancede policefTe , il lui accor- 
da d'avoir des chambres de (es maifons , 
telles vues quil lui plaira , fans pouvoir 
le contredire nonohjlant les vs & coûtU" 
mes. 

Flamei pouvoir-il s'attendre a une 
meilleure compenfation de la perte qu'il 
avoir faite ? Pouvoit-il avoir un voilin 
plus ami & plus facile ; Notre Ecrivain 
eut la cour de Pafquier à bon marché : 
la première portion lui avoit coûté en 
140^ 5 I 2 liv. tour. &le drap d'un chap^ Le x^àe 

^ r r 1 ^ Nov.dune 

peron pour Jeanne jemme de Crocquemeu- fenten de 
re de meie de Pafquier, Le fils donne le ^^^^^ ^^^^' 
refre par bonne amitié. Le caractère L'Aae de 
doux & infinuanr de l'Ecrivain _, étoit ^"^Tj'^t^, 
ici poudre de projection. ï4©7-8. 



CHAPITRE V. 
Suite des maifons acquifes par FlameL 
E projet de Flamei avoit , comme 



L 



je l'ai dit, plus d'étendue. N'ayant 
donc pas alTez d'une feule maifon pour 
le remplir , il fit de nouvelles acquifi- 
tions. La maifon du coin de ia rue, mi- 
toyenne avec les petites érables , lui con- 
venoir ; il entra en marché pour l'avoir. 
Celle-ci qui avoit pour enfeigne, la, 
belle Image , appartenoit à une famille 
dont le nom étoit Nicolas, Il y avoit 



I5S Hl s T O I R E C R I T I Q U E 

un minem nommé Rickan Kicolas , M""" 
Regnault de Crémery , ThomjJJe fa fem- 
me avec Henri Nicolas ôc Guillaume Po- 
tin , Tuteurs & Curateurs du mineur, 
préfenterenr requête à Guillaume de Ti- 
gnonville Prévôt de Paris , pour avoir 
la liberté de vendre. Ils y difent que 
c'eft l'avantage du mineur , que la mai- 
fon ne peut pointée f-^rrir, qu'en mê- 
me rems la place qui tomberoic au pu- 
blic ne lui devînt inutile j que déplus 
la maifon exigeoir des réparations. 

Le Prévôt accorda la perniifHon de 
vendre le 10 Juin 1407 , &: la motive 
d'une raifon , qui , en faifanr l'avantage 
des vendeurs, par ît alTurer l'acquili- 
tion àTachereur ; On nepouvcit^ dit-il , 
trouver perfonne nui plus _, ne tant de la 
moitié ^ en eut ^'Oulu dernier. Les mai- 
fons n'étoienr p.is Je recherche de ce 
côté. Mais le Bourgeois qui la vouloir, 
y mit le prix , & elle lui coûta cher 
eu égard au rems & au lieu. Le même 
jour fe fit Taâie de vcnce pour le prix 
de 155. livres tour. 6c le dixhuic _uil- 
lec fuivant, Flamel acquitta les drcnrs 
Seigneuriaux doni il eut une quirtnnce 
de 4 livres i 1 ff)!? S deniers délivrée par 
Michiel le Déruhlc^ Sartenier du Prieuré 
de fainr Martin. 

La maifon étoit chargée dep-nfienrs 
rentes, c'eil ce c]ui eu augmenroïc h 



DE Nicolas F l a ^f e i . 159 
prix puilqiie Flamel devoir les pnyer. 
Sire Jehan le Marefchal Çonfeilkr du 
Eoy fur le fait des Monnayes^ & Cathe- 
rine fa femme en avoient une de 3 liv. 
10 fols pari fis -, ils la vendirent à fla- 
mel le 19 Juin 1407 pour la femme de 
I c{^ livres 6 fols tour. Celui-ci la paya en 
50 écus d'or, avec un appoint en blans 
de I o deniers pièce , & il refta encore 
redevr.ble de 5 lierres pariiis , rant de 
fonds de terre que de rentes hypothé- 
quées fur ce bien. Le Sarrenier de Se 
Martin reçut des droits Seigneuriaux 
pour la vente de la rente : ils montè- 
rent à 55 fols parifis. (^) 

Flamel qui s'éroit déterminé par la 
convenance à payer un peu cher la mai- 
fon du coin 5 eut peu de tem.s après, 
la ftiivante dans la rue faint Martin a 
bien meilleur marché. Celle-ci défignée 
dans un zÔ:q cojie celle du coin y c'eft- EnrjfTns^ 
à-dire , à côté de celle de la belle ima- dernierM;^ 
ge , appartenbit à Perrin Pafquier, le '^^7- 
bon voifm de Flamel. Cette maifonqui 
étoit fore petite , avoit été vendue en 
j^j(>i par Jchj'.n Augagne B^LudTOVQr ^ 
Bourgeois de Paris, à Jean de Fois , 
Cordoiinier, pour le prix de 7 liv. par. 

( a ) On lit au dos de l'ade de vente de la rente 
de î livres lo (ois Rcgiflrata m fancîo Mar::na 
z?. die Juin ecd ar.y.o. Solvit }ro xsniis \n]. foU 
parif, de volu/itate Regrs Dornint N. le DerhkU^ 



t^O HiTOIRE C RIT IQUE 

& 11 livres qui dévoient erre employés 
en réparations. Crocquemeure à qui elle 
croit parvenue l'avoir donnée , comme il 
a été dit , à Pafquier. [a] 

Margot la Quefnelle Chambrière de 
Flamel , & peut-être Ton feul domeftique 
vers la fin de fa vie, avoir apparem- 
ment quelques épargnes à placer. Elle 
jetta les yeux fur une maifon d'affez pe- 
tite étendue fituée auprès des polTeiTions 
de fon Maître 5 & {b) elle l'acheta de 
Pafquier, Celui-ci en fit la vente le 14 
lévrier 1407 8 & (oixante livres tourn. 
payés en monnoye courante en furent le 
prix. Les charges cMififtcient en huit 
livres parifis & quatre deniers de rentes 
& de cens ; fomme afTcz confidérable : 
Sans doute que Margot comptoit y fuf- 
fire. 

La Quefnelle ne garda pas long-tems 
fa nouvelle acquifirion. Il y avoita peine 
un mois que fade de vente c toit palfé, 

[^] L'Adc de vcn-e du4 Juillet ii,6z àéùgnç, 
cène maifon , à i'cppojite de Meffire Gauchur de 
dhajl.lloti. : & l'adl-c qui en fut £iic à Palquicr 
le 30 Mai 1407 , la défigne devant l'Oficl Mejjire 
GntllaH77!e U Bouteille. Cet hôrcl avoic change de 
maître depuis 156Z. Et ce doit cire la maifon 
qui appartient aiijo rd'hui a Mr MaJJe ^ ci-devant 
J'ancien H[6rel-de-Vic. 

( b ) Ov\ ne trouve dans Tacfte de vente q l'une 
partie du toifé de cette maifon. Elle efcdéfignée 
maijon co :rt oh jardin derrière , conicnant icelle 
court <J jardin deux toi/es tm pied tnoins oh envi- 
ron de longeur. 



BE NlCOIAS PlAMEL. KjI 

que cette domeftiqiie s'appercevant ap- 
paremment que ce petit bien pouvoic 
convenir à fon maître, elle s^'en défait 
en fa faveur. Mais voici le beau de 
l'adtion. Margot ne vent pas fa maifon 
à Flamel , elle lui en fait un don par 
la bonne amour & affeclion quelle lui 
ponoh. Ce don eft du 28 Mars. Com- 
me la pièce eft courte & curieufe , la 
voici en entier. 

» Margot la Quefnelle afferma que , 
9j de fon conquêt, elle avoit une maifon 
« & appartenances , où il y avoit un pe- 
n tit jardin ou court derrière (1 comme 
5î tout fe comporte, féant à Paris en la 
>•> rue faint Martin oultre la porte , te- 
5> nant d'une part & abouti ifant à N. 
93 Flamel , & d''autre part a Jehanne la 
35 Rogerine , en la cenfive des Religieux 
55 de l'Eglife de faint Martin à^s Champs; 
>j chargée en quatre deniers de fonds de 
ij terre , &: en huit livres de rente par 
3> an : C'eft à favoir , en quatre livres 
« parifis audit Nicolas , & en quatre liv. 
i> par parties envers autres Cenfiers , 6cc, 
5j Laquelle maifon court ou jardin & 
35 appartenances _, ladite Margot confef- 
« fa avoir donné , odtroyé, tranfporté &: 
9> délailTé a toujours audit Nicolas Fla- 
9^ mel par don irrévocable. Fait entre 
33 vifs fans aucun rappel &:c. C'eft d<3n , 
33 odroi ôc tranfport, fais par la bonne 



t6i Histoire Critique 
33 amour Ôc affedion qu'elle a audir Nî- 
33 colas. [/] '1 ranfportans tous droits 
33 de propriété & autres quelconques, 
33 qu::? elle & autres pour elle pourroient 
33 demander ou réclamer par quelque 
35 manière que ce foir, furicelle maifon 
35 court & appartenances , (Sec. défaifif- 
15 fant , &c. fait Procureur pourdéfaifir , 
5^ fe meftier eft &c. Cblig. 6<:c.Garan- 
53 tir 8cc, Coux &:c. R^"". Sec. Jur^ 
35 Voul^ Sec, l ait l'an mil quatre tens 
i5 & fept 5 le mercredi vingrhuit jours 
33 de Mars. J. Delanoë. Faconeau. 

Fiamel fit enfliifiner cet a6te à /aine 
Martin le 2 Avril 1 407-8. Sa nouvelle 
acqiii/icion avoir pour enfeigne lîiHeufe 
ou peut-être la Herfe. Dans la fuite la 
fabrique de faint Jacques a réuni cette 
petite maifon d celle du coin de aux 
terreins en retour dans la rue JMonrmo- 
rency , pour en former une grande mai- 
fon -, ce nouveau bâtiment qui eO: du 

D'Un Ext. dernier fiecle a coûté à élever 23200. 

des comp- Flamelheureux dans fes accnifitions , 

tes Jace de , . . ^ . 

1640. comme on le voit , y prenoit du goût. 
Soit qu'il eût befoin de terrein , fcit 
par raifon de convenance , il trouva le 
moyen d'ajouter de nouvelles mazures 
au bien qu'il polTédoit déjà , quoique 

[b] Il y a à cet endroit plufîeurs mots rayés 
qui portent : & pour certaines autres caufes qui à 
ce leur mené & meuvent. 



DE Nicolas F l a ^r e l. Kj^ 
d'une étendue affez confidérable. II ac- 
quit encore un nouveau domaine, fi- 
tué dans la même rue de Montmorency , 
mais de l'autre côté de la rue de vis- 
à-vis du grand Pignon -, Se cette ncqui-^ 
lîtionne lui coûta pas plus que la maifon 
de la Heufe j c^eft-à-dire , qu'on lui en 
fit un don 5 du moins le parut-il d 
l'extérieur. On va voir qu'il ne fe l'at- 
rira pas fans un peu de fnanège. L'opé- 
ration par laquelle il parvint à fon but, 
fait une petite hiftoire; il faut la pren- 
dre dès fon origine. 

Ce ne fut jamais, on peut le dire, 
ledelfein de l'Ecrivain Libraire , d'ache- 
ter quelque Sei'^neurie : un bien de cette 
elpece ne convenoit pomr a ion etar. 
Mais ne lailTant point Ion argent inutil , 
à mefure qu'il gagnoit, il acquéroit 
quelque pence rente. On a déjà dit qu"*!! 
en avoit une certaine quantité. Dans le 
nombte il en acheta une de i liv. par. 
le 31 Odtobre 1407. Elle étoit hypo- 
théquée fur la maifon ou mazure donc 
nous allons parler , de Flamel l'eut à 
bon compte , en égard au taux des ren- 
tes dans fon tems, il la paya 38 livres 
tour. Auffi la maifon 6' fis petits /oua- ^^^^^'^'^' 
ges éioient-ils cheus & en ruine , enforte 
que les Moines de faint Martin ne pre- Aaedu 19 
noient fur elle cens ne rente . . .parle mal ^^^^ ^^^'^' 
proujitabk du lieu* L*Acquéreur penfoic 



i64 Histoire Critiqué 
bien que jamais il neferoit payé d'une 
rente établie fur des ruines -, il avoit donc 
ies vues, ôc en les fuivant, quelques 
mois après l'achat de fa rente, il faic 
mettre en criées ce terrain déferré. Le 
terme fini , il lui efl adjugé par Pierre 
des Effdïts Prévôt de Paris , qui le lui 
accorde le 3 Janvier 1408-9 , & en me-* 
me-tems tous les droits des défaillans & 
contumax. 

Quelques-uns à^s Créanciers Hypo^ 
théquaires renoncèrent à leurs droits- 
Mais parmi ceux-ci un Jean le Courant ^ 
Huifficr d'armes du Roy, avoit mis op- 
pofition pour conferver vingt fols parif. 
de rente. Un an après le Courant étant 
rhort, Flamel qui vouloir fe débarraffer 
de cette oppofirion , ou plutôt fuivre 
fon deiïein , fait avec la veuve nommée 
LeTQPév. Qii^ un échange pour une pareille rente 
j4o^ 10. ^^ ^^ ^^1^ parifis, aiîignés fur une mai- 
fon de la rue au Maire. Cette autre 
renre n'étoir pas apparemment encore 
fort certaine. Le ContracTtant engage en 
contre-pleige autres 20 fols parihs de 
rente fur une maifon au coin de la rue 
du Cimetière faint Nicolas , dont Denis 
le Roy ^ Barbier, étoic Propriétaire. 
Tout ceci n'eft qu'un préparatif â l'opé- 
ration ou finguliere ou fine qui va fuivre. 
Jean Delanoë , Notaire , s'étoit acquis 
la confiance de Flamel. Il le paroît pat 



t>E Nicolas Flamel. i^f 
la quaiuké d'acles , &: parriculierement 
par l'ample ceftament de l'Ecrivain > 
iignéspar ce Notaire. Ils étoient même 
devenus amis. C'éroic un effet naturel 
des vifires fréquentes que Flamel, qui 
faifoitfifouventdes acquillrions, dévoie 
rendre à l'Cfficier , d'ailleurs la prati- 
que éroit alfez bonne. Cependant mal- 
gré les avantages que ce Notaire pouvoic 
trouver dans le commerce de Flamel , 
eelui-ci crut devoir donner à, cet Offi- 
cier qui étoit fonConfeil, quelque nouvel- 
le preuve de reconnoiffance. En voici 
une du moins en apparence. Neuf jours 
après l'échange fait avec la veuve le 
Courant , Flamel donne à Delanoe/'<:'ttr ^De Vaas 
ia bomie amour & affeciion quil avoit ^iu 5 m'^s 
pour lui y les vingt fols de rente qu'il '40910. 
venoit d'acquérir , & l'en fait vrai Sei- ^^\jf^! 
gneur , Demandeur ^ Acleur & Fourcha- du 18 féy, 
çeur 5 aufTi bien que des arrérages dûs. 
On s'en tint extérieurement à ces appa- 
rences, quant aux deux amis ils s'enteii- 
doientbien. 

En efiet Flamel , quoiqu'Adjudica- 
taire de la maifon & de {espeiits loua- 
ges j comme il a écé dit, oun'étoitpas 
polfelTeur tranquille , ou il neferegar- 
doit pas comme tel. De nouvelles op- 
pofitions étoient peut-êcre furvenues. Le 
Notaire pour fervir fon ami , fait com- 
mencer au Châcelec eu fon nom de 



ï^^ Histoire Critique 
nouvelles criées vers le mois de Juin 
1410. Il le fonde dans cette opération 
fur le défaut de payement de la rente 
^ des arrérages qui en étoient dûs. Il 
faut taire attention que c'étoit à Fla- 
mel à payer la renre. Et ce qu'il y a 
de plus Imgulier, c'eft qu'en mcme-tems 
l'hcrivain en vertu des premières criées, 
aux termes defquelles on lui avoir ad- 
jugé le terrein , agiifoit toujours comme 
en étant le véritable poireifeur. En cette 
qualité il voit les Moines da St Martin , 
traite avec eux pour l'amortiiTement , 
Encore ^< d'accord dcs conditions , le Prieur 
Trcre Al- ^ \q Couveut lui délivrent un adte donc 

venus. 1-1 • 'J'- 

en lui donne trois expéditions. 

Ce nouvel a6te eft prefqu'en tout fem- 

blable à celui que ces Religieux avoienc 

donné pour ta maifon du grand Pignon. 

On y lit les mêmes raifons de favorifer 

le Conll:ruâ:eur -, La ruine du lieu , la 

défertion des habitans , les punaijies de 

bo'és^ les immondkes :, 3cc. laréferved'un 

feul denier en figne de Seignorie de en 

mème-tems exemption de toutes fervitu- 

des^rentescu devoirs ciu. Prieur &Couvenc 

ou à leurs rucceffeurs. Le terrein amorti 

efl: fpécifié de fix toifes de long dans 

œuvre fur la rue , ôc de deux toiles de 

lèz au long de ces Cix toifes. Quant à 

Flamel, il leur donne aulîi 10 folsparif. 

chaque année, Ôc autres 1 o fols parilîs 



DE Nicolas Flaxcei. 1^7 

à chaque mutacion de Prieur; fommes 
que les Moines doivenc percevoir fur la 
renre fur laquelle ils pienoient les 10 fols 
premieremenc coni"tiCL7és. L'Acte ell du 
vendiedi 19 de Mai 141 1. Une feiirence 
rendue le jour même par Bruneau de 
Saint Çler , Prévôc de Paris, en donne 
la ratiiîcarion. 

Flam.el agiiroit donc comme pofTef- 
(eur du terrein, ôc ne le faifoic point 
fécretementj comme on le voie, llfem- 
bleroit qu'il y avoir entre lui & Delanoë 
un Procès à l'amiable, puifque le No- 
taire pourfuivoit toujours {qs criées. El- 
les finirent le mardi après la Trinité 7 
de Juin 1 411 -, &c[q Châcelet fit au No- LaPâqu?s 
taire Padjudication de ces mazures fous année le lî 
la défignation de certaine maifon & lieu à Avril. 
appentis &c. Delanoë Adjudicataire n'eut 
qu'un feul oppofant. Pierre CEvêque^ 
Procureur, demeurant rue Th'iébault aux 
dés , fit Poppofition au nom d'un Pierre 
le Flamant pour deux livres parilîs de 
rente. Mais neuf jours après, le même 
Procureur y renonça pour fa Partie. 

Le jour même, Delanoë affuré dans 
fa poiïeflion par la renonciation de Fla- 
mant, met fin à l'affaire entre lui 6c 
Flamel, & fans doute, en découvre tout 
le fecret. Il fait un don de ces rerreins 
à fon ami entre vifs & fans rappel . . » 
pour la bonne amour quil avoit èi' a au- 



ïCrS Hl s TO IR E C RI TIQU E 

dh Nicolas & en accroiffcment de fort 
bien. Il ajoute qu'il le fait auiîi pour 
caaft de la ru me où font venus & échus 
Udit lieu & appentis .... quil na voulu 
& ne veut point icelhd lieu faire édifier ^ 
& ny verroit pas fon proufit. Les Moi- 
nes de faine Martin avoient dit dans 
leur a6be d'amortilTemenc que la ma fon 
ne vaudroit pas la moitié de ce quelle 
coûterait a édifier. 

Telle fut la iin de toutes les opéra- 
rations que l'on vient de lire. L'Ecrivain 
eut les mazures qu'il déi:roit depuis 
long-tems. Les eut-il par un don vé- 
ritable "i Les apparences y étoient. Ce- 
pendant il c(l bien difficile de ne pas 
penfer qu'il n'y eût là quelque collu(ion , 
6c que tout ce manège n'ait été fait pour 
lever des obftacles , parer à des incon- 
véniens , & alfurer a notre homme la 
poiTeflion d'une place qui lui conve- 
nolt j & qu'il méditoit d'avoir dès en 
achetant la rente de vingt fols. Quoiqu'il 
en foit , Flaniel poireifeur de fon terrein 
Vû-ulut bâtir. 

L'Ecrivain étoit dans une portion 
différente de celle du Notaire Delanoë 
qui , comme on vient de le voir , n'eue 
bàci qu'à fa perte. Qnant à Flamel il 
paroit que la nouvelle maifon qu'il avoir 
delTein d'élever entroit encore dans fon 
projet d'hofpitaluc. Alors fans doute , 

il 



DE Nicolas Fl^^mel. i^f 
il n'avoir pas fait fes fuppuracions pour 
fa. difpoficion reftamencaire : ainfî ne 
travaillanr poinc pour avoit du reve- 
nu , mais poTir loger des pauvres , il 
ne s'arrêta pas à ce que le lieu pour- 
roit lui produire , mais a l'avantage 
qu'il en recevroic pour l'exécution de 
ion plan. Il fe mit donc à travailler: 
néanmoins il elt douteux, ca femble, 
qu'il ait fini ce bâtiment. Un ancien 
renfeignement dQS titres fait après fa 
mortv défigne encore ce lieu îbus le 
x'nve d'appentis. { a ) Du moins on com- 
mença fous les yeux & aux dépens de 
notre Conftrucleur , Se la fabrique a 
achevé dans la fuite. 

On trouve deux pièces qui concer- 
nent ce qui fut fait pour ce bâtiment 
en 141 1. La première eft une permif- 
fion donnée par Robert o'^ Hébalterne ^ 
Garde de la voyerie le 16 Juin de cette 
année , pour trois fenêtres qui dévoient 
faillir d'un pied fur la rue ^ pour deux 
:bancsde pierre délHnés à être placés aux 
deux côtés des huijjeries ; 8c encore pour 
un puirs que Flamel faifoit fouiller , qui 
devoit avancer d'un efpan dans la rue. 
Le voyer reçut pour ces parties 2 livres 

{a) Cette maifon eft défignéeau dos d'un des 
titres appentis qni furent en la. rue delsiontmcrency, 
Plamel en avoir fair rebâtir une partie & les ap- 
pentis réitèrent pendant un certain tems. 

H 



170 H I s TOI RE Cri Ti Qu fi 
8 fols, dont ^ dit-il dans Ton ade de 
permillioii , le Roy a les trois parts & 
nous le quart. Ce puits qui s'avancoic 
hors des murs ^ fit donner à la maifon 
le nom de maifon du puits que l'on 
trouve dans les anciens titres. 

L'autre pièce eft un rapport d'ex- 
perts. Les voifins prétendoient que le 
Conftrudeur empiétoit fur eux. Sur une 
plainte qu'ils firent, deux experts furent 
nommés Benoît Savoye & Jean Chélaut 
Maçons. Ils affirment dans leur rap- 
port , que Flamel bâtit en entier fur 
lui-même, que les plaignans , s'ils vou- 
loient édifier , ne pourroient entrer dans 
ces murs fansfon confentement. Lapuits 
eft -du mercredi 12 Août 1411. [a] 
J'ajouterai que cette maifon du puits 
n'appartient plus à la fabrique de faine 
Jacques , 6c qu'elle a été vendue en con- 
féquence d'une permifljon de Mr le 
Lieutenant civil, le 2 5 Juin 1^99. (/^) 

Les cinq maifons ou mazures dont il 
vient d'être parlé, & auxquelles il faut 

[ /» ] Le rapport de ces experts eft muni de deux 
petits fceaux. Celui de Benoît Savoye repréfente 
un Ours levé & aflls fur Ton derrière , tenant dans 
fcs pattes un marteau dentelé fiirmonté d'une 
couronne. On lit autour Scel Bé^-ioit Savoye, 
L'autre fceau eft un écu en ogive avec trois 
trèfles. On y lit ^ean Chélaut. 

{ b ) Tiré d'un article de l'inventaire des titres 
de la fabrique de faint Jacques fait en 1699. Oi\ y 
ifldique pour ^'^. piccc du 13c Chapitre le 



t>E Nicolas Fla M EL. 171 
joindre la maifon de la rue des tcnvains, 
tonnent tous les biens-fonds que Fla- 
niel a polfédés de fon vivant, [<^]Sc 
tout ce qu'il a laiiFé de cette nature avec 

Procès verbal qui fut fait de cette maifon , tîéfi- 
gaée la. petîie maifoyi de la rue de Isionîmorency : 
6: lapermiiiion de la vendre donnée parle Lieu- 
tenant Civil. La ig'=. pièce efl le Contrad pour 
la vente faitea un Confeillcr. 

[a] Tous les biens fends que Tlamel a pojfédés 
de fon vivant. Il faut remarquer que dans les 
comptes rendus après la mort de Fiamel qui com- 
mencent en 1416-, on trouve un nombre d'autre? 
maifons dites être a la fabrique de faint Jacques 
depuis l'Ecrivain. Celles-là , l'Eglife n'en a ac- 
quife la propriété qu'en vertu des rentes du droit 
de Fiamel hypothéquées fur ces maifons. C'eft 
ce qui eH: exprellément écrit dans les tÏLres de dif- 
férents comptes, & entr'autres du compte 'de 
14^5. Ladite Eglife , y ell-ii die , efi Propriétaire 
de C autre partie des maifons , «« moyen des rentes 
quelle avoit fur iceux lieux. 

Après la mort de Fiamel les tems furent fî mal- 
heureux , qu'une grande partie des héritages 
furlefquels il avoit des rentes , tomba en ruine ; 
joint à ce que lui-même peut-être pour avoir 
bon marché , ne s'étoit pas rendu difficile dans 
fes acqufitions. Comme les Propriétaires de ces 
'biens ne payoient point leurs rentes , la fabri- 
que faifoit mettre les maifons en criées par le 
privilège des Bourgeois. Elle entra ainii en 
jouilfance d'un certain nombre , la plupart ma- 
zures en ruine & abandonnées; mais excepté 
.deux ou trois, elle n'a point gardé tous c«s 
terreins , il en eût trop coûté pour le m:ttre en 
valeur. De plus , les Propriétaires ou d'autres 
Rentiers les 2Ly2.ViZ garni comme on parloir alors , 
la fabrique les a abandonnés. L'Etat que je don- 
nerai de tous ces biens , fournira autant qu'il 
fera poillble la preuve de ce que l'on avance ; 
& l'on y verra le montant des rentes qui y étoienc 
hypothéquées. 

Kij 



iji Histoire Critique 
Tes rentes foncières pour acquitter foti 
tertament. Il paroîc cju'entre ces maifons 
l'Ecrivain n'en a relevé que trois ou 
quatre au plus. Les auties il ne les re- 
bâtit pas, rien ne l'indique. Avec le 
détail qui a été mis fous les yeux, on 
eft en état de juger de la valeur de ces 
fonds 5 & Ton appercoit fans doute , 
que quoiqu'affez confidérables , ils ne 
palfoient pas les facultés d'un Bourgeois 
aifé. On connoit auili une portion con- 
fidérable du bien que Flamel a pofTédé 
depuis fon veuvage. La fuite de cet 
ouvrage mettra le refte en évidence. 
Voyons maintenant quelques avantures 
qui ont pu être une fuite de l'éclat que 
dévoient faire lesbatimensou lesacqui- 
fitions de l'Ecrivain. 



CHAPITRE VI. 

Taxe imfofée fur les habïtans de Paris, 
Vifite que Von -prétend avoir été ren- 
due à. Flamel de la part du Roy, 

Ans un rems tel que ceJui du règne 

de Charles VI , où l'on cherchoic 

de l'argent de toutes parts, auroir-on 

oublié de mettre l'Ecrivain au rang des 

Bourgeois qui pouvoient ctre taxés. A 

iT'dl^' P^^^^ ^^^ juvenal dos Urfins, fous la 

coàçhoy', date de 141 5 , /^ faifoient emprunts 6* 



D 



l:: 



©Ê Nicolas Fiamei. 171 
tailles j tellement que plujieurs de la vilU 
en étoient très-mal contens & déplaifans ^ 
& en murmuroit-on fort. Flamel qui fe 
mettoit en vue j & que l'on croyoic 
beaucoup plus riche qu'il n'éroic, ne 
manqua pas d'être cotre pour une con- 
tribution. C'eft ce que nous apprenons 
d'*un fragment de projet de confultation 
qu'il fit a ce fujet -, par lequel on voie 
en msme-tems l'impreiTion que fie fur 
cet homme une fomme de 30 francs 
qu'on lui demandoit. ( a ) 

Flamel , comme on lit dans ce qui 
refte de fon projet de confultationjS'adreA 
fe à quelqu'un en qui il avoir confiance 
& lui dit : Pajfé à quinze jours un.... ^^J^ 
e(i venu à l'Ofiel , tenant un rolle en va- le mot eià 

•^ -^ ^ déchiré. 

( /» ) Ce fragment eft fur un morceau de papier 
qui enveloppoir le fceau d'un ade d'amortiiTe- 
ment daté de l'année 1411. L'état où j'ai trouvé 
le fceau & fon enveloppe liés avec des tirets de 
<ie parchemin, dont les nœuds étoient très- 
ferrés & très-applatis , m'a fourni la preuve 
qu'on ne Tavoic point encore développé. J'ai 
foumis le fragment aux lumières du R. P. D. 
tetjftn , l'un des Auteurs de la nouvelle Diplo- 
matique. Ce R. P. le reconnoit pour être du 
tems de Flamel, tant au caradere que particu- 
lierememt aux , i , qui y font barrés par-defllis 
en place du point que nous pofons prcfentementi 
Flamel pour conferver les fceaux de fes adles j 
les avoir ainfi enveloppés avec le papier qui (c 
préfentoit fous fa main. J'ai trouvé quelques 
autres fceaux dans le même état. Un étoit en- 
veloppé avec un petit fragment d'écriture qui' 
paroît être d'une aes premières copies de fon tef- 
l^menc. 

Hiij ^ 



174 Histoire Critique 
pier ou quel rôle av oit trente frans, . .# 
Eiifuite il demande , fe par vertu du 
privilège l'on doit être exempt de tel 
prejl ... Et ce privilège il fait entendre 
quel il ert en difanr, je ne fai fe ceux- 
de VUniverfité feroient .... compris : Il 
ajoure qu'on pourroit aller par devers 
le Roy difpofé à fe joindre à ceux qui 
s'entremettront de l'affaire, je feroi ce 
qu il appartiendra , aioute-t-ii, jeferoie 
moult grevé .... il me feroit préjudi^ 
deux .... avec grand dommage, 

C'eil là ce que j'ai pu tirer de plus 
clair de ce Fragment de confultation qui 
n'eft que le refte d'un brouillon fort mu- 
tilé. C3n y voit toujours le chagrin que 
Fiamel reifenroit de la taxe qu'on lui 
demandcit. Il y parle naturellement , 
puifque ce ri'efl: point une requête ou 
il auroit pu en impofer à un Magiftrat : 
c'eft un confeil demandé à un ami a 
qui il fiit connoître fa firuation. Ce- 
pendant il peut paroîrre extraordinaire 
qu'une fomme affez foible , eu égard 
à celle de cent francs qu'il avoir fournie 
lors de la mort de fa femme , l'air ainfi 
effrayé. Ce pouvoir être une taxe réité- 
rée, & les termes dont fe fert Juvenal 
des Urfins femb'eroit le défigner. De 
plus , Fiamel avoir acheté du terrain (Se 
il faifoit bâtir: il avoir auili des det- 
tes comme du vivant de fa femme , 



DENiCOtAsFtAMELé Ï75 

on en aura la preuve. De plus encore ^'- "^^^^ 
ne le barroit-on pas dans l'exécution de ^'^'^' 
fes projets, en lui enlevant une fom- 
me qu'il deftinoit d un autre emploi ? 
C'éroit le prendre par l'endroit le plus 
fenfible. Or , fi le fourneau Alchymi- 
que eût été tout préparé dans fa cave, 
lieu où l'on dit que l'Ecrivain le pla- 
çoit pour n'être pas vu : comment cec 
homme avec un fourneau auffi fécond, 
qu'on le raconte , Se par conféquenc 
toujours muni de matras pleins de pou- 
dre de projection , avoit-il lieu de mar- 
quer tant d'embarras à un ami qu'il 
confultoit en particulier? 

Flamel éroit Libraire jurédeTUniver- 
fité de Paris , je l'ai déjà dit ; ôc Ton 
voit que dans fon projet de confulta- 
tion il pp.rle comme Suppofl de ce 
Corps. Nous içrnorons le tems aunuel 
il acquit ceae qualité •, mais on le trouve 
ainfi défignédans un a6te de 1414. On 
y lit que le 21 Juillet GuilUmne Defgràs 
Bourgeois de Paris ^ vent à toujours à. N, 
Flamel Libraire juré en, VUniverJlté de 
Parisy 1 livres parifis de rente fur une 
maifon faifant le coin de la rue du Ci- 
metière faine* Nicolas, (a) Peut-être 

( a ) Defgrès vendit à Flamel fa rente de 1 
livres pariiis avec quatre années d'arrérages , 
montans à 9 livres parifîs la Comme de 2 S livres 
tour, qui furent payés en blancs de 10 deniers 
tour, pièce. L'Ecrivain Libraire eut cette rente 

Hiv 



BorelTref 
f, 161. 



lyG H r s T oiRE C RI Tiar I 
alors y avoir-il déjà plufieLUs années que 
l'Ecrivain s'ccoic fait recevoir au nom- 
bre de ces Libraires , quoique dans les 
a6tes antérieurs il ne foir pas ainfî qua- 
lifié. Et l'on a lieu de croire qu'en fe 
procurant ce titre , il voulut favorifer 
ion commerce de Livres : &c que vrai- 
femblablement , il comptoit jouir dts 
privilèges attaches au grand Corps de 
rUniverfité , Corps fi accrédité (?c même 
il puiffant dans ion tems. 

Notre Ecrivain reçut plus d'une vifite 
femblable a celle du Sergent ou Col- 
iedeur qui porta a Ton hôcel le" loie 
où il étoit nommé. Je viens de rnppeller 
l'emprunt ou taxe de cent francs qu'on 
lui avoit demandé de la part du Roy 
au tems de la mort de fa femme. La 
vifice du Maître des Requêtes Cramoifi 
dont parle Borel , fi elle n'efi; pas ima- 
ginaire 5 peut 5 ce femble , être mife 
au même rang , aufii-bien que dans le 
même tems ; puifqu'alors , félon Thiftoi- 
re 5 on avoit befoin d'argent &: que Ton 
en cherchoit. Dans le rôle porté par le 
Sergent, Flamel étoit joint à la quan- 
tité de Bourgeois de fa forte regardés 

&; les ancrages dûs à un très-bon compte, parce 
qu'elle étoit hypothéquée fur une maijbn ou 
pUce^?ion habitée. D'un adc du ^i Janv. 1414-iy. 

En 158Î le 2. Odobre les blancs ctoicnt a 4 
deniers la pièce. D'V?z acie de ceîie date, 

£n 1400 le il Décembre ils étoienc à 8 deiùeis» 



DE Nicolas F l a m e t . 177 
comme ailes. Mais celui-ci le montraiu 
au grand jour , Cramoifi lui aura écé 
dépuré comme à un homme donc la ré- 
putation failoi: attendre de lui un fe- 
cours extraordinaire. Et fi la Cour, fans 
approfondir les vrais moyens qu'il pre- 
noic pour fuffire à [es dépenfes, ne 
croyoic pas qu'il ht de Tor, du moins 
put-elle penfer qu'il en avoir un amas 
de quelque part qu'il lui fut venu. 

On peut donc fuppofer la vifite du 
Magiftrat rapportée affirmativement par 
Borel qui eft peut-être le premier Au- 
teur '(^) qui ait fait imprimer cette 
hiftoire. Quant aux circonftances dont 
cet Auteur fe contente de dire , On fait 
par tradition y comme cette tradition 
n'eft pas celle qui a l'autorité de cap- 
tiver renrendement 5 il eft libre delà 
mettre de pair avec tout le merveilleux 
que l'on a débité fur le compte de 
TEcrivain. Mais voici cette curieufe 
tradition recueillie par Borel 

Flamel i dit l'Auteur antiquaire, Je 

déclara à lui ( Cramoih ) , V ayant trouvé 

honneu homme , & lui donna un matras 

plein de fa poudre quon dit avoir été 

conferyé long-tems dans cette famille , 

( ^) Je n'ai rien pu découvrir de ce fait dans 
les Auteurs contemporains , & particulièrement 
dans Juvenal des Urfins , Écrivain du règne de 
Charles VI. Cet Auteur garde un lîlence profoiid 
fur Hamel, comme je l'ai déjà dit. 

Hv 



lyS Histoire Critique 
qui r obligea a garantir Flamel des re» 
cherches du Roy. Aind norre Ecrivain 
qui félon rhiftoire que Ton en fait , 
s'écoic adroitement caché pendant tant 
d'années , car ce fait doit erre arrivé dans 
fa vieillelfe, fe découvrit tout à coup, 
ôc ne craignit pas d'être trompé par 
une apparence de probité. L'Homme 
étoit bien plus adroit : fon hilloire n'en 
fait-elle pas preuve ? Il eut peur, dira- 
t-on. Mais que penfer du Magiftratqui 
fe laifle éblouir à la vue d'un petit ma- 
rras rempli de poudre } Député d'un 
Prince qui a befoin d'argent , qui char- 
ge un peuple dont les plaintes fe font 
vivement entendre 5 le Miniftre tient 
dans ù\ main la mine d'or que Ton 
clierche , ôc il en ferme l'entrée par un 
filence traître 6c criminel. Croira ces fai:s 
qui le voudra. 

Ce qui e(t croyable 5 c'eft que l'Ecri- 
vain placé vis-à-vis du Magiftrat qui 
pouvoit le preflTer pour une forte con- 
tribution 5 fe tira de ce pas en prouvant 
non-feulement qu'il n'étoit pas aufli ri- 
che qu'on le débiroit, mais encore en 
découvrant la vrayefource de fon aifan- 
ce, fa manière de vivre. Il fe fervit 
d'une preuve que débite Botel lui-mê- 
me. Cramoifi, dit-il , le trouva dans l'hu- 
milité fe (avant même de vaiffèlle de terre. 
Flamel eut lieu d'en faire conclure au 



DE Nicolas Flamel. 17^ 
Député de la Cour , que c'écoit par une 
vie très-frugale 6c très limple qu'il favoit 
fuffire à fes entreprifes. Et i\ le Député 
apperçut une cran/mutation , ce tut celle 
de lor que Flamel avoir épargné, of 
tranfmué QU pierres & en mazur£s.(û} 

(a) A l'occafîon du fait que l'on vient dz 
lire , rapporté dans le Tréfor de Borel , je mets 
ici une note que je n'aurois peut-être pas lieu de 
placer ailleurs. Un texte du même Auteur que 
j'ai copié dans l'EiTai fur l'hiftoire delà Paroilfc 
de faine Jacques , rend nécelfaire cette remarque. 

L'Auteur de l'année littéraire eft étonné de 
n'avoir point trouvé dans fon édition du Tréfor 
de Borel qui, dit-il, eft celle de i^^f, le texte 
que j'ai rapporté pour prouver que les biens de 
Flamel ne venoient point des Juifs. Si cet Au- 
teur y avoir fait attention , il ne m'eût point re- 
levé fur une citation qui fe trouve réellcmeut 
dans Borel , & avec cela il ne me l'eût poim 
attribuée. En effets i'ai donné la citation à Mr 
le Préfîdent Hénault de qui je l'ai prife , & j'ai 
nommé mon illuftre Garant. Voici mes termes. 
Cet Auteur fi efitmé (ivlr le P. Hen..) rapporte 
ce que dit Borel dans fou Tréfor .... pour prouver 
que la fortune de IcUrnel ne venoit pas des Juifs ^ 
&c. L'Article tiré du Tréfor qui eft copié de 
fuite j n'eft donc pis fur mon compte. Et de 
plus , je n'ai point été trompé par Mr le Préiîdenc 
qui a bien cité. 

Je connois deux éditions du Tréfor des anti- 
quités par Borel : celle de i6yf dont s'eftfervi 
l'Auteur de l'année littéraire , & une autre ré- 
cente de l'année 17 ço. Dans cette dernière, 
l'article cité y eft tout entier fous le mot En- 
SEMENT. Ce terme répété deux foix forme deux 
articles, & les paroles que j'ai tranfcrites fon: 
une partie du fécond. 

Ces mêmes paroles fe trouvent auiTi en entier 
dans l'édition dei^jî. L'Auteur de l'année lit- 
téraire s'eft contenté de ce qu'il a lu dans la 

H y; 



i8o Histoire Critique 



CHAPITRE VIL 

Procès que Flamel intente & ne finie 
point. Sa mort, 

FLamel approchoic de fa fin , Se 
roujours appliqué foit à confcrver 
&: à défendre lebieii qu'il avoit acquis , 
foie à Taugmenrer fuivant le foible des 
Vieillards-, il ne manqiioir ni d'affaires 
ni de procès. Peuc-ctre ces occupations 
diftrayanres rembarrafioient-elles plus 
qu'il ne le vouloir. Cependant quel- 
ques faits femblent faire voir qu'elles 
n'écoienr pas entièrement éloignées de 
fon goût , qu'il favoit y profiter \ dc 
qu'en achetant des rentes placées fur des 
biens détériorés , (i^) il rrouvoit des fa- 

premicre Partie de l'Ouvrage de Borel. Or y 
trouve en effet fous le terme En sèment un ar- ' 
ticlc de dix pages fur notre Ecrivaino mais il 
falloir aller plus loin èc faire attention que la 
première édition de Borel eft avec des premiè- 
res ^v des fécondes additions. Le Critique, en 
po'ilTant fa recherche jufqu'aux fécondes addi- 
tions anroit apperçu que ce que Mr le Prcfiden:. 
a cxtiait, & que j'ai copié, fe trouve mot 
POUR MOT dans ces fécondes additions, à la 
page ^89. La efl: la fuite d'un nouvel article fur 
Flamel fous le mcme mot Ensement , qui com- 
mence à la page f88. llle vérifiera, s'il le juge 
à propos. 

(«) Il a été dit ci-defTus que Flamel a eu 
la maifon du Pt^ifs par le moyen des petites 
rentes qu'il avoit acquifes fui cette inaifoA, 



DE Nicolas Flame t. i8t 

cilités pour fe faire adjuger ces biens 
à bon compte. Quoiqu'il en foie , le 
Libraire , trois ans avant fa mort , en- 
treprit entr'aurres, un procès qu'il ne 
conduifit point à fa fin ; fes Exécuteurs 
Tellamenraires le terminèrent. 

Le fonds du procès étoit un foible 
objet. C'étoit cinq fols parifis de rente 
hypothéquée fur une maifon apparte- 
nante à un nommé i?o/;i;z Violette, Sc 
fituée dans la rue du Temple au coin 
de la rue des Gravilliers. Depuis bien 

Il eut de même une maifon fituée au coin de 
la rue du Cimetière fain;: Nicolas dont il exilré 
une quantité d'aifbcs. Flamel acheta à droit viage 
2 livres pariris de rente oMpcnficn a vie fur ceire 
maifon en 158^ , pour la Tomme de onze livres 
tour. Elit étoit fur fa tête & fur celle de Per- 
nelJe. Pernelle étant mone , Plamel acquit Ici 
propriété de cette rente /? toujours tni^co ^■çoxxt 
Il livres 10 fols tourn. qu'il paya en un écu & un 
noble en or ^ & le furplus en blans de 8 deniers 
pièce. Enfaite il fit mettre la maifon en criées , 
& elle lui fut adjugée. En 1414 il céda à Jean 
Perrier, Mercier , la propriété de ladite maifon 
pour le r^rix des rentes qui y ctcient hypothé- 
quées, le réfervant fes droits. Perier vendit ia 
place OH -maifon non habitée en 141c à Andricu 
le Prince , Earbier , Valet-de -chambre du Roy. 
Flamel cependant l'avoit fait mettre de nouveau 
en criées ; & Andry Marchait Prévôt de Paris 
la lui avoit adj'igéë le mardi après la Trinité 
1414. L'affaire fini: là peur Flam.ei., & Perier 
rentra dans ce bien, qui efl: venu à la fabrique 
de faint Jacques faute par Perrier de garnir la 
■maifon s c'eft-à-dire. de fatisfaire aux charges. 
On pourroit donner encore plufieur's exemples 
de ces occupations de Flamel, & des piccès pres- 
que continuels, qu'il avoit pour la geflion de 
Ton bien. 



iSi Ht? T OT R E C R I T I QUE 

des années Flamel n'éroic point payé 
de fa petite rente ; on lui devoit i liv. 
2 fois d'arrérages. Dès 1411-15 le la- 
. Veille du j-j^gj^ ^3 Avril veille de Pâques cjmmé- 
ques. nidulx : Raoïdin le Poivre y Sergent de 
la douzaine du Roy iV' ^ S&\ au 
Châtelet de Paris , avcit ajourné Robin 
Violette au nom de FlameL V^ioletce fie 
plufieurs défauts. On lui fîgnifia un nou- 
vel ajournement pour le famedi 5 de 
Mai 1414. Ce jour-là Jean Aubeffin^ 
Procureur de Violette, ayant demandé 
jour d'avis ^ on lui donna jufqu'au feize. 
Enfin ace terme, Aubefpin en défaut 
pour Yïo\ez:e,TanneguiDuchajlel Prévôt 
de Paris adjngea a Hamel fa demande, 
& condamna Violette aux dépens. 

Le Débiteur étoit infolvable. Flamel 
▼ouloit être payé, ou peut-être plutôt 
avoir la maifon. Il fait une nouvelle 
Procédure au Châtelet, ôc entreprend à 
ce tribunal les criées de la maifon de 
Violette. Deux Sergens fe tranfporte- 
rentfurles lieux pour en conftater l'Etat 
le II de Mars i4i(j.Les ajournemens 
accoutumés fuivirent. Le rroifieme de 
ces ajournemens ayant cré indiqué au 
jour de l'An & au lendemain 1417-18 ,^ 
le quatrième le fut au jour de la Trinité 
8c au lendemain 141 8. Aux trois pre- 
miers ajournemens, Flamel encore vi- 
Yant , comparut ou fon Procureur^ mais 



T5E Nicolas Flamel. i^^ 

eu quart (Ticeulx jours pour ce que para- ^^ ''f/'^c 
vaut icellui ledit feu Flamel étoit aie de 
vie à trefpajfement , Gilet de Frefne Pro- 
cureur de Jehan Clerebout , Guillaume le 
Comte , Jehan de Galande Marrégliers de 
VEglife defaint Jacques de la Boucherie , 
& Marguerite la Quefnelle j Exécuteurs 
du reftament,comparurenr pour terminer 
ces criées. Elles finirent à la pourfuite 
de ceux-ci le Mardi après la fête de la 
Trinité de cette même année , & par la 
fentencequi les termina , lamaifon vid- 
de vague ruineufe & inhabitable àt Robin 
Violette leur fut adjugée. 

La maifon néanmoins n'eft point ref- 
tée à l'Edife de faint Jacques. Elle fuc 
mile de nouveau en criées , a la requête 
d'un nommé Robert de Senlis Commis 
aux louages & réparations dudit lieu. Il 
eft écrit que celui-ci depuis l'année 1445 
jufqu'en 1454 ne payoit point la petite 
rente de cinq fols. 11 employoit le peu 
de revenu qu'il retiroit en réparations , 
& â la marge des comptes à^s années 
marquées ci-delTus on lit , en ruine. 

Dans le cours des criées faites au nom 
de Flamel, une Jeanne la Genciene ^woil 
paru pour 25 livres que Violette lui 
devoit : cette fomme alfez forte pour le 
rems provenoit du produit d'une année 
de la Mairie du Pont de Charenton : 
Violette Tavoit tenue de Gencienne ôc 



tS4 Histoire Critique 
exercée pour elle. L'Hôcel de cette Boiir- 
geoife eft indiqué en la verrerie. 

Il y parut aufli Frère Guillaume de 
la Fontaine ^ comme Procureur des K^- 
ligieux de VHôpital de faint Jean de 
]érufalem. Violette qui apparemment 
étoit un efpece de Fermier , tenoit de 
ces Hofpicaliers le moulin à vent de la 
tombe Ifore ou Ifoire , fur le pied de 
6 livres parifis &c ii deniers de fonds 
déterre. Il leur devoir 3 livres 12 fols 
d'arrérages. 

L^Extrait de Tade des criées de la 
maifon de Violette que j'ai donné ci- 
defTus 5 nous apprend que 1 lamel alors 
avancé en âge , mourur avant le dernier 
ajournement. Un. autre a(51:e qui eft un 
extrait d'un compte de l'exécution du 
teftament de l'Ecrivain , rendu par les 
Exécuteurs en 1429 , nous a confervé la 
daie précife de fa mort. LeCommiffaire 
Andry le Preux, devant qui on rendoit 
le compte , y rapporte que le trefpajjè^ 
ment d'icelui Jejfunt fut le zieme jour de 
Mars avaîit Pâques \^\j , c'eft-â-dire, 
141 8 félon notre manière prcfente de 
compter. Ainfi Sauvai qui place la mort 
Sanv.T, cle l'Ecrivaiii en 1417, ne s'eft point 
trompe., puilqu au jour du deces de 
Flamel, on datoit encore de cette année. 

Cet Hiftorien avoir eu la facilirc de 
voir quelques-uns des titres de i'Eglife 



DE Nicolas Fi. AME I. 185 

de faine Jacques. lien étoic , ce fem- 
ble , Paroifîien , ou du moins il pouvoir 
y erre né ôc y avoir confervé des ha- 
bitudes, (a) Mais quant au Médecin 
Borel ami de l'Hiftorien , quelle idée 
donne t-il du foin avec lequel il a fait 
fes recherches ? Il afTure avoir vu & lu 
par l'entrewife de Mr Sauvalle , dit -il, ^o^-^îTref. 
le Teftament de Flamel , celui de Per- 
nelle &: quarante autres actes : & cepen- 
dant pouvant marcher a l'éclat d'une lu- 
mière il certaine , il va chercher fes da- 
tes dans des fources qui dévoient au 
moins lui paroître fufpedes. Plus ex- 
traordinaire que Gohorry qui ne pouvant 
peut-être faire mieux , a été avec raifon 
chercher les fiennes aux bâtiraens élevés 
par l'Ecrivain ; Le Médecin antiquaire 
s'en tient aux Livres qui courent fous 
le nom de Flamel. // vivoit dit-il , en 
1593 & 14155 comme il fe voit dans fes 
Livres qu'il compofoit en ces années» S'en i^îti, 
être tenu là après avoir vii quarante actes , 
& de plus dans un article aufli long que 
celui qu'il a écrit en l'honneur du Phi- 
lofophe 5 n'avoir pas fixé le tems de fa 
mort 5 fait dont on devoit être curieux j 

( ^ ) Un Regiftre des Confrères de la Confrai- 
rie de faint Nicolas établie à faint Jacques, 
confervé le nom d'un Henri Sauvalle. On lit 
ce nom dans la Partie qui contient depuis léjt 
iufqu'en i^",^, & il eft noté Obiit. Ce peut être 
le Père de Henri Sauvai rHiftorien des anciquuçs 
<le Paris, 



î^<^ H I s T OIR E Cm TI QU E 

n'eft-ce pas avouer qu'il s'eft contenté 
de confidérer par le dehors les gros rou- 
leaux de parchemins que formenc les 
pièces que l'Ecrivain a lailfées, & en 
inême-tems ôter toute confiance , tant 
pour les recherches qu'il alTure avoir 
fautes, que fur les merveilles qu'il débite. 



CHAPITRE VII L 

Du Teflument de FlameL 

F"^Lamel avoir fulvi l'intention de Ta 
femme, en la faif^nt inhumer fous 
les Charniers des SS. Innocens : pour 
lui , il fat enterré à S. Jacques , comme 
il l'avoir demandé, long-temps avant fa 
mort. Particulièrement occupé de foa 
dernier moment 5 il avoit acheté, corn- 
ine il a été dit dans l'Iiffai , le droit de 
fépulture dans l'Eglife pour la fomme de 
14 francs. Quoique dans ces temps on 
demandâr rarement cette fépulture ho- 
norable , il efl: clair qu'elle ne fut pas 
pour l'Ecrivain une diftindion que l'on 
crut devoir à fes richelfes, ou à un cer- 
tain éclat avec lequel il pouvoit paroître 
dans fa Paroiffe. On la lui accorda com- 
me à beaucoup d'aurres avant lui {a) ^ 
pour de l'argent. Ce ne dut pas être auf- 

( a ) On voit parles regiftres que plufîeurs per- 
fonncs obtenoient la fépuicure dans TEglife ca 



DE Nicolas pLAXf El. 1S7 
fi de fa part un goût d oftentation ; il 
appercevoir que les prières que l'on de- 
voit fréquemment hiire fur fa tombe , 
les afperlions d'eau bénite , ôc les autres 
cérémonies qu'il demandoit par fon tef- 
tament auroient été impraticables en 
bien des occafions , fi à chaque fervice 
il eût été nécelfaire d'aller de l'Eglife 
aux Charniers des Innocens. 

Outre ce fépulcre que Flamel s'étoic 
préparé , il avoir encore fait difpofer une 
petite pierre qu'iî gardoit chez lui , Se 
qu'il deftinoit à être placée fur fon tom- 
beau. C'eft fans doute celle que nous 
voyons encore , de dont j'ai donné la def- 
'cription dans l'Efiai, ^^-i' '^^ 

L'immenfe ôc curieux teflament de 
ITcrivain nous apprend ces faits. 11 eft 
imprimé, 6c fe trouve après les pièces 
qui terminent notre E/Tai; ainfi il fufKc 
d'en rappelier plufieurs articles , de de 
faire quelques remarques auxquelles il 
donne lieu. La multitude de legs Ôc 
d'ocdonnances que contient cette pro- 
duction teftamentaire, prcfente quelque 
chofe de frappant. Ouverte ôc lue après 

payant. J'ai cité dans TElTai un Nicolasle Jîeau^ 
mier qui donna ic fols de rente. V. EJfaip. 7. 
On pourroit en ajouter plufieurs autres. Je nom- 
me feulement une veuve Guillaume Langlois , 
qui vers 14-77 acheta le droit de fe faire enter- 
rer dans' l'Eglife iio fols parijis qu'elle paya en 
(kft:ç ducats j ti-n falnt ^ demi noçle Usnri, 



îSS H I s TO iRE C R I T I C^U H 

la mort du Tellateur , elle put , par fa 
forme comme par fes détails , faire l'ad- 
miration ou rétonnement de ceux qui 
la virent. Néanmoins examinée avec at- 
tention , de le prix mis a chaque chofe , 
on a lieu de revenir de cette furprife 
qu'un long ôc minutieux détail occa- 
fionne. Si le teftament eft immenfe pouiè 
fon étendue , il neTefl: pas pour la quoti- 
té de la fomme à laquelle le montent êc 
les legs & les ordonnances. Et quoique 
le Tertateur , moins riche de beaucoup 
qu'il ne penfoit l'être , eût excédé en 
legs au point qu'il embarraifa quatre 
des principaux légataires , lefquels fe 
renvoyèrent les uns aux autres la charge 
de l'exécution ( ^ ) , cependant dans le 
tout même , il ne faudroit pas recourir 
au myftere de la pierre philofophale , ôC 
bien moins par conféquent par les ar- 
rangemens que l'on prit. La preuve de 
ceci confifte dans un examen que j'ai 
d'autant plus lieu de mettre ici fous les 
yeux que je fuis accufé d'une efpece de 
fupercherie par le critique littéraire. 
Cet Auteur prétend que j'ai tu les fon- 

(a) On lit dans une Sentence du Châtelet du 
10 Juillet 1416 , Apres que lefdits quatre Légatai- 
res ont offert l'un à C autre à latffer le fais 6* 
charge de ladite exécution &c. Et encore àgrant 
paines fe peuvent & pourront faire & entretenir 
les charges ^ &c. quelles feront accomplies félon 
la valeur & faculté des biens démonrés du déch 
dudit défunte 



©E NîÇO t A s Fl A ME r.. 189 
dations de Flamel , de peur, dic-il, que ^ett.^.ajy, 
leur énumération ne fit ouvrir les yeux au 
Lecteur fur les mauvaifes raifons quQ] ap- 
porte pour prouver que tous les biens de 
Flamel employés à ces fondations , na- 
raient été puifés que dans fon écritoïre. 
Jamais je ne penfai a cette fraude : elle 
m'eût été très-inutile puifque je donnois 
moi-même le teftament , qui par fa pu-!' 
blication , devoir être un argument 
contre moi. J'ajoute que c'eft la feule 
vue d'abréger qui m^a conduit , voici 
cet examen. 

Les Ordonnances du teftament de 
Plamel préfentent trois objets. Les legs 
une fois payés : les rentes a vie qu'éta- 
blit le Teftateur : les fondations à temps 
&c perpétuelles. Pour acquitter les legs , 
il falloir de l'argent comptant. Quant 
aux rentes à vie & aux fondationsjles re- 
venus y furent deftinés : or la preuve 
que l'Ecrivain , fans avoir polTédé des 
.richefTes aulîi confidérables qu'on le pen- 
■fe à une fimple ledure du teftament, a 
-pu laiiTer aftez d'argent pour facisfaire 
aux legs 5 fe tire , foit d'une courte fup- 
putation , foit de la manière dont ou 
' acquitta le teftament. 

La fupputation a été faite , & , fans la 
détailler , j'invite le Leéleur à la faire. Il 
■trouvera que tout ce qui s'eft dépenfé 
■pour l'acquit de ces legs 6c de ces ordon- 



190 HiTOiRE Critique 
nances , a pu monter alors environ à 
1440 livres parifis ou 1800 livres tour- 
nois , Se certe fonime comprend tout ce 
qui a du s'acquitter indépendamment de 
ce que le Tellateur avoit laiiTé d vie ou 
perpétuellement. Ainii un don fait par 
l'iamel de dix-neuf calices d'arc^ent doré 
(a) pour autant d'Eglifes ; une efpece 
d\aumône laiiféeà chacun des hôtes qui 
occupoienc fes maifons , [ ^ ] .& encore 
300 livres tournois qui furent payés 

(a) Les Calices qui furent donnés félon la 
Yoionré de Flamei , ne pefoient pas tiois marcs. 
XJn d^ ces calices exiftoit encore au tcms de la 
dcllruclion de la Paroilfe de iainte Geneviève 
des Ardens. Il a été porté à celle de fainteMade- : 
laine. Mais comme il étoit inutile à cette Eglife , 
il acte vendu avec deux autres calices, qui en- : 
lemble ne pefoicnt que huit marcs. C'ell ce qui ( 
m'a ccé allure par un des Marguilliers qui étoit 
en charge alors , qui s'eft donné la peine d'en 
vérifier le poids. On voyoit fur celui qui venoit 
de Flamel j l'N «S: IT, Il étoit doré , enrichi 
de quelques émaux , & d'une forme alfez balFe. 

[b] Suivant le détail qui fe trouve dans les; 
premiers comptes après la mort de Flamel, Ici 
nombre de fes hôtes pouvoit montera v^ au plus. 
On en trouve 14 dans toutes fes maifons des rues 
faint Martine de Montmorency, qui pour la 
plupart étoient louées par petites parties. Il y 
en avoit quelques-uns lorfqu'il mourut , dans fes 
maifons de la rue Marivaux. Ainfî leur ayant 
laillc a chacun 10 fols, on peut compter fur une 
fomme de ^o livres oarilîs pour cette partie. 

On lit dans le teltament de Flamel deux arti- 
cles , l'un de 10 fols lailfés à chaque Chapelain 
de faint Jacques ; & l'autre de 16 fols aux Clercs. 
Il n'y avoit alors à faint Jacques que quatre Cha- 
pelains chnrgés de l'Office, & deux Clercs : 
Aiiili ces articles forment eo tout f Uy. 11 fols. 



DE Nicolas Flamei. 191 
comaie réfidii , félon l'ordonnance dix 
tellamenr , à crois légataires, dont on 
aura lieu de parler dans la fuite \ tout 
cela eft compris dans les 1 800 liv. courn. 
ou 1440 livres parifis. [a) 

Le marc d'argent valoit le 18 Mai Le Blanc, 
141 8 environ deux mois après la mort 
de Flamel, 9 liv. 10 fols. Lors de l'éxé- DuC.de 
cucion de fon teftament , on en fixa le noy. 14*1^'. 
prix à 6 livres 18 fols tournois. Or, par 
une fupputation pareille a celle que l'-on 
a vue ci-delTus pour le bien qui le trou- 
va à la mort dePernelle, le marc d'ar- v. ^. 54 
gent étant a 6 livres 18 fols, cent livres ^^^'* 
de ce temps valent dans le nôtre (379 
livres 14 fols 2. deniers ^. Et en lailTanc 
a part les ^f la fomme de 1800 livres 
tournois feroit aujourd'hui repréfentée 
parcelle de 12154 liv, 1 5 fols. Que l'on 
établiiïe plus , fi l'on veut , pour quel- 
* qu'omifiion ou erreur. Quand le touc 
monteroit environ A looo livres pour le 
remps de Flamel , & à treize ou 14000 

{a) Cette fapputation montre qu'il s'en faut 
<le beaucoup que Flamel ait furpalfé dans Tes dons 
les Rois &: les Princes, fuivant le mot de /'.ii-^c 
Lenglet. On peut oppofer ici les dons que fit par 
fon teltament le Duc d'Orléans, frère de Char- 
les VI. Ce Prince mort en 1407 , légua tant aux Annotât, 
pauvres qa a diverfes maifons Religieures,plus après l'hif- 
de vingt mille livres tournois j & à toutes les toirc de Ju- 
Eglifes de Paris & d'Orléans, a chacune un calice ^s'\a) d=s 
d'argent. Le Prince donnoit une partie de fes ^^^^^^' f. 

^* grands biens 5 l'hcrivain donnoit tout ce qu'il ^^^' 

)ii . polfédoic & plus qu'il n'âvoit. 



r^i H I s T o I R E C RIT r Qu ï 
livres pour nocre remps, y auroit-il U 
quelque chofe de Ci frappant ? Ne voir-oa 
pas fouvenc des bourgeois de Paris faire 
des legs beaucoup plus confidérables ? 
Si le Teftateur n'eût pas occaiionné tant 
d'éclat 5 s'il eut laifTé feulement à un ou 
deux endroits , ou la même fomme, ou 
même une plus forte ; à peine peut-être 
en eut-on parlé. Tout le bruit vint fans 
doute du grand nombre de perfonnes in- 
terreiTées dans l'exécution. Cependant il 
faut beaucoup foullraire de cette fomme 
même. Je veux dire, qu'elle ne fe trouva 
pas chez Flamel , puifqu'à peine en prit- 
on le quart fur fon mobilier. 

Le bon Ecrivain, à la vérité , avoir 
affedlé fes dettes actives de fon mobilier 
V. Tefta- a r.icquit de Ces ordonnances. Mais en 
ment/. 91. ^i^j-^j-ji- cette claufe , il n'avoit pas bien 
compté avec lui-même *, de a quelque 
fomme que fe foient montés (qs meubles 
& iijlenciles (Toflel, aulTi-bien que les de^ 
niers d'or & monnoye ^ mentionnés de 
non fpécifiés dans un acte ; les exécu- 
teurs teftamentaires n'acquittèrent pref- 
qu'en entier tous ces legs que fur les re- 
venus :c'eft ce dont on aura lieu de fe 
convaincre dans la fuite. On voit tou- 
jours actuellement combien peu on a, 
droit de conclure du feul afpecfl de tant 
d'ordonnances , que Flamel pofledoic 
des riclieiïes extraordinaires. 

Un 



DE Nicolas Flamec. i^.^j 

Un article du rellamenc , qui porte 
une tondation en faveur de quatorze 
endroits, demande une autre difcufîion. 
C'eil l'examen d'un merveilleux énon- 
cé , qui fe lit dans le livre des figures da 
Charnier. On y fait parler ainfi le Philo- 
i^3phe. Elle , Pernelle , & moi avons déjj. p^^ç ^^^ 
( avant 1413.) fondé & rente quaton^c . 
Hôpitaux en cette ville de Paris , bâti 
tout de neuf trois Chapelles , décoré de 
grands dons & bonnes rentes fept Eglifes , 
avec plujieurs réparations en leurs cyme^ 
tieres j outre ce que nous avions fait à 
Boloigne _, &c. Il eO: fâcheux que le ré- 
dacteur de rhiiloire , ou au moins celui 
qu'il a copié , n'ait pas défigné les noms 
de tant de lieux pour lefquels le riche 
hermétique avoit prodigué (on or. li 
nous eut inftruit ; mais comment i'aix- 
roit-il fait \ Il ne parloit certainement 
que fur des bruits, qui nés après Flamel, 
depuis lui avoient toujours écé croifTans : 
de on n'a pas à aller chercher bien loin 
la manière donc on a multiplié ces mer- 
veilles ; elle fe trouve dans Borel même. 

Le livre des figures fait mention de 
quatorze Hôpitaux fondés & rentes par le 
mari éc la femme j & l'Antiquaire , 
ébloui de tant de beaux faits , voit ces --i%. 
objets doublés. Il dit que les effets de ce 
que raconte Flamel , prouvent la vérité 
de ce qu'il écdt y /çavoir quatorze Eglifes 

1 



194 Histoire Critique 

& AUTAN r d'Hôpitaux qu'il a rentes & 
fondes. Riche mukiplication, qui pour 
"quarorze donne vingt - huit. Si quelque- 
fois on le fert du p!us pour prouver le 
lîioins 5 il n'en efl: pas ici de mcme. Le 
plus ajouté au narré hermétique, eft une 
preuve claire de ce que les récits diffé- 
• rensont fuccellivement ajouté aux véri- 
tables œuvres de lEcrivain. Amplifiées 
long- temps avant le Gencilhomme Poi- 
tevin , celui ci les aura enflées. On voie 
■que B >rel le fait à fon tour. Ainfi en 
fait de chof.s merveilleufes , ôc fuwa» 
liérement en fait de richelies , la renom- 
mée augmente toujours , vires acquirit 
eundo. 

Quant au Cririque Littéraire , qui 
fuit la multiplication faite par Borel , &r 
qui le copie dan= fon récit , il a changé, 
fans peut-être s'en être apperçu , la par- 
ticule conjoncfkive & en la conjonélion 
disjondive o:i.%on Auteur dit que Fia- 
f_ ^V" ^- mel a fcndé & rente , ôc deux fois il 
' écni foiidz ou rente. Nouvelle indudion 
à l'erreur pour ceux qui ne liront que la 
lettre du Critique. Tel rente un Hôpi- 
tal , qui ne l'a pas fondé. Mais ramenons 
les chjfes au vrai ; le texte du teft^menc 
nous y conduit. 

L'Ecrivain fait par fon teftament uti 
legs à quatorze endroits, qui étoient , 
tant des Eglifes Paroillîales, que des Hô» 



*57 



bïNicolasFlamel. 195 

pitaux. Ces lieux font nommés cfe fuite 
dans le teftamenc^ de le legs que leur fait 
le Teftareur , eft une perire rente de dix 
fols parifis par année a chacun. La rente 
n'eft pas gratuite ; elle elt donnée à l'in- 
tention d'une iMeire qui doit être célé- 
brée tous les ans dans S. Jacques, par 
un Chapelain de chacun de ces lieux. 
N'elt-il pas vifible que cette Ordonnan- 
ce , qui a eu fon exécution , eft la fource 
du bruit qui s'efl: répandu que Flamel 
avoir fondé & rente quatorze Eglifes Se 
autant d'Hôpitaux ? Le tellament, confi- 
dérable en lui-même , par lequel le Tef. 
rateur donnoit à l'Eglife tour fon bien , 
fit du bruir. Il fut commenté; on y ajou- 
ta. Combien de récits enflés , d'hiltoires 
ajuftées par des imaginations vives ÔC 
créatrices n'entendons-noub pas tous les 
jours } On parla des quatorze Eglifes ôc 
Hôpitaux que l'Ecrivain avoit grarifiés 
d'une fondation. Les Comptables de l'E- 
glife de S. Jacques l'ecrivoient parmi les 
articles de leur dépenfe : A.a-es mifis di Da QaTc.^. 
quatOT\e MeJJes baffes ordonnées être di- ^^ ^■"^'^ * 
tes , , . , ou mois de Novembre en lidite 
Eglife à VA'ttel S, Climent par les gens 
des E^liCes & Hôoitaux ci- après décUrés y 
&c. Tous les ans cette troupe afl^ez re- 
marquable de Chapelains rep-'-roilToit. 
Cependant combien de eens i^noroienr 
ce qu'il y avoic de vrai dans la fonda- 



1^6 Histoire Critique 
tion» ^ Te mèloientd'en parler? C'ctoîc 
un aéle de reconnoiiîance des dons im- 
menfes que Flamel avoir fait aux en- 
droits d'où v^noienc les Chapelains. Il 
en étoit le fondateur , il les avoir riche- 
ment dorés. C'ell ce qui fe difoir, com- 
bien de gens le croyoient de le répé- 
toient^ La Chevaler^ç Ta cru , 3c l'a ré- 
pété a (on tour, 

II eft remarquable , que de tant de 
lieuM défignés dans l'endroit rapporté 
ci-delTus , l'Auteur fait feulement nom- 
mer à fon Héros hermétique le lieu de 
Boulogne, Ce qui a été dit fur ce lieu 
v.f. S9r dans la première Partie , fert à montrer 
quel jugement il faut porter fur les au- 
tres eiiûLoits qai ne font défignés qu'ea 
^.général. Ajoutons cependant que fi Fla- 
mel a fait quelque part du bien dont U 
connoiffance foit perdue , ce peut ètr^ 
quelque rente de dix fols , ou quelque 
I etite pa tie de bâtiment , dont la ténui- 
té en a f it perdre la mémoire, 6: dont le 
tout 5 femblabîe à ce que j'ai déjà expo- 
fé, ne paiFa jamais les forces du riche 
pcrivain, 




DÊNiCOIAs'FtAMEt. Î97 



CHAPITRE IX. 

Suite du Tejlament de FlameL 

LE teftament de Flamel préfente en- 
core quelques fairs qui méritent 
qu'on s'y arrête. Perneile avoit réglé par 
1-e fien la dépenfe du dîner du jour de 
fon enterrement ; le mari fit la même 
chofe : c'étoit apparemment alors un ar- 
ticle ufîté dans les teftamens. Le Telia- 
t^ur dit donc : Item à fes voijîns quife- '^*-^- t- 
ront compagnie au fervicepour aller boire y ^ ' 
eu difner comme bon leiirfemblera & prier 
pour lui , 4 livres parijis, Perneile , ce 
femble, a didé fon article d'une ma- 
nière plus civile. Quoi qu'il en foit , Tu- 
fage d'un iîecle Se une coutume établie , 
adoucit ou rend permis ce qu'un autre 
ufage ou un autre (iecle regarde comme 
gro(Iier& incivil. Ainfivers 1404, deux Descomp^ 
Libraires qui vendirent des livres à l'E- tes de 1404 
glife de S. Jacques , ne fe trouvèrent ^ ''^^"* 

f»oint infultés d'une petite fomme que 
'on préfenta a chacun pour du vin. L'un, 
nommé Jean d'Orenge , qui avoit vendu 
par lui-même un livre appelle Demi- 
tems y 8 livres parifis, reçut 14 fols cotés 
pour le vin d'icelui d'Orenge. L'autre 
avoit vendu un Graduel 42 florins , efti- 
més 3 3 livres 1 2 fols parifis , & on lui 

Liij 



19^ H I s T OI RI C R I TIQU8 

donna i8 fols pour {on vin. Qu'eufTênt 

dit les Cramoifi, les Léonard, lesThier- 

ri , les Coignard , les Defprez , &c. a 

i'afpedl d'une offrande ainfî motivée 3 

ôc que diroient leurs fucceffeurs ? Les 

Jurés - Crieurs de notre temps vou- 

droient-ils aulîi renouveller la finauliere 

coutume a laquelle les oblige , fous 

peine d'amende , une Ordonnance de 

ch?vit VI Charles VI. de 141 5 ? Elle veut que les 

pouriavil- Cr'ieurs j munis de leurs fonnettes , ac- 

Biic.'^^Go- compagnent le convoi de leur confrère 

thjque/ol. décédé, comme auili celui d'une femme 

**'* de Crieur ; que deux d'entr'eux auprès 

du corps, foient charges l'un d'un pot 

de vin , 6c l'autre d'un beauhannap ( avec 

une belle touaille blanche) pour donner à 

boire à tous ceuv qui porteront le corps ; 

Se que dans le chemin , arrêtés a chaque 

carrefour, le corps pofé fur deux tré^ 

taux , CCS deux offrent du vin à ceux qui 

là feront préfens, 

^ Une cérémonie, qui de même a quel*- 

qiie chofe de fingulier pour nous , eft 

celle à laquelle Flamel oblige fa bonne 

Chamberriere Margot la Quefnelle. Sera 

Tcft. p. tenue, dit le dévot Maître , ladite Margot 

*-84' chacun fume di de tan après vefpres com^ 

mencées de avoir à fes defpens durant fa. 

vie y 6' tenir en fes mains ou autre femma 

de par elle , a genoux devant V imagé 

iV. D. en VEglife , cinq chandelles de 



ÔENlCÔlAsFtAMEt* t<)9 

cire de un denier la pièce , ardens jufquà 
la moitié ou environ. Et à chafcune des, 
fejles de N, D. à la grant MeJJe , quinze 
(elles chandelles femblablement ardens* 
Et après les offrir & attackier devant la* 
dite image en priant Dieu & N. D, pour 
ledit Tejïateur. La pieufe pratique de 
faire brûler des cierges devant l'image 
de la fainte Vierge , eO: encore en ufage j 
mais aujourd'hui une domeftique mê- 
ine, fur-tout ,de l'efpece de Margot la 
Quefnel , qui dans fon état devoit pri- 
mer , voudroir-elle parokre dans une 
principale ner au milieu d'un grand offi- 
ce, avec quinze petits cierges allumés? 
C'étoit l'ulage du temps, Margot pou- 
voit même fe croire honorée de cette 
cérémonie. 

Flamel charge de plus fa domeftique 
de porter le pain, vin & chandelle aux fer- 
vices qui dévoient être célébrés à fon in- 
tention par fept ans & quarante jours, -f^Â/* 
Ces fept ans & quarante jours font un- 
terme fixé par l'ufage eccléiiaitique pour 
les Indulgences. Le Teftateur l'avoic 
fans doute dans l'efprir , lorfqu'il ré- 
gla àQS vServices pendant ce temps Ji^ 
mité. Il a voit la confiance de participer 
à ces indulgences , & c'eft la tout le myf- 
rere. Cependant Borel, inflruit par \qs 
Alchymiftes , nous apprend que les cu- 
rieux dans ce nombre d'années & de 

liy 



200 HiSTOIRÏ CrITTQUÏ 
jours y trouvent des myjleres chymiques J 
quils conjiderent cesfept quarantaines de 
Mejfes quil injlitue , & les dons qu'il fait 
i4&''s8. ^ ^^rgot QueJJenelle fa ferrante, &c. 
De quelque côté que l'on fe retourne , 
ces elprirs pénétrans y trouvent le grand 
œuvre. Sauvai n'avoit-il pas bien raifon 

* '^' ^^' de dire fur le même fujer , quoique vis- 
à-vis d'autres objets , qu'i/ n'y a forte de 
rébus fculpés dans les hglifes quils n in- 
terprètent ^ &c? Us n'avoienr donc gar- 
de de ne pas interprcrer au/îi à leur ma- 
nière le teftement de l'Ecrivain ; èc Bo- 
rel , comme je l'ai dit, n'a pas manqué 
de l'infcrire dans fa Bibliothèque chy- 
niique. 

- Adarguerite la Quefnel , gouvernante 
de coniiance de Flamel, a paru ci-deflus 
jointe aux Marguilliers de S. Jacques , 
dans la concluiion du procès pour la 
rente fur Robin Violette. Flamel avoir 
mis cette chambrière au rang des exécu- 
teurs de fon teftament. AppelUe & pré^ 

Teft. f. fente, dit-il , Margot la Quefnel 

^ ^^'' laquelle le dit 'Tejlateur commit & com- 
met au fait de ladite exécution & comme 
exécutereffe avec lefdis exécuteurs , &c^ 
Marguerite s'acquitta de cette charge 
jufqu'd fa mort , comme on le verra dans 
la fuite. Elle furvécut quelques années 
à fon cher Maître, & elle fe maria. Ce 
fut un fécond mariage : en effet, on voie 



DE Nicolas Fla M Et. 20 r 

par le teftament de Flamel , qu'elle avoir 
déjà une fille qui s'appeWok Collette , ôc 
fans doute que le nom de Ton premier 
mari étoit QiiefneL Selon l'ufage de ces 
temps, on diltinguoir une femme , ea 
ajourant au nom de fon iriari l'article la : 
ainfi on diioit Jeanne la Potière ^ d caufe 
de fon mari Pierre Potier^ (a) & Jeanne 
la Taille fer , comme femme de Jean 
Taille fer y (/») de même Marguerite la. 
QiiefneL Celle-ci en fe remariant, agit 
contie la volonté connue de fon maî- 
tre, qui en lui lailTant une rente, dit ex- 
prelTément , en telle manière que ladite 
Margot ne foit point mariîe. Et mênie 
elle ne tarda pas , puifque des le 27 Mars ^'"n« 
141 5)- 20 5 elle eft appellée dans un adte .juchâtdcc 

{a) On a lu ci-delTus l'infcription que P/>n'^ i^i/avauc 
Votier a fait pofer ài'Aicade des Charniers qu'il pLues, 
fiL bâcir en 13^7. 11 y joignic i'épicaphe ùc fa 
femme que voici ; Cy repoje Femelle la Poiiere , 
jadis femme de Pierre Potier Pelletier & Bour- 
geois de Paris 3 qui trefpajfx l'an de grâce 1557 , 
le 8 jour de Juin. Priez. Dieu- pour elle ^ & dlies 
un Pater noficr & Ave Mari.i s il vous plaijf. 

[b] Celle-ci s'appelloir Jeanne d\imiens , com- 
me on le voit par fonépitaphe qui cft rapportée 
dans l'Elfaiîpage i6S. Néanmoins un petit i egifî^c 
qui y eft cité plulieurs fois, faifant rnention de 
la fondation faite par cette femme , dit : Jeanne 
la Taillefer a fondé une MeJJe haute . . . Les re?iiës 
données pour cela ont été perdues , 6v. C'eft ce 
nom du mari donné à la femme, quia occa- 
fionné une faute qui fe trouve à la page 2^«, 
del'ElTai, où Ton a écrit Jeanne' Taillefer ^ an 
lieu de Jeanne d' simiens. On a voit alors fous les 
yeux l'extraie du petit regître. 

1 V 



loi H I s T O I R E C Jl I T I Q U E 

femme Maclou Rallier, Au refte , cette 
infradtion de la claufe gênante, appofée 
par fon IVlakre, ne paroît point lui avoir 
nui. Elle continua, comme je l'ai dit , 
à s'entremettre de l'exécution àes autres 
parties du teftament. Il Faut croire qu'el- 
le y hit plus lîdele qu'à celle qui l'avoic 
regardée perfonnellement. 

Après avoir fait remarquer le bas prix 
de tant de chofes , ce feroit ennuyer, 
que de s'arrêter à celui auquel le tefta- 
ment fixe certains draps deftinés par 
FLimel a vctir, foit des pauvres , foie 
des Prêtres, des Clercs &: des Religieux. 
Du drapa i jl fols parifis l'aune pour les 
pauvres. L'autre forte à i livre 4 fo's pa- 
rilis pour les Ecclélialliques oc les Reli- 
gieux [a). Celui ci devoir être bleu 
brun. Ainfi le noir n'étoit pas comme 
aujourd'hui affedté aux Eccléliadiques j 
ils portoient du brun :c'eil ce qu'on re- 
marque encore à d'anciennes peintures 
[ ^ ]. Le Teftateur deftine le drap des Ec- 

( /ï ) Le drap noir , qui en 1416 fervir à habil- 
ler de deuil .Mr Charles de Bourhcn , pour la mort 
du Duc de Berry , coûta ? livres 10 folsrournois 
J"ai:Ine. uh^^-aations après Ihijïoire de Ch^rL's VI. 
de ]ftven^il des Vrjîns ^ page 779. 
V. l'S. p. ^ [ è] Il a été parlé dans lEiTai fur fain: Jacques, 
'»^* d'une ancienne baniere de la Confiairie de 

laint Nicolas, où l'on voit des Clercs repréfen- 
tés avec un furplis retroullc par-devant. Cette 
baniere donne lieu de penfer que l'on portoic 
alors indiiFcreinmem des foutancs brunes ou noi^ 



DeNicOLXsFlAMEI. 10^ 

cléfiaftiques de des Religieux à faire d^s 
houppelandes pour eux vejlir : ou c'étoit 
une forte de manteau ; ou on ne parloic 
point encore de foutanes. 

Outre la grande quantité de cqs pau- 
vres auxquels l'Ecrivain fait d^s dons , 
il y a une fondation particulière en fa- 
veur QQs pauvres aveugles des Quinze- 
Vingts : on peut la lire dans le tefta- 
ment. Elle établit une efpcce de cérémo- ^.ss. 
nie imaginée peut être par un peu defm- 
gularité. C'eft une Proceflion de treize 
aveugles , précédés d'un Clerc portant 
la Croix, & conduits par un Prêtre de 
l'Hôpital 5 chargés de venir à S. Jacques- 
chaque mois de l'année. Si en cela Fla- 
mel n'imita pas une cérémonie déjà uii- 
tée , comme il y a quelque lieu de le 
croire , la chofe dut donc fe faire re- 
marquer , & donner lieu de célébrer 
&: d'entier même \qs richeffes du fon- 
dateur. Néanmoins Thonorairequerem- 
portoir toute cette compagnie , n'é- 
toit pas auili confidérable qu'on pouvoit 
fe Timaginer. A chaque fois on lui 
dillribuoit deux livres fept fols parifis# 

res. On y apperçoir placeurs Prerres &: plulîcurs. 
Ckics, donc les uns font en noir, &: J-s autres 
en brun , cirant far la couleur de marcn. J'ai re- 
marqué clans un ancien livre d'Office , un Prêtre 
en foutane approchant du bleu, ayant un chs* 
perou nou fui Ton bras, 

Ivi 



204 Histoire Critique 
Le détail du cérémonial qui s'obfervoît 
dans les premiers temps de l'acquit de 
cette fondation, s'eft confervé dans un 
ancien regilhe: il fe trouve d la fin des 
pièces. 

Le teftament vers la fin porte une claufe 

finguliere ; étoit-e!le infolite? Le Tefta- 

teur défend d'aucune choje muer ou faire 

au contraire par impétration^ difpenfation 

de Pape , de Roi , de Prélats ou autres , 

tcc. Quoi qu'il en ait pu être alors de 

cette claufe , elle découvre la volonté 

ferme où étoit le Teftateur de rendre 

ftables Çqs Ordonnances. Il les avoit fans 

doute bien méditées; il en avoit même 

dreffé différens modèles , dont il refte 

C'A un encore quelque veftige. Il avoit pristou- 

papL? q"Ji ^^s ^^s précautions nécefiaires pour que 

enveiop- fon intention fût accomplie : mnis com- 

roic un n j-' • • • i 

fccau. ï^"*^ celle qu li avoir principalement en 
vue , éroit que la totalité de fes biens fût 
employée en œuvres pies , Flamel dans 
la crainte peut-ctre que qaelqu'aurorit© 
n'annullât fes difpoficions , ajoute qvCen 
ce cas & non autrement ^ tous les Hôpi- 
taux & Eglifes qu'il avoit défignés, par- 
tagent fes biens par égale portion , & les 
converciflent c'5 œuvres & foujlennemens 
de f dis lieux. 

Il femble qu'il craignoit ce qui penfa 
arriver en effet \ que fes biens ne tombaf* 
fent dans le fifc par droit d'aubeine. II 



Dï Nicolas FlImei^ 105 
n'appercevoit pas fans douze de parens 
qui puiTenc fe préfenrer pour hériter: 
néanmoins en cas qu'il en parût , &C 
toujours ferme dans fa réfolution de tout 
donner aux pauvres &c aux Eglifes, il fait 
un legs de 40 livres parifis en argent à 
fes parens Ji aucun en a qui fe voudroient ^ Tcft.;v 
dire f es héritiers pour une fois à tous en- 
femble : mais il ne s'en préfenta pas vrai- 
femblablemenr , puifqu'onze années 
après la mort du Teftateur, le onze 
d'Avril 1419 (^), il nètoit encore 
apparu aucuns fe difants parents de Fia- 
met pour recevoir le legs de 40 liv. par. 
Ce font les termes d'un r.de dont j'aurai 

{a.) C'cft ce que porte une fentence du Prévôt 
de Paris de certe année 1419 , & du 11 Avril après 
Mifericordia Dointni y c'eil-a-dire , après Pâques 
& après le Dimanche du bon Pafteur ^ dont l'in- 
troïre commence par ces pai oies. 

11 y avoic cependant a Paris un particulier qui 
s'appelloit Jr^^ Flamel. Celui-ci ctcit Secrétaire 
de Jean Duc de Berri , mort en 1416 , à qui il 
avoir vendu le Roman des quatre pis Haimont , 
de RoUnt & Olivier _, & pl:tj:euys autres ejaits de 
lettre de compte , pour ^o francs. C'eft ce qui fe ^- ^ », P* 
lit dans l'Inventaire des Livres de ce Prince, '^^ j^}.^^' 
donné par le Laboureur. uoànCuon, 

On Ut aull'i le nom de J^^;7 Vlamel dans les An- Hiftoire 
notations placées après l'hiRoire de Charles VI, de Charles 
& qu'il fut habillé de deuil pour la mort de fon ^^- [^'-J^^** 
maître. Apparemment qu'il n'étoit point parent ^' '^''^* 
ie Nicolas j ou qu'il mourut avant 1418. S'il étoit 
parent de notre Flamel , le volume vendu a'i Duc 
de Berry , pouvoir bien ctre forri du magafin de 
livres du Libraire de l'Univerlicc. 



io6 Histoire Critique 
lieu de parler dans la Partie fuivanre. 
On verra dans cette dernière partie le 
détail des affaires de la fuccelîion de 
l'Ecrivain : il fournira des faits 6c des 
difcullions qui pourronc encore intérelfer 
le Ltdleur. 




DE Nicolas Flamel. 207 

^'Vife^a rvî5t>s f<i5î>i f<i5*>^ ^vi$«>^ f<*$î>-. fv4i>tîi* 

':^ ;;:8<^;:;^ 0^^ >5^.^i^ ^^^ >m^ ^\ 



^^ 



4^ 



fô<^1^ 



^^^Tjrv^ î^^l^ î^Tjjfvj î^;^ 



'ÙO'Ù 



TROISIEME PARTIE. 



CHAPITRE PREMIER. 

Fin de V exécution du Tejlament de Fer^ 
nelle, 

SI nous penfons que le Ledeur puifîe 
s'intérelfer aux faits qui vont être 
expofés dans la troifieme Partie ce l'Hif- 
toire de Flamel , c'ell: toujours avec la 
réferve que ces faits ne deviennent cu- 
rieux la plupart que par la grande diftan- 
ce où ils fe trouvent par rapport â nous» 
Plus de trois liecles font un. rems con- 
/idérabîe : les moeurs , les coutumes ont 
beaucoup changé. On lit fouvent avec 
fatisfaClion le récit de chofes très-fim- 
ples dans les voyageurs : l'éloignemenr 
du lieu leur donne un mérite , major è 
longinquo reverentia^ dit Tacite. N'en 
feroit-il pas de même de ce que nous 
allons parcourir ? Les ufages de nos An- 
cêtres, des fairspalfés anciennement dans 
le pays où nous vivons, feront pour nous 
comme ceux d'une autre région ; peur- 
ctre même nous intérelTeront-ils d'avaix- 
t.ige. 



io8 Histoire Critique- 

Tant que Flamel vécur,on ne put ter- 
ininer l'exécution du tertamenr de Per- 
nelle , a caufe du don mutuel dont on 
avoir accordé la jouilTance à fon mari. 
On y procéda dès qu'il fut mort : ce Fut 
même une des premières occupations 
des Exécuteurs de l'un &c de l'autre tef- 
tament. Nous commençons par ces affai- 
res latroifieme Partie de cet Ouvrage. 

C'^eft un trifte appanage de tout ce 
que l'on appelle biens , d'occafionner des 
difputes &c des troubles. Nous avons été 
fpedtateurs de ceux qui s'élevèrent à la 
mort de Pernelle entre le beau-frere ÔC 
la belle-fœur. Dans peu fe préfentera un 
détail de débats très-vifs pour les biens 
de Flamel , & l'atfaire du teftament de 
fa femme ne put être finie que comme 
elle avoir commencée , je veux dire , 
par de nouvelles difcullions. 
, Les Parues , dit une fentence âeGil- 
141p. les de Clamecy-y Prévôt de Paris , étoient 
en voye d! entrer en gr ans involutions de 
procès. C'étoit pour certaines rentes du 
fondsdePernellequel'on netrouvoitplus 
en nature. Jedirai dans peu cequienétoit. 
On doit fe fou venir que Pernelle 
-avoir nommé cinq Exécuteurs tefta- 
mentaires , à la condition que trois de 
ces Exécuteurs feroient nécelfaires pour 
entériner fon teftament & ion codicille. 
Peux étoient décèdes dans l'efpace du 



DE NiCOIAS FlAMEt. 20^ 

tems <]ui s'écoit écoulé jufqu'à la mort 
de Flamel , favoir, le Curé de Saint 
Jacques Hervey RouJJeau j & l'Ecrivain 
Jean Harangier* Flarnel,qui éroit du nom- 
bre , étant n10rt5.il n'en reftoit plus que 
deux, JeanFrançciSj Tabellion Impérial, 
& Rogier Clojîer , Ecrivain. Le 23 Mai 
141 8 Tannegui Duchaftel, Prévôt de 
Paris 3 avoir fubrogé un Jean de Colom- 
bes 5 Avocat. Celui-ci s'étant abfenté , 
Gilles de CiamecijalorsPrévôrjlni fubfti^ 
tua le 16 06kohïQ \ 4^1 '^) A ne eau Chardon^ 
Ecrivain. C'eft avec ces trois Exécuteurs 
que ceux de Flamel, c'eft-à-dire, les 
Marguilliers de faint Jacques, travail- 
lèrent à finir l'affaire du teftamenr, & 
furent pendant quelque tems en difpute. 
Dans l'examen de Tétat des biens du 
don mutuel on apperçut des vuides qui 
firent douter de la fidélité de l'ufufruitier 
dan*; la ^eftion de ces biens. Deux faits 
inquiétoient particulièrement les Exécu- 
teurs de Pernelle. L'un provenoit, com- 
me il fut répondu , d'une fîmple inat- 
tention de Flamel. Il avoit en commun 
avec fa femme une rente de 17 fols 9 
deniers & le tiers d'un denier : elle étoic 
hypothéquée fur une maifon rue de la 
CofiTonerie. M"^ Pierre le Guiaut 
Bleu y de la Prévôté de Paris , avoir fait 
mettre en criées cette maifon commQ 
vuidc 3 vague & inhabitée* Flamel , 



tio Histoire Crïtiqù* 
n'avoit pas manque de s'y oppo^ 
fer •, mais par inadvertance il ohmït s'y 
oppofer au nom & comme Exécuteur de 
fa femme. Pierre le Guiaur profita de la 
Sen^ence'^ ^^utc , & par ce moyen , eft-il dir ,/qy ef-^ 
de cranfac- força lui faire perdre ladite rente ^ &fur 
ce le mettre & envelopper en procès, La 
fineffe, fî Flamel en avoir, comme il y 
a lieu de le croire , ne put ici avoir lieu. 
Le Guiaur étoit en place , & notreEcri- 
vain fe crut obligé d'encrer tn traité. Il 
le ^i par la doute & crainte dudit Cuiaut 
qui lors av oit gr an t faveur ^ vuiffance & 
nid. domination , <îk vendit à l'Elu cette peti- 
te rente pour 12 livres tournois. Tel eft 
le premier reproche que l'on faifoita la 
mémoire de Flamel. 

Un autre étoitoccafionnépar un tranf- 
port de 2 livres 8 fols parifis , fait à un 
nommé Vanhouier, Celui-ci avoir fait 
mettre en criées les héritages fur lefquels 
croit hypothéquée cette rente, & Flamel, 
comme on le voit , s'en éroit dégarni : 
mais on répondoit pour cette partie que 
pendant les criées , les héritages éroienc 
demeurés en ruine & comme de nulle 
valeur , & que l'ufufruirier n'avoir fait 
ce tranfport o^^pour obvier a la perdis 
lion d'iceux , (Sec. Quant à l'affaire avec 
rElû , on difoit quïcdlui Nicolas navoit 
fait ou commis dol ou fraude , & que tout 
ce il avait foie de bonne foy & pour le 



DE Nicolas Flamêi. ni 

proufa aujjl bien de V exécution defadicîe 
feue femme , comme de lui-même , &c* ^^**^' 

Les Exécuteurs de Pernelle neferen- 
doientpasà ces raifons ^ ÔC fe efforcoient 
d'imfugner. Cependant pour terminer 
l'affaire , on appelle de part & d'autre des 
CommifTaires : M^'^ Jean Choan du cq^ 
ré de Flamel , & du côté de Pernelle 
Andry le Preux , tous deux Examina- 
teurs au Châtelet , 6c Commis d l'audi- 
tion des Comptes. Les Officiers accor- 
dent les Parties , & il eft arrêté que \qs 
Exécuteurs de Flamel payeront la moitié 
du produit de plufieurs rentes dont le 
défunt avoir reçu le rachat, avec la 
moitié de ce qui avoit été reçu de la 
maifon du coin de la rue Marivaulx. Le 
tour montoit à 92 livres tournois» On 
promet déplus de tenir compte des ar- 
rérages qui n'avoient pas été perçus, & 
de faire le partage des rentes encore fub- 
fiftantes. A cette occasion eft rappelle le 
montant de tout ce qui s'étoit trouvé à la 
mort de Pernelle , favoir, 106 1. 16 f. 1 1 
deniers , de même que le partage de$ 
échoppes , de la maifon , & du feptier 
de bled. Et ^ quant à ces deux derniers 
objets , il eft fpécifié que la maifon eft 
déjà partie & divifie \ mais que du fep- 
tier de bled , Pierre Vernal^ fur les biens 
duquel il efb hypothéqué à Pvofny ^ n'en 
a rien payé jufqu'alors. 



in MisToiRE Critiqué 

Tout étant réglé , le Prévôt de Paris 
rendit une fentence en conformité le fa- 
medi 50 Décembre 1419. Elle fut fuivie 
des partages qui fe firent , mais dont il 
ne rerte qu'une fentence portant contrat 
pour celui des deux échoppes : elle ei\ da 
27 Mars 141 9 avant Pâques 5 6c Mar- 
guerite la Quefnel y eft nommée en qua- 
lité d'Exécutrice -, elle y èil qualifiée 
femme de Madou Rallier. On tira au 
fort ces deux échoppes : celle du côté 
de la rue des Arfis échut à la part de 
riamel \ l'autre du côté de la pierre au 
lait, fut pour les Exécuteurs de Pernelle. 
Comment fit-on la dépenfe d'un con- 
trat particulier pour un fi foible objet î 
Il y a apparence qu'il laméritoit dans ce 
tems-là. Si cependant il en fut de même 
de ces deux cabinets, les Exécuteurs ne 
durent pas retirer leurs frais. Celui du 
lot de Flamel fut prefque toujours en 
la main de VEgHfi^ parce qiion ne 
trouvait qui aucune chofe en vouljit don^ 
ner ^ direni4fîi un Comptable qui en- 
fin l'avoit loué en 1459 à HuiJJon Goffè 
au prix de 8 fols patifis chaque année. 

Il y avoit alors dans l'cglife de faint 
Jacques uneConfrairie des Selliers-Lor- 
miers fous l'invocation de faint Leu de 
faint Gilles. Les Exécuteurs de Pernelle, 
qui , aufiî-tôt après l'arrangement des- af- 
faires, entreprirent l'accompUirement du 



1 



DE Nicolas F LAME L. 115 

teftamen: de la défunte, crurent devoir 
mettre en main de ces Confrères la fonda- 
tion qu'elle avoir ordonnée, parce que la 
QonhdîÛQ n éwit chargée ou obligée à au^ 
cunfervice faire ne dire pour Les'TrefpaJfés ^ 
Les Lormiers acceptèrent volontiers cec 
offre, efpéranr, difoient-ils, que leur Con^ 
frairiejeroit ou tems advenir de plus gran- 
de fubjlant ado n : & pour pouvoir s'afTem- 
bler ôc coRil:ituer Procureur , ils en de- 
mandent la permifïion à Gilles de Cla- 
mecy , Prévôt de Paris, qui la leur accor- 
de le Samedi 9 de Mars 1419-10. 

Simon Quatrecojles , Jehan DebuJJy ^ 
Guiot-Baillemer y Jehan Dieu le gart ^ 
avec une quantité d'autres Selliers-Lor- 
miers, joints à un Guérart- Arnouly 
Tavemier , & auffi Confrère de faine 
Leu , aifemblés le 1 5 du même mois , 
nomment pour Procureurs dix d'en- 
tr'eux , parmi lefquels on trouve ce Gué- 
rart-Arnoul. Ces dix, fondés de procu- 
ration d'accord avec les Exécuteurs tefta- 
nientaires de Pernelle , contractent le 2. 
Avril fuivant avant Pâques. 

La fondation demandée par la dé- 
funte , étoit de quatre MelTes balles cha- 
que femaine j & comme les fonds le 
permettoient, les Exécuteurs furent au 
delà, &: y ajoutèrent un grand fervice 
fixé au Vendredi d'après la faint Leu (5c ^ - 
feint Gilles. On lie dans notre EiFai le ^i ' ^' 



2T4 Hl S TOIR E CrIT I QUB 

cérémonial de ce fervice. Quant aux 
MelFes bafTes l'honoraire en eft llatiiépar 
ieconcrat à i fols parjfis. Elles doivent 
être célébrées à l'Autel faine Pierre & 
faint Paul , qui efi ou fera faic de nouvel 
en ladite Eglife, (a) Le Chapelain char- 
gé des Melfes , élu par les Cjouverneurs 
de la Confrairie , doit être Prêcre étu- 
dianten l'UniveJicé de Paris, & le Curé 
rinftallera. Les fonds alîîgnés pour cet 
établilfement font 31 livres parifis , à 
quoi fe montoient quatorze parties de 
différentes rentes , jointes au loyer ou 
rente hypothéquée iur une moitié de 
maifon foimée par le partage , de fuc 
la petite échoppe. Ces deux objets fu- 
rent prifés par les experts 14 livres par. 
de rente. Déplus, comme il reftoit en- 
tre les mains d^s Exécuteurs quelques 
parties, ceux-ci les engagent pour fu- 
reté de ce qu'ils abandonnent aux Con- 
frères Lormiers. [/^] 

Aujourd'hui une fondation de 3 2 liv« 
.feroit regardée comme de peu de coll- 
er ) II paroîrpar cet endroit qu'il y avoic dès 
lors à famc Jacques une Chapelle de Se Pierre 
& St Paul , & que l'on méditoit de la rebâtir ; 
mais ce deifcin n'a été exécute que vers 148;. 

[b] On voit par un compte de 141*^ à 1431 
qu'alors les Marguilliers de faint Jacques recc- 
voicnt encore conjointement avec les Exécuteurs 
de Pcrnelle , les arrérages d'une rente : les Mar- 
guilliers 1 livre ^ fols 4 deniers , & les Exécuteurs 
X livres. 



©e'N I C O t A s Fl AM E t. IT5 

fcqiience ; il n'en étoit pas de même 
alors. C'eftde là que l'on prit toutes les 
pêécautions poflibles pour en rendre Téta- 
blifTement aufli folemnel que ftable. Il 
fut réglé que les Maîtres de la Confrai- 
rie , lors de leur inftitution , preteroienc 
ferment entre les mains du Curé ou pré- 
fenî ou advenir ou de fon Lieutenant, ; 
Se ceux qui étoient à la conFed:ion de 
l'ade , frères & fœurs , étant obligés de 
le faire, jurèrent par leurs fermens fais 
folemnellemeni aus fains Evangiles de 
Dieu. Ils s'engagèrent à veiller fur les 
biens qu'on leur abandonnoit, a les dé- 
fendre , & même à les reftituer fi par 
leur faute ils venoient à fe perdrej&c.Én- 
^n^pour que perpéiuelle mémoire en foit en 
ladite Elgife faim Jacques ... on ordonne 
qu'il Jera fait un tableau de cuivre ^ au^ 
quel fera écrite ladicle fondation , & 
fera icellui tableau mis & attachié ou mur 
de ladicle Eglife empres ledicl Autel ou 
feront chantées le f dictes Mejfes, Ce ta- 
bleau étoit un monumentque lenomde 
la Fondatrice & l'ancienneté rendoient 
curieux ; mais il a été fouftrait vers le 
milieu du dernier fiecle , vraifemblable- 
ment comme devenu inutile. Il y eue 
du bruit à cette occafion en 1^55, ôc 
j'en ai parlé dans notre Elfai. L'Adle EfTai,^. 
dont on vient de lire un précis , découvre *^ ^ **^* 
ce que concenoit ce monuraçnc , ôc fait 



3Li<j Histoire Critique 
V. Saiiv. yçy\^ en mcme rems que Sauvai qui en 
T.i.p.ici. . PI ^ • 

parle, ne I avoir pas lu avec attention. 

Quelque foin que l'on eut pris pour 
bien établir la fondation de Perneile , elle 
fe trouva foible par la partie la plus ef- 
feiitielle. Les rentes que l'on y avoir af- 
feclces étoienr pour la plupzn conjlhud'es 
Du Contr. après grant charges ; &c comme prefque 
l>^>n\^ "eu toutes celles que Flamel a lailfées, en peu 
'444. de rems la plus grant partie vint à non 
. valoir^ & les lieux fur lefquels on les 
prenoir, ro mberen r é'/z r://>z^. Les Lor- 
miers voyant ce dcpériifement, & crai- 
gnant peut-être qu'il ne devînt plus grand 
dans la fuite , voulurent fe décharger 
vin;;t-qua:re ans après avoir contra(fté. 

Il avoir été (latué que fi la Confrairie 
de fainr Leu étoit tranfportée hors de 
itglife ou adnuUée & delaijfée , le Curé 
de faine Jacques & la Fabrique feroienc 
célébrer les lervices. Ainfi la fondation 
étanr attachée à la ParoifTe , les Confrè- 
res orifrirenr de la remertre. L'offre fut 
acceprée 6c fuivie d'un contrat. Il porte 
une rérrocclTion faire par les Confrères 
z\ix Marguilliers des 31 livres parifîs de 
rente , ou des droirs a ces renres ; &: la 
Fabrique qui accepte le tranfport,fe char- 
ge de la fondation tellequ'elle eft portée 
au contrat, tant & Jl longuement ^ difenc 
les contractans , que lefdites chofes le L. 
fouront porter & foutcnir^ quelles fe- 
ront 



DE Nicolas Flamel. 2,17 
rom en valeur & non plus longuement. On 
lir dansTElfai que cecre fondation elt ré- 
duire à unobic qui fe célèbre dans le 
tems fixé par le conrrat, mais non avec 
le cérémonial qui y eft décrit. 

Il eftà propos de faire ici une obferva- 
rion fur ce que devint la moitié de mai- 
fon du lot de Pernelle. La rente la plus 
forte de la fondation étoit hypothéquée 
fur cette maifon & fur l'échoppe que 
des -experts avoienc prifées enfemble 14 
livres pariiîs de rente. A peine les Lor- 
miers avoient-ils contracté pour la fon- 
dation , qu'ils vendirent la maifon 6c 
réchoppe pour ce prix. Ce fut a Jean- 
François, l'un des Exécuteurs de Pernelle, 
qui rembourfa le fonds de 10 livres par. 
de cette rente le 11 Juillet 1419, {a) 
neuf années après l'établi (Te m.ent de la 
fondation- Jean- François ou fa famille , 
ne garda pas la maifon. En 1448 elle 
étoit polfédée par Anfel Chardon , peuc- 
ètre le mêmequi avoir été fubrogé à l'exé- 
cution de Pernelle , ou fon fils -, & on le 
trouve nommé dans les comptes de la ^^^^^ ^ 
Prévôté de Paris en 1450 comme Pro- î,^ 5*48 i 
priétaire de ce bien. Chardon voulant ?^ ^'j^^^** 
ie libérer des 4 livres parifis reftantes de 
la rente , lui & Tibute fa femme les rem- 

( a ) Jean-François paya fon rembourfemenc 
de 10 livres parifis de rente en cent neuf faluts 
d'or de vingt-deux fols parifîs pièce j & deux 
fols parifis en monnoie. 



1x8 Histoire Critique 
bourferenc le i6 Aouc 1448. Pour ces 4 
livres ils payèrent aux Marguilliers de Se 
Jacques 60 livres tournois. C'eft ainfi 
que la Fabrique n'a plus eu de droit fur 
cette portion du bien de Flamel. 



CHAPITRE II. 

Saijie des biens de lafuccejjlon de TlameU 

Commencement de Vexécution de 

fon tejlament, 

E voifinage deFlamel eut lieu de s'oc- 
cuperdelamortde cet Ecrivain. Ou- 
tre que de fon vivant il s'étoit afTez faic 
connoître , on dut fonner notablement 
t'sT^ ^* P^^^ ^^^ fuivant fon ordonnance: 6<:com- 
nie il ell ordinaire dans ce moment , tout 
le quartier, qui étoit déjà afifez peuplé , Ht 
fans doute une efpece de revue des biens 
du défunt. Se les amplifia. Les Magiftrats 
y furent attentifs. 

Cependant les Marguilliers de faint 
Jacques , avec Margot la Quefnel , agif- 
foient comme Exécuteurs ', ôc dès le on- 
JrwJ»^ zieme jour après le décès du Bourgeois, 
fc^rdeMars ccux-ci faifoient commencer un inven^ 
çKf^D^c" ^^^^^ ^^^ ^^^^^ d'icelui défunt par Jean 
Se l'cxéculdela Noe, & Richart de la Mare : mais 
l'opérarion fut bientôt barrée par le mi- 



Da 



^•^^ nillere public. Comme perfonne ne fe 
ppéfencoic poi;r emrçr dans rhçrçditç, le 



t>E Nicolas Flamel. 219 
Magirtrar crue pouvoir regarder comme 
une aubaine une fucceflion efHmce fi 
confidérable -, &c cous les biens du défunt 
hirent arrêtés & f celle s à la requête du 
Procureur du Roy du Châtelet comme va- ^u c. de 
cans & appartenans au Roy par défaut l'exécutioa 
d'héritiers au moins qui s'apperçu[fent, AacJe 
C'eft ce qu'il parole que Flamel avoic ap- ^^^^-^^^=« 
préliendé , & qui lui fit prendre les pré- 
cautions que l'on a lues. 

Los Exécuteurs teftamentaires, quoi- 
qu'alors peu au fait du fond àts affai- 
res , regardant néanmoins celle ci com- 
me fort avantageufe , & peur-être aufîî 
«n mémoire du défunt dont les volon- 
tés étoienc fi marquées , travaillèrent 
â faire lever une faifie qui devoir inquié- 
ter tant de Légataires. Ils y réulîîrent 
après un peu plus de cinq mois. Le ^^ iscpc 
Prévôt de Paris Jacques Lamban répon- ^^ 
dant favorablement âleur requête , leva 
Li faille 6c reconnut que le Procureur du 
Roy eue parlai délibération avec les AuO" 
cats & Confeillers du Roy N''"» S^, au- 
dit Châtelet ne fceut ou volt dire caufe 
valable pour empêcher ladite requête. Le 
Prévôt conclut que les Arrejl & em.pèche^ 
mens & main du Roy qui fais & mis avoienC 
été a la requête dudit Procureur du Roy , 
en & fur le f dis biens meubles feront levés 
& ôtés , , . . au prouffit defJis Exécuteurs 
four C accomplif[hment dudit tejlament. Il 

Kij 



210 HîSTOîRî Critique 
inféra une claufequiporroirque \qs Exé- 
cuteurs en confcquence de la promelle 
qu'ils avoient faire , rendroienc bon 
corrrpte & reliqua pardevant M^"^. Can- 
ine le i 5 Examinateur , Commis à oir le 
compte : ÔC cela fous V obligation de tous 
leurs biens & de ceux de leurs hoirs , 
meubles & immeubles, préfens & à ve^ 
nir. L''engagemenr eft folemnel , 6*: fait 
fous à^s conditions onéreufes : on yerra 
dans la fuite que ces particuliers ^c leurs 
familles ne s'en tirèrent qu'avec beau- 
coup d'embarras & de chagrin. 

Ces premiers Exécuteurs teilamentai- 
res, qui dès lamort de Flamel & avant 
d'être alfurés dans leurtoncflion, avoient 
continué quelques pourfuites , durent 
fiiivre toutes les autres opérations après 
la main-levée de la faifie. Néanmoins , 
aux affaires inftantes près , il paroît que 
l'on n'agit point avec célérité, & qu'en 
cela on ne put entrer ilridenient dans la 
volonté du Tellareur , qui avoir ordonné 
que tout fût exécuté tantôt après fon 
trefpajfement. La faifie des biens avojc 
fuipcndu l'ouvrage plus de cinq mois. 
Il fallut enfuite fe mettre au fait de 
toutes les parties de rentes du défunt, 
de toutes les affaires qu'il avoir laiifé.s ; 
& combien n'en avoit il pas ? C'eft fans 
doute ce qui retarda l'acquit des fervices 
qui ne coaimencereat ^ coaim^ U P'V 



DE Nicolas Fla M Et. irir 
roît, que le premier Avril 1418-193 un 
peu plus d'un an après la mort de FlameL- 
A cela rejoignit un autre obilacle àla 
prompte exécution demandée par le Tef- 
tateur. Ce fut le défaut d'argent comp- 
tant. On verra dans la fuite qu'il ne duc 
s'en trouver que peu chez Fiamel , qui 
ne iailfa aucun tréfor , ni apparent , ni 
caché. Ainfiles Exécuteurs,qui d'ailleurs 

^ avoient du tems , puifquc le compte de 
Texécution ne devoit fe clore qu'après 
l'accomplifTement des fervices ordonnés 

, pour feptans&: quarante joursjarrétés par 
cette efpece de vuide, ne durent acquit- 
ter le teftament que peu à peu. Les reve- 
nus reçus fucceiîivement leur fervirenc 
à payer les frais , d faire \qs achats des 
calices pour les Eglifes , des draps pour 
habiller les Religieux de les pauvres , ôc 
pour les autres charges. 

Le détail de la délivrance de tous 
ces legs pourroit fournir des particulari- 
tés dignes de quelque remarque ; mais 
il nous eft impoilible de le donner. Le 
compte qui le renfermoit. Se qui par 
cette raifon devoit être alTez intéref- 
fant , eft peut-être relié dans la biblio- 
thèque de quelqu'Antiquaire à qui on 
l'aura confié. II manque dans la fuite des 
comptes , & laifle un vuide de fept an- Depuis 
nées : c'eft précifément le tems pendant ^\\^ '"'° 
lequel on acquutoit les ordonnances, 

K iij 



222 Histoire CRïTiatTE 

Au défciut de ce que l'on auroit pt2 
tirer d'intéreflfant de ce regître , quel- 
ques faits confervés dans les régît res pof- 
térieurs , peuvent trouver ici leur place. 
Flamel pofTédoit plufieurs rentes a ra^ 
chat , c'elt-d-dire , que les débiteurs 
pouvoient rembourfer à leur volonté : 
il les exclut par fon teftamenr du nom- 
bre de celles qui dévoient être af- 
fectées aux fervices qu'il fondoit à 
faint Jacques^ lailfanc au choix de la 
Fabrique neuf vingt livres parijîs . . . de& 
meilleures rentes qu il po^arra avoir enta 
ville de Paris & Banlieue d'i celle ...» 

^^^f ' ^' dont il nara baillé aucuns rachats» Mais 
pour celles qu'il avoir acquifes avec la 
co!idition du rachat^ plufieurs débiteurs 
s'en libérèrent dans les premières années 
après la mort de l'Ecrivain , & on en dé- 
couvre jufque vers 143 2 pour 56 livres 
18 fols pari fis. 

Un nommé Guillaume Geuffron , Pro-^ 

cureurau Fort-l'Evêque , payoit une livre 

4 fols parifis de rente fur fa maifon ficuée- 

Mom-or- rue Moult-orgueil •, il la racheta en vertit 

gucil, des ordonnances Royaux pour 14 livres- 
8 fols parifis. Pi^rr^ O5 5 Cordonnier^ 
s'étoit fait adjuger une maifon au bout 
du P ont-neuf [ St Michicl) rue St Andry 
des Ans. Il s'accommoda avec les Exé- 
cuteurs pour àes arrérages <lûs depuis 
long'tems , dont on le c[uitca pour tS. 



Ï)E NîGOIAS FtAMÈt. llj 

livres 1 fols 4 deniers , & enfuite il rem- 
boiirla la rente de 4 livres, donc il donna 
48 livres parifis. (a) 

Fiamel,qiupoirédoit des rentes de dif- 
férentes efpeces , en avoit d'établies fur 
fa tête, comme fur celles de quelques 
particuliers. De ces dernières un Bedeau 
de la Faculté de Théologie, nommé Jean 
Vaucherd , paya 3 2 livres parifis pour 4 
livres iG fols d'une rente ailignce fur des 
héritages à liTy ^ durant les vies ^d . . . . 
Les noms font reliés en blanc dans le 
regîtrej le rédacteur les ignoroit. Tafin 

( a, ) J*ai avancé ci-devant que dans le tems de 
Flatnel le taux des rentes perpétuelles étoit envi- 
ron le denier dix. C'ell ce qui fe remarque pat 
les rembourlemens qui furent fai:s, fcit a ïla- 
mel lui-même , Toit à fes Exécii-eurs après fa 
mort. Les deux rembourfemens qui viennent 
d'être cités j peuvent en fervir d'exemple ^ aulTi- 
bien que deux autres qui furent fai ts l'un par Jean- 
François qui avoit acheté la moKié de maifon da 
Jot de Pernelie \ l'autre par Anfel Chardon , qui 
acquit enfuite la même moitié. Cette partie 
de maifon avec l'échoppe fut eftimée , comme 
il a été dit, 14 livres panfis de rente. Jean-Fran- 
çois fe libéra en 1419 de 10 livres parifis pour iio 
livres parifis , & Chardon acquitta les 4 livres 
parifis reftantes pour (^o livres tournois, ou 48 liv. 
paiilis. Ovi verra dans la fuite plulieurs de ces 
rembourfemens : on verra auili que cc.ix qui 
s'acquitioient, payoïent quelquefois plus ou 
moins. Ils payoient plus eu égard au bon état 
dans lea'jei fe trouvoient les biens qui fervoienc 
d'hypothèque , ou encore par rapport a des arré- 
rages dûs que l'on joignoit aux rembourfemens. 
Ils payoient moins audî par rapport à l'état de 
dépérilfement dans lequel le trouvoient quelques- 
wns de ces biens. . .. 

Kiv 



124 HiSTOIRt CrITIQUB 

Veret , Laboureur à Puceaux , en devoir 
une de 5 livres parifis fur la tère de Fla- 
mel 5 & pendant fu vie feulement. Le 
Laboureur étoic arriéré de 5 livres 10 
fols parifîs. L'exéairion l'en quirraponr 
z livres 8 fols, & on lui rendit fes 1er- 
ires. Veret étoit apparemment hors d'érac 
de faire mieux, il fe trouve beaucoup 
de ces remifes. On en fit une à Jean Noel^ 
Lab nuetir à la Villette. Les Margnilliers 
conjîdérant y difent-ils ,- la grant povreté 
audit Noël &c j lui ont pardonné que 
de la fomme de iz livres i(S folsparilis 
d'arrérages qu'il devoir , il ne payeroit 
que 1 1 francs , & le futplus montant 7 
francs , il s'en obligeroit envers les Exé- 
cureurs teftamentaires àpayer à volonté. 
Flamel de (on vivant avoir pourfuivi ce 
débiteur, & avoir obtenu quatre brèves 
du Châtelet , en quoi tediâ^Noel étoit ehli- 
giés à S livres S fols parifis. C'en eft af- 
fez fur ces retnbourfemens. 

Un ^\ grand nombre de conflirutions 
& de parties , avoient néceirairement ac- 
cumulé une multitude d'adles. (<2) Il 
s'étoit perdu quelques pièces, ou du 

{(C) Il fe trouva à la mort de Plamel une quan- 
tité (î conlidérabk d'adles & de papiers, que l'on 
fit faire un coffre de noyer de Jtx pieds de long ^ 
fermant à clef ^ pour mettre les lettres des rentes de 
feti Nicolas ¥lamel pour les feuremcnt garder. Ce 
cofFre coûta 110 fol*;, qui furent payés à Henri 
,&Quris , l'uo<içs Mar^mlliers qui l'âvoit fait fairc^ 



«E Nicolas FtAMEt. lif 
îhdins eut-on lien de le penferj &^ 
la Fabrique fie faire «ne information 
es villes ctHoulUs , de la QiiJ.rner6 
faint Denis & de la faille t te faint Ladre ^ 
pour découvrir tous ceux qui avoient an^ 
ciennement aucuns hérizages obligiés à 
VEgUfe à caufe de feu Nicolas FlameL 
L'information fut faite par Simon net Pi- 
quet , qui reçut 1 6 f. par. pourfes peines. 
Dans le tems de ces premières occupa- 
tions mourut Jean Clerhom , ( ^ ) le pre- 

( a ) Jean Cleibout ctoit Marchand : c'eftpeut^ 
être le même qui en 140c donna à l'œuvre de 
laint Jacques fcpt écus , valant 5 liv. 6 fols par. 
-parmi ce que il 3 fn f^ifime & ey/fans doivent après 
leur îfefpajfetnent repofer leurs corps dans ladite 
ï-giife i & en outre le [dits fcpt écus , 10 francs. Ce 
font les exprelHons du rcdacleui du compte. Elles 
font dans la naïveté gotîiique , & me donnent 
lieu d'inférer ici une petite pièce qui , quoiqu'elle 
ne regarde pas notre hiftoire, peut être agréable 
par la même naïveté. C'eit le ccrtiiicat d'un Corn- 
mifîaire au Châtclet , donné àl'occafîon de deux 
feuilles coupées dans ce même compte de 140 ). 
.Le Commilfaire parie ainlî. 

„ N'ait aucun efgart , ne fe donne mcrencolis 
,, oupenféene cogitationautre que bonne, poiir 
,, ce dernier feuillet de ce cayer & le premier de 
,, l'autre cayer fubfcquant qui font coppés , ne 
j, qu'il y ait eu aucufhe maiivaiftié ou faulte ei» 
„ ce commife. Car ainfi que ils font coppés , ils 
y, étoient au tems que ce compte fut rendu par 
•„ Pierre Scale ; & les trouvay en cell: eftat , ea 
„ oyânt ceft compte : & en ceft edat fis efcripre 
„ ou dernier cayer l'efcripture qui y eft préfente, 
'. y, Et ce je certifie pour vray : tefm.oing mon fair^ 
„ cymis à la requeftc dudit Scaie, & des Marrc*- 
„ giiera nouveaulx. 

NICOLAS, 



Kt 



1- 



ll(î Hï ST O I RE CrITI QUE 

mier nommé entre les Marguilliers Exe* 
cuteius , & peut-èrre le plus ancien. 
Clerbout avoit en main une fommede 
40 livres parifis du fait de Vexécution» 
Ifabelle fa veuve la remit aux Marguil- 
liers. Ce ne fut pas aux Confrères de fon 
mari *, ils étoient hors déplace : de nou- 
veaux leur avoient Ç\.\ccéîàè^ quiavoienc 
pris le maniment des affaires de Fiamel 
toujours en qualité de fes Exécuteurs. 
Ceux donc à qui Ifabelle remit fa fom- 
me , étoient M^nxi Souris ^ Richard de 
la Mare (celui-ci avoit été continué OLi 
avoit repris la charge ) Jean ^Jjelin de 
Guillaume Nicolas. Après le tems de 
ceux-ci, Henri c9o//m étantrefté en place, 
trois nouveaux fuccéderent aux trois au- 
tres qui quittèrent. Ces nouveaux étoient 
Guillaume Plateau , Nicolas Belon ÔC 
Jean de Lijle. De Lifîe mourut en charge» 
& les autres firenr pour les affaires de 
Fiamel , une tranfadtion importante qui 
va nous occuper. 






D£ Nicolas FlameI. 217 



CHAPITRE III. 

Fin de V exécution du tejlament de FlamcL 

Affaire 6 tranfactioyi entre quatre 

Légataires, 

LE 1 1 de Mai î4i(j le teflamentétoit D'iinc«. 
acquKcé quant aux parties ordon- [^^.11^^'"'^ 
néesj ou pour une fois, ou pour an cems. 
Les fervices den^andés pour lept ans & 
quarante jours, venoient alors de finir. 
La rente même ialifée à Marguerite là 
Quefnel , devoir êtr^ éteinte par fa mort. 
( a ) Il reftoit une claufe principale a exé- 
cuter en conféquence. C'étoit l'emploi 
du furplus des biens de rexécution,/'?..7/6' 
réfervés les fonds néceffaires pour les or- ^^*'^^ 
dcr . : ances à perpétuité j & auiîî le legs de , 
40 L^ res fait aux parens , s'il s'en préfen- 
toic. Tcutes ces chofes exécutées ou ré- 
fervées 5 Flamel avoir difpofc du furplus 
de fon bi:.i. Il Tavoit fait par deux clau- 
fes de fon teftament , dont la féconde 
détruifoit la première. 

flamel par la première de ces claufes > 
veut que le réfidu apparrienne à l'Eglife ^°^- ^ 

(/») Marg'jerite la Quefnel étoic fans doute 
morte lors de la tranfadion donc il va être quef- 
tion ; puifque cetre femme s'étanr di^a mêlée de 
J'exécucionduteftament fuivant lavolonréde Qon 
makre , elle n'ell: point rappelles parmi les Exe- 
cucems défîgnés dans la pièce. 

K 7T 



îiS Histoire Ckyticxvi 
de faint Jacques fous certaines concîi- 
tions que l'on peut voir dans le tefta- 
ment. L'autre claufe partage ce furplus 
en quatre parts. L'une eft donnée à l'Egli- 
fe de N. D. de Paris j l'antre a l'œuvre 
de l'Hôtel-Dieu; une troifieme part a 
fainte Geneviève la petite ou des Ardensj 
enfin, la quatrième a l'Eglife même de St 
Jacques pour acheter vejlemens & livres 
pour faire le fervice divin. 

La première claufe croit favorable à 
l'Eglife de faint Jacques, dont les Exécu- 
teurs étoient Marguilliers. C'en étoir 
fans doute aifez pour porter ceux-ci à 
en pourfuivre l'accompliflement comme 
ils le firent rmais une raifon encore plus 
forte engagea Henri Souris & (qs confrè- 
res à vouloir Texécution de cette claufe 
favorable. Les biens que Flamel avoir 
lai(rés, dépériffoient de jour en jour : Ces 

biens moue diminués & amandiés 

aincoys ejloient en adventure de defcheoir 
& quilne lesfaulfijje délaijjier en tout ou 
en la greigneur partie. Néanmoins Te 
TeRateur avoit été tellement occupe 
d'établir folidement fes fervices à faine 
Jacques , que , quoique par la féconde 
claufe il eut fait quatre parts du rélidu 
de fon bien , il avoit cependant voulu 
ce réfidu même en total, être 6' demou^ 
rer affeclé^ ypothéqué & obligé aus neuf 
yiîis livres .... laijjiés à l'Eglife de faint 



fil Nicolas Flamei. 22$ 
Jacques pour les fervices, C'ell ce qu'ex- 
pofoienc lesExécnteurs pour attirer à eux 
tocr îe refte du bien. 

Les autres Légataires n'étoient pas 
difpofés à abandonner Ç\ facilement leuE 
part d'un bien qu'ils avoientlieu, avant 
Texamen , de croire beaucoup pltw con- 
fîdérable. Il y eut aucuns difcors entre 
lefdis Exécuteurs & les deffus dis de Cha- ^, ^ 
pitre .... Un procès le preparoit : mais ^ lexécs». 
on examina ce refte de biens, & après "'^"' 
avoir veu & adv'ifé a grant diligence les 
lejlament^ le fanges & affaires d'icelui def- 
junt ^ les Légataires oppofés aux Exécu- 
teurs , commencèrent a en appercevoir 
le délabrement. Il étoit tel, que l'on vir 
bientôt qiia grant peinte j eft-il dit , fe 
pevent & pourront faire & entretenir le& 
charges. Les Exicuteur? Marguilliers 
vouloient fe démettre. Les quatre Léga- 
taires s'ofFroient l'un a l'autre a laiffier le 
fes (S* charge de ladite exécution.Ûs s'ac- 
cordèrent enfin & convinrent de faire 
une tranfa€tion. 

Un ade de cette importance fut pafTé» 
ou au moins arrêté dans une a&mblée 
notable , tant par les parties qui contrac- 
toient 5 que par le nombre des Contrac- 
tans. Le Chapitre de N.^ D. fut convo- 
qué. Il s'y trouva la plus grant & faine 
partie des Chanoines ,.préfidés ^ le Doyea 
abfent , par Pierre Franchome ^ Cîiaatte*. 



13© HîSTOTRE Critiqué 
On voie dans le nombre des Chanoines 
un Pierre Dorgemont, qui étoir M^" des 
Requêces & perit-iils de Pierre Dorge- 
Morctî. mont. Chancelier de France. 

Il y avoir encore alors à l'Hotel-Dieu 
des Frères ou Religieux qui delTervoienc 
cette Maifonconjoinremenr avec des Re- 
ligieufes. Ces Frères dépendans du Cha- 
pitre j y entrèrent â l'efFet de contracter 
lous l'autorité des Chanoines. Ilsavoient 
pour Maître Jean le Charron de Gijjhy 
ou Gifors -, un Jean Dorvilliers , qui dans 
la fuite remplit la place de Maître , avoir 
alors celle de Bout fier. Quant aux Reli- 
gieufeSj elles délibérèrent dans leurmai- 
fon 5 ayant à leur tête Jehanne la Page , 
qualifiée Prieufe, L'Adene dit point fi 
lesMarguilliers de faint Jacques Hxécu- 
leurs furent introduits dans le Chapi- 
tre , ou (I Ton fe contenta du réfultat de 
leur alfemblée particulière. Il n'y eft 
point non plus fait mcnrion de ceux de 
fainre Geneviève. Cn y voit feulement 
que les Exéciireurs tranfîgurenr , étant ac- 
compagnés de M"^. Jean Paris, Procu- 
reur en Parlement, C'onfeiller & Paroi- 
fîen de l'Eglife de f.inc Jacques. Trois 
Marguilliers de faiueGtinevieve traiifî- 
gèrent :lu(Ç\^ ayant avec eux pjur nota- 
ble de leur Paroiire, .im Pierre Gilbert, 
La rranlad:ion concieni ces conditions. 
Les trois Légataires , .^y Chapipo de 



DE NïCGLAS FlAMÉl. l^t 

N. D. les Religieux Frères & Soeurs de 
l'Hocel-Dieu Se les Marguilliers de Ste 
Geneviève la petire , de peur que le def- 
funt ne foit & demeure défraudé de fort 
bon propos voulemé & intention , comme 
auiîi afin que fon exécution puiffe être 
parfaite & accomplie félon la valtur &fa^ 
culte defes biens ^ abandonnent aux Mar^ 
régliers de VEglife de faim Jacques ^ &c» 
zout tel droit , pan ^ portion , &c, que ce 
foit , ou puifl être y en tout le réfidu & 
demourant entièrement de tous les biens 
tant meubles qu immeubles y 6'c. dudit def» 
funt. Ils font cet abandon a toujours pcr^ 
pétuelment fans rappel y Sec, moyennant 
trois cent livres tournois monnoye courant 
à préfent : que les Légataires confefjent 
avoir eue & reçue J;ien comptée & nombrée» 
Cejl affavoir y un chafcun de eulx cent 
livres tournois frans deniers j dont ils fe 
, tiennent pour bien contens y payés ^fatif- 
fais & agréés^ d<c. De leur part les Exé- 
cureu'S Marguilliers s'engagent à faire 
accomplir l'exécution au mieux que faire 
pourront & f auront félon la teneur dudii 
tejlament & la faculté des biens demourés 
du décès dudit deffunt. 

Il y a néanmoins une exception pour 
une livre pariiïs 5 laifTée par Flamel à 
l'Hôtel-Dieu & à la ParoilTe de fainre 
Geneviève , a chacun lo fols par année^ 
Les Exécuteurs s'engagent à en eonti- 



i5i Histoire CiiïTtcittf 
nuer le payement , s'obligeant à y fatif^ 
faire jufqii'à ce qu'ils en aient fait ^ ^'faj" 
fentajjîete & ajjlgnation fouffifant & con* 
venable 4 ^ • é laquelle ajjiefe ils feront te^ 
nus accepter^ &c<. (a) Cet adleeftdaté 
du 10 de Juillet 1^16 , Simon Morhier 
^tant Prévôt de Paris. Il eft en entier par- 
mi les pièces. 

Le Ledeur peut remarquer que l'exa- 
men àts biens de Flamel , qui fut fait 
pour parvenir a la tcanfadion , ferc beau- 
coup à mettre au jour la vraie iituation 
de fa fortune, lorfqu'il mourut. Des 
gens aufli éclairés que l'éroient les 
Légataires , qui après avoir veu & ad^ 
yifé à grant diligence .... les affaires du 
défunt 5 fe contentent d'une fomme afTez 
médiocre , (car on ne les paya pas en pa- 

(a)JJpete & ajftgnationjouffifant^ 8cc. Ilpa*- 
roît qu'ils veulent dire qu'ils afiîgneroient à ce^ 
deux Légataires une des parties des rentes de Fla- 
mel , ccinme on a vu ci-delTus j que lui-même 
i'avoit fait pour le Prieuré de faint Maitin. Par 
ce moyen les Exécuteurs demeurorcnt décharge's 
de payer eux-mêmes la rente , & elle devoitécre 
aux rifques de PEglife à laquelle elle étoit aban- 
donnée. 

Flamel avoit peut-êrre fait de même pour 
quelque petite rente qu'il aura donnée de fon 
vivant aux Quinze- vingts. Il fubfifte un Ecrit dts 
officiers de cet Hôpital, daté du 17 Janvier 1447-8, 
par lequel ces Officiers reconnoirfent que lesMar- 
guilliers de faint Jacques leur ont prêté pour s'en 
aider , certains titres qui concernoient une rente 
achetée par Flamel en 1406 , fur une maifon rue 
de Richebourg oultre la Vorte faint Honoré. La lefltÇ- 
ctoit de 4 livres parifis ca deux parties» 



BE NiCOtAS FtAMEL. 1|| 

tîfis ) qui avcnient cfe plus que l'on aura 
bien de la peine à emrecenir les charges, 
fans nous dire ce qa il refta de ii^ns , 
les legs acquittés , ne nous apprennent- 
ils pas que ce reftant n'éroit pas fi con* 
fidérable ? Mais c'eft ce que la fuite dé- 
couvrira plus clairement. 



CHAPITRE IV. 

Zes premiers Exécuteurs du teftament de 
; Flamel inquiétés : on leur [nfcïtc un 
Procès crimineL 

/Acques Lamhan , Prévôt de Paris , en 
donnant main-levée de la faifie faire, 
fur les biens de Flamer, avoir ftacué^com-' 
me il a érédit, que les Exécuteurs refta- 
mentaires rendroient bon compte y. & re- 
tiqua pardevant M^\ Cauthelet Exami^ 
nateur, Ainfi au terme fixé pour certains 
fervices, c'efl-à-dire , après fept ans & 
quarante jouBs, échus le 1 1 de Mai I42<j> 
ceux qui avoienr été chargés de Texécu- 
lion 5 dévoient, pour obéir à la loi , ren- 
dre leur compte en préfence d'un Com- 
miflaire Examinateur^ Mais cette opérati- 
on fut une fource de difcorde 6c de difpu-^ 
tes les plus vives. Je vais les expofer aufiî 
fuccintement qu'il fera poifible, & avec 
autant d*ordreque les regîrresquionr con-. 
fervé ces faits permettent d'y donner. 



134 HîsToïRî Crîtiqué 

Les Marguilliers , premiers Exécurenrâ 
de Flamel, & ceux qui leur furent joints, 
ou qui les fuivirent dans cette geftion , 
rendirent leur compte devant un Com- 
miiïaire. C'étoit Andry ou André le 
Preux 5 que j'ai déjà nommé, [a) Cau- 
thelet, défigné pour cette fon£lion en 
1418 , ou s'étoit dcfîfté , ou étoitmorr. 
Tout femble s'être pafTé tranquillement 
alors 5 du moins de la part àQs Marguil- 
liers en place. Mais l'ufage étoit 
de mander à la reddition des comp- 
tes, les Notables de la ParoifTe. Il dut 
s'en trouver un bon nombre à l'audi- 
tion de celui- ci j&cesNotables ou d'autres 
qui en apprirent des nouvelles , ne furent 

Î>as fatisfaits. On en faura tout a l'heure 
e fujet, & il faut dire, avant d'aller plus 
loin 5 que l'efprit de fadlion , Çi vif dans 
ce tems, paroît avoir eu beaucoup de 
part à une querelle , qui fut aufîî 
longue qu'elle devint animée. Un 
M"'. Jean Fortier^ Confeiller du Duc 
de Bourgogne , un Garnier de St, Ton y 
Maître des Bouchers de la grant Bouche' 

{a) C'cft fans doute de ce premier compte dont 
il cft fait mention à la fin de celui de la Fabrique 
r«/*P i)o. rendu en 14^2 , où il eft dit quiKnt baillé & dé' 
livré aux Marguilliers nouveaux _, un compte con^ 
tenant i ji feuilles de -papier ^ par lequel appert le 
tejlament deN. Y lamel avoit été rendu par devant 
M^"^'. Andry le Preux , par Guillaume le Comte , 
^ichart de la Mare , les Héritiers de feu Jean CUt' 



DE Nicolas Fla M Et. 15J 
ri£ de Paris ^ (a) que l'on voit à la têce 
de ceux qui entroienc dans ces affem- 
blées , peuvent réalifer cette fufpicion. 

L'objet qui fîit le germe de la difpute 
êc du Procès , étoit une omiflîon que les 
Exécuteurs, difoit-on , avoient faite dans 
leur compte. On la prétendoit confîdé- 
îable 5 c'étoit de la plus grant partie des 
biens reçus de Flamel dom les Exécuteurs 
ne faifoient nulle mention. Ils avoient , ^^ ^^^V 
fpecine les biens ^ meubles & monnaye j 4^1 , f'^'i 
{tor&d'argenr-i mais le furplus des debtes^ ^^* 
lettres , rachats & arrérages des rentes , ils 
n'en avoient point parlé. C'efl du moins 
ce qui fe difoit. Les Exécuteurs étoienc 
bien éloignés d'en convenir :& commenc 
fe feroit-il pu faire que ce qu'on leur 
demandoit fut d'une certaine conféquen- 
ce, puifqu'nyant été appelles a une des 
premières alTemblées, /^ Comte alors plus 
ancien par la mort deClerbout, après 
avoir dit plujieurs paroles , ajouta , qucn 
lui baillajl par écrit les chofes a mettre 

( a, ) Parmi ceux qui afllfterent à ces afTemblées, 
on voit un Fterre Deslarides placé au rang des 
Echevins, dans l'Armoriai cîe la Ville, en 143^, 
Il Prévôt des Marchands en 145 8. Il étoit préfenc 
à la reddition d'un compte en 1440 les 17 & 1 8 de 
Novembre, & il y eft qualifié Sire DesUndresy 
Trévot des Marchards. Aureùc , il paroît que Def- 
landes ne porta point àrafTemblée l'efprit de fac- 
tion îpuifqu'il fut élu fécond Echevin après le rc" 
tour du Roi Charles VII ^ pour remplacer avec 
les trois autres nommés alors j ceux q^uc l'on dé- 
polléda» 



15'^ Histoire Ckiti avfi 
oudlt compte y & ce quon lui demandoit ^ 
eu autrement ne le faurôit faire ^ S'il s'étoit 
agi de la plus grande partie à^s biens de 
Flamel , une telle reponfe eût-elle été 
de mife î 

EHene fatisfic point , de me me qu'an 

état dû réiidu des bien.l qui fut exigé , 

que les Exécuteurs communiquèrent, & 

1 on eut recours aux voies de droir. Ce 

fut ncanrhoins à lamiable, puifquela 

requête préfentée atiChâtelet, fut faite 

tant ait nom des Parties qui atraquoient y 

qn'au nom de Delamarei Exécuteur, 

encore en place de Margnillier que l'on 

niettoit en caufe. Le Prévôt ordonna un 

le M Avi^ii nouveau compte, 6c nomma encore le 

^flL^r^^ Pf^ux pour en faire l'examen. Celui-ci 

ne commenta fon travail que le fept de 

Novembre 1425?. Il y vaqua les treize 

jours fuivans en préfencedes Parties in- 

térefîcesj il le termina enfin le 14 de 

ht î4Mârs Décembre , & trois mois après , le Prévôt 

»4*>-3o. ^ç p^j-g |g ratifia comme bien & loyaulment 

fait. 

Les Parties i nrére flfées ne furent pas 
plus contentes. Le Preux, qui, cefem- 
ble , les favorifoit, avoir de nouveau in- 
féré la claufe qui paroît avoir formé toute 
la difficulté. Et feront , avoit-iî écrit, lef- 
dis Exécuteurs , autre compte des dehces 
dues audit dcffunt des arrérages de [es ren- 
tes y &c, fifa.it na été par eux ou par 



,Î)E NlCOl A.$ F;L AME t. 257 
les Procureurs & receveurs d'icelle exécu^ 
tion. Çetre fin paroîc de ftyle^ ^ les Re- 
ceveurs de i'Eglife avoieiit fan^ doute 
rendu leurs comptes. Quoi qu'il en foir, 
chaque Partie tiroit à foi la claufe, \.^s 
Exécuteurs, qui, comme le CommiiTai- 
fe, le reconnoîtdans fon a6le , n*avoienc 
reçu en fept ans que 2052 livres 10 fols 
4 deniers paiiCs , avoientdépenfé 134^ 
livres 4 foLs 7 deniers parifis ; on leur 
,étoi: redevable de tl^G livres 14 fols 3 
d^jiiers & poitevine parifîs. Ils préren- 
doient donc qu'ils croient quittes envers 
la fuccelîion , & que s'ils avoient à met- 
tre les nouveaux Exécuteurs au fait des 
dettes qu'ils n'avoient pu percevoir, ils 
avoient auiîî à fe faire payer de leurs 
avances. Ils agirent pour ce dernier arti- 
cle , puifqu'ils attaquèrent de leur part. 
Quant aux Bourgeois^ la claufe avoic 
pour eux un fens tout contraire , & fur- 
pris de voir contre leur attente les Exécu- 
îeuts teftamentaires en avance d'une fom- 
me alTez confidérable , décides pour les 
voies de contrainte y ils attaquèrent a.u 
Châtelet tous ceux qui jufqu^alors pou- 
voient être entrés dans le manimept de 
l'aifairç. Maclou Vallier ^ mari de Mar- 
got la Quefnel , alors défunte , ne far p^s 
publié : on trouve aufîî un nommé Bail-t 
lâche & une quantité d'autres. 

J'^i dit qu'il paroiiToit ^ue U Preux 



l$î Hl s T OIR E Cr m QU E 

fiivorifoit les méconrens. Il femble qutf 
les Exécureursfirenrquelqueplaintedece 
premier CommilTaire, ôc qu'ils demandè- 
rent un Adjoint : aiifîl le Prévôt nomma- 
c-il en fécond Jean Bureau , (a) qui pour 
lors CommllFaire Examinateur, devint 
dans la fuite Chambellan du Roi Charles 
Vu. Les deux CommilTaires fuivirenc 
donc enfemble l'affaire -, mais pendant 
qu'ils travailloient, il s'ouvrit une voye 
de conciliation , & après quelque rems 
la procédure au Châtelet fut abandonnée 
pour un arrangement 1 l'amiable. 

Il fe tint une AlTemblée où toutes 
le Parties réunies décidèrent de faire 
drelTer par Fleuret Quarré , Clerc de 
la Chambre des Comptes , un nouvel 
état des biens de la fuccefîion , tel 
fans doute qu'il n*en avoir pas encore 
été fait. CesClercSjOun'éroientpas dbon 
marché, ou le travail exigeoit un hono- 
raire fort : celui-ci demanda une fom- 
me de cent francs, ou cent livres tourn. 
La fomme lui fut promife , à payer à frais 
communs , chacun par moitié. De plus » 
les Parties établirent pour une des condi- 
tions que par la fin d*icellui compte _, qui 
devrait il payerait. Il relloit donc toujours 
indécis entre elles fi lesExécuteurs éroient 

( a ) C'eft le même Jean Bureau que celui donc 
il a été parle dans l'Elfai , qui commença par 
exercer la charge de Commiiraire Eiamiûatçuf. 
Voyez EiTgi , page 174. 



D H Nie O t A s F L A ME t. l^f 

redevables , ou fi c'ctoit la fucceflîon. 
Quarré fut long dans fon opéra- 
tion : en 1451 on attendoic encore la fin 
de fon travail \ {a) mais il avoit achevé 
le premier Août 1455, 6c ce jour on lui 
compta pour folde de fon payement , x 8 
livres 1 5 fols 4 deniers parifis. 

Les conférences devenoient trop lon- 
gues pour des efprits échauffés. Dans 
le nombre il ne manquoit pas de 
gens impatiens : les comptables de 
141(5 à i4^2j paroifToient fort en- 
nuyés des longueurs de Fleuret Quar-* 
ré\ ils s'en expliquèrent alTez naïvemenç 
dans leur compte particulier 5 où on lit, 
duquel compte ( de Flamel ) on /aura la 
fin fi Dieu plefi. Quarré travailloit encore 
a l'état qu'il devoit remettre , que l'affaire 
renouvellée avec d'autant plus de vivaci- 
té, qu'elle avoit paru s'appaifer, étoit 
déjà portée par plufiâurs requêtes au Par- 
lement. 

Les Parties mécontentes firent ajouta 
ner à ce tribunal tous ceux qui avoienc 

{a) Au folio f5 rcù.0 du compte de 14U à 1454 , ' 
on lit : a fleuret Quarré ^ Clerc , Ufomme de 7 /. 
\o fois parifis y qui payée lui a été par lefdits Mar- 
rçgliers enfept dofannes & demi de peaux de par- i 
chemin qu'il avoit prins de ]ean de Beauvais , par^ 
cheminier^ &c. pour faire le corrtpte de l'exécution, 
de feu Nicolas Flamel , que Guillaume le Comte 
d*^ fes Confors doivent rendre comme il appert par 
cédule , fignée du feing mannel dudii Flehrçt , le 
U jour d'Aom 14 }i. 



140 Histoire Critiqui 
érc Marguilliers depuis I4i(? , & Cref^ 
meii Huiflier^ ou lignifia cet ajourne- 
ment le i o de Mai 143;, ou il enfut payé 
ce jour. Cependant les Exécuteurs fe dé- 
fendoient ic attaquoient auflî cpmme il 
a cré die , & ils avoienc pour Procureur 
un Pierre Giraidt, Quant à la Cour , elle 
nomma deux CommilTaires , Guillaume 
Hémery & Jean de Voton ou Bown, Cor- 
noisy Avocat, plaida pour les Bourgeois, 
tant ^H demandant ^ qu en défendant. Sans 
doute que fes Parties furent contentes 
de fon plaidoyer, &: encore plus de ce 
qu'il ne voulut point d'argent : il leur 
ménagea un ou deux fakits d'or, {a) & 
en récompenfation foie de fon plaidoyer , 
foit de pluficurs peines & travaux en quoi 
il $étG:,t peiné pour TE glife , elles lui pré- 
fenteient un écrin d'épiccs du prix de 1 5 
/ois parifis. 

Quelque prononcé qu'il y ait eu enfuîte 
du plaidoyer de Cornois , il ne termina 
pas l'affaire : il paroîc qu*il y eut bientôt 
une nouvelle conférence, en conféquen- 
ce de laquelle lajonciion des gens du 
Roy avec Les Marguilliers fut demandée 
pourplaidierla caufe. La Cour Taccorda , 
ôç Li/.illier, Avocat, eut pour fon con- 

(/») Le (aluc d'or étoit une monnoie que le Roi 

Charles VI ht faire fur la fin de fou règne en 1411 , 

Le Blanc du prix de if fols. On l'appelloit faluc, parce que 

pcolejj. j}. iafalucacion angélique y étoic repréfcncce. Cette 

7« niDiinoic écoic alors bailfée à 2.1 fols. 

feil 



DE Nicolas F L a-m e t. 241» 

feil un faluc d'or. Ce: Officier, Confeil 
ordinaire des Bourgeois, en reçue plus 
d'un pendant le cours de cette longue af- 
faire , Se tandis que lui ôc les autres gens 
de juftice trouvoient leur profit dans ces 
procédures, la fuccelîion de Flamel, qui 
d'ailleurs étoit en aifez mauvais état , n'y 
éprouvoit que des pertes : cette multi- 
tude de frais retomba enfin fur elle. 

Une déclaration t/^/3/rjpréfentée par 
le Comte ôc fes adjoints, enfuite d'un 
nouvel ajournement d'un grand nombre 
de perfonnes _, ne contenta point des ef- 
prits qui étoient plus difficiles à propor- 
tion de ce qu'ils étoient plus aigris. Les 
deux Commiiîaires furent chargés par 
la Couc de faire une information ju- 
ridique. A cette fin le Parlement fuppléa 
à Guillaume Hémery , un autre Confeiiler 
nommé Philippe de Nanterre, {a) Celui- . 
ci ôc Jean de Boton fe tranfporterent au 
Comptoir OM Bureau de la Fabrique , \qs 
féances fe multiplièrent ; pendant [ç 
cours des vacations , Mefïîeurs eurent be- 
foin de rafraîchilfemens , on leur enpré- 
fenta : le regiftre ne les défigne point ; 
mais il ell écrit qu'il fut dépenfé 16 fols 

{a) Philippe de Nanterre fuppléé à Guillaume 
Himery ^ qui pouvoir s'être retiré ou être mort, 
paroît être celui dont il eft parlé dans l 'Hiftoire de 
Paris, qui fat député au Connétable, avec le f|||| 1^ 
premier Prélident Philippe de Morvillier, lors dv. paris, r x 
la réduction de la Yille au Roi Charles VII. *. gij, * 



ij^x HrsToiRE Critiqua 
pour une demi-dow^aine de voirres & une 
efguierre. 

L'affaire devenoit des plus graves. 
L'enquête ayant écé terminée & com- 
muniquée aux gens du Roi, l'Avocac 
du' Roi Jean Raploujl fe joignit aux 
Bourgeois & Marguilliers pour plaider 
pour la partie du Roi : ôc la caufe portée 
au criminel par le Magiltrat , il déclare 
dans fon plaidoyer des récellemens faits 
par les Farcies au regard de V exécution^ 
Tant de notables mis en caufe , auroient- 
ils pu s'entendre pour fpclier la fuccef- 
fion de l'Ecrivain \ & les preuves de Tac- 
cufation portée contre eux , furent-elles 
admifes par la Cour ? Le tour que va 
prendre l'affaire , paroît dire clairemenc 
qu'il n'en fut rien : mais avant de voir 
le terme de ces hoftilités , voici queU 
ques faits. 

\^^% Parties adverfes de le Comte «Se de 
fes Confors , contentes fans doute de 
l'heureux progrès de leurs pourfuites , 
voulurent récompenfer ceux qui \qs fer- 
voienc fi bien. }ean Rapioujl , Avocat du 
Roi 5 reçut d'elles , tant pour fa jondbion, 
quepourfon plaidoyer, deux faluts d'or ; 
peut-être cependant étoit-ce alors un 
droit. Le Procureur du Roi , dont le nom 
ne nous eft pas confervc , ^ Jean Paris , 
Procureur de l'Eglifej furent régalés 
chacun d'une cuiÀe de cerf, qui coûte- 



DE Nicolas Flamel. 14^ 
rent 5 (j fols les deux, ôc ce fur, eft-il 
diïyen récompenfaùon de ce qu ils nav oient 
point eu cT argent : les fonds pouvoienc 
être épuifés. 

Paris , à qui Ton fît le même préfent 
qu'au Procureur du Roi , paroîc en fa 
qualité de Confeillçr de l'Eglife , avoir v. furc» 
été le principal Conducbeur de toute la E^V^og! 
grande affaire que nous expofons. Aufîî 
ce notable étoit-il très-refpedé dans laPa- 
roiffe de faint Jacques-, un trait en four- 
nir la preuve , &: fait de plus l'éloge de 
fon défmtéreflfement. Les Officiers de 
l'Eglife étoient pensionnés ; mais Paris 
ne recevoir point fa rétribution de cha- 
que année. La Fabrique, pour n'être 
point en refte avec fon Confeiller , le 
payoit en honneurs. Autrefois à la Fête- 
Dieu on fe fervoit pour porter le faine 
Sacrement , d'une Arche de vermeil , ap- 
pellée le ^rand joyau. Il en a été parlé 
dans rEifai. On couvroic cette Arche ^rr ^ .,, 
d*un notable chapeau de rofes vermeilles 
bien doré^ &c ce chapeau de fleurs ou cou- 
ronne j fervit a payer la penfion de Jean 
Paris pendant nx années. A M^'\ Jean 
Paris écrivirent les Marguilliers , ren- 
dant le compte de ces fix années _, la 
forum e du bel chapeau^ de rofes dont le 
grant joyau ou tan porte le Corps de iV^. 
Sgu le jour de la Fêt^-Dieu , eft couvert 
pour fes panùons chacune année . , . va-^ 

Lij 



244 Histoire Critique 
lent ^ comme il apperc pur la Coutume ^ 
que quand la Procejjlon eft fête , la Mejje 
chantée , lefdis Marrégliers le vont pré- 
fenter à fa femme ou leur Commis pour 

eux 5 pour ce Honneur, 

Je reviens au procès. Un ajournement 
perfonnel à^s Parties , doit j ce fembie, 
êcre placé à la fuite de l'incident crimi- 
nel dont il vient d'être parlé, Defmou^ 
Uns ^ Huiflîer du Parlement, fignifia aie 
Comte & àfes Confors ^ de comparoir en 
Commit ^ft P^jfonnes en la Cour y Ôc gagna i fols. 
M>2--M4, Ceux-ci comparurent fans doute, &c pro- 
"'"'^ * poferent leurs moyens de dé fenfe , d'a- 
près lefquelles, comme le regiftre l'ap- 
prend , il y eut un appointement. Il fut 
délivré par Jean Delejpine y Greffier du 
il^id. Criminel , & Lambert BrathelinyHmfCiçi: 
du Parlement , en fit la fîgnification 
après le plaidoyer. On lit encore un ar- 
ticle qui porte une communication des 
demandes que faifoient \qs Marguilliers 
à leurs Parties-, &c c'eft tout ce que les 
registres focirniffent de lumière fur cette 
grande affaire 5 dont il ne fubfifte aucune 
pièce. 

L'appointementenfutle terme, com- 
me il paroît , Ôc il fembie prouvé que 
quelques Bourgeois de la Paioiffe _, joints 
d certains Marguilliers oppofés aux pre- 
miers Exécuteurs, firent tout ce bruit, 
fiiauferenc de l'iaquiécude à beaucoup de 



DE Nicolas Flamel. 245 
familles , de occafionnerent à l'exécu- 
tion des frais donc toutes les Parties fe 
trouvent portées dans les articles dedé- 
penfe de la Fabrique ; de forte que l'on 
ne retira aucun fruit de tant de mouve- 
mens. Les premiers Exécuteurs n'étoient 
point en faute , du moins de la manière 
dont on le foupçonnoit. Le tout vint 
d'un mal-entendu ; c'eft ce que l'on verra 
dans l'expofition que je vais raire des biens 
fub/îftans après la mort de Flamel. 



CHAPITRE V. 

'E clair cijjement fur le bien que Flamel a 
laijfé en mourant, 

COmme l'efprit de fadion peut avoir 
influé dans le procès dont les faitj 
viennent d'être expofés , le changement 
qui arriva par le retour du Roi Charles 
VlI,lorfque Paris lui ouvrit (es portes en 
Avril 143(^3 put aufli fervir a calmer 
les efprits, & à les réunir fur l'affaire de 
la fucceflion. Il fembleroit cependant que 
ce ne fut pas tout-à-coup. On apperçoit 
un veftigede défunion en 1440. Conant ^ 
Marguillier,rendantfon compte en cette 
annéejoignit au lien celui de Billard^Çon 
Collègue 5 qui étoit mort. Les Héritiers 
& les Tuteurs des enfans de Billard , à 
se fouffifament appelles y ne voulurent 

L iij 



24^ Histoire CritiqCti 
point paroître , & furent réputés pour dé- 
de 1431 ifaillans 6» contumaux* C'étoit peur-être 
54,àiafui. jju{j] pour quelque rai fon ccrangere aux 
affaires de l'Écrivain. Il s'en trouve quel- 
ques exemples pour la geftion des biens 
particuliers de l'Eglife. {a) Quoi qu'il en 
foir 5 dans la fuite les Marguilliers de St 
Jacques , PolfelTeurs pour la Fabrique 
des biens de Flamel , & fes Exécuteurs > 
comme ils s'appelloient toujours alors ^ 
paroifTent tranquilles dans cette geftion. 
Leurs comptes pendant une longue fuite 
d'années > font chargés d'états fpécifîés de 
ces biens. Les recettes, les dépenfes , les 
procès , les criées des maifons ou A^% 
terres fur lefquelles les rentes ctoient hy- 
pothéquées 5 tout cela s'y remarque : mais 
ce qui nous importe préfentement, eft 
de favoir quelle étoit la quotité de tous 
ces biens. C'eft ce que nous allons difcu- 
ter, (înon dans une exadlitude arithméti- 
que 5 au moins dans un tour moral , qui 
approchera à peu de chofes près _, du tout 
phyfique. 

Il faut fe fouvenirque le Fondateur 

Îar fonteftament a lailîé a PEcrlife de St 
acques tout le bien qu'il polfédoit. Itcrriy 

[et) Il eft parlé au fol. 44 du Compte de I4i<^ à 
14U , de contredtis donc un Clerc fit un double. 
On étoircn difpute fur une fomtnede 8; livres i^ 
fcls 8 deniers que îa Fabrique prétcndcit avoir 
cré reçue fur les biens de l'Egîife, par les ccmpra- 
blés > femme donc ceux-ci ne vouioienr pas te- 
nir compte. 



t)E Nicolas Flamei. 247 

pone le reftament ledit Tejlateur TcAam* 

laijja à l'œuvre de tEglife de faint Jacques ^' 
^ela Boucherie , TOUS fes biens-meubles , 
rentes^ maifons & héritages qu il pourra 
avoir à/ lui appartenir au jour defon tref- 
pajjement , tant en la ville de Paris , com^ 
me dehors ^ <5cc. Il ne faut donc point 
chercher ailleurs qu'à faine Jacques le 
bien de la fucceilion de Flamei. 

De plus 5 il faut encore fe rappeller 
que les ordonnances fixées par le teita- 
ment à une fois , ou à un tems limité, 
n'ont pu être acquittées que fucceiîîve- 
ment & dans leur plus grande partie fur 
\ts rentrées àts revenus. Il n'ell donc pas 
queftion par rapport à la totalité du fonds 
que Flamei a laiffé , de tout ce qui a été 
dépenfé pour ces ordonnances ; les re- 
couvremens & le mobilier n'en ayant pu 
produire qu'une foible partie. Il faut 
s'arrêter feulement aux revenus laiffés 
par l'Ecrivain , comme au mobilier 
trouvé chez lui , & à quelques ren- 
trées ; & c'efl: ce qui donnera la lumière 
que nous cherchons. 

Nous la tirons premièrement cette lu- 
mière d'une pièce importante , fur laquel- 
le on s'efl étendu ci-delTus. C'eft de l'ac- 
cord fait entre les quatre Légataires de 
Flamei , pour le réfidu des biens de l'exé- 
cution. Je vais en rappeller les principa- 
les circonilances. 

Liv 



248 Histoire Critique 

On a dit que ces Légataires ne firent 
leur tranfadlion , qu^enfuite d'un exa- 
men de toute l'afîliire, qu'on peut appel- 
1er rigoureux 5 ayant vu & adviféy ce font 
\qs termes de leur contrat, à grant dili^ 
gence les tejlament , befongnes & affaires 
dicellui deffunt.D^sgQns inftruits tels que 
dévoient l'être le Chapitre de la Cathé- 
drale, une compagnie de Religieux ôc 
àes Notables d'une ParoifTe , virent clair 
dans l'exécution , ôc ne s'en rapportèrent 
pas au feuldire des Exécuteurs teflamen- 
raires. Leurs termes énoncent clairement 
que l'on mit pièces fur table , le tefta- 
ment , l'inventaire , les contrats , les 
dettes 5 ou perçues , ou à percevoir , les 
rembourfemens j Se la fuite d'une revue 
fi exacte , eft de craindre que fi l'on par- 
tage par quart , le deffunt ne fait. & de* 
meure deffraudé de [on bon propos , vou- 
lente & intention , &cc. C'elt dire claire- 
ment 5 que fi l'on avoir fuivi le partage 
propofé par les trois Légataires, il ne fe- 
roit pas refté un fonds fufïifant pour l'ac- 
quit des fondations perpétuelles dont la 
fabrique de faint Jacques devoir ctre 
chargée. 

Ces Légataires refpederent la mémoi- 
re du défunt, &c fa volonté, ou expri- 
mée 5 ou préfumée , l'emportant fur l'in- 
térêt particulier -, ils donnèrent un exem- 
ple qu'on auroit peut-être peine à fuivre 



DE Nicolas Flamel. 249 
dans notre tems. Ils fe contentèrent à crois 
pour leur part du réjidu^ d^s 300 1. rourn. 
dont il a étc parlé , & laifTerent tour le 
refte du bien pour fatisfaire aux charges. 
Ces charges , comme on le lit dans le ref- 
tament & dans cette tranfa^tion , avoient "^^^^^^ 
été tixées par leTeftateur à neuf vingt liv. 
de rente des meilleures ^ ôcc. Cependant 
il y avoir du furplus , qui , en apparence, 
montoit beaucoup phis au delà -, mais on 
ne pouvoir compter fur fa totalité. Quan- 
tité de parties étoienr, ou douteufes ^ ou 
déjà perdues ; &: de plus , s'il y. avoir de 
l'excédenr , il étoit donné par le Teib- 
teur pour peine & coujlaige de garder y 
faire valoir & fouflenir lefdites maifons , 
& garder & recevoir lefdites rentes. Par 
cette claufe fans doute les Légataires fu- 
rent convaincus qu'il étoit julte quiceux 
Marrégliers^qui principalement avoieiit le 
fès & charge de V exécution j ne fuffent 
point trop refferrés, & qu'ils hlFenr ac- 
complir icelle exécution au mieux , plus 
prouffitablement & brief que faire pou- 
roient & fauroient félon la teneur du tefla^ 
ment , valeur & faculté des biens demourés 
du décès du deffunt. 

Les pièces donc on va parler ^ fervi- 
ront à établir l'excédent abandonné par 
les Légataires. Quanr à cette première ^ 
elle découvre déjà affez clairement l'ob- 
-jet que nous cherchons , c'eft- à-dire , le 

L V 



250 H I s T OI R E C R 1 TIQUE 

bien lailK' par Flamel. On apperçoit 
qu'il dévoie particulièrement confifter 
dans les cent quatre-vingt livresde bon- 
nes rentes léguées a la Fabrique de 
faint Jacques , avec un excédent affe^ 
douteux, qui dans peu fera apprécié ; 3c 
en joignant à ce furpius le montant du 
mobilier , le produit de quelques recou- 
vremens qui étoient entrés dans la Tom- 
me à laquelle a pu monter l'acquit des or- 
ïSooiivrTs donnances ÔC du réfic^u : ce fera tout le 
tournois, bî'en lailfé par notre Fondateur. La pièce 
fuivante va donner lieu de lui afficrner 
une quotité. 

Un autre moyen pour parvenir à s'aflu- 
rer de la force de ce bien , nous efi fourni 
par l'énoncé de la recette que lirent Iqs^ 
Exécuteurs teftnmentaires depuis la mort 
de Flamel jufqu'au onze de Mai 1^16 ^ 
Se c'eft de ce moyen dont on s'eftfervi 
iir./>. îjc. dans TElTai fur faint Jacques. Les Mar- 
guilliers de cette Paroilfe ayant accepté la 
fondation avec rexécutionduteftamenr, 
entrèrent dans la polTeiîion comme dans 
la geftion de tous les biens laiffés par Fla- 
mel ; c'efl un fait confi^né dans les re^if- 
rres. On y voit par une quantité d'arti- 
cles, que dès les premiers tems les Exé- 
reufs teftanientaires prirent foin de tous 
ces biens, perçurent les arrérages , firent 
les pourfuites néceffaires, les réparations 
aux maifons,6cc. Que reçut l'exécutioa 



D E "N I C O L A s F L A M B 1 . 2 5 T 

chaque année? Un des comptes rendus 
au Corn mi (Taire le Preux ^ l'énonce trop 
clairement pour que l'on pailTe s'y mé- 
prendre , quelques n liages que paroi fTe 
d'ailleurs y répandre la manière dont Tac- 
te efb tourné. On reçut en tout 2051 
livres 10 fols 4 deniers parifis j c'eft ce 
qu'on lit dans cette pièce, [a) Que l'on 
partage par fept lalomme marquée, com- 
me il femble qu'on doive le faire fuivanc 
rénorrc-c de fade, ou par huit , comme 
il paroîtroit plus naturel, puifqu'alors 
il y avoir depuis la mort de l'Ecrivain , 
huit années révolues ; de quelque ma- 
nière que l'on compte, il eli éviden: 
qu'il n'avoit pas écé reçu 5QC livres par 
année. En comptant par fept , on ne 

(<?} Les icf 1 livres 10 fols 4 deniers pari{ls qui 
font fpécifiés dansTâflreda Commiiraire en biens, 
meubles i utenciles d'hcjîel & deniers d'or a mo?7- 
no-ye ^ ne peuvent regarder dans leur plus grande 
partie ce qui fe trouva chez FlaiPiei a fa mort > 
puifque fi l'Ecrivain avoi: eu chez lui une fomnie 
aulTi forte, lesExccuteur«rertament2iîc> auroien: 
perçu le double de ce qu'ils difoient avoir touché 
en fept ans j les revenus réels l^^jr ayant dii 
produire une fomîTie à peu près égale à celle qu'é- 
nonce leCommilfaire. Alors, bicnloin que cesÈxé- 
cuteurs eulfentpu exiger une mile exccdei^re , ils 
auroiem été réellement redevables à la luccef- 
fîon , & n'auroien': pas pu défendre le procès dont 
il a été parlé. Il faut donc riécellaiienienf com- 
prendre dans la fomme de lOfi livres 10 fols 4 
deniers tout ce qui avoit été touché , tant en meu- 
bles , qu'en argent comptant & en revenus : c'eft 
ce qui eft démontré par la fuite de toutes les 
îiffaites de la fucc^flion. 

h y) 



1^1 Histoire Critique 
trouve qu'environ 280; ôc par huit , la 
fomme reçue fe réduit à environ 160 liv. 
Mais il faut ncceflairement faire une di- 
minution fur ce revenu apparent. Ce doit 
être toujours le montant du mobilier &c 
de quelques rentrées , le Teltaceur les 
ayant ftipulés dans fon reftament. Les 
Exécuteurs teftamentaires furent faifis 
des fommes que ces Parties prodaihrcnt , 
ôc les ene;loberent dans les 10^2 livres 
10 fols 4 deniers qu'ils préfenterent en 
recette totale : aufli faut-il en conclure 
que le produit de ces deux objets , 
quelqu'idée avantageufe qu'en ait eu le 
Teftateur , ne dut pas être confidérable. 
La perte que l'on a faite de l'inventaire 
général drelfé après Flamel , nous réduit 
à ne pouvoir fixer abfolument ce produir» 
Cependant j comme il faut en parler, j.e 
dis que les mêmes objets qui parurent 
dans la fucceffion de Pernelle , peuvent 
donner ici quelque jour. On a lu qu'ils 
produisirent it? 8 livres I9f)ls. La fuc- 
ceflion de Flamel ne fut pas beaucoup 
plus avantageufe quant a ces parties , &c 
peut-èrre n'en reçut-on pas 250 livres. 

En effet, fuivant les comptes dont on 
va faire ufage , les revenus en valeur 
durent projuire pendant fept ou huit an- 
nées 1800 livres ou peu plus. Ce qu'il 
faut d*excédent pour parvenir â la fom- 
jiie de 205 2 livres 1 o fols 4 deniers men 



DE Nicolas Fla M EL. 255 
tionnée au compte doni il eii queftion , 
c'eft- à-dire, 252 livres 10 fols, ne peut 
donc venir que des recouvremens , & 
principalement du mobilier. De cette 
manière on voit auffi clairement que cela 
fe peut , le bien qu'a lailTé le Teftateur. 
L'exécution entra en jouiffance d'envi- 
ron 240 ou 2 5 o livres de rente en valeur, 
ôc l'on eut environ 250 livres de comp- 
tant , produit par le mobilier & les ren- 
trées. En même-tems on apperçoit aufîî 
le furplus que les trois Légataires aban- 
donnèrent aux Exécuteurs teftamentaires 
pour les raifons expofées ci-delfus ; c'eft 
ce qui Qxceâe les 1 80 livres fixées par 
Ilamel à l'acquit des fervices perpétuels , 
environ 60 livres de rentes bonnes ou 
douteufes , qui avec ces 180 livres for- 
ment un revenu d'environ 250 livres. 

Les preuves qui viennent d'être préfen-» 
lées , ne fe tirent en quelque forte que 
par induction. Nous allons en avoir d'ex- 
prelfes prifes des comptes qui avoiiînent 
le tems de la mort de Flamel. 

Entre ces comptes, le plus proche, at- 
tendu le vuide de quelques années dont 
j'ai parlé, e(l celui qui commence à Pâ- ci-dcfTas 
ques i42(>, ôc finit à pareil jour i^^i.f-^^u 
Mais celui-là ne donne point de lumière : 
formé dans un ordre différent des fuivans, 
La plupart des parties n'y font point dé- 
taillées i aloij des Receveurs particuliers 



254 Histoire Critique 
comptables en dcrail pour leur portion , 
même devant un Commiffaire , (;) ren- 
doiént à la Fabrique les fommes qu'ils 
avoient reçues, <5c ceux-ci lesinfcrivoient 
dans leur toralirc , forme qui ne tarda 
pas à être changée. Quelqu'abus ou mal- 
verfation peut en avoir été la caufe. Oa 
congédia en 1430 un certain Hémart 
dcVertfray. Il vouloir fe maintenir dans 
fon pofte qu'il trouvoit bon 5 on lui Ht 
faire deffenje de par le Roy de plus foi en- 
tremettre de la recette ; cependant fa pla- 
ce fut remplie. 

Quoiqu'il y eut encoredes Receveurs^ 
un Marguillier, nommé Nicolas^ avoir 
leçu à fa part quelques parties des biens 
de la fuccelîion. Mais depuis la fainr 
Jean-Baptifte 1434 jufqu'à pareil jour 
14, 8, celui-ci fur feul chargé de cette 

{a) Le premier article du premier chapirre du 

corapte de ij^xé à 14U , porte en recette un article 

de iijy livres i foi 9 deniers depuis le 15 Mars 

Hx6 jufqu'au 10 Mars 1430 , payés par Hémart de 

Vertffuy , fans aucun détail. L'intitulé du compte 

de 1404 dit que les parties de rentes dues à l'Eglife 

n'y tont point particuUerement défignées . . .fors 

en gros , ai?i^ que les Procureurs & Receveurs 

d'icelle F.çlife , qui d'ieelles rentes font Cenil- 

leurs & Receveurs les ont payées & baillées , & qu'on 

le pour a veoir plus à plain par les comptes ae ces 

Procureurs. 

^ Vers 1404 on fît un procès à Regnart Duiffeau. 

Du Comp. l'""de ces Receveurs ; & Jean Bureau^ Commi(- 

de i4r- à ^3irc , entendit fon compte r;?r/Vj^;ïc^^?irytf«rj. 

14 54, fo!. ^'^ Commiilairc receut 9 livres 11 fols pour tOUr-^ 

$s. ' tes fçs vacations , le 1 Novembre 1434. 



Di Nicolas Flamei. 255 
recette , Se perçut pendant ces quatre an- 
nées tous les revenus des biens de Hamel. 
.Prévenu parla mort , il ne put lui-mc- 
me rendre fon compte. Perette fa veuve 
le préfenta \ Se vraifemblablement c eil 
par cette raifon qu'il s'y ell gliifé des in- 
exadicudes : il s'y trouve des parties que 
les comptes , ou antérieurs , ou pollé- 
rieurs , donnent comme biens de la Fa- 
brique. Cette pièce 5 telle qu'elle eft, 
nous fervira néanmoins avant que de paf- 
fer a une autre très-exacte , dont il fera 
quellion tout à-l'heure. Voici donc ce 
que l'on tire du compte de Perette > 
veuve de Guillaume Nicolas., 

Dans ce compte la recette des biens 
de Flamei contient cent quarante-neuf 
articles ou parties. Ces articles établiifenc 
le taux des loyers à(^s. maifons, comme de 
toutes les rentes de la fucceflion. Selon le 
montant auquel chacune des parties efl 
fixée pour chaque année, le fommé Forme 
3 5 9 livres 1 G fols 6 deniers pariais. A cet- 
te fomme il faut ajouter les rentes qui 
avoient éièrachetéùs , ou rembourfées de- 
puis lamorrdu Fondateur: elles doivent 
être cenfées en valeur, & l'on en découvre 
jufqu'alors pour 34 livres 8 fols pariiTs. 
De plus encore > comme le défaut d'un 
regiftre peut nous avoir fondrait la con- 
noilfance de quelque rembourfemaenty 
fait dans le tems de la more de Flamei > 



11^6 Hl s T O T R E C R I T I QU E 

on peur, attendu la ténuité àQs parties, 
établir ces rembourfeiiiens à 40 livres de 
rente 5 & ainfi fixer le revenu cjue dans 
ce tems on pouvoit recevoir à peu p:ès 
6c en tout à 400 livres parifis : c'eil beau- 
coup plus que ce qu'on a eu lieu d'apper- 
cevoir jufqu'ici j j'en ai averti , de voici 
le correétif. 

Entre les cent quarante-neuf articles 
contenus dans le compte de la veuve Ni- 
colas , il y a cinquante patries qui font 
mifes au néant ; c'eil prefque le tiers. 
Celle qui le préfentoit en motive le dé- 
faut y c'étoient desmaifons en ruine, des 
terres abandonnées, dtrs débiteurs infol- 
vables ^ «S:c. Les cinquante-quatre parties 
montent enfemble à 1 5 5 livres i 8 fols i o 
deniers parifis. Il refte donc fur le fom- 
iné tiré du compte de la veuve , 204 liv. 
12 fols 4 deniers, & y compris les rentes 
rembourfées _, 244 livres : rien ne s'accor- 
de mieux avec les adtes dont on s'eft fer- 
vi ci-deffus. 

Après le compte delà veuve Nicolas, 
il fe trouve dans la fuite des regiftres , 
un vuide de huit années : c'efl: une per- 
te *, mais le compte qui vient après, la 
répare abondamment par l'exaditude 
avec lequel il eft fait. La lumière que 
fournit celui-ci , donnera, ce me fem- 
ble _, à notre difcuffion un jour aufÛ 
favorable qu'on peut le defirer» 



ï> E 'RlCOlAS FlAMEI. 257 

Tour ce qui concerne les affaires de 
la rLic<:eflion de Flainel , paroît dans ce re- 
.giftre dirigé avec le plus grand foin. Il 
contient neuf années , &c fut rendu par 
quatre Marguilliers : Thomas Corneille ^ 
Jean Bachelier^ Etienne Quine]. uet ^ ôc 
Anfel Chardon. Leurs neuf années de 
geftion commencèrent le 17 de Mars 
1445 avantPâques, c'eft-à-dire, en 144(^5 
^ finirent le 1^ de Mars 1 4 5 4 3 de mê- 
me avant Pâques , êc ainfi en 1455. 

Quatre chapitres entiers du compte 
font deftinés aux affaires de la fuccelTion. 
Le premier de ces chapitres , quatrième 
du compte , détaille les recettes des ren- 
tes hypothéquées fur des maifons & lieux 
k Paris 'y le fécond regarde celles qui 
ëtoient conftiruées fur des biens hors Pa- 
ris \ le troifieme eft pour les loyers de 
l'échoppe & des maifons à Paris ; le qua- 
trième renferme les tranfports ou rem- 
bourfemens. Les rendant-compte en- 
trent à cette occalîon dans un détail que 
l'on peut appeller minutieux. C'eft qu'a- 
lors on donnoic naïvement raifon de tout 
dans les comptes : ils étoient dreffés au- 
tant pour Pinfiruclion des fuivans, que 
pour la décharge de ceux qui les ren- 
doienr. Ces minuties néanmoins font 
avantageufesj elles procurent à ces regif- 
tres quelque chofe d'hiltorique , dont on 
tire une utilité. Dans celui-ci comme 



15^ Histoire Critiqûï 
dans celui de Pérctte^ on apperçoit que 
ies biens de Flaniel étoienc pour la plu- 
part en mauvais étar_, même àhs fon 
vivant. La Table qui terminera cette 
troifieme Partie, en adminillrera àts 
preuves. 

Cent douze articles partagent les trois 
chapitres de la recette des biens du Fon- 
dateur. Il s'y trouve donc trente-fept ar- 
ticles de moins que dans le compte précé- 
dent. La Fabrique avoir fouffert pluiieurs 
rachats dans Tefpace qui s'étoit écoulé 
depuis le compte de la veuveNicolas.il 
y eut avec cela des parties qui furent mo- 
dérées ou baiflees du parifisau tournois. 
On renonça aufli a quelques-unes. Dans 
cet état les cent douze articles forment 
un montant de 237 livres 6 deniers par. 
Il faut encore ajouter d cette femme tou- 
tes les parties rembourfées avant ce 
compte 5 éc elles font un revenu de 41 
livres 18 fols*, c'eft en tour 278 livres 
18 fols 6 deniers , &: aulîi le revenu 
auquel la Fabrique avoir droit par le Fon- 
dateur. 

Ce revenu déjà moindre que la tota- 
lité de celui que l'on a apperçu par le 
compte de la veuve Nicolas, fouffre 
audi une diminution de même efpece que 
celle de ce premier. Dans celui-ci on 
trouve trente & une parties qui font co- 
tées Néant ^ ôc par les raifons qu'expo- 



i>E Nicolas Fiamel. 259 
foit Pérette en 1458, terres en friche, 
maifons ruinées , débiteurs infolvables. 
Ces trente & une parties font enfemble 
une fomme de 8 1 livres 1 1 fols , déduc- 
tion confidérable à faire fur la totalité 
du produit. Elle le réduit d 1 97 livres 7 
fols 6 deniers : ainfi les revenus de la fuc- 
ceffion de Fiamel alloient en décroif- 
fant ; ils diminuèrent beaucoup plus dans 
la fuite : mais pour mettre le fceau a ce 
qui vient d'être expofé j ôc terminer cette 
dilTcuflion , je fais ufage d'une pièce ci- 
rée dans l'Effai fur l'hiftoire de St Jacques. ï'.Taip. 

Quarante-cinq années après la mort '^'^* 
de Fiamel , en 14(^5 , l'Hôpital des Quin- 
ze-Vingt fufcita un procès confidérable 
à la Fabrique de faint Jacques : on en lie 
le fujet dans TEiTai, & je ne le répète 
point ici : voici feulement ce qui con- 
cerne l'objet préfent. L'Hôpital avoir 
avancé que le Fondateur laijja près de 
800 livres de bonnes rentes j dont Un y en 
av oit pas cent de viagères, {a) La Fabri- 
que de faint Jacques , alFiftée de fon Curé, ^z^^ ^""/' 
Jean le Sellier ^^ Prefident des Enquêtes au en 1473. 

(a) Si l'on eût cru que Fiamel eût laifTé en mou- 
rant de grands trcfors & des Domaines confîdéra- 
bles, l'occafion éroit belle pour en parler , & cer- 
tainement les Quinze-vingt ne l'auroient pas 
échappée. Cependant ils ne parlent dans leurs ob- 
jedions que des rentes que le Bourgeois pcofl'cdoir. 
On ne lui connoilToit pas d'autres biens, & les 
fables débitées à fon fujet, n'avoicnc pas encore 
pris leur cours. 



i(jo Histoire Critique 
Parlement & Archidiacre de Brie en VE- 
glife de Paris _, & du célèbre Jean de St 
Romain j Procureur-Général du Parle- 
ment , Paroilîien , nia le fait , & répon- 
dit expreffcment que ledit Jeu Flamel étoit 
ainfî qu'il ^^ renom d'être plus riche LA M OIT là ^ 
faut lire q^' n nétoit. Et pout foumit une preuve 
f. iî6,auque ion peu: regarder comme demonl- 
^'^A^^V^"^ rrafive , on préfenra celle-là même dont 
mt. je me fuis fervi dans l'Eflai fur Sr Jac- 

ihU. ques, c'eft-à-dire, le fécond compte rendu 
à Andry le Preux , par la fin duquel^ dit- 
on 5 il fut du a la Fabrique pour plus mis 
quereceu^ 1^6 livres parijis. C'eft lafom- 
me même que le Comte de fes Confors 
avoient revendiqué, dans le procès qu'on 
a lu ci-deffus. (a) Or, en 1^6^ , on de- 
voit certainement être encore très au fait 
des affaires de la fucceffion de Flamel j 
la mémoire en étoit récente; les biens du 
Teftateur étoient apparens , ôc l'on avoit 
en main toutes les pièces. Ainfipuifqu'un 
Procureur-Général , (i connu par fa pro- 
bité j un Curé Préfident des Enquêtes , 
ne firent point difficulté l'un & l'autre 

(a) Tout le Corps des Notables de la Paroiffe 
de faint Jacques , accompagne du Curé & du Pro- 
cureur-Général , reconnoill'ant que cerre fomnic 
de 196 livres parifîs , avoit été due i la Fabrique , 
ils découvrent par-là que l'on fut obligé d'en te- 
nir compte aux Exécuteurs teftamentaires qui 
l'avoient avancée , & quec'cft ainfi que fe termi- 
na l'appointement du proccs fur lequel on s'eft 
fi cceadu. 



t>E Nicolas Flamel. i(^i 
<3e fe joindre au corps des Paroilîiens, ôc 
de s'avancer de la manière dont on vienc 
de le lire j ils étoienc allures de ce 
qu'ils alléguoient : ôc le témoignage de 
ces hommes illuftres , venant â l'aide 
de tout ce qui a étédit , en achevé la 
preuve. 

On peut donc fe flatter d'avoir mis la 
vérité dans tout fon jour ; on voit que 
les différentes pièces dont nous nous 
fommes fervis, font d'accord entr'el- 
les. L'ade occafionné par le procès entre 
la Fabrique de faint Jacques & les Quin- 
ze-vingt , avec les comptes de cette Fa- 
brique j 8c ks comptes avec la tranfaction 
faite entre les quatre Légataires en 142(3, 
tout cela démontre que ce que l'on a 
débité des biens immenfes de Flamel , 
n'eft qu'un fruit de l'imagination de cer- 
tains efprits qui favent rendre merveil- 
leux les faits les plus (impies j Se qui s'en- 
tendent mieux à éblouir , qu'à prouver. 

On voit par le compte rendu par la 
veuve Nicolas en 1431, & par l'ave i 
fait dans la tranfaction de 1473 , que Fla- 
mel pendant fon veuvage s'étoit formé 
environ 400 livres de rentes en compre- 
nant dans cette fomme, ce qu'il pouvoic 
retirer de fes m^ifons , & même de celle 
qu'il occupoit. A ce revenu il faut join- 
dre les 59 livres de rentes viagères^ aban- 
données à l'Ecrivain à la mor tde ia fem- 



Kji Histoire Criticiue 
me pour les raifons que l'on a lues , Sc 
avec cela la moirié d un feprier de bled , 
avec les neuf" poinçons &: quatre queues 
de vin de rente a viage , donc il a été 
parlé. 

De cette forte on trouve Flamel plus 
riche dans Ton veuvage j qu'il ne l'étoic 
à la mort de Pernelle. 11 paroîc même 
qu'il avoir alors plus de revenu que nous 
tm*. i^^. jie lai en avons donné dans l'Elfai. {a) 
Mais ce revenu le recevoit-il bien en- 
tier > Il paroît très-probable qu'eu égard a 
l'état de dépérillement dans lequel étoit 
une partie de fes biens , lors même qu'ail 
les acheta ; ce qu'il fit peut-être par une 
forte de fpéculation -, jamais il ne jouic 
en entier de toutfon revenu : d'ailleurs, 
rétac fe trouvant alors accablé des mal- 
heurs que rhiftoire du tems rapporte , 
fes revenus lui échappèrent en partie. Il 

(a) Ce qui a é:é avancé dans l'Eflai fur Sr Jac- 
ques , que Fiamel en mourant n'apaslailfé 500 
livres de renre , le trouve , comme on a lieu de le 
croire , ailcz vérifié ; de même que ce que l'on a 
ajouté de fui ce ,^ que le mari & la femme pou- 
voient )ouir enfemblc d'environ 400 livres j ce 
qu'il faut entendre indépendamment des rentes 
viagères. Au refte , on n'a jamais prétendu fixer à 
livres, fols &: deniers le bien de ces Bourgeois , 
c'cft :e qui n'eft, ni poiTiblc ,ni néccffaire. On en 
voit liiez pour le décider fur leur fortune , & 60 
ou 8 j livres de rentes de plus , fcroienr d'une pe- 
tite conféqucnce , iiuifquc malgré ce plus , Fla- 
mel iLiroit encore été feulement dans la fituation 
de B >urgeoisaifés , & comparés aux Seigneurs de 
leur tems , dans une honnête médiocrité. 



O E N r O L A s F L A M E t. 2^; 

fe flaccoit néanmoins , &: dans l'efpérance 
derecouvremensconfidérables , il comp- 
toir au plus fore en faifanc la difpoficion 
teftamencaire. Ufe trompaj&: on vient de 
lireq^u'il s'en falloir de beaucoup quelon 
retirât 5 GO livres parifis par année. Dans 
la fuire ce revenu diminua de manière 4 
n'être plus Tuffifant pour acquirrer les 
charges. En 1475 , on ne recevoir plus 
que 1 10 livres , & Ton dépenfoit 1 19 liv. J^. '* 
C elt ce qui ht dire aux témoins que j ai avec les 
nommés ci-delfus , Que ledit feu Flamel yl^J""" 
fit plujieurs lais & ordonnances montant à 
grant fomme de deniers ^ & PLUS Q^UK 
NE VALOIENT LES BIENS ET RErE-^ 

NUES DE SA SUCCESSION &fi 

avoit PLUSIEURS RENTES NULLES 
JDONT IL NE JOIT ONCQUES^ ne 
pareillement les dis Marrégliers, [a) 

Une difficulté propofée par TAuteur de 
rAnnéeLitcéraire, demande encore quel- l. f. ^su 

ia) Cet énoncé que Flamel fît des legs & des or- 
donnances pins que ne valaient les Uens Ù revenues 
de U fuccejfion , donne lieu de pcnfer que fi l'Ecri- 
vain.avoic caché chez lui un créfor , il auroitbica 
îiial railbnné. En effet, comment avec la volon- 
té (î marquée par Ton teftamcnt , de bien établir 
fes fondations , auroit-il pu s'arranger de manière 
à les rendre caduques. Il auroit fouftrait le plus 
folide, c'eft-à-ûire , Ton or , pour donner desren- 
tes nulles & dent il ne joit oncc^ues. U n'avoitpasdc 
richelles enfouies dans la cave , comme l'ont pen- 
fé certains Alchymiftes; mais il donna tout ce 
qu'il poilédoit , &: il l'cftimoit a<^ delà de fa iuftc 
valeur. 



1^4 Histoire Critique 
qa'éclairciiremenr. Comment , dic-on , 
concilier avec un bien fi médiocre, les 
dcpenfes confidcrables que l''Ecrivain a 
fiiires ? En effet, le bien étoit médiocre, 
ôc pour le tems de Flamel , 6c encore plus 
par rapport au nôtre : (a) mais, outre que 
ce font ces dépenfes même qui ont été un 
obftacle à l'augmentation de fon revenu , 
rappelions ici ce que j'ai déjà obfervé. 
Ce bien , quoique médiocre, devenoic 
confidérable entre les mains d'un homme 
du caractère de Flamel. De plus , l'Ecri- 
vain né, comme il paroît, avec de l'in- 
telligence , ne pouvoit -il pas mieux que 
d'autres faire frudlilïer un travail, qui, eu 
égard au tems, devoit être lucratif /* Par 

p^< 94. (a) J'ai donne vers la fin de la première Partie 
Une note qui renferme l'cvaluation du bien exiC- 
tant à la mort de Pernelle, le prix du marc d'ar- 
gent fixé à 6 livres 8 fols , Se comparé à 46 livrcî 
18 fols , prix établi par le Tarif. Ici je rappelle c^ 
qui^ a été dit page i^ i , qu'à la mort de Flamel 
on fit les évaluations fur le prix du marc d'argent, 
à 6 livres 18 fols tournois ,& je dis qu'a ce compte 
100 livres produifant 679 livres 14 fols i deniers 
de notre tems , 400 livres parifis de rentes perpé- 
tuelles , ou foo livres tournois , qui font le plus 
fore revenu que l'on apperçoive à Flamel , fe- 
roient aujourd'hui 5 ',98 livres 10 fols 10 deniers 
tournois s & 141 livres parifis de viager, ou ijS 
livres f fols tournois qu'ilpouvoit recevoir, foit 
V. fup. /•. en rentes, foit^de fon vin, feroicntpréfentement 
i6, 1197 livres 19 fols 7 deniers, en tout 4^96 livres 

10 fols^ f deniers tournois de rente pour notre 
tems, faifant toujours attention aux non-valeurs 
confidcrables que l'Ecrivain foutlrou dans ce 
revenu. 

ce 



DE Nicolas Fiamel. i^j 
ce moyen ôc en réuniffanc fes produits 
■annuels à un revenu déjà écabli , de mê- 
iiie qu'à ia parc du don mutuel donc il 
jouiiroir , il pouvoir fe trouver en érar de 
fournira ces dépenfes. On a vu qu'il les 
a faites en beaucoup d'années, joint à 
ce qu'il a travaillé dans un tems, ou quel- 
que proporrion que l'on puilîe trouver 
entre celui-U &c le nôtre , au moins tra- 
vaiiloic-on à meilleur marché que dans 
celui-ci. Ajoutons que Flamel avoir fait 
des detres i il en parle lui-même dans 
fon teftamenc : & veut & ordonne , dit-il , Tcû. ^. 
toutes fes dettes être payées fans delau *'^* 
Claufe qui ne fut pas de ftyle , le compte 
rendu au CommilTaire le Freux énon- 
çant expreifémenr ladite mife des i^^ ^/-^eft 

dettes quil ( Flamel ) devoit, Ainfi cet ce qu'on' 
ade afTure la réalité de ces dettes aux- ,^ourdh^* 
quelles on farisfît , & les dettes annon- <^^"* ^^ 
cent aiTez clairement que le bon Ecrivain, /^T^'"// 
emporté par fon caractère bienfaifant, 
ne confulcoit pas toujours (qs facultés. 
Ceft ce qu'ont dit ci-denTus nos illuftres 
témoins : Flamel a fait plus que ne vj- 
loient les biens & revenues de fajuccef- 
-/ion* 



M 



i^(y Histoire Critique 

CHAPITRE VI. 

Relevé des recettes du bien de Flamel 
telles qu elles [ont infcrites dans un 
compte drejje pourneuf années ^ depuis 
le j-j de Mars 144S-6 ^ jufquau 18 
Mars J4S4 s» 

LE relevé que j'ajoute pour terminer 
cette rroifieme Partie, contient un 
«xpofé fuivi de tout le bien que la Fa- 
brique de faint Jacques avoit eu de Fla- 
mel pendant les neuf années pour lef- 
quelles l'état en a été fait. On y voit le 
nombre 6c le produit à^s maifons. Un 
détail de toutes les parties de rentes, 
les lieux & les terres fur lefquelles ces 
parties étoient hypothéquées. Cet expofé, 
en fervant de preuve à ce qui a été dit 
dans le Chapitre précédent , préfentera de 
plus un tableau fuccint d'une grande éten- 
due de l'ancien local de Paris. 

Je commence par le quatrième chapi- 
tre du compte , qui etl le premier de la 
recette des biens de Flamel. 
Titre, 

Rentes de par Nicolas Flamel a Paris. 
Sceond ticre. 

Autre recepte a caufe des rentes annuelles 
6' perpétuelles appartenantes & advenues 
à la Fabrique , , . de par N, Flamel . . , 
perçues fur plujieurs maifons 6' lieux en 
çejle vilU de Paris cy a^rhs déclariés» 



DE Nicolas Flawel. l'Sy 

Rue de Marivaulx. 

Sur r0ftel<le l'image faine Michiel.. il. 8 f. ^ d. 
Ces 1 livres 8 fols 6 deniers ont été ra- 
chetées vers 146 i par les Chanoines 
de l'Eghfe de faint Merry , qui devin- 
rent Propriétaires de la maifon par 
confifcation. Les Chanoines payèrent 
pour ce rachar 1^ livres 6 fols parifis. 

Rue Quinrunpoit. 

Sur roftel & appartenances de l'Ef- 
toille . , . à Jean Raoul , dit Nofîeulx, 
Orfèvre 44 

Ou Cloijlre faint Merry. 

SurrOftel qui fut à feu Hemon 
Boulet y 5 

Ledit Oftel clos & inhabité. . . chiet 
en totale ruine pour ce icy en recep- 
te néant. 

Rue faint Martin. 

Sur roftel de l'Autruiïe ... 5 
Il a été long-tems clos ... en ruine. . . 

crié par le privilège les Marg. 

précédens .déboutés. . . . néant. 

Sur l'Ofteldes quatre fils Hemon à 
Jehan Rouan , i 

Rue des Gravilliers. 

Sur une mazure & lieu en ruine qui 
fut à Marion la perfonne ( au lieu de 

4 livres par an ) ^ %. 

Sur roftel qui fut Jehan Feuillet , . i 10 
Fondu & en totale ruine pafle 314 
•ns , • • • . • • • • néant. 

M ij 



2^S Histoire Critiqué 

Sur les maifons qui furent à Simon 
De la Chambre 1 £. 

Le tout fondu pafle à 18 ans 

pour ce. . , . - . . . néant. 

Sur l'Oftel qui fut à Jshanm Quin , 
<îe Bar fur Aube devant le Molinet ... 18 

Il n'y a que place vuide .... pour 
ce ... . .... néant. 

Sur rOftel qui fut à Bernard de 
Buleu 10 

En ruine. . . pour ce . . néant. 

Rue du Temple. 

Sur ung Hoftel qui fut à Rokin plç- 
/.ci dciTuî lcit£ près du Carrefour vers le Temple. f 
'• ^^°* En ruine pour ce ici . . . néant. 
Sur ung Hoftel qui fut à M'^ . Phi- 
lippe Villot y Prcbtre faifant 

coing de la rue Court-au-Villain. ... 1 

( Elle fut réduite à i livre 11 fols à 
la charge de 1 fols de fonds de terre. ) 
Sur îing Hoftel & jardin qui fut à 
Guillaume le Riche , ( modérée enfuite 4 
à 1 livres 8 fols. ) 

Sur 1 Oftel qui fut jadis à Robin Pef* 
î^ror., Serrurier près l'efcliielle duTem- 

ple. . . , . 1 

Riens rcçeu à caufe de la ruine du 

lieu , & a éic cric par le privilège paf- 

fé à 14 ans pour ce. . . néant* 

Sur rof^ti qui fut à Guillaume Bé^ 

ranger , 5 4 

Riens reçeu à caufe de la ruine du 
lieu . . . qui eft dcorouré a caufe des 

gràns charge. .• néant. 

Sur rOftcl qui fut à Michielde Couf- 

menïl 1 

^ . , d^ demeuré au Tsmplc pour k 



ï>E Nicolas Fla-mei, iG^ 
fcnds de terre ntant. 

Rue Beaubourg. 

Sur roftel du Lion d'argent, où 

quel eftuves à hommes i* 

( modérée du parifisau tournois , puis 
lachetée pour 6 livres parifis. ) 

Sur l'Oftel de la Fleur de Lis , à 
Pierre Veau Hacher ^ 

(Modérée à i livre par an jurqu'au^ 
plaifîr des Marguiiliers. ) 

Rue des Elancs-Manteaux ^ dite la 
Parchs-ninerie. 

Sur rOftel de l'image faint Chrifto-- 
phlc 4 

Long-tems inhabité . . . réparé en 
pîirtie , & loué z livres i o fols l'an» 

La Porte Baudée» 

Sur ung Hoftel à Gillet le Barhier , 
Couftellier , . x 

( CefTa de payer , écritàpourfuivre ) 
(Se au compte^e 1455.) • • néant. 

Rue de Jouy* 

Mention faite d'une rente de 1 liv. 2. 
parifis fur l'Oftel du Chafteau , en rui- 
ne & inhabité auquel les Marguiiliers 
ont renoncé. . . Pour ce . . . néant. 

Sur ung Hoftel qui fut à Jehanne la 

'Herbelotte 41^ 

(modérés à 3 livres 4 fols parifis. ) 

En ladite rue de Jouy , oultre la Po^ 
terne faint Pol. 

Sur rOftel ... à Jehan Piquet, dit i i %► 

Mii) 



x-jo Histoire Critiqub 
Simplet .... Leidit Hoftel long-tcms 
clos ... & en grant ruine , crié à la 
requefle des Marrégli£rs& des M^^^". 
de la Confrairie de St Leu & St Gilles 
c\\ù y prenoicnt femblable rente , ( du 
V. la Dé- droit de Pernelle ) ladite rente tranf- 
claration portée pour i liv. il fols de rente, &c. 

des biens 

dcremclle Rue St Anthoine. 

C)-apres. 

Sur les maifons & appartenances de 
la Croix de fer & de l'Omme Sauvai- 
ge , c]ui furent à Jehan Raoul & Ou- 
dïnla Vielle , depuis nu Prieur de Stc. 
Catherine du Val des Ecoliers , de pré- 
sent a Hugues RilouilUt , chandellier 
de fuif. ......... I 

Rue de la Bretonnerie. 

Rente de ii fols par an far ujie 
place en ruine . . . faifant coing dc4a 
rue du puits. ... Le tout eft en rurae 
paflé à trente-deux ans . . . ont ks dis 
Marrégiicrs renoncé. , , . ,. niant, ii 

Ru€ St Jehan en Grève, 

Sur ung Hoflcl qui fut à Co'in le 
Roy .......... 2, ^ 

Modération - fak€ à r livres parifig 

Place Aiauhert. 
Sur rOftel du Cheval rouge .. .te- t 
nant à un Hoftel faifant le coing de la 

rue des c^uatre Portes en ruine. 

Crié par le privilège. . . . Les Marré- 
giicrs déboutes néants 

Grant rue St Jacques y 

( ou Carrefour St Seuerin ,4i<C.Jf 1454^1458.; 

5ur roftel du Dieu d'Amour. . . . ï. 



T>t Nicolas Flamel. 171 

[Jehan Tuerchieure rembourfa le 
18 Janvier i 447 pour i z livres par. ) 

RueSt Andry des Ars. 

Sur roflel du Barillet , qui fut à 
Jekan Grant i 

( Ladice rente du droit de Pcrnelle* 
Les Marguilliers avoient aufTi i livre 
parifîs par F lamel , & eft écrit ) let- 
quels io fols font perdus par faute 
d'oppofuion, pafTé à 10 ans &c. , 

Au bout du Pont { neuf) St Mich'ul. 

Sur rOftel du Croilfant. . . . «- 
Clos , en ruine paiTc à vingt-fîx ans , 
&c néant. 

Rue de U Ckarpenterîe. 

/yoytxfw cette rue l'aBe de ta \ 
\ vente faite à Ftamtl , ci-Jprts. f 

Sur une place en ruine & non valoir 
faifant coing eh ladite rue. . . . ^ ^ 

Eft écrit, à defFendre après les 
criées, & au compte de i^$6 mar- 
quée néant, 

( Il n'y a dans cette rente de 1 liv. 
8 f. que I livre 4 fols du droit de Fia- 
mel j l'autre moitié eft du droit de Per- 
nelle , & elle étoit revenue à la Fabri- 
que avant 1438 par l'accord fait avec 
les Lormiers. ) 

Sur ang Hoftcl qu'on difoit l'image 
fainte Catherine ... . , * 6 lo 

Eft le tout fondu palTé à 14 

""='• • • • •..îfrJlS?:^!- """'• 
Rue St. Honore. 
Sur ung Fioftel , louaiges & appar- 

M iv ' 



iji HisToiRï CniTiaut 

tenanccs qui furent à Jehan l'Abbé. . . 
affis es rues St Honoré & Si Thomas 
àxx Louvre , enfeigne (fe Ja CroiTe. . .- ro 

( Modérée alors du parifis au tourn.). 

( Maintenant réduite à f livres par. 
ou 6 livres tournois. L'Ecrivain la 
conftitua lui-même, le vendredi ii 
Février 135)4, en vendant la maifon 
fur laquelle elle étoit hypothéquée à 
Pierre h Douyer , Ecuyer , & Conf- 
iance fa femme. La maifon étoit rui- 
neufe ^ & ceux-ci ne payant point ^ 
clic fut mifc en criées & adjugée a 
Flamd. \\ ne la garda pas. Jean de 
Hailles , Savetier , la polfédoit ea 
1405", & fut con<lamnéà payer la ren- 
te. C'cfi: peut-être la feule des rentes 
de Flamcl qui foit exiftanuc , ou au 
plus une autre dont la note m'cft 
cchappée. } 

Rue de Richekourg . dite du Coq. 

Sur roftel du Plat d'eftain .- . . à 

Robin Efnteré , l l'2i 

Clos ... & en ruine . . , tranfportée à 
Jehan le Bret pour 8 liv. 16 fols par. 

Rue Guèrin Bof£}au. c'I ; hm 

Sur une Haftel qui. fut à Henri * 
thampy , Fnppier ^7 

. . . . Longteras en ruine & inha- 
bité né.int. 

Sur rOftel qui fut à Ca/în de Va- 
penton 1 " J 

En ruine cîtslong-tèm^. . . . nîant. 

Sur rOftelquifut àiî/VAjr/ Dubiùf- 
fcn ; * ^ 

^ ruine. * . . • • niante 



1^ 



'de Nicolas F t a m é l. if^ 

Sur l'Oftel de la Coquille. . . , 14 

£n ruine. II n'y a que place & 

chargé de rente. .... néant. 

Sur roftcl qui fut à Pierre GilUt y 
ï livre 4 fols, modérés à .... '^ 
En ruine .... Place vuide pafle à 14 
ans néant. 

Sur rOilei de l'image St Chrifto- 
phle. ..... 

Ledit lieu en totale ruine , pafTc à 
Ibng-tems reçu par grâce & modéra- 
tion , de Jean Cochet , Maçon , 16 
fols pout fept ans ^ demi. 

Rue Chapon^ 

Sur ung Hoftel & Jardin qui furent 
jadis à M^r«. Jehan de Sentis. ... I ^^ 

Tout ed fondu & n'y a que gravois 
pafTé à 5 1 ans. .... né-ant. 

Rue St. J^eniu 

Sur rOftel du Bergier . . . oultrc la 

Porte aux Peintres 5 

iong-tems en ruine & inhabité ..... 
( La rente tranfportée à Jeanne Def- 
tourat , moyennant une pareille rente 
de s livres. ) 

Sur l'Oftel du BoilTeau ... à Hugiiet 
de Huiliers .5 

( Modérée du parifis au tournois les 
Marguilliers^ forcés d'en recevoir le^ 
irachat pour 5^ livres parifis le 15 
Septembre 1448. 

Sur ung Hoftel & louage qui fu- 
rent à Michel Piot devant l'Eglile 
^e la Trinité. ,.».... j 13 

iCrié à^la-Requtc des Marguillicrs 

M v 



2-74 H I s T O I R E C R I T I QU E 
de St Mciy .... La rcnre réduite à 4 
livres i 3 fols 4 deniers pari/is. ) 

Sur ung Holtel & Jardin que on dit 
la Croix de fer , loué à Perrin Giroujî, 
Laboureur , 1 livres 8 fols par. l'an.. . i 10 

Sur ung Hoftcl & jardin .... loué 
à Gil'ot Chambrier, Laboureur , 1 liv. 
8 fols parifis l'an 3 l^ 

( Ces deux articles , joints enfem- 
blc dans le compte de i4f<î , font ré- 
duits à 1 livres 8 fols pour le tour. ) 

Sur un petit Hoftel &: appentis, Sec ^ 
( Modérés du parifis i u tournois. ) 

Suit ce titre. 

En la ville de Paris , à 
Yillcneufve le Roy , Nully fur Mar- 
ne , Corbueil , Granois , Muily l'Eve f- 
que , & autres lieux hors Paris i?- 

EJl ajouté. 

De 18 livres parifis de ren- 
te par an . . . fur toutes les maifong, 
cens, rentes, Seigneuries & poife^p^- 
ons (juelconcjucs qui furent a feu Mt-e • 
Jehan le Courant : riens reçeu par 
les Marguilliers à l'occafion des pro- 
cès de criées & autres cmpefchemens 
furvenus, &c. Pour ce . . . néant. 
(Cette rente de 18 livres , la plus 
forte de celles que l'on voye a Flamel , 
paroît être -rcfTce très-long-tcnis en 
non-valeur. On voit par le coinpre de 
1464 , qu'cnfn la Fabrique la vendit , 
ou le droit, à Pierre Froment , Chan- 
geur , & la réduiht à 14 livres parifis , 
en abandonnant plusieurs arrérages, 
/r(?/wt?/zr hypothéqua la rente, tant fur 



. DE N J C O L A S FlAMEL. 1J$ 
fa mairon rue faint Germain l'Auxer- 
rois , que Gir tous Tes autres biens. 
Préientement il n'ell: plus queftion Je 
celte rcBte , qui peut avou été rem- 
bourrée.) 



3 -^f* rolio fti-v.int du compte ( 
"l on Lit en marge , Ç 



V^, Chapitre de recepte , ( <&. ^^ des 

rentes de Flamcl. ) 
Puis. 

Autre rcceptc à caufe des ren- 
tes , &c. de par Nicolas Plamel , conf- 
tituées &: prinfes fur plufieurs hérita- 
ges & pofreiîîons alîis hors Pans es 
Villages & lieux qui en fuivent. 

A St Laurent les Paris , & à l' envi- 
ron. 

Sur un petit jardin , derrière une* 
m aifcn & lieu, en ruine. ... i 

Sur les héritages qui furent à M'"^*. 
Simon le Pellerin i 

(Rachetée par les Exécuteurs de 
Pellerin , en 145?, pour ^ 4. liv par.) 

Sur certains Marets aiTis entre Paris 
& St Laurent, que Nicolas Flamel don- 
na à rente à Michiel Bourgeois, . . . i 

Lequel Bcmrgeois s'abfenta après 
avoir vendu les Marets. . . néant. 

A la villettt St -Ladre. 

Sur une maifon , jardin & lieu en 
ruine en la rue Notre-Dame. ... 3 
( Modérée du.parifis au tournois. ) • 

Sur une mazure , vignes en friches 
5: environ neuf arpens de teae. . • • 5 

Mvj 



4 



i-j6 Histoire CRrrrau-f 

Les Propriéraircs y ont renoncé à 
caufc de la charge excefïïvc d'yccux 
héritages . . . Loués enruitc fcukmcnc 
1 livres 8 fols parifîs. 

Sur hî> maifons , vignes, &:c. qui fu- 
rent à Jehan de Prunieres , &:c ... 4 

Sur un arpent & demi quart de Pré , 

&c I 

(Eft ajouté) riens reçeu pour l'an 
1454, (à caufe de La pauvreté de 
^ejx filles Propriétaires , Sec. ) 

Sur une pièce de terre qui Fut à 
Maciot ConJ'egre , fur le chemin de St 
Mor prés la Juitice de Paris 11 

Sur une pièce de vigne .... ou lieu 
dit la ruelle aux Nonains., &ic. au Ucu 
de I livre 4 fols par modération, a 
toujours .1 

Sur tous les héritages . » ► feu Jehan 
Piquet , 3 livres i 1 foU. . . . La fem- 
ine Oudin Deladehors s'eft boutée es 
<lis héritages, & on Ta réduite à .. . i 121 

( Le 26 Odobre 1447 , elle paye à 
compte de ce qu'elle dcvoit trois écir^ 
d'or valanrs , livres- 6 fols pariiîs , & 
cefTe de payer. ) 

Sur un arpent & demi d"e terre , ou 
icrrouer de Indite villctte 16 

Sur demi arpent , bLc. ou licudit les 
onze arpens , &:c 8 

Sur demi arptMit , ou lieu dît la tue 

Notre Dame ^ &:c ^ 

(Rachetée en Décembre I453 , pour 
4 hvres 16 Tels panhs. ) 

Sur un quartier de vingna, ou lieu 
dit la rue Notre Dame , aboutitlant 

au chemin , &c ^ 

^ui un quarucr de fiiches , ou lieu. 



1>E NlCOt AS Fl AMBt. î/^} 
^ Forme creux, &c. ..... x 

(Rachetée en 145-5 , pour i livre 6 
fols, p2iT Simon Crejfe, Labouieur. 

Sur une pièce de friches» &c. . . 13 4 
(Eft écrit) de Jean de Valenciennes 
à ladite caufe ^ riens receu pour trois 
ans. 

Sur uag arpent & demi quart de 
terres ea friches , &c 12. 

Sur une pièce .... ou lieu, dit Clos 
Moijfan, &c ^ 

A la Chapelle St Denis ^ 

Sur un quartier dé terre en deur 
pièces. ..... baillé à Pierre Fredin Se 

Robin chètart ^ lefquels de nouvel 7 

ont mis vingnes. ......... i^ 

Otheuit. 

Sur tamai {on-, vingnes, terres, &c. 
de Jehan l'Admiraulï. ..... j 

Laquelle rente ell de par feue Pernelb. 
Ccft écrit) à pourfuivre. 

SiP-efnes^. 

Sur les maisons , vingnes , jardins-, 
tic, de Jehan le Maiflre , aftis en la' 
•ville de Surefnes-, &: ou terrouer des 
environs, &c. . i 1^ 

Suit ce titre. 

A Nant&rre , Rue il y. 
Chatûu , Houilles , Vry , ^ -plufieurs- 
AUires pillages eniour Paris.. 

Les À'iCt^ defFunts Nicolas Flamelî 
& Prenelle , jadis fa femme , à leurs. 
"fivans, aToient droits de rente fur 



178 Histoire Critique 

pluficurs maifons , prés , vingnes & 
polVellions ailis aux lieux delFus dit 
& ds environs , dont à l'occalion des 
guerres , grant partie font fans Pro- 
priétaires, en ruyne & non valoir. 
Pour ce icy en reccpte". . . . néant. 

Suit h 

VI' Chapitre ( du compte , & 
le troifieme des biens provenus de Fia- 
me/.) 

Titre. Louages de Maifons à Paris , 

de par N. Plamcl. 
Puis. 

A utre recette pour deniers ilTus 
& venus à caufe des louaiges de plu- 
fîeurs maifons alTifcs a Paris. ..donc 
la propriccé compère & appartient 
de prclent à la Fabrique de ladite 
Eglife. Les aucunes depuis deîfunr N. 
riamel , & les autres de par lui & 
defFunte Prenelk, jadis fa femme , &:c. 

Premièrement. 

Rue des Ecrivains contre l' Eglife. 

Du louaige d'une petite efchoppe , 
Sec néant. 

Rue de Marivaulx , au coin devant 
rE^life. 

Maifon de la Pleur de Lis , louée 
à Jehan de Bucy , Cloutier , 8 livres 
parifis l'année; puis en 14^0 à la St 
Jean 11 livres, &: bail renouvelle 
pour quatre ans à 1 1 livres parifis .... 1% 



De Nicolas Flamel. 279 

VOJîel du Dalphîn , ou du Porcelet , 
mime rue. 

(Flamel n'a point accjuis par lui- 
même cette maifon. On voit au folio 
55 du compte de 14? i à 1454, que la 
Fabrique , en conféquence ces criées , 
accepta la propriété de cette maifon , 
fur laquelle elle avoir une rente du 
droit de Flamel , le i 6 Avril 1431-51. Pâc-iîes 

Il en efl: ainfi , comme j'en ai averti , ]e loAvra. 

de plusieurs autres maifons qui vont 
pafler en revue. ) 

Au Rez de chauffée de Catherine la 
Clergcjfe , p.ir an 16 

Premier louage. 

Loué à Bourgine Duviont , &:c. par 
an S 

Second louage. 

Loué pour 8 fols parifîs , puis inha- 
bité pour la ruine du lieu , loué en 
143 o à Colin Ober y par an .... I 4 

Troijîeme louage» 

Loué en 145-3 i 4 

LOftel de timage St Jean , même rue. 

( II appert par le folio 8 1 du cor pte 
de 1416 à 1431 , que cette maifon fur 
acquife par la Fabrique , à caufe de 
fept livres parifis de rente du droit de 
Flamel, qui y étoient hypothéquées : 
elle en retiroit charges acquittées ) ... i ^ ^ 

Rue des Ejîuves , près la Croix du 
Tiroer. 

Maifon , enfcignç de la Nef d'ar- 



iS'o Histoire Cmricîrrff 

gcnr. ( Venue à la Fabiic|ue après Fia- 
jncl,& par l'abandon fait par ditfcrens 
Rentiers. ) Les- Marguillicrs y renon- 
cèrent a caufe de la ruine 6c charge dc- 
SQiftç , le 2.8 Septembre 1 446. Pour 
ce en rccepte . .-.-.. néant. 

Rue Qaiquenpoit. 

Maifon , à l'image St Chriftophe ,. 
(acquife depuis Plamel , à caufe de 6 
livres parifis de rente , comme le porte 
ie compte de là veuve Nicolas. ) 

Louée à JuLian de Nantron ( cjui ne 
payoit point. ) Par an. . . , i^ 

Rue Au Maire , coin de la^ rue des 
Cordiers, 

Maifon avec un jardin, à l'image 
Notre-Dame. 

Louée à Rcgnault Duijfeau , Pro • 

cureur en cour d'Eglife l 4 

(Il mourut endcté de douze ans &demi, 
faifîant fa veuve & fes enfans pauvres 
& miférablcs. ) Et eft écrit . . . néant. 

Cette maifon peut avoir appartenu 
à Flamcl; mais ayant été mife en 
criées^ la Fabric^ue y a renoncé. 

UOflel joignant du Plat d'ejlain , en 
ladite rue , qui efi de par dejfunt 
Nicolas Flamel& Pernelle , jadis fa 
femme. ( Enfeigne dû U Pelé. ) 

ReVaûe Loué par an ..11^ 

pour Pern. ( Acquis tant par la Fabrique , que par 
&v. ci-ap la Confraine des Lormier« , à caufe de 
ladécK des ^ Uvrcs parifis de rente que Flamel & 
cet"^ f m^ Pernelle av oient eus en deux achats : 
mc^ ilécoic ea ruine dés le cems deFlameh 



T)ï NiCO L AS Fl AMEt. l8l 
Ayant été donné à rente en 1467, celui D«ceC^ 

qui l'avoit acquis difparut. ) 

Rue du Temple, l'OJiel qu'on dit a 

limage Ste. Katherine^ {devant 

la Croix de fer. ) 

Maifon Jouée à Colin Boudin , par 
an I S 

Au terme de Pâques 1453 , ledit 
Hoftel fut ars par cas de fortune ^ 
& depuis on n*y a pu demeurer . . . ► 
Guillot Lainfnc & fa femme , alors 
Locataires, obligés à îa lomme de 
huit écus. d'or , pour loyers & doma- 
ges , fur quoi on reccui en Septembre 
16 fols. 

(ledit Hoftel eft mis néant au C". <îe 
14 j 6 ; comme en ruine & non valoir 
long-tems a 

( Je n'ai point trouvé Torigine de 
cette maifon , qui fera venue à la Fa- 
brique, comme la plupart de celles 
dont il eft parlé dans ce Chapitre, 
c'eft-à-dire , faute du payement de la 
rente afîîgnée delTuç. ) 

L'OJiel de la Croix de fer en ladite 
rue. 

MaifonJaifànt coing de la rue Paf^ 
tourelle. 

Louée à Jehan Vuran, 1 tiv. par. 
Tannée, puis. . . . . . --5 4 

(On lit au C^^. de la veuve Nicolas) 
Je laquelle maifon icelle Egîife eft 
devenue Propriétaire , après ce que par 
long-tems elle avoit été en criées , &:c. 
( Ce fut à caufe de 4 livres parifls da 
«nu 4r-droit de FlameL ) 



i8i Histoire-Critique 

Rue des GravilHers , l'OJlel deTAfrie 
rayé. 

Maifon louée à Perette la Roquerie^ 
par an. . . . . ... .1 lir 

Venue à la Fabrique au moyen d'une 
rente du droit de Flamel , défignée pe- 
tite maifon à appentis , couverte d'ef- 
faulne ... en péril de fondre de jour 
en jour, & chargée de grant rente , 
tranfportée àJadite Perette pour ^ liv. 
11 f. 

Même rue, ,;, ,_i j,, 

Maiure & petit jardin,*er( tiiinc , 
donnée à Jehan Doulfire , Procureur 
à la charge des fonds de terre & par 
année ig ' 

Ladite rente tranfportée à M"^ 
Guillaume de Culant , en 1453 , poUr 
8 livres pariiîs. 

Rue St Martin, tOJielde l'image St 

Chrifiophle, ' 

Maifon , faifant le coing de la rue 
V. cîdef- du Cimetière St. Nicolas , louée à Afj- 
fus,f7. lie, Met Drujon , Tixerand de draps , par 

»''^^«« an ... î 

( La Fabrique a eu cette maifoa 
par fes droits, en gamifTant les au- 
tres Rentiers. Le Procureur de la Ville 
y renonça le 17 de Mars 1431. Du C*^. 
de 1451 à 1434. 

L 'OJlel de la Henfe , ou Heufe , mé' 

me rue, ■ *» 

Loué à Pierre Pdfquier,Coidoï\nicr, jj'j 1.') j 
peur 1 livres lo fois parifis j puis . . .j.3 • 47 



DE Nicolas Flamel. 1S3 

L*Oftel de la belle Image , au coin de 
la rue de Montmorency. 

Loué à Perette de Tanlers^, 3 livres 
4 fois , puis à Michault Pafqu'ur ^ 
Cordonnier , par an ^ i ^ 

Rue de Montmorency ^ oiiltre le 
coing de la belle Image* 

Premier louage par bas. 

Ledit lieu loué à Jekan Frayere , par 

an i^ 

Second louage par las. 

Ledit loué pour 1 4 fols par an , 
puis à Gérard de Lannoy . , , . j 

Ou porche de ladite première mai- 
jTon où il y a quatre louages. 

Premier louage par hault. 

Ledit loué à 5£?A?-7 /j Piott. • • ^' • \% . 

Second louage par hault. 

Ledit loué pour 8 fols , puis à la 
y^MWt Jehan Roujfeau jj, 

Troijïeme louage par hault* • 

Ledit . . . , demoura inhabité depuis 
1444 jufqu'à la St J^han 1447 , puis 
loué a Jehanne Devaulx , par an . . . 20 

Quatrième louage par hault. 

Ledit lieu loué pour 8 fols parifis l'an ^ 
puis fermé deux ans de fuite. Eufuite 
loué à Jehanne de la Porte, qui ne paya 
pas 8 



1Î4 Histoire CniTiat'ï 

Seconde mai/on en ladite rue ^ &c. 

Le bas loué pour t 6 fols par an , 
puis à Jehan Julioit, . . . . . j a 

Autre louage par bas. 

Ledit loué, 1 <'. 1 6 fols , puis à Lye- 
narde , veuve Régnier Rault 1 a 

Ou porche de ladide féconde mai- 
fbn , ouquel a quatre louages. 

Premier louage par hault^ 

Ledit . . . loué à Girard de Lannoy , 
fax an l'i^ 

Second louage par hault. 

Ledit. . . .[zjehanne Loi fille, par 
an • ïi 

Troifieme louage par hauU. 

Ledit I®. p fols , puis a Jehanne le 
Sage , qui tie paya pas. . . . • iq 

Quatrième louage par hault. 

Ledit 1°. 5 fols , puis inhabité, 
puis à Jehannette la Cordiere^ qui ne 
paya pas , par an . . . . ► . 5 

Tierce maifon en fuivant, qui eft 1 
grant Pignon, devant le puits. 

Premier louage par bas .- 

Ledit .... loué i"". 16 fols , puis k 
Cuillemain SainHe , Varlet , Cordon- 
nier, par année ► ï 4 

Second louage par bas. 

Ledit . » , . à Pierre Molevani , p«£ 



DE Nicolas Flamel. 285 

JBtn .... I 4 

Ou porche de ladide grant^maifon , 

Premier louage. 

Ledit .... à Denifot Honoré . i <>, 
Xo fols, puis ....... 12, 

Seconde louage, 

A Alifon Labrocque, - ,< . . -^^ 

Troïfieme louage- 

A Jacquelot la Bouchère , î 2. , puis 
inhabité , puis ....'... 10 

Quatrième louage, 
A Amelot Laleve , i z fols , puis à 
Jehanne Laboutrade, ..... iq 

Cinquième louage. 

Loué 1 °. .8 ibis & ^ fols , puis in- 
habité pendant txois ans. Puis à Jehan- 
ne la Tejftne , par an To 

Sixième louage, 

Ledit par an à Jehanne Lahou." 

tarie* 10 

Septième louage. 

A Denife Dupont , par an i o 

{ GcfTa d'être loué , à la St Jean 1450 , 
comme trophaut & pénible a mou. r.) 

En ladite rue, &c. la maifon où eft 
le puits. 

Premier louage où efl le puits. 

Loué à Jckannetu U Sueuje , par 
an ..,.,,... . . J3 

Second louage tenant en fuivant. 

A la Gelijffbne , par an ... . 1 1 



/ 



lî(y Hl S T O I R E Cr I T I QUI 

Rue St. Martin , rOful de la Pomme rouge , au 
(Oing de la rue auMUn, {t^J^^ît/^'l'At') 

(Ccft une maifon que Flamcl n'a jamais pofl'é- 
dée , ni aucune rente qui y fut hypothéquée. Elle 
concerne l'exécution de Pernellej ainfi c'eft uq 
lurabondant aux revenus du Fondateur , que 
nous lailTons ici avec quelques autres que l'on a 

V*id. /. p. pu remarquer. 

'^' Les Lormiers , qui , comme il a été dit , ven- 

dirent la partie de maifon du lot de Pernelle , 
achetèrent en 1419 de Marie, veuve de Jean 
de Hoden y Libraire juré en tUniverfité ^ une 
j-ente de 8 livres parifis , hypothéquée fur cette 
maifon de la Pomme rouge. 

Dans l'accord que ceux-ci firent avec la Fa- 
brique en 1444, ils lui remirent ces 8 livres. 
Enfuitc la Fabrique acheta quelques autres ren- 
res hypothéquées fur la même maifon. On en dé- 
couvre une de 5 livres parifis , une autre de i 
livre parifis. {a) Et dans i'adle de vente ou rachat 
fait en 1451 , les Marguilhers font appelles Dé- 
temteurs & Propriétaires de la maifon : mais 
dix ans auparavant, vers 1442-, Perrin Ger- 
main & Marie fa femme , enétoient pofieffeurs. 
Peut-être les Marguilhers i'aYoient-iis fait met- 
tre en criées.) 

( Dans le compte que. nous fuivons , cette 
maifon eft dite avoir éîé ) en grant ruine & dé» 
folation, telle qu'on ne pouvoit dcmourer, ni 
habiter. 

Malaquin , Sergent à Verge, Com- 
mis aux réparations. Puis ledit Hôtel 
loué du confcntcmcnt dcsMarguiUicrs, 

{a.) Cette féconde rente avoic écé donnée à Vercttt \a 
Piloife bo-jre femme Crcticnve , demourj7it ù Paris en la fojfe 
AUX chiens , autrement dite Btthify. Celui qui délivra le 
don (\ix.Mtre. Jthan Aguenin ^ Préfident au l'arlemenc , 
comme Exécuteur de feu fitc Jehan de J^am^martin ^ 
tfivant £.chevin CT* Bour^eoij de Paris, 



D Ê Ni CO L A s F L A ME L. iS/ 
à Jean Lolitr & Baudet Sery , par. 
année i z I. 1 6 f. 

Rue St Martin y iOftd de la Croix blanche , 
au coin de la rue Guerin Boijfeau , (devant 
la Piflbte St Martin, (6* aujjî ^ Pichotce, 
^u compte de 1457, &c. ) 

( Maifon acquife par la Fabrique de Saint- 
Jacques , en conféquence des droits de Flamel. ) 
L'Ecrivain acheta le onze de Novembre 1 3 î?o , 
pour 3 1 francs d'or du coin du Roy , une rente 
de ilivres 6 fols parilîs , hypothéquée fur cette 
maifon. N'en étant point payé , il fit faire 
les criées de la maifon dont on lui remit le 
décret le 19 Novembre 141 4. 

En 1468 , l'Abbé &Convent de Julli çn firent 
li l'acquifîtion pour 6 livres parifis de rente. 
; Elle paffa enfuite en main de quelques par- 
' ticuiiers , & Philippe le Vafleur, dernier Dé^ 
, tempteur , ne payant point la rente de z liv. 
6 fols , la Fabrique fit faire des criées qui fini- 
rent en 1505. Quatre Experts qui viiiterent la 
maifon , difent dans leur procès verbal db vifite : Du 10 
Eu égard à tajjîette d'icelle maifon aux grandes Nov.ijoj. 
réparations qui y font à faire & au tems de 
ffréfent y nous l'avons prifée la fomme de 82. 
[livres tournois , d'argent comptant pour une fois , 
ou la fomme de 5 livres 10 fols parijïs de rente 
par an , rachetable pour ladite fomme de î^ liv, 
10 fols tournois , en enjuivant le prix des ordort- 
nances Royaux. 

Quant au Compte que nous venons 
d'extraire , il y eft dit que cet Hoftel 
1 été longtems en grant ruine , clos 
& inhabité , jufqu'au 1 6 Août 14^0; 
^u'il fut maçonné & loué à Jehan Gra- 
yieny 2 livres 4 fols parifis l'année. 
Après la mort de Gï^ùzn, Martin Por- 
her le loua 3 livres 4 fols j puis il fut 
Hisauprixde . . * r t 



283 H I s T O I Kt C R I TI QTJ E 

Après le long extrait que l'on vient 
<îe lire , un objet qui pourroit encore in- 
térelFer , eft le fort qu'ont éprouvées 
dans la fuite une quantité des parties 
de rentes , ùw lefquelles il n'a rien été 
dit. Les vuides que forment le défaut 
de plulieurs comptes , en font perdre la 
trnme. P'e plus, c'eft un travail qui a 
paru inutile. 

i-.ous ajoutons feulement Tex trait 
d'un Mémoire anciennement drelTé pour 
Tinftrudtion particulière des Marguilliers 
de faint Jacques. Il fe trouve dans un, 
petit regiftre en parchemin , écrit avant 
l'année 1^61, (a) On y lit entre autres 
Tel itir annotations : Ec pour accomplir les cho- 
fes dejpus dicles , ledit feu Nicolas Fla^ 
viel a donné & laijfé à toujours à tEuvrc 
& Fabrique de ladite Eglije , l'Ofiel de la 
fieur de lis ^ f^if<^nt le coing de la rue 
Marivaulx devant Vvys de VEglife , les 
Hojlels de la belle image & appartenant 
ces es rues Saint-Martin & de Montmo- 

{si) Avant t année \j^6v. On peut en tirer la 
preuve de ce que ce regiftre non-feulemenc ne fait 
point mention àz la maifon dn coin de la rue Gue- 
rin Boiifeau , dont il auroit pu parler ; mais prin- 
cipalement de ce cj^i-mI dit que les rentes laifTces 
par iV. Ko/tUrd & (a femme pour leurs fonda- 
tions, ctoient petdues. Ccpendan: Jeanne Du^ 
puis , veuvç de Boulard , rétablit ces rentes , conv 
EÉT. p. 196. me on le voit dans rEll'ai , par Ton reftament du 
z\ Mars 14^4? > ^ P^r fon codicille du i^ Dé- 
cembre 14^1 ^ ^^ Fabrique entra en joui/rance 
de ces nouvelles rentes le 11 de Novembre 146 1, 

r^ncy. 



«J 



DE Nicolas Flamel. iS^ 
rency , avecques certaines rentes en & fur 
plujieurs waifons & Lieux ^ dont & des 
quelles rentes , la plus grant partie font 
perdues & infolvables. 

Le Rédaâeiir du regiftre ne recon- 
noiflToit donc comme maifons venues 
par Flamel, que celles dont j'ai parlé 
dans la féconde Partie de cet Ouvrage ; 
avec cela certaines rentes qui îe per- 
cevoient encore. Ces rentes, excepte 
celle qui eft établie fut la maifon de la 
croffe rue St Honoré , & peut-être une 
autre , ne fe montrent plus ; elles au- 
ront été perdues , ou plufieurs ayant été 
rembourfées , auront été appliquées à l'en- 
tretien àts maifons : & les maifons 
fituées dans un quartier bien différent de 
l'état où on l'a vu au tems de Flamel , 
font louées alfez avantageufement , pour 
fournir tant à leur entretien , qu'à l'ac- 
quit des fondations ordonnées par ce 
Teftateur. 



F I N. 



N 



190 Histoire Critique 



Pièces tirées des Archives de la ParoiJJe 
de St Jacques de la Boucherie _, rela- 

■ cives à rilijioire de Nicolas Flamel & 
de Pernelle, 
i}7i- i^. Don mutuel fait enfe Flamel & Pernelle. 

jwc. piccc I. A Tous ceux qui ces prcfentcs Lettres ver- 
dc la r^ic. y\ionc. Hugues Aubriot, Garde de la 
'* ri, a i- ^^^^ofté de Paris, Salut. Savoir faifons que 
tic d'un m pardevant Bcnoift Dufollé & Jehan Taboue, 
vencairc Cicrcs du Roy , Notre S?^ depar lui eftablis en 
^r/' t^'^ Ton Chaftellet de Paris pour ce , furent perfo- 
dï SrLicq.' nelrti^^^t: eftablis. Nicolas Flamel & Prenclle fa 
fait eu femme demourans à Paris, a laquelle femme 
»*;^î'- ledit Nicolas donna & ottroya , & elle agréa- 

blement print 3c rcçcut en elle autorité , pouvoir, 
congié & licence de faire palTer & accorder de elle 
avec Ton dit -nari, toutes &: chafcune les cliofes 
en ces Lettres contenues & efcriptes. 

Lefquels mariés atendans £z confidérans le 
grant amour, affinité, les grsns c^ agréables 
. ferviccs , la granc paix d'ilkclion Se concorde 
que l'un apporte à l'autre depuis la célébration 
de leur mariage, portent à préfentSc attendent 
par bonne cLpérance , à l'aide N. S. J. C. incef- 
lammcnt faire Se porter l'un à l'autre ou tems 
advenir. 

Confilérans aufTi qu'ils n'avoicnt aucuns hoir? 
<ie leuts corps , 5c que les biens, meubles, Se 
conques immeubles qu'ils avoicnt acquis avant 
leur mariage Se durant icclui , ils avoient ac- 
•quis à grant peine Se travaux , & encore au plaifîr 
de Dieu Se par leur bonne diligence , en gfpc- 



DE Nicolas Fla M Et. 191 

roienr acquérir pîufîeurs durant leurdi tmariage: 
voulans Ôc defirans de tout leur pouvoir chafcun 
en droit foi efchever tout vice d'ingratitude , 
& rémunérer li uns à l'autre, & l'un envers 
l'aucre de leurs devans dis biens , meubles & iru" 
raeubles , pour la confîdération devant dide. 

Eux , de leurs bon grés , bonnes volentés d'un 
mémeconfentement , accort & volenté , & mef- 
mcmcnt ladid:e femme , ce réputant par bon 
confeil eu avec plulîeurs de (es affins : reco- 
gneiircnt & confelî'erent pardevant IcCdis Clercs, 
Notaires jurés , comme pardevant nous ea 
droit, avoir fait & paiTé & accordé, firent, 
paiferent , & accordèrent irrévocablement , de 
bonne foy fans aucun rappel, l'un à l'autre, 
grâce mutuelle & don pareil de tous leurs biens, 
meubles & immeubles , acquis Se à acquerre du- 
rant Icurdit mariage , & qu'ils auront & pofle- 
deront au jour & heure que le premier d'eux 
deux ira ie vie à trefpairemenc , félon ce que ci- 
delfous fera dit & arrêté. 

C'eft aflavoir que ils vouldrcnt , confenti- 
rent & exprelîément accordèrent dès maintenant 
par la teneur de ces préfentes Lettres , que ce- 
lui des deux qui furvivra l'autre , tantort & in- 
continc nt après le décès du premier allé de vie 
2 trefpaflement , aie , tiengne , joilTe , polfedc 
& exploite paifîblement feul & pour le tout , 
tant comme il aura vie naturelle en fon corps, 
en quelconque eftat ou habit qu'il foit ou de- 
meijgue : tous lefdis biens , meubles & immeu- 
bles, acquis & acquerre comme diteft, fans 
aucun trouble ou empefchement que les hoirs 
ou ayans caufe du premier mourant y miffenc , 
ou doient mettre 5 & fans ce que icelui fur- 
vivant en foit tenu de bailler aucune caution 
plegerie , ne face aulcun inventoire : nonobf- 
tant drois les ftilles & Couftumes de la ville de 

Ni; 



192. H I s T O I R E C R I T IQU E 
Paris , les quelx les ftilles & Couftumcs , ils 
dès maintenant pour lors vouldrenc eftre tenus 
pour nuls , de nnle valeur , force , vertu , effet, 
ians ce aufTi que lefdis hoirs ou ayant caufe y 
puifTent, ou doivent aucun droit avoir, ou de- 
mander , ou réclamer , à caufe de fucccfTion , ou 
aukrement. 

Et voulurent encorcs , & accordèrent expref- 
fcment , que icelui furvivant de tous iceux 
leurs meubles & héritages acquis & acquerre , 
& de ceuls qu'il polfede , tant de fon pro- 
pre , comme autrement, en fa derreniere vo- 
îenttf , puirte ordéncr tout à fa pleine volenté , 
fi comme bon lui femblera. Réferve toutes 
voies au premier mourant, que il des dis 
biens , meubles Se acqucs immeubles puifle pren- 
dre jùrtcmen: Se ordener en ia dernière volenté 
pour Ton teftament obfèque. Et s'aucuns de 
leurs hoirs & ayans caufe s'etforcoient d'aler 
en aulcune manière contre cefte préfente grâce 
muraeie & don pareil , ou contre aucunes des 
chofes en ces préfentes Lettres contenues , eulx 
& chafcun d'eulx , chafcun pour tant comrae.il 
lui touche & peut touchier & appartenir , des 
maintenant pour lors, les privèrent & privent 
a tous jours , mais perpécuelment de toute 
icelle cfthoite & fucceHion. 

Pour toutes les quelles chofes deffus dites 
&: chafcunes d'iccUes faire $z du tout en touc 
entériner & accomplir , yccux mariés firent , 
conftituerent , nomm.crent & eftablirent l'un 
l'autre Exécuteurs , & (de) foy Commilfaire en 
cefte partie. Et vouldrent encore par exprès 
convenant quefc cette grâce valoir ne povoit , 
par manière de grâce &: de don pareil 3 que 
elle vaille & tiengne par la meilleure voye Se ma- 
nière mielx valoir poura Se devra , non obftanc 
Suckonqucs droi:s Yo ftUies, couliiwncs & cfla- 



CE Nicolas Flamel. 29^ 

fclilTemens de villes , de lieux & de pais ad ce 
contraires. Et ne pouronc iceux mariés, ou aul- 
cun d'eulx en aucune manière rappcller ou ad- 
nichiller les chofes ci defTus contenues , efcrites 
& devifces , il ce n'eftoit d'un même confen- 
tement , voîenré & accort ,& l'un devant 1 au- 
tre. Et prinfdren: d'abondant iceuls mariés, 
chafcun pour tant comme a lui touche , par leurs 
fermens fais & jurés aus fains Evangilles de 
Dieu & par la foy de leurs corps pour ce donnée 
corporellement es mains des dids Notaires ju- 
rés comme en l'ame; toutes & chafcune les 
chofes deifus dicl:es & en ces Lettres contenues , 
avoir & tenir à toujours ferm.«s , eftables & 
agréables , f^ns venir ou dire contre. Et pour 
ce en obligèrent , & pour obligés delelTerent 
l'un à l'autre , 6c l'un envers l'autre , eulx , 
leurs hoirs j tous leurs biens & les biens de 
leurs hoirs , meubles & immeuble:^ , préfens 
& advenir ; les quelx ils foubmeftent du tout 
à jufticc j par nous & nos fucceifeurs Prévoft 
de Paris , & par tous autres JuiHciers foubs 
qui jurifdidion ils font leus & trouvés. En te(>- 
moing de ce , Nous à la relation des dids No- 
taires jurés, avons rais à ces Lettres le Scel 
de la Prévofté de Paris, qui furent faites Se 
pafiecs doubles l'an de grâce , mil trois cent 
foixante & douze , le Mercredi fept jour du mois 
d'Avril , devant Pafques Fleuries. 

J. TABOUE. B. DUFOSSÉ; 

j4âe de renouvellement du don mutuel fait entre ^î^*^" 
F'.amel 6* Perielle. 

IL A Tous ceux qui ces préfentes Lettres ver- 2 pièce 
,rV.i.'ont, AudoinChauveron, Chl-. C". de la icie. 
du Roy N. S?^ Garde delà Prévolté de Paris , ^^fj^^^^ 
Salut. Savoir faifons oac pardevaut Giles ji^]^^^^* 

N iij 



194 Histoire Critique 

Chaon & Guillaume Prcdur , Clercs jurés ê\l 
Roy notre dit S§^ de par lui eftablis ouChaf- 
tellet de Paris, furent préfens Nicolas Flamel , 
Efcripvain , demeurant à Paris , & Pcrette fa 
femme , à laquelle à l'inflance d'icelle , ledit 
Nicolas fon mari donna & ottroya , & elle 
prift de receut en elle agréablement , pouvoir, 
autorité , congié & licence de faire paiTer &: 
accorder d'elle feule & avecques lui , ce cjui 
s'en fuit. 

Les quels mariés eftans en bonne fanté de 
leur corps l'a Dieu merci. Attendans Se eonfî- 
dcians les grans biens , amitiés , curialités Se 
fervices que par long-tcms ils ont fait l'un à 
l'autre*, font encore incelîamment de jour en 
jour, & feront au plaifir de Dieu encore plus 
curieufement l'un à l'autre , tant comme ils 
feront & vivront enfemble par mariage. Con- 
ildcrans auiTi les gians peines &: travaulx , la 
bonne cure & diligence que un chafcun d'euls 
a eu &mis pour avoir Se acquérir aucuns biens- 
meubles & conquefl: immeubles que N. S. J. C. 
de fa gïâcc leur a pieués en ccite riiortele vie. 
Défirans par bonne affcdion pourveoir & re- 
médier l'un à l'autre à ce que un chafcun d'culx 
tant comme il vivra en ce monde, puiffe mieux 
avoir fa vie honeftement félon fon efi:at : 
pour ce les dis mariés de leurs bons grés, b( n- 
nes volentés, propres mouvcmens &^ certaines 
fcienccs & de couraige joieulx , reccgnurcnr 8c 
confeifercnt fans aucune fraudulcufe indudion 
ou décevance avoir fait , firent & font en:rc 
euls & l'un à l'autre , grâce mutucle £< don 
cfgal de tous leurs biens-mcublcs & conqueft 
immeubles, que eux deux enfemble durant leur 
dit mariage ont fais , acquis , & acquerront 
durant icelui. Voulans & ordenans par la te- 
neur de ces Préfentes , que lefeurvivanr & dcxrc- 



DE Nicolas Flamel. 295 
nier morant d'eulx deux, aift & tiengne pai- 
fîblement fans contredit le cours de fa vie du- 
rant, toute la part & portion dudit premier 
morant , de tous les dis biens meubles & con- 
nues immeubles , fans en donner pour ce feu- 
reté ou caution aux hoirs dudit premier mo- 
rant , ùC fans en faire inventoire non obftant 
drois ou coiiltumcs ad ce contraires , fauf toutes 
voies Si refcrve audit premier morant , que fur 
la dide partie & portion des dicts biens , il 
poura prendre tclc partie de biens oi fommc 
de deniers, comme bon lui femblera pour taire- 
fon tcftainent , ou ordéuance de derreniere vo- 
lente félon fon eftat. 

Et oultre ce , vouldrent , ordenerent & ac- 
cordèrent les dids mariés l'un à l'autre que le- 
did feurvivant & dernier morant puiiîe donner , 
aumofner Sz diftribuer fain du enferme par 
fon t-efcamentou autrement en fon vivant com- 
me il lui plaira , toute la partie & portion da 
dit premier morant , de tous les dis biens-meu- 
bles & conques immeubles à telles perfonnes , 
Religieux, Eglifes, povres & miferables per- 
fonnes conjointement, ou en appnt ; ou conver- 
tir à faire célébrer MeiTes , ou autres aumofnes 
piteables comme bon femblera au dit feurvivant, 
& en fa confcience feulement. 

Et pour ce que diteft, faire accomplir les 
di(fts mariés, firent & font l'un l'autre Exécu- 
teur & foy CommilTaire en confcience pour le 
falut & remède de Tame dudit premier morant , 
dès maintenant pour lors non obOian: drois , 
coutumes , ne aultres chofes ad ce contraires. 
La quelle grâce mutuelle les dicts mariés voul- 
drent vouloir fortir & avoir fon plain efFed dès 
maintenant fans la jamais rappeler, ne révo- 
quer , fe toutes voies d'un commun accort ils ne 
la vouloient rappeiler cnfembk & eftre nulle, 

N iv 



t^6 Histoire Critique 

Et pour tenir & accomplir ce que dit eft ^ 
& pour non jamais venir encontre , les dids 
mariés obligèrent & obligent l'un envers l'autre 
tous leurs biens , leurs hoirs .. & les biens de 
leurs huirs, meubles, non meubles, préfens 
& à venir , que ils ont pour ce fournis à 
juftice , vendre & exploiter par nous ou nos 
fucceireurs Prévoft de Paris , & par tou- aultres 
JuOiiciers foubs qui juridiction ils feront trouvés. 
En renonçant du tout exprelfément par leurs 
fermens & foy pour ce donnés & baillés es 
mains des dic'ts Notaires , jurés à tout ce que 
l'en pouroic dire contre ces Lettres, efqueUes 
Nous en tefmoiag de ce à la relation des dids 
Notaires jurés avons mis le Scel de la dide 
Prévoflé de Paris. Ce fut fait & palTé l'an de 
grâce mil trois cens quatre vint-fix , le Lundi 
ilixjeme jours du mois de Septembre. 

G. PREDUR. G. CHAON. 

Flamel & Pernelle firent un troifieme acîe 
de don mutuel le Vendredi 1 8 du mois 
de Septembre 1588, pardevant de la 
Noe& Maugier^ Notaires, On ne i'in^ 
fere pas ici , parce qu excepté quelques 
phrafes que Von a données dans l'Ou- 
vrage , il ejl en tout femblable à Vacle 
de Vannée 1386 , qui vient d'être rap- 
porté. 



i35<?. Rutification du don mutuel f^ite par FLmcl & 
PtrnelU. 

4e. pièce, III. "J^JIcolas Flamel & Pernelle fa femme, 

1 li aatorifée fur ce dudit Nicolas &c. loc- 

renc rawiiieient & orenc trcs-agréablc toutes 5c 



DE NicotAs Fia M EL. 297 

chafcunc Lettres & ordonnances, promeiTes , 
accois, grâces mutucles, dons, aumofnes , 
tranlpors & autres cliofcs qui peuvent avoir été 
faites & palîées d'un commun accort & confen- 
tcmenc en cjuelque manière que ce foit , fans 
rien excepter félon leur forme & teneur. Eticel- 
les chofcs , grâces & ordonnances voldrent dès 
maintenant pour lors , Se des lors pour main- 
tenant , eftre tenues &: accomplies fans aler ou 
faire dire au contraire par voye de teftament 
de dernière voulenté , ne autrement : en débou- 
lant & voulant eftre déboutés a plain tous hé- 
ritiers & autres qui vouldroicnt aler au contraire, 
&c. Non obflani drois, coultumes , ne autres 
chofes à ce contraires ; racfmement que à ce 
avoir fait , fe tiennent moult tenus en confciencc 
pour certaines caufes &cc. promet , chafcun par 
foi &c. pour le tout &c , obiigr. &c. coux èzc. 
Ren. &c. garent fe mcRier elî &c. Jurt. VoP. 
&c. Fait l'an mil trois cens quarrevins &feze , 
le Samedi cinq jours d'Aouft. 

BEAUVAIS. DELANOË. 



Tejiament de PemelU ^ femme de N. Flamd, î5?7« 

IV. A Tous ceux qui ces préfentes Lettres ver- 13 c. pièce 
xA.ront. Jehan Seigneur de Eolleville, '^^i? '-'^' 
Chevalier Confeiller du Roy Notre Sgr. Gardé c^Iplli^! 
de la Prévofté de Paris. Salut. Savoir faifons 
que pardevant Guillaume Dtlaporte & Jehan 
Béguinot , Clercs , Notaires jurés du Roy Nôtre 
dit SS^ de par lui eftabiis en fon Chaftcllet de 
Paris , fu perfonnellement eftablie Perrenclle , 
femme Nicolas Flamel , Efcrivain & Bourgeoi* 
de Paris enferme de corps , toutes voyes laine 
de penfée, & de bon &vrai entendement : ar- 
tendant & en foi fagement conûdéranc que n ed 

N y 



%c)^ Histoire Critique 

chofe plus certaine de la mort , ne chofe moins 
certaine de l'cure d'iceile. Et pour ce que en fa 
£n elle ne feuH: & foit trouvée impourvue , non 
voulant de ceft ficclc trcfpairer en l'autre intef- 
tatc ; mais tendis cjue fens & raifon gouvcr- 
noient fa pcnfée , penfant aux choies célcftieux , 
& defirant pourvcoir au falut &: remède de Ton 
ame , fift & ordena ou nom du Tcrc & du Fils Se 
du Benoift Saint-Efprit. Amen. Son tedamcnt 
ou ordenance de dernière voLknté , en la forn.e 
& manière qui s'en fuit. 

Premièrement , elle comme bonne &c vraie 
Catholique , recommanda &: recommande dévo- 
tement Ton ame, qusnd Ton co:ps dépanira à 
la BenoifteTrinité de Paradis , la glorieufe Vier- 
ge Marie , à Mgî". St Michel Archange , à Mr. St 
Pierre , St Pol , St Jacques , &c à M^^ Ste. Ca- 
therine , & à tous les Saints & Saintes de la be- 
noîte & ccleftiele Court de Paradis. Et après or- 
dena Ton corps erre mis & baillé a la Sépulture de 
Ste Eglife, la quelle Sépulïure elle eflut ou Ci- 
metière des Sa'.ns Innoccns à Pans. 

Item. Elle voult , ordéna &l par exprès cora- 
menda que toutes Tes debtes quelconques dont 
il apper^oit & apperça à Tes Exécuteurs cy après 
nommés , feuiîent & foient payées & fcs torf'ais 
amandes par iceulx fcs Exécuteurs." 

Item. Elle voult & ordéna fon luminaire eftre 
fait le jour de Ton obsèque de trente deux livres 
de cire. 

//^/w. Elle IclTa aux quatre Ordres Mcndians 
a Paris, c'eft aiTavoir , Cordellicrs , Jacobins , 
Quarmes & Aueufiins , à chafcune d'icelles qua- 
tre Ordres, 6 lois parilis pour dire vigiles pour 
l'ame d'elle. 

Item. AiLx Religieux de l'Oflel-Dieu de Paris , 
pour dire vigiles , 8 fols pariliS. 

Jtem. Aux malades du du Hoflel-Dieu , 8 fols 
|>arilîs* 



DE Nicolas F t a m e t . l'pjy 

Item^ A lOfpiral du Saint- Efperit en Grcvc , 
pour dire vigiles pour elle , 8 fols panfis. 
Item Aux OrpheiiriS du dit lieu du St Efperit , 

5 fols parifis. 

Item. Aux Quinze-vingt Aveugles de Paris, 
pour dire vigiles pour elle , 8 fols parifis. 

Item. Elle voult & ordena 4 livres 1 6 fols par, 
cftre donnés & convertis ou prouliît du difner 
qui fera fait k jour de fon obstque. 

Item. Elle voult & ordena le jour de fon trcf- 
paffement , la fomme de 8 livres tournois eftre 
donnée &: auinofnée pour Dieu a plulieurs poviLS 
gens par les dis Exécuteurs. 

Item. Elle voult & ordena treize MefTes de 
Requiem , eftrc dûtes & célébrées le jour de fon 
obfeque en TEglifc St Jacques de la Boucherie 
à Paris. 

Item. Elle voult & ordena le lendemain de 
fon obséoue , deux Méfies à note , à Diacre , 
à Soubs-Diacre , pain & vin , eftre chantées & 
célébrées de Requiem : c'eft alTavoir, l'une en 
îa dicle Eghfe de St Jacques de la Boucherie , 

6 l'autre en l'Eg-life des Sains Innocens a Paris- 

o 

Item. Elle Iciîa a l'Euvre de la Fabrique de la 
dide Eglife de St Jacques , dont elle eftoit Pa- 
roilTiane , 11 livres tournois pour une fois. 

Item. Au Curé de la didle Eglife , 40 fois 
tournois. 

Item. A chafcun des quatre Chappellains di 
ladiéle Eelife , 10 fols tournois. 

hem. Elle Iclfa à M"^. Jehan Adam fon Con- 
feffeur , l'un d'iceulx quatre Chappellains oukre 
kiiit lais, vint fols tournois. 

Item. A chafcun des deux Ckrcs d'icelle Egli- 
fe , 5 fols tournois. 

Item. Elle lelTaau luminaire N. D. en la dicle 
Eglife, 10 fois tournois. 
' It^ffi, A iaCoafrâiriç St Jacques 6c St Chrif- 

Nvj 



500 Histoire Critiqui 

toflc en la dide Eglife , lo fols tournois. 

Item. Elle leifa a la Confiairie Sce Anne , fon- 
dée en icclle Eglifc , lo fols tournois. 

Item. A la Fabrique de l'Eglife desSts. Inno- 
cens , lo fols tournois. 

Item. Elle voult & ordéna deux annuels cllre 
fais & célébrés, c'elè alfavoir , par deux ans 
prouchains en fuivans après Ton trefpalî'ement , 
chafcun jour en l'Eglife St Jaques de la Bouciie- 
xie à Paris , une Meile.de Requiem, à pain, 
vin & chandelle, Lefquels annuels & Mcifcs 
elle voult & ordena eftre fais & célébrés par le 
dclfus nommé M""*. Jehan Adam , & par M"^. 
Jehan Baillet, Preitres > c'ell; aliavoir, par l'un 
d'iceux le premier an , & par l'autre le fécond an. 
Item. Voult &: ordena iîxMefTes de Requiem , 
eftre pour une fois dittes & célébrées pour feue 
Prenelle Dehanigues, 

Item. Voult & ordéna fix autres Meffes de 
Requiem, Pour une fois cflre dittes &: célé- 
brées pour feu Clément Dehanigues. 

Item, Voult & ordéna quatre Melfes de Rc- 
^ quiem eflre dittes 6c célébrées pour une fois à 
l'ordénance & voulenté de fes Exécuteurs , pour 
feu Guillaume de Laïgny .^ Ton coufin. 

Item. Elle leifa à l'Euvre N. D. de Paris , lo 
fols tournois. 

Item. Elle voult & ordena la fommc de 3^ 
livres tournois eftre convertie & employée à l'or- 
dénance de fes dids Exécuteurs , tant pour dire 
& célébrer Me/Tes de Requiem pour une fois , 
pour feu Raoul Lethus , jadis fon mari , com- 
me pour é:re convertie à donner pour Dieu à 
povres gens , filles à marier, & en euvres cha- 
ritables : les quelles Mclfes feront dides en la 
diéle Eghfe de t Jaques de la Boucherie. 

Item. Voult & ordena un voyage eflre fait 
une fois par un homme Pèlerin , depié , à N. D. 



DE Nicolas Flamel. 501 

de Boulongnc fur la mer ; auquel Pèlerin pour 
ce faire , elle vouit 4 livres tournois eftre bail- 
lées &: payées par les ditffcs Exécuteurs : Lequel 
Pèlerin fera chanter & dire en l'Eglife N. D. 
ou dit lieu deux Meffes , c'eft aflkvoir , l'une du 
Saint-Efperit , & l'autre de N. D. & offrira un 
cierge de cire , pefant douze livres , &c II payera 
pour chafcune MeiTe i (ois pariiîs. 

Item. Elle le/fa à la fiHc Jehannete la Pa^ 
quote en accroiillment de fon mariage, 6 liv. 
tournois. 

l!em. A Martin qui a accouflumé de donner 
feaue benoifie en 1 EgUfc Se Jat]ucs , > fols 
tournois. 

hem. A Chafcune des cinq povics perfonnes 
qui ont accouftumé de feoir & de dcmaiider l'au- 
mofne ou portail ou l'en efpoufe les maries en 
J'Eglife du did St Jacques , i fols 6 den. rourn, 

hem. A cuafcune des autres povres perfon- 
nes qui ont accouftuiîié de fcoir au plus près de 
la chaiere où l'en prefche en la dide Eglife , i 
fols 6 deniers tournois. 

hem. Aux povres de Stc AvoyeàParis, lo 
fols tournois. 

hem. Aux povres de la Chapelle que fonda 
Eftiennc Hdutdry , i o fois tournois. 

Item. A Jehan fils Clément de Hanigues , jadis 
fon mari , ou cas que l'en le poura trouver , lo 
livres tournois pour une fois , & fi l'en ne îc 
peut trouver , elle voult& orJéna icelles lo liv. 
tournois eftrc données &: aumofnées pour Dieu 
à la voulcnté & confcience de fes diéls Exécu- 
teurs. 

hem. Au fils de feu Jehan le Maire Qitamet , 
pour Dieu & en aumofne , 4 livres tournois. 

hem. A Guillauifie , Oudin , & Colin , enfans 
de feu Guillaume Lucas (a) fes neveux , à chaf- 

(/'■' T "<; trois enfans appelle? dans cet article , enfans- de 
feu GtiUlatme Lucas , & neveux de Pernellc j font noiU' 



^01 Histoire Critique 

cun d'iceulx enfFans , 8 livres tournois. 

hem. Perrinct fils , M"^'^. Jehan François Ton 
filleul , 4 livres tournois. 

Item, A Jehannetue Lalarge , Ton meilleur 
chapperon. 

Jtem. A Jehannette la Flaminge ^ chandcllicrc 
de cire , vendent à St. Jaques Ton autre chappe- 
ron de violet. 

Item. A Jehannette /j Paquote , une cote ver- 
meille de marbre & un chapperon que elle mef- 
toit chafcun jour. 

Item. Cmq fîens courfcs fourres de blanc , à 
cinq povres pcrfonnes telles comme Tes dids 
Exécuteurs aviferont en leurs confcienccs cftre 
bien employés. 

Item. Elie laiifa encore à la dcffus nommée 
Jehannette U Paquote , une cote de marbre ver- 
meille. 

Item. A Avelot la Charonne , tant pour Dieu y 
comme en récompenfe de certains agréables fer- 
vices que elle lui avoit fait, lo fols tournois ôc 
une cote hardie que elle mettoit chafcun jour. 

Item. A Jaquclot de Senlis , fa bonne cote 
hardie. 

Item. A rofpital du Haultpas , 5 fols tourn. 
Item. A Perctte D libre uil , vint-deux fols fîx 
deniers tournois. 

Item. A Maline & à TalTuie Defrcfne , à chaf- 
cune de elles en accroiiîcment de leur mariage , 
60 fols tournois. 

Item. A Mengin , jene Clerc , fon varict , 
pour Dieu , i livre ^ fols tournois. 

Item. A Pierre Lcfannidlr , demeurant en Çot\ 
hoftel, pour DieuSc en aumofne , i hvrc tourn. 

mes dans une Semence du Châtelet du 30 Odobre 1 597 ^ 
enjans d'IfabeV.e ^ fcrur de Pcrnelle C'cllcc qui prouve 

3u'ils étoicnt iffus d'un piemier mariage , qu'Ifabelle faut 
e Pernelle avoit contracté avec Lucas ^ avint d'cpoufci 
îeiricc» 



D E 'N IC O L A s r L ^ ME L. 5O5 

Item. A Gjutier Ton varie: pour femblable 
caufe , I livre tournois. 

Item. Elle voult &: ordena toutes Tes chemifes, 
chaufTes , coitfes <Sc menues befongiics , appartcr 
nans à fon habituation , edre données pour 
Dieu , la où il (emblera à Tes dids Exécuteurs 
eftie expédient &: bien employé. 

Pour toutes & chafcune les chofes de/Tus dic- 
tes entériner & mettre à exécution duc , icelle 
Teftatrelfe fill , eflut , nomma &; ordena Tes Exé- 
cuteurs , Tes amés & feaulx , vénérable &: dif- 
crete perfonne M''^. Hcrvy R.oujJ'eau , Dotteur 
en Décret, «Se Curé de faint Ja(.|ues de la Bou- 
cherie à Paris. Honorable homme M '''^. Jehan 
François^ Tabellion ApolloHqae & Impérial,. 
Rogier Clofier & Jehan Harangier ; à chafcun 
des quelx pour entendre & vacquer diligement 
ou fait de l'exécution du dit teitament , elle 
lelfa 4 livres tournois. 

Aus quels fcs dis Exécuteurs ou aux deulx 
'diceulx , elle donna & ottroya plain povoir, au- 
torité & mandement efpécial de cePc (îen préfcnc 
teftament ou ordenance de dernière voulenté : 
payer , entériner , & accomplir bonnement & 
loyaument. Et pour ce faire Te deilaili & devefti 
es mains des àicïs Notaires de tous Tes biens- 
meubles & immeubles , & par ces préfentcs en 
revefli & faifî Tes dicls Exécuteurs : en foubmef- 
tant l'exécution de fon dict préfent teftament ou 
ordenance avec le fait , l'audition & reddition 
du compte d'icelle &: des dépendances a la Coure 
de la Prévofté de Paris. Et révoqua & révoque 
la dicte Teftatrelfe , rappella & mift au néant , 
tous aultres teftamens , cediciles & ordénances 
de dcrreniere voulenté fait par elle , paravant ce 
{ien préfcnc teftament auquel elle fe arrefta , 
& icellui voult forrir fon plain tStt , & valoir 
par droit de teftament , decodicile , d'ordenan- 



304 HlS TOIR E C R IT I QU 1 

ce de dcrrcnierc voulcnté & autrement par tou- 
tes les meilleures voycs & manières que valoir 
povoit& devoit tant de droit & raifon comme 
de couftume. 

Item. Là dide TeftaterfTe de Ton propre mou- 
vement fans autrement être fur ce circonvenue, 
fî comme elle difoit , rappcll.i & révoqua en- 
tièrement dès lors toutes les lettres , tant mu- 
tuelles de don cfgal , comme autres que paravant 
le dit jour de Ton dicfl teftament elle povoit , 
ou avoit pu avoir faites , ottroyées & palfées 
à Nicolas Flamel fon mari & avecques lui : eu 
voulant que auculne foy ne fuftou (bit adjouf- 
téc à icelles lettres , & en les adniclnlant & 
mettant du tout au néant par ces préfentes. En 
témoin de ce , Nous à la relation des didts No- 
taires avons mis le Scel de la dide Prévofté de 
Paris à ces Lettres, qui furent faites & palTécs 
J'an de grâce mil trois cent quatrc>vingt-dix-fepr, 
le Samedi vingt-cinquième jour du moisd'Aoàt. 
BÉGUINOT. DELAPORTE. 



13 97* Codicille de Pernelle. 

aie. pièce V. A Tous ceux qui ces préfentes Lettres ver- 
JiaT"d^ yA-font. Jehan Seigneur de Folleville , Chir . 

CbâP. Ib. ^^'■* ^^ ^°y Notre S§'. Garde de la Prévofté de 
Paris. Savoir, faifons que parde.ant Mile Du- 
brcuil & Jehan Maugier , Clercs , Notaires jurés 
du Roy notre dit S§^ eftablis ou Cliaftekt de 
Paris , fil perfonnellement cftablie Prenelle fem- 
me de Nicolas Flamel Efcrivain , demourant à 
Paris en la rue au^rEfcrivains , ParoilTe St Jac- 
ques de la Boucherie , enferme de corps , fairtc 
de penfée & de entendement , comme il appert : 
difant comme elle eût fait fon teftament & or- 
daiaacc de dernière voukuié , dès le Samedi pre- 



DE NiCO L A s Pl AME t. 305 

mier jour de ce préfenr mois de Septembre , par- 
mi lequel ces Préfentes font annexées. Et que en 
diminuant & ajoutant à icelui , la dite Prenelle 
avoir voulu & ordenné , voulft & ordenna par 
ce préfent codicille , ce qui en fuit , pour le boa 
falut & remède de Tame d'elle & de tous Tes 
parens, amis & bienfaiteurs. 

Et premièrement vouk Se ordéne ladite Pre- 
nelle , que la grâce mutuelle & dcn pareil & ef- 
gal piéça fait entre ledit Nicolas Ton cher Se 
bon ami , compaignon Se mari Se elle : la quelle 
elle avoir révoquée & adnuiléc par Ion dit tefta- 
ment 3 tiengne , vaille, ait &: fortifTe Ton plain 
effet , valeur & vertu en toute fa teneur , claufes 
& points fans en rien diminuer , Se que fon die 
mari en joilTe félon le contenu d'icelle fe il la 
furvit , non obftant ladite renontiation , ne au- 
tres chofes quelconques. 

Outre vouk & veut la dite Prenelle , Se orden- 
né que fon dit teftament ne puilfe erre accompli, 
fors par fes Exécuteurs nommés en icellui & 
par le dit Nicolas fon Seigneur & mari , le quel 
tlic nomme Se eflit fon vrai ami , Exécuteur & 
de foy Commifiaire avecques fes autres Exécu- 
teurs nommés ou dit teftamentdont ci-delfus eft 
fait mention , ou par les trois d'iceulx feule- 
ment , non obftant S-: combien quelle eût voulu 
par fon dit teftament que deux de fes Exécuteurs 
le puifent faire & accomplir. 

Item. Ladite Prenelle lailTa pour une fois à 
Ifabelle fa fœur, femme de Jehan Perrier, qui 
cft la plus prochaine Se habile a être fon héri- 
tière , la fomme de ^00 livres tournois, mon- 
noye courante à préfent , à prendre (ur tous fes 
biens-meubles Se héritaiges après fon trefpaife- 
ment, par les mains de fes dicls Exécuteurs, 
pour tous les droits de fuccelTion Se hérédité que 
dk pouroit .^voir Se demander, en tous les 



50(5 Histoire Critique 
biens-meubles , debtes , créances & héritages dc- 
niourants du décès de elle. En après , la dite 
Prenelle voult & ordenna , veult & ordcnne , 
cjue tout le réfida de tous les biens meubles 
ôc debtes , créances & héritaigcs & polleffions 
quelconques de elle après fon dit tcftamcnt payé 
& accompli , & les dictes 300 livres tournois une 
fois payées à fa dide feur , pour ce que dit efi: j 
le dit Nicolas fon mari , joifTe & en ait les fruits, 
proufîts & revenues a plain fa vie durant , & 
cjue après fon trefpaffement tout icellui réfidu 
foit converti & employé par l'ordennance de 
fes dicls Exécuteurs , tant pour l'ordennance de 
quatre Meffes bafles de Requ'am , que la dite 
Prenelle voult & ordennc par cefiui codicille 
eftre célébrées à toujours pcrpéruclment par chaf- 
cunc fepmaine , en l'Eolifc faint Jacques de la 
Boucherie dont elle eit Paroi iTienne : pour le 
falut & remède des âmes d'icclle Prenelle , de 
fes parens, amis & bienfaicleurs , comme pour 
& en certaines œuvres pitéabies & charitables , 
qui faites font pour Dieu & en aumône par 
l'ordennance & vouienté de fes dids Exécuteurs. 
Item. Elle veut que fes dids Exécuteurs 6c 
le dit Nicolas , ou les trois d'iceulx accomplilfent 
ceftui fîen codicille avec fon dit teftament en 
leur donnant pouvoir , autorité & mandement 
cfpécial de ce faire. En ordonnant , ces Préfen- 
tes & fon diâ: teflament , réferve ce que defTus 
eft dict excepté , avoir prendre & fortir leur 
effet & vertu en tous les points & claufes: volant 
la dide révocation être mifc & la met au néant , 
& que tout ce vaille & tiengne par la meii- 
leure forme &: manière que valoir pourra <Sc 
devra de droit de tcftament , de codicille , de 
dernière voulcnté & autrement Es mains de 
quels fes Exécuteurs de fon dit mari & des troi 
d'iceux pour le tout, elle cv;dc 6c uaufporie 



DE Nicolas Flamel, 307 

tous Tes biens-meubles , debtes , héritaiges Se 
poflefTions, & les oblige pourtour à ce accom- 
plir en les foubmettant: quant à ce , à la jurif- 
didion , cohercion & contrainte de la difle 
Prévofté de Paris , & d'iceulx fe défmet jusqu'à 
plein accomplilîement & entérinement de ce que 
dit eft, & foubmets auffi Ton exécurioa & la 
reddition d'icellc à la dide jurifdidion de la 
prévofté de Paris. En tefmoing de ce, Nous 
à la relation desdirs Notaires avons mis le Scel 
de la diâ:e Prévofté de Pans, à ces Lettres qui 
furent faites le Mardi Quart jour de Septembre 
1397* 

J. MAUGIER. M. DUBP.EUIL. 



Quittance donnée pour jolde de compte par Jean 1 358. 
Perler 6» IfabelU jœur de Pernelle. 

VJ. TElian Perier & Ifabeau fa femme , auttori ,-?. pièce 

J fee&c. confcifcnt avoir eu Se receu des Exé- J; la ip. 
cuceurs du teitament & codicille de dernière vou- ^^^^^ ^^JJ* 
lenté de feue Perrenelle , jadi§ femme ds NicoInS- 
Fianxel , par la main du dit Nicolas l'un d'iceulx 
Exécuteurs , la fomme de ic© livres tournois , 
préfens les Notaires, enblans de 10 den. tourn. 
pièce , pour la refte folucion & par paie de la 
îbmme de 300 livres tournois ; en quoi les dis 
Exécuteurs ou nom & pour ladiclc exécution 5c 
par l'ordennancede la divfle deffunre faite ou dit 
codicille, & par certain accort judiciaire fait en- 
tre les dids Exécuteurs d'une part , £4 les dicts 
mariés d'autre part, donné en date le 5c jour 
d'Odobre dernièrement palTé 3 daqucl il eft fouf- 
fifament apparu aux Notaires ; elloient tenus 
au dit Perier ôc fa femme à caufe d'elle De la 
quelle fomme de ico livres tournois de refte, 
comme dit eft de la première fomme de ico iiv. 



3o8 Histoire Critiqué 

tournois , qui font en fomme toute la dide foiTJ- 
me de 300 livres tournois LesdidsJehan Perier 
& fa femme , fe tiennent pour contens , bien 
payes & agrées ; & en quittent les dids Exécu- 
teurs , les biens de la dide exécution , le dit Ni- 
colas & tous autres , &c. Promettans en ac- 
quitter , garantir & dcfJomagier le dit Nicolas , 
les dids Exécuteurs , & les biens de ladidle exé- 
cution , envers & contre tous, &c. Conftit. &:c. 
Obligt. &; . Ratif. &c. Imp. .^ c. Voul. &c. Ce fut 
fait & paiTé double: c'eft ailavoir. Une quittance 
baillée au dit Nicolas, & une autre baillée aux 
autres Exécuteurs du dit teftament 5 toutes deux 
d'ime même fomme , & collationnées l'un à 
l'autre par les dicls Notaires , de l'accort tant 
des dids Perier & fa femme, comme du dift 
Nicolas & de M^'^ Jehan François & Jehan Ha- 
rcngier , tous Exécuteurs du dit teftamcnt. Ai 
ce préfens pardevant les dids Notaires , l'an mil 
trois cent quatre-vint dix-fept, le Mardi quinziè- 
me jour de Janvier. 

NICOLAS. BÉGUINOT. 



1 5î>S. Sentence du Châtelet de ^aris , par laquelle les 
Exécuteurs du Tejiament de Femelle char- 
gent Flamel de prendre les foins nécejfaires 
pour /'accomplijfcment dudit tejiament. 

Se. Pièce V^I* A Tous ceux qui ces préfentes Lettres ver- 
de la it'. -^^ront, JïHAN Seigneur de Folleville , 

liafTc du5c. chir, c-'. du Roy , N. SS^ Garde de la Prévofté 

Chap. Ib. j^ p^j.-g ^ ^^ ^ Les quelles Parties ) pour 

le grant clcr & très-évident proufît de la dide 
exécution d'icelle , fî comme elles difoient , rc- 
congnurent ^ confelTerent avoir fait cnfemble 
pour raifon d'icelle exécution les traiciés , ac- 
cors j promclfcs , 6cc. 



DE Nicolas Flamei. 509 

C'eil afTavoir , que tant pour la bonne cor- 
diale , amour & affinité que le dicl Nicolas avoit 
eue a fa dicle feue femme ou tems de (a vie , 8c 
que il avoit encore de préfent au falut & remède 
d'elle & de Ton ame , defirans icelles Parties la 
falvation de elle , & veans que le manis fump- 
tueux & dommageable eftoit , & eft que le die 
Nicolas qui favoit la nature des chofes cy après 
efcrip^tes , Te chargeaft & prit en & fur foy , le 
fais , charge , cure , diiligence de accomplir le 
teftament & autres debvoirs que dévoient faire 
& accomplir iceulx Exécuteurs , qui n'eftoit pas 
leur fait lîngulier & dont ils étoient chargiés i 
lequel Nicolas l'avoit tres-agréablc , fi comme 
il difoit. 

Comme aulTi pour eftre aucunement récom- 
penfé d'aucunes mifes &: defpens , que tant pour 
certain empefchement que Jehan Perier & Ifa- 
beau fa femme feur de la dicle deiFunte , eulx di- 
fans hétitiers à çaufe de ladicbe Ifabeau leur 
avoicnt donnés & fais , qu'ils avoient froiés 
& mis , comme pour plufîeurs alTemblées falai- 
les d'Avocats, Procureurs, Notaires, Inventoi- 
res & autres fur ce par eux eus & foutcnus en 
Parlement, en Chaftellet de Pans & ailleurs, 
iceulx Exécuteurs avoient & ont chargié & char- 
gent le dit Nicolas du dit teftament & de la cure , 
diligence &: accomplilfement d'icellui. Excepté 
de réferve le fait des quatre MeiTes qui perpé- 
tuelment par chafcune fepmaine doivent eilrc 
dides & célébrées en la dicte. Eglife St Jaques 
de la Boucherie , fi comme contenu cftant ou 
dit Codicile. 

Le quel Nicolas eu efgard aux chofes delTus dic- 
tes , & ycelles ayant agréables s'eftoit & eft de 
ce chargié & par ces préfentes fe charge Se en 
prent le foiiig , cure , diligence en & fur foy. 
Êc pour ce , icellui Nicolas en entérinant fon 



^îo Histoire Critique 

bon propos , promift & par ces lettres promc: 
payer à Tes defpens , tous les lais & ordénances 
contenues es dids tefiamcnt &: codicile , excepté 
le fait des didcs quatre Mcires perpéruelcs , & 
avec ce de payer toutes les debtes , obréc|ues , fu- 
nérailles , defpens , falaires , procès & antres 
chofcs , c|ui a caufe du trefpalfement d'icelle 
dcffuntc, iceulx Exécuteurs avoient & ont fait 
& mis , & feroient & font encore tenus de faire, 
& dont la dicle exécution eftoit de eft encore te- 
nue , rcferve ce que dit eft. 

Toutes les quelles chofes faites , tant en in- 
venroires , prefts par ledit Nicolas fais au Roy 
notre Sire , comme autrement avec plufieui s deb- 
tes qu'il debvoit au jour dutrefpaifement d'icelle 
dctFuntc j rabatues par bonne délibération plu- 
/ïeurs menues debtes non payables , montent 
en fomme toute -761-0-11 deniers parifis & de 
avoir & prendre à fes defpens toutes lettres Se 
quittances qu'il efconviendra avoir à caufe de 
ce. Et avec ce , de payer tous procès , debtes, 
obligations , pécunielles & autres congnues & 
non congnues , faites &c caufées durant le ma- 
riage de lui & de la diélc deifunte. 

Et parmi ce pour ce que par l'inventoire fur 
ce fait des biens-meubles & immeubles Sz autres, 
qui communs cftoient entre le dit Nicolas & la 
dicte deffunte au jour de fon trefpalfement j à la 
part d'icelle exécution n'appartenoit pas qui pûc 
ibuilir a la quinte partie pour accomplir les 
dids teftament Ôc codicille , mcfmement que par 
ledit codicille ils eftoient tenus de payer promp- 
temcnt la fomme de 3 00 livres tournes à la del- 
fus nommée Ifabeau , jadis fcur d'icelle deifunte : 
& les biens-meubles demourés du décès de la 
dicle deifunte , les créances &: les arrérages de 
pludeiîrs louages & rentes dues , ne montoieaC 
que id8 livres 4 fols 8 deniers parilîs. 



DE Nicolas Fla M Et, ;ir 

Tcculx Exécuteurs ou dit nom aprcs ce que 
culx cous en perfonne avoienr & ont efté avec 
plufÎGurs jurés & gens en ce congnoilTans , Ci 
comme ils difoienc , veoir & advitcr certaine? 

6 plusieurs rentes communes au dit Flamel Se 
exécution plus à piain déchirées en certaines let- 
tres de tranfport , hui fur ce par les dicls Exé- 
cuteurs ou dit nom au dit Flamel faites & lî ef- 
toienc & font pluhears des lieux, tant maifons 
<5ue le dit Nicolas Flamel avoit baillé & bailla 
par ça à rente, lesquelles lui eftoient & font dé- 
mourées par pièces , comme autres de petits édif- 
fîces 5c valeur qui appartenoient à la dicle exé- 
cution , & ainfi comme inutiles , montans à la 
fomme de 78 livres 5 fols 8 deniers maille parif. 

Ont ycelles rentes tranfporrées Se délellées à 
tousjours au dit Nicolas Flamel, pour lui , fes 
hoiîs & ayant-caufe, parmi la ditte fomme de 

7 6 i -1-0- 1 2. deniers comprins en ce au prouifit du 
<iit Nicolas Flamel, tous iceux biens-meubles, 
créances & arrérages quelconques qui povoient 
appartenir à la dicle exécution , montant à la 
dicle fomme de 16^ livres 4 fols 8 deniers par. 
deffus diclc , dont il doit acquitter la dicte exé- 
cution , & en demourer quitte & defchardés en. 
rapportant quittances & recongnoillauces four- 
fîlans fur ce. 

Et parmi ces chofes, le dicl Nicolas promifi: 
& promeft, que la propriété de la moitié des 
rentes qui demeurent appartenans à la dide exé- 
cution contenues & déclairiées en i'inventoire 
fur ce fait j en oultre les rentes a lui vendues & 
cranfportées a préfent comme dit eft : c'eft af- 
favoir , la raaifon où il demeure depréfenc, 
faifantle coing de Marivaux , certains ouvroirs 
a Efcripvain, joignant à la ditle Eglife faine 
Jaques de la Boucherie, Se un fextier de blé de 
reace qui demeure par indivis communs^ en- 



311 Histoire Critique 

ne lui & la dide exécution , avec le did feur- 
plu". des rcnrcs , il ne vendra , cédera , ni aliéne- 
ja durant fa vie aucunement. Les quelles cliofes 
cui ainfi demeurent par indivis , feront conver- 
lies au plus prouftirablement & le plus brief que 
iait poura être par les dicls Exécuteurs , en ordé- 
I ance & accompliffement des dides quatre Mef- 
fes perpétuelles ordénées eftrc didcs & célé- 
l rces en la dide Eglife faine Jaques par la didc 
fcffunte, font réfervées & non comprinfes en 
ecfl préfent traitié. 

Et par ces préfentes , les di61:s Exécuteurs veu- 
lent te confentent que la dide fomme de 761 
J.-o-iz deniers parilis que monte ladide vente 
ôc tranfport des biens-meubles, menues rentes 
& arrérages defllis didles , dont par lettres obli- 
gatoires dudit Chaftelet de Paris j 1p dit Nico- 
las Flamel cftoit &c eft obligiés avecques tous 
fes biens en fon nom envers les dids Exécuteurs 
en la fomme de 591 livres 16 fols 4 deniers 
parifîs; ilpuilTe mettre & convertir es paycmens 
& en l'acquit des cbofes delTus dides qu'il cft 
tenu de faire par ceft préfent accort comme die 
cft. La quelle fomme il y promefl: convertir 
& employer bien & loyaument. En outre , pro- 
mettant encore iceulx Exécuteurs , rabattre & 
bailler defcharge fouffifantc au did Nicolas , 
toutes & quantes fois que il les en requerra , de 
tous les payemens que il montrera & offrira 
de monftrer par lui avoir cfté fais , tant par 
quittance , comme autrement de & fur l'accom- 
plidement d'icelle exécution , & fitoft & incon- 
tinent . qu'il aura fur ce duement convertie la 
dicte fomme de 591 livres 6 fols 4 deniers par. 
de lui rendre & bailler la dide obligation en la 
quelle il ell obligé envers eux en la diéle fom- 
me comme folute & payée, & de l'en faire te- 
nir quiitcpourtout, & li comme il appartiendra. 

Et 



DE Nicolas Fla M EL. 31$ 

Et parmi toutes ces chofcs lui demouronc & 
demeurent à fon iin^ulicr proufîic pour lui. Tes 
hoirs à toujours, tous iccuix biens-meubles Se 
autres , tant d'arrérages , de rentes , loages d of- 
cel & aulTi menues debtes trouvées eftre dcucs 
aus dictes "Nicolas Flamel & deîrunte , comme 
des rentes 6c la propriété d'icelles à lui vendues 
^ tranfportces par les dicts Exécuteurs comme 
dit efl: , pourd'iceux joir & les avoir & tenir 
par lui , Tes hoirs , comme liens à héritaigc per- 
pérucl , & de ce fe tinrent pour conrens icculx 
Exécuteurs du dicl Nicolas Flamtl parmi la diète 
obligation que hui il leur avoit Se a paiTéc par let- 
tres du dit Chailclet , comme deluis eft dicl : 
lequel Nicolas Flamel aura pouvoir de recevoir 
à fon proufHt les diclcs créances & arrérages , 
& fi aura à ufufruit comme ufufruituaire fa vie 
durant feulement, par vertu de certain doa 
mutuel entre lui & la dicle deffunte , des piéça 
& au vivant de elle fait l'un à l'autre , tous les 
prouiîits , revenues &:émolumens du dit feurplus 
de toutes ycelks rentes qui font demeurées par 
indivis appartenans à la dicle exécution oC aulïî 
de la di*tl:e maifon & ouvrouers & fextier de 
blé &: autres rentes qui font par indivis comme 
diâ: eft : la quelle maifon & ouvrouers entant 
qu'il regarde la dicte exécution , il doit & pro- 
niefc foatenir en la manière que à ufufruituaire 
viager appartient : 8c par ce, icelui N. F. aura 
& lui appartiendra à fon proufîit toutes rentes à 
viage , tant de blés , vins , comme autres , par 
lui &c la. dicte deffunte conq-jeftccs pour d'icelles 
faire fa volenté fans ce qu'il en foit tenu jamais 
rendre aucun compte aus dis Exécuteurs, ne au- 
tres , pour raifon de la dicte exécution. 

Lefquels traitié , promelfes , accorts , Sec. 

promirent par leurs fermens & foy, &c 

Se renoncent en ce fait^ Sec, 

o 



514 Histoire CRirrauE 

En rémoirg de ce , Nous à la relation des di(fl$ 
Notaires , avons mis le Scel , &c. l'an de grâce 
inil trois cens quatre vint dix-fept. ( C. d. i } y8 ) 
Je Mardi vint-neuf jours du mois de Janvier. 
DUJARDIN. BÉGUÏNOT. 



*î9 9' Compte de l'exécution du tejîament de PernelU ^ 
rend:: à Miles ae Rouvoy ^ C ommijff'aire , 
pur flamel & les autres Exécuteurs. 



l. A Noble homme & faigc M5^ Jehan 
-t^ Seigneur de Fclleville, C". du Roy , 



i6e. Pièce VTTT 
de h i>c ^^^^• 
lia'.e du 

f e. Chapic. N. Sgr, Se Garde de la Prévofté de Paris : Miles 
^vid. Je Rouvoy Examinateur de par le Roy Notre dit 

Si^. en fon Ciiafteiet de Paris , honneur , révé- 
rence &: t«ute ohéniance. Mon trés-chicr Sei- 
gneur , vous plaifc favoir, cjue par vertu de vos 
lettres de comminlon à moi adrelFées , des quelcs 
la teneur s'en fuit, 
* Com- * Jehan Seigneur de Folleville , Chl-. C ^ 
T',^,'.u , ^^ Roy -^'^- SS'. & Garde de la Prévofté de Paris. 
1'^ Pr^voft A Notre Amé M"<^. Miles de Rouvoy , Exami- 
d;. Paris , nateur de par le Roy N. S^^ au Chaftcllet de 
du 17 de Pans. Salut. Nous à la requeu;e de Jehan Ha- 
Septembie ^aneier oc Rogier Cloficr , Exécuteurs du tclb- 
ment àc oroenance de dernière voulcnte de ieue 
Prénelle naguercs , & en Ton vivant femme 
de Nicolas Flamel : les quelx ont aujourd'hui 
fournis à notre jurididiion pour le Roy Notre SS^ 
la connoilliince du dit teîtament & de tout le 
fait exécution & dépendances d'icellui; en nous 
reqU'hant certain Commi^faire par nous à eulx 
eftre donné & député pour oir & examiner ca 
Jicu de nous , le compte dudit teftamcnt & de 
tout le fait & dépendances d'iccllui 5 du quel 6c 
de tout ce qui en dépend Se puet defpendre , 
Nous avons retenu 6c retenons la congnoilîance 



Dfe Nicolas Flamel. 313 
comme a nous pour le Roy Notre die S?"", pre- 
mièrement: dévolue par prévencion , & nous cer- 
tiffiés fouîîîramenc de ce que puet en arriver .j 
afin que le die compte faïc & rendu , ks dicts 
Exécuteurs en puilTent eltre déchargiés comme 
de raifon faire & au cas appartiendri. Mandons 
à tous a qui il apparciçnt , requérons tous au- 
tres que a vous , en ce faifanc , obéiiient & en- 
tendent diligemment. Doané (bus le Scd de la 
Prévofiic de Paris , le Mercredi dixfeptîéme jour 
de Septembre 1 597. 

Je le Landi feiziéme jour de Juing l'an i?^? 
Se en piuficurs jours en fuivantsoudit an , fis 
venir Se comparoir pardevant moi, les Exécuteurs 
nommés en vos dicles lettres de commillîon , 
avecqucsdifcrette perfonne & laige M-^*^. Hervy 
Rouiiel, Curé de l'Eglife de faint Jaques de la 
Boucherie 5 M^'^ Jelian François Tabellion , 
Apofiolique & Impérial , & Nicolas flamel , 
Elcripva.'n , d::mourant devant faint Jaques , 
tous Exécuteurs du teftament &c codicille de feue 
Pcrretre , jadis femme d'icellui Nicolns , pour 
moi apporter les dis teftament Se codicille, avec 
toutes les lettres, quittances & enfeignemens 
q«ilsavoient , fervans à la reddition du compte 
écaccompliflcment d'iceulx teftament & codiciilc 
par la manière que mandé & commis m'e-ftcit 
de par vous Se par vos dictes lettres. Les qaelx 
Exécuteurs ont apportées , exhibées & monf- 
trées par devaat moi, plufieurs lettres, quit- 
tances feignées de plufieurs feings de Notaires 
duChaftellet & d'autres , & fceliées de plusieurs 
divers fcels de plufieurs Cours, religions & au- 
tres perfonnes , dont ilm'cft foufSfament appa- 
ru j toutes les quelles & chafcune d'icelles avec 
les difts teftament & codicille j'ai en nom de 
vous & pour vous tenues & leues diligemment 
i'ane après l'autre , & tout ce qui faifoit à veoit 



^l6 Hl s T O I R E C R I T I Q U E 

fur ce , par les quelles & par plulîeurs Chapitres 
de receptcs , mifcs , ventes & radias cy après 
efcrips Se déclariés , c'eft airavoir. 

C'ert le compte que vénérable Se difcrette per- 
fonne M"^ Hervi RoufTel , Dotteur en Décret 
& Cure de l'Eglifc paiiochial de faint Jaques de 
la Boucherie à Paris j M''^. Jehan François Ta- 
bellion Apoftolique & Impérial ; Rogier le Clo- 
l'ier, Jehan llarcngier, 6c Nicolas Flamel Kf- 
cripvain & Bourgeois de Pans , Exécuteurs da 
tclîamcnt Se codicille de dernière voulenté de 
feue Pr nellc n'agueres , en Ton vivant femme 
du dit Nicolas flanicl : font & rendent par 
devant faige & dilcrerte perfonne M^'*^. Miles 
de Rouvroy , Examinateur de par le Roy N. 
S?^ en Con Chapelet de Paris , commis à ce de 
par M. le Prévoft de Paiis , tant de ce que iceux 
Exécuteurs ont reçeu des biens de la didc feue 
Prenellc , comme de ce qu'ils ont mis pour payer 
î:s clamis & dcbtcs d'icelie feue Prénelle ; & 
pour payer les lais de Ton teftament & codicille , 
les obfequcs & funérailles de la dide feue Pré- 
nelle & autres mifes qu'ils ont faites à caufe de 
l'exécution d'iceulx tellament ic codicille en fai- 
fant proteflation de y ajoufter & aulfi de dimi- 
nuer , & de plus à plain formelement 

les parties déclairées le meftier eft par devant 
le dit M^^*^* Mlles de Rouvoy. 

Premièrement dient les didsExécureurs , qu'il 
cft vrai que la dide feue PrenclIe fit Ion tefta- 
ment à caufe de dernière voulenté , par lequel 
icelle Prenelle fill & ordenna plulieurs lais par- 
ticuliers, Hli Se order.na fes amés & feaulx les 
dids M^'c. Hervi Roulîcl, M^". Jehan le Fran- 
çois , Rogier le Cloiîer & Jehan Harengier , fes 
Exécuteurs; aux quelx enfemble, ou aux deux 
d'iceulx , clic donna povoir de exécuter le dit 
teiUment ^ 6c révoqua & miit au néant tous 



DE Nicolas Fla M EL. 5x7 

autres ceftamens , codicilles & oïdcnnances de 
derreniere voulenté , fais par elle par avant. Le 
quel tellament fu fait & palîé le Samedi vint & 
cinc|uierme jour d'Aouft, l'an mil trois cent 
cjuatrevint & dix-fept. 

hem. Dicnt les dids Exécureurs que la di<fle 
Prenelle après ce qu'elle eue fait fon dit tefta- 
mcut , £{t un codicille , par le quel elle dimi- 
nua du dit tcftamcnt , & y ajouiia ce qui s'en 
fuit. 

Premièrement , vole & oidéna , que la grâce 
mutuelle & don pareil t*^ cfgal , piéça fais en- 
tre ledit Nicolas Ton mari & elle , ciengne Se 
vaille, ait & fortifie fon plain effet & vertu. 
Ouitre vouk & ordenna la dide Prenelle , que 
fon did teftamcnt ne puiffe eftre accompli , 
fors que par fes Exécuteurs nommés en icellui 
& par le did: Nicolas fon mari ; le quel elle 
nomma & eflut Exécuteur Se de foy CommilTai- 
re , avec fes autres Exécuteurs nommés ou die 
teftamen: , ou par les trois d'iceuîx : non obllant 
qu'elle eût voulu par fon did: tellament que deux 
de (ts Exécuteurs le pulfent faire 5c accomplir. 

Item. La dicle Prenelle leffa pour une fois à 
Ifabel fa feur , femme de Jehan Perier , la fom- 
me de ;? 00 livres tournois pour tous les droits 
de fucceffion & hérédité qu'elle povcit avoir Se 
demander en tous les biens demourésda décèis 
à\Q\\Q, Et après ce, la difte Prenelle voult & 
ordenna que de tout le réfidu de tous fes meu- 
bles & héritaiges, ^près raccompHifemeat du 
did: teftament , & les dides trois cen: liv. tourn. 
une fois payées à fa dide feur , le dit Nicolas 
fon mari joiiîe des fruis , proufîs & revenues à 
plain fa vie durant ; & que après fon trefpa/fe- 
ment , tout icellui réiîdu fat converti & employé 
par l'ordennance de fdicls Exécuteurs , tant pour 
î'ordennance des quatre MçlTes baflcs de Requiem 

O iij 



3i8 Histoire Critiquî 

«jue I2 ditfle PreneJle vole & oïdenna eftre didle$ 
& célébrées à rousjoujs , par chafcune fepmainc 
de l'an , en TEglife faint Jacq.ics de la Bou- 
ciiencà Psxis , doiiC cîle cftoit ParoiHîcnnc , pour 
le falut '5i iciTiede des amcs d'icetlc Prcnclie & de 
Icsanns, parens fc bienfaîdeurs ; comme pour 
oc en autres ccf.Miucsattvrcs puéables & charita- 
bles , qui faites feront pour Dieu Se en aumofne 
par l'ordennancc & voukntéds fes dids Exécu- 
teurs. Et foubmift tous fes bicns-mcubles & im- 
meubles , quant à ce à la jurididion cohercition 
di contrainte de la Prévofté de Paris, & aufR 
Texécution & reddition du compte des didls tef- 
ta^ncnc Se codic'llc. Le quel codicille fu fait Se 
palié h Mardi quatriefrne jour de Septembre , 
l'an mil trois ce: s Quatre vingt & dixfept. Et 
la didc Prenclle trclpaifa cie ce fiecle le Mardi 
enfuivant, onzième jour du dit mois de Septem- 
bre 1 3 5) 7. 

It€m, Dient les di(fts Exécuteurs que après le 
trefpailemcnt de la dide feue PrenePe , que à la 
rcquefte da dit Nicolas Flamel, pour lui & en 
fôn nom d'une part , & du dit Nicolas & des 
autres Exécuteurs deifus nommés , ou nom Se 
comme Exécuteurs du dit teftament & codicille : 
& de Jehan Pericr Tavernicr , ôc de Ifabel fa 
femme, habiles à caufe d'icelle Ifabel, à eux 
dire & nommer héritiers iî leur plaifoit. de ta 
dide feue Prénelie , jadis feur de la diO:z Ifa- 
Bel d'autre part : fut fait inventoire par Pierre 
Paris & Guillaume de la Porte, Clercs Notaires 
du Roy N. S§^ en fon Chaflcllet de Paris, de 
tous les biens-meubles & immeubles , debtes &c 
créances qui communes eftoient entre le dicfc 
Nicolas Flamcl & la dtde feue Prenelle fa fem- 
me , au jour & heure qu'elle ala de vie à tref- 
pafiement , cftans & trouvés en un hoftel qui 
ciloir aus dis mariés ^ aâis à Paris devanc faim: 



CE Nicolas Fla M Et. 519 

Vaques de la Boucherie , où pent l'cnfeigne de la 
fieur de lis. Les quels biens meubles furent pri- 
vés par Nicolas Quatrebaut , Pnfcur jurédu Roy 
Notre SS*". en la vjlle de Paris, par le quelinven- 
toire appert que les di(fl:s biens- meubles de mef-» 
nage montenc à la lommc de cent foixanu àf 
huit livres dix-neuf fols parijîs , 

Item. Appert par ic did inventoire que le dict 
Nicolas tlamel & Prenelle fa femme au jour Se 
heure que icelle Prenelle ala de vie à trelpafle- 
ment , avoient 6c polTcdoient de leur propre con- 
qucft de rente annuelle ^ perpétuelle, afTifs 
tant en la ville de Paris , comme dehors , la 
fomme de deux cent quatrevir.gt-^uatoi ^e livres 
deux fols parifis. 

Item. Appert par le diâ: inventoire que le dit 
N. f, & Préneiie fa fem.me, avoient de leuc 
propre conqueft , an feftier Je blé à héritaigc. 

Item, Appert par le dit inventoire, que les 
dicls Nicolas flamel & Prenelle fa femme, 
avoient de leur conqueft eues deux places d ou- 
"vroirs , joigaans aus muisde l'Eglife St Jaques 
de la Boucherie , es quelles places ils firent faire 
depuis édifices , c'efl: aiTavoir , deux petits ou- 
Troucrs à Efcripvains qui y font à préfent. 

Item. Appert par le dicb inventoire que ledi<^ 
Nicolas Flamel& Prenelle fa femme , avoient etf 
de leur conqueu , une place vuidc feant fur 1& 
coing de Marivaux devant la dide Eglifc de Sç 
Jaques de la Boucherie, en la quelle ilîî firent 
faire depuis édiffier une maifon qui y cil a pré- 
fent , où pent Penfeigrte de la fleur de lis. 

Ittm. Appert par le dit inventoire que les dids- 
Nicolas Flamel & Prenelle fa femme , au jour & 
heure que icelle Prenelle ala de vie à trefpaile- 
ment , avoient & polTédoient de leur propre 
conqueft ds rentes à viages alTifes tant en la wWt 
lie Paris, comme dehors, la fomme de cinquante.- 



320 Histoire Critique 

neuj lives % [vis yarifis. Es queles la di(fle exé- 
cution ne povoit avoir aucun droit pour caufe 
de don mutuel, fait cnrrc IcMiftts maîits& par 
accori ; des quelles rentes a viage k di(f!: Nicolas 
à caufe du did don bL accort, enjoira paifiblement 
& a fon proufîr. 

//t';;;./-ppertpar ledidinventoire, que Icsdifts 
mariés avcier c de leur propre conqued & parties 
déclnJiées ou.cîitinventoirc, neuf -poinçons devin 
de rente à viage ; des quelx k dit Nicolas doit 
joir pour caufe du dicl don mutuel & aecort , 
comme diâ: c(ï, 

Ittm. /.ppcrrpar le dicTr irventoire, que les 
dids maiic's av oient de leur propre conqueft 
quati e queues de vin de rente à via^e , déclairées 
ou dit inventoire. Des queles q'atre queues de 
vin, le dit Nicolas joira pnr caufe du diâ: don 
mu-.ucl & accort comme did eft : & efqneks ren^ 
tes à viage , tant de blé , vin , comme c-i'nrgent 
déclairées ou d:<5l inventoire , la dicle exécution 
n'a aucun droit , & lui ont délaif'é les d:âs Exié- 
cuteurs à (on proufit p^r accort fait , & pour 
caufe du dit don mutuel, corame dit eft. 

Item. Appert par lé dnfl: inventoire, que ks 
créances dues aus dicTs maries &: y furent ef- 
criptes induement , peur ce que en faifant le diéX 
inventoire , la matière étoit moult contentieufe 
entre la dide hérititiere & iceux Exécuteurs ; 
& pour leur defcort , icellcs parties faifoient 
iTiCttre ou did inventoire, tou':cs ks cédules & 
brèves, obligations Se debtes vielles expirées , 
& debtes payées , & celles qui efcriptes cfioiear 
es viels papiers du did Nicolas : des queles 
créances les dids Exécuteurs ont fait bonne in- 
formation , & ont trouvé que la plus grant par- 
tie d'iceks créances, les dits maries (en) 
avoient été payés, & que p!u(ieurs parties avoierrc 
ëtc perdues 3 & que de toutes icelles créances 



DE Nicolas FLA^fEL. 521 
^^iieftoient à payer, l'en n'en pouvoit recouvrer 
que environ la fomme de fix Vivres parijis. 

Item. Appert parle di«fi: inventoire, eue les 
arrérages deubs ans dicl:s mariés, tant à caufe 
des rentes dclîus dictes , comme pour louaiee 
de maifon ou autrement , moncoient a la femme 
de cent cinquante-cinq livres quatre fols quatre 
deniers parifis. 

Item. Appert par le di£t in ventoire , (]ue les 
debtes deubs aus dids maries , tar.t a caufe d'en- 
fans alans &: venans à l'efcole & demcuranscii 
bourfe en l'oftcl des dicfls mariés , comme autre- 
ment , montent en fomme , vint- huit livres fe-pt 
fols. 

Les quelles debtes n'étoient pas toutes deues 
aus dids matiés pour pareilles & ferablables cau- 
ùs &raifons déclairées ou neuFviefme Cliapitre 
de/Tus did, mcfmemcn: que les dicls mariésL 
avoient érc payés & fatisfés de plus des trois parts 
d'icelks debtes . & qce de ce qui reftoit à payet 
la plus grande parric des débiteurs étoient morts, 
& autre partie eftoi^nr alée hors du pais , & au- 
cuns étoie:it gens de Cours , de quoy l'on ne 
povoit rien recouvrer. Et dient les dids Esé- 
€Uteurs, que ils ont trouvé par inquifition fai-e 
fur ce par eulx que de rout ce qui refte a payer 
des di6:cs debres , ion ne pouvoit recouvrer que 
environ la femme de //a; livres parifis. 

Item Appert par le diél invcntoire , que le^ 
diâ:s Nicolas & fa femme, au jour oC heure qu'elle 
ala de vie a trefpafîément , dévoient & eftoient 
tenus àpiufieurs perfonrcs & pour pkiiieurs caa- 
fes en pluf eurs fommcs de deniers , montans à 
la fomme de trois cent quatre-vint-huït livres 
quator:^e fols parifis , dont la moitié apparrient 
à l'exécution , qui monte neuf-vingt quaior:it 
livres fept fols parifis. 

Item. Appert par le di<fl invcDtoire , que le 

Oy 



311 H I s T O I R E C R I T I QU E 

did: Nicolas Flamcl avoit afferme en faifant le 
did inventoirc , que plulieurs de rentes, tant 
à hériraigcs, comme a viages , efLOient à ra- 
chas & pouvoienr ellre racnatées par ceulx qui 
les avoient vendues , tant par promeiïè de bon- 
ne foy , comme par brèves de CbaflcUet & cé- 
dulcs de la main du dicl Nicolas , & duroient 
iceux radias encore. 

Item. Appert par le did inventoire, que le 
Roy Notre S5^ devoir au did Nicolas Flamcl par 
ccdule & de pur preft , la fomrae de cent francs. 

Item. Appert par le dicl inventoire , que le 
dicl Nicolas Flamcl avoir reccu par partie des- 
arrérages qui deu!: s étoienc à lui &: a fa didlc 
femme à caufe de certaines rentes qu'ils pren- 
noient fur pluiieurs pcrlannes depuis le trefpaf- 
femcnt de li dide deffunte, la fomme de dix^ 
fept livres quatre fols parifs. 

Somme toute des bicns-mcubles delfiis dids, 
quatre cent trent-tr&is livres fept fols quatre de- 
niers parifis , dont la moitié appartient à la 
dicte exécution 5 c'eft affavoir. Deux cens fei?e 
livres treize fols huit deniers. 

Item. Dicnr les dids' Exécuteurs , que vues- 
par eux & diligemment vifîtées tous les biens- 
meubles & immeubles dclTus dids, appartc- 
nans a la dide exécution ; & la grant charge en 
quoi ycellc exécution eftoit chargée , tant pour 
les debfcs , comme pour les grans mites qui ef- 
toient faites pour la dide exécution , tant pour 
ia dcffenfe de certains procès & caufes mues 
contre les dids Exécuteurs par ks dids héritiers , 
lant en Parlement comme en la Cour duChaftel- 
Jet de Paris , fur ce que les dids héritiers vou- 
Joient iiT.pugncr le dic^ teftament & codi«ilIc, 
comme pour payer les mifes qui eftoient à faire 
pour les obfeques & funérailles de la dide feuç 
Pxéntiie, 6: ks l^is d'iççiik tçftafflÇût & çodi^ii-; 



i 



DE N I G O I il^ S F L A M EL. 3 I ^ 
le, comme pour autres frais & defpens fais>& 
à faire, tant pour le didt inventoire, comme 
autrement , en <]uoi la dide exécution é:oit char- 
gée , la quelle fomme mouroit à la ibmmc de 
huit cent livres 3i plus. Il l>!ur étoit de nécelfitc 
de vendre £i aliéner plufîeurs rentes , apparte- 
nances a la didle exécution. Et pour ce , ils ven- 
dirent des dictes rentes celés comme qu'elles ap- 
parcenoien: à la didle exécution , la fommc de 
joixanze & dix-kuït livres dix fols huit deniers 
okole pan fis , peur le prix & la tomme ^t fix 
cent livres pari f s , ou environ. La quelle fommc 
a été receue par les diéts Exécuteurs. Somme y?^ 
€ent livres. 

Somme toute des biens-meublcs defllis c.:s ap- 
partenansà la dide exécution , huit c^"s Jei^^e 
livres trei:(e fols huit deniers parifis . 

C'eft la déclaration que les Exératelirs de/Tus^ 
dids font des rentes a hérixaje contenues ou dit 
inventoire : \qs quels font dlvifées en quatre par- 
ties. Premièrement ils dient qu'^ une partie d'icel- 
fcs rentes avoir éié perdue avant ce que la didlc 
feue Prenelie alaft de vie a trefpalTement , pour 
plufîeurs caufes. 

Item. Dienticeulx Exécuteurs, que ils ont ven- 
due une autre partie des dides rentes pour faire 
& accomplir la diére •::ïécu£ion , pour la fomme 
cy après déclarée. 

Item.'Dizni lesdicc:, Exécuteurs, que une autre 
partie des dides rentes a été racharée depuis es 
que le diâ: inventorie fur fait & accompli ; & que 
la plus grant partie de la dicte exécution a efti 
faite & accomplie. Ceft aifavoir , par ceux qui 
kelles rentes avoicnt vendues , & qui à les ra- 
chas avoient droit par le confcntcment que le die 
Nicolas leur avoit autrefois donné. 

Item. Dienr Ic^ diéls Exécuteurs , que mie au- 
tre paxiic des dictes rem es efl demeurée poo: 

0¥i 



324 H I s T G I R E Cr I T I QU E 

indivife enrrc le did Nicolas & la tli6te exécu- 
tion : lesCommcs des quelcs rentes font cy-après 
déclairées. Premicrcmcnt les rentes perdues. Se- 
cundemenr , les rentes vendues Tiercemcnt , les 
rentes rachafées , & cjuartemenc , celles qui dc- 
meurenc pour indivifcs. 

Premièrement , les rentes q'ù paravant le trcî- 
paflemcnc de la difte Pcrette éioient perdues oC 
non recevabîcs, les quelcs furent mifes entr'au- 
tres rentes en l'inventoire fans caufc , montent 
en Tomme crei^^c livres un fol huit deniers. 

Les rentes vendues pour faire & accomplir la 
didte exécution , montent en (ommc , foixante 
& dix- huit livres dix [ois huit deniers maille. 

Item. Les rentes que le di(5l Nicolas a prinfcs 
à rencontre des didks rentes vendues , montent 
à fommc , foixante & dix-huit livres dix fols 
huit deniers maille. 

Somme , tant des di(5lcs rentes vendues , com- 
me de ccll'js que le dicr Nicolas a prinfes a l'en- 
contvcfpt vins dix-fept livres dix fept de- 
niers. 

Les rentes rachatécs depuis ce que le dit inven- 
toire fut fait & accompli, & que la plus grant 
partie de l'exécution a été faite & accomplie, 
montent en fomme , dix-fept livres dou^e fols.- 

Somme des deniers venus des didcs rentes 
raci?n'-ccs on^e-vins don:^e livres cin^ fols tourn. 
qui valent à Paris cent quatre-vint cinq livres 
Jei:^e fols j dont la moitié appartient a la di<fte 
exécution , c'eft alTavoir j quatre-vint- dou{e liv. 
dixh-uit fols par ifis 

Somme toute , tant des rentes perdues &: ven- 
dues , comme des racliatées , neuf vins fept liv. 
qui n'^e fols un denier. 

Ce font les rentes des quelcs la moitié par in- 
divis appartient à la dide exécution , qui mon- 
tent en fommc toute , centjix livres fix fols onic 



DE Nicolas Flamel. 525 

deniers poitevine ; dont la moirié appartient à 
la dicte exécution j qui monte cinquante-trois 
livr. trois fols cinq den, maille demie poitevine. 
Somme de toutes les rentes a héritage defTus 
dides , tant des perdues , vendues 6c rachatécs , 
comme àc celles qui font dcmourées pour indivis, 
deux cent quatre-vint-quator^^e livres deux fols 
pari fi s. 

Les mifes faites pour payer les clamis & 
debtes communes dues par iceulx Nicolas & Fré- 
Delie ou tems qu'elle ala dévie à trefpafftment , 
les queles mifes font faites conjointement par 
le è\^ Nicolas & les dids Exécuteurs , montenC 
en ^ommt trois cent quaire-vint-huit livres qua- 
tor:(e fols. 

De la quele femme la dicte exécution doit la 
moitié ; c'eft alfavoir , neuf-vin^ quatorze livres 
fept fols p.irifis, 
-}fii^^ Autres mifes faites tant pour hs efcriptures 
des ditfts tcftament & codicille , comme pour la 
deffenfe faite pour ie droit de l'exécurion , tant 
en Park'ment , comme en ChaOcllet de i aris j 
contre Jehan Pcrier & Jfabcau fa femme , fcur 
de la di<ftefeue Prénelle , qui fe vouloicnt porter 
comme héritiers d'icelle feue Préneile , & vou- 
Joient empefchicr l'exécurion des diCts teftament 
& codicille par long-tems , qui montent en fom- 
me , trente livres doii:^e deniers. 

Autre mifc faite par les dicls Exécuteurs , tant 
pour les dcfpens 3 en faifant le dicT: inventoire 
des biens delfus dids par placeurs fommes; 
comme pour les efcriprures du diCt inventoire 
qui montent à la fomme de trente & une lirres 
quatre^ fols parifs. 

Les mifes faites par les dicts Exécuteurs pour 
les obféques & funérail'es de la dide feue Pré- 
neile , montent à la Comme de dix- huit livres dix 
deniers parifs. 



^ 



^±6 HrsTotRÊ C kir idtït 

La mife faite pour les lais conrenus es did: 
tcftamcnc & codu illc , monte à- la fomme de- 
cinq cent quatorT^e livres quin\e foU deux deniers 
panfis. 

Autre mifc faite par les Exécmeurs- en la révo- 
lution de l'an que la àittz feue Prenellc ala de vie" 
à trelpallcmcnt , pour le Sci-vice du jour ;, lâ- 
quele mife monte à la fommc de hiUt livres dix" 
Jept fols. 

Autre mife fiaite par les dis ExécutGurs , tant 
pour l'ordennance de ce préfcnt compte , com* 
*ne pour la comfniirion & les fahires du Gom- 
Hî^ifaire qui oy cc(ï prcfcnr compte ,. &c pour les 
faiaires desdicts Exécuteurs, la qucle mile mon-- 
te en fomme, trente & une livre dix-huit fols 
Jix deniers parijls. 

Somme toute de toutes les miles faites par- 
les dids Exécuteurs , huit cent vingt-neuf livres 
trois fols Jix deniers parifis. 

Ainfî ont ks dids Exécuteurs plus mis que 
ïeceu, dou-^e livres neuf fols dix deniers parif 

Item. Dient les di-fls Exécuteurs , que après ce 
<3ue ils ont bien & duement fait & accompli ce 
que ils pouvoient & dévoient faire de préfenc 
pour la dîdle exécution cTes dids tcftament & 
codicille ". dépendances d'iceulx : c'eftaffavoir ,, 
que ih ont paies les clamis & debtes & toutes les- 
mifes qui néccfiaircs eftoient à faire pour les- 
dcfpens , frais , obfèques &. funérailles & lais 
^'iceulx teftament & codicille & autres chofes : 
& defchargiée plainement la diéle exécution des- 
charges dellus dides i & ont fceuSc cognuque le 
did: Nicolas Flamel par vertu du don mutuel , 
fait entre lui & la didc feue Prenelle j & que 
après le décès d'icellui Nicolas, icellui réfidu doic 
eître converti par la fourme &: manière qiHr 
contenu eft ou dit codicille : ils ont fait déclà^ 
laiioix du dit rélidu , en la manière qui s'en fuitr 



s ï N r c o I A s F I A M E i . 527 

Ceft la déclararioii de tout le réfidu de tous- 
les biens-meubles & immeubles, demeurés du dé- 
cès de la did:e feue Prenclle appartenant a la didc 
exécution. 

Premièrement, la moitié d:s rentes à îiériraigç 
demeurées pour indivis, des queles la détlaraticrs- 
cft faite ou compte psrriculier qui montent en 
fommc 106 livres 6 fols 1 1 deniers poitevine -y. 
la cjuele moitié monte 53 livres 5 fols 5 dcn. 
maille & demi poitevine, de la quele moitié 
le dit Nicolas joira fa vie durant 5 des qucles 
rentes plulieurs (ont à rachat , tant par f ro- 
niclîes de bonne foy, comme par lettres di£ 
Chaftelkt & de la main du dit Nicolas , ccmme 
il a affermé par ferment. 

hem. La raoitic pour indivis de un feftier de 
blé a héritage ci-deilus déclaric. 

îtem. La moitié de deux petits ouvrouers à 
efcripvain entrecenans aH^is lez les muTS de i LgU- 
fe faint Jaques de la Boucherie. 

Item. La moitié d'une mai (on feant devant 
TEglife faint Jaques , faifant le coing de la rue 
de Marivaux, devant la dide Eghfe j faifanc 
icelle maifon deux frons & deux ouvertures y 
l'une en în rue àts Efcripvains , & l'autre en^ 
la rue de Marivaux, à la quele pent l'enfeigne- 
de la fleur de lis. 

Item, la moitié de 18 y livres 16 fols parifs 
qui font venus du prix des rentes rachatées , 
dont la déclararion eft ci-defTus faiâre, appar- 
tient à la dicte exécution. Ceft alîàvoir, la 
fomme de 91 livres 18 fols parifisj la quele- 
Bioitié eft par devers le did Nicolas & en jpira' 
fa vie durant par caufe de don mutueL 

II m'eft fouflPifamenc apparu & appert clerc 
ment par ce que dclTus eft efcript, que les dis 
exécuteurs ont bien & loyaulment payées toutes- 
les debtes, lais 6c ordcnaaaces déciariée^ ^ 



^28 Histoire Critique 

ordcnnécs es teftament Se codicille de la dide 
dcftunte, & accompli iceulx teftamein & co- 
dicille en toutes leurs claufcs 5 de tout ce que 
à picfenc eitoic à payer & accomplir , excepté 
Il livres tournois que la didc feue Perctte par 
fon did teflament , comme il appert par icellui , 
Icfîa à trois filles pour accroilfement de leurs 
mariages 5 c'elt allavoir , a la fille Jehannette 
la Pafquotte , 6 livres tournois , Se à Ameline 
& TalTine de Frefnes à chalcunede elles , 60 fols 
tournois 

Et ce, mon très- chier Seigneur, je vous cer- 
tifie par ces préfentes lettres Se relation, ans quels 
en témoin de ce j'ai mis mon Scel , du quw-l je 
ufè en exerçant mon office. Ce fut fait l'an & 
jour que delfus dis. 



i3«)8. Vente de foixante dix-huit livres neuf fols de 
rentes , faite à Nicolas Flamel par les Exé- 
cuteurs du tejlament de Pernelle. 

9e. Pièce IX. A Tous ceux qui ces Lettres verront. Ji- 
f.^.y,'''^' -^HAN Seigneur de Folleville , Chl'. C". 

Chap "ir ^^ ^^y ^- ^=''- ^ ^^^^^ ^^ ^^ Prévofté de Paris. 
Salut. Savoir, faifons quepardevant Jehan Bé- 
guinot èi Régnant Dujardin , Clercs, Notaires 
du Roy Notre dit S§^ de par lui eftablis en fon 
Chaftelkt de Paris , furent prcfens en leurs per- 
fonncs , honorable homme Se difcret M^'^. Hervé 
Roulfel , Do:teur en décret Se Curé de St Jaques 
de la Boucherie à Paris; M^"^^. Jehan Frar.çois , 
Rogier rloficr. Se Jehan Harengier , es noms 
ts. comiî.c Exécuteurs du teOament ou ordenance 
pour dernière volencé de feue Perrenelle , jadis 
femme de Nicolas Flamcl , demourant a Pans; 
fond-.'sSe eflablis fi comme il cH: apparu aus dids 
Notaires par lettres tciUmentoiies Se codicille 



diNicol;\sFlaîvîei. ^29 

faites & pafTées fous le Sccl de la dicle Prévofté 
de Paris : des queles lettres teftamentoires , le 
commencement eftoit & qH îc\. 

Suit la copie du teftament ^ ci-dejfus page 15)7. 

Et la claufe par la qnele la dide Perrenelle 
avôit ordenné & eiîeu les delfus nommés fes 
Exécuteurs , s'en fuit. Pour routes & ehafcune 
les chofcs defTus didles entériner , &:c. Voye:^ le 
codicille ci'dejfus ^ page 304. 

Et aitermerent les difts Exécuteurs , ou dit 
nom exécutoire, que comme ils eulTcnt voulu- 
procéder à l'exécution du dit teftament , à leur 
laquelle ou dit nom exécutoire d'une part , St 
du diâ: N. F. en Ton nom d'autre part : inven- 
toire de tous les biens-meubles & immeubles , 
créances & debtes qui communs eftcicnt entre 
le ditfl Nicolas & la dide feue Prenelle fa fem- 
m% on tems qu'ele ala de vie à trefpaiïement , 
eût ,éié fait d'un commun accort &: airenrement, 
"El veu 6^ regardé par iceux Exécuteurs tout le 
contenu dudit l'in^enroirc , & la part & portion 
qui en app^irrcnoit à l'exécution de la dicle feue 
Prenelle , euilent trouvé que icelle part & por- 
tion des biens -meubles Si créances ne pous'oit 
fouffire à la quinte partie pour l'exécution & en- 
térinement du dit teftament : & confidérans que 
la dide feue Prenelle avoir fait depuis le di<5k 
teftament un codicille, pour î'accorapliif:ment du 
quel il leur eftoit de nécclTicé payer prompte- 
m.ent la fomme de 300 livres tournois à Ifa- 
belle feiTime de Jehan Perier , feur de la dide 
feue Prenelle, avecques les lais & ordenances 
du did teftament & réferver la moitié de la 
maifon faifant le coing de Marivaux, & la 
moitié de deux ouvrouers à Efcripvain , contre 
1 Eglifc faint Jaques de la Boucherie , la moitié 
de un fextier de blé a héritage , & Li moitié de 
plufieurs bonocs rentes, appartcnans a la dide 



Ijo Histoire Critiquï 

éxecution pour faire la fondation de quatic 
Mciîes perpétuelle^ t]uc la dide Prcnelle a or- 
denné par le dicl codicille eftre célébrées par 
chafcune fepn^aine en la diéle Eglife faint Jaques 
de la Boucherie , comme plus a plain eftoic & 
cft contenu ou dit codicilJe. 

Etavoient &ont trouvé iceulx Exécuteurs , que 
tant pour les lais& tout le contenu ou dit tefta- 
mcnt, comme pour mifes & defpens faits par iceux- 
Exécuteuis pour robfequc & funérailles d'icelle 
dcffunte , & au/Ti pour avoir confeilà la deiFenfc 
de plufieurs procès, délais, inventoires, em- 
pefchemens que pourcha^a& fit faire parcertaiii 
lems la dide Ifabeau qui s'cfforçoit d'être héri- 
tière de ia diète feue Prenelle contre h teneur 6c 
exécution du diél teftamcnt en Parlement & ou 
Chaftelîetde Paris, comme pour k fait de l'in- 
ventoire & pour plufiears grans debtes , tant de 
emprunt fait nouvellement par le Roy Notre Sgr, 
comme de debtes que le dit Flamcl devoit à 
plufieuis perronnes,& de certains procès ou Chaf- 
tellet, & auiîi de pkifîeurs efcripturcsoc ècC- 
penfes faites; cependant trouvcrerr: &: avoient 
trouvé la dicte exécution eftre chargée de payer 
promptement la fommc de 76 r livres 1 1 deniers 
parifis , de La quele fomme iceux Exécuteurs ne 
pouvoicnt finer fans expofer promptement en 
Tente la plus grant partie des biens- meubles & 
immeubles apparttnans à la diélc exécution y 
qui povoit tourner & eftrc en granc perce ôc 
dommage à icelle exécmion. 

Pour la quele perte , dommage & Jéhis de la; 
diéle exécution efchevcr, & pour diligemment 
exécuter & accomplir le contenu ou cîit teftament^ 
les dids Exécuteurs de leurs bons grés , bonnes 
Yolentés, propres mouvcmens& certaines fcien- 
ces , fans aucune force , fraude , indudion , cir- 
couvcnciôn, oudcccvance 3 mais pour le pioulic. 



DE Nicolas FtA M Et. i^t 

d'icelle exécution , fur ce bien confeillés fi com- 
me ils difoient , & mefmement après ce que 
eux & certains jurés & autres gens en ce con- 
gnoilîans avoient & ont efté en perfonne veoir 
& vilirer les rentes cy deifus déclariécs , mon- 
tans à la foinme de 7 8 livres ^ fols 8 deniers 
maille paniisj qui appartenoient à la dicle exécu- 
tion prfcs pour indivis, & de la condition de 
autant d'autres pareilles rentes qui appartien- 
nent au dicl Nicolas Fiamel , étant du conqueft 
de lui & de la didefeue Perrenelle fa femme ; fur 
les perfonnes & lieux cy après nommés, dont plu- 
fîeurs des lieux fur les quels les dides rentes font 
afiifes & prifes , font de petite valeur , tanc 
maifons que le did Nicolas avoit baillé à rente 
qui lui eftoient demeurées par plais , ruines &C 
empefcliemens, comme autres rentes dont les 
dids Exécuteurs ne veoient pas avoir proufit 
à la dide exécution. 

£t premièrement s'en fuivent les rentes prifeS 
& aflifes en la ville de Paris , c'eft allavoir , i, 
livres parifis prins par an fut- la maifon Maciot 
le Cloutier , joaii^nant de Pré chancée en Ma- 
rivaux , tenant d'une part à une maifon qui eft 
à la femme & enfans feu Richart Dugué, en 
ja ccnlïve Se Germain l'Auxcrrois. 

Item. 3 1 10 f. parifis de rente fur la maifon 
Jehan Durant, en Marivaux, tenant d'une parc 
à Robin Laillet , & d'autre parc à une maifon 
qui efl Jehan Harengier. 

Item. 5 fols parifis de rente fur la maifon qui 
cft Copm Floquet , Serrurier , en Marivaux ^ 
tenant d'une part à places vuides , qui font aux 
liéritiers feu Jehan Fortegucrre i & d'autre parc 
à Guillaume Desfols , étant en la cenfive de Se 
Vidor. 

Item. I livre 4 fols 4 deniers maille parifis 
de r^Qce fur la maifon qui fut à Jehan Harcnc , 



3 52- Histoire Critique 

en Marivaulx , tenant d'une part à Jehan Quivâ- 
la, fie d'autre part à Huet GaulFet , enlacen- 
fîve du Chapitre N. D. de Paris. 

Item, j r. parifis de rente fur la maifon qui 
fut feu Collin Nouvel , en la rue des petits 
champs , qui efl à préfent Andry Giffart , te- 
nant d'une part au did: Andry, 8c d'autre part à 
Jehannela Gauchiere , en la^cenfivc de Mont- 
martre. 

Item. 5 fols parifîs de rente fur la maifon des 
étuves du Lion d'argent en la rue des petits 
champs en Beaubourt , qui font Jehan de Bu^ny, 
faifant le coing de la rue St Julien & de la rue 
des petits Champs devers Beaubourt , aboutif- 
fant par derrière à Jehan Brehier en la cenfive 
de l'Eglife St Mcrry a Pans. 

Item, i livre pariiis de rente fur la maifon Je- 
han Malaquis Boulangier, joignant des quatre 
fis Henion , oultre la porte St Denis j tenant 
d'une part à une petite maifon qui eil au didl 
Malaquis, & d'autre part tenant & aboutilfant 
à l'oftel des dids quatre fils Hemon j la quelle 
maifon eft Girart Fortin , Tonnelier. 

Item. I livre lo fois parins de rente fur la 
maifon joignant , qui efl: au di^t Mala-.juis Bou- 
langier devers la porte St Denis ; tenant à icellai 
Jehan d'une part , ^fc d'autre part aux maifons 8c 
louage Jehan de St Romain îmacrier. 

Jtem. il. c, f parins de rente fur la mailort 
ou louages lî comme au milieu de la rue Dernef- 
tal , qui (ont , Simonnet le Plaftrier , maçon \ 
tcnans d'une part à la maifon qui eft P^icharc 
Rouyer , Buifeticr , & d'autre part à Hemy de 
la Coquille. 

Item, i \. 6 C 6 à. parifis de rente fur une 
maifon Gilles Hemart , faifant le coing de Dcr- 
neftal, tenant d'une part à une maifon qui eft 
Perrin Cuirct, & d'autre part à GuiUemaiu de 
Moutforc. 



DE NicOtAS FlAMEL. ,,, 

Jehan le Bourgu.g„o„ , où eft Icnfaene de U 
rolc ^ de N. D. en la r.e Gucrin Boi^I'eau ten Je 

Vaiers&Xtr ' t","' P^" ^ Robin de 
vui.is 5. dauteparc a Jehan de Pranconville 
aboutuiant aur jardins Jehan Blavet ' 

Jism. ij/- parilîs de rente fur une maifonfr 
loages qu, furent Jelian Code en il Xt 

1.1 a. M., l™.,'. Pois ;»r, ;S,',; 

snam"; V '' f "']'' "^^ '""'= ^"' '^ "i^ifon ioi- 
gnam oultre les dtcles ftlIcs-D.eu en la rue St 

fVjr i '^'"'^^ '^^°'^^" . ^="^'" d'"«e part 
» ia maiioa de la dicie femme & enfans Pafcjuier 



5 54 Histoire Critique 

^cSauls , & d'autre parc à Caomcs Jouan , abou- 
tifl'ant aux didls folles cC aigoux de la ville de 
Pa is 

Item. I I. parifis de rente fur la maifon de la 
Couronne, c]ui eft à la dide femme & enfans 
Richarc Marié , en la di6lc rue Gucrin Boilleau , 
tenant d'une part aux cufans Jaquet Variet , Se 
d autre parc a Jehan Galian , Ma<^on , aboutif- 
fant aux jardins Martin de Boiffy. 

Item, lo C. parifïs de rente fur la maifon qui 
eft M^'". Yves n'ajrueres , W". de l'Ollcl-Dieu 
de GonçiTe , en la diclc rue Guerin Boilleau , 
tenant d'une part à la maifon Ligier de la Borde , 
&c d'autre part à la maifon Agnès la Joucnne , 
aboutilfant aux jardins Martin de Boifiy. 

Item. I I. 1 5 f. parilis de rente fur la maifon 
de l'Arbalefte , qui eft Régnant Dujardin, No- 
taire du Chadcllet, afilfc en la rue St Martin 
oultre la porte , tenant d'une part à la maifoa j 
faifant le coing de la rue du Cimetière St Ni- ' 
colas, & d'autre part à la maifon Jaquet de 
Mavin , Charpentier. 

Item. I i. 5 f. parifîs de rente fur la maifon fai- 
fant le coing d'une petite ruelle qui n'a point de 
bout en la rue au Maire , qui eit à Jehanne de 
Marval , tenant d'une part à Pierre Lefevre , 
Ma^on , aboucilfant aux jardins qui furent Je- 
han Jolis, Orfèvre. 

Item. 10 f parifis de rente fur la maifon qui 
fut Prin Pignicres , en la di.le rue au Maire, 
cjui eft à préfent à un Charpentier nommé San- 
fon , tenant d'une part à Jehan de Brie , Bro-' 
dcur , & d'nucre parc à Colin Jaillart. 

Item. 8 f. parifis de rente fur la moitié de la 
maifon Pierre Lefevre , xMa^on en ladide rue 
au Maire, tenant à la maifon qui fait le coing 
de la ruelle qui n'a point de bout j & d'autre parc 
aux maifons ou louages qui font Jehanne l'Or- 
fevârelFe. 



D E Ni CO L A s Fl A ME L. 535 

Item. I 1. 4 f. parifis Je rente fur la maifoa 
Jacquerain de Bar fur Aube , Vendeur de ine- 
flues denrées devant le moulinet en la rue aux 
Gravilliers, tenant d'une part à la maifon qui 
efl: à la femme & enfans feu Jehan Bouquin, & 
<i'autre part à Michelet de Laon. 

Item. 14 f. parifis de rente fur une maifon qui 
eft Jehan le Sage , Maçon , près du bout de la 
rue aux Gravilhers , tenant d'une part à une mai- 
fon qui «ft Jehan Teftart , &: d'autre part à un 
jardin qui eft au dicl Maçon , aboutiUant par 
xlerriere à Maciot Delabarrc , Maçon. 

Item. I 1. parifis de rente qui eft fur la mai- 
fon Guillaume Baudouyn , Charpentier , en la 
rue du Temple, oultre la rue aux GraveHers , 
tenant d'une part à Jehan Leconte , & d'autre parc 
à Maciot Delabarre, aboutiiTant à J. Depreaux. 
Item, t C. 6 d. parifîs de rente fur un petit jar- 
âÏH ^ui eft au di(5l Jehan le Sage , Maçon , près 
du. coing de la rue aux Gravcliers , tenant d'une 
part à Macicot de la Barre , Maçon & d'autre 
part à la maifon qui fait le coing de la di<5le rue 
aux Graveliers. 

Item. 1 1. pariils de rente fur les maifons & 
jardins Jehan Gerbain , Tailleur de pierre, en 
la rue du Temple , tenant d'une part à Jehan 
Hazart, & d'autre part à Thcvenin Arnoult, 
Boulangier , aboutilîant par derrière aux jardms 
4u du Jehan Hazart. 

Item. I 1. parifis de rente fur la maifon de la 
Couronne en la rue de Quinquenpoit , qui eft à 
|>réfent Jehan Rozeau, Orfèvre, tenant d'une 
part à Jehan Gilot , Maçon , & d'autre part à 
îa maifon Onain le Ame. 

Item. 1 1 f. 9 d. parifis de rente fur U maifoa 
qui fut Pierre Prétel , & à préfent eft fi comme 
l'en dit , à Marmette la Noblette , fuer du di(5b 
Pierre, tenant .d'une parc à Jehan Guevart , Se 



yy6 HisTo/îRE Critique 
d'autre parc aux maifons qui furent au dicl Pierre 
Vrérd. 

lum. I I pn.rins de rente par an fur la mai- 
foii du coing de la rue de 2vîontmorency , qui c(ï 
à Jehaii Coni^non , & à- Marie fa femme ; te- 
nant d'une part à la niaifon Jehan de Poix, 
Cordonnier. 

Iccm. 1 I. parifîs de rente fur une petite mai- 
fon èc louages qui font Jehan Conignon & Ma- 
rie fa femme, en la rue de Montmorency, 8c 
fnv tous les Iouac[;es ; d'un cofté tenant a une 
liaulcc maifon où il fouloit avoir eftuvcs, qui cft 
à préfent en ruine. 

Ittm, Il f. parifîs de rente fur une maifon qui 
eft Jehan Cantru, Maçon, en la rue du Cime- 
tière St Nicolas , où cit l'image Ste Catherine , 
tenant d'une part à l'Oftel du Vicomte de Meaux, 
& d'autre part à une maifon qui eft à Nicolas 
Fiquct 5 aboutiiîant aux maifons de l'efcu de 
France & de la Targc. 

hem. 1 1. parilis de rente fur la maifon de 
l'image St Martin , en la rue aux Graveliers, qui 
eft Thibaut Lefchavas , tenant d'une part à 
Jehan Tremet , Bculangier, &z d'autre part à 
une maifon qui eft Jehan Mercier , dont partie 
eft en lacenfîvc St Martin des Champs, & partie 
en la ccnfîve St Vi<5lor lès Paris. 

Item. 5 f. parifîs de rente fur un petit jardin 
au bout de la rue aux Graveliers , qui eft à 
prcfent Jehan le Sage ,. Maçon ; tenant d'une 
part à une maifon qui fait le coing de la diCle 
rue des Graveliers , qui eft Thomas le Clerc , 
Boulangier , & d'autre part au dit Jehan le Sage , 
ce que di: cft en la cenlîve de la did:c Eglife de 
St Martin des Champs , excepté une patrie de 
Ja maifon de l'imige St Martin en la diâ:c rue 
des Graveliers qui eft allifc en la cenlivc de Se 
Vidor, comme div^ eft. 
l ■ Itcnu 



DE Ni CO L A S Fl A Xf ï L. 5j7 

It:m. lo f. parifîs de rente fur la maifoa 
Drouin du Boucharc , faifeur d'efletifs , oiiltre 
Ijs F;lL-s-Dieu; tenant d'une part à TOfl'el de 
l'image St Sauveur, qui eft Laurens Pinçon, & 
d'aurre parc a une maifon qui eft Henry de 
Croix, Courtillier , aboutilFa.u par d-rriere aux 
murs de la ville deParis. 

Item. 1 i. 1 6 r. 8 d. parifîs de rcnre Cm la mai- 
fon Colin Beaungnier , Armurier , du cofté de 
St. Sauveur devant la Trinité ', tenant d'une part 
& aboutilTant à Guillemin le Duc, & d'autre 
part a 1 Oliel du plat d'eftaiu , qui eft Jehaa 
d'Orléans , le jeune. 

Item. I 6 fols parifîs de rente fur la maifon 
Jehan Brandin , où eft le plat d'eftam , en la rue 
du Coq ; tenant d'une parc à Regnault Maloi- 
feau j 6c d'autre part à Jaquet le Rennoifîé. 

Item. I l. 1 1 f. 6 d. parifîs fur la maifon de la 
Nef d'argent, derrière l'Oftel d'Orléans en la 
rue des Eftuves ; tenant d'une part à Guillaume 
Roaffeau , «Se d'autre part à Jcban de Mont- 
martre, Charpentier. 

Item. î 1 parifîs de rente fur la maifon Philip- 
pe EirafTe , Huchier , feant en la rue aux Lavan- 
dière:» , à l'oppofite de la rue Perrin GalTchn; 
tenant d'une part à Guillaume Arrode , Orfèvre 
6c d'autre parc à Perrin Galleblé. 

Item. 5 1. parifîs de rente fur la maifon baillée 
à rente à Pierre le Bonier près des Quinze-vins j 
tenant d'une parc à une petite maifon qui fait 
le coing de la rue Se Thomas, & d'autre part 
à Jehan Labbé , Boulangier , abourilTant pcrr 
derrière aux hoirs feu M}'^^. Simon Henin. Ce 
que diâ: en la cenfive de R. P. en DieuM^*^, 
l'Evefque de Paris. 

Item. I 1. 10 f. parifîs de rente fur la maifon 
Pierre Hazarc , Pafticie: , en la rue du Temple , 
tenant d'une part à Jehan Teftart , & d'autre 

P 



5^8 H ISTO I RE C RIT r QUE 

part à une maifon qui ePt Guillaume de Condé ; 
aboutilî'anc par derricrc aux murs de l'Oftel du 
Roy de Navarre. 

Item. I X r. parifîs de rente fur la maifon Poin- 
cet Breron , Parcheminicr , en la dlde rue du 
Temple , cofté Ste Avoye ; tenant d'une part à 
une maifon qui eft Pierre Rouneau , & d'autre 
part à une maifon qui eft aux cnfans de feu M"*^. 
Hutin Damnoy. 

Item, f f. parifis de rente fur la maifon Guil- 
laume Prcudomme , Teinturier &: Sergent à 
cheval , aflîfe en la rue des Blancs Manteaux ; 
tenant d'une part à l'Oftcl du Croiiîant , qui eft 
au diâ: Guillaume , &: d'autre part a l'Oitcl de 
la chaulTe , aboutilfant par derrières au jardin 
du Panier d'argent , qui font M"^. Oudar: Da- 
tamille. 

hem. 5 1. parifis de rente fur la maifon Colin 
Aubert , Chandelier , en la rue du Temple , tai- 
fant le coing de la rue Paftourelle , abourilfant 
par derr-ercs aux maifons Jehan Sandubois. Ce 
que did eft en la cenfive de l'Ofpital qui jadis fut 
du Temple. 

Item. I 1. 4 f. pari{îs de rente fur la maifon 
faifant le coing de la rue de la Charpente rie , 
rue aux Bourdonnois , {a) qui eft Philippe Ci- 
lalfe j tenant d'une part à Jehan Delamare , Fre- 
pier , & d'autre part à Colin Petit. 

Item. 1 1. pariîis de rente fur la maifon oii de- 
meure Philippe Ciralfe en la rue de la Charpen- 

(.1) La rue de la Charpent-rie ici indio, jée , doit être , ce 
femblc , la rus des Mauvaises Paroles. Le compte de U 
ve-ivfi Nicolas , dont il a été parlé dans cet Ouvrage , dit 
cxnreflcnient <.]l^e la rente dont il eft queflion , eft <ur une 
tnaifon ffii'ur.tle coin^ de la rue de la Churpcnterie devant 
l'0,lel de LiTi-hnouflle^On voit ici qj'cllc avoir ilFuc dans !a 
r. c des Bourdounois. 'Hôtel de la Tiiroouiile (ub'ifte en- 
core, ôc une des maifons qui tonne un des coins delà rue 
des Mauvaiicî Parçlcs, fe trouve e:i face de cet ancien hôtel. 



DE Nicolas Flamel. 55^ 

tcrie 5 tenant d'une part à Colin Petit , & d'aucre 
part à Katherine la Petite. Ce que diô: eft en la 
cenfive de R. P. en Dieu M"^. l'Evêquc de 
Noyon , & de M"^. Jehan Porchicr , à caufe d'ua 
fief qui fut aux Coquatrijt. 

Autres rentes qui font ajftfes tant à la villette St 

Ladre ^ comme à Nanterre & ailleurs , lefciuelUs 

font rendues 6* apportées à Paris. 

Premièrement ^ 16 fols parifis de rente que 
Jehan Piquet demeurant à la villette St Ladre, 
vendit en Février 1395 fur certains fes héritai- 
ges , à deux termes , c'eft aifavoir j Pafques &c 
St Rémi. 

Item. I 1. parifis de rente au terme de Noël , 
fur les héritaiges & biens de Jehan le Sage, l'ainf- 
nc , Charrier , demeurant à la villette St Ladre, 
& fur certains autres héritages obhgiés à iceux 
héritages , alTis en la cenfive de St Ladre de Paris, 

Item. I 1. parifis de rente à deux termes, Paf- 
ques & St Rémi , fur les héritages & biens de 
Guillot Cochet , Laboureur , demeurant à la vil- 
lette St Ladre & fur certains autres biens Se 
héritages obligiés à ce. 

Item, I 1. parifis de rente à deux termes , Paf- 
ques & St Rémi , fur Us héritages & biens de 
Thevenin le Fournier , Laboureur , demouraqt 
à la villette St Ladre, & autres à ce obligiés. , .^ , 

Item. 1 1 C parifis de rente à deux termes , Paf- 
ques &St Rémi, fur les biens Se héritages de 
Marion la Pichonne , & autres obligiés k c(^ , de 
la dide Villette. Ce que dict eft en la cenfive du 
Chapitre N. D. de Paris. 

Item. 1 6 f. parifis de rente au terme de Noël , 
par an fur les biens & héritages de Jehan Moreau , 
le jeune , Laboureur, demeurant à Nanterre , Sç 
fur autres héritages obligiés à ce. 

Item, 1 6 fols parifis de rente au terme de Noeïj 

pii 



5 40 Histoire Critique 

far I^s biens & hcritages de Pcrria le Cl-rc , La- 
bofiieur , dcmourant à Nanccrre , &c fur aucies 
héritages à ce obl'gics. 

îîim. Il r. parifis de rcnre aa terme St Rémi, 
fur les biens 6c héritages du die Perrin le Clerc , 
demouranc à Nanterrc & autres héritages obli- 
giés a ce. 

frem. r i f. parifis de rente à deux termes , Paf- 
qnes & St Rémi (ar les héritages de ElHenne 
Pignc, Laboureur, demeurant a Nanterre, ce au- 
tres héritages obligiés à ce. 

Item. 10 f. p^rilîs de rente à deux termes, 
Pafqaes &: St Rémi, fur les biens & héritages 
de Jehan Delaiftre , Laboureur , demourant à 
Nanterre, & autres hcriîf*g?s obligiés à ce. 

ftem. 1 4 f. parilîs de rente à deux termes , Paf- 
(]ues &: St Rémi , fur les héritaigcs & bien.s de 
JcKan fe Pigne , Laboureur, demeurant a Nan- 
terre. Et ce que dit cR en la cenfive des Reli- 
gieux de St Deî is en France. 

tiem. 1 6 f. parifîs de rente au terme St Rcmi , 
fut les héritages & biens de Jehan Moreau , le 
jeune, Laboureur, demeurant à Nanterre. 

Item, lo lois parifis de rente au terme de 
Noël, fur les héiitages &: biens de Michel Mo- 
reau , Laboureur demeurant à Nanterre. 

'Item. 1 l. ^- f. parihs de rente à deux termes , 
St Jehan 8c Noël, fur les héritages & biens de 
J. Ghii , le jeune , Laboureur demeurant à Nan- 
terre ; & fur autres héritages & biens obligiés 
à ce. 

-Item. Il f. parifis de rente à deux termes , Paf- 
ques& St Rémi , fur les héritages de feue Jehan- 
ne , jadis femme féparée de Gillebert Potery, 
Libo'urcur, demeurant à X^anterre. 

item. 1 3 f. parifîs de rente à deux termes, Paf- 
qu:s^ St Rémi , fur les héritages- & biens de 
JehfankRoy, Laboureur, demeurant à Naa- 



DE Nicolas Flamex. _ .341 

terre, & (ur aucres héritages obligiés 4.;ccv 
. hem. 16 f. parifis de rence a- deux termes ^ Par- 
ques Se St Rémi, fur les héritages & biens, de 
Jehan le Pigne , Laboureur , demouiai-^t a N^n- 
terre. > :: . . 

hem. I 1. parifis de rente à deux termes Sr Je- 
han Bapcilte & Noël , fur les héritages & biens 
de Guiîltmain Coftereau , Laboureur, demeu- 
rant à Nanterre , £: fur autres héritagcsr obli- 
giésàce. .k 

Item. I 1. parifis de rente à deux termes ^ Paf- 
cjues & St Rerni , fur les héritages de feu Lorin 
Chevaher l'ainfné , jadis Laboureur , dcinouranc 
à Nanterre , Se fur autres héritages ll bicRS cbli- 
giés à ce. Ce que dit ed en \i cenlive des Reli- 
gieux de Sce Geneviève. 

hem. ,1,10 r. parilis de renrc à deux termes , 
Pafciues & St Rémi , a fils fur certain héritage .;oa 
térouer de .Pûteaux , ten.u en franc aiei? . .les 
quels furent feu Lucas Pcret & Ifabeau iV- f^- 
me. Laboureurs yZ\. fur aa:j:eshérita?,esobi:^4ics 
à ce. Les qutls héritages & les charges qu'ils 
dévoient , (ont plus a plain es lettres des vcn- 
ditions & achas des diélcs rentes. 

RicoGNURENT &; ccafelTerent iceulx Exécu- 
teurs es noms que dellus , avoir ven.d'-i,^, quit- 
tiez ottroié , tranfpciié & 'léleflié , ^ par; la 
teneur de ces préfentes lett "es vendent, quit- 
tent , tranfportenc , deLiTent du roat dès ma^in- 
tenant à toujours j perpétuelmeni & hcritable- 
ment Se promis & encore promettent ts diérs 
noms garantir , déhvrer &: dciilndre envers ôc 
contre tous, aus coûts & defpcns d içclie exé- 
cution, de tous troubles, debtes , obligations, 
ypoteques , & de tous autres empefchemens qii^l- 
conques , toutes & quantes fois que mefi:ier\n 
f^ra en jugement & par tout ailleurs au deïïus 
ne mmé Nicolas Flamel, achetem pour lui , les 

Piij 



34i Histoire Critique 

hoirs , & ayant caufe ou tems à venir ; les 7! 
■/!.' p f. 8 d. maille parifîs de rente annuelle &per- 
-J^pétuellc ci-defTusdéclariée , appartenant à Tcxé- 
^'cution de la diâ;c feue Prénelle 5 de la condic- 
xion des autres 78 1. ^ f. 8 d. maille parif. & 
après les charges fur les lieux : & tout par la four- 
me & manière plus à plain contenus & dcclari^s 
es lettres des ac<]uifitions des dides rentes. 

CiTTE VENTE faite pour le prix & la fomme 
de 74i-l.-5-d. tournois de la monnoye courante 
à préfent , à compter & mctrre l'ccu d'or à la 
Couronne du coing du Roy Notre SS^ pour ix 
f. 6 d tournois pièce. 

C'eft aflavoir , ce qui efl: en la cenfivc de R, 
P. en Dieu Monsieur l'Êvéque de Par. s , pour fîx 
♦F. dix vint * quinze livres tournois. 
y'i^'è^' Ce qui eft en la cenfive de R. P. en Dieu , M. 

l'Evêque de Noyon , & du di(ft M"^. Jehan Por- 
chier, qui jadis fu aux Coquatrix, pour 30 1. 
tournois. 

Ce qui eft en la cenfive de l'Eglifc St Martin 
des Champs , 90 1. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive de Religieux Abbé Se 
Couvent de St Magloire de Paris , pour 8e liv. 
tournois. 

Ce qui eft en la cenfive des Religieux Abbé & 
Convent de St Vi^lor lès Paris , pour 4 f 1. tourn. 

Ce qui eft en la cenfive de St Germain l'Auxer- 
lois, pour i^ 1. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive du Chapitre de N. 
D. de Paris, pour 3c 1. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive de St Ladre lès Paiis 
pour 30 I. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive des Rcligieufes de 
JMontmartre, pour 1 1. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive de l'Eglifc de St Mcry 
à Paris, pour i 1. tournois. 

Ce q,ui eft en la cenfive défi Religieux de Sr 



DE Nicolas F LAME I. 543 
Denis en France , pour Quaraine 1. tournois. 

Ce qui eft en la cenfive des Religieux de Sce 
Genncvieve du Monr , à Paris , pour Sol. tourn. 

Ce qui eft en la cenfive des Religieux de l'Of- 
piral , qui jadis fut du Temple , pour 60 1. tourn. 

E: ce qui cft afïîs fur certains héritages tenus 
en franc akuf , pour 1 5 1. 5 d. tournois. 

Les quelles parties font enfemble , la fomme 
de 74i-l.-5-d. tournois , que les dids Exécuteurs 
en confefTercnt avoir eu & reçeu du di(fl Nico- 
las Flamcl, pour tourner mettre & convertir ou 
fait de la diûe exécution d'icelle feue Perrenelle, 
de la quelle Tomme de 741 1. $ d. tournois, les 
di<fls Exécuteurs èz noms que deffus , fe tinrent 
pour bien payés , contens & agrées à plain , & 
en quittèrent & quittent, clamèrent bonnement 
& abfolvement à tous noms fans rappel , le di(5l 
Nicolas Flamel , Tes biens , fes hoirs & a)*ans 
caufe & tous autres à qui quittance en pouroic 
& devroit appartenir ores , ou pour letems ave- 
nir. En tranfportant , cédant , & delelTant les 
diâ-s Exécuteurs es diéls noms ou di(5l Flamel Se. 
fes hoirs & ayans caufe , tous les droits de pro- 
priété, fons, poCfeflion , faifme , caigerie Se 
Seigneurie avec toutes les aérions réelles, per* 
fonnelles , direélcs , tenues cxprefles que iceux 
Exécuteurs à caufe de la dide exécution , avoienc 
& povoient demander & réclamer es di(fles 78 1. 
9 f. 1 d. maille parifis de rente ci-defîus vendue 
& envers quelconques perfonnes , héritages ob- 
tenus pour raifon de ce. 

Et des diâ:es 78 l. 9 f 1 d. maille parifis de 
rente deffus déclarée , les dids Exécuteurs es diùs 
noms , fe deifaifïrent & deveftirent es mains des 
dicls Notaires jurés comme en la men fouve- 
raine pour le Roy Notre Sire, vouhns Sccoa- 
fentans , que le dicl Nicolas Flamel , pour lui , 
fes hoirs & ayans caufe , en fut &: foit faiûs* 

Piv 



344 Hl s T O T R E C R IT I Q. U E 

Et d'abondant Se à greigneur fcures de ce que 
diâ: cft i les dicls Exécuteurs es noms que de/Tus , 
firent & conHiicuerent leurs Pxocureurs & MelFa- 
géserpéc aulx , JcIunGailiaume , Jehan Scapin, 
Pierre le Saulni^r , Pierre Chavré , Jehan de Bric, 
Ouoin le Fruitier 5c Pierre Pellerin 5 aux quelx 
cnTs^iiiblc Si. a chafcun par foi pour le tout , ils 
donnèrent & ottroyerenr plain povoir, audio- 
rite &: manden^ent efpécial de ce faire , & tout 
ce que au cas .appartiendra , & tout autant corn- 
me eux-mefincs Ce préfens y eO-oient en leurs per- 
Xonncs , feroiei.t & fe pouroicnt , combien que 
; requeifl: plus clpécial commandement. 

Prometcans les dids Exécuteurs es dicls noms 
par leurs fe mens, foy de leur corps, pour ce 
baillées corpoiellement\:s mains des dids No- 
taires , avoir agréables , tenir, entériner , ga- 
, jantir.& accorapl'r cefle préfente lettre, & en 
j/ournii quittance , & tpujtcs ks chpf^s en ces Içt- 
.rtrçs, contermes,.&,,efç^ii:t;&, fafîs. venir fa iue ©u 
;. dire, contre jamèsjà pu] joi^i çouViCrtement ou en 
; appert , par voie défait ou de droit , pour rail on 
. de ncni , d'ignorance, ou communicaiicn, ou dé- 
ccvance , ne autrement, pour quelque caufe 
que ce foit ; & à plain& fans aucun plarc reidre , 
payer & reftituer^, tous ceux , mifes , defpcns , 
dommages j journées , falaircs 5; iiçitérslt qui 
fais , ou fcroitni fais ^ ou coture eux fuient par 
leur fait &: coulpc pour raifon des, chofcidellus 
dides, 01} aucune?- d'i celles non tenues , non. 
entérinées, non accomplies. 

Obhgans qun^t à ce , les dids Exécuteurs es 
noms que deiius , tous les biens quelconques ap- 
partenans a la didc exécution meubks & imm>-U- 
blcs, préfens (Se avenir que iceulx Exécuteurs 
es dids noms en foufmiftrcnt pour ce du tout 
en quilEicr , vcndfe , adenerer & cxf loifer , par 
nous,, nos fuccclfeuis, Piévofl de Pans &: par 



DF, Nicolas Flamel. 54Ç 
tous aurres jufHciers tous qui juirididion ils (onc 
& pourront eilre trouves , pour le contenu èî 
dicftes lettres du tout accomplir. 

Renonçans en ce fait expreilément les àicks 
Exécureuis par leurs fermens , foy delTus dicTts ,• à 
toutes exceptions, déceptions, fraudes , mali- 
ces, barres, cautellcs , ca'viilations , .. . oppo- 
fîtions , privilèges , franchifes , dilacions , ab- 
folucions , & autres impétrations ; à tout droit 
efcript & non efcript , canon ^: civil 5 à tous 
les couftumiers , coniHtutions 5c eftabliffemens : 
à la déception de ouhre la moitié de jufte pris , 
& icellui pris de 741-I.-5-Û. tournois non avoir 
eu & non reçeu comme di6l cft : & généralement 
& efpécialement a routes aultres chofes quelcon- 
ques fans rien excepter , qui , tant de fait com- 
me de droit , de vs , de couflume & autrement , 
aidier& valoir leur pouroient , pour venir faire 
ou dire contre les chofes deffus dides , ou au- 
cunes des chofes en ces préfentes lettres con- 
tenues & au droit difant générale renonciation 
non valoir. En témoin de ce , Nous à la relation 
des dicfls Notaires , avons mis à ces lettres le 
ScqI de la dide Prévofté de Paris , l'an de grâce 
13^7 , le Mardi 19^. jour du mois de Janvier. 

DUJARDIN. EÉGUINOT. 



j4^e contenant la déclaration des biens dont 13^^; 
Vufufruit fut laijfé à Flamel , en vertu du 
don mutuel. 

X."¥ TÉnerable&difcreteperfonnçM"^ Hervé i?e. Pièce 
V RouHel , Dodeur en Décret & Curé de ^.^J^ »"^- 
l'EglifcSt Jacques de la Boucherie à Paris, M"*^. ^^. ^jj^pf. 
Jehan le François, Notaire Apoftolique & Im- tre. itif^. 
périal ; Rogier C!of er & Jehan Harengier, Exé- 
cuteurs duteftameat & ordeonançe.dedexDiere 



^j^fy HiSTOjRE Critique 

Tolenté de feue PcrrenclJe , jadis femme de N. 
Flamel , affermèrent comme après le trcTpan'e- 
ment de la dide deffunte , inventoire euft été 
fait des bicns-meublcs & héritages qui écoient 
communs entre la diiflc feue Pcrrcntllc au jour 
«ju'ele ala de vie à irefpaliement , & le did: Ni- 
colas Ton mari 5 & que pour payer & accomplit 
les lais & ordennances contenues ou dit tcfta- 
ment , & en un codicille par elle fait & paiTé > 
& auffi les debtes & charges en quoi rcxécution 
povoit eftre tenue quant àpréfent, quieftoient 
de j;rans & groffes fommes &: frais : avo't con- 
venu vendre certaines rentes & biens fur la part 
de la dicte deffunte , & bailler aucunes rentes 
qui ont é:é rachatées par accort fait à la ven- 
dition d'icelles, & que pour iceux lais & tout le 
contenu ou dit teftament , & les debtes payer 
& accomplir excepté le fait des quatre Méfies 
pcrpctuelts chafcune fepmaine que la dide def- 
funte a ordennées par le did codicille eftre fon- 
dées & dides après le trefpallcment dudid^N. 
en l'Eglife St Jacques de la Boucherie. Ils eulU;nt 
& avcient cliargiés le did Nicolas par certain 
traitié & accort fait entr'eulx , tant pour CQt- 
taines rentes & biens-meubles fur la part de la 
dide deffunce contenues ou dit inventoire , que 
pour ce les dicfls Exécuteurs ont vendues 6c 
tranfpoiLées au did Nicolas Flamel , comme au- 
tfemtnt. 

Icelliii Nicolas Flamel a entièrement & loyal- 
mcnr payé & acquitté tous les lais & ordennan- 
ces contenues es dids teftament & codicille , 
avec toutes les debtes & charges que povoit deb- 
voir la dide exécution, excepte le fair dts dides 
quarreMertcs chafcune fepmaine, & autres cho- 
fts ordennées à faire après le trefpalTement du 
ditt Nicolas, à quoi il n'en eft rens tenu. 

£; de louc ce doatU eiloit chargé & qui efloic 



t> E N I C O L AS F L A\f E t. J47 

à faire & payer à prcfent & en ion vivant , le 
dii\ Nicolas a fait bon compte & fatisfadion 
ans dids Exécuteurs à c]ai il appartient dont &c. 

Et n'a plus auculne chofe par devers foi des 
biens de la dicle exécution , & des chofes 6c paye- 
mens dont il s'elioit entremis & povoit eftre 
chargiés de faire : a baillé & rendu auxdeiîus dis 
Exécuteurs j bonnes lettres de quittances , def- 
charges & payemens (ouffifanspar lui fais, tant 
fur le fait des di(fts lais & ordennances, comme 
des debtes & charges , & ont les tlids Exécuteurs 
icçcues par devers eux les dicles quittances & 
deicharties avec )e diâ: inventoire & les dids tef- 
tament & codicille dont 5cc. 

Et ou nom exécutoire que deifus , quittent 
& defchargent à plain le di6l Nicolas Flamel 
& fes ayans-caufe , tant fur fait d'obligations 
qu'il povoi: avoir fait & palfées à la didle exécu- 
tion pour caufes d'achas de rentes , pour charge 
de faire payemens , de traitiés & autrement , (ur 
tout ce que dict eft, & pour le fait de la diûe 
exécution & les dépendances, &c. 

Excepté feulement ii livres tournois que la 
dide deffunte a laifTiés par fon dii\ teftament ; 
c'eft alfavoir, à la fille Jehannette la Pafquote j 
6 livres tournois en avancement de fon mariage 
& 6 livres tournois àMahehne & TalTineDefrei- 
nés , chafcune dicelles foixante fols tournois > 
pour avancement de leur mariage , defquels ix 
livres tournois le did Nicolas^Flamel eft tenus 
de acquitter la dide exécution pour le fait du 
mariage des dides filles, & en demoura quitte 
fîtôt qu'il ara pour ce payé le didl argent. £c 
ou cas que cependant les dides filles , ou aucu- 
nes d'icelles iroient de vie à trcfpalfement , le 
di(5l Flamel fera tenu de payer après fon trefpaf- 
fement , à icelle exécution , le dicl argent qui 
o'aYoit ainfi elle payé pour convertir en aumoi* 

Pvj 



34^ Histoire Critique 

ncs fclon le contenu -du did^ tcftamcnt. 

Et aprcs les debtes, lais ^i ordennances de 
Ja dide dcffupte payées & accomplies comme 
dcfïïis cO; diCl j eO: demeuré du rélidu de tous les 
biens iSc cliofes appartenantes à l'exécution di 
tcflament & codicille de la dide défunte : c eft 
affavoir , la moitié pour indivis de io6 livres 6 
fols n deniers poitevine parilîs telles ']u'elles', 
prinfcs pnr parties à Paris 6i dciiors lur les lieux 
conmc il s'en fuit ; donr pU/ieurs fonr arachas-, 
tant par prom.'Ies de bonne foy en failanc les 
achas d'icelles parties de la main, du uidt Nico- 
las, comme par lettres du Chafteliet de Paris. 

Premièrement. A Paris fur la m.aifon Jehan 
Harengier , Elcrivain , fur le coing de Marivaux^ 
4 livres parilîs-. 

Item. Sur la maifon aux enfèins feu Jeiianle 
Forcfticr, qui fait le coing d'une ruelle en la. 
Tcnnerie, dellendant à Seine, i 1. parifis. 

Item. Sur la maifon Girarc le Bourf cr , Tain-, 
tuiierenla rue Auberyle Bouchier, i .1. ) f par. 
Item. Sur trois maifons dont les Jeux font en 
h rue Palléc, où demeurent fillettes de vie , fur 
chafcune d'icelles i 1. & fur l'autre maifon ôc. 
fur les louages qui y appartiennent, 5 L de rente,, 
féans en la rue St Denis oultre la porte par deçà, 
l'enfeigne des quatre fils Hémon : qui furenp 
acha.éei par plutieurs achas , monte par an de 
rente furiccUes maifonscomme dit cft , 7 1. par. 
Item. Sur la maifon où ell l'cnf-igne du Pef- 
tail devant le Palais , qui eH: Jehan Thomin 3c, 
fa femme, à caufc d'elle, par an 4 l.parifis.j 
Item. Sur la maifon de l'image St EpLicnneen la.- 
Coiloncrie , qui eft aux hoirsfeu J. de la Ruelle., , 
17 f. y d. & le tiers d'un denier j & fur la maifon f 
qui fut Bernard Petit, en la viel Pelleterie, 6 f. 
8 d. parifis , achatés par une lettre de la condic- 
tien de certaÙKS lemcs ; monte la rciite fur içeI-« 



ia-E N I C O L A s F L A M E t . 5 45^ 

les dcuimaifons coiDme dicleft , far an , i 1. 4 
r. 5 d. poitevine parilîs. 

Item. Sur la maifon , jardin Se louaees Giiil- 
lot Petit , Pelletier Efcnvain de fourme, fe'ant 
en la rue Chappon apr^^s fons de terre par an 5 1. 
4 r. pari fis. 

/ff;72. Sur ia maifon cii fut rerfeifine de la 
VzWz^ qui eft à préfcnc comme en ruine, féant 
en là rue Au Maire , par deux achas , 4 liv. dç 
rqnte. Et depuis la dide rente a été délaifliée , 
tant comme l'en voudroit tenir la maifon &; 
en faire pa^/emenr par an pour foixante-cjuairç 
fols , & font de pry de valeur. Les queles 4 1 ont 
été délaifl:cs qui y vcult demeurer par an pour 
4 !.. tournois 4! parifs. 

, . Item. Sur la maifon de la tefte de Lion , en 
la rue aux Gravelles , oui eft Viennoi: de Lin- 
gies , Maçon 5: Couvreur de niaifons , par an 
2. 1. parifis. 

hem. Sur la maifon joignant de Ihoftel de 
Beliaigne^ où demeure M'-^. Jehan Baill^^t, Prê- 
tre j en la rue aux Gravelles , & font pour indivis 
enrre autre ren:e par an 1 1 fols parifis. 

Item. Sur k D;iaifon<]ui eft; à, préfent en deux 
pariies fous une couverrurc en la rue du Tem- 
ple ouhrc i'cfcliiclle ; l'une partie qui futPvobin 
Pofcheron ^ Serreurier , & l'autre partie d'icelle 
maifo.n eil a Jehan Demes , Boulanger , par an 
de rente par plulîeurs achas , 4 1. parifs. 

Item. Sur la maifon & jardin Jehan Nernet , 
Tailleur de pierre , en la rue Alichiel le Conte^ 
par an ^ f. 6 ,d. parifis. 

Item. Sur fa maifon & jardin qui eft à prefent 
au Maître des " rchiers dii Roy ,■ eh la rue Mi- 
chiel.ie Conte, par an i 1 15 f. 6 d. pari(is. 

he^i. Sur la maifon & louages entretenans qui 
furent feu Maciotle Charpentier, Cloutier , afCs 
Cil la Tcnûelvfiç , par an ritparlirs» 



3 50 Histoire Critique 

Item. Sur la maifon Jehan Tourin , faifant le 
coing d'une ruelle à l'oppolîte de la rue Frogier 
rafnier , par an lo (bis parifîs. 

Item. Sur une maifon qji cft au Prieur des 
Blancs Manteaux , en la Brethonnerie , faifant le 
coing de la rue du Puits , par an i 1. 4 f. parifis. 

Item, fur la maifon Jehan le Huchicr, en I^ 
Truanderie , à l'enfeigne de la Fleur de Lis, par 
an z livres 10 fols parifîs. 

Item. Sur la maifon Thomas Prion , Hucher , 
en la rue Anquctil le Faucheur près du viel Ci- 
metière St Jehan, par an 4 livres pariiis. 

Item. Sur la maifon Mahiet Gcrreul , Sergent 
à cheval , rue St Martin prés de l'oppofite de 
la rue aux Mcncftriers, & fur cenains fes héri- 
taiges de la condition d'une certaine rente , par 
an 5 livres parifis. 

Item. Sur la maifon du Barillet ouitre le pont 
^itMichel. "cuf, * en la rue devnnc Se Andry des ars , qui 
furent afîîi; fur icclle maifon , par Jehan le Bour- 
guignon , en lieu de quarante fols que les dids 
Flamel & fa femme fouloient prendre fur la mai- 
fon Guillaume Baz^Ile & Ifahcau fa femme , en 
la rue des Gravellcs , dont l'en fit un plait , & 
fe confentirent à cefte afîîete lesdidis Exécuteurs 
& Flamel, pour ce par an 1 livres parifis. 

Item. Sur la maifon Jehan de Bric , Tixerant 
de toilles , près de la Porte au Conte de Flan- 
dres & de la Croix neuve , par an 1 1. parifîs. 
V. 3e. Part. Item. Sur la maifon Dominique Cordelier , 
f. 170. Hafteur de Mg^ de Berry , près & ouitre la po- 
terne de St Pol , par an 3 1. 4 fols parifis. 

A Villages hors Paris. 

Premiirement , fur les hcritaigcs de Jacque- 
min Bourgot de la villette Se Ladre à deux ter- 
mes , Pafqucs & St Rémi , par an i livres parifîs. 

lum. Sur les hcriiages Dcnifoi Lrathclia, de- 



DE Nicolas Flamel. 351 

Jilourant à la villctte St LaJre , à certains ter- 
mes par trois achas ^ par an & y a plaiges , 4I. 
4 r. pari(ïs. 

Item. Sur les héritages Jehan Piquet , Bou- 
chie , demourant a la vill;;ttc St Ladre , à deux 
termes , Pafcjues & St Rémi, ahatées en Février 
«juatre-vms (5c quinze , i 1. 1 1 f. parids. 

Item> Sur les héritages Jehan Ravine, die 
Chandelle, Bouchier, demeurant à Louvecien- 
nés , aux quatre termes , par an 4 1. pariiîs. 

Item. Sur les héritages feu Jehan le Grefle , 
demeurant a Louveciennesà deux termes , St Je- 
han & Noël , par an 4 livres parifîs. 

Item. Sur les héritages Michelet le Grefte , La- 
boureur , demeurant a Louveciennes, au terme St 
Jehan , par an i I. 4 f. pariiîs. 

Item Sur les héritages Jehan Duru & Pierre 
Duru, frères, demourans à Louveciennes, au 
terme St Jehan , par an i 1. 4 f. pariiîs. 

Item. Sur les héritages Jehan Ravine , dit 
Chandelle , Bouchier , & Oudinde Lourme , de- 
lîiourant à Louveciennes , à deux termes, par an 
St Rémi & Pafques , z 1. parifîs. 

Item. Sur les héritages de feu Jehan Chaftellain 
& Oudin Ton fils , demourans à Icy ratiif. ôcc. 
à deux termes , St Jehan 5c Noël , par an 1 l. 
parifîs. 

Item, fur les héritages Pierre Chaftellain , La- 
boureur , demeurant a Icy, à deux termes, St 
Jehan & Noël, par an 1. 4 f. parifis. 

Item. Sur ks héritages Thomas le Bouchier, 
Bouchier , demeurant à Icy , à deux termes St 
- Jehan à:. Noël , par an i 1. 4 f. pari fis. 

Item. Sur les héritages Colin d'Auteuil , La- 
boureur, demeurant a Icy , au terme de Pafques , 
par an z 1. panfis. 

hem. Sur les héritages Michault Mufnier, La- 
boureur, démoulant à Icy, & JehauFouchier, 



^52. Histoire CRITIQ.UE 
Marchant de bois, plaige j demourant a Monfte- 
reul , prcs de Vcrfailks , au terme de Pafquts , 
par an 2. 1. pariils. 

Item. Sur les héritaees Jehan Baudouin , La- 
boureur , demourant à Icy , a deux termes. Se 
Jehan & Noël , par an i 1. 4 f. parifis. 

Item. Sur les héritages Eftienne Loifcl , La- 
boureur , demourant a Rueil , au terme St 
Mardn par an i 1. pariîîs. 

Item. Sur les héritages feu Jehan Michicl , Jc- 
hanne famcre de Ifabelot fa femme, demourans 
à Auteuil , aux quatre termes , par an i f. par. 

Item. Sur les héritages Jehan Pluyau, demeu- 
rant à Nantcrre , à deux termes, Parques& St 
Rémi, par an i 1. pariiis. 

Item. Sur les hérirati;cs du dicl Jehan Pluyau , 
demourant à Nanterix- , au terir.ede Se Rcmi par 
an 1 1. parifîs. 

Item. Sur lesjîériiagcs Benoifi & Lorin Cham- 
pion , frères , demourans a Nanterre , à deux ter- 
me: Pafques & St Rémi , par an i 1. 4 f. pariiïs. 

item. Sur les héritages Adam Champion , La- 
boureur, dcm.ourant à Nanterre , au terme de 
Noël, par an i 1. 1 1 fols pariiîs. 

Item. Sur les héritages Guillaut Champion , de 
Nanteire, aux termes Si Jehan & Noël, par 
an , I 1. 4 f. parins. 

Item. Sur les héritages du dicl Guitlot Cham- 
pion , de Nanterre , au terme St Rémi , par an 
1 ]. 4 r. parifis. 

Uem. Sur les héritages Jehan Vaillant , de 
Nanterre, au terme de Noël , par an i 1. par. 

Item. Sur les hériragc^ feu Jehan Moreau , 
]'aininc& Girart Brandis fon gendre, à deux ter- 
mes, Pafques ci St Rcmi, par an i 1. 4 f. par. 

Item. Sur les héritages Jaque: Hurlcu , demou- 
rant à Nanterre, au terme de Ncel , par an i 
J. patiiis. 



D E^ N, I C O L A s F L A M E L. 555 

Item. Sur les héritages du dicl Jaquet Hurlcu, 
demouranc à Nanterre , au terme de Npcl , par 
an I 1. parifîs. 1 

. hem. • Sur les héritages Michiel des creufes 
Voyes, Bouchier, deinourant à Nanrerrc , à 
deux termes, St Jehan &: Pafques , par an 1 1. 
4 f. pariils. 

Item. Sur les héritages Guerin Omo & Jehanne 
fa femme , deniourans à Naiiterre , a deux teii- 
mes , Pafques & St Rémi , par an 1 1. 8 f par. 

Item, Sur certains héritages de -Pierre Bréval , 
Maçon., demeurant à Pvony près du bois de Viij- 
cehnes , au terme StRemi , par an un fextier 4e 
blé meftail. 

'Item. La moitié par indivis d'une maifoi>, 
louage & appar enances fcant a Pans devant 
l'Eghfe Sz Jaques de la Poii;îierie , faifant le • 
coing de la rue Marivaux , où eO: i'enfeigne de 
la 'fleur de Li^j tenant d'une part a M*^*?. Jehan.. 
Je françois , «Sç d'autre. parc .dedans la ru^ de Ma- 
Yivaùx, tenant. a la maifon Ouv-iin le fruitier; 
abouti/Tant par derrière a la maifon Guerin Ba- 
.^uet , en la çenÏÏve de l'EA'éque de Paris. 

Item. La moitié par indivis de deux petits 
ouvroirs'à Efcrivain , entretenans fous une cou- 
verture , tenans aus murs de l'Eglife par devers 
le petit huis d'icelle. 

Des quelles rentes , maifons , ouvrouers & 
fe-xtièr de blé , la moitié en propriété pour in- 
divis, appartient à la dide g:vécutirn , comme 
dclîus eft did:, & l'autre moitié appartient au 
diâ: Nicolas de fon droit , icellui >s^icclas Fla- 
jnel , par vcr^u de certain don mutuel , cy aprds 
tranfcnpt , fait entre lui & la dicle deftUnte a Ton 
vivant doit joir paiiibkment. durant fa vie. Et 
lui ont les dicts Exécuteurs icclles rentes , mai- 
fon , ouvrouers ainlî appanenans a la di6le exé- 
cution par moitié pour indivis, comme dit eft, 



354 HisTOïiiE Critiqué 
dclaiflices en fa main fa dide vie durant, cora- 
me en tel cas de don mutuel eft accouftumé de 
faire , &c. 

Et auifi doit avoir & tenir fa vie durant, la 
môitic de 1 8 ; I. t6 C.qiu monte 9 1 1, i 8 f . par. 
appartenans à la dide exécution , à caufe du ra- 
chat de 17 I. li f. pariiisde rentes qui ont été 
rachatc'cs par ceux qui les veudirent , par ac- 
cort fait en faifant l'achat d'icelles , comme eft 
diâ: : du quel don mutuel la teneur eft telle. 

A tous ceux qui ces préfentes Lettres verront, 
/udouin Chauveron, Chevalier, &c. Voye^ila 
Pièce entière a-deffus , page 1^5. 

Apres la date du don mutuel , qui efl du Lundi 
10 Septembre i 3 8<? , l'amie ajoute 

E: quant aux rentes à viage acqueftécs durant 
Je mariage de la di*5le deffunde & du diû Ni- 
colas, la dide exécution n'a aucun droit : & 
les ont les diéls Exécuteurs délaiffiés au did Fla- 
mcl à fon proufit , tant par accort , comme par 
vertu du don mutael,&Tans ce que jamais en loit 
tenu de rendre aucun compte , &c. & promeit. 
fur ce que did eft ou nom que dcftus , &c. 
Oblig. les biens de l'exécution , &c. Garant. 
&c. Cons. &c. Rend. &c. Jur. Voul. &c. Fait l'an 
mil trois cens quatre-vins & dix-neuf , le Ven- 
dredi vint-feptieme jour de Juing. 

A. LEPREUX. J. PARTIS. 



I46i. ABe d' amortijfement d'une maifon , donné à N, 
Flamel par le Prieur & le Couvent de jaint 
Martin des Champs^ 

lie. Pièce ^I A Tous ceulx qui ces Lettres verront. Prere 

de la le. ^f^ jEHANALVERNAS,humblcPricur de lEgii- 

c^^^/"r* ^^ ^ ''^" ^^ ^^ Martin des Champs à Paris,&: tout 

^^^'" ■ le Couvent d'iccllui mcfmc lieu. Salut eu Notre 



CENlCOtASpLAMÉI. ^$$ 

Sgr. Savoir. Faifonsque comme en plufieurs rues 
de Ja terre & juridiâiion de la dicfte Eglife , qui 
fouloient eftre peuplées de bonnes gens mcfna- 
giers , ait à préfenc grant quantité de maifons èC 
lieux cheux en ruyne & défère, non habitées par 
faute de bons Propriétaires , par quoy il a dès 
long-tems en ycelles ruesgrans punaifies deboes 
& autres ordures en diminution des hoftes & 
mefnagiers en la di(^c terre. Et par efpécial en 
la rue de Montmorency , allés près de l'ancienne 
porte , didle la porte de St Martin , ait plulieurs 
maifons & appentis cheus en ruyne , où l'en fait 
& apporte de jour en jour punaifies & ordures , 
telement qu'il tourne à gianc grief & préjudice 
aux voifins j & ont par ce plufieurs Cenfiers per- 
dues leurs rentes qu'ils prenoient fur icelles mai- 
fons & appentis. Et entre icelles maifons ainfî 
en défert , Nicolas Elamel Efcripvain , avoit & a 
un petit appentis , ou place cheue femblablement 
en défère & ruyne, contenant environ vingt-qua- 
tre pies en quarrcne, dedens euvre chargiée de un 
denier de fons de terre par an envers la dide Egli- 
Te i tenant d'une part à une maifon qui eft de 
lonc tems en ruyne , oii jadis ot eftuves , qui 
fu feu Arnoul Coufin; & d'autre part à petits 
loages qui pareillement font en defert,qui furent 
feu Jehan Deiavallée & Marie fa femme , abou- 
tiifans par derrière à Berthelemy Croquemeurc 
& à Jehan ne fa femme à caufe d'elle. Lequel 
Nicolas Flamcl nous a requis que nous voulfif- 
flons admortir & affranchir a tousjours icelle 
place , pour y faire édiffice par manière de Hof- 
pital , ou autrement : ou maifons d'aumofnc 
pour demourer povres gens mefnagiers , ou icel- 
lui édifnce vendre franchement , chargiei de ren- 
tes , donner à Eglifes , Hofpitaux pour en joyrj 
ou les bailler par leurs mains pour demourer po- 
Yrcs gens , ou en faire Se ordonner p^ teftamenc 



5 5^ H î s t ô î R F. Critique 

8c aùiremer.t , à la voknrc &: comme bon Ccm" 
blcra au àiô: Nicclss Hamcl, ou à fcs ayans- 
caufe , franchemcnc (ans payer ventes ou devoirs 
à nous ou à nos fuccellcurs , Prieurs ScConvens 
de la didle Eglife l prcfens & à venir. 

Et pour ce. Nous allcmblés en plaîn Chapi- 
tré à Ton de timbre comme il eft accouftumé à 
faire pour les notaires bcfoir^nes de la difte Egli- 
fe. Eu fur ce encre Nous &i).c Confeilde la dide 
Eglife , avecqucs autres faiges & difcrettes per- 
fonnes, confeil &. advis, par grans 5c meures dé- 
libérations a pluf eurs fois ; fie auifi enccnfîdé- 
ration ad ce que telle place eft en rue des tour- 
née par où périt de gens paîTcni & afFm que fe 
Ten édiffie icelle place , l'en pourra faire édiffier 
à l'exemple & aide de ce les autres places ou ma- 
sures ruineijfcs d'environ 5 S: la didle rue nétoier 
des didcs ordures , &: illcc venir demourer liôf- 
tcs èc mcfnas^icrs , au prouffit & honneur delà 
diéle terre & j-jrididion & des voif ns d'environ. 

Et tout veu & confideré ce qui faifoit a vcôir 
Se à confîdércr pour le prouffit de l'Eglife , terre 

6 jundjdion defî'us dic^s. Avons admorri & a'd- 
morriffons par ces Préfenres au did Nicolas Fja- 
mcl" &: à fes hoirs &. ayans caulc à tousjours la 
d de place ou mazure pour y faire éditïîces , fe 
bon leur femblc, tels & de telle ordonnance 
qu'ils leur plaira ; fcit maifon d'aumofne par ma- 
nière de Hofpital ou autrement , les ^ovoir ven- 
dre , efchang:er , donner à Hof]iiraux ou autres 
Eglifes, ks chargier de rentes, les bailler à de- 
meurer povrcs i^cns, par mains de gens d'Eglit'e, 
afngncr rentes defîus à gens par ordonnance de 
teftament, ou autrement : en faire & ordonner 
(î comme bon femblera au dit Nicolas Flamel Se 
à fes ayans-caufe; fans pour ce payer aucunes 
-ventes on devoirs , à Nous , ou à Nos dis fuc- 
ceifeurs , Prieurs èc Convcns de là didle Eglife , 



DE Nicolas Flambl. 357 

prefehs Se à venir i fans y mettre coiirrcJit , ne 
c|'.ic Nous ou a nos dicis faccciTeurs ks p'iilfions 
faire mettre hors des mains de gens d'Eglife , ou 
autres c]ui les tenroient ou tcms avenir pour caufe 
de cenfive , Seigneurie , ou autrement. 

Excepté par exprès & referve feulement à 
Nous , ou à nos didls fuccelfeurs , que le dicl 
Nicolas Flamel , ne Tes di«5):s ayans-caufe , ne 
pourront , ne feront tenus faire , ou faire faire 
en la di6le place , Chapelle , ne lieu fa in t. 

Et auifi avons tousjours en autres chofes Nous 
&c nos dicls fuccelTeurs la Seigneurie fur les hof- 
tcs & raefnigiers cjui y pouront demourer ou 
rems avenir, pour faire to^'s explois de jufticc 
fur yceulx en tous cas qu'ils aroient mefprins , 
comme fur les autres hofbes Se mefnagiers de 
la ditle terre. Et en ligne de ce , nous fera payé , 
chafcun an fur le diâ: lieu au terme St Rémi , 
le did denier de fons de terre que devoir par an 
icellui lieu ,-fans ce qu'il tourne , ou puift tour- 
ner pour ce auc jnemenc à préjudice à l'admortiiTe- 
nient'& franchife delfus dids. 

Et pour caufe & en lieu du did admortiffe- 
ment d'icclle place , par la manière , condicions, 
comme delfus eft dicl , icellui Nicolas Flamel a 
baillé , affis & afîîgné à la dide Eglife de St Mar- 
tin , par accort Se corapofition fais avec Nous, 
dix fols parifis de rente , les premiers prins après 
fons de terre , en foixante Se dix fols parilis de 
rente que icellui Nicolas difoit avoir droit de 
prendre & avoir, fur une maifon & apparte- 
nances qui fu M"^ Andry Courtois , féant en la 
grant rue St Martin , en notre cenfive i tenant 
d'une part à Jehan le Sueur . Jardinier, Se d'au- 
tre part à Jehan Blanchart, Maçon, aboutif- 
fans par derrière à l'hoftel ou habitations qui 
furent au Roy d'Arménie. Et avecques ce , nous 
I aallîgné le did Nicolas dix fols parifis , toutes & 



558 Histoire Critique 

quantcs fois que il ara ou tcms avenir nouvel 
l'ricur inRitué en la dicle Eujifc Se Martin i à 
prendre iceulx dix fols parifis pour une foisfeu- 
Icnicni , es (bixnnte Tels parifis de rente qui de- 
nourent au didl Nicolas , fur la maifon dclfus 
di:;le, comme dclluselt dici , &: non aui rement. 
Dv la Cjuclle adicte de 10 CoU parilîs de rente 
par an . & de 10 fols pari/is à prendre pour une 
fois Iculcmcnt , es foixante fols de rente dclliis 
dids, roureHois qu'il aia nouvel Prieur inftitué 
ou te ns avenir en la dicleEglife St Martin , com- 
me d cl efi. Le didl Nicolas Flamel nous a baillé 
lettres fous le Sctl du Cha(Lcllet de Paiis , dont 
es noms eue délias , nous nous tenons pour biens 
conteas pour le tcms préfent & avenirs ^ i'eii 
quittons &i fcs dids aians-caufe. 

La quelle cho(e & admortilfcment par la ma- 
nière Se conditions que dclfus eft di(5l ; Nous pro- 
mettons par Nous & nos dis fuccelîeuis , Prieurs 
& Convens delà dicle Eglife , & pour & ou nom 
d'icelle, tenir ferme & cftable fans jamais venir 
contic , ne demander delfus le dicl lieu & app'ir- 
tenanccs pour fons de tcrreou autrement, aucua 
autre droit que dcllus eft dict , ores , ne ou tems 
avenir , en quelque manière ou occafion que ce 
foit. Et promettons par Nous & nos didls fuc- 
Cvfleurs, rendre & payer tous defpens domages 
& intérêts qui feroicnt fais par dclFault de ce. 
Soubs l'obligation des biens & temporel de la 
ditlc Eglife préfens & advenir ; les quelx biens 
& temporel, nous foubfmettons quanta ce pour 
eflre contrains & exploitiés par la Court de Par- 
lement , & par toutes autres juftices féculieres 
& de l'Eglife fe meftier eft. 

En tefmoingde ce, Nousavonsen noftredict 
Chapitre fccllc ces préfentes lettres de nos pro- 
pres Sceaulx , & avons baillé au did: Nicolas f la- 
wicl à fa requefte ces préfentes lettres 5c trois au- 



DE Nicolas Flamel. 359 

trcs lettres paieilics de ces préfents accorc Se 
odbroy fcellécs de nos dicls ceaulx , pour valoir 
cliafcun original affin de grei;^neur fearcé ik. 
congnoilfancc fur ce. 

Ce fu fait l'an de grâce mil quatre cens & 
fîx, le Mercredi dix & fept jours du mois de 
Novembre. » t 



Se tence du Châtelet de Paris , qui donne main- 1418. 
levée u la Fabrique de Si Jacques de laBouche- 
rie , de la Jaifie faite jur les biens de la fuc- 
cejfîim de Nicolas flamel. 

XII. A Tous ceux qui ces préfentes Lettres ae. Picce 
-^X verront. Jaques Lamban, Efcuyer , Sgr. '^^. ^^ P^'^* 
^e Partes & de Sameuze en Recbeiois, C". du î^^j^^'^'J^' 
Roy Notre SS^ Se Garde de la Prévofté de Paris , chap. ii*. 
Salut. Savoir, faifons que l'an de grâce 1418 
le Vendredi fécond jour de Septembre , furenc 
préfcns en jugement devant nous ou Chaflellet 
de Paris , les Marrégliers de l'Eglife St Jaques 
de la Boucherie de Paris , es noms & comme 
Exécuteurs du teilament ou ordonnance de der- 
nière voulenté de feu Nicolas Flamel , en fon 
vivant Efcripvain &: Bourgeois de Paris , d'une 
part, & le Procureur du Roy Notre dit SS^ ou 
dit Chaft elle t , pour & ou nom d'icellui Seigneur 
d autre part. En la préfence des quelles Parties dc 
oye la requefte à Nous aujourd'hui faite par les 
di<5ts Exécuteurs , à l'encontre du diâ: Procureur 
du Roy : à ce que les arreft & empefchemens ^ 
main du Roy Notre dit Seigneur , qui fais & mis 
avoient été à la requefte du dict Procureur du 
Roy , en & fur les biens-meubles demourés du 
décès du di6t defFunt , comme vacans & app.ir- 
tenans au Roy Notre dit S^\ par dedPauke d'éri- 
tiers au moins qui s'apperçeull^nt & fullent levés 



$(jo Histoire Critique 
& oflcs à plain au proufît desdicls Exécuteurs, 
par l'accomi lilîcnient du dicl teflamenc. Veu à 
celle fin le tçftament du dicl defFiint , fait 3c 
paiTé par devant deux Notair^'s du didChaftel- 
Ict ; & aui^î l'invcntoirc des biens dcmourcs du 
d^'cès du diddeifunt. Le tout veu & conlîdcré 
ce qui faifoit a veoir & à ccmhdérer. 

Nous après ce qae le didl Procureur du Roy 
eue par Jui délibéranon avecques les Advocats & 
Confeillers du Roy Notre did Si', ou did Chaf- 
ttllct, ne feut , ouvolc dire caufe valable pour 
crnpcrchicr la diéle requefte des dids Exécuteurs. 
Djifmes & difons que les arreft & cmpefchemens 
èc main du Roy N. dit S='. qui tais &l mis avoicnc 
été à la rc quelle du did Procureur du Roy, 
en & fur les dids biens-meubles feront levés & 
Oités , & iceulx levons & o'ionsaplain au prouf- 
E'n des divSlis Exécuteurs , pour raccomplUFement 
du diCl teftamenc du did deffunt : parmi ce qu'ils 
ont promis & font tenus rendre bon compte 3c 
rcbqua par devant Notre amé M'-^. Nicolas 
Caurhelet , Examinateur de par le Roy Notre 
dit S?', ou dit Chaftcllct , autffois commis de 
]\[ous à oir le compte du dicl teftanent fous 
l'obligation de tous leurs biens Se de leurs hoirs, 
Jîicubles & immeubles , préfens 6c avenir. 

En tefmoing de ce , Nous avons fait mettre à 
ces Lettres le Scel de la Prévofté de Paris. Et fut 
fait l'an &: jour dellus dids. 



NICOLAS. 



V 



Sentence 



DE î^ COLAS FlAMEL. 36'! 



Sentence du ChâuUt , 6» contraH entre lEglife '41^. 
de Paris , V Hôtel-Dieu y St4 Geneviève la pe^ 
tite y ^ la Fabrique de St Jacques , pour le 
rcilda ou furplus des biens de Flamel. 

XIIÎ. A Tous ceux qui cts préfentes Lettres 54c- P; <îc 
jTl-verront. Simon Morhier , Seigneur ï^^^-^'*'^* 
ae Vilîcrs , C". du Roy Notre SS^ & Garde de la chaplir 
Prévofté de Paris. Salut. Savoir faifons que 
par devant Girart Acart & Jehan Preudhomme , 
Clercs, Notaires jurés du Roy Notre S§^ en 
Ton Chaftellet de Paris, furent préfens, véné- 
rables 5c difcretes perfonnes M^'^^ Pierre Franche- 
me , Chanoine , Nicolas Fraillon, Archediacrc, 
Raoul Liejart, Soubs-Chantre , Gerart Delaper- 
riere , Anthoiue Delaut , Guillaume de Villers, 
Philippe Aymenon, Pierre d'Orgemont , Jehan 
Chuffart, Guillaume Intrant , Pierre Cardon- 
nel & Hugues Leclerc , tous Chanoines de l'Egli- 
fe de N. D. de Paris , faifans & repréfentans la 
plus grant & faine partie des Chanoines pré- 
fens &: alîemblés ou Chapitre d'icelle Eglife , pour 
la caufe & matière cy après déciairés , traitier 
& conclure au bien , prouifit & utilité de eux 
oc de leur dide Eglife , & pour cette choCe en 
cfpécial , le Doyen abfent , capitulans comme 
ils difoient. 

Relîgieufes perfonnes Se honneftes frères , Je- 
han le Charron de Gifors, * M"^. Pierre Prévofl: , » ^^^^ ^^ 
Jehan d'Orvilliers, Bourfîer, Martin Tholoufe ciile. 
&: Jehan Binet, Procureur j & tous Religieux 
de rOitel-Dieu de Paris , pour ce audi préfens 
^ alîemblés avec les dids Chanoines , ou di6l 
Chapitre d'icelle Eglife de Paris. 

Seuls Jehanne la Page , Prieufe , Marie la Ga- 
îerane, Jehanne DuruiiTeau, Pernelle Delavi- 



5<>i Histoire Cri-Aque 

goe , Perrenelle la Louvette , Aubine Ja Norrie 
& Denife rEftournclle , toutes Relieicufcs d\i 
did Hoftcl-Dieu , & en iccllui prcfcntcs & af» 
fcmblécs, pour la caufe Se matière que dcHus, 
traiticr & démener à l'utilité ôc prouffit de culx &: 
du did: hoftel , pour en tant que ce leur peut Se 
pouvoir toucher , compettcr & appartenir. 

Guillaume Plateau , Changeur , Henry Souris , 
& Nicolas Bclon , Marchans &: Bourgeois dç 
Paris , es noms &: comme Manéglicrs de iEglifc 
St Jaques de la Boucherie à Paris : avc..c|ues eux 
honorable homme & faige M'"^. Jelian P.'iris , 
Procureur en Parlement , Con(eiIlcr &: Paroiilicn 
d'iccUe Eg'ife. 

Jehan Eoquet , Phelipot Richart , & Simon 
Polon , es noms aufli bc comme Marrégliers de 
i'Eglife Ste Geneviève la petite , en la cité de 
Paris ; & avec eux , Pierre Gilbert , Paroiflien 
d'icclle 'EyïiCc Ste Geneviève. 

Et afFerm.crent en bonne vérité les didcs Par- 
ties , chafcunc en droit foi : que feu Nicolas Fia- 
mcl jadis Bourgeois de Pans, demourant pour le 
ttms au quel ti vivoit en la Paroiife de la dicte 
Eglife St Jaque: de la Boucherie , par fon tefta- 
jment ou ordcnnance de dernière voulenté, avoic 
faitSc ordcnné pi.jiieurs lays particuliers , & plu- 
fleurs grans & no:ablcs fervices ertre pour lui 
fais & célébrés en la diclc Eglilc St Jaques i les 
aucuns à certain tcms , & les ancres à perpétuité , 
contenus & déclaircs ou dit teftament. Et pour 
iceux fervices faire ^ continuer, entretenir & 
payer autres charges ; avoir entre autres chofts 
à la di'ile Eglile St Jaques donné Se délailfé neuf 
vins livres parifis de rente qu'il avoit ordcnnées 
cftrc admorticsj aies avoir & prendre par an 
fur fcs héritaiges & biens , que à ce par exprès 
avoit obligés & ypothéqués : avoit aulTi ordcnné 
fçs Exécuteurs les Marrégliers déjà di6le Eglifç 



DE Nicolas F l a me t. ^(^$ 

S: Jaques de la Boucherie , lors prcfens & adve- 
nir. £c quant aurciîdu de Tes biens ion exécution 
accomplie , avoir icellui rélîdu parti & divifé en 
quatre parties j & iccliui réfidu donné & laifTé- 
Ccir airavoir5 à l'Euvre de la dicle Eglife Se Ja- 
<]ues , à la grant Eglifc N. D. de Paris defTus 
^ide , au dicl Hoftel-Dicu de Paris & à l'Euvre 
de la diwle Eglifc Pârrochiai de Ste Geneviève la 
petites à chafcun d'culx par égal portion. Le 
quel réfidu touteffois ledid: deftunt avoir voula 
citre &i dcraourer atFecl ypothéqué & obîigié aus 
diclies neuf vins livres parifis de rente ainfî laif- 
fccs à la diâ:c Eglife St Jaques de la Boucherie , 
comme ces chofes & autres povoient &:pcvenc 
par le did: teflament plus chrcment apparoir. 

Et pour ce que depuis le décès & tréspas du 
<lict deffuat , les rentes , revenues Se héritaigcs 
<i'iccllui deftunc , eiloienc & font moue diminués 
&: amcndiés & les aucuns des dids héritaigcs fur 
hs quclx fc prenoient Se parcevoienc les dicfles 
rentes , tournés à défolation Se ru)'ne ; telle- 
ment que à grant peine fe pevem Se pourront 
faire (Se entretenir les charges , (ervicesà: ordon- 
nances delfus dids i ainçois eftoicnt en adventur? 
Ac defchcoir , Se qu'il ne faulfifTe délaiiîier eu 
tout , ou en la greineur partie fe brief , pourveu 
& remédjé n'y eftoit. Les deiîus diéls Chanoines 
& Chappitre de l'Eglifc de Paris le Doyen abfent, 
ceulxdudid Hoftel-Dieu , Marregliers de la dic- 
te Eglife St Jaques 5c de Ste Geneviève , s'ef- 
toient Sz font avecques plufieurs des paroifTuns 
notables des ditles Paroiifes hui 3c autrefois af- 
fcmblés cnfemble : av oient Se ont veu 5c advifé 
à grantdiligence , lesteftament , befognes 5c af- 
faires d'iceliui defRinr. 

Et fiaablement pour pour/eoir à ce , & afEn 
auflî que le did deffunt ne foit 5c demeure def- 
fraude de fon bon propos^ voulenré Se intention , 



5/54 Histoire Critique 

èç que Ton exécution puifTe eflre parfairte & ac- 
complie , fclon la valeur & faculté de fcs biens. 
Après ce que les dids quatre Légataires ont of- 
fert l'un à l'autre à lailller le iès & charge de 
la dide exécution , à celui qui prendre & accep- 
ter la vouldroit , aux charges contenues & dc- 
clairées ou did teftament. 

Icelles Parties es noms que deffus, chafcune en 
droit foi Se pour tant que à lui touche , peut & 
pourroic appartenir , pour ce préfentes &: afl'em- 
blécs , comme did eft de/Tus , de leurs bons grés , 
jion contraintes : en efpécials les dids Religieux 
frères & fuers du diô: Hoftel-Dieu de l'audo- 
rité &z confentement des dis de Chappitre de 
TEghfe de Paris, pour le bign , prouffi: & uti- 
lité de la did:e E}fécution & auHî de chafcune 
des dides Parties, pour fon intércll , pourcf- 
chever toute, matière de plait & procès qui a 
cpfte caufe les circonftances & deppendanccs 
fe feuft , peu , ou pouvoir mouvoir entre culx , 
les aucuns d'eulx, ou leurs fuccedions , & à 
greigneur perte frais Se miifions obvier j bien 
pourvues, advifées & délibérées chafcune de foji 
fait & droit par grant avis ôc meure délibéra- 
tion fur ce eus enfemble avec jeur confeil , 6; 
plufieufs gens notables leurs amis & bienveil- 
îans hui & autreffois , comme ils difoient. 

Recongnurent & confellerenc par devant les 
dids Notaires, comme en droit par devant Nous , 
tous d'un commun accort & alfentement de ce 
fur ce que diél: eft , tant pour elles es dis noms , 
que pour leurs fucceffeurs. Avoir traitié, com- 
pofé , pacifié & accordé, & d'<ibondant par la 
}:eneur de ces Préfentes , traitent , compofent , 
paciftîent Se accordent enfemble , $c l'une Partie 
avecques l'autre de bonne foy, en & par la for- 
me qui s'en fuit. 

C'cft aflàvoir^ que ks dis de Chappicre, Rcr 



DE NiCOtAS FlAMEL. 5^5 

li)R;ieux, frères & fuers de l'Ollel-Dieu & Marré' 
giiers de la didc EglKe Ste Geneviève, ont bail* 
lé, cédé , tranfporté , quitcié & délailfé j & fit 
ces préfentes, baillent, cèdent, tranfporterit , 
quittent & dclaiflent plaincment , abfolumcnt, 
des iliainrenant à toujours perpétuelmcnt fans 
rappel, aus dids Marregliers de la dicle Eglife 
St Jaques de la Boucherie au prouffit, ufa^^e & 
utilité de l'Euvre & Fabrique , des fuccelîeurs 
U ayars-caufe d'icclle ou tems advenir. Tout tel 
droit, part, portion, raifons, pourfuites & adions 
que eulx & ung d'eulx , ont & pourroient avoir , 
demander & réclamer , & qui leur peut & doit , 
pourroit & devroit, par le moyen & caufe que 
delTus , ores , ou pour le tems adveliir , compe{- 
ter &: appartenir en quelque manière que ce foie 
ou puift eftre : en tout le rclidu & demourant en- 
tièrement de tous les biens , tant meubles que 
immeubles, héritaiges, conqueftdudiddefFunt, 
quels & ou qu'ils foient , fans aucuns en ex- 
cepter , ne y aucun droit ou chofe retenir. Et à 
tout icellui réfidu , drois , raifons , pourfuites & 
allions , ont renoncé & renoricent , & chafcun 
d'eulx , pour & au prouffit de la diâ:e Euvre & 
Fabrique de l'Eglife St Jaques , des fuccelTeurs & 
ayans-caufe d'icelle , pour en difpofer , ordon- 
her & faire plainement & libéralment j doref- 
navant à tousjours , comme des héritaiges , biens 
<k chofe vray &c loyal conqueft de la dide Eglife 
St Jaques , Euvre ce Fabrique d'icelle 5 fcns ce 
que jamais à nul jour iceulx de Chappicre, de 
rO'rel-Diea & Ste Geneviève la petite , leurs fuc- 
cefï'curs ou ayans-caufe, ne d'aucun d'eulx y 
puiifent ou doyent faire mettre , ou donner dé- 
bat , contredit, ou empefchemens aucuns 5 ne y 
aduçer, avoir, demander, prétendre ou réclamer 
aucun droit , ou chofe , ores, ne ou tems adve- 
nir j en quelque manière que ce foit ou puift eftrc, 

Qiij 



3^<j Histoire Critique 

Et outre plus pour ^reigrKiur fcureté d'iccllui 
droit , raifons , pouriuitcs &z adions , & de la 
faifîne & pollcîlîon , en quoy en cftoient , 
povoient & dévoient eftre les didsde Chapitre , 
de rOftel-Dicu, Se de Ste Geneviève la petite. 
Ils fe dé/Taifirent & déveftirent à plain au prouffit 
des di(^s Marregliers de l'Eglife St Jacjues , ou 
nom & à l'utilité que defTus, & pour en faire la 
dciTaifine & les en faire faifir ou Procureur pour 
eux , par tout dûement ; ilsconftitucrcnt &: firent 
leur Procureur &c Meifaigé efpcciai le porteur de 
ces lettres, au quel ils donnent povoir de cz 
faire , & tout ce qui au cas appartiendra. 

Ces préfcntes bail, tranfport , delaillemcnt 
& renonciation fais tant parmi & moyenaat k 
pris & fomme de 300 livres tournois monnoye 
courant à préfent : que pour cefte caufe , Icsdid» 
Marreglicrs de l'Eglife St Jaques en ont payé Se 
baillé , paycrenr & baillèrent réalmcnt ^< de fait , 
aus dis de Chappitre , de l'Oilrel-Dicu &c de Ste 
Geneviève : qui la dicle fomme de 300 1. tourn. 
confe/fent avoir eue & rcçeue bien comptée & 
nombréc. C'eft affavoir , ung &: chafcun de culx , 
cent livres tournois frans deniers Se quittes à eulx; 
dont ils fe tindrent Se tiennent pour bien con- 
tens, payés, fatisfais , Se agrées : Sz en quitte- 
rcnt Se quittent , clamèrent bonnement à tous- 
jours , les dicls Marrcglicrs de l'Eglife St Ja- 
ques, leurs fuccclfcurs & tous autres aquiquit- 
tance en pourroit Se dcvroit appartenir. 

Comme pour Se parmi ce que icculx Marre- 
gliers de la dicte Eglife St Jaques de la Bouche- 
rie , qui principalement ont le fès Se charge de 
la dide exécution. Se qui l'ont dcracnce cv con- 
duite jufqu'a préfent, feront Se accomplront 
icclle ciécurion , au mieux plus proaffjtablcm'.-nt 
& brief que faire pourront Se fauront félon la 
iCDcm du dicl tcftâaieat^ ^ la yaleuv-Se faculté 



t5É Nicolas FtA\fEL. ^(jf 

des biens demourcs cki décès du did: defFunr : eni 
rendront compte, quant 8c où il appartiendra, 
& de tout ce , & dont aus dicls de Chapitre , 
de rCiicl-Dieu & de Ste Geneviève , à leurs 
fucceireurs, ou aulcun d'eulx , enpourroit, o\i 
vouldroic faire aucune demande, adion, ou 
pourfuice , ores, ou pour le tems advenir , à eau- 
fe & pour raifon de la diclc exécution &i autres 
chofes deims dicles , les circonftanccs Se dcppen- 
dances , ou aucunes d'icelles. Les dicls Marre- 
gliers de i'Eglile St Jaques Icront tenus , promiC- 
trent & promettent dès maintenant par la teneur 
de ces Préfentes , deffraycr , defchar^^er , garan- 
tir & defdomaiger à plain , aus defpens & Frais 
des biens de la didc cxécurion , pour tanc que ils 
fe pourront monter , & jafqu'à la valeur d'iceuls 
les dicts de Chappitre , de l'Oftel-Dieu Se de Stc 
Geneviève , & chalcun de eulx , leurs fuceellcurs, 
& • ceux qui d'eulx auront caufc en jugement Se 
par tout ailleurs , toutefFois que meftier fera, & 
de par eux fornmés & requis en feront. 

Touteifois , en ce préfent tranfport & dclair* 
fcmcnt ne font en riens comprins , ne entendus , 
vint fols parifis de rente laiifés par le dit dclFunt , 
c'efl: aifavoir ; dix fols parifis au di6t Hoftel- 
Dicu , & les autres dix fois parifis à la dicte Egli- 
fe Ste Geneviève, pour faire certains fervices 
décl. lires ou dit teftament : ainçois ont été 8c 
font fauves Se rcfcrvés les dids vint fols parifis 
de rente au proutiit des dictes E^^Iifes. Seront te- 
nus promiftrem & promettent les dicls Marre- 
gliers de l'Eglife St Jaqu:s, ou dit nom, par 
eux &: leurs fuccelTeurs , iceulx vint fols parifis 
de renrc , rendre oc payer aus diCles deux Egli- 
fes. C'cft alfavoir ; a icculs Religieux Maillrc 
frères & fuers du dit Hoftel-Dieu , à leurs fuc- 
celfeurs , ou ayans-caufe, dix fols parifis; Se 
aux Marregliers^ préfens Se advenir de la diclc 



^6S Histoire Critiqub 
Eglife Ste Geneviève, ou nom & au pioufHt cîc 
l'Euvrc , aux fucccireurs &: aians-cauCc d"icelle ; 
les auires dix fols parifîs de rente , dorcfnavanc 
& par chafcLin an 3 fur les héritages & biens de 
Ja diâ:e exécution , préfens & advenir ; que à ce 
obligèrent & obligent en tant que faire le po- 
voient & pevent , voldrent & accordèrent eftre 
& demeurer chargés , obligés & ypothéqués , 
jufqu a ce que des didls vint fols de rente , ils 
aycnt fait &: falTent affiete & afllgnation fouffi- 
fant & convenable , reaiment &: de fait , aus 
àiÛs de rCftel-Dieu & de Ste Geneviève , ou 
ceulx qui d'eulx auront caufe. La quclc p.Hlcte ils 
feront tenus accepter , & icelle faire en la four- 
me & manière que dit\ eft. Les dicts Marreglierg 
de St Jaques , hcritaif^cs ^<. biens de la dicle exé- 
cution , leurs fucceileurs £.<. ayans-caufe, en fe- 
ront & demeurèrent à tcusjours a pur & à plain 
quittes & dcfchargés. Lt nîoycnnant ce, les 
dids de rOftel-Dieu & de Szç. Geneviève par eulx 
& leurs fucccjTcurs , feront tenus , ont promis 
& promeitcnt faire & continuer dorefnavant les 
dicls fcrvices fouffifans & fans faulte <S: fraude , 
y commettre , ainfi que le diâ: defFunt voulu & 
ordonné a par fon teUament 3 & tout félon la 
forme & teneur d'icellui. 

Si comme tout ce les di^cs Parties es noms 
quedeiîus, voldrent, rattiflierent , cenfermerent 
i^ approuvèrent , promill:rcnt , &: jurèrent chaf- 
cune Partie en droit fcy & pour tant que ce leur 
touche, par leur foy Ik fermens , tenir , carder , 
enteriiîcr & accomplir fermement a tousjours , 
fans rappel de point en point ^ en la forme &: ma- 
nière que dict tlt 3 ftns contrevenir aucunement , 
ainçois rendre, payer &: rell:ituer l'un a l'autre, 
a plain & fcns plait, tous dcfpens , domaiges Se 
intércfts qui fais &: foufrenus fcroicrt en ce pour- 
ckaii'aat par l'une des dides Parties au deffauc de 



t>E Nicolas Fla M EL. 5(^9 

l'autre , pour railbn de ce que didl eft, non ac- 
compli. 

Soubs l'obligation des héritaigcs , biens , reve- 
nues & temporel des dides Eglifcs & d'une ciiaf- 
cune d'icclks prcTens & advenir i que ils chaf- 
cune Partie en droit foy en foubmiftrent Se foub- 
méfient l'uns envers l'autre mefmement les didls 
Marregliers de l'Eglile St Jaques ou did nom , 
les héritaigcs & biens de la dicle exécution aufli 
préfens & advenir : tout àjufticicr, vendre &Z 
exploiter par Nous , nos fuccelTeurs Prévoft de 
Paris , &: par tous autres Jufticiers , où trouves 
fcroient pour ces lettres Se leur contenu du tout 
entériner &: accomplir. Renoncans à ce fait les 
dides Parties es dicls noms chaicun en droit foy , 
& pour tant que dit eft , par leur dide foy & 
fermens , à toutes exceptions , déceptions de 
mal fraude, crieur lezion ^ circonvention & 
d'ignorance. A toutes lettres , grâces , franchi- 
fes, privilleges , libertés, impétrations, difpen- 
fations, abfolutions , raifons , defïenfes , vs , 
couftumcs & à tout ce généralement que l'en 
pourroit dire , propofer , alléguer contre la te- 
neur & effet de ces lettres , & au droit difanc 
générale renonciation non valoir. 

En tefmoing de ce, Nous à là relation des 
dids Notaires , avons mis le Scel de la diclc 
Prévofté de Paris à ces lettres qui furent pailées, 
faits & accordées , quadrapplées, par Se du con- 
{entement des dictes Parties , pour ce préfentes 
& alfemblécs comme delfus ; l'an de grâce 142-6, 
le Mercredi dixième jour du mois de Juillet. 

PREUDOME. P. ACART. 



Qv 



370 Histoire Critique 



'4^?* Acîe duCommiJfaire Andry le Preux, pour un 
des corr.ptes de l'exécution du tcjîament de 
Nicolas FUmel. 

l<;c. Pièce XIV. A Noble homme M"^ le Prcvofr cîc Pa- 
^"^ l* ï^"^^- X^ris. Andry lcPrcux,Exam;narcur de par 

c'''^\la "" le Roy N. Sire ou Chaflcllct de Paris, honneur % 
jlld^ ^"révérence. Cher Sires, plaifc vous lavoir , cjiic 
par vertu de vos lettres de commilîîon a moi 
adrcçans , des quelles la teneur ell rclîc. 
Commif- î>iMON MoRKiER, Chl''. Seiçneur de Villicrs, 
fioa don- C^"^ du Roy Notre Sire, & Garde de la Prévofié 
Eee par le j^ Paris. A notre amé M''-^ Andry le Preux , 
pils!^^ '^^ Examinateur de par le Roy Notre Sire , ou Chat- 
tellet de Paris. Salut & dilctlion. Nous à la re- 
aueflc de GefîVoy Erembaut , Procureur , Richai,:: 
Delamare, Jehan A/fcIin , Guillaume Nicoks , 
& Henry Souris, Marreglicrs de rEglife St Ja- 
ques de la Boucherie h. Paris , & Exécuteurs com- 
me Maricgliers du teuanicnt de feu Nicolas Ila- 
mcij c^ le ditRichart Dclamare préfent en pcr- 
i'oiine. Les quels ont foubmis à nofirc juriCdic- 
tion pour le Roy Notre Sire , la congnoiirancc 
du dit tedament : du quel &dc toutes les dépen- 
dances d'icellui , Nous avons retenu Ik retenons 
la congnoilEnncc comme à Nous premièrement 
dévolue par prévention. Vous mandons , que 
vous oyés Cl diligemment examii"ics en lieu de 
Nous, le compte du dit tcilaraent que les dits 
Exécuteurs veulent Se entendent faire Se rendre 
par devant vous , comme ils dient. Et de ce que 
tait aurés nous faites votre relation par ctcripr , 
pour au furpj JS pourvcoir âus dis Exécuteurs de 
kiefcharge ibulîifant comme il ap[:artiendra. En 
teimoing de ce , Nous avons fait mettre à ces. 
IcLties/le Scel de la P:éYorié de Paris:. 3c fut 



De Nicolas F l a W e t. jji 

fait ou Chartellc: de Paris , le Lundi onziemme 
jour d'Avril , aprCs Mifericordia Domini l'an 
1419- Ainfifigné, N. LE CLERC. 

Et à la rcquelce de Jehan Alfelin , Guillaume 
Nicolas &. Henry Souris , Marchans , Bourgeois 
de Pans , apréfcnt Marrégliers avecqucs Richart 
Dclamare , de l'Eglilc Sz Jaques de la Boucherie à 
Parisi & parce exécuteurs du teftamenc ou or- 
donnance de dcrrcnici;; voulenté de feu Nicolas 
Flamel , a Ton vivanc Efcripvain &: Bourgeois de 
Paris , & demeurant en la Paroifle de la dicle 
Eglife & prcsd'icelle. Je Examinateur & Commis 
dcifus dit , ai mandé ^z fair venir & cop.iparoir 
par devant moi, Guillaume le Co-^rntc & le die 
Richart Dclamarc, aufTi xMarchands & Bourgeois 
de Paris , jadis Marrégliers avec feu Jehan Cle- 
rebouc , à Ton vivant Marchand & Bourgeois de 
Paris , de la ditteEglife St Jaques , & comme tels 
avec feue Marguerite la Qucfnelle , femblable- 
ment Exécuteurs du dit tellamcnt d'iceilui feu 
Nicolas Flamel , pour &: alïin de faire o: rendre 
compte par devant moi Examinateur & Commis 
deiîus dit , du dit teftamcnc <Sc exécution d'ice- 
îui dctfunt. Du quel teftaraenc & exécution , les 
Gidts Guillaume le Co?ïîte & Pachard de la Wuaz , 
&i aulli le dit feu Clcrcbout & feu Guillaume Pla- 
teau , qui remblabltjnent Se après euls fu l'un des 
Marrégliers d'icelk Eglife , &: parce audi Exé- 
cuteur d'iceilui dciiunt , avoicnt eu en partie la 
charge &: gouveinemeuc depuis le trefp^llemenc 
d'iceilui detrujit qui lu le i r^. jour de Mars 1 417 
avant Pafques. E: depuis, icsdiéls Guillaume le 
Comte & Richard Delamare es noms que deiTiis , 
• Jehan de Mareu i §c GielFroy Fhtcau ci^mmc 
Fjiécuteurs du tellament du dcilus nommé Guil- 
laume Plateau , ont apporté & baillé à moi Exa- 
minateur & Commis defkis dit , ung compte cii 
papier du fuie & gouvsruemcnc du dit icltam;ut 

*4vj 



37i Histoire Critique 

te exécution d'iccllui deffunc avec le dit tcfla- 
mcnt : l'invcntoirc des biens d'iccllui detîunt fais 
après Ion trclpallement & pluiîeuis qiiitcnnccsde 
lais & ordonnances contenus & dcciairés ou dit 
teftaracnt , avecc]ues une lettre faire & paifce en 
jugement O'i die Chaftciict par le Procureur da 
Roy notre Sire , illec l'an 1418 k Vendredi fé- 
cond jour de Septembre de la délivrance & mam- 
levée des biens d'iccllui deifunt : les quels biens 
avoicnr été arreftés & fcellés à la rcquefbe 
ciu dit Procureur du Roy , après le trefpalîement 
d'iccllui deiTunc, pour payer & accomplir le dit 
teilamenc & exécution d'iccllui dciîunt. Er ef- 
toicnt les dits teftament & inventoire fais par 
deux Notaires du dit Cliaftelkt , 6c c'eft affavoir 
le dit tcliament , le Dymenchc zo^. jour de 
Novembre i4i<î, & le dit inventoire fatconi- 
mencé le trente & un & derrain jour de Mars , 
l'an 14T8 après Pafques. Et les dittes quittances 
cftoienc /ignées & fcellécs de divers fcings & 
fccauix , tant d'Eglifes & autres , comme de 
Notaires du dit Chaftellct. 

Le quel compte & le dis ttllament , quittan- 
ces &c inventoires , & autres lettres fcrvans ou 
dit compte & dont mention eft faite en icelhii. 
Je Examinateur Si Commis defius dit , ai vcus & 
vifîtés diligemment , le Lundi feprieme jour de 
Novembre l'an 1419 & en treize autres journées 
en luivans & dernièrement le Mercredi quator- 
•ziemc jour de Décembre en fuivant , en la préfen- 
ce des dis Guillaume le Comte & Richart Dclama- 
rc, Jehan de Mareuil & Giefï-"roy Plateau : & 
par aucunes d'icelles journées en la préfence de 
Ifabel vefvc du dit feu Jehan Clerebout, & de 
Ciuillaume de la Conchc fon gendre ; & encore 
en la préfence par aucunes d'icelles journées des 
dellùs nommés Jehan Affelin , Guillaume Nico- 
las , £c Henry Souris , à préfcat Marrégliers avec 



DE Nicolas Flamel. 375 
le dit Richait Dciamare , de la dide Eglife Se J. 

Et en ce-faifanc, ont été gictés & tareulcs 
les iommes & parties' des dis comptes , tclla- 
ment & invcnroire , tant en receptes comme en 
mifes èc defpcntes & acquilitions pour la dittc exé- 
cution & Marréglcrie ; 6c lesquelles eftoient tant 
en foible monnoye de gros courans ou tcms du 
dit inventoire , comme en monnoye de cinq dou- 
bles pour deux blans , qui depuis ont eu cours, Sc 
en monnoye de f\x doubles pour deux blans , 
ayant de préfent cours. 

Et eft apparu «Sc appert à moy Examinateur & 
Commis delTus dit , que les M elles , Obits & 
anniverfaircs, &tousles lais & ordonnances par- 
ticuliers du dit teftaracnt d'iccllui defFunt , payés 
& accomplis , ycellui doiFunt , lailfa le rélidu 
de Tes biens «S: héritaiges à l'Euvre de la diile 
Eglife St Jaques de la Boucherie, fous certaines 
conditions & manières plus a piain déciairécs en 
la claufe fur ce faite contenue ou dit tcftament. 
El depuis par une autre claufe contenue ou dit 
teftamcnt , laiiîa le dit réiidu fous les dides con- 
ditions & manières. C'eft alfavoir; un quart à 
l'Euvre de l'Eglife qui fera chargée de faire les 
dis aniverfaires : à l'Euvre N. D. de Paris, un^ 
quart : à l'Euvre de l'Oftel-Dieu de Paris ung 
quart : & à l'Euvre & l'Eglife de ^te Geneviève 
la petite , l'aultre quart pour acheter veftemens 
& livres pour faire le divin fervice. 

Et eft apparu & appert à moy Examinateur 
deflus dit, que pour aucuns difcors qui avoienc 
été entre les dis Exécuteurs & Marregliersd'iccl- 
Ic Eglife St Jaques 5c les de/Tus dis de Chapitre de 
Paris, du dit Hoftel-Dieu & Marregliers d'icelle 
Eglife Ste Geneviève , pourraifon d'iceux deux 
lais du dit réfidu contenu en ycelles deux clau- 
fes , difans par iceux Marregliers de l'Eglife, St J» 
avoir accepté & eux eftrc chaigiés de l'accom- 



^74 Histoire Critiqué 

plilîemcnc dit dit teflament,, & par ce* tout îc 
rcfîda à eulx appartenir : &: par les «lurcs ditans 
& fourtenaiis le conriHîtc ; <Sc par ce appaneiiir 
à chafcun d'eulx , Ton quart d'iceUai iclida. Yccux 
dcifus nommes avoienc & ont traîne 5c accordé 
enfemblc que tout le réfidu appartenoitSc appar- 
tient a la dite Euvrc de l'E^^life St Jaques , Se 
avoit été tranfporté ôc dékillié aux dciliis d s 
Marrcgliersd'icelle Eglife St Jaq-ùcs par les dis de 
C?happitrc de Paris , fOftcl-Dieu 6c MarrceJ-crs 
de. Sre Geneviève la petite , leurs dis quaris 
d'iceilui réiîdu à eulx am(î Laiffics , moyennanc 
certains deniers que ils en ont eus Se reçeus 
d'iceulx Marregliers de laditre Eglife Se Jaques, 
comme il eft apparu à moy Exnminaceur dcllus 
dit , par lettres fur ce faites & pallées par devant 
deux Notaires dudit Chaftellet. 

hcrn. Il e(l apparu & appert à moy Exanr'na- 
tcur dellus dit , que toute ki diclc recepte dé- 
\.cî d. clairée ou dit compte Se inventoire, * tant en 
f^^^^* "^^^ biens-meubles & ucenciles d'oltel, comme en 
deniers d'or Se monnoye (eulcmen.t faifoit Se 
montoi: la tcmm.c de 1^77 l. 4 C. pariiis mon- 
noye courant 011 dit tems du dit inventoire ; ou 
quel tems le marc d'argent valoir 5) 1. 10 fols , la 
quelle iommc a été appréciée Se avaluée par clian- 
geurs Se gens en ce congnoillans pour ce appelles 
en la préfencc de moi Examinateur & Commis 
de/fus dit , Se des- Exécuteurs & Marregliers dc(- 
lus nommés ', à la didç m.onnoyc de lix doubles 
pour deux blans courant à prélcnt , au pris des 
mîtrcs d'argent, & félon les ordonnances Royaulx. 
Ec fait Se monte icelle fomme à la didc mon- 
noye de fix doubles courant a préfent , icji L 
I o f. 4 deniers parilîs , Se valoi: a préfent le marc 
d'argent, 6 1. i 8 f. tournois. 

Et la diéle mife Se detpcnfe, tant en obfequc 
& funérailles du dici delïuii: Se des de becs que il 



DE Nicolas Flamel. 575 

^ebvoic, comme les lais & ordonnances du dic 
teftament , & aulTi ks dites acquilltrions faites 
par iceulx Marregliers Exécuceurs, pour &: ou 
nom dicellc Euvrc & EgUfe S: Jaques, de Cha- 
pitre de Paris , de rOilcl-Dicu de Paris , des Mar- 
regliers de l'EglifeSte Geneviève, les failaires des 
Notaires & Prifeurs qui firent le dicl iuvencoiie , 
iettres 6c pièces pour icelle exécution , les def- 
pcnsfais en rendant ce préfent compte, la peine 
^ lalairedv: moy Commis dclTus dit, d'avoir Icu 
& oy le dit compte & yccUui avoir doublé & 
fait deux relations , de auiTila peine du Clerc qui 
a fait & minué oc groiToyé mie fois le dit compte , 
fait & monte yccUe mife Si defptnfe en fomrre 
toute, en foible, monnoye de gros 3c en monno c 
de cinq & de lix doubles, i.imen-és & avalucs 
femblablement à ycelle mionnoye de fix doubles 
pour deux blancs courant à préfent , aux pris des 
ditsMarcs d'argent cc félon les dnfles ordonnances 
Royaulx fur ce fasdes comme deiïus c(l didt , la 
fomme de 1349 h 4 f. 7 d. poitevine parifis , £c 
valoir de préfent le marc d'argent , 6 liv. 1 8 fols 
tournois comme devant cft dit. Toutes les quel- 
les parties ont été & font payées ëc accomplies 
bien & loyalment par les dis Exécuteurs Ô: Mar- 
regliers , comme il efl apparu par lesdides quit- 
tances , & com.me il eft efcript & déclairé fur 
chafcun article du dit com.ptc. 

Et ainfi appcn & puet apparoir que les dis 
Marregliers & Exécuteurs ont plus mis & payé 
ciue re^eu , la fomme de 196 livres 14 fols 3 
deniers poitevine parifis d'icclle monnoye de fix 
doubles pour deux blancs courant à préfent. 

Et eftoit le dit compte fait 6c rendu du fait 
^u dit teftament j debtes , obfeques Se funérailles 
5c exécutiond'icell'ndefFunt, feulement depuis le 
trefpalfcmcnt d'icellui deftunt comme delTus eft: 
dit , jufqu'a fept ans 5c quarante jours cfcheus le 



^•j6 Histoire Critiqi/é 
onzième jour de May 141^ indus. Saaf& rcfer- 
ve les douze Obics perpétuels ordonnes pat le die 
dcfFiinr en Ton dit rétament , parles douz.c mois 
ce l'an & les quatorze Meffes bad'es'perpecuelles 
par l'an aulfi ordonnées , q^i ie doivent dire efi 
la dite Eglife St Jaques par les quatorze Eglifcs 
déclairées en la claufc contenue ou dit reftamenr , 
pour les quels Obis & Mefîls faire due &; cék'- 
brcr , & auiîî à payer les deniers aux Quinze- 
Vins^t , depuis le premier jour de Juing îe dit an 
141e tour includ : pour ce que tout avoit été 
fait & payé les années précédentes , comme dé- 
clairé cil: en ce préfent compt». 

Et feront autre compte les dis Exécuteurs Mar- 
régliers aux deflus dis aprcfent Marrégliers de la 
dite Eglife , des debtes dues au dit defRint des 
arrérages de fes rentes à héricaige & à vie , & du 
iouaige de fes maifons , Te fait n'a efté par eux , 
ou par les Procureurs & Receveurs d'icclle exé- 
cution. Et au dit compte qui fera fait aus dis 
Marrégliers de prélent , fera tauxé le falaire des 
dis Exécuteurs Marrégliers faifans ce préfent 
compte, par les dis Marrégliers de préfent, ou 
par le Commis à ce du /es & charge qu'ils ont 
eu d'icelle exécution , pour ce que en ce préfent 
compte , n'en a été faite aucune tauxation. Et 
aulîî en ce préfent compte , ifeft aucunement 
compté ne comprins le lais de 40 1. parifis fait 
par le dit dcftunt à fes parens s'aucuns en avoient 
<jui fe vouldroient dire fes héritiers pour ce que 
aucuns ne fe font apparus depuis le trefpalIemeTit 
du dit dcifunt, comme les dis Exécuteurs difoient, 
& les payeront & promiftrent payer du dit lais 
iîtoft qu'ils vendroient à congnoiflance. Du quel 
compte rendu , il appert Se poura apparoir fem- 
blablement & plus à plain par le dit compte , 
en papier qui a efté & c'ft fait triple & figné par 
moy Examinateur & Commis dclTus dit. C^cû. 



DE Nicolas Flamel. 577 

afiavoir 5 l'un pour le tréfor d'iccUe Eglife faint 
Jaques , l'autre par les dis Exécuteurs , & l'au- 
tre pour juftice. Du quel compte ainfi fait & ren- 
du , les dis Exécuteurs & Marregliers ont requis 
à moy ma relation pour en avoir leur quittan- 
ce & defcharge de juftice. Aux quels j'ai fait 6c 
baillée ycelle moye relation faide double 3 l'une 
pour le dit trétor d'icelle Eglife , Se l'autre pour 
les dis Exécuteurs : & fi leur ai rendu &: baillé 
ks dis reftament, quittances Se inventoire , & 
tout ce qui m'avoit été par eux baillé & apporté 
pour la reddition & audition du dit compte d'icel- 
lui teltament & exécution du dit detFunt. 

Et tout ce que dit eft, je Examinateur def- 
fus dit , certifie eftre vrai par iceïles mes deux 
relations , lefquellcs j'ai fîgnées de mon feing 
manuel & fcellées de mon fcei. fait l'an & joui 
delfus dit. 

A. LEPREUX. 



Lettre des Officiers de V Hôpital des Quinze' 447 
Vingts , par laquelle ils reconnoijfent que les 
Marguilliers de St Jaques leur ont rendu levt 
récepicé de certains titres qui leur avaient été 
prêtés, 

XV. fElianVeliiTant, ditdeBilly, Commis à î^e. Pièce 
J l'office de Maiftrc , Eftienne Guillon , Me- ^^^^J" 'l^^ 
niftre , Jehan de Fay , Jehan le Noftrc, Jeban ce. Chap. 
Chandellier & Jehan Pourpoint , jurés de roihi ibid> 
&c Congrégation des Qumze-Vingt de Paris, fon- 
dés par Monfeigncur S: Loui , jadis Roy de Fran- 
ce : confelTons avoir eu & reçeu des Marregliers 
de l'Eglife ParoiiTîal de St Jaques de la Boucherie , 
Exécuteurs du teftaraent ou ordonnance de der- 
rcniere voulenté de feu Nicolas Flamel, les let- 
tres qui s'en fuiveiit. C'cft allavoirs une lettre 



37^ Histoire CKiTi(XVt 
pafTce par devant deux Notaires du Charteilet Je 
Paris, le Lundi zy*^. jour de Septembre l'an 1 3 67 , 
par la quelle appert Raoul le Vavafleur, Bour- 
geois de Paris , & Jehanne fa femme , avoir 
vendu à tousjours à Jehan Johan, Gantier de 
laine, & à Loylc ik femme, 8 livres parilisde ren- 
te , à les avoir & prendre après 4 fols i o deniers, 
que de fons de terre , que de cens , fur une mai- 
fon contenant plufîeurs louages comme tout fe 
comporte féant à Paris en la rue du Richebourt 
oultre la Porte St Honoré ; tenant d'une part à 
GcufFroy Fourré, & d'autre part à M"<=. Philipp» 
Ogier, pour le pris déclairé es dittes lettres , 
parmi les quelle*; cft annexée une lettre de fai- 
/îne du Receveur de Monficor de Paris. 

Item. Une autre lettre palTée par devant M. 
le Prévoft de Paris, fignéc le Benne, faite l'an 
1376 le Mercredi cinq jour de Novembre , par 
les quelles appert Pierre l'Empereur avoir efté 
condempné a payer à Andry Ménart &: fa fem- 
me , en leurs noms & comme ayant la garde des 
enfàns de la dite femme & de feu Jehan joucn , 
Ton premier mari, les dis huit livres parifis de 
rencr fur les dis lieux. 

Item. Une autre lettre faite par deux Notaires 
du dit Chaftellet , l'an 1406 le Samedi treizième 
jour de Novembre par les quelles appert Prin 
Pillcul fils de Philippe Filleul & de feu Agnès 
fa première femme , jadis fille de feu Jehan 
Jouen, en fon vivant Gantier & Aulmuiîer,& 
de Loife , jadis fa femme , & devant femme 
de feu Andry Ménart : avoir affermé à lui ap- 
pnrrcnir 4 1. par. de rente des 8 1. par. de renrc 
deiïus déclairés, dont il vend à toujours a Nico- 
las Flamel foixante fols de rente les premiers 
prins , elt dis 4 livres de la condition des au- 
tres 4 livres Se faifant ( enfemble ) S livres de 
rente de même condition pour le pris décLiié 



•Dt Nicolas Flamél. 579 

es dites lettres : parmi les quelles eft annexé une 
lettres de faifineciu Receveur de MonfîeurJ'Evef- 
que de Paris. 

liem. Une autre lettre paffée ou dit Chaflellet 
Je Mardi feptiemc jour de Juing l'an 1407 , par 
Jcs quelles appert Priii Filleul fils de Jean Filkul 
& de feu Agnès fa première femme , avoir vendu 
à tousjours audit Nicolas Flamel les autres vint 
fols parifis de rente reliant des dits 4 livres de 
rente pour le prix déclairé es dites lettres , parmi 
les quelles eft anexé une lettre de faifinedudit 
Receveur : les quelles lettres iceulx Marglicrs 
avoient bailli aus dis des Quinze- Vint pour leur 
en aidier, & dont ils avoient fait recépicé, le- 
quel recépicé ils leur ont rendu & reftitué : fub- 
ract , &c. Dont, &t. Quitt. &:c. promett. &c, 
Oblig. &:c. Biens , &c. Temporel , &c. Fait l'an 
1447, le Samedi 17^. jour de Janvier. 

HEMONET. DELAHALE. 



Tranfacîion faîte entre la Fabrique de S t Jaques ï47J. 
& l'Hôpital des Quinine- Vingts. 

XVI. A Tous ceux qui ces préfentes lettres ver- ^9^' ^'^^^ 
•^^ront. Robert d'Estoutevillf, , Che- jj^jf/ '^fiJ 
valier Seigneur de Beyne , Baron d'Ivry & de St ce. Chap. 
Andry en la Marche , C-"". Chambellan du Roy ll^id* 
Notre SS»^. 6c Garde de la Prévofté de Paris. 
Salut. Savoir. Faifons que pardevant Pierre Ja- 
quet^ Loys Berthlemy , Notaires du Roy Notre 
dit S§^ de par lui eliablis ou Chaftfeletde Paris, 
furent prctens en leurs perfonncs , honorable 
homme & fage M^'<^. Denis le Mercier Licentic 
en Loix, Advocat en Parlement , Maiftre de VOC- 
tel , Hofpital Se Congrégation des Quinze-Vins 
Aveugles fondez à Paris par Monfciojncur Se 
LoySj jadis Roy de France : Yinceiic Tuauk, 



^So Histoire Critiqué 

Méniftre , Jehan le Noftre, Andry Guiot , Rc- 
gnault Gervaia , & Jâquct Duval , jurés : Jchaft 
Dcsmoiilins , Portier , Lorin DuqueCnay, 
Procureur Se Receveur , Guillaume Pourey & 
Jehan le Fevre , Frères tous du dit Hoftel & 
Hofpital des Quinze-Vins , pour & ou nom da 
die Hoftel & Hofpital & de tous les frères Se 
feurs d'icelluy d'une part , &: Pierre le Vigneron, 
Guillaume Briffe, Loys Soutif, & Mahieu Lan- 
glois , Marchands & Bourgeois de Paris , ou 
nom & comme Margliers & Gouverneurs à pré- 
fent de TEuvre & Fabrique de l'Eglife Se Jaques 
de la Boucherie à Paris, d'autre part. 

Les quelles Parties es dis noms de leur bon 
grez , bonnes voukntc's, propres mouvemens 
&c certaines fciences, fans faire fraude, erreur, 
<:ontrainte , ou aucune décevance, mais bien 
advifécs , confeillées , pourvues & délibérées fi 
comme elles difoient , recongurcnt & confelîe- 
rent en la préfence des dis Notaires comme en 
jugement par devant Nous, avoir fait & par 
la teneur de ces lettres , firent & font de bonne 
foy entre elles , & l'une Partie avec l'autre les 
traitics , tranfaclions , accords, promeflcs, con- 
venances & autres chofcs qui contenus, efcrip"îs 
& déclairés eftoient & font à plain en une feuille 
de papier, préfentce & baillée par icellcs Par- 
ties aus dis Notaires dont l'un d'icculx leur fit 
ledure , l'autre préfent. Du contenu en la quelle 
feuille de papier la teneur s'enfuit & efl telle. 

Comme des l'an 146^ plaît &i procès avort 
été meu pardevant le Prévoit de Paris, ou fon 
Lieutenant. Entre les M^'^^ Meniftre , frcres i^ 
feurs des Quinzc-Vins de Paris d'une part , & 
les Margliers de l'Euvrc Se Fabrique St Jaques 
de la Boucherie d'autre part. Sur ce que les d,s 
ce Quinze-Vin'^^^difoicnt (]ue feu Nicolas Fl.imcl 
CD fon vivant Efcripvain !k Bourgeois di Pan-iy 



uç Nicolas Flamel. 581 

par fon teftamcnr , ou ordonnance de dernière 
voulenté , avoir fondé certain anniveriairc ou 
Tervice par chafcuni-aols perpcruelment en la dire 
Eglife Se Jaques j &: voulu Se ordonné que treize 
frères & fcursdcsdis Quinzc-Vins feullcnt pré- 
fens avec ung Chapellain 6c le Clerc de la dite 
Eglife à faire les dis anniverfaires & qu'ils alal- 
fent à l'Offrande félon qu'il eft plus àplain con- 
tenu & déclairé ou dit teftament : & que pour 
ce faire , le dit Teftateur leur donna & laiffa 
par chacun mois de l'an 47 foL; parifis , payables 
par les mains de fes Exécureurs. Difoienc outre 
que le dit Flamel Tcftateur , avoir ordonné à 
treize Hofpitaux de cefte ville de Paris , dont 
leur dit Hoftel & Hofpital eftoit l'un , à chafcuii 
10 fols parifis par chacun an , pour dire ou faire 
dire une baile Mefle pour le dit défunt chacun 
an en la dite Eglife Se Jaques ; & que pour ac- 
ç mplir fon dit tcftament , il avoir efleu fes Exé- 
cuteurs , ceux qui feroient Margliers de la dite 
Eglife Sz Jaques. 

Or difoient-ils que jafoit ce qu'il y eut alfez. 
de biens d'icelluy Teftateur , pour faire les dis 
anniverfaires & autres fervices par lui ordonnés 
pour accomplir fon dit teflamcnt : &. mcfmement 
Z4 fols parifis pour mois ou lieu des dis 47 fols 
pour mois & j fols parifis ou lieu des dis 10 fols 
pariiis par an , à quoy des pié^a pour aucunes 
caufes avoir été faite modération aus dis Mar- 
gliers ou leurs prédéceflcurs , d'iceulx 47 (ois 
parifis d'une part , & 10 fols parifis d'autre part. 
Néanmoins les dis Margliers ou leurs prédé- 
cefleurs avoient été refufans&délayans &: de leur 
payer les dis 14 fols & 5 fols pariiis ; & requé- 
roient encore modération leur eftre faite des dis 
5 fols parifis à 4 fols parifis , difant par eux les 
jrentcs & revenues du dit feu FlameJ eftre fort 
diminuées , & à cefte caufç , ils avoient mis en 



581 Histoire Critique 

procès les dis Marglicrs & contre eulx avoicnt 
rccpis qu'ils fuirent condcmpncs à leur payer & 
concinucr les dis 47 fols parifîs pour chafcun 
D^ois , & 10 lois parifîs pour chafcun an , & L-s 
arrérages à culx dcus a caufc d'iceuls , &: dcman- 
doient defpens , dommages & iniérclL 

Et fur ce les dis Margliers difoient au contrai- 
re , cjuc fuppofé que Je dit feu Flarael leur eut 
fait aucun his , fi ne feroient-ils tenus de leur 
payer entièrement , jnais feroicnt en modéra- 
tion & pour Ce montrer difoicni j que le dit feu 
Plamel fit plufieurs lais &: ordonnances moncans 
à granc fommc de deniers , Se plus que ne va- 
loienc les biens &: revenues de fa fucceflîoi> 3 car 
il tenoic plufîcurs rentes viagères qui furent ex- 
pirées par fon trefpas , & fi avoit plufieurs 
rentes nulles dont il ne joit oncques , ne pareil- 
lement les dis Margliers , Se eftoic en lenon) 
d'être plus riche la moitié qu'il n'cftoit , &: qu'il 
foi: vrai dès l'an 1419 les Marrcgliers qui lors 
tcoient , rendirent compte par devant M^'*^. Andry 
le Preux , Examinateur ou Chaftelet de Paris , 
des biens demourés du dit defrunt , par la f.n 
du quel fut dcu a la dite Fabrique pour plus mis 
que reccu , 196 1. p., 6: fi eftoient les maifons 
& héritaiges en grant ruine & fort chargées , Se 
les revenues d'iccux fort diminuées au moyen des 
guerres , divifions , mortalités & famines qui ont 
couru en ce Royaume depuis Tan 14 17 q^e le 
dit Flamel ala de vie à trefpas, & qu'il foit ainfi 
depuis (que ) ce procès en commencé fut appoin- 
té. Qu'ils montreroient aus dis des Quinze-Vins 
le compte de la recepte & revenue des biens , ren- 
tes & maifons Se héritaiges du dit feu Flamel , ce 
qu'ils ont fait; lequel gift en deux points , ca 
receprc «Se mife : la quelle rcccpte monte no 1. 
parifis , Se la mife 119 1. parifis. Parquoy di^ 
foiçat les Marglicrs que vcu ce que du eft, & 



ï^E Nicolas Fla M EL. ^^^ 

racCmcmcnt cjuc ks dis lais fcroiem condirion- 
ncls, à: fais a charge d^ condition. C'clt ailkvoir , 
cj'je il Its revenues <m die Fla.ncl diminuoienc , 
que pare:llement le die Flamcl vouk &: ordonna 
diminution eltre fane des dis lais. Bien claire- 
ment apperçoit que diminution devoir être faite 
À la dite Euvre & Fabrique des 47 f- & 10 f. pan- 
ais, plus que des dis 14 & 5 f. parifîs mefmcment. 
Que les biens de la dicle Eglife n'eiloient eu 
rien obkgés , ne hypotéqucs envers les dis Quin- 
2e-Vins , & aulli qu'on avoir une balfe Melle 
ditte pour i f. parilis. Et néanmoins hs dis Mar- 
gliers pour éviter plaît & procès 8c éviter defpens , 
auroicnt otFert payer aus dis des Quinze-Vins , 
5 f. pariils ou lieu des dis 10 f. parifis & i6 C par. 
ou lieu des dis 47 f. parifis ; promettant & con- 
cluant par eux àcequilf'jtdit, les dis des Quinze- 
Vins non eftre recevables ; au moins avoir tore 
ou mauvaife caute , £c en tout événement la dite 
oifre eftre bonne, valable, & que à tort ils 
ont refufé , & afin d'abfolucion& demande , dcf'- 
pens , dommage & intéreft. 

Et par iceulx des Quinze-Vins eut été dit & 
répliqué au contraire , que le dit Flamcl a -rès 
Ion décès laifla près de 800 1. de bonnes r(.n:es, 
dont il n'y en avoir pas cent viagères, 

AulTi par le propos d'icculx Margliers quicon- 
fcfîoient avoir rendu &z montré le compte des 
rentes & revenues du dit Flamel , par le quel 
n'eft trouvé que iio livres en reccpte ; il y a 
alFez de quoy payer entièrement l'Obit du dit 
f iamel , car il n'y faut pour toutes chofes que 
j£ I. 10 f. par chafcun an , &: s'il y a d'autres 
mifes , elles ne font point nécelfaires , ne ordi- 
naires par chafcun an. Ains il y a plus i car les 
>Sk Margliers ontconfelk*, que, ouicre tk par 
delTus les dis 1 10 1. de recepte par eulx confefFéc , 
qu'on a rachc;^ des rentes du dit feu Flamel jut- 



j84 Histoire Critique 

t[ii3. plus de 600 1. qu'on devoir employer en aul- 
très rentes , &c nedoii-on point faire de modéra- 
tion tant qu'il y ait rentes foutHfans pour payer 
le dit Obi: j & fi eft tout le temporel de kur 
Eglile , &: par efpccial les biens du dit Flamcl 
obligés à faire le dit Obit , & à payer les dis 
Quinze vins j car ils ont prins les biens du dit 
feu Flam>4 à cette charge , &: fe font obligés , en 
concluant comme deilus. 

Et finablement les dires Parties pour éviter 
plaî: &c procès , & nourrir amour entre elles , 
confidérans que c'eO: Eglife contre Eglife , & 
aulli par l'avis 6c confeil. C'eft alfavoir j les dis 
MniOre, Meniftre , frères & feurs ; de M"^. 
Nicolle Chapelle , Jehan de Rueil , leurs Con- 
fciilcrs , Avocats &c Penfionnaires ou dit Chaf- 
teliet, & Jehan Charpentier leur Procureur. Et 
les dis Margliers par 1 avis «Se confeil 5c délibé- 
ration des Paroidicns de la dite Eglife : & en la 
préfence de M'''^. Jehan le Sellier Cer. ^u 
Roy Notre Seigneur Préfident des Enqueftes en 
fa Court de Parlement, Archidiacre de Brie en 
l'Egîife de Paris , &c Curé de la dite Eglife de 
Se Jaques , Se Meffire Jehan de St Romain , 
C" . & Procureur Général du Roy Notre Sgr. en 
fa Court de Parlement ; ont traitié , tranfîgc , 
pacifié , 3c accordé eu la forfne & maqiere qui 
s'en fuit. 

C'ell alTavoir^ que dorefnavant d'icy à vingt- 
neuf ans & fans préjudice du droit desPartiesjc'eft 
alfavoir, aus dis des Quinze Vins de demander 
plus largement fi les cas y écher , & s'ils voyent 
que faire fe doit, Se aulti aux Margliers de la 
dite Euvreô: Fabrique de demander modération 
plus grande f\ bon leur fcmble. Les dis Maiglijrs 
&: leurs fuccclfcurs feront tenus de baillef^ft. 
payer par chafcun mois aus dis Maillre , Mcnif- 
trc , frères 5c fcurs,la femme de i8 f. parifis 

& 



DE Ni COL A S Fl AME L. ^S^ 

6c feront ceims les dis Maifttc , Mcniftre , frerv;s 
>& feuis , ti'aier & comparoir ou feiv ice du die 
anniverfaire qui fe dit chafcun mois de l'an en 
la dire Eglile St Jaques, jufqu'au nombre de huit 
avec le Chapellain Se Clerc , durant les dides 
■vingc-neuf années. Et au regard des arrérages 
du tems pailé , donc étoit queîtion ou dit procès , 

6 ceulx écheus depuis le did procès encom- 
mencé , feront iceuix Margliers tenus de les 
payer promptemen: au prix de i6 C parilis par 
chafcun mois. Et entant que touche Jes dis 
lo f. parifîs pour la dicle bafle MelTe les dis Mar- 
gliers ou leurs dis fuccelfeurs , feront tenus payer 
j C. parifîs par chafcun an avec les arrérages à 
iccllui pris , tant ceulx efcheus auparavant le 
did procès, que depuis & fans préjudice comme 
deflus à l'une & à l'autre des dides Parties. Et 
partant les diâ:es Parties s'en vont Se feront 
hors de tout procès qu'ils avoient l'un contre 
l'autre fans defpens. 

En fuivant les quels traitiés , tranfadions 8c 
accords delTus incorporés , les dis Margîiers bail- 
lèrent & payèrent aus dis Maitre, Meniftre , 
Jurés, Procureur, Portier Se frères defTus nom- 
més des dis Quinze-Vins , qui confelferent Se 
confelfent avoir eu & reçeu des dis Margliers , 
la (omme de 1 3 y 1. 7 f . parifis , tant pour les 
arrérages deus & efcheus depuis le mois de Dé- 
cembre l'an 14^4, comprins jufqu'au mois de 
May en ce préfent aa 1473 , auflî comprins Se 
includ, à caufe du did anniverfaire, fervice , 
ou obit , pour mois au did: pris de i 1. par. pour 
mois j comme pour tous les arrérages efcheus à 
caufe de la dide Méfie par an au pris de 5 f. 
parifîs pour an, depuis l'an 1461 jufques à 
préfent , dont & de laquelle fomme de 135 1. 

7 f. parifîs pour tous les dis arrérages , iceuix 
des Quinze-vings fe font tenus Se tiennent pour 



^8^ HîSTôiRE Critique 

contcns &c bien payés & agrées, & en quittèrent Se 
.quittent à tousjours la dide Fabrique St Jaques , 
les dis Marglicrs , leurs fuccelleurs Marglicis 
d'icelle Fabrique & tous aultres à qui en appar- 
tient quittance. Toutes voies ou cas qac les dids 
Marglicrs treuvent ou font apparoir d'aucunes 
quittances fouffifans des dids Quinze-Vins , ou 
de leur Procureur , ou Procureurs d'aucuns paye- 
mens fais fur les diéles années y icculx des Quin- 
zc-Vins les feront tenus déduire & rabattre fur 
ce qui leur fera dcu ou tems avenir , à caufc du 
dit Obit & fcrvice. 

Lesquels traitiés, tranfadions, accords , ré- 
ception , quittance , pacifications , convenances 
deilus dides*, en la dide feuille de papier ci- 
delTus incorporée , & en ces préfentes lettres con- 
tenuesSc cfcriptes : Icelles Parties & chafcuneen 
droit foy , proiniftrent &c jurèrent par leurs fcr- 
mens &: foy de leurs corps es noms que deilus 
avoir & tenir fermes , cflables & agiéablcs à 
tousjours i les garder, entériner, tenir, entre- 
tenir , faire 8c accomplir , Tune partie à l'autre , 
bien & loyaumcnt par la manière dcfTus dide , 
fans jamais par elles , l'une d'elles , ne par au- 
tre aler , venir, faire ou dire contre en aucune 
manières ainçnis ont promis rendre & payer 
l'une Partie à l'autre es dis noms tous coufts , 
frais , miffions , defpens , dommages , ou intéreffc 
qui fais & fouftcnus feroient par l'une des dides 
Parties, ou défault & par la coulpe de l'autre, 
pour raifon des chofes dcflus dides , ou d'aucu- 
nes d'icclles non faites, tenues, gardées & noa 
accomplies. 

Obllgans les dides Paties es dis noms l'une 
envers l'autre pour ce que dit efl: tenir, earJer , 
entériner &: accomplir C'cft afTavoir : les de'^us 
nommés des Quinze- Vins , tous Ks biens, reve- 
nues &: temporel, préfens Se advenir du did 



DE N I C. O L A S F L A M E 1. 587 

Hoflcl Se Hofpical des Quiuze-Vins : & les dicls 
Margliers aulVi cous hs biens , revenues cC tem- 
porel préfens ôc advenir de. la dide Fabrique 8c 
Marglcrie Se Jaques de la Boucherie, que les. 
xiides Parties en iceulx noms en on: roubfmis Se 
foubfmettent pour & du tout à la juridiilion Se 
garantie de la dide Prévofté de Paris &: de toutes 
autres juftices & jiiridiflions , où ils font & por-- 
ront eftre Tceus & trouvés. 

Et renoncèrent en ce fait exprefTément par 
leur dicte foy Se fermant es dis noms , à toures 
exceptions de déception , de fraude , d'erreur , 
d'ignorance Se de décevance i à toutes lettres , 

grâces refpits , difpenfations , abfolations 

& généralement à toutes autres chofcs quelcon- 
ques qui tant de fait comme de droit pouroienc 
aidier Se valoir à l'une des dictes Parties Se nuyre 
ou préjudicicr à l'autre , pour aler , venir , faire 
ou dire contre ces préfenres lettres leur effet 8c 
contenu , Se au droit difant générale renoncia- 
tion non valoir. 

En tefmoing de ce , Nous Jehan Dubois , à 
préfent Garde-Scelde la didle Prévofté de Paris , 
pour ce que par rmfpedion d'une note ou mi- 
nute fignée des feings manuels des dicls Notai- 
res , Nous efl apparu les chofes deilùs dides, 
avoir été ainfi faites & palTées par devant e'jx , 
comme dit eft 5 avons mis le Scel à ces lettres 
groflbyées Se mifes en forme autentique Se pu- 

' blique , le Jeudi cinquiefme jour d'Aouft l'an 
1475 , par le dit Loys Berdielemy feul, pour 
ce que ou dit tems le dit Pierre Jaquet eifoic 
aie de vie à trefpas. Ce fut fait , accordé Se pafïé 
double par devant les dicls Notaires : Ceft af- 

I favoir , par tous les delTus nommés , tant des 
Quinze-Vins , que les dids Margliers de St Ja- 
ques , excepté le dit Jehan le Noflrc , le Yen- 






Rij 



388 Histoire Critique 

dredi ensuivant , vingt-huitième jour tout du 
mois de May, lan 1473 dclFus dis. 

'Au dos de celte Pièce fc lit .... Collation faite 

du contenu en la feuille de papier ci-deJlus 

tranfcriptc. 

J^r à cote .... Ita ejî, Defprcz pour le dit Dubois, 



Au Ctc. Extrait contenant le cérémonial qui s'obfervoit 
t°r^r'rec^ ;?o«r les obits fondés par N. Flamel , tiré 
U> îi &: 1. des comptes de la Fabrique de St Jaques. 

Article de Dépense. 

XVII. À Ux Meniftres frères & fuers des Quin- 
,/T^ze-Vins, la fomme de i ii liv. 4 fols 
parifis qui due leur étpit pour être venus des dis 
Quinze-Vins , un Prêtre , Clerc & treize povres 
tous les mois de l'an, pour être préfens à faire 
un obit folemnel pour le dit Flamel , & pour 
î)çchiré. avoir dit par . . . Prêtre , une baiTe Melfe en la 
diteEglife , comme cy après eft dccléré; la quelle 

fomme a çté payée manuellement pour 

«inquante-deux mois , commençant ou mois 
d'Avril 1417, & finiifant ou mois de Juillet 
145 1 inclus: comme il appert par cinquante quit- 
tances en parcliemin 5 fccllécs du grand fccl des 
dis Quinzc-Vins , valent m 1. 4 f. parifis. 
Et eft aiïavoir que pour accomplir le teftament 
du dit feu Plamcl félon ce Chapitre , les dis 
Quinzc-Vins doivent partir de leur maifon. C'eft 
afi'avoir , le Clerc vêtu d'un furplis, qui porte 
la croix devant , & va le Prêtre vécu d'un fur- 
plis , après la dite croix , & vont treize povres 
qui veniont .iprcs le dit Prêtre deux &: deux , en 
manière de procellîon , depuis leur Eglilc des» 



DE Nicolas Flamel. 5R5) 
Quinze- Vins, jufqu'en l'Eglifc St Jaques : & là 
feront cous au Ions; du Ccrvicc & de la o;raa: 
Melle du dit obic , & ira«t les dits treize povres a 
l'olfrande : & le Prêtre qui ainlî fera venu, dira 
une Mclle balle en la Chapelle St Clément avant 
qu'il le départe ; & en la lin de la MelTe , fesa 
mémoire de N. D. de Touluiins & des Angels : 
& quant tout le dit fervice dont partie fera parlé 
cy après , f. ra achevé , fera payé aus dclTus dit^ , 
la fomme de 47 fols parif. qui leur fera diftribuée 
par les dis Marglicrs qui font , ou feront. C'eft 
alfavoir , par la Communauté des Quuize-Vins , 
3 1 fols parilis. 

Item. Parle Prêtre , Clerc & treize povres , à 
chafcun de eulx , i ^ deniers : & leur feront 
baillés en leurs mains chafcun pour foi , & bail- 
leront quittance fous le fcel de leur Eglife. Ainfî 
€ft la diftribution au regard des Quinze-Vins. 



Obit foUmnel pour Nicolas FlameL 

AUx Curé , Chapelains , Clers de la dite Egli- -^^'^ » ^^ '' 
fe, avec aultres Prêtres jufqu à l'accomplif- '^*' ° ^^' 
fement de douze perfonnes , tant Prêtres que 
Clers , la fomme de iio 1. 13 f 8 d. parilis, qui 
dus leur étoient pour avoir dit & célébré tous les 
mois de l'an un obit (olempnel , depuis le com- 
mencement du mois d'Avril 1417 , jufqu'au mois 
de Juillet 143 I inclux qui font cinquante-deux 
mois au pris de 1 1. 6 f. 6 d. parifis chacun mois , 

ccc 

comme il appert par IIII. certifications pallées 
par dcvaiu deux Notaires du ChaficIIet pour ce 
lio 1, 15 f. 8 d. parilis. 

Et eft alTavoir que pour accomplir la claufe 
-«îuteftamentdu dit feu Nicolas Plamc] ; touchant 
ce Chapitre , M. le Curé ou fon Fermier . com- 
mis peur lui, doit être pour être contrerouk , 

R iij 



3 90 Histoire Critique 

afin que faute ne foit ou dit fervice ; & doit 
avoir Ton furplis vcfi-ii & en chappe avec Ton 
aumufle , & être en chaire & pour ce faire à un 
chacun mois, ? fols parifîs. 

Au Frérre cjjai dira la MefTe & pour être ou dit 
fervice pnr chacun mois, 3 fols parifis. 

Aux quatre Chappclains pour erre tout du lon^ 
pour aider à dire k fervice à chacun de eux , 3 f. 
parifîs. 

Cet en- Doivent prcfenrer les dis Marcjliers à 

Svon cfc l'offrande une ( ^2 ) de vins de 8 deniers. 

Aux Clers cic la dire Eglilc pour ledit iervice & 
erre prefcns, 6 f. parilis. 

Une pointe de 4 deniers parifis , & foit fiché 
dedans icelle pointe un denier. 

Et doivent les dis Margliers faire fonner fo- 
lempnellcment , 1 C. parifis. 

Et fe commencera le dit fervice le premier , fé- 
cond, rrois ou qur^rt jour de chafcun mois après 
que Vcfpres feront dires en ]a dite Eglife : & le 
lenJcm.ain matin Laudes , les CommendafTcs , 6c 
puis la Me fie. 

Et aprcs la Méfie venir tous reveftus au tour 
de la fofie & tombe du dit feu Flnmcl , & dire 
LibtTiX me Domine .... & les oraifons , & gérer 
l'eau benoîte iur la rcpréfentation , avec qua- 
tre cierges ardcns & quatre cierges fur le gran<i 
autel, ardans du long du dit fervice : & à lafin 
du dit fervice, feront les Margliers qui fe- 
-rcnt à la table de l'Envre, &: feront la diilribu- 
rion des deniers defius déclarés , aux pcrfonnes & 
à chafcun ce que dit eft , les quelles parties à payer 

{a) L'Inilrudion peur les Maruuilliers qui fe ht au rerfo 
du folio II du peni résilie cite à la fin delà troillcme 
Partie, porte un fait: bumc cieii dcnic-s , &: ure quarte de 
viti Je 16 deniers. Et ior"n:e lorfci-je ce ref ilkc a étf écrit 
on coinnençoit à diminuer la dépenfe a caufe du dépc- 
rifitmcni des biens, il u'eil marqué que deux cierges fur 
le grand .racel , fie fvulemenc fix pauvres des Quinze- Yuigta. 



DE NièOLAS F L A M E t. 59 1 
cliafcuii mois , moncenc quarante-lix fols fix de- 
niers parifis. 



ADDITION pour la page 37. 

Nous ajoutons ici pour la faùsfaElion des per Can- 
nes qui airfient les antiquités , pLuficurs infcrip' 
lions , lues fu- le petit portail de St Jaques , 
en même-tems que celle qui ejl rapportée à Li 
page 3 -;. 

FLamel, qui demeuroit en face de cetce petite 
porte , s'e'tcit plu à la décorer. Jly a lieu de 
jpenfer qu'il regarùoit l'airembiagade toutes les 
images de dévotion qu'il avoir fait fculpter , 
comme un oratoire deitiné à être toujours fous 
fes yeux, Ili'avoit fai: orner de peinture , & mê- 
me de dorures dont les vefHges brillent encore. 
Le tout étoit fermé d'un vitrage , dont le chaiiiS 
lubfifte en entier. 

L'image de la faince Vierge , qui ed au milieu 
de ce petit monamen:, a été fculptée a'ec affez 
de dclicateire pour le rems. Elle porte de fa droite 
l'enfant Jefus, 6c de fa gauche elle tient une 
grappe de raii^ns. Cette imarc eft ibutenue par 
deux Anges afTs, que le Coivlruclear peut avoir 
Voulu faire repréfenter comme chantans un can- 
tique en l'honneur de la fainte Vierge ; cantique 
dont on lit ces paroles fur un rouleau qu'ils éten- 
dent. 

Ecce Mater Dei , Reglna Cœlorum ^ 
Jflafalus humani generis. 

Huit Anges femblent accompagner ces deur 
premiers des difFérens inftrumens qu'ils pcr- 
Ceux-ci entourent l'arcade qui préfciite àfg •. * 
une tête qui parole figurer le Perc éieriicl. DàiiS:^ 



^<^i Histoire Critique 

les angles formés par l'ogive , deux autres Ange5 
^'lèvent chacun un encenfoir. 

Se Jaccjucs , Patron de la Paroifle , cft du côté 
droit , & Flamel fe voit à genoux a Tes pieds» 
Pernelle eft de l'autre côté aux pieds du St Pré- 
curfcur, qui cft déiîgné par un cercle où cft figuré 
l'Agneau avec lequel on rcpréfente ce Saint. Lé 
mari & la femme invoquent la Ste Vierge ; le 
mari par ces paroles , Sanfîa Maria , intercède 
pro populo. Et la femme en difant : SanBaVirgo 
Maria , ora pro nobis. 

Quatre petites figures vêtues de long, fe 

* On n'a voient en dehors & fousle linteau de \z porte. ^ 

pu i^nc £j{g5 tieniKînt aulli des , rouleaux dont on n'a pu 

voir CCS H- -"^'^ 4^^ ^ écriture de deux , les autres étant tres- 

^.Lircs fur petits & dans l'obfcuritc. Il parcit que tous ces 

la vigne te roulcaux contiennent enfeniblc les deux premiers 

qui ellala articles du fymbole des Apôtres. Le premier com- 

pa^c qui rnence , Credo in Deum .... & le dernier porte, 

ne reprc- DoTtiinum ncftrum ; ceux du milieu conticnncac 

fenre que f^^s doute ce qui eft entre deux. 

le aut u Sous le linteau font écrits de chaque côté deux 

avis donnés à ceux qui entrent dans l'Eglife. Oq 

[eur dit d'une part , Tene:^-rous en dévotion ^ &: 

de l'autre, u4yei vraie contrition. 

II y a encore quelques autres infcriptionsj nous 
les avons données dans l'Effai 3 on peut les y 
IfTai , /'. lire. Toutes enfemble jointes aux images de piété 
IJ0&: iji. caracflérifcnt le bienfaiteur. Auroit-il couvert fous 
ces enveloppes dévores l'art du grand-Œuvre ? 
Si quelqu'un s'étoit imagiré de broder fur cette 
quantité de figures & de légendes , peut-é:rc au- 
roit-on un volume pareil a celui de Texplicatioa 
des Figures du Charnier. Des yeux ordinaires n'y 
voient rien que de fimple , de dévot j<: dans le 
goût de ces fieclcs , Si nous préfumons que l'oa 
41'y verra rien de plus. 



DE Nicolas Flamel, 393 



Autres additions & correâioas. 

L'Expofé du grand procès qui s~'éleva à l'occa- 
fion de ]a fucceilion de Flamel , a donné lieu ^.^ ^^^^ ' * 
de pailer de Jean Paris , Procureur au Parlement. 13 j (^^ f. 
Ce Praticien Confeil de la Parohfe de St Jacques 
ou il tcoic h fort accrédité , poirédoit une mai- 
Ton chargée par Jean Turquam de i 5 1. de rente-. 
pour certains fervices, Cécoit la maifon même 
où avoir demeuré Turcjuam. Paris, qui en fai- 
fanc les afFaires de fa Paroillc ^ n'oablioit pas 
les fîennes , voulut fe libérer , ^ 9it condempner 
les Marrcgliers félon les ordonnances Royaux , 
de foufFrir le rachat de la rente pour 180 1. pir. 
C'cil ce qui fe lit au compte de 1416 à 143 1. 

Il faut remarquer que cette mai fon de Jcai> 
Turquam , dont Paris étoit devenu Propriétaire , 
n'eft pas celle qui a été acquife par la famille 
Marcel, comme il ell dit dans l'Efiar, on avoitcru f . ^8, 
l'appercevoir dans ks Mémoires mss. de Monfîcur 
Prévaft^ Avocat. Le nouvel examen des comp- 
tes que nous avons fait, nous a découvert ce 
qui en cft. Dans un article où efl: indiqué 
le rachat fait par Paris, la maifon de Turquam 
eit 'délîgnée rue St Jaques de k Boucherie devant 
les trois Pucelics , ainîî du côté cppofé à la mai-» 
fon des Marcel , & en face de celle des trois Pu- 
celles , maifon ou hôtel dont il eft parie dans 
notre EHai. ^^:Â''Iz\l 

L'Infcriprion qui étoit fur la tombe de Tur- j pia;i à u 
quam , levée en 1 5 1 1 , par les foins de M". les lecuc V. 
Examinateurs au Châtelet, ne fe lit plus mainte- 
nant. Elle portoit : Ci gift honorable 6* difcrettt^ 
perfonne A/'*"^. Jehan Turquam , en fon vivant 
Examinateur au Chaflellet de Paris , & Lieute* 
nant Criminel du Prévofidç Paris 3 qui trefpajj'<^ 

Rv 



394 Hl s T O I RE Cr I T IQU E 
l'an 14'" fî le deuxième jour d' AvriL 

Quoique la date de la mort de Turquam foft 

fixée par cette infcription , donnée par Mrs. les 

Pâques le Examinateurs, au i Avril 140e , cependant Ton 

I Avril. T- / n • \ \ ■ ^ i> r 

iixecureur teltamentaire ne paya le droit de / aj- 
y/t^r^ de la tombe cju'enNov. 140*) On en trouve la 
mention fous cette date au compte de 1404 a 
I411, oiion li t: De Af""^. Denis Debauves com- 
me Exécuteur de feu M-^^ Jehan Turquen , pour 
l'ajfiete de la tumbe du dit feu Maiftre Jehan , en 
zcelle FgiiJ'e i c livres. 

Quant à la fondation des fervices , favoir , 
d'une Mejfe de Ecquicm foleinnel.e & Sigillés des 
morts ckafcun mois ^ il (e lit deuxad:es, mais 
ce ne fut qu'en 1410 : l'un le Mardi zi Ocflobre , 
pour II liv pariiîs de rente , laijjlés à V Eglij'c 
-par M'" . Jehan Turquant , â prendre fur la mai- 
fon ou il demouroit , ajfife en la Vannerie, (û) 
C'étcir rétabliirement des fervices. L'autre ade 
de même date porte 60 fols de rente , à prendre 
fur la m.ème maifon , laifTés aufli à l'Eglife pour 
être (les Marguillicrs) Vifit'eurs du fcrvice, Sec. Cc$, 
àcux contrats ne fubfiftcnt plus, & dans les 
mentions que les comptes font de Turquam , 
on ne lui voit que la qualité de Maître. 

Je croi pouvoir ajouter ici deux corredions 
pour l'ElTai fur la Paroilfc de St Jacques : (b) 
elles concernent Claude Marcel , dont il ePr beau- 
coup parlé dans cet EifaJ. Il y cft dit à h page 
183 , que Marcel fut élu Prévôt des Marchands 
à la place d'Antoine Duprat , Seigneur de Nan- 
touillct : il faut lire à la place de Nicolas le Gen- 

( a 1 Ccrtc rue de la V^tmerie cft la même que celle 
de St Jacouci delà Bouderie ^ &: elle cft dciîj;née fous ce 
nouveau nom dans Is note du rembouifcment de cette rente, 

(h) Ce Livre fe vend chez Pràuh , Père , Quai de Gefvres, 
h. l'en y trouve le leitanum de FiaiKcl à lafiades Pièces 
«jui y fowit LiÉcréeSi, 



DB Nicolas Flamel. 59J 
dre, Seigneur de Villcroy 5 &. cette qualité de 
buprat, rapportée dans l'article de THiftoire de ^ 
Paris, d'où l'on a tiré ce qui regarde Marcel, a y^j'^p^^^^j 
occaiionné la raéprife. Nicolas le Gendre efi: nom- p^j; YéUb 
mé dans le même ariicle comme PrédécelTeur de T, i fagi 
Marcel , dans la place de Prévôt des Marchands. ""• 

II eft auffi dit à la page 181, que Claude Mar- 
cel fut élu fécond MarguiUier de St- Jacques en 
I 5 ; (^ 5 il n'a été nommé qu'en 156c : il eut la 
quatrième place, & fe trouva avec Jean Lefca- 
lopler y Jean Daubray , & Etienne Deladehor s. 
£n 1556 on avoir élu un Claude Marell 3 nom 
qui dans le rcgiftre femble former celui de Aîarcei, 



F I N. 



Rv; 




TABLE 

DES MATIERES 

Contenues dans ce Volume. 



ALvERNAS , (Jean) Prieur de St Marri» 

-*J- des Champs, traite avec Flamcl,/?^^^ 149 

Deux Arcades des Charniers des SS. Innocens 

bâties aux dépens de Flamcl , 31 &; 104 : il 

Jes fait orner de fculptures & de peintures , 

106 & fuiv. 

sAveugles des Q_uin^e-Vin^ts chargés de venir 

procef^onnellemenc aux fervices fondés p;u 

riamel, 103 & 3IS 

B 

13 Arse : Flamel ne l'a point portée longue 
J-J dans fa vieilleiTe , 108, note (^2) 

Biens de Flamel & Pernellc en t 3 99 , 9 y 

Blancs : DiiFérens prix de cette monnore , 175- 
& 176 , note {a) & 373 
JBorel , Auteur d'un tréfbr de recherches, au- 
gmente du double les fonda tionsdcFtamel, 19 3 
Boulogne fur mer. Flamel n'a rien fait pour 
cette Eglife , j8 

Boulogne les Menuls proche Paris : on n'y con- 
ûoît point Flamcl. Note fur cette Eglife 59 

&ruiy* 



TABLE DES MATIERES, jpt 

Bouteille ^ ( Guillaume îe \ Ton hôcel , i ^ a 

Bureau , Jean ) Commilîaire adjoint à l'examen 

des comptes de rexccution tcftamentaiie de 

Ilamel, 23* 



C Alice s légués par Flamel , leur nombre & 
leur poids, 190 

C anches. Médecin, Juif converti : Flamel n'a 

rien fondé pour lui à Orléans , 24 

Chapelle de Flamel fous le titre de St Clément. 

Ornemens de cette CLipeile, 41 

Chapitre de N. D. de Pans convoqué pour un 

kgs fait par Flamel , 21^ 

Chariots rujiiques , ou à roues pleines^, ' i ^ t 

note [ a ) 
Chatillon^ (Gauchier de} fon hôtel rue St Mar- 
tin y ' 160 .. note (a ) 
Cramoiji , M"^. des Requêtes, envoyé , dit-on, 

par le Roi chez Flamel , 177 

Crieurs ( Jurés ) préfencent du vin à boire aux 

enterremens de leurs Confrères , 198 

Crocquemeure, Cordonnier, vend a Flamel partis 

d'une cour , Pafquier lui donne Fautre partie , 

145 & ik6' 
CuiJJes deCerf^YcCcniécs au Procureur du Roi 

& à Jean Pans , leur prix , 242. 



D 



T^EsjR DESIRE, (le) Ouvrage attribué à 

J~^ Flamel, lia 

DeJIandes ( Pierre ) alTifte aux aifemblées pour 

les alFaircs de la fuccefîion de Flamel. Echcviii 

& Prévoft des Marchands , 155 

Dcties. contractées par flamel & Perrenelle , 

^4& i^> 



398 TABLE 

Difner du jour^de l'enterrement de Pernelle , 66 
Celui de l'enterrement de Flamel , 197 

Don mutuel : Ade de Pcrnells pour fa ratifica- 
tion, ^x 

E 

rCRlTOiRE de Flamel : Vaijfeau de Phih^ 

J2j fophic , III 

Ecii d'or , Ton prix, 7^ & 342. 

Ecujfon Tymboliquc, attribué à Sx. Thomas 

d' Aquin , 11^ 

F 

inicvRES de Flamel, leur defcription & leur 

JT nombre, i]6&Li^j 

flamel, ( Nicolas) Libraire de l'Univerfîté, 175; 

IJ peut avoir vendu des livres d'Alchymie , 

133. Eft taxé a 30 francs, & confulte un ami , 

175. Sa mort. 184 

Flamel, Jean) Secrétaire du Duc de Berri, vend 

des livres à ce Prince, 10^ 

G 

y^ARNiER DE Saint Ton., W^'^. des 
V-J* Bouchers, afîiOe aux alFemblées pour la 

rucccfîîon de Flamel, 154 

Geujfron , ( Guillaume ) Procureur au Fort -l'Eve- 

<]ue, 111 

Cuiaut^i Pierre le ) Elude Paris. Flamel tranfige 

avec hii par crainte » lia 

YjEsAL TERNE ^ { Rohert de ) Voyer , Tes 5 
Jni droits , 1^9" 

Hémery, ( Guillaume ) Confeiller&Comminaire 
pour ks atîaires de la fucceiCoa de Flamel 



DES MATIERES. 399 
avec Jean de Boion , 240 

La Heufc , eu la Herfe , marfon achetée par 
Marguerite la Quefnel, 160. Acte du don 
qu'elle en fit à Flamel , 161 

Homme tout noir , peint aux Charniers, 53 & 

Hôpital St Gervais, 140 

Hofp'italiti : Flamel paroîc avoir voulu l'exer- 
cer , 14^ 

Hôtel- Dieu , delTervi par des Religieux con- 
jointement avec des Religieufes, 130 

Hôtes de Flamel : il k^s oblige à dire tous les 
jours unz Pate-nôzre ^ ôcc> lyj 



I 



/iV5 ciîJpr/o A' noavellememenrdécouverrc 
au petit portail de St Jacques, 37 

Infcription poféea St Jacques pour la fondation 
de Perne.lle^ ^I5 



ZAnoe ^ (Jean de) Notaire, ami de Fla- 
mel, lui donne une raaifon : Hirtoire de 
ce don , 163 & iuiv. 

Les Lavures , Ouvrage attribué à Flamel , 1 30 
Legs fait par Flamel à 14 endroits, 194^ 

Loifel , ( Pierre ) Cordonnier , Ton écufion , &;c. 

I li 
Lujîgnan , ( Lyon de ) Roi d'Arménie , fon hô- 
tel & Ton Epitaphe , 14,8^ 



M 



MAISON de Flamel, au coin de la rue 
Mari^^aux , partagée , i r 

Combien louée , 178^ 

St Martin des Champs : Les Moines de cePriei> 



405 TABLE 

rc favoi'ifcnc Flamcl d-ans Tes bâci'mens , 146" 
Meaux ^ ( Vicomte de ) Ion Hôccl , 87 

Mercure converti en argent & en or , félon 

le livre des hgurcs du Charnier; des daics 

que l'on cionne à cet événement , 17 & fuiv. 
Montmorency. ( rue de ) Etat de ce quartier au 

tems de Flamel. 14-f 



N 



IL"! JsTERRE (Philippe de) fuppléé par 

^ V 1^ Cour a Guillaume Hémcry , 14I 

Nicolas , ( Denis ) Commillaire Examinateur , 

certiScat qu'il donne , 115 

O 

BsECiuES de Psrncllc : ce quelles ont 
coûté , C6. Le bout de l'an , ibid. 

Ordonnances teftamcntaircs de Flaniei , à quoi 

elles Je font montées , 191 

Orenge , (Jean d' ) Libraire : gratification qu'il 

reçoit pour la vente d'un Livre, 197 

Orgemont y ( Pierre d') Chanoine de Paris , 13^0 
Orléans , ( Duc d' ) frère de Charles VI , mon- 

tanr des dons que ce Prince a fait par fon tef- 

tamenr, 19 1 

Ouvrages attribués a Flamel , 79 , 1 16 & fuiv. 
Ouvrages àz Maçonnerie & autres, leur prix. 



J^Aris , (Jean) Procureur au Parlement, 
Confcil de la Paroiffc de St Jacques 145. 
Chapeau de rofes préfenté à fa femme , ïbid. 
Force la Fabrique à recevoir le rembourfe- 
mzm d'une rente lailFéc par Jean Turquam , 



DES MATIERES. 40Ï 

Pèlerin de pied envoyé par Pernelle à Boulogne 
far mer, 5^ 

Petnelle : fa mort , ^5. Fable débitée à ce fujec. 
Ses obfcques. Le bout-de l'An, 6 6 

Pignon , (maifon du grand) bâiie en 14073 dé- 
tail fur cebâiiment, 149 & fuiv. Quelques- 
unes des infcriptions que Ilamel y a fait 
graver, ^ içj 

Poitevine , ou PiBe , ce que c'éroit , ^7 note a. 

Potier ( Pierre ) fait bâtir une arcade des Char- 
niers , fon épitaphe , 3 jj celle de fa femme , 

101 

Preux, (André le) Commiffaire, reçoit les comp- 
tés de l'exécution teftamentaire de Plamci, 

i34 

Prière pour la réufllte dans l'opération du grand- 
Œuvre , ir 

Procejfwns au Cimetière des Innocens : infcrip- 
tion attribuée à Flamel à ce fujet , 114 

Proferpine , fa féiQ , voye^ chariots. 

Puits , maifon du; pourquoi ainli appellée ,170 

Q 

OUarrÈ , (Fleuret ) Clerc des comptes, 
fait un compte des biens de Flamel, 1 3 9 
i^uatrebaut , ( Nicolas ) Frifeur , fait l'eftima- 
tion des meubles de Flamel & de Femelle , 90 

& 519 

Q^uefnel , ( Marguerite la) fervante de Flamel : 

il la nomme Exécutrice de fon tertamenc , 

200. Cérémonies auxquelles il Foblige , i:j8. 

Se remarie contre l'intcucion de fon maître , 

R 

JP Apioust , (Jean) Avocat du Roi , rc- 
X\, Çoi'- deux faius dcr pour un plaidoyer. 



401 T A é L É 

Rentes fci^étucHcs ^ leur taux, 115 

Romain , ( Jean de St ) Piocureur-Gcneral , Ton 
portrait fur verre cru celui de Flamel , 45- 
Romain , ( Jean de St ) Imagier , .87 & 3 ii 



fnylisiE des biens laiffcs par Flamel, 119 
l^ Salut d'oT, monnoie ; Ton prix, 140 

Sauvage j ( Benoift ) Maçon , Ton fceau , 170 
Sauvai y (Henry ) Confrère de St Nicolas à Se 
Jacques, 185 , note (a) 

SsUlers Larmiers fe chargent de la fondation de 
Pcrnelie , 1 1 3. La remettent , 116 

Sommaire i hilojophiqut , Ouvrage attribué à 
FJamcl : Ccnclulïon de cet Ouvrage , 116 
Stances qui étoicntà une des arcades des Char- 
niers, 34 
Symandius^ Roi d'Egypte : la prodigieafe quan- 
tité d'or que l'on dit qu'il faifoic, «jp & ico 

TAblea ux donnés par Flamel à l'Eglife S^t 
Jacques, 3^ 

Thomas d Aquin : {St) ccuffon fymbolique qui 
lui eft attribué, 119. Image finguliere de ce 
Saint, 113. Ouvrages d'Alchymie , &c. mis 
fous Ton nom , 114 

Turquam ( Jean) fait une fondation à St Jac- 
ques : année où a été poféc fa tombe , 
infcription qu'on y lifoit, 3^5 ^ (\.\\^, 

V 

F Allier , ( Maclou ) mari de Marguerite 
la Quefnel , zi2. Ajourné pour les af- 
faires de la fuccefiion de Flamel, 137 
Violette ( Robin ) tient la Mairie du pont de 



DES MATIERES. 403 
Charenton & le moulin de la tombe Ifoire , 

185 
Vitrage reprcfcntant l'emblème du prefloir 6i 
gravure lînguliere du même fujet , 4Z & 4 j 
Ployer. Ses droits. Voye^^ Hebaherne, 



*AcJiRE : les remarques fur cet Auteur"^ 
Ouvrage attribué à Flamel. 11^ 



Fin de la TaoU des Matières, 



ERRATA. 

Page I lig. 7 Capitre , lif. Chapitre. 

^5 15 Fcrncl, lij. Flamel. 

%6 12. parti, lif. parties. 

J54 30 modelé, ///.module. 

16% 13 la rente de vingt fols, lif. de 

deux livres. 
J70 lé la puits, lif. la pièce. 

108 iQ commencée, lif. commencé. 

341 «i /^ marg€ , dix v in , ///, dix vingt. 



•y^ i^ ;w» ^ ^ «Çi ^ .•^-» .^ ^ f^ ^^ ^ ^ ;k; i;!7\ ^ 

APPROBATION. 

J*Ai la par ordre de Monfeigneur le 
Chancelier , PHijioire Critique de 
Nicolas Flamel ^ Sec. ôc il m'a paru que 
cet Ecrit curieux ne pouvoir manquer 
d erre favorablement reçu du Public , 
puifqu'il concerne un homme célèbre 
dont on n'a point eu jufqu'à prélent 
de mémoires certains. Les recherches 
que le laborieux Auteur a faites , l'onç 
mis en état de faire connoître Flamei 
pour ce qu'il étoit, de de montrer 
que la pierre philofophale qu'on lui at- 
tribue efl: une chimère. Les pièces qu''il 
Y a ajoutées, pourront aulîî farisfaire 
ceux qui aiment à connoître la Topo- 
graphie de Paris ancien. A Paris le S 
Août ij6o. 

B O N A M Y. 



PRIVILEGE DU ROT. 

LO U IS, par la grâce de Dieu, Roi de 
France & de Navarre : A nos amés 6c 
féaux Coiîfeillers , les Gens tenans nos 
Cours de Parlement, Maîtres dss Requêtes 
ordinaires de notre Hôtel , Grand-Confeil , 
Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux , leurs 
Lieutenans Civils & autres nos Jufticiers qu'il 
appartiendra, Salut. Notre amé Guillau- 
me Nicolas DtsPREz, Nocie Impriniei^r 



,or.4inaire & Libraire à Paris , Nous a fait er- 
pofcr qu'il dcfireroic. faire imprimer & don- 
ner au Public ui Ouvrage qui a pour titre, 
Hijloire criiique de NicoLzs F/ame/ & de Per- 
nelU j'd femme , par AI. L. V. s'il nous plaifoic 
lui accorder nos Lettres de Pcrmilfion pour ce 
nicelfaires. A ces caufes , voulant tavorable- 
meut traiter l'Expofant , Nous lui avons per- 
mis S: permettons par ces Préfentes , défaire 
imprimer leditOuvrage autant de fois que bon 
lui femblcra, & de le vendre , faire vendre & 
dibirer partout notre Royaume , pendant le 
temps derro/^û/z/x/fi-confécutives, a compter 
du jour de la date de^ Pré/entes. Faifons 
dérenfes à tous Imprimeurs , Libraires & 
autres perfonneb de quelque qualité & 
condition qu'elles foient , d'en incrodùire 
d'impreflîon étrangère dans aucun lieu de 
notre obéiffance : A la charge que ces 
Préfenres feront cnrégiftrécs tout au long 
fur le Regiftre de la Comitiunauté des Im- 
primeurs & Libraires de Paris , dans trois 
i;io?s de la date d'icelles , que l'impreflion 
dudit Ouvrage fera faite dans notre Royau- 
me & non ai leurs, en bon papier & beaux 
carad:ereSj conformément a la feuille im- 
primée attachée pour modèle fous le contre- 
icel des Préfentes \ que l'Impétrant fe con- 
formera en tout aux Réglemens de la Librai- 
rie , &: notamment à celui du lo Avril 1715 ; 
qu'avant de l'cxpofer en vente, le manuf- 
crit qui aura fervi de copie à l'impreflîon 
dadit Ouvrage, fera remis dans le même étac 
où l'approbadon y aura été donnée , es 
msins de notre très cher &: féal Chevalier 
Chancelier de France , le Sieur D»:lamoi- 
gnon \ & qu'il en fera enfuite remis deux 
JÈxemplaires dans notre Bibliothèque publi- 



que , un dans celle de norrc Château du Lou- 
vre, & un dans celle de notredit très-cher Se 
féal Chevalier Chancelier de France le Sieur 
D-lamoignon ; le tout à peine de nullité 
des Piéùaces. Du contenu defqaeîles vous 
mandons & enjoignons de faire jouir ledit 
Expofant & fes ayans caufe pleinement & 
paifîblemenc , fans ToalÎTir qu'il leur foie 
fait aucun trouble ou empêchement. Vou- 
ions qu'a la copie des Préfenrcs qui fera 
imprimée tout au long au commencement 
ou à la fin dudit Ouvrage , foi foi: ajouté* 
comme à l'Or ginal : Commandons au pre- 
mier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis, 
de faire pour l'exécution d'icelles , tousaâies 
requis Se nécellaires , fans demander autre 
permilTion, Se nonobftant clameur de Haro , 
Charte Normande Se lettres à ce contraires : 
Cartel efl notre plaifir. Donne à Marly le 
douzième jour du mois de Juin , l'an de grâce 
mil feptcent foixante-un , & de notre Règne 
ic quarante-lîxieme. Par le Roi en fon Con- 
fcil. 

LE BEGUE. 



Regiftréfur le Regiflre XV de la Chambre 
Royale & Syndicale des Libraires & Imprï- 
meurs de Paris , N . 7^ , fol. ? 89 , con- 
formément au Règlement de 17 ±}. A Paris 
Ç€ 19 Juin 1761. 

Signé , M O R E A u , adjoint. 



/3'gS-S'S'é 



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.BOULEVARD HAUSSMANN, 19