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Full text of "Histoire de Hainaut, Volume 6"

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m m m 



Histoire de Hainaut 

Jacques de Guyse, Jean Lefèvre, Agricol 
Joseph François Fortia d'Urban , 



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HISTOIRE 



HAINAUT. 



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IMPRIMERIE DE H. FOURNIER, 

niJE DE SEINE N® 1 4. 



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HISTOIRE 



DE 



HAINAUT, 

PAR JACQUES DE GUYSE, 

TMA9U1TK SU PRAHÇAIS AVSC LE TSXTS LATlK IM ABGARI», 
BT ACCOMVASaftB DB XOTBS. 



(Le texte est publie' pour la première fols sur deux manuscrit* de la Bibliothèque 
du Roi.) 



TOME CINQUIÈME. 



A PARIS, 



CHEZ A. SAUTELET ET O, LIBRAIRES, 

MUK DB RICHSLIIU, N^ I4. 

A BRUXELLES, 
CHEZ ARNOLD LACROSSE, IMPRIMEUR-LIBRAIRE. 



M DCCC XXJX. 



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//etA 1(^33.1 



Han-ard Colleté Lîbrary 
nî.i:.t C(iK«' Lion 

Gi[t (1 J. K. !-:< ' ^ii ('o():u:;to 
¥i h. .lu, Kc:.. 



PRESERVATION MASTER 
ATHARVARD 



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■ ■f ^»a ^ .« W l^W^i»<«.^^^/«i«.»».»^««^»».».-^^^«.»j»a^»»^ » ^ « ^ ^i^^^.^.^.^,^.^^f^^,^^ ^ ^.^^^^ , ^^^^^ 



PREFACE. 



Nous voici enfin parvenus au dernier livre de 
la première partie de notre chronique. Il se ter- 
mine avec la vie de l'empereur Valens, brûlé vif 
dans une cabane après la perte de la bataille d'An- 
drinople, le 9 août de Tan 378 de notre ère. C'est 
1 époque à laquelle on vit l'empire d'Orient séparé 
pour toujours de l'empire d'Occideut. Huit siècles 
se sont écoulés dans l'intervalle dont Jacques de 
Guyse a donné l'histoire , et nous apprenons de 
lui une suite de faits qui manquent dans toutes 
nos chronologies. Notre auteur dit qu'il finît avec 
la chronique de saint Jérôme. L'exemplaire d'Eu- 
sèbe, qu'a traduit M. Zohrab d'après une version 
arménienne, ne va pas aussi loin, et finit à l'an 
3i9 de notre ère. Mais la chronique de saint 
Jérôme, telle que je la trouve dans l'édition de 
Venise 1769, qui est la dernière et la plus com- 
plète, s'étend en effet jusqu'à la mort de l'empe- 
reur Valens, que l'auteur, dans sa manière de 
compter, place sous l'an 38 1 de notre ère, et qui 
est pour nous 378. 



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ij PRÉFACE. 

Je crois devoir observer ici que les Annales de 
Hainaut par Jacques de Guyse ont en quelque 
sorte servi de fttte an prétM Xetn le Fèvre , qui 
les a fort amplifiées dans ses Grandes histoires de 
Hainaut , dont le volumineux manuscrit est con- 
servé à la Bibliothèque du Roi, sous le numéro R, 
462 j au-dessous duquel on a écrit au dos a34. U 
est relié en maroquin doré sur tranche , avec les 
armes du cardinal de La Rochefoucaud , né en 
i558 y instituteur de la congrégation de Sainte- 
Geneviève, où il est mort le i4 février i645. 
Voyez son article dans la Biographie universelle, 
xxzviu, 3o3. 

Ce manuscrit est du seizième siècle , et s^ëtend 
depuis la destructioli de Troie, du tems d^Abdon, 
juge disraël , jusqu^à l'entrée de madame Marie , 
mne douairière de Hongrie , à Valenciennes , le 
a décembre i53a. Yoid le détail de ce que con- 
tient chaque volume pour le tems écoulé jus- 
qu'à l^époque où Jacques de Guyse s'arrête dans 
sa première partie. Tous ces volumes sont écrits 
en français. 

L Après avoir rendu hommage à Jacques de 
Guyse dans sou Prologue , Pauteur entre en ma- 
tière en racontant la naissance de Bavo, fils de la 
sœur légitime de la femme de Laomédon , et con- 
séqtiemment cousiu-germain de Priam. Il écrit 
ensuite l'histoire du monde entier , et principa- 
lement celle des Juifs jusqu'à la mort du roi Ôa- 
vid , qui termine son premier livre. Le second 



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commence avec le règne ^e Salomon, eC finit, 
comme le premier livre de Jaques de Guyse, à la 
transkdien des prêtres , c'es^-dire du prétrage de 
Belges. Le troisième livre commence avec le rè*' 
gne dUrsns , et finit avec la vie de Tarquin l'An* 
den , écrasé par sa propre fille. 

II. ( Numéroté R , Ifi'i ; et a35. ) Le quatrième 
livre commence par Fhistoire de Cambro, roi de 
Belges , du tems de Servins , roi de Rome , et 
finit par celle de Walacrin , duc de Belges. Le cin- 
quième livre raconte d'abord Tinstitution des 
ducs annuels pour le gouvernement tiu royaume 
et de la cité de Belges, jusqu'à la mort de Dun- 
vallo, roi de la Grande Bi'etagoe, arrivée l'an SqS 
avant notre ère. Enfin , le sixième livre parle d'à* 
bord du prophète £sdras , et va jusqu'à la paix 
£iite entre Bélinus et Brennus', fils de Dunyalloi 
par le moyeu de leur mère. L'écrivain dit avoir 
oomoencé son volume le ao avril i5a3 , et l'avoir 
fini le 96 juin de la même année. Son écriture est 
keMe et très-lisible. 

m. (Numéroté R, 4^4; ^^ ^36.) Le septième 
livre cummence pm* Artaxercès, rai de Perse ^ 
mari d*Esther, et finit par l'histoire du dévoue- 
ment de MarcQs Curtius , l'an 36^ avant notre ère. 
Le huitième livre parle d'abord d'Ariaxercès III, 
surnommé Ochus , et finit par l'alliance des Sam- 
niciens ou Samnites avec les Romains. Le neu- 
vième commence par l'avènement d'Arsamis, fils 
d'Artaxercès Ochus, au royaume de Perse, et va 



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iv PKl&FACX. 

jusqn a la nouvelle victoire remportée sur les 
Samnites par le drctateur Pétilius. 

IV. (Numéroté R, 465; et ^37.) Le dixième livre 
raconte les guerres des successeurs d'Alexandre, 
jusqu'au triomphe de Carvilius après la prise de 
Populonie, Tan ixqS avant notre ère. Le onzième 
commence avec le règne de Ptolémée Évergètes 
sur rÉgipte, et s'arrête au refus du rachat des 
prisonniers faits par Annibal. Le douzième va de- 
puis Léo IV , roi de Belges, jusqu'à Agésipolis, 
roi de Lacédémone, et Gaudotus, roi des Toloco- 
bogiens. 

V. ( Numéroté R, 4^6 ; et 238.) Le treizième livre 
vadefHlis Ptolémée Épiphanes, roi d'Égipte , jus- 
qu'à la venue de Magon en Italie contre les Ro- 
inains ; le quatorzième, depuis Séleucus Philomé- 
tor, roi d'Asie et de Sirie, jusqu'à la paix entre 
les Romains et Philippe, roi de Macédoine; le 
quinzième , depuis la nouvelle guerre des Romains 
contre Philippe , jusqu'à )a défaite de la flotte de 
Polixander, amiral du roi Antiochus , par les Ro- 
mains. 

VI. (Numéroté R, 467; et 239.) Le seizième 
livre va depuis Ptolémée Philométor, roi d'Égîpte, 
jusqu'à la mort d'Anuibal. 1 7. Depuis Prusias , roi 
de Bithinie, jusqu'à la défaite de&Cimbres par les 
Romains. 18. Depuis la prise de Toulouse par les 
Romains, jusqu'à la mort de Mithridatcs^ roi de 
Pont. 

VII. (Numéroté R, 468; et 240.) 19. Depuis le 



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PIÉFACE. T 

combat du grand Pompée contre Sertorius , jus- 
qu'à la'raort de Titurius et de Cotra , par Tadresse 
d'Ambiorix. ao. Depuis la révolte des Germains , 
des Éburons, des Quades, des Huyniens^ des Bra- 
bançons , des Nerviens ^ etc. , contre les Romains , 
jusqu'à la nativité de saint Jean-Baptiste. ai. De- 
puis la naissance de Jésus-Christ, jusqu'à la gué- 
rison qu'il fit d'un aveugle. 

YUI. ( Numéroté R^ 4^; et a4T • ) ^^' Depuis la 
résurrection dé Lazare jusqu'à la venue de Tapôtre 
saint Paul à Thessalonique. a3. Depuis la venue 
de saint Pierre à Rome jusqu'à la mort et à la ré- 
surrection de saint Materne. i^. Depuis la révolte 
des Saxons et des Gaidois contre l'empereur Né- 
ron , jusqu'à la légende des saints Procès et Mar- 
tinien , des saints Timothée et Apollinaire , et 
autres Biartirs. 

IX. (Numéroté R, 470 ; et ql^ià. ) a5. Depuis saint 
linus, pape et martir, jusqu'à Titus, qui, fesant 
le si^e de Jérnsalem , reprend ses soldats de leur 
intempérance. a6. Description dés murs de Jéru- 
salem j et détail sur le siège de cette ville par Ti- 
tus, jusqu'à la mort de sainte Pelage, a 7. Depuis 
saint Clet, pape et martir, jusqu'à Lucius, pre- 
mier roi chrétien eu Bretagne. 

X. (Numéroté R, 4?! ; etîi43) a8. Depuis que 
l'empereur Commode voulut soumettre les Francs 
à un tribut , jusqu'à la mort de saint Hérasien , 
évéque d'Antioche. 119. Depuis saint Marcel, pape 
et martir^ jusqu'à saiùt Romain , martir. 3o. De- 



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puis JVIalchiad^s, pape et martir, jusque h pas- 
sioo des saints Gordien et Épioiaque ti, d'autres 
iTHtrtîrs* 

XI. ( Kuoiéroté B, 47 2 ; et a44- ) ^ ' • Depuis Tex* 
pédâtion de JuKea l'Apostat en Perse, jusqu'à l'his* 
toire de Josaphati qui emmena avec lui Nachor le 
Prophète, et ce Nachor se retii^ au déserL Sa.Suite 
de l'histoire de Josaphat, que son père, le roi de 
Perse, Yeut empêcher d':mibrasseriechiistianîsme, 
jusqu'Arirruptioii des Suèves, des Vaudalesetdes 
Bourguignons, Les Bourguignons s'établissent es 
Bourgogne, les Vandales en Andalousie, les Gotfas 
et les Alains m Catalogne* 3ft. Depuis h 'tùmrt de 
l'empereur Aroadius, que V^m sait avoir eu lieu le 
i^de Tan ^o9 , jusqu'à celle d'Haneiic, roi <des 
Vandales en Aftiqae , qui périt mmgé de vens au 
mois de décembre de l'année 484 r^ tuqsd suo» 
eéda Gonthamond 

On voit que ces on^ volumes iD-4'' remplaoent 
le volume î&^folio de Jacques de Guyse^ qui n'a 
guère «été grossi que par des additions tirées de 
l'histoire générale , en sorte opte oïdle que j'im* 
prime ici nous donne tout ce que nous savons sur 
riiistoire du Hainaut à cette époque. J'ai seule** 
ment cru devoir ajouter ce que j'ai pu tirro d'ail- 
leurs pour l'histoij*e des Gaulois , et oomme j'ai 
voulu faire connaître les sources où j'avais puisé 
ces faits , ce volim>e ne m'a pas suffi. Je lui don- 
nerai une seconde partie, dont l'impression est 
déjà commencée. Celle de la traduction p'en ira 



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PREFACE. Vij 

pas moins vite, puisque le sixième volume est déjà 
terminé, et le septième fort avancé. Je n'épargne 
ni travail ni dépense pour faire avancer l'ouvrage 
et pour le compléter. On peut dire que ce monu- 
ment du quatorzième siècle en fera mieux con- 
naître la littérature que tout ce qui a paru jus- 
qu'à présent. 

Le marquis de FORTIA. 

Parts, 17 jain 1809. 



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ANNALES 



HiaroBiJE 



ILLUSTRIUM PRINGIPUM 

HANNONIiE. ■ 



CONTlnUATIO LBHI SEUtV 
CAPITULUM LTIII. ■ 

* 
De qnilwndtni operibut Adrûmi et morte ejiis (i) . 



V 



COMESTOR. 



Ipsb quoque Adrianus imperator ia Jérusalem eirersi 
per Titum statuam suaw posait , ubi area Domini 
steterat, <{uià vestigia civitatis quaedam adhtic mane- 
bant. Et Judsei, qui latentes unâecùoque remanserant, 
quandoque ad locum sanctum redibant , et in tantum 
multiplicati , amoverunt statuam. Ob hoc Adrianus 

(i) Vinc.deBeauY. IX, 90. 



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ANNALES 



ivrtwtQtw 



• 



tES PRINCES 

DBHAINÀUT.. 



CORTINCATION OU LrtBE SIXIÈME. 
CHAPïtïlÉ LVIIL 

I 
Th-qatSqpm Mtiaos d'Adrien et de sa nort. 



COMISTOA. 



L'iMFBRSUR Adrien fit plac^. aa' sutae à Jënaalem 
dcnslë^Sea où avait été le temple du Seigneor. Qaoi- 
cpie cettis "Ville eût été détruite par Titus, il en restait 
encore quelques vestiges, et les Juifs se tenaient cachés 
dans les environs pour venir de tems en tems visiter le 
saint lieu. Us se multiplièreattellement à la fin , qu'ils en- 
levèrent la statue de Tempere^r. Cet attentat fut cause 
qu'Adrien porta les derniers coups à cette ville, en la 



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4 4NKA14& 

apposuit manum extremani, et funditùs evertit ur- 
fcqp y et edixit ne quis Judaeorum remaneret in terra 
i]j^. Et de hâc ultimâ eyeM^^W videtur dicere Lucas : 
et captwi ducentur in omîtes génies. Hugo Florin - 
CEirs]3. Denique ipse Adriands Hierosolymam reae- 
dificavit^ et illam ^liam de suo noniine appellavit. 
Cujus opère factum est , ut loca saucta , id est domî- 
nicae {paasionis et resurrectionis, quoudàm exirà urbem 
jaceiitia/tUDC ejusdem muro septentrionali cîrcuin- 
dentur. Deinde praecepit ne cui Jud?eo introeundi 
Hierosolymam esset licentia, christianis tantîim ci- 
vitate permisse. T gentibus 

Marcus episcopus c tempore 

et deinceps ibidei x circum- 

cîsione cessatum e îcis. Tan- 

dem Adriaiius m< pud Baias 

mortuus est. Hic ci ss Athenis 

fecisset^ agonem iri operis 

extruxit. Item Ror r Adriani, 

aedificari jussit. H s Acqiiila 

orator, génère ponticus, secundus interpres mosaicae 
legis post Septuaginta. 



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DE HATNAUT. LITRE VI. & 



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6 ANNALES 



corpus beati Pétri in Vaticano, ly*" nonas januarii. 

(t) Vinc.deBrauT. IX , 90. 



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DE HAIIT&VT. tlTRE VI. 



<2HAPITRÊ LIX. 



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8 ANNAISS 



CAPITULUM LX. 



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DR HAINi^^ UTKE VI. 



%»^^%i%<i^^^^»>%»%%i^%%^»»^'^'»%'»^^<^^%<^^%«V^%<'^^*.^/»%^^%^'^%^%%^^%^'^%»»<» 



V 



■ ■ «I. I 9 ^ 



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10 ANNALES 



CAPITULUM LXI, * 



De ApolloBÎo pbûosopho et Galieno medieo^i). 



EUSEBIUS. ' 



item libros de Divarvudiarum majorem et niinorem ; 
item de SimpUci medicinâ , de ProfectU medidnis , 

[i) Vinc. de Beauv. IX» 91. 



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DB HAINAtnr. tIVRE VI. Il 

Ï 

CHAPITRE LXI. 

IJ^ fi^km^ é^lhmim et do méàecm QtHim. 



EUSEIlK. 



intitulé /il BnoÊlcKe da pommier geU; plusieurs ouvrages 
de médecine ^.fiftvôir : l«s traîléft des C^mph^iem^ Jeê 
ÉlémenSy des Inconvéniens dechaque^omptexion^ des Forces 
naiirelles,de rfJtUUé du pouls, dss PulmtionSj des Causes 
du pouls et de set Dijfirences ; des commentaires sur son 
Trmilé des pulsations ; un livre à'andlomie', d'autres sur 
t Usage des memèrea^ hs Causes accidentelles des maladies j 
les Crises, le Tenu eritifue;^ des traités de la Médecine 
simple f des Progresse la médecine, de la Nature des malu" 
dies^ des Expériences f un. livre intitulé le Génie de la 
srnUé o« léT Thérgpevttique ; f Antidote des passions t ou- 
vrage contenant 3es secrets et adressé à Montée ; le livre 
du Pouls et de l'Urine dédié à Glaucon ; celui qui est inti- 
tulé Jlchinagogue f un recueil de lettres adressées à Pa- 
temien, et peut-être encore d^autresouvrageadontnous 



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1 2 AVNAlfiS 



HELINANDUS. 

PoRRO Justinus philosophus Antonino Pio lîbrum 
de christianâ religione compositum tradidit, et be- 

(i) Ce* deux moti s'tcriTent rf^''* et /Kiyatr^p^rn . 
2) Vitic. »lc Seauv. XT, f>4. 



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n HAWAUT. CIVBS YI. t5 

n'aTonspo^^ connaissance* Saiki SinAuzc&iUrwJùvien, 
GaKen , sayaiit interprète (TRippocrs^ , dit liras une 
^bortftiîonrmédicale , en parlant des athlètes , dont la 
TÎeetle n)4tj||^^nt toot entiers dans leiurtail^QpQinty 
i|u*ilft ne peurent ni vivre long-tem^i se bien piftrter ; 
et que^ ehargés de graisse et gorgés de sang» ils ne sont 
susceptibles d'aucune idée délical 
cupent i^nicmement de vikndes , 
quipeul sat^aireleur voracité. S 
de Smirney et Papias, d'Hiérapl 
cette époque. « i^ 



Obssrtatiov, Ob n'a su comment exprimer en français : Hilem 
Héros de Divanùiliarum majorent et minorem ; v il y a vrai^cmbla- 
bkment en cet endroit quelque erreur de copiste. 






CHAPITRE^ LXII. 



Du philosophe Justin. Mqrt d^Antouin. 



HÉMNAND. 



Le philosophe Jjastin pc^sientasà Antottiç^-le-Pi^s^ i^n 
ouvrage sur la religion chr&ienne , et le rei^it.par |à 
£EivorabIe aux chrétieA^. 1:*aciteuk. 'Çrogue Pompée, né 
en Espagne, composa cnjangue Ijrtine 14iistoire du 
monde depuis Ninus , roi ^Aissirie , juscpi'au règne de 



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G>inmodum suum propinquum; et hi ambo contra 
Fiartbos admirabili virtute et felicîtate pugnaverunt^ 
et unà de victoriâ parthicâ triumphaverunt. 



CAPITULUM LXIII. 

De imperio Antoninf Véri et Aurelii (i) 



BUSEBiu$ in Chronici4. 

KojybÀNOKUM igitur quartus çlecimus regnavit Mar- 
cus AutomnuSy qili et Yerus, et Lucius Aurelius 

(i) Vinc. de Beavr. XI , 9$ et iuir. 



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WB HA1RA«1. «nu TI. ffl 






) 



- .> 



/. 4. . 



'^- \-*- 



CHAlTTRË LXIII. 

ftigne d*Anfoiiinua-Veru9 et de Marc-Aurèle. 



MaAc-Aurèlb Antonin, 14* empereur^ qui règna^ 
avec Yérus et Lucius Âaréiius Commode ^ monta sur 
le trône Tan 162 de Jésus-Christ et 412& du monde, 



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•afVerunt, 
L fberint. 
tenipoi^i* 
Neronefir 

i diacipu- 

t Aurelîp 
Jusdmis, 
o Lugdu- 
episcopi 
aociorumque eju§. Iteiy passi sunt Alexaîider et *Ât- 
talus. cum^sociis ipsqruiQ^; item Ponticus et Blandina 
virgo. Iten^ passa est sàncta Félicitas cum septem filiis 
suis, ftem^assus est sanbtus Il^ntianus et Flocellus. 
kem Praxedis et Potekitrana virgines passas sunt. Item 
Victor et Corona virga passi sunt.. Item sanctus Con- 
cordius et Marcellus et Valerianus cum sociis eorum 
passi sunt Item plûres aUi passi sunt horum te^pi>; 
ribui^, quorum nomina lion ai^cripsimus , brevitatis 
causa. Ççs£BU7£k.(i) Eo tepipore H^gesij^pus insignis 
habetur, e^Dionysius, Gqrintilîorum episcopus; sed 
et Pynitus nobilissimus apud Cretam episcopus fuit; 
Phili[lpi^ etiàm et Apoilinaris et Melito Musaniisque 
etModestus et praeeipuuslrenœus. Quorum omnium ad 
nos usque apostolicœfidœi et sanae doctrine praeciaris- 
sima monuq|enta praelata sunt. Hieron ymos de iflus^ 
tribus viris. Hegesippus vicinqs .apostolorym teippb- 

(i) Vinc. de Bcativ. XI , c. ii). 



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DE HAINACT. LIVRE Ih I7 

Ce fut pour la première fois qa^on rit plurieiirs empe- 
reur» régner «Bsem&le*; jusqu'à cette éjpoque l'empire 
sfait toujours été g^Myemé par un «etil Auguste. 
Hugues de Fl^ury. Sous ces princes ,. les ehrétieiis fu- 
rent {Persécutés pour 
Pendant le cours de c 
disciple illustre de Ta 
évéque de Smirne, t 
tire. L'auteur, â là i 
blés martirs l&int P 
compagnons ; saint F 
la persécution, de Lia 
avec leurs cômpagn< 

dine , vierge ; sainte Félicité et se^ sept fils ; saint Pontien 
et saint Flocelle ; sainte Praxèdç' ^i sainte Poténtienne , 
vierges; saint Victor et sainte Couronne , vierge ; saiiit 
Concorde > çaint Marcet, saint Valériens avec leujrs 
compagfions , et beaucoup d'autres 'qu'il serait taop 
long de nommer. Eusàbk. Saint Àégcsippe, Denis ^ 

initus, d'une famille noble, 
te, ÂpoHinairt, Uélitor, Mu- 
it saint Irénée, se 
iems. Ils nous ont 
s la foi apostoliqui 
tÔHE. Hommes iH. S 
sippe ^presque côntempo»ain des ap6tres , c 
cinq liyres^histotre de l'Eglise , depuis ta Passion dé 
i^Jesus»Ghi^t jiisqu'4 son Céms y et y rassembla beaucoup 
de choses tfules sriç fidèl^. Cet ouvrage est écrit «veo 
sîmplijçité; l'auteur y dépeint les caractères du sttlede 
tous les écrivains^ dont il T^>porte la vie. Il dit lui- 
même qu'il vint à Rome, sous saint Anicet , dixième 
successeur de saint Pierre , et qu^I y demeura jusqu'au 
v. a 



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lA iNIULB» 



% ■ 
pe morts Aur«)u ÇAipiiHHli et iii||>w^ Mam AJit9«plii:(iX 



nVQO *^L0aiAÇEXSI3, 



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DE HAlKMTt 4Q|VltE VI. éf 



i> 



%i^^>^'%'^^^ 



CHAPITRE LXIV. 

Mort de Lucias-Vdms f Morc-ÂDrek règne seul. 



HUGt/BS DB VLtVaT. 



'Lftms-yuius^ Toyageant en litîte« av^ç son frère, 
meurt de la maladie que les Grecs apDellent apoplexie, 
dans la onzième année de son règne. Après sa mort, 
«.v- Harc-Aurèle gouyema seul Tempire pendant peu de 
. tems. Il tempéra la trop grande sfvéritë des lois. H fit 
remise des tributs dans toutes le^ ptorinces , et fit brû- 
ler dans la place publique toutes les pièces relatives 
aux réclamatiotiB injustes du fisc. Ce prince 9 quator- 
mim% «Bpei;Mr depuis Auguste^ n^ourut subitement 
^^n&la Campénie, où il résidait.. 0« ébsTa en son hon- 
neur des temples , des colonnes et beaucoup d'autres 
monAaynn Soa fils Lucius Aurélius Gommodus lui 
snceéda» Sous Harc-Aurèle florissaient Tfaiodotîpn, 



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^0 AHIVUOS 

konorem ^ tenpU , oolumnce et alia tmàtii oondila esse 
reperiuntur. Cui successit Lu^itis Âurelhis Comino* 
dus filkis ejus. TempofSfous Ântonini Yeri floruit Theo- 
dotjon , tertins divinas legis interpres , et Âtticus phi- 
losophas platonicus , de quo Hieronyinus in prologis 
Bibliae multa refert. * 



CAPITULUM LXV. 

De imperio Lucii Aareiii Commodi (i). 



HUGO FLORIAGEKSIS. ^ 

AuRELius igitur Commodus, pâtre defiinçto, im- 
peravit aonis tredecim. ëusebios. Gepit autem amio 
Domtni ciXxxi, mundi verô ivmcxliv (a). Hic luxu- 
riœ et obscœuitati deditus interfecit plurimos senato- 
rum , illos tamen maxime quos advertit industriâ vd 
nobilitate praecellere. Eusebius libro v*. Ea tempes- 
tatepax ecclesiis per omnem terram pr^pagabatur, et 
sermo Domini ex omni génère hominum ad agnitio- 
nem #t pietatem Dei summi animas congregabat, 
denique et in urbe Româ multos ex ilits illit.stribus et 
praedivitibus viri^ , cum liberis et conjugibus et pro^ 
pinquis atque omni paritei* jfamiliâ , sociavit ad âdeni. 

(i) Vioc.de BeauT. XI, c.î 14. 

(^ La phrase qui suit est tirde de Haguea de Fleury . 



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M HAINAUX. LITKE VI. 2ï 

troinème interprète de la loi dîriiie , et Attî^ift »'pUUo- 
80^1w pktonioîen , dont saint Jérôme partir Iwuicovp 
dans ses Coramentaires mur la Bible. 



— ' * ■ * • 

CHAPITRE LXV. 

Règne de Lociuf-Aurélius (^ommrde. 



iiOGims Di rLMmT. 

AuRKUus Commode régna pendant treize ans après 
la mort de son père. Eusèbe. Son règne commença 
Tan 181 de Jésus-Christ et 41 44 da monde. Il se livra à 
la débauche et à l'irapudicité , et fit mettre à mort beau- 
""coop de sénateurs 9 principalement ceux qui se distin- 
gnaient par leufs talens on par leur naissance. EosiBS , 
&Vr»y. Sous le tègne de Commode , TEglise fot en paix 
par toute la terre, et la parole de Dieu attira les peu- 
ples à la ejBttinïusstnce de la ^ritable religion. Mais l'an- 
tique ennemi du salut des hommes ne 'pouvant souffrir 
Tenfpresseme&t avec lequel les familles les plus consi- 
dérables de ilmne^ sott par la naissance , soit pw les 
ridiesses, *v«naient se soumettre à l'évangile , employa 
divers stratagèmes contre nous. D'abord il suscita à 
Rome une accusation contre Apollonius , homme cé- 
lèbre par la pureté de sa foi et par l'escdlence de sa 



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12 ANNALES 

SeAlmo non asquis occriis ille antiquus humanee saki^ 
tiirhostisaspexit; continua denique aggreditur vt^riis 
nostros machinis hnpugnare. Primo in urbe Bomâ 
Apollonium, quemdam virum in fide nostrà et in 
omnibus philosoj^hiae eruditionibus illustrem, ad ju- 
dicium protrahit, acousatore ei âp<^ato quo^tm' 
infelicissimo et desper^Ua» saluliç bomine.: quique, 
ciim Ux, ^uae oblatos puniri jiisserat chrîstiaiVN^, in 
• deUtorem priùs^animadvertendum/Cevsebat , à Peren- 
nio judiqe^ ut eJHscrura, commimieveiitur, senten- 



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DE HAIKAUT. LIVRE VI. il3 



^ Oi^yKi^jMekU poème d'M»t, aouè le ^6ite d'AlcimuB ATkoè, 



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a% ASNAUS 



CAPITULtJM LXVI. 



De causa cfnare prinûlàs Westphalici atque GeMnauci centra 
Roroanos exactoreê conspiraTenmt(i). 



\CTOR. 



Bis accideruBt temjporibus itta de quibus Hugo tnW 
le^ftis fecit mentionem: licèt non hîc pertmetut, va- 
lent tamea ad subsequentia cognoscenda. Dicit igitur 
quod Germani de' relaxatione. tributorum , ab An- 
toniuo imperàtore fecta, credentes ipsam fore per- 
petuam, maximam inde laetitiam peregerunt. Unde 
et accidit in terrîtorio Westpbalico, in civitate Os- 
naburgensi , quod, cîim juvenes cîvitatis illius festum 
solemne aliàs consuetum peragerent, et in suis sacri- 
ficiis deo Marti exorarent, ut ab exactoribuf^ romanis 
et ab corum crudelitate eos eri'perç dignaretur, et ut 
Antonino impexatori, qui gtat.ias eis itfipenderaty 
tributa relaxando, vitam diuturniorem pnfeberet, et 
consimilia Marti deprccantes; romani exactores illiûs 
civitatis aliàs tributa coliigentes, hâec audientes, în- 
dignati suprà modum, se continere non valentes, 

(i) f.cs dvcncmcns racontes tlaos Ifs chapitres qui suivent se rap- 
portent probablement aux guerres que les empereurs Marc-Aurèle 
et Commode soutinrent contre les Cattes , les Marcomans et autres 
peuples germains. Voy. J. Capitol, in Anton. 



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DB UA11«1i;T. LIVIE VI. i5 



V %^^%^/» %^^^«^ «^«%/%«^«^ %<%^%«^. 



CHAPITRE LXVI. 



Caoset de la première conspiration d«s Vestpb4tens et des Gènnaiii* 
contre les Romains à roccasion de la le^^c des impôts. 



L AUTEtH. 

Ce foi à cette époque que se passèrent les éirénemens 
dont parle ttogoes de T6ul. Quoique ce -ne soit pas id 
kvr place , nous alton^ les rapporter, parce qa'ila soot 
utiles pour Tintellig^ce des laits postérieurs* l.es Gar<* 
ftiaiiis , suirantuï^l auteur > croyant que Texemptioii 
d'impôts f quely||||eréMr Marc-Aurèle leur avait accor- 
dée, serait pjil^iitutlle, en avaient conçu une grande 
joie. Des jéifim gens, d'Osnabruck^ en Vestphalie, 
en célébrant UBe.iéte, adressaient au dieu Mars, dans 
kart sacri|é|ié, la-prière de les délivrer des exacteurs 
romaine., A 'd'accorder une longue vie à^ l'empereur 
Marc-AurMe j qui leur avait fait la graoe de les exemp- 
te^cles tribut%. Les receveurs d'impôts, qui exerçaient 
anftrefob krnrs fonctiotas dans cette viUe, entrèrent en 
foreur en entendant exprimer ces vœux i et ne pouvant 
contenir leur indignation., ils se jetèrent sur ceux qui 
sacrifiaient, et en tuèrent un grand nombre. L'alarme 
se répaïuKt dans la ville ; on fenba les portes , et tous 
les receveurs qu'on y trouva forent ii^>i^}ab]kmeD^ 
massacrés. La nouvelle de cet événemeipt excita beau- 
coup de rumeur dans la Vestphalie et dans les autres 
parties de la Germanie , et diaque ville voulut célébrer 



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36 ANHAIES 

quin ut siacrîficantibus irrùerent y et plucesocciderent. 
Cîvitatê proiBtJè comiïu>ti , v€laijii$ priûs {)orti^, 
quotquot-de exactorâbus auVipsis serVientibi/$ rcp^ 

ÎKiAC; Hu)usAib4i ' 
liis circumvidinis 
\% , omnes quasi 
i suâ cîvitat^per-^ 
)runi rodlaQorum V * 
liierunt uonmilli 
at, verba tameo 
iilerualv Uodè et 
^U6 ootiMà eicacté* . 
;atum est ; sibifciè * ' 
iketuifi <îsf ut Osfnabdrgeriisîes , H0li0tklieiiH^(î),.flMys \^ 
hisses , Susatimenses {^) ^ *Termohia*cen^es , fadei^ * 
borncns^ cum Hasiis (3) Q||jtàl(rà Romaitos cônspit-a- 
tores , Sorricum nobilem westphalicum in dQôem 
elegerunt. 

GAPITULUM feVII. 

X 

QiiaUter*C(pi«i^a^Oali*s et Germanos eiattidwre flblaît «oUtri 
rationem. 



HUGO TyLLSirSlS. 

ImArAtOr CominoduSy anûo {^imo s«i imperii 
ttiîsit legâtos ad'omnem Galliam \û Treveri ctOctôvià, 

(i) HtucidUnses f porte le manuscrit de S^^iat-Germaio. 

(2) Soiatntenscs. Ibid, 

[3) Ces peuples occupent Tanden pays âe$ Cattcs. 



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M HAIîtACT. UVltl VI/ a^ 

mm Cèfe comme celle d'Osnal»iicà, poâr toir si teurt 
receveprs % Timpàt n'en mtmniireraiaait poiftt. £!«• 
sieurs , en effet , sans oser agi^» y trouvèrent Tocoasioii 
de mesaf^er les citoyens. Aima fut ranimée la haine 
profonde que les Germains portaient aux recereurs des 
impôts pour les Romains. Les- Osnabrugiens ^ les Her|- 
tidienSy tes Hugniens , les Scéaatines , Ip Thef ni^niena, 
les Paderborai^ns et les Hassiens se révoU^ent contre 
l'empire, et choisirent' pour *duc Sorrifijf^oble Vest- 



•i» 



fimPif^ LXVM, 

sp/les-Gauloi^ct les Gènnaias. 



^ ^ PII«VES.DB TOUL. 

L'cvftREua Conuuo^^ envoya , la firemière ann^ad^ 
san^jègne^ des députa à Trêves et à Octovie, pour tout^ 
laGaule; àMdlencA-età Cologne /pouf la Germaaie*, & 
l'effet de révoquer Texeiiiption d'impôts accordée par 
Marc-Aurèle, et d'ordonner, sous peinede mort^ aux ha^ 



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â8 - AKNALE8 

#t ad omnem.Germaniam in Bfiaguntiâ et Agrippinâ, 
gratias ab Antonino de tributis relaxatis factas re- 
vocando , superaddendo sub ^)ortis pœnâ y ut tributa 
annorum duoriim subs^uentium , infrà spatium quin- 

is, sibiRomaomitte- 
li cum Gei*inani$ usi 
itos Commodi iinpe- 
phalensem io ducem 
iBos à confinibus eo- 
riïin ejeceruiit aut interfecerunt , longuin essetenar- 
rare et aliqualiter extra propositum tranv^edi ; sed 
qûiàr responsio Trevercnum propositum nbstnim tan- 
git, illam aggredior, Treverini igitur; auditis impera- 
topîs mandâtis, dixcruut, quod, quià totam tangebant 
Galliam , sine civitatum principalium assensu , res- 
poosionem determiDatam super propositis nullo modo 
redderent ; supplicabant tamen quatenîls de quâlibet 
civitate alîqui ad certam diem Xçeveris comparèrent , 
audtturi imperatoris mandata. Quod et factum est. 
Cîim a.utem de quâlibct civitaj^e Galliaruni excellen- 
tiores Treverim ^^vcnissent, et imperatoris ui*gentia 
mandata audivîssent stUpefâcti , et impossibilitatem 
ad obedieadum contperissentjquid agere deberent 
penitùs ignorârunt. Tandem dux Treverorum Werri- 
cus, ex patrè Romanus, respondit: «Quià video ad 
« impossibi}e nos, cogî , rcmittamus ad imperatorcm 
cf legatos cum dednti solemnitate ,* nos à tali subita- 
« neâ exaclione mùltiplicifer exciisando; supplicantcs 
« ctiàm ut tributis cum dilatione temporisficri consue- 
« tis contentari dignetur , sin aliter exponet totam 



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DE HAl9rAUT« U?RB Yl. ^9 

bhauftd'appoirâer ÏRome , dans un d^lti deetntf mo» , à 
^mpter du jour de la publicadon de cet ordM^oix^n* 
niées d^avance du tribut. L'AUTBum. U serait trop long et 
il n'entre point dans le ptEui de cet ouvrage de racoi^ter 
comment cëuxj^ Maîence, aidés des Germains , oem^- 
sacrèrent les envoyé^de Commode ^ ^ sous la condu^ 
du Veslpfaalien Sorric, ayt'ils avaient éki pourichef, 
tuèrent ou chassèrent de ^eur pays tous les Romains ; 
mais je rapporterai la réponse des Tréviriens, paBce 
qu'elle teuche de plus près à mon sujet. Après avoir 
écoute les envoyés de l'empereur, ils dirent que comme 
toute la Ganle»était intéressée dans cette affaire, ils ne 
pouvaient prendrejpne détermination sur ce qui leur 
était proposé, qu'avec ressentiment des principales 
villes; et ils demandèrent que des députés de. chaque 
ville.se rendissent à Trêves un jour désigné, pour y en- 
tendre les volontés de l'empereur. Cette convc|cation 
eut heu^ et les premiers citoyens des villes de la Gaule 
se réunirent à Trêves. Lorsqu'on leur eut fait connaître 
les ordres pressans de Commode , ils furent consternés; 
et sentant quHl leur était impossible de s'y conformer, 
ils ne suredi à quoi se résoudre. Enfin Verric , duc de 
Trèvâk^^ dont le père était Romain ,. répondit: «Puis-' 
« qu'on veut nous forcer à faire l'impossible , envoyons 
«à l'empereur, avec la solennité convenable, des dé* 
«pûtes, pour le Mpplier de nous dispenser d'un impôt 
«siimprév|i^ et d6 se contenter du tribut ordinaire, on 
«nous accordant un délai pour lé payer, s'il ne veut 
« exposer les gouverneurs de nos villes et la Gaule en- 
«tière à de perpétuelles m^intelligences.avecHes Ro- 
« mains et les receveurs du fisc, p Cette réponiie plut à 
tout le monde. Les députés de Commode , voyant qu'il 
y avait péril pour eux de tous côtés , persuadèrent aux 



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^5» / -. AMIÀtS^ 

fi Q^UJAm 0l>oîf itMuiii recU>r6s et4(|3l^oialiler Romanoi 
il ^tributonna-exactores et ooHectores perpetUQ dU«> 
«.crhuini. v Placuit omnibus responsîo. Legati autem 
îoiyjeratoris <3ernentes eis ab utrpque latere ptficuhim 
ifèlttinèn!, petierunt congPegationi ^uateniis in èrx* 
cusationibus iiQperatori fiendis ^ ut meDu» crederen- 
tar, à iSiiis potentum G4|l^ jusque ad imperatoris 
praesentlam associarentur, et libenter assumèrent res- 
pohsfonem civitatum iitipdratori expllcahdiim ; sin 
aliter taotum onus t)mnino refutabant. Qui indeli- 
4?cfratè et imperatoris perver^ûcatem nQfi atteadeiites, 
a»queruat quod petebant, IXix ,Werriei|s priniîtu^ 
fiiiiim proprium obtulit ad associandum: casteri verh 
«obiliorés filios su^tim civîtatum benevci4è pras^Mtà- 
îtum est. Cùm autem pervenissent 
bmmodum in civitate romanâ , et 
tatum Gallise pérorassent, indigna- 
it onmes Gallos sibi prœsentes cru- 
lancipari; iteriun dictos remittçndo 
m, mandata replicando fortiora, 
im , quod , nisi prknis obedirent 
Gallorum custodiis suis maj^çipa- 
ic^^Lua abscinderet, tanquàm ju$sionibu5 iwperiatibus 
non obtempérantes» Dux Trev«rcffftoi, oùm audis|;et 
quod Gommodus impcrator petnibiosè^^^sserat, «t 
iteriun repiicaverat mandata fortiora, scievideiiique 
quod Germani^conspiraverant, turbatissimus.impera- 
tor^Iegatosretinuitindilàlè, velociùs consilia civita- 
tum Gatliae iterînn maudans, et deçl^rans relationes 
liegatorura , petiit quid esset agendum. Qui respoude- 



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• 



*> DE UAjpàan.^ U^KE ▼!• il 

G«iM&ti.if|l^ limm escn^w «ertipil mifas raçues do 
V«pp«fQi«, û eB«slù 4)taiei)UH^Qiité?s jpur I^ Si» de» 
ciUqpen4.|fa<pltt& puissant de ipT Gaule; et difeat q«'iia 
le^ ?C4^ôiii]i$agn^aient voloutiera jusqu'en pféseoce di| 
prince y et bii expliqueraient la réponse des villes ; (ju'au- 
trement ik refusaient de se cKarger d'une lâche sidif&* 
cile. L'assemblée , sans méfiance de la barbtriie de Tem- 
pereur^<^nsentit imprudemment ace queliemandaient 
tes dépVms.Le duc* Verric fut le premier à offrir soti 
6h penr ee'idfisagey et les nobles de ses^élaLu IMotN 
tèf eati Lol%f^.le9 je«aes envoyé» et lei^*s conduetevliv 
iop^t wrîvéi^lMfeme> el qu'ils eocent apporte ikrem* 
fttreur Ift rpp<Mil^de& viUes^e la Gaule» œ psioee ir* 
Mile fit mptti:e eg$ pûpu^ comafe ei 
Qaulois qui étaient en sa présence, el 
yeau dans la Gs^ule les mémffi dép4|é 
plus sévères que 1^ prémices , et en 
dire aux Gaulois qtfe, s'iigs'obéissai 
mettre a mprt ses prisom^rsy cona 
volontés de l'empereur . Le duc de Trêves ayaitt appris 
la perfidKe de'Coi|miade et les nouveaux ordfes'^u'il 
s^c dtfniiét^ et sachant que les G^mains viénaiet^t de 
se réx^^^f feg î ti t auj^règ de lui les envoyés de Fempe- 
vtmt^^àfifilrt^^ à la hâte une nouvelle assemblée des 
vUfalvbélfifvK il y.exposa la aioiationdes choses , el 
deai^M^ c^ ^^ fal^it^Aii?Q« «. Noms n^a^roiis » , répeo^ 
dir^lU }m dé^H^és des villes j^ a q^a» deu x. panais à prmi- 
adre, c'est d'obéir sans réj^v^rà rempere^^ji srtkfca^ 
«qu'il not^ sera possible » ou d'exposeï? à. dca^ fiëi^il^ 
•certains la Ûeur de notre jeunesse , qui déjà est traitée 
«en esclave; et nous ne pourrions, nous y résoudre.» 
Quelques-uns ajoutaient: «Il faut nous révolter avec 
■les Germains contre l'empereur. » Après avoir en- 



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3a AMflAJLES 

runt : ce Unum à doilms eligere, aut manéRis impe^ 
« ratoris usqi)e ad ultimum de potentiâ totatiter obe- 
adire, aixt.florem juventutis civitatum nostrarum, 
ce qui jàm mancipati dicuntur, periculis irremediabi- 
«libus exponerc,: quod esset insupportabile nobis, » 
Et aliqui superaddebant : « Aut cum Germanis ïmpe- 
«ratori rebellai'e. » Dux Trevcrensium Werrîcusj^ 
ciim responsioueSh civitatum audîsset, dilectionem &- 
lii proprii çunctis bonis temporalibus prae|)onderans , 
dixit : a De rebeilionibus in^ationabiliter-coDJuratis 
« contra învictqs imperatores non memini quempiam 

r imperatcA^em nos 
itftobedientes cum 
filios nostroSy qui 
confusihilitèr amit- 
ié non possem; et 
n ullimata perditio. 
eratori pareamus, 
ouservabimus fîlios 
i4«lita(em liostram 
m complacuit quœ 
gerunt i{m in qa^ 
libet civitate fideiiter Romanis ad hoc destinatis assis- 
tèrent, ut tribula annonim duocnm futuroruni cdii*' 
gèrent, juxtà Commodi imperatoris imperium. -fied 
tanta paupertas adhtrc inerat Gallis, ut vix uniûs 
anni tribattitn exsolvère valercnt. Expiratis tandem 
quatuor:, mensibus cum dimidio exaclores tributorum 
Treverim congregati, repereruiit solùm pro solo aana. 
cum dimidio tributa persplvisse. Dux hoc videns dixit 



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DE UAIJÎÎAIJX. LIVRE VI. ■ 33 

tendu les réponses des villes , Vercic ne consultant que 
sa tendresse poiur son 61^ ^ pasla ainsi : «De toutes les 
«révoltes excita' jusqu'ici contisiç les invincibles em- 
« perêMs , il n'en est pas une qui n'ait eu une fin mal- 
oheoureose/Je ne piiis croire qoe Commode veuille 
« nous contraindre à faire l'in 
«joignons aux Germains rel 
«sont nos biens les plus cl^ers 
« ignominieuse dont je ne jpuis 
«nos vitll^ n'échapperont pas 
« contraire , nous obéissons à 

«nos ressources nous le permettent, nous conserve- 
«rons nos enfans et nos villes , et nous acquerrons 
« la réputatibn' d'une fidélité inviolable. » La proposi* 
tion du duc Verric obtint l'assentiment général ; et on 
nomma un certain nombre de citoyens pour procéller, 
de concert avec lès receveurs romains , à la levée de 
deux années d'avancQ, suivant les ordres de l'empe- 
reur. IHais la pauvreté des Gaulois était encore si 
grande, qu'à peine avaient«ils de quoi payer l'impôt 
d'une année. Enfin, après quatre mois et demi , les re- 
ceveurs assemblés à Trêves se trouvaient avoir reçu 
une année et demie d'impôt. Alors le duc leur promit 
de se porter caution du surplus, s'ils voulaient accorder 
tÊÊi délai de deux mois , sous la condition que 1^ fils 
des nobles Gaulois seraient ihis en liberté et renvoyés 
sains et samfs. Les receveurs , regardant comme une 
chose indjfferentele court délai qu'on leur demandait, 
promirent de ramener libres les jeunes otages. Ils quit- 
tèrent Trêves et partirent secrètement pour Rome avec 
l'argent qu'ils avaient reçu , sans songer à l'expiration 
des cinq mois que l'empereur avait accordes. Cepen- 
dant , des le lendemain du jour où les cinq mois étaient 
V. 3 



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34 ANNALES 

enctorîbus se fidejufiserem Telle esse pro residoo , si 
duôrum mensium tçtnparis darentur induciœ^ tali 



crastiiium expiratîoms quinque mensium videns de 
GaUis rumores non andivisse, -summo mane jussit 
4iici dicton obsMes filîos Gallorum ad Capitolium; et 
ipsos j tanquàm r^)elles et inobedientes , jussit orones 
decapkari in omnium senatorum prœsentiâ. Quod et 
Geictum est. Eâdem verô die, legati^cum exactpribus, 
quos imperator ad GaUias destinaverat^ Roqg^m in- 
trantes, et audientes quod imperator exercuerat, 
dolentes, populum romanum contra imperatorem 

palatium CkMnaiodi 

damna multiplicia 

de satisfKctîs Gallo- 

, tributa Gallorum 



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DE HAieilOT. IflUE YI. 85 

expires , Commode » n'ayant reçu aucune nouvelle des 
Gaulois, fit conduire au Capitole, de grand matin ^ 
les jeones Gaulois prisonniers , et ordonna qu'on leur 
tranchât la tète en présence de tous les sénateurs , 'pour 
punir leur rébelUon ; ce qui fiit esécuté. - G& jour-là 
même les députés gaulois arriTèrent à Rome avec les 
receveurs cle Timpât qui avaient été envoyés dans la 
Gaule ; et larieux d'apprendre ce qui venait de se pas- 
ser, ils excitèrent le peuple à un tel point contre Tem- 
pereur, qn'il se vit assiégé dans son palais. Après avoir 
essuyé mille outrages, il apaisa facflement la révolte en 
promettant de donner satisfaction aux Gaulois , et se 
décida à accepter le tribut qu'ib lui apportaient 



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% AKNALES 



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CAPITULUM LXVIII. 



Qualilei- Som'cut diix Germanorum et Werricus dux Trercrensis 
intcr se foetlera pepigerUnt. 



CuM autem hujiw rei ruinores ad Gallos et Treve- 
ros devenissent, dux Werricus Trevcrensis, nimiîim 
dolens , juravit se nunquàm Romanis obtemperatu- 
rum, et, clausis januis Treverensibus , omnes Roma- 
nos , qui abjurare noluerunt Commodum imperato- 
rem , interfiei jussit ; et mittens per omnes civitates 
Galliarum , quid fecerat imperator dolentes , aliqui 
tiracntcs et débiles patienter toléra verunt ; reliqui 
yevb Romanos quosquos repericbant trucidantes , 
rebellaverunt. Tandem dux Werricus cum totâ civi- 
tatc Trevercnsi, cum Germanis et specialiter cum* 
Sorrico duce eorum , fœdcra pepigerunt contra Ro- 
manos. Sed qualiter Germani à Germaniâ Romanos 
expulerunt, et Mosellani Germanos amicabiliter sus- 
ceperunt , et , ab urbe eorum Remanos reipublicae 
exactQjres interfecerint , et reliquos eSugaverint ; 
qualilervc Roman i-Germanici , Mosellani, Treveri- 
nicî et montem castrum Tallense pro tuitione cc- 
pcrint, et*conlrà Germanoa Treverenses et Mosel- 
lanos, obsidione vallatâ, se defensaverint , non est 
meum edissere , quià terminos Hannonienses non 
attingunt ; verùmtamen qualiter Werricus unàcum 



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DK HAINAVT. LITRE TI. 3^ 



CHAPITRE LXVIII. 



Sorric , duc clos Germains , fait alliance arec Verrie , duc de 
TVcvcs. 



Le brait de ces événemens s'ëCant répandu dans la 
6aule et chez les Tréviriens, le duc Yerric » 3'abandon- 
nant à sa fureur, jura de ne jamais obéir aux Romains ; 
et ayant fait fermer les portes de Trêves , il fit massa- 
crer tous les Romains qui refusèrtnt ^e désavouer l'em- 
pereur. Ensuite ilpubjia par toute la Gaule la barbarie 
de Comqiode. Quelques citoyens timides et faibles souf- 
frirent sans^e pkii^rc; çiais tous les autres se révci- 
tèrent , et égorgèrent tous les Romains qu'ils purent 
découvrir. Enfin le duc Verrie et toute la cité de 
Trêves "firent alliance contre les Romains avec les 
Germains, et principalement avec Sorric, leur duc. 
Je ne^iraivpafi comment les Gerniains chassèrent les 
«hU>maiDS de leur pays et furent reçus avec amttié par 
les Mofiellans , ^bi-tuèrent ou mirent en fuite les vice- 
;v»^' vonifiins , ni comment les Romains germaniques , 
larlifpsellasis et les Tréviriens s'emparèrent de la mon- 
tagne et du château de Toul pour la défende de leurs 
frontières , et y soutinrent ensuite un siège contre les 
GerinÂiins , les Tréviriens et les Moselians ; le théâtre 
de ces. événcmens est trop éloigné du Uainaut; mais 
ce qui a plus de rapport à mon sujet , c'est l'invasion 
de Tcmpire par Verrie et Sorric. 



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36 iNscAUs 

Sorrico imperium iovaserint^ ad meâm spectat spe- 
culationem. 



CAPITUI4UM LXIX. 



Qualiter Werricm dux TreverensU et Sorricus dus Germanoriiin 
Homaoos àâkiliis eflug^preruot, et WarnestoDem duoem Moriao- 
rum intcrfecenmt. 



lIoMAms i§iiur Germanicis, id est in QerTnaniâ 
natîs, atquc Treveriiris fugitivis, infrà castrum Tid- 
lense patenter obsessis , dux Sorricns uaàcum duce 
Werrîco proposuerunt residuum Romanorum infrà 
Gallias contentorum totalitér perimere. Unde obsi- 
dione Tullensi Mosellanis et Hugouiensibii$ et Strasi- 
burgensibus comtnissâ, cum populo innumerabili per 
totam Alsatiam , usque Legiam et Tungrim percur-i 
rentes^ quosquos rppererunt de exactoHbus romatiis 
gladio 'tnicidâruDt. Ciim autem Tungrim- obsidere* 
disponerint, Tungrini Roman<Ni perlustrantesi^ quos 
capcre viYOs potnernnt^ dîctis ducibus ligatos prae-, 
seotârtint, ceteris fiigam capieutibus, et pértas ciyi- 
tatisapertentirs, tota civitas cum ducibus dictis contra 
Romanos'conjurârunt. Abhinc totam Rheliara perlus- 
trantes et Romanos effugantes, qui Commodum îm- 
peratorem abjurare nolebant, tandem suprà ripariam 
Mosae et Sambrœ, in Huyniae partibus, deVenerunt, 
ubi amœnitatem aeris, aquarum^ et territorii securi- 



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0e'uainaut. livh:^ vr,^ 5q 







CHAPITI^ LXIX. 



Verric, duc de Trêves , et Sortie , duc des Gcrmaiii» , chaMeot le« 
Romains if/es Gauler , et tueni Varoeston , <fiic des Morios. ' 



Ls» Aomaflls germaniques ^ c esA-sHlîre nés q» Ger- 
manis, |t lesjfréyiriens transibgesy ayant été mis en 
déroute «t assiégés dans le château de Tpul , Sorric el 
Verric résolurent d'exterminer eniigirement tout ce 
qui restait de Romain» dans les Gaules. A cet effet fU 
confièrent^ sii^e de Joui aux Mosellan^ et à ceux de 
Haguenau et de Strasbourg ^ et ^ suivi^ d*une multitude 
innombrable, ib parcoururent toute TAIsace jusqu'à 
Liègç et TengreSy massacrant de tous côtés les récep- 
teurs romains. Comme ils se disposaient à assiéger 
ToDgi^es 9 les habitans de cette ville , se mettant aussi 
à la poursuite des Romains , leur amenèrent encbainà 
ceux qu*il# purent prendre Tirant, et ayant ouvert 
leurs portes aux deux ducs , ils firent iittiance avec 
eux contre l'empire. De là les vainqueurs allèrent 
ravager la Rh^tie , où ils continuèrent à mettre en 
fuite lea Romains qui ne voulaient point abjurer leur 
fidélité à l'empereur. Enfin ils arrivèrent sur les rives 
de la Meuse et de la Sambre, au pays de Hainaut; et 
charmés de la douceur de l'air, de la fraîcheur des 



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/fO' ANNAEËS 

tatem , sentlentes, iltiic paiisaverunt 'aliquantisper, 
oppida» villulas et fortalitia * construentes ,\ qoae à 
Sorrico duce Westphalico, ut ia pluribus^adhiic^ no- 
minantur. Âudierunt tandem Romano» Galliae infe- 
rioris in civitatibus Octoviae atqueTornaci pro'majori 
parte transfugisst; quare aecreveruut eos invadere, 
et primo Octdviam obsederunt.-Werricus igitur cum 
sua gente versus paludes Hainiae locum periculosio- 
rem y à pafÉe videlicet septentrionis dictas civitatis , 
in quodam monte, qui quidem Mons-Werrici dicitur, 
gallicè Werries (i), juxtà paludes Huin» acies suas 
collocavit. Habebat eijim propè se fortalitia duo Ro- 
manis plena, castriim videlicet Cœsaris (à), aif oriente 
in monte fortissimo , et Cœsaris-locum {^) ab occidente 
in paludum medio , contcà quos artificiosè se munivit. 
Sorricus vero cum sua gente fluvium Saifibrae perse- 
quens, dictam Octovia; civitatem h parle mefidiei 
c obsidione solâ plura Romanorum 
tenebantur. Obsidione factà, man- 
is infrà civitatem ^c^ommorahtibus , 
ipsos, aut abjurarent Gommodum 
i ppoditoriè nobiles Galliarum occi- 
derat ; aut si per violentiam caperentur, nulli parce- 
rent neque Gallo neque Romano. Fit nïagna in civitate 
seditio Romanorum contra Octovios : adeà siquidem 
erant mixti, ut vix'trecenti puri Romani, quia pa- 
trem aut matrem aut uxorem aut libei'os gallos ha- 
berent,reperirentur. Tandem irium inducias dicrum 

(i) Viliërics ou Vîëries, village à trois lieues au nord de Bavai. 
(i) Cc»t peat-étre Moncean , ferme ou hameau près de Viëries. 
C3) Peut-être QuicVrain. 



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DE HAINàrT.'XïVUE Vf. fyl 

eaux et de la traôiqoillité de cett^ contrée , ils s'y re* 
posèrent quelque tenis, et bâtirent en divers lie^s des 
villes, des villages et àfis forCerasses, dont plusieurs 
conservent encore aiyourd'hui le nom de Sorric , duc 
de Vestphalie* Ayant appris ensuite que les Romain» 
de la Gaule inférieure s'étaient réfugies , pour fa plu- 
part, dans Tes villes d'Octovie et de Tournai, ils ré(jo- 
lureAîSe les y poursuivre, et mirent d^bord le siège 
devant Oeti(rie ; Verric plaça son armée au nord de la 
ville , près des mai^ de la Haine , sur ttne montagne 
^pelée Mont-Verrtc, en français Ver ries. Cette posi- 
tion é(ait fcn*t dangereuse , car il avait auprès de lui 
deux forteresses pleines de Romains ; le Camp-de-César, 
à l'orient, sur une montagne fortifiée; et César^eu, 
à loccident , au milieu des marais. Il sut habilement 8# 
prémunir contre leurs attaques. Sorric ^ au coqÉpîre, 
suivit la Sambre avec ceux de sa nation , et alla attaquer 
la ville du côté du midi. De cette manière ils tenaient 
assiégés à la lois plusieurs lieus occupes par les Ro- 
mains. Le siège établi ^ ils Sommèrent les Romains qui 
étaient dans la ville , ou de se rendre , ou d'abjurer 
leur fidélité à Tempereur Commode, qui avait trai- 
trensement fait périr de nobles Gai^lois ; et déclarèrent 
que si Octovie était prise d'assaut, ils n'épargneraient 
ni Gaulois ni Romains. 11 s'éleva alors dans la ville une 
grande dilution entre les Romains et les Octoviens. 
lia population était tellement mélangée à Octovie , qu'à 
peine s'y trqpvait-il trois cents Romains purs , dont le 
père , la^ mère , la femme ou les enfons ne fussent pas 
Gaulois. Enfin ils demandèrent trois jours pour se con- 
sulter. Pendant ce tems-là les Rqmains purs , receveurs 
des impôts , rassemblèrent toutesleurs itchesses et«'en- 
fuirent à Tournai lorsque la nuit fut venue. Le lende- 



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4^ ANNALES 

canstikaciî .petiecunt. Intérim Rouiani puri ^*ibuto« 

nim^actores, aerariis jpagnis congrcgatis, noctu 

versus Tomacum trtitefb gérant. Ja crastinum ôclovii 

hoc scîentes^ videntes.eis perîcuk limninere , omnes 

imanimiter cum cfucibus Gommôdum imperatoirem 

abjiirlnuit,pfiûmîttentes nunquàm sibi aui^snis exae- 

toribus trîbuta persolvere nec obedire. Abhinc'Wcr- 

ricus rgcédeiis, p^cttonibus civitatis susc^tis, venit 

ad Faniiàartis absidioneu y in loco quji aumc dkitur à 

^^léiipp Wercbin (i). Sed Romanis exactoribœ efïi^ 

giti^ înfrà paueas heJbddmadaSy eun^W^Brrico fbeder^ 

p^igeruQt. Intérim Sorricii!» cnm saâ gente partes 

superîoresGalliœ inférions visitabal^ soRim exactores 

rmnanos perquirens , et civitates sibi oottfiœderaos^ 

Wefritus îgîtur committens partes siiperîores Gal- 

Wds inferioÂs Sorrico , ad Castrum-Caesaris et ad co- 

niitatum Nervîor^m acies suas rétorquons, totam 

regionem à ]9uris Eomaais exactoribus liberaviv 

Omnes vero Commodui^ iinperatorem cum cateris 

civitatibus et oppidis GaiUae înferioris alijuraotes, et 

pertranseuntes, Werricui dvitatem Tornaconsem ob- 

sedtt , à parte conijtatAs nerviei^is, in loco qui di- 

citur Werchin (s). Sotfl'icus vero afiOilié'^paii^e riparise 

eamdèm «liàm obsedit civitaAm non modico post. 

FoeratsiquidemTomacus omnium' Romanorum fugv^ 

tivorum recursus.YideiHes Tomacenses dumm eorum 

obsi^imem , miscrunt ad Warnestum ducem Morino- 

rum, qui ex parte patrîs RomanuSj^ex parte vero 

/■ 

( i) Vorcllaii» , mtv rÉGailloii, à 6 kiciies mtest de Bavai. 
C») VUkfe pr^ et à Ttst de Touraai. 



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DE HMNAUT. LIVRE Vf. (].y 

mun y les Ociovieiis en ayant éië instruits , et YoyaBt 
le danger qi:^les menaçait y déclarèrent nnanimemeiity 
eux et leurs dne& , qu'ils ne regardaient plus Q«mmode 
conuneleur empereur , et promirent de ne jamais obéir 
ni payer aucun tribut à lui ou à ses receveurs. Vesricy 
après avoir reçu Ja soumission de cette ville , alla mettre ' 
le siège devant Famars et campa dans le lieu qui de- 
puis a été appelé , de son nom , Yerchin ; mais dans 
l'espace de quelques semaines les faabitans chassèrent 
les Romaine et firent alliance avec Yerric. Cependant 
Sorric parcourait avec son armée la partie septentrio* * 
nale de la Gaule inférieure , poursuivant les receveurs 
romains et attirant les villes dans son parti. Verrio 
le laissa dans ce pap; et ramenant ses troupes vers 
le Camp-de-Gésar et le comté des Nervietia, il délivra 
toute la contrée des Romains purs. Partout Vexemple 
des villes de la Gaule inférieur» fut suivi , et l'autorité 
de Commode méconnue. Yerric vint ensuite assiéger 
Tournai du côté du pays des Nerviens , au lieu appelé 
aujourd'hui Yerchin , et quelque tems après Sorrio 
arriva pour s^ttaquer la ville de l'autre côté de la ri- 
vière. Tournai servait d'asile à tous les Romains fugi- 
tifs. Les habitans se voyant rudement assiégés , deman- 
dèrent du secours à YaniesJ , duc des Morms , qui 
était Romain par son père et Ménapien par sa mèr», 
et qui exerj^ait la charge de receveur dtt fisc chez les 
Horins , chez^l^ Ruthiens et chez d'autres nations. Ce 
duc ayant afpris que les Tréviriens et les Genoains 
s'approchaient illQies frontières et avaient assiégé dans 
Tournai les Romains qui s^y étaient réfugiés ^ se mit à 
la tète de ses sujets et de tous les Romains qu'il put 
rassembler , et marcha vers Tournai. Lorsqpie Yerric 
sut que l'armée de Yaraest , après avoir passé la Lis , 



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« 



!44 ANIVALES - 

matris Menapiensis, et exactor fiscorufit tàm Mort- 
nensîum quàm Kuthenorum ac plurium aliarum na- 
tionumtrat; quatenùs à tàm gravi obsidione libcra* 
rentur. Wamestus dux audiens Treberinos atque 
Gennanos suos appropinquare fines , et Romanos 
plures in civitate Tornaceusi obsessos, omnes Ro- 
manos quos reperire valuit , unàcum sibi subditis 
congregans^y versus Tornacum iter,arripuiL Cîim 
audisset Werricus fluvium Lisae Warnestonis acies 
pertransîsse, et fines Menapiorum intrâsse, Torna- 
cum approximando 9 decrevit proprium obsidionis 
■ tocum derelinquere, rîpariam Scaldi transcundo , ad 
fiu^n ut libfriùs sibi *invicem succurrerent , si né- 
cessitas aiTorèt. Dicti igitur duces acies suas in diversis 
loci» iuter duos alveolos, uno ad quingentos passus 
propè Tornacum , alio' ad quatuor fcrè milKum pas- 
suum remotiiis ; ultimani aciem eorum colloèaverunt 
in loco qui à dictis duobus ducibus adhiic Sorri- Wer- 
ricus dicitur, gallicè Sourlcswez , Warnestonis poten- 
tiam expectantes. Warnêstone igitur Tornacum ap- 
propinquante, quotquot Romani, erant in Tornaco 
omnes ad Waraestoneni confugeruut : erat^quippè 
mimerus pugnatorum Warnestonis unàcum Torna- 
censibus fera trium legionum. Hi ciim vidissent ex 
altéra parte fluvioli , ad quingentos passus propè 
Tornacum (luentis à parte orientis, tentoria , clypeos, 
bastas et vexilla relucerc, soliim in unâ parte decre- 
vciunt ipsos ferocitcr invadcre. Qui in plurlbus flu- 
violi vadis pcrtransire cupientcs, aciem primariam 
Trevirorum immanitcr invasi , circà dictum alveolum 



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DE HAINÂUT. LITRE TI. 4^ 

élait entrée dans le pays des Mënapiens et s'approchait 
de la Tille , il résolut de changer la disposition du siège 
et de traverser TEscaut , afin que ses deux corps d'ar- 
mée pussent se secourir plus facilement en cas de be- 
soin. Les deux ducs di^osèrent donc leurs troupes 
sur plusieurs points entre les deux bras de la rivière, 
situés y l'un à 500 pas de la ville , et l'autre à iOOO pas 
plus loin y placèrent leur arrière-garde dans un lieu 
qu'on appela de leurs noms Sorric-Verric , en français 
Sourlesvez , et attendirent aipsi l'attaque de Vamest. 
A son approche tous les Romains qui étaient dans 
Tournai v^ent, se joindre à lui ; et ses troupes , réu- 
nies à celles des assiégés , se trouvaient former près de 
trois légions. Lorsqu'ils aperçurent des liâtes de l'antre 
c6té du bras de rivière qui coule à 500 pas de Tournai, 
vers l'orient y et qu'ils virent briller des armes ^ des 
piques et des boucliers , ils portèrent toutes leurs forces 
sur ce point, et voulant passer la rii^ière à gué, ils se 
jetèrent avec fureur sur l'avant-garde des Tréviriens. 
11 périt de part et d'autre beaucoup de monde dans 
cett<9irencontre. Enfin , après avoir perdu quantité de 
soldats y Vamest parvint à passer la rivière et rallia 
son armée dans une grande plaine qui s*étend sur les 
bords de l'Escaut. La nuit étant venue, ils s'occupaient 
à établir leur camp , les uns disposant les tentes , les 
autres creusant des fossés ou coupant du bois y lorsque 
tout à coup , à la faveur du crépuscule» Yerric et 
Sorric t à la tète de leurs troupes en bon ordre , se 
jettent sur le camp de Vamest, le tuent et font un 
horrible carnage des Romains , poursuivent les fuyards 
jusqu'à Tournai , ou les forcent de ^ noyer dans l'Es- 
caut , et demeurent ainsi maîtres du champ de bataille , 
non sans avoir perdu beaucoup des leurs. Pour rap- 



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46 ANNAUSi 

ab utrâque paiie multi corra€rualt. TàndâBi^ tick 
eu» magnâ perditions, Wamestits cum sots peiv 
trftnsnt, et in planifie magnâ non k>ngè à Scaldî 
flomine protensâ , suas acies recoUegit. Ditm autem 
Warnestus cum suis Romanis nocte primariâ^occu- 
parentur circà suae collocationis ordinationem , et k 
diversis tentoria protenderentur, ab aliis fossata dis* 
ponerentur, et ab aliis ligna pro domiciliis praepa- 
rarentur; et^ccè^ circà noctis crepusculum et ex 
insperato ^ Werricus et Sorricus cum suis aciebus x>r- 
dÎMtis descendentes usque ad Warnestonis tentoria , 
qui Wamestonem occidentes, et maximam stragem 
exerçantes R^tianorum , superviventes versus Toma- 
cum in fiigam conversi , aut in rrpariâ Scaldi sob- 
mersi y non sine maximâ perditioneTreberortim atqne 
Germanorum , ipsi tamen campum obtinuerunt. Et à 
Wamestone et ab horâ Victoria^ fâctaî Warnate cam- 
pum illum vocaverunt. 



CAPITULUM LXX. 

Qualitet Werricus atque Sorricus duces civitatern Tomacensem 
subjccermif. 



PosT dics paucosy prius mortuis eorum scpultîs^ 
et Yulneratis mcdicatis , dicti duces iterato dictam 
civitatemTornacum obsederunt ; Werrico ad proprium 
locum in quo priîis extiterat, ultra fluvium Scaldi 
transmeante, Sorrico ab altéra parte, versus meri- 



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DE HAiXAOT. LIFRE TI. ' fyj 

peler le nom de celi^ qu'Us araieiK Tâinon «t le mo- 
ment d% lear yictoire , ils appelèrml Vaniave It pMne 
où le combat avait çu lieu. . ' 






* 



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>»i*i»4%»^*i»«>*»»fc»»*^*% * »^»i^*B»4»<% 4 %»'a^<i^^»»»i»»W»»fci^»^ 



.. CHAPITRE LXX. 

^rric et Sorric aoumettent la Tille cle Tournai. 



AFfite cpidqaes jours employés à enserétir les morts 
et à soigner le&'rUeâife , les deoK dnc^ -attaquèrent de 
nouveau la ville; Venric du lieu où il s'était placé «l'a- 
bord , au-delà de rEscaot , et Sorrk de l'autre côté , 
vers le midi. Le siège dura sept semaines , pendant les- 
quelles il se donna beaucouf) d'assauts. Enfin ^ une nuit 



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48 * ANNALES 

diem, aciem dirigente. Post innltos insultus et obsi- 
dîèàein septem liekdomadarum , tandem unâdierum, 
dux uterque, quilibet à parte suâ^ eâdem horâ noctis^ 

*civitatem ferociîis solito invaseruot. Sed cîim negli- 
gentiùs debito civitatem à parte Werrici defeoderent 

f ab aliâ parte praeoccupati , Werricus muros obënuit 
Quod cùm autem perpendissent Tornaeeuses^ pontes 
civitatis confregerunt. Werrîco credente civifàtem 
obtiûuisse ^ reperit asiguam portionem fore captiva- 

•tara. Tornacenses verô per très dies contra graves 
insultus Treveroruin ripariam ferociter defendentes , 
et cont't^ Sorricum ab aliâ part^ civitatis muros ob- 
servantes^ tandem pàctione interveniente, ad mise- * 
ricordiam civitatem susceperunt. Qui abjuratione 
ComYnodi et exalctof*um ejus contenti , civitatem ia- 
demnem post^fcodus initumrelinquentes, ad castrum 
Duacease deindè Attrebatense, et tandem ad civitatem 

* Morinorum accesserunt. In cujus obsidione omnes 
civitates Galliarunt ad dictos duces solemniter trans- 
raîttentes, unanimiter omnés Commodum imperato- 
rem et ^us exactores cujuscumque nationis extiterint 
abjurando, promittentes in eorum ligâ atque conju- 
ratioue inviolabiliter pe^^manere^ ducibus tandem 
cum tranquillitate repatriatis, remansit Gallia tàm 
superior quàm inferior sub regimine Wenîci, ducis 
Tr^verorum, ab omni tributo per duodecim amios 
. libéra et in suis antiquis libertatibus restituta , plu- 
ribiis aliis uationibus contra G>mmodum imperatorem 
hoc idem agentibus. 

ET SIC FINITUR LIBER SEXTUS. 



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DE HAINAUT. LIVRE TI. 49 

que les deux dacs avaient , chac^ de son câte , et à la 
même heure , redoublé d'efforts pour emporter la ville , 
Yerric trouva la partie qu'il attaquait moins bien dé- 
fendue que de coiltume par les assiégés , qui étaient 
occupes d'un autre côté , et s'empara de la muraille ; 
mais les habitans rompirent aussitôt les. ponts « et 
Yerric ^ qui se croyait déjà maître de la ville, s'aper* 
çut qu'il n'en occupait encore qu'une faible partie. 
Pendant trois jours les assiégés soutinrent avec cou- 
rage les assauts vigoureux des Tréviriens, et défen* 
dirent y de l'autre côté , leurs murailles contre les at- 
taques de Sorric ; enfin ils obtinrent la paix et furent 
reçus à merci. Les vainqueurs se contentèrent de leur 
faire abjurer leur obéissance à Commode et aux rece- 
veurs des impôts , et sans exiger de la ville aucun tri- 
but , s*en éloignèrent après avoir fait alliance avec elle. 
Ib aHèrent ensuite assiéger Douai , pais Arras ^ et enfin 
la ville des M<yrûis. Pendan^le siège de cette dernière 
ville y toutes les cités de la Gaule envoyèrent aux deux 
xducs de solennelles ambassades pour se déclarer enne- 
mies de l'empereur Commode et de ses receveurs , de 
quelque nation qu'ils ffkssent , et jurer de rester invio* 
lablement aitachées à la ligue. Les deux ducs retour- 
nèrent ensuite tranquillement dans leur patrie ; et 
pendant douze ans la Gaule supérieure et inférieure, 
soumise à Verrie, duc de Trêves ^fut exemte de tout 
tribut et rendue à son antique liberté , pendant qu'à 
son exemple d'autres nations secouèrent le joug de 
Tempereiir Coniniode. 

FIN DU LIVRE SIXIÈME. 



V. 



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50 AMNAUS 



LIBER SEPTIMUS. 



GAPITULUM I. 



QûaHter Germani etGalli àh imperio Gommodi totaliter ' 
rec««Bonint. 



ACTOR. 



Quia, autem ab exordio 1iuj.us operîs determinare 
decrevi de illustribus prrncipibus qui in Hannoniensi 
terri torio principalem principatuvi hdbueruut , et, 
temporibus Comroodi, tota Gailia tàm superior quàna. 
iûferior p'opriuoi principem Commoduiâque vide* 
licet abjuravcruDt; kicircode iiloqui loco Comstiodî 
ia dicto territorîo prindpattxu ^itiiiiiit, traetaU^e 
eogor, neminem repermis qui de hâc toquatur ma* 
teriâ nisi Hugonên) Tuilensetn. Dicît ^rgo tempo 
ribus , quibtts G^rAani atque Galli cbntrà proprium 
imperatorem , Commoduiri videlicet, rebella verunt^ 
convpcavit iroperator seioiatores romanos , et indi- 
cavit quâe et quanta Galli contra imperialem ma- 
jestatem peregerant; qualiter etiàm Germani siios 
interfeceraut legatos, et exactores seu tributorum 
collcctores à Germaniâ expulei*ant, plures interfi- 



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DE HAINAUT. LIVRE VII. 5l 



LIVRE SEPTIÈME. 



CHAPITRE I. 

Les Germatnt et les Gaulois achéTent de se soustraire à l'autorité 
de l'empereur Commode. 



LAOTBUR. 



Poim remplir la tâche que jfe me ^ois imposée au 
OQfmmeneemént de cet ocmra§e y d'écrire l'histoire des 
illustres princes qui ont gouTern^le Haiiuint, je vais 
parler de celui qui régna dans ce pays après que la 
Gaule supérieure et inférieure se fut affranchie du joug 
de l'empereur Commode. Hugues de Toul eftt le seul 
auteur qui ait traité cette matière. U dit qu'à l'époque 
où les Germains et les Gaulois se révoltèrent contrer 
Commod&y ce prince assembla les sénateurs; et leur 
rappelant combien de fois les Gaulois avaient offensé 
la majesté impériale , il se plaignit de ce que les Ger- 
mains avaient mis à mort ses envoyés, parla de l'ex* 
pulsion et du massacre des receveurs de l'impôt , et 
fesant valoir encore beaucoup d'autres griefs ^ il im- 
plora le secours et les conseils des sénateurs ; car, haï 
de tous les Romains, il n'eût trouvé hors du sénat 
personne qui eût voulu lui donner un avis. Les séna- 



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52 ANNALES 

ciendoy multa alla gravamina superadjiciens , consi- 
lium et auxilium senatoribus postulando^ quià ab 
omnibus Romanis exosus habitas , quibus alibi con- 
siliari valeret , non habebat. Qui responderunt : 
ce Galli y in internecionem nobilium eorum offensi , si 
<c qua peregerunt à tanto non à toto excusandi de 
(c rebellione , non est mirandum. Sed de conjuratione 
<c cum Germanis , qui tuos interfecerant legatos y 
a condolendum est. Quarè consulimus ut contra Ger- 
«manos decem legiones transmittas , ipsos puniendo 
<x et ad subjectionem reducendo. Deindè ad Galliam 
a descendant , ipsam ad dilectionem revocando ; et si 
<c non amicabiliter, tandem violenter xeducantur. » 
Placuit imperatori consilium. Commodus Nuraeria- 
num y suae militiae magistrum , convocans , praecepit 
ut decem congregaret l^iones^ et ut décréta senato- 
rum adimpleret. Qui omivsm armatum coUigens , 
vix octo potuit colligere legiones : quotquot erant 
Roinani exosum habebant Commodum. Ab illo tune 
quo senatores venire super Germanos decreverant, 
fuit in Româ qui Werrico atque Sorrico décréta nun- 
tiaret. Qui duces omnes civitates ducatuum eorum 
ad ferociter Romanos suscipiendum excitaverunt et 
se coaptaverunt ; et gentem magnam congregantes, 
quilibet suos fines observabat. Tandem Numerianus(i) 
cum octo legionibus in territorio moguntinensi des- 
cendens, patriam spoliantes ^ civitatem obsederunt. 
Yigcsimâ quintâ die obsidionis , ab uno latere subito 

(i) Le manuscrit de Saint-<ïcrinaiB porte Munerianus, et l'an- 
cienne traduction française Minerianus, 



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DE HAINAUT. UVWS VII. 53 

tèoVs loi répondirent : a Les Gaulois avaient été of> 
a fensés par le massacre de lears plus nobles citoyens, 
«et leur rébellion est , jusqu'à un certain point, ex* 
c ensable ; mab ce qu'il y a de plus affligeant , c'est 
m leur alliance avec les Germain^ qui avaient mis à 
a mort Tos dépujtésr Notre avis est donc que tous en- 
a voyiez dix légions contre les Germains pour les pu* 
« nir et les réduire à l'obéissance. Cette armée entrera 
« ensuite dans la Gaule pour ramener les habitans à 
«leur ancienne fidélité; et si elle ne peut y parvenir 
« par la douceur, elle emploiera la force. i> Ce conseil 
plut à l'empereur ; il fil yenir Numérien , maître de 
sa milice, et lui ordonna de lever dix légions pour 
mettre à exécution le décret du sénat; mais Numérien 
ne put rassembler plus de huit légions , tant les Ro* 
mains haïssaient Commode. Aussitôt que l'expédition 
contre les Germains fut résolue, Verric et^Sorric en 
reçurent l'avis de Rome. Ils exhortèrent toutes les 
villes de leurs duchés à recevoir vaillamment les Ro- 
mains ; et pour s'y préparer, ils levèrent de nombreuses 
troupes , et chacun veilla sur ses frontières. Enfin Nu- 
mérien entra sur le territoire de Malence avec ses huit 
légions , et après avoir ravagé le pays , vint mettre le 
siège devant la ville. Il la tenait assiégée depuis vingt- 
cinq jours lorsqu'il fut assailli d'un côté par Verric, 
qui conduisait six légions de Gaulois armés à là légère; 
et de l'autre par Sorric , à la tête de huit légions de 
Germains. Ces deux armées se jetèrent en même tem& 
sur les Romains ; et après beaucoup de s^g répandu 
de part et d'autre , Numérien et sts principaux officiers 
furent tués , et les Romains si complètement taillés en 
pièces, qu'à peine eu put -il échapper un seul pour 
porter à Commode la nouvelle de leur défaite. Après 



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54 ANNALES 

super eos irruit Werricus dux cum sex iegionibiis 
expeditiorum Gallorum , et ab alîo latcre Sorricus 
cum ooto legionibus Germanoruro. Qui simul et eo- 
dem impetu in dictos irruerunt Romances; et, post 
multa bella et strages ab utrâque commîssas, post 
If umeriani ioternecionem ac aliorum ducum lamenta- 
bilem prostrationem , tandem sic omnes Romani illùc 
occubuerunty ut vix remaneret ex eis qui Commodo 
împer^tori stragem denuntiaret ipsorum. Recesserunt 
igitur à Moguntinensi campo victores Sorricus atque 
Werricus sani, et in suis ducatibus, ab omni tributo 
liberi usque ad quartum annum Severi imperatoris. 
Qui Severus Germanos subjiciens , Gallos tandem ad 
dimidium tributum y persolvi consuetum , misericor- 
diter suscepit. Qui per magna tempora in obedientià 
imperatorum subse<^entium sic remanserunt. 



CAPITULUM IL 

De morte Commodi et imperio Pertînacis et Jiiliani (t). 



EUSEBius in Chronicis. 

POBRÀCommodus împerator, colossi capite sublato^ 
suae imaginis caput jussit imponi. Idem quoque Com- 
modus multQS nobilium interfecit , et spectacula po- 

(r) Vino. de JBefliiT. XI, ii5 «t ia6. 



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M HAIICÂUT. MTU VU. SS 

CÊUt victoire , Sorric et Yerric retoamirent dans 
leors ckichés , et ibrem libves de toute espèce de tiv 
bat joflMju'à la cpatrième anae» du règne de' Sévère. 
Cet etapereuTi après avoir subjugué les Germains , se 
contenta d'imposer aux Gauk^fa^la moitié du tri^Nit 
qu'ils payaient autrefois , et ils restèrent ainn pendant 
fort longtems soumis à ses successeurs. 



|%^<%<%^»»^<^^«%^^^%>%^/V»V»%^%%^^%/^ 



CHAPITRE II. 

Mort dm G>nuDotle. AégoM de Pertlnaz tt àt Julien. 



CHRONIQUE D'BUSàBE« 

Commode fit enlever la tète du colosse pour y sub- 
stituer son image. Cet empereur fit mettre à mort un 
grand nombre d'illustres citoyens. H donnait au peuple 
des spectacles magnifiques. Dans un incendie qui éclata 
à Rome I le palais et le temple de Vesta furent entière- 



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S6 iNNAUS 

pulo romano praebuit insigma. Incendio Rt^mae facto ^ 
palatium et-œdes Yestae pluriinaque urbis pars solo 
coaequaiur. Hugo Floriaceitsis. Flagitîa itaque Au** 
relit Commodi imperatoris urbis pœna prosecuta est : 
nàm Capitolium fulmine ietum est, ex quo inflam- 
matio faeta romanam bibliothecam rapa^i turbine 
concremavit. Porro Csesar Commodus, cunctis iu- 
commodusy in domo Yestiliani strangulatus iuterfit. 
^lius auteni Pertinax senex à senata imperator 
erectu5 est. Eusebius in Chronicis. Hic, obsecrante 
sepatu ut uxoreni suam Augustam , et filium Cœsarem 
appellaret, contradixit, sufHcere testât us quod ipse 
regnaret invitus : erat enim septuagenario. major, 
ciim pnefecturam urbis ageret, et ex senatûs consulto 
imperare jussus est, scilicet anno Domini cxcni, 
mundi vero ivmlxuu. Tandem Juliani jurisperiti sce- 
1ère occkus est , quem posteà Severus apud Milvium 
pontem interfecif . Hugo. Julianus autem , qui vi sibi 
romanum vindicavît inxperium , imperavit septem 
mensibus. -fiicque jnter ^ertinacetn Caesarem et Ju- 
lianum successorem ejus unus annus assumptus est. 
Per idem temptis crant insignes Clemens Alexandri- 
nus philosophus ^et Pantœnus stotcus et Africanus 
historiens et Musanu», de quibus multa refert Hie- 
ronymus , de Illustribus vins. 



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DE HAINAUT. UVRE VIJ. 5^ 

ment détruits , ainsi qu'une grande partie de la Ville. 
Hugues de Flevry. Rome porta la peine des crimes de 
l'empereur Commode : la foudre tomba sur le Capitole 
et mît le feu à la bibliothèque , qui fut réduite en 
rendres. Ce prince , odieux à tous les^ Romains j périt 
étranglé dans la maiison de Yestilianus ; e^ iElius Perti- 
nax y déjà avancé en âge y fut choisi pgir le sénat pour 
régner après lui. Chronique n'EcsèBE. Le sénat ayant 
prié le nouvel empereur de donner à sa femme le nom 
d'Auguste et à son fils celui de César, il s'y refusa en 
disant que c'était bien assez qu'on Teût forcé de r^;ner 
malgré lui. Il était en «fief plus que septuagénaire lors- 
qu'exerçant la charge de fMréfet de Rome, il fut déclaré 
empereur par le sénat , l'an 193 de Jésus-Christ et 'iOdl 
du monde. 11 fut assassiné par le jurisconsulte Julien , 
qui lui-même fut tué dans la suite par Sévère au pont Mil- 
vius. Hugues. Julien s'empara de l'empire et le gouverna 
pendant sept mois. Ainsi le règne de Pertihax et ccjui 
de son successeur n'embrassent pas plus d'flne année. 
A cette époque florissaient le philosophe saint Clément 
d'Alexandrie , saint Pantène , stoïcien; l'historien Afri- 
cain (f), et Mudan, dont saint Jérôme parle longue- 
ment dans ses Hommes illustres. 

(i) Sezte Joies Africain, né di^ ta Palestine, d'ane faqiille 
originaire d'Afrique , Tivait sous Tempereur Heliogabale, et avait 
fixe sa demeure à Emmaiis. Il ayait écrit une Chronographie en cinq 
livres, depuis le commencement du monde jus<|n'à la tr^siéme an- 
née du régne d^H^ogabale , Tan ii \ , avec des discyssioat chrono- 
logiques sur les points douteux. Voyez la Biographie universelle, 
article Araic^iiir. 



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58 ' s ANtTAtSS 



ÇAPITULUM III. 

♦ De împerio Severi ( i ) . 



HUGO FLORIACENSIS. 

Severus igiLur^ génère lAifer, qui se, ex nomme 
impcratoris qucin occisum ultus fuerat , Pertinacein 
foluit appellari , r^manum cousecutus est impèrium. 
Iniperavit auteui annis xviii. Eusebius. Cœpit autem 
annô Domini cxciv, mundi ivmlxv (a). Hugo Flo- 
RiACENSis. Hic fuit naturâ ssevus, multisque bellis 
la«essitus K>rtissimè quidem rempublicam sed labo- 
riosissimk rexit Hic post Neronem in christ ianos 
quintam persecutionem exercuit. Quâ persecutiotie 
plvrimi sanctorum per diversas provincias passi re- 
feruntur : inter quos Leonides, pater Origeni&« capite 
caesus est. Item martyrisatus est Philippus , pater 
sai)otae Ëugeniœ , et ({u4|iplures aliî in martyrologio. 

(i) Vinc. de Bauv. XII, i et6. 

(a) Pcaoone n^ignorc qu*£u8ébo compte les amiëes depuis la 
DaissaoQt d'ADrahaiii, et jamais depuis la création ou depuis la 
naissance de Je'sus-Christ : cette dernière supputation ayant été 
seulement imaginde au vi' siècle par Denis le- Petit, et employée 
au TUi*, surtout après le concile de Liptines, tenu en 743. Mais 
les copistes d'Euscbe feraient concorder sa mc'tbo8e avec ces deux 
derniers sistèmes , et cVst la table des copistes que Vincent de 
BeauTaib adopte toujours de'prëference. 



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DE HÀlHATTr. tIVBB VIÏ. 69 



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CHAPITRE m. ' ' 

Régne de Serére. , 
HUGUES PE PLEUR Y. • 

' SÉvèRE 9 mé en Afrique , et qui se fesait appele^wPer- 
tinax y'^du nom de celui dont il avait venge la mort, 
fut ensiétc élevé à Tempire^ et régna dix-huit ans. 
EusèBE. 11 monta sur le trône Tan 194 de Jqsus- Christ 
et 4065 du monde. Hugues de Fleury. Ce prince était 
cruel ; mais au milieu des guerres nombreuses qu'il eift 
à soutenir, et malgré les di(B6ultés qu'il rencontra , il 
sut gouverner d'une main ferme et habile. Sous son 
règne les chrétiens furent persécutés pour la cinquième 
fois depuis Néron. Pendant cette persécution un grand 
nombre de saints souffrirent le martire dans les diverses 
provinces de l'empire , entre autres Léonide, père 
•d'Ongène ; Philippe y père de saintie Eugénie , et beau- 
coup d'autres dont il est fait mention dans le Martiro- 
loge. Le XII des calendes de mai on fête à Ro^e la 
naissance du pape saint Victor, quinzième successe^ir 
de saint Pierre 9 qui gouverna l'Eglise pendant dix ans 
et reçut la couronne du martire sous l'empereur Sévère. 
Histoire des Papes. C'est ce pontife qui a établi l'usagée 
de célébrer les Pâques le dimanche , et qm voulut qu'en 
cas de nécessité on employât indifféremment pour le 
batéme des Gentils l'eau de rivière , l'eau de mer ou 



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60 ANNALES 

XII kalendas maii Botnae natale santti Yictoris papae, 
qui post beatum Petrum quintus decimus, rexit Ec- 
dlesiam annis x, et sub Severo principe niartyrio 
coronatus est. Ex libro Pontijicum. Hic constituit ut 
sanctum pascha die dominiez celebraretur ; et ut 
çecessitate faciente, ubicumque iaventum fuisset sive 
in flumine ,^ive in mari sive in fontibus, tantùm 
christianâ confessione credulitatis clarificatâ y qui- 
cumqoè.hoàiinum ex gentili veniens baptizaretur. 
Item fecit constitutum ad interrogatiônem sacerdo- 
tum4e circulo paschali, cum presbyteris et epjscopis 
factâ collatione , et accei'sito Theophilo , Alexandriae 
episcopo , ut à quartâ décima luuae primi mensis us- 
que ad vigesimam primam , die dominicâ custodiatur 
sanctum pascha. 



CAPITULUM IV. 

De TertuUiano et laudibus Origenis (i). 



EUSEBIUS. 



Anno Severi decinip octavo, Tertullianus Afer, 
centurionis proconu>ulîs filius, omnium ecclesiarum 
senuotie celebratur, de quo Hieronymus in libro lllus- 
trium viromm multa refert. Actor. Prout l'ecitant 

(i) Vmc. de Beauv. XII » 7, 8 et 9. 



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DE HiJNAtT. LIYMS VIL 6l 

l'eaa de fontaine y qui sent également purifiées par la 
foi chrétienne. II prit Tavis ^es prêtres et des évéques 
pour régler une contestation qui s'était élevée au sujet 
de la célébration de la fétç jde Pâques , et décida , après 
avoir consulté Théophile , évéque d'Alexandrie , qu'on 
célébrerait la.^âque le dimanche , depuis le quator- 
ziènxe jour de la lune du premier mois jusqu'am vingt* 
unième . 



CHAPITRE IV. 

De Tcrtullien. Éloge d'Orif^éa 



SUSèfiE. 



La dix-huitième année du règne de Sévère , Tertul- 
lien, né en Afrique, d'un centurion du proconsul, se 
.rend célèbre dans toutes les églises par ses ouvrages. 
Saint Jérôme parle beaucoup de lui dans son livre des 
Hommes illustres. L'auteur. Suivant la Chronique 
d'Eusèbe et le Traité des Hommes illustres de saint 



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6a ANNAXES 

Ëusebiuâ ÎB Chronicis et Hieronymus in libra dt 
lUusIribus viris, Origene^ doctor teltiporibus Sevèrt 
împeratoris floniit. De cuju9 laudibus Haymo in Chri»- 
tianaruirï rerum Memoriâ k» inquît: Novimus Euse- 
bium à quijptisdam ecclesiasticts viris aliquantuliim 
fuisse notatum , quod uimius fuerit in Iffude Origenis : 
illud yêrb de eo breviter enarramus quod orthddoxi 
quinq«e et religiosi viri diffiteri non possunt. Ori- 
gènes ^ Leonidis martyris fîlius, et ipsè ferè à pueritiâ 
martyr voluntate et forsitan actu , nisi quod à pâtre 
subripiente noctu vestes ejus piâ fraude prsopeditas 
^ esty'magnam et manifestam gratiam à Deo scientiae 
consequitnr, potens in grammaticâ et ceteris commu- 
nibuslitteris, et in omni physicâ eruditione apprimè 
institutus, maxime in lectione et doctrinà, divino- 
rum voluminum potentissimus illius temporis et fa- 
mosissimus indagator. Hic ergo, prae magna et incre- 
dibiii scientiae prœrogativâ, doctor ecclesiae apud 
AleiLandriam à Demetrio , episcopo tpsius loci , con- 
stituitur; cathedramque doctorum tertiusobtinet post 
Pantsenum et Clementem , cujus scilicet Clementis et 
ipse extitit auditor. Ubi dîim verbumDei docet palàm^ 
tàm xiros instruens quàm feminas y et omnem occa- 
sionem turpis maledicti gratia vult înfidelibus tollere, 
quidam minus perfecti sensûs exercet in proprio cor- 
pore y sed ferventis fidei et nimiœ castitatis bpds : nàm 
illud evangflicum attendens, sunt eunucki quicastrn- 
verunt sepropterregnum cœlorum : quipotestcapere * 
capiat; mox in se ipsum adimplevit. Tune ergo nullâ 
adversariis obtrectandi suspicione derelictâ , maxime 



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DE HAINAUT. LIVRE VII. §5 

J^ràme 9 Ctoigèoe ^ docfleur de TS^Use , flori«aftk «iis|$ 
sous le régue de l'empereur Sévère. JUaimon , dans 9on 
Méjdorijd eedésiastique , faii son éloge en ces termes : 
Je sais que plusieurs ecclésiastiques ont reproché à 
Eusèbe d'avoir trop loué Origène ; mais ce que ie~ 
vais dire de lui^ est appuyé sur l'autorité de cinq 
hommes pieux et orthodoxes^ et ne sera point dés- 
avoué par eux. Origène , fils de saint Léonine , eut àhs 
ren&nce le désir de souffrir le mai'tiré , «t VaunArsoulC- 
fert réettement si son père ne Ten eût empàihé par une 
fi«ade piettSe , en lui cachant ses feâbîn praidànt k 
nuit. Par la fracç 4« dku d^ U science il «e rendit 
habile dadi la grammaire aussi-lHen qae dans b jdiilo^ 
Sophie, mais surtout dans h lecture et l'eScplioatMi 
à^ saintes Ecritures , dont il fut , de son tems , le plus 
savant et le plus illustre interprète. Soi^ mérite ex- . 
traordinaire le fit choisir par Démétrius * évéqoe d'A-* 
lexandrie , pour enseigner dans l'église de cette ville , 
où il occupa la chaire de docteur après Pantène et 
saint Clément , qui avait été son maître. Comme il y 
expliquait publiquement la p^ld de TAen à une foule 
d'hommes et de femmes , pour ôter aux infidèles tout 
prétexte de le calomnier, il donna , un peu inconsidé- 
rément peut-être, un grand exemple de foi évidente 
et d'excessive charité, en accomplissant sur lui-même 
cette parole de l'Evangile : Il y en a qui se êofU/ails 
eunuques eusp-m/mes pour gagner le royaume du ciel; que 
celui qni menUnd^ m'entende. S'^nt mis ainsi à l'abfi 
de tout soupçon , il s'occupa incessamment de ses 
fonctions , «Dseignant le jour et la nuit , en public et 
en particulier, et vivant dans l'abstinence la plus ri- 
goureuse. Il veillait presque constamment ; et si quel- 
quefois la natupe lui demandait un instant de repos ^ il 



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64 ANNALES 

dpctrinae et praedicationi instituit opportune et impor- 
tune , per diem et per noctem , publiée et privatiin , 
et in abstinentiâ plurimâ, in jejuniis indesinentibus 
et vigiliis penè jugibus : ità ut si quando aliquîd pa- 
rîun somnii nécessitas naturalis exigéret, banc ille 
non suprà stratum, quo nullo omnino utebatur^sed 
Suprà nudi soli dependeret superficiein. Fertur autem 
quod»#x ejus audîtorio plurimi ex utcoque sexu mar- 
tyres effeoki sunt. Sed et illud praeclarum fertur de 
eo, quod nunquàm permisit ea quae in ecclesiis dis- 
serebat à notarîis excipi , nisi quando jam sexagesi- 
mum aetatis agens annum , multo usu et labore plu- 
rimùm fiducise in verbo Dei acceperat y quando scilicet 
jam inerat ei vltae gravitas et maturitas aetatis et 
^multae expeifentiae auctoritas. 

CAPITULUM V. 

De piâ excusationeOrigeni8(i). 



VmCENTIUS. 



Ukde plurimiim admirari non sufficit, quod vir 
tàin illustris, tàm apertè rebellans et obvians bae- 
reticis^ devolutus sit in ignominiosam haeresim et 
errorem , quod scilicet seraphim in Isaia Spiritum 

(i) Vinc. de Reauv. XII, 7, 8 et 10. 



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D£ HàlNAUT. LIVRE VU. 65 

le prenait , non sur un lit ^ car il ne 8*en servait jamais, 
mais sur la terre nue. Plusieurs de ses disciples , de 
lun et de l'autre sexe , souffrirent le martire. On rap- 
porte de lui y comme un fait remarquable , qu'il ne 
permit de mettre par écrit les paroles qu'il prononçait 
dans l'ëglise, que lorsqu'il eut atteint soixante ans, 
c'est-à-dire lorsque la maturilc de son âge et sa longue 
expérience lui eurent donné plus de confiance en lui- 
même. 



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CHAPITJIE V. 

Comment on p«ut excuser Origène. 



VINCENT DE BÊAUYAIS. 

On ne peut trop s'étonner qu'un homme si illustre , 
un ennemi si déclaré des hérétiques , soit tombé dans 
la plus honteuse erreur^ ftu ppint de soutenir que le 
séraphin d'Isaîe est le Saint-Esprit , de parler de la 
pénitence du diable , et de dire que les réprouvés ob- 
tiennent leur pardon après mille ainr/ct beaucoup 



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66 ANNALES 

Sanclunl esse éxposirërît. Et in alio ioco, de pœnî- 
tehtiâ diàboli scripsit; et de ablutîonc reproborum 
post miUe aniios , et de multis aliis quae orthodoxae 
fidei adversantur; maxime cîim abstinentissimae et 
castlssîmîe vitœ referatur fuisse, et tàm praeclarae 
doctrine , tàm puri et lucidi sermonis. Ego sanè de 
eo , salvu fide patrum, dixerim , quod vel hœc omniao 
nou scripserit , sed ab haereticis , ob praeelarum no- 
màn ejus obfuscandum, maligne consuta sunt et con- 
scripta, et nomine suo praetitulata ; vel si scripsit, 
^on statuit ex seutentiâ, sed disaeruit ex opinione : 
nàm, ut ipsemet dicit, pbilosophorum et haeretico- 
rum dogmata didicerat, ne ad eos convincendos im- 
peritior esset, si ignoraret quae apud ipsos erant. Et 
fortassè cùm in aKquibus locis scribendo attigit eo- 
rum errores, calumniatus est hoc à se ipso dixisse; 
qu6d si etiàm prœdictas hœreses Ut placeret quibus- 
dam , ex sententiâ scripsit valdè compatiendum est 
tàm eruditi pcctoris viro, qui taiilam eruditionem 
copiam niinistravit ; cujus vitia , si qua suât in 
Scripturis, potest eorum quae fîdeliter scripsit lu- 
mino3us quide:n ac cœlestis spleudor exsuperare. 
De quo à patribus scriptujn est atque dictum, quod 
ubi bcnè scripsit, nuUus méliùs; ^uod autem erra- 
tum .est ab Origene ; et si contra orthodoxam fidem 
aliquid est dcscriptum , opinor' ex hoc ei acciflisse 
quod nimio lectiotiis studio ^hilosophos est amplexus. 
Attigerat enim et omninô hssecutus fuerat secrela 
Platonis et Pythagorae Chercmonisque stoici et Cor- 
nuti volumina cœterorumque pbilosophorum, et for- 



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DE HAINAOT. LIVRE VU. 67 

d'autres choses conirdires à la foi orthodoxe , surtout 
lorsqu*on son^e que la -vie de cet homme fut si cljaste 
et si sévère , sa doctrine si sublime , ses discours 'si 
purs et si lucides. Avec tout le respect que je dois à la 
foi de mes pères , je crois que tant d'ouvrages con- 
damnables n'ont pas été composés par Origène , mais 
par des hérétiques qui les ont publiés sous son nom, 
pour noircir sa réputation ; ou que , s'il en est Tau- 
teur^ il ne les a point écrits pour exprimer son opi- 
nion j mais pour expliquer des doctrines ; ear il dit 
lui-^méme qu'il avait étudié les diffirens dogmes des 
hérétiques et des philosophes , afin de pouvoir les ré- 
futer ; et c'est injustement qu'on l'accuse de faine sâ 
profession de foi , lorsqu'il ne fait qu'exf>oser leurs 
erreurs. Enfin si y comme on le vent , on d^t reprcKJKr 
ces hérésies à Om^ène , il faut plaindre cet-boOMne si 
savant , qui sut si bien communiquer «a vaste érudi- 
tion, et dont les fautes, si Ton en trouve dans quelques- 
uns de ses écrits , sont éclipsées par la lumière céleste 
qui brille dans les ouvrages que la foi lui a dictés ; 
cet homme dont nos pères ont vendu ce témoignage , 
que , quand il écrit bien , nul n'écrit mieux que lui- 
Ce qu'il peut avoir dit de contraire à la foi orthodoxe, 
vient , selon moi , de ce qu'il s'appliqua trop à la lec- 
ture desphltosopbes. Il était parvenu en effet à expK« 
quer parfaitement les ouvrages abstraits dif^laton, de 
Pithagore, du stoïcien Chémémon, de Comulus, etc.; 
et l'on peut croire qu'à force de méditer sur ces écrits, 
il buE dans le calice doré de-£abilone , et , malgré lui , 
en répandit- la lie sur les saintes Ecritures ; ce qti doit 
apprendre aux ecclésiastiques à ne pas trop se livrer à 
l'étude de la philosophie, de peur qu'enivrés de ce 
breuvage pernicieux , ot enflés d'un vain orgueil, ils 



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68 ANNALES 

tassé cpod nimis in eis moratus et diutiîis ebibit de 

calice Babylonis inaurato, quodam ipodo coactus est 

de ejus fece in sacram Scripturam efTundere. Ex quo 

valdè et vigilanter cavendum est ecclesiasticis viris, 

ne nimis philosophicis institutis dent operam, ne 

forte, ciim inebriati fuerint inanibus poculis et tunii- 

dis sensibus inflati, difEciliiis retracto pede, ad hu- 

militatem Christi revocentur, et tardiùs fîdei nostrse 

adquiescant, quando quidem edocti sunt contraria. 

Neque, hoc diceiido, lectores artium damnamus et 

artes, nàm et ipsae non inutiliter leguntur ad pro- 

fundas'thëologiae quaestiones enodandas et perscru- 

tandas rationes : quippè ipsa est domina artium , et 

caeterae ut pedisequae confamulantur. Yeriim quosdam 

scolasticos pon mediocriter repreh^ndimus , qui li- 

)nfi Êimiiiariter adhserent, et totos se 

totum penè in çis, vitae suœ,cursum 

smpus consumant. Quàm honestiùs 

e intendcre disciplinae! Quàm rectiîis 

Scripturae libros addisccre ! Quibus 

it operam, paucioribus certè tempo- 

rum spntiis , totam in se bibliothecam ecclesiae trans- 

fiinderenty quàm omnes frivolas ilias et penè inutiles 

scientiolas quibus occupantur. 



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DE HAINAUT. LITRE vA. 69 

ne retiennent avec peine à rhumililé da Christ et à 
la simplicité de notre, religion. Ce n'est pas qne nous 
condamnions les lettres et ceux qui les étudient , car 
elles sont utiles pour pénétrer dans les profondeurs de 
la théologie , qui est la reine des sciences ; mais nous 
nous élevons avec force contre certains prêtres sco- 
lastiques qui s'adonnent tellement à la lecture des écri- 
vains profanes , qu'ils consinnent leur vie entière dans 
cette étode frivole. Combien ne serait-il pas plus con- 
venable de s'occuper de la discipline ecclésiastique y 
plus louable et plu^facile d'étudier les saintes Ecritu- 
res ! S'ils voulaient s'y appliquer, il leur faudrait moins 
de tems pour connaître à fond toute la bibliothèque 
de l'Eglise , que pour posséder les vaines sciences dont 
ils s'occupent. 



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70 



JlirNAUS 



CAPITULUM VI. 

[De mnltitaclnie librorum Origenis (i). 



ExTANT Origenis commentarii , quos in sacras 
scripturas diligentes et luculentq^ edidit. Itaque tri- 
ginta libros in partem quamdam Isaiae proplietae 
commentatur, in Ezechielem quoque viginti quinque 
libros y totidemque in Cantica Canticorum. Libnim 
etiàm de Martyribus scribit ad Ambrosium^ tanfâ et 
tàm districtâ Spiritûs virtute , ut ejus sententiis tan- 
quàm validissimis nervis midtos ad martyrium stabi- 
liret. Sunt et alia ejus opuscula innumerabilia , quœ 
omnia enumerai;p ejus compendii non est opus. IIie- 
BONYBfUS ad Pammachium et Oceanum. Origenes 
mille et ampliiis tractatus , quos in ecclesiâ locutus 
est, edidit^ et innumerabiles praetereà tomos. Quis 
tàm ardentem animum in ^ripturis non miretur? et 
cîim in oeteris libris omnes viccrit, in Cantico Canti- 
corum ipse se vicit. Quod si quis nobis ejus eri'Ores 
opposuerit, audiatlibcrè: interdîim magnus dormi^ 
tat HomeriiSy verîim operi longo fas est ignoscere 
sjmno (a). Vincentius. Licèt , ut dictum est , Origenes 
in multis erraverit, tamen quià multa et praeckira 

(i) Vinc. de Beauv. Xll , 7, 8 cl ii. « 

(2) Horat. Ars poci. 



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DS HAINACT. UVtZ TII. 7,1 

CHAPITRE VI. 

Des nombreux ouvrages d'Orieèoe. 



Nous avons d'Origène des commentaires très-judi- 
eiea^ et très-amples sur TEcriture sainte , trente vo- 
lâmes snr une partie du livre d'Isaïe, vingt -cinq sur 
Ezéchiel , et autapt sur le Cantique des Cantiques. 11 
dédia à Ambroise son livre des Murtirs , ouvrage telle- 
ment rempli du Saint-Esprit , que beaucoup de fidèles 
furent affermis dans leur résolution de souffrir le mar- 
tire, par la force des raisonnemens qu'il y emploie. Il 
a écrit encore un grand nombre d'autres ouvrages 
dont rénumération n'est pas du ressort de cet abrégé. 
Saot JÉrAme , Lettre à Pammaque et Océanus, Origène 
a laissé plus de mille discours prononces par lui en 
public y outre des écrits innombrables. Qui n'admire- 
rait cette anieur d'écrire? Autant il surpasse les autres 
écrivains dans tous ses ouvrages , nutant il vse surpasse 
lui-même dans le Cantique des Cantiques. Si l'on m'op- 
pose ses erreurs, je répondrai : Le bon Homère dort quel- 
quejoisj mais dans un iong ouvrage il est permis de céder au 
sommeil. Vincent. Quoique Origènesoit tombé, comme 
on Ta dit, dans beaucoup d'erreurs, il a composé un 
grand nombre de beaux ouvrages dont plusieurs sont 
admis par l'Eglise. Lepape Gélase , dans ses décrets , ap- 
prouve , aussi-bien que saint Jérôme , quelques-uns de 
ses opuscules. Parmi ceux que j'ai pu trouver et dont 



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72 ANNALES 

scripta rellquit, quaedam eorum Ëcclesia recTJ)it. 
Nàm et papa Gelasius ia decretis suis illa opuscula 
Origenis approbat, qu» beatus Hieronymus non re- 
probat. Ex bis ergo quae reperire potuimus, et ex 
quibus notabilia plurima opusculis nostris inserui- 
musy sunt ea quae scripta sunt super Genesim homc- 
liœ XVII , super Exodum homeliae xiii , super Leviticum 
homeliœxYi^ super librumNumerorum homeliae xwiii, 
super Josue homeliae xxvi , super Judicum homeliae ix. 
Item de Helcana tractatus unus, super principium 
libri Job libri très, super psalmum xxxvi""* homeliae y, 
super psalmum xxxvii*^ homeliae ii, super Jeremiam 
prophetam homeliae xiv, super Isaiam prophetam ho- 
melîee ix , super principium Canticorum libri m , super 
idem principium homeliae ii, super Ezechielem home- 
liae XIV, super Mattheum libri xxvi, quorum tamen 
duodecim primos nusquàm me vidisse memini ; item 
super Lucam homeliae xxxviii; item super principium 
Joannis tractatus unus, super epistolam ad Romanos 
libri X. 

CAPITULUM VII. 

De erroribus Origenis (i). 



ScRiPSiT posteà libros péri Aixiton (a) in quibus 



(i) Yincde Bcauvv XII, la. 
(a) ni^rA^;t»'- 



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DE HAÏNAUT. IIVM VII. 'j5 

j'ai inséré dans mon ouvrage les passages les plus im- 
portansy on remarque: xvn homélies sur la Genèse, 
xia sur TËxode , xvi sur le Lévitique; xxviii sur le livre 
des Nombres , xxvi sur Josué , et ix sur les Juges ; un 
traité de Helccma , trois livres sur le commencement du 
livre de Job, v homélies sur le xxxvi* psaume, ii sur 
le xxxvii*, XIV sur le prophète Jérémie , ix sur Isaïe , 
m livres et ii homélies sur le commencement des Can- 
tiques , xrv homélies sur le prophète Ezéchiel , xxvi li- 
vres sur saint Mathieu , dont je n'ai pourtant jamais vu 
les douze premiers , xxxviii homélies sur saint Luc, un 
traité sor le commencement de l'Evangile de saint Jean, 
et X livres sur l'épitre aux Romains. 



CHAPITRE VU. 

Erreurs d'Origéne. 



Il écrivit ensuite son livre des Principes j qui ren- 
ferme ses principales hérésies ; il faut également se 
défier d'an passage de son commentaire sur saint Ma- 



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74 ANNALBS 

maxime ejus haereses ioveniuntur j et ia commentario 
eju8 suprà Mattheum cavendum est, quod dicit pa- 
nem illum quem dédit Dominus discipulis suis, non 
fliisse verum corpus ejus , exponcus illud raysticè de 
pane verbi Deî. In commentariis quoque librorum 
Moysi videtur nimis aliegoricum sensum sequi et quasi 
improbare historiœ veritatem. Epiphanius , Salaminae 
epîscopus. Praeterco frivolam Origenis expositionem 
(^e tynicis pçlliceis , quaoto conatu qu^i^tisque egerit 
argumentis, ut tunicas pelliceas huroana corpora cre* 
deremus. Qui iptpr mults^ ait: Nunquàm coriariu$ erat 
Deus aut corticarius y ut coqficeret pelles animalium, 
et consuerct tunicas pelliceas Adae et Evœ. Manifes- 
tum est ergo, inquit, quod de corporibus loquitur. 
Si autom propter unum verbum aut duo quae fidei 
contraria sunt, multœ hœreses abjectœsunt ab Ecclesiâ, 
quantomagis Origenes inler haereticos habebitur, qui 
tantas perversitates contra fidem Dei adinvenit, et 
Ecclesiœ hoslis extitit? Hieronymus , ad Aificiim 
presbjterum. Qui libros péri Archon Origenis à me 
translatos voluerit légère ; et calceatis pedibus ad 
terram promissionis pergere , ne ibi à serpeutibus 
mordcatur, et arcualo vulnere scorpii verberetur, 
légat priîis hune librum , et antequàm ingrediatur 
viam quœ sibi cavenda sit noverit. Item idem ad 
Pammachlum et Oceanum. Si mihi crcditis, orige- 
nista nunquàm fui j si non creditis, nunc esse cessavi. 
■ Majè sensit Origenes de filio , pcjus de Spiritu sanclo; 
animariHîi de cœlo ruinam impie protulit; veram car- 
i)i3 resurrpctionem negavit; postmulta ^ijjfîm seci^la 



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DE HAINAUT. LIVRE VIL ^5* 

thieui où il dit que le pain que Jësus-Chri&t donna à 
ses disciples n'était p^ son vrai corps , mais une figure 
pour désigner le pain de la parole de Dieu. Dans ses' 
commentaires sur les livres de Moïse , il cherche aussi 
trop souvent le sens allégorique , et parait douter de la 
vérité des faits. Saint Epiphaise, évéquc de Salamine. 
Je ne parlerai pas de ce qu'Origène dit des vétemens 
de peau , et des efforts qu'il fait pour prouver que nos 
corps ne sont pas autre chose. Faut-il croire, dit-il, 
que Dieu était tanneur ou corroyeur parce qu'il est 
écrit qu'il fit des habits de peau pour Adam et Eve? 
N'est-il pas clair que cela doit s'entendre de leurs 
corps? Mais si l'Eglise regarde comme des hérésies 
un ou deux passages contraires à la foi , à combien 
plus forte raison ne doit-on pas mettre Origène au 
nombre des hérétiques , lui qui inventa tant de calom- 
nies contre la religion et fut ennemi si déclaré de 
l'Eglise ! Saiî^t H^oulv. y Lettre au prtlre Jvicç, Si quel- 
qu'un veut lire le livre des Principes d'Origène, tra- 
duit par moi, et marcher vers la terre promise, les 
pies chaussés , pour éviter la morsure des serpens et 
des scorpions , qu'il lise ces ouvrages avant de se mettre 
en route , et il saura ce qu'il doit fuir. Le mâhe , Lettre 
à Pammaque et Oceanus. Si vous me croyez , je n'ai 
jamais été origéniste ; si vous ne me croyez pas , j'ai ^ 
cessé dç l'être. Qrigène a des sentimens condamnables 
sur le Fils , de plus condamnables encore sur le Saint* 
Esprit ; il soutient que les âmes périront après leur sét 
joif r dans le ciel ; il nie la véritable résurrection , et 
avance que tous les hommes renaîtront dans un grand 
nombre de siècles. Saint Ambroise vient de recueillir 
son Hexamérou ; mais comme \ous prétendez être mes 
rivaux, vous avez pour les autres des ieux de taupes 



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' 76 ANNALES 

unam de omnibus fore restitutionem asseruit. Nuper 
sanctus Ambrosius Hexameron illius compilavit ; sed 
quià mei aemula tores vos esse dicitis, ad cetcros talpae, 
caprarum in me oculos habetis. Item Hieronymus 
ad Desideriiim. Origenes melior omnibus in bonis , 
pejor in malis fuit. 



^«^•/%^^«/« «^<%<«/%«/%.^«.^<% 



CAPIÏULUM VIII. 

De pœnitcntiâ Ori genis ( 1 ) . 



HIERONVMUS. 



Ipse quoquc Origenes in ;pistolâ, quam aîd Fabia- 
num^ romanae urbis episcopum ^ scribit , pœnitentiam 
agit, quod taiia scripsit; et causas tcmeritatis in Am- 
brosium refert, quod secret6 édita in publicum pro- 
tulit. ViNGENTius .Extat etiàm libellus qui Planctus 
Origenis dicitur, et à beato Hieronymo translatus 
inscribitur, in quo sic ex ejusdem Origenis personâ 
legitur: <c Heumihi! mater mea, qu% peperisti \i^m 
<c legis peritum; in iuiquitate projectum; virum reti- 
<c giosutn et in impietatem delapsum! peperisti quasi 
a turrim excelsam et elatam , sed subito usque ad pa« 
a vimentum prostratam ; sicut arborem fructilbram 
<f citd marcidam \ sicut lampadem luciferam, et subito 

(1) VioG. de Beauv. XII, i3 et 14. 



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DE HAINAUT. UVRE VII. 77 

el pour moi des ieux de chèvres. Le mbmb > Lettre à 
Didier. Origène surpasse toul le monde en bien comme 
en mal. 



CHAPITRE VIII. 

Pënîlcnce d'Origènc. 



SAINT JÉRÔME. 

Dans une lettre adressée à Fabien , évéque de Rome , 
Origène se repent d'avoir écrit ses ouvrages , et rejette 
la faute de sa témérité sur saint Ambroise , qui avait 
publié ce qui n'était pas fait pour voir le jour. Vincent. 
11 existe un petit livre intitulé Gémissemens dOrigèrUy 
qui a été traduit par saint Jérôme, et dans lequel 
Origène parle ainsi de lui-même: a Pourquoi > ma 
tt mère , avez-vous mis au monde un homme à la fois 
« savant dans la loi et couvert d'iniquités , un homme 
« pieux et impie tout ensemble ? Celui que vous avez 
« enfanté est comme une tour élevée jusqu'aux cieux 
«et bientôt renversée, comme un arbre chargé de 
«fruits et flétri avant la saison, comme une lampe 
«brillante qui s'éteint tout à coup. Qui donnera des 
« larmes à ines ieux pour me pleurer moi-même dans 
« mon r**««ntir? Je vois le sacerdoce pleurer sur moi 



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78 ANNALBS 

ce e)ctiiiguendâ[m. Quis dabit capiti meo aquam, et 
a oculis meîs fontera lacrymaranl , ut plangam me 
« ipsum et contritioDe meâ ? Cemo sacerdotium flere 
«r super me , et thorum meum araneam texeutem. 
a Requireme, Domine , quià de superiori Jérusalem 
<c cecidi. Heu mihi ! quondàm doctori^ qui nec locum 
a teneo discipuli. Tu nosti, Domine^ quià invitus ce- 
ce cidi : volens alios illuminare, me ipsum obscuravi. 
<c Video super me nubem obnubilantem , et solem 
« radios suos abscondentem ; protège me , Domine , 
«et mitte Spiritum tuum , ut igneo respèctu repellat 
<c a me diabolum spinosum , et deleatur quœ contra 
(c me est cautio peccati ; ad vesperum demorabitur 
« fletus, et ad mâtutinum Isetitia. » Vincewtius. Scrip- 
sit autem Origenes apologiam prose, in quâ sic loqui- 
tur : ce Quidam eorum qui libenter habent criminàri 
ce proxirtos, ascribuût nobis et doctrinae nostrae cri- 
men blasphemiae, quôdà nobis nunquàm audierunt, 
ce dicentes me patrem malitiae ac perditionis et eorum 
ce qui de regno ejiciuntur, id est diabolum , dicere esse 
(c salvandum , quod nec aliquis quidem manifeste in- 
u saniens diceret. Sed nihil mirum mihi videtur, si 
ce adulteratur doctrina mca ab inimicis^ tali adulterio 
tf quali et epistola Pauli apostoli corrupta est : quidam 
<t enim sub ejus nomine scripserunt epistolam fakam, 
« ut ecclesiam Thessalonioensem exturbarent , quasi 
a instaret diès Domini, et eos seducerent. Taie quid 
ce et in nobis video acciderc ; nam quidam actor hre- 
cc reseos, cùm sub prœsentiâ multorum habita fuisset 
a iutcr nos dispdtatio, et descrip^a accipiens ab bis 



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DE HArtfAUT, LIVRE VU. ^ 

«et Taraignëe préparer ma coache. Ra)ppetez-tti^i à 
« Vous y Seigneur^ car je so\& tombé de la Jérusalem 

• céleste. Hélas! autrefois docteur^ je ne suis plus 
« même disciple maintenant. Seigneur^ vous le sÀvez ^ 
a c'est malgré moi que je suis tombé : en voulant éclai- 
« rer les autres , je me suis enveloppé de ténèbres. Un 
« nuage obscur plane au-dessus de ma tête et me cache 
« les rayons du soleil : protégez-moi j Seigneur, et en- 

• voyez votre Esprit pour éloigner de moi le démon et 
« effacer en moi toute trace de péché. Le soir alors 
« m'apportera la tristesse etiè matin la jôife. » ViNcENt. 
Origène , danâ Tapologle qu'il a cdmpôsée pour lui- 
même , s'exprime ainsi : « Quelques-uns de ces horàities 
« qui se plaisent à calomnier m'accusent de blasphème, 
« quoiqu'ils n'en aient jamais entendu de ma bouchée » 
« prétendant que j'admets le salut du père des réprou- 
a Tés , de l'auteur de notre perdition , des diables , en 
« un mot , ce que l'homme le plus insensé n'oserait 
« supposer. Mais je ne dois pas m'étonncr que ma doc- 
« trine ait été falsifiée comme le fut l'épitre de l'apôtre 
« saint Paul , sous le nom de qui on -écrivit une fausse 
« lettre où , pour troubler l'église de Thessalonique et 
a effrayer les fidèles , on supposait que la fin du monde 
« approchait. J'e vois que la même choàe m'est arrivée. 
« Un hérétique , après une dispute qui eut lieu entre 
« nous en présence de beaucoup de monde, se fit don- 
« ner mon manuscrit par les copistes ; «t aujourd'hui, 
« après y avoir fait tous les retranchemens, additions et 
« changemens qu'il a voulu, il publie sous mon nom 
« et dénonce partout l'ouvrage dont il est l'auteur. 

• Qu'on croie si Ton veut ce que j'atteste ici en pré- 
« sence de Dieu ; mais celui qui ne me croira pas , et 
« qui voudra parler mal de moi , ne me fera aucun 



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80 ANNALBS 

<c qui descripserant codicem, quod voluit addidît, et 
«c quod voluit abstulit , et quod yisum est ei permuta- 
« vit; et circumfeit tanquàm ex nomine nostro, in- 
« sultans y et osteudens ea quœ ipse scripsit. Si quis 
ce ergo vult credere miln in conspectu Dei loquenti , 
« credat ; si autem quis non crédit , sed vult de me 
<c malè loqui , mihi quidem niliil damni infert : erit 
« autem ipse faisus testis apud Deum et apud proxi- 
« mum falsum testimonium vel dicens vd dicentibus 
« credens. Timcat autem quod dictura est : Maledkti 
a regnum Dei non possidebunL » Hieronymus , de 
lllus tribus viris (i). FloraU Severi principis tcmpori- 
bus Polycrates , Ephesiorum episcopus , et Narcissus 
Hierosolymitanus; Appion quoque sub Severo prin- 
cipe in Hexameron tractus edidit ; Sextus librum de 
resurrectione scripsit. Hdgo , ubi suprà. Tune etiàm 
floruit Simmachus , elegans divinae legis interpres , 
et Theodoûon , génère Ponticus , qui , tertio anno post 
memoratum Simmachum , secundam scripturarum 
sanctarum composuit editionem. In romanâ quoque 
cathedra Calixtus Zepherino successit ; post quem 
Urbanus romanum pontificatum tenuit. 

(i) Vinc.de Beau?. XII, ifi. 



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dB HilNAUT. iJTKB ?IL 8l 

• tort f tandis cfu'il secg coopaUe de feux tëmoignage 
« devaint Diea , comme imposteur ou comme ayant 
c ajouté foi à Timposture. Qu'il sonj^eà ce qui est écrit : 
« Les calomniateurs ne posséderont point le 'royaume da 
m ciel. » Saint Jiaom ^ Hommes illustres. Sons le règne 
de Sévère yiyaient Policrate, éréque d*£phèse; Nar- 
cisse ; erèque de Jérusalem i Âppion , auteur d'un traité 
sur THexaméron ; et Sextus ^ qui a fidt un ouvrage sur 
la résurrection. Hugues , ibid. Dans le même tems flo- 
• rissaient aussi Simmaque , élégant interprète de la loi 
divine' et Théodotion^ né dans le Pont, qui donna, 
• trois ans après Simmaque, une seconde édition des 
•saintes Ecritures. Saint Calixté succéda à saint Zéphi- 

rin dans la chaire pontificale de Rome , et fut remplacé 

par saiitt Urbain. 



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82 ^ AlINAtES 



CAPITULUM IX. 

D€ morte Sereri et iittperio Caracallae (t). 



* HUGO FL0RIACEN8IS. , • 

Imper ATOR autem Severus , apud Eboracum oppi- 
dum deficiens , reliquit filios duos Bassianum et Ge- « 
tam; quorum Gela hostis publicus judicatus interiiL 
Bassianus autem ^ Antonini cognomine assompto ^ 
potitus est patrie regno. Porro cîim Severus viigsset 
annis lxv, defuuctus est, vir bellicosissimus omnium 
qui antè Ipsum fuerunt, et graecis ac latinis litteris 
simul sufficienter instructuS. Fuit etiàm acer ingenio 
et ad omnia quae intcndisset fine tenus perseverans; 
nenevolentiû quoque quo se inclinasset mirabili atque 
perpétua ; ad quaerendiim quoque diligens , et ad lar- 
giendum liberalis , et in amicos et inimicos pariter ve- 
hemens.. EnsEBius in Chronicis. Romanorum igftur 
decimus octavus, Antoninus Caracalla cœpit anno 
Domini ccxiii% nmndi vero ivmclxxvi ; et impêratit 
annis sea Hugo. Hic Severi filius fuit, idem qui et 
Bassianus. Fuit autem libidine intemperantior pâtre. 
Qui etiàm novcrcam suam duxit uxorem. Eusebius. 
Hic imperalor Caracalla cognominatus est , propter 

(ï) Vinc.deBcauY.XII, 17. . 



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DE.HAINAOT. UTRE VII. 83 



CHAPITRE IX. 

Mortde^vôre. Ocracdtia, empereur. 



HUGUBS t>« FLtURT. 

VEt/ktmvti Sérère mourut à Yorck, laissant deux 
fils , Bâssieu et Géta. Ce dernier fut déclaré ennemi de 
la république et mis à mort. Bassien prit le surnom 
d'Àntonin et se mit ei^possession de l'empire. Sévère 
mourut à Yà^e de 65 ans. Ce prince était plus belli- 
queux qu'aucun de ses prédécesseurs , et très-savant 
dans les lettres grecques et latines. 11 avait un esprit 
pénétrant , et p^sévérait jusqu'à la fin dans ses entre- 
prises. Sa bienveillance pour ceux qu'il avait pris en 
affection ne se démentait jamais. Il était promt à s'ir- 
riter, aimait à répandre des largesses , et mettait la 
même ardeur dans ses amitiés et dans ses haines. 
Chronique d'Eusàbe.. Antonin Caracalla, dix-huitième 
empereur romain, parvint à Tempire l'an de Jésns- 
Christ 213, et du monde 4176, et régna six ans. 
Hugues. H était fils de Sévère , et le même que Bassien. 
11 surpassa son père par ses débauches , et épousa sa 
belle-mère. Eusèbe. Il fut appelé Caracalk^ du nom 
d'une esj^èce de vêtement «lors en usage à Rome , et 
auquel on dbnna ensuite le nom d'Antoiiine. Narcisse 
et Alexandre , évèques de Jérusalem • vivaient sous 
son rèyie. 



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84 ANNALES « 

vestis genus ^ qîiod BX)in8e erogaverat el k contrario 
Caracallae ex ejus nomine Antonianœ dictœ. Hujus 
tetnporibus floruerunt Hierosolymie episcopi Narcis- 
sus et Âlexander. 



CAPITULUM X. 

De morte Caracaîlhe et imperio Macri et Gahali (f }. 



HUGO FLORIAQiNSiS. 

CfiSAR igitur Aurelius Antoninus contra Parthos 
egressus, apud Edissam occisus est, corpusque ejus 
Romam delatum. Yixit autem ferè^ anms triginta. 
Gui successit nullâ voluntate senatus Macer Macrinus, 
palatii praefectus. Eusebius. Cœpit autem anno Do- 
mini ccxix, mundi veroivMCLXxxii, et imperavit anno 
uno. Hugo. Macer igitur Macrinus Ophilus, palatii 
praefectus, post Antoninum roinanum invasit impe- 
rium. Sed emerso anno^ tumuitu militari occisus est. 
Porro Marcus Aurelius Antoninus Gabalus, imperio 
romano potitus, imperavit annis quatuor, ëusebius. 
Hic fuit Romanorum vigesimus, Antonini Caracallae, 
ut putatur, filius. Cœpit autem imperare anno Do^ 
mini ccxx% mundi vero ivuclxxxiii. Hujus tempore 
Romœ papatum suscepit quindecimus Calixtus. 

(i) Vinc. de Beauv. XII, 20. 



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DE HAINAUT. UVltE TII. 



CHAPITRE X. 

Mort de Caracalla. Règnes de Macrin et d'iféliogalïale. 



HUGUES DB FLBURY. 

AuBÈLB AjxUHÎin Cal'acalla futinssassinéprès d'Edesse, 
dans une expédition contre les Parthes , et son corps 
fst apporté 4 Rome. II vécut près de trente ans. Macer 
Hacrin, préfet du prétoire , lui succéda sans avoir été 
élu par le sénat. Evsèbe. Son règne commença Tan de 
Jésus-Christ 219, et du monde 4183, H dura un an. 
Hugues. Macer Opilius Macrin, préfet du prétoire, 
s'emf^ra de l'empire après la mort d'Antonin Cara- 
calla*; mais un an après il fut tué par ses soldats ré^ 
volt^s. Marc-Aurèle-Ântonirf Héliogabale lui succéda, 
et régna Quatre ans. Eusèbe. Ce prince , qu'on croit 
fils dp Caracalk, fut le vingtième empereur romain. 
Il commença à régner Tan de Jésus-Christ 22iQ, e|du 
knonde 4185. De soû tems saint Calixte,- quiiudème 
pape , occupa le siège ^e Home. i ' 



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86 AlfRAUU 



CAPITULUM XI. 

De iaperio Alesandri (i ) . 



HUGO FLOEIACENSIS. 

Alexahder autem Mammeas , senatûs et militum 
voluntafe imperator creatus, imperavit annis trede- . 
cim. EuSEBius. Hic, Romanonim vigesimus primus^ 
imperare cœpit anno Domini ccxxiy*, mundi verô 
1YMCLXXXVII^ Hic in matrem Màmmeam fuit unicè 
pius j et ob id amabitis omnibus* Hujus temporîbus 
Romae papatum suscepit Urbanus , deindè Pontianus. 
AcTOR. Legitur hic Alexaoder Xerxem, regem Per-» 
sarum, gloriosissimè \dcissc. A cujus victoriâ cùm 
rediret,^sicut legitur in Passione Thora» apostoli, 
supplicanles sui impetraverunt ab eo , ut mitteretur 
ad regulos Indorum , ut redderent corpus Thomœ 
apostoli civibus : sicque translatnm est corpus ejus 
de Indfâ ad Edissam, et^ositum in locello argenteo^ 
quod pendef in catenis argcnteis. Hujus 'temporibus, 
incly tî martyres Christi , Tiburtius et Valerianus cum 
beata virgine Cecilià, Romœ martyrisati sùnt. Item 
passas est beatus Calixtus papa. Item passi sunt beati 
martyres Urbanw papa cum sociis suis. Item passi 
sunt Quiricus et Julitte. Item passa est sancta Mar» 
tina cum octo martyribus al^s, 

(i) Vinc. de Beaar. XII , 21 . 



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DE HAINACT. $jyB% TH. S'J 



CaSAPITRE XI. 



t 



HU6DE% DE FLBURY. 

* AJ.CXATIDRE , fils de Mamméa , fut élu empereu* par 
rarmée , et régna treize ans. Eusèbe. Ce prince , ringt* 
unième empereur romain , commença, à régner Tan 

. de Jésus-Chrï^ 224 ] et du Inonde 4187. Sa tendresse 
pour sa mërelMam^éa lui ac^it rattachement de tout 
le monde« De ^n tems saint \Jrbain fut élu pape, et 
après lui saint Pontien. L'auteur. Alexandre vainquit 
Xerxès , roi de Perse. On Ht dans la Passion de saint 
Thomas , apôtre , que, comme il revenait a Rome après 
cette victoire , ceux qui l'entouraient obtinrent de lui, 
qu'il enverrait demander aux rois de Tlnde le corps de 
sainfYhoinâs ; qu'en conséquence le corps de cet apôtre 
fot transporté de Tlnde à JSdesse , et placé dans une 
châsse <l'argent suspendue à des chaînes de même 
mé^\. Sous lerègnQ d'Alexandf e , moururent pour la 

loi chrétiennes^, saint Tibuvce et saint Valérien» sainte 
Cécile , vierge y à Rome ; saint Calixte , pape ; saint 
Drbin et ses compagnons ; saint Cir et sainte Julitte ; 
sainte Majrtine , et huit autres martir^* 



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88 ANNALES 



f 

CAPITULUM XII. 

Deimperio Maximini et cjus ssvitiâ in Ect^siam Dei (i). 

r 

* EUSEBius in Chronicis. 

PORRo Alwandro Maguntiaci tumultd militari oc* 
ciso , Romanorum vigesimus secundus , ^egnavit 
Maximinus annis tribus. Hic primus ex corpore mi- 
litari , sine senatûs auctoritate , ab «xercitu imp^rator 
electus est« annoDomini cgxxxyii, mundi vero rvMCC. 

successeral, 

ivît in sacer- 

Undè Romae 

at, martyrio 

romanorum 

^t Hippoly tus 

ndrf^.in Sar- 

iano consiili- 

qui et Maxi- 

nabat amio, 

, persecutio- 

nis et vitae simul finem fecit. Moxquc Pupienus et 

Balbinus frater ejus usurpaverunt romauum impe- 

rium , sed statim in pàlatio cœsi sunt. 

(I) Vinc.deBeauv. XII,3i. 
(3) L^an a35 de notre ère. 



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DB HAIlflCT; UTRB TU. 89 

I 

CHAPITRE XII. 

Règne de Maximin. Sa cruajite enrers TÉgUse de Dieu. 



CHRONIQUE D EUSKBK. 

Apr£;8 la mort d'Alexandre , tue dans une émeate de 
ses soldats à Maïence , Maximin , Tingt-deaxième em- 
pereur romain, monta sur le trône et régna trois ans. 
Il fut choisi dans la milice et par l'armée sans le con- 
sentement du sénai^ ce qui arrivait pour la première 
fois, l'an de Jésus-Christ 237» et du monde 4200. Sa 
haine contre la famille de son prédécesseur , et celle 
de sa mère Mamméa qui étaient chrétiennes , lui 
fit persécuter les prêtres et les clercs. Pendant cette 
persécution le pape saint Pontien , qui avait succédé à 
saint Urbain, reçut à Rome la couronne du martire. 
L'Aq|Ei)R. On Ht daps l'Histoire des pontifes dejlome, 
que saint Pontien , pape , et saint HippoFite furent exi- 
lés par Alexandre dans File de Sardaigne , à Buccina (f ), 
sous le consulat de Sévère et de Quin^en. HoGfjEs. 
Maximin Jules , appelé aussi Maximin , fu t tué à Aquilée 
par le tiran Pupien , dans la troisième année de son 

(]) Bacçindi ou plutôt BucinDa, est le nom d'une petite Ue très 
▼oîsine de la c6te méridionale et occidentale del^ Sar<kig;ne. Vojez 
la carte de \» Sardinia antica dans rHj^tôire de Sai^dai^ne, par 
M. Mynaut Paris , iSaS. C'est peut-être WBucinna de Pline , que 
l'on pla^ ordinairement an Sicile, Le consulat dfe SëTërus et Quin- 
tianns eut lieu sous Tan 235. ^ 



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QO AKNAUlft 



CAPITULUM XIII. 

De iraperio Gordiani et Africano historiographo (i). 



Ex ^criptis Africam. 

GoRDiANUS itaque in regnum sublimatus romanum^ 
împeraTit annis se:|» Eusebius. Cœpit autem Gordia- 
ni|s anno Domini ccxr,, mundî vero ivMCCiii. Hugo. 
His dicbus Romae Antero papae Fabianus successit^ 
Tune et floruit Afrieanus inter scriptores ecclesias- 
tieos nominatissimus 9 Porphyiûus quoque philoso- 
phas , et Theopompus et Victor sophista apud A thenaç. 
]uJSEBi}]s. Gordianus autem adipodùm adoles^ns^ 
Parthorum nâtione superatâ , cùm victor reverleretur 
ad patriam , fraude Philippi praefecti praetoriî , haud 
longé à romaao solo interfectus est. Huic milites tu- 
mulum 8edi(îcant, qui Euphratem imminet j^ ossibus 
ejtis Romam revectis. 

(•) Viiic.dcBeauY.XlI,32. ' 



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5b hainaut. litre th. 91 

règne. La persécution des chrétiens finit aTec sa vie. 
Pupien elBalbin 9 son frère , usurpèrent alors l'empire, 
mais ils périrent bientôt assassinés dans leur palais. 

CHAPITBLE XIII. 

Règne de Gordien. De Phistorien Africain. 



AFBICA1N. 



GoRBiBN fut alors élcTé à l'empire et régna six ans. 
EusèBE. Son règne commença Tan 240 de J.-C. , et 4203 
du monde. Hugues. Saint Fabien succéda , Ters le même 
tems 9 au pape saint Antère. Africain , Tun des plus 
grands écriTains ecclésiastiques; le philosophe Por^ 
phire , Théopompe , et Victor, sophiste -d'Athènes , sf 
rendirent célèbres à cette époque, ëusèbe. Gordien , à 
peine dans Tadolescence, reTenait dans sa patrie après 
aToir subjugué les Parthes , lorsqu'il fut assassiné y 
non loin des frontières de lempire , par la trahison de 
Philippe , préfet du prétoire. Les soldats lui élevèrent 
un tombeau près de TEuphrate et portèrent ses cendres 
à Rome. ' 



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g2 ANNAUBS 

CAPITULUM XIV. 

De duobus Philîppis imperatoiibus (i). 



EUSEBIUS. 



RoMANORUM vigesimus quartus regnavit Philîppus 
annis vu : cœpit autem anno Domini ccxlvi , mundi 
vero ivMCQix. Hic filium suum Philippuin consortem 
regni fecit, primusque omnium ex romanis împerato- 
ribus christianus fuit. Regnantibus Philippis, millesi- 
mus Romanse urbis expletus est annus : ob quam 
solemnitatem innumerabiles bestise in circo magno 
'hiterfectse suntj ludique in campoMartio théâtrales 
tribus diebus ac noctibus, populo pervigilante, celé* 
brati. Haymo. Philippo imperatori interesse volenti 
vigiliis paschœ et communicare mysteriis restitit Fa- 
bianus papa , nec permisit donec confîteretur peccata, 
et staret inter pœniteutes.AyCTOR. Hi duo imperatores 
à beato Pontio ad fîdem Christi sunt conversi, et à 
sancto Fabiano p£y>â baptizati sunt. Qui Fabianus et 
Pontius templi magni idola confregerunt , et ipsum 
funditiis everterunt ; multique de populo ad notitlam 
Domini concurrentes baptisminn alacrîtersusceperunt. 
Hi siquidem thesauros suos tandem ecclesise tradide- 
mnt, ut paupefibus distribuerentur. Hugo. Porro 

(i) Vinc. de BeauY. XII, ^3 , 34 et 35. 



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OB hÂinaut. uyu yu. 93 



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CHAPITRE XIV. 

Les deux Philippes, empereur». 



EUSEiE« 



Philippe 9 yingt- quatrième emperear, régna sept 
ans. Il commença à régner Tan de Jésus-Christ 246 , et 
du monde 4209. II associa à Tempire son fils Philippe, 
et fut le premier empereur chrétien. Sous les Philippes 
la millième année de la fondation de Rome fut célébrée 
par des fêtes où une infinité d'animaux féroces furent 
mis à mort dans le grand cirque. Il y eut daifs le 
Champ-de-Mars des jeux de théâtre qui durèrent trois 
jours et trois nuits. Haimon. L'empereur Philippe 
ayant voulu assister aux prières qui se fesaient la wille 
dp Pâques et participer aux saints mistères , le pape 
saint Fabien le lui défendit jusqu'à ce qu'il e&t con- 
fessé ses péchés et qu'il se fût mis au rang des pénitens. 
L'auteur. Ces deux empereurs furent convertis à ta 
foi chrétienne par saint Ponce et batisés par le papei 
saint Fabien. Saint Ponce et saint Fabien renversèrent 
les idoles du grand temple et le détruisirent de fond 
en comble. Ils admirent au batéme une multitude de 
personnes qui brûlaient de connaître le vrai Dieu , et 
lassaient en mourant tous leurs biens à l'Ëglise , pour 
qu'on les distrit^ât aux pauvres. Hugues. Les deux 
PhiHppes furent pris et tués , en lieus différeos , par les 
ordres de JDèce, qui leur succéda. 



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^ ANNALES ' 

ambo împeratores in diversis locis ^^ fraude Decii 
successoris sui, circiunventi sunt et occîsi. 

CAPITULUM XV. 

D« imperio Decii (i). 



EBSBBIUS. 



RoMAKOHUM vlgesimus quîntus regnavit Decius 
anno uno et mensibus tribus: cœpit annoDomini ggliii, 
mundi vero ivmccxvi. Hic è Pannoniâ inferioribus 
Dalraatiis natus fuit. Qui ciim Philippum patrem et 
filium interfecisset , ob odium eorum , in christianos 
persecutionein movet. In Ecclesiasticd historid. In 
hâc Fabianus urbe Româ martyrio coronatus, sedem 
ëpiseopatûs sui Cornelio reli(|uit. Actoh. His tem- 
poribus floruit Dionysius Alexandrinus , de quo mul^^ 
refert Hieronymus , de Illustribus viris , et Eusebins 
in sexto libro. Sub hoc Decio gravissima persecutio 
fuit christianorum in Alexandriâ, prout refert Euse- 
bius ubi suprà. Item sub hoc Decio passa est beata 
Agatha virgo. Item sub eo passi sunt septem Dor- 
mientes ; item Joannes et Paulus cum sociis eorum. 
Item passus est sanctus Triphon ; item Abdon et 
Sennes) item Secundianus, VerianusetMarcellianus; 
item aUi innumerabiles, quorum nomina, brevitatis 
causa, perlranseo. 

{%) Vinc. de Beauy. XII, 36. 



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DE IMIlfâDT. LIVRE VII. 9^ 



CHAPITRE XV. 

Règne de Déce. 

BvaàÉB. 

Dàcfe, vingt-cinquième empereur , qui parvint à 
l'empire l'an de Jésus-Christ 255 , et du monde 4216 , 
règda un an et trois mois. 11 était né en Pànnonie, de 
parens Dalmates , d'une condition inférieure. Il perse* 
cuta les chrétiens en haine des deux Philippes dont il 
était le meurtrier. Histoire ecclésiastique. Saint Fa- 
brice ayant souffert le manire à Rome pendant cette 
peraifkution, fut remplacé par saint Corneille. L'au- 
teur. Dans ce tems-là florissait Denis d'Alexandrie, 
dont^l est beaucoup parlé dans le Traité des Hommes 
iHustres de saint Jérôme et dans le sixième livre de 
l'Histoire ecclésiastique d^Eusèbe. Sous le règne de 
Dèce les chrétiens essuyèrent une violente persécution 
à Alexandrie , ainsi que le rapporte Eusèbe au même 
Ken. Sainte Agathe, vferge; les sept Dormans; saint 
Jean , saint Paul et leurs compagnons; saint Triphon , 
saint Abdon et saint Sennon ; saint Sécnndien , saint 
Vérien et saiht Marcellien , et une foule d'autres saints 
qu*il serait trop long de nommer, souflrirent le martire 
^ cette époque. 



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9^ ANNAU8 

t 

CAPITULUM XVI. 

De imperio Galll et Volasiani (i). 



HUGO FLORIAGXNSIS. 

PoRRo Decius, non totis daobus annis priqppatu 
romani apicis administrato, cum (îlio suo, quem Cse- 
sarem legerat, in medio Barbarorum sinu interfeclus, 
regnum cum vitâ perdidit : post hune Gallus Hosti- 
lianus, cum (ilio suo Yolusiano, potitus regno, impe- 
ravit vix annis duobus. ëusebius. Cœpit autem anno 
Domini ccuv, mundi vero ivwccxvii. Hugo Floria- 
CENSis. Hujus regnum cùm floreret in initio , et cuncta 
ei ex sententiâ cederet , sanclos viros , qui, pro pafee et 
prosperitate regni ejus, Domino supplicabant , per- 
sequi cœpit. Cum quibus pariter prosperitatem suam 
fugavit et pacem : nàm exortâ persecutione , exorta 
est ultio violationis nominis christiani, et usque ad 
profligandas ecclesias edicta decreverunt. Eatenîis in- 
credibilium morborum pesris tîxtenditur : nuUa ferè 
provincia romaua, nulla civitas, nalla domus fuit^ 
quœ non illâ generali pestilentiâ correpta atque eva- 
cuata sit. H«4e solâ peruicie insignes Gaflus et Yolu- 
sianus , diim contra ^milianum , novis rébus studen-* 

w' 

(I) Vinc. deBeauY. Xll,55,54et55. 



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DE HAINAU7. UTRE TII. 97 



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CHAPITRE XVI. 

Galhu et Volusîen , empereurs. 



BOGUES DE TLBURY. 

DicB n'avait pas encore régné deux ans lorsqu^il fut 
taë au milieu des Barbares avec son fils qu'il avait fait 
césar. Après sa mort , Gallus et Volusien » son filtf, gou- 
vernèrent l'empire pendant deux ans environ. EusbbE. 
Leur règne commença l'an 254 de Jésus-^Christ et 42lt 
do monde. Hugues de Flbury. Les commencemens du 
règne de Gallus furent florîssans ; et tout réussit au gré 
de ses desseins jusqu'au moment où il persécuta les 
saints hommes qui priaient Dieu pour la paU et la 
prospérité de s<9n empire ; mais avec eux di^arurent 
la paix et la prospérité. La vengeance de l'outrage fait 
au nom chrétien suivit de près la persécution ; tandis 
qu'on détruisait les' églises , en vertu des décrets de 
l'empereur, des maladies pestilentielles s'étendirent 
sur tout l'eçipire. Il n'y avait pas une seule province , 
une seule ville ^ une seule maison qui n'en fût infectée 
et dépeuplée. Ce fléau cruel fit périr Gallus et Volu- 
sien comme ils marchaient contre Emilien, qui s'était 
révolté. Ce dernier en mourut aussi le troisième mois 
après son usurpation. L'auteur. Il est prouvé que 
saint Corneille était pape du tems de Gallus et Volu- 
sien , comme le dit saint Jérôme. A la vérité , on lit 

V. 7 



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^ ' . ANKAII» 

tem , bellum moliimtur civile , occisi sunt. iEmiliaous 
quoque tertio mease invas» tyrannidis extiiM^tiiB e^t. 
AcTOR. Hic pfobalur Cornélius in papatu sedisse, 
temporibus GaJli et Volusiaqiî «jqqd et dicit Hiero- 
nymus. Liber tanien Pontificutn Komanorum dicit eum 
passum fuisse sub Decio : Decium autem constat fuisse 
antè Gallum et Yolusianum. Sed dicit liîc Helinandus 
Gallum fuisse vocatum Decium, et secundiim hoc 
binomius fuit. AcTQft« Suk iato imperatore passus est 
beatus Cornélius papa. Ex Gestis Pontificunis |Iic 
teipporibus suis rogatus à (juâdaiu matronà Lucinâ, 
cgrpora apostolorum Pétri et Pauli 4q catacumt^îsi l^va- 
^t noctq ; primùm <{uideia corpus bcati PauU beat$t 
I^ioîna levavît , et posuit in praedio suo in via Ostien^î, 
jl^tà locum ubi decollatus est. Beati autem Pétri cor» 
pus accepit beatus Cornélius , et posuit juxtà bcum 
ubi druoifixus est , inter corpora beatorum epitcopo* 
rum in tcmplo ApoUinis, in monte Aureo, in Vati- 
cano palatio Neronis, vi kalendas junii. Post haec, 
jubente Decio passus est. Corpus ejus collegit noctu 
beata Lucina cum clericis, et sepelivit in crypta, 
juxtà cimeterium Calixti , in arenario via Appiâ. Eçç 
MaHyrologio. xv kalendas octobris celebratur Romae 
via Tiburtinâ, natale saacti Justini presbyteri, (jui 
p^rsecutione Deçii, Galli et Volusiaqi, coaf(ÇSsiQ^i^ 
gloriâ in^igimsimus fyit. 



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DE HAIMiLCT. LITHB TU. 99 

dans lliistoire des évéques de Rome que le martire de 
G>meille arriva sous Dèce » qui précéda ce» deux em- 
pereurs; mais Hélinand dit que Gallus s'appelait aussi 
Dèce y ce qui lève la difficulté. Histoire des Evoques 
DE Rome. Ce saint , à la demande d^une dame nommée 
Lucine , enleva de leurs tombéiaux , pendant la nuit , 
les corps des apôtres saint Pierre et saint Paul. Sainte 
Lucine prit d'abord le corps de saint Paul et le porta 
chez elle, dans la'voie d'Ostie , près de Fendroit où il 
fut décapité. Saint Corneille prit aussi le corps de saint 
Pierre et le porta , le vi des calendes de juin , près du 
Kea où il fut crucifié , au milieu des corps des saints 
évëques dans le temple d'Apollon , sur le mont d'Or^ 
dans le Vatican j palais de Néron. Ensuite saint Cdr- 
neiHe souffrit le martire par ordre de Dèce. Sainte 
Lucine vint , aco^np^gnée de plusieurs dercs , dier* 
chefT son corps pendant la nuit et l'inhuma dans une 
caverne y près du tombeau de saint Calixte, sous les 
sables de la voie Appienne. MAanaoLOGH. Le xv de^ 
calendes d^pctolM^e op célèbre à Rome , dans la rue M 
TibWf U naissance de saint Justin , prêtre , qui se ren- 
dit» illostre par sa foi pendant la persécution de Dèç^ 
et oelle de Gallus et Yoiusien. 



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100 ANNALE5 



CAPITULUM XVII. 

De imperio Valcriam etGallieiii(i). 



EUSEBius^ in Clironicis. 

RoMANORUM igitur vigesimus septimus imperavit 
Yalerianus cum Gallieiio annis qulndecim. Yalerianus 
pnRhetiâ ab exercitu augustus, Romae à senatu Gai- 
lienus caesar appellatus est. G»perunt autcm anno Do- 
mini ccLVi, mundi vero ivMCCxix,://i Ecclesiastiçâ 
Historidy libro vu**. Miro autem modo '^^'alerianus 
suprà cdeteit)s, qui ante se fuerunt, humanus et be- 
nigaus extitit ergà àimulos Dei ; ità ut in initiis multo 
et illis benignior videretur^ qui uomine saltem chris- 
tiani dicebantur : et in tantum venerabatur servos 
Dei, ut omnis domus ejus crat ecclesia Dei. Depra- 
vatus autem est à veritate dejectus per quemdam doc- 
torem pessimum , principem .^gyptiorum magorum , 
ut justos et sanctos viros persequi et interimi juberet. 
In quibus cîim Dionysius Alexandrinus episcopus 
unum solum Deum , qui fecit cœlum et terram , di- 
ceret adorandum , cœteros autem neque esse deos 
neque adorari debere, in exilium truditur et martyri- 
satur. AcTon. Sub eodem imperatore passi sunt ve- 

(i) Vinc. tic BcauT. XII , 56 et suir. 



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DE UAINAUT. LIVRE TIL 10 1 






CHAPITRE XVII. 

Des empereurs Val^rien et Gallien. 



CHRONIQUE d'eUSÂBB. 

Yalérien 9 vingt-sep lième empereur, gouverna rem- 
pire pendant quinze ans avec Gallien. Valérien avait 
été (ait auguste par l'armée dans laRbétie, et Galliea 
proclamé césar à Rome par le sénat. Ils commencèrent 
à régner Tan de Jésiis-Christ 256 , et du monde 4219. 
Histoire ecclésustiqije , livre vu • Y^lérien se distingua 
de tous ses prédécesseurs par son humanité et sa bonté 
envers les serviteurs de Dieu ; et même , dans les corn* 
mencemens de son règne , il leur fut plus favorable 
qu'aucun des empereurs qu'on croit avoir été chrétiens. 
Sa vénération pour eux était si grande , qu'on pouvait 
prendre son palais pour une église. Mais un docteur 
impie, maître des magiciens d'Ëgipte^ le détourna du 
chemin de la Vérité , et l'excita à' persécuter et à faire 
mourir les hommes les plus pieux et les plus saints. 
Denis d'Alexandrie , entre autres , ayant déclaré qu'il 
fallait adorer un seul Dieu créateur du ciel et de la 
lerre » et que les autres dieux n'étaient rien , il fut 
envoyé en exil et martirisé. L'auteur.* Sous le même 
empereur, saint Prisque , saint Alexandre , saint Malc 
et saint Marin ; saint Astire , sénateur ; les papes saint 
Luce et saint Etienne , et l'évéque saint Fructueux , 
souffrirent aussi le martire. En ce tems4à florissait 



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)0a ANNALES 

nerabiles martyres Priscus, Alexander, Malcus et 
Marinus» Item Astirius senator sub eodem passus est. 
Item Lucius papa et Stephanus papa sub «odem passi 
8unt ; item sanctus Fructuosus episcopus cum sociis 
suis. Hujus temporibus floruit sanctus Cyprianus epis- 
copus martyr, de quo Hieronymus in libro de Illustri- 
bus viris multa proloquitur (i). Scripsit autem 
Cyprianus de Duodecim Ahuswis secuii librum 
unum ad Donatum; de GrcUiâ Z?ei librum unum j de 
Lapsis librum unum ; item de Aleatorihus librum 
unum; item de Unitate catholicœ ecclesiœ librum 
unum; item de Oratione dominicâ librum unum; 
item de Mortalitate librum unum ; item de Opère et 
Eleemosynis ad Quirinum librum unum; item de 
Bono Patientiu librum unum ; itemâ?e Zclo et Lipore 
librum unum; item ad Demetrianum librum unum; 
item ad Forttmatura librum unum; item ftd Quirinum 
lUyros nt; item de Laude Martpii librum uniHn; 
Item multa àlia ôpusculà compilàvit, quse causa bre- 
vitatis, obmittimus. Agtor. Sub dictià imperatoribus 
passi sunt plures alii martyres, inter quos fuerunt 
Mellonus episcopus , Privatus episcopus , sancta Ba- 
silla, Protus et Hyacinthus, Eugenia virgo, Pontius, 
Venerandus. Item, prœter dictos martyres « sub dictis 
imperatoribus multi alii passi sunt, prout patet ia 
multis locis Martyrologii. 

(i) Vinc. de Beauv. XII, 6a et suir. 



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DE HAINIDT. UVR£ VII. 103 

saint Ciprien, évéque et martir, dont saint Jëràme 
parle lon^ement dans son traité des Hommes illustres. 
Ce saint a écrit les ouvrages suivans : Les douze Abus 
du siècle \ dédié à Donat; de la Grâce de Dieu; des 
Fautes ; des iirtnr tk hazttrd; ée V Vitité xk t église calho* 
lique; de V Oraison Dominicale; de la Mort; des Bonnes 
Œuvres et des jéMwtânes \ ttdr6sfté |^ Quirinus ; des Avon-- 
toges de la Patience; de la Jalousie et de F Envie; un livre 
adressé à Démétrien ; un autre à Fortunat; trois à Qur- 
rinus ; V Eloge du MarUre , et d'autres ouvrages moins 
importans qu'il serait trop Idhg d'énumérer (1). L'au- 
teur. 11 y eut encore, sous les empereurs Valérîen et 
GaUiêBy plusieurs martirs y parmi lesquels on distingue 
âkitu Melon, évéque; saiût PHvat, évéque; sainte fiâsillë; 
^aifit t^rot et totnt Hiacinthe ; sainte Eugénie , vierge^ 
Miht Pons ; saint Vénét*and , et beaucoup d'atitr«& 
ddnl il est (hit mdïltion dans plusieurs passages Al 
Hartirologe. 

(i) Les' œ:i Très dt saint Gif rien ont été imprimées in-folio, 
pottr la troisième fois , à Arii^terdain , en 1700. Cette eililion est 
tr^bell» et ?ait« âtre6 imt %f9bàe habileté par Jean Fell, é^t^Kflk 
d^Oxfoltf , aidé ^ Jean Pearson, croque de CiieUer. 

F. 



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lO/f iNNALES 



CAPITULUM XVIII. 

De morte Valeriani iinpenitoris (i). 



HUGO ^LOaiAGENSIS. 

PORRO Valeriànus, ad extremuni, Dei praesidio 
destitutus , à rege Persarum Sapore captus îgnomi- 
niosâ apud eum servitute consenuit; et quandiu vixit. 
hanc infamis ofHcii paenam semper tulit, ut acclinls 
humi rcgem ascensurum in equum non manu sed 
dorso attolleret. At Gallienus, tàm claroDei territus 
judicio, postquàm reruni summam solus obtinuit, 
levius ac moderatiiis agere cœpit^ et paeem Eccle- 
siœ condonavit ; statimque ira Dei in misericordiam 
versa est^ et ^milianus tyrannus apud Maguntiam, 
cîun res novas moliretur, occisus est. Marius <{uoque 
qui in Galliis, post mortem Posthurai, invaserat ira- 
perium , continua interfectus est. Denique Gallienus 
imperator, Claudio succedente, defunclus est. Regna- 
vit autem eum Valeriano annis septem , et solus annis 
octo; vixit autem annis l. Gui successit in imperio 
Decius. 

(i) Viuc. de Beauv. XII, 83. 



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DE HAINAUT. tlVRE Vil. io5 



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CHAPITRE XVIII. 

Mort de remperetyr Val<érieii. 



HUGUES DE FI.SURY. 

A la fin de son règne , Yalérienf privé du secoars de 
Dieu , fut pris par Saper, roi de Perse ; il vieillit dans 
une honteuse captivité , et fut réduit , tant qu'il vécut, 
à servir de marche -pié à son vainqueur, lorsqu'il 
montait à cheval. Gallien, resté seul empereur, fut 
effrayé de ce terrible jugement de Dieu , et se condui- 
sit avec plus de modération. Aussitôt qu'il eut rendu 
la paix ii rSglise , la colère du Seigneur se changea en 
miséricorde; et le tiran Maxence, qui s'était révolté, 
fut tué auprès de MaTence. Sa mort fut bientôt suivie de 
celle de Marius , qui s'était fait proclamer empereur 
dans les Gaules après la mort de Posthume. Gailien 
laissa , en mourant , l'empire à Claude. 11 avait régné 
sept ans avec Valérien et huit ans 89ul. Sa vie fui 
de 50 ans. Dèce lui succéda. 



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I06 àJTNiXBS 

CAPITULUM XIX. 

De ûnperio Gallicni^ q*ii %l Dbeius dictbatar (i). . 



HiERONTMUs, in vitd Pauli , primi eremitœ. 

Decius itaque itiartyrum persecutor, testante Cy- 
priano, qui sub eo passus est, volefttes morî non 
permittebsit occidi. actor. De ejus crudelitate in 
sanctos Dei idem Hieronymus ibidem malta immania 
martyria récitât. Actor. Ilujus temporibus floitlit 
Puukis, primus eremita, et Antonius abbasi Inter 
martyres passos sub Decio fuerunt sanctus PlSlocln-o* 
nius episicopus^ sanctus P^tnenius presbyter, sancti 
Abdon et âenueê> sanctus Sixtus papa, santtitôitnuà 
Làufentius arcbidiaconus, sanctus Hippolytus cani 
toétis suis , sanctus Roibanus , cum aliis muMs , quo- 
rum nomina sunt in libro vitœ. Ëx Gestis saàcU 
ISippolfti^i). flôc tempore , cùm Decius et Vateriantis, 
de curru aureo descendentes , theatrum introïrent, 
ut cbristianos suppliciis exhibèrent, arreptus à dœ- 
mone Decius exclamavit : oc O Hyppolite ! vinctum 
asperis catenis ducis me? » et Valerianus exclamavit : 
« O Laurenti ! igneis catenis me trahis! » et statim^ 

(i) Viac. de Beaav. , XII , 85 et suW. 
(3) Ibid, 95. 



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DE HAINAUT. tlVRE VII. IO7 



4J0i A m > fc #< ».'^^%^»^*.-»^»^fc»^%/4»rv%^%-%^v%^^%'%i»»%^%^^%<%.%%,.%<%.v%,%< 



CHAPITRE XïX. 

Bégne de Gallien , appela atisii Dèce. 



8AIRT siiicmtp f^e dé saint Paul , prefniet etmitè. 

D&CB fut le persécuteur des saints , comme l'atteste 
le msinire de saint Ciprien. Il ne voulait point qu'on 
donnât la mort à ceux qui la désiraient. L'autkub^ 
Saint Jérôme y dans l'ouvrage cité ci-dessus ^ rapporte 
d'affreux exemples de sa barbarie envers les serviteurs 
de Dieu. L'auteur. Sous son règne vivaient saint Paul, 
"premier ermite, et saint Antoine , abbé. Parmi les 
saints qui souffrirent le martire à cette époque , on cite 
saint Polochrone , évéque ; Saint Pémène , prêtre ; 
saint Abdon et saint Sennes ; saint Sixte y pape ; saint 
Laurent , archi-diacre ; saint Hippolite et ses compa- 
gnons; saint Romain ; et beaucoup d'autres dont les 
noms sont inscrits au livre de vie. Fie de saint Hippo* 
Uie. Dèce et Valérien étant descendus de leur char 
doré, entrèrent dans l'amphithéâtre pour présider au 
rapplice des chrétiens» Mais tout à coup Dèce, saisi 
par le démon , s'écria : a O Hippolite ! où me ccmduis- 
• lu , diargé de ces chaînes pesantes? 1» Valérien dit 
en même tems : « O Laurent 1 tu m'entraînes attaché 
« avec des chaînes de feu ! » et tomba mort aussitôt en 
présence de bèce. Ce dernier mourut aussi après avoir 
été tourmenté pendant trob jours par le démon* Tri: 



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108 ANNALES 

praesente Decio , expira vit. Decius vero , per triduum 
vexatus, inortuus est. Quod uxor ejus Triphonia 
videns, deinissis omnibus christiaais^ perrexit cum 
filiâ sua Cyrillâ ad Justinum presbyterutn , et baptizata 
sequenj^i die, oraus in domo sua, migra vit ad Domi- 
num. Audientes autem quadraginta sex milites quod 
Triphonia etCyrilla christianae essent, venerunt cum 
uxoribus suis ad Justinum presbyterum, ut baptis- 
mum perciperent. Quos cîim Dionysius papa, qui 
sancto Sixto successerat^ baptizasset, et Claudius 
iùiperator adductos et nolentes sacrificare in carcerem 
reclusisset, Cyrillam aggreditur, et nolens sacrificare 
nec nubere cum praedictis militibus decollatur. 



CAPITULUM XX. 

De iropciio Claudii (i). 



EUSEBius in Chronicis. 

Igitur Romanorum vigesimus octavus regnavit 
Claudius. annis ferè duobus : cœpit anno Domiai 
ocLxxi, mundi vero ivmxxxiv. Actor. Sub hoc 
Claudio martyrisantur plures , utpote Marius , 
Martha, Audifax et Abachum; iténi Quirinus; item 

(i) Viuc, <Jc Bcaiiv. Xll^gô. 



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DE HAINAtT. LIVRE VII. IO9 

jphome , sa femme , frappée de cet événement , mit en 
liberté tous les chrétiens , et , accompagnée de sa fille 
Cirille , alla trouver le prêtre Justin. Le lendemain elle 
reçut le batéme et expira en priant Dieu dans sa mai- 
son. Quarante-six soldats ayant appris que Tripbo- 
nie et Grille s'étaient faites xhrétiennes , vinrent 
avec leurs femmes demander le batéme à Justin. 
Denis , pape y qui avait succédé à saint Sixte , les 
batisa. Amenés devant Claude» ils refusèrent de sa- 
crifier et furent jetés en prison. L'empereur fit venir 
ensuite sainte Cirille , et , sur son refus de sacrifier et 
de se prostituer à ses soldats , il lui fit trancher la 
téle. 

CHAPITRE XX. 

Régne de Claude. 



CHROHIQUBS DBÇSEBE. 

Clauob 9 vingt-huitième empereur romain , parvint 
à r^apire Tan de Jésus -Christ 271 , et du monde 
4034. Son règne fut d'environ deux ans. L'auteur. 
Les martirs les plus célèbres sous son règne fu- 
rent Marc, Marthe y Audifax et Abacum , Quirinus , 
Césaire et Julien, et la propre mère de Tempe- 
reur^ que son fils fit décapiter. Martirologe. Le viii 
des calendes de novembre on fête à Rome la nais- 
sance des quarante -six soldats qui furent batisés 



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Ci^9MrÎQ9 fA JiUwRi»» Item hic Claudia «%trem pro^ 
pnam <|iia«i Qhfiatiano gladie jugoUvit. Ej^ SfyiHy* 
rêhgio{i). y m kalenda» Dovoi|ibi*îs eelebnitar Rom» 
natale qua^iragmta sex militum, qui ast suprà prœ* 
missum est, baptisatî simul à Diooysio papa, mox 
jiibente Claudio impcratore, decoHati sunt ac via 
Salaria sepulti , ubi et atii martyres cxxi positi sunt. 
Inter quos fuerunt irii milites Christi, Theodosius^ 
LuciuS| Marcus et Petrus. Hugo. Tandem Claudio 
impçr^^pre defuncto^Quintitlus frater ejus ab exçrcit^ 
^Qtua ^1; et iq «olio ^ublimatus \ sed septim4 <lîe 
imperii sui interfectus, occubuit. 



%>y;y^^ y ^ % m»^v»^»'»^^»*^^*'^<»^'%^%'*^^^^^'» ' ^'^^*^»^^ 



^%^%>%^^^%»^%>^^^^^ 



CAPITULUM XXI. 

De iqiperio AureU«oi(^). 



BITSEBIUS. 



loiTtJR Romanorum vigesimus uonus regnavit 
Aurelianus annis quinque et mensibus sex : cœpit 
anno Domini cclxxiv, mundi verà ivmccxxxvi. Iste 
fuit vîr iiidustriœ militaris expertissimus, et Gûtho^ 
rum g^ntem duris praeliis profligavit, dltionemq^fi 
rçimanaiQ antiquis teiîniuis stabilivit, etSyriam totam 

(i) Vinc. de Beauv. XII, ioq. 
(2) Ibid, io3. 



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DE HAINAin. UTKB VII. lit 

«inihlr p^r le pape Denis, eomne oa viti|t Sk 
1« dîm % ensiiitq misk h moKt par Qrdbre de Pèet el înkar 
iBié» ^^n^ 1a ^oie $alarié$^ «uprè3 d^ ^i^t TiufHw 
antres xi(\ar(irft. Ou cite suptoi^i^ p^rn^i eu,x l^% qiw^ 
SQJdats de Jësqj- Christ, Théodose» Luce , lt|«^ 
et Pierre, Hogue^. Après la mort de Tempereuf 
Qaude, Quintille, son frère , fut proclamé empereiu* 
par l'armée ; mais il fut tué après un rè^e de sept 
jours. 






EOSÂBE. 



AumBLiEN y vingt-neuvième empereur, régna cinq ans 
et six mois. Il monta anr le^ trône Tan i7i àm JésQs- 
Christ f et 4236 du monde. Ce prince , habile dans 
la guerre , remporta plusieurs victoires sur les Goths , 
rétablit l'empire dans ses limites et reconquit la Sirie. 
A son retour il reçut à Rome les honneurs du triom- 
phe , et peu de tcms après entoura cette ville d'une 
nouvelle muraille plus forte que la première. L'état 
de l'Eglise devenait de jour en jour plus prospère sous 
cet empereur. Un concile célèbre assemblé à Antioche 
condamna l'hérésie de Paul. Mais Aurélien, devenu 



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112 ANNALES 

Aceptam sibi vindicavit : undè magnâ gloriâ Romae 
triumphavit; et postmodùm eam mûris firmioribtts 
cinxit. Prœtereà status ccclesiae hoc tetnpore prospe- 
rioribus incrementis augebantur quotidie : undè apud 
Antiochiam célèbre concilium congregatum , in quo 
Paulus haereticus condemnatur. Tandem Aurelianus 
depravatus persecutionem gravissimam ecclesiis exci- 
tavit. Quo persecutionis terapore , in Galliis passa est 
beata virgo G)Iumba in Senonensi civitate; aliique 
per diverses provincias occubuerunt , libenter pro 
Christo diversa certamina peragentes (i). Item in 
territorio tricassino, sub Aureliano ipso prsesente, 
passi sunt sanctus Savinianus et sancta Savina soror 
ejus; item sanctus Patroclus; item Speusippus cum 
fratribus suis; item Benignus presbyler ; item Priscus 
et Félix presbyteri cum eorum sociis ; item Andochius 
cum sociis suis ; item Symphorianus ; item Mammetes; 
item Agapitus. Item plures alii sub Aurelio passi 
sunt, sed eorum nomina praetermitto , gratiâ bre- 
vitatis. 

(i) Vinc. de Bcanv. XII, io5 et soiv. 



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"*V* 



DE HAINADT. UVRE VU. Il3 

cniei à la fin dtf son règne , exerça contre les chrë- 
ttens^upe ij^iolente persécution , pendant laquelle sainte 
Colombe , vierge , souffrit le marlire dans la ville de 
Sens it aussi dans 

les d: foir soutenu 

de g as-Christ. A 

Troii sa sœur, ré- 

cure] e d*AuréUen 

lin-n et ses frères ; 

saint Bénigne , prêtre ; saint Prisque et saint Félix , 
prêtres , avec leurs compagnons ; saint Andoche et ses 
<|||b^pagnons ; saint Simphorien , saint Mammès j saint 
Agïeipit j furent aussi martirisés sous Aurélien y avec 
.•Iweaucpup d'autres dont j'omets les noms pour abréger. 

* (i) L'âv 6^0, anr seigneur oommc Aubert, que Ton croit ayolr 
4xé duc àt Sens'^'AandoDDa son ch()tcau pour en faire un coûtent 
de moines. VcnUon , archevêque de Sens , 7 fit construire une église , 
qai prit If nom de sdifite Colombe ^ roartirisee en ce lieu. Le p^re 
Leloo^; dans sa BibliollièqÀe historique de France , e'ditton de Fon- 
tette, soiis Iq a» 167 19, fait mention d^une chronique composée par 
on moine de S&intc-Colombe', depuis Ja naissance de Je'sus-Christ 
jusqu'à Fan iQO'). Il paiatt que cette chronique a cte perdue et 
quVDe se retrouve dans un manuscrit plus i^^ent et plus étendu que 
possède M. le marquis de Fortia, et qui est très-cuncux. Il est iu- 
tiîule Clirr>aiqtie de Sens, et paraît du quinzième siècle. 



T. 



S 



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Il4 AKNAWS 

CAPITULUM XXII. 

De impcrio Taciti , Floriani , Probi , Cari, Carioi el Nuraeriani (i). 



çv.^^mus. 



CtJM Aurelianus adversùs christlanos persecutio- 
nem cQmmovisset , fulmen juxtà eum côïïiitesque ejus ^ 
mit, ac non multo post inter Cgnstantinopolim et' 
Heracleam in cenophrurio vise veteris Qccisus est. 
Post queni Romanorum' tricesimus regnavit Tacilus 
mensibus sex. Quo apud Pontum occiso, obtinuit 
Florianus imperium diebus octoginta noveui. Hoc 
quoque apud Tarsum interfecto, Romanorum trice- 
sinius primus regnavit Probus annis sex et mensibus 
quatuor : cœpit autem anno Domiui gclxxjx y mundi 
vero ivMcçxLii. Hugo Florïacewsis. Hîic tempestate 
fuit quidam Mânes, genei'e perses, acer ingenio, vitâ 
vero et moribus barbarus, qui, secundùm nomen 
suum insaniens, se Paralyticum nominabat. Ab hoc 
diffusa est hœi^esis Manichaeorum per orbem univer- 
sum. Hic asscrebat esse duo principia, ununi boni et 
alterum mali , unum lucis et altérum tenebrarum. Cùm *^* 
omnis creatura bona sit per naturam, sed dîim fuerit 
vitiata, fit mala. Porrô Probus imperator apudSirmi um 

(i) Vioc. de BcauT. XII, lao^ iji et suiv. 



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^ DE HAiRAtJT. LIVHK VII. Il 5 



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CHAPITRE XXII. 



Des emfipreura Tacite, Florien, Probus, Carus, Catîo et 
Numérien. 



Peu de tems wftks la persécotion excitée par kûté- 
tien ocmtre les chrétiens , la fondre tomba à cdtë de 
ce prince et de ceux qui raccompagnaient. Il (mi ea- 
soite assassiné sur l'ancienne route qui conduit c^e Bi- 
zance à ^éraclée. Tacite , trentième en^perenr, lyi suc- 
céda, #rcgria six mois. Il fat tué dans le Pont, et laissa 
Terapire à Florîen , qui n'en jouît que quatre-vingt- 
neuf jours. Après sa mort, arrivée à Tarse, Probus, 
trente et unième empereur, fut proclamé Tan 279 de 
J^us-Christ, et 4342 du monde, et régna six ans et 
quatre mois. Hugues se Fleury. De son tems parut 
Manès , né en Perse ; homme d'un esprit vif, mais de 
mœurs grossières. Il était aussi fou que son nom l'an- 
nonçait, et se fesait appeler le Paralitique. Ses secta- 
teurs , sous le' nom de Manichéens, se répandirent par 
tout le monde. 11^ distinguait deux principes : celui du 
bien et celui du mal; Tun produisant la lumière , et 
Tautre les ténèbres. Selon lui, toutes les créatures sor- 
taient parfaites des maltis de la nature et se corrom- 
paient ensuite. L'empgreur Probus ayant été tué à 
Sirmich par ses soldats révoltés , Carus , né àNarbonne» 
fut élevé à l'empire l'an de Jésus-Chrbt 285 , et du 



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I l6 ANNALES ^ 

militari tumultu necatus est. Carus igiturNarbonensis 
anno ab incarnat ioneDomini ccLxxxv,soiIicetab initio 
mundi ivmccxliix , imperavit annis duobus. Hic cùm 
filios suofi Garinun) et Numerianum coj)sortes regni 
fecisset, a^ belluin f^arthicum pi*ofectus , in castris 
fulmine ictus interiit. Sub Numeriano imperatore^ et 
Celerino urbis Romae praefecto , passus est sanctus Mau- 
rus^ cujus passio recolitur xi kalendas sep tembris, pft>ut 
le|^tur ex Gestis ejus. Item sub eodem imptratorc p&ssi 
sunt Babillus episcopus cum sociis suis. Item passi 
sunt sanctus Cbrysanthus et Daria cum pluribus aliis. 
EusEBius (i). PoiTo Nurocrianus^ cùm ob dolorem 
.lecticulâ veheretur, insidiis Apri soceri sui interimi- 
tur; vix autem fetore cadaveris, post aliquot dies^ 
scelere concerto , sejpelitur. Carinus quo^e prœlio 
victus apud Margum occiditur. Quibus succêsserunt 
Diocletianus et Maximianus. 



CAPITULUM XXIII. 

De imperio Diocleliani et Maximiani (a). 



DiocLKTiAJTUS igiturRomanorum tricesimus ter- 
tins cœpit anno Domini cîfcLXxxvii , mundi vero 
ivucCLy et imperavit annis viginti. Hic Dsjmata^ 

(i) Vinc. de Beauv. XII, 129. 
{2) Vinc. de BcauT. XIII, I. 



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Goôgk 



DE HAIK AUT. LITRI VII. 1 l 'j 

moDda 4348 9 et régna deox am. Après s'être associé 
ses deux fils , Carin et Numérien , il partit po«r faire 
la guerre jaux Parthes , et fut taë dans son cmip d*im 
coup de foiMh^. Nmnërien étant empereur et Célërinas 
prdfi^.de Rome, arriva le martire de saint Maur, que 
Ttfvtiétfkre le si des calendes de septembre » comme 
oif le vôîk dans la vie de ce saint. Saint Babille et ses 
compagnons , saint Cl^risanthe et saint Daire , et beai^- 
coup d*aii(res, soufirM^t aussi le martire sous ce règne. 
EusèBE. NoAiérîeu fut tué dans sa litière par la perfi- 
die d'Aper, son beau^jpjre , et ne fut enterré que quel- 
ques jours après 1 lorsque l'odeur du cadavre fit dé- 
couvrir le crime, Carin fut vaincu dajfis uq combat et 
tué à Murges. Ces deux frères eurent pour successeurs 
Dioclétien et Maximien, ' '^ 



CHAPITRE XXIII. 

Régne de Diocle'tien et de Maxiroien. 



DiocLÉTiE!! , trente-troisième empereur romain , par- 
vint % l'empirt Tan de Jésus-Christ !!$d7, et du monde 
4250 y et régna vingt ans. 11 était né eaDalmatie , d'un 
scribe» Aussitôt après son élection il tua Aper devant 
l'armée assemblée , et déclara qu'il était innocent du 



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l3 , ÂNNAI£$ . 

flcrite filtua, iinperator electus, statim Apruin ia 
coacîoQd militum percussit, jurans sine scelere suo 
Ntmmanum interfecttun. Hic primiis ut Detim se 
adorari, et gemmas vestibus calciamenflsque inseri 
• jussit; cîim ante eum omnes imperatcires in modmn 
judicum salutarentur^ et clamiden purpuream à pri- 
vato habitu plus haberent» Hugo Floriacensis. His 
autem diebus Âmandus et ^lianus in Galliâ , collecta 
rusticorum, quos Bagaudas vocant, multitudine y per- 
nitiosos tumultus excitaverunt. Undè Diocletianns 
Maximianum Herculeum , quondàm commilitonem 
suum, Caesarem fecit^ et in Gallias dostinavit. Qui 
facile agrestium hominiim imperitam multitudinem 
et confusam militari virtute compescuit. Sed in ipso 
jtinere Thebèa legio Seduno Galliae loco Agauno sub 
praefato Maximiano, pro Christo passa est. 



CAPITULUM XXIV. 

De martyrio ssnctorum Thcbeorum (î). 



EX GESTIS SANCTORUM THEHEORUM. 

Biec«ATiANt79 etenîm y ciim Maximiamm oontrà 
GaRias destinavit ei, ad supplément um exercitûs^ le- 
gionefnThebeam^quae scx milUa-sexcento»«exaginta- 

(i) Vinc.deBetuv. XIII,a. 



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DE HAlMAtT. LIVRE TIL HQ 



d'vne troiipyt d'hommes grotsiera et sans expérience. 
Ce fut peflilillt cette ejiSpédition et par les ordbres de ce 
df^me Ha^dmien que la •légion thébéenne souffrit le 
martini fffor Jéans-Christ^ dans un lien de la Gaule 
noMfi^^cAiEaane, près de Sion. 



■ % '*^»^%<%^p%»^<»%<%^»%^^»^'»^%^<*%^%i» »^*«^»»^%% 



CHAPITRE XXIV. 

Martire des Thëbëens. 



HISTOIRE DES SAINTS MARTIRS THÉbÉERS. 

LoaftQÙs Dioolétien envoya Maximien dans les Gantes, 
il loi dooÊm^ pouf renforcer son armée, la légion thé- 
higmxÈe ^ q»i ^tait composée de 6,666 soldats. 11 y avait 
dta% TilUs de Tfaèbes : l'une en Thessalie , province de 



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lâO ANNÀSES 



secesserunt. Quod Maximianusaudiens, legioném ad 
juramentum et ad sacrificia revocari prœcepit. Sed 
legio j utpotè christiana , hoc se facere non posse 
respondit Tune Caesar ira succensus, suam et deo- 
rum iram vindicaturus , missis militibus, decimum 
queinc[ue eorum prœcepit decoUari. Sed sancti cum 
gaudio capita porrigentes, qaodam modo cooeerta- 
bant , ut alter ante alterum posset mori. Tune sanctus 
Mauritius resistentes confortans alloquitur, et .ut 
constanter quod cœperant consummarent, exemplo 
sociorum et devotione fidei adhortatur. Horum ei^à 
firmam sententiam cum imperatori milita nuntiâs- 
sent, ille continué remandavit, ut iterato quemque 
decimum trucidareut.. Quo facto Exuperius signifer 



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DE niINACT. IM9K TH. 1^1 

la Giéce y ^Ênmt son nom à Ethion , otmpagnon de 
rn^^pjl ; Taulr^, en Egip^ , 4||ii été bdlia par Cad* 
nias«C^le^étai^pne des principales et d«s plu&^u- 
lentes vil1^-d'£gipl0. Elle avait cent portes et était si- 
tuée sur le Nn. C'est d'elle que les soldats dont nous 
venons jde parler tiraient leur nom de Thébéens. Ils 
forent (aita chréii|ps suivant le rit oriental , par saint 
Zabda , évèqée de JérusaTem, et renouvelèrent devant 
le pape saint Marcellin le serment qu'il4 avaient fait de 
périr 8on»jk^laivepliitAt que de renoM^r à la rel^j^n 
de Jé8a6«€ÎH*ist; Ëb passant les Aj^si^yÊC Maximien , 
ils s*ârrétèreriit dans une valllfe a^préAU pour y preodv 
du repos. IJii il^ aspirent que fe général avait ordonné 
à toute son armée de sacrifier aux idolçs et de regar^r 
les dli^kiens comme ennemis. Ne voiAnt pas se'iifindre 
coupables d'un si grand crime , les Thébéenê ae r^^i- 
rèreni à huit milles d'Oclodura, où était Viffmie. A 
la noavelkdeieur retraite , Maximien les rappela pour 
leur fairraEiire le serment et les sacrifices qu'il avait 
ordonnés ; mais la légion déclara que , comme chré- 
tiem^, elle ne pouvait^ consentir. Alors Maximien , 
tra^iporté de fureur, la Ac dénfaner par ses soldats , 
pour satisfaire à la fois sa vengeance et céRe des dieux ; 
nms ces mhts martirs présentaient avec joie la tête au 
glaive , et c'étak à qtïi mourrait le premier. Saint Man* 
rice adresaa ensuite la parole à ceux qui restaient , et 
les encourage par ses exkaf tations et par l'exemple de 
leurs eompagnottl^^ à persévéref^.fians leur résiftaaca. 
L^onptrcur ayant appris qu'ils étaient inébranlables , 
envoya d^ soldats pour le^ décima une seconde fois. 
Cet ordre exécuté, les ThéSéens qui avaient survécu, 
animés par une nouvelle exhortation de saint Maurice, 
lenr chef, et de saint Exupère, leur porte - enseigna , 



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139 A5NAtES 

cbm duce Mmiritio exhortationem nipltcant , cft vali* 
dissimè confertatos fienii^ milites, projectis iraiis, 
huda corpora ofS[îrentes, circainqMqq^'tti!icidârunt. 



CAPITULUM XXV. 

■ ë 

De generali persecafloDc Ecclcsia; per Dioclctianum exceuta (t). 



Teuj^OEê Diocletrani, dùm prospèris incrementis 
Ecclesia ubique per orbem dilataretur et^-cresecret, 
subito turbo persecutionis increpuit. Ânno qui|^pe 
xjx^ itnperii Dioclttiani , propositum est ejus edidtà'm, 
ut cunctae qiiae in orbe eraot êcclesiae usque ad solum 
dissiparentUT; ^ Sactfss Scripturœ ubique igni cre- 
maMitur; oouiesquey qui ecclesiis praeerant^ in/f in- 
duis pooerentuf; ^c demùm, exqutsitis suppliciiây 
immolare* cogerentur. Ri^iebantur igitui; Olnniiira 
eccksiantm priacipes et saiicti clexici^ necaon et 
cum eis nobiles et ignobiles mtdti, brfvt^queqiie post 
teinporè feminae et pueri , itÀ ut , pr« compeditorum 
multitudinem , carger^ aestuareut. Sed dî)in Diocle- 
tiani jussu et Maximiani ista geruntur, graves per 

C^ Vi^p^de Beauv. Xni , q« 5 et6. 



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DE HAINAtT. UVBBr VU, 1 s3 

jettent leurs armes et s'offrent nas aux coups des eu- 
Toyés de Ttf^pereur , qui les massacrent jusqu'au 

deroiçr. 

Obsebvatioit. Jdcques de Guy se confond ici trois villes Ae Thilbes 
Ame en Égipte , foadée par Basiris, qui aToit cent portes; i^aatre ei» 
ficoUf^ fooi^ pir Cadmus, qui en ayait sept; et U troii«èin« en, 
dicie, fondée par Êetion , pcre ^Andromaque. 

è 



CHJft>ITRE XXV. 

Persécution géniale de TËglise par Dioclëtien. 



Sous Dioclétien , TEglise com'mençait à prospérer et 
à étende sa domination par toute la terre , lorsqM le 
Yen de la persécution s'alluma tout à coup. Par un édit 
publié la dix-neuTième année de son rigne , l'empereur 
ordoBtta que dans tout Téiî^re les églises titraient ra- 
séèiy les saintes Ecriture^Tf^es au feu , et les préti^e^ 
contraidtSy par les plus affreux sbpplices^ à sacrifier 
aux dieux. De j^us côtés on se saisit des ét^ques eide 
leurs cl<er<e9 > ainsi que d'une^foule de ^gens de toute 
condition ; i)ientôt même on enleva jusqu'aux femmes 
et 9UX enfains : de sorte que les prisons pouvaient à 
peme suffire à contenir la multitude des victimes. Mais 
tandis que ces cruautés étai^st exercées par les ordres 
A^DIocIétieii et de Marximien, de grands troubles écla- 
taisnt sur mutes Icsfrontières de l'empire. Pressépar le 
<liii(er> Dioclé^m dpnnfi à Maxinui^ RcircuUas « qui 



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124 ANNALES 

omnes romani imperii fines subitarUm perturbatio<> 
num concrepuerc fràgores. Quibus periculis Diocle- 
tianus permotus y Maximianum Hercnlium ex Gœsare 
fecit Augijstum, Constautinum vero et Maxiinium 
Galerium Caesares legit , tradens Constautio Tlieoclo- 
ram /.'llercu^i Maximiani^liam, et suam MaxisiiDO' 
Galerio. Hujus tcmporibus, Constautius .Ciesar in 
Galliâ primo prîelio, ab Alcmannis profligato excrciti^ 
suo , vix ipse subreptus est; secundo autem secuta est 
satis secunda Victoria, nàm paucis horis septuaginta 
millia Alemannorum caesa fuerui^ 



CAPITULUM XXVI. 

ï}c noniinibus sanctorun) a Dioclctiano martjrisaloruni. 



SuB procellosâ persecutione Diocletiani , innume- 
rabiles per martyrîum cœlorum régna mercati sunt, 
iitpotè Thebaei, de quibus superiîis actum est, item 
sanctus Gereo cum sociis suis ; item Casaiw et Flo- 
rentins cum sociis eorum; item Victor Missiliensis ; 
ilém quatuor Coronati; item Sebastianus Mediola- 
nensis^MarccIlianus etMarcus; item^Nicostratusonm 
sociis suis; item Mennas miles / Qorotheus , Gorgo-r 
nius cum%çociis eorum ; item sanctus Phileas buA so- 
ciis suis ; item £i*asmua episcopus cum sociis sms ; 
item Boni&cius çum Aglae; item JuUana virgo) item 



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DB HAINAUT. LIVIE Vil. I2S 

éuit césar, h qualité d'auguste , et fit césars Gbnstance 
et Maximiexi Galère , en les mariant , le premier à Théo- 
dora , fille de Mafftnien^erculius^ et le second à sa 
propre Slle. Dans le predKer combat que le césar Con- 
stance livra dans les Gaules ^son armée fut taillée en 
pièces par 1^ Allemands , enhi-méme ftillit perdre la 
vie; mais sa seconde bataille fut une victoire complète , 
etTOyOOO Afienands y furent tués en peu d'heures. 



^^ 



< 



CHAPITRE XXVI. 



Noms des saints qui souffrirent le martire sous DiocUtîcn. 

• 



pEiiik^NT fil emelle persécution de Dioclétien, un 
Bombre infini de chrétiens conquirent le royaume de^ 
deux par le martire , entre autres les Thébéens dont 
3 Tieni d*étre parié ; saint Géréon et ses compagnons ; 
saint Cassios^ saint Florence et leurs compagnons; 
tednt Victor de Marseille ; les Quatre-Couronnés ; saint 
Séba&tien , évéque de Milan ; saint Marcellin et saint 
Karc ; saint Nicostrate et ses compagnons ; saint Menne, 
soldaïf; saint Dorothée ^ saint Gorgon et leurs compa- 
gnons i saint Philéas et s^ compagnons ; saint Erasme, 
éréqne., et ses compagnons ; sai|||^ Boni&ce et sainte 
Aglaé; sainte Julienne , yierge; saint Félix et saint 



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'15iÇ JkTCXALEA 

Félix cdm Petro, cum sociis ^eorum ; item Orontius, 
Vincentius et Victor ; item Lucia vidua ; item Geini- 
nianuS; item Cosmas et Damianus; item, Blasius 
episcppus ; item Dqrothea virgo ; item l^eodosia 
virgo; item yitalis et ^gricola; item Ascle, Philc- 
moois et ÂpoUonii; itetii Amaoïi^ praesVs; item ire- 
ncus cpiscopus et DomiiinuS ; item JaQiw*jus episco- 
pus; item Gregorius, Spoletanus presbyte^ item 
Marcellinus et Exuperantius; item Sabinus episco- 
pus ; item Chrysogonus et Anitstasia ; item très scores 
Agape, Chionik et Irena; item Theodota cum tribu^ 
filiit suis ;' item Anastasia martyr ; item Barbara 
virgo; itei;n Plorianus, Primi» ft Felici^mis^ item 
Vitus et Modestus atque Crescentia ; item Albanus ; 
item Donatianus et Rogatianus àtque^Pancratius; 
item MarceHînus^Pelrus atque Erasmus; item Seij^ 
gius^ Bacchus cum sociis eorum; item Euphemia 
virgo; item Félix et Aud|iuctus; item Adrianus et 
ejus uxor Natalia ; item SimpJicius, Jaustinus et 
Beatrix. ; item sancta Chriatina virgo ; itfem Cgcufatus 
et Félix ; item Theodorus ; item Pantaleon ; item 
Xu^eia ; item Silvanuâ» miles et Marcellinus papa; 
item Çyriacus et Appronianus cum sociis eorum; 
item Sisinuus et SaturniuHs; item Çyriacus cum sociis 
suis ; item Marcellus papa ; item Gènesius ; item 
Basilissa cum suis virginibus; item Jidianus et Gel- 
sus ; item Justina virgo atque Cyprianus ; kem Eula- 
lia virgo; item Vincentius ©t Valerius; itemdecem 
et octo martyres, qui dicîcbantur Massa c^ndida; 
item Georgius nofailis miles; item Fides virg6 atque 



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Pierapir*^ ^urs compagi^ons ^ saint Orome , sf int 
Vincent et Aaint Victor ; sainte Liltie , veave ; sahit , 
Gémioien; saint CAnif. et saint Damiep; saint Bll^e^ ^ • 
çyéqipA ^1 ^iE^inte Dorothée , vierge; Ainte Théoddl(f^ " 
vier^ ; ^|P&t ^jUftal et saiat Agricole; saint Ascle, sainm^ 
Philémon et saf||^ Apollonius ; saint Arrien , président ; » 
saint irénée y évéque , et saint Domnin ; saint Janviék*^.^ 
saint Grégoire de#polette , prêtre ; saint Mne^Un et ** 
* saint Exupérance; saint Sabin , évéque ; Ihm Chriso- ^^ 
gone et sainte Anastasie; saintes 4A.gape , Chionie et'* 
Irène , sceors ; saint Théoddie et ses troisfib jltain te Ams^ 
tasie ; sainte Barbe , vierge ; saint Florien f saint Pmne 
•t «aint FéUcj^ ; saint Vit , sa&t Modeste , et sainte 
^escendK ; saint Alban; sainU î^"'im(||)%.niprnii e(t 
Ftutcracjs; saint Marcelli^, saint Pie#e et saîiitfirasB^; 
sanit Serge et saint Baa|ue, et leurs compagnons; « 
sainte Euphémie, vierge ; saint Félix et saint And^ucte ; 
saint Adrien et son épouse y sainte Nalalie; saint Siin- 
pUccisaintl^auslin et sainteliéatrix ; sainte Christine y 
vierge ; ^int CueuflR et saint Félix ; ^aint Théodore ; 
saint Paqtaléop ; sainte I^uce ; saint Silvain y, soldat y et 
saint^arce^Jin, page; saint Ciriaque et saint Appro- 
nien , avec leurs compagnotfft ; sAit Sisinne et ^int 
Satomin; saint Ciriaque et ses '.eoni|hignons; saint 
Uarcel, pape; saint Genèi; sainte Basilisse et ses 
vierges ; saint Julien et samt Cfoise ; samte Jttstkie y 
vief^ , et s^nt Cipf iiH ; saintp ^uUlie » viei^e; êw^ 
Vipcent et saint Valère ; les dix^huit martirs y <)oni|Us 
soos'le nom de masse blanche; saint George y noble sol- 
dat; sainte Foi y vi(A*ge , et saint Caprais; saint Félix 
d'Espagne y et saint Quentin. On lit dans la^vie de ce 
dernier: #Sous le règne de Dioclélien eî de Maximien, 
Ilic^a# YaroB fui nommé préfet de la Gaule , et chargé 



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»<. 



laè . ..ANNALES 

Caprashis ; item Fclix Hispanus ; item Qufbtii^ , in 

cdfjus Gestis ità icperitur (i) : (cTemporibus Diocle- 

^ tiani et Maximiani Rictius Vains Galliae praefecturam 

' àc saeviendi in ^Iiristianos accepit prœce^m. £o 

'*tempore viri sanctî, Quinlînus, Fvisciinus et Victo- 

ricus y Crispinus et Crispinianus , ab urbe Româ 

4.'simul prûgrcdientes , Parisiîs, Deo duce, pcrvenc- 

runt; ibiqu«, divinâ illustrante gratiâ, nomioatim. 

. loca, in quibus divisi proedicareunt elegerunt. Fuscia- 

nus et Vkloncus Tornaewiscm urbem petierunt; 

Quintinitt ^mbianis praxlicavit : jàm enim sanctus 

Lucianus Belvaci praedicaverat. Per ho^sanctos tanta 

DcHpiaus opef a^tur miracula , ut eorum jlr9edicari| 

sequentibus signis prpbaretur esse sequenda. Rictiûs 

- Yarus autem christianorum sanguinem sitiens, Ai- 

gressus Treverensem civitatem , quae est propè-flumen 

MoseUaB, tantam ex ek in ea cpedem ^xercuit, ut 

sanguinis rivul*^ decurrentes in fiumen, aqua; pei«* 

mixti , in colorera suum eum converterent. Praecepta 

quoque ejus ad alia loca cursores deferebant, ut 

quisquis christianum aUcuh'i reperisset, palàm eum 

ad internitiovem protraheret. Item eum prae(Kctis 

martyribus, sub-DiocleUano passi sunt Gentianus, 

Fu8oianus,^Justus puer, Crispinus et Crispinianw 

Suessionenses 9 RuQnu$, Valefius, Macra vïï'gaj'De- 

met|[ius episcopus, Anastasîus, Narciscus, Afra virgo 

et Ililaria cqm tribus puellis ejus , Fausta virgo ; item 

Benedicta virgo, Maturinus Senonensis , eum multis 

aliis, qu^un\ nomina sunt in ccelis'consçripta, et, 

(i) Vite, dt BaauT* Xill, i36. LVitrait suiTont oe se troure 



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^ DE HAINADT. LIVRE TH. 129 

de perflécoter les chrëtiens. De son tems saint Quentin, 
saint Foacien , saint Victoric , saint Crépin et saint Cré- 
pinien partirent .ensemble de Rome et se rendirent, 
avec la grâce de Dien , à Paris. Là, éclairés par l'esprit 
divin , ils choisirent les liens où chacun d'eux devait 
prêcher la foi , et se séparèrent. Saint Fuscien et saint 
Victoric allèrent à Tournai , et saint Quentin à Amiens. 
Saint Lucien av ait déjà enseigné le chriMîanisme à Beau- 
vais. Les mirades éclatans que Dieu opéra par ces 
raints hommes démontrèrent la vérité de leurs paroles. 
Rictins Varus, ahéré du sang des chrétiens, arriva 
dans la ville de Trêves , qui est située sur la Moselle , 
et y fit un carnage si horrible de ceux qu'il y trouva , 
que leur sang coula en ruisseaux jusqu'à la rivière et 
en rougit le» eaux. Des courriers portaient en tou^ 
liens les ordree de Varna, et partout les chrétiens 
furent mis à mort. Outre les saints dont nous venons 
de parler^ on compte encore parmi les martirs qui pé« 
rirent, sous Dioclétien : Saint Gentien et saint Fuscien; 
sainl^jlblfr t , enfant ; saint Crépin et saint Crépinien de 
Soissoas ; saint ^ufin et saint Valère ; sainte Marie , 
vierge ; saint Démétrius « évéque ; saint Ànastase; saint 
Narcisse ; sainte Afre , vierge , avec sainte Hilarie et 
ses trois servantes; sainte Fauste , vierge; sainte Be- 
noîte , yierge ; saint Mathurin , de Sens , et beaucoup 
d'autres dent les noms sont inscrits dans le ciel, et 
dont je ne parlerai pas pour être plus court. Cepen- 
dant je ne passerai pas sous silence saint Piaton ou 
Piat, qui aovtit de Rome après avoir été ordonné 
préire par saint Denis , et vint avec courage prêcher 

pas da«t le Recueil des Historiens de la France ; soit que D. Bou- 
quet n*ait pas lu la Vie de saint Quentin , d'oà il est pris , soit qû*il 
ne Tait pas jugé digne dVntrer dans sa collection. 

V. 9 



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l30 ANNÀQt3 

causa brevitatis omittimus (i). Verumtatnen de beatô 
Piatone , qui et Piatus dicitur^ legitur quod ah urbe 
Romà egressuSy à beato Diooysio officium presbyteri 
sumpslty et ad Tornacensem urbem praedîcaturus in- 
trepido cursu properavit; ubi sub Diocletiano passus 
legitur 9 eodem ordine quo et beatus Lucianus apud 
Behracum. Actor. Quià multorum relatione com- 
peri, beatmn Piatum civitati Tornacensî et patriae 
circumadjacenti , ad fidem pnedicandam , à Româ 
fuisse destinatum , et pro tune magna pars Hannonîas, 
quae comitatusNerviensis,etab aliquibosBracbatense 
territorium dicebatiu*, dictse conjungebatur civitâtij 
autumant proindè multi in dicto comitatu fîibse me- 
ritis et praedicationibus sancti Piati plurimos ad fideni 
con versos : occasione cujuslegendam ipsius huic operi 
ascribere curavi , prout patebit consequenter. 

CAPITULUM XXVII. 

De origiiie ftancti Pi«ti. 



Yrnbkabilis et Deo dîgnus ^ martyr futunis y at*^ 
que sanctae Ecclesise plantator, ante secula prâMlectus, 
Piatus exordium humadd^ editionis in parttbus Italiai^ 
provinciâ Beneventanâ, habuisse cognoscitur, pafen- 
libus generosis et nobtlitatis ac locupletissimae &cul- 

(i) Ce qui suit n*est plus empranU à Vincent de Beanyaif. 



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DE HAINAUT. LIVRE VII. l3l 

rëvtngile « Toumai » où il aoufirii le martire soot 
Diodécien , de la même manière que aaint Lucien à 
Beaovais. L'auteur. Suivant un grand nombre d'au- 
teurs , saint Piat fut envoyé de Rome pour prêcher 
la foi à Toumai et dans les pays environnans. A cette 
époque une grande partie du Hainaut, appelée par les 
uns comté des Nerviens , par les autres Brabant , fesait 
partie du territoire de la cilé de Tournai. On dit que 
les vertus et la prédication de saint Piat y firent beau- 
coup de conversions. Ce motif m'a déterminé à insérer 
ici Ulëgende de ce saint , comme on va le voir dans les 
chapitres suirans. 



CHAPITRE XXVII. 

Origine Àe saint Piat. 



Lb vénérable saint Piat , martir et fondateur de la 
sainte Eglise , élude Dieu avant tous les siècles , naquit 
en Italie , dans la province de Bénévent. Ses parens 
étaient nobles , et doués à tel point de tous les avan- 
tages de la naissance et de la fortune , qu'ils s'éler 
vaient au-dessus du vulgaire comme le cèdre parmi les 
coudriers ou le sapin au milieu des saules. La pauvreté 



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1 3â ANNALES 

tatis. tanto honore prsepollentibus ^ ut quasi cedrus 
inter corylos vel abies juxta salices, sic ipsi inter vul- 
gares turbas pra^rogativam dignitatum obtinerent. 
Non illos paupertas astrinxit^.nec uUa servitutis nota 
adduxit , quin imà avitâ ingenuitate florentes inter 
quoscumque vicinos potentiores ac spectabiles ceme- 
bantur. Natus vero felix puer à progenitoribus voeatus 
est Plus , propter affluentiam congenitœ pietatis , ut 
quod illi exercebant opère iste inciperet designare vel 
nomine : sicut auteni rosa inter spinas , vel sicut%3ter 
cor vos columba ; sic puer hic vitâ sanctus, mente sin* 
cerus, et proprio arbitrio innocens permanebat et 
rectus. Erat certè prudens ingenio , circumspectus 
eloquioy cautissimus in opère, serenissimus facie, 
castissimus^ corpore , tranquillus in mente et vallatus 
pietate; pauperum sustentator, mœstorum consolator, 
misericordiae cultor^ afflictis compatiens, tribulatis 
condescendens, aniractus levitatis abjiorrebat, thear 
traies insanias fugiebat, conventus perfidorum prae- 
cavebat , consortia honestorum ambiebat. Cui dono 
creatoris accessit etiàm mira corporis pulchritudo, 
mira formositas , magna et jucunda atque temperata 
mentis alacritas. Ità vero efectus morum omamento 
poUebat, ut non soliim amicis^ sed etiàm adversariis, 
complaceret. Ab infantiâ littfsrarum studiis primaevos 
annos subegit, ut praepararetur in eo scientia , undè 
postmodùm sacrae doctrinae manarent fluenta ; atque 
ità auctoritate virtutum brnabatur, ut vas electionis 
propemodùm jàm existere cerneretur. 



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DE HAINAUT. tlVRB Vil. l33 

ne les avait jamais atteinU , jamais ils n^avaient ëtë 
flétris par la servitude , et leur noblesse héréditaire 
les fesait considérer par tous leurs concitoyens comme 
une famille puissante et respectable. A sa naissance , le 
bienheureux en&nt Ait appelé Pieux par ses père et 
mère, à cause de sa piété innée , et parce qu'ils vou- 
lurent que cette vertu qu'ik avaient toujours pratiquée 
s'annonçât en leur fils par le nom seul. Comme la 
rose au milieu des épines , ou comme la colombe au 
mflieu des corbeaux y le saint enfant s'élevait dans 
l'innocence et la pureté. Il était plein de prudence , 
de circonspection et d'habileté ; en même tems la séré^ 
nké de son visag^ë annonçait la tranquillité de son 
• ame , il gardait k plus grande chasteté , et sa piété 
lui servait de rempart contre les passions. H était 
le soutien des pauvres, le consolateur des malheu- 
reux ^ et se montrait toujours miséricordieux et com- 
patissant. 11 détestait les détours de la politesse , (îiyait 
les théâtres et les assemblées dangereuses , et recher- 
chait la société des f;ens de bien. A toutes ces qualités 
le Créateur voulut encore ajouter la beauté du corps et 
un esprit fin et agréable. La réunion de tant d'avan- 
tages le fesait aimer, non -seulement de ses amis, 
mais même des adversaires qu'il avait à combattre. 
Dès son enfance il s'appliqua à l'étude des lettl'es, ^ 
pour acquérir cette science d'où devaient sortir les 
trésors de la sainte doctrine. Enfin l'éclat de ses vertus 
était teJ , qu'on croyait voir revivre en lui le vase 
d'élection. 



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1 34 ANNKLES 



ib%r^«;^«'^V^%^/^% «1 



CAPITULUM XXVIII. 

Tk ttmpore «pio beatus Piatm virebat. 



TfiupORA veto y quibus hœc gessisse probatur, sub 
crudelium imperatorum Dioclctiani et Maximiaai ty- 
rannide transacta sunt. Qui^ secundiun suae perfidiie 
chaos infinitum, ità remoti erant alumine viventium, 
ut sanctum nomen salvatoris Jesu Christi Tel audire- 
nefas haberent perimmensum y et omnes divini cullûs 
sectatores quàque versum repertos irremediabili odio 
prosequerentur, et de eorum evasione usque ad ani- 
mam testarentur. Quibus auctoribus , qui potiîis sce- 
le&tissimis pei*secutoribus , ecclesiam Qiristi dilacerata 
et devastata est, sed tamen , gratia Dei, confortata, ut 
legitur in psalmo : In tribukitione dilaiXLSti mihL 
Quorum tempore passî sunt martyres Thebaei, et illo- 
rum imperio subversœ sunt ecclesiae in pastorali of* 
ficio, in tantum ut intrà unius mensis spatîum , uecata 
sunt decem et septem millia martyrum. 



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DB HAINADT. UVRE VII. l3Ô 



CHAPITRE 3LXVI1I. 

Du less <uc|uel TiTak saîat Piat. 



Ces «hôtes se passaient sous la tîrannie des cruels 
empereurs Dioctétien et MaxinMen , qui , dans les ténè- 
bres dç leur barbare ignorance , étaient tellement pri- 
vés cke toute lumière^ qu'ils regardaient comme un 
crime d'entendre seulement prononcer le nom de Je- 
suftiChrist, et poursuivaient les fidèles d'une haine 
implacable jusqu'à k mort. Mais Dieu Youlut que ces 
féroces persécuteurs , ea déchirant leseiu de son Eglise, 
lui donnassent en même tems de nouvelles forces , sui- 
vant ee qui est écrit dans le psaume : P'otts nCamet 
agnauH dans Us tribukuions. Ce fut sous les mêmes 
empereurs que la légion thébéenne fiit massacrée et 
les églises dévastées , même dans le tems où les pasteurs 
y célébraient l'office, au point qu'il périt en un mois 
dix-sept mille martirs. 



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l36 ANNALES 



CAPITULUM XXIX. 

De coDsociif sancti Uiati, ei qutUter diTenaf elegenmt ciritatet . 



Ea quidem tempestate^ nobiles viri et potentes in 
verbo Domini , Dionysius episcopus , Luckis qui di- 
citur Lucianus, Quintinus vir senatoriae dignitatis^ et 
alii comités sanotissimi ^ videlicet Fuscianus, Yicto- 
rîcus, Crispinus, Crispinianus , Rufinus, Yalerius, 
Regulus, Eugenius, cémentes pondus acerbissimae 
pcrsecutionis adeo d^saevire ^ ut nemo fidàbum valerejt 
ullâ pace potiri , sed agnitus mox ad suj^Ucia pertrahi, 
non tamen sponte suâ, sed edocente Christi graliâ, 
advertentes quanta in regionibus Galliaruui messis et 
quàm pauci vel nuUi essent operarii, éelibeFMerunt 
quoniàm quidem illis vivere et mori lucrum erat, ut 
à conspectu tyrannorum se intérim segregantes, ad 
majorem Dei gloriam regiones Galliaram adirent, 
ubi, secundùm Christi mandatum^ omni creaturœ 
praedicarent evangelium, credentes fide plenâ non 
diîi defuturos sancti nominis vexatores, quibus ur- 
gentibus,copiam martyrii sortirentur. Huic tàm beato 
conventui sociatus est pari fide parique constantiâ fa- 
mulus Dei Piatus non minus quàm ceteri ad domi- 
nica bella paratus. Hoc vero comité ^ ut compléta 
duodena societas est^ promoveutes à Româ, concitis 



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DE HAINAVT* UTRE VII. \Zl 

CHAPITRE XXIX. 

Des c«inpagnon« de saint PUt. lU'Tont prêcher en diyeraes Tillet . 



En céïlms-Ià ^^^es hommes d'une naissance distin- 
gnée , et poissans dans la parof e«de Dieu , saint Denis , 
ëréqne; saint Luce, surnomme Lucien; saint Quen- 
tin, sénateur^ et d'antres saints personag;es comme 
Fuscien , Victorie , Crëpin , Crëpini^ , Rufin^ Yal^re, 
B^nk et Eugène , Toyant que la persécution était por- 
tée k son CQsnble ^ que les chrétiens ne pouvaient jouir 
d'anoon r^os et étaient traînés au supplice aussitôt 
qn'ott les avait reconnus; et remsarquant , par une in- 
spiration de la grâce divine , qu'il y avait dans la Gaule 
une abondante moisson à recueillir, et peu ou point de 
moisaonncurs , ils résolurent de fuir la présence des 
tirans et d^aller dans les Gaules pour la plus grande 
gloire de Dieu , enseigner à tous TEvangile suivant 
le commandement de J.-C, persuadés que les perse- 
cuteiirs du nom chrétien ne manqueraient pas long- 
tons, et que la palme du martire serait leur partage. A 
cette bienheoreuse réunion vmt se joindre saint Piat, 
le serviteur de Dieu , animé de la même foi et du même 
courage que ses compagnons , et non moins préparé 
qu'eux à combattre pour la sainte cause. Lorsqu'ils 
furent tous réunis » au nombre de douze personnes , 
ils sortirent de Rome et vinrent en grande hâte à Paris, 
où pratiquant le jeûne et la prière , ils prièrent le père 



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1 38 AIfff AIES 

gressibus dcvenerunt Parisiis , ibique jejuniis et ora- 
tionibus dediti, exorabant patrem lumiMiin, ut eos 
dirigeret iu benè placitum suum , daretqué eis sapien- 
tiam y ut valerent, prout oportet, loqui verbum Dei, 
et innotescere gentibus Christi virtutem atque poten- 
tiam. Tune beato Dionysio revelatum fuit cœlitùs , ut 
Parisiis resideret , ipsamque civitatem ac ejus oonfi- 
nia verbo Domini exomaret. Ips^ denique fortissimos 
commilitones suos Lucium et Piatum consecravit 
presbyterosy quatenug în opus evangelii in aedifica- 
tionem corporis Christi , quanto sacratiiis tanto vigi- 
lantiùs, instarent. Santtus vero athleta Christi, 
QuintinuS| Âmb^isassumpsit, et ceteros, hoc est^ 
Regulum Silvanectis , liucianum Belvaci ,* Crispinum 
et Crispinianum Suessioais , Rufinum et Yaierium 
Rhemis, Fuscianutn et Victoricum urbi Morinomni, 
Piatum Tornacensibus , atqne Eugenium prout Spi- 
ritui sancto complacuit , ad praedicândum destinavit* 
Eccè stellae à sole justitiae "illuminatae gentes Gallis» 
illustrant ; ecce sidéra non errantia «ordibus gentilium 
6dei introitum dilatant^ ecce ancillae(i) Donrini, 
quibus ministris, maxill^ leviathan proférât ur (a), ut 
. de ejus fauce voraci geotes extrahàntur, et in gragem 
ecclesiœ, Christo auctore, componantur. £ccft apos«- 
toKçus duodenus numerus in bis sanctis viris reno- 
vatus est, per quos sancta Ecclesia multiplia incre- 
mento coadolevit; per quos'Francia antè nobilitata 
est, quàm appellata. Isti sunt duodecim candelabra 

(i) On Arni lire armillœ. Voyes J^b , xi. , ai. 
(a) Lues pefforaUiT, 



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DE HAINAUT. UVKE VIÏ. iSg 

des iMMèrei de les dir%€r suivant sa volonté , et de 
leor donner la sayesse, afin de pouvoir annoncer di* 
gnemen t la parole de Dieu , et publier devant les nationa 
la vertu et la puissance du ChrisL Ce fut alors que saint 
Denis reçut , par une révélaticm céleste , l'ordre de res- 
ter à Paris , et d*enrichir cette ville et ses environs de 
la parole du Seigneur. Lui-même ensuite consacra 
prAlres ses compagnons Lucius et Piat , afin qu'ils tra- 
vaillassent j dans la tâche de TEvangile , avec d'autant 
plus de saipteté et de vigilance à la fondation de l'Eglise 
chrétienne. Le saint athlète de Jésus^hrist » Quentin ^ 
choisit Amiens , et envoya les autres prêcher, savoir : 
Régule à Senlis , Lucien à Beanvail , Crépin et* Grépi- 
nien à Soissons, Rufin pt Valère à Reims, Fuscien et 
Yicloric à Moriane, Piat à Tonraai, et Eugène où 
Taj^Uerait le Saint-Esprit. Illustres étoiles , éclairées 
par le soleil de la justice , vous brillez sur les peuples 
de la Gaule I Nobles astres! dans votre cours réglé 
vous dilatez l'entrée de la foi dans le cœur des gentils I 
Pnissans anneaux, du Seigneur, qui percez la mâchoire 
de la baleine pour retirer les nations de sa gueule dé- 
vorante , TOUS rassemblez sons la houlette du Seigneur 
le troupeau des fidèles ! Le nombre duodénaire des 
apdtree est renouvelé dans ces hommes sacrés, qui 
donnèrent à l'Eglise un accroissement immense, et à 
h France une noblesse avant qu'elle eik un nom. 
Voilà les douze candélabres ardens d'une flamme pure - 
et étemelle , desquels le Seigneur a dit : « Je suis venu 
■ apporter le feu à la terre ; » ce qui fait déclarer à 
saint Paul que nolrf^ Dieu est un feu qui consume. Le 
Seigneur les plaça sur la montagne des vertus , non 
pour rester cachés, mais pour apparaître comme le 
fanal de la sainte Eglise , afin que ceux qui auront été 



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l40 ANNALE8 

Tero et œterno igné ardentia , de quo DomtlMK ain 
« Ignem yeni*0)ktere in terram » ; «ndè et Paulus di- 
cit : ce Etçnim Deus noster ignis consumens est. » Hos 
Dominus in monte virtutum positos latere noluit, sed 
in sanct» ecclesiae notitiâ voluit sublevari , ut qui per 
eos ingrediuntur ad fidem, de ipsorum exemplis pro- 
ficiant ad salutenu 



CAPITULUM XXX. 



Qiuliter ssnctiis Biatos prim6 ad «ivitatem Tomacensem 
praedi^avit. ^ 



Beatus ergo Piatus, cum graliâ et benedictione 
comitum, ab eorum sanctâ secedens societate, in 
civitate Toraaco vel ejus suburbanis cœpit Cbristi 
nomen ferveifter praedicare j et verbum fidei ontnibus 
in commune ministrare , ut converterentur à simula^ 
cris ad Dominum , et acciperent sanctam renovatio- 
nem perlavacrum regenerationis Spiritûs Sancti.Non 
ergo in doetis humanae sapientiae verbis «evangelisare 
Toluit , sed in ostensione Spiritûs et conversatione 
totius.sanctitatis, commendans se ad omnem constan- 
tiam purificatœ vitae et sanctimoniâ ac sanctarum 
virtutum jugi observantiâ. Ex his enim quos ad fîdem 
primitivos collegit , secundiim oportunitatem tempo- 
ris, lectores cantoresque constituit, et per diem prae- 



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DE HAII%^IIT. UVmi VII. l4l 

inilîéft par eux à la^fin^ marchent an aaln^ snr kun 
trmcs. 



CHAPITRE XXX. 

Première prédication devaint PUt â Toittiiâ. 



Saint Piatdosc, avecragrémentet la bénédiction de 
ses compagnons , se retira de leur sainte société pour 
se mettre à prêcher avec ferveur le nom du Christ à 
la ville de Tournai et à ses, feubourgs. Il administrait 
à tous «en conq^un la paro\^ de la foi , afin que renon- 
çant aax idoles il^ se tournassent vers le Seigneur, et 
qu^ls reçussent .une sainte vie par le batéme de la ré- 
génération du Saint-Esprit. Voulant annoncer TE van- 
gile f non dans les termes pompeux de la sagesse hu- 
maine , mais dans la manifestation de l'Esprit Saint et 
danfdes entretiens remplis de douceur et de piété, il 
se prépara à toute la constance d'une yie irréprocha^ 
ble par la sainteté et par l'observance ébntinuelle des 
plus pures vertus. De ceux qp'il convertit les premiers 
il forma, suivant l'opportunité des tems, des lecteurs et 



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l4l AJfNALBt 

dicaribat, HMIq verà officia psaliQoruin €l lédionum 
invigilabat. Orationi instabat , postulans à Deo ap«riri 
corda gentilium , et notitiam salvatoris iniîindi sensi- 
bos eorum. Attenuebat corpus jejuniis , serviens Deo 
in psaipis et hjmnis , implorans paganis fidei reve- 
lationem^ sibi vero jugcm impeiidebat praedicandi 
assidaitateai. Talibus haorens, et bis perseverans, 
caritatenr Dei et ppoximi viriKter tenuit, ammainque 
siiam, quod est summa caritas^^ pro fratribus ponere 
exoptavit, nec amavit vivere in mundo , nisi ut fruc- 
tum faceret Deo, et animas hominum subtraheret 
^imico. Cujus sanotam intentionein necnon et evan- 
gesilandi laborem respiciens et acceptans omnipotens 
Âltissimus, foetus illi exauditor et adjator promptissi- 
mus , multos ad viam veritatis perducens , et animos 
servi sui de sainte animarum lœtificans, per manus 
autem beati Piati fiebant signa saniutum et remédia 
quamplurima œgrotorura. Pr^edicavit denique instan* 
ter, servivit Christo viriliter; undè quod postulavit 
dotiauit, et populorum multitudinem ad gratiam 
perpetuœ salutis devotus perduxit.^ 



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DB HAimtT. UTU TH. l^i 

des chantrefi. Le jour il se liTralt aux travaux de la 
prédication^ et la nuit à l'office des psaumes et des le- 
çons. La prière Toccupait aussi beaucoup^ car il de- 
mandait à Dieu d'ouvrir les cœurs des gentils pour y 
infuser la foi du Sauveur. Il mortifiait son corp^par le 
jeAne^ célébrait le Seigneur dans les psaumes et les 
faimims y implorait pour les païens la révélation de la 
foi /et s* adonnait hii-méme avec assiduité à la prédica- 
tion. En s'attachant à cette conduite, dans laquelle il 
persévéra , il prouva constamment son amour pour 
Dieu et pour le prochain , et , ce qui est le dernier 
terme de la charité , il souhaita passionnément de sa- 
crifier sa vie à ses frères. Jl ne voulait en efiet vivre 
sur cette terre que pour faire fructifier la vigne du 
Seigneur, et pour soustraire les âmes des hommes à 
leur étemel ennemi. Aussi le Très-Haut, lui tenant 
compte de ses pieuses intentons et de ses fatigues à 
publier l'Evangile , l'exauça avec bonté et le couvrit à 
diaq îastant de jmi protection toute- puissante en 
rappelant une multitude de gentils dtts la voie de la 
vérité, et en comblant de joie le cœur de son serviteur 
par le salut d'un grand nombre de péchetifs. Saint 
Piat opérait d'ailleurs quantité de guérisons et de mi- 
racles , et c'est avec ces témoignages éclatans de la fa- 
veur divine qu'il a continué de prêcher sans relâche et 
qu'il a servi le Christ avec intrépidité. Tout ce qu'il a 
demandé fl Ta obtenu , et il a conduit avec zèle ime 
foule de peuples à la grâce de leur salut étemel. 



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i44 ANITAUS 



CAPITULUM XXXI. 



Qiibd Piatus prini6 lundayit ecclesiam in ciritate Tonicetkd et in 
confinibus ejiit. 



IsTE est erg& primus Tornacensis ecclesiae fundator 
et ejus regionis primus praedicak>r, à quo status fidei 
in civitate Tornaco primitîis exsurrexit, adofe^dt, 
convaluity et in perpetuum concrescens permanebit. 
I^te est fons vel fluvius de Paradiso erumpeos , quem 
Deus praeparavit terram desertam, inviam et inaquo- 
sam irrigare , id est y latam gentilitatem edocere ; ut 
qui deserti erant per idolatriam , fièrent electi et dr^ 
lecti per fidem^ invii per ignor^ptîam essetit j|enHi 
per Teritati» notitiam, inaquosi per duritîam forent 
humidi per baptismatis ablutionem , per eompunctio- 
nem ac confessionem. Qui dîim apostolicam exeroeret 
prsedicationcm , vitse tauien monachalis retinuit con- 
tinentiam et sanctitatem , sectans jugiter parcimoniam 
in cibo , in potu , in somno , et in totâ vivendi habi- 
tudine modum servans eremitalem et temperantiam 
philosophalem* ' 



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DE HAINAUT. UVKE VII. t45 

CHAPITRE XXXI. 

Piat fende le premier une église a Tournai et aux enriroat. 



ceux qui ayaient été obstrues par l'ignorance se trott- 
yassent dégagés par la connaissance de la Térilë , et que 
de desséchés qu'ils étaient aupararant par la dureté , 
ils fussent hunectés par Tablution du batéme> par la 
componction et la confession. La prédication aposto- 
Ëque à laquelle.se livrait saint Piat ne Tempéchait pas 
de garder la continence et la pureté de la vie monacale, 
c'est-à-dire de se contenter constamment de peu de 
nourriture y de boisson et de sommeil , et de conserver 
dans' toute sa manière de vivre la modération d'un er- 
mite et la tempérance d'un philosophe. 



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l46 ÀNNiX^S 

»f t > tnn>ir>i-ir>-n->-n^'ii-m--i-i-i i r^* -^^ r"- • - ~- \ ti — il — i "^ 

CAPITULUM XXXII. 

De TÎU et monbus Mpcti Pitti. 



CuJUS sanctitaiis vel prœdicationis fama in aures 
^puK ciretunmaMnttô, velut odor suavitatis, longè 
Ivtèqae percrevh, et eostemplaitio ^mias tciUgi^-. 
tatts ejus miiltornm sanctorum tandem grc^am sibi 
eonctiiavit in tantura, ut œpnçntes ^ias modestsam - 
et sermonem divino sale conditum , ipso ejus inluîtii 
perplures converterentur. Quid plura ? uIK ]honmiuin 
non est possibile illius virtutum species enucleare y 
.atque ad notitiam hominum deflectere illum decorem , 
illum favûrem, quo et Deo interiiis adhserebat et saluii 
4iiuiiiarum exteriiis incumbebat. Yictus ejus quotidia- • 
tnin paàis grossior et aqua erat, praeter tempus qua- 
ilragesiinffi : tu quadragesimâ autem bis tÀntiun in 
septtmanâ, id est, die dominicâ et quinta feriâ^ 
artissimo cibo corpus macerabat, potins quàm paaee^ 
bat. Haec rerà operabatur, ut exhibent corpus suam 
bostiam viventem, sanctam, Deo placentem, ratio» 
nabile obsequium suum nolens omnino confbrman 
huic seculo, in cujus interiiis parata erat mansîo 
omnipotenti î)eo. 



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DE HAiifiCT. tyinRE TH. 147 






Vie et mœurs 4c saint Piat. 



(^^eparant en lui-même la demeure du Dieu tout- 
puissant , îl refusait de rien faire pour ce monde. 



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l4S AJINUE» 

CAPITULUM XXXIII. 

D» famA pmdkatioiiis Piati. 

pêne- 
aanam 
adjec- 
riles et 
epertis 
ielitate 
scretOy 
lailitiae 
eraot, 
Chri8ti 
i ulH- 
aèrent, 
insium 
nsy in 
ivsecu- 
è ves- 
tigio secuti simt usque lornacum, uDi praedicantem 
in populo et testifîcantem beatum Dei faoïutum in- 
Tenerunt. 



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M ^nîAUT. . tlVM VU. i49 



'^^'*'»*^^%<»'*-^^'»^'%^V*^»^%»<^»>V»V^,»^V%%%^< 



CHAPITRE XXXIII. 

Renommée de la prédication de saint Piat. 



le sa prëdicatioD , après 
es de la GAule, parrint 
i les chefs de Tempire^ 
Tuels » dépêchèrent ans* 
> hommes actifs et dars^^ 
iement , pour n'épargner 
irrait découTrir, et pour 
ks punir sur-le-champ avec la dernière crutoté. Ces 
eommissaires ayant reço le décret des empereurs, et 
s'étant fait accompagner des soldats les plus féroces do 
l'armée , se mirent à parcourir les yilles qu^ se trou- 
raient sur leur route , dans Tintention, s'ils rencon- 
traient le yertueux. soldat du Christ , saint Piat , de le 
déchirer parla torture , et de le livrer ensuite à la mort 
pour apaiser la colère des empereurs. L'homme de 
Dieu avait alors gagné , comme on l'a dit^ le territoire 
de Tournai^ où il cultivait la vigne du Seigneur, et 
fertilisait de ses sueurs le champ qui lui avait été des- 
tiné. Les persécuteurs , en se dirigeant sur les tracts de 
sa renommée, qui volait toujours au -devant d'eux, 
suivirent ses pas jusqu'à Tournai, où ils le trouvèrent 
préchant le peuple et confessant l'Évangile de Jésus- 
Christ. 



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l5o ANRAtSS 



^j^j-^/%/VXrÛ-î.-fc->'%4'i'^^'^^"*^^^*'^^ *"*^ *^ -^^ * * ** ■»*»^^<«'^'*<*^^**i»^^^«W'^*»-— »- * »^ * " 



CAPITULUM XXXIV. 



Qaaliter Piatus , dùm pnedicarcti yidit suos tortores adrenire , et 
publicè C08 allocatiis est. 



YiR autem Domini stans in gradu , quem sibi in 

plateâ fecerimt ad loquendum ^ elevatis oculis, et eon- 

tuens eoEj statim ex vultu et babitu cognovit esse 

Ronanos ; et edocente Spiritu sancto y statim advertit 

wà cfuid venissent , dixitque ad populUm : ccËccè, 

« fratfes et filii carissimi , eccè Dominus Deus meus, 

« fititis Dei tivi , Christus J^sus , meani senectutem 

cr auferens , ministroit àdducit me» resolutionis , qui 

)oris avellant , ut aiiima libéra ad 

i valeat conditorem. Sed vos, o 

î ! sollicite moneo , hortor, fideliter 

m fîdei quod accepistis , in quo et 

.« statis, per quod salvi sitis, robustissimè conservetis, 

« nec timeatis minas principum , nec blanditias accep^ 

ff tetis fallentium amicorum , quoniàm bi de terra 

« snnt et de terrd loquuntur. Vos autem qui ad cœlestia 

« Vo^^ti estisy Gonculcate viriliter furorem bujus se- 

« culi. Non vos decipiant divitiœ nec ambitio peeu- 

« niarum; sed l'ecogitate Bominum Jesum Christum, 

«c qui tanta convitia et opprobria , flagella quoque et 

<c crucis stipendia pro Tobis sustinuit , ut vos eximeret 



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CHAPITRE XXXIV. 



Sirint Put, ftii mSieude fi piMcatioo , Toit arnt«r ■#• 
et leur parle en public. 



L'homme du Seigneur, monte sur une estrade qu'on 
lui a^ait construite pour se faire entendre , ayant levé 
les ieux et considéré les envoyés , reconnut aussitôt à 
leur figure et à leur habillement qu'ik étaient Romains. 
Alors f inspiré du Saint*Esprit , et fesant allusion au su- 
jet pour lequel ils étaient venus, il dit au peuple: 
€ Yoici , frires et fils bien-aimés , voici le Sdgneur mon 
« Dieu, le fils du Dieu vivant, Jésus-Chris^ qui me dé- 
« livrant ée k vieillesse , m'envrâi les miaislffes que 
«j'ai long-tems attendus pour briser l'enveloppe de ce 
« corps et permettre à mon ame , devenue libre , de re- 
« tourner promtement dans le sein de son créateur. 
€ Mais vous , les entrailles de mon corar , je voum avertis, 
•Je vMs exhorte , je vous oonseHie de gardor ferwe* 
c mont la parcde de la foi que vous avez reçue , doat 
« Tcms jouissez maintenant , et par laquelle vous serea 
• ^auvés^ n'ayest auciuie crainte des menaces des prin- 
« ces; rsjetcE les caresses des amis qui vous trompent 
« et qui vous parlent de la terre , parce qu'ils sont faits 
« de terre. Pour vous , qui êtes appelés aux biens cé- 
« lestes , bravez courageusement la fureur de ce monde.; 
« ne vons laissez pas séduire par les ricbessq^ ni par Ta 
«soif d*en amasser; mais pensez contiauellemént à 



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1^2 ANNALES 

« de potestate tenebrarym, et traasferret in f^lori^m 
<r suam et regnum. Hune amate , liunc colite , hune 
c omni horâ adorate ; huic contrà omniaKujus mundi 
« molesta tos fideliter commendate; sed et pro me 
a grateç illi agite ^ quià hodiè me laetificaTit^ accele- 
a rans diem v^cationis meœ, quo dissolvar, tit pergam 
« ad Dominum , victurus cumChristo in secula secu* 
€ lorum. » 



CAPITULUM XXXV. 

De oratioiie^aiii Piatai focik tnte ejus passionem. 



HiNC oculos et manus ad cœlum protendens^ de- 
dit orationem, dicens: «Gratias tibi ago, Domine 
« Jesu Cbriste , redemptor. mundi , qui me ad titulum 
« societatis tuae vocare dignaris, et beatonim marty- 
«rum tuorum, qui jàm cursum fidei peregerunt, 
« consortem fieri voluisti. Dignare ergo perficel*e quod 
« cœpiôti, ut cum electis tuk colonum et hseredem me 
« facias beatissimi regni tui. » His dictis, genuflexit, 
et orans non immemor autem dominicae passionis, 
ubi dicit, chmpersequenturvos in cwitate istd,fugite 
in aliam / egressus à Tornaco cum quibusdam crc- 



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]« HAINADT. LIVRE TU. i53 

ai endura pour vous 
Dt d'outrages y et jus- 
pUce de la croix , afin 
es ténèbres et de tous 
re et de son royaume, 
e à toute heure; re- 
à lui contre les dou- 
;races aussi pour moi, 
i, en avançant le jour 
)is me dissoudre pouic 
< aller vers le Seigneur, et triompliet' avec le Christ 
« jusqu'à la fin des siècles. » ^ 



CHAPITRE XXXy. 

Prière de saint Piat ayant 8a passion. 



Ensuite leTsnt les ieux et les mains au ciel , il se mit 
en oraison , et dit : « Je te rends grâces , Seigneur Je- 
« sus-Christ , rédempteur du monde , toi qui daignes 
c m'appeler au nombre de tes compagnons et me faire 
« partager le sort de tes saints martirs , qui déjà ont 

• parcouru la carrière de la foi ; achève donc , je t'en 
«conjure, ce que tu as commencé , afin que tu me 
« fiisses 9 avec tes élus , l'habitant et l'héritier de ton 

• royaume bienheureux. » Après cette prière , il s'age: 
nouille ; et se souvenant de ces paroles du Seigneur, 
lorsque vous serez poursuivis dans une ville , allez dans une 
nMire , il sort de Tournai en priant , suivi de quelques 



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CAPITULUM XXXVI. 

De disputatione sancti Piati cum tortoribus suis. 



Orbjlto igitur sancto sacerdote cum ministris suis, 
et illis cum palmâ victoriœ praemissis ad Domînum , 
quorum non est numerus et nomina soli Deo nota 
sunt; beatus Piatus tenetur, ligatur, injuriatur et de 
suae coûditîonis statu responsum dare minaciter jubé- 
t»r. (cTuoe esyp aiunt^« ille scelestus qui maleficiis tuis 
ft 0educi8 populum , ut sacratisstmis Diis non ifnino- 
èc lent , et iitipcratorum noitrorum praecepta conteài- 
«hant?» Sanctus respondit : «Ego maleficus non 
•c sum , scd beneficiis cruditus àupernis. Huic popttld 
« viam veritatis ostendo , et quomodo credere debeant 
« întïàrtiinufA Jésùm Chmtum edôcco; ut âdbâîrcht» 



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DE *IIAINAUT. LIVRE VII. |55 

^, et chante lei 
mie dans les an- 
ictiteim mtHfjéè 
ai le sixièm* sa- 
ae ce même jour 
et dont ils s'em- 
ils tuèrent ceux 
fmorable était le 
sous les empe- 



CHAPITRE XXXVI. 

Dispattf de saint t'iat arec ses boarreacnt. 



Lb saint prêtre ayarit été privé de ses minis^*eq , qui 
le devancèrent veirs le Seigneur avec la palme de la 
victoire, et dont le nombre et les noms sont connus de 
Dieu seul , il fut arrêté , lié , outragé , et forcé de re- 
pondre sur sa profession. tiN*es;tupas,» lui dit-on, a ce 
« scélérat qui séduit le peuple par des maléfices , pour 
« rempêcher de sacrifier aux dieux et d'obéir aux or- 
«drès des empereurs?» Le saint répondit: «Je ne 
€ suis pas un malfaiteur, mais j'ai été appelé aux biens 
« célestes. J'enseigne à ce peuple le chemin de la Te- 
« rite et comment il doit crdire en notre Seigneur Jé- 
«sda^Christ ; afin qu'adhérant au<vrai Diea» il renonce 
« au culte des idoles et aux téncbrçs de l'ignorance , et 



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i56 

tt.Deo.v 

ccrantiae 

«jnim.i 
« inelin^ 
ccnondf 
ce modo 
c tias?» 
tf infidel 
ce Datae , 

crmereanlur arcanum audire , tamen , propter cirçum- 
«rstaotem vulgi multîtudinem , Ibreviter diçam quo- - 
ce modo ei Deus antè secula el verus homo in fînç 
«c seculorum voluit cracifigi. Jtfcus pater ingenitus , 

;, Deus spiritos Sano- 

s, très personae ^ sed 

tium hatmit, nec ullo 

^apienti& fimdata est 

i stabilîti swt; qui 

n suam, et contulit 

iQiQia ia terris vei in 

>eo benè conditus à 

îccati jugo obligatiis. 

1 munditm Dei filius, 

« totam humanitatem absque peccati sorde de imma- ^ 

aculatâ virginc assumpsit,,crucifigi et mori voluit^ 

<K ut diabokim, mortis auctorem, eluderet^^et faomî- 

<c nem, quem seductor deceperat, tali arte redimeret. 

ce Idta est vera fides^ quim qui tenuerit et baptizatus 

tf fiierit^ salvus êril^ et qui non crediderit, condam- 



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DE HAINAlJT. UVRE ?1I. iSj 

• que sachant ^piece Dieu est venu sur la terre pour son 

é fjÊlnt, ihafe^iiFeles fausses divinités pour se soumettre 

€ anaonverain-des êtres, qui ne dédai§|fta pas de subir 

» h. moff «ur la croix pour le saint de tous. « ConmèÉit 

« donc,» reprirent les persécuteurs » , • peux*tu anaon^ 

^eor comme un dieu celui que tu avoues avoir, itâ 

«-cnrafié ? 9 Le confesseur du Christ, le bieidieiireiu 

Piat r^liqua : « Quoique votre infidélité et voé oreil- 

« les , sottiUées par Tidolâtrie , ne méritent pas d'en- 

«tendi^e 4l33àistères de, notre Roi et Seigneur très- 

c clément, cependant, à cause de la multitude qui 

« nous environne , je dirai en peu de mots comment 

c un Dieu de toute éternité , devenu homme à la fin des 

« siècles , vQcùut être ^ucifîé. Un Dieu , père incréé , 

« un fils de Dieu , né du père seul, un Dieu Esprit- 

« Saint , procédant du père et du fils , forment trois 

« personnes et une substance unique ; o'est ce Dieu le 

« père , qui n*a point eu de commencement et n'aura 

« point de fiif ; dont la sagesse a fondé la terre , et qui 

« dans sa prudence a consolidé les cieux f qui a créé 

« l'bomme à sod^ image , et lui a remi3 le pouvoir su? 

• toutes les créatures de la terre et des eaux. L'homme, 

« que Dieu avait formé pour le bien , ayant été séduit 

«par le diable, fut soumis au joug du péché. Le fib 

« de Dieu venant au monde pour l'absolution des pé- 

« chears , prit l'humaine nature , sans la tache du péché, 

« dans le sein d'une vierge immaculée; il voulut être 

« crucifié et mourir, pour confondre le diable , au leur 

« de la mort , et pour racheter, par cet art bienfesant , 

« l'hoinme que le séducteur avait perdu. Telle est la 

« vraie foi : quiconque l'aura gardée et aura été batisé , 

c sera sauvé ; mais celui qui n'aura pas cru sera con- 

a damné. • Lliomme de Dieu fut interrompu dans son 



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1 59 ANNALES 

^ nabitur. » Hssc et alia his çimilia profçreote yirp 
Dei , persecutores Hiagis stimulisfuroi^is ^xagitati, in- 
i^rcpabafit illi^iin diceiites : a Te jàm iongeeya seuectus 
9 €t «LiinoBa cftnities, maxime delu^r, co^ctftt ^ r^ 
« ^ukin, ut à taUbus oessans deliramentis, vel nunc 
m sero lucraverk tempora vivendi. Âd quantum tamea 
« te ouiMat inforkuniuin , ut pessiœos mores deserere, 
« et ad oongruum tibi vitas modum te agere nçqucas, 
«r tibi dicimus quantum tu tibi mortem^ conquiris ; ac 
çc idcirco nomen et conditioéem tuam nobis quanto- 
a eiùs expone. » Sanctus respondit : <: Garnis parentes 
ce Pium me nominaverunt ; sed quando in Christo 
« merui regnari , sacro ore sacerdotis Piatus vocatus 
ce sum. Conditionis vero cujus sim liquida patçt, cîim, 
ff secundiim beatum apostolum, mihi vivere dampupi 
€ est, et mori Jucitun, cujus et stigmata in oçrpore 
K meo porto. » Âd hoc maligni iatulerunt : a Hoc est 
« ^uod dicimus, quia seductor, etdeorutn adveraarius 
« <K>mprobaris , et tu» nescius parcere seneetuti. » 
Sanctus Piatus respondit : « Eheu ! quod loquor, proh 
« dolor! non capitis , quiànon estis de o vibus Christi. 
ce Idolum nîhil est ; et quod adoratis diaboius est , 
ce quià vos et principes vestros protrahit in tenebras 
ce perpetuse condemnationis. j) 



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DS HAIWiDT. IblVRJS VII^ |$9 

:eui:s qu»la colère transpor- 

it de leurs inyectiyes. «Ta 

> cheveux blancs,» dirent-ils, 

L toi f le premier trompeur du 

L renopcer à c^gl&yeries pour 

ui.te restent. Vois donc quel 

« malheur te menace , si tu persistes à m^ner une yie 

€ détestable et à ne pas embrasser une conduite hon- 

« néte. Yois combien tu t'exposes à la mort en agissant 

explique-nous sur-lQHJbamp ton 

Le saint répondit : € Mes parées 

lé le nom de Pieux ; mai^ lorsqii^ 

sous la loi du Christ , la bouche 

i nommé Piat. Quant à mon état, 

js: j'ai pensé, d* après le saint 

tf apôtre , que la vie était un mal et la mort un bien ; 

a et j'ai gouverné mon corps suivant ce principe. » Les 

fliécfaans répliquèrent : « Voilà justement ce que nous 

« disons ; voilà pourquoi tu es un séducteur, un en* 

« nemi des dieux , et le bourreau de ta vieitl^ase. ■ 

« Mâas ! 9 dit saint Piat, • ce que j'annonce, 6 danleor I 

« TOUS ne le comprenez pas , parce que vous n'Mes pa« 

n du ncnnbre des brebis du Christ. Une idole n'est rieso^ 

« et ce que vous adorez est le diable ; car il vou3 en- 

f traîne Toifs et vos che& dans les ténèbres d'une çlam* 

« nation éternelle. » 



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l60 * ANNALES 

CAPITULUM XXXVIL 

« 
De gloriosâ paséione et morte Piati« 



AT ilU in niajorem fîirorem concitaci, sanctmn 
arctius coUigaverunt, et, manibus de post astrictis^ 
acris verberibus flagellaverunt. Cùmque flagellarelur^ 
et fortiter vinctus teneretur,. constans et firmus ac 
robore corporis validus permanebat, ac si juvenilis 
alacritas^ et non senilis imbecillitas^ in eo habere* 
tur. Laudabat assidue et publiée confitebatur nomcn 
Domini Jesu Christi ; et anhelanter exoptabat , ut con- 
fitendo nomen Christi , nierei*etur in Domino consu- 
Hiari) dicens : «cEgo laudo, glorifico, invoco, adoro 
« et éxoro dominum Jesum Cbristum , qui dilexit me, 
« et tradidit se ipsuni pro me : Ipse mihi salvator, 
«c ipse redemptor, ipse statim meus aderit coronator.» 
Tune unus ex militibus, evaginato gladio caput ejus 
amputavit ^ et gloriosam animam y palmâ victoriae re- 
dimitam , ad thronum Altissimi transmisit. Haec vero 
beati Piati veneranda passio primœ diei kalendanim 
octobrium ascribitur; et antiquorum auctoritas obti- 
nuit^ ut ea dies martyris ejus condonetur celebris. 



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DE HAINAirr. LIVRE VII. l6l 

CHAPITRE XXXVII. 

Glortease passion et mûrt de saint Piat. 



Lest envoya 9 transportés d'une noavelle ftireur, 
lièrent le saint plus étroitement y et lui ayant attache 
les mains derrière le dos , Taccablèrent de coups. Pen- 
dant qu'on le flagellait ainsi et qu'il était tenu fortement 
garotté, il montra une constance, une fermeté » une 
force de corps telle , qu'on l'aurait cru dans toute la 
vigueur de la jeunesse et non dans l'épuisement du 
vieil âge. Il louait continuellement et confessait publi- 
quement le nomade Notre-Seigneur Jésus-Christ, il 
formait les vœux les plus ardens pour mériter, en 
confessant le nom du Christ , de mourir dans les bras 
du Seigneur. « Je loue,» s'écriait - il , tje glorifie, 
«j'invoque, j'adore et je prie Notre -Seigneur Jésus- 
• Christ , qui m'a aimé et s'est sacrifié pour moi. Il 
«sera bientôt mon sauveur, mon rédempteur, mon 
« rénumérateur. » Alors un des soldats ayant tiré son 
cpée, lui coupa la tête , et envoya son ame glorieuse^ 
parée des palmes de la victoire , vers le trône du Très- 
Haut. La passion du bienheureux Piat est marquée le 
premier jour d'octobre , jour qui , de toute antiquité , 
est consacré à la célébration de son raartire. 



v. 



Il 



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l6s 1JINALE6 



*%*»%<*%%^»»%^%%%%«^*»*%«*^ <<*»»%*•% < • %%l*««*^^ V »»^<^»<»«»» 



CAPITULUM XXXYIII. 

De miracttlis apparentibut pott mortera tanoti Piati. 



SfBB beat» martyre glorificato io cœlia^ ChrUtus jliin 
ktt^hoftt iUum glorificare in terris : nàm j jaceûtd sacM 
dérpore in terra, et in fûgâ non<lîim âôtid Ihilhicid , 
apparuit repente ibidem lux de cœlis, cementibti^ 
atque stupentibus tàm infidelibuâ quàm fidelibus , su- 
per sànctum martyrem ; et vox pariter cum èâdéni 
luce insonuit, diceus : ccEuge, famule meus, t'iate, 
« sicut tuum sanguinem fundendo pro me libèns oc- 
« cubuisti in terris, sic antè me glûrificatus exultabis, 
« et cum electis meis aeternis deliciis confrueris. Cor- 
« pus autem tuum^ pro me in mortem prostratuœ, 
a non deseram ; sed quanta sint apud me tua prsmia 
« gentibus aperiam per multa magnalia* » Tantam 
beati martyris victoriam , supemo arbitrio mirifica*> 
tam ocuUs, yidentes et corde percipientes viciù» na- 
tioneâ , crediderunt Christo ; et , prater hos quos in 
corpore vivens lucratus fuerat , conversi sunl quinquè 
millia : supputatis autem diversorum vel locorum prse- 
dicandi vicibus, et coUectis numeris, inventum est 
per illum triginta millia credidisse virorum^ praeter 
parvulorum turbas ac mulierum. Seniorum autem 
traditio et vulgaris relatio hoc commendat, quod 



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DE HAINAUT. UVBE VIL l63 

V 

CHAPITRE XXXVIII. 

Miracles qui aui Tirent la mort de «Mst Piat. 



ntoBSQus le bienheureux martir eut ëté glorifie dtai 
les cieiix , le Christ commeiiça à h glorifier ici4iM. 
Son corpe ttcrë gisait encore par terre , et ses ennemis 
ne Tenaient qoe de prendre la fuite , lorsqu'une kieor 
céleste apparat sur le saint martir^ au grand étonna* 
ment des fidèles et des infidèles qui en furent témoins; 
et en même tems une voix retentit et dit: « Oui , Piat, 
« mon serviteur , puisque tu es mort sur la terre en 
« répandant volontiers ton sang pour moi , tu te ré- 
«jouiras devant moi dans ma gloire, et tu goûteras 

« avec mes élus les délices éternelles. Je n'abandonne- 

• rai pas ton corps étendu dans la mort à cause de moi ; 
« mais je ferai voir par un grand nombre de merveilles 

• de quelles récompenses je t'ai gratifié. « Les peuples 
d'alentour voyant et appréciant dans leur coeur la' 
gnoade victoire de Theureux martir, honorée à leon 
ieux par l'ordre des cieux, crurent en Jésus-Christ, 
et se convertirent au nombre de cinq mille , sans comp* 
ter ceux que saint Piat avait gagnés de son vivant au 
Seigneur; car tenant compte de toutes ses prédica- 
tions , et en réunissant toutes les conversions qu'il a 
opérées , on a trouvé qu'il avait attiré à la loi trente 
mille hommes , sans compter une multitude de femmes 
et d'enfans. Une ancienne tradition et les rapports du 



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l64 ANNALES 

cœlesti lumine super illum influente, et supernâ voce 
roboante, corpus sancti erectum in pedes steterit> et 
caput suum prae manibus acceptum tulerit, atque à 
loco decollationis divino remigio portaverit in locum 
tumulationis. Dei autem consilio, qui sanctos suos 
«cum mensurâ probat, et sine uiensurâ glorificatur, 
Tiri fidèles , qui beati viri fuerant admonitione con- 
yersi , summâ devotione functi , paraverunt aromata 
etlinteamina pretiosa, et in vol ventes illud, diligelftr 
s^elierunt in lapideo sarcophago mundo et tanti viri 
tumulatione digno. Ibi antiquis et modemis tempo- 
ribus, multa peracta sunt miracula, quae, si per sin- 
gula scrîberentur, deputarentur superflua. In ipsâ 
vero sepultune ejus horâ , cœlica super eo plenè re- 
fulsit gratia , quoniàm executores senserunt redo- 
lentia velut aromata; et suavissimus odor, è cœlo 
lapsus, corda omnium qui aderant refecit, et corpora; 
nempè exultantes et stupentes laudabant magnificè 
Deum suum , dicebantque : « Quis Deus magnus, sicut 
a Deus nos ter, qui sanctum istum pro se passum tàm 
a lucifluè magnificat ? d Tune prostrati in terram con- 
fessionis exclamabant : «Credimus, dicentes te verînn 
« Dominum , unigenitum , patris filium , qui descen* 
« disti de cœlo , et factus es pretium nostrum. » Locus 
autem tumuli beatissimi Piati vocitatur Siclinium (i), 
ubi sanctus pontifex Eligius adveniens, et monumen- 
tum hujus martyris requirens, tandem, Deo volente , 
reperit, et quasi nuperrimè passum sic recenti san- 
guine et intcgris vestibus invenit. Consepultos quoque 

(i) S^clin , l)ourg a deux Keups de LiII<». 



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D£ HAINAVT. UVRE VU. l6S 

peuple s'accordent à dire qu'au moment où brilla la 
lumière divine et retentit une voix céleste , le corps du 
saint se tint debout sur ses jambes , prit sa tête dans 
ses bras et la porta , avec l'aide d'en haut, du lieu de 
sa décollation à celui de son tombeau. Par l'inspiration 
du Seigneur, qui soumet ses serviteurs à des épreuves 
modérées et les glorifie sans mesure, les fidèles qui 
s'étaient convertis à la voix de l'heureux martir, s'em* 
pre^rent de préparer avec dévotion des aromates et 
des Knges précieux , y enveloppèrent le corpsdu saint, 
et l'ensevelirent avec soin dans un sépulcre de pierre 
proprement disposé et digne des restes d'un si grand 
homme. De tout tems comme aujourd'hui il s'y opère 
quantité de miracles, qui sont trop nombreux pour 
être susceptibles d'être décritSi Au moment de la sé« 
pulture de saint Piat , la faveur divine éclata si viv<^ 
ment sur lui, que les exécuteurs eux-mêmes sentirent 
une odeur d'aromates , et qu'un parfum délicieux des- 
cendant du ciel réjouit le cœur et les sens de tous ceux 
qui étaient présens. Surpris et flattés d'un tel prodige , 
ils entonnèrent magnifiquement les louanges de Dieu , 
en disant : « Quel dieu est aussi grand que le nôtre , 
« qui glorifie d'une manière si éclatante le saint qui a 
« sonfTert la mort pour sa cause? » Alors s'étant pro- 
sternés sur la terre du martire , ils s'écrièrent : « Nous 
« croyons et nous confessons que tu es le vrai Dieu , 
«Fils unique du Père, qui es descendu du ciel pour 
« faire notre salut. » Le lieu du tombeau du bienheu- 
reux Piat se nomme Séclin. Le saint pontife Ëloi , en 
y arrivant , y chercha le sépulcre du saint , et l'ayant 
découvert à l'aide de Dieu , il trouva le corps dans un 
état de conservation parfait , comme si le martire 
avait eu lieu tout récemment. U trouva aussi dix clous 



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l66 ANNALES 

Hlos decem ferreos clavos reperit, quibus Dei martyr 
canclefitibfis per ungulas digitomm traditnr excru- 
ciatus. Hos décem clavos beatus Eligius ad populum 
palàm protulit, et îromane tormentum, quod scrip- 
tura non pandit ipsum clavorum signis beatum mar- 
tyrem protulisse, prodidit, et beatissimum corpus de 
priori monumento honorificè translatum in melins 
oompositam et honoratiîis decoratam sepuUuram re- 
condidit. Qui beatus episcc^^ gloriosum martjrem 
mttlto amore et honore prosequens , ecclestam eJQs 
aiitiquam dejiciens, ampUorem atque decentiorem 
«dBficare profecit, clericos instituit, bénéficia dele- 
gavit, ut cultus divini officii ex more ibî celebraretur, 
ad laudem et gloriam sanctœ Trinitatis, amen. 

CAPITULUM XXXIX. 

De morte DiocletiaDÎ et MaximiaDÎ , et divisione imperii in ter 
G>n8tantiQuni et Galerium (i). 



Ex Ecclesiasticd Historid. 

Et quoniàm Dominus tradiderat familiam suam 
castigari paucis, cruenti vero immanitatis ministri 
desaevierunt in multis. Adest continua ultrix Dei dex- 
tera, et illos qui primo, dîim pacem servarent £o> 
desiœ, cum omni prosperitate imperium gubernave- 

(i) Yinc. de Bcauv. XIII; 160 et 161 . 



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DB UAIKÂUT. LIVRE ?II. 167 

éê far eiMerelis près dm Im, et qui » roufit au t&a , 8«r-> 
Tir«it y diiKm, à lui brûler les ongles des doigts. Saint 
Eloi étala cas dix clous devant le peuple , et lui fit voir 
ausai un éaerme instrument de torture , qu'on ne dit 
paa» an reste , avoir servi au supplice du saint martir. 
Ensuite il transféra avec pompe le corps du bienheu- 
rçQX Pi^t du monument qu'il occupait d'abord ^.dai^ 
un autre mieux construit et mieux décoré ; et poussant 
encore plus loin l'amour et le respect qu'il avait pour 
lui I il abattit son ancienne église pour en construire 
une autre plus vaste et plus convenable y dans laquelle 
il établit des clerés , et qu'il dota noblement, afin que 
l'ofice divin y fût célébré suivant l'usage reça> et à la 
louange et à û gloire de la sainte Trinité. Ainsi s«tt-il. 



^mmv% m %mm9>m^%m^mmmm^•^ %m m^m^ ^m m%^ m % ^ ^*mmld^»t^^^•,>»^ ^ mt ^% mmm^<%mm n %'^^%m'^ 



CHAPITRE XXXIX. 



Mort d« Dioclétics et de Maziroien, et partage de l'empire entre 
Constance et Galère. 



Histoire ecclésiastique, 

DffEV ayant donné à un petit nombre de personnes 
^ le soin de punir son troupeau , les ministres de sa iWB- 
gtance exercerait leur barbarie sanglante sar une foule 
de personnes. La main vengeresse de Dieu se montra 
partout ; elle entraîna dans un tel changement de for- 
tune ceux qui d'abord , pendant qu'ils laissaient TEgUs^ 
en paix , avaient gouverné l'empire avec un bonhnr 



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l6d ANNALES 

rant, ia tantam rerum permutationem deduxit, ut 
Augustus ille ia id vanitatis atque amentise pervenifet^ . 
quo depositis cum collegâ pariter Augusto regni msi«p 
gDÎbus, pdvati et pleheii post imperium viverent' 
Hugo. IgiturDioclelianus ab invito exegit Maxîmiano, 
ut simul purpuram imperiumque deponerent , ac ju- 
nioribus in republicâ constitutis , ipsi in privato ha- 
bita consenescerent. Itaque sub unâ die Diocletianus 
apud Nicbmediam , Maximianus vero Mediolanum y 
deposuerunt imperium. Tune Galerius Maximinus et 
G>nstantius Augusti in duas procurationes , Orientis 
scilioet et Occidentis , primi romanum imperium divi- 
seront; et Galerius Maximinus Illyricum, Asiam et 
Orientem tenuit ; Constantius vero^ vir summae man- 
suetudinis et civilitatis, Galliâ tantùm et Hispaniâ 
^conteqtuSy Galerio cœteris partibus cessit. Eusebius 
in Chronicis. Galerius cœpit anno Domini ccc , mundi 
vero rvMCGLXiii^ solusque biennio tenuit imperium. 
Itaque neque ex consortii rabie regnum suum piorum 
sanguine maculaverat, neque orationum domos et 
conventicula nostrorum, imitatus Maximiani vesa- 
niam , hostili vastatione destruxerat ; quin potiîis cul- 
tores Dei venerationi habuit et honori. Undè et 
merito religiosus pater religiosiorem filium suum 
Constantinum regni benè parti reliquit haeredem. 
Hugo FloriacensisI Hic Dei nutu constitutus est A 
imperator in Britannia, adhuc régnante Maximino 
Galerio in partibus orientalibus. 



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DE HAINAtT. LITBE VII. 169 

parCdt , que Tempereur lui-même en vint à ce point de 
"ranité et de démence , de déposer , ayec son coUègae, 
les insignes impériaux, et de vivre avec lui, au sortir 
de la plus haute dignité, comme de simples sujets et 
de simples hommes du peuple. Hugues de Fleury. 
Dioclétien exigea de Maximien , qui s'y refusait, qu'ils 
déposassent ensemble la pourpre impériale , et qu'a- 
près avoir mis des jeunes gens à la tête de la répu- 
blique y ils vieillissent comme les autres particuliers. 
Le même jour donc que Dioclétien abdiqua l'empire à 
Nicomédie , Maximien l'abdiqua à Milan. Ce fut alors 
que les empereurs Galère Maximin (1) et Constance 
partagèrent pour la première fois l'empire romain en 
deux parties, en empire d'orient et en celui d'oc- 
cident. Galère Maximin obtint en partage l'Ulirie, 
l'Asie et l'Orient ; Constance ne retint pour lui que la 
Gaule et l'Espagne , et céda le reste à son collègue. 
Chronique d'Eusèbe. Galère commença son règne en 
l'an 500 du Seigneur et 4263 du monde , et occupa 
seul le trône pendant deux ans. Quant à Constance / 
étranger à la manie d'étendre son gouvernement aux 
dépens de celui de son collègue, il ne souilla pas ses 
mains du sang des justes ; il ne détruisit pas eu en- 
nemi , comme l'avait fait Maximin , les maisons consa- 
crées à la prière et les assemblées des fidèles ; au con- 
traire > il honora et respecta les adorateurs de Dieu, 
et mérita, par sa religion, de laisser à sou fils Con- 



(1) Galère s^appelait MaximieD , et ne doit pas étve confondu arec 
Maximin II qui vivait de son tems, qui fat nommé c^ar Pan 3o5 et 
aoguste Tan 3o8. Il paraît que Jacques de Guyse ne les a pas bien 
distingues, et qu'il donne ici et dans la suite le nom de Maximin à 
Galère. 



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170 4NNAU6 



^■"*»- > TTi*-*^~^*-^'"^" ■"■***"■** ■^^■**"^^T""* > '*r *"*n-tn ^ '>-T>n- i v>yi-i-»-fc%->j > 



CAPITULUM XL, 



QoaliCer ConstaDtinufl rex Britonum , antequàm Romani acceitisset, 
itt^asit GalUam Um inferiorem quàm saperioresi. 



Ea: hisk)rid Britonum, et Jlmerici{i). 

PoSTQtiAM Con3tantiu5, rex BriUMmiso, ex propm 
uxore Helenâ, quâe fîiçrat filia Caelis ducis Colcestiise, 
CoQstantinum, filium genuisset, exiit ciim uadecin) 
anm pwterisseat^ ipse Copstantius apiid Eboracom, 
BritaDQia^ civiiatem, morti subjaxsuit, regnumqw 
filk) donavit. Qui , ut solb honoris potitus est y caepît 
mtrà paucof annos pi*obitatem maximam habere, 
koninam feritatem ostendere , justitiam inter populos 
tenere, latronum rapacitatem hebetare, tjrannoruni 
seevitiam conculcare, pacemque ubique renovare. E& 
tempestate erat quidam tyrannus Romae, vocabulo 
Maxentius, qui quosque nobiles, quosque probissi- 
iDos cives exhaereditare conabatur, pessimâque tyran- 

(i) Vojez Geofroi de Monmouth^ de Origine etgestis Britanno- 
rum (Ub. Ily c. 3), d*où ce cfiapitre est tire. Almtfric ne m'est pat 
connu d'aiUeurs; il sera encore cite dans k suite , peut-être ftiii- 
drait'il lire Albéric , dont la chronique est connue. 



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DE RAIIIÂUT. U?RE VII. I^l 

suntin rhériuge d'un royaume légitimemeiii acqui*. 
Hdgois bm FLSuaY. Conatantm fut, par la permiscioft 
dirine , élu empereur dans la Bretagne , pendant qat 
Galère Maximin régnait encore en Orient. 



r ■" i*" *""**'***'*'* *^*'*'*'*'*'*'^'^'^*-^^^'*^*** ' * "*^^n"T-">T'--'-i'>-i^'»-it-i-»-^« i -f a i 



CHAPITRE XL, 

ConstantÎQ, roi dt» Bretons , ayant de se rendre â Robi€| envahit 
la Gaule infërieare et la Gaole iup^rianra. 



Histoire des Bretons, et histoire iAlmèric. 

CoMSTARCfi, roi de la Bretagne , onze ans après la 
naissance de ConsUntin , que lui avait donné Hélène , 
sa femme , et fille de Cœl , duc de Glocestre , mourut 
à Yorck , cité bretonne , et laissa le trdne à son fils. 
Celui-ci, devenu maître du royaume, commença, au 
bout de quelques années, à montrer, avec la plus 
grande vertu , un cœur de lion , et à maintenir la jus- 
tice au milieu de ses peuples , à contenir la rapacité 
des voleurs , à refréner la méchanceté des tirans , et à 
rétablir la paix en tous lieus. En ce tems dominait 
à Rome un tiran nommé Maxence , qui employait tous 
les moyens de s*emparer des biens des nobles, et qui 
opprimait la république par le plus exécrable despo* 
tisme. Ses exactions augmentant de jour en jour, toutes 
les -victimes de ses pillages accouraient épuisées en Bre- 
tagne , vers Constantin , qui les accueillait avec hon- 
neur. Enfin le grand nombre des réfugiés qui se trou- 
vaient auprès de lui parvinrent à lui faire partager la 



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172 ANNALES 

nîde rempnblicam opprimebat. Incumbente igitur 
ipsius saevitiâ ^ diffugiebant exterminati ad Constan- 
tinum in Britannîam , et ab ipso honorificè excipieban- 
tur. Denique cîim tnulti taies ad eum confluxissent, 
ineitaveruat eum in odium adversùs praedictum tyran- 
num. Igitur bis et aliis incitatus Constantinus maximam 
congregavit armatorum multitudinem , quam tribus 
avunculis Helenœ, fràtribus CàeKs, ducis Comubiae, 
Johelino videlicet et Trahero necnon et Mario , com- 
misit regendam. Qui iuiperium invadendo^ primitùs 
Galiiam intraverunt : Constantinus partes neustra- 
sianas , Johelinus , Traherus necnon et Marins Gal- 
iiam inferiorem, Romanis difFugientibus , invaserunt. 
Constantinus brevi valdè tempore Neustrasianos eum 
totâ superiori Gallià subjugavit; Johelinus vero et 
Marius primo Rodoniam , de bine Belvacum et Am- 
biànas^ armorum virtute subjecerunt. Ob bine Mo- 
rianam civitatem obsidentes, tandem se libère reddi- 
dit. Deindè civitatem Tornacensem obsidentes, Marius 
ab unâ parte, videlicet à parte comitatûs Menapîo- 
rum , in loco qui à Mario adbiic Mairia dicitur ; 
Jobelinus vero à parte comitatûs Nerviorum aut 
Bracbatensium , quod idem est, in loco qui dici- 
tur Jolain (i) à Johelino , dictam obsederunt civi- 
tatem. In quâ obsidione comitatum Menapiorumatque 
Bracbatensium multipliciter laceraverunt : nam Tem- 
plum-Martis , quod metropolis erat comitatûs Mena- 
piorum , solo coaequaverunt , residuum patriae tribu- 
tarium facîendo. In comitatu vero Nervîensi civitates 

(1) Jal«in^ village à 3 lieues à Touest de Bavai. 



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DE HAIKAtT. UVM VIL 5 1^3 

h«hie qu'ils poruient au tiran. C'est pourquoi y ex- 
cité par leurs instances , l'empereur rassembla une 
grande armée, dont il confia le commandement à 
Jobélin , à Trahère et à Marias , tous trois oncles d'Hé- 
lène et frères de Csel , duc de G]ocestre. Ces généraux 
envahirent Tempire en entrant par la Gaule. Constan- 
tin s'avança dans la Neustrie , tandis que Johélin , 
Trahère et Marius se répandirent dans la Gaule infé- 
rieure , abandonnée par les Romains , qui prenaient la 
fuite de tous câtés. Constantin subjugua en peu de 
tems la Neustrie et la Gaule supérieure ; Johélin et 
Marins firent d'abord la conquête de Rouen y puis de 
Beauvais et enfin d'Amiens. Ils mirent aussi le siège 
devant Moriane, qui se rendit à discrétion. Alors 
marchant sur la ville de Tournai , Marius du côté du 
comté des Ménapiens , dans un lieu qui de lui a pris le 
nom de Mairie; Johélin du câté du comté des Nerviens 
ou Brabançons y dans un lieu nommé , à cause.de li^, 
Jolain , ila formèrent le siège de la ville. Pendant ce 
siège le comté des Ménapiens et celui des Brabançons 
eurent beaucoup à souffrir : Famars , la métropole du 
premier^ fut rasée y et ce qui resta des habitans du pays 
fut rendu tributaire. Dans le comté des Nerviens les 
villes d'Ablatone y de Chièvre , de Port-des-Belges et 
les autres places fortes y en un mot tout le pays jus- 
qu'à la mer fut conquis. Enfin Tournai elle-ihéme fut 
contrainte de capituler et de payer tribut. Cependant 
les Romains qui habitaient à Famars et à Bavai y ay^t 
rassemblé leurs richesses y se retirèrent à Trêves. Jo- 
hélin et Marius y après avoir soumis Tournai y pres- 
sèrent le siège de Famars avec vigueur; le premier 
était campe dans un lieu nommé en français Goieul et 
situé sur l'Escaut; le second, du côté opposé^ à Ma- 



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174 ANNA£IS 

AUataaM|Ser7Ϋ^Portus-^Belgorum, necnottalioniiii 
oppidorum, usque ad mare omnia sîbi sttbJMxruni. 
Tandem Tomaoenses, pactionibus intervenîeiitibus ^ 
et tribtttarios reddiderunt. Intereà Romani in Fani- 
Martis ^ ciyitate Octoviâ existentes, thesauros re- 
collectos Treverim transtulerunt. Johelinus et M arius, 
subjectâ civitateTornacensi, Fanum-Martis Johelinus 
in loco qui gallicè dicitur Goieul (i), suprà ripariam 
Scaldi, Marius in oppositum in loco ^ qui dicitur Ma- 
rech (lai), suprà Quviuih Hunioli (3), ferociter obsède- 
runt. Quae civitas, consilio Romanorum usa, se ipsam 
unà cum tota patriâ CoDstantioo se Iributariam red- 
didit; et hoc idem fecit Octovia. Âb hinc GalUarum 
Mlpenorum partes petentes, ipsi cum Constantino 
adiemnt Romam; subjugavitque illam sibi, et post^ 
ntodiun monarchiam totius mundi obtinuit. IVes au- 
tem avunculos Helense, Johelinum videlicet et Tra- 
hèrum necnon et Marium, ipsos in senatorium ordinem 
protnovit. AcTOR. Hae etenim historiae, Treberorum 
videlicet et Britanniae, necnon et Eusebii, videntur 
disci'epare de ortu et progenie Helenae et famâ, matre 
Constantini; sed quicquid dicat Ëusebius, teoendum 
est ipsam semper suis temporibus extitisse saoctis'» 
simam, 

(i) Cett sans doute le village de Noyclle, situe prés de la Selle 
el^prèsilerEscailt. 

(ft) Maresc^e , à S lieocs ouest de Barai. 

(S) Le Hoaeau , qui te jette dans la Haine , au-dessus de Qomiàé, 
Idâvescbe est sur la Rouelle et près du Honeau. 



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DE HAINAVT. UVU TU. kjS 

reacfae, sur le Honeau. Cette yille, suiyant le conseil 
des Romams , se rendit avec tout son territoire à 
Constantin et s'obligea de lui payer tribut. Octovie 
suivit le même exemple. Alors les deux généraux , 
ayant gagné la Gaule supérieure , accompagnèrent 
Constantin à Rome , dont^e^lui-ci s'empara , ainsi que 
de l'empire du monde. Constantin admit au nombre 
des sénateurs les trois oncles d'Hélène, savoir : Johélin, 
Trahère et Harius. L'auteur. Ces deux histoires , celle 
de Trêves et celle de Bretagne , paraissent être en con- 
tradiction au sujet de la naissance , de la race et de la 
féputatiôn d'Hélène, mère de Constantin^ 1) ; mais 
^ttôi qu^en dise Ettôèbe y il est certain que ce ftit ttiM 
fiMimèll'ttiltttrès-gl*attd<B baititeté. 

(«) Sainte Hélène , mère de Constantin-le-Grand^ naquît , teloo 
Procope, vers Vék ^ij, au bourg de Drëpane, dans la Bithinie , de 
parMépaCivfeélllqiiifexerÇAièiil, dtl-oa , «ne ^H>iMeS4li )^ Mft*» 
T^. Cosetantin kii-méme semble rendre cette opmkm indvbitéblt 
en donnant à Drëpane le nom ^Hélénopolis qu^il donna aussi à une 
ville de la Palestine : aussi cette opinion est «elle qui révnAt le fhtt 
ilc|wtiliiini Mais lesautesrs anglais, ftaronios et d'antres «criraiMi 
font naître sainte Hdlène à Yorck ou plutôt a Celchester, en Angle- 
terre, de parens illustres, et d^autres dans le diocèse de Trêves. 
Tey«i Im Mémoitet ée tAtadémie dm ùistriptiortÈ , totiè U ^ lié 
Bmker^fms de Pibi , et les f7e< dts Saints ^ par Godesèàrd. 



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176 ANNAISS 



CAPITULUM XLI. 

Qaaliter Constantlus repararit imperium. 



Ex Historiâ Treherorum, 

PosT Rictii-Yari cruentissimum imperium vel do- 
minatum, nobis Gallis Constantii^ primo Caesaris 
deindè Augusti, reparatur imperium. Hic multa cle- 
mentiâ ergà homines , ergà Deum vero religione 
inaximâ utebatur. Neque piorum sanguine regnum 
suum maculavity neque orationis domos destruxit, 
sed Dei cultores venerationi habuit et honori. Hic 
non modo amabilis, sed venerabilis etiàm Trcberinis 
lîiit; prsecipuèque Diocletiani suspectam prudentiam 
et Maximiani Rictii-Varique sanguinariam temérita- 
tem imperio ejus evaserunt Hic Alamannos, qui jàm 
à temporibus Valeriani imperatoris Treberorum con- 
finia devastabant; in ipsis finibus Treberorum ag- 
gressus , magna strage delevit. Circà Lingonas unâ 
die adversam et secundam fortunam expertus est , ut 
sexaginta millia Alamannorum, captis eorum regibus, 
occideret. Anno sexto imperii sui obiit in Britanniâ 
Eboraci ; et indè Treverim relatus , in Campo-Martio 
honorificè sepelitur eu m epitaphio hujusmodi : jEUus 
ConsLantius j vir consuLiris ^ cornes et magister 
utriusque militiœ atque patriiius et secundo consul 



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b' 



»E MiJMt;T.,tt¥«t VIL. 1^^ 

,* *.* CHAPIÏRe Xl^; , . 

« . Cdo^efit C^nstanccTrcstaura Tta^a. . 



- ■ ■■ 

' " ffiitoire de Trèvesr : , * 

Apftès VadmÎQiwaUon barbare cle Kicthi» Varas , la 
Gaule jpqjwa'iaus^le gouvernemcfit réparateur de Con- 
%taiiçe,.d*abf>rd^ César et ensuite Auguste • qui se. dis- 
tingua par une grande clémence envers les hommes , 
et^rime.pt^é exemplaire à «l'égard de Diou* Il ne 
soiiîliL.jamais sotf icgue du sang des^ints , il ne dé- 
trutMtniieun* maison de prière^ mai^il puiarcoiistam- 
' menllsiuiaciorate&rs.dèDIbuùri respect et un boimcur 
sÎBoèf^* Jl sèinonlrg non-seuIem«nt gracieux, mal» en- 
eojFie pldn d'^râs^#refs tes-TrévfrieiHy qui (!thàp- 
lÉmpit, sousson^nipire, à la*^rudence suspecter' d'ttu 
pioéléti^n ^ «t à la crij^uté £(adaeieusjp d*ua Maximin 
.et 4!iHi Riefius'Varus. Gotnlpnce ayaiit 'aUac|ué les 
^^m^amà& pvpk 2 à^ 1^ temc de Teiogereur Vj^^rien « 
dé«^|ai^'f le teirritoir^deTfëi^J&s^il en At Ad^ ce pays 
^tm^ nxkjgmaâ C^aitiage. Près de Langres il éprouva, 
Teiril^piâaïcjôtil^ les rigueurs et les lueurs de la for- 
intèytl ttfattol^Snte mille illom/inds» après avoir fait 
IÀâii?èiS^D>riikhi^ Amourut, à Yorck en Brctajgpee', 
"llpkÂ^ëaTiifBS de soAemprre, et ayant étatrànsporté 
ft 9rè\ar> Itfat eoseVel^ arec de grthids honneuW au 
CaMp-4ae^aliV*où on loi ûî cmê ^taf^he : /EUui 



^ 



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• ' 



ordiMriûê. flic ex Hâkifa, Treberômnl noiiHiftiitBiv 
Y^fHEistaotitium filititti pqocr^stnir, iiiq)0ratorèm<j|;K 
Xialliarum Feliquit^ qui. etiàm totiusregni monar'-^ 
chiam per bella jQaxnsa obtinnîi. Bêakissima varà 
mater, ejus Helena cum tnagtio «xercitu HierosolymâHt 
perrexk, ibiqiie ^com Deî adjutorio, si^u» $anctae < 
* Cruels mvenit fcclesias ibidem solemnissimas fuada* 
Vit, utpptè Sandi Sèpalchri, beaUe Virglnis tù vaik 
Jpzaphaty in Bet^Afi^iA» it^S^ ]f^^ Jordanem, proiit 
ioferîùs deçlarabitur. ' ' ^ 



% 

/ - , • ^ 

OMSTAHTimrs igitar ex Heleo*, Coosfïuitit ete^ 
bina , {irocreatus , quarto pef%Miiti<mia anno infvàf ifc . 
icnperiam, cpii (uit aatiyi» Domini ccioix , ti!ttndi,vAr&*- 
ivittccLxxii , regnavitque.vig^Atî quatuof ^ti^isHA^^ . 
eem meosibus (â)/ Sed et LieiqûuS5 aomii^nl-^onqWMi 
sent3^BtiS tiseitu^, in imperima Au|u*Ujtt Ip^i^^UJjiÉAf 

(i>ViB«.c|>Bcaut.XÏV,'i. ^ . ** .' 

\%) Ce <|iû silt iiMRiS4^topi«^ fit tir^ <h ytiljfcwerfêlClNÉfcin 



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' f . 



SC^^itw'iiW^» dont la,&i4|^ 4Mk Tum 4n^fi^ 

AiSljpi âifte uni ironie nômbrease'; et y dcc^iivrk^ 

Xièàt^^pA , le bols <lela adWiC«<oix. Elle y fti^ 
^' j|^.|^%I^ell^l^ , telles qae celtes du s|bi-S^« 

wtHto^ Ile la )i^hè^^ Vteqge pmft !» yalfëe dt . 

%^|p£l|f /îcdft de Belh^i^ et diiutres^pr^ do T|b(^ 
' Jw, |0flS|n^ B<Mits le diitNmpIlft tar<f; «1 



-f - * ^ 



















MU^tUt^i)ii Mte tuiMifm^^/At douté 

.^,____f ^Vi^tt^llD^ offense <fe eë^^boîx , ne ppi,t ee , 

. foste. ^^I&4;iaaxlji)îk]i t]^cale^ qae oiiu;i avons dit 






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^ ir^ ofFeadferat , 

l'an Orientis 
ans fi raptum 
imianu^ verô*, 
)llcgam (iihse 
lia (lepqsuktee 
Qtio , in iirbe 
ilsus j ad Çoa- 
af iôûîs ;causâ , ^ ' 
[osè susceptus ' 
' deprehe]|0us 
tua&'ejiis aféfae 
licis vocabula 
• Bomiiii^ ejus mutait^utur. Hugo FLO]|iACENMr Maxi- 
mianus i^itur persecutor imperium , cpiod abjecer^^ • 
iterùm accipere volens,, a QoostaHtino nondiipi itnpe- 

> est et extinctû;. Galerius 
Sœsarcxrï ad Italiamcum 
ithem obsîderet^ militum * 
pi^ditus, Bavenuœ içter- 
x>y eicut jàm dicMAi est, ' 
3naB defuactus esf . AcTQR. ** 
'M Lucia virgo ia> civitate • 



auguste {kar aoij armée 'apr^s la 
Tck, le liB juillet de l^ao So6 
pie titre cic c^sar^dq/oitConstllh'' • 
^rcûle qui ki rendit le tJftrv' ' 
li confirma l'année si|iv^te3b8. • 
nait bien en 3to lôrs de {a niorfc> 



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» Qi ^aiaàot. uv<£ Vil/ r8i 

avoir ëlé CQttègue 4e Qioclétien , «t aroîr renonce , en 
mèmf t^ms que ce prince , à U dignité impcrMle, «*é- 
umxu eliassé par son'fils Maxence;.qQi^exerçait la ti- 
raniiie à Rome » Q se rtfug^ia auprès ^le Constantin soa 
gendre , comme- cour lui demancïer protection 9 -et en 
même lama loi tendif des embûches 9 pour prix de Tac- 
çaeii bienreiDant qu'il avait reçu de ce prince ; mais il* 
(uf, dôe^utert avec honte et périt plus honteusement 
encore. Après sa mort , ses statues et ses images Curent 
rt<|>h1i f f 1K son nom AiC effacé de tous tes édifices pn- 
' li^leat^ud» M FLEoaî. L&perséctt^urMaximieniTon- 
^iiftMprcIttdre une seconde km la poiïrprn qu'il 'ayaic * 
IjmtJUg^fitt accablé à Marseille par ConÉtaatiii-qiii 
J^lll^t^ae eopore empereur et qui la fit mettre à mort* 
l^^pcrMr Galère envoya le césar Séyèrè avec une 
Jirméé en Italie. Celei-ci y fesant le siège d'une ville , 
ta% atandonné et trahi par ses soldats , et mis à mort à 
iPffvqpne. Modétien ayant renoncé à l'empire, comme 
neî» rivons déjà raconté plus haut , moutot à Salone. 
^Avnnir. Eu.Ge tems-là, la bienheureuse vierge Lucie 
iold(it4e martire dav iii ville de Siracuses. 

•■ -. 

QmmÊ$fite»f Savére , Q«inmé auguste par VaUre, attaqu^imiK- 
Intitf Maxence èat^ Rome^ abandonne par acs sokkas, il te rendit 
^${i|^ ViJffe de RaTcnnc, et fut tue mi mois d^avril de Tan 307; ceito 
*3|^lMi mméi 3a7« Miximien Hereule vint trouver Constantin , lui 
éf^ m fi)U Fauste, et le noi[pma auguste )e 3i mara^ Mais ajafit 
eieqite tcmiIu ôlei;U vie et Te^plre 21 Constantin son ^^dre, Fauttt 
m flfe*]e ^couvrit- Il fut convaincu et réduit à s'iîtrangler au com- 
dlAMÎefitAla«i3io. 



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CAPITULUM XUII. 

De M|xealio et Arto(i). 



.AaMJE k prsetomnb militibus Moxeiftàts, Ms»^ 
mia«i Hi^rculii filkis, in^evator fier tyranaidosi «rtl * 
» kistiluttts^Qt inOrteDtis|mrlîbusre^abatMaidipiaiiui 
Gtlerius. ÂCTOA. Sub hoc* Alneiilio passa esè itef;Éê 
Cbritdriini aptid Alexatidriam cuùi ot^atoribus ifunk» 
^[tlÉgiâta , Unà cum PorphyHo et Keginâ. Hôo <8tiilJÎ 
teaipore t^omputruit Arius, oui flôrerê debuer^, t( 
venexi^m sul erroris iti Ecclesiam dinudit. asseréns ^ 
dogmAtiaaus Patrem et Filium et Spiritum Sanctum 
non esse unius substantiae (2) et naturae. De quo saooi 
tus Intrus, urbis Alexandriasï^epîseopus, revelatiti^oi 
à decimo habuerat , ut h coniinuiiione £ccle$icct om- 
DÎQOvfiapararetur : quod et fecit. Hic postn^dùm 
graves it^olit Ëoclesiae generali persecutiooes ^ ^t^ 
roret induxît. Sub Maximiao passi sust sauctiplisMi* 
mpotè SHvanus, Petrus et Jû^uciamis episcopi; iCiui 
fiorothea virgo ; item Ronumus , QaSrhius et Pain>- 
philus historiographas , de quo Hieronymus ad c^ 
cômmendationem, in Hbro de Illustribtis vim, multa 

(1) Vioc. deBeauY. XIV, 4, 5 et soit. 

(s) Le nuinascrit du fonds de Saint-Germain ëevît tmtntim au IWu 
de subatantim. 



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1 

M tîll^Mt. ilVRB fil. ' 1^3 



CHAPITRE XOIL 

« 

- De Maxttoce «t fl^AruK. 



1tUM»9 Mb de Akiimieh Hercule, afiit è^ âa 
«Igyiftr i RoMi4^ ki fl^olchu dti prAoire , et gtm% 
tiuilleti imn» pendant cpéMe^mietiGftlèH rëgteEt 
fliOriMMt. L'âVTstBtf Aodsfe règaè deMateneeli tttfge 
ÇilkNl i q ^oi}||it le maMre à Alttandm a^ee éÊ? 
fMaft erat^rs , et en même ^tùs f ne Porphire «ft 
êaimt^ Beini^, A la même ëiftique , se ptitréfia àriosi i|Qt 
'«mrak dû fleurir, et il repandit le poison de 6on errJMiv 
.jtaos rEgKse, sontenaml et enSeijpiant que le Père , l§ 
tSls et le Ss^nt*Esprit n'étaient ni d'une mémp sub* 
a%|te# îii d*iine mCme nature. Saint Fierté , évoque 
ffAfcjUiftdriej 'aVait eu une révéUtioh pour retrancher 
êèl fiÉ^que de fk commuhion des fidèles : ce qu'il 
aÉ^etttftK Jiah Arfais suscita % Y£gtlse générale de gra- 
ftarfMiéiMtiatis , ett'itidnUii dans l'erreur. Sous Max^ 
arin fnFitir flûrtirs pkiaieur^ maints 9 tels que jftiirain , 
M > uè" < fc Loc>oi> éféqoei, Ifc vierge Dorothée, hotnàfn; 
Qnjtitatta et Paœphile l'historien , de qui saint JérAme 
éerÎTit, à SI recommandation, beaucoup de choses dans 
son Urre des Hommes illustres, et plusieurs autres saints 
pwfottfigM , q^'il serait trop long de nommer. L'âu- 
iittja. Quant à ce qu'on raconte, que Constantin, aprèa 
être monté sur le trône, persécuta les chrétians, jf n'ai 
trouvé ce fait mentionné que dans les actes de saint 



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l84 . AAIVALIS 

eonscripsit j et plurcs aiii c^orum noipina , bmitatis 
causa , praetermittimus. Actor (i). Quod autom Cion- 
stantinus post adeptum împcriam christianos perse* 
cutus sit nusquàm legi praeter quàm in actibiis beatl 
Silvestri, ubi legitur eumdem papaçi in monte Se- 
rapi (a) latuisse, ut persecutiones Constantiui decli- 
naret. In Martyrologio etiàm legitur , xvii kalendas 
Augusti y apud Antiochiam Syri^ natale beali Eustd- 
thiiepiscopi et confessons ; sub G)nstantino princyie. 
Qui.ob. catholicam fidem in Trajapopolim (3'), pivi* 
tatem Syrke, puisus exilio, ibidem requievit. DIfcunt 
tani€n Eusebius et Hugo floriaceusis , rabiem persê- 
cntionis noa cessasse contra Christianos, usque ad 
optimum annutn Constantin! Magni : ex tune eiiîm 
împerator idem pacem ecclesiis reddidit. Item Acron. 
Quoniàm igitur superiùs nomina martyrutn , quorum 
certa tempora reperimus, scripsimus, uunc, com- 
pletis deccm persecutionibus , restât ut eorum quoqije 
Domina, de quibus incertum est quibus temporifius 
passi sunt, hîc inscribamus, utpolè sancti Christo<- 
phori martyris, item sanctarum Nicetae et AquilinaSi 
item sanctse Margaretœ virgipis, item sanctae Eeeînae 
virginis, item sanctorum Juliani et Ferreoli, item 
sancti Genesii episcopi, item sanctarum virginiun 

(î) Vinc. de Beauv. XIV, aS. 

(a) Pcat-étre faat-il lire in monte SoractL 

(3) Saint Jér6me raconte que saint Eustatbe fîit tnié en Hiraoe 
à Trajanopolis. ( De viris illustr, , c. 85 ]. D. Ceillier d^^ ( HUÙ d€f 
Aut, eeeL, t. IV, |). 188), qu'Eustalhe fut exilé en Thrace , po^ 
en niirie, et qu'il monrat à Philippes. 



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m. HAOfAUÏ. UVEE ?I1. l85 

Sil ves tre, oè ûous \isons que ce pape se eacba an mont de 
Sérapisy pour échapperaux persécutions de Conslantm. 
On Ht aussi dans le Martirologe , au xvu des caleûde» 
d'août, la naissauce à Antioche et sous le règne de 
Constantin, de saint Eustate évéque et confesseur, qui, 
pour la cause de la foi catholique , fut exilé àTrajano- 
polis , ville de Snrie , et y trouva le repos. Cependant 
Eu9èbe et Hugue de Fleury avancent que la i^age de la 
persécution ne cessa contre les chrétiens qu'à la sep- 
tiëmetannée du règne de Coustantin-le-Grand : oe ne 
fut qu'alors en cflFet que cet empereur rendit la paix 
aux églises. Le même. Puisque noua avons «apporte et- 
dessus les noms des martirs , dont les tems nous ont 
para ceriaios, il nous reste à inscrire ici maintenant 
que cfô dix persécutions sont finies , les noms de ceux 
dont les époques sont restées incertaines, et qui sont: 
saÎKt Christophe martir , sainte Nicète et sainte Âqui- 
line , sainte Marguerite vierge , sainte Heine vierge, les 
saints Julien et Ferréol ( I ) , saint Genè& évéque (2) , les 
saimç$ vierges Juste et Rufine, saint Antoine martir,' 
sainte Marcienne, saint Marin et nombre d'autres 
martirs dont. nous n'avons pu fixer les tems. 

(i) Saint Ferréol , premici* cvêquc de Besançon, <^tait d'une 
illnstre famille d^Atbénes^ il accoropagna «aint Irénce dans les 
Ganles , et fut envoyé par lui dans la Séqnanie avec saint Ferjeux , 
son fréfee , ^iii avaif la qualité de diacre. Les daux apAtres se fixèrent 
à' Besançon, ojr ils ve'curent cachés quelque tems. Après avoir vaque 
lejôur à leut saint ministère , ils se retiraient la nuit dans une grotte 
& qoelque distance de la Tille. lie bruit des conversions qu'ils opé- 
raient étant parvenu aux oreilles de Claude, préfet romain, il leur 
ûi, trancher la iê te le \ 6 jcin 211. 

(à) On oe connaît d'chréque de ce nom qu9 saint Genès , évéqua 
deGlermont en Auvergne en 656, conséqifemmcnt bien postérieur 
à cette époque. 



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Juste «1 Ituflnœ, Rêm êaaati Aatonii nutrtyrls, iteth 
siticMe MarkmtKr; item sancti Ms^ni, cum cetèm 
imiltis : horum et itauHorum aliorum tempo» 
tyrii éOrum rcperire non valuimiis. 



CAPITtJLtJM XLIV. 



CtJM j&m septiinum annnm imperii $m pcrâ|ee0t^ 
CoflstantiDUS adversùs Maxeotîum peMtttiîa fUeribna 
adernatum, fiondùm baptizatus^ cotHpirtnbi #«pii* 
çolkfà LMiaio^ bcUua» pàravU. fit dàm îUt»'{i«^ 
«ftret, muilaqoe secum de inuninentki belii tteceUt' 
tate proxiaw pignse përtrat^taret ^ viditpér sopofttl * 
in cœlo sigoiiHi sanctse Crucîa flaqdcneo nitore n^itafa, 
et angrios sibi âsttsteotefi et dicentcs : « Constantioei 
ff in hoc viuces. o Constantinua ergo si^aum ^^fMi 
tîderat in vexiUis militaribuft depinxit; iTeiflél tû^ 
s^dem ct*ucis signum, quod dicitut* labariim , trafWr. 
iormafit; et sic instructus et armatua cviiti Migni ' 
spe Victoria), adrersds Maxentium dimicauirus , iftsr 
acceleravit. Cui Maxentius pér pontem n'âvigib Mpn- 

'f) Vitir. de BraiiT. XfV, 45, 44 et soif. . 



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DS BARfAW. XIVtE VII% .1^ 



CHAPITRE XLIV. 

Victoire 4e CoBataQiin »ar Mtienet. 

■ ^ 1 

HOGUC DE FLITJRt | /iVre V^. 

tk lepliàme année de son règne , Constantin , qnt 
n'avait pas encore été batisé^ se prépara, de conoert 
avec sbu collègue Licinius, à faire la guerre à Maxence 
dont les mœurs étaient décriées. Pendant qu'il était 
occupé de cette expédition , et qu'il réfléchissait à la 
nécelArilé proclioinè de livrer bataille» il vit pendant son 
iommml le mgae de la croix briller dans les cieux d'un 
ftti écbitftni f et des anges entourer sa personne et lui 
(Kre: «Constantint tu vaincras cnce signe. « C'est pour^ 
^ol OsKttsunttM fit peindre but ses étendat'ds militaires 
ké^n» qu'il avait tu, et auquel il donAa eAstiil#.li 
foroia d'une croix «t le nom de Uiarum* Ainsi apprM 
e| arm^ » il accéléra sa marche contre Maxenee » avat 
un» grande espérance dans la victoire. Maxence sortant 
par un pont de navires , marcha en ennemi à sa ren- 
contre, après avoir ordonné* de couvrir le fleuve de 
vaisseaux garnis de troupes, et de l^ joindre entre eux 
par un plancher uni. Mais comme on combattait vive- 



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l86 ANNAUS^ 

positom egrcssus , hoistiliter occurrit« Jusserat q»o(|KM 
navibus ad decipulain composîtis fluvium sterni , tt 
superpositis tabulis cxœquari. Sed cîfm utrioqu^ pu- 
gnaretur^ et exercitus Maxentii sanctae Crucis virtute 
prosterneretur, ad urbem fugiendo remeare Volens» 
Maxentîus ponlem , ut diximus , navigiis compositum^ 
asceodit, et subito subsedérc naves, et ipse lapsu e^ 
in profauduni demersas est : sicque belli futuros cae- 
de» sui uefaûdi capitis rcdemit interitu. Tune Coa- 
stantiuus urbem Bomam triumplians ingreditur, et 
ità totius Occidentis imperium usqne ad OcceaniM 
devcnit , tàm ad Constautiuum , quàm ad LtcisiuiB. 
G>nstaDtino igitur Âugusto in urbe r«Oepto ^ «tvtîin 
ut imagines ob honorem triuniphi illins seoatus ei*«xil, 
voxillum sanctœ Ci%iois in dexterâ suâ manu fecit de- 
pingi, et subter ascribi : hoc esse imûncil/ile signu/n 
Dei vivi. Cassiodohus (i). Deniquè supplicium 
crucis , quod prlmitùs apud Romanos erat in usa , 
lege prohibait : in figurationibus autem solidorum et 
imaginibus hoc signum jussit inscribi semper.pt figu* 
rari. Eusebuts. £odem tempore, sancto Miltiade pap^ 
romano migrante ad Dominuin , ab omni populo SU» 
vester electus fuit , et quià hoc esse menât op6f!Îbii^ 
declaravit. Ciim autem exîsset edictum ut cbri&liam 
ad sacrificandum idolis cogerentur^ secedens ab urbe 
SilvÉsler Sirapiti latibulo cum suis clericis coUocavit. 

îi) Jn HUtoriâ Tiipartitâ , lib. I. 



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nk HAINAIT. LIVRE vft. 189 

mmt des deux tïAtés , et que sou armëe était renversée 
par la Tertu de la sainte croix , il voulut diriffer sa fuite 
Ters la ville , et nuinta sur le pont construit de la ma* - 
nière que nous avons décrite. Aussitôt les liâtîoiens' 
s'enibncèrent ,. et lui-même étant tombé de cheval fut 
fBglquti dans les etux. Ce fut ainsi qu'il expia par la 
' perte de sa vie criminelle tout le sang qu'il devait faire 
r^andre ( 1). Constantin entra en triomphe dans la ville 
deRome, et l'empire de tout l'Occident jusquli la mer 
passa dans ses mains et dans celles de Lîcinius. Constan- 
tin ayant été reconnu empereur par la ville, ordonna , 
aussitôt que le sénat lui eut fait ériger des statues en 
honneur de sa victoire, que l'étendard de la croix serait 
r^résenlé dans sa main droite , avec cetie inscription 
au-dessous : Ceci est k signe bmncibU du Dieu vivant, 
Cassiodobb. Il abolît ensuite le supplice de la crois ^ qui 
auparavant était en usage chez les Romains; et voulut 
qu'on insci'ivit et qu'on représentât toujours ce sim* 
bole sur ses statues ou dans ses tableaux. Eusèbb. Eu* 
ce tems-là , le pape saint Miltiade s'en étant allé vers le 
Seigneur (2), Silvestrc fut élu à sa place par tqut le peu- 
pel, et prouva par ses œuvres qu'il était digne de remplir 
cette dignité. Lorsqu'un édit ordonna aux chrétiens de 
sacrifiet' aux idoles, il sortit de la ville et se retira avec 
son clergé sur le moilt de Sérapis. 

» (1) Cette YÎctoire de Gomtaiain eut Heu le zS octobre de l'an 3ift. 
Coostantki eutra dans Home le leademaio 29. 

(?) Saint Miltiade ou Melcliiades m'oiirot le 10 jaDVÎer 3i4- Sil- 
Yestre , romain de onissance^ Gis de RufiQ et de Juste , ftmme d'une 
grande plltë, fat ëlo ou ordonne pape le denier j^r dû mo» de 
JMivier. 



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ï^i>' AJfNAUft 



GAPITULXJM XLV. 






mrCO FLORIACENSIS. 

ImmttA GonaUntintu Rott» posttus valida ufOÊ^ ' 
lorit k^prà perfunditùr ; et cîiin multorum cura itte* 
éîfovuméi Idhiberetur, nec linus quîdem fkcere po-^ 
tuerit; tit consequeretur salutem; tune Ycmientes 
sacerdotes Caipitolii dixerunt ilU^ pisctnam debere 
ileri in capitolio et compleri sanguine innocentium, 
et eo calente lotum posae salvai^. Aggregatis igitur 
plurimis innocentibus iû&ntibus, volebant ços maç* 
tare, prout inferiùs in epistolâ CoQ$(aDtiQi d^Iara* 
bi^ur. AcTOR. Tanta in eôdem aufio credidit muki^ 
Uuk> , pt ytrorum baptizalorum numerut ad duode^» 
mUlia tfiidçretiir, excepds mulieribus et îsftatiiKis!. 
Cùm autetn'seuatorânn^ caterva huie religlooi^fidlBBi 
in nullo adhtberet , nec ob hoc irasci AugustUm ali* 
cubi papa permitteret , prsecepit Augustus exceUum* 
tribunal sîbi in basilicâ statui , et senatum ac pc^ulum 
sic affatus est : «t Profanae disséntiones mentium ideô 
« nullâ raticm'e salubre sumunt^ quia nuUus eas cUru^ 
«veritatis spbndor. illuminât.' Isto» enim certtun esl 

(1) Vil*, dt Bt^igr. XIV, 47. fe. - ^ ' . ;. 



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CHAPITRE XtV. . 

Onuttaiifl» embrasse la foi cathob'qn# et la àiil répwb» ^v^ ma 



ir i n iiii H » 



Hugues db: Fûuiiu 

yifrt a|biiiifte. Le^ mai réâîttant k tous !•» eSom 4fi 
méâtcim, le9 prêtres dii Capitole Tinrent ajttprès da 
prince, et lai conseillèrent de faire préparer an Ç^pi- 
* tole une cdve rençUe du sang de jeunes innocens p et 
, de s^y baigner pour se guérir. On rassembla donc un 
cerUdil nombre d'enfans pour être égorgés , comme 
on le Terra ci-après dans la lettre de Constantin. L'àu- 
tftihi. n y eut , cette même année , près de denze mille 
JKttunM qfsà teço^ent fat foi , san» compter Iss ibtn- 
«set les mbÊuu Unis tancNs <{«e \é torps des séfia^ ' 
la«is atotlrait 46 TaTersion pont k noaTstte da ^w è i e, 
et que h pape nç perme^t pas de tourmenter r€m^ 
perevr à ce sujet , Constantin loi-même fit âoror vmB 
^tbqne pour lai au milie^ d'une église , at parla ainsi 
aa sénat et ai^ peuple; « Si les dissensjbna qui afiim«nt 
•les esprits ae conduisent à aucun bieci» c'est que la 
« lumière de la rérité reste obscurcie. Il est eq, effet 
« certain que nous ne pouTons appeler ni croire des 
« dieux eèui qui sont Eaibriqucs pat les limnmGs. Ce 
•Serait STee plus .^e raison qu*on prendrait pour des 
• 4trcs dHritt$ lea lumimes qui lies ont formés* ô^e ces. 

■ • 3 -/ ' • \ * 

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tf deos née dici debere nec credi , qui ab hotninibus 
afacti sunt. Hominos magfe eoiiim dîi ëici possunt, 
a qui eos plasma veriml. Habeant ergo jàm finem isti 
(c errores et romana sapientia illum Dcum excolat, à 
« quo ipsa custodiatur , non quem ipsa castodiat. Ut 
<c autem notum sit orbi romano , vero .Deo Jesu 
(c Christo nos inclinare cervices, qui in me operatos 
a est^quod aspicitiset probatis^ intrà paLatium meum 
ccecclesiam Gimta arripui constmiendam. p Tune 
onmis poilus cum senatu clamavit > a Qui Christum 
a negant malè perçant, qiiià ipse est ^yerus Dgus. Et 
. ce kerîim jubé , ut qui adhùc sacrificant dii§ , statim 
(C ab urbe pellantur. » Ad banc vocem , silentîo pe- 
tito , imperator sic allocutus «st poptilum : « Intef» 
a divîna et humana servitia hoc intenest, qubd ha-* 
« mana servitia coacta sunt, divina autetn voîuntaria : 
« Dcus enim , quià quietâ mente colitur et sinoero 
«:aSectu^ab hominibus hoooratur, spontaneà débet 
<K esse ejus. cultura. Sit ergo omnibus* notuui , non 
' (( necessîlate coactos, sed suo judicé, Mberos posse 
ic fieri christianos : juslimi cnim conspicimds^ ùt, siéut 
<c petentibus culpa est si negelur, îtà non pet^tibus , 
ce si cogitur iniquum. Nobis autem magis in amicitiis 
<( adhaerebunt hi qui spontanei ad christianam kgem 
c< venire voluerunt. » Tune omnibus poptilis christia- 
nis et paganis hanc jegem laudantibns , et Auguste 
vitam optafttibua^ it^^ratus clamor popjiili factust^est 
diutissimus j et, ravcMente Aug^s^o àd palatium, tota 
(ûvitas ciireis et lampadibus repletur quasi coraaata 
e^set. Erat connibus ^udiom, t[y6d lex'talis procès- 






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• • 



DE RAINAUT. LIVRE VII. }q5 

« enreurs finissent, et qae la sagesse des Romains adore 
a ce Dieu , qui la garde et non qu'elle garde elle-même. 

• Pour qu'il soit connu à tout le monde romain que 

• nous ayons courbé notre tête sous le joug du vrai 
« Dieu Jésus-Christ , qui a opéré en nous ce que vous 

• voyez et connaissez , j'ai résolu de bâtir dans mon 
« palaià une église au Christ. » Alors tout le peuplé 
s'écria avec le sénat : « Que ceux qui nient le Christ 
« périssent malheureusement , parce qu'il est le vrai 
« Dieu! Ordonnez donc que tous les citoyens qui sacri- 
« fient encore aux idoles soient chassés aussitôt de la 
«ville.» A ces mots l'empereur commanda le silence, 
et s'adressa au peuple en ces termes : a Entre le ser- 
a vice de Dieu et celui des hommes « dit-il » il y a cette 
« différence , que celui-ci est forcé , tandis que l'autre 
« reste volontaire. Dieu voulant être adoré d'un esprit 
« tranquille , et ne se contentant de la part des hom- 
« mes que d'un amour sincère , ne doit recevoir qu'un 
« culte volontaire. Sachez donc tous qu'on devient 
« chrétien non par nécessité mais par choix > et 

• qu'ainsi l'on commet une faute égale en refusant 

• lé batême à ceux qui le demandent , et en con- 
« traignant de le recevoir ceux qui ne le demandent 

• pas. Celui du reste qui embrassera de lui-même la 

• foi catholique peut compter sur une amitié particu- 
a lière de ma part. » Ce discours fut accueilli du peuple 
avec de longues acclamations , pour montrer qu'il ap- 
prouvait la loi nouvelle et pour saluer l'empereur ^ Dès 
que celui-ci fut de retour dans son palais, la ville fut 

rtellemént remplie de lampes et de cierges allumés , 
qu'elle ressemblait à une couronne de lumière. La joie 
était dans tous les cœurs par la publication de cette loi, 
qui défendait de forcer et de refuser personne au sujet 



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194 ABiNAIB^ 

teraty qo» nullam ad calturam impelleret, nulhua à 
Christi culturâ repelleret. Uarversa sepulchfà nattes 
torum honorantur, omnesque confessores ad extlik 
di versa tracti, cum honore regio revocantur. Htùù, 
Ubi suprà. Publico quoque prœcepit edicto, tit per 
totum romanum imperium templa clauderentur et 
ecclesise aediflcarentur. 

CAPITULUM XLVI. 



De waluis epiitolii Hélène ot Coostantmi aupcr legUnit M«7iU «t 
Chnsti/,i). 



Eâc Gestis beati Sili^estri, 

Hjbleha autem, mater Augusti, circum venta k 
}udceis , ciim esset in Bithyniâ cum duobus nepotU)ils 
Augustis, Constante et Constantino, ità ut penè Ju- 
daea fieri potuisset, hujusmodi scripta ad eum trans- 
misit : cr Domino semper Augusto, filio ConstantinOy 
a mater Hekna semper Augusta. Yeritatem sapieatis 
<c animus non récusât , nec fîdes recta patitur quam- 
<c cunque jacturam. Benevolentiae divins reputare de* 
«l>emus, quod meruisti simulacrorum figmenta de- 
« serere; sed errori applicatur humano, qoià ittum 



(i) Vinc. de B«aur. XIV, 60. 



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DE HAINAUT, LIVRE VII. |0 

ûa nouveau culte. Tous les tombeaux des saints sont 
«atûarés d'offrandes et de prières ^ tous les confesseurs 
euléssont rappelés avec honneur par le prince. Huoues 
]>B Fleuri , au mime endroit que dessus. Constantin or- 
donna de plus par un ëdit de fermer les temples et 
d'ouvrir les églises dans tout l'empire romain. 



CHAPITRE XLVI. 



Lettres réciproques d'Heléae et de Constantin , au sujet des lus de 
Moïse et de Jésus-Christ. 



Gestes de saint Silveslre. 

La mère de l'empereur Ccmstantin , Hélène , ayant 
élé circonvenue par des Jui6 pendant son séjour en 
Bithinie avec ses deux petits-fils Constant et Constan- 
tin, à tel point que peu s'en fallut qu'elle ne se fit Juive, 
«crtvit à son fils une lettre conçue en ces termes : « Au 
« seigneur toujours auguste Constantin son fils , Hé^ 
« lène sa mère toujours auguste. L'esprit du sage ne 
€ rejette pas la vérité, de peur qu'une foi sincère ne 
« soit exposée à souffrir quelque préjudice. Nous de- 
« -vons attribuer à la faveur divine le changement qui 
« irous a fait renoncer aux idoles ; mais c'est sans doute 
« par un effet de l'erreur attachée à la nature humaine, 
« que vous avez voulu reconnaître Jésus de Nazareth 
• pour Dieu , et que vous supposez habiter dans les 



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1^6 AKNÂLES 

«Kazarenum credere voluisti Déum esse^ et hune 
«Dei Filtum in coçlis estimare j qui à Judœis^ oriun- 
«rdtis extitit, et magus accusatua sententiam crucis 
caccipiendo defecit. Ad veritatis autem lumen at- 
«rtingere volentibus, scias âlteram viam esse non 
« posse j nisi Hebraeorum , qui legem acœperunt. 
«t Sed ideo pietati tuœ sanitas reddita probatur, quià 
€ tu primus inter Augustos idolis renuntiasti. Yerus 
<c ergo Deus Hebraeorum salvari te fecit, quem cUm 
ce colère cœperis , regnum Salomonis sapientissimi et 
« paciRçi obtinebis ; eruntque tecum prophetae cum 
a quibus locutus est Dominus ; et omnia quae per eos 
ce poposceris impetrabis. » Ad haec ille rescripsit : «Do- 
cc minse matri Helenœ semper Augustae (illus Constan- 
a tinus semper Augustus. Qui moderatur secula et 
a disponit totiûs orbîs sufTragia, per se quidem aspi- 
ccramenta vivificat, sed per pcctota principum suis 
a jura seculis dictât. Quanto îgitur excelleotiorem 
a locum tenemus inter homines, tanto omnium pate- 
« mus aspectibus. Omnium itaque mortalium oculi , 
ce omnium judicia, omniumque vota, nostrum Telle, 
d nostrum nolle considérant; et ideo non solùm irre- 
cc prehensibile sed etiàm laudabile débet esse quod 
rvolumus. Deum verô intelligere super intellectum 
it nostrum eminet; ipsa erroris nostri testantur judi- 
crcia; quià dcos esse putavimus, quos nostro jussu 
^ab artificibus factos cernebamus. Cesset igitur in 
«t liâc definitione praesumptio nostra : sacerdotes Ju- 
<» dceorum etchristiani pontifices in unum convenîant^ 
a et nobis praesentibus altercantes, ad veritatis înda- 



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DE UAmAtT. tITRE TH. 19^ 

:« deux ce fils de Dieu, qai est né chez les Juifs, et qui, 

« tccusé de magie , fut condanmé au supplice de la 

« croix. Mais puisque tous voulez arriver à la lumièrs 

m de la Tcrité , sachez qu'il ne peut exister d'autre voie 

m que celle des Hébreux , qui seuls ont reçu la loi. Si 

« la santé a été rendue à votre piété , parce que vous 

m êtes le premier des empereurs qui ayez abandonné 

« le culte de vains simulacres ; c'est le vrai Dieu des 

• Hébreux qui vous a sauvé. Lorsque vous aurez com- 

« mencé de Fadorer » votre règne deviendra celui du 

« très -sage et paciBque Salomon ; vous aurez avec 

« vous les prophètes , auxquels le Seigneur a parlé , et 

« vous obtiendrez tout ce que vous demanderez par 

m leur intercession. » Yoici la réponse de Constantin : 

« A notre dame et mère Hélène toujours auguste , 

« son fils Constantin toujours auguste. Celui qui gou- 

« veme les siècles et dispose des esprits de tous les 

« hommes, dirige lui-même nos inspirations, et se 

« sert du coeur des princes pour établir ses lois dans 

m Tonivers. Plus le rang que nous occupons est élevé 

« dans le monde , plus nous sommes exposés aux re- 

• gards des hommes. Ainsi les ieux de tous les mortels^ 

« leurs jugemensetleurs vœux^ s'attachent à toutes nos 

« actions, à toutes nos volontés. Il faut donc qu'elles 

« soient non-seulement irrépréhensibles , mais encore 

« dif^es d'éloges. Comprendre Dieu surpasse notre 

« raison. Nos jugemens attestent notre erreur, de nous 

m qm avons regardé comme des dieux, de vaines figures 

m qoe nous avions vu fabriquer , suivant nos ordres , 

m par de simples artisans. Cessons donc de porter sur 

• des sujets aussi divins des jugemens précipités. Que 

• les prêtres des Juifs et les pontifes chrétiens se ras- 
m semblent , et qu'en discutant entre eux devant noua, 



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ig8 ANKAUS 

<c ginem pervenire faciaat. Ad cujus veritatis ctdtmam 
Il unà nobiscijm omne seculum invitemus. » 



CAPITULUM XLVII. 

De congregatione concilii super hàc qde8tiont(i]. 



iGiTua die Iduum Martii, facta est congregatio 
Christianorum et Judaeorum iQ urbe Româ, ia quâ 
diversarum provinciarum fuerunt episcopi septua* 
ginta quinque, Judœorum sacerdotes ducenti et vi* 
ginti y exceptis duodecim scribis , quos Isachar pon- 
tifex misit altercaadi gratîâ, non solùm hebrœo, aed 
ftiàm grœco et latino sermone elimatos. Qui scilicct 
Isachar, simulatâ inËrmitate, à proféctione se sub- 
traxit» Intrà palatium factus est conventus , in quo 
auditores esse voluerunt Constantinus et mater ejus : 
judices verô dederunt, qui nec Judaei essent nec chris- 
tîani , ne unus è duobus gratiam suae parti servaret. 
TJnus ergo fuit Craton philosophus, qui nunquam 
suaderi poterat, ut aliquid ab aliquo loco muneris 
àcciperet, nunquam in judicio personam régis vel 
cujuscunque potestatis accepit; et, cîim amicus esset 
ierreni imperii , nihil terrenum haberc volebat, nîhil 
fiitaro die necessarium ; sed sua esse omnia quaecun- ' 

(f) Vmc. àti Bemiv. XIV, 5i. 



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DE HAINAUT. EIVItE VIL 1^ 

« ih nom mettent sur la voie de la Téritë. C'est dans 
t celle recherche de la vérité que noos inTitons lout 
i le monde à s'engager avec nous« » 



CHAPITRE XLVII. 



Assemblée d'un coDcUe. 



Lb jour des ides de mars vit s'assemhler à Ro^iie un 
eencile de chrétiens et de Juifs y où il assista soisante- 
l^înze évéques de diverses provinces, deux cent vingt 
piètres juifs , sans compter douze scribes que le pon- 
tife Isachar envoya pour souteuir la discussion et qui 
parlaient purement non-seulement l'hébreu , mais en- 
care le grec et le latin. Quant à ce pontife même , il 
prétexta une indisposition pour s'exemter du voyage* 
L^^ssemblée se réunit dans le palab, où Constantin et 
M mère voulurent assister, et choisirent pour juges de^ 
débats des hommes qui n'étaient ni juifs ni chrétiens , 
pour éviter toute influence de parti. L'un de ces juges 
était le phHosophe Cralon, à qui on n'avait jamais pu 
faire accepter aucune faveur ni du prince ni de toute 
autre personne élevée en dignité ; et quoiqu'il fût 
l'ami des choses de ce monde , il ne voulait avoir rien 
de terrestre, rien qui pût lui être un jour nécessaire. 
Mais il affirmait que tout ce qu'il voyait était à lui, en- 
seignant que tous les riches gardent avec inquiétude 
leurs richesses , pendant que lui-même jouit de la plus 
cetnplète sécurité. Il disait aussi que les riches , qui 



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200 ANNALES 

que oculis aspiceret libenter asserebat, ihstruens om* 
nés divites cum sollicitudihe divitias custodire, et 
ipsum securitatc frui. Dicebatque si propterea divites 
auro utuntur et gemmis ac vestibus sericis, ut oculis 
intuentium placeant, igitur cum omnibus ofBciis et 
ornamentis suis eorum oculis serviunt , qui divites 
esse contemnuntycCt eorum in se afFectus excitant qui 
divites esse concupiscunt. Divites vero non facit amor 
pecuniae sed contemptus. Huic datus est socius Zeno- 
philus, qui, cîim ipse prsefectus fuerit, nunquàm ab 
aliquo munus accepit ; nec posse justum esse défini- 
vit^ qui quâcunque occasione venientes ad se divi- 
tias exceperit. Horum igitur duonim rata assertio 
pro lege habebatur, nec inveniebatur quispiam, qui 
in ambiguo poneret quod eorum judicio terminatum 
fuisset. Igitur facto conventu , cunctisque resïdenti- 
bus, facta est longa concertatio singulis duodecim 
scribarum successive cum beato Silvestro altercan- 
tibus. Ciimque singuli locuti essent, beato Silvestro 
rationes fidei ostendente^ cœperunt omnes populi,. 
cum regibus et judicibus, Deo laudes acclamare, qui 
tantam rationem per os ejus eorum auribus dedisset, 
ut nuUa dubietas eorum mentibus de Cbristi omnipo- 
4entiâ propinaret. 



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DE UAlNAUf. LIVRE VU. *AOï 

n usent de Tor , des pierreries et des habits de soie ^ 
que pour plaire aux ieux de ceux qui les regardent^ ne 
font servir leurs dignités et leurs ornemens que pour 
les regards de ceux qui dédaignent la fortune, et ne 
gagnent que les cœurs qui ambitionnent ces richesses. 
Ce qui rend riche, ce n'est pas l'amour mais le mépris 
de l'argent. On adjoignit à Cratou l'ancien préfet Zé- 
nophile, qui avait constamment refusé toute espèce de 
présent, et qui enseignait qu'on ne pouvait être un 
homme juste en courtisant à toute occasion la for- 
tune. L'avis de ces deux sages était donc réputé loi , et 
jamais personne ne se serait avisé de mettre en doute 
ce qui aurait été décidé par leur jugement. Lorsque le 
Conseil fut rassemblé, et que tous les membres y furent 
prdsens, il s'établit une longue discussion entre chacun, 
des douze scribes et le bienheureux Silvestre. Après 
qu'ils eurent tous parlé , et que saint Silvestre eut 
exposé les motifs de la foi, tout le peuple , avec les 
princes et les juges , se mirent à rendre grâces à Dieu , 
qui leur avait annoncé par la bouche de son ministre 
une raison aussi élevée^ a&n qu'aucun doute ne vint obs- 
curcir dans les esprits la toute -puissance de Jésus- 
Chriâl. 

OssBiLYAnoK. Jacques de Gujse parle ici et dans la suite diaprés 
les Gestes, ou actes de saint Sylvestre. Mais Baillet ( Vies des 
Saints, 3i décembre ] s^exprime ainsi : a Les actes que Ton a dres- 
V ses , dès le cinquième siècle , du pontificat de saint Sylvestre , sont 
« bien moins propres à nous en faire connaUre la vérité , qu'à nous 
« persuader que Thistoire d'un homme si ciQèbre a été corrompue 
«t bien -près de sa source. » Bollandus et Tillemont conviennent que 
ce sont des fables magnifiques. Voyez les Mémoires de Tillemont sur 
rhistoire ecclésiastique , Paris 1706, vu; nGj* 



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403^ ANNAIES 



CAPITULUM XLVm. 

De coniictu et victoriâ beati SilTestri centra Judcos ( i ). 



TufiTC unus ex duodecim, Zambri , indigwtus ^\% r 
m Miror vo» praâeQtissitnos judices verbarum ambft^ 
9t g^fetts credere , et Dei potentiam aestimare humani 
<t ratioiie ooncludi posse (2). Jubeat clemeiitîssîfnum 
# ÎRiperium taurum forocissimum produci , ut in coli» 
«r speetu ejus virtutem Dei omnipotentis ostendam. 
«Nolo enîm cum isto verbis contendere, sed aliqnid 
« actibus agere. » Tune obsecrante beato Silvesira, 
jussit Augustus taurum adduci ; et in spatio euntium 
àc redeuntium cœpit inquircre Silvester à Zambri , ad 
quos usus taurus ille quaereretur. Qui cùm esset ma- 
lefious respondit : « Quià nomen Dei nostri nulla vir- 
er tus sufFerre praevalet : nàm seniores nostri cùm in 
a sacrificio Deo tauros féroces oflferrent, hoc nomen 
« Dei magnum in aure tauri dicebant, qui statim mu- 
ipc gitum reddens simul ctiàm spiritum exhalal)at. » 
Tune Silvester ait : « Et tu hoc nomen quomedo au- 
dîens didicisti ? » Qui respondit : « Non est tuum hoç 

(1) Vinc. de Bcauv. XIV, 52. 

{2) L^auteur de ces gestes du pape Sllrestre se -cotifonne ici aa 
précepte de Zambri, qui paraît n'avoir pas eu de goût pour la 
discussion : c'est peut-être qu'il aura trouve' plus aisément de* mi- 
racles que des argumens. 



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DE HAINACT. UVKE VU. â03 



CHAPITRE XLVIII. 

Conflit et yictoire de saint Silvestre disputant contre les Jin£s. 



Am>bs un des douze scribes , nomme 2^ambri , s'écria 
d*Qn air indigné : « J'admire que des juges doués 
a d'une sagesse si excellente se laissent prendre à des 
« paroles trompeuses , et s'imaginent que la puissance 
a divine puisse être limitée par la raison humaine. Que 
« le très- clément empereur fasse venir un taureau fur 
« rîeux , afin que j^ montre en sa présence la ver|.u dq 
« Tout-Puissant. Car je veux le Combattre non par des 
c paroles mais par des faits. » Alors, sur la prière de 
saint Silvestre, l'empereur ordonna d'amener un tau- 
reau. Le saint pontife , au milieu des allées et des ve- 
nues qu'occasionaient les nouveaux préparatifs , in- 
. terrogeaZaoïbri sur ce qu'il voulait faire de cet animal. 
Celui-ci, dans sa méchanceté, répondit, qu'aucune 
vertu ne pouvait résister au nom de son Dieu, et que les 
sacrificateurs hébreux , lorsqu'ils offraient à Dieu des 
taureaux féroces en sacrifice, n'avaient besoin que de 
prononcer le grand nom de Dieu à l'oreille de ces ani- 
maux ^ pour les forcer d'exhaler en même tems un 
mugissement et la vie. a Et comment n reprit Silvestre^ 
« avez-vous appris ce nom de Dieu? » « Ce n'est pas à 
«vous l'ennemi des Juifs, à connaître ce mistère, i> 
répondit Zambri. Pendant ces .discours , une troupe 
dé sQldâ^ts]amena un taureau farouche, que de très forts 



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504 ANNALES 

à nossemysterlum^ qui Judaeorura inîmicus es.» Cîim- 
que loqueretur, taurus ferocissimus à multis militibusr 
praesentatus est, vinctus fîiQibus à capite et à tergo. 
Consenserunt ergo omnes, ut diceret tUud nomen 
)Q aure tauri. Quodcùm fecisset, statim miser factus 
Diugitum dédit, et violentissîtnè ejectis oculjs, expi- 
ra vit. Tune Judœis beato Silvestro insultan tibus, facta 
est tumultuatio per duas ferè horas ; et fîxus orationi 
Silvester à' Domino Jesu Christo pêtebat auxiliûm. 
Deindè, petito silentio , ascendens in eminentiori 
loco, dixit clarâ voce : «Dominus Jésus Christus, 
« quem ego praedico, cum aliîs miraculis quod fccit, 
« mortuos etiàm in nomine suo suscitavit : undè ap- 
<c paret hoc nomen diaboli esse non ]3ei , quod viven- 
<c tem taurum occidit, si mortuum suscitare non po- 
a tuerit. Nàm viventcm occidcre possunt et latrones 
ce et serpentes et yrsi : in Deuteronomio autem ipse 
a Deus loquitur dicens : Videte quod ego sum jo- 
« lus, etc.»,. ego occidam et ego vwerefacianiy etc.... » 
Tune judices cum Augusto urgebant Zambri, ut tau- 
rum suscitaret; et cum se illum suscitare non posse 
dixisset, addidit : âSuscitet hune Silvester, invocato 
«t illo Galilaeo , ut eum deitatis ejus assertorem reci- 
rfpere yaleamus. * Tune devotare se cœpit, et per 
sahitem Augusti asserere, quod si Silvester tautnim à 
àiorte exigcret, omnes judaîcam legem dimittercnt, 
et christianœ religioni se traderent. Tune petente 
beato Silvestro, 'judices dixerunt judaicae assertionis 
actoribus, ut sigiliatim edicerent an illi sententi» 
cordis assensum prcebeant. Qui cum singuli pacto 



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DE HAINAUT. UTBE VII. âo5 

liens tenaient atucfaé à la tète et au dos. Toute l'assem-^ 
blée fut d'avis que Zambri articulât à l'oreille de l'ani'^ 
mal le nom si redoutable. Aussitàt qu'il est pro« 
nonce y le taureau consterné pousse un mugissement, 
et y lançant des regards furieux , expire. Alors le bien- 
heareul Silvestre devint le jouet des Juifs. Mais après 
deux heures de tumulte , le saint , qui s'était livré à 
l'oraison pour implorer l'assistance de Jésus-Christ , 
ayant réclamé le silence , monta sur une estrade et dit 
à haute voix : « Le Seigneur Jésus-Christ , que je pré- 
« ehe , a , sans parler de ses autres miracles , ressuscité 
« des morts en son nom : mais je soutiens que c'est le 

• nom du diable et non celui de Dieu qui a tué le tau-* 
« reau , si le même nom n'a pas le pouvoir de le rap^ 
i peler à la vie. Ne voyons -nous pas en effet que les 

• brigands aussi, les serpens et les ours, ont le pouvoir 
c de tuer? Le Seigneur dit dans le Deutéronome : 
« F'oyet que je sais seuL,. je tuerai et je ferai vivre à ma 
« volorUé y etc. » Alors les juges et l'empereur pressèrent 
Zambri de ressusciter le taureau; mais après avoir 
avancé qu*il n'avait pas cette vertu , il ajouta : « Que 
« Silvestre lui-même le ressuscite, en invoquant le Ga- 
i liléen , pour nous donner la preuve de sa divinité. » 
Puis il se mit à se dévouer et à jurer par le salut de l'em- 
pereur, que si Silvestre délivrait le taureau de la mort, 
ils abandonneraient tous la loi judaïque pour embras- 
ser la religion^ chrétienne. Alors , sur la demande du 
bienheureux Silvestre , les juges exigèrent le consen- 
tement des défenseurs de la cause des Juifs , qui s'em- 
pressèrent de le donner , et qui affirmèrent aussi qu'ils 
n'avaient pas le pouvoir de ressusciter le taureau. 
Aussitôt saint Silvestre fit séparer tous les fidèles des 
incrédales , et commença une oraison qui dura près 



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âêS ANNALES 

œasenlîreat, utpote qui taurum nuUo modo susckare 
pœse «ssercrent. Beatus Silvester omnes incredulo^ à 
fi<klibus segregari jussit. Tune facta est oratio per 
unam fera horam ; omnibusque orantibus et flentî- 
bus, iûclinavit se Silvester ad aurem tauri, in quâ 
iiomen illud dixerat Zambri y et ait : « Nomen male- 
cc dlctionis et mortis, sicut intrasti in aure tauri hujus, 
« ità egredere Domini Jesu Christi virtute , in cujus 
anomine dicitur tibi, taure, surge!» Hoc dîcto, 
taurus, recuperato flatu , surrexit oum omni mansue- 
iudine. Cujus vincula manu sua sanctus Silvester sol- 
vit; eumque cum omni mansuetudine ad armeritum 
sttom ire prsecipit. Tune omnes Judxi pedibus t?jus 
provoluti, fatebantur seChristocredere, rogantesut 
oraret pro eis. Helena quoque , projectis aureis vesti- 
bns, genua ejus deosculans, rogabat sibi pœnitentise 
locum dari ; crediditque cum omnibus fîliis etfiliabus 
suis. Sed et ipsi judices et amici eorum et aropliùs 
quàm tria miliia Judœorum ad fidem Christi coaversi 
suât. 



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DE HAlNAtT. LIVRE Vil. A^7 

d'une heure. Pendant que tous les fidèles priaient et 
yleor^i^t^ le saint se pencha vers l'oreille du taureau^ 
dans laquelle Zambri avait articulé le nom meurtrier , 
et dit : « Nom de malédiction et de mort, qui es entré 
« dans ToreiHe de ce taureau , faàte-toi d^n sortir par 
• la vertu du Seigneur Jésus-Christ , au nom duquel , 
« taureau y il t'est dit : Lève^è^il i A cet mots l'animal 
ayant repris haleine se leva avec une extrême douceur. 
Le saint brisa de sa main les liens qui le retenaient, et 
loi commanda de retourner tranquillement à son trou- 
peau. Alors tous les Juifs tombèrent aux genoux de 
Silvestre et confessèrent le Christ , en conjurant son 
serviteur de prier pour eux. Hélène rejetant ses vête- 
sieas dorés embrassa dle*méme ses genoux en le sup- 
pliant de lui assigner un lieu pour &ire pénitence , et 
reconvertit à la foi du Christ avec tous ses fils et toutes 
ses filles. De même les juges , leurs amis et plus de 
trois mille Jui£s se firent chrétiens. 



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308 ANNALES 

CAPITULUM XLIX. 

De dracone per eum superato (i). 



PosT aliquot dies, pontifices, qui fuerant templo- 
rum , Augusto dixerunt : a Populus romanus invic- 
« tissimi draconis periclitatur afïlatu. Solebant enim 
a virgiaes sacrosanctae des Yestœ, per omnem kalen- 
a darum diem , abire ad ejus descensum y et cibos ei 
HK similaginis ministrare. Ex quo autem pietas vestra 
te legem christianam accepit^ huic nihil fertur. Ideo 
« indignatus flatu suo quotidiè populum vexât. » Cal- 
purnius quoque praefectus urbis, ait : «Per siogulos 
« dies moriuntur plusquàm sex millia hominum ; et 
ce non est aliud remedîi genus, nisi ut placeatur.» 
Respondens sanctus Silvester ait : aOstende mihi vel 
a unum christianum ex his qui moriuntur. » Praefectus 
dixit : a Si christianos non invadit^ descende ergo ad 
(c eum , tu ; et fac illum in nomine Dei tui vel uno 
<c anno ab interfectione bominum cessare, ut credamus 
a Christum tuum virtutem deitatis habere. » Tune 
Silvester^ oratione factâ , juxtà revelationem beati 
Pétri y ipse et eum eo presbyteri quidam et diaconi 
descenderunt, solo Cliristi sacramento refccti. Ponti- 
fices autem miserunt post eos Porphyrium et Torqua- 

(i) Vinc. deBeauy.XIV;53. 



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DE HAINÂCT. MVRE ?II. 

CHAPITRE XLIX. 

Dragon yaincu par saint SUrestre. 



â09 



QuiLQr ES jours après , les anciens pontifes des idoles 
dirent à l'empereur : a Le peuple romain est empoi* 
« sonné par le souffle d'un dragon invincible. Les 
c vierges de la très-sainte déesse Vesta avaient coutume 
€ pendant tout le jour des calendes^ d'aller à sa des* 
t cente, et de lui o£frir des gâteaux de fine fleur; mais 
c depuis que votre piété a reçu la loi des chrétiens, on 
« ne lui porte plus rien, et voilà pourquoi il est devenu 
c furieux et afflige chaque jour le peuple de son souffle 
f impur, o Calpurnius , préfet de la ville , ajoute : « Il 

< meurt par jour plus de six mille hommes; et il n'y 
c a pas d'autre remède à ce fléau , que d'apaiser le 
«monstre.» < Montrez-moi ,» dit Silvestre, «un seul 
« chrétien qui soit mort. » « S'il n'attaque pas les chré- 

< tiens f » reprit le préfet , « descendez vers lui , et faites 

« qu'an nom de votre Dieu , il cesse pendant un an de 

a causer la mort aux hommes ; nous croirons alors que 

« votre Christ est un Dieu. » Alors Silvestre , ayant fait 

sa prière, descendit, suivant la révélation de saint 

Pierre^ en emmenant avec lui quelques prêtres et 

quelques diacres qui n'étaient munis que du sacrement 

de Jésus-Christ. Les pontifes envoyèrent après eux les 

mages Porphire et Torquatus , pour avertir ceux qui 

restaient, de l'arrivée des chrétiens auprès du dragon. 

V. . i4 



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tum magos ^ ut sibi nuntiarent illos ad draconem per* 
yenisse. Orans igitiir Silvester cum suis per gradus 
centum et quinquaginta descendit : magi vero sacri- 
fieantes et invocantes daemonia, descendebant post 
eos. At ubi pervenerunt ad flatum draconis, com- 
prehendit eos angustia , et ceciderunt : Silvester au- 
tem cum suis intravit ad draconem^ ubi habit^ibat 
Satanas^ et dixit ei : <c Jésus Christus natus ex Yirgine^ 
« crucifixlis et sepultus resurrexit et ascendit ad cœlos, 
«e indè ventarus est judicare vivos et mortuos. Ex- 
ci specta eum fixus in loco isto , donec venîat. » Tune 
appréhendens euni, ligavit os ejus fiio canabineo trî- 
pliciter torto, quod secum portaverat; et imponens 
super ceram, signavit annulo ferreo, qui signum cru- 
cîs habebat sculptum ; apprehensusque poitas aereas, 
quae ibi erant, egrediens , ad se adduxit, et in circulos 
earum induxit catenam , quam secum portaverat ; et 
ciim clausisset eas , ait : « Hoc dicit apostolus Christi 
« Petrus : istas januae non aperiantur , usque ad diem 
ce judicii. » Clavem vero catenae subterravit; et ciun 
omoià sî^i à beato P^ro praecepta oomplésset, ascen- 
dit indè. Cùm^e invenisset magos volutanles se in 
terra pwe angustia , iactâ orationc, elevavit eos , «t 
secum eduxit. Qui mox cursu rapidissîmo pei^entes , 
sani detuleinmt codîces maleficiorum suorum , et pro- 
jicientes eos a^ pedes beati Silvestri , incenderunt ces, 
dicentes : « Sic ardeant qui non credunt in Chf istum, 
a filium Dei , quem Silvester praedicat ! » Transacto 
autem anno, ministri dracoiys probaflles apud se quod 
verè superatus esset draco, prostecnentes se pedih]i3 



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DE HAIN4UT. (.IVRE VII. {|1 

$iiTe3tre descenffît m priant ayec ses compagnpns cent 
cmqugnt^ inarches. Les mages les suivaient en i^vo 
quant les démons et en leur sacrifiant; mais dès qu'iU 
furent parvenus sous le souffle du dragon , ils furent 
saisb d'angoisses et tombèrent à la renverse. Qnant à 
SOvestre, il pénétra avec les siens jusqu'au monstre, où 
habitait Satan , et lui dit : « Jésus-Christ , né d'une 
< vierge , qui a été crucifié et enseveli , est ressuscité 
« et monté aux cieux d'où il viendra juger les vivans 
f et les morts. Lié dans ce lieu, tu attendras sa venue* » 
Alors il le saisit , il lui lie la gueule avec un fil de chan- 
vre tordu en trois, qu'il avait apporté; et mettant 
de la cire dessus le fil , il le scella d'un anneau de 
fer, sur lequel était gravé le signe de la croix. Puis 
empoignant les portes d'airain qui se trouvaient là , 
il les tira en sortant » pass^ une chaîne dans les cercles 
qu'elles formaient , et les ayant fermées, dit : € Voici 
«ce qu'ordonne Pierre, Tapôtre de Jésus- Christ : 
« Qae ces portes ne s ouvrent quaa jour du jugement, » 
Après avoir enfoui sous terre la clé de la chaîne , et 
accompli tous les préceptes qu'il avait reçus de saint 
pierre^ il remonta; et ayant trouvé les miiges qui s^ 
roulaient par terre de douleur, il fit une or^on, le^ 
releva, et les emmena avec lui. Ceux-ci s'avauçant d'un 
pas rapide , et se voyant guéris , apportèrent les livres 
de leurs maléfices, et les jetant aux pies de saint 
Silvestre , les brûlèrent en disant : « Qu'ainsi soient 
« brûlés ceux qui ne croient pas au Christ , fils de 
« Dieu , que Silvestre annonce ! » Un an après, les mi- 
nistres du Dragon reconnaissant que le monstre avait 
été véritablement vaincu , se prosternèrent aux pies 
dn bienheureux Silvestre , et crurent tous en Jésus- 
Christ. C'est ainsi que le peuple romain a été délivré 



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jll^ ANNALES 

beat! Silvestri , crediderunt otnnes in Christuni. Sic 
factuui est ut populus romaous à duplici morte libéra- 
fetur, id est^ à culturâ draconis et à veneno ejus. la 
ipso autem anno baptizati sunt triginta millia virorum, 
exceptis mulieribus et parvulis. Actor. Ëxtat epistola 
tk>nstantini generalis ad omnes episcopos, quam iuter 
décréta Patrum Isidorus collocavit; in qui idem Con- 
stantinus modum suœ conversionis ezponit, et eccle- 
siam romanam omnibus ecclesiis prœesse decrevit, 
in hune modum. 

CAPITULUM L. 

Epistola geueralis CousUnlini de conrorsione suâ (i). 



«In nomine sanctaeet individuaeTrinitatis, impe- 
« rator Caesar Flavius Constantinus sancttssimo patri 
ce patrum SilvestiX), omnibusque ejus successoribus , 
« urbis Romae episcopis , ac ceteris omnibus catholicis 
<c episcopis, eidem sacrosanctae romanœ ecclesias, per 
« banc nostram imperiatem constitutionem , subjec- 
« tis nunc et in posleris temporibus ; gratia , pax , 
« charitas, gaudium, cum omnibus vobis. Ea quae 
« Salvator noster, Altissimi fîlius , per sanctos apos* 
t tolos suos Petrum et Paulum , intervcniente pâtre 
« uostro Silvestro, rairabiliter operari dignatus est , 

(i) Viiic.dcBcanv.XlV, 64. 



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DE HAINAUT. LIVRE VIL âl3 

dWe double mort, c^est-k-dire , du culte et du Team 
da dragon. La même année , trente mille hommes re- 
çurent le batéme y sans compter les femmes et les'^n- 
fans. L'autkur. Il nous reste une lettre encmKque de 
Constantin à tous les évéques^ qu'Iddore a insérée entre 
les décrets des Pères , et dans laquelle le même empe- 
reur expose le fait de sa conversion , et ordonne à 
toutes les ^ises de reconnaître la prééminence de 
celle de Rome. La lettre est conçue en ces termes ^ 



CHAPITRE L. 

Lettre circulaire de Constantin »ur sa conversion. 



« Au nom de la sainte et indivisible Trinité , rempe«» 
« reur César Flavius Constantin au très-saint Père des 
« pères , Silvestre , et à tous ses successeurs , évèqœs 
« de Rome , ainsi qu'à tous les autres évéques catho* 
« liques soumis maintenant et à l'avenir, par notre 
«présente constitution impériale , à ladite très.^ainte 
«Eglise rotnaine; grâce, paix, charité, joie soient 
« avec vous. Les mirades que notre Sauveur , fils 
«<lu Très-Haut , a daigné opérer par ses saints apàtre« 
« Pierre et Paul , à rintervention de notre père le 
« bienheureux Silvestre , pour l'instruction de tous les 
« peuples , notre bonté s'est empressée de les publier 
« airec sincérité. Lorsqu'une lèpre hideuse décorait 



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2l4 A^NAtE.< 

k ad agnitionem omnium populormn, liquida cnarra- 
« t^one propagaire studuit nostra benignitas. Nàm 
« cùm validissïma squaloris lepra carnem meam in- 
c vasisset nèc aliquis medicorum curam posset adhi- 
« bere ^ advenerunt sacerdotes Gapîtolii , dicentes 
I mihi fontem ja Capitolio debere fieri, atque inno- 
ve centium sanguine compleri^ meque calentem eo loco 
« posse mundari. Itaque y secundùm eorum dicta s 

• aggregatb plurimis innocentibus infantibus , Sïm 
c vellent sacrilegi paganorum sacerdotes eos mactare 
« et ex eorum sanguine fontem replere , cernens se- 
« renîtfts nostra laerymatus matrum eonnn , iHicè 
< facinus exhorruit, misertusque eis proprios iltis res- 

• titui filios praecepi, datisque vehiculis et donis con- 
c cessis^ gaudentes ad propria relaxavi. Eâdem igitur 
c transactâ die, nocturno nobis facto silentio, diim 
« somni tempus advenisset, adsunt apostoli Petrus et 
« Paulus, dicentes mihi : c Quoniàm flagitiis impo- 
« sui^H terminum , et efïusionem sanguinis innocetitis 
« llôrruîsti , missi sumus à Christo Domino dare ttbî 
« sanitatis t*ecuperàndde consilium. Audi ergo et fac. 
« Silvesler, épiscopus civitatis, ad montem Sirapkem 
k tuas persecutioues fugiens , in cavernis petravum 
« cum suis clericis latebram fovet. Hune cùm ad te 
« adduxeris, ipse tibi piscinam pietatis ostendet, in 
« quâ dîim te tertio merseri^ omnis te valitudo itfa 
« leprœ deseret. Quod cùm factum fuerit , banc tu 
c vicissitudinem salvatori tuo compensa , ut omnes 
« .jussu tuo per orbem totum ecdesiœ restanrentur. 
c Te autem ipsnm in hâc parte sacrifica , ut Motiortim 



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DE UAINAQT. UVRE VII. Sl5 

a notre efaair , et que nous étkmi abandonne des mé- 
« decins , les prêtres dn Capitolc sarvinrent j et nom 

• conseillèrent de foire préparer une fesse dans leur 
« temple , de la remplir dn sang des innocens , et de 
« nous y plonger pour nous guérir. Suivant leur avis, 
« nous Âmes rassembler plusieurs enfans ; mais tandis 
« que ces prêtres païens et sacrilèges se disposaient à 
« égorger et à remplir de leur sang la fontaine , notre 
« sérénité, touchée des larmes des mères , conçut une 
< horreur subite de ce crime ; et ayant pitié d'elles , 
I nous ordonnâmes que leurs enfans leur fussent ren- 

• dus. C'est pourquoi je les ai renvoyés tous joyeux 
« chez eux , après leur avoir fourni des voitures et fait 
« des présens. Pendant la nuit qui suivit cette journée, 
« au milieu des ténèbres et de notre sommeil , le» ap6- 
« très Pi^re et Paul apparurent devant nous et nous 
« dirent : < C'est parce que tu as mis un terme à tes 
« crimes , et que tu as eu liorreur de verser le sang 
« innocent, que le Christ notre Seigneur nous a en- 
« voyés pour le donner un avis qui doit te rendre 
« la santé. Ecoule donc et exécute. Silvestre , évêque 
« de Rome , qui s'est enfui au mont de Sérapis pour se 
« mettre à Tabrî de tes persécutions , reste caché dans 
« des cavernes avec ses clercs. Lorsque tu l'auras fait 
« venir devant loi , il te fera connaître unn piscine dé 
t piété, qui te guérira de la lèpre, aprèPquc tu t'y 
€ seras plongé trois Ibis. Après cela , pour témeigner 
c ta reconnaissance à ton Sauveur, ordonne que toutes 
« les églises du monde soient rétablies. Ofifre toi-même 
« le sacrifice de ta personne dans cette circonsUnce» 
« et renonçant à la superstition envers les idoles , ho- 
« nor^et adore le Dieu vivant, qui est le seul et vrai 

• Dieu. — En nous réveillant , nous mandâmes notre 



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2l6 ANNALES 

« omnium superstitione relictâ , Deum vivum qui 
M solus et yerus est, adores et excolas. — Exstirgéns 
Y igitur à somnoy advocato roagnifico pâtre et illu-^ 
c minatore nostro Silvestro, omnia dixi verba niihi 

< à sanctis apostolis prœcepta; percunctatusque sum 
« eum , qui essent isti duo , Petrus et Paulus ? Ille 
« ait j non eos verè dici deos , sed Dei apostolos , sal- 
c vatoris Jesu Christi. Rursùm intcrrogavi utrîim 
« illorum imagines habcret expressas ^ ut ex picturâ 
« disceremus , hos es^e quos revelatio docuerat. Tune 
« idem pater imagines apostolorum per diaconum 
« suum exliibere praecepit. Quas diim aspicerem, et 
« illorum quos in somno videram, vultus in eis figu- 
t ratôs agnoscerem, clamore coràm omnibus satrapis 
« mets confessus sum eos esse quos in somno videram. 
c Ad hoc beatus Silvester indixit nobis pœnitentias 
ttempus, in ter palatium nostrum Lateranense, in 
« uno cilicio , ut omnia quae à nobis impie peracta et 
c impie disposita fuerant, vigiliis^ jejuniis, lacrymis 
c et orationibus apud Deum relaxari impetraremus ; 
« deindè apud praesulem irem , ibique abrenuntians 
c Sathanae pompis et operibus ejus y credere me in 
t Deum patrem et filium et Spiritum Sanctum , 
c spontè éoràm omni populo professus sum; bene- 
t dictâque fonte illic me trinâ mersione unda salutis 
« purificavit; positoque me in fontis gremio, manum 
c de cœlo me contingentem vidi propriis oculis; de 
c quâ mundus exsurgens me ab omni leprœ squalore 

< mundatum agnoscite. 



-•4 



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M HAiNALT. LIVRE VU. ai'J 

« magnifique père et maître Silvestre, et nous lui corn- 
c mimiquâmes ce qui nous avait été ordonne par les 
a saints apôtres. Nous lui demandâmes ensuite qui 
■ étaient ces deux hommes nommés Pierre et Paul; et 
« il nous dit que c'étaient non de vrais Dieux , mais les 

• apàtres de Dieu , notre Sauveur Jésus-Christ. Nous 
«loi demandâmes de plus s'il avait leurs portraits , 

• afin que nous pussions nous assurer, d'après leurs 
« images, s'ils étaient ceux que nous avions connus par 
«la révélation. Alors le saint père nous fit présenter 
« par son diacre les portraits des apôtres. Les ayant 
« considérés et reconnus , nous témoignâmes par un 
« cri, en présence de tous nos satrapes , que c'étaient 
« les mêmes que nous avions vus en songe. Alors le 

< bienheureux Silvestre nous fixa un tems pour fajre 
^ notre pénitence , dans notre palais de Latran , et 

• veto d'un simple cilice , afin d'obtenir de Dieu , par 
« les veilles, le jeAne, les larmes et la prière, le pardop 
«de toutes nos impiétés. Ensuite il nous prescrivit 
« d'aller devant le juge. C'est là que renonçant à Satan, 

< à ses pompes et à ses œuvres , nous avons confessé , " 
»dc notre plein gré et en pubflPy notre foi en Dieu 

« le père , le fils et le Saint-Esprit. Puis une fontaine 
« ayant été bénite, nous nous purifiâmes par une triple 

• immersion dans l'onde du salut , et nous étant placé 
« au milieu de Y^n , jfious vîmes de nos propres ieux 

• sortir du ciel une main qui nous toucha. Sachez donc 

• qu'en sortant purifié de la fontaine nous nous «rou- 
« Yâmes purgé de la lèpre.-» 



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3l9 ANNALES 



CAPITULUM LI. 

Oe êtàItatioti6 rotnanx ecclesiae saper oinnes ecclesiai (i). 



« Igitur lovatus de sacre fonte , utile jndieari tmâ 
« cum satrapis meis et universo senatu , amplitis qnàm 
t nostrum imperium et terrenum thronum sedem sa- 
t cratissimam beati Pétri gloriosè exaltari, tribuentes 
€ eî potestatem et honorificentiam imperialem; de- 

< cementesque sanctimus , ut principatum teneat , 
a tam suprà quatuor praecipuas sedes, scilicet An- 

< tiochenain , Alexandrinam , Constantinopolitanam 

< Hierosolymitanamque , etiàm super oinnes in orb^ 
« terrarum Dei ecclesias ; et qui pro tempore pontifex 

^ « cjusden) romanae ecclesiœ extiterit, celsîor et prin» 
« ceps cunctis sac^5tibus totîus nmiidi existât ; et 
t qatecnnque ad cultum Dei vel christiaaortim fklei 
Il stabilitatem procurauda sunt , disponat : jnstrtih 
« t|uîppe est ut ibi lex sancta caput teneat principat&s, 
« tibi sanctarum legum institiltbr Jtîsus beatuni Pe- 
t trum apostolatûs obtinere prœcepit catliedram, ubi 
f et crucîs patibulum sustinens bcata; mortis poculum 
« sumpsil, suiqn-.î domiiii et magistrî imitalor appa- 
« ruit ; et ibi gentes pro Christi uomine colla flcctautj 
« ubi doctor eorum beatus Paulus apostolus pro 

(i) Vincent de B«auvais, XIV, 55. 



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DE HAIITAtT. LIVRE TU. aîQ 

CHAPITRE LI. 

Él^Tation cte TÉgliae romaine at^-dessus de tontes les Églises. 



^ Aprèb être soi^ti de la fontaine sacrée y nous avons 
« jilg€ y ayec nos satt^pes et tout le sënàt , qu'il était 
k mile d'élever glorieusement an-dessus de notre em- 
I pire et d'un tràne terrestre le très-Saint-Siè|^du 
« bienlieureux Pierre , en lui accordant le pouvS et 
« les honneurs impériaux ; et nous avons décrété qu'il 

• aorait la suprématie , tant sur les quatre principaux 
« sièges d'Antioche , d'Alexandrie , de ConsUntinople 
« et de Jérusalem , que sur toutes les églises de Dieu 

• qui sont dans l'univers. Nous voulons ausd que le 
« pontife qui présidera h l'église romaine , soit au- 
« dessus et le prince de tous les prêtres du monde , et 
« qu'il dispose de tout ce qui concerne le culte de Dieu 
« et la stabilité de la foi chrétienne. 11 est juste en effet 
« que la loi sainte occupe le premier rang de la prin- 
« cipauté , là où l'instituteur des lois saintes , Jésus- 
« Christ , a voulu que le bienheureux Pierre occupât 
« la qbaire de l'épiscopat , w lieu même où suspendu 
« à la croix il prit la coupe de la mort des bienheureux , 
« et apparut marchant sur les traces de son seigneur 
« et maître; il est juste aussi que les peuples courbent 
s la tête pour le nom du Christ, devant la ville où leur 
• docteur, le bienheureux apâtre Pierre , a souffert le 
« martire en tendant le cou pour son sauveur ; et qu'ils 



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220 ANNALES 

t Christo extenso collo, martyrio coronatus est; ibi 
« proni et humiliati cœlestis régis famulentur ofiBcio , 
« ubi superbi terreni régis serviebant imperio. Intereà 
« quoque nosse volumus omnem populum per orbem 
c terrarum, construxisse nos, intrà palatium nos- 

• trum Lateranense , Salvatori nostro ecclesiam à 
« fundamentis cum baptismo^et de fundamentis ejus, 
c secundùm numerum apostolorum , duodecim co- 
« phinos terrae onustatos, proprîis humeris aspor- 

* tasse ; quam sacrosanctam ecclesiam caput et ver- 
« ticem omnium ecclesiarpm universo orbe dici et 
« Qoli ac praedicari sanctimus. G)nstruximus itaque 
« ecclesîas beatorum Pétri et Pauli^ primorum apos- 
« tolorum , quas auro et argento locupletavimus, ubi 

• et sacratissima eorum corpora cum magno honore 
€ recondeutes , thecas ipsorum ex electro , cuî nulla 
t prœvjilet elementorum fortitudo , construximus; el 

* crucem ex auro purissimo et gemmis pretiosis per 
« sîngulas eorum thecas posuimus atque clavis aureis 
I confîximus. 



7»- 



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DE nAlNAi;T. LIVRE VU. 22\ 

• se prosternent et s'hamilient au service du roi des 
« çieox f là mAme où ils obéissaient aux ordres d'na 

• roi terrestre et orgueilleux. Nous voulons de plus 
« qoe toute la terre sache que nous avons bâti, dans 
« notre palais deLatran, une église entièrement neuve 

• et un batistère à notre Sauveur , et que des fondations 
« de cette église nous avons emporté sur nos. épaules 
« augustes douze corbeilles de terre y c'est-à-dire au- 

• tant qu'il y a d'apôtres. C'est cette même église qui , 
c suivant notre décret , doit être nommée, honorée et 
< proclamée la capitale et la souveraine de toutes les 
« églises du monde. Nous avons donc construit les 
« églises des apôtres saint Pierre et saint Paul , que 
« nous avons enrichies d or et d'argait , sur le lieu 
« même ou leurs corps sacrés ont été par nos soins in- 
« humés avec honneur et enfermés dans des éhâsses 
« d'ambre que nous avons fait fabriquer exprès, et que 
« ne sauraient détruire les outrages du tems. Nous 
« avons en outre placé une croix faite de l'or le plus 
« pur et des plus riches pierreries sur chacune de ces 
« deux châsses , auxquelles nous les avons fixées avec 
« des clous d'or. » 



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Ç^PITXJLUM WI. 



ii telTua ^aais apostoUs^ dommis lBeî^, par eos 

9 etiàm beato Silyestro ^ patri nostro et uaivevsfiU 

c papas , omnibusque ejus in sede beati Pétri succès 

« sopibus pontifîcibus j imperii nostri palatium Late* 

c ranense oontradimus, quod in orbe omnibus pala- 

t tils praefertur atque praecelUt ; deindè diademà 

t capitis nostri, simulquephrygiuin superhumeralem, 

M qui impériale circumdare assolet coUum ^ et chla- 

« ïijyderft purpuream tunicaraque coccineaRj et pwm|t 

f împeri^Iia indumei^^ et opiineu^ propé^iogçiç ipir 

ji perialis culminis et gloriam pptest^tis iip&trie. Et 

t quemadmodùm imperialis potentia diversis officiis 

t cubiculariorum et ostiariorum et omnium excubi- 

« torum ornatur , ità et sanctam romanam ecclesiam 

« decorari volumus ; et ut ampliîis pontificale decus 

prxfulgeaty decrevimus et boc, ejusdem ecclesiss 

« clericis ex linteaminibus candidissimo colore equos 

« eorum decorari , et ità equitari. Decrevimus et hoc, 

t ut venerabilis pater Silvester et omnes ejus succes- 

« sores pontifices , diadema , quod ex capite nostro 

(i) Vincent de Bcauvais, XIV, 56. 



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DE HAINilJT. U¥R£ VU. $j3 



■^— «■■«-. — . — I -T~~ i i ~i r — T T — > >n~nnir "iTifwiirM i^i i i "> 



CHAPITRE LU. 



De rEmpir« et des orneinens impériaux cojifër^ aq MfnlietirmuL 
papf Silfeatre. 



«Cest pourquoi nous cédonà aux saint^ apôtres ^ nos 

« mattres , et , pour eux , au bienheureux Silvestre , 

« notre père et pape de TEglise universelle ^ ainsi qu'à 

« Ions les pontifes ses successeurs au siège de saint 

« Karre, noire palais imp^îal de Latran , qui remporte 

« J«r tooi les palais de Ifi tam , et de plus le diaflème 

« de notre tèt^^ ainsi q»e la mitre phrigioMUi qui seK 

« à couvrir le cou de l'empereur, la chlamide de poor- 

« pre, la tunique d'écarlate et tous les indignes impé*- 

« riaux ayec l'ensemble dçs honneurs qui y sont atta- 

« chés et qui font la gloire de notre dignité. De même 

• que le pouvoir impérial est rehaussé par les divers 

« oi&ces des cubiculaires , des huissiers et des gardes; 

< de même nous voulons que l'église romaine en çoit 

« accompagnée ; et pour ajouter encore à Téclat de la 

«dignité pontificale» nous ordonnons que les clercs 

« de la mèfùe église montent des chevaux ornés de 

« dlraperîet d'une bla«M:heur éblouissante. Vous ordon* 

« «ans aussi que le vénérable père Silveeire «t Cous les 

V ip^oiiie» ae3 successeurs » ee ceignant ila diadème fak 

« de l'or le pijos pur et des pierres Los pli^ précieniir» # 

« que nous avons détaché de notre froQ( ppur Jp re- 

« mettre à ce saint prélat , et qu'ib le port^ WT teuri» 



'^■■:î 



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â-^4 ANNALES 

illi concessimus , ex auro purissimo et geinmis pre- 
tiosis uti debeant , et eorum capite ad laudem Det 
pro beati Pétri honore gestare. At ipse beatissimus 
papa super coronam clericatûs quam gerit y om- 
nino ipsâ ex auro non est passus uti coronâ. Phry- 
gium quoque candido nitore splendidum, resur- 
rectionem dominicam designans^ ejus sacratissimo 
vertici manibus nostris imposuimus ; et tenentes 
frœnum equi ipsius , pro reverentiâ beati Pétri , 
stratoris ofBcium ei exhibuipius : statuentes eodem 
phrygio omnes ejus successores uti in processio- 
nibus ad iniitationem imperii uostrl. Et ut pontifî* 
calis apex non vilescat , sed ampliiis quàm terreni 
imperii dignitas et gloriœ potentià decoretur, ecce 
tàm palatium nostrum , ut praelatum est , quàm 
urbis Romae et omnis Italiae seu occidentalium re* 
gionum provincias, loca et civitates, patri nostro 
Silvestro ejusque successoribus , decrevimus dispo- 
nenduni , ac jure romanœ ecclesiœ permanendum. 
Undè congruum perspeximus nostrum imperium 
et regni potestatem orientalibus partibus trans- 
ferri, et ni Byzantise provinciâ in optimo loco^ 
nomini nostro y civitatem œdificari y et illîic impe- 
rium nostrum constitui ; quoniàm^ ubi principatus 
sacerdotum et christianae religionis ab imperatore 
cœlesti constitutum est , justum non est ut inpe* 
rator terreAus habeat potestatem. Denique coràm 
Deo, qui nos regnare praeccpit, et coràm terribili 
ejus judicio^ obtestamur, quod hoc nostrum impé- 
riale constitutum omnes successores nostros impe- 



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DE HAINAUT. LIVRE VU. 225 

a tètes pour la gloire de Dieu et le respect dû à saint 
« Pierre. Mais le bienheureux pape Siivestre s'est abso- 
« loment refusé à mettre sur la couronne cléricale don t il 
« est orné, cette autre couronne d'or que nous lui avions 
« destinée. Nous avons iinposé sur son chef sacré la 
* « mitre d'une blancheur éclatante, qui est le signe delà 
« résurrection du Seigneur ; et tenant la bride de son 
« cheval , nous avons fait pour lui , en l'honneur de 
t saint Pierre, l'office d'un valet de pié / ordonnant 
c que tous ses successeurs porteraient la même mitre 
I dans les processions, à l'imitation de ce qui se pratique 
t par l'empereur lui-même. Et de peur que la dignité 
« pontificale ne vint à s*avilir, et afin que sa considéni^ 
ction et sou glorieux pouvoir l'emportent sur les 

• attributions de tous les empires de la terre , nous 
« avons décrété que notre palais, dont il a été question, 
< ainsi que les provinces, les villes et autres lieus de 

• Rome, de toute l'Italie et des contrées occidentales , 

• seraient dévolus à Siivestre , notre saint père, ^k 
« ses successeurs, et demeureraient sous la dominatHn 
« de l'église romaine. C'est pourquoi nous avons trouva 
« bon de transporter notre empire et le pouvoir de la 
« royauté en Orient , et de bâtir dans la province de' 

• Bizance, dtns une situation excellente, une ville à la^ 

• quelle nous donneroi^s notre nom , et qui deviendra 

• le siège de notre gouvernement ; parce qu'il ne serait 
« pas joiste qu'un empereur terrestre exerçât l'autorité 
c aux liens mêmes où la domination des prêtres et de 
« la religion chrétienne a été établie par l'emppreur 
« céleste. Enfin nous défendons en présence de Dieu , 
« qui nous a élevé au trône, et en vue de son jugement 

• terrible , à tous les empereurs qui viendront après 
a nous , à tous les grands de l'empire et à tous les 

y: i5 



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Sl'àb ÀNNA1E9 

« ratoreg et cunctos optimales et ^inîversum populum 
« in nostro imperio, nuUi quocunque modo licere, 
« hsec quae à nobis imperiali sanctione sacrosaactae 
« romanse ecelesiae vel ejus pontifîcibus concessa sunt, 
€ refragari aut confringere, vel in quocunque con- 
t vellere. Si quis autem in hoc tomerator aut con- 
c temptor extiterit , œternis condemnationibus subja- 
«< ceat innodatus , et sanctos Dei principes apostolo^ 
« rum Petrum et Paulum sibi , in praesenti vit4 et in 
« futurâ^ sentiat contrarios, atque in inferno in&riore 
« concreraatus cum diabolo et omnibus impiis défi* 
n eiait. Hujus vero imperialie dccreti nostri pa^mun 
« propriis manibus roborantes y supra corpus beati 
« Pétri posuimus, eidem apostolo Dei iramobiliter ob- 
c servare spondentes , et nostris successoribus impera- 
c toribus conservanda in mandatis relinquimus. (i) » 

«i) Cet acte y qui se troare assez rarement, est la faraease dona- 
I de Constantin, qui en a imposé si long-tems aux peuples et aux 
princes méjnes. Voltaire en a donné une version abrégée etÀçex^ç^e 
dans ses Essais sur les mœurs et Pesprit des nations. TiUemont, dans 
ton Histoire des Empereurs, tome IV , page 659, ^^^'^ ^> proure 
évidemment que Constantin n^a point été batisé a Rome par U pape 
Sîlvcstre, mais dans son lit, auprès do l^ïicomedAe , peu de l^ins 
avant sa mort. CVst ce que sur le témoignage d'Eusèbe , de saint 
Jérôme , de Théodoret , de Socrate , d'Évagi^e, du conpile de Aimiiii 
et de la chronique d'Alexandrie, le cardinal du Perron et Papebrok 
dans les Boltandistcs , ont reconnu contre Baronias. F. 



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DK HAINAUT. UVUE VIL ^27 



^ • peuples de nos états , de révoquer , d'annuler dti de 
« yioler en rien les concessions que nous avons faites 
« et sanctionnées en faveur de la sacro-sainte église 
« romaine et de ses pontifes. Que celui qui sera assez 
« téméraire , assez irrévérencieux pour braver notre 
« défisse , soit damné éternellement, qu'il encoure la 
« dÎAgrace des saints apôtres Pierre et Paul , en cette 
« vfe et en l'autre , et qu'il brûle au fond des enfers 
«avec le diable et tous les impies. Après avoir con- 
« firme et fortifié de notre propre main le présent acte 
ff de notre volonté impériale , nous lavons déposé sur 
« k '^^^l» ^ ^in^ Pierre , en promettant au même 
de l'observer religieusement , et nous recom* 
à tous les empereurs qui viendront après 
« Miom ^loi rester égalepient fidèles. • 



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22& ^ ANNALKS 



CAPITULUII» LUI. 



De trànslatione sedis imperialis ad ConstantînopoUm, et aedificatiûne 
ciritatis Constantinopolis (i). 



TcNC aedificavit sibi Bizantium , maritimam civi- 
tatem, et vocavit illam Constantiaopolim de noinine 
suo. Ornavit denique illam diversis fabricis^ et con- 
struxit in eâ plures ecdesias, quarum unam appellavit 
Irenëm et aliam Apostolorum. Aliam vero dedicavil 
agise Sophiœ, id est^ sanctœ sapientise, quae Christus 
est ; et aliam archangelo M ichaeli. Transtulit etiàm 
eo omnes penè nobiles Romanorum et ordinem sena- 
torum cum uxoribus et liberis eorum. Urbem vero 
Romam cum palatio suo^ quod Ilateranense dicitur, 
concessit apostolis Christi Petro et Paulo et sancto 
patri Silvestro. Saactivit etiàm et instituit testamento, 
quod omnia quae ad ecclesiasticum ordinem pertinent, 
romani episcopi judicio dispositionem accipiant. Sed 
et per totum romanum imperium privilégia singulis 
civitatibus dédit, ut omnis populus christianus sub 
episcojforum ocdinatione libéré Domino deservirèt. 
Ex^Ubro Cosmographiœ. Sic ergo dignitatem imperii 
Constantinopolim transtulit, instituens ut totius caput 
esset Orientis, et ad imperii romani memoriam Nova 

(i) Yinc. df BeauY.XIV, 5;. 



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DE H.UNAUT. LIVRE Vif. 339 



^•«»»«4%>%f%»»%»%«%^^^%^^^i^'»^%^^^%^%^v^^%%%»^V%/%^».^%%^%.%^^%^^%%%»»^ 



CHAPITRE LUI. 



Traoslalion du siège impcrial à Constaotinople , et JdiUcation dw 
celle vilJe. 



Alors Constantin bâtit pour lui Bizance , ville ma- 
ritime, et l'appela de son nom Constantioople. Il 
Tembellit par diverses constructions , et érigea au mi- 
lieu d*dle plusieurs églises , dont il nomma Tune Irène 
et une totre l'église des Apôires. Il en dédia une troi- 
sième à sainte Sophie, c'est-à-dire à la sagesse divine, 
qui est le Christ , et une quatrième à saint Michel- 
àrchânge. Il y transporta aussi presque tous les nobles 
roattiiis et l'ordre des sénateurs avec leurs femmes et 
lônneit&ns. Quant à la ville de Rome , il la donna avec 
fepiUÎB de Latran aux apdtres^ du Christ Pierre eti 
Pftd et an saint père Silvestre. 11 sanctionna et institua 
pmr son testament, que tout ce qui appartenait à l'ordre 
eçdÛastique serait à la disposition souveraine de Té- 
i^é^jde Rome. De plus il accorda aux, différentes cités 
de l'empire romain des privilèges , qui permettfiient à 
tout le peuple des fidèles de servir librement le Sei- 
ittair sous Vordination des évéques. Livre intitulé 
Cosmographie. Ce fut ainsi qu'il transféra à Constan- 
tbople le siège impérial , en fesant de cette ville la 
octale de tout l'Orient , et en la nommant la Nou- 
▼dle Rome, en l'honneur «de l'enl^ire romain. Pins 
tard , lorsque la ^té de Bordeaux était assiégée , et 



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2O0 ANNALES 

Roma dicei^tur. Yerùm postmodum cîim Burdegalis 
civitas obsideretur, et Arelas cum suâ provinciâ gen- 
tilibus oppriineretur, Gregorius Junior (i) papa in- 
festationeni paganorum non sustinens, mctuens ne 
ulteriores romanse gentis partes gentiiis furor invadat, • 
Karolum (2) regem Francorum ^missis ei clavibus se- 
pulchri sancti Pétri et vinculis cjusdem , muneribus 
tantis invitât, ut romani senatûs patricius efficiatur. 
Quod humiliter ac de voté suscipiens Karolus, in ro- 
manum erigitur patronatum, strenuissimà pro fide 
pugnans et Romas reipublicae euram gerens. Huic 
successit Pipinus filius ejus, Rarolo magno (3) mo* 
nacho facto. Gui successit Karolus (4) filius ejus, qui 
duos habuit filios Karolum magnum (5) et Ludovicum. 
Urbanus PAPA. Karolum magnum AdrianusPîpinum 
nominavit Karolus autem pro republicâ pugnans , 
tandem in ultimis vitœ suae terminis imperii (6) nomen 
sumpsit ; ut qui romani imperii defensor extiterat , 
pro tantis meritis acciperet Augusti nomen , et inter 

(1) Cest le pape Grégoire 111. 

(2] 11 s'agit ici de Charles Martel , duc d'Austrasie. Ces nonces dn 
pape Grégoire III sont les premiers qu'on yil en France, yoy, les 
Annales de Metz , à Tannée 741 , dans le tome II , page 6$5 , de 
D. Boitqaet. 

(3) Lisez Karlomanno. 

(4) Le roi Pépin laissa deux fils, CUarleroagne et Carloman , qfÀ 
lui survécurent. Cbarlemagne eut quatre fils , Pépin le BoA» , 
Charles, Carloman , dit Pépin, rot d'^Italie , et Louis. Ce dernier, 
qni fat surnomme le Débonnaire , est le seul qui surtécut è son 
père. 

(5) Il est ici questio#de Carloman , Gis de Cbarlemagne, et balisé 
par le pape Adrien sous le nom de Pcpin. ^ 

(6) Cbarlemagne fut couronné empereur le aS déc. de Tan 800. 



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DE HAINAUT. LIVRE VU. 201 

(fÈit la ville d^Arles , avec tous ses habiuins , était op- 
primée par les Grentils , le pape Grégotre-Ie-Jeime 
ne pouvant résister à Tinvasion des païens, et crai- 
gnant de voir les derniers boulevarts du peuple ro- 
main devenir la proie des barbares ^ invita Charles , 
roi des Francs , en lui envoyant en présent les clés du 
tombeau de saint Pierre et les liens de ce grand apôtre, 
à prendre la qualité de patrice du sénat de Rome : 
Charles recevant cette proposition avec humilité et 
dévotion , fbt élevé au patronat romain , et combat- 
tant cooragensement pour la foi, prit soin de la répu- 
blique romaine. A ce prince succéda son fils Pépin, 
êont le frère, nommé Carloman, prit l'habit monas-^ 
ti^pia. A Pépin succéda son fils Charles qui eut pour 
fik Carloman et Louis. Le pape Urbain. Carloman fat 
aomaië Pépin par le pape Adrien. Charlemagne ayant 
COfld^ttu pou%la république , prit le titre d'empereur 
dans les derniers tems de sa vie : celui qui s'était fait 
le défenseur de l'empire romain , reçut pour ses mé- 
rites le titre d'auguste , et fut loué comme l'un des 
phis braves soldats de la Cour céleste. Ce fut à cette 
époque que finit la domination des empereurs grecs 
sur fes Latins ; mais Rome s'est montrée plus ennemie 
de ^i^ropre empereur que de personne autre , pen- 
dattMmtt le tems qu'elle s'est débattue entre deux 
nattres. Placée entre le pontificat et l'empire , on la 
tk exclure l'un et mépriser Tautre. Ainsi donc en Tan 
èa Seigneur HOf , lorsque la dignité impériale brillait 
d'u grand lustre chez les Grecs , Charlemagne étant 
venu à Rome reçut du pape Léon et de tout le peuple 

* romain un décret qui lui conférait le titre d'empereur 
et d'auguste , parce que les empereurs romains avaient 

. eu autrefois leur siège k Rome. Depuis ce tems , la 



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203 ANXALKS 

cœlestes aulicos miles fortissimus praedicaretnr.' Ex 
tune ergo apud Latinos est Graecorum potentia ter- 
niinata, nullique Roma magis infesta est quàm ioi- 
peratori suo, diim duos dominos habere contendit, 
et inter pontificium et imperîum posita, alterum ex- 
cludit, alterum contemnit. Anno ergo Domini dccci% 
cîim apud Graecos nomen imperatoris micaret , Ka- 
rolus Romœ moram faciens , accepit à Leone papa 
et omni populo romano dccrctum , ut Karolus no- 
men imperatoris indueret et Âugusti, eo quod, Ro- 
mani imperatores olim in urbe romanâ sedem ha- 
buissent. Ex eo igitur tempore, imperio Graecorum 
apud Occidentem evanescente, nomen rediit impe- 
ratoris ad quasdam partes Occidentis : ex quo qu»-' 
dam romani imperii facta est coufusio de duobus 
nomen unum tenentibus; divisio enin^minuit potes- 
tatem ; et sicut à solo Deo Griecorum pendet impe- 
rîum y ità à sede tantîim romanâ papa afHrmat impe- 
riqm Occidentis penderc. Apud principes quidem 
Alemanniœ imperatoris est electio, apud papam electi 
confinnatio et consecratio. Nova distinctione impe- 
rator nominatur ut Dominus , consecratur q^noii 
Dominus : Nempè imperialia non accipit initia , 
quœ sibi soli coUata papa conservât; ad altare modi* 
cum in latere basilicœ sancti Pétri consecratur à solo 
pàpâ, cùm è diverso papa imperatoris insignîa in sui 
consecrationc teneat , et ad altare majus sancti Pétri 
accipiat unctioneni. 



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DE UAIIïAtT. LIVBE VII. 255 

domination des Grecs s'évanouissant en Occident , le 
nom d'empire revint à quelques parties de cette ré- 
gion; ce qui a donné lieu à une certaine confusion au 
sujet de l'empire romain , en ce qu'un même nom était 
revendiqué à la fois par deux personnes. En effet la 
division affaiblit la puissance ; et de même que l'em- 
pire des Qrecs ne dépend que de Dieu , de même le 
pape alGrme que l'empire d'Occident ne dépend que 
du siège romain. Il est vrai cependant que l'élection 
de Tempereur appartient aux princes d'Allemagne , et 
que Iq pape ne fait que confirmer l'élection et consa- 
cra rélô. Hais par une distinction nouvelle l'empereur 
estsoimiië comme maître et consacré comme seigneur ; 
c*e8^-âtre qu'il ne reçoit pas les insignes impériaux , 
qaelûféjpe seul garde comme lui ayatat été conférés 
parlkofièrement. Le sacre de l'empereur se fait par le 
fxpe seol à un petit autel situé à l'un des côtés de la 
luMiIîj^ de saint Pierre y Undis que le pape dans la 
cérérônie de sa consécration , tient en sa main les in- 
sigill^.de Tempire » et reçoit l'onction au grand autel 
de tti&t Pierre. 



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234 AKNALCS 

CAPITULUM LIV. 

Qualiter Lbimas itiip«ratar persecuius est christiaitos(i}. 



BtJSEBIUS. 



Ïptterea Licinius, qui primo, .quasi probitaté 
morum , non solîim ab imperatore Constantio in so- 
cietatem regni fuerat accitus , veriim et in propin* 
quitate ex conjunctione susceptus , sororem namque 
CoQstantini in m^trimonium acceperat; videns impe- 
ratorem non tîm vi et metu, quàm amore et religione 
omnibus imperare , et sumtnâ veneratione cunetis ess^ 
mortalibusy prsecipuè christianis; invidiâ percussus, 
occtfftis (?um insidiis decipere paravit. At ille totus 
confidens in Deo , ad omnia se illo signô , quod ei cdb^ 
litùs monstratum fuerat , muniebat , nec ullis par hoc 
insidiis fieri obnoxius poterat. Verîim Licinius iratus 
quod ille christianorum precibus juvaretur, et ideo 
tutus mancret, stultâ iracundiâ permotus, imperatori 
quidem apertum bellum indicit , regniquc fidem so- 
cietatemque contaminât , nostros vero privato et spe- 
ciali odio persequi parât, Omnes cbristianos extra 
palatium suum ejîclt, crudeliter eos macérât, et ty- 
rannicis edictis ipsos in carceribus retrudit, et exiliat. 

(i) Vinc. de Beau?. XIV, 58 et siiiv. 



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M HAINAUT. LIVRE VII. a35 

CHAPITRE LIV. 

Pers^atton de» ehrëticns par l'emperear Licinius. 



BCSEBE. 



Cependant Licinius, qui d'abord avait été appelé, 
i cause de la droiture de son caractère , à partager 
Vémpii^ avec Constance» et qui de plus était entré 
dans la £BimiIle de ce prince en épousant la sœur d^ 
ConsUintin ; Licinius , dts-je , voyant que l'empereur 
gevremait ses peuples plutôt par l'amour et la reli- 
gioB , que par la ibrce et la crainte , et s'apercevant 
qu'3 était vénéré de tous les mortels , surtout des 
chrétiens y fut rongé d'envie, et chercha à le sur- 
jprendre dans ded embûches secrètes. Mais Tempereur 
plem de confiance en Dieu se munÎHpit contre tout 
<uxident du signe qui lui avait été montré dans les 
àeax j et par ce moyen se mettait à l'abri de tous les 
malheurs. Licinius irrité de le voir secouru des prières 
des chrétiens , et vivre ainsi dans une pleine sécurité, 
Ile garda plus aucune mesure , et lui fit une guerre 
^^erte ; il ne tint nul compte de sa foi ni de son as- 
dation à l'empire, et se prépara à persécuter nos 
frères auxquels il portait une haine particulière et 
eitréme. Il expulse de son palais t«us les chréjtiens, et 
les traite avec cruauté; par ses édits tiranniques il les 
fiiit jeter en prison et les cBasse en exil. L'auteub. Un 



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236 * ' ANNALES 

AcTOR. Sub hoc procelloso turbine multi martyri- 
santur : nain sub Licinio passi sunt , yii idus martii 
apud Sebastem Ârmeniae minoris^ milites quad^a* 
gin ta; item sanctus Theogenesf item in Ponto in ci- 
vitate Thomis ( i ) passio trium fratrum Argei , Narcissi 
et Marcellini, qui, sub Licinio principe, pro Christo 
martyrisati sunt , cum pluribus aliis, quorum nomina 
sunt in libro vit». Hugo Floriacensis (2). Postquàm 
hujus armis praecinctus tyrannidem cœpit Licinius 
agitare, Constantinus veris virtutibus adornatus , tôt 
tantisquc flagitiis ii*e obviùm parât , ut fidei adversa* 
rium trucidaret. Facta est igitur congressio in Bithyniâ 
circa Chrysopolim ; et victus est licinius atque com- 
prehensus, et apud Thessalonicam capite truncatus; 
sicque dejecto Licinio et extincto, Constantinus mira 
bellorum felicitate soliditatcm romani regni solus 
obtinuit. 

(1) La TiUe de Tomi , que Pexil d'Ovide a illnstrëe. 

(ar) Vinc. de BçtiiY. XIV, 6i. • 



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DK ITAlîîÀtt. rjVIlE VIT. iiâ^ 

grand nombre de saints furent raartirisës pendant la 
dorée de ce tourbillon orageux. Sous'Licinius en effet 
forent mis à mort , le vu des ides de mars, à Sébaste 
de kl petite Arménie ,\es quarante soldats (1) ; de même 
saint Théogènes ; de même à Tomis , sur les bords du 
Poiit*J£tixin y les trois frères Argée , Narcisse et Mar- 
cdlift ^^cpii souffrirent le martire sons le règne de Lici- 
iK^it^'avec plusieurs autres saints personagcs^ dont 
jfiarilQms sont inscrits au livre dévie. Hdgue db fleury. 
Borsigjae Lieinius commença à se conduire en tiran 
arné^ Constantin qui était orné des vraies vertus , se 
jra à s'opposer à de si grands et de si nombreux 
i^'et à détruire Fènnemi de la foi. Il se livra 
bnjbrèiénx une grande bataille en Bithinie près de 
Scnôoi; Lieinius fut vaincu ^ pris, et décapité à Thés- 
satotuqiie. Après le renversement et la mort de ce 
prince, Constantin obtint par l'heureux succès de sa 
gneire l'empire romain sana partage. 

(i) La fête de ces quarante martirs se cëlébre le lo mars , c'est-à- 
ifire , le ti des ides de ce mois, et non le vu , comme le porte notre 
tftie. • 



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a33 ANNALES 



ÇAPITULUM LV. 

D« Ariô et haereti «ait. 



i)^ çonçilioNiçeeno Ri^nusinEcclesici^tiçâHistQriâ, 
libro^^ (i). 

Tb^pobibus Constantini , era^ presbyter <{\ii4am 
^pud ^l^^^drifm, i|omine Ârius : $peciç qui^fim 
religiosus, $ed gloriœ et laudis ac vanitatis improbè 
cupidus^ prava quaedam de fide Christi proferre cœpît, 
et à substantia Patris Filium separare. Hugo , ubi 
suprà. Prœdicabat Arius Filium creaturam esse , et 
Spiritum Sanctum ab eo creatum esse. Addebat etiàm 
guod erat quando non erat. Et cùm bas faceret Arius 
inter Patrem et Filium et Spiritum Sanctum diffe* 
rentiasy Alexander, ejusdem urbis episcopus^ ei re- 
sistebat ; sed ciim illum ab execrabili errore fevocare 
non valeret , expulit eum ab ecclesiâ sanctâ. lUe vero 
contra eum seditionem excita vit. Quôd audiens prin- 
ceps pius G>nstantinus 9 coadunare fecit sanctam 
synodum apud Nicœam, Bithyniae urbem^ anno in- 
cai*nationis dominicae cccxvi; conveneinintque ibi 
cGCxyiii episcopi : et haec est prima sancta synodus 
universalis. Jàm papa Silvester defunctus âierat y et 

f i) Vinc. de Beauv. , XIV, Ca. 



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DE nAINiUf. UVRE Vif. 2^ 

CHAPITRE LV. 

^nus pt son li^'rjéAic. ÇonçUe de M^^. 



RuFiif , Histoire ecclésiastique , livre x. 

Du tems de Constantin j Tirait à Alexandrie un 
prêtre nommé Arius. Religieux en apparence , mais 
an fond avide à Texoès de louange , de gloire et d'é- 
loges , il se mit à avancer de mauvais principes concer- 
nant la foi du Chris{t, et à séparer le fils de la substance 
du père. Hugub de fleury , à Fendrait cité. Arius an- 
nonçait que le fils était une créature , et que de lui 
avait éié créé le SainirEsprit. 11 ajoutait avssi qu'il était 
quand il n'était pas. Alexandre^ évéque d'Alexandrie, 
s'opposait à ces ^tinctions qu'Anus établissait entre 
le père y le fils et le Saint-Esprit ; mais ne pouvant 
1# ^Arer de son erreur exécrable , il le chassa de k 
saixOe Eglise. Mais Arius excita co«tr9 TévéfMe aye 
s^tion. A -cette nouvelle , le pieux empereur Ctmr 
#t|l^i^ fit «assembler un concile à I4ic^, vUl|^ de Pâ- 
t^i^e j ep l'an 316 derincarnation, dam lequel fqreiM 
pr^ens trois cent dix-huit évéques. Ce fut le premier 
concile universel. Le pape Silvestre était dqà mort ; 
Uarc lui avait succédé , et Jules avait prk la place ém 
Marc. Celui-ci occupait alors le siège apostolique; 
mais son grand âge l'empéch^ d'a^ister au coQcil^ de 



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'il4o ANNALES 

illi Marcus successerat^ Marco vero Julius. Istetuuc 
in apostolicâ cathedra residebat; verîim tamen hic 
non interfuit concilio propter senectutis imbecillita* 
tem , sed afFuerunt pro eo Vitus et Vincentius , ro- 
manae ecclesiae prcsbyteri. Actôr. In libro tamen 
pontificali legitur Silvestrum papam illi concilio in- 
terfuisse , et statUta quàmplurima de clericis et laicis 
statuisse : quid vero à parte rei fuerit discretioni le* 
gentium relinquimus(i). 



CAPÎTULUM LVI. 

De lib«llU episcoporum à Constantin o exostis. 



SczoMENiTS, in TripaHitâ Historid{Q). 

In concilio Nicaeno Constantinus princeps ultimus 
cum paucis intrôivit conventum^ minori sede quàm 
episcopis sibi positâ ; erat in medio nec resedit^ donec 
episcoporum jussiones hoc sibi petiitjconcedi. RuFnrus 
i^i suprà. £t cùm ex omnibus ferè locis episcopi 
congregati diversis ex causis inter se quaedam jurgia 
detulissenty fréquenter interpellabatur, et à singulis 

(i) On lit dans PArt de y^rifier les dates qu'Osius présidait au 
concile de Nicëe au nom du pape SilTestre. Ce concile se tint 
en 3a5 , et saint SiWestre occupa le trône pontifical depuis Tan 3 14 
jusqu^à Tan 336. 

(î) Vinc. de Beauv. XIV, 63. 



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^.- D» HAINAUT. LIVM: VII. 2/^1 

I place y Titus et Tinoent , 

r. L'autchr. Oh li| cepeo- 

d que le pape SîlTestre se 

^ il y institua nn grand noin-> 

jR ' des clercs et des lalquies. 

acteurs le soin de^ discerner 
sur ce poilit la vérité (1). 

' 't'] U è^iiujoiMmifii reconau c^ue le papo Silvestre n'assista point 
ict'Gbpcile à cause de son âge aTdnc^. 



CHAPITRE LVI. 

G>nsta[ntin fait brûler les livres des ^v^qaes. 



SozoMàNE, Histoire triparlile, 

i entra le dernier avec un 
is rassemblée du concile de 
ré un siège moins éle^é que 
se tint au milieu de la salle 
roir demandé la permission 
ne les éyéques, qui s'étaient 
* rassemblés de presque toutes les parties du monde , 
se disputaient entre eux pour diSerens motifs , Con- 
stantin était souvent interpellé y et chacun lui présen- 
tait des mémoires. Mais lorsqu'il s'aperçut que des 
altercations de cette nature fesaient oublier la chose 
principale y il fixa un jour où les prélats devraient en 

V. i6 



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2^2 ANNALES 

libelH ofiereba«tur. Ât ille videns quod pêr bijns^odi 

jifrgia causa summi negotii fnutrtfretur, diem certam 

statuit, qa4 unusquisque epncpponim, si quid queri» 

moniee habere vidercftur, deferret; et oùm resedisaet,. 

sttscepit à singUlis libelles , quos simul omne^in siflû 

suo contiûens, nec quid in eis cotitioeretur aperiens, 

ait ad episcopos: «Deus vos sacerdotes constituit^ et 

t potestatem dédit vobis de nobîs quidem judicandi ; 

« et quidem nos à vobis rectè judicamur. Vos autem 

« qui nobis à Deo dati estis dii, non potestis ab ho- 

< minibus judicari , quià non est couveniens ut hotno 

• Deos dijudicet : sed Dei inter vos solius exspectate 

f judicium, de quo scriptum est : Deus stctit in sjr^ 

t nagdga deorum y etc. Hic omissis jurgiis, ea quœ 

t ad fidem Dei pertinent, sine ulla animorum con- 

« tentione , discuti te. » Gîimque hoc dixisset, omnes 

•simul querimoniarum libellos exuri jussit, ne inno- 

tescerct ulii homini simulatio sacerdotum, Ità Pa- 

trum veritus est vitia publicare, et Cham reprobi filii 

maledictionem iacurrere, qui patris verenda non 

' texit. Ideoqile alibi dixisse legitur G)nstantinli8 : 

« Verè si vidissen) ^saoerdotem aut aliquem eoruill 

qui monastico habitu amicti sunt , peccàntem , 

« cblamydem meam explicarem ad operiendum , ne 

« ab aliquo posset videri. » 



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DE HAINAOT. LtVftB VU. ^43 

référer auprès de lui, s'ils avaient quelque sujet de 
plainte. Lorsqu'il se fut rassis , il reçut de chacun 
d'eux des libelles , qu'il mit tous ensemble dans son 
sein ; et sans vouloir prendre connaissance de ce qu'ib 
contenaient, il dit aux évéques : « Dieu tous a fait 
« prêtres , et tous a donné le pouvoir de nous juger 
« noos-mémes; et certes tous nous jugez aT6c équité. 

• Vous donc y qui nous avez été donnés comme des 
« dieux par le Dieu tout-puissant, vous ne pouTcz être 
« jugés par les hommes , parce qu'il ne convient pas 
« que l'homme juge les dieux. C'est pourquoi attendez 
c pour vous le jugement de Dieu seul , de qui il est 
« écrit : Diea se lint dans la sinagogue des dieux , etc. 
« Laissant maintenant de côté toutes les disputes , dis- 
« cutez, sans animosité , les points qui touchent à la 
« foi divine. » Après ce discours , tous les évéques or* 
donnèrent de brûler les libelles de leurs plaintes , afin 
que personne ne connût les haines réciproques des 
prêtres. Ce fut ainsi que l'empereur craignit de publier 
les vices des Pères, et d'encourir la malédiction du fib 
réprouvé Cham , qui ne couvrit pas la honte de son 
père. On rapporte aussi ailleurs que Constantin dit: 
f Certes si je voyais pécher un prêtre ou quelqu'un de 
« ceux qui sont vêtus de l'habit monastique , j'élen-» 

• drais ma chlamide pour le couvrir, afin qu'il ne fût 

• TU de personne. » 



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244 ANNAtES 



%<% »«i«^»^-V*/«^«/^>^«^^%^'%%'«^«'«^«> 



CAPITULUM LVII. 



De institotiooe Symboli tt exilio Ârii, et de Tiris qui floruernnt 
iemporib'us-ConstanUni (t). 



RuFiNUS , uhi suprà. 

Ig4TUR discussis assertionibus Arii diutino multo- 
que tractatu , placuit omnibus, et velut uno cunctorum 
ore et corde decretum est, omoj'sionÇ^) scribi debere, 
id est , ejusdem cum Pâtre substantiae Filium confiteri. 
AcTOR (3). Tune concorditer compositum est symbo- 
lum quod cantatur in Ecclesiâ in missâ post evange- 
lium diebus ad boc ordinatis. Arium igitur cum sibi 
adhaereutibus in exilium expulerunt. Actor (4). Eodem 
tempore claruerunt in Dei ecclesiâ plures sancti con- 
fessores, ut potè beatus Nicolam Myrrfieorum epis- 
copus; beatus Jacobus cognominatus Sapiens , Misi* 
bonensis , id est Antiochenensis , episcopus ; item 
sanctus Evurtius , Aurelianensis episcopus ; item Lac- 
tantius, qui magnus in Graeciâ compilator extitit li- 
brorum , quorum translationes non i^eperimus (5). 

(i) Vinc. de Beanv. XIV, 166. 
(a) 0/M«Vicy. 

(3) Jacques de Guyse. 

(4) Le même. 

(5) Vinc. de Ecaur. dit (XIV, 89) Omnium opuscuhrum nihil 



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DE HAINA«. CIVRE VII. 2^y 



««^ %«%%<«« ^^^^^^^/^^^^^^^^^ * ^ » %%^-^%^%^%^^%^» 



CHAPITRE LVIl. 



De riiutitation du Simhole , de Vcxii d^Arius , et de» pertonaget 
qiii fleurirent du teros de (Constantin. 



Rupiiv. 



* Les assertions d'Ârius ayant été discutées longue- 
ment et soigneusement, il plut à tous, çt il fut décrété 
comme d'un seul avis et d'une seule yoix y qu'on de* 
vait écrire omôusion^ c'est-à-dire , confesser que le Fil» 
était de même substance que le Père. L'auteur. Ce fut 
alors qu'on composa avec un accord unanime le sim- 
bole que l'on chante dans l'Eglise à la messe après 
l'Evangile et à des jours réglés. Arius fut chassé en 
exU avec tous ses partisans. L'auteur. Dans le même 
tems brillèrent -dans l'église de Dieu plusieurs saints 
confesseurs , tels que l'évéqne de Mire , saint Nicolas ; 
saint Jacques surnommé le Sage , évéque de Nisibe ou 
d'Antioche; saint Euverte, évéque d'Orléans, Lac- 
tance, qui compila dans la Grèce un grand nombre 
de livres dont nous n'avons pu trouver les traductions. 
Du tems du même Constantin fleurit aussi Eusèbe » 
évéque de Césarée de Palestine, qui fut très-versé dans 
les saintes écritures, et se montra un investigateur di- 
ligent de la bibliothèque divine (1), ainsi que le martir 

mpud nos reperi prœtcr septem libres aihersUs génies. Cet ouvrog* 
c<mtre les Gentils est d*Arnobe , qui fut le mattre de Lactaace, écri- 
T «in latin dont nous ayons les ouvrages. 
(i) Cest-À-dire de la Bible. 



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a46 ANNALES 

Floruit etiàm tenipore Constantini £usebius(i), Cas- 
sareae Palestine episcopus, qui iq scripturis divîni$ 
studiosissimus fuit , et bibliothecœ divioaD cum Pam- 
phîlio martyre diligentissimus pervestîgator. Edidit 
multa volumina, ex quîbus sunt : in Isaiâ libri decem i 
contra Porphyfium , qui eodem tempore scribebat in 
Siciliâ y ut quidam putant , scripsit libros viginti 
duos (a); item pro Ofigene libros sex ; commentarios 
eruditissimos in centum et quinquaginta psalmos; 
item de vitâ Pamphili libros très; item de martyribus 
aKa opuscula ; item Ecclesiasticae Historiae libros de- 
cem; item chronicorum canonum omnimodam histo- 
riam, et multa alia. Ex libris Ecclesiasticae Historiae 
et chronicorum Eusebii in hoc opère (3) suis locis 
inserui. Scripsit enim chronicorum historiam, à primo 
anno Abrahae usque ad annum Domini cccxxvii (4)9 
quam Hieronymus ex graeco in latinum transferens , 
ulteriùs ptosecutus est eam usque ad annum Do* 
mini ccclxxix""; deindè Prosper historiam continuai 
usque ad annum Domini cccclxi; sed Sigibertus 

(1) Ici Jacques de Gajae copie Vincent de Beaurais j XIV, ^. 

(1) LVdition do Vincent de BeauTais porte a5 ; Suidas dit 3o, dont 
90 senlettient existaient du tems de saint Jërôme. Fabricms, hiblM> 
grtte, 1. Y; c. 4* ». 26. 

(3) Cette phrase est de Vincent de BeauTais. 

(4) L*^ition de Scaliger de la Chroniqne d*Eàsébe s^arréte â 
Fan 3^7 , et celle de Venise à Tan 3^9, et toutes deux au^ m^mei 
^▼ënemens ; mais la supputation des anm^es n'est pas la même dans 
Tune que dans Pautre. La dernière annëe de la chronique de saint 
J^rdroe est marquée 379 dans IVdition de Scaliger, et 38 1 dans celle 
de Venise ; et la dernière ann^ de la chronique de Prosper est i 
qude 44^ dans la première , et 449 *^ao* ^^ seconde. 



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DE HAINACT. LIVRE VH. lA^'J 

Pamphile.'Il publia plusieurs ouvrages, dont dix livres 
tnr Isaîe, vingt-deux livres contre Porphire, qui écri* 
vait vers la même époque , en Sicile , ainsi que quel* 
qacs-uns Tont cru ; six livres en fatveur d'Origènes ; 
des commentaires très-savans sur les oiMt cinquante 
ysaumes; trois livres sur la vie de Pamphile; d'autres 
opuscules sur les martirs ; dix livres de l'Histoire 
Ecclésiastique; une chronique universelle, et beaucoup 
d'autres ouvrages. J'ai inséré ici en leurs lieus des 
extraits de l'Histoire Ecclésilistique et des chroniques 
d'Eusèbe. 11 a écrit des chroniques historiques , qui 
commencent à la première année d'Abraham et vont 
jusqu'à l'ah de Jésus-Christ 337 : saint Jéràme les a 
traduites du grec en latin et continuées jusqu'à l'an du 
Seigneur 579. Ensuite Prosper les a conduites jusqu'à 
l'an 461. Sigebert», moine de Gemblours , reprend 
depuis l'année 381 jusqu'à l'an 1 1 13 ; c'est lui qui nous 
servira de guide au livre suivant. Eusèbe a de plus 
composé une histoire de l'Eglise en dix livi*es , com* 
prenant le tems qui s'est écoulé entre l'ascension du 
Seigneur et la victoire de Constantin , c'est-à-dire l'é* 
poque où ce prince , déjà partisan de la religion chré- 
tienne et adorateur du vrai Dieu , quoique non encore 
batké, s'avança pour combattre Maxence . tiran de 
la ville de Rome , après qu^il eut vu dans les cieux le 
signe qui lui assurait la victoire. Rufin , prêtre d'Âqui- 
lée, a traduit du grec en latin l'Histoire Ecclésiastique 
d'Eusèbe. Outre cela , Eusèbe a compilé , ainsi qu'on 
le rapporte, en vingt livres, les passions des martirs, des 
évéques , des confesseurs , des vierges et des femmes 
saintes de presque toutes les provinces. Saint Jérôme , 
des Hommes illaslres. Sous le règne de Constantin , 
fleurit le moine Antoine , dont Athauase , évéque d'A- 



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248 ANNALES 

incipit ab anno Domini cgglxxxi (i). Exinde Sige** 
bertusy Gembiacensis mouachus, usque ad annum 
Domtni Mcxiu'*'' , cujus historiam in libro sequenti 
diligenter prosequemur (2). Historiam qucMjue ecclc- 
siasUcam teKuit Eusebius in libris dccem , ab ascen- 
sione Domini usque ad victoriam Constantini , cùm 
scilicet jàm christianse religionis fautor, verique Dei 
venerator, nondùm tamen baptizatus^ processit ad 
bellum contra Maxentium , urbis Romae tyrannum j 
ostenso ei cœlitùs signo in quo vinceret. IIos libres 
Rufinus, presbyter Aquilegiae, transtulit de graeco in 
latinum. Prœtereà idem Eusebius , ut legitur , penè 
omnium provinciarum passiones martyrum et episco- 
porum et confessorum et sacrarum virginum ac mulie- 
rum in viginti libris comprehendi t. niERONTMUSy de 
Ulustribus viris. Régnante etiàm G>nstantino , floruit 
Antonius monachus, cujus vitam Athanasius, Alexan- 
driae episcopus, insigni volumine prosecutus est. Item 
floruerunt Vincentius et Florentins confessores. 

(i) LaChrmiiqtiedeSigebert, publi<$een i5i3 par Henri Estienne, 
commence en effet k Tan 38i, et finit à Pan 1 1 13 : les additions qui 
ont été faites à l'oavrage de Sigebert, descendent jasqu^â l*an uto. 

(a) Cette dernière phrase est de Jacques de Gujse , et ce qui luît 
appartient à Vincent de BeauTais. 



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^ ♦ .\)E HAINACT. UVR£ Vil. - 2^ 

lex«B^ie^% &|it la ^e dana un oimra^e reînar<J«9ble* 
Ce fmt à là méio»eLëpo({^e que Oenrirent les confeitoeiûcs 
Vincent ^1) et Florent (2). 

(i) Saint Vincent, Tira des pli^s illustres martirs de Jc^sns-Christy 
naquit a Saragoise en Espaga^ , et fut Tune des victimes des ordres 
donnés Tan 3o3 de notr»ére par les empereurs Dioclëtien et Ma\L- 
mien. Qn place sa mort au 32 janvier de l'an 3o4. Voyez PruéUnce, 
hymne 5, et les sermons 374» ^7^» 376 et 277 do saint Augustin. 
Cfodescard en parle sous le 33 janvier. • . ^ 

(a) Saint Florent est le patron de la ville de Roje en Santeire , ' 
aujoard'hui dans le département de la Somme , arrondissement de . 
Montdidier. L'opinion commune a presque toujours fait saint Flo- 
rent frère de saint Florien , raartiristf à Lorch , ville ruinée de la 
Norîque , qui est maintenant dans la haute Autriche sur le Danuhe. 
On met le tems de ce ma r tire sous Dioclëtien : on ajoute que 
Florent voyant son frère mort , quitta son pays après avoir souffert 
lui-même divers tourmens pour la défense de Jc'sus-Christ , et qu'il 
se réfugia dans les Gaules. Voyez les Ad. SS, Flor. dans la Collec- 
tion du père le Cointe, un. 694, n. 1 3. Mais Bai lie t trouve ces actes 
suspects , parcequ'ils disent que Florent se mit sous la discipline ^ 
saint Martin évéque de Tours , bien postérieur à cette épocpie. 11 est 
possible que ce dernier fait soit une addition d'un copiste ignorant , 
qui a confondo ensemble deux saints Florent. 



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CAPITULUM LVIII. 



De ittTenlioiie sancte cracis , et opinione HierODjnû de 

GoiistaQtino(i'). 



RuFiNUS , (^bi suprà. 

IiTTEBEA. Hclena, divinis admonita Tisiombiis,Ifie- 
rosolymam petit, atque ibi locum, in quo sacro* 
•anctum Christi corpus patibulo afBxutn pcpcnderat, 
ab incolis perquirit. Qui idcirco difficilis ad inve- 
niendum erat, quià ab antiquis persecutoribos simu^ 
ii( rum in eo Veneris fuerat defixum, ut si quis chris- 
tianorum in loco illo Christuin adorare voluisseti 
Venerem videretur adorare ; et ob hoc infrequens et 
penè oblivioni datus fuerat locus. Actor (a). Peregit 
igitur beata Helena tantiim , quod reperit pretiosum 
lignum sanctae crucis , prout clariiis habetur in his- 
toriâ super ejus invention^e conscriplâ, quam dictus 
Rufinus longo sermone contexuit. Actor (3). Verîim 
quià justum est y ut opiniones solemnium dodtorum 
de arduis huic operi inscribamus, idcirco decrevimus 
opinionem Hicronymi , quac suprà dictis videtur ob- 

(i) Vinc. de Bcauv. XIV, 94. 
(a) Jacqacs deGujee. 

(3) Vinc. de ^eauv. XIV, loa. Mais la dernière phrase du cha- 
pitre est de Jacques de Guyse. 



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OX HAINAUT- LIVKB TU. ^ fSl 



CHAPITRE LVIII. 
/ 

IsTention dt la tainU Croix , et opiDÎoo dt mnt Jérdmt tar 
Constantin. 

Rupin. 

Cepkndaht Hélène , ayertie par des visions diTines , 
se rendit à Jérusalem , et s'informa auprès des habi- 
tans du lieu où le corps sacré du Christ avait été sus- 
pendu à la croix. Ce lieu était difficile à reconnaître , 
parce qu6 les anciens persécuteurs y avaient placé une 
statue de Vénus, afin que si quelque chrétien eût voulu 
y adorer le Christ, il parût adorer Vénus : c'eat pourquoi 
ce lieu sabit avait cessé d'être fréquenté et était tombé 
presque entièrement dans l'oubli. L'auteur. Enfin Hé« 
lèneflt tan t , qu'elle découvrit le précieux bois de la sai n te 
Croix I comme il est clairement expliqué dans l'histoire 
de cette découverte , que Rufin a écrite avec les plus 
grands détails. L'auteub. Comme il convient de rap* 
porter ici les opinions des plus célèbres docteurs sur 
les points les plus difficiles^ nous avons résolu de n% 
pas passer sous silence celle de saint Jéràme qui parait 
contraire à ce que nous avons raconté plus haut. En 
effet nous lisons dans sa chronique , que l'empereur 
Constantin envoya ses enfans à Antoine ayecune lettre 
plehae d'estime pour lui , et qu'il tua de la manière la 
plus cruelle son fils Crispus et Fausta son épouse. Ayant 
reçu le batéme, dans les derniers tems de sa vie, d'Eu* 



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aSa .... ANNALES 

viarc , sub siientio non preeterire. Dicit cnim in sua 
chronograph^ , quod Constantinus imperator cum 
liberis suis honorificas ad Antonium litteras direxit, 
Crispum autem filium suupi interfecit crudelissimè , 
et uxorera suam Faustamj extcemo autem vitœ su» 
temporc, ab Eusebio, Nichomediae episcopo, bapti- 
zatus in Ârianum dogma declinavit, à quo, inquit, 
usque in praesens tempus , * ecclesiarum rapinœ et 
totius orbis discordia secuta est. Mirandum quoroodo 
tantus doctor tàm solemnia facta ab Ecclesiâ appro- 
bata, prout patet in legenda sancti Silvestri et in in- 
ventione sanctac crucis , quorum legendae in lecclesiâ 
romanâ leguntur, subticuerit aut neglexerit. Gansas 
etiàm quare filium suum et uxorem dictus Constan- 
tinus interfecerit nuUibi reperire potui ; vel forte bis 
fuit baptizatus, vel forte loquitur de alio Constantino. 
Quare quid indè fuerit discretioni legentium dew- 
linquo(i). 

(i) Eusébe, qui écrivait sous les ieux même des (Ils de Coustantinf 
raconte le batéme de ce prince, et ce témoignage est au-dessus de 
tonte exception. U est confirmé par ceux de saint Ambroise , de 
saint Prosper, de Socrate, de Thëodoret , de Sozomène, d'ÉTOgre , 
d« Gela2|e 4e Cyzique , de saint Isidore et de la Chronique d'Alexan- 
drie. Tant d'autorités ne sont contredites que par les faux actes de 
saint SiWestre , et par quelques autres pièces de même valeur. Le' 
foau, Bai-Emp. , 1. 1, p. oga , ëdit. 1819. Les cruautés de Con^ttan- 
tin envers sa famille sont avouées et condamnées aujourd'hui par 
tous les auteurs. Ils ne s'expliquent pas aussi franchement à l'égard 
de ses sentimens religieux , sur lesquels la plupart gardent le silence, 
et paraissent n'avoir fait aucune attention au passage cité de la 
Chronique de saint Jérôme , passage d'autant plus difficile à rétorr 
quer,qu'il est certain qu'un des sectateurs les plus fougueux d'Arias, 
l'évéque Eusébe de Nicomédie, se rendit entièrement maître de 
Tesprit de Constantin dans les dernières années de la vie de oe 
prince. 



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DE HAÏNAil. UVRE VII. 253 

sèbe évéque de Nicomédie , il tomba dans rarianisme , 
ce quia occasioné jusqu'à nos jours, dit saint Jérâme, 
le pillage des églises et jeté la discorde dans tout Tem* 
pire. Il est surprenant qu'un si grpid docteur ait passé 
soQs silence ou omis à dessein les actes si célèbres de 
Constantin , que l'Eglise a approuvés , qui sont rap- 
portés dans la jiégende de saint Silvestre et dans l'His- 
toire de rinvention de la sainte Croix , et qui se réci- 
tent dans lëglise romaine. Du reste je n'ai pu trouver 
nulle part pour quelle raison Constantin a tué son fils 
et son épouse. Peut-être a-t-il été batisé deux fois (1), 
ou peut-être qu'il s'agit dans saint Jérôme d'un autre 
Constantin. Je laissé la solution de ces difficultés à la 
discrétion de mes lecteurs. 

(l) On peat consulter sar ce sujet les BoUandistes , sous la date 
du 21 mai, p. 17, § 19. Papebrok s'y décide , contre fiaronius, en 
faveur d'Eosébe y et suit en cela , comme il le dit , le sentiment de 
presque toutes les personnes un peu habiles de la France. Il réAite 
aussi Timagination encore plus insoutenable de ceux qui ont touIu 
dire ^pw Constantin avait éié balise à Rome par saint SiWestre et 
rebatisë â la mort par Eusébe de Nicomédie. TiUemont, Hi$t, des 
Empereurs, tome IV, p. 6G0. 



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Îi56 .i\T7\tig 



CAPITULUM LX. 

De ignominiosâ morte Arii(i). 



h' ■■ î 

", * de Aac- 

tuj Nrere 

et' atur. 

Arium venire fecit , et imperialibus edictis concilium 
denuo Constantinopolim convocari. Quo illi maxime 
convenerunt q [ 

saepè cum Aie: ^ 

- ut Arium sus< \. 

* tuentes, denu: b 

i^et, aut, si r 

lium truso, a ES 

nocte, quœ ad i 

jacens, atque u 

vigilem duceu ^ - 

dabat. Cîimque lux ortafuisset, nec tameu ab ora- 
tione Alexandercessarety £usebius cum suis omnîbas , 
velut haejrctici belli siguifer, domum Arii matutinus^ 

(i) Vinc. de Beauv. XV, a. 



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DE HAINAUT. tIVRE TH. aOJ 



CHAPITRE LX. 

Mort ignominieuse d'Arius. 



RuFiN , livre x. 

Enfin un Arien ^ nomme Euscbe, qui simulait les sen- 
timens d'un fidèle , ayant trouvé les moyens de s'insi- 
nuer dans les bonnes grâces du prince, s'efforça de tout 
changer et de rendre nuls les actes du concile de Nicée. 
Il fait venir Arius , et obtient un édit impérial pour la 
convocation d*un concile à Constantinople. Tous les 
sectateurs d' Arius et d'Eusèbe furent les plus empressés 
à s'y rendre. Ayant voulu forcer Alexandre, évéque 
d'Alexandrie, à recevoir Arius , ils lui fixèrent un délai , 
pour qu'il accueillit cet hérésiarque, ou , s'il refusait, 
pour s'entendre chasser de son église, exiler, et se voir 
forcé de laisser à un autre le soin de recevoir Arius. 
Alors Alexandre , la veille même du jour fixé pour 
terme, se coucha sous l'autel, et passa la unit tout 
entière sans dormir, mais en oraison et en larmes, 
pour recommander à Dieu la cause de son église. Lors- 
-que l'aurore parut , et qu'il n'avait pas encore cessé de 
prier, Eusèbe avec tous ses partisans monta de grand 
matin à la maison d'Arius, portant, pour ainsi dire, 
à sa main l'étendard de la guerre hérétique ; et lui 
ordonna de le suivre à l'église , en lui protestant 
qu'Alexandre , s'il persistait encore dans son refus , 

V. 17 



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Sthh ANNALES 

ascendît , euinque sequi ad ecclesiam jubet ^ protes- 
tatus quod Alexander, nisi praesens acquiesceret^ ex- 
pulsas loco cederet. Igitujr cùm cunctorum animi 
essent in exspect^tione suspens! , quo vel Alexandri 
perseverantia veKEusebii atque Arii instantia decli- 
naret, Ârius ad ecclesiam pergens, episcoporum et 
populorum frequentiâ çpqstipatus, h.umanœ oecessi- 
tatis causa, ad publicum dcclinavit locum; ubi cùm 
sederet, intestina ejus atque omnia viscera ejus in 
secessûs cumulum defluxére : ità in tali loco dignam 
n^orteni blasphemiae ac fetldâe mentis exsolvit. Quod 
ctim in ecclesiâ nuntiatum fuisset Eusebio et his qui 
unà secum sanctum et innocentem TÎrum Alexandrum 
de recipiendo Ario fatigabant, adoperti confusione 
disceduut. Alexandro autem anno sequenti defuncto 
apud Alexandriam, Athanasiuç inirse probitatis sedem 
suscepit. 

CAPITULUM LXI. 

De peraecutioDc Arianorum in AUiaoasium (i). 



Igitur à secundo anno Constantii, impietas Ariana, 
ejusdem imperatorisfultaprœsidio, exiliis, carceribus 
et variis afflictionum Aiodis, priminn Athanasium, 

(i) Vinc. de Bcauv.XV, 4 et 5. 



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DE HAINitJT. LIVRE Vif. uSq 

serait chassé et lui céderait sa place. Pepdant que tous 
les esprits demeuraient suspendus dans l'attente de ce 
qui devait résulter soit de la constance d'Alexandre , 
soit des instances d'Eusèbe et d'Arius , celui - ci se 
dirigeant vers l'église entouré d'une fouie d'évéques 
et de peuple, fut tout-à-coup surpris par un besoin 
inattendu , qui le força de gagner un Heu public. Tan- 
«lis qu'il y était arrêté, ses intestins et toutes ses en-- 
tmiUes se répandirent hors de son corps ; et ce fut 
Ama on pareil lieu qu'il fut puni par une mort juste de 
«on Uisphénie et de la corruption de son cœur. Dès 
que cette nouyelle fut apportée dans l'église à Eusèbe 
et à iOQS ceux qui tourmentaient le saint et innocent 
ér?èqpe 4-Icxandre , pour qu'il reçût Arius , ils furent 
couvert^ de honte et se retirèrent. Alexandre mourut 
l'aimée suivante à Alexandrie , et fut remplacé par 
Athanase , homme d'une merveilleuse vertu. 



CHAPITRE LXI. 



Persécution deê Ariens contre Athanase. 



A dater de la seconde année de Constance , l'impiété 
des Ariens , aidée de la protection de ce prince , per- 
aécifta d'abord Athanase et ensuite tous les évéques 
qoi n'ëtaieiU pas de son parti, par les emprisonnemens 
et tontes sortes d'afflictions. Athanase errant par toute 



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'aGo annales 

deindè omnes boq suae partis episcopos, persécuta est. 
Nàin in toto orbe profugus agitur Athanasius epis- 
copus, Dec ullus ei tutus ad latendum supererat locus. 
Intereà sex continuisannis ità latuisse fertur in locum 
cisternre non habentis aquam , ut solem nuuquàm.vi- 
derct; et cîim per anciliam^ quae sol^ conscia domi- 
.noruin officiis qui ei latebras praebuerant, videbatur, 
indicatus fuisset, tanquàm Dei spiritu admonitus, 
ipsâ nocte , quâ ad eum comprehendendum cum ju- 
dicibus veniebatur, einigravit ad locum alium : ità 
illi qui vénérant frustrati,dominisque in fugam con* 
versis, de ancillâ, ut falsà indice , pœuas sumûnt 
Verîim ne graves alicui latebrae suae fièrent, et occasio 
calumniae innocentibus quaereretur, nihil sibi ultra 
jàm tutum in Constantii regno praesumens , ad Con- 
stantis partes profugus abscedit; à quo satis lionorificè 
religiosèque susceptus est Et qui Constans litteras 
fratri suo Constantio pro restitutione Athanasii in 
ccclesiain scribens, cum honore susceptus est. Sed 
postmodiim, defuncto Constante, Constantiusiteiàim 
Athanasium exiliat. Hieronymus(i). Hoc temporc, 
Maximînus , Treberorum episcopus , clarus habetur, 
à quo Athanasius, Alexandrie episcopus, cùm à 
Constantio quaereretur ad pœnam , houorificà sus- 
ceptus est , et sex annis in puteum siccum plénum 
ossibus enutrivit, et ibi fidem Catholicam , id est, 
Quicunque vult saluas esse, antè omnia opus est ut 
teneat catholicam fidem, etc. .. composuit prout etiàm 
habetur in Historiâ Treberorum. Rufinus, ubi supra. 

(i) Vinc. de Bcauv. XV, 7 



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DE HAINAUT. UVRB TII. StÔl 

la terre ne trouvait d'asile nulle part. On rapporte 
cependant qu'il se tint si bien caché pendant six ans 
de suite dans un lieu qui avait servi de réservoir, qu'il 
ne vit jamais le soleil. Ayant été dénoncé par une 
servante I qui possédait seule le secret de ses maîtres , 
qui avaient procuré une cachette au saint évéque; 
3 fat averti du danger , comme parle Saint-Esprit, 
la nuit même qu'elle vînt avec les juges pour Tar- 
réler, et il s'enfuit dans un autre endroit. Les offi- 
ciers qui étaient venus pour le saisir , se voyant pré- 
venus et trouvant les maîtres de la servante en fuite , 
l'accusèrent de faux témoignage et la punirent. Alha- 
nase^ de peur de compromettre ceux qui seraient 
tentés de lui fournir un asile et de nuire ainsi à des 
hommes innocens; et de plus, ne trouvant aucune 
sûreté à rester dans l'empire de Constance , s'enfuit 
dans les provinces gouvernées par Constant, qui le 
reçut avec beaucoup d'honneur et de dévotion. Ce 
prince écrivit même à son frère Constance, pour 
obtenir qu'il fut rétabli dans son église, et en effet, 
il y fut reçu avec respect; mais, après la mort de 
Constant, il fut de nouveau e^ilé par Constance. 
SàiHT-JÉRÀME. En ce tems-là, Maximin , évéque de 
Trêves , jouissait d'une grande célébrité. C'est lui qui 
«eeneillit A thanase, évéque d'Alexandrie, que Con- 
stance voulait faire périr; il le nourrit pendant six 
mois dans un puits à sec et plein d'ossemens. Atha- 
Base y composa sa Foi catholique , c'est-à-dire, le lî^re 
.qui commence par ces mots : Quiconque veut être sauvé, 
doit avant tout garder la foi catholique. Le même fait 
est rapporté dans l'histoire de Trêves. Rufin. Vers la 
même époque , la face de l'Eglise était souillée et dif- 
forme ; elle était en effet déchirée , non comme aupa- 



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26i ANNALES 

£â tempestate faciès EccTésiae fœda et admodnm tur- 
pis erat : non enim sicut priîis ab externis sed à pro- 
priis vastabatur filiis ; fugabat unus et alius fugabatur, 
et uterque erat de Ecclesiâ. Cum Ârianis adhaeserunt 
duae aliae sectœ videlicet Eunomianos et Macedonios , 
qui distinctiones diversas in Trinitate sancta appo- 
nebant. 



CAPITULUM LXII. 

De Liberii papae exilio et de Felice papa (i). 



£x libris Pontificum. 

PosT Julium igitur papam, qui et ipse multas tri- 
bulationes sustinuit, et decem mensibus exilio fuit^ 
qui et sepultus est via Âureliâ pridië idus aprilis; 
Liberius quoque successor ejus à Constantio depor- 
tatur exilio, eo quod noiuerit haeresi Arianae consen- 
tire ; et fuit in exilio annis tribus ; et congregans sa* 
cerdotesy cum cofisilio eorum, silentio>ordiaavit in 
locum suum Felicem presbyterum , honorabilem ^i- 
rum.' Et fecit cohcilium Félix , et invenit duos pres- 
bjteros consentientes Constantio augusto Ariane , 
noniine Ursatium et Valentem ; et damnarit eos iû 
concilio quadraginta octo epiâcoporum. Post paucos 

(i) Vinc. de Beaur. XV, ii. 



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DE HAJNAtT. LIVRE VII. ^65 

rax>^ par des étrangers, mais par ses propres enfans : 
Tmi chassait , Tautre était chassé , fet tous deux étaient 
de l'Egée. Deux sectes nouvelles, celle des Eunotriiens 
et des Macédoniens, adhérèrent aux Ariens; ellea fe- 
. saient diverses distinctions dans la Sainte-Trinité. 



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CHAPITBE LXII. 

Du pap« Libère et du pape ¥éïi%. 



Livres des PorUi/es. 

' Aprâs le pape Jules , qui souffrit Idi-méilie beau- 
coup de tribulations , ayant passé dix mois dans Texil , 
et qui fut enterré sur la voie Ajirélia la veille des ides 
^avril, Libère son, successeur, fut également exilé 
par Constance , parce qu'il refusait d'adhérer à Thé- 
i<ésie d'Arius ; son exil dura trois ans. Ayant convoqué 
te prêrfes , il ordonna , d'après leur avis et secrète- 
ioétit , le prêtre Félix, homme recommandable , pour 

■ ie remplacer. Félix tint un concile et trouva deux 
l^rél^es, nommés Ursatius et Valens, unis d'opinion 
if empereur Arien, Constance; il les condamna au 
imlîea da concile , composé de quarante-huit évéques. 
Feu de jours après , Ursatius et Valens , que le zèle 
lésait agir, prièrent Constance de rappeler Libère 
d'exil I afin qu'ils participassent tous à la même com- 



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â64 ANNALES 

autem dies , zelo ducti Ursatius et Valens, rogaveruiit 
CoQStantium , ut revocaret Liberium de exilio^ ut unâ 
tantùm communione participarent , extra scilicet bap- 
tismum. Tune missâ auctoritate , Liberius consensit 
praeceptis Augusti, sicque de exilio rediens , liabitavit 
in cîmiterio beatœ Annse apud gernianam Constantii , 
ut quasi per ejus interventionem rediret in civitatem. 
At illa, quae fidelis erat, noluit rogare Augustum, 
quià senserat concilium. Constantius autem unâ cum 
Ursatioet Valente,convocavit aliquos ex fece arianâ; 
et, quasi facto concilio , misit et vocavit Liberium de 
cimiterio beats Annae, Fclicem episcopatu expellens, 
qui catholicus erat. Hieronymus m Chronicis. Sic 
ergo exilii taedio victus Liberius et in haereticâ pra- 
vitate subscribens, Komam quasi victor inlravit. Ex 
libro Pontificum. Ab eodem die fuit persecutio in 
clero , ità ut intrà ecclesiam prcsbyteri et clerici ne- 
carentur et martyrio coronarentur. Depositus autem 
Félix habitavit in praedio suo \iâ portuensi , ubi et 
requievit in pace iv kalendas augusti. Actor(i). Eâ- 
dcm tempestate, sub Constantio ariano^ martyrisali 
fuerunt plures venerabilcs viri, ut potè Eusebius 
presbyter, Gregorius veuerabilis. Undè ab eodem die 
intrà ecclesiam, jnssu Constantii iroperatoris, quis- 
quîs inventus fuisset non sic coufiteri vel participari 
sicut Liberius, indiscussus gladio pcrcutiebatur. In 
plateis et in vicis et in ecclesiis, sive in balneis, gladio 
trucidabantur, persequente Constantio christianos 
unâ cum Liberio. Item sub eodem Constantio marty- 

(i) Jajcqaet de Guyse. 



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I 



DE HAINAtJT. LIVRS VII. â65 

Dnunion hors da batènre. La permission ayant été 
Accordée , Libère souscrivit aux ordres de Tenripereur ; 
et y revenu de son exil ^ il habita dans le cimetière de 
Sainte-Anne , chez la sœur de Constance , afin d'ob* 
tenir, par l'intervention de cette princesse, son retour 
dans la ville. Mais la princesse, qui était fidèle, ne 
voulut adresser aucune demande à l'empereur , parce 
qu'il avait ordonné un nouveau concile. Constance 
convoqua , avec Ursatius et Yalens , plusieurs ecclé- 
siastiques de la secte d'Arius , et ayant formé une 
espèce de concile, y appela Libère, qu'il fit venir 
du cimetière de Sainte- Anne, et chassa de Tépiscopat 
Félix , qui étsiit catholique. Saint-Jérôme , Chronique^ 
Libère, vaincu par Tennui de Texil , et tombé dans 
rhérésie» entra comme un vainqueur dans Rome. 
Livre des Ponli/es. A partir de ce jour commença^ la 
persécution des ecclésiastiques, tellement que dans 
l'église on tuait les prêtres et les clercs, qui gagnaient 
ainsi la couronne du marlire. Félix , après sa dépo- 
sition, habita sa campagne, située sur la voie du 
port d'Ostie, et y mourut le iv des calendes d'août. 
L'iUTEUR. En ce tems-là, sous TArien Constance, 
ptqsieuTs personages vénérables, tels que le prêtre 
E^èbe et le respectable Grégoire , souffrirent le mar- 
tflre; et tous ceux qui dans l'Eglise, furent décou- 
verts opposés à la doctrine et à la foi de Libère , fu- 
mity par l'ordre de Constance, livrés sans examen 
ta glaive du bourreau. Tant que dura la persécution 
d^ Constance , uni avec Libère contre les chrétiens , 
ils furent impitoyablement massacrés dans les places 
pnbliques, dans les rues, dans les églises et dans les 
bains. Sous le même Constance fut martirisé Paul , 
évéque de Constantinople. La fête de saint Paulin » 



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266 ANNALES 

risatur Pàulus Constantinopolitanus episcopus ; item 
Trcveris, pridie kalendas septembris, natale sàhcti 
Paulini episcopi et confessons , qui à Constantio ob 
catholicam fidem exilio relegatus est. Hieronymus 
in Chronicis {i). Igitur Romanorum tricesimus sep- 
timusy eodcm tempore, Gallus, Constantii patruelis^ 
Csesar factus est. Idem vero Gallus Cœsar sollicitalus 
à Constantio patrueli ] cui in suspicionem ob egre* 
giam indoiem veuerat, Istrise occiditur, et Julianus 
frater ejus Mediolani Cœsar appellatur. Eodem quo- 
que tempore, Victorinus rhetor et Donatus gràmma» 
ticus, praeceptor meus, insignes Romae habentut, à 
quibus Victorinus et statuam in foro Trajani meruit. 
AcTOR (2). Hic est Donatus , cujus libellùs usque 
hodiè in scholis legitur à pueris , prima grammaticae 
rudimenta discentibus ^ partes orationis quot suni 
octOj quœ etc. , principium habens. Item Hieroitymus 
in Chronicis. Anno Coostantii decimo nono, Anto- 
nius monachus centesimo quinto statis suae anno 
in eremo moritur. Actor (3). Fuerunt probatissimi 
diseipuli Antonii multi, ut potè PauIus simplex, Maca- 
rius, Isidorus, Hilarion, Pambo et alii plures, quo» 
rum nomina scripta sunt in libro vitse, qui tdmpo- 
ribus iEgyptiorum venustissimè floruerunt. Fioruit 
et eâdem tcmpestatc beatus Hilarius doctor , Picta- 
viensis episcopus. 

(1) Vinc. de Beauv. XV, i5. 

(2) Vincent de Beauvais. 

(3) Jacques do Giiysc , d'après Vinc. de Beauv. XV, i5 et suit. 



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DE HAINiUt. tIVRE VU. ^67 

évèqae et confesseur, qui fut exilé par ce même 
prince, pour la cause de la' foi catholique, est célé- 
brée à Trêves , la veUle des étendes de septembre. 
Siun-jËnàME, Chronique, Gallus, cousin de Con- 
stance, fut créé césar vers la ménre époque : c'est le 
trente-septième prince des Romains. Poursuivi par 
Bon cousin Constance , qui le tenait pour suspect , à 
cause de son bon naturel , il fut tué dans Tlstrie , et 
son frère Julien fut nommé césar à Milan (1). Dans le 
même tems , le rhétgar Yictorinus et le grammairien 
Douât, mon précepteur , jouissaient à Rome, d'une 
grande célébrité : Yictorinus mérita d'avoir une statue 
sut h place de Trajan. L'auteur. C'est le même Donat 
^t ie Bvre est encore lu dans les écoles par les en- 
.luos qui apprennent les premiers élémens de la gram- 
maire : ee livre commence ainsi : Combien y a-t'il de 
ffriies du discours? Huit ^ qui sont , etc. Saint-J^ràmb, 
Qronique. En l'an dis-neuf de Constance , le moine 
Aitoine meurt dans le désert à l'âge de cent cinq ans. 
L AUTEUR. Les disciples les plus célèbres d'Antoine sont 
Ftttl-le-Simple , Macaire , Isidore , Hilarion , Pambon , 
fli plusieurs autres dont les noms sont inscrits au livre 
de vie , et qui fleurirent avec éclat du tems des Egip- 
"tiens. Vers la même époque fleurit le bienheureux 
4>ctear Hilaire , évêque de Poitiers. 

# 
(t) LTonperear Jules Coostance ou Gonslance II Ht trancher la 
lête au ctsai* Gallus vers la^fio de Fan 354 , et Julieo fut déclare 
e^wr le 6 novembre 355. 



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368 ANNAtEi 

CAÇITULUM LXIII. 

De morte Gonstantii et successione Juliani (i). 



In Triparlitâ Historiâ. 

Interea. vero Constantius venicns Mopsocrenis 
niroiâ contagione, apoplexiae passione defunctus est. 
Cui successit Julianus, Gonstantii filius. Hugo Flo« 
RiACENSis. Nàm Constantinus y qui Bysantium su> 
nomine Constantinopolim appellavit, duos habuitcx 
eodem pâtre, sed non ex eâdem matre, germancs, 
scilicet Dalinatium et Constantium ; qui Constanlfus 
habuit duos filios, Gallum et Julianum, quoram 
Gallus modico tempore sub Constantio Augusto Cse- 
sar fuit; Julianus vero primo quidem scholis vacsvit, 
sed postmodiini à Constantio augusto Galliarum Oesar 
constitutus fuit. Qui et sororem suam Constantiam ei 
matrimonio juuxit. Caesar itaque factus Julianus GaU 
los (a) mira céleri tate vicit apud Rhenum. Hiero- 
NYMUS in Clironicis, Igitur Romanorum tricesimus 
sextus imperavit Julianus, anno Domini cgclxi**, 
mundi vero ivmcccxxvii'* : imperavit autem anao uno 

(i) Vinc. de Beauv, XV , 25 et 26. 

(a) Les ennemis que vainquit Julien étaient les Francs, les Aile* 
mands et les Saxons, et non les Gaulois, qui étaient alliés des Ro- 
mains, ou plutôt Romains eux-mêmes. 



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DE UAINAUT. LIVU TIL ûSq 



^^*^^*''' ' ■ »»"^»^»»----- — i -,-i 1 mm 11 x ^ Tu^ai,!,!, 



CHAPITRE LXIII. 

- Mort de Constance , arénement de Julieo. 



Histoire Tripattile. 

Cependant , Constance se rendit à Mopsucrëne à 
arase d'une maladie contagieuse, et y mourut d'une 
attaque d'apoplexie. Julien y fils de Constantin , lui 
succéda. Hogub de Fleury. Constantin, qui donna 
son nom à la ^ille de Bizance, en l'appelant Con- 
itandnople, eut deux frères consanguins, savoir, 
Dafanatitts et Constance. Celui-ci eut deux fils, Gallus 
« Julien ; Gallus fut quelque tems césar sous l'em- 
{sreiir Constance; Julien fréquenta d'abord les écoles 
< fut plus tard créé césar des Gaules, par le même 
Constance, qui lui fit épouser sa propre sœur , Con- 
Muitia (1). Julien étant césar, vainquit avec une 
MSKeSleuse promtitude, les Gaulois sur les bords 
AXhin. Saint-Jérôme, Chronique. Julien, le trente- 
ilAme empereur des Romains , monta sur le trône 
inpérial l'an 361 du Seigneur et 4327 du monde : il 
i^'ipMiTm an et huit mois. L'auteur. Cependant, on 
^Ofine ailleurs à «on règne trois ans de durée , en 

(i) Joliet ëpoQsa Julia Hél^na , fîlle de Constantin et de Faasta. 
Gaottaiitiiie et non Constantia , fille des mêmes princes , fut ma- 
tifc d'abord à Hannibaiien , roi de Pont , puisa Constan tins Galius. 
« yarrint à Toftipif e par la mort de Constance , le 'S novembre 36 r. 



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370 ANNA(^$ 

et mensibus octo. AcTOR*(r). Alibi tamen annotantur 
in regno ejus anni très, illis autem octo mensibus pro 
anno computatis (a) ; deindè Beda in libro de Tera- 
poribus dici| ernn régnasse annis duobus et men- 
sibus octo. Tripartita Historia. Hic Julianus clin 
discens apud Constantinopolim , cîim esset adoles 
cens, paedagogum habebat Mardonium granunati* 
cum , Nicocled^m rhetorem , EuboUum vero sophis- 
tam, tuac christianum. Erat qupque Julianus al 
initio christianus ; cùmque in locutione proficeret, 
fama per populum volitabat j quod romanam etîàtn 
rempublicam gubernare posset. Quod dùm latiiis au- 
diretur, œstuationes iaducit iofiperatori ConstaQÛO» 
quam ob rem obstinuit eum ab urbe romanâ, et mi- 
*sit Nichomediam , prohibens ne cum Libanio sophisti 
conveniret y qui ibi morabatur paganus existens. 3u* 
lianus ergo Libanium audire non audens, libris tan* 
tîitn ejus utebatur. Tune venit ad eum Maximus phi- 
losophus ephesins , famâ ejus protractus , quem posté 
Valentinianus (] lasi magum jussit occidi. Cujus r^ 
ligionem cœpit Julianus imitarijciim ejus verba quasi 
philosophica praegustasset. Is etiàm imperii cupdi- 
nem animo ejus immiserat. Cùmque haec non ate- 
rent aures imperatoris y inter spem metumque coistir 

(i) Vincent de Beau vais. 

(a) Ici Jacques de Guyse omet une phrase essentieUe d) Vittcent 
de Beauvais , et que voici : Vndè hic videtur fuisse vitum scrip * 
torts ; deindè etc. Mais il est clair qu'on peut donner îU règne de 
Julien trois ans et trois mois , ou seulement un an et hu% mois, selon 
qu^on le commence â rdlëvatîon de Julien à Tempire par ses soldats, 
ou à la mort de Constance. 



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DE HAINADT. UTRE VII. ^71 

comptant les huit mois pour up an; et Bède, dans 
son livre des Tems, dit qu'il Tégn^ deux ans et 
hait mois. Histoire Tripartile. Julien , lorsqu'il ëtu 
diait à Constantinople , avait pour maîtres , pendant 
son adolescence , le grammairien Mardonius, le rhéteur 
Nicodès de Lacédëmone et le sophiste EnboUus , alors 
chrétiens. Julien lui-même avait d'abord embrassé le 
ÀKStianisme ; et , comme il possédait l'art de la pa- 
role^ le bruit courait dans le peuple qu'il serait ca- 
pable de gouverner la république romaine. Ces bnyts, 
répandus au loin , parvinrent aux oreilles de Tempe- 
nnr Constance , qui , pour cette raison , lui interdit 
la ville 4^ llome , et l'envoya à Nicomédie j en lui dé- 
fendant tonte, espèce 4'entretien avec le sophiste Li- 
Y^Hm^oA , qui y vivait dans le paganisme. Julien n'osant 
pas aUer entendre Libanius , se contentait d'étudier 
,sèb livres. Alors il vit venir à lui Maxime , philo- 
sophe d'Ephèse, que sa réputation avait attiré , et 
911^ plus tard Valentinien fît mettre à mort, comme 
Mgicîen. Julien se mit à imiter la religion de ce phi- 
losophe, après avoir goûté ses discours philosophi- 
<|M&, et puisa dans ses leçons l'amour du pouvoir. 
Cdâ ayant été connu de l'empereur » Julien y placé 
«me la crainte et l'espérance , voulait éloigner tout 
iMi^pç<m ; après avoir été chrétien j il devint un lâche 
^pHat. 11 reçut la tonsure , et feignit de mener la vie 
I^^Mjlt^T'" ^ ^^ secret il s'adonnait à la philosophie, 
flteo public il* lisait les ssdnts livres des chrétiens. 
fk» tard| il devint lecteur dans l'église de Nico- 
ttédie , et évita , sous cet habit , la fureur de l'em- 
iporeor. Cependant, Julien se conduisait ainsi par 
crainte; car il ne renonçait pas à l'espoir qu'il avait 
conçu au fond de son cœur. 11 promettait à ses amis 



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^7^ ANNAL2S 

tutus j suspicionem celari volens ; qui dudîim integer 
fuerat Christianus , posteà proditor apostata est ef- 
fcctus. Tonsus monasticam simulabat vitam , et la- 
tenter quidem exercebatur în philosophiâ , in mani- 
festo autem sacros christianorum iegebat libros; 
deindè in ecclesiâ Nichomediœ lector est constitutus, 
et sub hoc habitu furorem declinavit imperatoris. 
Hoc equidem pro timoré faciebat, nequaquàm à spe 
recedens ^ quam in mente conceperat. Dicebat autem 
amicis suis fore felicia tempora, cùm ficret imperator. 
Deindè factus suspectus imperatori , diffugit. Quem 
cclatum inveniens Eusebia, uxor imperatoris, vit 
suasit imperatori y ut non occideretnr, sed ad philo- 
sophandum mitteretur Athenas. Quo veniens, quce- 
rens ubiquc vates , iuvenit unum qui ei apparere 
solenmiter fccit dœmones. Quos videns Julianus, 
signavit se, et statim daemones difTugerunt. Majus 
autem culpavit eum , quià se signaverat. Cîimque ille 
laudaret virtutr;n Sanctae Crucis, ait magus :<cîîe 
« putes, ô bon( vir, quià timuerint hoc signum, sed 
a potiiis abomi.iati recesserunt. » Sicque capiens niî- 
snrum, replcvit eum odio signaculi christiani. Evo- 
catus posteà ab Athenis, constitutus Caesar à Con- 
slantio , accepta conjuge Constantiâ, sorore ejus, 
directus est in Gallias contra barbaros. Ingressus 
ergo in aliquam civitatem, corona laurea , quibiiâ 
soient ornari civitates, înter columnas pendens, rupto 
fune, decidit super caput ejus , et eum aptisslmè co- 
ronavit. Vicit ergo regem barbarorum , et Augustus 
appellatus est. Cîimque deesset corona iniperialis, 



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• ^ DE HAIMCT. UTIE TH. ijS 

m ATèDir heureux lorsqu'il aérait parrena à Venqiire» 
Enfin y il devint suspect à Constance et prit la fuite. 
Eosébie, femme de Fempervur, Tayant découyert 
dans sa cachette , eut beaucoup de peine d'obtenir de 
son mari qu'il f&t épargné et envoyé philosopher à 
Athènes. Lorsque Julien y fut arrivé , il chercha des 
devins , et en trouva un qui fit apparai|re » devant lui 
et publiquement y des démons. A cette vue, Julien 
fit le signe de la croix , et aussitôt les démons prirent 
la fbitow Alors le magicien lui fit des reproches de s'être 
signé , et ^ l'entendant louer la vertu de la sainte-croix , 
ajouta : « Ne crois pas, homme simple y que les dé- 
« mous ont eu peur de ce signe ; crois plutôt qu'ils se 
• sont retires parce qu'ils l'ont en abomination. » Ce 
fe{ ainsi qu'il le remplit , pour son malheur , de haine 
contre le signe du christianisme. Lorsqu'il fut rappelé 
'd'Athènes ; Julien fut créé césar par Constance ^ qui 
lu^donna en mariage sa sœur Constantia f et l'envoya 
dans les Gaules contre les Barbares. Comme il fesait 
son entrée dans une ville , une couronne de laurier 
dont les villes ont coutume d'être ornées, et qui pen- 
dait entre des colonnes , rompit sa corde , et tomba 
sur sa tète en s'y adaptant parfaitement. Julien vain- 
quit le roi des Barbares et reçut le nom d'Auguste. 
Gomme on n'avait pas de couronne impériale , on lui 
ceignit le front d'un collier qu'un des enseignes por- 
tait i son cou. 



lâ 



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« 



imiif sigDft portantium'lorquein, quem habeb^t m 
oc^, capiti ejtis circumposuit. 



C^PITULUM LXIV. 

D» iMlis moribus Jalûrai et maHt heti» tab eo. 



Acrroii (i). 

De malis inonbu$ bujos iuUaoi apoaUU éi cru* 
ddiUte in chrittiaaos, Gregoriu» Naziansenos^^m 
libro if contrit paganos, et Historia Tripartila, Hiero- 
nymus in Chronicis , et Rufinus multa proloquuntur, 
qasd, brevitatis causât praetermittimus. Sub hoc Ju- 
liano passi sunt plures venerabiles martyres , ut pote 
Gallicanus , qui olim magister milîtiœ Conslantini , ab 
eodem valdè dilectus extiterat; item Joannes etPauIus 
primicerii Constantiae; item sanctus Donatu3|f Are- 
tiaus cpiscopusi; ilem Gordiaoïui ot Ëpiraadiius^ ej^u^- 
d^m imperatoris vicarii; item Quiriacus, Hierosolj^ 
mitanus episcopus, qui Judas autè ejug çonversioneoi 
appellabatur, qui lignum sanctœ Crucis, ad precep 
tum sanctae Heienae, adinvenit. In Tripartita His^ 
loriâ (^). Julianus , avunculus hujus Juiiani, cîim 
pallia et eorporalia Deo dicata Antiochise in unum 

(i) Jacques de Guyse, d'après Vinc. de BeauT. XV, 27 et suit. 
(2) Jbid, 3a. 



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DB UAUfâQT. UTIS TH. «76 

CHAPITRE LXIV. 

Mauvaises mcears de Julien et mauvais actes de son régne. 



L AUTIUR. 



Grigoirb DB Naeianzb, livre u , contre les païens ; 
THistoire Tripartite; saint Jërôme, dans sa Chro- 
nique, et Rufln y entrent dans de longs dëtaib sur les 
mœurs dépravées de ce Julien -TApostat et sur sa 
cruauté envers les chrétiens; mais, pour être plus 
court, je sub forcé de les passer sous silence. On 
compte sons c0t empereur plusieurs martirs , tels que 
Gallican^ qui avait été-maître de la milice de Cowt- 
ttanlin ^ et qui possédait ramîtté de e» prince ;: ,de 
même Jean e| Paal , primeciers de Constanea; de 
mènie saint Donat , évêque d'Arezzo ; de oièma, Gor- 
dien et Epimaque , lieutenans de Julien ; de même , 
Ciriaquq^ évéque de Jérusalem , qui se nommait Juda 
avant sa conversion , et qui découvrit le bois de la 
sainte Croix , en suivant les ordres de sainte Hélène. 
Butoire Triparliu. Julien , oncle de l'empereur, ayant 
rassemblé à Antioche les tapisseries et les corporanx 
qui avaient été consacrés à Dieu , les jeta à terre et 
s'assît dessus par moquerie; mats bientôt ses parties 
hooteiitfes et \fi haut de ses caisses fofem fr«ppés 



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i^6 A^^ALE5 

congregasset 9 projiciens ca in terra, ^Dtumeliosè 
etiàm super ea sedit ; moxque verenda ejus et loca 
femoribus cireumposita tantâ putredine percussa 
sunt, ut venues crearent; quâ passione usque ad 
mortem non caruit. In Sebasteâ Joanuis Baptiste 
sepulchrum aperuerunt , ossa igni tradiderunt, pul- 
verem disperserunt. Beda de Temporibus. Sed Ijjtï 
providentiâ affuerunt quidam de Hierosolymis mo- 
nachi mixti coUigentibus, quique ad patrem suum 
Phillppum qnae auferre potuerant pertulêre. Ule vero 
ducens suprà se tantutn thesauruni propriîs servare 
vigiliis, ad maximum tune pontifieem Athanasium, 
per Julianum diaconum suum misit. Quœ ille sus- 
cepta, paucjs arbitris, sqb cavato sacrarii pariete 
iuclusi, prophetico spiritu, profutura geitcrationi 
posteras conservavit. Cujus praesagium sub Theodosio 
principe per Theophilum cjusdcm urbis episcopum 
completum est. Qui, destructo Serapidis templo, 
sancti Joannis ibidem conse€t*avit ecclesiam. Theô- 
boBJCUs. Jutianus contra sacrum altare Antiodiiae 
ignominiosè minxit; item sepulchrum et ossa sancti 
Babilae dispersit. Actor, Eodem tempore, prôut le- 
gitur, Martinus sub Juliano Caesare., contentas une 
servulo, militabat, cui versa vice ipse servîebat. Qui 
in porta urbis Ambianensis pauperi nudo sibi of cur- 
renti , in mediâ hieme , dimidiavit pallium suum , et 
nocte sequente audivit Dominum ad angelos suos 
dicentem : «Martinus adhîic catechumeuus hâc me 
a veste contexit. » Quâ voce auditâ , Martinus statim 
ad baptismum convolavit, et biennio posteà in armis 
fiiity soloque nomine militavit. 



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DE HAINACT. LIVKK VII. 21^^ 

d'ane puanteur si forte , que les vers s'y mettaient ; 
ce mal lai dura jusqu'à la mort. A Sébastée, le tom- 
beau de saint Jean-Batiste fut ouvert, ses ossemens 
furent livrés aux flammes et ses cendres jetées au vent. 
BiDE, des Tems.fBiT la grâce de Dieu , des moines se 
trouvèrent mêlés parmi ceux qui les recueillaient; ils 
en rapportèrent à Philippe, son père, tout ce qu'il 
leur fut possible de sauver. Celui-ci, trouvant au- 
dessus de ses forces de conserver en sa garde un si 
grand trésor, l'envoya au souverain pontife Athanase, 
par son diacre Julien. Athanase l'ayant reçu , ren- 
ferma dans le creux d'un mur du sanctuaire intérieur , 
et le conserva , par un instinct prophétique , à la vé- 

i présage qu'il avait formé 
de Théodose , par Théo- 
qui, après avoir détruit 
cra sur son emplacement 
e. Thierri. Julien (préfet 
isser contre le grand autel 
t lui (l'empereur Julien) 
les ossemens de saint Ba- 
; que , vers la même épo- 
ce militaire sous Julien- 
esclave , qu'il servait iui- 
rencontré, au milieu de 
lie d'Amiens , un pauvre 
3n manteau avec lui, et 
entendit la nuit suivante , le Seigneur qui disait à ses 
anges: «Martin, n'étant encore que catéchumène, 
• m'a couvert de ce vêtement. » Martin , après avoir 
entendu cette voix, vola aussitôt au batême; deuic 
ans après , il fui sous les armes et servit en son propre 
nom. 



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2-6 AMMAU» 



CAPITULUM LXV. 

De Tiâ Juliatii in Persidem et ejas malâ morte; 



AmPHlT.ocHitTS , in vitd sancti Basilii (i). 

JîJLiÀinrs itaque pergcns contra Persas, venit in 
partes Cœsariensiuni. Basilius autem simul, cum ' 
coessentibus sibi obvîaTÎt ei. Quem vîdens itnperator 
dixît ei : « Super prophetatus sum te, ô Basilî. » Qui 
respondit : (cUtinàm philosophareris ! » et obtulit ei 
pro benedletione très ordeaceos panes. Imperator 
autem jussit stipatores suosaccipere quidem panes, 
et reddi ei fœnum , dicens : « Ordeum est pabulum 
« jumentorum , quod dédit nobis ; recipiat et ipse 
« fœnum. » Qui suscipiens dixit eî : « Nos quidem 
4( imperator ex quibus comedirous obtulimus tibi ; tu 
m autem ex quibus nutris irrationabilitatem naturas 
« reddidisti nobis. » Audiens haec Julianus et iosa- 
iiiens , dixit ad eum : « Pastîo istins fœni y sine abla- 
a tione dabitur , tibi ; quando autem Persas subjiciens 
<K revet^ts fucro , desoiabor ciTitatem tnam , ut fiât 
tx ferifera magis quàm homifera. r> Et haec dicens per- 
gebat ad Persarum rcgionem. Regrediens autem Ba- 
silius in civitatem , et convocans omnem muUitudîneniy 

(0 Vinc. a« BeauY. XV, 4'^ et 4|. 



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ff.^AlNAOt. LIVRE VII. ^ . afj^ 



OÏAPITRE LXV." 

Marclie de JùIîmi «i PerM, et sa tnort mitériblc. 



ÂMPHiLOQtE, yie desaifU Basile. 

Jouuf , en s'âvaiiçânt concis les Perses , arriva sut 
le territoire de Césarée. BasiU alla «i^deyant de lu{ 
avec son clergé. Lorsque l'empereur l'eut aperçu , il 
lai dit a « Basile, j'ai prophétisé sur ton sujet* » 

• PIAt à Dieu ^ue tu fusses sage , » répondit-il , et il 
loi ofiHt ^ en signe de bénédiction , trois pains d'orge. 
Julien ordonna à sa suite de les recevoir et de lui 
donner du foin en retour , disant : « L'orge qu'A 

• bous a donné est la nourriture des chevaux ; qu'il 

< reçoive ime botte de foin à la place. » Saint Basile » 
en la prenant , dit : « Prince , nous vous avons offert 
« de ce qne nous mangions ; et vous, au oônuraira , 

• vous nous donnes en échange ce qui aert à la aont'» 
« ritare des bétes. » L'empereur, irrité è» tâUm r^ 
pbose , répliqua en ces larmes : « Ta pe«ix manfer de 
« ee foin sans craindre qu'on ne t'en enlève ; mais 

< quand je reviendrai de, la conquête de la Perae , 

• je désolerai ta ville de manière qu'elle ne produise 
« plus que des bétes au lieu d'hommes, i Après ces 
mots, il continua sa marche contre les Perses. Ba- 
sfle, de retour dans sa ville, convoqua une foule 
immense , et hi fit part de ce que l'empereur avait 



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aSo . ANHALKS 

Barravit. eis impératoris terba , et post consilium de 
pectmik datum , statim pfascepit clerjMMMlMFpb- 
pulo cititatis, cum mmiimjiÊQÈ %t infantibus^ ascen- 
dere ia montom Didymi, in quo bonoratur et adora- 
tur Dei genitricis templum. £t tribus diebus jejunium 
suscipientes, postulaverunt Deum iniqui impératoris^ 
sensum dissipari. Et adhiic postulantibus et vigilaa- 
tibus eis in oratione cum contrito corde , vidi^ Basi- 
lius in visum multitudinem roilitise cœlestis abire 
lûiic et indè in'mantem, et in medio eorum suprà 
thronum gloriosum sodentem quemdam in muliebri 
habitu^ et diontem ad proximè sibi adstantes magni- 
fi«8 viros : « Yocate mihi Mercurium , et abibit inter- 
a ficere JuBanum j in filium meum et Deuhi multa 
(c Uasphemantem. » Sânctus autem icum armaturâ 
suâ adveniens, jussus ab eâ velociter abiit. Expa- 
' vescens igitur magnus Basilius cum Eubola solo venit 
in civitatem , adiitque martyrium sancti Mercurii 
martyris, in c[uo et ipse jacebat et arma ejus con- 
servabantur. Quaerens autenveaetnon inveniens voca- 
\it custodem , et siscîtabatur ab eo ubi illa fuissent 
Qui cum sacramento dînebat vesperi ea ibi fuisse ubi 
perpétué conservabanlur. Credidit igitur visioni et 
cum gaudio recucurrit ad montem omnibus adhùc 
dormientibus. Quos excitans ad oratîonem exbor- 
tatus est , et cum exultatîone evangelisavit illis reve- 
lationem sibi factarm y et tyraunum hàc nocte inter- 
fectum y et cum omnibus gratias agens, re versus est 
in civitatem. Et venientes ad martyrium sancti Mer- 
curii, in venit lanceam illius sanguin^ madidam. Et 



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DE HAINAUT. LIVHK VU. â8l 

dit; et, «près avoir donné son ayis relativement .à 
Vargent qu'on lui demandait , il ordonna sur-le-champ 
au clergé et à tout le peuple de la cité de mon^r 
avec les femmes et les enfans sur la montagne de 
Didime , sur laquelle on a élevé un temple en l'hon- 
neur et pour le culte de la mère de Dieu. Après avoir 
passé trois îdifA dans le jeûne , tous demandèrent à 
Dieu de troubler la raison ^'un empereur aussi plein 
d'miqai|é. Pendant qu'ils priaient et qu'ils passaient 
la nuit en oraison avec un cœur contrit, Basile eut 
une vision dans laquelle lui apparut la multitude de 
la milice céleste qui allait çà et là sur la mon- 
'elle, quelqu'un en habit de 
sur un trône de gloire, et 
ersonages qui l'entouraient : 
re, pour qu'il aille tuer Ju- 
continueliement contre mon 
Le saint arrivant avec son 
ou l'envoyait. Le grand Basile 
; la ville avec le seul Eubole , 
du saint martir Mercure , où 
reux était conservé avec ses 
ne les trouvant pas , il appela 
da où elles étaient. Celui-ci 
affirma avec serment , que le soir même elles étaient 
encore à la place où on avait coutume de les garder. 
Basile crut donc à sa vision , et retourna avec joie sur 
la montagne , pendant que tous ses compagnons dor- 
maient encore. Il les réveilla pour les exciter à la 
prière, et leur annonça avec joie la révélation qui lui 
avait été fiiite et la mort du tiran arrivée pendant la 
nuit ; pois il rendit grâces à Dieu avec toute sa troupe , 
et rentra dans la ville. En arrivant au tombeau de f 



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l9a ANNALES 

iterùm cum omnibus gratias agens Dep , hnperayit 
cunctos Tenîre in magnani ecclesiain, et participafe 
divinis mysteriis. Et post cursum septem dierum, eccè 
Libanins, Juliani quassior, fugâ usus^ venit in civi- 
tatem ; et audiens populi coogregatîonem în eccle- 
siam, eo advenit, aununtians impiapi mortem ty- 
ranni, et dicens, quod, cùm secùs Euphratem fluvium 
esset , et relictâ nocte septima excubiae militiim cils- 
todirent eum, venit quidam igootus miles cum armis 
sois et lanceâ , qui valido et temiélî Ittifletu pérfodît 
eum ) eC subito absced«nB nusqoàm ^comparait. Ipse 
Tei*o miserrimus diram atque hofribilem vociféra^ 
tiooem emittens, cum blasphemo damore cxpiraYÎl. 
Procidensquc nuntius genibus Basilii , postulabàt 
baptisari. Quod consecutus, consectalis Basilii est 
effcctus. Hugo Floriacensis, ubi suprà. Dînn autem 
. miserabiliter moreretur Julianus , cœpît Christum 
Dcum blasphemarc, dicens : «Vicisti, Galilaee; vi- 
<c cisti ! » Atque in bis vocibus miser expiravit, anno 
imperii sui tertio. 



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DE HÂIlfA€T. LIVKE TH. sSS 

stînt Mercure , il trouva sa lance encore trempée de 
sang. Il renouvela ses actions de grâce au Seigneur « 
en appelant tout le monde dans la grande église, 
pour y participer aux mistères divins. Au bout de 
sept jours, Lfl9amus, questeur de Julien, ayant pris 
la fuite» arriva dans la ville, et, apprenant que le 
peuple était rassemblé dans Téglise , s*y rendit aussi- 
tôt, et y annonça la mort impie du tiran , racontant 
que Julien se trouvant près de TEuphrate , et étant 
entouré, ily avait sept jours, de sa garde, (In soldat 
inconnu s'avança avec ses armes et sa lance, lui porta 
un coup violent et terrible , et disparut pour ne plus 
revenir. Julien , dans son malheur , vociféra des mots 
durs et horribles et mourut en poussant un cri Mas- 
phématoire. Libanins, après ce récit, tomba aux 
genoux de Basile, demanda le batéme, et l'ayant 
obtenu , il devint le sectateur de ce prélat. Hugue de 
Flevet. Tandis que Julien mourait d*une mort si mi- 
-sérable , il s^tnit à blasphémer le Christ, disant : c Tu 
«as vaincu, Galiléen; tu as vaincu! » C'est en pro- 
férant ces paroles qu'il expira , la troisième année de 
aon empire (1). 

«*(■) Jalien, fesant la guerre aux Perses , reçut, en lerpoursai- 
•Taat « UB eoup d« dard qui lui perça le cdfd j ««qu'au foie ^ il moa- 
nit de cotte bleMore, un peu arant le milieu de la nuft du 36 au 
37 de juin de Tan 363, dans la trente-deuxième annde de son Age , 
tprés aroir régnté sept ans et demi depuis qu'il atait été (ah cësar , 
eoTiroD iroit ans depuis qu'il aTait pris le titr* d'auguste, et seu- 
lement TÎngt mob, non achev<$s, depuis la mort de Constance. 



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â84 ANNUES 



*^^^»^'^<^'^'%'*'»^«>'V^^^^%%<^%<%%^^^-^%<%i%^iV%>^»»<%>^%)%<%%»^%i^ 



CAPITULUM LXVI. 

De imperio JoTÎani (i). 



• HTJGO , ubi suprà. 

PosT Juliani necem , Jovianus imperavit meusibus 
octo. Hic erat vîr fortis et nobilis ; et illo tempore 
miltenariSs quo Julîanus electionem militîbus suis 
lege proposuity ut aut sacrificarent aut militiae cédè- 
rent, qui magis elegit singulum amittere, quàmimpii 
imperatoris praeceptionibus obedire. Hune tamen Ju- 
lîanus ad bellum proficiscens , propter belli .nécessi- 
tâtes , inter viros tnilitares habehat. Qui cùm vio- 
lenter post Juliani necem à miiitibus ad iroperium 
traheretur , dixit non se velle paganis hoiaînibus îm- 
perare, cùm ipse cbristianus existeret. Cîimque vox 
omnium ei communiter proclamassct dicentium se 
quoque christianos esse, suscepit imperium. Rdfiwus. 
Mox ut Jovianus electus est, affuit ei divina clementia 
contra omnem spem, cùm clausi nudique tenerentur 
hostibus , nec evadendi facuitas ulia suppeteret , su- 
bito enim missos à Barbaris oratorcs vident, paccm- 
que deposcere, exercitu quoque inediâ ôonsumpto 
cibos ceteraque necessaria in mercimoniis poiliceri. 

(.1) Vinc. "de Bcauv. XV, 47* 



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DE HAINAUT. UTM TU, s85 



CHAPITRE LXVI. 

De l'empire de JoTÎen. 



BDGUB DE FLBURT , à tendroU cilé. 

Après la mort de Jallen » JoTien gouverna l'empire 
pendant hait mois. C'était un homme ferme et géné- 
reux, et qui , éixnt millénaire lorsque Julien imposa » 
par une loi j le choix à ses soldats , ou de sacrifier aux 
idoles on de quitter le service militaire , aima mieux 
remettre son épée que de se rendre aux désirs de ce 
prince impie. Julien j en partant pour la guerre , ne 
voulut pas se priver d'un homme qui lui était néces- 
saire , et le retint à son service. Après la mort de l'em- 
pereur » se voyant porté par l'armée à l'empire, il 
déclara, qu'étant chrétien» il ne voulait pas com- 
mander à des païens ; enfin , tous les soldats s'étant 
écriés qu'ils étaient chrétiens comme lui, il ac- 
cq>ta la couronne. Rufin. Aussitôt après l'élection 
de Jovien , la clémence divine le favorisa contre toute 
espérance. En effet , comme son armée était de toutes 
parts enveloppée par les ennemis , et qu'elle ne 
voyait plus ancun moyen d'échapper à sa perte , plu- 
sieurs envoyés des Barbares arrivèrent tout à coup pour 
demander la paix . et pour offrir aux Romains épuisés 
par la faim , des vivres et toutes sortes de denrées. La 
paix fat conclue pour trente ans. Jovien ramena ses 



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44$ ANVAI» 

Itaque , in triginta annos pace compositâ ^ ad roma« 
num regressus est solum ; lapsuque pncdecessori^ 
admonitus , honorificis et officiosissimis litteris Atha- 
nasium requirit, à quo forniam fidei et ecclesiarum 
dispoaeDdannn sascepitmodum. Hugo Floriacensis. 
Yeriim cùm ad Iliyricum Jovianus remeasset, in 
quoddam cubiculum novum sese recfepit ; ubi calore 
prunarum et nitore parietam nuper calce illitorum 
praegravatu$ et suffocatus, octavo demîim mense, quo 
imperare cœpit ^ vitam finivit , et tàm pia tàmque laeta 
priocipia mors tmmatura cornipit. 



CAPITULUM LXVII. 

De inperio Yalentiaûini (&). 



Valentinianus deniquè magnus, qui et ipse pro 
fide catholicâ ab impiissimo Julîaao militîâ privatu$ 
fuerat> Joviano defuucto, apud urbem Ifîcaeam, Ro- 
maxioniin conscnsu milîtum, adeptus imperium^ imr 
peravit annis undecim. Hic non tantuinmodo fortitu- 
dine sed et prudentiâ, temperantiâ atque justkiâ et 
corporis magnitudîne praefulgebat. Ipse fratrem swaiB 
ITalenteni sibi in consortium regni assunipsit ; et sibi 

(i) Vînc . de Beauv, XV, 48 et 49. 



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DE HA41IACT. UVEB TII. $lf^ 

(jTQiip^ daw sça é^/k\gf et» iooruU pa^r k«ft fîuM» de 
SQA prédécesseur» écrivîi dans les twnea W plus 
honorables et les plus Oattei^rs à Athamact» pQur Ymf 
pger à revenir; il reçut de ce prélat une formule de 
foi et un règlement pour le régime des église^. Hugue 
D( Fleury. Pendant que Jovîen s^oumait en lUirie , 
il se retira dans une salle nouvellement bâtie, où 3 
fbt suffoqué par la vapeur du charbon et par les 
eikfttaisoiis de la muraille fraîchement enduite de 
efaaax. 1) moarat dans le huitième mois de son règne , 
it ce fut ainsi qn'tuM mort prématurée détruisit les 
espéravcea que des commencepmcaM aussi rdigienz 
^ aussi heureux avakm fiât naître. 



. CHAPITRE LXVU. 

R^goe de Valentioien. 



YALEHTiNiBti-LB-GRAND , qui lui-mèmc avait été ren- 
voyé du service militaire, à cause de la foi catholique 
qu'il suivait , par Timpie Julien , fut , après la mort de 
Jovien , salué empereur par tous les soldats romains , 
dans la ville de Nicée. Il régna onze ans , et se dis- 
tingua non-seulement par sa valeur , mais encore par 
sa prudence, par sa tempérance, par sa justice et par 
la hauteur de sa taille. Il associa Vale&s , son frère , à 
l'empire, et lui céda le gouvernement de l'Orient/ 
ne se réservant que celui de Tdccident. Saint Jkrômb ^ 
Ckraniqué. Valentinien était d'ailleurs un prince excel- 



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d8S AliNALES 

qaidem occiduas retinuît, fratri verà soo orientales 
partes regendas concessit Hieronymus, in Chromcis. 
Hic Yalentinianus aliàs imperator egregius, et Aure- 
liano mbrîbus similis, Dis! quod ejus severitatem ni- 
miam et parcitatem quidam crudelitatem et avaritiam 
interpretabantur. *Cœpit autem regnare cum Ya- 
lente, firatre ejus, anno Domini ccclxvii, mundi 
vero iVMCCCxxx.^'Eodem tempore âoruit Apollinai|^, 
Laodicensis episcopus , de quo multa ad ejua laudem 
refert idem Hieronymus in libro lUustrium yironim. 
Eodem anno romanae ecclesise Cricesimus quintus 
episcopus ordinatur Damasus. Ex libro PorUificum. 
Hic Damasus, natione Hispanus, sedit annis dec|pi 
et octo. Cum eodem ordinatus est sub intentione 
Ursinus, et, facto concilio sacerdotum, quià fortior 
erat et plurima multitudo, Damasum in sede aposto- 
licâ constituerunt ; Ursinum autem ab urUë Româ 
expulerunt, eumque Neapolim episcopum ordina- 
verunt. 



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DS HAINAtT. Uy^M TIK ^89 

lent et semblable pour les mœurs à Aurélien ; cepen- 
dant y quelques personnes prenaient sa séyérité ex- 
trême pour de la cruauté , et son économie pour de 
TaTarice. Il commença à régner avec YalenSi son frère ^ 
Tan 364 du Seigneur et 4330 du monde. En ce tems- 
là, florissait Apollinaire , évéque de Laodicée , de qui 
saint Jéràme fait un grand éloge dans son livre des 
Hommes illustres. Ce fut en cette année ( ou plutôt 
en 366) y que Damase, trente -cinquième évéque de 
Rome, monta sur la chaire pontificale. Livre des Pon- 
tifes. Damase , Espagnol d'origine , occupa le saint- 
siège pendant dix-huit ans (l). Ursin fut ordonné en 
opposition avec lui ; mais les prêtres s'étant assemblés 
en concile , ils établirent sur le siège apostolique Da- 
mase, qui était soutenu par le parti le plus fort et le 
pli» nombreux; ils chassèrent Ursin de Rome, et 
Tordonnèrent évéque de Naples. 

(1) Le père Pagî met l'ordination de Damase au 1*' octobre de 
Tas 366, et sa mort au 10 décembre 384. Ainsi son pontificat dura 
diz-hnit ans et soixante-onse jours. Yalentinien fut élu empereur 
le ^ fiérrier 364» à Nice'e , par TanBée romaine. 11 mourut le 17 
noremhrtSjS, à Bre'gëtio dans la Pannonie , c'est-à-dire à Bre'gentz 
dans le Tirol, il r^gna consequemment onze ans et près de nei^f 



V. 19 



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^gè ANNALfcs 



CAPITULUM LXV£1I. 

Qualitér ^asilîus dévicît Ârianosi et Valentinianus Gratianam 
filium ejtts iiAperatorenv instituit (i). 



HiBRONYMUS, iii Chwnicis. 

Anno tertio imperii Valentinîani , Valens frater 
ejus, ab Ëudoxio, arianorum episcopo, baptizatus, 
nostros persequitur. Qui cùm baptizaret eum , jure* 
jurando alligavit eum , ut in iilâ sectâ permaneret. 
Hic Valens priuio exiliavit Eusebium episcopum Sa- 
mosatenum. Ex Gestis Basilii. Ariani etiàm obti<* 
nuerunt ab imperatoreValente, ut ejicerct chrîstiaAos 
ab ecdesiâ Nicaeae civitatis et daret eis. Ad quem vir 
sanctus Basilius veniens locutus est pro christianis. 
Valens autem dixit Basilio : « Vade et judica eos^ sed 
« non secundiim favorem populi tui. » Basilius res- 
pondit : « Si judicium meum reprehenderis, me exilia ; 
« et catholicos ejice. » Tune abiit ad arianos , et ait : 
<c Venite vos et catholici , et clausam ecclcsiam utrî- 
« que sighate ; et , post très dies , si orationibus ves- 
«t tris aperitur , vestra sit ; sin autem , et nos idem 
a faciemus unâ nocte. Quod si non nobis aperiatur, 
« recipite eam. » Quod et factum est; et apeila est 
ultro catholicis : nàm facta oratione à catholîcis 

(i) Vinc. de Beauv. XV, 5o et suit. 



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j 



DK nAIKiÇT. MVRE VII. 094 



CHAPITRE LXVIII. 

Bstile est rainqucur des Ariens. — Valentinien crée empereur 
GraHen son fils. 



SAINT J£R^Hi f Chronique. 

Kii Fan trois de Valeiiiinien , son frère Valens re- 
^t la batéme des mains d'Ëudoxe, évéque des 
Ariens I et persécute ceux de notre communion. Eii- 
doie, an le batisant, lui fit jurer de persister dans sa 
secte. Yalens exila d'abord Ëusèbe , évéque de Sanio- 
sate. Gesies de Basile. Les Ariens obtinrent aus^ de 
l'empereur Valens qu'il ch^sat les chrétiens de T^glbe 
de Nicée, pour la donner aux partisans d'Arius. Saint 
Basile s'étant rendu près de l'empereur , parla en fa- 
veur des chrétiens : Yalens lui répondit : c Va ^ et juge 
«sans consulter l'opinion oul'animosité de ton peuple.» 
«Si yous ayez jamais lieu de yous plaindre de mon ju- 
« gement , » répliqua Basile , « exilez-moi et chassez les 
« chrétiens. » Alors il alla trouyer les Ariens et leur 
dit : « Venez ayec les catholiques , et j après ayoir fermé 
« l'église , marquez-en la porte les uns et les autres de 
« yos sceaux. Après trois jours, si elle est ouyerte par 
t yos prières , qu'elle soit à yous : sinon , nous ferons 
« la même expérience pendant une seule nuit; et si 
€ nous ne paryenons pas à l'ouyrir , elle sera encore la 
« yôtre. » Ainsi fa( fait , et l'église s'ouvrit d'elle* 
même aux catholiques ; car ceux-ci s'étant liyrés à la 



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lags ANNALES 

christianîsy praecineate Basilio : « AttoUlte portas ^ 
« principes, vestras, et elevamini, portœ aetemales; 
<c et introibit Rex Gloriae. » Subito contriti sunt vecteS| 
et ceciderunt clavi cum pessulo , et sub vento vehe- 
menti poils applicuerunt parietibus, et intraverunt 
ecclesiam. Ob hoc inulti ariani, viso niiraculo, con- 
versi sunt ad fîdem catholicam. Hierontmus, ubi 
suprà. Anno Yalentiniani tertio, Gratianus filius ejus 
Ambianis imperator factus est; et anno eodem, apud 
Attrebatas , lana è cœio pluviae miita defluxit.' Item 
Hilarius , Pictaviensis episcopus, obiit. Item £usebius 
Vercellensis et Athanasius contra Arianos seinper mi- 
litantes , multas à Yalente sustinent passiones. Anno 
Yalentiniani octavo^ Didymus Alexandrinus muka 
de nostro dogmate per notarios commenta tur. Qui, 
post quintum nativitatis suae annmn , luminibus or- 
,batus est; elementorum quoque non ignarus iuit. 



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DB HAINAUT. UTEB TH. JqS 

prière , pendant que Basile chantait ce verset : Princes ^ 
çuvret vos portes , et vous , portes étemelles , élevez-vous & 
le roi de gloire doit entrer. Tout à coup les arêtes fu- 
rent brisées, les clous tombèrent avec la serrure; les 
portes, chassées par un vent violent , s'appliquè- 
rent sur la muraille , et les catholiques entrèrent dans 
réglise. Beaucoup d'Ariens qui furent témoins de ce 
prodige se convertirent à la vraie foi. Saint JÉBâME, à 
temkoileité. En la troisième année de Yalentinien , Gra- 
tien y son fils, fut proclamé empereur à Amiens (1); 
et, dans la même année , on vit tomber du ciel , dans 
la ville des Atrébates , de la laine mêlée de pluie. Ce fut 
à la même époque que mourut Hilaire de Poitiers | et 
qu^osèbe de Verceil et Athanase souflrirent de la part 
de Yalentinien mille persécutions en combattant Taria- 
nisme. En la huitième année de Yalentinien , Didime 
d'Alexandrie emploie des secrétaires à commenter 
nos livres canoniques. Quoique aveugle dès l'âge de 
cinq ans , il ne fut pas étranger aux connaissances de 
b phisiipe. 

(i) Gra tien , 61s de Valentioien et de SeVera , né à Sirmich le i8 
arril ou le 33 mai 359 , é\eYé par le célèbre po^e Ausooe , fut fait 
wgQste par son père, le 24 août 3&j, à Tâge de plus de huit ans, 
siHs aToir passé par la dignité de césar. 



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J04 ANMALS8 



>;».rtr>rt i -^ i -»-fc-> i -i'%'>'%*^'n* «^-^^^ ^^^^^^^i».» ■■-■« ■»>»» «a»,^^^^^^ «■■»»» «»»»»» ^- 



CAPITULUM LXIX. 



Qualiter Valenlinianpt oppidimi Valentinum reparayit, etgrttiis 
iroperialibui adornavit. 



Ex Historiâ Almericù 

VALEïmmàvus cum Gratiano imperatores Gallias 
visitantes , ^elt apud Fanum Solis atque Martis silvis 
Carbonmae résidentes pro tempore, idola primitiis 
destruxerunt, fidem caiholicam per viros sanctos 
ubique Galliarum disseminari jusserunt, et quos Ju- 
lianus exiliari praeceperat ad propria cum honore 
revocarunt. Hi siquidem civitates et oppida hacteaiu 
ruinosa , pontes et passagia , vicos et carrerias in me- 
liîis reparari fecerunt. Inter quod, cîim repcrissent 
juxtà Fanum Martis oppidum Vallis Saxonensium ap- 
tissimum defensioni et inter aquas sic amœnitate cir- 
cumcinctum et praeclarum , allectus dulcedine Yalen- 
tinianus illùc commorari diutiîis cupiens^ insulas duas 
aut aggeres, quod idem est, circà castrum effodi et 
transportari jussit in aquarum medio, et fortificans, 
et pontibus ipsas ad se invicem applicans et combi- 
nans, mûris et turribus ligneis ac lapideis circum- 
vallans , portas duas tantumdem in eâdera cum prœ* 
existente, quse Ansenorici porta dicebatur, constituens. 



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DE HAINÂUT. LIVRE TU. âg5 

CHAPITRE hXU,. 

V^lfntifîsft rettuure la Ttlle Ac Valenoienaet , ^n^l gr4ttfiç de 
l^uaieurs prÎTiléges. 



Histoire d'Alméric. 

Le8 empereurs Valeptmieii et Gralien , visitant les 
Gaulé» et résidant pour quelque tems à Solèmes et à 
Famars, dans la forêt Charbonnière, détruisirent les 
idoles, et ordonnèrent que la foi catholique serait 
préchée dans tout le pays des Gaulois. Ils rappelèrent 
aussi avec honneur tous ceux que Julien avait exilés. 
ïh firent réparer les villes et les bourgs qui avaient 
élé ruinés , les ponts et les passages, les chemins et les 
routes. Pendant ce tems - là , ayant remarqué près de 
Famars, la ville du Val des Saxons , comme étant très- 
prepre à former un point de défense et offrant un se-* 
jour délicieux entouré dVaux , Valentinien , atth^ par 
b l^ut^ du pays, voulut y résider plus long-tems , 
f^Si creuser autour du château, au milieu de9 eaux, 
d^x ilea ou bastions qu'il fortiûa en les joignant par 
QJipont, et qu'il environna de tours de bois et de 
pif^rres. 11 bâtit aussi deux portes , sans compter celle 
qui existait auparavant et que Ton nommait la porte 
d'Ansénoric. EnGn, il accorda plusieurs privilèges 
impériaux à la ville , et lui donna son propre nom ; 
c'est pourquoi long-teras après on la trouva encore 



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296 ANIfALE5 

ipsum oppidum privilegiis imperialibus multipliciter 
insignieDS, nomine suo proprio ipsum décora vit. Undè 
per magna tempora postmodiim Yalentiniana nun- 
cupata reperitur. Hic Yalentiniamis piè considerans, 
quod multi sub ejus imperio degentes in casibus piis 
contre leges impériales in pœnis diversis incidebant 
non malitiosè j nec habebatur in inferiori Galliâ locus 
in quo contutari valerent, statuit edicto imperiali , 
ut omnis utriûsque sexûs in casibus piis clu^istianus 
existens, contra leges imperatorum progrediens, de 
cetero in oppido suo Yalentiniano imperiali libère 
contutaretur, ac libertate ibidem potiretur, et non 
solùm in oppido , verîim et circumferentiâ usque ad 
certos limites, quos imperator idem primitùs jusserat 
consignari. Quae quidem circumferentiâ usque admo- 
derna tempora bannus oppidi Yaleutiniani nuncu- 
patur. Undè postmodùm accidit quod multae civitates 
atque territoria plateam aut insulam y vicum aut ma- 
nerium^ circa dictum castrum pro suorum tutamento 
computorum mercarentur, et domicilia fabricarent in 
eisdem. Proindè ipse Yalentinianus magnum burgum 
in majore iusulâ secîis castrum primo institui jussit, 
et legibus adornavit Dédit insuper liceutiam, ut quae» 
libet natio in dictis insulis in posterum congreganda, 
suis propriis legibus, acsi in propriis civitatibus mo- 
raretur, uti volèrent. Itaque quaelibet insula circà 
castrum habitata legibus et consuetudinibus à dicto 
Castro et magno burgo distinctis uterentur, si vidè- 
rent dictas leges suis consuetudinibus et usibus ob- 
viare. Hic imperator Galliam inferiorem multîim me- 



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DE HAINAUT. LIVRE Vit. 297 

nommée Yalentinienne. Le même Yaleatûiien 9 ocmsi- 
dérant avec bon lé qae beaucoup de personnes qui 
vivaient sous son empire s'exposaient à divers chi* 
timens , en violant , dans certains cas , sans aucune mé- 
chanceté f les lois impériales , considérant , en outre , 
qu'il n'existait dans la Gaule inférieure aucun lieu où 
ils pussent être en sûreté , ordonna par un édit 
que toute personne des deux sexes qui suivait la loi 
du Christ et qui manquait en certaines occasions aux 
décrets des empereurs , serait à l'abri de toute pour- 
suite , et jouirait d'une pleine liberté dans la ville de 
Yalenciennes , et non-seulement dans la ville , maïs 
encore aux environs jusqu'à certaines limites , que 
l'empereur lui-même prit soin de marquer. L'espace 
compris entre ces limites se nomme encore aujour- 
d'hui le ban de Valenciennes. Il résulta de ce décret , 
que plusieurs villes achetèrent des places , des quar- 
tiers , des rues et des maisons autour du château de 
Valentinien pour la sûreté de leur commerce ^ et 
y bâtirent des demeures. Valentinien lui-même fit 
bâtir un grand bourg dans la grande lie , près de la 
pkice , et lui donna des lois. De plus , il accorda à tous 
les peuples qui s'assembleraient par la suite dans ces 
nouveaux quartiers, la liberté de vivre sous leurs 
lois particulières , comme s'ils étaient dans leur pro- 
pre cité. C'est pourquoi tous les quartiers habités 
qui entourent le château peuvent user d'autres lois 
et d'autres coutumes que celles de la place même 
et du grand bourg y si ces dernières leur paraissent 
contraires à leurs coutumes et à leurs usages parti- 
culiers. Le même prince améliora aussi beaucoup 
le sort de la Gaule inférieure , et lui fit remise de tout 
impôt pendant trois ans. Enfin, les empereurs ayant 



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2gS ANNALES 

lioravit, rekzavitque tributum annis tribus. Abbiao 
tandem imperatores recedeotes ceteras nationes im- 
perii visitarunt. 



CAPITULUM LXX. 

Qualitcr Moxijniaous tyrannus cum Caradoco inyaseraiit imperiam 
et specialîter Galliam inferiorem. 



ALMERIGUS. 



Xemporibus VaLentiniani atquo Gratiaoî iinpera- 
torurOy Maximianus tyrapnus, Britonuin rcx, ascito 
sibi Garadooo duci Cornubiae, inagistro suae militiae, 
post iotiùs Galliae superioris subjectionem ^ infertoram 
Gallkm iavasit ; et post Morianam , Âttrebas , Tor^ 
nacutn , Fanorum Solis et Martis ac civitatum cir- 
cumvicinarum cruentam spoliationem , Maximiantis 
Octoviam civitatem, Caradocus Valentinianam obse* 
derunt. Maximianus in paucis mensibus Octovî^m 
obtinuit, et in eâ quotquot Romanos reperit trucî- 
davit. ^rarium vero tributorum illîic congrçgatujp 
Romanis transmittendum generalitcr dispergens , uni- 
cuique stipendiario aut militi suam distnl^uit portio? 
ocm* Hic Maximianus ia despectum Romaaorum^ 
etiàm ut denominatio illius civitatis suo prœdecessori 
régi videlicct Rritanniae, qui Octovius dicebatur, ia 
posterum non ascriberclur ; nomen civitatis Oetoviac 



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1>£ HAINAUT. UVRE VU. Sàg^ 

quitté ce pays , allèrexit visiter les autres nations de 
leur empire. 



CHAPITRE LXX. 



Leiîraii Maxisnen envahit avec Caradocus ^empire, et notamment 
la Gaule inférieure. 



ALHfiRlC. 



Du tems des empereurs Valentinieu et Gratien, le 
tnran Maximien (1), roi des Bretons, s'étant associé 
Caradocus y duc de Cornouailles et maitre de sa mi- 
li<^, envahit la Gaule inférieure, lorsqu'il vit que la 
Gaule supérieure était soumise. Après avoir pillé Mo- 
ritne , Arras ^ Tournai , Solèmes , Famars et les villes 
voitmes. Maximien forma le siège d'Octovie, tandis 
^e Caradocus alla faire celui de Valenciennes. En 
peu de mois, le premier s*empara de la place qu'il 
asnégeaît, et tua les Romains qu'il y trouva; puis, 
diq[>ersaat h, caisse 4es impôts publics , il doxuoA à 
chaifne auxiliaire et h ^laque soldat une portion de 
l'argent. Le même Maximien , en signe de mépris 
pour l'empire, et pour que le nom de la ville ne fût 
pas rapporté dans la suite au roi de Bretagne , son 

(r) Il l'agît ici de l'Espagnol Magnus Maii m us ,- général des 
iroofiet romaines en Angleterre , qtii se Cl proclamer Auguste 
à Lion , le 25 août 383. 



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500 ANNALES 

îmmutavity et à protofundatore Bavacum praecepit 
deinceps vocitari : qude denomiiiatio usquc ad modema 
tcmpora perduravit.Videns autem Maximianus Cara- 
docum in obsidionc Valentiniani oppidi nihil profi« 
ccrCy imo suos gravissimè molestari , illiic suas direxit 
acies , et fasciculîs lignorum innumerabilibus , navi- 
giis, cordis^ pontibus et consimilibiis applicatis, in 
quintu invasione duas ceperunt insulas juxtà castrum , 
in quibus turres ligneas mirae celsitudinis elevarunt,à 
quibus castrum invadentes, multipliciter Romanos 
atterentes. Tandem à Castro prosiliit telum, et ducem 
Caradocum percutiens, brachium dextrum transfo- 
dit. De equo prolapsus Maximianus ^ ipsum credens 
moituum, ira succcnsus crudeliiis solito dictum cas- 
trum invasit. Sed nibil profîciens, tandem pactio-' 
nibus intervenieutibus, ipsum obtinuit, et Caradoco 
et ejus successoribus tribuit possidendum. Fucrat si- 
quidem Caradocus telo , prout dictum est , bracbio 
dextero transfossus, ratione cujus inutilis ad arma 
videbatur; sed ingenio ac nobiiitate pollens ceteros 
excedebat. Âb bine Maximianus Caesaris locum , dt 
quo superiùslibro quinto capitulo i6habitumcst, io- 
vasit et obtinuit, et omnimodum praedam suis coœ* 
militonibus condivisit^ et tandem fortalitium pratis 
codequavit. Indè coroitatum Nerviorum , quod Brac- 
batense nuncupatur, invadens, spolians et domans, 
usque ad Occanum omne locum munitum obtinuit. 
Indè ad Castrum Caesaris revertens, quod supra mon» 
tem ab antiquis Propantium nominatum fundatumque 
cernebatur, ipsc cum suis Britonibus circumcinxtt et 



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DE HAINACT. LIYKB VII. 3oi 

prédécesseur , qui se nommait Octovios , changea le 
nom de la ville d'Octovie , et voulut qu'elle At ap- 
pelée dorénavant Bavai , du nom de son premier 
fondateur ; et Ton continue encore à l'appeler ainsi. 
Maximîen voyant que Caradocus , loin d'avancer dans 
le siège de Yalenciennes, soufTrait chaque jour de 
grandes pertes y réunitson armée à la sienne , et , ayant 
préparé d'innombrables fagots de bois, des bateaux, 
des cordes y des ponts et autres choses semblables ^ 
ils s*emparèrent, à la cinquième attaque ^ des deux 
lies près du château y dans lesquelles ib bâtirent des 
tours d'une grandeur prodigieuse , dont ils se servi- 
rent pour livrer aux Romains des assauts qui leur coû- 
tèrent beaucoup de monde. Enfin, on lança du châ« 
teau un dard qui perça Caradocus au bras droit. Maxi- 
mien saute aussitôt de cheval , en le croyant mort , et, 
enflammé de colère , il attaque avec une nouvelle fu- 
reur le château; mais, ses efforts restant inutiles, il 
dfrit de traiter avec les assiégés , qui lui remirent le 
fort, qu'il céda pour jamais à Caradocus et à ses suc- 
cesseurs. Celui-ci avait été blessé au bras droit, ainsi 
que nous Ta vous dit^ et sa blessure semblait lui in- 
terdire l'usage des armes; mais il se distinguait au- 
deîius de tous les autres par sa bravoure et son habi- 
llé. Ensuite , Maximien attaqua et prit Césarlieu , dont 
ffims avons parlé au chapitre 16 du cinquième livre; 
lout le butin fut partagé entre ses soldats , et la forte- 
resse fine rasée. De là, M envahit le comté des Ner- 
VMis, que l'on appelle le Brabant; il le ravagea et le 
soumit ainsi que toutes les places fortes jusqu'à 
rOcéan. Puis il revint au château de César, qui avait 
été bâti -sur une montagne nommée anciennement 
Propantie; il l'entoura et en fit le siège; mais les 



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3a2 ANNALES 

obsedit. Sed Romani in castruro existeûtes, auxitio 
fulti Nerviorum , contra Maximianum viriliter resli- 
terutil. Tandem post bella et insultus quamplurinia, 
Romani castrum, salvis salvandis , Maximiano tradi- 
derunt, et in comitatu Nerviorum etiàm desolato ad 
inhabitandum. diffugerunt. Tune Maximianus dictum 
resarciens locum, Britonibus expertissimis commu- 
nivit y à quibus per plura tempora Brtlonicus Mons 
appeliatus reperitur. Inde est quod aliquota pars ejus- 
dem villœ , vicus cinn porta y usque ad modema tem- 
pera consimili denomioatîone perhibeiur appeUari 
gallicè Bertaimonty et maxime oircà ripacîam ad 
pedem mentis circumfluentem. Abhinc Maximiantfê 
usque ad fluvium Rheni omnia suo st^jugaYÎt im- 
perio. Thronum antem sui imperii adTrevcros constî- 
tuens, ita debacchâtus est in duos imperatores Gra- 
lianum et Yalentinianum ^ quod, uno interempto, 
alterum ex Româ efiîigavit, Agtor. Hune quem his- 
toriœ Britonum et Almericus vocant Maximianum , 
Sigebertus et plures alii Maximum tyrannum con- 
sueveruQt appcllarc, prout apparebit in principio 
secundae paitis hujus opcris y ubi Sigebertus de ipeo 
faott mentionem. Licèt enim me superiùs et merîtà 
excusaverim de denomiuationibus nationum Germa- 
nise^ quasi idiomate ignams , tamen decet ul jostea- 
dam juxtà veritatem historiae nationes quas id^m 
Maximus sibi in Germaniâ subjugavit. Subjugttrit, 
inquam, Golonienses, Bremenses, Felicienses, Ac- 
quenses , Rotemundenses , Clivenses , Tuliaceases , 
Duiseburgenses , Misienses , Wetliflaricnses , Lypur- 



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DE HÂlIfâVT. LIVRE Vil. S%Z 

I enlBrinés ^ aidés de» Nenmns , 
oar«use résistance» Cependant, 
s et des assauts menrtrierB , ils 
>e à Maximien, à la condition 
mt ce qu'ils pourraimt sauver , 
dévasté des Nerviens, pour y 
Maximien ayant réparé les for- 
la fit garder par les Bretons les 
[ vient le nom de Mofit-Breton 
t quelque tems ; et c^est pour 
e lieu , savoir , un quartier avec 
sa forte , « continué de porter une piif«ille dénomina- 
tion , qttî est celle de BertaiBEiont ( 1 ) en français ^ pria- 
cifMJement près de la rivière qui coule autour de la 
montagne. Maximien réduisit aussi sous sa domination 
tout le pays jusqu'au Rhin. Ayant établi le siège de 
son empire à Trêves , il attaqua si vivement les deux 
empereurs Gratien et Valentinien le jeune, que le 
pi'emier ayant trouvé la mort dans cette lutte , le second 
&t<cotltrMitdc s^enfuir de Rome. L'auteur. Celui que 
l^ktoire des Bretons et Almérie nomment Maximien , 
est appelé le tiij^ian Maxime par Sigebert et par d'au- 
tres auteurs, ainsi qu'on le verra au commencement 
àè la sëc6ftde pattie de cet ouvrage , où le même 
Sigebert favi mention de lui. Quoique Je me sois déjà 
exoasé avec raison de donner les noms des nations de 
Gemanie , dont j'ignore la langue , je dois cependant 
nommer, avec toute la vérité qu'exige l'histoire, les 
pénibles gue le même Maxime rangea en Gwmanie , 
sous sa domination. Ces peuples furent : les habitans 
de Cologne , de Brème , les Félicims, les habitans 

(i") BertamoBt , TiUâge situé au sud et près àt Mous. 



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3o4 A19NÀLBS 

genses, Wesalieoses, Confluentinos, Andernac^iseSy 
Merlenses, Lucelemburgenses, Treverenses, Barren- 
ses, Mediatricos. Sed qui fuerunt Mediatrici ? Multas 
revolvi historias. Reperi tandem quod quos Almericus 
appellat Mediatricos Hugo vocat Mosellanos; modérai 
vero ipsos Methenses vocant. Et istae sunt nationes 
quae Maximo viriliter restiterunt : Hassienses, Gis- 
marîenses^ Gothingenenses, Gravembergenses, Her- 
feldiacensesy Marcburgenses , Fluslarienses (i), Ful- 
denses y Saxonibus cum eis adjunctis. Hos ciim repe* 
risset Maximianus simul iu Hassiâ congregatos, ipsos 
intactos dimittens, Treverim renieavit, Caradocus 
autem post Maximiani recessum à comitatu Morti- 
siensi dîctum oppidum Valentiuianum nudique repa- 
ra vit. Castrum et dongionem miro fortificans modo, 
et omnes insulas oppidi resarciens , fossatis aquas cnr- 
rentis ac murorum fortium dictas iosulas undequaque 
circumcinxit; aggeres etîàm infrà castrum apportari 
jussit, ad hoc ut super alias circumvicinas insulas 
altiîis superemineret. Portam unam et vicum unum 
superaddidit , et super fluviolum Rodosii y quem ef- 
fodi jusserat, à parte Orientis portam situavit; et à 
nomine proprio vicum et portam Caradoci appellari 
jussit : qu» et licèt vulgariter nunc porta Cardon di- 
catur, débet tamen porta Caradon appellari , prout 
patet ex denominatione constructoris. Actor. Se- 
cundùm veritatem historiœ, porta quam Carados 
construxit, ex quo super fluviolum Rodosii situata 
fuit 9 non fuit illa quae nunc Caradonis appellatur, 

0) Frn$lariacen$es, MamiscriU de Saint-Germaio, 



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DE DÂINAUX. LIVRE VII. 3o5 

d*Aix , de Ruremonde, de Glèves y de Juliers j de Duis- 
boorg ; les Misiens , le^Vestphaliens , les Limbourgeois, . 
lesYëséliens, ceux de Coblentz, d'Alidemach ; les Mer- 
liens^ ceuxdu Luxembourg, deTrèves, de Bar, et les Mé- 
dîomatrices. Mais qui furent cesMédiomatrices? Après 
avoir consulté beaucoup d'histoires , j'ai à la fin trouvé 
que le peuple nommé les Mcdioma trices par Aiméric , est 
désigné par Hugue de Toulsoua le nom de Moselhms ^ 
qui sont appelés Messins par les modernes. Les na- 
tions qui résistèrent vigoureusement à Maximie^p ', sont : 
lesHessois^ les GîsmarienSj les Gottingiens , lés Gra- 
vembergienSy les Hcrfordiens , les Mariembourgeois, les 
?rizlariens et les Fuldiens , qui étaient soutenus par les 
Saxons. Maximien les ayant trouvés tous rassemblés 
dans la Hesse> n'osa pas les attaquer et revint à Trêves. 
Caradocus , après le départ de Maximien du comté de 
Hainaut , répara entièrement la ville de Yalenciennes; 
il fortifia le château et le donjon avec un art admi« 
rable, et rétablissant toutes les lies de la ville, il eut 
soin de les entourer d'un fossé d'eau courante et de 
fortes murailles. Il fit en outre élever des bastions au* 
tour du château pour dominer de là toutes les autres 
lies voisines. Il ajouta une porte et un quartier à la 
place; il plaça à l'Orient, et sur la rivière de la Ro« 
nellq qu'il avait fait creuser, cette porte, à laquelle 
il <lonna son nom ainsi qu'au nouveau quartier, q||i 
sont connus l'un et l'autre sous la dénomination de 
porte et de quartier de Caradoc\js. Quoique la porCe 
soit appelée Cardon par le peuple, elle doit néan- 
moins porter le nom de Caradon , qui est celui de son 
fondateur. L'acteur. Pour ne pas manquer h la vérité 
hUtorique, il est juste d'observer que la porte qui fut 
construite par Caradochs , ^ant située sur la rivière 



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sed Sorte Mi io loco ubi pons fepideus skuatàs. Oa- 
radocus ^Bthj q^ià sui Cornubrt^ses lacticiniis fiie- 
ratit enutriti , postularunt qualenîis trans fluviuin in 
pratis pro animalibus enutriendis^ vîHuram ccynstir^i 
volèrent, ut siii compatriôtae lacticiniis sibi connaUi- 
ralibus fÔYQrentnr : et concessit Caradocus ; appellii- 
Yeruqt<{ue*AÎilutam Cornubiam, nunc vero vulgarité 
Ùffnes aut Cornu uunçupatur. Mauritio verà fiUo 
dbçds Garadoci Fapimi- Martin Maxiœianus Xphi^X 
possidenduo» , a4 hoc ut eju^ p^^^ filii. pm^s^iâ 
CQ^aolai^tur- 



%^»i»»»»^ »»%'%i%^^<%'%^%^>%»%-%«%^ 



CAPITULUM LXXI. 

De renei^bilibua Tint qqi floruerunt tempore Va}entiiiiani (i)* 



msj^oiïYHus, in Chrvnicis. 

Annso Vatentiniani nono, patres monachorunf yitl 
€^ antiquitate Macharius et Isidorus aliusque Mâcha- 
rjjis, Heraclides efr Pambus, Antpnii discipuli, ppr, 
4Egypti^m h^bebauAr ut sancti. Actok. Florebant 
çum iilia in iEgypti partlbu^ el Tbebaid», Uiis um- 
porihiWi, patres abbates, Pastor , Moyses^ Pyor, Amr 

(0 Tinc. de Beaiir. XV, 6iyJB8, s/, 90 ei 96. 



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DE HAINAUT. UVEB VII. 307 

delà Ronelle, ne peut être celle qni porte tajoard'hai 
U nom de CaradoQ : il est possible qu'elle fit été située 
où Ton voit ^fi pont de pierres. Comme les Comouail» 
liens de rarmée de Caradocus avaient été nourris da 
laitage, ils lui demandèreiit l'autorisation de bâtir m 
village au-delà de la rivière , au milieu des prés i po^ur^ 
y élever des bestiaux, afin de pou v#i]^. suivre )eur pro- 
mier genre de vie. Caradocus leur accorda leur de* 
mande ; et ils donnèrent à leur village le nom de Cor* 
noue , que Ton prononce compiunément aujourd'hui 
Corne ^ Cornu. Maximien donna Famars à Maurice » 
fils du duc Caradocus, pour consoler le père par la 
présente ée son fils. 



CHAPITRE LXXI. 

Pertonafc* reeonsiandables par leur |âé|ë , ^ vèennBDt du 



tems de Valentinieo. 



En la neuvième année de Valentinien , les pères des 
moines , par la sainteté de leur vie et par leur ancien- 
neCéf Macaire et Isidoijp , ainsi qu'un autre Macaire , 
Héraclide et Pambon , disciples d'Antoine , passaient , 
ep £gipte,pour des saints. L'auteur. Avec ceux-ci 
florissaient en môme tems, en£gipte et dans laThé- 
baîde, les révérends pères abbés Pasteur, Moïse, Pyor, 
Ajnmonius , Hellim et Apelles , Sérapion , Hélénus , 
Epbrem, Eulogius , Dorotbée , Piammon , Benjamin , 



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3o8 ANNALES 

monius, Hellim et Apelles, Serapion, Helenus, 
Ephrém , EijlogiuSy Dorothcus ^ Piammon , Benjamio, 
Marcus , Apollonius ^ Evagrius , Mêlas et Paulus ; ia 
libyâ, Or^ Copres,»Mutiuâ et Benus, et plures alii 
sancti patres , de quibus Hieronymus mùka stupenda 
conscribit. RuFiirns. GregoriumNazianzenum Cappa- 
docia nobis cum Basilio gcrminaviti ambo nobilesf 
ambo Âthenis erudiit, ambo collegsd, ambo de audi- 
torio disgressi ad profitendam rhetpricam rogaban- 
tur. Basilius non multo post Caesarxae^ Cappadociœ 
episcopus fuit ; Gregorius vero apud Nazianzam op- 
pidum in loco patrîs episcopus surrogatuf. Hiero- 
nymus , de Illustribus vins. Gregorius, Nazianzenus 
episcopus, vir eloquentissimus , praeceptor meus^ et 
quo scripturas explanante didici , ad triginta millia 
versuum omnia opéra sua coroposuit. Hieronymus, in 
Chronicis. Âlemanorum triginta circiter millia apud 
Argentoriam, Galliainim oppidum, ab exercitu Gra- 
tiani strata sunt. Eodem tempore post Auxentii seram 
mortem, Mediolani Ambrosio episcopo constituto, 
omnis ad fîdem rectam Italia convertitur. Actor. Ou- 
jus Ambrosii gesta Paulinus egregiè descripsit. 



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DE HAINAUT. tITBE VIL Joi) 

Marc 9 Apollonius , Evagre , Mêlas et Paul ; en Libie » 
Or , Copres , ,-AIutius et Bénus , et plusieurs autres 
samts pères de qui saint JérAme raconte beaucoup de 
choses admirables. Rufih . La Cappadoce nous a donné 
Grégoire de Nazianze avec Basile , tous deux nobles « 
tous deox éleva à Athènes^ émules Tun de l'autre , et 
pressés tous deux , au sortir dé Técole , d'enseigner la 
rhétorique. Basile devint bientôt évéque de Cësarée , 
en Cappadoce ; et GilSgoire fut subrogé à révéché d» 
Nazianze, à la place de son père. Saint Jbrôhe, 
Hommes illustres. Grégoire , évéque de Nazianze, 
homme d'une rare éloquence, mon précepteur, et 
celui sous lequel j'ai appris les Ecritures , composa 
dans tous ses ouvrages jusqu'à trente mille vers. 
Saint Jerôhe , Chroniques, Trente mille Allemands en- 
TÎroo furent taillés en pièces à Argentoria (1), ville 
des Gaules, par l'armée de Gratien. Dans le même 
tems , après la mort tardive d'Auxence , et après 
qu'Ambroise eut été nommé évéque de Milan , l'Italie 
se convertit à la vraie foi. L' auteur. L'histoire d'Am- 
hroise a éta trèâ^ien écrite par Paulin. 

(i ) Aojourd'liui le yillage de Harboarg , vis-â-Tif dt Coljotr. 

* Vojrez Ammien MarcelUn. livre 3o, chapitre 8 : il dit que Priariitff 

roi des Allemands , j fat tae^ Paul Orose , livre 7, assure que l'em- 

perefur Gratien assit ta lui-même au combat, qui eut lieu Fan 378, 

au mois de mai. 



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3 10 ANKAIKS 

CAPITULUM LXXII. 

^c morte Valentloiani et imperio ValentU (i). 



HIERONYMUS , îfi ChroTiicis. 

VALENfiKiANiTs autem subite sanguinls ertiptionei 
qu» graecè apoplexîs dicltur, Brigitionc morîtur. 
Postijum GratianuSy assumpto ia iniperium Yalenti- 
mano fratre, cum patruo Valente, regnavit^ aj^oa 
Domini ccclxxviii, mundi vero ivmcccxli. Anno 
Valentis duodecimo , qui fuit primus annus nepotu» 
ejus, multi monachorum Nitriœ per tribuûos et mi* 
lites C8»i «int : Yalens enim^ lege datà^ ut nionaeltt 
militarent, noleotes fustibus.jussit îtfterficî. In HÊh 
toriâ tripartitâ. Eo siquidem tempore , impius Va- 
lefls nigromantiam fecit , perscrutans quis post eum , 
hnperaret. Dœmoû aUtem quatuor litteras demoni- 
tràvit T. E. O. D. Imperator igitur zefo ductus, mul- 
tos hujus nominis occidit , putans eos tyrannidem 
velle assumere. Occidebantur ergo Theodoti , Theo- 
dori , Theodoli , et quicunque bas litteras ia capite 
sui nominis habebant. Que timoré plurimi sua Do- 
mina mutaverunt, negantes cum juramento quspriiu 

(i) Vinc. de BeauT. XV| 99, 98, 99 et loe. 



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DE BAIRACT. UTKB VII. 3l1 



CHAPITRE LXXII. 

Mort 'de Valentinien , et empire de Valens. 



SAINT JiKÔHE y Chroniques. 

VAUUitiNiEii meiti't à Bréfétion (en PaanotM)» 
d*iaoe subite éruption de sang » JDomniëe en grec apo- 
plexie. Après lui» Gratien ayant a9socië à Tempire 
Taloitinten son frèi:# , régna avec Valens , son onde, 
don règne commença Tan 375 du Seigneur et du 
monde 4341. En la dooarième année de Vélensi qui 
ftet la ppwitèré de ses neveux , 1md0I»couP ^^ moines 
de Nitrie farént tués par les tribuns et leurs sdldàts t 
dk effet) Talens âylht rendu une loi pour Mttét kft 
ittomes au service militaire , fit périr sons lèé éiw*^ 
oeux qvî s'y refusèrent. Hisloire itipartiu. En o« %eu» 
ïkf Tim]^ Talens pratiqua Tart de la nigromantî«> 
peur savoir qui régnerait après lui« Le démon lui fil 
voir les quatre lettres TH , E ^ O, D. L'einpereur i em- 
p(»# par la passioi» , ordonna la mort d'un ^prand 
nombre de personnes de ce nom « gui » selon Iti , a^i* 
raient à la tirannie. Tout ce qui portait les nMki dé 
ipiépdote , tliéodore , Théodule , et tous cet&c dont le 
nom commençait par cesipiatre lettres , furent privés 
de la vie. Nombre de personnes changèrent de noA 
par crainte, et renièrent avec ^MslMÉt céia ^n'dles 
«vaient^té d'abord. Èkitrt 3Mt^, CktcMfWm. Iidhi ; 



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3l3 ANNAEW 

habuerant. Hibbow y»ius , in Chronicis. Ànno deniquè 
imperii sui quarti decimi, Valens de Ântiochiâ exire 
compulsus, sera pœnitentiâ , nostros de exilio revocaf. 
Lacrymabile belium in Tliraciâ commissum est ; in 
quOy deserente equitum praesidio, roman» legiones à 
Gothis cinctae, usque ad internecionem caesae sunt. 
Ipse autem imperator Valens, cîim sagittâ saucius 
fbgeret, et ob dolorem nimiumsœpè equo laberetur, 
ad cujusdam villulae casam déportât us est, quo per- 
sequentibus Barbaris, et incensâ domo, sepulturâ 
caruit. Actor (i). Hîc autem finit Hieronymus Chro- 
nicam suam. Fluxerunt autem ab incarnatione Domini 
usque ad finem Yalentis anni ccclxxx ; ab Urbe con- 
ditâ Mcxxxi y scilicet sub regibus anni ccxl, sub con- 
sulibus cccLxiy, sub Augustis et Cœ^aribus dxxvi; àb 
initio autem mtmdi , secundiim hebraîcam verila- 
tem , anni ivmcccxltii , secundùm septuaginta vero 
VMDLXXViiï. Ab hinc verô scribuot Prosper et Beda et 
consequenter Sigebertus Gemblacensis (:2), quem su- 
per alios liîstoriographo§, Deo duce, in sequentibus 
prosequi propono. A tempore igitur Julii Caesaris 
usque ad tempor^ Valentis e^ Valentiniani, et usque 
ad Arturi atque Gothorum, Hunnorum atque Wan- 
dalorum tempora, fuit terri torium Haimoniens^^m- 
per grincipibus romanis, demptis aliquibus tyrannis, 
totalitcr ^bjectum. Quare si in praemissis de moribus 
et ftctis eorum pauca conscripserim , non credidi ib 

(f) Vhioent de Beauvai^ * '« 

(a) Gt qui lùit est de Jacquet de Guy se. ^ 



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l 



DE HÂINACT. LIVRE TU. 3l3 

dans la quatorzième année de son règne , Yélehd con* 
traint de sortir d'Antioche , rappelle , par un repentir 
tardif y les nôtres de Texil. La Thrace est le théâtre 
d*uDe guerre déplorable , -dans laquelle les légj^s ro* 
naines , abandonnées par la cavalerie y sont entourées 
par les Goths et entièrement massacrées. L'empereur 
Valens lui-même, obligé de fuir , blessé d'un coup de 
flèche y et ne pouvant , à cause de la douleur excessive 
qu'il endure y Miemv à cheval, est transporté dans la 
cabane d'un village ; mais les Barbares qui le poursui- 
vaient , mettent le feu à la cabane , et son corps est 
privé de sépulture. L'auteur. Ici, finit la chronique 
de saint Jérôme. On compte , depuis l'incarnation du 
Seignearjusqu'àla mort deYalens, 380 ans; depuis 
la fondation de Rome ,1131 ans ; savoir : 240 sous les 
rois, 364 sous les consuls, et 536 sous les augustes 
et les césars ; depuis le commencement du monde , 
selon la vérité hébraïque , 4343 ans ; et 5578, selon les 
Septante. Après saint Jérôme, ont écrit Prosper et 
Bède, et plusTard , Sigebert de Gemblours , que je me 
propose, avec l'aide de Dieu, de suivre dans ce qui 
me reste à dire , de préférence à tous les autres histo* 
riens. Depuis Jules-César jusqu'aux empereurs Yriens 
ei Y^l^tinien, et jusqu'au tems d'Artur et à celui 
des Goths , des Huns et des Vandales , le territoire de 
Hainant resta sous la domination des empereurs ro- 
mains , à l'exception de courts intervalles remplis par 
quelques tirans^ Si donc j'ai parlé dans ce qui prê- 
che, de leurs' mœurs et de leurs actions » je n'ai pas 



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5l4 âNNALBS 

hoc à ctmeeptis et promissis exorbitàre, cùm fhermt 
verî principes territorii Hannoniensis. 

Et SIC riNIT LIBER SEPTIMUS. 

Explicit prima peurs Historiée iffustrium prin^ 
cipum Hannoniœ , édita àfratre Jacobo de Guisii 
ordinis fratrum minorum com^erUils^alenceffensû^ 
De» gratias. 



OBsimrAYioir. Valons ne monrai pas Pan SSo eomtne 1« éKt lëelféei 
de Gujae* Il perdît contre les Alaint et les Hnns , le 9 août 878» It 
fameuse bataille. d'Andrinôple , où les denz tiers de son arm^e rei^ 
térent sur la place. Blessé lui-même et porté dans une cabane, il 7 
fàt brûM vif, sdns être connu , par les rainqueutSi le même Jour, i 
l*ige da cinquante ans , après aroir régné quinte 1^ qnatre ai<^ 
et quelques jours. ** 



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D£ HAINACT. LIVRE VII. 3l5 

cru sortir de mon cadre ni de mon sujet , parce qu'ils 
étaient Teritablement princes de Hainaut. 

AINSI FINIT L£ SEPTIÈHS LIVRE. 

Fm de la première partie de P Histoire des illustres 
princes de Hainaut j publiée par le frère Jacques de 
Guyse, de l'ordre des frères Mineurs du couvent de Va- 
lenciennes. Grâces à Dieu. 



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TABLE 

AJ»ALITIQUE ET ALFABÉTIQUB 
DES CINQ PREMIERS VOLUMES 

'onUMT L£ nXMUA VOLUIU DV MARUtCKIT 01 JACQdf M GQTM. 



AiAov, pontife, um. II, p. 171, 

a«9;toiD.IV,p. J19/ 
Abaojo, propbèu , tom. I. ^a5. 
ABAcmv , martir, sons CuSKIe, 

tofo. V, p. 109. 
Abdxxxjaob, eanaqae, tire Je» 

renie d'un bourbier ^ lom. II , 

p. i63. 
Aboias, prophète, confole le 

pta^le joir, tom. ï,p. a5 ,393. 
A»©», ûige dlsmél, tom. I, 

> ixr; a3k,a33,a57,a6i. 
A«wr(aaînl) martir, tom.V, 

©.95,107. 
ABiuv,tom.I, p. i8f. 
i>U,roîcl49raêl, toiii.1, p. Sot. 
Ablatovb, ville da Ha^oaut, 

tom.U,p.a59. 
AaaAHAX, patriur^, (om. I, 

p.3i, lai, i8i, a6i, 317, 

479; tom.n, p. I, i65,4o8. 

4io; tom. IV, préf. xin, p. a3 , 

SU, 109, 167 ; tom. V, p. 58, 

*47. 

Aoc4A<nr, tom. I , p. 393. 

AcciA L4iiireiitîa, femme de 
Fanstuios, gprdien da troa- 
peaa royal, recj^ Remua et 
Bomoltis, tom. u , p. 47. 



AoBAB, roi de Samarie, fait mou- 
rir le JQste Naboth et 8*empara 
de ta vigne, ton. I , p. §93, 
397. 433. 

AcBAt, roi de Juda, tom. I, f^ 
a6i; tom. II, p. 55, $7,58, 
59,61, 83. 

AcmLoivACH, ville, tom. II, 
p. 55. 

AcBiixB, prince grec, lait ^P* 
prodiges de valear;iledt blessé 
par Hector, mais il le tne, 1. 1, 
p. i3i, i33, i35, i3;^ 

ACB11.1.BS, martir, tom. IV, p.' 

347- 
AcBis, roi de Geth , t. I,'p. 377. 
AooBPAS ( Aeropas ) 70 roi ot 

Macécbine, tom. II, p. 37. 
AoBiuM, ville, tom, Ul, p. 38s. 
Adam, premier bomme, tom. I^ 
l^ a3i; tom. rV, p. »3, 56, 57^ 

i65 , 167, 173 ; tom. V, p. 75. 
Adovagbivs, général, tbm. III ^ 

p. a47. 
AnmiMOKyToi, tom.C, p. ti3. 
ADmiBB (Mnt) et «on ^povtMe^ 

m^rtîrs sous Dioclétien, t. Y, 

P »»7- 



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3t8 



TABLE. 



AvnmSf pape, tom. V^p. »3o, 
a3i. 

ADmisVyeinpereur romani) t. iV, 
préf. I. p. 170, 349, 453; 455, 
457.459,461,461/463.— 
Il lait placer sa statue à Jéru- 
salem, les Juifs reDljèveDt;tom. 
V, p. 3, Adrien raine la villa, il 
la rétablit dans la suite, p. 5; il 
meurt hidroniqueàBaias,p. 9. 

Adeumète, tilia, t. li, p. 455. 

JEuvx , chef de révoltés dans la 
Gaule, tom.V, p. 119. 

JiHtLn7sPjiFos(L.)consQl, t H, 
p. 37a, 373, 437. 

iEsoir, tom. I, p. i3i. 

Afre (sainte), martirisée sous 
Dioctétien, tom. V, p. 139. 

APBIC4IK (Sextc-Jules) historien 
sous Teii^pereur Héliogabale, 
tom. V, p. 57, 91* , 

Africasus, père de saint Na- 
zaire, tom. IV, p. 3i3. 

Ag4Be, prophète, t. IV, p. a5i. 

AoAVEMKOzr, prince grec, tl, 

^ p. i3i, i33 , i35, 137. 

Aoâmestor, père d'£schile, t. II, 
p. 43. 

AaAHtFï>us, premier roi des Al- 
lobroges et des Neustriens, 
tom.i,p. 331,369, 383,385, 

387, 389,437, 429» 439. 
Agàbippus II*, tom. I,p. 4oi , 

403,407,409, 4i3, 415,419, 

431,435. 
AoAPE ( sainte ) , martire sous 

DiodUtien , tom. V, p. 117. 
JknàTÊX (saint) , martir, tom. IV, 

p. 349$ tom. y, p. Il 3. 
AtfâTUE (sainta), vierge raarlire, 

tom. V, |K 95. 
^fi^hàê ,tQï des Conothitoa, 1. 1, 

pw 38lf 

AftÉLAUSy roi det CorinthieDS» 

* tom. I, p. 3^t. 

Aaivov, «pi deaC^rîivtbleiu» 

topi. I , p. aSr. . • 
Aaivoa, rofde Libie, tmjf. I, 

p. 95. 



AoBsiLAS, sixième roi de Lacé- 
déroone, tom. I,p. 379. 

AoeÉi,, prophète,, tom. I , p. 97; 
tom. II, p. »39, 379. 

Agis, deuxième roi de Lacédé- 
mone, tom. I,p. 379. 

Agl&x (saioie), «lartlreaop fkh 
clélten, lom. V, p. TaS*" 

Agricole (sfiin te) martire sons 
Dioctétien, tom. V, p. 137. 

AflAtppA, roi, lom. I, p. 361, 
393 , 4o« ; <om. 11^ p. iyi , 
473; lom. IV, nréf. x«,p.3^, 
353,357,393. 

Agrippivb, mère de remperenr 
Néron , tom. IV, p. 335 ,331. 

Ageippivx ou Cologne, tille, 
tom. I, p. 335 ; tom. II, p. 7, 
35, 135, 137, 365. 

Ahialoit de Zabulon , juge <fk- 
raêl, tom.I, p^ rtt, ait. ' 

Ahiâs, prophètç, tom. I,'p.39s^ 

Ai\. ville «"^m. IV, p. 93r*,t. V, 
|K3o5. 

Ajax, fils de Tétamon, tom. If 
p. i33 , est blessé par Alexan- 
dre, le tue, et meurt lai-diême 
de sa blessure, p. 137. 

Ai.ikiir (de IJlte), tom. I».fc.»7* 

AxBA. SiLfitJs , on Silviuf ÏIp^ 
Fûje» Silvios. « 

Albav ( saint ) , m^xtir atm^Ilv* 

clétîen , tom. V, p. 13% 
AxBAiriB, tnm. I,p. i4j. 
ALBiJriBira, tom. I»jÙ7» 4%> 

Wmt n, p% i5. -^ 
ALBE,^ilki, tom. II, p. 47W4^- 
A^ÉEic , Mèll» tom. n, 1^ ^ 
Ax.BiRic cl Trois Fool«iaii, 

historien , tom. IV, p. ^i« 
Albiok , ou Bretagne , iom^ I , 

p. i39- 

Albugasis, publie des livr^dk 

chirurgie, touf. I, |^ 3^»* 
Albumazab, astriMMMMf 10»^ I» 

P- 39. 
Albobbe, siWkrdo TivbH» t^ I» 

p. 379. 



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TABLE. 



3id 



AmxkmmBf ne^Tiène roi de La- 
cédéinone^ 9om. l, p. 379; 
tom. II9 p. 40. 

JUtiMu^n , d*AtbèDe$ , tom. II, 
p. 3o5, 3ii. 

Axurços f ville , tooi. II , p. 963. 

Agitât, fireimer roi de^Cortn* 
dmosy tom. f , p. aét. 

AiEXAiiDBA ou Salonéy femme 
4' Alexao^fape Jaugée, gou veroe 
les Jaifs pendant 9 ans, t. U , 
p. 473 ; lom. ni , 17, S5 , $7, 

96, 97- 
Aiaxajumls-X'B-Gbavd , tom. I , 



p. a^; tom. U, p. 177, 3a9, 
375,376,377,379,381,38a, 
313, 38$, 389, 391, 393,395, 



397» 399» 400,401 ,407, 4" 
419» 4^1 ; tom. IV, p. 449. 

Auulasdhb blesse Ménélas à la 
coMte daaa U. 4* guerre des 
Grecs ooii|r« Priam , tom. I , 
p. |33; éîuia la aa« guerre il 
blesse. Ajax, et est tué par 
loi, p. i3>. 

AuDii^B7>BB, dixième roi des Go- 
rinthiena, tom. I, p. a8i. 

AtiVKABBBB, roi de Sorie, t U, ' 
p. 475. 

Aitf[j&n>aB, dixième roi de Ma* 
oédoine, tom. II, jp. 3^. 

AimuBfDBB, vingtième m de 
Ibcédoine, lom.U, p. 89. 

AiSBajqMLS (Bab), roi de Sirie, 



^^ 408,409- 

ITDBB, évèq»e d'Alexan* 

drte, tom. V,p.^9, a57, ^Sg. 
AaïKKAJÈtimn Jabbzb, tom. HI, 

f^ 17,55,59, lOl, io5, 107. 
AfioLAJSOBB (saint), martir eous 

IfBre-AÂèle, tom. V, p. 17* 
A&BBASDBB, évéque de Jérvsa- 

lom , tom. V, p. 83. 
AuKA3rDBB(aaiDt), mariirsocia 

Cenqpareor Valérien, ton. V, 

♦* lOI. 
AfiocjoroBBy oeuTième roi d'A« 
IflBaDdrie, tom. IH , p. 3i , 
53y o5, loi. 



Ai;.BSAB»Ba , êk d'fiérode, t. m , 

p. 4ï*. 
Alexabdbx ( saint), pape, t. IV, 

p. 3o7, 46i* 
AuiXABiiBB, fils de Mammée, 

empereur romain, tom. IV, 

p. 349; tom. V, p. 87,89. 
Albxavdbb, prince des prétpes, 

tom. IV, p. ai 5. 

A&BX4JKOBIi 

tom. II, 

tom. IV,] 

a85,4xi i 

ai9y aa6; 
ALPOirsB,c< 

p. «7. 

ALGAi7s,roi d« Macédoine^ t. II, 

P- ^9- _ 
Ai.HÂSxir , aritmnéticien, tosnw I, 

p. 39. 
Ax.1, astronome, tom. I , p. 
Auciaic, historien, 1. 1, n. 

tom. V, p» 171 , 395 ,-30^, io5. 
Ajuntis , père do Jacques, t. IV» 

p. 71, ao5. 
Altbbas, roi de Macédoine,. t. |I, 

Ai.visE,Bcjlge, moinede Tabbaye 
de saint B«rtin , évécple d'Ac» 
ras, tom. I, p. 175. 

AMAI.B0 , villo» lom* I , p. 43^. 

AHALTHiB, sibille qai apnofta 
à Ttrouia l'ancien neut livrât 
dans lesquels étaient éenlcs 
les desj^im^ FOjUaioes, tom« I# 
p. 379. 

Akàbd , cbef d# révcdtéa dwi» 
la Gaule, tomO^, p. is$. 

Aif ASZAS , roi d'israâ , tôm. I, 
p. 43i ; eM prit par Joas, p^ 

433,439. 
Akbigaï, roi des Bituliges , t K, 

r^f. XII , p.- xo3. 
Ambiobuc (le duc) lom. QC»p* 

3a6, 3a7, 3a8; député vfrs 

les Romains 9 p- 3a9!; 3^3, 335, 

33*7, 339, 341, 343.;345,347t 
355,359,377. 



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3so 



TABLE. 



AMBA0I8& (saÎQ()« t 111, p. 45^ 

lom. IV, p. 167, 187, 189 t. V, 
P- 7»» 75» 77» a5î,3o9, 

Amibhs, ville, tom. I, p. 75, 77, 
io7;totn. Il, p. 265,419» 4ai; 
tom. III, p. 3 1, 1 15, 2 a5; t. IV, 
p. 339; t. V, p. 129, 139, 173, 
277. 

Amilcar , Carthaginois , père 
d'HannoD, général, tom. II , 
p. 4^3. 

AanvADAB. Beçolt'dans sa mai- 
son , à Gabaa, l'arche da Sei- 
gneur, où elle resta pendant 

• 20 ans, tom. I, p. 277. 

AjtnrTAS, neuvième roi de Ma- 
cédoine, tom. Il, p. 37, 23 1. 

AifiKTAS, quinzième roi de Ma- 
oédoîné, tom. il, p. 39. 

Amtsttas, dix -septième roi de 
Macédoine , tom. II , p. 39. 

Am iktàs , dix - neuvième roi de 
Macédoine , tom. II , p. 39. 

Ammieh - MAHGKLLur , auteur, 
tom. II , préf. IX , X ; tom. V, 
p. 309, 

Ammoit ( le temple d* ) , tom. II, 
p. 271. 

Ammoxius , révérend père , t. V, 
p. 307. 

Amov, roi de Judée, tom. II, 
p. 109, 111,167. 

Amos , prophète , lom. I , p. 25, 
441. 

AuraiLOQiïB, historien, tom. ¥, 
p. 279. 

Amai , roi dlffliêl , 1. 1 , p. 391. 

IUk&tsrdajc, ville, t. lY, préf. 
VII, x; tom, V, p. io3. 

AxoLius , roi den Latins , tom. I, 
p. 261. 

AsACLBT (saint), pape, t IV; 
Pi 307. ^ 

Aaa> èle, pontife des Jiyls, t. III, 

p. 417- 
AjtASiAS, tom. II, p. 118. 

AvAjfiB, prince des prêtres, t. IV, 
p. 21 5, 2x7. 



Avjlstasx ( saint J, martir sous 
Dioclétien , tom. V, p. 129. 

AiTASTASB , bibliothécaire du 
siège apostolique, t^. lY, 
p. 463. 

AvASTASiB (sainte), martire, 
sous Dioclétien, t. ¥, p. 127. 

AjtaxagoAas, philosophe, meart 
à Rome, tom. II, p. 217. 

Akaxaoorx, phisicien, tom. II, 
p. 283 , 293. 

An AX11.IDS , philosophe , tom. II, 
p. 309. 

Ahaximakdbx, de Milet, chef 
derécoleÉionienne, tom.U, 
p. a44. 

AjTAXiMBKis , médecin du tems 
de Cirus, tom. II , p. 243, 244* 

AjTAxrMBBàs, philosophe, t II, 
p. 389. 

AivcaisB, ami de Priam , tom. I, 
p. i83, 199, 25y 

Abcibb, ville, tom. I, p. 379. 

Abcus Mabcius , roi de Rome , 
tom. I, p. 363. 

Akdbrnach, ville, t. V, p. 3o5. 

Akooghb (saint), et ses compa- 
gnons , martirs sous Aurélien, 
tom.V, p. Il 3. 

AxDRi, disciple de saint Jean, 
tom. IV, p. 63 , 67. 

Abdbomadas , roi de Belgis , 
tom. III, p. 249, 2S1, 253, 
259 , 261 , 265 , 267, aji, 277, 
279,283, 285, 287, 2»^ 

AaoROMAQUB, femme d'Hector» 
veut empédber son mari d'al- 
ler à la neuvième bataille dans 
laquelle il est tué par Achille, 
tom.I , p. i33 ; tom.V, p. i23. 

AjrpBiKOPui , ville, l!?V, p. 3i4- 

AjrBCTiiTs,Nervien, t. III, p. 469I 

AjfGLiB, reine, tom. I, p. 141. 

Abgoba , ville , tom. II, préf. v. 

Abicbt (saint), pape, tom. (V, 
p. S(fy ; lom. v, p. 17, 19. . 

Akné, mère de la sainte vierge 
Marie, tom. III , p. 440, 45 x , 
453,455. 



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TABLE. 



3)1 



Ajtvb, la prophétesse y tom. IV, 
p. 3i. 

Kmvb, (sainte), t IV, p. 71, y3, 

ÂirviBAi. Tancien , ravage les 
eôtes de lltalie, t. II, p. 427, 
441, 44a, 443, 445, 446,449, 
45 1 , 453; tom. III, p. 19. 

Aksolimus, tom. III, p. 4^3. 

kxvouMva , général , préfet àe 
Rome, tom. IV, p. a34, 337, 
339, 343. 

Axsjoroftix , roi des Saxons , 
tom m, p. a3, a5,ii7, 39, 3 1, 
41 , 65, Ti5. 

Ajrsé]roBnj8,roi, est fait prison- 
nier par les Belges , tom. II , 
p. 337. 

AvswAaD, roi desMorins, est 
taé dans un combat contre les 
Bretons , tom. II, p. ai5. 

AifTÉBBOGnrs, chevalier, député 
de la cité des Rhémois vers Ce* 
sar, tom. III, p. 199. 

AsTSiroE , tfmi de Priam , topa. I, 
p. 137, 1 83, 199, ao5 ; tom. V, 
p. 13a. 

AsTàBB (saint), pape, tom. IV, 
p. 137; tom. V, p. 91. 

AniGOXB et Albzandbb, fils de 
Cassandre, rois de Macédoine, 
tom. II, p. 39. 

Abtigoite, fils de Cassandre, roi 
de Macédoine, tom. II, p. 39, 
4o5 , 409 , 437, 473; tom. III, 
p. i5, io3. 

Ajtiigohb-Gohat^, roi de Ma- 
cédoine, tom. II, p. 39. 

AvTiGOBS, dernier roi des As- 
monéens, t. IV, préf. xi, xii. 

Abtuxus, tom. III, p. aSa. 

Ahtiochb, ville, tom. II, p. 467; 

tom. IV, p. a5 1 , 289, agS, 397, 

3o5;tom.V, p. Iii,i85,ai9, 

a77, 3x3. 

AvnocHUS , roi de Sirie > t. II , 

p. 457» 469, 47»- . , 

Abtiochijs-Epipuabb , roi d E- 

gîptc, tom. II, p. 409, 465; 
tom. IV, p. ui, 309. 

V 



Aktiocbvs-Eupatob, roi d'Asie 
et de Sirie, t. II, p. 409, 471. 

A3rTiocuus-LE-CizicÊaiBir,roi de 
Sirie,t.II,p. 4iî;t. III, p. 3i. 

An Tiocuu&>LB-DiEU, roi de Sirie, 

t.n, p. 409,431, 433. 

ABTiocuus-LB-GaAifD, roi de Si- 
rie, tom. II, p. 409, 457, 461, 
465. 

AiiTiocHtrs-GBiPBus, roi de Si- 
rie , tom. II, p. 409. 

AiTTiocHus-SiDETEs, roî de Sirie , 
tom. II, p. 409. 

Abtiochus-Sotbb , roi de Sirie, 
lom. II, p. 409. 

Aktiochus VI , samommé Dio- 
nisius ou Bacchus, roi, t. III, 

p. 35. 

Aktiochus, surnommé Gripus ou 
Ciprus, roi de Sirie, tom. III , 

P- 7» 9- 
AarTiPATEB, roi de Macédoine, 

tom. II, p. 39, 401. 
Abtipateb , frère d'Arcliélaûs , 

tétrarque, tom. IV, p. 37. 
Antipateb-d'Ascalob, tom. II, 

p. 473; tom. III, p. 41 z, 4i3, 

4i5. 
Abtipateb, disciple de Dîogènes 

de Babtlone , tom. III , p. 61 , 

97» 99» io5, 109, 411. 
ABTiuir, ville, tom. IV, p. 335. 
Abtoibe, général romain, t. III, 

p. 35f ,35a, a53, 363, 365, 36r, 

363, 367, 369, 371, 4o5, 4<7* 
Abtoibb, consul, tom. IV, gréf. 

XI, XIII, XV. 

Abtoibb (saint), abbé, tom. V, 
p. 107. 

Abtoibb (saint ), martir, tom. V, 
p. i85. 

Abtoibb ( saint ) , évéque de 
Meaux, tom. IV, p. 437. 

Abtoibb, moine, tom. V, p. 347, 
a5i ; meurt dans le désert à 
io5 ans, p. 367. 

Abtobia la jeune, t. III, p. 469. 

Abtobia , mère de Claude, em- 
pereur, tom. IV, p. 379. 



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?" 



TABLE. 



AjrToviK, fille de Claude , t. IV, Aquilink (saint ) , mardr, t. V, 

p. 33 1. p. a85. 

AiTTOif iic-LE-PiEux (Titus), irei- Aeam ( d*) , devin, t. III , p. 88.. 

zième empereur romain, t. IV, Abbacbs défait Sardanapale, roi 

p. 349> 463; t. y, p. g, i3, i5. des Assirien», tom. I, p. 441, 
AiTTORiKs ( les deux ) , tom. III « 443 ; tom. II « p. 3y, 

p. 61. Abrab, ville, tom. I, p. 409. 

Aw VKRS , ville , 1. 1 , p. 5 ; t. II , AacÉsiLAS , philosophe , tom. Il, 

p. 369. P- 4a3. 

AnviLLB (d* ) , géographe, t. III, Ahchélaûs, roi de Lacédémooe, 

p. 85, 164, a lu. tom. I, p. 279. 

AoD , tom. I, p. Il 3. AKCBiLAÛs, roi de Macédoine, 
Apaméb, ville, tom. III, p. 3. tom. II, p. 37, 3o3 ; tom. IV, 



Apbb , beau-père de Numérivn, 

tom. V, p. 117. 
Apelles , révérend père , t. V, 

p. 307, 



préf. vi,vii,37,47. 
Arcbelaûs , fils d'Hérode, ca- 
verne la Judée, t. II, p. 478; 
tom. III , p. 4 1 !• 



Aphhodise , général , tom. IV, AEcuiLAÛs , roi de Macédoine, 



p. 33 
Apiob, grammairien d'Alexan< 

drie, lom. IV, p. 409. 
Apis (Dieu), tom. II, p. 371. 
Apollikaire, homme célèbre, 



tom. II, p. 39. 
Arcbélaûs , général de Milhri- 

date, tom. III, p. 41. 
Abcbiloqub est tué par Hector, 

lom. I,p. i33. 



sous Marc-Aurèle , Antonin , Aecbitas de Taredte , philo- 
tom. V, p. 17. sophe , tom. II, p. 335. 

ApoLLUf AIRE, évêque de Laodi- Arctijîus de Milet, poète, t. II, 

céc, tom. V, p. 189. ?• 45. 

Apollooorb de Pergame, ora- Arémulus, roi des Latins, 1. 1, 
teur grec , tom. III ,'p. 108 , p. a6i. 

Ar^as, roi des Arabes, t. UI, 

p. 99; tom. IV, p. 69. 

Ar^tium, ville, tom. II, p. 197. 

Arezzo , ville , tom. II , p. 373 ; 

tom. III, p. 33; tom. V, p. 175. 

Ab6£U8 , roi de Macédoine , 

t. II, p. 37. 
Argeb (les trois frères), raartirs, 

tom. V, p. 137. 
Argektikb ou Sti*asbourg, ville, 

tom. III, p. iGg, 
Aboemtoeia , ville des Gaules , 

lom. V, p. 309. 
Argirioit, ville, t. III, p. io8. 
Argus, tom. I , p. 359. 
Ariuatuie, ville, t. IV, p. 179. 
Arioit, philosophe, t. II, p. 335. 
Ariopatras , général , tom. III , 
p. a59, a65, 267,271. 



109. 

ApoLLOjf , tom. I» p. 137, 355 , 
357, 359, 401 ; tom. II, p* 309, 
4i3, 44t; tom» III, p. 79. 

Apollonidbb, ville, tom. IV, 
p. 55. 

Apollomie, ville, I. III, p. 108. 

Apollonius le stoïcien, précep- 
teur de César, tom. V, p. 11; 
martir, p. ar, a3, 127, 309. 

Appiob, auleur, tom. V, p. 8f. 

Appius-Clauuius , consul, veut 
l'aire violence à la fille de yir- 
ginius, tom. II, p. 291. 

Appro^iien (sa4nt), marlir,sous 
Diocléticri, t. V, p. 137, 

Apulée, auleur, t. II» p. 309. 

Aquila le Ponlique, orateur, 
lom. V, p. 5. 



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TABLE. 323 

ÂBiovisTB-LE-GBàVD, toui. III , Arsahb , père de Darius » t. Il , 

p. 173. - ^- 

ÂBioircsTB fils, roi des Saxons» 

tom. III , préf. I. p. 1 1 1 , 1 13 9 



p. a3i ,389. 

Arsjcs , fils d'Ochos , roi des 

Perses, lom. II, p. a3o, 38i , 

383. 

ART4BAB, lieatenant deXerxès, 

roi des Perses , le tue et est 

ensuite tué par ArUxerxès, 

fils de Xerxès, t. n, p. a85, 

ÂtisTABQUB le grammairien , ^°7 > ^^9» 

toro. II, p. 475. Abtabase, roi des Perses, t II, 

Abistidx, philosophe, tom. II, p. a3i. 
p. a8i.3o3. ABTAXEHxis, roi des Perses, 



115,119, 173,174,175, 177, 
179, i8i, i83, i85, 186, 187, 
191,193, 195, 197, 359,177. 
ÀBisTAB^uB , poète tragique, 
toro. II, p. 393 



Abistidb (saint), t. IV, p. 461. , ^®™- ' ' P* ^'• 
Abistobule, juif de nation , et Artaxkiix±s - Lobouem aix , roi 
des Perses , tom. II , p. a3i. 



philosophe péripatélicien , au- 
teur des commentaires sur les 
livres de Moïse , t. II , p. 4^5 , 
473; tom. IV, p. 37. 
Abutobulb , roi de JudA , t. III» 
p. 15,55,57,59,97,99, 10 1, 
to3, io5, 107. 

ABisTOBin.B, fils d'Hérode, tom. 
ni,p. 411, 417. 

Abistoxèdbs , roi des Corîn- 
tliiens,tojn. I, p. 38 1. 

Abistob, père d*Aristote, t. II, 
p. 309. 

Abistote, précepteur d*Alexan- 
dre-le-Grand , tom. I , p. 39 , 
33, 37, 39 ; tom. II , prél'. vr. 
p. a83, 291 , 309, 375, 4o3. 

Arius, prêtre hrérésiarque, t. V, 
p. i83, 239, 345,î52,a65, 
357,259, 291. 

Arles, ville, tom. I, p. 97. 

Armard (saini) , tom. I , p. 176. 

ARmjritis, général, tom. III, 
p. 473. 



287, 289, 291, 295, 397, 3o3, 
3o7, 33o, 33i,33a,333, 371, 
373, 374, 375. 

ARTAXBBxis ou AssuERus , roî 
des Perses, tom. II, p. 23 1, 
273, 349. 

Abtaxerxès - OcHus , roi des 
Perses, tom. II, p. 23i. 

Abtaxebxàs II, surnommé Mcm- 
non , roi des Perses , sous le- 
quel Socrate but la ciguë, 
tom. II, p. 3r3, 3i5, 329. 

Artuub fait ensevelir Holdin , 
roi des Rulhéniens, tom. I , 

P- '79- 
Articas, roi des Mèdes, tom. I, 

p. 443. 
Arurculbius-Cotta , lieutenant 

de César, tom. III, p. 3^6. 
Arverres, ville, tom. III, p. 5. 
As A, roi d'Israël, 1. 1, p. 391. 
AsAPB, auteur des psaumes, 1. 1, 
p. 39, 3i,3i9. 
1^. ^y^, AsARiE, pontife, 1. 1, p. 44 >• 

Arvobr, historien , t. V, p. a45, Ascagkb, roi des Latins, tom. I, 
Arphaxat, raède, t. II, p. 373. p. 261, 363. 
Abris, ville, lom. I , p. 77, 107. Ascle (saint), martir sous Dio- 
17S; tom. III , p. 3i , ii5 , clétien, tom. II, p. xa5. 
3f>3, 439; tom. IV, p. 339; AsDBUBAL, général carthaginois, 
tom. V, p. 49, 399. frère d'Annibal , t. II, p. 449, 

Arribb( saint), président, mar- 453, 477, 48i, 483. 

tir sous Diociétien , tom. V, Asbb, fiis de Zelpha , tom. I» 
p. 137. p. 53. 



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aa4 



TABLE. 



AsiNius ( Caîuft Polli'o ) , consul, 
toni. IV, préf. xi, xiv, xv. 

Asikius-Gallus, orateur, t. IV, 
p.49- 

Asiirius-PoLLiov, père du pré- 
cédent , tom. IV, p. 49. 

AssAMOirÉB, de la famille des 
prêtres, tom. IV, p. m. 

AssàR-ÀDDoif , tom. II, p. 61. 

AssfRiE, ville, tom. II, p. 5i, 
57» 59. 

AssusBus ( ou Artaxerxès , sui- 
vant Esdras; et dans Thistoire 
de Judith, Nabuchodonosor), 
tom. II, p. 172, 273. 

AsTEB , tom. II , p. 38a. 

AsTUGBs , roi , tom. II, p. 2s3, 
aa5, 337. 

AsTiAGÈs , roi des Mèdes, tom. I, 
p. 443. 

AsTiANAX, fils d'Hector et d*An- 
dromaque, tom. I , p. i35. 

AsTinB (saint , roartir sous Tem- 
pcreur Valérien , t. V, p. 10 1. 

AsTBÀE, vierge, tom. I, p. 379. 

Atblla, ville, dans la Campa- 
nie, tom. IV, p. 47. 

Ath, ville, tom. I, p. 4n; t. II, 
p. laa, i3a, i34, i45, 19a, 
aoa, a6o, a68; t. III, p. 34a. 

Athalie, reine d'Israël , tom. I, 
p. 395 , 399. 

Athavase (saint), t. IV, p. 349; 
tom. V, p. a49, a55, aSg, a6i, 
377, 387, 393. 

AruiiTEs, ville, 1. 1, p. i3i, i33; 
tom. II, p. 43,335,348,349, 
375, 377, 403 ; tom. m, p. 41, 
53 ,55; tom. IV, p. 169,459, 
46x ; tom. V, p. i85, 373, 309. 

Athokitus, écuyer d'Alexandre, 
maître de la milice , tom. II , 
p. 397. 

Atilius-Regulus ( C. ), consul, 
tom. II, p. 37a, 373, 437. 

Atlas, tom. I , p. 359. 

Attale (saint), mar(ir,tom. V, 
p. 17. 



Attila , roî scylhe, t. III, p. ^47^ 

tom. IV, p. 463. 
Atticus, philosophe platonicien, 

tom. V, p. 31. 
AuBEirrov , ville, t. III, p. 310. 
AuBERT , seigneur duc de Sens, 

tom. V, p. II 3. 

AUBBBT DE BaVIÀBB (d||c) t.IIJ, 

préf. xiii, XV. 

AuBEBT-LE-MiRE , historieu , X- 1, 
p. 6, 46. 

AuDAucTE (saint) , martir soui 
Dioclétien, tom. V, p. 137. 

AnoEVARDE , ville , t. II, p. 365; 
tom. III, p. 343. 

AcDENGi^Rius, grand-prétre des 
Belges, tom. I, p. 435, 437, 
439. 

AuDiFAX (saint), martir sous 
Claude, t. V, p. 109. 

AuooBKus, auteur, t. III, p. 334. 

Auguste ou Octavieh - César , 
empereur romain, 1. 1, p. 61, 
353;t.II,p.473;t.III,p.39i, 
393,397, 40*5,409, 4i3,4i5, 
417, 419*4^5,436,437, 439, 
439, 445, 449» 456, 461,467, 
469,47^473, 475; t. IV, préf. 
m, IV, XIII, XV, XVII, p. 7, 17, 
19, 31,35,37,39,41, 45,47, 

153,157,333,333,399; U V, 

p. 19. 

Augustin (saint), tom. I,p. loS, 
a87,a89;379;t.U,D.84,85, 
375, 3o3 , 339, 335, 375, 379, 
433,4a3,4a5, 4^7» 4^9» 443, 
463,475; t. III, p. 33,55, 
4^7, 44» . 443; t. IV, p. 14, 91, 
187,395,397; t. V, p. 349. 

Aulu-Gelle, oisturlen, tom. I, 
p. 378. 

Aulus-Gabixius, consul , t. III, 
p. 137. 

Auwou ( d* ), biographe, t. HI , 
p. 4^6. 

AuRÈLE , fils d'Antonin-le^Pieux» 
tom, V, p. 9. 

AuREUBH , vingt-neuvième cm- 



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TABLE. 



3»5 



pereur romain , t. IV, p. 349 ; 

jioak.\f p* xTx, ii3, 1x5. 
AnsBouAG, ville, t. II, préf. x. 
Ânsovs , poète , tom. Y, p. apS. 
AxjTus, ville, toiq. I, p. 479; 

loin. III, préfl I. p, laS, i43t 

i5i, i55. 
Aqxshab, yiite, totn. II, p. 349» 

loin. IV, p. 335. 
ÂvuiTunTs , roi des Latins , 1. 1 , 

p. a6i. 



AvBssBS (d*) (Seigneur), loœ, I, 
p. 46. Voy. Bamiûuin, 

AvEsiTBS, vilb, tom. II , p. 147 , 
148, 149. 

AvicB , prêtre , tom. V, p. 75. 

Avicevub, docteur en méde- 
cine , tom. I , p. 39. 

Avrr ( saint ) , évèqoe de Vienne^ 
tom. V, p. a3. 

AzARiAS, prophète , t. I, p. 39T. 

AZAAIAS ou OziAS,t, I, p. «79; 

tom. II, p. 85 ,118. 



B. 



fiAAL( Dieu) 1. 1, p. 393, 397. 
Baaza, roi des dix tribus dlsraê), 

tom. I, p. 391. 
fiàBiixB (saint )« et ses compa- 
gnons martirs sous Numérien, 
tom.V, p. 117. 
Babilojte, ville, tom. I, p. 3i; 
I. II, p. 39, 57,87,117, 119, 
161, i63| 17Î, 173, 175, 187, 
a3i, a33, aSg, 349, 297, 399, 
4oj, 409, 433, 473 ; tom. III, 
préf. p. 4, i5 ; tom. IV, p. 1 1 1, 
44y; tom. V, p. 67. 
Baccabàsb, con6dentd*Artaban, 

le trahit, tom. II, p. 387. 
BACCHms^ général de Démétrius, 
fst chassé de la Judée par Jo- 
nathas, tom. II, p. 475. 
Bacchii.tdes, le lyrique (poète), 

tom. II, p. 393. 
Baccuis, roi des Corinthiens, 

tom. I, p. 381. 
Bacchus, 1. 1, p. i63 , 337, 339, 
347, aSi, 359, 373, 3i3, 343, 
345, 455; t. II, préf. 11, p. 69, 
93, 319; t. m, p. 75,89, a6i. 
Bacqub (saint), martir sous Dio- 

clétieo , lom. V, p. 137. 
Baies , ville , tom. IV, p. 363. 
Bailubt, historien, t. V, p. 33, 

aoi , a49. 
Bala, servante de Rachel, 1. 1, 
pu Sj, 53. 



Balaam , prophète, t. II, p. 86, 

87; tom. m, p. 37. 
Balbis usurpe 1 empire deRome, 

mais il est bientôt assassiné 

dans son palais, tom. V, p. 91. 
Bajlbus-Lucius , t. IV, p. 3ai. 
Baldud. Fojrez Bladud. 
Bale, ville, tom. III, p. 168, 

I7Î. 
Baltazab, roi de Babilone , t. II, 

p. 173, 333, 335. 
Baptiste. F'oyez saint Jean. 
Bablaimoht , ville , tom. III , 

p. 375. 
Bab, ville, tom. V, p. 3o5. 
Barbakzoit (seigneur de) t. I, 

p. 46. 
Babbe (sainte) , . martîre sous 

Dioclélien, lom. V, p. 137. 
Barkabé (sainl), t. IV, p. 337, 

a5i, 389, 391, 395, 36 1. 
Baboxius, historien ital. t. IV, 

p. 3oo ; tom. V, p. 175 , 336 , 

353. 
Babrabas , fameux voleur, t. IV, 

p. i59,4i3. 
Babtuéleiiii Glanvil , francisr 

caiu anglaisduxive siècle, 1. 1, 

P- 74, 75, 77» 95, 97» 99» 100» 
loi, 137, i39, 140, i4t, 143, 
145, i47> 149» i5o, i53, i55, 
157, 159, i63, i65, 167, 169, 
171. 



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326 . 



TABLE. 



Baruch , prophète , tom. I , p. 4 1 ; 

tom. ll,p. 169, 167. 
Basile (saÎDt) » loin. V, p. 279, 

a8i, i83, 291, 393» 809. 
BA8CI.19SB (sainte) , et ses vierges, 

martires sous Dioclétien, t. Y, 

p. 127. 
Basillb (sainte) , martire, t. V, 

p. io3. 
Bashagb , historieo, t. II, p. 472, 

BassibV) fils de l'empereur Sé- 
vère. Forez Caracalla. 

Bast (M. de), historien, tom. I, 
p.7;t.ni,p. 3a4,343. 

Baudbmokt , abbé de Blandin- 
berg, tom. III, p. 3 24. 

Baudoiit II, dit de Jérusalem, 
comte de Hainaut, tom. III, 
p. 345. 

Baudouin f d'Avénes, historien, 
tom. I,p. 34,35. 

Baudoue (de), seigneur tom. I, 
p. 46. 

Bavai, ville capitale des Belges, 
tom. I, p. 6,7,49,73,83,103, 
io5, 2i5, ai9, a83, 479;lII, 
p. 258, 259; tom. III, p. 26, 

262, 264 f 398, 465; tom. V, 
p. 4o, 172. 

Bavo, roi du Hainaut , premier 

■ fondateur du royaume de la 

ville des Belges, tom. I, p. 79, 

81 , 181, i83, i85, 189, 191, 

ip^f 197» '99» aoî, 2o3, 2o5, 

207, 209, 211, 2l3, 2l5, 225, 

227, 229, 23i, 233, 287, 239, 
241, 243, 245, aSi, 253, 257, 

263, 207, 287, 337, 339, 369, 
479 ; tom. II , préf. p. a . 

Bavo-B£lgi?îkus, tom. I , p. a59, 
a63, 373. 

Bavo le-Brcn, fils de Bavo-lc- 
liion, 1. 1, p. 309, 3i3, 3i5, 
319. 

Bavo - hi.osiws , ou le Lion , 
règne à Pelsis , achève le tem- 
ple de Baccnus, 1. 1, p. 278, 
275, 279, 283,309, 



BAVo-Lupnnrs , on le Loup, règne 
après son pèreBavo-Léoninis, 
tom. I, p. a75, 283, 287, agS, 
295 , 297, 309. 

Bavohib , ville, ro/ez Belgîs. 

Bayeux, traducteur, tom. II, 
p. 141. 

Batlb, historien, tom. I, p. 4. 

BÉAT&xx (sainte), martiresous 
Dioclétien, tom. V, p. 127. 

Beauvais , ou Belgis. f^ojrez Bel- 
gis la gauloise. 

BBcxMAKjr (Jean), savant, t II, 
p. 425. 

BàDB , chronologiste , tom. I, 
p. 35, i4t9 i53, 4'^»4i3; 
tom. II , p. 299 ; tom. IV, 
p. i5, 23, 25,65,481 , 193, 
209, 217, 227; t. V, p. 271, 
277, 3i3. • 

BéBLZBBUTH, tom. I, p. 393; 
tom. IV, p. i65. 

Bebbt, ville, tom. II, p. 93. 

BixA ( Jean de ) , hbtorien , 1. 1, 
p, 35. 

Bel, Dieu, tom.I, p. 195, 209, 
211, 229, 235, 243, 245, 265, 
267,313,327, 341, 343,345, 
369 , 371 ; tom. II , p. 67, 69, 
173, 195, 2i3, 253; tom. lU, 
p. 70, 73,75. 

BuLotoif , duc de Trèv^, tom. I, 
p. 369; tom. II, p. 365. 

Belgis ( Octovie ) , principale 
ville du royaume belge, 1 1 , 
p. 55,73,57,79,81, 83,91, 
97» «9» ïo' t ïo3, 107, 177, 
229, 23 1, 233, 247» 25 1, m53y 
265, a73, a75, 279, 3i3, 3ai, 
325, 327, 333, 335, 337, 3^9, 
341, 343, 363, 369, 371, 375, 
383, 385, 401, 4o5, 407, 409» 
411, 435,439,445,451,453, 
455,459,4^1,463,465, 467» 
469» 479; tort», n, préf. p. 2- 

— 3,5,7,9, i3,i5, i7»*3»î5' 
27,29,33,35,37,53,55.65, 

67*69, 7h 77» 79» 8'» 93» 99» 
117, i3i, i33, i35, i37, i<^> 



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TABLE. 3317 

. i47> «49» i5x, i53, i55, iS;, Rachel, t. I, p. 47» >77# ^91, 

»9i, 193, 195, 199, ao4, ao7, lom. II, p. m, aSg. 

3i3, 919, a49y a53y 357, a(>i, Bejijamiv, révérend père, t. Y, 

a63^ a65, Sat, 323, SaS, 3^7, p. 307. 

359, 36 1, 363, 397, 4^9; t. III» Bbkoitb (sainte), vierge, mar* 

p. 37, 65, 67, 75, 77, 79, 81, lire sous Dioclélieo , tom. V, 

83,85,88,89,93,95,109, p. 129. 

III, ii3, 1x5, 119, ia5, x35y Bvhus, révérend père, tops. V, 

ao5, 307, 325, 327, 229, 23 r> p. 309. 

237, 239, 241, 243, 246, 249, Bee£Kicb, fille de Ptolémée-Pbi- 

25 X, 253, a57,ji59, 261, 263, ladelphe, est donnée en ma* 

371, 373, 379, 381, 283, 389, riage à Antiocbus, lom. II, 

291, 395, 397, 399, 3oi, 3o5, p. 433. 

3x1, 3x3, 317, 325, 327, 333, BÉaimcE, soeur du roi A|;nppa, 

340, 353, 363, 377, 397, 399, t. IV, p. 393. 

437» 4^7? 4^9* BxR&iER, historien, tom. II, 

BiLCtS-Là-GAULOISB, OU BcAU- p. 25o. 

vais, ville, 1. 1, p. 369; t. II, B»b6ues, ville, t. III, p. 384. 

P«7f '7» i9> s3> 35, 71, 190, Bebliv, ville, tom. III, p. X75. 

193,263-, t. III, p. 3i, 1x5, Bernard (saint), t. IV, p. 11, 

x35, 3i5,35i; U V, p. X29, 43,45,82,83,85,87, 89,91, 

i3x , 139, 173. 93, 206, 207. 

Bblgis-Comata , ville, tom. I, Bebtholbt, jésuite, lom. IV, 

p. 369. Ccsl la même que P> 3oï. 

Bblgis-la-Chbvelue, ou Trêves, Bbsakçoit, ville, t. III, p. i43, 

tom. U, p. 7, 35,265,267. i8x;tom.V,p. i85. 

Bkonjs, duc des Trévirpis, 1 1, Bethakxe, ville, tom. IV, p. 81, 

. p. 75; tom. II, p. 4x3. rx3, xi5, 121, X25, x3x, i35. 

Béuax, tom. II ^p. 46^. Bethel , ville , tom. I, p. 389. 

BiLiETTs ou BEÉifus,filide Dun. ^^"jf ^Z ville, tom. 1, p. 269; 

vallon, roi de Bretagne, se *^f "^' P^^^î *^™- ^^' 

dispute avec son frère pour „ P ' '7» *^.»^*»'^7' 

avoir leroyaume de leur ^re. Bethphagb , village , tom. IV, 

tom, II,p. 337, 339, 341,343, ^ P" ".^' .„ ^ ,.,, „.. 

345, ^47,349, 35 X, 353, 355, Beths ai de, ville en Galilée, t. IV, 

357, 359,361, 369, 373, 4i3, F- 3o5. 

ftSp 417, 418, 459. BxèvRE-suR-AisHB , ville, t. III, 

BiLia,vine,tom.I,p. 8x, 233. p* aïo. 

B»ijx>visE, général, neveu d*Am. Biwch, ville, tom. IV, p. 342, 

bigac', roi des Bituriges , t. II, ^43. Cest la même que 

préf. p. 2, 7, 9. — xo3. BiBCHE, ville, tom. III, p. 465 , 

BâLuSy père de Ninus, tom. I, Bisarcb. f^ojrez Constantinople. 

p. lax. Blidud, roi de Bretagne, t. I, 

Beleuttiu, tom.IV, p. 8x. p. 4 «5. 

Bisfcirs (saint), prêtre, martir Bi.aise (saint), évéque, martir 

sous Aurélicn , tom. V, p. i x3. sous Dioctétien , t. V, p.'x27. 

Bbjt-^d AB , tom. I , p. 393 , 397. Blabdihb ( sainte ) , vierge, mar- 

Bx2r/AMiR, fil^ de Jacob et de tire, (om. V, p. 17. 



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3tg 



TABLE. 



BbàHDtAtrs , goiivenieur de Bel- 

gîs, tom. II, p. 195 ) 207, a XI, 

aiS, ii5, 219, ^47» 363. 
Bleaugibs^ ^ille, tom. I, p. 8a. 
Blois (Pierre de), historien, 

tom. I» p. 39. 
BoDuoGSAT , général des Ner- 

vieos, tom. III, p. 144. 
BoicE, historien ^om. I, p. 17, 

39. 
BoÉTBs , est tué par Hector, 1. 1, 

p. x33. 
BoioBix, roi, tom. III, p. ai. 
Bollakdus, historien, tom. V, 

p. aoi. 
BoLZAjro, ville,tom.III, p. 194. 
BoKiPAGE (saint), martir sous 

Dioctétien , tom. Y, p. laS. 
Booz, tom. I,p. 67. 
Bos ( du) , i*abbé , historien , 1 1, 

préf. p. 7. 
Bouchard ou Olbert, abbé de 

Gemblours, évêq. de Vormes, 

tom. I, p. 60, 61, 6a. 
BauLOGKB, ville, tom. III, préf. 

p. II. 
Bouquet ( dom ) , historien , 1. 1 , 

p. 7; tom. III, préf. p. 5. — 5, 

tom.y, p. ia9, a3o. 
Braike, ville, tom. II» p. 353; 

365. 
BafiGATio ou BRiGBKTz , ville 

dans le Tirol , tom. V, p. a89. 
Brégatio, ville de Pannonie, 
' tom.V, p. 3ii. 
Brème, ville, tom. Y, p. 3o3. 
Bbbmeiv, ville, tom. Il , p. 3a5 , 

3a6. 
Bbémus ou BéLiNUg. FojrezJié» 

lin us. 
Brehke-le-Cohtb, ville, t. II, 

p. 364,366. 
Brbbiius , fils du roi de Breta- 



gne Danvallon,. tom. n, prëf* 

S. i.— 3r«,3i9,3ai,3a3,3a5» 
37f 339, 341, 343, 345, 347» 
349» 35 1, 353, 355, 3S7, 359t 
36i, 369, 373, 4i3, 4i5, 417» 
418, 459. 

BftEsciA, place forte, préE p.9. 
— 473. 

Brower, antiquaire, tom. I, 
p. 118. 

Brué, géographe, t. II , p. a54. 

BauKBuuLDB, fils de Bavo-le- 
brun, lui succède dans le sa- 
cerdoce de la ville des Belges, 
tom. ly p. 3i9, 3ai, 3a3, 3a5. 
3a7, 3a9, 33 1, 333, 335, 337, 
339, 341, 363, 365, 367, 369, 
371, 38i, 383, 407; tom. Il, 
p. 149. 

Bruketto • Latiiti , historien , 
tom. m , p. 440. 

Bruho, grand-prêtre des Belges, 
tom.I, p. 369, 371, 38i, 383. 

Bruhok, archevêque, tom. I, 
p. 56. 

Brutus , chef des TroTens , roi 
de la Bretagne , tom. I, p. 139, 
i4i, Î73, a63, a7J, 3i3, 3ai, 
407; tom.II/p. io3, a 17, a83| 
3a7, 35 1, 459; t. III, p. 391» 
393. 

Bruxellbs, ville, t. II, p. 867, 
369; tom. m, préf., p. 18; 
tom. IV, préf. p. 11 — 463. 

BuG.vi.ioou BuscALUs, l^torieii, 
tom. II, p. a5o, a5i. 

BuBRRus , préfet du prétoire, 
tom. IV, 33 1. 

Busifiis,tom. y, p. xaS. 

BuTUROTB, ville, ton^ IH» préf. 
p. 18. 

BuTLEB , historien , t. IV, p. Soo, 
3xa. 



Cadmus, Phénicien qui a con- 
tribué à civiliser les Grecs, à 



Athènes et à Argos, tont. III, 
préf. p. 7 ; tom. Y, p. 1 a3. 



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TABLE. 3ag 

C^EciLTus , consul, t. III , p. x3. Cauist (dom ), lilslorieo, 1. 1 , 

Cabl, duc de Gloceslre, lom. V, p. x 19; tom. IV, préf. , vi , — 

p. 171, 173. aia,38i. 

Cjbsib, t. II, préf. p. IV. Foyez Calpurkib, femme de César. 

CisAB. lom. m, p. 889. 

CaIpub, grand-prétre, tom. IV, CALPDR2fiu8-Piso2r,coosul,tOin. 

pré£ p. Ti. — i35 , 147, 149, III, p. 10. 

181, ai5, a57. Ch-purhius, préfet de Romcm 

Caîos (saint), pape, t. IV, p. 807. tom. V, p. aog. 

Caîus - Aaruivs , chevalier ro- CAii:BEB,ducdesHnDs,toro. II 

main, tom. lU, p. 3a8, 829. p. ii3, 127, i3i , x35, 143 ' 

C1ÎUS-CALIGUI.A, petit<fils de i5i, i53, i55, 157,508,207, 

Tibère, empereur romain, a59, a6t. 

lom. m, p. 3a4, 825; t. IV, Cambisb ou Cambises, roi des 

p. 263, 265, 269, 271 , 278, Perses, tom. II, 281, 257, 27c', 

175 ,^77, 279, 807. 271, 272, 273, 274, 275, 277, 

Cuus-Duiuijs, consul romain, 435. 

tom. II, p. 427. Cambrai, ville, lom. I, p. 176; 

Caîus-Fabius , chef de légion tom. II , préf. xi, — - i5i , 819, 

romaine, tom. III, p. 3i5, 857; tom. III, p. 81,91, ii5, 

3i6 , 825 , 841 , 858. 207, 489. 

Caîus-Falcidius , tribun, t. III, Cakbbidge, ville, 1. 1, p. i53. 

P- 409. Cawa, bourg de Galilée, t. IV 

CaIus-Jultus-Cesar, tom. III, p. 67. 

p. 38 r. Fores. CisAK. Canjtes, village, tohi. II, p. 446 , 

Cuus-Mabios, consul, tom. III, 447. 

p. 10. CAifTOABéRi(IIaimonde),t.IV. 

Cijus-Popiujus, patricien, t. III, p. 876,877. 

p. 1 1 , 12 , 18. Capelli, Marc-Antoine , chro- 

Giîu8-Sbxtius-Cai.vikus, con- noiogiste, tom. IV, préf. ix. 

sul , t. III, p. 18. Capharnaum, ville , tom. IV, 

CAÎus-TBBKifTios-VAaEoii , con- p. 69 ,' 79 , 108. 

soi romain , envoyé contre Capis-Silvjus, roi des Latins, 

Annibal est défait par lui , et tom. I, p. 261. 

perd la bataille livrée près du Caprais ( saint) , marlir sons 

TÎllage de Cannes en Apulie, Dioclélien , tom. V, p. 127. 

où les Romains perdirent 44 Capbbb, ville, tom. IV, p. 259. 

mille hommes, t. II,p. 44/* CARADOGus,ducdeCornouailles, 

C&îus-Trbbonius , général ro- associé avec le tiranMaximièn, 

maio , lom. III, p, 825. lom. V, p. 299, 801 , 8o5, 807. 

Calicui.a , empereur, toju. IV, Caracaixa ( Aurèle - Aulonin ), 

p. 4 IX- dix-huitième empereur ro- 

Cauxts (saint), pape, marlir, main, tom. V, p. 88, est as- 

lom. ÎV, p. 807 jl. V, p. 81, sassiné près d'Êdesse , dans 

85 , 87, 99. Le même que une expédition contre les 

Caixists (saint), pape, marlir, Parthes, p. 85. 

lom. IV, p. 349. Cababus, roi de Macédoine, 

Cai^listhànss , philosophe , t. II, lom. II , p. 3 7. 

p. 389. Carchémis, ville, t. II, p. ii3, 

V 22 



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33a 



TABLE. 



Cariji» empereur romais» t. V, 

p. Il5, 117. 

CiAiK4 ou CiAiTiA » viUe» 1. 1» 

pw 4^5. 
CiBurÉB ou CAua%» TiUe» L I, 

p. aSi, »iS5, 407; lom. Il» 

p. aSg. 
CiRZQTiBt viUt» IQU). I, p. 1^. 
CiALOMAjr , frèxe do C^rlema- 

gne, pre«4 l'MMt mopaalèqui^ 

t.V, p. aSot a3^. 
Càalojiij^ I dit Peptii , fils de 

Charlemagne , tom. V, p^ m3o. 
CuLBmvTi», roî dos Latioa , 1. 1, 

p,^6i,?«*. 
CiUuii|BX9 (de)» historien» \. I, 

p. aa. 
Câethâob, viUe, t. II, préf*» i* P- 

449.453,454, 455, 471» 475, 

477» 479» 4«i. 
Carthaobhb , ville y t. II, p. 45 1. 
Cabvs*Logijs ou ÇmiwMitMV f 

peut-être QuABi^vov, l. II, 

p. 875 , 317, 343 ; t. V» p. 116. 
Cassabdbi^, roi àe ICecédotiie, 

tom. li, p. 39. 
CâMBL, viUe, tom. ni, pi. 364. 
Cassiodobb, auteur, tom. V, 

p. 189. 
CA^aut-C^Aiftâi» trjbmi» t. iV, 

p. «73. 
Cassius, gouverneur dA Sirie, 

tom. III, p. 107» i49> 391, 

393. 
Cftaeive (Diob), luUnr, t. IV, 

préf. B|Vy XV. 
Camius (siiot)» martir sons Dio- 

détien , tom. V, p. laS. 
Casbivbxxabos, roi oe la Grande- 

Brelegoe, tom. III , p. 3i9, 

Casvicvs ou Castakbstus le Se- 

quanien , tom. III, p. ia8, 

xa9. 
Castob , préfet de Mîthridate , 

tom. III , p. 63. 
CiaroB etPoLLcx, tom. I , p. 1 3 1 ; 

tom. IV, p. a67. 
CavaSbiçcalàs, tom. III , p. i aft. 



Catatvlous (due), lom. fU, 
p. 3a6, 3*7, 335, 339, 355, 
359, 377. 

CATBAU-CAlUBBisiS , TlUe, t. U , 

p. i53. 
CAXHBBurB, vierge, souffre le 

martire à Alexandrie avec eiu- 

quante orateurs, tom. V, p. 

i83. 
Catijuba, coBMpiratenr romain, 

tom. m, n. 54 , X09, Ms. 
Catov, philosophe, tom. I, n. 

37 ; lom. II , IV 477* to°^ ^> 
p. S9, 60,61 , 340 ,a4i» s5i, 
j63, 265,363; t. IV, p. 7, 9. 

CATUI.LB, tom. XII , p^ 108, f 09. 

Catulus , général romain, t lu, 

p. 19. 
Cavbabvb (saint), évéqoe de 

Chartres , tom. IV, p. 439. 
Cavb , historien, tom. FV, p. Sa. 
CàoihR ( sainte ) , vierge martire, 

tom. IV, p. 349 ; tom. V, p. I7. 
Cboiba, officier de Vitcllius, 

tom. IV , p. 407- 
Cborofs, Phénicien qnî a oon* 

tribué à la civilisation 4e$ 

Grecs à Athènes et à Argot, 

tom. III, pré£ VII. 
CioBéBus, moine historié» , U 

IV, p. a3a. 
Gbillibb (dom% historien, t. IV, 

préf. xin; tom. V, p. 184. 
QéiiwiiiiM^ préfet de Rome^ U V, 

p. 117. 

Cblsb (saint), tom. rV, p. 3i3, 
3i5, martjr sous Diociétieo, 
tom. V, p. i%j. 

Cblsb , Jules , historien , tom. I, 
p. 35,73. 

Cbos, ville, tom. II, p. s44* 

CipHAs, Simon Barjooe, disci- 
ple de Jésus, ton. IV, p. 63k 

CàBAiTBUs, nommé aussi Plolé» 
mée, roi de Macédoine, t. II , 
p. 39. 

Cbrès, tom. m, p. 19, 63. 

CisAiBB, marllr son* ChmeU, 
tom. V, p. 109. 



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TABLE. 



CiiàM, (Jules) eiBpereur t*oiiidin, 
tom.I, p. a, 6,7,61, 83, a65, 
a63, 341; tom. II, préf. iv, vi. 
— Jo3, 187, «5i, »6i ; t. m, 
pré£ i,ii, VI. — a9,47,48, 
5i, m, 116, 117, X19, laOy 
lai, lat, ia3, ia4, 117, ia8, 
i3a, i36, 13;, 141, 144,143, 
145, i46, 147, tiS, 149» ï5x» 
i5a, i53, i54, i55,i56, 157, 
tSd,i6i, i63, 164,165,167 
168, 169, 171, 173, 175, 177, 
«78,179.180, i8i,i8«, ,85, 
ï89.i9«»T93, 194, 195,196, 
'97» «99» «01 , aoa, ao3, ao5, 
ao7, ao9, m, 1,3, at$, a,g, 
ail, aa3, aa4, aa5, 337, 538, 
»«9» «33, a35, a37, a39, a4o, 
a4ï, a4a, »45, a46, 349, aSi, 
My aSS, *57, a59, a6i, a63, 
a65, a67> 269, 171, 378, 276, 
^77» «79. a8i, a85, 287, 889, 
;9λ?»7»*98,>99»56%,3oa. 
3o3,3o5,3o7,3o9,3ii, 3i2, 
3i3, 3i4, 3it5, 3i6, 817, 3i8, 
3i9,3ao, 3ai, 3aa, 3i4, 3a5, 
3a6, 3a8, 3a9, 33i, 333, 338, 

!^4*?^5'L1^' ^47, 349,350, 

35i, 353, 355, 356, 357, 358, 
«59,361,363,367,369,371, 
875,377,379,381, 38a, 385, 
^89,391, 39a, 393,395,397, 
399» 4oi, 411, 4a5, 467; loin. 
iV, préf. viii — 7, ,7, 5r, 
^7;iom. V,p. i5,3i3. 

C^3AA,toiii. II,p. a58. 

Cfe^m-AvousTE, For, Angnste. 

^ft^aii» de GBtopadoc«, viHe, 
BWB. IV,p.63,i79. 

tîsAlr)iai de Palesthie, ville, t. 
lT,t>. 149. 

CiUAmisdei^tiilîppe, viRe,!. IV, 
p. 5S. 

CEssoaix, toiii. m, p. ai. 

Cfstiis, boorrean au acrvîce àe 

Néron, lom. IV, p- 365, 369, 

S73. 
CcTHiGin , tbm.lll, p. 109. 



33i 



Chaloms , ville , lom. Il , p. 104 

toiD. m, p. au; loin. IV, 

p. 339, 38;, 388, 389, 391. 
CiiàM, fils de Noé, occupe FA- 

frique, tom. I, p. 93; t V, 

p. a43. 
Champoli.10», savtnl français , 

tom. IV. préf. 111. 
GaAlai.sMA6vB, roi des Francs, 

tom.V, p. a3o, a3i. 
GaattutMoxT, ville, 101%. II, 

p. a95. 
Ghahles, fils de Chartemagne» 

tom. V, p. a3o. 
Chabzjbs VI, roi de France, t. 

m, préf. XV. 
GHAiii.Bs Martel, roi des Francs, 

tom.V,p.i3o, â3i. 
CHAPBAUV11.LS, liistortefi,tIV, 

p.3oo. 
C11AS1.BA01 , vHie , t. IV, p. 34a. 
Gbabtkbs, viHe, t. II, p. aS3. 
CusHULPs , duc des Mortbs , 

lom. II , p. 339. 
CiixiiBflfoir , slofcien , tom. V, 

p. 67. 
CnjâBiLTMOir , roi des Morins, 

lom. It, p. ^19^. 
OiivvBMOKT, ville, t. II, p. f as, 

i3i. 
CaiAvAE , ville, tom. I , p. 409 ; 

tom. II, p. i3o, i37, 143, aoo, 

a5o, a6o, 819, 35 1 ; tom. III, 

p. a5, 43, 44, 45, 49, 1 15, ao7, 

a63, a77, 344, 4<y3, 465. 
CrnàvABs (seignettr de) ,1^. I , 

p. 46. 
Chiz.d]6aig, roi de France, t. m 

p. a47. 
Cttiix>ir , un des sept sacés de l|t 

Grèce , toib. II , p. a43 , ^44. 
OiiMAt ('seîj|;toeur de) i. î,î>. 46, 
CsfoviB^t lAtmi (saintes) ,tnar« 

tires sons Dioctétien , tom. V, 

p. ia7. 
Ghoav, tom. I, p. 29. 
Chbisautbb (saint), martir sons 

NuroWWi , tbm. V, p. lï? . 



L 



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33i 



TABLE. 



CHHisoGOirB ( saint ),inartir sous , p. 35^ 79>B<> 219, 367, a83, 

Dioclélîen , lom. V, p. 1 27. lom. III , p. m, 117. 

Chrisostoms (S. Jean), toin. IV, Claodigus, tom. III, p. ai. 

p. 37, i85. Cl&bémuvdihb, lom. II, p. 397. 

'Zhristikb (sainte), roarliresous CLiRiiirtTSy chet'irojen , tom. I , 

Dioclétien , lom. V, p. 127. p. ao5. 

Christophe , martir, tom. V, p. Clarikee, ville, 1. 1, p. a53 , a55. 

i85. CLARnréus bâtit la ville de Qari- 

CicÉROir, philosopbe, tom. I, née, tom. I, p. a53, a55. 

p. 378; tom. Il, p. 178, 375, Cliudb, empereur romain, t II, 

3a9, 379, 4a5, 45o, 45i;tom. p. a65; t. III, p. 447, 463,465, 

III, p. 53, 59, 61, a4»> a63, 467; lom. IV, p. 373, 377, 

a65, a67, 3i6, 3a5, 333, 439* 279, a8z, 291, 397, 3ox, 307, 

CicÉaoK, consul, tom. III, p. 309, 319, 3ai, 3a3, 335, 33i 

108, 109, 3i3, 3i5, 3419 345, Claude , nommé 



347, 349, 35 1, 353, 357. 
CiMBÉRius , duc des Éduens, 

tom. III, p. 179. 
C1ME1.LB, ville dans les Gaules, 

tom. IV, p. 3 1 3. 
CiirsA, consul, tom. III, p. 5a. 
Cijrirus, roi de Macédoine , t. II, 

p. 37. 
CiPRiBH (saint), évéque, roar» 

tir, tom. V, p. io3, 107, 137, 
CiPRis, nièce du roi des Arabes, 

tom. III, p. 107,413. 
CiR (saint), mirlir, tom. V, p. 

87 



aussi Decc, 

empereur romain , 349 ; t V, 

p. io5, 109, III. 
CLA.UDIUS, duc des Romains, 

tom. III , p. 437, 439. 
CL.iUDius - Marcellus, consul 

romain, lom. II, p. 37a, 373, 

387, 446. 
Clbartub , stoïcien , Jiom. II , 

p. 4^5. 
Clbarqub , historien , tom. II , 

p. 309. 
CiJBfMENT d'Alexakdrie (saïut), 

historien , tom. IV, p. 3oo; 

tom. V, p. 57, 63. 



CiRci, magicienne (lui changea Clémbkt (saint ), surnommé 
les compagnons d'Ulysse en Flavius, disciple de S. Pierre 



bétes, tom.I, p.-a85. 
Cirèhb, ville, lom. II, p. 57. 
CfRiiQCE (saint), martir sons 

Dioclétien, lom. V, p. 137. 
C1R14QUB (saint) , évéque de Je- 



tom.IV,p.3oi, 307,379,381, 
383, 437, 419* Lie même que 
Clémeiît (saint), pape, L fV, 
p. 331,385, 313,377,379, 
45i. 



r.^!^^ TnrVîr 3^ CiioP.TRB, fille d'Antiochus-le- 

rusalem, mnrlir sous Julien ^ j . it . /<:r • ti» 

rAposuî, tom. V,p. 375. Grand,lom.II,p.465;tIlI, 

Riiii,fillederempel-eurDèce, ^ P/^'» ^'7» ;»9, 383» 4", 4«7- 



ClRIIXB,filli 

tom. y, p. 109. 
CiBus, roi des Perses, tom.I, 



Cléopuas, père de S< Jacques- 
le-Mineur, tom. I , p. 53; t. IV, 

p.T7,3.,'379:44T;\om:n: r^: ^''^^''^l' ^^\ 

p. 41, «73, 189, i97^^a, 333 ^,^"î^» (M«rie de), sœur de 

339, 33i. 333, 335, 339) 34r, ** ^"^'*«^' ^^"*- ^' P- ^^• 

343, 345, 355, 356, 357, 371,, CtET (saint), pape, tom. IV, p. 

373, 377, 381, 307; tome III 307,377. 

p. 85. Clbv^ , ville , lom. V, p. 3o5. 

Ci.àiRRMB\uD , historien , t. I, Closius, lom. IV, p. 49. 



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TABLE. 333 

Clusiom , ville, tom. II, préf. lu, Govdbo, dac des Islrieos, t. II, 

p. i3i. 



Caîus - FuLvius , côdsuI ro- 
maÎD, tom. II, p. 449* 

Oriud - CoHHKLius - LKirTui.cs , 
consol , tom. II , p. 43x. 

CoBLEBTz, ville, tom. II, p. a65; 
tom. V, p. 3o5. 

CoDius , roi , tom. I, p. 37. 

CoLBKRT , éditenr , 1. 1 , p. 170. 

CoLciiBSTBA,¥ille,tom.V,p. 175. 

GoLXAB, ville, tom. Y, p. 309. 

CoLOGJrx, ville, tom. I , p. x53, 
3a5 , 435, 437 ; tom. IL , p. a4; 
tom. III, p. aoa, ao3 ; t. lY, 
p. 3ii, 4<^7> 447 » lo">- V, p. 
17, 3o3. 

Colomb* (sainte), vierge mar- 
tîre, tom. IV, p. 349 ; tom. V, 
p. II 3. 

C6irB (saint), marlir sons Dio- 
clétieo , tom. lY, p. 349; t Y, 
p. 127. 

CoMMt ville, tom. lY, p. 453. 

CoMESTOB , auteur , t. II, p. 5 1 , 

«77, a8g, 3i3, 435, 46'» 4^^» 

467, 4'^9; 'on™- MI, p. a, 5, 

i5 , 56, 57, loa , To5, 119, 

378, 389, 393 ; tom. lY , p. 1 5 , 

17, ao, ai, a5, a6, a7, 33, 35, 

59,61, 65,69,71, 99, III, 

1x3, lao, ia7, 12g, i33, 137, 

i53, i55, i59, 160, 167, 171, 

175, 177, i8f, i85, 189, igr, 

ao5, a3i, a57, a76, a89, 3i6, 

3 17; lom. Y, p. a. 

CoMsràs, mage, tom. Il, p. a75. 

CoxMODE, empereur romain, 

tom. IV, p. 349 ; tom. Y, p. 

j5, 19,21, a4, 27,39,31, 33, 

35, 37, 4x, 43, 49»5i,55. 

CoxriÈGVE, ville, tom.I,p. a55. 

CoKcoaoK (saint ) , martir , t. Y, 

P x7- 
Coxoéy ville, tom. I, p. 3a i, 
460; tom. II, p. i36, 148, 
193, aia; tom. III, p. 344, 
3^7, 368. 



G>BDB02r ( le duc), tom. II, p. 

"7v 
CoHHUvx^iTA, mère des princes 

Breonus et Bélinus, tom. II, 

p. 343. 
CoHSxDivs, officier de César, 

tom. III, p. 157. 
G>HSTAKGB, fils OC Constantiu, 

tom. lY, p. 349; t. Y, p. ia5, 

167, 169, 177, 180. — Règne 

à Rome, tom. Y, a59, a6i, a63, 

a65, a67, a69, a7o, a7i, 373, 

a75, a83. . 
CoBSTAiiT , règne à Antioche , 

tom. Y, p. a55, a6i. 
Cobstau TiA , sœur de CoDitance, 

tom. Y, p. a69, 373. 

G)KST4irTIB-I.B-GBAHD, CmpC* 

reur, tom. lY, p. 309, 349; 
tom. y, p, 171, 173. — S'em- 
pare de Tempire de Rome, 175, 
179, 180, 181, i83, x85, 187, 
189. — Il est attaqué à Rome 
d'une lèpre affreuse. Il se fait 
catholique, p. 191, 197, 199, 
ai3, aa6, aa9, a35, a37, a39, 
a4i, 243, 245, 147, 25 1, 269, 
a75. 

CoifSTAJfTiir-WB-JBUBE , trcutc- 
cinquième empereur romain , 
règne à Constantinople et par- 
tage l'empire avec Constance 
et Constant , tom. Y, p. a55. 

CoiTSTAMTiiroPLE , villc, tom. II, 
préf. II ; tom. III , p. 48; t. Y, 
p. a 19, 229, 255, a57, a59, 371. 

COPEHHAGUR, vlllc , tOm. lY, 

préf. XIX. 
CopBBs, révérend père, tom. Y, 

p. 309. 
CoBOE, ville, tom. I , p. 4a9* 
CoBDEn:LA, fille de Léar, roi de 

Bretagne, est mariée à Aganip- 

pus, roi des Francs, lom. I, 

p. 4i3. 
CoBDOUE , ville , tom. lY, p. 3 a i . 
CoBÉBus d'Élide, tom. II, p. 43. 



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334 



TABLE. 



CoBiiricJS, Troyen, 8*étabNt vteé 
ses compagnons dans THe d'Al- 
bion > après avoir tué lesgéans 
qui Toccupaient, t. I,p. 171. 

GOAivTHit, tille» lomil, p. %yS^ 
379, 181; lom. II, p. 4t ; 
loin. IV, p. 317. 

CoRKULLii, batisé par S. Pierre , 
tom.IV, p. »49> ^i- 

CoRif siLLs (saint) , pape, nNirtir, 
tom. rv, p. 307; tom. V, p. 9$, 

97» 99' 
^RHÉLiB, mère des Gracques , 

lom. II, p. 45i. 
GoBHéuus-AsivA , consul , t. II, 

p. 4ï>7- 
G>avéuus-Nipos , 1. 1, p. i3i. 
GôBirsLnjs, prince de Trêves, 

tom.IV, p. 3ti, 3t3. 
P. Coair^cs-SciHoir , consiil , 

tom. It, p. 45i. 
C. CoRsÉt.ii7s • G^ixtis, poète , 

lom. III, p. 417. y oyez Cvéus. 
CoRiréLius-SBVBRVs, poète, t. 

in, p. 444. 

GDRjruvus, savant , n V, p. 67. 
Costa, tom. III, p. 36i, 363. 
CovBôjrfTB (sainte ) , vierge roar- 

tire, tom. V, p. ly. 
CousiK, historien , t. II , p. 3o5. 
CbaÔbb, ville, tom. II, n. 90. 
Cbassus , consul , tom. III, p. 59, 

60 , 107, a4o , 94t» aSi , ft63 , 

473. 
Cbatoh, philosopbe, tom. V, p. 

1^9, 301. 

Cbatés le Comique, tom. II, p. 

393, 4«>, 4î»3. 
^BATiviTs, attteur, tom. II, p. 

393. 
Caivoift, tille, tofti.III,p. 109. 



GaBPiv (saint), martirsoos Dio> 

ciélien , tom. V, p. 139, 13;, 

139. 
Cbbpihxbv ( saint ) , martir sont 

Dioclétien, tom. V, p. 139, 

137, 139. 
CaiQUi, ( manascrits de ), t. ID, 

préf. XI. 
CBBscBNcm (sainte), mtrlin 

sous Dioclétien, t. V, p. 137. 
Cbésus, historien, tom. I , p. SS; 

tom. II, préf. II , p. 393, 397. 
Caisus , roi de Liaic, tom. U, 

p. 343. 
Cbbvibb, historien , toiA. IV, 

préf. TX. 
CÛixov , tom. II, p. 445* 
Gbispibus , t. Ili , p. 4*1 9 4^» 

437. 
Crispus , fils de Constantin, t 

V,p.35i. 
Crispus , chef des ^tofeiens, t II» 

p. 435 ; tom. III, p. 375, 397* 

336, 337, 333, 341, 343, 353^ 

367, 377, 397. 
Ct^ias, auteur , tom. II , p. 377, 

3ii. 
CvcuPAT, (Saint), martir, sons 

DiocMtieu, lom. V, p. 137. 
CuMAKA, sibilie de Cumes qui 

apporta a Tarqdin Tancian 

9 nvres dans lesquels étaient ^ 

écriieè les destinées romaines, ' 

tOHÉ. I , p. 379. 
CuMBs, ville, tom. I, p. 379; 

tom. IV, p. 55. 
<îu»itN>H , fils de Vénus » tom. I, 

p. 357; tom. II, p. 309. 
Ctaxabés, roi de» Mèdes, t Ii 

p. 443. 



D. 



Dabir (le temple du) lom. I, Daibb ( saint ) , martir sons 
, p. 399. Numérien > terne V, page 

iHoeBCRT, rbi , tom. I , ^. 17^. 117. 



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TAiUL 



aas 



p. a57. 
Oauiatiiis » fipèfftt dU renpateuv 

GontUntio , tooi. V, p. 969. 
Damas, ville, t. II, p. $7, 278; 

to«.IlI,p. 99. 
0UIASX , pap0» tom. IV, p. 3o5, 

3o7;l«iii.V,p. »$9. 
Damtejt (mIdI), martir, t. IV, 

p. 349; ion. V, p. 137. 
Dajt , TÎIIç, loin. I , p, 389. 
OlAV, ib d«Bala, «onrADle d« 

RacM, Ion. I, p. Si, 53. 
SiASAfts, lom. Ul, p. 99. 
Davxbi., propbète, l. I,p. i5, 
a5, 41,57; ton. II,j». 119, 
161, 177, 187, x88, 189, «17, 
a3iy a.i4> a35, ^37, 38i, 3g8, 
399, 433, 457, 463; lom. lil, 
p.4i4»4i5, 
I^Âmius, roi do Pen^, tofli.1, 
p. 3x; ton. II, p. 173, a«3, 
aa7, j3i, a37, ^77, 379, a8i, 
a83, a84, a85, 3o6, 307, 38i, 
383, 389; lom. IV, p. 57. 
Darius le Mède, ton. II , p. a a 7, 

a3i» a33, 334» a37. 
JXàfijus-NoTHin, roi dea Perses, 
ton. n , p. a3i, 307, 3o8, 309, 
3io, 3ii;lom.III, p. 4i5. 
Damxo; fib d'Àrsane , roi des 

Perses, ton. II, p. a3i. 
{katus, fiU deXeriès, ton. U, 

p. «87. 
IUrtvs-Ochus , roi des Perses, 

tom. II, 375. 

Datid, roi, tom. I, p. 39, 3i , 

369, 377, 3i5 , 3i7, 367, 391 ; 

loffB. ni, p. 449; ton. IV, 

p. 5, 17, a3, 95, 177, 197, 339. 

PifccBv empereur, I. IV, p. 349» 

3«7 ; tom. V, p. 93, 95, 97, 99. 

Dacnis, chevalier romain, 1. 1, 

p. 37. 
DBGAin.i.s, tradacteor, lom. IV, 

prêt xxti, 
OÂrocAs , rot des Hèdes, lom. I, 

p. 443. 
Dk»«bs, Tille, tmn, I, p. Î77, 



4or; ton. II, p. 4i3, 4«S« 

418. 
Dimànna, tom. V, p. to3. 
DéMiraivs, roi de mcédoiat » 

lom, II > p. 39. 
DjâitiTBius , roi d*Asie , p. 4#5, 

409. 

PiMiTaiUS-D«*PBALàRl , I. ^, 

^443. 
Pn^aiirs-SoTsm, roi de ^lie, 

tom. U. p. 473, 474, 475; 

ton. III, p. 3. 
PwiT&ius, éféqoe d'AlesM- 

drie , martk, t. V, p^ 6^ 139. 
DsicpcRiTB, pbllosc^lie, t II, 

p/175, 176, 177, 179, i8i» 

3^3 , 3o3. 
Dâmo^MBànvSp orateur aihéoîen, 

tom. II, p. 374, 37^1 1019. m, 

p. 170. 
Dshis-d*Halicaxv4SS«, histo- 

rieo, tpm. I,p. 138; Ion. H, 

préf. X. 
Dsvis-u-PaiTiT, tom. V. p. $8. 
Duns-iA-TiBAv, tom. II, p. 33o, 

33 1, 376, 
DBKis-D\AxBXASDmiii, lom. V, 

p. 95, lOI. 
Diiris (saint), évéque djQ Paris, 

tom. rV, p. 385, 387. 
Dmiris, évéque de CorioUif, t V, 

p. 17, i37, i39. 
Dbkis ( saint ) TAréop^ile , 

évêqnc d*Albèpes, tçn^. IV, 

p. 3 16, 3x7, 387, 437. 
Diaris (saint}, pape, tom» }V| 

p. 307; tom. V, p. 109, ip. 
Drxtoh , tom. IV, p. 3i3. 
Dbsfautàrs (Jean), tom. Il, 

p. ia8. 
Destigholes , historien, tom. I, 

p. 443. 
Drucauor, ami de Priam , 1. 1, 

p. x83. 
Dbwez, historien, I. III, préR 

p. 18, 19 ; tom. IV, p. 4(f3. 
DiAHE, tom. I, p. 367, 397. 3o(it, 

36i;t. II, p. »93, 395,417; 

t. III, p. 73, ai. 



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336 



TABLE. 



DiDiEB , tom. V, p. 77. 
DiDiKB d'Alexandrie y lom. V, 

p. 293. 
DiHA , lom. I, p. 53. 
DiKAKT, ville, tom. II, p. 293, 

DiocLÉTiBir , empereur , t. IV, 
p. 307, 349; lom. V, p. 117, 
119, ia3, laS, 137, 129, i3i, 
i35, i55, 167, 169, 177, 181, 

a49- 
DioDORE de Sicile, historien,, 

tom. I, p. 128,478, tom. II, 

p. 3 14» j3o; tom. III, préfl 

▼II. p. 85, 108, 109. 
DioGàffBs-LiKHCB,' auteur, t. n, 

p. 112, 178, a44, 3f4, 317, 

3a8, 3^9,381, 4aa;tom.IU, 

p. 58, 59. 
DiOGÀKEs leCinique, tom. II, 
• p. 3a9, 333. 
DiOGBvEs de Babilone, tom. III, 

p. 61. 
DiooHÈTB, auteur, t. I, p. Ta8. 
DiOMàDB, pHnce grec, député 

ve^sPriam,tbm. I,p. i33. 
DioMÈDES, tom. II, p. 176. 
Diokisius-Catoh , auteur, t. III, 

p. 61. 
DiospoLis ou Lidde , ville , t. IV, 

p. 248. 
DiRRACHiuif , ville, tom. III, p. 

379, 38i. 
Divicoir , chef des Herciniens , 

lom. III, p. 147, i5i, i53. 
DiviTiicus, général, tom. III, 

préf. I. 
D1VITIA.CUS , duc d'Autun , t III, 

p. 129, i55, 173, 183,209, 

219, 223. 

DooAU, père d*Éiiezer, tom. I, 

p. 393. 
DoDOHB , ville, t. III, préf. ii. 
Domiciixb( sainte), vierge, tom. 

IV, p. 45 1. 

DoMiTiBji, empereur, tom. IV, 
307, 3 II, 347, 349» 409, 435, 
437» 439,441, 445, 447- 



DoMimor, sôus^iacre , tom.IV> 
p. 38S, 387. 

DoMiTius (Cnéas-Ahénobarbos), 
consul, tom. IV, préf. xin.— 
325. 

DoMiTius (Cnétts-Calvinus), cou* 
sul , tom. IV, préf. xi, xiv,if. 

DoMiriH (saint), marlir sous Dio- 
ctétien , tom. V, p. 127. 

DoKAT (saint), marlir, tom. IV, 
p. 349; tom. V, p, 275. 

DoKAT, grammairien, tom. I,p. 
39; tom. V, p. io3, 267. 

DoiTATiEv (saint), marlir sous 
Dioclétien , tom. V, p. 127. 

DoRDRBCHT, vilIc, tom.I, p. 53. 

DoRis, femme d'Hérode TAsca- 
lonile, tom. III, p. 41 1* 

DoRiscus, roi dç Laoédéniooe, 
tom.I, p. 279. 

DoBXARs (les sept), martîn, 
tom. V, p. 95. 

Dorothée ( sainte ) , vierge mu* 
tire, tom. V, p. 127, î83. 

Dorothée, révérend père, U V, 
p. 307. 

Dorothée (saint), et ses com- 
pagnons, martirs sous Dio- 
clétien, tom. V, p. 125. 

Douai , ville , tom. I , p. 176 ; 
tom. II , préf. XI ; tom. V, p. 

49. 
Drusus , général romain , t III, 

p. 435, 437, 439, 447» 461 f 

463,465,467,468,469,473; 

tom. IV, p. 55, 279. 
DuisBOURG, ville, t. V, p. 3o5. 
DuLAURB, auteur, t. III, préf. x. 
DuMMiSAS, roi de Macédoine, 

lom. II , p. 37. 
DuMKORix, frère de Diviliacus, 

tom. III, p. 129, i4x, <^4» 

i55. 
DuifKBRQUE, ville, t. III, p. a84. 
DuBVAixov, roi de Bretagne , 

tom. II , p. 337. 
DupRÉ- Galuot , imprioneor , 

1.1, p. 6. 
Du*UT ( Jacques) , 1. 1 , p. 5. 



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TABLE, 
DuptTT (Pierre), tom. I, p. 5. 
DuBBUT, ville , lom. II, p. laa , 

i3i. 
DvBXAU OB LA Mallb, auteur. 



337 

tom. n, préf. IV, X. — iqi. 
373, 387;ioin. ni,préf.T; 
lom. IV, p. a3. 



E. 



Ébbavcds, roi de Tile de Brntos 
(des BreloQs), tom. I,p. 3i3, 
3i5, 3i9, 3ii, 38r. 

Ecbatabb, ville, t II, p. 573. 

ÉcBBSTBATB, FOI dc Lacédé- 
moue, tom. I, p. 279. 

Edojt, tom. II, p. 167. 

ÉoouABD m, roi d'ÂDgleterre, 

tom. n, p. 39a, 393. 

EciB, eanuque, tom. II, p. 3i3. 

EciB, ville, tom. IV, p. 55. 

Egidius, gaerrier, t. III, p. 847. 

Egippus-Silvius, roi des Latins, 
tom. I,p. a6i. 

Éeos-PoTAMOs, ville, tom. II, 
p. 373. 

£la, roi des dix tribus d'Israël , 
tom. I, p. 391. 

ÉiiizAB, grand -prêtre en Ju- 
dée, tom.I, p. 269; tom. II, 

, p. a49» 4x1. 

Elxobobb de Guienne , femme 

d'Henri II, roi d'Angleterre, 

tom. II, p. 395. 

ËuRTTBBRB (saiut), évéqac de 

Rome, tom. IV, p. 307; tom. V, 

ExrPVTBGius, roi de Norwège, 

tom. n , p. 339. 

Éx.TA<mix, père du grand-prétre 
Éliapbat, tom. II, p. 997. 

Élzaxim ou Joacbix ou JéOHO- 
BiAS,roi de Judée, tom. II, 
p. ii3, 1x5, 117,119. 

EuAPHAT, grand-prétre, t. II, 

P- ^97* 
ÉuASiB, auteur, t. II, p. 296. 
ÉtiB dc Tesbe , propbète, tom. I, 

p. 393, 397 ; tom. IV, p. 171 , 

aof. 



ÉLiizBB , prophète, 1. 1, p. 3o3. 
Elioia. ro^ez Liège. 
ÉumAlbch, époux de Noémi» 

tom. I,p. 269. 
Eusabbth (sainte), tom. m, p. 

455; tom. IV, p. 9, i3, 15,85. 
Elisbb, propbète, t. I, p. 397, 

401. 
ÉLiTOvius, général des Céno- 

man8,tom. II, préf. ix. 
Elmodobac, tom.I, p. 37. 
Éi^i ( le saint pontife ), tom. lEL 

p. i65, 167: ^ 

Emajt , auteur de psaumes, 1. 1, 

p. 29. 
Embbuk, ville, tom. III, p. 55. 
ÉMiLB-ËLiBH, lom. m, p. 409. 
ÉuiLiB, troisième femme de Soi- 

pion, tom. II, p. 45 1. 
Émilieit, tom. V, p. 97, 
EMpinocLE, philosophe, t. II, 

p. 291, 3o3. 
EwiB , prince troyen, tom. I, p. 

i33, 137, i83, 199, 2o5, 25i, 

261. 
Éhéb, paralitique guéri par S. 

Pierre, tom. IV, p. 249. 
Éhbb Stlvius , roi des Latins , 

tom. I, p. 961. 
Ekhius, poète, tom. II, p. 471, 
Ekbok, tom. II, p. 55. 
Ehboh, ville, tom. IV, p. 67. 
ÉnoDius, évéque, t. IV, p. 297. 
ÉPBBirAi, ville, tom. II, p. 194. 
Éphàsb, ville, tom. IV, p. 55, 

232, 235; tom. V, p. 271. 
Épbrem, révérend père, t V, 

p. 307. 
Éphrem, ville, tom. IV, p. if3. 
Épicurb, philosophe, tom. II , 

p. 389. 

23 



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338 



TABLE. 



ÉviMAQUB^ Ueutsnant de JuKeo 

r»|io«tBt« martir sous son rè- 

gne,, loin. V^ p. 275. 
Éfutal, ville, tom. II, p. q68. 
Épiphiite, évéque de Salamine, 

tom. V, p. 75. 
Épipuahe, historien, tom. I, p. 

399; tom. Il, p. 168, 169, 171, 

187, *83. 
Epiphakb (saint )^ t. lY, p. 14. 
ËvstBAjiaa, moitte at préir», 

tom. IV, p. 3». 
É&AfliB (saint), évdcpoe, tt aei 

eooipa^oiia^ martiis souaPio- 

clétieo, tom. Y, p. xa5. 
Éiiiss, ville, tom. Il, p. 409. 
ÉAiciiTojrius , roi de Pbrîgîc, 

lom. I, p. 137. 
ÉaiTBBiB (slbiUa d* ), Voy. Éro« 

phtie. 
Érodog, géographe, tom. I, p. 

74, 75, 157, 1*9^»» »7^ 
Ekophilb, sibille d*£ri(hrée, 1. 1, 

p. 377; tom. II, p. 63. 
EaOAiTAPFLB, viUe, t. III, p. 34x 
Emthilb, roi des Athéniens, Lll, 

p. 43, 5i. 
EscHiKss, orateur, tom. II, pw 

374, 375. 
£sci7L\PB, dieu dfl hi mâikctne, 

tom. II, p. 48t, 483. 
EftDBAS, scribe, tom. I, p. 3i , 

4i ; lom. II, p. 173, 389, a9i, 

a99, 3oi. 
Esope, auteur cfe ÊtUes, tom. II, 

p. 129, 
EsTHEB, tom. I, p. 41; tom. II, 

p. 23 1, 272,313. 
Etampes, vilié, tom. 11, p. i63. 
Etiuk, auteur de psaumes, u I, 

Ktibbbb (samt), martir, 1. 1, 
p. 23jtom.lV, ». 199, 2*5, 
227, 23i, 249, 3o6; tom, V, 

p. lOf. 

Etiebste (saint), pape, martir, 

tom. IV, p. 3o6. 
AtiraurB de Bfaance, htaConeu, 

tom. m, p. 85. 



E0BOUU&, sophiale , tom, V, p. 

271. 
EucHBB (samt), évéqne^dbci- 

ple de S. Pierre, lom* W, f. 

aoi, 3o3, 3o5, 3o9, 3ii, 385. 
EuGLiDBs, historien , 1. 1, p. Sg. 
EuDÀXB, roi des Corinthiens, 

tom. I, p. 281. 
EoDOXB de Gnide, philotoplM, 

toniiII«p.3tB,3a9. 
EiTDoxB, évéïpiediaariMa^ tV, 

F- >9«- 
Eoo^BB (saint >f évteue dtTo 

lède,t4Wi.IV,p.59;toi^V, 

p. 137, t39. 
EuG^BiB, vierge mAvtLre, t IV, 

p. 349; lom. V, p. «3, io3, 

137. 
EuLALiB (sainte^, vierge outf* 

tire sous DLoelétien , tom. V, 

p. 127. 
EuLOGius, révérend père» L V, 

p. 307. 
EoMiifB, roi de Bithinie, t. Il, 

P- 419- 

EuBipiDB, philosophe, tom. 0, 
p. 285. 

EuBisTHBB, roi, tom. I, p. 179. 

EûBOFB, fille du ror de Libie 
Agénor, tom. r, p. 9$. 

EustBB, évéque de Césarée dt 
Palestine, tom. V,p. 245, oif 

EusÈBE, auteur, tom. f , p. 3S, 
ii3, 114, 128, 129, 23o, s3f, 
257, 259, a6r, 2«3, 278, 279, 
281, 3i5, 317, 3i9, 3^7, 3?^ 
389, 399,401, 439, 44*>44^ 
478, 479, 480; lom. H, p. I, 
4, 40, 4f, 43, 4<5, 58, 6oi 9»» 
104, 108, HT, 1x4, zi7t 130» 
z2f, i5dv i58, tô», 179, 173, 
196, 216, 218, 222, 223> 229, 
23o, !»3r, 238, 249, M3» «56, 
274, 275, 278, 280, 28», a83, 
284, 285, 287, 288, 290, «9'» 
2^3, 294, 296, 3oo, 303 ,. 306, 
3o8, 309, 3io^ 3ii, 3iS, 3i4* 
îi5,32i,33o, 33^,332,333, 
370, 371, 374, 375, 387^389, 



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I 



TABLE. 



4*1, 4<»S»4o^ 4to, 411, 4t4, 
4a3, 4»5, 433, 434, 436, 437, 
457f 46a, 464, 465, 471, 47^»» 
47$;loai.ni,p.3,5,7»8,9, 
14, i5, 17, 3fy 5sy S3, 54, 56, 
57, M)5, io«, 117, 37Ô, 38r 



339 



Ewfnoinsr (8iial),pi|>«, t IV, 

p. 307. 
EuTAOPB, savant,!. H, p. 438; 

UHIU III , p. 5. 
Euvbrtb( saint), évéqae d*Or- 
»7» **"*, »*'«', **/» **/", v#ï»i , lésDs, tom. V, p. a45. 
38i, 4o5, 410, 414, 416, 473; ÉVAGBB, historien, t. V, p. 7*6, 
tiMB. rV, prêt ui, ir, XII, xni, s$a,3o9. 
xnr,xT, XVI. — 7, «3, 3i, 34, ÉvAiiiSTB (saint), pape, t. IV, 
ÎS, 36, 37, 44, 46, 47, 5o, 5i, p. 807. 
54, S5, 57, ii5, 171, 2S1, aS5, ËvK, première femme, lott. IV, 
jSj, s65, »8f , 299, 3o7, 319, , p. 87 ; tom. V, p. tS. 
3s5, 35 1, 377, 39s, 893, 395, Evxscm (saint), t. IV, p. 463. 
399, 400, 409 > 41 1 i tom. V, ÉviufÉRODACH, roi de Babilone» 
p. 5, IX, 17, ai, 57, 56, 59, 6i| tom. II, p. 173, i75, 181. 
--» A*» «• ô_ K __ _ .» ExAMitJs, père de Tbalès de Mi- 
le! , tom. II, p. ii3. 
ExiPODBAs, fils de Mitfarîdale, 

tom. IIÎ, p. 63. 

ExupjâBiKCB ( saint ) , martir 

sous Dioctétien , t. V, p. 1 17. 

ExirpÀBB (saint ), porte-enseigne 

de la légion thébéenne , t. V, 

p. lat. 

EntDBOVBir, ville, t. III, p. a3. 



63, 83, 85, 87, 91 95, 97, ii5, 

117, 178, 179, i85, 189, aa6, 

«46, a47, 35a, a53. 
Essàra, prêtre , tom. IV, p. 349; 

Ion. V, p. 33, 365. 
EusiBx, évéque de Samosate> 

tom. V, p. 391. 
EusAbb de vcrceil,t. V, p. 398. 
EusiBB, évé<|i]e de Nicomédie, 

tom. V, p. 353. 



EusBBE, Arien, tom. V, p. 357, EzicHiAS, tom. Il, p. 58, 59, 83, 
359. 85, 87; tom. III, p. 411. 

EiJsâBiB, femme de l'empereur ÉzicHiBX., prophète, tom. I, p. 
Constaace, tom. V, p. 378. 35, 4r; tom* H, p- 119, 161, 

EcsiAÇHB, tom. IV, p. 45 1, 453, i65, i85 ; tom. V, p» 71, 78. 
465 ; tom. V, p. 184, x85. 



Fabibv , pape , tom. IV, p. 807 ; 

tom. V, p. 77, 91, 98. 
Fabius Pictob, historien , t. II, 

préf. XI. — 371; t. III, p. 13. 
Fabius l'historien , tom. III , p. 

10, II, 13. 

Fabius, général de Romoins, 

toiB. U,p. 61. 
Fabius, consul, tom. III , préf. 

I, V. 

Fabjucb (saint), martir, t V, 

p. 95. . 
Fabbioius, hiliafien» toi». 1 9 p. 



163; tom. m, p. 444; t. IT, 
p. 82, 335. 

Fabrigius (Jean-.\lbert), auteur, 
tom. II, p. 316 ; t. III, p. 453. 

Famars , ville , tom. I , p. 65 ; 
tom. n, préf. II. — 7 , 9, 77, 
187, 147, ï49» i58, i55, 309, 
3i5, 361, 817, 357, 359, 363, 
396, 397; tom. m, p. 37, 39, 
91,98,95, ii3, 115,307,339, 

359, 368, 365, 367, 369, 371, 

»73, 375, 377, 379, 383, 389» 
-»95» »97» 377t 4®« » 4«» 4«7t 



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34o 



TABLE. 



437, 439, 463 ; tom. IV, p. ai, FsnmioL (saint), prauier éfé- 
339, 341 ; tom. V. p. 43, 173 , que de Besançon » martir, t 
»95, a99> 307. V, p. i85. 

Fakib, fille de Crésas, explique Febsex, fils du roi de Bretagne 
un songe à son père , tom. II, Gorboffudon , tom. II , p. asx 

p. 143 - ^ ' 



FàSVU MERCCTRII , tOm. II , p. 

x33, 137, 143, 147, 193, 317. 
Faxjhe, dieu de la mithologie, 

tom. I, p. 307; tom. II, p. i4i. 
Fausus, roi des Latins, tom. I , 

p. 261. 
Fausta , épouse de Crispus, t V, 

p. a5i. 
Faustb, fille de Maumien-Her- 

cule , est donnée à Tempereur 

Constantin , tom. V, p. 181. 
Faustb (sainte), martire sous 

Diocléiien ,tom.V,p. 129. 
Faustia (saint), martir, t. IV, 



Fbstus , gouverneur en J udée , 

tom. IV, p. 3^5,393. 
FLAMorius, fils du roi de Belgis 

Ândromadas, tom. III, p. s83. 
Flamxkius (C), consul, t. n, 

p. 446, 447- 
Flabdbbbrt, fils dUrsarias, t. 

III, p. a83. 
Flavibh, auteur, 1 1. p. 39$. 
Flavius JOsbph , historien, t. II, 

p. 473. 
Flbubt, historien , t. IV, p. 3oo. 
Flobbok, ville , tom. III, p. 34a. 
Flocbllb (saint), martir; t. V, 

p. 17. 



p. 463; tom. V, p. 197. 
FAnsTUi.us,gardien du troupeau Fwrbkce et ses compagnons , 
royal , po?te Rémus et Romu- ™«'*^»s sous Dioclétien , t. V, 

lus a sa femme Accia Lauren- -, P* '* ', . . 

Flobekt (saint), t. v, p. a49< 



tia, surnommée Lupa, t. II, 

p. 47» 49- 
Faustus CoB2rBi.ius, fils de Silla, 

tom. III, p. io3; t. IV, p. 295. 
FiuciBK (saint), martir sous 

Dioclétien, tom. V, p. 127. 



Floeibv (saint), martir sous 
Dioclétien, tom. V, p. lay. 

Flobibit , empereur romain , t. 
V, p. ii5. 

Florus, auteur, tom. III, p. 5. 



FiLTCiTi ( sainte ) et ses sept fils, Flohus , gouverneur en Judée , 

martirs, tom. V, p. 17. tom. IV, p. 39a, 393. 

Fblix (saint), martir sous Dio- Foi (sainte), vierge martire, t 

clétien, tom. V, p. 127. V, p. 127. 

FÉLIX ( saint), pape , tom. IV, Foktettb, éditeur, t. V, p. ii3. 

p. 807. FoppEKS, auteur, tom. I , p. 4- 

FiLix ( saint ) d'Espagne, martir Fobtia ( le marquis de ) , t. II , 

sous Dioclétien , t. V, p. 1 27 , préf. 11. — 3o5, 442 ; tom. IV, 



263, 265. 
Fiux (saint), prêtre, avec ses 

compagnons, martirs sous Au- 

rélien , Jtom. V, p. 11 3. 
Fbll (Jean), évéque d'Oxford , 

tom. V, p. io3. 
Fbitb^tella , historien et poète, 

tom. IV, p. 55. 
FxAJBux (saint), t. V, p. i85. 
FiaiTAs, envoyé de Néron, t. 

IV,p.369,37i. 



p. 3 16; tom. V, p. ii3. 
FoBTia (saint), martir, tom. V, 

p. 17. 
FoATUKAT, tom. V, p. io3. 
Fb Air cioif, soldat de César, porte 

une lettre à Cicéron , t. III , 

p. 353. 
FBA2f çois ( saint ), tom. I, p. 367. 
FaiBET, auteur, tom. II , p. 41, 

42, 176, 242, 3i4; tom. iV, 

préf. vui,x, XII. - ^ 



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TABLE. 341 

FmisomAi.mm, frère da roi des 387; tom. II , p. i3o, 3ag ; t. 

Bdges, tom. II, p. 93. iv, p. ^9. ^ ^ ^ ' 

FBISCSMB11.DUS n, roi belge, t. Fui.vni, femmed'Aotoîne,t. IH, 

II,p. 95, io3, ii5, 117. p. aSa. 

Feuctueux (saint), évéqoe, ï'ï^''^*jjy».(Minutîiw), procon- 

martîr sous Vûlérien, tom. V »"» ^ Asie, tom. IV, p. 461. 

p ,0, » » Fuscnsir ^ saint), marlir sous 

^'^' DiocléUen, tom. V, p. laq, 

fvjAMMcm, auteur, 1. 1, p. 341, 137, ,3^. ^ 



G. 



Gabaa, ville, tom. I, p. 377. 
Gabutius, consul, tom. III, p. 

3x, loi, io5, 107, 108. 
Gabbul (saint), t. IV, p. 247. 
Gad, tom. I, p. 53. 
Gail, traducteur des œuvres dé 

Xénopbon, tom. II , p. 3o5. 
Galba, roi des Soissonnais, L 

m, p. 343, a53, a55, 291, 

^9^f S99» 401, 4o3. 
Galba fils, tom. III, p. a43, 

Galba, général romain, t. III, 

318,319,363,367,377,397. 

Galba, duc de Tournai , t. III, 

p. 431,433. 
Galba , empereor romain , tom. 
IV, p. 307, 336, 337, 338, 399, 
4ox» 4o3, 4o5, 433. 
Galèbb Maximib, empereur ro- 
main, tom. V, p. 167, 171. 
GALiBius, persécuteur de l'É- 
glise, tom. IV, p. 35 1. 
Galekv , auteur, tom. I , p. 39. 
Galixit , médecin , tom. V, p. 

XI, i3. 
GAhâin^ province , tom. IV, p. 
37, 65, 69, 81, 99, io3, io5, 
i55, 167, 271, 3o5. 
GALLiCiur , martir sous Julien 

Tapostal, tom. V, p. 27$. 
Gallibx, empereur romain, per- 
sécuteur de l'Église, tom. IV, 
P- 349; tom. V, p. loi , io3, 
*o5, 107. 



Gallus Cabidius , consul , préf. 

XII. — tom. V, p. 97, 99. 
Gallus, cousin de donstance, 

est créé César, tom. V, p. 267. 
Gamalibl , pliarisien , tom. IV, 

p. 221. 
Gabd, ville> tom. ï, p. 7, 255 ; 

lom.II,p.7, 247, 364;t.III, 

p. 324, 325. 
Gabimèdb, enfant enlevé par un 

aigle, tom. I, p. 349. 
Gabiziu , ville, tora. IV, p. 107. 
Gabnier, gouverneur du Hai- 

naut , tom. I , p. 55. 
Gautibr , archidiacre d'Oxford, 

tom. I,p. 139. 
Gaza, ville, tom. IV, p. 189. 
Gélase de Cyzique , nbtorien , 

tom. V, p. 252. 
Gélasb, pape , tom. IV, p. 376 ; 

tom. V, p. 71. 
GÉMiarsH (saint), martir sous 

Dioclétien, tom. V, p. 127. 
Gendre , Foy, Legendre. 

GiHÉSARETH, VÎHc, t. IV, p. 79. 

Gehèvb, ville, tom. I, p. i4i. 

GEBis (saint), évéque, martir 
sous Dioclétien, tom. V, p. 
127, 195. 

Gentien (saint ^, martir sous 
Dioclétien , tom. V, p. 129. 

Gébucius AnouRiBus (T.), con- 
sul , tom. II , p. 348. 

Geopboi de MoBxouTHy his- 
torien, loro. 1, p. i39, 271, 



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^9 TàUJi 

V, p. 170. 
GsoiiGs(sainl)* noble soldut» 
martir sous Dioclétiep , t. V, 



p. 1*7. 

GEORas(9at|it)» maiOtr, t. IV, 
p. 349. 

Omàkd deRou<6inoDytoiii.UI» 
p. 343» 345. 

Giaiov (saint), et ses compa- 
gnons, martirs sons Dioclé- 
tien, tom. V, p. ia5. 

Gbbmaih (saint), Fojrez Saint- 
Germain. 

Gbrmasictjs, père de Caïas Ca- 
Iignla,tom.IlI,p.469;t.IV, 
a6i, 34a. 

G^TA, fils de l'empereur Sévère^ 
tom. y, p. 83. 

Geth, ville, tom. I, p. 377. 

GsTHsivAifi, ville, t. lY, p. 14$. 

Gilbert, historien, 1. 1, p. 35. 

GisuoBBT de Mons , historien , 
tom. III, p. 963. 

GxAUçon , tom. Y» p. 11. 

GMcnTBR ( le duc de), tom. Ill, 
préf. XV. 

Gooxffwn ( le duc ) , 1. 1, p* 55. 

GoDxsGARD , historien , tom* lY, 
p. if>2i tom. V, p. a3, 17S, 

a49- 
GoDOLiAS, gouverneur en Ju* 

dée, lom. Il, p. i63. 

GoPFARius, roi d Aquitaine, 1 1, 
p. 375. 

GouAT«, Philistin tué par Da- 
vid , tom. I, p. 176, 377. 

Gojma , fils de Japhet , tom. I , 

p. I9Z. 

GovoRiLLA, fille du roi Léar, 

tom. I, p. 4i5, 43 '• 
GooMBR, roi des Belges , r. III , 

p. 65, 67. 
GoRBOGODO^ , roi de Bretagne, 

tom. II, p. ii3, 9i5, aa^i. 
GoRDiBir , lieutenant de Julien 

Tapostat, martir tous son rè- 

giM, fm. V, p. %yê. 



Qatmum^ mapttmar rn ati n , t 

Y, p. 9«- 
GoRGiAS, philosophe, tom. II| 

p. 3o3. 
GoRGOH (saint) et ses compa- 
gnons, martirs seras Dioclé* 

tien, tom. Y, p. ia5. 
GRABB(Jean), auteur chîooo- 

logiste, tOQQ. lY , p. a3. 
Grabvius , auteur, t. III, p. 356. 
Grammost, ville, tom. III, 

p. 34 a. 
GRATiDnis, lieutenant de Blt- 

rius,tom. III, p» 37. 
Gratibs, auteur, tom. I, p,3^ 

ii5; tom. lY, p. m. 
Gratibh, fils de rempereur Va- 

lentinien , est créé César par 

son père , tom. Y, p. 191, w^, 

295, 3o3, 309. 
GrAgoire (saint), tom. I, p. 

x4i ; tom. II, p. r37 ; tom. IV, 

p. 81. 
Grégoire de Toiin, htstoriea, 

t.m,p. a47M IV.P-3^- 
Grégoire III, pape, martir tous 

Constance, tom. Y, p. t3i, 

a65. 
Grégoire XII , pape , lom. IV, 

préf. , v. 
Grégoire de Ntssb (saiirt)» t 

lY, p. 14. 
Grégoire de Najûance, tom. v, 

p. J75, 309. ^ 

Grégoire de Spolette (lamt), 

martir aous EHoclétien , t. Y 9 

P- '^7- . , 

Guérard (Benjamin), traaac- 

teur, tom. lY, préf. xxn. 
Guillaume, auteur, t.I, p. 35. 
GtTiLLAKE lY, tom I, p. 56, t. 

III, préf. rr. 
Guillaume de Paris, éditeur, 

tom. I, p. a97, 398. . 

Guillaume II, comie de Haï- 

naut, lom. Il, p. 39a, 393. 
Gurguksius , fils du roi de Bre- 

Ugne , tom. II » 75 1 7* » 7* • 

V7. «'• 



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0«ms( Ja«qM» àë),m 
|v^3»4>5, 6«7, 8, 11,56, 
it4f itgt i59y i6i, i63, ipiy 
iiS| ^i, «03, iSf , 4i9, 478, 
479; took II, préf. I, ï. — I, 
84, 9^^, !•©, i3», 176, 178, 
188, «$8, »66, S871 «77, S«^ 
3i8, 33«, 84l> 37», 373, 38o, 
lH»4^4«^4tiy4i*«4(4» 
41S, 438; to«. m, préf.i i, v, 
ffi % sn^ »fv ftti» Xfii^ tttff. 



TABLE. i4a 

', tt —18, 3$,48, 7d, fô*, i«49 1*7, 



ti8, r74, î8o, t8o, i^, »68, 

ao6,3i4,3i7,l4$,4i5, 444. 
4545 loiii. IV, préf. m, ir, y, 
xn.— 47, 4d> 54, 8a, lia, iiS, 
ti7, a3i, a58, a8i, 3tà, 334, 
3^4, 400, 48«; tott. Y, aa, 
ia3, 169, aoi, a44, 148^ «48, 
aSo, a64, a66, «70, «74, 9l9» 
3i5. 
QvtsM ( Kloftlâs)» ton. I, p. 3. 



H. 



JL6V194V f yîXUf ton. V, p. 3^. 
UàiMOM • bittorieD , t. Y, p, $3. 
MàimâW9f proviace, toy», il, 

prêt un. — 3 ; IMu m, préf. 

If %f in» xm^miv, xv, avi» avii. 

— •7,4S,fi7»»©7»449»469; 

Coiii.IY,p. 3, a89,3if, ai3. 
BàMJMt vtlle^ tooL U^p. 367. 
fiAVAXKK, saTADt profe«6eur de 

Le;«U, to». lY^ préf. iit. 
fiuiujrov , ambassadeur d'An- 

^erre , toai« lY, préf. n. 

BaraiBAiu», rei dk Poot, t. Y, 

»fi9- 
HâsvoH » ckef dat Cattha^kiois, 

lon.II,pu 33 1,453. 
Hajtwidb, docdeFamari» t III, 

pu a«S, a67, a7», 379, aSf, 

a^i, a95, «97. 
Hmigovbt, ville» iam* II, p. a6a. 
IlAjuMUiur ( le pète), bisloriaD , 

toaft.II,p. 47^ 
ILuuai , vHm ,. toBi* n, p. 387. 
Hfc»t.«aMiniy boorgy ton. Il, p. 

»6i» a64. 
RAMma^axuw ^ éd»lear, 1. 1, p. i a 8 ; 

font, il , p. 406, 4a4# 44«# 444» 

473^ 478;. loi»« ni, p. ai» 3a , 

37, 6% 47a; ton. lY, préf. xv. 
Harmib, roî, to»« l, p. 397. 
HABmov, ville, tom. I » p» 3i>7. 



ului 



HicATOx, discipU da Ftaiélkis, 

toa». m, p» 58, 59. 
HxcTOR , fils de Prknl » tott# I , 

p. s33, i3S, i83» 199. 
HxcvBX , feiànM de IViam^ 1. 1, 

p. i83. 
HA«iuppB, bbtdriaft, toa». I, p. 

yi; tom.IY, p. 4ir. 
liaoiiaprx (sainl), t. Y, p f 7. 
HÀLixB , enlevée par Pâria, 1. 1, 

p. 199, i3i, 199. 

iLixB (sainle), femné dsOon- 

8tatt€a,toro« Y, p. 171, 178, 

«79» «8^, i97r •«7, »5» »#75. 
HiLxxos, révéraod père, u Y, 

p, 307. 
HxLi» grand-prétre, tomr If p» 

a69, 371, «78. 
Héujtaxd, bistoriaOf Mot i, p. 

35,37,73,1 14, ia9> 39^3^ 
401 ; tom. II , p. 47f 109, aTdi, 
a7r,3ii,3a9,33i, 379,381; 
tonw III» p. 8S, 197, ao3» >o^ 
ai3»a99»3i7»349»439;t-lV, 
p.7,453»455;t. V,p.99- 

HuioDORB, amoîtifa da Sélavo 
cua , aovoyé à Jéro na Ja n peur 
piller le trésor public, I. II, 
p. 461» 4Ga, 463. 

Ubliocabaxx ( Marc-Ailràla An « 
tonio), empereur romain, t. 
Y,.p.57,d^ 

HBLLi%rév^.^pèaa» i. Y»pr ^07. 



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344 



TABLE. 



Hixoir » tom. II , p. 4^- 
Hiufiriir, duc de Cornouailles, 

tom. I, p. 43i> 
Hekh uiÀRES, ville , t. Il, p. 366. 
HiufRi» empereur, 1. 1^. 55. 
Henri, chanoine de Tournai, 

tom. n, p. %4g; tom. III, p. 

199, 318,359. 
Hurai II , roi d* Angleterre , t. 

II, p. 395. 
Hepprok, duc des étrangers, 

tom. II, p. i53, i55. 
HiaACLBE, ville, tom. II,p. 3ix. 
HiaACLiDX, disciple d* Antoine, 

tom. V, p. 307. 
HiaACLrrs , philosophe , t. II , 

p. 383,293. 
HsRcuiES , ville , tom. III, p. 44» 

45,111,119. 
Hbbculb, tom. I,jp. 12g, 181, 

i83, ao5 ; tom. II, préL vii. — 

379. 
Hbjicuub de Libie, tom. III, 

préf. vn. 
Hbbàs, jeune prince des prêtres, 

tom. II, p. 39. 
HiBicivus, chef des Herciniens, 

tom. III, p. 43, 45* 
Hbbisbbivdus, grand-prêtre des 

Belges, tom. 1, p. 437 > 439» 

445, 447» 449» 45 r, 453, 455, 

459, 463 , 467 tom. II, p. 699 

85. 
Hebmès Trismégiste, tom. II, 

p. 378, 379. 
Hbbmàs (saint), t. IV, p. a63. 
Hbbo, roi de la ville de Trêves, 

tom; I, p. xa3. 
UiBODX, tom. II, p. 473. 
Hbbodb Avtipas , tétrarque , t. 

III,p. 4kt»4i3; 
Hi&ODB TAscalonite, préfet de 

Galilée , tom. III , p. 107, 4 1 1 , 

4i3, 4i5, 417» 4a6, 4^y, 4?^. 
Ubbodb Agrippa, roi de Judée, 

tom. IV, p. a63, 369, 371, 377, 

379, 385, 387. 
UimopE, frère d*ArchélaÛ8, té* 

trarque, tom. IV, p. 37. 



Hbeodbs , roi, tom. IV, pré£ n, 
VII, vni, IX, X, xr, XII, un, 
XIV, XXI. — 37, 3i, 37, 69. 

Hiaooxs, tétrarque en Galilée, 
tom. IV, préf. v, vi, vn.— 
55,99, 157, 3x3,365. 

HsRODiAS, soeur d*Hérode Agrip- 
pa, tom. IV, p. 363. 

Uebodiate, fille du roi Arélhas, 
tom. IV, p. 69. 

HÉRODOTE , historien , tom. I, 
p. 378; tom. II, p. 318, 3as, 
337, 333, 370, 377; tom. m, 
préf. II, vn. — 85. 

Hébold (Jean-Basile), éditeur, 
tom. II» p. 3x6. 

HisioDE , poêle grec , tom. I, p. 
378. 

HisioirvE , sœur de Priam , 1. 1, 
p. i33, 181, x83. 

Hessbik, TÎlle, tom. II, p. 367. 

HiACivTHX ( saint ) , martir, t T, 
p. xo3. 

HiBBocisABiB , ville, tom. IV, 
p. 55. 

H16IV (saint), pape, tom. IV, 
p. 307. 

HiLAiRB, docteur, évêque de 
Poitiers , tom. V, p. 367, 398. 

HiLAiRB (saint) , t. IV, p. 349. 

H11.ARIX ( sainte), et ses trois ser- 
vantes , martires sous Diodé- 
tien, tom. V, p. 139. 

UiLABioR , disciple 'd'Antoine , 
tom. V, p. 367. 

HiLDUiv, moine, t. IV. p. 387. 

HipPABQUB , tom. II, p. 3o5. 

HippocBATBs, philosophe, diea 
delà médecine, tom. I, p. 39; 
tom. n, p. 3o3 ; tom. V, p. x3« 

HiPPOUTB ( saint ), et ses comptr 
gnons , martirs , tom. V, p. 89» 
107. 

HiBCAV , grand-prètre, fils d*A* 
lexandre Jannée, tom. III» 
p. 55, 57, 97, 99, io3, io5, 
107, 117, 383, 4x1, 4i5, 417* 

HiBCAK (Alexandre) , tom. IV» 

p. 3l3. 



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TABLE. 

HiBCAir (Jean), goavemedr des Huouu 



34s 



Jai6, tom. Il, p. 473. 
HiBGÂJi», Tille, tom.IV, p. 55. 
HfSTASPB , père de Darius , t li, 

p. 173, a3i, 177. 
HûLDis f roi des RathéaieDS , 

toiD. I,p. 179. 
HoLOFBBBVB» général tué par 

Jaditb y tom. II , p. 275. 
HoMB, ville, tom. II, p. 367.' 
UoMàmx, poète grec, tom. I, 

p. 878, a79, 377,393,395; 

tom. III, p. 439; t. y, p. 71. 
HoaACX, poète lirique et satiri- 

qae, tom. m, p. 106, 109, 

47>, 473. 
HoiiJiv, ville, tom. III, p. 372. 
H08TILB, ville, tom. I, p. i33, 

i35, 137, 143, 145, 109, 191, 

199, TOI, ao5, 107, 209, an, 

a49^a5i. 
Hosnuo ou Nbbvia , et enfio 

TouRVAi. ^07. Tournai. 
HuDxBBAS^ roi de Bretagne, 1 1, 

p. 383, 385. 
HuGBBixB, ville, t. II, p. i33. 
HuGviB, ville, t. m, p. x33. 



p. 34, 

3o3, ; 
lU,] 
air, 
395, i 
IV. p 
tom. 
HuGVBa 
tom.: 
404,4 
398,: 
435, i 
p. 5, 
59.8! 
i85, 
269, 

HCGUBS ,^--^ 

de Fleuri), historien, t. IV, 

p. a6i. 
HuiGiBB , ville, tom. II , p. i33. 
HuMBBBT (saint), 1. 1, p. 179. 
UuT, ville, tom. II, pag. 193, 

194, a58, a65 ; t. lit , p. 11 1 , 

3i4. 



1. 



Iago , roi des Bretons , tom. II , 

p. 95. 
Iaxbuqub, historien, tom. II, 

p.ai8. 
IcciiTs, chevalier député vers 

César, tom. III, p. 199, an. 
ïoni^vL , auteur cbronologiste de 

Berlin, tom. IV, préf. xxixi. 
Iditbom, auteur de psaumes, 
. tom. I, p. a9, 3i. 
Igvacb ( saint ), martir, tom. I, 

p. 71 ; tom. IV, p. 7, 347, 45i. 
luA , tom. I, p. a6i ; tom. II, p. 

43, 45, 47. 
I1.10H , ville , tom. I, p. i63, aoi. 
Iluo. ob Phabatob , juge d*Is- 

niél,tom. I, p. 23i. 

V 



Iiax.cov , chef des Carthaginois^ 
tom. II, p. 33o. 

Ibâkhos , Phénicien qui a con- 
tribué à la civilisation der 
Grecs à Athènes et à Argos, 
tom. m, préf. VII, x. 

Ibdob , femme du roi de Bre- 
tagne Gorbogudon , tom. II , 
p. aai. 

Ibdotiomabus , chel des Trévi- 
riens, tom. III, p. 3a7, 3^7. 

Iphitus, inventeur des jeux 
quinquennaux, t. II, p. 45. 

Ibânb (sainte), martire sous 
Dioclétien, tom. V, p. 137. 

laijfBB (saint), tom. IV, p. 437; 
tom. V, p. 17. 



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^ 



TAWtK. 



ih* IsôÔB Aires , -pMfosogphe , tom. 'Il, 

17* p. 37«. 

Is&AKL, tom. ly p. iSr, 2S7, «69, 
571, ^76, 177, 395, 397, S99, 
43 1, 439, 441 ; l©m. H, p. il, 
44» 4S, 5i, 53, 65, $7, 59, 61, 
83, 167, i85, «35, «87, rfi, 
379, a83, 199, 391; tom. IV, 
p. 3î,33, 37, 43, i3i, 199, 

ai3, 941, l4^>^9t^'7- 
I88AC1f4m, fils dé Lia , tom.l, p. 

Si. 
Ithamaa, graDcl-prdtre ,'toai. l^ 

p. 169. 
liTÈs DB. Orauthbs , *lint«ritt , 

tenu I,p. i3, ai. 
Ixioir, «ci de Oorintfae, toilaul. 

p. 3&1. 



t5, 
►', 
^. 
V, 

^3, 

5o, 
h. 
Vf 



tx. 



J. 



XiSÉs, irMe,t I, p. 877$ ^ ^^» 

p. 41. 
Jacob, palriaiK:he, tom. I, p. 47, 

49, 5r;ttm.lV,p. 79. 
Jacquiuliite, femme de Jeao IV, 

duc de Brabant* tom. III, 

p. i5, 

, dîs« 
p. 67, 

«*,t.I, 

» p. 5a, 

Jacques, fils d*Alphée, apôtre, 
tom. IV, p. 71, 73, 195, 199, 
aSt ; le môme que 

Jacques (saint), Tévéque, tom. 
IV, p. 349, a85, 391, 393, 395, 
»a7, 339; tom. V, p. «45. 

Jaqqueb , (ils de Joseph ', t. IV, 
p. a5, 3i. 

Jaddus, tom. II , p. 461. 



Jahaziel, prophète, t. I,p. 3f3. 

JaIb, tom. IV, p. 8t. 

jAJTKiB (AkixaBdre), wak dm 

Juifs , tom. II , p. 473. 
Jasus, dieu mith., 1. 1, p. a6i, 

347» 349» 4", 4*3, 4*9» 453, 

459, 461. 
Janvier ( saint ) , martir sons 

Dioeléii'ea,tom. V, p. 137. 
Japhbt, fils de Noé, t. I, p. 91, 

I3T, T33. 

Jasok , tom. I , p. i3i, fSf. 

jEAir ( le comte), tom. I, j». Sx, 
63, 366, 367. 

Jean r^tangéliste, tora. I,pK. 4 r, 
43, 71 ; tom. IV, p. 67, fa, M 5, 
119, T33, 138, ia6, .i35, t4^y 

149» "^7» '77» «'^* »^'» •^^^ 
335, 3^, 343, 28$, 3if, 347» 

349. 437, 447» 449. 45*; t. V, 

p. 17, 73. 
Jean ou Mené laits ou Ovxas, 

tom. II , p. 467, 469. 
Jbae, dauphin, fils de 

lesVI, tom.III,pvéi:xr. 



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TABUL 

IwuL XV» iuQ de 9nbuA, u lU, 

pré£ XT. 
H^Mf stun|Mi)MD4 HîjrcqoV {)on- 

tife des Joifi, tom. UI , p. 5 , 

9» ^^' 
j£AV-B4Tfnx« lirécprseuK de 
iésUBf l^m.lVrpréf. vi» ivo. 
— 7» »3,^55, 59, 63i 6St 67, 69, 

83, 85<i l7# Iqi 9 V 9^» 419» I ' i> 
1 13, IS7. — SoQ tQtobeiUft est 
ouvert à Sébaslée^ $•• oese- 
toiifis JiTDéfi «us fla»Q»es et »es 
lï^dre^ jeléei as. ^#t, t. Y, 

f • »77- 
IiAV, chef des «évxiUés de Jéra« 

Mlem, lona. IV, p. 4!^ 
^BAV,fiû4e Zéb^Oée^ dUcîple 

de Jésus, tom. iV, p. 67, ia3. 
^BA9 ( saÎAt }, et ses jcoin pagootM, 
. markâw, too>. V, p. 95. 
|bax, priope des prêtres , l. IV, 

p. aiS. 
Jèlm, prtmecîcr de ConMancf , 

martir soas Julien L'api^stat , 

109. V, p. «75. 
Itknit de Valois, tom. JI^ p. 

JÈcmànhSf roi des Juifs, t. Il, 

p. iig^ 
I^u, prophète, tom. I,pv 391, 

*95> ^97» 399; t il, p. 4i- 
JÛI.A , père du prophète Mi- 
, chéè, ton. I, p. SgS. 

^BPHTi, tom. I, p. IS9. 

JsAéaff^,. jprophete , t. T » f^f. 
xm. --«5,41,59; lom. H , 
pC.iii,.ii3,Ti7', 1x9, 169, 
161, ififi 167, US9, 171, a39, 
^g7; t.IV,p.4r,4î>»85;t.V, 
p. 73. 

JiiwcaiO , ville, lom. III , )>• ^7f 
ui^t ; tom. IV, p. 116. 

lémow»AX, roi des dix trihoe 
des JFuifs, tom. I, p. a5, 3139, 
391, 39^44»; t. II. P-4ï. 

JiftoiÉUB (saint), tom.I, p. 29» 
3o, loS, 263, '43â; tom. II, 

S .^39* »3î, a37,^»75,^33, 
od, 3oS^^ lit, 329, 33o, 



347 



145, i57, 175, ^97, 199, SOI, 
jio3, 109, au, 333» «.37» aSr, 
a48, a49^ >5ï» *69i *7'> «^^t 
189, 291, 195, 1^7, 3»9, 395 , 
409, 4w» 4?3, 4^7, 43 1; t. V, 
p. 6, $7, ï35, Ï79» Si 9, i5i. 
JésT7â4>RféT , lom. J,^. 71^ ^ a8, 
129, 181, a3o, a3ii 179,817, 
319, 367, 371, 39J, 393, 393 , 
3^7,399,431,433,44^,443; 
tom. II, p. 4f} 4ay 4^» $4) ^8 , 
60, ^a, 64 8a, 84, xo4, 108, 
iio, 114» lao, i56, 1S8, a5o, 
173, 188, 196, 116, aaa, eaây 
^38, a4o, 956, 270, 274, 378, 
a8a, a84» 388, 190, a9a, 494, 
3oo, 3oa, 3o6, 3io, 3ia, 3i4» 
3a8, 33o, 348,36a» 370, 37a, 
374, 38o, 38a, 386, 388, 4oo, 
4ofl^, 406, 4zo, 4aa, 494f 4»^» 
430,434, 436, 437» 438, 440, 
44». 4ô«.456, ^8,46<S4«*» 



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348 



TABLE. 



8, 60, 

107» 
\ 3ao, 

;4t8, 
.453, 

, préf. 
[,xvi, 
II. — 

7» 49» 
9*61» 
5.77» 
5,97. 
, ii3, 

» 137, 

> z49> 

> i63, 

» 179» 
» ï9ï» 
, ao3, 

f a 27» 
r, a5i, 

> ^97» 

♦ 355, 
,375. 
9 409». 

;t.v, 

9. 75, . 

r, lot, 
,117. 

; i5i, 
1 19'^. 

» ?I9> 

Jisus , grand-prétre , ou Jason , 
t. II, p. a39» 435, 467, 4.69, 
473. 

1b85b , tom. IV, p. 5. 

JizABBi. , femme da roi de Sa- 
marie Achab , tom, I , p. 393, 

397- 
Jezkabl , tom. I , p. 397. 
JoAGiTAS, roi dlsraêl, tom. I, 

p. 399; Com. II, p. II 3. 
JoACHiii (satnl), tom. IV, p. yi. 
JoACHiM, roi de Juda, tom. II, 



p. i6r, 173, 175; tom. HI, 

p. 449,451,455. 
JoAiD A , grand » prêtre , toiiK I , 

p. 399. 
JoÀs , roi d'Israéh, t. I , p. 39$ , 

399,431,433, 441. 
JoATBAir , fils dci roi dlsraâ 

Osias, tom. I-, p. 44i;t II , 

p. 43, 44, 45>5i, 55, aag. 
Job, tom.-I, p. 4< » tom. V, p. 

73, i38. 
Jobitb( saint), tom. IV, p. 463. 
JoBi., prophète, tom. I, p. aS, 

441; tom. II, p. 5i9 85, 167; 

tom. IV, p. aiJ. 
JoBBLur, général soos Constao- 

Un, tom. V, p. 173, 175. 
JoBATHAS, fils da roi dlsraâ 

Saûl, tom. I, p. a77; tom.' II, 

p. a99, 473, 47^ ; ^ "^^9 P- 3- 
JoHAS, prophète, tom. I, p. a5, 

441. 
Jopp^, ville, tom. IV, p. a48t 

a49- 
JoHAK, roi d'Israël , 1. 1, p. 895, 

397. 
JoRBAzrus , auteur , t J , 39. 
Jo^ABA, femme d a grand-prétre 

Joaîda , tom. I, p. 399. 
JosAi^AT, roi de Juda , tora. I, 

p. 393, 395 ; tom. II, p. 397. 
JosÉDBc, tom. II, p. x63. 
Joseph , fils de Jaoob , tom. 1 1 

p. 39, 47» 2»7»- 
JosBPu, décurfon d*ArioKitbie , 

tom. IV, p. 179, i8f, 197. 
JosBpH , époux de la-l^te. Vierge, 

tom. IV, p. 5, 7, i5 , 17, 3i, 

37» 4i> 43, 71,73,97. 
JosBPU le lévite, t. IV, p. si 7. 
Joseph ou Babsabb, apôtre, 

tom. IV, p. 73, i53, i59, 195, 

ao3^ ao5. 
JosàPHB Flavius, historien juif, 

tom. r, p. 35 ; tom. II, p. 55 , 

III, i65, 187, 189, aa9, Sgo, 

461; tom. III, p. 995 t. IV. 

préf. vn, lï, XI, xii, xin, «▼, 



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j 



TABLE. 349 

xf. — 35, 53, 175, i»3, 3i9 , Jvlib» fiUe de Gcmumia», t 

399, 393, 409» 411» 43<« IV, p. 981. 

JouASy roi de Jada, ton. II, Jq]:.tbh, maitir sous CUode, t. 

p. 109,1x1, ii3, 399. V, p. 109, 127, 18S. 

Josipps, fib d'ÀDtipater, t. III, Julxxv, empereur, L III, prêt 

p. 107. X. — tom. V, p. 57. 

Josué , tom. I, p. 35, 4 1 ; tom. II, Juuxk , oncle de Julien l'Apos- 

p. 999; tom. Y, p. 73. tat, tourne en dérision lea 

Jonxv , empereur romain , t V, choses saintes ; il est puni hon- 

p. i3, 989, 987. teusement, tom. V, p. 977. 

Jofivixv, histonen, tom. II, Juuxh l'Apostat, t. IV, p. 349; 

pw3o3» 3o9,3fx, 399,333, t.V, p. 967^.969,970,971,973, 

4o3. 975, 977, 979, 981, 983, 987, 

JvBA, oéoéral, tom.III,p. 109. 995. 

JvoA, fils de Lia, tom. I , p. 49, Juuxv, diacre du pontife Atha- 

5i, 371, 389, 393, 395, 43i, nase, tom. V, p. 977. 

433,439. 
JoBA, tom. n, p. 3, 41» 43, 45, 

$1,55,83,87, 109, III, ii3, 

ii5, 117, 191, i59, 167, 173, IvÛBRs, ville, tom. V, p. 3o5. 

187, 939, 979 ; t. m, p. i5. JuuiTx ( sainte), martire, t. V, 

Judas Haouâbéi, t. II, p. 471, p. 87. 

475. 



JuLnuurx (sainte), vierge, 1 
tire sous Dioctétien , tom. Y, 

p. 195. 



JiTDAS surnommé TEssénien , t. 

IV, p. 999, 993. 

JiTDAS le Galiléen , ap6tre, t. IV, 



Juuvs Cioâus, auteur, tom. m, 
p. 47i48» 49» 5i, 53, lai, i93, 
173, 197, 909, 9i3, 999, 999, 
317, 356, 359. 
p. 35, 73, ii5, i39, i4f, 145', Jumus Bhutus, tribun, t*II, 
147» i5i, 9o3, 999, 993. p. 458. 

ltn>9 (saint), apôtre, tom. I, Juvoir, déesse mitbol. tom. I, 

p. 3i, 59 ; loin. IV, p. 73, 995. p. 347. 
JoDXB, tom. II, p. 83, 87, 109, JupiTEB, tom. I, p. 95, i93, 
ii3, 117, 119, i63, 939, 949. "9, i3i, 189, 191, 193, 195, 



«95, 457, 47"» 473» 475 ; tom. 

m, p. 99, loi, io5, 107, 4i3; 

toiD. IV, préf. XVII. — 99, 37, 

63, 55, 69, ïo5, iQi, 199, 9o5, 

9og, 939, 93 1, 931, 953, 957, ,^ , , 

^69, 971, 979, a85 , 989, 991, JusT (saint), enfant, martir sous 

•^97, 4o5, 409» 4" ^î--i^-— . tr « -.^ 



1*97, 9o3, 907, 909, 939, 947, 
983, 307, 337, 347» 349» 35i, 
359, 447» 457; tom. II, p. 371, 
441 ; tom. m, p. 55, 77, 389; 
tom. rv, p. 967, 975. 



Dioclétien, tom. V, p. 199. 

JoDiTB , loml l7 p. 4a ; tom. H, Justb ( sainte ) , vierge martire , 

|>. 93 1, 973, 975. tom. V, p. i85. 

JoGimxBA, roi de Numidie, t. Jusiik (saint), prêtre, tom. V, 

III, p. 8,9, II. * p. 99* 

JviM» AraiCAiir , tom. II, p. 43. Justin , philosophe, tom. V, p. 

JviMS (saint), .pape, tom. IV, i3. 

p. 3è9; tom, V, p. 939, 963. Justi» ( saint), martir, tom. V, 

JinUABE , vide , tom« iV, p. 55. p. 17. 

ImuB t fittt de Drusu», tom. IV, Jusrur , historien , (om. II , préf. 

p. a8i. VI. — 47»4S, i59, ^70, 975, 



X 



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«fe VlttJL 

«77^ «as, Si!» 3r3, Ui» 3t«» JvmxHmt^ ««Uafr <»»>> i» p. 

389, 4i3, 4i4, 4i5, 4*7» 4*^ » ^9. 

409; com^ifl ^ )9. Jbvi»A&, poèlè» 1 IH, p. 4lsK 

JusTXKB (MNite )« viwfe^ dtfar* tom. IV^ p. 3s i, 

p. 117. 



K. 



KifeàDat, cmiftB 4e TnrUs de Hiià-LitiJ> irifle^ «m» Si, p< 



Péi'iferdrtoQ». H, p. ^7. 
Ëalbaiic, ville, tom. I, p. »4B. 
KiMAcàam (faim), tom. iV, ^, 

4«3. 



376. 

KiXMict* on KihrVAioii;», Mî 
de Bfelugiie^ tém. il^ pi |l, 
>o3, s-»^ 



L. 



LfcBéeW, liistorieii, com. B i p. 

|A*ftMbr«s, <KmiiiMii]drai 4e» lé- 
gions romaines, kraft. lU» p. 
*95» «97» *4i» 2^3, a55, a63, 
a65, 167, 369^ 3 16, 377. 

ikÉ&ÈtSf roi de Gortntbe, U 1, 

P- î>79- 
Vàdimûmom^i viNe, teiiK I, p. 

i79;U)«i.U,p.4ï,a44ji.V, 

p. 171. 
LicHts, viUe, tom. I, p. 433. 
LaCïtajiob, bialoti«o, tom. I, p. 

J79; tom. V^p* a45. 
LmElius Dédmuâ Baibas, côn- 

èn\, i. IV, préf, tiïi. 
Lavbts^ père d'UliS8e,toro<II, 

préf. %. 
Lagus, père du roi d'Égrpte 

Ptdiémée, tom. II, p. »4({, 

400, 4(»' 
La Haye, ville^ tom. III , préf. 

xvii. 
tiAMÈioios, ^listorlen , tOkH. {Y, 

p. 3 a. 
trtHoAfis, ¥}He^ (ont. IH^ p. 167 ; 

totil.y,!^. 177. 



Laqdicx, femme d* AntiëdMii , 

tom. U, p. 4^. 
Laodicbb, vil le y tooi. I^ p. io3. 
LAottéooit , roi de Troie, tom. I, 

p. i6t, t83, if3d; tout II, 

préf. tf. 
Labcbéb, biaCorîett thtoaàhh 

gisto, tom. I, p. 978; ÎMt, n, 

p. a ta. 
LAturui , roi dea Ltftlù^ , IM. t, 

p. 149, a6i. 
ïiATtirus SiLvius, roi dea Utjea, 

tom. I, p. a6i. 
I.AUK01, savant, I. IV, ç.^7. 
Laubbkt (saint). maHir, 1 1» 

p. a87; tom. IV, p. 349. ' 
Laubbbt (saint), flrclii^aeiiv^ 

martir, tom. V^ p. 107. 
1.AVBVS de Bérlte, pUtloso^ 

platonicieq^préf^eur de Cé- 
sar, tom. V,.p^ 11^ 

liAUSAAirB,iîlle,J[>f^«9l' ^ 

Lazaiui^ »om. IV,.pr«f. v* ^ 1^4^, 

»3t«{i3a^i4iS> 
LiAB, r<HileBr«ta«Qe,t^<, 

p. aS5, 38h 383, 4t%4s^» 



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499, 43 If 480. p. 5. 

rien,to«i.I,f. 6,4i«« ^^7- 

tmûaMDmm, MHeur» 1. 1» p. 18S. Lmon» tIHcii «m Utia liUpow» 
tocwtii ,^e,t,l, p. 4*9- ^<m* I* |(- 4i3, 4iH»l HM, V, 

LBLOV6(l«pm),ta9ivlf-p^^f P- 7» WiD.W.p.^. 

iMi. V, p. « x3» W^ADs» «rtpivwîrÂfa, I9ii« W, 
K#i|Aff&x,4Ui(MMr» t. Ui, p. 48» préf. vu. 

338, 356, 444 ; tom. IV, p. 49, U»m , tnm, l , f. 4^i ^m. Vi , 

49t. p. 81. 

366. Lia , tom. I, p. 4?» 49» 5x» ft|. 

luBAB^èUt^riM, 4cni. U, p. 1^»ànius, «Qp^i^le» Imi. V, p. 

34s. 271, 983. 

iBÊénm à» S^jel rfitOTfwi r^. LiBiws (-«wpl ), {M^, !«■!. J!^ 

Saûtt-Gflmrsc^ P- 3(^; «xitéâoiift.CoDftMMt^ 

— - Cb 



l99i.IK,'p. c«^ Lxciiiius Cbassus (P.), «Q1011I, 

LÉA^ «wdf fiircsiîOT, fltt no mm é lam» II, p. 4$ ;o 4^ 3 ; ton. X V, 

dac des IMc;», limi. H« p. p. 35i; toin. Y» fi, 179, ^97f 

B&9, ^, 363, 397, 4&9- «8^ «36-^ pm^llt«,Ut ^Mh 

Lio, roi des Macs, toji^ HI, tiens; il est Taiocu mr Can- 

... -. j^^ . 

«-*»f^'47^ >.a^- 

Lioir , pontife de Belgis, tom. I, Licurgub , législatear » toi9« I, 



p. 93, sS. slftot», qui W ii^ d^eupiler » 



!>. 4o>. 37, 4o«. 

Lbov , p«p«» to|ft. J, p^ 4êdt'^%. V, LzDDB , vîtie , sarnoniiii^ Elips- 

4ÛI. poilis , loup* IV» 9, »48» a4^ 

LioB I**, emperettf ^ (•«. IH» LiM^t idlU^ tem, U« p. 4x« 4S> 

p. i47' Utai» ^^» IPIP' 1» r tl2l 
Léw IH, iiH dtti Btlcpes, -t H » tom. Il, p. 199, »65; |om. m, 

P- 4^9- p. P7 » 4tf ; tow, JV, p. ^^ 

L<ws,iiiit0ii«i,4.n^p.«3a» 3o3,r - - - 



ùm ,<t. n^ p. %ià, 3o3, 3oS ; tom. Y. p. 39, 

^36^ Lf itB, vHle , 4oip. l , p^ 43t. 

UoviDB (saint), roarltr , père Lighb, ville, tiNn. 1, p. 4|ifti 

drPkrifèo&, IMS. V,f^ %). Liu,t, viUt , t»iii. Il > p. j^; 

Li8iOT»,nH des Bcl0ea»k U, tom. III, p. 364. ^ 

11. xiy. 
libvAADl, coLdes Balgea^ t. II» 
p. 117. 

*l)POÎdasliial8e8,cai» 



LjtoPAB vnnTs , roi dct Beiges , 

tofli. II , p. 1 15, t «7. 
LiAanix^ lom. III, p, 391. 
LBpTfs, Tille, tom. H, p. 4^3. 
y^B^iirf (Jaecpies), historien « 

t. III, firéf. xvit, xvui, 19^ 



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559 TABLE. 

LisiAft» tétrarque, tom. II, p. 173/ 196, s4i, i43;toni.IY, 

473 ; tom. IV, p. 37. p. 3a I, 345. 

LisiVACHus , roi de Macédoine , Luob ^sainte), martire sous Dioii 

tom. II, p. 39. clétien, t. V, p. 137, 137. 

Li8iiffAQUE,roideLidie,faitat- Lues (saint), pape, tom. IV, 

tacher Théodore de Cirène à p. 307 ; martir sons Valériea, 

une croix, parce qa*ii a osé tom. V, p. zoi, m. 

lui reprocher ses crimes, t II, Lucie ( sainte ) , veave, martire 

p. 177, 401. sous Dioctétien , tom. V, p. 

Lrrix , femme d* Auguste , t. III , z 27. 

p. 469, 471- LycxB ( la bienheureuse vierge), 

Lnrius Saumator , tom. II, p. sonm% le martire à Siracuse, 

463. tom.V, ]). z8i. 

Livins Dausus , tribun , t. III , Lucibv , historien , tom. UI , 

p. 10, 33. préf. rai, 

LoDàvx, ville, t II, préf. v. Lucibjt, évéque, martir sous 

LovBARD ( Pierre ) , tnéologten , Maxence , tom. y, p. i83. 

tom. I, p. 39, 1x5; tom. IV, Lûcixir (saint), martir sous Dio- 

p. I za, 189. clétien , tom. V, p. i3z, 139. 

LoBDEES, ville, tom. I , p. 139 ; Luoieh ( saint), évéque de Beau- 

tom. TV, préf. m. vais , tom. IV, p. 439. 

LojrGBVi]:.i.E (de), seigneur , t. Lucilius, tom. I, p. 395 ; t H, 

I,p.46. p. i83, 335, 376. 

LovGnr , bourreau au service de Lueurs ( sainte ) , tom. V. p. 99. 

Néron , tom. IV, p. 365 , 369, Lucius, consul, tom. II, p. zo§, 

373. ai7r 

LoTH AIES , roi de Lorraine , 1. 1, Lucius - Vseus , meurt d'kpo- 

p. loz. plexie, tom. V, p. Z9. 

Louis-LE-DiBoirjiAiRB, fik de Lucius , général de César, t III, 

- Charlemagne, t.V, p.. a3o. p. a5a, a53. 

Louis (saint), roi de France, Lucius. Te^As Milet 

tom. m , p. 1 37. Lucius , fils d'Antonin le Pieux , 

Louis XIV, roi de France^ 1 1, tom. V, p. 9, i3i. 

' p. 4. Lucius ^milius Paulns , consul 

LouvAur , ville , tom. I , p. 43i ; envoyé-contre Annibal , t II, 

p. 447- 

p. 317. Lucius Arunculéitis Gotta, gé- 

te , i. I , néral romain , t. III , p; aai. 

t P- 475; Luoius Cassius Longinus , ' con- 

'II, viii, sul, tom. m, t. xo, XI, I»» 

;,59,6o, i47i »49- 

27, jra9, Lucius Censorinus, consul, part 

70, i85, pour r Afrique, tom. U, p- 

tom. V, 448, 481. 

Lucius Cotta, général romain , 

n, t. m, tom. m, p. §35 , 33i , 333, 

335, 337, 347. * 

lète , 1. 1, Lucius Livius , auteur tragique, 

3z, Z33, tom. II, p. 4^3. 



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TABLE. 



Ludijs Mardos Pfailippiis, cod- 

sulytom. III» p. 3^35. 
Lvcivs Mommiusy coosqI, t. II, 

p. 48*. 
Lccrus Munatius, général ro- 

maio, tom. III, p. 3a5. 
LuciusPison, consul, tom. III, 

p. II, I», 147. 
Lucfus Pélrosulias, porte-aigle 

de rarmée romaine, est taé, 

ton. m, p. 337 



353 



par Tarmiio , ila de Tarqnin- 
le-Superbe. — Elle se donne 
la mort , tom. II , p. 19^. 

Lucaérius Cinna, consul ro- 
main, tom. III, p. 439. 

LuGOirauK, Tille, tom. III, 
préf. VI. 

LuGius, roi des Belges , t. III, 
p. âi. 

Lupurus , duc des Albanais, 1. 1, 
p. 449- 



LucujsBoeaus, général romain, r- ^^^' a r - 

tom. m , p. 3i5. ^^"* » P^*"® ^^ Lupinus , t. I , 

Lvcins TiUtts . tom. IIL d. 55. . P' ^^^' ^J * ' 4^7, 43i , 



LvciusTitios, tom. III, p. 55. 

LuGius de Tongresy historien , te 
I, p. 34 , 35, 79, 81, 179, aa9, 
a33, a37, a4i, a45, a5i, a55, 
a57, a63, 373, a83, 387, 309, 
319,339,341, 363, 365, 38f, 
4i3, 4*9» 431,435, 437; t. II, 
préLii,z,xi. — 53,6a, 65, 
93, 99» 'Oï» 107» "9» »3i. 



»449* 



LuTATivs Cerco (Q.), consul, 
tom. II , p. 434. 

LuTÈcB ou Pabis, Tille, t. II, 
p. 7, a65, 349; lom. III, p. ii5, 
i35. 

LuxxMBOuao, ville, tom. II, 
p. a65 ; tom. IV, p. 3oi, 3oa j 
^-, ,,, -^., ..,, ..^, _., tom. V, p. 3o5. 
ao7, an, ai3, 319, a49, a55, Ltba ou Lybk (Nicolas de), 
a57, a93, agS, 317, 34 1, 347, historien, commentateur de 
349, 397, 458, 459 ; tom. III, la Bible, tom. I , p. 3i ; t. IV, 
p. 10, II, la, a3, 4i, 4a, 46, p. 83. 
4^*4996^» 9^y m» 117» 119, LrsAiriAS, tétrarque en Aby- 
^oy. lène, tom. IV, préf. vi. 

LuGEicB, dame romaine violée 



M. 



Macaise, disciple d* Antoine , t 
V, p. 367, 307. 

Macbabés ( Judas ] , fils d'Assa- 
iBODée, tom. IV, p. iit. 

MACHuins (les), tom. I, p. a3, 
144. 

Macbabàs, fils de Mithridate, 
tom. m, p. 63. 

Macsiv ( Macer ), préfet du pré- 
toire, s'empare de Tempire de 
Rome après la mort de Gara- 
cfllla. Il est tué un an après 
par ses soldats révoltés, t. V, 
p. 85. 

M AcaaoBx ( historien ) , t. I , p. 
V 



3a9, 335, 406; t. m, p. 429, 

439. 
Mâxstbight, ville, 1. 1, p. 179; 

tom. II, p. 139. 
MàGLAHBiTs, duc d'Albanie, 1 1, 

p. 4ai. 
MAoyisiB, ville, t. IV, p. 55. 
Magob , frère d*Andibaf , t. II , 

p. 45 f. 
Magds , roi celte , t. I , p. 479. 
Mahouet, tom. IV, p. 87. 
Maîbbcb, ville, tom. II, p. 35i ; 

tom. m, p. 468, 469; t. IV, 

p. 339, 34a ; tom. V. p. a7, a9, 

53, 89, io5. 

a5 



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$54 

Maiab ( le ), hUtorieo , tom. II , 

p. «5 1,445. 
Haistrb (de), bistoiieo, l. IV, 

p. 347. 
MALàcuB, propbèle, ton. I, 



Malc (saint), marlir sous Valé- 

rien, tom. V, p. loi. 
Hâliii ES , Tille , lom. II , p. 367. 
Màmb (île), tom. IV, préf. 11, 

m. 
Maxte-Bauv, géographe, t. II, 

p. a54. 
"NLamuûx , mère de Maximin , t* 

II, p. ^9- 
Mamhès (saiot), martir soui. 

Aurélien , tom. V, p. 1 13. 
Mavahem , roi de Samarie, f . II, 

p. 41. 
Havassbs , roi de Judas , t. II , 

p. 85, 87, 89, 109, n5. 
MAMàs, homme célèbre sous 

l'empereur Probus , tom. V , 

p. ii5. 
Maitlius Torquatus Atticus , t. 

Hp.434. , ^ 

Mavnbb, £Is de Lazare, t rv, 

p. 4i5. 
Mavhsb, père d* Alexandre, t. 

rv, p. 349. 

Massui^tus, disciple de saint 

Pierre , tom. IV, p. 3oi. 
Maittbs , ville, tom. III, p. i35. 
Mabtoub, ville, tom. III, p. 59, 

439. 
Maaathon, villo, t. U, pb s8»» 

a83. 
Mabg (saint ), martir sous Dio- 

clétien , tom. V, p. i a5. 
Masc, martir so«s Claude, t. V, 

p. log, II*. 
Mabc (saint), pape, tom. V^ p. 

^39. 
BIabc (s'aint), évangéliste, t. I, 

p. 4x; tom. IV, p. 114 9 ia3, 

ia7, lag, i3i, iJS, i43, 178, 

x83, i85, 193, a57, 399, 309; 

tom. V, p. 5. 



TABLE. 

Mabc , gé&éral romaio , t. Hi, 
p. aSi, a63, a65, 391. 

Marc-Abtouib, général ronuin, 
tom. III, p. io5, X07, a4o, 
a4i. 

Mabc, révérend pèrt, tom. V, 
307. 

Mabc-Aubâlb, empereur ro- 
main, tom. IV, p. 347, 349; 
tom. V, p. i5, 19, «4, a5, %y, 
abcbx. ( saint ) , pane, mirtir 
800S Diodétien , t. Y, p. 137. 



Mabcbx. ( saint ) , pane, 

800S Diodétien , t. Y, p, 
Mabgbl, tom. IV, p. 35f . 



Mabcbl ( saint ), martir , t. V , 
p. 17. 

Mabcbllb, tom. IV, p. a3f . 

MARGBi.UBir (saint), martir, t. 
V,p.95. 

Marceluk (saint), pape, t IV, 
p. 307; tom. V,p. lai , ï«5, 
137. 

MARCBixiir, marlir aoos lici- 
nius, tom.V, p. a 37. 

MARCEtLus, consul romain, t. 
III, p. 379. 

Màbcib, épouse de Catoo, t IV, 
p. 73. 

Habctstbb (sainte), martîie, 
tom. V, p. i85. 

Mabgus Bavius, poète, tom. Œ, 
p. 409,410. 

Mahcus Callidius , orateur ro- 
main , tom. III , p. 108, 10^. 

Mabcus Ci*assus, consul romaio, 
tom. III, p. 35i. 

Mabcus Curius Dentatus, con- 
sul romain, tom. II, p. 4^, 
458. 

Mabcus ManiHus, consul ro- 
main , tom. II, p. 477, 4^'* 

Mabcus ou Mabc , t, IXI, p» 36i, 

Mabou« Messak, gomsuI rofludn, 
tom. III, p. ia3, la^ 

Mabcus Pison, consul rosaio , 
tom. DU, p. 108, xa3, i*4> 
137. 

Mabcus Tullius, confident et 



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TABLE. 



355 



conseiller de César, tom. III, 95, ii3, 149, 161, 410, 4îi , 

«P-^^9'^ . ., ^ . 4a5, 433; t. IV, p. 34.; t V, 

JIaadochxb , juif emmené pri- p. %%, 

somrier par Nabachodonosor, Mabseille, ville , t. Il , p. t5g 2 

(om. II, p. 119. ' »»» --^' '^ - Jt. 

MâaDoinus (le grammairien), 



tom. V, p. 371, 
BIakiscbe, ville, tom. V, p. 175. 
M4BGUEBITB de Bavière, t. Ill, 

prêt xni, XV. 



Ubseills, ville, t. II, p. t5o; 
t.III,préf. V.-170; t.lV, 
a3i;iom.V, p. 181. 
Martre (sainte), t. III, p. 4ii ; 
tom.IV,p. 81, ii5, 121, a3i; 
martire sous Claude, tom. V, 
p. 109. 



Mabguebitb ( sainte ) , vierge, Martiai. (saint), apôtre de Li- 

tom. V, p. i85. moges, tom. IV, p. io5. 

MABGUsaiTB de Valois, com- M ahtiit, au service militaire de 

tesse de Blois, t. II, p. Soa. Julien - César , rencontre an 

MiaïAHHE, petite nièce dJiir- pauvre qui était nu ; il mrtage 

cao, tom. III, p. 4ii. «on manteau avec lui; t. V, 

Mabib (bienheureuse vierge), P* ^77* 

fille de sainte Anne et mère Martih (saint), évéque de Toors, 

de Jésus - Christ , tome III , •o"»- V, p. 249. 

P- 449, 45a, 455, 457, 459, Marti» de Pologne, hiatorien , 

475 ; tom. IV, préf. i. — p. 3, 'om. I, p. 35 ; tom. II, p. io3, 

5, 7. 9i i3, 14, i5, 17, a5, a9, ii3, «6; tom. III, p. ^47; 

3x, 33, 41, 43. 71, 73, 85,165, lom.IV,p.a3i. 

167, 181, i83, a33, a35, a37, Martik V, pape, tom. UI, préf. 

^9, a4i, a43v 345 , a47i 3^9» ^^' 



379, 435 

AIabib (sainte) Madelène, t. IVt 
p. 67, 81, ii5, lai, 167, i8i> 
i83, 193, 195, a3j, a3a. ^ 

Habib , tom. IV, p. 4a3. ^ 



Martik (saint ) , tom. II, p. 400, 

411. 
Mabtikb (sainte), martire, t. Y, 

p. 87. 
Masiuissa , roi de Numidie , t. 

II, P.4B1. 



*^6V3 TT:T' ^' MATlT^AS^Juif, t. II, p. 471. 



p. io5 

HABixrs 9 général sous Constan- 
U09 tofln. V,p. 173, 175. 

Mamivs MBrceUns, consul ro- 
main , tom. n , p. 447. 

Marolles, ville, tom. I, p. i7§. 

Mabs , cfieu mith. , ^ I , p. i a3 , 
189, 191, 193, a39, a47, a6i, 
255, 3a I, 3*7, 3a9, 33i, 337, 
345, 35 1, 353, 4^1, 457; t. II, 
p. 43, 45, 49. 7'» 93; t. in. 



p. 3oo. 

Mathakias, roi de Judée, |^. II, 
p. ii3, iio. 

Matbias (saint), ap6lrei t. IV, 
p. 73, ao3, a 17. 

Mathieu (saint), t. I,p. 4i,433; 
tom. TV, préf. vu, viji, xxi. — 
7, 4a, 6i, 6a, 69,75, 81, Ii5, 
117^119, lai, ia3, ia5, 127, 
149, t3i, i33, i35, 175, i^i, 
i83, i85, ao9, a57; tom. V, 
p. 73. 



p. «9, Si, 70, 71, 85, 93, 94, MAfBiTRTir ( saint) de Sen8,mar., 



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356 TABLE, 

tir sous Dioclétieo, ton». V, MixiàGRi, roi de Macédoine, 



p. 139- 
Maubeuge , ville , lom. I, p. 49 5 

tom. III, p. a75. 
MàUDàcis, roi des Mèdes , 1 1 , 

p. 443. 
Hâuzjoji, fils de Tumus, t. III, 

p. 369, 371, 373, 375. 
Màua (saint), martir, lom.V, 

p. 117. 
Maubicb (saint), t. V, p. lai. 
HàUBiGB, fils du duc Carodo- 

cus,tom.y, p. 307. 
'M.kiofcUf empereur romain , ti- 

ran, lom. iV, p. 35i; ton». V, 

p. io5, 171, 181, i83, 187, 

a47. 

BIaxixb, tiran, tom. IV, p. 44$; 
tom. V, p. 299, 3o3, 307. 

Maximb, historien, tom. I, p. 
17. 

Maximb, philosophe d*£phèse, 
tom. V, p. 271. 

Mazimixb Herculius , tom. IV , 
p. 307, 349» 35 X. Il est fait 
césar par Dioctétien , tom. V, 
p. 117. Il va dans la Gaule 
pour apaiser une sédition , p. 
X19, X9I, xa3, xa5, 137, 137, 
x55, X67, X69, 179, x8o, ift, 
x83. 



tom. II, p. 3q 

MiLiToa , célèbre dans le tenu 
de Marc-Aurèle-Antonin , t 
V,p.x7. 

MxLov (saint), évéque, mar- 
tir , tom. V, p. io3. 

Meluit , ville , tom. II , p. a66 , 

349. 
Mbmmb ( saint), évêque de Chà- 

Ions, t. IV, p. 3i3, 385, 387, 

389, 391. 
Mbmm ins , disciple de S. Pierre, 

tom. IV, p. 3oi. 
Memkon , chef des Perses, 1. 1, 

p. 137. 
Mbmphis, ville d*Egipte, t. I, 

p. 375. 
Mbkapus, chef des Morins, L I, 

P- »77- 
MEirÉL4s , frère d*Agamemnon , 

tom. I, p. i3z, i33. 

Màsàsik, ville, t. I, p. 383. 

Màsàsfius Lanatus , consul ro- 
main, tom. n, p. 348. 

Mbjthe (saint), soldat mârtir 

sous Dioctétien, tom V, p. 

xa5. 

Mbrcube, dieu mith. , tom. I, 

*p. a39,a49, aft5,339, 359; 

tom. II, p. 145, 109. 



MAXiMiir (saint), t. IV, p. a3i ; j^brcube ou HeexIls, tom. ni, 



tom. V, p. a6x. 
MAXXKiir, aa* empereur romain, 

tom. V, p. 89, 175. Se donne 

lui-même le titre d'Auguste. 
MiGBSTE, bourreau au service 

de Néron , tom. IV, p. 365 , 

3^, 373. 
Mblajttia., dame d'Alexandrie, 

tom. V, p. a 3. 
JlliLAS, révérend père, tom. V, 

p. 309. 
MsLBBâAD, roi belge, tom. II, 

p. 157. 
Mblcbiadb (saint), pape, t. IV, Mb^alikb , iemme de dâode , 

V- 309. tom. IV, p. a83. 

Mblchis^Dsc^ grand-prôtre, 1. 1, Mbtoit , tom. I y p. x ^8. 

p. 3i. t MivHQjrB, ville, t. II, p. 38a. 



préf. IV. — 8x. * 

Mercure Trismégiste , auteur , 
tom. II, p. 377. 

Mercure (saint), t. V, p. aSx. 

MercurxaiJs, ville, t. II, p. 77, 
95; tom. III, p. a5, 43, 45, 
XI 5,- ao7, a63, 375, 367. 

Mergebxs , frère du roi des Per- 
ses Gambîses, tom. II, p. 37$, 
377. . 

Mébioh, prince grec tué par 
Hector, tom. I, p. i33. 

Merlib , prophète, t. III, p* 85. 



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TABLE. 



35; 



Metz oo Mosezxuib , tom. I, p. p. 35, 37, 39, 55 , 6i, 63, 65 , 

a5i, a53, 33i, 435, 439; t II, xoi. 

p. 7, 73, »65 ; tom. III, p. 3i, Moab , tom. II , p. 167. 

ao7, 43 1; lom. IV, p. 339, Modeste, célèbre sous Biarc- 



379, 38 1 ; tom. V, p. a3o. 
HiziÀRBs, Tîlle, tom. II, p. 160. 
MiGHAUD , imprimeur , tom. II , 

préd IV. 
Miches, prophète, tom. I, p. a5, 

39$; toro.n, p. 5i,~85. 
MicHBL, tom. Il, p. 337. 
Michel (saint), tom. IV, p. 139, 

a45. 
Mioj>ELBOi)BG , ville, tom. II, 

p. a54. 
MiDLEBOURG, ville , tom. I, p. 

53. 
MiGJTEAU, ville, t. II, p. 365, 

366. 
MiLAE, viUe, tom. II, préf. vni. 

— 35i, 373, 459 ; tom. III, p. 

X09; tom. IV, prêt*. IV. — 3ia, 

3x3; tom. V, p. 169, 367. 
MiiJBT, ville, tom. n, p. iia, 

344. 
M11.ZT, hbtorieo, t. IV, p. 447. 
Mxi.ET,éYéaue de Smirne, t. IV, 

p. 333, ao5. 
Miixi3r , auteur, t. II , p. 3o5. 
HixTiADB (saint), pape, t. V, 

p. 189- 
HofAUT (M.), tom. Vyp. 89. 
MursAVE, déesse mith. , tom. I , 
p. 177, 445, 449, 45i, 453, 
455, 4^7*459, 481; tom. II, 
p. x37, 189, ao3, ao4, ai3, 
a49» a^9> 417» 
MiHTVHJiE, ville, tom. UI, p. 

HtBJfiHK, ville , tom. IV, p. 55. 

MxAOj^ femme de Socrate, t. II, 
p. 3o3. 

MiSAML, f enfant livré avec Da- 
niel ea otage au roi Nabucbo- 
doDosor, tom. II , p. 118. 

MissKjrus, duc des Belges^t. II, 
p. 3az» 3a3, 327, 36 1, Slfes. 

MrTHHxnATE, roi de Pont, t. III, 



Aurèle Antonin, t. V, p. 17, 
Modeste (saint), martur sous 

Dioclétîiki, tom. V, p. 197. 
Moïse, tom. I, p. 39, 3x, 35, 4i, 

49» 399; tom. II, p. 61, 171, 

465; tom. III, p. 4i3; t. IV, 

p. 57, 337, 229, 343, 391, 395; 

tom. V, p. 75, 195. 
MojsE, révérend père, tom. V, 

p. 307. 
Mo^rcHAUx, ville, t. III, p. 368. 
Mous TurroHis , ville , lom. I , 

p. 3, 4, 5, 45, 49> 365 ; tom. II, 

p. i33, i36, 3o4, 358, 361, 

363, 365, 366; lom. III, préf. 

XVI, xvn. — 44, 373, 376, 363, 

368,376; t.IV, p. 343;t.V, 

p. 3o3. 
MopsucRÈJTB, ville, tom. V, p. 

369. 
Moriaub ou Téroueeite, ville, 

tom. I , p. 353 ; tom. II , p. 7, 

9, II, 17, 3i5, 261 ; tom. III, 

p. 363, 3 15, 335, 353; t. V, 

p. i39, 173. 
MoBiAirus , fondateur de la vMe 

de Moriane, tom. II , p. 361. 
MoBiiHus, chef troyen , tom. I , 

p. 2o5y 253. 
MoRiRBUs. Fof, Morîénus. 
MoBiTB , ville , tomv I , p. 77. 
M0SBI.X.AVB ou Mbtz. yojrez 

MeU. 
MosELi^Nus , chef troyen , 1. 1 , 

p. ao5, 253. 
MosTHÈiTB, ville, tom. IV, p. 55. 
MuixER (Jean , savant Suisse , 

tom. III, p. i3. 
MusTER (Frédéric), docteur, 

tom. V, préf. xix, xxiii. 
MuRGES, ville, tom. V, p. 117. 
MusAN , célèbre sous Marc-Au- 

rèle Antonin, t. V, p. 17, 57. 
Munus, révérend père, tom. v, 

p,3o7. 



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358 



TABLE. 

N. 



NASoni , tué par Aihab i roi de 

Samarie, pour w4Êr sa vigoe, 

tom. I,p. 393, 397. 
NiBuotfooovoBom, roi da Babi» 

loneytom. I,p. io5, 117, K9, 

191, 161, i63, 169, 173, 173, 

175, 187, 189, i3i, 173. 
NASOKABDAy, général des Chal- 

déensy tom. II , p. i^t» i(>3. 
Nadas , roi dlsraà » tom. I , p. 

391. 
JXauvM, prophète, tom. I, p. a5, 

443. 
Naîk, ville, tom. IV, p. 79. 
Namur, ville, tom. I, p. 385; 

tom. II, p. 195; tom. III, p. 

3i4. 
Nahct, ville, t. I, p. 33; t. IV, 

p. 38i. 
Nahtbs, tom. II, p. 363. 
Naplb, ville, tom. III, p. 439, 

440; tom. IV, prêt. tx. 
Narbovsb, ville, t. III, p. 18. 

tom. V, p. iï5. 
NIboissb (saint), martîr sous 

Dioclétien , tom. V, p. 139. 
Nabcîssb , martir sous licinios, 

tom. V, p, 337. 
Nabctssb , évoque de Xémsalem, 

tom.V. pf!8f, 83. 
Nas^a ( les deux frères ), t. III, 

p. 179- 
Natalib (sainte), martyre sons 

Dioclétien, tom. V, p. I37. 
Nathab, prophète, tom. I, p. 

319. 
Nathababl, discif^e de Jésus, 

tom. IV, p. 63. 
Naujt, prophète, tom. II, p. 5i. 
Nakaibb (saint), t. IV, p. 3ii, 

3i3, 3f3, 3f5. 
Nazabbtb, ville, t. III, p. 449; 

tom. IV, p. i5, 17, 37, 45, 67, 

81, 97. 



Naztabzb , ville, tom. V, p. 37$. 

NioHAO (Pharaon), roi d%- 
gîpte, tom. II, p. iio, III. 

NBGTAniBo , roi <rÉgipte , t. II , 
p. 375. 

Nbhékib, auteur, t. I, p. 3i; 
tom. n, p. 395, 997, 399, 
3oi. 

NtovTOLÀifB, prince grec, est 
blessé par Pentésilée, reine 
des Amazones, mais il la tue, 
tom.I, p. 137. 

Nbpbtau, tom. I, p. 53; t. Il, 
p. 53 ; tom. IV, p. 69. 

Nbptuhb, dieu mith. , tdro. I , 
p. 347, 383,385,387; t II, 
p. i3i> 309. 

NsBis (saint ), maïUir, tom. IV, 
p. 347. 

Nsaoïr , empereur romain, t II, 
275,441; tom. lU, p. 463, 
. 467 ; tom. IV, p. 4 1, 397, 307, 
3i9, 331, 333, 339, 335, 336, 
337, 338, 33o, 34*5, 349, 35i, 
357, 36i, 363, 365, 369, 37$, 
391, 3g3, 395, 397, 399, 4o3, 
409, 437; tom. V, p. i>,59, 

99- 
Nbb VA, empereur, tom. IV, p. 

307,349» 44»» 445,447- 
Nbbvib ou TouBKAt , tom. Il , 
p. 347, 349, 35i, 361, 363; 
tom. in , p. 307 , 337 , 363 , 
369, 373, 391, «71^ 3oi, So3, 

335,339, 341» 343, 359, sisa, 

371, 375, 577, 401, ioê. 
Nbupohatkl , ville , t. H , p* 9^- 
Nbuoatb, ville, t. II, prêt n. 
NiCABOB , disciple des apdtres , 

tom. IV, p. 335. 
Nid«, ville de Bithinie, t. TV, 

p. 171; tom. V, p. 339f b4o» 

341, a87, 389, 391. 



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TABLE* 



3«S 



NicÀTK(saîy|e),marUrt, L V, tom, lU, préf. iv; um» IV« 

p. i«5. p. 57; t. V, p. i3. 

NxcocjuÀs éa Lacédéiooney rbé* Nos, patriarche , tom. I , p. 91» 

leer, tom. V, p. %yi, lai. 

NiooDàitXy évangéliste» L IV, Noim, tom. I» p. «69. 

p. 159, i8iy 197. Noi^is (le cardinal), tom. lU^ 

NiQOBiifx » «o 4e9 premiers p. 38o; tom. IV, préf. xn, 



cTentre let Jaifii, t IV, p. 113, 

ia3, z53, iSSy 179, 181, aai. 

Nicoi.A« («aint), évéq«e 4# Mire, 

tom. V, p. a4S. 



XVII. 

NoRK ART (Simon), clerc du bail- 
liage de Hénant, tom. I, 
pr&. VI. 



NiooLAS, historien, 1 1, p. 35 , Nos a Pompilivs, a* roi deBo- 



aa9, )39, 339, ^7^ 43^ 
N1G0X.AS, disciple des apètres, 

tom. IV, p. aa5. 
N1C01.AS RucLBKi, historfen, 1. 1* 

p. 375. 
Ntcx>icéDiB, ville, t, V, p. 169. 
KniàavB» vîUe, toou II, p. t3f, 

a65. 
NnnvBf ville» tom. I,p» 441, 

443; tom. II « p. Si, 5^^ a73; 

tom.IU,préf.iv. 
NnroTs, ville, tom. II, p. laS, 

Nnrus, jM^mier roi d'Assirie, 
.I,p. H9, xai, 123,478; 



me , tom, I , p. a6i ; tom. II , 

p. 85, 95, 97, io5, 114, ii5. 
NuMiiirs , chef des Herdniens , 

tom. III, p. 137. 
NuMiaixir, empereur romain , 

t. IV, p. 349 ; tom. V, p. it6, 

X17, li9« 
NuMiaimi, maître de I4 milice 

de l'empereur Commode, t V, 

p. 53. 
KuMiToii , roi des Latins, t. II, 

P-47>49* 
llp]i,père deJosué, Inin. II,p. 

>99- 



o. 



Obxd , fils de BoQj; et de Ruth, 

KnD. I, pw ft6o. 
Qcâ,AMV9 , tom. V , 71,75. 
OcaiosiAS, roi de Jada , tom. I, 

p. 393, 397,399,433. 
OcHua , roi des Perses, tom. II, 

B. a3o, a3i, 307, 377, 379, 

OcTATXy empereur romain , 1 1, 

p. 83 ; tom. m, p. aSa ; t. IV, 

préf. V. 
Ocr A VTB, femme de Néron, t. IV, 

p. 33 r. 
OcTATiBS. ^oyez Anguste. 
OoTOvis , ville , auparavant Bel- 

^, to». I, p. 55, 81, 333 ; 



tem.IVip.af,88l»33^(ty, 

p. 27, 41, i7S# ^99» 3oi. 
Obb», prophète, 1. 1, p. 391. 
Odoagbb, guerrier saxon, t. III, 

p. »46, a47. 
Odomarcus, dttc des Nerviens , 

tonu III, p. a45, a53, »$S, 

^7U *9»* *93. 

Ojiabrt, abbé de CemhloQrs. 
Fojr. Bouchard. 

Oliupias, épouse do roi de Ma- 
cédoine Philippe, tom. II, p. 
375, 383, 385. 

Oxjvixai ( Eiistache ), historien, 
tom. IV, préf. xx, xxiii. 

Osn AS, pontife, tom. II, p. 43j , 
435,457,461, 46a, 467. 



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36o 



TABLE. 



Ob, irétérend père» tom. V, p. 

309. 
Obgbies, ville, t. IV, p. 34». 
Oaestes, roi de MacéaoiDe, t. II, 

p. 37, 3io, 3ii. 
OBGiTOaix, chef des Belges , t. 

m, p. ia3, 124» lîï?» ï^9» 

i3i, 1419 i^^9 i6^* 
Origàhe ou OBiGiKBS, Butear, 



tom. II, p. 4a5; t.IV,p. i3; 
77» 79» 247- 



tom. V, p. 63, 67, 



Obohtb (saint), martir sous Dio- 
clétieD , tom. V, p. 1 ^7. 

Obopastb, roi des Perses , t. II , 
p. 377. 

Oros ou Orose (Paul), histo- 
rien , tom. I, p. 35, 73, 9a, 93, 
95, 97» 99» i»^» "9» i4i> «59, 
171, 173; tom. II, p. a85, 3i5; 
371, 406, 407, 4i3f, 438, 439, 
440, 441,443, 445, 447» 45o, 



35, 38, 39, 61 , 317, 357, 4a8, 

470, 47a ; tom. V,.p. 309. 
Osée, prophète, tom. I, p. 44' ; 

tom.n.p. 51,58,59,83,85. 
OsiAS ou Asâ.HiAS on Ozias-Aza- 

BT4S, roi de Juda, tom. I, o. 

279, a8 1,439; tom. n, p. 1,5, 

37,40, 41,43, 44,45,4<5, 5i. 
Osnrs , président du concile de 

Nicée au nom du pape SiWes- 

tre, tom. V, p. 240. 
OsTiE, ville, t. II, p. ii3. 
Otuoh , empereur, t. I , p. '55 ; 

t. IV, p. 399, 401, 4o3, 4o5. 
OuBir ( saint ), évéque de Reims, 

t.III,p.3a4. 
Ovide , poète , tom. I , p. 307 , 

341, 345, 347, 349, 35 1, 355, 

357, 359,361, 41 1, 455; t.II, 

p. 141 ; tom. III, p. 408, 409; 

tom. rV, p. 48, 49, 5o, 5 X, 3a I ; 

tom. V, p. a36. 
OxFOBD, ville, tom. I, p. 139. 



45 1, 45a, 453, 459, 477,'478; Ozéb, prophète, 1. 1, p. s5. 
tom. III, p. 4, 5, 7, 9, 19, 33, Ozias ou Azabus. Voy, ÛMas. 



P- 



Pacuvius, auteur tragique, t. II, 

p. 475. 
Padoux, ville, tom. III, p. 109 ; 

tom. IV, p. 49. 
Pagi ( le père ), auteur, tom. IV, 

préf. xn ; tom. V, p. 389. 
PAX.AMtox, roi , tom. I, p. x35. 
Pal^s, tom. I, p. 357. 
Pallas , tom. I , p. i39, 455. 
Pamboit, disciple d* Antoine, t. 

V, p. a67, 307. 
Pammaqub, tom. V, p. 71, 75. 
Pampbile, historien, martir sous 

MaxenCe, tom. V, p. i83, 347. 
Pav , dieu mith. , tom. I, p. 177, 

397; tom. n, p. i35, i36, 137, 

1*38, i39, 141, 143, 147, i55, 

ao3, ax3, a6x , t. III, p. 368. 
Pahcxoucxb (C. L. F. ), auteur. 



tom. II , préf. VI ; toou m , 

préf. V, X. 
Pahcbace (saint), martir sous 

Dioclélien, tom. V, p. 117. 
Pakbadb, ville. Voy, Gésarée de 

Philippe. 
Pabétius , philosophe, t. III, 

p. 59. 
Pautaléoit (saint), martir aoos 

Dioclétien, tom. V, p. 1^7. 
Pautèhe (saint), stoïcien, t. V, 

p. 57, 63. 
Paktbus, ami de Priam , Ion. If 

p.i83. 
Papebrok , t. V, p. aa6, aS3. 
Papias d*Hiéraple, t V, p. i3. 
Papirius Cursor, consul romaiiiy 

tom. ir, p. 406, 407. 



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^j 



TABLE. 



36i 



PàFiMivè PrctextatoA , tom. II , 
p. 4o^- 

PkQOoxj historieD, lom. I» p. 4; 
tom. III , préf. xvn. 

Paris, fils de Prîam , enlève Hé- 
lène, tom. I,p. isg. 

Paris, capitale de U France, 
tom. I, p. 3, 6, iS3, s33; t. II, 
préf. vii, IX, XI. — ^p. aSi, a65, 
349, 373, 445 ; t. m, préf. 11, 
▼, THi, X, xvn ; tom. iV, préf. 
IV, vni, IX, X, XVII , xvni. — 
«35, 387, 391 ; tom. V, p. 89, 
U9, 137, i39, aoi. 

Pabisatis , fille d'Artaxerxès- 
Loogae-Main, tom. II, p. 307. 

PAJOciviDx oa Pabmbhidbs , 
philosophe, tom. II, p. 191, 

Paros, ville^ 1. 1, p. 480; t. II, 

p. 182. 
pARTRixtus, envoyé de Néron, 

tom. IV, p. 369, 371, 445. 
Pasoai., anteur, tom. II, p. 291. 

PATRRJriXH, tom. y, p. II. 

Pathmos , ville , t. IV, p. 347- 
Patroclr , échanson de Néron , 

tom. rV, p. 359, 36 1. 
Patroolr (saint), martir sous 

Aurélien, tom. Y, p. 11 3. 
Patboclr , guerrier grec tué par 

Hector, tom. I, p. i33. 
Paijz. (saint), et ses compagnons, 

oMirtîra, tom. V, p. 95. 
Paiji. (saint), premier ermite, 

tom. V, p. 107. 
Pave,, primecier de Ckynfltâiice , 
ouurtir sous JaHeD^r Apostat, 
tenu» V, p. i75< 
Pavx., révérend père, tom. V, 

p. 307. 
Pavx* ( tainl ) , apôtre , tom. I , 
^ 43, 104, ii5; t. IV, p. 93 , 
ai7, a37, a4i, ^49» «5'> ^^» 
«9»» «9^, »97> 3^7» 3ai, 3^5, 
345, 349» 35i, 35q, 363, 3€5, 
367, 369,371,373,375,391; 
touÈ, "y, p. 79» 99> *i3, ai5, 
a 17, a»3, ^«7, ^^9- 
V 



Paul IY, tom. II » p. 164. 

Paul, évèqne de CoDstaotÎDople, 
martir soua Constance, t Y, 
p. s65. 

PAU1.-LB-S1MPLR, disciple d'An- 
toine, tom. Y, p. 267. 

Paulik , historien , t. Y, p. 3oo. 

PAmjRB, femme d'nne condi*> 
tion illustre , fameuse 4 Rome 
par ses débauches , tom. IV , 
p. 5i. 

Pausarias , roi de Macédoine , 
lom. II, p. 39, 383, 385 ; t. m, 
p. 85. 

Pavib, ville, tom. II, p. 459. 

PiARSoH y évéquo de Chester , 
tom. Y, p. io3. 

Peigrot, auteur, t. IV, p. 34?. 

Peirxso, auteur, t II, p. 4^5. 

Pelkb , roi dans le Péloponèse , 
tom. I, p. x3i. 

PsixERiir, auteur, t. II, préf. x. 

Pelloutirr , auteur, tom. III , 
p. 175. 

Pelusk, ville, tom. U, p. 117, 
433. 

PiitÀHE ( saint ), prêtre martir, 
tom. V, p. 107. 

PERTisiLix , reine des Amazo- 
nes, combat vaillamment ; elle 
blesse le fils d'Achille ; elle est 
tuée par lui, tom. I, p. 137. 
Pbfir , roi des Francs , tom. V, 
p. a3o, 23i. 

PxpiR-ui-Bo96u, fib de Charlê- 
magne, tom. Y, p. a3o. 

PxRDicAS , 4* roi de Maeédoîiié, 

tom. II , p. S7. 
Pbhdicas, 11 « roi de Macédoine, 

tom. II , p. 37. 
PxRDicAS, sa* roi de Maeédoine, 

tom. II, p. 3o. 
pBRDicoAS,un des généraux d'A- 
lexandre, t. II, p. 401. 
PiaioRiH (sftint), évéque, t. IV, 

p. 463. 
PsE^tiiir (saint), martir, t. Y, 

p. a3. 
Pkrbrrids, tom. Y, p. 33. 

26 



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36a 



TABLE. 



Pbrgamb, villa, l. I»p. 195. 
PéaiCTioirBy mère dé Platon, 

tom. II , p. 309. 
PsRMiirB, aisciple des apôtres, 

tom. IV, p. ai5. . 
PBapBTUB, mère de saint Na- 

laire, tom. lY, p. 3x3. 
PBBBOir ( le cardinal du ), t Y» 

p. 2t6. 

Pbbsb, poète, tom. lY, p. 3ai. 

Pbbsbb, dernier roi de Macé- 
doine, tom. II, p. 39, 469. 

Pbrtutax (iElius), empereur 
romain , tom. Y, p. 57. 

PixAU ( le père ), jésuite , t. lY, 
préf. VIII, X, XII, xvn. — 43 1. 

PÀbbsbourg , capitale de la 
Russie, t. lY, p. 11. 

Pbtit Radbl, auteur, tom. III, 
préf. viii, IX, X. 

PÀb4, TiHe, tom. III, p. 99. 

Pbtrohb , préfet de Sirie , t. lY, 
p. a69, 271,173,445. 

Phagéb , roi des Juifs, tom. II , 
p. 43, 44i 45, 5i, 55. 

Pharaon, roi d'Egipte, tom. I, 
p. 371; t. II, p. iio, III, ii3, 
169; t. lY, p. 159. 

Phabnacbs, fils de Mîthridate, 
tom. III , p. 63. 

Phasabl, fils d*Antipater, t. III, 
p. 107. 

Phéroras, fils d'Antipater, t. 
III, p. 107. 

Phii.adbi.phib, ville, tom. III» 
p. 99; tom.IY,p. 55. 

PBI1.ÉAS (saint) , et ses compa- 
gnons, martirs sons Dioclé- 
tien, tom. Y, p. laS. 

PHiLéMOR, tom. I, p. 43. 

pHiiitMoif (saint), martir sous 
Diocléticn, tom. Y, p. 127. 

Philippb, 6« roi de Macédoine, 
tom. II , p. 37, 39. 

Philippb, i3" roi de Macédoine, 
tom. n , p. 39, 375, 38 X, 38a, 
383,385, 389, 4 'o, 457. 

Philippe Aridée , roi de Macé- 
doine, tom. II , p. 39, 401. 



Philippb, roi de Sirie, tom. Ht 

p. 3i, 4'!* 
Philippb de Harveng , abbé de 

Bonne-Espérance , tom. I , p. 

176, 177, 179. 
Philippb , disciple de Jésus , t 

lY, p. 63,ïa3. 
Phiuppb, disciple des apôtres, 

tom. lY, p. 295. 
Philippb , frère d'ArchéUûs, té- 

trarque, tom. lY, p. 37, 55, 

69. 
Philippb - Auguste , tom. m, 

p. 117. 
Philtppb-lb-Bbl, t. III, p. 363. 
Philippe- LE -Bon, comte de 

Flandre et de Hainant, tl, 

p. 5, 56; tom. III , préf. xf, 

XV, XVI. 

Philippe, père de sainte Eugé- 
nie, martir, tom. lY, p. 349 » 

tom. Y, p. 59. 
Philippe, père de saint Jeaik- 

Batiste, tom. Y, p. 277. 
Philippe, tétrarque de Tlturée 

et de la Trachonite, tom. IV, 

préf. VI. 
Philippe, célèbre sous Marc* 

Aurèle,tom. V,p. 17. 
Philippe, préfet du prétoire, 

tom. Y, p. 91; empcârenr ro- 

main, 93. 
Philippine de Hainaut, t II, 

p. 392, 393. 
Philon , écrivain , t. lY, p. 265. 
Phlboon , affranchi de Tempe- 

reur Adrien , célèbre par ses 

calculs sur les olimpiailes , t 

lY, p. 171. 
Phocas, tom. lY, p. 45i< 
Phobbus, tom. I, p. 36 1. 
Pur AORTÀs , roi des Mèdes, 1. 1 y 

p. 443. 
PiAMMON, révérend père, t V , 

p. 307. 
P/ATON ou Put (saint), marUr 

sous Dioctétien , t. V, p. x»9» 

i3r, i35, i37, i39, i4^ »43» 



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TABLE. 



36^ 



147, 1499 i5i, iSS^ x55, 157, 
z59y 161, i63, 16S, 167. 

PicABDt, toin. U , p. 419^ 

PiooH , chef de pirates , tome II, 
p. 419» 4ai. 

PiooBiujf f YÎlle , toin» II, p. 4a i • 

Picus,. roi des Latins, tom. I, 
p. a6i. 

Pn (saint), tom. IV, p. 807. 

PiuuLB (saint), et ses compa- 
gnons, martirs sous Dioclé- 
tlen, tom. Y, p. 117. 

Pnama (saint), tom.I, p. 43; 
tom.IV, p. 67, 79,93, loi, 
io3, 143, i45) 149» 318, ai5, 
ai9, aai, a4ï, a43, a45, 349, 
a85, 191, 395, 397, a99, 3oi, 
3o5, 809, 3x3, 347, 35 1, 353, 
355, 357, 375, 377, 383, 385, 
387, 391, 449; tom. V, p. x7, 
99, m, 1*7, in,ai5, 317, 
ai9,aa3, aaS, aa7, 339, a3i, 
a34. 

PrsaBs, évéque, martir sous 
Mazence, tom. V, p. x83. 

PxsDABB, poète grec, tom. II , 
p. a85. 

PiojiiAS (saint), martir, tom. V, 

p. 17. 

PniSy historien, t. V, p. 175. 
PnriTUS , évéque de Crète, t. V, 

P- 17* 
PiBBBvs, roi de Macédoine, t. 

H, p. 39. 
Pnov (Icstrois), t. IV, p. 338, 

339. 
Pison, jeune homme d*une nais- 
sance illustre, tom. IV, p. 399, 

4o3. 
PiTHAGO&B, philosophe, tom. II, 

p. 217, ax8, 375, 3o3, 335 ; 

tom. IV, p. 457 ; t. V, p. 67. 
PZ.AISAJICB, ville, t. II, p. 35 1 ; 

t. IV, p. 3x3. 
Pi^àJiciiJs , questeur , tom. III , 

p. 108, 109. 
Pi^TOW 9 philosophe, 1. 1 , p. i5, 

^9f ^95 ; tom. II , p. 293, 3o5, 

3o9, 3ji, 3x7, 3s9, 33ï, 333, 



335,375,376,377,378,379; 

tom. V, p. 67. 
Plautiu^, disciple de saint- 
Paul, tom. IV, p. 371, 373. 
Plibb, historien, tom. I, p. 98, 

141, 171, 173; tom. 11^ préf. 

VI. — 438 ; tom. III, préf. vi. 

— 85; tom. IV, p. 453. 
Plxbb le naturaliste , tom. IV , 

p. 453. 
Plotik , philosophe , tom. II , 

P- 379- 
Pix>Tius Gallus, professeur de 

rhétorique latine k Rome, 

tom. m, p. 53. 
Plut^&que, philosophe, pré- 
cepteur de Trajan, tom. II, 

p. 38o ; t. IV, p. 449. 
Plutob , dieu mithol. , tom. I , 

p. 347. 
PoLÉMOH , philosophe , tom. II , 

4a3, 4a3. 
Polibb , historien , t. II , p. 373, 

878, 438. 
PoLiCABPB (saint), évéque de 

Smirne, martir, t. IV, p. 847; 

tom. V,p. 18, 17. 
P01.1CRATE , évéque d'Éphèse , 

tom. V, p. 81. 
PoLiDAMAS , chef des Troyens , 

tom. I, p. 187, i83, 199. 
PoLispEBCHOir , tuteur des rois 

de Macédoine , t. II, p. 4ox. 
PojLLUX et Castor , frères d'Hé- 
lène, tom. I, p. 181. 
PoLocHROBB ( saîut ) , évéque , 

martir, t. V, p. 107. 
PoMpéB, général romain, t. III, 

p. 3i, 59, 60, 61, 65, 99, loi, 

io3, io5, 107, 116, 1x9,879, 

38i, 889. 
PoMPEB ( Trogue ) , historien , 

tom. V, p. i3. 
PoMPOBius Mêla, géographe, 

tom. III, p. 175. 
Pouce (saint), t. V, p. 98. 
PoircE Pilale, gouverneur en 

Judée , t. IV, préf- v. — 5i , 

58, 55, io5, i5i, i58 , x55, 



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364 



TABLE. 



i5o, i63, 177, 179, 191, iSi, 

tSB, 357. 
PovGX (saint), martir, tom. V, 

p. io3. 
PovTiur (saint), martir, t. Y, 

Povnur (saint), pape, martir, 
tom. IV, p. 307, 349 ; tom. V, 
p. 87, 89. 

PoiTTiBv (saint), et ses compa- 
gnons, martirs , t. Y, p. a}. 

PoiTTiQux (saint), martir, t. Y, 
p. 17. 

Poppia, femme de Néron, t. lY, 
33i. 

Poaoius(Mar€iis Cato), rbétear, 

tom. rv, p. 7. 

PoapHiRB , philosophe , martir , 

tom. Y, p. 91, i83. 
PoBPHiaB, mage, tom. Y, p. 109, 

147. 
PoBRBx , fils du roi de Bretagne 

Gorbogudon , tom. H, p. 931. 
PoBSBKNA , roi de Toscane, t II» 

P- »97- 
Poetb-Bblob, ville, tom. II, 

p. i33, x37, 143, 145, iS5, 

909, s59, 363 ; t. III, p. 963. 
POBTSMOUTH , Ville , t I, p. 383. 
PossiDOBius, stoïcien , tom. III, 

p. 59. 
PosTBUHB, tom. Y, p. xo5. 
PoTBBTiBvirE ( sBintc ) , martire, 

tom. Y, p. 17. 
PoTHiB (saint ), martir, tom. lY, 

^ p. 347. 

Pbaxokidbs, tom. II, p. 45. 

Pbbssubus, lieutenant de César, 

tom. m, p. 940, 941, 963, 

967. 
Pbiâm , roi de Troie , tom. I , 

p. 79,81, 199, i33, 137, 181, 

i83, 187, 189, 193, 197, 199, 

90I, 999, 933. 
Pbiapb, tom. lY, p. 975. 
Pbiabivs, roi des Allemands, 

tom Y, p. 309, 



Pbimx (saint), martir imu Di(H 
détien, tom. Y, p. 197. 

PauiirBS, roi des Corintbîeos, 
tom. I, p. 981. 

PaisciBB , grammairien , tom. I, 
p. 39; Umb. II, p. 3l9. 

PaiSQUB ( saint ) , et set compa- 
gnons, martirs sons AorélieD, 
tom. Y, p. II 3. 

Pbisqub (saint)» martir, t. V» 
p. xoi. 

Pbivat (saint), évèqoe martir ^ 
tom. V, p. io3, 

PnoBus , empereur romain, t Y, 
p. ii5. 

Pboc4s , roi des Latins, tom. I, 
p. 961 ; tom. n, p. 47- 

Pbocopb , historien » tom. Y, 
p. 175. 

Procobb , disciple des apdtres , 
tom. lY, jp. 99$. 

Procula , femme de Ponce Pi- 
late, tom. lY, p. 159. 

PROviTHiB (oracle de), tom.1, 
p. 139. 

Propabtirhs, tom. I, p. x77- 

Prospbb (saint ) > t. Y, p. ms. 

Pbosper , historien , continua- 
teur d*£usèbe , tom. I, p. 3S $ 
t. m, préf. xiii, xvii, xtni; 
tom. Y, p. 947, 3i3. 

Prot (saint), martir, t. Y,p, ia3. 

Protésilas, guerrier grec mé 
par Hector, tom. I , p. x33. 

Phothéhor, guerrier grée tué 
par Hector, tom. I, p. i33* 

PxoLEiiBB, astronome, lonult 
p. 39; tom. II, p. 4ia* 

ProLiiiÀB ott Aloritbs , rai de 
Macédoine, tom. II, p. 39, 
169, 949- 

ProLBxiB Alexandre, roi d'A- 
lexandrie, tom. III, p. 3i»^- 
Ptolbxbe Épiphane, roi diK* 
gipte, tom. II» p. 4^» 4^' 
461, 469, 463, 465, 47T> 



Frideaux , historien , tom. lY, Ptolbmée Ëvergete , roî oE' 
préf. VI, VII, X. giptc, toro. ÏI, p. 434 1 435 , 



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TABLE. 



36S 

*^pte,tiMii.lII,p.55,97, 
io5, 117, 381. 
Pubuovâtus on Bituoitat, duc 
des Nenrien» , t. III , p. aiS . 
3o3, 3o5,3o7. ^ * 

PuBUTO JSlius ftetua, consul 
PioiJidiv Pbiladelpbe, roi d'É- romain ^ tom. H, p. 455. 
giple, tom. II, p. 410, 4ïi . PvBLres Cornélius Scipion,con« 
4a3, 425, 43i, 433, 434, 435. *?' ''^^"n f ^om. U, p. 443 , 



436,437.439,441,443,475; 

tom.Ilf,p.3,5,9. 
PTOMKiB, fils de La^ju», roî 

dTEgiple,t.U,p.4io,4ii. 
ProufaiiB, géographe, t. m, 

pml T 



PxoLiiÛE Philomélor, roi d*É- 

gîpte,tom. n, p. 465,471, 

47^ 474, 475. 
PTOLiMXB Philopator, roi d'É- 

gîpte,tom.n,p.443, 457. 
PwMLiwfc» Soter, roî d'Égipte, 

•^^P- 400, 401, 405; 409, 

**if M, S». 
Pv<nivbi surnommé Denis, roi 



48t. 
PuBuus Crassus , lieutenant de 

César, tom. UI, p. a4o, 3i5, 

3i6, 319, 3ao, 3a5. 
PupiBjr (tiran ) , tue Maxiroin à 

Aquilée, tom. V, p. 89. — 

Usurpe Pempire de Rome; il 

est assassiné dans son palais , 

tom. V, p. 91. 
Ptob , révérend père, tom. V, 

p. 307. 



Q. 



QPAMA* (saiol), tom. IV, p. 

461. 
QuABiojrojr, ville, tom. III, p. 

«76. fojre* Cams-Loens. 
Qvâamm^Covfiotmàa ( les ) , mar- 

ûrê sous Dioclétien, tom. V, 

p. 133. 

QnaarBXMiBB , sarant français , 
^toauIV , préf. ni. 
OFsnmr (Saint-) ou Vxbvavdb, 

irflle, tom. H, p. a64, 319. 
Qommnm (saint), martir sous 
Hkïolétien, tom. V, p. la?, 
x37,i39. *^ ^' 

QpmwLMMAiM^ ville, tom. II, p. 
^396, 
QtrmmBOi (Le), ville, tom. m, 

p. s6a. 
Qq£tt (de ), seigneur, tomL I . 

p. 4e- 

QppfeCTiAii r, ville, t. II, p. 148. 
QuijfTUEsr, consal à Rome, t. 

V, p. 89. 
QurvTixJBir ( Marcos Fabius ) , 



outenr, ton. UI, p. 108$ t. 
IV, p. 399. 

QinwTitnys Varus, général ro» 
main, t. III, pré? i. — 445, 
447.461,463,465,471,473. 

QuijrmxB , frère de Claude, est 
proclamé empereur; mais il 
est tué après un règne de sept 
jours, tom. V, p. m. 

(Jdihtus Cicéron , lieutenant de 
César, tom. III, p. a4o, a4i. 

QuiHTus Curîus , chef des trans- 
fuges romains , tom. III , p. 
a42, a43, aSi, a53, 371, 389, 
391. 

Quurxus Fabius, consul romain, . 
tom. III, p. 7, 189, 196, 197. 

QvofTiis Fabius Pictor, t II, 
p. 37a. 

QuiBTva Galiius, t. III, p. 108. 

Quig'njs Xonius , Espagnol , t. 
III,p. 3a8. 

(JuxBTUs Lueanius, Romain tué 



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366 



TABLE. 



dans UD combat contre Am- 
biorix, tom. III, p. 337. 

QiTTirTus Marcius rex, tom. III , 
p. 18. 

QuiHTus Pédias , connétable de 
César, t. III, p. 197, lai. 

QuiBTus TituriuB Sabinus , gé- 
néral romain, tom. m, p. 
aog, ax5, 116, 3^6, 3a7, 33i, 



333, 335, 336, 337, 339, 347. 
QniaiAc(saint)y martir, t. IV, 

p. 349. 
QuiRicus , général romain, tom. 

m, p. 3i5, 3i6. 
QuiBur (saint), t IV, p. 463. 

QuiRivus, martir sous Maxence, 
tom. V, p. io3, i83. 



R. 



Rabav, bistorien, t. II, p. 139. 
Râchbl, femme de Jacob, t. I, 

p. ^-j, 5i. 
llAiir4Ui.D , prince de Hainaut , 

tom. I, p. 55. 
Râibibb, comte de Hainaut, t.I, 

p. 61, 6a. 
Râmoth Galaad, ville, tom. I, 

P- 397- 
RAsis, docteur en médecine, 

tom. I , p. 39. 
Rasut, roi de Sirie, t. II, p. 5x, 

55, 57. 
Ratisbonhs, ville, t. I,p. i48. 
RAVEHirB , ville , t. III , p. 379. 
RiésLATA, ville, t. II, p. i63. 
R]écHAB, tom. IV, p. 3a9. 
RsoAiTB, fille du roi de Breta- 
gne Léar, tom. I, p. 41 5, 41 7» 

4>r. 
Régulb( saint), évéque de Sen- 

lîs, tom. IV, p. 439; tom. V, 

p. ï37, 139. 
Rbifpbkbbbg (le baron de), t. 

IV, préf. XXII. 
Rbims, ville, tom. I, p. 7, 75 ; 

tom. II, p. 89, 91, 93, 191, 
• 193, a5o,a53; t. m,p. 3i, 

Il 5, ao9, 4a5, 433, 435, 437, 

463 ; tom. IV, p. 335 ; tom. V, 

p. 139. 
Rbiitb ( sainte ) , martire sous 

Maxence, t.V.p. i83, i85. 
Rbmus , fils de Mars et dllia , 

tom. I, p. a6i ; tom. II, p. 43, 



45, 46, 49> ^'» 63, 89, 91, 97, 

io5, a63. 
Rbvx, ville, t. n, p. a58, 365 , 

366. 
Rbtbmoldus, auteur, tom. III, 

p. an. 
Rh^a ou luA, fille du Numitor, 

mère de Rémus et Romulas , 

tom. II, p. 47» 49- 
Rhbthts , chef des Flamands , 

tom. I, p. 177. 
Rhodes, vule, tom. III, préf. tl 

— 5o. 
RicHABD de Saint-Victor. Fojtz 

Saint-Victor. 
Richard, historien, tom. III , 

p. 378, 379, 391. 
RicTius Varus, préfet de la 

Gaule, tom. V, p. ia7, 1*9, 

177. 
RiMiBi, ville , tom. III, p. Zj^ 
RiHCHABT ( Fr. ) , historien , 1. 1, 

p. 6. 
RivALLOB, roi de Bretagne, t. II, 

p. 73, 76, 81. 
RoBAix ( de ) , seigneur , tom. I , 

p. 46. 
RoBBBT , archidiacre d'Oslre- 

vant, tom. I,p. 175. 
RoBBBT Estienne, bistoneo, t. X, 

p. 139. 
Robbbt-lb-Fbisoh, prince de 

Hainaut, tom. I, p. 55. 
Roboam , roi d'Israël, tom. I, 

p. a5, 389, 391. 



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TABLE. 367 

Ro«ux ( de ) > seigneur , tom. I , Romulus , fils de Mars et dlUa , 

„ P- 4^" , . . , . *<>«• I, p. 83, i47, .149, a6i ; 

RooATnir (saint), martir sous tom. Il , préf. xi. — 43 , 45 , 

DioclétieD, lom. IV, p. 117. 46, 49, 61, 63, 85, 89, gt, io5, 

Roisiir , ville, lom. III , p. a64. a63, 379. 

Roixnr , historien , tom. UI, p. r^^^ ^ ville, t III, préf. vi. 

i3; tom. IV, prél. ix, xiv, Rotkbdam, ville, tom. U, p. 

RoMArs (saint), martir, tom. V, n^J' «u » „ 

p. 107. RouBir,viUe,tomII,p.7,a63; 

RoM,^lle, tom. I, p. io5, 119, ^^^' ™' P' "5; tom. V, p. 

v<kT v«kn rXv *kf\r »kt\^ 4j%9 / * 




115, II», 121, laa, 153, 1D7, 2p ^ 

i59, 196, 197, an, ax6, 117, P*"^** "• 

a43, a5i, a63, 391, 347, 340, Rubkït, patriarche, t. I, p. 47, 

35f , 369, 370, 371, 37a, Syiy 49' 

407, 4aa, 4a3, 433, 438, 439, Ruclébi (Nicolas), historien, 

440, 44f , 447, 449, 45i, 453, tom. I, p. 79 ; t. II, préf. 11 ; 

455, 463, 47'» 481 ; tom. m, tom. III , p. 85 , 86 , 87 , 88 , 

prétiv. — 4, 5, II, i3, 33, m, 117, ia5, a44, a45. 

35, 37,49, 5a, 53, 54, 55, io3, Rutoi (saint), martir sous Dio- 

io5, 107, 108, 109, 1 19, i5i, clétien, tom. V, p. lag , i37 , 

177» «89, aa7, a47, 379, 38i, ,3^^ ,5 j, 

n^ 1^ fJ^'A^^ÀT' ^' ^""^' ï'î^^o"-»' »««^- V.p. a39, 

57f .sTa" 7nTxr.9'5 : m^ ^^^^ ^'^> ^^'^ ^7?, ^â\ 

l%\ 3?i: 333: S: 35I: tà\ Hn.™ (sainte) vierge mar^^^ 

^^n \nr, qflC ^nft vC«/t A%t^ *^""- ^» P- '^*- 



8«, 83, 85, 87, 89, 93, 95, 99, ** Y^ 

loi, 100, i3i, 137, 149, i55, ^°^* 

171, 175, 181, i83, 189, 191, RuTBAU, historien, tom. I, p. 6. 

199, ai3, ai5, aaS, aa6, aa9, Ruth, tom. I, p. 41, 369. 

MI, a47, a53, 371, 3o3, 3i3. RuTHiiriTs , chef des Ruthènes, 

Kcmx. la Belgique, ville , tom. I, tom. I , p, 175 , 177 ; tom. II , 

pu 6. p. a6i. 



SaJUV (saint), évéque, martir romain, tom« III, p. 337; t. 

sons Dioclétien, t V, p. 137. IV, p. 375. 

Sasotb (sainte), t. IV, p. 463. Sagontb, ville, tom. II, p. 441. 

Sx^rm-a^ (Cornélius), général Saivcte Wauldru , duchesse 



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368 



TABLE. 



de Lorraine, tofli. lU, préf. 

XIII. 

SAUTTm-MABTKE ( Ics frèfes), 

tDiD. IVf p. i3iy 891. 
Sautts-Cboix, aateur^ ton. I» 

p. 38o. 
SAnrr^BOBGB ( Le Noble de ) , 

chrooologiste , tom. lY, pré£ 

IX. 

Saixt^brmaib , historien , 1. 1, 
p. 5, 298, 410, 412; lom. II, 
p. a68, 372, 408, 4*3; t. III, 
p. 376, 34a, 344»36o, 364, 
^68, 454, 464 ; tom. IV, p. 4», 
3o3, 3ia, 3i4, 336, 338, 34o, 
388; tom. V, p. 18a, 3o4. 

SAurr-GuisLAiir , ville, tom. m, 
p. 376. 

Saibt - ViGTOB ( Richard de ) , 
historien , tom. IV, p. aSS. 

Salathibl, tom. I,p. 939, 177. 

Sai.im, ville, tom. IV, p. 67. 

Saxxustb, bbtorien , tom. III, 
p. 54, 109, 14s; tom. IV, p. 
447. 

Sallvstius Crispu» , historien , 
tom. I, p. i3i ; t. m , p. 53. 

Salmanazab, roi d'Assirie, 1. 1, 
p. 59. 

Salomà, mari de sainte Anne, 
tom. IV, p. 73. 

Salomb, fille du gouverneur de 
la Judée Antipater , tom. III, 
p. 107. 

Salomob , roi de Jérusalem, 1 1, 
p. 17, 20, 3i, 35,317,371, 
373, 375, 389; tôm. II,p. i65, 
a56 ; tom. IV, p. 57, 11 1« ii3, 
aa9; tom. V, p. 197. 

Salomob , rabbin , tom. I, p. 3i. 

Salotb, ville, tom. V,p. 181. 

Samabie, ville, tom. I , p. 898 , 
397, 433; tom. II, p. 41 , 83, 
iyh; tom. III, p. loi , 4x1 ; 
tom. IV, p. 79, 81, 199, a3i. 

Samobata, sibille de Samoa, t. 
I,p.379. 

S A vos, ville, tom. I , p. 377. 



SAMOffts, roi des Édoena, 1 1, 

Saxsob , joge dlaraêl , tom.I, 
p. a57, a69, «71 ; tom. IV, p. 
189. 

Samubl, prophète, tom. I, p. 35^ 
471, 275, 477, 279. 

Sabctib (saint), éveque de Char- 
tres, tom. IV, p. 437. 

Saphibx, femme d*Anftine4 t. 

IV, p. 117. 

Sapob, roi de Perse, tom. V, 

p. loS. 
SabaiaI, pootife, t. II, p. i63. 
Sabagossb , ville d'Espagne , t 

V, p. a49< 
Sabdabapals, roi des AssifieDs, 

tOBS. I,n. 441,443. 
Sabdbs, ville, tom. IV, p. $ê. 
SABBp«A,lom. I, p. 441. 
Say AJf , tom. rv , p. 95 , i39 , 

a39. 
Savdbitb, dieu mith. , tom. I , 

p. 147, a39, a47,s6i, 199, 

3oi, 3o3, 339, 347, 349, 379; 

tom. m, p. 77, 95. 
SATUBimr ( saint ) , martir sous 

Dioclétîen , tom. V, p. 1*27. 
Saûl, roi dlsraêl, 1. 1, p. 37$, 
^ >77» »79, 317. 
Savl [ saint Paol), tom. IV, p. 

aa9, a3f, aSf. 
Savibb ( sainte ) , martire sous 

Aurélien, tom* V, p. 11 3. 
Savibibb (saint), nsartir sons 

Aurélien, t V, p. ii3. 
Saxobxa oti Lbsbibb», ton. H, 

p. «59. 
doALi6BB, antenr , t II, p. fTt, 

a83, 188; tom. IV, préfl avn. 

t. V, p. a46. 
SoABiOTH ( saint ) , tom. IV, p. 

175. 
ScAUBus, général romain, ton. 

m, p. 99, io3, io5. 
ScROBLL , historien , ton. IV, fk 

347. . „ 

SdPTOB, général romain, t. H, 
p. 445, 449. 



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TABLE. 

Scipiov rAfricain , géoémi ro- 
main , tom. Il , p. 445 « 449 » 
45 1, 453, 455, 459, 463, 4yi, 

477- 
Soipioir Nasica , tom. II , p. 47$, 

477» 479» 481. 
Sc&iBOJiius, curion , tom. III , 

p. 109. 
SikàSTE , ville de la Palestine , 

tom. IV, p. 99; tom, V, p. 

«37. 
S&BAsrii, ville, t. V,p. 277. 
SiBAtnsv (saint), évêque de 

Milan, martir, t. V, p. laS. 
SaBOUBG , bourg , t II , p. 359 » 

tom. m, p. 207. 
SicuKDixs (saint), martir, t. V, 

p. 95. 
SscusDUS ( Plinius ) , gouver- 
neur de province, tom. IV, 

p. 4^1* 
SàcvwDVSf philosophe, tom. IV, 

p. 457, 459, 460. 
SioiciAS, roi de Juda , tom. II, 

p. 117, 119, 121, i58, i59, 

161, i63; tom. III, p. i5. 
S&Qmos, duc des Allobroges, 

tom. II, p. 341,343, 



369 

Sbmiriâc (saint), évéque de 

Sens , tom. IV, p. 385. 
Sbmiramis, épouse du roi Ni- 

nus, tom. I, p. 123, 478, 

479 ; tom. IV, p. 57. 
SiirÉCA(MarcusAnn«us). Foy, 

SiHtqvB , célèbre rhéteur. 
SBHECTiuf , Nervien, tom. III, p. 

469. 
SÉnàQUB, historien, 1. 1 , p. 39, 

395; tom. II, p. 175, i83, 

285, 3o5, 335, 377, 423, 427, 

437; tom. III, p. 59, 108. 
Sbhàqub, célèbre rhéteur, t. IV, 

p. 321. 

Si» ÀQUB le philosophe , précM>- 

teur de Néron, t. IV, p. 45, 

3i9, 321, 33i, 345, 347. 
Sehus, ville, tom.V,p. 139. 
Sbbhâchbrib , tom. I, p. 25. 
Sesvès (saint), martir, tom. V, 

p. 107. 
Sbbxok (saint), martir, tom. V, 

p. 95. 
Sbns, ville, tom. I, p. i63 ; 

tom. II, p. 325, 349, 359; 

t. III, p. 197; t. IV, p. 335; 

tom.V, p. Il 3. 



SiiAH, capitaine des gardes pré- g^^^^^ Satuminus, consul ro- 
tonenn» , fait empoisonner ^^j„^ ^^^ ^ ^ p ^3^ 



fe <:oDsul Drusus, t. IV, p. 46, 
54. 
Sb£.bxjcib, ville, tom. IV, p. 449, 
453. 

Sàûucus , roi de Sirie, tom. II, 
p. 4o5, 407,411,433. 

Sm^Mucvs Nicanor, roi de Sirie, 
'tom. II, p. 409. 

SàusvGUs CalUnicus , roi de Si- 
rie, lom.n,p. 409. 

SÉLMVCvs Céraunus, roi de Si- 
rie, lom. II, p. 409. 

SfuscfctTS Philopator, roi de Si- 
rie , tom. II , p. 409 , 461 , 
463. 

Sei^Tijff , roi d*Israël , tom. II, 

p- 4ï- 

Sbbk , fiU de Noé, t. I, p. 91 , 
xax ; tom. Il,p. 187. 
V 



SÉAAPHiE (sainte), vierge, t. IV, 
p. 463. 

Sbbgb (saint ) , martir sous Dio- 
clétien, tom. V, p. 127. 

Sebvib, ville, tom. II , p. i33, 
143, i5i, 201, 2o5, 209, 2l5, 
259, 353. 

Servius Tullius , roi de Bome , 
tom. I, p. 263; t. II , préf. x. 
— xo3, io5, 107, 117, 120, 
121, 123, 127, i3i, i33, i34, 
i35, 143, 147, 149» i5i, i53, 
i55, 157, i59, 199, 201, 2o3> 
2o5, 207, 243, 249, 25i, 259, 
3iy. 

Sbrvius, roi de Nervie, t. III, 

p. 36j. 
Sebvrun, ville, t> II, p. 149. 



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370 



TABLE. 



SisAC» roi d'Égipte, tom. II, Silvius Alfoa , roi des Latins, 

p. 59. lom. I, p. a6i, «73, Sig. 

SisosTRis, roi d'Égipte, t. ni, Silvius iiilgippiis, roi des La- 

préf. vu. tins, tom. I, p. 3ig. 

Sestius Opitolinus (P.), consul Silvius iEnéas, roi d'Italie, 1 1, 

romain , tom. II , n. 348. p. 173. 

SivÀBÂ, femme de 1 empereur Sistéoir, tom. I, p. 49;toiD.II, 

Yalenlinien , tom. V, p. agS. p. 5 1 ; tom. IV, p. 29, 3i. 

SiviRE ( César ), empereur ro- Simmaqub , interprète de la loi 

main , t. IV, p. 349 ; «om. V, ^ divine, tom. V, p. 81. 

p. 55, 57, $9,63,81, 83, 89. Simok, tom. II, p^43i, 435, 

— Trahi par ses soldats, mis 437» 461, 467, 473. 

à mort par eux à Ravenne, Simo*, pontife des jQlfe,tni, 

p. 181. P* ^> ^* 

Skxtus Julius César, consul ro- Simom Norkart , clerc du bail* 

main , tom. III, p. 33, 35. «««ge àe Haioaut, t. III, préf. 

Sextus, auteur, tom. V, p. 81. x'» *»"» xvn 

Shaeespearb 9 auteur tragique, SiMOir Barjone. royez CàrUàU 

ton. I, p. 414. SiMOv , chef des révoltés de Je- 
SicHEM, ville, tom. IV, p. 79. rusalem , tom. IV, p. 419. 

SiDOB, ville, 1. 1, p. 5i; t. II, Sixoir, fils d'Alphée, apôtre, 

p. 167 ; tom. IV, p. loi. tom. IV, p. 73, 45i. 

SiGBBERT de Gemblours, histo- Simoh , fils de Cléophas et de 

rien , tom. I, p. 35, 161, i63; Marie, tom. IV, p. 3a9, 

tom. IV, p. ail, a3a; tom. V, Si»oir le corroyeur, tom. IV, 

a47, a48, 3o3,3i3. P- >49- 

SiGovàsB , prince des Herci- SiMOir le léprenx,t.IV, p. ii5« 

Diens,tom. II, préf. iii,iv, Simon le magicien, tom. IV, 

VI. — io3. p. 399» 35 1, 357. 

SiLAHUs (Appius), beau -père Simon le pharisien, lom. IV, 

de Claude, lom. IV, p. a8i. P- "5. 



S'iiAS, tom. IV, p. 295. 
SiLius(T.\ Romain député chez 

les Vénctes, tom. III, p. 3ao. 
SzLLA, consul romain, tom. III, 

p. 35, 37, 4', 5a, 55. 



SiMOBioBS, philosophe, t. II, 

p. a43, a44, a93. 
SiMPHOBisH (saiDi), manir, 

tom. rv, p. 349; tom. V, p. 

ii3. 



SiLLi (seigneur de), tom. I, Simplicr (saint), martir Mos 

p. 4^- Dioclétien, tom. V, p. i»7. 

SiLVAiN , marlir sous Maximien, Simofe , ville de l'Asie Mioeare, 

tom. V, p. i83. tom. II, p. 3a9. 

SiLVAiir (saint), soldat marlir Sioh , ville, tom. I, p. 317; L II, 

sous Dioclétien, t. V, p. ia7. p. 171; tom. FV, p. aiS. 

SuLVESTRE ( saint ) , pape , 1. 1 V , Sieacuse, ville , tom. II , p. 33o ; 

181, 3o9, 349; lom. V, p. i85, lom. V, p. 181. 

189, 195, aoi, aoa, ao3, ao5, Siaie, ville, tom. II, p.5t, 5S, 

ao7, ao9, an, ai3, ai5, ai7, 57, 58, 59. 

aa3, aa5, aa6, aa9, a39, a4i; Sibmich, ville, t. V, p. uS. 

a5a, i53. Siemovd, auteur, t I,.prèf. ni. 



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TkBLE. 371 

SiAMovD , savtot , tom. IV, p. Sosabm vs « roi des Blèdes , 1. 1 , 



387. 

Sisnxut QQ Suiixius, 3* roi des 
Belges, tom. II, p. 80, 81, 03, 

95. 

SxsnffiTB ( sainl ) , martir sous 
Dioclétien, tom. V, p. 127. 

SxxTB (saint), pape, martir, 
lom. IV, p. 307 , 349 , 463 ; 

Smskdis, frère de Cambîses , 

tom. II, n. 377. 
Sociom , pailoftophe d*Alexan-« 

drie , tom. IV, p. 45. 
Socji4TB, philosophe, tom. I, 

f. 37; tom. II, p. 179, 593, 
o3, 3o5, 3o9, 3i4, 3i5, 317, 
335; tom. V, 316, sSa. 
Sod6xk, ville, tom. l, p. 3oi. 
SoanoM , roi des Perses , t. II , 

p. a3r, 307. 
SoiGVTB, TÎlie, tom. II , p. 364, 

365, 367. 
Soissovs , ville , tom. II, p. 353 ; 
tom. m, p. 3i, 343, 3a5 ; 
tom. V, p. 139. 
Sex.&XB, ville, tom. II ^p* 7» 9> 
77, 147, i53, î55, 193, 3i5, 
361,317,357; lom. III, p. 3i, 
79^ 9»» a<7; tora- V, p. 295, 
^99- 
So£.EUBEs , ville, t. m , p. t68. 
Sotloi , tuteur , t. II , pm. x. — 

975, 45 1. 
SmtA^y philosophe, t I,p. 375, 

^79; tom. U, p. 343» 309. 
SOFHocLm, philosophe, tom. II, 

p. 385, 3o3. 
SoPHO^iB, prophète, tome I, 

p. 37. 
SoKBic ( Westplialîen ), tom. V, 

P- «9- 
SojtRic , duc des Germains , fait 
alliance avec les Tréviriens 
contre les Romains, tom. V, 
p. 37, 39, 4i, 43, 45, 47» 49» 
53, 55. 



p. 443. 
Sosius Gains, consul romain, 

tom. IV, préf. xii, xiii. 
SosTHÀHBs, roi de Macédoine, 

tom. II, p. 39, 4i3t 4^3. 
SoTER (saint), pape, lom. IV, 

p. 307. 
SoTioir, stoïcien , t. IV, p. 345. 
SozoMÈ^E , historien , tome V , 

p. 341, a53. 
Sp.irtacus , surnommé Girus , 

roi des Perses, t. II, p. 335 , 

337. 
Sparte, ville, t. II, p. 344- 
Spbustppe, philosophe, tom. II, 

p. 309, 3oi, 379, 38i. 
Sprusippe (saint), et ses frères, 

raartirs sous Aurélien, t. V, 

p. ii3. 
Spurinha, aruspice, tom. III, 

p. 389. 
Stassart ( le baron de ) , t. IV, 

préf. XXII. 
Steiitkbrque , ville, tom. II, 

p. 367. 
Stimphale, ville, t. II, p. 4^4- 
Strabob, auteur, t. I, p. 3o5; 

loin. Il , préf. V. — io3, 38o ; 

toui. III, préf. V. — 85. 
Strasbourg, ville, t. II, p. 7 , 

65, 35 1 ; tom. III, p. 169, 439; 

tom. IV, p. 339 ; t. V, p. 39. 
SuABDus, roi des Morins, t. II, 

p. 31 5, 319, '^31, 347. 
SuÉTOBB, historien, 1. 1, p. 35, 

73; tom. III, p. 131, i33, 

i9^> 197» î»43, 244, 299. 3i7, 

359, 377, 385, 389, 393, 4o5, 

408, 471 9 tom. rv, p. 47, 361, 

366, 367, 373, 374, 381, 333, 

394, 395, 398, 401, 439. 
SuppBTD Pétri, éditeur, t. II, 

p. 3 16. 
SoioAS, auteur, t. II, p. 393 ; 

tom. V, p. 346. 
SuLHOHB, ville, tom. UI, p. 

408. 



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37> 



TABLE. 



SuLpicE, évêque de Soissons, Suréva, général des Pkrtbes, 

tom. lY, p. 385. tom. III, p. 107. 

SuLFics Sévère, historien, t. IV, Susb , ville , l. II, p. 3x3. 

p. 201. SuzàivHE (la chaste), tom. Il, 

SuLPicius , consul romain, t. II, p. 189. 
p. 449; t. m, p. 37. 



Tabithe, ressuscité par saint 
Pierre , tom. IV, p. ^49. 

Tacite, 3o« empereur romain, 
tom. V, p. ii5. 

Tacite, historien, t. II, préf. 
IV, VI. — a65, 391, 373, 086 ; 
tom. III, préf. IV, v,vii, ix, 
X. — 54, 460 , 473 ; tom. IV , 
préf. IV, v, VIII, IX. — a3, Iq, 
54,342,347,463. 

Taikérus , roi des Belges , t. III, 
p. 119. 

Tavis, ville, tom. II, p. 167. 

Takyoxabcès, tom. II, p. 277. 

Tarqcih, roi, tom. I, p. 177. 

Tarquim-l^Ahcieh, roidllalie, 
tom. I, p. a63, 379; tom. II, 
préf. III, ïv. — loi, io3, io5, 
107, ii5, 130, lai. 

Taequiit-le-Superbe, roi d'Ita- 
lie, tom. I, p. a63; tom. II, 
p. loi, lai, 157, i59, 189, 
197, 199, aor, ao3, 207, 2x7, 
a4a, 343. 

Taequih fils, lom. II, p. 197, 

199» î>09> ^'ï- 
Tarquimie, ville, t. II, p. ao5 , 

an. 
Tarse, ville, tom. IV, p. a49, 

a5i: lom. V, p. ii5. 
Tacriiï (saint), évéquc d'É- 

vreux, lom. IV, p. 439, 4^3. 
Taurus, comte de Périgord , 

tom. Il , p. 395, 397. 
Tatnard , roi des Belges, t. III, 

p. 73. 
Tazaga, ville, tom. II, p. 481. 

TÉGLATH • PhaLASSAR , TOi dcS 



Assiriens , tom. II| p. 43f ^i ^ 

57. 
TéLAMON, père d*Ajax, tom. I, 

p. i33. 
TÉLÉCHUS , roi de Lacédémone , 

tom. I, p. 379. 
TÉLESPBORB (saint), pape, t. IV, 

p. 3o7 ; lom. V, p. y. 
TÉLESTEs, roi de Lacédémone, 

tom. I, p. a8i. 
Teu^tus, viUe , t. IV, p. 55. 
TÉHEsrcB , auteur comique, t. II, 

p. 454, 455, 471- 
TÉREifTiAvus, philosophe,!. lU, 

p. 439. 

Terektius CuHéo, sénateur ro- 
main , tom. Il , p. 4^4* 

Térektius Lucanus, sénateur 
romain, tom. II, p. 4^4* 

TÉROUEEKE ou Mobiaue, ville, 
tom. I, p. 179, a53, a55, Big; 
tom.II, p. 17, ai49^6i»^^^> 
p. 3i ; tom. IV, p. 339. 

Terrasidixts (T.), député châ- 
les Unetles, t. III, p. 3ao. 

Tertullieh , historien, t H* 
p. 3o5, 3i5, Sag, 3S$»Btat 
tom. IV, p. a55 ; t. V, p. 6x^ 

Teutobodus, chef des Cimhrcft, 
lom, III , p. 17. 

Thadéb, apôtre, 1. 1, p. 43» 

Thalbs de Milct, pbîsicîen phi- 
losophe, tom. II, p. lia, ii3, 
a43, a44. 

Thébes en Thessalie, ville, t. V, 

P- "9* . 
Thàbes en Egîpte, ville, tom. V, 
p. lai. 



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TABLE. 



373 



TuioDAS , magicien qui se disait Thomas ( saint ), apôtre , t. IV, 

prophète» tom. IV, p. aa3. p. 193; tom. V, p. 87. 

TusoDORA, fille de Maximien Tbucididbs, philosophe, t. III, 



Herculos, est mariée au César 
Constance, tom. V, p. ia3. 

TuéoDomB de Cirène, attaché à 
one croix pour avoir repro- 
ché au roi Lîsimaques ses cri- 
mes, tom. II, p. 177. 

Thsodobb (saint), martirsous 
Dioclétién , tom. V, p. 117. 

TflioDOKET , historien , t. III , 
p. aa6, a5a. 

TitÉODoaic, roi des Goths, t. 

m, p. 247. 

Thsodoss , soldat de J.-C., mar- 
tir sons Claude, t. V, p. m. 



p. 1,70. 

Thu», Yille, tom. IV, p.. 343. 

TiBÈHB, empereur romain, t. III, 
p. 409, 461, 463,465,467, 
469, 471 ; tom. IV, préf. m, 
IV, V, \i, xvn, XXI. — 45 , 47, 
49, 5i, 53, 55, 57, 59, ii5, 
"7> 19'f a5i, a53, a55, a57, 
a59, a63, a65, a7i, 307. 

TiBiBB, petit-tib, t. IV, p. a59. 

TiBÉAiADB , ville bâtie par Hé- 
rode, tom. IV, p. 55. 

TiBÉBiiivs, roi d'Italie , tom. I, 
p. a6i, 401. 



Thbodosb, empereur, tom. V, Tibbbius Sempronius Longus, 

F V7' .... consul romain, t II, p. 443, 

TuioDosiB ( sainte ) , vierge , - - - - • t r •••• » 



martite sous Dioclétién, t. V, 

p. «7. 

TiiiooozB ( sainte ) et ses 3 fils , 

martirs sous Dioclétién , t. V, 

p. ia7. 

TnioDonov, interprète de la 

loi divine, tom. Y, p. ai , 81. 

ToéoDuiot (saint), tom. IV, p. 

463. 
TaâàoatmtÊ (sai^t), martirsous 

Licioius, tom. V, p. a37. 
T1aopiui.B , tom. I, p. 43. 
Thjéopbixji , évéque d*Antioche, 

UV».p.a77.. 
TnâomtvE, évéque d'Âlexan- 
. 4rife, tom. V, p. 6f. 
T a| pWP«TB, femme de saint 

fbtacbe, tom. IV, p. 46a. 
nîoraïusTB, philosophe, t. II, 

p. 4^3, 4o3* 
TnopoxPB, homme célèbre sous 
le règne de Gordien , tom. V, 
p. 91. 
Tbkbsa, ville, tom. II, p. 4i. 
THBSSAX.oiaQVB, ville, tom. III, 

p. 108. 
Tb^is, lom. I, p. ia9, i3o. 
Thib&ai , historien , tom. V, p. 
377. 



445, 459. 
TiBUBCB (saint) , martir , t. V, 

p. 87. 
TiGBAiTE, roi d'Arménie , t. III, 

p. 65, 99. 
TiLLBMoiTT, savant, tom. IV, 

pVéf. X. — a35 ; tom. V, p. aoi, 

aa6, a53. 
TiMAGÀKSs, auteur, tome II, 

préf. IX. 
TiMon , . disciple des apôtres , 

tom. IV, p. aa5. 
TiMOTuéB, tom. I, p. 43. 
TiB, ville, t. II, p. 167; t. III, 

p. 38i; tom. IV, p. loi. 
TiBPOJf , soldat d'Adrien, t. IV, 

p. 459- 

TlSSAFHEBIlK, tom. Il, p. 3 II. 

TiTB, lom. I, p. 43 ; lom. IV, 
p. 395, 373. 

TïTE-LiVE, historien, tom. I, 
p. 35 ; t. II, préf. m, xv, vu , 
VIII, IX. — 63, 101, io3, 386 , 
445, 45 1 ; tom. III , p. 109, 
4a8 , 469 ; tom. IV, p. 49, 5o, 
5i. 

TiTiBK , frère d'Othon , t. IV , 
p. 4o3. 

Titus , empereur , fils de Ves- 



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374 TABLE. 

pasieoy tom IV, p. 3(7, 3a9, 

Sq^i 4o9> 4ï5, 499» 433, /îSS- 
TiTus Labiéflus, géaéral romalh, 

tom. III, p. 143, iSjf iS^f 

3a5y333» 34i> 353, 3Sg. 
Tivou, ville, tom. I, p. 379. 
Tmolus, ville, tom. IV, p. 55. 
ToBis, toro. I, p. 41 ; lots. II , 

p. 85, 467; lom. IV, p. i65. 
TocHOv , savant français , t. II , 

préL vn. 
T0MB1.1.US, historien, tome I, 

p. 35. 
ToMBs, ville, tom. IV, p. 5i. 
ToBtiRis, reine «les Massagèles , 

lom. II, p. a45. 
ToMis, ville, tom. V, p. ^37. 
ToxGmBs, ville, tom. I, p. 35, 

a5i, a53, 395, 3a3, 33i, 435, 

439; tom. H, p. 7, 63, 137, 

139, 145, a65, 395, 439» 43i^ 

tom. m, p. 4? y 49» 67»"»» 

907, 31 T, 439, 445» 4^1» 4^3; 

tom. rv, p. 39, 3i 1, 335 ; t. V, 

p. 39. 
Tobquàtus, mage, toro. V, p. 

309. 
TouL , ville, tom. II , p. 97, 09 ; 

tom. III, p. 3i, 4^9; toro. IV, 

p. 339. 
TwLovss, ville, tom. II , préf. 

iv; tom..III, p. 194, 195, 197, 

363, 365. 
TovitiTÀi ou NuiviB, ville, 1. 1, 

p. 5, 77, 107; tom. II, p. 97, 

99, loi , io3, io5^ 107, 143, 

157, 159, 190, 300, 304, 311, 

M7» »49» >5i, 358, 361, 319; 



TaAJAJi, emperear, tom. IV, 
p. 307, 345,347,349,443, 
445, 447» 449» 45 1, 455. 

Tbajàitofous , ville de Sirie, 
tom. V, p. 184, z85. 

TminscA, fib du roi d'Asstrii 
Niiias, tom. I, p. 119, i>i, 

133. 

Tbbbius, dépqté chez Its Ca- 
riosolites, tom. III, p. 330. 

Tbbjttb, ville, tom. III, p. 194, 
365. 

Trbuttbl, journaliste, t IV, 
préf. Bxiii. 

Tbèvbs, ville , tom. I , p> 7» 35, 
^7» 7^9 79» 81, 101, loS, X07, 
119, 131, 133, 193, 3o3, 309, 
335, 333, 335, 337, 33x, 
333, 369, 437. 439» 478» 479; 
tom. II, p. »4, 53, 55, 65,6?, 
137, i3i, a65, 43i;tom.IU, 

5 réf. IV. — 3i , 67, 179, 3«7, 
iS, 335, 333, 341,353, 3!i9» 
377» 397» 4o3, 4i3, 419, 4ÎI, 
435 ; tom. IV, p. 19, 39, 3o5; 
3o9, 3ii, 3f3, 3 13,341,343, 
44 « ; tom. V, p. 37, 39, 33, 3;, 
39, 139, 1^3, 175, 177, 179» 
361, 367, 3o3, 3o5. 

Trihobâwb, ville, t?I,p. 383; 
tom. II, p. Ôi, 91, 347* 

Tbiphob (saint), martir, l.V, 

p. 9^* 
Triphok , roi d'Asie , tom. m, 

p. •» 3, 5. ' 

Tbiphovtb , fenaine de Otet 

met en liberté toua ka, ^fj^ 



_,,-.^, , ^, tiens,lom. V, p. 109.. 

tooi.III, p, 35, 3i, 43, 43, 45, TaoGUB Pompée, auteur» tUt 
93^94,95, Ii5,i35,3i5,3i8, p. 3i3, 3i3, 4i^« ,^ . ^. 

Tboib, ville, tona. I,|i. 35y fif 
ii3, ii4, 1*7, laS, 1*9» «3i, 



333, S43, 344, 359, 36o, 363, 
364, 369^ 399, 4of, 4o3. 439, 
463, 465; tom. IV, p. 339, 
343 ; tom. V, p. 41 , 43 , 43 , 
45, 47, 139, i3i, i39, 141, 
149, i53, i55, 173, 399, 

Tovaa, ville /tom. III, p. 347. 

TaAHÈBB, géoériil sous Gonstan- 
lio, ton. V, p. 173, 175. 



i33, i37, 181, 187, 1^ «fiï» 

193*195, 197» >99» >»9» »^'» 
333, 35 1, 36 ly 279, 385, 377, 
467, 480 ; tom. Il, préf. iZt n- 
— I, 3, 43, 45 , 90, 107, 177» 
337, 35i; tom. IV, p. 333, 
339; tom. V, p. ii3. 



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TABLE. 3;$ 

TBom teeoode, TîUe» lo«. I , Tvmcoor , ville, ton. II, |i. 199. 

TuBGONTus y fondateur de la 
TÎlle de TODgres , tom. I , p. 



p. 339. 
TaoIui, fib de Priam , Umd. I , 

IK i3S, 199. 
Tbqit (saÎDt), ton. I» p. 35. 
Tmos , roi de Troie , 1 1 , p. lay. 
Tbvixus, dac de Famars , t. III, 

p. 4»i , 4a3 , 4a5 , 4*7 , 437 , 
•465. 

TfJBxsB, Tille» ton. II, p. 367. 
TouAê Hufliliat, roi de Rome, 

ton.I, p. 83, a6i;ion. II, 

P- 97t 99» «oS, 107. 



i53. 

TmiGUHTUs , cbef troyeo , t I , 

p. ao5. 
ToAiK, ville, t II,prér. vm. 
TuB vus , chef des Tonraaîsieat, 

ton. I , p. 177; t. III , p. 363, 

367, 369, 371, 375. 
TvBPur , chroïK^ift*, ton. I, 

p. 35. 



U. 



VusiB, roi d'Ithaque, ton. I, 
p. t33, 38S ; t n, préf. x. 

Ubbaib J saint } , pape , nartir , 
ton. IV, p. 3o7, 349 ; ton. V, 
p. ai, 87, 89. 

VtLBïx (saint), et ses conpa- 
gnoDS, narlîrs, t. V, p. 87. 

Ubi, ton. I, p. 317. 

Ubib, grand» prêtre, t. H, p. 57. 

Ubœ , prophète, t. II, p, 1 17. 

Ubsabius , roi de Belg is , t III , 
p. 119, a3i, a35, a37,a45, 
a49» aSi, a6i, 971, 377, %gi. 



Ubsàtius , prêtre, t. V, p. a63 , 
a65. 

Uasnr, pape, est chassé de 
Rome et ordonné évêqne de 
Naples , ton. Y, p. 189. 

Umsus, grand-prêtre des Belges, 
ton. I, p. 463, 467, 469, 479; 
ton. II, p. 3, 5, 7, iT, i3, 17, 
19, ai, a3, a5, ay, 39, 3i, 35, 
35, 5a, 53, 63, 65, 67, 69, 71, 
73» 75, 7?» »55. 

Utiqvb, ville, ton. II, p. 477. 



Và%étmfmv%9 duc des Bdges, 

•«B».II,pk a47, >53, a55. 
T«flMar^ vifie, ton.in , p. i43. 
Vimigi»» (don); historien, 

«IN», m, p. 345. 

ViUJBMiBnn, ville , 1. 1 , p. 3, 
4.4g*^'»367; t.II,p.a67, 
357» 3S9; ton. III, préf. xviT, 
xxvn. — ii5, ao7, a68, aTS , 

»79» 395» •96, ^97; *o™- IV, 
p. 339, 340, 445 ; ion. V, p. 
395, J97, a99, 3oi, 3o3, 3o5. 
Valsm . préure, ton. V, p. a63, 
s6S. 



Valkhs , frère de Valentinien , 
est associé à l'enpire avec lui, 
ton. V, p. a87, a89, 391, 3 1 1, 
3i3, 3i4. 

VALBBTIinBir-LB-GBâBD , t. Y» 

p. 371. — Salué enpereur 
par les soldats dans la ville de 
Nicée, p. a87, 389, 391, 393, 
395, 397, 3oâ, 307, 3iE, 3i3. 

YALBKTiBiBsr fils, associé à l'en- 
pire avec Gratien, ton. Y, 
p. 3ii. 

YALiBB (saint), diacre, disci- 
ple de saint Pierre, ton. lY, 



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376 



TABLE. 



p. 3oi, 3o3y 3o5, 3o9, 3ii ; 
martir sous DioclétieD , t. V, 
p. 137, 129,137, 189. 

Valàrk Maxime , historien , 1. 1, 
39$; tom. II, p. 109, 177, 
179, 375, a85, 391, 3o9, 3ii , 
329, 33i, 333, 335, 371, SyS, 
378, 379,4^3,457, 458; t. III, 
p. 37 ; tom. IV, p. 45, 4^* 

Vâlbrizit , empereur romain , 
tom. IV, p. 349* 

VALiRisx (saint), martir, t V, 
p. 17, 87. 

VÀi.éHius , historien , tom. IV, 
p. 3oo ; tom. V, p. loi , io3 , 
io5, 107, 177, 181. 

Vauuiius Messala Corvinus , 
consul romain , t. III, p. 108^ 
X09. 

Valbaius Flaccus, consul ro- 
main , lom. II , p. 387, 459. 

Vàlbrius Publicola , collègue 
deBrutus, tom. II, p. a8a, 
383. 

Valircourt (de), seigneur, 1. 1, 
p. 46. 

VA^nrcéRus, duc des Belges, 
tom. II, p. 355. 

Varvbstov , duc des Morins , 
tom. V, p. 89, 48) 45. 

Varroit Marcus Térentius , his- 
torien, tom. I, p. 136, 137, 
147» a85; tom. Il, p. 60 , 84, 
85 , i83; tom. III, p. 436, 
437, 439; t. IV, préf. VIII. 

Varus, général romain, t. III, 
p. 109. 

Vastbi , femme du roi Assuérus, 
tom. II, p. 3i3. 

VÉGicE, historien, t. I, p. 33 ; 
tom. II, p. 871. 

VéLAHiE, ville, tom. I, p. 439. 

VéLARius (Q.), député chez les 
Vénètes, tom. III, p. 830. 

VsLARius , écuyer de Léar, roi , 
tom. I, p. 437* 

ViaiEAiiD (saint), martir, t. V, 
p. io3. 



VsB iLûJr , archevêque de Seat , 
tom. V, p. II 3. 

VsHiSB, ville, tom. II, pw 47>> 
474; tom. III, p. 54,3i5,3i6, 
410; tom. IV, p. 56 ; ton. V, 
p. 346. 

Vbkousb , ville , tom. II, p. 449» 
tom. III, p. 109. ^ 

ViHus, dé^se, tom.I, p.i3i, 
389, 349, 365, 3oi, 339,347, 
357, 455; tom. n, p. 71 79; 
tom. III, 19, 79, 81 ; tom. IV, 
p. 375;tom. V,p. 35i. 

Verduv , ville , tom. III, p. 3i , 
489 ;tom. IV, p. 889. 

ViRiRs (saint), martir, t. V,* 
p. 95. 

Vremakob, ville, tom If p* 7^î 
tom. II, p. 368, 355; util, 
p.8i,439;t.IV,p.339. 

Vbrmakdiok , duc des Be^n, 
tom. II, p. 137, i3i, i35, 
i53, i55, 368; tom. ni, p 
187. 

ViRODOcniTs, chef des Hera- 
niens, député vers César. 

VÉRoir (saint), 1. 1, p. 60, 6î. 

Vbrokb, ville, tom. II, préf-i^ 

ViRoviQUB, guérie par Jésai» 
tom. rv, p. i55. 

Vbrriqoe, duc de Trêves, t. V, 
p. 39, 3i,33.— Fait alliance 
avec les Germains contre les 
Romains , tom. V, p. S^t 3$» 
41,43, 45,47» 49» 53,81. 

Vbrtigon , général d€ft <lMl^ 
viens, tom. III, p. 3o3^Mt 
3o7,3o9,3ii,3i3,S0^l»- 

VBRvurs , ville , tom. ipB^'|bli^ 

Vbsel , ville , lom. H^ f««ll* 

VsspASiBir , empereur , MM S» 
p. 457, 473; tom. rVilkAty» 
339, 349, 393, 40S, 409,411» 
43i, 438, 435, 453. 

Vbsta, déesse, tom. II, p. 47 » 
tom. V, p. 55, aog. 

Vbstiliajtus, tom. V, p. 57. 

ViTUITOS ou B i T U ITDS , TOI dcl 

Arvernes , tom. III 9 p. 5, 7. 



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TABLE. 377 

Vixui OJiu AnlistioSy consul » 3S6, 358, 36s, 366, 370, 374, 



tom. IV, préf. nii. 
Victor ( saint ), pape , tom. IV, 

p. 307 ; tom. V, p. 59. 
ViCTom (saint)», martir sous 

Marc-Aurèle, tom. V, p. 17. 
Victor (saint), martir sous 

Dioclélien , tom. V, p. 197. 
Vicxoa, sophiste d'Athènes, t V, 

ViCTORic (saint), martir sous 
Dioclétien, tom. V, p. 139, 
iSy, 139. 

VicTORnras , rhéteur , tom. V, 
p. 367. 

Vnnrx, ville des Gaules, t. IV, 

P-47- 
VncxaT (saint), martir sous le 

règne de Commode, t. IV, 

349;tom.V,p. a3. 
VniGRRT (saint), martir sous 

Dioclétien , tom. V, p. 127, 

VurcsvT, prêtre de l'Eglise ro- 
aMÛne, martir, t. V, p. 341. 

VucBRT de Beauvais , historien, 
tom. I, p. 35, ii5; tom. II, 



376, 386, 388, 393, 394, 398, 
400, 404, 408, 410, 414, 416, 
4i8,4M,4a6, 433, 434,436^ 
438, 444, 447» 45o, 453, 454, 
456, 460; tom.V.p. 3, 6, 8> 
10, 13, 14, 16, 18, 30,54,58, 
60, 64, 65, 70, 71, 73, 76, 77, 
79»8o, 83,84, 87,88, 90,93, 
96, 100, I03, T04, 108, iio, 
lia, 114, 116, 118, lao, laa, 
138, i3o, 166, 183, 184, 1869 
«9»» «94» 198, a©a, ao8, aia,, 
319, 333, 339, a34, 336» 338, 
940, 344» 346, 348, 35o, 354, 
a56, 358, 360, 363, a68, 370, 
374, 977, 384, 386, 390, 3o6, 
3ii, 3x3. 

VivDxx, tom. IV, p. 334. 

ViRoiui, poète, tom. III, p. 59^ 
60, 109, 409, 438, 439, 440, 
441» 443, 444; tom. IV, p. 49. 

ViRGinus, tom. II, p. 991. 

ViRiDOYix, chef de la Bretagne 
inférieiure, tom. III, p. 319^ 

333. 

Vit (saint), martir sous Dioclé- 
tien, tom. V, p. 137. 

Vital ( saint), martir sous Dio- 
clétien, tom. V, p. 197. 

ViTKLLTus (Lucius), préfet de 
Sirie, consul, t. IV, p. 957. 
4o3. 

ViTRLLins fils, empereur, t. IV, 
p. 4o3, 4o5, 407. 

ViTuijoir , arithméticien , tom. I, 
p. 39. 

Vit us , prêtre de l'Eglise ro- 
maine, tom. V, p. 341. 

VoGis, ville, tom. II, p. 965. 

VoLTAiRB, tom. V, p. 336. 

VoLUSiBV , fils de Gallus , gou- 
verne l'empire romain avec 
son père, tom. V, p. 97. 

VuLCAiir , tom. I , p. 357. 



38 



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a^^ 



w. 



Wu.ACEixus^^ duc (les Bel^, WBssiuiro , édkeur , tooL IH^ 

t. Il, p. an. préf. vu. 

WiHiftia , roi diçs Belges, t. Il, \YùaT«, jounia^t?.^ tom, lY^ 

Wj. 117. préf. ^ni. 
BfsS| MHem; , U tVf. pr4f. viîi. 



X. 



XÊtnwrmf fenurte de SbcrsHe » 
< «. Il, p. 3o3, ao5. 
XivoGR&Tss, philoso[»èe, t. H» 

• P- 379, 36i, 4»a, 
XsiroFBoir, philosophe, tom. I, 
p. 395 i tom. II , p. •nvpj SoS 9 
3x7. 
X«iK}^ pu Xiuuiis ^ sarnommé 



Pbilométor, philosophe i 
teor da jeu des échecs, f. I, 
p. 37; tpm, II, p, 175, 176^ 

Xbrcàs , roi des per^es^ Uub. t^ 
^^i, aW, 4^7, 3o^,'3o7. 

XB&xis , roi de Pi^sè, tom^ V, 
P-8^ 



Y. 



Ywf ( MiipC ), pr^âroy tom. IV, 
p. 437. 



Yq»îç., villf, t. Y,V «7«». 1^» 

»77» *^ 



z. 



Zabda (sshit), évéquede Jéru- 

■BlefR, t V, p. Yll. 
Z^^VLOV , TÎlle, tom. I , p. Si ; 

tom. II, p. 53 ; t. IV , p. 6g. 
Z4CBAEIB, père de saint Jean- . 

Batiste, tom. I, p. >7» SpS, 

899; tom. H, p. 4«, 4r, 55, 

a39,a79; tom. IV, p. 9, i3, 

iS, 5$, 91,177. 
Zachée,!. IY, p. iiS. 
Zaxbbi, scribe k Rome, t Y, 

p. aoa, ao3, ao5, aô7. 
ZÉBioBB, t. lY, p. ^, 71. 
ZsLpBA , senrante de Lia , t. I , 

p. Si y 53. 



2àK6v^ phitosopbe, lonv fi' 

p. iç^, «93, 3o3, 4t5. 
ZiiropttiLBt préfet à Rqm^t. V, 

P- ^^'-^ 
ZipuiRB,. vent, tom. î^ p- }74s 

Zi9HiKi9 (saiot), paM| ï^iy, 

p, 307; tom. V,^ p. Çt. 
Zx9(i«z]^« vîUt» , twa. h t- Sfc- . 
ZmaaisonuE , rot (l^BiçickniaiMla, 

tdba. ï, p. 119^ 
ZoE«iBABSL, ^e(dmMÊh^^9 

p.a39,a77,»79, «a», 
ZtrmicR, vîHey tom. IH, < 

r46. 



tlK DB Lk TABLB OiUBRALK. 



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^ ' 1 1 ^ * 



DISCOURS 

SUR LA PREMIÈRE PARTIE 



nxa 



ANNALES DE HAINAUT. 



-«i>^f^H^»>**wr« 



AVERTISSEMENT. 



Çt Discours sera partagi^ en plusieurs chapitre^i et quelques-ons 
dfes chapitres en {dusieui-s paragraphes. Chaque paragraphe sera 
èéÊÎgmi par % e(t p^aéàé d'an chiÂ^ rosnai* qoi en marcpiqra ^ 
ouméro. Par ce moyen » lorsque» pour bien comprendre le coBtenu 
d'un article ou paragraphe , il ser^ nécessaire de se souvenir de ce 
qvi aiinr ^t^ dit dans un autre , je citerai lacilemenf ce dtmer m 
écfnravt aoik Muq^ro epire de^z parentbèseg. Si, parezciqpltfl 
dans le ci^urs d*nn article, on trouTe cette citation (^r^. XX)» cela 
ngmfiera que pour bien comprendre Farticle en question , il faut 
recourir â celui qotaura 4i4 num^rot^ XX. Le» citiitiona em obi|lk0i 
arabes renyerront au bas de la page. 

La Table des fia^^r^ sera flao^e à la fin da Tolume. 

I. Parrenu à la fîîi de la première partie des 
jdnnales de Hainaut^ je crois devoir donner à mes 
lecteurs un résiuné de rhistoii*e qu'elle contient , et 
(Kacuter le degré de confianca méritée par mon 
auteur. C'est ce que je vais faire en suivant Tordra 
de» temsy et quoique Jacques de Guyse n'ait paa 
nappcMTlé de fait plus ancien que la fondation de ta 
vilie de Trêves, je remonterai plus haut, el j'exa** 



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380 DISCOURS SUR LA 1** PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

minerai tout ce que nous savons des Celtes et des 
Gaulois dans les tems les plus reculés. 



INTRODUCTION. 

II. Ayant d'entrer en matière, je crois devoir &ire 
sentir la nécessité de Tétude de lliistoire pour Texa* 
men d'une question très-importante, en la considé- 
rant principalement relativement à la nation fran- 
çaise , qui est la notice. Je rapporterai d'abord l'opinion 
d'un savant distingué, qui n'est pas du même avis 
que moi sur certains objets. Notre intention à tous 
deux n'est nullement d'attaquer la religion dans la- 
quelle nous avons été élevés; nous fesons au contraire 
profession de l'honorer et de la respecter ; mais nous 
sommes convenus de ne faire dans nos deux mémoires 
aucun usage des vérités révélées, et d'écrire comme 
pourrait le faire un homme qui ne raisonneiffit qu£ 
d'après les lumières de la religion naturelle. 

CHAPITRE PREMIER. 

,Suf le âegrë de cWilisatioa auquel sont parvenues les natiom 
anciennes, et principalement les Celtes. 

m. L'origine du monde , ou son existence pre- 
mière, est une chose incalculable, et qui échappe à 
tous les raisonnemens et observations. Le monde pe«t 
avoir cent millions comme cent milliards d'années 
d'existence, vu qu'il est difficile d'assigner comment 
b Créateur a pu se déterminer plus tôt que plus tard 



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INTRODUCTION 9 lU. 381 

à organiser la matière, et que n'étant point suscep- 
tible de capriœs ou d améliorations d'idées et de per* 
fectionnemait , il a dft tout voir et embrasser dès 
rorigine des tems. Ainsi le monde peut être regardé 
comme éternel , ou ayant une durée quasi-éternelle : 
les planètes, telles que la terre, doivent être regar-* 
dées comme partageant cette destinée. 

Mais la population du monde et de la terre, car 
c'est d'elle qu'il s'agit ici, peut avoir été retardée dans 
1>eaucoup départies, et pendant des milliers de siècles^ 
par des circonstances inconnues, telles en particulier 
que l'envahissement du globe par les eaux. Un très- 
petit nombre de familles pastorales ont pujiabiter 
quelques teit*es d'Asie, par exemple, sans chercher à 
se propager au loin , et à sortir des cantons qu'elles 
occupaient. 

La grande population existante aujourd'hui, doit 
en général remonter à un très-grand nombre de siècles, 
et peut-être à des millions de siècles; mais les travaux 
de cette population divisée en plusiedrs nations au- 
ront été ensevelis sous les eaux de déluges divers, et 
bien plus encore sous les terres, sables et matières 
quelconques roulées par les inondations et déborde- 
mens des mers. 

Mais quoique l'on puisse et que l'on doive même 
tenir pour certains les déluges et leurs effets destruc- 
teurs, on ne doit pas être indulgent pour les nations 
qui n'ont point laissé de traces d'une existence hono- 
rable ou d'une civilisalionbavancée ; et, par civilisa- 
tion , il faut entendre les monumens dans les lettres 



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182 DISCOURS SUR Lk 1'^ PART. DES AKNAL. DE U AIN AU T. 

et les arts. Celtes qui n'en produisent pas doivent être 
regardées comme ignorantes et barbares jusqu'à ce 
qu'elles aient fait leurs preuves; et c'est , je pense ^ 
une indulgence gratuite que de vouloir les considérer 
coriime savantes, par la raison qu'on ignore leur an- 
cienne situation. L^istoire ne juge que de ce qù'dié 
voit ou de ce qui lui a été transmis par des bistonens 
éclairés. Appliquant cela aux Celtes dont on parle 
tant, je crois qu'ils doivent être mis au rang des 
peuples barbares et ignorans. On n'a d'eux aucun <mi* 
vrage, aucune histoire nationale. Six cens mots celtes 
ne suffisent pas pour constituer une langue, et n'of« 
fi'ent même qu'un titre de la pauvreté des idées. H n'y 
a pas d'apparence que les ouvrages celtes aient p^ ; 
car s'ils eussent e)dsté ou eussent été de quelque 
valeur, les Romains, les Grecs en eussent eu quelque 
connaissance, les eussent traduits, et nous en eussent 
transmis des morceaux importans. Les poésies natto* 
nafes, composées par les druides, ne devaient être 
que des stropUés grossières ou chargées de quelques 
images prises dans. la nature, ou embellies par le récit 
de quelques combats; mais tout cela se peut faire sans 
littérature, ni goût, ni talens. La grande fécondité 
dans ce genre de compositions ne prouve le plus sovi^ 
vent que Tignorance de ceiix qui les composent ou 
les écoulent. Si l'on suppose que ces compositions 
poétiques étaient déposées uniquement dans la nié«> 
moire de leurs auteurs, c'est une raison de plus pour 
croire qu'elles n'étaient point travaillées , et que de 
plus les Celtes n'avaient peut-être pas même l'usage 



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tumoboCTioM I iif.' 39S 

àe l^k^rittire ou itdh parole liKëe; ee qu'on pourrait 
croire, àWc ie dftiigct* pourtant de h^rter rivemeut 
(|uelqueft Sdvam du jour, mais qui me paraissent plus 
eM^aîsaus daiu leurs hilentioiis, que forts dan$ 
leora^ preuves. 

1^ Lft civilisatioa des Celtes ne peut se démontrer 
par des «nouumens; car rien n'indique qu'ik en aient 
feiissë^ tandis que des pei>ples bien plus anciens ont 
eoirv^i'i la "Htte des débris d'une architecture noble 
elifàvatite. Si Ton disait qtie le tems a détruit les mo-. 
mimens des Celles , parce que la pierre eai était molle , 
ta réponse me paraîtrait encore plus moHe que la 
pierre ;icar qui ne sait qtfe la France possède une 
multitude de carrières de \k plus dure pierre^ des gra* 
nits, des marbres, etc.; et que s'il est des pierres que 
le tems pnltérise, il en est beaucoup qu'il durcit? et 
tesmotiumens des anciens Bomains, même en France, 
en sont la preuvo. 

La ci^acité des Celtes dans les arts potirrait résul* 
ter efitore de choses indestructibles, comme d'instru- 
tftens métalliques, ou d'omemens en fer, en bronze; 
sans pftfler de statues de marbre. Or, rien de tout 
tek qui ait quelque valeur n^existe avec certitude, et 
he peut être revendiqué par les Celtes ou leurs dé- 
fenseiars. 

lies médailles qu'on montre, quoique trouvées dans 
la Celtique, peuvent fort bien n'être pas celtes; il Fau- 
drait le démontrer par des caractères et des légendes 
celtiques. Les Celtes , soit par les colonies phéni* 
ctenites du midi de la France, soit par les invasions 



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,S8i DISCOURS SUR Lé. l** PART. DES ÀRlf AL. DE HAIR\UT. 

qu'ils firent en Italie, en Espagne, et dans tovslei 
pays environnans , durent emporter des porijons. de 
butin considérables; et celui qu'ils recherchaient le 
plus devait être les monnaies d'or et d'argent : ainsi 
l'étranger et la guerre ont pu introduire dans kCel- 
tique beaucoup de médailles, l) fendrait un grand 
corps de médailles celtiques, et ce corps n'existe pas. 
' En résumé , la première origine ou la création da 
monde est incalculable; la civilisation ,quoiquie moins 
ancienne , est pourtant plus ancienne que ce que noiu 
connaissons par l'histoire; mais néanmoins on ne 
peut croire à la civilisation de tel ou tel peuple en 
particulier, que d'après des preuves positive; et de 
ce quW n'a pas ces preuves, il est bien plus naturel 
de conclure qu'elle n'a point existé , que de conclure 
qu'elle a existé. Ces peuples ont contre eux une preuve 
négative presque aussi &rte qu'une preuve positive, 
jusqu'à ce qu'ils aient fourni des écrits ou des monu- 
mens, indice de leurs lumières et de leurs nojions et 
culture des arts. J'applique cela à ces Celtesvdont 
votre ame honnête et généreuse s'est faite le patron, 
et qui vous ont vraiment de grandes obligations. 

Quant au degré comparé des connaissances des 
anciens et des modernes, je pense que les modernes 
en ont beaucoup plus, non pas par une plus grande 
aptitude, mais parce qu'ils ont trouvé dans la décou- 
verte et l'emploi bien entendu de la boussole et de 
l'imprimerie, comme par plusieurs institutions ^qui 
leur paraissent propres , de plus grands moyens pour 
étendre et fîter les connaissances qui , mobiles de leur 



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INTRODUCTION y IT. 385 

nature , sont plus arrêtées qu'elles ne Tétaient dans 
les tems anciens, et sont moins susceptibles de se 
perdre ou de s'altérer. 

C'est ma pensée du matin , brute et sans correc- 
tion. 



CHAPITRE IL 

REPONSE. 
J T. AntiqoiU du rnoode en g^ëral, et spécialement des Celtes. 

IV. Il y« cette différence entre l'Être parfait, ou 
Dieu, et les êtres imparfaits, tels que les planètes et 
ITiomme, que l'Être parfait est toujours égal à lui- 
même, immuable et tout-puissant, au lieu que l'être 
impar&it est changeant, périssable et borné. Il naît 
d'iu^ germe étemel , mais qui prend et perd son enve- 
loppe, et dont l'accroissement et le dépérissement 
composent la vie passagère. Il est nécessaire à Dieu 
pour exercer sa puissance et sa bonté, destinées à le 
protéger et à le soutenir; mais son existence est hors ' 
de celle de Dieu, à qui toute imperfection est néces- 
sairement étrangère. 

Les planètes et la terre ont donc un germe indes- 
tructible, mais qui se développe lentement et par 
degrés, et qui perd ensuite son enveloppe; ce qui les 
conduit nécessairement à ce qu# nous appelons la 
mort. 

Quelle est la durée de la vie de la terre? quand a-t- 



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386 DISCOURS SUR LA 1** PARt. bES Al^NAL. DB HAI!f AVT. 

fellô côtaimencë? quand flnîra-t-ellè?bîi en ^ soii ^iris- 
tfemie? lànâtfë eb €^t-elle absolument dépendante? 
à quelle période sommes-nous de ôa vie? Ce sont de 
grandes ({aestions qui ne pçuvènt être résï)liies que 
par l'expérience et de longues observations. Il est WN 
tout important de connaître le degré de civilisation 
des anciens peuples , la marche qu'elle suit, et les 
progrès qu'elle fait^ Là ^ëétk>li examinée ici est donc 
du plus grand intérêt. 

Pour la juger, il fairt connaître Thistoire des tems 
qui nous ont précédés; il faudrait en quelque sorte 
une statistique du monde pendant chaque siècle, afin 
ûé compaï»er l'un à Yèmlte. Sans dôUte îl est vrai- 
séiAblabié que la population tdi la ûiémé qùVtlë a 
toujours été; tnais il est au tnoins éertain qu'efteàug- 
iùtnie et diminue successivement dans un lieu iêiét- 
mitté. Certaînèmetit Tltalie n'a pas aujourd'hui la 
mêtwe population que lorsqu'elle dominait svÊt le 
mondé entier, que lorsqu'elle élait le centré des i<- 
thesses et de la puissance. La Gréée d'atijôtfffliui 
n'est pas «elle xlu tems de Pérïdès et d'Alexandre: il 
y à une vie et une mort dans les sociétés pôlitiqn» 
comme dans les individus. Les unes n'ont qûW 
existence éphémère ; d'autres , construites plus soli- 
dement, résistent pluà long-tems à la vieillesse, qui 
finit p^T les atteindre aussi. C'est du sort de ces àâo^ 
tiatiôbs particulières que se dbmposè celui àè la 
grande société. MUs si nous avons tant dé pebê à 
connaître et à juger l'état de notre propre gouveftté- 
meiït, comment celui de nos vorsitts sera-t-il imà à 



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INTRODUCTION , IV. 387 

notre portée? La diiTëre&cé àjss langues et 4^ mcears 
n'est-elle pas un obstacle trè&KlifBcile à suknnonter? 
et s'il nous est si difficile de voir ce qui se passe an* 
tour de nous, et en quelque sorte sous nos ieux^ 
comment pénétrerons-nous à travers les ténèbres de 
rkistoire, et les mensonges intéressés de la plupart 
de ceux qui l'ont transmise? L'étude des faits ne doit» 
elle pas être nécessairement accompagnée de cette 
philosophie qui domine en quelque sorte sur eux , 
afin d'y faire le choix de ce qui est vrai , instructif^ 
iflléressant? Ne devons- nous pas nous accoutumer 
avant tout à lier nos idées, de manière à juger Tin» 
connu par le connu? 

La difficulté de juger les peuples qui ont habité 
ce globe avant nous^ augmente encore par le chan* 
gement du langage et des mœurs, par les catastrophes 
morales et physiques. Les Égiptiens, avec leurs hié* 
rogliphes et leurs piramides, n'ont pu réussir à nous 
transmettre les idées que ces piramides et ces hiéro- 
gliphes étaient destinés à nous conserver. La langue 
connue sous le nom de sanscrit nous est restée; nous 
avons ties mamiscrits qui nous en conservent les och 
vrages; nous sommes parvenus à les tradun*e; et nous 
ne sav<»is pas encore qui a parlé le sanscrit. Homère 
a été copié, traduit, imprimé dans toutes nos langues 
modernes; et un savant allemand (i) n'a pas craint 
de soutenir que ce grand poète ne savait pas écrire; 
un autre saVant de cette nation nous enseigne h le 

(i^^ Jcan-Kenri Voss, mcrt le 29 mars 1826. M. de Sainte-Croix 
Itn a rëponda dans le Magasin Encyclopëdique. 



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388 DISCOURS SUR LA 1** PART. DES ANNAL. DS HAINATIT. 

lire, et nous apprend, j>ar exemple, que Nestor n'a 
pas 'dit aux généraux qu'il voulait persuader : (^fai 
(c connu des bommes qui valaient mieux que vous;i» 
mais «des hommes qui valaient* mieux que nous;^ 
ce qui détruit toutes los plaisanteries de Voltaire sur 
ce passage, et nous fait voir que l'homme de France 
qui était le plus digne d'apprécier le poèee grec ne 
l'a pas bien compris. Soyons donc réservés dans nos 
assertions, et surtout soyons modestes; ne croyons 
pas légèrement que nous avons plus de science, pins 
de goût, plus de morale que les anciens; et bien loin 
de nous vanter de ce prétendu progrès des lumières 
dont nous nous targuons avec tant de confiance, erai- 
gnons d'être inférieurs à nos devanciers, et ne blâ- 
mons pas si facilement les Indiens et les anciens eux- 
mêmes qui ont placé leurs ancêtres dans l'âge d'or, 
et qui se sont crus dans l'âge de fer. 

Après avoir considéré l'homme en général , venons- 
en à la nation qui mérite le mieux notre attention, à 
celle qui peuplait autrefois le sol que nous habitons. 
Il est bien clair d'abord que ce sol a souffert degnods 
bouleversemens. Les volcans éteints de l'Auvergne et 
d'autres provinces , les lits de coquilles trouvés à une 
assez grande profondeur en Touraine et ailleurs, les 
palmiers découverts dans le» puits des carrières de 
Montmartre, et qui y sont surmontés de deux autres 
lits de dépôts d'anciens déluges et d'anciennes pétri- 
fications, suffisent pour nous faire reconnaître qu'il' 
nous doit être difficile de remonter' par nos propres 
historiens à une très-haute antiquité. Nos roonumens 



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inTKODUcnoM , y. 389 

décharges par un dimat humide et fi*oid, ne nous 
présentent à Garnac (i) que de véritables squelettes. 
Vn temple druidique existe encore à Autun (a). Des 
médailles d'un or très-pur et des monnaies d'argent 
aDtérieures à celtes des Romains (3), nous font recon- 
naître les traces d'une ancienne civilisation. Mais 
n'ayant pu conserver ni nos mœurs , ni notre langue, 
ntiHOtre gouvernement , doués par la nature d'un 
caractère frivole et léger , peut-être plus propre au 
bonheur, maïs certainement moins apte à tous les 
ëtâbiisaemens solides et constans, nous sommes ré- 
duits k chercher chez les nations étrangères les 
comm&àeemens de notre propre histoire; et comme 
Féxistenoe de ces nations nous a laissé des traces in- 
dubitables^ elle rappelle la nôtre, et ne nous permet 
pets- de «douter que, dans les tems historiques les plus 
ânoîens, nous avons aussi formé un corps de nation 
pins oa moins civilisé, plus ou moins savant^ peut- 
être inférieur à ce que nous sommes aujourd'hui, 
peutr-être aussi supérieur : c'est ce qu'il est important 
ifarnimner sans prévention et sans préjugé. 

$ 9. Sur PaBcienne langue et l'ancienne littérature des Celtes. 

y. On doit s'attendre d'abord, pqisque notre patrie 

(t} Commune située dans le département du Morbihan , prés Qui- 
beron , dans un espace de trois lieues , qui domine au loin la mer. 
Voyez les dessins qn'en a publiés M. de Canbry dans ses Mon»> 
seas celtiques; Paris, iSoS. 

(a} Voyez Introduction à THistoire d'ATignon^ pag. 114. 

(3) Mémoires peur serTÎr i l'Histoire ancienne du Globe. Paris, 
1807, t. II , p. sag. 



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39^ DISCOURS SVR LA 1** Fit^Tf I^^VNAL. DE HAUfACT. 

^ été subjiiguëe plusieiM's £>i^, à ne plus Fetrw^ef te 
mo^umeos d$ l'état pojit^ue <p\ a. précédé k coDr 
quête. C'^ ^insî que 1^ rs^^ de Hugu^ Oipat a dd 
4^Hire 1^ mon^mct^ai de C^arlemagiiÇy «lie 4e 
Pépin c^u^L de Clavis. Clayj^ ^ }ui<-i?^^e, W îh'U 
^ pu , ft^it dl^paieaîMre ie^ tp^c^^ 4^ 1» dpwii»»ioi^ d^ 
{Ippç^Si eit ç«ux-ci d^ C^t(B$ : w, sort« q^'il »« fePS 
V#tend|*0 à ti^oiiver panni les éçriv^ms cot^^ ^ 
çciui^ qw oiU ei^playé le^ lapgage^ de^ J^osiaîm; ^ 
ce n'est ^|ui& doi^e p^s séneus^i|ieAt <{ue l'oo ^ i9(i 
q^'il y ^ eu une langue çeUiquiç. Ims Grecs ^ M 
ILqmaii^ ont eux^xnêioes coq servi plusieurs mot|s (p^'ik 
UQUS QJ9t 4ûnnés cpmn^e yénam dç cette Ivigue, I^'iM^ 
tew* d'une Jiistoire de France çifri^se^ tom P^ 
qQ^UrMe, appelé Guillaume Marcel , mort à M^ 
W ]^7o8^e«i a ra^Ksifu^blé un a^^s^ gcand nombre^^ 
citant le^ a^cien^ auteurs d'où il les avait tirés. T4 
cru devoir les rapporter afH^ès lui da^f^ le^ articles 
qoJL suivront. I^e nozE^)re à^ ces mçts ^'est àl) tém 
pa^ asf^z cQAsidé^al^e poui* 9QU9 fai^e savoir ai ^ 
langue de LupeU^ ils $ont tirés éta^V rîdbMl oufA^vre, 
harmonieuse ou grossière; mais ils ne permettenlp^ 
de douter qu'il y en ait eu une ; et lorsque VanfOn 
Baus dit que l'on pelait t^is langues à MarseSle, il 
nous prouve bien évidemment que les Phocéens y 
conservaient leur langue, et qu'ils étaient obligés de 
savoir le celte pour commercer avec les Cdtes^ et ^ 
latin pour commercer avec les Latins. C'est ce qoe 
nous dit formellement Isidore de Séville (ï), né à 

(i) Originum, Hb. xv, cap. i, dans les Auctores linguœ bilM- 
Génère, 162? , pag. iiSg^ Hg. 4^ et suiy. 



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CaiPtii^qe , #t,iuimiq4 k Tévêché de Sw\U Têo 6oi . 
Il a co9jpo9é dOA T^0i^ des Qrigùm wei^ le s^cow» 
4e Uyt^s que nou^ o^^û«i» flm wjamrâliuî. Je rap^ 
pei^enii en fpUer ce iM^e^ qui m'a para cnrieaau 
«flM^^et CiruA w &( empara des iiUe$ mavîiîntea 
« d^ la Grèçf » ^t que le^ Pboc^eaa, mimeus pv lut^ 
<( étaMit liyréR à U>w Wioattifiirafui «nranl la 
«qif^^ Ha j|iri«reM de a'élpîgMrsi leitt de 1' 
4 dw Pef«e«» qil'il^ n'en enteadraient plus même pto» 
« MDcer Iq POW^ Pmt rempttf ce sermeot^ ils pav*; 
« tJMllt'pow Wi f9lfe^ les plus élcûgiaéi de la Oaote^ 
«e^ a'étamt yinuiiU» par leumamies de lafiikoeilédw 
«cQaukûpy Ul^ bâtûreAt Af«s#«{Î0 (MaveiUe)^ et lui 
« dûBnireitt 4« aom det leMr chef. Varton dit que' m» 
«l^eufiM avaient troîa lenfues, parcfr^'ils parlaient: 
«le gireo, le latii» et le gaulpi$« » iToi f^niro /ivtit^ 
gués esse dicU^ qubd et gnmè loquanêufj eâkoinày 
etgoMîcè. 

Avant les Grecs 9 il y avait eu dans les Gantes des 
colonies phéniciennes et puniques , dont la lai^e 
était aussi restée dans leurs établissemens^ Un carène 
dédhanssë âe Biscaie,^ pommé le père Bartolomé de 
Smla-Teresa (i), vient de faire paraître une disserr 
tatioù dkns laquelle il explique, par le basqqe^^ la 
finEnease scène en langue punique que Plautça insérée 
dàne tme de ses comédies (a). Selon ce religieux ^ le 

Ci) If^DnÎTersfl du i" mars 1838. 

^y Ije Pttmdut , aetc V, scène i. Vojez-ea rexplication dans hi 
Bibliothéqae anirerselle de 1688 ^ p. a56. Voyez aussi le Thëàtre 
des Latins par J.-B. Levée ^ Paris, 18a i, I. tu, p. 4oa, QÙ Ton 
IrouTerm trois textes des rers puniques , tous diA^reos de celui de 
Le ClerS^ dans la Bibliothèque universellt. 



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392 DISCOURS SDR LA 1" PART. M8 ANNAL. Dt HAINAVT. 

punique de Plaute est du basque tout pur. Il y a long- 
tems que les Irlandais expliquen^aussi la même scène 
dans leur langue^ et Ton croit que les Bas^Bretons 
ont &it une tentative semblable. Il est possible que 
le basque , Firlandais et le bas-breton aient quelque 
analogie avec le phénicien ; mais ces langues n'en 
sont pas moins très-différentes entre elles, et les di- 
versités qui se trouvent entre plusieurs langues mo- 
dernes dérivées du latin le feront comprendre aisé- 
ment. D'ailleurs les Carthaginois, dont Plaute nous 
a parlé le langi^e, avaient déjà corrompu le phénî- 
cîen. Cetauteur les nomme biscaicilingucBy et souvent 
ailleurs bilingues ^ parce qu'ils parlaient deux langifts^ 
savoir celle des Tiriens et cdle des Libiens. On ta 
tirait des conséquences désavantageuses pcàir ces 
peuples, qu'on appelait, par cette raison, doubles ^ 
infidèles, trompeurs. Virgile a dit (i) : 

Quippe domum timet ambiguam , Tyriosque bilingues. 

Cette TÎlle suspecte et ce peuple sans foi , 
Tout Teffraie. 

Quant à la forme des lettres usitées dans la Ganle, 
César dit positivement (2) qu'elle était celle des atlà«» 
ciennes lettres grecques, dont ils se servaient jààMÈm 
les actes publics et particuliers. Ainsi que l'observe 
le savant Mabillon (3), c'étaient des marchands ^gi|^ 
tiens qui fournissaient les Gaulois de feuilles de ptê- 
pjrrus. Les anciennes archives des églises et 4es 

(1) Enéide, li?re I , vers 661. 

(a) Lîb. Ti, cap. 4. 

{Ji) De re diplom,, lib. i, cap. 8. 



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INTBODUCTIOM V. 393 

abbayes coBservaient des actes et des documens pu- 
blics écrits sur ces feuilles. On voit encore ces an- 
ciennes lettres grecques, étrusques ou phéniciennes 
sur les médailles celtiques et celtibériennes (i), qui 
«ont en très -grand nombre, et antérieures à celles 
des Romains, dont la date est récente et donn^ par 
Pline, tandis que Tépoque à laquelle remontent les 
médailles celtibériennes el celtiques est inconnue* 

La littérature des Celtes n'est pas moins certaine 
I)ar le témoignage de César et de Pompéius Mêla , 
qiti nous apprennent que les druides avaient écrit 
même sur le mouvement des astres. Le plus ancien 
écrivain de Toccident que nous connaissions est Pi- 
théas, au moins contemporain d'Alexandre. Il' était 
né à Marseille, où les Grecs étaient arrivés près ie 
trois siècles avant Alexandre ; en sorte qu'il est diffi- 
cile qu'il ne se soit pas établi entre les Celtes et les 
Phocéens un rapport d'études et de connaissances qui 
n'a pu que tourner à l'avantage des \ins et des autres. 
Trogue Pompée, qui était né à Vaison , et qui était 
mort quelques années avant l'ère chi^étienne, avait 
composé une histoire universelle en trente -quatre 
lîrres en latin ; et il est le seul historien latin que 
nous sachions avoir fait cette entreprise. Nous n'avons 
malbeureusement plus que l'extrait de son ouvrage, 
composé par Justin ; mais cet extrait suffit pour nous 
Êdre voir que Trogue Pompée avait connu des mo- 
namens qu'il n'avait puisés ni chez les Grecs, ni chez 
les Romains; ces monumens appartenaient consé- 

(i) J'en ai plas de deux cens dans mon cabinet. 

V. 29 



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384 DISCOURS SCR LA 1** PART. DBS AN2IAL. DE HAIIIÀIIT. 

quemment à notre littérature, qui était celle du pays 
même de l'hiatoiriea. Enfin j'ai donné dans mon mé- 
moire et plan de trayail sur l'hbtoire des Celtes oa 
Gaulois (1)5 la liste de cent auteurs qui étaient celtes, 
ou qui ont écrit sur les Celtes , en m'arrétant au vèffiff 
d'ÂntooinJe-Pieux, qui lui-même était né à Nîmes, 
et qui est certainement Tun des plus grands empe* 
reurs qu'aient eus les Romains. Ces derniers peuvent- 
ils accuser de Ibarbarie et d'ignorance une nation qui, 
fort peu de tems après leur avoir été soumise, leur a 
donné un de leurs mdlleurs «npereurs? et ne trabf* 
rions-nous pas ce que nous devims regarder comme 
notre es^use , si nous osions avancer ce que les Ro- 
mains n'ont pas dit , et si , à l'exemple de M. ^ 
Wkilly, dans sa traduction des Commentaires de Gé* 
sar (a) , nous appelions à chaque instant barbons ses 
ancêtres, lorsque César lui-même ne leur donne pas 
ce nom? Leur longue et courageuse résistance, mal- 
gré leurs division^ intestines, véritable cause de leur 
perte , ne prouve^Ue pas leur civilisation, du moin» 
à cette époque? 

$ 3. Du progrés des arts chez les Celtes. 

YI. L'habitude que nous avons cous^:*vée de re^ 
der les Romains comme nos maîtres, nous fait tellemeni 
méconnaître les productions mêmes de nos ancêtres» 

(i ) Paris 1807, t. 3 des Mémoires pour servir a Phistoire anctenne 
du Globe, p. 97. 

(a) Paris 1799, 2 ▼ol. in-ia. J^ouvre au hasard oet ouTrage, d 
j*y trouve , dés la première ligne de la page 257 , tome 1 , le mot 
latin hosteSf les ennemis, traduit par fes barbares. 



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INTRODUCTION , TI. 995 

que lorsque nous aperceroas dans un monumenl de 
la régularité et de belles proportions , nous décidons 
sur^le^bamp qu'il est romain. Si, au contrai^e^ il est 
hmte et grossier, nous décidons qu'il est celte; et 
nous ne supposons jamais ce que les Romains eux- 
nièroefl nous apprennent , que nous avons eu avant 
eux des chemins pubKcs avec des bornes de distance 
en distance (i), et que la ville de Marseille était celle 
où les Romains envoyaient leurs enfans pour s'in- 
struire. Des arcs de triomphe se trouvent encore 
aujourd'hui à Orange, à Carpentras, à Cavaillon, 
construits évidemment par des architectes gaulois- 
marseillais, du tems de la victoire de Domitius Ahé- 
oobarbus, plus de cent vingt ans avant l'ère chré* 
tienne ; et parce que M. Ménard reconnaît que ces 
arcs de triomphe sont construits selon les règles de 
Tordre composite, et que Vitruve nous dit que cet 
ordre a été employé pour la première fois à Rome 
sons le règne de l'empereur Titus , M. Ménard , dans 
lea Mémoires de l'ancienne Académie des Inscrip- 
tions (2), veut renverser toutes les traditions de son 
propre pays , et reculer jusqu'au règne de Septime 
Sévère les constructions des trois arcs de triomphe 
que je viens de nommer. C'est ainsi qu'allant pins 
loin que Vitruve , qui n'a jamais prétendu que l'ordre 
composite ait été inventé par les Romains, il nous 

(1} Voyez ce quej^ai dit à ce sujet, page 379 et suivantes des Afi- 
tiqtBtÀda département de Vauclase , sur le témoignage de Polybe. 
Voyez aussi TArl de vérifier les dates avant J.-C. V. 233. 

(9) Tome Sa. J'ai combattu son opinion dans PArt de vérifier les 
dates avant J.-C. Y. 279» 



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896 DISCOURS SCR Là. 1" PART. DBS ANN/LL. DB HAIRAUT» 

eiilè¥6 ravantage d'avoir ^té créateurs en architeo 
ture 9 et d'avoir appris avant ces sauvages conqaérans 
de l'ancien monde, les arts dont la perfection ne leur 
appartient en aucune manière y selon Virgile Im- 
méme , mais aux Grecs qui les dnt précèdes , et^dont 
nous avons su conquérir avant eux les découTertes 
et les habitans eux«mémes auxquels nous avonsdomii 



Excudent atu spirantia moUUis œra, etc. (i). 

lyaatres avec plus d'art , cédons-leur cette gloire. 
Coloreront la t<nle, ou d'une habile main 
Feront Yirre le marbre et respirer l*airam ; 
De discours plus flatteurs charmeront les oreilles ^ 
Décriront mieux du ciel les pompeuses merveilles,: 
Toi , Romain^ souviens-toi de régir l'univers ; 
Donne aux vaincus la paix , aux rebelles dee fers ; 
Fais chérir de tes lois la sagesse profonde : 
VoilA les arts de Rome et des maîtres du monde. 

Cet avantage de la domination , si méprisable et si 
fragile, auquel se bornaient les Romains , et qo'ib 
n'acquirent qu'en perdant leur liberté, ne leur est 
pas demeuré tong-tems; mais il n'en est pas moins 
certain, par leur propre témoignage, qu'ils n'ont rien 
inventé dans l'architecture , ni dans aucun des beaux- 
arts. 

Il en est de même des médailles marseillaises en* 
demment antérieures aux médailles romaines, et bien 
mieux frappées. N'étaient - elles pas véritablement 
devenues gauloises? et peut-on croire que celles qui 

(i) L'Éndde de Virçile, livre vi , vers 848 et soi vans. Traduc- 
tion de Tabbé DeliUe. Paris, i8a4. II, 291. 



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niTftOftucTiOM , yu 997 

aiaîeiit éU (nippées daos les parties septeatrionab» 
«k b Gftuk n'aieiit pas aossi'participé à cette perfec* 
tion? C'est ce cpie l'on ae peut nier pour celles tl'Avi-» 
gnon, un peu moins m^dtonales que celles de IkfiBir- 
seiUe. Commeles mines d'argent étaient extrêmement 
abondantes en Espagne , les mëdaiNes celtibëriennes 
sont beaucoup (dus communes; et il ne paraît pas 
qu'dksaimt^é wssi bellesque eeHesdeMarseille(i)! 
mais elles sont vraisemblablement et par là même 
plus anciennes^ et leur origine doit être attribuée 
aux Phéniciens^ de qui les Grecs tenaient leur écri- 
ture, comme ils en conviennent eux-mêmes. G'est 
poup cela que les lettres qui se trouvent sur ces mé- 
dailles sont les mêmes que les anciennes lettres grec^ 
ques; c'est encore pour cela que César a dit que les 
Celtes £esaient usage des caractères grecs pour leur 
écrilmrei quoique leur langue fût très-différente de 
la langue grecque. Au reste, les médailles ou mon- 
naies dW et d'argent étaient tellement communes 
dans la Gaule, que Diodore de Sicile (a) nous dit que 
l'usage était d'en paver les temples. Il ne cite point 
son auteur y et l'on a conjecturé qu'il avait tiré ce ikit 

(i) A la suite de sa Notice sur Jules- François - Paul Fauris de 
Saiot- Vîncens, Aix , an tui, le fils de ce sarant antiquaire a fait 
grarer cinq planches de médailles de Marseille comprenant : (i) 20 ; 
(3) i5$ (3; 18) (4) 199 (5) aa, en tout 94 médailles. M. Mionnet, 
pag. 67 de sa Description des médailles antiques grecques et ro- 
maines y Paris, 1806 , en donne i56. 

(a) LiTTc T, chap. 39 dans Pëdition de Rhodoman et la traduc- 
tion de Terraason ^ et chapitre vj , dans Pédition de Wesseling , 
tome 1 , page 35j. Cest Wesseling qui fait la conjecture dont je 
parle. * 



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398 DISCOURS SUR Lk 1'* PART. M» ANNAL. DBHAINAOT. 

de PosidoQÎus, que cite SimboB pour ie récit m*- 
vant (i), que je rapfXNpte ea entier, paroe que Tod 
pourrait eu inférer que ces monnaies étaient grecqua, 
ce que nie Poûdonius lui*méflie. 

«On prétend que les Tectosages intenrinrent k 
« l'expédition de Brennus contre Delphes , et que les 
a trésors trouvés par Csepia, général romain, dans 
« la ville de Toulouse, étaient une partie des trëaon 
«enlevés à Delphes, et qu'ils avaient consacrés, ea 
« y ajoutant quelque chose du leur, pour apaiser le 
« courroux du dieu dont ils avaient saccagé le temple 
«C'est pour cela qu'on ajoute que Csepio, qoi osay 
«toucher, termina misérablement sa rie, comme oo 
«sacrilège 9 chassé de sa patrie et dans l'opprobre. 
« Mais le récit de Posidonius (n*rfMr*n«v ) est plus pro* 
« bable. U dit que les trésors trouvés à Toulouse s^ 
«vaient envinm à quinze mille talens (2), ^'nae 
« partie était déposée dans les temples , une autre 
« dans les lacs sacrés , et que c'était simplement de 
« l'or et de l'argent en lingots sans aucun type. Mus 
« le temple de Delphes avait déjà été dépouillé alors 
« de tous ces objets, pubque les habitana de la Pho- 
« cide avaient tout enlevé dans la guerre sacrée (3); 

(i) SlrabonU Hbri xvu, édition de Siebenkees. Liptiœ 798, 
tome 9 , p. Sa et soivantca, lirrc it, cluip. 3 , psrag. 16, p. M 
dUos lVditi<»D de CMaabon. 

(a) Justin, qui parle aussi des trésors enlerés par C«pÎ0i<lft> 
lib, 3a, cap, 3, qu'il y avait cent dix mille talens d'argent et 
quiose mille talens d'or; en suppoMint que les talens de Posidonîas 
•oient des talens atUques , ce serait 80 millions de noa francs. Au 
t«jtt de oette différence , consultez les notes sur Justin. 

(3) lis avaient puisé dans les trésors de Delphes pour soutenir 



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UlTftOIHICTlUM f Yl. 3M 

« d « quelque chose avftit eneore pu j être trouvé 
« par Us Gaulois^ oela avait dû être partagé entre un 
« grand nombre d'homneâ. U n'e&t d'ailleuin pas vrai- 
m semblable qne les Teotoeages soient retournés saina 
« et sauft dans leur patrie, puiaque aprèd s'être étoi'^ 
M gnés de Delphes ils forent très^nalheUreux; et que 
« s'étant divisés ^ ils se di^rsèrent sur di veti^ routes^ 
«Ainsi iliistorien que je viens de citer ^ s'aeoordant 
m avec beaucoup d'autres à dire que la région dont il 
«est ici question était abondante en or , et que les 
a hommes qui l'habitaient étaient superstitieut et ë^tifc 
m auoun penchant pour le luxe dans les choses coih^ 
« nranes de la vie > il arriva nécessairement que la 
«Gwile eut des trésors en beaucoup d'endroits , sur^ 
« tout parce qu'ils veillaient à la sûreté des marais, 
a dans lesquels ils déposaient des masses d*argent et 
a méaie d'or. C'est pourquoi les Romains , s'étant 
« emparés de cette contrée , vendirent les marab à 
a l'encan; et beaucoup de ceuiL qui en achetèrent y 
a trouvèrent des lingots d'argent. Quant à la viUe de 
« Toulouse^ il y avait un temple révéré oii tous les 
a voiâns se rendaient, et oii un grand nombre portait 
a des présens auxquels personne n^Otoit toucher^ en 
« sorte que ce temple renfermait une abondance de 
« trésors* » 

Ce même Posidonius que Strabon vient de citer , 
est aussi appelé en témoignage par Athénée sur les 

lu guerre pendant dix ans. Ib y avaient pris dans cet espace de 
lenis plus de dix mille talens. ( Diod. de Sicile , xti, 56) on 53 mil- 
lions de francs. 



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400 DISGOUBS SUR LA 1" PA.RT. DIS ANNAL. DE HAINAUZ. 

Celtes en. plusieurs oçca$ioiis (i), etenlre autres pour 
un Mi où cet auteur est presque cont^nporaio. 
Louernios , ancien roi des Auvergnats ^ qui vivait cent 
cinquante ans avant l'ère chrétienne , monté sur un 
char magnifique j parcourait souvent les terres de 
ses états y et répandait à son peuple des mcmnaiesd'or 
et d'argent. Ce fait, où le terme de monnaiey en grec 
fSjMffUL.ne laisse aucun doute ^ nous est confirmé par 
Strabon (2). Il reste encore beaucoup de méckilles 
celtiques, et il en existe plusieurs recueils gravés. On 
p^t consulter celui qu'en a fait M. Mionnet dans sa 
Description des Médailles antiques grecques et ro- 
maines imprimée en 1806 (3);^ mais l'histoire nous 
manque pour les expliquer et les classer. Il n'en serait 
pas moins absurde d'en contester jusqu'à l'existence. 
Au commencement de ce siècle il en a été découvert 
plusieurs centaines dans une commune voisine d'O- 
range (4)9 ^^ <lont le nom, qui est Jonquières, rap- 
pelle ces anciens marais dont vient de parler Strabcn^ 
et où les Gaulois déposaient leurs trésors. Ce Kea 
était en effet un marais. M. Mionnet n'a pas comm 
ces médailles y et l'on en trouvera peut-être encore 
bien d'autres qui achèveront de prouver le progrès 

(1) Tome I , pages io3 et 167 ; et tome II , page i8g deUtetc 
daction française par Lefebrre de VillebruDc. 

(a) A là fin de son livre it , pages 4« et 43 dans IVdition de Sie- 
benkees, pag. 191 de celle de Casaubon. 

(3) Pag. 63-96. 

(4) Voyez la description que j'en ai donnée dans les Antiquité àe 
Vauclose, Paris, iSoS^ p. 385. 



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lltTRODUCTlOM , VII. 401 

qu'avaient fiût les Gaulois dansi'art da fabriquer les 
métaux comme dans beaucoup d'autres. 

J 4* D^adatloQ des arts dans les Gaules , et diffîcoltë d*en suirre 
les Ticissitudes. 

VIL Sajtïs doute les Gaulois, après la perte ^e leur 
liberté, perdirent aussi leur littérature et leurs arts. 
Lorsque les Francs nous eurent subjugués à 4eur tour, 
ces^arts des Grecs que nous nous étions appropriés, 
et que nous avions même tirés avant eux directe- 
ment des Phéniciens, ont disparu; en sorte que nous 
sommes retombés dans une barbarie de laquelle nous 
sommes sortis assez tard. C'est là un exemple de cette 
dégradation dans la civilisation, qu'il ne &ut pas se 
contenter d'étudier sur notre sol, si nous voulons la 
bi&k connaître. Il n'est peut-être pas même un seul 
pays dans le monde que l'on puisse suivre assez long- 
tems dans son histoire pour faire de bonnes observa- 
tions sur ce sujet : il Êiut nécessairement passer d'une 
contrée à l'autre pour observer le progrès et la déca- 
dence de la civilisation. C'est ce que nos connaissances 
nous permettent de faire pour les Grecs, les Romains 
et nous. Ce rapprochement suffit pour nous con- 
vaincre qu'outre la décadence particulière qu'ont évi- 
denoment éprouvée les Grecs et les Romains consi- 
dérés isolément , il semble qu'il y ait eu une décadence 
générale prise dans la civilisation considérée à son 
plus haut point dans ses différentes époques. En effet, 
le sanscrit l'emporte, nous dit -on, sur le grec; la 
langue gi*ecque paraît supérieure à la langue romaine, 



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40t DISCOURS SUR LA l'* PART. DBS ANNAL. DE HAlNàUt* 

et celle-ei à nos jar^tiB modériies. Homère , Déteôs^^ 
thènes, Hérodote^rchitnèdcs tfoiit point été égaMs 
à Rome ; Cîcëron^ Virgife , Pline le naturaliste et 
Sënèque n'ont peut-être pas eu, parmi les modernes, 
d'ëmule véritablement digne d'eux; et si cela%st,ne 
deVons-nous pas craindre que le gfeni* huitiaht Ré- 
prouve îtisensibletneni des pertes, tu lieu de ftirè 
des progfès? N'avons-nous pas même 11 redouter Pdfet 
de nos dissentions actuelles , si , luttant contre «Hes 
avec courage, nous ne fesons pas les plus grands 
efforts pour substituer une noble et grande éitialâtîon 
à une stupide admiration de nous-rtiêmés; si, loib de 
nous croire supérieurs à nos devanciers , nous ne 
fesons profession de rendre justice à leurs ouvrages, 
•fin de sentir le besoin que nous avons de notts per- 
fectionner encore pour mériter de leur être (5t>tn- 
parés, fet même de les surpasser? C'est eu admirtût 
Euripîdes et Sophocles, que Racine est venu se placer 
à coté d'eux; et Euclides n'a pas eu de partisati plus 
zélé que Neuton. 

Quand je parle de nos dissentions, je ht fais jKnut 
allusion à nos discussions littéraires , qui aU (îôntrtîi^ 
sont souvent très-utiles, lorsque l'aigreur ne s'y tftÔe 
point, et que les critiques ne dégénèrent pas en sa- 
tires; c'est de nos guerres que je me plains, «pu 
portant tous nos moyens à notre destruction mu- 
tuelle, nous en privent pour une foule d'objets urt* 
portans au bonheur de la société. Le seul bien qui 
puisse en résulter est l'accpisition de quelques con- 
naissances géographiques et l'étude de^ langues étrao- 



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INTAOMGTIOM y tll. 403 

gèrafy a^ranlag^s que te gouvernémenf peut nous 
procurer aussi facUemeiity s'il le veut, dans le sein 
delà ptix, et certainement à moins de frais. 

Au reste ce n'est pcut'^tre pas chez les Celtes, ni 
chez les peuples qui n'ont point d'histoire ancienne^ 
qu'il finit dieroher les connaissances anciennes; c'est 
chez les grandes nations qui y ayant conserve les mo- 
ntunens de leurs premières annales, peuvent, comme 
lei Chinois et les Indiens , nous convaincre qu'ils ont 
cooiiu^ à l'époque la plus reculée, cette boussole et 
cette imprimerie que nous tenons d'eux , et qu'ils 
n'ont point inventées ; en sorte que l'on peut remon- 
ter i des nations plus anciennement civilisées , telles 
que les -Égiptiens et les Caldëens^ qui ont su toutes 
ces dioses ^vant eux ; et s'ils les ont sues, comme on 
n'en peut guère douter, peut^on n'être pas persuadé 
que le reste du monde les apprit d'eux, de même que 
nous avons porté nos connaissances jusqu'en Amé-^ 
riqoe? Cette Amérique elle-même n'a-t-elle pas offert 
kM. ée Humboldt des traces évidentes d'anciennes 
oommtmieations avec les Égiptiens et les Chinois!^ 
If en résulte-t-il pas qu'une marine égale à celle par 
laquelle nous croyons être si supérieurs aux anciens, 
a véritaKlement existé, et nous prive de cet avantage 
que nous sommes persuadés d'avoir sur eux? 

A la vérité les traces de ces anciens travaux ne 
subsistent que dans d'obscures traditions, telles que 
celles qu'Hérodote et Platon nous ont conservées , et 
celles qui existent encore dans l'Inde, oîi Ton a cru 
retrouver la preuve que l'Irlande a été connue autre- 



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404 DlsdOURS SUR LA l'* PART. DBS ANNAL. DE HAlNAIïT. 

fois. C'est ce que l'on verra par les Mânoîres qae le 
colonel Yilford a donnés à la Société de Calcutta , et 
parmi lesquels il ne faut pas oublier celui du hui- 
tième volume, qui ajoute quelques modifications aux 
précédons. L'ingénuité avec laquelle l'orientaliste 
anglais convient qu'il avait d'abord été trompé sur 
quelques points par son interprète , ne donne que plus 
de force à son assertion , lorsqu'il s'engage, dans ce 
huitième volume, à démontrer que les îles de l'ouest, 
célèbres dans la mithologie des Indiens , sont ces tles 
britanniques , jadis en rapport de pèlerinage et de 
culte avec l'Inde (i). 

Ne soyons donc pas si persuadés que les connais'- 
sances sont aujourd'hui tellement a/7i^C^, qu'elles 
ne peuvent rétrograder. Nous avons encore de grands 
efforts à faire pour arriver à ce point, et nos livres 
ne feront pas ce que les piramides égiptiennes n'ont 
p^ £Eiire. Nos manuscrits ne peuvent être comparé»^ 
pour la beauté et la durée, à ceux des Indiens, el le 
papier de soie des Chinois est bien supérieur à notre 
vélin. Ne nous lassons pas de mûrir et de perfection^- 
ner nos travaux : l'esprit d'invention et l'esprit d^ob- 
servation doivent réunir leurs ^orts pour tendre 
vers ce grand but, seul digne de nous intéresser el 
de nous attacher à la vie. 

(i) Notice du huitième volume des Asiatick Jle^earcke^ (jft^ 
M. de Volney ) dans la Revue philosophique, p. ai. 



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IRTROmtCTION , TlII. 405 



CHAPITRE III. 

De la laDgae celtique ou gauloise. 

Vm. Le pays que nous appelons aujourd'hui la 
FmaiGEy. du nom des Francs qui l'ont subjugué dans 
le innquième siècle de notre ère, était autrefois connu 
tous celui de Gaule, et les peuples qui l'habitaient 
étaient appelés Gaulois ; elle était bornée au septen- 
trion par l'océan britannique qui la séparait de l'île 
de la Grande-Bretagne; à l'orient par le Rhin, la 
grande Germanie^ la Rhétie et une partie des Alpes 
avec ntalie; au midi par la mer Méditerranée, les 
Pirenées et l'Espagne; elle était baignée à l'occident 
par l'océan occidental. 

César n'a pas distingué les Celtes des Gaulois , lors- 
qu'il décrit la Gaule en ces termes : 

« Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont 
X» l'une est habitée par les Belges , l'autre par les Âqui- 
9 tains, la troisième par ceux que nous appelons Gau- 
i»loiâ, et qui, dans leur langue, se nomment Celtes, 
j» Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les 
» moeurs et les lois. Les Gaulois sont séparés des Âqui- 
» tains par la Garonne, des Belges par la Marne et la 
» Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces 
9 peuples; étrangers aux mœurs élégantes et à la civi- 
j»lîsation de la province romaine, ils ne reçoivent 
3» point du commerce extérieur ces produits du luxe 
» qui contribuent à énerver le courage : d'ailleurs 



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40G DISCOURS SUR L4 l'* PART. 0E8 ANBAL. DE HAlHillT. 

» voisins des peuples de la Germanie qui habitent aa- 
» delà du Rhin , ils sont continuellement en guerre 
» avec eux. Par la même raison, les Helvétiens sar- 
is passent en valeur le reste des Gaulois : ils lattent 
» chaque jour avec les Germains pour les repousser, 
» ou pour pénétrer eux-mêmes par leur territoire. 
» La partie habitée par les Gaulois commence aa 
j» Rhône, et a pour limites la Garonne, Tocéan et le 
» pays des Relges; elle va aussi jusqu'au Rhin du c6té 
» des Helvétiens et des Séquanais; elle est située au 
» nord. Le pays des Bdges commence à fextrSme 
» frontière de la Gaule, et est borné par la partie in- 
» férieure du cours du Rhin ; sa position est au nord- 
»est. L'Aquitaine est bornée par la Garonne, les 
» Pirénéefr et l'océan, qui baigne aussi les cotes d'Es* 
» pagne; elle est située au nord-ouest (i), v relatife* 
ment à l'Italie. 

On observera que dans cette division de toute la 
Gaule, César ne comprend pas le pays des AllobrogeSy 
ni la Gaule narbonnaise qui, de son tems,fesaitd^i 
partie de la province romaine; mais il y compta 
les Suisses,. appelés alors Helvétiens, ce qui, de ce 
coté-là , donnait à la Gaule le Rhin pour limite. On 
observera aussi qu'il désigne par le nom de Séquanais 
ou Séquaniens, ce que nous av(xis appelé depuis la 
Franche-Comté. 

Diodore de Sicile s'est cru plus instruit que Jufes- 
César, ea distinguant les Celtes des Gaulois. «H est 
i> bon , » dit-il , « de rapporter ici quelques circon- 

(i) JuHii« Capsar , de bello GaUico, I, i. 



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' UfTEODVCTIOH 9 VOL 407 

« sUACes qui sont inconnues à un grand nonubre de 
9 peraonnes* On appuie Celies les peuplei qui babi» 
» tent au-dessus de MaraeiUei entre les Alpes et les 
» Pirënées, Mais ceux qui d^neurent au nord de la 
9 Celtique, le long de l'océan et de la forêt Hercinie 
«jiisqu'aux coofins et au aiidi de la Scithie, sont 
9 appdés CakUa^. Cependant les Romains dqpnent 
» indifiléremment ce nom et aux vrais Galates^ et aux 
» Celtes. Parnoi les premiers, les femmes ne cèdent 
B^en rien à leurs maris, du coté de la force et de la 
» taiUe. Les eofans,-^ leur naissance, sont très^blonda ; 
» mais Us deviennent aussi roux que leurs pères i 
s njesure qu'ils avancent en âge (i). » 

On voit que les Aquitains, la Gaule narbonnaise et 
la province de César composent les Celtes de Diodoore, 
tandis que les Gaulois ou Celtes du premier, joints à 
ses Beiges, sont lesGalates de rhistorieji grec, qui 
leur donoerdes cheveux blonds, ce qui prouve que 
l'cNl a QU quelque raison de faire d^ver leur nom du 
mA grec gala , qui signifie lait , leur peau étant très* 
blanche. 

On cA>servera que selon César, qui, ayant séjourné 
neuf ans dans les Gaules, devait bien les connaître, 
les Aquitains, les Gaulois et les Belges parlaient des 
langues différentes. En effet le basque, le bas-bretop 
et le hollandais sont encore aujourd'hui trois langues 
bien distinctes. Ceux qui ont prétendu qu'il y avait' 
eu dana la Gaule une langue primitive (a), sont ob* 

(i) Diodori Eiblioth, kist. T. 3a, éJâf, de Wesseliog. 
[i) Guillaume Marcel, Histoire de la monarckie française, Paris, 
1686.1, II. 



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408 DISCOURS SUR LA l"* PART. DES AMNAL. DE HAIHAUT. 

liges de la créçr pour en faire dériver ces trois &•> 
lectes, en ^remontant plusieurs siècles avant Jales- 
César; et qu'est-ce qu'une langue qui n'a point de 
monumens écrits, et qu'il faut puiser dans son ima^ 
gination? 

Qui peut douter de l'ei^l^tence des langues autodi* 
tones, des langues du pays? Nous n'avons pas décou- 
vert une île sauvage dont les habitans n'eussent des 
noms pour les choses , et ceux-là ne doivçit leur voca- 
bulaire ni ^ l'égiptien Thot, ni au phénicieh Gadroos, 
ni à l'Hercule grec. Chez les peuples amalgamés 
comme le nôtre, la langue primitive s'est compU<{uée 
tous les jours d'acquisitions hétérogènes. C'est une 
langue de sinthèse, bigarrée d'hébraismes ou dephé- 
niciei^y conune le pense Ouichard; d'héllénismes, 
comme le prouvent Etienne et Frippault ; de latinismes 
évidens , de celticismes démontrés ; il Êtudrait dé- 
pouiller par l'analise cette langue sinthéti^e de tout 
ce qui lui est étranger, pour retrouver une ^langue 
primitive, si elle a existé. Cette languç ne serait plus 
guère qu'un patois. 

Aussi M. Fallot vient-il de publier des Recherches 
sur le patois de Franche-Comté, de Lorraine et d'Al- 
sace ( I ) , oii il donne un sistème tout entier. « Cest, v 
dit-il, « le patois de nos provinces séquanaises, pré- 
» existant chez les Gaulois à la conquête des Romains, 
Dqui est la véritable langue gallicane, tout-à-fiiit 
» différente de la langue celtique. C'est ce patois que 
9 parlaient les anciens peuples de lltalie, et qui» 

(i) In- n. Voyez l'Universel des i4 et 2t fôyrier 1829. 



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iNTftODuoTtoii « vni. 409 

» conjointement ayec la langue teutonique, a donné 
» naissance à la langue latine, et par suite à la langue 
» française. » 

Don Félix de Azara (i), après avoir séjourné vingt 
ans dans TAniérique méridionale en qualité de com- 
missaire des limites espagnoles dans le Paraguai, y a 
compté trente-cinq langages difKérens. Il croit pou- 
voir présumer, sans exagération, qu'il y a bien encore 
six autres langues parmi les nations qui sont à Touest 
des Pampas, autant parmi celles du sud, et huit 
parmi les anciens Indiens de la province de Chîquitos. 
Cela Eût en tout cinquante-cinq idiomes très - difFé- 
rens; et, sons ce rapport, ce n'est pas, selon lui, une 
supposition outrée, de croire que dans toute l'Amé- 
rique il y avait mille langues différentes, c'est-à-dire, 
peut-être plus que dans toute l'Europe et dans toute 
l'Asie. • 

Moins un pays est civilisé, plus on y trouvera d'i- 
diomes di£férens. Pour former une langue, il faut une 
grande nation civilisée, et c'est peut-être Une ab- 
surdité que de chercher une langue primitive chez 
un peuple encore sauvage. 

(i) Voyez la traduction de ses yojages par M. C. A. Walckenaer. 
Paris , 1809. 



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410 DISCOtlRS SDR LA 1"* FART. MM AMIAL. DB HAINADTé 



CHAPITRE IV. 

Recueil des moU celtiques ou ga^ois qiit se irouYcot ^vii Icc 
auteurs grecs et latius. 

IX. Les Romains j lorsqu'ils entrèrent dans les 
Gaules, ne distinguèrent pas les dtfférens idionies qui 
y étaient employés : mais ils y puisèrent quelques 
roota qu'ils introduisirent dans leur langue. Cësar, 
après sa conquête , reçut au rang des sénateurs [rfu- 
sieurs Gaulois de la Gaule narbonnaise, et Qcéron 
se plaint qu'ils avaient corrompu le goût (i). A plus 
forte raison, le langage des Gaulois fut altéré par son 
mélange avec celui des Romains. G'est le résultat 
nécessaire de la victoire, qui fait qu'en passant sous 
le joug des étrangers on perd jusqu'à son nom. Ce 
vaste continent auquel nous donnons le nom d'Amé- 
rique, ne s'en était peut^tre pas encore donné à lui- 
même, et ne s'attendait sûrement pas qu'il le reoemit 
d'un Florentin assez obscur dans son pr(^>re pays. 
Virgile, en admettant la descendance des Romains^ 
ne voulut pas du moins que les Latins eussent perdu 
leur nom. Il fait dire au roi Latinus (2) : 

Que du moins les Troïcns, à mon cœur odieux , 
Ne soient jamais nommes^ ce nom mVst un outrage. 
' QuMls conservent leurs mœurs et gardent leur langage; 
Qu^Albe et le Latium , les rois et leurs sujets , 

(i) jlf . Tullii Cicei\)nis£pist. lih, w, epUl. tw , ad PatuM, 
(a) Enéide, xu , 8a3. Ne velus indigetuu , etc. 



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UlTftODIICTIOIl , IX. 411 

Leurs dobib et leurs tiomeurs, suMstent â jamais ; 
Que la race italique , en conquéraos féconde , 
Fasse de Rome uo jour la maîtresse du monde : 
Mais que de 'froie enfin périsse jnsqu^an nom. 

Ea Espagne^ les Turdéians, ces peuples de la Bé* 
tique, appliques aux belles-lettres, et qui se vantaient 
de posséder des livres d'histoire très-anciens ^^des 
poèmes , et des lois écrites en vers depuis six miHe 
ans (i), ne furent pas aussi jaloux que les Latins de 
conserver leur langue et leurs usages. Ils adoptèrent 
absolument les mœurs et la, manière de vivre des 
Romains, au point qu'ils oublièrent lettr propre lan- 
gage (a). C'est ce que nous assure Strabon, et ce. que 
confirme Ârtémidore en disant que les Ibériens des 
côtes de l'Espagne se servaient de la grammaire ita- 
lique (3). Les Gaulois qui, de tout tems, ont été 
jaloux de la ^oîre de leurs ancêtres, n'en sont pas 
venus jusque-là ; toutefois ils n'ont pu se dispenser de 
recevoir la langue romaine, qui a souffert beaucoup 
de changemens à son tour : ainsi, qu'on ne s'étonne 
point si dans la suite des sièdes on a fait une si grande 
difGérence (4) entre la langue gauloise et ia celtique, 
«t si celle-ci est devenue tantôt grecque par le com- 
merce des Phocéens de Marseille, tantôt rotaaine par 
la dominaticA des Romains, ce qui lui fit doaner le 

(i) Strabon , livre m , p. iBq, dans l'édition de Casaubon. 
(oi) Id. p. i5i. 

(3) yotsius^ in Melam, Ub. u, cap* 6, p. ^4** 

(4) Tm verOf PotthuwUmney vel eeliicè vel si matais gallicè 
loquere, dummoJo Martinum loquarii, Siilp. in Dial. 



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412 DIStoUBS SUR LA l'* PART. »U ANNAL. DE HAINAUT. 

nom de langue romane; elle a été enfin thëotisque^ou, 
pour mieux dire ^ toutes ces langues ensemble ^ après 
l'établissement des Goths, des Bourguignons, et en 
dernier lieu des Francs, avec lesquels les Gaulois sont 
enfin devenus les mêmes par un mélange de plus de 
quatorze siècles. 

îl sera donc curieux pour l'histoire de notre langue 
et pour la connaissance des étimologies de distinguer 
les mots celtiques reconnm tels par les Romains. J'en 
donnerai une liste par ordre alfabétique. 

GLOSSAIRE D'ANCIENS MOTS CELTIQUES. 
A. 

X. Alauda, alouette; ce mot est naturellement 
gaulois, et il ne semble pas qu'il faille chercher scm 
étimologie chez les Grecs ni chez les Latins. Pline 
dit que la légion qu'on appelait au commencement 
Galerita , prit le nom êiJlauda qur était gaulois : 
atque ab ilh Galerita appellata quondàm, posteà 
gallico vocabulo etiàm legiorU nomen dederat 
AUwda (i); c'était une de ces légions que César 
avait levées à ses dépens, dont une, dit Suétone (a), 
dans la Gaule transalpine, et qui , d'un mot gaulois, 
fut nommée Alauda (l'alouette); il lui fit prendre 
l'habit et la discipline des Romains, et la gratifia 
tout entière du nom de cité. Comme elle était com- 

(i) Plioius, lib. XI, eap xsxtu. 

(3) In JuUo Cœsare^ eap, a4' C&nteriptam vocahulo tfumque 
gallieo; Alauda enim appeUahalttr, 



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INTRODUCTION , Xi. 41S 

posée de Gaulois, il est vraiseinblable que les soldats 
préférèrent le nom SAlauda^ puisé dans lair langue, 
à celui de GaleriUij qui était latin. 

XL Alausa ; ce mot se trouve dans le poëte Au- 
sone, né à Bordeaux. 

Stri flentesque focù , ohsonut plebis , Alausas (i). 

Conune on ne le voit point ailleurs dans les auteurs 
grecs et latins qui ont traité des poissons , il y a lieu 
de croire qu'il est gaulois , et c'est ce que nous appe- 
lons encore aujourd'hui une alose. Salvien , né à Co- 
logne ou à Trêves, et religieux à l'abbaye de Lerin^, 
écrit aussi ce nom à^ jalousa (2) ; mais on voit qu'il 
était Gaulois comme Âusone. 

XII. Alpes; ce mot était générique, ainsi que 
nous l'apprend Isidore (3) ; les anciens Gaulois l'em- 
ployaient non-seulement pour désigner les monta- 
gnes qui s'étendent dans la France, l'Allemagne et 
ritalie, et qui retiennent encore aujourd'hui ce nom , 
mais encore toutes les autres montagnes. Sidonius 
ApoUinaris , né à Lion , parlant du mont Athos en 
Macédoine, où est l'isthme que Xerxès, roi des Perses, 
fit percer pour faire passer ses navires au travers, a 
dit (4) : 

A.dmis$oque in j4thon lumtnle pontn , 
Jtixth Jrondiferœ cacumen Alpis 
Sculptas cUtssibus iste per cavernas. 

(1) Ausonius, in Moselle , vers ivj, 

[1) Poetœ latini minores , ëdition de Lemaire. 1, a5i. 

(3) L. ziT , c. vin. Gallorum Ungud Alpes montes alti vocantur., 

(4; Sidon ApoU. carminé ix. 



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414 DISCOURS SUR LA i'* PART. DES ANNAL. DE HA1NA1TT. 

Xin. Am BAcn ; c'est Jules César qui nous donne ce 
mot.: il dit dans ses Commentaires sur la guerre dea 
Gaules (i ) que les anciens Gaulois jugeaient du crédit 
et de l'autorité d'un chevalier, par le nombre des 
ambactes et des cliens qui l'environnaient : atque 
eorum ut quisque est génère copiisqueamplissimuSy 
itàplurimos circum se ambactos cUentesque habent. 
Hanc unam gratiam potentiamque noperunt. Ce mot 
se trouve aussi dans Knnius, mais dans un sens moins 
noble, puisque, selon les anciennes gloses, il y est pris 
pour un valet à gages (feuXoç fjtwôwro^. Festus dît même 
que c'était un esclave, ser^us; mais il se trompe. Le 
passage que nous venons de citer de César, qui devait 
mieux les connaître, les représente comme des écuyers 
qui combattaient auprès de leurs chevaliers , et qu'il 
nomme même avant les cliens que Von distingue in- 
contestablement des valets. Ce mot de client, qui était 
romain, ne semble même placé là que pour expliquer 
le mot gaulois. En effet le mot ambactes signifiait 
dans l'ancienne langue belgique , juridiction ou res- 
sort, d'où venait le mot ambacht-heeren^ le seigneur 
justicier (2) ; ce qui donne lieu de croire que les am- 
bactes étaient à peu près comme des écuyers, ou, pour 
mieux dire , de petits seigneui*s qui relevaient d'autres 
plus grands et plus puissans qu'eux , c'est-à-dire ce que 
l'on appela depuis des vassaux. Dacier, dans ses notes 
sur Festus y soutient que le xtLO\,ambactus est romain; 

■j) L. VI, c. i5. 

■'2) Gerardus Vossius, in Etymologic linguœ lalinœ y xferbtx 
ambactos. 



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l»TB0ftUCTiON , XIV. 415 

mais OberltB proave que ce mot est celli€|tte(i). 
XIV« Armokiqus; c'est le iiem que Ton donnait à 
divers peuples de la cote des deux provÎDces autrefois 
appelées la Normandie et la Bretagne ^ et peut-être de 
quelques autres provinces. Nous rapprenons encore 
de César (a) : unwersis cwitatibus^ quœ oceanum 
aHÎMgUfPtj quétque eorum consuetudine armoricœ 
appdlantury qao sunt in ntanero Curiosolites ^ Jthe- 
(hnesjjimbibariy Caleies^ Osismii ^ Lemovices y Ve- 
neU^ Uneiii. Léiand dit qu'air mor signifiait en langue 
cehique, sor la mer* C'est en effet ce que signifie ar 
nwer {am mur); mais d'autres tels que Ritter (3) 
préftreot cle rappoKer l'origine du mot armorique au 
celtique a/, qui signifie un sol gras fertile en prés et. 
en pâturages (4) , en sorte que les peuples qui ont 
r«çoee nom sont les habttans d'une contrée féconde. 
Mir le bord de la mer. Ija Tour d'Auvergne dérive ce 
■ftot du eeltiqiiç oar armorie qoi signifie vers la petite 
mer ^ c'est^^k-dire vers le détroit de Calais. En effet les 
dép^téœens qu'indique César dans ce passage sont 
ceax dii Calvados ^ de la Manche, des Cotes du Nord , 
du Fiojètère, du Morbihan, de la Loire-Inférieore et 
d^ nie^l^yilaiae. I^s Curiosolites sont les babitans 
^ diocèse de Sàiot-Malo^ entre Dînant et Lamballe 
en Bretagne, département des Cotes du Nord; les 



? 



{\^ Cm^ar Je heUo Cf*Uico. ParitiU. 1819. Édit. de Letfiaîre, 

25l. 

(3) De bcUo GaUico , tu , yS. 

il) In hUtor. GaH, 

(^) Voyez le Glosêaire de Wachter an n^i ar. 



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416 DISCOURS SUR LA 1** PART. OIS ANNAL. DB HAIHAUT. 

^/i6û^o/i^^ sont ceu X du diocèse de Rennes en Bretagne, 
département de llie-et-Yilaine; les Ambihari sont 
ceux du diocèse d'Avranches , département de la Man- 
che; Ortélius les place à Cherbourg, dans le même 
département mais beaucoup plus au nord; les Caletes 
sont ceux du pays de Caux, département de la Seine- 
Inférieure; leur capitale estLillebonne; les Osismii^ 
selon les uns, sont les habitans de Saint-Pol del^n 
et de Tréguier dans les départemens du Finistère et 
des Cotes du Nord; mais d'An ville les place à Carbaix 
( Karhez ) dans la Basse-Bretague , département da 
Finistère , arrondissement de Châteaulin ; les Lenuh 
ifices sont les habitans de Limoges : mais comme il ne 
peut en être question ici, il faut supposer qu'il y avait 
d'autres Lemot^ices en Bretagne : on a proposé de lire 
ici Leonices pour les habitans de Saint-Pol de Léon. 
Les Feneti sont certainement les habitans de Vannes, 
département du Morbihan. On croit qu'ils étaient ainsi 
appelés de la blancheur de leur peau. Strabon dit que 
les Vénitiens en étaient une colonie. Enfin les Uneliif 
selon d'Anville , occupaient la contrée où se trouyent 
aujourd'hui Valognes, Coutances et Cherbourg, dé- 
partement de la Manche; Valognes fut d'abord leur 
capitale , et ensuite Coutances. On voit que cette ma- 
tière n'a pas encore été suffisamment éclaircie. Nous 
y reviendrons dans la suite. 

XV. AaiPEimis, arpent. Ce mot se trouve dans 
Columelle : Galliy dit-il (i), Caj^detum appeliant in 
areis urbarUs spatium cpedum^ in agrestibus auiem 

p) Livre 5, chap. i. 



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IHTftODIICTiON I ZTl. 417 

petium CL quod anUores Canbetum nominant^ semi^ 
jugerum quoque aripennem vacant ( i )• « Les Gaulois 
« donnent le nom de candetum à une surface de cent 
c ptés , mesure de ville , ou à une surface de cent du- 
« quante pies , mesure de campagne : les laboureurs 
« appell^it cette mesure candetum y comme ils ap- 
« pellent aripennis un semifugerum.»Jjes Flamands, 
dont l'ancienne langue était un dialecte du celticpe » 
retiennent encore ce mot , qu'ils écrivent ainsi : aeri' 
pandl 9 qui signifie un certain espace de terre (a). 
Grégoire de Tours (3) et Réginon (4) emploient le 
mot ciripennis pour ce que nous appelons arpent. 
Acripennis et agripennis se trouvent avec la même 
signification dans la chartre de la fondation de Tab- 
baye de la Trinité de Caen. Addidimus prœtûulatœ 
Ecclesiœ viginti acripennos vineœ; et ensuite de istis 
tribus agripennis^ etc. Voyez Vossius (5), qui im- 
|Ht>uve Tétimologie donnée par Scaliger (6) qui déri- 
vait aripennium ^ar^ipennium. M. Bignon (7) ne 
l'approuve pas non plus. Nous parlerons du cande^ 
tum à son article. 

B. 
XYI. Baccar 9 racine odoriférante j que plusieurs 

(1; Voyez le Dictioanaire de Henri Etienne. 

(a) Gérard. Vossîaii, Etym. aa mot An^ipendium, 

(3) Livre 1, chap. f». 

(4) Livre i. 

(5) Dans son Traite de F'it. Serm, livre m , cbap. 1 . 

(6) Dans son commentaire sur les Dirœ de Valërius Caton. 

(7) Dans ses notes ad veteres formulas , pag. 614. 



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418 DISCOURS SUR Lk t^ PART. 0» ANNilL. DB HMIIÀUT. 

auteurs ont appelée nardus des dunnps. C'est Dk>soo« 
rides qui nous apprend que les Gaulois lui donnaient 
ce nom. 

XYII. Baditis, herbe que le» Grecs appelaient 
Nuftfttia, et les Latins Claua Herculis (i). Cest la 
plante que nous appelons aujourd'hui lis d'étang 
ou nénuphar. 

XYin. BjlgjlvdAj nom que les Gaulois donnaient 
à ime faction de paysans qui s'étaient joints à queU 
ques voleurs pour ravager les Gaules , et qui se reti- 
raient ensuite dans les forêts. Il en est question daos 
Aurélius Victor (a), dans Salvien, dans Entrope, 
dans saint Jérôme, et ailleurs. Il est difficile de savoir 
d'où ce mot a été tiré, et les auteurs varient sur c» 
sujet comme sur tant d'autres. Le président Fauchet , 
sur la fin du premier livre des Antiquités gauloises ^ 
dit : it Les Gt^ulois travaillez de tailles et d'ajdes pu^ 
(c bliques , s'eslevèrent L'an de Jésus-Qirist ccxc oa 
« environ, sous la conduite de Arnaud et d'Ëlian, qui 
<c prirent le nom de Bagaudes , que d'antres diseat 
» signifier eu vieil langage gaulois rebelles on trais$reA 
i< forcez y et d'autres les estiment avoir été payîsaas , 
(c et que ce mot signifie tribut : comme encore il n'y 
« a pas long*temps qu'en certains endroits de France 
a l'on appelait les Malletostes Bagoages. Ce trouble 
ce fut appaisé par Maximinian , compagnon de Diode- 
(C tian. » Tillemont (3) fait remonter jusqu'à l'an a 86, 

(i) MarceUut. de âfedic. cap. 33. 

il) Vie de Dinclëtieo. 

(?) Histoire des Empereurs. Paris, 1704 > >v » S^ 



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j 



nmoDQCTioii f ux. 419 

cette expéditîoB de Maximien Hercnle contre les deux 
Aeb des Bagaudes, qui avaient pris le titré d'em- 
pereor. Le premier est nommé dans ses médailles 
Anias Pomponius ^ianus , et le second Gnaeus Sal- 
vins Amandus. Saint-Maur des Fossés, à une lieue de 
Pftris , était appelé autrefois le château des Bagaudes. 
Guillaume Marcel conjecture qu'ils furent ainsi nom- 
més du mot GaUj qui, dit-il, signifiait en langue 
celtique, une forêt (i). Ils se réfugièrent sans doute 
en Espagne où le patrice Âsturius tua, l'an 44^9 une 
multîlude de Bagaudes tarragonais , et Fan 44^ Afé- 
robaodès, le même que notre roi Méroyée, gendre 
du patrice Asturius, réprima l'insolence des Bagaudes 
aracellitains. C'est ce que nous apprend la chronique 
dldace. 

XIX. Baracaga, Écritures ou Livres sacrés chez 
les Celtes, selon Hésychius, dans son Dictionaire 
grec. 

XX. Bardi , secte de Druides chez les Celtes, selon 
ce même Hésychius, dont le sentiment est adopté par 
Pithott. Ik ne s'appliquaient qu'à chanter les actions 
de ceux qui se signalaient dans les combats (2), et 
pour cet effet ils suivaient les armées , ainsi que nous 
l'assure Lucain. 

f^os quoque qui forte* animas belloque peremptas , 
jLaudibut in longum vate* demiititis œvum , 
Fiurima seturifudisiis earmina Bardi (3). 

(t) L'Histoire des Gaulet , 1 , 33^. 

(s) Diodore de Sicile» lÎTre t. Atl&ënëe, Deipnosoph, cap, la^ 
ileife Pocidonius; Aromien Marcellio , Kt. i5; Fet tus , au mot 
Bardtu. 

(3) LucaoHS 1. % f de Belle ciyili. 



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420 DISCOURS SUR LA 1** PAIT. DBS AMIIAL. DB HAIRAUT. 

C'étaient proprement les poètes de nos anciens 
Gaulois : ce mot subsiste encore dans les îles britan- 
niques, où Ton parlait une langue à peu près la 
même que le bas-breton que nous appelons impro- 
prement langue celtique. On appelle Bard, dit Camb* 
den (i), non -seulement les poètes, mais encore les 
généalogistes. Abraham Yandermyl (a) dit que ce mot 
venait de Bardo ou fFardo , qui en langue teutonique 
signifiait : ye vois et j'observe; ce qui se rapporte 
beaucoup à la manière de parler des Hébreux qui ont 
appelé leurs prophètes, illuminés. Mathias Martini ÇX) 
préfère cependant de croire que ce mot vient de 
IVardCj c'est-à-dire la parole et les vers ; ce qui con- 
vient naturellement à l'emploi des Bardes , qui étaient 
les poètes de la nation. Je reviendrai sur ce sujet dans 
la suite, lorsque je parlerai de l'établissement des 
Bardes, rapporté au tems d'un roi celte de ce nom* 

XXI. Bardogucul, habit ou manteau à peu près 
semblable à celui que des paysans du Béarn nomment 
capoy d'où pend un capuchon en forme de cornet, 
qu'on appelait à Rome cucullus^ du mot celtique 
cucul. 

F'el thuris piperisque sis cucuUus (4). 

« De peur que tu ne serves de cornet à l'encens et au 
» poivre. » 

Il est vi^aisemblable que les Bardes furent les pre- 

{i) In Britannid. 

(3) Dans son Glossaire. Voyez Buitorf. 
(S) In DUtionario philologico, 

(4) Martiafis , livre m , ép. 1. 



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iRTmoDucnoN t XXII. 421 

mîers qui se senrirent de ces manteaux à capuchon, 
qui étaient économiques et fort commodes pour le 
mauvais tems, parce qu'ils enveloppaient la tête. Ces 
deux avantages les rendirent si communs dans les 
Gaules y principalement dans la Saintonge, que ce 
même Martial a dit : 

Galiiatantonieo vestU te BardocucuUo (i). 

«Ce Bardocucul ou cette cape de Saintonge, tu la 
» dois à la Gaule. » 
Juvënal dit ausn (a) : 

si nocturnuê aduher 

Tempera êtmtonico vêlas adoperta cucuUo. 

« Si pour assouvir tes désirs adultères tu caches ton 
> visage pendant la nuit en le couvrant d'une cape de 
9 Saintonge. » 

Au reste, le mot cucul subsiste encore dans la 
Grande-Bretagne 9 qui parlait un langage gaulois, et 
y signifie un manteau (3). Voyez ce mot plus bas à 
l'article xliv. 

XXTT. Babo ou Yaro; nous disons aujourd'hui 
Baron. Il y a peu de langues qui ne puissent trouver 
quelque étimologie à ce mot (4) 9 que l'on croit être 
gaulois (5) , et qui est assez extraordinaire , en ce qu'il 

(1) Id. liTr« xiT, ëp. 136. 

(2) Satjrr. T1U, Tert i44 et i4^- 

(3) Cambden , dans sa Britannia. 

(4) Vofyez Mëoage , Dictionnaire cf jraologiqae de la langue 
fraDçaiso , art. Baron. 

(5) P. PiUueus , subteo, lib. i , cap. 8. 



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ut DISCOURS SUR Uk 1** PART. Ws àlIllAL. DI HAIMAUT. 

a cbftiigé plusieurs fois de ëgnifioeiti«Q ; car il a si* 
gnifië d'un coté ud extrayagaftl et un étourdi , puis 
un goujat ou un valet de soldat. En e£Eet le satinqne 
Perse s'exprime ainsi : 

Baro , regustatum digito terehrare salinum 
Contentus perages , si vwere cum Joue tenais (t). 

«Pauvre sot! si tu aspires à vivre en bonne intelli* 
» gence avec Jupiter, résous-toi à racler ta salière 
D avec le doigt toute la vie. » I^ scholiaste de Perse 
dit sur ce passage : Linguâ Gallorum barones vel 
varones dicuntur servi milUum , qui lUique stuUis-^ 
simi sunty sen^i videlicet stultorum. U est remar* 
quable qu'encore aujourd'hui les Italiens appellent 
barone un homme méprisable et sans esprit An lieu 
de baro^ quelques manuscrits de Perse ont varo. 

D'un autre côté on a prétendu que les Romains 
avaient entaidu par le mot baro un homme fort et 
vaillant (a). Hîrtius Pansa ^ au premier Uvre de U 
Guerre d'Alexandrie (3)^ parlant de Quintus Cassius 
Longinus, gouverneur de l'Espagne ultérieure, s'ex* 
prime ainsi : Concurràur ad Cassium d^bndendum ; 
semper enim Barones j complurêsque euocatos cum 
teUs secum habere consitei^rat. aOn accourt pour 
défendre Cassiua» car il avait toujours avec ki un c«r* 
tain nombre de Barons et Séi^oqués armés ; » mais tous 
les manuscrits écrivent Berones et non Barones. 

(i) Persii satjrra v , vers 1 38 et 139. 
(a) Mënage, Dirt. étym, au mot Barou. 
(3) Cap, 53. 



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iffTRapucTiaN , uLiu 428 

M. LMiaire, ^ le racoonait, ne peut expliquer ce 
mot. LeDebt ^Botidpux traduit de brai^es^ les évo- 
«piea étaient des ckevaliers attachés au service du gé- 
aérai Voyes Pitîscus dans «on LexicoUf éditioo de 
1 737, à rarticle EiH>caH; il n'a point consacré d'article 
au mot Baro ni Bero. Les Bérons étaient une nation 
gauloise établie en celtique (1). C'est peut-éti*e dans 
cette nation que Cassius avait pris des gardes, en sorte 
que ce passage ne pourrait servir ici de preuve , tan- 
dis qu il est certain que Cicéron (12) emploie le mot 
haro dans le sens de sot , comme Perse. 

Ce qu'il y a d'aussi certain ^ c'est que dans les tems 
modernes y soit que le sens du mot baro eût changé , 
soit qu'il eût conservé une autre acception plus an- 
cienne, ce nom fut donné comme un titre d'honneur 
aux personnes les plus nobles; Ubinam est y dit saint 
Augustin, Cœsaris corpus prœdarum^ ubi appa- 
ratas deliciarumj ubi multitudo dominorum , tibi ca^ 
ierua BaronuvHj ubi acies militum (3)? et dans un 
autre endroit : Die ubi ImpetxUores et RegeSy ubi 
Duces ^ Principes aut Barones ({\). Ce mot, dans les 
lois safiques des Germains, des Ripnaires et des Lom- 
bards., est pris simplement pour un homme. Les Ba- 
rons, dans l'ordre féodal, étaient les grands vassaux, 
c'est-à-dire ceux qoi tenaient immédiatement des fiefs 

(1) Voyez mon Histoire Je Portugal. I, l^o, 
(9) Epistolœ adjamiliares , ix , 96 , ad Patum, 

(3) S. Augnst. serm. iLiii ad Fratr. in Erem. 

(4) Id, term, lxtiii adeosdem. 



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424 DISCOURS SUR LA 1** PART. DIS ANNAL. DE HAINACT. 

du roi : Si quis Baronum meorum comiium , ydaluk 
rtmi qui de me tenent , mortims fiierà (i). 

XXin. Basgauda; c'était un baquet ou cuvette oii 
l'on rinçait les pots et les verres , ainsi que nous i'ap- 
pr^dd le scholiaste de Juvënal sur ces vers : 

Adde et bascaudas ^ et mille escaria , muUitm 
Caelatif biberat quo callidus emtor Oljrnthi{'i). 

tx Ajoutez des cuvettes , mille bassins et quantité de 
» coupes cizeléesy dont s'était servi ce persooage 
» rusé qui acheta la ville d'Olinthe » (Philippe, roi 
de Macédoine y père d'Alexandre-le -Grand ). 

Martial dit expressément que ce mot leur était 
venu à Rome des îles Britanniques : 

Barbara , de Pictisveni Bascauda Britannis; 
Sed me jam mavuU dicere Borna tuam (3). 

ce Cuvette étrangère y je proviens des Bretoos bi- 
» garrés; mais déjà Rome préfère de me compter au 
» nombre de ses fabrications. » 

XXIV. Becco. L'histoire romaine, qui parle avec 
éloge d'Antonius Primus, général du parti qui fit périr 
l'empereur Yitellius , dit qu'il éuit natif de Toulouse, 
conséquemment Gaulois , et qu'il porta dans son en- 
fance le surnom de Becco, ce qui signifie bec i^ 
coq (4)< Il est vrai que ce mot signifie non-seulement 

(i) Henricus I , In constitutione quœ legitur apud Matt. Pari», 
(a) Juyenal, satire xii , rer? 4^ et 47. 

(3) Martial , lÎTre ziy , dp. 97. 

(4) Siiëtone , Vie de Vittellius, ii la fin , chap. 18. 



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INTBODUCTIOR XXT. 425 

cela, mais encore le bec de toat autre oiseau , et qu'il 
est en usage parmi toutes les nations celtiques , 
comme il Tétait apparemment du tems que Suétoile 
Avivait, puisqu'on dit en France bec et becqueter j 
en suisse Bicken y en Angleterre Pic y en Espagne 
Pico et Picar^ et en plusieurs endroits de l'Alle- 
magne Picken ou Pecken. Ce qui est surtout remar- 
quable, c'est que le mot, tel qu'il est dans Suétone, 
subsiste à Toulouse , où l'on s'en sert encore aujour- 
dliui quand on chatouille les petits enfans (i). 

XXY. BÉLÉfus ou BiÊtiiros, est le nom que les 
Gaulois donnaient à Apollon , et sous lequel ils hono- 
raient cette prétendue divinité. Ce mot est celtique , 
et signifie blond, jaune. Les Gaulois le regardaient 
comme le dieu qui présidait à la médecine , et qui 
avait une vertu singulière pour guérir les maladies. 
Ausone en fait mention dans ces vers : 

iVec retieebo senem nomine Phœbitium 
Qui y Beleni œdituus , nilopisinde tnlit{i). 

Apollon était aussi honoré à Aquilée sous le nom 
de Bélénus, comme le font voir diverses inscriptions 
que l'on a trouvées dans cette ville. Il est prouvé par 
un passage de Capitolin(3) que Bélénus était le mémo 
qu'Apollon. Voici ses expressions : Deum Belenum 

[i) L^Histoîre des Gaules par Marcel. I , i3. 

(a) Ausone, in professer, carm. 194* et 200. Vojez les notes de 
rëditeur d'Aasone, ad usum Dclphini^ sur ces deux endroits, 
pages i4o et i5o. 

(3) In Maximin, cap, aa. 

V. 3| 



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m DISCOURS SUH LA 1** PART. M» ARTIAL. DB HAINAUT. 

peraruspices spopancUsse y Maximinum esse înncên- 
dam. Unde etiàm posteà Maximini milites jaaUisse 
diountur^ JpolUnem centra se pugnasse. Béi ^diein 
confirme la même diose (i) : BeUn ( les iafcriptioBs 
diiœt mdiffëremmeot Belinus «t Bélénus) veauu 
indigence^ magnâque eum religione eoluntj ApoUi-- 
nem inteqprekmtes. 

Elias Schëdius (a)) persuade que le nom de Bétéaos 
ëtik mistërieox dans ses lettres, les a coûûdérée$ w^ 
Ion le«r valeur mmùétkfàe -en grec, jmtsfM Itàn 
Cësar nous apprend que les Otaloia Casaient usage 
des letti«es ^recqms , et a Ironie qa'eUea fesaieat 3€^ 
noMbre des jem^ que le soleil met à paroovm le 
zodiacale. 

B H A E N 2 

a. 8. 3o. 5. 5o. 70. aoo. 

Ces valeurs réunies ensemble composent en efiet le 
nombre 365. 

XXYI. Belinuncia. Les Gaulois donnaient ce nom 
à la Josquiame, que les Romains appelaient ApdBi- 
naire, parce qu'elle était consacrée à Apofion« CeA 
ce que nous apprend Dioscorides (3). toencua/ùtoç T^OlXot 
BAci/ovyniav. LesEspagnds l'appellent encore velennOy 
et les Hongrois belend (4). 

XXYII. BéuocANDiUM , herbe que l'on a depuis 

(i) Herodian. tiu , 3 19. 

(a) De DiU Germaaorum, 

(3) Lib, IV , cap, 67. 

(4)Dict. de Moreri. Paria 1769, art. B^énus. 



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i 



INTRODUCTION , XXVII. 427 

appelée mîlle-feuilles. Cest encore Dioscorîdes (i) 
qui nous fait connaître ce nom qu'il dit donné par les 
Gaulois. MupioyuXXov TaXkoi Bs).(0*j3cavj'aç. 

XXVIU. Bénit A, chariot ou fourgon à deux roues, 
garni d'osier. Beniva ïinguâ gallicâ genus veIncuU 
appellatur^ undè vocantur Çombennones in eâdem 
Bekna. sedentes. De benna s'est formé le diminutif 
benellas^ duquel dérive le vieux mol français behnel 
ou benneau^ qui signifie tombereau. On lit danâ 
Monstrelet (a), sous l'an i4o8 : 

<c Et entre temps que ces choses étoient dites et 
«faites y maître Sansien le Leu, ^t le messager de 
<c Pierre de la Lune (3), qui avoient apporté les lettres 
a dessus dites au roi^tous deux arragonnois, mitres et 
«c vêtus d'habillements où étoient figurées les armes 
«c d'icelui Pierre de la Lune renversées, furent amenés 
«moult honteusement et déshonnêtement sur un 
« BEirwEL (4) du Louvre, en la Cour du palais, et 
<r prestement , en près le marbre , an pied des grands 
« dégrés, fîit un échafaudis levé, sur lequel tous deux 
(c furent mis, et montrés moult longuement à tous 
« ceux qui voir les vouloient , et avoit écrit èsdites 

(i) LÎTre iT , chap. 110. 

(^) JLivrei, chapitre 4^, dans PéditioD de M. Buchon. Paris , 

(3) C*ett Taiitîpape Pierre de Lane, «jiii» en 1394, avait prit le 
nom de Benott mi. 

(4> Ici et plus bas , l'édition de i8a6 écrit barmel. Ceat une 
faute d'impression. Tontes les anciennes éditions écrivent bennel , 
et ce mot est donné de cette manière par Ménage dans son Diction- 
naire étymologique , à Farticle Bennel où le passage de Monstrelet 
est rapporté. 



L 



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428 DISCOUBS Sl]R LA 1** PART. DBS AANAU DE HAINAUT. 

a mitres : Ceux-ci sont déloyaux à Véglise et au roij 
ce et après furent ramenés au Louvre sur ledit benkel, 
<c comme dessus. » Ce mot BEifNEA.u est encore en 
usage dans le Boulonais et en Normandie. Nous di- 
sions anciennement beitne, comme disent encore à 
présent les Allemands , ainsi que Ta remarqué Cluvé- 
rius au premier livre de sa Germanie , chapitre 8. 
Hodiè apud Germanos genus carrij id est^ vehi- 
çuU duarum rotarum dicitur benne. Scaliger sur 
les Catalecles : Belgarum fait beitna, quâ etiàm* 
dum hodiè utuntur : quin et apud eos hodie genus 
carri, itemque apud Hehetios ein benne voca- 
tur (i). 

Ce mot signifiait aussi un endroit propre pour la 
pêche : Cum Piscatoria ( dans Aimoin) quœ appeU 
latur BENNA : et dans Helgaud , qui a fait la vie du roi 
Robert y Eccè venientes adportum Sequance^ quœ 
dicitur Caroli benna, Iwc est piscatoria quœ erat 
difficultaXe transmeabilis. 

On le trouve aussi quelquefois signifiant un panier 
ou une corbeille : Coxit panes ^ et carnes et accepit 
cervisiam in vasculis proîu potuity quœ omnia in 
vase^ quod vulgo benna dicitur, collocavit (a). 

XXIX. Braca, Bracca, ou Bracha^ est un cer- 
tain vêtement ou plutôt haut-de-chausse de nos an- 
ciens Gaulois; il en est fait mention dans la rie 
d'Alexandre Sévère par Lampridius , dans cçUe d'Au* 
rélien par Yopiscus , et dans Ammien Marcelhn ^ 

(t) Dict. ëtym. de Ménage, art. Bennel. 

(i) Voyez Snritin, in vitd S, Remigii , x\\\ jnnuarii. 



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i^TRODiiCTion , XXIX. 439 

livre XVI , oii ii appelle les soldats gaulois bracatos. 
On appelle encore aujourd'hui ce vêtement bragues 
ou BRAGUiEA dans la Gaule Narbonnaise , et ce mot a 
beaucoup de rapport avec celui de broeck qui est fla- 
mand y et de breache qui est anglais. Diodore de Si- 
cile dit en termes exprès que ces bracœ étaient en 
usage et qu'on les appelait ainsi dans la Gaule Nar- 
bonnaise (i), qui en prit le nom de braccata (2). 
C'est ce que dit Vossius, qui prétend que le mot braca 
appartient à la langue parlée par les constructeurs de 
la tour de Babel. Il est du moins certain que les 
Gaulois s'en servaient , ainsi que le prouve une an- 
cienne épigramme rapportée par Suétone dans la vie 
de Jules César : 

Galles Ccesar in triumphum ducit , iidem in ewid 
Galli bracas deposuerunt, lalumclavum sumpsevunt (3). 
Le Gaulois , pur C^sar , amène connne etclare. 
Quitte au sénat sa braie , et prend le laticlaye. 

Ducauge croit que la braie ou braca était la partie 
de l'habillement qui couvrait les cuisses , et que ce 
vêtenient avait reçu ce nom parce qu'il était trop 
court (4). On voit que braie ou braye et BRAYETf e 
sont la même chose que brague et braguette. A Paris 
on dit braîette : dans les provinces on dit braguette. 
C'est un diminutif de brague (5). 

( 1 ) Dtôdore de Sicile , r. 3o. 

(a) Voyez Vossius, i , a. 

(S) Suétone , Julius Cœsar , chap. 80. 

(4) Note de Maurice Levesque sur Suétone. Paris, 1808 l, iSa* 

(5) Dict. étjrm. de Ménage, art. Bra|;uelU* 



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430 DKCOUB8 SUR LA 1** PART. DK8 AlfllAL, DB HAIIf ADT. 

XXX. Brange, espèce de blë blanc assez com- 
mun en Dauphiqë. Les paysans l'appellent aujour- 
d'hui Blanche (i). Les Romains l'appelaient sanda" 
bim 9 c'est qe que nous dit Pline : Galliœ quoque 
suum genusfarris dedere^ quod illic Bragem vocarUj 
apudnossandalam nitidissimigrani (a). On voit que 
Féditeur Franzius^ que je cite ici, écrit Brace et 
sçLndalam au lieu de Brance et sandalum qu'on lit 
dans d'autres éditions. U en donne les raisons dans 
ses notes où il s'appuie sur plusieurs manuscrits. 
Teissier écrit Brance^ et soupçonne que la brance de 
Grenoble est la touzelle des départemens méridio- 
naux (3). 

XXXI. Brigumum, herbe que les Grecs appelaient 
A'/>t£f/.iaca; c'est l'armoise ou herbe de Saint-Jean (4)* 
Pline (5) dit qu'elle est employée dans les maladies 
des femmes et qu'elle s'appelait autrefois ParthéniSj 
mais qu'Artémise , épouse du roi de Carie , sans doute 
en reconnaisance du bien que lui avait fait cette 
plante, voulut qu'elle portât son nom. Ce naturaliste 
est ici dans l'eiTCur selon le père Rardouin ; car Hip- 
pocrates, qui était plus ancien qu'Artémise, femme 
de Mausole , fait mention de l'armoise sous le nom 
d'Artémise. Mais on compte dans la famille d'Hippo- 

(i) Voyez Chorier, Histoire du I>Auplttn^, 
(i) Pline, liyre xyiu, chap. ii, édition de Fransius, Lipsiœ^ 
1787. VI, 60. 

(3) Noureau coars complet d^agricnltore. Paris , 1809. II , 4^4 • 

(4) Marcellus de Medic, c. 26. 

(5) Lirre xzt , obap. 7 dans les anciennes ëditiont et 36 dans 
cpXit de Fransiuf . 



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1 



iHTiODueTiofi , xxxu. 431 

craies, aepl oMdeciat 4e ce nom qm <Mit vécu dans 
4es twift diffiveofi et les pièvrage» publiés sous son 
9oni 8{>piirtienneat à plusieurs de ces niédedns (i). 
Ainsi c'fôt peutrétre le commentateur qui se trompe 
et nop Vauleur ancien , ce qui arrive asseï souvent. 

XXXH. Briva, mot celtique qui signifiait un trayot 
ou plutôt un pont, comme on le voit en plusieurs 
places qui retiennent encore aujourd'hui leur ancien 
nom. Brives surnommée la Gaillarde à cause de l'élé- 
gance de ses constructions, et qui était autrefois dans 
le bas Limousin , est aujourd'hui le chef-lieu d'une 
sous-préfecture dans le département de la G)rrèze. 
I3Ie est d'une haute antiquité, et, selon la tradition, 
doit son origine à un temple de Saturne qui s'élevait 
au milieu de son enceinte actuelle. Son nom latin est 
Bnm Curetiœ, parce qu'il y avait un pont sur la 
Corrèze. 'C'est Grégoire de Tours (a) et Aimoin (3) 
qui lai donnent le nom de Brii^am Curretiam vicum. 
De même Briifa-Isurœ ou Brii^isura^ c'est-à-dire Pon^ 
Isurœ signifie Pont de l'Oise ou Pontoise, chef-lieu 
d'une sous-préfecture dans le déparlement de Seine 
et Oise; cette ville est ancienne, et a un pont sur 
rOise. Brioude, ville très-ancienne de l'Auvergne, 
aujourd'hui chef-lieu d'une sous-préfecture dans le 
département de la Haute-Loire, a reçu son nom de 
la même manière: en effet près de cette ville, à la 
vieille Brioude, on admirait autrefois sur l'Allier tm 

(0 Biographie amyerstlle , art. Hippocrate, ix, 4'^* 

(a) Lirre tu, c. lo. 

(3) Aymoiauf, livre m , ch. 6i. 



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432 DISCOURS SUR LÀ l'* PART. DES ANNAL. DE HAÏNAUT.' 

pont d'une seule arche et d'une merveilleuse gran- 
deur , dont la construction remontait à une très- 
haute antiquité, et qui avait peut-être été rebâti par 
les Romains. Ce bel ouvrage s'est écroulé en 1822. 
Sidonius Apollinaris appelle cette ville Brwa , dans 
ces vers : 

* Hinc te suscipiet henigna Brivas , 

Sancti quœjovel ossa Juliani. 

On pourrait citer encore un grand nombre d'exem- 
ples du mot Brwa , employé dans le même sens. Mais 
ou se contentera de nommer encore ici Samarobrwa 
ou Somorobrwa^ pont sur la Somme , premier nom 
donné à l'ancienne ville d'Amiens , presque entourée 
par la rivière de Somme. On sait qu'elle était capi- 
tale de Ta Picardie et à présent chef-lieu du départe- 
ment de la Somme. Elle est antérieure à la conquête 
des Romains , on l'appelait alors Somowhrwa Am^ 
hianorum. L'empereur Antonin qui la fit rebâtir lui 
donna le nom SAmbianum d'où est dérivé celui d'A- 
miens. S'il faut en croire Ménage (i), un M. du Buis- 
son a démontré manifestement qu'Amiens s'appelait 
Samarobriga. En effet il y a plusieurs lieus dont le 
nom est terminé en briga^ et il est vraisemblable que 
briga est la même chose que briua. Buchanan au se- 
cond livre de son Histoire d'Ecosse , dit que briga 
signifie ville. Ses paroles méritent d'être rapportées. 
Bri AM Strabo lîb, 7 et cum eo œnsentiens Stephanus , 
ait Ubbem significare : idut confirment^ hœc nomina 

(1) Dict. éijm, art. Brive. 



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INTRODTJCTIOM , XXXll. 433 

indèfacta proférant ^ Pultobria, Brutobria, Me- 

sncBRiA eC Selimbri A. Sed quœ illis est Brutobria; 

aUis est Brutobrica; et quœ Ptolemceo finiurUar in 

briga , Plinio exeunt in brica : ut verisimile sit 

Briam y Brigam et Bricam idem significare. Feriim 

originem omnibus è Gallid esse vel hinc apparet^ 

quod Galli antiquitîis in Thraciam et Hispaniam , 

nonautem illiin Gailiam, colonos misisse dicuntur. 

Igiiur apud scriptores idoneos hœcferè hujus ge» 

neris leguntur^ etc. Il cite après cela quarante-cinq 

noms terminés en briga , et les auteurs d'où ils sont 

tirés. En effet Etienne de Bizance^ au mot kho^j dit 

que cette ville de Thrace s'appelait autrefois, selon 

Apollodore, PoUymbria^ el Strabon (i) qu'il cite à ce 

sujet dit en effet : a Mésembrie, colonie des Méga- 

ff riens, portait auparavant le nom de Ménébrie; 

« comme qui dirait ville de Menas ; ce dernier mot 

«désigne le nom de son fondateur, et Bria, dans la 

«langue des Thraces, signifie ville; en effet la ville 

« fondée par Selys s'appelle Selymbrie^ et la ville 

« d'Aenos s'appelait autrefois Poltyobricj ville de 

« Poltys. » Etienne de Bizance, au mot 2y]>a>aÇpea dit, 

comme Strabon, que cette ville de Thrace fut ainsi 

appelée de son fondateur Sélys et du mot Bria qui , 

chez les Thraces signifie ville. Il ajoute en preuve 

que Poltymbria veut dire aussi ville de Poltys. On 

voit qu'il écrit Poltymbria au lieu de Poltyobria et 

Sélynibria au lieu de Sélybria. Cependant les deux 

autorités peuvent être considérées comme n'en fesant 

(i) Livre vu, pag. Siodercklitioa de Casauboo. 



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4|34 DISCOURS SUR M. 1" PàRTi l>E8 AHMAL. DE HAINAUT. 

({u'unc s#ule, asso^i ferte pour ne pas- dout^ qu^ 
l^rick De ^gaifiat vUlc chef les Thra^s : m^s^ Mmi 
n'es); p^ ^r^a quoi cpi'eu dise Bucha^An, Bridge^ ea 
Wgl^Ui signifie /^f?/: comme brufik efi ajl^ipa^d. 
39r^b<*uçk e$|L UD pQi^t çur la riirî^Q de 3aiT^ d'oïl 
vient qy^ c^tte ville e^t Dotomée en latin Sffr^fOfis. 
S^umur^ yiUe 4sse3^aaicieQne,etqui a un pent^wrU 
Iu>irey est; npmmé JSoàiica dans la carte di» Peur 
tifîger; aeloQ d'An ville (i), BûbNça n'eat q»'upe 
ancienne sUM^ioii située à jU^ngué; mai^ en l'a placée 
depuja au camp romain situé dans la ooim^tioe de 
Chénehutles^ à un miriaraètre au-idessoiis db San*- 
mur, sur les bords du Tbouet (a). Peuifr^tra y avait* 
il un.pon( «ur c^tte petite mviike qui se jetlA di04 k 
Loà^e. Aure$kte b$ ëtîmologiaies modemeadisp^gwit 
âr^ dit btw(i- Ua dî^eiijt qu^ ^r% m celti(|iie si^ 
gpi^e pa^l , çfoam^àvà^samarokriga j tandis qii^oe 
m^me ^7%' en ibérique désigne uo^ vîUa eonvw diuv 
Q^mmbriga. et Segobriga* Quant ^ ir^» c'est par 
une altérfition du celtique qp'il signifie pont ccHiune 
dima Briuadurum ou B^wodurian i nQm» qu'iU don- 
nent à Brioude ; mais bridge en anglais veut eertpn- 
nement dire pont , comme dans Bridg^town^ Bridge^ 
watcr (3). 
XXXm. hvL^M sont de certaines poches ou 



(0 Nqtici^ 4o la QaïUfi , page 67. 

(2) Recl^erchça historiques sor la- Tii]e de Saamur , par BodÎR. 
Saurour 1812. tom 1, p. 5i. yof. Sa carte, planche i^. 

(3) Dictionnaire géographique universel , par V. Parisot. l^arb , 
i8a8, p. 701. 



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INTRODUCTION , XSXIT. 435 

de <mir, qu'on appelle encore atijourd'hui l^ulgètes. 
Bulgas Galli saculos scorteos appellant {i). 



XXXrV. Ga^detum , nom que donnaient les Gau- 
laia h Qne certaine conl;enance de terre, qui était de 
^ent pies dan^ les villes , et de cent cinquante à la 
campagne (a). Ces pies étaient sans doute carrés, 
puisque la mesure était une surface, et dans ce cas 
elle avait dix pies de ville en tous sens; mais il semble 
par le texte de Columelle qu'elle pouvait avoir en 
longueur et en largeur cent pies mesure de ville eu 
cent cinqiiantc pies mesure de campagne , en sorte 
que la surface était de dix mille pies carrés de ville 
ou de Tiogt^4eux mille cinq cens pies carrés de cam- 
pagne. 

XXXV. Cajndosocgus, sarment que l'on enterre 
pour le faire provigner. Ce mot se trouve dans Co- 
lumelle (3): quos nostri agricolce mergas , Gallican- 
dosoccos appellant; a que nos agriculteurs appellent 
« mergosj et les Gaulois Candosoccos. » On couvrait 
oea saroaens d^ terre parce qu'ainsi la terre fournis- 
sait plus de nourriture à ces branches à fruit. A^ssi 
les coupaient-il^ après la vendange , comme des sar« 
meos inutiles , pour leur ôter toute communication 
avec le cep, c'est ce que nous appelons des saMelles. 
Il j a quelques contrées de l'Aquitaine où l'on appelle 

(i) Festns. 

(a) ColamMat, 1. 5,c..i. 

(3) Livres, c. 5. 



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436 DISCOURS SUR LA 1** PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

encore aujourd'hui CAJrDSOSy les vignes qui n'ont 
que trois ou quatre rangs de souches. 

XXXVI. Caragalla , espèce d'habit ou de simarre, 
sorte de robe longue et traînante , qui descendait 
jusqu^aux talons. La mode et le nom de ce vêtement 
passèrent des Gaules à Rome sous l'empereur Anto- 
nin. C'est Âurélius Victor (i) qui nous l'apprend en 
ces termes : cîim è Galliâ vestem plurimam det^exis- 
sel y lalaresque Caracallas fecisset ^ coegiss^tqm 
plebem ad se salutandum indatam talibus introm^ 
de nomine hujusce vestis caracalla cognominatus 
est. Il semble donc que c'est dans les Gaules plutôt 
qu'ailleurs y que l'on doit chercher le mot caracalla; 
mais on n'y trouve rien d'approchant, si ce n'est le 
mot de casaca , appelée par nous casaque et par les 
Flamands casake. Juste Lipsc dans la lettre 44 de la 
troisième Centurie de ses lettres adressées aux Belges, 
ad Belgas , dérive ce dernier du grec yjztjai. Apud 
/Egjrptios^ aroXa; Tiva^ 7rt).yîTàb, verba sunt AgaihaT' 
cidcBj T:po(7(xyopeù(jUfji xdacctj id est vestes quasdam 
çoactileSy vacant casas. Atque in ullbna^ hahes casack 
difficili aliàs originatione. Voyez Vossius (a). Mais 
casaqtie ressemble bien peu à caracalla. La cara- 
calla, en grec Kapa/aXXtov (ornement de la tête) 
avait une cuculle ou capuchon qui pendait de^* 
rière (3) : saint Jérôme nous dit (4) • Efjicitur paU 

( i) EpUome Rut. An^^. Vie d'Antonio Caracalla. T^oy. aussi Dtod. 
1. 78, p. 890, cj Spart, p. 7a, dj et 89, J; Chronique d'EusébCp 
note de Scaliger, dans son ëdition, p. 23o. 

(a) De vUiis scrmonb, liv. m , chap. 3. 

(3) Vossius, in Etjrmolog, Au mot Caracalla. 

(4) De Fesl. tacerdotali. 



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IlfTBODUCTION y XXXYU. 437 

Uolum mirœ pulohritudinis ^ perstringens fulgore 
oculosy in modum caracallarum^ sed absque eu- 
cuUo. 

Ce fut Tenipereur Caracalla qui porta cette espèce 
d*habit des Gaules à Rome, où il en fit une grande 
distribution au peuple, et il voulait qu'on vint le sa- 
luer sônsi vêtu. Il le portait lui-même fort souvent , 
et voulait aussi que les soldats le portassent Cest ce 
qui fit donner à ce prince le nom de Caracalla ou 
CaracalluSj comme les auteurs l'appellent souvent, 
et surtout les Grecs. Au contraire , le peuple romain 
appelait cet liabit une Ântoninienne, parce que le 
prince qui Tavait donné avait pris le nom d'Antonin. 
Mais il avait changé quelque chose à la manière dont 
on le portait dans les Gaules. On prétend qu'il était 
composé de plusieurs pièces cousues ensemble, et 
qu'il descendait jusqu'aux talons, en sorte qu'il avait 
rapport à nos soutanes. Il y en avait de plus courts 
surtout hors de Rome; ceux qui étaient longs au-^ 
raient été incommodes pour des soldats. I^es histo-' 
riens disent sous l'an aia de notre ère, que Cara«- 
calla se concilia l'amour du peuple en lui donnant 
ces habits. U était naturel que le peuple, qui craignait 
peu la cruauté de ce prince, se réjouît de sa prodi- 
galité (i). 

XXXVII. Carroco, poisson dont parle Ausone, 
poète de Bordeaux (a), et qu'Élie Vinet croit être 
le même que celui que l'on appelle aujourd'hui 

(i) HUemont , Histoire des empereurs, m , iu5. 
(a) KpUt. lY. 



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438 DISCOURS SUR LA 1** PART. DKS ANNAL. DE HAINAUT. 

crëac'ou esturgeon (i). En effet la pêche de ces 
poissons se fait à Bordeaux avec une espèce de tra- 
niaux dérivansy connus sous le nom de créadiers. Elle 
commence en quelques endroits en février, et darc 
jusqu'en juillet et aoât, et même plus tard; en 
d'autres à la Nôtre-t)ame de mars et dure jusqu'en 
^ptembre (a). 

XXXVin. CiteiA se tl*oUve dans l'Étiéiâe de 
Virgile (3) : 

Teutonico ritu soUti torquere cateiat. 

Et leurâ braï font voler an milieu des alarmes 

Oes p«»ans jarelots hmteéi par les Teatdns. 

Servius explique ainsi ce mot : Cateiœ gaUica tek 
surU : unde et Teutonicum ritum dixit. Ce mot n'est 
plus en usage. Guillaume Marcel ne l'a retrouvé que 
dans Gâte, machine dont on se servait encore dans 
le douzième siècle pour jeter des pierres dans les villes 
assiégées. Voyez Catel dans son Histoire de Toulouse, 
à l'endroit où il parle de la mort du comte de Mont- 
fort. Mais Servius n'a pu confondre une madiine de 
guerre avec une espèce de javelot. Au reste le nom 
de Teutons commun à toutes les nations germani- 
ques n'est point celui des Celtes ni des Gaulois. 

XXXIX. Ceryisia, cervoise, aujourd'hui appelée 
la bierre, est une boisson encore en usage dans qud- 
ques provinces des Gaules, et très-commune en An- 
Ci) Hist. mitur. des pissons, par Laoépé^. Paris, 1819. n, 
aSaet 3i3. 
(a) Encyclopédie, art. Créûdiers. 
(5) VII, 741. 



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nmioDOGTiON f xxxAX. 4S0 

gleterre où Ycm «b fiiit uii#.coiiMaimalion énorme. 
PUoe (i) «n parie ^a cesvtmnes : eœ iisdem {fru-^ 
^fus) Jiunt et potêu ^ zyihum in MgyptOj ixeka et 
cetia m Mùfpmdd: oervisiâ et plura genêM in Gal^ 
lii^^dUsque promnciis. • Si les laMs fotft la priitbi- 
« pale nourriture de rhomniey il a encore trouvé le 
ff naayett d^ea oomposer difiSérentes sortes de i>retH 
« vages, comme le zjthum en Ég*î|lte , le eétià et le 
« 9iHa*eti B âp ttgnx) , et IdL^enwse ou bierre ^vm les 
« Gbmlet et ptnsieurs autt^ provînt^eB. » H ajoute : 
« l'^oiiue de toutes ces espèces de IxMsons est ttli cos- 
««léliipie utile po«r les femmes; il rend leur feint 
« mn; il^e«tretîent son -éclat et sa fraîcheur. » Camb- 
dett (i) crofît que le mot cervoise venait tle kffitoh 
cpM Signifiait Pavoine dont on la fesait; il pense donc' 
<fm ce mot était gaulois. Cest ce tpie dit aussi 
Yossius dans ses étimologies. On appelle cervoi^ 
siers les marchands de bierre ou brasseurs (3). Dans 
le livï<e ides Gestes , attribué à Jcdes Africain , on 
lit (4) : ll/fOWe yùii)f fu^o; Afjotawt^ xrfpv TLadvtq^ 
K^roc j3epftwrâjev,/focepaBaô;Xû&vtot, au lieu de ^sp9fi<fùx.Vy 
il iaot lire repSfi^Ua^^ comme l'o^bserve Ménage (5). 

Diodore de Sicile regarde le zy^kam^ en gi'cc m^ 
tkos des ÉgiptienSy eofnme n'étant autre chose que la 

(i) Mist, nai, 1. zzu, c. i5, à la fin du Hyre. 
(a) G^îographifl Britannique. 

(3) Encyelopëdiey art. Cert^oûiers. 

(4) P. 1199. 

(5) IHct. éfym. art. Cervoise , où il rapporte un grand nombre 
d^aotres passages. 



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440 DISCOURS SUR Là 1^ PART. DES ANNAL. DBVAINAUT. 

bierre; il dît en effet (i^: «En faveur des peuples 
<c dont le terroir n'est ^s propre à la vigne, Osiris 
a inventa une boisson {zulhos) faite avec de l'orge , 
« et qui, pour l'odeur et la force, n'est guère diffêrente 
« du vin. » Il répète plus bas (a) que les Egiptiens 
font avec de l'orge une boisson qu'ils appellent zf^ 
thum et dont l'odeur et la saveur sont presque aussi 
agréables que celles du vin. 

Dans un autre endroit (3), ce même auteur dit que 
a Dionusos , i> appelé par les Latins Bacchus , « fut 
« celui qui inventa le ziUhoSy boisson composée d'orge 
<c et presque aussi bonne que le vin : il en gratifia les 
a peuples qui habitent des contrées peu propres à la 
a culture des vignes. » On s'est donc bien évidem- 
ment trompé lorsqu'on a voulu (4)^ en se fondant 
sur uneétimologie , que Diodore de Sicile eût pris du 
cidre pour de la bierre. 

Les déclamations d'Âmmien Marcellin , de Julien , 
de Dioscorides, de Galien et d'Âvicenne, contre la 
bierre des Gaulois , ne prouvent pas plus contre cette 
boisson , que les épigrammes de Piron. Il est certain 
qu'un ami des vins délicats et légers de la Bour- 
gogne, doit médire de l'épaisse et lourde boisson que 
l'on appelle bierre, et que celui qui sacrifie au Bac* 
chus de la Champagne et de Faleme, peut négliger 

(i) Liv. 1, chap. 20. 

(2) Id, chap. 34. 

(3) Livre IV , chap. a. 

(4) Notice sur ra^gricullure des Celtes et des Gaulois. Paris , 
1806, p. i3. 



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INTBODUCTION , XXX». 441 

]es autels da Bacchus de la bierre, quoiqu'on assure 
que ce dénier a rëgnc en France long-tems avant 
Fautre (i). 

Il n'est. pas démontre que nos ancêtres , scruta- 
teurs de la nature dans ses moindres parties , n'aient 
pas ^nployé le houblon , qui croît spontanément dans 
plusieurs de nos provinces. Les Gaulois /ainsi qu'on 
vient de le voir dans un passage de Pline, ont inventé 
l'emploi de l'écume ou du levain de la bierre comme 
un cosmétique. 

Ari^ote , Sophocles et Théophi*aste parlent de la 
bierre et de l'ivresse qu'elle occasione. Les Espa- 
gnols, du tems de Polibe, buvaient de la bierre (a). 
Cette bœsson était employée, chez les Francs, avant 
leur entrée dans les Gaules. Les Belges , leurs voisins , 
en fesaient un grand usage; mais il ne £siut pas croire 
que l'Aquitaine , la Provence et les villes commer- 
çantes de l'occident de la Celtique, fassent privées 
dig vin, comme le grand nombre des écrivains l'a 
irtl^kposé , d'après la défense de Domitien. C'est dans 
les centrées éloignées des ports de mer, dans Tinté- 
rieur de la Belgique , sur les rives du Rhin , qu'une 
coupe de vin se vendait un esclave. Un des plus ar- 
dens partisans des Gaulois, élude les passages qui 
pouvaient être favorables à l'ancienne culture du rai * 
sin dans les Gaules, pour conserver à nos Gaulois 
une philosophie répulsive de toute mollesse , que 

(i) Notice sur ragriculturc des Celtes. et des Gnuloh. Paris, 
1806, p. i3 et 14. 
(^a) Id, p. 14. 

V. 02 



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Hi DISCOURS SUR LA 1" PART* ^^ AMMAL. DE HAINAUT. 

Céspv u'^ttnbMo qu'aux Belg6^ CewL<\ vW a^^ ilaii# 
1^ état 4^ ii|ç4^r%tiw et 4e yigu^ur <mi le^ rcnd^^ 
invincibles (i). A la vérité les Gaulois disliagpé$ ^^ 
Ci5lt«^, d'apçèft DjqAh'Q 4^ S^py«, av^eflt» à p^» p^ 

TP:^. Qlrq«»«, v^iM qui APU^t «ve$ WA 4'w#* 
tUP^ité 4ras W Gwle SÏfrb^pmid^» %m I^ «WIIW4 
w Mmm ftqnYfint fr9oa$flé$« ; «'^l i pe Kf§o( qm Ti^ttr 
pareup AvgufttQ fît élever m t^inple ym^^ot Is «^9 
qu'il fit dans les Gaules : ces détails no.m «OAl doonél 
par Sénèqufi (a) : ^<?^' quoruméam fyMrim^pœprii. 
jé^kulwi jépuUéua infastat; Qêkbràimj I^fim; 
QallwH Cireius : cui mdificia quasaotUi, kxmem 1^ 
çohkgmtiM agu/ii, tauquàm, MlutFÎtatcmeaglaikT 
betmtûi. Hwns çertèiAugusius ùemphua iUiy cùm m 
Gsllm mpmretMr^ et vom^ eêJSmt. Slirahûii {Géfh 
gpaph' Uvr^ ÏV)^ 9X1 parlant dct k Çi»m ^ «b^mp 
4'Hei%ulffl^ dit : a Toul le pa;$ au-idoaaus et cuMrt 
9, est exposé au vent; nuis celui du uord est si kq|N 
«. ïa^^ et ^ vialeat dans cet endroit (la Çrwi )> q^Ae 
a assjore qu'il ébra«le et roule les pÎAvnes, rwveit» 
« les hommes de Leurs chars , el Ic^r enlèivjs kim 
« habita et leurs armes, » Strahaa a|)|)^e ce ^gmI 
fAsloLiiSipiav j c'esl-à^ioe borée noir ou veat di; 9û9d 
noir. Ce vent ne vient pas de l'occident , oommfi If 
dk Gcuillaume Marcel, mais du nord. Qa lo cAuiatt 
à ^'Vignoa sous le nom de bise, et l'on à^ à œ^e oo» 

(1) Notice sur l'agriculture des Celtes et àt$ Gtiiloîs, Paris , 
180G. p. i4 et i5. 
(a) Seneca, 1. v, nat. quœst» cap. 17. 



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l 



HITtODUCnOlt « XL. 4iS 

c9$ioD de celte ville; sine venlo^ venewsa; cum 
vento fassidioM* « l^ vent y est £aig«Qt; imis mn$ 
« le vent^ Tair y est empoisoimé. d ML A#truc favo- 
rise l'opiaion de Guillaume Marcel en dkant : « Le 
« ôrcius des anciens est Towst-inopd-oaest; ce veiàt 
% est modëné dans le Haul-J^anguedoc ; il augmente 
a à mesure qu'il avance, et il est déjà violent à Car^ 
« cassosnt; mais il est d'une violence «pctrême dans 
« \» Baft^ADgaedoe, principalement à Narbo^ne, à B^ 
€ KÎers et à Agde , où il va se perdre dans la mer, nes'ë- 
«tendant guère que jusqu'à Montpellier ou à Nîmes, p 
Aulii-Gelle^ dans ses Nuit^ At tiques (i)^ fait parler 
FavcHrin pour expliquer la nature de tous les vents* 
Ce pbilosopbe, qui était né à Arles , y dit mtre autres 
choses : « On sait que chaque pays a ses termes par- 
ie tiouliora pour désigna les vents qui r^nent sur 
« lui; termes formés par les habitans, soit du nom 
«des yens où ils demeurent, soit de quelque ^|i(re 
« cause qui a influé sur ses déooniinations parti- 
a eulîères. Les Gaulois, mjes compatriotes, appell^sit 
« ekcius (la bise), ce vent piquant et glacé qui soufQe 
% dans lew pays, pour peindre sans doute sa violence 
« et l'impétuosité de ses tourbillons. » Plus bas, daus 
le même chapitre, Aulu-Gelle lui-même, parlant de 
jRai^rin , iait l'observation suivante : % Quant au 
« vwAt qui souffle des Gaules et qu'il appelait eireiuSy 
« Karcus Caton, au troisième livre de ses Origines ^ 
« l'appelle cercius; car, en parlant des Espagnols qui 
«habitent au-delà de l'Ébre, il s'exprime ainsi: On 

[i) liTreB» chap. >a. 



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'444 DISCOURS SUR LA i"^ PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

'<c trouve dans ce pays des mines de fer et des mines 
«d'argent très-abondantes, et une montagne consi- 
a dérablede sel, dans laquelle on en voit reparaître 
« de nouveau, à mesure qu'on en ôte. Le vent Cerdus, 
ce quand on parle , vous remplit aussitôt la bouche : 
«c il est si violent qu'il renverse un homme couvert 
a de ses armes, et une voiture chaînée. ]» 

Pline le naturaliste (i), ea distinguant les diffé- 
rentes classes de vents , parle ainsi de cehii qui nous 
occupe. «Dans la province Narbonnaise, le plus 
a connu des vents est le circius; il ne le cède à nul 
a autre en vigueur, puisqu'il pousse les vaisseaux de 
« cette cote en droite ligne au port d'Ostie, par la 
(c mer Ligustique. Cependant, non-seulement il est 
ce iuconnu dans les autres contrées du globe; mats 
<c même, un peu avant Vienne, ville de 1^ même pro- 
« vince, ce vent si redoutable est arrêté tout court 
ce par la rencontre d'une cime de montagne peu éie- 
<c vée. Il en est de même du vent austral, qui, selon 
(c Fabianus Papirius, ne pénètre jamais en Égipte : 
' et ce qui prouve évidemment la force des lois de Ja 
«nature, qui prescrivent des limites certaines au 
« cours et à la durée des vents, i Nicolas Ghorier, 
dans son Histoire du Dauphiné {%\ atteste pareille- 
' ment le fait du circius , fait qu'il dit très-avantageux 
pour la ville de Vienne. Il dit que ce vent répond à 
notre uord-nord-ouest (3) : c'est le contraire de Tau- 

(i) Livre ii, chap. 47» 

(2} Grenoble, 1661 , p. 45. 

(3) C'est la même chose à Avignon. Voyet le« d<fttils curietix 



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iifTRODucnoif XLi. 445 

fan ou vent du sud. Kos ancêtres l'appelaient cers ou. 
cyerœ. Goudelin , poète de Toulouse /dans son Chant- 
Rojal , écrit en languedocien , dit : 

Quand le ccrs et Vautà se gourraon toutes dous. 

Rabelais (i) : (c O, me disoyt ung petit enflé, qui 
« pourroyt avoir une vessie de ce bon vent de Lan- 
a guegoth que Ton nomme cierce ! Le noble Scur- 
a ron, médicin, passant ung jour par ce pays, nous 
« comptoyt qu'il est si fort, qu'il renvei'se les char- 
a rettes chargées. » 

L'éditeur (2) n'est pas d'accord avec Chorier,* et 
dit que ce vent est ouest-nord-ouest. Il est possible 
que sa direction ne soit pas la même en Dauphiné 
qu'en Languedoc. Au reste Cambden (3) dit que 
circius vient de cjrch^ mot celtique, qui signifie 
effort, violence, impétuosité; mais comme le vent 
circius appartenait à la Gaule Narbonnaise, je doute 
que cette étimologie soit préférable à celle que donne 
Aullu-Gelle. 

XLL CoRif A , herbe qu'appelaient ainsi les Gaulois 
et que Dioscorides appelle argémonc, Apyepàvr) ra)Jot 
xopva. Apye/xa, argéma^ était le nom que les Grecs 

que donne à ce sujet le savant docteur Guerin daus ses mesures 
barooi^triques. ATÎgnon, 1809, p. 173-174. La direction de ce 
vent Tenant de ceUe des chaînes de montagnes entre lesqueUes il 
passe ^ le circius peut souffler en Languedoc autrement qu*à Atî- 
gnon , où le Rhône détermine son cours. 

{i) Liyre iy , chap. 43* Pantagruel. 

(3)Édit. dcParis, iSaS.vi, 4o5. 

(3) Dans sa Britannia. 



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44^ DISCOURS SUA. hk i^ PART. BBS AHNAL. DE HAINAUT. 

donnaient à un oldère blanc sur le gl<^ de Foeil^ 
nem qui ëfaic dérivé du mot apyoç, blanc. L'argémone 
était la plante qui servait à guérir cet ulcère. Il pa- 
raît que c'est la corne de cerf, coronopus, genre de 
plante dont les fleurs et les fruits sont semblables aux 
âeUrs ef aux fruits du plantain , dont il ne diffère 
qu*en ce que lés feuilles sont profondément décou- 
pées comme les cornet d'un cerf^ tandis que les 
feuilles du plantain sont seulement dentelées* 

XUI. CoviNUS, chariot dont les essieux étaient 
garnis de faulx. Pomponius Mêla (i) , parlant des Hâ- 
bitans de la Grande-Bretagne , dit : « Armés à la ma- 
te nière des Gaulois, ils combattent , non-seuleraeiit 
ce à pic et à cheval 9 mais encore dans des chars, dont 
(c une espèce particulière est armée de faulx, et coùnué 
« sous le nom de cosinus. » Gallicè armati^ copinosf 
vocantj quorum falcdtis axibus utuntur. « Leur 
« force est en infanterie , » dit Tacite en parlant de 
ces mêmes Bretons (a) : ce Quelques nations se servent 
<r aussi des chars. C'est le plus distingué qui tieiït fes 
c( rênes ; ses vassaux combattent. » 

Jules César n'oublie pas de parler de ces chars 
lorsqu'il fait le récit de sa descente en Bretagne (5). 
A peine eut-il débarqué^ que les Bretons envoyèrent 
en avant leur cavalerie et ces chars armés de ^ok9^ 
riers; dont ils avaient coutume de se servir dans les' 
combats, a Voici, » dit-il (4)9 « la manière dont ils 

(1) De S Un orbis, m , 6. 
(a) jégricolœ vita, cap, la. 
( i) De beUo GalUco. \\\ , a^. 
(<} Id. cap, 33. 



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t!ltllODU)CTlDN , XLll. 447 

à xitfiàhàiUsnï avtc céi chariots. D'abofrd ils les font 
I ^lër é«i{)i(teiiient aubut* dé Fenneikii , en knçimt 
« des traits ; la seule crainte qu'inspirent les chevaux , 
« et le bruit des roues jettent souvent le désordre 
« dans les rangs. Quand ils ont pénétré au milieu 
a des escadrons , ils sautent à bas de leurs chars et 
« combattent à pié. Alors les conducteurs des chars 
(cse refirent peu à peu de la mêlée, et se placent à 
^ la portée des combattans, qui se replient aisément 
« sur eux, s^ils sont pressés par le nombre. C'est ainsi 
« que les Breton^ réunissent dans les combats l'agilité 
« du cavalier et là fermeté du fantassin. Tel est aussi 
« rétet de leurs cxercîcei journaliers , qu'ils savent 
à arrêter feiiri cnevàux lancés sur une pente rapide, 
« fes modérer ou les détourner à volonté , courir sur 
« le timôii, ie tenir sur le joug, et de là s'élancer dans 
« leurs chars. Ce nouvètiu genre dé combat ébranla 
ff Tes ftômains. » 

(^uétqties-uns de ces chars étaient armés de fauli 
et pouvaient causer le plus grand dohimâge surtout 
dans la plaine ; mais puisque la vue en était nouvelle 
pour léis ftomains, qui avaient âéyd long-tems corn» 
battu dans les Gaules , il pai*ait que ces chars étaient 
particuliers aux Bretons. On se sert encore aujour- 
d'hui en Angleterre du niot Couvain, pour exprimer 
la voiture des chariots. Cest Yossius qui nous l'as- 
sure (i). Il veut peut-être indiquer le mot anglais 
coni^eyancej qui signifie transport , voiture, envoi et 
qui répond assez bien à notre mot comw^ plutôt 

(t) Yossius in Etfm* au mot cwinw. 



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448 DTSCOURS SUR hk 1"* PART. DES »IIAL. DE HÂllf AUT. 

qu'à un chariot de guerre. Mais les Belges se servaient 
aussi àacouinus dans les combats. Nous l'apprenons 
de Lpcain (i) : 

Et docilis Rêctor rostrati Belga covini. 

Au reste les Bretons et les Belges n'étaient pas les 
seuls qui se servissent des chariots armés de faulx; 
ces chariots étaient aussi d'un très-grand usage dans 
l'Orient oîi l'invention en était attribuée à Cirus, 
mort l'an £29 avant notre ère; mais ils étaient beau- 
coup plus anciens 9 du moins en Égipte où l'Exode 
(xiv, 6, 7) nous fait voir Pharaon sur son char avec 
six cens chariots d'élite et tous les chariots d'Égipte. 
Or^ l'Art de vériBer les dates place le passage de la 
mer Rouge i645 ans avant notre ère, onze siècles 
avant Cirus. (Voyez l'article chariots de guerre dans 
le dictionnaire de la Bible par dom Calmet. ) Voici 
la description qu'on en trouve dans les anciens , tels 
que Salluste (a), Xénophon (3), Tite-Live (4), Dio- 
dore de Sicile (5), Quinte-Curce (6), et plusieurs 
autres. Ils étaient composés d'un train de bois très- 
fort , dont le timon attelé de deux ou de quatre che- 
vaux portait à son extrémité deux longues lances di- 
rigées en avant, comme deux cornes ferrées à trois 
pointes. L'essieu, saillant plus qu'aux autres voi- 

{i)DebeUociuUi.Ub.^, 

(a) Fragm. 194 et 349. 

(3^ Expédition de Cyrus, lir. ti. 

(4) Livre xzxTii, chap. 4i. 

(5j Livré xvii. 

(6) (.Tiap. 49. 



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INTRODUCTION , %LIU 449 

tures ati-delà des roues, était armé par les bouts de 
deux larges faulx horizontales , et deux autres droites 
ou .courbées, posées par-dessous. Les traverses ou 
volées fixes du timon en portaient de même. D'autres 
dirigées en avant et posées par-dessus le siège du 
conducteur, rasaient par côtés à fleur de terre. On 
hérissait de longues pointes de fer le derrière du 
cbariol, afin (}u on ne pût y monter, ni l'attaquer par 
cet endroit. On en garnissait aussi quelquefois les 
jantes et moyeux tournans des roues. Deux hommes, 
cuirasses de la tcte aux pies, sans autre ouverture 
que celles nécessaires pour respirer et pour voir, se 
plaidaient sur deux sellettes élevées dans le corps de 
k roac^une représentant une espèce de tour de bois 
ferte et basse; Tun en avant pour garder les che- 
vaux; Fautre en arrière, le dos tourné à son compa- 
gnon, pour observer ce qui pouvaient venir de ce 
coté, et diriger le jeu des faulx tranchantes que Ton 
tenait aussi mobiles avec des cordes et des charnières 
et que l*on pouvait hausser ou abaisser suivant le 
besoin. Dans la bataille , on rangeait ces chariots au- 
deyaut de la ligne, observant de les laisser à une 
certaine distance les uns des autres; le conducteur 
les pousse à toute bride au milieu des bataillons en- 
nemis, où ils percent, tranchent, enlèvent ou ren- 
versent tout ce qui se rencontre sur leur passage (i). 
Il paraît que l'usage de ces chariots avait été aban- 
donné, et qu'il fut repris par Antiochus et Mithri- 

(i) Note de C.-P. Fradin, sur Pomponiu» Mêla. Paris, 1804, 
m, a84 et a85. 



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ié^ DISCOURS SDR L.i f ** Vkkti okk Al^lilL* DE HUNAVT. 

âàléi {i)t Hs é]kdttVdht^èift Û'khàrâ lesf VUfâïimlÈ, 
f^vA eéû mtfùêtétii ffittAôi et avec t'atiàbh. fl é)^t rare 
éà effet âe tronvef ûùe plaine ài^éï rftsè pûVdr que 
té^ ch^tiaii f |)ùi^sèht tourii* libréArérit; lé ihénM 
at/siàéè léà kviêtéy outre qu^uti ^ul cheval ikské 
6\i abaftttl lèâ i*êti<} db^ôtiiriient itilitHes. Ce fut^rïn- 
éipale'rïiéùi Hiidùstrié des ftôtnàiîlé qui en fit ^n- 
ÀôAdét fufsâge; ^itôt dU*o^ êfîl Vériàit bUx roâîns.iîs 
Semaient le chàtAj) aè bataille de cnaùssè-tripes, 
dont \èé pbiûiës blesiàieht tcfs tlieUiik et brisaient 
\ëà rbiiièh. dû appelle chaUsSc-trapë ûh sôliclé ^éè 
p^t (féi sé6Ûbû& t{iû rothiëtii qbkïfé l^yôné cfèpo^ 
^é fàeôn que , dé quélc^ùe àëhé qb'oti jetïë détf e m^ 
éliine à terre, irbîs dé ses rstyônç ^^' éh^èacënlE^ét 
qiié le quâtrî^'iffe se présente en Yàïr pérpendic&lu- 
réiiiènt. 

itLiit. tRÙPÈLLARiï, sorte d'esçlavés qtië k^ôal^ 
ïois devinaient à Faire le métier db glàdtàjèùrs, tinsî 
que nous l'apprenons dans ce passage dé Tàatë (i). 
« L'Éduen Jiiliiis Sacrovir, avec lés auxiliaires dé » 
(c nation,» (Tan 21 de notre cre, sous recaplrè ^ 
ifibère), « sVtait emparé d^Àutun. Cette capitale èe& 
m (Gaules y en le rendant maître de toute ti jeune no- 
« blesse qu y rassemblera réputation de seis ec6lâ| loi 
<x répondait des faàiilles. On avait fabriqué dc^araÙB 
<c séci^temént : il les fit distribuer aux hâbitans. On 
(c rassembla quarante mille hotnmeis, dont lé' ctn* 
« quiènie était armé coniirhé nos légionnâtres; le réiÀe 

(1] Institutions militaires de V^éoe. 1U| 94- 
(3) C. Taciti Annalium, ui » 4^* 



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wnowjtiioft y xuii. 45 1 

tf dVak dés éfieùkj Àesi bateaux et (Farutf^ itfslru-^ 
<f mens âë chass^ih H j joignit les crupellûires. Cést 
1^ amsi qu'dn trbtnme dés esclaves destines an métier 
r de glàdràtetlry qu'on revêt, suivant l'usagé du pays, 
« d'une armure complète de fer, qui les rend împëné- 
« tràbtéd attxcdups, niais incapables d'en portée eux-- 
tf mêmes. »^ Glddiaturœ destinati quitus more gen^ 
kcô Côrainuum Jhfri ttgimen {Crupelktfios vacant) 
injiitndis idtibhs inhabiles , accipiendis impenetra^ 
èites. Où voit que 6e mot de crupellaires ëtait emf- 
pTcr^'é par les Édùènd. Ces peuples de Tanèienne liiod* 
Aéise ^tiètoitre, fermaient une république qui, dd 
iétofS et Jules Gésar, comprenait ce que nous appé^ 
fou» tfi^oàrd'ltftft les évéehés d'Âutun, Gb&lcm&^r^ 
Sadtté et Bfâoon, qilî ^'étendaient sur une pa^e du 
dtiëfaé ât Bètirgôgne, du Nivernais, dû Bourbonnais 
et' dé là Bresse, à peut près le département de Sci&ne^ 
et«Lotre.Ges péujj^Iés alliés deé Romaine, qui lés ap" 
pdbteittft^tiBs, étaient les seuls Gaufeis qui eusstsfïl 
e* iWifta^c. Sali Gaftomm , fraternitatis nomen 
étiM p^fh£ô ràriianà usurpant (i). Julius Sacrovii*, 
d^ilii^é par sa naissance et par les belles aefkm^ 
àb ses alncêtt^i, ilvait obtenu, par cette i*akon, le 
âtre de citoyen fomâin, dans le tems ^è éélté ré- 
cbttivfënse se d6hnait rarement , et toujours au ihé^ 
riié'ÇQf). VU éurèrit |n*c!squë toujours lés armes à la 
tasStk Contre les Arvemes qui s'opposaient eouriflgeù- 
senkkéai à leur ambition. Jules Gésar, qiiî d'abord avait 

(i) Taciti Annalium , u, 35. 
(a) Jd, m, 4o» 



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452 DISCOURS SUR LA 1"* PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

cherché à se les rendre amis et Êivorables à ses en- 
treprises, les traita toujours avec ménagement, quel- 
que âujet qu'il eût de s'en plaindre. £ùsi muUi jàin 
rébus perfidiam jEduonun Cœsar perspecteun ha- 
bebaty... tamen retinendos eos non censuit^neaut 
inferre ityuriam videretur^ oui dai*e timori aliquam 
suspicionem (i). Mathias Martini, théologien et phi- 
lologue allemand, croit que le mot de crupellarii^^ 
comme la plupart des mots celtiques (a), venait immé- 
diatement du chaldéen kirbel^ qui signifie coiivert: 
en effet karbelcdi répond au mot XayXn paludaimn^ 
tum^ qui est proprement ce que nous appelons une 
cotte d'armes. On peut voir sur ce sistème le Lexiœn 
philologicum j prœcipuè etymologicum ; in quoUxr' 
tinœ et à latinis auçtoribus usurpatœ^ iîwi purœj 
tum barbarœ voces^x originibus declarantWj ami* 
paratione linguarum , e\jc. Brème, i6a3, Francfiort,. 
i655; in*folio. Jccedunt Cadmus grœcè Pheaixet 
glossarium Isidori. Utrecht, 1697, a volnmes in- 
folio. Cette édition, revue et publiée par Grserius, 
est la plus estimée. Les exemplaires sous la ruhrifue 
d'Amsterdam, 1701, ou d'Utrecht, i7ii,iic.iif* 
fèrent que par le changement du frontispice et par 
l'addition d'une préface de Jean Leclerc , comf>osée 
à la prière du libraire Delorme, devenu possesseur 
du restant de l'édition , qui contient une vie de fau- 
teur et une dissertation sur les étiraoiogies. Cet ou- 
vrage de Martini est plein de recherches , et a été 

(1) De Bello GaUico , vu , 54. 

(2) Voyex le Phaieg de Bochart. 



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INTRODUCTION, XLIV. 453 

fort utile aux savaos qui se sont occupés apiés lui 
de la science des ëtimologies (i). 

XLIV. CucuL , mot celtique , dont nous avons 
parie à Tarticle Bardocucul (arL XXI), et qui si- 
gaifie manteau à capuchon. Les Latins en avaient 
fonné cuculluSj ainsi qu'on le voit dans Juvénal (7)y 
lorsqu'il dit en parlant de Messaline, épouse de Fem* 
pereur Claude : 

Dormire virum quum senserat uxor 
jfusa Palatine tegetem prœferre cubili , 
Svmere noeturnos m^retrix augusta cucuUas , 
Linquebat , comité ancilld non ampliàs und. 

« Dès que son épouse le croyait endormi j préfé* 
c mot un grabat au lit impérial j cette auguste cour- 
« tisane se couvrait d'un manteau de nuit, et sortait 
< du palais suivie d'une seule confidente. » 

Et plus bas, dans la même satire, il dit (3) : 

Dormitat aduller? 
lllajuhet sumptojuuenem properarc cucullo. 

<rMon amant dormirait-il? qu'on l'éveille et qu'il 
« se hâte de prendre son manteau. » 

Quelquefois ciœullus signifie seulement capuchon 
comme dans cette épigramme de Martial (4). 

Pullo Mœvius alget in cuculio ; 

« Mœvius tremble dans un capuchon noir. » C'est 

(i) Biographie unÎTerselle , art. Martini, 
(a) Satire vi, Ters 118. 
(3) Vers 33o. 



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4â4 DISCOURS SUR M 1'* PART^ |||g» iH^AL. DE HAUIAUT. 

i'hahî^ i}ue l'ço 4oaaait au?^ ^claYe9^ Qn lit feu «fibt 
dans Columella (i ) : CulUun vestiùamque Jamitmm 
mf^is miliiery quàm chHo^tè Imbçat; my^nitam dili- 
ganter à vent^yfirigçnphvidqmf çu^ enfiçta prohi- 
ii^isi^ p^libijts fnanicatiSy i^efUonibw confectUy vfl 
fogis fiuCf(lUs (ott peut^â cmiUkiÙt) : * le »é- 
^ ^yer ti^^v^ \^ gens ¥>igp^ 0t v^tus B»oip# 4îU- 
ce catement que commodément , et amvi fPÎB i|i('i)p 
« soient bien garantis du yent , du froid et de la pluie, 
o II suffira de leujr donijier à cet eftet d^ foyrrares 
ce garnies de manches^ de mauvaises casaqiMs, ou 
tt des sayes à capuchons. » 

Cet ha))illeineqt it^\% cependant ^ussi pprté par 
d^9 ^^xrne^ libres j tels que Msevius ^ont pou« v#- 
0009 de parler, et Ba^us à qui Martial dit (a) : 

If on te cuçuttis nsseret caput tectum, 

« Couvrez votre (ôte de plusieurs capuchons ; vous 
« n'échapperez pas à ses embra^sepaçns. d 

Nannéius même, qui, selo^ Martial, se vantait 
d'être assis en vrai chevalier, portait un capudioo. 

lUinç eucuUo prospicif. cflput têcUis 
Oculoquc lu4os spectat indccens uno (3). 

a Couvert alors d'un capuchon, il ne regardait les 
« jeux que d'un œil et très-mal à son aise. » 

Les Latins disaient aussi cuculla et cucultio ^ ^ytc^ 

(1)1,8. 

(2) XI, 98. 

(3) Martiaiit epigr. T. i4i Ters6. 



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J 



If qi^9$ ^#^ m^^ çuculUis. 0|» çn cUe ptqweurs 
Wiqjple^(i). 

Xl.y.CyLciTA et To|i£KTjUM; ces mots^ g|i^ Yçn 
tr9S{Ye daos les ^uteufs latins, sî^aiÇ^q^ çjç que çou§ 
«p|}ploo« h F^Ffs le lit <ïe plwmes ^t îe îxwtçlas^ piftij 
W i?lî?«rYaflt ^^'à i^rQprçipeqf parler ç«&«# ufis| 
que la toile ou le sac, et tom^fifimy Çe «JW Tq» l»ej 
il?*A^« paille, plMWS ojf IwQf. Qfl ^qr}\m^çe& 
4?»» IW*» ét»*e|»t gairf9¥* d'après dew p»?^agÇ» ^ 
Plijw ; i^w |e preroi^r^ il dit ; Xiwi^ ^< /??/' ^e çom^ 
tam v^tmfrm^t : ^ «y^' qdde^Lr ^c^m^ ^ièn^fem 
^^kitunt; im v^ro etim ignilfus^ nçuissimq m 

V^n0: çerte Ççfllicis hgffjiè nçmmbi^ ^isfiernit^rf 
nw/wilè di^rifli qud fd ççf(U^ cq^peritr 4ntiqi4f 

çuftris (^). ff pR ^it 8Ypç d^ |a l^ii^e ^^Iççiept d«f 
n y^t/çu^im^ de featre, qqi mw^e ré&^i^pt à Trfr 
« ^'1 dij % a,yçc une préparation de yi^^igre, Bieç 
« th^ IfiSlaW^? 4exiemiwt susçepliWes de rëçi^iapcç 
% i^ y^çï^m du feu , au mpyeP d'ui»ç derpièr e pwpga? 
«tion qu'oa leiir fai^ subir; et q'e$t poufijuoi Tpw 
%f;^\^gey pour bouprer les mafias , de cibles qui 
ff Put paçs<5 pajp U cli^udièi-ç de^ dçgraiwçur^. Cet 
i « i^pl^i 4^ la bwrw de lainç da«a 1^ uiateto? ^t , 
\ ftp^mm^ je pteo^, upe ^yeptiw 4^ (îa^kaî au 

(i) Vojrex le Lexicon aniiquitatum romanarwn , par Pitiscus. 
^ tkigm^êmUum, 1739.1,603. 
i (2) JYaturala Historiœf lib. Tijij, ««p. 48. 



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456 DISCOURS SUR LA 1^ PART. DES ANNAL. DE HÂINAUT. 

a moins est-il certain que ces sortes de bourres por- 
« tent aujourd'hui divers noms gaulois, selon ses 
« difféi^ntes espèces : et j'ai peine à dire avec certi- 
<c tude en quel tems l'usage de leur donner ces noms 
« a commencé. Quant aux anciens Romains , leur 
« matelas consistait en une paillasse , comme c'est 
« encore la coutume à l'armée. » 

Ce n'est pas ici le lieu de discuter si des vêtemens 
de laine peuvent résister à l'efFort du fer, moyennant 
une certaine préparation , ce qui parait peu croyable. 
Quant h l'action du feu, la résistance n'est nulle- 
ment absolue. Il est seulement vrai de dire que la 
laine bien dégraissée s'allume difficilement, brûle 
mal , et que le feu qui y prend s'éteint aisément de 
luii-méme. Mais Pline assure ici que les matelas de 
laine étaient une invention de la Gaule appelée 
Transalpine par les Romains, c'est à dire de notre 
Gaule , témoin Pline lui-même qui dit ailleurs (i) : 
Sicutin culcitis prœcipuam gloriam Cadurci obUnent. 
Gallîarum hoCj ettomentapariter^ inuentum. Italùe 
quidem mos etiàm nunc durât in appellatiom stra- 
menti. « Le lin du Querci est le plus estimé poorfiaire 
(c des matelas. Aussi l'invention des matelas et des 
ce lits bourrés est-elle venue des Gaules. Les Italiens 
«couchaient autrefois sur la paille; et une marque 
« de cela, c'est qu'encore présentement un lit s'ap- 
« pelle en latin stramentum^ comme qui dirait une 
c( jonchée de paille. » 

Ce nom de Cadurcum qui vient d'être traduit par 

(i) Naluratis Hhtorlœ , tib. ix , cap, i. 



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INTRODUCTION f XLV. 457 

Querci| aujourd'hui le département du Lot, était tel- 
lement employé pour désigner le matelas qui y avait 
été inventé, qu'on ne se croyait pas obligé d'y ajouter 
culcita ni tomentum. En effet Juvénal dit (i) : 

lUe petit veniam , qttoties non abstinet uxor 
Concubitu , sacrés observandisque diebus , 
Magnaque debetur violato pœna cadurco , 
Et mouisse caput visa est argentea serpens. 

a Le pontife égiplien intercède encore pour celle 
« qui ne sut pas résister aux désirs de son époux , 
« pendant les jours de continence et de fêtes solen- 
a nelles. En violant cette loi, en souillant le matelas 
a de lin, elles ont mérité, à l'entendre, un châtiment 
« rigoureux : on a vu le serpent d'argent remuer la 
a tête. » 

Dans un autre endroit il s'exprime ainsi (a) : 

Institor hfbernœ tegetis niveique cadurci, 

« Le marchand de manteaux d'hiver grossièrement 
a tissus, ou de matelas de lin aussi blanc que la 
« neige. » 

Sulpitia fait aussi mention de bandelettes de lin 
de Cahors : 

Ne me cadurcis destitutamfasciis 
Nudam caleno concubantem proférât» 

Le mot culcita seul est pris pour matelas dans le 
vers suivant de Juvénal (3). 

(i) Satire 6, Ters 538. 
(a) Satire 7i Tcnaii. 
(3) Satire 5, Tcrs 17. 

T. 33 



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4&8 DISCOURS SUR LA 1"^ PART. DBS ANNAL. DEHAINAUT. 

I^vgà duos post 
Si lUmit m€ns€s negtectum adhihere eUcniêm , 
Tertia ne vacuo cessaret culcila lecto ; 
Una simus , ait, P'otorum summa. 

(c Après t'a voir négligé pendant deux mois ^ si un 
« patron s'avise enfin de t'inviter, toi , son dienl, afin 
« qu'il n'y ait point de place vide sur le lit du troi- 
asième matelas; s'il te dit : Soupons ensemble, tes 
« VC0UX SGint comblés. » 

L'esprît de l'institution du clientage dég«i^ vers 
la fin de la république. Avant oe tems , le patron as« 
sUtait le client dans ses besoins» et le client donnait 
son sufirage au patron quand il briguait quelque 
magistrature ou pour lui-même ou pour ses amis. Les 
cliens devaient respecter leur patron, et le patroUi 
de son côté, devait à ses cliens sa protection et ion 
secours. Ce droit de patronage fut institué par Ro- 
mulus, pour réunir les riches et les pauvres; de façon 
que les uns fussent exemts de mépris , et les autres 
à couvert de l'envie. Mais la condition des cliens de- 
vint peu à peu une espèce d'esclavage (i). 

Quant aux lits, les anciens ne s'asseyaient pas 
comme nous à Rome pour prendre leurs repas : ils se 
couchaient sur des lits plus ou moins semblables à 
nos lits de repos, dont l'usage peut nous être resté 
de l'antiquité. Ijqut corps était élevé sur le coude 
gauche , afin d'avoir la liberté de manger de la main 
droite, et leur dos était soutenu par derrière avec des 
traversins quand ils voulaient se reposer. Avant la 

(i) Kotesur Juvi^nal. Paris i8a5, p. i6r. 



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INTRODUCTION, XLV. 459 

seconde guerre puniauè, les Rottiains s'asseyaient 
sor de simples battes ae bois. Scipion TAfricain fut 
le premier qui apporta de ces petits lits, qu'on a 
iong'tems à^elés puniciani. On d suppose qu'un me- 
nuisier nommé Ârchias les avait imités, comme on 
a cru le prouter pai* ce vers dISorace : 

Si potes arckiacis , cohuiva , rccumhtre leetis (i). 

Mais cette preuve ne vaut rien \ elle n'est £oadéè 
que sur une méprise de copiste. C'est arcfiaîcis qu'il 
&ut lire dans le texte, ainsi que le prouve le pas- 
sage d'Horace, par lequel il commence une de ses 
épitres (a). 

Si potes archatcis convipa recumbere leetis , 
Ifêe mhdieti ccenare times dus cmne pateUa , 
Supremo te soie donU , Torquate , man^fo, 

a Torquattts, si VôUs pouvez Vous résoudre k man- 
<c ger sur des lits à l'antique ailleurs que chez vous, 
ce et que vous soyez homme à vous contenter dW 
« petit plat d'herbes que nous mangerons tout entier, 
«cje vous attendrai chez moi après le coucher du so- 
ie leil. ji> jdrchaïci lecùi est un mot grec, un hellé- 
nisme, et Horace a dit archaîci lecti comme Denis 
dTHalicamasse, à^yaimt; tjsaîtsfa;. « Tai vu dans les 
temples, y> dit cet écrivain grec, « servir des soupers 
aux Dieux sur de vieilles tables de bois : » Éyw yoiJy 
èdeourdiuv h tepaU oUiccU ^eTnifix Trpoôetfxsva Ôeor^ ev tpa- 

(i) Id.p. 3i. 

(3) Liifri I epist, 5, ad Torquatum, 



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460 DISCOURS SUR hk 1^ PART. DES ANNAL. DB HAIN AUT. 

jircJuuci lecti sont donc de vieux Hts^ des lits à 
la vieille mode , qui se sentaient de la modestie des 
premiers Romains , et qui n'étaient enrichis ni d*or 
ni d'ivoire , comme ceux que' le luxe avait fait in- 
venter depuis quelque tems (i). 

On croit que Tusage des bains qui conunença aussi 
à s'introduire au tems de Scipion l'Africain , main- 
tint celui des lits. Tant que dura la république , les 
femmes se contentaient de s'asseoir sur ces lits; mais 
depuis les premiers Césars jusqu'à l'an Sac de l'ère 
dirétienne, elles adoptèrent et suivirent la coutume 
des hommes. On retint plus long-tems sous l'an- 
cienne discipline les jeunes gens qui n'avaient pas 
encore la robe virile. Lorsqu'on les admettait à 
table, ils y étaient assis sur le bord du lit de leurs 
plus proches parens. 

Le plus grand cérémonial des Romains était de 
n'avoir que trois lits autour d'une table, afin qu^un 
des côtés demeurât vide pour le service {%). Le maître 
de la maison se plaçait sur le lit à droite au bout de 
la table : le plus honorable était celui du milieu. 

La somptuosité particulière de ces lits de table 
consistait; l'^dans l'ébène, le cèdre, l'ivoire, For, 
l'argent, l'écaillé de tortue, et autres matières pré- 
cieuses dont ils étaient faits ou enrichis ; ^^ dans les 
superbes couvertures de diverses couleurs, bordées 
d'or et de pourpre; 3<> dans les trépiés d'or ou d'ar- 
gent. 

(i) Note de Dacier sur Horace. Paris, 170g. 

(a) Voyez le dessin que j'en ai donné dans l'Histoire de Porto- 

g»», 1,439. 



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INTRODUCTION! y ZLV. 461 

L'an i34 avant notre ère, Scipion rAfiricain, 
nommé consul pour la seconde fois, étant venu en 
Espagne, commença par écarter du camp tout ce 
qui ne servait qu'à entretenir le luxe. H retrancha les 
lits pour les repas, et ordonna que l'on mangeât sur 
des espèces de paillasses, leur en donnant lui-même 
Texemple. C'est Appien qui nous apprend cette par- 
ticularité (i), xktvcu; te ccneÎ7:evè)(eiVy xoi TrpcôToç èm crt- 
ëoAùv âvfiTraufiTo. a U interdit l'usage des lits, et lui- 
« même coucha le premier sur des feuillages. » Le 
mot x>(vy} signifie lit , et celui de axiSdieç désignait 
les feuilles que Ion coupait pour faire des lits. 

Quant au mot culciuzj il appartenait très-ancienne- 
ment à la langue latine, puisqu'il est employé par 
Plante dans sa Casina (n). 

Si Sun autem dêcoUavit , gUdiumfaciam culciUan, 
Eumque incumbam. 

a Si le sort me trompe, je fais un lit de mon épée 
ôt sur laquelle je me laisse tomber. » Aussi Festus en 
donne une étimologie latine en disant: Culcikij 
quodtomerUo inculccUuTj appelkUa. A la vérité elle 
parait bien peu vraisemblable. Elle serait évidem- 
ment fausse si l'on écrivait culcitra comme dans les 
anciennes éditions de Qcéron (3); mais les modernes 
écrivent culcita (4). L'orateur romain répète deux 

(i) De rébus Hispanicis , lib. Yi, cap, 85. 
(a) Act. II, se. 4* Ters 28. 
(3; Telles que celle de Geocve , 1660. 
(4) Paris iSai. 



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462 DISCOURS SUR LA 1" PART. DES AKNAL. DE HUNAUT. 

fpi3 ce mot. Pabord dans une lettre à Atticus (i), 
ok il dît qu'il ne peut pas loger k Alsium, chez Si* 
lUiSy parce qu'il n^y a point de lits. Alsium était une 
ville de Toscane^ sur une petite rivière nommée Aro, 
fort près de la mer et à environ vingt milles de Rome* 
Cette villQ était apparemment mal pourvue de 
mwbles. 

LtC second passage de Gcéron est tiré des Tuscu* 
lanea (a). Uu de ses interlocuteurs fait dire à Épicure 
voulant consoler la malheureuse Andromaque après 
la prise de Troie ; Çollocemus ( eam ) in culc^â 
plumed; « mettons-la sur un lit de plumes. »0mij5 
voit pas qu'a^cun de ces deux passages indique à ces 
sortes de lits une origine gauloise. 

Cependant, si l'on fabriquait les matelas à CahiH^i 
on allait à Langres chercher de belles laines pour 
les remplir. Martial nous le prouve par les verssui- 
vans (3) : 

Leuconieis agûàum tumetit tihi eulcita lanis , 
Con$tringat^c tuas purpura pexa toros, 

« Que ton matelas regorge d'une laine langroise; 
« que la pourpre peiguée resserre tes lits. » Ainsi le 
Ht tout entier se prenait dans les Gaules , lorsqu'il 
était garni en laine. 

On pourrait croire que le mol eulcita ne s'applique 

(i) Livre XIII ép. 49 dans les aDcicnnes éditions et 5o dans les 
modernes. 

(2) Livre III, chap. 46 dans Tancienne édition et 1 g dans U 
nouvelle. 

(3} Livre XI , e'pigr. 57. 



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INTR0DUCT1011 , XLV. 463 

qu'aux matelas des lits de table : le contraire est 
prouvé par le récit d'une anecdote que rapporte Ma- 
crobe j où ce mot est rapporté deux fois (i) : 

Relata ad se magnitudine œris alieni^ quam qui-^ 
dam eques Romanus dùm vixil excedentem ducen^ 
lis celai^eraty culcUam emi cubicularem in ejus auc-' 
donc sibijussit; et prœceptum mirantibus , hanc ra- 
iionem reddidit : Habcnda est ad somnum cukita , 
in qud illej cum tantiim deberetj dormire potuit. 
<c Ayant entendu dire qu'un clievalier Romain venait 
cr de mourir en laissant des dettes énormes , et qui 
<c excédaient vingt millions de sesterces ( trois mil- 
« lions 974,000 de nos francs ) (2), Auguste fît ache- 
cr ter le lit dans lequel couchait cet homme . et dit à 
« ceux qui étaient surpris d'un ordre semblable : — 
ce Un lit sur lequel pouvait dormir un homme aussi 
«c endetté, doit être bien favorable au sommeil, d 

On voit que Macrobc, dans ce passage, pour ne 
donner lieu à aucune erreur, ajoute au mot culcita 
l'épithète cnbicularis. 

(1) Saiurnal. lih. Il, cap, 4* 

(2) Eq admeUaDt que sous Auguste looo sesterces Talaient 
1968 fr. 70 c. ainsi que ledit M. Letronne dans ses Tables de Roi- 
lin , p. 19. 



FIN DE LA PREMIERE PARTIE DU TOME V. 



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TABLE 

DES CHAPITRES DU CINQUIÈME VOLUME, 



Chapitres. Pages. 

PliPAGB. 1 

LYIII. De quelques actions d'Adrien et de sa mort. . 3 
LIX. Institution du carême , des trois messes de Noël 

et du Gloria in excelsis 7 

LX. Règne d'Antonin-le-Pieux 9 

LXI. Do philosophe Apollonius et do médecin Galîen. h 

LXII. Du philosophe lustin. Mort d'Antonin i3 

LXIU. Règne d'Antoninus-Yérns et de Marc-Aurèle . i5 
LXIY. Mort de Lucius-Yérus ; Marc-Aurèle règne 

seul. i . 19 

LXY, Règne de Lucius-Aurélius Commode ai 

LXYI. Causes de la première conspiration des Yestpha- 
liens et des Germains contre les Romains à Tocca- 

sion de la lerée des impôts a5 * 

LXYII. Gomment l'empereur Commode Toulut injus- . 
tement leTcr des impôts sur les Gaulois et les Ger- 
mains a^ 

LXYIII. Sorric, duc des Germains^ fait alliance arec 

Yerrîc, duc de Trêves 37 

LXIX« Yerric , duc de Trêves, et Sorric, duc des Ger- 
mains , chassent les Romains des Gaules, et tuent 

Yameston,ducdes Morins • . . 39 

LXX. Yerric et Sorric soumettent la ville de Tournai. 47 

LIYRE SEPTIÈME. 

L Les Germains et les Gaulois achèvent de se sous- 
traire à t'autoritc de l'empereur Commode .... 5i 



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466 TABLE 

Chapitres. Pagpi. 
IL Mort de Comraode. Rëgr>es de Pertinax et de Ju- 
lien. . 55 

UI« Riïgoe de Sévère » • 59 

IV. De Tertullien. Éloge d'Origène 61 

V. Comment on peut excuser Origène 65 

VI. Des nombreux ouvrages d'Origène 71 

VIL Erreurs d'Origène. ..;•.. ^5 

VIII. Pénitence d'Origène J? 

IX. Uorl de Sévère. Caracolia , empereur 85 

X. Mort de Cara€4lla. Hègqes d^ Ifacriii aX d'^élie- 
gabale, , • « . « » «^ 85 

XI- Règne d'Ale^^andre . . , . • • ^ 

XJI. Hignt de Ofaximien* S^ cruauté enver» rligHse 

de Dieu •..•!« t < * • ^ 

XIIL R^Q de (iordiep, Pe J'historleii Africain . • • 9> 

XIV. Le«dQU:(PhiiîppQ99 empereurs r • • ifi 

XV. RègDe d$ Pèce , , ^ 

^VI. Gallu^ Qt Volufii^n » empur^urs , • , tU 

XVIL D^ «mpçr^nTf Valérien et Q^llieq . , • , , 1 *ti 

XVIII. Mort à^ l'empereur Valérieo ..,.,.., t i<>î* 

XIX. Règnç de Galiien , gppelé auasi JQèce, • t . • • l<>7 

XX. Règne de Claude. . i^9 

XXI. Règne d'Aivélîqp »»« 

XXI|. Des eippereurs Tacite^ F|orien> Probus, Caroiy 

CarÎQ et JfuBiériea ..,«.,.,. ^ ..«..«« iiS 
XXIII* Règne de Dioclétien et de MaiçiqfiiQO. ,.••117 

XXIV. Marty*^ des Thébéen^.. . . , « tl9 

XXV. Persécution générale de T^se par Dioclétien. »s3 

XXVI. Noms des saints qui souffrirent le oviTtire aoc^s 
Dioclétien t»5 

XXVII. Origine de saint Piat i3i 

XXVIII. Du tems auquel vivait saint Pîat i36 

XXIX. Des compagnons de saint Piat. Ils vont prê- 
cher en diverses villes ..•.«., 1^ 



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TABLE 4^7 

Cbajntrea. Pagea. 

XXX. Première prédication de saiat Piat à Toarnai. . 141 

XXXI. Piat fonde le premier upe église à Toornai et 
aux environs i4$ 

XXXII. Vie et mœurs de saint Piat j4^ 

XXXIIL Renoiomée de la prédication de saint Piat . i4o 
X^XIY. Saint Piat , au milieu de sa prédication , yoit 

arrireraesbourreauip, et leur parle en public . . . i5i 
^XT« Prière do saint Piat avant sa passion , . . . . |53 
XXXYI. Dispute de saint Piat arec ses bourreaux . . i55 
XXXYII. Glorieuse passion et mort de saint Piat . . * 161 

XXXVIII. l^iracl^ qui suifîrent la inort de saint 
Piat ; i63 

XXXIX. Vort de Dipclétien et de Uaximien 5 et par^ 
tage de l'empire entre Constance et Galère. .,..., 167 

\l4. Constantin, roi des Bretons 9 avilit de se rendre 
à Rome, enyahit la Gaule inférieure et la Gaule su«- 

péikure. . • , ....,.,.. 171 

XIJ. Gomment Constance restaura l'empire • , , 177 

XUI. Empire de Constantin et de Licinius . . , , 17g 

XUIL De Maxence et d'Ârius. . . . . . ^ i83 

XUV. Tictoire de Constantin sur Maxence. t 187 

XLV« Constantin embrasse la foi catholique et la fait 

répandre dans son empire.*..» .,.•.,..., 191 

XI VI^ I4etlre9 réciproques d'Hélène et de Constantin , 
au sujet des lois de Moïse et de Jésus-Cbriftt. • . . . , igS 

XLV1]( ^semblée d'ui^cppcile., «.. igg 

XLVIII. Conflit et yiçtoife de saint Silvestre disputant 

contre les Jujfs » . . • » « t » . t • . » , aD3 

XL(X. Dragon yaincu par saipt Silvestre 909 

I/. I«ettre circulaire de Constantin sur sa conversion. . 3i3 
LI. ÉléTation de TÂglIse romaine au-dessus de toutes 

les Églises. . aig 

Ul. De rKmpire et des ornemcns impériaux conférés 
W bienheureux pape Silvestre , , , aîï3 



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468 TABLE 

Chapitres. Ptgei. 

LIIL Translation du siège impérial à Gonstantinopk, 

et édification de cette rille ssg 

LIY. Persécution des chrétiens par l'empereur Lîci- 

nius 935 

LY. Arius et son hérésie. Concile de Nicée sSg 

LYI. Constantin fait brûler les litres des érêques . . . s4i 
LYII. De l'institution du Simbolé, de l'exil d'Anus, et 

des personages qui fleurirent du tems de Constantio. ^b 
LVIII. Invention de la sainte Croix 9 et opinion de 

saint Jérôme sur Constantin aSi 

LIX. De l'empire de Constantin , et de la dispute d'A- 

thanase contre Arius a55 

LX. Uort ignominieuse d' Arius s57 

LXI. Persécution des Ariens contre Athanase ^ 

LXII. Du pape Libère et du pape Félix 26$ 

LXIIL Mort de Constance, arènement de Julien. . . 369 
LXIV. Mauraiscs mœurs de Julien et maurais actes de 

. son règne ^ 

LXY . Marche de Julien en Perse, et sa mort misérable. 179 

LXYI. De l'empire de JoTien sS5 

LXYII. Règne de Yalentinien s8; 

LXYIII. Basile est rainqueur des Ariens. — Yalenti- 
nien crée empereur Gratien son fils 291 

LXIX. Yalentinien restaure la Tille de Yalenciennes, 

qu'il gratifie de plusieurs privilèges sgS 

LXX. Le tiran Maximien envahit avec Caradocus l'em- 
pire, et notamment la Gaule inférieure ...... 399 

LKXL Personages recommandables par leur piété, 

qui vécurent du tems de Yalentinien 3o9 

LXXn. Mort de Yalentinien, et empire de Yalens . . 3ti 
Table analîtique et airabétique des cinq premiers vo- 
lumes 317 

Discours sur la i** partie des Annales de Hainaut . . . ^79 
Avertissement! t . . « ^79 



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TABtE. 4^ 

Chapitres. Imagos. 

Introduction II •..••*•••« 38o 

Chapitib PUBMIBB. SuF le degré de cÎTi^sadoQ auquel 
sont parvenues les nations anciennes , et principa- 
lement les Celtes. III. • 38o 

Chapitei II. Réponse. § I. Antiquité du monde en gé- 
néral, et spécialement des Celtes. lY 385 

S a. Sur Fanoienne langue et Tancienne littérature 

des Celtes. V., 389 

S 3. Du progrès des arts chez les Celles. YI 391 

S 4* Dégradation des arts dans les Gaules, et difficulté 

d*en suirre les vicissitudes. YII •••..••* 4<>i 

GaAniBBlII. De la langue Celtique ou Gauloise. YIII. 4^^ 
Chapiteb IY. Recueil des mots Celtiques ou Gaulois 
qui se trouvent dans les auteurs grecs ou latins. IX. 410 

Glossaire d'anciens mots celtiques 

Alauda. X • • • • . 4>3 

Alausa. XI. • • ^ ^iZ 

Alpes. Xn 4i3 

Ambacti. XIII 4i4 

Armorique. XIY 4i5 

Aripennis. XY • 416 

Baccar. XYI ^ 417 

Baditis. XYII 418 

Bagaudœ. XYIII 418 

Baracaca. XIX # 419 

Bardi* XX. •..•...«•.... . a • . . . . . , . . 419 

Bardocucul. XXI. ^ao 

Baro ou Yaro. XXIÎ 4ai 

Bascauda. XXIII 4^4 

Becco* XXIY 4^4 

Bélénus XXY 4a5 

Bélinnncia. XXYI 4a6 

Béliocandium. XXYII 4a6 

Benna. XXYIII 4a^ 



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470 TABUS 

Chapitres. Pa««. 

Braca. XXIX 4«* 

Braiicé. XXX 43o 

Bricumum. XXXI 45o 

Briva. XXXII 45» 

Bolg». XXXIIt 4H 

Candetum. XXXIV 455 

CWïdosoccu», XXXV. 455 

Caracalïa. XXXVI - 4» 

Carroco. XXXVH - J^l 

Catéla. XXXVtlï 4» 

Ccrvisia. XXXIX 4^^ 

Cîrcîus. XL 444 

Corna. XLI 44* 

Cotînliâ. Xtll 446 

Cropellarii. XLm . . . 45o 

Cucal, XLIV 453 

Culcita. XLV 454 



En tête du septième litre est une mînîafatv dtns faïqddle le 
pape Silyestre batise l'empereur Constantin, en pre^ense 4e sainte 
Hëléne sa mère. 



FIN DE LA TABLE. 



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HISTOIRE 



DE 



HAINAUT. 



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IMPRIHBRIB DE H. FOORMER, 

RUE n SBINB, n* f 4. 



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HISTOIRE 



DE 



HAINAUT, 

PAR JACQUES DE GUYSE, 

TEABUITB B« FAAMÇAlf AVIC LB TKXTB LÂTIV BM EBOàRD 
■V AccoarAAsfti »■ «ota». 



(Le texte «tt pulklië pour U première IbU «ur deux maauacritf de la Bibliothèque 
da Boi. ) 



TOME CINQUIÈME, 

DXUXlinB PARTIE. 



A PARIS, 

CHEZ PAULIN, LIBRAIRE, 

RUB KBDV£-«A1MT-HARC , K^ lO. 

A BRUXELLES, 
CHEZ ARNOLD LAGROSSE, IMPRIMEUR-UBRAIRE. 



M DGCG XXXJ. 



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. TOME CINQUrUME. 

SECONDE PARTIE. 

DISCOURS 

SUR LA PREMIÈRE PARTIE 

DES 

ANNALES DE HAINAUT. 

V 

INTRODUCTION. 

SUITE DU CHAPITRE IV ET DU GLOSSAIRE D^ATfClESlS 
MOTS CELTIQUES. 



^LYI. Dercoma, boisson composée d'orge et de 
miel y selon Guillaume Marcel qui cite pour le prou- 
ver le chapitre XII du quatrième livre d'Athënée; 
mais le dictionnaire de Cellarius (i) dit que c'est une 
espèce de gobelet et cite aussi le quatrième livre 
d'Athënée^ où je n'ai pu découvrir ce mot. Dans le 
onzième livre de son ouvrage, cet auteur parle de 
toutes les espèces de vases où buvaient les anciens et 
ne dit rien du dercoma. 

(i) SasUeœ 1584» an mot Ai^xo/uA, 

T. V. II* PART- I 



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2 DISCOURS SUA LA 1^ ^^BT. ^ kHHKU ^ HAINAUT. 

XLVII. DoucoTTE , sureau rampant. Voyez ducone 
après Tarticle suiyai^t. 

XLYIII. Druides. <c Dans toute la Gaule, }» dit 
Jules César piort Tan 44 avant notre ère, a il n'y 
ce avait que deux classes d'hommes auxquels appaijfr 
dr naient les honneurs pt la ^OQsidÀ^ation ; car, piKir 
ce le bas peuple ^ il n'avait guère que le rang d'esclave, 
« ne fesant rien par lui-même , et n'étant adua^-ii 
a aucun Conseil. La plupart, accablés de dettes, 
a écrasés d'impôts , ou en butte aux violences des 
« Gr^i^ds ^ ^ pi^ttaipt au service ^es 9^^ €ui 
a exerçaient sur eux les mêmes droits que les maîtres 
(c sur leurs esclaves. De ces d^ux cl^es, l'une était 
a celle des Druides , l'autre celle des Chevaliers. Les 
(c premiers y ministres des choses divines, présidaient 
a aux sacrifices publics et particuliers , et conser- 
a vaient le dépôt des doctrines religieuses. Le désir 
tfde l'instruction attirait auprès d'eux une nom- 
a breuse jeunesse. Leur nom était environné de res- 
<x pect ; ils connaissaient de presque toutes les oontes- 
çc tations publiqi}^ et privées. S'il s'était cûmmis 
a yjp criin^, s'il s'était &it un meurtre, s'il s'élejuût 
a qu^quç dçb^^ sur un héritage ou sur des limites, 
^ ç'étaiçn^ çux qui §^ décidaient; ils dispensât»! 
9 }es pçin^ et jes réco^enses. Si un pj^rticuliep ou 
^ un ipiagi^t^at pe déférait point à leur déobion, ils 
^ lui interdi^ieqt les sacrifices. Cette peine étak 
« chç^ ^ux la plus ^vère de toutes : ceua^ qui l'encou- 
ce raient était mis au rang des impies et des crimÎDeU; 
ce on les évitait, on fuyait leur abord çt leur entre- 



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INTROmiCTIOX, XLVlll. J 

« tien , comme si celte approche av^ii quelque chose 
<c de Aiaesfte : s'il$ demaadaient jusftiee, elle leur 
« élaii reftwée; ik a'avaieut part à aucim honneur, 
f Le corps entier des Drmdes n'avait qu*ua seul 
«cfcef, doftt Fautoritë ëtail absolue. A sa niort, le 
« premier en dignité lut succédait : si plu^eurs 
« Wimmi des titres égaux, kssuffirage» des Druide&, 
•f eu qu^uefoia les armes ^ en décidatmt. A une 
« époque mairçice de chaque aiinée^ les^ Druides 
« s'sMcnUamit dans ma lieu cooMcré^ sur 1» fron- 
« tiare du pajo. éts Cammlesi, qui passait pour le 
« point central de la Gaule* Là se rendaient de toutes 
a ports ceux qui avaient des différends^ et ils se 
» seonettaient au jugemenX des. Druides et à leurs 
c ordoRsancea. On croyaii que leur doctrine avak 
tf pris nafôsjmco dans File de Bretagne, et dans la 
« sniteceux qui désiraient en avoir une connaissiuice 
a plus approfondie, se rendaient dans cette île pour 
«s'y instruire (i). 

a Les Druides^ n'allaient point à k gnerre; ils* ne 
« contribuaient pas asx impôts comme le resfe des 
« ékojeas ; ils étaient dispensés du serMÎce miKtaÎBey 
c et ezenàtsr de toute espèce de charges; De tels pim- 
« TÎlèges , et le goût partieuKeir de» jeuass gens, leur 
« amenaienjfc beaucoup de disciples ; d'autves j étaient 
«renvoyés par leuos. fenullesuLs» ib apprenaisniby 
a disait-on, un grand nombre de* vers, et passaient 
« souvent^ vingt années clans cet: apprentissage. Il 

Cl) JqlkiA Qesac </^ Beilo GalUeOy^w^ i3. ^d. de Pavekoiicke, 
Paris, iSaS. J'ai fait quelques changemens â la traductioD. 



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4 DISCOURS SUR LA 1** PâRT. DES ANNAL, DE HAINAOT, 

m 

<K ëtait défendu de les écrire , quoiqu'ils se servissent 
ce des lettres grecques pour la plupart des autres af- 
a faires publiques et privées. César a cru voir deux 
<c raisons de cet usage : Tune était de ne point livrer 
a au vulgaire des inistères de leur science, l'autre 
a*d'émpécher les disciples de se reposer sur récri- 
a ture, et de négliger leur mémoire. Il arrive en effet 
<c presque toujours, que l'on s'applique moins à re- 
« tenir par cœur ce que l'on peut trouver dans les 
ce livres. Leur dogme principal était que les âmes ne 
« périssent point et qu'après la mort, elles passent 
« d'un corps dans un autre. Cette croyance leur pa- 
cr raissait singulièrement propre à exciter le courage, 
(( en inspirant le mépris de la mort. Ils traitaient 
<c aussi du mouvement des astres , de la gi^deur de 
«l'univers, de la nature des choses, du pouvoir et 
txde l'influence des Dieux immortels, et transmet* 
« taient ces doctrines à la jeunesse (i). 

On voit que les Druides, appelés Apuc%ci parles 
Grecs , et Druides ou Druidœ par les Latins, ce qui 
est absolument la même chose, étaient les ministres 
de la religion chez les Celtes et surtout chez les Gau- 
lois, comme chez les peuples de la Grande-Bretagne. 
Ils réunissaient le sacerdoce et l'autorité publicpie 
avec un pouvoir souverain. L'étimologie de leur 
nom mérite une attention particulière. 

Étimologie du nom des Druides. 

XLIX. Les anciens ont dérivé le nom des Druides, 

(i)Iil. cbap. 14. 



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IMlRODLGtlOiX f XLIX. 5 

du grec ^pj; , chêne; et c'est sans don le en consc- 
qiieoce de cette étimologie que ceux qui écrivent 
saronides dans le texte de Diodore de SicHe (i), 
croient que cet historien leur donne ce nom du mot 
grec Idpov^ sinonime de Apû^.'^Dans les diffërens 
dialectes de la langue celtique ^ les mots dar, derou , 
deroUtriy dair^ darakh, darogh^ etc. , signifient 
un chêne y sans doute à cause de la dureté de son 
bois, du mot deour^ en latin yôr/fe, ivbusius. Bobur 
était devenu, par une raison semblable, sinonime 
éequercus en latin; ainsi c'est par hazard, 
sistèroe, qiie le mot deour des Celles ou p 
j^ Bretons ressemble au Ap; des Grecs. Les 
9sit^ qu'on le verra bientôt, attribuaient de 

vertus au gui de chêne. Il paraîtrait donc d'abord 
ns^rel d'en conclure que le nom de cet arbre est 
la racine de celui des Druides; c'est le sentiment de ' 
Pline et de plusieurs autres écrivains (^\ 
^.'« Les Druides, » dit effectivement 
« fcont les prêtres et les philosophes ( 
« Gaulois, ne pensent pas qu'il y ai 
« sâré que le gui et que l'arbre sur 
K pourvu que ce soit le chêne-roure 
m choiwsent-ils pour .leurs sacrifices 
« roures, et ils ne sacrifient jamais 

(i) lirrein, cbap. 3i . Je discaterai ce passage dans la saite en 
pArlÉlI do roi Sarron . 

(a) Dictionnaire pour Fintelligence des auteurs clas8i<|ues, par 
SabatUer. Paris , 1773. XIV^ 498. art. Druides. 

(3) Litre XVI, chapitre dernier. 



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6 DISCOURS sun jsk i^ faut, des a!«nal. de HAin aut. 
« feuilles dei^t arbre; eu sorte qu'il semblerait que 
«c cest de son nom grec (Aji^û^) drus y qu'ils ont éié 
« appuies Druides (f )• » 

ti'un des traducteurs français de Pline, Loui« 

Poinsinet du Sivry," pense que le mot Druide vieot 

plutôt de l'armorique deru^ un chêne. De ce mat 

ilerUf s'est formé , par contraction, le celtique dru^ 

qui signifie fort, et doù plusieurs savans se soot 

^ffixcés de dériver* le nom des Druides. « Quoi qu'il 

tf en ^t, » jBJoute Poinsinet de Sivry, « je suis trè»- 

nier l'affinité des mots dru et deru^ e{ 

ie mutuelle avec le mot grec drus^ un 

m^ , au contraire, que c'est nette affinité 

é lieu aux Latins de traduire deruj/^ i|p 

[uenos pères ont à leur tour traduit par 

f le f îeux mot rowre , qui n'est que le mot rohwr fi^^n- 

f oiaé (a), p On peut voir sur ce sujet une dissertation 

composée par Tbéod, Uasaey»^ et citée avec élogfl 

paf le savant Yesseling , dans ses notes sur DîodML 

4e Sicile. L'autetfr de cette Dissertation regttm 

yissi l'origine du nK>t Druide comme devant étregiJBMî, 

9^ dans la langue grecque , mais dans la lÉi|ve 

qu'il nomm^ celtique (3)« Cette dénomination es^ 

contrfdns aii te^te da Djo<)qi«| qpie commenta Vesae^ 

Uo^y pui^qw rilî^U?rien grise place W Qabt^ M 

*(i) Histoire N^tiundlq djs PUpe, irafiniie e« fripçvU. Pam, 
1772, V, 629. ... '^ , 

(3) M. p. 688. Npfee da traducteur, '"^ 

(3) OW^o celtlca «1^, Diodori Sicuii BUUioih. ^mttn^/jam 
1746. 1, 364 c^ns Fëd. in-folio. I^oiê d<s W^#Uig. 

Il 



i 



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INTnODUCTION XUX, ^ 

Gaalois au nord de la Gaule. Vesseliiig atteque 
même ce texte dans Ja troisièi 
là, et cite à celle occasion C 
rëfonhet* le texte grec. Mais 
ppôttvé très-bien que cette coi 

# n'est pas recevable, étant cor 
nuscrits. On sait que le bas-bretôn , appelé coih- 
niunéni^nt celtiquô , est presque le même langage qiié' 
celui du pays de Galles d'où César fait venir' lès 
Dhiides. Cette langue est donc encore aujôurd*hui 
là langue Galloîse, et ce sont les géographes mo- 
> (feiUfê^qtii, entraînés^ par Tautorité de Jdles' César, 
ont confondu à cette époque les Celtes avec lé^ Gai- 

. ïàk un Gwj/toïÈ. 

fférei rie pdiit se réîfôudré à faîfc venif le mot 
Ohfidé àix gffCô' d^uSf ûidii gallois derùy et donne a 
ce odûi jMirWigine toute' différeàte ; voici^qUéllé eiaif 
BSL faisôtmil^ÊtéMs Rlé Britannique qOe Id' rèll^on 
dift Prirféhjyftîdait comme dans son cen tre. ôâar ( i y 
I& Aoufti^ritittidfa/r. XLYIII) que ceux qui voulaient 
en adP|K une connaissance plus profonde , allaient 
rétudiin^Qlins cette île. U s'ensuit que l'on doit cher- 
6Ètf dans k larigue galloise et irl'andkise^ la vraie 
nialiièré ^é€lt\rë et de prononcer le nom des Ût*uide8l 
Les poésies bretonnes du cinquième et du sixième 
a^lëVy c'est-à-dire d'un tems où cette religion n'étsât 

^^&s encore font-à-f^it abolie, parletif de ces pi^tre^, 
dont le nom* s'y trouve écrit Derbwydden au pluriel, 
e% ij^réujdd atrangulier ; c'est sur cette façon d'é- 
( i) Ite Belh Gattico. n, i3'. 



t « 



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8 DÏSCOtJRS SUR LA l'"" PAUT. DES APINAL. DE HAIHAUT. 

crire^ selon Frérct, que doit être fondée rétiroologie 

ipprendra la signîficàlion primitive. U 

e le mot Z7e/iO£^^^(f/ est composé des deux 

>e ou Dif Dieu, et Âhoujrdd on Rfuiidd^ 

verbe irlandais Rhaidhim ou Rhouid^ 

him , parler, dire, s'entretenir. Par cette étimologie, 

le nom de Druides aura la même signîBcatiou que le 

mot OeoXo/oç des Grecs (i), duquel est venu notre 

mot théologien. 

Fréret observe avec raison que Diodore de Si- 
cile (2) donne en effet le nom de théologiens aux.» 
Druides. Il ajoute que le mot De ou Di est anciea 
dans la langue galloise. Comme la nation des Gau- 
lois confondus mal à propos avec les Celtes ^ était ex- 
trêmement religieuse (3), ainsi que l'observe C&ar, 
elle avait eu de bonne heure un nom dans sa langue 
pour exprimer le souverain êtr 
mot primitif, et le même que d 
bienfesance, bon, bien. Da a c< 
iîon dans oui-dà^ pour lequel 
dans quelques écrivains. Il n'esl 
ridée de bienfesance soit entrée < 
nom de la Divinité. Dans la langue gennanîqq|, 
Godj Dieu, est aussi formé de la même racine qifê 
good^ bon (4). ^ 

(i) Dictionnaire pour rîotelltgence des auteurs clàtsiqatt, g^ 
SabaÛiier. Paris , 1773. XIV, 498 et 499. art. Druides: 4^ 

(1) LÎTre V, chap. 3i . 

(3) JYatio est omnium GaUùrum admodùm dedita reU^Jo^ihuê, 
De Beilo Gaiàco,yit 16* . * Vf» 

(4) Dict. pour l%t^l. les «ut. claat. XIV, 499* «rt« Drmàe^ 



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INTRODUCTION , L. 9 

Les Druides étaient les seuls auxquels il appartint ' 

de parler des Dieux. Seuls ministres des sacrifices ( i ), 
seuls interprètes du ciel, ils passaient pour les seuls 
qui connussent la nature divine. Ces augustes pré- 
rogatives justifient 1 origine que Fréret donne à leur 
nom. 

Le christianisine a rendu ce nom de Druides aussi 
odieux, qu'il avait été jusqu'alors respectable*: on 
ne le donna plus, dans les langues galloise et irlan- '* 

daise, ^qu'aux sorciers et aux devins. Dès le lems 
des Anglo-Saxous , il avait déjà cette acception (2). p ^ 

1$. Dugoue, herbe que les Grecs ont nommw 
"SmiiMiaxtfi , sureau rampant , des mots x^f^^ ^^^ 
terre, et àjcrij , sureau. Les Romains l'appelaient 
*Ebulum , d'où nous avons tiré le mot dHièble. C'est 
Dioscoriâes (3) qui nous dit que les Gaulois lui don- 
naient le nom de Douconéj irspc y(cnt.aL%Qa(xin<; ^(ù^aîoi 

Le sui*eau hièble, sambucus ebulus de Linnée , 
a les racines vivaces, les tiges herbacées, striées, or- 
' dioairement simples , hautes de trois à quatre piél , 
c'est-à-dire de 10 à i3 centimètres; ses feuilles ont 
de cinq à sept folioles ovales^ dentées, glabres. Ses 
fleurs sont blanches, disposées en ombelles à trois 
rayons principaux j et accompagnées de stipules. Ses 
baies sont noires. Il croît en Europe dans les lieus 
finals et gras ^ sur les bords des rivières y et fleurit au 

a(i) Dîodore de Sicile. ▼. 3i. 
Ca) Dict. pour l'inlelL des aiit. class. XI¥, 499. 
(3) Ulvre IV, chap. 168. 



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Goôgk 



f DISCOURS SUR LA 1'* PART. DES ANNAL. DE HAINXUT. 

milieu do Yélé. Ses proprict^ médicales soQt «em- 
blàbks à oellos da sureau commun, et même plus' 
actives; aussi en fait*on firéqtietnraent usage. La 
beauté de ^es fctiiltes et de se» fleurs doit 1^ faii^éli- 
tté» AélM la eohip6sHiou des jaidins' pBjmget^. Il est 
Tiodice des terres fortes et fertiles. Un aveugle pëùf 
acheter avec aécuicitë Qnf champ dans lequel son 
annoncé là présence de ééftfe pltiute. LV 
^ dio sureau l^àmpant Unit souvent aux ré- 

s ces Mtiés &ê terres, et Î1 est difficile de 
^ ^ L&$ laboura, en éKvisafht âëâ ttftin^, aug- 

e nombre des pîés pbur l'aniiée suivante. 

]ue par' le diéfonçage», ou pfif hr culiwe d§i 
plantés cpA^ etîgenb de^ binage» d^été , telles que tes 
fève» de tliHfaîs, t^ hark^ts, les po«Mtfés^de teiVé, ^.^^ 
qo^roirpeutyparféUtr'àpràs^plusiemri^UQéeiidrèflbm. 
Un cultivateur^ jaloux- de ses ihtérêt» , rfe rfoif pà» 
négliger de faire couper tous- ks étés les ^ui^ax 
hr^9k» m» sont à la {proximité de^sa dèmeurie peur 
les faire jeteir serf kf fumier. La ^ntitë d*eiigMi# 
qd'iis fout^issent étant prôpei^tîonée au nofÂthte de 
lewft ft^^lPes et k k gt^i^eur dé leu^ë ti^es, on j^gé 
fiieBemeDt combien iW pen-vent en âugœenler k 
ma^^. Il est probable cjrfon en tirei^îlf une grtMle 
. quantité cfe pbta^se si on' le bràlait avant sà^ flé^ 
raiâdn; U f a des liëus oU cette planter cà^^i^eÉtàÊ^ 
ahrement* des^ ai^h^> étttiei*. Quef de ridlè«M* ëgfef 
exploitées par le seul effet de Tignorance! (i) Sto 

(i)Ii(puveau cours éemplet d^agrituUure. Paris iBog.XRvlM* 
art. sureau. .^ 



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INTRODUCTION , U. 1 1 

doute noft aocétres ont connu le prix de riiièble, puis» 
qu'ils lui ont donné un nom particulier qui s'est con- 
86f vé jusqu'à nous par la tradiiiou , quoique l'usage .. 
de ce nom ait été perdu. 

LI« DuN ou DuiruM. Dun est la terminaison fran- 
çaise d'une in6nité de liens. On prétend qu-* "''•-* — 
ancien mot oekique qui signifie un lieu 
une liauteur; il est aise de le remarquer < 
sieur vitks des Gaules , d'Angleterre, de € 
et d'autres paj^s dont le nom se, trouve U 
français par Dun comme Château-Duny ou c 
comme dans Dunkerque , et terminé en duè 
les noms latûis comme dans Lugdunum , l 
num / jàugustodunum , Virodunum , etc. 

C'est à ToccasicHk de Lugdunum que nous trot^ « 
VQPis le phis ancien passage relatif à la terminaison 
de ce mot II est tiré d'un traité curieux, mais qui 
paraît fiiussemei^t. attribué à Plutarque, sous ce 
titrd : « Des noms des fleuves et des montagnes. » 
Voici fie pafjfeage. 

a Auprès de l'Arar ]» ( la Saône ) « est une mon-* 
« tagd<^ qui s'appelait Lugdunum , et qui /*eçut ce 
« non> pour 4a cause que je vais rapporter, i^lomores 
« et Atépooaros, qiii avaient été d^rônés par Se- 
«wronéaSt enlireprirent, d'après la répfmse d'un- 
oc oracle^ de bâtir une ville sur cette montage. Ils en 
« avaient 4^ jeté les fondemens, lorsqu'une mul- 
« titudede corbeaux ^ dirigeant |eur vol deee côté, 
« remplirent les arbres d^alcntour. Momoros, très- 
« versé dans la science des augures, donna à le ville 



» 



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13 DISCOURS SUR LA 1'^ PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

« le nom de Lugdunum. Car LougoSj dans la langue 
a du pays, signifie corbeau, et Dounos une moh- 
, «tagne. Voyez Clitophon dans le treizième li^rc 
<c de la fondation des villes (i)* » Le texte porte 
Xovyov yàp w açwv ^laXotTCj) tov y,6pa7,a. xaXoGar iàijvov ai 
TÔyl^é^ovra. 

nivant l'auteur de ce traité, à Tar; 

leuve Indus , et selon Stobée, était de 

Aucun autre écrivain que celui d'où 

assage, ne cite son ouvrage sur la 

illes. Le corbeau était l'oiseau le plus 

m vol par les augures ; et le mot dou- 

nos ou ditnum se retrouve non-seulement dans le 

nom de plusieurs de nos villes, mais encore^ dans 

«celui de dunes que nous donnons aux côtes élevées 

de la tner/ 

On observera que ^ovvo;, en grec, signifie hauteur, 
et Saumaise (2) a cru que les Gaulois en avaient dé- 
rivé le mot ibilyoç onDunum. On sait que Lugdunum 
est la ville de Lion située au confluent^e la Saéne e( 
du Rhône , et qu'il y a en cet endroit une hauteur 
sur laquelle est bâti le château de Pierre-Enci^. 

jéugu^dunum, aujourd'hui Autun, est le nom 
qui fut donné, çn l'honneur d'Anguste^ hr Bibracte^ 
ville des anciens peuples Éduens, JEdui X3); elle 

(i)Plutarque.7f^< «•oTotyu*? art. 6. Tubingœ 1804. XIV, 44^. , 

(a) J^e HeUenisticd , p. 3. 

(3) Jules Cësar eo parle aa lirre I, c. a5 et an livre VII , c. 55- 
et 63 de BcUo.Gal^cû, Voyez Perdition de Lemaire, Parisii» fSsa» 
IV, 207, Il y est proavé que Bibracle est le niéme tfj^Au^t^ 
todunum» 



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INTRODUCTION , U. 14 

fut très-célèbre et très-iilustre du tems des Romainsy 
qui la traitèrent de sœur^ et accordèrent le droit de 
bourgeoisie à ses citoyens. Elle était située en Bour- 
gogne : c'est à présent le chef-lieu du département 
de Saône-et-Loire. 

UxeUodunum est placée par Jules César (i) in 
agris Cadurcorum; c'était une ville des anciens 
peuples Cadurci dans l'Aquitaine première. César 
dit qu'elle était très-forte^ et défendue de tous cotés 
par des rochers escarpés, dont l'accès eût été diffi- 
cile à des hommes armés , même «ans avoir d'ennemis 
à combattre. U ajoute (a) qu'une rivière qu'il ne 
nomme point travei*sait le vallon qui environnait 
presqu'en entier le rocher escarpé où était située Uxel- 
lodunum. Quoique cette place se soit rendue fameuse 
pour avoir été la dernière qui s'est défendue contre 
les Romains y on ne la connaît guère mieux aujour- 
d'hui , soit qu'il y ait plusieurs places qui approchent 
de l'assiette que César lui a donnée, soit qu'il n'y en ait 
point qui soit tout-à-fait semblable à la description qu'il 
en afaite. Ceuxmême qui habitent leslieus où elle peut 
avoir été , ne s'accordent plus sur ce sujet. L'opinion 
la plus commune et celle qui avait d'abord été géné- 
ralement admise, plaçait Uxellodunum à Cahoss, 
non-seulement parce que Cahors avait toujours été la 
capitale et la plus considérable du pays, qu'elle avait 
une montagne, une rivière et une fontaine; mais en- 

( O l>e Bello Gailico , Vfll , 3a. 
(a) Chap. 4o. 



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14 DlSCOUR8Sl}R hk 1'* FART. DIS ANNAL. DB HAINAUT. 

oore parce qu'elle avait changé de nom lorsque les ea- 
pkales des diooàses avaient pris celui des peuples. Mtit 
toutes ces raisons, quoique très*planstblesy ne ^huh 
gent point sa situation qui n'est nullement eonfonne 
à la description donnée par Jules César. lyailteiirs 
le géographe Ptolémée Tappelle Dukma ou Dû>ona 
et non pas Vxellodhanimt. Touro^ ik Kodbvpxoc^ m 
v£ki^ ^MjinéifSL {i). Josep)i Scaliger a cru €fa^UMelbh 
dunum est ce que l'on appâte encore aujourd'hai 
dans le pays, h Puech d'UssoloUj près )a vffle de 
Martel; GoiUaume Marcel adiopte celle opinroa, 
fondée noo^seulement sur ce que cette place pinitt 
ptos^ confidrme que toute autre à la descriptîea de 
Jules César; mais encore sur ce qu^elle retie»! \^ftm 
^Uxellodumimy et que la rivière deni le sem a'eH 
pas donné par Jules César peut être la Dordogne 
aussi bien que le Lot. Ce sentiment a été adoplé par 
Philippe Ijabbe (2), par Adrien de Valois (3), et pir 
le célèbre dfÂRTÎlle (4). "Vigenère, dSEtns sa traduc- 
tiop des commentaires de C!ésar (5), a prétenAi 
qvti/xeUodunum était Capdenac, et cette opiaioa 
soulevé par le comte de Cajhis (6)y a été êêkniot 
tout récemment avec beaucoup de force par M. C^hfm- 
poUiofi Figeac dans ses Nouvelles recherdies sur la vtUe 

(I) Plol. lib. If. 

(3; jyotitia Galliarum, 

(4) Plotice de la Gaule. 

(5) 1589 et i6o3. 

(6J Recueil J'anliquilés. V, 277 et suirantes. 



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i^ivjiqm A'Ua^llQduBum (i), M^ip îl «'*i pu d^tmir^ 

les argumens donnée p^r l'^bN dç Vç^yiTîU) qui avaii 
^t^ s€^|E9^i^* 4» Fmx 4'I#PQla 9 ^t qui cpnmis^iit très- 
\m )p P^ï§ qv^l ^IF^ p^^^^oiiru Qt m«Mii^, ¥oicîc0 

4f )a -Of^ikigQ^» %aiy^ 1« ïitu q^« Fou «upposcn 
être ll^lkn^ium»^ > «nUttir^ la plaee» La pbmafi la"» 
tifl^ §^\^¥Pfm ùy^mgm waikm di^idebaty quca^se 

A*" Si {â mn^t^gi?^ fiût (été epilroAQ^ 4^ k nvîèr» 
49 l^t 00 d^ U Pordognp daoA tout 3Qn oontpur,* 
6f<^Bté dq ço,t^ dc^ n^thme d« 3qo pMa (97 mè^m)^ 
(^qÎpiu^Sy ^ Savait à p^inQ aasea de troupes pour 
entourer la ville flictuLe , en eût eu oucore lûen moîns 
fSW fiOtPUrer le jcocher, le y^iIIoii et la riv^e ; il 
li'^yniil pu empêcher les habitans de descendre à la 
^yîèire d'tt« ou d'autre coté. Qucmthm copiœ paêi^ 
bfytfWy valium in oppidù circmêum (Ganîpiua ) dur 
€^pe msHtuik. 

^* M- d^ Yejrac prétend qye le puedi 4'i^sohi est 
ttA ^9^piA4 d^ rocher^ telfemafit escarpes ^ qu'on 
m'j BQUt mwtep qu'eu grimpant. 

^"^ Qu'il ^ euTÛrojaii^ d'ui^ prQfitNEui vallon du 
ij^^ 4» TipxA et de l'occideut; et que du coté de 
Viorj^t ç^ y%llw n'63t eutteçoupé que pav une lan- 
£lf^ de te^^ i^n^pt ui^e espèce de proinoDloire> qui 

« 

(i). Paris, i8a9,iii-4». ^ ^ 

(a) Août 47^5. p. 1Ô44 ^^ s">^- 



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5 

16 DISCOURS SUR LA 1'® PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

prend sa racine à plus de 60 toises (117 mètres) ao- 
dessous des murailles dllxellodunum. 

5"" Le puech d'Issolu est régulièrement rond, et a 
une demi-lieue de diamètre. Son sommet est parfai- 
tement uni et assez vaste pour contenir non-seule- 
ment les cinq mille hommes de Luctérius qui les y 
avait renfermés, mais encore une population consi- 
dérable, ce que Ton ne peut dire de Capdenac. 

6* Hirtius dit que Caninius établit trois camps 
sur un lieu fort élevé ^ trina excebissimo looo castra 
fecit. IjQ promontoire qui divisait le vallon du oâté 
de l'orient, est ce lieu dont parle l'historien. 
» 7'' Au puech dissolu, au même endroit qui est 
marqué par Hirtius, on voit cette grande fontaine 
ou plutôt l'ancien canal de cette fontaine, qui est 
encore appelée la fontaine romaine. 

8"" Quant au lieu qui servit d'assiette à la terrasse 
et à la tour, Vabbé de Ycyrac l'a trouvé en face k 
quelque distance. Il a supputé , le niveau à la maio, 
jusqu'à quelle hauteur pouvait aller celle de la tour; 
et il a trouvé qu'elle devait surpasser d'une toise et 
demie ( ag décimètres) le faite de la fontaine. L'abbé 
de Yey rac a remarqué aussi que depuis les murailles de 
la ville , jusqu'à l'endroit où est la fontaine , le rochfr 
tombe à plomb, et que depuis cet endroit-là jusqu'à 
celui où était la tour, il se forme une pente très- 
rude, laquelle vient se joindre imperceptiblement an 
promontoire dont il a parlé, ce qui rendait l'attaque 
de la foAtaine si difficile ; et l'endroit où était la 
tour s'appellg encore bel casleL Le mot cÀstel^ea 



c 



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INTRODUCTION, U. J7 

langue vulgaire, signifie également tour el château. 

9' L'abbë de Veyrac cite ensuite les autorités doat 
nous avons parlé. Il y ajoute celle du cadastre ter- 
rier de la paroisse de Veyrac, dressé en i66a par 
M. Pelot, intendant de Montauban. Dans cet écrit 
d'après les anciens litres latins , et les chartes , qui 
servirent de base au cadastre, le puech d*Issolu 
est toujours rappelé au nom èiVxellodunum. 

10* Enfin l'abbé de Veyrac cite comme monu- 
ment, d'après Lebret, un vieux portique appelé par 
ceux du pays la porte des Romains. 

Il ajoute à l'observation de Scaliger sur les mé- 
dailles trouvées dans ce lieu , que plusieurs labou- 
reurs de la paroisse de Veyrac et des villages circon- 
voisbs s'étaient enrichis par la quantité de médailles 
d'or et d'argent découvertes, soit en labourant la terre, 
soit en la creusant , pour y trouver des truffes. Il as- 
sure que dans le cimetière de Veyrac ainsi qu'au 
château et aux murs d'un vieux monastère , on voyait 
encore nombre de pierres sépulcrales et antiques 
qui n'avaient pu être extraites que du Puy d'Issolu. 

L'éditeur des Commentaires de César pour la col- 
lection de M. Lemaire (i), frappé de toutes ees 
preuves, y ajoute quelques considérations qui ne 
lui laissent aucun doute, tirées principalement de 
son texte, et conclut qu'Uxellodunum est aujourd'hui 
4e Puy dissolu situé sur la Dordogne dans cette an- 
cienne province qu'on appelait autrefois le Querci et 
qui est aujourd'hui le département du Lot. Sa ter- 

(i) Parisiis. 1822 , IV, SSy. 

T. V. Il* PART. 3 



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18 DtSCOUES SUR LA 1'" PART. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

tninaison dunum est assurément bien motivée par sa 
situation. 

Virodunum est Verdun , chef-lieu d'un arrondis- 
sèment dans le département de la Meuse. 

Castellodunum est Châteaudun , chef-lieu ^d un 
arrondissement dans le département d'Eure-et-Loir, 
dont Chartres est la capitale. Elle appaiienait autre- 
fois aux Carnutes. 

Melodunum est Melun j chef-lieu du départ^neot 
de Seine-et-Marne. Jules César en fait mention (i). 
if dit que c'était une ville des Sénonais, située dans 
une île de la Seine. 

Nouiodunum jEduorum se trouve mentionnée ëans 
Jules César, qui en fait une ville des Éduens, située 
sur les bords de la Loire dans une position avanta- 
geuse (a); c'est aujourd'hui Nevers, chef-lien du dé- 
partement de la Nièvi^. Elle est aussi appelée Nh 
ifedunus (3). 

JVouiodunum Biturigum nous est aussi donnée par 
Jules César comme une ville des Bituriges (4). On a 
cru assez généralement que c'était Neuvy^-sur^Bft- 
raiyon, paroisse où l'on comptait 80 feux, située 
dtftis le Berri à une lieue et demie au sud-sud«ett de 
Nancejy aujourd'hui dans le département du C3bi^% 
arrondissement de Bourges, oîi le Baranjon se jette 
dAis l'Èvfe ou Yèvre , qui elle-même se jette dam le ^ 
Cher. Cette opinion a été adoptée par l'éditeur dtf 

(1) De Bello GalHeo , VII , 58 et 60. 
(il)I4. VU, «15, 

(3) Voyez Tëditioii de Leroaire , IV, 3i2. 

(4) De BeUo Gallico. VII , la. 



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INTRODUGTION LI. 19 

M. Lemaire dans son texte et par M. Artaud dans sa 
traduction de Jules Cësar (i). Mais Tédheur de 
M. Lemaîre revient ftir ce sujet dans son Index géo- 
graphique, et sur l'assertion et les raisonnemens de 
M. de la Cllour, lieutenant dans les dragons de la 
garde royale, veut que ce soit Nouan^e^Fuzelier^ 
place dans Tarrondissement de Romorantin , dépar- 
tement de Loir-et-Cher, sur la route d'Orléans à 
Bourges, entre la Motte Beurron et Salbris. 

NoiHodunum Suessionum esl" encore donnée par 
Jules César (a); le nom de Nos^iodunwn.md\x\M 
Noyon, et le nom des Suessions, Soissons. On a 
donc hésité entre ces deux villes. M. Artaud trouve 
Ja dernière opinion la plus probable et c'est ce qui a 
paru aussi a Guillaume Marcel (3) qui cite à ce sujet 
le géographe Sanson, en s'appuyant sur le texte de 
Jules César qu'il rapporte. On sait que Soissons est 
le chef-Iîeu du déparlement de l'^i^i^e. • * 

Noi^iodunum ou Noi^iomagus , Noyon , apparte* 
aait aux Veromandui^ peuples de l'ancienne Belgique 
seconde comme les Suessiones ; mais il n'est pas fait 
mention de cette ville dans Jules César qui parle 
seulement des Véromanduens, ce qui suffit pour qu'il 
n'eût pas attribué Nopîodunum aux Suessions s'A 
aurait yoûIh parler de Noyon. L'éditeur de M. Le- 
maire est resté dans le doute, et ne.ni^'a pa^ paru 
* a^ir sufBsammeiU e:|aminé la question. 

• (i) Paris, i8a8. 
(a) De Bello Gallico, îl, la. 
■ ^ (3) Art. iSueisiones de son Histoire des Gaules. I , a38. ' 



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20 DISCOURS SPR LA t" PART. DES AlfNAL. DE HAlNAtlT. 

'Juliodunum in Picionibus est aujourd'hui Loo* 
dun , chef-lieu d'un arrondissement dans le départe- 
ment de la Vienne. 

Cœsarodunum est une ville des anciens peuples 
Turones dans la Lionnaise troisième : c'est la même 
que Tours, ville archiépiscopale et capitale de la 
Touraine , aujourd'hui chef-lieu du département 
dlndre-el- Loire. Jules César nomme les Turones (i) 
ouhabitansde l'ancienne provincede laTouraine:mais 
il ne dit rien de leur capitale : le premier nom de 
cette ville, située sur la Loire, est inconnu; celui de 
Cœsarodunum ne lui a été donné que sous les em- 
pereurs romains. La chronique de Geoffroi de Mon- 
inouih attribue la fondation de Tours à Brutus des^ 
cendant d'Énée, vers l'an 1 109 avant notre ère (a). 

Segodunum est la capitale des Rutheni dont |)ar)e 
Jules César (3) et qui occupaient de son tems le 
Rouergtio et l'Albigeois. Mais l'Albigeois est" regarde 
par César comme hors de leur province. Segodunum 
est nommée par Ptolémée; ^on nom moderne est 
Rodez capitale du Rouergue et chef-lieu du dépar- 
tiemept de l'Aveyron. 

P^ellattnodunum est nommée par Jules César (4)^ 
comme une ville des Sénonais, située à une journée 
SAgendieum qu'on avait cru être^Sens^ mais que 

(i)ir,35; Vir,4#t75. g * 

(3) Mëmdifes pour senrir a i1iistoircfanolhin« do Globe. Fam» 
1811. t , 77. 

(3)I,45îetVII,7,64,75. 

(4)VlI,u. ^ 



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INTRODUCTION, L|. ti 

l'on prouve .assez bien être Provins (i). D'autres ont 
pense que Yellaunodunum était Château-Lanclop; 
mais cette petite ville située dans le département de 
Seine-et-Marne, arrondissement de Fontainebleau, 
est située à i8 lieues communes ou plus de sept mi- 
riamètres de Provins, chef-lieu d'un arrondissement 
du même département. L'éditeur de M. Lemaire 
donne trois autres opinions à ce sujet (2), et il parait 
que cette question n'est pas encore bien éclaircie. 

Au reste, ce n'est pas seulement dans les Gai^Jes 
que l'on trouve des villes dont le nom, finit par dU' 
num. On en cite d'autres en Ëspagoe, en Angleterre, 
en ]&x>sse, en Allemagne, sur les Alpes, dana la 
Sarmatie et la Dacie (3). 

LU. Dusii; c'était le nom que do] 
lois à des faunes ou démons incubes 
suivant eux, aarec les animaux, et ( 
les femmes : celeberrima fama estj 
tin ( de Cwitate D^i , xv, aa )... que 
quas Dusios Galli nuncupantj hc 
mundUiam et tenture ^ et efficere^ 
cusei^erarU y ut hoc negare impudentiœ videatur, 

E. 

Lin. Eglkcopala ; ce nom gaulois nous est donné 
par Pline (4) en ces ternies : Columhinam Gallia sufi 

(i) Mémoires de Jules C^ar , traduction noaTeHe, par M. Ar- 
Uii<l- Paris, 1828. II».ia6. 

(3) Caïus Julias Gssar. ParUUs, 182a , IV, SgS. 

(3) Dict. étymologique, par Mëoage. Paris, i694< Art. Duo. 

C4) Hist. nat. XVII , 8. ^ 



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22 DISCOURS «UR LA l'^PART. DBS ARlfAL. DE HAIHAUT. 

nomme Eglecopalam appeUat. « Quant à la marne 
ficjfplumbmef les Gaulois l'appellent en leur langue 
a Eglecopala. » Il ajoute : « On la tire par gro» 
<x morceaux , comme les pierres se tirent des carHère»: 
ce mai» ensuite elle se résout tellement par le soleil et 
fit la gelée I qu'elle ne fonde plus que des feuilles très* 
a minces. Elle est également bonne poUr le Ué et 
tt pour le fourrage. » On sait que le nom de marne 
s^applique à tous les mélanges de calcaire et d'argile 
qui sont susceptibles de se déliter à l'air^ et qu'on 
emploie dans beaucoup de lieus pour amender les 
terres (i)é 

Quoiqu'on lise Eglecopala daoA tous les n^us* 
crits j comme ce nom ne se prête pa& à une étimo' 
rme^ on l'altère pour l'expliquer, 
ériver du gtÇMB lisent Eglecopda^ 
)y des mots ac/X)Q^, brillant et 
^re Hardouin préfère , au lieu de 
iîiCL qui signifie pigeon , sans doute 
r de la colombiiie des Latins. Mais 
, qui cherche une étimologie vé- 
;e, comme Ty autorise le texte de 
Pline, prétend que la voielle e appartient au mot 
nomine qui la précède, en sorte qu'il faut lire gh^ 
copala ou glec'opala. Ce tnot lut paraît venlf évi- 
demment d'opala , opale, dans toutes les langues, et 
de gleich. On sait que l'opale est une pierre pré- 
cieuse^ ciiatoyante, laiteuse, à reflets colorés; quant 
à gleikj gleich j glick jelc^ il signifie égal^ sem- 

(i) Voyez le Dict. d^agricultuH; , Paris, i8(X). Art. Marne. 



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INTRODUCTION , LlY. * « 23 

blaUe, pfreil» dans le% >cli verses langues , tant.ger^ 
maniques <|ue celtiques; témcnn gleièhj isinblabk^ 
pareil^ en langue belgique ou flamande, qui est un 
reste de Tancienne langue des Celtes. C'etI eeCte 
même marne que les Latins appellent colombme^ 
c'est-à-dire chatoyante ou gorge de pigeon (i). 

LIV#.^ABGiJM, nom que les Gaulois donnaient à 
une soiHe de yigne« Nous devons la connaissance de 
ce nom à Cornélius Celsus qui vivait sous Tibère. 
Ses ouvrages sur la médecine lui ont mérité le titre 
JHippocrates latin. Columella dit (a) qu'il connan- 
sait parfiiitement^ non-seulement l'agriculture , mai# 
encore la natur«f entière. Quintilien (3), qui ne lui 
donne d'ailleurs qu'un génie médiocre, contient ce^ 
pendant qu'en écrivant sur l'histoire, l'éloqueiice, la 
guerre^ l'agriculture et la médecine, il avait au 
moins inontré qu'il était instruit dipns tous ces arts* 

Columella, après avoir parlé de deux classes de 
vignes, ajoute (4) : « Celsus fait une troisième classe 
« dea vignes qui ne sont recommandables que par 
«( leur fertilité^ telles que les trois Hehenatœ, dont 
« les deux plus grandes sont regardées comme pa** 
areilles entre elles, parce que leur vin n'est ni de 
« moindre qualité, ni moins abondant dans l'une 
<c que dans l'autre* L'une des deux, qfte les habifans 
tf des Gaules appellent Emarcum , ne rend qu'un vin 

(i) Histoire naturelle de Pline. Paris 177a. VI , t\i, 

(a) Livre II, chap. a. 

(3) 12, 11. 

(41 Livre III, chap; a. 



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34 DISCOURS SUR la 1'" pa^t. db» annal, de hainaut. 
« mfkliocte. » Earum altéra^ quant GalUarum ittcoki 
Emarcum vocant^ mediooris vinL 

LV. £pok£dijE. Pline dit(i) que les Gaulob ap- 
pelaient ainsi ceux qui dressaient les chevaux : Ep(t 
relias Gain bonos equorum domiiores vacant. Seioe 
Poinsinet de Sivry (2), vreden celtique signifie une 
bride, en italien redina; et bride n'est aul|« diose 
que ce mot différemment prononcé. £u-vred qui 
s'écrit en celtique eivred, signifie donc bonne bride^ 
c est-à-dire bon écuyer, d'où Eu^yredia^ nom de plu- 
sieurs villes dont les Latins font Eu-orédia, Eh- 
orcdia , Ejhorédia. Cette dernière prononciation Ta 
emporté sur les deux premières dftnme plus con- 
forme aU génie de la langue latine : de là 9 dis-je, le 
nom de ville Eporedia Salassorum^ aujourd'hui 
Evrea ou Ii>réa , que nous appelons Ivrée, dans l'an- 
cien pays des Salanses, à l'occasion de laquelle Pline 
donne ce nom gaulois. 

LYI. EssEDUM, nom que l'on donnait à une 
voiture à quatres roues, que les Romains avaient 
prise des peuples de la Grande Bretagne (3). Non- 
seulement Jules César en parle dans le passage 
que j'ai cité, mais Cicéron y fait allusion lor9<p{p 
écrit à Trébatius (4) : « gardez-vous des c faâlïfc? 
bretons ; » in Britanniâ ne ah essedariis decipiÊtt^ 

(1) Hist. Dat. LWrc III, chap. 17. 

(a) Note sar ce passage de aa tradactioD. II , 190. 

(3) Jales Cësar, de Betlo GalUeo , IV , 33. J'ai «apporte la tra- 
duction de ce passage à Particle Covinus, Le texte de cet article 
de Jules O^sar se rapporte aux Esscda et non aux Covini. 

(4) KpUtolœ adfamil. VII > 6. 

\ 



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INTRODUCTION y LVl. 35 

caveto. n nomme encore ces chariots dans une autre 
lettre au même Trébatîus (i). Mais les Belges avaient 
cette même espèce de voitures comme on le voit par 
ce vers des Géorgiques de Virgile : 

Belgica vel molli theliusftret esseJa collo(7). 
Un joar tu le Terras , ce coursier ge'oëreuz , 
Fnsanglanter son mors et Taincre dans nos jenz ; 
^ On, plus utile encor, dans les champs de la guerre , 
Sous de rapides chars faire fre'mir la terre. 

Les commentateurs de Virgile ont conclu de ce 
passage et du nom de Belgica omis dans la traduc- 
tion^ de Tabbë Delille, que les Belges avaient ima- 
giné Tusage de ces chars (3). Mais les Romains en 
firent aussi des voitures de luxe destinées aux 
voyages. On croit que ce fut César qui les introduisit 
à son retour des Gaules. Cicéron reproche à An- 
toine d'avoir adopté cette innovation. « Un tribun 
<c du peuple,» dit-il dans une de ses Philippiques (4)| 
« voyageait porté sur un essedum (5); des licteurs 
« ornés de lauriers le précédaient : au milieu d'eux , 
tf iuie conédienne s'offrait aux i^gards dans une li- 
« ti^ ouverte; les honnêtes habitans des ci tés ^ 
A^t^tigés Â^ sortir à sa refteontre, ne l'appelaient 
« pM de wdok nom de théâtre; ils la saluaient du 

(i) Id. EpUu 10. 
(ii)N6«org. in,3o4. 

(3) Jonius Pbilargirius , in III Georg. F'irgiL 

(4) Philipp. 11, chap. i^. 

(5) Un traducteur moderne, Paris 1821 ^ traduit ici essedum 
par un char gaulois. Mais on a va que ce char était breton ou 
belge. 



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• 



26 DISCOURS SUR Lk i'* PART. DBS ANNAL. DE HAIRAUT. 

« nom de Yolumnia, » parce que YoIaroniUs l'aTiit 
mise en liberté., « Venait ensuite un cbar à qtiatNI 
« chevaux (rheda)f rempli déjeunes débauchés ^to} 
a cortège ordinaire. y> Nous trouvons encore ici une 
troisième dénomination pour le% chars; elle estaa3si 
gauloise comme nous l'apprend Quintilien et comme 
nous le verrons dans la suite. Il paraît ici que rheda 
était une calèche ou voiture découverte. * 

Quant au mot esseda^ Cicéron l'emploie encore 
avec rheda dans le passage suivant où il écrit à At« 
tiens (i), en parlant cTun ami de Pompée, dont h 
luxe lui a paru ridicule. Hic Fedius venitmihiiAiéàtn 
cum duobus essedis et rheda equisjunctd et lecticd, in 
familid magna y pro qudsiCurio legem pertukril^ 
HS centum pendat necesse est. Erat prœterea cfno^ 
cephalus in essedo; nec deerantonagri. « Ce y^Kus 
et est venu au-devant de moi avec deux chariot^ ^ une 
«chaise roulante attelée à des chevaux, une litière 
et «t fin si grand nombre d'esclaves, que si la loi de 
« Curion passe, Védius sera assurément taxé à pIûs 
ce dé cent mille sesterces. Il avait de pins nin duo- 
«( céphale (espèce de singe à tête de chien) sftrw 
<( de ses chariots, et deS onagres dans soa,49Q>pdS^^ 
On observera que celte épître li*a été écrite queiTàn 
de Rome 703 (2), quatre ans après l'eipéditiM de 
Jules César en Bretagne (3). Pitiscus qui dit NÂ*»- 

[i)AdAttic,Vl, I. 

(2) Saivant la chronologie adoptée par M. Le Clerc , Pans , ■ 
i8ai , p. 1 1I de son ëdition. 

(3) Chronologie de Tacite . sous Tan 699 de Rome. 



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INTRODUCTIOH y LVI. S7 

traire (l), le trompe. Sous Auguste ^ Hora^ en £iit 
mentioii (2) : 

Esseda festinant ^ pilenta, petorrita nattes, 

«c Aturèft^eela vlenûônt en grande hâte, des charioâ^ 
«des litières, des carrosses, et jusqu'à des navires.» 
Ce passage nous donne encore un mot (petorritum) 
que Festus et Varron disent être gaulois, et qui 
signifie aussi chariot, comme on le verra à Tarticle 
dé Ce mot dans la suite de ce glossaire. On Voit par 
ces quatre noms donnes aux chai*s en Bretagne et 
dans les Gaules avant Jules Cësar (sans compter celui 
d« Benna dont l'article a été donné plus haut), que 
de grandes routes y étaient tracées depuis long-tems 
et que la dvilisation devait y être fort avancée. Le 
peiorriium ou peioriùum était une voiture suspendue 
à qofttre roues. VÊssedum est donné aussi pour bre«*' 
ton par le poète Properce (3). 

Eiseda celatis siste Britannajugis, 

Jjes hommes en dignité en fesaient usage , puisque 
selon Suétone (4)^ l'empereur Caligula combattant 
contre les Germains, se trouvait au-delà du Rhin, sur 
5ùn tssêdum , resserré avec ses troupes dans un dé- 
file , chm Caius trans Rhetiam inter anguslias , den- 
sumquê agmen iter essedofaceret. Plus tard , l'em* 

^1) Z^xicum antiquitatum romanorunté 1737. Art. Esseda. 

(a^ Epistol. lib, II f ëp. 1 , vers. 192. 

(3) Il , 1 , 86. 

(J^y Vie de Caligula , chap. 5i , n® 4- 



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38 DISCOURS SUR LA f* PART. DBS ANNAL. DE aAlNAUT. 

pereur Galba, se rendait à Rome pour prendre pos- 
seteion de Tempire après la mort dé Nër4>n. Lorsque, 
sur sa route, à droite et à gauche, chaque ville 
s'empressait d'immoler des victimes, un taureaa, 
biéssë d'un coup de hache, rompit ses liens, se jeta 
sur son essedum les pies en l'air, et le couvrit de 
sang. Camper omne iter dextra sinistraque oppida- 
tint victimœ cœderenlury taurus securis ictu conster- 
natusj rupto vinculoy essedum ejus inçasit{i). 

Aussi Martial s'indigne que l'on attelle des ani- 
maux difformes à un essedum pour les donner en 
spectacle. Il s'en exprime en ces termes (a)« 

Tur^s esteda qubd trahunt bUontes , 

« Les bisons tramer des chars. » 

On s'en servait encore à la guerre plusieurs siècles 
après Jules César, puisque Sidonius ApoUiBans 
s'exprime ainsi (3 j : 

Hinc ager sonat , hine arar résultat, 
Hinc sese pedes atque eques reflectit , 
Stridentum et moderator essedorum. 

Plus tard encore, Jornandès (4), confondant fesse- 
dum avec le char armé de faux dont nous avons parlé 
à l'article covinus^ dit : bellum gérant bigis; currit^^ 
quefalcatisj quos more vulgari essedas vocanL 

(i) Vie de Galba , chap« i8,ii. a. 
(a) Epigramm, lib.I , io5, 8. 

(3) EpistoL Ub. II, lo, aa. 

(4) De rehus Gothicis , c. a. 



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IHTRODIJCTION , LVII. 39 

LVn. EuBAGES, secte de Druides qui s'attachait 
principale'ment h connaître la nature, et se ipélait 
de la divination. Leur nom nous est donné par l'his- 
torien Aiiamien Marceliin (i) : Eubages verb scrU" 
tantes seriem et sublimia naturœ pandere cona-» 
bantur. 

G. 

LVni. Gaesum. Voyez Gesum. 

Ils.. Galba, gras. Suétone rapporte plusieurs 
raisons pour lesquelles le nom fut donné à l'empe- 
reur Galba qui était de la maison Sulpitia. ce On n'est 
a pas d'accord , » dit-il , « d'où prit le surnom de 
« Galba le premier des Sulpitius qui s'appela ainsi; 
« s^lon quelques-uns, c'est pour avoir embrasé enfin 
« avec des torches enduites de galbanum une ville 
« d'Espagne qu'il avait assiégée long-tems en vain ; 
a selon d'autres , c'est pour s'être servi constamment, 
ce dans ube maladie chronique, de remèdes enveloppés 
et de laine, et qui, pour cela, portent le nom de gai" 
« beum. Plusi^rs pensent que les Gaulois le nom- 
«c mèrent ainsi dans leur idiome, parce qu'il était 
« fort gras : il en est au contraire qui prétendent 
« que c'est parce qu'il semblait aussi maigre que les 
ff vers qui naissent dans le hêtre, et qu'on appelle 
« galbœ. » 

Nous n'avons plus de mots qui approchent de ce- 
lui-là si ce n'est le mot flamand kalf<{m signifie un 
veau (a). 

(i) Ammianus Marceilinas. L. XV. 

C^) Vosrius, in Etjrmologic, au mot Galba. 



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30 DISCOURS SUR LA l'* PART. DES ANNAL. DB HAINAUT. 

Suétone (i) et Martial (i) âétrissent les mœurs de 
Galbg. 

LX. Gau. On a vu à l'article Bagaudœ que ce mot 
signifie , en celtique , une forât ; il signifie aussi pierres 
ou cailloux daQs la septième muse normande : 

D'engaigne qu'ils avoient après estre sortbi - 

Ils prirent de gros gaax , et câssireot les Titres (3). 

LXI. Gesum ou G.SSUM , espèce de javelot dont se 
servaient les soldats gaulois. Nous lisons dans Festus: 
Oesum , grave jaculum. Virgile en arme les Gaulois 
lors de la prise de Rome : 

Duo quisque jilpina coruscant 
Gœsa manu, scutis protecti corpora lungU (4). 
Deux traits qu^avait fournis a leur maîn aguerrie 
Le châotf rigoureux «les Alpes» leur patri^i 
Sont leur arme Mgére j et de longs boucliers 
D'un airain protecteur les couvrent tout entiers. 

Il est vraisemblable que les Gaulois qui prenaieDt 
de l'emploi dans les armées étrangères, et queToa 
appelait Gérâtes ^ tiraient leur nom. de cette sorte 
d'armes. Voici comme Polîbe parle do ces soldats 
mercenaires (5) : 

To (xtdOoû OTparevetv Faicxarou;^ 17 yàp XIJi; ccm oSî^K 

(1) Vie de Galba , chap. aa. 
(a) Epigr. lib. /, 97. 

(3) Ménage , Dict. étjm. art. Galet. 

(4) >Ciieirf. VIII,662. 

(5) LWrc II de son histoire, cbap. 11. , 



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INTRODUCTION, IXI. 3i 

oYilxa&ii Kupudi. «(Les Insubriens et les Boiens, les* 
a deux plus grands peuples de la nation gauloise ) 
oc (mvôient chez les Gaulois qui habitaient le long des 
a Alpes et du Rhône (l'an iiSa avant notre ère), et 
« qu'on app^M^GësateSy parce qu'ils servaient pour 
« une certaine solde, car c'est ce que signifie propre** 
a ment ce inot. » 

On voit que Polibe dérive ici le mot Tatachai au- 
trement que nous ne venons de le faire d'après Guil- 
laume Xylander, dans ses notes sur la vie de Marcel- 
los par Plutarque. Reiske commente Polibe en disant 
que Taidaxatj en germain gœste\ répond au grec ^évoi, 
amis étrangers, et plus particulièrement appelés et 
enrôléa avec une solde. Cette étimologie , plus con- 
forme au texte de Polibe , est cependant moins na- 
turelle que de faire venir VatxsdtoLi de yxiatù espèce de 
javelot dont se servaient les Gaulois comme Virgile 
semble le dire; mais il faut convenir que Polibe (i) 
emploie le même mot pour des javelots dont se seiv 
vaient les Romains. 

LXH. GiGARUS, herbe que les Latins appelleAt 
Proserpinalis (a). Cette plante est bonne contre le 
saignement de nez. 

LXm. GiLARUM ou Gblarttm , herbe que l'on ap- 
pelle aujourd'hui serpolet (3). Le thym serpolet, ou 
simplement Jérpolet, a les tiges ligneuses, ram- 
pantes, rameuses, plus ou moins velues ; les feuilles 

(i)Vl,39, 3etXVIII,i,4^ ** 

(a) MarceUns , de Medic, c. x. 
(3) Id. ihid. 



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32 DISCOURS SUR LA 1'* PART. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

^opposées, planes, ovales , un peu ciliées , plus ou 
moins velues; les fleurs rouges ou blanches, disposées 
en épis courts ou en têtes terminales. Il croît dans 
toute l'Europe dans les terrains secs , sur les mon- 
tagnes pelées , est toujours vert, et ^|^t pendant h 
plus grande partie de 1 été. On en remSque plusiairs 
variétés relatives au plu^ ou moins de poils, à la 
couleur des fleurs, à la panachure des feuilles; une 
surtout qu'on appelle à odeur de citron , est fort re- 
marquable, et pourrait être considérée comme une 
espèce , si Miller n'avait assuré que le semis de ses 
graines produisait l'espèce commune. 

Cette plante forme de charmans gazons , d'une 
odeur très-suave ; mais elle est l'indice d'un mauvais 
sol; ainsi les cultivateurs ne doivent pas la voir avec 
plaisir sur leurs fonds. Les moutons , les chèvres et 
les lapins la mangent; mais on a probablement exa- 
géré la qualité qu'elle donnait à leur chair, qualité 
plutôt due aux autres plantes qui se trouvent avec 
elle, telles que la fétuque oi^ine; car l'expérience 
prouve qu'ils ne l'aiment poinL Les abeilles t^tmvent 
d'abondantes récoltes sur ses fleurs, et le miel 
qu'elles en tirent est excellent. 

On le place ordinairement en bordures que Fon 
tond tous les ans après la fleur, comme le buis, ou 
en touffes qu'on laisse monter à volonfë. Un tmnin 
maigre, léger et chaud est celui qui lui convient ie 
mieux , la gelée l'attaquant fréquemment dans cem 
qui sont argileux et froids. On doit le changer de 
place ou de terre tous les quatre ou cinq ans, parce 



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IR TRODUCTIOII , LXIV. 3J) 

qu'il est très-effritant. Sa mnkiplicatioD s'opère par 
graine^ qu'on sème à Texposition du levant, lorsque 
les gelées ne sont plus à craindre, ou plus commu* 
nément par le déchirement des vieux pies pendant 
l'hiver ou au commencement du printems. Toutes ses 
parties , et surtout ses calices , contiennent une huile 
essentielle, jaune, trèsK>dorante , et abondamment 
chargée de camphre. On lés fait entrer dans les par- 
fums; on les emploie à l'assaisonnement des mets, et 
dans la médecine comme stomachiques et carmina- 
lives. La dessiccation, loin de leur faire perdre cette 
odeur semble l'aviver. 

On ne doit pas manquer de planter le serpolet dans 
les pelouses des parties sèches des jardins paysagers 
dont ils forment le plus bel ornement ; mais il faut le 
■ proscrire des gazons proprement dits; car il nuirait 
à l'uniformité de couleur qu'on exige d'eux, et il ne 
tarderait pas à les détruire par le prolongement de 
.. sts tiges. Cette dernière coitôidération a lieu aussi 
pour le pâturage ; ainsi Ion conseillerait d'y arracher 
ia totalité des pies qui s'y trouvent , pour faciliter la 
reproduction de la bonne herbe , si Tidée qu'on at- 
tache à son influence sur la chair des moutons , et 

^ l'agrément de son parfum , ne dictaient pas Icm* con- 

I senration (i). 

1 LXIV. Glasteum , ou Vitrum (a), et selon Pline 

' GsuâJTUV, Guède, pastel, plante propre à la tein- 

; * (i) Nouveau cours complet d'agriculture. Palis, 1S09. Article 

J Thyw. 

,' (2)Onfattsias, tle Simpiicibus, 

T. V. Il* PART. 3 



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84 DISCOURS SUR LA l'* PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

ture. Jules César l'appelle vitrum dans le passage 
suivant (i) : Omnes verb se Britanni vitro inficiuni, 
quod cœruleum effîcit colorent ; atque hoc horridmt 
Siint in pugna aspectu. « Tous les insulaires de la 
<c Grande Bretagne se teignent le corps avec du pas- 
(c tel, ce qui leur donne une couleur azurée , et rend 
a leur aspect horrible dans les combats. » 

Le Pastel ou Guède/ en latin Isatis j est une 
plante du genre de la tétradinamie siliqueuse et de 
la famille des crucifères, que l'on cultive en granS 
dans quelques parties de la France, à raison de ses 
feuilles, qui, convenablement préparées, fournissent 
une couleur bleue très-solide à la peinture. Les Gau- 
lois l'appelaient Glastrum du mot Glas, qui signifie 
encore aujourd'hui vitrum ou du verre, en Alle- 
magne. 

Le pastel a la racine pivotante, fusiforme, bisan- 
nuelle, assez grosse et très -pourvue de fibrilles; la 
tige haute de trois à quatre pies , c'est-à-dire de 97 
à iSo centimètres, velue, très-rameuse à son som- 
met; les feuilles alternes, presque glabres ; les infé- 
rieures pétiolées , lancéolées et fort grandes; les su- 
périeures amplexicaules etsagitlées; les fleurs jaunes, 
disposées en panicules à l'extrémité des tiges et des 
rameaux , et chacune composée d'un calice de quatre 
folioles, d'une corolle de quatre pétales, de six éfa- 
mines, dont deux plus courtes; d'un ovaire supé- 
rieur surmonté d'un stile à stigmate épais. Le fruit 
est une silicule en cœur allongé , monosperme, à deux 
valves carinées. 

(i) De Bello Gallico , iib. v, cap i4. 



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INTROIXUCTIOM , LXIV. 35 

Cette plante croît naturellement dans plusieurs 
contrées de l'Europe, et principalement sur le bord 
de la mer Baltique. Elle ne craint point les plus fortes 
gelées. 

On cultivait le pastel plus abondamment qu'au- 
jourd'hui avant la découverte de l'Amérique; elle 
était alors la seule plante dont on pût obtenir une 
teinte solide. L'introduction de l'indigo dans nos fa- 
briques l'en a presque expulsée; je dis presque, 
parce qu'on y a reconnu que son union avec l'indigo 
augmentait la fixité et l'intensité de la couleur que 
celte dernière fécule donne aux laines, et qu'en con- 
séquence on l'y emploie toujours, mais en petite 
quantité. 

La cause qui fait préférer l'indigo au pastel, vul- 
gairement appelé guède ou guesde, et vouède , malgré 
son infériorité, c'est qu'il est bien plus riche en 
parties colorantes , et que , quoique venant de loin , 
et produit par des mains esclaves , c'est-à-dire étant 
beaucoup plus cher, il est cependant d'un usage plus 
économique. 

Quoi qu'il en soit, cette plante ne mérite pas 
moins toute l'attention des cultivateurs français , 
non-seulement sous le rapport qui vient d'être cité, 
mais encore comme propre à nourrir les bestiaux 
pendant tout l'été, et même pendant tout l'hiver, 
c'est-à-dire à une époque où les alimens verts leur 
sont le plus nécessaires. 

C'est dans les environs de Toulouse, dans ceux 
d'Avignon, non loin de Caen et de Valenciennes , 



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3C DISCOURS SUR Lk V^ PART. DKS ANNAL. DB HAINAUT. 

que l'on cultive le plus le pastel : celui des deux 
premières contrées est plus recherché comme conte* 
nant plus de parties colorantes, avantage qu'il doit 
uniquement à la chaleur du climat. 

Une terre substantielle et profonde est celle qui 
convient exclusivement au pastel destiné à la tein- 
ture , |iarce que plus ses feuilles sont grandes et nom- 
breuses, et plus il y a de bénéfice à en tirer; il faut 
de plus qu'elle ne soit pps trop argileuse et trop hu- 
mide, parce que, dans le premier cas, les racines 
ne pénétreraient pas assez facilement, et que, dans 
le second , les feuilles pourriraient. Celui qu'on sème 
dans l'intention d'en nourrir les bestiaux , doit l'être 
dans la plus médiocre ; car il y aurait de la perte à 
faire autrement. En Angleterre, on lui consacre tou- 
jours, au rapport d'Arthur Young, de vieux prés 
qu'on veut rompre, et dont des cultivateurs vqjra" 
geursy ce sont ses expressions, paient par an, pour 
deux ans, une rente triple de la rente ordinaire; ce 
qui démontre suffisamment les avantages de cette 
culture. 

Il y a deux variétés de pastel, l'une plus petite, 
plus velue, à graine jaune; l'autre plus grande, pres- 
que glabre, et à graine violette. C'est ceite der-» 
nière qui mérite la préférence, non-seulement à 
raison de sa grandeur, mais encore parce que la pous» 
sière est moins retenue par les feuilles, et que la pâte 
qu'on en fabrique est moins impure. 

On doit, par un ou deux labours profonds, fiiits 



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IMTRODL'CTION , LXIV. Si 

avant et pendant Tbiver) préluder à celui qui pré- 
cède immédiatement les semailles. 

Si l'on veut tirer tout le parti possible de la cul* 
ture du pastel ^ il ne faut pas épargner le fumier, et 
le fumier bien consomme , avant ce dernier labour. 

Il est bon de diviser le terrain en planches bom? 
bées, de trois à quatre pies (ou de 97 à i3o centi- 
mèCrcB) de large, et de donner, par des rigoles cou- 
Tenablement disposées , de l'écoulement aux eaux , si 
Ton a lieu de craindre leur abondance. 

Cest au mois de février qu'on sème ordinaire* 
ment le pastel. Sa graine doit être l'épandue très- 
dair; car chaque pié occupe beaucoup d'espace, dix- 
huit à vingt pouces (ou de 49 à 54 centimètres) de 
diamètre. Dans quelques endroits on le sème en 
rayons , et cette pratique est dans le cas d'être re* 
coipmandée. 

Lorsque le pastel est levé et qu'il a d^à acquis 
une certaine force, c'est-à-dire vers le mois d'avril, 
plus tôt ou plus tard, selon le climat, il convient de 
le débarrasser des pies qui sont faibles et trop rap* 
procjbtés des autres , et de lui donner un binage. 

Les feuilles du pastel commencent à mûrir en juin. 
Elles sost bonnes à cueillir lorsqu'elles ne peuvent 
plus se soutenir droites et qu'elles jaunissent. 11 est 
IrèS'important de faire cette opération par un tems 
sec, pour qu'elle s'exécute plus facilement; et que 
les feuilles soient moins chargées de terre. 

La récolte du pastel se fait de deux manières; ou 
Xon arrache les feuilles avec la main en les torr 



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38 DlSCOURSSim la 1'* part, des annal, de HAINACT. 

dant y ou on les coupe avec une faucille ou une 
faux. Ces deux manières ont des avantages et des 
inconvéniens qui probablement se compensent. Il 
semble que si^ comme Rassurent les cultivateurs, et 
comme la théorie l'indique ^ la maturité est néces- 
saire pour obtenir une abondante et une bonne fé- 
cule, il faudrait n'ôter que les feuilles qui se sont 
affaissées sous leur propre poids ^ qui ont commeûcé 
à jaunir, c'est-à-dire les plus basses , et laisser celles 
du centre jusqu'à ce qu'elles soient à leur tour par- 
venues à maturité. 

On fait ainsi , pendant l'été , trois et quelquefois 
quatre coupes de pastel , suivant que le sol est plus 
fertile et la saison plus favorable (i). 

LXV. Gouge y outil de menuisier; est un ciseau à 
biseau concave pour creuser en rond ; les maréchaux 
s'en servent aussi. Son nom vient de Gavia^ mot 
gaulois. Isidore évéque de Séville, au dix-neuvième 
livre de ses Origines (2), au chapitre oîi il parle des 
ouvriers en bois , de lignariis^ s'exprime ainsi : Can- 
terium Gallia^ Gwwa. Vitruve n'emploie cepeudaut 
pas en ce sens le mot caïUerium ou ccufitherium^ par 
lequel il désigne un chevron, pièce de bois qui des- 
cend depuis le faîte jusqu'au bas de la couverture 
d'un bâtiment. 

\a Gouge est encore aujourd'hui appelée givefen 
bas-bretoD. Les Espagnols l'appellent aussi Gu^ia. 

(1) Nouveau cours complet d^agriculture. Paris, 1809» article 
Pastel où l^on trouvera de plus grands détails. 
(a) A la fin du chapitre 19. 



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Iff TRODUCTION , LS.TI. 39 

Ils disent Guifia de carpentero. Ménage déduit ainsi 
l'étimologie : guma^ g^kf^y gocge. On voit que IV 
voïelle est devenu consonne suivant lui (i). 

LXVI. Gourd , en latin Gurdus. Quintilien [tl) 
dit que ce root signifiait un homme matériel et stu- 
pide, et qu'il était originairement espagnol: Gur^ 
dos y quos pro stalidis accipit vulgiis , ex Hispaniâ 
duxisse originem audwL Aulu-Gelle reproche à La- 
bérius de s'être servi de plusieurs mots qui n'étaient 
pas véritablement latins (3) , et cite gurdus comme 
étant de ce nombre. En effet Labérius dans sa co- 
médie intitulée Cacomemnon^ avait dit : 

Mie est , inquU ^ iUe Gvbdvs quem ego 
Me abhinc duos menses ex jifricd 
p^enientem excepisse tibi narravi, 

«Voilà ce sot personage, gurdus ^ que je reçus , 
« comme je vous l'ai dit , à mou retour d'Afrique, il 
ce y a deux mois. » 

Guillaume Mai^cel croit que ce mot n'était pas 
moins en usage dans les Gaules. En effet quelques- 
uns de nos écrivains du moyen âge s'en sont servis , 
entre autres Sulpice Sévère et Abbon, abbé de 
Fleury-sur-Loîre , dans la description du siège de 
I%iris , en ces termes : 

Pugna adoiai , ponunt animas cum sanguine Gurdi, 

(i) Dictionnaire étimologique. Paris, 1694, art. Gouge. 

(a) LiTre I, chap. ix. 

(3) JYocles atlicas, XVl, 7. 



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40 DISCOURS SDR L\ 1'* PART. DES AllIVAU DE HAINAUT. 

et ailleurs : 

jEstibus accingunt carpentum arentibus arcis , 
Ante fores Gurdi miserandœ gamine plénum. 

OÙ un dossateur a fait cette note : GtTRni; ul est 
stuiti : et hic norimanni intelUguntur. On dit encore 
aujourd'hui gourd et s^engourdir dans la même si- 
gaificatioa. 

Tje mot gurdus a été pris dans les derniers tems 
par les Latins , comme nous prenons en France k 
mot gourd pour celui qui a les tnemhres engourdis. 
Les Gloses dlsidore de Sëville disent Gurdus ^ lentuSj 
inutilis. C'est de ce mot, en cette signification, que 
nous avons fait le verbe gourdir, et son composé 
engourdir^ qui est le plus en usage. 

Aujourd'hui gordo en espagnol, signifie gras. Le 
mot gordoTij en espagnol, désigne un gros grasse!. 

Voyez Vèssius dans ^n Traité de vitiiè sertnohis^ 
livre II, chapitre 8. 

H. 

LXVII. HiBMATiTES. Guillaume Marcel donne ce 
nom à la fleur du tournesol sur l'autorité d'un livre 
de nominibusy virtutibus^ seu medicaminibus , hefr 
barurrij dont l'auteur est Lucius Apulée, philosophe 
platonicien du second siècle; d'autres l'attribuent 
au médecin peu connu Apuléius Celsus; mais il doit 
être d'un auteur plus aûcîen que ce dernier: sur 
rHœmatitès, voyez plus bas l'article Héliotrope. 



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IHTRODUCTION ^ LXTIII. 41 

LXyni. H£8us. C'est ainsi qu'écrit Lactance en 
parlant d'une divinité gauloise que Lucain appelle 
HésuSé Voyez ce dernier mot* 

LXIX. Halus ou Alum est une herbe merveil* 
leusepour les blessures (i); les I^atins l'appelèrent 
par cette raison consolida et ensuite alum. GuiU 
laume Marcel dit que c'est la consjrre ou consolide 
grande. 

La consolide ou plutôt la consoude, en latin spn^ 
phjrUmiy est une plante à racine vivace , épaisse^ 
fibreuse, noire en dehors, à tige anguleuse, fistu** 
leuse, rameuse, rude au toucher, velue, haute d'un 
à deux pies, c'est-à*dire de 3 à 6 décimètres, à 
feuilles alternes, lancéolées, décurrentes, rudes au 
toucher; velues, souvent longues de six à huit pouces 
ou i6 à ai centimères, et larges de trois à quatre 
pouces, ou de 8 à 1 1 centimètres; à fleurs rougeâtres 
ou d'un brun jaunâtre, disposées, dans les aisselles 
des feuilles supérieures, en épis unilatéraux et re- 
courbés. 

Cette plante , qu'on appelle la qonsoude offici- 
NAue , ou plus communément la grande consoude , 
cp*oit dans les bois et les prés humides, le long d«s 
ruisseaux, et des rivières ombragées. £lle fleurit pen- 
dant une partie de l'été. Sa racine, qui est visqueuse 
et astringente, fouit d'une grande réputation comme 
spécifique dans la phthisie, les fluxions de poitrine, 
les (Tacbemens de sang, ainsi qu^.pour consolider 
les plaies, affermir les hernies , etc., etc. 

(i) Apaleins, de virlut. herbaruntf cap, lu. 



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42 DISOOURS SUR LA 1'' PART. DBS ANNAL. DE HAUfAUT. 

Malgré ce genre d'ultiité, qai se rapporte directe- 
ment à rhomme, la consoude est presque toujours 
une plante que les cultivateurs doivent détruire; car 
quand une fois elle s'est emparée d'un pré, elle s y 
multiplie au point de nuire à la production des 
autres herbes , et quoique les chevaux et les hosab 
la mangent quand elle est jeune , son abondance di- 
minue de beaucoup la valeur du foin que l'on espère 
de ce pré. Pour la détruire , il suffit d'en couper la ra- 
cine entre deux terres avec une pioche , la portion res- 
tante ne repoussant plus dès que les bourgeons du 
collet en seront séparés (i). 

Quant à Yalum des Latins j c'est ce que nous ap- 
pelons la Bugle, dont le vrai nom latin est ajuga. 
Ce genre de plantes n'a d'intérêt pour le cultivateur 
que par l'abondance, dans certains lieus de qudques 
espèces qu'il contient. On compte une douzaine de 
bugles. Deux seulement ont des propriétés médici- 
nales. 

T^BuGLElvETTE,en latin Teucrùimchamœpàjrs; 
c'est le nom que lui donne Linné. Cette plante a les 
feuilles triades, hnéaires ,* entières , et les fleurs 
jaunes, latérales, solitaires et sessiles. Elle est an- 
nuelle , et se trouve quelquefois en très-grande quan- 
tité dans les lieus secs et pierreux, surtout dans les 
jachères; souvent elle n'a que deux A trois pouces, 
de cinq à huit centimètres de haut; lorsqu'on la 
froisse, elle exhale une odeur aromatique, analogoe 
â celle du camphre. 

(i) NouTcau coui*s d'agriculture. Paris, 1809, art. Consolide. 



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INTRODUCTION , LXX. 43 

La BcJGLE MUSQUÉE y en lalin Teucrium wa^ selon 
la dénomination de Linné, a les feuilles ligulées, bi- 
dentées, el les fleurs jaunes, solitaires et sessiles. Elle 
est annuelle, et se. trouve très-communément dans 
les parties méridionales de la France, aux mêmes 
endroits que la précédente. Elle s'élève de quatre à 
suc pouces, c'est-à-dire de onze à seize centimètres. 

Ces deux plantes fleurissent au milieu de l'été, et 
sont regardées comme apéritives, nervines, cépha- 
liques, emménagogues, sudorifiques, etc. On eu fait 
assez souvent usage. Les bestiaux ont paru les re- 
pousser. Linné les place parmi les germandrées. 

Toutes les bugles ont les tiges tétragones et les 
feuilles opposées ( i ). 

LXX. Héuotrope, ou tournesol ^ plante qui 
tourne vers le soleil. Les Grecs l'appelaient É'Xto- 
rpoTTiov (2). Guillaume Marcel dit que sa fleur se 
nomme HcBmatilès , et que la plante est l'herbe au 
chancre. 

Le tournesol est une plante annuelle et monoïque, 
du genre croton , qui croît naturellement dans les 
départemens méridionauit de la France , où elle est 
connue sous le nom de morelle (3); on la trouve 
aussi en Espagne, en Italie et dans le Levant. C'est 

(i^ Nouveau cours d'agriculture. Paris, 1809, art. Bugle. 

[il) Apuleius, âe virtut. herb. 

(3) M. NisFole, de l'Acadc^mie des Sciences, a donné en 1710 la 
descriptioa de cette plante (;u*il nomme, après M. Toumefovt, 
Jlicinoïdes ex qud paralur Tournesol Gallorum. Voyez les Mé- 
moires de PAcadémic des Sciences, année 171^, p. 332 et sui- 
▼antes. On y trouvera une figure très-exacte de cette plante. 



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4 i DISCOURS SUR LA 1" PART. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

le croton teignant, croton tinctorius de Linné. Celte 
plante est très-Utile aux arts par la teinture que l'on 
obtient de son suc, et qui, dans le commerce, porte 
le même nom. Elle s'élève ordinairement à un pi^, 
ou 3^ centimètres, avec une tige herbacée, ciJiiH 
drique, rameuse, feuillée, cotonneuse et blandiâtre» 
Ses feuilles sont alternes, rhomboïdales ou ovales, 
ondées, molles, et supportées par de longs pétioles. 
Ses fleurs viennent en grappes courtes et sessiles au 
sommet des rameaux et dans leurs bifurcations. Les 
mâles occupent la plus grande partie des iprappes; 
les femelles sont situées à la base. Celles*ci produisent 
des fruits pendans, composés de trois capsules ré- 
unies, qui sont rondes, raboteuses et d'un vert 
foncé. 

Malheureusement, dit M. Decandolie (i), on doit 
ranger encore parmi les plantes sauvages le tournesol 
ou la maurelle, dont le commerce est exclusivement 
réservé au seul village du Grand-Gallargues , dépar^ 
temrat du Gard, arrondissement de Nîmes; cette 
plante s'exporte presque entièrement en Holkmde. 
Chaque année les habitans de ce village, après avoir 
recueilli la maurelle qui vient naturellement autoor 
d'euic, s'écartent de tous côtés pour en trouver de 
nouvelle, et vont faire cette récolte jusqu'à Toulon 
et Perpignan. Aucun d'eux n'a pensé à cultiver cette 
plante, pour éviter ces voyagesv éloignés et des re- 
cherches incertaines; son produit est cependant asaex 

(i) Rapport aja Sociifttf d'agricultore de Paris, sor an "^o/fM^- 
botaoiq^ue et ap-onoraique dans- les departcmens du sud-onesi. 



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INTBODUCTION y LIX. 45 

important pour que cette culture pût être avanta- 
geuse en ce pays. Ceux qui vont cueillir la maurelle 
dans des cantons très-ëloignës^ y fabriquent le tour* 
nesoi, mais reviennent le vendre à Gallargues, seul 
marché de cette denrée. Ceux qui la recueillent près 
de Gallargues^ la portent à leurs femmes qui sont 
chargées de la préparer. 

Les vaisseaux et instrumens destinés à recueillir 
le suc de la maurelle sont de différentes grandeurs et 
placés ordinairement à un rez-de-chaussée dans une 
espèce de hangar ou d'écurie. Au-dessous d'un pres- 
soir, ayant huit pies et demi ou 1276 centimètres de 
longueur sur dix-huit pouces ou 49 centimètres de 
hauteur, on dispose une cuve de pierre pour rece- 
voir le suc. Dans le même lieu , est une autre cuve 
de pierre ayant la forme d'un parallélipipède, et dans 
laquelle on met l'urine et les autres ingrédiens né- 
cessaires. Enfin on établit dans le même endroit un 
moulin, dont la meule posée de champ, a un pié 
ou 3a centimètres d'épaisseur; un cheval la fait tour- 
ner ; elle roule autour d'un pivot perpendiculaire, 
dans une ornière circulaire assez large et assez pro-t 
fbnde , où l'on met la maurelle que l'on veut broyer; 
ce moulin est fait à peu près comme ceux dont on 
se sert pour écraser les olives ou les pommes à cidre. 
Celui qui n'a ni pressoir ni moulin pour moudre sa 
maurelle^ a recours à son voisin, auquel il aban- 
donne en paiement une partie du suc. 

Pour broyer la maurelle, on doit choisir un jow 
convenable ; il faut que le tems soit serrnn, l'air sec, 



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i6 DISCOURS SUR LK V PART. DES ANNAL. DB HAINAUT. 

le soleil ardent et le vent nord ou nord-ouest. Quand 
la plante est bien écrasée , on eu remplit un cabas, 
fait de jonc et semblable à ceux dont on se sert pour 
mettre les olives au pressoir. Ce cabas est pressé 
fortement ; le suc exprimé coule dans la cuve de 
pierre placée sous le pressoir. Dès qu^il a cessé de 
couler, on retire le cabas, et on jette le marc, qui, 
dit-on, est un excellent fumier. On commence cette 
opération dans la matinée, et on la continue jusqu'à 
ce que tout le suc soit exprimé, ayant soin de chan- 
ger de cabas , dès que Ton s^aperçoit que cdui dont 
on s'était servi jusque-là est percé. Quand on a tiré 
tout le suc , les uns avant de l'employer le laissent 
reposer un quart d'beure, les autres en font usage 
sur-le-champ. Il est porté dans une espèce de petfte 
cuve de bois. 

Avant dé l'exprimer, on doit avoir fait une pro- 
vision de toile qui ait déjà servi , et qui cependant 
n'ait été blanchie ni par la rosée ni par la lessive. Si 
elle est sale, on la lave et^on la fisiit sécher; toute 
toile , même grossière , est bonne , pourvu qu'elle 
soit de chanvre. On la divise en plusieurs pièces; 
c'est le travail des femmes. Chacune a devant elle 
un baquet de bois pareil à celui dont les blanchis- 
seuses se servent pour savoner le linge ; elle prend 
une, deux, ou trois pièces de toile, suivant qu'elles 
sont plus ou moins grandes , qu'elle' met dans le ba- 
quet; elle verse ensuite par-dessus un pot de suc de 
maurelle qu'elle a toujours à son côté, et tout de 
suite, par un procédé pareil à celui des blaiichis- 



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INTRODUCTION , LXX. 47 

seuses , elle froisse bien la toile avec ses mains , afin 
que cette toile soit partout bien imbibée de suc. Cela 
fait, on ôte ces chiffons, on en remet d'autres , et 
toujours ainsi d^ suite y jusqu'à ce que tout le suc ex- 
primé soit employé. 

Après cette opération, on va étendre ces drapeaux 
sur des haies exposées au soleil le plus ardent, pour 
les faire bien sécher; on ne les met jamais à terre, 
parce que l'air y pénétrerait moins facilement, et 
qu'il est essentiel qu'ils sèchent vite. Quand ils sont 
séchés, on les retire et Ton en forme des tas. 

Un mois avant de commencer cette opération , on 
a soin de ramasser de l'urine dans la cuve de pierre; 
la quantité qu'on en met n'est pas déterminée; c'est 
ordinairement trente pots, ce qui donne cinq à six 
pouces (de i4 û i6 centimètres) d'urine dans chaque 
cove. On y jette ensuite cinq à six livres, c'est-à- 
dire de 24 à 3o hectogrammes de chaux vive. Ceux 
(fax sont dans l'usage d'employer l'alun^ y en mettent 
alors une livre ou cinq hectogrammes; car il faut 
observer qu'on y met toujours de ta chaux, quoiqu'on 
emploie l'alun. On remue bien ce mélange avec un 
bâton; après cela, on place au-dessus de l'urine des 
sarmeilsûu des roseaux, assujétisà chaque extrémité 
de la cuve; on étend sur ces roseaux les drapeaux 
imbibés de suc et bien séchés. On en met ordinaire- 
ineDt sept à huit l'un sur l'autre , quelquefois plus ou 
nîoins , selon la grandeur de la cuve; on couvre en- 
suite cette même cuve d'un drapeau ou d'une cou- 
verture. 



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48 DISCOURS SUR LA 1** PART. DES ANNAL. DB HAIHAUT. 

Les drapeaux sont ordinairement exposes pendant 
vingt-quatre heures à la vapeur de Feau ; il n y a sur 
cela aucune règle certaine; la force et la quantité 
de l'urine doivent décider : on les visite de tems en 
tems, et lorsqu'on s'aperçoit qu'ils ont pris la cou- 
leur bleue, on les âte. Pendaujt qu'ils sont exposés à 
la vapeur de l'urine, il faut avoir soin de les retour- 
ner et de prendre garde qu'ik ne trempent dans la 
liqueur, dont le contact détruirait entièrement leur 
partie colorante. 

Comme il faut une grande quantité d'urine, et que 
d'ailleurs les cuves sont trop petites pour que l'on 
puisse colorer dans l'espace d'un mois et demi tous 
les drapeaux que demandent les marchands , on a 
imaginé de suppléer à l'urine par le fumier. Cepen- 
dant le plus grand nombre des particuliers se sert de 
l'urine; mais tous emploient en même tems l'une et 
l'autre méthode. Les drapeaux que l'on colore p^nr le 
moyen de l'urine sont les plus aisés à préparer; quel- 
que tems qu'ils restent exppsés à la vapeur, ils Oe 
prennent jamais d'autre couleur que le bleu, et la 
partie colorante n'est jamais détruite par l'alkali vo- 
latil qui s'élève, quelque abondant qu'il soit. ff. tt^Ol 
est pas de même quand on emploie le fumier, et cette 
autre méthode demande beaucoup plus de vigilmce. 

Dès qu'on veut exposer les drapeaux qui ont Ttiçfi 
la première préparation à la vapeur du fumier, <hi 
en étend une bonne couche dans un coin de récurie; 
sur cette couche on jette un peu de paille brisée, 
on met par-dessus les chiffons entassés les uns sur 



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INTRODrCTION , LXX. 49 

les autres, et tout de suite ou les couvre d'un drap 
comme dans l'autre méthode. Si le fumier est de la 
première force, on va au bout d'une heure retourner 
les chiffons; une heure après on les visite encore, 
et lorsqu'ils ont pris une couleur bleue , on les re- 
tire. Si le fumier n'est pas fort, on les y laisse plus 
long-tems , quelquefois douze heures , et plus même 
quand cela est nécessaire. On sent bien que tout ceci 
dépend du degré de force du fumier. On doit être 
attentif à visiter souvent les drapeaux; car la vapeur 
du fumier, si on les y laissait trop long-tems exposés , 
en détruirait la couleur, et tout le travail serait perdu. 
Le fumier qu'on emploie est celui de cheval, de 
mule ou de mulet. Quelquefois on met les drapeaux 
entre deux draps , et les draps entre deux couches 
de fumier. 

Pour l'ordinaire , on n'expose les chiffons qu'une 
seule fois à la vapeur de lurme ou du fumier. Quel- 
quefois , lorsque l'opération ne réussit pas par la se- 
fconde méthode , on expose les drapeaux à la vapeur 
de Turine; mais ces cas' sont rares. On doit observer 
ï que, pendant tout le tems que dure cette prépara- 
tion , on met presque tous les jours de Turine dans 
la cuve, mais on n'y met que trois fois de la chaux 
vive ou de l'alun. Chaque fois qu'on expose de nou- 
veaux drapeaux à -la vapeur de l'urine, on la remue 
bien avec un bâton; on change jnême le fumier à 
chaque nouvelle opération. Bès que les drapeaux ont 
été assez imprégnés de la vapeur de l'urine , on les 
imbibe une seconde fois du yc nouveau de maurelle. 

T. V. Il* PART. 4 



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&0 DISCOURS SUR Lk 1^ PART. DES 4NNAL. DK HAlElàUT. 

Si après cette seconde imbibilion, ils sont d'un b|eii 
foncé tirant sur le noir^ on ne leur fournit plus d^ 
npuvcau suc; alors la nuM^cbandise est dans let^t 
requis. Si les chiffons n'pnt pa^ cette couleur foocéçi 
oa les imbibe de nouveau suc une troisième fois, 
quelquefois un^ quatrième} niais ceUi arrive r^* 
mçnt. 

Quand les drapeaux ou çbiiObns j préparés cQïXim 
qn vient de le dire ^ sont bien secs ; on les wball« 
dans de grands sacs; on les y serre et presse Vk») 
puU on fait un second emballage dans d'autre^iaçi, 
OH dans de la toile avec de la paille , et Von en fofm# 
dks balles de trois à quatre quintaujc ; des Qiarçhai|d$ 
çommissionaircs de Mont|iellier ou de» eaviron» kl 
achèteiil pour les envoyer en Hollaude ^ en tes (^ 
barquant au port de Cette (i). 

l^s drapeauTc de toui*nespl sont 6>ft«ai$és à d^co* 
Iprer; par conséquent ils sont de faux teint: Teau 
frpide enlève sur-le-champ la couleur, et les déoQf* , 
I,Qre entièremeut. C'est avec I4 partie colonoite qi|W 
fait à Amsterdam les pains de tournesol. 

Le bleu de la maurelle n'est pas aussi beau qu# « 
celui qu'on retire du pastel ou de l'indigo, £« ikll^* 
^lagno, en Hollande et en Angleterre, on en côlbit 
1^6 conserves , les gelées , et les diverses liqueurs^ 
!Paas quelques pays, les chiffons de tourpesel servent 
à donner au vin Ja couleur qui lui manque. I^ 
Hollandais emploient cette teinture pour vernir en 

(1) Voyez Ica Mémoires de rAcadéiifîe des Sciences pour Pan- 
^ée 17&4, p. 6S7. M<^motrc d«M Montet. 



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INTRODUCTION LXX. Si 

fiolet la croûte de leur fromage. Le tournesol eo 
pain^t d'usage dans plusieurs arts; avec cette es- 
pèce de piftrre, on trace diffërens dessins sur la toile 
ou la soie que Ton veut broder. Enfin c'est avec le 
tournesol que l'on teint ce gros papier d'un bleu 
foncé dont les pains de sucre sont enveloppes. 
• Cette teinture est fréquemment employée par les 
chimistes, parce qu'elle a la propriété de rougir sur- 
le-champ, dès qu'on la mêle avec une substance acide 
quelconque, dont elle décèle ainsi la présence. 
I On distingue dans le commerce le tournesol en 
drapeaux et le tournesol en pain. Le premier se fait 
*8e la manière qui vient d'être dite, et se vend ea 
drapeaux et au poids; le second se débite sous la 
Ibrme d'une pâte sèche. Ce sont les Hollandais qui 
nous vendent celui-ci ; ils le composent avec la ma* 
tîère première que nous leur fournissons (i). 

Nous avons cru devoir parler fort au long de la 
maurelle, parce que son utilité dans le commerce a 
pu la faire connaître dans les tems les plus anciens. 
Mais on a donné le nom de tournesol à diverses es- 
pèces de plantes, dont les fleurs se tournent toujours 
du coté du soleil lorsqu'elles sont épanouies, entre 
autres à l'hélknthc annuel qui , à raison de sa gran- 
deur, moptre celle propriété d'une manière plus po- 
sitive (^2), C'est le tournesol que l'on cultive dans 
nos jardins, oîi il figure très-bien. On y voit aussi 

(i) Nouveau coars complet d^agriculUrc. Paris, 1809 , art. Tour- 
nesol. 

(a) Id. ihid. 



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52 DaCOURS SUR la 1"PARf. DES A?iNAL. DE UAIKALT. 

celte plante connue sous le nom d'héliotrope dont 
les fleurs ont une odeur très-agréable. e 

LXXI. Hisus est une divinité gauloise à laquelle, se- 
lon Lactance (i)y les Druides sacrifiaient des hommes; 
Gain Hœsum atque Teutatum humano cruore pla- 
cabant. Lucain (a) en fait mention; et confirme ce 
feît : 

Teutates , horrensque feris , altarlbus Hesus. 

Bochard croit que cet Hésus est le même que Mars. , 
Hesus, Ait-Wj propriè fortem sonat, ut EhrceisHifr 
zuz. C'est de la même racine que dérive le nc^ 
donné à Mars par les Phéniciens , comme nous l'ap- 
prenons de lamblique cité à ce sujet par Julien l'a- 
postat (3) dans son discours en l'honneur du soleil 
Roi, en ces termes : a Les habitans d'Édesse (4), pays 
a de tout tems consacré au soleil, donnent à ce Dieu 
« pour assesseurs Monime et Azizos, parce que, se- 
a Ion lamblique , duquel nous aimons à emprunter 
«beaucoup de faits, entre une infinité d'autres, ce 
« Monime est notre Hermès ( Mercure ) ; et cet Azizos 
a notre Ares (Mars), tous deux en effet assesseurs 
a du soleil, et répandant autour de la terre les plus 
« grands bienfaits. » Ao/j; Afijo; Xe^^ata/cJ^ vtîo ex» 

OIXOUVTWV Vr,V "EScd^OLV 2up&)v. 

(i) Laclantius, lib. I, JDw. institut, 
^^) De beUo cii'ili. llb, I.^ 

(3) O'IltffCtCctTJJf. 

'(4) U°® variante porte Émrse. 





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INTRODUCTION y LXXIU 53 

Toutes ces étimologies semblent pouvoir être con- 

L 

LXXII. IsARMiDORUM Signifiait en celtique une 
porte de fer : c'est ce que rapporte un auteur du 
moyen âge (i) : Fetusta paganitas ob celebritatem 
clausuramquefortissimam superstitiosissimi templi , 
Gallicâ linguâ Isarnodori, id estferreiosiii indicit 
mmen. On observera que Guillaume Marcel, qui 
écrit Isarmidorum dans le titre de son article, écrit 
Isarnodori dans sa citation que je viens de rap- 
porter. 



LXXIIL Lakce, en grec Lancia , en latin Lancea. 
Diodore de Sicile, qui vivait du tems de Jules Cësar 
et d'Auguste, dit que les Gaulois se servaient de cer- 
taines armes qu'ils appelaient des lances : 7rpo?a^)vOVTa( 
iï '},ôyya^^ a; hudvoi AAFKÎ A2 xaXovdc^ Tryi^vaiaç tw (JtAî- 
ffù, xot fti (jL£i?û) Ta mHlf-ctxa, iypirsct^ (2). a Ils » les 
Gaulois, « portent de longues épées qui leur pendent 
« obliquement sur la cuisse droite par des chaînes de 
« fer ou d'airain. » Varron, auteur plus ancien que 
Diodore, dit selon Aulu^Gelle (3), que lancea n'est 

(i) Z/i vitd S. Eugenâi abbatis agaurentis, apud Sarium. La 
fête de saint Eugende se c<5lèbro le i*' janyier. 

(a) Diodori SicuU Biblioth, t, 3o. Voyez la note de Wessclin;; 
sur ce texte. 

'3) JYoctrs attieœ xr, 3o. 



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54 DISCOUnS sur la 1^ PilRT. DES ARKAL. DEHAINAUT. 

pas un mot latin , mais espagnol. Lanceam dixit non 
latinum sed hispanicum verhum esse. Casauboti, 
dans ses notes sur Sirabon (i), se plaint de Vairon 
assez amèrement sur ce sujet, f^ocem lancea FarrOj 
Callis inique adimens^ Hispanis tribuiL Cependant 
il est assez vraisemblable que ce mot est venu d'Es- 
pagne wx Gaulois; car outre que les Aquilaiiis pa^ 
laient demi*espagnol , comme Strabon Ta remarqué, 
Yossius (2) observe que plusieurs villages d'Espagne 
ont pris leur dénomination du mot /tzAcerz. Voyez les 
preuves qu'il en donne. Agathias (3) dit aussi que 
cette arme était celU des Francs. Lanciarius^ dont 
nous avons fait lancieb, se trouve dans les Gloses 
anciennes : Aoyyofépog, lanciariuSj ce mot subsiste 
encore dans toute l'étendue des pays auxquels a éié 
attribué le nom de celtique ; car les Espagnols disent 
lança j les Flamands et les Allemands lancie, les An- 
glais launce, et les Italiens qui tenaient ce mot des 
Romains , comme les Romains le tenaient sans doute 
des Espagnols ou des Celtes , disent lancia. Il faut 
cependant convenir que Pline (4) attribue aux Élo* 
liens l'invention des lances , et que Sisenna, dans 
Nonius Marcellus, semble en faire honneur aux 
Suèves : Gallia maieribusy Suet^i lanceis confiffunt. 
LXXIV. Larix, arbre qui rend une espèce de 
gomme que l'on nomme résine y et qui croît dans 

(i) Page 78 Je Ja première Àlîtion. 
(i) De yUiis sermonis , page i6> 
(3) Lib. II, p. ioed. Paris. 
(i)ffist.nat,V II, 56, 



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INTRODUCTION , LXXIT. 55 

^nèlques contrées des Alpes ^ ainsi que nous rap{)re- 
nôns de Dioscèrides (i) : Kac chro Talmoa; tnç ttjdoç toTç 
Ahttatv 7iv érrixwpcw; a ttî; oî ftrotzoï Aa'pixa ôvofxafowo'iv. 
Cest le mélèze, très-grand arbre, qui fàil partie du 
genre des pins dans les ouvrages de Linné , et qui a 
en effet les mêmes caractères que les sapins dans là 
fructification; mais il perd ses feuilles tous les ans, 
et ses ftniits ont une autre disposition. Il se rapprèôhe 
encore plus des véritables cèdres. 

Ce n'est pas seulement dans tes Alpes quiô se 
trouve le mélèze; plusieurs chaînes de montagnes de 
FAllemagne en contiennent, ainsi que quelques-unes 
dé celles du nord de l'Europe et de l'Asie. On a re- 
' gardé celui de Sibérie et celui de la Chine comme 
formant des espèces distinctes; mais il y a tout lieu 
de croire que ce sont seulement des variétés de celui 
des Alpes. Il n'en est pas de même de celui d'Amé- 
rique, appelé épinette rouge au Canada. Il forme- 
deux espèces bien caractérisées, ainsi que l'a prouvé 
Lambert dans sa Monographie des pins , et qu'on 
peut le vérifier sur les fruits venus de ce pays. 

Cest sur les montagnes les plus élevées et dans lè 
nord de l'Europe, que croît naturellement le mélèze. 
H se refuse complètement aux pays chauds; mais par 
la culture on peut facilement le multiplier dans les 
tempérés. Il réussit fort bien , par exemple, dans le 
dimat de Paris , où il commence à se garnir de feuilles 
et de fleurs dans les derniers jours de mars. A cette 
époque, encore plus que dans le reste de l'été, son 
{î) Ékh.t, 0. 93. 



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&6 DISCOURS SUR LA 1'* PART. DES ANNAL. DE HA1NAU7. 

feuillage, d'un vert extrêmement tendre et dW 
disposition peu commune, produit un effet très- 
agrëable à l'œil du- contemplateur; et ses cônes de 
fleurs ,* alors d'un violet pâle, et ressemblant un. peu 
à certaines fraises, contrastent avec elles de ma- 
nière à se faire valoir réciproquement. Aussi le mé- 
lèze entre-t-il avantageusement dans la composition 
des jardins paysagers, où il se place et produit égale- 
ment de brillans effets , soit isolément au milieu des 
gazons , soit sur le bord des massifs , soit enfin au 
milieu même de ces massifs. 

Mais ce n'est que très-secondairement que Ton 
doit considérer le mélèze sous ses rapports d'agré- 
ment. Ce qu'il faut observer c'est que cet arbre est * 
le plus haut, le plus droit et le plus incorruptible de 
nos bois indigènes. Il est excellent pour tous les 
usages et très-recherché : car e» plusieurs cantons 
de la Suisse une pièce de bois de mélèze coûte le 
double d'une pièce de chêne de la même dimension. 

L'estimable et infortuné Malesherbes dit qu'en 
1778 on lui fît voir dans le Valais une maison de 
paysan construite en mélèze, qui existait depuis deux 
cent quarante ans ; le bois en était encore si sain et 
si entier, que Malesherbes ne pouvait presque y faire 
entrer la pointe d'un couteau. 

On a fait des recherches pour employer les mé- 
lèzes à là mâture; mais on en a trouvé très-peu qui, 
avec une hauteur prodigieuse, eussent la grosseur, 
requise. 

On tire malheureusement peu de "parti d'uq^ bois 



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INTRODUCTION , LXXIY. 57 

si précieux, parce que la nature ne le produit ordi- 
nairement que sur des montagnes très-escarpées, au- 
dessus de la région où se trouvent les sapins, et 
dont il est très-difGcile de descendre de grosses pièces 
de bois. Il faudrait, pour les exploiter, construire des 
chemins à grands frais. 

Nous ne sommes pas encore certains que les mé>> 
lèze» plantés dans nos plaines y parviennent jamais à 
la même hauteur que dans les Alpes ; mais nous sa* 
vons déjà qu'ils s'élèveront pour le moins à la hau- 
teur de nos chênes. 

L'expérience nous a appris que le mélèze s'élève 
facilement dans nos jardins; cependant il ne s'en 
trouve jamais dans les Alpes qu'à une grande hau- 
teur, et on ne le connaît pas dans les Pirénées. Com- 
ment se fait-il qu'un arbre dont la graine est ailée et 
portée, au loin par les vents, reste depuis tant de 
siècles dans la i:égion la plus élevée des Alpes, sans 
que l'on en voie dans la partie inférieure des mêmes 
montagnes ? 

Dans le Valais, des pâturages sans arbres sont 
immédiatement au-dessous des neiges et des glaces. 
Les bois viennent ensuite. Il y en a de trois sortes, 
que Yôu distingue aisément à leur verdure : les mé- 
lèzes, les sapins et les chênes. Ces derniers sont entre- 
mêlés d'autres arbres; mais les premiers, qui oc- 
cupent la région supérieure, et les sapins, qui cou- 
vrent l'intermédiaire, sont toujours exclusivement, 
de la même espèce. 

Jje mélèze e3t en quelque sorte intolérant ; il n'y a 



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58 DISCOURS SUR LA. 1'* PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

pas dans les bois de ces arbres comme dans les autres, 
de grandes herbes, ni de bt*oussailles; il en est de 
même des pins et des sapins. 

Mais ce toiême mélèze , lorsqu'il est jeune , ^ tin 
arbre délicat auquel nuit le voisinage des autres 
arbres et même des grandes plantes. 

Cela posé , il est aisé de concevoir comment la 
graine de mélèze, apportée par les vents, ne produit 
pas de jèunfes pies dans les environs. 

Si ces graines tombent dans les bois de sapin , qui 
sont les plus voisins 9 le sapin né permet pa6 dut 
tfi'élèies de s'y établir. 

Si elles tomlfenl plus bas , itiâis toujours iur le 
coteau , ce sera dans le boit de diéne , qui n*est pas 
ÙA arbre intolérant; mais ces bdis sont exéessife- 
ment fourrés et pleins de broussailles au milieu de^ 
quelles une plante aussi délicate que le jeune mélèze 
lie saurait s'élever. 

Quant aux graines que le vent emporte dans hi ail- 
lée , il s'y trouve trois sortes de terrains, des terres la- 
boufées , des vignes et des pâturages; le plant quten 
pt*ovient est labouré ou coupé avant qu'il soit assez 
fort pour être remarqué. 

M. de Malesherbes prouve que cette rabon selile 
s'oppose à sa conservation par l'exetnple d'un pf6* 
priétaire de Berne. Des mélèzes avaient cru Aaturel- 
lement sur la berge des fossés qui entouraient sa 
châtaigneraie, parce qu'il n'y avait pas dans ce lieu 
de cause de destruction pour eus-dans leur jeuness^^ 
et que le propriétaire , loin de les détruire (orsqu^l 



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I!f TRODUCTIOr« , LXXÎV. 89 

les eut remarqués, interdit la totalité de sa diâtaigue* 
raie aU& bestiaux et aux faucheui^s , ce qui lui donna 
en peu d'années un superbe bois de mélèze , qui pro* 
bablemeut devait faire périr ses châtaigniers. 

Le mélèze semble avoir été destiné par la nature 
aux plus grands et aux plus importans services , puis* 
qvC'A est le géant des arbres de TEurope. Il est hors 
de doute que son, bois est incomparablement plus 
durable que celui du sapin; mais nous ne connais^ 
sons pas encoï'e sa force comparative. Il pèse sec 
cinquante deux livres huit onces deux gros par' pié 
cube ce qui revient à 74^ kilogrammes et 4 hecto- 
grammes par mètre cube. Pline cite une poutre que 
Tibère fit transporter à Rome, et qui avait vingt-^ 
deux pouces d'écarrissage à la hauteur de cent dix 
pies, ce qui, par ce calcul, le pié romain étant dé 
onze pouces , foit voir que l'arbre dont elle était 
tirée devait avoir deux cent vingt pies (71 mètres ) de 
haut et dix-huit pies et un tiers (6 mètres) de circon* 
férence à sa base. Si aujourd'hui on ne trouve plus de 
mélèze de cette force, cela vient probablement de te 
qu'ils sont relégués dans des lieus ou ils éroi^sent 
trop serrés, et où on ne pense pas à les aller éclaircir 
pôur augmenter leur croissance en grosseur. 

t)e l'aveu de ceux qui connaissent l'emploi du 
bois de mélèze, c'est le meilleur de tous pour la 
charpente, la menuiserie, les conduites d'eau, etc. 
Sa force égale au moins celle du chêne, et l'on ne 
connaît pas de bornes à sa durée. Chez les Grisons , 
on en fabrique des tonneaux qu'on peut appeler éter- 



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60 DISCOURS SUR hH V* PARI. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

nels, où le vin ne*s*évapore presque pas. Dans 
toutes les parties des Alpes oîi il croit , ou en bâtit 
des maisons, en plaçant des poutres d'un pie d'éca^ 
rissage les unes sur les autres. Sa résine , attirée par 
la chaleur du soleil, en bouche tous les intervalles 
de manière à rendre ces maisons impénétrables à 
l'air et à rhumidité. Il graisse l'oulil avec lequel on 
le travaille, et n'est pas convenable pour le tour. D 
ressemble à du bois de sapin à couches très-serrées; 
tantôt il est blanc , tantôt coloré en jaune ou en rouge. 

On observe que le mélèze qui vient dans le Valais, 
au pié des montagnes , fournit un meilleur bois que 
celui des hauteurs; ce qui est un préjugé favorable 
pour la qualité de celui que Fon cultive en plaine. 

L'écorce des jeunes mélèzes est astringente et 
s'emploie dans les tanneries (i). 

LXXV. Leuca, lieue, mesure dont les anciens 
Gaulois fesaiënt usage pour déterminer la distance 
des lieues : Aevyyj^ (xérpov u Takoatxoi; (a) ou plutôt 
ra?.aTBwç ou Taloixixov. Saint Jérôme (3) nous le dit 
formellement : In ' Nilo flumine ^ swe in rwis ejuSj 
soient navesfunibas irahere; certa habentes spalia^ 
quœ appellant funiculos , ut labori defessorum /v- 
centia traheniium colla succédant, D/ec mirunij si 
una quceque gens certa viarum spatia suis appellet 
nominibusj ciim et Latini mille passus, et Galli 

(i) Nouveau cours complet d'apiculture. Paris 1809. VIII »«3Ô' 
art. Mclèze. 
(a) Ue'sychius. 
(3) Chapitre 3 sur Joél. 



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^ INTRODCCTIOM ^ LXIIV. 61 

leucas , et Persce parasangas , et rastas unipersa Ger- 
mania , atque in singulis nominibus diversa meri" 
sura sit. 

Les actes du martire de sainte Geneviève disent 
la même chose : Ab Aurelianense urbe usque Tw- 
Tonum cii^ititaiem; quœ tertia Lugdunensis nimcu- 
patur; perhibentur esse stadia sexcenta , mUUajia 
sepluaginta guinque, leugœ quœ adhuc veteri Gai-- 
lorum Unguâ nuncupantuvj quinquaginia. <c De 
a la ville d'Orléans à la cité de Tours, capitale de la 
a troisième Lionnaise, on compte (>oo stades, ou 
« ^5 milles, qui font cinquante mesures appelées 
c encore aujourd'hui lieues dans l'ancienne langue 
« des Gaulois. » 

Isidore,, archevêque de Se ville, au chapitre sei- 
zième de sou livre des Origines, dit: Mensuras 
viarum nos milliaria dicimus^ Grœci sladia, Galli 
leucas; et plus bas dans le môme chapitre, leuea 
finitur passibus quingentis. On voit par ce passage 
que , suivant cet auteur, la lieue était de 5oo pas. A 
ce compte cinquante lieues auraient fait vingt-cinq 
milles et non soixante et quinze , comme l'assure 
Fauteur qui vient d'être cité. 

Mais Jornandès, qui dit au chapitre 60, c6/2/£//7z 
leugaSj ut Gain vacant j dit aussi au chapitre 16 
leuga Gallica mille et quingentorum passuum quan- 
titate metitur. «c La lieue des Gaulois vaut 1 5oo pas, 
ce qui fait 75 mil!Q3 pour 5o- lieues. » 

Ce mot se trouve aussi dans Âmmien Marcellin (1) : 

(i) Livre XV. * « 



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$i DISCOURS SUR LA l'* PART. DES ANNAL. DE HAlIfA^T. 

exindèque non millenis passibus , sedleugis itinera 
AeliunÉur ; dans Yves de Chartres; et ailleurs. 
Ingulphe croit que leuca vient de >.rj'/.o;, blanc, et, 
que les lieues ont été ainsi appelées à cause des 
pierres blanche^ desquelles il dit qu'on marqua les 
distancot des chemins, lorsque l'empereur Philippe 
9e fît chrétien : et cela en mémoire de la blao- 
cheur et de la pureté d'ame qu'il avait reçue par 
le batême, ce qui est tout-à-fait ridicule. Il est ce- 
pendant vrai que l'on marquait les lieues avec des 
pierres blanches; et c'est à cause de ces marques 
blanches que Périon dérive leuca de Isuyài. Voici lei 
expressions : Isyrài candida , siue alba dkùur; hm 
lieue, duomillia passuum (quam vulgus pœnè ai 
verbum Icue appellat ) dicimus exeo ^ ut meafert 
epinioy quod locorum inten^alla ^ quondàm peiris H 
lapidibuSy quicandidi albique essent designarentur. 
On voit que ce Périon, savant philologue et béné- 
dictin du seizième siècle , donne deux mille pas à la 
lieue qu'il fait ainsi plus grande que les auteurs an- 
ciens. Le passage que je viens de citer, est tiré du 
traité De origine linguœ GalHbm et ejus cum grf^câ 
cognatione^ dialogorum librilVj Paris, i555, vûA*. 
On apprend, par le privilège pour l'impression, que 
l'auteur avait traduit ces dialogues en français; mais 
cette version n'a point paru. Dans le premier livre, 
Périon prétend démontrer que Samothès, un des fils 
^ de Japhet , apporta la langue grecque dans les Gaules ; 
dans le second , il e^mine comment cette langue 
s'est corrompue par son mélange avfc le îalin, lors 



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■ 

INTRODUCTION, LXX^. 63 

de la conquête des Gaules par les Romains ; dans le 
troisième y il explique, par les racines grecques, les 
mots français dont Tétimoiogie semblait la plus diffî^ 
cile à trouver; et enfin, dans la quatrièipe> il traita 
des 4cçc^, des diphtongues, et donne des règUf 
pour écrire correctement. I^ Monnoye, dao^ t^ 
notes sur la Bibliothèque de La^ Croix du Maine t dit 
quQ cet ouvrage est un des plus mauvais qui ^ô^t 
* paru sousi le règne de Henri II ; et il est certain que 
Périon manque de critique et d'exactitude ; mais ^ 
doit reconnaître aussi que ^on ouvrage, écrit avec 
iine élégance cicéronienne, renferme bien des partir 
çularités curieuses. C'est d'après Périon , que le c4r 
l^bre Henri Estienne a cherché à prouver la Corf/çT' 
mifié(iu langage français ai^ec le langage grec (i)* 

Ce.tte opinion n'a pas été adoptée généralement 
Ln langue celtique a trouvé aussi de^ partisans pour 
1 étimologie du mot lieue. Le savant antiquaire an* 
glais sir Henri Spelman, dans son glossaire, dit qu^ 
leuca vient du mot breton lead^ oA leach qui si- 
gnifie pierre : il pense que les anciens Gaulois, de 
même que les Romains, ont niarqué les distances de$ « 
chemins ^par des pierres. GérardrJean Yossius \% 
cru comme lui (2). 

J^thius, dans ses çtdvensairia (3), observe qu<^ 
Nithard, au lieu de leuga ou leuca^ écrit toujours 
leupa : c'est ainsi, selon Barthius^quç ce mot«doit 

(1) Biographie tMiYorselle. art. Përion. 
(a) De f^itiis «cnViOAÛ , UYrts III y chaf>. xu. 
C3) Livre XL VI , ch$p. ix. 



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64 DISCOURS SUR LA 1'* PART. bES AÏVXAL. DE HAINiUT. 

être écrit, ce qui approche plus encore du français 
lieue, fiéland écrit lega; les Espagnols et les Italiens, 
légua. Voyez, outre le glossaire de Spelifian déjà 
citéj Vossius dans un autre endroit fi), Pierre Pi- 
thou (^2), ainsi que les notes de LindenbMDg et de 
Valois sur Aminien M^rcellin. 

'Bochard , dans son Phaleg (3), découvre une autre 
origine de ce mot. Il croit que les anciens disaient 
Icfka pour leuca et que lefca a été formé de ces mots ' 
phéniciens aleph'canim. 

Au reste, on croit que lorsque les Druides vinrent 
s'établir dans le pays des Carnutes qui était comme 
le milieu des Gaules (4), la petite montagne à laquelle 
aboutissaient plusieurs chemins , et que l'on appelle 
encore aujourd'hui le mont des lieues, y fe^it à peu 
près le même effet que cette colonne appelée à Rome 
le millier d'6r, ou le commencement du premier mill% 
c'est-à-dire le point d'oîi partait le premier mille, et 
le terme auquel aboutissaient toutes les distances de 
l'Empire. 

LXXVI. LiMEDM est le nom d'une herbe dont les 
* chasseurs empoisonnaient leui^ flèches, ce Les Gau- 
lois » dit Pline (5), « donnent le nom de Umewn à 
(c une plante dont les chasseurs expriment le suc pour 
« y tremper leurs flèches^ préparation qu'ils appellent 

(i) De F^idis semtonis, livre II, chap. xi, 
{'i^Advcrsaria , liYpîe I, chap. xiii. 
(3) Page 75a. 

(4)^w fînibus Carnutum quœ regio totius Galliœ média habetutt 
considunt in loco consecrato. Cœsar de Bello Gallico. 1. Ti. 
[S)Hist. Hat, lib. XXf^Il, cap, 76 dansJ'eJ. de Fraozius. 



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IRTAODUCTIOII y ViXYU ({^ 

« par cette raison le poison du cerf. On met dans 
«trois mesures appelées modius (c*est*à-dire dans 
«vingt-six de nos litres) de potion salivaire {saU^ 
« ifatum)j autant de celte plante qu'il en faut pour 
«la trempe d'une seule flèche; et dans les maladies 
« des bœufs , on leur en fait avaler une forte dose. II 
« faut ensuite les attacher à la crèche jusqu'à ce qu'ils 
«soient purgés; car ordinairement ce remède les 
(c rend furieux : et s'il survient une sueur, on leur 
« jette de l'eau froide sur le corps. » 

U est difficile de savoir quelle est la plante mo- 
derne qui répond au limeum des anciens. Le savant 
botaniste italien Louis ou Aloisio Anguillara (i) veut 
que ce soit Therba terra des Piémontais, qui en ex- 
priment un suc appelé medicame. C'est, dit-on, Vaco- 
nitum pardalianches primum^ seu thora major. 
L'aconit est un genre de plantes propre aux hautes 
montagnes de l'Europe, qui renferme plusieurs es- 
pèces remarquables par leur beauté, et célèbres par 
le poison qu'elles contiennent. 

C'est une grande question parmi les savans éti- 
roologistes, que la signification de cette dénomination 
celtique //m, a laquelle les Romains, pour la plier à 
leur idiome avaient ajouté une désinence latine en 
eum. Poinsioet de Sîvry a cru retrouver évidemment 
cette ancienne expression celtique dans le lim des 
Allemands, des Suédois, des Islandaiiy etc. Lim ^ 
dans la langue de ces peuples, signifie un gluten ^ 
un enduit tenace, etc. Voyez le docte Jean Ihre, au 

(î) Partie XII, page ai 3. 

T. V. Il* PART. 5 



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S6 DISCOURS SUR f«ii K* PART. DBS ANÏIAL. DB HAllfACT. 

mot saë(k>is Lm , gluten. Ainsi le //m ou linieum d€s 
anciens Gaulois exprimait daas leur langue, la plante 
dont le suc glulineux servait d'enduit à leurs flèches. 
Cette explication est assez naturelle. Mais ceux qui 
préfèrent les étimologies grecques , veulent que Ur 
meum ou loemacum vienne du mot grec Xoi/jtôç, 
qui signifie peste. 

LXXYII. LiNifiE, vêtement propre à la nation 
gauloise, selon Isidore, archevêque de SëvîHe (i): 
Nationibus sua cuique propria vestis est... Gallis^ 
Linnœ. Linnuy dans Plaute, est une sorte de gros 
surtout pour la guerre. 

LXXVni. LuG, signifie corbeau, selon Clitophon, 
de Rhodes, cité dans un traité attribué à Plutarque. 
Ce passage a été rapporté à Tarticle Dumim pag. i r. 

M. 

LXXIX. Marcs., ou plutôt mana; ce mot sigii- 
fiait cheval en langue celtique, dans ce que les Gaulois 
nonunaient Trimarkisia , l'ordonnance de trois che- 
vaux : ToÙTO ôvofio^o? to auvray^ta TptpzopcViâcy^ tp éff*- 

xm 7uk(àv (a). « Ils donnent h ce corps , dans Iwr 
< langue, le nom de IVimarrûia.ll faut qu'on sache 
« que les Celtes nomment un cheval marra. » 

ColUomarck était le nom d'une hecbe que les Ld- 

(i) Origin. lih. XIX, cap. 23. 

(2) Pausanias, in Phocicis c\ka\y, kiB. GuiRaume Marcel écrit 
/u«ppoe j mais M. Clavier préfère jua/x*. 



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INTRODUCTION, hXX%. 67 

tins appelaient Equi annula (i), ongle de cheval. 
LXXX. Màrga ; marne ^ ou terre blanche: espèce 
de craie ou de chaux dont on se sert pour engraisser 
la terre et la rendre plus fertile (a). 

LXXXI. Matara ou Mataris, espèce de pique 

ou de hallebarde y autant qu'on peut le conjecturer 

d'un passage de Jules César, qui, parlant des Helvë- 

tiens (aujourd'hui les Suisses) qui combattaient près 

deç bagages, dit que les uns lançaient des dards sur 

les Romains du haut de leurs chariots, d'autres les 

blessaient à travers les roues avec ces sortes d'armes : 

I/Uer carros rotasque mataras ac tragulas subjicie'^ 

hant (3). «D'autres, se glissant entre les roues, nous 

« blessaient avec des javelots et des flèches. » Voyez 

ci-dessus Tariicle Lancea (LXXIII) oii, dans un 

passage de Nonius Marcellus, on écrit materis au lieu 

de mataris. Nos dictionaires écrivent matara ou 

mataris , qu'ils traduisent par grand javelot ou 

demi-pique , et qu'ils considèrent comme une arme 

gaulf^ise^ Tite-Live a aussi employé ce mot dans le 

même sejûg* Cicéron {ad Herennium^ IV, 5a) écrit 

materis. Il cite pour exemple d'une métonimie cette 

phrase ou la materis est piise pour les Gaulois eux- 

in4a)/e^. Nec tàm facile ex Italiâ materis transalpina 

depulsa est. <c On se chassa pas aussi facilement de 

« ritalie le^Matères transalpines. » 

(i) Bf arcellas , c/e medic c. n. 

{i) i^linc , Hîst. nat.lib, XVII, cap. G. 

(3) Jules Cësar, de Bello GalUco, lib, /, cnp. îi(5. 



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68 DlftCOUftS SUR LA 1** PART. DES AMMAL. DE HAIIIAUT. 

O. 

LXXXIL Ogmios, en grec, en latin, Ogmius, nous 
est connu par Lucien (i), qui s'exprime ainsi dans 
un de ses dialogues : 

ce Les Celtes (K^âtoc) en leur langage appellent 
a Hercules Ogmios. La forme sous laquelle ils repré- 
a sentent ce dieu a quelque chose de fort étrange » 
pour les Grecs, qui représentaient toujours leur Her- 
cules jeune , ou dans la force de l'âge. « Chez les 
a Celtes, c'est un vieillard d'un âge fort avance, 
ce chauve sur le sommet de la tète; le peu de che- 
« veux qui lui restent sont entièrement blancs ; il a 
a la peau ridée, brûlée par le soleil au point d'être 
a noire : tels sont nos vieux nautoniers. On le 
ce prendrait pour Caron, pour Japet, pour quelque 
ce habitant du sombre Tartare, en un mot, pour tou^ 
<c autre que pour Hercules. Cependant, tel qu'il est, 
« il porte tous les attributs de ce Dieu : il est caMne 
a lui revêtu de la peau du lion; il tient Ift tOSBsv 
ce dans sa main droite, de la gauche il plante tm 
ce arc tendu ; un carquois est suspendu à son épa&le:, 
a enfin c'est un Hercules tout entier. 

a En le voyant, je crus d'abord que les CelW ne 
<c le représentaient sous cette forme bizarre, quepttuf , 
(c insulter aux Dieux de la Grèce, ou pour ie wefÈ^m 
<c de ce héros, qui vint autrefois dans 'leur pBjt^y ^ 
ce y fit un butin considérable, lorsque, cherctuùil les 

(i) Dan.« son diato^uo intihilo no*>«x<'tf préface. 



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I 



ISTftODUCTION , LaXXII. 69 

c bœu& de Gérion , il parcourut la plus grande partie 
« des contrées occidentales. 

<x Cependant je ne vous ai point encore dit ce 
c que la figure a de plus singulier. Cet Hercules 
ce vieillard attire à lui une multitude considérable 
« qu'il tient attachée par les oreilles; les liens dont 
« il se sert sont de petites chaînes d'or et d^ambre, 
« d'un travail délicat, et semblables à des colliers de 
ff la plus grande beauté. Malgré la faiblesse de leurs 
c chaînes y ces captifs ne cherchent point à prendre 
€ la fuite y quoiqu'ils pussent aisément s'échapper ; et 
« loin de faire aucune résistance, de roidir les pies, 
« de se renverser en arrière, ils suivent avec joie 
«celui qui les guide, ils le comblent d'éloges, ils 
« s'empressent de l'atteindre , ils voudraient même le 
« devancer; et par cette ardeur, ils relâchent leur 
« chaîne, » en se rapprochant de celui qui les tient 
attachés : « on dirait qu'ils seraient fâchés de re« 
ce couvrer leur liberté. Mais ce qu'il y a de plus 
« bizarre dans cette peinture , c'est que l'artiste ne 
« saluant oii attacher le bout des chaînes ( car la 
« main droite du héros tient une massue et la gauche 
a un arc), a imaginé de percer la langue du Dieu, 
ce et de faire attirer par elle tous ces hommes qui le 
« suivent. Hercules , le visage tourné vers eux^ les 
« conduit avec un gracieux sourire. 

<( Je restai long-tems à considérer ce tableau , dont 
m la vue me ronplissait tout à la fois d'étonnement , 
« d'incertitude, et même d'indignation. Un Celte se 
ff trouvait alors auprès de moi ; c'était un homme 



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70 DISCOURS SUR LA t" PART, DBS AftNAL. DB HAINAVT. 

ce instruit clans les sciences de la Grèce ; Télégance 
a avec laquelle il parla notre langue, le tëoioignait 
« assez. Je le crois même nn philosophe du pays. — 
a Étranger, me dit-il, je vais vous expliquer l'ënigiDe 
c de ce tahleau qui parait vous causer quelque in- 
a quiétude. Nous autres Celtes, nous ne pensons pas 
« comme les Grecs que l'éloquence soit Hermès; mais 
« nous l'assimilons à Hercules, qui l'emporte sur 
<c Hermès par la supériorité de ses forces. Si nous le 
«représentons sous la forme d'un vieillard, n'en 
« soyez pas surpris : c'est seulement dans un âge 
ic avancé que le talent de la parole se montre avec le 
« plus d'éclat ; et si vos poètes vous disent la vérité î 

« La jeaaesso en 5a fougue est toujours iocertaioe (i)^ 

(c mais Ja vieillesse 

ic Est daus tous ses discours plus sage et plus sensée (3}. 

oc La même raison vous fait dire de Nestor que le 
c( miel coulait de ses lèvres , el que les orateurs de 
oc Troie fesaient entendre une voix aussi douce que 
« les lis^ c'est-à«dire que les fleurs; car, si je m'en 
a souviens bien, le nom de lis, en votre langue, 
«c signifie toute espèce de fleurs* 

<c Ne soyez pas non plus étonné de ce qu^rcoles, 
« emblème de l'éloquence^ conduit avec sa langue 
d les hommes enchaînés par les oreilles^ Vous savez 
« le rapport intime qui existe entre les oreiUes el la 

(1) Homère, Iliade, livre 3, vers 108. 
(a) KùHpIdes, Phénici fatie$, vers 533. 



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INTReDUCTlON y LXXXII. 7t 

« langue. Ce n'est pas pour insulter au héros qu'on 
<r la lui a percée ; je me souviens qu'un de vos poètm 
oc comiques a dit dans ses ïambes : 

K Et toQJours les babillards 
et Ont la langue perforée (i) 

ft Enfin y nous croyons que c'est par la force de 
tf son éloquence qu'Hercules a accompli tous ses ex- 
c( ploits. C'était un sage qui fesalt violence par le 
« charme de sa persuasion. Ses" traits sont ses dis- 
o cours pénétrans, rapides, lancés avec adresse, et 
<c qui blessent agréablement les âmes. — Tel fut le 
« discours du Celte (2). » 

La statue de cet Hercules se trouve très-bien faite 
à Rome dans une tour peu éloignée de l'église de 
Saint-Louis; elle a été fort bien gravée en tôle du 
Pomponius Mêla qua fait imprimer à Baie, en i5i3, 
André Ratander (3). Guillaume Marcel l'a reproduite 
dans son Histoire des Gaules (4). Mais dom Martin , 
qui écrivait au plus tard en 1727, époque de l'ap- 
probation donnée à son ouvrage sur la religion des 
Gaulois, dit qu'il a fait chercher à Rome très-soi- 

(i] Ces Tcrs sont d'un ancien poète comique dont le nom est 
ÎBconnu. 

[i] J'ai cru devoir faîrç quelques changemens à la traduction 
que l*on trouvera dans les Œuvres de Lucien , traduites du grec. 
Paris, 1789, IV, a4i et suivantes. 

(S) J. Picard de priscd Celtopœdid, Parisiis i556; sur cet ou- 
-rrage de Jean Picard de Toutry, on peat voir la Bibliothèque his- 
torique de France , par le père Lelong. édition de Paris 1 768. I , 
p. 259. 

(4)Parii, i68a, 1,69. 



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T3 DISCOURS SUR LA f FART. DES AlfNAL. DE HAIRACT. 

gneusement celte statue d'Ogtnios, sans avoir pu la 
découvrir : j'ai cru devoir la publier encore ici pour 
en faciliter la recherche aux archéologues. 

Ce Guillaume Marcel explique le mot Ogmios par 
divin; mais je ne sais où il a puisé cette explication. 
Ogmos en grec signifie chemin; Ogmios peut donc 
signifier que la statue d'Hercules était placée sur ua 
chemin. C'est ce que Lucien ne nous dit point, 

Antoine Gosselin , dans son Hisioria veterum Cal- 
lorum imprimée a Caen en i63G, in-8% dit que te 
nom de Bourgogne tire son origine de celui d'Og* 
mios et de celui de Burgus. Cette mauvaise ctîmo^ 
logie ne fait pas honneur à son auteur. Louvrage est 
divisé eu trois parties; il traite, dans la premi^^ 
des druides et de la religion; dans la seconde, deifaî 
cavalerie et de la milice des anciens Gaulois; ^'ilÉfts 
la troisième, des peuples des Gaules et de IfflAf. 
mœurs, a Gosselin,» dit Iluet, a n'avait pas '^~ 
a creusé cette matière; il aurait travaillé plcis nî 
a ment pour sa réputation, s'il se fût borné anÛTjj 
ce quités romaines, dans lesquelles il excell 
fut vivement critique par Bochart dans la pî^'îjl 
vante : De Ant, Gosselini Fêter. Gallorum lu 
judicium, Caen i638, in-12 (i). Dom 
Martin, dans son livre sur la religion des Gaji 
imprimé à Paris en 1727, a prétendu que 
s'était trompé eu prenant Ogmios pour Ilercufesy 
tandis que cette divinité gauloise est Hermès; maïs 
Lucien dit formellement qu'Ogmios n'est pas Hermès, 

(i) Biographie universelle, art. Go-selin, par M. Weiss. 




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DfTRODUCTlOIl , L\XIII1. 73 

Voyez les chapitres lo, 1 1 et 12 du second livre de 
dom Martin. 



IjXXXIII. Pades y arhre$ qui portent la poix. On 
croit que le fleuve du Pô qui a sa source dans les 
Alpes au mont Viso , entre le Dauphiné et le mar- 
quisat de Saluées, fut nommé Padus à cause de la 
quantité de ces arbres qui environnaient sa source : 
Quoniàm cirçàfbntem arbor multa sit picea , quœ 
Pades gallicè vocelur, Paduin; hoc nomen acce^ 
pisse {i). 

On donne généralement le nom de poix ou poix^ 
résine à toutes les résines qui fluent naturellement 
ou par incision des arbres du genre des pins et des 
sapins, mais plus particulièrement à celle que fournit 
le SApm-PESSE. 

Lorsque l'on met la poix-résine du sapin-pesse 
dans de Teau , sur le feu, elle se fond et Ton peut la 
filtrer à travers une toile claire. Cette poix purifiée 
perd alors le nom Ae poix-grasse , de poix de Bour- 
gogne. Lorsque Ton y mêle du noir de fumée , elle 
devient hpoix-noire : mais aussi la poix^noire n'est 
quelquefois que du goudron épaissi (a). 

Le SAPiN-PESSE ou pèce , picéa ou épicéa , sapin 
de Norwège, faux sapin , Pinus abies de Linné, est 
sans doute ce que Pline nomme le Pades des Gaulois. 

(1) Plb. Hist, nat. l. III ^ cap, 16. 

(-2) Nouveau cours complet d'agnculturc. Paris 1809. x, 288. 
art. poix. 



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74 DISCOURS SUR LA 1" PART. DIS ANNAL. DE HAINAUT. 

Il est fréquemment confondu avec le sapin , avec l(y 
quel il a en effet beaucoup de rapports par son bois, 
mais . dont il diffère considérablement par la forme 
de ses feuilles et la disposition de ses fruits. Il croit 
naturellement au nord de l'Europe et sur les mon- 
tagnes dont la hauteur est considérable ^ telles qtie 
les Alpes, les Vosges , etc. Il s'élève à plus de soixante 
piés^ c'est-à-dire dix-neuf mètres et demi de haut, et 
toujours très-droit, au moyen de sa flèche semblable 
à' celle du sapin commun. Ses branches sont vcrti- 
cillées et se recourbent avec grâce dans leur vieil- 
lesse; ses feuilles sont longues d'un demi-pouce (de 
plus d'un centimètre), tétragones, piquantes, d'un 
vert noir, nombreuses et couvrant irrégulièremenl 
les parties supérieures et latérales des rameaux. Ses 
cônes sont pendans à l'extrémité de ces rameaux, et 
ont quatre à cinq pouces ( de onze à treixe toiti* 
mètres) de long, sur quinze à dix-huit lignes (de 3 
à 4 centimètres) de diamètre; leurs écailles sont 
échancrées. 

Cet arbre n'est pas moins utile que le sapin daat 
les lieus où il croit naturellement , et ces liens sont 
plus rapprochés des habitations des hommes; car 
on en voit beaucoup dans les vallées infiérieuret des 
montagnes, et par conséquent dans des liet» suscep- 
tibles de culture. Son bois, comme on vient de le 
voir^ diffère peu de celui du sapin commua; il est 
seulement plus blanc. On l'emploie absolument aux 
mêmes usages, et on le recherche également pour 
tous les services qui demandent en même teocis de 



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INTBODUGTION , LXXXni. 76 

la force et de la iégèi^lé. C'est lui qoi fournit la poix 
ordinaire on poilL grasse ou poix de Bourgogne ; il 
ne &tit pas la confondre ^ comme on le fiiit souvent^ 
avec lé galipot et le goudron qui proviennent du 
pin^ ni avec le bitume minéral ou asphalte. 

La coupe des sapins-pesses doit être faite dans les 
mêmes principes que celle des sapins communs, 
c'est*à-dii*e çà et là, ou en jardinant. Le semis de 
leurs graines, en grand et dans les pépinières, n'en 
dififère pas non plus d'une manière importante ; ce«> 
pendant, comme ils ont moins besoin d'humiditë et 
qu'ils sont moins sujets à être frappés, pendant l'été, 
par des coups de soleil , la réussite de leur plant est 
ph» certaine ; aussi 8ont*ils plus communs dans les 
jardins paysagers. L'effet qu'ils y produisent est beau» 
coup plus pittoresque que celui des sapins. Rien de 
plus ûnposant qu'un vieil épicéa isolé au milieu des 
gazons, ou placé sur le bord et à quelque distance 
des massifs, ainsi qu'il est facile d'en juger dans 
une infinité d'endroits aux environs de Paris et ail- 
leurs. Leur surabondance seule nuit à leurs effets. 

On peut très-facilement multiplier cet arbre par 
marcottes et par boutures; mais les arbres ainsi 
produits ne valent pas ceux venus des semences. 
On cultive dans les pépinières royales un sapins 

pesse venant des Vosges qui a les feuilles plus plates 

et phis piquantes, et qui parait devoir former une 

espèce distincte. 

La hfsine ou la poix des sapins-pesses découle en 

gOfittes fluides et blanches de toutes les fentes qui 



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76 Dificouas SUR la 1** part, des annal, de hainaut. 
se trouvent naturellement à leur ëcorce. Ces gouttes 
ne tardent pas à devenir solides et jaunâtres après 
leur exposition à Tair. Les arbres en fournissent tant 
qu'ils subsistent. Cette poix ne se trouve pas accu- 
mulée dans des réservoirs , comme la térébenthine 
du sapin j mais coule de Taubieb pendant la durée 
des deux sèves ; on lobtient artificiellement en beau- 
coup plus grande abondance , en fesant de légères 
entailles au bois du côté du midi; entailles qu'on ra- 
fraîchit tous les quinze jours ^ lorsqu'on vient récol- 
ter la résine qui en a découlé et qui s'eçt consolidée sur 
leurs bords ou plus bas. Dans les cantons où l'on veut 
ménager les arbres ^ on n'opère qu'à la sève d^août; 
on ne leur fait qu'une entaille et on ne leur demande 
plus rien lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge; 
car une production outre mesure les épuise et finit 
par les faire périr. Dans les années sèches et chaudes, 
la récolte est plus abondante et son résultat de meil- 
leure qualité. 

La poix détachée de l'arbre se met dans un sac et 
est apportée à la maison où , pour la purifier, ùa la 
fond dans des chaudières pleines d'eau, et on la passe 
dans des toiles claires. Sa couleur devient alors jaune 
et sa consistance peu solide. La moindre chaleur k 
ramollit. On en fait de la poix noire en la fondant à 
feu nu avec du noir de fumée. 

Les usages de la poix sont fort étendus dans la 
marine et dans les arts. La France ne fournit pas à 
beaucoup près celle que sa consommation lui rend 
nécessaire. On en tire par la distillation une espèce 



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INTEODOCTION , LXXXfT. 77 

«d'essence de tërebenthine qu'oB appelle eau de rase, 
et que l'on emploie comme la véritable térébenthine , 
quoiqu'elle lui soit de beaucoup inférieure (i). 

LXXXIV. Pater£ y nom que les anciens Gaulois 
donnaient aux prêtres de Bélénus, ou aux interprètes 
des oracles d'Apollon. Nous trouvons ce nom dans le 
poëme où Ausonc fait l'éloge des professeurs de Bor- 
deaux sous ce titre : Commemoratio professorum 
Burdigalensium (a). Ce poëme est divisé en vingt- 
sept parties. La quatinème est en l'honneur d'Accius 
Patera, Pater^ Rhetor. Comme elle est peu connue ^ 
je la rapporterai ici tout entière. 

JËtaU iputnquhm 'viceria doctùs prias , 

Patera fandi nobilis s 
tanien qiiod œ\^ojloruisti proximo , 

juuenisque vidi senem t 
honore mœstœ non carebis nœnùu , 

Doctor potentum JRhetorum, 
Tu Bagocassi stirpe Druidarum satus, 

sifama non falUtfidem , 
Belcni sacratum ducU è templo genut : 

et inde vobis nomina 
tibi patera : sic ministros nuncupant 

ApolUnarit n^siki. 
fratri y patrique nomen a Phœho datum : 

natoque de Delphis tuo, 
Doctrina nulli tanta in illo tempore 

eursusque tôt fandi et rotœ. 
Mentor^ disertus , lucidafacundia , 

carere cultupr<vditus , 

(t^NonTeaueours complet d'agricuUare. Paris 1809. n, 370. 
art. «apia. 

(2) Voya* le Chorus poetarum Classicorum. Lugduni 1616. 
p. 3ioa. 



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78 DISCOURS SUR LA l'* PART. DBS AHMAL. DEHAINAUT. 

saiibuê m0d»9tm , Jelle muUo perdUmê , 

vini cibique abstemius , 
lœtus , puJicus f pulcher : in senio quoque ut 

Mfuilœ senectus aut eqiii. 

On voit qu'Ausone dit qu^iL n'a connu Accius 
qu'étant vieux lorsque lui-même était jeune. Or Au- 
sonc était né vers l'an 809; ainsi Accius naquit en- 
viron une génération auparavant , c'est-à-dire ver» 
Fan a 76. Il était fils du grammairien Phœbicius, et 
père de l'orateur Delphidius; sa famille était de 
Baïeux dans l'ancienne Armorique, Son nom Paiera 
semble plutôt un nom appellatif qu'un nom propre, 
comme le prouvent les deux vers qui viennent d'être 
rapportés : 

Tibi Paterœ ; $io ministrot nuncupant 
ApolUnarU mystici (i). 

Ijà patère y en latin patera {*k\ était un instm- 
ment des sacrifices. Un grand nombre de patères, 
échappées à l'injure du tems, se trouvent dans plu- 
sieurs cabinets de l'Europe. Elles servaient , suivant 
le témoignage des anciens , à divers usages. On les 
employait à recevoir le sang des taureaux et des vic- 
times qu'on immolait. Quelques-uns racontent, dit 
Cicéron, que Coriolan immola un taureau , reçut 
son sang dans une patère , et se procura la mort en 
le buvant (3). Un autre usage des patères est marqué 

(i) Voyez la vie d^Acciiis sous le nom de Patère dans rflistoirt 
littfrairc de la Franee. Paris 1733. partie tt, p. ia4. 

(a) Antiquité expliquée par D. Bern. de Montfanoott. Il, i4** 
(3) Voyea le Brutus de Cice'ron au n^ x j mais Attieus au n** xi dit 
que ce récit est une fable. 



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IHTBODUCTlOa tXXXY. 79 

par Virgile qui dit que Didon, tenant la patère de 
la nuûa droite ^ la versa entre les cornes de la vache 
blandte; mais il parle ailleurs des patères pleines de 
saDg. Ceux qui sacrifiaient, s'en servaient donc pour 
verser du vin entre les cornes des victimes. U paraît 
par ce que nous venons de dire , que les patères de- 
vaient toujours avoir un creux , et que ces instrumens 
tout plats j qu'on trouve en certains cabinets , ne sont 
point des patères. Cela parait par ces autres pasr 
sages de Cicéron. a On vit Mercure verser du saog 
ic dans sa patère. » Et dans le sixième discours contre 
Verres, il indique une patère, dont les femmes se 
servaient pour les choses divines^ c'est-à-dire pour les 
sacrifices. De ces patères , les unes avaient un manche, 
les autres n'en avaient point. En général le mot pa- 
tère, ea btin paiera , signifie ooupe ou tasse. 

iiXXV. Pec, mot celtique, ou gaulois, qui dé- 
signait toute sorte -de bétail. Voyez ci-après l'ar- 
ti#e LTtXXVIL 

LXXXVI. PÉcxTtE , vient de Pecalium. Chez les 
JS#iiiains, on entendait par pécule ce qu'un fils de 
familië, ou un esclave, amassait par son indostrie, 
DQ acquérait de quelque autre manière, et dont on 
lot laissait l'administration. 

H n'y avait originairement dans le droit qu'une 
sorte de pécule pour les fils de fiimiHe et pour les esh 
claves. Le pécule des uns et des autres était une lé- 
gère portion des biens du père de femille ou du 
maître, que celui-ci cottsentait de séparer djct reste de 
sm biens, pour le compte du fils de famille ou de 
Fesclave. 



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80 DISCOURS SUR Lk 1" PART. DIS A1INAL. DB HAJNIUT. 

Il ëtait au pouvoir du maître d'oter à lesclaTe 
le pécule entier, de l'augmenter ou de le diminuer; 
tout ce que Tesclave acquérait était au profit du 
maître. 

Il en était aussi de même anciennement des fils de 
famille; mais, dans la suite, on distingua le pécule 
de ceux-ci du pécule des esclaves. 

La division la plus générale du pécule du fib de 
famille, était en pécule militaire et pécule bourgeois, 
mUitare et paganicum. 

Le pécule militaire se divisait en castrense et quasi 
castrense. 

On appelait pécule castrense j ce qui avait été 
donné au fils étant au service militaire , par ses pa- 
rens ou amis, ou ce qu'il avait lui-même acquis au 
service , et qu'il n'aurait pas pu acquérir s'il n'avait 
été au service; car ce quHl aurait pu acquérir autre- 
ment^ n'était pas réputé pécule casirehse. 

On entendait par pécule quasi castrense^ ce qui 
venait au fils de famille autrement que par le service 
de robe ou d'épée; il était de deux sortes, \epr(fic^ 
tice et V adventice. 

Le profectice était celui qui venait des biens da 
père. 

Le pécule adventice était celui qui venait àm la 
fnère , des parens maternels , et de toute autre iii%» 
nière que des biens du père. 

Tous les anciens droits du père de famille sur 1» 
pécule profectice, subsistent encore partout oil k. 
puissance paternelle a lieu ; mais il n'a plus que FaiD- 



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INTftODUCTlON , IXXXVI. 81 

fruit du pécule adventice; la propriété en appartient 
au fils. 

Il y a même cinq cas où le père u'a pas l'usufruit 
^du pécule adventice, savoir : i*» lorscpie le fils a ac- 
cepté une succession contre la volonté du pèpe^ 
u* lorsque Ton a donné un esclave au fils, sous la 
condition qu'il le mettrait en liberté; 3* quand les 
bfeos ont été donnés au fils, à condition que le pèi'C 
n'«n aurait pas l'usufruft; 4* dansie cas oîi le père 
aurait partagé avec un de ses enfans la succession 
d'un autre enfant; 5*" lorsque le père, sans jugte 
cause , aurait fait divorce avec sa femme. 

Le père avait anciennement le tiers du pécule ad- 
ventice pour prix de l'émancipation qu'il accordait 
au fils de famille : mais Justinien , au lieu du tiers en 
proprSté, lui donna la moitié en usufruit, de sorte 
que le fils en conservait seul toute la propriété (i). 

Gujas, dans ses Récitations sur le titre de Jure 

^ dotium, et sur le titre de pactis com^entisj au Code 

ik. Justinien , dit que peculium est im mol gaulois. 

Il se fonde sur un texte formel dIJlpien, dans la loi g, 

pi|i;agraphe 3 au Difeste de Jure dotiupi. Dlpren s'y 

exprime aù^ : ceterhm, si res dentur in ed quce 

*Pmci' r.»pd^tp3/a, dicimty quœque Galli peculium 

iH>caM(ji), ce Au reste §i quelque chose est donné en 

M 4» que les Grecs appellent biens paraphernaux et 

fic.J^s Gaulois pécule. » Cette autorisé semble incon- 

(i)'E3^HoaHoii des cérémonies et coutumes des Komains, par 
ISlic^Aort, trad. par l'abbé Desfoataiaes. Paris i74i« 
[2) In l. si ego . § ceHcruntJf. clejttre dotium» 

T. V. II* PART. 6 



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82 DISCOURS SUR LA. l'«-P^T.,DE8 AKMAL. DB HAINAê?. 

testable. Au0si Denys Godebfojj dans ses commen- 
taires sur cette loi^ et le jurisconsulte Hauteserre 
dans ses Rerum Aquitanicarwn libri qmnque (f), 
ont suivi l'opinion d^ Cujas. 

Ménage n'en regarde pas moins comme constant 
que le mot peculium est purement latin (a). Aussj 
son compatriote Lo]p*uté^ aujourd'hui peu connu, 
mais qu'il dit être un avocat très-docte au parleiyft 
de Paris ^ propose de lire dans le texte d'Ulpien Mi 
au lieu de Galli. C'eA dans les notes de ce Lojaaté 
sur le livre de saint Augustin contra Julianum. Mais 
cette conjectut-e^ qui n'est appuyée sur aucun manus* 
crit j ne f^eut être soutenue. 

Ménage qui le reconnaît ne veut rien diangerdaiu 
«Je texte d'Ulpien qu'il explique en disant que les 
Gaulois dont parle ce jurfsconsulte sont les Aaulois 
que les Romains appelai^ t Cisalpins ^ qui, dit-3, 
parlaient latin. Il le prouve par le témoîgnagi de 
Serviûs qui sur ces vers du premier liv^ des |^éor- ^ 
giques (3) : 

Quid dtcam , jacto qui sentine conthtinus arva 
Insequitur^ eumulotque ruit maH^inguis arena « 

fait l'observation suivante : Comminus, fÊ^t statiiïi,^ 
sme intermissione. Non est ergo ex pt*opinquo lifui . 
signifieatusfrequentissimus est in Cisalpine ^lUd. 
yuigb enim dicunt : vado ad cum sed commMt^ ' 

iX) Toulouse , i648 în-4*i livre a, chapitre 17. 

(2) Dictionnaire étymologique. Paps 1694» p. My.Uff'. BiKsale. 

(3).Ver8 104. 

Dans iM chanps la setteuce cBt*«lle d«^sëe ? -• 

Il la couvre à l'inflant sous la glèlie tfciasëe. 



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INTRODUCTION y LXZ&yi. 83 

Ce même Servius, sur ces mots du huitième livre 
(le l'Enéide (i): 

yirgatis luceiU sagulis : 

if tue habebarutn virgarum modum deductas viasp 
et benè allusit ad Gallicam linguam^ per quant 
yirga purpura dicitur virgatis ergo ac si diceret 
purpuratis. 

Varron, livre premier de Re re^^/ca, chapitre 3a, 
dit : ù^teraqucy quœ alii legumâna; alii^ ut Galli' 
cani quidam y\e^^T\dLj appellant utraque dicta à le-* 
gendo : quod ea non secentur, sed vellendo leguntur* 
«Et les*autres plantes, que les uns nomment legur 
« mina y les autres, comme certains Gaulois, legaria^ 
«c mots tires tous ^eux du mot légère, » qui signifie 
cueillir, <c parce qu'on ne coupe pas ces plantes , 
« mais qu'on les cueille en les arrachant. » 

Enfin- Ck>mutus, sur ces mots de la seconde ^re 
de Perse : 

.... Grar^ei patinœ, tucetaque creusa^ 

« Les grands repas et les ragoûts pleins de graisse, i> 
fait l'observation suivante : Tuceta apud Galles Cis* 
alpinos bubula dicitur , condimentis quibusdam 
çrassis oblita et macefata : et ideo toto anno durât. 

Toutes ces autorités recueillies par Ménage l'ont 
convaincu qu'il avait raison , et il se félicite du suf- 
frage qu'il a obtenu de Fabrot regardé par lui comme 

(4 Vers eio. 

Et de leurs colliers d'or la parure flottante. 



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84 DISCOURS SUR LA 1" PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

le premier jurisconsulte de son feras. Voici comment 
s'exprime ce Fabrot clans son Énarration sur le Para- 
title de Cujas, au Code de pactis consentis : Egopo- 
tihs accedo jEgidio Menagio tw îravy ; Gallos CisaU 
pinos qui latine loquehantur^ ea quœ extra dotem 
mntj peculium appellare. 

Cet honorable témoignage dédommagea Ménage 
des plaisanteries qu'un jurisconsulte avait faites de 
lui à cette occasion : mais je crois que sans plaisanfm*, 
on peut dire que toutes ses citations prouveot que 
les Cisalpins y même en parlant^ si l'on veut, avaient 
des expressions qui leur étaient propres et qui pou- 
vaient fort bien ne pas dériver du latin. Tel était 
peut-être le mot peculium duquel est venu notre 
mot pécule. Encore aujourd'hui le$ Piémonfais et les 
Milanais ont une foule d'expressions qui leur sont 
particulières et que l'on entend difficilement à Rome, 
quoique les trois nations parlent l'italien. 

LXXXVII. Pecunia , monnaie, est un mot gaulois, 
ainsi que nous l'apprenons de Cassiodore. Quoique 
les anciennes histoires ne fassent jlB mention des 
monnaies gauloises, il est vraisemblable que l'usage 
en était admis dans les Gaules lorsque les Romains 
commencèrent h s'en servir; car le mot pecunia que 
l'on croit être latin, est purement gaulois et vient 
dcPEC ou Pecus qui signifiait, en langue celtique, 
toute sorte de bétail , soit que les premières espèces 
dont on se servit pour la facilité du commerce que 
Ton fesait dans l'origine par des échange!, fiisljpflt 
fabriquées de cuir, ou que le mot fût relatif à celui 



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INTRODUCTION, LXXXVII. 85 

de pécule ou de patrimoine ^ dont le plus solide et le 
plus nécessaire consiste dans les troupeaux qui nous 
fournissent la nourriture et les habits (i). 

Le premier souverain que l'iiisl 
comme ayant fait frapper de la 
qui 9 si nous en croyons Dracon d 
Athénée (2), et appuyé par le U 
crobe (3), fit le premier frapper de la monnaie de 
cuivre. D'un côté elle portait l'empreinte de son 
effigie, et de l'autre celle du. vaisseau de Saturne. Les 
deux traditions sont puisées dans deux sources dif- 
férentes; car elles ne rapportent pas l'histoire de 
Janus de la même manière. 

Ces anciens événemens exigent une ancienne chro- 
nologie : je n'en connais pas d'antérieure pour cette 
époque à celles de Sanchoniatôn et d'Eusèbe. Or 
selon Sanchoniatôn, Ilos, qui est le Kronos des 
Grecs et le Saturne des Latins fit entourer de mu- 
railles le lieu qu'il habitait sur les rives de la mer 
Méditerranée, et fonda Bibios, la première ville de 
Phénicie. Ses alliés portaient le nom d'Eloïm. Le 
texte d'Eusèbe (4) écrit en grec ÈAoet/iz, et il est re- 
marquable que ce nom est celui que donne à Dieu le 
premier verset de la Genèse. 

(1) Histoire de la monarchie française , par Guillaume Marcel. . 
Paris 1686. 1,64. 

(a). Livre XV,chap. ^Gde ses Deipnosoph. XF'Ubri, p. 692 dans 
l'cdition deCasaubon. Athénée cite le traité 71 tp) xiôav, des pierres, 
composé par Dracon. L'ouvrage et Fauteur sont également in- 
connus d'ailleurs. 

(3) Saturnales , livre I , chap. 7. 

(4) Eusebii prœparatio evangelica. Colonies 1688, page 37. 



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86 DISCOURS SUR LA l'*PAIlT. DES ANNAL. DB HAINAUT. 

Uos parcourut la terre; et dans le cours de ses 
voyages 9 il donna à sa fille Athéna, le royaume de 
FAttique. G)ntinuant à distribuer ses bienfaits, il 
donna la yille de Biblos à la déesse Baaltis, et colle 
de Bérite à Poséidon et aux Obires. Enfin il érigea 
l'Égîpte en souveraineté en faveur de l^aut, et ?int 
s'établir dans les contrées du midi(i). 

Tel est le récit de Sancboniatôn qui nous ex{diqae 
comment les constructions phéniciennes , connues 
^ousle nom de murs ciclopéens, passèrent en Italie 
par le moyen de l'Hos phénicien qui est le Saturne, 
des Latins , et ce même Saturne selon Eusèbe (a), 
n'est autre chose qu'un nom que les Assiriens don- 
Baient à Bélus en le divinisant. 

La date de son arrivée en Italie ne se trouvait pas 
dans le texte d'Eusèbe, puisqu'elle n'est pas dans ia 
version arménienne publiée à Milan. C'est une ad- 
dition de saint Jérôme qui même a été tronquée dans 
les anciens manuscrits latins de la Chronique ^ mfui 
que je l'ai fait voir ailleurs (3), œ qui a trompa h 
père Pétau. La véritable leçon porte l'arrivée de Sa- 
turne à l'an i83i avant notre ère; elle est contraire 
à la Ohrom^ogie d'Eusèbe qui fait monter Ninus sur 
le trône l'an 2048 avant notre ère , et Saturne son 
père l'an 2166. Il serait difficile d'établir une date 

(1) Jd. p. 34-37. livre I, chap. 9 dans cette édition grec^ et 
latine de la Préparation évangelique d^Eusébe. 

{2)SanctiEusebii Hieroaymi operum tomus octavus, pan prima, 
yenetils 1769. p. 47» Chronicus canon , exordinm tibri, 

(3) Discours sur ies murs ciclopdens iroprimé à Rome en 181S; 
p. 48. 



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IN TRODUCTlOlf , LXXXTII. 87 

positive pour des faits aussi reculés, et cette re- 
di«rche n'entre pas ici dans notre sujet. 

Le premier souverain grec que Thistoire nous 
présente comme ayant fait frapper de la monnaie est 
Thésée; voici ce quen dit Plutarque ^i) : «Il fit 
« aussi frapper une monnaie avec la marque d'un 
« boeuf, soit à cause du taureau de Marathon, ou en 
a mémoire du général Tauros qu'il avait défait, S0it 
ce enfin pour exhorter ses concitoyens au labourage; 
« et l'on dit que c^est de cette monnaie qu'ont été 
<r tirées ces expressions : cela vaut cent bœufs; cela 
« vaut dix bœufs. » 

Dacier, traducteur de Plutarque, prétend, dans une 
note, que, selon d'autres auteurs qu'il ne cite point, 
Thésée fit frapper cette monnaie pour conserver 
la mémoire de la manière dont on fesait aupara- 
vant le commerce par l'échange du bétail. Cette 
Dionnaîe, ajoute ce traducteur, avait la marque d'un 
bomf, et valait deux drachmes, c'est-à-dire vingt 
sous (a). Elle pesait ceut soixante-quatre grains et 
un tiers dans le sistème de M. Letronne (31; et 
comme, dans ce sistème, le grain, poids de marc, 
est o,o53i en grammes (4), le bceuf pesait 8,726 
grammes, ou près de neuf grammes. 

(1) Les vÎM des Hommes nitistres de Plutarque , traduites par 
Dacier, t. I, p. 55. 

(a) Id. ibidem. Note du traducteur. 

(3) Conside'rations gtfne'ralcs sur TeValuation des monnaies grec- 
ques et romaines.' Octobre i8i7,p. i<>^' 

(4) Id. p. 5. 



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9B DISCOURS SUE LA 1*^ PiRlT. DES ANNAL. DE HAIHAUT. 

I/événement que rapporte Plutarque était assez 
important pour mériter d'être consigné dans les 
£sistes connus sous le nom de marbres de Paros ou 
d'ArondeL Ainsi l'on peut supposer que l'époque a^ 
de ces matbres , qui n'a pu être déchiffrée qu'en ce 
qui concerne la date , placée sous uae année corr^- 
pondante à l'an i^^SS avant l'ère chrétienne et sous 
le règne de Thésée (i), se rapporte à oette ordon- 
nance de Thésée, quoique cette lacuoa ait été sup- 
pléée autrement (a) par Chàndler. 

Quant au proverbe auquel Plutarque fait allusion, 
il est évidemment tiré de l'endroit oii Homère , dans 
son Iliade (3), nous représente Glaucus aveuglé par 
le dieu fils de Kronos (Jupiter fils de Saturne), 
échangeant des armes d'or contre des armes d'airain, 
des arnies du prix de cent bœufs ^ pour d'autres qui 
ne valaient que dix bœufs. C'est ce que M. Dugas 
Montbel traduit ainsi : ce Alors le fils de Saturne 
« prive Glaucus de sa raison, puisqu'en échangeant 
<c son armure avec Diomède, il lui donne désarma 
(c d'or du prix d'une hécatombe , pour des armes 
a d'airain qui ne valaient que neuf taureaux, s 

On doit observer que Henri Etienne, dans sa 
version latine, a soin de mettre numis^ monnaies, 

(i) L'Art de vërif. les dates avant J.-C. III, t45. 
(a) Marmorum Oxoniensium inscriptiones grcscœ, Oxonii 1791. 
p. i3 et 108. 

(3) Chant Zou VI; vers a3Ô 



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• uARODOttlON , LKXXVII. 89 

i cole de bobus^ bœufs. Cqf passage crHomère, ainsi 
commenté par Plutarque, parait formel. Ainsi Pline 
le naturaliste a eu raison de dire que pecunia était 
une espèce d« nioaaaie, parce que le simbole le plus 
ancien qui ait paru sur la monnaie était quelque 
animal, en latin peciis. Voici ses expressions : signa- 
tum est nota pecudum y unde et pecunia appellata. 
Mais ce nom de peeuSy comme nous l'avons observé, 
dmt âtre pris dans la langue des Gaulois et non 
dan^ celle des Romains qui avaient gravé sur leur as 
la jGgure de Janus avec le vaisseau de Saturne. Ce 
furent les Gaulois qui s'étant servis d'abord de pièces 
de cuir pour leur commerce, commencèrent les pre- 
mier à employer les métaux pour cet usage. C'est ce 
que dit formellement Cassiodore ( i ) : Pecunia enim à 
pecudis tergo nominata Gallis auctoribus^ sine ali- 
qu0 adhiic signo ad metalia translata est. 

£n effet l'Histoire Romaine ne fait aucune meo'- 
tien de monnaie frappée dans la composition qui fut 
faite de la forteresse du Capikole que les Gaulois te- 
naient assiégée après avoir saccagé la vifle de Rome : 
elle dit seulement que les Romains qui s'obligèrent 
de leur payer mille livres d'or (2), évaluées par 
Marcel à cinq cent soixante mille francs de notre 
monnaie (3), ne fournirent cette quantité qu'en pre- 
Biint les omemens des dames , qui les portèrent spon- 
tanément et les sacrifièrent avec empressement pour 

(i) L. VII yariarum cpist. XXXI. 

(2) Titc-Live , V, 48. 

(3) Histoire de la Monarchie Françoise. Paris, jôSri. 1 , 65» 



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90 DISCOURS SUR LA 1** PART. DtS ànAaL. 4>B HAIRAUT. 

la liberté de leur patrie. -C/km in pubUco deesseiau^ 
rum ex quo^umma pacÈtt mercedis Gallis confient j 
à mmironis collatum acceperunt {i). 

On sait que la prise de Rome eut iieu l'an 887 
avant notre ère. La monnaie lut bientôt après en 
usage, tant parmi les Romains que parmi les Gau* 
lois, qui la fabri^èront «a très-grande abondance. 
Nous savons en effet par Stpa^n (a) que Loserak», 
roi des Auvergnats, qui régnait vers l'an iSSannt 
notre ère (3), avait de telles richesses que sou^i;^t, 
pour montrer feon opulence à ses ^mis , il se prome- 
nait dans les cliamps monté sur un char, d'où 3 je- 
tait çà et là des monnaies d'or ef d'argent, que sas 
Xïompagnons ramassaient ; c'est ce qu'avait dit avant 
Strabon un historien digne de foi, et qui parlait 
ainsi environ 78 ans après l'événement (4) : 

tfPosidonîus détaillant quelles étaient les ricbates 
« de Louemios père de Bét^ttus , dit que pour cap- 
« tiver la bienveillance. du peuple, il parcourait les 
ce campagnes sur un char (5), répandant de l'or et de 

(i)Tilc-Live, V, 5o. 

(a) Livre IV, p. igi. J'ai appelé ce prince Louernios à Uj>.4^ 
de la première partie de ee Tolumc. C'est elfecUvenieiit ainsi qw 
ton nom se trouve écrit dans les éditions de Strabon ci d'AtbéoÀ j 
mais il est vraisemblable que ce nom est Poi-igine des 'Afovifîo/ oa 
Anvergnatf , et qnHl faut lire Aovernio^ et Âot^emoi. 

(3) Trenf e-tMit mm ATaiit «on fils Bëtaltst qû M defeit par k$ 
Romains Tan laa avant notre lèrc Voyez l'Art de vérif. judaitf 
«vant J. -C. V, !i34. 

(4) Il vivait l'an 77 avant l'ère chrétienne. Voyex le mémoire nr 
les Celtes dans le troisième volume des Mémoires pour sertir â 
l'ancienne liistoire du Globe , p. 10a. 

(5) Florus dit que ce char était d'arfent. Cairou et Rouillé disent 



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INTRODUCTION, LXXXYII. 91 

ic l'argent à des miriadcs de Celtes qui le suivaient. Il 
ff fit une enceinte carrée de douze stades ^ » plus de 
deux mille mètres, a où l'on tint toutes pleines des 
« cuves d'excellentes boissons , et une si grande 
« quantité de mets, que pendant nombre de jours 
« ctQT qui voulurent y entrer eurent la liberté de se 
« repaître de ces alimens servis sans interruption. 
« Une autre fois il assigna le jour d^un festin ; un 
« poète de ces peuples barbares , c'est*à*âire un 
a Barde, ét^nt arrivé trop tard, se présenta devant 
« lui ^ et chanta ses éminentes qualités, mais en lais- 
a sant tomber des larmes sur ce qu'il n'était pas venu 
<c assez tôt. Louernios , 'flatté de ces éloges, se fait 
« donner une bourse d'oor, et la jette à ce poète , qui 
« courait à coté de lui. Le poète, la ramassant, le 
m diante de nouveau, disant que la terre où I^uer- 
4c nios poussait son char devenait, sous ses pas, une 
« source d'or et de bienfaits pour les hommes. Ces 
« détails se trouvent dans le vingt-troisième livre de 
« Posidomus (i), qui dit ailleurs (a) que chez les 
« Celtes les domestiques portent à boire dans des 
« vases d'argent, et à manger dans des plats de 
ce même métal; il ajoute que chez ces peuples il y 
a avait des théâtres sur lesquels on se battait pour 
« de l'or et de l'argent (3). » 

seulement quMi était garni <f argent à la gauloise. Mais le mot ar^ 
gentens f employé par FlortM, signifie d'argent dans (Scéron et 
Pline. M. Du Rozoir dans sa traduction de Florus , III , 3 , traduit 
éorgenico carpento 'par char d'argent. 

(i) Athénée, Banquet des Savans, livre IV, chap. i3. 

(3) Même chapitre. 

(3) On trouvera ces passages en entier dans l'Inlroduction à 
THistoire (TAvigiion. 1 , 235. 



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92 DISCOUBS SUR LA 1^ PART. DBS ANNAL. DE HAIIIAUT. 

On a trouvé en effet en i8o4, sur les bords de 
rOuvèze, près de deux cens médailles d'argent, qui 
ont évidemment servi de monnaie dans les Gaules 
beaucoup plus anciennement qu'au tems dont nous 
parlons (i). Elles sont encore aujourd'hui presque 
toutes réunies dans mon cabinet , à Paris , et ne pa- 
raissent pas appartenir à la nation des Auvergnats, 
mais à celle des Bituriges qui est beaucoup plus 
ancienne. Nous en avons déjà parlé (a). Guillaume 
Marcel a fait aussi graver dans son Histoire des 
Gaules y les quatre monnaies gauloises qu'il a jugé 
les plus curieuses 9 et il en donne une description 
très-détaillée (3). 

LXXXVIII. Penna , montagne. U y a plusieurs 
places des Gaules dont la situation est sur des mon- 
tagnes , outre celles qu'on appelle Pennines dans la 
Viennoise cinquième, qui retient le nom de Penne{l\\ 
L'un des sommets des Alpes porte le nom de Penni" 
num jugum (5). « Je suis étonné,» dit Tite-Live en 
parlant d'Annibal (6), a que l'on ne convienne pas du 
« lieu par où il passa les Alpes; que l'on croie co»- 
« munément que ce fut par le sommet appelé Pen- 

(0 Mémoires de PAthéode de Vauclusc. Seconde partie. Atî* 
gnon i8o6. p. 99. 
(3) P. 400 du YoL prc'cédent. 

(3) Histoire de la Monarchie Françoise. Paris 1686. 1, 65. 

(4) Voyez Petrus raUis Sarnetuis.HisU Albig.c. XXXVI. 

(5) Tite-Live , V, 35 le nomme seulement ^/yeitni/ium, et Vj 
distingue de ce qu'il nomme saltus Taurinus ou défilé da monl 
Genèvre, par lequel Annibal passa. 

(6) Id. XXI, 38. 



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INTRODUCTION , LXXXVIII. 93 

a nin; et que ce furent les Carthaginois, en latin 
« Pœniy qui lui donnèrent ce nom. Cœlius, au con- 
te Iraire, dit que ce fut par celui de Crémone. Mais 
(t ces denx sommets , au lieu de le conduire chez les 
et TaurinienB j l'auraient conduit chez les Gaulois 
(cLibuenSyà travers les monts Salassiens. D'ailleurs 
<c il n*est pas vraisemblable que ces passages aient 
<c été ouverts en ce tems-là du côté de la Gaule , 
«.puisque les routes qui conduisaient sur le Pennin, 
a étaient occupées par des peuples demi-Germains, 
«c Et si Tétimologie dont on vient de parler fesait 
« impression sur quelqu'un y il est aisé de le détrom- 
«r per en lui apprenant que ce n'est pas du passage 
a des Carthaginois que le Pennin a pris son nom, 
<r mais d'un temple ou d'un Dieu ainsi nommé et 
a adoré sur les hauteurs par les Véragres qui les ha- 
« bitaient (i). » 

En effet Guichenon, dans son Histoire de Savoie, 
nous a conservé l'inscription qui était sur le piédes- 
tal d'une belle statue représentant ce Dieu sous la 
figure d'un jeune homme nu, et conçue en ces 
termes : L. Lucilius Deo Pennino optimo maximo 
donum dédit. Ce L»cius Lucilius est peut-être celui 
qui était consul l'an â65 de notre ère, et qui d^his 
une inscription rapportée par Gruter est appelé Lu- 
cius Cœsonius Macer Lucilius RufHnitianus f*i). 

(i) Tout ce passage est traduit en entier et commenta avec soin 
dans un petit écrit intituld : Supplément au Tite-Live , insère' dans 
la collection des auteurs classiques de M. Lemaire. 11 p. iil*S'^, 

(a) Gruter, Inscnpt. page 33 1 , num. i , 3 écrit LucUlo; mais 
à la page 166 , nura. 2 il écrit Lucîlio. Sur ce Lucilius voyez rHist. 
des Empereurs, par Tillemont. III, 472» 



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94 DISCOUESSUR LA 1'* PART. DBB AMIIAL. DE HÂIIIAUT. 

II ne faut pas dissimuler cependant que selon Caton 
et Servius ce n'était pas un dieu , mais une déesse^ 
que l'un appdle Pennirm et l'autre Apennina^ mais 
la figure et l'inscription prouvent que Tite-Iive a 
mieux connu le dieu que ces deux auteivs. L'histo- 
rien de Savoie ajoute ces paroles : « Sur la mon- 
a tagne du petit Saint-Bernard, qui est de la Yal 
<c d'Aoste , est une colonne de marbre de la hauteur 
<c de quatorze pies,» quarante -dnq décimètres , 
ce dédiée aussi autrefois au dieu Penninus, sur la- 
ce quelle était une escarboucle, que l'on apprit l'oeil 
(c de Penninus. » Dans la suite, on enleva la statue 
de ce Dieu pour mettre ea sa place celle de Jupiter^ 
et alors l'escarboucle fut appelée l'œil de Jupiter. Il est 
sûr cependant que malgré ce changement le cuite 
de Penninus ne fut pas aboli ^ et les montagnards 
continuèrent à l'honorer. 

Les savans soût embarrassés de savoir quel diea 
était ce Penninus. Les épithètes à'optimus maximus 
sembleraient d'abord fsiire croire que c'était le soleil 
et que cet œil, dont on vient de parler, était le 
même que l'œil d'Osiris, qui, en Égipte, représen- 
tait le soleil (i). I- 

£n général , dans la langue de^ Gaulois jpewi si- 
gnifiait un lieu élevé , un sommet (2). Ainsi le diea 
Pennin chez etnt devait être le dieu des hauteurs, ou 
des montagnes. 

(i) IXctioDtire poar Pintell. des auteurs classiques. Piris 1736. 
XXXII, 554- Art. Pennia et Pennintis. 
(2) La religion des Gaulois. Paris 1737. II, 373. 



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ÛITRODOCTIO» y tlXUX. 95 

LXXS^IX. Petoritum ou Pstorhitum, chariot ou 
Ibitipie suspendue à tpatre roues. C'est un mot gaulois* 
B^ritum Qallicum vêhiculum esm et nomen ejm 
dicturnexistima/ft à numéro quMuor rotarum (i). 
Quelques-uns le dëriyent du mot gre^ m^fiou, qui 
signifié' ^e emporte d'un mouvement rapide, et du 
.mot latin rota j ob volmres rotas y ou plutât de Véo^ 
liqn* nérrops^y an lieu 3e xhfjapei : Yosskis ^Merve 
jfue si Ton. préfère cette dernière ëlimologie, on 

se cette ^x- 
Varron est 
mot est fiu* 
f gracâ di^ 
m; nam est 
eoîiVarron 
oitë daqs les 
n en entier. 

« ^lemieim^ à se livrer à Tëtuie des lettres dans nn 
« âge avance y sont avec cela naturellement grands 
ff pleurs et pnt quelque facilité à s'énoncer; on ne 
« pKit se Aire une idée à quel point et "de queUi ma- 
« nîèrê i^diculeet frivole , ils affectent de bite éta* 
5 lage^ de leurs connai^ances. On» peut metliie cer- 
« taînemenf de ce nombre cet homme. qui-, demiè- 
« renient 9 disait %or petorritum des choses si pleines 
« d'une vaine* sublilité. Car comme on demandait 



(i) Festas » !• Vf, c. xxx. 

(a) VoésitlS , in Etjrmologic, au mot petornii, 

(3) Varron , cite paç Aulu-Gclle 1. XV, c. 3a, 



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t 96 DI8COU16 SUR LA 1^ PART. DES ANNAL. DE HAftfàUT. 

« quçllc était la forme du chariot appela /^e^orri/am , 
a et de quelle langue ce mot tirait son origine;! 
tt nous décrivit une forme de chariot bien différegbe 
«c de celle qu'ont en effet ceux appelés petoirita^ et 
<c nous dit que ce mot venait du grec, et signifiait des 
«c roues qui tournent avec rapidité; car il nj avait , 
<c disait-il, daiis petorritum qu'une lettre à changer 
<c pour y tfouver petorotum. Il prétendit mêmetkqne 
« Valérius Probus l'avait écrit ainsi. Pour moi. auoi^ 
a que je n'aie pas laissé 
f< écrits de Probus , et 
a jsonais rencontré riei 
« pas que l'on trouve 
« leurs dans ce sa Vian t 
« ne vient point du { 
« rement gaulois. Nou 
(( quatorzième livre de 
a Varron^dans lequel 
tf parlant du chariot ap 
(( est gaulois. » 

En effet le mot PedaVy sî l'on en croi^ CamdcQ(i)t 
signifie encore aujourd'hui le nombre d^l|u'attftsn 
Angleterre. Mais on ne le trouve pas dans acÉr^ic- 
tionaires. ' ' ' # 

XC. PiPEB^ciuM, herbe que les Gfiû afl?^ 
laient dfxojsov et les Romains venêrea : dbcopoy î^j^iftacwc 
Bsvipsa, Toù^soi r.enspayuov (^2). Le mot Atopûy signifie 
en grec insatiable , appétissant. Je c|ioi| cpie lé p^ 

(i) Brilanniœ lîescriptio. 
{1) Dioscoridcs, 1. I, c. II. 



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IMTRODUCTIOIf , XC» *tll 

racium de Dioscorides est ce que nous ^pelons 
poivre long ou piment , en latin capsicurm Ce gttre 
de plantes de la penCandrie monoginie et de la fa- 
mille des planées y renferme une demi-douzaine 
d'espèces 9 dont une est cultivëe dans les parties mé- 
ridionales de l'Europe et dans les colonies etifo- 
péennes intertropicales ^ pour son fruit. C'est à tort 
qu'on la croit venue d'Amérique, et le passage de 
Dioscorides en est la preuve. L'usage en est immé- 
morial dans nos provinces méridionales. 

Cette espèce y qui est le piment annuel des bota- # 
nistes, a les racines fibreuses, les tiges striées, ^- 
meuses, hautes d'un à deux pies, ou de trois à six dé- 
cimètres; les feuilles alternes, longuement pétiolées, 
entières , lancéolées , luisantes , d'un vert noirâtre; 
les fleurs blanchâtres, longuement pédonculées, soli- 
taires, extraaxillaires ; les fruits rouges , ovales , 
alongés, à pédoncule recourbé vers la terre, et Va- 
riant entre un et quatre pouces , c'est-à-dire 3 et 
II centimètres*, de long, sur six à dix-huit lignes, 
c'est-à-dire i à 4 centimètres de diamètre. Elle est 
annuelle, comme l'indique son nom. Son fruit tient 
lieu de poivre, et la consommation qui s'en fait dans 
les pays chauds est très- considérable. Il est, dans 
ces pays , peu de ragoûts où on ne le fasse entrer, 
souvent au-delà de ce qui convient aux palais ac- 
coutumes à un assaisonnement plus doux. On l'ap- 
porte par charretées dans les marchés de l'Espagne ; 
là, comme dans les parties méridionales de la 
France , on mange ces fruits crus ou confits dans le 

T. V. H* PART. 7 



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tf" DISCOURS SUE LA 1*^ PâBT. DES àH!IÀL. DB HÀllfAUT. 

vinaigre avant leur complète maturité, sous le nom 
de^iprons. C'est Fassaisonnement du pain au dé- 
jeuner de presque tous les manœuvres , et même des 
pauvres propriétaires de ces contrées. ï^ riches ne 
dédaignent nullement d'en faire usage, ëtfen aifiût 
venir à Parts, oii ils ont été trouvés fort bons à ma 
t«ble. On les regarde comme digestifs, incisifi, an- 
tiseptiques, et détersifs. Réduits en poudre ^ ils sont 
un violent sternutatoire. Les habitans des colomes 
ne tarissent pas sur Téloge de leurs vertus; c'est, 
selon eux , une panacée universelle, et le seul moyen 
que la nature leur ait donné pour digérer. Saas 
doute elle n'est pas nécessaire , et l'estomac j fiât 
très-bien ses fonctions quand on ne le surdiarge 
pas. Mais comme la sobriété n'est pas une vertu très- 
ordinaire, les poivrons sont souvent utiles. C'est on 
objet de produit pour les cultivateurs, et il faut 
qu'ils s'occupent des moyens de le multiplier le plus 
possible dans les lieus où ils sont recherdiés et où 
le climat leur convient. 

En tout pays il est avantageux de semer de bôone 
heure la graine du piment annuel , parce que l'on 
vend très-bien les fruits encore verts > pour être 
mangés crus ou confits au vinaigre. En conséqueBde 
on doit ensemencer aussitôt qu'il n'y a plus de ge- 
lées là craindre. Dans les lieus où la culture est un 
peu perfectionnée , cette graine est semée sur couche, 
et l'on couvre, pendant la nuit, le jeune plant qui 
en provient, pour le repiquer lorsqu'il a trois à 
quatre pouces (8 à ii centimètres) de haut, dans 



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INTIODUCTION y XC 99 

une terre abondamment fumée, et à une ezposkioii 
chaude. Cette pratique est indispensable dans le cli- 
mat de Paris, où les printemaiMn» rarement beaux, 
li, c'est ordinairement en mars qu on le sème , et en 
mai qu'on le repique; mais ce n'est presque qu'une 
culture d'agrément, Tbiver 'arrivant , si l'été est 
froid ou pluvieux , avant que les pies aient donné k 
quart des fruits qu'ils devraient produire- Les pre- 
mières gelées blandies su£Bsent pour les &ire tous 
périr. 

En Espagne, et même en France, sur les bords de 
la Méditerranée, on sème eo février, et même quel- 
quefois en janvier, sur une planche bien préparée, 
bien fumée et bien exposée, et les plus soi^^ux 
convrent le plant pendant les nuits qu'ils soup- 
çonnent devoir être froides. Us le repiquent en avril 
à dix-huii ou vingt pouces (49 ou 54 centimètres) 
de 4/^^^^f dans un jardin et même en plein 
champ, dans un terrain un peu frais, et lui donnent 
deux IjS^ages pendant le cours de l'été» Trop de 
chaleur lui est alors nuisible; c'est pourquoi l'on 
préfère les expositions abritées du soleil à midi. On 
commeneeà cueillir des fruits verts dès la fin de mai, 
et l'on continue jusqu'à l'hiver. Les fruits mûrs sont 
recueillis tous ensemble à la fin de la saison, et 
qpmme alofs il y a encore considérablemei^ de fruits 
verts , la florakon se succédant sans interruption pen- 
daat tout l'été, on arrache les pies et on les expose 
au s#leil^ afin de faire rougir ceux qui sont assee 
près de leur maturité pour prendre cette couleur. 



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100 DISCOURS SUR LA l'* PART. DBS ARRAU DB HAIMAUT. 

Ensuite oa enfile tous ces fruits, et Ton en forme de 
longs chapelets y qu'on attache cofltre les murs à 
Pexposition du isidi ^^our les faire sécher^ soit sans 
les vider de leurs graines J soit après les avoir vides. 
En Espagne , on a vu les maisons de tout un village 
ainsi couvertes, depuis le sommet du toit jusqu'à la 
portée de la main. Dans quelques lieus on réduit en 
poudre Tenveloppe de ces fruits ainsi desséchés; 
mais presque partout on se contente de la couper en 
petits morceaux au moment même de l'emploi. Elle 
se conserve plusieurs années quant on la tient dans 
un lieu sec; mais en général la meilleure est tou- 
jours la plus fraîche. 

Beaucoup de personnes mettent du piment vert 
dans le vinaigre destiné h l'usage de la table , et dans 
toutes les préparations du vinaigre , telles que cor- 
nichons, câpres, etc. On s'en sert aussi pour rendre 
plus piquantes certaines liqueurs spiritueuses, etmême 
l!eau-de-vie pure. 

II y a plusieurs manières de préparer les poivrons 
pour le commerce. Les uns les font tremper dans de 
Feau salée pendant deux ou trois jours; ensuite ils 
les mettent dans du vinaigre bouillant. D'autres les 
font bouillir un moment dans de l'eau, et les jettent 
dans du vinaigce froid, salé^ et aromatisé avec du 
girofle o« de la canelle. Dans quelques lieus, on 1^ 
incorpore, après les avoir grossièr^ent moulus, 
avec de la pâte qu'on fait cuire, et le pain qui en pro- 
vient, convenablement desséché, est réduit en psudre 
pour l'usage. On prétend que cette préparation adoucit 



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INTRODUCTION, XCI. ^ 101 

et améliore beaucoup leur saveur. Les plus jeunes* 
sont les plus tendres et les plus doux, mais aussi ceux 
qui se conservent le moins. Il faut qu'ils soient d'une 
coDsistance ferme et d'un beau vert, pour être esti- 
més de bonne qualité dans le commerce. Quoique les 
habitans du nord de l'Europe ne les recherchent pas 
autant que ceux du midi , le commerce qu'on en fait 
chez eux , ne laisse pas que d'être d'une certaine im- 
portance (i). 

XCI. PLAiroRATUM , et selon les meilleurs manus- 
crits Plaumoratum. C'est un nom que nous donne 
Pline (2). « Dans la Rhétie Gauloise , » dit-il, cr on a 
«imaginé, il n'y a pas long-tems , d'ajouter à la 

, d'où ces sortes de char- 

laumoratum, » La Rhétie 

A.venche, ville de Suisse. 

re employé ici par Pline, 

teur (3) qui assure qu'on 

rdes Ploum, pour ara- 

trum j charrue. Rat ou radt signifie roue en langue 

belgique; en slayon, radio signifie un soc de charrue, 

ratajxxn laboureur. Goropius Becanus explique Plau- 

moratum par Plog met rat qu'il traduit en belgique 

pr aratrum cum rota, charrue avec une roue. Cette 

invention des Rhétiens Gaulois fut sans doute adoptée 

(1) Nouveau cours complet d^agricuUurc. Paris, 1809, X , 74. art 
Piment. 
(a) Hist. nat. XVIII , 18, et dans l'édît. de Frauzius, 48. 
(3, Poinsinet de Sivry, Noie sur ce passage. 



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102 DlSCOURSSllR LA f PART. DBS AIIIIAL. DE HAIlfA€T. 

par lltalie septentrionale; car à Toccasioa de ces 
deux vcTB de Virgile (i) 

Caditur, et tilia ante jugo , Ufis aUaque fagus, 
Stivaque , quœ currus (a) a lergo torqueat imos , 

Servius s'exprime ainsi: currus autem dixit PœUij 
propter morem prwinciœ suce , in quâ aratra Iwhtrd 
TotcLSy qmbus juvantar. £n effet Fabbé Delille tra- 
duit : 

De huit pi«8 en \ 
S«r deux orbta t 



Xai. Raphk 
(1. VIII, cxix 
premier qui fit 
animal qui a la : 
comme un lëopj 
ostenderunt Cha 
effigie lupi^ peu 
les plus beaux lii 

cipalement en Perse. Ceux dTSurôpe, et nommément 
ceux qui viennent de Prusse, sont moins beaux. Mais 
BnfloR dit que le linx est p4ns commun dans les 
pay« fmids. Les plus belles peaux de linx viennent 
de Sibérie sôus le nom de loup-cerv<er , et de Canada 
sous celui de chat-cervier. 

(i) Géorgiques , 1 , 173 et 174* 

(a) LVdition de Michaud écrit ici cursus-^ mais la note dit 



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• HfTEODUCTIOM | XCIU. 103 

XCin. Rhspà signifie une voiture à quatre roues, 
et cette expression était gauloise comme nous Tassure 
QointiUen. Plurima Gallica valuerunt ut Bheda 
ac Petorûum, quorum aller Cicero, tamen {Utero 
Haratius utitur (i). En effet Cicëron et Cësav ont 
f n^oyë ee mot , qui parait évidemment gaulois puîs- 
cfoe les mots Reden ou Rfden signifient encore au- 
jourd'hui en Flandre et en Allemagne, aller à cheval 
et même en voiture (2). 

C'est dans son plaidoyer pour Milon (3) , que Qcé- 
ron répète plusieurs fois le mot rheda et emploie le 
mot rhedarius. 

Obpiamfit ei Clodius^ expeditus^ in 0quOj nulld 

rheda 9 nallis impedimentis^ nullisgrœcis comitibusy 

ut solebat; sine uxore, quod nunquam ferè: quum 

hic insidùator^ qui iter illud ad cœdem faciendam 

apparasset, cum uxore veheretur in rfaedâ, pœnun 

latusj magno et impeditOy et muliet^ ac delicaUo 

anciUarum puerorumque comitcUu. Fitobçiàm Clo^ 

dio ante fïmdum ejus , horâferè undecimd, aut non 

mulio seciis. Statim complures cum telis in hune 

faciunt de loco superiore iq^petum. Adversi rheda- 

rîum occidunL Quùm autem hic de rbedà, r éjecta 

pœnuld^ desiluissety seque acrianimo defenderety 

illi^ quiprant cum Clodio^ gladiis eductis, partim 

recurrere ad rhedam , ut à tergo Milonem adori- 

rentur; partim , quod hune jàm interfectum puta^ 

(1) Qtiiiiti]. 1. 1, Institut, cap. F, 
(3) Vossias, in fUjrm» verbo Rheda. 
(3) Chapitre lo. « 



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104 DISCOURS Sun la l" part, des annal, de HAWàCT. 

rent, cœdere incipiunt ejus ser^osy qui posl erant. 

Ex quibus qui animorfideli in dominum et prœsenU 

fuerhntj pariim occisi sunt; partim cîim ad rhedam 

pugnari vidèrent ^ etc. « Clodius vient au devant de 

(clui y à cheval 9 ^^xï&voitures ^ sans embarras , n'ayant 

(c avec lui ni ces Grecs qui le suivaient ordinaire- 

oc ment, ni sa femme qui ne le quittait presque jamais: 

brigand qui avait, dit-on, prétexté 

ir commettre un assassinat, était en 

son épouse, enveloppé d'un manteau, 

oupe d'enfans et de femmes, cortège 

faible et timide. La rencontre eut 

3 terre de Clodius , à la onzième heure, 

iUt. A l'instant, du haut d'une éini- 

upe de gens fond sur MUon. Ceux qui 

r devant, tuent le conducteur dt sa 

a voiture. Milon se dégage de son manteau, s'élance 

a à terre et se défend avec vigueur. Ceux qui étaient 

« auprès de Clodius tirent leurs épées: les uns re- 

« viennent vers la voiture^ pour^ attaquer Milon par 

a derrière; d'autres, le croyant déjà tué, font main- 

a basse sur les esclaves (jui le suivaient de loin. Plu- 

a sieurs de ces derniers donnèrent des preuves de 

« courage et de fidélité. Une partie fiit massacrée; 

a les autres, voyant que l'on combattait autour de la 

a voiture y » etc. 

Isidore de Séville nous dit formellement (i) que 
la Rheda avait quatre roues : Rheda , genus vehicuU 
quatuor wtarum. Aussi l'on^y portait un grand npm- 

{x)De Origin. XX, 12. "^ 



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INTRODUCTION y XCIII. 105 

bre d'objets^ comme nous Tapprend Martial (i). 

Capena grandi qud pluit guttâ , » 

Phtygiœque matris Almo qua Im'at fcrrum , 
Hovatioi*um qud viret sacer campus , 
El qud pusilU fervet Uerculis fanum , 
Faustine , plend Bossus ibat in rhedd, etc. 

a B^MSus passait sur une vi 
a les provisions d'une campai 
<c Capène où l'eau coule de n 
c( cette porte près de laquell 
« lavent dans l'Almon leurs in 
a de laquelle se trouvent le c 
a et le temple du petit Herci 
<c vous auriez vu des choux 
«Me toute espèce, de petite 

« bonne pour les estomacs paresseux, une forte cou- 
a ronne de grives bien grasses, un lièvre blessé par 
« un chien gaulois ( leporemque lœsum Gallici canis 
« dente), et un cochon de lait qui n'avait point en- 
«core mangé de fèves. Un coureur chargé précédait 
« la voiture, et portait des œufs enveloppés dans du 
<c foin. » 

L'empereur Auguste, voulant être instruit plus vite 
et plus à pfopos de ce qui se passait dans chaque 
province, fit placer des jeunes gens à peu de distance 
les uns des autres sur les grandes routes, et ensuite 
des chariots {%) et des voitures; ces chariots ou ca- 

. '" * - 

(0 Epigramm, III, 47. 

(q) Sudtone, Augustus. 49> ' * 



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106 DISCOURS SUR LA 1** PART. DIS IRNAL. DB HAINAUT. 

briolets QYaient deux roues et se Bommaieiit bùvUBy 
par cette raison ; tandis que les voitures ou rhedœ 
en avaient quatre. Aussi ces voitures pouvaient por- 
ter un poids de quarante quintaux, tandis que les 
cabriolets n'en portaient que deux. Les voitures étaient 
conduites par huit mules en été, dix en hiver; on 
^'attelait jamais plus de trois mules aux 4>abriolets. 
lit une loi de l'empereur Gons- 
ïedœ mille pondo iantummoao 
icenia; octo mulœ jungantwr 
videlicet téfnpore p hyemali de- 
ifjficere judicavimus (i). 
n'était pas la seide voiture à 
avait une appelée Carras y d'où 
ir et de charrette : on peut coa- 
parer la Rhéda des anciens à noire calèche ^ et le 
Carrus au chariot de poste. Ce Carras ne pouvait 
porter que 600 livres d'après une loi (a) dont le texte 
est : Rhedœ mille librarum pondus imponi débet; 
carro sexcentarum et non ampUùs. Mais celle qui 
portait le nom de Rbeda était la plus usitée , surtout 
pour le service de la poste. C'est p«ur cela que les 
chevaux de poste furent appelés veredij à vehendâ 
rheddy et les postillons Veredariiy suivait le témoi* 
gnage de Festus Pompéius: FeredosantiquidLxerunty 
quod veherent rhedasy id est y ducerent. Ce non 
resta même aux chevaux de poste lorsqu'ils ne fiirert 

(1) Voytz PHîitoire des grands chemios de FEmpire, paTv^^- 
gier i Ht. IV , chap. lo. 
^2) 4? ^^ CursH publ, jéug,'et Parang, 



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HTTRODUCTIO» , XCIY. 107 

plus atieles et qu'ils ne servirent qu'à porter des voya« 
geurs. C'est ainv que l'entend Procope en disant : 
efuis pubUcis veetus , quas veredos vacant. 

On fesait un tel usage de ces voitures de poste dans 
l'empire romain que Jjiistinien nomme cette voiture 
rhedam currentem dans une loi (i) où il ordonne que 
ee qui tomba d'une voiture appartient au maître de 
la voiture et non pas à celui qu ' * 

Le Carpentum était plus an 
soumis aux mêmes lois. Tous d 
ter que mille livres pesant. C'< 
loi rendue par les empereurs Va 
persfricuè sanxeramusy ut in 
mensumm subditam nullus excederetj etc. 

XCrV. Rhevonss; ce mot, dans JulesoCaesar, si- 
gnifie des robes fourrées à l'usage des anciens Ger- 
main». Us ne se couvrent , dit-il (3), que de peaux 
de renne rhenonum tegimenlis y qui laissent à nu la 
plas grande partie de leur corps. C'est donc mal à 
propos que Yossius a cru trouver l'origine des Ahe-' 
noms dans la langue grecque. Il a dérivé leur pom 
de pihfii qui signifie des agneaux dont les peaux ^ 
selon Ini , servaient à cet usage (4). Sans doute la 
langue celtique dans la partie méridionale des Gauies 
â pris une infinité de mots des Phocéens qui «s'étaUi* 
rent dswt le pays des Saliens 600 ans avant notre ère. 

(1) §. UU. UistU, de rerum' diuisione* 

(2) JL. XXX. Cod. Theod. de turtu pubL et Parang, 
fj) De beUo gaUico YI , ai. 

(4) Vossius , in Etfm» v^rb^ JUienones. 



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^ 108 DISCOURS SUR LÀ 1'* P4RT. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

Mais ce sont les Germaios qui portaient les Rheno* 
nés y comme nous l'apprenons de Juies*Cësar; et Sal- 
luste Ta dit aussi (r). Ce mot n'est donc pas gaulois, 
ainsi que le prétend Guillaume-Marcel sur l'autorité 
de Vossius. Cependant BufFon. (2) croit qu'il existait 
jadis en France de^ rennes, du moins dans les hautes 
montagnes y telles que le^ Pirénées j dont Gaston 
Phébus était voisin , comme seigneur et habitant dn 
comté de Foix, et que, depuis ce tems, elles ont étc 
^détruites comme les cerfs, qui autrefois étaient com- 
muns dans cette contrée, et qui cependant n'existent 
plus aujourd'hui dans le Bigorre, le Couserans, ni 
dans les provinces adjacentes. Il est certain que la 
renne ne se trouve plus actuellement que dans les 
pays les plus septentrionaux; mais l'on sait aussi que 
le climat de la France était autrefois beaucoup plus 
humide et plus froid qu'il ne l'est aujourd'hui par la 
quantité des bois et des marais. On voit , par la lettre 
de l'empereur Julien , quelle était de son tems la ri- 
gueur du froid à Paris : la description des glaces de 
k ^eine ressemble parfaitement à celle que nos Ga* 
nadiens font de celle du fleuve de Québec. Les Gaules, 
sous la même latitude que le Canada, étaient, il y a 
d^x mille ans, ce que le Canada est de nos jours, 
c'est-à-dire , un climat assez froid pour nourrir les 
animaux qu'on ne trouve aujourd'hui que dans cer- 
taines provinces du iétà. • ^ 

(1) Isidore de Scvillç , de Origin. XIX ,23. 
(a) Edition du comte de La CëjM-dey Paris, 1818, VU , ^o,^tU 
de la Koune. * 



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INTRODUCTION y XCV. 109 

AU reste le texte de Jules-Cësar et celui de Salluste 
prouvent que les Rhenones étaient germains , et si 
les rennes se trouvaient dans le midi de la France, 
elles existaient à plus forte raison dans le nord de la 
Germanie. Mais le nom de reiien appartient à la Nor- 
vège, et Pline donne celui de tarandus à la renne (i). 



XCV. SAGtJM, espèce de vêtement broché d'or et 
d'argent, et bigarré de diverses couleurs, que les 
Gaulois portaient à Farmée : Isidore dit qu'il fut ap- 
pelé carré, ou, pour mieux dire, composé de quatre 
pièces ; Sagum aulem, GalUcum nomen est, dictum 
autem sagum quadrum , eo quod apud eos primîim 
quadraiam vel quadruplex esset (2). Ce n'était qu'un 
manteau dont les Espagnols s'enveloppaient aussi. 
En effet lorsque César vint en Espagne combattre 
Âfranius qui défendait le parti du jeune Pompée, et 
qu'il eut séduit une partie des troupes de ce général, 
Pétréius son collègue, vola aux retranchemens et 
chassa les uns, tua les autres. Le reste, dit César (3), 
dans ce danger imprévu, se rassemble, s'enveloppe 
le bras gauche de son manteau et saisit son glaive de 
la main droite. Reliqui coeunt inter se et sinistras 
sagis inçoli^unt, gladiosque destringunt. 

Suétone donne donne le même sens au mot sagum 
lorsqu'il dit qu'Othon s'amusait à courir la nuit dans 

(i)Id. p. 338. 

(a) Isidor. Orig. lib, XIX , cap, xxiT. 

(3) DebeUo CiuiU, I, 75. 



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1 10 DISCOURS SUR hk IMPART. DIB AVHÀL. DE HAIHAUT* 

les rues y et que lorsqu'il rencontrait un homme faible 
ou ivre, il déployait son manteau ^ et l'y ayant enfermé 
il le fesait sauter en l'air. Ferebatur vagari noeiibus 
soliius; atque irwalidum quemque obçiorum vdpçh 
tuknium oorripere^ ac dislento sago impositum ùi 
sublime jaclare* 

Il paraît que cette manière de berner les passans, 
que nous trouverions aujourd'hui de bien mauvais 
ton y était fort en usage à Rome sous les premiers 
empereurs , puisque le poète Martial^ né en Espagne 
sous l'empire de Claude , y fait allusion dtms une de 
s^s premières épigrammes. Il y dit à son livre (i): 

Audiâris cùm grande sophot , dkm haUà J^ictas , 
ibis ah excuêêo missus in astra sago. 

<c AU lieu d'applaudissemens, de caresses, un tnai- 
a teau , secoué avec vigueur, te lancera dans les airs.» 

C'est de ce nom de sagiim , qu'est venu celui de 
saye ou plutôt saie employé parmi nous dans le même 
sens. Baïf et Périon l'ont cru ainsi. Cependant San- 
maise (2) ne veut pas que ce mot soit d'origine gau- 
loise, soutenant qu'il est d'origine grecque. Le con- 
traire me paraît prouvé par le nom des Tectosages, 
peuple bien certainement gaulois, comme on le verra 
à son article. 

Au reste ce vêtement peut avoir dégénéré dans la 
suite des siècles en. casaques, puisque les Francs qui 
s'établirent dans la Gaule s'étanl mêlés avec les an- 

(i)Epigr. lib.1,4. 

(a) Sur Tertollien, depal/io, j?ago 70. 



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IHTlWVtTIOlf ityi. 111 

ciem habîtaiis lie cette contrée, le titmvèreiit si bien 
à leur gré, qu'ik le préférèrent même à leurs kabks : 
cùm irUer GaUos JFYanci militantes virgatis tos sa* 
gulis lucere conspicerera, mmiate gaudentes^ an- 
tiquant tonsBetutdinem dimiseruni et eos imitari 
eœpemnt (i)* 

De sagum Gioeroa a fait /^ a:^' pour désigner ce 
qui regarde la guerre ; c'est encore cette expresnon 
qa'il adopte pour dire : être sous les armes, in sagis 
esse; prendre les armes, endosser le harnais, saga 
sumerej ad saga ire; enfin il en a dérivé le mot sa- 
gatus , pour désigner celui qui porte Thabit de guerre. 
Ces trois dernières locutions sont réunies au commen- 
cement d'un discours de l'orateur romain (2). 

On trouvera une foule de passages sur le sagutn 
et le saguhan des Gaulois dans Pitiscus, qui prouve 
tris-bien que ce vêtement était ouvert et n'était atta- 
ché qu'avec ^ne boucle (3). 

XCVI. SiLMOLtJS> nom que les Druides gâulob 
donnaient à vue plante qui croissait dans les marais. 
On la cueillait à jeun de la main gauche, pour les 
maladies des bœuls et des porcs. Celui qui la cueillait 
ne devait pas la regarder, ai la mettre ailleurs que 
dans l'attge oik s'abreuvaient ces animaux: et on l'y 
broyait , pour qu'ils pussent l'avaler en boisson ( Pline^ 
Hist. nat. litre XXI f^^ chap. xi ). On croit que c'est 
l'herbe que nous appelons pulsatille. 

(1) Sangallensîs , in vild Caroli magnL 
(3) Qaatoi^me pkilippîque , chap. I. 

(3) Ltcxicon antiquitatum romanarum, JBagœ'Comitum, 1737 y 
III, 3ao. 



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112 DISCOURS SUR LA 1** PART. DBS ANMAL. DE HAIRAUT. 

XCyn. Safaica , nom que donBaieat les Gaulois 
à cette herbe que les Grecs appelaient ctyo/oX^oç et 
les Romains Macia. kvdyoiKkiç, Pîùiuuoi itaxia, FaXXoe 
(jccKcboc (i). C'est notre mouron rouge. 

Le mouron est un genre de plantes de la pentan- 
drie monoginie et de la famille des primulacées , qui 
i*enferme une douzaine d'espèces ^ dont deux sont très- 
conmiunes dans nos champs. 

Les mourons rouge et bleu ont la racine annuelle; 
les tiges tétragones, couchées, rameuses; les feuilles 
opposées, sessiles, ovales, aiguës; les fleurs solitaires 
et axillaires. Ils ont été confondus comme deux va- 
riétés; mais ce sont deux espèces très-voisines qui se 
distinguent facilement par la couleur de leurs fleurs. 
On donne au premier, sans raison connue, le nom de 
mouron mâle y et au second celui de mouron femelle. 
Leur tige a au plus six à huit pouces ( i6 à aa cen- 
timètres ) de long. Ils fleurissent pendant tout l'été. 
Les vaches et les chèvres les mangent sans les recher- 
cher. Leurs.feuilles ont une légère odeur aromatique 
qui devient désagréable quand elles sont trop froissées; 
leur saveur est d'abord douce et ensuite amère. Elles 
passent pour vulnéraires , détersives et céphaiiques. 
On les a indiquées comme un spécifique contre Thi- 
drophobie , mais cela n'est pas confirmé (ot). 

XCVni. Sapo, savon en français; les Saxons rap- 
pellent sepe ; les Allemands seipfen ou seiffe ; les 

(i) Dioscorîdes. 

(a) NouYcau cours complet d^agriculture ; Paris 1809, art. Mou- 
ron. 



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INTRODUCTION, XCVIII. 113 

flamands seep ou zeepe; les Danois seepe; les An- 
glais sape; et les Turcs sapoun (i). Pline (2) dit que 
les Gaulois ont inventé le savon. Voici ses expressions: 
prodest et sapo. GaUorum hoc im^entum rutilandis 
capilUs ex sei^o etcinere. Optimusfagino et caprino , 
duobus modis spissus ac liquidas. Uterque apud 
Germanos majore in usu viris quàm fœminis. « Un 
« autre remède est employé ( pour la guérison des 
a écrouelles ). C'est le savon, inventé dans les Gaules 
a pour rendre les cheveux blonds; on le compose avec 
a du suif et des cendres. Le meilleur est fait de cen- 
a dres de hêtre et de suif de chèvre. Il y en a de deux 
a sortes, épais et liquide; l'un et l'autre, chez les 
ce Germains, sont plus à l'usage des hommes que des 
« femmes. » 

Le père Hardouin observe que le savon des mo- 
dernes diffère de celui des anciens, en ce qu'il entre 
de i'huile dans la composition du savon moderne. En 
effet, selon M. Guettard, le savon dont notre auteur 
attribue l'invention aux Gaulois, est de nos jours une 
substance composée essentiellement d'huile et d'aloali 
fixe; par sa partie saline, il est dissoluble dans l'eau; 
par sa partie huileuse, il agit sur les résines et sur les 
corps gras : on peut le regarder comme une espèce de 
dissolvant universel. On estimait à Rome lé savon d'Al- 
lemagne, puis celui de Gaule. Voyez l'auteur du livre 
de Simplicibus Medicinis Galenij dans les Œuvres 

(0 Voyez Isaac Pontanus, dans son Glossaire celtique, au mot 
Sapo, 

(1) Hist. natur. XXVIII, 12. 

T. V. Il* PAKT. 8 



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114 DISCOURS SUR LA. l'* PART. DES ANMAL. DE HAU(À€T. 

de Galien (i); Sapo conficitwr ex sevo bubdo^ vd 
caprino , aut vervecino et lixwio cum calce : optimum 
judicamus Germanicum ; est enim mundissimum, et 
veluti pinguissimum : deinde Gallicum. 

On voit que cet auteur croit le savon fabriqué pre- 
mièrement eu Germanie. £n effet Martial (a) qualifie 
ce même savon germanique de Maitiacœ pilœ^ par 
allusion à la ville de Mattiacum , Baden, ea Ger- 
manie : 

Si mutare paras hngœuos cana capiUos, 

Accipe Maltiacas (que tibi cah»a?) pilas, 

« Ma vieille, si tu veux teindre tes cheveux gris, 
a prends des boules de ce savon. Mais à quoi bon? 
a TTes-lu pas chauve? » 

Il le qualifie plus haut de spuma caUstica et de 
teutonique (3) 

' Caustica Teutonicos accendit spuma capiUos, 

a Un caustique roussit les cheveux' des Teutons.» 
Comme la principale base de ce savon était un sel 
lixiviel tiré des cendres , plusieurs auteurs ont parlé 
du savon sous la dénomination de cinis , ou de un' 
guentum cineris, et ont qualifié cinerarios les peuples 
qui s'en servaient: c'est pourquoi on lit chez Valère 
Maxime (4): Romance feminœ quo formant suam 
concinniorem efficerent^ summâcum diligentiâcor 

(i) Tome î3, ad Patern. page loo. 
(a) Lib. XIV ^ epigr, a5. 

(3) Id. epigr. a4. 

(4) fJb. Uycap. I, n«>5. 



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INTRODUCTION , XCYIII. 115 

pillos cinere rutilarunt. « Les femmes romaines pre- 
(cnaîent un soin extrême de rehausser leur beauté 
c naturelle , en donnant à leurs cheveux une couleur 
ff blonde au moyen du savon. » 

Un traducteur moderne (i) croit que cinere doit 
être traduit ici par le mot poudre: il justifie sa tra- 
duction par le passage de Pline qui vient d'être rap- 
porté et qu'il cite mal (a) : cinere et sebo; il traduit 
ces mots par de la poudre et de la pommade ; mais 
Pline dit formellement, comme on Ta vu, que les 
Germains employaient pour rendre les cheveux blonds 
( rutilandis capillis ) du savon fabriqué avec du suif et 
des cendres. 

On lit aussi chez Quintus Sérénus: 

Ad rutilant speciem nigrosjiauescere crines 
Unguenio cinerisy prœdixit Tullius auctar, 

où ungeuntumcineris veut dire du savon. 

Enfin Tertullien, en parlant des Germains (3), écrit 
d'eux : cinerarios peregrinœ proceritatis. 

Théodore Priscien fait mention du savon gaulois (4) 
en ces termes: Gallico sapone caput Icwabis: « tu 
il te laveras la tête avec du savon gaulois. » 

Martial (5) qualifie ce même savon d'écume bata« 
vique : 

(i) M. C. A. F. FremioQ , dans son Valère Maxime; Paris 1827. 
1,137. 

Ca) XXVIII, I au lieu de XXVIII , 5i , dans PéditioD de Har- 
douio , I a dans celle de FraDzius. 

(3j JLib. a ad uxorcm chap. 8. 

(4) Livre I chap. 3 de crcntentis capillorum. 

[5) Livre 8, epigr. 33. 



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116 DISCOURS SUR LA 1*^ PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 
£t mutât latias spuma hatava comas. 

a et l'écume batave change la couleur des cheveux 
« du T^atium. » 

On sait combien les usages du savon sont étendus 
dans la vie civile: dans la médecine^ on le regarde 
comme un détersif et comme un apéritif puissant. 

XQX. Saunie, en latin Saunium , en grec Sau- 
ifiON, espèce de coutelas gaulois dont la lame était 
beaucoup plus large que celle d'une épée romaine. 
C'était une sorte de javelot. Voici la phrase où Dio- 
dore de Sicile en fait mention, lorsqu'il parle des 
armes gauloises (i): Ta fxèv yip ^{(fn twv rap' kécoi; 
accuvLtùv eîalv ovy. èXarrû), xi Se accuvia. ti; oatyLiou; l';(£iTc«tt' 
^tywv jxstÇw. « Leurs javelots ne sont guère moins 
a grands que nos épées ; mais ils sont bien plus poin- 
cc tus. Entre ces javelots , les uns sont droits et les 
<c autres ont différens contours , en sorte que dans le 
« même coup, non-seulement ils coupent les chairs, 
« mais aussi ils les hachent; et qu'enfin on ne les 
(c retire du corps qu'en augmentant considérablement 
« la plaie. » 

Le traducteur latin de Diodore a cru devoir intro. 
duire ici dans sa langue le mot saunium et le traduc^ 
teur français saunie ; mais ces deux mots ne se trou* 
vent point dans nos vocabulaires, et ne doivent pas 
y être. 11 s'agit ici d'un javelot , c'est-à-dire d'une 
espèce de petite pique qui s'élançait sans le seconrs 
de l'arc , par la seule force du bras. 

(i) Diodori SicuH Bihlioth, V, 3o. 



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INTRODUCTION, C. il7 

C. ScoBiEs, sureau; ce mot nous ^t fourni par 
Dioscorides (i), comme employé par les Gaulois. 

CL Selago , plante sacrée pour les Gaulois , dont 

le nom nous est donné par Pline. Ce naturaliste , 

après avoir parlé de la sabine, espèce de genévrier qui 

croit naturellement sur les montagnes des parties 

méridionales de l'Europe (a), s'exprime ainsi: similis 

herbœ huic sabince selago est appellata^ etc. « La 

« plante nommée selago est semblable à la sabine. On 

« la cueille sans l'entremise du fer , et l'on se sert à 

« cet effet de la main droite passée par l'ouverture 

« gauche de la tunique ,'*comme si l'on voulait faire 

«r un larcin. Il faut être vêtu de blanc , avoir les pies 

« nus, bien lavés, et avoir fait, avant de la cueillir, 

« des libations de pain et de vin. On l'emporte dans 

a une serviette neuve. Les Druides gaulois prélen-^ 

ff daient qu'il fallait toujours avoir de cette plante 

ff contre les accidens qui pouvaient arriver, et qu'en 

« la brûlant, son parfum était bon pour les maladies 

« des ieux (3), » On croit que c'est une espèce de 

brujère. 

en. Sena , nom d'une île dont parle Pompouius 
Mêla en ces termes : « L'ile de Séna ^ placée dans la 
«mer britannique, vis-à-vis la côte des Osismiens, 
« est renommée par un oracle g^lois , dont les prê* 
«tresses^ consacrées par une virginité perpétuelle, 

(î) Lib. II , c. 170. 

(1) Noareau cours complet d'agricullure; Paris 1809. VI, 349, 
art. Genévrier. 
(3} JYaturalis kistoriœ liber XXI F", cap. la. 



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118 DISCOURS StRLA l'^PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

a sont , dit-oQ , au nombre de neuf. Elles sont ap- 
« pelées Barrigènes, et on leur attribue le pouvoir . 
4 singulier de déchaîner les vents et les tempêtes par 
a le moyen de quelques mots magiques, de se meta- 
« morphoser en tels animaux que bon leur semble, 
« de guérir des maux regardés partout ailleurs comme 
«incurables, de- connaître et de prédire l'avenir, 
« faveur néanmoins qu elles réservent exclusivement 
« h ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour 
oc les consulter (i). » 

La situation de cette île se rapporte évidemment» 
ainsi que l'assure le savant géographe d'AnvîDe (a), 
à l'île de Sein, nommée par pure ignorance îles des 
Saints dans quelques anciennes cartes , et qui n'est 
séparée d'une pointe de la Bretagne, dans le diocèse 
et l'arrondissement de Quimper-Corentin , départe- 
ment du Finistère, que par un canal d'environ 4ooo 
toises , ou 7800 mètres. Fi-éret a cru (3) que le Bom 
de nie de Sein, en bas Breton , est eneS'SizufutS^y 
à en juger par les titres, le nom de sizim ne tonabe 
point sur l'île de Sein, étant propre à un cantoa du 
continent, qui forme la pointe avancée en fiice de 
cette île. On compte aujourd'hui 35o habitans dans 
nie de Sein. 

Cette île est située à 5o lieues de l'emboucburc de 
la Loire. Il est donc'tout naturel qu'on l'ait distiagiiéc 
de celle dont parle Strabon en ces termes : « Dans 

(1) Pomponius Mêla, lEl , 6. 

(a) Notice de la Gaule , pages SgS et 5g6* 

(3) Mémoires de racadémie des Inscriptions, tome a4> P«8« 4<*5. 



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INTRODCCnOMy Cil. 119 

a l'océan j en face de l'embouchure de la Loire , et non 
a loia de la côte, il existe , dit-on ^ une île habitée par 
« des femmes de la nation des Namnètes. Ces femmes 
ce sont des bacchantes; leur culte consiste dans des 
« initiations et des cérémonies étranges, parmi les* 
« quelles elles cherchent à rendre propice le dieu 
c Bacchus ( Dionusos ). 11 n'est permis à aucun homme 
« de mettre le pié dans l'île; ce sont elles qui traver* 
(c sent la mer quand elles veulent avoir commerce avec 
c les hommes, qui s'en retournent ensuite. Elles ont la 
« coutume de défaire une fois par an , en un jour, le 
« toit de leur temple, et de le reconstruire le même 
cr jour avant le coucher du soleil, avec les matériaux 
ce que chacune d'elles apporte. Si par malheur quel- 
le qu'une les laisse tomber, ses compagnes la mettent en 
« pièces, et promènent ses membres déchirés autour 
ce du temple, en jetant des cris de joie qui ne finissent 
a qu'avec l'accès de leur rage. On ajoute qu'il y en a 
ce toujours quelqu'une à qui ce malheur arrive (i). » 
Les deux récits ont quelque analogie; mais leur 
différence est assez grande. Le texte de Strabon ap- 
pelle ces femmes twv 2«|xvtTwy yuv&haq. C'est Tyrwhitt 
qui a cru devoir changer 2«piT«i5v en NaptTwv, et sa 
correction a été adoptée par les traducteurs français 
de Strabon et par le dernier éditeur de Lcipsick (2). 
Mais ne pourrait- on pas lire Isvitwv pour mettre 
Strabon d'accord avec Pomponius Mêla? La traduc- 
tion français» de Strabon ne fait aucune mention du 

(1) StraboD , tÎTre IV, e|iap. 4 j p« 198 de PeditioD de Casaabon. 
(3) Strabo. Lipsiœ 1798. II, 6a. 



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120 DISCOURS SUR LA l'* PART. DES ARlfAL. DE HAINAUT. 

passage de Pomponius Mêla , et ne donne aucun nom 
moderne pour File de Strabon. 

cm. Serragum, nom par lequel saint Jérôme dé- 
signe une espèce de coche ou voiture publique gau- 
loise , dont lui seul fait mention en ces termes: Z)f 
toto orbe reducantur filii Israël nequaquàm as^ 
sumptîsalisj sedSerraco Gallico, œvinisque belUcis 
et equis C<jippadociœ ^ atque Hispardœ^ rhedis Ita- 
liœli). 

CIY. SoLDURii. Jules César parlant d'Âdcantaan- 
nus, général en chef des Sotiates^dit que ce général 
avait avec lui six cens hommes dévoués à sa per- 
sonne , de ceux qu'ils appelaient Solduriens. <c Telle 
<c est) 30 ajoute- t-il, « la condition de ces braves: ik 
« jouissent de tous les biens de la vie avec ceux aux- 
<x quels ils se sont consacrés par les liens de l'amitié. 
« Si leur chef périt de mort violente, ils n'hésitent 
(c pas à partager son sort ou à se tuer eux-mimes; 
« et, de mémoire d'homme, il n'est pas arrivé qu'an- 
<c cun de ceux qui s'étaient dévoués à la fortune d'un 
ce chef, refusât de mourir après lui (2). » 

D'habiles publicistes ont combattu avec raison 
l'opinion vulgaire qui cherchait à rattacher à cette 
institution l'origine du régime féodal. On peut voir à 
ce sujet les excelleixs documeus fournis par M. Guizot 
4ans ses Essais sur l'Histoire de France. 

On place différemment le pays qu'habitaient les 
Sotiates, parce qu'il y a plusieurs lieus en Gascogne 

(i) Hicronymus in Esaiam, /. XVI II, cap. LXVI» 
(2) De Bcllo Gaiiico. III, aa. 



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INTRODUCTION, CIV. 121 

qui portent le nom de Sots : nom qui peut avoir 
quelque analogie avec celui des Sotiates. Selon l'opi- 
nion la plus commune 9 ces peuples habitaient la 
partie du diocèse d'Auch qui est limitrophe du Ba- 
zadois y c'est-à-dire ce qui compose l'arrondissement 
de Lectoure, dans le département du Gers. On pour- 
rait aussi l'entendre de ceux du Conserans ^ parce 
qu'en effet le lieu qu'on appelle Vie de Soz, dans le 
comte de Foix et sur les limites du Toulousain et du 
Q)nserans vers l'Espagne, peut, ou avoir tire son 
nom de ces peuples Sotiates, ou le leur avoir donne (i). 
Si cela était, il faudrait placer les Sotiates dans l'ar- 
rondissement de Foix, au département de l'Ariège. 
Dans tous les cas , il ne s'agit pas ici des Gaulois , 
mais des Celtibères. Yalère Maxime a soin de faire 
cette distinction d'une manière peu flatteuse pour les 
premiers. <t La philosophie des Gaulois, x» dit-il, joc en- 
ce seigne l'avarice et l'usure ; celle des Qmbres et des 
«c Celtibères respire l'activité et le courage. Us tres- 
cr saillaient d'allégresse dans les combats, espérant y 
«sortir de la vie avec gloire et félicité. Étaient -ils 
a malades, ils se .désolaient comme des gens condam- 
a nés à une mqrt honteuse et misérable. Les Celti- 
<c bères regardaient aussi comme un opprobre de 
«survivre, dans une bataille, à celui qu'ils avaient 
« promis de défendre au péril de leur vie. Admirons 
u les nobles sentimens de ces deux peuples et dans 
ce leur dévouement au salut de la patrie, et dans leur 
cr constante fidélité «nvers leurs amis (2). » 

(1) Histoire gëncfrale du Languedoc. I, 85. 
(a) Valère-Maximc. II, 6, n^. ii. 



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132 DISCOURS SUR LA 1'* PART. DES ANMAL. DE HAINAUT. 

C'était un usage en Espagne que le gëoéral fût 
entouré d'un certain nombre de guerriers, qui se 
dévouaient à mourir avec lui , s'il venait à être tné. 
Les Espagnols donnaient à ce dévouement le nom àt 
libation (i). Ces sortes de dévouemens n'étaient pa^ 
ticuliers ni à eux, ni aux Celtibères; on les trouTe 
pratiqués dans les Indes, dans llle de Ceilao, dans 
le royaume de Tunquin; et ces dévoués étaient ap- 
pelés les fidèles du roi en co monde et en l'autre (2) 

Les autres généraux avaient peu de ces écuyers 
ou compagnons d'armes qui se consacrassent à mourir 
avec eux; Sertorius était suivi de plusieurs milliers 
de soldats qui avaient pour lui ce généreux dévoue- 
ment. Un jour que son armée fut mise en déroute 
près d'une ville d'Espagne, les soldats espagnols, 
quoique poursuivis de près par les ennemis, oubliant 
le soin de leur propre conservation, ne pensèrent 
qu'à sauver Sertorius, et l'enlevant sur leurs épanles, 
ils se le passèrent de l'un à l'autre jusqu'aux mu- 
railles de la ville, et ne songèrent à se sauver eux- 
mêmes que lorsqu'il fut en sûreté (3). 

Cet inviolable attachement fut conservé à Serto- 
rius après sa mort par les habitans.de Calagurris, 
aujourd'hui Calahorra, sur l'Èbre, dans la vieille 
Castille. Assiégés par Cnéus Pompée, ils voulaient, 
en fesant échouer ses efforts, montrer une fidélit(f 
invincible aux mânes de Sertorius, qui venait ^itre 

(1) Platarque, Tie de Sertorius, c. i6. 

{2) Note de Ricard sur Plutarqne. 

(3) Plutarquc, vie de Sertorius, chap. 16. 



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INTRODUCTION , CIV. 123 

assassiné. Comme il n'existait plus dans la ville 
d'autres êtres qui pussent leur servir de nourriture, 
ils en vinrent à cet excès d'horreur de manger leurs 
femmes et leurs .enfans; et afin de pouvoir alimenter 
plus long-tems ses entrailles de ses entrailles mêmes, 
cette jeunesse n'hésita pas à saler les restes malheu* 
reux de ces cadavres (i). Mais elle se dévora ensuite 
elle«même , comme le prouve l'épitaphe de ces Ibères 
qui se sacrifièrent après la mort de Sertorius, pour 
se soustraire à la douleur de lui survivre : 

Hic muitœ quœ se manibus 
Q, Serioriijurmœ y et terrœ 
Mortalium omnium parenti 
Devouere, diim eo sublato. 
Superesse tœderet, etfortiter 
Pugnando im>icem cecidere, 
Morte adprœsens optatd jacent. 
yalete posteri (a), 

Cest sans doute à cet événement que Strabon fait 
allusion , lorsqu'il dit qu'il est ordinaire aux Espa- 
gnols de se dévouer pour ceux dont ils épousent la 
cause, à tel point qu'ils se soustraient par une mort 
volontaire au déplaisir de leur survivre : I&jptxoy 8ï 
xal To hsQsi TiapaxêBîadai toÇhcov^ 8... xcci xo xoLTCcaTiévSsiV 

écam>v (3). 

Athénée parle aussi du dévouement des Solduriens^ 
qu'il appelle likoSovpoi (4). 

(i) VaUrc-Maxime. VII, 6, n». 3. 
(a) Annales de Catalogne. 

(3) Straboa, livre III, p. i65. 

(4) Deipnos, Lib, VI, p. 349. 



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124 DISCOURS SUR LA. 1" PART. DES A.NNAL. DE HAINAUT. 

CV. Spards, espèce de dard, défini par Isidore 
de Sëville (i) : Sparus est telum rusticum à spar- 
gendo dictum. Cicëron emploie ce mot dans son plai- 
doyer pour Milon (a) : Scutorum , ^ladiorumjfre" 
norum j sparorum , pilorumque etiàm muUitudo 
deprehendi posse indicabatur. ce On parlait d'un amas 
a de boucliers, d'épées, de harnais, de dards, de 
a javelots. » Salluste adopte aussi cette expression (3) 
lorsqu'il dit, en parlant des troupes rassemblées par 
Catilina : Ex omni copia cirçiter pars quarta erat 
militarihus armis instructa; ceteri ^ ut quemque 
casus armaverat; sparos aut lanceas^ alii prœacutas 
sudes portabant, « Le quart de ses troupes seulement 
a était armé d'une manière convenable à des soldats : 
« le reste s'était muni de ce qu'il avait trouvé sous 
a sa main, les uns de dards ou de lances, les autres 
« de pieux aiguisés. » Virgile n'a pas jugé ce mot in- 
digne de la poésie, et parlant d'un chasseur, il dit: 

Agrestisque manus armât sparus (4). 

Delille paraphrase ainsi ce commencement de vers : 

Et de son bras velu la sauvage vigueur 

S'arme d'un bois grossier courbe dans sa longueur. 

C'est une traduction du commentateur Servius, qui 
définit le sparus ^ telum rusticum in modum pedis^ 

(I) Ori^m. L. XVI,c. VI. 

(a) C. a4. 

(3) SaUustii Catilina, C. 56. 

(i)yEneidosXl^m'i, 



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INTRODUCTION / CV. 125 

et comme le croit Robert Etienne^ recurvum. Non- 
nius altère le genre de ce mot en disant : Spaka ^ mi- 
nimi generis jacula y a spargendo dicta. 

CVI. SuiBiTES, nom donné au lierre par les Gau- 
lois selon Dioscorides (i) : Oî (îè îStpa TaXXoi aoxjSixni. 
Le lierre, en latin et en grec hedera^ est un ar- 
brisseau d'Europe, qui forme avec trois autres espèces 
un genre dans la pentandrie monoginie et dans la 
famille des caprifoliacées, et qui, après avoir rampé 
quelques années sur terre, s'élève contre la tige des 
arbres , contre les rochers, les murailles, et s y attache 
par le moyen d'une immense quantité de vrilles radi- 
ciformes, rameuses, qui sortent de ces branches uni- 
quement du côté où cela est nécessaire. Il a des feuilles 
alternes, longuement pétiolées, coriaces, luisantes, 
d'un vert noir, et persistantes, les unes ovales en- 
tières, les autres plus ou moins trilobées. Ses fleurs 
sont verdâtres, disposées en ombelles globuleuses à 
l'extrémité des rameaux, et ses fruits noirs. 

Cet arbrisseau croit dans les bois et auti^es lieus 
ombragés. Il se plaît principalement à l'exposition 
du nord et dans les terrains un peu humides ; ses 
fleurs se développent au milieu de l'été , et ses fruits 
ne mûrissent qu'après l'hiver suivant. 

Quelquefois le lierre perd son appui et devient un 
petit arbre. On en a vu qui avaient un diamètre de 
plus d'un demi-pié ou de i6 centimètres. Son bois 
est tendre et poreux. On peut, dans quelques cas, le 
substituer au liège. Autrefois il était employé à faire 

(i) L. II, c. 171. 



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126 DISCOURS SUR LA l'* PART. DIS AllMAL. DE HAIRAUT. 

des vases à boire, qu'on supposait avoir la vertu 
d'empêcher l'ivresse et l'action des poisons. Aujour** 
d'hui on ne s'en sert, principalement de cdui des 
racines, que pour recevoir l'émeri imprégné dliuile 
avec lequel on veut polir les métaux. 

Dans les pays chauds , le lierre donne naturelle- 
ment ou par incision une résine qu'on appelle mal à 
propos gomme de lierre ^ et qu'on emploie en méde- 
cine comme résolutive et astringente. Elle a une 
saveur acre et aromatique, et lorsqu'on la brûle, elle 
répand une odeur des plus suaves. On l'emploie aussi 
pour fabric[uer des vernis. 

£n France on &it un grand usage des feuilles de 
lierre pour appliquer sur les cautères et les tenir 
frais. Uest tel pié de cet arbre, aux environs de 
Paris, qui rapporte plus à son propriétaire qu'un 
arpent de blé. On s'en sert encore en décoction pour 
déterger les vieux ulcères, et faire mourir les poux. 

Les fruits ont un goût acidulé , et purgent tîo- 
kmment par haut et par bas. On en fait peu d'usage. 

Il en est de même des racines qui passent, comme 
la résine et les feuilles, pour détersives et résolu* 
tives. 

On peut tirer un grand parti du lierre daus les 
jardins paysagers, soit pour couvrir le sol des massife, 
ordinairement nu, d'une verdure perpétuelle , soit 
pour décorer les rochers , les masures , cacher les 
murs , etc. Il est bon aussi d'en garnir le tronc de 
quelques arbres. Une fois planté, il ne faut plus s'en 
occuper; car il n'aime point à être tourmenté parla 



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INTRODUCTION , CVI. 127 

serpette. Il se multiplie très - facilement de graines 
semées sur place aussitôt qu'elles sont mûres, de 
drageons que l'on va arracher dans les bois, ou de 
marcottes. Ces dernières prennent racine dans la 
même année. 

•La facilité d'avoir ce plant fait qu'on ne cultive 
dans les pépinières que des variétés, telles que le lierre 
à fruit jaune, ou lierre de BacchuSj qui croît en 
Grèce, le lierre stérile y le lierre à feuilles panachées 
de blanc ou de jaune. On les multiplie de marcottes , 
ou on les greffe sur le lierre commun. Les deux der- 
nières font un brillant effet lorsqu^on sait les placer 
convenablement. 

On croit communément que le lierre épuise les 
arbres sur lesquels il grimpe j mais c'est une erreur. 
U ne vit pas à leurs dépens ^ puisque ses vrilles n'en** 
trent pas dans leur écorcé , et qu'il périt lorsqu'on 
l'isole de la terre en le coupant par le pié. S'il fait 
fréquemment mourir les arbres , c'est qu'en les en- 
tourant de ses rameaux qui se soudent les uns aux 
autres en se greffant les uns sur les autres , il em- 
pêche ces arbres de grossir, et les étouffe, si Ton peut 
employer ce terme. 

Dans beaucoup de campagnes , on plante ou l'on 
sème du lierre au pié des murs pour les soutenir. 
Cette pratique produit en effet le résultat désiré, tant 
que les pies ne sont pas arrivés à une certaine gros- 
seur; mais presque toujours elle amène en définitif 
la chute de ces murs (i). 

(i)NoaTeau cours complet d^agricalture. Paris 1809. Article 
Lierre. 



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*128 DISCOURS SUR LA 1^ PART. DES ANNAL. DB HAINAVT. 

T. 

Cyil. Tarajh ou Taratt , tonnerre. 

CVIII. Taramis ou Tarants, divinité qui préside 
au tonnerre. Lucain est le seul qui nous en parle 
lorsqu'il dit aux Gaulois : « Vous respirez en liberté, 
(c peuples qui répandez le sang humain sur les autels 
« de Tentâtes, de Taranis et dHésus, divinités plus 
a cruelles que la Diane de Tauride. » 

Et Taranis scyticœ non mitior ara Dianœ (i). 

Il est difficile de conclure quelque chose de positif 
sur Taranis d'après un seul passage. On a cru que 
Taranis était Jupiter qui lançait le tonnerre, parce 
que Taran dans TArmorique et dans la province de 
Galles signifie tonner ou tonnerre; les Grecs ont aussi 
des mots qui semblent avoir la même origine, comme 
Tapc^x^ trouble, émotion, tumulte, et tous les dérivés 
de zccpdrcetv troubler. Il reste aussi plusieui*s mots dans 
notre langue où taran s'est conservé, comme tarabat^ 
qui est le nom que donnent quelques ordres religieux 
à un instrument qu'ils font jouer la nuit pour éveiller 
les moines; tarabuster, qui signifie être sans cesse 
aux oreilles de quelqu'un, l'importuner et l'incommo- 
der; tarare y mot imaginé pour représenter le son de 
la trompette. On lit même taratantariœ pour signifia" 
des trompettes, dans une relation latine composée en 
Bretagne (2). 

[\) M. Annœi Lucani 1 , 448. 

(2) Histoire de Bretagne, tome' 2, p. 1611. 



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iifTRODUCTiON cvm. 129 

Il semble donc que Taranis était véritablement le 
dieu qui lançait le tonnerre , i moins que cette idée 
de tonnerre attachée à Taranis ne vînt du son, du 
bruit, du tintamarre que fesaient les Gaulois en 
frappant sur un taureau d'airain (i), comme c'était 
leur usage en certaines occasions. Mais dom Martin 
ne donne cette étimologie que comme une conjec- 
ture. 

J'en bazarderai ici une autre , fondée sur ce que 
Bellomcum située sur la Tara^ aujourd'hui le Thé- 
rain, çi^^i^u qui passe dans cette ville, a pu donner 
ce nom w Taranis à la divinité qui y était révérée : 
celte ville, selon Jacques de Guyse, ayant été la ca- 
pitale d'une grande contrée sous le nom de Belgis la 
gauloise (2), a pu aussi rendre cette dénomination 
de la divinité assez célèbre pour que Lucain l'ait 
connue. Au reste le nom d'Ésus est sur les bas- 
reliefs qui se trouvent dans l'église cathédrale de 
Paris, ainsi qu'on le verra plus bas à l'article Viscum; 
mais on n'y lit point le nom de Taranis, non plus que 
celui de Teutatès. 

CIX. Taxea, mot gaulois qui signifiait du lard, 
selon Isidore (3). On dit que cette expression a été 
employée comme gauloise pj^r Lucius Afranius, poète 
comique latin qui vivait cent ans avant l'ère chré- 
tienne. Il ne reste de lui que plusieurs fragmens re- 
cueillis parr Maittaire dans son Corpus poetarum , 

(i) La religion des Ganlois , Paris, 1727. 1 , 282. 
(a) Histoire de Haioaut. 1 , 369. 
(3) Origin. L. xx, c. ii. 

T. V. II* PART. Q 



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130 DISGOimS SUR lA i'* PABT. BK8 ANSIAL. DE HAINAUT. 

Londres y 17^3, in-folio « et dam la CoUecth Pisau^ 
rensis. On trouve dans le Chorus poetarum classi- 
corwn (i) six vers d'Afranius. De ces six vers k 
premier, dans Maittaire (2) appartient à la comédie 
intitulée Auguribus; le second à celle intitulée Brun- 
dusinis; le troisième et le quatrième à la Sella; le 
cinquième à la Suspecta; le sixième ne se trouve 
point dans Maittaire, où cependant les fragmens de 
Lucius Âfranius occupent quatre pages in-folio, et 
donnent a66 vers. Je n'y ai vu en aucun endroit le 
mot Taxea y que Facciolati attribue cttM|yant à 
Lucius Âfranius. "^^ 

ex. Tectosagxs (Volcje), les Yolsquei Tedo 
sages sont les peuples de l'ancienne Viennoise à l'oc- 
cident; c'est ce qui depuis a été appelé le haut Lan- 
guedoc, et comprenait les diocèses de Toulouse, de 
Montauban, de I^vaur, de Rodez, de Pamiers et de 
Mirepoix , auxquels on peut ajouter le diocèse de 
Garcassonne, et même, selon Ptolémée, celui de 
Narbonne. Ce sont aujourd'hui les départemens deli 
Haute-Garonne, de Tarn-et-Garonne, du Tarn, de 
TAveyron, de l'Arriège et de l'Aude. C'est d'eux que 
Jules César parle en ces termes (3) : 

Fuit aiUea tempus, qfiùm GermoHos GalUviiiuU 
superarent , ultro bella inferrent , propter homiwm 
multitudinem agrique inopiam trans BJienum coh- 
nias milterent. Itaque ea, quœ fertilissima suffis 

(i) Lu§duni 1616. p. 3170. 

(î) Tome II, p. i5io. 

(3) De Beilo GaUico, VI, 24. 



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INTRODUCTION , CX. 131 

Germaniœ loca circùm Htrcyniam siham ( quam 
Eratostheni et quïbusdam Grœcis famâ notant esse 
video , quam dli Orcjrniam appellaru)^ Volcjb Tbc- 
TOSAGES occupauerunt ^ atque ibi consederunt. Quce 
gens ad hoc tempus us sedihus sese continet^ sum^ 
mamque habet justitiœ et beïlicœ laudis opinionem : 
nunc quoque in eâdem inopidy egestatCj patientid, 
quâ Germanij permanent j eodem victu et cuitu cor' 
poris utuntur. « Il fut un tems où les Gaulois sur- 
« passaient les Germains en valeur , portaient la 
«guerre chez eux^ et envoyaient au-delà du Rhin 
(c des colonies y pour soulager leur territoire d'un ex- 
a cédant de population. C'est ainsi que les Yolsques* 
«Tectosages vinrent se fixer dans les contrées les 
ce plus fertiles de la Germanie , près de la forêt Her- 
« cinie, qui paraît avoir été connue d'Eratoslhènes et 
« de quelques autres Grecs ^ sous le nom d'Orcinie (i). 
« Celte nation s'y est maintenue jusqu'à ce jour, et 
<c jouit d'une grande réputation de justice et de valeur. 
« Aujourd'hui encore ses habitans vivent dans la 
ce même pauvreté, la même indigence^ la même fru* 
€ galité que les Germains : ils ont (a) le même genre 
<K de vie et le même costume. » 

Cette expédition des Yolsques-Tectosages dans la 
forêt Hercinie ou la forêt Charbonnière de Jacques 
de Guyse est évidemment la même que celle dont 

(i) Arittoie la nomme Arcinie. 

(a) La traduction française de M. Artaad. Paris i8a8, 1, 33i , 
dit : Ils ont adopte leur genre do TÎe et leur costume. Le latin ne 
dit pas cela. 



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132 DISCOURS Sl]R LA 1'^ PART. DES ANNAL. DE HAIRAin. 

parle Tite-Lîve en ces termes (i) : Prisco Tcarquinio 
Romœ régnante j Celtarum^ quœpcus GalUœ tertia 
est, pênes Bituriges^ summa imperiifuit. li regem 
Celtico datant. Ambigatas isfuit^ virtutefortund- 
que quàm sua thm publicâ prœpollens^ qubd in 
l'mperio ejus Gallia adeo frugum hominumque fer- 
tilis fait, ut abundans multiiudo vix régi videreiur 
passe. Hic magno natu ipsejàm exonerare prœgra- 
i^ante turbd regnum cupiens y Belhtfesum ac Sigo- 
vesum sororis Jilios impigros juuenes missurum se 
esse in quas DU dédissent auguriis sedes, ostendit: 
quantum ipsi vellent numerum hominum , excirent^ 
ne qua gens arcere ad^enientes posseû. Thm Sigo- 
peso sortibus dati Hercinii saltus. « Du tems que 
« Tarquin-l'Ancien régnait à Rome, les Celtes, qui 
ic font la troisième partie des Gaulois , reconnaissaient 
« la suprématie des Bituriges. C'était dans cette na- 
a tion que la Celtique prenait ses rois. Le monarque 
ce qui était alors sur le trôqe, Ambigat, avait tout 
a l'ascendant que peuvent donner à un souverain, et 
<c ses qualités personellcs, et la prospérité de son 
a pays. Sous son règne, la Gaule, naturellement très- 
<c fertile , accrut tellement sa population , qu'il de?e- 
a nait difficile de gouverner cette multitude immense. 
<c Le monarque, déjà avancé en âge, désirait soulager 
« ses Etats de cette excessive population qui les sur- 
ce chargeait. Il annonça que ses neveux, Bellovèseet 
«t Sigovèse, jeunes princes remplis de valeur, iraient 
« chercher de nouvelles contrées, celles qui leurse- 

(i) T, Lwii liber Vy cap. 34. 



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INTRODUCTION, CX, 138 

<c raient désignées par les augures; qu'ils seraient les 
(c maîtres d'emmener avec eux tel nombre de ses 
« sujets qui voudraient les suivre, afin que rien ne 
a pût s'opposer à leur établissement dans les pays où 
ce ils arriveraient. Les sorts assignèrent à Sigovèse la 
« forêt Hercinie. Bellovèse, un peu mieux traité par 
c( les dieux , eut sa route marquée pour l'Italie. » 

Nous devons à Jules César la description de la forêt 
Hercinie où lurent s'établir les Tectosages fesant 
partie des Bituriges souç la conduite de Sigovèse. a La 
a largeur de cette forêt Hercinie , » dit notre conqué- 
rant (i), a est de neuf longues journées de marche , 
« et ne peut être déterminée autrement, nos mesures 
« itinéraires n'étant point connues des Germains. 
« Cette forêt commence aux frontières des Helvétiens, 
« des Néraètes et des Rauraques> » c'est-à-dire de la 
Suisse, des habitans de Spire, et de ceux de Bàle. 
« Elle s'étend le long du Danube jusqu'au pays des 
a Daces et des Anartes, » aujourd'hui des Valaques 
et des Transsilvains. « De là elle tourne sur la gau- 
<c che , en s'éloignant du fleuve , et par sa vaste éten- 
de dtie borde le territoire de plusieurs peuples. Il n'est 
a point de Germain qui, après soixante jour» de 
« marche, puisse dire où elle finit, ni savoir où elle 
<c commence. On assure qu'elle renferme plusieurs es- 
« pèces d'animaux sauvages qu'on ne voit point ail- 
ce leurs. » On voit que cette forêt s'étendait jusqu'à la 
forêt Noire; elle allait encore plus loin du côté du 
Levant, elle se prolongeait dans la Pologne et dans 

(i) De Bello Gallico. VI, a5. 



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134 DISCOURS SUR LÀ 1'* PART. DES ANlIâL. DE HAltf ADT. 

la Hongrie. On y comprenait toutes les forêts de la 
Germanie. Malte-Brun croit que la forêt Hercinienne^ 
telle que la concevaient les Latins, n'était autre chose 
qu'une cbatne de montagnes boisées qui se ramifiaient 
dans l'intérieur de l'Allemagne. Voyez-en la descrip- 
tion dans le Pline de M. de Grandsagne. Paris 1829. 
ni, 325. 

L'époque de cette expédition de Sigovèse est dé- 
terminée un peu vaguement par Tite-Live dans le 
passage que je viens de citer^ sous le règne de Tar^ 
^in-r Ancien, qui occupa le trône trente-huit ans, 
de l'an 6i4 à l'an 676 avant l'ère chrétienne (1). 
Mais ce même Tite-Live dit plus haut que ce fut 
deux cens ans avant le siège de Clusium et la prise 
de Rome, que les Gaulois passèrent les Alpes pour 
entrer en Italie (a), événement qui eut lieu l'an 387 
avant notre ère (3) ; la date de cette invasion doit 
donc être placée sous l'année 587, comprise au nom- 
bre de celles pendant lesquelles régna Tarquin. 

Tacite parle aussi de cette invasion des Gaulois dans 
la Germanie, en ces termes (4) : « Jules César, dont 
« l'autorité est si imposante, dit que les Gaulois fii* 
« rent jadis plus puissans que les Germains; on fVA 
« en conclure que des Gaulois ont autrefois passé en 



icëe à la fin de PHistoire Romaine de Rollin, 
w. Paris, 1771 , t. xti, p. 4ai. Tableau chro- 
liens rapportes par Tacite, Paris , 18^7 , p. iSg. 
or. Ub, 5, cap. 33. Recueil des Historiens dies 
uquet. Paris, i738j tome premier, page 3îi. 
es ërén. ràpp. par Tacite , p. 1^9. 
ermanorum, cap, a8. 



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INTRODUCTION 9 CX. 135 

t Geiinanie. Un fleuve tt'ëtait qu'un bien faible ob^ 
« stacle pour empêcher quelqu'une des nations gau- 
a loises, dès qu'elle avait accru ses forces, d'aller en- 
te vabir et occuper des pays qui semblaient être du 
« domaine commun et qu'aucune puissance ne s'était 
« appropriés. Ainsi se sont établis, entre la forêt Her- 
a cinie^ le Rhin et le Mein, les Helvétiens^ et plus 
a loin deux peuples sortis de la Gaule. Le nom de 
«c Boiens se conserve encore dans celui de Bohême ^ 
« qui rappelle le souvenir de cette ancienne émigra- 
cc tion, quoique ce pays ait depuis chattgé d'habitans. ]» 
Il ne faut point confondre l'émigration que rappelle 
Tite^Lîve avec celle dont parle ici Tacite, qui ne re- 
monte pas aussi haut. La première avait été faite par 
les VobquesTectosages et vers le nord delà forêt Her- 
ciaiie. La seconde fut faite par les Boîens et au midi 
de la forêt. I>es Boîens étaient originaires de la Gaule 
transalpine. J'ai placé leur émigration (i) vers l'an 
453 avant notre ère, i34 ans après celle des Voîs- 
ques Tectosages. C'est Tite-Live qui distingue ces 
deux émigrations (a). Lorsque les Boïens étaient dans 
les Gaules, ils étaient placés , comme nous le dit 
Pline (3), entre les Carnutes et les Sénones. Stra- 
bon (4) ne parle des Boîens que comme existans dans 
la Gteule cisalpine, d'où ils passèrent dans la forêt 

(1) Tabfcau hist. et gtfograph. du inonde. P^ris, 1810. IV, ^3. 
Voyez ce que j'y dis des BoU dont je rapporte les diyersc» émi- 
grations. 
(a) V. 35. 

(3) Lirre IV, chap. 18. 

(4) LÎTre IV, p. ao6de T^ition de Casaubon. 



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136 DISCOURS SUR Ll 1'* PART. DES ANNAL. DE HA1NAT7T. 

Hercinie. Ce serait donc une grande erreur d» vou- 
loir que les copistes aient substitué le nom des Tec- 
tosagés à celui des Boïeus dans le texte de Jules Cé- 
sar (i). 

Le Pline de M. de Grandsagne place les BoU entre 
les Carnutes et les Sénones, dans le département de 
l'Allier (a) , les Bituriges Cubi, dans les déparlemens 
de llndre et du Cher, et la partie ouest du départe- 
ment de FAllier (3), et les Fblcœ Tectosagi dans les 
départemens de l'Aude et de la Haute-Garonne (4). 
Il donne conséquemment aux Tectosages beaucoup 
moins d'étendue que nous ne leur avons donné d'a- 
près Guillaume Marcel. Nous reviendrons sur cette 
question dans la suite. 

CXI.' Teutatès est regardé communément comme 
le nom que les Gaulois donnaient à Mercure. Bocèart 
croit que ce mot est phénicien (5). César a cru que 
Tentâtes était le Mercure des Grecs et des Romains. 
C'est du moins ce qui semble résulter de la compa- 
raison de son texte avec celui de Lucain. Il dit en effet 
que, suivant les Gaulois, Mercure est le plus grand 
des dieux, et qu'ils s'imaginent que les dieux se plai- 
sent au sacrifice des hommes; Lucain ( art. LXXI) 
dit que ces peuples versent le sang humain sur les 
autels de Tentâtes ou Theutatès et d'Hésus. Op en 

(i) On trouTe cette opinion dans la Germanie tittduite ptr 
C.-L.-F. Panckoucke. Paris , i8a4 , p. 145 
'^111,347. 

(3) Id. p. 348. 

(4) Id, p. 349. 

(5) Voyez son PhaUg. 



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INTRODUCTION , CXI. 1 37 

conclut naturellement que Mercure est Tentâtes, d'au- 
tant plus que le Mercure des Latins est l'Hermès des 
Grecs et le Thoth des Égiptiens. Or Thotli ressemble 
beaucoup à Theutatès. Mais, selon dom Martin (i), 
Tentâtes est un nom purement celtique, signifiant 
père du peuple. En eflTet, dit-il, teut signifie peuple, et 
tat f)ère. rei», en grec, sans accent, se dit pour itvo; 
dans un sens indéterminé, et signifie cujuscumque y 
de chacun; lofra^ selon lui, veut d'ire pater, père : les 
Grecs ont dit aussi xerca^patery père. Tetra était chez 
eux un terme de bienveillance, de respect, en parlant 
à une personne plus âgée que soi ; mais c'était un ad- 
verbe et non un substantif. Le mot tata s'est conservé 
dans notre langue , et Martial (a) s'en sert comme 
d'un terme qu'employaient les eufans en caressant 
leur père; en parlant de la vieille Afra, il dit: 

Mammas atque tatas habet uijra; sed ipsa tatarum 
Dici et mammarum maxima mamma potest, 

«Afra, qui peut elle-même passer pour la plus 
« vieille maman de tous les papas et de toutes les ma- 
tt mans, a ses papas et ses mamans. 3> 

Le mot tata se trouve avoir le même sens dans trois 
inscriptions rapportées par Scaliger dans ses notes sur 
Ausone (3). Cette opinion de dom Martin n'est donc 
pas absolument dépourvue de fondement, quoique 
l'autre soit bien plus vraisemblable. 

(i) La religion des Gaulois. Paris, 1727. 1 j 326, 
(a) Lih, I, epig. loi. 
(3) Z^. I , cap. ag. 



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138 DISCOURS SUR L\ l'^PART. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

Il paraît certain que Teotatès est le même que 
Tliaut, le législateur des ÉgipticnS qui avaient donne 
un asile aux Hëbreux enfans de Jacob, et chez lesquels 
Moïse avait puise sa science. Ce même peuple avait 
transmis le cultedlsis , même che£ les Sucves, comme 
nous l'apprenons de Tacite (i), qui ajoute que la & 
gure de vaisseau sous laquelle ils adorent cette déesse, 
annonce que ce culte leur a été porté par mer. Nous 
retrouvons ie nom d'Isis dans celui de Paris ^ et le 
vaisseau dans ses armes : nous ne devons donc pas 
être surpris de reconnattre chez les Celtes Fancieii 
culte des Égiptlens et leur dieu Thaut ou Thcu- 
tatès. L'identité de ces deux divinités est reconnae 
tout récemment par M. Bowles (a) dans une disser 
tatitm oil il prouve que le culte du Toth ^ptien a 
été introduit chez les Celtes , les Gaulois et les Bit* 
tons par les anciens colons phéniciens; que le grand 
temple d'Âbury dans le Wiltshire, était dédié à œ 
culte; et que, sous le nom de Taut ou Tentâtes, un 
grand nombre d'autels étaient él*igës dabd différentes 
parties du pays, en l'honneur du dieu des ÉgiplieiA 
On sait que le Wiltshire est dans la partie méridioÉife 
de l'Angleterre, et que sa capitale est Saltsbury. 

CXn. THYREI, boucliers outragés, ouplniW^ 
tement écus, propres à la nation gauloise; ilsiiMhnt 
longs et proportionnés à la taille des soldate : 4^*^ 
que nous apprend Diodore de Sicile (3) r «tdwç* 

(i) Mœurs des Germains, chap. 9. Vojrei la préface du todw UI, 
p. ÎT. 
(a) Hermot Britannicus ^ par W.-L. Bowles. Londres > 1898* 
(3) Biblioth. hist. y, 3q. 



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INTBODUGTION « GXII. 1 39 

a Leurs armes sont des boucliers aussi hauts qu'un 
ce homme, et qui ont chacun une distinction particu* 
ce Hère. 31 On voit que dès-lors, il y avait des espèces 
d'armoiries propres à chaque guerrier* Le mot grec 
dupeôt; désigne un bouclier plus long que large. Il a été 
employé en latin par Lucain(i); mais on peut le 
traduire eu cette langue par sciUum, qui était long 
et qu'il ne faut pas confondre avec le oljrpeiis qui était 
rond. En effet Tite-Live (a), en parlant des centuries 
formées par le roi Servius, dit que la première classe, 
composée de quatre-vingts centuries , était armée de 
boucliers de cuivre, tandis que la seconde classe , for- 
mée de vingt centuries, portait l'écu au lieu de bou- 
clier. Primœ classi dicit imperatum esse cljrpewn 
cum galed, ocreisj iQricd; secundam scuta pro djrpeoy 
etprœter hricam omnia eadem. Le bouclier, nommé 
clypexiSy était rond et petit; l'écu {thjrreus)^ plus 
grand, avait quatre pies de hauteur sur deux et demi 
de large. Il était plus nécessaire à ceux de la seconde 
classe, qui n'avaient point de cuirasse. Dans la suite, 
lorsque l'État. solda les troupes, l'écu fut donné à 
tous (3). 

Denis d'Halicarnâsse rapporte l'institution de Ser- 
vius TuUius, comme Tite-Live (4) - âvT« twv irmiStùv 
à»é3tàY£ ^\jpio\j(;. Au lieu de boucliers presque ronds , 

(i) De BelloCwm,h I. 
(a)I, 43. 

-(3)Tite.JUYe, VIII, 8. 
(4) Antiq. rom. IV, p. aai , diap. Vi 



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liO DISCOURS SDH LA l'* PART. DES A5NAL. DE HAINAUT. 

dit-il, il en donna d'autres à la seconde classe, qui 
étaient plus longs que larges. Vaar.k des Grecs était 
presque rond, et conséquemment répondait au cfy- 
peus des Latins; le ^çtio<; ou scutum était plus long 
que large , à peu près comme une porte carrée ou 
oblongue, et c'est de là qu'il a pris sou nom ottott^ 
SiJpaç. La matière du cljrpeus n'était point celle du 
scutum : celle-lh était l'airain , comme on l'a vu dans 
le passage de Tite-Live (i). C'est ce que dit aussi 
Virgile (a) : 

Ârticntes cljrpeos atque cera micaniia cerno. 

L'écu était de plusieurs planches de bois jointes 
ensemble et couvertes de peaux , selon Polibe. On 
n'employait pas indifféremment toute sorte de bois 
pour faire ces boucliers qu'on appelait scuta , mais 
seulement un bois mou et aquatique, comme le trem- 
ble, le peuplier, le saule, etc., parce que cette espèce 
de bois se resserrant toujours, quelque coup qu'on 
lui donne, était plus en état de résister aux armes 
offensives sans jamais se fendre. C'est Pline (3) qoi 
nous apprend cette particularité. Ce^i»^ qui étaient 
fort longs, empêchaient les soldats de porter une épée 
ou sabre à leur côté gauche, et c'est pour celaquils 
mettaient une dague à leur côté droit, au rapport de 

(i)I, 43,etXLV. 

(a) JEneid. II , 734. 

(3) Lirre XVI, chap. 40; Pline a j}uis6 cçl^ olwerwtion dafc 
Thëophraste IlisL Plant, chap. 4 



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INTRODUCTION, CXÏII. 141 

Polibe. Cette dague était fort courte, autrement il 
aurait été trop difficile de la tirer du fourreau. 

Il y avait encore une autre espèce de boucliers , 
nommés ancilia à cause de leur forme. Ces boucliers 
sacrés appartenaient aux prêtres romains appelés Sa- 
liens (i) dont j'ai prouvé que l'origine était gau- 
loise (a). Ils ne formaient pas un rond parfait ni un 
demi-rond, comme le bouclier ordinaire (7re}.Tyi ); leur 
contour était tortueux; ses extrémités reculées, se re- 
joignant par le haut dans leur épaisseur^ formaient 
une de ces figures courbes et échancrées, que les 
Grecs appelaient ancylon (3). 

CXIII. ToLES, nom que les Gaulois donnaient à 
certaine tumeur ou plutôt inflammation qui vient au 
palais près du gosier : Tohs gallicâ lingud dicunt : 
quas vulgo per diminutionem tusillas vocant, quœ 
in faucibus turgescere soient [^); c'est ce que nous 
appelons les amigdales. On trouve le mot tôles dans 
Feslus, et le mot tonsilla dans Cicéron, pour signifier 
les amigdales ou glandes situées à l'entrée de la gorge. 

CXIV. ToMENTUM signifie bourre dans Varron. 
Martial (5) appelle tomentum circense un matelas de 
jonc ou de paille d'aveine : 

Et Salius lœto porlans ancilia coUo, 
(i) Lucanu6, I, 6o3. 

(a) Mémoires pour servir à l'Histoire ancien fae Ju Globe. Paris, 
1811. I, 3lT. 

(3) Plularque, ViedeNuma, chap. i3, dans l'èdilion de Hul- 
ten , et 17 dans la traduction de Ricard. 

(4) Isidori Orig, lib, XI, c. i. 

(5) Épigraram. XIV, i58. 



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tiî DISCOURS SUR LA. 1'* PàRT. DB3 ANNAL. DE HAINAUT. 

Tomentum cireense, 
. Tomentum concisa palus cireense vocatur : 
Uoeç pro Lingonico stramina pauper émit, 

« Ces joncs coupés s'appellent matelas du cirque: 
« le pauvre achète ces chaumes pour remplacer la 
« bourre de Langres. » 

J'ai dit à l'article cukita que ce mot signifiait pro- 
prement le sac ou la toile, tandis que tomentum était 
ce que l'on y mettait , paille ^ plume Jaine^ ou bourre. 
Voyez cet article ( XLV ). 

U. 

CXV. Ura , herbe que les Grecs appelaient 2atnJ- 
ptov (i) ou xovodopxt^ Dioscorides en fait mentioDiet 
dit qu'elle excite à l'amour. C'est la racine de Fordbis, 
que l'on emploie pour faire du salep. Les Français la 
nomment satyrion. 

L'orchis est un genre de plante de la ginandrie 
diandrie et de la famille des orchidées, qui renferme 
plus de cent espèces, dont beaucoup appartiennent à 
l'Europe et sont très-remarquables par l'élégance ou 
la belle couleur de leurs fleurs, et par leur abondance 
en certains lieus. Leurs racines sont charnues, et ot 
globuleuses ou palmées; leurs tiges simples, angor 
leuses et glabres; leurs feuilles alternes, sessiles, en- 
gainantes par la base; leurs fleurs disposées en long 
épi terminal. Elles sont vivaces, mais dans un mode 
particulier, c'est-à-dire que chaque année la racine 

(i) ApalciuSi (le Firtui. Herb, 



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lliTI^ODUÇTION 9 cxv. 14S 

qui a porté la fleur périt, maia qu'il en naît une autre 
à coté l'année suivante; de sorte qu^au bout de douze 
a quinze ana une de ces racines est à un pié ( 3 déci* 
loètres ) de distance du lieu où a germé la graine dont 
elle provient. Il paraît par des observations positives, 
que des milliers de graines fournies par un seul pié, 
auvent il n'en lève pas une seule. Aussi, qucNi<)ue 
nombreuses, ne sont-<eUes pas abondantes. Toutes les 
teotatives qu'on a faites pour les soumettre à la cul* 
ti^ ont été sana luccèa durable. Elles ne vivent 
jamais plus de deux ans dana les parterres ^ quelques 
soins qu'on ait apportés à leur transplantation. Ce 
n'est que dans les gazons des jardina paysagers que 
Ton peut espérer de les conserver, en les y transpor* 
tant avec leur nK)tte, et les y abandonnant complète^» 
meot à elles-n^mes : là elles seront comme dans leur 
sol natal, et feront jouir les promeneurs de la beauté 
de leurs épis de fleurs, et certaines espèces, de leur 
bonne odeur pendant le printems ou l'été, époque de 
leur floraison. 

Ce n'est pas seulement conmie plantes agréables 
que l'on doit considérer les orchis, c'est encore comme 
plantes utiles. T^ bulbe de la plupart des espèces peut 
se manger. C'est avec ces bull>es que les Turcs prépa^ 
rent le salep^ cette matière cornée que l'on réduit 
Êcilement en farine sous le pilon, et que l'on ordonne 
si souvent aux personnes dont l'estomac est délabré 
par suite de maladies, ou dont les forces sont épuisées 
par l'effet des jouissances de l'amour. Olivier rapporte 
que l'on mnploie, aux environs de Conatantinople, 



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144 DISCOURS SUR LA 1^ PART. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

les espèces les plus communes des environs de Paris, 
c'est-à-dire probablement les ovchispiramidaleymdle 
et bouffon; mais qu'il y a une telle différence entre 
leurs qualités , qu'il y a du salep double du prix d'un 
autre. 

Les Turcs arrachent les bulbes des orchis dans le 
tems qu'elles entrent en fleur. Ils en ôtent l'écorce et 
les lavent dans l'eau froide. Ensuite ils les font cuire; 
mais ils les enfilent pour les faire sécher à l'air. Elles 
deviennent demi-transparentes, très-dures, et se con- 
servent autant qu'on veut, si on les tient dans un 
lieu sec. 

L'eau dans laquelle on fait cuire les bulbes d'or- 
chîs, donne par l'évaporation un extrait d'une odeur 
agréable, semblable. à celle du mélilot. 

Réduit en poudre et bouilli dans de l'eau , du bouil- 
lon ou du lait, le salep forme une espèce de gelée 
très en rapport avec celle que produisent le sagou et 
la fécule de pomme de terre. Aussi peut-on indiffé- 
remment lui substituer ces deux dernières substances. 
On lui donne le goût qui lui manque, par des aro- 
mates, du sucre et d'autres ingrédiens. 

Jamais on ne pourra regarder en France les ordiis 
comme un moyen général de nourriture, comme un 
supplément efficace dans les momens de disette; mais 
il est surprenant que l'on aille chercher loin , que 
l'on paye cher le salep, lorsque l'on peut s'en pro- 
curer à si peu de frais, et que des familles pauvres 
laissent perdre ce précieux moyen de subsistance, 
que souvent elles ont en grande abondance autour 



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INTRODUCTION, CXV. 145 

de leur demeure. Il y a beaucoup d'endroits oîi les 
plantes sont assez communes pour qu'un enfant puisse 
récolter en peu d'heures une provision suffisante à la 
nourriture de sa famille pendant une semaine. Il est 
vrai, d!après ce qui a été dit plus haut, que cette res- 
source diminuerait nécessairement par l'usage; mais 
pourquoi n'en pas profiter lorsqu'on le peut(i) ? 

CXVI. Uri , mot gaulois qui signifie taureaux sau- 
vages ', c'est Macrobe qui nous l'apprend (a). <c Vir- 
<x gile, » dit-il, a à l'exemple des Anciens, n'a pas 
a toujours dédaigné les mots étrangers. Ainsi dans ce 
« vers : 

Silvestres uri assidue.., 

a Souvent les buffles des forêts, etc.; Urus est un 
<t mot gaulois qui signifie des bœufs sauvages. » Uri 
enim GalUca vox est quâferi boues signijicantur. Ce 
mot signifie encore aujourd'hui en Allemagne, noum 
dans les forêts, et l'on y dit ur-han, un bœuf sau- 
vage. ■ 

Le mot uri, dont le nominatif est urus y se trouve 
deux fois dans les Géorgiques de Virgile, d'abord 
dans le vers qui vient d'être cité 

Sih^estres uri assidue capreœque sequaces (3) , 

traduit par l'abbé Delille : 

Que la génisse avide et les chcyreaux gloutons. 

(i) Nouveau cours d'Agriculture. Paris, 1809. IX, aSo, art. 
Orchis. 

{1) Saturnales , livre VI , chap. 4. 
(3) G^org.,11,374. 

T.V. Il* PAKT. ^^ 



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146 DISCOURS SUR LA l'* PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

Le même mot s'y trouve une seconde fois dans ces 
vers: 

Tempore non alto dicunt regionibus iliis 
Quœsitas ad sacra boi'es Junonis^ et uris 
Imparibus ductos alla ad donaria currtis (i). 

Il s'agit d'une épizootie^ pendant laquelle^ ainsi 
que traduit le poète français , 

pour apaiser les Dieux , on dit que ces contrées 
Préparaient à Junon des offrandes sacrées : 
Pour les conduire au temple on chercha des taureaux ^ 
A peine on put trouver deux buffles inégaux. 

Il semblerait par ces deux passages que les uri ne 
sont que des taureaux ordinaires. Cependant Jules 
C($sar, en parlant des Germains, et des animaux qui 
sont particuliers à ces peuples, s'exprime ainsi sur 
Vurus (7) : 

<c Une troisième espèce est Vurus y dont la grandeur 
« est un peu moindre que celle de Télëphant : sa cou- 
ce leur et ses formes sont celles de nos taureaux. La 
a force et la vitesse de ces animaux sont prodigieuses. 
« Rien de ce qu'ils aperçoivent, hommes ou bêtes, ne 
a peut leur échapper. On les tue en les prenant dans 
« des fosses préparées avec soin. Ce genre de chasse 
« est pour les jeunes gens un exercice qui les endurcit 
(c à la fatigue. Ceux qui ont tué le plus de ces animaux 
a en apportent les cornes en public, et reçoivent de 
a grands éloges. On ne peut les apprivoiser, même 

(i)Géorg., m, 53a. 

(1) DtBello GaUico, Vf, a8. 



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INTRODUCTION, CXVI. 147 

a dans le jeune âge. La grandeur , la forme et l'espèce 
« de leurs cornes, diffèrent beaucoup de celles de nos 
<i bœufs. Elles sont avidement recherchées; les Ger- 
<t mains les garnissent d'argent sur les bords, et en 
a font des coupes pour les festins solennels. » 

Virgile , en employant les mots étrangers , comme 
le dit Macrobe , n'en a peut-être pas bien connu la va- 
leur, puisqu'il suppose un attelage d'uri^ tandis que 
Jules César nous assure qu'on ne pouvait apprivoiser 
ces animaux. La plupart des naturalistes pensent que 
\urus est l'animal encore appelé urochs ou auer^ochs 
par les Allemands. 

Vurus ou Vaurochs est le même aniqial que notre 
laureau commun dans son état naturel et sauvage. 
Ceci peut se prouver, dit M. de Buffon qui a étudié 
particulièrement cette matière (i), d'abord par la 
comparaison de la figure et de l'habitude entière du 
corps de l'aurochs, qui est absolument semblable à 
celle de notre taureau domestique ; l'aurochs est seu- 
lement plus grand et plus fort, comme tout animal 
qui jouit de*sa liberté l'emportera toujours par la 
grandeur et la force sur ceux qui depuis long-temps 
sont réduits à l'esclavage. L'aurochs se trouve encore 
dans quelques provinces du nord. On a quelquefois 
enlevé de jeunes aurochs à leur mère; et les ayant 
élevés, ils ont produit avec les taureaux et vaches do- 
mestiques : ainsi l'on ne peut douter qu'ils ne soient 
de la même espèce. 

(i) OEuvres complètes de Btiflbn , inise? en ordre par Lacëpcdc. 
I>5ins, 1818. VII, 269. 



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Ii8 DISCOURS SUR LA 1" PART. DES A5NAL. DE OAINAUT. 

CXVII. UsiBON OU EuGUBiPi, herbe ou plante que 
les Grecs appelaient chamédaplmê ^ yjxiiaiSci^vri roAÂot 
. où joùot/jL ( I ). M. Planche, dans son dictionnaire grec (2), 
traduit ce mot ptr lauréole mâle ou pervencFie. H 
vient de x^l^^^y ^ terre, et de 'Jz^v/î , laurier; c*est 
une sorte de laurier rampant. 

La pervenche, en latin vinca^ est un genre de 
plante de la pentandrie raonoginie, et de la famille 
des apocinées, qui renferme six espèces, dont twis 
sont cultivées dans les jardins, et dont deux se trou- 
vent abondamment dans nos bois ; c'est vraisembla- 
blement des deux suivantes qu'il est ici question. 

La grande^ pervenche, ou la vinca major dcLinnée, 
a les racines fibreuses, traçantes; les tiges grêles, 
rampantes, noueuses, vertes; les florifères relevées 
d'un à deux pies (3 à 6 décimètres); les feuilles op- 
posées , pétiolées, ovales , entières, luisantes; les fleurs 
grandes, d'un beau bleu, axillaires, et portées sur 
de courts pédoncules. Elle croît dans les bois, mais 
n'est pas très-commune. C'est une très-belle plante, 
et par ses fleurs et par ses feuilles toujours vertes et 
fort abondantes. 

La petite pervenche, qui est la vinca minor de 
Linnée, diffère peu de la précédente; mais elle a toutes 
ses parties plus petites : les feuilles sont à peine pé- 
donculées, moins ovales, et les fleurs longuement pc- 
donculées. Elle se trouve très-fréquemment dans les 
mêmes lieus. Elle est moins belle , mais peut être 
plus agréable. 

(i) Dioscorides. Voyez Apul. De virtutib. herb. 
(1^ Paris, 1817. 



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. INTRODUCTION CXVIK 149 

Cea deux plantes sont cultivées dans les jardins 
paysagers, où elles produisent de très*bons efFets. La 
première, contre les murs, les rochers, les fabriqtfes,. 
à l'exposition du nord, ou à Tombre des arbres; la 
seconde, sous les massifs dont elle, garnit le sol de 
ses feuilles toujours vertes. Leurs tiges prennent ra- 
cine à chacun de leurs nœuds , de sorte qu'un seul pie 
couvre en peu d'années des espaces considérables. On 
les multiplie exclusivement par ces tiges enracinées ; 
car il est extrêmement rare qu'elles portent des grai- 
nes : ce n'est que lorsqu'elles sont mises dans un ter- 
rain très-maigre et très-sec , ou dans un très-petit 
pot, que l'on peut parvenir à leur en faire produire. 
Le déchirement des vieux pies doit se faire en au- 
tomne, et il faut choisir un tems pluvieux pour as- 
surer la réussite de la nouvelle plantation. 

On a fait produire plusieurs variétés aux perven- 
ches, soit dans, leurs feuilles, qui se sont panachées, 
soit dans leurs (leurs , qui sont devenues blanches ou 
doubles. Ces dernières sont moins agréables que les 
simples. 

La médecine regarde les pervenches , surtout la pe- 
tite, comme vulnéraires, astringentes et fébrifuges. 
Leur saveur est amère (i). 



CXVIII. Vargus ou Bargus , un voleur, un ban- 
dit , dans le langage des Francs : Vargorum , hoc 

(i) Nouveau cours complet d'agricullure. Paris, 1809, X, t. 



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1*50 DISCOURS SUR LA 1'' PART. DES ANNAL. DE HAtNAUT, 

enim nomine indigenaSy ou plutôt indigena (car 
Yossius croit qu'il faut lire de la sorte ) latmncidos 
nuhcupant : pour accorder ce root avec ce qui se troufe 
dans le titre LVIII de la loi salique , §. V. si qms cor- 
pus jàm sepuUum ejfoderity fFargus sit, hoc est ex- 
pulsas de eodem pago; et dans la loi ripuaire, titre 
LXXXVII, §. VIII. JVargus sU, hoc est , expubm. 
Il semblerait par ces derniers passages ^ que vargus 
ou wargus ne signifie pas voleur, mais banni. 

CXIX. Yasso , nom que les Gaulois donnaient à un 
temple fameux dans le pays des Auvergnats : lorsque 
Jes empereurs Valërien et Gallien suscitèrent une fu- 
rieuse persécution contre les chrétiens , dit Grégoire 
de Tours (i) , c'est-à-dire l'an a 5 7 et l'an 2 58 de notre 
ère (a), Chrocus, roi des Allemands, se jeta sur les 
Gaules avec uue puissante armée, et y fît de grands 
dégâts; on dit qu'il était plein d'arrogance , et qu'ayant 
commis beaucoup d'injustices par le conseil de sa 
mère, il fit une irruption dans toutes les provinces des 
Gaules avec son armée, et ruina toutes les anciennes 
maisons. Étant venu dans le pays des Auvergnats, il 
mit le feu à un temple que les Galates appelaient 
Wasso en langue gauloise , et le détruisit de fond en 
comble. Ce temple avait été bâti d'une merveilleuse 
structure, ayant un double mur; celui qui était au de- 
dans était construit de très-petites pierres; celui qui 
était au dehors était en quartiers de pierres de taille 

(1) Histoire des Français, livre I, chap. 3o. 

(a) Histoire des empereurs, par Tillemont. Paris, 169». III, 4«: 
et siiiv. 



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INTRODUCTION . CXIX. 151 

iet avait trente pies d'épaisseur. Le mur intérieur était 
diversifié en marbre , et formait un ouvrage en mo- 
saïque de plusieurs couleurs. Le pavé du temple était 
4e marbre, et sa couverture de plomb. 

Ce passage Irès-curieux de Grégoire de Tours mé- 
rite d'être rapporté en entier. Le voici ilCrocus cunC" 
tas œdes y quœ antiquitus fabricatœ fuerant ^ àfun- 
damentissubçertit: veniens vero Arifernos ydelubrum 
illud quodgallicd lingud vasso Galatce vocant , //z- 
cenditf dirait atque subuertit, Miro enim operefactum 
fuit atque firmatmtiy cujus paries duplex erat^ ab 
intus enim de ntinuto lapide , a Joris vero quadris 
sculptisfabricatumfuit. Habuit enim paries ille crus- 
situdinem pedum iriginta , intrinsecîis vero marmore 
ac musaico variatwn erat. Paifimentuniquoque œdis 
marmorefacticm'y desuperveroplumbotectum, 

M. Legrand d'Aussi, qui rapporte ce passage, ajoute 
que rien n'indique aujourd'hui où existait ce temple. 
M. Legrand se trompe. On voit encore entre Cler- 
mont et Chamalières, dans un lieu nommé les Salles y 
une partie des murs de ce temple. Ou devait y monter 
par des degrés qui ont été détruits. 

Pline le naturaliste nous dit (i) que, de son tems,. 
les Gaulois s'étudièrent à marquer leur attachement 
à Mercure (le même que Tentâtes, ainsi qu'on l'a vu 
à cet article) , en lui érigeant une statue colossale 
dans' la cité des Arvernes , que l'on croit être Cler- 
mont en Auvergne, aujourd'hui capitale du départe- 

(i) Hist. nat. liv. XXXIV, c. i. C'est le chap. i8 dans IVcUtion 
de Frnnzius. 



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152 DISCOUKSSUR Lk i" PART. DE&iTMNAL. OB HAIN ACT. < 

ment du Puy-de-Dôme. L'ouvrier s'appelait Zéno-« 
dore; il employa dix ans à faire cette statue qui était 
d'airain et d'un goût admirable. Quatre mille ses- 
terces (735"fr. ao c. suivant le calcul de M. Ler 
tronne (i)) furent le prix ^e son travail ; la beauté et 
l'excellence de cet ouvrage acquirent à Zénodore une 
si grande réputation , que Néron l'appela à Rome pour 
travailler au colosse qui porta depuis le nom de cet 
empereur. 

Il est vraisemblable que le temple pour lequel était 
destinée cette belle statue, devait«tre celui que Cro- 
cus a détruite En effet, le rapport évident qui se trouve 
entre la magnificence du temple et Texcellence de la 
statue, ne permet guère de douter que l'un de ces 
riches monumens n'ait été fait pour répondre à la 
beauté de l'autre : ce qui fait soupçonner que ce tem- 
p le était consacré à Mercure (a) ou Tentâtes. 

Selon ce sentiment, les Auvergnats auraient ap- 
pelé mercure Fasso , ou du moins le nom de vasso 
aurait été un nom topique de ce dieu; car il est cons- 
tant que le dieu Mercure était révéré en Auvergne par 
l'inscription que rapporte Gruter (3) : 

Mercurio Arverno 
Vicinî. V. V 



(i) Œuvres de RolUn. Paris, 1825. Éclaircissemens , page 19, 
Le père Uardouin trouvapt ayec raison cette somme trop fnble 
pour un travail de dix ans , croit qu*il faut lire 400 fois cent mille 
sesterces, ou 4o,ooo,ooo sesterce?, ce qui ferait 7, 35a,ooo francs de 
notre monnaie. Il me semble que ce serait aussi beaucoup trop. 

(a) La religion des Gaulois. Paris, 1737. 1 , 378 et S;^. 

(3) P. 53. n. H. 



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INThODlJCTlOX, CXJX. 163 

Ce moDument qui a été trouvé en AUemagoe y avait 
peut-être été transporté par Crocus ou quelqu'un de 
ses généraux. 

Sa varon, historien né à Clermont vers i55o, a cru 
, que Vàsso était le dieu Mats (i); mais cette opinion , 
fondée sur de simples étimologies plus que conjectu- 
rales, ne peut lutter contre la précédente (a). 

Grégoire de Tours dit que Crocus fut fait prison- 
nier dans- la ville d'Arles, oii il reçut les supplices 
qu'il avait bien mérités, et finit ainsi sa vie par le 
glaive , après avoir persécuté cruellement les saints 
de Dieu (3). En effet Marins , qu'Aimoin (4) dit avoir 
vaincu et tué Crocus (5), est mort à la fin de l'an 267, 
selon Tillemont, c'est-à-dire dix ans après l'épo- 
que fixée pour l'invasion du roi des Allemands. Ces 
deusMates sont d'accord ensemble. Un exploit aussi 
briHant que celui de Marins , fut sans doute ce qui 
lui mérita dix ans après le titre d'empereur quoiqu'il 
fiut d'une naissance obscure , de laquelle il fesait gloire. 
Or sa nomination à l'empire n'est pas douteuse et n'a 
été motivée d'aucune autre manière. 

Cependant la date donnée par Grégoire de Tours 
a été révoquée en doute par Tillemont (6) et par dom 
Vaisselle (7), parce qu'il y a eu au commencement 

• (i) Les Origines de Clermont. Clermont, 1607. 
(3) La relig. des Gaulois. 1 , 5o3. 

(3) L'Histoire des Français. 1 , 3a. 

(4) Histoire des Français, livre HI» chap. i. 

(5) Histoire des Empereurs , par Crcvier. Paris, 1827. VIII, iSg. 

(6) Mémoires pour servir a l'histoire eccle'siaslique. Paris , 1701. 
IV,65i. 

(7) Histoire de Languedoc , tome I , page 638. 



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15i DISCOURS SUR LA i'* PART. DES A?INàL. DE HAINMIT. 

du cinquième siècle, vers Van 407? un Crocus, roi 
des Vandales, que Ton croit le même que le roi des 
Allemands. Mais ces deux auteurs regardent cette 
confusion comme probable, quoiqu'ils ne Tadmetteot 
pas, et semblent n'avoir pas assez examiné la ques- 
tion. Le sentiment que je préfère ici est celui qu'a 
suivi Casaubon dans ses notes sur Trébellius Pollion(i)) 
ainsi que du Bosquet, dans son Histoire de l'Église gal- 
licane (2); Adrien de Valois(3), etBuchénus,danssoo 
Histoire Belgique (4). 

CXX. Vbrgobret , souverain magistrat chez les 
Éduens,^qui avait droit de vie et de mort, et qui 
était' élu tous les ans. Vergohretum appellant Hedui^ 
qui creatur annuus et vitœ necisque in suos habet 
potestatem (5). C'était Liscus qui était revêtu de cette 
charge lors de l'arrivée de César, sous le consalât de 
Marcus Valérius Messala Niger, et de Marcus Pupius 
Piso Carbonianus (6), c'est-à-dire l'an 61 avant notre 
ère. La capitale des Éduens était Bibracte^ depuis 
Augustodunum ou Autun. C'était alors le canton le 
plus puissant des Gaules. Le mot vergqbret s'écrit, 
dit-on, en langue celtique ou plutôt galloise, yèar- 
gO'breithy homme qui rend des jugemens. Pendant 
long-tems , à Autun , le premier magistrat était ap- 
pelé vierg ou verg (7). 

(i) P. ao6, 2. c. 

{2) L. 3, C.39, p. iSg. 

(3) Gesta Francorum^ 1. I , p. i. 

(4)L. VI, c. u, p. 207. 

(5) Cœsar, De Bello Gallico, liv. I, chap. xvi. 

(6) Id. chap. II. 

(7) Mémoires de Jules-Cësar, trad. par M. Artaud. Parb, i8î8. 
I, p. 81. Note du traducteur. 



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INTRODUCTION, CXXI. l5o 

CXXI. Verwemetis est le nom d'un grand temple 
connu seulement par ces vers du poète Yénantius For- 
tunatus : 

JVomine vernemetis voluit vocitare vetustas , 

Quod quasi fanum ingens gallica Ungua rejert{i) 

CXXII. ViscuM, Gui. 

Le chêne , dont les branches et les feuilles servaient 
aux sacrifices de nos anciens' druides , avait quelque 
chose de grand et de mistërieux, non-seulement parmi 
les Gaulois 9 mais encore parmi les autres nations ido- 
lâtres , qui croyaient que les premiers hommes s'é- 
taient nourris de chair humaine pendant le règne de 
Saturne 9 et que Jupiter avait changé cette cruelle 
nourriture en celle du gland (2); qu'ainsi le genre 
humain lui devait sa conservation : c'est pour cela 
qu'ils lui consacrèrent le chêne, lui donnant le titre 
de père des Dieux et des hommes (3). 

a Les Dieux de nos ancêtres les instruisirent à 
calmer leur faim par des alimens plus doux que le 
gland des forets. » 

His x'ita magistris 
Desuei^it quernâ pellere glande famem. 

En effet y le premier pain dont on se soit nourri 
dans certains pays , comme en Arcadie , a été fait de 

(1) Fortunat. 1. I, c. ix. 

{ql) ^bhumaniscarnihus ad glandes convertit, Oiodor. Sicul., 
lib. II. TibuUe dit que le glaod fut notre première nourriture. 
(3) Histoire de la monarchie française , par Marcel. Paris^ i8a6 , 



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to6 DISCOURS SVK LA l'^PART. DES ANNAL. DE UAlNAtT. 

glands. Plutarquc nommait les Arcadiens mangeurs 
de glands (i), citant pour cette dénomination un an- 
cien ofade d'Apollon , rendu à cette occasion , ainsi 
que le rapporte Hérodote/a) de 1» manière suivante: 

Les Lacëdémoniens habitant un pays fertile et très- 
peuplé, leur république, récemment organisée par 
le sage Lycurgue , ne tarda pas à s'accroître et à de- 
venir florissante. Ennuyés du repos et se croyant su- 
périeurs aux Arcadiens, ils consultèrent l'oracle de 
Delphes sur la conquête de l'Aî^cadie, La Pythie ré- 
« pondit : « Tu me demandes TArcadie; ta demande 
a est excessive, je la refuse : TArcadie a des guerriers 
« nourris de gland , qui repousseront ton attaque. » 

Notre gland ordinaire est un fruit trop amer et 
trop peu substantiel pour avoir jamais pu fournir à 
rhomme un aliment convenable. L'espèce dont il s'a- 
git ici approche beaucoup de nos châtaignes pour le 
goût; il en croît et l'on en mange encore de pareils 
dans les parties méridionales de l'Europe. Les mon- 
tagnards de l'Espagne, dit Strabon (3), se nourrissent 
de glands les deux tiers de l'année; après avoir fait 
sécher ce fruit, ils le concassent ,' le font moudre, et 
en fabriquent du pain qui peut se conserver long- 
tems. 

Encore aujourd'hui , on sert en Espagne de ces 
sortes de glands sur toutes les tables; on les mange 

(i) Vie de CoriolaD , chap. ii. Ce gland est produit par le chêne 
appelé Quercus Balhta. 
(^) L. 1 , 66. 
(3) Livre III, p. i55. 



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INTRODUCTION, CXXII. 157 

rôtis comme des marrons (i). I^on rAfrîcain (2) dit 
que non loin de Mahmora, au royaume de Fez, ii y 
a une forêt dont les arbres, très-élevés, portent des 
glands oblongs, assez ressemblans aux prunes de Da- 
mas, dont le goût approche de celui de la châtaigne, 
mais qui lui est tle beaucoup supérieur. En Vestpha- 
lie, dans la guerre de 1756, on a fait du pain avec 
du gland de chêne pareil au nôtre. On commençait 
par le préparer : pour cet effet, on le fesait griller 
et on enlevait l'écorce ; ou bien on se contentait de 
le faire bouillir pour détacher cette écorce. On le fe- 
sait ensuite sécher, pour le réduire en farine. Cette 
préparation l'adoucit ^ en lui ôtant une certain^ âpreté 
amère qui déplaît (3). 

Plutarque doit donc en être cru lorsqu'il dit (4) : 
« Le chêne est le plus fertile des ^rbres sauvages , et 
« le plus fort des arbres francs. Les premiers hommes 
a y trouvaient leur nourriture dans le gland et leur 
ce boisson dans le miel. Enfin, en leur donnant le gui 
tf dont on fait la glu, si utile pour la chasse, il four- 
« nissait leur table de différentes espèces d'animaux. » 

I^s Arcadiens passaient pour un des plus anciens 
peuples autochthones ou indigènes ; comme ils habi- 
taient un pays montueux et sauvage ^ ils furent plus 
long-tems que les autres peuples de la Grèce privés 
des bienfaits de l'agriculture, et réduits à vivre de 

(1) M.Larcher, dans ses notes sur Hérodote, livre I, note i8i. 

(2) Joan. Leonis Africani, Africœ descript. , lib. III, fol. loi, 
in auersâ parte. 

(3) Voy.ez l'Encyclope'die , art. Gland, 

(4) Vie de Coriolan , chap. a. 



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lo8 DISCOURS SUR LA 1" PART. DES ANNAL. DE HAINAUT. 

gland. Le miel dont Plutarque dit que le chéue four- 
nissait la boisson aux hommes , n'est pas une produc- 
tion de cet arbre; mais les abeilles vont souvent se 
loger dans les creux qui s'y forment , et y déposer leur 
miel. Le gui est de même une excroissance parasite 
qui vient sur le chêne : on sait le respect que les anciens 
Gaulois avaient pour cette plante. C'est à Pline que 
nous devons le souvenir de cette tradition; voici ce 
qu'il en dit(i): 

a II y a trois sortes de gui {yiscuni) : celui qui croît 
ce sur fables ou le sapin et le larùc, et qui est appelé 
« slélis dans l'ile d'Ëubée; et c^lui que les Arcadiens 
<c appellent hyphéar; enfin le gui qui croît sur leyoer- 
« eus y sur le roure, sur le poirier sauvage, et sur Iç 
a térébinthe. La plupart des auteurs disent qu'il oe 
<c vient sur aucun autre arbre. Celui qu'on appelle 
oc adasphéar croît abondamment sur le quercus. Dans 
a tous les arbres , si l'on en excepte le quercus et l'/fer, 
« le stélis et Yhjrphéar sont diffërens du gui propre- 
ce ment dit, en ce que les grains et les feuilles des deux 
a premiers ont une mauvaise odeur^ au lieu que ceux 
(c des deux derniers sont amers et gluans. Uhjrphéar 
(t vaut mieux pour engraisser les moutons. Son pre- 
« mier effet est de purger des mauvaises humeurs : en* 
a suite il engraisse ceux qui ont eu assez de force pour 
a soutenir la purgation ; mais on prétend qu'il fait 
« mourir ceux qui ont quelque partie gâtée au dedans. 
c( Cette purgation se donne en été, et pendant quarante 
« jours. Il existe , à l'égard des guis , une autre diffé- 

(i) Livre XVI , chap 4î- 



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INTRODUCTION, CXXII. 159 

ce rence : c'est que le gui des arbres qui perdent leurs 
(c feuilles en hiver, perd aussi les siennes ; au con- 
(( traire, le gui des arbres qui conservent les leurs, 
« conserve aussi des feuUles. Au reste nul gui ne vient 
« d'avoir été semé, à moins que sa graine n'ait passé 
(c aupairavant par le ventre des oiseaux , surtout des 
(c pigeons ramiers et des grives; car telle est la nature 
« de cette plante, qu'elle ne peut croître, h moins que 
a sa graine n'ait mûri dans le ventre des oiseaux. Le 
. « gui n'a pas plus d'une coudée (44 centimètres) de 
« hauteur; il est toujours vert et fort branchu. Le gui 
a mâle porte du fruit; mais sa femelle est stérile : et 
a quelquefois le mâle lui-même n'en porte point. 

«r La glu se fait avec des grains de gui cueillis au 
a tems de la moisson, avant d'être mûrs; car s'il sur- 
« vient des pluies, ils deviennent à la vérité plus gros, 
a mats ne sont pas si bons pour faire de la glu. Après 
ce donc qu'on les a cueillis, on les met sécher; et quand 
« ils sont bien secs , on les pile , puis on les laisse pour- 
(C rir dans l'eau pendant douze jours ou environ : sur 
« quoi j'observerai que c'est la seule chose au monde 
a qui devienne meilleure en se pourrissant. Ensuite 
a on les bat de nouveau avec te pilon , mais dans une 
« eau courante , afin d'en oter la peau , et qu'il ne 
<r reste que la cha'ur intérieure , qui pour lors est 
a gluante et visqueuse. Voilà comment se fait cette glu 
<c qui sert à prendre les oiseaux : on la mêle avec de 
a l'iiuile quand on veut s'en servir. 

a Je ne dois pas oublier ici ce qui fait l'admiration 
a des Gaules. Les druides, qui sorit les prêtres et les 



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160 DISCOURS SUR.LA i" PART. DES AN.NAL. Bff.HAlNACT. 

(c philosophes des Gaulois , ne pensent* pas qu'il y ait 
« rien de plus sacré que le gui et que Farbre sur 
« lequel il croît, pourvu que ce soit le chêne-rouré. 
« Aus^ choisissent-ils pour leurs sacriBces des forêts 
a de roures, et ils ne sacrifient jamais sans avoir des 
a feuilles de cet arbre ; en sorte qu'il semblerait que 
« c'est de son nom grec drus y qu'ils ont été appelés 
« druides (i). Quand donc ils trouvent du gui sur 
<c un roure, ce qui est extrêmement rare, ils le re- 
« gardent comme un présent du ciel , et comme une . 
a preuve que cet arbre est le choix spécial de laDivi- 
ct nité. C'est pourquoi ils cueillent le gui avec une 
<c grande dévotion, et avec de grandes cérémonies: 
<c ils choisissent surtout pour cet acte le sixième jour 
« de la lune, parce qu'alors cet astre est déjà dans la 
<c force de son ascendant , sans toutefois être parveùif 
a à son moyen terme, qui est équivoque. Car il faut 
a savoir que les Gaulois règlent par la lune le com- 
a mencement de leurs mois, de leurs années et de 
a leurs siècles; et que ceux-ci ne sont que de trente 
(c ans. Le nom qu'ils donnent au gui dans leur langue 
« signifie remède universel ou panacée. Lorsque les 
«c choses nécessaires pour le sacrifice et le festin sacres 
ce sont prêtes sous le chêne , ils y amènent deux tao- 
(c reaux blancs qui n'ont jamais été sous le joug, et 
« que l'on attache alors par les cernes pour la pre- 
« mière fois. Le prêtre, vêtu d'une robe blanche et 
<c armé d'une serpe d'or, monte sur l'arbre et coape 

(i) \oftz ce qui a ^tc dit sur celte étimologie à l'article XLIX, 
p. 4 <lc ce volume. 



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I!f TR0DUGT10N 9 CXXH. 161 

« le gui , qui est reçu en bas dans une casaque blanche 
tt (4ago candido). Ensuite ils immolent les victimes, 
m et prient Dieu de vouloir bien leur rendre utile et 
« profitable le présent qu'il leur a fait. Ils croient que 
<c ce gui donne la fécondité à tous les animaux sté- 
« riles auxquels ils en font prendre, et que c'est un 
a antidote contre toute sorte de poison ; tant la su- 
tf perstition , le plus souvent , a d'empire sur l'esprit 
«c des peuples, pour leur faire respecter les choses loç 
« plus frivoles! » 

Le mot DeuSy par lequel Pline désigne Dieu dans 
ce passage, et qui était celui qu'employaient lesl^ar 
tins, ressemble au Zeus des Grecs et à THésus ou 
Hœsus des Gaulois {art. LXXI). Dom Martin (i) en 
conclut que l'être appelé ici par Pline du nom indé- 
fini de Dieu est Hésus ou Ëisus, puisque Ésus et Deus 
sont deux termes conversibles l'un dans l'autre, hi- 
pothèse qui s'accorde encore mieux avec le grec Zeus. 

Ce Dieu dont parle Pline fesait choix du chêne 
pour y faire croître le gui ; le chêne même, indé- 
pendamment du gui, était aussi sacré que le gui, 
quoiqu'à leur égard le gui fut ce qu'il y avait de plus 
sacré au monde , en quelque genre que ce pût être (a). 
C'est pour cela que les Druides choisissaient exprès 
les bois de chênes pour y faire leur séjour; qu'ils ne 
fesaient aucun acte de religion sans qu'il y entrât des 
feuilles de chêne; enfin, qu'ils étaient persuadés que 

(t) La Religion des Gaulois. Paris, 1737, 1, 258. 
(a) NUùl habent Druidœ,,, vuca et arbore in qud gignaiur, 5i 
modo sU robur, sacratius, Pline. 

T. V. Il* PART. 1 1 



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162 DISCOURS SUR LA 1'* PART. DIS AlIllilL. DE HAIRAUT. 

toat ce qui naissait et croissait sur ie dièae ëuît en- 
Yoyë du ciel. Od m peut guère douter, après («sla, 
qu'Ésm ne fât le Dieu que les Gaulois honoraient dans 
le chêne; si donc l'oa s en rapporte à eux, Ésos o|>é- 
rait dans le chêne, et dans le gui qui naissait sur eet 
aribre, tontes les merireilles qu'il leur plaisait dliH 
venter. 

Mais pourquoi aller chercher n loin ce que tmm 
avons si près de nous ? Qu^on jette les ieux snr ia &ct 
de la cathédrale de Paris, qui représente Ésus (i); 
elle est une image mistérieuse, mai» se&siUe, de la 
description que Pttne fait de la cérémonie du gm de 
chêne. Ésus est ici auprès du chêne, sur lequel îl a 
feit naître te gui , qu'il a fait descendre du ciel ; il 
le coupe lui-même, le distribue), et yattadie led^ré 
de bonheur dont il veut favoriser ceux entre lesquels 
doit tomber cette plante sakuaire. 

CXKin. YrraiTM, dansVitruve^ eet empbyé comme 
signifiant ie pastel. Yoyee Olastrum (art. LKIY )l 

CXXIY. YoLCiE , ncHii tatin des Yolcea, qui ont 
eu une graade puissance dans la Celtique^ Deux peit- 
ples auxquels ce nom était commua, l'un (fistingvé 
par le surnom i^^recomiei, Tattiepar celui de Tacv 
tosagesj occupaient tout llutervalle qu'9 y a du Rhoae 
à la Garonne dans cette cootrée, qui firt depuis 2^ 
pelée la province Narbonoaise. J'ai parlé plut hant 
des Téctosages (art. CX)« le n'ai dono plua ici qui 
m'occuper des Arecomici. On voit que les Vohœ com- 
posaient l'ancienne province connue sous le noni^ de 

(i) Oo la trouyera gravée ici avec le plus grand soin. 



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IMfHOeVtTlOll , CXXIT. 1 91 

Laogiiectec. Le^ Teciosagês étaient I05 faabîtMs du 
haut Languedoc, et les Jtecomiei ceux du bas. 

Les Phke^ jitèipmiei étaient voisina du Rhdne 
et s'étendaient le long de la mêr dans ce qoe Ton nom^ 
mait , avant là révolution de 1 789, le bas Longttedoe. 
Lorsqne Annibal, l'an 218 avant notre ère, travers 
la partie méridionale de la Gaule 4 pour pass^ e» Ita- 
lie , les Arecomiei n'étant point boméa par le Rbône, 
possédaient des terres au-delà de cette rivière. C'est 
d'eux cfu'îl faut enlendw ee que dit Tite^Iive sous le 
nom de Vokœy qu'ils étaient établis sur Tune et Tautre 
rive dtt Rhône r In Vùkarum pervetmnt agrum {An- 
nihal\ gerdis va^dœ, eûùmt enm utmriique ripam 
Jihûdani{ i ). Alors ^paremnlent on peuple de moin^ 
dre considération, les Cavares (a), alliés anx Marseil- 
lais Phocéens, ne possédaient pas la rive droite dn 
Rhâne , eomtQe cela est arrivé depuis sous le gouver» 
nement des Pape;^. 

Jjà chaîne du mont (7^^^/?^«r séparait les Arecwnici 
dans Icâ terres , d'avec les RtUeni et lés GabalL II est 
beaucoup plus difficile de savoir à quoi s'en tenir sur 
les limites du côté des Tectosages. Selon Strabon^ 
Kvre IV, page 186, Narbonne était le port des Are* 
crnnici. Autrefois Narbonne était sur fAnde {Atax\ 
et l'étang de la Rubine h» formait un très-bon port. 
Le cours du fleuve ayatit été détourné depois, la mer 

(O'fkO'Lite, XXI, a6. 

(q) D'AnYÎUa, oomnifi ici les AnatUU peuple plus méridional et 
plus moderne. Aëria^ rendue célèbre par le passage d^Annibal, est 
donnée aux Cavares par Sirabon. 



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164 blSGOOM SUR LA l'* PAàT. DES ANNAL. DE H AIN AU T. 

s'est redrëe, et Narbonne a perdu Timpor tance qu elle 
avait au siècle de Stra^on (i). 

Ptolémëe donne une telle exten^on auxTectosages, 
que non-seulement Narbonne, mais encore Bëziers, 
et Cessëro sur l'Araur, appartiennent aux Tectosages. 
lyAnville pense qu'en ceci il faut distinguer les teins. 
Avant que les Romains eussent fait de Narbonne la 
capitale de leur première province conquise dans la 
Gaule , celte ville pouvait être des Arecomici plutôt 
que des Tectosages, comme on doit l'inférer de Stra- 
bon. Mais, élevée à cette dignité , Narbonne a dû se 
trouver indépendante du corps politique de Fan 
comme de l'autre des deux peuples Polcœ^ et prendre 
un territoire distinct et séparé. Il existe un indice 
non équivoque de ce territoire dans une position de 
Fines y entre Carcassonne et Toulouse. Mais comùie 
il ne se distingue point par un nom de peuple qui lui 
soit propre , Ptolémée , qui n'est point arrêté par cette 
distinction, adjuge plutôt Narbonne et quelques au- 
tres villes aux Tectosages qui se présentent les pre- 
miers dans l'ordre de sa description , qu'aux Areco- 
mici qui les suivent, et dont le district paraît ainsi 
réduit à celui de la capitale , ou de Nemausus en par- 
ticulier, et n'être point celui de la nation en général. 
Quand on considère en même tems que les limites du 
territoire de Narbonne , en s'avançant vers Toulouse, 
selon cette opinion de Fines dont je viens de parler, 
ne sont point vraisemblablement ceux des Tectosages, 
qui se trouveraient ainsi extrêmement resserrés; on 

(i) Note de M. Gowellin dans la tradoctioii française de SiraboA. 



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INTRODUCTION^, CIXIT. 165 

6St persuadé qu'une ligne de division entre les Are- 
comici et les'*Tectosages serait téméraire et trop ha- 
sardée sur une carte (i). 

On peut seulement dire que les jàrecomici étaient 
à 44 degrés de latitude, et aa degrés de longitude, 
comptés de nie de F^, c'est-à-dire à 2 degrés de lon- 
gitude de Paris (a). 

Nîmes, en latin NemausuSy et en grec Néfwtuaoç, 
était, selon Str«bon (3), la capitale des Arecomic^ 
Quoique bien inférieure à Narbonne pour le com- 
merce , ajoute-t-il , et pour le nombre des étrangers 
que ce commerce attire, Nîmes surpasse cette dernière 
ville par une nombreuse population de citpyens (4); 
car elle possède vingt -quatre bourgs, tous bien peu- 
plés) et habités par la même nation : ils lui paient d«c 
contributions, et d'ailleurs ils jouissent du droit des 
villes latines; en sorte que ceux des habitans de Nîmes 
qui parviennent à là questure ou à l'ëdilité sont cen- 
sés Romains : c'est pourquoi ^e peuple n'est pas non 
plus soumis aux gouverneurs envoyés de Rome. C'nt 
encore Strabon qui nous apprend tous ces détails. 

La capitale des Arecomici, qui est située à 44 degrés 
de latitude et a3 degrés de longitude de l'île de Fer, 

(1) Piotice de Pancienne Gaule, par d'ÀDTiUe. Paris, 1760, 
p. 717 et 718 , art. Volcœ arecomici, 

(2) Id. p. 716. 

(3) UvrelVjvp. 186. 

(4) £t j||i^parjie8 ayantages da goureniement , comme ont tra- 
duit à'AmÊBm et BrequigDy. Voyez la note de la traduction fran- 
çaise de lâm&on. Parif , 1809 , II , 3o. 



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i%6 DISCOURS SUR LA 1'* PART. MS AfllIAL. DE HAINAUT. 

on 3 de Paris (i), poite tujourchiui le nom de Nîmes. 
£l)e était sur la grande route qui coiuhiiaait ea Es- 
pagne, et que Strabon (jà) dit être incommode en hi- 
ver, comme étant fangeux et inondée par les rivières; 
ce que ka Ustorieiis de Languedoc (3) entendent de 
la ville même de Nîmes, plutôt que de ta route. Ce* 
pendant le texte de Strabon ne laisse aucun doute à 
cet égard. 

j «La ville de Nîmes,» dit-il, «est située sur la malt 
« qui conduit de llbérie ( l'Espagne) en Italia; route 
« assez belle en été, mais qui devient très* mauvaise 
« pendant l'hiver et le printems, à cause du déborde* 
a ment d^ fleuves, et de la boue qui en résuke. Oa 
« passe ces fleuves sur dea bacs ou sur des ponts àt 
#i pierre ou de bois. Las inoodaiions ipii euibarrassant 
a et qui dégradait les chemins proviennent des tor** 
m rens qui se précipitent des Alpes, quelquefois jus- 
« que vers Tété,' après la fonte dès neiges. » 

Nîmes est une ville très «• ancienne, et M. SablMh 
t^r, de Castres, écrivait, l'an 1783^ qu'on pouvait 
lui trouver environ trois mille quatre cents ans de 
durée depuis sa [M*eroière fondation , dcpt il ajoute 
que l'on fesait honneur à Némauflus, fils d'Hercules 
de Libie, vers l'an 1716 avant notre ère (4). 

Je serais tenté de croire que les Volces sont les 

(1) Notice de l'ancienne Gaule, par d'Anville. P41Û, if^Oi 
p. 476 > art* Ifémausus, 
(a) Livre IV, p. 187. 

(3) Tomel, p 5«. f- ..^ ^■■ 

(4) Vojez le tabie;iu histor. et géograph. <lu m^i^l|m, iê», 
IV, 23a. J'y entre dans quelques cfétailt sur ce sujet. 



lEITRODUCTlOa f cxsv. 167 

tnâiM^ que i€s YoUqueSy qui dès ié règne d'ÂâCus 
Martius ( i ) , Tau 6a4 avant notre ère , ooeupaieat une 
partie de la campagne de Rooie depuis Patiaoo ^ le 
cap d*Ânzîo , Yellétri , et une petite partie de la teire 
de Labour« Il est naturel qu'ayant leur port & Kar« 
bomiey ils aient voulu en aroir un en Italie, et cehii 
d'Antium leur convenait par£ûtemeat Dans Tite« 
LÎTO (I, 53), Sertus, fils de Taropin^le^Superbey 
parle des Yolsques comme d'une nation chez laquelle 
il peut trouver un asile contre les fureurs de son 
père. 

CXXV. YoLEHUM, est un mot dont se servaient 
les Gaulois poiir exprimer ce qui était bon et grand. 
Quidam aïOem volemum OalUcâ linguâ hmum ei 
magnum inielligunt (n). 



• CXXVI. ZuTHOS en grec, en latin Zuthum, bois- 
son faite ^ec de l'orge, n'était en usage que dans les 
provinces où les fruits étaient les plus rares. Cest 
Osiris qui la donna aux peuples dont le terroir ne 
convenait point à la vigne. Diodore de Sicile, qui 
noQs apprend cette particularité, &it mention du 
zuthos en trois endroits différens , comme on a pu 
le voir à l'article Cervisia (art. XXXIX). Il avait 

(i) DicDjsii Halic. Antiquit, roman, tih. III, p. Sig, dans Te 
dition de Ldpsick, 1774» 
(a) Isid. /. Xril, Origin. c. y. 



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168 DISCOURS SUR Lk V PART. DBS ILMNAL. DB HAIHACT. 

peutpêtre puisé ce fait dans Hérodote qui , en décri- 
vant rÉgipte où il avait été , dit (i) : 

ce Parmi les Égiptiens que j'ai connus, ceux qui 
« habitent aux environs de celte partie de l'Égipte 
« où Ton sème des grains , sont sans contredit les 
a plus habiles , et ceux qui , de tous les hommes , cul- 
« tivent le plus leur mémoire. Voici quel est leur ré- 
or gime : ils se purgent tous les mois pendant trois 
« jours consécutifs ; ils ont grand soin d^entretenir 
«( leur santé par des vomitifs et des lavemens, per- 
ce suadés que toutes nos maladies viennent des alimens 
cr que nous prenons : d'ailleurs, après les Libiens, 
<c il n'y a point d'hommes si sains , et d'un meilleur 
a tempérament que les Égiptiens. Je crois qu'il &ut 
« attribuer cet avantage aux saisons, qui ne varient 
a jamais dans ce pays; car ce sont les variations dans 
tf l'air , et surtout celles des saisons qui occasionnent 
a les maladies. Leur pain s'appelle ccdlestis : ils le 
. ce font avec de l'épeautre. Ck>mme ils n'ont point dç 
« vignes dans leur pays , ils boivent un vfp fait avec 
a de l'orge. » o?vw ^' ex xpiS^wv TreTTooQfxivcj) Jiaxpéwvtau 

Comme le vin était rare en Égipte , iu moins dan» 
la partie destinée à la eulture du blé , on y avait sup- 
pléé par une boisson que l'on fesait avec de l'orge, 
et que l'on peut appeler, par cette raison, de la bierre. 
Le houblon étant inconnu dans ce pays, les Égiptiens 
y ajoutaient du chervi et du lupin, qui lui donnaient 
de l'amertume, de même que la racine d'une plante 

(i) LÎTrc H, ch. 77. 



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INTRODUCTION, CXXVI. 169 

qui venait d'Assirie, que Sauifiaise(i) croit être le 
gingidion. C'est Golumelle qui nous fait connaître 
ce mâange par ces vers {p^) : 

Jam siser, Atsfrioqufi venit quœ semine radix 
Sectaque prœbetur madido satiata lupino ; 
Ut Pelusiaoi prmitet pocula zfthi. 

tf Semez le chervi et cette racine produite par une 
« gpaine d'Assirie que l'on sert coupée par morceaux j 
« avec des lupins détrempés, pour exciter à boire la 
« bierre de Pélusium. » 

Au reste Strabon ne dit pas , comme le prétend 
M. de Pauw (3), que la manière de brasser la bierre 
variait beaucoup en Égipte, mais qu'elle y était pj^ 
parée d'une manière particulière , et il ajoute : « C'est 
tf une boisson commune à beaucoup de peuples, et 
a cjiacun la fait par des procédés dififérens (4)* ^ 

Ce vin d'orge , ou bierre , dit M. Larcher, s'appe- 
lait en grec, en un seul mot, ^/^vroç, comme nous 
rapprend Athéné« (5), qui rapporte un vers de Trip- 
toléme de Sophocles , tragédie actuellement perdue , 
où^e mot se trouve employé. Mais Athénée ajoute 
quTtellanicus distinguait le jSpuroç fait avec des ra- 
cines, du vin d'orge que buvaient les Tbraces. Ainsi 

(t) Salmas. Exercit, ad SoHnum, cap, un, p. Sao, 4fmem et 
eanfer de ho7non)rmis Hjrles latricœ , cap* xtu. 
(a) Columella , lib. JT; de cultu hortoruitty y ers 1 14. 

(3) Recherches pKlosophiques sur les Ég^tieos et les Chinois , 
tome I, sect. ut, p. i49« 

(4) Strabon , Ur. XVII , p. 8i4 

(5} Deipnos, lib, JT, cap, xir, p. 447' B- 



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170 DISCOURS SUR LA l'*PÀAT. DBS AHMAL. I>E HAIRAUT. 

M. Larcher semble a'avoir pas lu tout le chapitre 
d'Alb^ée qu'il cite. 

Diodore de Sicile (i), aio» qu'oo Ta tu à FaN 
ticle Cervisia (art. XXXIX), dous apprend aussi 
que les Égiptiens fesaient avec de Forge une boisson 
qu'ils appelaient zuthoSj qui était peu inférieure tu 
vin par son odeur agréable. Eschile avait Ëiit la 
même remarque dans la tragédie intitulée les Siqh 
pliantes (2), ainsi qu'Hécatée de Milet (3), tous igai 
antérieurs à Hérodote. 

Les Grecs, qui buvaient d'exceHent vin, reprodiaieot 
aux Égiptiens, dans le passage (fEschile , d'être des 
buveurs d'orge. Le héraut des fils d'Egiptus dit au 
ror des Pâasges à Argos : « Vous voulez la guerre? 
«.la force et la victoire seront pour les hommes. » Le 
roi lui répond: «Tu en trouveras ici, des hommes, 
« et que n'abreuve point un vin fait avec de Torga» 

Si donc les Gaulois apprirent d'up peuple étranger 
l'usage de la bierre , ce ne fut pas des Grecs , mais des 
Égiptiens. C'est ce qui résulte encore de la déoomi- 
natioa de vin d'orge donnée à la biirre par EdKk 
•t par Hérodote, tandis qui les Égiptiens la dési- 
gnaient par le seul mot de zuthos. Mais il faut lire 
en eatîer le diapitre d'Athénée cité plus haut, ti l'on 
veut étudier à fond cette matière. 

(i)LîvreI,S 34. 

(a) Vers 958, «lant raTaDt-demiére scène. 
(3} Alhén^c, lib. X, cap. xit, p. 447, B. dais T^itioa deCaMo- 
bon , et ch. 67 dans ceUe de Schweightteusen 



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1NT1IO0UCT1OH , CtXTlI. 17 t 

CONCLUSION PU CHAPITRE IV. 

CXXVII. fîurvenus à la 6q do glossaire d'ancieos 
mots celtiques, nous observerons que la plupart de 
ces mots ne 3e trouvent plus dans nos langages mo- 
dernes, ni même dans nos patois. Nous en ooncktrons 
que la difficulté de retrouver le premier idiome des 
Gaulois et des Celtes est aujourd'hui si grande qu'il 
serait bien inutile de le tenter. Si Ton veut encore 
mieux s'ea convaincre, on jettera un coup d'œil sur 
la table suivante qui nous est fournie par le savant 
Alsacien Schœpflin (i) , en 1751. 



CHAPITRE V. 

CXXVIII. Table des motspatoia aUacittns , qui n*ont rien de 
commun arec le latin, ni ay^Q l'allemand. 

Patois aUaôieot^ Latia, FranqaU, 

AilombraU Hirundo Hirondelle. 

Aiquiaisse (a) Pica , . Ke. 

AiUchégéon Blatta Teigne. 

Baibaine Cucurbita GtrouiUe. 

Saichatte Pnella .FîUc. 

Bdne Cœcus ÀTeugle. 

BanUjuiait Strabo .Louche. 

Bat Bufo , .Crapaud. 

Beuné. . . , Fons Fontaine. 

(1) Alsatia iUustrata. Colmariœ ^ i75i, p. 97* 
{1) La pi* s'apptUeiuiasi envieux franoaitagassa ouagaoc. Vo/ez 
ce dernier mot dans le DicUonnaire de Ménage. 



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172 DISCOURS SUR LA i'* PART. DES A1I9AL. DB HAlNACtr 
Patois alsacien. Latin. JF'ranqais, 

Biasson Pîrum silTestre Poire sauvage. 

Boerre Anat Canard. 

Breujra Fraat in ludo Tricherie an jeo. 

Cdiê . ...» * .Calantica Bonnet de femme. 

Chiasai Animo linqui S^^yanouir. 

Chioëchai Flare Souf&er. 

ChyelU Debilis Faible. 

Coineoërre Scarabeus ttridolus. . . Hanneton. 

Comhe Vallis Vallée. 

On observera que ce mot de combe est très-usité 
en Provence , pour signifier vallée: on remploie aussi 
avec cette acception en Franche-Comtë et même dans 
l'ancienne province connue sous le nom dlle-de- 
France. Isidore de Sëville, et après lui Ménage^ disent 
qu'il signifie vallée (i). 

Crcuchon Furfur Son. 

Dscherainne GaUina Ponle. 

Dschendi Magua Sorcier. 

ÉpliU ScintiUa ÉtinceUe. 

Eqjreupai Spuere Cracher. 

Éqyss€ Sipha Seringne. 

Fuate Pinus Pin. 

Geamyai Mentiri Mentir. 

Goëné Tanica fcsminea Jupe de femme. 

Grêlon .Ruga Ride. 

Gruate Fecur .Foie. 

Kervoigié, Sutor Cordonnier. 

Layon Tabula lîgnea Planche . 

Mésé Leproaus Lépreux. 

Nonnai Merendare Goûter. 

Qyaisse Lebesoa sertago Poêle. 

Qjreudre Corylus Coudrier ou noisetier. 

Qjreuniat Spurina Bâtard. 

(i) Dictionnaire étymologique. Paris, 1694, art. Combe. 



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INTRODUdTlON y OLXIX, 173 

Patoia alsacien. Latin, Français. 

QjreuUchi, Hortiu Jardin. 

Àaigaitsche Tenax Tenace. 

Setré Frons Front. 

Taychiate Patiniat Loqaet. 

Téaion Cîmex Punaise. 

Trdm Biiix Contis. 

Fbeteusse,.. Favilla Cendre chaude. 



CHAPITRE VI. 



Tradactiont direrses de Foraisoa dominicale , unUea en France à 
diverses époques. 



CXXIX. Si Ton veut ae coavaincre encore mieux 
de la multiplicité des langues employées autrefois dans 
ce que nous appelons la France, qu'on lise Toraison 
dominicale dans les sept idiomes qui suivent : nous les 
diviserons en huit phrases pour que l'on puisse les 
comparer plus &cilement. 

l"" EN FRANÇAIS. 

1. Notre père y qui êtes aux cieux^ 

2. Que votre nom soit sanctifié ; * . 

3. Que votre règne arrive ; 

4- Que votre volonté soit Êiite sur la terre comme 
au ciel. 

5. Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. 

6. Remettez-nous nos dettes comme nous les re- 
mettons à nos débiteurs 



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174 DISCOURS SUR LA 1"* PART, m» ARNAU DR HAUIAUT. 

7. Et ne nom induisez pot&fc en tentation y mais 
délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. 

Au lieu de finir comme nous le fesons , Schœpffin 
ajoute après : délivrez-nous àa mal y ce qu'on lit dam 
Tévangile de saint Matthieu : 

8. Parce que le royaume, la puissance et la gloire 
vous appartiennent dans les siècles. Ainsi soit-il. 



a^ BK LATIlf. 



1. Pater noster, qui es in cœiis^ 
a. Scmctificeturnomea tuum ; 

3. jidveniat regnum tuum; 

4. Fiat volunUis tua in terra et\^i) in cœlo. 

&. Oa nobis kodiè panem nùêttam quotêdh' 
rnsm (a). 

6. DimHte nobis débita nostra^ sicui et nm di- 
mittimus debiêoribus nostris. 

7. Eè ne nos imtÊêC€U in tentathnem : sed Ubetû 
nos à malo. Amen. 

8. Schœpflin après à malo écrit, ainsi que cela se 
trouve dans Tévangile de saint Matthieu : Qmà tuum 
est regnum^ etfo^entiœ etglovM^ in McmicK Amen. 

Cette prière est h très peu prè» h même ^[te dans 
Tévangile de saint Mattkîra, Vl, 9 et soiinuftii; elle 
est met peu abrégée dans Vévaagiie de soint Liw, II, 

(») Ar> Km da«f , S«lMipâi« 4crit quemMBdmadmm^ Saitft Sat- 
thka dit en effet ( VI , 10 ) sicut in cœlo et in terrd, 

(a) Au lieu de quoiidianum , saint Matthieu dit ( Y I » 1 1 ) super 
substantiahm. 



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IlTTRMiUCTIOll CXMI. 175 

a et sutvaoa, mais Taddition de Schœpllin n'est Utté- 
ralement dàm aucua de ces den ëvaogiles. 

3' EN GREC, 

La tradoctton ou le terte grec que je donhe ici , 
est puisé dans M Poliglotte de Walton (r), el dans 
Tévangile de saint Matthieu. Tai cru devoir Técrire 
ausai en lettres romaines , afin quil soit plus faale 
d*en comparer les mots à ceux des autres versions. Je 
remplacerai Pesprit rade du grec par une h. 

I. Uaxep riiisim 6 iv tôt; ohpccyoïç, 
Pater hémeiôn ho en tois ouranoiSy 

%• i/ioujOiixdi To Sv^nd aou. 
agiasthéld to onoma sou. 

3. EXdérGd ii ^aaÙÂicL aou. 
Elthetô fié basileia sou : 

4. ysvvr/ôikw ti âùniid aoUj i>ç èv oùpàcvé, xac 
gewèétketâ to theléma souj os en ouranô , Aai 

epi tés gés. 

5. Tw âçrtoy- iiyanm loif éircoujtov So^ nfiïv 
Ton 4mon hémeiôn. ton epiousion dos hémin 

sémeron. 

6.. Kai ^^; n^Fv ttr o^reiXiJiuiaTa iîpjimv, 

Kai aphés hémin ta opheilémata hémeion^ 

(1) Bibliorum sacrorum tomut quintus ^ p. 24. ^ 



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176 DI8COU118 SUR LA 1" PART. DES AN N AL. DEHàlRAUT. 

6s kai hêmeis aphiemen lois opheiletais hé- 

meiôn. 

7. Kat pj etcxcvcyxpç Î7fta5 èv i:upoujftiv, 
Kai mê eisenenkés liêmas en peirasmon , 

oXkx pi(TM ijiixç mo toû irovyipoû. 
alla rhusai hémas apo tou ponérou. 

8. Ort o;ou eotcv i^ ^aaCkda^ xoc 19 A^vofii^ , 
Ùoti sou esdn fié basikia, kai hé dunamiSj 

xod Yi do^a^ eiç xohç auâvaç, Apiv. 
kai hé doxa , eis tous aionas. Amén. 

[f Eir CELTIQUE-ARMORIQCE. 

Ce celtique-armorique de Schœpflin est sans doule 
le bas-breton. 

1 . Hon tadpehudy sou en efaou. 

2. Da hanou bezet sanctifiet. 

3. Devet aornomp da rouantelaez. 

4. Da eol bezet graet en dovar , eualmaz ton 
en cuf. 

5. Ro dimp hjrzion hon bara pemdeziec. 

6. Pardon dimp hon pechedou^ ev€ilma par- 
donomp da nep pegant ezomp offanczeL 

7. Ha nas dilaes-quet a hanomp en temptation; 
hoguen hon diliur dyouz drouc. 

8. Rac dit ez aparcJtant an roi^antelaez an 
gloar^ hoc an galhout da byz avjrquçn. Jmen, 



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INTRODUCTION, CKXIX. 177 

5** EN BRETOW-CÀMBRIQUE. 

Le breton-cambrique de Schœpflin est le langage 
du pays de Galles. 

1 . Ein tadfr hivn wytyn y nefoedd, 

2. Sancteiddier dy enw. 

3. Deled dy deyrnas. 

4. Givneler dy ewyllys , magis yn y n^^ felly 
ary ddaearhesyd^ 

5. Dyro i ni heddyw ein bara beunyddiol. 

6. A maddeu i ni ein dyledionyfely maddewn 
ninnau fn dyledwir, 

7. Ac nac anvain ni i brqfedigaeth , aithr 
gwared ni fhag dnvg. 

8. Cartys eiddot tiywr deyrnas^ a'r nerth , a'r 
gogoniant , yn oes oesoedd. Amen. 

6** EN CAUTABRE OU EN GASCON. 

Ce langage est celui que nous nommons le béar- 
nais , ou plutôt le basque. 

1. Guure aila cervetan çarena erabil bedi, 

2. Sainduqui cure iccna, 

3. Ethor bedi cure erresuma : 

4. Eguin bedi cure borondatea ceruan beçala 
lurrean ère. 

5. Jgnçu egun gufe éguneco oguia. ' 

6. Eta barkha detçagutçu gure çorrac ^ gue 
gare gana çordun direnei barkixarœn derauztegun 
beçala : 

T.v. Il* PART. 12 



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178 DISCOURS SUR LA 1^ PART. DBS ANNAL. DE HAINADT. 

7. Eta ezgaitçatçula lUz tentamendutan eror- 
cera ; 

8. Jitcitic beguira gailçatçu gaitcetic. Halcibiz, 

7^ THÉOnSQCE DU NEUVIÈME SIÈCLE. 

Le théotisque de Schœpflin est ce que nous a(j|>e- 
lons aussi le teu tonique ou le tudesque^ le langage que 
parlaient les Teutons ou les Allemands du neuvième 
siècle. 

1 . Fater unser ihu in himilon bisty 

2. Gimkit SI namo thin. 

3. Quœme riclù thin, 

4. fFerdhe mUeo thin , sama so in himile endi 
in erthu. 

5. Broot unseraz emezzigan gib Uns hiutu, 

6. Endifarlaz uns sculdhi unserOj samo so wir 
farlazzan scolem unserem, 

7. Endi ni giladi unsih in costunga, 

8. Auh arlosi unsih fona ubile. 

8® SAXON. 



I . Thu vre/ader , the eart on heofenwn , 

t2. Si thin noman gehalgod. 

3. Cune thin rike. 

^*Si thin willa on eortJtan siva on hoefetiwn[\ ). 

5. Syle vs to dag urne dœgwajdican hlqf. 

(i) Je crois qu'il faut lire ici hevfcnum poar cœlis comnir ^ 
Tcreet 1. 



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INTRODUCTI024 , CXXIX. 179 

6. Jndforgifvs vre gylter, siva ive forgifath 
tham the with vs agylthat. 

7. jind ne lœd thu na vs on Kostnunge. 

8. jic aljrs vs fram jrfele. Si hil swa (i). 

La simple lecture de ces huit idiomes fait voir 
combien il serait absurde de vouloir les réduire à 
trois (îi). Il u'y a presque pas de province en France 
qui ne pût fournir son patois souvent inintelligible 
pour la province voisine. J'ai d^à observé (Art. Vlll), 
que pour former une langue ^ il fallait une gcande 
nation civilisée, et que c'était une absurdité de cher- 
cher une langue primitive chez un peuple encore 
sauvage. 

Au reste, les oraisons dominicales qui vienncôt 
d'être rapportées sont des prières chrétiennes dont la 
forme a dû être influencée par la langue laline. Il 
n'est pas douteux que les mots ne passent souvent 
d'une langue dans une autre : l'art de distinguer i^es 
transmissions mérite de nous occuper ici. 



CHAPITRE VII. 

Des Etimologic» (3J. 

CXXX. VÉtùnologie signifie Torigine d'un mot ; 

(1) ^tsatia illttstrata,' Coimariœ, i75i , p. 98. 

(2) CVst le ristème de M. Amtfdëe Thierrj dans son Histoire des 
Qmalois. Paris , i8a8, 1. 1 , p. 1:1 et suivantes. 

(3) Cet article est tire de TFlncyclopt^die. Paris 1756, tom, VI^ 



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180 DISCOURS SUR LA 1'* PART. DES ANNAL. DE HAINADT. 

le mot dont vient un autre mot s'appelle /?n/w/ft/, et 
celui qui vient du primitif se nomme dérive. On donne 
quelquefois au primitif même le nom d'étimologle : 
ainsi l'on dit que /;a/er est l'étimologie de père. 

Les mots, dans nos langues européennes ( i), n'ont 
point avec ce qu'ils expriment un rapport nécessaire 
ce n'est pas même en vertu d'une convention fo^ 
melle et fixée invariabletaient entre les hommes, que 
certains sons réveillent dans nos esprits certaines 
idées. Cette liaison est l'effet d'une habitude formée 
dans l'enfance à forue d'entendre répéter les mêmes 
sons dans des circonstances à peu près semblables: 
elle s'établit dans l'esprit des peuples, sans qu'ils y 
•pensent ; elle peut s'effacer par l'effet d'une autre ha- 
bitude qui se formera aussi sourdement et par les 
mêmes moyens. Les circonslances dont la répétition 
a déterminé dans l'esprit de chaque individu le sens 
d'un mot , ne sont jamais exactement les mêmes pour 
deux hommes ; elles sont encore plus diftérentes pour 
deux générations. Ainsi , à considérer une langue in- 
dépendamment de ses rapports avec les autres lan- 
gues, elle a dans elle-même un principe de variation. 
La prononciation s'altère ^ passant des pères aux 



p. 98 et suivantes, copié sans aucun changement dans TEjicyclo- 
pédie méthodique.. Paris, 1784- Dictionnaire de gràtnroaire et de 
littérature , t. Il , p. ao , art. Etymologie J'y ai fait quelques aiW 
dirions et corrections que j^'ndiquerai 5 eï^'ai appliqua les principe» 
à (les exemples afîn de mieux ëclaircir la matière. 

(1) J'ajoute cette restriction pour ne pas comprendre dans <3Kte 
assertion la langue chinaise , à laquelle elle ne conrient pas. 



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INTRODUCTION , CXXX. 1 8 1 

eofaos ; les acceptions des termes se multiplient , se 
remplacent les unes les autres; de nouvelles idées 
viennent accroître les richesses de Tesprit humain; 
il faut détourner la signification primitive des mots 
par des métaphores , la fixer à certains points de vue 
particuliers par des inflexions grammaticales ; réunir 
plusieurs mots anciens pour exprimer de nouvelles 
conibinaisons d'idées. Ces sortes de mots n'entrent 
pas toujours dans l'usage ordinaire. Pour les com- 
prendre y ii est nécessaire de les analiser, de remonter 
des composés ou dérivés aux mots simples ou radi- 
caux j et des acceptions métaphoriques au sens pri- 
mitif. Les Grecs qui ne connaissaient guère que leur 
langage , et dont la langue ^ par l'abondance de ses 
inflexions grammaticales , et par sa facilité à corn- 
poser des mots , se prêtait à tous les besoins de leur 
génie, se livrèrent de bonne heure à ce genre de re- 
cherches , et lui donnèrent le nom d^étimoiogie j 
c'est-à-dire, connaissance du vrai sens des mots : car 
sz^iudv z7iilYi^é(»)ç signifie le vrai sens d'un mot, d'rrv/105 
vrai. 

Lorsque les Latins étudièrent leur langue , à 
l'exemple des Grecs, ils s'aperçurent qu'ils la de- 
vaient presque tout entière à ceux-ci , ou plutôt que 
les deux langues étant dérivées du phénicien avaient 
nécessairement des racines analogues (i). Le travail 
ue se borna plus à analiser les mots d'une seule lan- 
gue , à remonter du dérivé à la racine ; on apprit à 

il) J*u)oute ou plutôt elc. , qui m'a paru nécessaire pour lier ici 
A«8 idées. 



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182 DISCOURS SUR LA 1'* PàRT. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

chercher les origines de sa langue dans des langues 
plus anciennes, à décomposer non plus les mots, 
mais les langues ; on les vit se succéder et se mêler 
comme les peuples qui les parlent. Les recherches 
s'étendirent dans un champ immense; mais quoi* 
qu'elles devinssent souvent indifférentes pour la con- 
naissance du vrai sens des mots, on garda l'ancien 
nom d'étimologie. Aujourd'hui les savans donnent ce 
nom à toutes les recherches sur l'origine des mots ; 
et c'est en ce sens qu'il sera employé dans cet article 
et les suivans. 

L'histoire nous a transmis quelques étimologies, 
comme celles des noms des villes ou des lieus auxquels 
les fondateurs ou les navigateurs ont donné, soit leur 
propre nom , soit quelque autre nom relatif aux cir- 
constances de la fondation ou de la découverte. A la 
rései've du petit nomhre d'étimologies de ce genre, 
qu'on peut regarder comme certaines , et dont la cer- 
titude purement testirïioniale ne dépend pas des rè- 
gles de l'art étimologique, l'origine d'un mot est en 
r, un fait ignoré, auquel on 
* des conjectures , en partant 
s. Le mot est donné ; il faut 
e variété des langues les dif- 
lirer son origine. La ressem- 
ogie du sens, lliistoire des 
peuples qui ont successivement occupé la même con- 
trée , ou qui y ont entretenu un grand commerce, sont 
les premières lueurs qu'on suit : on trouve enfin un 
mot assez semhiable à celui dont on cherche Fétinio^ 



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IMTRODUCTIOn , CX|LX. 183 

logic. Ce n'est encore quune supposition qui peut 
eti*e vraie ou fausse. Pour s'assurer de la vérité , on 
examine plus attentivement cette ressemblance ; on 
suit les altérations graduelles qui ont conduit succes- 
sivement du primitif au dérivé; on pèse le plus ou 
le moins de facilité. du changetnent de certaines let- 
tres en d'autres; on discute les rapports entre les 
conceptions de l'esprit et les analogies délicates qui 
OAt pu guid^ les hommes dans l'application dViu 
inénae son à des idées irès<fdifSérentes; on compare le 
molh toutes Iescirconstancesderénigme:souv6ut il ne 
soutient pas cette épreuve, et l'on eu cherche un autre 
quelquefois (et c'est la pierre de touche des étimologtcs 
conme de toutes les vérités de fait), toutes les oir- 
couataaces s'accordent parfaitement avec la suppo- 
aîtion qu'on a faite ; l'accordde chacune en paKiculier 
forme une probabilité; cette probabilité augmente 
d^ns une progression rapide , à mesure qu'il s'y joint 
de nouvelles vraisemblances ; et bientôt , par l'appui 
mutuel que celles-ci se prêtent ^ la supposition n'en 
est plus une , et acquicit la certitude d'un fait. lA 
force de chaque vraisemblance en particulier, et leur 
réunion sont donc l'unique principe de la certitude 
des étimologies , comme de tout autre fait, et le fon- 
dement de la distinction entre les étimologies pos- 
sibles, probables et certaines. Il suit de là que l'art 
étiraologique est, comme tout art conjectural, com- 
posé de deux parties : l'art de former des conjectures 
on des suppositions, e^ l'art de les vérifier; ou , en 
d'autres termes, l'invention et la critique. Les sources 



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t84 DISCOURS SUR Lk V PA.RT. DBS ANNAL. DE HAINAUT. 

de la première « les règles de la seconde , sont la di- 
vision naturelle de cet article; car je n'y comprendrai 
point les recherches que Ton peut £aire sur les causes 
primitives de Tinstitution des mots ^ sur l'origine et 
les progrès du langage, sur les rapports des mots 
avec Forgane qui les:prononce, et les idées qu'ils ex- 
priment. La connaissance philosophique des langues 
est une science très-vaste , une mine riche de vérités 
nouvelles et intéressantes. Les étimologies ne sont 
que des faits particuliers sur lesquels elle appuie quel- 
quefois des principes généraux. Ceux*ci , à la vérité, 
rendent à leur tour la recherc;he des étimologies plus 
facile et plus sûre; mais si nous disions ici tout ce qui 
peut fournir aux étimologistes des conjectures ou des 
moyens de les vérifier, il faudrait traiter de toutes les 
sciences. Je me contenterai d'expliquer ce que c'est 
q«je la grammaire. 

§ L DE LA. GRAMMAIRE. 

CXXXL Iva Grammaire est la science de la parole 
prononcée ou écrite. Ce mot vient du grec Tpa^/xa, en 
latin littera ; aussi les latins l'appellent quelquefois 
Utteratura {\). La parole est une sorte de tableau 
dont la pensée est l'original; elle doit en être une 
fidèle imitation, autant que cette fidélité peut^^se 
trouver dans la représentation sensible d'une chose 
purement spirituelle. La logique, par le secours de 

(i) Ce mot est employé par Cice'ron dans son Dialogue th Par- 
tiiione^ n. 7. Il n'3t signifie autre cbofe que Pécriturc. 



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INTRODUCTION CXXXl. 185 

rabîftraction , vient à bout d analiser en quelque sorte 
la pensée ^ tout indivisible qu'elle est , en considérant 
séparément les idées différentes qui la composent, 
et ia relation que l'esprit aperçoit entr'elles. C'est 
cette analise qui est l'objet immédiat de la parole ; et 
c'est pour cela que l'art d'analîser la pensée est le 
premier fondement de l'art de parler, ou en d'autres 
termes , qu'une saine logique est le fondement de la 
grammaire. 

£n effet , quels que soient les termes qu'il plaise 
aux différens peuples de la terre d'employer, de quel- 
que manière qu'ils les modifient , quelque disposition 
qu'ils leur donnent, ces nations cli verses auront tou- 
jours à rendre des perceptions , des jugemens , des 
raisonnemens; il leur faudra des mots pour exprimer 
les sujets, les modifications et les corrélations de 
leurs idées ; elles auront à rendre sensibles les difiEié>- 
rens points de vue sous lesquels elles auront envisagé 
toutes ces choses; souvent le besoin les obligera 
d'employer des termes appellatifs et généraux, même 
pour exprimer des individus; et conséquemment ik 
ne pourront se passer des mots déterminatifs poiu* 
restreindre la signification trop vague des premiers. 
Dans toutes les langues on trouvera des propositions 
qui aurojit leurs sujets et leurs attributs; des tecmes 
dont le sens incomplet exigera un complément, un 
régime; en un mot, toutes les langues assujétiront 
indispensablement leur marche aux lois de l'analise lo- 
gique de la pensée; et ces lois sont invariablement les 
mêmes partout et dans tous les tems , parce que la 



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186 DISCOURS SUR LA 1'" PART. DBS A^NAL. DB HAINAUT. 

nature et la maniàre de procéder de l'esprit humain 
sont essentiellement immuables. Sans cette onifor- 
mitë et cette immuabîlité absolues , il ne pourrait y 
avoir aucune commiuiication entre les hommes de 
diffiérens siècles ou de différens lieus , pas même entre 
deux individus quelconques , parce qu'il n'y aurait pas 
une règle commune pour comparer leurs procédés 
respectifs. 

Il doit donc y avoir des principes fondamentaux^ 
communs à toutfis les langues , dont k vérité indes- 
tructible est antérieure à toutes le3 convenlioiis ar- 
bitraires ou fortuites qtii ont donné naîtsaoce aux 
différens idiomes que le genre humain a créés. 

On sent bien qu'aucun mot ne peut être le tipe 
essentiel d'aucune idée ; il n'en devient le signe que 
par une convention tacite , mais libre ; on aurait pu 
hii donner an aens totit contraire. Il y a une égale li* 
faerté sur le choix des moyens que l'on peut employer 
pour exprimer la corrélation des mot» dans l'ordre de 
renonciation , et cdles de leurs idées , dans l'ordre 
amalitique de la pensée. Mais les conventions une fois 
aidoptées, c'est une obligation indispensable de les 
suivre dans tous les cas pareils; et il n'est plus permis 
de s'en départir , que pour se conformer à quelque 
autre convention également authentique, cpii déroge 
aux premières dans quelque point particulier, ou qui 
les abroge entièrement De là vient la posstbiliié et 
l'existence des différentes langues qui ont été , qui 
sont , et qui seront parlées sur la terre. 

La grammaire admet donc deux sortes de prin- 



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linlM)DU€TION , CXXXI. 187 

€Îp^. I^» uns sont d'nne vérité immuable et d'un 
usage UDivef*sel ; ils tiennent à la nature de la pensée 
même ; ils en suivent Tanalise ; ils n'en sont que le 
résultat. Les autres n'ont qu'une vérité hipothétique 
et dépendante des conventions libres et muables ; 
celles-ci ne sont d'usage que chez les peuples qui les 
ont adoptées librement y sans perdre le droit de ]m 
changer ou de les abandonner ^ quand il plaira à 
Fusage de les modifier ou de les prescrire. Les pre- 
miers constituent la gramfncUre générale j les autres 
sont lobjet de divei*ses grammaires particulières. 

La grammaire générale est donc la science rai* 
8<N[inée des principes immuables et g^éraox de la 
parole prononcée ou écrite dans toutes les langues. 

Une grammaire particulière est l'art d'appliquer 
aux principes immuables et généraux de la parole 
prononcée ou écrite , les institutions arbitraiees et 
usuelles d'une langue particulière. 

La grammaire générale est une science, pai*ce 
qu'elle n'a pour objet que la spéculation raîsonnée 
des principes immuables et généraux de 1^ parole \ 
une grammaire /^ar^ice/Z^'èr^ est un art, parce qu'elle 
envisage l'application pratique des institutions arbi- 
traires et usuelles d'une langue particulière aux prin- 
cipes généraux de la parole. La science grammaticale 
est antérieure à toutes les langues, parce que ses prin- 
cipes sont d'une vérité éternelle , etqu'ils ne supposent 
que la possibilité des langues : l'art grammatical, au 
contraire, est postérieur aux langues , parce que les 
usages des langues doivent exister avant qu'on les 



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188 DISCOURS SDR LA 1" PART. DBS AMNAL. DE HAINAUT. 

rapporte artificiellement auK principes généraux. 
Malgré cette distinction de la science grammaticale 
et de l'art grammatical , nous ne préteodons pas in- 
sinuer que l'on doive ou que l'on puisse même eo 
séparer l'étude. L'ai*t ne peut donnet* aucune certi- 
tude à la pratique , s'il n'est éclairé et dirigé par les 
lumières de la spéculation ; la science ne peut donner 
aucune consistance à la théorie , si elle n'observe les 
usages combinés et les pratiques différentes, pour 
s'élever par degrés jusqu'à la généralisation des prin- 
cipes. Mais il n'en est pas moins raisonnable de dis- 
tinguer l'un de l'autre ; d'assigner à l'un et à l'autre 
son objet propre , de prescrire leqrs bornes respec- 
tives, et de. déterminer leurs difTérences (i)«' 

Après avoir ainsi bien défini la grammaire , ren- 
trons dans notre sujet en nous occupant des éiimo- 
logies d'après le plan que nous avons tracé. 

§ IL SOURCES DES ÉTIMOLOGIES. 

CXXXn. En matière d'étiniologie , comme en 
toute autre matière , l'invention n'a point de règles 
bien déterminées. Dans les recherches où les objets 
se présentent à nous , où il ne faut que regarder et 
voir, dans celles aussi que l'on peut soumettre à la 
rigueur des démonstrations , il est possible de pres- 
crire à l'esprit une marche invariable qui le mène 
sûrement à la vérité ; mais toutes les fois <)u'on ne 
s'en tient pas à observer simplement ou à déduire des 

(i) Encyclopédie, art. Grammaire. 



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INTRODUCTION , CXXXH l89 

conséquences de principes connus , il faut deviner ; 
c'est-à-dire qu'il faut , dans le champ immense des 
suppositions possibles y en saisir une au bazard , puis 
une seconde y et plusieurs successivement ^ jusqu'à ce 
que l'on ait rencontre l'unique vraie. C'est ce qui se- 
rait impossible y si la gradation qui se trouve dans la 
liaison de tous les êtres , et la loi de continuité géné- 
ralement observée dans la nature , n'établissaient 
entre certains faits ^ et un certain ordre d'autres faits 
propres à leur servir de causes, une espèce de voisi- 
nage qui diminue beaucoup l'embarras du choix, en 
présentant à l'esprit une étendue moins vague , et en 
le ramenant d'abord du possible au vraisemblable ; 
l'analogie lui trace des routes où il marche d'un pas 
plus sûr : des causes déjà connues indiquent des 
causes semblables pour des effets semblables. Ainsi 
une mémoire vaste et remplie , autant qu'il est pos- 
sible, de toutes les connaissances relatives à l'objet 
dont on s'occupe ; un esprit exercé à observer dans 
tous les changemens qui le frappent l'enchaînement 
des effets et des causes, et à en tirer des analogies ; 
surtout l'habitude de se livrer à la méditation , ou, 
pour mieux dire peut-être , à cette rêverie noncha- 
lante dans laquelle l'ame semble renoncer au droit 
d'appeler ses pensées, pour les voir en quelque sorte 
passer toutes devant elle , et pour contempler, dans 
cette confusion apparente^ une foule de tableaux et 
d'assemblages inattendus, produits par la fluctuation 
rapide des idées , que des Kens aussi imperceptibles 
que multipliés amènent à la suite les une^ des autres : 



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190 DISCOURS SUR LA l'^PART. DIS ANNAL. DK HAINAUT. 

voilà 9 non les règles de l'invention, mais les dispo^ 
sitions nécessaires à quiconque veut inventer, dans 
quelque genre que ce soit, et nous n'avons plus ici 
qu'à en faire l'application aux recherches étimologi- 
ques, en indiquant les rapports les plus irappans^ et 
les principales analogies qui peuvent servir de fonde- 
ment à des conjectures vraisemblables. 

Première source des ctimologies, La langue 
elle-même. 

CXXXIII. Il est naturel de ne pas chercher d'abord 
loin de soi ce que l'on peut trouver sous sa roaio. 
L'examen attentif du mot même dont on cherche 
l'étimologie, et de tout ce qu'il emprunte, si j'ose 
ainsi parler, de l'analogie propre de sa langue, est 
donc le premier pas à faire; si c'est un dérivé, il faut 
le rappeler à sa racine , en le dépouillant de cet ap- 
pareil de terminaisons et d'inflexions grammaticales 
qui le déguisent; si c^est un composé, il faut en sé- 
parer les différentes parties : ainsi la connaissance 
profonde de la langue dont on veut éclaircîr les ori- 
gines, de sa grammaire, de son analogie, est le|pé- 
liminaire le plus indispensable pour cette étude. Une 
connaissance très - médiocre du français fera voir 
qu'emprisonner vient de prison ; empoisonner , de 
poison; enfermer, <Ie fermer. Ces dérivations sont 
purement françaises; mais les mots prison, poison et 
fermer ont une origine plus compliquée , comme oo 
va lé voir pour le mot poison. 



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INTRODOCTION, CXXXIV. 191 

Seconde source des étimologies. Altérations de 
notre langue. 

CXXXIV. Souvent le résultat de la décomposition 
se termine à des mots absolunuîut hors d'usage ; il ne 
faut pas perdre