(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Histoire de Gil Blas de Santillane"

This is a digital copy of a book that was preserved for generations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose legal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia present in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journey from the 
publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we have taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use these files for 
personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's system: If you are conducting research on machine 
translation, optical character recognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for these purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it legal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is legal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any specific use of 
any specific book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at |http : //books . google . com/ 




A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse ] ht tp : //books .google . corn 



1 



\ 



HISTORIA 

DE gTl BLAS 






< ,^r\\ DE SANTILLANA, 

PUBLICADA EN FRANCES POR A. R. LE SAGE^ 

TAADUCIDA AL CA8TBLLA|I0^ ^ ^ v^^' ^ ' 

POR EL PADRE ISLA, 

OOAftMlOA , lICnriCADA f AIOIADA 

|l0r Ii0n.4foart0ta |)dia g Maxva. 




EN LA LIBRERiA EUROPEA DE BAUDRY, 

CALL! DO COQ-BAnrr-HOHORA, 9, 



CnCA DEL lAlTII. 



1838 



THE NEW YORK 

PUBLIC LIBRARY 

5817*.* i 

A«rf M, LINOX AMD 
TICMM FOUNOATIOMt. 

A 1912 L 



EL EDITOR. 



Al determiDarme à ofreoer al publico esta nueva edicion , me be pro- 
poeslo: 

4** Proporcionar la mayor economia de precio conforme à la estrechez 
del tiempo , à la mengua de las fortunas , y al acrecentamiento de estîma- 
cioo qoe ha tomado y Ta lomando cada dia entre nosolros la moneda por 
causa de su escasez. 

2* Limar, aclarar , rectiOcar y espailolizar algunas palabras, nombres, 
frases y modismos del idioma galicano de que todavia se resentîa esta obra , 
y 00 poco la deslncian , para que desaparezca de ella esa pequeAa imper- 
feccton y y qnede toda espaftola , como sin duda siempre debiô ser. 

3° Salvar algunas nmisiones , y tambien varias equivocaciones en los 
nombres de personas y lugares : equivocaciones en que se ba incarrido 
siempre en todas las edidones , tanto francesas como espailolas , que ban 
preoedido à esta. 

4" Ponerle algonas notas histéricas y mitolôgicas , para que los lectores 
no versados en esta parte de la literatmra puedan comprender bien algonos 
pasages à qae se bace alosion en la obra , y darles todo el valor qoe en 
sitîeoen. 



• • • » ' » » • 



f ' * 



•^ w • - • 



1 • 


••• ! : 


• • 


• • • ••• 


• •• 


• 


• • 


• • • • 


I'i 


• ■ 


•• 


• M » •• 


• • 


• • . - 

• • ••• 




• • ■• • 


t • 


• 


• • ••• 




••• 

• 

• 

••• 


• • 

• • 


• • • • • «•• 

• • • •; • 






» • 


••• • • •• 






• • 


• • • • • 






1 ••• 


••• • • • 






• • • • 


• 


.«• • •• • 


• 




•• 


. • ■ * * 






V V; 


■ • 


*•• ••• • 


• 




• • • 


• • 


•* 7 *••! ! •• 


• 



PROLOGO. 



El célèbre padre Isla , que faè el primero que tradujo en 1783 
obra al castellaDO , puso en la portada : 

c Ayenturas de GO Bias de SantOIsma, robadas à E!q[)aAa, y 
« adoptadas en Francia por M. Le Sage , restituidas i su patria 
« y i su lengua natiya por un Espafiol zeloso que no sufre se 
m burlende su nacion.» Y entre otras cosas que dijo en los prin- 
dpios y Guriosas y buenas como suyas , aunque algunas no para 
aqœl lugar, deseando probar su asercton de ser la obra espa- 
ftola, se explicôasi hablando con el lector: 

9 Pregqptarà yrnd. , como si lo oyera: ^Por que razon , 6 con 
qaé fandamento se dice en el frontis de esta yerslon que las Ayen- 
tnras de GO Bias fuëron adoptadas por M. Le Sage, quitindole 
d honor de ser su padre legitimo y natural? Pues que, i no lo. 
fné dertamente aquel monsieur ? 

ciQuëUamacîfriamtfnfey sefior lector? En los partos meta- 
fibricos dd entendimiento hay casi las mismas dudas , si ya no son 
mayores, que en los fisicos, corpôreos y materiales^En estos se 
sabe^ 6 se puede saber con certeza, la madré que los pariô, 
pero. nunca se puede saber con la misma el padre que los engen- 
dra. Para atajar los inconvenientes que estas dudas podian pro- 
dndr, acudiô la ley con la ftmosa decision : Pater est quem nup- 
ûœ demonanxnt; pero como en las producciones meptales no hay 
matrimonio.que las legitime , tampoco estamos obligados â créer 
qoe sea su yerdadero padre el que suena serlo en el frontispicîo , 
salyo Anicamente en las pyoducdones de los 10)ros sagrados. La 
comeja que se yistiô de plumas agenas es una mera fabula : 
solamente los ladrones y los plagiarios son las comejas yerda- 
deras. 

t Cenvengo ra eso , me replicarà acaso vmd, ; mas quisiera yo 
saber iquë fandamento hay para agregar esa especie cornejiana 
à nnestro bonisimo monsieur ? El mas sôlido y el mas graye que 
cabe en una prudente conjetura. Sus mismos paisapos y p^egi- 
ristas modestamente lo confiesan , y aun lo prueban con hechos 
al parecer conduyentes. Los imparciales y moderados autores del 
DkUofmaire kisunique portaiif,, esto es, Dicmnariokiitôricopor^ 



viîj PROLOGO. 

tdAl 6 manual, los cuales formaban una compaAia 6 asociacion 
de literatos de Paris , hombres todos maduros y retirados del 
gran mundo , que no pertenecian â caerpo alguno regular, ecle- 
8t&stico , politico , ni académico , y por consiguiente estaban libres 
de todo espiritu de cuerpo 6 de partido , cuando llegan à tratar 
de monsieur Alano Renato Le Sage en la edicion de Amsterdam 
de 1771 , tomo iv , pàg. Itô, dicen asi en su nativo idioma: 

<r Le Sage ( Alain René ) , poète françau , né à Ruys en Bretagne, 
vers Can 1677, niourtU en 1743 à BotUogne sur mer. Son premier 
ouvrage fui une traduction paraphrasée des Lettres d'Aristénète , au- 
teur grec. Il apprit ensuite l'espagnol, et goûta beaucoup les auteurs 
de ceUe nation , dont il a donné des traductions, ou plutôt des tmtla- 
tions y qui ont eu beaucoup de succès. Ses principaux ouvrages en ce 
genre sont : V Guzman d'AihtBiàie,endeux vol. tii-12, ouvrage ou 
l'auteur fait pauer le sérieux à travers la firivolité qui en fait le fond. 
8"* Le Bachelier de Salamanque , en deux vol. tit-12 , roman bien 
écrit, et semé dune critique utile des moeurs du siècle. 3^ Gil Bias 
de Santillane, en quatre vol. tfi-12. On y trotive des peintures vrmes 
des moeurs des hommes, des choses ingénieuses et amusantes, des ré- 
flexions juiticieuses. Il y a du choix et de t élégance dans les expre»- 
sUms, et assez de netteté et de la gtàté dans les rédu. k^ Nouyelles av eo- 
tures de don Quichote , en deux voL tn-12. Ce nouveau don Quichote 
ne vaut pas t ancien; il y a pourtant quelques plaisanteries agréables. 
6^ Le Diable boiteux, deux vol. tn-lS, ouvrage qui renferme des 
traits propres à égayer l'esprit et à corriger les moeurs. 6** Mélanges 
amusants des saillies' d*esprit et des traits historiques les plus 
frappants , tii-12. Ce recueil est, ainsi que tous ceux de ce genre, un 
mélange de bon et de mauvms. Cet auteur avait peu d'invention, 
mais U avait de l'esprit, du goût, et l'art dembelUr les idées des au- 
très , et de se les rendre propres. Este pasage, traducido fielmente 
en nuestra lengua, dice asi : 

ir Alano Renato Le Sage, poeta frances, naciô en Ruys de 
Bretafla hécia el afio de 1677 , y muriô en el de 1743 en Bolonia 
de Francia. Su primera obra fuë una traduccion parafréstica de 
las Carias de Aristeneto, autor griego. Aprendiô despues la len- 
gua espaflola, y se aficionô tanto à los autores de esta nacion» 
que publico muchas traducciones , 6 por mejor decir , imitadones , 
que han tenido mucha aceptacion. Sus principales obras en este 
género fuëron : 1* Guxman de Alfarache, en dos tomos en 12 ; 
obra en que el autor introduce lo serio â Tueltas de lo friyolo 
que en ella domina. 3 * £/ BachiUer de Salamanca , en dos tomos 
en 12 , novela bien escrita , y sembrada de una critica provechosa 
de las costumbres del siglo. Z^ Gil Bias de SantiUana, dondè se 
encuentran pinturas muy propias y muy yivas de las costumbres 
de los hombres , oosas ingeniosas y divertidas , reflexiones Ilenas 
de juicio. El estilo, sin dejar de ser natural, es elegante, lasvo- 



PROLOGO. ix 

ces eastiias , y la narradon flaîda , limpia » gractOM y desembara- 
zada.4* Nvtva» aventuras de don Quijote, en dos tomos en 12. Este 
noero don Quqote no llega al antigao, ni oon mocho. S^ El Diablo co- 
jwdo, dos tooH» en 12 » obra donde se encaentran algunos pasos 
que sirren à la dirersion y i la ensefianza. 6* Misceldnea de maierioM 
dtveriKiaf i ingetiiosa» ,yde sucesos hi^érieoi notablei , ooleocion en 
qoehay baenoymalo, como entodogènerodeGolecdone8.E8teaa- 
tor tenia poca invencion ; pero estaba dotado de ingenio y de bnen 
gusto, Gomo tambien de un gran talento para engalanar las ideas 
ôconoeptos de otros, haciendo suyos los pensamientos agenos. 

« Hasta aqni dichos autores del Dtcdonario hiMôrico manual 
en el articolo de M. Le Sage. Y pues los mismos paisanos y elo^ 
giadores, hombres por otra parte de la mayor imparcialidad, y 
de ona delicadisima critica, cuentan al Gil Bios de SantiUana 
entre las traduodones 6 imitaciones de la lengua espaftola, en 
que H. Alano ejercitô el gkm taienlo de hacer suyos los pensa- 
iBieDios agenos , ;quë mayor fondam^ito habiayo menester para 
desphunar al Frances corneja, y restituir al EspaJk>l Gil Bias en 
sa pelo 6 su pluma original? 

t Pero si Ymd. cpiiere saber de mi que Espafiol fuë el verdadero 
padre de aquel bijo, y como 6 por donde vino à parar la pobre 
criatura en manos del seflor franees , eso es en lo que no le po- 
drè servir con la seguridad que yo quisiera y ymd. mismo deseara. 
Solo he podido averiguar que el tal M. Le Sage estuYO muchos 
aflos eo Espafia, segun unos como secretario, y segun otros 
eomo amigo 6 comensal de un embajador de Frauda; que su in- 
dinacion i nuestra lengua , y lo mucho que le gustaban los gra- 
ciosos escritos satiricos y morales que poco intes se habian pu- 
blicado en ella, algunos anônimos , y otros con el nombre de sus 
Terdaderos autores , le incité à solidtar el conocimiento y trato 
con los unos y con los otros. Tuvo estrecha amistad con cierto 
abogado andaluz que le diô el Samoso SueUo politico que comienza : 
Poioba yo el Bocalim por eHwtio 6 por recreo, ei cual era una Ai- 
riosa sàtira contra el ministerio de Espaila; que este mismo 
abogado le confié à M. Le Sage el manuscrito de la novela de 
G3 Bias 9 que era otra mas graciosa, mas llana y mas inteligible 
sitira contra el gobiemo de dos grandes seûores que sucesi- 
vamente se viëron i la frente del ministerio, para que, tradu- 
cido en firances, le hidese estampar en Paris, y publicar como 
naddo en aquel reino, supuesto que durante el actual gobierno 
de Espafta no se podia imprimir en ella sin que peligrase la yida 
del impresor y de todos los que tuTiesen parte en su publicacion. 
Ann hay otra razon muy poderosa para créer que Le Sage no 
foè el Terdadero antor de esta graciosa novela. Cualquiera que 
la lease persuadirà que se escribiô en los reinados de Felipe III 
y Felipe ÏV, cuyos ministros yprivados son satirizados en ella. 



X PROLOGO. 

M. Le Sage 9 habtendo nacido el afto de 1677, en qae ya habia 
muerto Felipe lY , no podria yenir à Espaûa ni como secretario , 
ni como amigo ô comensal del embajador frances, hasta fines de 
aquel siglo 6 principios del siguiente; tiempo en que ya Gil Bias 
andaria oculto en las manos de algnnos coriosos , como escrito 
anônimo y de autor desconocido. Y asi como dicho monsieur se 
aficionô tanto i nuestras noyelas para imitarlas ôtraducirlasensu 
idioma, es de créer que ejecutase lo mismo con la de Gil Bias, 
hadéndole que bablase de molde y en frances lo que entes ha- 
bia hablado en castellano y manuscrito. Esto es cuanto he podido 
averiguar en el asunto , pero sin documentos suficientes que lo 
prueben , ni testimonios respetables que lo califiquen. » 

Esto dice el padre Isla^ pero de nuevas y diligentisimas inrestiga- 
clones hechas sobre el origen y autor de esta obra apreciable ré- 
sulta que Le Sage no estuyo nunca en Espafia, ni mënos fué autor 
de ella, ni de las yarias obras espafiôlas que publico en Paris, 
tomadas todas indudablemente de la biblioteca que le legô el 
marques de Lyonne, embajador que yino de Francia i Espafta 
en 1656, muy erudito y aficionado i la literatura espa&ola, 
amigo de nuestros escritores de reputadon de aquel tiempo , y 
comprador de todo lo bueno impreso y manuscrito que pudo ha- 
ber à las manos. Esta sin duda es la razon de hallarse por falta de 
un exacto conocimiento de nuestras cosas algunas equiyocadones 
y errores en los nombres de personas, pueblos y distancias , di- 
manadas probablemente de no comprender los Franceses nuestros 
manuscritos con la perfeccion necesaria para la exactitud tipogrâ- 
fica; y que, como se ha dicho al principio, se han salyado lo 
postt)le en esta edidon. 



DECLARAGION DE LE SAGE. 



Gomo hay penonw qae no saben leer on libro «in apUcar los caractères 
Tidosoa 6 ridicolos qae en él se ceoauran à personas delennioadaa, de- 
daro é estoe malidosos lectores que harén mal y se eugafiarén macho en 
haœr la apGeadon à ningnn iodiTîdao en particalar do los retratos que en- 
oontrarân en esta obra. Protesto al publico qae soiamente me he propaes- 
to representar la vida del comon de los hombres tal caal es; y no permita 
Dû» qae jamas sea mi Animo seAalar à ninguno con el dedo. Si habiere al- 
gono qae créa se ha dicho por él lo qoe paede convenir â tantos otros y le 
aooDsejo qae calle y no se qa^e , porqae de otra manera él mismo se darà 
à oonocer foera de tiempo. StuUè nudoHi auimi conscientiamf dice Fedro. 

No mènes en Francia qae en Espaiia se hallan medicos, cuyo método 
de carar no es otro qae sangrar sobradamente à sas enfermos. Los vidos y 
los originales ridfcnlos son de todas las nadones. Ck)nfieso qae no siempre 
describe exactamenle las costambres espallolas. Por cjemplo , los qae saben 
como Tiven en fifadrid los comediantes qaizâ me notarén de haberlos 
pintado con colores demasiadamente mitigados; pero cref deber hacerlo 
asi f porqae fuesen algo mas parecidos A los naestros. 



GIL BLAS DE SANTILLANA, 

UNA PAL ABRITA AL LECTOR. 



Antes de leer la historia de mi vida , escadia , fedor amigo , un cnento 
queteToyéeontar. 

Gaminaban jantos y é pié dos esindiaites desde PeAafiel à Salamanca, 
Smtiéodosecanaadoa y sedientoa se sentàron junto é una fuente que estaba 
en el camino. Despues que descansAron y miUgàron la sed , observéron por 
casualidad una como lapida sépulcral , que à flor de la tierra se descubria 
cerca de ellos, y sobre la lapida unas letras medio boiTadas por el tiempo 
y por las pîsadas del ganado que venîa à beber à la fuente. Picoles la cu- 
riosîdad , y lavando la piedra con agiia , pudiéron leer estas palabras cas- 
tellanas : Aqvi esté enierrada el aima del liceneiado Pedro Garcia. 

El mas mozo de los estudiantes , que era vlraracho y un^si es no es atolon- 
drado, apénas Iey6 la itscripcion cuando exdamô riéndose é carcajada ten- 
dida : i Gracioao disparate 1 lÀqui esta enierrada el aima ! Pues que i una 
alma pueéli enterarse ? /Qnîett me diera à conocer el ignorantisimo avior 
de ion ridiculo epiiafio! Y didendo esto se levante para irse. Su compa- 
jlero, que era algo mas juicioso y reflezivo , dijo para consigo: Àqui hay 
misterio f y no me he de apartar de este sitio hasta averiguarlo. Dejô par- 
tir al otro, y sin perder tiempo sacô un cuchillo y comenzô é socavar la 
tierra al rededor de la lapida hasta que logrô levantarla. Encontrô debajo 
de ella un bolsillo; abriôle, y hallô en él cien ducados oon estas palabras en 
latin : Decldrote por heredero mio à ti , eualquiera que seas , que has feni- 
do ingénia para eniender el verdadero seniido de la inscripeion ; pero fe en- 
eargo que uses de este dinero mejor que yo usé de él. Alegre el estudiante 
oon este descnbrimiento voirie à poner la lapida como entes estaba , y pro- 
siguiô su camino é Salamanca , Uevàndose el aima del licendado. 

Tù , amigo lector , seas quien fueres , necesariamente te bas de parecer 
à uno de estos dos estudiantes. Si lees mis aventuras sin hacer reflexion à 
las instruodones morales que encierran , ningun fruto sacarés de esta lec- 
t ura ; pero si las leyeres oon atencion , encontraràs en ellas , segun el pre- 
cepto de Iforado , lo util m^zclado con lo agradable. 



HISTORIA 

DE GIL BLAS 

DE SÂNTILLANA. 



LIBRO PRIMERO. 



CAPITULO I. 

Nacùnieiito de Gfl Bias, j mi educacioD. 

Bias de SantOIana, mi padre, despnes de haber servido mu- 
chos aflos en los ejércitos de la monarqaia espaflola » se retiré al 
lugar donde habia nacido. Casôse con una aldeana y y yo naci al 
miindo diez meses despues que se habian casado. Pasàronse à 
TÎTir à Oyiedo, donde mi madré se acomodô por ama de go- 
bierno , y mi padre por escudero. Como no tenian mas bienes que 
sa salario , corria gran peligro mi educadon de no haber sido la 
oiejor, si Dios no me hubiera deparado un tio, que era canônigo 
de aquella iglesia. Llamàbase Gil Perez : era hermano mayor de 
mi madré, y habia sido mi padrino. Figurate aUà en tu imagina- 
don, lector mio, un hombre pequeflo, de très pies y medio de 
estatura, extraordinariamente gordo, con la cabeza zabullida 
entre los hombros, y he aqui la vera effigies de mi tio. Por lo 
demas era un edesiéstico que solo pensaba en darse buena vida , 
qaiero decir en comer y en tratarse bien , para lo cual le sumi- 
nistraba sufidentemente la renta de su prebenda. 

Llevôme à su casa cuando yo era niflo , y se encargô de nu edu- 
cadon. Paredie desdeluego tan despejado, que resolyiô cultivar 
mi talento. Compr6me una cartilla, y quiso él mismo ser mi 
maestro de leer.Tambien hubiera querido enseftarme por si mismo 
la lengua latina , porque ese dinero ahorraria ; pero el pobre Gil 
Perez se viô precisado à ponerme bajo la ferula de un preceptor, 
y me enyiô al doctor Godinez, que pasaba por el mas hàbil pédante 
que habia en Oviedo. Aproveché tanto en esta' escuela , que al 
cabo de cinco b seis afios entendia un poco los antores griegos, 

4 



2 GIL BLAS. 

y safidenteinente los poetas latinos. Apliqoeme despaes à la lôgica, 
que me enseflô à discurrir y argumentar sin término. Gustâbanme 
mucho las disputas, y detenia à los que encontraba, conocidos 6 
no concH/idos , para proponerles cuestiones y argumentos. Topà- 
bame à veces con algunos manteistas» que no apetedan otra cosa, 
y entônces era el oirnos disputar. |Qué voces! jqué patadas I 
I que gestos I iqué contorsiones I iqué espumarajos en las bocas I 
Mas pareciamos energùmenos que filôsofos. 

De esta manera logré gran fama de sabio en toda la ciudad. A 
mi tio se le caia la baba , y se lisonjeaba infinito con la esperanza 
de que en virtud de mi reputacion presto dejaria de tenerme sobre 
sus costillas. Dfjome un dia : 01a , Gil Bias , ya no ères niûo ; tienes 
diez y siete aflos, y Dios te ha dado habilidad. Hemos menester 
pensar en ayudarte. Estoy resuelto à enyiarte i la universidad de 
Salamanca , donde con tu ingénie y con tu talento no dejaràs de 
colocarte en algun buen puesto. Para tu yiage te daré algun dinero 
y la mula , que vale de diez à doce doblones , la que podràs vender 
en Salamanca, y mantenarte despues con el dinero, hasta que 
logres algun empleo que te dé de comer honradamente. 

No podia mi tio proponerme cosa mas de mi gusto , porque 
reventaba per ver mundo : sin embargo supe vencerme, y disi— 
mular mi alegria. Cuando Uegô la hora de marchar, solo me mostré 
afligido del sentimiento de separarme de un tio à quien debia tanta» 
obligaciones : entemeciôse el buen seftor, de manera que me di6 
mas dinero del que me daria si hubiera leido ô penetrado lo que 
pasaba en lo intime de mi corazon. Antes de montar quise ir à dar un 
abrazo A mi padre y i mi madré , los cuales no anduviéron escasos 
en materia de consejos. Exhortâronme à que todos los dias ^ico- 
mendase à Dies à mi tio , A vivîr cristianamente, à no mezclarme 
nunca en negodos peligrosos , y sobre todo à no desear, y macho 
mènes à tomar lo ageno contra la voluntad de su duefio. Despaes 
de haberme arengado largamente , me regaliron con su bendicion, 
la unica cosa que podia esperar de dies. Inmediatamente monté 
en mi mula, y sali de la dudad. 



CAPITULO n. 

De loft tii8t08 que toyo Gil Bias en el cami&o de Peftaflor, lo qae hiso coaiklo 
Uegô aUf , y lo que le sucediô oon un hombre que œnô oon â. 

Hèteme aqui ya fiiera de Oviedo , camino de Peftafler, en medio 
de los campes , duefto de mi persona , de una mala mula , y de 
cuarenta boenos ducados , sin contar algunos reales mas que ba-' 
bia hurtado à mi bonisimo tie. La primera cosa que hice fué dejar 
la mola A discredon , este es , que anduviese al pase que qnîsiese. 



UBRO PRIMERO. 3 

Eehéh el freno sobre d pesçuezo*, y sacando de la faltriqvera mb 
dncados, los comenzé â cootar y recontar dentro del aombrerou 
Vo podia oonteiier mi alexia : jamas me habia iristo con tanio 
dinero junto : no me hartaba de yerle , tocarle y retocarle. Esti* 
bale recoDtando quizâ por la vigéaima Tez , coando la mula a]z6 de 
repente la cabeza en aire de espantadiza, agozô las orejas, y se 
par6 en medio del camino. Juzgué desde luego que la babia espan- 
tado alguna oosa, y examiné lo que podia ser. Vi en medio del 
camino un sombrero con un rosario de cuentas gordas en au 
copa; yal nismo tiempo oinna voz lastimosa, que pronundô 
estas palabras : Seizor pasagero, tenga void, ffiedad de un pobre 
nldado eOropeado, y sirvase de echar alguno$ reale$ en ese somr 
hrero, q^e Dios te h pagard en el otro mundo, Yoiyi los ojos hàcia 
donde Tenia la yoz , y yi al pie ^e nn matorral , à yeinte ô treinta 
pasos de mi, una especie de soldado, que sobre dos palos cruzadoa 
apoyaba la boca de una escopeta, que me pareciô mas larga que 
una lanza, con la cual me apuntaba A la cabeza. Sobresaltéme ex* 
trafiamente , mire como perdidos mis ducados , y empezé à temblar 
como un azogado. Recogi lo mejor que pude mi dinero; metib 
disimulada y bonitamente en la faltriquera, y quedAndome en las 
manos con algunos reales , los foi echando poco à poco , y uno k 
OHO , ^ el sombrero destinado para recibir la limosna de los crii^ 
tianos cobardes y atemorizados, A 6n de que conociese el soldado 
qae yo me portaba noble y generosamente. Quedô satisfécbo de 
migenerosidadyy di^e tantas gracias como yoespolazos A la mala, 
para que caanto Antes me alejase de él; pero la maldita bestia , 
burlindose de mi impacienda , no por eso caminaba mas apriesa. 
La viqa costumbre de caminar paso A paso bajo el gobierno de mi 
lio la habia hecho oh idarse de lo que era el galope. 

No me pareciô esta aventura el mejor agiiero para el resto del 
Tiage. Yeia que aun no estaba en Salamanca, y que me podian 
soceder otras peores. Pareciôme que mi tio habia andado poco 
jNTudente en no baberme entregado A algun arrio-o. Eslo era sin 
duda lo que debiera haber hedio ; pero le parecia que dAndome 
SQ mala gastaria mémos en el viage ; lo cual le hizo mas foerza que 
la consideracion de los peligros A que me exponia. Para reparar 
esta ialta determmé vender mi mula en Pefiaflor, si tenia la dicha 
de negar A aquel lugar, y ajustarme con un arrière hasta Astorga, 
hadendo lo mismo con otro desde Astorga A Salamanca. Aunque 
Donca habia salido de Oviedo, sabia los nombres de todos km 
lagares por donde habia de pasar, habièndome informado de elloa 
Antes de ponarme en camino. 

liegoè felizmente A Peftafldr, y me pare A h paerta de im meson, 
qae tenia bella aparienda. Apènas echè pié A tierra, cuando el 
nesonero me «alio A reoibir con mneha cortesia. Ë1 mismo desatô 
mi maleta y mis alfoijas , cargo con ellas , y me oondujo A an 



4 GIL BLAS. 

coarto mièntras sas criados Uevabanlamula é la caballeriza. Era 
el tal mesonero el mayor hablador de todo Asturias, tan fôcfl en 
contar sin necesidad todas sus cosas , como curioso en informarse 
de las agenas. Dijome que se Uamaba Andres Corzuelo , y que ba- 
bia servido al rey muchos aflos de sargento ; y se habia retirado 
quince meses hacia , por casarse con una moza de Gastropol, que 
era buen bocado , aunque algo morena. Y despues me refiriô otra 
infinidad de cosas, que tanto importaba saberlas, como ignorar- 
las. Hecha esta confianza , juzgândose ya acreedor à que yo le 
eorrespondiese con la misma, me preguntô quien era, de donde 
Tenia , y é donde caminaba. A todo lo cnal me considéré obligado 
é responder articulo por ahiculo , puesto que cada pregunta la 
acompaûaba con una profunda reverencia , suplicàndome muy res- 
petuosamente qae perdontfse su puriosidad. Esto me empeftô in- 
sensiblemente en una larga conversacion con M , en la cual ocnfriô 
hablar del motivo y fin que tenia en desear deshacerme demi mula y 
proseguir el viage con algun arriero. Todo me lo aprobô mucho y 
y no cierto sucintamente , porque me représenté todos los acci- 
dentes que me podian suceder, y me embocô mil funestas historias 
de los caminantes. Pensé que nunca acabase; pero al fin acabô 
diciéndome que, si querja vender la mula , el conocia an mule- 
tero , hombre muy de 5ïen , que acaso la compraria. Respondile 
me daria gusto en enviàrle à llamar ; y él mismo en persona par- 
tie al punto à noticiatle mi deseo. 

Volviô en brève acompaftado del chalan, y me le présenta pon- 
derando mucho su honradez. Ëntrémos en el corral donde bsJ^îan 
sacado mi mula. Paseàronla y repasearonla delante del mnletero , 
que con grande atencion la examiné de pies à cabeza. Pàsole mî) 
tachas , hablando de ella muy mal. Confieso que tampoco podia 
decir de ella mucho bien; pero lo mismo diria aunque fuera 
la mula del papa. Protestaba que tenia cuantos defectos podia te- 
ner el animal , apelando al juido del mesonero, que sin duda te- 
nia sus razones para conformarse con el suyo. Ahora bien , me 
preguntô friamente el chalan, ^cuanto pide vmd. por su mula? 
Yo , que la daria de balde despues de! elogio que habia hecho de 
ella, y sobre todo de la atestacion del seflor Corzuelo, que me 
parecia hombre honrado , inteligente y sincere , le respond! re- 
mîtiéndome en todo à lo que la apreciase su hombria de bien y sa 
Gonciencia , protestando que me conformaria con elle. Replicôme , 
picàndose de hombre de bien y timorato> que, habiendo intere- 
sado su conciencia, le tocaba en lo mas vivo, y en lo que mas le 
dolia , porque al fin este era su lado flaco ; y efectivamente no era 
el mas fîierte , porque en lugar de los diez 6 doce doblones en 
que mi tio la habia valuado , no tuvo vergûenza de tasarla en très 
ducados, que me entregô, y yo recibi tan alegre como si hubiera 
ganado mucho en aquel trato. 



LIBRO PRIHERa ^ & 

Despaes de haberme deshecho tan yentijosam^te de mi iniila , 
ei mesonero me condujo à casa de mi arriero que el dia siguiente 
habia de partir à Astorga. Dijome este qaa pensaba salir antes de 
amanecer, y que el tendria cuidado de despertarme. Quedémôs de ' 
acaerdo en to que le habia de dar por comida y macho , y yo me 
lolyi al meson en compafiia de Corzuelo^ el cual en el camino me 
oamenzô à contar toda la historia del arriero. £ncaj6me cuanto se 
deda de él en la villa; y aun llevaba traza de continuar aturdién- 
dome Gon sus impertinentes habladurias, cuando por fortuna le 
interrumpiô un hombre de buen aspecto .» cpie se acercô à él , y le 
saludô con mucha urbanidad. Dejëlos à los dos, y prosegui mi 
camino sin pasarme por et pensamiento que f udiese.yo tener parte 
alguDa en su conversacion. 

Luego que Uegué al meson, pedi decen^. Era dia de YÎémes, 
y me contenté con hueyos. Hiéntras Ipa^oispottîan trabé couver- 
sacion con la mesonera, que basfUr'é^dncçâJio sB habia dejado 
Ter. Pareciéme bastantemente linda , de ibodafes muy desemba- 
razados y vivos. Cuando me avjsàron que ya estaba hecha la tor- 
tiDa , me sente à la mesa solo./ No bien habia comido el primer 
bocado, be aqui que entra eV mesonero , en compaftia de aquel 
hombre con quien se habia parado à hablar en el camino. £1 tal 
caballero , que podia tener ireinta aflos , traia al lado un largo 
chaiarote. Aoercândose à mi con cierto aire alegre y apresurado : 
Seflor licenciado, me dijo , acabo de saber que vmd. es el sefior 
Gfl Bias de Santillana , la bonra de Oviedo , y la antorcha de la 
iilosofia. ;Es posible que sea vmd. aquel jôven sapientisimo , 
aquel ingenio sublime , cuya reputacion es tan grande^en todo este 
pais? Vosotros no sabeis (yolviéndose al mesonero y à la meso- 
oera ) que hombre teneis en casa. Teneis en cUa un tesoro. En 
este mozo estais viendo la octava maravilla del mundo. Yolvién- 
dose despues hàcia mi , y echàndome los brazos al cuello: Excuse 
vmd., me dijo, mis arrebatos; no soy dueflo de mi mismo, ni 
puedo.conte'ner la alegria que me causa su presencia. 

Kopude responclerle de pronto, porqueme tenia tanestrecha- 
mente abrazado, queapénasmedejaba jibrelarespiracion; pero 
luego que desembarazé un poco la cabeza , le dije : Nunca crei 
qae n)i nombre fuese conocido en Pefiaflor. ^Qué llama conocido? 
me repuso en el mismo tono. Npsotro3 tenemos registro de todos 
los grajades personages que nacen à veinte léguas en contorno. 
Vmd. esta reputado por un prodigio, y no dudo que algun dia 
darà i Espaâa tanta gloria el haberle producido, como à la Gre- 
.cia el ser madré de sus sîete sabios. A estas palabras se siguiô 
un oueyo abrazo , que hube de aguantar aun à peligro de que 
me sucediese la desgracia de Anteo *. Por poca cxperiencia del 

' Que fué abogado por Hercules de un abrazo. 



6 •GIL BLAS. 

mnndo que yo hubiera tenido, no me dejaria ser el dommgaillo 
de 808 demostraciones , ni de sus hipèrboles. Sas imnoderadas 
aduladones y exoesîvas alabanzas me harian conocer desde Inego 
que era uno de aqnellos tndianes pegotes y petardistas que se 
hallan en todas pûtes , y se întroducen con todo forastero para 
Uenar la barriga i costa suya ; pero mis pocos aflos y mi ranidad 
me hiciéron formar un juicio muy distinto. Mi panegirista y mi 
admirador me pareciô un hombre muy de bien y muy real ; y 
asi le convidé i cenar conmigo. Con mucho gusto , me respon- 
diô prontamente; y estoy muy agradecido à mi buena estrella, 
por haberme dado à conocer al ilustre seftor Gil Bias » y no 
quiero malograr la fortuna de estar en su compafiia , y disfru- 
tar sus fayores lo mas que me sea posible. A la yerdad , pro- 
siguiô y no tengo gran apetito , y me sentaré à la mesa solo par 
hacer compania à ymd. , comiendo algunos bocados meramente 
por complacerle, y por mostrar cuanto apreciosus finezas. 

Sentàse en trente de mi el seftor mi panegirista. Trajèronle un 
cubiertOy y se arrojô à la tortilla con tanta ansia, y con tanta 
precipitacion , como si hubiera estado très dias sin comer. Por 
el gusto con que la comia conod que presto daria cuenta de ella. 
Mandé se hiciese otra , lo que se ejecutô al instante : pusiéronla 
en la mesa cuando acab&bamos, 6 por mejor decir cuando mi 
huésped acababa de engullirse la primera. Sin embargo , comia 
siempre oon igual presteza, y sin perder bocado afladia sin césar 
alabanzas sobre alabanzas , las cuales me sonaban bien , y me 
hacîan estar muy contento de mi personilla. Bebia frecuente- 
mente , brindando unas yeces é mi salud , y otras à la de mi 
padre y de mi madré , no harténdose de celebrar su fortuna en 
ser padres de tal hijo. Al mismo tiempo echaba yino en mi 
yaso y inciténdome à que le correspondiese. Con efecto no cor- 
respondia yo mal à sus repetidos brindis ; con lo cual y con 
sus aduladones me senti de tan buen humor que , yiendo ya 
medio comida la segunda tortilla , pregunté al mesonero si tenia 
algun pescado. El seftor Corzuelo, que segun todas las apa- 
riencias se entendia con el petardista , respondiô : Tengo una 
excelente trucha, pero costarà cara i los que la coman, y es 
bocado demasiadamente delicado para ymd. ;Qué Ilama ymd. 
demanadamente delicado? replicô mi adulador. Traiga ymd. la 
trucha , y descuide de lo demas. Ningun bocado , por regalado 
que sea , es demasiado bueno para el seftor Gil Bias de SantiIIana , 
que merece ser tratado como un prindpe. 

Tuye particular gusto de que hubiese retrucado con tanto aire 
las ultimas palabras de! mesonero , en lo cual no hizo mas que 
antidpérseme. Dime por ofendido , y dije con enfedo al mesonero: 
Venga la trucha , y otra yez pieuse mas en lo que dice. £1 me- 
sonero , que no deseaba otra cosa , hizo cocer luego la trucha ^ 



LIBRO PRIMERO. ^ 7 

y presentôla en la mesa. A vista del nueyo plato brillàron de 
ak^ia los ojos del taimadOy que die mayores pruebas del 
deseo qae tenia de complacerme, es decir, que se abalanzô al 
pez del mismo modo qae se habia arrojado à las tortillas. No 
obstante se Ti6 precisado à rendirse, temiendo algmi accidente, 
porque se habia hartado hasta el goUete. En fin , despues de 
haber comido y bebido hasta mas no poder , quiso poner fin a 
la comedia. Oh sefior Gil Bias , ne dijo alzéndose de la mesa , 
estoy tan contento de lo bien que ymd. me ha tratado , que no 
le pnedo dejar sin darle un importante consejo , del que me 
pareoe tiene no poca necesidad. Desconfie por lo comun de todo 
beoibre à qoien no conozca ; y esté siempre muy sobre si para 
DO dcjarse engaAar de las alabanzas. Podri Tmd. encontrar 
COB otros que quieran, como yo , divertirse à costa de su cre- 
dofidad , Y P^^de suceder que las cosas pasen mas adelante. No 
sea Tmd. su hazmereir , y no créa sobre su palabra que le ten- 
gan por la octaya marayilla del mundo. Diciendo esto , riôse de 
ni en mis bigotes , y Tolviôme las espaldas. 

Senti tanto esta burla como cualquiera de las mayores desgra- 
daa que me sucediëron despues. No hallaba consnelo yiéndome 
borlado tan groseramente, 6, por mejor decir, yiendo mi orgullo 
tan humillado. | Es posible , me decia yo , que aquel traidor se 
habiese borlado de ml I j Pues que ! ; solamente busc6 al mesonero 
para sonsacarle, 6 estaban ya de inteligencia los dos? i Ah, pobre 
GQ Bias! muèrete de yergQenza, porque diste à estos bribones 
jmto motiyo para que te hagan ridiculo. Sin duda que compon- 
drin una buena historia de esta burla, la cual podrà muy bien llegar 
à Orîedo, y en yerdad que te harA grandisimo honor. Tus padres 
se arrepentîràn de haber arengado tanto A un mentecato. En yez 
deexhortarme à que no engaûase à iiadie, debieran baberme enco- 
mendado que de ninguno me dejase engafiar. Agitado de estos 
amargos pensamientos%7 encendido en côlera, me encerré en mi 
coarto, y me meti en la cama; pero no pude dormir , y apénas 
habia cerrado los ojos^ cuando el arriero yino & despertarme, y 
i decirme que solo esperaba por mi para ponerse en camino. Le- 
yantëme prontamente, y miëntras'me estaba yistiendo yino Cor- 
zœlo con la cuenta del gasto, en la cual no se olyidaba la trncha ; 
y 00 solamente hobe de pasar por todo lo que él cargaba, sino que , 
aûintras le pagaba el dinero, tuye el dolor de conocer se estaba 
relamiendo en la memoria del pasado chasco de la noche précé- 
dente. Despues de haber pagado bien una cena que habia digerido 
tan mal, parti con mi maleta à casa del arriero, dando à todos los 
diaUos al petardtsta, al mesonero y al meson. 



8 GIL BLAS. 

CAPITULO m. 

De la tentackm que tUTO el arrieni et d camino , en qae paro , j camo 
Gil Bias se estrello contra Caribdis» qneriendo eritar i Sdla. 

No era 70 solo el qae habia de caminar coa el arriero. Habianse 
ajustado con el mismo dos h^oB de familia de Peftaflor; an mu- 
chacho Ô niflo de coro de Mondofledo, qae iba à correr mundo , 
an caballerete de Âstorga, y una jôyen del Vierzo con quien aca- 
baba de casarse. En may poco tiempo nos hicimos amigos , y 
cada ano contô à donde iba, y de donde yenia. Aanqoe la novia 
estaba en lo mejor de so edad , era tan morena y de tan poca gracia, 
qae no me daba mucho gasto el mirarla : con todo eso, sus pocos 
afios y so robustez inclin^on hàcia ella el arriero, tanto que resol- 
Yiô hacer ana tentatiya para lograr sus foyores. Paso la jomada 
en meditar el modo, y dilat&la ejecucion hasta la ultima posada. 
Esta filé en Cacabelos. Hizonos apear en un meson que esta à la 
entrada del lugar, esto es un poco fiiera de él, cuyo mesonere 
sabia el muy bien que era un bombre callado, y amigo de com- 
placer. Dispuso que nos condujese à un cuarto muy retirado , 
donde nos dejô cenar tranquilamente ; pero al fin de la cena yimos 
entrar al arriero fiirioso como un demonio, yotando, jurande y 
blasfemando ; y miràndonos à todos con ojos centellantes: î Por 
yida de quien soy ! dijo, que me ban hurtado cien doblones que 
traia en una bolsa de cuero, y por fiierza ban de parecer. Ahora, 
ahora me yoy derecho al juez, para que dé tormento à todos , 
hasta que se descubra el ladron, y me restituya mi dinero. Diciendo 
esto con un aire muy natural, nos yolyiô apresuradamente y con 
eniadolas espaldas, dejàndonos atônitos, mirAndonos los unos à 
los otros. 9 

A nittguno le ocurriô que podia ser aquello una ficcion, porque 
todayia no nos podiamos conocer bien; antes si sospechéyoque 
el ladron seria el muchacho de coro, asi como él quizà sospecharia 
lo mismo de mi. Fuera de eso, todos eramos unos pobres simples, 
que no sabiamos las formalidades que preceden en semejantesca- 
SOS à la prueba del tormento ; y desde luego creimos que se habia 
decomenzar por aqui. Poseidos, pues, de esta aprehension, pre- 
cipitadamente nos salimos del cuarto, escapando unos à la calle , 
y otros al buerto, para salyarse cada cual como pudiese; y el no«- 
yio de Astorga, turbado con la idea del tormento, se salyô coaio 
otro Eneas, ohidado enteramente de su muger. Entônces el ar- 
riero, segun supe con el tiempo, mas incontinente que sus machos, 
y muy alegre porque su estratagema habia producido el efecto que 
pretendia, entrô en el cuarto donde estaba lanoyia, haciendo alar-^ 



LIBRO PRIMERO. 9 

de de sa inyendoQ , y procurô aproyecharse de la ocaflion ; pero 
aqaellaLacrecîaasturiaiia, à qoien daba mayores fîierzas la mala 
traza del arrierOy hizo una vigorosa resistencia dando descompa- 
sados gritos. La patrulla, que por casualidad se haUaba cerca de 
una posada que sabia ser muy dîgna de su atencion, entrô en ella, 
y preguntô quien daba y cual era el motiyo de aquellos gritos. 
£1 mesonero estaba cantando ea la çocina, y fingiendo que nada 
babia oido : no obstante, se viô predsado i conducir al coman- 
dantey à la patrolla al cuarto de la persona que gritaba. Conociô 
loego el aiférez el negocîo de que se trataba, y como era hombre 
grosero y brutal, regalà proTisionalmente al enamorado arriero 
eon cînco ô aeis buenos palos con el mango de la alabarda, y le 
arengô con unas voces tan ofensivas al pudor, como la accion que 
daba motivo à la arenga. No se contentô con esto : echo mano del 
deiincuente, y le condujo à la presencia de! juez, juntamente con 
h agrayiada delatora, que con toda resolucion quiso ir en persona 
i quejarse deél, no obstante el des6rd^ en que se hallaba. Oyôla 
d joez, y habiéndola obseryado atentamente, hallô que el acusado 
no tenia escusa alguna, y que era indigno de perdon. Mandé al 
ponto le despojasen , y que en su presencia le diesen doscientos 
azotes; y ordenô despues que, si el dia siguiente no parecia el 
marido de aquella muger, dos soldadosla Uevasen con toda de- 
oenda i Âstorga à costa del arriero. 

Por lo que toca à mi, atemorizado quizi mas que los otros , 
sali prontamente al campo, y atravesando terrenos, penetrando 
matorrales, y saltando los fosos que ballaba en elcamino, Ileguë 
por fin à un lôbrego y espeso bosque. Iba à entrar en él, y à es- 
conderme en el mas erizado matorral , cuando me yi de repente 
con dos hombres à caballo que se paràron delante de mi. ^ Quien 
Ta aDé? dijéron; y como el miedo y la sorpresa no me dejàron 
hablar, acercàndose mas, cada uno me puso al pecbo una pistola, 
intimàndome pena de la yida , que les dijese quien era, de donde 
renia, y que iba yo à hacer en aquel bosque. A esta manera de 
preguntar , que me pareciô un quid pro quo del tormento con que 
se habia burlado de nosotros el arriero, respondi que era un pobre 
estodiante de Oyiedo , que iba à continuar mis estudios en Sala- 
manca , refiriéndolçs lo que nos acababa de suceder , y confesando 
senciOamente que el miedo del tormento me habia hecho huir , 
sin saber dondie esconderme. Diéron una grande carcajada cuando 
oyéron un discurso que tanto mostraba mi sencillez , y uno de 
eues me dijo : No tengas miedo, querido : vente con nosotros , y 
QO temas, que te pondrémos en toda seguridad. Diciendo esto, me 
bizo montar en la grupa de su caballo, yvolviendo las riendas, 
nos envainàmos todos très en lo mas intrincado y mas espeso del 
bûsque. 

No sabia yo que pensar de tal encuentro; mas no obstante no 



10 GIL BLAS. 

prooosticaba oosa mria. Si estos hombrés fiueran ladrones » me 
4ecia yo à mi mîsmo, yame hnbieran robado , y quizà asesinado 
tambien. Acaso serin algunos buenos hidalgos de esta tierray qne, 
Yîéadome ateinorizado, se ban compadecido de mi, y por caridad 
me llevan i su casa. No me durô mocho la duda. Despnes de ad- 
gunas Taeltas y revueltas, con grandisimo silencio, llegàmos por 
fin al pie de ana colina, donde nos apeémos. Aqui hemos de dor- 
mir, d^o uno de los caballeros. Por mas que yo yolvia los ojos à 
todas partes no yeia casa , choza 6 cabafla, ni la mas minima sefial 
de habitadon : cnando vi que aqaeUos dos hombres alzàron una 
gran trampa de madera , cnbierta de tierra y de enramada que 
ocnltaba una largaentrada soterrénea may pendiente, por donde 
los caballos por si mismos se dejàron resbalar, como quienes ya 
estaban acostumbrados. Los caballeros me hiciëron entrar con 
dlos y y dejàron caer la trampa con anas caerdas que para este 
efedo estaban fuertemente atadas i ella. Y he aqui al digno so- 
brino de mi tio el canônigo Gil Perez metido como raton en tma 
ratonera. 

cAPrruLO IV. 

Descripcion de la cueva aoteiriaea, y de lo qat Tio en elk Gil Bias. 

Entônces conod entre que especie de gentes me hallaba; y ft- 
cQmente se puede adirinar que este conocimiento me quitaria el 
primer temor : pero otro macho mayor se apoderô luego de mi. 
Di por supuesto que iba à perder la vida con mis pobres ducados : 
y miràndome como una yictima qoe era condacida al sacrifido , 
caminaba mas muerto que yivo entre mis conductores , coando 
adyirtiendo ellos mismos que de pies à cabeza iba temblando , 
me eihortàron con la mayor dulzura, pero inûtilmente, â que 
depusiese todo temor. Habriamos caminado como unos dosdentos 
pasos, siempre bajando , y siempre caracoleando, cuando entré- 
mos en una especie de caballeriza , à que daban luz dos grandes 
candiles que pendian de la bôveda. Habia en ella una buena pro- 
vision de paja, y muchos sacos atestados de cebada. Podian caber 
en ella cômodamente hasta veinte caballos, pero & la sazon sola- 
mente habia los dos que acababan de llegar. Vino à atarlos al 
pesebre un negro yayiejOy pero en la traza fomido y yigoroso. Sa- 
limos de la csî)allerizay y à la triste luz de otros candiles que pa- 
recian alumbrar solo para que se yiese el horror de aquellacaverna, 
llegàmos à la cocina , donde una yieja estaba asando las yiandas 
y disponiendo la cena. No feltaba en la cocina utensQio alguno de 
los necesarioSy é inmediata à ella estaba la despensa bien abaste- 
dda de todo gènero de proyisiones. La codnera ( porque es me- 



UBRO PRIMERO. 11 

nesier qae la describa ) era una persona de sesenta afios, y encima 
de dlos algonos mas. Cuando moza eran sas cabellos de un robio 
extraordiiiarîamente vivo , porque aun en su présente edad no 
estaban tan blanoos, qae de trecho en trecho no se conservasen 
dgonas manchas, residaoa del primitivo color. El de la eara era 
acekonado ; sa barba puntkiguda> con algona elevaeion; los fan 
bk» may hondidos, y nna nariz tan larga y encorvada , que casi 
Degaba à besar la boca con la panta, y sas ojos tan encamados, 
qae parecîan dos tomates madnros. 

Settora Leonarda, dijo uno de los caballeros, presentindome 
i aqpiel bello ingel de tînieUas , mire este mocko que la traemos ; 
y TolTiéndose despues à mi , y yièndome pàlîdo y eoasumklo , 
me dijo : YneWe, qaerido, en ti, y no tengas miedo , pues no te 
qneremos hacer maJ. Nos hacia foltaun mozo que aliviase en algo 
i nuestra pobre cocinera : te encontràmos, y esta ha sido tu for- 
tona. Ocoparis la plaza de on mozo que moriô qaince dias ha , 
porqne era de delicada œmplexion. La tuya parece mas robusta, 
y no fliorîrds tan presto. A la yerdad no volyeràs ya à ver el sol, 
pero en recompensa corneras bien, y tendras siempre buenalum- 
bre. Pasaràs la yida con Leonarda, que es una criatura muy 
amabie y hmnana. Tendras coantas oonyeniendas quisieres ; y 
ahora conooeris que no has yenido à yiyir entre algonos por- 
dioseros y despilferrados. Al mismo tiempo tomô una luz y me 
mandô le sigaiese. Ueyôme à una bodega, donde yi ana infinidad 
de botellas, y grandes yasijas de barro bien tapadas , Uenas to- 
das de yinos esqaisitos. Hizomepasar despues por muchos coartos : 
«nos atestadoa de piezas de lienzo , y otros de rioos paAos y 
lelas de lana y seda. En otro yi plata y oro, y mucha bajîHa mar^ 
cada eon difi^entes escados de armas. SeguBe despaes à una gran 
sala, qae alombraban très grandes arafias de metal, y condacia k 
otros coartos que se comankaban con eHa. Aqai me hizo noeyas 
pregantas, es à sdier, como me llamaba, y porqaé babia salido 
deOyiedo. Despues que satisfice su curiosklad : Ahora bien , GH 
Bias, me dijo con mucho agrado, puesto que solo saKste de to 
paaia para lograr algon acomodo , parece que naciste de pîè , 
pues se te proporciona yiyir entre nosotros. Ya te lo he dicho , 
aqoi yiyirés en medio de la abundancîa; nadaris en oro y plata, 
y estaris eon toda seguridad. Tal es este soterràneo, que aunque 
Teagaden yeces à este bosqae la santa Hermandad, nunca darà 
€oa él: la entrada solo la conocemos yo y mis camaradas. Acaso 
me preguntaràs ^como hemos podido nosotros iabricar este so- 
terréneo sin que lo sopiesen los paisanos de los higares yecinos? 
pero has de saber, amigo mio, que esta no ha sklo obra nuestra, 
sÎBO de mudios siglos. Despaes que los M oros se apoderéron de 
Granada, de Aragon y de casi toda Espafia, los cristianos que 
no se qoisiéron sujetar al yugo de los înfieles huyèron , y se 



12 GIL BLAS. 

ocoltéron en este pais, ea Yizcaya y ABturias, à donde se retiré 
tambien el yaliente don Pelayo. Los fugitivos y dispersos yiyian 
por famOias en los bosques y en las mas àsperas montaflas : unos 
escondidos eu cavernas, y otros en soterràneos, que ellos mis- 
mos fobricâron ; y este es uno de tantos. Despues que afortona- 
damente arrojàron de EspaAa à sus enemigos , se Yolvièron à 
sus ciudades» yîllas y lugares, y desde entônces los soterràneos 
siryiéron de asîlos à las gentes de nuestra profesion. Es cîerto 
que la santa Hermandad ha descubierto y destruido algonos , 
pero todayia han quedado muchos; y yo, gracias al cielo» quince 
aAos hace que habito impunemente en este. Llàmome el capitan 
Rolando ; soy el gefe de la compaftiay y el otro que yiste oonmigo 
es uno de mis camaradas. 



CAPITULO V. 

De la Uegida de otros ladrones al soterrineo, y de la oonTenacton que 

tuTiéron entre si. 

No bien habia dicho estas palabras el capitan, cuando aparo- 
ciëron en la sala seis caras nueyas, que eran su teniente y otros 
cinco de la gayilla. Yenian cargados de^presa. Traian dos grandes 
zurrones llenos de azùcar, canela, almendras y pasas. £1 teniente, 
dirigiëndose al capitan , le dijo que habia despojado à un espe- 
ciero de Benay ente de aquellos zurrones, como tambien del macho 
que los Ueyaba ; y despues de haber dado cuenta de su expedi- 
cion en la pieza que seryia de despacho, se entregô en la repo»- 
teria la hacienda del especiero. Hecho *^8to se tratô de cenar y 
de alegrarse. Preparàron ^en la sala una gran mesa, y à mi me 
enyiàron à la cocina para que la tia Leonarda me instruyese en 
lo que debia hacer.Cedi à la necesidad, ya que mi mala suerte lo 
queria asi, y disimulando mi sentimiento me dispuse à seryir à, 
una gente tan honrada. 

Di principio por el aparador, cubriéndole de yasos y salyillas 
de plata, flanqueadas de botellas llenas de excelente yino que el 
seflor Rolando me habia ponderado. Puse en la mesa dos génères 
de sopa , à cuya yista todos ocupâron sus asientos. Gomenzéron 
â corner con mucho apetito, mantenièndome yo tras de ellos en 
pié para seryirles el yino. £1 capitan les contô en pocas palabras 
mi historiade Cacabelos, con la cual se diyirtièron mucho. Ase- 
gurôles despues que yo era un mozo de mérito ; pero como es- 
taba ya tan escarmentado de las alabanzas , pude oir mis elogios 
sin peligro. Cony iniéron todos en que parecia yo como nacido para 
ser copero suyo, y que yalia cien yeces mas que mi predecesor. 
Como despues de su muerte la seftora Leonarda era la que habia 



LIBRO PRQIERO. 13 

• 

servido el nectar A aqaellos dioses infernales, la priyAron de este 
gk>rio80 empleo, para revestirme à mi de èl. De esta manera me 
halié conyertido en nnero Ganimèdes, sucesor de aquella maldita 
Hébe-. 

Despnes de la sopa se presentô un gran plato de asado para 
acabar de saciar à los seAores ladrones, los cuales bebian tanto 
como comian , y en brève tiempo se pasiéron todos de buen hu- 
mor, y oomenziron à meter mucha bulla. Hablaban todos à un 
mismo tiempo: nno comenzaba una historia, otro le interrMa- 
pia con un chiste, ô con una frialdad : este grita, aquel canta; y 
en fin, ya no se entendian unos à otros. Fatigado Rolando de 
una escena, en que él ponia mucho de su parte, pero todo inù- 
tilmente, leyantô la voz en un tono que împuso sÛencio à la com- 
paûia. Sefiores, les dijo, atencion à lo que voy à proponeros. En 
vez de aturdirnos unos à otros , hablando todos A un tiempo , ;no 
séria mejor divertirnos , y hablar como hombres de juicio y de 
razoD? Ahora me ocurre un pensamiento. Desde que vivimos 
jontos nunca hemos tenido la curîosidad de informarnos recipro- 
camente de que familia ô casa somos , ni de la série de aventuras 
por donde vinimos à abrazar esta profesion. Con todo, me pa- 
r«ce esta una cosa muy digna de saberse. Hagàmonos , pues , esta 
coofianza, que podrà servir no ménos para nuestra diversion que 
para nuestro gobiemo. El teniente y los demas , como si tuvieran 
algona cosa buena que contar, aoeptàron con grandes demostra- 
Clones de alegria la proposicion del capitan, el cual comenzô & 
faaUar en estos tèrminos. 

Ya saben ustedes , sefiores , que yo soy hijo ùnico de un rîco 
vecino de Madrid. Celebrôse mi nacimiento en la femilia con 
grandes regocijos. Mi padre, que ya era viejo , sintiô suma ale- 
gria al verse cou un heredero , y mi madré no quiso que otra mas 
que ella me dièse de mamar. Yivia ent^nces mi abuelo matarno. 
Érann hombre que -solo sabia rezar su rosario, y contar sus 
proezas militares , porque habia servido al rey muchos aflos , y 
no se ocupaba ya en mas. Insensiblemente vine yo A ser el idolo 
de estas très personas. Contiuuamente me tenian en brazos. Por 
miedo de que el estudio no me iatigase en mis primeros aAos , 
me los dejAron pasar en los divertimientos mas puériles. No con- 
viene, decia mi padre, que los niflos se apliqnen A cosas sérias 
hasta que el tiempo baya madurado un poco su razon. Esperando 
i esta madurez, no aprendia A leer ni^scribir; mas no por eso 
perdia el tiempo. Mi padre me enseftaba mil géneros de juegos; 

' Bébé tenia en cl cielo cl oficio de servir cl necUr i los dîoses en copas de 
oro; j habicndo un dia dado un tropezon , y caido sobre Minerra , en târmi- 
■08 de que se ofendiese el pudor de esta diosa , para cvitar i^ales acontecimien- 
toi se le dio por sucesor â Ganimëdes. 



14 GIL BLAS. 

coBOGÎa JO perféocaoïeiite los naipes, jogabe à los dados , y mi 
abuelo me cootaba mil novelas sobre las expediciones militares 
en que se habia hallado. Cantibame siempre wias mismas eoplas 
acerca de dichas expediciones : cuando en espacio de très meses 
babia aprendido bien diez o doce versos ^ los repetia sin errar un 
punto delante de mis padres , los cuales se admiraban de mi pro- 
digiosamemoria. No celebraban ménos mi agudo ingenio, cuando, 
valiéndome de la libertad que t^ia para decir cuanto me viniese 
à la boca, interrumpia sus conversaciones para decir à tuerto 6 
derecho todo lo que me ocurrîa. Ëntànces mi madré me sufocaba 
à caricias, y mi buen abuelo lloraba de puro gozo. No les iba 
en zaga mi padre : siempre que me oia algun despropàsito 6 al- 
guna bachilleria» miréndome con gran temura, exdamaba : |0h 
que gradoso ères * y que Undo I Con estas alas no reparaba en 
hacer impunemente en su presencia las mas indécentes acciones. 
Todo me lo perdonaban, y todos me adoraban. Habia eatrado 
ya en doce aûos, y aun no tenia ningun maestro. Buscironme fi* 
nalmente uno, pero mandàndole expresamente que me ensefiase, 
mas sin facultad para darme el menor castigo. A lo sumo le per* 
mitiéron que alguna yez me amenazase solo para intimidanne. 
Sirriô de poco este permiso , porque me burlaba de las amenazas 
de mi preceptor, 6 bien con las làgrimas en los ojos iba à que* 
jarme à mi madré ô à mi abuelo , diciéndoles que el ayo me habia 
maltratado. En yano acudia el pobre diablo à desmentirme : te- 
nianle por un hombre brutal , y siempre me creian à mi mas que 
à ël. Un dia me araflé yo mismo, y me fui à quejar del maestro 
porque me habia desollado : inmediatamente le despidiô de casa mi 
madré sin querer darle oidos, por mas que protestaba al ddo y 
à la tierra que ni siquiera me habia tocado. 

De este mismo modo me fui desembarazando de mis preœpto- 
res hasta que me present&roa uno como le deseabay me couyenia 
para acabarme de perder. Era un badiiller de Alcalé; lexoelente 
maestro para un hijo de familial Era inclinado à mugeres, al 
juego y à la tabema. No me podian haber puesto en mejores ma- 
nos. Desde luego se dedicô à ganarme por el amor y por la dul- 
zura. Gonsiguiâo, y por este medio logré que tambien le amasen 
mis padres, los cuales me entregàron enteramente à su gcdnemo. 
No tuy iéron de que arrepentirse , porque en breye tîempo y desde 
luego me perfeccionô en la ciencia del mundo. A fnerza de De- 
yarme consigo à todos los parages donde tenia su diversion, me 
înspirô de tal manera la afidon à eUo» que , à excepdon del latin , 
en lo demas era yo un muchacho universal. Guando viô que ya no 
tenia necesidad de sus préceptes fiië à enseAarlos à otra parte. 

Si Qu mi infancia habia vivido tan libremente i vista de mis pa- 
dres, cuando comenzë à ser dueAo de mis acciones tuve sin duda 
mayor libertad. En el 3eno de mi familia fné donde di las prime- 



LIBRO PRIMBRO. 15 

ras pmebas del aproYeehaiuiento de mi edaeacion.BiirUUine do 
elios i bs daras y i todos mome&tos. Reianse de mis intrqpide- 
ces^ y taoto mas las celebraban, caanto eran mas yiyas y nias 
intolérables. Miéntras tanto cometia todo género de desôrdenes 
000 otros mnchachos de mi edad y de mi humor. Como naestros 
padres no nos dabaii todo el dinero que habiamos meoester para 
l^oseguir en una vida tan deliciosa, cada uno robaba en su casa 
csanto podia» y cuando esto no ateanzaba, nos dimos à robar 
de aodie , y sîempre con fruto. Por desgracia Ilegô algun rumor 
de esto à los oidos del corregidor. Quiso mandarnos preoder ; pero 
foimos arisados con tiempo de su mala intencion. Recurrimos i 
b fiiga, y dimonos à ejercitar el mismo oficto en los caminos pvH 
blicos. Desde entônces acà be tenido la dicha de haber enyejecido 
^ h profesîon , à pesar de los peligros que son anejos à dla. 

Cuaodo el capitan acabè de hablar, el teniente tomd la palabra ^ 
y dijo asi : Scores , una educacion enteramente contraria à la del 
seâor Rolando produjo en mi el mismo efecto que en él. Mi pa- 
dre (île camicero en Toledo , y el hoad)re mas feroz que habia 
» toda la dodad : mi madré no era de condicion mas suave que 
su marido. Desde mi niftez me comenzâron à azotar i cual mas 
podia, y como à competencia uno de otro. Cada dia redbîa mil 
azotes. La mas minima folta que cometiese era castigada cou el 
niayor rigor. En rano les pedia perdon con las lâgrimas en los 
ojos, prometîendo la enmienda: no habia misericordia para mi, 
y las mas reces me castigaban sin razon. Cuando mi padre me sa- 
codia, siempre mi madré se ponia de su parte, en lugar de in- 
't^rœder por mi. Estos malos tratamientos me inspiràron tanta 
arersion à la casa paterna , que antes de cumplir los catorce aflos 
me escape de ella. Tome el camino de Aragon y lleguë i Zara- 
goza pidiendo limoana. Enhebréme aUl con unos pordioseros que 
P^salxm una TÎda bastantemente feliz y icomodada. Enseftéronme 
i contrahacer el ciego , el estropeado , y à figurar en las pio^aas 
^loas ilagas postizas. Todas las mafianas , i la manera de los co~ 
nediaotes que se ensayan para representar sus papeles» nos eiH 
tty&bamos nosotros para representar los nuestros , y despues 
cada nno iba à ocupar su puesto. Por la noche nos juntébamos y 
nos reiamos de los que se habian compadecido de nosotros por 
^ dia. Cansème presto de yiyir entre aquellos misérables» y que- 
riendo juntarme con otra gente mas honrada,me asodè con unos 
«Mterot de la indtutria. Enseflàronme à hacer bellos juegos de 
ii^os; pero nos vimos precisados à salir presto de Zaragoza, 
Ppnpie nos descompusimos cou cierto ministro de justicia que 
SM^pre nos habia protegido. Cada uno tome su partido. Yo» que 
ne seniîa dispuesto à emprender grandes hechos, me acomodè 
^ ona tropa de hombres yalerosos que hacian oontribuir i los 
P^'sagmn y caminanies, agradéndome tanto su modo de yivir. 



16 GIL BLAS. 

qae desde entônces aci no he querido bascar otro. Si me hobie- 
ran dado otra edncacion mas saaye, probablemente no seria 
ahora mas que un pobre carnicero , cuando me haDo hoy coo el 
honor y con el grado de vuestro teniente. 

Sefiores , dijo entônces un ladron que estaba sentado entre el 
teniente y el capitan; las historias que acabamos de oir no son 
tan yariadas ni tan curiosas como la mia. Debo mi nacimiento i 
una aldeana 6 labradora de las cercanias de SeviUa. Très sema- 
nas despues que me diô à luz, como era todavia moza, bien pa- 
recida, aseada y muy robusta, la busciron para que criase un 
niflo , hijo de padres distinguidos , que acababa de naoer en di- 
cha ciudad. Aceptô con gusto la propuesta, y ftiè à Serilla para 
traerse el nifio à casa. Entregéronsele , y apàuis se yiô con ël en 
su aldea , cuando obseryô que él y yo eramos algo parecidos, y 
esta obseryacion le excité el pensamiento de trocamos, con la 
esperanza de que con el tiempo le agradeceria yo el buen ofido. 
Mi padre , que no era mas escrupuloso que su honrada muger, 
aprobôlasupercheria.Desttertequeyhabièndonos mudado de pa- 
fiales y el hijo de don Rodrigo de Herrera fné enyiado con mi 
nombre à otra ama para que le criase, y à mi me criô mi madré 
bajo el nombre del oiro. 

Digan lo que quisieren sobre el instinto y foerza de la sangre, 
los padres del caballerito fécilmente se dejéron engafiar. No tu- 
viéron la mas minima sospechadelapiezaqueles habianjugadcT, 
y hasta los siete aftos me tuyiéron siempre en sus brazos ; y siendo 
su intencion hacerme un caballero completo , me busciron todo 
gënero de maestros ; pero los mas habiles suelen hallar discipu- 
los qae les hacen poCo honor : yo foi uno de estos. Tenia poca 
disposicion para los ejerdcios que me ensefiaban , y muciio mfr- 
nos inclinacion à las ciencias en que me querian instruir. Gustaba 
mas de jugar cou los criados de casa , yéndolos i buscar i la ca- 
balleriza y à la cocina. Pero el juego no foé mucho tiempo mi 
pasion dominante. Aficionéme al yino , y me emborrachaba todos 
los dias. Retozaba con las criadas ; pero particularmente me de- 
diqué i cortejar é una moza roUiza de cocina, cuyo desemba- 
razo y buen color me gustaban mucho , paredèndome que mere- 
cia mis primeras atenciones. Enamoribsda con tan poca cautela, 
que hasta el mismo don Rodrigo lo conociô. Reprehendiàne 
égriamente, afeàndome la bajeza de mis indinaciones; y por te- 
mor de que la presencia del objeto hiciese inutiles sus reprimen- 
das , despidiô de casa é mi Dulcinea. 

Irritôme mucho este procéder, y resolyi yengarme. Robe sus 
pedrerias i la muger de don Rodrigo; corri en busca de mi bella 
Helena, que yiyia en casa de una layandera amiga suya; saquëla 
de ella i la mitad del dia para que ninguno lo supiese, y aun pasé 
mas adelante. Lleyéla i su tierra, donde noscasàmos solemne- 



LIBRO PRIMERO. 17 

mrate, asi por dar este despique mas à los Herreras , como por 
dqar à los hijos de fomilia un ejemplo tan bueno que imitar. 
Ires meses despnes de mi arrebatado matrimonio supe que don 
Rodrigo habia muerto. No dejé de sentir su muerte. Parti pron- 
tamente à SeviUa à pedir su herencia , pero halIë las cosas muy 
mudadas. Hi madré habia ya iallecido , y antes de su muerte tuyo 
la indiscrecion de declarar lo que habia hecho, en presencia del 
cora y de otros buenos testigos.£l hijo de don Rodrigo ocupaba 
ya mi Ingar, 6 por mejor decir el suyo, y acababa de ser recono- 
cido por tal con tanto mayor aplauso y alegria , cuanto era menor 
la satisfeccion que yo les causaba. De manera que , no teniendo 
Badaqae esperar en Seyilla, y festidiado ya de mi muger, me 
agregué à ciertos caballeros de fortuna^ bajo cuya disciplina di 
prÎDcipio à mis caravanas. 

Acabô sa historia aqnel ladron , y comenzô otro la suya , 
diciendo que ël era hijo de un mercader de Burgos , y que en 
80 mocedad , Ilevado de una mdiscreta deyocion , habia tornado 
el hàbito de derta religion muy àustera^ de la cual habia apos- 
tatado algunos afios despues. En fin, todos los ocho la4rones 
faablàron por su turno , y cuando los hube à todos oido , no 
me admiré de yerlos juntos. Mudéron luego de conversacion , 
y propusiéron yarios proyectos para la prôxima campafta, sobre 
los cnales tomàron su resolucion , y se fiiéron à la cama. Encen- 
diéron bujias , y cada uno se retirô à su cuarto. Yo segui al 
capitan Rolando al suyo, y miéntras le ayudaba à desnudar: 
Ahora bien, Gil Bias , me dijo, ya yes nuestro modo de yiyir. 
Sîempre estamos alegres. Entre nosotros no se da lugar al tedio 
ni à la enyidia. Jamas se oye aqui discordia ni disension: estamos 
mas unidos que frailes. Tù comienzas ahora , hijo mio, à gozar 
mia yida muy agradable , pues no te tengo por tan tonto que te 
dé pena el yiyir entre ladrones. 



CAPITULO VI. , 

Del intento de escaparse Gil Bias , y ëxito de su tentatiya. 

Despnes que el capitan de bandoleros hizo esta apologia de 
su honrada profesion , se metiô en la cama : yo quite la mesa » 
y pose todas las cosas en su lugar. Fuime despues à la cocina , 
doode Domingo ( asi se llamaba el negro) y latia Leonarda me 
esperaban cenando. Aunque no tem'a hambre me puse à la mesa. 
No podia atrayesar bocado, y yiéndome tan triste , como era 
regidar estarlo , procuraban consolarme aquellas dos anâlogas 
figuras; pero sus consuelos contribuian mas à mi desesperacion 
que à mi aUyio. ;De que te aflijes , hijo? me preguntô la yieja: 

2 



18 GIL BLAS. 

antes bien debieras alegrarte de yerte entre nosotros: eres 
mozo , y pareces docil , con que presto te perderias en el mun- 
do y donde hallarias libertinos que te meterian en todo gënêro 
de disoluciones , caando aqui esta segura ta inocencia. Tiene 
razon la seftora Leonarda , dijo el yiejo negro con una toz moy 
graYe , y se puede aftadir à lo que ha dicho , que en el mundo 
no se encuentran mas que trabajos. Da muchas gracias à Dios , 
amigo mio , porqne de una yez para siempre te ha librado de 
los peligroSy disgustos y aflicciones de la vida. 

Sufiri con paciencia estos discursos , porque de nada me ser- 
yiria el inquietarme. En fin , Domingo , despues de haber co- 
mido y bebido bien , se fué à su caballeriza. Leonarda cogi6 
una lintema , y me condujo à una covacha , que servia de ce- 
menterio é los ladrones que morian de muerte natural , donde 
yi un lecho que mas parecia tumba que cama. Este es tu cuarto , 
me dijo la yieja, pasàndome la mano por la cara. El mozo 
cuya plaza tienes el honor de ocnpar durmiô en esa cama el 
tiempo que yiviô con nosotros y y sus huesos reposan debajo 
de ella : èl se dejô morir en la flor de su edad : no seas tu tan 
simple que imites su ejemplo. Diciendo esto, entregôme la lin- 
tema, y yolyiôse à su cocina. Puse la luz en el suelo, arro- 
jème sobre aquel miserable lecho, no tanto para reposar, 
cuanto para entregarme à mis tristes reflexiones. ; Oh cielos I 
exclamé; ^habrà situacion mas infeliz que la mia? iQuieren que 
renuncie para siempre el consuelo de yer la cara del sol ; y como 
si no bastara hallarme enterrado yiyo à los diez y ocho aûos 
de mi edad , me yeo reducido à seryir à unos ladrones , é 
pasar el dia entre malyados , y la noche con los muertos ! Es- 
tos pensamientos , que me parecian muy dolorosos , y con efecto 
lo eran , me hacian llorar amargamente y sin consuelo. Malde- 
cia mil yeces la gana que le habia dado à mi tio de enyiarme 
â Salamanca. Arrepentiame de haber tenido tanto miedo à la 
justicia de Cacabelos , y quisiera haber padecido el tormento 
antes que yerme donde me hallaba. Pero considerando que me 
consumia inùtilmente en yanos lamentos, comenzé à discorrir 
en los medios de librarme. ;Pues que 7 me decia yo â mi mismo , 
l sera por yentura imposible encontrar modo de escaparme de 
aqui 7 Los ladrones duermen profundamente , la cocinera y el 
negro harén lo mismo dentro de poco tiempo: miéntras todos 
estën dormidos ^no podré yo à feyor de esta linterna hallar el 
camino por donde bajé à este calabozo infernal? A la yerdad 
no se si tendre bastante fuerza para leyantar la trampa que 
cubre la entrada , pero probarémos ; no quiero omitir nada de 
cuanto pueda hacer. La desesperacion me prestaré fuerzas, y 
puede ser que me saïga con ello. 

Tomada esta gran resolucion, me leyanté cuando me pareciô 



LIBRO PRIMERO. 19 

qae Leooarda y Domingo podian ya estar dormidos. Cogi la 
IiDterna, sali de mi covacha , y me encomendé à todos los santos 
del cielo. No dej6 de costarme alguna dificultad el acertar con 
las Tneltas y revueltas de aquel laberinto. Llegué en fin à la 
poerta de la caballeriza, y me halle en el camino qae buscaba. 
Foi andando y acercéndome à la trampa con cierta alegria mez- 
dada de temor : mas ]ay ! en medio del camino me encontre con 
«A maldita reja de hierro bien cerrada, y cuyas barras esta- 
baa tan juntas , cpie apénas podia pasar la mano por entre ellas. , 
Vime Gortado y perdido con aquel nuevo imped imento que al 
eotrar no habia advertido por estar abîerta la reja. Con todo , no 
dejé de probar si podia abrir el.candado. Examiné la cerradura , 
Iddendo todo lo que pude por forzarla , cuando de repente me 
apliuàron en las espaldas cinco 6 seis fuertes latigazos con un 
bôen Tergajo de buey. Di un grito que resonô en toda la caver- 
na; y mirando atrés yi al maldito negro en camisa, con una lin- 
tema sorda en una mano , y con el azote en la otra. i 01a y bri- 
boDzuelo! me dijo , ;c[uerias escaparte? no amiguito, no espères 
sorpreBderme. Creiste que estaria abierta la reja; pues sàbete 
que siempre la encontraràs cerrada. Cuando atrapamos à alguno, 
le guardamos aqui , mal que le pesé , y si logra escaparse ha 
de ser mas ladino que tu. 

Miéntras tanto , al grito que yo habia dado despertàron très 
ladrones, los cuales se levantàron y yistiéron à toda priesa, 
creyendo que la santa Hermandad venia à echarse sobre ellos. 
Llaméron à los demas , que en un instante se pusiéron en pié. 
Toman las espadas y carabinas , y medio desnudos acuden à 
donde estâbamos Domingo y yo. Pero luego que se informàron 
à entendiëron el origen del rumor que habian oido , su inquietud 
se convirUô en grandes carcajadas. i Como asi , Gil Bias ? me 
dijoel ladron apôstata, ;no ha mas que seis horas que estas 
con nosotros, y ya querias apostatar? Bien se conoce tu aver- 
sion al silencîo y al retiro. ;Qué harias si fueses cartujo ? Anda , 
Tête à la cama, que por esta vez basta por castigo los yergajazos 
COQ que te regalô Domingo ; pero si otra yez Tuelves â intentar 
escaparte, por san Bartolomé que te hemos de desollar yiyo. 
Diciendo esto se retiré. Los demas ladrones se volyièron â sus 
cnartos; el yiejo negro muy ufano de su hazafia se recogiô à su^ 
caballeriza , y yo me yolvi é zambullir en mi cementerio , pap- 
sando lo restante de la noche en snspirar y Uorar. 



20 GIL BLAS. 

CAPITULO VII. 

Dc lo que hizo Gil Bias, no pudiendo hacer otra cosa. 

Los primeros dias pensé morirme, rindiendo la vida â la me- 
lancolia que me consmnia; pero al fin mi genk) me inspiré que 
sufriese y disimulase. Esforzéme à mostrarme ménos triste. Co- 
menzé à cantar y à reir , aunque sin gana. En una palabra , supe 
disfrazarme tan bien, que Leonarda y Domingo cayéron en la 
red , y creyéron buenamente que ya el péjaro se habia acostum- 
brado â la jaula. Lo mismo juzgàron los ladrones. Manifestâba- 
me muy alegre cuando les echaba de beber , y de cuando en 
coando los diyertia tambien con alguna chocarreria ô bufonada. . 
Esta libertad que me tomaba , les daba mucho gusto en vez de 
enfedarlos. Gil Bias , me dijo el capitan en cierta ocasion en que 

Îo hacia el gracioso y has hecho bien en desterrar la melancolia. 
fe gusta mucho tu espiritu y tu buen humor. No se conoce à la 
gente al principio : yo no te tenia por tan agudo y tan jovial. 

Tambien los demas me honràron con mil alabanzas , exhor- 
tândome à estar siempre de buen humor. Pareciôme que todos 
estaban muy contentos conmigo; y aprovechéndome de tan buena 
ocasion: Seftores, les dije, permitanme ustedes que les descu- 
bra mi pecho. Dcsde que estoy en su compaflia no me conozco à 
mi mismo ; paréceme que no soy el que era. Ustedes han des- 
yaneddo las preocupaciones de mi educacion. Insensiblemente 
se me ha pegado su espiritu , y he tomado el gusto à su hon- 
rada profesion. Me muero por merecer el honor de ser uno de 
sus compafteros , y de tener parte en los peligros de sus glorio- 
sas proezas. Todos aplaudiéron este discurso , y alabéron mi 
buena voluntad ; pero unanimemente conyiniéron en que me de- 
jarian servir por algun tiempo, para probar mi vocacion , y que 
despues correria mis caravanas , y al cabo se me conferiria la 
honorifica plaza à que aspiraba. 

Hube de conformarme por fuerza , y continuar en rencerme y 
en ejercer mi oficio de copero. A la verdad quedé muy sentîdo ; 
porque solo pretendia ser ladron por tener libertad de salir con 
los demas , esperando que en alguna de sus correrias se me pre- 
sentaria ocasion de escaparme de ellos. Esta ùnica esperanza era 
la que me mantenia vivo. Sin embargo , el tiempo de la proba- 
cion me parecia largo , y mas de una vez intenté sorprender la 
yigilancia de Domingo , pero inùtilmente. Siempre estaba muy 
alerta , tanto que no bastarian cien Orfeos para encantar à aquel 
Cerbero. Es yerdad que por no hacerme sospechoso no empren- 
dia todo lo que podia hacer para engaflarle. Veiame precisado 



LIBRO PRÎippH). : 21 

éTÎTiroon la' mayor caatda, porque^«ti4^é^^ra ladino, y ob- 
servaba mncho todos mis pasos, palâBfas jf •qfS)^Mnientos. Asi 
pues apelé à la paciencia , remitiéndome al tiempo* (tite los ladro- 
oes me habian prescrito para rocibirme en sa QGAigregacion , 
coyo dia esperaba con tanta ansia, como si hubiefa de entrar 
en una compaûia de honrados comerciantes.. . 

En fin y gracias al cielo, llegô al cabo de se» meses este dî- 
choso dia. £1 sefior Rolando dijo à sas cànlâraaas : Caballeros , 
es predso cumplir la palabra qne dimôs al pôKre Gil Bias. A mi 
meparece bien este mnchacho , y espero que tendrémos en él an 
hombre de proyecho. Soy de sentir qae mafiana le llevemos 
cou nosotros , para qœ dé princîpio à coger laareles en los ca- 
minos reaies. Nosotros mismos le hemos de poner en el que 
guia à la gloria. Todos se conformiron con el parecer de su ca- 
pitan; y para hacerme yer qae ya me miraban como à uno de 
eOoSy desdeaqoel momento gie dispensàron de servirles. Resti- 
toyèron à la seftora Leonarda en el empleo que antes tenia , y 
de que la habian exonerado para honrarme à mi con él. Hiciè- 
roQine arrimar el yestido que Ileyaba encima , y consistia en una 
simple jaqaetilla may usada , y me acomodiron todos los des- 
pojos de on caballero que acsd)abaa de robar : despues de lo cual 
me dispose à luicer mi primera campaAa. 



CAPiTULO vm. 

AmiMiiia Gil Bias à. U» ladrones; que empresa aoomete en lôs camioos reaies. 

Uida el fin de ona noche de setiembre sali del soterràneo con 
les ladrones. Iba armado como todos con carabina , pistolas , 
espada y ona bayoneta, y montaba un buen caballo que habian 
qoitado al caballero cuyos yestidos me habian tocado en suerte. 
Como habia estado tanto tiempo en la oscuridad , cuando ame- 
neciô no podîa safrir la luz , pero poco à poco se fucron acos- 
tambrando mis ojos à tolerarla. 

Pasémos por cerca de Ponferrada , y nos metimos en un bos- 
quecfllo à orilla del camino de Leon. Mi estuyimos esperando à 
q«e la fortuna nos ofreciese algun buen lance, cuando descubri- 
nos un religioso de la ôrden de Santo Domingo montado , contra 
la costombre de estos baenos padres , en una muy mala mula. 
iRendito sea DiosI exdamô sonriéndose el capitan : he aquiel 
grande ensayo de Gil Rlas. Es preciso que yaya a registrar cl 
bolsillo de aquel fraile : yerémos.como se porta. Todos los ca- 
maradas conviniéron efectiyamente en que aquella comision era 
la que me oorrespondia, exhorténdome a que saliese de ella con 
locimiento. Espero, soflores, dije, que quedaréis contentos. Yoy 



22 GIL BLAS. 

à despojar a aquel padre , à dejarle tan desnudo como la palma 
de la mano , y traer aqui su mula. Eso no , dijo Rolando , no 
merece la pena : aliviale solamente del bolsillo y tràelo : no te 
pedimos mas. En esto sali del bosqae , y me encaminé al reli- 
gioso , pidiendo al ciflo me perdonase la accion que iba à ejeca- 
tar con tanta repugnancia. Bien hubiera querido poder escaparme 
en aqnel mismo punto; pero todos mis compafieros estaban 
mejor montados que yo , y si me vieran huir , correrian tras mi , 
y presto me atraparian 6 me espolearian por las espaldas con 
una descarga de sus carabinas , con la que me hubiera ido muy 
mal ; y asi no me atrevi à exponerme à una accion tan poco sego- 
ra. Llegué pues al padre , y pedile la boisa , poniéndole al pecho 
una pistola. Parôse un poco à mirarme , y sin mostrarse mny 
sobresaltado : Muy mozo ères , hijo mio , me dijo , y muy tem- 
prano te bas puesto à tan vil oficio. Padre mio , le respondi , sea 
vil ô no lo sea, me alegrara haberle empezado mas presto. {Ah 
querido ! me replicô el buen religioso , que no podia compren- 
der el sentido de mis palabras , 4 que es lo que dices? 2 Oh , que 
cèguedad I Escùchame , y te haré présente el infeliz estado en> 
cpie te hallas. jOh , padre mio I le interrumpi con precipitacion , 
no se tome Yuesa reverencia ese trabajo, y déjese de moralizar, 
qae no vengo é los caminos pùblicos à que me prediquen : quiero 
dinero y no serm'ones. {Dinero I me dijo , muy maravillado. Mal 
conoces la caridad de los Espafloles , si crées que las personas 
de mi profesion y de mi caràcter lo necesitan para viajar : en 
todas partes nos reciben y hospedan con agrado, nos tratan 
muy bien, y cuando partimos, solo nos piden nuestras oracio- 
nes: en fin, nosotros no lleyamos dinero para caminar, y nos 
ponemos enteramente en manos de la Providencia. Pero al fin , 
padre mio , concluyamos , mis compaAeros me estàn esperando 
en aquel bosque ; eche prontamente la boisa en tierra , ô sino 
le mato. 

A estais palabras , que pronuncié colérico y amenazàndole , el 
buen religioso mostrô verse quitar la vida. Espéra, me dijo, 
Yoy à satisfacerte , ya que absolutamente no puede ser btra cosa; 
veo que con vosotros es ociosa toda figura retôrica. Diciendo 
esto saco de debajo del hàbito una gran boisa de cuero , y la 
dejô caer en el suelo. Dijele entônces que podia continuar su ca- 
mino , y ël lo hizo sin esperar à que tnviese el trabajo de repe- 
tirselo. Biô cuatro espolazos à la mula , que desmintiô la mala 
opinion en que yo la tenia de ser tan Imena maula como la de 
mi tio; y la bestia, dàndose por entendida del caritativo aviso, 
comenzô desde luego à andar à buen paso. Apënas el fraile se 
alejô de mi , cuando me apeë , recogi el bolson , que pesaba mu- 
cho , y volvi à meterme en el bosque , donde los camaradas me 
esperaban con impaciencia para darme mil parabienes por mi 



LIBRO PREHERO. 23 

gloriosa Victoria , como si me hubiera costado macho. Apénas 
me diéroD lugar de apearme segun se apresaraban à abrazarme. 
Animo , G9 Bias » me dijo Rotando , has hecho maraTîHas. Du- 
rante tu expedicion no apartâmos los ojos de ti ; observé tu fir- 
meza , tu resolucion , y todos tus movimientos ; y desde luego te 
pronostico que con el tiempo seres un herôieo ladron , y el terror 
de los caminos reales. £1 teniente y los demas aplaudiéron la 
predkcion , asegurando qtie no podia dejar de verificarse algun 
dia. Di é todos las gracias por el buen concepto que habian for- 
mado de mi , prometiendo hacer todos los esfiierzos posibles 
para mantenerlo. 

Despnes que alabàron, tanto mas cnanto mënos lo merecia , la 
TîSana acdon que habia hecho, les entrô la curiosidad de exami- 
nar la presa. Yeamos, dijëron, que contiene la bolsa del religioso. 
Sin doda, afiadiô uno de ellos, que estarà bien proyista, porque 
estos padres no viajan como peregrinos. Desatôla el capitan, abriô- 
la, y sacô dos 6 très pufiados de medallitas de cobre , mezcladas 
€on agnus Dei , y algunos escapularios. Al rer el hurto de una 
moneda tan nueva, todos prorrumpièron en tan descompasadas 
carcajadas, que pensàron reventar de risa. A la yerdad , exclamô 
el teniente , que todos debemos éstar muy agradecidos al sefior 
G3 Bias : el primer ensayo que ha hecho puede ser muy saludable 
â la compaftia. A esta bufonada siguiéron otras de los demas. 
Aqnellos malyados, y sobre todos el apôstata, se diynticron con 
m3 impias truhanerias sobre la materia, profiriendo dichos que 
mostraban bien la corrnpcion de sus costumbres. Solo yo no te- 
nia gana de reir. Yerdad es que me la quitaban los bufones que 
tanto se alegraban à mi costa. Cada uno me flechaba alguna pulla, 
y hasta el capitan me dijo : Aconsëjote , amigô Bias, que en ade* 
lante no te yueWas à meter con frailes , porque son mas agudos 
ychuscosquetù. 

CAPITULO IX. 

Del serio Uace qoe sigirio d la ayentura del fraile. 

Estoyimos en el bosque la mayor parte de aquel dia sin haber 
Tîsto pasagero alguno que enmendase el chasco que nos habia 
dado el religioso. Salimos en fin para restituirnos à nuestro soter- 
raneo , persuadidos de que las expediciones del dia se habian 
acabado con el risible suceso que todayia daba materia à la con- 
Tcrsacion y â las chuffetas, cuando descubrimos à lo lèjos un coche 
tirado de cuatro mulas. Acercàbase à nosotros à gran paso y le 
acompaftaban très hombres â caballo , que parecian venir bien 
armados. Rolando nos mandô hacer alto para tratar de lo quo 



34 GIL BLAS. 

86 habta de hacer; y la resolucion fué que se les atacase. Pasi- 
monos todos en ôrden, segun la disposicion del capitan , y mar- 
chàmos en ôrden de batalla acercéndonos al coche. No obstante 
los aplausos que habia recibido en el bosque, se apoderô de mi 
un temblor universal, y senti baftado todo el cuerpo de un sudor 
frio, que no me presagiaba cosa buena. Por mayor fortuna mia 
me hallaba à la frente del cuerpo de batalla en medio del capitan y 
del teniente, que de propôsito me pusiéron entre los dos para que 
me hiciese al fiiego desde luego. Reparô Rolando lo mucho que 
la naturaleza estaba padeciendo en mi : me mirô con ojos torvos , 
y cou Toz bronca me dijo : Oye , Gil Bias , trata de hacer tu deber ; 
porque te adyierto que, si te acobardas , te levante de un pisto- 
îetazo la tapa de los sesos. Estaba muy persuadido de que lo 
haria mejor que lo decia, para no aprovecharme del dulce y fra- 
ternal aviso : y asi solo pensé en recomendar mi aima é Dies. 

Entre tante el coche y los caballeros se nos venian àcercando. 
Desde luego conociéron la casta de pàjaros que erames ; y adivi- 
nando nuestro intente per la ordenanza y pestura en que nos 
velan, se paràron à tire de fusil. Todos traian armas ; y mièntras 
se preparaban à recibirnos, saliô del coche un hembre de buen 
parecer y ricamente vestido. Montô en un caballo de mano, que 
une de los mentados tenia por la brida, y se puse à la (rente de 
les demas. Aunque eran solo cuatro contra nueve , se arrojAron à 
nosotros con un brio que aumentô mi temer. Ne per eso dejé de 
prevenirme para disparari m carabina, aunque temblaban todos 
les miembros de mi cuerpo come si estuviera azogade ; mas, per 
centarlas cesascomo pasàron, cuando Uegô el case de dispa- 
rarla, cerré los ojos, y voivi la cabeza à etra parte, de manera 
qne aquel tire nunca puede ser à cargo de mi conciencia. 

Ne me détendre en referir las circunstancias de la accien, pues 
aunque me hallaba présente nada veia ; porque turbada cou el 
terrer la imaginacien, me ocultaba el horror de un espectéculo 
que verdaderamente me sacô fuera de ml. Lo unico que puede 
decir es que , despues de un gran ruido de mosquetazes y car»- 
binazos, oigritarà mis camaradas: Victoria! victoria! Al eir esta 
aclamacion se disipô el miedo que se habia apoderado de mis 
sentidos, y vi tendides en el campe les cadàveres de los cuatro 
que venian à caballo. De nuestra parte solo muriô el apôstata , 
que en esta ecasion recibiô le que merecia per su apestasia y 
sus malas chanzas sobre los escapularios y medallas. El teniente 
fué heride en un braze , pero muy levemente, pues el tiro apènas 
hize mas que rozarle un peco el pellejo. 

Corriô luego el seftor Rolande à la penezuela del coche , y 
vi6 dentro una dama de veinte y cuatro à veinte y cince aftos , 
que le pareciôhermesa, aun en el triste estade en que se hallaba. 
Habiase desmayado durante la refriega, y aun ne habia vuelte en 



LIBRO PRIMERO. 25 

si : nriëntras ël se ocopaba en miraria , nosotros atendlmos é la 
presa : lo primero que hicimos fuè apoderarnos de los caballos 
qoe babian servido à los muertos, y que espantados con los tiros 
se babian descarriado despues de quedar sin gaias. Las mulas 
del coche permaneciéron quietas, aunqae durante la accion se ha- 
bia apeado el cocfaero para ponerse en salvo. Echimos pie à 
tierra pai:a qaitarles los tirantes, y las cargàmos con los cofres 
que Tenian en la zaga y delantera del coche. Hecho esto, se sac6 
de â à la se&ora por ôrden del capitan, la cual aun no habia re- 
cobrado los sentidos, y se la puso à caballo con uno de los la- 
drones mejor montados , dejando en el camino el coche, y à los 
ma^'tos despojados de sus vestidos , y llevàndonos la sefiora, 
las mulas , los caballos y preseas. 

CAPITULO X. 

De qoë modo se portàron los bandoleros con la seftora desmayada, Gran 
projecto de Gil Bias , y sus résultas. 

LIegémofl à la cueya una hora despues de anochecido. Lo pri- 
mero que hicimos fué meter las mulas en la caballeriza, atarlas 
al pesebre y cuidar de ellas; porque el vîejo negro liacia très 
dias que estaba en cama, rendido à crueles dolores de gota, y 
â on reumatismo, que apënas le dejaba libre mas que la lengua 
para emplearla en mostrarnos su impaciencia, prorumpiendo en 
las mas horribles blasfemias: dejàmos à aquel miserable jurar y 
Uasfemar, y fufanos à la cocina à cuidar de la sefiora que estaba 
sobrecogida de un parasiamo mortal. Nos dimos tan buena mafia, 
que logrAmos Tolviese del desmayo : mas cuando recobrô sus 
sentidos, y se yiô entre unoa hombres que no conocia, sintiè todo 
el peso de su desgracia, y comenzô à desesperarse. Todo lo mas 
horroroso que el sentimiento y el dolor pueden representar à la 
imaginacion, otro tanto se Teia pintado en sus ojos, que levan- 
taba al cielo, como para quejarse de las indignidades que la ame- 
nazaban. Cediendo entônces à imàgenes tan espantosas , Tolyiô 
de repente à desmayarse , cerr6 sus bellos ojos ; y los ladrones 
temiéon que iban à perder aquella preciosa presa. El capitan , 
paredéndole mejor abandonarla à si mismo , que atormentarla 
connuevos socorros, mandé la llevasen à la cama de Leonarda, 
dejândola sola y encomendada à su buena suerte. 

Pasimos nosotros à la sala, y uno de los ladrones, que habia 
sido dmjano , reconoci6 el brazo del teniente , y le aplicô bàl- 
samo. Hecha esta operacion, se pasô à Ter lo que habia en los 
cofres. Hallàronse algunos Uenos de telas y encajes , otros de 
vestidos , y el ultimo que se reconociù contenia algunos talegos 
de doblones , cnya vista regocijô mucho à los interesados. Con- 



36 GIL BLAS. 

duido este registro , la cocinera poso la mesa , y sînriô la céna* 
Desde luego se moviô la conyersacion sobre nuestra gran yio- 
toria, y Rolando , yolyiéndose à mi, me dijo : Confiesa , Gîl 
Bias , que has pasado un gran susto. No lo puedo negar , 
respond! yo ; entes bien lo confieso de buena fë ; pero déjenme 
ustedes hacer dos 6 très campafias, y entônces se yerà si se pelear 
como un Cid. Toda la compaftia se puso demi parte , diciendo : Se 
le debe perdonar , porque la accion foè muy empeftada, y, para 
un mozo que jamas habia yisto tirar un tiro, no lo ha hecho mal. 

Habl6se luego de las mulas y caballos que hablamos traido , 
y resoly iôse que al dia siguiente iriamos todos à yenderlos à Han- 
silla, donde yerosimilmente no habria Uegado todayia la noticia 
de nuestra hazafla. Resuelto esto acabémos de cenar, y nos fui- 
mos à la cocina à yer à la pobre sefiora. Hallàmosla en el mismo 
estado. Con todo eso , y aunque apénas se percibia en ella un 
leye aliento de yida, algunos ladrones no dejaban de mirarla con 
ojos probnos , y hubieran satisfecho sus brutales deseos à no 
haberles contenido el capitan, representàndoles que à lo ménos 
debian de esperar à que se recobrase de aquel abatimiento de 
tristeza que la tenia casi sin sentido. £1 respeto con que miraban 
al capitan refrenô su incontinencia : sin esto ninguna cosa hubiera 
salyado à la seflora, y aun despues de su muerte no habria es- 
tado seguro su honor. 

Dejémos en tan triste situacion à aquella infeliz seflora, con- 
tenténdose Rolando con encargarâ Leonarda que la cuidase, y 
nos retiràmos cada cual à nuestro cuarto. Por lo que é mi toca» 
apénas me acosté, cuando, en yez de cntregarme al suefio, solo 
me ocupé en considerar la infelicidad de aquella pobre seflora. 
No dudaba que fuese persona de distincion, y por lo mismo-me 
parecia ser mas deplorable su suerte. No podia pensar sin estre- 
mecerme en los horrores que la esperaban, y me sentia tan fuer- 
temente conmoyido , como si la sangre ô el amor me hubieran 
unido à ella. En fin, despues de haberme compadecido de su des- 
tino, solo pensé en los medios de preseryar su honor del pelî- 
gro que corria , y en fugarme yo mismo de la maldita cueya. 
Acordéme de que el negro no se podia moyer é causa de sus 
dolores, y la cocinera tenia la Haye de la reja. Este pensamiento 
meacalorôlaimaginacion,y me inspiré un proyecto, que médité 
muy bien, y écuyaejecucion di principio delà manera siguiente. 

Fingi que me habia asaltado un dolor célico. Prorrumpi desde 
luego en ayes y quejidos , y despues empezé à dar gritos y ala- 
ridos lastimosos. Despertàron al ruidolos compafieros, acudiéron 
todos à mi cuarto, y me preguntàron que tenia. Respondiles que 
estaba padeciendo un horrible côlico ; y para que lo cre^esen 
mejor apretaba los dientes, hacia gestos y espantosas contor- 
siones, reyolyiéndome i todas partes, y agîtàndome extraflamente. 



LIBRO PRIMERO. 27 

Hecho estOy de repeate me qaedé muy tranquilo y sosegado , oomo 
si me hubieran dado algunas treguas los dolores. Un momento des- 
poes comenzé à reToIcarme en la cama y à morderme las manos. En 
QDapalabra,representécon talprimormipapel, quelosladrones^no 
obstante de ser tan sutiles y tan astutos , se dejàron engafiar, y 
creyëron que efectiyamente padecia violentisimos dolores. Asi pues, 
lodos se diëron la mayor priesa à socorrerme. Uno me traia una 
botella de aguardiente, y me hacia beber la mitad ; otro à pesar 
miome administraba una la^ativa de aceite de almendras didces ; 
otro iba â calentar paftos , y casi abrasando me los ponia en la 
boca del estômago. En yano pedia misericordia : ellos atribuian 
mis damores à la fuerza del oôlico, y me hacian padecer dolores 
TerdaderoSy queriéndome aliyiar de los que no tenia. En fin, no 
padiendo ya sufrir mas, me vi obligado à decir, que ya no sentia 
retortijones, y que no necesitaba de remedios. Cesâron de mor- 
tificarme con ellos, y yo me guardë bien de quejarme porque no 
Tolyiesen à aplicénnelos. 

Duré esta escena casi très horas ; y juzgando los ladrones que 
ya DO podia tardar en venir el dia, .partiéron todos à Mansilla. 
Uanîfe^ gran deseo de acompafiarlos, y me quise leyantar para 
qae lo creyesen ; perd no lo permitiëron. No , no, Gil Bias , me 
dijo Rolando , quédate aqui , hijo mio, porque te podria repetir 
el cftiîco : otra vez yendrâs con nosotros, que por hoy no estas 
en estado de hacerlo. Mostréme muy sentido de no ser de la 
partida, y lo fingi con tanta naturalidad , cpie ninguno tuvo la 
meoor sospecba de lo que yo meditaba. Luego que partiéron, lo 
qoe yo deseaba tanto que se me hacian siglos los instantes, entré 
en cuentasconmigo, y me dije à mi mismo : Ea, Gil Bias, ahora si 
que Qecesitas gran înimo. Armate de yalor para acabar con lo 
qne tan felizmente has comenzado. Domingo no esté en situacion 
de oponerse à tu gloriosa empresa, ni Leonarda puede impedir 
su ejecucion. Si no te aprovechas de esta oportunidad para es- 
caparte , quizà no encontrarâs jamas otra tan favorable. Estas 
reflexiones meinfundiéron alientoy confianza. Levantéme al punto 
de la cama : yestime , tome la espada y las pistolas , fuime de- 
recho à la cocina ; pero antes de entrar en ella , habiendo oido 
bablar é Leonarda, me detuve, y apliqué el oido para escuchar lo 
que hablaba. Discurria con la seûora desconocida, que, habiendo 
vueho en si de su e egando desmayo, y comprendieudo entônces 
todo su infortunio, Uoraba amargamente, édtàndole poco para 
desesperarse. LIora, hija mia, le decia ella , y llora todo cuanto 
quieras : no reprimas los suspiros, y da libertad à los sollozos ; 
con eso te desahogarés. Es cîerto que parecia peligroso el acci- 
dente, pero ya que rompiste en llorar no hay que temer. Asi que 
se te haya mitigado el pesar , que poco é poco se desyanecerâ , 
te acostnmbraràfl k yiyir con estos sefiores, que todos son gente 



28 GIL BLAS. 

honrada , y hombres may de bien. Te tratarén mejor qae à una 
princesa : todos à porfia se esmerarén en complacerte, y cadadia 
te mostrarén mas amor. { Oh , y cuantas mugeres enyidiarian tu 
fortuna si la sapieran I 

No le di tiempo à que dijese mas. Entréme en la codna oon 
intrepidez , y pùsele una pistola à los pechos-, amenazândola de 
qoitarle en aquel momento b vida si no me entregaba pronta- 
mente y sin replica la llave de la reja. Turbôse à YÎsta de mi ac- 
cion y y aunque era ya de edad avanzada , todavia tenia tanto 
apego à la vida, que no la quiso perder por tan poca cosa como 
era entreganne 6 no entregarme una Have. Alargômela prontisi- 
mamente, y luego que la tuye en la mano, volviéndome à la bella 
dolorida, le dije: Sefkora, el cielo os ha enviado un libertador : 
leyantaos para seguirme, que yo os conducirè y pondre con toda 
seguridad donde me lo mandeis. No se hizo sorda à mi yoz : 
mis palabras hiciëron tanta impresion en su espiritu, que reco- 
brando todas las fîierzas que le quedaban , se levante , arrojôse 
à mis pies , y solamente me sùplicô que conservase su hooar. 
AIzéla del suelo, asegur&ndole que por mi parte nada temiese 
y que confiase en mi honradez. Cogi despues unos cordeles que 
habia en la cocina ; y ayudàndome la misma seûora, amarré con 
ellos à Leonarda à los pies de una gran mesa , amenazàndole le 
quitaria la vida al menor grito que dièse. Encendi luego una yela, 
y acompafiado de la seftora desconocida pasé al cuarto donde 
estaban las monedas y alhajas de plata y oro : Uenè los bolsîllos 
de cuantos doblones pudiéron caber en ellos^ y para oUigar à la 
sefiora à que hiciese otro tanto, le dije que en ello no hacia mas 
que recobrar lo que era suyo. Despues de haber hecho una bue- 
na provision, marchàmos à la cabaUeriza , donde entré yo, solo 
con las pistolas amartiUadas. Daba por supuesto que el viejo ne- 
gro no me dejaria ensillar y aparejar tranquilamente mi csd^allo, 
y estaba resuelto à curarle de una vez de todos sus maies si no 
queria ser bueno ; pero por mi buena suerte se hallaba é la sa- 
zon tan agravado de los dolores que habia pasado , y que le 
atormentaban aun, que saqué el caballo sin que dièse la menor 
seftal de haberlo conocido. La seAora me esperaba é la puerta. 
Cogimos prontamente el camino que guiaba à la salida de la 
cueya : abrimos la reja , y Uegàmos à la trampa que cubria la 
entrada. Costônos gran traJ)ajo el leyantarla, 6 por mejor decir , 
para lograrlo hubimos menester nueyas fuerzas que nos presto 
el deseo de salyarnos. 

Comenzaba à rayar el dia cuando nos yimos fiiera de aquel 
abismo , y de lo que mas cuidàmos entônces fué de alejarnos 
cuanto entes de él. Yo monté à caballo, puse à la seftora é la 
grupa, y siguiendo à galope la primera senda que se nos présenta, 
tardàmospoco en salir del bosque y entrar en una llanura, donde 



LIBRO PRIMERO. 29 

DOS encontràmos con Yario^ caminos. Seguimos uno à la aTen- 
tora, teniendo yo grandisimo miedo de qae faesé qnizà el quo 
gttiaba é Mansilla, y nos hallàsemos con Rolando y soscamaradaSy 
que seria fotal encuentro. Pero fué Yano mi temor, porque en- 
trâmes felizmeote en Astorga à cosa de las dos de la tarde. Ob- 
servé que machos nos miraban con particular atencion, como si 
hem para ellos un espectàculo nunca yisto el de una muger é 
caballo tras de un hombre. Apeâmonos en el primer meson , y 
ordenë al punto que guisasen una liebre y asasen una perdiz. 
Miéntras esto se disponia conduje â la seAora à un cuarto donde 
comemmos à discurrir , lo cusd no habiamos podido hacer en 
ei camino por la priesa con que yiajàmos. Mostrôse muy agra- 
décida al gran seryicio que le habia hecho , diciéndome que à 
Tista de una accion tan generosa no se podia persuadir que yo 
feese compaûero de los infomes de cuyo poder la habia libertado. 
CoDtéle entônces mi historia para confirmarla en el buen con- 
cepto en que me tenia. Con esto la empefié à que me favoreciese 
COQ SQ confianza, y me refiriese sus désastres, como lo hizo, de 
la manera que se dira en el capitulo siguiente. 

CAPITULO XI. 

Historia de doAa Meucia de Hosquera. 

Naci en Yalladolid, y mi nombre es dofta Mencia deMosquera. 
Mi padre don Martin , coronel de un regimiento , fiié muerto en 
Portugal despues de haber consumido su patrimonio en el seryi- 
cio del rey. Dejôme pocos bienes , y consiguientemente , aunque 
hija ùnica , no era un gran partido para ser buscada en casamiento. 
Mas à pesar de mi escasa fortuna no me fialtaban pretendientes. 
Muchos caballeros de los mas principales de EspaAa solicitâron 
mi mano ; pero el que se lleyô mi atencion fiié don Alyaro de 
Meflo. A la verdad era el mas galan y airoso de todos , y reunia 
ademas otras prendas recomendables que me decidiéron à su 
&vor. Era prudente, entendido y yaliente , acompaftando é esto 
ser muy comedido , atento , pundonoroso , y el hombre mas bien 
portado del mundo. En las corridas de toros ninguno se mostra- 
ha mas arriesgado , mas brioso , ni mas diestro ; y en las justas 
era la admiracion de todos su despejo , habilidad y yalentia. Fi- 
nalmente , le preferi à sus competidores , y le di mi mano. 

Pocos dias despues de nuestro matrimonio se encontre en un 
sitio relirado cou don Andres de Baeza, que habia sido uno de sus 
aniiguos competidores en pretenderme. Picâronselos dos , sacâron 
las espadas y costô la vida à don Andres. Era este sobrino del 
corregidor de Valladolid , hombre de genio yiolento , y enemigo 
mortal de la casa de Mello ; y por consiguiente juzgô don Al- 



30 GDL BLAS. 

yaro qae le importaba inflnito no retardar un punto su fuga. 
Yolviôse inmediatamente à casa , contômelo sucedido , y me dijo : 
Querida Mencia, es indispensable separarnos. Ya conoces al 
corregidor ; me perseguirà encarnizadamente. No ignoras lo mu~ 
cho que puede en Espafla , y asi no estoy seguro en el reino. No 
le permitiô decir mas su dolor. Hicele que tomase dinero y 
algunas. joyas. Diôme despues los brazos, estrechôme en ellos , 
y esuivimos asi gran rato sin poder uno ni otro hablar palabra» 
mezclàndose nuestras làgrimas, suspiros y soUozos. Vino un 
criado i decir que estaba pronto el caballo : desasiôse demi , par- 
tie y dejôme en un estado que no sabré pintar. ;Dichosa yo si 
lo agudo. del dolor me hubiera quitado la yida I ; Que de penas 
y torroentos me hubiera ahorrado I Pocas horas despues de par- 
tido don Alvaro supo su fiiga el corregidor. Hizo le siguiesen , 
y no perdonô diligencia alguna para haberle à las manos. Frus- 
trôlas todas mi esposo , y pùsose en salvo. Yièndose el juez redu- 
ddo à no poder tomar otra yenganza que la satisfaccion de quitar 
todos sus bienes à un hombre cuya sangre hubiera querido beber , 
confiscô cuanto pertenecia é don AWaro. 

Halléme con esto en tan miserable situacîon , que apénas tenia 
lo preciso para yiyir. Comenzè à retirarme de todos , quedàn- 
dome con una sola criada. Pasaba los dias Uorando amarga- 
mente , no ya mi necesidad , que llevaba con paciencia , sino la 
ausencia de un adorado esposo , de quien no tenia noticia alguna , 
sii) embargo de haberme prometido , en nuestra dolorosa despe- 
dida , que de cualquier parte del mundo donde se hallase procu- 
raria inforroarme de su suerte. No obstante se pasàron siete 
afios sin saber nada de él. Causàbame una profunda tristeza la 
incertidumbre de su paradero. Supe al fin que , combatiendo por 
las annas de Portugal en el reino de Fez , habia perdida la yida 
en una batalla. Asi me lo refiriô un hombre recien yenido de 
Africa , aseguràndome que conocia muy bien à don AWaro de 
Mello , con quien habia seryido en el ejèrcito portugues , y que 
èl mismo le habia yisto perecer en lo mas recio de la pelea. A 
esto afiadiô otras circunstancias que me acabàron de persuadir 
que ya no yivia mi esposo. 

Yino en este tiempo À Yalladolid don Ambrosio Mesia Carri- 
Uo , marques de la Guard ia. Era uno de aquellos sefiores entra- 
dos en edad, que por sus'atentos y cortesanisimos modales hacen 
olyidar sus afios , y logran aprecio entre las damas. Casual- 
mente le refiriéron la historia de don AWaro , y con este motiyo 
oyô hablar de mi en términos que tuyo gran deseo de yerme. 
Para satisiacer su curiosidad se yaliô de una parienta mia , en 
cuya casa me encontre. Yiôme , y quedô prendado de mi , à 
pesar de la impresion de dolor que reparô en mi semblante: 
;pero que digo , d pesarî quizi lo que mas le moviô fiië el mis- 



LIBRO PRIMERO. 31 

mo aire triste, melancôlico y marchito en que me yeia, hablén- 
dole esto en fovor de mi fidelidad. Mi melancolia pudo ser caosa 
de su amor. Por eso me dijo mas de una yez que me miraba como 
on prodigio de constancia , y que enyidiaba la suerte de mi ma- 
rido por desgraciada que fuese. En una palabra , quedô tan pa- 
gado de mi que no necesitô verme segunda vez para tomar la 
determinacion de casarse conmigo. 

Valiose de la misma parienta mia para pedir mi consentimiento. 
Vino esta é mi casa , y me manifesto que , habiendo mi^esposo 
terminado sus dias en el reino de Fez , no era razon que estu- 
Tiese enterrada por mas tiempo ; que habia ya Dorado sobrada- 
mente à un hbmbre cuya compaûia habia gozado por solos pooos 
momentos ; que debia no malograr la ocasion que se presentaba , 
y que seria la muger mas feliz y mas contenta del mundo. Aqui 
ponderô la nobleza del marques , sus grandes bienes , y amabi- 
lisimo caràcter. Pero por mas que empleaba su elocuencia en 
hacerme palpables las yentajas que ballaria yo en aquel enlace » 
D6 me pado persuadir , no ya porque dudase de la muerte de 
doQ Alvaro , ni por el recelo de yolverle â yer cuando mënos 
lo pensase: lo unico que mi parienta tenia que yencer era mi 
poca indinacion» 6, por mejor decir, mi repugnancia à un se- 
gundo matrimonio , despues de las desgracias que habia experi- 
menudo en el primero. No por esto desconfiô, ni se acobardô ; 
antes bien » interésada ya por don Arobrosio , redoblô sus ins- 
taocias. Empeftô à toda mi parentela en la pretension del marques. 
Comenzàron mis parientes à estrecharme y apurarme sobre que 
aceptase un partido tan yentajoso. Yeiame sitiada siempre de 
elles y importunàndome y atormentàndome con la continua can- 
tinela de que no perdiese tan fayorable proporcion. Por otra 
parte mi miseria era mayor cada dia , y na fiié esto lo que mè- 
nes contribuyô à dejar yencer mi repugnancia. 

No pudiendo pues resistir mas tiempo , cedi âl fin é tan repetidas 
porfîas , y caséme con el marques de la Guardia , el cual el dia des- 
pues de la boda me condujo i una bellisima hacienda que tenia cerca 
de Burgos , entre Tardajos y Reyilla. Desde Inego se poyô de un 
amor yehemente hàcia mi: observabayoen todas sus acciones un 
Tivisimo deseo de agradarme: estudiaba en proporcionarme todo 
caanto yo podia apetecer. Ningun esposo estimô nunca mas à su 
muger , ni jamas amante alguno empleô mayor esmero en com- 
placer à su dama. Sin duda que yo hubiera amado apasionadamente 
à don Ambrosio, à pesar de la desproporcion de nuestras edades, si 
hubiera sido capaz de amar à otro que é don Alyaro ; pero los cora- 
zones constantes no aciertan à dar entrada à una segunda pasion. La 
memoria de mi primer esposo inutilizaba todos los esfuerzos de! 
segundo para hacerse querer de mi : no podia corresponder à sus 
temuras sino con afectos y espresiones de gratitnd y de respeto. 



32 GIL BLAS. 

HaDébame en esta disposicion cuando un dia , aBoméndome à 
una yentana de mi cuarto , yi en el jardin an aldeano que me mi- 
raba con particular atencion. Tùyele por criado del jardinero , y 
por entônces no hice caso de él ; pero al dia siguiente , habién- 
dole yisto en el mismo sitio, me pareciô que estaba aun mas atento 
à mirarme : esto me conmoyiô. Obseryèle tambien yo por mi par- 
te con algun cuidado, y se me figurô descubrir en ël la fisono- 
mia del desgraciado don Alyaro. Esta semejanza excitô en todos 
mis sentidos una turbacion inexplicable , y di un gran grito sin 
poderme contener. Por fortuna estaba sola entônces con Inès , la 
criada de mi mayor confianza : descubrtle la sospecha que me agî- 
taba , y ella no hizo mas que reir , creyendo que alguna ligëra 
semejanza me habria alucinado. Serenaos, seftora , me dijo , y no 
créais haber yisto à yuestro primer esposo. No es yerosimil que 
se presentase aqui con el disfraz de aldeano , ni se hace creible 
que aun yiya. Yo misma , aftadiô , yoy ahora al jardin à ver é 
ese hombre , â informarme de quien es , y yolyeré al momento 
à desengaûaros. Marché al jardin , y un instante despnes la veo 
entrar en mi cuarto muy alterada : Sefiora , me dijo , yuestra sos- 
pedia filé por cierto bien fimdada. £1 hombre que yisteis en 
el jardin es yerdaderamente el mismo don Alyaro: luego se me 
descubriô , y desea hablaros é solas. 

Podia recibirle entônces , porque el marques habia partido à 
Burgos , y asi dije é Inès que le condujese à mi cuarto por una 
escalera sécréta. Ya se déjà conocer la agitacion en que yo me 
hallaria. No pude sufrir la yista de un hombre que tenia derecho 
para decirme cuanto le yiniese à la boca , y al parecer con razon. 
Gai desmayada luego que le yi en mi presencia , como si hubiera 
sido su sombra. Asi èl como Inès me socorrièron prontamente , 
y despues que yoWi del desmayo : Tranquilizaos , sefiora , me dijo 
don Alyaro , y no sea mi presencia un suplicio para yos. No es 
mi énimo causaros la mas minima amargura. No yengo como 
marido Airioso À pediros cuenta de la tb que me juristeis , ni à 
calificar de delito el segundo enlace que contrajisteis. Se muy 
bien que todo fiié moyido por yuestra parentela , y no ignore las 
persecuciones que habeis padeddo. Por otra parte estoy infor- 
mado de la yoz de mi muerte esparcida en todo Yalladolid , y 
tanto mas justamente creida de yos , cuanto ninguna carta mia os 
podia asegurar de lo contrario. Finahnente se de que modo ha- 
beis yiyido desde nuestra fatal separacion , y que la necesidad 
mas que el amoros obligô à entregarosen los brazos de.... jAh , 
don Alyaro! le interrampi yo anegada en lâgrhnaSy ;por que 
racon quereis disculpar à yuestra esposa? No tiene disculpa pues- 
to que yiyis. | Desdichada de mi! i Ojalâ me yiera ahora en la mi- 
serable situacion en que me hallaba entes de desposarme con 
don Ambrosio! (Funeste casamientol {Ahl en aquella miseria 



JLIBRO PRDIERO. 33 

temtria â lo mtoos el consaelo de veros sin avergonzanne. 

Amada Mencia , replicô don Alvaro en an tono qne mostraba 
bien cuanto le habian enternecido mid légrimas , yo no me quejo 
de d , Antes bien léjos de censurar la brillantez en que te yeo , jaro 
qoe doy al cielo mil gracias. Desde el triste dia en que parti de 
VaDadolid tuyesiempre contraria la fbrtuna; mi yida file un tejido 
de desdichas, y para su colmo nunca me fué posible darte noticia 
demL Segoro siempre de tu amor, seme representaba continua- 
mente la situacion à que mi fatal carifto te habia reducido. Con- 
sideraba i mi adorada Mencia baAada en Ugrimas, y esta consî- 
deradon era mi mayor tormento. Confieso que algunas yeces tenia 
por delito la dicha de haberte agradado. Deseaba que te hubieses 
indinado i cualquier otro de mis competidores cuando* reflexio- 
naba en lo mucho que te costaba la preferencia con que me habias 
lionrado. Por fin, despues de siete aùos de penas, mas enamorado 
de ti que nanca, be querido yolyer A yerte. No he podido resistir 
i este deseo, y babiéndomelo permitido satisfocer el tèrmino de 
mia larga esclayitud , he yuelto à Yalladolid disfrazado en este tra* 
ge, ariesgo de ser conocido y descubierto. Alii lo he sabido todo » 
y he yenido en seguida à esta posesion» donde he hallado modo 
de mtrodudrme con el jardinero para ayudarle à cultiyar estos 
jardines. Tal es el arbitrio que he tomado para lograr hablarte en 
secreto. Mas no te imagines que con mi presencia yengo aqui à 
turbar la yentura que gozas. Amote mas que à mi mismo : respeto 
tu reposo; y acabada esta conyersacion par to lèjos de ti i ter- 
rninar mis tristes dias, que sacrifico à tu amor. 

No , don Alyaro , no » exclamé al oir estas palabras : el delo no 
te hatraido aqui en balde; y no permkiré que segunda yez te 
apartés de mi : quiero ir contigo , y solamente la muerte nos podré 
separar en adelante. Crëeme é mi, Mencia , me replicô , yiye con 
don Ambrosio, y no quieras ser compaflera de mis desdichas : 
deja que cargue yo solo con todo el peso de ellas. Aftadiô à estas 
otras razones semejantes; pero cuanto mas empefiado parecia en 
querer sacrificarse é mi felicidad , mënos dispuesta me hallaba yo 
i consentirlo. Luego que me yiô tan resuelta à seguirle , mudô de 
repente de tono, y con semblante mas alegre me dijo : Mencia, 
pues todayia amas tanto â don AWaro , que quieres preferir su 
miseria â la abundancia en que te hallas, yàmonos à yiyir â Be- 
tanzos, dudaddel reino de Galicia, donde hallarëmos un seguro 
retiro. Si mis desgracias me quitéron todos mis biencs, no mehi- 
cièron perder todos mis amigos. Aun me quedan algunos tan yer- 
daderos, que me ban facilitado medios de poder sacarte de esta 
casa. Con su auxilio compré en Zamora coche, mulas y caballos; 
* y traigo por compafleros à très amigos gallegos, resueltos y ya- 
lerosos. Todos estàn armados de carabinas y pistolas, y todos 
etperan mi ayiso en el lugar de Reyilla. Aproyechémonos de la 

5 



34 GIL BLAS. 

aosencia de don Ambrorio. Voy â dar ôrden de qoe traigan el 
earraage à la paerta de esta casa, y al motnento partirémos. À 
todo aocedi : fiié Tolando don Alvaro â Revilla , y en brève dempo 
Tohiô con SOS très compafieros montados. Sadbronme de en medio 
de mis criadas, que, no sabiendo que pensar de este aconted- 
miento, huyëron despayoridas. Sola Inès era sabedora de todo ; 
pero no quiso unir su suérte con la mia , porque estaba enamorada 
de un page de don Ambrosio; lo que demnestra que el afecto de 
los mas fieles criados no résiste à la prueba del amor. Entré en 
el coche con don Alvaro, no Ileyando conmigo sino alguna ropa, 
y dertas joyas que tenia âmes del segundo matrimonio; porque 
nada quise tomar de lo que me habia regaladd el marques coando 
sa casamiento. Seguimos el camino de Galida sin saber si ten- 
driamos la fortuna de Uegar allé. Temiamos con razon que al ToWer 
de Burgos don Ambrosio yiniese en seguimiento nuestro, acom- 
pafiado de mucha gente, y que nos alcanzase; pero caminémos 
dos dias sin que ninguno nos siguiese. Esperabamos que sucedîera 
lo mismo en la tercera jornada , y ya caminabamos tranquilamente. 
Contàbame don Alvaro la triste aventura que habia dado motivo à 
la voz espardda de su muerte, y el modo de haber recobrado su 
libertad despues de cinco afios de cautiverio , cuando encontrémos 
en el camino â los ladrones en cuya compaftia estabais vos. El 
que matàron cou todos sus acompaflados es el mismo , y el que me 
bace derramar el torrente de làgrimas que ahora cae de mis ojos. 

CAPlTULOXn. 

Dd modo pooo gustoso con que Aie intemimpida la convenacion de la aeftora 

y de Gil Bias. 

Con efecto se deshacia en làgrimas dofia Mencia al acabar de 
hacerme su relacion. Dejële dar entera libertad i los susp\jros , y 
lloraba yo tambien : tan natural es interesarse en el dolor de los 
infelices, y muy particiilarmente en el de una muger hermosa y 
afligida. Iba à preguntarle que partido queria tomar en la coyuntura 
en que se hallaba , y quizà ella misma iba tambien à consultarme lo 
propio, si no hubiera sido interrumpida nuestra conversacion* 
Oimos en el meson un gran rumor, quellamô nuestra atencion. 
Causàbale la venida del corregîdor, que acompaftado de dos a1- 
guacOes y muchos ministriles se entrô en el cuarto donde estaba- 
mos. El primero que se acercô â mi fiië un caballerito que venia en 
compaftia del corregidor : parôse â mirar muy de espado y muy 
de cerca mi vestido, y despues de alguna suspension exclamô di- 
ciendo : ; Vive el cielo que esta es mi mismisima ropilla ' ! la co* 

' Vëasc una nota en el capîtnlo xi del libro tcrcero. 



LIBRO PRIMERa dS 

DOico tan bi^i eomo fae conoddo mi caballo. Sobre mi palabra 
que podeis prender à esle hombre honrado. Sin dada es uno de 
ios ladrones que tienen no se que oculta madriguera en este pais. 
AI oir aquellas palabras me persuadi que sin duda me habia to- 
cado por desgracia mia el despojo de aquel caballero , y por con- 
siguiente me quedè sorprendido ë inmutado. £1 corregidor» que 
por su oficio debia juzgar antes mal que bi^ de la turbacion en 
que me yeia, hizo juicio de que la acusacion no era mal fundada; 
jsospecbando que la seûora podia tambien ser complice, nos hizo 
prender à Ios dos, y poner en cuartos separados.No era este juez 
de aquellos dé rostro grave y ceiiudo; antes bien mostraba un 
semblante apacible y risuefio, acompaftado de un modo de ha* 
blar dnlce y cariftoso ; pero sabe Dios si era mejor que los prime- 
ros. Lnego que estuye en la prision, yino à ella con sus dos pre- 
cnrsores, esto es, sus dosalguaciles, los cuales , segun su buena 
costnmbre, empezàron por regîstrarmebien las fàltrîqueras. ; Que 
diapara aqnellahonradagente! Acaso en todos los de su vida 
no habian tenido otro semejante. À cada pufiado de doblones que 
me sacaban, estabayiendo que rebosaban sus ojos de alegria. 
Hasta el mîsmo corregidor parecia que estaba fuera de si. Hijo, 
me decîa en un tonoUeno de miel y dulzura , no extrafies ni tengas 
recdo de lo que ejecntamos, que en esto no hacemos mas que 
nnestro oficio. Si estes inocente, nada te perjudicarà. Miéntras 
tanto fuéron poco à poco aliyiando del peso mis bolsillos , quitAn- 
dome annio que habian respetado los ladrones, quiero decir , los 
coarenta ducados de mi tio. Escudriûéronme de pies à cabeza sus 
codiciosas 6 infatigables manos, hacièndome yolyer é todoâ la- 
dos , y despojindome de todos los yestidos para yer si tenia guar- 
dado aigun dinero entre el pellejo y la camisa. Despues que cum- 
plîèron tan exactamente con aquella su importante obligacion , el 
corregidor me hizo sus preguntas. Satisficelas presto, refiriéncVJe 
ingènuamente todo lo sucedido. Hizo escribir mi declaracion , y 
partiô con su gente y mi dmero, dejéndome desnudo sobre la 
paja. 

iOh, yidahumana! exclamé cuando me yi solo en aquel mise- 
rable œtado, iqné llena estas de contratiempos y de caprichosaa 
ayentoras! Desde que sali de Oyiedo no he experimentado mas 
que desgradas. Apënas salgo de un peligro cuando caigo en otro. 
Al Oegar à esta dudad estaba muy lëjos de pensar que en tan poco 
tiempo habia de conocer à su corregidor. Haciendo estas re- 
flexiones inutiles me y esti la maldita ropilla y lo restante de là ropa 
que me habia puesto en aquel estado; y despues hablàndomey 
alentàndome.à mi mismo : AÎnimo , Gil Bias , me dije , yalor y cona- 
tanda. Yamos claros; piensa que despues de este tiempo yendrà 
qoizi otro mas dichoso. i Sera bueno desesperarte porque te yes 
en una prision ordinaria, despues de haber hecho tan penoso en- 



36 GDL BLAS. 

sayo de tu paciencia en la tenebrosa ciiey4iT | Has ay! afiadi tris- 
temente, yo me alucino y me lisonjeo. ^Como sera posible que 
saiga de esta càrcel, cuando acaban de quitanne los medics de 
conseguirlo? Un pobre encarcelado sin dinero es on pàjaro i qmeD 
cortan las alas. 

En lugar de la liebre y de la perdiz que habia mandado com- 
poner, me trajéron .un pedazo de pan negro y un jarro deagua, 
dejàndome tascar «1 freno en mi calabozo. En el estuve quince 
dias enteroSy sin ver en todos ellos otra persona que el alcaide, 
que venia todas las maftanas à registrar y renovar las prisiones. 
Cuando le veia, intentaba querer entablar conversacioncon el para 
desahogarme algun tanto; pero aquel hombre nada respondia 
â cuanto le preguntaba. Jamas me fiié posible sacarle ni una sola 
palabra. Entraba y salia muchas yeces sin dignarse siquiera de 
mirarme. Al dècimo sexto dia se dejô ver el corregidor, y me dijo : 
Ya puedes alegrarte, porque te traigo una buena nueva. Hice que 
fnese conducida À Burgos la seAora que venia contigo , examinéla 
sobre quien eras , y tu conducta y sus respuetas te justifieàron. 
Hoy mismo saldràs de la càrcel, con<al que el arrière en cuya 
compaflia yiniste desde Pefiaflor à Cacabelos , segun has dicho , 
confirme tu declaracion. Esté en Astorga , ya le he enviado à 
Ilamar, y le estoy esperando. Si conviene su declaracion con la 
tuya, inmediatamente te pongo en libertad. 

Consolàronme mucho estas palabras , y desde aquel memento 
me considéré fuera de tode enredo. Di gracias al juez per la buena 
y prenta justicia que mequeriahacer; y apénas babia acabade mi 
cumplido cuando Uegô el arrière entre des alguaciles. Conocile 
inmediatamente ; pero el bribon , que sin duda habia vendido mi 
maleta con tode le que tenia dentro , temiende le ebligasên à res- 
tituir el dinero que habia recibido si confesaba que me conoda^ 
dijo descaradamente que no sabia quien yo era, y que jamas 
me habia yisto. i Ah traider! exclamé yo, confiesa que has yen- 
dido mi repa^ y respeta la yerdad. Hirame bien. Yo soy une de 
aquellos mozos à quienes amenazâste cou el termento en Cacabelos 
llenande à tedos de miede. El taimado respendiô muy friamente 
que le hablaba una jerigonza que él no entendia ; y come raiific6 
y mantuye hasta el fin aquel solemnisime embuste, mi libertad se 
difiriô hasta mejor ocasion. Hijo , me dijo el corregidor , bien yes 
que el arrière ne concuerda con le que declaràste , y asi ne puedo 
soltarte per mas que le deseo. Cenyinome , pues , armarme nue- 
yamente de paciencia, y resolyerme À estar todavia â pan y agua^ 
y sufrir al silencioso carcelero. Cuando peusaba en que no podia 
salir de entre las garras de la justicia, siendo asi que ho habia co- 
metide délite alguno, me desesperaba con este triste pensamiento, 
y echaba mènes ellôbrego soterràneo. Bien reflexionado, me decîa 
yo & mi mismo, alli me hallaba mènes mal que en este calabozo- 



LIBRO PRIMERO. 37 

Por lo mèûos en aqaei comia y bebia alegremente con los ladrones; 
DiTertiame god eltos, y me consolaba ladulce esperanza de poderme 
escapar algon dia ; pero sere quizà muy feliz si solo paedo salir de 
aqoi para ir égaleras ^ â pesar de mi inocencia. 



CAPITULO xm. 

Fbr ifaé cawnilîdad sale Gil Bias de la cArcd, y i donde ae encamina despueti 

IGèntras yopasaba los dias y las noches en desvariar entregad^ 
i mis-tristes reflexiones» se diyulgéron por la ciudad mis ayen- 
tonSy ni mas ni ménos que yo las habia dictado en mi déclara^ 
cioiL Mochas personas me qaisiéron yer por coriosidad. Yenian 
Unas ea pos de otras, y se asomaban à una yentanilla que daba 
hz à mi prision , y despues de haberme mirado algun tiempo 
se retiraban silenciosas. Sorprendiôme aquella noyedad. Desde 
mi entrada en la circel nunca babia yisto alma yiyiente asomarse 
â la tal yentanilla que caia à un patio donde habitaban el silen- 
do y el borror. Me hizo créer que yo habia llamado la atencion 
de la dndad, pero^no acertaba à pronosticar si seria para mal 
i para bien^ 

Uno de los primeros que yi file el muchacho ^ nifio 'de coro 
de Mondofledo, que en Cacabelos se escape, como yo, de miedo 
del tormento. Conocile luego, y el no fingiô desconocerme como 
h habia- fingido el arriero. Saludàmonos una y otro» y entablà- 
mos una larga conyersacion , en la cual me yi.precisado à ha- 
cerle una nueya relacion de mis ayenturaa : lo que produjo dos 
efectos diferenteS' en el énimo de los cîrcunstantes, pues que los 
Uce reir, y me atraje su compasion. £1 por su^parle me contô 
lo que habia pasado en el meson de Cacabelos entre el arriero 
T la muger despues que un terror péiûco nos habia separado de 
efla. Ea una palabra, contôme todo lo que dejo ya dicho. Des-f 
pidiâse despues de mi , prometiëndome que sin perder tiempo 
iba é haeer todo lo posible para que me dieran libertad. Desde 
enténoes todas las personas que, como el, habian yenido i yer- 
me por mera curiosidad, me aseguràron que mis desgracias les 
moyian à compasion, ofrecièndome al mismo tiempo unirse con 
aquel niozo para solidtar que me librasen de la cérceL 

Cumplièron efectiyamente su palabra. Hablàron en &yor mio 
al corregidor, quien, no dudando ya de mi inocencia, particular- 
mente d^e que el nifto de coro« le contô ^ todo, lo-que sabia» 
très semanas despues yino à- la prisioa^ y me dijo : Gil Bias», 
annqne , si fuese yo un juez soyero , podria detenerte aqui, iu> 
quiero dilatar mas. tu causa. Yete : ya estes libre, y puedes salir 



SB GIL BLAS. 

cuaodo quiBieres. Pero dime, prosiguiô, si te Ueyéran al bosque 
donde estaba el soterréoeOy ino le podrias descnbrir? No, seftor. 
Je respond! ; porque como entré en el de noche, y sali inles del 
dia , no me seria posible dar con él. Con eso se retiré el joez 
diciendo que iba à dar ôrden al carcelero que me franquease la 
puerta. Con efecto, un momento despues yino el alcaide con sus 
aatélites» que traian un lio de ropa, los cuales con mucha gra- 
vedad, y sin decir una sola palabra, me despojéron de la casaca 
y de los calzones, que eran de pafio fino y casi nuevo, me me- 
tièron por la cabeza una especie de chamarreta muy vieja y muy rash- 
da émanera de escapulario,y conduidaestaceremonîayme pusièron 
à la puerta de la cércel, echàndome A empeUones fîiera de ella. 
La yergûenza que padeci al yerme en tan mata ropa modéré 
mucho la alegria que comnnmente tienen los presos ouando han 
recobrado su libertad. Tuye impulsos de salirme inmediatamente 
de la ciudad por huir de la yista del pueblo, que no podia su- 
frir sin rubor; pero pudo mas mi agradedmiento. Fui â dar las 
gracias al cantorcillo i quien debia tanta obligacion. No pudo 
dejar de reir luego que me yiô. A lo que adyierto, dîjo , pareoe 
quela justidahahecho contigo todas sus habilidadesJNo me qœjo 
de la justicia, le respondi , ella en si es muy justa : solamente 
desearia yo que todos sus oficiales fueran hombres de bien y de 
condencia. À lo mènos me pudieran haber dejado el yestido ; 
pues me parece que no le habia pagado mal. Couyengo en eso , 
me replicô ; pero diràn que esas son formalidades que indispen- 
sablemente se deben obseryar. Y sino dime : ; crées por yentura 
que el cabidlo en que yeniste se ha restituido à su primer dueAoT 
No lo créas : porqne el tal caballo esté actualraente en la caba- 
lleriza del escribano, donde se depositô como una ptneba del 
delito, y yo estoy persuadido de que su amo yerdadero nnnca 
▼olyeré éyer ni siquiera la grupera. Pero mudemos de conyer- 
sacion, continué el cantorcillo: ^ que énimo tienes, y que piensas 
hacer ahora? Mi énnno es, le respondi, irme derecho é Burgos 
é buscar é la sefiora é quien liberté de los ladrones. Natural- 
mente me daré algun dinerillo , con el cual compraré «nos hé- 
bitos nueyos , y partiré é Salamanca, donde proouraré aproye- 
charme de mi latin. Hi mayor apuro es que aun no estoy en 
Burgos, y es menester yiyir en el camino. Ya te entirado , me 
replicé , aqui tienes mi boisa. Esté un poco yacia é la yerdad ; 
mas ya sabes tu que un pobre cantor no es obispo. Al mismo 
tiempo la sacé, y me la puso en las manos con tan buena yo- 
luntad, que no pude ménos de aceptarla. Agradedselo tanto como 
si me hubiera hecho duefio de todo el oro del mundo, y fe pa* 
gué con mil protestas de seryirle : cosa que nunca tuyo efecto. 
Despues de esto nos despedimos, y yo sali de aquel pueblo sin 
yer é ninguna de las otras personas que habian contribuido a 



' LIBRO PRIMERO. 39 

Ubranne de la prision, contentàndome con darks dentro i% mi 
oomon mS y mil bendiciones. 

£1 cantorGiHo taTO mocha razon en no hacer ostentacion de 
sa boisa, porqne en realidad encontre en ella poco dinero , y 
lodo en calderilla. Por fortuna habia dos mesesque estaba acos- 
tombrado à una Tida muy frugal, y todayia me restaban algunos 
reaies cuando Uegué al lugar de Puentedura , poco distante de 
Borgos. Detùyeme en él para saber de dofla Mencia. Entré en u» 
meson, coya huéspeda era una moger pequefla, muy enjuta, yi- 
yaracha, y de mala oondicion. Luego conoci por la mala cara que 
me puso que no le habia gustado mucho mi chamarreta, lo que 
CkSÔDente le perdonë. Sentéme A una asquerosa mesa , donde 
oomi un pedazo de pan con un cuarteron de queso, y bebi algunos 
tragos de un detestable yino que me trajéron. Durante la comida , 
que era may correspondiente à mi equipage, quise entablar con^ 
Tersacion con la huéspeda, que me diô à entender con un gesto 
desdefioso que tenia à ménos hablar conmigo. Supliquéla que me 
dijese si conocia al marques de la Guardia , si estaba léjos su 
casa de campo , y particularmente si sabia en que habia parado 
la marquesa su muger. Muchas cosas me preguntais , respondiôv 
muy desdeflosa. Sin embargo me contesta en abreyiatura, y con 
may mal talante, diciendo que la casa de campo de don Ambrosio« 
disiaba una légua corta de Puentedura. 

Despues que acabé de beber y de cenar, como era ya de nxH 
die, mostré que deseaba recogerme, y pedi un cuarto. | Un 
coarto para él I me dijo la mesonera, miréndome de hito en 
hitocon altiyez y oon despredo : |un cuarto paraél ! Los cuartos 
de mi casa los reseryo yo para gentes que no cenan pan y 
qaeso. Todas mis camas estén ocupadas, porque estoy esperando- 
à ciertos caballeros de importancia que yienen i hacer nocho 
aqai : lo mas que te puedo ôfrecer es el pajar, porque creo na 
sera la primera yez que hayas dormido sobre paja. En esto decia. 
mas yerdad de lo que ella misma pensaba: no le répliqué pala- 
bra; abrazé prudentemente el partido que me proponia ; fiiime 
al piyar, y dormi con tranquilidad, como hombre que ya estaba 
bedio à trabjyos. 

CAPITULO XIV. 

Keabimiento que le hizo en Burgos dofla Memcta. 

No foi perezoso en leyantarme al dia siguiente. Fui â ajustar 
la cuenta con la huéspeda, que ya estaba leyantada, y me pare- 
eiô de mejor humor que el dia antécédente. Atribuilo â la pre- 
seada de très honrados cuadrilleros de la santa Hermandad , 



40 GIL BLAS. 

que con mocha familiaridad hablaban con eUa» y serian sin duda 
los caballeros de importancia para quienes estaban desiinadas 
todas las camas. Informéme en el lagar del camino que goiaba é 
la casa de campo adonde yo queria ir , y se lo preguntè i on 
paisano que me deparô la suerte del mismo carécter que mi an- 
tiguo mesonero de PeAaflor. No contento con responderme é lo 
que lepreguntaba, afiadiô que don Ambrosio habia muerto ti^s 
semanas hacia, y que la marquesa, su muger , se habia reUrado 
à un conyento de la ciudad , que me nombro. Al punto me en- 
caminë en derechura à Burgos , y sin pensar ya en la casa de 
campo fui yolando al monasterio en donde me dijëron que se 
hallaba dofla Henda. Supliqué à la cornera se sirviese dedr é 
aquella seflora que deseaba hablarle un mozo recien salido de 
la cércel de Astorga. Inmediatamente fué é darle et recado la 
tornera. Yolviô esta, y me hizo entrar en un locutorio , adonde 
dentro de poco yi Uegar muy eulutada â dofla Mencia. 

Bien yenido seas , Gil Bias , me dijo aquella yiuda con modo 
muy afàble : cuatro dias ha que escribi i un conocido mio de 
Astorga, suplicéndole te fuese à yer , y que de mi parte te ro- 
gase yinieses à y isitarme inmediatamente que salieses de laprisîon. 
Nunca dudé que presto te darian libertad. Bastaban para esto lag 
cosas que yo dije al corregidor en descargo tuyo. Respondiè- 
ronme que ya con efécto estabas libre, pero que no se sabia tu 
paradero. Temi no yolyerte à yer , ni tener el gusto de darte 
alguna prueba de mi agradecimiento , lo que hubiera sentido 
extremadamentcConsuélate, afiadiô, conociendo que estaba ayer- 
gonzado de 'presentarme é ella en tan miserable estado : no te de 
pena alguna el hallarte en el infeliz ropage en que te yeo. Despues del 
gran seryicio que me hicibte, séria yo la muger mas ingratadelas 
mugeres si no hiciera nada por ti. Mi ànimo es sacarte del mal 
estado en que te hallas; debo y puedo hacerlo , pues tengobienes 
suficientes para poder corresponderte sin que me sea grayoso. 

Los lances , continuô , que me sucediéron hasta el dia en que 
nos separéron para meternos presos , ya los sabes como yo : 
ahora yoy â contarte lo que me aconteciô desde entônoes. Luego 
queel corregidor de Astorga dispuso que me condujesen à Burgos 
despues de haberme oido la relacion puntual de mis sucesos, me 
dirigi à la casa de don Ambrosio. Causô mi Ilegada una general 
y extremada sorpresa, pero me dijéron que ya Uegaba tarde, 
porque el marques , profimdamente afligido por mi fiiga , habia 
caido grayemente enferme, y tanto, que los medicos désespéra- 
ban de su yida. Esta triste noticia fiié un motiyo mas sobre los 
muchos que ya tenia para Uorar el rigor de mi fatal destine. Con 
todo eso quise que le ayisasen mi Ilegada : entré despues en su 
çuartOy y corri â arrojarme de rodillas à la cabecera de su cama, 
anegado en làgrimas el semblante, y el corazon traspasado del 



, * LIBRO PRIMERO. 41 

Dtf agodo dolor. ; Qaieii te ha traido aqiii T me dijo luego que 

me fi6. ^Yienes à oomplaoerte en la obra de tus manosT ;No 

te bastô habemie quitado la yida? ; Era menester , para mayor 

. salisbcdon tuya, qae tus mismos ojos ftiesen testigos de i^i 

noerte? Seflor, le respondi, ya os habrâ informado Ines de que 

TO bni con mi legitimo esposo» y à no ser el fimesto accidente 

que me priyô de ëi, nunca mas me hubierais yuelto â ver. Refe- 

nJe al mismo tiempo como don Alvaro habia muerto à manos 

de anos ladrones, y como me habian conducido al soterràneo , 

eon todo lo demas que me habia sucedido hasta entônces. Ape- 

nasacabé de hablar cuando, alargândome cariflosamente la mano, 

ffle dijo con temnra : Basta, hija, ya no me quejo de ti. | Pues 

qoé! ;debo por yentura culpar un procéder tan justo y tan 

bonrado T Hallàstete de repente con tu legitimo esposo é quien 

adorabas ^ y me abandonéstes por irte con el : ; podré nunca 

condenar con razon,nna conducta dictada por la conciencia y la 

justicia? No por cierto ; ninguna razon tendria para quejarme. 

Por eso no permiti que ninguno te siguiese. Respetaba en aqueUa 

foga el sagrado derecho que la hacia licita y aun necesaria, como 

tambien el debido amor que profesabas À tu querido y yerda- 

dero esposo. En fin^ te hago justicia , protesto que con haberte 

restimido à mi casa has recobrado toda mi ternura. Si , querida 

Menda, tu presencia me colma de gozo y de consuelo : i mas 

ay! coan poco me durarà uno y otro ! Conozco que mi ultima 

bora se ya acercando. Apénas la suerte me yolyiô é juntar con- 

tigo, caando me sera necesario arrancarme de ti con el ultimo 

adios. Redoblôse mi llanto al oir palabras tan amorosas , las que 

exdtéron en mi una afliccion extremada. Aunque adore é don 

Alyaro , no Doré tanto por el. Muriô don Ambrosio al dia si- 

guiente , y yo quedé duefla de la rica dote que roe habia seAalado 

en las capitulaciones. No es mi ànimo emplearla mal. Aunque soy 

todayia moza, ninguno me yerà pasar é tercerasnupcias. Esto, 

ami parecer, solo es propio de mugeres sin pudor y sin delica- 

deza. Antes bien te digo que yano tengo inclinacionalmundo , y 

qneqoiero acabar mis dias en este conyento, y ser su bienhechora. 

Tal filé el discurso de dofla Mencia , acabado el cual , sacô de 

la iaitriquera un bolsillo , y me lo tiro por la reja del locutorio 

adonde le pudiese alcanzar, diciendo : Toma, Gil Bias » esos cien 

dncados, unicamente para que te yistas, y despues yuélyemei 

ver, porque no quiero se limite à cosa tan corta mi agradeci- 

flûento. Dile mil gracias , y le juré que no partiria de Burgos sin 

Tolyer i despedirme de ella. Hecho este juramento (que estaba 

bien resuelto i no quebrantar) me fui â buscar algun meson. 

Entré en el primero que encontre , pedi un cuarto , y para pre- 

caver el mal concepto que por el trage se podia formar de mi , 

dqe al mesonero que , aunque me yeia en aquellos pobres tra- 



49 GIL BLA& , 

po8y tenia con qne pagar el ga8to.Al oir eitas palabras^ el 
mesonero , que se llainaba Majuelo, y era natnralmente grandK 
«imo bufon , miréndome y examinéndome atentamente de pies à 
€abeza , me dijo con cierto aire malicioso y chnfletero , que 
no necesitaba de mi aseyeracion para conocer que sin dada 
haria yo en su casa mucho gasto » porque entre los remiendo» 
de aquellos malos trapos se diyisaba en mi persona un no se 
que de nobleza que le obligaba à créer que yo era un caballero 
de grandes conyeniencias. No dejé de conocer que el bellaco se 
esu^a burlando de mi ; y para cortar de repente sus bufonescas 
frialdades, saqué el bolsUlo » y à yista suya conté sobre una mesa 
mis ducados, los que le obligàron à fbrmar un juido mas fiiyo- 
rable de mi. Roguéle que me hiciese buscar algun sastre, â lo 
cual me replicô que seria mejor llamar à algmi prendero , el 
cual traeria diferentes yestidos de todas clases para quedar pronto 
yestido del todo. Armôme el consejo, y determine seguirle; pero 
como se acercaba ya la noche, dilaté este négocie hasta el dia 
siguiente , y solo pensé en cenar bien para resarcir lo mal que 
habia comido desde que sali del soterrineo. 

CAPITULO XV. 

« 

De fjaé modo m Yistiô Gil Slaf ; del nuero regalo qae le hîiola mtan. ; y del 
equipage en que saliô de Biirgot. 

Siryiéronme un copioso plato de manos de camero fritas, y le 
comi casi todo: bebi é proporcion, y despues foiiûe é la cama. 
Era esta muy décente ^ y esperaba que luego se apoderaria de 
mis sentidos un profiindo sueAo; pero engafiéme, porque apè- 
nas pude cerrar los ojos^ ocupada la imaginacion en que género 
de yestido habia de escoger. iQué haré? deda; ; seguiré mi 
primer intente de comprar unes hébitos largos para ir i ser d6- 
mine en Salamanca? Pero ;â que fin yestirme de estudianteT 
i Tengo deseos de consagrarme al estado eclesiàstico? ; acaso me 
inclina é ello mi propension? Nada de eso : mis indinadones son 
muy contrarias à la santidad que pide : quiero ceâir espada, 
y yer de hacer fortuna en el mundo. Y â este me deddi. 

Resolyi , pues , yestirme de caballero , bien persuadido de 
que este bastaria para alcanzar un empleo douimportancia. Gon 
tan lisonjeros proyectos estuye esperando el dia con grandisiflia 
impadencia, y apénas rayô en mis ojos su primera luz» coando 
salté de la cama. Hice tanto ruido en el meson que despertéron 
todos. LIamé â los criados cpie estaban todayia en la cama, y me 
respondiéron echàndome mil maldiciones. Al fin se yiéron oUi- 
gados i leyantarse , y les di ôrden de que fuesen é buscar al 



UBRO PRUIERO. 43 

prendero. No tardô en llegar este con dos mozos cargados cada 
ujio con on gran enToltorio. Saludôme con grandes campUmientos 
y me dijo : CabaUero , ha tenido ymd. foitona en dirigirse à mi 
mas bien que à otro : no quiero desacreditar à mis compafleros, 
ni pennita Dios qae haga el menor agrayio à sa reputacion ; mas 
aqai para entre los dos , ninguno de ellos sabe que cosa es con- 
denda : todos son mas doros que judios : yo soy el ùnico de 
mi oficio qoe la tiene ; me limito i una ganancia justa y razona- 
tie, contentindome con an real por cada cuarto; equivoquéme, 
quise decir con un cuarto por real. 

Despues de este preàmbulo , que yo crei tontamente al pie de 
la letra, mandô à los mozos que desatasen los envoltorios. Ense- 
ââroome yestidos de todos géneros y colores , muchos de ellos 
de pajk> enteramente lisos. Beseché estos con despredo por de- 
masiado hqmildes. Presenltronme despues otro que parecia ha- 
berse cortado expresamente para mi» el cual me deslambrô sin 
embargo de que estaba un poco usado. Se componia de una ropilla, 
DDos odzoneSy y una capa; la ropilla con mangas acuchilladas, y 
todo el de terciopela azul bordado de oro. Escogi este , y pre- 
ganté el precio. El prendero , que conodô cuanto me agradaba, 
me dijo: En verdad que es vmd. un sefior de gusto muy 
delicado , y se Té bien que lo entiende. Sepa ymd. que este yes- 
tido se hizo para uno de los primerpp sugetos del reino, que no 
se le puso très yeces. Obserye bien la calidad del terciopelo , y 
hallarà que es del mejor: ^pues que dire del bordado? no pa- 
reœ cabe mayor delicadeza ni primor. T bien, le pregunté, 
^cuanto pedis por él? Sefior , me respondiô, ayer no le quise dar 
por sesenta ducados , y si esto no es cierto , no sea yo hombre 
de bien. A la yerdad la contestacion era conyincente. Yo le ofreci 
cuarenta y cinco , aunque acaso no yalia la mitad. Caballero , 
replicô él friamente , yo po soy hombre que pido mas de lo 
JQSto , ni rebajo un ochayo de lo que digo la primera yez. Tome 
ymd. este otro yestido , coutiiraô presenténdome el primero que 
yo habia desechado , que se le daré mas barato. Todo esto solo 
senria para aumentar en mi la gana que tenia del otro; y como 
me imaginé que no rebajaria ni un marayedi de lo que habia pe- 
dido , le entregué sus sesenta ducados. Cuando yiô la fecilidad 
eon que se los habia dado , juzgo que, no obstante la delicadeza 
de su rigida condencia , se arrepintiô mucho de no haberme pe- 
dido mas. Pero al fin » contento con haber ganado é real por 
cuarto, se despidiô con sus mozos , à los cuales tampoco dejè^^ 
de agasajar , dàndoles para beber. ^^ 

Viéndome ya con un yestido tan sefior » comenzé â penser en 
lo restante para pres^tarme en la calle con toda autoridad y 
decencia , lo que me entretuyo toda la mafiana. Gompré pafiuelo, 
sombrero y médias de seda, zapatos y una espada. Vestime 



44 GIL BLAS. 

inmediaonneiite; ; pero que gozo foe el mio coando me vi tu 
bien eqaipado ! no me cansaba de mirarme. Ningui pavo real 
ae recreô nuoca tanto en mirar y remirar el dorado plomage de 
8u cola. Aquel mismo dia pasé â visitar segonda yez A dofia 
Mencia, la cual me toIyîô â recibir con la mayor urbanîdad y 
agasajo. Diôme naeras gracias por el seryicio que le habia he- 
cho y à que siguiô una salva de reciprocos cumplidos. Despaes , 
deseéndome en todo la mayor prosperîdad, se despidiô de mi, 
y se retirôy regaléndome solo una sortîja de treinta dobloiies, 
y suplicàndome la conservase siempre por memoria. 

Quedëme frio cuando me tI con la tal sortija , porqne babia 
contado con regalo de mncho mas precio. En esta suspicion, 
mal contento de la geuerosidad de la seAora» Tolvi al meson 
, haciendo mil calendarios ; pero apénas habia Uegado cuando en- 
tré en él un hombre que venia iras de mi , el cui^ desembo- 
zando la capa mostrô un talego bastante largo que traia ddMqo 
del brazo. Asi que vi el talego , que parecia lleno de dinero, 
abri tanto ojo , y lo mismo hiciëron algunas personas que es- 
taban présentes; y me pareciô oir la voz de un serafin cuando 
aquel hombre me dijo, poniendo el talego sobre una mesa : 
Seûor Gil Bias , mi seùora la marquesa suplica A ymd. se sirva 
admitir esta cortedad en prueba de su agradecimiento. Hice mil 
cortesias al portador, acompafiadas de otros tantos cumplimien- 
tos , y luego que saliô del meson me arrojè sobre el talego 
como un gayilan sobre su presa , y Ileyèmele à mi cuarto. De- 
satële sin perder tiempo , yaciéle sobre una mesa, y me encontre 
con mil ducados que contenia. Acababa de contarlos al tiempo 
que el mesonero, que habia oido las palabras del portador, 
entré para saber lo que iba en el talego. Asombréle la Tîsta de 
tanta plata, y exclamé admirado: {Fuego de Dios, y cuanto 
dinero! Sin duda sabeis , afiadié conjnalicia, sacar buen partido 
de las damas. Apénas ha veinte y cuatro horas que estais en 
Burgos, y ya haceis contribuir à las marquesas. 

No me desagradé esta sospecha, y estuve tentado i dejar i 
Majuelo en su error por lo que lisonjeaba à mi vanidad. No me 
admiro de que los mozos se alegren de ser tenidos por afortu- 
nados con las mugeres ; pero pudo mas en mi la inocencia de 
mis costumbres, que la vanagloria. Desengafiè al mesonero, y le 
conté toda la historia de dofla Mencia. Oyéla con singular aten- 
don, y despues le confié el estado de mis asuntos, suplicéndole, 
>^^^ pues se mostraba tan interesado en seryirme, me ayudase con 
" sus consejos. Quedése como pensativo algun tiempo, y tomando 
luego un aire serio, me dijo : Seflor Gil Bias , confieso que desde 
que yi à ymd. le cobré particular inclinacion ; y ya que le me- 
rezco la confianza de que me hable con tanta franqueza, debo 
corresponder à ella diciéndole sin lisonja lo que siento. Â mi me 



LIBRO PRIMERO. 45 

paraoe *qae ymd. es on horabre nacido para la ^oorte , y asi le 
aooosejo se Taya à ella , y procure introdacirse con algan graa 
seflor , Tieodo de mezclarse ea sus negocios , y sobre todo en 
los de sus pasatiempos y devaoeos , sin lo cual perderé ymd. el 
tiempo, y nada adelantaré con el. Conozco bien é los grandes : 
ningnn aprecio bacen del zelo y de la lealtad de un hombre de 
bien, y solo esliman à las personas que les son necesarias para 
sus fines. Ademas de este tiene Tmd. otro recurso : es mozo , 
bien dispuesto, galan ; y esto, aun cnando fnera un hombre sin 
ulento, bastaba y aun sobraba para encaprichar à su fevor i al- 
gona Yinda poderosa, 6 alguna hern^osa dama^mal casada. Si el 
amor empobrece â muchos ricos , talyez sabe tambien eûri- 
qneoer à los que eran pobres. Soy pues de parecer que yaya ymd. 
i Madrid ; pero conviene se présente con ostentacion , pues alli , 
como en todas partes, se juzga de las personas no por lo que son, 
sinopor k> que aparentan ser; y ymd. solamente seréatendido épro- 
pordon de la figura que biciere. Quiero proporcionarle un criado 
mozo, fiel, cuerdo y prudente, en fin , un hombre de mi mano. 
Compre ymd. dos mutas , una para si , y otra para èl , y sin perder 
timpo p6ngase en camino lo mas pronto que le sea posible. 

No podia ménos de abrazar un consejo que era tan de mi 
gusto. Al dîa siguiente compré dos mulas, y recibi el criado que 
Majuelo me propuso. Era un hombre de treinta aftos , y de 
on aspecto humilde y deyoto. Dijome ser rayano de Galicia, y 
Damarse Ambrosio Lamela. Lo que mas admiré en él fîiè que, 
siendo los demas criados por lo comun muy interesados , este 
nose paraba en pedir gran salario. Dijome que en este asunto se 
coDtentaria con lo que quisiese darle. Compré unos botines , y 
noa maleta para lleyar mi ropa y mis ducados , ajusté la cuenta 
cooelmesonero, y al amanecer sali de Burgoscamino de Madrid. 

CAPITULO X\l. 

Donde se re que ningono debe fiane mucho de la prosperidad. 

Dormimos en Dueftas la primera jomada, y el dia siguiente 
entrimos en Yalladolid a las cuatro de la tarde. Apeimonos en 
on meson , que me pareciô séria el mejor de la ciudad. Mi criado 
se fùé à cuidar de las mulas , y yo mandé é un mozo de la posada 
lleyase la maleta ai cuarto que me diéron. Llegué tan fiatigado , 
que sin quitarme los botines me eché en la cama, donde insen- 
siblemente me quedé dormido. Eraya casi noche cuando desperté. 
Liamé à Ambrosio ; no estaba en el meson , pero tardé poco en 
parecer. Preguntéle de donde yenia , y me respondiô , deyoto y 
Gompungido , que de una iglesia de dar gracias al Sefior por 



46 GIL BLAS. 

habernos librado de toda desgrada en d camfaio. Alab61e sa 
devocion , y le mandé que encargase me dispusiesen algo que 
oenar. 

Al mismo tiempo que le hablaba, entrô en mi cnarto el me- 
aonero con ana hacha encendida en la mano , ahimbrando i una 
aeiiora ricamente vestida, la coal me pareciô mas hermosa que 
jôren. Dàbale el brazo nn escndero, y un morfllo la segoia 
Uevéndole la cola del yestido. Quedè no poco sorprendido caando 
la sefiora,' despnes de hacerme ana profunda reverenda, me 
preguntô si por ventura seria yo el seflor Gil Bias de Santfllana. 
Apénas le respond! que si, caando , desasièndose del escudero, 
yino apresuradamente à darme an abrazo con tal alborozo y 
alegria , que afladiô muchos grades é mi admiracion. 2 Sea mil 
yeces bendito el delo, exclam/», por tan dichoso encuentro! à 
ymd., seAor caballero, é ymd. yenia yo buscando. Al oir esto 
se me yino é la memoria el petardista taimado de Peflaflor, y 
ya iba i sospechar que aquella seftora era una solemne embus- 
tera , ô una descarada ayenturera ; pero lo que afiadi6 me obligé 
i formar de ella un juicio mas foyorable. Yo soy , me dijo , 
prima hermana de dofia Mencia de Mosquera, que debe é ymd. 
tantas obllgaciones. He recibido hoy mismo una carta suya , en 
que me participa el yiage de ymd. à la cprte , y me encarga le 
trate bien, y le obsequie si transitare por esta dudad. Dos horas 
ha que la ando corriendo toda , iendo de meson en meson à 
saber que forasteros se han apeado en ellos; y por las seflas que 
me diô de ymd. el mesonero , conoci que podia ser el libertador 
de mi prima. Ya que he tenido la dicha de encontrarle , quiero 
manifestarle lo mucho que me intereso en los bénéficies que se 
hacen é mi familia, y particularmente à mi querida Mencia. Me hari 
ymd. el foyor de yenir ahora mismo i hospedarse en mi casa , 
donde estaré ménos mal que en un meson. Quise excusarme, hadèn- 
dole présente que no podia admitir su fineza sin incomodarla; 
pero filé precise rendirme à sus eficaces instancias. Habia à la puerta 
del meson un coche que nos estaba esperando. £lla misma tuyo 
gran cuidado de hacer poner dentro de él la maleta y todo mi 
equipage, porque en Yalladolid , dijo , hay muchisimos bribones, 
lo cual era demasiadamente cierto. En fin , entrâmes en el coche 
ella y yo con su yejete escudero ; y me dejé sacar del meson de esta 
manera con gran pesar del mesonero, porque asi se yeia priyado 
del gasto que él suponia que yo habia de hacer en su posada 
con la sefiora , el escudero y el morito. 

Despues de haber rodado bastante parô en fii) el coche à la 
puerta de una casa grande , adonde subimos à una sala bien 
adornada é iluminada con yeinte ô treinta bujias. Habia en clla 
tambien muchos criados , à quienes preguntô la seflora si habia 
Tenido don Rafael. Respondiéronle que no ; y ella me dijo , yol- 



LIBRO PRDIERO. 47 

fiendose i mi : Sefior Gil Bias , estoj esperando à mi hennano, 
qae ha de YoWer esta noche de ana qointa que tenemos à dos 
legnas de aqoi. { Guan agradable sera su sorpresa coando se 
eDcoentre en su casa con un huèsped i qaien tanto debe toda 
Boestra fiamilia ! Al mismo punto que acabô de decir estas pala- 
bras « oimos midOy y supimos le causaba la llegada de don 
Rafoel. Dqôse presto Ter este cabailero , qae era on jôyen de 
bello taDe y muy airoso. Hermano , le dijo la seûora , no sabes 
coanto me alegro de ta yaelta. Tu me ayudaràs à obsequiar 
como merece ad seik>r Gil Bias de Santillaiia. Nanca podrèmos 
pagar lo que ha hecho por nuestra parientâ dofta Mencia. Toma 
esta carta, afiadiô, y lee lo que en ella me escribe. Abriôla don 
Ra6el, y leyô en alta voz lo siguiente : 

tft tpiirida Camila : et sH^ GH Bios de SantiUana, que me ha 
takadô et honor y la vida, acaba de salir para la corte, y sin dvda 
jnsard por VaUadoUd. Te ruego eneareddamente por el vinculo 
dd jMrenteseo, y aun mas por la amistad que nos une, le agasajes 
^obseqiàes cuanto puedas, obHgdndole d que descame algunos dia$ 
en m casa. Espero no me negaràs este gusto , y que mi libertador 
rmbhrd de ti y del primo don Rafael todo género de atenciones» 
Bwgos, etc. Tu prima que te orna : DONA Mengia. 

; Como asi I exclamé don Rafael luego que leyô la carta ; ; es 
posible sea este el cabailero à quien debe no mènosque el honor 
y la vida mi parienta I Doy gracias al cielo por este dichoso en- 
coentro. Diciendo esto se acercô à mi , y àbrazàndome estrecha- 
mente , dijo : i Oh que gusto y que fortuna la mia en tener en mi 
casa al seflor Gfl Bias de SantiUana ! No era menester que mi ' 
prima la marquesa le recomendase : bastaba ayisarnos que pasaba 
por aqoi. Sabemos muy bien mi hermana y yo como debemos 
tratar k un hombre que hizo el mayor servicîo del mundo à la 
persona i qaien mas amamos de toda nuestra parentela. Corres- 
pond! lomqor que pude é todas aquellas expresiones , y à otras 
mâchas semejantes, acompafladas de mil caricias. Advirtiendo 
despnes don Rafoel que todayia tenia yo puestos los botines , 
mandô â sus criados me los quitasen. 

Pasimos despues al cuarto donde estaba esperàndonos la cena. 
Sentimonos à la mesa, oolocàndome à mi en medio de los dos her- 
manos, quienes mièntras cenabamos me dijèron mil expresiones 
cariftosas : celebraban todas mis palabras como otros tantos rasgos 
de gracia y de discrecion ; y era de ver el cuidado con que me ha- 
cian plato, stryiéndome de cuanto habia en la mesa. Don Rafael brin^ 
dabafrecaentemente à la salnd de doila Mencia, y yo correspondu^ 
del mismo modo. Dofla Camila no se descuidaba en imitarnos , y é 
▼eces me pareda que me miraba como é hurtadillas de una ma- 
nera que podia significar mucho , y aun lleguè à créer que para 
hacerlo boscaba ocasion, como quien temia que su hermano lo 



48 GIL BLAS. 

adyntiefle. BastA esto {Mira persaadirme que ya me habia hecho 
dueflo de la yoluntad de aqaella seflora , y para resolver apro- 
Techanne de este descubrimiento por poco qae me detayiese 
en Yalladoltd. Con esta esperanza me rendi f&cQinente à la cone- 
sana sùplica que me hicièron de que me detuviese en su com- 
paflia algunos dias. Agradeciéron mucho mi condesoendencia ; y 
la particular alegria que mostrô dofla Camila me confirma en 
la opinion de que habia hallado en mi un hombre muy de su 
gusto. 

Yièndome determinado don Raiael é detenerme algun tiempo , 
me propuso un yiage à su qùinta , de la que me hizo una mag- 
nifica descripcion , como tambien de las diversiones que qoeria 
proporcionarme en ella. Unas vcces , decia , nos dirertirëmos en 
la caza, otros en la pesca; y si ymd. gusta de pasearse, en- 
contrarà bosques sombrios y jardines deliciosos. Ademas de 
esto no nos faltarà buena compaAia ; y creo que no echaré ymd. 
de mënos la ciudad. Acepté la oferta , y qnedémos en que al dia 
siguiente iriamos é la tal divertidisima quinta. Leyantémonos de 
la mesa con esta resolucion ; y don Rafiael lleno de alegria me 
diô un estrechisimo abrazo , dicièndome : Seflor Gil Bias , ahi le 
dejo à ymd. con mi hermana ; yoy à dar las ôrdenes necesarias 
para el yiage y para que se ayise é las personas que nos han de 
acompafiar. Dicho esto se saliô del cuarto , y yo quedè é solas 
con la sefiora dàndole conyersacion , en la que no desmintiô lo 
que yo habia juzgado de las tiernas miradas de la cena. Tomôme 
la mano , y mirando con atencion la sortija , dijo : Parece muy 
' lindo este diamante , pero es pequefiito : ^Entiende ymd. de pe- 
dreria? Respondile que no. Lo siento , me replicô ; porque si lo 
entendiera me diria cuanto y aie esta piedrâ, mostràndome on 
grueso rubi que tenia en el dedo ; y mièntras yo lo miraba , alla- 
diô : Regalômelo un tio mio, que fiié gobernador en Filipinas , y 
los joyeros de Yalladolid le aprecian en trescientos doblones. Lo 
creo y répliqué, porque me parece primoroso. Pues ya que i 
ymd. le gusta » repuso ella, qniero hagamos un trueque. Dî- 
ciendo y haciendo , me cogiô mi sortija , y metiôme la suya en 
mi dedo. Despues de este cambio , que yo tuye por un regalo 
hecho con gracia y noyedad , Camila me apretô la mano , y me 
miré con temura : luego cortando de repente la conyersacion 
me diô las buenas noches , y se retirô , enteramente confusa y 
como ayergonzada de haberme manifestado demasiado sus sen- 
timientos. 

Aunque era yo entônces uno de los cortejantes mas noyieios, 
no dejé por eso de penetrar lo mucho y bueno que significaba 
aquella precipitada fuga, y desde luego consenti en que no posa- 
ria mal el tiempo en la quinta. Poseido de esta lisonjera idea , y del 
brillante estado de mis negocios , me encerrë en el cuarto donde 



UBRQ PRIMERO. 49 

haim dedonmr y y preyine à mi criado me despertase temprano 
el dia siguiente. En lugar de pensar en acostarme , me entregué 
enteramente à los alegres pensamienlos que me inspiraban mi ma- 
leca , que estaba sobre una mesa , y mi rubi. Gracias à Dios , de- 
cia , que si antes fiii miserable , ya no lo soy. Mil dacados por 
una parte , y una sortija de trescientos doblones por otra , es un 
deeeote caudal para bandearme algun tiempo. Ahora yeo que 
Majoelo no me engaûô. Sin duda que en Madrid encenderé en 
amor àmflmugeres,cuando tan fàcilmente be agradado àCamila. 
Venianseme à la nnaginacion todas las palabras y acciones de 
aqueDa sefiora , y gozaba anticipadamente de todos los pasatiem- 
p(» que don Rafael me habia ponderado de su quinta. Con todo 
fso , é pesar de unas ideas tan halagûeflas , no dejô el sueflo de 
hacer sa oficio ; y asi sintiéndome adormecido , me desuudë y me 
meti en la canuL 

Al despertar el dia siguiente conod que era tarde. Âdmiréme 
de que Ajnbrosio no me hubiese despertado habiëndoselo man- 
dado ; pero dije entre mi : Ambrosio , mi fiel Ambrosio , estari 
eo alguna iglesia » 6 le habrà hoy cogido la pereza. Mas tardé 
poco en perder el buen concepto qne habia hecho de èl , para 
dar lugar à otro ménos favorable , aunque mas justo y yerdade- 
ro ; pues habièndome leyantado , y no hallando mi maleta en 
todo el cnarto , sospeché que me la habia robado por la noche. 
Para aclarar mis sospechas , abri la puerta , y comenzé é Uamar 
al hipocrita repetidas yeces , y con yoz muy esforzada. A mis gri- 
tos acndiô un yiejo , y me dijo: ^Qué quiere ymd.^ seflor ? todos 
suscriados han salido de mi casa antes de amanecer. ^Quë es eso 
de mi casa? le répliqué yo. Pues que ^no es esta la de don Ra- 
Ëiel? Yo no se quien es ese caballero , respondiô el yiejo : solo 
se que esta es una casa de huéspedes , que yo soy su dueâo , y 
que, una hora antes que ymd. Uegase , aquella seflora con quien 
cenô anoche yino à pedirme un cuarto para un caballero princi- 
pal que ella dijo yiajaba incognito : yo le di este , habiéndomelo 
pagado adelantado. 

Cai entônces en la cuenta : conoci lo que debia pensar de dofia 
Camila y de don Rafael , y comprend! que mi criado, instruido 
i ibndo de todos mis negocios , me habia yendido à aquellos dos 
grandisimos brîbones. En yez de echarme à mi solo la culpa de 
tan pesaroso suceso y y de conocer que no me hubiera acaecido 
à no haber tenido la ligereza é indiscrecion de descubrirme à Ma- 
jnelo mn la menor necesidad , me yolyi contra la inocente ibr- 
tuoa , y maldije mil yeces mi suerte. £1 posadero , à quien conté 
mi ayentura (de la cual quizà el bellaco estaria mejor informado 
que yo) mostrô acompafkarme en mi sentimiento. Compadeciôse 
de mi y y protesté lo mucho que sentia que este lance hubiese 
SQoedido en sa casa ; pero yo creo , à pesar de todas sus protes- 

4 



80 GIL BLAS. 

tas, que H Xmo tama parte «n esta picardia oomo el mesonero 
de Burgos, à qaien siempre atribai el honor de la invendon. 



CAPITULO XVII. 

Partftdo que tomo Gil Bk» de nMiltas del trifte mceio de la casa de poaada. 

Despaes de haber llorado bien, pero en vano, mi desgracia, 
comenzè i hacer reflexioaes , y saqué de allas que, en lugar de 
rendirme à la desesperacion y desaliento, debia animarme à 
luchar contra mi mala suerte. Yolvi pues à despertar mi valor , 
y me decia à mi mismo miéntras me estaba vistiendo : aun doy 
gracias à mi fortuna de que aquellos malvados no se Uerasen 
tambien mis yestidos , y algunos ducados que tengo en las £al- 
triqueras; y les agradecia el haber andado tan comedidos, pues 
habian tenido tambien la generosidad de dejarme los botines , 
los cuales di al posadero por la tercera parte de lo que me ha- 
bian costado. En fin sali de la posada, sin tener necesidad , gra- 
cias à Dios, de quien me lleyase el hatillo. Lo primero que hice 
filé ir al meson donde me habia apeado el dia antécédente, à 
Ter si mis mulas se habian librado de la borrasca , aunque à la 
verdad juzgaba que Ambrosio no las habria ohidado; y ojalà 
que siempre hubiera juzgado de èl con tanto acierto, pues supe 
que aquella misma noche habia tenido buen cuidado de sacarlas. 
Gon que dando por supuesto que yo no las Yolyeria i ver, como 
tampoco mi maîeta , caminaba triste y sin destino por las calles , 
pensando en el rumbo que habia de tomar. Ofreciôseme la idea 
de Yolver à Burgos para recurrir segunda yez à doAa Mencia ; 
pero considerando que esto séria abusar de su bondad , y que 
ademas me tendria por un simple, desechë este pensamiento. 
Juré st guardarme bien en adelante de mugeres ; y por entônces 
no me fiaria ni aun de la casta Susana. De cuando en cuando po- 
nia los ojos en mi sortija; mas acordéndome que habia sido re- 
galo de Camila , suspiraba de rabia y de dolor. ; Ah ! decia entre 
mi , nada entiendo de rubies ; pero bien entiendo y conozco à la 
gentecilla que hace estos cambios. No me parece p reciso ir i on 
joyero para conocer que soy un pobre mentecato. 

Gon todo , no quise dejar de ir i saber lo que yalia la sortija , 
que reconocida por un lapidario la tasô en tre^ ducados. Al pir 
semejante tasa, aunque no me causA sorpresa, di à todos los 
diablos lasobrina del gobernador de Filipinas, 6, por mejor 
decir , solo les renoyé el don que mil yeces les habia hecbo de 
ella. Al salir de casa del lapidario encontre un mozo que se pari 
à mirarme. No pude caer al pronto en quien era , aun(](ùe en otro 



LIBRO PRIMERO. 51 

tiempo lebabia conocido may bien. ^Como que, Gfl Bias , me dijo , 
finges aeaso no conocerme? Es posible que en dosafios me haya 
nnidado tarfto, que no conozcas al hijo del barbero Nuftez ? Acaér- 
date de Fabricio, ta paisano y tu eondiscipulo de lôgica, y de caan- 
us veces arguimos los dos en casa de! doctor Godinez sobre los 
oniversales y grados metafisîcos. 

Ant6s que acabase de hablar, habia yo venido en conocimiento 
de quien era. Abrazàmonos estrechamente con mil demostra- 
ciones de admiracion y de alegria. ; Ah , querido amigo , prosh- 
gaiô Fabricio , y que encaentro tan feliz, y coanto me alegro de 
voWerte i ver ! â Pero en que equipage te veo? A la yerdad que 
estis yestido como un principe ! Bella espada , médias de seda , 
calzon y yestido de terciopelo con bordado de plata. \ Fuego ! 
Estome hueleà un fortunon deshecho. Apuesto i que alguna vieja 
liberal te hizo dueûo de su bolsillo. Te engaAas , le respondi : mi 
fortunano ha sido tan feliz como imaginas. A otro perro con ese 
haeso , replicô él. Tu quieres hacer el reservado ; ; pero & mi , que 
las Tendo ! Dime por TÎda tuya : ese beUisimo rubi que tanto brilla 
en ese dedo , ^de quien lehubiste? De una grandisima bribona , 
ie respondL Fabricio , mi querido Fabricio , sabe que, en yez de 
serel Adonis de las mugeres de Yalladolid , he sido su domin-* 



Pronnncië estas palabras en tono tan lastimoso , que]Fabricio 
conodô muy bien que me habian jugado alguna bnria. Apurôme 
|iara que le dijese por que razon estaba tan quejoso del bello 
sexo. Tuve poco que hacer en resolverme à satisfocer su curio- 
sidad ; pero como la relacion era algo larga , y no queriamos se- 
paramos tan presto , entrimos en un figon para discurrir con 
mas oomodidad y sosiego. AlU nos desayunàmos , y miéntras tan- 
to le hice menuda relacion de cuanto me habia sucedido desde 
Bii salida de Oriedo. Conyino en que mis aventuras eran muy 
extrafias , y despues de asegurarme lo mucho que sentia verme 
en el esiado en que me hallaba , aftadio : Amigo , es menester 
consolamos y animamos en todas las desgracias de la vida. Eso 
es lo que distingue un pecho generoso de un corazon apocado; 
4yese un hornive de entendimiento reduddo à la miseria? es- 
péra €on valor y paciencia otro tîempo mas feliz. Nunea, dice 
Ciceron , nunca debt t|it hmnbre ahatirAe tanto, que Uegue à olvidarte 
fUqueei homkrt. Yo por mi soy de este caràeter. Las desventu- 
ras no me acobardan ; se superarias , y se resistir à los golpes 
de la mata fortuna. Por qemplo , amaba en Oviedo â la hifa de 
on vecino honrado , y ella me amaba à mi : pedila i su padre , 
negémela como era regular. Otro cualquiera se hubiera muerto 
de pesadombre ; pero yo ( admira la fuerza de mi talento ) , de 
acuerdo con la misma muchacha, la robe de casa de sus padres. 
Era viva , atolondrada , y alegre sobremanera : por consiguienfe, 



52 GIL BLAS. 

pudo mas con ella ei placer qoe la obligacion. Anduvimos seis 
meses paseàndonos per Galicia , y llegô à tal punto su deseo de 
viajar y qne qniso ir à Portugal ; pero tomô oiro compafiero de 
viage, y me dejô plantado. Si no fiiera el que soy , me hobiera 
desesperado y abatido con el peso de esta nueva desgrada ; mas 
no cometi tal disparate. Mas prudente y sufrido que Menelao » en 
fagar de armarme contra el Paris que me habia robado mi He- 
lena , me alegré mucho de verme libre de ella. No qneriendo 
despues volver à Asturias por eyitar contiendas con la justicia , 
me interne en el reino de Leon , donde anduye de lugar en logar 
gastandoel dinero que me habia quedado del rapto de mi nin£ai ; 
pues en aqueUa ocasion ambosnos proveimos suficientemente de 
dinero y ropa. Al fin me halle ai Degar à Palencia con un solo 
ducado , con el cual tuye que comprar un par de zapatos : y el 
resto durô pocos dias. Yime perplejo en aqueUa situacion. Comen- 
zaba ya à guardar dieta ; y era indispensable tomar algon par- 
tido. Resolyi , pues , ponerme â seryir. Acomodème desde laego 
con un rico mercader de paAos que tenia un hijo dado à todos 
los yicios. En su casa encontre un seguro asQo contra la abstinen- 
cia ; pero igualmente un grandisimo obstàculo. Mandôme el padre 
que espiase al hijo , y suplicôme el hijo le ayudase à engaAar al 
padre. Era preciso optar : preferi la sùplica al precepto , y esta 
preferencia me costô el ser despedido. Pasè despues à servir à 
un pintor ya hombre viejo , el cual queria enseftarme por caridad 
los principios de su arte , pero al mismo tiempo me dejaba mo- 
rir de hambre ; y esto me disgustô de la pintura, y de la mansion 
en Palencia. Vlneme à Valladolid, donde, por la mayor fortuna del 
mundOy me acomodé con un administrador del hospital. Con él 
estoy todayia , y cada instante mas dbntento. El sefior Manuel Or- 
do&ez , mi amo ^ es el hombre mas yirtuoso del mundo , pues 
siempre ya con los ojos bajos y un rosario de cuentas gordas 
en la mano. Dicen que desde mozo solo tuyo puesta su atencion 
en el bien de los pobres, y le mira con mucho amor , empleando 
à este fin un zelo infatigable. Esto no se ha quedado sin recom- 
pensa : todo ha prosperado en sus manos. ;Qué bendicion de! 
cielo! El se ha hecho rico cuidando de la hacienda de los pobres. 
Luego que acabô Fabricio su discurso ^ le dije: Por cierto me 
alegro de verte tan contento con tu suerte; pero, hablando en 
confianza , paréceme que podias hacer un papel mas brilUate en 
el mundo que el de criado. Un mozo de tu talento debia pensar nus 
alto. Te engafias mucho, Gil Bias, me respondiô : has de saber que 
para un hombre demi humor no puede haber mejor situacion cpie 
la mia«Gonfieso que el oficio de criado es penoso para unmenteca- 
to ; mas para un mozo despejado tiene grandes atractivos. Un in- 
genio superior , que se pone à seryir , no sirve materialmente 
como un pobre bobo : entra mènos & servir que A mandar en 



LIBRO PROIERO. 53 

b casa^ primer cuidado es estadiar bien el geoio y las inclinaciones 
del amo. Hdaga sus defectos, lisonjea sus pasiones, sirvele en eUas, 
segnsjeasD confianza, y héteie que ya le tiene agarrado por la 
nariz. De esta manera me he gobernado con mi administrador . Desde 
kego conod de que pie cojeaba. Adverti que todo sa deseo era 
le tuTÎesen por santo. Fingi creerlo , porque esto nada cuesta ; 
J aim hice mas , procure imitarle representando en su presencia 
elmismo papel que el presentaba delante de los demas : engafié al 
cogaâador , y poco i poco rine à ser su todo , y como su primer 
Dinistro.Bajo susauspicios y en su escuela espero que al^n'dia 
esufféa i mi cargo los asuntos de los pobres , porque me intereso 
tanto per su bien como mi amo. ^Y quien sabe si por este camipo 
flegaré tambien à hacer igual ô mayor fortuna ! 

iBeDas y alegres esperanzasi querido Fabricio, le répliqué: 
doitemfl parabienes por ellas. Has por lo queé mi toca, yuél- 
Tome é mis primeros pensamientos. Yoy à trocar mi vestido 
bordado por unas bayetas , iréme é Salamanca , matricularéme en 
la uniyersidad, y me pondre é preceptor. {Gran proyecto ! re- 
pose Fabricio : {graciosa idea ! ;puede haber mayor locura que 
meterte i pédante en lo mejor de tu vida? ;Sabes bien^ pobrete, 
en lo que te empeûas abrazando ese partido? Luego que halles 
coQTeDJencia te obserrarà toda la casa. £xaminar&[i escrupulo- 
nmente tas mas minimas acciones. Sera preciso que estes fin- 
giendo y venciëndote continuamente , que afectes un eiterior 
Mérita» y quo parezcas un hombre adornado de todas las yir- 
tades. No tendras un instante por tuyo para diyertirte. Censor 
cterno de tu disctpulo , todo el dia te se ira en ensefiarle el latin, 
y en reprenderle y corregirle cuando diga ô haga alguna cosa 
contra la buena crianza. Y al cabo de tanto trabajo y sujecion 
iqnépremio te espéra? si el seftorito sale trarieso y mal incli- 
Bado, i ti te echarén la culffa, diciendo qqe le oriéste mal, y 
SOS padres te despediràn sin recompensa , y aun quizà sin pa- 
garte. Asi, pues , no me hables del tîd oficio de preceptor, por-. 
qoe es un benefido con cargo de aimas. Hàblame del empleo de- 
criado, que es beneficio simple que à nada obliga. ;Està el amo* 
fleno de TÎdos? pues el talento superior del criado los sabe li- 
soDJear, conyirtiëndolos à yeces en propia utilidad. Un criado de 
^^ jaez yiye con mucha paz en una buena casa. Come y bebe à 
so gosto, por la noche se ya é la cama, y como un hijo àfi ft.- 
milia dnenne tranquilamente , sin tener que pensar en el cami- 
cero Ri en el panadero. 

Amîgô Gil àas , prosiguiô Fabricio , nunca acabaria si te hu* 
biera de contar todas las yentajas que se encuentran en la no 
louy lacida , pero nray proyechosa carrera de criado. Créemc , 
desecha para siempre el pensamiento de ser preceptor, y signe 
nigemplo. Sea asi, Fabricio, le respondi; pero no todos lo& 



54 GIL BLAS. 

dias 86 haUan administradores como el que tù has hallado ; y si 
yo me determinara é servir, quisiera é lo mènos enoonirar con 
im buen amo. ;0h I reposo el , en eso tienes razon. Yo tomo por 
mi cuentael bascértele, y lo hare, aunqne no sea mas qae por 
contribuir à que no se yayan é enterrar en una uniyersidad Ids 
talentos de un hombre eomo t&. 

La prôxima miseria que me amenazaba , la resolution y segu- 
ridad con que Fabricio me hablo, aun mas que sus razones, me 
persuadiéron finalmente à que me pusiese à servir. Tomada esta 
determinadon , salimos del figon , y Fabricio me dijo: Ahora 
mismo quiero conducirte en derechura ft casa de un hombre ft 
quien recurre la mayor parte de los que buscan amo. Tiene emi- 
sarios que le informan de cuanto pasa en todas las familias, 
sabe las que necesitan criados y en un registro muy exacto lleva 
razon no solo de las plazas vacantes , sino tambien de las bae- 
nas 6 malas cualidades de los amos : en fin , el fùë quien me aco- 
mode con el administrador. 

Fuimos hablando de esta especie de despacho y oficina pù- 
blica tan singular, hasta que llegàmos à una callejuela , y en an 
rincon de ella ft una casa baja , donde el hqo del barbero Nufiez 
me hizo entrar; nos encontrftmos con un hombre de cincuenta 
aflos , que estaba escribiendo. Saludàmosle cortesana y ann res- 
petuosamente ; pero fnese por ser de genio natnralmente sober- 
bio y grosero , ô bien porque , estando acostumbrado à no tra- 
tar sino con lacayos y cocheros , lo estaba tambien à recibir las 
visitas assaz descortesmente , no se levante , ni aun casi se digne 
de miramos, contenténdose con hacer una ligera indinacion de 
cabeza. Con todo , poco despues me mirô con atencion. Conoci 
muy bien se admiraba de que un mozo con un vestido bordado 
quisiera ponerse é servir de criado , cuando podia pensar que 
iba yo à buscar uno. Durôle poco esta duda , porque Fabrido le 
dijo al punto : Seflor Arias de Londofta , aqui le presento à vmd. 
el mayor amigo mio. £s un hijo de buena femilia , y sus desgra- 
cias le han reducido à lanecesidad de servir. Propordônele vmd. 
una buena couveniencia , contando seguramente con su corres- 
pondiente agradecimiento. SeAores , respondiô firiamente Arias , 
esa es la cantinela general de todos ustedes : antes de acomodarse 
prometen mucho ; pero despues de bien acomodados , tù que le 
viste , y de todo se olvidan. Como que , replieô Fabrido , ^esté 
vmd. quejoso de mi? ;no me he portado bien? Hejor pudieras 
haberte portado : tu conveniencia équivale à la de primer oficial 
de cualquier oficina, y has correspondido como si te hobîese 
aeomodado con un autorcillo. Tome yo entônces la palabra , y 
para que conociese el seJk>r Arias que no servia ft un ingrato , 
quise que el agradecimiento precediese al fevor. Pàsele en la 
mano dos ducados, prometiëndole que no se limitaria ft tan poca 



LIBHO PRIHERO. 66 

cosa mi reoonocimiento como me colocase en una baena casa. 

Mostrose contento de mi procéder, diciendo : Asi gusto yo de 
qoe ae trace conmigo. Hay vacantes exœleates puestos : leerélos 
y Tmd. esoogerâ el que mejor le pareciere. Al dear esto , calôse 
Ids anteojos, tome saregistro, sd)riôley reyolyiô algunas hojas, 
y comenzô asi: Necesita lacayo el capitan TorbellinOy hombre 
eolénoOy brutal y iantéstico ; gnifie sin cesar, blasfema, da de 
gtripea y y may é menado estropea é los criados. Pase ymd. ade- 
hnte, dije yo prontamente ; no me gnsta el sefior capitan. Riôse 
Arias de mi Tiyeza , y prosigniô leyendo : Sofia M anoela de Sando^ 
val, TÎoda, y entrada en edad, impertinente y caprichosa, se 
halla sin criado. For lo comun no tiene mas que uno, y ese apénas 
h pnede aguantar un dia entero. Diez aflos ha que solo ha} en su 
casa una librea^y sirye para todos los criadds qtie recibe, sean flacos 
ô gordos, grandes 6 pequeftos. Se pnede decir que no hac«n mas 
que probérsela, y asi todavia esta nueya, aunque se la han puesta 
dos mil. Falta un criado al doctor AWaro Faftez , medico quimico. 
Trata bien à sus criados, dales bien de comer, y un gran salario ; 
pero faace en ellos la experiencia de sus remedios , y se obserya 
que en casa de este quimico hay siempre yacantesplazas de crîados. 

No lo dudo , interrumpiô Fabricio, dando una carcajada ; pero 
yamos claros, que nos ya ymd. proponiendo admirables conye- 
niendas. Ten un poco de paciencia , replicô Arias de Londofia , to- 
dayla no las he leido todas , y puede haber alguna que te con- 
tente. Diciendo esto , prosiguiô su lectura de esta manera : Très 
semanas ha que esta sin criado dofta Alfonsa do Solis : es una se- 
ik>ra andana y deyota , que pasa en la iglesia las très partes del 
dia , y quiere tener siempre junto â si al criado. Otro : ayer des- 
pidiô al suyo el licenciado Gedillo , hombre ya yiejo , y canônigo 
de este cabildo. Alto ahi , sefior Arias de Londofia , interrumpiô 
Fabrido: é ese puesto nos atenemos : el canônigo Cedillo es 
grande amigo de mi amo , y yo le cohozco mucho; se que go- 
biema su casa en dase de ama una yieja beata que se llama la 
seflora Jadnta , y es la que todo lo manda. Es una de las mejorcs 
casas de Valladolid , porque en ella se yiye con gran paz , y sc^ 
corne grandemente. Fuera de eso, el canônigo es un sefior en- 
fermizo , gotoso inveterado , que tardarâ ppco en hacer testa- 
mento , y se puede esperar algun legàdillo: {gran espcranza para 
un criado ! Gil Bias, continuô Fabricio volyiëndosé hàcia mi , no 
perdamos tiempo. Vémonos derechos â casa del licenciado : yo 
mismo te quiero presentar, y salir por fiador tuyo. Habiendo di- 
cho esto , por no malograr la ocasion , nos dcspedimos acclera- 
damente del sefior Arias , quicn meofreciô , por mi dinero , que , 
si no lograba aquella convenicneia , me proporcionaria ptra t^n 
b«ena , y aun quîzà mejor. 



W GIL BLAS. 



LIBRO SEGUNDO. 



CAPITULO I. 



Enln GU Blai por criado dd lioenciado GcdiOo ; esUdo en que este te hallaba , 
J retratQ de su ama. 



Por ooiedo de no Ilegar tarde nos pusimos de un brinco en 
casa del licenciado. Estaba cerrada la puerta, Ilamémos^ y bajô 
à abrir iina nifla como de diez afios , à qaien el ama llamaba 
sobrina, aunque malas lenguas suponian entre las dos parentes- 
CO mas estrecho. Le estabamos preguntando si se podria hablar 
al seûor canônigo , cuando se dejô ver la seûora Jacinta. Era 
una muger entrada ya en la edad de discrecion , pero todavia 
de buen parecer, y sobre todo de un color fresco y hermoso. 
Yenia vestida con una especie de bâta de pafto ordinario , que 
ceftia con una ancha correa de cuero , de la cual pendia por un 
lado un manojo de Haves , y por otro un gran rosarîo de cuentas 
gordas. Saludémosla con mucho respeto, y ella nos correspondiô 
con igual cortesania , pero con un aire devoto , y los ojos bajos. 

He sabidOy le dijo nii camarada, que el seftor licenciado Ce- 
dillo necesita un mozo honrado que le sirra , y vengo à pre- 
sentarle este , que espero le daré gusto. Alzô entônces la vista 
el ama, mirôme atentamente , y no acertando à conciliar mi 
yestido bordado con el discurso de Fabrido , preguntô si era 
yo el que pretendia entrar é servir. Si, seûora, respondiô el hijo 
de Nufiez « el mismo es; porque, tal como vmd. le vé, le han 
sucedido desgracias que le precisan à ello. Consolarése en sus 
infbrtunios si tiene la dicha de colocarse en esta casa, y vivir 
en compaûia de la virtuoça sefiora Jacinta , la cual es digna de 
ser ama de un patriarca de las Indias. Al oir esto la buena de 
la beata,, apartô los ojos de mi por volverlos al que le hablaba 
con tanta gracia „ y quedô como sorprendida al ver un rostro 
que no le parecia desconocido. Tengo alguna idea , le dijo , de 
haber visto ya esa cara, y estimaria que vmd. ayudase à mi 
memoria. Casta seftora Jacinta, le respondiô Fabricio, es y ba 
sido grande honor mio haber merecido la atencion de vmd. Dos 
Veces he venido a esta casa acompafiando à mi amo el seflor 
Manuel Qrdofiez , administrador del hospital. Justamente , repliée 
entônces el ama , acuérdome muy bien , ya caigo en la cuonta. 



LIBRO SECUNDO. 67 

Buta deck que esté en casa dei seflor Manuel Ordofiez para 
siber que sera ymd. nm hombre muy de bien. Su empleo es 
sa mayor elogio , y no era fécil que este mozo encontrase mcjor 
fiaddr. Yenga ymd. conmigo , y hablaré al seflor Cedillo, que sin 
dnda tendra gran gusto de recibir un criado yenido por tal mano. 
Segnimos al ama del canônigo, el cual yiyia en un cuarto bajo, 
compuesto de dnco piezas à un mismo piso, todas muy 
décentes. Byonos esperasemos un instante en la primera , mien- 
tns iba à avisar al seûor eanônigo, que estaba en la segunda. 
Despoes de haberse detenido algun tiempo , sin dnda para in- 
formaiie y preTenirle de todo , yolviô à nosotros , y nos dijo 
que podiamos entrar. Yimos al Tiejo gotoso sepultado en una 
silla poltrona , con una almohada detras de la cabeza , descan- 
sando les brazos en unas almobadillas , y apoyando las piemas 
en on ahnobadon de pluma. Acercàmonos i ël , sin escasear las 
GOrteslas; y tomando Fabricio la palabra , no se contenté con 
repetirle lo que ya habia dicho de mi â la seflora Jacinta , sino 
qae se poso à hacer un panegirico de mi mérito , extendiéndose 
priodpiâfflente sobre el grande honor que me habia granjeado 
bajo d magisterio del doctor Godinez en las disputas de filoso- 
fia , como si fdera necesario ser gran filôsofo para servir à un 
canôoigo* Sin embargo ; no dejô de aludnarle el bello elogio 
que bizo Fabricio de mi ; y conociendo por otra parte que yo 
DO desagradaba à la seûora Jacinta: Amigo, respondiô i mi &h 
dor, desde luego recibo à este mozo; basta que tù me le pré- 
sentes, Nomedisgusta sutraza, yjuzgobien de sus costumbres, 
sujpiesto me le propone un criado del seûor Manuel Ordoflez. 

Luego que Fabricio me yiô admitido , hizo una gran corte- 
sia d canônigo , otra mas profunda â la seflora Jacinta , y se 
despidio may alegre didéndome al oido que me quedase alli, 
y que ja nos yeriamos. Apénas habia salido de la sala , cuando 
à lieendado me preguntô como me llamaba , y porqué habia 
^0 de mi tierra, obligàndome con sus preguntas i con- 
^ toda la historia de mi vida en presencia de la seflora Ja^ 
Çnta. Diyertilos à entrambos , sobre todo con la relacion de mi 
^^^1^ ayentora. Dofla Camila y don Rafeel les hiciéron reir tan 
^^^iftmmte, que le hubo de costar la yida al pobre gotoso ; 
P^ la risa le excitô una tos tan yiolenta , que temi fiiese Uegada 
^ hora: aun no habia hecho testamento : considèrese cuanto se 
^baria la buena ama. Vila toda trémuia y azorada correr de 
aqni psni alli por socorrer al buen yiejo^ haciendo con èl lo que 
se hace oon los niflos cuando tosen con yiolencia , estregarle la 
^te, y darle palmaditas en las espaldas ; pero al fin todo fuë 
^^ pnro miedo. Ceso de toser el licenciado , y el ama de ator- 
"otarie. Quise enténces proseguir mi relacion ; mas no me la 
P*™>W6 la seflora Jacinta , lemerosa de que le repiiiese la tost 



58 GIL BLAS. 

al amo. Uevôme al guardaropa donde , entre otros vestidos , 
estaba el de mi predeoesor. Hizomele poner , y gnardé el mio , 
lo que no me disgnstô , porqne deseaba conseryarle , con eq>e- 
ranza de que todayia podria seryinne. Desde el guardaropa pa-* 
sàmos lo8 dos à disponer la comida. 

No me mostrè novicio en el ofido de cocinero. Habia hecfao 
mi aprendizage bajo la disciplina de la seflora Leonarda , que 
podia pasar por buena maestra de cocina, bien que no compara- 
ble con la sefiora Jacinta , la cual merecia ser cocinera de un ar- 
zobispo. Sobresalia en todo género de guisos y platos. Sazonaba 
delicadamente un jigote , la chanfoina, y en genial toda especie 
de picadillo ; de manera* que eran sumamente gratos al paladar. 
Cuando estuyo dispuesta la comida , yolyimos al cuarto dd ca- 
nônigo , donde, miéntras yo ponia los manteles en una mesilla in- 
mediata à su silla poltrona, el ama le ponia la seryilleta , pren- 
dièndosela por detras con alfileres. Se le siryiô una sopa que se 
podia presentar â un corregidor de Madrid , y una firitada , que 
podia ayiyar el apetito de un yirey , si el ama de propôsito no 
hubiera escaseado las especias , por no irritar la gota del canô- 
nigo. A yista de tan deÛcados manjares , mi buen yiejo , que yo 
creia estaba baldado de todos sus miembros , diô pruebas de 
que aun no habia perdido del todo el uso de los brazos. Siryiose 
de elles para ayudar à que le desembarazasen de la almohada y 
demas impedimentos , disponiéndose i comer alegremente. Las 
manos tampoco se negiron i seryirle : aunque trémulas iban y ve- 
nian con bastante ligereza à donde era menester » bien que dçr- 
ramando en la seryilleta y en los manteles la mitad de lo que lie- 
yaba é la boca. Cuando yi que ya no queria mas del firito , le 
puse delante una perdiz rodeada de dos codomices asadas , que 
la seftora Jacinta le trinchô con el mayor aseo y pulidez. De 
cuando en cuando le hacia beber grandes tragos de yino mezdado 
con un poco de agua en una taza de plata bastantemente ancha y 
profunda , aplicàndosela ella misma A la boca y teniéndola con 
las manos , como si fîiera à un niAo de quince meses. Se comiô 
las pechugas y las piemas y sin dejar los alones. Siguiëronae los 
postres ; y cuando acabô de comer , el ama le quicô la seryiUeta, 
yolyiôleé poner la almohada, y dejàndole dormir tranquilamente 
la siesta , nos retirâmes nosotros à corner. 

Esta era la comida diaria de nuestro canônigo , acaso el mayor 
tragon de todo el cabildo ; pero la cena era mas parca. Contenté- 
base cou un polio ô con un conejo> y con algun cubflete de fruta. 
En su casa , por lo que toca à la comida , estaba yo bien , 
y lo pasaba alegremente; solo tenia un trabajo, no poco pesado 
para mi. Era precise estar despîerto una gran parte de la noche 
yelando al amo. Padecia este una retencion de orûia, que le obli* 
gaba é pedir el orinal.dicz yeces cada hora. Ademas sodaba mn- 



LIBRO SEGUNDO. 59 

dio , y era menester madarie de camisa cod frecaeocia. Gil Bias, 
me dijo la segunda noche, tu eres mafloso y diligente, y veo 
que me acomodarà mucho tu modo de servir. Solamente te en- 
cargo que des tambien guste é la seftora Jacinta, çomplaciéndola 
y obedeciëndola en todo como si yo lo mandase , 'y guardes con 
eOa ia mayor armonia. Quince aflos ha que me sirve con un zelo 
y amor particular. Tiene tanto cuidado de mi que no se como 
pagérselo ; y confiésote que por esto la estimo mas que à toda 
mi familia. Por ella despedi de mi casa à un sobrino camal hijo 
de mi propia hermana, ë hice bien. No podia yer à esta pobre 
nager » y Iqos de agradecerle lo que hada conmigo , continua- 
siente la estaba insultando , burlandose de su yirtud y tratàndola 
de embustera , porque à la gente moza de hoy todo lo que suena 
àreoogimieoto y deyodonle parece hipocresia; pero ya me li- 
bre de tan buena alhaja, porque soy hombre que prefiero à todos 
io« respetos de la sangre el amor que me tienen y el bien que me 
hacen. Ymd., seAor, tiene muchisima razon, le respondi ; el agra- 
dedmiento debè siempre poder mas que las leyes de la naturaleza. 
Sin doda, replicô èl; y en mi testamento haréverel poco caso 
que hago de mis parientes. El ama tendra buena parte en él ; y no 
me olyidaré de (i como prosigas sirviéndome segun has comenza- 
do. £1 cnado que despedi ayer perdiô una buena manda por su 
mal modo ; si no me hubiera yisto predsado à despedirle , por- 
que ya no le podia aguantar , yo solo le habria hecho rico ; pero 
era un soberbio , que no tenia el mas leye respeto à la seûora 
Jaonta, y era muy holgazan. No le gustaba acompaftarme de no- 
che , y se le hacia intolerable el estar despierto para asistirme en 
lo que podia ocurrir. ; Que bribon ! exclamé yo , como si el es- 
piritu de Fabrido se hubiera pasado al mio : no merecia por 
derto estar al lado de un amo tan bueno como su merced. El que 
bgra esta fortnna debe ser de un zelo infotigable : ha de compla- 
oerse ai su trabajo, y ha de créer que nada hace, aun cuando sude 
angre por seryirle. 

Gonoci que le habian gustado mucho al canônigo estas ultimas 
pabdnras, y no le gustô mfanos la que le di de estar sionpre pronto 
y obediente é las ;ôrdenes de la seftora Jadnta. Queriendo , 
pues , pasar por uncriado que no temiatrabajo ni fotiga, pro- 
omréseryîr en un todo con el mayor zelo y el mejor modo que 
me era posible. iKunca me quejë de que pasaba sin dormir todas- 
las nocheSy sin embargo de que se me hada esto muy cuesta arri- 
ha. A. no ser por la esperanza del legado , presto me hubiera 
cansado de una yida tan penosa ; bien es yerdad que descansaba 
y dormia algunas horas entre dia. El ama ( à la cual debo hacer 
esta justida ) cnidaba mucho de mi ; lo que debo atribuir al es- 
mero cou que procnraba yo granjearme su yoluntad con todo gé- 
aero de modales atentos y respetuosos. Cuando comiamos juntos 



60 GIL BLAS. 

ella y su sobrina , que se Hamaba Inesilla , estaba yo pronto à 
mudarles de platos^ à servirles de beber , y en fin à hacer con 
ellas lo que haria el mas fiel y mas leal criado. Por estos medios 
llegué à conseguir su amistad. Un dia que la seftora Jacinu habia 
salido à hacer no se que compras, halUndome solo con Inesilla, 
comenzé à darle conversacion , y le pregunté si viyian todayia 
sus padres. ; Oh ! no, me repondiô la nifta: mucho tiempo ha que 
muriëron , segun me lo ha dicho mi tia , porque yo nunca los 
conoci. Creila piadosamente , aunqne su respuesta no fué mny ca- 
tegôrica , y la fui poniendo en tanta gana de parlar , que poco à 
poco me dijo mas de lo que yo queria saber. Descubriàme , 6 , 
por mejor decir , descubri yo por su sencillez , que la sefiora tia 
tenia un amigo que estaba en casa de un antigno canônigo en ca- 
lidad de mayordomo , y que tenian ajustado entre los dos apro- 
yecharse de la herencia de sus amos, y gozarla en paz por medio 
de un casamiento , cnyos privilegios disfrutaban de antemano. 
Ya dqo dicho que la seflora Jacinta, aunqne algo entrada en 
afios, se mantenia de muy buen parecer. Es verdad que ningon 
medio perdonaba para conservarse bien. Por otra parte dormîa 
con sosiego, miéntras yo estaba en pië yelando]*sd amo. Pero 
sobre todo lo que mas contribuia à mantener en ella aqoel color 
yiyo y fresco era , segun me dijo Inesilla , una fnente que tenia 
en cada pierna. 

CAPITULO U. 

Que remedioB fuminittriron al canônigo habiendo empeorado en su enfer- 
medad ; lo que reralto , y que dejo 4 Gil Bias en su testament». 

Servi très meses al seilor licenciado Cedillo sin quejarme de 
las malas noches que me daba. Cayô malo al cabo de este tiempo ; 
entrôle calentura , y con ella se le irrité la gota. Recurriè a los 
medicos , siendo la primera yez que lo hada en toda su yida , 
aunque habia sido larga. Llamô determinadamente al doctor 
Sangredo, à quien tenian en Yalladolid por otro Hipocrates. La 
seik>ra Jacinta hubiera querido mas que el canônigo ante todas 
cosas comenzase por hacer testamento ; pero ademas de que no 
le parecia à él que estaba de tanto peligro , en ciertas materias 
era un poco caprichoso y testarudo. Fui , pues , à buscar al doc- 
tor Sangredo , y condùjele à casa. Era un homfare alto , seco y 
macilento, que por espado de cuarenta aflos , A lo mènos , tenia 
continuamente empleada la tigera de las parcas. Su exterior era 
graye , serio , con un si es no es de desdefioso ; su voz gntural , 
sonora y ahuecada ; pronundaba las palabras con un tantico do 
recalcamiento , lo que à su parecer daba mayor nobleza A las ex- 



LIBRO SECUNDO. 61 

{iresiones. Parecia que media sus discursos geométricamente, y 
era singular en sus opiniones. 

Deques de haber observado al enfenno , comenzô à hablar asi 
en toiio magistral : Tràtase aqui de suplir el defecto de la transpi- 
racion escasa, dificultosa y detenida. Otros medicos ordenarian 
sin dnda en este easo remedies salinos , urinosos y volatiles , que 
por h mayor parte tienen algo de azufre y mercurio ; pero los 
pHTgaates y los sudorificos son drogas perniciosas inventadas por 
curanderos.Todas las preparaciones quimicas me parecen inyencio- 
nes para arroinar la naturaleza; yo echo mano de medicamentos 
mas simples y seguros. ;Quë es lo que vmd. acostumbra comer? 
pregnntô ai enfermo. Comunmente cubiletes y manjares jugosos, 
respondiô el canonigo. | Cubiletes y manjares jngososi exdamô 
sospenso y admirado el doctor ; ya no me maravillo de que vmd. 
haja enfermado. Los manjares deliciosos son gustos emponzofia- 
dos, lazes que la sensualidad anna à los hombres para destruir- 
los con mayor seguridad. Es preciso que ymd. renuncie à todo 
alimento debuen gusto: los mas desabridos son los mas propios 
para la salud. Como lasangre es insipida, esta pidiendo alimen- 
tos anàlogos à su naturaleza. ^Y bebe vmd. yino? le Yolviô à 
pregontar. Si, sefior, pero aguado, respondiô el enfermo. iQué 
dice Tmd. aguado ! exclamô el doctor. \ Que desôrden ! \ que es- 
pafltoso desarreglo I Debia vmd. haberse muerto cien afios ha. 
4 Y que edad es la de ymd.? Yoy à pntrar en sesentâ y nuere 
anos, repuso el licenciado. Justamente, continuô el medico, la 
vejez anticipada siempre es fruto de la intemperancia. Si vmd. 
hobiera bebido solo agua dara toda su vida , y usado de alimen- 
ta» simples , como manzanas cocidas , por ejemplo , y guizantes 
^jndias, no se veria ahora atormentado de la gota , y todos sus 
nûembros qeroerian todayia fôcilmente sus respectivas funciones. 
^n todo , no desconfio de restablecerle , como se entregue cîe- 
gsmente à cuanto yo ordenare. El canônigo , aunqne gustaba de 
boenos bocados , ofreciô obedecerle en todo y por todo. 

EntÔDces Sangredo me dijo fiiese prontamente â Uamar à un 
^^ador que él mismo me nombrô , y le hizo sacar à mi amo 
^ tazas complétas de sangre para empezar â suplir la falta de 
^^iracion. Despues dijo al sangrador: Maese Martin Qftez, 
dentro de très horas yolved à sacarle otras seis , y maâana repo- 
li lo mismo. Es error créer que la sangre sea necesaria para 
j^ii^serTacion de la yida: por mucha que se le saque à un en- 
^o,inmca sera demasiada. Como en tal estado apénas tiene 
que hacer movimiento ni ejerdcio , sino el preciso para no morir- 
^) no necesita mas sangre para yiyir que la que ha menester un 
hombre dormido. En uno y otro la yida solo consiste en el pubo 
ïfj la respiradon. No creyendo mi buen amo que un tan gran 
oMico padiese hacer fidsos sOogismos , oonyino en dejarse san«- 



63 GIL BLAS. 

grar. Defipoes qoe el doctor ordenô frecuentes y copiosas san- 
grias , aÊadiô era tambien preciso dar de beber al enfermo agua 
caliente à cada paso , asegurando que el agua en abandancia era 
el mayor especifico contra todas las enfermedades. Con esto con- 
cluyô su Yisita, y se fiiè diciéndonos à la seftora Jacinta y & mi 
que ël salia por fiador de la salud del seftor canônigo , con ta! 
que se obseryase à la letra todo lo que acababa de prescribir. £1 
ama , que quizà juzgaba todo lo contrario de lo que él se prome- 
tia de su mètodo , le diô palabra de que se obseryaria con la mas 
eserupulosa exactitud. Con efecto , inmediatamente pusimos i ca- 
lentar agua ; y como el doctor nos habia encargado tanto que ftie- 
semos libérales de ella, luego le hicimos beber cinco 6 seis coar- 
tillos: una hora despues repetimos lo mismOy y de tiempo en 
tiempo Tolviamos à ello , de manera que en el espado de pocas 
horas lemetimos un rio de agua en la barriga. Ayudàndonos por 
otra parte el sangrador con la cantidad de sangre que le sacaba, 
en mënos de dos dias pusimos al pobre canônigo à las puertas 
de la muerte. 

Ya no podia mas el buen eclesiistico , y presentàndole yo un 
gran vaso del soberano especifico para que le bebiese: Quita alla , 
amigo Gil Bias , me dijo con voz desmayada , ya no puedo be- 
ber mas. Conozco que me es preciso morir à pesar de la grande 
yirtud del agua , y que no me siento mejor , aunque apënas me 
ha quedado en el cuerpo una gota de sangre : prueba clara de que 
el medico mas hébil y mas sabio del mundo no es capaz de pro- 
longamos un instante la vida cuando llegô el tërmino fatal. Es ya 
necesario disponerme para partir al otro mundo. Anda, pues, y 
tràeme aqui un escribano , que quiero hacer testamento. Cuando 
oi estas palabras , que dertamente no me désagradàron, fingi 
entristeoerme muchisimo ; y disimulando la gana que tenia de eje- 
cutar cuanto antes el encargo que me acababa de dar , como hace 
en taies casos todo heredero: jOh, seAor! le respondt, dando 
un profimdo suspiro , no esté su merced tan malo , por la misera- 
cordia de Dios , que today ia no pueda esperar leyantarse. No , no , 
hyo mio , repuso ; esto ya se acabô. Estoy yiendo que sube la 
gota ^ y que la muerte se ya acercando : ye , pues , y haz cuanto 
antes lo que te he mandado. Conoci efectiyamente que se le ma- 
daba el semblante , y que iba perdiendo terreno por instantes ; 
por lo que persuadido de que el asunto estrechaba , marché yo- 
îando i ejecutar lo que me habia ordenado , dejando con el en* 
lermo à la seftora Jacinta , la cual temia aun mas que yo que nuestro 
canônigo se nos muriese sin testar. Ëntréme en casa del primer 
escribano que encontre: Seftor , le dije , mi amo el licendado Ce- 
dUlo esti acabando ; quiere hacer su ultima disposicion , y no hay 
queperder tiempo. Era el escribano un hombre rechoncho y pe- 
queflito» de genio alegre, y amigo de bufonearse. ^Qué medico 



LIBRO SECUNDO. 63 

le aûte? me {ff^gimtô. £1 doctor Sangredo , le respondL Pues 
Tamos p Tsmos apriesa , repuso éi cogiendo apresuradamente la 
capa y el sombroro , porque ese doctor es tan expeditÎYo , que no 
(te logar i los enférmos para Ilamar à ios escribanos. Es un hom- 
bre qae me ha hecho perder muchos testamentos. 

Didendo esto, salfanos juntos» andandoaceleradamente para 11e- 
gar énies que d enfermo entrase en agonia ; y yo dije en el ca- 
nmioalesaritNmo: Yasabevmd. qneàunpobretestadorcuando 
«sti eofiormo snele ialtarle la memoria , por lo que suplico à ymd. 
que p si es menester , la haga algun recuerdo de mi lealtad y de 
mi lelo. Yo te lo prometo , me respondiô , y jRate de mi palabra , 
poes es josto que un amo recompense à un criado que le ha ser« 
ïido bîea; y asi por poco que le vea indinado à pagar tus ser- 
lidos , le exhortaré é que te deje alguna buena manda. Cuaado 
Degimos à casa halUmos todavia al enfermo despejado , y con lo- 
dos sus sentidos. Estaba junto à èl la sefiora Jacinta , ballado el 
rofltro en Ugrimas. Acabiiba de hacer bien su ptq^el , disponien- 
do al canônîgo à que le dejase lo mejor que tenia. Quedô el es- 
cribano solo con el amo; y los dos nos salimos i la antesala» 
donde enoontrémos al Salvador que venia à hacerle otra san- 
gria. Deténgase , maese Martin, le dqo el ama; ahora no puede 
entrar , porque esta su merced hadendo testamento. Le aangra- 
réis i Tuestro placer luego que acabe. 

Estabamos con gran temor la beata y yo de que muriese en e) 
mîsmo acto de testar ; pero por fortuna se formalizô el instru- 
menio que nos ocasionaba aquella inquietud. Vimos salir al escri- 
bano y que, encontréndome al paso , dàndome una pdknadita cb 
el hombro, y sonriëndose, me dijo: No ha sido echado e» obndo 
GU Bkuz palabras que me llenAron de alborozo , y agradeci tanto 
h memoria que mi amo habia hecho de mi, que obed encomen- 
darie may de y&ns à Dtos despnes de su muerte , la que tarda poco 
en suoeder ; porque habiéndole sangrado otra vez el sangrador, d 
pobre Tiejo , que ya estaba casi exangue, espirô en el mismo mo- 
Biento. Apénas acababa de exhalar el ultimo suspiro, cuando entrô 
el mèdîoo , que se quedô cortado y mudo , no obstante de estar 
tan acostoinbrado & despachar cuanto-àntes i sus enférmos; cpn 
todoeso, lëjosdeatribuir sumuerteàtantaagua, yitantasssu^ 
grias , Tolyiô las espaldas diciendo con firialdad que habia muerto 
porque le habian sangrado poco , y no dAdole biastante agua ca- 
liente. El ejecutor de la medicina , quiero dedr el sangrador , 
Tiendoqueya no era necesario su ministerio , se mardiôtinnliien , 
f iguiendo al doctor Sangredo , didendo uno y otro que desde el 
primer dia habian desahociado d licendado. Y en efecto , casi 
mmca se engafiaban cuando pronunciaban semejante £aUo. 

Luego que TÎmos moerlo à nuestro amo , la sefiora Jadnta , 
hMifla y yo eomenzàmos on conciert» de fiimebres alaridos^ y 



6b GIL BLAS. 

tales que ie oyëron en toda la veciudad. La beata sobre todo , 
que tenia mayor motivo para estar alegre, leyantaba el griiu 
con lamentos tan funestos, que parecia la muger mas afligida del 
mundo. En un instante se Ilenô la casa de gente , atraida mas de 
curiosidad que de compasion. Los parientes del difiinto se pre- 
sentàron tambien muy pronto , y hallàron tan desconsolada à la 
beata, que se persuadièron que el canônigo habia muerto ab m- 
testato. Pero tardô poco en abrirse à presencia de todos el testa- 
mentodispuesto coulas formalidades necesarias : y cuando yiëron 
que el testador dejaba las mejores albajas à la seftora Jadnta y 
à la nifla, pronunciàron una oracion funèbre del canénigo poco 
decorosa à su memoria, motejando al mismo tiempo A la beata , 
sin olyidarme à mi que yerdaderamente lo merecia. £1 licenciado, 
en paz sea su aima, para obligarme A que no me olvidSise de él en 
toda mi vida, se explicaba asi en el articulo del testamento que 
hablaba conmigo : Item, por cuanto Gil Bias es un maxo que tiene 
(Ugun bafk}de lUeratura, para que acabe de perfeccumarse y se haga 
hombre sabio le dejo nn libreria con todos los libros y manuscritos , 
sin exceptuar ninguno. 

No sabia yo donde podia estar la tal soûada libreria , porque 
en ninguna parte de la casa la habia visto jamas. Solo habia sobre 
una tabla en el cuarto del can6nigo cinco 6 seis libros con algun 
legajo de papeles ; y los taies libros no podian seryirme para 
nada. Uno se titulaba El Cocinero perfecto ; otro trataba de la indir 
gestion, y del modo de curarla ; los demas eran las cuatro partes 
del breviario medio roidas de la polilla. En cuanto à los manus- 
critos, el mas curioso era todos los autos de un pleito que habia se- 
guido el canônigo para conseguir la prebenda. Despues que 
examiné mi legado con mayor atencion de la que (A se merecia, 
se lo cedi à los parientes del difunto, que tanto me le habian en- 
vidiado. Entreguéles tambien el vestido que tenia à cuestas , y 
volyi à tomar el mio , contentàndome con que me pagasen mi 
sabrio, y fonne à buscar otra conveniencia. Por lo que toca i la 
seftora Jacinta , ademas del dinero y alhajas que el canônigo le 
habia dejado, se leyantô con otras muchas cosas que ocoltamente 
habia depositado en su buen amigo durante la enfermedad del 
diftmto. 

CAPITULO m. 

Entra Gil Blai à terTÎr al doctor Sangredo, y se haoe famoao médioo. 

Resblvi ir à buscar al seflor Arias de Londofia, para escoger 
en su registro otra casa donde seryir ; pero cuando estaba may 
cerca del rincon donde yivîa, me encontre eon el doctor Sangredo, 
à qoien no habia yisto desde la muerte de mi amo , y me atrevi 



LIBRO SECUNDO. 65 

i nludârie. Conoci6me iiimediatamente» aanqae estaba en oiro 
trage, y mostrando particular gusto de yerme : Hijo mio, me dijo, 
ahora mismo iba pensando en ti. He menester un criado , y tù 
ères el qae me conviene, con tal que sepas leer y escribir. Como 
Tmd., dije, no pida mas, dèlo todo por hecho. Pues siendo asi , 
repliai, yente conmigo, porque tù ères el hombre que yo busco. 
En mi casa lo pasarés alegremente ; te trataré con distincion ; no 
te seftahré salario, pero nada te faltarâ. Cuidarè de vestirte con 
deœncia; te enseAaré el gran secreto de curar todo género de 
eofermedadea ; y en una palabra , mas seras discipulo mio que 
criado. 

Aceptë la proposicion del doctor con la esperanza de salir un 
eèlebre medico bajo la direccion de tan gran maestro. Lletôme 
hego i sa casa para instruirme en el ministerio à que me desti- 
oata. Redodase este à escribir el nombre , la calle y casa donde 
Tîrian les enfermos que le llamaban mlëntras él visitaba à otros 
firroqaianos. Para este fin tenia un libro en que asentaba todo 
lodicho una criada yieja , à la cual se reducia toda su femilia ; 
pero sobre no saber palabra de ortografia, escribia tan mal, que 
por lo comun no se podia comprender lo escrito. Encargtoe , 
pves, i mi este registro, que se podia intitular con razon regutro 
noniiorio 6 lÀbro de difuntot, porque morian casi todos aquellos 
CQfos nombres se apuntaban en él. Escribia, por decirlo asi, los 
nombres de los que querian partir de este mundo , ni mas ni 
ménos qoe en las casas de posta se apuntan los nombres de los 
qne piden carruage 6 cabaUos. Estaba casi siempre con la pluma 
en la mano, porque en aquel tiempo el doctor Sangredo era el 
mèdioo mas acreditado de todo Yalladolid , debiendo su réputa- 
tion àmialocuelaespeciosa, sostenida de cierto aire graye, y al 
mismo tiempo apacible, junto con algunas afortnnadas curas que 
hiroQ oelebradas mas de lo que merecian. 

l^racticaba mucho la fiacultad , y por consiguiente le fructifia 
caba bien. No por eso el trato de su casa era el mejor. En ella 
se Ti?ia muy firugalmente. Garbanzos, habas y manzanas cocidas 
ô qneso, era nuestra comida ordinaria. Decia que estos alimen- 
tos eranlos mas conyenientes al estèmago, por ser mas dociles & 
h tritoracion. Con todo eso, aunque los consideraba muy faciles 
dedigerir, no queria que nos hartasemos de ellos, en lo que 
tenia mncha razon ; pero si A la criada y à mi nos prohibia comer 
omcho, en recompensa nos permitia beber agua sin tasa. Léjos 
de andiar en esto con escasez, nos decia muchas yeces : Bebed , 
ilijos mios : la salud consiste en que todas las partes de nuestra 
^'^ifpmk se conseryen flexibles , égiles y hûmedas. Bebed agua 
^abandancia, porque es el disolyente uniyersal que précipita 
Mas las sales. ; Esta acaso detenido y lento el curso de la 
^^e? ella le aoelera. ;Està répido y predpiudo? le detiene. 

5 



66 GIL BLAS. 

EsCaba el buen doctor tan persaadido de esto, que aun el inisnio 
no bebia mas que agaa, sin embargo de hallarse ya en edad muy 
avanzada. Definia la yejez diciendo era una tisis natural, que nos 
deseca y consume. Fundado en esta definicion, lamentaba la 
ignorancia de los que Uaman al vino la leche de loi viejos. Soste- 
nia que antes bien los desgasta y los destruye , diciendo muy 
elegantemente que este licor, asi para los yiejos como para todos 
los demas, era un amigo traidor y un gusto muy engafloso. 

A pesar de tan bellos raciodnios, à los ocho dias que estuve 
en aquella casa, padeci una diarrea, acompaflada de cnieles do- 
lores de estômago, lo que tuve la temeridad de atribuir al //t- 
iolvente univenal, y à la mala calidad de los alimentos que oomia. 
Quejéme de esto al nneyo amo, esperando que al cabo vendria 
à condescender, y à darme algun poco de vino en las comidas ; 
pero era muy enemigo de este licor para tener semejante con- 
descendencia. Cuando te hayas acostumbrado à beber agua , me 
dijo, conoceràs sus virtudes. Por lo demas , si te disgusta mucho 
el agua pura, hay mil arbitrios inocentes para corregir el de- 
sabrimiento de las bebidas acuosas. La salvia y la beténîca les 
comunica un gusto delicioso ; y si quieres que lo sea mucho mas^ 
mezcla un poco de flor de romero, de clavel ô de amapola. 

Por mas que ponderase las excelencias del agua , y por mas 
que me ensefiase el modo de componer bebidas exquisitas sin 
que para nada fuese necesario el vino , la bebia yo con tanta 
moderacion que, advirtiéndolo él , me dijo un dia : Ta no me 
admiro, Gil Bias , de que no gozes una perfecta salad , porqae 
no bebes bastante , amigo mio ; el agua bebida en poca cantidad 
solo sirve para remover la porcion de la bilis , y darle mayor 
vigor y actividad, cuando es necesario anegarla en un diluyente 
copioso. No temas, hijo, que la abundancia del agua te débilite 
ni enfrie dèmasîado el estômago. Léjos de ti ese terror pénioo 
con que miras la frecuencia de tan saludable bebida. Yo salgo 
por fiador de su buen efécto , y si no te satisface mi fianza , el 
divine Celso saldrà et abonarla. Este oréculo latino haœ un ad- 
mirable elogio del agua, y afiade en termines expresos que los 
que , por beber vino , se excusan con la debilidad del estémago 
levantan un ftdso testimonio à esta entrafia para encubrir su 
sensualidad. 

Como hubiera side cosa fea dar pruebas de indôdl cuando 
daba principio à la carrera de la medicina , mostrë que me hacia 
fnerza la razon; y aun confieso que efectivamente la crei. Pro- 
seguiy pues, en beber agua , bajo la fe de Celso ; 6 por mejor 
decir, comenzè à anegar la bilis, bebiendo en gran copia aquel 
licor ; y aunque cada dia me sentia mas desazonado, pudo mas 
la preocupacion que la experiencia. Tenia, como se vé, una admi- 
rable disposicion para ser medico. Sin embargo , no pudiendo 



LIBRO SEGUNDO. 67 

mas à la ^iolencia de los males que me atormentaban , 
tome h resolatton de dejar la casa del doctor Sangredo ; pero 
este me honrô con un nuevo empleo, el cual me hizo mudar de 
parecer. Mira, hijo, me dijo un dia , yo no soy de aqueOos amos 
iogratos y duros, que dejan enyejecer à los criados sin pasarles 
por el pensamiento el recompensar sus servicios. Estoy contento 
contlgo, te quiero; y, sin aguardar A que me hayas servido mas 
tiempo , es mi Animo hacerte dichoso. Ahora mismo te Toy i 
desoibrir lo mas sutil del saludable arte que profeso tantos aûos 
ha. Los demas medicos piensan consiste en el estudio penoso do 
mû dendas tan inutiles como dificultosas : yo inteifto abreyiar 
on camino tan largo, y ahorrarte el trabajo de estudiar la fisica, 
la Darmacia, la botànica y la anatomia. Sà)ete, amigo, que para 
corar todo género de males no es menester mas que sangrar y 
haoer beber agua caliente. Este es el gran secreto para curar 
todas las enfermedades del mundo. Si : este maravilloso secreto 
que yo te comunico, y la naturaleza no ha podido ocultar à mis 
profandas observadones, mantenièndose impenetrable à mis her- 
manos y compafteros , se reduce à solos dos puntos : sangrias 
y agua caliente, uno y otro en abundancia. No tengo mas que 
enseflarte. Ya sabes de raiz toda la medicina, y si te aprovechas 
de mis largas experiencias , seres tan gran medico como yo. Al 
présente me puedes aliviar mucho. Por las maAanas te estarés en 
casa i tener cuenta del registro , y por las tardes iras à yisitar 
mis enfermos. Yo asistiré A la nobleza y al clero : tù yisitaràs à 
los del estado general que me Uamaren, y despues de haber ejer- 
ddo algun tiempo , haré te incorporen en nuestro gremio. He 
aqui, Gil Bias, que ya ères sabio , sin ser medico, cuando otros 
por mochos aftos , y la mayor parte toda la yida , son medicos 
Antes de ser sabios. 

Di gradas al doctor por haberme puesto en estado en tan poco 
tiempo de ser sustituto suyo ; y en seftal de mi agradecimiento 
le oired que toda la yida seguiria A ciegas sus opiniones, aunque 
fuesen contrarias A las del mismo Hipocrates. Pero esta palabra 
DO era del todo sincera, porque no podia conformarme con su 
opinion acerca del agua, y en mi corazon déterminé beber yino 
siempre que fuese A yisitar mis enfermos. Segunda yez me des- 
Budé de mi yestido , y tome otro de mi amo para presentarme 
en trage de medico. Hecho esto me dispuse A practicar la medi- 
dna A Costa de los pobres c(ue cayesen en mis manos. Tocôme 
dar prmcipio por un alguacil que adolecia de un dolor de cos- 
tado. Dispose le sangrasen sin piedad, y que no se negasen A 
darle de beber agua caliente con abundancia. Entré despues en 
casa de un pastelero , A quien la gota le hacia poner los gritos 
en el delo. No tuye mas compasion de su sangre que de la del 
alguacil, y fui muy liberal en mandarle dar agua caliente. Valié- 



68 GIL BLAS. 

ronme doce resiles las dos visitas , y qaedé tan contente eon 
el nuevo ejercicio , que solo deseaba cosecha de enfermos y 
achacosos. 

Al salir de casa del pastelero me encontre con Fabricio , & 
quien no habia \isto desde la muerte del licenciado CedOlo. 
Mirôme atento y atônito por algun tiempo , y despues diô una 
carcajada tan grande que parecia iba à reventar de risa. No 
dejaba de tener razon : Ueyaba yo una capa tan larga que me 
Uegaba à los talones ; la chupa y el calzon eran tan ancbos , que 
sobraban mucho para dos cuerpos como el mio. En fin, mi 
figura podia pasar por original y grotesca. Dejéle desabogar , y 
aun yo mismo le hubiera acompaAado , si no me contuviera el 
decoro de la calle , y la representacion de medico , que no es un 
animal risible. Si mi ridiculo trage habia movido à risa à Fabn- 
cio 9 mi seriedad se la aumentô , y despues que se riô cuanto 
quiso :; Por cierto, Gil Bias, exclamô, que estes estrafalaria- 
mente puesto! ^ quien diablos te ha disfirazado asi? Poco à poco, 
Fabricio , poco à poco , y trata con todo respeto à un nuevo 
Hipocrates. Sébete que soy sustituto del doctor Sangredo, me- 
dico el mas famoso de Yalladolid. Très semanas ha que estoy en 
su casa , y en este breye tiempo me ha ënsefiado radicalmente la 
medicina , de manera que , como él no puede yisitar é todos los 
enfermos que le llaman , visito yo una parte de ellos para ali- 
y iarle. Él asiste é la gente principal , y yo à la plèbe. ; Bellamente ! 
replicé Fabricio : eso en buen romance quiere decir que te ha 
cedido la sangre plebeya , y èl se ha guardado la ilustre. Boite 
cl parabien de la parte que te ha tocado, que en mi concepto es 
la mejor, porque é un medico le conyiene mas ejercer su facultad 
con la gente pobre que con la opulenta. j Yiyan los medicos de 
aldea y de arrabal ! sus yerros son mènos sabidos , y no meten 
tanta bulla sus asesinatos. Si , amigo : tu suerte me pareoe la mas 
enyidiable , y (por hablar à manera de Alejandro) si yo no fuera 
Fabricio , querria ser Gil Bias. 

Para que el hijo del barbero Nuûez conociese que no exa- 
geraba ni mentia en alabar tanto mi présente condicion, le 
mostré los doce reaies del alguacil y del pastelero , y despues 
nos entràmos los dos en una taberna para beber â costa de ellos. 
Presentàronnos un yino bueno , el cual me pareciô mucho mejor 
de lo que era por la gran gana que tenia de beberle. Echëme ai 
cuerpo yalientes tragos , y ( con licencia del oràculo latino ) al 
paso que iba bebiendo , conoei que el estômago no se quejaba 
de las injusticias que le habia hecho. Detuyimonos bastante 
tiempo Fabricio y yo en la taberna , y nos burlémos largamente 
de nuestros amos , como es uso y costumbre entre todos los cria- 
dos.Viendo que se acercaba la noche nos retiràmos , quedando apa- 
labrados de yolyernos à yer la tarde siguiente en el mismo parage. 

7^ 



LIBRO SEGUNDO. 69 



CAPITULO IV. 

Prosigne Gil Bias e|ercieiido la medidna con tanto acierto oomo capacidad. 
Ayeptura de la sortija reoobrada. 

No bien habia yo entrado en casa caando tambien Tohiô à ella 
d doctor Sangredo. Infonnèle de los enfennos qae habia yisitado, 
y le puse en la mano ocho reales que restàron de los doce que me 
habian yalido mis recelas. Ocho reales , me dijo, por dos visitas 
son poca cosa ; pero al fin es preciso recibir lo que nos dieren. 
Tomôlos , y embolsindose los seis, me diô solo dos. Toma, Gil 
Bias , prosiguio , ahi te doy para que empiezes à juntar un ca*- 
pital , pnes desde luego te cedo la cnarta parte de lo que me 
loca. Presto seres rico , amigo mio, porque este aûo , queriendo 
Dies y habrà muchas enfermedades. 

Contentéme , y con razon , pues habiendo resnelto quedarme 
con la tercia parte de lo que recibia, y cediéndome el doctor 
la Guana parte de lo que yo le entregaba , yenia é tocarme , si 
no me engafla mi aritmética , la mitad de lo que realmente per- 
cibia. Esto me diô nueyo aliento para aplicarme à la medicina. Al 
dia siguiente luego que comi volvi é echarme à cuestas el hibito 
de sustituto , y sali é campafia. Visité muchos enfennos de los que 
TO mismo habia sentado en el libro, y à todos les receté los mis- 
mos medicamentosa aunque padecian diferentes enfermedades. 
Uasta aqui las cosas iban viento en popa , y ninguno , gracias al 
ctdo, se habia alborotado contra mis recetas. Pero nunca iaitan 
censores del mètodo de un medico , por excelente que sea. Entré 
en casa de un droguero que tenia un hijo hidrôpiço , y me en- 
contre con cierto mediquillo de color amulatado , que se llamaba 
el doctor Cuchillo , Uevado alii por un pariente del mercader. 
Hice profundas cortesias é todos los circunstantes , pero parti- 
colarmenteal tal figurilla, que me persuadi habia sido llamado 
para consultar sobre la enfermedad que teniamos entre manos^ 
Saludôme con mucha gravedad ; y despues de haberme mirado 
atentamente : Seûor doctor, me dijo, yo conozco à todos los medicos 
de Valladolid , hermanos y compaûeros mios ; pero confieso que 
la fisonomia de vmd. es para mi enteramente nueva , por lo que 
es preciso que ymd. haya yenido & establecerse en esta dudad de 
muy poco tiempo i esta parte. Yo , seflor , le respondl , soy un 
joyen pasante que ejerzo à la sombra y bajo los auspicios del 
doctor Sangredo , tan conocido en este pueblo y en toda la co- 
marca. Doy à ymd. la enhorabuena , me replicô cortesmente , de 
que haya adoptado el método de un hombre tan grande. No dudo 
que sera ymd. habilisimo, aunque tan mozo todavia. Dijo estQ 



70 GIL BLAS. 

con tanta naturalidad , que no pode discernir si hablaba de veras , 
6 si ^ burlaba de mi. Estaba pensando en lo que habia de re— 
plicar, cuandoel droguero tomô la palabra, y nos dijo : Seflores, 
tengo por cierto que ustedes saben uno y otro perfectamente la 
medicina , y asi les suplico que , si gustan , se sirvan consultar 
entre los dos que es lo que debo hacer para lograr el consuelo de 
ver bueno à mi hijo. 

Oyendo esto el doctorcillo , comenz6 à observar al enfermo , 
y habiéndome hecho nocar todos los sintomas que descubrian ik 
naturaleza de la enfermedad , me preguntô de que manera pen- 
saba yo curarla. Mi parecer es , le respondi , que se le sangre 
todos los dias , y que se le dé é beber agua caliente en abundancia. 
Al oir esto el mediquin, me preguntô sonrièndose con aire socar- 
ron : ^Y crée vmd. c(ue con esos excelentes remedios se le salyarà 
la vida al enfermo ? \Y como que lo creo ! respondi animoso ; sin 
dnda se conseguiré ese efecto , pues son unos especificos contra 
todo género de maies ; y sino , que lo diga el doctor Sangredo. 
Segun eso , replico el doctor Cuchillo , se engafta mucho Celso , y 
escribiô un gran disparate > asegurando que para facilitar la co- 
racion de un hidrôpico es conyeniente dejarle padecer hambre y 
sed. i Oh ! le respondi : yo no tengo à Celso por oréculo. Enga- 
fiôse , como se engafiàron btros , y algunas yeces me complazco 
en ir contra sus opiniones. Conozco por la explicacion de ymd., 
repuso Cuchillo , la préctica segura y buena que el doctor San- 
gredo quiere inspirar à todos los profesores jôyenes. La sangria 
y la bebida es su medicamento universal ; por lo que no me ad- 
miro ya de que tantos hombres honrados perezcan en sus manos. 
Dejèmonos de invectivas , le interrumpi yo con sequedad : no esté 
bien en uh hombre de la profesion de vmd. tocar esa teda. Sin 
sacar sangre, y sin dejarlos beber, se hsm enviado muchos 
hombres é la sepultura ; y quizà vmd. habrà despachado à ella 
mas que otros. Si vmd. tiene algo contra el sefior Sangredo , 
escriba impugnàndole, que no dejarà ciertamente de responder, 
y entônces verémos quien es el que queda vencido. jPor san 
Pedro y san Pablo! prorumpiô lleno de côlera el doctorcillo, 
que vmd. no conoce al doctor Cuchillo. Sepa, pues, amigo mio, 
que tengo garras y colmillos , y que de ningun modo me causa 
miedo Sangredo , cl cual , mal que le pesé à su vanidad y pre- 
suncion , en suma no es mas que un original sin copia. La figura 
del mediquillo me hizo despreciar su côlera. Respondile con 
enlado ; correspondiôme con el mismo ; y en brève vinimos é 
las manos. Dimonos algunas pufiadas , y nos arrancàmos uno â 
otro porcion de pelos antes que el droguero y su parienta nos 
pudiesen separar. Luego que lo hubiéron conseguido, pagé- 
ronme la visita, é hicièron quedar à mi antagonista, que vero- 
similmente les pareciô mas hébil que yo. 



UBRO SEGUNDO. 71 

Despoes de esta aventora , faltô poco para que me sucediese 
otra. Fui à visitar à cierto sochantre que estaba con calentura. 
Apénas me oy6 hablar de agua caliente , cuando se mostrô tan 
rebelde à este remedto ^ que comenzô à echar yotos. Dijome 
mO desTerguenzas , y aun me amenazô de que me echaria por 
la Tentana. Sali de aquella casa mas de priesa de lo que hsd)ia 
aitrado. No quise visitar mas enfermos aquel dia , y me fiii de- 
recho à la taberna de lo caro , donde la Tispera habiamos que- 
dado apalabrados Fabricio y yo. Como ambos teniamos buenas 
ganas de beber, lo hicimos perfectamente, y despues nos reti- 
rémos cada uno à su casa, en buen estado^ambos » quiero decir, 
moros van , moros yienen. No conociô êl doctor Sangredo el 
achaqae de que yo adolecia ; porque le conté con tanta energia 
io que me habia suoedido con el doctorcillo , que atribuyô mis 
descompasadas i^cciones y mis palabras mal articuladas al enojo 
y côlera que me babia causado el lance que le referia. Fuera 
de eso , como él era interesado en el hecho , se alterô algo 
contra el doctor Cuchillo ; y asi me dijo : Hiciste muy bien, GO 
Bias y en yolver por el honor de nuestros remcdios contra aquel 
tborto , ô por mejor decir, embrion de nuestra facultad. Pues 
<[^f ^pîensa el grandisimo ignorante que nose deben adminis- 
trar é los hidrôpicos bebidas acuosas? ipobre mentecato! pues 
yo defenderë delantede todo elmundo que con el agua sepuede 
carar todo gènero de hidropesias, y que es un especifico igualmente 
âdaptado para estas , como para los reumatismos y opilaciones. Es 
tambien muy propia para aquel género de calenturas que por una 
parte abrasan al enfermo, y por otra le hielan ; y es maravilloso re- 
medio para todas aquellas enfermedades que se atribuyen à hu- 
mores firios , serosos , fiematicos y pituitosos. Esta opinion solo 
parece extrada à los principiantes , cual es Cuchillo , incapaces de 
discurrir como filôsofos ; pero es muy probable en buena medicina; 
ysieOosfueran capaces de penetrar la razonen que se funda, en 
vez de desacreditarme , llegarian à ser mis mayores apasionados. 

Tanta era su côlera , que ni aun le pasô siquiera por el pen- 
samienlo que yo hubiese bebido : pues por irritarle mas adre- 
démente habia yo aftadido algunas circunstancias de mi pegujal 
ô de mi fecunda inventiya. Con todo eso , aunque estsJ^a tan 
ocupado en lo que le acababa de contar, no dejô de advenir 
que aquella noche habia yo bebido mas agua de la que acostum- 
braba , porque con cfecto el vino me habia dado muchisima sed. 
Otro que no fuese el doctor Sangredo habria maliciadp un poco 
de aquella grande sed que me aquejaba , y de los sendos vasos 
de agua que bebia ; pero ël creyô buenamente que yo iba aficio- 
nandome à las bebidas acuosas ; y asi me dijo sonriéndose: Amigo 
Gîl , à lo que veo , ya parece que no tienes tanta enemistad con 
el agua. Por vida mia que la bebes como pudieras cl mas deti- 



73 / GIL BLAS. 

cioso nectar. No me admiro de eso , porqae ya sabia yo que 
con el tiempo te acostambrarias à este soberano licor. Seftor , le 
respondiy dice bien aquel refran : coda cosad tu tiempo, y lot 
naboê en adviento. Lo que es abora , créa su merced que daria 
yo una cuba entera de vino por una sola azumbre de agua. 
Quedô tan encantado el doctor con esta respuesta , que tomô de 
ella ocasion para ponderar las excelencias de aquella bebida. 
Hizo nuevamente su panegirico , no ya como panegirista frio , 
sino como un orador entusiasmado. Mil y aun mil miQones de 
yeces , exclamô , eran mas estimables , y mas inocentes que las 
tabernas de nuestros tiempos , las termôpilas de los siglos pasa- 
dos , donde no se iba à malgastar yergonzosamente la hacienda 
y la \ida , anegàndose en el vino; sino que concurrian alii é di- 
vertirse honestamente , y à beber sin riesgo agua caliente en 
abundancia. Nuncase admirarà bastantemente là' sabia prévision 
de los antiguos gobernadores de la vida civil , que institayéron 
. lugares publicos donde cada uno pudiese libremente acudir i be- 
ber agua à su satisfoccion , haciendo encerrar el vino en las 
cuevas de los boticarios , con severa prohibicion de que ninguno 
le pudiese beber si no le recetaba el medico. ; Oh , que rasgo de 
prudencia ! Sin duda, aftadiô , que , por una reliquia de la antigua 
firugalidad , digna del siglo de oro , se conservan aun el dia de 
hoy algunas pocas personas, que, como tu y como yo , solamente 
beben agua , persuadidas de que evitaràn ô curarân todos los 
males bebiendo agua caliente , que no haya hervido , porque 
tengo observado que la hervida es mas pesada , y no la abraza 
tan bien el estômago como la que sin hervir Ilega solo à ca- 
lentarse. Mas de una vez temi reventar de risa mièntras mi 
amo discurria en el asunto con tanta elocuencia. Con todo eso 
me mantuve serio , y aun hice mas , pues mostrë ser del mismo 
sentir que el doctor Sangredo ; abominé del uso del vino , y me 
compadeci de los hombres que tenian la desgracia de pagarse de 
una bebida tan perniciosa. Despues de esto , como todavla me 
sentia con sobrada scd , llené de agua caliente una gran taza , y 
de una asentada me la echè toda al cuerpo. Yamos, sejk)r , dije 
à mi amo y hartémonosde este benéfico licor, y resucîtemos en 
esta casa aquellas antiguas termôpilas , de cuya falta tanto se 
lamenta vmd. Celebrô mucho estas palabras , y por mas de 
una hora entera me estuvo exhortando à que bebiese siempre 
agua. Prometlle que la beberia toda la vida; y para cumplir 
mejor mi palabra , me acosté con firme propôsito de ir todos los 
dias à la taberna. 

El lance pesado que habia tenido en casa del droguero no me 
quitô el gusto de ir à recetar eldia siguiente sangrias y agua ca- 
liente. Al salir de la casa de un poeta que estaba frenético , me 
encontre con una vieja , la cual se llegô à mi > y me preguntô si 



LIBRO SECUNDO. 73 

mi medico. Respondlle qae si , y ella me soplicô con macba hu- 
mtUad me siryiese acompaftarla à su casa , donde estaba indis- 
poesta sa sobrka , que se sentia mala desde el dia anterior , igno- 
rando coal fnese su enfermedad. Seguila , y guiàndome à su casa, 
me hizo entrar en un cuarto adornado de muebles muy décentes , 
donde vi una muger en cama. Acerquëme é ella para obseryarla. 
Desde loego me Uamô la atencion su fisonomia , y despues de 
haberla mirado por algunos momentos , reconoci , sin quedarme 
génère de duda, que era aquella misma aventurera que habia 
hecho tan perfectamente el papel de Gamila. Por lo que à ella to- 
ca , me pareciô no me habia conocido , ya fiiese por tenerla aba- 
tida el mal , ô ya por el trage de medico en que me veia. To- 
mèle el pnlso , y yi que tenia puesta mi sortija. Senti una terrible 
oonmocion al reconocer una aJhaja à la cual tenia yo tanto dere- 
cho , y estuye Aiertemente tentado à quitàrsela por fuerza ; pero 
satnendo que las mageres luego comienzan à gritar , y temiendo 
acudiese à su defensa el dichoso don Rafael , ô algun otro de 
tantos protectores como tiene siempre el bello sexo para acudir 
i sus gritos , resisti é la tentacion. Pareciôme séria mejor disi- 
nnilar por entônces hasta consultar el caso con Fabricio. Abrazé, 
pues y este ultimo partido. Miéntras tanto la yieja me apuraba 
para que declarase el mal de que adolecia su postiza 6 su yerda- 
dera sobrina. No fui tan mentecato que quisiese confesar que no 
le conocia , Antes bien , haciendo de hombre sabio é imitando à 
mi maestfo , dije cou mucha grayedad que todo dependia de falta 
de transpiracion , y por consiguiente que era menester san- 
grarla inmediatamente , y humedecerla bien , haciéndole beber 
agua caliente en cantidad , para cararla segun el debido mëtodo. 

Abreyië la yisita cuanto pude, y fiiime derecho A buscar al 
hijo de Nuftez , é quien tardé poco en encontrar , porque iba à 
cierta dîligencia de su amo. Contéle mi nueva aventura , y le pre- 
ganté si le parecia conveniente que me yaliese de algunos algua- 
dies para recobrar mi alhaja , prendiendo à Camila. No por cierto , 
me respondiô ; no pieuses en tal disparate , ese séria el medio 
mas seguro para que nunca vieses en tu mano la sortija. Esa gente 
no es muy inclinada à hacer restitudones , y sino acuérdajte de 
lo que te sucediô en Astorga ; tu caballo , tu dinero , y hasta 
tupropio yestido, todo quedô en sus ufias. Es necesario , pues, 
apelar A nuestra industria, si cpiieres recobrar tu desgraciado 
diaoïante. Déjamelo pensar à mi miéntras yoy à dar un recado de 
mi amo al proyeedor del hospital ; espérame en la taberna de 
que somos parroquianos , y ten un poco de paciencia , que presto 
nos yerémos. 

Mas de très horas hada que le estaba esperando cuando al 
cabo pareciô. Al principio no leconod, porque habia mudado de 
trage: traia el pelo trenzado, y unos bigotes postizos, que le ta- 



74 GIL BLAS. 

paban la mitad de la cara: del cinto le colgaba ana espada larga » 
cuya cazoleta tenia por lo ménos très pies de circonferencia , y 
marchaba al freote de cinco hombres , todos con aire tan resuelto 
y detenninado como él , lleyando igaalmente sus grandes yigo- 
tes y espadas largas. Servitor , sefior Gil Bias , me dijo , acercàn- 
dose à ml con resolacion y despejo. Aqui tiene vmd. un algim— 
cil de nuevo cuAo , y m esta honradagente que me acompaAa , 
unos corchetes del mismo temple. Solo queda à cargo de ymd. 
el guiarnos à casa de la mugw que le robô el diamante ; y le cm- 
pefto mi palabra de que le recobiarâ. Abrazé à Fabricio luego 
que le oi estas palabras , conociendo poi^ ellas la estratagema que 
habia inventado para fayorecerme , aproband^ mucho semejante 
arbitrio. Saludé tambien à los fingidos ministriles , los coale» eran 
très criados y dos mancebos de barbero , todos amigos suyos , 
à quienes habia metido en que hiciesen aquel papel. Mandé tra- 
jesen vino para que refrescase la ronda , y à la entrada de la no- 
che nos encaminàmos é casa de Camila. Llamàmos à la puerta , 
queya encontràmos cerrada. Vino à abrirla la vieja: y creyendo 
que eran mtnistros de justicia los que yenian conmigo , y que no 
iban é su casa sin algun mal fin , se Uenô la pobre dé miedo. 
No se turbe , madré , le dijo Fabricio , que no yenimos por mal , 
sino à un negocio de poca importancia, que presto se evacuara. 
Diciendo esto nos fuimos introduciendo hasta el cuarto de la en- 
ferma y guiàndonos la y ieja , que iba delante alumbrando coq una 
yela en un candelero de plata. Tome el candelero , y acercàndo- 
me à la cama de Camila , aplicando la luz à mi cara para que me 
yiese mejor: Infâme, le dije, ^. conoces ahora aquel crèdulo Gil 
Bias y é quien tan yillanamente engaâaste ? En fin , ya te encontre , 
bribonaza. £1 corregidor diô oidos é mi querella, y ôrdeniestos 
seAores de arrestarte y encerrarte en un calabozo. £a, pues , se- 
ftor alguacil , dije à Fabricio , cumpla con lo que le ban mandado , 
y haga lo que le toca. No necesito , respondiô con yoz bronca y 
desabrida , que ninguno me acuerde mi obligacion. Ya tengo noti- 
cia de esta buena alhaja , pues tiempo ha que esta esorita y regis- 
trada en mi libro de memoria. Levàntese , reina mia , y yistase 
pronto , que yo tendre la fortuna de irla siryiendo de escudero , 
si lo lleva à bien , hasta la càrcel pùblica de esta ciudad. 

Al oir esto Camila , aunque parecia tan postrada , adyirtiendo 
que dos ministriles se disponian à sacarla por fiierza de la cama, 
se sentô en ella, y juntas las manos« en tono de suplicante , mt- 
ràndome con ojos en que se yeia pintado el desconsuelo y el ter- 
ror: Sefior Gil Bias, me dijo, apiàdese ymd. de mi: esto se lo 
pido por aquella su casta madré , que le diô à luz despues de 
haberle tenido nueye meses en sus maternales entraftas. Auoque 
confieso mi culpa , todayia fui mas desgraciada que delincuente. 
Voy à restituirle su diamante , y por amor de Dios no me pierda. 



UBRO SEGUNDO. 75 

Udendo esto se sacô la sartija, y me la puso en la maoo. Pero 
yo le respond! que no me contentaba con solo el diamante , sino 
qoe uunbîen queria se me restituyesen los mil ducados que se me 
habian robado en la posada. SeAor , replicô ella^, los mil ducados 
no me los pida ymd. A mi, pidaselos al traidor de don Rafael , à 
qnien no he Tisto desde entônces acâ , que aquella misma noche 
se los Ueyô. ; Ah buena maula ! interrumpiô Fabricio , jpues que , 
no hay mas que decir que no tuviste arte ni parte en ello, para 
darte por legitimamente disculpada? Basta que hayas sido com- 
plice del don Rafael , para que se te pida estrecha cuenta de toda 
ta TÎda pasada. Sin duda que tendras archivadas en la condencia 
l>ellas cosas. Yen , yen à la càrcel , donde haras una buena con- 
fusion general. Tambien quiero Uevar en tu compaAia A esta bue- 
na Tîeja , à quien juzgo impuesta en una infinidad de lances cu- 
riosos , qoe al seAor corregidor no le pesarA saber. 

Al oir esto las dos mugeres no omitiëron medio alguno para 
moTemos A piedad. Albc4*otAron la casa A gritos , llantos y lamen- 
tos. Miëntras la TÎeja , puesta de hinojos , ya delante del alguacil , 
ya delante de los ministriles , procurâba exdtar su compasion , 
Camila , del modo mas tierno y patëtico del mundo , me suplicaba 
y conjuraba la librase de mano de la justida. Era este un espectA- 
colo digno de Ter se. Fîngl ablandarme, y dije al hijo de NuAez: 
Sejk)r alguacil , puesto que ya he recobrado mi diamante , se me da 
poco de lo demas. No deseo se afl\ja A esta pobre muger , porque no 
qniero la muerte del pecador. ] Bueno por cierto I me respondiô, 
îmd. es muy compasivo , y no yalia un pepino para alguacil. Yo no 
poedo ménos de complir con mi obligacion ; y el seAor corregidor 
^xpresamenteme mandô prendiese A estas princesas , porque quie- 
re sa seAoria hacer con ellas un ejemplar que sirya de escarmiento. 
Hagame ymd. el fayor , le répliqué , de hacer por mi alguna cosa, 
y saayizar on tantico el rigor de la ôrden , en fayor del regalo que 
estas damas le quieren hacer en corta demostracion de su recono- 
cimiento. [ Oh ! seAor doctor, repuso Fabricio , ese es otro cantar. 
No puedo resisttr A esa figura retôrica usada tan A tiempo. Ea, pues» 
Teamos lo que me quiere regalar. Daréle A ymd. , dijo Camila, un 
collar de perlas , y unos pendientes de piedras que yalen buen di— 
nero. Si, respondiô Fabrido taimadamente , con tal que no seau 
de las que te enyiô tu tio el gobemador de Filipinas , porque esas 
00 las quiero. Os aseguro que son finas , dijo Camila ; y al mismo 
tiempo mandô A layieja trajese una cajita donde estaban el collar 
y los pendientes , que ella misma puso en manos del seAor algua- 
cil; y aunque este era tan diestro lapidario como yo, no dejô de 
conocer , sin quedarle alguna duda , que eran finas asi las piedras 
de los pendientes , como las perlas del collar. Estas alhajas , dijo 
despues de haberlas mirado atentam^te , me parecen de buena 
ley ^ y si se aAade A ellas el candelero de plata que el seAor Gil 



70 GIL BLAS. 

Bias tiene en la mano , no respondo ya de mi obediencia al set 
corregidor. No creo , dije entonces à Camila , que por semeja 
firiolera quiera vind. deshacer un convenio que le tiene tanta cuenlj 
Diciendo y haciendo quite la vela del candelero , se la entr 
gué à la vieja , y alargué este i Fabricio ^ que, contentândose < 
ello, quizé porque no viô en la sala ninguna otra cosa de pre 
que se pudiese llevar fôcilmente, dijo à las dos mugercs: Aéîod 
reinas mias , y pierdan cuidado , que Yoy i hablar al seftor cor{ 
regidor , y à dejarlas con ël mas puras y mas blancas que la vïis^ 
ma nieye. Nosotros le sabemos pintar las cosas como queremosj 
y nunca le hacemos reladon que no sea yerdadera , sino cuandi^ 
lenemos algun poderoso motiyo que nos obligue à desfigurar ui 
poco la yerdad. 

CAPITULO V. 

ï 

Prosigue la aTentura de la tortija ; drja Gil Bias la medidna , y le aasenta 
de YalladoUd. 



Ejecutado tan felizmente el admirable proyecto de Fabricio , 
salimos de casa de Camila alabàndpnos de un suceso que habia 
superado nuestras esperanzas , porque solo habiamos ido â re- 
cobrar una sortija , y nos Uevàmos lo demas sin ceremonia ni el 
menor remordimiento. Léjos de hacer escrùpulo de haber robado 
A dos mugeres del partido , creiamos haber hecho un acto me- 
ritorio. Seâores, dijo Fabricio, luego que estuvimos en la calle, 
soy de parecer que para coronar esta bella hazafia yayamos à 
nuestra taberna de lo caro , donde pasarémos alegremente la no- 
che. Maftana venderémos el collar, los pendientes y el candelero; 
harëmos nuestras cuentas, y repartirèmos el dinero como herma- 
nôs. Hecho esto cada uno se ira à su casa , y discurrirà lo que 
mejor le pareciere para excusarse de haber pasado la noche fuera 
de ella. Tuvimos por muy prudente y juicioso el pensamiento 
del seftor alguacil. Yolvimos , pues, todos à nuestra taberna, pa- 
reciéndoles A unos que fàcilmente encontrarian algun buen pre- 
texto para disculpar el haber donnido fiiera , y no dAndoselcs a 
otros un pito de que los despidiesen sus amos. 

Diôse ôrden de que se nos dispusiese una buena cena , y nos 
sentàmos à la mesa con tanto apetito como alegria. Durante ella 
se suscitéron especies muy graciosas ; sobre todo Fabricio , que 
era fecundisimo, y hombre de gran talento para mantener siempre 
viva la conversacion , y divertir é toda la compafiia. Ocurrièronle 
mil dichos Uenos de sal espaâola , que nada debe à la sal ética ; 
pero estando en lo mejor de la diversion y de la risa, turbô nues^ 
tra alegria un lance inesperado y snmamente desagradable. Entré 



LIBRO SECUNDO. 77 

Bd cuarto donde escabamos un hombre bastante bien plantado, 
âqnien aoompaAaban otros dos de moy mala catadara. Tras es- 
tos eotriron otros très ; y enfin de très en très fuèron entrando 
basta doce , todos con espadas , carabinas y bayonetas. Conoci- 
liosqoe eran mînistros yerdaderos de justicia, y fécîlmente pe- 
Ktréfflos sa intencion. AI principio pensàmos en defendernos , 
pero en on instante nos rodeéron y nos contuvîéron , asi por su 
um namero , como por el respeto que tuvimos à las armas 
le foego. Seâores , nos dijo el comandante con cierto airecillo 
bortoo, tengo noticia de la ingeniosa inyendon con que ustedes 
bn recobrado de mano de cierta aventurera no se que preciosa 
sortija. £1 estratagema fué ingenioso y excelente^ tanto que 
Derece ser publicamente premiado: recompensa que no se les 
pede i osiedes negar. La justicia , que tiene destinado à ustedes 
^ alojamiento en su misma casa y no dejaré dertamente de 
fremitf an esfuerzo tan raro de ingenio. Turbéronse.à estas pa- 
hbras todas las personas à quienes se dirigian, y mudàmos todos 
detODoy de semblante, Uegàndonos la yez de experimentar el 
Bismo terror que habiamos causado en casa de Camila. Sin em- 
bargo, FabriciOy aunquepélido y casi muerto, intenté discul- 
innios. Seûor, dijo todo trémulo , nuestra intencion fiié sin duda 
bofitt, y en grada de ella se nos puede perdonar aquella ino- 
cette sopercheria. ^Qoè diablos? replicô el comandante con vî- 
vezâ, ^â esa Hamas tu snpercheria inocente ? ^Ignoras por yen- 
tnra que huele à càftamo , 6 cuando mënos à baqueta esa inocente 
SQpercheria? Fuera de que à ninguno le eslicito hacerse justicia & 
simjsmo por su propia mano , os llevésteis , ademas de la sor- 
tija, on collar de perlas , un candelero de plata, y unos pendientes 
dediamantes. Lo peor de todo es que para hacer este robo os 
bgisteis ministros de justicia. {Unos hombres misérables supo- 
nerse gente honrada para baeer tal villania , y cometer semejante 
naldad! ^Os parece esta una culpa venial que se lava con agua 
beodita? Seréis muy dichosos si solo se echa mano de la penca 
para borrarla y castigarla. Cuando llegàmos à comprender que la 
cosa era mas séria de lo que nosotros babiamos imaginado , nos 
«<teos todos à sus pies , y le suplicàmos con légrimas que se 
apiadase de nosotros y de nuestra inconsiderada juyentud ; pero 
todos naestros damores fuéron inutiles. Bespreciô cou indigna->. 
don la propuesta que le hicimos de cederle el collar, los pen- 
dientes y el candelero. Tampoco cpiiso admitir la sortija que yer- 
daderamente era mia , quizâ porque se la ofirecia à presencia de 
tantos testigos. En fin estuyo inexorable. Hizo desarmar à mis 
compafteros , y nos lleyô à todos à la càrcel. En el camino me 
coQto uno de los alguaciles que , habiendo sospechado la vieja 
?]e TiTia con Camila que no eramos gente de justicia , nos habia 
s«guido à lo lèjos hasta la tabema , y que , teniendo modo de ocul- 



78 GIL BLAS. 

tarse y oonfirmar sus sospechas , diô prontamente parte de todo 
à ana ronda para yengarse de nosotros. 

En la càroel nos registriron à todos hasta la cunisa. Quité- 
ronnos el collar, los pendientes y el candelero , como tambien à 
mi aquella sortija de rubies de las Filipinas , que por desgrachi 
habia metido en un bolsillo , sin dejarme siquiera los pocos reales 
que aquel dia me habian valido mis recetas , por donde conoci 
que los ministriles de Valladolid sabian tan bien su ofido oomo 
los de Astorga , y que toda aquella gentecilla tenia unos mis- 
misimos modales. Miéntras nos despojaban de dichas alhajas y 
de lo demas que encontréron, el cabo de ronda referia nuestra 
aventura à los ejecutores del espolio. Pareciôles el negocio de 
tanca gravedad, que algunos nos pronosticaban iriamos é la 
borca sin remedio , y otros mènos severos decian que la cosa 
se podria componer con doscientos azotes y algunos aflos de 
servicio en las galeras. Miéntras resolvia sobre esto el corregidor , 
nos encerréron en un oscuro calabozo , donde dormimos sobre 
paja extendida ni mas ni ménos que se extiende para que dner- 
man los caballos. Hubiera quizé durado esto largo tiempo , y no 
habriamos salido de alli sino para ir à galeras , si al siguiente 
dia, habiendo oido el seflor Manuel OrdoAez lo que habia suce- 
dido , no hubiese tomado â su cargo hacer todo lo posible por 
sacar à Fabricio de la càrcel , lo que no podia ser sin que â to- 
dos nos diesen libertad. Era un hombre que estaba muy bien 
quisto en todo Valladolid ; ë hizo tantos empeAos , y revolTÎô 
tanto , que al cabo de très dias nos yitnos todos libres , bien 
que no salimos de la prision como babiamos entrado. El collar, 
los pendientes , el candelero , y hasta mi pobre rubi , todo se 
quedô allé. Esto me trajo à la memoria aquello de Virgilio: Sic 
vos non vobis , etc, 

Luego que nos yfanos fuera de la cércel , nos fiiimos todos é 
buscar nuestros amos. Recibiôme muy bien el doctor Sangredo, y 
me dijo : Mi Gil Bias , no supe tu desgracia hasta esta maftana, y 
estaba pensando en empefiarme fuertemente por ti. Es menester, 
amigo, no desconsolarte ni acobardarte por este accidente ; antes 
bien ahora mas que nunca te has de aplicar à la medicina. Res- 
pondile que este era mi ànimo , y con efecto me apliqué entera- 
mente à ella. Léjos de faltarme que trabajar, nunca hubo mas 
enfermos , como lo habia pronosticado mi amo. Acometiéron 
fiebres epidèmicas en la ciudad y arrabales. Teniamos que visi- 
tar cada uno todos los dias ocho ô diez enfermos, por lo que 
se déjà conocer que se beberia mucha agua, y que se derrama- 
ria gran porcion de sangre. Mas yo no se como era esto : todos 
se nos morian , ô porque nosotros los curabamos mal ( lo cual 
claro esté que no podia ser), 6 porque eran incurables las en- 
fermedades. A raro enfermo haciamos tercera yisita , porque à 



LIBRO SECUNDO. 79 

ia segnnda nos venian à decir que ya le habian enterrado , 6 à 
lo mènos qoe estaba agonizando. Como todayia era yo un me- 
dico noero , poco acostnmbrado à los homicidios , me afligia 
flmcbo de los sucesos funestos que me podian imputar. Seitor, 
dQe un dia al doctor Sangredo , protesto al cielo y à la tierra 
qoe obserTO exactamente el mëtodo de ymd. , pero con todo 
mis enfermos se yan al otro mundo. Parece que ellos mismos 
adredemente se qnieren morir, no mas que por tener el gusto 
de desacreditar nuestros remedios. Hoy mismo encontre dos que 
Devaban à enterrar. Hijo, me respondio , poco mas, poco ménos, 
k) propio me sucede à mi. Pocas veces logro la satisfaccion de 
qoe sanen los enfermos que caen en mis manos : y si no estu- 
Tiera tan seguro de los principios que sigo , creeria que mis me- 
dicameatos eran enteramente contrarios A las enfermedades. Se- 
Aor, le répliqué , si vmd. quisiera creerme , seria yo de sentir 
qoe mudasemos de mètodo. Probemos por curiosidad el usar en 
noestras recelas de preparaciones qulmicas ; ensayemos el quer- 
mes ; lo peor que nos podré suceder sera lo mismo que expe- 
rimeniamos con nuestra agua y con nuestras sangria^. I)e buena 
gana, me respondio, haria yo esa prueba si no iFiiera por un 
ioconyeniente. Acabo de publicar nn libro en que ensalzo faasta 
las nobes el frecuente uso de la sangria y del agua ; ^y ahora 
qoieres tu que yo mismo desacredite mi obra? jOh ! repuse yo ; 
siendo asi , no es razon concéder ese triunfo à sus enemigos. 
Dirian que ymd. se habia desengafiado , y le quitarian el ere- 
dito. Perezca kntea el pueblo, nobleza y clero, y Ileyemos nos- 
otros adelante nuestra tema. Al cabo nuestros compaAeros , â 
pesar de lo mal que estân con la lanceta , no yeo que hagan 
mas milagros que nosotros , y creo que sus drogas yalen tanto 
como nnestros especificos. 

Fuhnos , pues , eontinuando con nuestro mètodo fayorito , y 
en pocas semanas dej&mos mas yiudas y buërfanos que el fa- 
moso sitio de Troya. Pareda que habia entrado la peste en Ya- 
Iladolid : tantos eran los entierros que se yeian. Todos los dias 
se pr^entaba en nuestra casa un padre que nos pedia un hijo , 
â qoien habiamos echado à la sepultura, 6 un tio que se quejaba 
de que hobiesemos muerto à su sobrino ; pero nunca yeiamos â 
ningun sobrino 6 hijo que yiniese à darnos las gracias por que 
con nuestros remedios habiamos dado la salud à su padre à â 
su tio. Por lo que toca à los maridos , tambien eran prudentes ; 
pues niaguno yino a lamentarse de nosotros porque hubiese per- 
dido à sa muger. Con todo eso algunas personas yerdaderamente 
afligidas yenian tal yez à desahogar con nosotros su pena. Tra- 
tébannos de ignorantes , de asesinos , de yerdugos , sin perdo- 
nar los tèrminos y yoces mas descompuestas, mas rùsticas y mas 
ignominiosas. Irritébanme sus epitetos groseros ; pero mi maes- 



80 GIL BLAS* 

iro , qae e^tat» may aoostombrado à eDog , los oia con la mayor 
frescura y serenidad de énimo. Acaso me hubiera yo tambien 
hecho con el tiempc^a oirlos con igual serenidad si el cielo, quîzà 
por librar de este azote mas i los enfermos de Yalladolid , no 
hubiera suscitado un accidente que desterrô en mi la inclinacton 
à la medicina que ejercia con tan infeliz ëxito , y el cual des- 
cribirè fielmente aunque el lector se ria A mi costa. 

Habia cerca de casa un juego de pelota , à donde concurria 
diarîamente toda la gente ociosa del pueblo, entre ella uno de 
aquellos valentones y perdonavidas de profésion, que se erigen 
en maestros, y deciden definitivamente todas las dudas que ocurren 
en semejantes parages. Era Vizcaino, y hacia que le Uamasen don 
Rodrigo de Mondragon. Parecia como de treinta afios, hombre 
de estatura ordinaria, seco y nervudo. Sus ojos eran pequefios y 
centellantes, que parecia daban Tueltas en las ôrbitas, y que 
amenazaban A todos los que le miraban; una nariz muy chata le 
caia sobre unos bigotes retorcidos , que en forma de media luna 
le subian hasta las sienes. Su yoz eran tan Aspera y desabrida» que 
bastaba oirla para cobrar terror. Este guapo se levanto cou el 
mando del juego de pelota. ResoWia soberana y decisivamente 
todas las disputas que ocurrian entre los jugadores. No admitia 
mas apelacion de sus sentencias que la espada ô la pistola : el que 
no se conformaba con ellas tenia seguro al dia siguiente un de- 
safio. Este seftor don Rodrigo , tal cual le acabo de pintar , y sin 
que el don que siempre iba delante de su nombre le quitase el 
ser plebeyo , hizo una tierna impresion en el corazon de la duefia 
del juego. Tenia esta cuarenta aftos, era rica, bastante bien pa- 
recida , y habia quince meses que estaba yiuda. No se que diablos 
la pudo enamorar de aquel hombre. Seguramente que no se enamo- 
rô de él por su hermosura. Séria sin duda por aquel no $é qui de 
que todos hablan , y ninguno sabe explicar. Como quiera que sea, 
el hecho es que ella se enamorô de aquella rara figura, y deter- 
miuô darle su mano. Cuando estaba ya para concluirse el tratado, 
cayô gravemente enferma , y por su desgracia me tocô A mi el ser 
su medico. Aunque su enfermedad no hubiera sido de suyo tan 
maligna, bastarian mis remedios para hacerla peligrosa. Al cabo 
de cuatro dias Uené de luto el juego de pelota, porque envié A la 
duefia del juego A donde enYi2j3a A mis enfermos , y sus parientes 
se apoderAron de cuanto dejô. Don Rodrigo, desesperado de haber 
perdido su noyia, ô , por mejor decir , la esperanza de un matri- 
monio tan yentajoso , no satisfecho con vomitar fuego y llamas 
contra mi, jurô que me atrayesaria de parte A parte con la espada 
la primera yez que me viese. Diôme noticia de este juramento un 
yecino mio caritativo, y me aconsejô no saliese de casa para no 
encontrarme con aquel diablo de hombre. Este aviso, que me 
pareciô no era de despreciar, me Uenô de miedo y turbadon. 



UBRO 8EGUND0. 81 

ConlîDiiaiiieiite me imagioaba que veia entrar en casa al forioso 
Vîzcamo ; y este pensamiento no me dejaba. sosegar. Obligôme en 
fin â dejar fa medîcina, y à bnscar modo de m)rarme de semejante 
sobresalto. Yolyi à coger mi yestido bordado , despedime de mi 
amOy que por mas que hizo no me pudo contener , y al amanecer 
de^dia signiente sali de la ciudad » lemiendo siempre encontrar â 
don Rodiiîgo de Mondragon en el camino. 



CAPITULO VI- 

A àaoâe se encamino Gil Bias despues que saliô de Valladolidi y qjaé especît 
de hombre se incorporô oon d. 

Caminaba muy aprisa, y de caando en cuando yolyia â mirar 
atras por yer si me segnia el formidable Vizcaino. Teniale tan pré- 
sente en la imaginacion» que cada bulto y cada érbol me parecia 
que era èl ; y continuamente me estaba dando saltos el corazon ; 
pero despnes que anduye una buena légua, me sosegué , y prosegul 
mi yiage con mayor quietud , dirigiëndome à Madrid , à donde ha- 
bia hedio ânimo de ir. No senti dejar à Valladolid , y solo si el 
kaberme separado de Fabricio, mi amado Pilades, sin haber po- 
dido despedirme de èl. No me pesaba el haber abandonado la me- 
dicîna, antes bien pedia perdon à Dios de haberla ejercido. Con 
todo no dejé de contar el dinero que lleyaba , aunque era el sala- 
rie de mis homicidios y de mis asesinatos ; semejante à las mugeres 
pûblicas, que, despues de arrepentidas de su mala yida, no por 
eso dejan de contar con gusto el dinero que les ha yalido. Hallème 
con unos cinco ducados , lo que me pareciô bastante para Uegar â 
Madrid, donde creia hacer fortuna. Ademas tenia gran gana de 
yer aqnella corte , que me habian pintado oomo el compendio de 
todas las marayillas del mnndo. 

Miéntras iba pensando en lo que habia oido decir de ella , y re- 
creindome anticipadamente en las diyersiones y gustos que me 
imaginaba habia de gozar , oi la toz de un hombre que yenia can- 
tando tras de mi à gaznate tendido. Traia à cuestas una maleta , en 
la mano una guitarra, y al lado una larguisima espada. Camiimba 
€oa tanto brio, que muy presto me alcanzô. Era uno de aqudlos 
dos aprendices de foarbero que habian estado presos conmigo por 
la ayentnra de la sortija. Desde luego nos conocimos los dos , y 
annqne nno y otro estabamoa en tan diferente trage, quedAmos 
%uahnente admirados de yemos juntos en auquel sitio. Si yo me 
mostrè alegre por ir en su compafiia durante el yiage , èl no 0ia^ 
niféstô ménos alborozo por faaberme encontrado. Contèle breye- 
mente la causa de haber dejado & Valladolid ; y èl me correspcpMliô 
dicièndome que habia tenido una pelotera con su maestro, de çuya 

6 



X 



> 



82 GIL BLAS. 

résulta mo y otro se babian despedido para siempre. Si bnbiera 
querido mantenerme aim en Valladolid , afladiô, babria encontrado 
diez tiendas por una » porqoe sin y anidad me atreyerë â decîr que 
acaso no se encontrarâ en toda Espafia quien sepa rasorar mejor 
â pelo y contrapelo , ni levantar mejor onos bigotes ; pero no pade 
resistir i la yehementegana de yolver â ver mi patria , de la que 
ha diez aftos qne falto. Quiero respirar algun tiempo el aire natiyo, 
y saber como estén mis parientes. Pasado ma&ana espero yerme 
entre ellos , porqne residen en Olmedo , yiUa muy conocida , mas 
aci de Segoyia. 

Me déterminé à ir en compaflia del barbero hasta su lagar, y 
desde alli pasar à Segoyia , con esperanza de encontrar algana 
mayor comodidad para llegar à Madrid. Comenzimos à habku* de 
cosas indiferentes para diyertir la molestia del camino. Era el mo- 
zuelo de bnen humor y de muy grata conyersacion. Al cabo de una 
bora me preguntô si tenia apetito. En llegando al meson lo Te- 
rémos , lerespondi. ;Pero no sepuede tomar antes alguna j^ya? 
me replicô ; yo traigo en la alforja algo que almorzar : cuando ca- 
mino siempre tengo cuidado de lleyar para la bucôlica , y no gusto 
de cargar con yestidos , ropa blanca , ni otros trapos inutiles , me- 
tiendo solo en la alforja municiones de boca , mis nayajas y un 
poco de jabon » y colgando la yacia del dnto. Alabé su preyision , 
y conyine en que tomasemos el refirigerio que me proponia. Me 
sentia con bambre , y consenti en gozar de un grande almuerzo i 
yista de lo que me acababa de decir. Desyiâmonos un poco del 
camino para sentamos en un prado, donde sacô su proyision 
éi barberillOy que toda consistia en media docena de ceboUas, 
algunos mendrugos de pan» y unos bocados de queso; pero lo 
que présenté como lo mejor y mas precioso de la alforja fiié 
una botita llena de yino que asegurô ser muy exquisito y sa- 
)>roso. Aunque los manjares no eran los mas delicados , como 
à los dos nos apretaba el bambre, nos supiëron muy bien^ y 
no los desairémos. Yadimos tambien toda la bota , que bacia 
dos azumbres , de un yino que à mi parecer no merecia que el 
bnrberOlo lo hubiese alabado tanto. Conduida nuestra firugal.re- 
fiiccion 9 nos yolyimos à poner en camino y à continuar nuestro 
yiàge con mas yigor y con mayor alegria. El barberillo , à quien 
Fabrido habia dicho que mi yida estaba llena de ayenturas muy 
singulareSy me suplicô se las contase, para poder dedr que las 
habia oido de mi propia boca. Parecièndome que nada podia 
negar à un bombre que acababa de regalarme con tan es^léndido 
almuerzo , le dl el gusto que deseaba , y en correspondencia le 
dije era menester me refiriese tambien èl su yida. Por lo que toca 
i mi historian contesté y no merece derto ser contada, porqae 
toda ella ê^ reduee à hedios sendllos ; pero sin embargo , afiadiô, 
va que ifo lettenios cosa mqor en que entretenernos, se la re- 



LIBRO SECUNDO. 83 

feriré i ymd. tal cnal ella ha sido. Y diciendo y haciendo comenzô 
i contarb poco mas ô mënos en los tèrminos siguientes. 



CAPITULO VU. 

Hîstoria del mancebillo barbero. 

Fernando Perez de la Fuente, mi abuelo (porque me gusta 
tomar las cosas moy de atras ) , despues de haber seguido el oficio 
de barbero en la noble vOla de Olmedo por espacio de cincuenta 
aftos, moriô dejando cuatro hijos. £1 prjmogénito, por nombre 
Nicolas y heredô la tienda, y siguiô la misma profesion. Beltran^ 
que fuë el segundo , se metiô en la cabeza el ser mercader , y 
tntô en merceria. £1 tercero , llamado Tomas, se dedicô à maestro 
de esc^ela. £1 coarto y que se llamaba Pedro , sintiëndose incli- 
nado à estadiar , vendiô su légitima, y se fiié à Madrid, donde 
esperaba darse con el tiempo à conocer por su erudicion y su 
îngenio. Losotros très hermanos nunca se separàron , mantenién- 
dose en Olmedo, y alli se casàron todos très con hijas de labra* 
dores , que trajëron en matrimonio poca dote , pero en recom- 
pensa de ella una gran fecundidad ; pues parece habian apostado 
i coal habia de parir mas. Mi madré , que era la muger del barbero, 
parié seis en los cinco afios primeros de casada , siendo yo uno 
de ellos. Mi padre , luego que txxfe foerzas , me puso à su oficio, 
y apënas cumpli quince aftos , cuando un dia me echo à cuestas la 
alforja que veis, y cifièndome esta misma espada : £a Diego, me 
dîjo , ya puedes ganar la vida, yete à correr mundo. £stâs algo 
basto , y te conviene yiajar para limarte , como tambien para 
perfeocionarte en tu oficio. Yete, pues, y no vuelras à Olmedo 
hasta haber andado toda Espafta; no quiero oir hablar de ti hasta 
que hayas hecho todo esto. Diôme un paternal abrazo , cogiôme 
de la mano , y bonitamente me condujo hasta ponerme de patitas 
eolacalle. 

Esta fîië la tiema despedida de mi padre; pero mi madré, 
que era de genio ménos àspero , se mostrô mas sentida de mi 
marcha. Echo algunas làgrimas , y aun me metiô à escondidàs en 
la mano un ducado. Sali , pues , de Ofanedo en esta conformidad , 
y tome el camino de Segovia. No bien habia andado doscientos 
pasos , cuando eiaminë la alforja , picàndome la curiosidad de 
saber lo que lleyaba. Encontréme un estuche hendido y abierto 
por todas partes , dentro del cual habia dos nayajas de afeitar, 
tan mohosas , gastadas y mngrientas , que parecian haber seryido 
à diez generaciones , con una tira de cuero para suavizarlas, y 
un pedazo de jabon. Ademas de eso hallè una camisa nueva de 
càfiamo , un par de zapatos viejos de mi padre , y lo que sobre 



84 GIL BLAS. 

todo me alegrô fuèron anos veinte reales qae encontre enraehos 
en un trapo. A esto se reducia todo mi haber. Por aqui podri 
Tmd. conocer lo mucho que fiaba mi padre en mi habUidad, 
cuando me echo de su casa con tan poco ajuar. Sin embargo ^ la 
posesion de un ducado y veinte reales mas no dej6 de deslum- 
brar â unmuchacho que en toda su ^ida habia Tisto tanto dinero 
'junto. Consideréme con un caudal inagotable; y Ueno de alegria 
prosegui mi camino mirando de cuando en cuando el puflo de 
mi tizona, cuya hoja se me enredaba entre las piernas, me mo- 
lestaba, é impedia caminar. 

nàcia el anochecer Uegué ai reducido lugar de Ataquines, coo 
una hambre que ya no podia sufrir. Entré en el meson» j 
como si me sobrase mucho para el gasto, mandé en yoz alia 
que me trajesen de cenar. El mesonero me estuvo mirando coa 
atencion algun tiempo » y conociendo lo que podia ser yo : Si , me 
dijo con mucha dulzura ; si , caballerito mio ; vmd. sera servido 
como un principe. Condùjome à una pieza pequefia, y un cuarto 
de hora despues me sirviô un encebollado de gato , que comi con 
tanto apetito como si fuera de liebre ô de conejo. Acompafiô este 
esquisito guisado con un yino que, segun él decia, el rey no le 
bebia mejor. Y aunque conoci muy bien que ya era un yino em- 
brion de yinagre, sin embargo le hice tanto honor como habia 
hecho al gato. Despues era menester, para ser tratado en todo 
como un principe , que me dispusiesen una cama , mas propia 
para despertar à una ptedra , que para dormir. Figurese vmd. 
una tarima tan corta , que , aun siendo yo pequefio , no podia 
extender las piernas sin que saliesen fiiera la mitad. Fuera de 
eso , el colchon de pluma se reducia à una especie de jergon 
ético y estrujadOy cubierto de una sàbana doblada, que despues 
de su ultima lavadura habria servido quizà à cien pasageros. 
Con todo eso, en la cama que fielmente acabo de pintar, con la 
barriga Uena de gato y de aquel precioso vino que antes des- 
cribi , gracias à mis pocos afios y à mi natural robustez , dormi 
profundamente , y pasé la noche sin la mas levé indigestion. 

AI dia siguiente , luego que hube almorzado , y pagado bien 
la buena comida que me habian servido , me planté de una tirada 
en Segovia. Asi que llegué tuve la fortuna de que me recibiesen 
en una tienda , dàndome solo de comer y vestir ; pero no paré alli 
mas que seis meses, porque otro mancebo barbero, con quien 
habia trabado amistad y queria ir à Madrid, me levantô de cas- 
cas , y me marché con él à esta villa. Acomodéme luego fàcflmente 
sobre el mismo pié que en Segovia , en una tienda de las mas con- 
curridas, pues su vecindad al corral' del Principe atraia à alla 

' Hb'i 8c nombraban entonces los teatrot en Madrid , j asî se han nombra^ 
caii haita nucslros diafl^ 



LEBRO SEGUNDO. 85 

tanCa multitud de parroqaianos , qae el maestro ^ dos mancebos y 
TO no bastabamos à dar abasto à todos. Alii iban personas de todas 
dases , y entre ellas y comediantes y autores. Una vez se juntàron 
dos sajetos dct esta clase : pustëronse à hablar de los poetas y las 
poesias del tiempo , y les oi prononciar el nombre de mi tio. En- 
ténoes me apliquë à oirlos con mayor atencion. Don Juan de Za- 
haleta , dijo uno , es on autor de quien me parece que el publico 
no debe estar muy satisfecho. Es un bombre firio , sin fiiego y sin 
ioTentiya. La ultima comedia suya le desacreditô excesiyamente. 
Y LuisYdez de GueTara, dijo el otro , ^no acaba de regalarnos 
con una bellisima obra? ^Puede haber cosa mas miserable? Nom- 
faréroQ no se à cuantos otros poetas , cuyos nombres no tengo 
présentes ; pero me acuerdo bien de que hablâron de ellos muy 
mal. De mi tio bîciéron àmbos mas honorifica mencion. Si , dijo 
ono de eOos , don Pedro de la Fuente es un grande autor ; sus 
escritos estan Denos de una gracia y de una erudicion , que at 
mismo tiempo instruyen y deleitan por su delicada sal. No me ad- 
miro de que sea estimado de la corte y del pueblo , ni de que 
nmchos seâores le bayan seflalado pensiones. Ha rauchos aAos 
qaegoza una gruesa renta , y el duque de Medinacelt le da casa y 
mesa ; por lo que nada gasta , y asi es preciso que esté muy bien 
y tenga diaero. 

No perdi palabra de todo lo que dijéron de mi tio aquellos 
poetas. Yasabiamos en la fomflia que hacia mucho ruido en Ma- 
drid con motivo de sus obras. Algunas personas al pasar por 
Ohnedo nos habian informado de lo bien admitido que estaba ; 
pero oomo nunca nos habia esorito, y parecia- haberse extratlado 
mucho de nosotros , oiamos todas aquellas noticias con la mayor 
indîférencia. No obstante , como la buena sangre no puede mentir, 
lue0O que oi decir que lo pasaba tan bien, y me informé de las 
sefias de su casa, tuve tentaeion de ir â yerley dar me à conocer 
con él. Solo me detenia el haber oido â los cômicos llamarle don 
Pedro. Aquel don me hada titubear, recelando fuese otro del 
mismo nombre y apellido de mi tio. Con todo eso Tenci al cabo 
este temor, pareciéndome que asi como habia sabido hacerse 
sabio,podiatambien haber sabido hacerse noble y cabalîero, y 
asi resolvi presentarme & él. Para esto al dia siguienie con licencia 
de mi maestro me vesti lo mas decentemente que pude , y sali â la 
calle no poco yanaglorioso y cuellierguido de Terme sobrino de 
on hombre cuyo ingenio metia en la corte tanta bulla. Sabido es 
que los barberos no son la gente del mundo ménos sujeta â la 
ranidad. Gomenzé, pues, & tenerme en gran opinion, y cami- 
nando con orgullosagrayedad , pregunté por la casa del duque d^ 
Medînaceli. Enseftéronmela , y entrando en ella supliqué al por- 
tero me dijese cual era el cuarto del sefior don Pedro de la Fuente. 
Suba ymd. por aqoella escalerilla, me dijo , mostràndomc una que 



86 GJDL BLAS* 

estaba al fin'de nn patio , y Uame i la primera puerta que encaentr» 
à mano derecha. Hicelo asi ; Ilamé à la puerta , y saliô à abrir un 
mocito , à quien preguntè si yiyia alli el seikor don Pedro de la 
Fueute. Si, seftor, me respondiô , pero ahora no se le puede entrar 
recado. Lo siento mucho, répliqué, pues Terdaderamente le qui- 
siera liablar, porque le traigo noticias de su fomilia. Aunqne se las 
trajera del padre santo de Roma no le haria yo à ymd. entrar en 
este momento , pues esta actualmente componiendo, y mîéntras 
trabaja no quiere que ninguno entre à interrumpirle y distraerle* 
De nadie se déjà yer hasta medio dia; y asi puede ymd. ir i dar 
una vuelta y volver entônces. 

Salime , pues , y me fui à pasear por Madmd toda la mafiana , 
pensando siempre en el modo con que mi tio me recibiria. Sin 
duda , deciayo para mi, que tendra grandisimo gusto de yerme 
y conocerme , porque media su corazon por el mio ; asi contaba 
con que séria muy tierno el acto de ternos y reconocernos. Al fin 
Tolvi con toda diligencia à la hora seikalada. Viene ymd. muy à 
tiempo , me dijo el page : presto saldrà mi amo , espère ymd. aqui ^ 
que y oy à ayisarle. Volyiô dentro de un instante , y me hizo entrar 
donde estaba mi tio, cuya yista me llenô de gozo, porque luego 
obseryè en su cara el aire de nuestra familia. Era tan parecida 
i mi tio Tomas que le hubiera tenido por el mismo , à no ha-* 
berle yisto eu aquel traje y en aquel estado. Saludéle con pro- 
fundo respecto , y le dije que era hijo de maese Nicolas de la 
Fuente , el barbero de Olmedo , y hermano de su sefloria , y que 
hacia très semanas que estaba en Madrid siguiendo el mismo 
oficio de mi padre, en calidad de mancebo, con ànimo de an-- 
dar la Espaâa para perfeccionarme en la facultad. Miëntras le 
estaba hablando adyerti que mi tio estaba distraido y pensatiyo , 
dudando à la cuenta si me conoceria ô no por sobrino, ô dis- 
curriendo algun arbitrio para eximirse de mtcon arte y con des- 
treza. Tomô este segundo partido, y afectando cierto aire joyial 
y risueûo, me dijo : Y bien, amigo, ;como estàn de salud tu 
padre y tus tios? ^en que estado se hallan las cosas de la fami- 
lia? Comenzè à informarle de su fecunda propagacion : fuile nom- 
brando uno por uno todos los hijos yarones y hembras , corn- 
prendiendo en la relacion hasta los nombres de sus padrinos y 
madrinas. Pareciôme que no se interesaba demasiado en tan me- 
nuda explicacion ; y queriendo conseguir su intencion : Ahora 
bien , querido Diego , me dijo , apruebo mucho el que pienses 
correr mundo para perfeccionarte en tu oficio, y te aconsejo 
no te detengas mucho tiempo en Madrid. Este es un lugar muy 
pemicioso para la juyentud , y tù te perderias en él. Mudio me- 
jor haras en recorrer otras ciudades del reino , donde no estàn 
tan estragadas las costumbres. Vête , pues , y cuando yayas a 
marchar, yuelve â yerme, que te darë un doblon paraayuda del 



LIBRO SEGUNDO. 87 

viage. Dtdendo esto me fa6 Ueyando poco à poco hàcia la puerta 
de la sala , y me despidiô con buenas palabras. 

Noconoci, por mi poca malicia, que solo buscaba pretextos 
para alejarme de si. YoWi a la tieada, y di cuenta à mi amo de 
k Tisita que acababa de hacer. £1 buen hombre, que no penetrô 
mas que yo la verdadera intencion del seftor don Pedro , me 
dgo : Yo no soy del parecer de tu do. En lugar de exhortarte 
à correr mundo y me parece debiaaconsejarteqne permanecieses 
en Madrid. £1 trata con tantas personas de distincion que fàcil- 
mente puede colocarte en una casa grande , donde en breye 
tiempo podrias hacer gran fortuna. Pagado de estas palabras , 
que excitâron en mi imaginacion grandiosas esperanzas , dentra 
de dos dias yolri i casa de mi seâor tio , y le propuse que podia 
emplear su valimiento para acomodarme con algun personage de 
la corte. Disgustôle mucho la proposicion. A un hombre vano , 
qne entraba francamente en casa de los grandes , y se sentaba con 
eDos i la mesa , no le agradaba mucho que un sobrino suyo co-- 
miese con los criados , miéntras él estuviese comiendo con los 
amos , pues en tal caso el Dieguillo Ilenaria de yergûenza al seikor 
don Pedro. Este, pues, se irrité fùriosamente^y Ueno de cèlera^ 
me dîjo : ; Como , bribonzuelo , quieres abandonar tu oficio ! Anda, 
vête y que yo te dejo en manosde los que te dan tan malos con- 
sejos. Sal de mi cuarto , repito , y no vueWas à poner los pies 
en él si no quieres que te haga castigar como mereces. Quedè 
aturdido al oir estas palabras , y mucho mas me espantô la bronca 
y destemplada yoz con que las pronunci& Retiréme Uorando, y 
muy ap^adumbrado de la aspereza con que me habia tratado 
mi tio. Con todo eso , como siempre he sido de natural yivo y 
'altiyo, presto se me enjugô el Uanto, pasé, por la contraria, del 
sentimiento à la indignacion, y resolyi'no hacer caso de un mal 
pariente sin el cual habia yiyido hasta alli y esperaba yiyir. sin 
necesitarle para uada. 

No pensé entônces masque en cultiyar mi talento , y en apli- 
carme al trabajo. Afeitaba todo el dia , y por la noche, para re~ 
crear un poco el ànimo , aprendia à tocar la guitarra , siendo mi 
maestro un hombre de edad à quien yo afeitaba. LIamàbase Mar- 
cos de Obregon , y me enseftaba la mùsica , que sabia perfccta- 
mente , porque habia sido cantor en una iglesia. Era hombre 
cuerdo,. de tanta capacidad como experiencia , y me queria como 
si filera Jiijo suyo. Seryia de escudero i la muger de ua medico, 
que yiyia à treintapasos dé nuestra casa. Ibale yo à yer todos 
los dias al anochecer cuando no habia que hacer en la tienda ; y 
sentados los dos en el umbral de la puerta , tocabamos algunas 
sonatas que no desagradaban à la yecindad. Nuestras yoces no 
eran muy gratas ; pero dando à la guitarra, y cantando cada uno 
metôdicamente la parte que le tocaba, gustabamos à las gentes 



88 GIL BLAS. 

que DOS pian. Divertiase particularmente connuestramisica dofia 
Marcelina, que asi se Ilamaba la mager del medico. Bajaba tàgor- 
nas veces â oirnos al portal, y nos hacia repetir las tonadillas 
que mas le agradaban. Su marido no le impedia esta diversion , 
pues aunque Espaikoly viejo no era zeloso. Por otra parte , sn 
profesion le tenia empleado todo el dia, y cuando se retirais é 
casa por la noche iba tan cansado de visitar enfermos, que se 
acostaba muy temprano, y ninguna aprension le causaba el gusto 
que su muger tenia de oir nuestras mùsicas , qnizi por juzgar que 
no eran capaces de excitar en ella perniciosas impresiones. A esto 
se afiadia que, aunque su muger era à la rerdad jôven y linda , 
no le daba motiyo afguno para el mas minimo recelo , siendo de 
una yirtud tan adusta que no podia sufrir que los hombres m 
aun siquiera la mirasen. Y asi no llevaba à mal tuTÎese aqueF 
honesto ë inocente pasatiempo, y nos dejaba cantar todo cuanto 
queriamos. 

Una noche que fui à la puer ta del medico para divertirme , 
como acostumbraba, encontre al viejo escudero, que me estaba 
esperando. Tomôme por la mano, y me dijo queria nos fiiese- 
mos los dos à pasear un poco antes de principiar la mùsîca. Asf 
que nos vimos en una calle excusada y solitaria , â donde me fiië 
Ileyando , y donde conociô que me podia hablar con libertad : 
Querido Diego, me dijo con semblante triste , tengo que cornu— 
nicarte reservadamente una cosa. Temo mucho , hijo mio , que 
uno y otro nos hemos de arrepentir de esta mùsica que damos à 
la puerta de mi amo. No puedes dudar lo mucho que te quiero, 
y he lenido gran gusto en ensefiarte à tocar la guitarra y à can- 
tar ; pero si hubiera previsto la desgracia que nos amenaza , te 
aseguro de veras que hubiera escogido otro sitio para darte las 
lecciones. Sobresaltôme esta relacion, y supliquë al escudero que se 
explicasemas claro, diciëndome francamente que era lo que podia— 
mos temer , porque yo no era hombre que quisiese hacer frente 
al peligro , y que todavia no habia dado la vuelta por Espafia. 
Yoy, me respondiô, à decirte lo que debes saber para conocer 
el riesgo eh que nos hallamos. 

Cuando un afto ha entre à servir al medico, me llevô una 
maflana al cuarto de su muger, y presenténdome à ella me dijo: 
Marcos , esta seflora es tu ama , y siempre la has de acompa- 
fiar à cualquier parte que vaya. Quedé admirado al ver à dofia 
Harcelina. Encontréme con una dama jôven, yen extremo her- 
mosa , gustàndome sobre todo lo airoso de su talle, y lo apaci- 
ble de su semblante. SeAor, respondi al amo , me tengo por 
muy dichoso en servir à una seftora tan amable. Desagradô 
tanto â dofia Marcelina mi respuesta , que con semblante airado 
me dijo : / Oiga el impertinente, el atrevtdo ! i Quien le ha ensefUido d 
tomarse estas Ubertades ? Sepa desde luego que no gusto de lisonjas^ 



LIBRO SEGUNDO. 89 

fit n^ifimlo requiebros. Sorprendièronme extrafiamente unas pah- 
ixras tan àsperas pronundadas por aquella boca tan agraciada , 
y tan agenas de lo qae prometia sa apacible rostro. No acertaba 
yo k conciliar aqael modo de hablar grosero y desabrido con 
todo lo demas qae observaba en una muger de presencia* tan 
grata. El marido, acostumbrado ya à eOo , léjos de enfiidarse , 
se tenia por may afbruinado en que le hubiese tocado una mu- 
ger de aquel extrafio carActer, tanto que me dijo : Marcos , mi 
muger es on prodigio de yirtud ; y yi^do que se ponia e( 
manto para ir & misa , me mandô que la fuese acompafkando à 
la iglesia. Apènas salimos i la calle , cuando encontrémos do9 
moialvetes , que , admirados del aire y garbo de dofla Marcelina , 
ie dijéron aJ paso algunas cosas muy lisonjeras ; pero dla les 
respondîô con tal despego » y les dijo tantas necedades, cpie los 
pobres quedàron corridos y suspensos , sin poder comprender 
como poidia haber en el mundo una muger que llevase à ma) 
d ser alabada y aplaudida. Sefiora, le dije, haga ymd. que no 
eye, y pase adelante sin contestar à lo que le dicen ; ménos 
nudo es callar que responder con desabrimiento. Eso no , re- 
pfico ella : qaiero ensellar à esos insolentes que yo no soy mu- 
ger que sufro me pierdan el respeto. En fin » profiriô tantos 
desatinoSy que no pude ménos de decirle mi sentir , aunque 
fiiese à peligro de disgustarla. Le hice présente , del mejor modo 
que me f^é posible, que hada injuria à la naturaleza, echando à per- 
der con su caricter adusto mil bellas prendas de que la habia do- 
tado : que una muger de genio afoble y de modales atentos podia 
hacerse amar sin el auxilio de la hermosura; cuando , por el 
contrario, la mas hermosa si no es afeble y agasajadora se hace 
un objeto de desprecio. A estas razones afiadi otras , dirigidas A 
Ja correccion de sus ésperos modales. Despues de haberla acon- 
sejado i mi satisfocdon, teml me costase caro mi zelo y fideli- 
dad , excitando su cèlera, y produciendo algun efecto que me 
fuese de poco gusto: mas no suoediô asi , no se enfadô de mis 
iosinuaciones, contenténdose oon no seguirlas ; y el mismo efec- 
to produjèron las que tuye la tonteria de hacerle los dias si- 
gnientes. 

Cansëme de adyertirle en yano sus .defectos, y abandonna é 
la aspereza dé su genio. Pero ^ quien lo creyera? Este natural 
tan agreste, esta muger tan orgullosa, de dos meses à esta parte 
ha mudado enteramente de condicion. Hoy es atenta con to- 
dos, y à todos trata con modales muy cariflosos. Ya no es 
aquella Harcelina, que no respondia sino necedades à los hom- 
bres que la elogiaban, ya oye con agrado sus lisonjas. Gnsta le 
digan que es hermosa , y que ningun hombre la puede mirar 
sm cobrarle aficion. Son muy de su gusto los requiebros ; y en 
suma ya es otra muy diferente muger. Esta mudanza apénas es 



90 GEL BLAS. 

comprenBiUe ; pero lo qae maa te ha de admirar es el saber 
que tiimismo has obrado este gran milagro. Si, mi querido 
Diego ,. ta has sido el autor de una trasformadon tan extrada r 
tu qoien has conyertido aquel tigre feroz en una mansisima cor- 
dera ; en una palabra , tu has merecido su atencion , como lo 
he obseryado mas de, una yez; y ô yo oonozco mal à las mu— 
gères , ô mi ama se *abrasa por ti en un yehementisimo amor. 
Esta es, hijo mio , la triste noticia que tenia que da^te, y esta 
es ladesgraciada situacion en que les dos nos hallamos. 

Yo no yeo , respond! al yiejo , gran motiyo de afligimos en 
todo lo que ymd. me ha dicho , ni mucho ménos que sea des- 
gracia mia el que me ame una muger hermosa. { Ah Diego ! me 
replied, bien se conoce que discurres como mozo. Solo miras el 
cebo , y no ternes el anzuelo. Te paras solo en el placer ; pero 
yo, como yiejo y experimentado , preyeo los disgustos que 
causa despues, porque no hay cosa que tarde ô temprano no se 
descubra. Si prosigues en yenir à cantar à nuestra puerta, con 
tu yista se encenderà cada dia mas la pasion de dofta Harcelina, 
y olyidada tal yez de todo recato llegarà à conocerlo el doctor 
Oloroso su marido, el cual se ha mostrado tan condescendiente 
hasta aqui , pœrque no tiene el mas leye motiyo para tener ze- 
los; pero despues se pondra fùrioso, se yengarâ de su muger, 
y podrà hacernos à ti y à mi un flaco seryicio. Pues bien , se- 
fior Marcos , le répliqué , cedo à yuestras razones , y me eor- 
trego à yuestros consejos. Digame ymd. que debo hacer, y 
como me he de portar para eyitar todo siniestro accidente. De- 
jando los dos nuestras mùsicas , me respondiô , y no yolyiendo 
tu a parecer delante de mi seûora. Una yez que no te yea, poco 
à poco se le ira entibiando la pasion , y recobrarà su tranqui- 
lidad. Espérame en casa del maestro, que yo te iré â buscar , y 
alla tocarémos y cantarémos sin inconyeniente. Ofrecilo asi ; y 
con efecto hice propôsito de no ir mas i la puerta de! medico , 
y estarme encerrado en mi tienda , pues que yo era un mozo 
que no podia ser yisto sin peligro. 

Sin embargo el buen Marcos, à pesar de su prudencia, ex- 
perimentô dentro de pocos dias que el medio discurrido y acon- 
sejado por ël no siryiô para templar el fuego de dofta Marce- 
lina , antes bien produjo un efecto enteramente contrario. Esta 
seAora à la segunda noche que no nos oyô cantar le preguntô 
por que razon habiamos suspendido nuestra mùsica , y cual era 
la causa de que yo me hubiese retirado. Respondiôle que tenia 
tantas ocupaciones , que no me dejaban un instante para diyer- 
tirme. Mostrôse satisfecha de esta excusa, y por très dias sufriô 
mi ausencia con bastante firmeza ; mas al cabo de este tiempo 
perdiô la paciencia, y le dijo à su escudero : Marcos , tù me 
engaftas : Diego no ha dejado de yenir aqui sin motiyo ; y esta 



LIBRO SEGCNDO. 9t 

enderra a]gun misterio que qoiero descubrir. Habia, y no me 
ocultes nada , que asi te lo mando. Sefkora, respondiè Û pagan- 
dole con otra mentira, ya que vmd. quiere saber las cosas como 
son, sepa que al pobre Diego le ha sucedido mucbas veces vol* 
yarse à su casa despues de nuestras mùsicas , y encontrarse sin 
œna ^ y ya no se atreve à exponerse à ir à la cama sin cenar. 
jComo sin cenar! exdamô ella lastimada. ^Porquë no me k) bas 
dicfao antes ? ; Pobre mozo ! Anda al instante , y traémelo ooih 
tigo y aseguréndole que nnnca Yoherà à su casa sin cenar, por- 
que yo daré ôrden que se le guarde aqui siempre algun plato. 

;Qaè es lo que oigo ! exclamô el escudero, admirado de oirla 
bablar de aquella suerte; ; que mudanza, cielos ! ^Sois yos, se- 
Bora, la que me hablais en esos términos? ^Pues de cuando aci os 
habeis hedio tan compasiva y sensible? Desde que tu yiniste é 
esta casa^ me respondiô prontamente; ô por mejor decir, desde 
que reprendiste mis modales desdeftosos, y te empeftàste en sua- 
Tîzar la aspereza de mis costumbres. Mas , ; ay de mi ! prosi- 
gaiô ella entemecida, que he pasado de un extremo à otro. De 
altiva è insensible que era , me he Yuelto sobrado mansa y ca- 
rifiosa. Amo à tu amigo Diego sin poderlo remediar , y su an- 
sencia.may léjos de templar mi amor le inflama n^as y mas. ^Es 
posiblc , sejïora , replicô el yiejo , que un mozo que nada tiene 
de hermoso ni gallardo haya exciudo en vos una pasion tan vé- 
hémente? Yo disculparîa Yuestra inclinacion si os la hubiera 
iospirado algun caballero de gran mérite... ; Ah Marcos ! tnter- 
ninipiô Marcelina, ô yo no me parezco en nada à las otras mu- 
geres , ô tù , no obstante tu larga experiencia , todavia no las 
conoces bien , si te persuades que el mérite es quien las mueve 
para elegir à un sugeto. Si he de juzgarlo por mi misma , nunca 
reflexionan para enamorarse. El amor es un desôrden de la ra- 
zoQ, que é pesar nuestro nos arrastra tras de un objeto , y nos 
sujeta à él. Es una enfermedad que nace en nosotras , y nos 
atormei^ta como la rabia à los animales. No te canses pues en 
persuadirme de que Diego no es digno de mi cariâo ; basta que 
le ame para figurarme en él mil prendas que no descubres tu , y 
que quizà tampoco él tendra. En Yano te empeûas en hacerme 
créer que ni sus facciones ni su figura tienen cosa que pueda Ile- 
Tarme la atencion; à mi me parece hechicero y mas hermoso que 
el sol ; fuera de que tiene en su toz una suayidad que me en- 
canta^ y se me figura que toca la guitarra con una gracia y pri- 
mer particular. Pero, seûora , replicô Marcos , ; habeis pensado 
bien lo que es el tal Diego ? Su baja y humilde condicion... Yo 
no soy mejor que él , me interrumpiô ; pero aun cuando fîiera 
una muger de distincion, nunca repararia en eso. 

£1 resultado de esta conferencia fiié que , desesp^anzado el 
Tiejo escudero de adekmtar cosa alguna con su ama en este 



92 GIL BLAS. 

punto , la dejô en bu capricho, y se retirô como un diestro pi- 
loto cede à la tormenta que le desvia del puerto à donde se ha 
propuesto desembarcar. Aon hizo mas : por dar gusto à sa ama 
me yino à buscar , me llamô aparté, y despues de haberme con— 
tado todo lo sucedido entre ella y èl : Bien yes, Diego, me dijo, 
que no podemos excusarnos de continuar nuestras mùsicas à la 
puerta de Marcelina. Es indispensable, amigo mio, que esta 
seflora te yuelya à yer , porque de otra manera nos exponemos 
i que haga alguna locura que perjudique mas que nada à su 
reputacion. No me bice de rogar , y respondile que iria à su casa 
Gon mi guitarra asi que anocheciese, y que podia lleyar é su 
ama esta agradable noticia. Hizolo asi , y diô à la apasionada 
amante la mas alegre y gustosa nueya que podia desear, con la 
esperanza de yerme y oirme aquella noche. 

Pero faltô poco para que un lance pesado le hubiese frustrado 
esta esperanza. No pude salir de casa hasta despues de muy 
anochecido , y por mis pecados era la noche muy obscura. Garni- 
naba à tientas por la calle , y quizâ lleyaba andado ya la mitad 
del camino , cuando de una yentana me regalàron de pies à ca- 
beza con cierto ; agua va! que Usonjeaba poco el sentido del olfato. 
Viéndome en tal estado no sabia que partido tomar. Volyerme 
à casa era exponerme & las pesadas zumbas de los otros man- 
cebos compafteros mios : ir à la de Marcelina en aquel magni- 
fico equipage no me lo permitia la yergûenza. Besolyime na 
obstante é ir é casa del medico , persuadido de que encontraria é 
Marcos à la puerta, y que todo se remediaria antes de presen- 
tarme en aquel estado é Marcelina. Con efecto fué asi : encon- 
tréle esperàndome é la puerta , y luego que me yiô me dijo que 
el doctor Oloroso acababa de recogerse, y que aquella noche 
nos podiamos diyertir à nuestro sabor. Bespondile que ante 
todas cosas era menester limpiarme el yestido , y le conté lo que 
me habia pasado. Mostrôse muy condolido de elle , y me hiso 
entrar en donde me estaba esperando su ama. Apénas oyô esta 
seflora mi suda ayentura , y me yiô en el triste estado en que 
me hallaba, prorumpiô en expresiones del mayor dolor, como 
si me hubieran sucedido las mas funestas desgracias; y despues 
como si hablase con la puerca que me habia puesto de aquella 
manera, se desfogô echàndole mil maldiciones. Seflora, le dijo 
Marcos, moderad esos impulsôs, considerad que el lance foè 
puro efecto de casualidad , y no conyiene mostrar tan foerte 
enojo. ^Como quieres , respondiô ella , que no sienta yiyamente 
la ofensa que se ha hecho à este inocente cordero , à esta palo- 
ma sin biel, que ni aun se queja del ultraje que ha recibido? 
I Ojalà fuera yo hombre en esta ocasion para yengarle ! 

Otras mil cosas dijo, pruebas todas de su ciego amor, que 
igualmentd acreditô con las acciones , porque miéntras Marcos 



LIBRO SEGUNDO. 93 

ne estaba limpiando con ana toaUa, Maredina fîië corriendo i 
sa coarto , trajo ana csqita llena de todo género de perfumes » 
qoemô cantidad de ellos, sahomô todos mis yestidos, y los rociô 
con espiritos olorosos en abondancia. Concluido el sahumerio j 
ji^rsorio, la caritatiya sefiora foe en persona à la cocina, y 
me trajo pan, yino, y algunos pedazos de carnero asado qae te- 
nu goardados para ml Obligôme é comer , y teniendo gusto en 
serrirme ella misma, ya me hacia plato, y ya me echaba de 
beber , à pesar de cuanto Marcos y yo podiamos hacer y decir 
para que no se humillase à semejantes demostraciones. Acabada 
h cena templàmos prontamente los instrumentos , y arreglàmos 
las yoces para dar principio ànuestro concierto, Marcelina quedô 
embelesada de oirnos ; bien es yerdad que escogimos de propô- 
sito ciertos cantares y letrillas amorosas que halagaban su amor ; 
y debo confesar que, miëntras cantabamos, yo lanzaba de cuando 
en cuando hécia ella unas ojeadas tiernas que pegaban foego à las 
estopas porque el juego ^ne iba ya gustando. No me cansaba el 
concierto , aunqne ya habia mucho que duraba. Por lo que toca 
i la seAora, las horas le paredan instantes, y de buena gana hu- 
biera estado oyèndonos toda la noche , si su escudero , à quien 
los instantes se le hacian horas, no le hubiera ayisado que era, 
ya tarde. Diole el trabajo de decirselo mas de diez yeces ; pero 
daba oon un hombre infotigable en este punto , que no la dejo 
sosegar hasta que yo me ausenté. Como era cuerdo y prudente , 
y yeia à sa ama tan locamente apasionada, temia nos sucediese 
algon desastre. El tiempo yerificô lo fondado de su temor , porque 
el medico , ya foese porqoe comenzô à entrar en sospecha, y â 
dudar de algun enredo secreto , ô ya porque el diablUlo de los 
zelos , que hasta entônces le habia respetado, quiso inquietarle , 
comenzô à reprender nuestras mùsicas, y aun bizo mas , prohi- 
bîëndonoslas en tono de amo que qoeria ser obedecido; y sin 
dar razon alguna de lo que mandaba, declarô no aguantaria 
mas se admitiese en su casa à ninguno de fuera. Notificôme 
Marcos esta resolucion , que hablaba tan particularmente con- 
migo , y no puedo negar que por entônces me desazonô muchi- 
simo, porque sentia perder las esperanzas que habia concebido. 
Con lodo eso, por no faltar à la obligacion de fiel historiador, 
debo confesar que â corta reflexion me costô poco el confor- 
marme, y Ueyar en paciencia aquel reyes de la fortuna. No asi 
Harcelina, cuya aficion cobrô mayor foerza. Querido Marcos, 
dijo al eseudero , de ti solo espero algun consuelo ; ruégote que 
hagas todo lo posible para que tenga el gusto de yer sécréta— 
mente à Diego. ^Quë es lo que ymd. me pide, seftora? le res- 
pondiô colérico; demasiada contemplacion he tenido con ymd. 
No,. no quiera Dios que por fomentar una loca pasion contri- 
baya yo à deshonrar é mi amo , â la pérdida de yuestra repa- 



M GIL BLAS. 

tacion » y i mancharme à mi misino con el borron de tal infamia , 
despaes de haber pasado toda la Tida por bombre muy de bien , 
por criado fiel y de ana conducta irreprensible. Antes dejarë la 
casa que servir en ella de un modo tan yergonzoso. ] Ah Marcos ! 
replied la sefiora, asostadade estas ultimas palabras, me atra— 
viesas de parte é parte el corazon cuando hablas de marcharte. 
;Paes qné ! ; piensas, cmel, dejarme despues que me has reducido 
al lastimoso estado en que me yeo ! Restituyeme primero aquel 
orgullo y aquella tranquila altivez que tu mismo me quitàste. lOh, 
y quien tuviera ahora aquellos felicisimos defectos ! gozaria de 
gran paz mi corazon en lugar del tumulto que le agita , gracias à 
tus imprudentes reconyenciones. Tû , tù fuiste quien estragâste mis 
eostumbres cuando quisiste enmendarlas... Pero| que es lo que digo I 
continué ella llorando , ; desdîchada de mi ! ; é que fin darte en 
cara con tan injustas quejas ! no , amado padre , no fuiste tû e] 
autor de mi infortunio ; mi mala suerte foé la ùnica que me préparé 
mi desgracia. No hagas caso , te pido , de las necias palabras que 
profiero. Mi pasion me ha trastornado el juicio ; compadécete 
de mi flaqueza. Tù ères mi ùnico consudo ; y si aprecias mi vida, 
no me niegues tu asistencia. 

Al decir estas palabras credo sullanto de manera que no pado 
continuar. Sac6 el paftuelo, cubriôse con él el rostro, y se 
dejô caer en una siUa, como una persona que se rinde al peso 
de su afliccion. £1 buen Marcos , que era de la mejor pasta de 
escuderos que jamas se ha yisto , no pudo resistir à un espec- 
tàculo tan lastimoso , que le conmoviô yivamente , y mezclô 
sus compasiyas làgrimas con las de su afligida ama , dicièndole 
lleno de temura: ; Ah, sefiora, y que atractiyo es el yuestro ! 
no tengo foerzas para combatir yuestra pena que acaba de ren- 
dir mi yirtud , y prometo auxiliaros. Ya no me admiro de que 
el amorhayatenido poder para haceros olyidar de yuestro de- 
ber , cuando la compasion sola lo ha tenido para no acordarme 
yo del mio. De manera que el pobre escudero , & pesar de su 
irreprensible conducta, se sacrifice muy seryicialmente à la pa~ 
sion de Marcelina. A la mafiana siguiente yino à contarme todo 
lo sucedido , y me dijo tenia ya pensado el modo de propor- 
cionarme una conversacion sécréta con su ama. Con esto animô 
mi esperanza ; pero dos horas despues llegô à mis oidos una 
noticia tan triste como no esperada. £1 mancebo de una botica 
que habia en el barrio , y era uno de nuestros parroquianos , 
yino & hacerse la barba. Miéntras me disponiaé rasurarle me dijo : 
Seftor Diego, ^como le ya â ymd. con su amigo el yiejo escudero 
Marcos de Obregon?ya sabra ymd. que esta para marcharse de 
casa del doctor Oloroso. No por cierto , le respondi. Pues sëpalo 
ymd., me replicô , y no dude que la cosa es derta. Hoy sin felta 
le despedtrin. Su amo y el mio acaban de tener ahora una con- 



LIBRO SEGUNDO. 95 

Tersadon , i que me kallé présente , en la coal dijo el primero al 
segondo : Seftor boticario , tengo que bacer à vmd. una suplica. 
No estoy oontento con un viejo escndero que tengo en casa , y 
en sa lugar qaisiera una dueûa fiel , severa y vigilante , que guar- 
(bse âmi muger. Ya entîendo y respondiô mi amo : ymd. necesi- 
tariade la seftora Melancia , que fuè la que custodîô à mi difunta 
esposa, que aunque^ ba seis semanas que enviudé , todavia la 
maatengo en casa. À la yerdad me séria muy util para gober- 
Darla; pero se la cedo & vmd. gustoso por lo mucho que me in- 
tereso en sa honor. Bien puede descuidar con ella en punto à la 
seguridad de su bonra , porque es la perla de las dueâas , y un 
TO'dadero dragon para guardar la castidad del sexo fragil. En 
doce a&os enteros que estuvo al lado de mi muger ( que como 
Tmd. sabe era moza y linda ) no y\ en mi casa ni aun la sombra 
de un galan. Si por cierto , bonita era la dueAa para sufrirlo ; 
sobre este punto no aguantaba chanzas. Aun dire mas : mi muger 
iksprincipios gustaba mucho de pasatîempos y galanteos ; pero 
la 8efk>ra Melancia supo fundirla tan de nuevo , que la incliné en- 
teramente à la yirtud. En fin , es un tesoro para vuestra seguri- 
dad. Quedô el seûor doctor muy satis fiecho de unos informes tan 
imedida de su deseo , y ambos conyiniéron en que hoy mismo iria 
la doefta & ocopar el lugar del escudero. 

Esta noticia , que tuye por cierta , como en efecto lo era , des- 
concerto las ideas de todos los buenos ratos que yo esperaba lo- 
grar ; y Marcos , que y ino despues de comer , acabô de desyane- 
cèrmelas , confirmando todo lo que me habia dicho el mancebo. 
Amigo Diego , me dijo el bnen escudero , estoy contentisimo con 
qneel doctor Oloroso me haya despedido , porque me ha librado 
demolestisimos disgustos y cuidados. Ademas de haberme echado 
àcaestas, muy contra mi indinacion, un yillanisimo empleo » 
neoesitaba andar continuamente ideando trazas y urdiendo enre- 
dos para que pudieses hablar secretamente à Marcelina. ; Que em- 
broUo ! GÀracias al cielo me yeo ya fuera de estos cuidados , y 
sobre todo de los peligros que los acompafian. Por lo que â ti 
<oca, hijo miOy tambien debes alegrarte de haber perdido algunos 
ratos de un placer momentàneo , à trueque de h2d>erte librado de 
luttas pesadumbres , sustos y riesgos. Agradôme mucho la mo- 
^ de Marcos , porque me pareciô que ya nada podia esperar , y 
^ bacerme gran yiolencia déterminé alrâadonar el campo. No era 
yo, lo confieso , de aquellos amantes porfiados que hacen yam- 
dad de Incbaroontra todos los obstàculos; pero aun cuandolo 
i^era, la seftora Melancia dejaria bien burlado mi empefto y te» 
^dad. £1 genio riguroso que atribulan k aquella muger era 
<^ de desesperar à los amantes mas pertinaces y atreyidos. 
Sin embargo de los colores con que me la habian pintado , no 
^^ de entender , dos ô très dias despues , que la sefk>ra médica 



«6 GIL BLAS. 

habia adormectdo i aquel Argos, y oorrompido sa fidelidad. Salia 
70 ana mafiana de casa à afeitar à un vecino naestro , coando una 
baena TÎeja se Ilegô é mi , y me pregontô si era yo Diego de la 
Fuente, Respondile que si , y ella me replicô : Pues à ymd. venia 
yo buscando. Yaya su merced esta noche à la paerta de doua 
Marcelina , haga algana seftal , y luego le sera abierta. May bien , 
le répliqué yo : pero es preciso que quedemos de acaerdo sobre 
que seûal ha de ser. Yo se remedar marairillosamente el maullido 
del gato , y maullaré dos 6 très veces. Basta eso , repaso la mensa- 
géra de amor : yoy & dar parte de su respuesta à la seftora. Ser- 
Tidora deTmd.^ seftor Diego , el cielo le'consenre. {Quégalan 
sois 1 A fe que si yo fuera una nifia de quince aftos no le bus- 
caria para otra. Diciendo esto se desviô de mi aquella oficiosa Yîeja. 

Agitôme terriblemente este mensage , y toda la moral de Mar- 
cos se la Uevô el aire. Espéré con impaciencia la noche , y coando 
me pareciô que ya estaria durmiendo el doctor Oloroso, me enca- 
miné hàcia su puerta. Alli di principio à mis maollidos, que debian 
oirse de léjos , y hacian mucho honor al maestro que me habia 
ensefiado tan bello îdioma. Un momento despues \^b la misma 
Marcelina à abrir con mucho tiento la puerta , y ^olviô é cer- 
rarla luego que yo hube entrado, Subimos à la sala en donde ha- 
biamos tenido nuestro ultimo concierto , la cual estaba débilmente 
alumbrada por una luz que ardia sobre la chimenea. Nos senti- 
mos juntos para dar principio à nuestra conyersacion , alterados 
ambos, aunque con la diferencia de que el placer solo causaba la 
conmocion de Marcelina , y la mia estaba mezclada con un poco 
de sobresalto. En vano me aseguraba mi dama que nada teniamos 
que temer por parte de su marido , pues se habia apoderado de 
mi un temblor que turbaba mi alegria. Sin embargo , le pregunté : 
Seftora , i como habeis podido engaftar la y igilancia de vuestra aya? 
Por lo que oi decir de Melancia , no creia que os foese posible 
hallar medios de darme noticias Tuestras , y mucho mènes de 
yemosà solas. Sonriéndose enténces Marcelina de mipregonta, 
me contesté : Dejarà de sorprenderte de la sécréta entreyista que 
tenemos esta noche juntos , luego que te haya contado lo que pasô 
entre las dos. Cuando entré en esta casa, mi marido le hizomil 
caricias , y me dijo : Marcelina , te entrego à la direccion de esta 
discreta seftora , que es un compendio de todas las yirtudes , y un 
espejo en que debes mirarte de continue para instruirte en la rao- 
destia. Esta admirable persona dirigié por espacio de doce aftos i 
ia muger de un boticario amigo mio : pero dirigié... de lo que 
bay poco , en termines que hizo de ella casi una santa. 

Estas alabanzas, que el aspecto gray ede Melancia no desmentia , 
me costéron muchas làgrimas , y me pusiéron desesperada. Me 
figuré las lecciones que tendria que escuchar desde la maftana hasta 
la noche , y las reprensiones que me séria forzoso aguantar todes 



LIBRO 8EGUND0. 97 

k» dias. En fio , conBeiiti en llegar à ser )a muger mas desgraciada 
del mando , y oWidando toda coasideracion en medio de una 
esperanza tan cruel , le dije con mucha seqaedad à la aya luego 
que me yi sola con ella : Sin duda os dispondréis para hacerme 
padeoer mucbo; pero debo advertiros que soy poco sufrida, y 
que no dejaré por mi parte de daros cuantos desaires pueda. Os 
declaro que mi corazon esta dominado de una pasion que no se- 
rin capaces de arrancar de ël y uestras reconyenciones. Sobre esto 
podeis tomar vuestras medidas: redoblad Yuestra vigilancia, 
porqae os prometo no omitir nada para engaâarla. AI oir estas 
palabras la dnefta adusta , que bien crei iba é ensartarme un ser- 
mon por primera entrada , se puso risueAa , y me dijo con un 
tono a£8d>le : Mucho me agrada Yuestro carâcter ; Yuestra franque- 
za proYOca la mia, pues yeo que nacimos la una para la otra. 
; Ah ! bella Harcelina , que mal me conoceis si formais juicio de 
mi por el elogio de Yuestro esposo ô por la severidad de mi exte- 
rior ! No me teogais por enemiga de los placeres, porque no me 
hago agenta de los zelos de los maridos sino para ser util à las 
mngeres hermosas. Hace mucho tiempo que 'poseo el grande arte 
de disfirazarme; y puedo decir que soy doblemente feliz , 
porque disfruto i un mismo tiempo de la comodidad del vicio y 
de la reputacion que da la Yirtud. Para entre nosotras , el mundo 
no es YÎrtuoso sino de este modo : cuesta demasiado adquirir el 
fondo de las virtudes , y por eso en el dia todos se contentan coa 
tener sas apariencias. 

Dejaos guiar por mi, continué la aya, y yeréiscomo se la 
pegamos tan bien al Yiejo doctor Oloroso , que os aseguro tendra 
la mîsnia suerte que el seftor.fermacéutico , porque no me parece 
mas respetable la Create de un medico que la de un boticario. 
l Pobre seUor ! [cuantas piezas le jugimos su muger y yo! j Que 
amable era aquella seûora» y de que bello caricter! jSu aima 
goze de Dios ! Os aseguro que ha pasado bien su juventud : ha 
tenido que se yo cuantos amantes à quienes introduje en su casa 
sin que su marido lo adyirtiese jamas. Asi , seftora , miradme con 
ejos mas fayorables , y estad conyencida de que , por mas talento 
que tuYÎese el escudero que os seryia, nada perderéis en el 
trueque , y aun tal ycz os seré mas util que él. 

Figorate ahora, Diego , continuô Marcelina , si habrè agrade- 
ddo à la dueûa el habérseme descubierto con tanta franqueza , 
cnando la creia de una Yirtud austera. Ye ahi como se juzga mal 
de las mugeres. Melancia se granjeô desde luego mi afecto por 
este caràcter de sinceridad , y la abrazé con un gozo estremado 
que le manifesté con anticipation cuanto me alegraba de tenerla 
por aya. Haciénd(da en segnida enteramente confidenta de mis 
Mitinuentos , le pedi que me propordonase cuanto antes una 
coBYersacion à solas contigo ; lo que efectivamente cumpliô ^ 

7 



98 GIL BLAS. 

valiéndose esta maftana de la vieja que te bablô , y que es una 
mensajera que le sirviô muchas yecea para la muger del boti- 
cario. Pero lo que hay de mas gracioso en esta aventura , aâadiô 
Marcelina riéndose, es que Melancia > por la relacion que le hice 
de la Gostumbre que tiene mi esposo de pasar la noche sosegada- 
mente , se acosté junto à él , y ocupa mi lugar en este momento. 
Lo siento mucho , sefiora, dtje entônces é Marcelina, y de ningun 
modo apruebo yuestra invencion. Yuestro marido puede muy 
bien despertarse , y echar de yer ef engailo. ; Oh , eso no ! replicô 
ella oon precipitadon; no tengas el menor cuidado por eso, y 
no hagas que un yano temor adbare el placer que debes tener 
en baltarte con una muger que te cpiiere. 

La esposa del doctor, obseryandoque este discurso no desya- 
necia mis temores , ho omitio nada de cuanto creyô é proposito 
para serenarme , y por fin hizo tanto que Ilegô à conseguirlo. 
Desde este momento ya no pensé mas que en aproyecharme de la 
ocasion; pero al tiempo en que Cupido, acompaftado de las 
Risas y de los Juegos, se disponia é labrar mi félicidad , ounos dar 
unas foertes aldabadàs à la puerta de la calle. Al instante el Amer 
y su comitiya yolâron à manera de unos pajarillos timidos espan- 
tados repentinamente por un gran ruido. Marcelina me oodtô 
debajo de una mesa que habia en la sala ; apagô la luz , y ( como 
lo h^ia concertado con su aya , en caso que este contratiempo 
sucediese ) se fuè à la puerta de la alcoba en que dormia su ma- 
rido. Entretanto, los golpes que atronaban la casa continuabancon 
tanta repeticion que , despertando el doctor , se sente en la cama 
dando yoces à Melancia. Arrojôse esta de la cama , aunque el yiejo, 
quecreia era su muger, le deciaque no se levantase; reuniôse 
con su ama, que , sintièndola à su lado , la Uamaba à gritos para 
que foese àyer quien estaba & la puerta. Ya estoy aqui, seftora, 
le respondiô la aya , yolyeos & la cama si quereis, que yo yoy 
à yer lo que es. Durante este tiempo , habiéndose desnudado 
Marcelina, se acostô con el doctor, que no tuyo la menor sospe- 
cha de que le engafiasen. Bien es yerdad que esta escena acababa 
de representarse en la oscuridad por dos aarices, de las cuales 
una era incomparable , y la otra tenia mucha disposicion para 
serlo. 

La aya no tardô en presentarse en bâta de dormir y con una 
luz en la mana, diciendo à su amo : Seâor doctor , tenga ymd. 
la bondad de levantarse à prisa , porque al librero Fernandez 
Buendia , yecino nuestro , le acometiô una apoplegia , y os llaman 
de su parte para que yoleis à su socorro. El medico ,^ yistién- 
dose lo mas pronto que pudo , partie à casa del enfermo , y su 
muger en bâta de noche yino con la aya à la sala en donde yo 
estaba , y me sacàron de debajo do la mesa mas muerto que 
viyo. Nada tienes que temer, Diego, me dijo Marcelina, seré- 



LDRO SEGUNDO. 99 

uate. Al mismo tiempo, diciéndome en dos palabras de que 
modo se babia arreglado la cosa, quiso ^ seguida volver à 
tomar el hilo de la conyersacion que tenia conmigo y habia 
sido inierrompida; pero se opuso à esto la aya. Seftora, le 
dijo , Yuestro marido acaso puede hallar muerto al librero , y 
vol verse inmediàtamente; ademas de que,aAadiô, yiëndome 
trapasado de miedo , ^ que hariais con ese pobre mozo , no 
haliéndose en estado de oontinuar la conversacion? Mas vale 
poiMrle en la calle , y dejar el negocio para maftana. Dofta Mar- 
ceUna oonyino en ello » aunque â pesar suyo , tan amiga era de 
lo présente; y creo qve sintiô bastante no haber podido hacer 
pomr al doctor el nneyo bonete que le tenia destinado. 

En cuanto à mi, ménos afligido de baber malogrado los mas 
precîosos favores del amor, que gozoso de yerme libre del 
pelîgro, me foi à casa del maestro, en dondepasé el resto de la 
noche en reflexionar sobre mi aventura. Estuve algun tiempo 
indecîso si àcudiria à la cita de la noche siguiente , porque no 
formaba juicîo de salir mas bien Hbrado en esta segnnda calave- 
rada que en la primera ; pero el diablo , que siempre nos cerca , 
6, por mejor decir, se apodera de nosotros en semejantes 
lances, me hizo créer que pasaria por unmentecato si me que- 
daba à la mitad de an camino tanbueno; y ann représenté à mi 
imaginacion à Marcelina con nuevos atraetiyos , y pondéré el 
precio de los placeres que me esperaban. Resolvi, pues , continuai* 
mientremes, y muy resuelto âtener mâfs firmeza, con tanbellas 
disposiciones , me foi al dia siguiente Ala puerta del doctor entre 
once y docede la nodie,y enmediô de ùna dscoridad tan grande 
que no se veia brillar una sola estrefla en el cielô. Manllé dos 6 
très veces para avisar que estaba en la callé ; pero como nadie 
bajaba à abrirme, no me contenté con empezar de nuevo, sino 
que me puse à remedar todos los dif^entes gritos de gato que* un 
pastor de Olmedo mè babia enseiïado^ y lo hice tan al natural, 
que un yecino que volvia à su casa , tenièndomépor utto de estos 
animales cnyos manlKdos imitaba , cogié un guijarro que tro- 
pez6 con los pies y nie le arrojé con toda su foerza, diciendo : 
jMeUdito sea et ^tt^f^Recibi tàn foerte golpe en la cabeza que 
quedé aturdido por el pronto', y faite poco para que cayese en 
tierra atolondrado. Esto basté para que dièse al diablo el galan- 
teo, y perdiendo el 'amor juntamente çon la sangre, me volvi à 
casa, dônde desperté ë hice levantar & todos. El maestro reco- 
nocié la herida que le parecîé peligrosa , pero no tuvo malas ré- 
sultas y se cerré al cabo de tres.semanas. En todo este tiempo 
no ol hablar de Marcelina. Es natural quo Melancia, para despren- 
derla de mi , le buscafise algdn otro conocimiento , de lo que no 
me informé porque nada me importaba ; pues sali de Madrid 
para andar la Espafla luego que me vi perfectamente curado. 

58! T. 



too GIL BLAS. 



CAPITULO vin. 

Encuentro de Gil Bias j ta oompaAero oon un hombre que estaba iDojando 
mendrugos de pan en unafuente, j conversacion que con â tuvie'ron. 

CoDtôme el amigo Diego de la Foente otras ayentaras que le 
sucediéron en adelante ; pero todas de tan poca importancia , 
que no merecen la pena de referirse. Sin «nbargo , me vi preci- 
sado à otrselas , y en verdad que no file {H'eve la relacion , pues 
durô hasta que llegàmos à Puente de Duero , donde nos detu- 
vimos lo restante de aquel dia. Hicimos en el meson que nos 
dispusiesen una buena sopa, y asasen una liebre, despaes de 
cercioramos de que era verdaderamente tal. Al amanecer del dia 
siguiente proseguimos nuestro camino , habiendo entes Uenacft 
la bota de un vino mediano , y metido en las mochilas algunos 
pedazos de pan , juntamente con la mitad de la liebre que nos 
habia sobrado de la cena. 

Despues de liaber caminado oerca de dos léguas ^ nos sentimos 
con gana de almorzar, y habiendo visto como à doscientos pasos 
de camino un grupo de àrboles que haciaq sombra deliciosisima » 
escogimos aquel sitio , è hicimos alto en el. AUi encontràmos à 
un hombre como de yeinte y siete à veinte y ocho aûos , que 
estaba mojando en una fiiente algunos zoquetes de pan. Tenia i 
su lado sobre la yerba una espada larga y una mochila. Pareeio^ 
nos mal yestido , mas por otra parte , de luien rostro , y bien 
plantado. Saludàmosle oortesmente y y él nos correspondiô cm 
igual cortesania. Presentônos luego sus mendrugos mojados , y 
con cierto aire risueûo y despejado nos dijo si eramos servidos. 
Admitimos el convite e^ el mismo tono , mas con la condicioo 
de que habia de tener é bien que juntasemos los almuerzos para 
que fuesen mas abundantes. Vino eu ello con. mucho gusto , y 
nosotros sacàmos nuestras proyisiones , lo que ciertamente no 
le desagradô. jOh! seûores, exclama enagenado de alegria, 
yerdaderamente que ustedes yienen bien proyistos de municio- 
nés de boca , y se conoce que son hombres prevenidos , y que 
miran à lo yenidero. Yo me fio demasiado en la fortuna. Sin 
embargo , à pesar del miserable estado en que ustedes me yçn , 
les puedo asegurar que alguna vez hago un papel muy brillante. 
Sepan ustedes que no pocas me tratan 4^ principe y estoy ro- 
deado de guardias. Segun eso , dijo Diego, sera ymd. comediante. 
Adiyinôlo ymd., respondiô el desconocido, porlp ménosbaquince 
aflos que no tengo otro oficio. Siendo niûo representaba ya ci^tos 
papeles cortos, esto es, que tuyiesen poco que aprender.Uablemos 
francamente, replicô el barbero , meneando ladinamente la cabeza , 



LIBRO SEGUNDO. 101 

lengo dificuiiad encreerlo, porqueconozco bieu a luttcomeauuites, 
y se qne estos sefiores no aoostambran caminar à pie , ni hacer 
almuerzos à lo san Anton ; y nie temo , me temo que si vmd. 
ha faecfao algun papel no habra sido otro que el de enoender y 
apagar las lamparillas. Piense ymd. de mi lo que quisiere ^ res- 
pondiô el histrion, lo cierto es que hago los primeros papeles, 
y comunmente me hacen representar el de primer galan. Siendo 
asi ,, repuso mi camarada , doy â ymd. la enhorabuena , y oe- 
lebro mucho que el sefior Gil Bias y yo hayamos tenido la honra 
de desayunamos en compaASa de tan gran personage. 

Comenzimos entônces i roer nuestros regojos y las preciosas 
reliqnias de la liebre , alternando con tan frecuentes topetadas 
à la bola, que en poco tiempo la dejàmos enteramente pes 
con pez, sin que en todo este tiempo desplegase los labios 
ninguno de los très. Al cabo rompiô el silencio el barberOlo, 
diciendo al comediante : Estoy admirado de ver & ymd. en es- 
tado tan lastimoso. No se puede dudar que es mucha pobreza 
para un héroe de teatro , y perdone vmd. si le hablo con esta 
daridad. Por cierto, replicô el actor, que se conoce no ha oido 
ymd. hablar del fimioso comediante Melchor Zapata; porque ha 
de saber ymd. que , por la misericordia de Dios , no soy de 
genio delicado. Me da ymd. mucho gusto en hablarme con tanta 
firanqueza , porque tambien gusto yo de hablar con ella. Confieso 
de buena fe que no soy rico ; y sino miren ustedes esta ro- 
piDa. Didendo esto nos mostrô el forro de ella, que era todo 
de los carteles de comedia que se fijan en las esquinas. Esta es 
la tela qne comunmente me sirve de forro ; y si todayia tienen 
curiosidad de yer lo que hay en nri goardaropa , contentarè à 
ustedes *: hélo aqui. Y al mismo tiempo sacô de la mochfla un 
yestido entero, guamecido de esterilla yieja de plata felsa, una 
gorra muy raida,. cpn un penacho de yiejisimas plumas, unas 
médias de seda con mas agujeros que un criyo ô una salvadera, 
j unes zapatos muy usados de badanîll^ encarnada. Ya yen 
ustedes ahora que soy medianamente infeliz. Eso es lo que me 
admira, lereplicô Diego. {Pues que! ^no tiene ymd. muger ni 
hija? Si, seftor , respondiô Zapata; pero yea ymd. la desgracia 
de mi estrella : tengo muger moza , mas no por eso estoy mas 
adelantado. Casème cou una linda comedianta , esperaado que 
no me dejaria morir de hambre ; pero por mi poca fortuna di 
con una muger de juicio y de un recato incorruptible. ; Quieili 
diablos no se engafiaria como yo! Una muger yirtuosa que 
era del nèmero de k>8 cômicos de la légua , me habia forzosa- 
mente de tocar à mi en suerte. Seguramente es desgracia , dijo 
el barbero; pero ;,porqué no se casô ymd. con alguna bonita 
comedianta de las corapafiias de Madrid? Entènoes si que logfa- 
ria su iotento. Conyengo en elKi , respondiô eHarsance , pero â 



102 GIL BLAS. 

un pobre comediante de la legua no le es licite elevar sus peo:^ 
samientos à tan encqmbradas heroinas. Eso solamente lo podra 
haoer alguno de la compania del corral del Principe , y aun en 
ella se yen muchos predsados à casarse con otras mugeres que 
no son de la profesion , y por fortuna suya Madrid es bueno , y 
se suelen encontrar en el algunas que se las pueden apostar à las 
princesas de teatro. 

^Peroque, le replico mi compaûero, nunca pensé vmd. entrar 
en alguna de las compaflias de la corte ? ^ Acaso se necesita un 
mérito consumado para. lograrlo? {Bravo! respondiô Melchor , 
vmd. se burla con su mérito consumado. Yeinte actores hay en 
cada compaftia ; pregunte vmd. al publico lo que siente de ellos, 
y oirà cosas bcliisimas. Has de la mitad por lo mènos mereciaii 
ir cargados como yo con la mochila , y en medio de eso no es 
tan fâcil como se piensa ser recibido entre ellos ; pues se necesita 
dinero 6 grandes cmpe&os que suplan por la habitidad. Ninguno 
puede saberlo mejor que yo, porcpie ahora mismo acabo de re- 
presentar en Madrid, y salgo mas aturdido de palmadas y silbidos 
que todos los diablos , sin embargo de que me prometia ser muy 
aplaudido , porque representaba gritaudo , manoteando , des- 
coyunténdome y torciendo el cuerpo hàcia todas partes, con mil 
gesticulaciones y posturas cien léguas distantes de todo lo natu- 
ral , hasta llegar una vez casi à dar en la cara una puftada à mi 
dama miéntras yo estaba declamando. En una palabra, repre- 
sentaba imitando la escuela que el vulgo célébra en los grandes 
actores ; y en medio de eso lo que aplaudia tapto en otros no 
lo podia sufirir en mi. Yea vmd. cuanto puede la preocupadon. 
En vista de ello, no acertando à dar gusto , y no teniendo medio 
para ser admitido en la compaftia à pesar de todos los silbidos 
de la mosqueteria, dejè à Madrid , y me vuelvo é mi Zamora , 
donde estén mi muger y mis compafieros, que no hacen alii 
gran fortuna ; y quiera Dios no nos veamos precisados à pedir 
limosna para poder pasar à otra eiudad , como mas de una vez 
nos ha sucedido. 

Diciendo esto nuestro principe dram&tico, se levante, echose à 
cuestas la mochila , ciftôse la espada, y despidiéndose de nosotros : 
Adios , nos dijo con mucha gravedaid, quieran los dioses inmor- 
tales derramar sobre ustedes à manos llenas sus favores. Y quie- 
ran los mismos , Ic respondiô Diego en el propio tono , que 
halle vmd. en Zamora à su muger mudada y mejor establecida. 
Luego que el seftor Zapata nos volviô la espalda , comenzô à 
gesticular y k reprcsentar caminando, y nosotros le comcnzàmos 
â silbar para que no se le olvidascn tan presto los silbidos de 
Madrid, Gon efecto, creyô que todavia le sonaban en los oidos : 
y volViendo la cara, y viendo que nosotros nos divertiamos â 
su eo^ta, lèjos de darse por ofendido , èl mismo ayudô â la 



LIBRO SECUNDO. 103 

zamba, y prosiguiô su viage dando grandisimas carcsyadas. 
Gonrespondimosiy por nuestra parte cou grande algazara ; y 
cagiendo otra yez el camino real, seguimos nuestra marcha. 



CAPITULO IX. 

Eftado en que encontre Diego A sus parientea ; y cemo Gii Bias te separô de el 
despaes de haber participado de ciertas dirernones. 

Filimos aquel dia à dormir entre Mojados y YaldestiUas a an 
Ingarcfllo cayo nombre se me ha olvidado , y al signiente é las 
once de la mafiana entrémos en la Uanada de Olmedo. Sefior Gil 
Bias, me dijo mi camarada, aquel es eV lugar de mi nacimiento. 
No le paedo yolver à ver sin llenarme de jùbilo : tan natural 
es en todos el amar su patria. Sefior Diego, le respondi, un 
bombre como \md. , que tanto amor tiene à su tierra , parece 
debia haber hablado de ella con mayor estimacion. Ymd. me la 
pinto como si fuera un lugarcillo ô una aldea, y à mi se me 
présenta como una ciudad. Era razon que por lo ménos la tra- 
tase vmd. de villa grande. Yo le pido perdon , respondiô el 
barbero; pero dire que despues de haber yisto é Madrid, Toledo, 
Zaragoza , y otras principales dudades de Espafta en la yuelta 
que he dado por ella, todo me parece aldea. Conforme ibamos 
adelantando en la llanura, y acercéndonos â Olmedo, nos paredô 
>er junto al pueblo multitud de gente , y cuando nos hallàmos 
à dîstancia de poder discemir los objetos, tuvimos mucho en quo 
diyertir la yista. 

Yimos très pabellones 6 tiendas de campafta , poco distantes 
una de otra, y al rededor de ellas muchedumbre de codneros y 
ayudantés de cocina, que estaban disponiendo una gran comida. 
Unos ponian unas mesas largas dentro de las tiendas , otros 
echaban yino en grandes yasijas de barro : estos atendian à que 
codesen las oUas, y aquellos daban yueltas à luengos asadores, 
en que estaban espetadas yiandas de todo género. Pero à mi 
nada me lleyô tanto la atencion como un espacioso teatro que 
obseryé bastante eleyado , que estaba adornado con algunos bas- 
tîdores de carton pintado de diferentes colores^ y Ueno de ins- 
cripdones griegas y latinas. Luego que el barbero yiô tanto 
griego y tanto latin, dijo : Esto me huele terriblemente à mi tio 
Tomas ; apuesto algo 'à que ha andado aqui su mano , porque 
sabe de memoria una infinidad de libros de aula. Lo que me 
enfeda es que en las conyersaciones encsya sin césar pasages 
enteros de los taies libros , cosa que no à todos agrada. Fuera 
de eso, ha traduddo yarios poetas griegos y latinos, y esté ins-^ 
truido en la antigûedad, lo que se conoce por las notas con que 



104 GIL BLAS. 

!os ha enriquecido, como verbigracia aqnella de qne en Ataum 
Uoraban tos ni1io$ cuando lo$ asotaban : cosa que si no foera por 
su yasta y selecta erudicion, nosotros no la sabriamos, 

Despues de haber visto mi camarada y yo todas las cosas que 
acabo de decir, nos diô gana de preguntar ;porquè y para que 
se hacian todas aquellas preyenciones ? Al tiempo que nos iba- 
mos à informar se encontre Diego con un hombre, que conociô 
ser su tio el sefior Tomas de la Fuente, y que al parecer mos- 
traba ser el director de la fiesta. Fuimonos à èl apresuradamente ; 
mas este maestro de primeras letras tardô algo en conocer é sa 
sobrino ; tanta mudanza babia hecho en aquel pobre moso la 
ausencia de diez afios. Conocido al fin, le abrazo estrediisnna- 
mente, y te dijo : i Oh querido sobrino Diego, con que al cabo 
has yuelto à yer à tus dioses pénates, y el cielo te ha restituido 
sano y salyo à tu fomilia ! ; Oh dia très y cuatro yeces beato I 
albo dies noianda lapillo ! Muchas noyedades encontraràs en la 
parentela. Tu tio Pedro , aquel gran talento , ya es yiaima de 
Pluton : très meses ha que muriô. Hombre ayariento, que toda 
su yida estuyo temiendo le habian de foltar siete pies de tierra 
para enterrarse : argenti paUebat amore. Tenia muehas pensiones 
de los grandes ; y no gastaba diez )loblones al afio en oomida y 
yestido. No daba de corner al ûnico criado que le seryia. Mas 
insensato que aquel Griego Aristipo , el cual, caminando por los 
desiertos de Libia, hizo à sus esclayos que dejasen en ellos todas 
las grandes riquezas que Ueyaban , alegando que aqueUa carga 
les incomodaba en la marcha, amontonaba toda la plata y todo 
el pro que podîa haber à las manos. Mas i para que ? Para que 
lo gozasen sus herederos à quienes no podia sufrir. Dejô à su 
muerte treinta mil ducados , que se repartièron entre tu padre , 
tu tio Beltran y yo. Todos nos hallamos en estado de pasarlo 
bien. Mi hermano Nicolas colocô ya i su hija Teresa, que acaba 
de casarse con el hijo de uno de nuestros alcaldes : connublo 
junxU stabili, propriamque dicaviL Este himeneo, concluido bajo 
los mas félices auspicios , es el que estaraos celebrando hace ya 
do ^ dias con todo el aparato que yes. Hicimos leyantar estas 
tiendas de campafia en esta llanura. Los très herederos de Pedro 
tienen cada uno la suya ; y por su turno costean la fiesta de un 
dia. Hubiera celebrado mucho hubieses llegado antes para que 
gozascs de todas. Antes de ayer, dia ea que se celebrô laboda, 
oorriô tu padre con el gasto ; y diô una soberbiaccHnida, y des- 
pues hubo parejas, y se corriô sortija. Tu tio el mercader tomô 
de su cuenta el dia de ayer , y nos diyertiô con una belliskna 
fiesta paatoril. Yistiô de pastores i los diez muchachos mas lin- 
dos y agraciados del lugar , y de pastoras à las diez muchachas 
raas pulidas y aseadas que habia en todo Olroedo^ «npdeando en 
en^anarlas las cintas mas ricas y los raas preciosos di||es <|ue 



LIBRO SEGUNDO. 105 

se halUroD en sa Uenda. Toda acpiella hicida juveotad armé mil 
gradosisimas daozas, cantando despues otras tantas letrillasmuy 
cfauscas» tiernas y amorosas. Y aunque no parecia, posible cosa 
mas diTertida , con todo eso no die gran golpe ; sin duda por- 
qne en Castilla la Yicga hemos perdido el gusto à las diversiones 
pastoriles. 

Hoy me toca à mi, y pienso divertir à los yecinos dc CMmedo 
con an especticnlo todo de mi invention : finis earonabk opm* 
Uaodé alzar an teatro , en el cual, con la ayuda de Dios , hari 
representar por mis discipulos una de mis tragedias, inthulada : 
Los pasaiiempos de Mulet Bugentuff rey de Marruecos. Seejecutarà 
con el mayor primor, porque entre los mochachos los hay qne 
dedaman oomo los mas célèbres comediantes de Madrid. Son 
todoa hijos de honradas fiunilias de Peftafiel y Segovia, y los 
tengo en mi casa à pupilage. ; Excelentes représentantes I Yer- 
dad es que les he ensefiado yo. Su dedamacion parecerà aca- 
fiada en el cufto del maestro, til ita dicanu En cuanto à la tragedia, 
DO te qaiero hablar de ella , puesto que la has de oir , por no 
privarté del placer de la sorpresa; y solo dire sendllamente 
que dejarà extàticos à todos los espectadores. Es nno de aque- 
Oos asuntos tr^gicos que ponen todo el alma en conmocion, por 
las terribles imégenes de la muerte que ofrecen à la fantasia. 
Yo siempre he sido de la opinion de Aostôteles , que es nece- 
sario excitar el terror. ] Ah I si yo me hubiera dedicado al teatro, 
nonca saldrian à él sino heroes sanguinarios y principes asesinos, 
y me baûaria siempre en sangre. En mis tragedias se verian 
morir no solo à los primeros personages, sino hasta las mismas 
goardiaa. ;Qaé digo , hasta las mismas guardkasi Haria tambien 
degoUar al apuntador. En fin, solo me agrada lo terrible : este 
es todo mi gusto. De esta manera los poemas de esa especie se 
levantan con el aplauso de la muchedumbre , mantienen el lo^o 
de los comediantes, y hacen célèbre el nombre de los autores. 

Acababa de pronunciar estas palabras cuando vimos salir del 
pueblo y enirar en la llanurà un gran gentio de uno y otro sexo. 
Erau los dos esposos, acompaâados de sus amigos y parientes, 
é iban precedidos de diez ô doce tocadores de instrumentos, que 
tailian todos à un tiempo, hadendo un conderto muy ruidosQ. 
Saliàles al encuentro Diego , y diose à conocer. Inmediatamente 
resonéron por el campo \€5 gritos de alegria con que fué recibido 
del acompailamiento , corriendo todos à abrazarle, y procurando 
cada uno ser el primero. No tuvo poco que hacer en corres- 
ponder à todas las demostraciones de amor y cumplimientos que 
le bidéron. SoCocàbanle à abrazos todos los de la familia y cuantos 
se hallaban présentes ; y luego que se aquieto on poco aquel pri- 
mer torbion , le dijo su padre: Seas bien venido, hijo Diego : en 
verdad que durante tu ausencia han adelantado mucho tus pa- 



106 GIL BLAS. 

rientes : ;no es asi? Por ahora no te digo mas; à su tiempo lo 
sabris muy por menor. Miéntras tanto el gentio se foé adelantando 
hécia la Uanura, llegô à ella , entrôse en las tiendas, y foëse sen— 
tando à las mesas, que ya estaban preparadas. Yo no dejé é mi 
compaftero ; sentéme junto à èl , y entrambos Gomimos con los 
dos novios , que me parecièron corresponder bien uno i otro. 
Durô mucho tiempo la comida, porque el preceptor 6 maestro 
tUYO la Tanidad de querer que très yeces se cubriese la mesa , 
por aventajarse à sus hermanos, que no habian dispuesto las c€h- 
sas con tanta magnificencia. 

Despues del banqueté todos los convidados mostréron grande 
impaciencia por ver larepresentacion de la obra del seftor Tomas, 
no dudando, decian, que una produccion de ingenio tan superior 
séria dignisima de oirse. Acercàmonos , pues , al teatro , donde 
todos los mùsicos ocnpaban ya el lugar de la orquesfa para tocar 
en los intermedios. Esperaban todos con el mayor silencio i que 
se dièse principio à la tragedia. Bejàronse ver los actores en la 
escena ; y el autor con su obra en la mano estaba tras las eortinas 
en sitio donde pndiese apuntar y ser oîdo de los que represen- 
taban. Conmucha razon nos habia preyenido que era tràgico su 
drama, porque en el primer acto elrey de Marruecos maté por 
via de diversion cien esdavos à fiechazos. En el segundo hizo 
degollar treinta oficiales Portugueses que uno de sus capitanes 
liabia hecho prisioneros : finalmente en el tercero aquel monarca, 
cansado de sus mugeres , pegô èl mismo por su mano fhego i un 
palacio aislado , donde estaban encerradas , y juntamente con él 
las redujo todas; à ceniza. Los esclavos moros y los oficiales Por- 
tugueses estaban representados por unas figuras de mimbre hechas 
con algun primor , y el palacio , que era de carton , se aparentaba 
abrasado por un fuega artificial. Este incendio , acompaflado de 
lastimosos gritos , que parecian salir de en medio de las llamas , 
di6 fin à la tragedia, y cerrô el teatro de una manera patëtica y 
divertida. Resonéron en toda la llanura los Yi?as y los aplausos 
con que fué celebrado un drama de tan ingeniosa invencion : lo 
que acreditô el buen gusto del poeta , y su singular acierto en la 
eleccion y oportunidad de los asuntos. 

Creia y o que ya nada habia que ver despues de Los pasatiempos de 
Mulei BugetUuf; pero engafiéme. Anunciéronnos un nuevo espec- 
téculo los timbales y trompetas. Era este la distribucion de los 
premios , porque Tomas de la Fuente , para mayor solemnidad 
de la fiesta, à todos sus discipulos, asi pupilos comolos que no 
lo eran , les habia hecho trabajar varias composiciones , y en aquel 
• dia se habian de repartir los premios à los mas sobresalientes , 
consistiendo aquellos en ciertos libros que el mismo preceptor é 
Costa suya habia ido à comprar â Segovia. De repente , pues , se 
dejàron ver en el teatro dos bancos largos de escuela , y un ar* 



LIBRO TERCEHO. 107 

mario ô estante Ueno de libros pequeflos encuadernados con aseo. 

Entonces todos los actores se presentâron en la escena , y for- 

màron un semidrcalo delante del seftor Tomas , el caal se dejaba 

Ter con tanta graTedad y aatoridad como pudiera an prefecto de 

colegio. Tenia en la mano la lista de los nombres de los que de- 

bian ser premiados. Entregôsela al rey de Marruecos , quien se 

pnso à leerla en alta toz , Uamando uno por nno à los nombrados 

para recibir el premio. Cada cual iba con respeto à recibir un libro 

de la mano del pédante , inclinéndose profiindamente al ir y al 

Tolyer coando pasaban delante del monarca mairoqni. Juntamente 

con el libro se les coronaba à todos coti una guirnalda de laurel» 

y despnes se iban sentando en uno de los dos bancos para que 

faesen yistos , aplaudidos y admirados de todos » pero particular- 

mente de sus madrés, amigos y parientes. Por mas cuidado que 

puso el preceptor en que todos quedasen contentos , no lo pudo 

conseguir, porque obseryàndose que la mayor parte de los premios 

habîan tocado à los pupilos , como regularmente se acostumbra , 

las madrés de los otros discipulos lo Uevàron muy à mal, se al- 

borotiron , y acusàron al maestro de parcialidad ; y tanto , que 

una iesta tan gloriosa y tan alegre hasta aquel punto , faite poco 

para que se acabase tan desgraciadamente como el banqueté de 

les Lapitas '. 



LIBRO TERCERO. 



CAPITULO I. 

Liegada de Gil Bias â Madrid , y primer amo â quien sirriô alli. 

Betuyeme algunos dias en casa del barbero , y juntéme des- 
pues con un mercader de Segovia que pas6 por Olmedo. Habia ido 
â Yalladolid con cuatro mulas cargadas de varies géneros , y se 
Tolvia à su casa con todas ellas de vacio. Hizome montar en una, 
y tomàmos tanta amistad en el camino , que cuando llegàmos à 
Segovia se empefiô en que me faospedase en su casa. «Dos dias 

' Cuando se casô Piritoo, rey de ios Lapitas, con Hipodamia, convidô à su 
boda â los principales Gentauros y Lapitas. Despues de acalorados oon los Tinos 
y licores , el centauro Enrition quiso yiolentar â la noria Hipodamia , y los 
otros ccntanros dias jôvenes convidadas ; pero los Lapitas indignados cortâron la 
nari7 y las orejas a Eurition , y se trabô entre ambos partidos un combate san- 
griento. 



108 GIL BLAS. 

descansè en ella , y caando me yiô resueho à marcfaar à Madrid 
con el arriero, me di6 una carta, encargândome mocho que la 
entregase yo mismo en mano propia, sin decirme que era una 
carta de recomendacion. Hicelo asi , ponîèndola yo mismo en 
manos del sefior Mateo Melendez , mercader de pafkos , que Tivia 
en la Puerta del Sol , esquina de la callejuela del Cofre. Apënas 
abriô el pliego, y leyô su cotitenido, cuando me dijo con un modo 
muy agradable : Seftor Gil Bias, mi corresponsal Pedro Palac^os 
me recomienda la persona de vmd. con tan vivas expreaioncs , 
que no puedo dejar de ofrecerle un cuarte en mi casa. Ademaa 
de esto me suplica le busqué una buena conveniencia, cosa de 
que me encargo con gusto , y con esperanza de que no me seri 
muy dificil colocar é vmd. ventajosamente. 

Aceptë la generosa oferta de Melendez con tanto mayor gusto 
cuanto veia que mi dinero se iba por instantes acabando ; pero 
no le fui gravoso largo tiempo. Pasados ocho dias me dijo acababa 
de proponerme à un caballero amigo suyo que necesitaba de on 
ayuda de càmara, y que , segun todas las sefias , no se me escaparia 
esta conveniencia. Con efecto , habiëndose dejado ver el tal ca- 
ballero en aquel mismo memento : Seftor , le dijo Melendez ,inos- 
tràndome à él, este es el mozo de quien hablAmos poco ha , de 
cuyo procéder ine constituyo por fiador , como pudiera del mio 
mismo. Mirôme atentamente el caballero, y respondiô que le 
gustaba mi fisonomia , y que desde luego me recibia en su ser- 
vicio. Sigame , afladi6 , que yo le instruire en lo que deberé hacer. 
Diciendo esto se despidiô del mercader , y me llevô consigo à la 
calle Mayor, frente por trente de San Felipe el Real. Entrâmes 
en una casa muy buena , donde él ocupaba un cuarto : subîmes 
unes cinco ô seis escalones , y me introdujo en un aposento cerrado 
con dos buenas puertas , en la primera de las cuales habia una re- 
jilla de hierro para ver à les que Ilamaban. Pasémos despues i 
otra pieza donde tenia su cama con otros varies muebles mas 
aseados que preciosos. 

Si mi nuevo ame me habia mirado bien en casa de Melendez, 
tambien yo le examiné à él despues con particular atenden. Era 
un hombre de unes cincuenta aûos , de aspecto frio y série. Pa- 
reciôme de buena indole, y no formé mal concepte de él. Hizome 
muchas preguntas acerca de mi familia , y satisfedie de mis res- 
puestas:*Gii Bias, me dgo, yo contemple que ères un meze de 
gran juicio , y me alegro mucho de que me sirvas ; y per tu 
parte espère estaràs contente con tu acomodo. Te daré seis reaies 
al dia para que comas y te vistas , sin perjuicio de algunos pro- 
vechos que pedris tener conmige ; yo no soy hombre que dé 
mucha molestia à los criados : nunca corne en casa, sine siempre 
cen mis amigos. Per la maflana ne tienes que hacer mas que 
limpiarme bien los vestidos; lo restante del dia te queda libre. 



LIBRO TERGERO. 109 

y pnedes hacer lo que quieras: basta que por la noche te retires 
à casa temprano , y me espères à la puerta de mi cuarto : esto 
es todo lo que exijo de ti. Despues de haberme dado esta ins- 
troocion, saoô seis reaies del bolsillo , y me los entregô para em- 
pezar à cumplir nuestro iguste. Sallmos los dos juntos , cerrô 
él mismo las puertas, lleyôse consigo la Haye, y me dijo : No 
tienes que seguirme , y puedes irte à donde te diere la gana ; 
per o cuidado que te encuentre en la escalera cuando vuelva à 
casa por la nodie. Diciendo esto se marchô , y me dejô que dis- 
pnsiese de mi como mejor se me antojase. 

Vamos claros , Gil Bias , me dije entônces à mi mismo , que 
oo te era posible encontrar amo mejor. Tu sirves à un hombre 
que por limpiar sus yestidos , hacerle la cama y barrer su cuarto 
por la maûana te da seis reaies cada dia , y libertad de hacer 
dermes lo que qaisieres, ni mas ni mënos que un estudiante en 
liempo de vacadones. A fe que no sera fâcil hallar otra conve- 
nieocia igual. Ya no me admiro del hipo que tenia por venir à 
Madrid ; sin duda era presagio de la fortuna que me esperaba. 
Pasé todo el dia en andar de calle en caUe, viendo muchas cosas 
que me cogian de nuevo, y que no me daban poca ocupacion* 
Por la noche cené en una hosteria , poco distante de nuestra 
casa » y prontamente me retiré al sitio donde d amo me habia 
mandado le esperase. Llegô très cuartos de hora despues » y se 
mostrô contento de mi puntualidad. Muy bien , me dijo , eso me 
gusta ; yo quiero criados que sean exactos en hacer lo que les 
mando. Dicho esto , abriô las puertas del cuarto , cerrôlas , y 
como nos hallàbamos à oscuras , echo yescas y encendio una 
Tela. Ayudèle despues â desnudar, y luego que se metiô en la 
cama encendi por su mandado una lamparilla que habia en la 
chimenea , cogi la yela y Uevëla à la antesak , donde me acosté 
en un catre. Al dia siguiente se levantô entre nueve y diez de 
la maûana ; acepillë sus vestidos , diôme mis seis reaies , y des- 
pidiôme hasta la noche. Saliô fuera de casa , sin descuidarse 
de cerrar bien las dos puertas , y hëtele aqui que uno y otro 
DOS separàmos para el resto del dia. 

Tal era nuestra vida , que à mi me parecia muy dulce y aco- 
modada. Lo mas gracioso de todo era , que yo no sabia aun 
como se Uamaba mi amo , y Melendez lo ignoraba tambien. So- 
lo conocîa al tal caballero por uno de tantos como conqurrian à 
su lonja à comprar gëneros ; y los yecinos tampoco pudiéron 
satisfacer mi curiosidad. Aseguràronme todos que no sabian que 
clase de hombre era mi amo , aunque hacia dos afk>s que vivia 
en aquel barrio. Dijéronme que no trataba con ninguno de los 
yecinos; y algunos, acostumbrados à juzgar temerariamente 
mal de todo , inferiaii de aqui que era un hombre de quien no 
se podia formar juicîo alguno bueno. Con el tiempo se adelantô 



110 GIL BLAS. 

mas : sospechôse fiiese una espia del rey de Portugal ■ ; y me 
aconsejàron caritativamente que tomase mis medidas acerca del 
particular. £1 aviso me puso en sumo cuidado , porque desde 
luego formé juiclo de que, si era verdad lo que se decia, corria 
yo gran peligro de Tisitar los calabozos de Madrid. Mi inocencia 
no me podia asegurar/y mis pasadas desgracias me obligaban 
à temerla justicia. Habia experimentado ya dos veces que, si no 
quita la vida à los inocentes , à lo ménos guarda tan mal con 
ellos las leyes de la hospitalidad , que siempre es una desgracia 
hospedarse en su casa , aunque sea por poco tiempo. 

Consulte con Melendez lo que debia hacer en tan criticas y 
delicadas circunstancias ; pero no supo que conscjo darme. No 
podia créer que mi amo fuese espia , mas tampoco tenia razon 
fuerte y positiva para negarlo. Tome , pues , el partido medio 
de observar bien to^os sus pasos , y si descubria que verdade- 
rameute era un enemigo del estado , abandonarle enteramente ; 
pero al mismo tiempo me parecio que la prudencia, y lo bien 
hallado que estaba con el , pedian que caminase con el mayor 
tiento y circunspeccion en poner por obra lo que habia deter- 
minadOy sin asegurarme antes de la verdad. Gomenzé, pues, à 
examinar todas sus acciones y movimientos , y para sondearlos 
mejor : Seftor, le dije una noche miéntras le estaba desnudando , 
no sabe un hombre como ha de vivir para librarse de malas 
lenguas. El mundo esta perdido , y nosotros tenemos unos ve- 
cinos que no valen un demonio. {Malditas bestias ! No créera 
su merced como hablan de nosotros. Y bien , GQ Bias , me res- 
pondiô, ^qué es lo que pueden decir? {Ah, seftor! répliqué, i 
la murmuracion nunca le falta asunto. Encuéntralos 6 los suefia 
hasta en la misma virtud. ^No es bueno que nuestros vecinos 
tienen aliento para decir que nosotros somos gente peligrosa, y 
que la corte debe vigilar nuestra conducta? En una palabra , di- 
cen que su merced es espia del rey de Portugal. Entonces aizé 
los ojos y le miré con cuidado, como Alejandro à su medico, 
para notar el efecto que producia lo que acababa de decirle. 
Pareciôme que se turbaba algun tanto , lo cual confirmaba po- 
derosamente las conjeturas de la vecindad : noté que poco des- 
pues se quedô pensativo y cabizbajo , y esto tampoco lo inter- 
prété muy fovorablemente. Asi estuvo por un brève rato ; pero 
luego , como quien vuelve en si , me dijo en un tono y con ros- 
tro muy tranquilo : Gil Bias , dejemos à los vecinos que digan lo 

* Habia en el tiempo â que se refiere esta historia ( que se supooe sçr hâcîa los 
aAoB de 1648) guerras porfiadas entre Espana y Portugal con motivo de la rc- 
belion de esta potenda para sustraerse de la dominacion espanola , y alzar por 
su rey al duque de Braganza , como lo verified con auxilio de la Francia y de 
etras potencias rÎTalcs del gran podcrîo de la Espana. 



UBRO TERCERO. Ill 

que qoisiereo; naesCra qaietud no ha de depénder de sus mali- 
gnas expresiones. No hagamos caso de lo que dicen los hom- 
bres , miéntras no demos motiyo i que lo digan. 

Aoostôse despues con mucho sosiego , y yo hice lo mismo , 
sin saber que pensar. Al dîa siguiente , cuando ibamos à salir de 
casa» oimosUamar recio à la puerta de laescalera. Acudiô con 
prontitud et amo , y mirando por la rejilla , viô à un hombre 
bien i^estido, que le dijo: Seftor caballero, yo soy alguacil, y 
Tengo de parte del seâor corregidor à decir à vmd. que su 
sefioria desea hablarle dos palabras. ^Qué me quiere el seûor 
corregidor? respondiô mi amo. Eso es lo que no se, replicô el 
alguadl ; pero vaya vmd. à su casa , y presto lo sabré. Yo le 
beso las manos al sefior corregidor, repuso su merced ; yo no 
tengo nada que yer con su seûoria. Diciendo estas palabras cerrô 
enfadado la segnnda puerta, y comenzindose à pasear por el 
coarto en ademan de un hombre , segun lo que à mi me parecia, 
à quien habia dado mucho que discurrir el recado del alguacil , 
me poso en la mano mis seis reaies , y me dijo : Amigo Gil RIas , 
tu poedes irte à pasear à donde quieras , que yo no pienso salir 
de casa tan pronto , y en toda la maAana no te he menester. 
Persuadime , al oir esto, que tenia miedo de que le prendiesen, 
y que por eso no queria salir. Dejële , pues ; y para yer si me 
engaâaba en mi sospecha me escondi en parafe desde donde po- 
dia observar si salta 6 no. Hubiera tenido paciencia para man- 
tenerme alli toda la maAana, si él mismo no me hubiese aliviado 
de este trabajo ; pues al cabo de una hora le ti salir, y presen- 
tarse en la calle con un desembarazo y un aire de confianza , 
que dejô confondida mi penetracion. Sin embargo , no me des- 
lumbrâron estas apariencias , antes bien me hiciéron entrar en 
mayor desconfianza. Pareciôme que todo aquello po;dia muy bien 
ser con estudio , y aun casi llegué à créer que se habia detenido 
en casa aquel tiempo para recoger sus joyas y dinero , y que 
probablemente iba à ponerse en salvo huyendo. Perdi la espe- 
ranza de yerle mas, y aun estuye perplejo en si iria aquella 
noche à esperarle en la puerta de la escalera , tan persuadido 
estaba de que saldria aquel dia de Madrid para librarse del pe~ 
ligro que le amenazaba. Sin embargo , no dejé de ir à esperarle, 
y qnedé admirado de yerle yolyer como acostumbraba. Acos- 
tése sin la menor muestra de cuidado ni inquietud ; y por^ la 
mafiana se leyantô y yistiô con la mayor serenidad. 

No bien acabô de yestirse cuando Ilamàron de repente à la 
puerta. Fué èl mismo à mirar por la rejilla quien Damaba. Viô 
que era el alguacil del dia anterior ; preguntôle que se le ofirecîa, 
y el alguacil respondiô que abriese al sefior corregidor. Al oir 
este nombre temible se mè helô toda la sangre. Habia ya cobrado 
un endiablado miedo y mas que pànico terror à toda esta casta 



112 GIL BLAS. 

de pàjaros desde que taye la desgracia de caer en sus manos, y 
eo aquel momento hubiera querido hallarme cien léguas distante 
de Madrid ; pero mi amo , que no era tan espantadizo ni tan 
medroso como yo , abriô la puerta con sosiego , y recibiô al se- 
fior corregidor con respeto. Ya ve vmd., dijo à mi amo» que no 
yengo à su casa con grande acompaftamiento , porque nunca he 
gustado de hacer las cosas con estruendo. Sin hacer caso de los 
rumores poco fovorables à ymd. que corren por el pueblo , 
me ha parecido que su persona era acreedora à que se la tratase 
con miramiento. Sirvase vmd. decirme como se Uama, quien es, y 
que hace en Madrid. Sefior, le respondiô mi amo , mi nombre 
es don Bernardo de Castelblanco , fomilia conocida en Castilla la 
Nueya. Mi ocopacion en Madrid se reduce é pasearme, fire- 
Guentar los teatros, y diyertirme con algunos pocos amigos, geote 
toda muy honrada , y de honesta y grata conyersacion. Sin duda, 
dijo el juez, tendra ymd. una gran renta. No» seâor, reposo 
mi amo» no tengo rentas, ni tierras » y ni aun casa. Pues ^de que 
yiye ymd.? le replied el corregidor. De lo que yoy â enseûar à 
y. S.» respondiô don Bernardo ; y al mismo tiempo alzo un tapiz, 
y abriô una puerta que estaba tras de él , sin que yo la hubiese 
obseryado » y luego otra que estaba despues de aquella » é hizo 
entrar al juez en un cuartito , donde habia un gran cofre todo 
lleno de oro , que quiso yiese con sus mismos ojos. Ya sabe 
y. S.» le dijo entônces » que nosotros los Espaûoles somos por lo 
general poco amigos del trabajo; mas por grande que sea la 
ayersion con que otros le miran , puedo asegurar que ninguna se 
iguala con la mia. Soy naturalmente tan perezoso y holgazan» que 
no yalgo para ningun empleo ni ocupacion. Si quisiera canonizar 
mis yicios dândoles el nombre de yirtudes» diria que mi pereza 
era una indolencia filosôfica, un rasgo del entendimiento desen- 
gaAado de lo que el mundo solicita y busca con tanto ardor ; 
pero debo confesar de buena fe que soy haragan y perezoso 
de nacimiento , tanto que si me yier^ precisado à trabajar para 
corner, creo me dejaria morir de hambre. En este supuesto » 
à fin de pasar una vida que se acomodase con mi humor, por 
no tener la molestia de cuidar de mi hacienda , y mucho mas por 
no haber de lidiar con administradores ni mayordomos» 
conyerti en dinero contante todo mi patrimonio , que consistia 
en muchas posesiones considerables. Cincuenta mil ducados en 
oro hay en este cofre, lo que basta y aun sobra nara lo que 
puedo yiyir, aunque pase de un siglo » pues no Uegan à mil 
los que gasto cada aûo , y cuento ya diez lustres de edad. No 
me da cuidado lo yenidero » porque » gracias al delo , no ado- 
lezco de alguno de aquellos très yicios que comunmente arruinan 
à los hombres. Soy poco inclinado i comilonas y meriendas : 
juego poco y y por mera diyersion; y estoy ya muy desenga- 



LIBRO TERCERO. 113 

ftado de las mageres. No temo que en mi veje2 me cuenten en 
el numéro de aqnellos Tiejos lasciyos , à quienes las mozuelas 
Tenden sus mentidos ë interesados favores à precio de oro. 

lOby J que dichoso es Tmd. ! exclamé el corregidor. Tenian- 
le contra toda razon por un espia, personage que de ningun modo 
podia convenir à un hombre de su carécter. Prosiga vmd., 
don Bernardo , en vivir como ha vivido hasta aqui. Tan lëjos 
estaré de turbar sus dias tranquilos y serenos , que desde luego 
los enyidiOy y me dedaro por su defensor. Pidole à ymd. 
sa amistad, y yo le ofrezco la mia. ; Ah sefior ! exclamô mi amo 
penetrado de tan atentas como apreciables palabras , admito el 
precioso don que Y. S. me ofrece. Su amistad es complemento 
de mi felicidad. Despues de esta conversacion , que el alguacil 
y yo oimos desde fiiera , el corregidor se despidiô de mi amo , 
que no hallaba expresiones con que manifestarle su agradeci- 
nûento. Yo de mi parte , por imitar à mi amo , y ayudarle à 
hacer los honores de la casa, hartè al alguacil de profiindas cor- 
tesias » aunque en el corazon le miraba con aquel tedio- con 
que todo hombre de bien mira à un corchete. 



CAPITULO U. 

De la admindioii que caïuô i Gil Bias el cncuentro oon el capitan Rolando, y de 
las cosas cariosas que le oontô aquel bandolero. 

Luego que don Bernardo de Castelblanco hubo despedido al 
corregidor acompaûàndole hasta la calle, Tohiô prontamente ù 
œrrar el cofre, y todas las puertas que le resguardaban. Hecha 
esta diligencia saliô de casa muy placentero por haberse gran- 
jeado tan importante amistad » y yo no ménos alegre por ver 
asegurados ya mis seis reaies. La gana que tenia de contar esta 
aventura à Melendez me obligé à encaminarme à su casa , pero 
al estar ya cerca de ella me encontre con el capitan Rolando. 
No puedo explicar lo sorprendido que me quedé con este en- 
cuentro , ni pude ménos de estremecerme y temblar à su yista. 
El tambien me conociô » llegôse à mi grayemente , y conser- 
Tando todayia su aire de superioridad , me mandô le siguiese. 
ObedeciletemblandOy y en el camino iba diciendo entre mi mis- 
mo: {Pobre de mi! ahora querré que le pague todo lo que le 
debo. ^À donde me lleyarâ? puede que tenga en esta yilla al- 
guna cueya oscura. { Diablo ! si tal creyera, en este mismo mo- 
mento le haria yer que no tengo gota en los pies. Con estos 
pensamientos iba andando tras de èl , muy atento é obseryar el 
sitio donde pararia , con intento de huir de èl à carrera tcndida 
por poco sospeehoso cpie me paredese. 

8 



114 GIL BLAS. 

Presto me aacô Rolando de este cuidado , y desranecie todo 
mi temor. Entrôse ea una fiamosa taberna ; segnile : mandô traer 
del mejor vino ^ y dispuao se hiciese comida para los das. 
Miënuras tanto nos metimos en un cuarto , y asi que el caipitan 
se viô solo conmigo , me haUô de esta snerte ': Sin duda , Gil 
Bias, que estaràs muy admirado de verte aqui con tu antigao 
comandante ; pero mas te admirarés cuando hayas oido lo que 
te voy à contar. £1 dia que te dejé en la oneva , y marché con 
mis compaûeros à MansUla à Tender las mulas y caballos que 
babiamos robado la noche ant^ior , encontràmos al hijo del 
eorregidor de Leon, acompaftado de cuatro hombres i caballa, 
todos bien armados , que seguian su coche. Acometimoslos : di- 
mosmuerte à dos de ettos » y los otros dos hnyèron. Temiendo 
el buen cochero hiciesemos lo mismo con su amo , nos suplicô 
COQ Ugrimas que por amor de IMos no quitasemos la vida al 
hijo ùnico del seûor eorregidor de Leon. Estas palabras, en yez 
de enternecer à mis oompafteros, les enardeciéron mas. Sefiores, 
d^o uno » no dejemos escapar al bijo del enemigo mas mortal 
de los de nuestra profèsion. i A cuantos de estos no ha hecho 
ajusticiar su padre? Yenguémoslos , y sacrifiquemos esta rio- 
lima à sus cenizas. Todos los demas aplaudièron tan inhumano 
consejo , y hasta mi teniente iba ya à ser el gran sacerdote de 
aquel sangriento sacrificio, si yo no le hubiera detenîdo el 
brazo. Aguarda , le dije ; i à que fin derramar sangre sin nece^ 
sidad? Contentémonos con el bolsîllo de este pobre mozo, y 
pues no hace resistencia , séria una barbaridad matarle ; fuera de 
que él no es responsable de las acciones de su padre, ni aim el 
padre en condenarnos é mnerte hace mas que cumpiir con la 
obligacion de su oficio, asi como nosocros complimos con la del 
nuestro en robar i los caminantes. 

Intercedi, pues» por el hijo del eorregidor, y no le foé inteil 
mi interœsion. Solo le cogbnos todo el dinero que Heyaba, y 
jontamente nos apoderàmos de los caballos de los dos hombrea 
que habian muerto en la refriega, y vendimoslos enMansiMa con 
los demas que conduciamos. Volyimonos despues é nuestro so- 
terréneo, à donde llegémos el dia siguîente poco Antes de ama- 
necer* No quedàmos poco atônitos de yer levaatada la trampa , 
y mucho mas de encontrar A Leonarda àmarrada fuertemenle en 
la oocinaâ Contônos en dos palabras todo lo acaecido, y nos ad- 
mirémos mucho de que hubieses podido engafiarnos ; nnnca te 
hubieramos creido eapaz de jogarnos semejante petardo , y te 
perdonàmos el cbasco en gracia de la inyencion. Lnego que des- 
atamos A la cocinera , le di ôrden de que nos oompu»ese bien 
de corner. Entre tanto foiotos A la caballerna A cuidar de los 
cabaUos , y encontrAmos casi espirando al yiejo negro , que en 
yeinte y cuatro horas no habia probada bocado, ni yisto per* 



LIBRO TERCERO. 113 

tona dgana que le Bocorriese. Deseabimos darle algun afiirio , 
pero hsiiia perdido ya del todo el çonocimieiito , y nos pare^ 
d6 an caso tan desesperado d sujoj que , à peaar de noestra 
boena Tcrfnntad, desamparimos A aqoel miserable que estaba 
entre la Tida y la muerte. No por eso dejàmos de aentarnoa 
i fat mesa ; y despoes de haber almorzado grandemente nos re- 
tirémos à noestros cuartos , donde eatayimos dtamiendo 6 de^ 
cansando todo el dia. Cuando despertâmos nos dqo Leonards 
que ya habia maerto Domingo. Ueyémoa el eadàyer à la coya- 
Aai donde te acordaris qne dormias , y alii le hicimos el fane- 
rai y como si bnbiera tenido el honor de ser uno de noestros 
compafleros. 

Al cabo de cinco 6 seis dias sacediô que , babiendo hecbo una 
salida, encontrémos muy de mafiana A la entrada del bosqne très 
cuadrHIas de la santa Hermandad , que al parecer nos esta- 
ban esperando para dar sobre nosotros. Al pronto no des^ 
cubrimos mas que una. No la temimos ; y aunque superior en 
numéro â nuestra tropa la atacàmos ; pero al tiempo que eataba^ 
mos peleando con ella , las otras dos, que habian hallado modo 
de mantenerse embosardas , se echéi'on de repente sobre noso- 
tros y nos rodeàron de manera , qoe de nada nos siryiô nuestro 
yalor. Fuènos necesario céder al nâm^ro de )os enemigos. Nues* 
tro teniente y dos de nuestros camaradas muriéron en la 
fnndon. Los otros dos y yo, cercados por todaa partes, nos 
yimos predsados à rendirnos ; y miéntras las dos cuadrillas noa 
Deyaban presos à Leon , la tercera fiié à oegar y destruir la eue- 
Ta, que file descubierta del modo sîgoiente: atrayesando el 
bosqoe un labrador dei lugar de Luyego yolviendo à sa casa, 
yî6 por casualidad alzada la trampa de k cneya que dejAste 
abierta el mismo dia que te escapéste con la sefkora , y sospe-- 
ch6 que aqoeila era nuestra habitacion, y no teniendo yador 
para entrar en ella , se cootentô con obseryar bien sus contor^ 
nos ; y para acertar mejor con el sitio descortezô ligeramente 
algonos irboles yecinos , y otros mas de trecho en trecho , 
tiasta estar fuéra del bosqœ. Pas6 despoes à Leon , diô parte 
de aquel descubrimiento al corregidor , cuyo gozo fné mucho 
mayor , por cnanto estaba iaformado de que su bijo habia sido 
robado por nœstra compaûia. El corregidor hizo juntar las très 
coadrWas para prendemos , y les diô por guia al labrador que 
habia descubierto el soterràneo. 

Mi Hegada à la ciudad de Leon fné on grande especciculo 
para todos sas yecinos. Auncpie yo bubieca sîdo on general por- 
mgoes ' hedio prisionero de guerra , no habria sîdo mayor la 
cvrîoeidad con que todos corrian y se atropellaban por yerme. 

' yësK U hûU pàg. 110. 



116 GIL BLAS. 

Aquel es , decian, aquel es el capitan , y el terror de toda esta 
tierra: merecia ser atenaceado , y no ménos sus dos compaûe- 
ros. Presentâronnos al coriregidor , que dcsde luego comenzô A 
insultarme : Ya lo yes , malvado, me dijo ; el cielo cansado de 
tus delitos te ha entregado & mi justicia. Seflor , le respondi , es 
cierto que he cometido muchos ; pero à lo ménos no tengo que 
acusarme del de haber quitado la vida al hi:o de Y. S* Si yîye , 
à mi me lo debe ; y me parece que este servicio es acreedor 
i algun reconodmiento. \ Ah iniame ! replied , sin duda que es* 
taria bien empleado un procéder generoso con hombres de tu 
caràcter. Y aun cuando yo te quisiera perdonar, ^me lo per- 
mitiria por yentura la obligacion de mi empleo? Dicfao esto 
nos mandé meter en un calabozo , donde no dejô podrir & mis 
compafleros. Saliéron de él al cabo de très dias para represen- 
tar un papel un poco tràgico en la plaza mayor. Por lo que toca 
à mi , estuye très semanas enteras en la càrcel. Tuye por cierto 
que se dilataba mi suplicio para que fuese mas terrible ; y en 
fin , cada dia estaba esperando un nueyo gënero de muerte , 
cuando al cabo mandô el corregidor que me Ueyasen à sa 
presencia , y estando en ella me dijo : Oye tu sentencia. Quedas 
libre. Si no fuera por ti , mi hqo hubiera sido asesinado en me- 
dio de un camino. Como padre deseaba agradecerte este gran 
beneficio ; pero no pudiendo absolyerte como juez , escribi à là 
corte en tu feyor. Pedl aJ rey el perdon de tus delitos , y le con- 
segui. Yete à donde quieras ; pero o-éeme , aftadiô, aproyéchate 
de tan feliz como no esperado suceso. Yuelye en ti, y abandona 
para siempre esa desastrada yida. 

Atrayesado el corazon cou estas ultimas palabras, tome el 
camino de Madrid , con prop6sito de yiyir con sosiego en esta 
yilla. Encontre ya muertos â mis padres , y su herenda en manos 
de un yiejo pariente nuestro , que me diô aquella cuenta fiel que 
acostumbran los tutores. Solo pude lograr très mil ducados, que 
acaso no componian la cuarta parte de lo que debia heredar. 
Pero iqué habia de hacer? Nada adelantarîa con ponerle pleito , 
sino tener de ménos todo lo que gastase en él. Por huir la ocio^ 
sidad compré una yara de alguacil ; y segun cuqaplo con mi em- 
pleo , parece que no he tenido otro en toda mi yida. Mis nueyos 
compafleros por decoro se habrian opuesto à mi admision si 
bubieran sabido mi historia ; pero por fortuna mia la ignoraban, 
6 (lo que yiene à ser lo mismo) afectéron ignorarla, porque 
en este bonrado cuerpo todos tienen interes en que no se sepan 
sus hechos, susyirtudes y milagros. Por la misericordia de Dios 
ninguno tiene nada que echar en cara â los demas ; lleye el diablo 
al mejor. Con todo eso , amigo mio , continué Rolando , yo quiero 
descubrirte mi corazon. No me gusta el oficio que he tomado. 
Pide una conducta demasiadamente delicada y misteriosa , que 



LIBRO TERCERO. 117 

solo da lugar à suUlezas y raposerias. {Oh , y cuanto echo de 
mènos mi antigua y noblo profesion ! Confieso que es mas se- 
gon la nueva , pero es mas gustosa y divertida la otra, y yo soy 
amante de la alegria y de la libertad. Yoy yiendo que tengo traza 
de exonerarme de este empleo , y desaparecer el dia mënos pen- 
sado para retirarme à las montafias que estàn en el nacimiento 
del Tajo. Se que hay alli cierta madriguera , habitada por una 
Talerosa tropa llena de Catalanes determinados, cuyo nombre 
solo es su mayor elogio. Si me quieres seguir, irèmos à aumentar 
el oàmero de aquellos grandes hombres. Me brindan con el em* 
pleo de seg[undo capita de tan Oustre compaftia; y harè que te 
reciban en ella, asegur&ndoles que diez veoeste he yisto com* 
bâtir é mi lado , y ensalzarè hasta las nubes tu yalor. Hablaré 
mgor de ti que un general de un oficial cuando le quiere ade- 
lantar ; pero me guardaré bien de tomur en boca la pieza que nos 
jogiste , porque esto te haria sospechoso, y asi no dire palabra 
de la aventura consabida. Ahora bien, afladiô, gestes pronto i 
segainne ? Ëspero tu respuesta. 

Cada uno tiene sus inclinaciones , respond! i Rolando ; ymd. 
es inelinado à las empresas àrduas y peligrosas , y yo à una TÎda 
tranquila y sosegada. Ya te entiendo , me interrumpiô ; aquella 
seûora, cuyo amor te hizo hacer lo que emprendisie, latienes 
todavia mny dentro del corazon ; y sin duda que en su amable 
coinpafiia gozas aquella Tida cémoda y gusiosa & que te llama tu 
nclioadon. Gonfiesa con sinceridad que, despues de haberle restt* 
tuido susmuebles, estais comiendo juntos los doblones que re- 
cogisteis y robàsteis de la cueya. Respondile que estabà muy equi-* 
vocado, y para desengaflarle, en pocas palabras le conté toda la 
historia de la sefiora, con todo lo ciemas que me habia sucedido 
desde que me escape de su compaikia. Al fin de la comida me 
ToWiô à hablar de los seftores catalanes, y me confesô que e»- 
taba resuelto à ir à juntarse con ellos, volyiëndome à dar otro 
tiento para persuadirme à que abrazase aquel partido. Pero 
îiendo que no lo podia conseguir, me miré con un aire fiero, 
y me dijo con cierta seriedad feroz : Ya que tienes un corazon 
tan yil y bajo que prefieres tu seryil condicion al honor de en- 
trar en la compaAia de unos hombres yalerosos , te abandono i 
la viOania de tus ruines inclinaciones : mas escucha bien las par- 
labras que yoy à decirte , y gràbalas profiindamente en tu me- 
moria. Olyida enteramente que me yolyiste à encontrar hoy , y 
jamas me tomes en boca con persona yiyiente de este mundo ; 
porque si llego & saber que alguna yez has hablado de mi... Ya 
me conoces , y no te digo mas. Al decir esto llam6 al tabemero, 
pag6 la comida, y nos leyantàmos. de la. mesa para ir cada cu^ 
por su camino. 



118 GIL BLA8. 

CAHTDLO UI. 

Deja Gil Bias à dpn Bernardo de Caaftelblanoo » y entra i senrir i an elegante. 

Salimos de la tatMrna, y cuando nos eslabamos despidiendo 
«no y otro pasaba mi amo por la calle. Y iàme , y observé que 
mas de una tcz se yokiô à mirar oon cuidado al capîtan. Pa*- 
reciôme que le habia sorprendido el yerme en compaftia de se- 
mejante sugeto. A la yerdad , la traza de Rolando no excitaba 
ideas muy ftvorables de sus costumbres. Era un hombre mny 
aho, carilargo, de nariz aguilefia; y aunque no de desgraciada 
igora, tenia no se que trazas de un grandisimo bribon. 

No me engaftè en mi sospecha. Cuando don Bernardo se re- 
tiré â casa por la noche , le halle muy prevenido contra la cata- 
dura de] capitan» y propenso à créer todas las proezas que yo 
le pudiera contar de él , si me hubiera atrevido à referirselas. 
Gil Bias, me dijo, ;quien era aquel pajarraco con quien te vi 
poco hace? Respondile que era un alguacil, y me imaginé que 
quedaria satisfecho con esta respuesta ; pero me hizo otras mu- 
dias preguntas, y como me yiese perplejo en las respuestas, 
porque me acordaba de las amenazas de Rolando , cortô de re- 
pente la conversacion , y metiôse en la cama. La mafiana si- 
guiente, luego que acabé de hacer las haciendas ordinarias me 
entregô seis ducados en lugar de seis reaies , y me di)o : Toma, 
amigo , estos ducados por lo que me has servîdo hasta aqui , y 
▼ete i servir à otra casa , queyo no me puedo acomodar oon on 
criado que cultiva tan honradas amistades. De pronto no me 
OGurriô otra cosa que decirle sino que habia eonocido en Yalla- 
dolid à aquel alguacil , con motivo de haberle asistido en cierta 
eniermedad cuando ejercia yo la medicina. ;BelIamente! No se 
puede negar que es ingeniosa la salida; mas ^porqué no respon- 
diste anoche lo mismo en vez de turbarte? Seflor, le dîje, no me 
atrevi i decirlo por prudencia, y esta es la verdad. Ciertamente , 
mereplicô, dàndome carifiosas palmaditas en el hombro, que 
eso es ser prudente hasta lo sumo , y en yerdad que yo no te te* 
nia por tanto. Anda, hijo mio , yete en paz , y date por despedido. 
Partime inmediatamente, y fiiime en derechura à dar esta mah 
noticia à mi protector Melendez, el cual me dijo por coosolarme 
que pensaba hacer diligencias para acomodarme en otra casa me- 
jor. Con efèctOy pocos dias despucs me dijo : Amigo Gil Bias, 
muy léjos estaris tu de pensar en la fortuna que ahora yoy A 
anundarte. Tendras el mejor puesto del mundo. Sàbete que te he 
acomodado con don Matias de Silya. Es un sujeto de la primera 
distincion, y uno de aquellos sefloritos mozos que se llaman 



LIBRO TERCERO. 119 

eêegtaaa. Tengo la hoara de ser sa mercader. Acude à mi tienda 
por todo cuanto se le ofrece : es yerdad que todo ^^a ai iiado ; 
pero nada se ya à perder aunca con estos seftores. Comanmente 
se casan cob herederas ricas , que pagan todas sus deudas ; y 
cnando esto no , se le cargan los gàieros à tan subido precio » 
qoe annqne no se cobre mas que la cuarta parte de las partidas , 
siempre queda ganancioso el mercader que sabe sn oficto. £1 
mayordomo de don Matias es amigo mio : yamos à boscarle, que 
èl es quien te ha de présentât k su amo, y puedes estar seguro 
de que por respeto mio bare de ti particular estimacion. 

Miëntras ibamos caminando à casa de don Matias, me dijo el 
mercader : Paréceme may conyeniente que estes informado del 
carécter del mayord<mio. LUmase Gregorio Rodriguez , y aqui 
para entre los dos, es an hombre nacido del polyo de la tierra , 
y sintiéndose con talento para d manejo econàmico , siguiô su 
indinacion , y Se ha enriquecido arruinando dos casas cuyas ren- 
ias nuuig6. Te preyengo que es hombre muy yano , y gusta mucho 
de que los demas criados se le humillen. A ël han de acudir to- 
dos los que pretenden algnna gracia del amo. Si alguno consigne 
algo sin su participaeion , siempre tiene prontos mil artificios 
para hacer que se reyoqne la gracia , 6 que le sea enteramente 
initll. Ten esto présente para tu gobiemo. Haz tu oorte al'seftor 
Rodriguez , aun mas que à tu mismo amo , y no perdones dili- 
gencîa alguna para eonseryarte siempre en su fayor. Su amistad 
le sera de gran proyecho, te pagarà puntualmente tu salario, y 
si logras merecer sa confianza no se ccmtentarà con esto , por-- 
que tiene mnchos arbitrios para dar en que ganar. Don Matfas es 
on mozo que S(do piensa en diyertirse , y nada cuida de los in^ 
tereses de su casa. Mira ahora si poede haberla mejor para tal 
mayordomo. 

Laego que llegémos i la casa pregantémos si podîamos hablar 
al seftor Rodriguez. Respondiëronnos que si , y que leencontra- 
riaoïos en su coarto. Efectiyamente le hallémos en él , y estaba 
€on on labrador, que tenia en la mano un talego de terliz , lleno , 
i lo que pareda, de dinero. £1 mayordomo, que me pareciô 
■las péUdo y amarillo que una doncella cansada de su es^ 
tado, se leyantô apresurado , y cotrib con los lM*azos abiertos à 
recibir é Melendez. £1 mercadar abriô tambien los suyos , y se 
abraziroQ estrechisimamente , en cuyas demostraciones de amor 
habia por lo ménos tanto artifido como yerdad. Despues de esto 
se tratô de mt. Rodriguez me examiné de pies à c9Â)eza , y me 
dgo coH mucha afobilidad que yo era el mismisimo que conyenia 
é don Matias, y que ël tomaba à su cargo presentarme à este 
sefior. Le significô el mereader lo mucho que se interesaba por 
mi , y suplic6 al mayordomo que me tomase bajo su proteccîon , 
y dejénitome cod ël se retiré, despidiëndose eon mochos cum- 



120 GIL BLAS. 

plimientos. Luego que saliô , me dijo Rodriguez : Yo te presen— 
taré al amo despues que haya despachado a este pobre IsÂrador. 
Acercose al paisano , y tomindole el talego le dijo : Veamos si es- 
tàn aqui los quinientos doblones. Contôlos por su misma mano » 
y hallàndolos justos , diô su recibo al labrador, y le despidiô. 
Guardô luego los doblones en el talego , y Tuelto é mi : Ahora 
podemos ir, me dijo , à Ter al amo , que se estarà yistiendo , 
porque no se leyanta hasta medio dia , y ya es cerca de la una. 
Con efecto , acababa entônces de leyantarse don Matias.£staba 
en bâta , repantigado en una silla poltrona , con una piema so- 
bre un brazo de la silla , y era su ocupacion estar picando un 
cigarro. Hablaba con un lacayo que bacia oficio de ayuda de cà- 
mara interinamente. Seftor, le dijo el mayordomo , aqui esti este 
mocito, que tengo el gusto de presentar é V. S. para reemplazar 
al criado que se sirriô despedir antes de ayer. Su fiador es Melen- 
dez el mercader de V. S. : asegura que es un mozo de mértto , y 
yo creo que V. S. estarà contento con èl , y se darà por bien ser- 
Tido. Basta que tu me le présentes , respondiô su seftoria , para 
quelereciba: yo le declaro desde luego mi ayuda de cémara, y 
queda ya eracuado este negocio. Rodriguez , hablemos de otra 
cosa , pues has yenido cuando iba à mandar que te llamasen. Te 
Yoy à'dar una mala nueya , mi amado Rodriguez : anoche estuye 
muy desgraciado en el juego ; perdi cien doblones que lleyaba en 
et bolsillo , y otros doscientos sobre mi palabra. Ya sabes lo ne- 
cesario que es à personas de mi condicion pagar cuanto antes 
este gènero de deudas. Estas son propiamente las que el honor 
nos obliga à satisfocer con puntualidad : las otras basta que se 
paguen cuando se pueda. Es preciso , pues , que me busqués en 
el dia doscientos doblones, y se los enyies à la condesa de Pe- 
drosa. Seûor, respondiô el mayordomo, mas fôcil es decirlo que 
ejecntarlo. ;Donde quiere Y. S. que encuentre yo tanto dinero ? 
No puedo cobrar un marayedi de sus arrendadores por mas 
amenazas que les hago; me es indispensable mantener la casa y 
la familia con toda la decencia que conyiene ; me cuesta sudores 
de sangre el hallar modo para soportar tanto gasto. Es yerdad 
que hasta aqui , por la miserioordia de Dios , le he podido sobre- 
lleyar; pero no se ya a que santo encomendarme , y me yeo re- 
dncido al ultimo apuro. Cuanto estes hablando es inùtil , respondiô 
don Matias, y todas esas noticias solo siryen de enfedarme. Ro-> 
driguez , no tienes que esperar que yo mude de conducta , ni que 
quiera tomar à mi cargo el gobiemo de mi hacienda. ; Porcierto 
que séria muy buena diyersion para un hombre como yo ! ; Pa- 
cienda! replicô el mayordomo : en tal caso estoy persuadido de 
que presto se yerà Y. S. libre para siempre de ese cuidado. Ya 
me cansas , y me matas con tanta bachilleria , repuso enfiidado el 
sefk>rita Ôèjame arruinar sin que me lo recuerdes. Es menester» 



LIBRO TERCERO. 121 

te digo , qae busqués esos doscientos doblones ; Taelyo é decîr 
que es menester, y quiero precisamente que los busqués y los 
haDes. Pues segun eso , dijo Rodriguez , yoy à Ter si los quiere 
dar aquel buen Tiejo que otras^eces ha prestado dinero à V.S., 
aonqae à creeida usura. Ve , y recurre aunque sea al oiismo dia- 
bio y respondiô don Mafias : como yo tenga los doscieutos do- 
blones, todo lo demas no me importa un bledo. 

No bien acababa de decir estas palabras colérico y enojado » 
enando al irse el mayordomo , entré en su cuarto otro seftorito 
mozo, Uamado don Antonio Centelles. ^Quë tienes, amigo? pre- 
guntô este é mi amo: perece que estas de mal humor ; yeo en tu 
semblante un cierto no se que , que me lo hace sospechar. Sin 
duda que te ha puesto asi el bruto queacaba de salir de aqui. Es 
derto, respondiô don Matias : es mi mayordomo , y siempre que 
Tiene à mi cuarto me da un mal rato : no sabe hablar sino de mis 
negocios , y repite mil yeces que me como mis rentas , y me en- 
guUo el capital ; ] gran bestia ! como si IFuera él quien lo perdiese. 
Amîgo y respondiô don Antonio , en el mismo caso me hallo yo. 
Mi mayordomo no es mas mirado que el tuyo. Cuando el gran- 
disimo ganapan en fuerza de mis repetidas ôrdenes me trae algun 
dinero , no parece sino que me dà lo que es suyo : me dice que 
me pierdo , y que todas mis rentas estén embargadas. Yéome 
predsado à tomar la palabra para cortar la conyersacion. Pero lo 
peor de todo es , dijo don Matias , que no podemos yivir sin estas 
gentes , y que para nosotros es este un mal necesario. Conyengo 
en eso , respondiô Centelles... Pero aguarda un poco , prosiguiô 
reyentando de risa , que ahora , ahora me ocurre un pensamiento 
mny gracioso y nunca imaginado. Podemos hacer cômiças las es~ 
cenas sérias que cada dia représentâmes con estes hombres , y 
que nos sirya de diyersion lo mismo que nos apesadumbra. Ha- 
gémoslo de este modo. Yd pediré à tu mayordomo el dinero que 
hayas menester , y tu pedirés al mio el que yo necesite. Dejaré- 
mosles decir todo lo que quieran , y nosotros los oirèmos con 
oidos de mercader. Al cabo del aflo tu mayordomo me presen- 
tarà sus cuentas , y el mio te daré las suyas. De esta manera yo 
solo ciré hablar de tus gastos : tù solo tendras noticia de los mios ; 
y y eras como nos diyertimos. 

A esta ingeniosa inyencion sesiguiëron mil chistosas agudezas/ 
que alegràron à los dos seftorttos , y une y otro laslleyàron ade- 
lante eon mucho alborozo. Interrumpiô Gregorio Rodriguez su 
alegre conyersacion , entrando en la sala acompafiado de un ye- 
jeté tan calyo , que apénas se le descubria un cabello. Quiso des* 
pedirse don Antonio , y dijo : Adios , don Matias , que presto nos 
yolyerëmos à yer. Quiero dejarte oon estes seflores , con quienes 
quizà tendras que tratar negocios importantes. No , no , respon- 
diô mi amo : estate aqui , que tu en nada nos estorbas. Este buen 



139 GIL BLA& 

Tîejo que yes es un honibre raoy de bien , que me presta dmero 
i un Teinte por ciento. j^Como d un veinie por àeniof replicô Cen- 
telles como admirado. À fé que has sido afortunado en caer en tan 
bnenas manos ; yo oompro el dinero é peso de oro , porqne ningii^ 
no me le qniere prestar mënos de à treinta y ires por ciento. 
iQué usura! exdamo entônces el usurerisimo Tiejo, ^tioien al- 
ma esos bribones ? i creen por Centura que no hay otro mnndo ? 
Ya no extraAo que se déclame tanto contra las personas que près— 
ttfi i interes. £1 exorbitante precio i que venden sus emprèstkos 
es lo que nos desacredita à todos » quiténdonos hi honra y la re-- 
putacion:yo i lo ménos solo presto pnramente por senrir i Ion 
que se yalen de mi ; y si todos mis compaùeros siguieran mi 
ejempio no estariamos tan desacreditados. ;Ah! si los tiempos pré- 
sentes fueran tan felices como los pasados , tendria el mayor gus* 
to en abrir mi bolsa , y ofrecèrsela à Y. S. sin el mas minimo 
interes , pues aun en medio de mi pobreza casi tengo escrupolo 
de prestar mi dinero i un miserable Teinte por ciento. i Mas ob 
Dios ! parece que el dinero se ha Tuelto à enterrar en las entra* 
ûas de la tierra : ya no se encuentra un ochaTO , y su escasez me 
obliga à ensancliar U0|»O€O las estrechas reglas de mi moralidad. 
^Cuanto dinero ha menester Y. S? preguntô, ToWiendose 
bàcia mi amo. Doscientos doblones » respondiô este. Cuatrocien- 
tos traigo en un talego , dijo el usurero » contarè la mitad , y se 
la entregarè i Y. S. Al mismo tiempo sao6 de debajo de la capa 
un talego de terliz , que me pareciô ser el mismo que aquel labra- 
dor acababa de dejar con quinientos doblones en el cuarto de Ro- 
driguez. Luego me ocurriô lo que debia pensar de aquella manio- 
bra , y tI por experiencia la mucha razon con que Melendez me 
habia ponderado lo diestro que era el mayordomo en hacer so 
negodo. El Tiejo abriô el talego , Taciô los doblones sobre una 
mesa y y pùsoseà contarlos. La Tista de toda aquella cantîdad 
encendiô la eodicia de mi amo. Sefior Dimas , dijo al usurero , aho- 
ra mismo me ocurre una reflexion , que me parece cuerda. Yer- 
daderamente yo era un pobre mentecato cuando solo pedi à Tmd. 
el dinero que precisamente hàbia menester para desempefisr mi 
honor y mi palabra ; no acordàndome de que me quedaba sin un 
ochaTO para el gasto preciso de mi casa , y que maflana me Toria 
precisado à recurrir à Tmd. Tomaré , pues , esos cuatrodentos 
doblones sobre el mismo piè , para excusarle el trabajo de hacer 
otro Tiaje é mi casa. Seftor , respondiô el Tîejo , es cierto que te- 
nia destinada una parte de este dinero para un buen lîcenciado , 
heredero de grandes posesiones, que emplea cuanto tiene en reti- 
rer del mundo à muchas pobres jÔTenes que peligraban en ël , 
manteniéndolas despues en su retiro ; mas una Tez que Y. S. nece- 
sita de esta cantîdad , ahi la tiene toda à su disposioion. Basta que 
Y. 8. se digne sefiakr Upoiecas sufidentes y libres para asegurar 



LIBRO TERGERO. 12S 

ricqrifialy los rèdilos. i Oh ! porlocpie toca àlasegoridad, inter- 
mm^ Rodrigaez sacando del bolsfllo un papel , la tendra ¥md. 
aon fluiyor de la qoe pudiera desear , solo con qae el sellor don 
Mafias se digne echar su finna en esta letra de cambio. En Tutnd 
de dia libra à ruestro favor qutnientos doblones contra Tidegon 
«rrendador de los estados de Mondejar. Me confonno , repHcé 
d usurero , porqne no soy hombre que me haga de rogar. En- 
tteoes el mayordomo presentô una pluma à mi amo , que sin 
leer la letra firme su nombre talareando. 

CondiHdo este negodo , se despidiô el Tiejo de don Matias, 
y esie le diô un estredio d[>razo , dicièndole: Hasta la vista , s^ 
ftor Dimas , soy todo de ymd. No se cierto porqué son tenidos por 
braxmes todos los de su oficio. Yo por mi juzgo que son unos en- 
tes mny necesarios al estado , el consuelo de mil hîjos de familia , 
y el recurso de todos los seûores que gastan mas de lo que per- 
Bûten sus rentas. Tienes razon, dijo entônces Gentelles, los 
usoreros son unos bombres de bien , que merecen ser muy esti-« 
mados y honrados ; y yo qui^o abrazar tambien à este , que Fe 
eotttenu oon un veinte por ciento. Diciendo esto se acercô al vîejo 
para abrazarle , y los dos elegantes para divertirse se lo enyiaban 
reciprocamente nno al otro , como si fiiera una pelota. Despues 
de haberle bien zarandeado , le dejàron ir con el mayordomo » 
que merecîa mejor aquellos zarandeos y aun alguna cosa mas. 

Luego que sdiô Rodriguez con el testaferro de sus maldades 
enviô don Matias à la condesa de Pedrosa la mitad de aquel dinero 
por mano de un lacayo que estaba conmigo en la antesala , y la 
otra mitad la metiô en un bolsillo de seda y oro , que llevaba or- 
dinariamente en la faltriquera. Contentisimo de verse con tanto 
dinero , dijo muy alegre à don Antonio: Y bien ;en que hemos 
de pasar d dia de boy? Pensteioslo un poco , y tengamos entre 
los dos consejo privado. Que me place , respondiô Centelles , que 
eso es ser hombre dejuido: conferenciemospues.Cuando iban i 
tratar de lo que habian de hacer, entriron otros dos seftoritos, 
poco mas 6 mènos de la misma edad de mi amo , esto es de veinte 
y ocho i treinta alk>s ; uno de los cuales se Uamaba don Alejo 
Seguier , y el otro don Fernando de Gamboa. Luego que se viéron 
juntos los cuatro , comenzàron à darse tantos abrazos como si en 
diez aftos no se hubieran visto. Despues de esta ceremonia don 
Fernando , que era de genio muy alegre , dirigiendo la palabra i 
don Matias y i don Antonio: Y bien, seAores , les dijo: ^donde 
pensais comer hoy? Si no estais convidados os quiero Uevar à 
una casita de los cidos , donde beberéis un vinito de los dioses. 
Anoche cenè en ella , y no sali hasta las cinco ô seis de la mafia- 
na. Ojali bubiese yo tenido la misma prudencia , exdamô mi amo , 
pues asi no hubiera perdido mi dinero. 

Yo y d^o Centelles , quiie tener anoche una nueva diversion , 



134 GIL BLAS. 

porqae la variedad es madre del gusto. Llev^e un amigo i casa 
de uno de aquellos ricotes que hacen su negocio manejando los 
del estado ; un asentista. £n el adorno de la casa se'yeia magnt- 
ficencia y eleocion de muebles exquisilos ; la mesa bien cubierta 
y senrida ; pero descubri en los amos de la casa cieita ridiculez , 
que me divirtiô extremadamente. El duelk) , aunque de nacimiento 
bajo y de educacion grosera , afectaba modales à lo grande. Su 
muger , aunque era fesi de gana , creia ser una Vénus , y adeinas 
decia mil necedades , sazonadas con un acento irizcaino que les 
daba nn gran realce. Fuera de eso , estaban sentados à la mesa 
cuatro ^ cinco nifios con su ayo. Considerad ahora cuanto me di- 
yertiria aquella cena casera. 

Pues yo y seflores, dijo don Alejo Seguier , cenë con una come- 
* dianta , con Arsenia. Eramos seis de mesa: Arsenia , Florimnnda, 
una nifia amiga suya , maja de profesion , el marques de Zenete , 
don Juan de Moncada , y yuestro seryidor. Pasémos la noche en 
beber y en decir galanterias. \ Pero que noche ! Es yerdad qae 
Arsema y Florimunda no son de las mas discretas ; pero ; que im- 
porta? su desembarazo snple la felta de talento. Son unas criatii- 
ras tan alegres , yiyarachas y diyertidaa, que las prefiero à las 
mugeres juidosas. 

CAPITULO IV. 

Haoe amistad Gil Bias con los criados de los elegantes ; secreto admirable que 
estos le enseniron para lograr â poca oosta la faroa de hombre agudo , y sin- 
gular jiiramento que i instancia de ellos bizo en una cena. 

Prosiguiéron aquellos seAoritos charlando de esta maneca, has- 
ta que don Matias , à quien yo entretanto ayudaba à yestir , se 
hallo en disposicion de poder salir de casa. Dijome entôncesqoe le 
siguiese ; y todos los cuatro elegantes toméron juntos el camino de 
la casa adonde habia ofirecido lleyarlos don Fernando de Gamboa. 
Comenzé pues à marchar detras de ellos , juntamente con los otros 
très criados , porque cada uno de los caballeritos Ileyaba el suyo. 
Obseryé con admiracion que los taies criados procuraban remedar 
en todo à sus amos , imitando su aire y moyimientos. Ssdudèlos à 
todos , como un nueyo camarada suyo. Correspondiéronme de la 
misma manera ; y uno de ellos , despues de haberme mirado atenta- 
mente por un breye rato , me dijo : Hermano , conozco por toda 
tu traza que nunca has seryido â ningun caballerito de esta es- 
pecie. Es yerdad, le respondi, porque hamuypocotiempo que 
llegué é Madrid. Asl me lo parece à mi tambien , replicô H , todayia 
hueles à lugar , porque te yeo timido , atado , y obseryo en tu 
modo de manejarte un no se que de aldeanismo , rusticidad y en- 



LIMIO TERGERO. 1S5 

eoghnmto. Pero no importa : yc te prometo sobre mi palabra 
qae presto te desbastarémos y te pulirémos. Esa es lisonja , le ré- 
pliqué. Nada* de eso , me respondiô : esta cierto de que no hay 
hombre por tosco que sea à qnien no sepamos aoepillar y pulir. 

No necesitâ decirme mas para que yo eonodese que tenia por 
compafiaros nno lindos periHanes , y que no podia caer en ma- 
jores manos para llegar à ser un mozo de proyecho. Cuando lie- 
gémos i la ^ casa hallàmos ya preparada la mesa , y dispuesta 
la oomida , que don Fernando hsÂia tenido cuidado de encargar 
deade por la maftana. Sentàronse à la mesa nuestro amos , y nos- 
otros nos dispusimos à servirles. Comenzàron é comer y i 
charlar con mucha alegria , y era para mi grandisima diversion 
el yerlos y oirlos. Su carécter, sus pensamientos y sus expresiones 
me dÎTertian completamente. ; Que TiTeza ! ; que chistes ! j que 
agndezas ! me parecian unos bombres de diférente espede. Cuan- 
do se sÔTTiëron los postres les pusimos muchas botellas de los 
mqores TÎnos de Espafla , y levantados los manteles nos reti- 
rémos los crîados à otro cuarto, donde habia mesa para nosotros. 

Tardé poco en conocer que los caballeros criados de mi cua- 
driOa eran hombres de mucho mayor mérito de lo que yo me 
habia imaginado. No se contentaban con imitar los modales de sus 
amos ; afectaban hablar el mismo lenguage , y los bellacos lo ha- 
dan tan i la perfeccion , que i réserva de un cierto aîrecillo de 
nobleza , que no sabian remedar , en todo lo demas parecian los 
mismos. Admirabame su desenvoltura y desembarazo , pero mu- 
cho mas me admiraba su prontitud y la agudeza de sus dichos, 
tando que absolutamente désespéré de llegar nunca é parecerme 
à eDos. El criado de don Fernando , en yista de que su amo era 
d que regalaba à los nuestros , hacia los honores del banqueté , 
y Uamando al duefto de la casa , le dijo : Patron , triiganos aci 
diez botelhis del yino mas generoso que tenga , y segun ymd. 
acostnmbra cérguelo en la partida del que bebiéron nuestros amos. 
Con mucho gusto, respondiô él; pero, seâor Caspar, ya sabe 
Tmd. que el sefior don Fernando me esta debiendo muchas comi- 
das; si por medio de ymd.pudiera cobrar algun dinerillo...Oh ! res- 
pondiô el criado , nopaseis cuidado porlo que se os debe. Yo salgo 
por fiador de que las deudas de mi amo son como plata quebrada. Es 
Terdad que algunos acreedores han hecho embargar nuestras 
rentas, pero m^pana harémos que se levante el secuestro, y seréis 
pagado de todo el importe de la cnoita sin examinarla. Tràjonos el 
vino, no embargante el secuestro, y bebimospoderosamente mién- 
tras llegaba el dia de que este se alzase. Eran de ver los brindis que 
continuamente nos haciamosunos à otros , llamàndonos redpro- 
camente por los nombres de nuestros amos. El criado de don An- 
tonio llamaba Gamboa al de don Fernando , y el de don Fernando 
ilamaba CenulUi al de don Antonio , y i mi me Uamaban SUva. 



136 GILHJkS. 

Poco à poeo HOB fîiisMMtodM emborraehanda bqo munnoÊAreB 
postixoSy ni mas ni mèmMi como lo habiao heoho oiieatitM 
sefiores amoa bajo los suyos propioa. 

Annqiie en la realMad no brfllaba yo tanto como mia camanK 
das y m embargo no dejiron de moatrarse bastante oontentos 
conmtgo. Amigo Silva, me dijo uno de los niènoa tartaoiodoa , 
espero que barëmoa de ti algo bueno. Yeo que tieaes fonde é 
ingenio ; pero no sabes aproyecharte de èl. El miedo de habiar 
mal te acobarda : no te atreyes à hacerlo por* temor de decir 
aignn despropôsito ; con lodo eso , ^coantoa pasau hoy en el 
mundo por hombres agudos é mgeniosos, S(rio- porqne se 
arriesgan à decir cuanto se les yiene à la boca , annqne digan 
ta! yez cien disparates ? Calificarése de una noble yiyeza de ea- 
piritu ta mismo atolondramiento. Aanqne digas mû desatinos , 
como entre ellos se te escape algnn didio agudo , se olyidaràn 
las otras necedades , y solo se tendra présente y se oelebrari 
la tal agudeza , haciëndose conoepto superior de ta singolar 
mèrito. Esto y no mas hacen nnestros amos , y esto y no mas 
debe hacer todo aquel que aspire à la reputacion de hombre de 
ingenio y chiatoso. 

Sobre qoe yo no aspiraba & otra cosa, el medio que me en^ 
seflaban para conseguirlo me pareciô tan fàc3 y practicable que 
jozgué no debia despreciarle. Gomenzé é probarle inmediatamente , 
ynoayudô poco el yinoque habiabebido para que no me salieae 
mal aquella primera prueba. Quiero decir, que desde luego co^ 
menzè à habiar à diestro y siniestro, y tuve la fortuna de mezclar 
entre mil extrayagancias algunas agudezas, que -me granjeàron 
grandes aplausos. Llen6me de gran confianza este primer enaayo. 
Anmenté con tragos la charlataneria para que me ocurriese algun 
oonceptillo, y qaiso la casualidad que no se malograsen mis ea- 
fuerzos. 

Ahora bien, me dijo el que me habia dado la inaportantiaima 
leocion , ^no conoces tù mismo que ya empiezas à ciyiUzarte? Aun 
no ha dos horas que est&a en nuestra oompaAia, y ya erea mn 
hombre may diferente dd que eras : cada dia iras mejoraado. Ya 
estéa yiendo y palpando que cosa es esto de seryir à caballeroa 
y personas de distindon. insenaiUemente deya y ennobleee el 
énimo; efecto que no se expérimenta siryiendo à gente baja» ni 
aim é la de mediana condicion. Sin dada, le respond! , y por tanio 
de hoy en adelante quiero oonsagrar mis seryidos i la noUeza. 
{Brayo, brayo 1 exchmô el criado de don Fernando, que eataba 
ya ahm^ado : no es dado é la gente baja el tener peosamîèntos 
attos , ni talentos superiores eomo noaotros. Ea , seAores , aûadî6, 
alto todos , y hagamos juramento por la laguaa Estigia de niniGa 
seniri esa genledlla de media bràga. iMmonos mucbo del pen- 
aamienio d^ Gaispar» edebrémosle,y ooa la botella en una anno 



LIBRO TERGERO. 197 

y el Taso en oCra , hicimos todos aqnel bufooesco Jnnunemo. 

MantuTimonos sentados à la mesa hasta que plago i nueftros 
aoMB redrarse, que fné à media noche; lo que à mis camaradas 
pareGîô on exceso de sobriedad. Verdad es que si los tales seflo-* 
litos saliAron de alii tan temprano , foe per ir à yer à una eleganta 
mala cabeza que vivia en el barrio de Palacio , y tenia su casa abierts 
dia y noche à toda la gente del bronce. Bra una mnger de tretnta 
y ciBCO à cuarenta aAos, linda ai extremo, todavia de singular 
atractivo , y tan diestra en el arte de agradar, que, segun se decia, 
vendia mas caros los rebuscos de su belleza , que habia vendido 
las primtdas. Vidian en la misma casa otras dos 6 très damas de 
la misma laya, que no contribuian poco al concur so de sefiore» 
que en eHa se Tcia. Ponianse A jngar despues de corner, oenaban 
alli, y pasaban la noobe en beber y divertirse. Nnestros amos aê 
detuYièron en la tal casa hasta el amanecer, y mièntras ellos se 
dirertian eon las damas de buen humor, nosotros nos holgabamos 
eon las oiadas , que no eran menos joviales que sus amas. En fin, 
nos separâmos todos luego que se mostrô la aurora, y cada uno 
se retiré à descansar. 

Mi amo se levantô â medio dia como acostumbraba. Vistiôse, 
salîô, segi^le , y entràmos en casa de don Antonio Centelles , donde 
encotttràmos à un tal don Alvaro de Acufla. Era un hombre ya 
entrado en aik>s , y disoluto de profesion. Todos los mozuelos que 
qnerian ser elegantes se ponian en sus manos, y acndian à sn 
êsGuela. Formàbalos à su gusto, ensenàndoles à hicnr en el gran 
mnndo, y à malgastar sus caudales. Don Antonio no necesitaba 
de esta leccion, porque ya se habia comido el snyo. Luego que 
se abrazàron los très , dijo Centelles  mi amo :  fe, don Matias , 
que no podias haber llegado â mejor tîempo. Don Alvaro ha ve- 
nîdo para Hevarme à casa de un particular que ha convidado hoy 
i corner al marquez de Zenetey à don Juan de Moncada;y yo quiero 
que ta seas del convite. Pero i como se Qama ese tal ? preguntô don 
Matias. Se llama Gregorio Noriega , respondiô don Alvaro ; y en dos 
palabras te dire lo que es est« mozo.Es hijo de m joycro rico que ha 
ido â negodar en pedreria àlos paises eïtrangeros , y al partir le ha 
dqado el goce de una gran renta. Gregorio es un pobre tonto , pro- 
penso à comer y gastar todo su dinerohaciendo el elegant© , y qae re- 
Virata por parecer hombre ingenioso y agudo , à pesar de la naturtH 
leza , que no le ha concedMo esta gracia. Pùsose en mis manos partr 
que le dirigîese ; yo lo hago à mi modo, y en verdad quelellevoea 
buen estado, pues el fondo de su caudal est&ya medio eonsumido. Eso 
es lo qneyo nodudo, mterrumpiôCenteOes, y eapero verie presto 
en d bospilaK Yamoft, don Matias , conozcamos à ese hombre, y 
ayud&nosle i que ncAe de arruinarse. Vengo en ello, dijo niî amo , 
porque tengo gran gusto en dar en tierra con la fortuna de eso0 
seftoritos plèbeyos que qineren hondDrearse y conftmifirse oob 



iS8 GIL BLA& 

nosotros. ComOy por ejemplo , nada he celebrado tanto como la 
raina del hijo de aqael asentiata, à qnien el juego y la iraaidad 
de qaerer figurar con los grandes obligiron é vender su misma 
cam. I Oh I replicô don Antonio, ese tal no merece le tengan lés- 
tima, porque no es mènos nedo ni mènos presumido en sa miserîa 
que lo era en su prosperidad. 

Partiéron, pues, mi amo, Centelles y don Alvaro» à casa de 
Gregorio Noriega. Mogicon, criado de Centelles , y yo, fdimos 
tambien tras de ellos, muy persuadidos los dos de que nos es- 
peraba una gran bucôlica , y ambos tambien muy contentos de 
cooperar por nuestra parte & la destruccion de aquel pobre men- 
tecato. AI entrar en su casa vimos mucha gente ocupada en disponer 
la oomida , y nos diô en las narices un olor de cocina , que anunciaba 
al ol£ato el recreo que tendria luego el paladar. Acababan de lie- 
gar el marques de Zenete y don Juan de Moncada.Dejôse despues 
yer el duefto de la casa, que desde luego me.pareciô un solem- 
nisimo majadero. Afectaba inutilmente el aire y modales de los 
elegantes; pero era una feisima copia de aquellos hermosos ori- 
ginales , 6 por mejor decir, atolondrado que se esforzaba por os- 
tentar despejo y desembarazo. Figurémonos un hombre de este 
car&cter entre cinco bufones de profésion, empeûados ùnicamente 
en burlarse de èl y en bacerle gastar cuanto tenia. Seftores, dijo 
don AWaro despnes de los primeros cumplimientos , este es el se- 
ftor Gregorio Noriega , que , sobre mi palabra , presento à ustedes 
como uno de los mas cabales y perfectos caballeros. Posée mil 
bellas prendas, y es un jôyen muy culto. (Escojan ustedes lo que 
quisieren : es igualmente hâbil en todas las âicultades , desde la 
lôgica mas alta y sutil , hasta la mas pura y delicada ortografia. 
I Oh seftor I eso ya es demasiado , interrumpiô Gregorio , sonrién- 
dose sin ninguna gracia: yo si , seftor don Akaro, que podia de- 
cirselo à vmd., porque ymd. si que es aquello que se Ilama un 
pozo de ciencia, Por cierto , replicô don Alyaro , que mi énimo no 
foé buscarme una alabanza tan aguday discreta; pero en Terdad, 
sefiores , que el nombre del seftor Gregorio haré gran ruido en 
el mundo. Yo, dijo don Antonio, lo que admiro en él , aun mas 
que su ortografia, es el acierto en la deccion de las personas 
con quienes trata. En lugar de buscar comerciantes , solo gusta 
de tratar con caballeros, sin darsele nada de lo macho que esta 
comunicacion le ha de costar. Tiene unos pensamientos tan nobles 
y elevados , que me admiran. Esto es lo que se Hama gastar con 
buen gusto y gran discernimiento. 

A estos irônicos discursos se siguièron otros muchos *en todo 
semejantes. Burlàronse completamente del pobre Gregorio; y de 
cuando en cuando, en tono de elogios, le lanzaban ciertas pullas 
que no conocia el pobre bobo ; antes bien todo lo convertis en 
sustancia tomando al pié de la letra cuanto le decian , y se mos- 



LIBRO TERCERO. 129 

traba miiy satisfecho de sus taimados huéspedes, creyendo le har 
dan macho fayor, siendo asl que se mofoban de èl. En fin, fué el 
hazmereir miéntras la comida, y aun todo el resto del dia y de la 
noche, porque toda la pasàron los seftores mios en aquella direr- 
mtL Nosotros bebimos à discrecion , ni mas ni mënos que nues- 
Iras aoios, y todos estabamos bien compuestos cuando salimos 
de a.w àA aeftor Gregorio. 

^ CAPITULO V. 

Vëse en Bias de repente en lances de amor oon una hermosa desconocida. 

Despues de haber dormido algunas horas , me levante de buen 
humor, y acordàndome del consejo que me habia dado Melendez, 
fui miéntras despertaba el amo à hacer la corte al mayordomo , é 
cuya yanidad me pareciô halagaba el cuidado que yo ponia en ren- 
dirle mis obsequios. Recibiôme con mucho agrado, y me preguntô 
si me acomodaba bien la yida que bacian los seftores. Respondile 
que , aunque era nueya para mi, no desconfiaba de hacerme à ella 
Gon el tiempo. 

Eféctiyamente foé asi , porque tardé muy poco en acostum- 
brarme. De reposado y juicioso que antes era, pasé de repente à 
ser yiyaracho, atolondrado y zumbon. Diôme la enhorabuena de 
mi trasformacion el criado de don Antonio ; y me dijo que para 
ser hombre ilustre no me faltaba mas que tener lances amorosos. 
Representôme que esta era una cosa absolutamentenecesaria para 
formar un jôyen completo ; que todos nuestros camaradas eran 
amados de alguna persona linda, y que él tenia la fortuna de que 
le mirasen con buenos ojos dos seftoras de distincion. Crei que 
mentia aquel bellaco , y le dije : Âmigo Mogicon , no se puede 
negar que ères buen mozo y agudo ; pero no alcanzo como han 
podido prendarse de un hombre de tu condicion dos seftoras dis- 
tinguidas , en cuya casa no estas. ; Gran dificultad por cierto ! res- 
pondiô Mogicon : ellas ni aun siquiera saben quieu yo soy. Estas 
conquistas las he hecho usando de los yestidos de mi amo , y la 
cosa pasô de esta suerte. Yestime de seftor , imité bien los modales 
de ta! , y fiiime al paseo. Hice gestos y cortesias a todas las que 
encontraba , hasta que tropezé cou una que correspondiô à mis 
expresiyas muecas. Seguila, y logré tambien hablarle. Tome el 
nombre de don Antonio Centelles : pedi una cita , hizo algunos es^ 
guinces , insté , conyino al fin en ello , etc. Hijo mio , asi me lie 
gobernado yo para lograr taies fortunas ; y si tù las quieres tener , 
signe mi ejemplo. 

Era mucha la gana que yo tenia de hacerme hombre ilustre 
para que dejase de poner en pràctica este consejo , y mas cuando 

9 



130 GIL BLAS. 

tampoco sentia en ml gran repugnancia en teotar alguna empresa 
de amor.ResoIvi, pnes, disfrazarme de sefior para buscar amorosas 
aventuras. No quise Testirme en nuestracasa parque no se advir- 
tiese ; pero escogl en el guardaropa el mejor yestido de mi amo y 
hice un paquete , y Ueyéle à casa de cierto barberillo amigo mio, 
donde podia disfirazarme libremente. Yestime alli lo mejor ^^ 
pude, ayudândome el barbero ; y cuando nos parecîô que ^a no 
cabia mas , me encaminë hàcia el prado de San Gerônimo , de 
donde estaba bien persuadido & que no voWeria sin haber eiicon- 
trado alguna fortuna; pero no tuve necesidad de ir tanlégos ^«ira 
hallar una de las mas brillantes. 

Al atrayesar una calle excusada vi salir de una casa pequefia y 
entrar en un coche que estaba â la puerta una seâora ricamente 
Testida y muy hermosa. Paréme k mirarla , y la saludé de manera 
que pudo bien conocer que no me habiadisgustado , y ella por si 
me hizo ver que merecia mi atencion mas de lo que yo pensaba , 
porque levante disimuladamente el vélo , y descubriô un momento 
la cara mas linda y graciosa del mundo. Fuëse en esto el coche, 
y yo quedé en la calle sorprendido de aquella aparicion. ; Oh , que 
hermosura! me decia yo à mi mismo. jCaspita! No me falt^a 
otra cosa para acabar de irastornarme. Si las dos sefioras que 
aman à Mogicon son tan hermosas como esta , digo que es el 
ganapan mas dichoso de todos los ganapanes. Estaria yo loco con 
mi suerte si mereciese servir â una dama como esta. Miéntras hacia 
estas reflexiones voivi casualmente los ojos hàcia la casa de donde 
habia yisto salir à aquella linda persona , y vi asomada à la reja 
de un cuarto bajo à una vieja, que me hizo sefias de que entrase. 

Fui volando à la casa, y en una sala muy decentemente amue- 
blada encontre à la venerable y disimulada vieja, que, teniéndome 
cuando ménos por algun marques , me saludô con mucho res- 
peto y me dijo : Sin duda, seûor , que Y. S. habrà formado mal 
juicio de una muger que , sin tener el honor de conoccrie , le ha 
hecho seftal para que entrase en su casa ; pero juzgarà mas favo- 
rablemente de mi cuando sepa que no lo hago asi con todos , y 
que V. S. me parece algun seftor de la corte. No se engafta vmd., 
amiga , le interrumpi , avanzando la pierna derecha y ladeando 
un poco el cuerpo sobre el costado izquierdo. Soy , sin vanidad , 
de una de las mejores casas de Espaiïa. Bien se conoce , prosiguiô 
la vieja , y à cien léguas se echa de ver. Yo , seftor , tengo gran 
gusto , lo confieso , en servir de algo à las personas de circuns- 
tancias , y este es mi flaco. Habiendo observado desde mi reja 
que Y. S. miraba con mucha atencion à aquella seftora que acaba 
de salir de aqui , me atrevo à suplicarle me diga con toda con- 
fianza si le ha gustado. Me ha gustado tanto , le respondi , que à 
fe de caballero os aseguro no he visto en mi vida criatura màs sa- 
laria. Asi , pues , madré mia , haced que ella y yo nos veamos i 



LIBRO TERCERO. 131 

solas , y oontad con mi agradecimiento. Este es aco de aqaellos 
servicios que nosotros los grandes seflores nonca pagamosmal. 

Ya he dicho à V. S. , replicô la yieja , que tod» yo estoy dedi- 
cada à serTÎr à personas de distincion , y que mi mayor gusto 
es poderks ser util en alguna cosa. Por ejemplo , yo recibo en 
mi casa ciertas mugeres , à quienes el concepto en que estan de 
bonestas y virtuosas no les permite admitir en la suya corte- 
jantes , y les ofirezco la mia para que puedan conciliar en ella su 
inclinacion con la decencia exterior. ; Bellamente ! le respond!, y 
es mny yerosimil que vmd. acabe de hacer este serricio é esa 
dama de quien estamos hablando. No por cierto , repuso ella , 
esa es una seilora yiuda y moza, que desea tener un amante ; 
pero es de un gusto tan delicado en este particular, que no se 
si encontrarà en y« S. lo que busca, aunque seaun seûor, à lo 
que parece , de gran mërito. Très caballeros le he {«esentado » 
todos très à cual mas galan y mas airoso ; y sin embargo ninguno 
le ha contentado, despidîéndolos à todos con desden. ; Oh madre ! 
exclamé yo con cierto aire de confianza , eso à mi no me acobarda : 
disponed que yo le hable , y os doy mi palabra que presto os darè 
bnena cuenta de ella. Tengo deseo de vcrme à solas con una her- 
mosura esquiva , porque hasta ahora ninguna he tropezado de 
esa especie. Pues bien, repuso la vieja, yenga Y. S. mafiana à 
esta misma hora, y satisfarà ese deseo. No foltarè, respondi; y 
verémos si un caballero mozo y gallardo pierde esa conquista. 

Yolyi à casa del barfoerillo sin empeûarme en buscar otras 
ayenturas hasta yer el éxito delà présente. £1 siguiente dia, des- 
pnes de haberme yestido i lo seftor, fui â casa de la yieja una 
faora entes de la que ella me faabia sefialado. Sefior, me dijo, 
Y. S. ha venido muy pootnal ^ à lo que le estoy yerdaderamente 
agradecida; aunque es yerdad queel motiyo lo mereoe bien. He 
yisto à nuestra yiudica , y las dos hemos habiado mucho de Y. S. 
Encargôme que nada le dijese de este; pero he cobrado tanto 
amor à Y. S. que no puedo mènos de decirle que ha quedado 
mny prendada de su persona , y que sera un seflor afortunado. 
Hablando aqui entre los dos , la tal yiudica es un bocado muy 
apetitoso. Su marido yiyiô poco tiempo cou ella; fixé un relâtn** 
pago su matrimonio, y se puede dedr que casi tiene el mërito de 
una doncella. Sin duda que la buena yieja queria bablar de 
aquellas doncellas putatiyas que saben viy ir en el ceKbato sin echar 
nada de mënos. 

Tardô poco nuestra heroina en Uegar à casa de la yieja en 
codie de alquiler como el dia anterior, pero yestida con ricas 
galas. Luego que se dejô yer en la sala, sali al encuentro, dando 
principio à mi papel por cinco 6 seis profnndas cortesias i lo ele- 
gante , acompaftadas de garbosas contorsiones. Acercàndome des- 
pues k ella con mucha femiliaridàd , le dije : Beina mia , aqui 



132 GIL BLAS. 

tiene vmd. à sus pies, en este caballerito mozo , ana de las mas 
dinciles conquistas ; pero desde que toye ayer la dicha de ver 
esos beOos ojos , astros del mas hermoso cielo, ni an solo ins- 
tante se ha borrado de mi imaginacion el yivo retrato de tan 
perfecto original, de modo que enteramente ofusco el de cierta 
duquesa que ya comenzaba é poseer mi corazon. Sin duda, res- 
pondiô eUa , quitàndose el Telo, que el triunfo es muy glorioso 
para mi ; mas ni por eso es muy pura mi alegria , porque un 
seflorito de vuestra edad es naturalmente inclinado à la va- 
riedad y à la mudanza, siendo tan dificultoso de fijar como el 
azogue 6 el espiritu rolétil. Reina mia , le répliqué , si é vmd. 
le place , dejemos à un lado lo futuro , y pensemos solo en lo 
présente. Ymd. es bella , yo la amo , embarquémonos sin re- 
flexion , como lo hacen los marineros ; no miremos à los peli- 
gros de la nayegacion; (longamossolamentelos ojos en los pla- 
ceres que la acompaâan. 

INciendo esto me arrojé precipitadamente à los pies de mi 
ninfa , y para imitar mejor é los elegantes , le supliquë y ann im- 
portuné de un modo urgente que me hiciese fcliz. Pareciôme 
algun tanto conmoyida con mis instandas ; pero juzgando sin 
duda que aun no era tiempo de accéder à ellas , me idejô de si 
con cierto cariAoso enojo diciéndome : Deténgase Y. S., que me 
parece un poco atreyido , y me temo que sea ann mas libertino. 
Que, seftorita, exclamé yo, ^serà posible que ymd. aborrezca k 
un hombre à quien aman las mugeres de la primera tijera? So- 
lamente à las yulgares y aldeanas parecen mal esas tachas. Eso 
ya es demasiado, repuso ella, ya no puedo mas, y asi me rindo 
à razon tan poderosa. Yeo que con los seflores son inâifles los 
espantos y reparos ; es preciso que una pobre muger ande la 
mitad del camino. Yuestra es ya la yietoria,afiadi6 aparentando 
una especie de yergûenza, oomo si padeciera mucho su pudor 
en aquella confesion. Yos, seûor, me habeis inspirado afectos 
que jamas he sentido por nadie; solo me felta saber quien es 
Y. S. para determinarme à escogerle por mi amante. Téngole 
por un sefior , y por un seftor de nobles y honrados pensamien- 
tos. Con todo eso no estoy muy segura , y aunque me confieso 
inclinada é su persona , no acabo de resolyerme â hacer ûnico 
dueûo de mi amor y de mi temura à un desconocido. 

Acordéme entônces del ingenioso modo con que el criado de 
don Antonio habia salido de otro apuro semejante ; y queriendo 
yo , à ejemplo suyo , ser tenido por mi amo , dije à mi yiuda : 
No tongo reparo de manifestaros mi nombre y apellido , pues 
no es tan oscuro que me ayergûenze de confesarlo. ^Habeis 
oido hablar alguna yez de don Matias de Silya? Si, seftor, res- 
pondiô ella , y aun dire tambien que en cierta ocasion le yi en 
casa de una amiga mia. Turbôme un poco , à pesar de mi des- 



LIBRO TERCERO. 13a 

cara, esta inesperada respuesta; pero serenéndome al punto, y 
cobrando aliento para salir bien de aquel barranco , prosegai 
didendo : Me alegro , Angel mio , de que conozcais à un caba- 
Uero.^ à quien... tambien conozco yo : pues sabed , ya que me- 
es preciso decirlo , que los dos somos de una misma casa* Su 
abndo se casé con la cuAada de un tio de mi padre , y asi- so- 
moa, como yels^ parientes bastante cercanos. Yo me llamo don 
César, y soy hijo ùnico del ilustre don Fernando de Ribera, 
que mnriô quince aûos ha en una batalla que se diô en la raya 
de Portugal. Fn6 una accion endiabladamente Tiva , y os haria 
una exacta y menuda relacion de ella , pero séria malograr los 
momentos preciosos que el amor quiere que yo emplee en cosas 
de mayor gusto. 

Bespues de esta conyersacion me mostrè mas yivamente en— 
cendido y apasionado ; pero al fin todo yino é parar en nada. 
Los favores que mi adorada deidad me concediô solo sirviéron 
para bacerme saspirar por los que me negô. La cruel volviô A 
meterae en su coche , que la estaba esperando à la puerta. Yô 
con todo eso no dejé de retirarme muy satisfedio do nri buena 
fortuna , aunque todavia no fuese compléta mi yentura. Si no 
he podido hasta ahora lograr , me decia yo à mi mismo , mas 
que feyores i médias , sin duda es porque , siendo mi princesa 
una dama tan distinguida, le pareciô quo no podia ni debia ren- 
dirse al primer ataque. La altiyez de su nacimiento retardé mî 
dicha ; pero esta solo se diferirà por algunos dias. Verdad es 
que por otra parte se me ofrecia tambien que quizà podia ser 
una de las chuscas mas ladinas y refinadas. Con todo eso me in^ 
dinabaiyasà mirar la cosa por la mejor parte que por la peor,. 
y asi me mantuye firme enr el buen concepto que habia formada 
de la* dama« Habiamos quedado de acuerdo , cuando nos des^ 
pedfanos, en que nos yolyeriamos à yer el dia siguiente ; y con^ 
la esperanza de estar tan yecino al colmo de mi» deseos, me* 
reereaba yo en pensar que era infolible su logro. 

Ocupado de tan risueAos pensamientos llegué é casa dèl bar- 
bero. Mudé de yestido , y fui en busca de mi amo > que sabia 
estaba en cierta casa de juego. Halléte con efecto j'ugando, y 
conoci que ganaba , porque no era de aquellos jugadbres ser^ 
nos que se enriquecen ô arruinan sin mudar dé semblante. Ift 
amo era burlon , y aun insolente cuando le daba biea; pero si 
perdia no. habia quien le aguantase. Leyantôse muy alegre del 
juego y y se dirigiô al corrsd de lacaHe del Principe. Seguile hasta 
la puerta del teatro , y alli me* puso en la mano un ducado , di- 
eiéndome : Toma-, Gil Bias , que quiero entres à la parte en mi 
gananda.'Yete à diyertir con tus amigos, y é media noche iris 
a buscarme à casa de Arsenia , donde he de cenar en compafiia 
de don Alejo Seguier. Didendo esto entrése en el teatro , y yo 



134 GIL BLAS. 

me qaedé discorriendo en que gastar mi ducado segon la intan- 
cioD del donador ; pero tardé poco en resolverme. Presentoseme 
en aquel punto Clarin, criado de don Alejo, y Ileyéle conmigo 
à la primera tabema , donde esta\imos bebiendo y divirtiéndonos 
hasta media noche. Desde alli nos fuimos à casa de Arsenia , donde 
Clarin debia tambien hallarse , habî^dosele dado la misma 
ôrden que à mi. Abriônos la puerta un lacayuelo , y nos hizo 
entrar en una sala baja , donde estaban dos criadas , la una de 
Arsenia y la otra de Florimunda , riëndose ambas à carcajada 
tendida, mièntras sus dos amas se estaban divirtiendo en el 
cuarto principal con nuestros amos. 

La llegada de dos mozos de buen humor que salian de cenar 
bien no podia desagradar à aquellas damiselas , que acababan 
tambien de acomodarse oon las sobras de una cena , y cena de 
comediantas. Pero ; cual fué mi admiraciop cuando en una de 
aquellas criadas reconoci à mi viudita, é mi adorable Tîuda que 
yo habia tenido por una marquesa 6 condesa ! Ella tambien me 
paredô no mènos sorprendida de ver à su querido don César de 
Ribera conyertido de elegante en lacayo. Sin embargo , nos mi- 
rémos uno i otro sin turbamos ; y aun nos diô à entrambos tal 
tentacion de risa , que no pudimos reprimirla ; despues de lo 
cual y Laura , que este era el nombre de mi princesa , retiràn- 
dome é parte , mièntras Clarin hablaba con la compafiera , me 
alargô con gracia la mano , diciéndome en toz baja : Tôquola 
i^md.y seâor don César, dejémonos de quejas, y en tcz de ellas 
hagàmonos amistosos cumplimientos. Ymd. hizo su papel à las 
mil maravillas, y yo no représenté desgraciadamente el mio. 
^Qué le parece del lance? lYaya ; confiese vmd. que me tuvo por 
ima de aquellas damas que à veces se diyierten en imitar à las 
que hacen por oficio lo que ellas por burla. Es verdad , le res- 
pondi; pero , reina mia, seas lo que fiieres, sàbete que aun- 
que he mudado de forma no he mudado de parecer. Admite 
benignamente mi cariûo , y permite que acabe el ayuda de càmara 
de don Matias lo que tan felizmente comenzô don César de 
Ribera. Quita alla , repuso ella : ten por cierto que te amo mas 
en tu propio original que en el retrato de otro. Tù ères entre 
los hombres lo mismo que yo entre las mugeres : esta es la 
mayor alabanza que puedo darte. Desde este mismo punto te 
recibo en el numéro de mis apasionados. No necesitamos ya de 
la Tieja para nada : puedes venir aqui con libertad , porque 
nosotras las damas de teatro vivimos sin sujecion mezcladas con 
los hombres. Convengo en que esto no é todos parece bien ; 
pero el publico se rie , y nuestro oficio , como tû sabes , es solo 
divertirle. . 

No pasô la conyersacion mas adelante , porque no estabamos 
solos. Hizose general; fué viva, alegre, festiva y Ilena de 



LIBRO TERGERO. 135 

agodezas y de equivocos nada dificOes de entender. La criada de 
Arsenia , mi adorada Laara, superô à todos mostrando mas in- 
genio y mas agudeza que yirtud. Por otra parte nuestros amos 
y las comediaDtas reian arriba tan descompuestamente , que se 
conocia no ser su conyersacion mas seria ni mas circunspecta que 
la nuestra. Si se bubieran escrito todas las bellas cosas que se 
dijéron aquella noche en casa de Arsenia , creo se bnbiera com- 
puesto un libro muy instructiyo para la juyentud. Miéntras tanto 
Degô la bora de retirarse cada uno à su casa; quiero decir 
que ya babia amanecido , y fùè preciso separarnos. Clarin sigui6 
4 don Alejo , y yo me retire con don Matias. . 



CAPITULO VI. 

Oe la oonTersacion de algunos senores sobre los oomediantes de la compania 
del teatro del Principe. 

Al mismo tiempo que se levantaba mi amo de la cama, re- 
cibiô un billete de don Alejo Seguier , en que decia le quedaba 
esperando en su casa. Pasémos à ella, y encontrémos alli al 
marques de Zeneie y à otro caballerito de buena traza, à quien 
jro nunca babia yisto. Don Matias , dijo Seguier à mi amo pre- 
sentindole el tal caballerito , este cabsdlero es don Pompeyo de 
Castro , mi pariente. Reside en la corte de Portugal casi desde 
su infoncia. Ayer nocbe Ilegô à Madrid , y maftana se restituye à 
Lisboa. No nos concede mas que este dia para gozar de su 
compaûia y conversacion. Yo quiero aprovecbar un tiempo tan 
predoso , y para bacerle mas grato y diyertido, necesito de ti y 
del marques de Zenete. Al oir esto , mi amo diô un estrecbisimo 
abrazo al pariente de don Alejo , y reciprocamente se bicièron 
grandes cumplidos. A mi me agradô mucbo todo lo que decia 
don Pompeyo , y desde luego biee juicio de que era hombre de 
entendimiento sôlido , y de discemimiento delicado. 

Comiéron todos en casa de Seguier , y despues de comer se 
pusiéron à jugar para diyertir el tiempo basta la bora de la 
comedia. Entônces fuëron todos al teatro del Principe , donde 
se representaba la nueya tragedia intitulada : La reina de Car^ 
tago. Acabada la representacion yolyièron juntos à cenar donde 
hid>îan comido , y toda la conyersadon se la lleyô la tragedia 
que acababan de oir , y los actores que la representàron. En 
Goanto al drama, dijo don Matias, hago poco aprecio de él , 
porqne encuentro à Enëas mas frio è insuiso que en la Eneida ; 
pero es preciso confésar que se représenté diyinamente. Yeamos 
io que nos dice el seftor don Pompeyo , porque sospecbo que 
no se ha de conformar con mi sentir. Seftores , respondiô aquel 



136 GIL BLÂS. 

cabaOero sonriéndose , Teo à nstedes tan pegados de sas actores^^ 
y tan hediizados particolannente de sas actrices , qae no me 
atrcTO â confesar qoe en este punto no concuerdan nuestras 
opiniones. Bien dicho , interrompiô burlàndose don Âlejo , por- 
que aqui séria mal recibida la Yuestra. Haces bien en respetar 
las actrices à presencia de los panegiristas de sa repatacîon. 
Nosotros Tivimos y bebemos todos los dias con ellas ; somos 
defensores del primor con que representan ; y si fuere menester 
darémos testimonio de ello. No lo dudo, interrumpiô el pariente, 
y tambien pudieran ustedes darlo de su vida y costumbres , 
segunla familiaridad conque me parece las tratan. 

Sin duda que seràn mejores vuestras comediantas de Lisboa , 
dijo entônces zumbàndose el marques de Zenete. Si , ciertamente, 
respondiô don Pompeyo, yalen algo mas que las de Madrid : por 
lo mënos hay algunas en quienes no se nota el mas minimo de- 
fecto. Esas taies , replicô el marques , pueden contar con vues- 
Iras certificaciones. Yo, repuso don Pompeyo, no tengotrato 
alguno con ellas , ni concurro & sus reuniones ; y asi puedo 
juzgar de su mèrito sin preocupacion ni parciaJidad. Pero de 
buena fe , prosiguiô , ; estais yerdaderamente persuadidos de que 
en vuestro teatro teneis una compaftia excelente? No pardiez, res- 
pondiô el marques , yo solamente defiendo un numéro muy corto 
de los actores , y echo à un lado à todos los demas. i Pero no 
me negarèis que es admirable la primera dama que représenta 
el papel de Dido ' ? ^ No lo représenta con toda la nobleza, coa 
toda la magestad , y con todo el agrado que nos figuramos en 
aquella desgraciada reina? ^ Y no habeis admirado el arte con 
que interesa al espectador en sus afectos, haciéndole sentir 
aquellos mismos moYimientos diversos que exdtan en ella las 
diferentes pasiones? Parece que se arroba 6 que se exhala 
cuando Uega à lo mas delicado y patètico de la declamacion. 
ConTengOy respondiô don Pompeyo , en que sabe conmover y 
entemecer; esto quiere decir que représenta bien, pero no 
que carezca de defectos. Dos ô très cosas me chocàron en ella* 
Por ejemplo : si quiere expresar un afecto de admiracion ô de 
sorpresa, yuelye y reyuelye aquellos ojos de un modo tan 
violento y tan fuerade lo natural, que yerdaderamente dice muy 
mal en la magestuosa grayedad de una princesa. Aftàdese à esto 
que , con engrosar la yoz , que tiene naturalmente dulce y deli- 
cada , forma un sonido bronco bastante desapacible. Fuera de 
eso en mas de un Ingar de la tragedia hacia ciertas pausas que 
alteraban ù ofuscaban el sentido , dando motiyo para sospechar 

' Era una cëlebre actriz Uamada Angela, que tomô el sobrenombre de Dido^ 
por lo bien que deseropenô muchas veces la pieza de que aqui se habla , corn- 
pue^ por Guillen de Castro. 



LIBRO TERCERO. 137 

que no comprendia bien aquello mismo qae decia. Sin embargo 
€|iu»*o mas bien saponer que estaba distraida que acosarla de 
fiadta de inteligencia. 

A lo que yeo, dijo don Matias al censor, ;yo8 no os atreye- 
riais à componer yersos en alabanza de nuestras cômicas? No 
digais eso , respondiô don Pompeyo ; Antes bien descubro en 
ellas on gran tsdento al trayës de sas defectos , y aun dire que 
me encantô la que hizo papel de criada en el entremes. i Que 
naturalidad la suya I ] con que gracia se presentô en las tablas ! 
Cuando tiene que decir algun chiste , le sazona con cierta risita 
taSmada, llena de mil gracias, que le afiaden infinita sal \ Podrà 
quizA notàrsele de que alguna yez se déjà lleyar algo de su 
yiyeza, y que pasa los limites de un desembarazo comedido ; 
pero no hemos de ser tan rigurosos. Yo solo quisiera se cor- 
rtgiese de una mala costnmbre que ha tornado. Muchas yeoes, 
en medio de una escena, y en un pasage serio , interrompe de 
improyiso la acdon por dejarse Ileyar de una loca gana de reir 
que le da. Diréseme acaso que entàices es precisamente 
cuando mas la aplauden los del patio. ] Grande aprobacion por 
cierto! 

^Y que nos dice ymd. de los comediantes? interrumpiô el 
marques ; sin duda que contra estos dispararà toda su artille- 
ria, cuando no ha perdonado à las comediantas. No es asi, res- 
pondiô don Pompeyo ; yi algunos actores jôyenes que prometen 
macho ; sobre todo me gustô bastante aquel comediante gordo 
que hizo el papel de primer ministro de Dido '. Recita muy na- 
turalmente, y asi se recita en Portugal. Si esos le contentâron à 
ymd. tanto, dijo Seguier, habrà qaedado hechizado del que 
hizo el papel de Enéas. ;No le pareciô à ymd. un gran come- 
diante, un actor original? Y aun demasiado original, respondiô 
el censor , porque tiene tonos que son priyatiyos suyos ; por 
seftas que son bien agudos y bien descompasados , tanto que 
casî todos salen fuera de lo natural. Précipita las palabras donde 
se enderra el sentido , y se detiene en las otras que no contie- 
nen alguno. Tal yez hace tambien gran esfiierzo en las paras 
eonjanciones. Diyirtiôme mucho , con especialidad en aquel pa- 
sage en que explica à su confidente la yiolencia que le cuesta la 
necesidad de abandonar à su princesa. No es £&cil expresar un 
dolor mas cômicamente. Poco & poco, primo, replicô don Alejo, 
al paso que yas , nos haras créer que aun no se ha introducido 
el mejor gusto en la corte de Portugal. ^Sabes que el actor de 
quien se trata es un hombre singular? ^No oistes las palmadas 

' Prohablemeste era la graciosa Antonia Infante, no me'nos c(9ebre en su 
lînea que la anterior. 
* Debiô ser Sebastian de Prado, actor insigne en tiempo de Felipe ly . 



1S8 GIL BLAS. 

y lo8 vivas con que todos le aplaudiëron? Todo eso prueba qae 
DO es tan malo oomo le pintas. Nada prueban, replied don Pom- 
peyOy esas palmadas ni esos yiyas. Dejemos » sefiores, si les 
place, esos aplausos del yulgo. Frecuentemenie los da may 
fiiera de tiempo y contra toda razon , y por lo comun aplaude 
mènos el verdadero mérito que el folso, como nos lo ensefta 
Fedro por medio de una Câbula ingeniosa. Permitidme que os 
la cuente. 

Jnntôse en una gran plaza de cierta ciudad todo el pueblo para 
ver las habilidades que hacian unos charlatanes titiriteros. Entre 
eUos babia uno que se Uevaba los aplausos de todos. Estebufon, 
al acabar otros varios juegos de manos , quiso cerrar la fundon 
dando al pueblo un espectâculo nuevo. Dejôse ver solo en el 
tablado, cubriôse la cabeza con la capa, agachôse, y çomenzé i 
remedar el gruftido de un cochinillo , con tanta propiedad que 
todos creyéron que verdaderamente tenia escondido debajo de 
la capa algun marranito verdadero. Comenzàron todos à gritar 
que se quitase la capa, hizolo asi , y viendo que no tenia cosa 
alguna debajo de eUa , se renovàron los aplausos y la grande 
algazara del populacho. Un lugareûo que estaba en el auditorio» 
chocàndole mucho aquellas importunas expresiones de necia ad- 
miradon, gritô pidiendo silencio, y dijo : Sefiores, sin razon se 
admiran ustedes de lo que hace ese bufon. No ha hecfao el papel 
del marranito con tanta perfeccion como à ustedes les pareoe. 
Yo lo se hacer mucho mejor que el , y si alguno lo duda no 
tiene mas que concnrrir à este sitio maûana à la misma hora. 
£1 puebloy preocupado ya en favor del charlatan, se junto al dia 
siguiente aun en mucho mayor numéro que el anterior , mas 
para silbar al paisano que por divertirse en ver lo que habia 
prometido. Dejàronse ver en el teatro los dos competidores. Co- 
menzô el bufon y fué mas aplaudido que lo habia sido nunca. 
Siguiôse despues el labrador : agachôse cubierto oon su eapa , 
tirô de la oreja à un marranito que ilevaba escondido bajo del 
brazo , y el animalito empezô à dar unos gruftidos muy agudos. 
Sin embargo, el auditorio dedarô la victoria por el pantomimo, 
y atolondrô al paisano con silbidos. No por eso se turbô ni cor- 
riô el buen lugarefto ; antes bien , mostrando el kchoncillo al au- 
ditorio : Senores, dijo con mucha socarroneria, ustedes no me kan 
stlbadod mi » sino al marrano. Miren ahora que buenos jueces son* 

Primo , dijo don Alejo , en verdad que tu fibula pica que 
rabia. Con todo eso , à pesar de tu lechonciUo , nosotros nos 
mantenemos en lo dicho. Mndemos de asunto, prosiguiô, porque 
este ya me empalaga. i Con que tù estas resuelto à marchar maftana, 
sin hacer caso del gran gusto que tendria yo en disCrutar por 
mas tiempo de tu amable compafiia? Tambien quisiera yo, res- 
pondiô su pariente , gozar mas despado de la tuya , pero no 



LIBRO TERCERO. 139 

puedo. Ya te dye qae vine à la corte & cierto negocio de estado. 
Ayer hablë ai primer ministro, maftana tengo que voWer i yerle, 
y un momento despues me es preciso partir en posta para res- 
tiioirme à Lisboa. Càtate un portugues hecho y derecho, replicè 
^^egnier , y segun todas las sefias nunca vendras à establecerte 
en Madrid. Creo que no, respondîô donPompeyo. Tengo la fortuna 
de que me quiere el rey de Portugal, y estoy bien hallado en su 
corte; pero ; créeras tu que, no obstante la bondad con que me 
distingue , faltô poco para que saliese desterrado para siempre 
de sus dofflinios? ;Como asi? le replicô don Alejo. Cuénta- 
noslo por tu vida. Con mucho gusto , respondiô don Pompeyo , 
y al mismo tiempo os contaré tambien la historia de mis su- 
cesos. 

CAPITULO VII. 

Historia de don Pompeyo de Castro. 

Ya sabe don Alejo , prosiguiô don Pompeyo , que desde mis 
mas tiemos aftos me incliné à las armas , y como en Espa&a go- 
zabamos una paz octayiana , tome el partido de ir à Portugal. 
De alli pasé à Africa con el duque de Braganza, que me empleô 
en su ejèrdto. Era yo un segundo de los mènos ricos de Espa&a, 
lo que me puso en precision de distinguirme con haza&as que 
meredesen la atendon del generaL Hice mi deber de modo que 
el duque me adelantô, y me puso en parage de continuar en el ser- 
Tido con bonor. Despues de una larga guerra , cuyo fin no 
ignoran ustedes, me dediqué à seguir la corte, y S. M., por los 
buenos informes que di^on de mi los générales , me gratified 
con una pension considerable. Agradecido i la generosidad del 
montfca, no perdi ocasion de manifestar mi reoonocimiento. 
Poniame en su presencia à aquellas horas en que era permitido 
verle y bacerle la corte. Por esta conducta me granjeé insen- 
sibl^nente su estimadon , y recil^i nuevos beneficios de su be- 
nignidad. 

Un dia que me distingui en una carrera de sortija y en una 
corrida de toros que precediô à ella , toda lo corte aplaudiô mi 
valor y mi destreza ; y cuando yoIyi i casa colmado de ada- 
maciones, me haUé con un billete en que se me decia que cierta 
dama, cuya conquista medebia lisonjear mas que toda la gloria 
granjeada en aquel dia , deseaba hablarme ; y que para esto à la 
entrada de la noche concurriese à derto sitio que se me neùar- 
hba. Diéme mas gusto este papel que todas las alabanzas que 
habia recibido, no dudando fiiese una dama de la primera dis- 
tincion la' que me escribia. Fâcilmente creeràn usiedes que no 



140 GIL BLAS. 

XDéàeBCxûôk, y qae apënas anocheciôy fdi Tolando al parage que 
86 me habia indicado. Esperébame en ël una yieja para seirîrme 
de gnia, y me introdttjo por una porteznela en el jardin de una 
gran casa» donde me condujo à un rioo gabinete, en que me dejô 
enoerradOy diciéndome : Strrase Y. S. de esperar aqui miéntras 
aTÎso à mi ama. Yi mil cosas preciosisimas en aqnel gabinete-, 
que estaba ilominado con gran numéro de bujias , magnifioencia 
que me confirmé en el conoepto que yo baîbia formado de la 
nobleza de aquella dama. Y si todo lo que estaba mirando con- 
tribuia à ratificarme en que no podia mènos de ser aquella una 
persona de la mas alta ealidad , mucho mas me confirmé en mi 
opinion cuando ella se dejô yer cou un aire yerdaderamenle 
noble y magestuoso. Sin embargo no era lo que yo bsdiia pensado. 

Caballero , me dijo , à irista del paso que acabo de dar en 
Yuestro feTor , séria inùtil querer ocultaros los tiernos afectos 
que habeis excitado en mi corazon. No penseis que estos me los 
inspira el gran mèrito que habeis mostrado hoy i yista de toda 
la corte, no por cierto : este mérito no hizo mas que predpitar 
su maniféstacion.Os he yisto mas de una vez: me heinformado de 
quien sois , y el elogio que me han hecho me ha determinado 
à seguir mi inclinacion. Pero no os lisonjeis , prosîguiô ella , 
creyendo que habeis hecho la conquista de alguna duquesa. Yo 
no soy mas que la yiuda de un simple oficial de guardias del 
rey : lo ùnico que puede hacer gloriosa Tuestra viotoria es la 
preferencia que os doy sobre uno de los mayores seAores del 
reino. £1 duque de Almeida me ama, y haoe cuanto puede para ser 
correspondido ; pero no lo consigue, y solo admito sus obsequios 
por yanidad. 

Aunque estas palabras me diéron i entender que trataba con 
una chusca amiga de ayenturas amorosas , no dejè de mostrarme 
agradecido à mi estrella por este encuentro* Dofta Hortensia 
( que asi se llamaba ) estaba en la flor de su juyentnd , y su ex- 
tremada hermosura me encantaba. Fuera de esto me ofrecia so" 
duefto de un corazon que se negaba à las pretensiones de un 
duque. ; Gran triunfo para un caballero espaftol ! Arrojéme i los 
pies de Hortensia para rendirle gracias por sus fayores. Dijele 
cuanto podia decirle un hombre apasionado , y creo que quedà 
muy satisfecha de las yiyas expresiones con que le asegurè de mi 
fidelidad y gratitud. Separâmonos , quedando ambos los mayores 
amigos del mundo , despues de haber couTenidb en yernos todas 
las noches que no pudiese yenir à su casa el duque , tomando 
ella à su cargo avisarme muy puntualmente. Asi lo hizo, y yo 
yine é ser el Adonis de aquella nueya Yénus. 

Pero los placeres de esta yida duran poco. A pesar de las 
precauciones que tomô Hortensia para que nuestra amistad no 
Hegase à noticia de mi competidor , no dejô de saber este todo 



LIBRO TERCERO. 141 

lo que nos impoitaba tanto que ignorase* Enterôle de eDo ana 
criada desoontenta ; y aquel seftor, naturalmente generoso, pero 
altivo y zeloso y arrebatado, se indigna sobremanera de mi an- 
dacia. La ira y los zelos le turbàron la razon , y sigaieiido solo 
lo que le dictaba sa enojo, determinô tomar yenganza de mi de 
on inodo infome. Una noche qae estaba yo en casa de Hortensia 
me espéré à la puerta blsa. del jardin, en compaAia de sas cria- 
dos armados todos de garrotes. Laego qae sali hizo que se arro-* 
jasen à mi aqaellos canallas , y les mandô me matasen à palos. 

Dadle faerte, les decia, maera à garrotazos ese temerano; 
qne oon esta infamia qaiero castigar su insolencia. Apénas dijo 
estas palabras cuando todos me asaltâron » y me diéron tantos 
palos qae me dejéron tendido en tierra sin sentido. Retiràronse 
despues con su amo , para qoien aquella cruel escena habia sido 
el mas divertido espectàculo. Permaneci el resto de la noche 
ea el estado en que me dejâron , basta que al romper el dia pa- 
sàron junto é mi algunas personas que, observando que todavia 
respiraba , tuyiëron le caridad de llevarme é casa de un cinn 
jano. Porfortuna se adyirtiô que no eran mortaleslos golpes, y 
toTe tambien la de caer en manos de un hombre hàbil que me 
corô perfectamente en dos meses. Al cabo de este tiempo yolyi 
à presentarme en la corte , donde prosegoi en el mismo mëtodo 
que entes; pero sin yoWer à eatnar en casa de Hortensia, la 
coal tampoco hizo por su parte diligenda algona para que nos 
rièsemos , porque à este solo predo le habia perdcmado el du- 
que su infidelidad. 

Como todos sabian mi ayentora , y ninguno me tenia por co- 
barde, se admiraban de yerme tan sereno como si no hubiera 
redbido la menor afrenta, sin saber que discurrir de mi apa- 
rente indiferenda. Unos creian que, à pesar de mi yalor, la 
calidad del agresor me contenta y me obligaba é tragarme el 
uitrage ; y otros con mayor fundamento no se fiaban en mi si- 
lendo , y miraban como una calma engaftosa la sosegada situa- 
don que aparentaba. £1 rey pens6 , como estos , que yo no era 
hombre que olyidase un agrayio sin tomar satisfoccion de él , y 
que no dejaria de yengarme cuando encontrase oportunidad. 
Para ayeriguar si habia adiyinado mi pensamiento , me hizo en- 
trar un dia en su gabinete , y me dijo : Don Pompeyo , ya se el 
iaoce que te sucediô , y confieso que estoy admirado de yer tu 
tranquÛidad. Tu ciertamente maquinas y disimulas. Seftor, le res- 
popdi , ignoro qoien pudo ser mi ofensor , porque me acome- 
tièron de noche unos desconocidos , fué una desgracia de la qae 
es forzoso consdarme. No, no, replicô el rey; no pieuses 
alucinarme con esa respuesta poco sincera: estoy infbrmado de 
U)do : el duque de Almeida faé el que mortalmente te ofendiô. 
Tu ères noble y EspaAol> y se may bien à lo que te empeftan esas 



142 GIL BLAS. 

do8 drcoostandas. Sin duda has hecho ànimo de vengarte , y 
qaiero decisiyameiite me confieses la detennmacion que has to- 
rnado ; y no temas qoe llegue jamas el caso de arrepenttrte de ha- 
berme confiado tu secreto. 

Pues ya que V. M. lo manda , respond! , no puedo ménos de 
manifestarle con toda verdad mi pensamiento. Si, sefkMr , solo 
pienso en vengar la afrenta que he recibido. Todo hombre que 
ha nacido como yo es responsable de su honor à su linage y à 
su mismo nacimiento. Y. M. sabe muy bien la injuria que se me 
ha hecho, y yo he resuelto asesinar al duque de un modo que cor- 
responda à la ofensa. Le sepultaré un puûal en el pecho , 6 le 
le^antaré la tapa de los sesos de un pistoletazo , y me refiigiaré 
en Espafta , si pudiere. Tal es , seâor, mi intencion. A la ver- 
dad , repuso el rey, me parece violenta ; pero no por eso me 
atreveré à condenarla , oonsiderada la cruel airenta que te hizo el 
dnque. Conozco que merece el castigo que le tienes dispuesto ; 
pero suspëndelo por un poco , no lo pongas en ejecudon tan 
presto: dame tiempo para pensar y encontrar algun medio que 
os esté bien à los dos. ; Ah ! seftor, exclamé yo no sin alguna 
conmocion, pues ^à que fin me obligô V. M. à descubrirle mi 
secreto? ;Qué medio puede jamas?... Si no encnentro aignno que 
te dqe satisfecho , interrumpiô el rey, podràs ejecutar entônces 
lo que tienes pensado. No pretendo abusar de la confiaaza que 
me has hecho ; no sacrificaré tu honor , y en esta conformidad 
puedes vivir muy tranquilo. 

Andaba yo discurriendo que mcdios podia bnscar el rey para 
componer amigablemente este negocio ; y be aqui oomo lo dis- 
puso.llablô à solas à mi enemigo, y le dijo: Duque, tu has ofén* 
dido i don Pompeyo de Castro y no ignoras que es un caballcro 
ilustre, à quienyo estimo , y que me ha servidobien. Es preciso 
le des satisfaccion. Seûor, respondiô el duque , no se la negaré; 
si esta quejoso de mi procéder , pronto estoy à darlesatisEaùcdon 
cou las armas. £s muy diferente la que le debes dar , repli* 
cô el rey : un Espafiol noble conoce muy bien las leyes del pundo- 
nor para querer medir su espada noblemente con un cobarde 
asesino. No puedo darte otro nombre , ni tù podràs borrar la 
bajeza de una accion tan villana sino presentando tu mismo un 
palo à tu enemigo , y ofrcciéndote â que él te apalée por su 
mano. ; Santo cielo ! exclamé mi enemigo , pues que , seflor , 
l quiere Y. M. que un hombre de mi clase se degrade y humilie 
delante de un caballero particular hasta Uevar con paciendaal- 
gonos palos ! No llegarà ese caso, respondiô el rey : yo obli- 
garé à don Pompeyo à darme palaJira de que no te tocari ; solo 
exijo le pidas perdon de tu yiolencia presentàndole el palo. 
Seftor, replicô el duque , eso es pedirme demasiado « y prefiero 
el quedar expuesto é las ocultas asechanzas de su enojo. Apre- 



LIBRO TERCERO. 143 

do ta vida , repuso el monarca , y quisiera que este asniito no 
toriera funestas résultas. Para terminarlo con ménos disgusto 
tnyo y sere yo solo testigo de dicba satisfaccion , que te mando 
des al espaftol. 

Neoesitô el rey de todo su poder para oonsegnir que el du- 
que se sujetase & nn paso tan humiliante ; pero al fin lo logrô. 
Enyiôme despues à llamar, y contôme la conversacion que 
habia tenido con mi enemigo , preguntàndome al mismo tiempo 
si me contentaria yo con la satisfaccion en que ambos habian 
conrenido. Respondile que si, y di palabra de que, lèjos de 
ofenderle , ni aun siquiera tomaria en la mano el palo que me 
presentase. Dispuestas asi las cosas , concurrimos el duque y yo 
al cnarto del rey, en cierto dia y i cierta hora , y S. M. se cerrô 
con nosotros en su gabinete. Ea, dijo al primero, conoced 
ruestra falta, y mereced el perdon. Diôme entônces sus discul- 
pas mî contrario , y presentôme el baston que tenia en la mano. 
Tomad , don Pompeyo , ese baston , me dijo el rey , y no os 
detenga mi presencia para tomar venganza de vuestro honor ul- 
trajado. Yo os levanto la palabra que disteis de no maltratar 
al duque. No seûor, respond!, basta que se baya sujetado â ser 
apaleado por mi : un EspafloI ofendido no pide mayor satisfaccion. 
FÎies bien , repuso el rey , ya que los dos os dais por satisfe- 
chos, podréis ahora tomar librementeel partido que se acostum- 
bra entre caballeros , segun el procéder regular. Medid yuestras 
espadas para terminar el duelo. Eso es lo que yo deseo vira- 
mente , dijo cl duque con toz alterada y descompuesta , porque 
solo eso es capaz de consolarme del yergonzoso paso qu!e 
acabo de dar. 

Dichas estabras palabras se retiré colérico y abochomado , y 
dos horas despues me enyiô â decir que me esperaba en cierto 
sitio retirado. Acudi alla, y le encontre dispuesto â reflir en 
forma. Tenia unos cuarenta y cinco aflos , y no le iahaba 4es- 
treza ni yalor ; pudiéndose decir con yerdad que era igual el 
partido. Venid , don Pompeyo , me dijo , y terminemos de una 
Tez nuestras contiendas. Dno y otro debemos estar airados , vos 
por el modo coa que os traié , y yo por haberos pedido peN- 
don. Diciendo esto echo prccipîtadamente mano à la espada , y 
tanto , que no me dîô tiempo para responderle. Tirôme dos é 
très estocadas con la mayor presteza, pero ture la fortuna de 
parar los golpes. Acometiïe despues, y conoci que reflia con on 
hombre tan diestro en defenderse como en acometer , y no se 
lo que hubiera sido de mi à no haber tropezado èl y caido de 
espaldas cuando se defendia retiràndose. DetÙYcme asi queleyf 
en tierra , y le dije se leyantase. i Por que razonme perdonais? 
me preguntô. Me ofende mucbo esa piadosa generosidad. Tam- 
bien quedaria muy obscurecida mi gloria, le respond! yo , si 



144 GIL BLAS. 

qnisiera aproTedianne de Toestra desgracia. LeTantaos , vuelvo 
é dedr , y prosigamos niiestro daelo. 

No y don PompeyOy me dijo miéntras se iba IcTantando, & 
yista de un rasgo tan noble no me pennite mi bonor empufiar 
h espada contra yos. iQoé diria el mnndo de mi si tuviera la 
fiitalidad de pasaros el pecho ? Tendriame por nn rain cobarde 
si quitaba la vida à qnien pudo darme la moerte. No puedo , 
pueSy annarme contra yaestra vida; antes bien mi gratitad ha 
convertido en dulces y amorosos afectos los furiosos movimien- 
tos que agitaban mi corazon. Don Pompeyo , continué , cese- 
mos ya de aborreceraos ; poco dije : seamos amigos. i Ah se- 
fior, exdamë yo , y con que placer acepto una propuesta tan 
gustosa ! Desde este instante os juro unasincerisima amistad , y 
para daros desde luego la prueba mas positiva de ella, os pro- 
meto no poner mas los pies en casa de doua Hortensia , aun 
cuando eUa lo deseara. No admito la promesa, dijo èl » antes 
bien quiero cederos esta se&ora : es mas razon que yo os la 
dejcy puesto que su inclinacion à vos es natural en ella. No, no, 
le interrumpi ; vos la amais, y los fovores que me hicîese 
podrian inquietaros; y asi quiero sacrificarla à vuestrapaz y 
quietud. jOh, insigne Espaûol , lleno todo de nobleza y generosi- 
dad ! exclam6 arrebatado el duque , y estrechàndome entre sus 
brazos : me encanta vuestro modo de pensar. i Oh , y que re- 
mordimientos siento al oirlo ! ; Con que dolor, y con cuanta ver- 
gûenza se me présenta à la memoria el ultrsge que os hice ! Pa- 
réceme ahora muy ligera la satisfiaiccion que os di en el gabinete 
del rey, Quiero repararla de un modo mas publico ; y para 
borrar enteramente la infomia , os ofrezco una sobrina mia, de 
cuya mano puedo disponer: es una heredera rica, que aun no 
ha cumplido quince afios , y todavia mas hermosa que jôven. 

Di al duque todas aquellas gracias que me podia inspirar el 
hoior de enlazarme con su familia ; y pocos dias despues me 
casé con su sobrina. Toda la corte se congratulé con aquel per- 
sonage, por baber labradolafortuna de un caballero à quien habia 
cubierto de ignominia ; y mis amigos se alegràron conmigo del 
feliz desenlace de una aventura que prometia un término mas 
triste. Desde entônces acà, seftores mios, vivo con el mayor gusto 
en Lisboa. Mi esposa me ama, y yo la amo. Su tio me da cada 
dia nuevas pruebas de su amistad ; y puedo preciarme de que 
merezco un buen concepto al rey , y prueba de su estimacion 
es la importancia de! négocio que de su ôrden me ha traido â 
Madrid. 



LIBRO TERCERO. 145 

CAPITULO VIII. 

For qaé accidente se re precisado Gil Bias i buscar nuero aoomodo. 

Esta filé la historia que contô don Pompeyo , y qae oimos el 
oiado de don Alejo y yo, aanque nos mandàron que nos reti- 
rasemos antes que la principiase. Hicimoslo esi ; pero nos que- 
dimos à la puerta de la sala, que de propôsito dejémos entor- 
uada, y pudimos oir todo lo que dijo sin perder una sola palabra. 
Prosiguiéron despues bebiendo aqueUos seftores; y se separàron 
antes del dia, porque como don Pompeyo habia de hablar por 
la maflana al ministro» era razon que le diesen tiempo de repo- 
sar algun tanto. £1 marques de Zenete y mi amo se despidiéron 
de aquel caballero, abrazàndole y dejàndole con su pariente. 

Nosotros por esta vez nos acostémos al amanecer ; y al dia 
siguiente mi amo me bonrô dàndome otro nuevo empleo. Gil 
Bias, me dijo, toma papel, tinta y pluma para escribir dos 6 très 
cartas que quiero dictarte, pues te hago mi secretario. i Brayo I 
dije entre mi : esto se Dama acrecentamiento de encargos. Lacayo 
para ir detras de mi amo à todas partes, ayuda de càmara para 
ayudarle à yestir, y secretario para escribirle las cartas, dictàn- 
domelas su seûoria. £1 cielo sea loado por todo. Yoy , como 
la triforme Hécate ^ , à representar très muy distintos personages. 
Tu no sabes , prosiguiô mi amo , que fin îleyo en escribir estas 
cartas. Yoy à decirtelo ; pero se callado , porque te va la vida 
en eOo. À cada paso tropiezo con gentes que me apestan ala- 
bàndose de sus felioes galanteos , y yo quiero sobrepujar à su 
Tanidad ; para k) que he pensado llevar siempre en el bolsillo 
varios billetes fingidos de diferentes damas , y leérselos cuando 
ellos hagan necio alarde de sus triunfos. Esto me divertira un 
rato , y seré mas dichoso que todos mis compafleros , porque 
ellos solicitan esas fortunas solo por tener el gusto de publî- 
carias, y yo tendre el gusto de referirlas sin los malos ratos que 
trae consigo el pretenderlas. Pero tu, afladiô, procura desfigurar 
tu letra , mudando la forma de manera que los papeles no pa- 
rezcan escritos de una misma mano. 

Tome, pues, pluma, tinta y papel para obedecer i don Matias, 
quien me dicté un bSlete en los térmînos siguientes : Anoehe 
faUdile d tu palabrOj ytwîe defàste ver en el sitio cancerlado. ; Ah 
don Maiias! no se que podrds decir para disculparte. Grande ha 
iido mi error ; pero bien has casligado nù vanidad y la Ugeteza con que 

' Fingpn unoa poetas à esta divinidad con très cabczas de muger; y otro» 
COQ una de caballo, una de perro y otra de jabali. 

AO 



14C GIL BLAS. 

creia yo que todas las dwernone$, y aun todoi lot negocio$ del mando 
debian ceder algtuto de ver d dona Clara de Men doza. Despues de 
este billete ine hizo escribir otro como de uoa dama que posponia a 
an gran seftor por amor é sa persona ; y otro en fin en el coalotra 
dama le decia que, si estUYiera segura de sa discreciôn, barian juntos 
el Yiage de Citerea '. No contentindose con haoenne escribir 
unos billetes tan beBos , me obligaba i que los firmase con el 
nombre de varias seftoras muy distingnidas. No pade mènos de 
dedrle qae la cosa me parecia demasiadamente delicada ; pero 
me respondiô secamente que nanca me metiese en darle consejos 
miéntras no me los pidiera. Yime precisado à callar y obede- 
cerle. Acabôse de vestir, ayadéndole yo : metiô los bflletes en 
el bolsillo, y saliô de casa. Segaile , y foimos à la de don Joan 
de Moncada, que tenia conyidados aquel dia à cinco 6 seis caba- 
lleros amigos sayos. 

Hubo ana gran comida, y reinô en toda ella la alegria, que es 
la saba mejor de los banquetes. Todos los conyidados contri- 
buyèron à mantener diyertida la conyersacion, unos con cbistes, 
y otros contando ayentoras qae eUos decian haberles sacedido. 
No malogrô mi amo tan feyorable ocasion de hacer Incir los 
papeles amorosos qae me habia hecho escribir. Ley6los en alta 
yoz y en tono tan natural , que , i excepcion de su secretario , 
todos los demas pudiéron tenerlos por muy yerdaderos. Entre 
los caballeros que se ballàron présentes à tan descarada lectura, 
habia uno que se llamaba don Lope de Yelasco , hombre graye 
y de juicio, el cual, en yez de celebrar como los demas las ima- 
ginarias fortunas , preguntô friamente à mi amo si le habia cos- 
tado macho hacerse dueflo de la yolantad de dofta Clara. Ménos 
que nada, le respondiô don Matias , pues ella faé la que di6 los 
primeros pasos. Yiôme en el paseo; prendôse de mi ; mandô que 
me siguiesen ; sopo quien yo era ; escribiôme , y citôme para sa 
casa à la una de la noche, caando todos estaban durmiendo. Fut 
aUà , introdujèronme en su cuarto... Lo demas no permite mî 
prudencia que lo diga. 

Cuando don Lope de Yelasco oyô aquella lacônica relacion, se 
turbô tanto que todos se lo conocièron , y no era dificultoso 
adiyinar lo nmcbo que se interesaba en el honor de aqaella 
dama. Todos esos billetes , dijo à mi amo, miràndole con sem- 
blante airado, son enteramente felsos , en particular el de dofta 
Clara de Mendoza, de que tanta ostentacion haceis. No hay en 
Espafla seftorita mas recatada y honesta que ella. Dos afios ha 
que la obsequia un caballero que no os cede en nacimiento ni en 
prendas personates, y apénas ha podido conseguir de ella los 

' Es decir que st embaraarian juntos en una concha para ir al templo de 
yénu«. 



UBRO TERCERO. 147 

nu înoœiites Csiyores ; siendo asi que se paede Usonjear de qae^ 
si fdera capaz de concéder algano» à ningan otro sino à el se log 
dispensaria. ^ Y quien os dice lo contrario? replied mi amo en 
DD tono barlon. Yo no me aparto de qqs es una sefiorita mny 
honesta : yo lambien soy un muy honesto caballerito ; con que 
debeis créer que nada pasaria que no fiiese bonestisimo. | Ob ! 
660 ya pasa de raya, interrumpiô don Lope. Dejémonos de 
ehanzas : yos sois un impostor, y jamas dofla Clara os diô cita 
para de nodie : no puedo tolerar que mancbeis su reputacion. 
Tampoco à mi me permite abora la prudencia dedros lo demas. 
Ydicîendo estas palabras mirô con arrogancia à los concurrentes, 
y se retira con un aire que anonciaba las malas consecuencias 
que podriateneraquel negocio. Mi amo, que tenia bastante valor 
para un seflor de su carécter, bizo poco caso de las amenazas 
de don Lope. ; Gran tonto 1 exclamô dando una carcajada. Los 
cabolleros andantes solo defendian la tin pair hermosura de sus 
damas; pero este quiere defender la «m par honestidad delà suya, 
lo que me pareœ empefto todavia mas eitravagante. 

LÀ retirada de Velasco , à la que en yano quiso oponerse 
Moncada, no descompuso la fiesta. Los caballeros, sin parar la 
atencion en ello , prosiguièron alegràndose, y no se separàron 
hasta el amanecer. Mi amo y yo nos acostémos à las cinco de la 
mafiana. El sueAo ya me rendia, y h2d)ia becbo ànimo de dormir 
bien ; pero echaba la cuenta sin la buèspeda, 6 por mejor decir, 
sin nnestro portero, el que una bora despues me yino â desper- 
tar, y à dedrme que estaba â la puerta de la calle un mozo que 
preguntaba por mi. ] Ah , maldito portero I dije bostezando entre 
eniiadado y dormido , i no considéras que solo ba una bora 
que me acostë? Di à ese bombre que estoy durmiendo , y que 
Tuelya mas tarde. Dice, respondiô el portero, que tiene precision 
de hablarte Inego , luego, porqae es cosa urgente. Levantéme â 
estas palabras, poniëndome solamente los calzones y una almiHa, 
y ecbando mil pestes fîii à yer lo que me queria el mozo que me 
bnscaba. Amigo, le dije, ;qné negocio tan urgente es el que me 
propordona la honra de yerte tan de maflana? Una carta, res- 
pondiô , que tengo que entregar en mano propia al sefk>r don 
Hatias , y es preciso la lea cuanto antes. Su contenido e^ de la 
mayor importancia , y asi te ruego que me Ueyes é su cuarto. 
Persuadidodeque debia ser alguna cosa de grande consecnencia, 
me tome la licencia de ir à despertar â mi amo. Perdone Y. S., 
le dije , si le yengo é interrumpir el suefio, pero la importan- 
da... 4 Que diantres me quieres? dijo enfedado. SeAor, dijo 
enfonces el mozo que me acompaftaba, es una carta de don Lope 
de Yelasco, que debo entregar à Y. S. Incorpordse don Matias , 
tomô el billeie, ley61e , y dijo con mncho sosiego al criado de 
don Lope : ffijo, yo nunca me leyanto hasta medio dia, aunque 



148 GIL BLAS. 

me conTiden para la mayor diversion del mando : mira ahora 
si me levantaré à las seis de la mafiana para ir à reftir. Dile é ta 
amo que , como me espère hasta las doce y media en el sitio que 
me dice, seguramente nos yerèmos en él : dale esta respuesta. 
Y diciendo esto, ToWiôse à echar, y tardô muy poco en qoddarse 
de nuevo dormido. 

 las onoe y media se levantô y vistiôcon grandisima pachorra. 
Saliô de casa diciëndome que por aquella yez me dispensaba de 
seguirle ; pero yo no pude resistir â la curiosidad de ver en lo 
que paraba aquel negocio. Fuime tras de ël à lo largo hasta el 
prado de S. Gerônimo, donde vi â lo léjos à D. Lope de Velasco 
que le estaba esperando. Ëscondime donde sin ser visto pudiese 
obseryar â los dos ; y yi que se juntéron , y que un momento 
despues comenzéron & reflir. Durô mucho la pendencia, peleando 
uno y otro con mucha destreza y con ignal yalor ; pero al fin 
se declarô la victoria por don Lope, qaien de una estocada pasô 
dé parte à parte à mi amo, dejàndole tendido en tierra, y huyendo 
muy satisfecho de haberse vengado. Corri acelerado à don Matias, 
halléle sin sentido y casi muerto ; espectàculo que me enterneciô 
tanto , que no pude ménos de echar à llorar por ver una muerte 
para la cual, sin pensarlo, habia yo servido de instrumento. £n 
medio de esto y de mi justo sentimiento, no dejè de pensar en 
hacer lo que me importaba. Yolvime al punto à casa sin bablar 
palabra à nadie. Hice mi hatillo , en el que por inadvertencia 
meti tambien algunas cosillas de mi amo, y luego que lo llevé à 
casa del barbero donde tenia guardado el vestido de que usaba 
en mis aventuras, esparci la yoz de la desgracia que haibia suce- 
dido siendo yo testigo de ella. Contëla à quien me la quiso oir ; 
pero sobre todo fui â contérsela à Rodriguez. Este, ménos afli- 
gido que solicito en tomar las providencias oportunas , junto A 
todos los criados de don Matias , mandôles que le siguiesen , y 
foimos todos al lugar de la pelea. Levantàmos à don Matias", 
que aun respiraba : llevàmosle à casa , y al cabo de très horas 
muriô. Tal foé el trégico fin del seûor don Matias de Silva mi 
amo, por el imprudente gusto de leer papeles amorosos fingi- 
dos por él. 

CAPITULO IX. 

Del amo à quien Gîl Bias fu^ â servir despues «de la muerte de don Matias 
de Silya. 

Hecho el entierro de don Matias, fuéron , pasados unos dias , 
pagados y despedidos todos sus criados. Yo estableci mimorada 
en casa del barberillo , con quien empezaba à contraer estre- 
chisima amistad. Prometiame estar alli eon mas gusto y mayor 



LIBRO TERCERO. 149 

Kbertad que en casa de Melendez. Como me hallaba con algun 
dinerillo , no me di prisa à boscar nueva conveniencia ; y por 
otra parte me habia becho may delicado sobre este particular. 
Ya no gostaba servir & gente comun y plebeya, y aun entre la 
noble qaeria examinar bien entes el empleo que me querian dar. 
Aun el mejer no me parecia sobrado para mi , persuadido de 
que todo era poco para quien habia servido à un caballero rico , 
mozo y elegante. 

Esperando à que la fortuna me ofireciese una casa cual yo me 

imaginaba merecer, juzguè no podia emplear mejor mi ociosidad 

que en dedicarme & obsequiar é la bella Laura , à quien no 

habia yisto desde el dia en que nos desengaftàmos los dos tan 

graciosamente. No me pasô por el pensamiento yolyer à yes- 

tirme à lo don César de Ribera. Séria una grande extrayagancia 

disfrazarme ya con aquel trage, y mas cuando mi propio yestido 

era bastante décente , pudiendo pasar por un t6rmino medio 

entre don César y Gil Bias , sobre todo hall&ndome bien calzado , 

peinado y afeitado, con ayuda de mi amigo el barbero. En este 

estado fui à casa de Arsenia » y encontre â Laura sola en la 

fflisma sala donde en otra ocasion le habia hablado. Exclamô 

luego que me yiô: ;Qué milagro es este? ^eres tû? paréceme 

que sueûo ; porque te crei muerto , 6 que te babias perdido. 

Hace siete u ocho dias que te dije podias yenir à yerme ; mas à 

lo que yeo no abusas de la libertad que te conceden las damas. 

I>lsculpéme con la muerte de mi amo, y con las ocupaciones 

à que diô lugar, afiadiendo muy cortesanamente que aun en medio 

" de eDas tenia siempre muy présente en el corazon y en la me- 

moria à mi amada Laura. Siendo asi, me dijo ella , se acabiron 

ya las quejas, y te confésaré que tambien te he tenida yo muy 

présente. Luego que supe Ia> desgracia de don Matias , me ocurriô 

un pensamiento , que acaso no te desagradarà. Dîas ha que oi 

dedr à mi ama que se alegraria de encontrar un mozo que su* 

piese de cuentas y gobiemo de una casa paraser su mayordomo, 

y Ueyase razon del dinero que se le entregara para el gasto de 

esta, bunediatamente puse los ojos en tu seftoria^ pareciéndome 

que sérias el mas à propôsito para este empleo. Tambien me pa- 

reoe i mi , respond! yo , que le desempeflaria à las mil marayilias. 

He leîdo las Economias de AristôteUs; y por lo que toca à lleyar 

tua cuenta, ese ha sido siempre mi fderte. Pero , hija mia, afiadi, 

una sola dificnltad me impide entrar à seryir à Arsenia. ^Qué di- 

ficultad? replicô Laura. He jurado, repuse, no seryir jamas à 

gente comun, y lo peor es que lo juré por la laguna Estigia. Si 

el mismo Jupiter no se atreviô à yiolar este juramiento , mira tù 

cuanto deberà respçtarle un pobre criado. ^A quien Hamas gente 

comun? replicô Laura con mucho despego. ^Por quienes tieneS tu 

À las comediantas? ^parécete que son por ahi algunas abogadillas, 



150 GIL BLAS. 

6 algimas procoradorai ? Sibete, amigo mio, que fa» comediantas 
son nobles y archinobles , por los enfauxs que oontraen con los 
primeros personages de la corte. 

Siendo asi, le dije, cuenta conmigo, hija mia, para ese empleo 
que me destinas ; pero con tal que no me degrade , ni me haga 
Taler mènos de lo que soy. No tengas miedo de eso , repnao 
Laura : pasar de la casa de un elegante à la de una heroina de 
teatro , es hacer el mismo papel en el gran mundo. Nosotras es- 
tamos en una misma linea con las personas de la primera dis- 
tindon : el mismo aparato de cuarto , la misma mesa , y en reali- 
dad es menester que se nos confunda con ellos en la TÎda ciYÎL 
Con efectOy aûadiô, si se consideran bien un nuirques y un co- 
mediante , en el discurso de un dia vienen casi à ser una misma 
cosa. Si el marques en las très cuartas partes del dia es superior 
al comediante , el comediante en la otra cuarta supera mucho 
mas al marques , porque représenta el papel de emperador 6 de 
rey. Esta, à mi ver» es una compensacion de noMeza y de gran- 
deza que nos iguala con las personas de la corte. Asi es, por 
cierto» respond!; sin duda que estais à niyel unos con otros. 
Los comediantes no son ya gentuza, como pensaba yo hasta 
aqui; y me has metido en gana de servir à un gremio tan dis- 
tinguido y tan honrado. Me alegro » repuso ella » y no tienes mas 
que Tolver de aqui à dos dias. Me tomo este tiempo para ir 
m^parando i mi ama à fin de que te reciba. Le hablarè en tu 
nivor; puedo algo con ella, y me persnado que lograrè que 
entres en casa. 

Di las gracias à Laura por su buena voluntad , aseguràndole 
quedaba sumamente reconocido à sus finezas , con expresiones 
taies que no podia dudar de mi agradecimiento. Sîguiô dei^ues 
nna larga conversacion entre los dos , la que interrumpi6 on 
lacayo que vino à decir i mi princesa que Arsenia la llamaba. Se- 
parâmonos ; y yo sali con grandes esp^ranzas de que presto 
tendria la fortunâ de pasarlo à pedir de boca. No dejé de vol- 
ver al plazo seûalado. Ya te estaba esperando , me dijo Laura , 
para darte la alcgre noticia de que ères de los nuestros. Yen 
conmigo , que quiero presentarte à mi sefiora. Didendo esto me 
llevô i una habitacion compnesta de cinco 6 seis piezas, à cual 
mas rica y mas soberbiamente alhajadas. 

îQué lujo! ;quë magnificencîa! Pareciéme que entraba en casa de 
alguna vireina , 6 , por mejor decir, crei estaba viendo todas las 
riquezas del mundo juntas en aquella. Lo cierto es que habia en ella 
lo mas rico de todas las naciones, tanto que se podia définir aquella 
habitacion oon mucha propiedad : el templo de una diosa, d cuya» aras 
ofrecm todo canûnanle lo mas raro y predoso de tu pms.Yi à la deidad 
magestuosamente sentada en un almohadon de brocado carmesi 
con franjas de oro. Era bçlla y corpulenta , porque habia engorda- 



UBRO TER€ERO. 161 

do con el iiumo de los sacrificios. Estaba en un gracîoBO desa- 
liAo y y ocupaba sus lindas manos en componer un primoroso 
u>cido naevo para Inenrlo aqoeUli noche en el teatro. Se&ora , 
le dgo la criada , este es d mayordomo de que tengo hablado ; 
y puedo asegurar à ymd. seria dificil encontrar otro que fuese 
Bias à prop6sito. Mir6aie Arsenia con particular atencion, y 
isne la dicha de gnstarle. i Como asi , Laura ? exclamé ella , 
I cpiien te die noticia de tan beUo mozo ? Ya estoy Tiendo que 
me iri muy bien con el. Y Tolviéndose à mi: Querido, me dijo» 
tn eres el que yo buscaba , y el que irerdadeFamente me aco-- 
moda. Solo tengo que dedrte una palabra : EstarAs contento con- 
raigo si me sir^es bien« Respondfle que karia ciianio estuviese 
de mi parte para agradarh en todo. Viendo que estabamos 
acordes , me despedi prontamente para ir i busear mi hatillo y 
volver à tcnnar poeesion de la nneva easa. 

CAPITULO X. 

Entra Gil Bias i ienir de mayordomo en oasa de Ancgoda j informes que le da 
liaura de los oomediantes. 

Era poco mas 6 mènes la bora de la comedia , cuando mi 
nueya ama me dijo la siguiese al teatro en compaftia de Laura* 
Entrémos en el yestoario , y alii quitindose el vestido que lie- 
raba, se puso otro magnifico para presentarseen la esGen&Asi 
que CTipezô la representacion me Uevô Laura i un sitio desde 
donde podiamos oir y yer perfectmnente. Desagradôme la mayor 
parte de los représentantes » sin duda porque ya estaba prédis- 
pnesto contra eilos en yirtud delo que le habia oido é don Pom- 
peyo. Con todo eso faéron muy aplandidos, aunque algunos me 
hiciéron acordar de la fabula del lechoncillo. 

Tenia Laura graA ouidado de irmo'diciendo el nombre de los 
comediantes y comediantas conforme iban saliendo al teatro ; y 
no oonteiua con nombrarlos» hacia un retrato satirico de cada uno. 
Este, declares un atolondrado;aquel un insolente. Aquellamelin- 
drosa que yes^cuyo aire es mas descarado que gracioso, se llama 
Rosarda, y fué muy mala adquisicion para la compaflia. Mas yaldria 
que se marchera .con la que se esta formando de 6rden del yirey de 
Noeya-Espafta y ya à salir inmediatamente para America. Mira 
bien aquel astro luminoso que acaba de presentarse , aquel be*> 
Uo sol que ya eaminando à su ocaso : Uâmase Casilda, y si cada 
ano de los amantes que ha tenido la hubiera contribuido con una 
piedra labrada para iiabricar una piramide , como dioen que en 
otro tiempo lo hizo cierta reina de Bgipto , podria haher erigido 
una que Uegase al fercer cielo. En fin , é cada coal fué pegando 



159 GIL BLAS. 

Laura su parchecito. {Que mala lengua! ni aun i so misma ama 
perdonô. 

Sin embargo de esto , confieso mi flaqneza , estaba yo apasio- 
nado de eUa , aunqne su caràcter , moralmente hablando , nada 
tenia de bueno. De todos decia mal con tanta gracia , que me gusK 
laba hasta su misma malignidad.En los intermedios se leyanfaba 
para ir à ver si Arsenia necesitaba algo , y en vez de volTer 
prontamente , se enhetenia tras del teatro à recoger los reqaier; 
bros 7 lisonjas que le decian los hombres. Una yez la segui para 
obser varia , j yi que tenia machos conocidos. Note que très 
comediantes uno en pos de otro la detuyiéron para hablarle , y 
observé que gastaban demasiada familiaridad. No me agradô 
esto mucho , y por la primera vez de mi vida comenzë àexperi- 
mentar lo que eran zelos. Yolvime à mi sitio tan pensativo y 
melancôlico , que Laura lo echo de ver laego que volvi6. ^Qaè 
tieneSy Gil Bias? me preguntô admirada: ^qué negro humor se 
ha apoderado de ti desde que te dejé? Muestras un semblante 
triste y sombrio , que no se i que atribuirlo. Y lo peor es , 
reina mia , que es con sobrada razon , le respondi. Me parece 
que andas algo suelta ; y esto me da c[ue pensar à mi mas que 
à ti mi sentimiento. Yo mismo acabo de verte muy alegre y di- 
vertida con los comediantes... Al oir esto dijo ella , soltando 
una grandisima carcajada : Yamos claros , que es gracioso el 
motivo detupesadumbre. ; Pues que! ^de tan poco te espantas? 
eso es una friolera, y si estas algun tiempo cou nosotros veràs 
otras mil lindezas. Es menester , hijo mio , que te vayas hacien- 
do à nuestras mafias. Entre nosotros no se gastan hazafierias , 
ni mucho ménos se usan zelos. En la nacion cômica los zelosos se 
llaman ridiculos» y asi apénas se encuentra uno. Padres, maridos, 
hermanos, tios, primos, todos son la gente mas bien avenida 
del mondo; y muchas veces ellos mismos son los que establecen 
sus femilias. 

Despues de haberme exhortado à no sospechar mal de mnguno , 
y é no inquietarme por nada de cuanto viese , me declarô qae yo ' 
era el jFéKz mortal que habia encontrado el oamino de su corazon , 
y me asegurô que me amaria siempre , y à nadie mas. Despues 
de una seguridad como esta , de la cual podia yo bien dudar sia 
temor de que me tuviese por muy desconfiado y le ofreci no espan- 
tarme de nada ; y con efecto , cnmpli mi palabra. Aquella misma 
noche la vi hablar â solas , reir y divertirse con varios sin dàrse- 
me un bledo. Acabada la comedia volvimos à casa con nuestra 
ama ; y poco despues llegô Florimunda con très sefiores viejos 
y un comediante » que venian à cenar en compania de las dos. 
Ademas de Laura y yo habia en casa una cocinera» un mozo 
de cocina y un lacayuelo. Juntimonos todos para disponer la 
cena. L^ cocinera , que era tan hàbil como la seftora Jacinta , dis- 



LIBRO TERCERO. 1S3 

paso las ykuidas ayadéndole el marmiton. La doncella y el la- 
cayaelo posiéron la mesa , y yo caidé de cnbrir el aparador con la 
mas bella vajiUa de plata , y algnnos ^asos de oro , TOtos ofre- 
ddos à la deidad de aqael templo. Adornèle tambien con dife- 
rentes boiellas de yinos exquisitos , haciendo de copero » para que 
viese mi ama qae era yo hombre para todo. Admiréme de ver e 1 
porte y aire de las comediantas durante la cena , aparentando ser 
damas de importancia , y figuràndose ellas mîsmas que eran se- 
floras de la primera distindon. Lèjos de dar à los seflores el tra- 
lamiento de exceleneia , no les daban ni aun el de seikoria, conten- 
téndose con llamarlos por sus apellidos. Es verdad que ellos se 
tenian la culpa , porque se Cuniliarizaban demasîado con ellas. El 
comediante por su parte , como acostumbrado à hacer el papel de 
bèroe , les trataba tambien sin cumplimiento : brindaba i su salud, 
y hada los honores de la mesa. Â fè , dije entre mi , que cuando 
Laora me dijo que un marques y un comediante eran iguales parte 
del dia , pudo afladir que aun lo eran mucho mas por la noche , 
]Nies la pasan bebiendo juntos toda ella. 

Arsenia y Florimunda eran naturalmente alegres. Ocurriéronles 
mfl didios chistosos , y algo mas , mezdados con foyordllos y 
monerias miqr celebradas por aquellos randos pecadores. Mièn- 
tras mi ama couTcrsaba inocentemente con uno , su amiga, que 
se haDaba entre los dos , no hacia dertamente el papel de Susana 
con ellos. Yo estaba considerando atentamente aquel retablo ( que 
à la yerdad tenia muchos atractiyos para un mozo de mi edad ) 
coando se sirrièron los postres. Entônces puse en la mesa bote- 
lias de licores con sus copas c£>rrespondienteSy y me retiré à cenar 
con Laura , que me estaba esperando. Y bien , Gil Bias , me dijo , 
;qué te parece de esos seftores que bas yisto? Sin duda, le res- 
pond! , son los cortqos de Arsenia y de Florimunda. Te engaikas , 
replicô eQa: son unos yiejos Tohiptnosos que galantean i todas 
sin fijarse en ntnguna. Se contentan solo con un poco de agrado » 
y son tan generosos que pagan bien los levés fevores que se les 
conceden. Florimunda y mi ama estàn ahora sin amantes, à Dios 
gracias , hablo de aquellos amantes que quieren alzarse con la 
*aotoridad de maridos, y que sean para si solos todos los gustos 
d^la casa porque hacen el gasto de ella. Yo soy de opinion que 
ana muger de juicio debe huir de todo lo c[ue huele A empefio par- 
ticular. ^À que fin sujetarse i ninguno que la domine? Mas vale 
ganar poco à poco alhajas , que comprarlas de una vez i Costa de 
tan impertinente sujecion. 

Cuando Laura estaba de humor de parlar, lo que le acontecia casi 
de continno , nada le costaban las palabras : tanta era la soltura 
de su lengua. Cont6me mil lances que habian sucedido à las co- 
mediantas del corral del Principe ; y conoci por sus conversacio- 
nés que no podia estar yo en mejor escuela para conocer perfec- 



1S4 GIL BLA8. 

tamente lo$ vicios. Hallibaiiie por mi desgrada en «la edad eo 
que estos apënas causan horror , y afladiase à esto que la tal nifta 
los sabia pintar tan bien » que en ellos solo consideraba yo pla- 
ceres y delicias. No tuvo tiempo para instninrme ni aun de la dé- 
cima parte de las gloriosas hazaûas de las faeroinas de teatro , 
porque no habia mas que très boras que estaba hablando. Los 
seàores y los comediantes se retiràron al fin con Fioriraunda , 
acompafiiàndola hasta su casa. 

Luego que salîèron , me di6 diez doblones mi ama, didéodo- 
me: Toma , Gil Bias , ese dinero para el gasto. Maûana Tienen à 
comer cinoo ô seis de mis compafieros y oompafteras, procura 
regalarnos bien. Seûora , le respond! , con diez doblones me acre- 
¥0 à dar una snntuosa comida , aunque sea à toda la cuadrilla 
cèmica. ^Qué es eso de cuadrilla? repuso ella. Mira como haMas. 
No se debe Uamar cuadrilla , sioo compaâia. Se dice moy bien una 
cuadrilla de bandidos 6 de holgazanes; puede decirse una cua* 
drilla de autores ô de poetas ; pero guéûrdate de volver à decir 
cuadrilla de comediantes. La nuestra es compaftia; y sobre todo 
los actores de Madrid merecen bien que à su cuerpo se le de este 
nombre. Pedi perdon à miama de haber usado de unaexpresion 
lanpoco respetuosa» suplicàndole disculpase mi ignorancia, y 
protestando que, siempre que hablase de los seâores representan* 
les de Madrid colectivamente , diria oompaâia, y jamas cuadrilla. 

CAPITULO XI. 

Od modo con que viTian entra sî lot comediantes , y como trataban â los 
aatores de comediaa. 

Al dia siguiente muy de maftana sali â campafta para dar 
principio à mi empleo de mayordomo. £ra TÎgilia ; y por ôrden 
de mi ama compré buenos polios , conejos , perdices , y otras 
frioleras de semejante especic. Como los seAores càmicos no estàn 
contentos de los ritos de la iglesia con respecto à ellos , no ob- 
seryan con mucha puntualidad sas mandamientos. Llevé à casa 
mas comida de la que bastaria para alimentar à doce persouas 
honradas los très dias de carnestolendas. La cocinera Uivo bien 
en que diyertirse toda la maâana. Miéntras ella cuidaba de ade- 
rezar la comida se leyantô Arsenia de la cama, y se sento al to- 
cador , donde estuvo hasta medio dia. Llegàron entônces los se- . 
âores comediantes Ricardo y Casimiro. A estos se siguiéron dos 
comediantaSy Constancia y Leonorfun momento despues se dejô 
ver Florimunda, acompaûada de un faombre que tenia toda la 
traza de un caballero majo: el cabello peinadoâ la ùbima moda, 
un sombrero con una ala levantada , y su penacbo de plmnas en 



LIBRO TERCERO. 155 

figan de ramfllete ; cakones ajnstados ; ropBa * bordada con So- 
res de oro , y medio desabrochada, por donde se descubria una 
finisiiiia camisa gnarnecida de ricos encajes; guanlesy paAoelo de 
cambray delicadisimo , metidos en la guarnicion 6 cazoleta de la 
eapada ; capa larga, terciada sobre el homtH'O con mudio garbo 
y bizarria. 

Cod todo eso , aunque de tan buena traza, y hombre Terdadera- 
mente bien plantado , toda^ia me pareciô deseubrir en él un no 
se que de extraâo que me chocaba. £s imposible , decia yo entre 
mi , que no sea un hombre raro este sugeto. No me engaâè en mi 
concepto , porque era un ente singular. Luego que entré en el 
coarto de Ârsenia fuè precipitadamente à abrazar à todas las co- 
fliediantas y comediantes con mayor intrepidez y algazara que el 
nozalvete mas atronado. Gomenzô à hablar , y me confirmé en mi 
opinion. Se recalcaba sobre cada silaba, y pronnnciaba las pala- 
bras con cierto modo enfitico , pomposo y gutural , accionando , 
gesticalando , y haciendo con los ojos aquellos moyimientos que , 
é su parecer , estaba pidiendo el asunto. Tuye la curiosidad de 
pn^ntar à Laura quien era aquel caballero. Disculpa tu curiosi- 
dad , me respondiô prontamente. Es imposible no teneria al Ter 
por la primera vez al sefior Carlos Alfonso de la Yentoleria. Yoy 
é pintéitdle al natural. Primeramente fuè en otro tiempo come- 
diante ; dejô el teatro por antojo , y se arrepintiô despues mirén- 
dolo con juicio. ;Has reparado en su cabello negro? pues sàbete 
que es teftido , ni mas ni mènos que sus cejas y bigotes. Es mas 
viejo que Saturne. Sin embargo , como sus padres , cuando naciô , 
se olyidâron de hacer asentar su nombre en el libre de bautiza- 
dos y él se aprovecha de este descuido para quitarse Teinte alios 
por lo mènes. Fuera de eso , es el hombre mas pagado de si mis- 
mo que quizà se encontrarà en toda Espafia. Paso los ocho pri- 
meros lustres * de su yida en una compléta ignorancia; y para 
hacerse sabio encontre despues un cierto preceptor que le en- 
sefiô é deletrear en griego y en latin. Aprendiô de memoria una 
multitud dé cuentos y chistes, que i fuerza de repetirlos se ha 
Uegado à persuadir de que son suyos efectivamente. Hàoelos 
Tenir i la conyersacion aunque sea arrastràadolos por los cabe» 
Oos, y se puededecir de U que lo luce su entendimiento à costt 
de su memoria. Finalmente , se dice que es un grande actor » y 
lo creo piadosamente ; pero te confieso que nunca me ha g«s- 
tado. Algnnas yeces le oigo dedaroar aqui» y entre otros defeOos , 

* RopiUa era una espccie de chaqaeta larga con faldetas que por delante se 
itjuitaba al cuerpo : tenia en los hombros sus brahones para adomo ,' y era miiy 
•emejante à las que usan los actores cuando TÛten k la antigna espaAola. Tarn* 
Inen soUan llamarla juhon. 

' Cada Instro es cinco aâos. 



156 GIL BLAS. 

es muy yisible el de una pronoiiciacion tan afectada» y con una voz 
tantrémola, qaedacierto aire antiguo y ridicalo àsu dedamadon. 

Tal file el retrato qae la seflora Laura me hizo de aqnel his- 
trion faonorario , de qoien puedo decir con verdad que no he 
Yisto mortal de un aspecto mas orgulloso en todos los dias de 
mi yida. Queria hacer tambien el chistoso y discreto , sacando 
de su mollera dos ô très cuentos, que nos encajô en tono grave 
y bien estudiado. Por otra parte las comediantas y comediantes, 
que ciertamente no habian yenido à callar , tampoco estuyiéron 
mndos. Gomenzâron à hablar de sus camaradas ausentes , à la 
verdad de nn modo pooo caritatiyo; pero esto es menester per- 
donérselOy tanto a los comediantes como à los antores. Acalo- 
rose un poco la conyersadon à expensas del prôjimo. ; Habeis 
sabidOy amigas, dijo Gasimiro, el nuevo pasage de nuestro com- 
paAero Gesarino ? Gomprô esta maflana un par de médias de 
seda , dntas y enoages , hadendo despues que un page se los 
lleyase al ensayo como de parte de cierta condesa. { Que bribo- 
nada I exclamô el seflor Ventoleria con cierta risita yana y mo- 
fodora. En mi tiempo se usaba mas realîdad. Ninguno pensaba 
en semejantes fiodones. Es verdad c[ue aun las damas de mayor 
distincion nos ahorraban la ruindad y el trabajo de inventarlas; 
pues tenian el eapricho de ir ellas mismas en persona à comprar 
lo que nos regalaban. Fardiez , repuso Ricardo , en el mismo 
tono y que ese eapricho aun no se les ha pasado ; y si fiiera 
licito decir todo lo que uno sabe en este punto... Pero es fiierza 
callar dertos lances , particularmente cuando tocan à personas 
de suposicion. 

SeAoreSy interrumpiô Florimunda, suplico â ustedes dejen à 
un lado esos lances y buenas fortunas, puesto que todo el 
mundo las sabe , y hablemos algo de nuestra Ismenia. He oido 
que se le ha escapado aquel sefïor que gastaba tanto con ella. 
Es muy cierto, respondiô Gonstanza» y aun dire mas ; tambien 
acaba de perder un rico mayordomo , à quien sin rçmedio hu- 
biera dejado sin camisa. Lo se originalmente. Su mensagero hizo 
un qui pro quo, Hevando al seAor un billete que era para el 
mayordomo, y al mayordomo una carta que escribia al seflor. 
Dos grandes pérdidas, afladiô Florimunda. i Oh! replicô pron> 
tamente Constanza , por lo que toca à la del seAor , es poco 
importante, pues yahabiaconsumidocasi toda su hacienda; pero 
el mayordomo ahora comenzaba su carrera. No ha pasado aun por 
la adùana de las coquetas, y asi es una pérdida muy digna de 
llorarse. 

 esto, poco mas ô mënos, se redujo la conversacion antes 
de comer, y sobre el mismo asunto continuô durante la comida. 
Y como nunca acabaria yo si hubiese de referir cuantas especies 
se tocàron, todas de murmuracion 6 de fatuidad, cl lector lie vara 



LIBRO TERCERO. 157 

à bien qae las suprima, para contarle el modo con que file reci- 
bido an pobre diablo de autor, que Ilegô à casa de Arsenia hécia 
el fin de la comida. 

Entré nnestro lacayuelo donde estaban oomiendo, y en yoz 
alla dijo â mi ama : Seftora, ahi esta un hombre con la camîsa 
sucîa y Ileno de cazcarrias hasta el cogote, que con perdon de 
ustedes tiene traza de poeta, y dice que desea hablar à vmd. 
Hazle subir, respondiô Arsenia. Nada de cumplimientos, seflores, 
aûadiôy que es un autor. Efectivamente era uno que habia corn- 
puesto cîerta tragedia admitida por la compaflia; y traia el papel 
que habia de representar mi ama. Uamàbase Pedro de Moya. Al 
entrar hizo cinco ô seis profundas cortesias à los concurrentes , 
sin que ninguno de ellos se levantase, ni siquiera le saludase. 
Solamente Arsenia le correspondiôcon una simple inclinacion de 
cabeza. Fuése acercando , pero siempre temblando y confiiso : 
cayéronsele los guantes y el sombrero ; le^antôlos , y se acercô 
i mi ama; y presenténdole un papel mas respetuosamente que un 
litigante présenta à su juez un memorial: Dignaos, sefiora, le dijo, 
de aceptar el papel que tengo la honra de ofrecer à yuestros 
pies. Rccibiôle eUa con la mayor frialdad» y con cierto aire de 
despredo , sin dignarse ni aun de responder una sola palabra à 
sa cumplimiento. 

No por eso se acobardô nuestro autor, el cual, aproyechando 
aquella ocasion para distribuir otros papeles , dîô uno é Casi- 
miro y otro i Florimunda, qnienes los tomàron sin mas cortesia 
ni ceremonias que las que habia usado Arsenia ; entes por el 
contrario el comediante, naturalmente muy cortes, como lo son 
casi todos estos seflores, le insulté con chanzas picantes; pero el 
buen Pedro de Moya las Ueyô con paciencia, y no se atreyiô à 
volyerle las nueces al càntaro porque no lo pégase despues su 
trigica composicion. Retirôse sin decir palabra, pero à mi pare-: 
cer yiyamente picado del recibimiento que le habian hecho. Tengo 
por cierto que alli en su interior no dejaria de decir mil pestes 
de los comediantes como merecian; y estos, depues que èl saliô» 
comenzàron à hablar de los autores con mucho respeto. Paré- 
ceme, dijo Florimunda, que el seûor Pedro de Moya no ha ido 
muy satisfecho de nosotros. 

Y bien, seflora, interrumpiô Casimiro, ^qué cuidado se os 
da? ^Por yentura son dignos de nuestra atencion los autores ? 
Si los igualaramos i nosotros , ese séria el mejor medio para 
echarlos à perder. Tengo bien conoddos à esos pobres diablos, 
y por eso mismo se que, si los trataramos de otra manera, presto 
se olyidarian de lo que son, y nos perderian el respeto. Traté- 
mosloSy pues, como esclayos, y no temamos que les apuremos 
la paciencia. Si enfadados se retiraren de nosotros algnn tiempo, 
no durarâ mucho : la mania de escribir les harà presto yolyer à. 



158 GIL BLAS. 

boscamos, j daréii gracias i Dios si nos dignamos de repreaentar 
toe obras. Tienes mocha razon, dijo entônces Arsenia : sola- 
mente perdemos aquellos autores cuya fortona labramos con 
nuestra habilidad, paes luego que los hemos acreditado 7 poesto 
en parage de que tengan que comer , se dan é la odosidad, 7 ya 
no quieren traibajar ; pero al fin la compafiia se consuela, 7 "el 
publico tiene ménos qae padecer. 

Aplaudièron todos este parecer, y quedàron en que los auto- 
reSy à pesar de lo mal que los trataban los comediantes, siempre 
les estaban muy obligados , porque les eran dendores de todo )o 
que tenian. Asi los abatian los histriones, haciéndolos infertores 
à ellos, 7 dertamente no podian despreciarlos mas. 



CAPITULO XU. 



Toma Gil Bias indinacion al teatro , entrtfgase enteramente a los pasatiempoa 
de la Tida comica, y dentro de pooo se disgusta de ella. 



Los convidados se quedàron hablando sobre mesa basta que 
llegô la hora de ir al teatro , y entônces marchàron todos à ël 
SeguiloSy y vi tambien la comedia que se représenté aquel dia , 
la que me gustô de manera, que hice ànimo de no perder nin- 
guna. Asi me fui insensiblemente acostumbrando à los actores : 
é tanto tiega la fiierza de la costumbre. Uevàbanme particular- 
mente la atencion aquellos que hacian mas gestos y daban mas 
grRos en las tablas , y no era yo el ùnico de este gusto. 

No me causaba ménos agrado la discrecion de las piezas 
que el modo de representarlas. Algunas yerdaderamente me 
embelesaban : sobre todo aquellas en que se dejaban ver i un 
mismo tiempo en el teatro todos los cardenales, 6 los doce pares 
de Frauda. Sabia de memorîa muchos pasos de aquellos incom- 
parables poemas. Acuérdome de que en dos dias aprendi toda 
entera una comedia femosa, mtitulada : La re'ma de Iom fioret. La 
Rosa era la reina , que tenia por confidenta é la Violeta, 7 por 
escudero al Jazmin. No habia para mi obras mejores que las 
parecidas à estas , persuadido de que daban mucho honor k 
nuestra nacion. 

No me oontentaba cou adomar mi memoria con los trozos 
mas selectos de estas bellas producdones draméticas , sino que 
tambien me apliqué à perfeccionar el gusto , y para conseguirlo 
con acierto escuchaba con la mayor atencion el parecer de los 
comediantes. Si alababan una pieza , yo la estimaba, y despre- 
ciaba todas aquellas de que les oia haMar mal. Pareciame que 
eran tan înteligentes en piezas teatrales como los diaman- 



LIBRO TERCERO. 169 

ttftas en piedras preciosas. Sin embargo , observe que la trage- 
dia de Pedro de Moya faé muy aplaudida, aanque ellos habian 
pronostkado que todos la ailbarian. Pero no baste esta expe- 
nencia para que su critka se me biciese sospechosa ; y entes 
quise créer que el publico carecia de gusto y discemimiento , 
que dndar de la infelibilidad de la compaftia. No obstante , me 
aseguraban todos que ordinariamente eran redbidas con aplausos 
aqoellas comedias nuevas de que los actores formaban mal con- 
ceptOy y por el contrario , silbadas casi todas las que ellos mas 
ceiebrabaiL Dedanme que era regla general suya hablar siempre 
mal de las obras , y me citaban mil ejemplares de algunas que 
babian desmentido sus decisiones. Todo esto fué menester para 
que al cabo me desengaflase. 

No se me olvidaré jamas lo que sucediô un dia en que se 
représenté una comedia nueva *. Habiales parecido à los come- 
diantes firia y iastidiosa, adelantàndose à pronosticar que el 
aoditorio no la veria condnir. Con esta preocupacion represen- 
tàron la primera jomada, que mereciô grandes aplausos. Admi- 
rôlos mucho esto. Representâron la segunda , la cual aun fué 
mas aplaudida que la primera. Y he aqui à todos mis pobres 
actores atAnitos. | Como diablos es esto ! exclamaba Casimiro : 
esta comedia adquiere foma. Representâron la tercera, que fué 
sin comparacion mas celebrada que las otras dos. Yo no lo 
entiendo, dijo Ricardo : cuando creiamos que esta pieza no lo- 
graria aceptadon, todos la aplauden. Seflores , dijo entônces un 
cômico ingenuamente , la causa es porque hay en ella mil gra- 
cias y raagos ingeniosos que nosotros no habiamos comprendido. 

Desde entônces dejé de tener i los comediantes por buenos 
joeces, y me hice justo apreciador de su mérito. Ellos mismos 
acreditaban con cuanta razon la gente les afeaba varias ridicu- 
leoes. Veia yo claramente que los aplausos nada merecidos tenian 
echados à perder tanto é los cômicos como à las cômicas , los 
cnaleSy consideràndose como personas de suma importancia, y 
objetos dignos de admiradon, estaban persuadidos de que hacian 
gran favor al publico en divertirle. Dàbanme muy en rostro sus 
defiectos; mas, por mi desgracia» su modo de vivir Uegô à 
gastarme demasiado , y asi me vi metido Ue pies à cabeza en 
el desenfreno y en la disolucion. Ni podia ser otra cosa. Todas 
SOS conversaciones eran pemiciosas à la juventud , y nada veia 
en ellos que no contribuyese à estragarme. Aun euando no su- 
piera yo todo lo que pasaba en las casas de Constancia, Casilda 
j las demas comediantas , bastaba para perderme lo que estaba 
Tiendo en la de Arsenia. Ademas de aquellos sefiores ya viejos 
de que habI6 antes, concurrian é ella varios elegantes, y no pocos 

' Esta fué El amor af uso » de don Antonio de Solis. 



160 GIL BLAS. 

hgos de familia , que encootraban en los nsureros todo el dinero 
que habian menester para arroiiiarae. Algnna yez recibian tambien 
 ciertos agentes de quienes se seryian, los coales, en yez de ser 
pagados por su trabajo , lea pagaban i ellas porque se dejasen 
seryir. 

Florimunda yiyia pared por medio de Arsenia, y todos los 
dias comian y cenaban juntas. Estaban las dos tan unidas que 
causaba admiracion à las gentes yer tanta armonla entre corte- 
sanas» y se creia que tarde 6 temprano se romperia su amîstad 
por algun obsequiante ; pero conocian mal à tan perfectas ami- 
gas, porque era muy intima su union : en lugar de ser zelosas 
como las demas mugeres, hacian yida comun. Gustaban mas de 
repartir entre si los despojos de los hombres , que de disputarse 
neciamente sus amorosos suspiros. 

Laura, à ejemplo de estas dos ilustres compareras, aproye- 
chaba tambien el tiempo , no dejando malograr lo mas florido 
de sus afïos. Habiame ella dicho que yeria mil lindezas, y no me 
engafiô. Con todo eso, yo no hacia el zeloso , por haberie pro- 
metido que proGuraria adoptar el espiritu de la compafiia. Disi- 
mule por algun tiempo, contenténdome con preguntarle ei nombre 
de los sugetos con quienes la yeia à solas en conyersacion ; pero 
siempre me respondia que era un tio ô un primo carnal suyo. 
\ Ob, y cuanta multitud de parientes tenia I Su familia debia ser 
mas numerosa que la del rey Priamo K Mas no era negodo de 
atenerse ùnicamente à su infinita parentela : hacia tambien sus 
salidas fiiera del àrbol genealôgico, y no se olyidaba de ir decuando 
en cuando à representar el papel de seftora yiuda en casa de la 
yieja de antafio. En fin, Laura, por dar al lector una idea cabal 
de su persona, era tan jôyen, tan linda y tan alegre como su 
ama, excepto que esta diyertia al pueblo publicamente , y la 
criada solo lo hacia en secreto. Yo cedi al torrente, y por espacio 
de très semanas me entregué à todo gënero de placeres y pasa- 
tiempos; pero debo decir que en medio de ellos me sentia ator- 
mentado de crueles remordimientos, efecto de mi educacion, que 
llenaban de amargura todas mis delicias. No triunfô la disolucion 
de tan saludables remordimientos : al contrario , eran mayores 
cuanto mas me abandonaba à mis desôrdenes. Comenzéron estos 
à caiisarme horror , gracias à mi natural complexion. | Ah des- 
yenturado ! me deda yo à mi mismo : ; es esto lo que esperaba 
de ti tu familia ? No te bastaba haberla engaiiado tomando otra 
carrera que la de preceptor ? £1 yerte precisado é seryir i te 
dispensa de cumplir con las leyes de hombre de bien?iParéceie 

* Ultimo rey de Troya , de qaien se dice turo hasta cincuenta hijos habidos 
con Tanas esposas : de una sola diez y naeve Taroncs y doce hembras. Y co- 
node de ettos una numnrostsinia descendencia. 



LIBRO CUARTO. 161 

tjne te puede ser de algun proyecho el yiyir enlre gente tan 
Tidosa? £n unos reina la inyidia, la ira y la ayarida ; el pudor 
7 la yergûenza estàû desterrados de otros ; estos se entregan i 
la intemperancMl y à la pereza ; aqoellos al orguUo y i la inao- 
leacia.£sto ie acabô : no quiero yiyir mas con los siete pecados 
capitales» 

!»■■■» ■■>■■■ >»>»■> 

LIBRO CUARTO. 



CAPITULO I. 

Mo pudiendo Gil Bias «comodane i Us costmnbres de los oomediantet, se sale 
de casa de Araenia , y halla m^or coiiTemeiicia. 

Un tantico de honor y de religion que conseryaba todayia en 
medio de tan estragadas costumbres me obligé no solo à dejar 
é Arsenia , sino tambien à romper toda comunicacion con Laura» 
à quien sin embargo no podia ménos de amar, aon conodendo 
que me hacia mil infidelidades. Dichoso aquel que sabe aproye- 
charse de dertos momentos en que la razon yiene à turbar los 
ilidtos embelesos que la tienen obcecada. Amaneciô, pues, una 
maflana , muy dichosa para mi , en la cual hice mi hatillo , y sin 
cQptar con Arsenia, que, si ya à decir yerdad , casi nada me 
dcbia de mi salario, ni despedirme de mi querida Laura, sali 
de aqnella casa, en que solo se respiraba libertinage. Premiôme 
inmediatamente el delo esta buena obra , pues encontrando al 
mayordomo de mi dUunto amo don Matias , le saludé , y èl, co- 
nodëndome al instante , me preguntô à qnien seryia. Respondile 
que liabia estado un mes en casa de Arsenia, cuyas costumbres 
desenyueltas no me cuadraban , y que en aquel mismo punto yo- 
luntariamente acababa de dejarla por salyar mi inocencia. El 
mayordomo , como si de suyo fuera hombre escrupuloso , aprobô 
mi delicadeza , y me dijo que , pues yo era un mozo tan honrado, 
queria ël mismo buscarme una buena conyeniencia. Cumpliô 
puntualmente su palabra , y en aquel mismo dia me acomod6 
con don Vicente de Guzman , de cuyo mayordomo ël era grande 
amigo. 

No podia entrar en m^or casa ; y asi nunca me arrepenti de 
haber estado en ella. Era don Vicente un caballero ya anciano y 
muy rico, que habia muchos aAos yiyia feliz sin pleitos y sin 
muger , porque los medicos le habian priyado de la suya que- 
rièndola curar de una tos, que yerostanilmente la dejaria yiyir 

11 



tea GIL BLAS. 

mas largo tiempo ai no httbiera tornado soa reaiedios. No pensô 
jamas en Tolverse à casar, dedicàndose enteramente à la edu- 
cadon de Aurora sa hqa «nica , que entraba entènces en los 
Teinte y seis aAos , y era ana seûorita compléta. Juntaba a sa 
hermoiora pooo coman on entendimiento despejado , y grande 
instruccion. Su padre era hombre de poco talento ; pero tenia el 
de saber gobernar sn casa. Solo le haUaba yo un defecto , que à 
los yiejos selesdebeperdonar : gastaba mucho dehablar, sobre 
todo de guerras y batallas. Si por una desgracia se tocaba esta 
tecia en su presencia , luego sonaba en su boca la trompeta be- 
rôica , y se tenian por muy afortunados los oyentes si se conten- 
taba con embocarles la reladon de très batallas y dos sitios. 
Como babia militado las dos terceras partes de su vida, era^u 
memoria un manantial inagotable de fiinciones y hazaAas milî- 
tares , que no siempre se oian con el gusto con que el las rela- 
taba. Â esto se aAadia c[ue era muy prolijo , sobre ser un poco 
tartamudOy con lo cual sus relaciones se bacian en extremo 
desagradables. En lo demas no era facil encontrar un seAor de 
mejor caràcter. Siempre de igual humor , nada testarudoni capri- 
choso ; cosa yerdaderamente rara en un bombre de su dase. 
Annqne gobernaba sn hacienda con juicio y economia , se tra- 
taba muy decentemente. Gomponiase su familia de varios criados, 
y de très criadas que seryian k Aurora. Conoci desde luego que 
el niayordomo de don Matias me habia colocado en una buena 
casa» y solamente pensé en el modo de conseryarme en ella. 
Apliquéme i conocer bien el terreno , y à estudiar el genio é 
înclinaciones de todos : arreglé despues mi conducta por este 
conodmiento , y en poco tiempo logré tener en mi foyor al 
amo y à todos mis compaAeros. 

Haîbiase pasado casi un mes desde mi entrada en casa de don 
Vicente , cuando se me figurô que su hija me distinguia entre 
los demas criados. Siempre que me miraba me parecia obseryar 
en sus ojos derto agrado que no adyertia en ella cuando miraba 
k los otros. A no haber tratado yo con elegantes y comediantes, 
nunca me hubiera pasado por la imaginacion qœ Aurora pen- 
sase en mi ; pero me habian abierto los ojos aquellos seftores 
mios 9 en cuya escuela no siempre estaban en el mejor predica* 
mento aun las damas de la mas alta esfera. Si hemos de dar 
crédito à algunos histriones , me decîa yo é mi mîsmo , tal yez 
sueien yenir é las se floras mas cysUnguidas dertas £ant2uiias , de 
las cuales saben ellas aproyecharse. ^ Que se yo si mi ama tendri 
de estos caprichos ? Pero no, afiadia inmedîatamente , no puedo 
persnadirme tal cosa : no es esta seftorita una de aqoellas Me- 
satinas * que , olyidadas de la noble altiyez que les infnnde su 

* Uimanse Mesalinas à lasinpudicas, porqae YalDria Mesalina , mnger dd 



LIBRO CUABTO. 163 

nacâniento, se rinden à la indecencia de hamillarse hasta el 
polTO , y se deshonran à si mismas sin rubor. Sera quizà una 
de aquellas yinaosas , pero tiemas y amorosas doncellas , que , 
sin traspasar los limites que la yirtod prescribe i su ternura , 
no hacen escrùpulo de inspirar , ni de sentir ellas mismas una 
pasioo delicada que las entretiene sin peligro. 

Este era el juido que yo fbrmaba de mi ama , sin saber preci- 
sam^ite à que atenerme. Miéntras tanto , siempre que me yeia » no 
dejaba de sonreirse y alegrarse : de manera que sin pasar por 
nedo podia cualquiera créer tan bellas apariencias, y por lo 
mismo no halle medio de impedir que me sedujesen. Consenti • 
pues, en que Aurora estaba muy prendada de mi mérite , y 
comenzé à considcrarme como uno de aquellos criados afortu* 
nados i quienes et amor hace dulcisima la seryidumbre. Para 
mostrarme en cierto modo ménos indigno del bien que parecia 
querer proporcionarme la fortuna, empezé à cuidar del aseo de 
mi persona mas de lo que habia cuidado hasta allL Gastaba 
todo mi dinero en comprar ropa blanca , aguas de olor y po- 
Duidas.Lo primero que haciapor lamaftana, luego que me levan- 
laba de la cama, era layarme, perfomarme bien, y yestirmc 
con todo el aseo posible , para no presentarme con desaliflo à 
mi ama en caso que mé Uamase. Con este cuidado de compo- 
nerme, y con otros medios que empleaba para agradar, me 
lisonjeaba de que no tardaria^mucho en dedararse mi yentnra. 

Entre las criadas de Aurora habia una que ae llamaba la 
Ortiz. Era una yieja que hacia mas de yeinte aAos que seryia en 
casa de don Vicente. Habia criado i su hija , y conseryaba toda- 
yia el tltulo de duefla , aunque ya no ejercia aquel penoso 
empleo. Por el contrario , en lugar de yigilar las acciones de 
Aurora, como lo hacia en otro tiempo, entônces solo atendia à 
ocultarlas , con lo cual gozaba toda la confianza de su ama. Una 
nocfae , habiendo buscado la dueAa ocasion de hablarme , sin que 
nadie pudiese oimos , me dijo en yoz baja que, si .yo era pru- 
dente'y caUado » bajase al jardin & media noche , donde sabria 
oosas qae no me disgustarian. Respondile , apretàndole hi mano, 
que sin fiilta aiguna bajaria , y prontamente nos separàmos para 
no ser sorprendidos. Ya no dude entônces de ser yo el objeto 
del carijk) de Aurora. | Oh , y que Uirgo se me hizo el tiempo 
hasta la cena, sin embargo de que siempre se cenaba temprano , 
y desde la cena hasta que mi amo se recogiô ! Paredame quo 
aqnella noche todo se hacia en casa con extraordinaria lentitud. 
Y para aumento de mi fostidio , cuando don Vicente se retiré é 

cmperador de Roma Claudio , fuë tal rez la mas disoluta, impudica y deâenfror 
Bada de que hace mencioii la historia. Fuë maerta con uno de fus amantes de 
ôrden de su marido el aAo 46 de la era cristiana. 



164 GIL BLAS. 

sa caarto , en yez de pensar en dormirse , se poso à repetinne 
SOS campaflas de Portugal con que tanto me habia machacado. 
Pero lo cfue jamas habia hecho , y lo que precisamente giiard6 
para regalarme aquella noche , foe irme nombrando uno por uno 
todos los oficiales que se habian hallado en ellas , refiriéndome 
ai mismo tiempo las hazaftas de cada cual. No puedo ponderar 
cnanto padeci en estarle oyendo basta que concluyô. Al fin acabô 
de babiar y se metiô en la cama. Retirème inmedîatamente al 
cttarto donde estaba la mia , y del que se bajaba por una escalera 
sécréta al jardin. Untème de pomada todo el cuerpo ; puseme 
une camisola limpia bien perfumada ; y nada omiti de cuanto me 
pareciô podia contribuir à fomentar el capricho que me habîa 
figurado en mi ama , oon lo que fui al sitio dfi la cita. 

No encontre en ël é la Ortiz, y juzgué que, cansada de espe- 
rarme » se habia vuelto à su cuarto , lo que me hizo perder todas 
mis esperanzas. Eché la culpa à don Vicente , y cuando estaba 
dando al diablo sus campailas, diô el relox, conté las horas, y 
vi que no eran mas que las diez. TuTe por cierto que el relox an- 
daba mal, creyendo imposible que no fuese ya por lo mènos la 
una de la noche ; pero estaba tan engaftado, que un cuarCo de hora 
despues toIyI à contar las diez de otro relox. | Bravo! dije en- 
tônces entre mi : todayia me faltan dos horas enteras de poste 6 
de centinela. No culparàn mi tardanza. Pero ;qué haré basta las 
doce? Paseémonos en este jardin, y pensemos en el papel que 
debo hacer , que es para mi harto nuevo. No estoy acostumbrado 
à las bizarrias de las damas de distincion; solamente se lo que 
se practica con las comediantas y mugercillas. Se présenta uno à 
ellas con familiaridad y franqueza , y les dice su atreyido pensa- 
miento sin reparo; pero con las sefloras se observa otro ceremo- 
nial. Es menester , à lo que me parece, que el galan sea cortes , 
complaciente, tierno y moderado, pero sin ser timido. No ha de 
querer precipitar atropelladamente su fortuna : para lograrla debe 
esperar el momento feyorable. 

Asi discurria yo , y asi me proponia procéder con Auront. Fi- 
guràbame que dentro de poco tendria la dicha de yerme à los 
pies de aquella amable persona, y decirle mil cosas amorosas. 
Gon este fin traia à la memoria los pasages de las comedias que 
me pareciô podian seryirme y darme gran lucimiento en nuestra 
conyersacion à solas. Lisonjeàbame de que los aplicaria con opor- 
tunidad; y esperaba que, à ejemplo de algunos comediantes que 
yo conocia , pasaria por hombre de entendimiento , aunque no 
tuyiese mas que memoria. Miéntras me ocupaba en estos pensa- 
mientos , los cuales diyertian mi impaciencia con mas gusto que 
las relaciones militares de mi amo, oi dar las once. \ Bneno ! dije 
entônces; ya no me foltan mas que sesenta minutos que esperar: 
armèmonos de paciencia. Cobré ànimo, y volyime i recrear con 



LIBRO CUARTO. 165 

las aiegres fantasias de mi imaginacion , parte paseàndome, j 
parte sentândome en un delicioso cenador formado en el ex- 
tremo del jardin. Uegô en fin la hora de mi tan deseada, es 
decir las doce. Pocos instantes despues se dej6 ver la Ortiz , tan 
pnntoal como yo, pera mènos impaciente. Seftor Gil Bias, me 
dijo al acercarse , ;coanto ha que esté ymd. aqni ? Dos horas » le 
respondi. En yerdad, afiadiô ella riëndose, que es vmd. muy 
€imiplidOy y da gosto darle citas para estas horas. Es cierto, pro- 
sigoiô ya en tono serio , que eso y mucho mas merece la dicha 
que le yoy à anunciar. Mi ama quiere hablar & solas con ymd. , y 
me ha mandado que le introduzca en su cuarto en donde le espé- 
ra: no tengo otra cosa que decirle; lo demas es un secreto que 
Tmd. no debe saber sino de su propia boca. Sigame à donde le 
condozca; y dicho esto me cogiô de la mano, y ella misma me 
introdujo misteriosamente en el aposento del ama por una puerta 
fiilsa de que tenia^ la Dave. 

CAPITULO II. 

Como redbiô Anrora d Gil Bias , y la coiiTersacioii que oon él toTo. 

Halle A Aurora vestida de trapillo , lo que no me disgustè : sa- 
ludëla cen el mayor respeto y con la mejor gracia que me fiiè 
posible. Recibiôme con semblante risueiio; hizome sentar junto à 
81 repugnândolo yo, y lo que mas me agradô fué que mand6 â 
su embajadora se retirase à su cuarto y nos dejase solos. Despues 
de este preludio, volviéndose h&cia mi, me dijo : Gil Bias, ya 
babrés advertido que te miro con buenos ojos , y te distingo 
entre todos los criados de mi padre : cuando esto no foese bas- 
tante para hacerte conocer la* particularidad con que te estimo , 
juzgo que no te dejari dudarlo este paso que ahora doy. 

No le di'tiempo para que dijese mas. Pareciôme que como 
hombre discreto debia respetar su pudor, y no darle lugar à mayor 
explicadon. Leyantème enagenado, y arrojàndome à sus pies 
como un hëroe de teatro que se arrodilla ante su princesa , ex- 
damé en tono declamatorio : \ Ah, sefioral i me habré engafiado ? 
;se dirigen â mi yuestras palabras? ;serà posible que Gil Bias , 
juguete hasta aqui de la fortuna y el desecho de toda la natura- 
leza, sea tan yenturoso que haya podido inspiraros afectos... 
Baja un poco la yoz, me dijo sonriëndose mi ama, por no des- 
pertar A las criadas que duermen en el cuarto yecino. Leyéntate , 
yuelye & sentarte , y escùchame hasta que acabe sin interrumpirme. 
Si, Gfl Bias, prosiguiô yolviendo & su afiible seriedad : es cierto 
que te estbno, y en prueba de ello yoy à fiarte un secreto, del 
cual pende d sosiego de mi yida. Sabe que amo & un cabaUerito 
mozo^ galan, airoso y de ilustre nadmiento, llamado don Luis 



166 CIL BLAS. 

Pacheoo. Le yeo algunas yeces en el paseo y en laoomedîa; pero 
nunca le be hablado. Ignoro su caràcter , y tambien cuales son sas 
prendas» si bueoas ô malas. Esto quisiera aaberlo pontuabnente , 
para lo coal necesHo de un bombre sagaz y sinoero, que, înfor- 
màndose bien de sus cosiumbres , sepa darme ona cœnta fiel de 
ellas. He puesto los ojos en ti con preferencia à los éea^ criados , 
persuadida de que nada arriesgo en daite este encargo. Espéra 
que le desempefiarés con tanto sigflo y cautela, que nunca tendre 
motivo para arrepentirme de baberte escogido por depositario 
de mi mas intima confianza. 

Gallô mi seftorita para oir mi respuesta. AI prindpio me torbè 
algun tanto, conociendomi necio engafto; pero Tolviendo pron* 
tamente en ml , y yenciendo la yergûenza que causa siempre la 
temeridad cuando sale con desgracii^, sape mostrarle un zelo tan 
viyo, y un ardor tan grande en todo lo que fiiese servirla y com- 
placeria, que si no alcanzô para desimpresionarla dd mal con- 
cepto que pudo haberle hecho formar mi atreyida presuncion, bas- 
tariapor lomënos para que conodese que yo sabia enmendar may 
bien una necedad. Pedile no mas que dos dias de tiempo para poderle 
dar razon puntual de don Luis , los que me concediô ; y llamando 
ella misma & la Ortiz, esta me yolyiô à conducir al jardin, di- 
ciëndome con cierto aire burlon al despedirse : Buenos noches, Gil 
Bias ; no te yolyeré é encargar otra yez que no dejes de acndir 
temprano al sitio de la cita, porque ya esta yista tu puntualidad. 

Yolyime à mi cuarto , no sin algun pesar de yer frostrado mi 
pensamiento. Gon todo eso tuye bastante juicio para oonsolarme 
y conocer que me tenia mas cnenta ser el confidente que el 
amante de mi ama. Ofreciôseme tambien que esto podia hacerme 
hombre, pues los medianeros de amor eran regiûarmente bien 
recompensados por su trabajo : reflexiones que me diyirtièron y 
consolâron, y fnime & acostar con firme resolucion de obedecer 
y seryir & mi ama en cuanto exigiese de mi. Leyantéme al dia si- 
guiente, y sali de casa à desempefiar mi encargo. No era dtficil 
saber donde yiyia un caballero tan conoddo oomo don Luis. 
Tome al instante informes de ël en la yecindad ; pero los su- 
getos à quienes me dirigi no pudi^on satis£acer del todo mi 
curiosidad. £sto me obligô à hacer nueyas ayeriguaciones el dia 
siguiente , y fui mas afortunado que en el anterior. Encontre ca- 
sualmente en la calle à un mozo & quien yoconocia; detuyimonos 
& hablar , y en aquel punto se llegô é ël uno de sus amigos, y le 
dijo que le habian despedido de casa de don Josë Pacheco , padre 
de don Luis, por haberle acusado de que se habia bebido un 
barrfl de yino. No perdi una ocasion tan oportuna para saber 
cuanto deseaba, lo que consegui à fiierza de preguntas ; de ma- 
nera que yolyi à casa muy contento porque ya podia cumplir la 
palabra que habia dado à mi seftorita, con quien habia quedado 



LIBRO CUARTO. 167 

de acaerdo que yolveria é yerla en el mismo ntio , y de la misma 
manera que la noche antécédente. No estuve en esta tan inquieto 
como en la primera: léjos de impacientarme con las prolijas re- 
laciones de mi amo , yo mismo le saqué la conyersadon de sus 
combates. Espéré & que fnese media noche con la mayor tran^ 
qiuilidad del mundo , y no me moyi hasta que conté bien las doce 
de todos los relojes que se podian oir desde casa. Entônces bajé 
oon mncho sosiego al jardin, sin pensar en perfumes ni en po- 
madas , pues hasta en esto me corregi* 

Encontre ya à la fiel duefia en el sitio mismo, y la taimada me 
dijo con algo de socarroneria : En yerdad , Gil Bias, que hoy ha 
rebajado mucho tu puntnalidad. No le respondi palabra , fin- 
giendo que no la oia, y ella me condujo al cuarto donde Aurora 
me estaba esperando. Preguntôme luego que me yiô si me habia 
informado bien acerca de don Luis , y si habia averiguado mu- 
chas cosas. Si, sefiora , le respondi ; tengo con que satisfacer yues- 
tra curiosidad. En primer lugar os dire que muy ea breye marcha 
â Salamanca à concluir sus estudios. Segun lo que me han dicho 
es un sefiorito lleno de honor y probidad ; y en cuanto al yalor, 
no le paede feltar, pues es caballero y Castellano. Fuera de eso , 
es un mozo enteudido y de bellos modales; pero lo que quizà os 
darà poco gusto, y que sin embargo no puedo ménos de deciros, 
es qpe yiye algo demasiado à la moda de los sefkoritos moder* 
nos, quiero decir, que es un grandisimo libertino. ^ Créera ymd. 
que, siendo tan jôyen como es, ha tenido ya amistad con dos 
comediantas? ^Qué es lo que me dices? exclamé Aurora. |Dios 
mio , y que costumbres ! Pero dune , Gil Bias , pestas bien cierto 
de que tiene una yida tan licendosa? ;Gomo si estoy cierto? le 
respondi: no hay cosa mas segura. Todo me lo ha contado un 
crtado de su casa , que fué despedido de ella esta mafiana ; y ya 
se sabe que los criados son muy yeraces siempre que se trata de 
publicar los defectos de sus amos. Fuera de eso, el tal don Luis 
es may amigo de don Alejo Seguier, de don Antonio Gentelles , 
y de don Fernando de Gamboa , prueba constante de su disolu* 
don. Basta , Gil Bias , dijo suspirando mi pobre sefiorita : en fîierza 
de to informe comienzo desde ahora & combatir mi indigno amor. 
Aunque habia echado ya profiindas raices en mi corazon, no 
desconfio de arrancarle de él. Yete, prosiguiô, y admite en pre- 
mio de tu trabajo esta corta demostracion de mi agradedmiento. 
Al dedr esto me pnso en la mano un bolsillo , que ciertamente 
DO estaba yacio, afiadiendo : Solo te encargo que guardes bien d 
secreto que he confiado à tu silencio. 

Aseguréle que en este particular podia yiyir sin el menor recelo, 
porque yo era el Harpôcrates * de los criados confidentes. Dicho 

* Entre los antigaos era el dios del sîlencio^ 



168 GIL BLAS. 

esto me retiré impacieDtisimo por saber lo que conlenia el bol- 
siOo. Abrile , y halle en él yeinte doblones. Luego se me ofred& 
que sin duda habria sido Aurora mas liberal conmigo siyo le ha- 
biera dado otra notida mas agradable, caando pagaba con tanta 
generosidad nna que le habia causado tanto disgosto. Me peso de 
no haber imitado à los .escribanos y alguaciles que disfirâzan à 
Teoes la verdad; y me enfadé mucho contra mi tonteria por ha- 
ber snfocado en sa nacimiento un amor que con el tiempo podia 
prodacirme grandisimas utilidades si yo no hubiera hecho un nedo 
alarde de ser sincero; pero al fin me consolé con los yeinte do- 
blones , que me recompensaban yentajosamente de lo que habia 
gastado tan sin yenir al caso en pomadas y perfumes* 



CAPITULO m. 

De U gran matadon qae sobrevino en casa de don yicente , y de la extrada 
determinacion que el amor hizo tomar i la bella Aurora. 

Poco despues de esta ay entura se sintiô malo don Vicente. Sobre 
ser de una edad bastante ayanzada , los sintomas de su enfermedad 
eran tan yiolentos y que desde luego se temîéron funestas résultas. 
LIamôse é los dos mas fiamosos medicos de Madrid ; uno era el 
doctor Andres , y el otro el doctor Oquendo. Pulséron atenta- 
mente al doliente; y despues de una exacta observacion conyinié- 
ron entrambos en que los humores estaban en una preternatural 
fermentacîon y moyimiento. En solo esto fiiëron de un parecer, y 
estuyiéron discordes en todo lo demas. El uno queria que se pur- 
gara el enfermo aquel mismo dia , y el otro opinaba que la purga 
se diIatase.El doctor Andres decia que, por lo mismo que loshu* 
mores estaban en una yiolenta agitacion de flujo y reflujo , se les 
habia de expeler aunque crudos con purgantes , entes que se fija- 
sen en alguna parte noble y principal. Oquendo opinaba, por el 
contrario, que, estando todayia incoctos y crudos los humores, se 
debia esperar & que madurasen antes de recurrir à los purgantes. 
Pero ese mëtodo, replicaba el otro , es directamente opuesto al 
que nos ensefia el principe de la medicina : Hipocrates adyierte 
que se debe purgar al principio de la enfermedad y desde los pri- 
meros dias de la mas ardiente calentura , diciendo eu términos 
expresos que se ha de acudir prontamente con la purga cuando 
los humores estân en orgaano, es decir, en su mayor agitacion. 
I Oh ! en eso esta yuestra equiyocacion , repuso Oquendo : Hipo- 
crates no entiende por la yoz orgasmo la agitacion yiolenta , sino 
mas bien la madurez de los humores. 

Acaloràronse nuestros doctores en esta disputa. El uno récite 
el texto griego, y cité todos los autores que le explicaban como 



LIBRO CUARTO. 169 

ël. El otro se fiaba en la traduccion latina , empefiàndose con 
mayor calor, y tomando el asunto en tono mas £dto. ^A cual de 
los dos se habia de créer? Don Vicente no era hombre que pu- 
diese resolver aqnellacaestion ; pero hallàndose precisado à elegir 
una de las dos opiniones , adoptô la del que habia echado al otro 
mundomas enfermos, quiero decir, la del mas yiejo. Viendo esto 
el doctor Andres , que era el mas mozo , se retiré; pero no sin 
dedr primero cuatro pullas bien picantes al mas anciano sobre su 
argarmo; y he aqui que quedô triunfante Oquendo; y como se- 
guia los mismos principios que el doctor Sangredo, hizo sangrar 
copîosamente al enfermo , esperando para purgarle à que los hu- 
mores estuviesen cocidos ; pero la muerte , que temiô quizà que 
ona purga, tan sabiamente diferida , no le quitase la presa que ya 
tenia agarrada , impidiô la coccion , y se llevô à mi pobre amo. 
Ta! fîiè el fin del sefior don Vicente , que perdiô la vida porque 
sa medico no sabia el griego. 

Despues de haber hecho Aurora à su padre las exequias corres- 
pondientes à un hombre de su distinguido nacimiento, entrô en la 
administracion de todo lo que tocaba à la casa. Bueâa ya de su 
Tohmtad, despidiô algunos criados , remunerindolos en propor- 
cion de su lealtad y méritos. Hecho esto se retirô à una quinta que 
tenia à las mérgenes del Tajo , entre Sacedon y Buendia. Yo fol 
ono de los que permaneciéron con ella , y la siguiéron & la aldea. 
No solo eso , sino que tambien tuye la fortuna de que necesitase de 
mL No obstante el fiel informe que yo le habia dado de don Luis , 
todayia le amaba y 6 por mejor decir, no pudiendo con todos sus 
esfoerzos ycncer la yiolencia del amor^ se habia dejado lleyar de 
sa impulso. Como ya no necesitaba tomar precauciones para ha- 
blarme à solas, me dijo un dia suspirando : Gil Bias , yo no puedo 
olyidar à don Luis : por mas que hago para desecharle del pen- 
samiento , se me représenta siempre , no ya como tu me le pintàste 
encenagado en los yidos, sino como yo quisiera que foese, 
tiemo , amoroso y constante. Entemeciôse al decir estas palabras, 
y no pudo reprimir algunas làgrimas. Tambien à mi me foltô poco 
para llorar : tanto foë lo que me conmoyiô su llanto. Ni podia ha- 
cerle mejor la corte que mostrandome afligido de su pena. Veo, 
amigo Bias, continuô enjugàndose sus hermosos ojos, yeo tu 
baen corazon, y estoy muy satisfecha de tu zelo , que prometo 
recompensar bien. Nunca mas que ahora me ha sido necesario tu 
anxilio. Voy à descubrirte el pensamiento que ocupa en este ins- 
tante mi atencion : sin duda te parecerà extravagante y caprichoso. 
Has de saber que quiero ir cuanto antes à Salamanca, donde he 
pensado disfrazarme de caballero bajo el nombre de don Felix , 
y hacer conocimiento con Paeheco , de modo que llegue à ganar 
su amistad y confianza. Hablaréle frecuentemente de doua Au- 
rora de Guzman , suponiéndome primo suyo , y como es natural 



170 GO. BLAS. 

que desèe oonooerla , aqui es donde yo le aguardo. Nosotros ten- 
drèmos ea Salamanca dos posadas, en una harè el papel de don 
Felix , y en la otra el de dofia Aurora : y dejàndome yer de don 
Luis Unas yeces yestida de hombre y otras de muger, espero 
traerle al fin que me he propuesto. Confieso , afiadiô ella misma , 
que es muy extrafto mi proyecto ; pero la pasion que me arrastra , 
y la inocente intencion con que camino , acaban de cegarme sobre 
el paso à que me quiero arriesçar. 

Yo era del mismo parecer que Aurora en cuanto à la exUraya- 
gancia del designio , que creia muy insensate. Sin embargo , 
aunque le tenia por tan contrario à la razon , me guardé muy bien 
de hacer el pedagogo , antes si comenzé â dorar la pildora , y 
me esforzë é querer persuadir que, en yez de ser una idea dispa- 
ratada, era una delicada inyencion de ingenio que no podia traer 
consecuencia. No me acuerdo ya cuanto le dije para convenoeria 
de esto; pero cediô à mis persuasiones , porque à los amantes 
siempre les agrada que se celebrenj aplaudaa sus mas locos des- 
yarios. En fin , conyinimos los dos en que esta temeraria em- 
presa la debisypos mirar como una especie de comedia burlesca 
inyentada para diyertimos , en la cual solo habia de pensar cada 
uno en representar bien su papel. Escogimos los actores entre las 
gentes de la casa , y repartimos à cada cual el suyo. Todos le ad- 
mitiéron sin quejarse ni hacer esguinces, porque no eramos co- 
mediantes de profesion. A la sefiora Ortiz se le encomendô el de 
tia de dofia Aurora , sefialàndosele un criado y una doncella, y 
habia de llamarse dofia Jimena de Guzman. A ml me tocaba el de 
ayuda de càmara de dofia Aurora , que habia de disfrazarse de 
caballero ; y una de las criadas, disfirazada de page, le habia de 
seryir separadamente. Arreglados asi los papeles , nos restituimos 
à Madrid , donde supimos se hallaba today ia don Luis , pero dis- 
poniendo su yiage à Salamanca. Dimes ôrden para que se hiciesen 
cuanto antes los yestidos que habiamos menester, i fin de usar 
de ellos en tiempo y lugar; y hechos que fuéron se dobléron y 
metiéron en diferentes baules ; y dejando al mayordomo el cui- 
dado de la casa , marchô doua Aurora en un coche de colleras , 
tomando el camino del reino de Leon, acompafiada de todos los 
que entrabamos en la comedia. 

Ibamos atrayesando por Castilla la Yieja, cuando se rompiô el 
eje del coche , entre Ayila y Yinaflor, à trescientos 6 cuatrocien- 
tos pasos de una quintaque se dejaba yer al piè de una montafla. 
Yeiamonos muy apurados porque se acercaba la noche; pero un 
aldeano que acertô à pasar por alli nos sacô de aquel conflicto. 
Informônos de que aquella quinta era de una tal dofia Elyira, 
yiuda de don Pedro Pinares , y fué tanto el bien que dijo de 
aquella sefiora, que mi ama se déterminé à enyiarme à suplicarle 
de su parte se siryiese recogemos en su casa por aquella noche. 



LIBRO CUARTO. 171 

No desmintiôdofiaElyira el informe del aldeano; bien en verdad 
qne jo desempeflé mi comision de tal modo que la hobiera incli- 
nado à recibimos en sa qninta , ann cuando no hubiera sido la se- 
ftora mas agasajadora del mnndo : me recibiô con mucha afabiK- 
dad , y respondiô à mi sùplica en los tërminos que yo deseaba. 
Pasàmos todos à la qninta tirando las mulas el coche con el mayor 
tiento que se pudo. Encontràmos à la puerta à la yiada de don 
Pedro, que saliô cortesanamente al encuentro de mi ama. Paso 
en silencio los reciprocos cnmplimientos qne ambas se hidéron ; 
solo dire que dofia Elvira era una sefiora ya de edad avanzada , 
pero à quien ninguna muger del mundo excedia en desempeftar 
noblemeate las obligadones de la hospitalidad. Condujo à dofla 
Aurora à un magnifia cuarto, donde, dejàndola en libertad para 
que descansase , fîié à dar disposidones hasta sobre las cosas 
mas menudas tocantes à nosotros. Hecho esto, luego que estuyo 
dispuesta la cena mandôse sirriese en el cuarto de Aurora, donde 
las dos se sentéron & la mesa. No era la viuda de don Pedro una 
de aquellas personas que no saben obsequiar en un convite man- 
tenièndose en él con un aire enfodosamente grave , silendoso y 
pensativo ; antes bien era de genio jovial , y sabia mantener 
siempre grata la conversacion. Explicàbase noblemente con 
frases escogidas y adecuadas ; yo admiraba su talento y el modo 
fine y delicado con que expresaba sus pensamientos , lo que me 
tenia embelesado, y no ménos encantada se manifèstaba Aurora. 
Se cobréron las dos una estrecha amistad , y quedâron de 
acaerdo en mantenerla correspondiéndose por cartas. Nuèstro 
coche no podia estar compuesto hasta el dia siguiente , y era 
muy natural que no pudiesemos salir hasta muy tarde, por lo 
que nos detuvimos todo aquel dia en la misma quinta. A noso- 
tros se nos sirviô tambien una cena muy abundante, yasi dor- 
mimos todos tan bien como habiamos cenado. 

Al dia siguiente descubriô mi ama nuevo fondo y nuevas gra- 
cias en la conversacion de dofia Elvira. Gomiëron las dos en una 
sala en que habia muchas pinturas , entre las cnales sobresalia 
<ina , cuyas figuras estaban pintadas con la mayor propiedad , y 
que ofrecia à la vista un asunto verdaderamente tràgico. Era un 
caballero muerto , tendido en tierra , baflado en su misma san- 
gre, cuyo semblante parecia que, aun despues de muerto, es- 
<^ba amenazando. Gerça de él se dejaba ver tendido tambien el 
cadiver de una dama jôven , aunque en diferente actitud , atra- 
vesado el pecho con una espada , y cuando se representaba exha- 
bndo el Ûtimo aliento tenia clavados los ojos en un jôven , que 
expresaba tener un mortal dolor de perderla. El pincel habia re- 
presentado tambien en aquel lienzo otra figura , que no Damaba 
ménos la atencion. Era un anciano de grave , hermoso y vene- 
"^able aspecto, que, conmovido vivamente de los funestes objetos 



172 GIL BLAS. 

que se le presentaban i la vista, no semaniféstabamènosafligido 
que el jôven. Podriase dedr que aquellas imégeoes sangrien— 
tas excitaban en el mozo y en el anciano iguales moyimieiitos ^ 
pero causando en los dos diferentes impresiones. El yiejo, 
poseido de una profunda tristeza, parecia estar abatido enlera— 
mente de ella; mas en el mozo se echaba de ver el furor mez— 
clado con la afliccion. Todos estos afectos estaban tan vivamente 
expresadoSy que no nos cansabamos de ver y admirar aqnel 
cuadro. Preguntô mi ama que suceso 6 que historia representaba 
aqueila pintura. Sefiora , le respondi6 dofia Elvira , es una pin— 
tura fiel de las desgracias de mi fomilia. Esta respuesta picô tanto 
la curiosidad de Aurora, y manifesto un deseo tan véhémente 
de saber mas , que la viuda de don Pedro no pudo dispensarse 
de prometerle la satisiaocion que deseaba. Esta promesa fné 
hecha à presencia de la Ortiz, de sus dos compafieras y mia; 
todos cuatro nos detuvimos en la sala despues de la comida. Hi 
ama quiso que nos retirasemos ; pero dofia Elvira, que conocio 
nuestra gana de oir la explicacion de aquel cuadro , tuvo la be- 
nignidad de decirnos que nos quedasemos, afiadiendo que la 
historia que iba é reférir no era de aquellas que pedian sea*eto. 
Un poco despues principiô su relacion en los tèrminos siguientes. 

CAPITULO IV. 

EL CASAMIBOTO POR YENGANZA. 
NOVELA. 

Rogerio, rey de Sicilia, tuvo un hermano y una hermana. 
El hermano , que se llamaba Manfredo, se rebelô contra él, y 
encendiô en el reino una guerra no mënos sangrienta que peli- 
grosa ; pero tuvo la desgrada de perder dos batallas y de caer 
enmanos del rey, quien se contentô con privarle de la libertad 
en castigo de su rebelion ; clemencia que solo produjo el efecto 
de ser tenido por b&rbaro en el concepto de algunos vasallos 
suyos , persuadidos de que no habia perdonado la vida à su 
hermano sino para ejercer en ël una venganza lenta ë inhumana. 
Todos los demas , con mayor fundamento , atribuian à sola su 
hermana Matilde el duro trato que à Manfredo se le daba en la 
prision. Con efecto , esta princesa siempre habia aborrecido a 
aquel desgraciado principe , y no cesô de perseguirle miëntras 
ël viviô. Muriô Matilde poco despues de Manfredo , y su tem- 
prana muerte se tuvo como un justo castigo de su desapiadaéo 
corazon. 

Dejô dos hijos Manfredo , ambos de tiema cdad. Vacilé por 



LIBRO CUARTO. 173 

algun tiempo Rogerio sobre si les haria qaitar layida, temiendo 
que en edad mas ayanzada no les ocurriese la idea delTengar el 
cruel trato qae se habia dado à su padre y resucitando un par- 
lido que todavia se sentia con foerzas para causar peligrosas 
turbaciones en el estado. Comunicô su pensamiento aï senador 
Leondo Sifredo^ su primer ministro, quien, para disuadirle de 
aquel intento , se encargô de la educacion del principe Enrique, 
que era el primogènito, y aconsejô al rey que confiase la de! 
mas jÔTcn y por nombre don Pedro , al contestable de Sicilia. 
Persoadido Rogerio de qne estos dos fieles ministros educarian 
i sus sobrinos con todala sumision que& ël se le debia, los en- 
tregô à su lealtad y cuidado, tomando para si el de su sobrina 
Constanza. Era esta de la edad de Enrique , ë hija ùnica de la 
princesa Matilde. Pùsole maestros que la ensefiasen, y criadas 
que la sirviesen, sin perdonar nada para su educacion. 

Tenia Sifredo una quinta distante dos léguas cortas de Pa- 
lermo y en un sitio llamado Belmonte. En eOa se dedicô este 
ministro à dar é Enrique una enseûanza , por la que mereciese 
con el tiempo ocupar el real trono de Sicilia. Descubriô desde 
luego en aquel principe prendas tan amables, que se aficionô .à 
èl oomo si no tuytera otros hijos, aunque era padre de dos ni- 
fias. La mayor y que se llamaba dofia Blanca y contaba un ailo 
ménos que el principe, y estaba dotada de singular hermosura: 
la menor, por nombre Porcia, cuyo nacimiento habia costado 
la yida à su madré, se hallaba aun en la cuna. Enamoréronse 
une de otro Blanca y Enrique luego que fiiéron capaces de 
amar, pero no tenian libertad de hablarse à solas. Sin embargo, 
no dejaba el principe de lograr tal cual yez alguna ocasion para 
eDo. Aproyechô tan bien aquellos preciosos momentos, que 
pndo persuadir â la hija de Sifiredo à que le permitiese poner 
por obra un designio que estaba meditando. Sucediô oportuna- 
mente en aquel tiempo que Leoncio , de ôrden del rey , se yiô 
predsado à hacer un yiage & unas de las proyincias mas remo- 
tas de la isla ; y durante su ausencia mandô Enrique hacer una 
abertnra en el tabique de su cuarto, que estaba pared por me- 
dio del de dofla Blanca. Cerrôla con un bastidor y tablas de 
madera tan ajustadas é la abertura, y pintadas del mismo color 
del tabique , que no se distinguia de él , ni era fftcil se conociese 
el artificio. Un hibil arquitecto , à quien el principe habia con- 
fiado su proyecto , ejecutô esta obra con tanta diligencia como 
secreto. 

Por esta puerta se introducia algunas yeces el enamorado 
Enrique en el cuarto de doua Blanca, pero sin abnsar jamas de 
aquella licencia. Si Blanca tuyo la imprudencia de permitir una 
ratrada sécréta en su estancia , fîié no obstante confiada en las 
palabras qoe él le habia dado de que nunca pretenderia de ella 



174 GIL BLAS. 

gino los fovores mas inooentes. Hallôla una nodie extraordina- 
riamente ioqaieta y sobresaltada. Era el caso el haber aabido qae 
Rogerio estaba grayemente enfermo , y qae habia despachado 
una estrecha ôrden é Sifiredô de que pasase à la corte prontamente 
para otorgar ante él su testamrato, como gran candller del reino. 
Figuràbase Ter à Enrique ya en el trono y temia perderle cuan— 
do se yiese en aquella elevadon : este temor le cansaba mucha 
inquietnd. Tenia baikados de ligrimas los ojos cuando entrô ea 
su cuarto Enrique. Seflora , le dijo , ^ que noyedad es esta ? 
^cual es el motivo de esa profunda tristeza ? Seûor, respondiô 
ella, no puedo ocultaros mi sobresalto. El rey.yuestro tio de- 
jar& presto de vivir, y vos ocuparéis su lugar. Cuando considero 
lo que va à alejaros de mi vuestra nueya grandeza , confieso 
que me aflijo. Un monarca mira las cosas con ojos muy dîyer- 
SOS que un amante ; y aquello mismo que era todo su embeleso 
cuando reconocia un poder superior al suyo, apénas le hace mas 
que una ligera impresion en la eleyacion del trono. Sea presen- 
timientOy sea razon, siento enmipecho moyimientos que me agi- 
tan, y que no alcanza à calmar toda la confianza à que me alienta 
yuestra bondad : no desconfio de yuestro amor ; desconfio so- 
lamente de mi yentura. Adorable Blanca , replicô el principe , 
obliganme tus temores , y ellos justifican mi pasion à tus atrac- 
tiyos ; pero el exceso à que llevas tus desconfianzas ofende mi 
amor , y (si me atreyo à decirlo) la estimacion que me debes. 
No, no; no pieuses que mi suerte pueda separarse de la tuya; 
crée mas bien que tù sola seras siempre mi alegria y mi felici- 
dad. Destierra, pues, de ti ese yano temor. ;£s posible que 
quieras turbar con él estos felicisimos momentos? {Ah se&or! 
replicô la hija de Leoncio , luego que yuestros yasallos os 
yean coronado , os pedirin por reina una princesa que des- 
cienda de una larga série de reyes, cuyo brillante himeneo 
afiada nueyos estados à los yuestros ; y tal yez j ay ! yos cor- 
responderèis à sus esperanzas aun à pesar de yuestras mas 
firmes promesas. ^Y porqué, repuso Enrique no sinalgana altera- 
cion, porquë te anticipas à figurarte una idea triste de lo yeni- 
dero ? Si el cielo dispusiere del rey mi tio , juro que te daré la 
mano en Palermo â presencia de toda mi corte. Asi lo pro- 
meto y poniendo por testigo todo lo mas sagrado que se conoce 
entre nosotros. 

Aquietôse la hija de Sifredo con las protestas de Enrique ; y lo 
restante de la conyersacion se redujo é hablar de la enfermedad 
del rey , manifestando Enrique exï este caso la bondad y no- 
Ueza de su corazon. Mostrôse muy afligido del estado en que 
se hallaba el monarca su tio , pudiendo mas en él la fuerza de 
la sangre que el atractivo delà corona. Pero aun no sabia Blanca 
todas las desdichas que la amenazaban. Habiéndola yisto el con- 



LIBRO CUARTO. 175 

destable de Scilia A tiempo que ella saUa del cuaito de sa padre, 
un dia que el habia yenido à la quinta de Belmoote A negocios 
iraponantes , quedô ciegameDte prendado de ella ; pidiôsela A 
Sifredo al dia signiente, y este se la ocmcediô; mas sobreyiniendo 
al mismo tiempo la enférmedad de Rogerio, se suspendiô el ca- 
samiento , del que dofia Blanca no habia sido sabedora. 

Unamaftona, al acabar Enrique de yestirse quedô ^ingularmente 
sorprendido de yer entrar en su cuarto A Leondo seguido de 
dofta Blanca. Seftor , le dijo aquel ministro , yengo A daros una 
noticia que sin duda os aAigirA, pero acompafiada de un con- 
suelo que podrA mitigar en parte yuestro dolor. Acaba de morir 
el rey yuestro tio, y por su mu«rte quedais heredero de la co- 
rona. La Sîdlîa esya yuesira. Los grandes del reino estAn aguar- 
dando en Palermo yuestras ôrdenes. Yo , sefior , yengo encar- 
gado de ellos A recibirlas de yuestra boca , y en compaAia de 
mi bija Blanca , para rendiros los dos el primero y mas sincero 
bomenage que os deben todos yuestros yasallos. Al principe no 
le cogiô de nueyo esta noticia , por estar ya informado dos me- 
ses Antes de la graye enfermedad que padecia el rey , qu^ poco 
A poco iba acabando con èl. Sin embargo, quedô suspenso algun 
tiempo ; pero rompiendo despues el silendo , y yolyiéndose A 
Leondo, le dijo estas palabras: Prudente Sifredo, te miro y te 
miraré siempre como A padre, y me alegraré de gobernarme 
por tus consqos; tu serAs rey de Sicilia mas que yo. Dicho 
esto, se llegô A una mesa donde habia una escribania , tomô un 
pliego de papel, y echo en èl su firma en bianco... ^Què haceis , 
seAor?leinterrumpiô Sifredo. Mostraros mi amor y mi^gratitud, 
respondîô Enrique ; y en seguida présenté A Manca aquel papel 
y &ina , didèndole : Recibid, seftora, esta prenda de mi (é y 
del dominio que os doy sobre mi yoluntad. Tomôla Manca , eu* 
briéndose su hermosa cara de un honestisimo rubor, y respon* 
diô al principe : Redbo con respeto las gracias de mi rey; pero 
estoy sujeta A un p^dre, y espero que no Ueyarèis A mal ponga 
en sus manos yuestro papel , para que use de 61 como le aconse- 
jare su prudencia. 

Entregô efectiyamente A su padre el papel con la firma en 
Manco de Enrique. Gonodé enlÂnces Sifredo lo que hasta aquel 
ponte no habia descubierto su penetracion. Gomprendiô toda la 
mtendon del prindpe, y le contesta diciendo : Espero que 
V. M. notendrA motiyo para arrepoitirse de la confianza que se 
sînre hacer de mi , y esté bien seguro de que jamas abusaré de 
eDa. Amado Leondo , interrumpiô Enrique , no temas que pueda 
llegar semejante caso: sea el que fnere el uso que hideres de 
mi papel , no dudes que siempre lo aprobarë. Abora yuelye 
A Palermo , dispon todo lo neeesario para mi coronadon , y di 
A mis yasallos que yoy prontamente Arec3)ir el juramento de su 



176 GIL BLAS. 

fidelidad , y à darles las nuiyores segoridades de mi amor. Obe- 
deciô el ministro las ôrdenes de su uuevo amo, y oiarchô A Pa* 
lermo , Uevando consigo à dofla Blanca. 

Pocas horas despues partie tambien de Belmonte d mismo 
Enrique, pensando mas en su amor que en el eleyado paesto à 
que iba à ascender. 

Luego qua se dejô ver en la ciudad » resonàron en el aire mO 
aclamadones de alegria, y entre ellas entré Enrique en palado, 
donde hallô ya hechos todos los preparativos para su coronadon. 
Encontre en él i la princesa Constanza vestida de riguroso Into, 
mostràndose traspasada de dolor por la muerte de Rogerio. Hi- 
ciéronse los dos sobre este asunto redprocos cumplidos, y ambos 
los desempeA&ron con discrecion, aunqne con algo mas de firîal- 
dad por parte de Enrique que por la de Constanza , la cual , 
no obstante los disturbios de la fiimilia, nunca habia querido 
mal à este principe. Ocupô el rey el trono , y la princesa se 
sente é su lado en una silla puesta un poco mas abago. Los mag* 
nates del reino se sentàron donde à cada uno segun su dase ô 
empleo le correspondia. Empezô la oeremonia ; y Leondo , que 
como gran canciller de! reino era depositario del teatamento del 
difunto rey, diô principio i ella leyéndolo en alta yoz. Contenia 
en sustancié que, haUândose el i^y stn hijos, nombraba por 
sucoesor en la corona al hijo primogènito de Manfredo , con la 
précisa condicion de casarse con la princesa Constanza , y que 
si no queria darle la mano de esposo , quedase exduido de la 
corona de Sicilia, y pasase esta al infante don Pedro, su her- 
mano menor, bajo la misma condicion. 

Quedô Enrique altamente sorprendido al oir esta clausula. No 
se puede expresar la pena que le causé ; pero creciô hasta lo 
sumo cuando, acabada la lectura del testamento , yiô que Leon- 
cio , hablando con todo el consejo , dijo asi : Seflores , habiendo 
pnesto en noticia de nuestro nuevo monarca la ultima disposi- 
cion del difimto rey, este generoso principe consiente en honrar 
con su real mano à su prima la princesa Constanza. Interrumpiô 
el rey al canciller, diciëndole conturbado : Acordaos, Leoncio, 
del papel que Blanca... Seûor, respondiô Sifredo, interrumpièn- 
dole con precipitadon, sin darle tiempo à que se explicase mas , 
ese papel es este que presento al consejo. En èl reconocerén los 
grandes del reino el augusto sello de Y. M., la estimadon que 
hace de la princesa, y su ciega deferenda à las ultimas dispo- 
siciones del difunto rey su tio. Acabadas de decir estas palabras, 
comenzô à leer el papel en los tërminos en que èl mismo le ha- 
bia Uenado. En èl prometia el nuevo monarca é sus pueblos, en 
la forma mas autèntica , casarse con la princeza Constanza , con- 
forméndose con las intendones de Rogerio. Resonàron en la sala 
los aplausos de todos los circunstantes, diciendo: Vwa el ma- 



LKRO CUARTO. 177 

fndmmo rey Enrique. Como era notoria à todos la aversion que 
este principe habia tenido siempre à la princesa, temian, no sin 
razon, qne» indignado de la condidon del testamento , excitase 
movimientos en el reino, y se encendiese en el una guerra civil 
que le desolase ; pero asegurados los grandes y el pueblo con 
la leclora del papel que acababan de oir, esta seguridad diô mo- 
vno & las aclamaciones universales, que despedazaban secreta- 
mente el corazon del nuevo rey. 

Constanza, que por su propia gloria, y guiada de un afecto 
de cariAo , tenia en todo esto mas interes que otro alguno , se 
aprovechô de aquella ocasion para asegurarle de su eterno re- 
conocimiento. Por mas que el principe quiso disimular su tur- 
bacion, era tanta la que le agitaba cuando recibiô el cumplido 
de la princesa, que ni aun acertô à responderle con la corte- 
sana atencion que exigia do el. Rindiose en fin é la violencia que 
el se hacia » y Ilegindose al oido à Sifredo , que por razon de su 
empleo estaba bastante cerca de su persona , le dijo en voz baja : 
^Qué es esto, Leoncio? el papel que tu hijapuso en tus manos 
BO foe para que usases de ël de esa manera. Vos &ltais.«. Acor- 
daoSy seûor, de vuestra gloria, le respondiô Sifredo con entereza. 
Si no dais la mano à Constanza, y no cumplis la voluntad del 
rey vuestro tio , perdiôse para vos el reino de Sicilia. Apénas 
dijo esto se separô del rey para no darle lugar é que replicase. 
Qaedô Enrique sumamente confiiso , no pudiendo resol verse à 
abandonar à Elança, ni à dejar de partir con ella la magestad y 
gloria del trono. Estando dudoso largo rato sobre el partido 
que habia de tomar, se déterminé al cabo , parecièndole haber 
encontrado arbitrio para conservar A la hija de Sifredo sin verse 
predsado à la renuncia del trono. Aparentô quererse sujetar é 
la voluntad de Rogerio , lisonjeàndose de que , miéntras solicitaba 
la dispensa de Roma para casarse con su prima, granjearia & su 
foyor con gracias à los grandes del reino, y afianzaria su poder 
de manera que ninguno le pudiese obligar à cumplir la condidon 
del testamento. 

Abrazado este designio se sosegô un poco, y volyiëndose é 
Constanza le confirmé lo que el gran canciller le habia dicho en 
publico ; pero en el mismo punto en que hacia traicion à su propio 
corazon, ofreciendo su fé â la princesa, entré Elança en la sala 
del consejo , adonde iba de érden de su padre à cumplimentar à 
la princesa, y llegâron à sus oidos las palabras que Enrique le 
decia. Fuera de eso , no creyendo Leoncio que pudiese ya dudar 
de su desgraciada suerte, le dijo, presentândola à Constanza : 
Rinde , hija mia , tu fidelidad y respeto à la reina tu seûora, de- 
seândole todaslas prosperidades de un floreciente rdnado y de 
un feliz himeneo. jGolpe terrible, que atravesé el corazon de la 
desgraciada Elança! En vano se esforzô â disimular su pesar. 



178 GIL BLAS. 

Demudôsele el semblante encendièndosele de repente, y pasando 
en nn momento de incendio é palidez , con un temblor 6 estre- 
medmiento general de todo sa caerpo. Sin embargo , no entré 
en sospecha algona la princesa , pues atribuyô el desôrden de 
sus palabras à la natural cortedad de una doncella criada léjos del 
trato de h corte , y poco acostumbrada A ella. No sucediô lo 
mismo con el rey, quien perdiô toda su compostura y magestad 
A yista de Blanca, y sali6 fiiera de si mismo leyendo en sus ojos 
la pena que la atormentaba. No dudô que , creyendo las aparien- 
das, ya en su corazon le^tuyiese por un traidor. No habria aido 
tan grande su inquietud si hubiera podido hablarle ; pero (como 
era esto posible à yista de toda la SicOia que tenia puestos los ojos 
en èl? Por otra parte el cruel Siflredo cerrô la puerta A esta es- 
peranza. EstuYO viendo este ministro todo lo que pasaba en e) 
corazon de los dos amantes, y queriendo precaver las calamidades 
que podia causar al estado la yiolencia de su amor , hizo con arte 
salir de la concurrença A su hija, y tomô cou ella el camino de 
Belmonte, bienresuelto por muchasrazones A casarla cuanto Antes. 
Luego que llegAron A aquel sitio, le hizo saber todo el horror 
de su suerte. Declarôle que la habia prometido al condestable.. 
I Santo cielo ! exdamô trasportada de un dolor que no bastô é 
contener la presencia de su padre, i y que crueles suplidos té- 
nias guardados para la desgraciada Blanca 1 Fué tan violento su 
arrebatOy que todas las potencias de su aima quedâron suspensas. 
Helado su cnerpo , frio y pAlido , cayô desmayada en los brazos 
de su padre. Conmovièronse las entrafias de este yièndola en 
aquel estado. Sin embargo , aunque sintiô yivamente lo que pa* 
deda su hija, se mantuyo firme en su primera determinadon. 
Yolyié Blanca en si, mas por la foerza de su mismo dolor , que 
por el agua con que la rociô su padre. Abriô sus desmayados 
ojos, y yiendo la priesa que se daba A socorrerla : Seftor, le dijo con 
yoz casi apagada, me ayergttenzo de que hayais yisto mi flaqueza ; 
pero la muerte, que no puede tardar ya en poner fin A mis tor- 
mentos, os librarA presto de una hija desdichada, que sin yuestro 
consentimiento se atreyiô A disponer de su corazon. No, amada 
Blanca, respondiô Leoncio, no morirAs : Antes bien espero que 
tu yirtud yolverA presto A ejercer sobre tl su poder. La preten- 
cion del condestable te da honor; pues bien sabes que es el 
primer hombre del estado... Estimo su persona y su gran mérito , 
interrumpiô Blanca; pero, seûor, el reyme habia hecho esperar... 
Hija, dijo Sifredo interrumpiéndola, se todo lo que me puedes 
decir en este asunto. No ignoro el afecto con que miras A este 
prindpe , y ciertamente que , en otras Circunstandas , léjos de 
desaprobarlo, yo mismo procuraria con todo empefio asegurarte 
la mano de Enrique, si el interes de su gloria y el del estado no 
le pusieran en precision de dArsela A Gonstanza. Gon esta ànica 



♦ LIBRO CUARTO. I79 

é indîspeiiBable condicioB le dedarô por sucesor rayo el difonto 
rey* ^Qaieres tù qae prefiera ta persona é la corona de SicUia T 
Créeme, hqa, te acompaào Thrameate en el dolor que te aflige : 
€oa todo esOy sapuesto que no podemoa luchar contra el destino, 
haz un esfderzo generoso. Tu misma gloria se înteresa en que 
hagas ver à todo el remo que no fîiiste capaz de consentir en 
una esperanza aèrea : fiiera de que ta pasion al rey podia dar 
motÎYO é rumores poco fiiyorables à tu decoro ; y para eyi* 
tarlos el ùnico medio es que te cases con el condestable. En fin, 
Haoca, ya no es tiempo de deliberar ; el rey te déjà por un 
troDO, y da su mano à Constanza. Al condestable le tengo dada 
mi pidabra : desempéûala tu , te ruego ; y si para resoWerte 
fîiere necesario que me yalga de mi autoridad , te lo mando. 

INchas estas palabras la dejô , déndole lugar para que refle- 
xionase sobre lo que acababa de decirle. Esperaba que, despaes 
de haber pesado bien las razones de que se habia yalido para 
sostener su yirtud contra la inclinadon de su corazon, se deter- 
minaria por si misma à dar la mano al condestable. No se en* 
gaAô en esto ; pero | cuanto oostô A la infeliz Blanca tan dolorosa 
resoliidon I Hallébase en el estado mas digno de listima : d 
sentîmiento de ver que habian pasado à ser eyidencias sus pre- 
sentimîentos sobre la deslealtad de Enrique, y la precision , no 
casândose con él, de entregarse à un hombre i quien no le era 
poable amar, causaban en su pecbo unos impulsos de afliccion 
tan yiirfentos , que cada instante era un nueyo tormento para 
ella. Si es cierta mi desgracia, exclamaba, ^como es posible que 
yo résista à ella sin costarme la yida? Desapiadada suerte, i â 
que fin me lisonjeabas con las mas dulces esperanzas si babias 
de arrojarme en un abismo de maies? t Y tù, pèrfido amante, 
ta te «itregas é otra cuando me prometes una fidelidad etema I 
^Has podido tan pronto olyidarte de la fe que me juriste? Per- 
mita el cielo, en castigo de tu cruel engafto, que el l^o conyugal 
qae vas i manchar con un perjurio , se conyierta en teatro de 
crueles remordimientos, en yez de los licitos placeres que espéras; 
que las caricias de Constanza derramen un yeneno en tu femen- 
tido pecbo ; y que tu himeneo sea tan funesto como el mio. Si, 
traidor; si, felso ; serè esposa del condestable, i quien no amo , 
para yengarme de mi misma, y para castigarme de haber elegido 
tan mal el objeto de mi loca pasion. Ya que la religion no me 
permite darme la muerte, quiero que los dias que me quedan 
de yida sean una cadena de pesares y molestias. Si conservas 
todayia algunamor hàcia mi, sera yengarme tambien de ti el arro- 
jarme i tu ytsta en los brazos de otro ; pero si me has olyidado 
eateramente, podri ilo menos gloriarse la Sicilia de haber pro- 
doddb ana muger ijue sapo castigar en si misma la demasiada 
ligereza eon qœ disposo de su corazon. 



180 GIL BLAS. 

En esta dolorosa sitnacion pasô la noche que precediô a so 
matrimoDio con d condestaMe aqaella infeliz yictinia del amor 
y del deber. £1 dia sigaiente, hallando Sifredo pronta y dispuesta 
a sa hija é obedecerle en lo que deseaba , se diô priesa i no 
malograr tan fiiTOrable coyuntora. Hizo ir aquel mismo dia al 
oondestable i Belmonte , y se célébré de secreto el matrimonîo 
en la capilla de aqueila quinta. ; Oh , y que dia aquel para Blanca ! 
No le bastaba renunciar é una corona , perder on amante ama- 
do , y entregarse i on objeto aborrecido, sino qae era menés- 
ter hacerse la mayor yiolencia, y disimolar su angustia delante 
de un marido naturalmente zeloso , y que le profesaba nn yehe- 
mentisimo cariAo. LIeno de jùbilo el esposo , porque era ya suya , 
no se apartaba un momento de su lado , y ni ann le dejaba el 
triste consuelo de llorar é solas sus desgracias. Llegô la noche , 
y con ella la hora en que à la hija de Leoncio se le aumentô la 
pena. Pero jqué fuè de ellacuando, habiéndola desnudado sus 
criadas , la dejàron sola con el condestable ! Preguntôle este 
respetuosamente cual era el motiyo de aquel decaîmiento en 
que parecia cpie estaba. Turbo esta pregnnta é Blanca, quien 
fingiô que se sentia indispuesta. Al pronto quedô el esposo en- 
gaAado , pero permanecîô poco en su error. Como yerdadera- 
mente le tenia inquieto el estado en que la yeia , y la instaba à 
que se acostase , estas instancias , que ella interprété mal , ofre- 
dèron é su imaginacion la idea mas amarga y cruel ; tanto , que 
no siendo ya duefla de poderse reprimir, dié libre curso A sus 
suspiros y à sus làgrimas. ; Oh , que espectAculo para un hom- 
bre cpie pensaba haber Ilegado al colmo de sus deseos ! Enténces 
ya no puso duda en que en la afliccion de su esposa se ocultaba 
alguna cosa de msi aguero para su amor. Con todo eso, aunque 
este conocimiento le puso en términos casitan déplorables como 
los de Blanca, pudo tanto consigo, que supo disimular sus 
rezelos. Repîtié las instancias para que se acostase, déndole pa- 
labra de que la dejaria reposar quietamente todo lo que hubiese 
menester, y aun se ofirecié à llamar à sus criadas si juzgaba que 
su asistencia le podia seryir de algun aliyio. Respondié Blanca , 
serenada cou esta promesa, que sokmente necesitaba dormir para 
reparar el desfeUecimiento que sentia. Fingié creerla el condes- 
table. AcostÂronse los dos ; y pasâron una noche muy diférente 
de la que concede el amor y el himeneo à dos amantes apasio- 
nados. 

Hiéntras la hija de Sifredo se entregaba à su dolor , andaba 
el oondestable considerando dentro de si que cosa podia ser la 
que Henaba de amargura su matrimonio. Persuadiase que tenia 
algun competidor ; pero cuando le queria descubrir se enredaban 
y confimdian sus ideas , y sabia solamente que èl era el hombre 
mas infeliz del mundo. Habia pasado con este desasosiego las 



LIBRO eUARTO. Î81 

ios tereeras partes de la noche cuando llegô à sus oidos an niido 
confosa. Qnedô sumamente sorprendido , sintiendo ciertos pasos 
lentos en sa mismo caarto. TùyoIo por ilasion , acordéndose de 
qm él por si faabia cerrado la puerta Inego que se retiriron las 
criadas de Blanca. Descorriô no obstante la cortina de la ,cama 
para infonnarse por sas propios ojos de la causa que podia haber 
ocasionado aquel ruido ; pero habiëndose apagado la luz que 
babia quedado encendida en la chimenea , solo podo oir una 
Toz dèbQ y ténue que llamaba repetidamente à Blanca. Encen- 
diëronse entônces sas zelosas sospechas, conyirtiëndose en foror : 
sobresaltado su honor le obligé à leyantarse , y consideréndose 
obligado é precayer una afirenta, 6 A tomar venganza de ella , 
ecbô mano à la espada , y con. ella desnuda acudiô fiirioso héda 
donde creia oir la yoz. Siente otra espada desnuda que hace 
resistencia à la suya; ayanza, y adyierte que el otro se retira. 
Sîgue al que se defiende , y de repente cesa la defensa , y sucede 
al ruido el mas profiindo silencio. Busca é tientas por todos los 
rincooes del cuarto al que pareciahnir , y no le encuentra. Para* 
se , escucha, y ya nada oye. jQué encanto es este ! Acércase 
é la puerta, que à su parecer habia iayorecido la fiigav 
del secreto enemigo de su honra ; tienta el cerrojo , y hit- 
llala cerrada como la habia dejado. No pudiendo comprender 
eosa alguna de tan extrafio suceso, llama i los criados que esta- 
ban mas cercanos , y como para eso abriô la puerta , cerrando 
el paao de ella , se mantuyo con cantela , para que no se escapase 
el que boscaba. 

A sus repetidas yoces acuden algonos criados todos con luces. 
Toma èl mismo una, y yuelye i examinar todos los rincones del 
coarto y siempre con la espada desnuda. A ninguno halla , y no 
descubre- ni aun el menor indicio de que nadie haya entrado en 
él, no encontréndose puerta sécréta, ni abertura.por donde pu- 
diera introducirse. Sin embargo, no le era posible cegarse ni 
aincinarse sobre tantos incidentes que le persuadian su desgracia. 
Esto despertô en sw fantasia gran confusion de pensamientos. 
Reearrir à Blanoa para el desengaflo , parecia recurso inùtil , 
igualmente que arriesgado, pues le importaba tanto ocultar la 
yerdad, que no se podia esperar de ella la mas leye explîcacion^ 
Adoptô , pues , el partido de ir à desahogar su corazon con 
Leoncio, despues de haber mandado à los criados se fuesen, 
diciëndoles que creia haber oido algun ruido en el cuarto , pero 
que se habia equiyocadoc Encontre à su suegro que salta de su 
aposento, habiéndole despertado el rumor que habia oido, y le 
conl6 menudamente todo loque le habia pasado, eon muestras do 
extrafla agitaoion y de un profimdo dolor. 

Sorprendiôse Sifredo al oir el suceso ; y no dndô ni un sol& 
momento de su yerdad, por mas que las apariencias la repre- 



in GIL BLAS. 

Mmtaflen pooo natural , parecièndole desde laego que todo era 
ponble en ia dega pasion del rey ; peosamiento que le alligiô 
▼iramente. Pero lëjos de fomentar hû zelosas sospechas de su 
jano, le representô en tono de seguridad que aqueDa toz que 
ae imaginaba haber oido y y aquella espada que se figuraba ha- 
berse opuesto à la suya , no podian ser sino fiintasias de una inia- 
ginadon engaftada por los zdos: que no era posible que ninguno 
tuyiese aliento para entrar en el cuarto de su hija : que la trîsteza 
que babia advertido en ella podk ser efecto natural de algnna 
indisposidon : que el honor nada tenia que yer con las alte- 
radones de la salnd : que la mudanza de estado en una doncella 
aoostumbrada i Tivir en la soledad , j que se yeia repentina- 
mente entregada à un hombre sin haber tenido tiempo para oo- 
nocerle ni amarle, podia muy bien ser la causa de aquellos suspi- 
ros, de aqueDa aflicdon, y de aquel amargo liante : qued amor en el 
eorazon de las doncellas de sangre noble solo se enoendia con d 
tiempo y con los obsequies ; y que asi le aconsejaba calmase sus 
rezdos y anmentase su amor y sus finezas, para ir disponiendo poco 
ipoco àBlanca à mostrarse mas cariitosa; y que lerogabaen fin 
tolriese hécia dla, persuadido de que su desconfianza y turbadon 
ofendian su yirtud. 

Nada respondiô el condestable é las razones de su suegro , 6 
porque en efecto comenzô à créer que pudo haberle engaftado la 
oonfosion en que estaba su espiritu , ô porque le pareciô mas 
conyeniente disimular y que intentar en yano cony^cer al anda- 
no de un acontecimiento tan desnudo de yerosimîlitud. Restî- 
tnyôse al cuarto de su muger , se yolyiô à la cama , y procuré 
lograr àlgun descanso de sus penosaa inquietudes é benefido del 
sneûo. Por lo que toca é Blanca no estaba mas tranquila que él y 
porque habia oido claramente todo lo que oyô su esposo , y no 
podia atribuir à ilusion un lance de cuyo secreto y motiyos esta- 
ba tan enterada* Estaba admirada de que Enrique hubiese pen- 
sado en introdudrse en su cuarto despues de haber dado tan 
solemnemente su palabra é la princesa Gonstanza ; y en yez de 
darse el parabien de este paso , y de que le cansase alguna aie- 
gria y lo conceptuô como un nueyo ultraje , que encendia encôlera 
su pecho. 

Mièntras b hija de Sifredo preocupada contra el jôyen rey le 
juzgaba por el mas përfido de los hombres , el desgradado mo- 
narca» mas prendado que nunca de su amada Blanca, deseaba 
hablarle para desengafiarla contra las apariencias que le condena- 
ban. Hubiera yenido mucho mas presto é Bdmonte para este 
efecto , é habërselo permitido los cuidados y ocupaciones del 
gobiemo , ô si antes de aquella noche hubiera podido eyadirse 
de la corte. Conocia bien todas las entradas de un sitio donde se 
habia criado , y ningun obsticulo tenia para hallar modo de in- 



LIBRO CDARTO. 183 

trodttdrse en la qointa, hatneadose quedado con la Uave de una 
eotrada seoreta que comunicaba à los jardines. Por estos Ilegô à 
su antiguo cuarto , y desde ël se introdujo en el de Blanca. Fàcil 
es imagînar cuanta séria la admiracion de este principe cuando 
iropezô alli con un hombre y con una espada que salia al en- 
cuentro de la suya. Faltô poco para que no se desonbriese , ha* 
ciendo caMgar en aquel mismo instante al temerario que tenia 
atrevkniento de levantar su mano sacrilega contra su propio 
rey ; p^o la consideracîon que debia à la hija de Leoncio sus- 
pendiô su resentimiento : se retiré por donde habia entrado , y 
mas turbado que antes i^ohiô a tomar el camino de Palermo. 
Uegô i la ciudad poco intes <pie despuntase el dia , y se encer- 
rô ea su coarto, tan agitado que no le fué posible lograr ningun 
descanso , y no pensô mas que en Yolyer é Belmonte. La segu- 
ridad de su yida , su mismo honor , y sobre todo su amor , le 
exdtabaa à que procurase saber sin dilacion todas las drcunstan- 
eias de tan cruel acontecimiento. 

Apénas se leyantô diô ôrden que se preyiniese el tren de caza , 
y con pretexto de querer diyertirse en ella se foè al bosque de 
Bdmonte eon sus monteros y algunos cortesanos. Cazô por disi- 
molo algun tiempo , y cuando yiô que toda su eomitiya corria 
tras de los perros , él se separô , y marché solo à la quinta dé 
Leoncio. Estaba seguro de no perdorse , porque tenia muy cono- 
ddaa todas hs sendas del bosque ; y no permitiëndole su impa- 
denda atender i la fotiga de su caJ^dlo» en breye tiempo corrié 
todo el espacio que le separaba del objeto de sa amor. Caminaba 
discurriendo algun pretexto plausible que le proporcionase yer 
en secreto à la Uja de Sifredo , cuando, al atreyesar un sendero 
que iba i dar à una de las puertas del parque, yié no léjos de si 
à dos mugeres que estaban sentadas en conyersacion à la sombra 
de un érboL No dudé que eran algunas personas de la quinta, y 
estayista le causé algun sobresalto ; pero su agitacion llegé à lo 
somo cuando, yolyiendo aquellas mugeres la cabeza al ruido que 
hada el caballo , reconodé que su adorada Blanca era una de 
ellaa. Habia salido de la quinta, Ileyaado consigo é Nise, criada 
de su mayor confianza , para Uorar con libertad su desdicha en 
aqnel sitio retirado. 

Luego que Enrique la conocié, fué yolando héda ella , pred* 
pitése , por decirlo asi , del caballo , arrojése & sus pies , y des- 
cobriendo en sus ojos todas las seliales de la mas yiya afliocion, 
le dijo entemeddo : Suspende , bella Blanca , los impetus de tu 
dolor. Las apariencias confieso que me hacen parecer culpable é 
tus ojos ; mas cuando estes enterada del designio que he Ibrmado 
oon respecto é ti , puede ser que lo que miras como delito te 
parezea una prudsa de mi inoceneia y del exceso de mi amor. 
Estas palabras , que en el caqceptfl^ de Enrique le paredan ci^ia- 



18& GIL BLAS. 

ces de mitigar la pena de Blanca , solo sirrièron para exacerbarla 
mas. Qaiso responderle; pero los soQozos ahogiron sa toz« 
Asombrado el principe de verla tan turbada, prosiguiô dicièn- 
dole : Pues que , sefiora , ^es posible que no pneda yo cahnar el 
desasosiego que os agita? ^Porcpié desgracia he perdido yues- 
tra confianza, yo que expongo mi corona y hasta mi vida por 
conseryarme solo para yos ? Entônces la hija de Leondo , ha- 
ciendo el mayor esfuerzo sobre si misma para expiicarse ^ le 
respondiô : SeAor , ya liegan tarde yuestras promesas : no hay 
ya poder en el mando para qne en adelante sea una misma la 
suerte de los dos. i Ay Blanca ! interrumpiô el rey precipitada- 
mente y I que palabras tan crueles han proferido tus labios! 
^Quien sere capaz en el mundo de hacerme perder ta amor? 
;Quien sera tan osado que tenga aliento paY« oponerse al foror 
de un rey que reduciria à cenizas toda la Sicilia Antes que sufrir 
que ninguno os robe à sus esperanzas? Inùtil serA , seihor , todo ynes- 
tro poder , respondiô con desmayada yoz la hija de Sifiredo, para 
allanar el inyencible obst^culo que nos sépara. Sabed qoe ya soy 
muger del condestable. 

I Muger del condestable t exdamô el rey dando algunos pa- 
SOS atras ; y no pudo decir mas, tan sorprendido qnedô de aqael 
impensado golpe. Faltâronle las Aierzas , y cayô desmayado al 
pié de un àrbol que estaba alli cerca. Quedô pâido, trèmulo , y 
tan -enagenado que solo tenia libres los ojos para fijarlos en 
Blanca de un modo tan tierno, que desde luego la dcgaba corn- 
prender cuanto le habia afligido cl infortunio que le annndaba. 
Blanca por su parte le miraba tambien con semblante tal qoe 
manifesûba ser muy parecidos los afectos de su corazon à los 
que tanto agitaban el de Enrique. Mirébanse los dos dcsyenta- 
rados amantes con un silencio en que se dejaba traslucir eierta 
espede de horror. Por ultimo, el principe, y(rfyiendo algun tanto 
de su trastorno por un esfiierzo de yalor , tomô de nueyo la 
palabra y dijo à Blanca suspirando : j. Que habeis hedio, seik>ra? 
Vuestra credulidad me ha perdido à mi, y os ha perdido à yos. 

Resintiôse Blanca de que el rey i su parecer la calpase, cuando 
ella yiyia persuadida de que tenia de su parte las mas poderosas 
razones para estar quejosa de él, y le dijo : iQué, seAor, preten» 
deis por yentura afiadir el disimulo à la infidelidad ? ;Qaerriais 
que desmintiese à mis ojos y i mis oidos , y que é pesar de sa 
testiinonio os tuyiese por inocente? No , seflor , confieso que no 
me siento con yalor para hacer esta yiolencia à mi razon. Ski 
embargo , dijo el rey , esos testigos de que tanto os fiais os haa 
engafiado ciertamente. Han conspirado contra yos, y os han hecho 
traîcion. Tan yerdad es que yo estoy inocente, y qae siempre os 
he sido fiel, como io es que yos sois esposa del condestable. 
l INies que , seflor , repuso Blanca , negaréis que yo misma os ai 



LIBRO CUARTO. 185 

ccMifimuir é Constanza el don de yuestra mano y de Tuestro 
corazoD? i No asegar&steis à los grandes del reino que os 
conformariais con la rolantad del rey difonto , y à la princesa 
que recibiria de yuestros nuevos Tasallos los horaenages que se 
debîan i una reina y esposa del principe Enrique ? ; Mis ojos 
estaban fascinados ? Confesad, confesad mas bien, infiel, que no 
creisteis debia contrapesar el corazon de Blanca el interes de una 
corona ; y sinabatiros à fingir lo que no sentis , ni quizà habeis 
sentido jamas, decid que os pareciô asegurar mejor ei trono de 
Sicilia con Constanza, que con la hija de Leondo. AI cabo, seflor , 
tenais razon : igualmente desmerecia yo ocupar un trono tan so- 
berano, como poseer el corazon de un principe como tos. Era 
demasiada ini temeridad en aspirar à la posesion de uno y otro^ 
pero YDS tampoco debiais mantenerme en este error. No ignorais 
los sobresaltos que me ha costado perderos, lo que siempre 
tuve por infalible para mi. ;A que fin asegurarme lo contrario? 
l que fin tanto empefio en desvanecer mis temores? Entônoes 
me hobiera quejado de mi suerte y no de vos , y hubiera sido 
siempre ruestro mi corazon , ya que no podia serlo una mano 
que ningun otro pudiera jamas haber logrado de mi. Ya no es 
liempo de disculparos. Soy esposa del condestable ; y por no 
exponerme à las consecuencias de una conversacion que mi glo- 
ria no me permite alargar sin padecer mucho el rubor , dadme 
licencia, seAor, para cortarla,.y para que deje à un principe à 
quien ya no me es licito escuchar. 

Blcho esto se alejô de Enrique con toda la celeridad que le 
permitia el estado en que se encontraba. Aguardaos , sefiora , 
damaba Enrique , no desespereis à un principe resuelto à dar 
en tierra con el trono que le echais en cara haber preferido à yos, 
antes que corresponder à lo que esperan de él sus nueyos ya- 
sallos. Ya es inùtil ese sacrificio , respondiô Blanca. Debierais 
haber impedido dièse la mano al condestable Antes de abando- 
naros à tan generosos impulsos ; y puesto que ya no soy libre, 
me importa poco que la Sicilia quede redudda à payesas , ni que 
deis yuestra mano à quien quisiereis. Bi tuye la flaqueza de 
dejar sorprender mi corazon , tendre à lo ménos yalor para so- 
focar sus moyimientos, y que yea el rey de Sicilia que la esposa 
del condestable ya no es ni puede ser amante del principe En- 
rique. Al decir estas palabras se hallô à la puerta del parque , 
entrôse en él con precipitacion , acompafiada de Nise , cerrô la 
puerta con impetu, y dejô al rey traspasado de dolor. No 
podia ménos de sentir el de la profunda herida que habia abierto 
en su corazon la noticia del matrimonio de Blanca. ^Injusta 
Blanca f ] Blanca cruel I exdamaba: ;es posible que asi bubieses 
perdido la memoria de nuestras reciprocas promesas? A pesar 
de mis juramentos y los tuyos, estamos ya separados. ^Conque 



186 GIL BLAS. 

DO foe mas que una ilusion la idea que yo me babia formado 
de aer algun dia el ùnioo duello tuyo ? I Ah » cruel , y que caro 
me cnesta el haber llegado é conseguîr que mi amor fiiese de ti 
correspondido I 

Representôsele entônces A la imaginacion coa la mayor i^iveza 
la fbrtuna de su rival » acompaûada de todos los horrorea de 
los zelos ; y esta pasion se apoderô tan foertemente de H por 
algunos mementos/ que le Cadtô poco para sacrificar à su resen— 
timiento al condestable , y aun al mismo Sifredo. Pero poco 
despues entré la razon à cafanar los impetus de su côlera* Con 
todo eso y cuando oonsideraba imposible el desimpresionar à 
Blanca del concepto en que estaba de su infidelidad, se deseape- 
raba. Lisonjeàbase de que cambiaria aquel concepto si hallaba 
arbitrio para hablaria à solas. Animado con este pensamiento , 
se persuadiô de que era menester alejar de su compaflia al 
condestable y y resolviô hacerle prender como à reo sospe- 
choso en las circunstancias en que se hallaba el estado. En este 
anpuesto diô la orden compétente al capitan de sus guardias , 
el cual partiô à Belmonte, se apoderô de su persona à la «utrada 
de la noche , y Ileyôle consigo al castillo de Palermo. 

Consternôse el palado de Belmonte con este acontecimiento. 
Sifredo partiô al punto é responder al rey de la inocencia de sa 
yernOy y é representarle las fimestas consecuencias de semejante 
prision. Preyiendo bien el rey este paso que su ministro daria, 
y deseando lograr un rato de libre conyersacion con Blanca 
entes de dar libertad al condestable , habia mandado expresa- 
mente que no se dejase entrar é nadie en su cuarto aquella 
noche. Pero Sifredo, à pesar de esta prohibicion , logrô intro- 
ducirse en la estancia del rey : Seftor , le dijo luego que se yiô 
en su presencia y si es permitido à un respetuoso y fiel yasallo 
quejarse de su soberano, yengo à quejarme à yos de yos mismo. 
;Qué delito ha cometido mi yemo? ;Ha considerado V. M. la 
eterna afrenta de que cubre à mi familia , y las résultas de una 
prision que puede alejar de su seryicio à las personas que ocu- 
pan los primeros puestos del estado? Tengo avisos dertos, res- 
pondiô el rey, de que el condestable mantiene inteiigencias 
criminates con el infiainte don Pedro. \ £1 condestable inteiigencias 
criminales ! interrumpiô sorprendido Leondo. i Ah , senor ! no 
lo créa Y. M. : sin duda han abusado de vuestro magnanime co- 
razon. La traicion nunca tuvo entrada en la familia de Sifredo ; 
bàstale al condestable ser yemo mio para hallarse en este punto 
al abrigo de toda sospecha. El esta inocente; otros motivos se- 
cretos son los que os han inducido à prenderle. 

Puesto que me hablas con tanta claridad, repuso el rey, quiero 
eorresponderte con la misma. Tù te quejas de que yo haya 
mandado arresiar al condestable. ] Ahl ^y no podrë yo tambien 



LIBRO CUARTO. 187 

quqarme de la crueldad? TA , bérbaro Sifredo, tù ères el que 
me has arrebatado inhamanamente mi reposo , poniéndome en 
situadon con tns coidados oficiosos de qne enyidie la saerte de 
los hombres mas infelices. No, no te Ksonjees de que yo adopte 
108 ideas. Yanamente esté resuelto mi matrimonio con Gonstanza... 
I Que, sefiqr I interrompiô estremecièndose Leoncio : ^como sera 
posible que no os caseis con la princesa, despues de haberla 
lisonjeado con esta esperanza à vista de todo el reino ? Si es que 
engafio su esperanza , repuso el monarca , échate à ti solo la 
culpa. I Porqué me pusiste tù mismo en precision de ofrecèr lo' 
que no podia cumplir ? ; Quien te obligô à escribir el nombre 
de Consianza en un papel que se habia hecho para tu hija? 
Sabias mny bien mi intendon. ; Quien te diô autoridad para 
tiranizar el corazon de Blanca , obligàndola à casarse con un 
hombre k quien no amaba ? ; Y quien te la diô sobre el mio , 
para disponer de él en favor de una princesa ft quien miro con 
horror ? ; Te has plvidado ya de que es hija de aquella cruel 
Madide que, atropellando todos los derechos de la sangre y de 
la homanidad, hizo espirar ft mi padre entre los hierros del mas 
duro cautiyerio ? ^ Y à esta querias tu que yo dièse mi mano ? 
No, Sifredo^ no aguardes de mi este paso. Antes de ver encendidas 
las teas de tan horrible himeneo , veràs arder toda la Sicilia , y 
anegados de sangre sus campos. 

I Que es lo que escucho I exclamé Leoncio : | que terribles 
amenazas 1 1 que funestos anuncios me haceis I Pero en vano me 
sobresaltOy continué mudando de tono. No, seflor, nada de esto 
temo. Es demasiado el amor que profesais à vuestros vasallos 
para acarrearles tan triste suerte. No sera capaz im ciego amor 
de avasallar vuestra razon. Echariais un etemo borron à vuestras 
virtodes si os dejarais Oevar de las flaquezas propias de hombres 
Tulgares. Si yo di mi hija al condestable fuë, sefior , ùnicamente 
par granjear para vuestro servido à un hombre valeroso , que , 
con la foerza de su brazo y del ejèrcito que tiene à su disposicion, 
apoyase vuestros intereses contra las pretensiones del prindpe 
don Pedro. Pareciôme que uniéndole & mi familia con lazos tan 
estrechos... | Ah 1 que esos lazos , interrumpiô Enricpie , esos 
fimestos lazos son los que à mi me han perdido. | Cruel amigo ! 
;qné te habia hecho yo para que descargases sobre mi tan duro 
è intolerable golpe ? Habiate encargado que manejases mis in- 
tereses; pero ^cuando te di facultad para que esto foese à 
Costa de mi corazon? ; porqué no dejéste que yo mismo de- 
fendîese mis derechos? iparëcete que no tendria valor ni fiierzas 
para hacerme obedecer de todos los vasallos que osasen opo- 
nerse à mi voluntad ? Si el condestable fnese uno de ellos sabrîa 
yo muy bien castigarle. Yasé que los reyes no han de ser tiranos, 
y que su primera obligadon es la de mirar por la feliddad de- 



188 GIL BLAS. 

sus pueblos ; i pero han de ser esdayos de estos los mismos 
soberanos , y esto desde el momento en qae el delo los elige 
jMira gobernarlos ? ; pierden por ventura el derecho que la mianuk 
naturaleza concediô à todos los hombres de ser duettos de sas 
afectos? I Ahy Leoncio I si los reyes han de perder aquella pre- 
ciosa libertad que gozan los demas hombres , ahi te abandono 
una corona que tu me aseguràste & costa de mi sosiego. 

Seûor y replico el ministro , no puede ignorar Y. M. que el rey 
su tio sujetô la sucesion al trono à la précisa condicion del ma- 
trimonio con la princesa Constanza. ;Y quien diô autoridad al 
rey mi tio , repuso acalorado Enrique , para establecer tan yio- 
lenta como injusta disposicion? ; Habia recibido acasoéltan in- 
digna ley de su hermano el rey don Cérlos cuando entré à su- 
cederle? ; Y por yentura debias tù tener la flaqueza de someterte 
i una condicion tan inicua? Cierto que para un gran canciller 
estas poco enterado de nuestros usos. En una palid>ra , cuando 
promet! mi mano à Constanza fîié inyoluntaria mi promesa, que 
nunca tuye intencion de cumplirla. Si don Pedro funda su espe- 
ranza de ascender al trono en mi constante resolucion de no 
efectuar aquella palabra , no mezdemos à los pueblos en una 
contienda que haria derramar mucha sangre. La espada entre nos- 
otros solos puede terminar la disputa , y decidir cual de los dos 
sere el mas digno de reinar. 

No se atrei^iô Leoncio à apurarle mas , y se contenté con pe- 
dir de rodillas la libertad de su yerno , la que consiguiô dicièn- 
dole el rey : Anda , y restitùyete é Belmonte , que presto ira aUi 
el condestable. Retirôse el ministro , y marché à su quinta , per- 
suadido de que su yerno yendria luego à ella ; pero engaûése , 
porque Enrique queria yer à Blanca aquella. noche , y con este 
fin dilaté hasta el dia siguiente la libertad de su esposo« 

Miëntras tanto entregado este à sus tristes pensamientos , hacia 
dentro de si crueles reflexiones. La prisionle habia abierto los 
ojos , y héchole conocer cual era la yerdadera causa de su des- 
gracia. Entregado enteramente à layiolencia de los zelos, y ol- 
yidado de la lealtad que hasta alli le habia hecho tan recomen- 
dable , solo respiraba yenganza. Persuadido de que el rey no 
malograria la ocasion , y no dejaria de ir aquella noche à yisitar 
à doAa Blanca, para sorprenderlos é entrambos suplicé. al go- 
beniador del castillo de Palermo le dejase salir de la. prision por 
algunas horas , dàndole palabra de honor de que Antes de ama- 
necer se restituiria A ella. £1 gobemador , que era todo suyo , 
tuyo poca dificultad en darle este gusto , y mas habiendo sabido 
ya que Sifiredo habia alcanzado del rey su libertad , y ademas 
de eso le dié un caballo para ir à Belmonte. Partie prontameme , 
llegé al sitio , até el calû^llo A un Arbol , entré en el parque por 
una puerta pequefta cuya llaye tenia, y tuyo la fortuna de intro- 



LIBRO CUARTO. 189 

tiicirse en la quinta sin ser sentido de nadie. Llegô hasta el caarto 
de su moger , y se escondiô iras un biombo que habia en la an- 
tesala. Pensaba observar desde alli todo lo que pudiese suceder, 
y entrar de repente en la estancia de su esposa al menor ruido 
que oyese. Yiô salir à Nise , que acababa de dejar é su ama , y 
se retLraba à un cuarto inmediato donde ella dormia. 

La hija de Sîfredo y que fôcilmente habia penetrado el yerda- 
dero motlTO del arresto de su marido , tuYO por cierto que aquella 
noch« no Yolyeria este à Belmonte , aunque su padre le habia 
didio babcrle el rey asegurado le seguiria presto. Igualmente se 
presamiô que el rey aprovecharia aquella ocasion para yerla y 
hablarla con libertad. Con este pensamiento le estaba esperando 
para afearle una accion que para ella podia tener terribles con- 
secnencias. Con efecto , poco tiempo despues que Nise se habia 
retirado , se abriô la falsa puerta y apareciô el rey, quien ,'arro- 
jàndose A los pies de Blanca , le dijo : No me condeneis hasta ha- 
benne oido. Si mandé arrestar al condestable , considerad que 
ya no me restaba otro medio para justificarme. Si es delincuente 
este artificio, la culpa es de vos sola. ^Porqué os negàsteis à 
oirme «sta maflana? Tardarâ poco en yerse libre yuestro esposo , 
y entônces ] ay de mi I ya no tendre recurso para hablaros. Oid- 
me y pues , por la ultima yez. Si yuestro padre ocasiona mi des- 
Tenturada suerte , al ménos concededme el triste consuelo de 
partknparos que yo no me he atraido este infortunio por mi in- 
fidelidad. Si ratifiqué é Constanza la promesa de mi mano , fué 
porque, en las circunstancias en que me pnso Sifredo , no podia 
hacer otra cosa. Ërame preciso engaâar à la princesa por yues- 
tro înteres y por el mio , para asegnraros la corona y la mano 
de yuestro amante. Tenia esperanza de conseguirlo y y habia to- 
rnado mis medidas para romper aquella obligacion; pero yos des- 
truisteis mi plan, y disponiendo con demasiada focilidad de yuestra 
persona , preparâsteis un etemo dolor à dos corazones que un 
entrafiable amor hubiera hecho perpetuamente féhces. 

Biô fin à este breye razonamiento con seflales tan yisibles de 
ana yerdadera desesperacion , que Blanca se enterneciô , y ya no 
le quedô la menor duda de la inocencia de Enrique. Alegrôse un 
poco al principio; pero un momento despues fué en ella mas 
viyo el dolor de su desgracia, i Ah , seflor I dijo : despues de lo 
que ha dispuesto de nosotros la suerte , me causa nueya pena el 
saber que estais inocente. ; Que es lo que he hecho , desdichada 
de mi I EngaAôme mi resentimiento. Juzgué que me habiais aban- 
donado ; y arrebatada de despecho recibi la mano del condesta- 
ble , que mi padre me présenté. \ Ah infeUz I Yo fui la delincuente , 
y yo misma fabriqué nuestra desgracia. | Conque cuando estaba 
tan qnejosa de yos , acusàndoos en mi corazon de que me habiais 
engafiado , era yo , imprudente y ligerisima amante , la que rom- 



190 GIL BLAS. 

pia lofl laaEOs"qae habia jnrado hacer indisoliibles I Yengaoa ahcMra , 
seûor , pues os toca haoerlo. Aborreoed à la iograta BlaiMau. Olvi- 
dad^ 4 Y OS pareoe cpie lo podré hacer, seflora? intemunpio 
Enrique tristemente : ;qae sera posiMe arrancar de mi ooraxon 
una pasion que ni aun yuestra injusticia podrà sofocarla? Con todo 
eso , seûor , dijo suspirando la hija de Sifredo , es menester que 
OS esforzeis para conseguirlo. Y tos, seftora, replied el rey, 
I seréis capaz de hacer ese erfuerzo? No me prometo lograrlo , 
respondiô Blanca , pero nada omitiré para ello : lo intentaré coaa- 
to pneda. ; Ah cruel I exdarnô el rey , fidhnente olvidarëîs à En- 
rique, puesto que teneis tal pensamiento. Y tos , seAor , ^què es 
lo que pensais? repuso Blanca con encereca: i os lisonjeais d» qne 
OS tolère continuar en obsequiarme ? No tengais tal esperanza. Si 
no quiso el cielo que naciese para reina , tampoco me formô para 
que diese oidos à ningun amor que no sea legitimo. Mi esposo es , 
igualmente que vos , de la nobilisima casa de Anjou, y aun cnan- 
do k) que debo à solo él no foera un obstéculo inyendble i Tue»- 
tros amorosos servicios , mi honor jamas podria permitîrlos. 
Suplico , pues , i Y. M. que se retire , y que baga ànimo de no 
Yolrerme A rer. îOh , que tiranial exdamô el rey: ;es posible , 
Blanca , que me trateis oon tanto rigor ? \ Conque no basta para 
atormentarme el que yo os vea esposa del condestaUe ; sino que 
quereis ademas privarme de yuestra yista , ùnico consuelo qne me 
queda ! Huid cuanto entes , seftor , respondiô la hija de Sifredo 
derramando algnnas làgrhnas : la yista de lo que se ha amado 
tiernamente déjà de ser un bien luego que se pierde la espe- 
ranza de poseerlo. À Bios , seftor, retiraos de mi presenda. Dé- 
bets este esfuerzo à yuestra gloria y i mi reputacion. Tambîen 
os lo pido por mi repose , porque al fin, aunque mi yirtud no se 
altera con los moi^imientos de mi corazon , la memoria de Tues- 
tra ternura me présenta combates tan terribles , que me cnesta 
extraordinarios esfuerzos el resistirlos. 

Pronunciô estas ultimas palabras con tanta energia, que, sin ad- 
yertirlo , dejô caer al suelo un candelero que estabaen una mesa 
detras de ella. Apagôse la bugia; côgela Blanca à tîentas , abre la 
puerta de la antesala ,. y para encenderla y a al gabinete de Nise , 
que aun no se habia acostado. Yuelye cou luz , y apénas la yiô 
el rey la instô de nueyo para que le permitiese continuar en sus 
obsequios. A la yoz del monarca entré repentinamente el con-- 
destable con la espada en la mano en el cuarto de su esposa, 
casi al mismo tiempo que ella : se llega à Enrique lleno del resen- 
timiento cpie su furor le inspiraba , y le dice: Ya es demasiado , 
tirano , no me tengas por tan yil ni tan cobarde que pueda sufrir 
la afrenta que haces à mi honor. | Ah traidor ! respondiô el rey 
desenyainando la espada para defbnderse ; ^piensas por yentura 
ejecutar tu intente impnnemente? Bicho este prindpian un com* 



LIBRO CUARTO. 191 

bate sobremanera fogoso para que durase macbo. Temiendo el 
oondestable que Sifiredo y sus criados acodiesen demasiado pron- 
to i los grito^ qae daba doAa Blanca y y le estorbasen su ven- 
ganza, peleaba ya sin juicio y sin Qpnocimieato y sin cautela. Fuera 
de si de furor el mismo se metiô por la espada de su enemigo , 
atraveséndose de parte à parte hasta la gnamicion.Gayô en tierra, 
y vièndole el rey derribado se detuTo. 

Al Ter la hija de Leoncio à su esposo en tan lastimoso estado y 
se arrojô al suelo para socorrerle y é pesar de la repugnanda oon 
qaelemiraba.El inJPdii esposo, lleno de resentimiento oontra ella, 
no se entemeciô ni ann é yista de aquel testimonio que le daba 
de sn dolor y de su compasion. La muerte y que tenia tan oerca* 
na, no bastô para apagar en él el incendio de los zelos. En aque- 
nosùltimos momentos solo se acordô de la fbrtuna de sa eompe- 
tidor ; idea tan ingrata y espantosa , que aientando sus espiritm 
y dando un momentàneo yigor é las pocas fuerzas que le quo- 
daban , le hizo alzar la espada y que aun tenia en la maoo , y la 
sepidtô toda eila en el seno de su muger y dicièndole : M uere y es- 
posa infel , ya que los sagrados yfaiculos del matrimonio no bas- 
tiron para que me conservases aquella fe que me juriste al pié 
de los altares. Y ta , Enrique , prosiguiô oon yoz desmayada , no 
te glories ya de tu destino y puesto que no te aprovecharés de rai 
desgracia : con esto muero contento. Dqo estas palabras , y espi- 
rô ; pero con un semblante que aun entre las sombras de la nraer* 
te dejaba yer un no se que de altiyo y de terriMe. El de Hanca 
ofrecia é la Tîsta un espectâculo bien diyerso. Habia caido mor- 
talmente herida sobre el moribundo cuerpo de su esposo: y la 
sangre de esta inocente yictima se confiindia cou la de su homi* 
cida, cuya ejecncion fiiè tan pronta è impensada y que no diô In- 
gar al rey para precayer su efecto. 

Prorumpiô este principe malayentnrado en un lastimoso grito 
caando yiô caer i Blanca ; y mas herido que ella del golpe que le 
quttaba la yida y aeudiô à prestarle el mismo auxilio que ella 
misma habia querido prestar à su roarido , f del cual habia sido 
tan mal recompensada ; pero Blanca le dijo cou yoz desfelledda : 
Sefior, yuestra diligencia es mutil : soy la ^ctima que estaba pi- 
diendo la suerte inexorable. Quiera el delo que ella aplaque su 
<^lera, y asegure la felicidad de yuestrb reinado. Al acabar estas 
palabras , Leondo , que habia acudido al eco de sus lamentosos 
ayes, entré en el cuarto, y atônito de yer los objetos que se 
presentaban & sus ojos, quedô inmôyiU' Blanca , que no le habia 
^isto, prosiguiendo su discursocon et rey : A Dios y seflor, le dijo » 
conservad afeetuosamente mi memoria, pues mi amor y mis 
desgracias os obligan à ello. Desterrad de yuestro pecho toda 
sombra de resentimiento contra mi amado padre, respetad sus 
<^na8 , compadeceos de su pena , y haoed justicia i su zelo. Sobre 



19S GIL BLAS. 

todo manifestad à todo el mando mi inooendia: esto es lo que 
mas prindpalmente os encargo. A Dios , amado Eoriquè.^ Yo me 
maero.^ Redbid mi postrer adiento. 

A estas palabras espirô. Quedôse suspenso êl rey» goar- 
dando por algun tiempo an profimdo sileDcio. Rompiile en fin 
didendo i Sifredo : Mira , Leoncio , la obra de tas manos. Con- 
tèmplala bien , y considéra en este trégico suceso el fruto de tu 
oficîoso zelo por mi servicio. Nada respondiô el anciano ; tan 
penetrado estaba de dolor. Pero ^à que fin empellarme en 
querer referir lo que no cabe en ninguna explicadon? fiasta 
decir que uno y otro prorumpièron en las mas tiemas quejas 
laego que la vehemencia del dolor abriô camino al desahogo de 
loB aféctos interiores. 

El rey conservô toda su vida la mas dulce memoria de su 
amante y sin poderse jamas resolver à dar la mano i Constanza. 
El in£ante se coligô con ella para hacer que se cumpliese lo dis- 
puesto por Rogerio en su testamento; pero se Tiéron precisados 
î céder al principe Enrique , quten triunfô al cabo de todos sus 
enemigos. A Sifredo le desprendiô del mundo, y aun de su 
misma patria, el insoportable tedio que le causaba el tropel de 
tantas desgracîas. Abandonô la Siciiia , y pasindose é ffspaâa 
con Porcia, la ùnica faija que le habia quedado, comprô esta 
quinta. En ella sobre^iviô quince aûos à la muerte de Blanca : 
tuYO el consuelo de casar à Porcia antes de morir con don Ge- 
rônimo de Siha , y yo soy el ùnico fruto de este matrimonio. 
Esta es, prosiguiô la yiuda de don Pedro Pinares, la historia 
de mi fàmilia, y una fiel relacion de las desgracias que repré- 
senta ese cuadro , que mi abuelo Leoncio hizo pintar para que 
quedase à la posteridad un monumento de este fùnesto suœso. 

CAPITULO V. 

De lo que hizo do^a Aurora de Guzman luego que Ilego i Salamanca. 

Despues de haber .la Ortiz , sus compaAeras y yo oido esta 
historia, nos salimos de la sala, donde dejàmos solas é doua 
Aurora y dofia Elvira. Pasâron las dos lo restante del dia en 
yarias diversiones, sin fastidiarse una de otra; y cuando par- 
timos al dia siguiente , fiié tan dolorosa su separacion , como 
pudiera serlo la de dos intimas amigas , acostumbradas toda la 
yida à la mas^ dulce y tiema compaikia. 

Uegémos en fin A Salamanca sin que nos sucediese el menor 
contratiempo. Alquilàmos luego una casa enteramente amue- 
blada; y la duefia Ortiz, segun lo quebabiamos tratado, se 
comenzé é llamar dofia Jimena de Guzman. Ck>mo habia sido 



UBRO CUARTO. 193 

duefta tanto tiempo, no podia mènos de hacer bien su papel. 
Saliô una mafiana con Aurora , una doncella y un page » y se en- 
caminéron à una posada de caballeros, donde supiëron que 
ordinariamente se alojaba Pacheco. Pxeguntô la Ortiz si habia 
algun cuarfo desocupado, y habiéndole respondido que si, le 
«"nseftâron uno deoentemente puesto. Tomôlo de su cuenta , y 
aun adelantô un mes de alquiler, expresando era para un sobrino 
suyo que iba de Toledo à estudiar à Salamanca , y al que esperaba 
aquel dkL 

Despues que la dueAa y mi ama dejéron ajustado aquel alo- 
jamiento, se retiràron al suyo, y la bella Aurora, stn perder 
tiempo , se yistiô de caballero. Para cubrir sus cabellos negros 
se puso unapeluca rubia , y tifténdose del mismo color las cejas, 
se disfirazô de suerte que pareda un seAortto distinguido. Era 
garboso y desembarazado ; y à no ser la cara, que era demasia- 
damente linda para hombre , ninguna otra cosa hacia sospechoso 
su disfraz. Imitôle en el mismo la criada que le habia de serrir 
de page, y todos nos persuadimos que tambien esta representaria 
bien su papel, asi porque no era de las mas hermosas, como 
por tener cierto airedllo descarado , muy à propôsito para el 
personage que le tocaba hacer. Despues de comer, hallàndose las 
dos actrices en estado de presentarse en su teatro , esto es , en 
la posada de caballeros , ellas y yo marchàmos allé» Metimonos 
en un coche, y lleyàmos los baules y la ropa que era menester. 

La posadera, llamada Bemarda Ramirez , nos recibiô con el 
mayor agasajo, y nos condujo â nuestro cuarto, donde comenzàmos 
à trabar conrersacion con ella. Convintmos en la comida que nos 
habia de dar, y en lo que habiamos de pagarle cada mes. Pre- 
guntémosle despues si tenia muchos huéspedes. Por ahora, 
respondiô, notengoninguno : nunca me ialtarian siquisierarecibir 
àtodo gènero de gentes; pero mi genio no lo liera, y en mi 
casa solo admito personas de distincion. Esta misma noche es- 
pero uno que yiene de Madrid à concluir sus estudios. Llémase 
don Luis Pacheco , caballero de Teinte alios lo mas , que acaso 
conoceràn ustedes ô habràn oido hablar de él. No , respondio 
Aurora: no ignoro que es de una fieunilia ilustre ; pero no se sus 
calidades ; y habiendo de yiyir en su compaikia en una misma 
casa , tendria particular gusto de saber que hombre es. Seftor, 
repaso la huéspeda mirando al fingido caballero » es un caballerito 
de linda cara , ni mas ni ménos que la Tuestra ; y desde luego 
aseguro que ambos os ayendréis bien. lYiye diezl que podré 
jactarme de tener en mi casa los dos seftoritos mas galanes y 
aîrosos de toda Espafta. Segun eso , replicô mi ama , ese tal caba- 
llerito h9bT& tenido en Salamanca mil galanteos. {Oh ! en cuanto à 
eso, respondiô la yieja, debo confesar que es un enamorado de 
profesion. Basta que se deje yer para Ueyarse de calles à cualquier 



194 GIL BLAS. 

miiger. Entre otras robe el corazon de una jôven y belh oomo ella 
sola , hija de un anciano doctor en leyes ; y en coanto a su cariâo 
hécia don Luis es aquello que se llama locura. Su nombre es dojla 
Isabel. Pero digame , le repiicô Aurora con prontitud , i y don 
Luis le corresponde igualmente? Que la amaba entes que volviese 
à Madrid) respondiô la Ramirez , no tiene duda; pero si ahora 
la quiere ô no la quiere , eso es lo que yo no se, porque el tal 
caballerito en este punto es poco de fiar. Corre de muger en 
muger, como lo hacen comunmente todos los de su edad y de su 
clase. 

Apënas acababa la viuda de decir estas palabras , cuando se 
oy6 en el patio ruido de caballos. Asomàmonos é la ventana , 
yyimos dos hombres que se apeaban, que eran el mismo don 
Luis Pacheco, que llegaba de Madrid , con su criado. Dejônos la 
yieja para ir à recibirlos , y preparôse mi ama , no sin alguna 
comnocion , à representar su personaje de don Felix. Poco des- 
pues yimos entrar en nuestro cuarto é don Luis con botas y 
espnelas en traje de camino. Acabo de saber, dijo saludando a 
dofia Aurora , que un caballero Toledano esta alojado en esta 
posada, y espero me permitiré le manifieste el gusto que tengo 
de lograr bajo un mismo techo tan buena compafiia. Miéntras 
respondia mi ama à este cumplimiento , me paredô que Pacheco 
estabasuspenso deyer Aun caballero tanamable. Con efecto, no 
se pudo contener sin decirle que jamas habia yisto hombre tan 
galan ni tan bien plantado. Despues de varios discursos acompa- 
flados de mil reciprocos y cortesanos cumplimientos , se retirô 
don Luis al cuarto que se le habia destinado. 

Miéntras se hacia quitar las botas y se mudaba de ropa , un 

page , que le buscaba para entregarle una carta , encontre por 

casualidad é doAa Aurora en la escalera , y teniëndola por don 

Luis y à quien no conocia : Caballero, le dijo , aunque no conozco 

al se/kor don Luis Pacheco , me parece no debo preguntar é vmd. 

si lo es, y estoy persuadido de que no me engaflo, segna las 

sefias que me han dado. No, amigo, respondiô mi amacongran 

serenidad ; ciertamente que no te engajkas , y sabes cumplir con 

puntualidad los encargos que te dan : has adiyinado muy bien 

que soy don Luis Pacheco : dame esa carta y vête , que ya coi- 

daré de enyiar la respuesta. Marchôse el page; y cerréndose 

Aurora en su cuarto con su criada y conmigo , abriô la carta, y 

nos ley 6 lo que signe : Acabo de saber vuesira Uegada d Salamanca : 

alegrôme tanto esta noHda , que terni perder eljtùcio. f^AmaU todapia 

d vuestra Isabel? Aseguradle cuanto antes de que no os habeis mu" 

dodo. Uorird de contento si te dais el consuelo de kaberle sida fieL 

En yerdad que el papel es apasionado, dijo Aurora, y 

muestra un aima del todo enamorada. Esta dama es una compe- 

tidora que no debe despreciarse; entes bien juzgo que debo 



LIBRO CUARTO. 195 

haoer todo lo posibte para desprenderia de don Luis , haciendo 
cuanto me seadable para que â no la yuelva à ver. Laempresa 
es algo ardua, lo oonfieso ; mas no desconfio de salir con ella. 
Parôse à pensar sobre este punto , y un momento despues afia- 
diô : Yo me obligo i ver enemistados à los dos en ménos de 
veinte y cuatro horas. Con efécto , habiendo Pacheco descan- 
sado on poco en su cuarto , volviô é buscarnos al nuestro , y 
renoTÔ la con^ersacion con Aurora antes de cenar. Caballero , 
le dijo en tono de zumba, creo que los maridos y los amantes 
no han de celebrar mucho yuestra yenida à Salamanca , y que 
les ha de causar harta inquietud ; yo por lo ménos ya comienzo 
à temer mucho por mis damas* ; Oiga vmd.! le respondiô mi ama 
en el mtsmo tono , su temor no esta mal fundado. Don Felix de 
Mendoza es un poco temible ,. asi os lo prevengo. Ya he estado 
otra Tez en esta ciudad , y se por experiencia que en ella no son 
insensibles las mugeres. i Que prueba tiene ymd. de eUo ? inter- 
mmpîô don Luis conpresteza. Unademostrativa, replicô la hija 
de don Yicente. Habrà un mes que transité por esta ciudad , y 
habîéndome detenido en ella no mas que ocho dias, en este 
li^eve tiempo , os lo digo en toda confianza , se apasionô ciega- 
meRte de mi la hija de un anciano doctor en leyes. * 

Conoci que se habia turbado don Luis al oir estas palabras. 

;Y se podrÀ saber, sin pasar por indiscrete , replicô , el nombre 

de esa seAora? iQué llama vmd. sin pasar por indiscrete? repuso 

el fingido don Felix : ; pues que motive puede haber para Imcer 

de este un misterio ? ^por yentura me teneis per mas GEdlado que 

lo son en este punto los de mi edad? no me hagais esa injusticia. 

Ademas de que , hablando entre los dos , el objeto tampoco es 

digne de tan escrupuloso miramiento , porque al fin solo es una 

pobre particular, y los bombres de distincion no se emplean se- 

riamente en estas gentes de poca suposicion , y aun creen que 

les hacen mucho honor en quitarles el crédite. Diréos , pues , sin 

répare , que la hija del tal doctor se llama Isabel. ^Y el tal 

doctor , intermmpiô impaciente ya Pacheco , se llama acaso et 

sefior Marcos de la Uana? Justamente, respondié mi ama. Lea 

vmd. este papel que acaba de enviarme : per él veri si me 

quiere bien la tal nifia. Pasô les ojos don Luis per el billete, y 

conociendo la letra se quedô confuse. ^Qué veo? prosiguiô en- 

cônces Aurora con admiracien. Parece que se os muda el celer. 

Creo , Dies me lo perdene , que tomai» interes per esa dama. 

i Oh , y cuante me pesa de haber hablado cen tanta franqueza ! 

Antes bien os dey gracias per elle , replicô don Luis en un tone 

mezclade de côlera y despeche. i Ah , pérfida ! | ah , inconstante ! 

iOh , don Felix , y que favor es merezco! He habeis sacade de 

un ^ror en que quizà hubîera estado largo tiempo. Creia que me 

amaba : i que digo amaba? me parecia que me adoraba Isabel. 



196 GIL BLAS. 

Yo miraba con algnn aprecio â esta mnchacha ; pero ahora reo 
que es nna muger digoa de mi mayor deisprecio. Apniebo vnestro 
noble modo de pensar, dijo Aurora , manifestando tiunbien por 
su parte mucha indignacion. La hija de un doctor en leyes de- 
biera tenerse por muy dichosa en que la qnisiese un oabaHerito 
de tanto mérito oomo vos. No puedo disculpar su yeleidad , y lè- 
jos de aeeptar el sacrifido que me hace de vos , quiero castigaria 
despf eciando sus favores. Por lo que â ml toca , dijo Paeheoo , 
juro no Tolverla â Ter en toda mi TÎda , y esta seri mi unica ven- 
ganza» Teneis sobrada razon, respondiô el fingido Mendoza; 
pero con todo , para que conozca mejor el menosprecio con que 
la tratamos , séria yo de parecer que los dos le escrîbieramos se* 
paradamente un papel en que la insultasemos à nuestra satisfiBMS- 
cion. Yo los cerraré , y se los enviaré en respuesta à su carta ; mas 
antes de Uegar à este extremo sera bien que lo consulteis con 
Tuestro corazon , no sea que algun dia os arrepintais de haber 
roto la amistad con Isabel. No , no , interrumpiô don Luis , no 
pienso tener jamas semejante flaqueza, y convengo desde hiego 
en que, por mortificar A esa ingrata , se ponga inmediatamente 
por otoa lo que hemos discurrido. a» 

Sin perder tiempo fui yo mismo â traerles papel y tinta , y uno 
y otro se pusièron é componer dos papeles muy gustosos para la 
hija del doctor Marcos de la Liana. Espedalmente Pacheoo no en- 
contraba voces bastante fuertes que le oontentasen para expresar 
sus sentimientos ; y asi hizo pedazos cinco ô seis billetes , por pu- 
recerle sus expresiones poco enérgicas y poco duras. Al cabo 
compuso uno que le satisfizo , y à la verdad tenia razon para que- 
dar satisfecho , porque estaba ooncebido en estos términos : 
Aprende ya d conocerte, reina trua, y no tengoi la pretuncum de 
créer que yo te anu). Para eMto era meneHer oiro miriio mayor que 
el tuyo. No veo en ti elmenor airactivo que merezca mi aiencion mas 
que por un momento. Solamenie puedes aspirar d lo$ mdenêos que 
te tribuiardn loi hopalandat mas misérables de la umverndad. Es- 
cribiôy pues, esta agradable carta, y cuando Aurora acabô la 
snya , que no era mënos ofensiya , las cerrô entrambas bajo una 
cubierta, y entregàndome el pliego : Toma, Gil Bias, me dijo, y 
haz que Isabel reciba este pliego esta noche. Ya me entiendes , 
afiadiô guiûindome de ojo ; seftal cuyo significado entendi periéo- 
tamente. Si , seikor, le respondi : seré Tmd. servido eomo desea. 

Aesponderle esto , hacerle una cortesia , y salir de casa , todo 
filé uno. Luego que me vi en la calle , me dije i ml mismo : ;Coa- 
que , seAor Gil Bias , parece que se hace prueba de vuestro talento 
y que représentais en esta comedia el importante papel de criado 
confidente ? SI , sefior. Pues, amigo mio , es menester mostrar que 
tienes habilidad para desempefiar un papel que pide tanta. El sefior 
don Felix se contenté con hacerte una sefia : fitee de tu pénétra- 



LIBRO GUARTO. 197 

don. ^Comprendiste bien lo que aquella guifiada qoiso decir ? Si 
por cierto : quisome dar à entender que entregase solamente el 
billete de don Luis. No significaba otra cosa aquella guifiadura. 
No toye en esto la menor duda ; conque didendo y haciendo , 
rompi el sobrescrito , saqué de él la carta de Pacheco , y la Ueyé 
à casa del doctor Marcos , habiéndome antes informado de donde 
TÎTia. Encontre â la puerta al mismo pagecito à quien habîa visto 
en la posada de los caballeros, Hermano, le dije , ^seréîs yos por 
fbrtuna el criado de la hija del seAor doctor Marcos de la Llana? 
Respondiôme que si en tono de mozo experto en estos lances; y 
yo le afiadi : Teneis una fisonomia tan honrada^ y una cara tan de 
amigo de seryir al prôjimo , que me atrevo à suplicaros entregueis 
i Tuestraama estepapelito de cierto caballero conocido suyo. 

l Y quien es ese caballero? me preguntô el pagecillo ; y apénas 
le respondi que era don Luis Pacheco , cuando todo regocijado 
me respondiô : { Ah I si el papel es de ese seûorito , sigueme , 
pues tengo ôrden de mi ama de introducirte en su cuarto , que 
quiere hablarte. Seguile en efecto , y llegnè â una sala , donde muy 
presto se dejô ver la seûora. Quedé admirado de su hermosura , 
tanto que me pareciô no haber visto focciones mas lindas en mi 
TÎda. Tenia un aire tan delicado y anifiado , que parecia ser de 
edad de quince aflos , sin embargo de que habia mas de tremta que 
caminaba por si misma sin necesitar de andadores. Amigo , me 
preguntô con cara risuefla, ;eres criado de don Luis Pacheco? 
Si y seAora, le respondi , très semanas ha que entré A serynr â su 
mercéd ; y didendo esto le entreguè respetuosamente el fatal papel 
que se me habia encargado. Leyôle dos 6 très yeces , con sem- 
blante de dudar de. lo que sus mismos ojos yeian. Gon effecto , 
nada esperaba mënos que semejante respuesta. Alzaba los ojos 
al delo , mordiase les labios , y todos sus indeliberados moyi- 
mientos hacian patente lo que pasaba dentro de su corazon. Vol- 
viése despues hàcia mi y me dijo : Amigo mio : ^ don Luis se ha 
Yuelto loco desde que se ausentô de mi ? No comprendo su modo 
de procéder. IMme, amigo , si lo sabes, ;quë motiyo ha tenido 
para escribirme un papel tan cortesano , tan atento?... ;Qué de- 
monio le tiene poseido? Si quiere romper conmigo, ^no sabria 
hacèrlo sin ultrajarme con una carta tan gr osera? 

Seflora, le respondi afectando un aire lleno de sinceridad^ es 
derto que mi amo no ha tenido razon para eso ; pero en cierta 
manera se yiô en términos de no poder hacer otra cosa. Si me dais 
palabra de guardar el secreto , yo os descubriré todo el misterio. 
Te ofirezco guardarle, me respondiô ella prontamente : no temas 
que te perjudique ; y asi explicate eon toda libertad. Pues , seftora, 
continué yo , he aqui el caso en dos palabras. Un momento des- 
pues que mi amo redbiô yuestro papel entrô en la posada una 
dama tapada con un manto de los mas dobles : preguntô por el 



198 GIL BLAS. 

seAor Pacheco , hablôle A solas , y de alii i algun tiempo , al fin 
de la conversacton le oi decir estas précisas pialabras : Mejttrats 
que nunca la volverm d ver; pero no me contenta con eito. Es me- 
nester que ahora mUmo le etaibau un btllete que yo nûsma quiero 
dictaros. Esto quiero absoUUamente de vo$, Sujetî6se don Luis à todo 
lo qae desealm aquella muger, y entregàndome despues el bi- 
Hete, me dijo : Toma este papel, ayerigua donde viire el doctor 
Marcos de la Liana , y procura con maâa que esta carta se en- 
tregue en propia mano & su hija Isabel. 

De aqui inferiréis , seftora , que la tal carta es hechura de al- 
guna enemiga yuestra , y por consiguiente que mi amo poca 6 
ninguna culpa ha tenido en esta maniobra. ; CHi cielos! exclamé 
ella : pues esto es todavia mas de lo que yo pensaba. Has me 
ofende su infidelidad que las indignas é injuriosas expresiones 
que se atreyiô & escribir su mano. ; Ah » infiel ! ; ha podido con- 
traer otra amistad !... Pero revistiéndose de repente de altivez » 
aâadiô despechada : Abandônese en buen hora libremente à su 
nuevo amor, que yo no pienso impedirlo. Decidle de mi parte 
que no necesitaba insultarme para obligarme à dejar libre el 
campo à mi competidora; y que desprecio demasiado à un 
amante tan yoltario para tener el menor deseo de atraérmele de 
nueyo. Diciendo esto me despidio , y se retiré muy enojada con- 
tra don Luis. 

Yo sali de casa del doctor Marcos de la Liana muy satisfécho 
de mi mismo , conociendo bien que si queria aprrader el oficîo 
de tercero me hallaba con suficientes talentos para salir maestro 
en poco tiempo. Yolyime à nnestra posada ^ donde encontre ce- 
nando juntos à los seûores Mendoza y Pacheco » y en oonyersa- 
cion con tanta confianza como si se hubieran conocido y tratado 
muchos aâos. Conociô Aurora en mi alegre y risuefk) semblante 
que no habia desempeftado mal mi comision. ^ Conque ya estas 
de yuelta, Gil Bias? me dijo en tono festiyo. £a, danos cnenta 
de tu embajada. Tuye para responder que recurrir à mi talento. 
Dije que habia entregado el pliego en mano propia à Isabel , la 
que, despues de haber leido los dos dulcisimos y temisimos pa- 
pelés , prorumpiô en grandes carcajadas como una loca, diciendo : 
Por yida mia que los dos sefk)ritos escriben con bellisimo estilo. 
No se puede negar que nadie es capaz de imitarlo. Eso , dijo mi 
ama , se llama sacar el caballo , é salir del atolladero airosa- 
mente. £n yerdad que la tal seftora mia es una chula de prueba 
y muy diestra. Desconozco enteramente en esta ocasion à doâa 
Isabel y interrumpiô don Luis : la tenia en muy distinto concepto. 
Yotambien, replico Aurora, habia formado otrojuido de ella. 
Es preciso confesar que hay mugeres que saben hacer toda clase 
de papeles. A una de estas amè yo , y en yerdad que se bnrié de 
mi largo tiempo. Gil Bias lo puede decir : parecia la muger mas 



LIBRO CUARTO. 109 

juiciosa y mas honesta que habia en todo el mondo. Asi es , res- 
pond! yo introdaciéndome en la oonversacion ; era capaz de en- 
gadar al mas astuto , y aon à mi mismo me hubiera engaflado. 

Dîéron grandes carcajadas el fingido Mendoza y el yerdadero 
Pacheco cuando me oyéron hablar de esta suerte ; y lèjos de des- 
aprobar el que yo me tomase la libertad de mezclarme en su con- 
Tersacîon , me dirigian é menudo la palabra para divertirse con 
mis respuestas. Proseguimos nuestro razonamiento sobre el arte 
(le fingir, que en supremo grado poseen las mugeres ; y el resul- 
tado de nuestros discursos fiié que Isabel quedé legal y judicial-^ 
mente dedarada por una chnia de profesion. Don Luis protesté de 
naevo que jamas la volveria à ver, y A ejemplo suyo don Felix 
JHTÔ que siempre la miraria con el mas alto desprecio. Acabadas 
estas protestas estrechàron mas su amistad, prometiendo que 
fiinguna cosa tendrian resenrada uno para otro; antes bien que 
todas se las comunicarian reciprocamente. Sobre mesa se detuviè- 
ron un rato , diciendo cosas graciosisimas , y despues se separà- 
ron para irse à dormir cada cual à su cuarto. Yo acompaâë i 
Aurora hasta el suyo, donde di fiel y verdadera cuenta de la couver- 
sadon que habia tenido con la hija del doctor, sin omitir la 
drcunstancia mas menuda. Faltô poco para que me abrazase de 
pura alegrta. Querido Gil Bias , me dijo , tu ingenio y habilidad 
me tîene encantada. Guando nos arrastra una pasion en que es 
precîso recurrir é invenciones y estratagemas , es grau fortuna 
tener un criado tan advertido y tan ingenioso como tu , que tomas 
verdadero interes en nuestros asuntos. Ànimo, pues, amigo 
mio. Nos hemos sacudido de una muger que podia hacernos mal 
tercio. No me descontenta el principio ; pero como los lances de 
amor estàn sujetos i varias revoluciones , soy de parecer que 
cuanto âmes acometamos nuestra ideada empresa , y que desde 
maâana empieze â representar su papel Aurora de Guzman. 
Aprobé d pensamiento , y dejando al sefior don Felix con su 
page , me retiré al euarto donde tenia mi cama. 

CAPITULO VI. 

De que ardides se valiâ Aurora para que la amase don Luis Padieco. 

El primer cuidado de los dos nuevos amigos fuë reunirse al 
dia siguiente , y comenzàron con abrazos , que Aurora se viA 
predsada â dar y recibir por hacer bien el personage de don 
Felix. Fuéron juntos â pasearse por la ciudad , acompafléndoles 
yocon Chilîndron , criado de don Luis. Parémonos à la pnerta de 
la universîdad à leer varios carteles de libros que acababan de 
fijar â la puerta. Habia tambien leyendo otras muchas personas , 



200 GIL BLAS. 

y entre ellas se me hizo reparable un hombrecaUo., que hacia 
critica de las obras que se aanndaban. Observe que le estaban 
oyendo otros con singular atendon, y me persuadi tambieo de 
que el creia m^*eoer que le escudiasea. Pareda vano y hombre 
de tono dedsivo , como lo suele ser la mayor parte de las per- 
sonas diiquHas. Esa nueva traducdon de Haracio, que anunda este 
cartel con letras gordas , decia i los circunstantes, es una olxa 
en prosa, compuesta por un autor viejo del colegio : libro muy 
estimado de los escoUures, que ban agotado de él ya cuatro edi- 
dones , sin que ningun inteligente haya comprado siqui^ra un 
ejemplar. No era mas favorable la critica que hacia de los demas 
libros : todos los motejaba sin caridad : probablemente seria al- 
gun autor. Yo de buena gana le hubiera estado oyendo hasta que 
acabase de hablar; pero me fu6 predso seguir i don Luis y a 
don Felix, que, fiastidiados de aquel hombredUo, y no impor- 
téndoles poco ni macho los libros que criticaba, prosiguîëroa su 
camino alejàndose de cl y de la universidad. 

Llegàmos é la posada é la hora de comer. Sentôse mi ama & la 
mesa con Pacheco , y dtestramente hizo que la oonversacion re- 
cayese sobre su fiunilia. Mi padre , dijo , es un segundo de la 
casa de Hendoza, establedda w Toledo : mi madré ^ hermana 
carnal de dofla Jimena de Guzman , que haoe pocos dias vino à 
Salamanca en seguimiento de derto negodo de importancia, 
trayendo consigo à su sobrina dojka Aurora, hija ùnîca de don 
Vicente de Guzman , à quien quizà habrà vmd. conpddo. No , 
respondiô don Luis ; pero he oido hablar mucho de H , iguahnente 
que de Aurora vuestra prima. Decidme si puedo créer todo lo 
que dicen de esta sefiorita : me han asegurado que es sin igual 
en hermosura y entendimiento. En cuanto â entendimiento, res- 
pondiô don Felix, es cierto que no le felta , y tambien lo es que 
ha procurado cultivarlo; pero en cuanto é hermosura, no creo 
que sea tanta como ponderan, cuando oigo decir que ella y yo 
nos parecemos mucho. Siendo eso asi , replicô prontamente don 
Luis , queda muy acreditada su fama. Yuestras focdones son re- 
gulares, vuestra tez muy delicada, y asi no puede mènos de ser 
linda vuestra prima. Yo tendria mucho gusto en verla y hablar 
con ella. Desde luego me ofrezco à satisfacer vuestra curiosidad , 
repuso el fingido Mendoza; hoy mismo despues de corner irémos 
los dos a casa de mi tia. 

Hudô entônces de conversacion mi ama, y empezéronlos dos é 
hablar de cosas indiferentes. Por la tarde, miéntras se disponian para 
ir é casa de doAa Jimena, me anticipé yo à prévenir é la dueûa que 
se preparase para recibir esta visita. Hecha esta diligencia, me res- 
titui prontamente â la posada para acompaAar à don Felix, quien 
finalmente condujo al seAor don Luis à casa de su tia. Apénas en- 
traron en ella cuando se encontréron con doâa Jimena , que les hizo 



LIBRO CUARTO. 201 

seOa de que metiesen pooo ruido, diciéndoles en vox baja : Paso, 
pasito : no despierten ostedes à mi sobrioa, que desde ayer acà ha 
estado padeciendo una fiiriosa jaqueca , la cual ha poco tiempo 
que la dej6, y habrâ un cuarto de hora que la pobre nifia se re- 
tira é descansar un poco. Siento mucho esa indisposicion, dijo 
Mendoza, aparentando sentimiento, porque esperaba tener el 
gusto de que Tiesemos à mi prima, pues queria hacer este ob- 
seqnio â mi amigo Pacheco. No es eso tan urgente , respondiô la 
Ortiz sonrièndose : pueden ustedes dejarlo para mafiana. DetuTÎé- 
ronseun rato los dos caballeritos con la yieja, y despues de una 
brere conrersacion se retiriron. 

Condujonos don Luis à casa de un amigo suyo, Damado don 
Gabriel de Pedrosa, donde pasémos lo restante del dia; cenàmos 
con 61 , y dos horas despues de media noche yolvimos à la po- 
aada. Habriamos andado como la mitad del camino cuando tro- 
pezémos con dos hombres que estaban tendidos en medio de la 
calle. Creimos que serian algunos infélices recien asesinados , y 
nos parémos à socorrerlos , en caso de llegar â tiempo nuestro 
socorro. Mièntras nos estabamos informando del estado en que 
se hallaban , cuanto lo podia permitir la oscuridad de la noche, 
he aqui que Uega una ronda. £1 cabo nos tuyo por asesinos , y 
dié ôrden é sus gentes de que nos cercasen ; pero mudô de opi- 
nion , haciendo mejor juicio luego que nos oyô hablar , y mucbo 
mas cuando â la luz de una linterna sorda deseubriô las nobles 
faociones de Mendoza y de Pacheco. Mandé à los alguaciles que 
exanunasen y reconociesen aquellos dos hombres que nosotros 
creiamos asesinados, y hallàron ser un Ucenciado gordo y su 
criado priyados enteramente de yina, à mas bien borrachos 
muertos. Seûores , exclama un ministril , conozco muy bien é este 
gran bd)edor : es el seAor licenciado Guiomar ,. rector de nuestra 
universidad. Aqui donde ustedes le yen es un grande hombre, 
un tjdento extraordinario. No hay filôsofo à quien no confîmda 
en un argumento : tiene una fecundia sin igual. Làstima es que sea 
tan inclinado al yino , à pleitos y â mugeres. Ahora yendrà de 
cenar con su IsabeliUa , en donde por desgracia èl y el que le guia 
se habràn emborrachado , y ambos han caido en el arroyo. Antes 
que el buen licenciado fuese rector le sucedia esto con bastante 
frecuencia; los honores, como ustedes yen, no siempre mudan 
las costumbres. Nosotros dejàmos à los dos borrachos en manos 
de la ronda , que cuidô de lleyarlos à su casa , y nos fuimos i la 
nuestra , donde cada uno tratô de irse à dormir. 

Don Felix y don Luis se leyantàron al dia siguiente à eso del 
medio dia , y , yueltos à reunir , su primera conyersacion fué de 
dofia Aurora de Guzman. Gil Bias , me dijo mi ama , yé à casa 
demi tia dofia Jimena , y pregùniale de mi parte si el sefior Pa- 
checo y yo podemos ir hoy à \er à mi prima. Parti al punto i 



a02 GIL BLAS. 

desempeihar mi comision , ô por mejor decir à qoedar de acaerdo 
con la duefia sobre el modo con que nos habiamos de gobernar ; 
y despues que tomAmos nuestras medidaspuntuales , Tolvi con la 
respuesta al fingido Mendoza , y le dije : Yuestra prima Aurora 
esta may buena; ella misma me ha cncargado os asegure que 
yuestra visita le ser del mayor agrado; y dofia Jimena me enco- 
mendô afirmase al sefior Pacheco que siempre sera muy bien re- 
cibido en su casa por yuestra recomendacion. 

Conoci que estas ultimas palabras habian gustado mucho à don 
Luis. Tambien lo conociô mi ama , y desde luego arguyô de eQo 
un dicboso presagio. Poco antes de comer yino à la posada ei 
criado de dofia Jimena , y dijo & don Felix : Sefior , un hombre 
de Toledo fué à preguntar por su merced en casa de su seûora 
tia, y dej6 en elh este billete. Abriôle el fingido Mendoza , y 
leyô en él estas clâusulas en yoz que las pudiesen oir todos : Si 
quereiM saber de vuestro padre, con otras noticioâ de consecuencia ^ 
que os importan mucho, leido este, venid prontamente al meson del 
CabaUo Negro , cerca de la universidad. Tengo grandes deseos de 
saber cuanto antes estas noticias que tanto me interesan para no 
satisfecer mi curiosidad al momento : hasta luego, Pacheco, 
continué ; si no yolyiere dentro de dos horas , podeis ir yos solo 
à casa de mi tia , adonde concurrirë yo tambien despues de corner. 
Ya sabeis el recado que os diô Gil Bias de parte de «dofia Jimena : 
en yirtud de él podeis con franqueza hacer esta yisita. Biciendo 
esto saliô de casa mandândome le siguiese. 

Yase déjà discurrir que , en yez de tomar el camino del meson 
del CabaUo Negro, nos fiiimos derechitos à casa de la Qrtîz , y 
nos dispusimos al enredo. Quitôse Aurora sus postizos cabellos 
rubios y lavôse y estregôse muy bien las cejas ; yistiôse demuger, 
y quedô como naturalmente era, una triguena hermosa. Puede 
decirse que el disfraz la transformaba de mènera, que doua Au- 
rora y don Felix parecian dos personas diferentes; y aun en 
trage de muger parecia mas alta que yestida de hombre : bien es 
yerdad que los grandes tacoues aumentaban la estatura. Luego 
que à su hermosura aâadiô los demas auxilios que el arte podia 
prestarle, esperô à don Luis, con una agitacion mezcladaderezelo 
y de esperanza. Unas yeces confiaba en su talento y en su her- 
mosura^ y otras temia que le saliese mal aquella tentativa. La 
Ortiz se dispuso por su parte lo mejor que pudo para ayudar à sa 
ama. Por lo que hace à mi , como no convcnia que Pacheco me 
yiese en aquella casa , y como , é semejanza de aquellos actores 
que solo aparecen en el teatro cuando esta para conduirse la 
comedia, no debia parecer en ella hasta el fin de ta yisita, sali 
asi que acabé de comer. 

En fin , todo estaba ya prevenido cuando Uegô don Luis. Re- 
cibiôle dofla Jimena con el mayor agrado , y tuyo con Aurora 



LIBRO CUARTO. 203 

una conversacion qoe durô de dos é très horas. Al cabo de 
eDas entré yo en la sala donde estaban , y dirigiëndoma à don 
Lais , le dije : Caballero , mi amo don Felix suplica à vmd. se 
sirva perdonarle si hoy no puede Tenir, porque esta con très 
hombres de Toledo , de quienes no puede desembarazarse. ; Ab, 
iibeitÎBîUo ! exclamé doua Jimena , sin duda estarà de jarana. No, 
seûora , répliqué yo prontamente , esté en realidad con aquellos 
hombres , tratando de negocios muy serios : es cierto que le ha 
causado grandisimodisgusto elno poder venir aqui , y me ha en- 
cargado deciroslo igualmente que à doua Aurora. ; Oh ! yo no 
admito sus disculpas , repuso mi ama chanceéndose. Sabiendo 
que be estado indispuesta debia mostrar mas atencion con las 
personas que le son tan allegadas. En castigo de esta falta no 
quiero yerle en dos semanas. j Ah , seAora ! dijo entônces don 
Luis, no tomeis tan cruel resolucion. Sôbrale é don Felix por 
castigo el no haberos visto hoy. 

Despaes de haberse chanceado algun tiempo sobre el mismo 
asonto , se retiré Pacheco. La bella Aurora mudô inmediatamente 
de trage , y volviôse à poner su vestido de caballero. Trasiadôse 
é la posada lo mas breye que le fiié posible , y apënas entré dijo 
à don Lois : Perdonadme , amigo , si no pude ir à buscaros é 
casa de mi tia ; hallëme con unas gentes tan pesadas que no pude , 
por mas que hice, desenredarme de ellas. Lo ùnico que me 
consaela es que à lo mënos habeis tenido lugar para satisfacer 
Tuestra curiosidad y yuestros deseos. Y bien , i que os ha pare- 
cido mi prima ? decidmelo ingenuamente. 4 Que me ha de pare- 
cer? respondiô Pacheco; me ha hechizado. Teneis razon en de- 
cir que los dos sois muy parecidos. En mi vida he visto focciones 
mas semejantes. El mismo aire de cara , los mismos ojos , la 
misma boca , y hasta el mismo eco de voz. No hay mas dite- 
rencia entre los dos sino que vuestra prima es algo mas alta; es 
triguefta y vos rubio; sois festivo y ella séria. Eso ùnicamente 
os diferencia uno de otro. En cuanto à entendimiento , continué , 
no cabe mas. En una palabra , es una dama de mërito extremado. 
Pronunciô Pacheco tan fuera de si estas ultimas palabras , que 
don Felix le dijo sonriëndose : Pësame, amigo, de haberos pro- 
porcionado este conocimiento con doua Jimena; y si quereis 
creerme no volvais mas à su casa ; os lo aconsejo por vuestra 
qoietud. Dofia Aurora de Guzman podria insensiblemente qui- 
taros el sosiego ë inspiraros^una pasion... No necesito voherla & 
ver , înterrumpiô don Luis , para estar ya ciegamente prendado 
de ella. El mal , si lo hay, e^tâ hecho. Tanto peor para vos , 
replied el fingîdo Mendoza; porque >vos no sois hombre de con- 
teotaros con una sola , y mi prima no es doua Isabel. Os ha- 
blo daro como amigo : no es muger capaz de sufrir amante 
ino que no vaya por el camino real, ipor el camino real? re- 



a04 GIL BLAS. 

pitiô don Luis : i y paede irse por otro hActa una sefloiita de sa i 
lidad? Es agraTÎanne el creerme capaz de mirarla con ojos pro— 
fenos. Gonocedme mejor^ mi querido Hendoza. ] Ah! yo me tendrn 
por el mas dichoso de todos los hombres si aprobara mi solici- 
tod y quisiera unir su suerte con la mia. | Oh , don Luis 1 re— 
puso don Felix , supuesto que pensais de ese modo, desde este 
instante me tendra de su parte vuestro amor, y desde Inego os 
ofrezco mis buenos ofidos con Aurora. Hafiana mismo darë 
prindpio i ellos , procurando ganar à mi tia , que tiene macho 
ascendiente sobre mi prima. 

Pacheco di6 mil gracias ai caballero que le hacia una ofenat 
tan apreciable ; y mi ama y yo yimos con gusto que no podia din- 
girse mejor nuestra estratagema. El dia siguiente afiadlmos al- 
gunos grados mas al amor de don Luis con otra inyendon. Paso 
Aurora à su cnarto despues de suponer que habia ido & hablar 
con dofia Jimena como para interesarla en su iayor, y le dija 
asi : Hablè à mi tia , y no me costô poco reducirla i que fiaiyo- 
reciese yuestros deseos. Hallèla foertemente preocupada contra 
y OS: yo no s6 quien le habia metido en la âj>eza que erais un 
lîbertino : lo cierto es que alguno le ha dado una idea poco 
fayorable de yuestras costumbres. Por fortuna tome yuestro 
partido con tal teson, que logré por ultimo desimpresionaria de 
todo. No obstante y prosiguiô Aurora» é mayor abundamiento 
quiero que los dos solos tengamos una conferenda con mi Ua, 
para asegurarnos mas de su feyor y de su a^oyo. Manifesto Pa- 
checo una grande impaciencia por hablar cuanto intes con doua 
Jimena , y don Felix procurô que lograse esta satisfiaocion la 
maflana del dia siguiente bastante temprano. Gondujole él mismo 
à la seûora Ortiz , y los très tuyièron una conyersacion , en la 
cual diô muy bien don Luis à conocer el mucho terreno que d 
amor habia ganado en su corazon en tan breye tiempo. Fingiése 
la sagaz Jimena muy pagada de la tiema aficion que mostraba 
à su sobrina , y le olFireciô hacer cuanto estuyiese de su parte 
para persuadirla à que le dièse su mano. Arrojôse Pacheco é 
los pies de tan buena tia , y le rindiô mil gracias. A este tiempo 
preguntô don Felix si su prima se habia leyantado. No, res- 
pondiô la duefia , today ia esta durmiendo, y por ahora no 
se la podrà yer ; pero yuelvan ustedes esta tarde , y le habia- 
rén cuanto qaieran ; respuesta que, como se puede créer , acre- 
centô en gran manera la alegria de don Luis , â quien se le hizo 
eterno el resto de aquella maâana. Restituyése, pues , é su po- 
sada en compafiia del fingido Mendoza, quien tenia la mayor 
complacencia en obseryar todos sus moyimientos, y en descubrir 
en ellos todas las seâales de un amor yerdadero. 

Toda la conyersacion fuë acerca de Aurora. Acabada la oo- 
mîda dijo don Felix à Pacheco : Ahora mismo me ha ocnrrido 



LEBRO CUARTO. 205 

on pensamiento. Me parece que podrâ ser may del cago el qae 
TO me adelaate an poco à casa de mi tia para hablar à solas à 
mi prima , y ayeriguar ^ si paedo , el estado de su corazon en 
ôrden é vuestra persona. Aprobô don Luis esta idea, dejô salir 
primero à su amigo , y èl le siguiô una hora despues. Mi ama 
sopo aproyechar el tiempo, de manera que cuando llegô su 
imante ya estaba yestida de muger. Despues de haber saludado 
à doua Aurora y à su tia , dijo don Luis : Yo crei encontrar aqui 
à don Felix. Esta escribiendo en mi gabinete , respondiô dofia Ji- 
mena, y presto saldrà. Quedô satisfecho don Luis con esta res- 
paesta , y «mpezô à entablar conversacion oon las dos. Sin em- 
bargo , à pesar de la presencia del objeto amado , noté que las 
horas pasaban sin que Mendoza saliese ; y no pudo ya don Luis 
disimular mas su extrafteza. Aurora mud6 de repente de tono , 
echôse é reir , y le dijo : ;£s posible , seftor don Luis , que no 
bayais aun sospechado la inocente burla que os estamos ba- 
cirâdo? Pues que, ^unos cabellos rubios, pero postizos, y dos 
cejastelïidaSy me desfiguran tanto que os bayais dejado enga- 
fiar hasta este punto? DesengaAaos, caballero , prosiguiô , vol- 
Tiendo à sa natural seriedad , acabad de conocer que don Felix 
de Hendoza y dofta Aurora de Guzman son una misma persona. 
No se contenté con sacarle de su error , sino que le confesô 
(ambien la flaqueza de su pasion , y todos los pasos que esta 
misma le habia sugerido para redadrle al estado en que la veia. 
No quedô el tierno amante mènos encantado que sorprendido de 
io que oia y veia: ecbôse â los pies de mi ama , y lleno de gozo 
le dijo: ; Ah beOa Aurora! ^puedo créer con efecto que yo 
>0f el hombre dichoso que ha merecido à tu bondad tan finas 
demostradones? ;Qué puedo hacer para agradecerlas? un amor 
eterno no séria sufidente para pagarlas* A estas palabras se si- 
guiéroQ otras mil halagûefias expresiones, despues de lo cual los 
dos amantes habliron de las medidas que debian tomar para lle- 
W d complimiento de sus deseos. Resolviôse que todos par- 
tiesemos inmediatamente à Madrid, donde se desenlazaria nuestra 
^media por medio de un casamiento. Asi se ejecutô, y al cabo 
^ qaince dias se casô don Luis con mi ama , celebràndose la 
l^a con ostentacion y un sinnùmero de diversiones. 

CAPITULO VU. 

MudaGil Bias de acomodo, pasando â senrir â don Gonzalo Pacheco. 

Très semanas despues de este casamiento » queriendo mi ama 
'^mpensar mis buenos seryicios , me regalô cien doblones , y 
®e djjo : Gil Bias, yo no te despido de mi casa, puedes mante- 



206 GIL BLAS. 

nerte en ella todo el tiempo que quisieres ; pero sibete que don 
Gonzalo Pacheco, tio de mi marido , desea mucho seas sa ayada 
de cémara. Le he hablado tan bien de ti , que me ha pedido te 
persuada i que vayas à serTirle. Es un seflor ya de dias , pero 
de bellisimo genio , y estoy cierta de que te iré muy bien 
con èl. 

Di mil gracias à Aurora por sos favores ; y como ya no ne- 
cesitaba de ml acepté con tanto mas gusto el partido que me 
proporcionaba , cuanto que yo no saiia de entre la fiamilia. Fui , 
pues , una mafiana de parte de la recien casada é casa del seftor 
don Gonzalo , que todavia estaba en la cama , aunque era cerca 
de medio dia. Entré en su cuarto , y le halle tomando un caldo 
que acababa de traerle un page. Tenia el buen viejo los bigotes 
envueltos en nnos papelillos, ojos hundidos y casi amortiguados, 
un rostro descarnado y macilento. Era de aquellos solterones 
que f habiendo sido muy libertines en la mocedad , no son mas 
contenidos en la yejez. Kecibiôme con agrado , y me dijo que, si 
le queria servir cou el mismo zelo con que habia servido â su 
sobrina , podia contar con que me haria feliz. Qfrecile emplear 
igual esmero en cumplir con mi obligacion en su casa que en la 
de su sobrina , y deside aquel momento me recibiô en su servi- 
dumbre. 

Heme aqui , pues, con un nuevo amo , el cual sabe Dtos que 
hombre era. Cuando se levantô crel estar viendo la resurrec- 
cion de Làzaro. Figurese el lector un cuerpo alto y tan seco que, 
si se le yiese en cueros , séria à propôsito para aprender la os- 
teologia : las piernas eran tan chupadas que , aun despues de 
très 6 cuatro pares de médias que se puso , me parecian delga- 
disimas. Ademas de eso esta momia viviente era asmàtica, aoom- 
paûando con una tos cada palabra. Luego tomô chocolate ; y 
mandando despues que le trajesen papel y tinta , escribiô un 
billete que cerrô y entregô al page que le habia servido el caldo, 
para que le Uevasc é su destine. Apènas partiô este , cuando , 
volviëndose à mi, me dijo: Amigo Gil Bias, de aqui adelante 
pienso que seas tù confidente de mis encargos , parUcularmente 
los respectives à defka Eufrasia, que es una jôven à quien amo , 
y de quien sey tiernamente correspondido. 

;Santo Dies ! dije prontamente para mi capote, ; y como podrén 
los mozos dejar de créer que los aman cuando este viejo cho- 
cho esté persuadido de que le idolatran? Hoy mismo , prosi- 
guiô ël , iras conmigo à casa de esta senora , porque casi to- 
das las noches ceno con ella. Te quedarés admirado de ver so 
modestia y compostura. Muy lèjos de imitar à aquellas loqnillas 
que se pagan de la juventnd y se prendan de las apariencias, es 
ya de un entendimiento claro y de un juicio maduro : no busca 
en los hombres sine el buen modo de pensar , y prefiere é la 



LIBRO CUARTO. 207 

belleza del rostro una persona cpe sepa amar. No limité é solo 
esto el sefior don Gonzalo el elogio de su dama , sino qae se 
empeAô en persuadirme que era un compendio de todas las per- 
iecdones; pero encontre con un oyente dificil en dejarse con* 
Tencer sobre este punto. Despues de haber cursado en la escuela 
de las comediantas , y sido testigo ocular de todas sus manio- 
bras , nunca crei que los viejos fuesen muy afortunados en amor. 
Sin embargo , fingi , por complacerle ùnicamente, que le creia , 
y aun hice mas, pues no solo alabé la discrecion y el buen gusto 
de dofta Eufirasia , sino que me adelantè à decir que tampoco 
ella podria encontrar otro sugeto mas amable. £1 buen hombre 
no conociô que yo le lisonjeaba ; entes por el contrario tomô 
por Terdadera mi alabanza. Tanta verdad es que nada se ar- 
riesga en adular â los grandes , pues admiten con gusto aun las 
iisonjas mas desmedidas. 

D^ues de esta conyersacion comenzô el yiejo â arrancarse 
con anas pinzas algnnos pelos blancos de la barba : se lavô los 
ojos que estaban llenos de lagaftas : lo mismo hizo con los oi* 
dos , manos y cara ; y concluidas sus abluciones , se tîAô de ne- 
gro el bigote , las cejas y el pelo, gastando en el tocador mas 
tiempo que emplea una viuda vieja empefiada en desmentir el 
«strago de los afios. No bien habia acabado de vestirse y cuando 
entré en su cuarto el conde de Azumar, amigo suyo, y tan 
Tiejo como èl , pero muy diférente en todo lo demas. Este traia 
SOS Tenerables canas descubiertas , se apoyaba en un baston, y 
en vez de querer parecer jôven mostraba hacer alarde de su ancîa- 
nidad. Âmigo Pacheco, dijo luego que entré, vengo à comer 
contigo. Bien Tenido, conde, le respondié mi amo, y al mismo 
tiempo se abrazàron, y pusiéron à hablar miéntras se hacia hora 
de sentarse A la mesa. Al principio fué la conyersacion sobre una 
corrida de toros que pocos dias ànt^s se habia celebrado, yha- 
Uéron de los picadores que habian mostrado mayor destreza y 
valor. Sobre esto el viejo conde , à manera de aquel otro Nes- 
tor, é quien todas las cosas présentes le Servian de ocasion para 
alabar las pasadas, dijo suspirando: Ya no se hallan boy los bom- 
'ffes que se velan en otros tiempos. Ni los toros , ni los tor- 
neos se hacen con aquella magnificencia con que se hacian en 
ïïnesira mocedad. 

Yo me rcia interiormente de laridicula preocupadon del sefior 
^ïide de Azumar, el cual no se contenté con aplicarla ùnicamente 
^ los toros y à los torneos , pues cuando se siryié la fruta en la 
ïïiesa dijo , mirando unos excelentes melocotones que se habian 
poesto en ella : En mi tiempo eran mucho mayores los melocoto- 
■^ delo que son ahora: la naturaleza se débilita cada dia. Segun 
^9 dije yo enténces para ml sonrièndome , los melocotones en 
tiempo de Adan debian ser de énorme tamaflo. 



208 GIL BLAS. 

DetuYOfie el oonde de Azamar con don Gonzalo hasta cerca de la 
nocfae. Luego que este se desembarazô de él saliô de casa» dicién- 
dome le acompafiase , y foimos derechos à la de Eufrasia , dis- 
tante como cien pasos de la noestra. Encontrimosia en un cuarto 
alhajado con primor. Estaba yestidacon gusto^ y mostraba un as- 
pecto de tan florida juventud , que casi parecia una niAa, sîn em- 
bargo de que ya llegaba por lo ménos à los treinta. Podia pasar 
por linda , y desde luego admiré su talento. No era de aquellas 
cortesanas que brillan por su locuacidad , por su desembsffazo y 
por su desenvoltura. Tanto en sus acciones como en sus palabras 
sobresalia en ella el juicio , la modestia y la penetracion. Sin afec- 
tar ingenio » se echaba de rer en todo lo que decia. Gonsideréla 
yo cou no poca admiracion » y dije: ; Oh cielos ! ;es posible que 
pueda ser disoluta una muger al parecer tan modesta? Y es que 
vivia yo persuadido de que necesariamente habia de ser desen- 
Tuelta toda dama cortesana. Admirâbame aquel aparente recato , 
sin hacerme cargo de que las taies nin&s saben acomodarse â 
todos los genios , conformindose al carécter de los ricos y seflo* 
res que ca^n en sus manos. Si gustan unos de yiveza y atolondra- 
miento , con estos serân intrépidas y casi locas: si agrada â otros 
el sosiego y compostura , siempre las encontrarén con un exterior 
tranquilo , honesto y virtuoso. Yerdaderos camaleones , mudan 
de color segun el genio y humor de las personas que las visiran. 

No era don Gonzalo del gusto de aquellos caballerosque se pa- 
gan de hermosuras desenvueltas , intes se le hacian insufribles ; 
y para que le agradase una muger era menester que tuyiese cier- 
to aire de modestia. Asi Eufrasia , gobernéndose por esta idea» 
hacia ver que habia mas comediantas que las que representan en 
los teatros. Dejé à mi amo cou su ninfa , y pasé i una sala , donde 
me encontre oon una ama de gobierno yieja » que yo habia oono- 
cido cuando era criada de una comedianta. Ella tambien me co- 
nociô inmediatamente , y representémos una escena de reconoci- 
miento digna de una comedia. ^ Aqui estas » amtgo Gil Bias? me 
dijo Hena de alegria. Segun eso has salido de casa de Arsenia co- 
mo yo de la de Gonstanza. Asi es» respondi yo : mucho tiempo ha 
que la dejé , y despues entrée seryir à una seûora de distincion» 
porque la yida de la gente de teatro no me aoomodaba. Yo mismo 
me despedi » sin dignarme decir à Arsenia ni una palabra. Htciste 
muy bien , me respondiô la yieja , que se llamaba Beatriz ; y poco 
mas 6 ménos lo hice yo con Gonstanza. Una mafkana le di mi 
cuenta luego que me levante : ella me la recibiô sin decirme nada , 
y de esta manera nos despedimos» como dicen, à la francesa. 

Hucho celebro , repuse yo , que tù y yo nos hallemos en casa 
mas honorifica. Dofta Eufrasia me parece seAora de distincion , 
y la creo de muy buen carécter. No te engafias en eso » respondià 
Beatriz. Mi ama es una muger bien nacida » como lo manifiesian 



LDRO CUARTO. 209 

SOS 0iodale8; y por lo que loca al geido seri difkal hallar otra 
mas sosegada ni mas apacible. No es de aqaellas amas altiyas y 
dîficfles de contentaic» que nada les gnsta , que en todo encuen- 
tran que decir , gritan sin oesar , mortifican é todos los criados , 
y es un infierno el serrirlas. Hasta ahora no le he oido reflir 
siquiera una yez : tan amiga es de la paz. Cuando hago alguna 
Gosa que no le gusta , me lo reprende sin enfodo , y sin prorum* 
pir en aquellos dicterios de que tanto usan las mugeres soberbias. 
Tambien mi amo , répliqué yo , es un seûor muy aiable : se fiunt- 
liariza conmigo, y me trata como à un igual mas bien que como 
à un lariado : en un palabra , es el caballero mejor del mundo : en 
coanto à esto , tos y yo estamos mejor que cuando estabamos 
con las comediantas. Mil yeces idejor » repuso Beatrix. Yo lleyo 
ahora una yida muy retirada , sîendo asi que la de entônces era 
tan bolliciosa. En nuestra casa no entra mas hombre que el seftor 
don Gonzalo ; y en mi soledad tampoco yeré yo â otro que à ti , 
de lo que me alegro mocho. Tiempo ha que te miraba con buenos 
ojos , y mas de una yez tuye enyidia é Laura porque eras tan 
amigo snyo. Pero en fin , no desconfio de ser tan dichosa como 
ella ; pues aunque no tenga su juyentud ni su hermosura , en ré- 
compensa detesto la yolubilidad , cuya prenda ningun hombre 
puede remunerar suficientemente : en punto â fidelidad soy una 
tortoIiUa. ^ 

Como la buena Beatriz era una de las muchas que se yen obli- 
gadas à brindar con sus fayores , porque sin eso ninguno los 
pretenderia , no tuye la menor tentacion de aproyecharme de su 
generosidad : pero tampoco me pareciô cony eniente hablar de ma- 
nera que pudiese rezelar que la despreciaba; entes bien tuye la 
adyotencia de hablarle en tërminos que no perdiese la esperanza 
de reducirme é corresponderle. Yo me imagînaba haber conquis- 
tado i una criada yieja ; pero tambien me engafié miserablemente 
en esta ocasion. Galanteébame ella , no solo por mi linda cara , 
sino para granjearme i feyor de los intereses de su ama , à quien 
tenia tanto amor , que ningun medio perdonaba cuando se tra- 
taba de complacerla y seryirla. Reconoci mi error la mafiana si- 
gniente ^ en que fui à entregar à dofla Eufrasia un billete amoroso 
de mi amo. Redbiôme con agrado , y me dijo mil cosas carijlo- 
sas ; y la criada diô tambien su pincelada en mi elogio. Una admi- 
raba mi fisonomia , otra hallaba en ml cierto aire de moderadon 
y de prudenda. Al oir à las dos , mi amo poseia un tesoro en mi 
persona. En una palabra , me alabàron tanto que desconfië de 
sus elogios. Desde luego pénétré el fin de ellos ; pero los oia con 
una aparente simplicidad , con cuyo artifido engaûé à aquellas 
bribonas , que al cabo se quitàron la mascariOa. 

Escndui , Gil Bias , me dqo dofta Eufirasia : en ti consiste hacer 
tufortuna: proeedamos todos de acaerdo, amigo mio. Don Gont^ 

' 14 



210 GIL BLAS. 

zalo es Tiejo, su salud moy delicadâ; una caleatariBa ayudada 
de on buen medico basta para echarle A la sepuluva. Apro?e- 
chèmonos bien de los pooos momentos que le restan , y goberaé- 
monos de modo que me deje A mi la mayor parte de sus bienes. 
A ti te toearâ una buena pordon , asi te lo prometo , y paedes 
ootttar con mi palabra como con una escritora otorgada ante todos 
los escribanos de Madrid. Se&ora , le respond! , disponga ymd. 
à su arbitrio de este su ''fiel serVidor ; solamente le suplioo me 
diga lo que debo hacer , y lo demas dëjelo de mi cuenta, que 
espero se darâ por bien servida. Pues ahora bien , rqraso eUa , 
lo que has de haoer es observar cnidadosa y diligentemente i tu 
amo , y darme razon puntual de todos sus pasos. Cuando baUes 
con él procura cou arte introdudr la oonversadon sobre las mu- 
geres y toma de aqui ocasion para cou destreza y mafia dedrle 
mucho bien de mi. Tu mayor estudio ha de sor el tenerle siempre 
ocnpado de su Eufrasia en cuanto te sea posible. Espia con saga- 
cidad si algun pariente suyo le hace la corte oon la mira à su he- 
renda , y avisame sin perder un instante, que yo los ediaré a 
pique. No te pido mas. Tengo muy conocidos los diferentes génies 
de la parentela de tu amo : s6 el modo de hacerlos ridknios à los 
ojos de este , y ya he desconceptuado en su énimo i sus prmos 
y sobrinos. 

For esta instruccion , y por otras que afiadiô Eufrasia , conoci 
que era nna de aquellas mugeres que solo se dedican i compla- 
cer à yiejos generosos. Pocos dias antra habia obligado & don 
Gonzalo & vender una posesion , cuyo precio le re^ô. Todos 
los dias le chupaba algo , y ademas de eso esperaba que no la 
olvidaria en su testamento. Mostrème muy deseoso de hacer to- 
do lo quemepedia; mas por no disimular nada, oonfieso que, 
cuando volvia à casa , iba muy dudoso sobre si contribuiria à 
engafiar à mi amo , ô A apartarle de su querida. Este Altimo par- 
tido me parecia mas honrado que el otro , y me sentia mas in- 
dinado à cumplir con mi obligacion que à foltar à elia. Conside- 
raba por otra parte que en suma nada de positive me habia 
ofreddo Eufrasia, y quizà por esto mas que por otro motivo no 
pndo corromper mi fidelidad. Resolvi , pues , servir con zelo à 
don Gonzalo , persuadido de que , si l<>graba arrancarle del lado 
de su idolo , séria mejor recompensado por una acdon buena , 
que por las malas que yo pudiera hacer. 

Para conseguir mejor el fin qne me habia propuesto , fingi 
dedicarme enteramente à servir à dofia Eufrasia. Hicele créer que 
oontinuamente estaba hablando de ella A mi amo , y sobre este 
supuesto le embocaba mil patraias, que la pobre creia como 
otros tantos evangelios : artifido con el cual me interné tanto en 
su confianza ,1 que me contaba por el mas degamente empefiado 
en promover «us intereses. A mayor àbundamioito a|iarenté cam- 



LIBRO CUARTO. 211 

bien estar enamorado de Beatriz , la cual estaba tan ufiuia de la 
conquista de un mozo , que no se le daba un pito de que la en- 
gafiase, con tal que la engaflase bien. Cuando mi amo y yo esta- 
bamos con nuestras dos reinas , representabamos dos cuadros 
diferentes; pero ambos por el mismo estilo. Don Gonzalo seco. 
y amariDo , como ya le he retratado , parecia un moribundo en 
la agonia cuando miraba â su Filis con ojos lénguidos y amoro- 
SOS. Hi Nise , siempre que yo la miraba apasionado , remedaba 
los melindres y acciones de una nifla, poniendo en movimiento 
todos los registros de una truhana yieja y bien amaestrada. Co- 
nociase que habia cursado estas escuelas por lo ménos unos bue- 
nos cuarenta aûos. Habiase refinado en servicio de una de aquellas 
heroinas del partido , que saben el secreto de hacerse amar ha»* 
la la Tcjez , y mueren cargadas de los despojos de dos 6 très 
generaciones. 

No me bastsdMi ya el ir con mi amo todos los dias à casa de 
Eofrasia : muchas veces iba solo , particularmente de dia ; y à 
œalquiera hora que fuese , nunca encontraba en ella é hombre, 
ni ménos é muger alguna que me diese mains sospechas , 6 modo 
de descttbrir en Eufrasia el menor indicio de infidelidad. Esto 
me eansaba no poca admiracion, porque no acertaba à compren- 
der como pudiese ser tan escrupulosamente fid é don Gonzalo 
una muger jÔTcn y hermosa. 

Pero en esta admiracion no habia juicio alguno temerario ^ pues 
la bella Eufrasia , como pronto yerémos , para hacer mas tole- 
rable el tiempo que tardaba en heredar à don Gonzalo , se habia 
proTtsto de un amante mas proporcionado â sus afios. 

Cierta maûana muy temprano fui à entregar un billete é la 
tal nïAa de parte de mi amo, segun la costumbre diaria. Hizome 
entrar en su cuarto , y divisé en él los pies de un hombre que 
estaba esoondido detras de un tapiz. No di la mas minima seilal 
de que le veia; y asi que desempefté mi encargo, me sali sin 
dar â entender hubiese notado cosa alguna ; pero aunque no 
debia sorprenderme este objeto , y mas cuando en nada me 
peijudîcaba à mi, no dej6 con todo de inquietarme mucho. | Ah 
malvada I decia yo con enfedo. ] Ah traidora Eufrasia ! No te 
<x>ntentas con engaûar i un buen viejo, haciéndole créer que le 
amas, sino que te entregas é otro amante para hacer mas abo- 
minable tu yillana traicion. Pero, bien mirado, era yo muy necio 
en discurrir de esta suerte. Antes debia reirme de aquella aven- 
tura, y mîrarla comounacompensaciondelfastidioy de los nuilos 
rates que Eufrasia sufrïa con el trato de mi amo. A lo ménos hubiera 
hechomejorenno hablar palabra, que en valerme de esta oca- 
sion para acreditarme de buen criado. Pero en vezde moderar mi 
zelo abrazé con mayor calor los intereses de don Gonzalo, y le hice 
pantual rdadon de lo que habia visto ; afladiendo que dbfia 



S12 GIL BLAS. 

Eufirasia habia solicitado corromper mi fidelidad» y en praeba deello 
no le ocultë nada de k> que me habia dicho; de manera qae estavo 
en sa mano el conocimiento del verdadero caràcter de su ena- 
morada. Hizome mil preguntas, como dadando de lo que deda ; 
pero mis respuestas fuéron tales , que le quitéron la satisfoccion 
de poder dudarlo. Quedô atônito y asombrado de lo que habia 
oido ; y sin que le sirviese en este lance su ordinaria serenidad, 
se asomô à su semblante un repentino impetu de côlera , que 
podia parecer presagio de que Eufrasia pagaria su infidelidad. 
Basta 9 Gil Bias , me dijo : estoy sumamente agradecido al zdo 
y amor que me muestras ; me agrada infinito tu honrada leal- 
tad. Ahora mismo yoy à casa de Eufrasia à Henarla de recon- 
venciones y é romper para siempre la amistad con esta mgrata. 
Diciendo, esto saliô efectivamente, y se f ué en derechura i su 
casa, no queriendo que le acompafiase yo , por librarme de la 
mala figura que habia de hacer si me hidlase présente à la are- 
riguacion de aquellos hechos. 

Miëntras tanto quedé esperando con la mayor impacienda que 
Yolyiese mi amo. No dud£d)a que , à vista de tan poderosos mo- 
tifos para quejarse de su ninfo, volveria desviado de sus atrac- 
tivos, ô cuando ménos resuelto à una eterna separacion. Con 
este alegre pensamiento me daba i mi mismo el parabien de mi 
obra; me representaba el placer que tendrian los herederos le- 
gitimos de don Gonzalo cuando supiesen que su pariente ya no 
era juguete de una pasion tan contraria é sus intereses; me fign- 
raba que todos se me confèsarian obligados ; y en fin que iba 
yo à distinguirme de los demas criados , mas dispuestos por lo 
comun à mantener à sus amos en sus desôrdenes , que à reti- 
rarlos de ellos. Apreciaba yo el honor, y me lisonjeaba de que 
me tendrian por el corifeo de todos los siryientes ; pero una 
idea tan halagûeûa se desvaneciô pocas horas despues ; porque 
Tolviô mi amo, y me dijo : Amigo Gil Bias, acabo de tener una 
conversacion muy acalorada con Eufirasia. Llamëla iugrata» 
aleve; llenëla de improperios : ^pero sabes lo que me respon- 
diô? que hacia mal en dar crëdito é criados : sostiene con em- 
pefio que me has hecho una relacion falsa. Si he de creerla, tu 
no ères mas que un impostor, un criado vendido à mis sobrinos, 
por cuyo amor no perdonarias medio alguno para ponerme mal 
con ella. Yo mismo la yi derramar algunas làgrimas; y làgrimas 
yerdaderas : me ha jurado por cuanto hay de mas sagrado que 
ni te habia hecho la mas minima proposicion , ni ye à ningun 
bombre. Lo mismo me asegùrô Beatrix, que me parece muger 
honrada é incapaz de mentir ; de modo que , contra mi propia 
yoluntad , se desyaneciô todo mi enojo. 

4 Pues que, se&or; interrumpi yo con sentimiento, dudais de 
mi siaceridad» desconfiais de,,. No bqo mio , repuso él , te hago 



LIBRO CUARTO. 213 

jostida : no creo qae estes de acuerdo con mis sobrinos ; estoy 
persuadido de que solo por buen zelo te interesas en todo lo 
que me toca, y te lo agradezco ; pero mochas Teces engafian 
las apariencias. Puede suceder que realmente no hubieses yisto 
lo que te parecio yer; y en tal caso considéra lo'mocho que 
habré ofendido à.Eofrasîa tu acusacion. Mas, sea lo que fuere , 
yo no puedo ménos de amarla. Asi lo quiere mi estrella ; y aun 
me ha side indispensable hacerle el sacrifido que exige de mi 
amor : este sacri&io es despedirte. Sièntolo mucho, mi pobre Gil 
Bias, continoôy y te aseguro que no he consentido en elio sin 
afliodon ; mas no puedo pasar por otro punto : compadècete de 
mi debilidad. Lo que te debe consolar es que no saldràs sin ré- 
compensa ; fuera de que ya he pensado colocarte con unasefiora 
amiga mia, en cuya casa lo pasarés perfectamente. 

Qaedè mortificadisimo al yer que mi zelo habia redundado en 
mi perjoicio. Maldije mil yeces é Eufrasia y lamenté la flaqueza 
de don Gonzalo en haberse dejado dominar de ella. No dejaba 
tampoGO de conocer el buen yiejo que, en despedirme de su 
casa , solo por complacer é su dama , no hacia la accion mas 
honrosa. Para cohonestar su poco espiritu , y al mismo tiempo 
hacenne tragar mejor la pUdora , me regalô dncuenta ducados , 
y èl mismo me condujo el dia siguiente à casa de la marquesa 
de Chayes. Dijole en mi presencia que era yo un mozo de buenas 
prendas ; que él me queria mncho ; pero que por ciertos res- 
petos de feinilia se yeia predsado à su pesar à quedarse sin mi, 
y le suplicaba con el mayor encarecimiento me admitiese de 
crîado. Desde aquel punto me recibiô la marquesa , y yo me yf 
do repente con nueya ama y en Queya casa. 

CAPITULO vm. 

Garicter de la marquesa de Ghayet ; y pênonas que ordinariamente 
la Tisitaban. 

Bra la marquesa de Chayes una yiuda de treinta y cinco aftos, 
beDa, àita, y bien propordonada. No tenia hijos, y gozaba de 
diez mil ducados de renta. Nunca yi muger mas séria , ni que 
OKénos hablase. Con todo eso era celebrada en Madrid , y gene- 
ralmente tenida por la se&ora de mayor talento. Lo que quizà 
contribuia mas que todo à esta uniyersal reputacion, era là con- 
correnda i su casa de los primerbs personages de la corte , asi 
^ Dobleza como en literatura : problema que yo no jpe atreyeré 
i decidir. Solo dire que bastaba oir su nmibre para conceptuar 
que el que aUi concnrria era de un gran talento , y que su casa 
iâ Ilamiiian por excelenda el tribunal de Uu obrag ingeniotas. 



814 GIL BLAS. 

Cob eftcto» todos lot dias se leian en eHa ya poemas drama- 
ticoa, ya poesiaa liricaa, pero siempre sobre asuntos sèrios. 
Negâbase la entrada A loda composidon jocosa. La mejor come- 
dia, 6 la noyela mas ingeoiosa y mas alegre no se miraba sino 
como una pneril y ligera prodaodon , que no merecia alabanza 
algnna. Por el contrario, la mas minima obra séria, una oda, on 
sonetOy una ègloga pasaban alii por el ultimo esfderzo del ingenio 
humano. Pero sacedia tal vez qae el publico no se confonnaba 
con la decision del tribunal; antes bien censaraba sin reparo las 
obras que babian sido en el muy aplaudidas. 

La marquesa me hizo maestresala de sa casa. Era incombencia 
de mi empleo arreglar el coarto de mi nneva ama para redbir 
las gentes, disponiendo almohadones para las damas, sillas para 
los caballeros, y cada cosa en su respectiYO sitio ; quedéndome 
despues en la aniesala para anunciar é introducir A los que lie- 
gaban. El primer dia, conforme yo los iba introduciendo, el ayo 
de pages , que easualmente se hallaba entônces conmigo en la 
antâsala , me los pintaba gradosamente. Llamibase Andres de 
Molina el tal ayo, y aunque era naturalmente aerio y burlon, no 
le feltaba entendimiento. £1 primero que se présenté fiié on 
obispo : anuncié su venida, y despues que hubo entrado , me 
dijo el maestro de pages : Ese prelado es de un caréctor bastante 
gracioso* Tiene algun valimiento en la corte, mas no tanto conM> 
quiere persuadir. Ofrécese à servir A todos , y A ninguno sirve. 
Encontrôle un dia en la antecAmara del rey un caballero que le 
saludô. Detàvole el obispo , hizole mil cumplimientos , le cogié 
la mano, apretôsela , y le dijo x Soy todo de V. S. : no me niegue 
el fayor de acreditarle mi amistad , pues no moriré. contento si 
no logro alguna ocasion de serrirle. Correspondiôle el caba- 
llero con expresiones de reconocimiento , y apénas se habian 
separado, cuando el obispo, Tolyiéndose A uno de los que iban A 
su lado, le dijo : Quiero conocer A este hombre, y no me acuerdo 
quien es : solo tengo una idea confiisa de haberle yisto en alguna 
parte. 

Poco despues del obispo se dejô ver un sefiorito , hijo de 
câerto grande, A quien hice entrar inmediatamente en d cuttto 
de mi ama. Asi que entré me dijo el seftor Molina : Este sefio- 
rito es tambien un ente raro. Va A una casa sin otro fin que el 
de tratar con el duefto de ella de negodos de importanda ; estA 
en conversacion con él una 6 dos horas, y se marcha sin haber 
hablado siquiera una pahd)ra sobre el asunto A que habia ido. 
 este tiempo viendo el ayo de los pages Uegar A dos sefloras , 
aûadié: Ve aqul A doua Aiigela de Pefiafiel, y A dofia Margarita 
de MontalTan* Estas dos sefloras en nadase parecen una à ou^: 
dofia Ibrgarita presume de filôsola; se las tiene tiesas con los 
mayores doctores de Salamanca, y ningono la ha yisto œder 



LIBRO GUARTO. 215 

jamas à sus argameatos. Dofta Angela, por el contrario , aanquo 
es verdaderamente instraida, nunca hace de doctora. Sas pensa*- 
mienlos son finos» sus disciirsos sôlidos, y sus expresiones deln 
cadas , nobles y naturales. Este segondo carâcter , le respondf 
yo, 66 on caricier muy amable ; pero el otro me parece cae muy 
mal ^1 el bello sexo. ^Qué dice ymd. rmty nuU en el hello texof 
replioô Molina prontamente ; es tan fastidioso aun en los horn- 
iNres, que à machos hace ridicalos. Tambien nuestra ama la 
marqaesa adolece an poco de este achaque filosôfioo. Yo no se 
solnre que se tratari hoy en nuestra academia ; pero se dispu- 
taré mocho. 

Al aeabar estas palalnras yfanos entrar an hombre seco , muy 
grave , cejqonto y francido. No le perdonô mi caritatiyo ins- 
tractor. Este es , me dijo , ano de aqaellos entes serios que 
qoioren pasar por hombres de gran talento é ftivor de su silen- 
do 6 de algunas sentencias de Seneca , y que examinados de 
cerca no son mas que onos pobres mentecatos. Tras de este 
entré an caballerito de bastante buena presenda , pero con aire 
de hiHubre pagado de si mismo. Preguntë à Molina qnien era , 
y me respondiô : Es un poeta dramàtico, el caal ha compuesto 
den mil Tersos en su vida qae no le han valido cuatro cuartos ; 
pero eo récompensa con solos seis renglones en prosa acaba de 
finrmarse una buena renta. 

Iba é dedrte me expUcase en que habia consistido el haber 
logrado à tan poca costa aqaella fortona , caando oi an gran 
romor en la escalera. i Bravo 1 exclamô el maestro de pages , 
aqni tenemos al lioendado Campanario , que se deja oir macho 
antes qne se le vea. Comienza à hablar en vox alta desde la 
poena de la caUe, y no lo deja hasta qne vuelve à salir por ella. 
Con efecto resonahs en toda la casa la vox del licenciado Cam- 
panariOy que al fin se present^ en la antesala con un bachiller 
amigo svyOy y no cesè de hablar mièntras dard su visita. Este 
licendadOy dije à Molina , parece hombre de ingenio. Si lo es , 
me respondié : tiene ocurrencias muy chistosas : se explica con 
gracia y agudeza : es muy divertida su conversadon ; pero ade- 
mas de ser un haUador molestistmo , repite siempre sus dichos 
y coentos. En soma» para no estimar las cosas mas de lo que 
valen» estoy persoadido de qoe su mayor mérito consiste en 
aquel aire oômico y festivo cou qae sazona io que dice ; y asi 
no creo que le haria mncho honor ana colecdon de sus agude- 
sas y sus gracias. 

Faérott entrando despues otras personas , de todas hs cuales 
me hizo Molna muy gradoias descripdones , sin olvidar la pin- 
tara de la marquesa, que fuè de mi gusto. Esta , me dijo , tiene 
an taleato regvdar, en medio de so fflosofia. Su carâcter no es 
impertinente , y da poco que hacer à los que la sirven. Entre 



S16 GIL BLAS. 



las personas distiiigiiidas es de las mas radonales que oonozoo : 
no se le adyierte pasion alguna : ni el jqego , ni los galanteos le 
gostan: solo le agrada la conyersadon; y en una pÂladra, sa 
▼ida séria intolerable para la mayor parte de las damas. Este elo- 
gio del maestro de pages me hizo formar on conoepto yentajoso 
de mi ama. Sin embargo , pocos dias despues no pude ménos de 
sospechar que no era tan enemiga del amor ; y el fondamento de 
mi sospecha foe el signiente* 

Estando una maAana en el tocador se presentô en la antesala 
nn hombredllo como de coarenta ados , pero de malisima figura, 
mas mugriento que el autor Pedro de Moya, y à mayor abundiH 
miento muy corcobado. Dijome que deseaba haUar é la marque- 
sa ; y preguntàndole yo de parte de quien : De la mia , me res- 
pondiô arrogante : diga ymd. é la seitora que soy aquel caballero 
del cual estuvo haUando ayer con doâa Ana de Velasoo. Apénas 
se lo dge à mi ama, eaando toda enagenada de alegria me man- 
dô le hiciese entrar. No solo le recibiô con extrafias demostra- 
ciones de aprecio , sino que mandé salir é todas las criadas , de 
modo que el corcobadillo , mas afortanado que una persona de 
proyecho , se quedô é solas con ella. Las criadas y yo nos 
reimos un poco de esta yisita tan graciosa que durô una hora ; 
al cabo de la cual mi ama le despidiô cou mil oortesanas expre- 
siones , que demostraban bien lo contenta que qnedaba de £1. 
En efe^ , lo qaedô tanto que por la noche me Damé à parte , 
y me dijo : Gil Bias , cuando yenga el corcobado hazie entrar 
ei| mi gabinete lo mas secretamente que puedas ; cuyo encargo 
confieso que me diô mucbo en que sospechar. Sin embargo , 
obededendo la ôrden de la marquesa , luego que se dejô yer 
aquel hombrecillo y que foé à la maflana siguiente, le introduje 
por una escalera escusada hasta el gabinete de la seAora. Carita- 
tiyam^te hice lo mismo por dos ô très yeces; de lo cual inferi 
6 que la marquesa tenia estrafiadarias indinadones , 6 que el cor- 
cobadiDo le seryia de tercero. 

Poseido yo de esta idea , me deda: Si mi ama se ha enamo- 
rado de un buen mozo , se lo perdono ; pero si se h^ prendado 
de semejante macaco , no puedo yerdaderameute disôdpar un 
gusto tan dqirayado. ;Pero cuan mal pensaba yo de aquella 
sefiora ! Aquel macaco se empleaba en la magia , y oomo se 
ponderaba su denda à la marquesa , que creta gustosa en los 
prestigios de los saltimbanquis , tenia conyersactones à solas con 
a. Hacia yer los objetos en un yaso y enseftaba à dar yueltas al 
çedazo , y reyelaba por dinero todos los misterios de h cibala; 
6 bien ( para hablar cou mas exactitud ) era un bribon que subsist 
tia à expensas de las personas demasiado crédulas, y se décisif 
que é ello contribuian muchas seûoras de distindon. 



LIBRO CUARTO. 317 



CAHTULO IX. 

P^ tfa4 incidente GU Bias salio de casa de la marquesa de GhaTes , j coal fué 

su paradero. 

Seis meses habia que yo servia à la marquesa de Chayes , y 
me hallaba muy contento con mi conyeniencia; pero mi destino no 
me permitiô mantenenne mas tiempo en su casa , ni mènos qae- 
danne por entônces en Madrid. El motiyo fué el lance que yoy 
àcontar. 

Entre las criadas de la marquesa habia una llamada Porcia , 

que y sobre jôyen y hermosa, era de un caràcter tan bueno, 

que me captô la yoluntad sin saber que me séria necesario dis- 

putar su corazon. El secretario de la marquesa » hombre sober- 

bio y zeloso , estaba enamorado de mi idolo , y apènas adyirtiô 

mi amor , cuando , sin procurar informarse si Porcia me corres- 

pondia , resolyiô que nos midiesemos la espada , y me citô una 

mailiana para un parage retirado. Como era un hombrecfllo que 

apèna^ me Ilegaba â los hombros , me pareciô enemigo poco 

temible , y Ileno de confianza acudi al sitio sefialado. Lisonjeà- 

bame yo de una compléta yictoria , y de adquirir por ella nue- 

yo mérito con Porcia ; pero el resultado humillô mucho lt\ pre- 

suncion. £1 secretarillo, que habia aprendido dos 6 très afios la 

esgrima , me desarmô como i un niûo ; y ponièndome al pecho 

la punta de la espada, me dijo: Prepàrate paramorir, 6 dame 

palabra sobre tu honor de que hoy mismo saldràs de casa de 

la marquesa de Chayes sin pensar mas en Porcia. Prometiselo 

3si, y lo ciunpli sin repugnancia.Corriame de presentarme delante 

de los criados de la casa despues dé haber sido tan ignominio- 

samente yencido , y mucho mas de presentarme ante la hermosa 

Belena » , inocente ocasion de nuestro desaflo. No yolyl , pues , 

i casa sino para recoger mi ropsi y dinero , y el mismo dia me 

encaminé à Toledo , con la boisa bastante proyista , y cargado 

con toda mi ropa puesta en un lio. Àîinque por ningun caso me 

habia obligadô â salir de Madrid , juzguë me conyendria mucho 

alejarme de aquella yilla , à lo mënos por algunos afios , y asi 

tome la determinacion de dar una yuelta por Espafia , detenién- 

dome en las ciudades y pueblos el tiempo que me pareciese. 

Con el dinero que tengo , me decia , gastàndolo con discrecion , 

* Hermosa Helena se dice & nna muger por alasion & la grlega Helena esposa 
oel rey Menelao , cuya extremada hermosura exdto en Paris » hSjo del rey de 
Tvoya Priamo, el deseo de poseerla , y la robo à sa esposo y à la Grecia , lo qne 
fuë cansa de las famosas gnerras entre Griegoa y Troyanot , que no acabéron 
W>t» U destmocion de Troya. 



218 GIL BLÂS. 

tendre {lara correr gran parte del reino , y coando se haya aca- 
bado , me pondre de nuevo 4 servir ; pues un mozo como yo 
hallarâ acomodos sobrantes cuando le venga en voluntad buacar- 
los y y no tendre mas que escoger. 

Como tenia particulares deseos de ver à Toledo, Ueguë alli al 
cabo de très dias , y fui à tomar posada en un bnen meson , en 
donde me tuviëron por un caballero de importancia con el auxi- 
Ko de mi T^stido de aventuras amorosas que no dejë de po~ 
nerme ; y con el aire que tome de elegante , podia fôcilmente 
introducirme con las buenas mozas que yivian en la yecindad ; 
pero habiendo sabido que era necesario comenzar en su casa por 
hacer un gran gasto , fuè forzoso contener mis deseos. Hallàn- 
dome siempre con gusto de yiajar, despues de haber yisto todo 
lo que habia de curioso en Toledo , sali de alli un dia al ama- 
necer, y tome el camino de Cuenca con animo de pasar al reino 
de Aragon. Al segundo dia de jornada me meti en una venta 
que encontre en el camino , y cuando empezaba à refirescarme 
entra una partida de cuadrilleros de la santa Hermandad. Estes 
seAores pidiëron vino, y mièntras estaban bebiendo les oi haccr 
mencion de las seftas de un jôven à quien llevaban ôrden de 
prender. El caballero, decia uno de ellos, no tiene mas que veinte 
y très aftos, el pelo largo y negro, bella estatura, nariz aguilefta, 
y moiua un caballo castaûo. 

Estuyelos yo escuchando sin mostrar atencion à lo que de- 
cian, y en la realidad me importaba poco el saberlo. Dejélos en 
la yenta , y prosegui mi camino ; pero no habia andado aun 
medio cuarto de légua cuando encontre à un mocito muy galan 
que iba en un caballo castafto. i Vive diez ! dije para mi , que ô 
yo me engaflo mucho , 6 este es el sujeto à quien buscan los 
cuadrilleros. Tiene el pelo largo y negro , y la nariz aguilefia ; 
seguramente él es à quien quieren atrapar , y be de haccrle un 
buen servicio. SeAor, le dije, permitame ymd. que le pregunte si 
le ha sucedido algun pesado lance de honor. El jôyen sin res- 
ponderme fijô los ojos en m( , y mostrôse admirado de mi pre- 
gunta. Aseguréle que esta no nj^cia de piira c'urîosidad., y qqedô 
bien convencido de ello luego que le conté todo lo que habia 
oido à los ministros en la yenta. Generoso desconocido, me res- 
pondiô, no puedo ocullaros que tengo motiyo para créer ser 
efectiyamente yo à quien busca esa gente ; y por lo mismo yoy 
à tomar otro camino para no caer en sus manos. Yo séria de 
parecer, repuse entônces, que buscasemos por aqui un sitio retî- 
rado donde ymd. estuyiese seguro y ambos à cubierto de una 
gran tempestad que yeo nos esta amenazando. Al decir esto , 
descubrimos una calle de érboles bastante firondosos, y habién- 
donos metido en ella , nos condujo al pié de una montaAa, donde 
encontrémos una ermita. 



LIBRO CUARTO. 219 

Era esta «la ^nde y profonda grata que el tiempo habia 
socavado en la Mda de aquel monte, y delante de ella se regis- 
traba como un corral que habia fobricado el arte, cayas parcâes 
se componian de una especie de argamasa formada de pedre- 
zuelaSy rodeado todo para mayor delensa de un género de foso 
cubierto de yerdes céspedes. Los contoroos de la gruta estaban 
sembradoB de flores olorosas que llenaben de suavisima firagran- 
cta el ambiente inmedîato; y cerca de la misma gruta se descnbria 
uoa hendidura en el monte , de oayo centro brotabÀ un manan- 
tial de agua que corria é dilatarse por una praderia. A la en- 
irada de esta cneva solitaria habia un buen ermitafio que parecia 
m horobre eonsumido por la Tejez. Apoyébase en un bàculo, y 
en la otra mano llevaba un gran rosario de cuentas gordas y de 
Teinte dieœs por lo mènos. Su cabeza estaba como sepnluida en 
ao capuz de lana parda , con unas largas orejwas ; y su barba 
mas blanea que la nieve le bajaba hastti la eioiara. Acercémonos 
é él, y yo le dije : Padre mio , ^noa dari licencia para que le 
pidamos nos réfugié contra la tempestad que viene sobre noso- 
0*0$? Yenid , hijos mios , respondiô et anacoreta despues de 
haberme mirado con atencion , mi pobre gruta esta à vnestra 
disposidon, y podréis estar en ella todo el tiempo que quisie- 
reis. El caballo, aâadiô , le podets meter en jacfuel corral , sefia- 
iindolo eon la mano , donde creo que éstarà bi^ acomodado. 
Metimos en èl el oaballo, y nosotros nos.refugi&mos en la gruta, 
acompafiéndonos siempre el venerable Tiejo. 

Apënas entrémos en ella cuando cayé ukia copio^a Uuvia mez- 
dada de relàmpagos y espantosos truenos. £1 ermitaûo se hincô 
de rodillas delante de una estampa de san Pacomio , que estaba 
pegada i la pared, y nosotros hicimos lo mîsmo à ejemplosuyo. 
Cesô la tempestad, y cesiron tambien nuestras oraciones.Levan- 
t^onos; père como todavia seguia lloviendo y la noche se 
acercaba, nos dijo el ermitafio : Yo, hijos mios, no os aconse- 
j^ os pongais en camino con este temporal, y mas estando 
tan cerca la noche, à no obligaros à ^Uo alguo negocio grave 
y urgente. Respond imosle que ninguna cosa nos impedia el de* 
tenemos sino el justo temor de incomodarle, y qit^d à no ser 
^te, Antes le sufdicariamos nos pe^mitiese pasar alli la noche. 
La incomodidad sera para vosotros , respondiô cortesanamento 
el anacoreta : tendrais mala cama y peor cena, porque solo puedo 
ofreceros la de un pobre ermitafio. 

En esto nos hizo sentar à una desdichada y rùstica mesUla , 
donde nos sirviô unas cebollas con algunos mendrugos , y un 
jarre de figua. Esta, dijo, es mi comida y cena ordinarily; pero 
W es razon hacer algun exceso en obsequio do unos hués^ 
P^es tan honrados. D90 , y marchô luego é traer un pedazo de 
qneso y dos puflados de avellanas , que echo sobre la mesa. Mi 



SM GIL BLAS. 

Gompafiero , qae no tenia macho apetito , hixo poco gasto de 
aquellos manjares. Observôlo ei ermitafio , y dijo : Veo qoe estais 
aoostmnbrado à mesas mas regaladas que la mia, 6 per mefor 
decir, que la sensoalidad ha estragado en tos el gusto natural. 
Yo tambien he yiyido en el mundo. EntAnces no eran bastante 
baenos para mi los manjares mas delicados, ni los gaisados mas 
exquisitos; pero la soledad y el hambre ban restitoido la poreza 
al paladar. Ahora solo me* gostan las raioes , la leche , las fratas, 
y en una palabra , todo aquello que senria de alimento i noes- 
tros primeros padres 

Miéntras el anacoreta estaba hablando , el caballerito se quedé 
oomo enagenado en una profunda cavilacion. NotAlo el yiejo , y 
le dijo : Hijo mio , yos teneis atravesado el corazon con alguna 
espina que os punza mncho. ^No podré saber el motivo de la 
grave afliccion que os alormenta? desah^gad conmigo vuestro 
pecho. No me nraeve à este deseo la coriosidad : la caridad es la 
tnica causa que é ello me anima. Hàllome en edad en que puedo 
daros algun buen consejo; y vos me pareoeis estar en una situa- 
don que necesita bien de él. Si , padre mio , respondi6 el caballe- 
rito arrancando del pecho un doloroso suspiro: es muy derto 
que tengo gran necesidad de consejo; y pues vos me ofreoeîs el 
vuestro con piedad tan generosa, quiero seguûrle. Estoy may 
persuadido de que nada arriesgo en descubrirme é un hombre 
como vos. No bijo , replicô el ermitaflo , no teneis que temer : 
soy hombre à quien se le puede confiar enalquiera oosa, sea la 
que fÎMre. Entônces el caballero hablô de esta manera^ 

CAPITULO X. 

Historia de don Alfonso y de la bella Serafina. 

Nada , padre mio , os ocultarë , como ni tampoco i este calxh 
Ilero que me escucha. Hariale gran agrayio en desconfiar de él é 
yista de la generosa accion que nsô conmigo. Yoy, pues , à con- 
tares mis Jésgracias. 

Nad en Madrid , y mi origen fhë el que yoy à referir. Un 
oficial de la guardia alemana*, llamado él baron de Steinbach , 
entrando una noche en su casa , se hallô al pié de la escalera 

' Era la guardia real que hacîa el servicio militar en el palacîo de los reyes 
de Espana. Durô todo el tiempo que ocupo el trono espaAol la dinastia austriaca 
desde el emperador de Alemania Girlos V, primero de este nombre en Castilla , 
hasta que por muerte sin sncesion de Carlos II entro la actual dinastia fran- 
cesa de Borbon , que aboliô aquella guardia , y creô la nuera llamada de corp^ 
à semejansa de la de los reyes de Francia. 



LIBRO CUARTO. 221 

000 on eoYoItorio de lieozo. Leyaotôle, DevôIe al coarto de sa 
moger, desenyolYiôley y encontr&ron un niûo recien nacido, en- 
Yoeho en paflales may aseados y finos , y un billete que deda 
ser hqo de padres distinguidos^ que à su tîempo se darian à co- 
Docer, y que el nifio estaba ya bautizado con el nombre de Al- 
fonso. Este desgraciado nifto soy yo , y esto es todo cuanto se. 
Victima del honor 6 de la infidelidad , ignoro si mi madré me 
exposo ùnicamente para ocultar algunos yergonzosos amores ; ô 
si, seducida por un amante peijuro, se yiô en la cruel necesidad 
de abandonarme. 

Como quiera que sea , al baron y à su muger les entemeciô 
mucho mi desgrada; y como no tenian sucesion, resoWiëron 
criarme como si foera hijo suyo, conseryàndome el nombre de 
don Alfonso. Al paso que crecia yo en edad , crecia el amor en 
elles hicia mi. Hacianme mil caricias en pago de mis apadbles 
modales y por mi dodlidad. Todos sus pensamientos eran de 
darme la mejor educacion.Buscéronme maestros de todas mate- 
lias. Lèjos de esperar con impaciencia i que se descubriesen mis 
padres y parecia por el contrario que deseaban no se manifesta- 
sen jamas. Luego que el baron me viô capaz de poder seguir la 
milicia, me aplkô à servir al rey. Consiguiôme una bandera, y 
inand6 hacerme un pequeAo equipage. Para animarme à buscar 
ocasiones de adquirir gloria y darme à conocer, me hizo pré- 
sente que la carrera del honor estaba abierta à todo el mundo , 
y que la guerra podria hacer mi nombre tanto mas glorioso, 
coanto solo séria deudor à mi valor y à mi espada de la gloria que 
adcpiriese. Al mismo tiempo me revelô el secreto de mi nacimiento, 
qae hasta alli me habia callado. Como en todo Madrid pasaba 
por Ujo suyo , y yo mismo efectivamente me tenia por tal, con- 
fieso me turbô no poco esta confianza. No podia pensar en ello 
sin Uenarme de rubor. Por lo mismo cpie mis nobles pensa- 
nnentos y mis honrados impulsos me aseguraban de un distin- 
e^do nacimientOy era mayor el dolor de yerme desamparado 
de aquellos à quienes le habia debido. 

Pasè à servir en los Paises Bajos, donde se hizo la paz poco 
despaes que Uegué al ejërcito. Hallândose Espafta sin ene- 
inigos , me restitua à Madrid ; y el baron y su muger me recî- 
bièron con nuevas demostraciones de cariAo. Eran pasados dos 
meses desde mi regreso , cuando una maûana entré en mi cuarto 
^ pagecillo , y me entregô en las manos un billete concebido 
pooo mas ô mènos en estos tërminos iNotoy feam anUrahecha; 
) con todo e90 vmd. me ve todoi los dias d mi balcon con grande 
^f^erencia : frialdad muy agena de un moxo tan galon. Eooy tan 
ofendida de este procéder ^ que por vengarme quisiera inspirar amor 
^ œ coraxon de hieb. 
Asi que lei este billete me persuadi sin la mener duda de que 



322 GIL BLAS. 

era de una yiadita Uamada Leooor, que vivia en frenie de mi 
casa y y tenia fiima de ser alegre de cascos. Eiamînë sobre este 
punto al pagecillo , que por algnn breve rate quiso haoer el ca- 
llado; pero é costa de un ducado que le di satisfizo mi curio- 
sidad , y se encargô de llevar à su ama mi respuesta. Deciale en 
ella que conocia y confesaba mi delito , del cual estaba ya medio 
vengada , segun lo que yo sentia en mi. 

Con efecto, no dejô de hacerme impresion esta gradosa 
manera de granjear la Toinntad. No sali de casa en todo aquel 
dia» asoméndome frecuentemente al balcon para obsenrar à la 
sefiora , que tampoco se descuidô de dejarse Ter al suyo. Hicele 
sefias é las cuales correspondiô ; y el dia siguiente me enviô à 
decir por el mismo pagecito que, si entre once y doce de aquella 
noche queria yo hallarme en nuestra calle, podiamos hablarnos 
à la reja de un cuarto bajo. Aunque no estaba muy enamorado 
de una viuda tan vira, sin embargo no dejë de responderle muy 
apasionadamente; y i la rerdad espéré à que anochedese con 
tanta impacîencia como si efectivamente la amara mucho. Luego 
que fné de noche sali à pasearme al Prado , para entretener el 
tiempo hasta la hora de la cita, y apénas entré en el paseo, 
cuando, acercindose à mi un hombre montado en un hermoso ca-^ 
ballo, se apeô precipitadamente, y miràndome con ceûo: Caba- 
llero , me dijo , ^no sois vos el hijo del baron de Steînbach? £1 
mismo, le respondi. Luego tos sois el citado , prosigniô él, para 
dar esta noche conversacion à Leonor en su reja. He visto sus 
billetes , y vuestras respuestas , que me raostrô el pagecfllo. Os 
he venido siguiendo hasta aqui desde que salisteis de casa, para 
adyertiros que teneis un competidor, cuya yanidad se indigna de 
dispntar el corazon de una dama con un hombre como tos. Me 
parece no necestto deciros mas ; y pues nos hailamos en sitio 
retirado, decidan la disputa las espadas, à ménos de que tos, por 
evitar el castigo que preparo é vuestra temeridad , me deis pa- 
labra de romper toda comunicacion con Leonor. Sacrificadme las 
esperanzas que teneis , 6 en este mismo punto os quito la Tida. 
Ese sacrificio, respondi, se habia de peidir, y no exigirse. Lo 
hubiera podido concéder à Tuestros ruegos; p^o lo niego à 
vuestras amenazas. 

Pues rifiamos, dijo él atando el caballo à un ârbol, porque 
es indecoroso à una persona de mi esfera bajarse é suplicar à un 
hombre de la vuestra ; y aun la mayor parte de mis iguales pues- 
tos en mi lugar se Tengarian de vos de un modo ménos hon- 
roso. Ofendiéronme mucho estas ultimas palabras , y viendo que 
él habia sacado la espada , saqué yo tambien la mia. Reflfimos 
con tanto empefto que duré poco el combate. Sea que le cegase 
su demasiado ardor, ô sea que yo fuese mas diestro que él , le 
dl desde luego una estocada mortal , que le hico prônero titu- 



UBRO CUARTO. 223 



bear, y despoes caer en tierra. Ëntônces no penrt mas que en 
ponerme en salyo , y montando en sa propio caballo , tome el 
camino de Toledo. No volvi à casa del baron de Steinbacb , pa- 
reciéndome que la rehcion de mi lance solo sen^iria para afligirle, 
y coando consideraba el peligro en que me hallaba, veia que no 
debia perder un momento en alejanne de Madrid. 

Poseido enteramente de amarguisimas reflexiones andure toda 
hnoche y la maûana del dia siguiente; pero à eso del medio 
dia me yi precisado à detenerme para que el caballo descansara, 
Y se mitigase el calor> que cada instante era mas inagaantable. 
Det&Teme, pues, en una aldea hasta puesto el sol, y continué 
loego mi camino con ànimo de no apearme hasta estar en To- 
ledo. Me hallaba ya dos léguas mas aUà de Ulescas cuando é eso 
de media noche me cogiô en campo raso una fiiriosa tempestad» 
semejante à la que acaba de sobrecogemos. Lleguème é las ta- 
pias de un jardin que yl à pocos pasos de mi ; y no hallando 
abrigo mas comodo , me arrime con mi caballo lo mejor que 
pade à una puerta pequefta de una estancia que estaba casi en 
un éngulo de la misma cerca, sobre la cual habia un balcon. 
Apoyàndome en la puerta vi que no la habian co'rado , y dis-* 
curri que este habria sido culpa de los criados. Me apeé , y no tanto 
por curiosidad , como por resguardarme mas del agua , que no de« 
jabade incomodarme mucho debajo del balcon, me entré en aquella 
habitadon baja , juntamente cou el caballo, tiràndole por la brida. 
Dunuite la tempestad procuré reconooer aquel sitio ; y aunque 
S0I9 podia registrarle  fayor de los relémpagos , juagué era una 
qninta de alguna persona opulenta. Estaba aguardando por ins-> 
taotes que oesase la tempestad para seguir mi camino ; pero ba- 
biendo yisto & lo léjos una gran luz , mudé de parecer. Bejé 
resgnardado el cabidlo en aquella pieza, cuidando de cerrar la 
paerta, y fiiime acercando hàciala luz , presumiendo que estaban 
todavia levantados en la casa, para suplicarles me diesen abrigo 
por aquella noche. Despues de haber atravesado algunos corre- 
dores, me halle en una sala, cuya puerta estaba ignafanente 
abterta. Entré en ella, y viendo su suntuosidad à beneficio de 
ma magnifica araâa con varias bugias , ya no me quedô duda de 
qoe aquella casa de campo era de algun gran personage. £1 pa-» 
vimento era de màrmol, el friso pintado y dorado con arte, la 
<^rnisa primorosamente trabsyada , y el techo me pareciô obra 
de los mas diestros pintores; pero lo que mas me Uevô la aten- 
cion foé una mnltîtud de bustos de heroes espaAoles , puestos 
*obre beilisimos pedestales de mérmol jaspeado , que adomaban 
'tt paredes del salon. Tuye bastante cnidado para «iterarme de 
^as estas cosas , porque habîendo aplicado de coando en cuando 
^ oido para ver si sentia rumor, no llegué à pereibir ninguno, 
^^ à ver persona alguna. 



224 GIL BLAS. 

A un lado del ttlon habia una paerta entornada ; la entreabri, 
y noté ana crojia de cuaitos , en el ultimo de los oudes habia Inz. 
Consulté conmigo mismo lo que debia hacer, si yolverme por 
donde babia yenido , 6 animarme à penetrar hastt aquel cuarto. 
La prudencia dictaba que el paitido mas acertado era el de re- 
tirarme ; pero pndo mas en mi la curiosidad que la prudencia , Ô, 
por mejor decir , file mas poderosa la fuerza del destino que me 
arrastraba. Ueyé, pues, mi empe&o adelante, y atrayeaando 
todas las piezas lleguë é la ultima , donde ardia sObre una mesa 
de màrmol una bugia puesta en un candelero de plata sobredorada. 
Besde luego conoci que era un cuarto de yerano , alhajado con 
singular gusto y riqueza ; pero yolyiendo presto los ojos hàcia una 
cama , cuyas cortinas estsJMm entreabiertas à causa del calor , yi 
un objeto que me robô toda la atencion. Era una jôyen que, à 
pesar del estruendo payoroso de los truenos, dormia profiinda- 
mente. Acerquéme à ella con el mayor silencio, y i Cayor de la luz 
de la bugia, descubri una tez tan delicada y un rostro tan hermoso, 
que yerdaderamente me encant&ron. Al yerla, toda mi màquina 
se conmoyiô : me senti enteramente enagenado ; pero por mas 
agitado que me tuyiesen mis impulsos , el concepto que hioe de la 
nobleza de su sangre me impidiô formar ningun pensamiento te- 
merario , pudiendo mas el respeto que la pasion. Uiéntras estaba 
yo embelesado en contemplarla , se despertô. 

F&cil es de imaginar cuanto la sobresaltaria el yer i un hombre 
desconocido à media noche en su cuarto > y al piè de su misma 
cama. Toda asustada y estremecida diô un gran grito. Hice cuanto 
pude para acpiietarla; hinqué una rodilla en tierra, y Deno de 
respeto le dije : No temais, seftora, que yo no he entrado aqui 
cou ànimo de ofénderos. Iba é proseguir ; pero ella , atemorizada, 
no tuyo siquiera libertad para escucharme. Comenzô à llamar i 
grandes yoces à sus criadas , y como ninguna le respondiese , co- 
gi6 à toda priesa una bâta ligera que estaba al pié de la cama , cu- 
briôse con eDa, saltô acelerada al suelo, agarrô la bugia, y atrayes6 
corriendo toda la crujia de cuartos , Damando sin césar à sus don- 
cellas , y & una hermana suya menor ^ que y iyia en la misma quinta, 
bajo de su custodia. Por momentos estaba yo temiendo yer sobre 
mi toda la £amilia , y que sin merecerlo ni oirme me tratasen mal ; 
pero quiso mi fortuna cpie, por mas gritos que dîô, nadie pa- 
reciô sino un criado yiejo , que de poco le bubiera seryido si sjgo 
tuyiera que temer. No obstante , con la presencia del buen yiejo 
alenténdose algun tanto , me preguntô con altiyez quien era yo , 
por donde y à que fin habia tenido atreyimiento para mçterme en 
su casa. Comenzë à justificarme ; pero apénas le dije que habia 
entrado por la puerta del cuarto del jardin , que habia hallado 
abierta, cuando exclamé al instante didendo : i Justo delo , y que 
sospechas me yienen ahora al pensamiento ! 



LIBRO CUARTO. 225 

En esto va con la luz à registrar todos los cuartos de la quinta , 
y no encaentra à ninguna de sas criadas , ni é su hermana ; entes 
si ye que estas se habian Uevado cada una sus ropas. Pareciën- 
dole que se habian yerificado sobradamente sus sospechas , se 
Yokiô adonde yo habia quedado , y articulando mal las palabras 
con la côlera : Infome, me dijo, no afladas la mentira é la traiciop. 
No te ha traido é esta quinta lacasualidad , ni has entrado en ella 
por el motiyo que finges. Tu ères de la comitivade don Fernando 
de Leiya, y complice en su delito ; pero no espères huir de mi 
Tenganza , pues tengo aun bastante gente en casa que te prenda. 
Seflora , le dije , no me confundais , os ruego , con yuestros ene- 
mîgos. Ni conozco à don Fernando de Leiya, ni se todavia 
quien sois y os. Yo soy un desgraciado , à quien cierto lance de ho- 
nor ha obligado à ausentarse de Madrid ; y os juro, por cuanto hay 
de mas sagrado, que, i no haberme precisado à ello la tempestad, 
no hubiera entrado en yuestra quinta. Dignaos , seflora , formar 
mejor concepto de mi. En yez de suponerme complice en ese de- 
lito que tanto os ofende , yivid persuadida de que estoy pronti- 
simo à yengaros. Estas ultimas palabras, que pronuncié con ardor 
y yiyeza, la tranquflizâron de modo que desde aquel punto 
mostrô no mirarme ya como à enemigo. Cesô en el mismo mo- 
mento su enojo , pero entrô à ocupar su lugar el mas acerbo 
dolor. Comenzô à Uorar amargamente ; y sus légrimas me enter- 
nedéron de manera que no me senti mënos afligido que ella , aun 
cuando ignoraba la causa de su pena. No me contenté con acom- 
paikarla en el llanto, sino que, deseoso de yengar su afrenta, me 
entrô una especie de furor. Seikora , exclamé , entre lastimado y 
colërico , ^ quien ha tenido atrevimiento para ultrajaros? ^y que 
especie de ultraje ha sido el yuestro? Hablad, seflora, porque 
^nestras ofensas ya son mias. i Quereis que busqué à don Fernando, 
y que le atrayiese de parte à parte cl corazon ! Nombradme todos 
aquellos que quereis os sacrifique ; mandad , y seréis obedecida. 
Cueste lo que costare yuestra y enganza , este desconocido , à quien 
babeis mirado como enemigo , se expondrà por amor de yos i 
cualquier riesgo. 

Quedôse suspensa aquella seflora à y ista de un arrebato tan ines- 
perado , y enjugando sus légrûnas , me dijo : Perdonad , seflor , 
mi temeraria sospecha à la infeliz situation en que me hallo. 
Vuestros generosos sentimientos han desengaflado à la desgra- 
cîada Serafina , y me quitan ademas hasta el natural rubor que 
me causa el que un extraflosea testigo de una afrenta hecha é mî 
noble s«ngre. Si , generoso desconocido , reconozco mi error , y 
admito yuestras ofertas ; pero no quiero la muerte de don Fer- 
nando. Bien esté , seflora , répliqué; 4 pero en que deseais que os 
sirya ? Seflor , respondiô Serafina , el motiyo de mi pesar es el si- 
guiente : don Fernando de Leiya se enamorô de mi hermana 

45 



aaS GIL BLAS. 

Julia, é quien viô en Toledo, donde yivimos de ordinario. Pi- 
diôsela A mi padre , que es el conde de Polan , quien se la negô 
por antigoa enemistad que hay entre las dos casas. Mi hermana , 
que apénas tiene quince aik>s , se habri de] ado engaftar de mis 
criadas , sin duda ganadas por don Fernando , y noticioso este 
de que las dos hermanas estabamos en esta casa de campo , habrà 
aproyechado la ocasion para robarà la mal aconsejada Julia. Yo 
solo quisiera saber en que parte la ha depositado , para que mi 
padre y mi hermano , que ha dos meses estAn en Madrid » tomen 
sus medidas. Suplicoos , pues , seAor , que os tomeis el trabajo de 
recorrer los contomos de Toledo , y de averiguar , si fnese po- 
sible, adonde ha ido à parar aquella pobre muchacha ; diligencia 
é que os quedarA tan obligadacomo agradecida toda mi fomilia. 

No tenia présente aquella seAora que el encargo que me daba 
no conyenia à un hombre é quien importaba tanto salir cuanto 
entes de los tërminos y jurisdiccion de Castilla. i Pero que mucho 
no hidese ella esta reflexion cuando ni yo mismo la hice? Soma- 
mente gozoso de la fortuna de yerme en ocasion de servir à una 
persona tan amable , admiti gustoso la comision , ofreciendo des- 
empeftarla con el mayor zelo y diligencia. Con efecto , no espéré 
i que amaneciese para ir à cumplir lo prometido. Dejé al punto é 
Serafina , suplicândole me perdonase el susto que inocentemente 
le habia dado , y aseguràndole que presto sabria de mi. Salime , 
pues, por donde habia entrado en laquinta, pero con el énimo 
tan ocupado siempre en aquella seAora, que fïcilmente adverti 
estaba del todo prendado de ella ; y nada me lo hizo conocer mejor 
que la inquietud é impaciencta con que me apresuraba d compla- 
cerla , y las amorosas quimeras que yo mismo me forjaba en la 
imaginacion. Pareciame que Serafina , aun en medio de su senti- 
miento, habia echado bien de ver los primeros fuegos de mi amor, 
y que no le habia quizà desagradado. Lisonje&bame de que , si lo- 
^aba averiguar lo que tanto deseaba , séria mia toda la gloria. 

Al llegar aqui cortô don Alfonso el hilo de su historia , y dijo 
al ermitaflo : Perdonadme , padre , si , poseido de mi pasion , me 
detengo en menudencias , que tal vez os fastidiarén. No , hijo , 
respondiô el anacoreta , de ningun modo me cansan ; antes bien 
deseo saber hasta donde llegô el amor que te inspirù dofia Se- 
rafina para arreglar mis consejos con mayor conocimiento. 

Ëncendida la fontasia con tan lisonjeras imàgenes, prosiguiô el 
caballerito , busqué inùtihnente por espacio de dos dias al ro- 
bador de Julia; y frustradas todas las diligencias, no pude des-- 
cubrir el menor rastro deél. Desconsoladisimo de ver inutilizados 
mis pasos y desvelos , volvi à la presencia de Serafina , A quien 
discurria hallar en el estado mas inquieto y desgraciado del mundo ; 
pero la encontre mas tranquila de lo que yo pensaba. Dijome que 
habia sido mas venturosa que yo, pues ya sabia donde se hallaba 



LIBRO CUARTO. 227 

sa hermana: que habia recibido una carta de don Feroando, en 
que le decia que despues de haberse casado de secreto con Julia 
la habia depositado en un convenu) de Toledo. Envié su carta é 
mi padre , prosiguiô Serafina , no sin esperanza de que la cosa 
acabe bien , y que un solemne matrimonio sea el iris de paz que 
dé fin à la inveterada discordia de las dos casas* 

Luego cpie me informô del paradero de su hermana , me hablô 
del trabajo que me habia ocasionado , y sobre todo , aûadiô ella 
misma, los peligros à que os expuso mi imprudencia en seguir 
a un robador , sio acordanne de que me habiais confiado que 
aadabats fo^bivo por cierto lance de honor ; de lo cual me pidiô 
mfl perdones en los términos mas atentos. Conociendo que estaba 
t&ko de reposo, me condujo à la sala, donde los dos nos sen- 
tamos. Estaba vestida con una bata de tafetan bianco , con listas 
negras , y cubria su cabeza un sombrerillo de los mismos colores 
que la bata, guarnecido con un airoso plumage negro, lo que me 
hizo juzgar que podia ser viuda, aunque por otra parte parecia 
de tan pocos afios , que no sabia yo que discurrir. 

Si era grande mi deseo de saber quien ella era, no era ménos 
viva su curiosidad de saber lo mismo de mi. Pregnntôme mi 
nombre y apellido, no dudando, dijo, à vista de mi noble aire, 
y aun mas de la generosa piedad que me habia hecho abrai^ar 
con tanto empeflo sus intereses , la nobleza de mi nacimiento^ 
Dejéme perplejo la pregunta : encendiôseme el rostro : me turbé; 
yconfieso que, teniendo ménos rubor en mentir que en decir la 
verdad , respondi que era hijo del baron de Steinbach , oficial 
de la guardia alemana. Decidme tambien, replicô ^ dama , por- 
que habeis salido de Madrid ; pues desde luego ps puedo ofrecer 
todo el valimiento y los buenos oficios de mi padre y de mi her- 
mano don Gaspar. Esto es lo ménos que puede hacer mi agra-r 
decimiento con un caballero que por servnrme desprecio su propia 
?ida. Ninguna dificultad tuve en referirle por menor todas las 
circunstancias de nuestro desafio. Ella misma echo toda la culpa 
al caballero que me habia injuriado, y me vol vie â ofrecer que 
interesaria à su fomilia en mi favor. 

Habiendo yo satisfecho su curiosidad , me animé à suplicarle 
contentase la mia, y le pregunté si era ô no libre. Très afios ha , 
respondiô , que mi padre me obligô à casarme con don Diego de 
Lara, y quince meses que estoy vinda. ^Pues que desgracia, seftora, 
le pregunté, fué la que tan presto os privô de vuestro esposo? 
Voy, seAor, à responderos, repuso ella, y corresponder à la 
con&mza & que me confieso deudora. 

Don Diego de Lara era un caballero muy bienapersonado.Amé- 
bame ciegamente; y aunque empleaba cuanta diligencia puede 
^plear el mas tiemo amante para hacerse agradable al objeto 
amado , y aunque tenia mil bellas cualidades , nunca pudo gran- 



238 GIL BLAS. 

gearse mi carijk). El amor no sietnpre es efecto del anhelo ni del 
mérito conocido. \ Ah ! aftadiô ella sospirando ; muchas veces 
nos eautiva à la primera vista una persona qne no conocemos. 
No me era posible amarle. Mas avergonzada que prendada de las 
continuas muestras de su amor , y forzada à corresponder à ellas 
sin inclinacion , si me acusaba i mi misma interiormente de ingra- 
titud , tambien me contemplaba muy digna de compasion. Por 
desgracia de ambos él tenia todavla mas delicadeza que amor. 
En mis acciones y palabras descubria claramente mis mas ocnltos 
pensamientos. Leia cuanto pasaba en lo mas intimo de mi alma ; 
quejâbase é cada paso de mi indiferencia ; y le era tanto mas sen- 
sible el no poder conquistar mi corazon , cuanto mas segnro estaba 
de que ningun otro rival se le disputaba , ne contando yo apènas 
diez y seis aAos , y habiendo sabido , antes de ofrecerme su mano , 
por mis criadas , todas parciales suyas , que ningun hombre se le 
habia anticipado é llevarse mi atencion. Si , Serafina , me decia 
muchas veces , me alegraria mucho de que estuvieses encapri— 
chada é fevor de otro , y de que esta fuese la ùnica causa dc la 
frialdad con que me miras. Esperaria entônces que tu virtnd y mi 
constancia triunfarian al cabo de esa tibieza ; pero ya desespero 
de veneer un corazon , que no se ha rendido à tantos y tan convin- 
centes testimonios de mi extremado amor. Cansada de oirie repetir 
tantas veces la misma queja , le dije un dia que , en vez de turbar su 
reposo y el nlio mostrando tanta delicadeza , haria mejor en de~ 
jarlo todo en manos del tiempo. Con efecto , yo me hallaba en- 
tônces en una edad poco capaz de sentir los vivos impulsos de 
ana pasion tan fogosa; y este era el prudente partido que don 
INego debiera haber abrazado. Pero viendo que se habia pasado 
un aflo entero sin haber adelantado mas que el primer dia , per^ 
diô la paciencia , à por mejor decir el juicio , y fingiendo que le 
llamaba à la corte no se que négocie de importancia , marchô à 
los Paises Bajos à servir en calidad de voluntario , y encontre lo 
que deseaba en los peligros en que se metia , es decir , el fin de 
la vida y el de sus pesares. 

Concluida esta relacion , todo el reste de la conversacion que 
tuvimos SeraBna y yo fué acerca del singular caràcter de su ma- 
rido. Interrumpiô nuestra conferencia un correo que llegô en 
aquel mismo punto , el cual puso en manos de Serafina una carta 
del conde de Polan. Pidiôme licencia para abrirla , y observé 
que conforme la iba leyendo se iba poniendo pàlida y trémnla. 
Luego que la acabô de leer^ alzô los ojos al cielo, diô un gran 
suspire , y empezô à correr per su rostre untorrente de lâgrimas. 
No siendo posible que yo viese con serenidad su pena , me tnrbè, 
y come si hubieraya presentido el terrible golpe que iba à llevar ^ 
me cogiô un mortal terrer que me helô toda la sangre. Seâora , 
le dije con voz desfallecida, ^ sera licite saber de vos que funestas 



UBRO CUARTO. 229 

noticias os anancia esa carta ? Tomadia , seftor , me respondiô^ 
tristemente , y leed vos mismo lo que mi padre me escribe. ] Ay. 
demi! que su contenidoos mteresademasiado. 

Estremecime al oir estas palabras , tome temblando la carta, 
y vi que decia lo siguiente : Tu hermano don Gaspar iuvo oyer un 
desafiO en el Prado. Rectbiô en él una eslocada ; de la cual ha muerto 
hoij , declarando al morir que elcabaUero que le maté fué el hijo del 
baron de Slembach , oficial de la guardiaalemana. Para mayor disgra- 
cia et matador escape sm saberse donde se ha escondido; pero aunque 
lo esté en las entranas de la iierra , se hardn todas las diligencias posi- 
bUs para hallarle. Hoy se despachan reqtàsUorias à varias ju^Hdas , 
que no dejardn de arrestarle , como ponga los pies en algun lugar de 
iu jurisdiccion ; y voy tambien d pracilcar olros medios oportunos para . 
cerrarletodos loscaminos, El gonde de Pol an. 

FiguraoseltrastornoquelalecturadeestacartacausariaenmiâBÎ- 
mo. Quedèinmô'vil algunos instantes, sia espiritu ni fuerza para 
hablar. En medio de aquel desmayo y desaliento se me représenté 
con la mayor yiveza todo lo que la mnerte de don. Caspar tenia 
de cmel para mi amor. Al memento caigo en unafiiriosa deses- 
peracion. Arrojéme i los pies de Serafina , y presenténdole la 
espada desnuda : Seiknra , le dije , excusad al conde de Polan 
la molesta fatiga de buscar à un hombre que podria burlar sus 
mas aaivas diligcncias. Vengad tos misma à vuestro hermano , 
sacrificadle por vuestra bella mano su homicida. ^Qué os dete- 
neis?descargad el golpe, y sea fttal à su enemigo el mismo 
acero que à èl le quitô la Yida. Seflor , respondié Serafina, enter- 
necida algun tanto de yer mi accion , yoqueria à don Caspar , y 
aunque tos le matisteis como caballero , y él mismo fuè à buscar 
sn desgracia , al fin soy su hermana , y no puedo ménos de tomar su 
partido.Si , don Alfonso , ya soy enemiga vuestra , y harë contra 
^os todo lo que la sangre y el carifto pneden pretender de mi ; pero 
no abusaré de yuestra adyersa fortuna. En vano ha dispuesto en- 
tregaros en manos de mi yenganza , pues si el honor me arma con- 
tra vos, èl mismo me prohibe vengarme ruinmente. Las leyes de - 
la hospitalidad deben ser inaltérables : segun ellas no puedo cor- 
responder con un y\\ asesinato al generoso servicio que me habei». 
hecho. Huid, escapad, y burlad , si pudiereis, nuestrasmas y iras 
pesquisas; poneos é cubierto del rigor de las leyes , y libraos del 
inminente peligro que os amenaza. 

Paes que, seâora, le répliqué : estando en yuestra mano la 
venganza, ^la dejais-à larseyeridad de las leyes, que pueden 
quedar desairadas? f Ab, seftora! atrayesad y os misma con esta 
espada el pecho de un malyado , que yerdaderamente no merece 
le perdoneis. No , seflora , no useis de un procéder tan noble y 
tan generoso con un hombre como yo. i Sabeis quien soy? Aun- 
que todo Madrid me tiene por hijo del baron de Steinbach , na 



230 GIL BLAS. 

soy mas que an desgraciado à quien ha criado en su casa por 
caridad. Yo mismo ignoro A quienes debo el ser. No importa 
eso y interrompiô Serafina precipitadamente , como si la hubieran 
causado nneva pena mis^ ultimas palabras : annqne fuarais tos el 
hombre mas vil del mundo » haria siempre lo que me dicta mi 
honor. Bien esté , seilora, répliqué : ya que la muerte de un her- 
mano no ha bastado é persuadiros que derrameis mi sangre , 
▼oy é cometer otro delito haciëndoos una ofensa, que tengo per 
cierto no me la perdonaréis : sabed , seftora , que os adoro : 
que desde el mismo punto en que yi vuestra hermosura qaedé 
hechizado ; y que , à pesar de la oscuridad de mi nacimiento , 
no perdia la esperanza de poseeros. Estaba tan ciegamente ena- 
morado , 6 por mejor decir Uegaba à un punto mi yanldad , que 
me lisonjeaba de que algun dia descubriria el cielo mi origen , 
y que este séria tal , que sin rergûenza podria manifestaros mi 
nombre. Despues de una declaracion que tanto os ultraja, ^serà 
posible que todavia no os résolvais à castigarme? 

Esa temeraria declaracion , replied la dama , en otro tiempo 
sin duda me ofenderia , pero la perdono é la turbacion en que 
OS veo ; fuera de que ni la situacion en que yo misma me hallo 
me permite dar oidos à las expresiones que proferis. Yuelvo à 
deciros » don Alfonso » aûadiô derramando algunas Ugrimas, que 
partais luego de aqui , y os alejeis de una casa que estais Il^iando 
de dolor : cada instante que os deteneis aumenta mis penas. Ya 
no resistOy seAora, répliqué levantandome, voy A alejarme de 
vos; pero no penseis que, cuidadoso de conservar una vida que 
OS es odiosa , vaya à buscar un asilo para defenderla. No , no , 
yo mismo quiero voluntariamente sacrificarme a vuestro dolor. 
Parto é Toledo , donde esperaré con impaciencia la suerte que 
vos me préparais : y entregàndome à vuestras persecuciones , 
anticîparé yo mismo de este modo el fin de todas mis desdichas. 

Retiréme al decir esto. Diéronme mi caballo , y parti en dere- 
chura A Toledo, donde me detuve de intento ocho dias, con tan 
poco cilidado de ocultarme , que verdaderamente no se como no 
me prendiéron ; porque no puedo créer que el conde de Polan , 
tan empefiado en tomarme todos los caminos, se olvidase de 
cerrarme el de Toledo. En fin, ayer sali de aquel pueblo, donde 
se me hacia intolerable mi propia libertad ; y sin fijarme ni aun 
proponerme destino ninguno determinado , Uegué A esta ermita 
con tanui serenidad como pudiera un hombre que nada tuviese 
que temer. Estos son , padre mio , los cuidados que me ocupan 
al présente; y ruégoos me ayudeis con vuestros consejos. 



LIBRO CUAHTO. 231 



CAPITULO XI. 

Quien era ei Tiejo ermitano , j como coaocio Gil Bias que se hallaba entre 

amigos. 

Luego que don Alfonso acabô la triste reladoji de sus infortu- 
nios y le dijo el ermitaAo : Hijo mto , mucha imprudencia fuë el 
haberos detenido tanto en Toledo. Yo miro con muy diferentes 
ojos que yos todo lo qne me habeis contado , y yuestro amor à 
Serafina me parece mia yerdadera locnra. Greedme à mi : no os 
cegueis : es menester olyidar k esa jôyen , pues no esta destinada 
para yos. Ceded yoluntariamente à los grandes estorbos que os des- 
yiaji de ella , y entregaos é yuestra estrella» lacual, segnn todas 
las seûales , os promete muy distintas ayenturas. Sin duda encon- 
traréis con alguna bella jôyen, que Ymk en yos la misma impre- 
sion , sin que hayais quitado la yida k ninguno de sus hermanos. 

Iba à decirle muchas cosas para exhortarle à la paciencia, 
coando yimos entrar en la ermita à otro ermitafk) cargado con 
Unas alforjas bien Uenas. Yenia deCuenca, donde habia recogido 
una limosna muy copiosa. Parecia mas mozo que su compafkero ; 
su barba era roja, espesa y bien poblada. Bien yenido, hermano 
Antonio , le dijo el yiejo anacoreta : ^qufr noticias nos traes de 
la ciudad? Bien malas, respondiô el hermano barbirojo : ese 
papel OS las diri ; y entregôle un billetecerrado en forma de carta. 
Tomôle el yiejo , y despues de haberle leido con toda la aten- 
don que merecia su contenido , exclamé : { Loado sea Dios ! 
Pues se ha descubierto ya la mecha , tomemos otro modo de 
yiyîr. Mudemos de estilo , prosiguiô , dirigiendo la palabra al 
jôyen caballero. En mi teneis un hombre con quien jnegan como 
con yos los caprichos de la fortuna. De Guenca, que dista una 
légua de aqui , me escriben han informado mal de mi à la jus- 
ticia , cuyos ministros deben yenir maftana à prenderme en esta 
ermita ; pero no encontrarén la liebre en la cama. No es la pri- 
mera yez que me yeo en este apuro ; y gracias à Dios casi siempre 
he sabido librarme con honra y desembarazo. Yoy à presentarme 
en otra nueya figura ; porque habeis de saber que , tal cual me 
yeis , no soy ermitafto ni yiejo. 

Diciendo y haciendo se desnudô del saco grosero que le lle- 
gaba hasta los pies : dejôse yer con una jaquetilla ô capotillo de 
sarga negra con mangas perdidas. Quitôse el capuz , desatô un 
sntil cordon , que sostenia su gran barba postiza , y ofredô a los 
ojos de los circunstantes un mozo de yeinte y ocho à treinta 
afios. £1 hermano Antonio , à su imitacion, hizo lo mismo : qui- 
tôse el hàbito y la barba eremidca , y sacô de una area yieja y 



232 GIL BLAS. 

carcomida una raida sotanilla, con qne se cobriA lo mejor que pado. 

1 Pero quien podrà concebir lo admirado y atônito que me quedé 
cuando en el viejo ermitaflo reconoci al sefior don Rafael , y en 
el hermano Antonio à mi fidelisimo criado Ambrosio de Lamela? 

2 Vire Diez ! exclamé al punto , sin poderme contener, que estoy 
en tierra amiga. Asi es, sefïor Gil Bias, dijo riendo don Rafael. 
Sin saber como ni cuando , te has encontrado con dos grandes y 
antiguos amigos tuyos. Confieso que tienes algun motive para 
estar quejoso de nosotros ; pero pelitos à la mar, olvidemos lo 
pasado , y demos gracias A Dies de que nos ha vuelto à jontar. 
Ambrosio y yo os ofrecemos nuestros servicios , que no son 
para despreciarlos. Nosotros A ninguno hacemos mal, A ninguno 
apaleamos , a ninguno asesinamos , y solamente queremos yivir à 
Costa agena. Agrégate A nosotros dos , y tendrAs una yida an— 
dante , pero alegre. No la hay mas divertida como se tenga un 
poco de prudencia. No es esto decir que , A pesar de ella , el en- 
cadenamiento de las causas segundas no sea tal A ?eces que no 
nos acarree muy pesadas ayenturas ; pero, en cambio , hallamos 
las buenas mejores ; y ya estâmes acostumbrados A la inconstan- 
cia de les tiempos y A las vicisitudes de la fortuna. 

SeAor caballero , prosiguiô el fingido ermitafto yolyiéndose à 
don Alfonso , la misma proposicion os hacemos A vos, que me 
parece no debeis despreciar en el estado en que presume os ha- 
liais; porqué ademas de la precision de andar siempre fugitive y 
escendido , tengo para mi que no estais muy sobrado de dinero. 
Asi es , dijo don Alfonso , y eso misme es le que aumenta mi 
pesadumbre. £a pues , repuse don Rafael , buen anime , no nos 
separemos les cuatro : este es el mejor partide que podeis to- 
mar. Nada os faltarA en nuestra compafiia , y nosotros sabrémes 
inutilizar todas las pesquisas y requisitorias de yuestros enemi- 
gos. Hemes corrido teda Espafta , y sabemos todos sus rincones, 
besques , matorrales , sierras quebradas , cuevas y escondrijes , 
abrigos segurisimos contra las brutalidades de la justicia. Agra- 
deciôles don Alfonso su buena yeluntad ; y hallAndose efectiva- 
mente sin dinere y sin recurso , determine ir en su compafiia ; 
tambien yo tome igual partide , per no dejar A aquel jôyen , a 
quien habia cobrade ya grande inclinacien. 

Cenyinimos , pues , todos cuatro en andar juntos y no sépa- 
râmes. Tratôse entônces sobre si marchariames en aquel misme 
punto , 6 nos dctendriamos primero A dar un tiento A una beta 
llena de exquisite vine que el dia anterior habia traido de 
Cuenca el hermano Antonio ; pero don Rafael , come mas expe- 
rimentade , fué de parecer que ante todas cosas se debia pensar 
en ponernos en salve ; y que asi era de sentir que caminasemos 
teda la neche para llegar A un besque muy espese que habia 
entre Villar del Saz y Almodovar, dende hariames alto, y libres 



UBRO CUARTO. 233 

de toda zozobra descansariamos el dia siguiente. Abrazôse este 
pareoer, y los dos ermitaûos acomodàron su ropa y demas pro- 
Tisiones en dos enToltorios , y equilibrando ei peso lo mejor 
que pudiéron los cargàron en el caballo de don Alfonso. Todo 
esto se ejecutô cod la mayor presteza y diligencia, y al instante 
nos pasimos en camino alejândonos de la ermita , y dejando por 
herencia à la justicia los dos sacos de ermitaûos , las dos barbas 
blanca y roja , dos tarimas , una mesa coja , un area medio po- 
drida, dos siUas de paja despeluzadas , y la estampa de san Pa- 
comio. 

AnduTimos toda la noche , y cuando estabamos ya muy ren- 
didos del cansancio , al despuntar el dia descubrimos el bosque 
à donde se encaminaban nuestros pasos. La yista de! puerto alegra 
y da Tîgor à los marineros fatigados de una larga navegacion : 
cobràmos ànimo , y Uegàmos por ultimo al fin de nuestra carrera 
entes de salir el sol : penetramos hasta lo interior del bosque , 
donde haciendo alto en un delicioso sitio, nos echàmos sobre la 
verde yerba de un espacioso prado , rodeado de corpulentas en- 
cinas , cuyas frondosas ramas , entretejiëndose unas con otras , 
negaban la entrada à los ray os del sol. Descargàmos el caballo , 
quitàjnosle la brida ^ y echàmosie é pacer por el prado. Sentà- 
monos , sacâmos de las alforjas del hermano Antonio algunos 
zoquetes de pan , muchos pedazos de carne asada, y como unos 
perros hambrientos nos abalanzàmos à ellos , compitiendo unos 
con otros en la presteza y en la gana de comer. Con todo eso 
obligabamos al hambre à que aguardase un poco , por los fre- 
cuentes abrazos que dabamos à la bota, que en moyimiento poco 
ménos que continuo estaba casi siempre en el aire , pasando de 
unas manos à otras. 

Acabado el almuerzo , dijo don Rafeiel à don Alfonso : Caba- 
- Hero , à vista de la confianza que vmd. me ba heclio , justo seré 
tambien que yo cuente la historia de mi yida con la misma since- 
ridad. Gran gusto me daréis en eso , respondiô el jôven. Y à mi 
grandisimo , aûadi yo , porque tengo ansia de saber yuestras 
aventuras , que no dudo serén dignas de oirse. Y como que lo 
son , replicô don Rafael ; lo han sido tanto , que pienso algun dia 
escribirlas : con esta obra hago ànimo de diyertir mi yejez , por- 
que en el dia todavia soy mozo , y quiero aftadir materiales para 
aumentar el yolùmen. Pero ahora estamos fatigados : récupéré- 
monos con algunas horas de suefto : miéntras dormimos los très , 
Ambrosio yelarà y harà centinela para evitar toda sorpresa ; que 
despues dormira ël y nosotros estarémos de escucha ; pues aun- 
que pienso que aqui nos hallamos con toda seguridad , nunca 
sobra la precaucion. Dicho esto se tendiô à la larga sobre la 
yerba; don Alfonso hizo lo mismo ; yo imité â los dos , y Lamela 
comenzô à hacernos la guardia. 



234 GIL BLAS. 

£i pobre don Alfonso , en vez de donnir, no hizo mas que 
pensar en sus desgracias. Por lo que toca à don Rafoel se quedô 
dormido inmediatamente ; pero despertô dentro de una hora , y 
yiéndonos dispuestos à oirle , dijo à Lamela : Amigo Ambrosio , 
ahora puedes tù ir à descansar. No , no , respondiô Lamela ; nin- 
guna gana tengo de dormir ; y annqne se ya todos los sucesos de 
yuestra vida , son tan instructiyos para las personas de naestra 
profesion , que tendre especial gusto en oirlos contar otra yez. 
Asi pues y comenzô don Rafael la historia de su yida en los ter- 
minos siguientes. 



>>■>•••»•■•> 



LIBRO QUINTO. 



CAPITULO I. 

Historia de don Rafael. 

Soy hijo de una comedianta de Madrid > famosa por su habili- 
dad , pero mucho mas por sus célèbres ayenturas. IJamébase Lu- 
einda. En cuanto à mi padre , no puedo sin temeridad asegurar 
quien fuese. Podia muy bien decir quien era el sugeto de distindon 
que cortejaba à mi madré al tiempo que yo nad , pero esta ëpoca 
no es prueba conyincente de que yo le debiese el ser. Las per- 
sonas de la clase de mi madré son por lo comun tan poco de fiar 
en este punto, que cuando se mnestran masindinadas à un seftor, 
le tienen ya prevenido algun sustituto por su dinero. 

No hay cosa como no hacer aprecio de lo que digan malas len- 
guas.Mimadre, en yez de darme à criar donde ningnno me cono- 
ciese, sin hacer misterio alguno me cogîa de la mano , y me 
lleyaba al teatro muy francamente, no dàndosele un pito de lo 
mucho que se hablaba de ella , ni de las folsas risitas que causaba 
solo el yerme. En fin , yo era su idolo, y la diyersion de cuantos 
Tcnian à casa , los cuales no se cansaban de hacerme mil fiestas. 
No parecia sino que en todos ellos hablaba la sangre à fayor mio. 

Dejàronme pasar los doce primeros aûos de mi yida en todo 
género de friyolos pasatiempos. Apënas me enseftàron à leer y 
escribir, y mucho ménos la doctrina cristiana. Solamente aprendi 
é cantar, bailar y tocar un poco la guitarra. À esto se reducia 
todo mi saber cuando el marques de Leganes me pidiô para que 
estuviese en compaûia de un hijo suyo ùnico , poco mas ô ménos 
de mi edad. Consintiô en ello Ludnda con mucho gusto ; y en- 



UBRO QUINTO. 285 

tÔDOes faë el tiempo en quecomenzë â ocuparme en algunacosa 
seria. £1 tal caballerito estaba tan adelantado como yo , y fiiera 
de eso no parecia haber nacido para las ciencias. Apénas conocia 
ana letra del abecedario^ sin embargo qne habia quince meses 
que tenia para esto un preceptor. Los demas maestros sacaban 
el mismo fruto de sus lecciones ; de modo que à todos les tenia 
apurada la paciencia. Es Tcrdad que â ninguno le era Ucito cas-> 
tigarle , antes bien A todos les estaba mandado expresamente le 
ensefiasen sin mortificarle : ôrden que , unida à la mala disposi- 
cion del seAorito para el estudio , hacia inùtil la enseilanza que 
se le daba. 

Pero al maestro de leer le ocurriô un bello medio para meter 
miedo al discipulo sin contravenir à la ôrden de su padre. Este 
medio fué azotarme à mi siempre que aquel lo merecia. No me 
gusto el tal arbitrio, y asi me escape, y fui é quejarme à mi ma- 
dré de una cosa tan injusta ; pero ella , aunque me queria mucho , 
tuTO ralor para resistir â mis Ugrimas; y considerando lo déco- 
roso y Tentajoso que era para su hijo el estar en casa de un mar- 
ques, me Tolyiô à ella inmediatamente; y hèteme aqui otra vez 
en poder del preceptor. Como este habia observado que su in- 
▼encion habia producido buen efecto , prosiguiô azotândome en 
lugar de hacerlo al seâorito ; y para qiie el castigo hiciese mas 
impresion en ël, me sacudia de firme; de modo que estaba se- 
guro de pagar diariamente por el jôven Leganes , pudiendo yo 
decir con toda verdad que ninguna letra del aliabeto aprendiô 
el hijo del marques que no me costase à mi cien azotes. Echen 
ustedes la cuenta del numéro é que ascenderian estos. 

No eran solamente los azotes lo que tenia que aguantar en 
aquella casa. Como toda la gente de ella me conocia , los criados 
inferiores , hasta los mismos marmitones , me echaban en cara â 
cada paso mi nacimiento. Esto llegô à aburrirme tanto , que un 
dia hui, despues de haber tenido mafia para robar al preceptor 
todo èl dinero que tenia, el cual podia ser como nnos ciento y 
cincuenta ducados. Tal fué la yenganza que tome de las injustas y 
crueles zurras con que su merced me habia favorecido, y creo 
que no podia tomar otra que le fnera mas sensible. Este juego de 
manosle supe hacercon tanto primor y sutileza, que aunque fiié 
mi primer ensayo , dejé burladas cuantas pesquisas se hiciëron 
dos dias para saber quien habia sido el raterillo. Sali de Madrid 
y Ileguè à Toledo , sin que ninguno fuese en mi seguimiento. 

Entraba entônces en mis quince aflos. ;Gran gusto es hallarse 
un hombre en aquella edad con dinero, sin sujecion à nadie, y 
duefio de si mismo ! Hice presto conocimiento con dos mozuelos 
que me hiciéron listo , y ayudéron à comer mis cien ducados. Jun- 
tëme tambien con cîertos caballeros de la garra , los cuales culti- 
vàron tan felizmeote mis buenas disposiciopes naturales , que en 



236 GIL BLAS. 

poco tiempo Uegnë à ser uno de los mas ricos caballeros de sv 
orden. 

Al cabo de cinco aftos se me pnso en la cabeza el viajar y ver 
tierras.Dejé é mis cofrades, y qneriendo dar principioà mîsca- 
ravanas por Extremadura, me dirigi  Alcantara; pero antes de 
entrar en el pueblo halle una bellisima ocasion de ejercitar mis 
talentos , y no la dejé escapar. Cômo caminaba â piè , y cargado 
con mi mochila , que no pesaba poco , me scaitaba à ratos à des- 
cansar à la sombra de los àrboles que estaban à orillas del ca- 
mino, Una de estas reces me encontre cou dos mozos, àmbos 
hijos de gente de forma , los cuales estaban en alegre conyersa- 
cion al fresco en un yerde prado. Saludélos con mucha cortesia, 
lo que me pareciô no baberles desagradado , y con esto entablà- 
mos luego conversacion. £1 de mas edad no llegaba é quince 
afios , y ambos eran muy sencillos. SeAor caminante , me dijo el 
mas jôyen , nosotros somos hijos de dos ricos ciudadanos de Pla- 
sencia : nos cntrô un gran deseo de ver el reino de Portugal » y para 
conteiitarlo cada uno hurtô cien doblones é su padre. Caminamos 
é pié para que nos dure mas el dinero , y podamos asi ver mas 
provincias. iQuè le parece à vmd? Si yo tuviera tanta plata, les 
respond! , Dios sabe à donde iria à dar conmigo. Recorreria con 
ël las cuatro partes del mundo. ; A donde vamos & parar ! ; dos- 
cientos doblones! £s una suma de que nunca se vera el fin. Silo 
teneis à bien , hijos mios , aûadi , yo os acompaûarë hasta la villa 
de Almoharin, é donde voy à recibir la herencia de un tio mio 
que muriô despues de haber vivido alli el espacio de veinte aAos. 
Respondiéronme los dos mozos que tendrian el mayor gusto en 
ir en mi compaAia. Con esto , despues de haber descansado un 
poco todos très , marchàmos juntos à Alcantara, donde entrâmos 
mucho antes de anochecer. 

Alojàmonos todos en un meson , pedimos un cuarto , y nos dié- 
ron uno donde habia un armario que se cerraba con Have. Diji- 
mos que se nos dispusiese de cenar, y mièntras propuse à mis 
compafieritos si gustaban que saliésemos à dar una vuelta por el 
pueblo. Agradôles mucho la proposicion; guardàmos nuestros 
hatillos en el armario, cerràmoslos, y uno de los dos jôvenes 
guardo la Have en la faltriquera. Salimos del meson , fuimos à ver 
algunas iglesias , y estando en la principal » fiugi de pronto que 
me habia ocurrido un ncgocio de importancia , y asi dije : Queri- 
dos , ahora me acuerdo de que un amigo de Toledo me encargô 
dijese de su parte dos palabras à un mercader que vive cerca de 
esta iglesia : esperadme aqui, que voy y vuelvo en un momento. 
Diciendo esto me aparté de ellos. Yuelvo à la posada , voimc de- 
rccho al armario , quebranto lacerradura , registro sus mochilas , 
y encuentro sus doblones. {Pobres nifios! Robéselos todos, sin 
dejarles siquiera uno para pagar el piso de la posada. Hedio esta 



LIBRO QUINTO. 237 

sali prontamente del pueblo, y tome el camino de Mérida, sin 
darme caidado de lo qae dirian ni harian las inocentes criaturas. 

Pttsome este lanoe en estado de poder caminar con mas como- 
didad. Âunque tenia pocos aftos me sentia capaz de portarmecon 
juicio, y puedo decir que estaba suficientemente adelantado para 
aquella edad. Determine comprar una mula ; como lo bice efecti- 
vamente en el primer lugar donde la encontre. Converti la mo- 
chila en una maJeta, y empezé à hacerme algo mas el hombre de 
importancia. A la tercera Jornada encontre en el camino à un 
hombre que iba cantando yisperas à grandes yoces. Desde luego 
conoci que era algun sochantre. Animo , le dtje , seûor bachiller , 
y vaya ymd. adelante , que lo canta de pasmo. Caballero , me res- 
pondio , soy cantor de una iglesia, y quiero ejercitar la voz. 

De esta manera entràmos en conversaeion , y no tardé en cono- 
cer que me haUaba con un hombre mny divertido y agudo. Ten- 
dria como de yeinte y cuatro à yeinte y cinco aûos , y como él iba 
â piè y yo à caballo , de propôsito refirenaba la mula para ir à su 
paso por el gusto de oirle. Hablàmos entre otras cosas de Toledo. 
TeDgo bien conocida aquella ciudad » me dijo el cantor : he estado 
eu ella muchos aûos , y tengo alli algunos amigos. 4 Y en que calle 
vivia ymd.?le interrumpi. En la calle Nueya, respondiô, donde 
vivia con don Vicente de Buenagarra y don Matias del Cordel, 
otros dos 6 très honrados caballeros. Uabitabamos y comiamos 
juntos, y lo pasabamos alegremente. Sorprendime al oirle estas 
palabras, porque los sugetos quecitaba eran los mismos caballe- 
ros de la garra que en Toledo me habian recibido en su nobilisimo 
ôrdeo. Seftor cantor , exclamé entônces , esos ilustrisimos se&ores 
son muy conocidos mios , porque yivimos juntos en la misma 
calle Nueya« Ya os entiendo , me respondiô S(Miriéndose ; eso es 
(iecir que entràsteis en la ôrden très aûos despues que yo sali 
de ella. Dejë la compafiia de aquellos caballeros , prosegui, por- 
que se me puso en la cabeza el viajar y yer mundo. Pienso an- 
dar toda Espafia, y sîn duda yaldré mas cuando tenga mas 
oxp^iencia. ; Acertado pensamiento! dijo el cantor : para perfec- 
cionar el ingenio y los talentos no hay mejor escuela que la de 
▼iqar. Por hi misma razon dejé yo k Toledo , aunque nada me 
i^ltaba en aquella ciudad. Gracias à Dios que me ha dado à cono- 
<^r à un caballero de mi ôrden cuando ménos lo pensaba. Una- 
nH>no8 los dos ,. caminemos juntos , hagamos una liga ofensiva y 
defensiva contra el bolsillo del prôjimo, y aprovechemos todas 
^ ocasiones que se ofrezcan de mostrar nuestra habilidad. 

Dijome esto con tanta firanqueza y gracia, que desde luego 
^cpté la proposicion. En el mismo punto grangeô toda mi con- 
fenza y yo la suya. Abrimonos reciprocamente el pecho , con- 
^mesu historia, y yo le dije mis aventuras. Confiôme que yenia 
^^ Portalegre , de donde le habia hecho salir cierto lance malo • 



238 GIL BLAS. 

grado por an oontratiempo , obligéndole é ponerse en salvo pre- 
cipitadamente bajo el traje de sopista en que le vela. Luego que 
me infonnô de todos sus asuntos , determinémos dirigimos à M é- 
rida à (irobar fortuna , y yer si podiamos dar alli ongolpe maes- 
tro , y despues marchar é otra parte. Desde aqnel instante se hi- 
ciéron comunes nuestros bienes. Es yerdad que Morales , asi se 
Ilamaba mi nuevo compaftero » no se ballaba en may brillante 
situacion. Todo su haber consistia en cinco 6 seîs ducados , j en 
alguna ropa que llevaba en la mochila ; pero si yo estaba macbo 
mejor que éi en dînero , en récompensa él estaba macho mas 
adelantado que yo en el arte de engaftar A los hombres. Monta- 
bamos los dos alternatiyamente en la mula, y de esta manora lie- 
gàmos en fin é Mërida. 

Apeémonos en un meson del arrabal : Morales se puso otro 
yestido que sacô de su mochila , y fiiimos a andar por la dudad 
para descubrir terreno, y yer si se nos presentaba algan buen 
lance. Considerabamos muy atentamente cuantos objetos se ofre- 
cian à nuestra vista. Nos pareciamos , como hubiera dicho Ho- 
mero, é dos milanos , que desde lo mas alto de las nubes tienen 
fijos los ojos en la tierra , asechando todos los rincones por ver 
si atisban algunos poUuelos para lanzarse sobre elles. Estabamos 
en fin esperando à que la casualidad nos trajese é la m^o alguna 
ocasion de ejercitar nuestra habilidad , cuando yimos en la calle 
un caballero bastante canoso , el cual , firme con la espada en la 
mano, se defendia contra très que le Ueyaban à mal traer. Cho- 
corne infinite la desigualdad del combate ; y como soy natural- 
mente espadachin acodi corriende con mi espada à ponerme al 
lado del caballero, cuyo ejemplo imité Morales, y en brève 
tiempo pasimos en vergonzosa ftiga à los très enemigos que tan 
villanamente le habian acometido. 

Diônos el anciano an millon de gracias. Respondimosle cor- 
tesmente que habiamos celebrado en extreme la dichosa casuali- 
dad que tan oportunamente nos habia propercionado aquella 
ocasion de servirle , y le suplicàmos nos confiase el motive que 
habian tenide aquelles hombres para querer asesinarle.Seâores, 
nos respondiô, estey muy agradecido à vucstrageneresaaocion, 
y no puedo negarmeà satisfiacer vuestra curiesidad. Yo mellamo 
Gerônime Miajadas ; soy vedne de esta ciudad , donde vive de 
mi hacienda. Une de los très asesinos , de que ustedes me han 
librade , esté enamorado demi hija, y me la pidiô per medio de 
être sugete , y perque ne le di mi censentimiento , vino à ven- 
garsede mi con espada en mano. ^ Y se podré saber , le répliqué 
yo, per quérazen negô vmd. suhija al ta! caballero? Vôisela â 
decir é vmd., me respendiô. Tenia yo un hermano comerciante 
en esta ciudad , llamade Agustin , que hace des meses estaba en 
Calatrava alojado en casa de Juan Vêlez de la Membrilla , su cor- 



LIBRO QUINTO. 239 

responsal. Eran los dos intimos amigos; pidiôle Juan Yelez mi 
imica hija Florentina para su hijo , con el fin de estrechar mas y 
mas la union éintereses de las dos familias. Prometiôsela mi her- 
mano, no dudando, por el cariâo que nos teniamos los dos, que 
JO ratificaria su promesa. Asi lo hice , porque apënas volviô 
Agusûn à Mérida, y me propnso esta boda, cuando consenti en 
ella por darle gusto , y no desairar su palabra. Enviô el retrato 
de Florentina é Calatraya ; pero el pobre no pudo ver el fin de su 
uegociacîon porque se le llevô Dios très semanas ha. Poco Antes 
de morir me pidiô encarecidamente que no casase à mi hija con 
otro que con el hijo de su corresponsal. Ofreciselo asi , y este 
es el motivo porque se la negué al caballero que acaba de aco- 
meterme, aunque era un partido muy ventajoso para mi casa. Yo 
soy esdayo de mi palabra : por instantes estoy esperando al hijo 
de Juan Vêlez de la M embrilla para que sea yerno mio , aunque 
jamas le he visto à él ni à su padre. Perdonen ustedes si les he 
cansado con relacion tan prolija , lo que no hubiera hecho à no 
haber querido ustedes mismos saberla. 

Ëscuchéle con la mayor atencion , y adoptando el extrafio pen- 
samiento que de repente me ocurriô , aiectè quedar del todo 
asombrado. Alzé los ojos al cielo , y yoWiendome hàcia el buen 
viejo , le dije en tono patético : i Es posible , seûor Gerônimo 
MiajadaSy qae al momento de entrar yo en Mérida haya tenido 
la fortuna de salvar la vida à mi venerado suegro 1 Estas pala- 
bras causâron en el viejo grande admiracion , y no fué menor 
la que produjèron en Morales, el cual, en el modo de mirarme, 
ne di6 à entender que yo le parecia un gran tunante. i Que es 
lo que me dices? respondiô lleno de gozo el aturdido yiejo. 
;Es posible que tu seas el hijo del corresponsal de mi hermano? 
Si , sefior , le respond! con desembarazo , y abrazàndole estre- 
chamente prosegui diciëndole: Si, seftor, yo soy eldichoso mortal 
para quîen esta destinada la amable Florentina ; pero antes de 
manifestaros el gozo que me causa la honra de enlazarme con 
Tnestra ilustre fomilia , dadme licencia para que desahogue el 
sentimiento que renueya en mi la duke memoria del sefior 
Agustin yaestro hermano : séria yo el hombre mas ingrato del 
mundo si no Uorase amargamente la muerte de aquel à quien 
siempre me confesaré deudor de la mayor felicidad de mi yida. 
Dicho esto yolyi à dar un abrazo al buen Gerônimo, saqué el 
paftuelo , é hice como que me enjugaba las làgrimas. Morales , 
qae desde luego conociô lo mucho que nos podia yaler aquel 
enibuste, quiso tambien ayudarme por su parte. Fingiôse criado 
Biio, y comenzô à dar muestras de mayor sentimiento que el 
que yo habia mostrado por la muerte del sefior Agustin , diciendo 
inny lastimado : ] Ah, sefior Gerônimo ! iy que pèrdida ha hecho 
vmd. perdiendo à su querido hermano ! Era un hombre muy de 



240 GIL BLAS. 

bien, el fénîx de los comerciantes , un mercader desinteresado , 
un mercader de buena fe , un mercader de aquellos que no se 
ven hoy. 

Tratàbamos con un hombre tan sencillo como crèdalo , que , 
léjos de sospechar le engaftabamos , él mismo nos ayudaba à 
Ilevar adelante nuestro enredo. Y bien , me preguntô , ij por- 
quë no viniste derechamente à apearte à mi casa? ^Â que fin 
irte é meter en un meson? Entre nosotros ya estân de mas los 
cumplimientos. SeAor , respondiô Bloralcs , tomando la palabra 
por mi, mi amo es algo ceremonioso; liene este defccto, y me 
disculparé que yo se lo afée : fuera de que en cierta manera es 
disculpable en no haberse atrevido à presentarse en vuestra casa 
en el trage en que le yeis. Nos ban robado en el camino , y los 
ladrones nos dejàron despojados de toda la ropa. Dice la ver- 
dad este mozo, sefior de Miajadas , le interrumpi yo : ese es el 
motiyo porque no me fui en dercchura à vuestra casa. Tenia 
yergiienza de presentarme en tan pobre equipage ante una sefîo- 
rita à quien jamas habia yisto , y para hacerlo con la decencia 
que era razon, estaba esperando la yuelta de un criado que 
he despachado à Calatraya. No admito la excusa, repuso el 
yiejo : ese accidente no debiô detenerte para servirte de mi 
casa ; y desde aqui mismo quiero que vayas à ser dueûo de 
ella. 

Dicicndo esto, él mismo me cogiô de la mano para guiarme , 
y por el camino fuimos hablando del robo, y dije que todo ello 
me importaba un bledo , y que solo habia sentido me quitasen 
el retrato de mi amada sefiorita Florentina. Respondiome el 
seftor Ger6nimo, sonriéndose, que presto me consolaria de esta 
pérdida, porque el original valia mas que la copia. Con efecto , 
luego que llegàmos à su casa hizo llamar à la hija, que solo con- 
taba diez y seis aâos , y podia pasar por una persona perfecta. 
Aqui teneis, me dijo, à la persona que os pronletiô su tic mi 
diÀmto hermano. ; Ah, sefior ! exclamé yo entônces en aire de 
apasionado , no hay necesidad de decirme que es la amable 
se&orita Florentina. Sus hechiceras facciones estin grabadas en 
mi mcmoria , y mucho mas en mi amante corazon. Si el retrato 
que perdi , y era solo un bosquejo de sus mas que humanas 
perfecciones , supo encender mil hogueras en mi enamorado 
pecho, figuraos lo que ahora pasarà dentro de mi , teniendo à 
la yista el original. SeAor , me dijo Florentina , son demasiado 
lisonjeras vuestras exprcsiones, y no soy tan yana que créa me- 
recerlas. No hagas caso de lo que dice mi hija, me interrumpio 
su padre, y ye adelante con esos bellos cumplimientos. Diciendo 
esto me dejô solo con su hija, y asiendo de la mano à Morales 
se fué à otrocuarto conél, y le dijo : ^Conque al fin os robàron 
toda yuestra ropa , y con ella es cosa muy natural que tambien 



LIBRO QUINTO. 241 

se neyasen todo yuestro dinero, que es^ por donde Biempre em- 
piezan ? Si, neuov^ respondiô mi camarada : asaitônos una cna- 
drilla de bandoleros junto é Castilblanco, y no nos dej6 mas que 
el yestido que traemos à cuestas ; pero estâmes esperando por 
momentos letras de cambio para equipamos con la decencia que 
es razon. 

Entre tanto que yienen esas letras, replicô el anciano sacando 
an bolsillo y alargéndoselo, ahi yan esos cien doblones, de que 
podréis disponer. { Jesus, seftor ! replicô Morales ; perdôneme 
sa mercedy que yo no lo puedo rccibir, porque estoy cierto que 
me regaflarà mi amo , y quizà me despedirà. \ Santo Dios ! to* 
dayia no le conoce ymd. bien. Es delicadisimo en esta materia. 
Nanca faé de aquellos hijos de familia que estàn prontos à tomar 
de todas manos ; no le gusta à pesar de sas pocos afios contraer 
deudas» y antes pedirâ limosna que tomar prestado ni un solo 
marayedi. Tanto mejor » dijo el buen hombre , ahora le estimo 
macho mas. Yo no puedo Ueyar con pacienda que los hijos de 
gente honrada contraigan deudas ; eso se deja para los caba-- 
UeroSy los cuales estén ya en antigua posesion de contraerlas. 
Por tanto yo no qaiero estrechar à tu amo, y si le desazona el 
que le ofrezcan dinero, no se hable mas en el asunto. Diciendo 
esto quiso yolyer i meter en la foltriquera el bolsillo ; pero de- 
tenièndole el brazo mi compaflero, le dijo : Tenga ymd., sefior, 
que ahora mismo me ocurre un pensamiento. £s cierto que mi 
amo tiene una grandisima repugnancia à tomar dinero ageno ; 
pero no descpnfio de hacerle admitir yuestros cien doblones : 
todo qaiere mafia. Una cosa es pedir dinero prestado à los ex- 
irafk>s, y otra es recibirle cuando yoluntariamente se lo ofirece 
ano de la familia ; y sabe may bien pedir dinero à su padre 
coando lo ha mraester. Es un mozo que, como ymd. ye, sabe 
distinguir de personas , y hoy considéra à su merced como à 
segondo padre. 

Coo esta y otras semejantes razones se diô por conyencido 
el baen yiejo : alargô el bobillo à Morales , y yolyiô à donde 
estabamos su hija y yo haciéndonos çumplimientos , con lo que 
interrumpiô nuestra conyersacion. Informo & su hija de lo may 
obligado que me estaba ; y sobre esto se desahogô en expre- 
siones que me hici^ron no dudar de su gran reconocimiento. No 
malogré tan fayorable ocasion , y le dije que la mayor prueba 
de agradecimiento que podia darme era el acelerar mi union 
con su hija. Rmdiôse con el mayor agrado & mi impacienda, 
y me empeftô su palabra de que à mas tardar dentro de très 
dias séria esposo de Florentina; y aun afiadiô que , en lugar de 
los seis mil ducados que habia ofrecido por su dote , daria diez 
mil p»a manifesuirme lo agradecido que estaba al seryicîè que 

yo le habia hedio. 

16 



243 GILBLAS. 

Estabemos Morales y yo bien regahdos ea easa dd baen 
Gerônimo de Miajadas, viyiendo alegrteimos con b prôxiina 
esperanza de embobarnos no ménoa qoe diez mU docados , y 
con inimo resueho de retirarnos prontamente de Mèrida con 
ellos. Torbaba sin embargo algun tanto esta alegria el rezdo de 
que dentro de aqaeDos très dias podia parecer el verdadero 
hijo de Joan Velez de la MembriDa^ y dar en tierra con nuestra 
aofiada felicidad. El resoltado acreditô qne no era mal fdndado 
nuestro temor. 

Llegô al dia siguiente à casa del padre de Florentina una e»- 
pecie de aldeano , que traia una maleta : no me hallaba yo en 
casa à la sazon, pero estaba en ella Morales. Sefior^ dijo el hombre 
al bnen yiejo, soy criado del caballero de Calatraya que ha de ser 
Yuestro yerno; quiero decir, del seftor Pedro de la Membrilla; 
acabamos ahora de llegar los dos , y él estarà aqui dentro de 
un momento ; yo me he adelantado para ayisàrselo à su merced. 
Apénas acabô de dedr esto , cuando llegô su amo » lo que sor- 
prendiô mucho al Tiejo, y turbô algo à Marales. 

Este seftor noYio , que era un mozo airoso y de los mas bien 
formados , dirîgiô la palabra al padre de Florentina; pero el 
buen sefior no le dejô acabar su salutacion » entes Yolviéndose 
à mi compafiero, le dijo : Y bien, ;qné quiere dedr esto? En- 
tônces Morales , à quien ninguna persona del mundo aventajaba 
en descaro , tomando un aire desembarazado , respondià pron- 
tamente al yiejo : Seftor, esto quiere decir queesos dos hombres 
son de la cuadrîUa de los ladrones que nos robiron en el ca- 
mino real. Conôzcolos à entrambos bien , pero particularmente 
al que tiene atrevimiento para fingirse hijo del seftor Juan Velez 
deb Membrilla.El yiejo creyô sin dudar à Morales, y persuadido 
de que los dos forasteros eran unos bribones, les dijo : Sefiores, 
ustedes ya llegan muy tarde, porque hay quien se ha anticipado; 
el seftor Pedro de la Membrilla esta hospedado en mi casa desde 
ayer. Mire ymd. lo que dice , le replicô el mozo de Gabtraya , 
sepa que le engaftan y que tiene en su casa A un impostor. Mi 
padre el seftor Juan Velez de la Membrilla no tiene mas hijo 
que yo. À otro perro con ese hueso , respondiô el yiejo; yo se 
muy bien quien ères tù. ^No conooes à este mozo, seftalando à 
Morales, A cuyo amo roUste en el camino de Calatraya? jComo 
robar ! repuso Pedro : à no estar en yuestra casa le cortaria las 
orejas à ese desyergonzado que tiene la însolencia de tratarme 
de ladron. Agradezca à ynestra presencia, cuyo respeto reprime 
mi justa ira. Seftor, continué él, yuelyo à deciros que os engaftan : 
yo soy el mozo à quien el seftor Agustin su hermano prometiô h 
hija de ymd. i Quiere que le ensefte todas las cartas que 61 escribiô 
à mi padre cuando se trataba este matrimonio? ^Créera ymd. al 
retrato de Florentina que me enyiô él poco antes de su muerte. 



LIBRO QUINTO. i43 

No , replicô el yiejo , el retr^to no me bare mas fiierea que 
las cartas ; estoy bien enterado del modo con que cayô en tus 
manos ; y el consejo mas caritativo qoe te pueido dar es que 
cuanco intes saigas de Mérida para librarte del castigo que me- 
receo tos semejantes. Eso ya es demasiado» interrumpiô el ultra- 
jado mozo : no aguantaré jamas que me roben impunemente mi 
nombre, ni mudio ménos que me bagan pasar per salteador de 
caminos. Gonozco i varies sugetos de esta ciudad ; yoy à bus- 
carlos 9 y yolveré con ellos à confundir la impostura que tan 
P'eocapado os tiene contra ml. Bicbo este se retiré con su criado, 
; Mondes quedô triun&nte. Esta misma aventura impeliô i Ge- 
rônimo de Miajadas à determinar que se efectuase la boda con 
la mayor brevedad, à cuyo fin saliè â hacer las diligencias. 

Aunqae mi compaûero estaba muy alegre yiendo al padre de 
Florentina tan favorable k nuestro intente , con todo no las te- 
nia todas oonsigo. Temia las consecuencias de les pasos que 
jozgaba , con razon , no dejaria el seftor Pedro de dar , y me es- 
peraba con impaciencia para informarme de todo lo que pasaba. 
Encontréle sumamente pensativo, y le dije: ^Qué tienes, amigo? 
parëceme que tu imaginacion esté ocupada en grandes cosas. Y 
como que lo esta , me respondiô , y al mismo tiempo me refirio 
U>do le que habia pasado , afiadiendo al fin : Mira abora si tenia 
fimdamento para estar pensativo. Tu temeridad nos ha metido 
en estes atolladeros. No puedo negar que la empresa era fame- 
. sa , y te bubiera cohnado de gloria como saliera bien ; pero segun 
todas las seâales tendra mal fiii ; y soy de parecer que antes que 
se descubra el enredo pongamos les pies en polvorosa , conten- 
tindonos con la pluma que bemos arrancado de la ala de este 
buen pave. 

Sefior Morales , le répliqué , no hay que apresuramos : vmd. 
cede C&cilmente i las dificultades , y bace muy poco honor à don 
Matias del Gordel , y àlos demas caballeros de laôrden con quie- 
^ ba vivido en Toledo. Quien aprendiô en la escuela de. tan 
insignes maestros no debe entrar en cuidado con tanta facilidad. 
Yo , que quiero seguir las buellas de estes béroes , y acreditar 
que soy digne discipulo de su escuelà , bago frente à ese obstâ- 
calo que tanto te espanta , y me oblige à desvanecerle. Si lo con- 
signes, repuso mi camarada, desde luego declararè que superas 
i todos los varenes ilustres de Plutarco. 

Al acabar de bablar Morales, entrô Gerénimo de Miajadas , 
y nie d\jo: Acabo de disponerlo todo para tu boda: esta noçhe 
seras ya yemo mio. Tu criado te habrà contado lo sucedido : ^què 
me dices de la infamia de aquel bribon que me queria embocar 
<pie era hijo del corresppnsal de mi hermano? Estaba Morales 
<^<iadeso de saber como saldria yo de este aprieto : y no qUedô 
poco sorprendido de oirme, cuando, mirando tristemente é Mia- 



244 GIL BLAS. 

jadas , le respondi con la mayor sinceridad : Seftor , de mi de- 
penderia manteneros en yaestro error, y aproyecharme de él; 
pero conozco qae no he nacido para sostener una mentira , 7 
asi quiero hablaros con toda yerdad. Confieso que no soy bijo 
de Juan Yelez de la Membrflla. [ Que es lo que oigo ! interrum- 
pi6 precipitadamente el yiejo entre colérico y sorprendîdo. ^Pues 
que, no sois y os el mozo A quien mi hermano... Sosiéguese ymd., 
sefior ', le interrumpl yo tambien : y ya que empezë una narra- 
cion fiel y sincera , siryase oirme con paciencia hasta conclnîrla. 
Ocho dias ha que amo ciegamente à yuestra hija, y su amor es 
el que me ha detenido en Mérida. Ayer , despnes que acudi à 
yuestra defensa , pensaba pedirosla por esposa ; pero me tapés- 
teis la boca con decirmé que estaba ya prometida à otro. Al mis- 
mo tiempo me dijisteis que al morir yuestro hermano os habia 
encargado eficazmente que la casaseis con Pedro de la Membri- 
lia ; que asi se lo ofrecisteis , y que en fin érais esclayo de yues- 
tra palabra. Consiernado de oiros , y reducido mi amor é la des- 
esperacion , me inspiré la estratagema de que me he yalido. Os 
dire sin embargo que mil yeces me he aycrgonzado en mi 
interior de esta cautela ; pero me persuadi de que yos mismo me 
la perdonariais , luego que llegaseis i saber que soy un principe 
italiano que yiajo incoamto. Mi padre es soberano de ciertos ya~ 
Hes que estân entre los Suizos , el Milanes y la Saboya. Y aun 
me imaginaba que os sorprenderia agradablemente cuando os 
reyelase mi nacimiento : y desde entônces me recreaba en pensar 
el gozo que causaria à Florentina el saber , despues de haberme 
desposado con ella , el fino y discreto chasco que le habia dado. 
El cielo no quiere , prosegui mudando de tono , que yo tenga 
lanto placer. Pareciô el yerdadero Pedro de la Membrilla: debo 
réstituirle su nombre , cnèsteme lo que me oostare. Yuestra pro- 
mesa os obliga é recibirle por yerno. Lo siento sin poder que- 
jarme: pues debeis preferirle à mi , sin reparar en mi alta clase, 
ni en la cruel situacion-à que vais à reducirme. No quiero 
representaros que yuestro hermano no era mas que tio de Flo- 
fentina, y que yos sois su padre: que pareœ mas puesto en 
razon corresponder à la obligacion que me teneis , que hacer 
punto en cumplir oira , la cual à la yerdad os liga muy leyemente. 
iQnè duda tiene eso? exclamé el buen Gerénimo de Miajadas. 
Es una cosa muy clara ; y asi estoy muy léjos de yacilar entre 
yos y Pedro de la Membrilla. Si yiyiera mi hermano Agustin, él 
mismo desaprobaria que prefiriese el tal Pedro i un hombre que 
mesalyé la yida , y que ademas de eso es un principe que quiere 
honrar mi familia con tan no merecida como nunca imaginada 
alianza. Séria predso que yo fuese enemigo de mi fortuna , 
é hubiese perdido el juicio , para que os negase mi hija , y no 
solicitase todoi lo posible la mas pronta ejecucion de este matri- 



LIBRO QUINTO. 245 

monio. Con todo eso , seAor , répliqué yo ^ no qutsiera que rmd. 
partiese con precipitacion : no haga nada sin deliberarlo con ma- 
durez: atienda solo à sus intereses; y sin respeto é la nobleza 
de mi sangre... Os burlais de mi, interrumpiô Miajadas. ^Debo 
yacilar an momento? No, principe mi<^ , y os ruego que desde 
esta misma noche os digneis honrar con vuestra mano é la di- 
chosa Florentina. En hora buena » le respondi. Id vos mismo à 
darle esta noticia , y à informaria de su yenturosa suerte. 

Miéntras el buen hombre iba à dar parte é su hija de la con- 
quista que habia hecho su hermosura , no ménos que de un gran 
principe , Morales , que habia estado oyendo toda la conversa- 
don , se arrodillô de repente delante de mi , y me dijo : Seûor 
principe italiano , hijo del soberano de los yalles que estàn en- 
tr^ los Suizos , el Milanes y la Saboya, permitame V. A. me ar- 
roje é sus pies para darle prueba de mi alegria y de mi pasmosa 
admiracion. Afbie bribon que ères un prodigio. Teniame yo 
por el mayor hombre del mundo ; pero, hablando francamente, 
anio bandera i yista de tu pabellon , sin embargo de que tienes 
ménos experiencia que yo. Seguneso» le respondi, ^yanotiénes 
miedo? Cierto que no , replicô él. No temo ya al seûor Pedro: 
que yenga ahora su merced cuando quisiere. Y hétenos aqui à 
Morales y i mi mas firmes en nuestros estribos, Gomenzâmos à 
discorrir sobre el camino que habiamos de tomar asi que reci- 
biesemos la dote , con la cual contabamos con mas seguridad que 
si la tuyieramos ya en el bolsillo. Sin embargo todayia no ]a 
habiamos pOlado , y el fin de la ayentura no correspondiô muy 
bien à nuestra confianza. 

Poco tiempo despues yimos yenir al mocito de Calatraya. Acom-< 
paâébanle dos yccinos y un alguacil tan respetable por sus bi- 
gotes y por su tez amulatada como por su empleo. Estaba con 
uosotros el padre de Florentina. Seûor Miajadas , le dijo el tal 
mozo, aqui os traigo à estos très hombres de bien que me co- 
nocen , y pueden decir quien soy. Si por cierto, dijo el alguacil , 
y declaro ante quien conyenga como yo te conozco muy bien , 
te llamas Pedro , y ères hijo ùnico de Juan Yelez de la Membrilla. 
Cualquiera que se atreya à decir lo contrario es un solemnisimo 
embastero. Seftor alguacil, dijo entônces el buen Gerônimo Mia- 
jadas, yo le creo à ymd.: para ml es tan sagrado yuestro testi- 
monio como el de los seAores mercaderes que yienen en yuestra 
compaflia. Estoy del todo conyencido de que este caballerito que 
los ha conducido à mi casa es hijo ùnico del corresponsal de mi 
difunto hermano. ^Pero que me importa? He mudado de dicti- 
men, y ya no pienso darlc mi hija. 

Ohl eso es otra cosa, dijo el alguacil: yo solo he yenido à 
yuestra casa para aseguraros que conocia à este hombre ; por lo 
que toca à yuestra hija , vos sois su padrc , y ninguno os puede 



346 GIL BLAS. 

obligar k casaria contra yaestra Tolantad. Tampoco prétende yo, 
interrompiô Pedro » forzar la voluntad del sefior Miajadas, que 
paede disponer de go hija como tenga por coDTeniente ; pero de- 
searia saber por que razon ha yariado de parecer: ^tiene algun 
motiyo para quejarse de mi? | Ah I ya que pierdo la dulce espe- 
ranza de ser sq yemo , quisiera tener el consuelo de saber que 
no la perdi por culpa mia. No tengo la menor queja de tos, res- 
pondi el yiejo , antes bien qs confesaré que siento yenne obli- 
gado à faltar à mi palabra , y os pido mil perdones. Vos sois tan 
generoso que me persuado no IIeyar6i8 é mal que yo haya pre- 
ferido é yos un pretendiente A quien debo la yida. Este es el ca- 
ballero que yeis aqut: este seflor , prosiguiô sefiaMndome, es d 
que me salyô de un gran peligro , y para mayor disculpa mia , 
debo aftadir que es un prfaicipe italiano , que , à pesar de la desi- 
gualdad de nuestra dase , se digna enlazar con Florentba , de la 
cual esta enamorado. 

Al oir esto Pedro se quedô mudo y confuso , y los dos mer^ 
caderes abriendo tanto ojo quediron como absortos; pero el al- 
gnacil y como acostumbrado A mirar las cosas por el mal lado , 
sospechô que detras de aquella extraordinaria ayentura se ocul- 
taba algun enredo que le podia yaler algunos cuartos. Empezà à 
mirarme con la mas escrupulosa atencion , y como mb fiBicciones , 
que nunca habia yisto , ayudaban poco à su buena yoluntad , se 
yolyid à examinar à mi camarada con igual curiosidad. Por des- 
gracia demi altezayConociôàMorales^y acordéndose dehaberle 
yisto en la cércel de Ciudad Real : i Ah 1 j ah ! exclamô sin poderse 
contener ; he aqui uno de nuestros parroquianos. He acuerdo 
de este cabaDero , y os le doy por uno de los mayores bribo- 
nés que calienta el sol de Espafta en todos sus reinos y sefiorios. 
Poco é poco , sefior alguadl, dijo Gerônimo Hiajadas ; que ese 
pobre mozo de quien haceis tan mal retrato es un criado del se- 
ûox principe. Sea en buen hora, respondiô: eso me basta para 
saber lo que debo créer ; por el criado saco yo lo que sera el amo. 
No me queda la menor duda de que estos dos sefiores son dos 
picaros de marca , que se han unido para burlarse de yos. Soy 
muy pràctico en conocer esta casta de pàjaros ; y para haceros 
yer que son dos lindas ganzùas ^ en este mismo punto yoy à Ile- 
yarlos à la cércel. Quiero que se aboquen cou el sefior corregi- 
dor , para que tengan con él una conyersacion reseryada, y sepan 
de la boca de su sefioria que todayia se usan por acé penques y 
rebenques. AJto ahi, sefior ministro , replicô el yiejo: no hay que 
Ueyar tan adelante el negocio. Los del hébito de ymd. no tieneB 
reparo en mortificar à una persona honrada. ; No podrà ser este 
criado un bribon^ sin que el amo lo sea? i Es por yentura cosa 
mieva ver brîbones al servîcio de los principes? Vmd. se chancea 
con sus principes , repuso el alguaciLEste mozo , yuelvo & decir, 



LIBRO QUINTO. 347 

es on tonante ; y asi desde ahora les intimo é los éos que se den 
pretot al rey. Si rehusan ir yolantariamente é la càrcety yeinte 
hombres tengo à la puerta qoe los Uevaràn por fiierza. Yamos, 
principe mio , me dijo en seguida , yamos andando. 

Al oir estas palabras qnedè tocto fàera de mi , y lo mismo le 

suoediô é Morales » y nuestra turbacion nos faizo sospediosos à 

Gerônimo Miajadas, ô , por mejor decir, nos perdiô enteramente 

en sa concepto. Bien se persuadiô de que habiamos querido en- 

gaftarle , y con todo eso tomô en esta ocasion el partido que 

debe tomar nna persona delicada. Sefior ministro, dijo al alguacQ^ 

yuestras sospechas pueden ser £adsas y tambien verdaderas; 

pero , sean lo que foeren , no apnremos mas la materia^ Os su- 

plico que no impidais que estos caballeros salgan y se retiren 

adonde mejor les pareciere. Es una gracia que os pido para 

cnn4>lir con la obligacion que les debo. La mia» interrumpii el 

alguadl , séria llevarlos à la circel sin atender à yuestros ruegos ; 

sin embargo por respeto yuestro quiero dispensarme ahora del 

cumplimiento de mi deber, con la condicion de que en este mismo 

momento han de salir de la ciudad ; porqne si maftana losveo 

en ella , les aseguro por quien soy que han de ver lo que les pasa. 

Cuando Morales y yo oimos decîr que estabamos libres , yol^ 

yimos àrespirar. Quisimos hablar con resolucion, y sostener 

que eramos hombres de honor; pero el alguacfl con una mi- 

rada de soslayo nos impuso sflencio. No se porqué esta gente 

tiene ascendiente sobre nosotros. Yimonos, pues, precisados à 

oeder Florentina y la dote à Pedro de la Membrilla » que y^Or 

similmente pasô à ser yemo de Gerônimo de Miajadas. 

Retirëme con mi camarada, y tomémos el camino de IVujilIOy 
con el consuelo de haber à lo ménos ganado cien doblones en 
esta ayentura. Una hora antes de anochecor pasabamos por una 
aldea con énimo de ir A hacer noche mas adelante, y yfanos en 
ella un meson de bastante buena apariencia para aquel lugar. 
Estaban el mesonero y la mesonera sentados à la poerta en un 
poyo. El mesonero , hombre alto , seco y ya entrado en dias , 
estaba rascando una guitarra para diyertir à su muger, que 
mostraba oirle con gusto. Viendo el mesonero que pasabamos 
de largo : Sefiores, nos gritô^ aconsejo à ustedes que hagan 
dto en este lugar : hay très léguas mortales i la primera posada, 
y creénme que no lo pasarén tan bien como aqui : entren uste* 
des en mi casa, que seràn bien tratados, y por poco dinero. 
Bejimonos persuadir : acercàmonos mas al mesonero y é la me- 
sonera; saludémoslos y y habiéndonos sentado junto é ellos nos 
pushnos todos cuatro à hablar de cosas indiférentes. £1 meso- 
nero decia que era cuadrillero de la santa Hermandad , y la 
inesonera t^a pinta de ser una buena pieza , que sabia yender 
bien sus agiqetas. 



248 GIL BLAS. 

Interrompiô nuettra coQTersadon la llegada de doee 6 qainoe 
bombres moDtados, unos en caballos, y otros ,en malafl, se- 
guidos de como unes treinta madios de carga. ; Oh caantos 
huèspedes! exdamd el mesonero: ^donde podré yo alojar é 
tanta gente? En un instante se \iô la aldea Uena de hombres y 
de caballerias. Habia por fortuna una espaciosa granja oerca 
del meson, en la que se acomodÂron los machos y cargas, y 
las mulas y caballos se repartiéron en irarias caballerizas del 
meson y del lugar. Los hombres pensàron ménos en donde ha- 
bian de dormir que en mandar disponer nna buena cena , la 
que se ocupâron en hacer el mesonero , la mesonera y una 
crîada , dando fin de todas las aves del corral. Con esto y un 
guisado de oonejo y de gato, y una abundante sopa de ooles 
hecha con carnero , hubo para toda la comitira. 

Morales y yo mirabamos à aqueilos caballeros , los coales 
tambien nos miraban à nosotros de cuando en cnando. En fin , 
IrabÂmos conversadon , y les dqimos que si lo tenian à bien 
eenariamos en compafiia , y habi^donos respondido que ten- 
drian en ello particular gusto» nos sentémos todos juntos é la 
mesa* Entre ellos habia uno que parecîa mandaba à los demas ; 
y aunque estos le trataban con bastante fiamiliaridad, sin em- 
bargo se conocia le miraban con algun respeto. Lo cierto es 
que ocupaba siempre el lugar mas distinguido, que hablaba 
alto , que algunas yeces contradecia à los otros sin reparo , y 
que léjos de hacer lo mismo con él mas bien pareda que todos 
adherian à su dictâmen. La conyersacion recayô casualmente so- 
bre Andalucia , y como Morales comenzase é alabar mudio é Se- 
Tîllay el hombre de quien voy hablando le dîjo : Caballero, ymd. 
hace el elogio de la ciudad donde yo nad , é à lo ménos muy 
cerca de ella , porque mi madré me diô à luz en el arrabal de 
Mairena. En el mismo me pariô la mia , respondiô Morales, y no 
es posible que yo deje de conocer à los parientes de ymd. , co- 
nociendo desde el alcalde hasta la ultima persona del arrabal. 
^Quien fiié su seftor padre? Un honrado escribano , respondiô el 
caballero, Uamado Martin Morales. {Martin Morales! exclamé 
mi compaAero no mènos alegre que sorprendido : {à fe mia que 
la ayentura es bien extrafia! Segun eso sois mi hermano mayor 
Manuel Morales. Justamente, respondiô el otro, y por oonsî- 
guiente tù ères mi hermanico Luis , à quien dejè en la cuna 
cuando sali de la casa paterna. Ese es mi nombre, replicô mi 
camarada, y dicho esto se leyantâron los dos de la mesa, y se 
diéron mil abrazos. Volyièndose despues el sefior Manuel i todos 
los que estabamos présentes , dijo : Seûores , este suceso liene 
algo de marayilloso : la casualidad dispone que encuentre y re- 
conozca à un hermano , à quien ha por lo mènos mas de yeinte 
aàos que no he yisto : dadme licencia para que os le présente. 



LEBRO QVINTO. 249 

Emôfioes lodos los caballeros , qae por cortesia estaban m pie , 
saludiroa al hermano menor de Morales-y le dièron repetidos 
abrazos. Bespues de esto dos yolvimos à la mesa, la qae no de- 
jamos en toda la noche. Los dos hermaaos se sentàron uno 
junto al otrOy y estuyiéron hablando en toz baja de las oosas 
de sa familia, miéntras los demas convtdados bebiamos y nos 
alegrabamos. 

Tuvo Luis una larga conversacion con su hermano Manuel, y 
coocluida, me llamô aparté, y me dijo: Todos estos caballeros 
son criados del conde de Montaâos , à quien el rey acaba de 
Dombrar \irey de Hallorca. Conducen el equipage de su amo i 
Alicante, donde deben embarcarse. Mi hermano , que es el ma- 
yordomo de su excelencia , me ha propuesto llevarme consigo , 
y à yista de la repugnancia que le mostrè de dejar tu compaftia, 
me dijo que si tu quieres yenir con nosotros te focilitarà un 
buen empleo. Caro amigo, continuô él, te aconsejo que no des- 
precies este partido : yamos juntos i Mallorca; si alli lo pasamos 
bien, nos quedarèmos: y si no nos tuyiere cuenta, nos yolye- 
rèmos à EspaAa. 

Admit! con gusto la propuesta : incorporàmonos el jôyen Mo- 
rales y yo con la familia del conde, y partimos del meson antes 
del amanecer del dia siguiente. Pusimonos en camino para Ali- 
cante yendo à largas jornadas. Luego que llegàmos comprè una 
guitarra, y me mandé hacer un yesddo décente antes de embar- 
carme. Ya no pensaba yo sino en la isla de Mallorca , y lo mis- 
mo sucedia à mi camarada Morales. Parecia que ambos habiamos 
renundado para siempre à la yida l^ibona. Es preciso decir la 
yerdad : uno y otro queriamos acreditamos de hombres de bien 
entre aquellos caballeros , y este respeto nos contenia. En fin , 
nos embarcàmos alegremente , lisonjeàndonos con la esperanza 
de llegar presto à Mallorca : pero no bien habiamos salido del 
goifo de Alicante, cuando nos cogiô una furiosa borrasca. {Que 
ocasion tan buena era esta para hacer ahora una bella descrip- 
don de la tempestad , pintândoos el aire todo inflamado , la yiya 
luz de los relàmpagos, el estampido de los truenos, la ràpida 
caida de los rayos , el silbido de los yientos , y la hinchazon de las 
olas , etc.! Pero dejando à un lado todas las flores retôricas , os 
dire sencillamente que foé tan recia la tormenta , que nos obligiV 
â ancorar en la pùnta de la Cabrera, que es una isla desierta,. 
defendida con un fortin , cuya guarnicion consistia entônces en 
cinco ô seis soldados, y un oficial que nos recibiô con mucho 
agasajo. 

Como nos yeiamos precisados à deteneroos alli muchos dias 
para componer nuestro yelàmen, procurémos pasar el tiempo en 
diferentes diyersiones para eyitar el fostidio. Siguiendo cada una 
$u inclinacion, unos jugaban à los naipes , otros à la pelota, etc.; 



2S0 GIL BLAS. 

yo me iba à pasear por la tsla con otros coBipafleros amantes 
del paseo. Saltabamos de peflaaco en peftasco , porque d terreno 
es desigual y tan pedregoso qne apènas s» descobrîa en él un 
palmo de tierra. Un dia qae, considerando aqaeUos logares 
àridos y Becos , estabamos admirando los caprichos de la nam- 
raleza^ que es fecunda ô estérfl donde le da la gana, sentfaoos 
todos de repente on olor mijiy grato qae nos dej6 sorprendidos. 
Lo quedàmos mncho mas coando , volriéndonos hàda el oriente , 
de donde yenia aquella fragancia» yimos un campo todo cobierto 
de madreselya mas hennosa y odorifera qne la de Andalncia. 
Acercémonos gustosos à aquellos bellisimos arbustes que per- 
fiunaban el aire circunyecino , y hallàmos que cercaban la en- 
trada de una cayema muy profunda. Era esta ancha y poco 
sombria : bajâmos à eUa por una escalera 6 caracol de picora , 
adomado de flores que primorosamente guamecian sus lados. 
Cuando estuyfanos abajo yimos serpentear sobre un suelo de 
arena mas roja que el oro yarios arroyuelos formados de las 
gotas que destilabim continuamente los peftascos, y se perdian 
en la misma arena* Paredonos tan clara y cristalina el agua que 
nos diô gana de beberla , y la hallàmos tan fresca y delgada , 
que resolyimos yolyer à este lugar el dia siguiente^ Ileyando 
con nosotros algunas botellas de yino , persuadidos de que lo 
beberiamos alii con gusto. 

Dejâmos con sentimiento un sitio tan deliciosOy y cuando nos 
restituimos al fuerte pondérâmes à nuestros camaradas la notida de 
tan feliz descubrimi^nto; pero el comandante del fuerte nos dijo que 
nos adyertia en amistad que per ningun case yolyiesemos à la cueya 
de que tan enamorados babiamos quedado. ^ Y eso porque? le 
pregunté yo : ^hay por yentura algo que temer? Y mucho, me 
respondiô. Los corsarios de Àrgel y de Tripoli yienen algunas 
yeces é esta isia , y faacen aguada en ese parage, y une de estos 
dias sorprendiéron en él à dos soldados, y les lleyéron esdayos. 
Por mâs seriedad con que nos lo decia el oficial , no le quisi- 
mes créer. Parecianos que se zumbaba, y al dia siguiente yolyi 
yo à la cayerna con très caballeros de la comitiya, y de intente 
no quisimos lleyar armas de fiiego para mostrar que no tenîamos 
el mas minime temor. Morales no quîse yenir con nosotros , y 
se quedô jugando con su hermano y otros del Castillo. 

BajÂmos al bonde de la cueya come el dia anterior, y pusi- 
mos à refrescar la botellas de yino en une de los arroyuelos. À 
le mejor que estabamos bebiendo, tocande la guitarra, y diyir- 
tiéndonos con mucha algazara y alegria, yimos â la beca de la 
cayerna muchos hombres con bigotes , turbantes , y yestidos A 
la turca. Juzgémos al pronto que eran algunes del nayie , que 
juntamente con el comandante se habian disfrazado para chas- 
quearnos. Creidos de esto nos echàmos é reir, y dejâmos b^ar 



LIBRO QUINTO. 251 

hasta dies de.ettos Bin pensar eo defendernos ; pero presto que- 

dàmos tristemente desengaftados , yiendo ser un pirata que yenia 

con su gente à esclayizamos. Rendios, perros, nos dijo en lengua 

castellana , 6 aqui mortréts todo». Al mismo tiempo nos pusiëron 

al pecho las carabinas los que con el yenian^ y que é la menor 

resistenda las hubieran disparado. Preferimos la esdayitud à la 

miièrte , j entregâmos las espadas al pirata. Nos hizo cargar de 

cadenas y nos lleyàron à su buque, que no estaba muy distante^ 

leyantâron anclas , hiciéronse à la yela y dnglàron hàcia Ârgel. 

De este modo fuimos justamente castigados del poco aprecio 

que faicimos del ayiso del comandante del fnerte. La primera 

cosa que hizo el corsario fné registrarnos y quitamos cuanto di- 

nero lleyabamos. | Gran golpe de mano para él ! Los doscientos 

doblones del mercader de Plasencia , los ciento que Gerônimo de 

Miajadas habia dado A Morales , y que por desgracia lleyaba yo 

oonmigo, todo lo arrebafiô sin misericordia. Los bolsillos de 

mis camaradas tampoco estaban mal proyistos : en suma, el pirar 

ta hizo una buena pesca , de lo que estaba muy contento ; y el 

grandisimo yergante , no bastindole haberse apoderado de todo 

nuestro dinero , comenzA i insultamos con bufonadas , que nos 

eran mucho mènos] sensibles que la dura necesidad de aguàn- 

tarlas. Despues de mil impertinentes truanadas, y para moferse 

de nosotros de otro modo , mand6 traer las botellas que habia- 

mos pnesto à refrescar , y comenzA à yadarlas todas ayudàndole 

sus gentes , y repttiendo à nuestra salud muchos brindis por ir- 

rision. ^ 

Durante este tiempo mis camaradas mostraban on semblante 
que daba A entender lo que interiormentepasaba en eIlos.Se les. 
hacia tanto mas doloroso el cautiyerio, cuanto mas alegre era 
la idea de ir à la isla de Mallorca. Por lo que A mi toca tuye yalor 
para tomar desde luego mi determinadon ; y mènos apesadum- 
brado que los otros, no solo trabé conyersadoncon nuestro capitan 
mofodor, sino que leayudè yo mismo à lleyar adelante la zumba, 
cosa que le cayô muy en gracia. Oyes , mozo, me dijo, me gnsta 
tu buen humor y tu gento ; y, si bien se considéra, en yez de gemh* y 
snspirar lo mejor es armarse de paciencia y acomodarse con el tiem- 
po. Tôcanos una buena tocata, afiadiô yiendo que yo lleyaba una 
guitarra : yeamos à lo que llega tu habilidad. Mandô me desata- 
sen lo brazos , y al punto comenzé é tocar de tal modo que 
mereci sus aplausos : :bien es yerdad que yo no manejaba mal 
este instrumento. Tambien me hizo cantar, y no quedô ménos 
satisfecho de mi yoz : todos los Turcos que habia en el bajel 
mostràron con gestos de admiracion el placer con que me ha- 
bian oido , por lo que conoci que en materia de musica no care- 
cian de gusto. £1 pirata se arrimô à mi , y me dijo al oido que 
séria un esclayo afortunado , y que podia estar cierto de que 



253 GIL BLAS. 

mis talentos me proporcioaarian un deslino que haria muy 
Ueyadera la esclavitad. 

Estas palabras me consolàron algo; pero por mas halagûeûas 
que fuesen no dejaba de inquietarme el empleo que el pirata 
me habia pronosticado » y^temia que no fiiese de mi aceptacion. 
Al llegar al puerto de Argel Vimos una multitud de personas 
que habian acudido para yernos , y , sin que ann hubiesemos sal- 
tado en tierra , hiciéron resonar el aire con mil gritos de aie- 
gria y alborozo. AcompaAaba à estos un confiiso rumor de 
trompetas, flautas moriscas y otros instrumentos del uso de aque- 
lia gente , y que causaban un estruendo desentonado , mas que 
una mùsica apacible. Aquella extraordinaria algazara nada de la 
fiilsa noticia que se habia esparddo por la ciudad que el renegado 
Hahometo» que asi se Uamaba nuestro pirata , habia muerto pe- 
leando con una gruesa embarcacion genovesa ; y todos sus pa- 
rientes y amigos, informados de su regreso, acudian à darle mues- 
tras de su regocijo. 

Luego que desembarcàmos , à mi y à mis compai&eros nos 
Ueyiron al palacio del bajà Soliman , donde un escribano cris- 
tiano nos examinô à cada uno en particular , preguntàndonos el 
nombre , edad , patria , religion y habilidad. Entônces Mahome- 
to , mostréndome al bajà , le ponderô mi voz y mi destreza en 
tocar la guitarra. No hubo menester mas Soliman para determi- 
narse à tomarme â su seryicio , y desde aquel punto quedë rc- 
seryado para su serrallo , à donde me condujèron para instalarme 
en el empleo que me estaba destinado. Los demas cautiyos fuè- 
ron lleyados à la plaza mayor , y yendidos segun costumbre. 
Verificôse lo que Mahometo me habia pronosticado en el bqel , 
porque ciertamente fui muy afortunado : no me entregàron à 
las guardias de las mazmorras , ni me destinâron à trabajar en 
las obras pùblicas ; antes bien mandô Soliman , por aprecio par- 
ticular , que me agregasen en cierto sitio priyado à cinco ô seis 
esclayos de distincion , cuyo rescate se esperaba presto , y à 
quienes no se empleaba sino en trabajos ligeros , y se me en- 
cargo el cuidado de regar en los jardines las flores y los naran- 
jos. No podia tener yo una ocupacion mas suaye , y por eso di 
gracias à mi estrella , presintiendo , sin saber porquè , que no 
séria desgraciado al seryicio de Soliman. 

Este bajà ( porque es necesario que haga su retrato ) era un 
hombre de cuarenta a&os , bien plantado , muy atento , y aun 
muy galanpara Turco. Tenia por favorita una Cachemiriana , que 
por su talento y hermosura se habia hecho duefta ab soluta de èl. 
Idolatraba en ella , y no pasaba dia en que no la festejase con 
alguna diyersion nueva ; unas yeces era un concierto de yoces 
y de instrumentos ; otras una comedia à la turca , es decir , unes 
dramas en los cualos no se tenia mas respeto al pudor y al decoro 



LIBRO QUINTO. 2S3 

que â las réglas de Aristôteles. La favorita , qae se Ilamaba 
Fairakhnaz , era apasionadisima é semejantes espectécalos , y 
aon algunas yeces mandaba é sus criadas representar piezas arabes 
en presencia del bajé. Ella misma solia tambien hacer su papel , 
y lo ejecutaba con tal viveza y tanta gracia , que hechizaba A 
todos los espectadores. Un dia en que yo asisti à una de estas 
Amdones niezclado entre los mùsicos y me mandé Soliman que 
en un intennedio cantase y tocase solo la guitarra. Hicelo asi y 
tnye la fortuna de darle tanto gusto, que no solo me aplaudiô 
cou palmadas sino de yira toz ; y la favorita , à lo que me pa- 
reciô , me mirô con ojos fovorables. 

El dia siguiente por la maftana , estandô yo regando los naran- 
jos en los jardines, pas6 junto à mi un eunuco , que, sin detenerse 
ni hablar palabra, dejô caer à mis pies un billete : recogile pron*' 
lamente con una turbacion mezclada de alegrîa y de temor : echéme 
à la Isffga en el suelo porque no me yiesen de las ventanas del 
serraDo, y ocnlt&ndome detras de los naranjos , le abri presuroso. 
Hallé dentro de él un preciosisimo briUante , y escritas en buen 
castdlano estas palabras : Jùven cruAano, da m\i gracias al cielo 
par iu esclaviiud. El amor y la fortuna la hardn feliz : el amor, si 
te muestras sensible à los atractivos de una persona hermosa : y 
la fortuna, si tienes vahr para arroslrar todo género de peligros. 

No dudë ni un solo momento que el billete era de la sultana 
fayorita; el brillante y el estilo me lo persuadian. Ademas de que 
nnnca foi cobarde , la yanidad de verme fayorecido de la dama 
de un gran principe , y sobre todo la esperanza de conseguir de 
ella cnatro yeces mas dinero del que me era menester para mi 
rescate, me determinâron à tentar esta nneva ayentura à costa 
de cnalquiera riesgo. Prosegui, pues , en mi ocupadon , pensando 
siempre en el modo que podria tener para introducirme en el cuarto 
de Famikhnaz , ô por mejor decir, en los arbhrios que ella di»- 
cnrriria para abrirme este camino ; pareciéndome , y con funda-< 
mento , que no se contentaria con lo hecho , y que ella misma se 
adelantaria A librarme de este cuidado. Con e^cto no me engaftë : 
de alli à una hora volyiô à pasar junto à mi el mismo eunuco de 
antes , y me dijo : Cristiano , i has heeho tus reflexiones? j, tendras 
yalor para seguirme ? Respondile que si. Pues bien , afiadîA él , el 
cielo te guarde; manana por la mafiana me volverds d ver; estd rfw- 
puesto para dejarte conducir, y dîcho esto se retiré. Efectivamente 
al dia siguiente, à cosa de las ocho de la mafiana, se dejé yer, y 
mehizo sefial de que le siguiese. Obedeci, y me condujo à una sala 
donde habia un gran rollo de Kenzo pintado , que acababan de 
traer él y otro eunuco , para Heyarlo à la cémara de la sultana > 
y faabta de seryir para la decoracion de una comedia arabe , que 
ella tenia dispuesta para diyertir al baji. 

Los dos eunucos, yiéndome dispoesto à bacer todo lo que qui^ 



254 GIL BLAS. 

sieseo , no perdiéron Uempo. DesarroUaroo el telon , hidéronme 
tender à la larga en medio de el , y lo arrolliron otra yez, vol- 
Yîèndome y reyolyiéndome dentro de ël mismo con peligro de 
sofocarme. Cogiéronio cada nno de on extremo » y de esta manera 
me introdojèron sin riesgo en el cuarto donde dormia le bella Ca- 
chemiriana. Estaba sola con una esclava Tieja , enteramente dedi- 
cadai darle gusto. Desenyolviéron ambas el telon , y Farrnkhnaz, 
luego que me yiô, mostrô una alegria , que maiUfestaba biea el 
carécter de las mugeres de su pais. En medio de mi natural ia- 
trepidez confieso que, cuando me yi de repente trasportado al 
cuarto secreto de las mugeres » senti cierto terror. Conociôlo muy 
bien la foyorfta, y para disiparlo me dijo : No temas, cristiano , 
porque Soliman acal» de marchar à su casa de recreo donde se 
détendra todo el dia^ y nosotros bablarèmos aqui libremente. 

Animéronme estas palabras ^ y me hicièron cobrar un espiritu 
y seguridad que ao'ecentô el contento de mi patrona. Esclayo , 
me dijo , tu persona me ha agradado , y quiero hacerte mas 
suaye el rigor de la esdayitud. Te considero muy digno de la 
inclinadon que te he tornado. Aunquè te yeo en trage de esdavo, 
descubro en tus modales un aire noble y galan, que me obliga 
à créer no ères persona comun. Hàblame con toda confianza, y 
dime qnien ères. S6 muy bien que los esclayos bien naddos 
ocultan su condicion para que les cueste mënos el rescate; pero 
conmigo no debes gastar ese disimulo, y ann me ofenderia mu- 
cho semejante precaiicion^ pues que te prometo tu libertad. Se 
pues sincero , y confiésame que no te criéste en pobres pafiales. 
Con efectOy seftora» le respondi, corresponderia ruinmente A 
yuestra generosa bondad si usara con yos de artifido ; ya que 
teneis empefto en que os descubra quien soy, yoy à obedeceros: 
soy hijo de un grande de Espafia. Quizé decia en esto la yerdad, 
por lo ménos h sultana asi lo creyô , y dàndose à si misma el 
parabien de haber puesto los ojos en un hombre ilostre , me 
asegurd que haria todo lo posible para que los dos nos yiesemos 
à solas con frecuencia. Tuyimos una larga conyersacion. En mi 
yida he tratado con muger de mayor talento y atractiyo. Sabia 
muchas lenguas, y sobre todo la castellana, que haUaba me- 
dianamente. Cuando le pareciô que era tiempo de separamos , 
me hizo meter en un gran ceston de juncos » cubierto con un 
repostero de seda trabajado por su misma mano , y Uamando à 
los mismos eunucos que me habian introducido , les entregô 
aquella carga , como un regalo que ella enyiaba al bajà : lo que 
es tan sagrado entre los que hacen la guardia al cuarto de las 
mugeres, que ninguno tiene la osadia de mirarlo. 

Hallàmos Farrukhnaz y yo otros yarios arbitrios para hablar^ 
nos ; y la amable sultana poco à poco me fiié inspirando tanto 
amor hâcia ella, como ella me le tenia à mi. Dos meses estuyiéron 



LIBRO QUINTO. 255 

ocaltas miestras amorosas yisitas, sin embargo de ser oosa muy 
dificil que en un serraUo se escapenpor largo tiempo i los ojos 
ie tantos argos; pero nn contratiempo desconcertô nuestras 
medidas , y mudô enterameme de aspecto mi fortona. Un dia en 
que «Biré en el Goarto de la sultana metido dentro de un dragon 
artificial qne se habia becho para un espectàculo , cuando estaba 
yo hablando con «11a creido de que Soliman se ballaba aun 
fuera , entré este tan de repente en el cuarto de su faTorita, que 
la Tieja esdaTa no tuTO tiempo de avisamos , y mucbo ménos yo 
para-ocnltarme; y asi fui el primero que se ofrecié à los ojos del bajâ« 
Hostrôse sumamente admirado de verme en aquel sitio, y 
socediendo en un momento la ira à la. admiradon, arrojaban 
fdego sus ojos , despidiendo Hamas de indignadon y furor. Con^ 
sidéré entônces que era llegada la ultima hora de mi yida , y me 
imaginaba ya en medio de los mas crueles tormentos. Por lo que 
toca & Farirakhnaz conoci que tambien estaba sobresaltada; pero 
en Tez de confesar su delito , y pedir perdon de él, dijo à So- 
liman : Seûor, supticoos no me condeneis entes de oirme. Con- 
iieso que todas las apariencîas me condenan , y me representan 
infiel y traidora à yos , y por consiguiente merecedora de los 
mas horrorosos castigos. Yo misma hice yenir à mi cuarto à este 
caatÎTO , y para introducirle en él me yall de los mismos artifi- 
cios que pudiera usar si estuyiera ciegamente enamorada de su 
persona^ Sin embargo de eso , & pesar de todas estas exteriorir 
dades , pongo por testigo al gran Profeta de que no os he sido 
desleal. Quise hablar cou este esclayo cristiano para persuadirle 
i que dejase su secta , y abrazase la de los yerdaderos creyrates. 
AI principio encontre en él la resistencia que aguardaba; mas al 
fia he desyanecido sus preocupaciones , y en este punto me es- 
^ dando palabra de que se harà mahometano. 

Confieso que era obligacion mia desmentir à la fiayorita sin 
fcspeto algnno al peligro en que me hallaba; pero turbada la 
>^20n en aquel lance , y acobardado el espiritu à yista del riesgo 
<|ue corria mi yida y la de una dama à quien amaba , me quedé 
confuso y cortado. No tuye yalor para articular una palabra; y 
persuadido Soliman por mi silendo de que era yerdad cuanto 
habia dicho la sultana , depnso su ira , y le dijo : Quiero créer que 
DO me has ôfendido , y que el zelo de hacer una cosa que fiiese 
grata al profeta te moyi6 A arriesgarte â una acdon tan delicada« 
Pot eso disculpo tu imprudenda cou tal que el esdayo tome el 
^'u^te en este mismo punto. Inmediatamente hizo yenir é su 
presenda un morabito. Vistiéronme A la turca, y yo les dejé 
hacer cuanto quisiéron sin la mener resistenda , ô por mejor de- 
*, ni yo mismo sabia k) que me hacia en aq|uella turbadon de 
*o^ mis potendas. iCuantos cristianos hqbieran sido tan co- 
l^des como yo en esta ocasion ! 



2S6 GIL BLAS. 

CoDdirida la ceremonia , mli del serraBo con el nombre de 
Sidy Haly à tomar posesion de on empleo de poca monta i que 
Soliman me destiné. No ToWi a \er à la sultana ; pero ono de sas 
eonucos ^ino à boscarme cierto dia , y de so parte me entregô 
nna porcion de piedras preciosas, estimadas en dos mil ftflfantnot 
de oro, y jnntamente nn billete en qne me asegoraba que jamas 
olyidaria la generosa complacencia con que me habia hecho ma- 
hometano por salvarie la yida. Con efiecto , ademas de los regalos 
que habia reciindo de la bella Faimkhnaz , consegui por su me- 
diadon otro empleo de mas importancia que el primero , de 
manera que en mënos de seis i siete aûos me halle el rene^o 
mas rioo de todo Argel. 

Ya habrin conocido ustedes que, si yo ooncurria A las oraciones 
que hacian los musulmanes en sus mezquitas, y practicaba las 
demas ceremonias de su ley, era todo una mera ficcion. Por lo 
demas estaba firmemente resuelto A Tolver à entrar en el seno 
de la iglesia , para lo que pensaba retirarme algun dia à Espafta 6 
Italia con las riquezas que hubiese juntado. Miéntras tanto yivia 
muy alegremente ; estaba alojado en una hermosa casa , tenia jar- 
dines magnificos , moltttud de esclavos, y un serrallo bien abas- 
tecido de mugeres bonitas. Aunque el uso del yino estA prohibido 
en aquella tierra a los mahometanos , sin embargo pocos Moros 
dejan de beberlo secretamente. Yo por lo mènos lo bebia sin es- 
crùpulOy como lo hacen todos los renegados. 

Acuérdome que me acompafiaban comunmente en mis borra- 
cheras un par de camaradas , con quienes muchas yeoes pasaba 
loda la noche^con las botellas sobre la mesa. Uno era Judio y el 
otro Arabe. Tenialos por hombres de bien, y en esta confianza 
yiyia con ellos sin reserya. Cony idëlos una noche à cenar ; y aquel 
dia se me habia muerto un perro que yo queria mocho. Layàmos 
el cuerpo , y lo enterrémos con todas las ceremonias que acos- 
tumbràn los musulmanes en el funeral de sus difiintos. No lo 
hicfanos ciertamente por burlarnos de la religion de Mahoma , 
sino solo por diyertimos y satisfiicer el capricho que tuye , es* 
tando medio tornado de yino , de celebrar las exequias de mi 
amado animalillo. 

Sin embargo , faltô poco para que esta inconsiderada aocion 
me perdiese enteramente. £1 dia siguiente se présenté en mi casa 
un hombre que me dijo : Sefior Sidy Haly, yengo A buscar i 
ymd. para cierto asunto de importancia. £1 sefior cadi tiene pre- 
cision de hablarle : siryase tomar el trabajo de llegarse A su casa 
inmediatamente. Decîdme , os suplico , le preguntè , que es lo que 
me quiere. £1 mismo os lo dirA , respondiô el Moro : todo ïo que 
puedo decir es que un mercader que ayer cenô con ymd. le ha 
dado parte de no se que impia 6 irreligtosa aocion que se eje- 
cutô en yuestra casa çon motiyo de enterrar on perro. Yo os no- 



LIBRO QUINTO. 257 

tifico de ofido que comparezcais hoy mismo ante el juez , con 
apercibimiento de que, no cumpliëndolo asi , se procédera crjmî- 
nalmente contra Tuestra persona. Dijo , y sin aguardar respuesta, 
me Yolviô la espalda, dejàndome aténito con su apercibimiento. 
No tenia el Arabe la mas minima razon para estar quejoso de mi , 
ni 70 podia comprender porqué me habia jugado una pieza tan 
ruin. Sin embargo, la cosa era muy digna de atencion. Yo tenia 
bien conocido at cadi por bombre severe en la apariencia , pero 
en el fbndo poco escrupuloso y muy avaro. Meti en el bolsillo 
doscientos sultaninos de oro, y fui derecho à presentarme à él. 
Hizome entrar en su despacho , y luego me dijo en tono colérico 
y fîirioso : Sois un impio , un sacrilego , un hombre abominable. 
Habeis dado sepultura à un perro como si fiiera un musulman. 
4 Que sacrilegio ! i que profanacion! ^Es este el respeto que pro- 
fésàis à las mas vénérables ceremonias de nuestra santa ley? 4 Os 
hictsteis mahometano ûnicamente para burlaros de las ceremo- 
nias mas sagradas de nuestro Alcoran? Sefior cadi, le respond!, 
el Arabe que yino i haceros una relacion tan alterada ô tan malig- 
namente desfigurada, aquel amigo traidor fuë complice en mi 
delito , si por tal se debe reputar haber dado sepultura à un do* 
mèstico fiel , à un inocente animal , que tenia mil bellas calida- 
des. Amaba tanto à las personas de mèrito y distincion , que hasta 
en su muerte quiso dejarles testimonies irréfragables de su esti- 
macion y afecto. En su testamento , en el que me nombre por 
ùnîco albacea, repartie entre ellas sus bienes, legando à unas 
Teinte escudos, à otras treinta, etc.; y es tanta verdad lo que 
digo , que tampoco se olyidô de vos , pues me dejô rouy encar- 
gado que os entregase los doscientos sultaninos de oro que ha- 
Uaréis en este bolsillo ; y dicho esto le alargué el que lleyaba pre- 
yenido. Perdiô el cadi toda su grayedad cuando me oyô dectr 
esto , sin poder contener la risa , y como estabamos solos tomô 
francamente el bolsillo , y me despidiô diciendo : Id en paz , Sidy 
Haly, hicisteis cuerdamente en haber enterrado oon pompa y 
con honor à un perro que hacia tanto aprecio de los sugetos de 
mérite. 

Sali por este medio de aquel pantano ; y si el lance no me hizo 
mas cnerdo , à lo ménos me enseûô à ser mas circunspecto. No 
yoly i à tratar con el Arabe ni con el Judio , y escogi para mi ca- 
marada de botellas à un caballero de Lioma , que era esclayo mio, 
llamado Azarini. No era yo como aquellos renegades que tratan 
à los cautiyos cristianos peor qiie los mismos Turcos. Los mios 
no seimpacientaban aunque se les retardase el rescate. Tratébalos 
con tenta benignidad , que muchas yeces me dccian les costaba 
mas susptros el miedo de pasar à servir à otro amo, que el deseo 
de conseguir la Ilberiad , gin embargo de ser esta tan dnlce y 
tan apetecible à todos los que gimen en cautiverio. 

<7 



258 GIL BLAS. 

Yoliriéron un dia los jabeqoes de Soliman cargados de presa, 
y en ella den esdayos de nno y otro sexo , apresados todos m 
las eostas de Espafia. Reserro Solnnan para si un oortisimo nu- 
méro 9 y los demas fîiéron puestos en yenta. Fui A la plaza donde 
esta se celebraba , y comprè una mudiacha espaftola de diez â 
doce ajk>s. Lloraba la pobrecita amargamente, y se desesperaba. 
Admirado yo de yerla afligirse asi en tan tiema edad , me Oegué 
à ella y le dije en lengua castellana que no se apesadumbrase 
tanto y asegunjuidole que habia caido en manos de un amo que , 
aunque lleyaba turbante, era deoorazon humano. La jôven, po- 
seida enteramente de su dolor, ni siquîera atendia à mis palabras. 
Gemia , suspiraba , y se deshacia en légrimas inconsolables , pro- 
rumpiendo de cuando en cuando en esta exclamacion : jAy madré 
mia, y porqui me habrdn separado de ti! Todo lo Uevaria en pa- 
ctenda cùtno esiuvieramo» juntas. Miëntras deda estas palabras , 
tenia puestos los ojos en una muger de cuarenta y cineo à dn- 
cuenta aftos , distante pocos pasos , la cual muy modesta , silen- 
dosa y con los ojos bajos , estaba esperando à que algono la 
comprase. Preguntéle si era su madré aquella muger à quien mi- 
raba. Si , sefior , me respondiô con tierno sentimiento ; por amor 
de Dios haga su merced que jamas me separen de eUa.Bien esta, 
hija mia , le dije; si para tu consuelo no deseas mas que el estar 
juntas las dos , presto quedarés contenta y consolada. Al mismo 
tiempo me acerquë à la madré para comprarla ; pero no bien la 
miré con un poco de cuidado , cuando reconod en ella , con la 
conmocion que podeis imaginar , todas las iacciones y demas 
sefiales de Lucinda. ; Cielos ! exclamé dentro de mi mismo : ^qné 
es lo que veo ? Esta es mi madré , no puedo dudarlo. Pero ella , 
ô ya Aiese porque el \\\o dolor del estado en que se ballaba no 
la dejaba yer otra cosa mas que enemigos en todos los objetos 
que se le presentaban , ô ya fuese porque el trage mahometano 
me bacia parecer otro, 6 bien que en el espacio de doce alios 
que no me babia Tisto me hubiese desfigurado, el hecho es que 
realmente ella no me conociô. En fin , yo la comprè , y me la Ueyè 
à mi casa. 

No quise dilatarle el gusto de que me conodese. Sej&ora, le 
dije, ^es posible que no os acordeis de baber Tîsto nunca esta 
cara? ^Pues que, unos bigotes y un turbante me desfiguran de 
suerte que os impidan conocer à Tuestro hijo Rafael ? Volviô en si 
al oir estas palabras : mirème , remirôme , reconoci6me , y arro- 
jindose à mi con los brazos abiertos , nos estrechàmos tiema- 
mente. Gon igual temura abrazë despues à su querida hija, li 
cual estaba tan ignorante de que tenia un bermano , cono yo 
ageno de tener una hermana. Confesad , dije entônce»^ mi madré, 
que en todas vuestras comedias no hàboîa lenfdo un encnentro y 
reconocimiento tan positiyo como este. Hijo , me respondié sus- 



LIBRO QUINTO. 259 

pirando, grandisima alegria he tenido en Tolyeite â yer; pero 
esta alegria esta mezclada con un amargulsimo pesar. ; Dios mio ! 
I eo que estado he tenido la desgracia de encontrarte ! Mi escla- 
Titud me seriamil yeces mènos sensible que ese trage odioso... À 
fe 9 madre , le respond! sonriëndome , que me admiro de Tuestra 
deiicadeza : por cierto que no es muy propia de una comedianta. 
A la yerdad , sefiora , que sois muy otra de lo que erais , si este 
mi disfiraz os ha dado tanto enojo. En lugar de enojaros contra 
mi turbante , miradme como é un cômico que représenta el papel 
de on Turco en el teatro. Aunque renegado , soy tan musulman 
oomo lo era en Espafia ; y en la realidad permanezco siempre en 
mi religion. Cuando sepais todas las aventuras que me han acon- 
tecido en este pais me disculparèis. El amor fué la causa de mi 
delito. Sacrifiquè à esta deidad. En esto me parezco algo à tos ; 
fiiera de que hay aun otra razon que debe templar yuestro dolor 
de yenne en la situacion en que me yeis. Temiais experimentar 
en Argel una dura esclayitud , y habeis hallado en yuestro amo 
on hijo tienio , respetuoso , y bastante rico para que yiyais con 
regalo y con quietud en esta ciudad , hasta que se nos propor- 
cione ocasion oportuna para que todos podamos seguramente 
volyer à Espafta. Reconoced ahora la yerdad de aquel proy^bio 
que dice : no hay mal que por bien no venga, 

Hijo miOy me dijo Lucinda, una yez que estes resuelto ft res- 
tituirte ft tu patria y abjurar el mahometismo, quedo consolada. 
Entônces irft con nosotros tu hermana Beatriz, y tendre el gusto 
de yolyerla à yer sana y saWa en Castilla. Si, seflora , le res- 
pond! : espero que le tendrèis , pues lo mas presto que sea 
posible irëmos todos très ft juntarnos en Espafia con el resto de 
nuestra fomilia, no dudando yo que habréis dejado en ella al-* 
gunas otras prendras de yuestra fecundidad. No , hijo , repuso 
mi madre, no he tenido mas hijos que à yosotros dos ; y has 
de saber que Beatriz es firuto de un matrimonio de los mas leg!- 
timos. Pero, sefiora, répliqué, 4 que razon tuyisteis para con- 
céder & mi hermanita esa preeminencia que me negàsteis ft mi? 
^Y como OS habeis resuelto à casaros? Acuèrdome haberos oido 
decir mil yeoes en mi niftez que nunca perdonariais ft una mnger 
jôyen y linda el sujetarse ft un marido. Otros tiempos , otras cos- 
iumbresy respondiô ella. Si los hombres mas firmes en sus pro- 
pôsitos estftn mas sujetos à mudar, 4 que razon habrft para 
pretender que las mugeres sean invariables en los suyos? Voy ft 
contarte , oontinu6 , la historia de mi yida desde que saliste de 
Madrid. Hizome despues la siguiente relacion que jamas olvi- 
daré , y de la cual no quiero priyaros , porque es curiosisima. 

Habrft oosa de treoe afios, si te acuerdas, que dejAste la casa 
del marquesito de Leganes. En aquel tiempo el duque de Medi- 
naceli me dijo que deseaba cenar oonmigo priyadamente. Sefia- 



260 GIL BLAS. 

lome el dia, esperèle, vioo, y le gustè. Pidiôme el saerifido de 
todos los compeUdores qae podia tener , y se le concedî con 
la esperanza de que me lo pagarîa bien, y asi lo ejecutô. £1 dîa 
siguieate me envîô Yarios regalos, à que siguiéron otros muchos 
en lo sucesiyo. Temia yo que no duraria largo tiempo en mis 
prisiones un seftor de aquella elevacion, y lo temia con tanto 
mayor fiindamento , cuanto no ignoraba que se habia escapado 
de otraSy en que le habian aprisionado varias fiunosas beldades, 
cuyas dukes cadenas lo mismo habia sido prob^rlas que rom— 
perlas. Sin embargo , lëjos de disgustarse , cada dia parecia mas 
embelesado de mi condescendencia. En suma, tuve el arte de 
aseguràrmele, y de impedir que su corazon , naturalmente to- 
luble, se dejase arrastrar de su nativa propension. 

Très meses hacia que me amaba, y yo me lisonjeaba de que 
su carifto séria durable , cuando cierto dia una amiga mia y yo 
concurrimos à una casa donde se hallaba la duquesa e^osa 
del duque , y habiamos ido à ella convidadas para oir un con- 
cierto de mùsica de voces è instrumentos. Sentâmonos casual- 
mente un poco detras de la duquesa, la cual llevô muy à mal 
que yo me hubiese dejado ver en un sitio donde ella se hallaba. 
Enviôme à decir por una criada que me suplicaba me saliese 
de alli al instante. Respondi à la criada con mucha groseria ; de 
lo que irritada la duquesa se quejô à su esposo, el cual vino à 
mi, y me dijo : Lucinda, sal prontaniente de aqui : cuando los 
grandes seAores se inclinan à mozuelas como tu, no deben estas 
olvidarse de lo que son : si alguna vez os amamos à vosotras 
mas que à nuestras mugeres , siempre las respetamos à estas 
mucho mas que à vosotras ; y siempre que (i^ngais la insolencia 
de pretender igualaros con ellas, seréis tratadas con la indigni- 
dad que mereceis. 

Por fortuna que el duque me dijo todo esto en voz tan baja 
que ninguno pudo comprenderlo. Retiréme avergonzada y con- 
(usa , pero Ilorando de rabia por el desaire que habia recibido. 
Para mayor pesar mio los comediantes y comediantas aquella 
misma noche supiëron, no se como, todo lo que me habia pa- 
sado. No parece sino que hay algun diablillo asechador y 
zizaflero que se divierte en descubrir à unos lo que sucede à 
otros. Hace, por ejemplo, un comediante en una francachela al- 
guna extravagancia ; acaba una comedianta de acomodarse con 
un mozuelo galan y adinerado ; toda la compaftia inmediata- 
mente sabe hasta la mas ridicula menudencia. Asi supiéron mis 
compafteros cuanto me habia pasado en el concierto , y ^be 
Bios cuanto se divirtiéron à mi costa. Reina entre eUos un cierto 
espiritu de caridad que se descubre bien t^n semejantes ocasio- 
nés. Con todo eso yo no hice caso de sus habladurias , y tardé 
poco en consolarme de la pérdida del duque, que no volviô à 



LIBRO QUINTO. 261 

parecer por mi casa, y luego supe babia tornado amistad con una 
cantarina. 

Mîéntras una comedianta tiene la fortuna de ser aplaudida , 
nunca le faltan amantes ; y el amor de un gran seftor, aunque 
no dure mas que très dias, siempre aftade nuevos realces à su 
mérito. Yo me yi sitiada de apasionados luego que se esparciô 
por Madrid la yoz de que el duque me habia dejado. Los mis- 
mos competidores que yo le habia sacrificado , mas enamorados 
de mis hechizos que antes , yolviéron à porfia à galantearme. 
Fuera de estos recibi los obsequiosos tributos de otros mil cora- 
zones. Nunca fiii tan de moda como enténces. Entre los que soli- 
citaban mi ftiYor, ninguno me pareciô mas ansioso que un Aleman 
gordo, gentilhombre del duque de Osuna. Su figura no era muy 
apreciable, pero se mereciô mi atencion con mil doblones que 
habia juntado en casa de su amo , y los prodigô por lograr la 
dicha de entrar en el numéro de mis amantes favorecidos. Este 
bueo seflor se llamaba BrutandorfF. Mîéntras hizo el gasto fué 
bien recibido ; pero apènas se le apurô la boisa, hallô la puerta 
cerrada. Enfisidado de este procéder mio , me fué à buscar à la 
comedia, diôme sus quejas, y pprque me rei de èl é sus hocicos, 
arrebatado de côlera me sacudiô un bofeton à la tudesca. Di 
un gran grito, sali al teatro, interrumpi la comedia , y dirigiën- 
dome al duque , que estaba en su aposento con su esposa la 
duquesa, me qu^é i ël en alta voz de los modales tudescos oon 
que me habia- tratado su gentilhombre. Mandô et duque seguir 
la comedia , diciendo que despues de ella oiria à las partes. 
Acsteda la representacion me présenté muy alterada al duque, 
oiponiendo mi queja con yehemencia. Et Aleman despachô su 
defensa en dos palabras, diciendo que en yez de arrepentirse 
de lo hecho era hombre para repetirlo. El duque de Osuna , 
oidas las partes , y yohiéndose al Aleman , sentenciô de esta 
manera : Brntandori¥, te despido de mi casa, y te prohibo que 
te présentes mas delante de mi, no porque has dado un bofeton 
à una comedianta , sino porque has faltado al respeto debido 
à tus amos, y turbado un espectàcuto publico en presencia de 
los dos. 

Esta sentencia me atrayesô el aima. Apoderôse de mi una ira 
rabiosa, y un inexplicable furor al yer que no habian despe- 
dido al Aleman por la ofénsa que me habia hecho. Creia yo 
que un oprobio cômo aquel , cometido contra una comedianta , 
debia castigarse como un delito de lésa mageslad , y contaba 
con que el Tudesco padeceria una pena aflictiya. Abriôme los 
ojos este yergonzosisimo suceso , y me hizo conocer que el 
mundo sabe dtstinguir entre el comediante y los personages que 
représenta. Esto me disgustô de) teatro en términos , que desde 
aquel puntoresolyi dejarlo^ è irme à yivir léjos de Madrid. Es- 



263 GIL BLAS. 

cogi para mi retiro la ctadad de Valencia , y parti de incôgniio 
à ella y llevando conmigo hasta el yalor de yeinte mil ducados 
en dinero y alhajas ; caudal que me parecia bastante para man- 
tenerme con decencia el resto de mis dias , pues mi ànimo era 
Uevar una vida retirada. Tome en aquella ciudad una casa pe- 
queAa, y no recibi mas femilia que una criada y un page , para 
quienes era tan desconocida como para todas las demas del 
yecindario. Fingi ser yiuda de un empleado de la real casa , y 
que habia escogido para mi retiro la ciudad de Valencia , por 
haber oido que su temple era uno de los mas benignos , y su 
terreno uno de los mas deliciosos de EspaAa. Trataba con muy 
poca gente; y mi conducta era tan arreglada , que à ninguno le 
pudo pasar por el pensamiento que yo hnbiese sido comica. Sin 
embargo, y é pesar de mi cuidado en yivir escondida y retirada, 
puso los ojos en mt un hidalgo que yiyia en una quinta propia , 
cerca de Paterna. Era un caballero bastante bien dispuesto , y 
como de treinta y cinco à cuarenta aAos ; pero un noble muy 
adeudado , lo que no es mas raro en el reino de Valencia que 
en otros muchos paises. 

Habiendo agradado mi persona é este hidalgo , quiso saber si 
en lo demas podria yo conyenirle. À este fin despachô sus ocu'l- 
tos batidores para que ayeriguasen mis circunstandas, y por los 
informes que le diéron , tuyo el gusto de saber que yo era 
yiuda, de trato nada fiaistidioso , y ademas de eso bastante rica. 
Hizo juicio desde luego que yo era la que habia menester ; y 
muy presto se dejô yer en mi casa una buena yieja, que me dijo 
de su parte que, prendado de mi honradez tanto como de mi 
hermosura, me ofrecia su mano , y que ratificaria esta oferta si 
merecia la dicha de que quisiese ser su esposa. Pedi très dias de 
término para pensarlo y resolverme. Informéme en este tiempo 
de las calidades de aquel hidalgo ; y por el mucho bien que 
me dijéron de él, aunque sin disimularme el lastimoso estado de 
sus rentas , déterminé gustosa casarme con ël , como lo hice 
dentro de muy pocos dias. 

Don Manuel de Jërica, este era el nombre de mi esposo , me 
condujo luego i su hacienda. La casa tenia cierto aspecto de 
antigûedad, de lo que hacia mucha yanidad el dueflo. Deda que 
la habia hecho edificar uno de sus progenitores ; y de la yejez 
de la fâbrica deducia que la familia de Jerica era la mas antigua 
de toda Espafla. Pero el tiempo habia maltratado tanto aquel 
bello monumento de nobleza, que porque no yiniese à tierra 
lo habian apuntalado. ; Que dicha para don Manuel la de habarse 
casado conmigo ! Gastôse en reparos la mitad de mi dîaero , y 
lo restante en ponemos en estado de hacer grau figura en el 
pais ; y hèteme aqui en un nueyo mundo, por decir lo asi, y con- 
vertida de repente en seftora de aldea y de hacienda. ; Que tras- 



LURO QUINTO. 263 

fonnacion ! Era yo muy buena actriz para no saber representar 
y flostener el esplendor que correspondia à mi nuevo estado. 
Revestiame en iodo de ciertos modales teatrales de nobleza , de 
magestad y desembarazo, que hacian formar en la aldea un alto 
concepto de mi nacimiento. ;0h cuanto se hubieran diyertido 
à Gosta mia si hubiesen sabido la yerdad del hecho I {Con cuantos 
satiricos motes me hubiera regalado la nobleza de los contornos, 
y cuanto hubieran rebajado los respetuosos obsequios que me 
tributaban las demas gentes I 

Yivi por espacio de seis afios feliz y gustosamente en compa- 
ftia de don Manuel , al cabo de los cuales se le Ueyô Dios. De- 
j6me bastaates negodosque desenredar, y por fruto de nuestro 
matrimonio à tu hermana Beatriz , que à la sazon oontaba cuatro 
afk)s de edad cumplidos. Nuestra qoinia, que era à lo que esta- 
ban redacidos nuestros bienes , se ballid>a por desgracia empe- 
ftada para aeguridad de muchos acreedores, el principal de los 
cuales se Ilamaba Bernardo Astuto , nombre que le conyenia per-< 
fectamente. Ejercia en Valencia el oficio de procurador , que iesn 
empefiaba como hombre consumado en todas las trampas de los 
pleitos; y à mayor abundamiento habia estudiado leyes , para sa- 
ber mejor hacer injusticias. ;0h que terrible acreedor! Una 
qointa entre las ufias de semejante procurador es lo mismo que 
ona paloma en las garras de un milano. Por tanto el sefior Astuto » 
apénas snpo la muerte de mi marido, puso sitio à mi pobre 
qointa. Infeliblemente la hubiera hecho yolar con las. minas que 
las supercherias légales comenzaban à formar , si mi fortuna ô mi 
estrella no la hubiera salyado. Quiso esta que de enemigo se conr 
yirtiese en esclayo mio. Enamorôse de ml en una conyersacion 
que tuyo conmigo con motiyo de nuestro pleito. Confieso que de 
mi parte hice cuanto pude para inspirarle amor, obligàndome el 
deseo de salyar mi posesion à probar con el todos aquellos arti- 
fidos que me habian salido tan bien en tantasocasiones. Yerdad 
es que con toda mi destreza creia no poder enganchar al procu- 
rador , tan embebecido en su oficio , que parecia incapaz de admi- 
tir nmguna impresion amorosa. Con todo, aquel socarron, aquel 
inarrajo , aquel empuerca papel me miraba con mayor complar- 
cencia de la que yo pensaba. Sefiora , me dijo un dia, yo no en- 
tiendo de enamorar : dedicado siempre à mi profesion , nunca he 
Guidado de aprender las réglas , los uses , ni los diferentes modes 
de galantear. Sin embargo de eso no ignore lo esencial; y para 
aborrar de palabras solo dire que si ymd. quiere casarse conmigo 
quomarèmos ai instante el proceso , alejaré à los demas acree- 
dores , que se han reunido conmigo para hacer yender su ha- 
cienda; ymd. seriduefta del usnfruao, y su hija de la propiedad. 
El interes de Beatriz y el mio no me dejàron yacilar ni un solo 
ponte. Aceptéal instante la proposicion; el procurador cumpliô 



964 GIL BLAS. 

su palabra , volviô sas armas contra los otros acreedores , y ; 
gar6ma en la posesion de mi qaiota. Quizé ftié esta la primera 
yez que sapo servir bien i la vioda y al haèrfeno. 

LIeguë, paeSy é verme procuradora, sin dejar por eso de ser 
sefiora de aldea , annque este matrimonio me perdiô en el oon- 
oepto de la nobleza valenciana. Las seftoras de la primera dis- 
tincion me miràron como à mia moger que se babia envilecido , y 
no quisiëron visitarme mas. Vime precisada é tratar solamente 
Gon las aldeanas , ô con seftoras de medio pelo. No dejô de cau- 
sarme esto alguna pena> porqueme habia acostumbrado por es- 
pacio de seis afios à tratarme ùnicamente con personas de carécter. 
Verdad es que tardé poco en consotarme, porque tome cono- 
cimiento con una escribana y dos procuradoras , cada una de un 
carécter muy digno de risa. Yo me diyertia înfinito de Ter su ridi- 
culez. Estas medio seftoras se tenian por personas ilustres. Pen- 
saba yo que solamente las comediantas eran las que no se cono- 
cian à si mismas ; mas reo que esta es una flaqueza universaL 
Cada uno crée que es mas que su vecino. En este partieular toco 
ahora que tan locas son las hidalgas de aldea , como las damas de 
teatro. Para castigarlas quisiera yo que se les obligase é conser- 
yar en sus casas los retratos de sus abuelos , y apuesto coalquiera 
cosa à que no los colocarian en los sitios mas yisibles« 

A los ouatro aftos de matrimonio cayô enferme el seftor As- 
tnto , y muriô sin baberme quedado bijos de él. Afladiéndose lo 
que él me dejô à lo que yo posela , me balIé una yiuda rica , y por 
tal me tenian. En virtud de esta iama oomenzô i obsequiarme un 
caballero siciliano , Uamado Coliiichini , resuelto à ser mi amante 
para arruinarme , ô ser desde luego mi marido , dejandc^à mi ar- 
bitrio laeleccion. Hs^ia yenido de Palermo para yer la Espafla; 
y despues de haber satisfecho su curiosidad , estaba en Valenda 
esperando , segun decîa , ooasion de embarcarse para restituirse 
à Sictlia. Tenia yeinte y cinco aftos ; era , aunque pequefio de 
cuerpo , bien plantado ; y en fin me agradaba su figura. HaDé 
modo de hablarme à solas , y , te confieso la yerdad , desde la 
primera conyersacion quedé loca perdida por éL No quedôél mè- 
nes enamorado de mi ; y creo , Bios me lo perdone , que en aquei 
mismo punto nos hubieramos casado , si la muerte del procura- 
dor, que aun estaba muy reciente, me hubiera permitido bacer 
tan presto otra boda ; porque desde que comenzé é tomar indi- 
nacion à loi^ matrimonies respetaba los estilos del mundo. 

Convinimos , pues , en dilatar un poco nuestro casamiento por 
el bien parecer. Miéntras tanto Colifichini proseguia obsequiào- 
dome , y léjos de entibiarse en su amor , se mostraba mas véhé- 
mente cada dia. £1 pobre mozo no estaba sobrado de dinero ; co- 
nocilo , y procuré que nunca le faltase. Ademas de que mi edad era 
doble de la suya, me acordaba de haber hecho contribuir i los 



UBRO QUINTO. 265 

hombres en la flor de mis afios , y miraba Jo que daba oomo una 
especie de restilucion en descargo de mi conciencia. Estuyimos 
esperando con la mayor paciencia que nos fdë posible à qae pa- 
sase el tiempo que prescribe â las viudas el ceremonial del respeto 
hnmano para pasar à otras nupdas. Apénas llegô , cuando fiiimos à 
la iglesia à unirnos con aquel estrecho lazo que solo puede des- 
atar la muerte. RetirAmonos despues ami quinta, dondepuedo 
decir que Tivimos dos aflos , ménos como esposos que como dos 
tiernos amantes, j Pero ay ! que no nos habiamos unido para que 
Doestra dicha fnese duradera. Al cabo de este breve tiempo un 
dolor de costado me privé de mi adorado Colifichini. 

Aqui no pude ménos de interrumpir â mi madre , diciéndole : 
iPnes quel seAora, ^tambien mnriô vuestro tercer marido? Sin 
dada sois una plaza que solo puede tomarse à costa de la vida 
de sus conquistadores. Hijomio, loomoha deser? merespondiô 
da : xpor ventura puedo yo alargar los dias que el cielo tiene 
oontados? Si he perdido très maridos, jcomo lo he de remediar ? 
 dos los Doré mucho : el que ménos légrimas me costô fiié el 
procorador. Como me casé con él puramente por interes , tardé 
poco en consolarme de su muerte. Pero yolviendo â Colifichini te 
dire que, algunos meses despues de muerto , deseando yo ver una 
casa de campo junto à Palermo, que me habia seûalado para mi 
viodedad en nuestro contrato matrimonial , y tomar posesion de 
eDa personalmente , me embarqué para Sicilia con mi hija Beatriz ; 
pero en el viaje foimos apresadas por los corsarios del bajà de Ar- 
gel. Coodujéronnos â esta ciudad , y por fortuna nuestra te encon- 
tràste en la plaza donde estabamos puestas en Yenta.À no ser estohur 
bîeramoscaido en manos de un amo desapiadado , que nos hubiera 
nudtratado , y bajo cuya dura esclavitud quizà habriamos gemido 
toda la vida sin que tù hubieses oido hablar nunca de nosotras. 

Tai fuéy seftores , la relacion que mi madre me hizo. Coloquéla 
despnes en el mejor cuarto de mi casa, con la libertad de yivir 
como mejor le pareciese ; cosa que fué muy de su gusto. Habiase 
^^n^igado tanto en ella el hébito deamar en yirtud de tan repetîdos 
^08, que no le era posible estar sin un amante 6 sin un marido. 
Anduyo yagueando por algun tiempo , poniendo los ojos en algu- 
nos de mis esclavos ; hasta que finabnente llamô toda su atencion 
Haly Pegelin, renegado griego que frecuentaba mi casa. Inspirôle 
^ un amor mucho mas yiyo que el que habia tenido é Colifi- 
chini, y era tan diestra en agradar à los hombres, que hallô el 
secreto de encantar tambien à este. Aunque conoci desde luego 
que obraban de acuerdo los dos, me di por desentendido de su 
trato, pensando solo en el modo de restituirmeà Espafia. Habiame 
dado licencia el bajà para armar una embarcacion à fin de ir en 
corso A ejercitar la pirateria. Ocupàbame enteramente el cuidado 
' de este armamento, y ocho dias ànlea que se acabase d^e à Lu- 



266 GIL BLAS. 

cinda : Madre, presto saldrémos de Argel, y dejarémos para 
siempre an lugar que tanio aborreceis. 

Mudôsele el (x^r al oir estas palabras , y guardô un profondo 
silencio. Sorprendiôme esto extrailamente, y le dije admirado : 
îQuè es esto , seftora! iqoé novedad veo en yuestro semblante ! 
parece qae os aflîjo en yez de causaros alegria. Creia daros una 
■oticia agradable participândoos qae todo lo tengo dispuesto para 
nuestro yiage : ; no deseariais acaso restitniros à Espaila? No » 
hijo mio , me respondii : confieso qae ya no lo deseo. Tuye alli 
tantos disgoslos que be renunciado à ella para siempre. ; Qaé es 
lo que oigo! exclamé penetrado de dolor : {ah seftora! decîd 
mas bien que el amor es quien os hace odiosa yuestra patria. 
I Santos cieloSy y que madanzai Cuando llegàsteis à esta dadad 
todo cuanto se os ponia delante os causaba horror ; pero Haly 
Pegelin os hace mirar las cosas con otros ojos. No lo niego, res~ 
pondiô Lucinda : es derto que amo & este renegado , y quiero 
que sea micuarto marido. ^Quë proyecto es el yuestro? inter- 
mmpi todo horrorizado. {Vos casaros cob un musulman I Sin 
dnda habeis olyiyado que sois cristiana, 6 por mejor dedr, 
solamente lo habeis sido hasta aqul de pnro noinbre. ; Ah , madré 
mia ! \y que de cosas estoy yiendo ya I Habeis resuelto perderos 
para siempre , porque yais à hacer por yuestro gusto lo que yo 
no hice sino por necesidad. 

Otras muchas cosas le dije para disuadirla de aquel intento ; 
pero fuë predicar en desierto , porque se habia oerrado en ello. 
No contenta con dejarse arrastrar de su mala inclinadon, de- 
jàndome à mi por entregarse à un renegado , quiso lleyarse eon- 
sigo àBeatriz; pero à esto me opuse fuertemente. jAh infeliz 
Lucinda ! le dije ; si nada es capaz de conteneros , é lo mënos 
abandonaos sola al fiiror que os posée , y no querais condudr à 
una inocente al precipicio en que os apresurais à caer. Luckida se 
marchô sin replicar , quizi por alguna yislumbre de luz qae por 
entônces rayô en ella, y le impidiô obstinarse en pedir su hija. 
Asi lo creia ya; pero conocia muy mal à mi madré. Uno de mis 
esclayos me dijo dos dias despues : Seftor , mirad por yos. Un 
cautiyo de Pegelm acaba de confiarme un secreto que no debo 
ocultaros para que no perdais tiempo en aproyecharos de èl. 
Vuestra madré ha mudado de religion , y para yengarse de yos 
por haberle negado su hija , esté determinada â dar parte al bajà 
de yuestra prôxima fuga. No tuye la menor duda de que Lucinda 
era capaz de hacer todo lo que mi esclayo me ayisaba. Habiala 
yo estadiado muoho, y estaba persuadido de que, à fuerza de 
representar papeles trégicos en el teatro , se habia fiamilianzado 
tanto con el crimen , que muy bien me hubiera hecho quemar 
yiyo , y no te conmoyeria mas mi muerte que si yiese represen* 
tada en unatragedia esta catàstrofe sangrienta. 



LIBRO QUmTO. 287 

Por tauto no quise despreciar el aviso que me diô el esdayo. 
Apresorë caanto pade las prereBciones del embarco , y tome , 
segon costombre de los corsarios argelinos que van à corso , al- 
guaos Turcos comnigo , pero solamente los que eran necesarios 
para no hacerme sospechoso , y sali del puerto con todos mis es- 
dayos y mi hermana Beatriz. Ya se persaadir&n nstedes de que 
no me oWidaria de Ueyar al mismo tiempo todo el dinero y alha- 
jas que habia en mi casa, y podia importar hasta unos seis mil 
dncados. Laego que nos yimos en plena mar , lo primero que 
hicimos fué asegurarnos de los Turcos , â quienes encadenàmos 
filcilmente por ser mncbo mayor el numéro de mis esclayos. Tu- 
yimos un yiento tan feyorable que en poco tiempo arribàmos A 
las costas de Italia. Entrimos en el puerto de Lioma con la mfiyor 
felicidad ; y toda la ciudad, i lo que creo, acudiô à nuestro des- 
embarco. Entre los que concorriéron à èl estaba por casualidad 
6 por curiosidad el padre de mi esclayo Azarini. Miraba atenta- 
mente à todos mis cautiyos conforme iban desembarcando , y 
aunque en cada uno de ellos deseaba yer las foociones de su hijo , 
ninguna esperanza tenia de encontrarlas. |Pero que jAbilo I |qué 
abrazos se dièron padre ë hijo despues de baberse reconoddo I 
Luego que Azarini le informe de quien era yo , y del motiyo que 
me lleyaba & Lioma , me obligé el buen yiejo à que faese à alo- 
jarme à su casa , juntamente con mi hermana Beatriz. Pasarë en 
silencio la menuda relacion de mil cosas que me fué preciso prao- 
ticar para yoWer à reconciliarme con el gremio de la iglesia , y 
solo dire que abjure el mahometismo con mucha mayor fe que le 
habia abrazado. Purguème enteramente del humor mahometano, 
>>yendi mi bajel , y di libertad à todos los esclayos. Por lo que 
t^ica à los Tur<x>s se les asegurô en las cérceleç de Lioma para can- 
gearlos à su tiempo por otros tantos cristianos. Los dos Azarinis 
padre è hijo usAron conmigo de todo gënero de atenciones. El 
bijo se casô con mi hermana Beatriz ; partido que â la yerdad no 
dejaba de ser yentajoso para ël, porque al cabo era hija de un 
catMdlero , y heredera de la hacienda de Jërica , cuya administra- 
don habia dejado mi madré à cargo de un rioo labrador de Pa- 
tema cnando resolyiô pasar & Sicilia. 

Despues de haberme detenido en Lioma algun tiempo , marche 
A Florencia deseoso de yer aqnella ciudad. Lleyë conmigo algu- 
nas cartas de recomendacion que el yiejo Azarini me diô para 
algnnos amigos sayos en la corte del gran duque , A quienes me 
recomendaba como un caballero espaftol pariente suyo. Yo aftadi 
el don A mi nombre de bautismo , A imitacion de no pocos paisa- 
nos mios plebeyos que, sin tenerle , y por honrarse, se le ponen 
A si mismos en los paises extrangeros. Haciame, pnes , Ilamar con 
descaro don Rafael, y como habia traido de Ârgel lo que basta- 
ba para sostener dignamente esta nobleza , me présenté en la corte 



S68 GIL BLAS. 

con brfllaotez. Los catiaUeros à qaienes me habia reoomendado 
Azarini pablicatNiD en lodas partes que yo era un sugeto de dis- 
tindon ; y como no lo desmentian los modales caballeresoGS que 
habia estudiado bien , era generahnente tenido por persona de 
importancia. 

Supe introdncirme muy presto con los primeros sefiores de la 
corte y los cuales me presentâron al gran duque , y tuve la foptu- 
na de caerle en gracia. Dediquëme à hacerle la corte , y à estu- 
diarle el genio« Oia para esto con atencion lo que decîan de ël los 
cortesanos mas viejos y experimentados. CHbserré entre otras co- 
sas que le gustaban mucho los cuentos graciosos traidos con opor- 
tunidad , y los dichos agndos. Esto me sirviô de régla , y todas 
las maAanas escribia en mi libro de memoria los cuentos que que- 
ria contarle durante el dia. Sabia tan grande numéro de ellos , que 
parecia tener un saco lleno , y aunque procuré gastarlos con eco- 
nomia , poco é poco se fiiè apurando el caudal » de suerte que 
me hubiera yisto precisado à repeUrlos ô A haoer yer que habia 
conduido mis apotegmas , si mi taiento , fecundo en invenciones , 
no me hubiese socorrido con abundancia ; de manera que yo mis- 
mo compuse cuentos galantes 6 c6micos , que dîTirtièron mucho 
al gran duque. Y , lo que sucede muchas yeces à los ingeniosos 
y agudos de profesion , por la mafiana apuntaba en mi libro de 
memoria las agudezas que habia de decir por la tarde , vendièn- 
dolas como ocurridas de repente. 

Methne tambien à poeta , y consagré mi musa à las alabanzas 
del principe. Confieso de buena fe que mis yersos no valian mu- 
cho , y por eso nadie los criticô ; pero aun cuando hubieran sido 
mejores , dudo que el duque los hubiera celebrado mas : el he- 
cho es que le agradaban infinito , lo que quizà dependeria de los 
asuntos que yo elegia. Fuese por lo que quisiese , aquel prmdpe 
estaba tan pagado de mi que lleguè à causar zelos à los cortesa- 
nos. Estos quisiéron averiguar quien era yo ; pero no lo consi- 
guièron , y solo Uegiron à descubrir que habia sido renegado. No 
dejâron de ponerlo en noticia del principe , con esperanza de des- 
bûicarme; pero, léjos de salir con la suya, este diisme sirviô 
ûnicamente para que el gran duque me obligase un dia à que le 
hiciese una fiel relacion de mi cautiverio en Àrgel. ObedecÛe , y 
mis aventuras le divirtiëron infinito. 

Luego que la acabé , me dijo : Don Rafael , yo te estimo mu- 
cho , y quiero darte de ello un prueba tal que no te deje gènero 
de duda. Yoy à hacerte depositario de mis secretos , y para po- 
nerte desde luego en posesion de confidente mio , te digo que 
amo con pasîon à la muger de uno de mis ministros. Es la seâora 
mas linda de mi corte , pero al mismo tiempo la mas virtuosa. 
Ocupada enteramente on el gobierno de su casa , y del todo 
entregada al amor de un marido que la idolâtra , parère que ella 



LIBRO QUINTO. 269 

sola ignora lo celebrada que es en Florencia su hermosura. Por 
aqui conoceràs la dificultad de conquistar sa corazon. En medio 
de eso esta deidad , inaccesible à los amantes, alguna i^ez me ha 
oido suspirar por ella : he hallado medios de hablarle à solas ; 
conoce mis sentimientos interiores , mas no por eso me lisonjeo 
de haberle inspirado amor , no habiëndome dado ningun motiyo 
para formarme ana idea tan lisonjera. Sin embargo , no desconfio 
de qae Degae à série grata mi constancia y la misteriosa con- 
docta qoe observo. Lai pasion que abrigo en mi pecho à esta 
dama , ella sola la conoce. En vez de dejarme Ueyar de mi in- 
clinacion sin reparo algnno , abusando del poder y antoridad de 
soberano , mi mayor cuidado es ocultar à todo el mando el co- 
nocimiento de mi amor. Paréceme deber esta atencion à Hasca- 
rini» que es el esposo de la qae amo. El desinteres y zelo con 
que me sirre , sus seryicios y sa probidad me obligan & procéder 
con el mayor secreto y circunspeccion^ No quiero clayar an pu* 
ûal en el pecho de este marido infeliz dedaràndome amante de 
sa muger. Quisiera que ignorase siempre , si posible fuera , el 
fiiego que me abrasa ; porque estoy persuadido de que moriria 
de pena si llegase à saber lo que ahora te confio. Por eso le ocul- 
to los pasos que doy , y he pensado yalerme de ti para que ma- 
nifiestes à Lucrecia lo mucho que me hace padecer la yiolencia 
à que me condeno yo ùiismo : tu seras el que le declares mis 
amorosos afectos , no dudando que desempefiaràs muy bien este 
delicado encargo. Traba conocimiento con Hascarini, procura 
granjear su amistad , introducete en su casa , y logra la libertad 
de hablar à su muger. Esto es lo que espero de ti , y lo que 
estoy seguro haras con toda la destreza y discrecion que pide 
un encargo tan delicado. 

Habiendo prometido al gran duque hacer todo lo posible para 
corresponder â su confianza, y contribuir à la satisfaccion de sus 
deseos y cumpli presto mi palabra. Nada omiti para adquirir la 
amistad de Mascarini , lo que me costô poco trabajo. Sumamen- 
te pagado de que solicitase su amistad un cortesano bien quisto 
del principe , me ahorrô la mitad del camino. Franqueôme sa 
casa 9 tuye libre la entrada en el cuarto de su muger , y me atre- 
yerë à decir que en yista de mi cauto procéder no tuyo la me* 
nor sospecha de la negociadon de que estaba encargado. Es yer- 
dad que, como era poco zeloso , aunque Italiano , se fiaba en la 
yirtud de su esposa , y encerràndose en su despacho , me dejaba 
muchos ratos solo con Lucrecia. Dejando desde luego â un lado 
los rodeos , le hablé del amor del gran daque, y le declare que 
yo iba à su casa precisamente à tratar de este asunto. Pareciôme 
que no le tenia grande inclinacion ; pero al mismo tiempo conoci 
que la vanidad le hacia oir con gusto su pretension, y se com- 
placia en oirla sin qaerer corresponder à ella. Era yerdadera^ 



3T0 GIL BLAS. 

mente mager joidoMi y nmy pradente; pero al ftn era miiger , 
J adveiti que sa yirtad iba inseiisiblemente râdièDdose à la li- 
sonjera idea de tener aprisionado à su soberano. En conclnsion , 
el principe podia con fondamento esperar que sin renoyar la via- 
lenda de Tarquino Teria & esta Locrecia esdava de sa amor. Sin 
embargo , un lance impensado desyaneciô sus esperanzas , como 
ahora oirén ustedes. 

Soy nataralmente atrevido con las mogeres , costumbre qae 
contraje entre los Tarcos. Lucrecia era bermosa ; y olvidândome 
de qoe con ella solamente debia hacer el papel de negociador , 
le hablè por mi en lagar de bablarle por el gran duque. Ofredle 
mis obsequios lo mas cortesmente que pude, y en vez de ofen~ 
derse de mi osadia , y de responderme con enfeido , me dijo son- 
riëndose: Confesad, don Rafiael, que el gran duque ha tenido 
grande acierto en elegir un agente muy fiel y muy zeloso , pues 
le servis con ana lealtad que no hay palabras para encarecerla. 
Seftora , le respondi en el mismo tono , las cosas no se han de 
examinar con tanto escrùpulo. Suplicoos que dejemos A un lado 
las reflexiones , que conozco no me ferorecen mucho ; yo sola- 
mente sigo lo que me dicta el corazon. Sobre todo , no creo ser 
el primer confidente de un principe que en punto a galanteo ha 
sido traidor & su amo. Es cosa muy frecuente en los grandes se- 
flores hatlar en sus Mercurios unos rivales peligrosos. Bien puede 
ser asiy replicô Lucrecia, pero yo soy altiva, y solo un prin- 
cipe séria capaz de mover mi inclinacion. Arreglaos por este prin- 
cipio, prosiguiô ella volviendo à revestirse de su natural serie- 
dad , y mudemos de conversacion. Quiero olvidar lo que me 
acabais de decir , con la condicion de que jamas os suceda vol ver à 
tocar semejante asunto , pues de lo contrario podréis arrepentiros. 

Aunque este era un aviso al lector, de que yo debiera haberme 
aprovechado , prosegui no obstante en hablar de mi pasion à la 
muger de Mascarini, y aun la importuné con mas eficacia que an- 
tes à que correspondiese é mi carifto , llevando à tal extremo mi 
temeridad que quise tomarme algunas libertades. Ofendida entén- 
ces la dama de mis expresiones y de mis modales musulmanes, 
se llenô de côlera* contra mi , amenazàndome de que no tardaria 
el gran duque en saber mi insolencia , y que le suplicaria me cas- 
tigase como merecia. Dime yo tambîen por ofendido de sus ame- 
nazaSy y convirtiëndose en odio mi amor , déterminé tomar ven- 
ganza del desprecio con que me habia tratado. Fuime à ver con 
su marido , y despues de haberle hecho jurar que no me descu- 
briria , le informé de la inteligencia que reinaba entre su muger y 
el principe , pintàndola muy enamorada para dar mas interes â la 
relacion. Lo primero que hizo el ministro , para precaver todo 
accidente , foé encerrar sin mas ceremonia en un cuarto reservado 
à sa esposa , encargando à personas de toda confianza la casto- 



LIBRO QUINTO. 271 

dîaseo esirechamente« Mièntras ella estaba cercada de yigilantes 
argos que la obseryaban y no dejaban camino algano por donde 
podiesen llegar al gran duque noticias suyas, yo me présenté à 
este principe con rostro triste , y le dije que no debia pensar mas 
en Lacrecia , porque Mascarini sin duda babia descubierto todo 
noestro enredo , puesto que habia comenzado é guardar à su mu- 
ger;que yo no sabia por donde padiese haber entrado en sos* 
péchas de mi , pues siempre habia yo usado del mayor disimulo 
y mafia : que quizà la misma Lucrecia habria informado de todo 
à su esposo , y de acuerdo con ël se habria dejado encerrar para 
librarse de splicitaciones que ponian en sobresalto su yirtud. 
Mostrôse el principe muy afligido de oirme : entônces me com- 
padeciô mucho su sentimiento , y mas de una yez me peso de lo 
que habia dicho; pero ya no tenia remedio. Por otra parte con- 
fieso que experimentaba un maligno placer cnando considerabael 
estado à que habia reducido à una muger orgullosa que habia des- 
preciado mis suspiros. 

Yo gozaba impunemente del placer de la yenganza , cuando 
on dia , estando en presencia del gran duque con cinco ô seis 
seûores de su corte, nos preguntôâ todos: ;Què castigo os pa- 
reoe mereoerîa un hombre que hubiese abusado de la confianza 
de su principe é intentado robarle su dama ? Herecia , respoii- 
di6 uno de los cortesanos , ser descuartizado yiyo : otro opinô 
que debia ser apaleado hasta que espîrase : el mënos cruel de 
estes Italianos , y el que se mostrô mas feyorable al delincuente, 
dqo que ël se contentaria con hacerle arrojar de lo alto de 
ona terre. Y don Rafael, replicô entônces el gran duque, ;de 
que parecer es ? porque estoy persuadido de que los Espa- 
floles no son mënos seyeros que los Italianos en semejantes 
ocasiones. 

Conod bien, comose puede discurrir, que Mascarini habia 
violado su juramento , 6 que su muger habia hallado medio de 
informar al gran duque de cuanto habia pasado entre los dos. 
En mi rostro se echaba de yer la tnrbacion que me agitaba ; 
pero à pesar de ello respondi con entereza al gran duque: Se- 
^r , los EspaAoles son mas generosos ; en igual lance perdona- 
nan al confidente, y con este rasgo de bondad producirian en 
sa aima un eterno arrepentimiento de haberles sido traidor. Pues 
bien , me dijo el duque , yo me contemplo capaz de esa genero- 
sidad y perdono al traidor, reconociendo que solo debo culpar- 
ine & mi nûsmo por haberme fiado de un hombre à qnien no 
conocia , y de quien tenia motiyos de desconfiar en razon de lo 
que me habian contado de ël. Don Rafiaiel , aftadiô , la yenganza 
quetomo de yos es que salgais inmediatamente de todos mis esta- 
dos , y no yolyais à poneros en mi presencia. Retiréme en el mis- 
OK) panto , mënos aÂigido de mi desgracia , que gozoso de haber 



272 GIL BLAS. 

escapado de este apuro à tan poca oosta. Al dia s^uiente me 
emlMffque en un tmque catalan que saliô del puerto de Lioma para 
Barcelona. 

Cuando Ilegô don Rafeel à este punto de su historia no me 
pude contener en decirle : Para un hombre tan adyertido como 
sois y me pareoe fué grande error no haber salido de Florencia asi 
que descubristeis à Hascarini el amor del principe hàcia Lucrecia. 
Debiais tener por cierto que tardaria poco el gran duque en saber 
Tuestra traicion. Con\engo en ello , respondiô el hijo de Lucinda, 
7 por lo mismo habia pensado buir cuanto antes , i pesar del jo- 
ramento que me hizo el ministro de no exponerme al resenti- 
miento del principe. Llegué à Barcelona , continua , con lo que 
me babia quedado de las riquezas que traje de Àrgel , cuya ma- 
yor parte habia disipado en Florencia por ostentar que era on 
caballero espaAol. No me detuve largo tiempo en Catalufla. Re- 
yentaba por yolverme cuanto entes à Madrid , encantado lugar 
de mi nacimiento , y satisfice mis ansiosos deseos lo mas presto 
que me fué posible. Luego que llegué à la corte me apeé por 
casualidad en una de las posadas de caballeros , en donde yiyia 
una dama Uamada Camila , que aunque habia salido ya de la 
menor edad , era una muger muy salada ; testigo el seûor Gil 
Bias , que por aquel mismo tiempo poco mas 6 ménos la tîô en 
Yalladolid. Aun era mas discreta que hermosa , y ninguna aven- 
turera tuvo mayor talento para traer la pesca à sus redes ; pero 
no se parecia à aquellas ninfas que se aprovechan del agradeci- 
miento de sus galanes. Si acababa de despojar à algun mayordomo 
de un gran sefior , inmediatamente repartia los despojos con el 
primer caballero mendicante que fuese de su gusto. 

Apénas nos \imos los dos cuando nos amémos » y la confor- 
midad de nuestras indinaciones nos uniô tan estrechamente , 
que presto pasô à hacer comunes nuestros bienes. À la verdad 
no eran estos muy considerables > y asi los comimos en poco 
tiempo. Por nuestra desgracia solo pensabamos uno y otro en 
agradarnos , sin yalernos de las disposiciones que ambos tenia- 
mos para vivir à costa agena. La miseria en fin despertô nuestros 
ingenios que el placer tenia aletargados. Qaerido Ra£Biel , me 
dijo un dia Gamila , pongamos treguas à nuestro amor , deje- 
mos de guardarnos una fidelidad que nos arruina. Tu puedes em- 
bobar é alguna yiuda rica, y yo pescar à algun viejo poderoso. 
Si proseguimos siéndonos fioles uno à otro , ye ahi dos fortanas 
perdidas. Hermosa Camila, respond! yo prontamente, me ganas 
por la mano , pues iba â hacerte la misma propuesta : yengo en 
ello y reina mia. Si por cierto , para la mejor conseryacion de 
nuestro amor es menester intentar conquistas utiles. Nuestras 
infidelidades serén triunfos para entrambos. 

Ajustado este tratado salimos à campafla. Al prindpio por mas 



LIBRO QUINTO. »S 

diligendasqne hiclmos no pudimos encontrar lo que biiflcabamos. 
A Camila solamente se le presentaban pisayerdes ^ es decir » aman- 
tes qne no tienen un cuarto ; y à mi solo se me ofrecian aquellaa 
mogeres que mas quieren imponer contribuciones que pagarlas. 
Como el amor se negaba à socorrer nuestras neceiidades » ape- 
làmoa à enredos j bellaquerias. Hicimos tantos y tanias, que el 
corregidor llegô à saberlas , y este juez en extremo seyero diô 
èrden à un alguacil para que nos prendiese; pero este» que era 
tan baeno como taimado el corregidory nos hizo espaldas para 
que saliesemos de Madrid , mediante una propineja que le dimos. 
Tomâmos el camino de Valladolid, è hicimos pié en aqnella ciudad* 
Alquilé una casa donde me alojè con Camila , que por eyitar el 
escéndalo pasaba por hermana mia. Al principio nos contuy imos en 
ejercer nnestra habilidad , y comenzâmos à tantear y conocer bien 
el terreno Antes de acometer ninguna empresa. 

Un dia se llegA i mi en la calle un hombre, y saludAndome muy 
eortesmente me dijo : ^Seftor don Rafael , no me conoce ymd. ? 
Respondile que no. Pues yo , me replicô, oonosco à ymd. mucho 
por haberle yisto en la corte de Toscana , donde seryia yo en 
las guardias del gran duque. Pocos meses ha que dejë el seryicîo 
de aquel principe , y me yine à Espaûa con un Italiano de los 
mas astutos. Estamos en Valladolid très semanas ha, yivimos en 
compaûia de un Castellano y de un Gallego , mozos los dos segu- 
ramente muy honrados » y nos mantenemos todos cou el trabajo 
de nuestras manos. Lo pasamos opiparamente. y nos diyertimos 
como unos principes. Si ymd. quiere agregarse à nosotros serA muy 
bien redbido de mis compaûeros , porque siempre le he tenido 
i ymd. por un hombre muy de bien, naturalmente poco escru- 
puloso » y caballero profeso en nnestra ôrden. 

La firanqneza cou que me bablô aquel bribon me estimulô A 
respondertodel mismo modo. Ya que te has franqueado conmigo 
con tanta sinceridad, le respondi, quiero hablarte con la misma. 
Es yerdad que no soy noyicio en yuestra profesion, y si la mo- 
destia me permitiera referirte mis proezas, yerias que no me has 
hecho demasiada meroed en tu yeniajoso concepto ; pero , dejando 
é on lado alabanzas propias, me contcntaré con dedrte , admi- 
tiendo la plaza que me ofreces en yuestra compaflia, que no 
perdonaré diligencîa alguna para haceros conocer que no la des- 
mereaco. Apënas dije à aquel ambidextro que consentia enaumen- 
tar el numéro de sus camaradas , cuando me condujo à donde 
estos estaban , y desde el mismo punto me di à conocer à todos. 
Atti fuè donde y i por primera yez al ilustre Ambrosio de Lamela» 
Examinâronme aquellos seftores sobre el arte de apropiarse sutil-^ 
mente lo ageno. Quisiéroïi saber si tenia principios de la fecnltad, 
y descubrUes tantas tretas nueyas para ellos , que se quedéron 
adoivados ; pero mucho mas se pasmAron cuando , despreciando 

48 



9!é GIL BLAS. 

yo la SQtileza de mis manos, como una cosa miiy ordinarâi ^ les 
asegaré que en lo qae yo me ayeotajaba era en golpes magistrales 
de hurtar cpie pedian ingenio ; y para persnadtrles que era Terdad , 
les conté la aventara de Gerônimo de Mîajadas, y tiastô la sen- 
dlla relacion de aquei snceso para que me reconodesen per de an 
talento superior , y todos à una me nombraaen por gefe say o. Tardé 
poco en acreditar el acierto de su eleocion en una midtitad de 
bribonerias que hicimôs , de todas las cuales fui yo por decîrlo 
asi la Haye maestra. Cuando necesitabamos alguna actrîz para for- 
jar mejor algun enredo , ecbabamos mano de Gamila , que r^re- 
sentaba-con primor cuantos papeles se le encargaban. 

Diôle por aquel tiempo à nuestro cofrade Ambrosio la tenta- 
don de îr â su pais , y con efecto marché à Galida , asegurén- 
donos de su yuelta. Despues que satisfizo sus deseos » Tolviô 
por Burgos , sin duda para dar algun golpe de maestro , en donde 
un mesonero conocido suyo le acomodé con el seAor Gil Bias de 
Santillana , de cuyos asuntos le informé muy bien. Ymd. , seùor 
Gil Bias , prosiguié dirigiéndome la palabra , se acordarà sin doda 
del modo con que le desbalijàmos en la posada de caballeros de 
Yalladolid. Tengo por cierto que desde hiego sospecbé vmd. qoe 
su criado Ambrosio habia sido el principal instrum^ito de aqael 
robo, y en Terdad que le sobre la razon para sospecbarlo. 
Luego que llegé à Vsîlladolid Tino en busca nuestra, enterénos 
de todo , y la ga^illa se encargo de lo demas ; pero no sabra vmd. 
las resueltas de aquel pasage, y quiero informarle de ellas. Am- 
brosio y yo cargàmos cou la balija , y montados en yuestras 
mulas tomâmos el camino de Madrid , sin contar con Camila ni 
con los demas camaradas, los cuales se admirarian tanto como 
Tos de ver que no pareciamos al dîa siguiente. 

A la segunda jornada mud&mos de pensamiento : en yez de ir 
à Madrid, de donde no habia salido sin motivo, pasàmos por 
Cebreros , y continuàmos nuestro camino hasta Toledo. Lo pri- 
mero que hicimos en aquella ciudad fùé vestirnos muy decente- 
mente ; y luego yendiéndonos por dos hermanos gallegos que yia- 
jaban por curiosidad , en poco tiempo hidmos conocimiento con 
mucha gente de distincion. Estaba yo tan acostumbrado à los mo- 
dales cortesanos y caballerescos, que f&dlmente se engaMron 
cuantos me yiéron y tratàron. Â esto se afladia que , como en un 
pais desconocido la calidad de los forasteros regularmenie se 
mide por el gasto que hacen , y por el lucimiento con que se 
portan, ofuscàJ)amos à todos con magnificos festines que empe- 
zémos i dar à las damas. Entre las que yo yisitaba encontre con 
una que me gusté , pareciéndome mas linda y jéyen que Gsunila. 
Quise saber quien era , y me dijéron se Uamaba Y iohmte , muger 
de un caballero que , cansado ya de sus caricias , galanteaba i 
nna cortesana que se habia apoderado de su corazon. No nece- 



LIBROQUINTO. 275 

site saber mafl para determinarme à haoer i dofia Violante duefia 
soberana de todos mis pensamientos. 

Tarda poco ella misma en oonocer la adquisicion que habia 
hecho« Gomenzé à seguirla à todas partes , y à hacer mil locuras 
para persuadirle de que no aspiraba yo à otra cosa que à con- 
soiarla de las infidelidades de su marido. Pensé un tanto sobre 
esio , y al cabo tuve el gusto de conocer que aprobaba mis in- 
tenciones. Recibi en fin un billete de ella en respuesta à muchos 
que yo le habîa escrito por medio de una de aquellas Tiejas que 
en Espafia è Italia son tan cômodas. Dedame la dama en el tal 
billete que au marido cenaba todas las noches en casa de su 
aoiiga f y que hasta muy tarde no Tolvia à la suya. Desde luego 
oomprendi lo que me queria decir con esto. AqueUa misma noche 
fiii à hablar por la reja con dofia Violante , y tuve con ella una 
conyersacion de las mas tiernas. Antes de separarnos quedémos 
de acuerdo en que todas la noches à la misma hora pos hablaria- 
mos en el propio sitio , sin perjuicio de las demas galanterias 
qae nos fuese permitido practicar por el dia. 

Hasta entônces don Baltasar, que asi se Uamaba el marido de 
Violante , podia darse por bien ser^ido ; pero siendo otros mis 
deseos, fîil una noche al sitio consabido con ânimo de decirle 
. que ya no podia yivir si no lograba hablarle é solas en un lo- 
gar mas conyeniente al exceso de mi amor, fineza que aun no 
habia podido conseguir de ella. Apènas Uegué cerca de la reja, 
coando yi Tenir por la calle é un hombre, el cual conoci cpie 
me obseryaba. Con efecto , era el marido de doua Violante, que 
aqnella noohe se retiraba à casa algo temprano , y yiendo pa- 
nido alli à un hombre comenzô èl mismo â pasearse por la ca- 
He. Dudè algun tiempo lo que debia haoer; pero al fin me dé- 
terminé à llegarme à don Baltasar sin conocerle , ni que èl me 
conociese à mi , y le dije : Caballero , suplico â ymd. que por 
esta noche me deje libre la calle , que en otra ocasion le seryiré 
7^ à ymd. Seftor, me respondiô, la misma sùplica iba yo à ha- 
cerle i ymd. Yo cortejo à una seftorita que yiye à yeinte pasos 
de aqui , à la cual un hermano suyo hace guardar con la mayor 
vigQancia; por lo que quisiera yer desocupada del todo la calle. 
Espère ymd., répliqué, qae ahora me ocurre un modo para que 
^nÂos quedémos servidos sin incomodamos , porque la dama 
lue yo cortejo yiye en esta casa , mostràndole la propia suya. 
Vmd. puede diyertirse en la otra miéntras yo me diyierto en esta, 
y hacernos espaldas los dos si alguno de nosotros fuere acome-» 
tido. Conyengo en ello , repuso él : yoy à ocupar mi sitio , ymd. 
qoédese en el suyo , y socorràmonos mutuamente en caso de n^ 
<^idad. Diciendo esto se aparté de mi , pero fué para obser- 
i^arme mejor, lo que podia hacer sin riesgo porque la noche 
estaba oscura. 



276 GIL BLAS. 

Aoercàndome onténces m reœlo é la reja de Violante , no tardô 
eala en yenir, y oomcnzimosihaUar. No me ohidé de instar à ml 
reina para qne me conoedieae una aodienda priyadaen atîo re- 
aery ado. Resistiôse on pooo i mis mego« para haoer mas apreciable 
el fiiy or ; pero despaes echéndome nn papel qoe ya traia preyenido 
en el bobOlo: Ahi ya, me dijo , lo que deseais^y yerëis bien dea- 
padiadas yuestras supiicas. AI decir esto se retir6 por < 
iba yiniendo ya la bora en que aoostumbraba à recogerse â 
su marido ; pero este , que babia conocido muy Men ser su i 
ger el idolo & quien yo sacrificaba , me sali6 al encuentro, y oon 
un fiogido gozo me preguntô : Y bien , caballero» ^eatà ymd. 
contento de su buena fortnna? Tengo motiyo para estario , le 
respond! : y & ymd. ;como le fué con la suya? ^Mostrôsele d 
amor risueik) y fii vorable ? ;0h ! no , me respondio eon despecho. 
£1 maldito hermano de mi querida yolyiô de su casa de campo 
un dia intes de lo que habîamos pensado , y este contratiempo 
ha aguado el contento con que yo me habia lisoigeado. 

Hicimonos don Baltasar y yo reciprocas protestas de amistad , 
y nos citimos para yemos en la plaza mayor la maAana siguiente. 
Despues que nos separàmos se fiié don Baltasar derecbo à su 
casa, donde no mostrô i su muger el menor indîcio de las no- 
ticias que tenia de ella, y al otro dia acudiô é la phza segun lo 
acordado , y de alli & un momento llegué yo. Saludimonos om 
yiyas demostracîones de amistad, tan aleyosas por su parte como 
sinceras por la mia. Hizome el artificioso don Baltasar una fiil- 
sa confianza de sus lances amorosos con la dama de quien me 
habia hablado la noche anterior. Contôme una larga ftbula que 
habia foijado , todo con el siniestro fin de obliganne â cones- 
penderie, conténdoleyo el modo oon que habia hecho conocîr 
miento con Violante. Cai incautamente en el lazo, y oon la ma- 
yor firanqueza del mundo le confesë todo lo que me habia 
snoedido; y no contento con esto le ensefté el papel que habia 
recibido, y aun le lei tambien su contexte, que era el siguiente: 
Maêana vri d cerner en cota de doêa Inei; ya $ahm donde vwe: 
alH habUxtèmot d toUu. No puedo negaroê por mas largo 6empo 
an favor que juxgo merecds. 

Ese es un papel, dijo don Baltasar, que le promete é ymd. d me- 
recido premio de sus amorosos suspires. Doile é ymd. de ante-- 
mano la enhorabuena de la dicha que le aguarda. No deji de 
parecer algo turbado miéntras haUaba de esta manera; pero fit- 
cilmente me deslumbrô , ocultando à mis ojos su conmodon y 
encjo. Estaba tan embelesado en mis halagûefias esperanzas^ 
que no me paraba en obsenrar i mi confidente, annque este se 
yiô predsado à dcgarme, sin duda por temor de que conociese su 
agitadon. Partiô luego & contar i su cufiado esta ayentura, é 
ignore que pasô entre los dos; solo se que don Baltasar yino à 



LIBRO QUINTO. 277 

casa de dofta Inès A tieiiipo que yo estaba con Violante. Sapfanos 
cpie era el el cpie Ilamaba , y yo me escape por una pnerta felsa 
Antes que etitrase en la sala. Lnego que desapared se aquietéron 
hs dos mugereSy que se habian asustado mucho con la repeiH 
tma renida del marido. Recibiëronle con tanta serenidad , que 
desde luego sospediA me habian escondido 6 hecho escapadizo. 
Lo que dijo i do^a Ines y é su muger no os lo puedo contar, 
porque nunca lo he sabido. 

Entretanto, no acabando todavia de conocer quedonBaltasar 
se burlaba cruelmente de mi sinceridad , sali de la casa echén- 
dole mQ maldidones , y me fui derecho i la plaza, donde habia 
dicho à Lamela me aguardase. No le encontre, porque el bri- 
bon tenia tambien su poco de trapiBo , y con snerte mas dichosa 
que la mia. Miëntras le esperaba , yi à mi falso confidente yenir 
Ûcia mi con rostro muy alegre y roucho desembarazo. Luego que 
liegô A ml me preguntô como me habia ido con mi ninfa en casa 
de dofta loes. No se que demonio , le respond! , enyidioso de 
mis gustos, me yino i echar un jarro de agua en todos ellos. 
Miéntras estaba à solas con ella instando y suplicando, Ilamô à 
h puerta su maldito marido , A quien lleye Barrabas. Me fné pre« 
ciso pensar en el modo de retirarme prontamente , y asi me 
BKirchè por una puerta excusada dando mil yeoes al diablo al 
gnmdisimo importune que yiene siempre A desbaratar mis desi- 
enios. A la yerdad lo siento , repuso don Baltasar, alegrisimo 
^ su interior de yerme desazonado. Ese es un marido molesto, 
que no merece se le dé cuarteL jOh ! en cnanto A eso , répliqué 
70, no dudeis que seguiré yuestro consejo. Os doy palabra de 
que esta misma noche se le darA pasaporte para el otro barrio. 
Sa muger, al separarnos , me dijo que fiiese adelante con mi 
empefio , y no abandonase la empresa por tan pocas cosas : que 
prosigniese en acudir A su yentana A la hora acostumbrada; 
porque estaba resuelta A introducirme ella misma en su casa ; 
P^o que en todo case no dejase de ir escoltado con dos 6 très 
camaradas para que en cualquier lance me hallase bien preye-^ 
mdo. (Oh, que prudente es esa dama! me respondiô éL Yo me 
ofrezco desde luego A acompaftaros. jOh , querido amigo , ré- 
pliqué yo fuera de mi de puro gozo y ecliAndole los brazos al 
coello, y de cuantas finezas os soy deudor! Ann haré mas por 
^os , repuso el : yo conozco A un mozo que es un Alejandro ; 
^^ nos acompafiarA , y con tal escolta podréis diyertiros A yues- 
^0 gusto sin sobresalto ni contratiempo. 

^0 encontraba yoces para explicar mi agradecimiento A los 
favores de aquel nuevo amigo , tan encantado me tenia su zelo. 
^<»ptè en fin el auxilio quo me ofrecia , y dAndonos el santo 
para cerca de la puerta dc Violante A la entrada de la noche, nos 
«^paramos* Don Baltasar fu6 «^ buscar à su cuftado , que era el 



278 GIL BLAS. 

Alejandro de quien me habia hablado ; y yo me quedé paseando 
con Lamela, el Cfud, aunque no ménos admirado que yo de la 
eficada con que don Baltasar se inieresaba en este asunto , cayo 
tambien en la red como yo habia caido , sin pasarle por el pen- 
samiento la menor desconfianza de la sencillez de aquellas fine- 
zas. Gonfieso que una simplicidad tan garrafal no se podia per- 
donar a unos hombres como nosotros. Cuando me pareciô que 
era hora de presentarme à la yentana de Violante , Ambrosio y 
yo nos acercàmos à ella bien preyenidos de buenas armas. Ha- 
llàmos en el mismo sitio al marido de la dama , acompafiado de 
otro hombre, que nos esperaban & pié firme. Llegôse à ml don 
Baltasar y me dijo : Este es el caballero de cuyo yalor bablimos 
esta maAana. Entre ymd. en casa de esa seitora, y disfirute su 
dicha sin rezelo ni inquietud. 

Acabados los reciprocos cumplimientos , llamé à la puerta de 
mi ninfa , y yino à abrirla una especie de dueûa. Entré sin ad- 
yertir lo que pasaba à mis espaldas , y Ueguë hasta una sala 
donde Violante me esperaba. Miéntras la estaba saludando, los 
dos traidores que me siguiëron hasta dentro de la casa habian 
entrado en ella tan atropelladamente , y cerrado tras de si la 
puerta con tanta yiolencia , que el pobre Ambrosio se quedô en 
la. calle. Descubriéronse entônces, y ya podeis imagînar el 
apure en que yo me yeria. Bien se déjà conocer que fu6 forzoso 
enténces llegar à las manos. Acometiéronme los dos al mismo 
tiempo con las espadas desnudas y y yo les correspond! dàndoles 
tanto que hacer, que se arrepintiéron presto de no haber tomado 
medidas mas seguras para la yenganza. Pasé de parte à parte al 
marido; y el cuùado yiéndole en aquel estado tomô la puerta, 
que Violante y la duefia habian dejado abierta al escaparse 
miéntras nosotros reftiamos. Fuile siguiendo hasta la eaDe, 
donde me réuni con Lamela, que, no habiendo podido sacar ni 
una sola palabra à las dos mugeres que habia yisto ir huyendo, 
no sabia precisamente à que atribuir el rumor que acababa de 
oir. Volyimos à la posada , y recogiendo lo mejor que teniamos, 
montémos en nuestras mulas, y salimos de la dudad Antes que 
amaneciese. 

Conocimos muy bien que el lance podia tener. malas résultas, 
y que se harian en Toledo pesquisas , contra las cnales séria im- 
prudencia no tomar todo género de precauciones. Hicimos noche 
en Villarubia en un meson, en donde à poco rato entrô un mer- 
cader de Toledo que caminaba à Segorye. Genémos con él , y nos 
contô el tràgico suceso del marido do» Violante , mostràndose tan 
ageno de sospecharnos reos en él , que con libertad le hicimos 
toda suerte de preguntas. Seûores, nos dijo, el caso lo supe esta 
mafiana al ir é montar i caballo ; se hacen grandes diligencias 
para encontrar & Violante ; y me han asegurado que , siendo el 



LIBRO QUINTO. 279 

corregidor pariente de don Baltasar , esté en ànimo de no per- 
donar medio algono para descobrir los autores del homicidio. 
£sto es todo lo que se. 

Annqae nada me espantéron las pesqoisas del corregidor dé 
Toledo, no obstante » tomèdesde luego la determinacion de salir 
cuanto antes de Castillala Nueya, haciéndome cargo de que si en- 
contrabaa é Violante confesaria esta cuanto habia pasado , 7 daria 
tales sellas de mi persona, que la justicia despacharia répida- 
mente varias gentes en mi seguimiento. Por todas estas conside- 
raciones resolvimos desviamos del camino real desde el dia si- 
gaiente. Tuyimos la fortuna de que Lamela habia corrido las très 
partes de Espaika, y tenia bien conocidas todas las sendas extra- 
Tiadas por donde podiamos pasar con seguridad à Aragon. En 
Tez de imos derechos à Cuenca , nos metimos en las montallas 
que estàn entes de Uegar à la ciudad , y por senderos muy prao- 
ticados por mi conductor , Uegàmos à una gruta que tenia tpda la 
apariencia de ermita. Con efecto era la misma à donde ayer noche 
Uegàron ustedes à pedirme los recogiese. 

Miéntras estaba yo examinando sus contornos que me repre- 
sentaban un pais deliciosisimo, me dijo mi compafkero : Seis aftos 
ha que, pasando yo por aqui, me hospedô caritatiyamente en esta 
ermita on andano y yenerable ermitafto , que repartie conmigo 
los escasos vipères que tenia. Era un santo yaron , y me dijo 
cosas tan sautas y tan buenas, que faltô poco para que yo dejase 
el mundo.Acasoyiyirà todayia, yquieroyer si esasi. Dicho esto 
se apeô de la mula el curioso Ambrosio , y entrando en la ermita, 
despues de haberse detenido en ella algunos momentos, saliô 
diciéndome : Apeaos, don Rafael, y yenid à yer un espectéculo 
lûuy tiemo.Eché pié â tierra inmediatamente, y atando nuestras 
mulas à un Arbol , segui à Lamela hasta la gruta , donde entré , y 
vi tendido en una y il tarima A un yiejo anacoreta , pàlido y mo- 
ribundo. Pendiadesu yenerable rostro una blanca tmrba tan po- 
blada y larga, que le lle^aba hasta la cintura, y tenia en sus 
manos juntas entrelazado un gran rosario. Al ruido que hicimos 
cuando nos aoercàmos à ël , entreabriô los ojos , que la muerte 
habia comenzado ya à cerrar , y despues de haberoos mirado ua 
momento nos dijo : Hermanoi nùos, seoM quienes fuereis, aprove^ 
ckaoB del espectdculo que se ofrece à vuestra vista. Cuarenta aàoi hc 
vimdo en elmundo, y sesenta en esta soledad, {Ah, y que largo me 
parece ahora el tiempo que dediqué d mis deUites, y al conirario qtii 
^^^^"^ el que he consagrado d la penUencia! / Ah ! mucho temo que las 
(lusieridades del hermano Juan no hayon sido battantes para expiât 
^ pecados del lieenciado don Juan de Sotis. 

Apènas dijo estas palabras cuando espirô ; y los dos nos que* 
démos atânitos éyista de su muerte. Taies objetos siempre hacen 
%ina impresion hasta en los mayores Ubertinos ; pero dnrôpoco 



ISO GIL BLAS. 

mmtra oonmocton , porqoe olyidemos presto io qae mtbtHm de 
dedraotf^ Gomeozamos i haoer inyeatario de todo lo cpie habtt 
en la ermita, en Io que no tardàmos macho tiempo, paes iodo0 
los mnebles oonristian en lo que habeis podido Ter en elbu No solo 
la tenia el hermano Juan mal amaebiada , sino que haata la des- 
pensa estaba mal protista. Todas las proyisiones que haDenios se 
redudan à anas pocas ayellanas y algunos mendrugos de pan casi 
petrificados , que à la cuenta no habian podido mascar las des-^ 
pobladas encias del santo yaron : digo despoUadas, porque ob^ 
seryémos que se le habia caido la dentadura. Todo lo que con- 
tenia esta morada solitaria y todo lo que yeiamos , nos bada 
mirar à este boen anacoreta como i un santo. Una sola cosa nos 
namô la atendon : hallàmos un papel plegado en forma de carta , 
que el difimto habia dejado sobre la mesa, en la oual encargaba 
i quien le leyese que Ueyase su rosario y sus sandalias al obispo 
de Guenca. No acaiNibamos de entender cou que intendon habia 
podido aquel noeyo padre iei desierto desear que se hidese à su 
obispo semejante regalo. Olianos esto i Cedta de humildad , à à 
cierto hipo de ser tenido por santo. Pero ^ quien sabe si solo fué 
un si es no es de tonteria? Es punto que no me même à deddir. 

Hablando de ello Lamelay yo, le ocarriô â aquel un extrafio 
pensamiento. Quedteionos , me dijo , en esta ermita , y disfirazè* 
monos de ermitafios. Enterremos al hermano Juan. Tu pasar&s 
por él ; y yo con el nombre de hermano Antonio irè i pedîr If- 
mosna por los Ingares y aldeas del oontorno. De esta manera, no 
solo estarémos à cnbierto de ks pesquisas del corregidor , que 
no ereo pueda pensar en buscamos aqui, sino que espero lo 
pasarémos bien , en yirtud de los conodmientos qoe tengo en la 
dudad de Guenca. Aprobè este extrafio pensamiento , no ya por 
las razones que Ambrosio me alçgaba , sino por un rasgo de ex- 
trayagancia , y como para representar un papel en una pieza de 
teatro. Abrimos , pues , una sepultura à treinta ô cuarenta pasos 
de la gruta , y enterremos en eUa modestamente al anacoreta des- 
pues de haberle despojado de su hàbito , que consistia en una 
sola tunica ceûida al cuerpo con una correa de cuero , y le cor- 
timos tambien la barba para hacerme con ella à mi una postiza ; 
en fin , hechos los fiinerales tomàmos posesion de la ermita. 

Pasàmoslo muy mal el primer dia , yiéndonos predsados à 
mantenernos solamente de la triste provision que nos habia de- 
jado el difunto ; pero el dia siguiente entes de amanecer saliô 
Lamela à campafta con las dos mulas que yendiô en Coenca , y por 
la noche yolyiô cargado de yiyereff y de otras cosillas que hsîbia 
eomprado. Trajo todo lo que era menester para disCrazamos 
bien. Hîzo para si una tunica 6 hàbito de pafto pardo, y una 
barbflla roja de crines , la que se supo acomodar con tal arto 
que parecia natural. No hay en el mundo mozo mas mafioso que 



LiBROQUiirra mi 

ë. Arregl6 tunbien la bsrba del hermano Joan , ajuaiômeia i la 
on, 7 pàaome en la cabeea on gran gorro de lana oscura, que 
eontribiria mocho para disimalar el àrtificto. Se puede decir que 
Dada iaitaba para nnestro disfraz. Hallémonos los dos en esle rt» 
dkalo equipage » de manera que no podiamos miramos sin reir- 
nos , Tiéndonos en on trage que ciertamente no nos conyenia. 
Cod la tunica del hermano Juan heredè tambien su rosario y sus 
sandalias , que no hioe escrùpnlo de apropiarme en ves de rega- 
Unelasal obispo de Guenca. 

Hacia très dias que estabamos en la ermila sin haber yisto en 
todos eUos alma yiyiente ; pero al cuarto entriron en la gruta dos 
aldeanes que traian al diftanto » creyendo que estuyiese todayia 
yiyo, pan, qneso y oebollas. Luego que los yi me echë en mi 
ttrima» y me fué fàal alucinarlos, fiiera de que ellos no podian dis- 
tiogoirme bien por la escasa luz de la ermita^ y procuré imitar 
le mqor que pude la yoz del'liermano Juan , cuyas ultimas pala- 
lyas habia oido ; de manera que los pobres hombres no tuyièron 
la menor sospecAa de aqueUajsupercheria, y si solo mostriron 
algaiia admiradon de hallarse en la gruta con otro ermitallo» 
Pero adyirtiéndolo el socarron de Lamela , les dijo con cierto aire 
bipocriton : No os admireis , hermanos, de yerme & mi en esta 
soledad. Estaba yo en una ermita de Aragon, y la he dejado por 
venir à acompaAar al yenerable y discreto hermano Juan y y asis- 
tirle en su extrema yejez , considerando la necesidad que tendria 
en ella de este aliyio. Los aldeanos prorumpiëron en infinitaa 
alabanzas de Ambrosio » ensalzando hasta el cielo su herôîca ca- 
ridad , y dindose à si mismos mil parabienes por la dicha de tener 
dos hombres santos en su pais. 

Ebbia comprado Lamela unas grandes alforjas , y cargado oon 
dlas partiô por la primera yez à dar principio & la demanda en la 
^dad de Guenca , que solo dista una légua corta de la ermita. 
CoiBo la natnraleza le ha dotado de un exterior deyoto y corn- 
P^iBgido , y ademas de eso posée en supremo grado el arte de 
haoerlo yaler , no dejô de moyer el corazon de las personas ca- 
^tiyas A darle limosna, y asi en poco tiempo llenô tes alforjas de 
los dones de su liberalidad. Amigo Ambrosio , le dije cuando 
TolTi6 à la ermita, te doy el parabien del admirable talento que 
tienes para ablandar y enternecer las aimas cristianas. {Vive diez 
<pe parece has ejercitado por muchos lAos el oficio de deman- 
dante capuchino ! Algo mas he hecho, me respondiô, que hacer 
^f^dante cosecha , porque has de saber que he encontrado à 
^erta ninfa llamada Bérfaara» que Aie algo mia en^tro tiempo. 
Ijâ he hallado bien mudada ; pues se ha dado como nosotros é la 
devocion. Viye con otras dos 6 très beatas que edifican .el nrando 
^pùHico , y hacen una yida muy difercnte en casa. Al principio 
"omeconodô , tanto que me yi obllgado A decirle : ^Gomo asi , 



S(B GIL BLAS. 

sefiora Barbara? tEs posible qae ya desconozcais à ono de vaes- 
tr08 antigaos amigos, y yuestro humflde aervidor Ambroaio? 
Por yida mia, amigo Lamela , reapondiô Barbara , que jamas po- 
dia aoflar elyerte yestido con ese trage. ^Por que diables de 
ayentura has yenido à parar en ermitafio ! Esc es cosa larga , le 
respond!, j ahora no puedo detenerme à contirosla; pero ma- 
ftana à la noche yolyerë y satisfarë yuestra coriosidad. Tambieo 
yendrâ conmigo mi oompafiero el hermano Juan. ;Qaè hermaoo 
Juan? replîcô ella : ^aquel yiejo y buen ermitallo que yiye en 
una ermita cerca de esta ciudad? Tù no sabes lo que te dices , 
pnes se asegura que tiene mas de cien afkos. Es yerdad y le res- 
pond! , que en otro tiempo tuyo esa edad ; pero de pocos dias i 
esta parte se ha remozado tanto que no soy yo mas mozo que el. 
Pues bien , respondiô Barbara , siendo eso asi, que yenga con- 
tigo : sin duda que en eso se oculia algun misterio. 

No dejàmos de ir ai dia siguiente luego que fuè noche à casa de 
aquellas santurronas , que para recibirnos mejor nos tenîan pre- 
yenida una gran cena. Asi que entrémos en su casa nos quitânos 
las barbas postizas y el hébito eremitioo , y sin ceremonia nos 
presentémos i estas princesas taies cuales eramos ; eOas, porno 
parecer mënos firancas que nosotros , nos mostréron de cuanto 
son capaces las felsas deyotas cuando arriman à un lado las gaz- 
mofterias do la aparente deyocion. Pasàmos casi toda la nod^e à 
la mesa; y no nos retirémos à nuestra gruta basta poco Antes de 
amanecer. Bepetimos presto la yisita , 6 por mqor decir , segui- 
mos el mismo método por espacio de très meses, y gastimos con 
aquellas ninfes mas de los dos tercios de nuestro caudal ; pero 
cierto zeloso lo ha descubierto todo , dando parte à la justida., 
la cual debia hoy ira la ermita i echarnos mano. Ayer , mièntras 
Ambrosio hacia su demanda en Cuenca, una de las beatas le en- 
tregô un billete , diciéndole : Una amiga mia me escribe esta 
carta y que iba i enyiaros con un propio. Muéstresela al hermano 
Juan y y tomen sus medidas en informàndose de su contenido. 
Este es , seftores , aquel mismo billete que Lamela me entrée 
ayer en yuestra presencia , y el que nos oMigô à abandonar tan 
precipitadamente nuestra solitaria habitacion. 



CAPITULO n. 

De la oonferencia que tuTiëron don Rafael y sus oyentes, y de la aTentura que 
les suocdiô al querer salir del bosque. 

Luego que acabô don Ra£ael de contar su historia y que me 
pareciô algo larga, don Alfonso le dijo, por cortesia, que y»- 
daderamente le habia diyertido mucho. Despues de este cnmplido , 



LIBRO QUINTO. S83 

tomô ta palabra el seftor Lamela ^ y yoWiëndose al compaflero 
de sas hazaAas le dijo : Don Rafael , el sol esta ya para ponerse, 
y me parece del caso que tratemos del partido que hemos de to» 
mar. Dices bien , respondiô su camarada : es menester pensar â 
donde hemos de ir. Yo, continuô Lamela, soy de parecer que 
sin perder tiempo nos pongamos en camino , y procuremos Ue- 
gar esta noche à Requena, para entrar mafiana en el reino de 
Valencia, donde pondrémos en moyimiento los registros de nues- 
tra industria. Siento acà dentro de mi corazon no se que presagio 
de que darèmos golpes magistrales. Don Rafael , que sobre estos 
asimtos tenia gran fe en sus pronôsticos infalibles , aocediô. luego 
à sa opinion. Don Alfonso y yo , como nos habiamos puesto en 
manos de aquellos dos hombres de bien , esperàmos sin hablar 
palabra el resultado de aquella conférenCia. 

ResoWiôse , pues , que tomasemos la yuelta de Requena, y nos 

dispusimos todos para ello. Hicimos una comida como la de la 

maâanay y despues cargàmos el caballo con la bota de vino, y 

lo restante de las provisiones. Sobreyiniendo la noche , de cuya 

lobreguez teniamos necesidad para caminar seguros, quisimos 

salir del bosque; pero aun no habiamos andado cien pasos, 

coando descubrimos por entre los érboles una luz que nos diô 

mucho en que pensar. ^Quë significa aquolla luz? preguntô don 

Rafael. ^Seràn acaso los corchetes de la justicta de Cuenca des- 

pachados en seguimiento nuestro , y que creyéndonos en este 

bosque nos yendràn i buscar en él? No lo pienso , dijo Ambro- 

sio; antes bien seràn algunos pasageros que, por haberles cogido 

la noche, se habràn refugiado aqui hasta que amanezca; pero 

en todo caso , porque puedo engaûarme , quiero yo ir i reco- 

nocerlos : miéntras tanto quedaos los très en este sitio, que 

TuelTo en un momento. Diciendo esto se fué acercando poco à 

poco à donde se dejaba ver la luz , que no estaba muy distante. 

Fué desyiando con mucho tiento las ramas y matorrales que 

le impedian el paso , y al mismo tiempo mirando cou toda la 

atendon que à su parecer merecia el caso , yiô sentados sobre la 

yerba, al rededor de unayela colocada sobre un montoncito de 

Sierra , é cuatro hombres , que acababan de comer una empa- 

nada y de agotar una gran bota de yino. À pocos pasos de dis- 

^cia descubriô à un hombre y à una muger atados à dos àrbo- 

les> y algo mas allé un coche de camino con mulas ricamente 

enjaezadas. Desde luego sospechô que los cuatro hombres que 

estaban sentados debian ser ladrones, y por la conyersacion que 

les oyôacabô de conocer que no babia sido temeraria su sospe- 

<^a. Disputaban los cuatro salteadores sobre de qnien habia de 

ser la dama que habia caido en sus manos , y trataban de sor^ 

t^rla. Enterado plenamente Lamela , yolyiô àdondeestabamos, 

y nos informé menudamente de todo lo que habia yisto y oido. 



tt4 GIL BLAS. 

SeftoraB, dtjo enfonces don Alfonso , la moger y el hombrc 
que tienen atados à los irboles los bdrones, qotei aeràn una 
seflora y nn catMiUero de distkidon. i Y hemos de sufirir nosotros 
que sir?an de yictimas à la barbarie y à la brutalidad de unos 
malhechores? Creedme, seflorea, echMnonoa aobre eatos bao- 
didos y y moeran todos à nuestras manos. Conaîento en eUo , 
dijo don Rafael, yo esloy tan pronto à hacer ana baena accioo 
como una nuda. Ambroaio por sa parte protestô qae solo de- 
sedMi concarrir à ona empresa tan loable , de la coal prereia 
qae seriamos bien recompensados, segun sa modo de pensar : 
y aan me atreyo â dedr, afladiô, qae en esta ocasion el peligro 
no me amedrenta, y qae ningan ad>allero andante se manifesto 
nunca mas pronto al servicio de las damas. Pero , si se ban de 
decir las cosas sin faltar i la yerdad , el riesgo no era grande » 
porqae babièndonos dicho Lamela qae las armas de los ladrones 
estat»an todas amontonadas en an sitio à diez 6 doce pasos de 
eiloSy no nos fiié may dificil ejecatar naestra resohidon. Atàmos, 
pues, à an irbol el eaballo , y nos foimos acercando con silen- 
cio y i paso lento à los ladrones. Acalorados estos oon el yino, 
hablaban todos metiendo on rnido confoso qae fityoreda mucho 
el golpe de la sorpresa. Apoderémonos de sas annas antes de 
qae nos yiesen, y disparàndolas sobre ellos à boca de jarre , 
todos caatro qu^àron tendidos pn el saelo. 

Darante esta expedicion se apagô la laz , y nos qaedâmos en la 
oscaridad : sin embargo de esto acadimos inmediatam^te à 
desatar el hombre y la mnger, qae estaban tan poseidos de ter- 
ror, qae no tayiéron aliento para damos las gracias por el bîeo 
que acababamos de hacerles. Yerdad es que ignoraban aan si 
debian mirâmes como & bienhechores , 6 como i nneyos bandi- 
dos qae los habian librado de los otros , qaizà para tratarlos 
peor. Pero nosotros procorémos sosegarlos asegarindoles qae 
los ibamos à condacir & una yenta que , segun decia Ambrosio, 
no distaba mas que media légua de alli , donde podrian tomar 
las precaociones necesarias para llegar con seguridad à donde 
se dirigian. Despoes de que los habimos animado , los methnos 
en su coche , y los sacAmos fiiera del bosque , tinmdo nosotros 
las mulas por el freno. Nuestros anacoretas fiiéron en segaida à 
yisîtar las feltriqueras de los yencidos ; despues faimos A desatar 
el caballo de don Alfonso , y nos apoderémos tambien de los 
que eran de los ladrones , que estaban atados à yarios irboles 
junto al campo de batalla. Montados en nnos , y Ueyados otros 
del diestro , seguimos al hermano Antonio , que habia montado 
en una mula del coche , hactendo de cochero para condacîrlo â 
la yenta , habiendo tardado dos horas en llegar à ella , aunqae ei 
seAor Lamela nos habia dicho que no estaba muy aparta^da del 
bosque. 



LIBRO QUmra 986 

Lhmémos à la paerta con faertes golpcs, porque toda la gente 
de la casa estaba ya acostada. Leyantéronse , y yistiëronse de 
prisa el Tentero y la Tentera, que no mostràron el menor enfodo 
de que les hnbiesen despertado à lo mejor del suefto , coando 
vièron una comitiya que prometia hacer macho mas gasto en su 
casa del que efecliyamente hize. En un momento encendièron 
laces por toda la yenta. Don Alfonso y el ilustre hijo de Lucinda 
diëron la mano à la seflora y al caballero para ayudarlos à bajar 
del coche , siryiéndoles como de gentOes b<Hnbres hastfi el coar* 
toâ donde los conduyo el yentero. Alli se hiciëron mil reciprocos 
complimientos; y qued&mos muy admirados cuando llegàmos à si^r 
que los personages à quienes acababamos de libertar eran el conde 
dePoIany su hijaSerafina. Pero ;qaien podrà describir el asom- 
bro de esta seûora y de don Alfonso coando se conociteoo? £1 
conde no réparé en este pasage porque estaba distraido en otras 
cosas. Pùsose à contarnos menudamente el modo con que les 
habian asaltado los ladrones, y se habian apoderado de su hija 
y de él despues de haber muerto al postillon , à un page , y à un 
ayuda de càmara. Acabô diciendo que nos estaba infinitamente 
agradecido , y que si queriamos ir é Toledo » donde estaria de 
îoelta dentro de un mes, nos daria pruebas que bastasen à hacemos 
conocer si era ingrato 6 reconocido. 

A la hija de aquel seûor no se le olyidô darnos tambien mil 
gnicias por su dichosa libertad ; y habiendo juzgado don Rafeel y 
yo que gustaria don Alfonso de que le fadlitasemos el me* 
dio de hablar un rato à soks con aquella yiuda jôyen , lo dis* 
posimos prontamente , entreteniendo al conde de Polan. Bella 
Serafina , le dijo don Alfonso en yoz muy baja , ya no me 
qnejaré de la desgraciada snerte que me obliga à yiyir como 
00 hombre desterrado^ de la sociedad ciyil , habi^do tenido 
la fbrtana de contribuir al importante ser^icio que se os ha be-* 
cho. {Pues quel le respondiô ella suspirando, ;)Sois yos el que me 
l^issalyado la yida y el honor? ;gois yos à quien mi padre y 
yo somos tan deudores? |Ah don Alfonso 1 ^porque fuisteis 
vos quien diô muerte à mi hermano ? No le dijo mas ; pero él 
eomprendiô bastante ppr sus palabras y por el toao en que las 
^jo que , si amaba con extremo à Serafina, no era ménos amado 
de elk. 



—»••••••■•••• 



S86 GIL BLAS. 

LIBRO SEXTO. 



CAPITULO I. 

De lo que hid^ron Gil Bias j sos oompaflerot despao que se separâron dd 
oonde de PoUq : del importante proyecto que formo Ambrosio ; j oamo le 
fjecuto* 

Despnes de haber pasado el conde de Polan la mitad de h 
noche en darnos gracias y y asegurarnos que podîamos contar 
oon sa eterno agradecimiento , llamô al Tentero para consaltar 
con el de qaé modo llegaria con seguridad â Taris , à donde 
tenia inimo de ir. Dejàmos qae tomase sobre esto sus medidas, 
y nosotros salimos de la venta sigaiendo el camino que Lamela 
quiso escoger. 

Al cabo de dos horas de marcha nos amaneciô ya cerca de 
Gampîllo. LIegémos prontamente à las montaflas qae hay entre 
aqnella villa y Reqaena , y alli pasàmos el dîa en descansar y 
en contar naestro caadal , que se habia aumentado macho con 
el dinero que habîamos cogido é los ladrones , en cuyas faltri- 
queras se encontràron mas de trescientos doblones en difereotes 
monedas. Al entrar de la noche nos yolvimos à poner en ca- 
mino, y el dia siguiente al amanecer entrâmos en el reîno de 
Valencia. Retiràmonos al primer bosque que encontràmos, em- 
boscâmonos en él , y llegémos é un sitio por donde corria un 
arroyuelo de agua cristalîna que iba lentamente à jantarse con 
las del Guadalaviar. La sombra con que nos conyidaban los ir- 
boles y la abundante yerba que el campo ofrecia para los ca- 
ballos, nos hubîeran determinado é hacer alto en aquel parage, 
aun caando no esturieramos ya resueltos é descansar aigunas 
horas en él. 

ÂpeimonoB , paes , y haciamos énimo de pasar alli aquel dia 
alegremente ; pero cuando fahnos é almorzar nos hallimos con 
poquisimos yiveres. Empezaba à foltarnos el pan , y nuestra 
bota se habia conyertido en un cuerpo sin alma. Sefioréis, dijo 
entônces Ambrosio , sin Ceres y sin Baco é ninguno agrada el 
sitio mas .delicioso. Soy de parecer que renovemos nuestras pro- 
yisiones , y asi marcho à este fin à Chelva , que es uaa linda 
yilla, distante de aqui solas dos léguas , y tardaré poco en tan 
corto viage. Dicho esto , cargo en el caballo la bota y las aK 
foijas y montô , y partiô del bosque é tan buen paso , que nos 
prometfanos séria muy pronta su yuelta. Teniamos motiyo para 



LIBRO SEXTO. S87 

creerlo asi , y agnardabamos por momentos & Lamela ; mas sin 
embargo , no Tolyio tan presto coino lo esperabamos. Era ya 
macho mas del medio dia, y aun se aproximaba la noche para 
cobrir los érboles con su negro manto , cuando yimos à nuestro 
proyeedor, caya tardanza comenzaba à damos coidado. Engaftô 
alegremente nuestro sobresalto con las muchas cosas de que 
Yenia proyisto. No solo traia la bota llena de exquisito yino, y 
atestadas las alfoijas de carnes asadas , sino que reparàmos un 
gran £ardo acomodado à las ancas del caballo , que se Ueyô 
naestra atencion. Conociôlo Ambrosio , y nos dijo sonriéndose : 
Âpuesto yo à don Rafeel, y à todos los mas diestros del mundo, 
que no son capaces de adiyinar porquë ni para que he com- 
piado todo este enyoltorio de ropa. Diciendo esto lo desatô èl 
nismo para que yieramos por menor lo que encerraba. Mos- 
trônos un manteo negro , y una sotana del mismo color ; dos 
chnpas, y dos pares de calzones; un tintero de cuerno con su 
salyadera y caûon para meter las plumas ; una mano de papel 
fino, un seUo grande, y un candado, juntamente con una barreta 
de lacre yerde. j Par dioz , seftor Ambrosio , exclamé zumbàn- 
dose don Rafael luego que yiô todas aquellas baratijas , que 
habeis empleado bien el dinero I f, Que diablos piensas hacer de 
todos esos cachiyaches ? Un uso admirable» respondiô Lamela. 
Todas estas cosas no me han costado sino diez doblones, y estoy 
persuadido de que nos han de yaler mas de quinientos. Contad 
seguramente con ellos. No soy hombre que me cargo de géneros 
inutiles ; y para haceros yer que no he comprado à tontas y à 
locas, yoy à daros parte de un proyecto que he formado : un 
proyecto que sin disputa es de los mas ingeniosos que puede 
Goncebir el entendimiento humailo. Vais à oirlo, y estoy seguro 
que qaedaréis atonitos al saberlo : estadme atentos. 

Despues de haber hecho mi provision de pan , me entré en 
una pasteleria y mandé que me asasen seis perdices, otras tantas 
poUas, é igual numéro de gazapos. Miéntras todo esto se estaba 
ssando entré en la pasteleria un hombre encendido en cèlera , 
qaejàndose agriamente de la injuria que le habia hecho un mer- 
ger del pueblo, y le dijo al pastelero : Por Santiago apéstol 
que Samuel Simon es el mercader mas ruin que hay en todo 
CheWa. Acaba de afrentarme pùblicamente en su tienda , pues 
no me. ha querido fiar el grandisimo ladron seis yaras de paiio, 
^iendo como sabe que soy un artesano que cumplo bien , y 
^c i ninguno he quedado jamas à deber un cuarto. i No os 
admirais de semejante bruto? El fia sin reparo à los caballeros, 
coando sabe poir experiencia que de muchos de ellos no ha de 
cobrar ni un ochayo, y no quiere fiar à un yecino honrado que 
^tà seguro de que le ha de pagar hasta el ultimo marayedi. 
iQoè maniaJ i maldito Judlo! i ojalà le engaften ! Puede ser que 



988 GIL BLAS. 

se me ODmpla algan dia esle deseo, y no fidtaiin mercadem qne 
me aoompaften en &. 

Oyendo yo hablar de este modo à aquel pobre menestral, 
que dîjo ademas otras muchas cosas , de repente me asahô el 
deseo de yengarle, y de hacer una pesada burla al seAor Samael 
Simon. Amigo, pregunté al hombre que se quejaba tan amarga- 
mente^ ;no me dirëîs que caracter tiene ese mercader? £1 peor 
que se puede discurriry me respondiô con enfieido. Es un desen- 
firenado usnrero, aunque en su exterior aparenta ser un bombre 
i^irtuoso : es un judio que se yolyiô catôlico , pero en el fondo 
de su aima es todavia tan judio como Pilatos : porque se ase- 
gura haber abjurado por interes. 

No perdi palabra de todo lo que dijo el irritado menestral; 
y luego que sali de la pasteleria, procuré informarme de la casa 
de Samuel Simon. Ensefl6mela un hombre. Parème à ver su 
tienda , examinèla toda , y mi imaginacion, siempre pronta a £i- 
Yorecerme, me sugiere un enredo que abrazo cou presteza, 
parecièndome digno del criado del seftor Gil Bias. Fuime derecho 
â una roperia, y compré los vestidos que veis , uno para hacer 
el pape! de oomisario del santo Oficio, otro para representar el 
de secretario, y ei tercero para fingir el de alguadl. Ved abi , 
seflores, lo que hice y lo que fué la causa de mi tardanza. 

I Ah, querido Ambrosio, interrumpiô don Bafael arrebatado de 
gozo, y que admirable idea ! {que plan tan asombroso I Envidio 
tan sutilistma invencion. Daria yo los mayores enredos de mi vida 
porque se me hubiese ofrecîdo este tan ingenioso. Si» amigo Lamela, 
prosiguiôy penetro bien todo el fondo, todo el yalor de tu delicado 
pensamiento, y no debes poner duda en que el ëxito sera dichoso. 
Solo has menester dos buenos llctores que no echen i perder 
una comedia tan bien imaginada ; pero estos actores los tîenes â 
mano. Tù tienes un aspecto devoto y harés muy bien de comt- 
sario del santo Oficio , yo representarë el secretario , y el sefior 
Gil Bias , si gusta , harà de alguacil. Ya estàn repartidos los pfr- 
peles ; maftana representarèmos la comedia ; y yo respondo del 
buen ëxito , à mënos que sobrevenga alguno de aquellos lances 
impreyistos , que dan en tierra con los designios mas bien 
combinados. 

Por lo que A mi toca, solo comprend! en confîiso el proyecto 
que don Rafoel alabô tauto ; pero durante la cena me lo expii- 
câron, y yerdaderamente me pareciô ingenioso. Despues que bu- 
bimos despachado gran parte de la provision, y becho à la bota 
copiosas sangrias, nos tendimos sobre la yerba, y tardàmos poco 
en dormirnos ; pero no fiië largo nuestro suefto , porque m» 
hora despues le interrumpiô el desapiadado Ambrosio gritando 
entes del dia : /£n pii, en pii ! los que traen entre manos grandes 
empresas que ejecutar no han de ser perezosos. |Maidito sea 



LIBRO SEXTO. S89 

el seflor oomisario, le dijo don Rafael entre despierto y dormî- 
do y y Id que su seftoria ha madrugado ! En yerdad que el ju~ 
diazo de Manuel Simon dare â todos los diablos tanta yigilancia. 
Conyengo en ello, respondiô Lamela, y os dire de mas A mas , 
afiadié riëndose , que esta noche soAë que yo le estaba arran- 
cando pelos de la barba, i Y este sneflo, seAor secretario, no es 
de mny mal agûero para el desdichado Samuel? Con estas y 
otras mû chufietas que se dijéron , nos pusimos todos de mny 
buen humor. Almorzémos alegremente , y luego nos dispusimos 
para representar cada uno su papeL' Ambrosio se echo à cuestas 
las hopalandas, de manera que tenia toda la traza de un verda- 
dero oomîsario. Don Rafeel y yo nos vestimos de modo que 
pareciamos perfectamente un secretario y un alguacil. Emple&mos 
bastante tiempo en difrazamos y en ensayar lo que habiamos 
de hacer, tanto que eran ya mas de las dos de la tarde cnando 
salimos del bosque para encaminamos à Cheha. Es yerdad que 
ninguna cosa nos apuraba ; entes bien era del caso no dejar- 
nos yer en el lugar hasta algo entrada la noche. Por lo mîsmo 
camÎDàmos poco à poco , y aun tuyimos que detcncmos casi à 
las puertas del paeMo , dando tiempo à que obscureciese ente- 
nimente. 

Cuando nos pareciô tiempo , dejàmos los caballos en aquel 
sitio à cargo de don Alfonso, que se alegrô mucho de no tener 
que hacer otro papel. Don Rafoel , Ambrosio y yo nos fuimos 
en derechura à la puerta de Samuel Simon. El mismo saliô é 
abrirla, y quedô extrafiamente sorprendido de yer en su casa 
aqneDas très figuras; pero lo quedô mucho mas luego que La- 
mêla, que Ueyaba la (ôlabra, le dijo en tono imperioso : Seflor 
Samuel, de parte del santo Oficio, cuyo indigno comisario soy, 
os ordeno que en este mismo momento me entregueis la Haye 
de yoestro despacho. Quiero yer si hallo en èl con que justificar 
las delaciones y acusaciones que se nos han presentado contra yos. 
El mercader , à quien habian turbado estas palabras , retro- 
cedi6 dos pasos como si alguno le hubiese dado un golpe en 
el pecho, y lëjos de sospechar en nosotros alguna supercheria , 
creyô de buena (e que algun enemigo oculto le habia delatado 
al santo Oficio; 6 tambienes mny posible que, no reconociéndose 
èl mismo por muy buen catôlico, temiese con Fundamento haber 
dado motiyo para alguna sécréta informacion. Sea lo que fuere, 
nnnca yi hombre mas confuso. Obedeciô sin resistencia , y con 
todo el respeto que corresponde A un hombre que teme à la in- 
qnisicion. £1 mismo nos abriô su despacho, y al entrar le dijo 
Ambrosio : Seflor Samuel , à lo ménos recibis con sumision las 
ërdoies del santo Oficio ; pero, afladiô , reiiraos & otro cuarto , 
y dejadme practicar libremente mi empleo. Samuel no fué ménos 
obediente à esta segunda ôrdcn que lo habia sido à la primera : 

19 



290 GIL BLAS. 

retirôse ft sit tieoda» y nosotros très entrémos en sa despa- 
cho 9 donde sin pérdida de tiempo nos pnsfanos à bnscar el 
dinero , que nos costô poco trabajo y mènes tiempo encon- 
trar , porque estaba en un cofire abierto , donde habia mas del 
que podiamos Ue^ar. Consistia en gran numéro de talegos, 
puestos unos sobre otros, y todo en moneda de plata. Nosotros 
hubieramos querido mas que fuese en oro ; pero no pudiendo 
ya ser esto, nos fùé forzoso hacer de la necesidad virtud. Uené- 
mos bien los bolsîUos, las feltriqueras, el hueco de los çalzones, 
y en fin todo aquello donde lo podiamos eneajar ; de suerte que 
todos ibamos cargados oon un peso exorbitante, sin que ningnno 
lo pudiese conocer, gracias à la destreza de Ambrosio y de doo 
Rafoel, que me hiciéron yer con esto que no hay en el mnndo 
cosa mejor que saber bien cada uno el arte que profesa. 

Salimos del cuarto despues de haber hecho nuestro negocio : y 
por una razon que es f&cil de adivînar , el seftor comîsario sacô 
su candado que quiso echar por su misma mano à la puerta ; plan- 
t6le el sello , y luego dijo à Simon : Maese Samuel , de parte del 
tribunal os prohibo que Uegueis à este candado , ni tampoco à 
este sello , que debeis respetar , pues que es el sello del santo 
Oficio. Maflana volveré à esta misma hora à quitarlo y é daros ôr- 
denes. Hecho esto mandô abrir la puerta de la calle , por la cnal 
fuimos todos desfilando alegremente , y cuando hubimos andado 
como unos cincuenta pasos comenzâonos à caminar oon tal lige- 
reza , que apènas tocabamos con el pié en tierra sin embargo de 
la pesada carga que llevabamos. Salimos presto fhera de la yilla, 
y Yolviendo à montar en nuestros caballos tomàmos el camioa 
de Segorye» dando gracias por tan feliz suceso al dios Mercurio '• 



CAPITULO n. 

De la resoludon que totniron D. Alfonso y Gii Bias despnet de esta aTentura- 

Anduyimos toda la noche segun nuestra loable costumbre, y 
al amanecer nos hallàmos à la vista de una miserable aldea dis- 
tante dos léguas de Segorve. Como todos estabamos cansados, 
nos desYiàmos con gusto del camino real para llegar hasta unos 
sauces que descubrimos al pié de una colina à cosa de unos mil ô 
mil y doscientos pasos de la aldea , en la cual no nos paredô coo- 
veniente detenemos. Yimos que aquellos àrboles hacian una apa- 
cible sombra , y que les baftaba el pié un arroyuelo. Agradônos 
lo delicioso del sitio , y resolviendo pasar en él lo restante del 

' Protector de lot ladroues. 



LIBRO SEXTO. 291 

dia , nos apeémos , quitàmos los firenos à los caballos para qne 
padieseD pacer , nos echàmos sobre la Tarde yerba, y despues 
de haber reposado un poco , acabàmos de desocupar las alforjas y 
la bola. Luego que hubimos almorzado opiparamente , nos pu- 
simos à Gontar el dinero que habiamos robado à Samuel Simon, y 
haMmos que ascendia à très mil ducados ; con cuya cantidad y 
el caudal que ya teniamos , podiamos alabamos de poseer un me- 
dîano capital. 

Yiendo que se faabian acabado nuestras provisiones , y era me- 
nester pensar en hacer otras, Ambrosio y don Rafael , que ya se 
habian quitado los disfraces , dijéron que querian tomarse este 
trabajo y porque el suceso de Chelva les habia avivado el gusto 
de las aventuras , y tenian gana de ir à Segorye à Ter si se les 
presmitaba alguna ocasion de emprender otra nueva hazaûa. Yos- 
otros, dijo el bijo de Lncinda, no teneis mas que esperamos à 
la sombra de estos sauces , que presto estarèmos de Tuelta. Se- 
tter douRafeel, respond! yo sonriéndomey no sea que la ida de 
ustedes sea como la del humo : temo que, si una tcz se Tan, tarde 
DOS juntarémos. Esa sospecha , replicô Ambrosio, es muy ofen- 
siTa k nuestro honor , y no mereciamos que nos hicieseis tan 
poca merced. Es Terdad que en parte os disculpo de la descon- 
fianza que teneis de nosotros acordàndoos de lo que hicimos en 
YaDadolid; y de créer que no hariamos mas escrùpulo de aban- 
donaros que à los compafleros que dejàmos en aquella ciudad. 
Sîn embargo os engaâais enormemente. Aquellos camaradas à 
quienes Tendîmes eran de un perTerso caràcter , y ya no po- 
diamos aguantar mas su compaftia. Es menester hacer jùsticia à 
los de nuestra profesion, diciendo que no hay gremio alguno en 
la Tida ciTil en que el interes dé mënos motiTO à la diTision; pero 
coando no son conformes las indinaciones, puede alterarse la 
union como en lodos los demas gremios hnmanos. Por tanto , 
sefk)r Gfl Bias, suplico à Tmd. y al seftor don Alfonso que tengan 
mas confianza de nosotros , y que tranquilizen su espiritu tocante 
al deseo que don Rafael y yo tenemos de ir à SegorTe. 

Es muy fôcil , dijo entônces el hijo de Lucinda , libraries do 
todo motiTO de inquietud en este punto : basta para eso dejarlos 
doejlos del caudal , que es la mejor fianza que tendràn en sus 
manos de nuestra Tuelta. Ya Te Tmd., seflor Gil Bias, que esto 
se Uama ir derechos al punto de la dificultad. Ambos qu^aréis 
asi re8guardados\ sin que Ambrosio niyo tengamos sospechas de 
que os ausenteis con tan rica fianza. En Tista de una prueba tan 
conTincente de nuestra bucna fe , ^tendréis todaTia dificultad en 
fiaros de nosotros? No por cierto, respond! yo; y asi podcis 
ahora hacer todo lo que os pareciere. Partiéron inmediatamente 
con la bota y las alforjas , dejàndome à la sombra de los sauces 
con don Alfonso, el cual me dijo luego que se foèron : Seftor Gil 



292 GIL BLAS. 

Has , quiero abriros enteramente mi pecho. Me estoy oontinna- 
mente acasando de la condescendencia qae tuve en Tenir hasta aqni 
con esos bribones. No os pnedo decir cuantos millares de yeces 
me he arrepentido ya de ello. Ayer noche miëntras me quedé 
gaardando los caballos hice mQ reflexiones qne me despedasaban 
el corazon. Considéré qae era may ageno de an jôven qae naciô 
con honra vivir con anos hombres tan yiciosos como Rafiiel y La- 
mela; que si por desgracia (como may fécilmente paede suceder) 
llegase à ser tal algan dia el resaltado de ana de estas maldades, 
que cayesemos en manos de la justicia, safrirè la vergûenza de 
Terme castigado con ellos como ladron , y qnizi con una muerte 
afrentosa. No poedo apartar ni on solo instante de mi imagina- 
cion estas fùnestas ideas; y asi os confieso qae estoy resuelto i 
separarme para siempre de so compaflia , por no ser complice en 
los delKos que cometan. Tengo por cierto , afladio , que no desa- 
probaréîs este pensamiento. Cierto es que no, le respond!. Aonque 
ymd. me yiô ayer hacer el papel de algaacil en la comedia de Sa- 
muel Simon , no por eso créa que semejantes piezas son de mi 
gusto. El cielo me es testigo de que miéntras estaba representando 
tan distinguido papel me dije é mi mismo : A fe, amigo Gil Bias, 
que si la justicia viniera ahora à echarte la mano , sin duda me- 
reoerias bien el salario que te tocase. Asi que, seûor don Alfonso, 
no estoy mas dispuesto que Tmd. à continuar en tan mala com- 
paftia y y de muy buena gana le acompaflaré , si es que me lo 
permite, à cualquiera parte que vaya. Cuando Tuelvan estos se- 
ftores les suplicarémos que se haga el repartimiento del dinero , 
y maflana muy temprano, 6 esta misma nochc , nos despedirèmos 
de ellos para siempre. 

Aprobô mi proposicion el amante de la bella Serafina , y me 
dijo : Irèmos à Yalenciîi , y nos embarcarëmos para Italia, donde 
podrèmos entrar al seryicio de la repùblica de Yenecîa. ^No yale 
mas seguir la carrera de las armas , que continuar la yida yil y 
criminal quetraemos? En aquella podemos traer buen porte con 
el dinero que nos haya tocado. No déjà de remorderme la con- 
ciencia el seryirme de un bien tan mal adquirido ; pero ademas 
de que la necesidad me obliga à ello , protesto resarcir & Sa- 
muel Simon el dafio luego que tenga la menor fortuna en la guer- 
ra. Aseguré à don Alfonso que yo tenia la misma intencion , y 
quedàmos de acuerdo en que el dia siguiente al amanecer nos 
separariamos de nuestros camaradas. No dimos lugar à latenta- 
cion de aproyecharnos de su ausencia , esto es , huir al momento 
con el dinero : la confianza que habian hecho de nosotros dejàndo- 
nos dueftos de ël ni aun nos permitiô que nos pasase semejante 
ruindad por el pensamiento , aunque la burla que me hiciéron en 
la posada de caballeros de Yalladolid disculpase en cierto modo 
este robo. 



LIBRO SEXTO. S93 

A la caida de la tarde volyiëroa de Segorye Ambrosio y don 
Rafael. La primera cosa que- nos dijèron fuè que habian he- 
cho un Yîage muy feliz , y que dejaban echados los cimientos 
de una aventura que , segun todas las seAales , séria sin com- 
paracion de mucho mas producto que la del dia anterior. 
Comenzô & explicarnos el plan el faijo de Lucinda ; pero don 
Alfonso le atajô , diciéndole cortesmente que ël estaba resuelto 
â separarse de la compafiia ; y yo por mi parte les déclaré ha- 
llarme en la misma resolucion. Por mas que hiciéron para mo- 
yemos à que prosiguiesemos acompafiàndoles en sus expediciones, 
no les foë posible conseguirlo. La maûana siguiente nos despe- 
dimos de ellos despues de haber repartido por iguales partes el 
dinero ; y los dos tomàmos el camino de Valencia. 



CAPITULO m. 

Como don Alfonso se halla en el colmo de su alegria , y la aYentara por la 
cual se TÎô de repente Gil Bias en un estado dichoso. 

Caminàmos felizmente hasta Buflol ^ donde por desgracia fuè 
I^eciso detenernos. Sintiôse malo don Alfonso. Diôle una calen- 
tura tan ardiente , que le crei en el mayor riesgo. Quiso la for- 
tuna que no hubiese medico en el lugar , y salimos à poca costa 
de aquel susto , pues solo nos costô el miedo. Al tercer dia se 
hallô el enfermo enteramente limpio de calentura , à lo que no 
contribuyô poco mi cuidadosa asistencia. Mostrôse muy agrade- 
cido à lo que habia hecho por ël , y como era reciproca la 
incUnacion del uno al otro , nos jurimos una eterna amistad. 

Proseguimos nuestro yiage firmes siempre en la resolucion de 
embarcamos para Italia à la primera ocasion que se ofreciera 
ajsi que llegasemos à Valencia ; pero el cielo que ^os preparaba 
una suerte feliz dispuso las cosas de otro modo. Vimos à la 
puerta de una hermosa quinta que habia en el camino mucha 
gente aldeana de ambos sexos que bailaban formando corro. 
Acercémonos à yer la fiesta , y don Alfonso , que estaba muy 
ageno de hallar el objeto que se le présenté , se quedô sorpren- 
dido de yer entre los circunstantes al baron de Steinbach. Este, 
que tambien reconociô à don Alfonso , corriô luego hàcia ël con 
los brazos abiertos , y todo arrebatado de gozo exclamé : | Ah, 
qnerido don Alfonso I jyosaqui! 4 Que agradable encuentro! 
Cnando por todas partes os andan buscando , una feliz casua- 
lidad os ha puesto delante de mis ojos. 

Apeôse al instante mi compaftcro , y fiië precipitado à dar mil 
abrazos al baron , cuya alegria me parcciô excesiva. Ven , hijo 



294 GIL BLAS. 

mio y le dijo el buen \iejo : presto sabrés quien eres, y mejora- 
rés mucho de fortuna. Diciendo esto le oondujo à la habitadon, 
à donde yo tambien fui , habiéndome apeado y atado à an àrbol 
los caballos. £1 primero à quieo encontràmos foe al duefto de h 
mîsiiia quinta, que mostraba ser de edad de cincuenta aAos, y 
tenia bellisimo aspecto. Seftor , le dijo el baron de Steinbach 
presentando à doii Alfonso , aqai teneis à ynestro hijo. A estas 
palabras don César de Leiya , que asi se llamaba aquel caballero, 
echo los brazos al cuello à don Alfonso , y le dîjo llorando de 
gozo : Reoonoce, hijo mio , al padre que te diô el ser. Si te be 
dejado ignorar tanto tiempo quien ères » crée que ha sido à 
Costa de hacerme à mi mismo una cruel violencia. Mil yeces 
he suspirado de pena ; pero no podta procéder de otra manera. 
Caserne con tu madré , llevado solo de amor , porque su nact- 
miento era muy inferior al mio : yivia yo bajo la autoridad de on 
padre de genio duro que me redujo à tener secreto un matri- 
monio contraido sin su consentimiento. £1 baron de Stein- 
bach era el ùnico depositario de mi confianza , y de acuerdo 
conmigo se encargô de criarte. £n fin , ya no vive mi padre, y 
puedo manifestar al mundo que tu ères mi ùnico heredero. ^o 
es esto lo mas , aftadiô , pienso casarte con una sefiora , cuya 
nobleza es igual à la mia. Seflor, le interrumpiô don Alfonso, 
no me hagais pagar sobrado cara la dicha que me anunciais. 
^No puedo saber que tengo el honor de ser hijo yuestro sin 
que esta noticia \enga acompaftada de otra que necesaria- 
mente me ha de hacer desgraciado ? ] Ah , seûor ! No querais 
ser mas cruel conmigo que lo fuè yuestro padre con yos. Si 
este no aprobô yuestros amores , é lo mènos tampoco os obli- 
gô é recibir una esposa escogida por él. Hijo mio , respondiô 
don César, ni yo pretendo tampoco tiranizar tus deseos ; todo lo 
que exijo de tu sumision es que tengas la condescendencia de 
yer à la que te tengo destinada antes de resolyerte à tomar otro 
partido. Aunque es hermosa , y tu enlace con ella muy yenta- 
joso para ti , no por esto te haré yiolencia para que la tomes 
por esposa. No esta léjos , hàllase actnalmente en esta misma 
casa ; yen , y confesaràs que no hay un objeto mas amable. Di- 
ciendo esto condujo i don Alfonso à un magnifico cuarto, 
A)nde les acompaûàmos el baron de Steinbach y yo. 

£staban en él el conde de Polan con sus dos hijas Serafina y 
Julia, con don Fernando de Leiya su yerno, el cual era sobrioo 
de don César , y con otras muchas sefioras y caballeros. Don Fer- 
nando , que segun se ha dicho habia sacado é Julia de su casa , 
acababa de casarse con ella , y con motiyo de la boda habiao 
concurrido à aqucUa celebridad los aldeanos de los contornos. 
Luego que se dejô yer don Alfonso ', y que su padre le présente 
à toda la concurrencia , se leyantô el coude de Polan , y corriô 



LIBRO SÉPTIMO. 295 

exhalado à abrazarle , diciendo à gritos : Sea bien venido mi li- 
bertador ! Bon Alfonso , prosiguiô el conde , reoono<^ lo que 
paede la yirtud en las almas generosas. Si tu quitàste la \ida â 
mi hîjo , tambien salvàste la mia. Desde este mismo pnnto te 
hago el sacrificio de mi resentimiento , y te declaro dneAo de 
Serafina , cuyo honor libràste tambien. Este es el desempefio de 
obligacion en qne me constituyô tu yalor y tu generosidad. El 
hijo de Boa César correspondiô con las mas vivas expresiones 
al cumplido que le hacia el conde de Polan , no siendo iïcil dis- 
cernir coal de los dos afectos disputaba la preférencia en su 
agitado corazon, si el gozo de haber descnbierto su distinguido 
nacimiento , ô la dicha tan cercana de lograr por esposa à Sera- 
fina. Con efectOy pocos dias despues se celebrô el matrimonio 
con el mayor regocijo y aplauso de los contrayentes y de toda 
la parentela. 

Como yo habia sido-nno de los que acudiëron à libertar a! 
Gonde de Polan , este me conociô, y me dijo que mi fortuna 
corria de sa cuenta. Yo le di muchas gracias por su generosidad ^ 
y no quise separarme de don Alfonso , el cual me hizo mayordomo 
de su casa , honràndome con toda su confianza. Luego que se 
casô y no pudiendo olvidar el daûo que se babia hecho à Samuel 
Simon, me enviô à llevar â este comerciante todo el dinero que le 
habiamos robado ; esto es y à hacer una restitncion , lo cual en un 
inayordomo se llama empezar el oficio por donde debia acabar. 



LIBRO SÉPTIMO. 



CAPITULO I. 

De los amores de Gii Bias y la seûora Lorenza S^fora. 

Fui , pues , & Chelva à llevar al buen Simon los très mil duca- 
dos que le habiamos robado. Confieso francamente que en el cami- 
no me diéron tentaciones de quedarme con ellos para dar con tan 
biienos auspicios principio à mi mayordomia , lo que podia hacer 
eso sin riesgo , bastando para viajar cinco 6 seis dias, y volverme 
<^ino si hubiera cumplido con el encargo :* don Alfonso y su padre 
me tenian en muy buen concepto para sospecfaar de mi fidelidad ; 
lodo me favoreda: sin embargo , resisti à la tentacion , y la ven- 
ci como hombre de honor , lo que no es poco loable en un mozo 



296 GIL BLAS. 

que £6 habia acompaûado con grandes picaros. Yo aseguro que 
muchos d.e los que solo tratan con hombres de bien son en este 
punto mënos escrupniosos ; y sino , diganlo aquellos deposHa- 
rios que » sin peligro de perder sn fema , pueden apropiarse lo 
que se les ha confiado. 

Hecha la restitucion que no esperaba el mercader , voWi à b 
quinta de Lei\ a , en donde ya no estaba el conde de Polan , que 
con Julia y don Fernando habian marchado à Toledo. Halle é mi 
nuevo amo mas prendado que nunca de su Serafina , à esta cada 
dia mas enamorada de su esposo , y à don César contentisimo 
de tener consigo à ambos. Dediquéme é ganar la voluntad de este 
amoroso^ padre , y lo consegui. Me hiciéron mayordomo de la 
casa 9 todo lo gobernaba ^ recibia el dinero de los arrendadores, 
corria con el gasto , y tenia una autoridad despôtica sobre los 
criados ; pero léjos de imitar la conducta ordinaria de los de mi 
empleo , nunca abusé de mi poder. No despedia ilos que me dis- 
gustaban, ni exigia de los demas una ciega subordînacion. Si acn- 
dian à don César ô à su hijo pidiendo alguna gracia , léjos de 
estorbarlo hablaba en su fevor. Por otra parte la estimacion que 
continuamente me mostraban mis amos aviyaba mi zelo en ser- 
yirlos » sin atender a otra cosa que à sus intereses. Administré 
con manos muy limpias, y fui un mayordomo de los pooos que bay. 
Cu^do estaba mas contento con mi suerte , envidioso el Amor 
de lo bien que me trataba la Fortuna, quiso que k èl tambien 
tuviese que agradecerle , y para eso encendiô ea el corazon de 
la seflora Lorenza Séfora , criada primera de Serafina , una yio- 
lenta incHnacion al seAor mayordomo. Si he de hablar con la 
fidelidad de historiador , mi enamorada habia cumplido los cin- 
cuenta; pero la frescura de su tez , su rostro agradable, y dos 
hermosos ojos que sabia manejar con destreza , podian hacer pa- 
sar por afortunada mi conquista. La hubiera yo deseado de un 
poco mas color ^ porque estaba muy descolorida ; pero esto lo 
atribui à la austeridad del celibato. 

Usa mucho tiempo del atractivo de sus mirada^ carifiosas ; mas 
yo, en lugar de corresponder à ellas , aparentaba no conocer sas 
designios : y ast me tuvo por novato en el amor , y no le desa- 
gradô mi cortedad. Juzgô era inùtil el lenguage de los ojos coa 
un nnichacho é quien creia ménos instruido de lo que estaba; 
y asi en nuestra primera conversacion se me déclaré en tèrmi- 
nos formates y à fin de que no lo dndase. Se manejô como ma* 
ger pràctica ; hizo como que se turbaba , y despues de baberme 
dicho à su satisfoccion cuanto quiso , se tapô la cara para per- 
suadirme que se avergonzaba de haberme manifestado su fia- 
queza. Fué preciso rendirme : mostréme muy afecto à sus cariAos, 
no tanto por amor , como por vanidad : hice el apasionado , y 
aun afecté quererla con tal ardor, que se yiô precisada a reûir^ 



LIBRO SÉPTIMO. 297 

me ; pero esto foé con tanta blandura que , cuaodo me encargaba 
procurase contenerme , no pareda disgustada de mi atrevimiento. 
Hobiera Uegado à mas el caso si Sèfora no hubiera temido que 
hidese mal juicio de su yirtud concediéndome tan fàcilmente la 
vktoria. De esta suerte nos separàmos hasta otra conversacion , 
persoadida ella de que su aparente resistencia la haria pasar en 
mi concepto por un modelo del recato , y yo cou la dulce espe- 
ranza de Ter bien pronto el fiti de esta ayentura. 

Tal era el feliz estado en que me hallaba, cuando un lacayo 
de don César vino à aguar mi contento cou una mala nueva. Era 
este uno de aquellos criados que se dedican à saber cuanto pasa 
en el interior de las casas. Como continuamente me hacia la corte , 
y todos los dias me traia alguna noticia, me dijo una maâana 
que acababa de hacer un gracioso descubrimiento que me comu- 
nicaria en confianza , pero con la condicion de guardar secreto , 
por ser cosa de la dama Lorenza Séfora, cuyo enojo temia. Fuë 
tanta la curiosidad en que me puso , que le ofreci el mayor si- 
gilo : procure no manifestar que en ello tenia el mas leye interes, 
pregunténdole con frialdad que descubrimiento era aquel de que 
me bablaba con tanta réserva. Es , me dijo , que la seftora Lo- 
renza introduce de oculto en su cuarto todas las noches al drujano 
del Ingar , que es un mozo bien plantado ; y el bellaco se esté 
bien sosegado con ella. Doy de barato , prosiguiô con tono socar- 
ron, que esta accion sea muy inocente; pero ymd. convendré en 
que un mozo que entra misteriosamente en el cuarto de una sol- 
tera da motivo para que no se juzgue bien de su conducta. 

Esta noticia me desazonô tanto como si estuviera enamorado 
de yeras; procuré ocultar mi inquietud , y aun me esforzé hasta 
celebrar con risa una nueya que me atrayesaba el aima ; pero 
laegoqneestuye solo me desquité ecbando milbrayatas , diciendo 
dos mQ desatinos , y me puse à discurrir el partido que podria 
tomar. Ya despreciaba à Lorenza y me proponia abandonarla sin 
dignarme oir sus descargos ; y ya creyendo era punto mio es- 
<:armentar al cirujano , pensaba desafiairle. Preyaleciô esta ultima 
determinacion. Escondime al anoch^r, y en efecto le yi entrar 
en el cuarto de mi duefia de un modo sospecboso. Solo esto fal- 
taba para encender mi ira, que acaso sin este incidente se hu- 
biera mitigado. Sali de casa , y me aposté junto al camino por 
donde elgalan debiamarcharse. Le esperaba à pië firme » y cada 
inomento ayiyaba otro tanto el deseo qne tenia de llegar con ti 
i las manos. En fin , dejôse yer mi enemigo , salile al encuentro 
<^o aire de maton ; pero yo no se como diablos sucediô que me 
balte rependnamente sobrecogido de un terror pànico como un 
béroe de Homero , parado en medio de mi camino , y tan tur- 
bado como Paris cuando se présenté à combatir con Menelao. 
I^me à miras à mi hombre , que me parecié robusto y y igoroso. 



398 GIL BLAS. 

y su espada desmesaradamente larga. Todo eilo hacia en mi so 
efecto ; pero fuese la negra honrilla à otra causa , aunque estaba 
yiendo el peligro con unos ojos que lo hacian todayfa mayor, i 
pesar de mi miedo, que me aguijoneabapara que me volviese , tnye 
aliento para desenyainar mi tizona , é irme derecho al cirojano. 

Sorprendiôle mi accion. ^Qué es esto , seftor Gil Bias 7 exdamô : 
I que significan esas demostraciones de cabaUero andante? i Ymd. 
sin duda tiene gana de cbancearse? No , seftor barbero , le res- 
pond! ; no, es cosa muy seria : quiero saber si es ymd. tan yaliente 
como galan. No créa ymd. le hayan de dejar gozar tranqailamence 
las finezas de la dama que acaba de yer en casa. ; Por san Gosme, 
repuso el cirujano dando una gran carcajada de risa , que es on 
buen chasco ! 2 Las apariencias , yiye diez , son harto engafiosas ! 
Por estas palabras presumi que tenia tanta gana de quimera 
como yo , lo que me hizo ser mas audaz. A otro perro con ese 
hueso , le répliqué ; à otro con esa , amigo mio ; yo no soy 
hombre à quien satisfece la simple negatiya. Ya yeo , prosiguiô, 
que me sera preciso hablar claro para eyitar la desgracia que 
nos puede suceder é yos 6 à ml. Yoy, pues , & reyelaros nn se- 
creto , no obstante que los de nuestra profesion deben ser may 
callados. Si la dama Lorenza me admite con cautela en su apo- 
sento p es porque los criados no sepan su enférmedad. Todas las 
noches yoy à curarle un cancer inveterado que tiene en la es- 
palda. Yea ymd. el fundamento de las yisitas que tanto le in- 
quietan. Tranquilizese de aqui en adelante sobre este particular; 
pero si no esté satisfecho con esta declaracion , y quiere absolu- 
tamente que riAamos , digalo , y manos & la obra , poes no soy 
hombre que huirè el cuerpo. Habiendo dicho estas palabras sac6 
su montante , cuya yista me horrorizô , y se puso en defensa con 
un aire que nada bueno me anunciaba. Basta , le dije enyainando 
mi espada , yo no soy tan bàrbaro que no ceda é la razon. Per 
lo que ymd. me ha dicho yeo que no es mi enemigo ; abrazé* 
monos. Mis palabras le diéron à entender que yo no era tan 
temible como le pareci al principio ; enyainô con risa la espada, 
me abrazô , y nos separémos los mayores amigos del mando. 

Desde este momento Sëfora se presentaba à mi imaginacîon 
como la cosa mas desagradable. Eyité todas las ocasiones que me 
propordonaba de hablarle à solas ; y mi cuidado y estadio en 
huir de ella le hiciéron conocer mi interior. Admirada de ans 
mudanza tan grande quiso saber la causa , y habiendo enoontrado 
al fin el medio de hablarme à solas , me dijo : Seûor mayordomo, 
digame ymd., si gusta , el porqué eyita hasta mis miradas , ; 
porqué , en lugar de buscar como otras yeces propordon de ha- 
blarme , se extrafta tanto de mi. Es yerdad que yo di los primeros 
pasos , pero ymd. me correspondiô. Acuérdese , si no lo lleya i 
mal , de la conyersadon que tuyimos solos ; entteoes era ymd* 



UBftO SÉPTIMO. 299 

lodo fuego , y âhora no es mas que un hielo. ;Qaé significa esta 
madanza ? La pregunta era muy delicada para un hombre sincero ; 
y à la yerdad me quedé muy perplejo. No tengo présente lo que 
le respondl ; solamente me acuerdo que le disgnstô infinito. Se* 
fora parecia un corderô por su semblante aiable y modesto ; pero 
coando se encolerizaba era una tigre. Creia, me dijo echàndome 
una mirada Uena de despecho y rabia , creia honrar mucho à un 
faombrecillo como ël , manifestândole un afecto que caballeros y 
personas muy nobles faarian gran vanidad de haber merecido. 
Me esti muy bien empleado por haberme bajado indignamente 
hasta un miserable aventnrero. 

Si bubiera parado en esto , hubiera salido yo del paso à poca 

Costa ; pero su lengua furiosa me dijo mQ apodos à cual peor. 

Ken conozco que debi recibirlos & sangre firia , y reflexionar que, 

despreciando el triunfo de una yirtud que yo babia tentado , co- 

metia un delito que las mugeres no perdonan jamas. Un hombre 

seosato en mi lugar se hubiera reido de estas injurias ; pero yo 

era tan vivo que no pude sufrirlas , y perdi la pacicncia. Sefiora , 

le dije , à nadie despreciemos : si esos caballeros de quienes ymd. 

habla le hubiesen yisto las espaldas, aseguro que su curiosidad 

no hubiera pasado adelante. Apënas hube disparado esta saeta 

cuando la enfurecida duefta me pegô la mas grande bofetada que 

jamas ha dado muger colérica. Para no recibir otra , y evitar la 

granizada de golpes que hubieran caido sobre mi , tome la puerta 

con la mayor ligereza. IM mil gracias al cielo de yerme fuera de 

este mal paso , imaginando que nada tenia que temer, pues la dama 

se hàbia yengado , y me parecia que por su propia estimacion 

debia callar este lance. En efecto , pasàron quince dias sin saber 

imda de ella , y principiaba à olvidarla cuando supe que estaba 

mala : confieso que tuye la flaqueza de afligirme ; me diô làstima , 

imaginando que , no pudiendo esta desgraciada amante yencer un 

dmor tan mal pagado, se habria rendido é su dolor. Me conside- 

raba yo la principal causa de su enfermedad , y ya que no podia 

amarla, & lo mënos la compadecia. jPero cuanto me engaftaba! 

sa temura conyertida en odîo , no pensabamas que en perderme. 

Estando una mafiana oon don Alfonso noté que se hallaba triste 

y pensatiyo : preguntéle con respeto que tenia. Tengo pesa- 

dambre , me dijo , de yer à Serafina tan débtl , ingrata é injusta. 

Ti te admiras , afladiô , observando mi suspension ; pues crée 

que es muy cierto lo que te digo. No se pu- que moti?o te has 

becho tan odîoso à Lorenza su criada , que dice es infaliMe su 

maerte si no sales prontamente de casa. Como Serafina te ama , 

no debes dudar habri resistido é los impulsos de este aborre- 

cimiento , con los cuales no puede condescender sin ser desa- 

e^decida é injusta; pero al fin es muger» y ama eon extremo 

i Sëfora que la ha criado. La quiere como si fuera su madré, y 



300 GDL BLAS. 

creeria ser causa de sa moerte si no le dièse gusto. Por lo qa« 
baoe à mi , aunque quiero tanto à Serafina , no pienso del misoio 
modo, y no consentiré te apartés de ml, aunque perecieseD 
todas las dueftas de Espafla, pues te miro no como à criado 
sino como é hermano. 

Luego que acabô de hablar don Alfonso , le dije : Seflor, yo 
he naddo para ser juguete de la fortnna. Pensaba cesaria de per- 
seguirme en vuestra casa , en donde todo me prometîa una vida 
feliz y tranquila: pero al fin me es preciso dejarla, aunque ood 
ella pierda mi mayor gusto. No , no , exclamô el g^ieroso hijo 
de don César. Déjame , yo convenceré à Serafina : no se ha de 
dedr que te hemos sacrificado al capricho de una duefia; 
demasiado la contemplâmes en otras cosas. Pero , seâor , ré- 
pliqué , irritaréis mas à Serafina si la resistis : mas bien quiero 
retirarme que exponerme, permaneciendo en casa, i causar 
desazon entre dos esposos tan perfectos : si esta desgracia suce- 
diese , jamas hallaria yo consnelo. Don Alfonso me prohibiô to- 
mar este partido , y le tî tan resuelte , que Lorenza no hubiera 
logrado su intente , si yo no hubiese permanecido en mi pro- 
p6sito. Es Terdad que , picado de la venganza de la dueAa , tare 
mis impulses de cantar de piano y descubrirla; pero lae^o 
me compadecia censiderando que, si revelaba su flaqueta, heria 
mortalmente à una infeliz , de cuya desgracia era yo la caosa , 
y à quien dos maies irrémédiables echaban al heyo. Juzgaè, 
pues , que en concieneia debia restablecer el sosiego en la casa 
saliéndome de ella , pues que era un hombre que ocasionaba 
tante dafke. Hicelo asi al dia siguiente antes de amanecer , sin 
despedirme de mis âmes , temiende que su cariûe esterbase mi 
partida , y solo dejé en mi cuarte una cuenta puntual de mi ad- 
ministracion. 



CAPITULO II. 

De lo que sucedid à Gil Bias despues de dejar la casa de Leiva , y de las felioei 
coQsecaencias que tuTo el mal saccso de sus amores. 

Yo tenia un buen caballe, y llevaba en mi maleta descientes 
deblones, précédentes la mayor parte de lo que me toc6 de les 
bandoleros que matées , y de les mil ducades que robàmes i 
Samuel Simon , porque don Alfonso habia restitnido genero- 
samente teda la cantidad , cediéndeme la parte que me habia 
tecade. Asi, mirande mi caudal per esta circunstancia como ya 
legitime , gezaba de él sin escrupulo de concieneia. En una edad 
corne la que yo entônces tenia , se confia mucho en el prepio 
mérite , y fuera de este , cen mi dinero nada creta debia temer 



UBRO SËPTIMO. 301 

en adelante. Por otra parte Toledo me ofrecia un agradable asilo, 
y no dadaba que el conde de Polan tendria mucho gusto en 
recibir en sa casa à uno de sus libertadores. Pero este recurso 
debia ser cuando todo corriese torbio , y antes de valerme de 
él quise gastar parte de mi dinero en correr los reinos de Hur- 
cia y Granada que deseaba Ter con particularidad. Con este in- 
tente tome el camino de Almansa, de donde prosiguiendo mi 
yiage fui de pueblo en pueblo hasta la ciudad de Granada , sin 
que me sucediese contratiempo alguno. Parecia que la Fortuna, 
satisfecha ya de tantos chascos como me habia jugado , queria 
en fin dejanne en paz ; pero esta traidora me preparaba otros 
machos y como se vera en adelante. 

Uno de los primeros sugetos que encontre en las calles de Gra- 
. oada fîié el sefior don Fernando de Leiva, yerno como don Al- 
fonso del conde de Polan. Ambos quedimos.sorprendidos de 
Ternos en Granada. ; Que es esto , Gil Bias , me dîjo , tù en 
Granada? ^quë es lo que aqui te trae? SeAor, le dije, si Tmd. 
se admira de venue en este pais, con mucha mas razon se mara- 
yillari coando sepa la causa que me ha obligado i dejar la casa 
del seftor don César y su hijo. En seguida le conté cuanto me 
habia pasado con Séfora, sin callarle nada: causale gran risa 
el lance, y ya sosegado me dijo seriaroente: Amigo, voy à to- 
mar por mi cuenta este negocio , escribiré à mi cuAada... No , 
no, seûor , interrumpi ; si^>lico à vmd. no haga tal cosa : no he 
salido de la casa de Leiva para volyer à ella. Si ymd. gusta , 
puede emptear de otro modo el feyor que le debo : ruego à 
^d. que, si alguno de sus amigos necesita un secretario 6 
mayordomo , me présente y recomiende , que doy à vmd. palabra 
de no desairar su informe. Con mucho gusto , respondiô: mi ye- 
nida à Granada ha sido à yisitar à una tia mia ya anciana que 
esta enferma, y todavia pasaràn très semanas entes que me yuelya 
^ mi quinta de Lorqui , en donde ha quedado Julia. En aquella 
casayiyo, prosiguiô seflalàndome una suntuosa que estabaà cien 
P^sos de nosotros: yenme é ver pasados algunos dias, que quizi 
te habré ya buscado un acomodo. 

Efectiyamente la primera vez que nos yimos me dijo : El seftor 
anobispo de Granada , mi pariente y amigo , que es un grande 
^^itor, necesita de un hombre instruido y de buena letra para 
poner en limpio sus obras. Ha compuesto , y todos los dias com- 
pone homilias , que predica con mucho aplauso. Como te con- 
^mplo à propôsito para el caso, te he recomendado, y me ha 
prometido admitirte : ye y preséntate de mi parte : por el modo 
^Q que te reciba conocerés el buen informe que le he dado. 

La conveniencia me pareciô ta! como podia desear ; y asi 
i^bîéndome compuesto lo mejor que pude , fiii una maftana i 
Pi'esentarme é este prelado. Si yo hubiera de imitar à los auto- 



309 GILBLAS. 

Rft de BOTchs , hflrit aqw mat dewripcim | wpo t del 
anobispal de Granada , me extenderia sobre la e ai r u c tor a dd 
ediBdo , celebraria la riqaeza de sns muebles , hablaria de sus 
estataas y pinturas , y no dejaria de contar al lector la menor de 
todas las historias que en ellas se representan ; pero me oonten- 
taré con decir que iguala en magnifioencia al palacio de imestros 
reyes. 

Vi en las antesalas una muchednmbre de edesiâsticos y se- 
glares » la mayor parte fimiiliares de su ilustrisima , limosneros , 
gentileshombres , escuderos 6 ayudas de cémara. Los Testîdos de 
los seglares eran costosos , tanto que mas parecian de sefiores 
que de criados : se mostraban altÎTOS , y hacian el papel de hom- 
bres de importancia : al Ter su afectacion no pude ménos de reirme 
y burlarme interiormente de elles. \ Par diez I me decia entre mi, 
estas gentes tienen la fortuna de no sentir el yugo de la serri- 
dumbre ; porque al fin si lo sintieran me parece deberian osten- 
tar mènes altaneria. Acerquëme à un personage grave y grueso 
que estaba à la puerta de la cémara del arzobispo para abrîrla 
y cerrarla cuando era necesario , y le pregunté cou mucha corte- 
sia si podria hablar à su ilustrisima. Espérese ymd. me dîjo 
secamente, que su ilustrisima va à salir à oir misa, y al paso le 
oirà Ymd. No respond! palabra , armème de paciencia , ë hicc 
por tramar conversacion con algunos de los sirrientes ; pero 
aqueUos seftores no se dignàron contestarme, sino que se entre- 
tuTièron en examinarme de pies à cabeza; y despues , miran- 
dose unes à otros, se sonriéron con orguUo de la lib€«tad que 
habia tenido de mezclarme en su conversacion. 

Gonfieso que me quedé del todo corrido al verme tratado asî 
por unes criados. Todavia no habia Tuelto de mi confusion 
cuando se abriô la puerta del estudio, y saliô el arzobispo. 
Inmediatamente guardéron todos un proAmdo silencîo, dcjàron 
sus modales insolentes , y mostràron un semblante respetuoso 
delante de su amo. Tendria el prelado unes sesenta y nueve ajk>s, 
y casi se semejaba à mi tio Gil Perez el canônigo, es dedr , que 
era pequeûo y grueso , y ademas muy patiestevado , y tan caWo 
que solo tenia un mechon de pelo hécia el cogote ; por lo cual 
lleyaba embutida la cabeza en una i^palina que le cubria las orejas. 
Con todo y noté en él un aire de caballero, sin duda porque yo 
sabia que lo era. La gente comun mirémos à los grandes con 
una cierta preocupacion que por lo regular les presta un aspecto 
de seAorio que la naturaleza les ha negado. Luego que me lià 
el arzobispo se yino é mi , y me pregunto cou mucha dulzora 
que era lo que se me ofrecia. Le dije era el recomendado del 
sefior don Fernando de Leiya. ;Ah! exclamô, ^eres tù el qoe 
me ha alabado tanto? ya estes recibido : me idegro de tan buen 
^* quédate desde luego en casa. Dichas estas pdabras, 



LnAO SËPTIMO. 303 

se apoy6 sobre dos escnderos , y habiendo oido à algnnos ecle- 
siéstîcos que llegâoron à hablarle , saliô de la sala. Apéoas estaba 
fîiera coando yiniéron é saludarme los mismos qae poco antes 
habian despreciado mi conyersacion : me rodean , me agasajan , 
y maestran la mayor alegria de yerme comensal del arzobispo. 
Habian oido lo qae me babia dicho su amo , y deseabaa con 
ansia saber que empleo debîa tener cerca de su seftoria ilnstri- 
sima; pero para vengarme del desprecio que me habian hecho, 
taye la malicia de no satisfocer su curiosidad. 

No tardô mucho en yoWer su seftoria ilostrisima , y me bizo 
entrar en su estndio para hablarme é solas. Yo pensé bien que su 
intendon era tantear mis talentos, por lo que me atrincheré y 
préparé para medir todas mis palabras. Principiô haciéndome 
algnnas preguntas sobre las humanidades. Tuye la fortuna de no 
responder mal , y hacerle yer que conocia bastante los autores 
griegos y latinos. Examinôme despnes de dialéctica, y cabahnente 
aqai era en donde yo le esperaba. Encontrôme bien dmentado 
en eOa , y me dijo con cierta admiracion : Se conoce que bas 
tenido buena educacion. Yeamos ahora tu letra. Saqué de la 
feltriquera una muestra que babia lleyado expresamente para 
este caso , la que no desagradô à mi prelado. Me alegro de que 
tengas tan buena forma, eidamô, y todayia mas de que tengas 
tan bnen entendimiento. Daré las gracias à mi sobrino don Fer- 
nando porque me ba proporcionado un jôyen tan de proyecbo. 
A la yerdad cpie me ba hecbo un buen présente. 

Interrumpiô nuestra conyersacion la llegada de algunos caba- 
Deros granadinos que iban à comer con su ilustrisima. Dejélos,y 
me retiré à donde estaban los familiares, quienes me colmàron 
de cumplimientos y obsequios. Comi con ellos, y si miéntras la 
comida procuràron obseryar mis acciones, yo no examiné ménos 
hs snyas. \ Que modestia guardaban los eclesiésticos ! todos me 
paredéron nnos santos; tanto era el respeto que me babia infun- 
dido el palacio arzobispal : no me pasô por la imaginacion que 
aqnello podia ser gazmofteria, como si fdera imposible que esta 
se hallase en casa de los principes de la iglesia. 

Me tocô sentarme al lado de un antiguo ayuda de cémara, 11a- 
mado Melcbor de la Ronda, quien tenia cuidado de seryirme 
buenos bocados. Yiendo su atencion, procuré yo tenerla conél, 
y mi politica le agradô mucbo. Seftor caballero, me dijo en yoz 
baya luego que acabémos de corner, quisiera bablar con ymd. à 
solas; y diciendo esto me lleyô à un sitio de palacio en donde 
nadie podia oimos , y alli me tuyo este razonamiento : Hijo mio , 
desde el instante que te yi te cobré inclinacion , de cuya yerdad 
yoy é darte una prueba , confiàndote un secreto que te sera de gran 
Qtilidad. Estes en una casa en donde se confiinden los yerdaderos 
yirtuosos eon los falsos. Para oonocer este terreno necesitabas 



304 GIL BLAS. 

infinito tiempo, y Toy é excnsarte un estndio tan largo y desa- 
gradable, pintândote los genios de onos y de otros, lo que podrà 
seryirte de gobîerno. 

No sera malo, prosiguiô, dar principio por su flostrlsiina. Es 
an prelado may piadoso, ocapado continaamente en edificar al 
paeblo , y en encaminarle à la yirtad con admirables sermones 
morales , que el mismo compone. Yeinte aftos hace que dejo la 
cone para dedicarse enteramente à conducir su rebafto : es an 
sabio y un grande orador qae tiene paesto su conato en predi- 
car, y el pueblo le oye con mucho gusto. Tal yez tendra en esto 
su poco de vanidad ; pero ademas de que no toca à los hombres 
el penetrar los corazones, no pareceria bien que me pusiese yo 
à escudrifiar los defectos de una persona cuyo pan como. Si me 
fiiera permitido reprender algana cosa en mi amo , vituperaria 
sn severidad ; porque castiga con demasiado rigor las flaquezas 
de los eclesiàsticos , cnando debiera mirarlas con piedad. Sobre 
todo persigue sin misericordia à los que , fiados en su inocenda , 
piensan justificarse juridicamente, desatendiendo su autoridad. 
Tiene tambien otro defecto que es comun à muchas personas 
grandes : aunque ama à sus criados, atiende poco & sus serricios; 
los dejarà enyejecer en su casa sin pensar en proporcionarles 
algun acomodo. Si alguna vez los gratifica, es porque hay qaien 
tiene la bondad de hablar por ellos ; pues por lo que hace & sa 
ilustrisima , jamas se acordaria de hacerles el menor bien. 

Esto me dijo de su amo el ayuda de càmara, y siguiô dàndome 
razon del carécter de los eclesiàsticos con quienes babiamos oo- 
mido: me los retratô muy al contrario de lo que aparentaban: 
es verdad que no me dijo eran gentes infomes, pero si bastante 
malos sacerdotes. No obstante exceptuô à algunos, cuya virtud 
me alabô mucho. Con esta leccion aprendi el modo de porlarme 
con estos sefiores , y aquella misma noche en la cena me revesti 
como ellos de un exterior compuesto. No es de admirar se hallen 
tantos hipôcritas , cuando nada cuesta el serlo. 



CAPITULO m. 

Llega Gil Bias i ter el privado del arzobispo de Granada , y el oondocto de sus 

gracias. 

Miéntras la siesta habia yo sacado de la posada mi maleta y 
caballo , y yuelto despues à cenar à palacio » en donde me pusîé- 
ron un cuarto décente cou muy buena cama. £1 dia siguimite me 
hizo llamar su ilustrisima muy de maAana para darme à copiât 
una homilia, encargàndome mucho lo hiciera con toda la exacti- 
tud posible ; ejecatélo asi sin omitir acento, punto ni coma, de lo 



LIBRO SËPTIUO. 305 

qae nMiûfestô el prdado ua grande placer mezclado de sorpresa. 
Laego que recorrîô todas las hojas de mi copia, exclamô admi- 
rado: (Eteroo DiosI ^puede darseuna cosa mas correcta? Eres 
may buen copiante por ser perfecto gramàtico. Hàblame con satis- 
faociott , amigo mio , ^has encontrado al escribir alguna cosa que 
te baya chocado? ;algan descuido en el estilo , 6 algun término 
impropio ? es muy fàdl se me haya escapado algo de esto en el 
calor de la composicîon. |0h, seflorl respondi modestamente, 
no tengo tanta iostruccion que pueda meterme à critico , y aun 
coando la tuTiera, estoy cierto de que las obras de su ilustrisima 
no ca^ian bajo mi censura. Sonriôse con mi respuesta , y nada 
me replicô; pero en medio de toda su piedad se traslucia que 
amaba cod pasion sus escritos. 

Acabé de granjear su amistad con esta adulacion ; cada dia 
me qaeria mas , tanto que don Fernando , que visitaba frecuen- 
temente à mi amo , me asegurô habia de tal modo ganado su 
Toluntad , que podia dar por hecha mi fortuna. Mi amo mismo 
lo confirmô poco tiempo despues con la ocasion siguiente. Ha- 
biendo relatado con vehemencia una tarde en su estudio deiante 
de mi una homilia que habia de predicar en la catedral al otro 
dia y DO se contenté con preguntarme en general que me habia 
parecido , sino que me obligô à decirle los pasages que mas ha- 
biaa Uamado mi atencion , y tuve la fortuna de dtarle aquellos 
de que el estaba mas satisfecho , y que eran sus faToritos : esto 
me hizo pasar en el concepto de su ilustrisima por un conocedor 
delicado de las verdaderas bellezas de una obra. Eso es , exclamô, 
le que se llama tener gusto y finura. Si , querido , te aseguro que 
no es ttt oido oreja de asno. En fin , quedô tan contento de mi , 
que me dijo conmucha expresion : Gil Bias , no tengas ya cuidado, 
que tu fortuna corre de mi cuenta , y te proporcionarè una que 
te sea agradable. Yo te estime , y en prueba de ello quiero que 
seas mi confidente. 

Al oir estas palabras me eché é los pies de su ilustrisima , 
penetrado de reconocimiento. Abrazé gustosamente sus piemas 
torcidaSy y creime ya un hombre que estaba en camino de llegar 
i ser rico. Si » hijo mio , prosiguiô el arzobispo , cuyo discurso 
habia interrumpido mi accion ; quiero h^certe depositario de mis 
mas ocultos pensamientos : escuçba ^tent^mente lo qvie Toy à 
decirte. Tengo gusto en predicar^yel Sei|pr beudice mis homi- 
lias, porque mueven i los pecadores, les hacen volver en si , y 
recurrir à la penitencia. Tengo la satisfaccion de ver à un avaro, 
atemorizado con las imégenes que présente à su codicia , abrir 
sus tesoros y distribuirlos con mane prôdiga : à un lascive huir 
de sus torpezas ; à los ambiciosos retirarse à las ermitas , y 
hacer constante y firme en sus obligaciones k una esposa i quien 
bacia titubear un amante seductor. Estas conversiones , que son 

2» 



306 GIL BLAS. 

firecuentes , deberian por si sobs excitarme al trabajo ; pero , ce 
confieso mi flaqueza , todaTia me moeve otro premio , premio 
de que la delicadeza de mi Tirtad mè reprende inutilmente; este 
es el aprecio que hace el publico de las obras bien acabadas. La 
gloria de pasar por un orador oonsumado tiene para mi mochos 
atractivos. Hoy pasan mis obras por enèrgicas y sublimes ; pero 
no querria caer en las feltas de los buenos escritores que escri- 
ben muchos aftos, y si conservar toda mi reputacion. 

En este supuesto, mi amado Gil Bias, continué el prelado, 
exqo una cosa de tu zelo : cuando adviertas que mi pluma en- 
yejece, cuando notes que mi estilo dedina, no dejes de airisar- 
melo. En este punto no me fio de mi mismo , porque d amor 
propio podria cegarme. Esta obserTadon necesita de un enten- 
dimiento imparcial, y asi elijo el tuyo que contempio i prop6- 
sitOy y desde luego abrazaré tu dictémen. Seflor, le dije, su 
ilustrisima esta todatia muy distante de ese tiempo, à Dios gra- 
cias : ademas de que un ingenio como el de su Ûustrisima se 
conservarâ mas bien que los de otro temple, 6 para hablar con 
propiedad, su ilustrisima sera siempre el mismo. Yo miro â su 
ilustrisima como à un segundo cardenal Jimenez, cuyo superior 
talento parecia recibir nuevas fuerzas de los aftos , en Ingar de 
debilitarse con ellos. Dèjate de alabanzas, amigo mio, respondiô 
mi amo ; yo se que puedo declinar de un momento à otro: en 
la edad en que me hallo ya se empiezan à sentir los achaqœs , 
y los maies del cuerpo alteran el entendimiento. De nneyo te lo 
encargo , Gil Bias , no te detengas un momento en ayisarme 
luego que adviertas que mi cabeza se débilita : no temas ha- 
blarme con franqueza y sinceridad , porque tu aviso sera para 
mi una prueba del amor que me tienes. Por otra parte va en 
ello tu interes ; pues si por desgracia tuya supiese se decia en 
la ciudad que mis sermones habian decaido de su ordinaria de- 
vadon, y que podia ya dar de mano i mis tareas , perderias no 
solo mi afecto , sino el acomodo que te tengo prometido. Te 
hablo con toda claridad, esto sacarias de tu nedo silendo. 

Aqui acabô la exhortacion de mi amo para oir mi respuesta , 
que se redujo à prometerle cuanto deseaba^ Desde aquel pvnto 
nada tuvo secreto para mi, y vine é ser su privado. Todos los 
familiares envidiaban mi suerte, ménos el prudente Melchor de 
la Ronda. Era de ver éofâo trataban los gentilesbombres y es- 
cuderos al confidente de siï Sastrisima; no se afrentaban de 
humillarse por tenerme contento; sus bajezas me hacian dudar 
fiiesen EspaAoles. Aunque conocia les guiaba el interes, y nunca 
me engaAàron sus Ksonjas , no dejé por eso de servirles. Mis 
buenos oficios movièron é su ilustrisîaia à proporcionarles em- 
pleos. Â uno le hizo dar una compaAia, y le puso en esiado de 
Ittcir en el ejèrdto : à otro enviô & Méjico con un gran destine ; 



LIBKO SÉPTIMO. 307 

y no oWidando à mi amigo Melchor logrë para él una buena 
gratificacion. Esto me hizo conocer que si el prelado de su pro- 
pio motiyo no daba , à lo mènos rara yen negaba lo que se le 
pedia. 

Pero me parece debo referir con mas extension lo que hice 
por nn edesiàstico. Un dia nuestro mayordomo die présenté un 
Kcendado Uamado Luis Garcia, hombre todavia mOto y de buena 
prcsencia, y me dijo : SeJk>T Gil Bias, este honradb eclesiàstico 
es une de mis mayores amigos : ha sido capellan de unas monjas; 
pero su yirtud no ba podido librarse de malas linguas. Le 
ban desacreditado tanto con su ilustrisima, que le ha suspen- 
dido 9 y no quiere escuchar ninguna solicitud à iavor suyo ; nos 
hemos yalido de lo principal de Granada » pero nuestro amo es 
inflexible. 

Sefiores, les dije, este negocio se ha gobernado mal, y hubiera 
sido mejor no hiber empeûado à nadie; por hacerle bien al sefior 
Kcenciado le han hecho mucho daito. Yo conozoo à su ilustri- 
sima , y se que las sùplicas y recomendaciones no hacen mas 
qne agravar en su idea la culpa de un eclesiàstico. No ha mucho 
qne le oi decir à èl mismo que , à cuantas mas personas empefta 
en m favor un eclesiàstico que esta irregular, tanto mas aumenta 
el escàndalo, y tanto mas seyero es para con él. Malo es eso , 
dijo el mayordomo , y mi amigo se yeria muy apurado si no 
tuyiera tan bnena letra ; pero por fortuna escribe primorosa- 
mente, y contesta habîlidad se ingénia para mantenerse. Tuye la 
curiosidad de ver si la letra que se me celebraba era mejor que 
la mia. £1 licendado me manifesto una muestra que traia preye- 
nida, la cual me admirô, pues me parecia una de las que dan los 
maestros de escuela. Hièntras miraba tan bella forma de letra , 
me^ocurriô una idea, y pedi à Garcia me dejase el papel, dicién- 
dole que acaso le séria util : que no podia decirle mas por 
entônces ; pero que al otro dia hablariamos largamente. El licen- 
ciado, à quien el mayordomo habia, segun presumo, celebrado 
mi ingenio, se retirô tan satisfecho como si ya le hubiesen restî- 
tuido à sus fùnciones. 

A la yerdad yo deseaba servirle , y desde aquel dia trabajé en 
ello del modo que yoy à decir. Estando solo con el arzobispo le 
ensefié la letra de Garcia, que le gustô infinito , y aproyediàn- 
dome entônces de ta ocasion , le dije : SeAor, una yez que su ilus- 
trisima no quiere imprimir sus homilias, à lo ménos desearia yo 
que se escribiesen de esta letra. 

El prelado me respondiô : Annque me agrada la tuya, te con- 
fieso que no me disgustaria tener copiadas mis obras de estamano. 
No se necesita mas, prosegui, que el consentimiento de yuesa 
ilustrisima : el que tiene esta habilidad es un licenciado conoddo 
mio; y se alegrarà tanto mas de servir à su ilustrisima, cuanto 



308 GIL BLA& 

que por este medio podrà esperar de su bondad se sirra sacM-Ie 
del miserable estado en que por desgracia se balla. 

;Como se Uama ese lioenciado? me preguntô. Luis Garcia, le 
dije, y esté Ueno de amargura por haber caido en la desgracia 
de su ilustrisinuu Ese Garcia ^ intemimpiô, si nome engallo, 
ba sido capelbm de unconveoto de monjas, y ha incurrido en 
las censuras «elesiàsticas. Todavia me acuerdo de los memoriales 
que me ban dlido contra el ; sus costumbres no son muy buenas. 
Seûor, dije, no pretendo justificarle; pero se quetiene enenûgos, 
y asegura que sus acusadores ban tirado mas i hacerle dafto que 
à decir la Tcrdad. Bien puede ser, replio/i el arzobispo, porque 
en el mundo hay ànimos muy perversos; pero aun suponiendo 
que su conducta no haya sido siempre irreprensible , acaso se 
habrà arrepentido , y sobre todo à gran pecado gran miseri- 
eordia. Tréeme ese licenoiado à quien desde luego leyanto las 
censuras. 

Hé aqui como los hombres mas rigidos templan su severidad 
cuando media el interes propio. El arzobispo concediô sin difi- 
cultad à la vana complacencia de ver sus obras bien escritas lo 
que habia negado à los mas poderosos empefkos. Al instante di 
esta BOlicia al mayordomo , quien sin pèrdida de tiempo la par- 
ticip6 à su amigo Garcia. AI dia siguiente vino à darme las gra*- 
das correspondientes al favor conseguido. Le présenté à mi amo, 
quien , contentàndose con una ligera reprension , le diô aigunas 
homilias para que las pusiera en limpio. Garcia lo desempefto tan 
perfectamente » que su ilustrisima le restableciè en su ministerio» 
y aun le diô el curato de Gabia , lugar grande inmediato à Gra- 
nada; lo que prueba muy bien que los beneficios no siempre se 
confieren à la virtud. 

CAPITULO rv. 

Dale un accidente de apoplegfa al anobispo. Del lance critiço en que se halla 
Gil Bias , y del modo con que saliô de ël. 

Hièntras yo me ocupaba en servir de este modo à unos y à 
otroSy don Fernando de Leiva se disponia para dejar à Granada. 
Visité à este seftor Antes de su partida , para darle de nuevo 
gracias por el excelente acomodo que me habia proporcionado. 
Viéndome tan gnstoso , me dijo : Mi amado Gil Bias, me alegro 
mucho que estes tan satisfecho de mi tio el arzobispo. Ester 
oontentisimo, le respond!, con este gran prelado, y debo estarlo; 
porque ademas de ser un seftor muy amable , nunca podré agra- 
deoer bastante los favores que le merezco ; pero todo esto ne- 
cesitaba para consolarme de hi separacion del seftor don César 



LIBRO SËPTIMO. 300 

y de BO hijo. No creo que elios la hayftii sentido mènos , dijo don 
Fernando ; pero puede ser que no os hayais separado para siem- 
pre y y que la fbrtana yuelva à reuniros algun dia. Estas pala- 
bras me enterneciéron de modo que no pude ménos de suspirar : 
entônces conoci que mi amor A don Alfonso era tanto , que hu- 
bîera dqado con gusto al arzobispo y caanto podia esperar de 
su privanza por volverme à la casa de Leiya , siempre que se 
habiera quitado el obstàculo que me habîa alejado de ella. Don 
Fernando adyirtiô mi ternura, y le agradô tanto, que me abrazô 
diciendo que toda su fomilia se interesaria siempre en mi bien 
estar. 

A los dos meses de haberse marchado este caballero, y cuando 
me yeia yo mas fayorecido , tuyimos un gran susto en palacio. 
Acometiôle al arzobispo una apoplegia , pevo se acudiô con tan 
prontos y eficaces remedies, que sanô A muy pocos dias, annque 
qaedô algo tocado de la cabeza. Al primer sermon que compuso 
bien lo echè de yer ; pero no hallando bastante perceptible la di- 
ferencîa que habia entre este y los antécédentes, para inferir que 
el orador empezaba à decaer, aguardé â que predicase otro para 
dccidir. Hizolo , y no fné menester esperar mas : el buen pre- 
lado unas yeces se rozaba y repetia , otras se remontaba hasta 
las nubes, ô se abatia hasta el suelo : en fin su oracion fiië difîisa, 
una arenga de catedràtico cansado , ô un sermon de mision sin 
concierto. 

No fol yo solo quien lo notô , sino que casi todos los que le 
oyëron, como si les hubieran pagado para que lo examinasen, se 
decîan al oido : Este sermon buele à apoplegia. Yamos , sefior 
censor y ârbitro de las homilias , me dije entônces â mi mismo, 
prepàrese ymd. para hacer su oficio. Ya ve ymd. que su ilustri- 
sima déclina : ymd. esté en obligaciôn de adyerttrselo , no solo 
como depositario de sus eonfianzas , sino tambîen por temor de 
que alguno de sus enemigos se os anticipe : si llegara este caso 
sabe ymd. muy bien sus consecueticias ; séria ymd. borrado de 
su testamento , en el cual sin duda le tiene seflalado una manda 
mejor que la biblioteca del licenciado Cedillo. 

A estas reflexiones seguian otras enteramente contrarias , por- 
qtie me parecia muy expuesto dar un aviâo tan desagradable 
qoe yo juzgaba no recibiria con gusto un âûtor enCaprichado por 
snsobras.Luego, desechando esta idea, miraba como imposible 
que desaprobase mi libertad , habiéndomelo inculcado con tanto 
^nipefio. AAàdase à esto que yo pensaba decirselo con mafia , y 
hacerle tragar suayemente la plldora. En fin , persuadièndome que 
siriesgaba mas en callar que en hablar, me déterminé à romper 
el silencio. 

Solo una cosa me inquietaba, y era no saber como sacar la con- 
^ersadon. Por fortuna el orador mismo me sac6 de este cnidado. 



310 GVL BLAS. 

pregantàDdome que se deda de ti en el pùblioo , y si hatûa gas- 
tado su ultimo sermon. Respondi que sas bomillas siempre ad- 
miraban ; pero qae à mi parecer la ultima no habia moyido taoto 
al auditorio como las antécédentes. ;Como es eso , amigot res- 
pondiô sobresaltado^ ;habrà encontrado algun Aristaroo ' ? No, 
seftor ilustrisimOy le dije» no son obras las de su ilustrisima qoe 
haya qulen se atreya àoensuiarlas , antes todos las oelebran ; pero 
como su ilustrisima me tiene mandado le hable con franqueza y 
con sinceridad , me tomarë la licencia de decir que el ultimo ser- 
mon no me parece t^ier la solidez de los précédentes. ^Piensa 
su flustrisima de otro modo ? À estas palabras mudô de color mi 
amo , y con una sonrisa fbrzada]^me dijo : ^SeAor Gil Bias , con- 
que esta composicion no es del gusto de vmd.? No digo eso , 
sefior ilustrisimo , interrumpi todo turbado ; es excelente, aun- 
que un poco inferior à las otras obras de su ilustrisima. Ya en- 
tiendo , replicô, te parece que voy biqando : ^no es esot Aeorta 
de razones, tu crées que ya es tiempo de que pieuse en retirarme. 
Jamas , le contesté , hubiera yo hablado à su ilustrisima con tanta 
daridad, si expresamente no me lo hubiera mandado ; y pues en 
esto no hago mas que obedecer à su ilustrisima , le suplico reo- 
didamente no Heve à mal mi atreyimiento. No lo permita Dtos , 
interrumpiô precîpitadamente » no permita Dios que os reprenda 
tal cosa : en eso séria yo muy injusto. No me desagrada el que 
me digas tu dictâmen , sino que me desagrada tu dictémen mis- 
mo ; yo me engafté extremadamente en haberme sometido à tu 
limitada capacidad. 

Aunque estaba tan turbado , procuré buscar los medios de en- 
mendar lo hecho; pero es imposible sosegar à un autor irritado, 
y mas si esta acostumbrado à no escuchar sino alabanzas. No ba- 
blemos mas del asunto , hijo mio , me dijo : tù ères todavia muy 
nifio para distinguir lo verdadero de lo felso : has de saber que 
en mi yida be compuesto mejor homilia que la que tiene la des- 
gracia de no merecer tu aprobacion. Gracias al cielo , mi enten- 
dimiento nada ha perdido todayia de su yigor. En adelante 
yo elegiré mejores confidentes ; quiero otros mas espaces de de- 
ddir que tù. Ânda , prosiguiô empujàndome para que saliera de 
sa estudio , y dile à mi tesorero que te entregue den ducados » 
y anda bendito de Dios con ellos. À Dios , seftor Gil Bias , me 
alegraré logre ymd. todo género de prosperidades con algo mas 
de gusto. 

' Câebre critico del tiempo de Ptolemeo Filadelfo. 



LIBRO 8ÉPTIM0. 311 

CAPITULO V. 

Piitido que tome Gil Bias despues que le despidiô el atiobispo r su casual 
encuenlro con d licenciado Garcia, j como le manifesto este sa agradeci- 



Sali del estndio maldidendo el capricho , 6 por mejor decir , 
la fiaqaeza del arzobispo y y todayia mas irritado contra el que 
afligido de baber perdido su favor; y aun dude por algun 
liempo si iria à tomar mis cien ducados ; pero despues de haberlo 
reflexionado bien, no quise tener la tonteria de perderlos. Co- 
noci qne esta gratificacion no me privaria del derecho de po- 
ner en-ridicolo à mi buen prelado , lo que me proponia hacer 
siempre que se hablase en mi presencia de sus homilias. 

Fui , pues y à pedir al tesorero cien ducados , sin decirle una 
sola palabra de lo que acababa de pasar entre mi amo y yo. 
Despaes me despedl para siempre de Melchor de la Ronda , quien 
me queria tanto, que no pudo dejar de sentir mucho mi desgra- 
cia. (Hiseryé que mièntras le daba cuenta de lo sucedido su 
rostro manifestaba sentimiento. No obstante el respeto que debia 
al arzobispo, no pudo mènos de vituperar su condncta; pero 
Gomo en mi enojo juré que el prelado me las habia de pagar» y 
que k sa costa habia yo de divertir â toda la ciudad , el prudente 
Meldior me dijo : Créeme , amado Gil Bias , pésate tu pena y 
caUa ; los bombres plebeyos deben respetar siempre à las perso- 
nas distingaidas , por mas motivo que tengan para quejarse de 
ellas. Gonfieso que hay seftores muy groseros que no merecen 
acencion alguna : pero al fin pueden hacer daAo y y es preciso 
temerlos. 

Agradeci al antiguo ayuda de cémara su buen consejo , y le 
prometi aprovecharme de él. Bespues de esto me dijo : Si vas à 
Madrid procura ver à José Navarro mi sobrino , que es gefe de 
lareposteria del seftor don Baltasar de Zùûiga, y me atrevo i 
dedrte que es un mozo digno de tu amistad. Es franco , vivo , 
servidal , y amigo de hacer bien sin interes ; yo quisiera que 
fuerais amigos. Le respondi que no dejaria de verle luego que 
Hegase à Madrid, â donde pensaba volver. S^i inmediatamente de) 
palacio arzobispal con ànimo de no poner mas en él los pies. 
Tal vez hubiera marchado al instante à Toledo si hubiese con* 
servado mi caballo ; pero le habia vendido en el tiempo de mi 
fortuna, creyendo que ya no le necesitaria. Resolvi tomar un 
cuarto amuebladOy formando mi plan de permanecer todavia un 
mes en Granada , y de irme en seguida é casa del conde de 
Polan. 

Como se acercaba la hora de corner , pregunté à mi huésped^ 



313 GIL BLAS. 

ri habria por alii eerca algana bosteria » y me respondiô que à 
do8 pasos de su casa habia uoa excelente , en donde daban bien 
de comer , y â la cual concarrian muebas gentes de forma. Hîce 
me la enseftasen , y foi inmedîatamente â ella. Entré en una gran 
sala bastante parecida à an refectorio: habia sentadas à nna mesa 
larga , cubierta con unos manteles sndos , nnas diez ô dooe per- 
sonas , que estaban en conversacion al mismo tiempo qne iban 
despachando sa pitanza. Trajèronme la mia , qae en otra oeasîon 
sin duda me habria hec{io sentir la mesa que acababa de perder; 
pero como estaba entônces tan picado contra el arzobispo , la 
frugalidad de mi hosteria me parecia preferible é la abondancîa 
de su palacio. Yituperaba la variedad y multitad de manjares que 
se sîrven en semejantes mesas , y discam'endo como padiera ha- 
cerlo siendo medico en Yalladolid , decia : Desgraciados los que 
se hallan frecuentemente en mesas tan nocîvas , en las que es pre- 
ciso estar siempre sajetando el apetito para no cargar demasiado 
el estômago: por poco qae se coma ^no se come siempre bas- 
tante ? Mi mal humor me hacia alabar los aforismos que antes 
habia despreciado. 

Cuando iba rematando mi racion sin temer pasar los Ifanftes 
de la templanza, entré en la sala el licenciado Luis Garcia, aquel 
capellan de monjas que logrô el curato de Gabia del modo que 
dejo referido. Al instante que me viô , vino é saludarme precipi- 
tadamente como un hombre arrebatado de alegria: me abraz6> 
y me yi precisado à aguantar un nueyo y muy largo cumplimîento 
cion que me did gracias por el bien que le habia hecho » mo- 
liéndome con demostraciones de reconocimiento. Sentôse i mi 
lado diciendo : ; Oh 1 vive Dios, mi amado bienhechor, que pues 
he tenido la fortuna de encontraros no nos hemos de despedir 
sin beber un trago ; pero como no vale nada el vino de esta po- 
sada , si vmd. gusta en acabando de comer irémos à cierta parte 
en donde he do regalar à vmd. con una botella del vino mas 
seco de Lucena, y un exquisito moscatel de Fuencarral. Por esta 
Yez es preciso correr un gallo : suplico à vmd. que no me niegne 
este gusto. ;Que no lenga yo la fortuna de ver â vmd. é lo mè- 
nos por algunos dias en mi curato de Gabia ! alli obsequiaria é 
vmd. como é un Mecenas generoso , à quien debo las comodida- 
des y la tranquilidad de la vida que gozo. 

Miéntras me hablaba le trajèron su racion. Empezôi comer, pero 
sin césar de decirme de cuando en cuando alguna lisonja. En uno 
de esios intervalos , con motivo de haberme preguntado por su 
amigo el mayordomo , le manifesté sin misterio mi salida de la 
casa arzobispal , y le conté hasta las menores circunstancias de roi 
desgracia, lo queescnchô con mucha atencion. A rista de tanto 
como acababa de decirme ^ quien no hubiera ereido oirle , lleno 
de un seutimfento producido por la gratitud , declamar contra 



LIBRO SÉPTMO. 313 

el arzobiipo ? Poes no lo hûo asi ; Antes al contrario bajô la cth 
beza, estQYO Irio y pensatiyo hasta que acabô de comer, sin 
habkur mas palabras, y despues leyantAndose de la mesa acelera- 
damente , me sahidô con firialdad , y se fiié. Este ingrato , yîendo 
que ya no podia yo série Atil , ni aun quiso tomarse la molestia 
de ocaltarme su indîferencia. Me rei de su ingratitud , y mirin- 
dole con todo el desprecio que merecia, le dije bien alto para 
que me oyese : | Ola , ola ! prudente capellan de monjas , Taya 
irmd. à refirescar ese exqoisito ytno de Lucena con que me ha 
conyidado. 

CAPITULO Vl. 

Va Gil Bias à Ter rrpresenUr A los comicos de Granada : de la admiracioD 
qae le caoso d Ter â una actriz, y de lo qoe le pasb con ella. 

Todayia no habia salido Garcia de la sala cnando entréron dos 
caballeros may bien portados , que yinièron à sentarse junto i 
mi. Prindpiaron k hablar de los cémicos de la compaflia de Gra- 
nada , y de nna comedia nueya que se representaba entônces. De 
sa conyersacion inferi que aquella pieza era muy aplaudida; y 
diôme deseo de yerla aquella misma tarde. Como casi siempre 
faabia estado en el palacio, en donde estaba anatematizada esta 
clase de recreo , no habia yisto comedia alguna desde que yiyia 
eo Granada , y toda mi diversion se habia reducido à las homilias. 

Luego qae fùè hora me marché al teatro , en donde halle un 
eran concorso. Oi al rededor de mi diferentes conversaciones 
sobre la pieza antes que se empezase , y observé que todos se 
metîan à dar su veto sobre ella declaréndose unes en pro , otros 
en contra. Dedan à mi derecha: ^Se ha yisto jamas una obra 
mejor escrita ? y à mi izquierda exclamaban : ;Qué estilo tan mi- 
serable t En yerdad se debe convenir en que si abundan los malos 
autores abandan mas los peores criticos. Guando pienso en los 
disgustos que los poetas draméticôs tienen que sufrir , me admiro 
de que haya algunos tan atrevidos que hagan frente é la ignoran- 
^ del yulgo , y à la censura peligrosa de los sàbios superficia- 
les , que corrompen algunas veces el juicio del publico. 

En fin , el gracioso se présenté para dar principio à la escena: 
por todas partes sonô un palmoteo general , lo que me diô é 
conocer <|ue era uno de aquellos actores consentidos, à quienes 
el Yulgo todo se lo disimula. Ëfectivamente , este cômico no de- 
^ palabra ni hacia gesto que no le atrajesen aplausos ; y como 
^ le manifestaba demasiado el gusto con que se le veia , por 
eso abnsaba de él ; pues noté que algunas veces se propasdlm 
^to sobre la escena, que era neoesaria toda la aceptacion con 
quo se le oia para que no perdiese su reputacion. Si en lugar de 



314 GIL BLAS. 

aplaadirle le hubiefen sflbado , frecoentMiiente ge le hnbiera be- 
cho josticia. 

Pdmoteâron tambien del mîsmo modo à otros comediaiites , 
pero paiticularmente â una actriz que hacia el papel de gracîofia. 
Mîrèla con cuidado , y me faltan tèrminos para expresar la aor- 
presa con que reconoci en ella à Laura, i mi querida Laara , â 
quien suponia todavia en Madrid al lado de Arsenia. No podia 
dudar que fiiese ella, porque su estaluray sua taodoaes y su 
metal de voz , todo me aseguraba que yo no me eqniyocaba. 
Sin embargo, como si desconfiara de mis ojos y de mis oidos, 
pregunté su nombre à un caballero que estaba i mi lado. ^Pues 
de que tierra viene vmd.? me dijo: sin duda \md. acaba de He- 
gar cuando no conoce à la hermosa Estela. 

La semejanza èra demasiado perfecta para que pudiese equi- 
Yocarme; y desde luego comprend! bien que Laura al mudar 
de estado habia tambien mudado de nombre ; y deseoso de saber 
noticîas de ella , porque el publico jamas ignora las de los cômi- 
COS, me informé del mismo sugeto si esta Estela tenia algun 
cortejo de importancia. Respondiôme que un gran seikMr porto- 
gues , Ilamado el marques de Harialba , que dos meses habia se 
hallaba en Granada , era quien gastaba mucho cob ella. Has me 
hubiera dicho à no haber temido cansarle con mis preguntas. 
Pensé mas en la noticia que este caballero acababa de darme que 
en la comedia; y si al salir alguno me hubiese preguatado el 
asunto de eUa, no hubiera sabido que decirle. Todo el liempo 
se me faé en pensar en Laura y Estela , y me déterminé à yisi- 
tarla en su casa al otro dia« No dejaba de inquietarme el oomo 
me recibiria. Tenia fùndamento para pensar que no le dièse 
gusto mi Tisita en el estado tan brillante en que se hallaba, y 
aun de presumir que una cômica de tanto nombre fingiese no 
conocerme por yengarse de un hombre del cual tenia derta- 
mente motiyos de estar sentida; pero nada de esto me desanimo. 
Despues de una cena ligera ( pues en mi posada no se hacian de 
otra clase ) me retiré à nû cuarto con mucha impadencia de ha* 
llarme ya en el dia siguiente. 

Dormi poco, y me levante al amanecer: mas paredéndome 
que la dama de un gran sefior no se dejaria ver tan de maflana, 
antes de ir à su casa gasté très 6 cuatro horas en componerme, 
afeitarme, peinarme y perfùmarme, porque queria presentarme 
i ella en tal aparato que no se ayergonzase de yerme. Sali i 
cosa de las diez , pregunté en la casa de comedias donde yi?ia, 
y pasé à la suya. Yiyia en un cuarto principal de una casa grande. 
Abriôme la puerta una criada, à quien le dije pasa^e recado de 
que un jôyen deseaba hablar à la seftora Estela. Entré con ël, é 
inmediatamente oi que su ama gritô : i Quien es ese jéyeo? 
i que me quiere ? que entre. 



LIBRO SËPTIMO. 315 

fiiflcarri haber Degado en mala ocasion, poes eataria an Por- 
togaes con ella al tocador, y que para hacerle créer no era 
miiger que recibia recadoa aospechosoa alzaba tanto el grito. 
Dicho y hecho : eataba alii el marques de Marialba , que pasaba 
con ella casi todaa laa maAanas. Por tanto esperaba yo un mal 
recibimientOy cuando aquella actriz original viéndome entrar se 
arrojô A mi con los brasos abiertos , exdamando como fiiera de 
si; {Ay, hermano miol ^erea tu? Diciendo esto me abrazô 
mochas yeoes, y vohiendose despues hécia el Portugues, le 
dijo : Sellor , perdonad si en yuestra presencia cedo à los impul- 
ses de la sangre. Despues de très aftos de ausencia no puedo 
Yolver à yer â un hermano é quien amo tiernamente , sin darle 
pruebas de mi afecto. Dime pues» mi amado Gil Bias, conti- 
nue dirîgiéndose é mi» dime algo de nuestra fomilia: ;como 
ha (piedado? 

Estas palabras me turbàron por el pronto ; pero inmediata- 
mente pénétré la intencion de Laura ^ y apoyando su artificio le 
respond! con un tone propio de la escena que émbos ibamos â 
representar : Nuestros padres estàn buenos , gracias à Dies , que- 
rida hermana. Tu te marayillares de venue cômica en Granada , 
iaterrumpiô; pero no me eondenes sin oirme. Bien sabes que 
hace très aftos mi padre creyô establecerme yentajosamente 
casàndome con el capitan don Antonio Coello, quien me Ueyô 
desde Astorias à Madrid su patria. Â los seis meses de estar en 
ella le sucediô un lance de honor ocasionado de su genio yio- 
lento y y maté à un cabaUero que me habia mostrado alguna aten- 
cion. Era el muerto de Cunilia muy ilustre» y de mucho vali- 
miento. Mi marido, que ninguno tenia, se salyô huyendo é 
CataloAa ' oon todo cuanto encontrô en casa de dinero y piedras 
predosas. Embarcôse en Barcelona, pas6 à Italia, se alistô bsgo 
las banderas de los Yenedanos , y al fin perdiô la yida en la Mo- 
rea en una bataUa contra los Turcos. En este tiempo fiië confis^ 
cada una posesion que era el unico bien que poseiamos, y yine 
à quedar redudda à unas asistencias escasisimas. i Y que partido 
podia tomar en situadon tan critica? Una yiuda jôyen y de ho- 
nor se halla en mucho compromise : yo carecia de medios para 
restitQtnne à Asturias, 4 y que haria alll? £1 solo consuelo que 
hubiera redbido de mi familia hubiera side compadecerse de mi 
^agrada. Por otra parte, yo habia recibido muy buena educa- 
cioa para resolyerme & abrazar una yida licendosa. ;Pues que 
vlHtrio me qnedaba? el de hacerme cômica para conseryar mi 
r^tacion. 
Al oir & Laura finalizar asi su novela, fiié tal el impulse de 

' Gono U CaUduAa eituva por aquel tiempo en rebelion , serria de acogida a 
los prôfii{^ del reste de Ja pcniQsula. 



31<> GIL BLAS. 

risa qae me di6 qae apènat paderepriminiie; pero a) fln lo con- 
segui, y le dije con mucha grayedad : Hermana mia, apniebo tn 
procéder , j me alegro mucho de encontrarte en Granada tan 
honradamente establecida. 

El marques de Marialba, qoe no babia perdido ana paUdmi 
de nuestra conversacion , tomd al pie de la letra todos los en- 
redos que le did la gana de ensartar â la Tinda de don Antonio. 
Tambien se mezdô en la conyersacion pregonténdome ai teiûa 
algun empleo en Granada, 6 en otra parte. Dadé an momento si 
mentiria; pero me pareciô no habia necesidad de ello ; y le dîje 
lo cierto , contàndole punto por ponto oomo habia entrado en casa 
del arzobispo, y como habia salido; lo que divirtiô infinilo al 
seftor portogues. Es yerdad qae , à pesar de lo qae habia pro* 
metido & Melchor , me diyerti an poco à coata del arzobispo. Lo 
mas gracioso fiié que, imaginando Laura que esta era una noreh 
como la suya, daba anas carcajadaa que habiera excoaado à 
haber sabido que era la realidad. 

Despues de haber acabado mi reladon, que condui habkmdo 
del cuarto que habia tomado alquilado, ayisiron para corner. 
Quise al momento retirarme para ir à comer à mi hosterfa, pero 
Laura me detuvo. 4 En que piensas, hermano mio? me dijo; 
has de quedarte à comer conmigo. Tampoco consentîrè estes maa 
tiempo en una posada. Mi intencion es que yiyas y comas en mi 
casa , y asi haz traer tu equipage hoy mismo , que aqul hay ana 
cama para ti. 

El seftor portugues, à quien tal yez no agradaba esta hospî- 
talidad , dijo à Laura : No , Ëstela , no tienes aqui comodidad para 
recibir à nadie. Tu hermano , afiadiô , me parece an baen mozo, 
y con la recomendacion de ser cosa tan tuya me intereso por éL 
Quiero tomarle ami seryicio : sera à quien mas quiera de mis se- 
cretarios , y le haré depositario de mis confianzas. Qae no deje 
de ir desde esta noche à dormir â casa ; yo mandaré le pongan 
an cuarto. Le seftalo cuatrocientos ducados de soeldo, y si eo 
adelante tengo motivo, como lo espero, para estar contanto de 
ël , le pondre en estado de consolarse de haber sido demasiado 
sincero con sa arzobispo. 

A las gracias que di por esto al marques afiadiô Laura otras 
mas expresiyas. No hablemos mas de ello, interrumpiô el marques ; 
es negocio concluido. Al acabar estas palabras se despidiô de sa 
princesa de teatro , y se marché. Laura me hizo pasar al momento 
à un cuarto retirado, en donde yiéndose scia conmigo, dijo : Ha- 
biera rebentado si hubiese contenido mas tiempo la risa, y de* 
jàndose caer en un sillon , y apretândose los hijares , empezô i 
reir como una loca. Yo no pude ménos de hacer lo mismo ; y 
cuando nos hubimos cansado me dijo : Confiesa , GH Bias , que 
acabamos derepresentar una graciosa comedia ; pero yo no espe- 



UBRO SÉPTIMO. 317 

raba tuviese tan baen fin : mi inimo solameiue era proporcionarte 
la mesa y coarto en casa , y para ofrecértelo con decoro fingi qpie 
eras mi hertnano : me alegro que la casualidad te baya facilitado 
tan baen acomodo. El marques de Marialba es un caballero muy 
genaroso , que barà por ti aun mas de lo que ha prometido. 
Otra que yo , continuô ella, acaso no hubiera recibido con tan 
baen semblante à un hombre que deja sus amigos sin despedirse 
de ellos; pero yo soy de aquellas chicas de buena pasta, que 
ynelvenâ Ter siempre con agrado al picarillo à quien amiron. 

Confesé de buena fé mi desatencion , y le pedi me la perdouase ; 
despues de lo cual me Ueyô é un comedor muy aseado. Nos sen- 
timos à la mesa , y coino teniamos de testigos una doncella y 
un lacayo , nos tratamos de hermanos. Luego que acabémos de 
corner , Tolyimos al mismo cuarto en donde babiamos estado en 
coaTersacion , y alli mi incomparable Laura , entregàndose à su 
alegria natural , me pidiô cuenta de lo que me habia sucedido 
desde Duestra ultima vista. Hicele de ello una fiel narracion, y 
Guando hube satisfecho su curiosidad, ella contentô la mia rela- 
téndome su historia en estos términos. 



CAPITULO VIL 

Historia de Laura. 

Voy à contarte lo mas compendiosamente que pueda por que 
casu^dad abrazé la profesion cômica. Despues que tan honrada- 
meote me dejàste , sucediëron grandes acontecimientos. Mi ama 
Arsenifiymas decansada que de disgustada del mundo, abjurô 
el teatro , y me llevô consigo à una hermosa hacienda que acababa 
deconaprsr cerca de Zamora con monedas extrangeras. Bien pres- 
to hicimos conocimientos en esta ciudad , à la que ibamos coq 
frecuencia, y en donde nos deteniamos uno ô dos dias. 

En uno de estos viajeciUos don Felix Maldoaado , hijo ùnico 
del corregidor, me viô casualmente, y le cai en gracia. Buscô 
ocasion de hablarme à solas , y , por no ocultarte nada , yo con- 
tribai dgo para hacërsela hallar. Este caballero no tenia Teinte 
aâos p era hermoso como un sol , su persona muy bien formada^ 
y eneantaba mas todayia con sus modales amables y generosos 
que COB su cara. He ofreciô con tan buena Toluntad y tanta ins- 
tancia un grueso brillante que Uevaba en el dedo , que no pude 
minofl de admitirlo. Estaba muy gustosa y vana con un galan tan 
amable ; pero \ que mal hacen las mozuelas ordinarias en pren- 
darse de los hijos de fieunilia cuyos padres tienen autoridad I £1 
torregidor , que era el mas serero de los de su dase , advertido 
de Buestro Irato» procurô evilar con presteza sus résultas. Me 



318 GIL BLAS. 

hizo prender por ana coadriBa de esbirros que, à pesar de vàê 
gritos , me Deyiron al hospido de la Caridad. 

Alii , sin mas forma de proceso , la soperiora me hizo despo- 
jar de mi anillo y vestidos , y poner un largo saco de sarga ce- 
nidento , ceflido por la dntora con una ancha correa negra de 
caero , de la que pendia un rosario de cuentas gordas que me 
Uegaba hasta los talones. Despues me Ileyéron é una sala en 
donde encontre un fraile viejo de no se que ôrden, que princK 
piô à Qxhortarme à la penitenda , del mismo modo poco mas 6 
mènos que la seflora Leonarda te exhortô é ti i la pactencia en 
el sôtano. Me dijo debia estar muy agradedda é las personas que 
me mandaban encerrar alli , pues que me bacian un gran bene- 
iido sacândome de los lazos del demonio, en los cuales estaba 
infelizmente enredada. Te confieso francamente mi ingratitud; 
muy lèjos de ser agradecida é los que me habian hecho este favor, 
les echaba mil maldiciones. 

Ocho dias pasè sin hallar consuelo ; pero é los nuere , porqne 
yo contaba hasta los minutos , mi suerte pareciô querer mudar 
de aspecto. Al atravesar un patio pequeflo encontre al mayoi^ 
domo de la casa, que todo lo mandaba, y hasta la superiora le 
obedecia. No daba las cuentas de su administracion sino al cor— 
regidor, de quien ùnicamente dependia , y que tenia una entera 
confianzaenèl. Llamébase don Pedro Zendono, natural de Salce- 
do en Yizcaya. Figûrate un hombre alto, pélido, descamado, y 
de una catadura propia para moddo de una pintura del buen la- 
dron. Parecia que ni aun miraba à las hermanas. Gara tan hipô- 
crita no la habràs visto aunque hayas estado en el palacio arzo- 
bispal. 

Encontre, pues, continua ella, al sefior Zendono, que me detUTO, 
dicièndome : Consnélate, hija mia, estoycompadecMo de tus des- 
gradas. Nada mas dijo, y continué su camino, dejando à mi arbitrio 
hacer los comentarios que quisiese sobre un texto tan laoônico. 
Como yo le tenia por un hombre de bien, me imaginaba ftcilmente 
que se habia tornado el trabajo deexaminar la causa de mi encierro, 
y que no hallàndome bastante culpable para mereoer que se me 
tratara tan indignamcnte , queria empeflarse en mi favor oon el 
corregidor. Pero conocia mal al Vizcaino , sus intendones eran 
otras. Habia proyectado en su mente hacer un viage , del que me 
diô parte algunos dias despues. Amada Laura mia, me dijo , es 
tanto lo que siento tus trabajos , que he resuelto poner fin i 
ellos. No ignoro que esto es querer perderme ; pero ya no soy 
mio , ni puedo vivir mas que para ti. La situacion en que te veo 
me atraviesa el aima, y asi intento sacarte mafiana de tu encierro, 
y Ilevarte yo mismo à Madrid, sacrificàndolo todo al placer de ser ta 
libertador. Poco me feltô para morir de gozo al oir i Zendono; 
el cual juzgando por mis extremos que lo que yo mas deseaba 



LIBRO SÉPTIMO. 319 

era escaparme , toTO al dia sigaieote la osadia de robarme â yista 
de todos del modo que Toy à contar. Dijo é la snperiora que 
tenia ôrden para UeTanne à presencia del corregidor, que se ha- 
Daba en una casa de recreo é dos léguas de la ciudad, y me hi- 
zo con todo descaro subir con éi en una silla de posta , tirada de 
dos bnenas mulas que habia comprado para el caso. No lleyaba* 
mos con nosotros mas que un criado que conducia la sîUa , y que 
era enteramente de la confianza del mayordomo. Comeuz^os à 
caminar, no como yo ereia hicia Madrid , sino hâcia las Monte- 
ras de Portugal, é donde llegàmos en ménos tiempo del que ne- 
œsitaba el corregidor de Zamora para saber nuestra Aiga y des- 
pachar en nuestro seguûniento sus galgos. Antes de entrar en 
firaganza el Vizcaino me hizo poner un Testido de hombre que 
Ueraba prcvenido , y contândome ya por suya , me dijo en la 
hosteria donde nos idojAmos : Bella Laura , no tomes à mal que 
te haya traido â Portugal. £1 corregidor de^Zamora nos harà 
boflcar en Auestra patria como â dos criminales â quienes la Es- 
paOa no debe dar ningun asilo ; pero , afiadiô ël , podemos po- 
oernos é eubierto de su resentimiento en este reino extrafio , 
aaoqae en el dia esté sujeto al dominio espaflol : à lo ménos es- 
tarémos aqui mas seguros que en nuestro pais. Dèjate pues per- 
saadir, éngel mio : sigue â un hombre que te adora ; vamos A 
y'xyir à Coimbra; alli pasarëmos sin temor nuestros dias en me- 
dio de onos padficos placeres. 

Una propuesta tan eficaz me hizo ver que trataba con un ca- 
ballero é quien no gustaba servir de conductor â las princesas 
por la gloria de la cabaOeria. Comprend! que contaba mucho 
con mi agradecimiento, y aun mas con mi miseria. Sin embargo, 
manque estos dos motivos me hablaban en su fevor, me negué 
renieltamente A lo que me proponia. Es yerdad que por mi parte 
tenia dos razones poderosas para mostrarme tan reseryada , 
poes no era de mi gusto ni lo creia rico. Pero cuando volviendo 
i estrecharme ofireciô ante todas cosas casarse conmigo, y me 
lûzo ver palpablemente que su administracion le habia snmim's- 
trado caudal para mucho tiempo, no lo oculto , comenzé à escu- 
<^le. Me deslumbrô el oro y la pedrerla que me enseAô , y 
^ténces expérimenté que el interes sabe hacer trasformaciones 
tan bien eomo d amor. Mi Vizcaino fiié poco à poco haciéndose 
otro hombre à mis ojos : su cuerpo alto y seoo se me représenta 
<le ana estatura Bna y delicada ; su palidez una blancura hermosa, 
y hasta su aspecto hipôcrita me mereciô un nombre fevorable* 
£nt6nces aceplé sin repugnancia su mano à presencia del cielo, à 
qnien tome por testigo de nuestra union. Despues de esto ya no 
tQTo que experimentar ninguna contradiocioa por mi parte , y si- 
guiendo nuestro camino, muy presto Coimbra recibiô dentro de 
s»8 muros à un nueyo matrimonio. 



aao GIL BLAS. 

Mi iiiiri4o me oomprô muy boeooi veslidas de moger, y me 
regalô machos diamantes » entre los coales conod d de don Felix 
llaJdonado. No necesité mas para adivinar de donde yenmo 
todas las piedras preciosas qve yo habia yisto > y para persoa- 
dinne de que no me habia casado con on rigido observador del 
sëpdmo articulo del Decàlogo ; pero consideràndome como la 
causa primera de sus juegos de manos se los perdonaba. Una 
muger disculpa hasta las malas acdones que haoe oomecer so 
hermosura; y â no sor esto , ; que mal hombre me hubiera pa- 
reddo! 

Dos 6 très meses pasë con ai bastante gustosa , porqve me 
bacia mil carifios, y parecia amarme tiemamente* Sia embargo , 
las pruebas de amistad que me daba no eran mas que falsas 
apariencias. £1 bribon me engaûaba, y me preparaba el trato 
que toda soltera seducida por un hombre infâme debe esperar 
de él. Un dia à mi ^uelta de misa no encontre en la casa mas 
que las paredes. Los muebles y hasta mis ropas habian desapa- 
reddo. Zendono y su fiel criado habian tornado tan bien sus 
medidas, que en ménos de una hora se habia ejecutado comple- 
tamente el despojo de mi casa; de modo que con el solo vestido 
que lle^aba puesto , y la sortija de don Felix que por fortuna 
tenia en el dedo , me yi como otra Ariadna abandonada de un 
ingrato. Pero te aseguro que no me entretuve à baoer elegias 
sobre mi infortunio , antes bien di gracias al cielo por haberme 
librado de un perverso que no podia ménos de caer tarde ô tesi- 
prano en manos de la justicia. Miré el tiempo que habiamos pa- 
sado juntos como ^n tiempo perdido que yo no tardaria en 
reparar. Si hubiera querido permanecer en Portugal y entrar al 
servicio de alguna seftora ilustre , las habria teoido de sobra; 
pero ya fuese el amor que tenia à mi pais, à y a fiiese arrastrada 
por la fuerza de mi estrella que me preparaba alli mejor suerte, 
solo pensé en yolver é yer â Espada. Vendi el diamante à un 
joyerOy que me di6 su importe en monedas de oro» y sali con 
una seûora espaftola, ya anciana, que iba à Sevilla eo una silla 
yolante. 

Esta seûora , llamada Dorotea , venta de ver à una parienu 
suya que \ivia en Coimbra, y se yoKia à Sevilla en donde tenia 
su casa. Cougeniàmos ambas de tal modo, que desde la primera 
Jornada trabàmos amistad , la que se estrechô tanto en el cami- 
no, que cuando UegÀmos à Sevilla no me permiti6 alojar sino en 
su casa. No tuve motiyo para arrepentirme de haber hecho se- 
mejante conocimiento , pues no he yisto jamas muger de mejor 
carécter. TodaySa se descubria en sus facdones y en la yiyeza de 
sus ojos que en su moc^sdad habria hecho puntear à sus rejas 
bastantes guitarras, y por eso sin duda habia tenido muchos 
maridos nobles , y yiyia honradamente coa lo que le d^éron. 



LIBRO SËPTIHO. 321 

Entre ocras exodentes prendas tenia la de ser may oompasiya 
con las doncellas desgraciadas. Cnando le conté mis infortunîos 
tomô con tanto ardor mi causa qoe Uenô de maldiciones à Zen- 
dono. I Ah perros I dijo en an tOno qae parecia haber encontrado 
en sa Tîaje algun mayordomo; {misérables ! en el mando hay. bri- 
bones qae como este se deleitan en engafiar é las mageres. Lo 
qae me consoela , qaerida hija mia , es qae , segun tu relacion ^ no 
estes ligada con el pérfido Vizcaino. SI tu casamiento con él es 
bsstante baeno para servirte de disculpa , en recompensa es bas- 
tante malo para permitirte contraer otro mejor cuando halles 
ocasion para ello. 

Todos los dias salia con Dorotea para ir é la iglesia , 6 à visî- 
tar i dguna amiga, que es el medio segnro de encontrar pron- 
tamente algana aventura. Me atraje las miradas de muchos caba- 
llerosy entre los cuales algunos quisiéron tentar el vado. Habléron 
por segunda mano à mi vieja patrona; pero los unos no tenian 
CDD que soportar los gastos de an menage , y los restantes to- 
dayia eran unos babosos , io que bastaba para qaitarme la gana 
de escacharlos, sabiendo por mi experienda las consecuendas 
de ello. Un dia nos ocurrié ir à yer representar los cômicos de 
SeyQla, que habian anunciado en los carteles la representacion de 
la comedia femosa El Embajador de si mwno, compuesta por 
Lope de Yega Carpio. 

Entre las actrices que se presentâron en el teatro , yi à una de 
mis antignas amigas, à Fenicia, aquella moza gorda, pero muy 
alegre, que te acordaris era criada de Florimunda, y con quien 
ceoàste algunas yeces en casa de Arsenia. Sabia yo muy bien que 
Penida hacia mas de dos afios que no estaba en Madrid , pero 
ignoraba que fuese cômica. Era tal la fanpaciencia que tenia de 
ad>rasarlay qae me parecié larguisima la pieza. Quizà tenian tam- 
bien la calpa los que la representaban , que no lo hacian ni tan 
bien ni tan mal que me diyirtieran ; porque te confieso que ^ como 
soy tan risuefta, un cômioo perfectamente ridiculo no me divierte 
ménos que uno excelente. En fin, llegado el esperado momento, 
es decir, el fin de la femosa comedia , fiiimos mi viuda y yo al 
vestuario , en donde yfanos à Fenida que hacia la desdeflosa y es- 
cachando con melindres el dulce gorgeo de un tiemo pajarito , 
que al parecer se habia dejado coger con la liga de su declama- 
cion. Luego que me yiô se despidiô de él cortesmente , yino à mi 
con los brazos abiertos, y me diô todas las muestras de amistad 
imaginables. Por mi parte la abrazé con el mayor agrado. Mutua- 
mente nos maniféstàmos el placer que teniamos en yolyernos à 
^er; pero no permitiéndonos el tiempo ni el sitio metemos en 
una larga conversadon, dejémos para el dia inmediato el hablar 
en su casa mas extensamente. 

El gosto de hablar es ona de las pasiones mas ytyas de las mu- 

21 



322 GIL BLAS. 

gères, y particiilanneiite la mia. No pade pegar los «^os ei| coda 
la noche, tal era el deseo que teria de yerme con Fenida, y 
hacerle preguutas sobre preguntas. Dios sabe si fui p^ezosa 
para leyantarme ë ir à donde me habia dicho que viyia. Estaba 
alojada con toda la compaftia en un gran meson. Una criada que 
encontre al entrar, y à quien supliquë me condujese al cuarto 
de Fenîcia, me hizo subir à un corredor, à lo largo del cual 
habîa dlez 6 doce cuartos pequeftos , separados solamente por 
unos tabiques de madera , y ocupados por la cuadrilla alegre. Mi 
conductora tocô à una puerta» la cual abrio Fenicia, cuya lengna 
rabiaba tanto como la mia por hablar. Apénas nos tomimos eï 
tiempo de sentarnos , y nos pusimos en disposicion de parlar sin 
césar. Teniamos que preguntamos sobre tantas cosas^ que se 
atropellaban las preguntas y las respuestas de un modo extraor- 
dinario. 

Despues de haber contado mutuamente nuestras aventuras, é 
instruidas del sictual estado de nuestros asuntos, me preguntô 
Fenicia que partido queria tomar : porque al fin , me dijo , es 
preciso hacer alguna cosa , no estando bien yisto en una persona 
de tu edad el ser inùtil à la sociedad. Respondile que habia re- 
suelto , hasta encontrar mejor fortuna , colocarme con alguna 
seftorita distinguida. Quitate alla , exdamô mi amiga , no pienses 
en eso. {Es posible, amiga mia, que aun no te bayas cansado 
de servir? ;no te bas £astidiado de estar sujeta à la voluntad de 
otros , respetar sus caprichos , oir que te r^aûan, y en ana pa- 
labra de ser esclava? ;Porqué no abrazas como yo la vida cô- 
mica? ninguna cosa es mas conveniente para las personas de ta- 
lento que carecen de posibles y de lucida cuna. Es un esUido 
medio entre la nobleza y la plèbe, una condidon libre y desem- 
barazada de las étiquetas mas incômodas de la vida civil. Nues- 
tras rentas nos las paga en moneda contante el publico , que es 
el poseedor de sus fondos ; en una palabra , siempre vivinios 
alegres , y gastamos nuestro dinero del mismo modo que le ga- 
namos. 

El teatro , prosiguiô, favorece sobre todo à las mugeres.To- 
davia me salen los colores al rostro siempre que me acuerdo 
de que cuando servia à Florimunda no oia sino à los criados de 
la compaftia del Principe, y que ningun hombre de suposidoo 
me miraba à la cara. ^De que nacia esto? de que yo no hacia 
alli papel : por buena que sea una pintura , no se célébra si no 
se expone à la vista pùblica. Pero despues que me puse en dia- 
pines , esto es, que pareci en las tablas, ; que mudanza! Traigo 
al retortero é los mejores mozos de los pueblos por donde ps- 
samos. Una cômica tiene cierto atractivo en su oficio : si es di^ 
creta, qniero decir que no fevorece mas que à un solo amante, 
esto le hace un honor distingoido ; se célébra su moderadon, l 



UBRO SÉPTIMO. 323 

coando mada de galan la miran como una verdadera vinda que 
se Yiieiye à casar. Y aan à una viuda se la mira con dcsprecio 
si contrae terceras nupcias , porque no parece sino que esto hiere 
la delicadeza de los hombres ; al paso que una dama parece ha- 
cerse mas apreciable à medida que aumenta el numéro de sus 
foyorecidos, pues today ia despues de haber tenido cien cortejos 
es un manjar apetitoso. 

ik quien cuentas eso? interrumpi yo al Uegar aqui: ipiensas 
ta que ignore esas yentajas? las he considerado muchas yeces; 
y, babl&ndote sin ningun disimulo , te digo que lisonjean sobrado 
a una muchacha de mi genio. Conozco en mi mucha inclinacion à 
lavidacômica; pero esto no basta, pues se requière talento, y 
yo DO tengo ninguno : algunas yeces me he puesto à recitar re- 
ladones de comedia delante de Arsenia , y no ha quedado satisfecha 
de mi, lo que me ha hedio no gustar del arte. No es extrafto 
que le hayas disgustado, repliée Fenicia: ^ignoras que esas 
grandes actrices son por lo comun enyidiosas? à pesar de su 
vanidad temen se les presenten personas que las desluzcan. En 
fin, yo sobre este asunto no me atendria solamente al yoto de 
Arsenia; su decision no ha sîdo sinoera. Digote sin lisonja que 
has nacido para el teatro. Tienes naturalidad , accion despejada 
y may graciosa, un metal de yoz suaye, buen pecho, y'sobre 
todo un buen palmito de cara. |^h, picaruela^ à cuantos encan- 
taris si te haces comedianta ! 

A esto aftadiô otras expresiones seductoras, y me hizo deda- 
mar algunos yersos para conyencerme â mi misma de la exce- 
lente disposicion que tenia para el teatro ; y habiéndome oido , 
héron mayores sus elogios , hasta decirme que me ayentajaba à 
todas las actrices de Madrid. En yista de esto no debia ya dudar 
de mi mèrito , ni dejar de acusar à Arsenia de enyidia y de 
mala fe. Me fué preciso conyenir en que mi persona yalia mucho. 
Feniciame hizo repetir los mismos yersos delante de doscômicos 
que entrévon en aquella sazon , los que se quedàron pasmados , 
y cuando yoWiéron de su admiracion fué para colmarme de ala- 
banzas. Hablando seriamente, te aseguro que aunque los très 
bnbieran ido à porfia sobre quien me habia de elogiar mas, no 
bobieran empleado mas hipërboles. Hi modestia tuyo poco que 
padecer con tantos elogios. Principié à créer que yalia algo, y 
berne aqui resuelta â abrazar la profesion cômica. 

No hablemos mas, querida mia, dije à Fenicia, esta hecho : 
quiero seguir tu consejo , y entrar en la compaûia si no hay incon- 
veniente. k esto mi amiga, arrebatada toda de gozo, me abrazô, 
y SOS dos Gompaâeros no manifestaron ménos alegria que ella 
^ yer mideierminacion.Quedàmos en que al dia siguiente por la 
inaftana iria al teatro, y repetiria delante de toda la compaflia el 
Biismo ensayo. Si en ca3ai de Fenicia adquiri upa opinion yenta- 



8M GIL BLAS. 

josa, todavia toe mas fiiyorable la de loa comediantes despaes 
que recite en 8u presencia solo unos veinte versos; 7 aai me re- 
cibièron may gostosos en la compafiia. Desde enfonces pose mi 
atendon solo en el modo con que habia de salir la primera rei 
i las tablas. Para qae fùese oon mas ladmiento , gasté todo d 
dinero que me quedaba de la sortija ; 7 si no me présenté coo 
ostentacion , à lo ménos hallé el arte de snplir la fÛta de mag- 
nificenda oon on gnsto delicado. Presentéme en fin por la pri- 
mera yez en la escena : {qaé pahnadas! {qoé aplansos! no 
fijtarë , amigo mio , é la modestia si te digo qae arrebaté h 
atendon de los espectadores. Era preciso haber presenciado la 
celebridad qae adqairi en Seyilla para creerla« Foi el objecto 
de todas las oon^ersaciones de la ciudad , la que por très se- 
manas acudiô à bandadas à la comedia , de modo que la 00m- 
paftia con esta novedad atrajo al pàblico , que ya empezaba à 
desampararla. Me présenté de un modo que hechizô A todos, 
lo que Aie publicar que me yendia al que mas diera. Una infi- 
nidad de sugetos de todak edades 7 condiciones viniéron à ofre- 
cerme sus obsequios 7 fiicultades. Por mi gusto hubiera esco- 
gido al mas jôven 7 bonito ; pero nosotras solamente debemos 
mirar al interes 7 à la ambicion cuando se trata de tomar ana 
amistad. Esta es régla del teatro : por cu7a razon mereciô la 
prefèrenda don Ambrosio de Nisafta, hombre 7a viejo 7 de mu7 
rara figura , pero rico , generoso , 7 ono de los sefk>res mas pode- 
rosos de Andalucia. Es yerdad que le costô caro. Tomô para mi 
una hermosa casa , la adomô magnificamente , me bnsc6 un baen 
codnero , dos laca70Sy una doncella , 7 me seAaI6 para el gasto 
mil ducados mensuales. Afiade A esto ricos yestidos 7 muchas 
jo7as. Arsenia nunca llegô é un estado tan brillante. 

\ Que mudanza en mi fortuna ! ni aun 70 podia comprenderh, 
ni me conoda à mi misma; por lo que no me espanto de que 
ha7a tantas que se olyiden prontamente de la nada 7 miserta de 
donde las sacô el capricho de algun poderoso. Te confieso in- 
genuamente que los aplausos del publico , las expresiones lison- 
jeras que oia por todas partes 7 la pasion de don Ambrosio 
me infondiéron una yanidad que llegô hasta la extrayagancia. 
Miré mi habilidad como un titnlo de nobleza , 7 tome el aire de 
seAora; 7a escaseaba tanto las miradas cariik>sas, cuanto las ha* 
bia prodigado antes; de suerte que me puse en el pié de no ha- 
cer caso sino de duques , condes 7 marqiieses. 

El seftor de Nisafta cou algunos de sus amigos yenia todas las 
noches à cenar é casa : 70 por mi parte procuraba juntar las c6- 
micas mas diyertidas, 7 pasabamos la ma7or parte de la noche en 
beber 7 reir. Una yida tan agradable me acomodaba macho ; pero 
no durô mas que seis meses. Si los seftores no tuyieran la fiici- 
lidad de cansarse, serian mu7 amables. -Don Ambrosio me dqé 



LIBRO SËPTIMO. ^5 

por ana maja granadina cpie acababa de Uegar à Serilla , con 
mâchas gracias, y el talento suficiente para hacerlas valer. Mi 
aflicdon no darô mas que veinte y cuatro boras, porqne inmedia* 
tamente ocapô sa lugar an caballero de veinte y dos aftos lia- 
mado don Lais de Alcacer, tan bello mozo que pocos podian 
comparàrsele. Con razon me preguntarés porquè elegi à un seâor 
tan jÔYen, sabiendo qae el trato con esta clase de amantes es pe- 
iigroso; y yo te dire que don Luis ni tenia padre ni madré ; y que 
ya disponia de sa hacienda; ademas que este trato solo deben 
temerlo las criadas y las misérables aventureras; las mugeres de 
nnestra profesion son personas de titulo; nunca somos responsa- 
bles de losefectos que producen nuestros atractivos. Desgraciadas 
las iiamilias à cuyos herederos hemos desplumado. 

Nos apasionémos tan extremadamente uno de otro Alcacer y 
yo, que dodo baya habido jamas amor como el nuestro. Nos ama- 
bamos con tanto ardor qae no parecia sino que estabamos he- 
chizados: los qae sabian noestra pasion nos creian los amantes 
mas dicbosos del mundo , y tal vez eramos los mas infelices. Don 
Lais era amable por su rostro; pero tan zeloso, que me ator- 
mentaba à cada instante con injustos rezelos. Por mas que yo 
procurase no mirar à hombre alguno para acomodarme à su fia- 
queza, su ingeniosa desconfianza hallaba delitos con que inutili- 
râba mi cuidado. Si estaba en la escena, le parecia que mièntras 
representaba miraba al descuido cariftosamente é algun jôven , y 
me llenaba de reconvenciones. En una palabra, nuestras mas tier- 
nas conversaciones estaban siempre mezcladas de quejas. No pu* 
dimos aguantar mas ; à ambos nos faltô la paciencia , y nos sepa- 
rimos amigablemente. i Créeras tu que el ultimo dia de nuestra 
amistad fiié el masgustoso que habiamos tenido hasta entônces? 
Ignalmente fatigados los dos de los maies que habiamos pade- 
cldo , nos despedimos con la mayor alegria , semejantes à dos mi- 
sérables cautivos que recobran su libertad despues de una dura 
esdavitud. 

pesde entènces he procurado precaverme del amor, y no 
qolero mas amistad que turbe mi reposo. No sienta bien en nos- 
otras suspirar como las demas mugeres, ni debemos abrigar en 
naestro pecho una pasion, cuyas ridiculeces hacemos ver al publico. 

Entre tanto mi fema iba tomando mas vuelo , publicando por 
todas partes que yo era una actriz inimitable. Tanta nombradia 
^ovi6 & los comediantes de Granada à que me escribiesen con- 
vidàndome con ana plaza en su compaftia ; y para hacerme ver 
que b propuesta no era despreciable, me enviéron ana razon 
del importe de sus ultimas entradas, y de sus caudales, por lo 
cual pareciéndome un partido ventajoso lo acepté, aunque en lo 
ïniimo de mi corazon sentia dejar à Fenicia y â Dorotea , â 
quienes amaba tanto cuanto una muger es capaz de amar à otra. 



326 GIL BLAS. 

À la prûnera la dejé en SeyiDa ocapada en deiretir la yajiDa de 
un platerillOy que por Yanidad qoeria tener por cortejo à ima 
comedianta. Se me ba olvidado dedrte que al baoerme oàmicai 
mode por capricho el nombre de Laora en el de Estela » y ood 
este sali para Granada. 

Alli principle mi ejercido oon tanta felicidad oomo en Se- 
yiDa, ë inmediatamente me yi rodeada de amantes; pero como 
no queria fayorecer sino â quien dièse boenas seflaleSy me 
porté con tal reserya que pude ofnscarlos. Sin embargo , te- 
miendo pagar la pena de una conducta que de nada seryia, y 
que no me era natural , pensaba declararme à fayor de un oidor 
jôyen , de nadmiento plebeyo , quien por razon de su empleo, 
de una buena mesa, y de arrastrar coche, hacia el papel de 
seAor , cuando yi la primera yez al marques de Marialba. Este 
seflor portugues , que yiaja en Espafta por mera curiosidad , al 
pasar por Granada se detuyo. Fuè à la oomedia, y aquel dia 
no représenté yo. Mirô con mucha atencion à las actrices que se 
presentàron , hallô una que le gustô , y desde el dia siguiente 
empezô à tratar con ella. Estaba ya para conyenirse cuando me 
présenté yo en el teatro. Mi presencia y mis monadas yolyiéron 
prontamente la yeleta. Ya mi Portugues no pensé mas que en 
mi , y, é decir yerdad, como yo no ignoraba que mi oompaftera 
habia agradado à este seftor, procuré desbancarla, y tuye la 
fortuna de conseguirlo. Bien se que ella me ha aborrecido; pero 
esto poco importa. Debiera saber que entre las mugeres es na- 
tural esta ambicion , y que las mas intimas amigas no hacen escrû- 
pulo de ella. 



CAPITULO VIIl. 

Del recibiraiento que hid^n à. Gil Bias Ioa comicoi de Granada , y de la penona 
à quien reconodô en el Testuario. 

En el punto mismo que Laura acababa de contar su historia, 
una comedianta yieja, yecina suya, que yenia à sacarla 
para ir à la comedia. Esta yenerable heroina de teatro hubiera 
sido primorosa para hacer el papel de la diosa Cotis '• Mi her- 
mana no dejô de presentar su hermano é esta figura aAeja» y 
sobre ello mediàron grandes cumplimientos de ambas partes. 

Las dejé solas, diciendo à la yiuda del mayordomo que iria 
é buscarla al teatro luego que hubiera hecho lleyar mi ropa à 
casa del marques , que ella me enseAô. Fui inmediatamente al 
cuarto que tenia alquilado , pagué à mi huéspeda , di à un mozo 

' Era la deidad de lof plaoeres Yolaptuoses, 



LIBRO SÉPTIMO. 827 

ni maleta , y fîii con él à una gran posada en donde estaba alo- 
jado mi amo. Encontre é la puerta é su mayordomo , cpie me 
pregontô si era yo el hermano de la seftora Estela. Respondi 
qoe si , y me dijo : Paes sea ymd. inny bien venido , caballero. 
£1 marques deMarîalba, de quien tengo la honra de ser mayor- 
domo , me ha mandado os reciba con todo agasajo : se le ha pre- 
parado 4 Tmd. on cuarto ; si^ vmd. gasta yo se lo enseftarè. 
Me sabiô à lo ultimo de la casa, y me introdujo en un aposento 
tan pequefto que solo cabia una cama muy estrecha, un armario 
y dos sillas ; ta! era mi habitacion. Ymd. no estarà aqui muy i 
sas aacharas, me dijo mi conductor, pero en recompensa pro- 
meto A Tmd. ^e en Lisboa estaré soberbiamente alojado. Met! 
mi maleta en el armario , del cual me lleve la Haye, y preguntë 
à que hora se cenaba. Me respondiéron que el seftor cenaba 
comunmente fnera, y que daba à cada criado un tanto al mes 
para su mantenimiento. Hice algunas otras preguntas, y conoci 
que los criados del marques eran unes hoîgazanes afortunados. 
AI cabo de una breye conyersacion dejé al mayordomo , y fui à 
buscar à Laura» entretenido agrads^lemente con los presagios 
de mi nuevo acomodo. 

Luego que Ueguë à la puerta de la casa de comedias, y dije 
era hermano de Estela, todo se me franqueô. Hubierais yisto 
las centinelas hacerme paso A porfia , como si yo fuera uno de 
los principales personages de Granada. Todos los dependientes 
del teatro que encontre en el trénsito me hiciéron proAindas 
reyerencias. Pero lo que yo quisiera poder pintar bien al lector , 
es el recibimiento que con una seriedad cômica me hiciéron en 
el yestuariOy en donde encontre toda la compaftia yestida ya, 
y pronta & principiar. Los comediantes y comediantas , à quienes 
Laura me présenté, seagolpàronhiciami. Los hombres me con- 
fimdiéroa à abrazos , y las mugeres en seguida , aplicando sus 
rostres pintados ai mio, lo Uenâron de arrebol y blanqnete. Nin- 
guno queria ser el ultimo i cumplimentarme , y todos se pusié- 
ron à hablarme à un tiempo. No bastaba yo à responderles ; 
pero mi bermana yino à mi socorro , y como tenia ejercitada 
la lengua, cumpliô con todos por mi. 

No paréron los cumplimientos en los actores y actrices : Aie 
precise aguantar los del tramoyista, yiolinistas, apuntador, des- 
pabilador y sotadespabilador ; en fin, de todos los dependientes 
del teatro, que al rumor de mi Ilegada yiniéron corriendo 
^ examinar mi persona : no pareda sino que estas gentes eran to- 
das de la inelusa , que jamas habian yisto hermanos. 

Eiktretanto empezô la comedia: algunos cabaOeros que estaban 
("n el yestuario se retiràron & tomar sus asientos, y yo, como de 
<^sa , continué eu conyersacion con los actores que no represen- 
taban. Entre estes habia uno é quien llamâron y oi le nombra- 



328 GILBLAS. 

ban Melchor. Esle nombre me choc6 ; y habiendo mirado aten- 
tamente al angelo & qnîen se le daba, me paredô haberle visto 
en algona parte. AI fin me aoordé de ël , y vi que era Melchor 
Zapata , aqnel pobre càmico de la légua que, como dije en el li- 
bro legundo de mi historia, estaba mojando iç^ndrugos de pan 
en nna fuente. 

AI instante le Ilamé é parte, y le dije : Si no me engaûo, vmd. 
es el seftor Melchor con quien tuye la bonra de almorzar un dia 
i la orilla de una dara fiiente entre Valladolid y Segovia* Iba yo 
con un mancebo de barbero , juntimos algunas provisiones que 
lievabamos oon las de vmd., y compushnos entre los très ma oo- 
mida escasa, que se sazonô con mil conversaciones agradaUes. 
Zapata se quedô como pensatÎYO algunos instantes, ydespues me 
respondiô : Ymd. me habla de una oosa de que sin dificultad 
bago memoria. Enténces yenia de Madrid , en donde habiasalido 
para prueba en aquel teatro, y me voWia i Zamora. Tambien 
me acuerdo que mis negocios andaban de mala data. Y yo por 
esas seftas , le dije , vengo en conocimienio de que vmd. Uevaba 
un jubon forrado de carteles de comedias. Tampoco he olvidado 
que ymd- se quejaba en aquel tiempo de que tenia una muger 
muy hoxtesta. { Oh ! por esa parte ya no me quejo , dijo Zapata oon 
precipitacion : {viye diez que la buena muger se ha enmendado 
en esto, y asi mi jubon ya mejoip forrado ! 

Al ir à darle la enhorabuena de tan felis inudanza , tnyo pre- 
cision de dejarme para salir à la escena. Con el deseo de cono- 
cer â su muger, me acerquè i un comediante , y le supliquè me 
]a mostrase, lo que hizo diciendo : Yéala ymd., esa es Narcisa, 
la mas linda de nuestras damas despues de la hermana de vmd. 
Juzgué que esta actriz debia ser aquella à quien se habia aficio- 
nado el marques de Marialba antes de haber yisto é su Enda, 
y mi cQnjetura no salie errada. Acabada la oomedia acompafiè à 
Laura à su casa en donde yi muchos codneros que estaban dis- 
poniendo una gran cena. Aqui puedes cenar, me dijo ella. Nada 
mënos que eso, le respondi ; el marques querrà quisà estar solo 
contigo. No, respondiô ella , ahora yendrà con dos amigos su- 
yos , y uno de nuestros compalkeros ; y si. tu quieres , seras la 
sexta persona. Bien sabes que en casa de ias cômicas los secre- 
tarios tienen priyilegio de comer con sus amos. Es verdad, le 
dije ; pero todayia no es tiempo de contarme entre los sécréta- 
rios foyoritos : para obtener este cargo honorifico debo entes 
emplearme en alguna comision de confianza. Diciendo esto dejé 
à Laura , y fui à mi hosteria, donde hice ânimo de corner todos 
los dias, porque mi amo no tenia casa. 



LIBRO SÉPTIHO. 329 



CAPITULO IX. 

Del hombre extraordinario con quien Gil Bias ceno aquella noche, 
y de lo que paso entre ellos. 

Advert! que eo un rincon de la sala estaba cenando solo ua 
firaile viejo vestido de paflo pardo, y por curiostdad me sente 
en frenle de él ; salodèle con mucha orbanidad , y el no se mos- 
tro mtoos cortes que yo. Trajëronme mi pitanza, que principiè 
à despachar con buenas ganas , y miéntras comia sin dedr una 
palabra, miraba frecuentemente é este raro personage, y siempre 
le halle puestos los ojos en mi. Cansado de su alian en mirarme , 
le haUé ea estos términos : Padre, ;nos habrémos visto tal vez 
en otra parte fuera de aqui? Ymd. mo esta observando como â 
an bombre que no le es enteramente desconocido. 

Respondiôme con mucha gravedad : Si os miro con esta aten- 
cion solo es para admirar la singular yariedad de atenturas que 
estin grabiadas en las rayas de vuestro rostro. À lo que veo, le 
dije con un aire burlon, yuestra reyerencia sabe la metoposco- 
pia. Bien podria lisonjearme de poseerla, dijo el firaile, y de ha- 
ber proaosticado cosas que el tiempo no ha desmentido ; no se 
ménos la quiromancia , y me atreyo à decir que mis oràculos 
son infialîbles cuando he comparado la inspeccion de la mano con 
la del rostro. 

Aunque aquel yiejo tenia todo el aspecto de hombre sabio , 
me pareciô tan loco que no pude dejar de reirme en su cara ; pero 
en lugar de ofenderse de mi descortesia, se sonriô de ella, y 
despaes de haber paseado su yista por la sala, y aseguràdose de 
que nadie nos oia , continué bablando de esta manera : No me 
^panto de yeros opuesto i estas dos ciencias que en el dia se 
tienen por firiyolas; el largo y penosoestudio que requieren de»- 
^^aima à todos los sabios, que, deapechados de no haberlas po- 
dido adquirir, las abandonan y desacreditan. Por lo que hace à 
inî no me ha acobardado la oscuridad en que estân envueltas , 
m tampoco las dificultades que se suceden sin césar en la inda- 
8^on de los secretos quimicos, y en el arte marayilloso de 
traosmutar los metales en oro. 

Pero no presumo, prosiguiô habiendo tornado nuevo aliento, 
qoe hablo cou un jôyen que conceptùe de suejtos mis pensar- 
mientos. Una leye prueba de mi habilidad os dispondrà à juzgar 
^ &yorablemente de mi , que todo cuanto pudiera deciros. 
IKcho e6to , sacô del bolsillo un frasquillo lleno de un licor en- 
^^^niado, y prosiguiô dicîendo : Vea ymd. aqui un elixir que he 
^^nipuesto esta maftana del zumo de ciertas plantas destiladas 



330 GIL BLAS. 

por alambiqne , porqne à imitadon de Demôcrito he empleado 
casi toda mi vida en descnbrir las propiedades de los simples y de 
los minérales. Vmd. va é experimentar sa virtud. El yino que es^ 
tamos bebiendo es muy malo ; pnes ra à ser exqnisitCK Al mismo 
tiempo echo dos gotas de su elixir en mi botella , que Tolyiéron 
mi vino mas delicioso que los mejores que se beben en EspaAa. 

Todo lo marayilloso sorprende, y una rez preocupada la ima- 
ginadon, el jnido se extravia. Pasmado de yer uq secreto tan 
bueno , y persuadido de que era menester ser poeo ménos que 
diablo para haberlo hallado , exdamé lleno de admiradon : ; Oh , 
padre mio ! suplico é Tmd. me perdone si antes le he tenîdo por 
un Tiejo loco. Ahora le hago à ymd. justicia; no neoesîto yer 
mas para estar conyenddo de que, si quisiera, podria hacer en 
un instante un tejo de oro de una barra de hierro. ; Que dichoso 
faera yo si poseyera esa admirable ciencia ! £1 cielo os libre de 
tenerla jamas , interrumpiô el yiejo dando un profundb snspîro. 
Tu no sabeSy hijo mio , lo que deseas. En lugar de enyidiarme, 
tenme mas bien làstima de haber tomado tanto trabajo para ha- 
cerme infeliz. Siempre yiyo inquieto , temo ser descubierto , y 
que una prision perpétua sea el premio de todos mis afaoes. Cod 
este temor paso una yida errante, disfrazado unas yeces de clé- 
rigo 6 de fraile , otras de caballero ô paisano. ^ Y te parece que 
sera yentajoso el saber hacer oro à ese predo? Y ^las riqaezas 
no son un yerdadero suplicio para aquellos que no las disfirutan 
con quietud? 

Ese discurso me parece muy sensato , dije entônces al fiiôsofo. 
Nada îguala al gusto de yîyir con sosiego ; ymd. me hace mirar coo 
desprecio la piedra filosofal. Yo os estimaria que me yaticinaseis 
lo que me ha de acontecer. De muy buena gana , hîjo mio , me 
respondiô ; ya he obseryado yuestra fisonomia : mostrad yuestra 
mano. Presentèsela con una confianza que no me harà honor en 
el ànimo de aignnos lectores, que en mi lugar acaso habrian hecho 
otro tanto. La examiné muy atentamente , y al momento exdamô : 
i Ah ! I y que de trànsitos de la afliccion à la alegria , y de la' aie- 
gria à la afliccion ! i que série azarosa de desgracias y de pros- 
peridades ! mas ya habeis experimentado una gran parte de esta^ 
altematiyas de la fortuna ; y no os restan mas desgradas qae 
probar : un seftor os daré un buen destino , que ito estari sujeto 
à mutacioncs. 

Despues de haberme afirmado que podia estar seguro de su pro- 
nôstico, se despidiô de mi saliendo delà hosteria , donde qaedé 
muy pensatiyo de lo que acababa de oir. 

No dudaba yo que fnese el marques de Marialba el tal sefior, 
y por consiguiente nada me parecia mas posible que el cumpli- 
miento del yaticinio. Pero cuando yo no hubiese yisto la mener 
apariencia de ello , no me hubiera impedido eso el dar al fraile 



LIBRO SËPTIMO. 83f 

entero crèdito : tanta era la autoridad que por su elixir habia 
cobrado en mi ànimo. 

Por mi parte y para acelerar la felicidad que me habia pre- 
dicho y determine servir al marques con mas afecto que lo ha- 
bia hecho à ninguno de los otros amos. Con esta resolucion me 
retiré é naestraposada con una alegria imponderable cual nunca 
sacô una muger de casa de las decidoras de la buena yentura. 

CAPITULO X. 

De la oomision qae el marqaes de Harialba dio i Gil Bias, y oomo la desempefto 
este fiel secretario. 

Todavia no habia yuelto el marques de casa de su comedianta ; 
pero en su aposento encontre à los ayudas de càmara que juga- 
ban à les naipes esperando su yenida. Me introduje con elles , y 
nos entretuyimos sdegremente hasta las dos de la madrugada en 
que Ilegô nuestro amo. Sorprendiôse un poco al yerme , y me 
dijo con una afabilidad que daba à entender volyia contente de 
su yisita : Gil Bias» ^porqué no te has acostado? Yo le res- 
pond! que queria saber antes si tenia alguna cosa que mandarme. 
Puede ser, dijo» te encargue por la maftana un asunto, y en- 
tances te darè mis ôrdenes. Ye à descansar, y sabe que te dis- 
penso de esperarme, pues me bastan los ayudas de càmara. 
Bespnes de esta adyertencia» que no dejô de agradarme, pues 
me excasaba la sujecion que algunas yeces hubiera lleyado con 
disgusto y dejè al marques en su cuarto , y me retiré é mi guar- 
dnia. Me acosté ; pero no pudiendo dormir, segui el consejo de 
Pitégoras, de traer à la memoria por la noche lo que hemos bê- 
che en el dia para aplaudir nuestras buenas acciones, 6 vituperar 
las malas. 

Mi conciencia no estaba tan limpia que dejase de remorderme 
haber apoyado la mentira de Laura. Por mas que yo me decia 
para disculparme de que no habia podido decentemente desmentir 
à una muchacha que no habia tenido otra mira que la de mi 
bien , y que en algun modo me habia visto en la precision de ser 
complice de su engafio; poco satisfecho de esta excusa, yo mismo 
me respondia que no debia Ueyar tan adelante el embuste , y que 
era demasiado descaro el querer vivir con un sefior cuya con- 
fianza pagaba tan mal. En fin, despues de un severe examen con- 
fine en que si no era un bribon me ialtaba poco. 

Pasando de aqui à las consecuencias, reflexionë que aventuraba 
mncho en engafiar i un hombre de distincion, quien por mis pe- 
cados acaso tardaria poco en descubrir el enredo. Una reflexion 
tan juiciosa aterrô algun tanto mi espiritu; pero bien presto des-* 



332 GIL BLAS. 

Taneciéron mi temor las ideas del contento y del interes. Por ocra 
parte la profecia del hombre del elixir hubiera bastado para tran- 
quilizarme; y asi me entregué i imàgenes muy risaeftas-Me pase 
à hacer cuentas de aritmèlica y à calcular paraconmigo mismo la 
suma à que asoenderian mis salarios al cabo de diez aftos de ser- 
vicio. A esto aAadi las gratificaciones que redbiria de mi amo; y 
midiëndolas por su caràcter liberal , ô mas bien segun mis deseos , 
tenia una intemperancia de imaginacion, si puede hablarse de este 
modo , que no ponia limites à mi fortuna. Tanta félicidad me oon- 
ciliô poco à poco el suefio , y me quedé dormido haciendo castillos 
en el aire. 

Por la maftana me levante cosa de las naeTe para ir à recîbir 
las ôrdcnes de mi amo ; pero al abrir mt puerta para salir, me ad- 
miré de verle venir en bâta y gorro. Estaba solo , y me dijo : Gil 
Bias , al despedirme anoche de tu hermana , le ofreci pasar é su 
casa esta maftana , pero un negocio de importancia no me permite 
cumplirlo. Vey dUe de mi parte cuanto siento esteoontratiempo, 
y asegùrale que aun cenaré esta noche con ella.Noes esto lo mas, 
afiadiô entregàndome una boisa con una cajita de zapa guamecida 
de piedras ; llëvale mi retrato , y toma para ti esta boisa, en donde 
van cincuenta doblones, que te doy en prueba de la amistad que 
ya te he cobrado. Con una mano tome el retrato, y con la otra 
la boisa de mi tan poco merecida. Fui corriendo ad momento & 
casa de Laura, diciendo en medio del exceso de alegria que me 
enagenaba: ;Bueno , bueno! la prediccion se verifica visiblemente. 
I Que fortuna es ser hermano de una buena moza que admite 
galanteos ! Es làstima que no haya en esto tanta bonra oomo pro- 
vecho y utilidad. 

Laura , contra la costumbre de las personas de su profesion, 
solia madrugar. Halléla al tocador, en donde, esperando à sa 
Portugues , aftadia i su hermosura natural todos los atractivos 
auxiliares que el arte podia prestarle. Amable Estela , le dije al 
entrar, iman de los extrangeros , ya puedo comer con mi amo , 
pues me ha honrado con un encargo que me dà esta prerogativa, 
el cual vengo à evacuar. Dice que no puede tener el gusto de 
verte esta maftana , como lo habia pensado ; pero para consolarte 
de esto , cenarà esta noche contigo ; y te envia su retrato , con lo 
que me parece quedaràs algo mas consolada. 

Entreguéle la caja , que cou el vivo resplandor de los brillantes 
de que estaba guarnecida alegrô infinito su vista. Abri6la, y ha- 
bîèndola cerrado despues de heiber considerado la pintura por 
mero cumplimiento , volviè à mirar las piedras: celebrô su her- 
mosura y me dijo con sonrisa: Ve aqui unas copias que las damas 
de teatrô estiman mucho mas que los originales. Dijele en seguida 
que el generoso Portugues aldarmeel retrato me habia regalado 
cincuenta doblones. Me alegro infinito , me dijo eHa. Este seftor 



UBRO SËPTIMO. 333 

prindpia por donde ami raras veoes acaban otros. A ti es, mi 
qaerida, respond! yo, à quien debo este regalo , que el marques 
me hizo à causa de fratemidad. Yo quisiera, dijo eUa,te hiciera 
otros como ese todos los dias : no puedo ponderarte cuanto te 
amo. Desde el instante en que te vi , te amé tan estrechamente 
que el tiempo no ha podido romper esta union. Cuando te echë 
de mènes en Madrid , no perdi las esperanzas de recobrarte , y 
ayer al ^erte te recibi como à un hombre que yolvia à su centro* 
En^una palabra , amigo mio , el cielo nos ha destinado el uno para 
el otro : tù seras mi marido ; pero antes es preciso enriquecernos. 
Laprndencia exige que comenzemos por aqui. Todayia quiero tener 
très 6 coatro cortejos para ponerte en una sitnacion aventajada. 
Dfle cortesmente las gracias por el trabajo que queria tomarse 
por mi, é însensiblemente nos Aiimos metiendo en una conversa- 
don que duré hasta el mediodia. Entônces me retiré para ir à 
dar caenta é mi amo del modo con que habia sido recibido su 
regalo. Aunqne Laura no me habia dado sus instrucciones sobre 
este ponte , compuse en el camino una buena arenga para cum- 
plimentarle de su parte ; pero fiié tiempo perdido, porque cuando 
lleguë i la posada me dijëron que el marques acababa de salir ; 
y estaba decretado que no yolveria à yerle mas , como puede 
leerse en el capitule siguiente. 

CAPITULO XI. 

De la noticla qae supo Gil Bias , y que faë un golpe mortal para A. 

Fuime à mi posada , en donde encontre dos sugetos , cen 
qaienes cemi , y cen cuya gustesa conyersacion me entretuye en 
la mesa hasta la hora de la comedia , que nos séparâmes , elles 
para ir à sus quehaceres , y ye para temar el camino del teatro. 
Advierto de paso que ye tenia motiyo para estar de buen hu- 
mor, porque la alegria habia reinado en la conyersacion que 
acababa de tener cen estes caballeres , mostréndeseme ademas 
prepicia la fertuna ; pero cen todo sentia una tristeza que no es- 
taba en mi mano desechar. À yista de este , ne se diga que ne 
se presienten las desgracias que nos amenazan. 

Al entrar en el yestuarie se acercô à ml Melcher Zapata ,. y 
me dije en yez baja que le signiera. He lleyô à un sitie excu- 
sado , y me dijo le siguiente : Setter mio , mn-o corne un deber 
dar à ymd. un ayise muy importante. Vmd. ne ignora que el 
marques de Marialba se enamorô primero de Narcisa mi espesa; 
y aun habia elegido dia para yenir à picar en mi cebo, cuando 
la artificiosa Estela hallô medio de descencertar la partida y de 
airaer à su casa i este setter portugues. Bien cenece ymd. que 
unacômicaho pierde tan buena presa stn despeche. Mi muger 



33fc GIL BLAS. 

esté iniiy resentida de esto : nada es capaz de omitir para ren-* 
garse ; y por desgracia de ymd. se le présenta para eDo una oca- 
sion ÊiYorable. Ayer, si ymd. hace memoria , todos nnestros 
dependientes acadiéron à \erle. £1 sotadespabilador dijo à algii« 
nas personas de la compaftia que oonoda à ymd., y que de ningon 
modo era hermano de Estela. 

Esta noticia, aAadiô Melchor, ha llegado é oidos de Nardsa, 
que no ha dejado de preguntérsela al que la ha dado , y este se 
la ha repetido. Dice conociô à ymd. de criado de Arsenia, cuando 
Estela, bajo el nombre de Laura, la seryia en Madrid. Mi esK 
posa, contentisima con este descubrimiento , se lo participarà 
al marques de Harialba , que ha de yenir esta tarde à la comedia. 
Gamine ymd. en esta inteligencia , y si no es en realidad hermano 
de Estela, le aconsejo como amigo, y por nuestro antiguo co- 
nocimicnto , que se ponga en salyo. Narcisa, que no bnsca mas 
que una yictima, me ha permitido se lo adyierta & ymd. para 
que eyite con una pronta Àiga cualquier accidente funesto. 

Me hubiera sido inùtil saber mas ; di gracias por este ayiso al 
histrion, que conociô muy bien por mi sobresalto que yo no 
estaba en el caso de desmentir al sotadespabilador. Como real- 
mente no tenia intencion de Ueyar hasta este punto la desyer- 
gûenza , ni aun fiii à despedirme de Laura , temiendo no quisiese 
obligarme à que siguiera el enredo. Bien sabia yo que eUa era 
buena comedianta para salir con fiadlidad de este berengenal ; 
pero yo no yeia mas que un castigo infalible que me amenazaba, 
y no estaba tan enamorado que quisiese burlarme de ël. Déter- 
miné, pues, poner tierra por medio, cargando con mis dioses 
pénates , es decir, con mi ropa ; y en un abrir y cerrar de ojos 
me desapareci del coliseo , y en un momento hice sacar y tras- 
ladar mi maleta i la posada de un arriero que al dia signiente i 
las très de la maAana debia salir para Toledo. Hubiera deseado 
estar yo con el conde de Polan , cuya casa me parecia el ùnico 
asilo que habia seguro para mi ; pero no hallàndome aun en eOa, 
no podia pensar sin inquietud en el tiempo que me restaba que 
pasar en una dudad en donde temia me buscasen aquella misma 
BOche. 

No dejé de ir & cenar é mi hosieria , â pesar de estar tan zozo- 
broso como un deudor que sabe andan en seguimiento suyo los 
alguaciles ; pero no creo que la cena hizo en mi estômago un ei- 
celente quflo. Miserable juguete del miedo , miraba con cuidado 
i todas las personas que entraban en la sala ; y temblaba como 
an azogado siempre que por mi desgracia eran algunas de mala 
catadura, cosa que no es rara en taies parages. Despues de haber 
œnado en medio de continuos sobresaltos , me leyanté de la mesa, 
y me yolyi é la posada del ordinario , en donde me eché sobre 
p^ja fresca hasta la hora de marchar. 



UBRO SËPTIMO. 335 

Puedo aseganir que durante este tiempo ejercitë bien mi pa- 
cienda : mfl tristes pensamientos viniéron à asaitarme : si algun 
instante me qnedaba traspuesto , soAaba que yeia furiosQ al mar- 
ques lastimando à golpes el henaoso rostro de Laura , y haciendo 
pedazos cuanio habia en su casa ; ô ya que le oia mandar à sus 
criâdos que me matasen à palos. Despertaba despavorido, y 
siendo tan gustoso despertar despues de haber soAado cosas 
fimestas , para mi era esto mas cruel que el mismo suefto. 

Por fortuna me sac6 de esta angustia el arriero » yiniendo â 
avisarme que estaban prontas las mulas. Inmediatamente me le- 
vante , y gracias al cielo me puse en camino curado radicalmente 
de Laura y de la quiromancia. Conforme nos ibamos alejando de 
Granada, iba mi espiritu recobrandosu serenidad. Empezé é trabar 
conYersacion con el arriero , el cual me contô algunas historias 
di?ertîdas que me hiciéron reir, y fui perdiendo insensiblemente 
mi temor. Dormi cou sosiego en Ubeda, donde hicimos noche é 
la primera jornada » y â la cuarta Ilegàmos à Toledo. Mi primer 
cuidado fuë preguntar por la casa del conde de Polan , y persua- 
dido de que no consentiria me alojase en otra , fui alla ; pero yo 
habia hecho la cuenta sin la huèspeda , pues no encontre en ella 
mas que al portero , quien me dijo que su amo habia salido el 
dia antes para la quinta de Leiy a y de donde le babian escrito que 
Serafina estaba enferma de peligro. 

Yo no habia contado con la ausencia del conde , que disminuyô 
el gusto que iania de estar en Toledo , y fué causa de que tomase 
otra determinacion. Yiéndome tan cerca de Madrid , me resohi 
à ir alla , discurriendo que en la corte podria hacer fortuna , 
pneSy.segun habia oido decir, no era necesario en ella tener un 
talento superior para adelantar. Al dia siguiente me aprovechè 
de un caballo de retomo que me llevô à esta capital de la Espaiïa» 
i donde la buena suerte me conducia para que hidese papeles 
mas brillantes que los que hasta enténces me habia hecho re- 
présentai 

cAPiTULO xn. 

Gil filas 86 aloja en una posada de caballeros, en donde adqidere conodmiento 
con el capitan Chinchilla : que dase de hombre era este oficial, y que negocio 
le habia Ûeyado i Madrid. 

Asi que llegué à Madrid estableci mi habitacion en una posada 
de caballeros, en donde entre otras personas vivia un capitan 
^iejo, que desde lo ultimo de Castilla la Nueva habia yenido & 
b corte à pretender una pension que creia tener bien merecida : 
'bm&base don Anibal de Chinchilla. Mo sin espanto le yi la pri* 
oiera yez : era un hombre de sesenta afios, de una estatura gigan- 



336 ^ GIL BLAS. 

tesca, y sonuunente flaco. Tenia unos bigotes poblados que so- 
bian, retorciéndose por los dos lados, hasia las sienes; adenuis 
de que le faltaba an brazo y ana pierna, llevaba tapado on ojo 
con an gran parche de tafetan T«rde , y casi todo so rostro estaba 
lleno de cîcatriœs. En lo demas era como otro eoalquiera : no 
carecia de entendimiento, y aan mènos de grayedad. En coanto 
à SOS costombres era moy rigide, y se preciaba sobre todo de 
ser delicado en panto de honor. 

A las dos 6 très conrersaciones qae tayimos, me bonrô con 
sa confianza, y sape todos sos asantos. Me conté en que ocasio- 
nes se habia dejado un ojo en Népoles, an brazo en Lombardia 
y ana piema en los Paises Bajos. Admiré, en las reladones qne 
me hizo de las batallas y sitios , el que no se le escapase ninguna 
fanfarronada ni palabra en aJabanza saya, siendo asi qae sindî- 
ficultad le habiera perdonado el qae alabase la mitad del caerpo 
qae le qaedaba en recompensa de la otra qae habia perdido.Los 
oficiales que yaelyen sanos y salyos de la gaerra no son siempre 
tan modestos. 

Me dijo que sobre todo sentia à par de sa alma haber disipado 
ana considerable hacienda en sas campaftas, de saerte que no ie 
habian quedado mas qae cien dacados de renta , con lo qae ape- 
nas tenia para aliflar sas bigotes, pagar sa alojamiento, y dar à 
copiar sas memoriales. Porqae en fin, seikor cabaHero, afiadiô 
encogièndose de hom'bros, todos los dias, àDios gracias, los 
presento sin que se haga el mas minimo caso de ellos. Si ymd. lo 
presenciara , no diria sino que apostabamos el ministro y yo sobre 
coal habia de cansarse antes, si yo en darlos, 6 el en redbirlos. 
Tambien tengo la honra de presentérselos al mismo rey; pero 
tan Undo es Pedro como su amo, y entre estas y esotras la casa 
de Chinchilla se arruina por fàlta de reparos. 

No pierda ymd. las esperanzas, dije al capitan; ymd. sabe qoe 
las cosas de palacio yan despacio. Acaso estarà ymd. hoy en yls- 
peras de yer premiados con usura todos sus penosos seryicios. 
No debo lisonjearme con esa esperanza , respondiô don Anibal : 
aun no hace très dias qae hablë à uno de los secretarios del mi- 
nistro ; y si he de dar crèdito à sus palabras, es preciso prestar 
paciencia. ^ Y que le dijo à ymd., seAor oficialT le respondi : ta! 
yez el estado en que ymd. se halla no le parece digno de recom- 
pen^.ymd. lo yeré, respondiô Chinchilla : este secretario me ha 
dicho claramente : Seftor hidalgo , no pondère ymd.tanto su zelo 
y su fidelidad ; porque en haberse expuesto i los peligros por sa 
patria no ha hecho ymd. mas qne cumplir oon su obligacion. La 
gloria que résulta de las acciones herôicas es suficiente paga , y 
debe bastar principalmente à an Espaftol. Desengàftese ymd. si mira 
como deuda la gratificadon que solicita; en caso de que se os 
concéda esta gracia la deberëis ùnicamente à la bondad del rey , 



LIBRO SÉPTIMO. 337 

qae se contempla dendor à los yasallos que ban servido bien al 
estado. Infiera ymd. de ahi , siguiô el capitan , lo que podré espe- 
rar, y que al cabo habré de volverme comohe venîdo. Natural- 
mente nos interesamos por un hombre honrado cuando se le ye 
padecer : le exhorté à que se mantuviera firme : me ofreci à po- 
nerle de balde en limpio sus memoriales; y Ileguè hasta ofrecerle 
mi bolsillo » suplicàndole que tomase lo que quisiera de èl. Pero 
DO era de aquellos que en semejantes ocasiones no necesitan de 
muchos ruegos; iutes bien se mostrô muy pundonoroso y me diô 
las gracias. Despues de estome dijo que, por no cansar i nadie/ 
se habia acostumbrado poco à poco à yivir con tanta sobriedad, 
que el menor alimento bastaba para su subsistencia; lo que era 
muy cierto. No se mantenia de otra cosa que de cebollas y ajos; 
y asi estaba en los huesos. Para que nadie yiese sus malas comi- 
das y se encerraba en su cuarto à la hora de ellas. No obstante , 
à fiierza de sùplicas consegui que cenasemos y comiesemos juntos. 
Y engaflando su yanidad con una compasion ingeniosa , hice que 
me trajesen mucha mas comida y bebida de la que yo necesi- 
taba; instèle à comer y beber, lo que rehusô al principio con mil 
ceremonias ; pero al fin cediô à mis instancias, y tomando insen- 
siblemente mas confianza, él mismo me ayudaba â dejar limpio 
mi plato y desocupada mi botella. 

Loego que hubo bebido cnatro ô cinco tragos , y recuperado 
su estômago con un buen alimento, me dijo en tono alegre : En 
yerdady seftor Gil Bias, que sois muy seductor, pues haceis de 
milo que quereis. Teneis un modo tan atractiyo que desyanece 
hasta el temor de abusar de yuestra generosidad. Me pareciô que 
mi capitan habia ya perdido tanto la cortedad , que si en aquel 
instante le hubiera ofrecido dinero , no lo hubiera rehusado. No 
quise hacer la prueba, y me contenté con faacerle mi comensal, 
y tomarme el trabajo, no solamente de escribirle los memoriales , 
sino de ayudarle & componerlos. Gon el ejercicio de copiar homilias 
habia aprendido é yarîar de frases , y aun llegado â ser medio 
autor. £1 yiejo oficial por su parte se preciaba de poner bien un 
papel; de modo que, trabajando los dos à competencia, com- 
poniamos trozos de elocuencia dignos de los mas célèbres cate- 
dràticos de Salamanca ; pero por mas que agotasemos nuestro en- 
tendimiento en sembrar flores de retôrica en estos memoriales , 
todo era , como se suele decir , sembrar en la arena. Aunque mas 
ponderasemos los méritos de don Anibal , la corte ningun aprecio 
hacia de ellos, lo que no excitaba à este inyàlido à elogiar à los 
oficiales que se arruinan en la guerra ; antes bien maldecia con 
su mal humor à su estrella, y daba al diablo à Nàpoles , Lom- 
bardia y los Paises Bajos *. 

' Todot estos paises estuTiéron sometidos à la Espaàa cou mas 6 mènes ampli- 



338 GIL BLAS. 

Para mayor mortificacion suya aconteciô que , habieodo cierto 
dia recitado en presencia del rey on soneto sobre el nacimieuto 
de ana infonta un poeta preseutado por el duque de Alba, se le 
concediô delante de sus barbas una pension de quinientos da- 
cados. Creo que el mutilado capitan se habria yuelto loco si no 
hubiera yo cuidado de consolarle. Yiéndole fuera de si, le dîje : 
^Qué es lo que vmd. tiene? nada de esto debia ymd. extraAar : 
^no estàn de tiempo inmemorial los poetas en posesion de hacer 
à los principes tributarios de las musas? No hay testa coronada 
que no tenga pensionado à alguno de estos seftores ; y , hablando 
aqni entre nosotros , las pensiones dadas é los poetas trasmiten 
A la posteridad la noticia de la liberalidad de los reyes , cuando 
las otras en nada contribuyen à su fama pôstuma. ^Cuantas re- 
compensas no diô Augusto? ^cuantas pensiones concediô de que 
no tenemos noticia ? Pero la posteridad mas remota sabri como 
nosotros que Virgiliorecibiô de este emperador mas de doscien- 
tos mil escudos de gratificacion. 

Por mas que dijese à don Anibal , no pudo digerir el fruto del 
soneto que se le habia sentado en el estômago , y asi resolriô 
abandonarlo todo , no obstante que quiso antes enyidar el resto, 
presentando un memorial al duque de Lerma. Para este efecto 
fiiimos los dos à casa del primer ministro. AUi encontrâmos à un 
jôyen^ quien, despues de haber saludado al capitan , le dijo con 
cariAo : 4, Hi amado y antiguo amo , es posible que yo yea à ymd. 
aqui? i Que negocio le trae à casa de S. £.? Si necesita de alguna 
persona de yalimiento , no deje ymd. de mandarme, yo le ofrezco 
mis fiacultades. Perico , dijo el oficial , pues que , ^ tienes algun 
empleo bueno en la casa? Â lo mënos, respondiô el jôyen, es 
bastante para seryir à un hidalgo como ymd. Siendo asi , pro- 
siguiô sonriëndose el capitan , recurro à tu proteccion. Desde 
luego se la concedo à ymd., repitiô Perico. Digame ymd. sa 
asuntOy y prometo sacar raja del primer ministro. 

No bien habiamos enterado de él à este jôyen tan lleno de 
buen deseo , cuando preguntô donde yiyia don Anibal. Nos diô 
palabra de que el dia siguiente se yeria con nosotros , y se des- 
pidiô sin decirnos lo que queria hacer , ni aun si era ô no criado 
del duque de Lerma. La agudeza del ta! Perico excitô mi curio- 
sidad , y quise saber quien era. Es, me dijo el capitan , un mu- 
chacho que me seryia algunos aAos hace, y que , habiëndome yisto 
en la indigencia , me dejô por buscar mejor acomodo. No se lo 
tome à mal , porque , como se suele decir , por mejoria mi casa 
dejaria. Es un lagarto que no carece de talento , é intrigante como 
todos los diablos ; pero à pesar de toda su habilidad no me fio 

tud miéntrasocupô este trono la dinastia austriaca; y en ellos se sortuvicn» 
guerras casi continuas y de mas gloria que provecho. 



LIBRO SÉPTIHO. 339 

mucho del zelo que acaba de manifestarme. Puede ser , le dije , 
que no os sea inutil. Si , por ejemplo , es criado de alguno de 
las principales dependientes del daque , podrâ servir é vmd. de 
mucîio ; pues no ignora que en casa de los grandes todo se hace 
por partido y cabala; que estos tienen en su seryidumbre fayo- 
rîtos que los gobieman, y estos igualmente son gobernados por 
SQS^ criados. 

À la maâana siguiente vino Perico â nuestra posada, y nos dijo : 
Seflores, si ayer no déclaré los medios que tenia para servir al 
capitan Chinchilla , fué porque no estabamos en parage propio 
para explicarlos; fuera de que qneria tentar el vado antes de 
franqaearme con ustedes. Sepan , pues, que yo soy el lacayo de 
confianza del seAor don Rodrigo Calderon , primer secretario del 
duque de Lerma. Hi amo y que es muy enamorado , va casi todas 
las noches à cenar con un ruiseftor de Aragon , que tiene enjau- 
lado en el barrio de palacio ; es una muchacha muy bonita de 
Albairacin, discreta, y que canta con primer, y per este le 
Haman la seftora Sirena. Como todas las mafianas le llevo un 
billete amoroso, venge ahora de verla, y le he propuesto que 
haga pasar al seftor don Anibal per tio suye , y que con este en- 
gajk> empeâe à su galan à protegerle. Ha venido gustosa en elle , 
porque ademas del tal cual provecho que juzga le puede resultar, 
le es de mucha satisfoccion el que le tengan por sobrina de un 
hidalgo yaliente. 

£1 sefior de Chinchilla puso mal geste , y mostrô repugnanda 
à hacerse complice de una folsedad , y todavia mas à permitir 
que una aventurera le deshonrase diciendo ser parienta suya; le 
que sentia no solamento por si , sine porque creia que esta igno- 
minia retrocedia à sus abuelos. Tanta delicadeza chocô à Perico 
paredèndole inoportuna. ; Se burla vmd. ? exclamô : vea vmd. 
aqui le que son les hidalgos de aldea , en quienes todo se reduce 
é una vanidad ridicula. ^ No se admira vmd. , prosiguiô diri- 
giéndose à mi , de esta escrupulosidad ? Vote à brios : en la corte 
no se debe parar en esas delicadezas ; vengala fbrtunadel modo 
que quîera , que no hay que perderla. 

Sostuve el parecer de Perico , y ambos arengémos tante al 
capitan , que à pesar suye le hicimos se fingiese tio de Sirena. 
Dado este paso , que no costô poco trabajo , hicimos entre los 
très un nuevo memorial para el ministre, que despues de revisto, 
aumentado y corregido , le puse en limpio , y Perico se le Uevô 
â la Aragonesa , la que aquella misma tarde se le recomendô al 
sefior Calderon, hablàndole con tal empeAo, que este secretario, 
creyèndola verdaderamente sobrina del capitan, ofreciô apoyarle. 
El efecte de esta trama le vimos à pocos dias. Perico volviô 
con aire victorioso à nuestra pesada. Ruenas nuevas tenemos , 
dijo à Chinchilla : el rey haré una distribucion de encemiendas. 



340 GO. BLAS. 

benefidos y pouiones , en las qae no seri vmd. olvidado ; y asi 
86 me ha encargado os lo asegure ; pero al mismo tiempo se me 
ha prevenido pregunte à Tmd. que hace ànimo de regalar û Si— 
rena. Por lo qae respecta à mi digo que nada quiero , porcfue 
prefiero & todo el oro del mundo el gusto de haber contribaido 
& mejorar la fortuna de mi amo antiguo ; pero no es lo mlsmo 
nuestra ninfa de Albarracin : es algo interesada cuando se traça 
de servir al prôjimo ; tiene esa pequefla felta ; y siendo capaz de 
tomar dinero de su mismo padre, yea vmd. si rehusari el de un 
tio postizo. 

Diga caanto quiere, dijo don Anibal : si quiere todos los afios 
la tercera parte de la pension que me han de dar, se la prometo, y 
me parece que es bastante dàdiva , aun cuando se tratara de todas 
las rentas de su majestad catôlica. Yo por mi me fiaria de la pala- 
bra de vmd., replicô el mensagero de don Rodrigo, pues se qae 
no feltarà à ella; pero se trata con una niâa naturalmente muy 
desconfiada. Por otra parte ella apetecerà mucho mas que vmd. 
le dé una vez por todas las dos terceras partes con anticipacioa 
y en dinero contante. ;De donde diablos quiere ella que yo lo 
saque? interrnmpiô Âsperamente el oficial; ella debe creerme 
algun contador mayor : sin duda que tù no la has enterado de 
mi situacion. Perdone vmd., repuso Perico ; sabe muy bien que 
vmd. esta mas miserable que Job : no puede ignorarlo despues 
de lo que le tengo dicho ; pero pierda vmd. cuidado , que yo 
tengo arbitrio para todo. Conozco & un picaro oidor, ya viejo, 
que se contenta con prestar su dinero al diez por ciento ; vmd. 
le haràante escribano cesion de la pension del primer aâo en pago 
de igual suma que recibirà vmd. deducido el interes. En ôrden 
à la fianza, el prestamista se darà por satisfècho con vuestra casa 
de ChinchSla tal como esté, por lo que sobre este punto no tea- 
dràn ustedes disputa. 

£1 capitan asegurô que siempre que lograse la fortuna de par- 
ticipar de las gracias que habtan de concederse el dia siguiente , 
aceptaria estas condiciones. En efecto se verified que le diesen 
una pension de trescientos doblones sobre una encomienda. Asi 
que supo la noticia, diô cuantas seguridades se le pidiéron , arre- 
glô sus asuntos, y se volviô à su pais con algunos doblones que 
le habian quedado. 



LIBRO SÉPTIMO. 341 



CAPITULO xin. 

Encnentra Gil Bias en la oorte à sa queiido amigo Fabricio, y de la grande ale- 
gria que de ello recibiëron. A donde fuéron los dos, y de la curiosa conrer- 
tadon qae tUTiéron. 

Me habia acostambrado à ir todas las maflanas é palacio, en 
donde pasaba dos ô très horas enteras en yer entrar y salir à los 
grandes, qoienes alli me parecian desnados de aquel resplandor 
qae en otras partes los rodea. 

Un dia que me paseaba contoneindome por aquellas galerias, 
hadendo como otros muchos un papel bastante ridiculo, yi à 
FabriciOy à qnien habia dejado en Yalladolid sirviendo à un ad- 
ministrador del hospital. Lo que me admiré en extreme fué yerle 
hablar femiliarmente con el duque de Medinasidoni^ y el mar- 
ques de Santa Cruz. Â mi ps^ecer estos dos sefiores ^staban de 
oirle; ademas de esto ël iba vestido como un caballero. ;Si me 
eDgaflaré? me decia à mi mismo : ;serà aquel el hijo del barBero 
Nafiez ? puede que sea algun jôven cortesano que se le parezca. 
No tardé mncho en salir de la duda; idos los seAores, me acer- 
que à Fabricio , que conociéndome inmediatamente me agarrô 
de la mano, y despues de haberme hecho atravesar con ël por 
medio del gentio para salir de las galerias, me dijo abrazéndome : 
Mi amado Gil Bias, mucho me alegro yerte. ;Qué haces en Ma- 
drid?, pestas todavia sirviendo? ^tienes algun empleo en la corte? 
Â6Q que estado tienes tus asuntos? dame cuenta de todo lo que 
Veha sucedido despues de tu salida precipitada de Yalladolid. 
Mttchas cosas me pregunta3 à un tiempo, le respond! ; y el logar 
donde estamos no es à propôsito para contar ayentura». Tienes 
naon, medijo, mejor estarëmos en mî casa; yente conmigo, que 
no esta lëjos de aqui. Estoy independiente , alojado en buen pa- 
rage y con muy. buenos mueblea, yiyo contento y soy feliz,, pues 
qpç areo serlo, 

Aceptë el partido , y acompaAé â Fabricio , quien me detuyo 
al Degar à una casa de bella iachada , en la que me dijo yiyia. 
Atra^esémos un patio que tenia por un lado una gran escalera 
que conducia à unos aposentos soberbios , y por el otro una 
subida tan oscura como estrecha, por donde Aiimos àlayiyienda 
que me habia ponderado, la cual se reducia à una sala, de la 
<pe mi ingenioao amigo habia hecho cuatro separadas con tablas 
de pino, siryiendo la primera de antesala à la scgunda en donde 
donnia ^ la tercera de despacha, y la ultima de cocina. La sala 
y antesala estaban adornadas de mapas y papeles de conclusiones 
de filosofia; y los trastos que correspondian à la colgadura con* 



342 GIL BLAS. 

flistîan en una gran cama de brocado estropeada , nnas siOas 
viejas de sarga amarilla gnarnecidas con una franja de seda de 
Granada del mismo color , ana mesa con pies dorados cnbierta 
de on cordoban que parecia haber sido encamado y ribeteado 
con una franja de oro felso que se habia yu^o negro con el 
tiempo, y un armario de ébano adomado de figuras esculpidas 
groseramente. En su despacho tenia por escritorio una mesiu ; 
y su biblioteca se componia de algunos libros y muchos legajos 
de papeles que tenia en tablas puestas unas sobre otras à lo 
largo de la pared. La cocina, que no desluda à lo demas, oon- 
tenia vidriado y otros utensilios neoesarios. 

Fabricio , despues de haberme dado tiempo de mirar bien so 
babitaciouy me dijo: ;Qué juicio formas de mi equipage y de mi 
Tivienda? ;no te ha encantado verla? À fe mia que si, le res- 
pond! sonriéndome : debes hacer bien tu negocio en Madrid para es- 
tar tan bien proyisto. Sin duda tienes algun buen empleo. £1 cielo 
me guarde de eso, me replicô : el partido que he tomado es su- 
perior i todos los empleos* Un sugeto de distincion, de quien es 
esta casa, me ha dejado una sala, de la que he hecho cuatro 
piezas que he alhajado como ves : à mi nada me feilta, y solo me 
ocupo en lo cpie me agrada. Hàblame con mas claridad. Je dije, 
porque avivas mi deseo de saber lo que haces. Pues bien, me 
dijo , voy à complacerte : me he metido à ser autor, me he de- 
dicado à la literatura, escribo en verso y prosa , y hago à pluma 
y à pelo. 

I Tu favorito de Apolo ! exclamé riëndome. Eso es lo que ja- 
mas hubiera adivinado ; mënos me sorprenderia verte dedicado 
i otra cualquiera cosa. Y i que atractivo has podido hallar en la 
profesion de poeta? porque me pareceque à semejantes gentes 
las desprecian en la vida civil , y que no son las mas ricas. j Oh f 
quitate allé, replicô: eso es bueno para aquellos misérables an- 
tores, cuyas obras son el desecho de los libreros y de los cômi- 
cos. ^Seri de extraflar que no se estimen semejantes escritores? 
Pero los buenos , amigo mio , estân en el mundo en otro con- 
cepto ; y yo puedo decir sin vanidad que soy de este numéro. 
No lo dudo , le dije , tù ères un mozo de gran talento , y asi tus 
composiciones no pueden ser malas ; pero lo ùnico que deseo 
saber , y me parece digno de mi curiosidad , es como te ha dado 
la mania de escribir. 

Tu admiracion es fundada, dijo Nuftez. Estaba tan contento 
eon mi suerte en casa del senor Manuel Ordoftez , que no de- 
seaba otra ; pero hacièndose mi ingenio superior poco i poco 
eomo el de Plauto à la servidumbre, compuse una comedîa que 
hice representar é unos cômicos que estaban en Yalladolid. Anti- 
que no valia un pito , fué may aplaudida, de lo que inféri que el 
publico era una vaca mansa de lèche , que ficilmente se dejaba 



LIBRO SÉPTIMO. 343 

ordeftar. Esta reflexion , y la locura de componer nuevas piezas, 
me hiciëroa dcjar el hospital. £1 amor à la poesia me quitô el de 
las riquezas ; y para adquirir buen gusto , déterminé venir & 
Madrid , como à centro de los ingenios. Me despedi del admi- 
nistrador, que, como me amaba tanto, sintiô bastante mi reso- 
lucion, y me dijo: Fabricio, iporqué quieres dejarme? ^aca- 
so te habrë dado , sin pensarlo, algun motiyo de disgusto? No, 
sefior y le respondi, ymd. es el mejor de todos los amos , y es- 
toy muyagradecido à sus favores ; pero bien sabe que cada uno 
debe seguir su estrella. Me contemplo nacido para etërnizar mi 
nombre con obras de ingenio. { Que locura ! me replicô aquel 
buen amo ; ya estes connaturalizado con el hospital , y ères la can- 
tera de donde se sacan los mayordomos, y aun los administra- 
dores. Si quieres dejar lo sôlido para pasar el tiempo en frusle- 
rias , el mal es para ti , hijo mio. 

Yiendo el administrador cuan inùtilmente combatia mi designio , 
me pagô mi salario, y en reconodmiento de mis servicios me 
diô de guantes cincuenta ducados , de modo que con esto , y lo 
que habia podido juntar en las pequeftas comisiones que se ha- 
bian encargado é mi integridad , me vi en estado de presentarme 
decentemente en Madrid , lo que no dejë de hacer; aunque los 
escritores de nuestra nacion no cuidan mucho del aseo. Inme- 
diatamente hice conocimiento con Lope de Yega Carpio , Miguel 
de Cervantes Saavedra , y los demas célèbres autores ; pero con 
preferencia à estos dos grandes hombres , elegi para preceptor 
mio à. un jôven bachiller cordobes , al incomparable don Luis de 
Gôngora , el ingenio mas brillante que jamas produjo Espaûa , 
el cual no quiere que sus obras se impriman miéntras viva , y se 
contenta con leérselas à sus amigos. Lo cpie hay de particular es 
que la naturaleza le ha dotado del raro talento de manejar con 
acierto todo género de poesias : sobresale principalmente en las 
composiciones satiricas, que son su fiierte. Nos es como LucQio > 
un torrente turbio , que arrastra consigo mucho cieno ; sino el 
Tajo , cuyas aguas puras corren sobre arenas de oro. 

Tan buena pintura me haces de ese bachiller , le dije é Fabri- 
cio y que no dudo que una persona de tanto mérito tenga muchos 
envidiosos. Todos los autores , respondiô él , tanto buenos como 
inalos , le muerden : uno dice que le gusta el estilo hinchado , 
los conceptillosy las metàforas y las trasposiciones. Sus versos , 
dice otro , se parecen en lo oscuro à los que cantaban en sus 
procesiones los sacerdotes salios^ y que nadie entendia. Tambien 

' Poeta satîrico que naciô en Suesa el ano 147 y murio en Nàpoles et io3 an- 
^ de la eracristiana. Es oonsiderado como inyentor de la sÂiira entre los latino», 
y ^ q[aien imitâron despues Horacio , Persio y Juyenàl. Horacio le compara a nu 
no que en su cuno arrastra arenas preciosas cnvueltas en Iode. 



344 GIL BLAS. 

hay qaien le ceDSura de que tan presto hace sooetos 6 romances, 
y tan presto comedias , décimas y yillancicos , como si locamente 
se hubiera propuesto deslucir é los mejores escritores en todo 
género de poesia ; pero todas estas saetas de la envidia se cm- 
botan dando contra una musa apreciada de grandes y pequefios. 

Tal es el maestro con quien bice mi aprendizage, y me atreyo 
i decir sin vanidad que le imito ; habiéndome bebido de tal modo 
su espiritu , que ya compongo trozos sublimes que no los juzga- 
ria indignos de si. A ejemplo suyo voy à vender mi mercancia â 
las casas de los grandes , en las cuales soy muy bien recibido , 
y en donde hallo gentes que no son muy descontentadizas. Es 
yerdad que mi modo de recitar es balagûefto , lo que no dafia à 
mis composiciones. En fin, muchos seAores me estiman, y sobre 
todo yivo con el duque de Medinasidonia cbmo Horacio vivia 
con Mecenas. He aqui , prosiguiô , de que modo me he trasfor- 
mado en autor ; nada mas tengo que contarte: à ti te toca ahora 
cantar tus victorias. 

Entônces tome la palabra ; y suprimiendo todo aquello que me 
pareciô no ser del caso, le hice la relacion que me pedia; des- 
pues de la cual se tratô de comer , y sac6 de su armario de 
ëbano servilletas, pan, un pedazo de lomo de camero asado^ 
una botella de vino exquisito , y nos sentémos i la mesa con 
aquella alegria propia de dos amigos que yuelven à encontrarse 
despues de una larga separacion. Ya \es , me dijo , mi vida libre 
é independiente. Si quisiera seguir el ejemplo de mis compafieros, 
ùria à comer todos los dias en casa de las personas distinguidas; 
pero ademas de que el amor al trabajo me retiene de ordinario 
en casa , soy un nuevo Aristipo ; pues tan contento estoy con 
el trato de gentes como con el retiro , con la abundancia como 
con la frugalidad. 

Nos supo tan bien el vino que fuë menester sacar otra botella 
del armario. De sobremesa lo di à entender tendria gusto en yer 
algunas de sus producciones , y al instante buscô entre sus pa- 
pelés un soneto que me leyô con ènfasis ; pero â pesar del sainete 
de la lectura, me pareciù tan oscuro que nada pude compren- 
der. Conociôlo, y me dijo: Este soneto no te ha parecido mny 
claro ; i no es asi? Le confesè que hubicra querido algo mas de 
claridad. Echôse â reir de mi » y prosiguiô : Lo mejor que tiene 
este soneto, amigo mio, es el no ser inteligible. Los sonetos» 
las odas y las demas obras que piden sublimidad , no quieren 
estilo sencillo y natural ; antes bien en la oscuridad consiste todo 
su mérito. Con que el poeta créa entenderlo es bastante. Tu le 
burlas de mi , interrumpi yo : todas las poesias , sean de la na- 
turaleza que fueren , piden juicio y claridad ; y si tu incompa- 
rable Gôngora no escribe con mas claridad que tu, te con- 
iicso que decae mucho en mi opinion : es un poeta que, cuando 



LIBRO SËPTIMO. 345 

mas , no puede engaftar sino à su siglo. Yi^amos ahora tu prosa» 
Enseûôme un prôlogo que me dijo pensaba poner al frente de 
una coleccion de comedias que estaba imprimiendo ». y me pre- 
guntô que me babia parecido. No me gusta mas tu prosa , le 
dije, que tus yersos. £1 soneto es una algaravia; en el prôlogo 
hay expresiones demasiado estudiadas , palabras que el publico 
no conoce , frases enredosas , y en una palabra , tu estilo es ex- 
travagante y y muy ageno de los libros de nuestros buenos y 
antiguos autores. i Pobre ignorante I exclamô Fabricio : ; no sa- 
bes tu que todo escritor en prosa que aspira hoy é la reputa- 
cion de pluma delicada afecta esta singularidad de estilo , estas 
expresiones equivocas que tanto te chocan ? Nos hemos aunado 
cinco ô seis novadores animosos que hemos emprendido mudar 
et idioma de bianco en negro , y con la ayuda de Dios lo hemos 
de conseguir , à pesar de Lope de Y ega , de Solis , de CeryénteSy 
y de todos los demas ingenios que critican nuestros nuevos mo- 
des de hablar. Tenemos de nuestra parte gran numéro de sugetos 
distinguidoSy y hasta teôlogos contamos en nuestro partido« 

Sobre todo, continuô, nuestro designio es loable; y fuera de 
preocupaciones , nosotros somos mas apreciables que aquellos 
escritores sencillos que se explican en el lenguage del comun de 
los hombres. No se porqué merecen el aprecio de tantas gentes 
honradas. £so séria bueno en Aténas y eu Roma , en donde to- 
dos se confundian; por lo que Socrates dijo é Alcibiades que el 
pueblo era un maestro excelente de la lengua; pero en Madrid 
es otra cosa : aqui tenemos estilo bueno y malo , y los cortesanos 
se explican de un modo diferente que el pueblo. En fin , desen- 
gâftate, que nuestro nuevo estilo supera al de nuestros antago- 
nistas. Quiero probarte la diferencia que hay de la gallardia de 
nuestra diccion é la bajeza de la suya. EUos dirian por ejemplo 
llanamente: los intermecUos hermosean una comedia. Y nosotros 
con mas gracia decimos : bs intermedios hacen hermosura en una 
comedia. Observa bien este hacer hermosura : i percibes tu toda la 
briUantez , la delicadeza y gracia que esto contiene ? 

Habiendo interrumpido à^minovador con una carcajada, le 
dije : Yete al diablo , Fabricio , con tu lenguage culto : tù ères un 
estrafalario. Y tù, con tu estilo natural , repuso él , ères un gran 
bestia. Ye , prosiguiô , aplicândome aquellas palabras del arzo- 
bisoo de Granada; dile a mi.te^orero que te entregue cien ducados, 
S anda bendito de Dios con ellos. A Dios, sehor GH Bios, me aie- 
graré logre vmd. todo género de prosperidades con algo mas de gusto. 
Repeti mis carcajadas al oir esta pulla ; y Fabricio , sin pèrder 
nada de su buen humor , me perdonô el desacatô con que habia 
hahiado de sus escritos. Despues de habernos bebido la segunda 
botella, nos levantamos de la mesa tan amigos como antes. Sa- 
lîmes con &nimo de ir A pasearnos al Prado ; pero al pasar por 



346 GIL BLAS. 

delante de una tienda de vinos generosos nos diô gana de entrar. 

 esta casa concarrian regalarmente gentes de forma. Yi en 
dos salas diferentes à algunos caballeros que se divertian de va- 
rios modos. En la una jugaban à los naipes y al ajedrez » y en b 
otra babia diez ô doce que estaban muy atentos escuchando la 
disputa de dos argumentantes. No tuvimos necesidad de acercar- 
nos para oir que el asunto de la contienda era un punto de me- 
tafisica ; porque era tal cl calor y yehemencia con que hablaban , 
que no parecian sino dos energumenos. Yo pienso que si se les 
hubiera aplicado el anillo de Eleàzaro , se hubieran yisto salir 
demonios de sus narices. jYalgame Dios! dije à mi compaâero: 
I que fogosidad , que pulmones I no parece sino que aquellos dis- 
putadores habian nacido para pregoneros. La mayor parte de los 
hombres yerran su vocacion. Asi es la verdad , respondiô , estas 
gentes descienden al parecer de Novio, aquel banquero romano, 
cuya voz sobresalia por entre el ruido de los carreteros ; pero lo 
que mas me disgusta de sus altercaciones , es que atolondran los 
oidos infructuosamente. Dej&mos à estos metaftsicos gritadores, 
y con esto se me desvaneciô el dolor de cabeza que me habian 
causado. Nos fiiimos à un rincon de otra sola , y had)iendo bebido 
algunas copas de vino generoso , principiàmos é examinar à los 
que entraban y salian. Como Nufiez los conocia casi à todos|, dijo : 
Por vida mia que la disputa de nuestros filôsofos lleva traza de 
no acabarse en gran rato , pero à bien que llega tropa de refres- 
CO : estos très que entran van à tomar parte en la disputa. Pero 
^ves esos dos sugetos originales que salen? pues la personilla 
morena , seca , y cuyos cabellos lacios y largos le caen en partes 
iguales por detras y delante, se llama don Julian de Yillanufio. £s 
un togado nuevo que la echa del elegante. El otro dia iulmos un 
^unigo y yo é comer con el , y le sorprendimos en una ocupacioa 
muy singular : se divertia en su estudio tirando y haciendo traer 
por un gran lebrel los legajos de un pleito que esta defendieado, 
los que su perro desgarrad)a à grandes dentelladas. El licenciado 
que le acompafla , aquel cara de tomate , se llama don Querubin 
Tonto ; es canônigo de la iglesia de Toledo , y el hombre mas 
negado del mundo. No obstante , al ver su aire placentero , la vi- 
veza de sus ojos , su risa fingida y màliciosa , le tendr&n por sa- 
bio y de gran perspicacia. Cuando se lee en su presencia alguna 
obra delicada y profunda , pone la mayor atencion , como si pe- 
netrara su asunto ; pero maldita la cosa que entiende. Este foé 
uno de los convidados en casa del togado , en donde se dijéron 
mil chisles y agudezas , sin que é mi don Querubin se le oyese 
el metal de la voz ; pero en recompensa los gestos y demostra- 
Clones con que aplaudia nuestros chistes daban una aprobacion 
superior al mërito de nuestras gracias. 

l Conoces , dije i Nuftez , à aquellos dos desgreftados que estan 



LIBRO SËPTIMO. 347 

de codos sobre una mesa en el rincoiiy hablando tan bajo y de 
cerca , que parece qae se besan ? ^o , me respondiô , no los he 
Tislo en mi vida ; pero segnn todas las apariencias serin politi- 
cos de cafë que murmnran del gobiemo. ^Yes i ese caballerete 
galan que silbando se pasea por la sala, sostenièndose ya sobre 
un pié , y ya sobre el otro? pues es don Agustin Horeto , poeta 
mozo que muestra gran talento , pero à quien los adoladores y 
los ignorantes le ban Uenado los cascos de yanidad. Aquel i quien 
se acerca es uno de sus compaûeros , que compone yersos pro- 
saicos ô prosa en rimas , y & quien tambien sopla la musa. 

Today ia hay mas autores , prosiguiô , sefialàndome dos hom- 
bres que entraban con espada: no parece sino que se han citado 
para yenir A pasar reyista delante de ti. Ye alli à don Bernardo 
Deslenguado , y é don Sebastian de YOlayiciosa. El primero es 
un sugeto de mala indole , un autor que parece ha nacido bajo 
e\ signe de Saturno , un mortal malëfico , que se complace en abor- 
recer à todo el mundo , y à quien nadie ama. Por lo que hace 
à don Sebastian , es un mozo de buena fe , autor muy concienzu- 
do. Poco hace que diô al teatro una comedia que ha gustado en 
extreme , y por no abusar mas tiempo de la estimacion del pu- 
blico la ha hecho imprimir. 

£1 caritatiyo discipulo de Gôngora se preparaba para conti- 
nnar explicàndome las diferentes figuras del cuadro yarîable que 
teniamos à la yista , cuando yino i interrumpirle un gentilhom- 
bre del duque de Medinasidonia, diciéndole : Seftor don Fabricio , 
yengo en busca de ymd. para decirle que el duque mi seftor qui- 
Bîera hablarle , y espéra à ymd. en su casa. Sabiendo Nuftez que 
para satisfacer el deseo de un gran seftor no hay priesa que bas- 
te y me dejô al momento por ir à yer lo que le queria su Hece- 
nas y y yo quedè muy admirado de haber oido tratarle de don 
y de mirarle asi conyertido en noble , à pesar de ser su padre 
maese Grisôstomo el barbero. 



CAPITULO XIV. 

fabricio coloca à Gil Bias en casa del conde Galiano , titnlo de Sicilia. 

El gran deseo de yer à Fabricio me lleyô bien de mafiana à 
su casa. Buenos dias , le dije al entrar , seftor don Fabricio , flor^ 
y Data de la nobleza asturiana. Al oirme se echo à reir. i Con- 
que has notado , me dijo , que me han tratado de don ? Si , caba- 
Bero mio, le respondi, y permiteme te diga que ayer cuando me 
conteste tu trasformacion , te olyidàste de lo mejor. Ciertamen- 
^e» respondiô; pero en yerdad que si he tomado este dictado 
<ie honor , no es tanto por satisfocer mi yanidad , como por aco- 



348 GIL BLAS. 

modarme à la de los otros. Tù conoces i los E3pafloles ; maldito 
el caso que hacen de an hombre honrado si tiene la desgrada 
de aer pobre 6 plebeyo , y aun te dire que veo tantas gentes , y 
Bios sabe que clase de gentes , que hacen les Ilamen don Fran- 
cisco, don Gabriel , don Pedro , 6 don como t& quieras llamar- 
le y que es preciso confesar que la nobleza es una cosa comun, 
y que un plebeyo que tiene mèrito la bonra cuando qaiere agre- 
garse à ella. 

Pero mudemoa de conversadon , afladiô tanoche, durante la 
cena en casa del duque de Medinasidonia, en donde entre otros 
conyidados sehallaba el conde Galiano , titnlo de Sicilîa, se toc6 
la eonversacion sobre los ridiculos efectos del amor propio. Yo 
me alegrè de hallar ocasion de diyertir & la concurrencia sobre 
el mismo punto, y les conté la historia ie- las homilias. Puedes 
imaginar cuanto reirian y que apodos no se darian à ta arzo- 
bispa; lo que no te ha Tenido mal, porque se han compadecido 
de ti y y despues de haberme hecho el conde Galiano muchas 
preguntas acerca de tu persona, à las cuales puedes créer res- 
pond! como debia, me encargô que te présente à él, y para este 
fin iba ahora mismo é buscarte. Segun parece quiere nombrarte 
por uno de sus secretarios ; y te aconsejo no desprecîes este 
partido. En casa de este seftor te hallarés perfectamente; es rico, 
y hace en Madrid un gasto de embajador. Dicen ha yenîdo à la 
corte é tratar con el duque de Lerma sobre ciertas haciendas de 
la corona que este ministro piensa enagenar en Sicilia. En fin , 
el conde , aunque Siciliano , parece generoso, lleno de rectitud y 
de ingenuidad. No puedes hacer mejor cosa que acomodarte 
con este seftor , porque probablemente es el que debe hacerte 
rico segun lo que te pronosticâron en Granada. 

Habia resuelto , dije à Nuftez , pasearme y divertirme algon 
tiempo antes de ponerme é servir ; pero me hablas del conde 
siciliano de un modo que me hace mudar de intenciones : ya 
quisiera estar con él. Pronto estaràs, me dijo, 6 yo me engafto 
mucho. Entônces salimos ambos para ir à yer al conde , que 
ocupaba la casa de don Sancho de Ayila su amigo, quien estaba 
entônces en una hacienda de campo. 

Encontrémos en el patio muchos pages y lacayos con libreas 
primorosas, y en la antesala muchos escuderos, gentileshombres , 
y otros criados. Si los yestidos eran magnificos, los rostros eran 
tan extrayagantes , que se me figuréron una manada de monos. 
yestidos é la espaftola. Puede afirmarse que hay caras de hom- 
bres y mugeres à las que el arte no puede dar hermosura. 

Habiendo don Fabricio hecho pasar recado, fué admitido in- 
mediatamente en la sala ^ é donde le segui. Estaba el conde en 
bâta y sentado en un sofé , y tomando chocolate. Le saludâmos 
con dcmostraciones del mas profundo respeto, y ël nos corres- 



LI6R0 SËPTIMO. 349 

pondiô inclinando la cabeza, y con an aspecto tan afiible , que 
le oobrë grande indinacion. i Efécto admirable y ordinarîo que 
causa comonmente en nosotros la favorable acogida de los 
grandes I Preciso es que nos reciban muy mal para que nos 
desagraden. 

Despues que tomô el chocolate , se diyirtiô algun tiempo en 
juguetear cqu un gran mono al que llamaba Cupido. Ignoro por- 
qué pusiéroA^el nombre de este dios à aquel animal , à no ser 
que fùese por causa de su malicia , porque en otra cosa absolu- 
tamente no le parecia; pero tal cuaî era, su amo tenia puesto 
todo sa carifko en èl ; y estaba tan prendado de sus gracias, que 
00 le soltaba de sus brazos. Aunque nos divertian poco los 
brincos del mono, aparentémos que nos bechizaban, lo que com- 
pladô macho al Siciliano, quien suspendiô el gusto que tenia en 
aqoel pasatiempo para decirme : En roano de vmd. estarâ, amigo 
mio , ser uno de mis secretarios ; si le .conviene el partido, le 
darè doscientos doblones al aâo ; basta que don Fabricio sea 
qoien présente à Tmd. y responda de su conducta. Si , sefior , 
excbmô Nufiez, soy mas arrogante que Platon , que no se atre- 
viô à salir por fiador de un amigo suyo que enviaba à Dionisio 
el tirano ; pero no temo merecer reconvenciones. 

Agradeci con una reyerencia al poeta de Asturias su fina 
arrogancia , y despues dirigiëndome al amo , le aseguré de mi 
<elo y fidelidad. Apènas yiô aquel seflor que yo aceptaba su 
propuesta hizo llamar à su mayordomo, é quien hablô en secreto, 
y en seguida me dijo : Gil Bias, luego te dire en lo que pienso 
emplearte; entretanto ye con mi mayordomo, que yaj le he 
dado ôrden de lo que ha de hacer de ti. Obedeci dejando à Fa- 
bricio con el conde y Cupido. 

El mayordomo , que era un Mesines de los mas diestros , me 
llevô i su cuarto llenéndome de cumplimientos. Hizo llamar al 
sastre de la casa, y le mandô hacerme prontamente un yestido de 
igual magnificencia que los de los criados mayores. £1 sastre me 
tomô la medida y se retiré. En cuanto à yuestra habitacion, dijo 
el Mesines , os he destinado una que os gustarà. Ahora bien , 
prosigaiô, ;os habeis desayunado? Respondile que no. {Que 
pobre mozo sois! me dijo; ;porquë no hablais? estais en una 
casa en donde no hay mas que decir lo que se quiere para te- 
nerlo : yenid conmigo» que yoy à lleyaros à un parage en donde 
i Dios gracias nada felta. 

Dicho esto me hizo bajar à la despensa, en la que hall&mos et 
repostero, que era un Napolitano que yalia tanto como un Me- 
sines, de modo que pudiera decirse de ambos que eran à coal 
peer. Este honrado hombre estaba con dnco 6 seis amigos suyos 
atracéndose de jamon, lenguas de yaca, y otras cames saladas 
que les hadan menudear los tragos. Entrémos en el corro , y 



350 GIL BLAS. 

ayudimos i aporar los mqores yinos del seflor conde. Hiéntras 
esto pasaba eo la reposteria, se representaba la misina ccMnedia 
en la oocina, en donde el cocinero tambien obsequiaba é très o 
cuatro conoddos suyos, qnienesnobebianmënosTÎno que noso- 
tros, y se hartaban de empanadas de perdices y conejos. Hasu 
los marmitones se regalaban con lo que podian pescar. Yo pensé 
estar en el puerto de Arrebatacapas, y en ana casa emregada al 
pOlage ; pero cuanto estaba yiendo era nada en comparacion de 
lo qne no veia. 

CAPITULO XV. 

De los empleof que el ooode Galiano dio en m casa i Gil Bias. 

Habiendo salido à hacer lleyar el equipage A mi nueya habita- 
cion , encontre à la y uelta al conde en la mesa con muchos sefto- 
res y el poeta Nuflez , que con aire desembarazado se hada ser- 
yir como uno de tantos , y se mezdaba en la conyersacion. Al 
mîsmo tiempo obseryé que no deda palabra que no cayese en 
gracia A los circunstantes. {Viya el talento! el que lo tienepuede 
hacer cuantos papeles quiera. 

For lo que é mi toca , comi cou los criados mayores, que fùè- 
ron seryidos cou corta diferencia como el amo. Acabada la co- 
mida , me retiré à mi cuarto , en donde reflcxionando sobre mi 
condicion , me dije à mi mismo : Ahora bien , Gil Bias , ya estas 
siryiendo à un conde siciliano , cuyo caràcter no conoces. Si se 
ha de juzgar por las apariencias , estaràs en su casa como d pez 
en el agua ; pero de nada se puede estar seguro ; y la malignidad 
de tu estrella te ha hecho yer muy de ordinario que no debes 
fiarte de ella. Ademas de esto ignoras el destino que quiere darte. 
Ya tiene secretarios y mayordomo : ^en que querrà que tù le 
airy as? Siempre querrà que Ileyes el caduoéo , quiero dedr 
que seas su confidente secreto : pues