Skip to main content

Full text of "Histoire de l'abbaye de St. Michel du Tréport ..."

See other formats


This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at |http : //books . google . corn/ 




A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

À propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse ] ht tp : //books .google . corn 



■A 
% 



\ 



{ 



Digitized by 



Cloogle 



Digitized by VjOOQIC 



F 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



HISTOIRE DE "L'ABBAYE 



S^ MICHEL DU TRÉPORT 

OU TL EST TRAITÉ DE SA FONDATION, AUGMENTATION 

DE DIVERS ÉVÉNEMENTS, DES ABBÉS QUI L'ONT GOUVERNÉE, 

DES COMTES D*EU SES FONDATEURS, DE SES BIENFAITEURS 

ET BIENFAITRICES, 

DES PRIEURÉS ET DES PAROISSES QUI EN DÉPENDENT. 

LE TOUT JUSTIFIÉ PAR PLUSIEURS TITRES, CHARTES ET AUTRES PlÂCES 

AUTHENTIQUES 

Par F.-B. COQUELIN 

RELIGIEUX DE LA CONGRÉGATION DE S* MAUR 

Publiée pour la première fois aTOC une Introdaction et dei Notes 

Par C. LORMIER. 
Tome II. 




ROUEN 

Chez LESTRINGANT, suce' de Ch. MÉTÉRIE 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE NORBIANDIE 
RUB JBANNE-DARC, N« 11 

M DCCC Lxxxvni 



Digitized by VjOOQIC 



• • • - • 



THE NCW IC^K 
PUE:ÎC i'.:;.rY 

SGII'SIA 



A -'OP. I " 
TILDEN ^ 
1i id^il 






Digitized by VjOOQIC 



LIVRE HUIGTIëSMë. 



Liberalilé insigne des comte.« d*Eu. — Droit de justice donnô par 
Jean en 1I49. — Droit de foire pour la Saint Michel donné par le 
dit comte d'Eu. — Droit de pesche augmenta d'un jour par Henry, 
1179. — Droit deMayere. — Dixme de la cuisine. — Droit sur les 
navires abordans. •— Droit de foire pour la Saint Jean à Eu. — 
Droits d'aunage^d'estallage, de languaiage. — Dixme du pannage, 
des essarta. — La forest libre. — Droits de moulte. — Droits né- 
gligez. — Dixme des vicomtez. — Pesche dans la rivière d'Eu. — 
Coutume de tout le poisson la veille et le jour Saint Michel. — 
Coutume sur les bateaux des hommes de TAbbaîe. — Préférence 
de l'Abbaïe pour l'achapt du poisson. — Vin pour les messes. — 
Le luminaire. — Franchise de tailles. — Nourriture donnée au 
comte et reconnue par luy n'estre point d'obligation. — Aide de 
quinze livres pris sur Monthuon reconneue ne devoir tirer à consé- 
quence. — Fiefs de l'Abbaïe et terres amorties. — Noms et nombre 
des fiefs. 



DBS DROITS DE L'aBBAÏE POUR LE TEMPOREL. 

Nos fondateurs poussez de l'esprit de Dieu n*ont rien 
obmis de ce qui pouvoit avancer sa gloire, et, dans cette 
veûe. de ce qui pouvoit contribuer à l'honneur de Tab- 
baîe qu'ils erigeoient en son nom, et du prince de la 
Milice céleste St-Micbel Archange. 

Ils ont regardé ce qu'ils avoient de plus honorable 
pour en faire la part à Dieu et à son St Archange, ou 
1 



Digitized by VjOOQIC 



plutosl à ses serviteurs , et avec l'honorable y joindre 
l'utile pour leur subsistance^ aûn de témoigner à Dieu 
dans ses serviteurs, le respect qu'ils avoient pour luy, et 
que c'estoit de luy qu'ils tenoient tout, et que c'estoit à 
luy qu'ils rendoient fout. 

Chacun des comtes de la famille de Normandie a con- 
sidéré ce que son prédécesseur avoit donné, et Ta ratifié, 
et en oultre y a adjousté de ce qu'il a veu pouvoir estre 
avantageux pour cette Abbaïe. 

Jean comte fils de Henry en 1149, trouvant qu'il y 
avoit un droit dont ses prédécesseurs ne s'estoient pas 
advisez de faire présent à TAbbaie, il le leur donne, qui 
est le droit de justice^ exemptant l'Abbé, ses Religieux 
et les hommes ou sujets de St-Michel de tous plaids 
accoutumez, allencontre de ses vicomtes , fermiers rece- 
veurs et autres ses serviteurs, et ne les obligeant à se 
purger qu'en lovant la main. Les serviteurs et domes- 
tiques de l'abbaie se purgeront semblablement en la cour 
de StMichel en levant la main. Il donne de plus le sang 
et toute justice à l'Abbé dans la terre de St-Michel, de 
Verly et de Mesnil-Alart. 

D'autant que ce droit, et plusieurs autres sont laissez 
à contester entre l'adjudicataire, par décret du comté 
d'Eu en 1660, et Tabbé et couvent du Tréport, nous en 
ferons un extrait avec nos raisons et défenses que nous 
insérerons à la fin de cet ouvrage. N'interrompons donc 
point la dévotion de nos fondateurs par ces chicanes, 
ains voions comme ils ne sont pas arrestez à pointiUer 
sur de menus droits, mais plutost à donner à pleines 
mains tout ce qu'ils ont peu. 

Ce même Jean Comte donne encore le droit de foire 
pour le jour de St-Michel, et la veille, le jour et le len- 
demain il donne tout ce qui lui appartient sui* mer et sur 
terre dans ces trois jours au d. lieu du Tréport. 



Digitized by VjOOQIC 



— 3 — 

H6Dry Comte en sa charte de 1 179 adjouste aux droits 
de pesche que ses prédécesseurs avoieat donné : sçavoir 
lapesche de la rivière d'Eu, la veille de la Transfiguration 
de N. S., la feste de la Magdelaine et la translation de 
St Benoist. 

n donne de plus^ à Eu, la dixme de la Mayere, c'est la 
dixme des moulins qui moulent du gru. Au Tréport, il 
donne son pain de coutume, et le pain de la dixme, et la 
dixme des poissons achetez pour sa cuisine ; et lorsque 
les navires apporteront poissons^ fourmaiges et autres 
choses propres pour leur nourriture , si le vicomte du 
lieu en a acheté, selon qu'il en aura esté acheté pour le 
comte, les moines du Tréport en prendront pour un jour 
de leur nourriture. 

Il concéda en outre le droit de foire, à Eu le jour de 
St Jean-Baptiste, dont nous ne jouissons plus. 

Nous avons Pobligation à Raoul Comte de cent sols de 
rente sur Tannage d'Eu; à Jean, de Testallage du pain 
et de la viande à Eu, et le chauffage dans la forest ; à 
Henry, le droit de languaiage, qui est la visite de la lan - 
gue des bestiaux pour voir s'ils sont sains. 

Henry dans sa charte de 1179 donne à l'abbaïe du 
Tréport la dixme du panage de la forest et des essaies, 
et la forest libre pour prendre les bois nécessaires pour 
les ouvrages du monastère et du service. 

Nous devons à Jean les droits de moulte qu'il a con- 
firmé pour nos hommes de Menival, Mesnil soret, Ques- 
noy, d'Yonville, de Floques, d'Eslalonde et de Mesnil-Es- 
trelin. Lesquels sujets, â cause qu'ils ont ce droit de 
moulte, paient à l'abbaïe les moultes sèches. Nous nous 
reservons à parler plus au long de tous ces droits dans 
le traité que nous en ferons par cy après. 

Il confirma aussi le droit de panage de la foire pour y 
mettre huict vingts porcs. Mais comme les abbez ou 



Digitized by VjOOQIC 



leurs receveurs n'ont pas esté soigneux de se maintenir 
dans la possession de tous ces droits, une bonne partie 
s^est echapée, dont nous trouvons nos titres qui en font 
mention, et les receveurs du comté, qui jouissent des 
profits et se rejouissent de notre négligence. 

Robert notre premier fondateur a donné de forts beaux 
droits sur les poissons « qui ont esté confirmés par ses 
successeurs. C'est de leur libéralité que nostrealibaïe a la 
dixme des vicomtez d*Eu, du Tréport, de Criel, de Gran- 
cour, de Septmeules, entre lesquels la plus considérable 
est celle du Tréport, qui nous laisse la jouissance de la 
dixme des droits et coutumes des poissons qui y sont 
vendus pour en prendre le dixième denier, et dont on est 
en possession, quoyqu'à présent on regratte dessus, et 
on y cbercbe de nouvelles explications. 

La possession est encore pour les jours destinez à 
pescber dans la rivière d'Eu. On ne s'est pas maintenu 
avec tant de soin dans celle de Criel qui est donnée pour 
douze jours à diverses reprises. 

On Jouit de mesme de la veille et du jour St- Micbel, et 
on s'est laissé débouter du 3« jour, dans lesquels jours 
on a tous les droits du comté, et le vicomte laisse la 
jouissance des poissons qu'il levé chaque jour pour son 
droit de vicomte. 

Il y a encore un autre droit fort considérable pour les 
coutumes du poisson, que Tabbé et couvent ont droit de 
prendre sur leurs hommes quand ils sont maîtres des 
bateaux, sans que le comte y lève aucune chose. S'il y a 
des hommes du comte et des hommes de l'abbaïe, ils 
lèvent à proportion les uns les autres. 

Après que le comte a pris sa provision de poisson, 
c'est à l'Abbé et Religieux de prendre ce qu'ils veulent 
de poisson, et lorsque le poisson est adjugé, ils ont la 
préférence pour le retenir, s'ils le désirent avoir. 



Digitized by VjOOQIC 



Que si les chassemarées estoient partis du perroir, et 
estoient encore dans la banlieue, les Religieux ont le 
droit d'en prendre un panier au prix qu'il a cousté sur 
le lieu. 

Vous aurez plus au long le détail de tous ces droits 
dans la copie que l'on en mettra dans le dernier livre. 

Et comme ces droits ont eu de Tinterruption dans la 
possession, dans nostre traité nous apporterons nos 
justes défenses pour ne pas laisser ecbaper de nos mains, 
que le plus tard que nous pourrons , ce qui nous a esté 
si justement et si sainctement donné. 

La pieté de nos illustres fondateurs a encore eclatté 
dans ce poinct, qu'ils ont voulu pourvoir au vin des 
messes, le comte Henry donnant vingt sols de rente. Au 
luminaire de Teglise, le comte Guillaume donne la 
dixme des Moulins de Criel et de Foucarmont. Que 
même ils ont voulu que ce qui touchoit à cette Abbaïe 
fut franc, quitte et libre de toutes tailles, subsides, cor* 
vées, impositions, en déchargeant tous les hommes et 
sujets de Tabbaïe, et les regardant comme choses sacrées 
et données à Dieu, lesquelles il n*est plus permis de 
toucher, bien moins les retirer. 

Le comte Jean, en 1299, aiant esté desfraié luy et les 
siens dans l'abb^^e, et aux dépens de la communauté, il 
en donne une reconnoissance, et ad voue ce bienfait pro- 
céder de la bonne volonté de TAbbé et du couvent, et 
non d'aucune obligation , dont il leur en donne ses pa- 
tentes, afin que cela ne tire à conséquence pour ses suc- 
cesseurs. 

Jean d'Artois conte aiant tiré de nos sujets de Mon- 
thuon et de Menival, en 1371, la somme de quinze livres 
pour une certaine aide, il donne lettres par laquelle il 
reconnoit que cela ne leur doit tourner à préjudice par 
cy après, ny ses successeurs en tirer conséquence. 



Digitized by VjOOQIC 



— 6 - 

C'est aussi pour ce sujet que l'abbaîe a de si beaux 
fiefs et en si bon nombre, les comtes affranchissans, 
amortissans, et concedans tous leurs droits qu'ils avoient 
sur ce qui estoit donné pour la d. abbaïe, soit qu'eux 
mêmes le tirassent et donnassent de leur fond, soit que 
leurs gentilshommes le retranchassent pour en faire 
présent à la d. abbaie. 

Les plus beaux fiefs sont ceux du Tréport qui corn* 
prend Monthuon, Menival, Mesnil-Soret, Quesnoy, Heu- 
delimont, Griel, le fief de TAumone à Mesnil-Estrelin ; 
les fiefs de Villy, de Lignemare, de Guillemencour, de 
SeptmeuUes ; les fiefs de Mesnil- Alart, de Fontaines, de 
risle, de Gribomenil, d'Enneval. Ces cinq sont aliénez 
par la subvention faite au Roy es années 1575 et es sui- 
vantes. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE II. 



DU REVENU DE L ABBAIE. 



Par une déclaration que Jacques Guilleti, vicaire 
gênerai de Salvagien l'Abbé eu 1576, bailla à Richard 
Mithon, entrant dans la recepte de l'abbaïe du Tréport, 
le revenu ne se trouve monter qu'à 4794 liv. en argent, 
à 111 mines de blé, 66 mines d^avoine et 50 mines 
d'orges. 

Le Roy aiant pressé les Abbez de lui bailler déclara- 
tion de tout leur revenu, M. le commandeur de Souveray 
Abbé du Tréport,en 1742, bailla la déclaration suivante, 
que pour facilité j'ay réduit en ordre alphabétique, et le 
prix auquel estoit affermée chaque dixme, sçavoir les 
dixmes de : 

Assigny. . 600 liv. 

Aubeguimont et Richemont 180 

Avenues • . 30 

Auquemesnil 310 

Aumont 810 

Basinval, et Bailly^en-Rivière 40 

Basoges , . .. 600 

Biville 430 

Blangy 450 

Bois de la Haye 720 

Bordaigne 100 

Bosricourt 0.0.6 

Gaude cotte et Maisoncelles 510 

Froideville 60 



Digitized by VjOOQIC 



- 8 - 

Gerberoy 150 iiv. 

Grancoor 40 

Granges, ferme 1700 

Greny 300 

Guerville 610 

Guillemencourt 45O 

Hemyes 360 

Lignemare 200 

Melleville. ... 331 

Mellincamp et Coudray 510 

Menival 18 

Monchaux 200 

Monchy 16 

Montreuil en Gaux 700 

NuUemont 62 

Puisenval 110 

Pende le petit 45 

Penly 4i25 

Poisson de coutume 120 

Past et bois forestaux 45 acres, de présent 
en friche. 

Realcamp 380 

Rentes seigneuriales GOO 

Ryeu 250 

Sauchaylebas 50 

St-Supplix 120 

St-Martin Gaillard. 130 

Terre, 2 journaux- 14 

Toqueville 800 

Tôt 420 

Touffreville 0.90 

Tréport, au Receveur. . 300 

Trésorerie 300 

Villy 550 



Digitized by VjOOQIC 



— 9 — 

Aux Religieuxt en blé 80 mines. 

en avoine, 40 

en orge. ....... 40 

Au Moine lay, en blé 13 

Au même, en argent. . . • 60 livres. 

Au curé, en argent 50 

Toutes lesquelles dixmes et la valeur d'icelles, les 
rentes» fermes, et offices tirés des baux faits par les 
officiers furent baillées par les mains de M. nostre Abbé 
au Roy en la d. année 1642, et le tout se trouve monter 
à la somme de 17.799 livres. 

LES GHÂRaBS DE Là DrTE ABBàÏB. 

Le décimes ordinaires pour chaque année montent à la 
somme de 650 liv. 14 s. 4 d. Les extraordinaires vont 
selon les temps et les affaires, et ne vont à gueres moins, 
l'un portant Tautre, des ordinaires 

Les Religieux reçoivent 2000 liv. de rente avec un 
mil de gluïs, 80. mines de blé, 40. mines d'orge, et 
40. mines d'avoine, 2000 fagots, et un iOOO de bûches. 

L'Abbé fournit linges, ornemens, livres pour le service 
de Teglise, et est tenu à toutes les réparations tant 
grosses que menues de la d. Abbaïe, et des chansels des 
églises qui en dépendent. Le Sacriste ou Trésorier, pour 
les frais de Teglise, tire du gros de l'Abbaïe le revenu de 
son office , et TAumonier pareillement ; et l'Abbaïe 
paie semblablement au curé d'Assigny 40 liv de 
rente. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE III. 



DB8 BIENS ALIENEZ DE l'ABBAÏE. 



Dans une déclaration présentée au cardinal de Bou- 
longue, Abbé du Tréport en 1547. après le dénombre- 
ment des bénéfices qui sont à sa présentation, suit un 
article des aliénations en cette sorte : 

La terre de Sw Croix , la ferme de Camps en Amien- 
nois^ les Moulins à blé et à buile de Criel, la Maison 
d'Abbeville, il y en a encore une autre à Rouen, la Mai- 
son et manoir d'Eu nommée le Perrin , le dizmage do 
Basinval délaissé aux Religieux de Sery^ le dixmage de 
St Martin au Bos qu'il convient poursuivre au petitoire , 
six journaux de bois aliénez et vendus à Pacquet d'Amiens, 
les marets d'entre le Tréport et Mers, délaissez aux habi- 
tants de Mers. Ces marets ont esté délaissez par Fran- 
çois de Cleves, abbé du Trépoii en 1534, moiennant dix 
sols de rente. Les Moulins à blé et à huile de Criel ont 
esté vendus et aliénez par luy. 

Dans une autre déclaration présentée au Roy en 1642 
par D. Louis du Héron, grand vicaire de l'Abbaïe, il 
coite dans les biens aliénez les suivans : Le fief, terre et 
seigneurie de Basoches en la vicomte de Falaise, vendu 
par contract particulier à cause des subventions du 
clergé, comme il a esté donné à entendre à l'Abbé et 
Religieux ; Item, le fief du Mesnil Alart, aliéné pour 
les subventions du clergé environ l'an 1576 , en la 
possession duquel les d. Abbé et religieux ont esté 



Digitized by VjOOQIC 



- 11 - 

envolez par sentence du bailliage d*Eu en datte du 
jour de 16 , ne restant qu'à executter 

lad. sentence, ce qu'ils se reservent de faire; Item^ 
les fiefs terre et seigneurie de Fontaine, l'Ile, Gribo- 
mesnil, Enneval et autres sittuez au bourg de Blangy 
comté d'Eu, avec leurs circonstances et dépendances, 
aliénez par échange» et pris en contr'echange la terre 
nommée la Chapelle sous Gerberoy diocèse d'Amiens ; le 
dit contr'echange depuis a esté aliéné, et dont est deu 
150 fr. de rente par ; et pour les d. fiefs et 

terres il y a procès pendant au grand conseil. La d • 
aliénation du fief de la Chapelle sous Gerberoy et autres 
est passée par devant les tabellions d'Eu l'unzieme feb- 
vrier 1603 ; Item, les vendues et fiefifes faites à M« Ri- 
chard Mithon, receveur gênerai du comté d'Eu et de la 
d Abbale, des héritages sittuez à Melleville, con^:istans 
en 42 acres d'essartis environ l'an 1577, pour lesquels 
sont intervenus divers arrests, et doDt les d Abbé et 
Religieux se reservent de se remettre en possession ; 
Item, les moulins à blé et à huile, sittuez à Griel, les 
deux parts d'iceux possédez par les comtes d'Eu, et l'autre 
tiers par le s' de Brienson ; Item, la terre de la Bour- 
daigne, qui depuis a esté retirée par D. Antoine le Vilain, 
aumônier de l'Abbaie , et de présent reunie au corps de 
l'Abbaïe. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE IV. 



DBS BIENS DE L'ABBIÏE PRESCRIS. 



La Charte de fondation donne la dixme des vicomtes 
d*Eu, du Tréport, de Griel, Grancour et SeptmeuUes, et 
les chartes suivantes les confirment, desquelles TAbbaïe 
ne jouit plus. 

n n*y a que la vicomte du Tréport, dont on jouit de ce 
que Ton peut, et tous les jours on y rogne ce que l'on 
peut sur tenanciers, sur la pcsche, laquelle estoit autre- 
fois de trois jours pour la S^Michel, et à présent elle 
n'est plus que de deux jours. On veut retraacher le droit 
de prendre la dixme sur le vendage, ne laissant que 
pour la coutume, qui est ester la moitié du droit. On ne 
veut plus sçavoir qu'il y ait eu droit pour les sujets, qui 
estans dans les bateaux dévoient païer la coutume à 
l'abbaïe, et non au comté. 

Les droits de pesche donnez semblablement par les 
comtes sur la rivière de Criel sont retranchez. 

Les comtes vouloient que tout ce qui venoit pour leur 
cuisine paiast la dixme à TAbbaïe du Tréport, laquelle 
les Religieux y alloient prendre. S'ils se mettoienl à 
présent en pareil devoir de le faire, ils ne s'en revien- 
droient pas à vuide, et on ne manqueroit de les charger 
d'une bonne provision de honte et de confusion. 



Digitized by VjOOQIC 



— 13 — 

On avoit donné à TAbbaie une partie de la garenne, et 
on Ta retirée. Le droit qui luy avoit esté accordé de 
panage dans la forest en gênerai, luy a esté tout a fait 
osté. 

Les premiers Comtes avoient donné le droit de foire 
dans la ville d*Eu le jour de S* Jean Baptiste, depuis on 
l'a perdu. 

n n'y a rien de plus constant, ny de mieux asseuré 
que le don dans la ville d'Eu des droits d'aunage, estal- 
lage, languaiage, et rien dont on jouisse moins. 

Les droite de forestageà Villypour le froment et avoine 
de Villy avoient esté donnez pour si juste cause, que 
Jean comte d'Eu ne trouvoit pas sa conscience en seureté, 
s'il ne satisfaisoit par ceste recompense les torts qu'il 
avoit fait à l'Abbaie luy enlevant ses plus pretieux 
meubles, calices, encensoirs, chappes etc. Les suivans 
n'ont pas fait ces reflexions, et les officiers ont tout remis 
à la masse du comté. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE V. 



DE LA SITUATION ET BATIMENS DE LABBAÏE. 



L*Abbaïe siluée fort comodement pour le lieu. — Son tour est de 
350 toises. — Première cour, sa contenance. — Jardin. — Logis 
abbatial. •^Hostelleries, on s'en sert d'inOrmerie. Le logis abbatial 
servant pour les ho&tas. — Jardin de la communauté, sa longueur 
et largeur. — Batimens de la communauté. 



Les connoissances que nous pouvons avoir de TAbbaïe 
du Tréport, nous les emprunterons de la charte de 
nostre fondation, n*aiant point de mémoires plus anciens, 
qui nous puissent découvrir ce que c'estoit du lieu, de- 
vant que la pieté jointe à la libéralité de nos comtes y 
eust fondé une Abbaïe. 

Robert I nostre premier fondateur dit dans sa charte 
qu'il establit une Abbaïe au Tréport en l'honneur de Dieu 
et de St Michel-Archange, et qu*il y assigne des moiens 
aux Moines^ dont ils puissent vivre, et prier incessam- 
ment Dieu pour son salut et de tous les siens. Et pour 
cet effet qu'il donne au Tréport l'église où l'Abbaïe est 
bâtie avec toute la dixme et tout ce qui appartient à la d. 
église, et le reste porté dans la d. charte. 

Sçavoir si auparavant il y avoit une église, et qui eust 
dixmes, ou qu'elle soit premièrement établie par ceste 
charte, chacun en tirera les conséquences qu'il verra bon 
estre. 



Digitized by VjOOQIC 



- 15 - 

Pour la situation on n*en pouvoit pas choisir une plus 
commode, soit pour la dévotion au grand Archange St- 
Michel, qui a choisi les lieux les plus élevez pour estre 
dédiez à sa mémoire, soit pour le genre de vie des 
moineSf les mettant en un lieu à l'écart de la ville d'Eu 
d'environ trois quarts de lieue, et propre pour la vie 
poenitente, et pour la contemplation. 

Le lieu est sis sur le bord d'une pointe de terre, qui 
tient aboutir à la pleine mer : Il a au dessus de soy une 
montagne» qui l'entoure et le couvre du nord- est 
jusqu'au su-ouest, et, entre ces deux icy, a la mer oceane 
à découvert. La coline au dessous vers le milieu de la 
montagne donne ce quelle a de terre de plein pied, pour 
y establir le modastère. Le terrain, tournant en forme 
d'ovale, contient en son pourpris 350. toises, faisans 
trois acres de terre. Du costé de la mer, l'église de la 
paroisse fait un coin ds TAbbaïe, du pied de la tour de 
laquelle église se tire en droite ligne une forte muraille 
qui supporte le faix des terres du dedans du monastère, 
iiaute de six toises et longue de 36. t, qui fait de ce costé 
là son enceinte, au bout de laquelle les granges sont 
posées, larges de quatre toises et longues de vingt- 
quatre. 

Au bout de cette muraille est l'entrée de l'Abbaïe, 
dont le frontispice donnant au Sud est bien aggreable, 
aîant au dessus deux encoigneures en forme de tourelles, 
pour y faire le guet. U est enjolivé de petits cailloux 
blancs et noirs bien taillez et posez en parquetage avec 
beaucoup d'artifice et de beauté. Il y a au milieu une 
grande porte cochere, et une moindre à costé, et au 
devant est une place bordée d'arbres des deux costez, 
qui a vi3*à-vis de soy et ailentour l'aggrement des fallai- 
ses, et au dessous la moitié du bourg du Tréport et la veue 
de la pleine mer. 



Digitized by VjOOQIC 



- 16 - 

De là suivent les murailles en tournant, qui achèvent 
de faire l'enceinte des jardin et du monastère et viennent 
aboutir par l'autre costé à l'église de la paroisse^ du eosté 
du midy, du levant et du Nord 

La première cour de l'entrée du monastère jusqu'à la 
porte de Teglise, à main gauche, en entrant, a les granges 
de TAbbaïe, à droite la maison du portier, une muraille 
de la hauteur de 3 toises^ et le logis de l'aumonier qui 
vient joindre le pignon de l'église. Cette première cour a 
de long 34 toises et large de 6 toises, et au dedans est uo 
jardin bien planté et dressé de la longueur de vingt 
toises, et de largeur de 18 toises, qui est de l'office de 
l'aumonier. Dans cette cour, depuis le pignon de la grange, 
se prend une muraille qui va joindre le pilié de l'encoi- 
gnure de la paroisse, longue de trente six toises, et haute 
de dix pieds de Roy, qui enserre en dedans un jardin de 
pareille longueur que la muraille, et large de dix huit 
toises, fort agréable pour avoir au dessous de soy l'aspect 
de la moitié du bourg, de l'entrée du port, et de la pleine 
mer, et en face la tour, et un costé de l'église de la 
paroisse. Une autrn muraille prise de front en cette cour 
entre le dernier pilier de nostre église et ceste longue 
muraille donne l'entrée par une grande porte cochère, à 
une 2» cour, où sont les officiers du monastère, une 
chambre pour coucher les serviteurs, une écurie, une 
menuiserie, un pressoir, une brasserie, un poulaillier et 
le puits, et une mare pour abbreuver. Au bout de cette 
cour est un jardin donnant sur les marests et sur la mer 
long de huit toises et large de six toises, qu'on nomme le 
jardin de l'Abbé, pour avoir à costé le logis Abbatial qui 
a peu de montre pour le dehors, mais au dedans a une 
sale de 4 toises de largeur et de huit toises de longueur, 
une cuisine ensuite, et à costé une chambre, laquelle est 
bien aggreable pour avoir la veue à commandement sur 



Digitized by VjOOQIC 



- 17 - 

la mer, sur les prairies et sur la ville d'Eu .Autrefois il 
y avoit encore deux belles chambres et une gallerie, 
mais pour estre située sur le penchant de la colline et la 
rivière au bas. elles ont fait la culbute, et n*en reste plus 
que quelques marques. Au dessous de ces sales et cham- 
bres sont les officines et une chapelle voûtée à laquelle 
on descendoit autrefois par un escalier venant do la 
chambre de TÂbbé. 

Entre le corps du logis Abbatial^ et le nouveau dortoir 
sont pratiquées deux chambres d'hostes, au dessous une 
lavanderie et une boulangerie, qui d'un costé se commu- 
niquent par un escalier dans le cloistre, et par Tautre 
bout a une petite gallerie qui va joindre la cuisine et le 
réfectoire, et donne entrée au degré pour monter au 
cloistre et au dortoir. L'entredeux de ce bâtiment et de 
l'ancien et nouveau dortoir fait une petite cour quarrée, 
dans laquelle on entre par une grande porte prise sous 
le dessous delà 1*« chambre des hostes,elle sert pour la 
décharge des provisions du Monastère. 

De là on entre dans le jardin de la communauté, qui 
est long de soixante toises et large de 80 toises, placé au 
au devant des fenestres du dortoir, a du costé du levant 
les campagnes, les montagnes, les bois, la ville d'Eu et 
la vallée de Gamaches devant soy. Du costé du Septen- 
trion, il a les montagnes qui l'entourent^ sur le costau 
le bourg de Mers , dans le bas de la plaine, d'environ un 
quart de lieue et demie en largeur, et qui en longueur 
mène tout le long du costau jusqu'à la ville d'Eu, avec 
une belle variété de terres labourées, sur le costeau des 
bois, des marets, et des prairies. Et au pied des murs de 
l'enclos passe la rivière de Bresle venant d'Eu, et parta- 
geant les deux provinces de Picardie et de Normandie, 
dans laquelle rivière entre le flux et reflux de la mer, 
2 



Digitized by VjOOQIC 



— 18 — 

deux fois dans les 34 heures, qui monte aux pleines ma- 
rées jusqu'aux fossez de la ville d'Eu, ce qui fait une 
perspective parfaitement aggreable, en sorte que toute 
cette diversité ne semble faire qu'un parterre pour le 
contentement de la veûe. 

Le jardin en haut du costé du Midy a un quarré ex- 
haussé au dessus du plan du \^ jardin d'environ douze 
pieds, et a de longueur vingt cinq et de largeur quinze 
toises, bordé d'une allée qui s'élève au dessus de ce 
2« étage du jardin d'environ douze pieds, règne le long 
du jardin et domine au dessus de jardins, de campagne 
et de prairies et en fournit un aspect, avec celuy de la 
mer, des plus aggreables. 

Si la veûe du costé de FOrient a ses beautés, le costé 
du Nort et du couchant n'en a pas moins, par l'aspect qu'il 
donne de toute la pleine mer, de laquelle on ne void 
qu'avec plaisir et admiration et le calme et la tempeste, 
aïant le pied ferme et hors des dangers. 

Après nous estre pourmenez dans les jardins, rentrons 
dans le monastère pour le considérer aussy plus en 
détail. Il se trouve un corps de logis tourné vers TOrient 
de la hauteur de la muraille de six toises et de la largeur 
de cinq toises dans sa continence; par le bas il a une cui- 
sine large de 4 toises et longue de 4 toises en dedans, 
fort bien voûtée et pavée avec ses dalots, egouts et autres 
commoditez. Le réfectoire est en suite et le chapitre bien 
boisez^ pavez et voûtez. Le réfectoire long de 8 t. et 
large de 4 1., le chapitre long de 5 t. et large de 4 t. Au 
dessus est un corps de dortoir contenant 12 cellules de 
Religieux, une chambre commune avec son chauffoir, et 
une bibliothèque. Le grenier dans le dernier estage de 
dessus s'estend tout le long du dortoir, et est bien dis- 
posé et terré pour recevoir et conserver les grains. 



Digitized by VjOOQIC 



- 19 -• 

Vers le milieu de ce dortoir on a pratiqué dans son 
equierre du costé du Nord cinq cellules de religieux, en- 
suite une gallerie du costé de l'Ouest, qui conduit à la 
chambre du cellerier, auprès de laquelle est un degré, an 
costé duquel sont deux chambres, l'une sur l'autre, 
pour le dépositaire et pour le portier, qui par le 
moien de cet escalier ont la comodité de la porte et la 
facilité pour contenter les séculiers sans troubler les 
exercices de la communauté. Ce dortoir est long de 13 t , 
large de 10 t. 

Au dessous des chambres de ce nouveau dortoir, il y 
a une sale destinée pour les hostes ; et tout au bas sont 
les caves et dépenses qui vont le long de cet édifice : le 
dessus a son grenier. 

Dans Tenclos de ces bâtimens et de Teglise sont les 
cloistres qui régnent tout allentour, bien voûtez et pavez, 
et au milieu est le préau chaque allée des quatre a de 
longueur environ quatre t., et de largeur une toise et de- 
mie, et de hauteur unze pieds. 

Toutes lesquelles réparations, améliorations, réfec- 
tions, acomodemens et dépenses pour bâtiments, cours, 
jardins, cloistres, nouveau dortoir ont esté faites aux 
dépens et à la diligence des P.P. F. Bénédictins de la 
Congrégation S* Maur, depuis leur établissement fait en 
la d. Abbaie le 12 avril 1660, n*y aïant pour tout lors de 
leur costé, que ce premier corps de dortoir, un costé de 
cloistre et les murailles sans porte, sans meubles, sans 
fenestres, sans vitres, et le tout à Tabandon, et pour les 
cours et jardins i ont esté des montagnes qu'il a faillu 
applanir, et des buttes et grands monceaux de terres et 
curailles qu'il a faillu vuider pour prendre les commo- 
ditez de quelques cours et jardins, autant que le lieu le 
peut permettre, sans que Mr l'Abbé ny ses officiers, qui 



Digitized by VjOOQIC 



- 20 - 

ont veu et seu ces accomtnodemens nécessaires, se 
soient mis en peine d'y contribuer de chose aucune, et 
regardant le tout se faire comme une chose étrangère, 
se contentant de jouir du plus beau revenu, et de s'en 
divertir en Abbé commendataire. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE VI. 



DE L EGLISE^ SEPULTURES ET RELIQUES 



L'Eglise. — Tour des chapelles. — Quatre chapelles. — Le Jubé. ^ 
Le Chœur. — Vitraux des sous ailes. — Cloches. — Nef de l'Eglise 
bruslée.- Sépultures.— De Beatrlx nostre fondatrice.— D. André de 
Marquien. — Estienne. — Reliques des saints. — S. 8. Adrian 
Caydoce et Mauguille. — Patrons du Trrport invoqués pour la 
sécheresse — Relique de St Sulpice. — Relique de 8t Vincent 
martyr. — De Saint-Biaise. — De St Laurent. — Saints inconnus. 
— St Saturnin. ^ St Fiacre. ~ Reliques conservées miraculeuse- 
ment. 



La structure de Teglise n*est pas bien délicate, elle 
n'a rien que de commun : Le dehors n'a point d'autre 
ornement que de ses vitraux et clocher. Sa longueur en 
dedans depuis la porte de la nef jusqu'au fond de la cha- 
pelle de Notre-Dame est de trente huict toiles, sa lar- 
geur de neuf toises, la hauteur de cinq toises. Le tour 
des chappelles est voûté et contient dans son tour, envi- 
ron cinquante toises^ et en hauteur du pavé à la voûte 
cinq toises. Les clouaisons du chœur avec leurs balus- 
tres, piliers, corniches, et autres ornements, faits de 
pierre de Caen. luy donnent bien de la gaieté, laquelle 
est aidée par le jour que luy fournissent quinze vitraux 
qui sont allentour, et qui sont proprement faits avec leurs 
montans et croisillons de pierre de Caen. 

Dans C3 tour de chappelles se trouvent 4. autels, deux 
sous la l^i'c voûte du costé droit en entrant dans la croi- 



Digitized by VjOOQIC 



- 22 - 

sée ; le 3« s*enfonc6 sous la voûte dans le jardin, qui est de 
N. B. P. St Benoist, le 4* est la chappelle Nre Dame, fort 
belle, faite en point rond, haute de six toises, longue de 
huict toises, et large de 4. toises avec ses bancs, bien 
pavée, et surtout enrichie d'une très belle et très dévote 
image de Notre-Dame en pierre de Gaen. Ensuitte vient 
une sacristie, pratiquée depuis peu, qui se jette en 
dehors dans le jardin entre trois piliers, qui contient 
deux chambres larges et longues, chacune d'environ 13 
à 14 pieds. 

Le Jubé se fait remarquer à l'entrée du chœur entre 
les deux piliers supportans la voûte du clocher, haut de 
deux toises et demie, d'un pied et demi et long de 16 p et 
demi^ duquel on ne peut assez priser la délicatesse de 
l'ouvrage, tout percé à jour, en pierre dure avec ses 
festons, fleurons et autres ornemens de l'architecture, 
embelli de quatre figures en bosse faites au naturel repre- 
sentans N'® Dame, et l'adoration des Roys. 

Le chœur en dedans est large , d'une muraille à 
l'autre de cinq toises, est enrichi de 58. chaires faites en 
bois avec la porte ds pareille sculpture et ordre que le 
jubé, et aussi bien travaillées qu'il s'en voit en France. 
Il est éclairé de quinze vitraux. 

AUentour des sous-ailes sont posez douze vitraux fort 
bien travaillés, avec leurs montans et croisillons de 
pierre de Gaen, qui donnent bien du jour et de la gaieté 
à ce tour de chappelles. 

Les chaires du chœur ont esté acheptées le 22 may 1348 
des Religieuses de l'Abbaye de Stc Magdelaine de Bival 
pour la somme de 50 liv. tournois et une corde h puid. 
on y void encore plusieurs figures de Religieuses. Voir 
lachartre des Religieuses de Bival. 

La hauteur du chœur est de douze toises, allentour sont 
15 vitraux qui donnent un beau jour, et quoyqu'il ne soit 



Digitized by VjOOQIC 



-. 23 - 

que lambrissé , dans son élévation il porte son aggre- 
ment, et a de la majesté. 

Le dehors du dessus du chœur est couvert d*ardoise> 
au bout duquel, dans la croisée, il y a un clocher de la 
hauteur d'environ 45 toises, fort bien boisé, et couvert 
d'ardoise : il porte dans le dedans cinq cloches dont la 
plus grosse peut peser environ deux mil et les autres à 
proportion. 

Uecriture autour des cloches porte pour la plus grosse 
et la 1ère : En May l'an Mil Vc et VI. Michelle deux mil 
pesant feit faire Richard le Pesant en ce temps abbé du 
Tréport. 

La 2« et plus grosse porte ces mots : L'an Mil Vc et VI, 
de May le XXII, fut faite Marie et nommée, par Richard 
abbé baptisée. 

La S"* a ces mots :Benoitte fut ditte par cheux qui ont 
de noz prierez. II. l'ung prevost prieur de Hornoy, l'autre 
du M. de Tréport. 

La plus petite a cette écriture allentour : le III« jour de 
May fut faite Catherine. 

Toutes ces quatre cloches sont de mesme fonte, por- 
tant mesmes images allentour et au haut, le lout bordé 
de menues fleuts de lis, et mesmes aimes, et sont faites 
par le mesme abbé Richard Pesant. 

lien reste encore une cinquiesme, metoienne entre la 
3« et la plus petite, qui est à présent cassée, qu'il faut 
faire refondre, et y adjouster encore une plus petite, qui 
face la sixième. 

Ce qui restoit pour parfaire notre sonnerie, s'est heu- 
reusement achevé en cette année 1669, par la grâce da 
Dieu et par Tintercession de nostre glorieux patron 
St Michel en cette sorte. La paroisse de S* Jacques d'Eu 
faisant fondre deux cloches, cette occasion nous a obligé 
de refondre cette cloche cassée, et pour la mettre au ton 



Digitized by VjOOQIC 



- 24 - 

« 

des autres, le fondeur a trouvé qu'il failloit la rehausser 
de 200 liv. de metail, qui luy ont esté fournies, et qu'il y 
a emploiées, en soiie qu'elle est de fort bon ton à présent 
et revient bien avec les autres. Nous avons fait mettre 
dessus les armes du monastère et de la congrégation et 
autour pour ecriteau : Scholastique est mon nom, mon 
poids est de 800, ma fonte est du 3« janvier 1669. par 
les R.R. PP. Bénédictins de la congrégation Si Maur 
La fonte, le metail et les frais ont monté à la somme de 
trois cens trente deux livres. 

Nous estionsjpour en demeurer là, nos moïens ne nous 
permettant pas de passer plus oultre : mais Dieu y a 
pourvueu, donnant une forte et efficace inspiration à D . 
Louis du Héron, ancien prieur et trésorier de celte 
abbaïe, toujours bien affectionné et intentionné pour la 
gloire de Dieu et pour Tornement de son église, de 
ne laisser cette sonnerie imparfaite. 

La cloche, pour entrer en bon ordre avec les autres, 
devoit peser 400 liv. de metail que le fondeur s'est 
obligé, en fournissant tout, de poser dans le clocher 
moïennant 400 liv. en argent , que le d. sr du Héron 
a donné pour cet effet. 

La cloche ne devoit porter autre que son nom avec ses 
armes qui est tel : Louise pour mon nom, 400 pour mon 
poids me viennent du don de D. Louis du Héron ancien 
prieur et trésorier de l'abbaie du Tréport qui me feit 
faire le 26 janvier 1669. Le reste est contenu au livre des 
choses mémorables de ce monastère. 

La Nef de Teglise a estée brûlée dans les guerres entre 
les deux couronnes : elle est à présent encore toute de- 
couverte, et a ses pans avec quatre niches de figures de 
saincts. Au bas d'icelle il reste une voûte pour son por- 
tail, et une chambre dessus pour le sacriste. Sa longueur 
est de douze toises, et la largeur de six toises. 



Digitized by VjOOQIC 



- 25 - 

Quant aux Sépultures nostre église n'est pas bien 
riche de personnes illustres qui s*y soient fait enterrer. 
La plus considérable est ceUe de Beatrix comtesse d'Eu, 
femme de Robert, et nostre fondatrice qui y voulut estre 
enterrée. Elle est au pied de la l^re marche du grand au- 
tel sous une tombe de pierre d'ardoise d'environ six 
pieds de long et quatre pieds de large vis-à-vis l'image de 
St Michel, marques de sa pieté et de son humilité. 

Il y a au costé d'elle une autre tombe de pierre dure, 
gravée de la figure d'un abbé revêtu, qu'on croit estre 
d'un de nos abbez. 

Dans la chapelle Nostre-Dame il y en a une 3e, qui est 
d'un de nos abbez nommé André de Marquien qui vivoit 
en 1461. Elle est d'ardoise qui porte allentour Anno 
Domini millesimo . . . igesimo quarto 26 , die Martii obiit Ma- 
gister Dampmis Andrean de Marquien hujus ecelesiœ pastor 
vigesimus quintus. 

La 4e tombe est devant la porte de la dite chapelle : 
elle est d'ardoise et porte ces mots : Anno Domini 1290 
XL mensis Martii obiit Dompnus Abbas StephanuSy Yir pius et 
b&nignm in omnUms, hujus Ecclesiœ pastor sextus decimm. 
Anima ejus requiescat in pace. 

Je ne doute pas qu'il n'y ait beaucoup d'autres per- 
sonnes illustres^ qui aient choisi ce lieu si saint et si 
recommandable (comme nous voïons que les barons de 
Freauville ont tenu pour une insigne faveur d'y pouvoir 
estre inhumez) et qu'ils ne l'aient pris pour leur dernière 
demeure. Mais le malheur des temps et des guerres nous 
en ont enlevé la mémoire, ne nous permettant pas d'en 
dire davantage. 

Pour les Saintes Reliques gardées dans ce lieu^ nous 
avons une chasse de bois doré à costé du grand autel 
élevée entre les deux pilliers, et posée proprement, dans 
laquelle sont une bonne partie des corps desS.S. Andrian, 



Digitized by VjOOQIC 



- 26 -^ 

Gaydoce et Mauguille, religieux venus d'Ybernie au pais 
de Ponthieu, pour prêcher TEvangile, lesquels estans 
au lieu qu on nomme à présent St Riquier, dit pour lors 
Centule, et annonçans la parole de Dieu, comme vrais 
disciples de S^ Colomban, et venus avec luy pour cet 
effect en France, le peuple ne pouvant pas supporter 
l'éclat d'une si sublime doctrine, ny corriger les défauts 
qu'elle lui faisoit voir, se mutinoit allencontre de ces 
saints* et commençoit à les vouloir maltraiter, lorsque 
S* Riquier, jeune homme, entendant ce bruit, se trans- 
porta en la place, tira les saints des mains du peuple, sa 
noblesse luy donnant ce crédit , et les accueillit avec 
beaucoup de charité et de bienveillance dans sa maison, 
dont le fruit fut pour luy sa conversion par les saintes 
remontrances de ces grands personnages, et une emi- 
nente sainteté qui le rend plus illustre que tous ses 
biens et toutes ses autres rares qualitez. 

Ces saints continuèrent généreusement leurs pieux 
exercices dans Centule où ils bâtirent un monastère et y 
achevèrent saintement le cours de leur vie ; où leur» mi- 
racles joints à la perfection de leur vie les a fait recon- 
noitre pour saints et grands amis de Dieu. 

Si l'abbaie de S* Riquier conserve une partie de leurs 
saintes Reliques dans une fort belle chasse d'argent, 
doré, celle du Tréport se glorifie aussi d'en avoir une 
bonne partie, se rejouit de les avoir pour protecteurs et 
patrons, et ressent leurs mérites dans ses nécessitez par- 
ticulières en temps de sécheresse, lesquels implorez avec 
dévotion font voir quel accès ils ont auprès de Dieu, 
obtenans les pluies nécessaires pour les biens de la 
terre. 

Une autre protîeuse relique est un ossemcnt fort beau 
et long de S^ Sulpice, archevesque de Bourges, auquel le 
païs a dévotion, et l'invoque particulièrement pour la 



Digitized by VjOOQIC 



- 37 — 

goutte, qui est un st supplice, pour ceux qui en sont atta- 
quez, pour se corriger des excez qui leur ont laissé ces 
malheureuses gouttes, s'ils en veulent faire leur profit. 

Une 3c Relique conservée dans le monastère est quel- 
ques petits ossements de Si Vincent martyr, auquel le 
peuple a grande dévotion et particulièrement les femmes 
qui amènent leurs petits enfants pour les tranchées et 
coliques, pour lesquelles guérir elles leur font dire des 
Evangiles et Toraison du sainct. 

La 4e est une fort notable portion du bras de S* Biaise, 
eveque et martyr, lequel est invoqué pour le mal de 
gorges, et pour les os et arrettes qui pourroient rester 
au gosier. 

La 5« est un petit ossement d'un des doigts de Si Lau- 
rent martyr. Ces quatre portions de reliques ont esté 
faittes enchâssez en quatre bras d'argent par le soin et 
par la diligence des P.P. Bénédictins de la congrégation 
St Maur depuis leur établissement en la d . Abbaïe du 
Tréport- 

Ils ont encore fait enchâsser en deux ovales couvertes 
de lames d'argent quelques reliques de saints, dont les 
noms se sont perdus. Il en reste encore d'autrs parcelles 
inconnues qu'ils espèrent avec le temps et à la première 
commodité mettre plus décemment. 

Une sixième Relique est une partie du crâne de St Sa- 
turnin, archevêque de Tholose et martyr, qui est dans 
un ancien ciboire d'argent, et qui est reconnu du peuple 
pour guérir de la migraine, des maux de teste, et de la 
folie. 

La 7e Relique est un petit ossement de St Fiacre, qui 
est enfermée dans une petite Tourelle d'argent doré. La 
dévotion est grande à ce S^, et le peuple y vient en pelé - 
rinage pour le flux do sang, et pour un mal, qui prend 
aux doigts et particulièrement au poulce, nommé fie, 



Digitized by VjOOQIC 



- 28 • 

pour lequel guérir on bénit de Teau, disant l'Evangile et 
l'oraison du saint, et la bénissant avec le signe de la 
croix faite en prenant la Relique> et la passant par des- 
sus en forme de croix. 

n ne nous conste pas de quelle façon ces saintes Re- 
liques ont esté apportées ccans, ny comme ou par qui 
l'abbaie en a esté enrichie, la tradition, la dévotion et la 
possession que nous en avons nous établissent à la véné- 
ration que nous leur devons porter, et les effets que nous 
recevons de leur protection nous doivent confirmer dans 
la jouissance de si saints et si pretieux despots. 

Nous ne devons pas obmettre icy un cas fort étrange 
arrivé en ce monastère au fait de ces saintes reliques. 
Dans la nuict d'entre le 5 et 6e d'octobre 1666, des vo- 
leurs entrèrent dans la sacristie , forcèrent six ar- 
moires, desquelles ils enlevèrent deux calices d'argent 
doré, qu'ils y trouvèrent, il n'y eut que deux ar- 
moires , qui estoient audessus , et toutes à la main» 
auxquelles ils ne touchèrent point, où estoient toutes 
ces saintes reliques et tout le reste de nostre argenterie, 
ce qui me fait dire que ces saints se sont donnez pour 
une seconde fois à nostre Abbaïe, n'aïant pas permis 
que ces mains sacrilèges leur aient touché et aient privé 
cette abbaie de ce riche trésor, lesquels par leurs mé- 
rites et saintes intercessions soient l'ornement et la 
défense de ce lieu ! 



DB SAINT MAUGUILLE. 

Morlière dans son Recueil des maisons illustres de 
Picardie, f» 212, dit qu'Enguerran puisné de Boufflers, 
en 1415, devint prisonnier des Anglois à la journée 
d'Azincourt, et qu'à l'exemple du Roy S* Louis, lequel 



Digitized by VjOOQIC 



- 29 - 

donna au Sultan d Egypte la sacrée hostie avec le ciboire 
pour hostage de sa foy, il mit aussi entre les mains de 
l'Anglois qui le detenoit prisonnier une partie du test 
de sainct Mauguille qu'il avoit chez soi, dont le corps est 
enchâssé dans l'abbaie de St Valéry là auprès pour 
gages de sa rançon, qu*il vint au plus vitte amasser en 
son pais» et l'envoïa en Angleterre, retirant son reli- 
quaire, qu'on voit de présent en Teglise de Boufflers. 

Faut mettre au lieu de TAbbaïe de St Vualery, celle de 
Se Riquier ou du Tréport, qui paiiagent ensemble ce 
précieux depost. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE VIL 

DES 4BBÉS INSTAURATEURS £T REPARATEURS 



L'Abbaïe, comme les autres choses de ce monde, estant 
sujette au changement, et aïant ressenti par diverses 
fois les revers de la fortune par pilleries, incendies, 
guerres ou autrement, seroit demeurée anéantie et acca- 
blée sous les ruines, si Dieu, qui la chérit, et le grand 
archange S» Michel, son patron, qui la tient sous sa pro- 
tection n'avoient de temps en temps suscité des per- 
sonnes de courage et d'esprit, pour la relever et la 
remettre dans sa première splendeur. 

Le premier que nous trouvons y avoir mis la main, 
c'est Alberic, que nous mettons le 8« au rang des Abbez, 
et qui est dit en estre le premier edificateur. Il ne se 
peut pas dire que les autres abbez ses prédécesseurs 
soient demeurez les bras croisez, et qu'ils n'aient tra- 
vaillé, aidez de la pieté et de la magnificence des comtes, 
pour faire une digne habitation pour le temple de Dieu, 
et pour loger ses sei'viteurs ; mais peut estre que celui-cy 
mit les choses en meilleur ordre et leur donna la der- 
nière main de beauté et d'aggrement, ce qui luy a acquis 
la gloire de l'avoir premièrement bâtie. 

Henry j Abbé 13, emporte encore avec soy ce glorieux 
titre qu'il a esté hujtts cœnobii reœdificator nobilissimus. 
Pour lo faire il y emploia tous ses soins, il s'addressa 
aux puissances, et exposa à Odo, archevesque de Rouen, 
en 1245, qu'il estoit dans le dessein de faire au Tréport 
une somptueuse église, ce qu'il ne pouvoit à moins que 



Digitized by VjOOQIC 



- 31 - 

d*estre aidé des aumônes des fidèles, qu'il ne pouvoit 
obtenir que par sa permission, et par les indulgences 
qu'il accorderoit à cette fin, ce qu'il luy concéda très 
volontiers. 

Jean Âbbé 19, aïant trouvé Tabbaïe en un piteux estât 
tant pour le temporel que pour les bastimens, feit ce qu'il 
peut pour remédier aux desordres, et mettre le tout en 
meilleur estât 

Il feit faire les cloches, il feit refaire et remaçonner la 
nef de l'église et accommoda les lieux réguliers. 

Jean^ Abbé 22,. Dans le Necrologe il est appelé istius 
Eecksiœ reœdificator et reparatornoblissimttg et pastor 22. 

11 eust de quoi emploïer son zèle, d'autant que sous 
Nicolas, Abbé 20, TAnglois descendit en ces costes. mit 
tout à feu et à sang, brûla Mers, Monthuon et le Tréport 
et réduisit tout en cendres. 

RichartdeLonguemort, Abbé 24, dans le mesme livre est 
aussy appelé recter et reœdificator nobilissimus. 

Le feu va bien plus vite que les mains. En moins de 
deux heures de temps il feit plus de place pour bâtir, 
qu*en trente ou quarante ans on n*en peut reparer, et 
par ce moïen il donna lieu à beaucoup de se signaler en 
reparant ses ruines. 

Oultre ces réparations ce bon abbé augmenta beaucoup 
le revenu de l'abbaïe et feit beaucoup d'acquêts et d'ac- 
commodements dans les dépendances. 

André de Marquien^ Abbé 25, reçoit pour Taffection 
qu'il a apportée pour la décoration de l'église cet éloge, 
et est dit rector et reparator nobilissimus capellœ Beatœ Ma- 
riœ Virginis, qui est fort bien prise, la charpente fort 
belle et bien percée. Il est enterré dans la mesme cha- 
pelle sous une tombe d'ardoise, qui se void encore pour 
le présent. 
RichartdeLonguemort,2^de cette famille, et 26» abbé, em- 



Digitized by VjOOQIC 



- 32 - 

porte aussy avec soy cette belle qualité {nobilimmus reœdl- 
ficatêr). C'est de luy qu'on tient que le jubé, les chaires, 
et ce qu'il y a de plus beau dans nostre esglise, a esté fait 
C'est un des derniers Âbbez Réguliers, qui s*est surmonté 
pour faire tout ce qu'il pouvoit faire de plus avantageux 
pour la gloire de Dieu et du lieu. Bien en prend, car 
depuis sont venus les Âbbez comendataires, desquels il 
est plus facile de compter les aliénations que les acquêts, 
les ruines que les réparations. Et il est à voir qu'aucun, 
depuis 1523, que François De Clèves a esté establi abbé 
commendataire, ait fait aucun accomodement ou augmen- 
tation à l'abbaïe, ou à Teglise, qu'au contraire ils la voient 
tous les jours dépérir sans s'en soucier, et s'ils l'entre- 
tiennent de quelques couvertures, c'est plustot la honte 
et l'infamie publique qui les y porte, que l'obligation de 
leur devoir, et l'acquit de leur conscience qui les y 
pousse. Dieu jugera entre les uns et les autres. 

Rkhart, 27» Abbé et dernier des Réguliers, est nommé 
dans l'ecriteau de la grosse cloche en 1506. qu'il la feit 
fondre avec trois autres Richart le Pesant, où il est 
parlé des cloches. (Voir plus haut page 23). Il se trouve 
sur les d. cloches un ecusson. 

— Le Révérend Père Dtm Benoist Coquelin autheur de 
cet Histoire, et premier Prieur (qui a pris possession de 
ce monastère le deîàœieme jour d'avril mil six cens soixante 
et y a introduit les usages, observances et régularités de la 
congrégation S^ Maur) doit être considéré comme le principal 
Restaurateur du spirituel et temporel qu*il trouva icy dans 
un très pitoyable état à cause des commandes, sources fu* 
nestes de tous les malheurs qui peuvent affliger une maison 
Religieuse (1). 

(i) Nous conservons à leur place ces quelques lignes intercalées 
par une autre main dans l'œuvre de Don Coquelin. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE VIll. 



DES ASSOCIATIONS DE L'aBBALE. 



La charité a toujours esté ingénieuse pour trouver les 
moïens de se conserveries uns les autres. Les Abbaïes. 
qui n*estoient point en congrégation, et qui estoient indé- 
pendantes, dont les abbez estoient perpétuels, n'ont pas 
esté exemptes de difûcultez, soit de la part des supé- 
rieurs qui commandoient avec trop d'empire et de 
rigueur, soit de la part des inférieurs, qui se lassoient 
d'estre sous un mesme joug, et s'efforçoient de le secouer, 
pour avoir plus de liberté. 

Pour remédier à ces desordres, les plus sages et avisés 
ont fait choix de ce moïen, qui a esté de s'associer avec 
d'autres communautez qui seroientlieu d'asile pour ceux 
qui s'y refugiroient, lesquels ne pourroient estre tenus 
pour apostats, tandis qu'ils y seroient; que cependant ce 
seroit à la prudence et à la charité du supérieur ou abbé 
qui auroit receu le Religieux, d'apprendre ses griefs, voir 
son Abbé, et remettre les esprits en bonne intelli- 
gence. 

C'a esté un des motifs pour faire ces saintes societez- 
11 y en a eu encore d'autres, qui n'ont pas esté seulement 
pour remédier au mal, mais pour avancer le bien, sça- 
voir pour se rendre les devoirs d'hospitalité les uns aux 
autres, pour entrer dans l'esprit de fraternité les uns 
avec les autres, de participer mutuellemeni aux prières, 
aux bonnes œuvres, et après la mort avoir- plus de 
3 



Digitized by VjOOQIC 



messes et de suffrages pour ie repos de Tame du dcccdé. 
Heureuses liaisons, lioureux complots, heureuses societez 
qui ne sont point pour faire des cabales, qui no sont 
point pour faire des monopoles et troubler le public ! au 
contraire elles n'ont d'autre but que la paix, le bien, la 
charité, et de s'unir plus étroitement à Dieu, ce qui ne 
peut lui estre que très agréable, comme Tenant de luy, et 
retournant à luy. 

Nostre Abbaïe n'a point reculé d'entrer dans ces saintes 
associations. 

La 1^ que je trouve en 1161. est entre Richart, 
Abbé 7 du Tréport, et Roger, 5. abbé d*Eu, lesquels, 
pour assoupir les procez qui ayoient duré longtemps 
entre ces deux abbaïes, transigèrent à l'amiable de tous 
leurs différons, et feirent ceste société par ensemble, du 
consentement du comte Jean, que l'Abbé du Tréport 
iroit, le jour de la Nativité Notre-Dame, dire la grande 
messe solemnelle dans Teglise d'Eu, et celuy d'Eu feroit 
le mesme au Tréport, le jour de S* Michel. 

29 Que si quelque Religieux de l'une et l'autre abbaïe, 
par quelque faiblesse et tentation vient à sortir, et va en 
une des d. abbaîes, il y sera receu honorablement huict 
jours durant, lesquels passez, si pendant ce temps on n'a 
peu moienner sa paix, qu'il sorte et aille où il voudra. 

3« Qu'en cas que par cy -après il arrivast decord entre 
les d. abbaîes, la 1^*« qui fora proposition d'en convenir 
à l'amiable, sera remboursée de ses dépenses, pieuse et 
charitable pœnitence (Gurtul. f. 55» et transcrit plus 
bas.) 

La 2* société que marque nostre Cartulaire est celle de 
Richard, abbé de St Martin d'Aumalo et son chapitre avec 
l'abbé et couvent du Tréport, par laquelle il les unit à 
son abbaïo au temporel et au spirituel pour y donner 
pouvoir ii l'abbo du Tréport de choisir des siens ceux 



Digitized by VjOOQIC 



•^ 3r, ^ 

qu'il jugera propre pour s'en servir ; si quelqu'un des 
siens, à raison de discorde, se retire dans Tabbaïe du 
Tréport, qu'il y soit receu et retenu par l'espace de trois 
mois jusqu'à ce qu'il se soit réconcilié ou qu'il soit jugé 
devoir estre chassé. Pour les defuncts, chaque presbtre 
dira trois messes, chaque clerc trois psautiers, et les 
laïcs 300 Pater et Ave ; et pour Tabbé défunt sera fait un 
anniversaire de part et d'autre. Fait en 1219. 

La 3% marquée dans le mesme livre, est entre 
Simon, abbé de Briostel et couvent, et l'abbé et couvent 
du Tréport, lequel baille à rente perpétuelle ce qu'il 
avoit de salines dans les marests du Tréport, et les héri- 
tages et rentes qui leur appartenoient par deçà sous cer- 
taines redevances de sel. 

Et pour plus grande seureté de ce con tract ils asso- 
cient les Abbé et couvent du Tréport à la participation 
de toutes leurs prières et bonnes œuvres, s'obligent, au 
décès de chaque Religieux du Tréport, de faire dire par 
chaque presbtre, une messe, parles clers 50 psaumes, et 
par les laïcs 100 Pater, et aussi ceux du Tréport demeu- 
rent obligez à la pareille ; fait en 1225. (Cartulaire f« 49, 
transcrit plus bas). 

Je trouve une 4e société entre les frères Hospitaliers 
de Jérusalem et Tabbaie du Tréport, laquelle les associe 
pour TEglise et pour la terre qu'elle avoit d'ancienneté 
aux champs et qu'elle pourra acquérir, à condition d'avoir 
la moitié dans les terrages, et dans tous les revenus de 
Teglise et de la terre, sçavoir les dixmes, obligation et 
dons des vivants et des morts ; si les uns et les autres 
acquièrent quelque chose dans la paroisse et qu'ils le 
fassent en commun, ils le posséderont aussi en commun. 
Le presbtre ne sera point mis dans la dite église que du 
commun consentement de l'abbaïe et des frères hospita- 
liers, lesquels pourront bastir le dit village y mettre de» 



Digitized by VjOOQIC 



- 36- 

hostes, et auront le four libre pour leur usage. Fait en 
1141. (Cartulairef«46). 

Une 5* société a esté avec Tabbaïe de Sery, à laquelle 
l'abbé et couvent du Tréport donnèrent la cure de 
St Severin, et entr* autres conditions celle-cy en fut une, 
que toutes fois et quantes que Tabbé et les moines du 
Tréport iroient chez eux, ils seroient tenus de les rece- 
voir honorablement dans leur hostellerie. Fait en 115ù. 
(Cartul. fo 47 transcript plus bas). 

Nostre Necrologe nous cotte encore trois autres socie- 
tez en ces termes. Annodomini 1501, die IQ.julii, RottUtis 
Su Bertini nobis présentât^ fuit. Oramus pro vestris, orate 
pro nostris animœ omnium fidelium defunctorum per miseri- 
cordiam Dei sitiefine requiescant in pace. Amen. 

Pro nostris vota fratres conferte rogamus ut prece devota 
pro vestris sic faciamus. 

Eodem anno 1507 die 8 septembris, Rotulus S" Bavonis juxta 
Gandavum ordinis S"* benedicti Tomai^ensis Diocesis, nobis 
presentatusfuit. 

AnnoDomini 1510., die S, Aprilis Rotulus, S'* jEgidii de 
Provencia n^bis prescntatm fuit. 

Ces Rouleaux estoient une sorte d'association de priè- 
res pour les defuncts, qui estoit fort en pratique autrefois 
que les monastères n'estoient point en Congrégation. On 
envoioit un hommo qui portoit ce rouleau en blanc par 
tous les chapittres ou collèges associez, et mesme à d'au- 
tres ausquels le défunt ou la defuncto avoient légué quel- 
que aumône ; et après que le porteur les avoit asseuré 
de la mort du defunct, ou defuncte. le sacriste ecrivoit sur 
le rouleau, que le porteur estoit venu, et qu'on avoit sa- 
tisfait aux prières, et en faisoit notte particulière aussi 
pour le monastère, comme ce rouleau avoit esté présenté, 
du jour et de Tan. La façon de le recevoir estoit de dire : 



Digitized by VjOOQIC 



- 37 - 

ÂninuiN. requiesccU inpace. Animœ omnium etc. tUsupra^ 
ofamus pro vestris etc. 



COPIE DE l'association DES TEMPLIERS. 



Quoniam vita hominum brevis, et memoria eorum 
labilis, antiquitas res gestas scriptis annolare curavit. 
Idcirco ego, Dei gratia, Abbas de Ulteriori Portusequens 
vestigia cum consilio et assensu totius nostri capituli, 
notum facere volumus, tam presenlibus, quam futuris, 
fratres Hospitalis Jérusalem in ecclesiam, et terram quam 
habemu3 ab antique Campis et Deo annuente, ab boc die 
acquirere poterimus, in perpetuum associare, eo tenore 
ut medîetatem habeant in terragio, et omnibus terre et 
eoclesie redditibus, videlicet decimîs oblationibus, et 
donis tiim vivorura, quam mortuorum : nos vero babe- 
bimus medietatem in omnibus supradictis, et etiam in 
omnibus que fratres Hospitalis infra parrochiam gratis 
acquirere poterunt. Si vero nos vel ipsi fratres quamlibet 
terram infra parrochiam pretio, vel vadimonio, vel censu 
acquirere poterimus communitei' dabitur communiter- 
que possidebitur. Presbiter vero in memorata Ecclesia 
non ponatur donec communiter concedatur. Idcirco 
hanc concessionem sigillé nostro firmavimus ut ipsi fra- 
tres villam ediflcent, bospites ponant, totamque villam 
et bospites habeant, exceptis illis quse ad nostram Eccle* 
siam pertinent. Sed monachi ibidem Deo servientes in 
furno et camba, absque forragio, et cambagio, panem et 
cerveisiam facient ad proprium usum et ligna et ser- 
vientes invenient. Tterum nos monachi volontés fieri 
participes orationum quae fiunt Jérusalem, concedimus 
dictis fratribus medietatem omnium decimarum, et terra- 



Digitized by VjOOQIC 



-38- 

mm quas habemus in villam de Goi, vei in futurum 
habebimus. Actu mest» anao W.C\ XL*. P ab incarna- 
tione Domini. 

ASSOCIATION DE SAINT MARTIN d'aUMALB. 

RicardusDei permissione Sancti Martini de Albemarla 
âbbas, et ejusdem loci capitulum omnibus litteras ins- 
pecturis salutem et in vinculo pacis unitatem spiritus 
conservare. Quamvis omnes generaliter fratres ejusdem 
ordinis unum esse, sicut in homeliis dicit Beatus Grego- 
rius, censeantur ad celeriorem taoïen a peccatis absolu- 
tionem per plura suffragia promerendam, et ad divin» 
propitiationis indulgentiam facilius et citius obtinen- 
dam, statuimus et volumus, ut monasterium nostrum 
monasierio Sancti Michaëlis de Ulteriori Portu specialiter 
cohœreat, et in perpetuum uniatur, tam in temporalibus 
quam in spiritualibus, salva regulari disciplina, salve 
penitus ordlne. Statuimus etiam ut abbas de Ulteriori 
Portu de fratribus nostris et monachis aliquos sibi ne- 
cessarios et utiles, si voluerit, per abbatis nostri licen- 
tiam, ad se vocet in suo monasterio quamdiu voluerit 
moraturos, exceptis in mtgoribus utilitatibus apud nos 
accupatis, quos tamen apud eos commorantes ad majo* 
rem vel parem utilitatem poterimus revocare. Sed quam- 
diu pênes eos morabuntur, victum ibi regulariter réci- 
pient et vestitum. Si quis etiam de nobis ad ipsos causa 
discordise diverterit, adseorum plenarie in consortium 
admitetur, donec infra très menses cognita causa reconci- 
liari debeat secundum regulam vel expelli. Pro defunc- 
tis autem nostris singuli sacerdotes très missas^ simi- 
liter clerici tria psalteria, singuli laici trecentas 
orationes dominicas, et in commun! intercœnale facere 
tenebuntur. Abbatibua autem tune etiam defunctis tam 



Digitized by VjOOQIC 



- 39 - 

nostris quam suis, apud nos et apud ipsos ânniTersaria 
persolventur. Si quis autem scienter contra statutum 
iilud venire presumpserit^ in communi nostro capitule 
sôiioverit excoznmunicationis sententia fuisse solem- 
niter innodatum. Actum anno Domini incarnationis 
M» GCo XIX9. mense januarii. 



▲880GUTIOK DE L ABBÀIE DE SERT. 



Universis presentem chartam inspecturis aut audituris 
salutem humillimam.Nos Prior, subprior denique omnes 
religiosi AbbatisB domin» Marisa Seriacse, postquam a 
7obis Tiris pic et religiose viventibus quamdam chartam 
accepimus datam 28 octobris hoc anno 1574 subscriptam 
signis manualibus dominorudi videlicet vicarii^ prioris, 
subprioris et reliquorum religiosorum vestrse abbati» 
et conventus de Ulteriori Portu in qua quidem agebatur 
deuna fraterna, christiana et spirituali amicitia qu» 
vobis ab omni anno nobiscum insemnit, et altis fixa radi- 
cibus semper constitit, et ut in perpetuum confirme tur et 
eorroboretur. Ut tandem persistes, et omnium orationu m 
vestrarum tnm generalinm tum specialium participes fieri 
possimusy sicut ctiam vos esse participes nostrarum vo- 
lumus hisque de causis nos laetitia summa affecti et lœti 
hac sincerd perfecta et spirituali vestra in nos pietate as 
necessitudine desiderautes rationem reddere secundum 
tenorem et formam vestree chartœ a nobis accept» pro* 
cessimus. Quse quidem e^^t hujus modi, quod nobis in 
eapituio nostro ad sonum tympan i collectis et congre- 
gatis ut pro more habemus prier vorbum de verbo et 
^listincte vestram chartam pcricgi jussit, atque post 



Digitized by VjOOQIC 



— 40 - 

illios accuratam explicationem voluimus et consen- 
timus Volumus et consentimus ad nostrse vulgaris, sed 
spiritualis et fraterno amiciti» vinculum tuendum ut 
Religiosi vestrse abbati^, qui posthac e vita in aeternam 
Domini discedent, in nostro Matyrologio iaserantur, et 
inscribautur. Prœterea a vobis petimus, ut diem obuits 
Religiosorum nobis patefaciatis ut statim pro eorum 
animabus orare possimus, vigilias atque animarum co- 
mendaticnes cantare, tum vero servitium funèbre cum 
tribus missis altis et solemnibus celebrare, idque intra 
trîgesimum diem obitus Religiosi aut Religiosorum 
vestrsB abbatise, cujus aut quorum nomina et cognomina 
nobis nota facientes et singuli missam privatam célébra- 
bimus, vobis poUicentes et affirmantes in quacumq 
Missa et dlvino servitio nostr» ecclesiœ nos ad Deum 
preces fundere pro illis et fundatoribus, quales facimus 
pro nobis, nostris confralribus et fundatoribus, qu» 
omnia supradicta, omnium concessu pollicemur, et attes- 
tamusy ac fide et spe ducti, ut supra dictum vicarium, 
priorem, subpriorem, et reliques Religiosos dictae abba- 
tise de Ulteriori Portu eadem nobis factures, et ad conser- 
yationem nostr» mutuse amicitise et fraternitatis con- 
tract», nos singuli, et communiter obligamus et promi- 
ttimus, Deo favente, supradicta absolvere, et aggressari 
quarta dominica proxima adventus, quo die facimus 
processionem, et cantabimus Te Deum laudamus 

Supplicantes ut nostris institutis aspiret^ et a nobis 
hsec omnia inchoata ad Deum, usque verissimum finem 
persistant, quem precamur ut vobis prosperum vale 
donare, et suam gratiam ; nos vobis humillimam salu- 
tem impertientes. Valete in Domino Jesu. Datum in 
nostra Abbatia Seriacea domoque vestra, sub nostris 
manualibus syngraphis 15 die mensis decembris 1574. 
Sic signatum Sorim : F. I. L'obligeois, Fr. Michaë 



\ 



Digitized by VjOOQIC 



- 41 - 

Fenel Fr. de Beaurin, Fr. N. Asselin. Fr. Macand 
Gorin, Fr. Petr. CoUinart, Fr. Antonin Petit, Fr. Joannes 
Pecquet, Fr. Bernard de Rieu, Fr. N. Masse. 

DE l'office du PREVOST DE l'aBBAIE. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront, 
Laurent de la Motte, garde du seel des obligacions de la 
baillie D'Eu, Salut. Gomme jà piecha feu Michel Beau- 
vés, au temps de sa vie, fut prevost fieffé perpétuelle- 
ment à fin d'héritage, à cause de ses prédécesseurs, de 
Messcigneurs les Religieux abbé et couvent du Treport, 
en la d* ville du Treporten leur flef et ensement au ma^ai^^ 
d'iceluy lieu nommé les salines ou la terre boueuse, à 
cause de laquelle prevosté iceluy Michel tenit certains 
héritages. Après le trépas duquel Michel Beauvés la suc- 
cession de la dite prevosté d'iceux héritages soit donnée 
et descendue à Michel Maledenrée, boucher ; Guillaume 
Vuales dit Vualot, et «i Guillotin Obelet, lesquels Vuales 
et Obelet aient vendu, délaissé ou transporté au dit 
Maledenrée Tofflce de la d. prevosté avec les profits «^ 
icelle appartenans en tant qu'il touche le vivre que le 
d. Michel Beauvés et ses prédécesseurs avoient accou- 
tumé de prendre à la d. abbaïe sur les dits Religieux, avec 
les autres droits et profits à icelle appartenant, si comme 
par lettres sur ce faites, desquelles la teneur ensuit, 
peut apparoir : 

A tous ceux qui ces lettres verront ou orront, Laurent 
delà Motte, garde du seel des obligacions de la baillie 
D'Eu, Salut. Comme naguerres feu Michel Beauvés soit 
allé de vie à trespàsseraent, et la succession de luy , entant 
que touche ses héritages, possessions , soient venues et 
descendues à Michel Maldenrée, boucher, Motin Vuales 



Digitized by VjOOQIC 



- 42 - 

et Qillotin Obelet, ses héritiers^ et pour ce que Ton dit 
que les d. héritages ou partie dlceux sont sujets à faire 
office de prevosté à religieuses personnes et honnêtes les 
Religieux abbé et couvent du Tréport, les dessus d. ont 
fait sur ce appointement pour eschiver à procès selon ce 
qui s*ensuit. 

Scachiez que par devant Perrotin Laisié, clerc Tabel- 
lion juré des lettres de la d abbaïe, si comme il nous a 
tesmoigné, furent présents le d. Obelet et Vuales» lesquels 
tant pour eux que pour leurs hoirs, de leur bonne vo- 
lenté, sans contrainte, reconnurent avoir quitté et dé- 
laissé afin de perpétuel héritage au d. Maledenrée et à 
ses hoirs tout tel droit, action, profit et seigneurie qu'eux 
et chacun d'eux ont, peuvent avoir, ou pourroient avoir* 
reclamer ou demander, en tout ce que les d. Religieux 
sont tenus faire bailler et délivrer pour le temps advenir 
aux hoirs ou aïant cause du d. defunct à cause et pour 
raison du dict service de prevosté moîennant, et parmi ce 
que le d. Maledenrée et ses hoirs ou aïans cause, acquit- 
teront les dessus d Vuales et Obelet et leurs hoirs du ser- 
vice deu aus d. Religieux à cause et pour raison de la d. 
prevosté, tellement que à cause de ce n'aient aucun dom 
mage et voudront et accorderont les dessus nommez 
et chacun d'eux, tant pour eux comme pour leurs hoirs, 
que le d Michel et ses hoirs aient^ jouissent, prennent 
et lèvent tieux droits , profits , franchises et liber- 
tez , qui à la d. office de prevosté appartient et doit 
appartenir, sans ce que pour le temps advenir les dessus 
nommez ne leurs hoirs y puissent jamais aucune chose 
demander, ne reclamer pour lequel delay fermement 
tenir, entériner et accomplir, sans jamais aller de rien 
au contraire, les dessus nommez et chacun d'eux obli- 
gèrent tous leurs biens et ceux de leurs hoirs^ meubles 
et héritages, présents et advenir, à vendre et dépendre 



Digitized by VjOOQIC 



- 48 — 

par tout et sous qui juridiction ils seront trouvex et de 
rendre tout coutz et despens qui seront faits et soute- 
nus en défaut de ce tenir, comme dit est, dont le porteur 
de ces lettres sera tenu par son serment sans autre preuve 
faire. Et fut à ce présente Aelis femme du dit feu Mi- 
chel Beauvés, laquelle, tant pour elle comme pour ses 
hoirs, renonça et délaissa en la main du d. Michel Mal- 
denrée tout ce qu'elle ou ses aïans cause peuvent ou 
pourroient avoir, demander ou reclamer es dittes fran- 
chises, droictures et libertez dicelles prevosté^ tant à 
cause de domaine que autrement. En témoin de ce 
nous avons mis à ces lettres le seel des d, obligations 
à la relation du dit Tabellion, sauf tout droit. Ce fut fait 
le 13 jour de février l'an 1408. P. Laisié. 

Sachiez que pardevant Pierre Laisié, clerc Tabellion 
juré des lettres de la baillie si comme il nous a témoigné 
fut présent le dit Michel Maledenrée, lequel pour son 
clair et évident profit, pour plusieurs bonnes et justes 
causes qui à ce le mouvoient, et en usant du dit 
transport par les sieurs Vuales et Obelet convient bailler 
et avoir fait tant pour luy comme pour ses hoirs par 
manière d'escroe, denomement ou d'adveu ce qui 
s'ensuit. 

C'est à sçavoir que le d. Michel Maledenrée, ses hoirs 
ou aïans cause à la cause et au titre cy-dessus déclaré, 
et comme héritier en partie du d. feu Michel Beauvès et 
est et sera tenu pour le temps advenir de faire le service 
delad. prevosté bien et deuement ainsi qu'accoutumé 
a esté, soit pour faire adjournement, justice, délivrance, 
arrest, ou autres exploits de justice à la d prevosté 
appartenant es ûefs de mes dits seigneurs et au dit lieu 
du marais et appartenances. Et avec ce le d. Michel 
prevost, ses hoirs ou aïans cause, sa verge en 
sa main pour aller h la dite procession, est et sera tenu 



Digitized by VjOOQIC 



- 44 - 

de venir à la dite église aux jours et processions solen- 
nels devant M. Tabbé, et aussi servira en salle à iceux 
jours et fera autres services qui luy seront induits, ainsi 
qu'accoutumé a esté à faire en temps passé, pour la- 
quelle office faire et exercer bien et deuement et comme 
dit est, le dit Michel, ses hoirs ou alans cause, aront et 
devront avoir des d. Religieux les choses qui en- 
suivent. 

Premièrement chacun jour un pain blanc et un bis 
tel que les d . Religieux mangent, demie pièce de chair, 
quand Ton mangera chair, et du potage tel que mes d . 
seigneurs aront, et au jour que Ton mangne poisson, 
quatre harengs et cinq œufs ou trois pièces de 
poisson, si c'est poisson qui se coupe, ou trois autres 
poissons. 

Item pour sa boisson ara chacun an quatre hambours 
de cervoise à quatre termes accoutumés, est à sçavoir 
Pasquos, St Jean Baptiste, St Remy, et Noël, à chacun 
d'ieux un hambour de cervoise telle que les d . Reli- 
gieux boivent et bevront Item à chacun d'iceux quatre 
termes un gallon de vin. Item, le dit Michel Maledenrée, 
et les dits Vuales et Obslet, à la cause dessus déclarée, 
et de la dite prevoste, tiennent une masure édifiée assise 
en la paroisse du dit lieu du Treport jouxte d'un costé 
aux hoirs Jean de la Vacquerie, d'autre costé et d'un 
bout à la me, et d'autre bout aux hoirs Nicolas Harenc, 
et en doivent par an à l'office du chellier cinq sols à la 
St Remy et à Pasques, laquelle mazure Elise Beauvés, 
deguerpie du d. feu Michel Beauvés, doit tenir sa vie du- 
rante, tant seulement, laquelle office de prevoste le dit 
Michel Maledenrée, tant pour luy comme pour ses hoirs, 
tendra dorénavant de mes d. seigneurs les Religieux 
par les moiens, conditions et raisons dessus déclarées. 
Et à ce obligea tous les héritages à la d prevoste appar- 



Digitized by VjOOQIC 



— '45 - 

tenans avec le vivre dessus déclaré. En temoiu de ce 
nous garde dessus d , à la relation du d. Tabellion, avons 
mis à ces lettres le seel des d. obligacions ; sauf autruy 
droit. Ce fut fait Tan de grâce 1409 le 18. jour du mois 
de may, présent Guillotin de Rebœuf, Messire Robert 
le Mougnier, prebstre, Guillaume Hellebon et autres. 
Ainsi signé P. Laisié* 



CHARTES DES PRIEURÉS* 



DU PRIEURÉ DE SAINTE CROIX. 

Dans le Cartulaire fol. 22 ces termes sont couchez 
touchant la fondation de ce Prieuré. 

Dum vero ad Eclesiam Sancti Michaelis corpus vene- 
rabilis comitissse Beatricis ad tumulandum défèrent^ fe« 
retrumque ejus in loco qui Flamengivilla dicitur, cum 
deposuissent, comas Robertus eumdemlocumSanctoMi- 
chaeli dédit, et ecclesiam ibi in honorem vivificae Crucîs 
construere fecit, in qua unum de Monachis Ecclesi» 
manere prœcepit, et ad ejus victum quod abbas misis- 
set, terram unius carrurati et partem su» varenn». 

Henri Abbé du Tréport en 1324 quitta à Raoul comte 
d'Eu ce droit et ce don de partie de la garenne qu'il re- 
demandoit au dit Comte. Pour les terres elles sont dans 
l'enclave du dit Prieuré. 

FIEFFE DES TERRES DE SAINTE CROIX. 

Vuillelmus Ultriportensis Monasterii abbas et totus 
ejusdem loci conventus omnibus ad quos présentes litte- 



Digitized by VjOOQIC 



- 46 - 

rsB per?«nerint salutem. Concessionem et donationem 
quam Rustenus Ai)bas pi*»decessor aoster Gisleberto 
Medico de Focarmont de prœdio FlamengevillsB fccissc 
perhibetur ratam habentes, prsBfato G. et heredibus ejus 
dictam prsBdium cum pomerio et terifa arabili ad illud 
pertinente» et prseterea quicquid juxta in capella Sanctae 
Crucis infra prœnominatum prsedium sita habebamus, 
concessimus habendum , et in perpetuo possidendum 
ssepefato G*, pro supradictis omnibus nobis annuatim 
XII. solid. sterlingorum reddente, vi. in Natali, totidem 
in festo Beati Johannis Baptistae. Ad hsec dictas, G. 
sive hères ejus nobis hominium faciet. Et ut mo- 
nasterio nostro fidelior atque devotior existât, reci- 
piemus eum in fratrem, orationum ecclesiae nostrae 
ipsi participationem concedentes. Ut autem conces- 
sio ista futuris lemporibus rata maneat et incon- 
cussa, eam presenti scripto confirmamus, et sigilli 
nostri munimine roboramus. Testibus Juliano Priore, 
Ricardo de Sota Villa, Godardo de Grandi curia, Gau- 
frido de Augo, Eustatio, cum omnibus aliis fratribus, 
Henrico Comité Augi, qui ex parte sua istam donationem 
concedit, Roberto de Sancto Petro, Willelmo Strab., In- 
gerramno de Fresceneum, Thoma de Briencon, cum Bar- 
tholomeo et Johanni fratribus suis, Vualtereo de Scote- 
nis, Villelmo Bloette, Gilleberto de Sancto Audoeno, 
Rog. de Masnials, Vuillelmo clerico de Doverent, et 
aliis multis. 

Cet acte non datte, peut auoir esté fait environ 1179, 
auquel temps Henry Comte d'Eu qui le ratifie, nous 
donne la ratification de notre Monastère. 



Digitized by VjOOQIC 



- 47 - 



DU PRIEURE X>B HORNOT. 



Universis Christi fidelibus ad quos presens scrîpttim 
pervenerit egoBernardus Vavassor de Buesencort notum 
facio quod ego, pro salute animse mex et antecessorum 
meorum, voluntate et assensu Gecilise uxoris mesB et 
Gerardi, fîlii mei, Ecclesise Bise Mari» de Horneio, 
et monachis ibidem Deo servientibus, in perpetuam ele- 
mosynam contuli oclavam partem terragii, et dont quae 
habebam in territorio de Buesencort insuper. ..gium 
eam dono sex jagerum quœ Baldus de Gonoeio hseredi- 
tarie de me tenebat... bam. Percipiet ecclesia prsefataoc- 
tavam partem releviorum et venditionum in cuncta 
donatione. Ut autem hsec donatîo firmiter observetur, 
presens scriptum jam dictse Ecclesiae sigilli mei munimine 
roboratum dedi in testimonium et munivl, anno Domini 
incarnate on is Hillesimo CG.XXII. 

Sur le reply sont encore les attaches du sceau. 



ACCORD POUR LES DIXHES J> ORIVÀL 

Universis Christi fidelibus ad quos présentes litter» 
pervenerint, G. (1) dictus Abbas Augi, et H. Priorde Cal- 
ceya, et P. Prior Augi salutem in Domino. Noverit uni- 
▼ersitas vestra quod, cum causa verteretur inter Abbatem 
et conventum de Ulteriori Portu ex una parte, etGal- 
tcrumpresbyterum de Orivalex altéra, coramnobisjudi- 
cibus a domino papa delegatis, yidelicet super decimis 

(I) Ce G. estoit Guyon Abbé d'Eu» qui obtint la canonization de 
Saint Laurent Archevêque de Dublin, enterré dans l'egUse d*Ett et 
éclatant en miracles, Tan 1224, du pape Honoré 3. 



Digitized by VjOOQIC 



- 48 — 

de Orival et de Gallengiis, sopita est in bunc inodum. 
quod prœdictus Galterus tenebit easdem décimas ad 
firmam de jam dicto Abbate et conventu per lotam vitam 
suam, ita quod de eadem firma prsBdicto Âbbati et con- 
ventui reddetannualim infrafestum Omnium Sanctonim 
duodecim minas bladi, et duodecim minas avenae, et 
post obitum praedicti Galteri presbyteri jam dictae deci- 
mse, sicut ab eodem 6. presbytère coram nobis injure 
sunt recognitse ad jam dictum Âbbatem et conventum 
absque reclamatione de jure revertentur. Nos igitur 
litem inposterum prsecaventes, liane conventionem, 
sicut coram nobis determinata est, sigillorum nostrorum 
attestatione dignum duximus roborari. Actum anno 
Domini millesimo CC* XX» II®. 
La copie de cet original est en forme de Chartre. 

DU PRIEURÉ DE LA FRESNOIE. 
DON DE PAST.* 

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris, 
quod ego Hugo de Greseio illam procurationem quam 
clamabam in abbatia Ulterioris Porlus, ad festum sancti 
Michaelis, in pane et vino et carne pro décima de Fraxi- 
no dono, et quietam dimitto Deo et praedictae ecclesi» in 
perpetuam elemosynam de me, et de omnibus beredibus 
mets, pro salute animœ meae, et omnium antecessorum 
meorum, et présent! sigillé confirmd in presentia Do- 
mini Abbatis Arluri, et totius conventus cenobii. Testi- 
bus bis Ricardo de Blevilla, Berengerio de Cresei, 
Radulfo de Attel villa, Valterus de Reibon, Uadulfo de 
Blervilla, Robertus de Alebi, Ricardus de Sancto Mar- 
tine, Robertus Torber, Robertus clericus de Creisi. 



Digitized by VjOOQIC 



— 49 — 



ACCORD ENTRE LES ABBEZ DE SÂINT-FUSCIAN ET DU 
TRÉPORT. 

Universis présentes litteras litteras inspecturisG 
humilis abbas ecclesise Sancti Fusciani de Nemore, to- 
tusque ejusdem loci conventus^ Àmbianensis Diœcesis. 
salatem in Domino. Gum nos percipiebamus ab an- 
tiquis temporibus décimas quasdam, quas nos habe- 
bamus in territorio et pertinentiis de Bello campo ju- 
niore et de Fraisnoia, videlicet in cultura de Bretisel, et 
in pertinentiis earumdem, et in quocumqne loco existunt 
ultra Gaudamcomitissse, de DiœcesiRothomagensi, per- 
tinentes ad usus prioratus Sancti Germani Ambianensis 
Diœcesis, et e converso viri religiosi abbas et conventus 
monasterii Sancti Michaelis de Ulterlori porta dictse 
Rothomagensis Diœcesis perciperent et haberent simi- 
liter ab antiquis temporibus, quasdam décimas sitas in 
cultura de Bretisel in parrochia Sancti Germani praedicti, 
et in omnibus appenditiis pertinenribus adpriorem prio- 
ratus Sancti Nicolai de la Fresnoie dicte Rothomagensis 
diœcesis, videlicet in terris, et in curtillis sitis in diœ- 
cesi Ambianensi, noverint quod nos abbas et conven- 
tus dictse Ecclesise Sancti Fusciani dictse Ambianensis 
Diœcesis, de consilio bonorum, quittavimus, et quitta- 
mus in perpetuum prîBdictis abbati et conventui de Ulte- 
riori portu et priori prioratus Sancti Nicolai de la Fres- 
noie praedicti Rothomagensis Diœcesis totum jus et om- 
nem actionem quod et quam habebamus in prsedictis de 
territorio de Bello campo juniori et de la Fresnoie prse- 
dicte, et nos annis singulis tenemur reddere priori de la 
Fresnoie quatuor minas bladi ad mensuram Albemalliae 
et hoc nomine monasterii Sancti Michaelis de Ulteriori 
portu, et cum hoc très minas avense bon» et legalis ad 



Digitized by VjOOQIC 



- 50 — 

eamdem mensuram qusB minsB bladi et avenœ singuli» 
annis capientur in grangia prioratus Sancti Germani 
infra festum Omnium Sanctorum, et valor bladi débet 
esse quselibet mina seu denariorum minoris pretii blado 
meliore. Et modo prsedicti abbas et conventus Sancti 
Michaelis supradicti quitant nobis et quitaverunt omne 
jusetomnem actionem, quodet quam ipsi taabebant et 
habere poterant, ac reclamare in perpetuum in decimis 
quas habebant et percipiebant in Diœcesis Ambianensis 
pertinentiis ad priorem prioratus Sancti Germani ante- 
dicti. In cujus rei testimonium présentes litteras sigilio- 
rum nostrorum munimine fecimus roborari. Actum anno 
Oomini M. CG. octuagesimo primo, mense julio. 



DU PRIEURÉ DE CAMP l'aMIENNOIS. 



ACCORD POUR LA DEMEURE D UN RELIGnSUX. 

Divina permissione Ambianensis ecclesise minister 
humilis, omnibus ad quos presens scriptum pervenerit 
in Domino salutem. Ex informatione presenlium noverint 
universi quod, cum controversia diutius fuisset agitata 
inter viros religiosos abbatem et conventum Sti Michaelis 
de Ulteriori Portu, Rolhomagensis diocesis, ex una 
parte, et virum nobilem R. dominum de Arenis, ex altéra, 
super residentiam unius monachi de eadem ecclesia, 
quem dictus miles volebat continue residere in villa qua 
dicitur de Campis, ut ibidem in ecclesia ejusdem ville 
celebraret divina, sicut debebat, pro subsidio animarum 
antecessorum suorum, qui ibi sufficientes redditus ad 
sustentationem praïdicti monachi, et magnagium assi- 
gnaverunt, tandem, post multas altercationes, de pro- 



Digitized by VjOOQIC 



- 51 - 

pria voluntate sua, in magistrum Odonem de Bogan- 
ville, clericum nostrum, compromiserunt, sicut in litteris 
eorum vidimus contineri^ quicquid dictus magister Odo, 
super prœdictam controversiam, duxerit statuendum 
ratum habebitur. Dictus vero magister Odo, habito pru- 
dentium virorum consiIio,providens quod si dicli abbas 
et conventus, ante controversiam istam motam, Grego- 
rio presbitero de Campis contulerunt tam redditus ibidem 
assignâtes, sicut praedictum est, ad usum monacbi, quam 
magnagium, cum quodam alio redditu suo apud Limeu 
ad eosdem abbatemet conventum pertinente, quoad vixe- 
rit, sub annua pensione et certa conditione, ecclesiae 
suse facientes in bac parte meliorem, sicut patet per lit- 
teras ipsius abbatis et conventus exinàe confectas et 
eidem presbitero in testimonium et ratifîcationem con- 
cessas, quarum ténor a dicto magistro Odone nobis fuit 
exhibitus, quare jam dicti abbas et conventus, pro rata 
vita ipsius presbiteri, non poterant nec debebant ibidem 
monachum instituere nec prsedictomiliti, ipso presbitero 
vi vente satisfacere, ita ordinavit et pronuntiavit, ipso 
Gregorio presbitero cum aliis duabus partibus in hoc 
consentiente, quod idem Gregorius presbiter, qui mana- 
gium et redditus nunc possidet et possidebit, si eidem 
placuerit quandiu vivet, providebit ibidem annuatim de 
quodam capellano seculari qui continue, vice monacbi, 
ibi residebit et divina ibi celebrabit, cui de suo proprîo 
providebit in necessariis, reservato sibi quod, singulis 
annisy reiinebit de pensione reddenda dicto abbati et 
conventui centum solides parisiensium, quos habebit 
pro adjutorio ad inveniendam sustentationem capellani 
memorati; ita quod, si dictus Gregorius decesserit, vel 
ad religionem transierit, vel propria voluntate dictam 
annuam pensionem ecclesiae memoratae résignant, dicti 
abbas et conventus ex tune, pro voluntate sua, unuiu 



Digitized by VjOOQIC 



— 52 — 

de monachis suis vel unum capellanum secularem an- 
nuatim sive in perpetuum ibidem assignarent, qui in 
magnagio assignato resideret et divina celebraret in 
ecclesia Yillse memorate, sicut decet. 



DU PRIEURÉ DB ROUOEGAMP. 

DON Dfi SEPT MINES DE BLÉ , ET SEPT SOLS DE RENTE 
PAR HERHENGART. 

NoYerint tam présentes quam futuri quod ego Hen- 
ricus de Cuvervilla concessi, et charta mea confirmavi 
sigilli mei munita munimine, donum quod Ermengart, 
mater mea, donavit domui S^ Marise de Rubeo campo 
in perpetuam elemosinam, habendum de me et de meis 
heredibus, scilicet septem minas bladi de reddi\u meo 
apud S***^ Columbam, et in pertinentiis feodi mei de 
Hameaus septem solidos monetsB usualis, et hoc omne 
prsedictum donum reddendum annuatim ad festum 
S^ Remigii. Et quoniam volo ut jam dictum donum et 
elemosina teneatur, et reddatur prs&dictse domui, posses- 
soresejusdem domus attornavi tenentibus terrarum feodi 
mei, scilicet masurœ Rogeri Parent quatuor minas, ma* 
surseRad. Puissel duos boissellos et dimidium, masurse 
Gaufridi Hardy duos boissellos et dimidium, masur» 
JohannisÀcartduos boissellos et dimidium, masurae Ro- 
geri filii Maze duos boissellos et dimidium ; omnes bois- 
selli sunt quaternarii. Valterius Popin dimidium minse. 
Item in pertinentiis feodi de Hameaus in denariis, Petrus 
filius Yuillelmi de Molineaus xviii denarios, Yuillermus 
de Monte xv d , Petrus filius André» de Qreneville ira. 
solidos. Prefata enim domus prsedictam elemosinam 
justificabit, salvis meis aliis juribus. Testlbus istis 



Digitized by VjOOQIC 



— 53 — 

Willelmo de monasterio, Waltero filio ejus, Groscelino de 
S<> Ck>lumba , Petro avunculo ejus , Nicholao Diel et 
pluxibus aliis. 

ACCORD POUR LES DIXiyŒS AVEC LE CURÉ DE CUVERVILLE 

1476. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou 
orront. Illardin le Varlet, escuier, garde du seel des 
obligations de la Baillie d'Eu, salut. Comme procès fust 
meu et pendant es Assises d'£u entre Religieux et bon* 
nestes personnes les religieux abbé et couvent de 
l'église et monastère Dieu et M' S* Michel du Treport, 
d'une part, et vénérable et discrette personne messire 
Pierre Rondel, curé de Teglise notre Dame de Cuver- 
viile, d'autre part, sur un brief de nouvelle dessaisine 
pris et obtenu par les d. religieux allencontre d'un 
nommé Massin Godery, serviteur en cette partie du d. 
curé, pour ce que iceluy avoit pris et emporté, en des- 
saisissant iceux religieux, aucunes dixmes à eux appar- 
tenant à cause de leur Prieuré de Rougecamp de dessus 
certaines masures et héritages assis au terroir et parroisse 
de Guverville et es parties d'environ au desceu des d. 
religieux et du Prieur du dit lieu Rougecamp, sur lequel 
brief tant a esté procédé que le dit curé s'est venu en 
jugement charger du fait du d. Godery, son serviteur^ et 
après icelle charge déclaration baillée au d. curé de plu- 
sieurs héritages, et procédé sur ce par plusieurs assises, 
sur quoy les d.parties estoient en voie d'estre et demeurer 
en long et rigoureux procès, pour lequel esquiver, paix 
et amour nourrir entr'eux, se sont cejourd'huy conve- 
nus ensemble religieux et honnestes personnes Dom 
Jacques le Mongnier, prieur de la d. abbaïe et du dit 



Digiti 



zedby Google 



— 54 - 

lieu de Rougecamp, pour luy et procureur des autres 
religieux Abbé et couvent de la d. abbaïe^ et soy faisant 
fort d'iceux, et le d. curé de Guverville, chargé du fait 
du d. Godery, comme dit est, et par le moïen de Jehan 
de Mouchy, escuier, seigneur d'Isamberteville, et Jehan 
Langlois, semblablement escuier, sieur de Scaquelonde, 
et d'aucuns autres leurs amis, fait traité et appointe- 
ment. Sçayoir faisons que par devant Jehan Le Grateur, 
tabellion juré de la Comté D'Eu en la compagnie de 
Guillaume de Morienne, si comme il nous a themoigné, 
furent presens le d. Domp. Jacques le Mongnier, pour 
et au nom que dessus, et le d. curé de Cuverville, les- 
quels, de leurs bonnes volontés, sans contrainte, convin- 
rent et confessèrent les choses dessus dites estre vraies 
et leur dit appointement estre tel qui s'ensuit : 

C'est à sçavoir que le dit Prieur de Rougecamp qui de 
présent est^ et qui au temps advenir sera, aura, prendra, 
et recueillera par chacun an doresnavant, sans que le d. 
curé y puisse mettre aucun contredit ou empeschement, 
les dixmes de toutes les masures qui sont depuis dessous 
la maison et masure qui fut Hervin, où y à une voie qui 
mené à la maison de Pierre Lucas dit Cauchois^ et tant 
qu'il en y a par dessus icelle voie jusqu'à la rue qui 
mène du lieu de Cuverville à Gratepanche et à St Martin- 
le-Gaillard. Item aura en l'autre costé d'icelle rue, à 
commencer à l'endroit du puits de devant la maison 
Raoulin Camus, toutes les dixmes avec le Val jusqu'au 
chemin de la Croix qui mené de la maison du dit Cau- 
chois, au dit lieu de Gratepanche, et avec ce aura les 
deux parts des dixmes et toutes les masures non closes, 
qui sont et seront en la dite paroisse de Cuverville en 
quelconque lieu qu'ils soient, réservé en masures de la 
ville où l'église est assise, èsquelles où la d. église est 
assise le d. Prieur aura et prendra la moitié et le dit 



Digitized by VjOOQIC 



- 55 — 

curé l'autre moitié, et si aura iceluy curé trois journaux 
de terre, c'est ast^çavoir le camp du Monstier, et le 
camp des Croisettes contenant trois journaux audelà de 
la rivière franchement à luy, sans que le dit Prieur 
prenne aucune chose. Et outre aura iceluy curé deux 
masures assises au Fercol semblablement franches à luy, 
èsquellesiceluy prieur ne prendra rien. Et par ces moïens 
les d. parties demeurèrent à accord, et se submistle d. 
curé faire l'amende du d. procès, et le d. prieur se sub- 
mist d'en payer la moitié pour aider au dit curé, et pro- 
mirent l'un l'autre, chacun end roitsoy et à son regard, 
d'entretenir ce présent contract, et appointement jouxte 
ainsi qu'il est cy-dessus déclaré, sans jamais aller au 
contraire. Et à tout ce que dessus est dit tenir entretenir 
et deuement accomplir de point en point par la forme et 
manière que dit est, et rendre tous cousts, frais, mises, 
dommages, interests et despens, qui en default de non 
tenir et accomplir tout ce qui est dit se pouiToient en- 
suivre, dont le porteur de cette sera creu par son ser- 
ment, sans autre preuve faire, iceluy prieur, pour luy et 
au nom que dessus, et le d. curé obligèrent l'un l'autre, 
c'est asçavoir le d. Prieur tout le temporel présent et 
advenir de la d. abbaïe, et le dit curé tous ses biens et 
ceux de ses hoirs, meubles et héritages, présents et ad- 
venir à estre pris et vendus par justice par tout et sous 
quelle juridiction ils seront trouvez. Et si jurèrent à non 
jamais venir contre la teneur de ces présentes, l'enon- 
çans à toutes choses par quoy venir y pourroient. En 
témoin de ce nous, à la relation des d. tabellions, avons 
mis à ces lettres le seel des d. obligations. Ce fut fait le 
seiziesme jour de septembre l'an mil quatre cens soixante 
seize, presens Jean de Mouchy, escuier, Laurent Gou- 
gnier, advocat en cour laye, .Jehan Pavie dit Noirot et 
autres. Ainsi signé : le Gratteur avec paragraphe. 



Digitized by VjOOQIC 



— &6 — 

DU PRIEURÉ D*BURVILLE. 

Qttoniam actus et dispositiones mortalium, nisi scripto 
commendentur, facile a memoriadilabuntur, placuitmihi 
Roberto de Gapetot, filio Vuillelmi camerarii de Tancar- 
diyilla,has litteras fieri, et ut firmius teneantur^munimine 
sigilli mei eas corroboravi, ut sciant présentes et posteri 
me concessisse Ecclesise Sancti Michaelis de Ulteriori portu 
et monachis ibi Deo servientibus, quatuor libras usualis 
monetse.quas pater meus eis dédit in puram et perpetuam 
elemosynam in redditibus suis de Archellis reddendas^ 
per singulos annos, duobus terminis, xl. solides ad puri- 
ficationem Beat» Mariae, et xl. solides ad festum Sancti 
Michaelis, ad procurationem unius monachi, qui consti- 
lutus est fieri pro anima Vualteri de Sancto Martino, 
quando concordiafactafuit de morte ipsius Vualterii cum 
Gaufrido fratre suo, et cum amicis suis. Hanc elemosy- 
nam concessi. egoR.prefatuscoramistis testibus : domino 
Rie. tune temporis sacerdote de Archellis, domino Petro 
de Archellis, presbytère Petro de Vilers, Radulfo Pagano 
et aliis. Sceau en queue. 

DON FAIT POUR LES TORTS ET DOMMAGES. 

Noverint univers!, tam présentes quam futuri quod 
ego Osbernus de Prato dedi et concessi, assensu et con- 
silio Roberti filil mei primogeniti, abbatiœ S^ Michaelis 
de Ulteriori Portu, pro sainte animai mese et prede- 
cessorum meorum, et pro absolutione et indulgentia 
omnium injuriarum et malefactorum quse adversus eccle- 
siam de Eurvilla maie reddendo décimas, et alio modo 
injuste faceram, omne illud residuum tenementi quod 



Digitized by VjOOQIC 



- 57 — 

est juxta terram Radulphi de Prato> dedi, inqaam et 
concessi in puram et perpetuam elemosynam, salvo 
tamen proprio redditu capitalis domini, quem redditum 
singulis annis, reddet^ qui prsedictam elemosynàm possi- 
débit, scilicet ad festum S'' Michaelis unam minam et 
dimidiam aven», ad festum S. André» decem et octo 
denarios usualis monetse ad Natale Domini unum cap- 
ponem, et duos denarios currentis monetaB. Ut autem 
hocratum et stabile permaneat, presentem chartam 
sigilli mei munimine confirmavi. Actum publiée coram 
parrochia de Eurvilla in cujus ecclesia super altare S" 
Pétri ego» prenominatus Osbernus prsedictani chartam 
obtuli anno ab incarnatione Domini Millesimo. CG.XV. 
Testibus bis : domino Vulilermo, sacerdote, Simone de 
Johanville, filio ejus, Roberto Travers, et filiis ejus, 
Johanne Travers et ûllis ejus, Ricardo de Valle, Ricardo 
le Merchier, Gilleberto Ricouart et filio ejus, Roberto 
Ferjassetet multis aliis. 

ACCORD POUR LE DROIT DE PATRONAGE. 

1376. 

Les gens tenans à Rouen PEschiquier de la S< Michel 
Tan 1376, A tous ceux qui ces lettres verront Salut. 
Sçavoir faisons, qu'après ce que Messire Jehan Haquerel, 
chevalier seigneur de Hermanville, d'une part et Robert 
Segnent, attourné et Procureur substitut des religieux 
abbé et couvent de S< Michel du Tréport, d'autre se 
furent fait arrester pour estre ouis en toutes choses au d. 
Eschiquier sur le cas entr'eux, les d. parties comparants 
en jugement en iceluy Eschiquier, c'est assavoir le dit 
messire Jehan Maquerel en sa personne et Dom Henry 



Digitized by VjOOQIC 



- 58 - 

Marc, moine de la dite abbaye, attourné et procureur des 
d. abbé et couvent furent amendez chacun de soy pour 
accord fait entre elles contenu en une cedule par elles 
baillée par devers la cour, dont la teneur s'ensuit. 

Accord fait entre nobles hommes Mons' Jehan Maque- 
rel, chevalier, Sire de Hermanviile, d'une part etD. 
Henry Marc, moine du Tréport, attourné et procureur 
de l'Abbé et couvent du d. lieu, d'autre, en la manière 
qui s'ensuit. C'est à sçavoir que de certain procès qui 
pendoit par entr'eux en cet Eschiquier à cause du patro- 
nage de l'église d'Eurvllle en Caux, les d. parties voul- 
drent, consentirent et accordèrent que dorénavant ils 
présenteront à la dite église alternativement, ainsi que 
quand l'un y aura présenté une fois, l'autre y présentera 
l'autre fois. Et aura le d. chevalier la première présenta- 
tion de la première vacance qui escherra de la dite 
église. Et promirent les d. parties à tenir le dit accord 
sans venir encontre, et sera la procuration du dit at- 
tourné et procureur encorporée en la lettre que le dit 
chevalier aura de ce présent accord. La teneur de cette 
procuration fut en cette manière : 

A tous ceux qui ces lettres verront ou orront, Fr. 
Robert, parla grâce de Dieu, Abbé de S^ Michel du Tré- 
port, et tout le couvent diceluy lieu, Salut en nostre 
Seigneur. Sçachent que nous, d'un commun assentiment 
et volenté avons fait ordonner et establir, et par la teneur 
des présentes faisons et establissons nostre bien aimé 
moine et compagnon Dom Henry Marc nostre atoumé et 
Procureur gênerai et messager spécial en toutes nos 
causes quelconques meues, et à mouvoir de quelconque 
personne et de quel estât qu'ils soient ou puissent estre, 
tant en demandant comme en défendant, douant quelque 
juge que soit, tant d'église que de cour laye, de soy com- 
poser, faire accord et accorder pour et au nom de nous 



Digitized by VjOOQIC 



-'59 - 

vers quelconques personnes qui nous aïons affaire, et 
par spécial de soy accorder et faire composition d'une 
cause pendante en l'Eschiquier de Rouen, vers noble 
homme mons' Jehan Maquerel, chevalier, sire de Her- 
manville, d'une part, et nous d'autre, touchant le patro- 
nage de l'église d'Eurville, voulans et accordans que ]a 
composition que nostre dit atourné el procureur fera ou 
accordera tienne ou vaille au cas dessus d. autant et 
aussi vaillamment comme se ce fust sentence donnée en 
l'Eschiquier, donnons pouvoir à nostre dit attourné et 
procureur de faire et dire autant et si avant que dire et 
faire pourrions, se presens et personnellement y estions, 
promettons en bonne foy de tenir fermement et agréable- 
ment tout ce que par notre dit atourné et procureur ara 
esté fait, dit, composé, et accordé au cas dessus d. sans 
jamais aller à rencontre par l'obligation de tous nos 
biens, et des biens de nostre dite église présents et ad- 
venir. En témoin de ce nous abbé et couvent dessus d. 
avons scellé ces lettres de nos propres sceaux, qui 
furent faites l'an de grâce M.GGGLXXVI, xviu^jour d'oc- 
tobre. Laquelle cedule du d. accord leûe de mol à mot 
au dit Eschiquier, la cour d'iceluy eschiquier condamna 
les d. parties de leur consentement par arrest à tenir et 
accomplir fermement sans enfraindre le d. accord par 
la forme et manière que contenu est en la dite ceduUe. 
En témoin de ce nous avons fait mettre le seel du d. 
Eschiquier à ces lettres. Donné en l'an et eschiquier 
dessusdit Et sur le reply du dedans par la cour de 
l'Eschiquier : De Trigny avec les attaches des sceaux. 



Digitized by VjOOQIC 



- 60 - 

DU PKISURÉ DE HASTXNOUES. Si. FONDATION. 
1152. 

Johannes, cornes Àugi, universis Ecclesi» catholic» 
fidelibus in perpetuum. Sacrœ institutionis formula di- 
gestum est, ut elemosinarum bona, qusB serenitas prin- 
cipum Ëcclesi9d Dei légitima donatione concessisse dinos- 
citur, ipsorum autboritate principumdebeantcominuairi 
ne unquam valeant imposterum pravorum bominum 
macbinatione convelli, vel quod consulte decretum est 
possit in irritumdevocari. Hujus rationis consideratione 
ductus ego Jobannes, cornes Augi, ecclesiam sanctae 
Mariae de Hastingis, quam in perpetuam elemosinam 
donavi ecclesiœ Beat! Micbaelis Ultrisportus eidem 
rata in sevum possessione habendam precenseo^ et pre- 
sentis robore sigilli confirme. Monacbos autem Ultris 
portus tenere prsefatam ecclesiam de Hastingis sub hoc 
tenore yolo et statue, cum omnibus appenditiis quae ad 
supradictam pertinent ecclesiam, ut, canonicis ibidem 
vel vita decedentibus, vel sseculo renanciantibus mo- 
nacbi ibi Deo servituri subrogentur, qui prœbendarum 
bénéficia, intègre sortiantur. Hujus donationis testes fue- 
runt Goscelinus de Criolio, Guillermus de Crenis, Ra- 
dulphus de Scoteannis, Stephanus de Petra, Matheus cu- 
bicularius abbatis, Henricus de Gulvervilla, Guillermus 
de Fresy, Petrus Praepositus, Nicolaus deVerleio, Gualo 
Àquarius. Actum est hoc anno ab incarnatione Domini 
M. G. LU. 

CHARTES DU PETIT COUVENT. 

Sachenttous^presens etaYenir,quecommetous lesbiens, 
profits et revenus en rentes et deniers et toutes autres 



Digitized by VjOOQIC 



- 61 - 

choses de TAbbaïe et des membres et des appartenances 
entièrement de S* Michel du Tresport, touchant le corps et 
Testât de Tabbé d'une part, touchant aussi le vivre et 
vestiaire et les offices du couvent du d. lieu d'autre, 
de tout le temps jusqu'au jour présent aient esté très 
bien et loialement mis^ emploiez sans faute et convertis u 
profit évident en réparation et fachon de nouvel, et garde, 
et maintenue, et bon soustenement tant du corps propre 
et pour la d. église, et membres despendans, et du clo- 
quier et cloques des trois chappelles et du revestiaire, 
et de la nef refaire et mâchonner, comme des trois re- 
traits et cacas de nouvel, c'est à sçavoir du manoir du 
Perrin et des maisons et rentes du d. lieu tout à plain 
acquittées en tout, tout en deniers comptans, le manoir 
tout entier, du manoir tout aussi de S^« Croix par grand 
pourcas retrait et acquitté la rente, et l'ostel tout, et de la 
ville aussi de Moathuon par grand et long pourcas, grans 
misères, procès, et très longtemps maintenu contre tous, 
en mains périls du corps soufferts, et soustenus pour 
l'amour du moustier, en maintenir aussy les droits et 
héritages et gouverner l'église, et vestir le couvent bien 
et notablement jusqu'au jour présent, et comment que 
en cest, en dedans le jour de l'an par paier tous les frès 
vers Golan de Beauvais et le petit Busquet pour Sainte 
Croix; et le d. Monthuon, et choses nécessaires, trop 
longues à nommer. Lesquelles choses à plein considérées, 
et que tout a esté fait de commune main conjoinctement 
et sans division, en pourvoiant pour le temps advenir, 
nous abbé du dit lieu et tout le dit couvent de très bonne 
amitié et de fin pur accord, avons fait ordonnance en plein 
chapitre, à droite heure ordonnée, et d'une mesme voix, 
et de grant volonté, après ce qu'il estoit pourparlé par 
avant par nous et d'un accort tout ainsi qu'il ensuit. 
C'est que nous tous ensemble très à plein informez si très 



Digitized by VjOOQIC 



-. 63 --. 

évidemment que de veûe et de sceûe d'une chacune 
chose sans nulle exception ne doute aucune de tout quan- 
que dit est, avons quitté Tun Tautre tout à plein perpé- 
tuellement, premièrement pour nous, et toute nostre 
église, presens, absens, et tous nos successeurs très 
loialement, en quanque peut toucher Tune partie et 
l'autre pour tout le temps passé, chacun en son endroit 
et tout temps advenir, c'est assçavoir nous abbé dessus 
dit quittons nostre couvent, et chacun d'eux de quanque 
peut avoir rechu et manié des biens de nostre église eu 
quelconque manière, en ofûce ou dehors, et nous ^em- 
blablement le couvent dessus dit^ nous et chacun en- 
semble du tout et trenchiement des choses dessus dictes 
et de toutes autres sans exception avons quittié pleine- 
ment, et quittons le d. abbé notre père et seigneur de 
toute chose esqueue audevant de ce jour et toute dépen- 
dance et de quanqu'ii lui touche ou peut toucher de mise 
et de recepte d'office ou autrement, ou de quelconque 
estât en quelconque manière, qui sommes trez à plein 
informez de son fait et bonne conscience, et de grant 
loïaulté, qu'il a tout emploie rentes, cathieulx et biens 
de toute nostre église au bien dichelle et de tous nous 
aussy,dont très contons sommes et devons estre tous en 
semble et chacun, et l'en baillons décharge tous d'un 
commun accort et quittance à toujours pour tout temps 
advenir, et de son bon plaisir, il nous a octroie et de pré- 
sent octroie que toutes les censives, et toutes les offices, 
et droitures de chacun officier comme anciennement on 
les exercera, et le seel du couvent, le d couvent l'ara, et 
les rentes aussy seront receues au nom du d. couvent, et 
par un officier commis à ce, pour les distribuer au bien du 
d. couvent. Et si arons leurs anniversaires et si arons uussy 
encore trente livres de par le d. abbé et de son don, en ré- 
création par distribution par le dit officier, {\ chacun jour 



Digitized by VjOOQIC 



- 63 - 

qu'ils chanteront la messe ordonnée au jeudy et pour To- 
raison que tout temps en diront pour leur dit père en Dieu, 
et laquelle ils diront puis son trespas et service de morts, 
et commenceront comme anciennement du premier jour 
de Tan qui jamais esquerrapour^en toujours jouir en per- 
pétuité d'offices et tout ainsy comme dit est, sans que le 
dit abbé y mette empeschement fors en ce seulement 
que la riote et débat. Et se met il es bonnes consciences 
des bons Religieux sans s'en charger et sans les en- 
coulper. 

Et pour tesmoin des choses dessus d. et chacune 
d'icelles sans nulle exception d'une part et d'autre le d. 
abbé et tout le dit couvent chacun en son endroit et de 
tout son povoir, pour fermement tenir entretenir et 
loialement garder, porter, et soustenir chacun article 
et poinct cy dessus contenu, et quanque dit y est, sans 
jamais contr' aller, ont obligé et de présent obligent tous 
d'un commun accord tous les biens de l'église presens 
et advenir, meubles et héritages, en quelques lieux qu'ils 
soient ou jamais puissent estre, et par propres seelé de 
leurs droits propres seaux du d. abbé premier, et du d. 
seel aussi que le d. couvent a pour eux à toujours, mais 
sans que l'abbé jamais la garde en ait. Fait en capitre, 
tout ainsi que dit est, le xm* jour de may. Tan de grâce 
mil CCCC. et huict, et en queue scellé de deux restes 
de sceaux. 

ACCORD POUR LE PETIT COUVENT. 

1574. 

Comme par cy devant ait esté par les sfj abbé de 
l'abbaie de S' Michel du Treport, délaissé aux religieux 
et couvents de la d. abbaie pour fournir aux frais des 



Digitized by VjOOQIC 



- 64 - 

anniversaires, de leur revestiaire, le fief de llsle situé 
et assis à Blangy, et es environs avec plusieurs parties 
de rentes deues par plusieurs particuliers en plusieurs 
et divers lieux, et dont les dits religieux faisoient faire 
recepte par Tun d'entr'eux, qui pour ce estoit appelle le 
receveur du couvent, et en quoy estoit compris trente 
livres tournois de rente, partie de cinquante cinq livres 
tournois de rente deue à la d. abbaie, sur le revenu de 
cettuy comté d'Eu pareillement assignez aux d. religieux 
et couvent pour leurs d. anniversaires, dont et desquelles 
assignations les d. religieux et couvent se seroient 
plaints au d. s' abbé, dès lors par raison de quoy le d. 
S' abbé leur avoit délaissé et assigné, oultre le d. revenu 
des d. fiefs et rentes de leur recepte du couvent et des 
d. trente livres, la somme de cinquante livres tournois 
de revenu chacun an, à prendre sur la recepte revenant 
au d. sieur abbé, et dont, et de laquelle assignation de 
cinquante livres tournois les d. religieux et couvent 
auroient joui jusqu'à présent, mais disoient que le 
revenu de leur d. fief de llsle, avec leur recepte des 
rentes appartenans à leur couvent, estoit fort mal mé- 
nagée, et en perdoient la quinziesme part, pour l'admi- 
nistration qu'en faisoient les d. religieux, lesquels 
estoient negligens en faire faire les reconnoissances, 
comme aussy les d. trente livres tournois de rente des 
d- cinquante livres leur avoient esté, y a quelque temps, 
contredit parles officiers de cettuy comté d'Eu qui estoit 
cause qu'ils ne pouvoient, comme ils disoient, fournir 
et satisfaire à leurs dits re vestiaires et frais des d. anni- 
versaires, et pour cette cause se seroient assemblez en 
leur chapitre et d'un commun advis se retirent par 
devers noble homme le seigneur Georges Magno, pro- 
cureur substitut de Mons»' Minali, procureur gênerai 
spécial de Monseigneur le Reverendissime Cardinal de 



Digitized by VjOOQIC 



- 65 - 

Monte, Âbbé commendataire de la dite abbaïe, afin de 
leur donner moïen de satisfaire aus d. frais, et en ce 
faisant vouloir par le d. seig*^ Georges reprendre entre 
les mains du dit s' Abbé le d. fief, recepto du couvent et 
les d. trente livres tournois de rente et mesme les d. 
cinquante livres dessus mentionnées et généralement 
tout ce que les d. Religieux et couvent auroient pour les 
d. anniversaires et revestiaires, et en ce lieu leur as- 
signer en globe quelque somme de deniers pour cet effet. 
en quoy ils seroient grandement avantagez en ce qu'ils 
recevroient la d. assignation sans aucune diminution ny 
frais, et eonsequemment offroient faire quittances et 
cession de tout le dit revenu ain3i et par la manière 
qu'il sembleroit bon au dit seigneur Georges pour le dit 
sieur abbé. A quoy le dit sieur Georges, voulant gratifier 
les d, religieux et couvent et leur donner moïen de 
fournir plus pleinement es d. revestiaires et anniver- 
saires, ait bien voulu entendre. Sçavoir faisons que 
cejourd'huy, vingt- troisiesme jour de Mars mil cinq cens 
soixante et quatorze par devant Nicolas Sabot et David 
de Hornoy, tabellions jurez du comté d'Eu, furent pre- 
sens Doms Nicole de S»- Pierre, prieur claustral, 
Toussains Sauchay, soubs-prieur, Jacques Godard, 
Emond Carton, enfermier, Nicole Poulain, Laurent 
HouUier. chantre, Jean Clarc Dubois, François Payen, 
Charles des Cloistres, secretain, tous prebstres el reli- 
gieux de ladite abbaie et en la présence aussi de reli- 
gieuse personne D. Louis de Vallois, grand vicaire de 
la d. abbaye, lesquels ensemblement en leur chapitre, 
à son de timbre et après avoir sur ce duement consulté 
et délibéré entr'eux, de leur bon gré et franche volonté, 
ontreconneu et confessé les choses susdittes estre vraies, 
et mesmement s'estre retirez vers le d sieur Georges 
aux fins que dessus, lequel seigneur Georges demeurant 
5 



Digitized by VjOOQIC 



— 66 — 

à , et de présent estant par deçà, pour les affaires 

dudit S' Minali, procureur gênerai du d. reverendissime 
cardinal de Monte, pour et au nom d'iceluy, a reconnu et 
confessé de sa part les choses sus d., et que pour ob- 
tempérer à la requeste, prières et supplications des d. 
religieux et couvent, pour dotant plus les accommoder et 
et avantager, a assigné et assigne par ces présentes aus 
d. Religieux et couvent cent cinquante livres tournois 
de rente annuel, à prendre chacun an sur la recepte 
générale du d. sr abbé à paier à deux termes égaux, 
premier terme de paioment S* Jean prochain venant, 
et ce pour en lieu du d. fief, rentes de ladite recepte et 
des d. trente livres et de l'assignation susdite de cin- 
quante livres tournois, pour en jouir par les d. s»^" reli- 
gieux et couvent, en lieu de ce que dessus, dont à Tad- 
venir pour Tassignation de leurs d. revestiaires et 
anniversaires, comm^i iU souloient faire au précèdent 
cejourd'huy de ce que dessus, moiennant laquelle 
assignation les d. religi.ux, congregez comme dessus, 
comme d'icelle grandement avantagez, ont quitté, ceddé 
et transporté au d. sf ou ses successeurs ledit fief de Tlsle 
en tout son revenu, circonstances et dépendances, en- 
semble toutes et chacunes les rentes et revenus que 
leur d. couvent avoit et pouvoit tenir en la recepte du 
dit couvent, avec les dites trente livres tournois de 
rente en une partie, et les d. cinquante livres en une 
autre, cy-devant plus à plain spécifiées, mesmement tous 
et un chacun les arrérages qui pourroient estre deues 
aus d. religieux et couvent à cause du d. fief et rentes 
sus d., dont les dits religieux et couvent n'avoient receu 
le paiement, comme aussi ils ont quitté et quittent le 
d. srabbé de Passignation des sommes dessus dites, 
subrogeant le dit sieur abbé pour le tout en leur lieu, 
noms et raisons et actions sansoncque ny pour Tadvenir 



Digitized by VjOOQIC 



- 67 - 

pouvoir demander ny réclamer aucune chose es dits 
fiefs, rentes et assignation, pour par le d, sr abbé 
dorénavant en jouir par ses mains et receveurs, et le 
tout estre remis et réuni à sa table et recepte au moïen 
de la d. assignation de cent cinquante livres, dont les 
dits religieux se sont contentez comme de plus suffisante 
et de beaucoup surpassante et excédante, que ce dont ils 
jouissoient du précédant, creaus etconstituans leurs pro- 
cureurs. Ausquels et chacun d'eux ont donné pouvoir de 
déclarer ce que dessus, consentir et omologuer par devant 
M.lereverendissime cardinal Je Bourbon>archevesque de 
Rouen, son procureur et vicaira et officiaux, et par devant 
tous autres personnes qu'il appartiendra, et faire passer 
les actes et instrumens requis et nécessaires pour plus 
grande valeur de ce que dessus, promettant avoir pour 
aggreable tout ce qui sera ainsi fait par lo d. procureur 
et chacun d'eux. Fait et passé au chapitre de la d. abbaïe 
par les d. parties et assemblées et cohgregées à son de 
timbre, cejourd'huy vingt-troisiesme jour de mars Tan de 
grâce mil cinq cent soixante ^et quatorze, en la présence 
de Jehan AUix et Andrieu Arcanville, maistres massons 
demeurans à sçavoir le d. AUix au Monthuon, paroisse 
du Tréport, et le dit Arcanville à Floques, témoins à 
ce requis et appelez. Signé Sabot avec parafe, et à costé 
collation faicte. 

CHARTES DE LA. TRESORERIE OU SACRISTIE. 

Universis présentes litteras inspecturis, Stephanus 
Dei patientia humilis abbas monasterii S. Michaelis de 
Olteriori Portu, totusque ejusdem loci conventus ordinis 
Su Benedicti salutem et pacem sempiternam in Domino. 
Noveritis quod nos, pro voluntateotcommodo monasterii 



Digitized by VjOOQIC 



- 68 - 

ecclesisd nostrse et ecclesi» BeatœMarise de Nigella supra 
mare, per quamdam amicabilem compositionem habitam 
inter nos et ecclesiam nostram, exuna parte» et dictos de- 
canum et capitulum et eoramdem ecclesiam ex altéra, tra- 
didimus ad firmam perpetuam viris venerabilibus et dis- 
cretis decano et capitulo ecclesise Beata^ Marise de Nigella 
universa et singula quse habemus et percipere debemus 
apud Augustam vulgo Outte, et in territorio et pertinentiis 
ejusdem villsB» et loci, tamin decimis grossis etminutis, 
reditibus, excedentiis, obventionibus, quam rébus aliis 
quibuslibet ad campum, et ad villam pro uno modio 
abladiorum, videlicet sex sextariis bladi, et sex sextariis 
hordei» et avense per médium ad mensuram de Âugo, 
nobisvel mandatorio nostro apud Augustam singulis 
annis in festo Omnium Sanctorum a dictis decano et ca- 
pitulo vel eorum mandatario integraliter in perpetuum 
persolvendis. Quam quidem compositionem promittimus 
omnes et singuli et eclesia nostra, bona fide et légitima 
tenere, et in perpetuum observare In cujus rei fidem et 
testimonium présentes litteras dictis decano et capitulo 
tradidimus sigillorum nostrorum munimine roboratas. 
Dalum annoDomini Millesimoducentesimo octuagesimo 
sexto, die Sabbati post Lsetare Jérusalem. 

Extraite a esté cette copie et produite parles chanoines 
de Noyelle contre le trésorier du Tréport. tir^'e d'un 
livre en parchemin du chapitre de Noyelle feuillets 32, 
33, et 34. 

Ce droit d'un muid de grain a esté transporté par An- 
toine Didatto, grand vicaire de l'abbé du Tréport, en 
faveur du sacriste pour l'en tretien du luminaire, et dont 
le dit sacriste est en jouissance depuis le transport fait en 
1587. 



Digitized by VjOOQIC 



- «9 — 

ORDONNANCE DU DUC DE BRABANT, POUR LE MUID DE 
FROMENT DEU A LA SACRISTIE. 

1475. 

A très hault et puissant prince, et notre très redouté 
Seigneur Monsr le Duc de Brabant, Comte de Nevers, 
d'Eu et de Rethel,^ Pair de France. 

Supplient très humblement vos humbles orateurs le 
religieux abbé et couvent de l'église et monastère de 
Mons"^ S^ Michel du Treport, comme pieça les prédéces- 
seurs de Mons' Robert de Freauville, chevalier don- 
nassent pour Dieu en aumône aus dits suppliants un 
muid de froment à prendre sur leur moulin de Fréau- 
ville pour estre converti au luminaire de la d. église, et 
depuis led. seigneur de Freauville, échangea iceluy muid 
de froment à le prendre au terme de Toussaint sur les 
terres, rentes et tenemens qu'il avoit àGregny, comme 
appert par lettres sur ce faictes, qu'en portent les d. sup- 
pliants, desquels la copie est attachée au dos de cette 
requeste, dont défunt, de très humble mémoire, Mons' 
Charles d'Artois , comte d'Eu , que Dieu absolve , 
obstant ce que la Comté d'Eu n'estoit pas de si grande 
revenue qu'elle souloit estre le temps anchîen, n'en 
ordonne estre paie aus d. supplians que six mines de 
blé par an jusqu'à ce que la Comté fust en meilleur 
valeur, et soit ainsi que de présent les revenus soient 
assez de bonne valeur pour avoir la fondation, qui jadis 
leur fut donnée par les d. seigneurs de Freauville, se 
peut fournir et païer, si tel est vostre bon plaisir, très- 
humblement requerans sur ce leur estre pourveu de 
vostre bénigne grâce, que ces choses considérez, afin 
que le luminaire dicelle esglise puisse estre honorable- 



Digitized by 



Google 



— 70 — 

ment entretenu, ou au moins leur augmenter à votre bon 
plaisir et vous ferez bien charité et omosne, et iceux 
supplians priront Dieu pour vous et pour vostre très 
noble lignée. 

Monseigneur le Duc voulant entretenir les droits et 
revenus de l'église, veult, mande et ordonne au receveur 
du Besle que le muid de blé contenu en cette requeste il 
paie, baille et délivre chacun an aux dits supplians ainsi et 
par la manière qu'il verra, mon dit seigneur y estre tenu, 
et qu'il a esté accoustumé faire par cy devant, memement 
du temps de feu Monsr le comte d'Eu, que Dieu absolve, 
et en rapportant ces présentes ledit receveur en sera et 
demeurera quitte et déchargé, et luy sera le d. muid de 
blé, ou ce que paie en aura esté, alloué en ses comptes 
sans dificulté. Fait le vingt cinquiesme jour de Mars 
mil quatre cens soixante et quinze. Ainsi signé Basin 



SENTENCE DU BAILLY d'EU POUR CE MUID DE FROMENT 
ET POUR UN VIEIL ESGU d'OR. 

^659. 

L'An de grâce mil six cens cinquante neuf, le tren- 
tiesme jour de may, par devant nous Paul Bonnet, s»" de 
S' Léonard, bailly» vicomte et juge criminel du comté 
d'Eu, entre D. Louis du Héron, trésorier et ancien 
prieur de l'abbaie de S' Michel du Tréport, demandeur 
en arrest par luy fait faire entre les mains de M^ Nicolas 
Garnier, greffier en a bailliage d'Eu, consignatairo 
du prix des héritages décrétez sur Richard et Adrian 
Lasncl et adjugez aux religieuses Ursulines de cette ville 
d'Eu, pour recouvrer paiement des arrérages deues au 
d. s^ du Héron, en qualité de trésorier de douze mines 



Digitized by VjOOQIC 



- 71 — 

de bled pour chacun an, au prix de six livres dix sols 
aussi par an, deues et à prendre sur le revenu de la 
baronnie du Besle, de laquelle Jean Coppin, laboureur, 
demeurant à Canehan, s'est rendu adjudicataire de la 
caution solidaire de M. Nicolas le Griel, advocat^ dont 
est deux années echeues à la S^ Remy dernier mil six 
cens cinquante huit pour estre paie, desquels le d. de- 
mandeur auroit saisi les droits seigneuriaux de la vente 
desdits héritages tenus de la dite baronnie du Besle, 
comparant ledit sieur du Héron en personne, assisté de 
M* Nicolas de Monchy, son procureur, et parlant par 
M* Jean Mitbon, son advocat, d'une part ; et le d. le Griel, 
défendeur, comparant en personne, d'autre ; et encore 
M, Raoul Gorré, receveur gênerai de ce comté sai- 
sissant les d. droits seigneuriaux pour redevance du 
bail de la d. recepte, comparant par M. Richard Belot, 
son procureur, pour une autre part; le dit sieur du 
Héron nous a remontré que pour estre paie des arrérages 
des d. douze mines de bled, et vieil escu d'or, il a fait 
plusieurs saisies sur plusieurs pai'ticuliers ou fermiers 
de la d. baronnie, suivant les sentences des quinze may 
etvingt-uniesme aoust mil six cent cinquante six, par 
laquelle est ordonné que le dit sieur du Héron sera paie 
des arrérages lors deues avec dépens. En exécution 
desquelles sentences le dit s»" du Héron auroit encore 
poursuivi ledit de Griel en délivrance des deniers 
arrestez entre les mains de Philippe Le Mercier et 
André Lasnier, son fermier de la d. baronie, et le 
d. le Griel, sur le contredit formé par le d. 
Lemercier et Lasnier qu'il ne devoit aucune chose au 
moien des diminutions et non jouissances, sur quoy 
sentence est intervenue le dixiesme mars mil six cens 
cinquante neuf, par laquelle le dit Le Griel a esté con- 
damné faire paier le dit sieur du Héron des d. redevances 



Digitized by VjOOQIC 



- 72- 

de bled et Tieil escu d'or en dedans le mois, pendant 
lequel il fera vuider Tinstance contre les d. le Mercier et 
Lasnier, lequel passé» aurions le d. Le Griel condamné 
à païer les d. redevances en son privé nom avec dépens ; 
ensuite fait faire la saisie des d. droits seigneuriaux, 
comme il est porté par Tacte du vingt neuf avril dernier, 
par lequel les droits seigneuriaux ont esté adjugez au d 
receveur du Besle, pourquoy, sur la demande à voir les 
creancesdu-d, srduHeron, iceluyà communiqué les titres 
et sentences dud. droit, et particulièrement la sentence 
rendue par le sr prevost de Vimeu, le treiziesme avril 
mil six cens quarante neuf, par laquelle M. Charles Las- 
nier^ lors receveur de la d. baronnie du Besle. a esté 
condamné en la d. qualité livrer au dit sieur de Herou, 
douze mines de froment avec un vieil escu d'or par cha- 
cun an en la d. qualité de trésorier pendant son bail avec 
dépens. Conclut led. sr du Héron, veu les d. sentences 
et actes cy-dessus dattées, lesquels il représente, et 
encore celles des neuf, seize, et vingt trois de ce mois, à 
ce que délivrance luy soit adjugée des dites redevances 
avec dépens, pourquoi il sera permis de prendre appre- 
tiation de la valeur des grains des d. deux années, sauf 
à déduire ce qui se trouvera avoir esté receu. A quoi le 
d. le Griel a dit que, comme caution du d. Coppin, il n'a 
joui que trois années de la d. recepte; et par le d. Belot, 
pour le d. Gorré, qu'il n'a point fondé en la cause. 
Sur quoy, lecture faite de nos appointements et des 
soustiens contraires par le dit sieur du Héron, nous 
avons adjugé délivrance au d. s' du Héron des d. grains 
et redevances à raison des douze mines de bled, et un 
vieil escu d'or par chacun an avec dépens. A laquelle fin le 
d. maistre Nicolas Garnier^ greffier consignataire des 
d. deniers, sera contraint par toutes voies dues et rai- 
sonables, parce qu'il en demeurera d'autant quitte et 



Digitized by VjOOQIC 



-- 73 -- 

déchargé, parceque estimation sera faite du d. bled, poar- 
quoy le d. sieur du Héron est permis de lever extrait 
du greffe de la Majorité pour reconnoitre de la valeur, et 
acte de l'affirmation faite par le d. sieur du Héron qu'il 
luy est deu deux années des d. redevances sur lesquelles 
il areceu trente quatre livres du d. Lemercier, desquelles 
choses le d. sieur du Héron obtint ces présentes, et 
furent les d. despens par nous modérez et taxez à la 
somme de ces présentes comprises Si mandons au pre- 
mier sergent du d. comté ces présentes exécuter, Fait 
comme dessus. Signé au bas le Hœuf et Garnier, chacun 
un paraphe. 

D. Louis du Héron, trésorier, s'estant opposé au dé- 
cret du Comté D*Eu qui se faisoit en 1660 pour estre 
maintenu à cause de son office de sacriste dans la jouis- 
sance et perception du d. muid de froment, et d u;i vieil 
escu d'or, il^fut dit dans l'article qui touche l'abbaie sous 
le nom du s^ de Souvré, abbé du dit ïréport, que l'adju- 
dication sera faite à la charge de païer et continuer par 
chacun an douze mines de bled et un vieil escu d'or deu 
à la d. abbaie à cause de la baronnie du Besle dépen- 
dant du d. comté. 

Nota 1« que qui dit bled eu ces quartiers, dit froment, et 
toutes les sentences du bailliage D'Eu l'ont toujours jugé 
et le jugent de la sorte. 

Nota 2®. Que le vieil escu d'or doit estre délivré en 
essence, et qui porte avec soy sa valeur, selon les 
edicts du Roy au temps et à chaque année qu'il se doit 
bailler. 

Ces redevances appartiennent au sacriste de Tabbaïe. 
quoi qu'elles soient mises sous le mot gênerai de l'ab- 
baie. 

Outre ce que dessus le receveurdeTabbaïe est obligé 
d'emploier,dans chaque bail qu'il fait des terres et dixmes 



Digitized by VjOOQIC 



-^ 74 - 

de la d. abbaïe, le nombre de cire porté par les andeiis 
baux pour Fentretien du luminaire» ce qui a esté toajours 
pratiqué depuis 1587, que Antoine Didatto, grand vi- 
caire de Tabbaie^ le feit insérer dans les baux pour l'en- 
tretien et la décoration du service divin. 



▲CGORD POUR LES GIRBS. 

Je soubsigné D. François du Bue, religieux profez de 
Tabbaïe St Michel duTréport, et trésorier de la d. abbaïe, 
connois et confesse par ces présentes, avoir accordé 
avec M. Marin le Cousturier, receveur du grenier à sel 
d'Eu et du Tréport, et nostre receveur gênerai de la d. 
abbaïe, pour les cires à moy dues, et qui me doivent 
estre livrées, par chacun an pour Tentretien du lumi- 
naire de reglise, ainsi qull est accoustumé faire parle 
passé, au moïen et par le prix de la somme de quarante 
livres tournois, que le d. s^ Le Goustorier, à ce présent 
et acceptant, sera tenu me païer par chacun an à deux 
termes etpaicmens en Tan, premier terme de paiement 
au jour Toussaincts prochain venant, et le second au 
Noël ensuivant, le tout prochain venant, et ainsi conti- 
nuer par chacun an durant six années consecutives,et iM>ur 
le temps que le d. s"^ Le Gousturier est receveur gênerai 
de la d. abbaïe. A ce moyen je subroge par la présente 
le d. sieur Le Gousturier en mon lieu et place pour rece- 
voir à son profit particulier toutes les cires qui sont deues 
par les fermiers de la dite abbaye, suivant les baux qui 
en ont esté faits par le d. s' le Gousturier, en iiualité de 
receveur gênerai d'icelle abbaïe, et ce durant les d. 
six années et six dépouilles qu'il a faitlesd. baux soit les 
d. cires en essence ou en argent ainsi qu'il 



Digitized by VjOOQIC 



-76 - 

UNION DES DIXICES DE MARC MEZA.NGERB OU DE8 
▼£NT£S ET DE BERNOMPRÉ, ▲ LA TRESORERIE PAR U. l/èJàBÈ. 

1663. 

Nous Fr. Jacques de Souvrô, chevalier de Tordre de 
S' Jean de Hierusalem, baillydela Morée, ambassadeur 
d'iceluy près la personne du Roy, et abbé commanda- 
taire de TÂbbaie de S^ Michel du Tréport, avons con- 
senti et accordé, consentons et accordons que F. Louis 
de Héron, prestre, religieux et trésorier de la d. abbaïe, 
jouisse des dixmes de la Mare Mezengere, paroisse de 
« en ce qui en peut appartenir à la d. abb lïe, et 
de celles de Bernompré paroisse de Nilmont, en ce 
qu*enjouissoitM. d'Âuchy appartenant àicelle abbaïe et 
qu'à Tadvenir les d. dixmes soient unies à l'office de 
trésorier de la d. Abbaïe, sans toutefois aucune garan- 
tie, et à condition que le d. sieur du Héron fera toutes 
les poursuites nécessaires 'contre les usurpateurs des d. 
dixmes, à ses frais, dépens, dommages et interests En 
foy de quoy nous avons signé ces présentes, et fait con- 
tresigner par nostre secrétaire ordinaire à Paris ce dix- 
huitiesme jour de décembre mil six cens soixante trois. 
Ainsi signé de Souvré, et plus bas : par mon dit seigneur, 
Poupart avec paraphe, et au costé les armes du dit 
seigneur. 

DECLARATION DU SERVICE DIVIN DE L* ABBAÏE. 

Nos frater Johaiines le Grateur, vicarius generalisin 
spiritualibus et temporalibus R«** in Christo patris Do- 
mini abbatis incliti monasterii Sancti Michaelis de Ulte- 



Digitized by VjOOQIC 



- 76 - 

riori Porta, ordinis sancU Bénédictin Rothomagensis 
Diocesis, nosque prior, et totus ejusdem monasterii, 
conventus, more solito in Gapitalo dicti monasterii, ad 
sonum campans congregati, matura super infra scriptis 
prœhabita deliberatione, omnibus presentibus ac fataris 
quibus ioterest, aut intererit salutem ac Ghristo Domino 
firmiter obedire. Notificamus vobis ac certificamus pre- 
sentium tenore monasterium supradictum Ulterioris 
portus ab inclitae mémorise, illustrique principe domino 
Roberto quondam Augi comité fundatum ac elemo* 
sinarum largitate ampliatum, prseterea nos ac monaste- 
rium praedictum sub gardia et protectione dictorum do* 
minorum comitum fuisse, et nunc illustris principis do- 
mini comitis Âugiviventis, cujus gressus Dominas fé- 
liciter prosperare dignetur i esse, ac suorum successorum 
perpétue fore, ac pro largitionibus prsedictis nobis ac mo 
nasterio supra dicto a prsefatis Dominis comitibus libéra - 
liter ac munifice prsestitis ad matutinorum vesperoram, 
acaliarumdiurnarum horarum, secundum ordinis nostri 
institutionem, officia, ac etiam ad duas missas ordinarias, 
unam videlicet in aurora de beatissima Yirgine, aliam 
horaconsueta de officio diei, secundum eamdem institu- 
tionem, quibuslibet diebus etiam solemnibus, diebus 
autem non solemnibus ulti'a supradicta ad officium 
mortuorum cum missa de eisdem pro sainte animarum 
dictorum dominorum comitum^ eorum prsedecessoram, 
successorum, uxorum, liberorum, ac quorumvis recom* 
mendatorum perpétue teneri ac obligari, nosque nallum 
aliud officium, sive anniversarium celebrare, nec ab 
antique celebravisse, nec ad alla officia divina in ecdesia 
supra dicta dicenda, praeter superius declarata, pro 
prsefatis dominis comitibus, ac personis supradictis ali- 
quomodo teneri, et obligari. In quorum fidem ac testi- 
monium présentes litteras per notarium publtcum infre 



Digitized by VjOOQIC 



- 77 — 

scriptum signari» et sigillorum nostrorum muaimiDe 
roborari fecimus, presen tibus ad hœc discreto domino Fir- 
mino Becquet, presbitero, et Mai-tino le Roux, testibus 
ad prœmissa yocatis pariter ac rogatis, die décima quarta 
mensis julii, anno Domini millésime quingentesimo 
yicesimo octavo. Aiasi signé L. Litart un paraphe, et 
scellé de deux sceaux, Tun petit et l'autre grand en cire 
verte sur double queue. 



CHARTES DE L OFIGE DE L AJTMONE. 

VENTE DU CIMETIÈRE DU TRÉPORT. 

1363. 

Universis présentes litteras inspecturis decanus ru- 
ralis de Âugo, Rothomagensis Diocesis, salutem in 
Domino, et fidem indubiam omnibus adhibere. Notum 
facimus quod coram nobis et notarié publiée, et testibus 
infra scriptis in Ecdesia parrochiali de Ulteriori portu, 
Rothomagensis Diocesis, personum campanse propter 
eainunumcongregati, et personaliter constituti, vene- 
rabiles viri videlicet Rogerius de Maldenrée, Radulphus 
de Âbbatis-Villa, Robertus des Malet alias de Bienaye, 
Robertus des Vuases^ Johannes dictus le Pippe. 
Michael Beluacensis, thesaurarii^ et Petrus de 
Pratellis^ Guillermus de Pratellis, Radulphus de 
Froemer, Micbael de Maldenrée, Johannes de Penliaco, 
Robertus de Pratellis, Simon de Abbatis villa, Petrus 
Fabri, Johannes Ballivi, Johannes Tardieu, carnifex, 
Martinus dictus Noël, Laurentius Sauville, Laurentius 
Cardon, Ingeramnus de Brachiis, Guillermus dictus 
Ânsoul, Johannes Maton, Nicolaus Picardi, Guillermus 



Digitized by VjOOQIC 



— 78 — 

le Gruier, Ingeramnus Régis, Galterus de Campis, Ro-, 
gerius Tardieu, Ricardus Monachi, Johannes des Ba- 
tailles, Johannes dictas Gatel, Johannes dictus Masqpie-; 
fer, Bertinus dictus Viandi, Tliomas de Grangues, 
Osmondus Polart, Johannes de Âucomevillo, Johannes 
de Riolen, Johannes le Fouare, Martinus dictus Mala- 
pris, Johannes dictas Toria, Colard Ghivenet^ Johannes 
du Forfait, Guerardus de Bocquevilla, Johannes de Au- 
rench, minor, Gaufridus de Abbatisvilla, Johannes 
Belan, Guillermus dictus Braquet, Johannes dictus 
Fauquet, Adam Heberti, Johannes Boscher, Johannes 
dictus Lessare, Guerardus Sicci» Adam Monachi, Jo- 
hannes dictus Portehors, Johannes dictus Franchon, 
Matheus dictus Havart, Johannes Auto, Guillermus 
dictus Bigot, Johannes Canus, Robertus dictus Landry, 
Guillermus Danarro, Johannes de Bretagne, Guillermus 
TardiUjPetrus Croustin, Ricardus Ansella, Robertus 
de Berneval, Adam Gorveserii, Johannes dictus Mal- 
nourri, Matheus Gardon, Petrus magni, Adam Morin» 
Martinus dictus Hardy, Johannes dictus Beseuluim, 
Rogerius dictus Houart, Petrus dictus Gasquiere, Adam 
dictus Malcharat, Johannes Ghopistardi, Johannes dic- 
tus Gasquere, Nicolaus Flamigor, Ricardus Canuti» 
Petrus dictus Barberi, Egidius dictus Godren, Guiller- 
mus des Battois» Firmanus Godart, Johannes Pelletier, 
Petrus dictus Sores, Nicolaus dictus Rates, Johannes 
Tores, Nicolaus dictus le Bouvier, Guillermus dictus 
Yallet, Bernardus, Fortis, Johannes dictus Pochet» Mar- 
tinus dictus Harneio, Bertinus Monachi, Johannes 
Grueriiy Nicolaus dictus Vasse, Robertus dictus de 
rheure, Johannes Lantheri, Johannes dictus le Vache, 
Ricardus dictus Postel, Johannes Goscii, Valaricus dic- 
tus Micheleramne, Ingeramnus Masie, Johannes Mateus, 
alias Aneulle^ Petrus Mouachi, Thomas Goscii, Ber- 



Digitized by VjOOQIC 



- 79 — 

nardus de Saltitia, Nicolas ParmeûtariuSv Johannes 
Allotis et Petrus Houard, parrochiani et habitatores 
dictse parrochise, majorem et saniorem partem parro- 
chianorum dicti loci, facientes et représentantes, ut 
dixerunt, concorditer et unanimiter nullo penitus dis- 
cordante, regnoverunt et in veritate confessi sunt se, 
nomine suo, et successorum suorum dictse parrochise 
parrochianorum, et habitatorum, accepisse in emphiteu- 
8im seu perpetuum hereditagium et durabile a religio- 
sis viris dominis Âbbate, et conventu monasterii S. 
Michaelis de Ulteriori portu, ordinis S" Benedicti, dic- 
t» diocesis, quoddam tenementum. . . elemosina ipsius 
monasterii existeno ad ipsos religiosos et conventum 
monasterii pertinens vulgariter nuncupatum hortum 
eleemosynarum ipsius monasterii seu quamdam quan- 
titatem terrae sub dicto vocabulo communiter nuncu- 
patum cum toto fundo, et clausura murorum ejusdem, 
sicut se proportat de longo in latum, continens seu con- 
tinentem unam acram vel concirra, situm seu sitani in 
eadem parrochia ante portam ejusdem monasterii, vide- 
licet pro sex libris turonensibus annui et perpetui red- 
ditus, libère solvendis et reddendis ab ipsis et successo- 
ribus suis predictis, qui fuerint pro tempore praedictis 
religiosis et eorum successoribus, in quatuor portioni- 
bus seu summis, in Nativitate B^' Johannis Baptistsd, 
S* Remigii, Nativitatis Domini, et Paschse festivita- 
tibus. In quo tenemento ipsi tbesaurarii et parrochiani 
proponunt et intendunt, cum Dei auxilio, eclesiam et 
cœmeterium et ecclesia per impetum fluctuum maris in 
ci^as littore immédiate consistunt, sint in discrimine 
infra brève tempus funditus evertendi et etiam corruen- 
di, et jam idem cœmeterium pro parte etfere usque ad 
maceriam seu parietem dictse ecclesise funditus est ever- 
sum, prout etiam parietes ecclesise, ut patet cuilibet in- 



Digitized by VjOOQIC 



- 80 - 

tueûti, et taliter de dicto tenemento disponere, et ordi- 
nare, prout sibi et successoribus suis commodius visum 
fuerit expedire, solvendo et reddendo perpetuo, în termi- 
nis praedictis. redditusprœlibatos, hoc adjecto et expresse 
inter ipsos thesaurarios , parrochianos et religtosos 
convento, quod ipsi religiosi, et eorum successores per- 
pétue habebunt liberum accessum et ingressum în dîc- 
tum tenementum, ac ecclesiam postquam fuerit, ibidem 
coDstructa, ut profertur, quotiens et quando sibi vide- 
bitur tempore tamen et horis congruis, cum omnibus 
juribus. usibus conditiouibus actionibus, libertatibus 
et franchisiis consuetis eisdem religiosis ac eorum 
successoribus in perpetuum reservatis, prout babere 
consueverunt in ecclesiaipsius loci supradicti, plane ipsi 
thesaurarii et parrochiani specialiter et expresse quoad 
solutionem, dictarum sex libraruoi turonensium annui 
et perpetui redditus ex eorum certis scientia et propo- 
sito obligaverunt, et obligatos efficaciter remanere volu- 
erunt se, successores suo^, ac eorum bona mobiiia, et 
immobilia, presentia et futura, necnon thesaurarii red- 
ditus proven tus, et obventiones présentes etfuturos ubi- 
curoque et in quibuscumque consistant, spectantes 
et pertinentes ad fabricam eorum ecclesiœ calicesque, 
libres;, ornamenta seu paramenta ejusdem ecclesi» 
capiendi, vendendi, et explectandi pro dictis sex 
libris annuatim iu prsBdictis terminis persolvendis, 
ac pro emendis, si ad terminum debitum non fuerint 
persolutœ» et pro reddendis, refundendis, et restita- 
endis omnibus damnis, custibus, missionibus justis 
et expensis, quos vel qu8B seu quas ipsi religiosi dein- 
ceps incurrereot et sustinerent ob motam negligentiam 
etdefectum solutionis et satisfactionis bujusmodi redditus 
in terminis antedictis, de et super quibus credetur et 
stabitur, simplici verbo ipsorum religiosorum, seu la- 



Digitized by VjOOQIC 



-81 - 

torum presentium litterarum, et renanciaverunt prsefati 
Thesaurarii et parrochiani nomine quo supra omni 
exceptioni fori, doli, mali contractus prsedicti cum ipsis 
religiosis ex causa prsedicta, non inviti, non facti^ non 
celebrati, et exceptioni deceptionis ultra medietatem Justi 
pretii, et crucis sumptad vel assumendae, omni priyilegio 
sibi undecumque induite, vel indulgendo, ac juri dicenti 
cum lalcis renunciationem valere, ac omnibus aliis et 
singulis exceptionibus juris et facti, usus et consuetudinls, 
per quas possent, per se vel per alium seu alios, contra 
prsemissa, vel eorum aliqua facere in futurum Tel venire, 
et per quas solatio et obligatio praemissorum posset quo- 
modolibet impediri vel etiam retardari. Et juraverunt pras- 
fati Thesaurarii et parrochiani omnes et singuli in eorum 
animas ad sancta quatuor Dei Evangelia, ob hoc per 
ipsos corporaliter tacta, prasmissa omnia et singula 
attendere, tenere, servare, et înyiolabilîter adimplere, 
et non contra facere quomodolibet in futurum, Tel venire. 
Insuper praenominati Thesaurarii et parrochiani fecerunt, 
et constituerunt procuratores sues, ac certes et spéciales 
nuntios, yenerabiles yiros yidelicet Dominum Johannem 
Pastilli, presbiterum, et Robertum dictum de Bienays , 
clericum, et quemlibet eorum in solidum, ita tamen quod 
non sit melior conditio occupàntis, sed quod unus eorum 
inceperit alter prosequi yaleat et flnire, videlicet ad 
comparendum et se representandum, nomine ipsorum 
constituentium, et pro ipsis, coram Reyerendissimo in 
Christo pâtre D. D. Phillppô de Alenconio, Dei gratia» 
archiepiscopoRothomagensi, seu ejusin spiritualibusTene- 
rabilibus yicariis, et ad conflciendum praBmissa omnia ex 
eorum conscientiis, etpropriisToluntatibus émanasse (I), 
eaque signe et subscriptione Notarii publici infira scripti 
tina cum sigillé dicti decani existentis roborata, et 

(1) Peut-être vaudrait-il mieux Ure : emanata f 



Digitized by VjOOQIC 



ad petendum, supplicaQdum, et obtinenduiQ hujusmodi 
contractum per ipsum Dominum archiepiscopum, seu cyns 
praedictos dominos vicarios laudari approbari, ac eorum 
authoritatem, et decretum praemissis necnon omnem 
condemnationem, monitionem et sententias quas ipsi 
dicere, promulgare voluerint, contra ipsos Thesaurarios, 
parrochianos ac eorum successores pro et super prdemissis 
observandis recipiendum, dantes, procuratoribus suis, et 
eorum cuilibet, plenametliberampotestatem inpraeniissis 
et singulis praemissorum, promittentes bona flde» et sub 
hypotheca et obligatione omnium bonorum suorum, et 
fabricse eorum ecdesiae presentium et futurorum nobis> 
et eidem notario légitime stipulantibus et recipientibus, 
vice et nomine omnium singulorum quoioim interest yel 
intererit, se ratum, gratum et ârmum perpetuo habere 
et habituros quicquid in praemissis, et quolibet promis- 
sorum per prœdictorum procuratorum suorum, et eorum 
quemlibet actum fuerit seu aliter quomodolibet procura- 
tum. In quorum fidem, et testimonium prsemissorom 
recipi, et in banc publicam formam redigi per notarium 
publicum infra scriptum, signoque, et subscriptione 
ejusdem una cum impressura sigilli nostri Decanatus 
fecimus roborarl. Acta fuerunt haec in dicta ecdesia de 
Ulteriori Portu sub anno Domini millesimo trecentesimo 
sexagesimo secundo, die XXVII mensis maii» hora quasi 
nona yel circiter, indictione prima pontiâcatus sanc- 
tissimi in Christo papae et Domini nostri D. Urbani, 
divina providentia, papae quinti anno primo, presentibus 
discretis viris domino Micbaele Petro presbitero« domino 
Johaune dicto Rigolet presbytère, Johanne dicto Campion, 
Nicolao Carpentario , Guillelmo Paratore , Guillelmo 
Alexandri, Petro Patis, Johanne dicto Yastel, Johanne de 
Pugnant, Guillelmo Goscelin, Guillelmo dicto Johanne et 
Petro de la Disme testibus ad praemissa vocatis specialiter 
et rogatis. Et plus bas est oscript. Et Ego Johannes du 



Digitized by VjOOQIC 



QuesQoy Rotbomagensis Diocesis publicas apostolica et 
imperiali authoritate notarius confessionibus, obligationi 
renunciacioni, juramentorum praestationi, procuratorum 
constitutiom , denariorum promissioni , et caeteris 
prsemissis omnibus et siogulis, dum prout superius 
designantur fièrent, unacum prœdictis testibus prasens 
personaliter interfui eaque omnia fieri vidi et audivi , 
publicayi, et in banc publicam formam redegi, ac meo 
conaueto signe ac nomine unacum sigillo dicti decani 
apposui requisitus specialiter et rogatus in testimonium 
premissorum. A coeté le signe de Quesnoy, et en queue 
le sachet du sceau. 

RATIFICATION BB LA VBNTB DU CIMBTIBRB. 

Universis présentes litteras inspecturis yicarii in spiri* 
tualibus et temporalibus générales Reverendissimi in 
Ghristo patris et Domini Philippi de Âlenconio, Bei gratia, 
archiepiscopi Rotbomagensis , salutem in Domino sem* 
piternam. Notum sit omnibus, presentibus et futuris, quod 
coram nobis propterea persqnaliter constitutis, discretis 
viris fratre Henrico Marci, monacho et procuratore reli- 
giosorum yirorum abbatis et conventus Monasterii S. 
Michaelis de Ulteriori Portu, ordinis Sancti Benedicti, Ro- 
tbomagensis Biaecesis, ex parte una, et domino Johanne 
PastUU, presbytère, procuratore Thesaurariorum , et 
parrochianorum ecclesiae parrochiaUs^ ejusdem loci de 
Ulteriori Portu, ex altéra, de quorum quidem procura- 
toriis super hoc confectis nobis constitit per litteras 
ipsorum religiosorum, et decani decanatus ruralis de 
Auge pro dictis Thesaurariis , et parrochianis nobis 
ostensas, qui quidem domini Jobannes PastilU, nomine 
procuratoris Thesaurariorum, et pro ipsis, juxta etsecun- 
dum formam mandati ab ipsis Thesaurariis et parro- 
chianis in bac parte per eorum prœdictas litteras sibi 



Digitized by VjOOQIC 



-84- 

dati et concessi recognovit, et confessus fiiit in judicio 
coram nobis contenta in litteris, qnibus nostrae praesentes 
sunt annexas universa et singula, pront et secundum 
quod in eisdem litteris exprimuntur, et designantur, ex 
conscientiis et propriis voluntatibus eonimdem Thesau- 
rariorum, et parrochianorum émanasse, eacpie signo, et 
subscriptione discreti viri Johannis de Quesnoy, publici 
Apostolica, et imperiali authoritate Notarii ibidem nomi- 
nati unacum sigillo Decanatus Ruralis de Ango praedictœ 
Diaecesis existere roborata, petens nihilominus et requi- 
rens iiumiliter supplicando, nomine quo supra, contractum 
in praedictis litteris contentum, prout ibidem exprimituTt 
caeteraquo omnia et singula la eisdem litteris contenta 
per nos laudari, approbari, nostramque authoritatem 
pariter et decretum eisdem omnibus et singulisinterponi. 
Nos autem vlcarii praBfati, hujusmodi supplîcationi et 
requestae, tanquam rationabilibus inclinât!, inquisito pri- 
mitus solerter de mandato nostro per ceri;um commissa- 
rium, quem ad hoc duximus deputandum de supradictis 
inquirendis omnibus et singulis circa hoc necessariis et 
opportunis de quibus yolumus primitus edoceri, et com- 
perto a nobis omnia et singula circa hujusmodi factum 
scu negotium tam de jure quam de facto requisita fuisse, 
et esse solemniter acta, et cedere in utilltatem et profectum 
Religiosorum, et sui monasterii praedictorum , nihilqne 
canonicum hujusmodi supplîcationi et requestœ praedicti 
procuratoris ipsorum Thesaurariorum et parrochia* 
norum obviare, quinimo omnia rite continere ad hoc 
quod supplicatio et requesta hujumosdi per nos deberent 
effectui mancipari, consideratis tam confessione ejusdem 
procuratoris ipsorum Thesaurariorum, etparrochianorum, 
quo supra nomine, et ut praemittitur facta, quam caeteris 
quae in hac parte fuerunt et sunt ubilibet et quomodolibet 
attendenda, matura et opportuna deliberatione super 
hoc cum peritis habita, adhibitis et servatis summopere 



Digitized by VjOOQIC 



-85 - 

omnibus solemnitatibus qxxBd in hujusmodi negotio et 
circa illud ftierint attendenda, authoritate prsefati Domini 
nostri archiepiscopi qua singulariter fungimur in hac 
parte» hujusmodi contractum, ac omnia et singula in 
prsedictis litteris contenta et designata, ratum et gratum, 
rataque et grata habentes, ipsam et ipsa volumus lauda- 
mus, approbamus, ac presentis scripti patrocinio commu- 
nimus, ipsis ac etiam infra scriptis omnibus, et singulis 
nostram authoritatem interponentes , et decretum, salvo 
tamen in omnibus jure dicti domini nostri archiepiscopi 
et ecclesiae suas Rothomagensis etiam et quolibet aliène, 
memoratos Thesauriarios et parrochianos présentes pos- 
teros, in personam dicti domini Johannis, eorum procu- 
ratoris, ad tenendum, adimplendum, et inyiolabiliter 
observandum, omnia singula in prsedictis litteris contenta 
tenore presentîum condemnantes. Insuper nos authori- 
tate praedicta monuimus et monemus primo, secundo et 
tertio et quarto ex abundanti, in personam dicti eorum 
procuratoris yolentis et consentientis, ac idipsum instan- 
ter âeri requirentis, eorumque futures successores qui 
fuerint pro tempère, quatenus omnia et singula in prsedictis 
litteris designata, prout et secundum ibidem enarrantur 
et exprimuntur de puncto in punctum, quemadmodum 
ad ea se spontanée observanda obstrinxerunt in 
omnibus, et quod omnia studeant efflcaciter adimplere et 
inyiolabiliter observare, nulle unquam tempère in con- 
trarîum facturi quovis quaesito colore. Quod si for- 
te contrarium fecerint et nostris hujusmodi monitionibus 
non paruerint, cum effectu, et de sex libris annui redditus, 
dequibus, in supra dictis litteris âtmentio eisdemReligiosis 
ac eorum successoribus qui fuerint pro tempore vel eorum 
mandate plene et intègre non satisfecerint cum effectu 
terminis statutis^ vel saltem infra quindecim dies post 
singulos transactos termines, eadem canonica monitione 
praemîssa in Thesaurarios et parrochianos dictse ecclesiae 



Digitized by VjOOQIC 



— 86- 

qui fuerint pro tempore, culpabiles tamen et rebelles^ et 
nunc proutex tune et tune prout ex nunc sententiam 
excommunicacionis ferimus in bis scriptis. In quorum fidem 
ottestimonium praemissarecipi, et in hancpublicam formam 
redigi per notarium publicum infra scriptum signoque et 
subscriptione ejusdem unicum sigillo magno curiae Rotho- 
magensis quo utimur in bac parte, fecimus roborari. Acta 
fuerunt baec Rotbomagi in domo habitationis Decani Ëccle- 
siaB Rothomagensis in caméra ejusdem, annoDomini millé- 
sime trecentecimo sexagesimo tertio, die décima mensis 
februarii, indictione secunda pontiflcatus sanctissimi in 
cbristo patris et Domini nostri Urbani, divinaprovidentia, 
papœ quinti, anno secundo, presentibus discretis yiris 
domino Petro Parmentarii, Henrico Brumarii presbyteris 
ac Jobanne Garpentarii et Ingerarono Mase, Rothoma- 
gensis Diaecesis, testibus ad praemissa vocatis specialiter 
et rogatis. 

Et plus bas est écrit. Et Ego Guillelmus deMara Clerici, 
Rothomagensis Dlocesis publions apostolica et imperiali 
authoritate Notarius, comparitioni dictorum procura- 
torum, confessioni supplicationi, ratihabitioni,laudationi, 
approbationi, authoritatis et decreti interposition!, con- 
demnationi, monitioni, sententiarum prolationi, et caeteris 
prsemissis omnibus et singulis, dum âerent unacum 
praenominatis testibus, presenspersonaliter interftiî eaque 
omnia fieri vidi et audiyi, publicavi, et in banc publicam 
formam redegi ac meo consueto signe et nomine unacum 
sigillo magno curiae Rothomagensis praedictae roboravi 
requisitus, ad majorem certitudinem praemissorum omnium 
et singulorum. Et a costé est son signe. 

PROCÈS POUR CE CIMETTF.RK. 

Il n'y a rien de si bien établi qui ne s'ebranie avec le 
temps, et le peuple est une béte à plusieurs testes, qui 



Digitized by VjOOQIC 



-87- 

ne se conduisent pas toujours dans la droiture, mâ's se 
laissent emporter à la fougue et à la passion. En voicy 
un exemple : en 1563, auquel temps les Trésoriers de la 
parroisse refusèrent tout à plat de païer la rente de six 
livres pour leur cimetière à D. Jehan Mauger, pour lors 
aumônier de l'Abbaie, lequel fut obligé de faire entendre 
trois témoins, lesquels tous trois parlent positivement 
de cette redevance de six livres de rente deûe et paiée 
par la fabrique du Treport, jusqu'au temps de ce procès. 
Je ne rapporteray que le themoignage du premier, les 
deux autres estans conformes, dont on peut voir Ten- 
queste entière au chartrier faite devant Charles de Bures 
le 19 novembre 1563, signée le Griel. 

Nicolas Caron Eschevin du Treport, âgé de cinquante 
ans, enquis et examiné comme dessus, dit qu'il connoit 
le dit Mauger, religieux de l'Abbaie du Treport, qui est 
pourveu comme Ton dit de FEstat et office d'aumonier 
de la d. abbaie du Treport puis un an en ça depuis 
le trespas de defiint D. Charles de la Presnoie. Dit 
qu'il a toujours oui tenir et dire qu'à cause du lieu 
et cimetière servant pour inhumer les corps des par- 
roissiens de l'église S*-Jacques du Treport, il estoit deu 
par les parroissiens et habitans tenus païer par les 
thesaariers de la d. église de SMacques à l'aumonier de 
la d. Abbaie, six livres tournois de rente par chacun an. 

Dit que suivant ce et y a vingt ans ou environ, il a 
esté Thesaurier de la d. église S^-Jacques par l'espace de 
deux ans, pour lesquelles deux années il a paie à D. Louis 
Garnier pour lors Aumônier de la d. abbaie, douze livres 
tournois pour lesd. deux années pour arrérages des d. 
î^ix livres tournois de rente. Depuis lequel temps il s>st 
iPMivf» HV»H' les )>arroissi»Mis et Thesaiiriers d« la d. 
<'jrlise iS*-.faivnu*s, «>n ^^p sont ivndn.s les eoniptes des d. 
Thesaariers, par lesquels entr 'autres choses estoit l'ait 
mention du paiement des arrérages de la d. rente, lequel 



Digitized by VjOOQIC 



-88- 

paiement estoit alloué es d. comptes par les d. parrois- 
siensy et est souvenant d^avoir assisté aus d. comptes par 
quatre ou cinq ans. 

Les deux autres témoins sont Vincent Prévost 
eschevin et Trésorier et Michel Caillou aussi alant esté 
Trésorier, qui déposent le même en substance que le 
précèdent. 

CONFISCATION DBS TERRES DE BUSQUET, 
AU FIEF DE L*AUMONE. 

1407. 

A tous ceux qui ces lettres verront ou orront Jehan 
Morelet, Bailly d'Eu, salut. Comme après la mort de feu 
Guillaume Busquet exécuté à Rouen pour ses démérites, 
ses héritages, rentes et revenus, en tant qu*il en avoit 
en la comté d'Eu, eussent esté pris et mis en la main de 
mon très redouté seigneur, Monseigneur le Comte d'Eu, 
par confiscation et forfaiture, et que depuis, de la part 
des religieux hommes et honnestes Tabbé et couvent 
du Treport, eust esté baillée requeste devers les gens 
du Conseil de mon dit seigneur le comte, afin qu'on 
Youlsit lever la main de mon d. seigneur et leur mettre 
à délivre certaines reutes-~et revenus que prenoit et 
avoit le d. feu Busquet en son vivant, et au temps de sa 
mort, sur certains héritages assis au Mesnil-Estrelin en 
la parroisse d'Estalonde, lesquels héritages les d. 
religieux disoient estre assis en leurs fieulx, et tenus 
d'eux nuement et sans molen, et pour ce les d. rentes 
leur appartenir, et estre leur venus et echeus par la 
d. confiscation et forfaiture, ausquels religieux east 
esté ordonné et appointé par les d. Conseils que l'on 
procederoit sur leur d. requeste par raison et la coutume 



Digitized by VjOOQIC 



du pals, et pour ce eussent les d. religieux ou leur 
procureur fait leur dite requeste en jugement, les assises 
d'Eu seans, sur quoy une yeûe eust esté assise par 
M. Jehan Roussel, procureur gênerai de mon dit seigneur 
le Comte, d'une part, et les d. religieux ou leur pro- 
cureur, d*autre, laquelle vetie eust esté rassise par 
plusieurs fois, comme ces choses peuvent apparoir par 
le procès ou écritures sur ce faites. Sçavoir faisons qu*ès 
assises qui furent à Eu tenues par nous bailly dessus 
nommé. Tan de grâce mil quatre cens et sept, le jeudy 
continué du lundy précèdent XXVII jour de septembre, 
après veûe faite et tenue pour faite par douze hommes 
passez sans saon, présents en jugement, dont les noms 
ensuivent, c'est à sçavoir Michel Escarlate, Perrinet le 
Comte, RaouUn Galet, Samson Desempuis, Laurent 
Vitton, Jehan Planchon, Pierre Guissart, Jehan Evrart, 
Jehan le Carron, Bosquet Gallet, L'Aubain et Gilles 
Gondrée, Entre le dit Jehan Roussel, procureur de mon 
d. seigneur le comte, d'une part, et religieuse et 
honneste personne Dom Jehan, par la permission divine, 
abbé du d. lieu du Treport, et Laurens de Roussigny, 
attourné et procureur du couvent d'iceluy lieu, d'autre, 
les dits abbé et procureur du d. couvent repairans à 
leur d. requeste, disoient que les héritages veuz et 
montrez, c'est à sçavoir une mazure où demeure à 
présent M. Jehan le Berrier, assis au d. lieu du Mesnil- 
Estrelen, d'un costé à Motin de Lannoy, d'autre costé 
à rue, d'un bout à Jehan Doulle et d'autre bout au quemin 
qui mené d'Eu à Criel ; item une pièce de terre contenant 
trois acres et demie, laquelle fut Jehan le Comte, d'un 
costé au quemin qui va d'Eu à Criel, d'autre costé aux 
terres de l'Aumône et aboute aux terres qui furent 
Jacques Sorel, et d'autre bout aux terres de l'aumône, 
et la tient à présent Colin Sabot; item, une pièce de 
terre que tient à présent Jehan de S^Ouen dit Richommet 



Digitized by VjOOQIC 



contenant une acre ou environ, d'un costé Robin Doulle, 
d'autre costé à Colin Blojuiel, d'un bout aux terres de 
raumône en bout devers le Bosc et d'autre bout à 
Guillaume le Jolie fils Michault le Jolie, estoient assis 
en leurs fieux, tenus d'eux nuement et sansmoïen, et y 
prenoient certaines rentes et redevances anciennes, c'est 
à sçavoir sur la d. mazure où demeure le dit Berrier, 
vingt deux sols, quatre cappons, quatre guelines de rente 
chacun an, et sur la d. pièce de terre que tient Ck)lin 
Sabot prenoient iceux religieux chacun an rente ou 
redevance anchienne de campart. Et le dit feu Busquet 
y prenoit et avoit trente sols de rente, et sur la dite 
pièce de terre que tient Jehan de S* Ouen, avoient et 
prenoient iceux religieux moulte de rente ou redevance 
ancienne, et le dit feu Busquet y prenoit et avoit vingt- 
quatre sols de rente par an. Et avec ce feirent lire à la 
Court un vidimus ou copie donné sous le seel de Simon 
de Rambechon, Vicomte d'Eu, d'aucuns articles extraits 
des chartes de leur d. église, selon ce que contenoient 
les d, lettres, faisant mention d'aucuns dons sur ce faits 
à leur d. église par défunts, de noble mémoire, nos 
seigneurs les comtes d'Eu, que Dieu absolve, requerans 
et prians la main de mon dît Seigneur le comte estre 
levée d'icelles rentes dessus déclarées appartenans au 
dit feu Busquet sur les dits héritages, comme devant 
est dit, et iceux leur estre mis au délivre pour les causes 
dessus dites avec les levées echeues depuis leur dite 
requeste, rabbatu une année pour mon d. seigneur le 
Comte. Dénié ou mis en doute, s'en rapportent aux douze 
hommes dessus nommez et de leurs faits à leur sufBsance. 
A quoy le d. procureur de mon d. seignpur le Comfp 
répondit, et dit que l^s d. lipritagt^s vens pf montr«*z 
<>.stoienî assiz en la r^^iT-o et haute justice de mon dit 
seigneur, tenus de luy nuement et sans molen, et non 
tficeux religieux et qu'ils ny avoient droiture ou 



Digitized by VjOOQIC 



- 91 - 

seigneurie accune, et n'estoient point assis en leurs 
flenx, et pour ce dlsoit, ce conneu, les d. religieux 
avoir à tort fait la d. requeste; eUene leur devoit estre 
accordée, mais en deroient faire amende. Dénié, s*en 
rapportoit en iceux douze hommes en ce qui luy sufBroit 
pour défendre la d. requeste. Et pour ce feimes Jurer 
iceux douze hommes à dire vérité sur les choses dessus 
dites, entant qu'ils en sçavoient ou croioient, ainsi qu'il 
est accoutumé en tel cas> lesquels sur ce examinez 
8'allerent ensemble conseiUer et adviser à part, et à leur 
retour dirent et déposèrent par leurs sermens, tous à 
un accord^ qu'ils tenoient et croioient que les d. héritages 
reus et montrez estoient assis es fleux des d. religieux, 
tenus d'eux nuement et sans moien, et y percevoient 
d'ancienneté les rentes et redevances qu'ils déclarent, et 
que le dit feu Busquet y prenoit et avoit les rentes dessus 
dites et reclamées. Après lesquelles dépositions et 
rapports les dits abbé et procureur du convent requirent 
la main de mon dit seigneur estre levée d*icelles rentes 
dessus déclarées, que le dit feu Busquet prenoit sur les 
d. héritages, et iceux leur estre mis au délivre au titre 
dessus déclaré, avec les levées depuis leur d. requeste, 
rabattue une année pour mon d. seigneur, comme dit 
est dessus. Laquelle requeste leur fut accordée par 
ropinion des assistans comme bonne; et le d. procureur 
de mon d. seigneur feit sa protestation et retenue de 
défendre pour mon dît seigneur les levées du temps 
passé, si bon luy semble. Et les d. abbé et procureur du 
convent, protestans et retenans au contraire. Retenant 
et protestant en outre iceluy procureur de mon d. 
seigneur le comte à avoir et recevoir les d. rentes ou 
partie d'icelles ainsi qu'il appartient, si autrefois vpdoît 
à connoisssance qu'eux appartinssent à mon d. seignf^nr 
le Comte, et les d. abbé et procureur du convent retenant 
au contraire. En témoin de ce nous avons scellé ces 



Digitized by VjOOQIC 



présentes du scel aux causes du d. bailliage. Ce fut fait 
l'an Jour et assises dessus dictes. 



CHARTES DB LA PAROISSE DU TREPORT 
REGLBMENS DB L'ARCHEVEQUE DE ROUEN 

P., miseratione divina, Rothomagensis archiepiscopus, 
universis ad quos litterœ présentes pervenerint , salutem 
in vero Salutari. Cum contentîo verteretur coram nobis 
inter abbatem et conventum de Ulteriori Portu, ex una 
parte,et magistrum Nicolaum presbiterum ecclesids Sancti 
Jacobi de Ulteriori Portu, ex altéra, super matutinis et 
duabus primis missis in Natali Domini et oblationibus 
earum, et super Tenebris in Septimana penosa, et ablu- 
tione in Cœna Domini qua hora débet fier! ci mmuniter 
in aliis parrochiis, et Cruce adoranda et ejus oblationi- 
bus, et super servitio in vigilia PaschaB et cereo 
ejusdem yigiliaB, super custodia olei infirmorum , unctio- 
nibus et legatis, super processionibus, pulsatione campa- 
narum adnonam et ad vesperas^ et uno modiobladi,Nos,de 
assensupartium, ordinavimuscomponendo, quod dictus 
presbiter, et ejus successores, matutinas, duas primas 
missas in Natali Domini de cœtero parochianis celebra- 
bunt, et oblationes habebunt earum, tenebras cantabunt, 
crucem adorare, et omne ofBcium in die passionis Domini 
in Ëcclesia sua facient, et oblationes ejusdem diei habe- 
bunt, quod servitium in vigilia Paschae facient, non 
pulsabunt ad Gloria in excelsis, nisi prius pulsetur in 
abbatia. Denarios cerei communiter cum ministre abbatiœ 
coUigenty et dicti abbas et conventus medietatem dena- 
riorum cerei babebunt de csBtero, et dictus presbiter et 
ejus successores allam medietatem. Prsadictus presbyter 
et successores ejus de cadtero custodiam olei babebunt» 



Digitized by VjOOQIC 



-93- 

et parrochianos suos inungent, ministro, abbatiae advo- 
cato, si commode possit haberi ; necessitate cogente , 
ministro amem présente, parrochianos suos inungent. 
Processiones suas omnes facient, diebus duplicibus, in 
quibus parrochiani feriabuntur ad Nonara et ad Yesperas 
prœdictus presbyter et successores ejus anteabbatiam non 
pulsabunt. In aliis diebus hora competenti pulsabuni In 
Vigilia Beati Jacobi apostoli, et in die praedictus pres- 
byter et ejus successores ad quamlibet horam pro 
Toluntate sua pulsabunt. De legatis ita ordinatum est , 
quod si solum presbytère parrochiali fiant legata,ea solum 
per sehabebit; si solum fabricse ecclesi» su», fabrica 
solum per se habebit; si solum presbytère parrochiali, aut 
fabricde Ecclesiae suae insimul ea per se habebunt. Simili 
modo de monachis, si aliqua solum fuerint legata mona- 
chis, ea per se habebunt; si fabricae solum eorum 
monachorum, solum fabrica per se habebit, si monachis aut 
fabricsB su» ecclesiae solum, ipsi solum per se habebunt. 
Si autem aliqua eis insimul legata fuerint, ea inter se 
aequaliter divident; si autem tam une quam alio legetur, 
quîlibet habeat quod sibi legatum fuerit, si autem pres- 
bytère parrochiali plus, et monachis minus, inter se 
œqualiter divident; si autem monachis plus etpresbytero 
minus inter se sequaliter divident; si etiam presbytère 
parrochiali, et fabricse Ecclesiae susb plus, et monachis 
minus, inter eos œqualiter dividetur, ita quod presbyter 
et fabrica Ecclesiae suse habebunt duas partes et monachi 
tertiam. Si monachis et fabricae ecclesiœ su» plus, et 
presbytère minus, aequaliter inter eos dividetur, ita 
quod monachi et fabrica ecclesiae suae habebunt duas 
partes et presbyter tertiam. Si vero quis intestatus dia- 
cesserit, tertia pars partis suae pauperibus erogetur, et 
duae partes presbytère Ecclesiae suae, et monachis et 
ecclesiae suae communiter et aequaliter dividantur, 
Modium bladi non de meliori nec de pejori, presbyter 



Digitized by VjOOQIC 



--94- 

pr»dictus et ejus sucoessores àb abbate, et conveata 
singulis annis infra festum omnium sanctorum in abbatia 
percipient. Ad hœc antem facienda et âdeliter observanda 
praediotus Nicolaus juramento corporaliter praBstito se 
obligavit, et ejus successores ad hoc simili modo tenentur 
se obligare. Et ut ista Arma permaneant, presentem 
chartam sigilli nostri munimine dignum duximus robo- 
rari. Actum apud Albemalliam in crastino octavarum 
EpiphanisB anno Bomini M» CG» XXXYUL 

Et plus bas est le sachet de parchemin où estoitle sceau 
qui contient encore quelques fragmens de cire. 

Ce P., sans addition du nom au commencement du titre, 
marque Petrus de Colmieu, pour lors archevêque de 
Rouen. 

RBGLEMBNS DE L'OFFICUL DE SAIS POUR LA PAROICB 
DU TREPORT. 

1249. 

Omnibus haecYisurisofflcialis Sagiensisjudex a Domino 
papa delegatus, et magister Johannes de Curia Omeri, 
subdelegatus a viris religiosis abbate et priore Sancti 
Martini Sagiensis^ judicibus a Domino papa delegatis, 
salutem in Domino. Cum Nicolaus, rector ecclesiae Sancti 
Jacobi de Ulteriori Portu , prosente Martine de Monte 
Ragnialdi, clerico, procuratore abbatis et conventus de 
Ulteriori Portu, confessus fiierit in jure coram abbate 
Sancti Martini Sagiensis, et priore ejusdem loci, et offlciali 
Sagiensi, judicibus a Domino Papa delegatis, quod dicti 
abbas et conventus de Ulteriori portu, de jure et antiqua 
consuetudine habent et percipiunt, et percipere debent 
decem et octo libras Turonensium in dicta ecclesia Sancti 
Jacobi de Ulteriori poitu annuatim, de redditibus ecclesi» 
supradictasi his terminis, scilicet in festo omnium sancto- 



Digitized by VjOOQIC 



rum sex libras ; in Natali Domini sex libras, et in Pascha 
Domiûisex libras turonensium, et dlcti abbas et conventus 
peterent in jure, coram offlciali Sagiensi, judice a Domino 
papa delegato, et me magistro Joanne, snbdelegato ab 
abbate et prioreSancti Martini Sagiensis,dictum rectorem 
condemnari indecem et octolibris turonens. praBdictis, red- 
dendis annuatim dictis abbati et conventui de Ulteriori 
portuderedditibus dictée ecclesise, dictis abbate et conventu 
comparentibus per procuratorem, scilicet Johannem de 
Furno, clericum, cum litteris procuratoriis, sigillis dicto- 
rum abbatis et conventus sigillatis, et dicto rectore> per 
procuratorem, scilicet Thomam le Bouc, clericum, cum 
litteris procuratoriis sigillé decani de Augo sigillatis, die 
assignata ad santentiandum super confessione prœhabita, 
Nos offloialis Sagiensis, magister Johannes deCuriaOmeri, 
subdelegatus a dictis abbate et priore Sancti Martini 
Sagiensis, dictum Nicolaum, rectorem ecdesiae Sancti 
Jacobi de Ulteriori Portu, in personam procuratoris sui 
sententialitercondemnamus ad solvendum dictis abbati et 
conventui de Ulteriori Portu decem et octo libras turo- 
nenses annuatim, de redditu ecclesias supradictae terminis 
supradictis. In cujus rei testimonium nos offlcialis Sagensis 
presentibus litteris sigillum ouriœ Sagiensis apposuimus, 
et ego magister Johannes de Curia Omeri , subdelegatus 
a praBdictis religiosis, quia sigillum proprium ad presens 
non habebam, presentibus litteris sigillum religiosi viri 
abbatis Sancti Martini Sagiensis procuravi apponi. Datum 
anno Domini M^ CC» X L. nono, die Sabbati post festum 
beati Egidii, continuata de die in diem a die Jovis prece-^ 
dente. Lieu des seaux qui ne sont plus à l'acte. 

ACCORD ENTRE L'âBBÉ ET LES PAROISSIENS 
1457 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Richart, 
par la permission divine, humble abbé de Téglise çt 



Digitized by VjOOQIC 



— 96- 

monastère de S^ Michel du Tréport , et tout le convent 
d*iceluy lieu, salut en nostre Seigneur. Comme decord 
et procès Ait ja pieça meu et pendant par devant M^ 
Tofflcial de Rouen entre les Trésoriers et parroissiens de 
l'Eglise parroissiale de S^ Jacques du dit lieu du Tréport, 
d'une part, a rencontre de nous, pour et au nom de nostre 
église , d*autre part, sur ce que nous entendions aUen- 
contre des d. Trésoriers et parroissiens, afin qu'ils nous 
fussent tenus bailler pour convertir au profit de nostre 
dite église la moitié du chierge benoist de la d. église 
S^ Jacques par chacun an, et aussi qu'iceux parroissiens 
ne poussent sonner les cloches dlcelle Eglise S^ Jacques 
sans le congé et licence de nous. Et iceux trésoriers et 
paroissiens contendoient vers nous, que nous reparas- 
sions le canchel de la d. église S^ Jacques qui tomboit 
en ruine, disans qu'à ce ce faire estions tenus, et nous 
disions le contraire. En toutes lesquelles choses dessus 
devisées nous parties dessus d. voulions prétendre 
défense l'un vers Tautre, sur quoy estoit espéré grand 
rigueur de procès entre nous, pour lequel esquever et 
amour nourir et entretenir ensemble ainsi qu'il est requis, 
veu le cas et la grande afilnité qui a toujours esté entre 
nous, après certaines dilations, iceux Trésoriers et par- 
roissiens, d'une part, et nous abbé et couvent dessus d., 
d'autre part, nous soïons submis et rapportez du tout en 
ce qui seroit dit, sentencié, appointié, et oi donné de nos 
decords et questions déclarées par R^ Père en Dieu Mons' 
Jehan, abbé de l'Eglise de N'* Dame d'Eu, et par vénérable 
et discrettes personnes Messire Simon Duchemin, prebstre, 
chappelain et aumônier de très haut et puissant prince et 
nostre très redouté seigneur Monseigneur le comte d'Eu, 
Messire Raoul de le Were pareillement prebstre, curé 
d'Estallonde, et Messire Jehan Guiffart, semblablement 
prebstre, curé de l'église S^ Jean d'Eu, et eussions chacun 
de nous promis tenir, entretenir, accomplir, et avoir 



Digitized by VjOOQIC 



-97- 

aggréable a toiijours tout ce quepariceux arbitres dessus 
nommez seroit dit, appointiez sentencié, et ordonné de 
tous les decords dessus dovisez sans aller jamais de rien 
au contraire, lesquels arbitres desus d. après ce qu'ils ont 
Teu et visité nos droits, et tous tels enseignements que 
leur avons montré tant d'une part comme d'autre, et eu 
par eux sur ce advis et délibérations ensemble, à grand 
trait de temps, aient dit, appointié, sentencié, et ordonné 
accordablement que pour le temps a venir iceux Trésoriers 
et parroissiens de la d. Eglise S* Jacques du Treport, 
seront tenus rendre et pa!er à nous et à nos successeurs 
la sonune de cinq sols tournois par chacun an au jour de 
Pasques,pour et au lieu de la moitié du d. chierge benoist, 
de laquelle moitié nous ne prendrons plus rien moiennant 
le paiement des d. cinq sols par an, comme dit est. Et au 
regard de la sonnerie d'icelles cloches de la dite église 
S* Jacques, les d. Trésoriers et parroissiens d'icelle église 
seront dorénavant tenus demander à nous et à nos 
successeurs congé de sonner icelles cloches aux heures 
de None et de Vespres, la veille de la Toussainct, pour 
toute Tannée, ausqueUes deux heures de None et de 
Vespres, le jour delà d. veille de Toussainct, les d. par^ 
roissiens et Trésoriers ne pourront sonner ny faire sonner 
icelles cloches de leur dite église sans demander iceluy 
congé. Et en tant que touche le fait d'iceluy canchel de la 
d. église S* Jacques, nous abbé et couvent dessus d. le 
serons tenus reparer, et ce fait, le maintenir bien 
et sufiQsamment désormais perpétuellement, sauf qu'au 
regard d'une goutiere qui est vers nostre cour iceux Tré- 
soriers et parroissiens* dessus d. le seront tenus reparer 
et maintenir désormais à leurs frais et dépens, et nous 
serons pareillement tenus maintenir l'autre qui est à 
costé du d. canchel vers la mer. Et par ce molen iceux 
Trésoriers et parroissiens nous ont paîé la somme de 
trente livres tournois, dont nous nous tenons pour con- 

7 



Digitized by VjOOQIC 



- 98- 

tents.Et s'il advenoit que par fortune de mer le dit canohel 
fust démoli d*icy en après,et qu'il le convint refaire ailleurs, 
les d. Trésoriers et parroissiens le seront tenus refaire 
du tout en tout; et iceluy ainsi refait, nous le serons tenus 
maintenir de lors en après, comme dessus est dit, comme 
toutes ces choses peuvent plus à plein apparoir par la 
sentence des d. arbitres donnée le vingt-deuxiesme jour 
de mars l'an 1456, de laquelle il nous est deuement apparu. 
Sçavoir faisons que nous abbé et couvent dessus dits, 
d'un même accord et consentement, pour ce assemblés 
ensemble en nostre chapitre, et eu sur ce advis et délibé- 
ration au conseil de nostre d. Eglise, avons voulu, accordé, 
consenti, loué et approuvé, et par la teneur de ces pré- 
sentes voulons, accordons, consentons, louons et approu- 
vons Tappointement , sentence et ordonnance d'iceux 
arbitres dessus nommez, tel et ainsi que dessus est déclaré, 
et le promettons tenir, entretenir, faire et accomplir de 
point en point en toutes les choses dessus déclarées, et 
chacune d*icelles, sans jamais aller de rien au contraire 
en nulle manière, par et sous Tobligation de tous les biens 
et temporel de nostre dicte église et de ceux de nos suc- 
cesseurs, meubles et héritages présents et advenir. En 
témoin de ce nous avons seeUé ces présentes des seaux de 
nous abbé et couvent dessus d. Ce flit fiût le pénultième 
jour de Pebvrier 1457. 

, OHARTB DE LA. CURE DE 8^ PIERRE EN VAL POUR LES DIXMBS 

1S38 . 



P., divina miseratione Rothomagensis Archiepiscopus, 
universis ad quos litter» présentes pervenerint Salu- 
tem in vero salutari. Cum qusBstio facta sit coram nobis 
inter viros religiosos abbatem et conventum de XJltieriori 



Digitized by VjOOQIC 



- 99- 

Poptu, ex una parte , et magistrum Rogerium presby- 
tenim de Sancto Petro in Yalle, ex altéra, super 
tertia parte veterum decimarum , et decimis nova- 
]ium, in dicta parrochia sitorum , Nos , de assensu 
partium, ordinavimus in hune modum : quod dictus près- 
biter in dictis veteribus decimis tertiam garbam per 
totumterritorium parrochi» de Sancto Petro in Valle per- 
cipiet, et omnes décimas novalium in eadem parrochia 
sitorum, abbas autem et conventus de Ulteriori Portu in 
veteribus decimis duas garbas percipient per totum ter- 
ritorium ejusdem parrochise, absque redamatione dicti 
presbiteri, vel successorum ejus, et ut ista robur flrmi- 
tatisobtineantpresentemchartam, sigilli nostri munimine 
dignum duximus roborandam. Actum apud Albemalliam 
in crastino octavarum Ëpiphanise anno Domini M9 CC<* 
XXX» octave. 

L'Abbaie est en jouissance des d. deux tiers de dixmes 
de la d. parroisse jusqu'à présent 1668. 

Ce P., sans addition du nom au commencement du 
titre, marque Petrus de Colmieu, qui pour lors estoit 
archevesque de Rouen. 



CHAETBS DE LA CURB DE LIONEMABB DON DES DIXKBS. 
1259. 

Notum sit omnibus presentibus et futuris, quod cum 
ego Nicolaus dictus Daniel de Aneillemara quasdam 
décimas perciperem et haberem^ singulis annis, in qui- 
busdam terris sitis infra metas parrochiae de Aneillemara 
quas tenebam in feodum ab antique, cupiens easdem 
dedmas ad jus Ecclesiasticum reverti, et ad personas 
potius conferri ecclesiasticas, quam in manu retinere 
laicali> omnejus quodmihiautsuccessoribus mois compe- 



561781 ^ 



Digitized by VjOOQIC 



-100- 

tebat, velcompeterepoterat, in decimîs supradictis, et in 
perceptione earumdem spontaneus resignavi in manu 
Reverendi patris. 0., Dei gratia, archiepiscopi Rothoma- 
gensis loci Diocesiani, quam resignationem idem R^'^ pater 
recepit et acceptavit, supplicans eidem ut dictas décimas, 
et jus percipiendi easdem, conferret et assignaret in 
puram et perpetuam elemosynam ob salutem animas mes 
et animarum prsedecessorum meorum viris religiosis 
abbati et conventui de Ulteriori Portu, in utilitatem 
ipsorum et monasterii eorum convertendas ; idem yero 
reverendus pater dictas décimas et jus percipiendi 
easdem, me présente, contulit et assignavit eisdem reli- 
giosis supradictis, Galtero, rectore dictas ecclesiae de 
Aneillemara per litteras suas expressum praebente 
consensum. Promisi insuper, sub religione praestiti jura- 
menti, quod in dictis decimis, aut in perceptione earum- 
dem, ego, aut haeredes mei nihil reclamabimns in fiiturum. 
In cujus rei testimonium presenti scripto sigillum meum 
apposui. Actum Rothomagi, anno Domini M9 CC® L»« 
nono, die lunae post sanctum Pascha, testibus Mis magîs- 
tris Ricardo de Salomonisvilla, Petro de Albamalla, et 
Johanne dicto Cholet, canonicis Rothomagensibus, 
fratre Nicolao Anglico, et fratre Rogerio de Bosco 
monachis de Ulteriori portu, et Petro de Maisnillo, senes- 
callo domini archiepiscopi Rothomagensis, Petro de 
Albamalla, notarié curiae Rothomagensis, Nicolao Le 
Bouteiller, et Johanne Goude et multis aliis. 

Le nom de Tarcheveque sous la lettre 0. est Odu 
Rigault, qui gouvernoit pour lors Tarchevesché. 

RATIFICATION DU CURÉ DE UONEMARE. 

Omnibus présentes litteras inspecturis Galterus rector 
ecclesiae B^î Martini de Aneillemare salutem in Domino. 



Digitized by VjOOQIC 



-101- 

Noveritis quod com Nicolaus dictus Daniel de Aneillemare 
quasdam décimas perciperetethaberet inquibusdam terris 
sitis infra metas parrochiaB mesB de Aneillamarey quas in 
feodum tenebat, ut dicebatur, idem Nicolaus. cupiens eas 
ad jus ecdesiasticum reverti, volens etiam easdem potius 
ad personas transferri ecclesiasticas , quam in manu 
retinere laicali, omne jus quod sibi competebat yelcompe- 
tere poterat in dedmis supradictis et in perceptione 
earumdem, in manu Reverendi patris 0., Dei gratia/ 
Rothomagensis arcbiepiscopi, spontaneus resignavit, 
renuntiando omni juri quod sibi, aut ejus successoribus 
in eisdem decimis aut in perceptione earum competebat 
ant competere poterat in futurum, supplicans eidem 
archiepiscopo ut» ob salutem animse snsd, et animarum 
predecessorum suorum, dictas décimas et jus percipiendi 
easdem, in puram et perpetuam eleemosynam conferret 
et assignaret viris religiosis abbati et conventui S^ 
liichaelis de Ulteriori Portu. Idem vero archiepiscopus 
easdem décimas et jus percipiendi easdem contulit et 
assignavit religiosis supradictis, consensu meo interve- 
niente, volens quod idemreligiosi,dictas décimas perpetuo 
habeant et percepiant in usus proprios ac utilitatem 
monasterii eorumdem convertendas. In cujus rei testi- 
monium presenti scripto sigillum meum apposui. Actum 
Rothomagi anno Dominicae Incamationis W GC^ Ifi nono, 
die lunsB post Ramos palmarum. 

SBNTBNCB ARBITRALE POUR LB FIBF DB UONBHABB. 
1292. 

A tous cheux qui ches lettres verront ou orront 
Ralmmont Passemer baillif de Eu, Salut. Comme contens 
fost meu entre hommes religieux l'abbé et le couvent 
du Treport d'une part, et YuiUaume de Cantepiet Escuier» 



Digitized by VjOOQIC 



-^102- 

d* autre, sus che que le dit Yuillaume avoit fait justice, 
et pris nans en un âef que les d. religieux ont en une 
ville que Ton appelle Mellemare, et les dits religieux 
eussent mis* gage et plege que le d. Vuiilaume ayoit 
fkit justice où il ne pooit ne ne devoit, et pour che 
que les dits religieux ne voloient mie contenchier, 
ne plesdier au dit ^ uillaume, par conseil de bonnes gents, 
ils s'accordèrent, et le dit Vuiilaume autresi queMonseig* 
Henry de Grantcort et Messire Vuiilaume de Pierrepont 
chevaliers sceussent et enquérissent combien les aides 
coutumiers et les corvées de chu flé porroient valoir à 
prix d'argent, et che qu'ils diroient qu'ils devroient 
valoir, le d. abbé et couvent rendroient au d. Vuiilaume 
à achater rente en son âé où là il vodroit, ou à faire 
sa volonté de l'argent, ja soit che qu'ils ne connoissoient 
que le d. Vuiilaume eust en chu fié nejustice ne segnourie. 
Et comme contons fùst entr'eux en la cort d'anorable 
homme et discret l'official de Roam, meu par la raison 
de chette justice, les dessus nommez abbé et couvent et 
le d. VuUlaume se misrent du tout es deux chevaliers 
dessus nommez Messire Henry de Grantcort, et Messire 
Vuiilaume de Pierrepont dessus nommés à faire leur 
volonté, et se obligèrent à tenir fermement sans aller de 
rien encontre tout che que les deux chevaliers dessus 
dits diroient ou ordonneroient des contons et des débats 
dessus d., en telle manière que. se ils n'estoient à 
accort, que Messire Robert de S^ Pierre, chevalier, esleu 
et nommé des parties dessus d., seroit le tiers, et à che 
ou il s'accorderoit avec l'un des autres, seroit tenu 
fermement sans che que nul des parties en peut aUer 
de rien encontre. Nous faisons à sçavoir que les parties 
pres3ntes par devant nous que le dit chevalier seigneur 
Henry et le dit chevalier seigneur Robert qui appelle 
estoit le tiers miseeur pour le débat qui estoit entre le 
dit Monseigneur Vuiilaume et Monseigneur Hemy, 



Digitized by VjOOQIC 



rendirent leur dit en la manière qu'il ensuit : chest assavoir 
que le dit abbé et couvent rendroient au d. Vuillaume 
vingt une livre sept sols et six deniers tournois pour 
toutes choses, et que dorénavant le d. YuiUaume ne ses 
boirs n'arroient justice ne segnorie sur le devant dit 
fié pour nulle chose qu'elle qu'elle fùst, et des dépens 
faits en la eort de l'offlcial, que nul ne seroit tenu à 
rendre rien^i l'autre, et qui plus arroit mis si s'en 
soflEMst. Et diest accort fût apporté par devant monsei- 
gneur le comte et devant son conseil u Jour du samedi en 
la vigille S^Ândrieu Tapostre, qui fut en Tan de grâce 
mil deux cens quatre vingt et douze, et par le conseil 
que Monseigneur le Comte en eust, il quémanda que 
nous feissons as devant dis abbé et couvent lettres 
seron chest accort. Et en témoin de che, et en ensuivant 
le quemandement de Monseigneur le comte, avons baillé 
au d. abbé et couvent ches lettres seellées du seel de la 
baiUie du comte d'Eu, fiiites en Tan et jour dessusr d. 

Le seau est en son entier qui porte d'un costé un lion 
lancé semé de billettes, et de l'autre costé un simple écu 
avec une orle allencontre, et quelques lettres restantes 
dul^'et.... 



CHARTBS DES. CURES DE RIEU , ET DB MONCEAUX. 
DON DE RAOUL DE MONCELLIS. 

Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod 
ego Radulphus de Moncellis, assensuuxoris me» et flUo- 
rum meorum Yillelmi et Johannis, et amicorum meorum 
consilio, dedi et concessi ecclesiaB Sancti Micbaelis de 
Ulteriori Portu in perpétua eleemosyna possidendum 
quicquid ad me vel antecessores meos juris pertinuit in 
ecolesiis de Riu^ et de Moncellis, tam in terris qoam ia 



Digitized by VjOOQIC 



— 104 — 

decimis, ita libère et quiète quod nec ego , nec hères 
meus dominium habeamus ponendi vel deponendi presby- 
tères in ecclesiis prœdictis, sed abbas Sancti Michaelis de 
Ulteriori Portu libertatem et dominium habeat de intro- 
mitendis vel deponendis presbiteris. Et ut mea concessio 
arma habeatur, sigiUi mei authoritate et presentium 
testium assertione confirmayi : Guidonis de Avesnis, 
Gisleberti de BaiUolio, Gauteri de Sancto Remigio, Rai- 
gnaldi archidiaconi Rothomagensis, Roberti, cappellani, 
Helise scribae, Radulpbi, presbiteri de Septem molis» 
Rogeri de sancto Petro in Yalle. Anno ab incamatione 
Domini M* C^ LXX V*'^ actum est hoc. 



DON DBS DIXMES PAR ROBERT 
L'AN 1207 

Omnibus Christi fldelibus ad quos presens scriptum 
pervenerit, Yualterus, Dei gratia Rothomagensis archie- 
piscopus, salutem in Domino. Noverit universitas vestra 
quod Robertus laicus, dictus presbiter, et Stephanus cle- 
ricusi fllius ejus, décimas quas habebant in parrochia de 
Moncellis et de Riu, quas sicut laicum feodum sunm 
tenebant, in manu nostra reddiderunt. Et nos easdem 
décimas, ad preces eorum, dilectis flliis nostris abbati et 
monachis Sancti Michaelis de Ulteriori Portu in perpetuam 
eleemosinam contulimus,in usus eorum proprios couver- 
tendas. Praedicti autem Robertus, dictus presbyter et Ste- 
phanus, âlius ejus, in nostra presentia, tactis sacro- 
sanctis Evangeliis, Juraverunt quod de cetero in eisdem 
decimis nihil reclamabunt, nec aliqui per eos. Ut autem 
facti hujus notitia in memoriam transeat fhturorum et 
prorsus in posterum tollatur occasio malignandi, 
idipsum presentis scripti annotatione, et sigilli nostri 
munimine roboraTimus. Testibus hiis, Yuillelmo de Sancto 



Digitized by VjOOQIC 



— 105 - 

Paulo, ÂBsello de Augo, Laurentio de Constantia et 
Radulpbo de Sancto Martine, dericis nostris» et pluribus 
aliis. Datum apud Devillam per manum magistri Johannis 
Britonis» annt> Domini 1207, quarto nonas maii. 

CHARTB DE LA CURB DE BRUNYILLE. 
ACCORD POUR LE CHANSBL. 
1453 

Universis présentes litteras inspecturis ofQcialis Rotho- 
magensis, Salutem in Domino. Notum facimus quod cum 
lis controversia seu quaevis materia orta esset, aut moveri 
speraretur coram nobis inter religiosissimos viros abba- 
tem et conventum monasterii Sancti Michaelis de Ulteriori 
Portn, ordinis Sancti Benedicti Rothomagensis diocesis, 
exnna, et curatum ecclesiœ parrochialis de Bninvilla, 
decanatus de Augo, dictœ diocesis^ ac Thesaurarios, par- 
rochianos parrochiaB ejusdem de BronviUa, ex altéra 
partibns, occasione refectionis seu reparationis cancelli 
dictsd ecclesiae de Brunvilla, nova refectione seu repara- 
tionis, occasione guerrarum nuper vigentium in partibus 
istis, indigentis, dictaB partes, ad Dei laudem et bonorem, 
ut divinum servitium in cancello et ecdesia hujusmodi de 
Brunyilla, sicut hactenus factum fuit, continuari possit et 
valeat, una ad evitandam litem, pro bono pacis et concor- 
dise, per médium consiliarorum suorum devenerunt ad trac- 
tatum et concordiam modo et forma et in lingua materna 
sequenti : Stlr le decord qui estoit meu on espéré mouvoir 
entre les religieux abbé et couvent de Teglise S^ Michel 
du Treport, de l'ordre de & Benoist, d'une part, et Messire 
Firmin Routier, prestre, curé de Teglise parroissiale de 
Notre-Dame de Brunville, eu doîenné d'Eu, diocèse de 
Rouen,d'autre, et Johannot Simon, fils de Denisot Simon, et 



Digitized by VjOOQIC 



- 106- 

Jeân Simon,Tresorier8 de la d. église de Bnmvillei d'antre, 
àroccasion de la réfection on réparation du canchel de la 
dicte église de Bronyille, lequel, a l'occasion des gaerres, 
estoit cheu, et venu en grande décadence et mine telle- 
ment qu'il estoit besoin de le refaire ou reparer tout de 
neuf, pour éviter procès et pour l'honneur de Dieu, et que 
le divin service peust estre faict et célébré comme d'an- 
cienneté a esté, ont esté et sont icelles parties d*accord, 
c'est assavoir des religieux abbé et couvent, pour la tierce 
partie, et du curé, de la tierce partie, et des Trésoriers 
et parroissiens, de l'autre tierce partie; quos quidem 
tractatum et concordiam venerabilis P. Dominus Ricardus, 
abbas ipsius monasteri, et Petrus le Comte, electus pro- 
curator, et nomine procurationis conventus hijû^umiodi 
de Ulteriori Portu, ac dominus Firminus Routier, presby- 
ter, Rector seu curatus ecclesiœ, necnon Johannes Simon, 
fllius Dionsyii Simon, et Johannes Simon senior, Thesau- 
rarii dictsd ecclesi», ac Aubinus de Vuarengue parrochia- 
nus ejusdem, se fortes facientes pro aliis parrochianis 
ejusdem parrochisB, coram nobis in curia nostra et in 
jure personaliter comparentes modo et forma et concor- 
diam modo et forma in lingua materna sequenti. Sur le 
decord qui estoit meu ou espéré mouvoir entre les 
religieux abbé et couvent de l'église S^ Michel du Treport, 
de l'ordre de S^ Benoist, d'une part, et Messire Flrmin 
Routier, presbtre, curé de l'église parroissiale de Notre 
Dame de Brunville, en dolenné d'Eu, diocèse de Rouen, 
d'autre, et Johannot Simon, fils de Denisot Simon, et 
Jean Simon, trésoriers de la d. église de Brunville, 
d'autre, à l'occasion de la réfection ou réparation du 
canchel de la dicte église de Brunville, lequel à l'occasion 
des guerres estoit cheu, et venu en grande décadence 
et ruiné, tellement qu'il estoit besoin de le refaire ou 
reparer tout de neuf, pour éviter procez et pour l'honneur 
de Dieu, et que le divin service peut estre fiûct et célébré 



Digitized by VjOOQIC 



- 107 — 

comme d'antienneté a esté, ont esté et sont icelles parties 
d'accord, c'est assavoir, que le d. canchel sera refait et 
reparé aux dépens des parties, c'est assavoir des reli- 
gieux abbé et couvent, pour la tierce partie, et du curé, 
de la tierce partie, et des trésoriers et parroissiens» de 
l'autre tierce partie; quos quidem tractatum et concor- 
diam venerabilis P. Dominus Ricardus, abbas ipsius 
monasterii et Petrus le Comte, electus procurator, et 
nomine procurationis conventu hujusmodi monasterii de 
Ulteriori Portu, ac dominus Pirminus Routier, presbyter, 
rector seu curatus ecdesiae, necnon Johannes Simon 
fllius Dionysii Simon, et Joh«« Simon senior, thesaurarii 
dictas ecdesisB, ac Aubimus de Yuarengue parrochianus 
ejusdem, se fortes facientes pro aliis parrochianis 
ejusdem parrochiaB, coram nobis in curia nostra et in 
jure personaliter comparentes modo et forma quibus 
supra scribuntur, passaverunt ac sic fecisse, tractasse, 
ac concordasse recognoverunt et confessi fiierunt, pro- 
mittentes bona fide ac sub hypotheca et obligatione 
omnium et singulorum bonorum suorum, mobilium et 
immobilium, presentium et futurorum, se ratum, ârmum 
habere, ac perpétue habituros in quantum quemlibet 
eorum tanget, dictum tractatum et concordiam modo et 
forma assignata, nec contra premissa venire quoquo 
modo. Etinsuper dicti thesaurarii ac parrochiani présentes 
promiserunt et se submiserunt nomine parrochianorum 
ipsius parrochiSB quod présentes tractatum et concor- 
diam rata et grata inhabebunt, et ipsum tractatum et 
concordiam ratiflcabunt, dum fuerint requisiti. In quorum 
omnium et singulorum prsemissorumfldem et testimonium 
sîgillum magnum curi» nostrae Rothomagensis presen- 
tibus litteris duximus apponendum. Actum et datum 
anno Domini millésime quadringentesimo quinquagesimo 
*e jovis in festo S« Luci» décima tertia decembris. Et 
SOT le reply en dedans sont ces signatures : M. Grosay, 



Digitized by VjOOQIC 



- 108 - 

R. Dyel, Gr. le Comte, Oi, Musteau, N. Manchon, chaciui 
un paraphe. 



CESSION DB LA CURB DE BIYILLE A L'ABBAIB D*BU 
1161, 



Pax Universis Universalis Ecclesiae flliis. Fideliter 
agnoscant quod pro pacis reparatione et perpétua 
stabilitate concordi» statuimus. Nam qui Deo viyit, 
quaB pacis sunt quasrit, quia in pace est locus ejus, qu» 
igitur contraria sunt pacis exterminât ut spiritus liberius 
vacet creatori suo, si nuUa sint quaB eum a contempla* 
tione ipsius retrahant. Igitur Ecclesiae Ultrisportus et 
Augi studentespaci, quanto memoressunt> tanto devotius 
ineunt consilium, ut in spiritu sancto confederatae 
perpétue permaneant ad invicem in vinculo pacis, et 
charitatis consociatae, itaque consilio capituli utriusque 
Ecclesiae, et Domini Johannis comitis Augi, et delibera- 
tione meliorum et sapientum placuit, ut dominus Abbas 
Ultrisportus ad memoriam majoris confederationis in 
solemnitate Nativitatis Beatae semper Yirginis singulis 
annis majorem missam celebret in Ecclesia Augensi, 
eadem vero conventione Dominus Abbas Augensis celebret 
solemne in Ecclesia Ultrisportus in solemnitate S^ 
Michaelis Archangeli. Item ad majoris confederationis 
Tinculum ârmius placuit ut alterutrum altéra alteri in 
caritate subjecta aliquid possessionis ab altéra teneret. 
Statutum est igitur ut Ecclesia Ultrisportus teneat de 
Ecclesia Augi propriae culturae suae decimam quae est 
Augensis Ecclesiae a Puteo qui est inter inârmos et 
praedictam Ecclesiam Ultrisportus usquead crucem proxi- 
mam inârmis quae dicitur Crux Comitissaei duos etiam 



Digitized by VjOOQIC 



— 109 — 

solidos quos Ecclesia S^» Grucis de Flamengevilla persol- 
vebat ammatim ËcclesisB Augi , et proprium curtillum, 
qui tune curtillus erat situs juxta praedictam Ecclesiam 
S^ Grucis liberum teneat. 

A fessa vere quae dicitur Fessa Sîmenis, quicquid sub 
yia jacet inferius usque Augum, juris EccIesiaB Augii in 
perpetuum permaneat sicut supra fuit. Decimam quoque 
pomerii S'» Grucis Flamengevillse, quœ semper Augensis 
Ecdesise fuit, sic placuit ut prsedicta Ecclesia Augensis 
non quod toto sue fructu privaretur sed discret» 
liberalitati Monachi loci illus procuratoris permittatur. 

Ut igitur Augensis Ecclesia aliquid yideretur tenere 
de Ecclesia Ultrisportus post relictas quœrelas sicut 
deflnitum est quia diu quaerelœ et contentiones yersatae 
sunt inter bas duas Ecclesias de Ecclesia de Boeyille, et 
de décima Essartuum de Tilloio, et décima S^ Mari» de 
Parce, quamyis haec omnia Augensis Ecclesia domini 
Hugonis Arcbiepiscopi Rothomagensis praesentia, et curiae 
su» testibus idoneis et juramentis, sui juris semper 
foisse comprobasset, tamen ut omnis materia controyersiae 
inter bas duas Ecclesias sopiretur coUandatum est et 
sancitum, ut Ecclesia Augensis base teneat de Ecclesia 
Ultrisportus, statutum est etiam, ut si aliquando aliqua 
harum Ecclesiarum in aliqua laborayerit causa, si Abbas 
Gi:gus causa agitatur, alterum inyitayerit, inyitatus cum 
inyitante in expensis invitantis sine mora eat. Item satis 
honesta dispeçsatione orta est, ut si quis monacbus yel 
canonicus barum Ecclesiarum, aliqua ductus inflrmitate 
de Ecclesia sua exierit, ad quamlibet barum conAigerit, 
sine ofiensione per octo dies recipiatur. Quod si infra 
praesmptum tempus suse Ecclesias reconciliari non possit, 
deinceps non remaneat, sed eat que yoluerit. Anno ab 
Incarnatione Domini M^ C<^ LXP. 



Digitized by VjOOQIC 



-110- 

CBS8I0N DE LA CURE DE S^ 8EYBRIN A L'ABBAIS DE SERT. 
1150. 

Quoniam charitas non quserens quœ sua sunt» tam 
proximorom utilitati, quam suaB providet, ne oblivione 
deleatur sed ut ratum inconvulsumque in posterum 
constet, chirographo commendamus, quo Ecclesia S^ 
Michaelis de Ulteriori Portu Ecclesiae S^ Mariœ de Sery 
Ëcclesiam, S^î Severini cun eleemosinis eidem Ecclesiae 
datis et concessls et acquisitis omnimodis possidendam 
in perpetuum concessit ; eo videlicet tenore, ut decem 
solides Rothomagensis monetœ praefatse Ecclesiœ S^ 
Michaelis inejus solemnitateannuatimpersolvatAbbatem 
et Monachos ejusdem Ecdesise advenientes in hospitio 
honorifice suscipiat. Ecclesiam enim prœfatam ab his 
tenet pro prsedictis decem solidis. Mansio et domus quam 
habet de caetero apud Ultrisportum in obside ponatur. 
Roboratur autem hoc scriptum intitulatione personarum. 
Actum est hoc anno ab Incarnatione Domini M<> C« L» 
ppesentibus Abbatibus Pulchero Ultriportensi etRadulpho 
de Sery. 

ECHANGE AVEC L'ABBAIE DU BEC DE LA CURE 
DU BOUTEROUDE POUR LA BOURDAYNE. 

Uniyersis Christi fldelibus ad quos presens scriptum per- 
yenerit. H. (1) Dei gratia Abbas de Becco, et Qjusdem loci 
conventus salutem in Domino. Ad notitiam universitatis 
yestraa yolumus peryenire, quod nos de commun! assensu 
et singulorum yoluntate tradidimus et concessimus viris 

(1) Henri de Saint-Léger. 



Digitized by VjOOQIC 



-111 - 

religiosis Abbati et conventui de Ulteriori Porta ad 
flrmaii perpetuam de nobis tenendum^ et sine alicujus 
reclamatione bene et âdeliter in perpetuum possidendum, 
pensata utilitate utriusque Monasterii et certius intellecta 
quicquid habebamus, Monasteriolum juxta S. Victorem in 
Caleto in dedmis, et in omnibus aliis rébus praeter advo- 
cationem EcclesisB, quse in perpetuum nobis remanebit. 
Simili modo tradidimus eis quicquid habebamus apud 
Bordaniam infra parrochiam S^> Potri in yalle in Comitata 
Augi, tam in terris, quam in hominibus, redditibus, et 
aliis rébus intègre nobis spectantibus quse omnia praedicta 
dicti Abbas et conventus de Ulteriori Porta in perpetuum 
de nobis tenebunt libère et quiète et paciâce, sicut nos 
unquam illa liberius et quietius tenuimus et possedimus. 
Et pro bac arma dicti Abbas et conventus de Ulteriori 
Porta tradiderunt et concederunt nobis ad flrmam per- 
petuam quicquid habebant apud Burgum Turoldi, tam in 
dedmis, quam redditibus, terris, hominibus, pensione 
Ecdesiœ, et omnibus aliis rébus, qu» omnia de eis tene- 
bimus in eadem libertate per omnia qua ipsam aliam 
praedictam, quam eis tradidimus de nobis tenebunt. Et ne 
de csBtero aliquo malignitatis stimulo prœdicta Arma 
yaleat inârmari, eam presenti scripto, sigiUorum nos- 
trorum munimine roboratam, de assensu et yoluntate 
verabilis viris PatrisTheobaldiRothomagensis Archiepis- 
copi, bona flde duximus conflrmandam. Actttm aimo 
Domini M.GG.XXIX. mense Junio. 

CHARTBS DE LA CURB DE ORBam. 
DON DES DIXHBS. 

Motam sit omnibus tam presentibus quam ftitnris ^ukh 
niam querela quaeyertebaturinter AbbaiemUJtrifq^ortas, 
et me Rogonem de FreelyiUe pro^edmiB Msartniim^e 



Digitized by VjOOQIC^ 



— 112- 

Gregni in caria Rothomagensis Archiepiscopi Yalteri fait 
terminata, et res manifesta fuit décimas illas Monachonun 
Ultrisportus fore jure perpétue, idée placuit mibiRogoni, 
quiquid in decimis illis juris proprii detinebam, monitu et 
consilio uxoris meœ Bertse, et flliorum meorum Gosc^iiii 
et Rogeri, in perpetuam eleemosinam EcclesiœS. Michaeiis 
de Ultrisportu, pro salute animae meae, et Antecessonun 
meorum dare et concedere et sigilli mei testimonio 
conflrmare. Presentibus bis Bemardo presbyterOiYualtero 
de Freelville, Nicolao de Buiville^ Ansehno de FreaLyille, 
Ranulfo Aquario, et pluribus aliis. 



ACCORD POUR LBS DIXMBS DES BSSARTS. 



Universis Christi fldelibus présentes litteras inspectoris. 
E, decanus Augi, Adam de Boloniapresbyter, et magister 
GiUebertus Gosselin de Augo salutem in Domino. 

Noverit Universitas vestra quod cum querela esset 
inter Abbatem et conventum Ulterioris Portus, ex una 
parte, et Radulfum presbiterum de Gregni, ex altéra, 
nomine suo et Ecclesi» suaB super decimis Essartuum 
Cijusdem Villœ, videlicet super decimis essartorum de 
Bosco rotundo, et de Bosco Doublel, quarum decimarum 
duas partes dicti Abbas et conventus dicebant ad seperti- 
nere, parte adversa boccontradicente, tandem partes, pro 
pace facienda, compromiserunt in nos sub tali forma» 
quod quicquid proponendo pronunciaremus super hoc, 
partes observarent, et vallata fuit compromissio per 
Juramentum ab utraque parte corporaliter praestitom, et 
per p»nam decem librarum turon. a parte résiliante 
a compromissione parti non resilienti persolvendarum. 
Nos autem, légitime inquisitaveritate super jure utriusque 
partis in decimis prœdictis, componendo pronunciavimtts, 



Digitized by VjOOQIC 



— 118 - 

quod dicti Abbas et conventus de cœtero in perpetuum 
percipient duas partes indecimis essartorum depraedictis 
lociS) tertia parte dicto presbytère rémanente, et dicti 
abbas et conventus de Ulterioriportu de csetero persolvent 
annuatim de bonis domus suse, charitatis intuitu, dictsa 
Ecdesiae de Gregni quatuor minas bladi, et duas ordei, 
inter festum S^ Michaelis, et festum omnium sanctorum. 
Ut autem base compositio rata sit in perpetuum>in testi- 
monium hujus rei, presentem chartam sigillis nostris 
duximus roborandam. Actum anno grati» M^ CC^ XXX\ 
tertio mense Maio. Valete. 



CHARTB DE LA CURB DB MILLEVILLE 
POUR LES DIXMES. 

1259. 

Omnibus hase visuris, offlcialis Rothomagensis salutem 
in Domino. Noveritis quod in nostra prœsentia constitutus 
Radulphus rector EcclesiaB de Mellevilla, confessus fuit 
abbatem et conventum de Ulteriori Portu debere perci- 
père in parrochia ipsius rectoris, fructus garbarum deci- 
malium^yidelicet in tei:ritorio magnae decimse duas partes 
garbarum decimalium, et in territorio parvse décimas 
omnes fiructus décimales garbarum , exceptis decimis 
fimctnum crescentium in hortis clausis ab antique factis 
nsque nunc. Ita tamen quod si de caetero fièrent dausa 
aliqua in territorio magnae décimas dicti religiosi debent 
perciperein eisdem clausis novis duas partes fructuum 
decimalium, et idem presbyter aliam tertiam partem. Si 
Toro dausa aliqua fièrent de caetero in territorio minoris 
dedmse, dicti religiosi debent percipere, et habere totam 
decimam fructuum crescentium in eisdem clausis. Haec 
autem omnia praemissa tam dominus rector, quam frater 

8 



Digitized by VjOOQIC 



-114 - 

Guillelmus, Dei gratia Abbas de Ulteriori Portu, in nostra 
presentia constituti confessi fuerant esse vera. In duos 
rei testimonium présent! scripto, sigillum curidB Rotbo- 
magensis ad instantiam partium, salvo jure cojaslibet, 
duximus apponendum. Datum anno domini M<> CO'L^'nono, 
die mercurii post Trinîtatem. 

[Le patronage de la cure de Melleville est marqué dans 
la chartre de Hugues 3. archevesque de Rouen de Tannée 
1151 : € Et ecclesiam sancti Martini de Bosco et ecclesiam 
de Merlevilla bas omnes cum omnibus decimis et perti- 
nentiis suis. »] 



CHARTES POUR LA GURB D'AUBIGNIMONT ET POUR LES 

BSSARTS DU D. LIEU, BT DE 8^ MARTIN AU BOS. 

ACCORD DES ABBEZ DU TREPORT BT DE FOUCARMONT. 

1228. 



Omnibus Chriisti fldelibus présentes litteras inspectoris 
et audituris H. de Becco Helluini, J. de Belloprato, et Q. de 
Augo abbates, T., decanus Rothomagensis et magister 
W. de Boteilla canonicus Ebrolcensis, salutem in Domino. 
Noverit uniyersitas vestra, cum querelae verterentur inter 
abbatem et conventum Ulterioris portus, ex una parte» et 
abbatem, et conventum Fucardimontis ex altéra, auper 
jure patronatus ecclesi» de Aubignimont, et auper 
decimis essartorum sitis in foresta Augi, in iUo looo qui 
Yocatur Aubignimont in ministerio Sancti Leodegarii, et 
rébus aliis, coram judicibus tam a domino Gregorio paps* 
quam a domino Romane tune apostolicae sedis legato dele- 
gatis, tandem in nos partes compromiserunt, et per 
penam centum marcarum se ad inyicem obligaverunt, 



Digitized by VjOOQIC 



- 115- 

quod obserrarent quîcquid nos, super praedictis querelis 
înter praedictas partes motis, arbitrando Tel amicabilîter 
componendo duxeremus statuendum. Nos vero forma 
compositionis vel compromissionis in nosfactseobservata 
taliter, de consensu partium, super praedictis querelis 
inter praedictas partes motis duximus statuendum quod 
abbas et conventus de Ulteriori Portu habebunt jus 
patronatus ecclesiae de Aubignimont. In decimis vero 
essartorum factorum in praedicto loco qui vocatur Aubi- 
gnimont, habebunt abbas et conventus de Pucardimonte, 
et abbas et conventus de Ulteriori Portu, duas garbas 
decimae per aequales portiones inter se dividendas, et 
vicarius praedictse villae tertiam garbam cum altalagio. In 
omnibus autem locis aliis in ministerio S*" Leodegarii 
ubicumque fient essarta, abbas et conventus de Ulteriori 
Portu habebunt medietatem decimae, et abbas et conventus 
de Pucardimonte aliam medietatem, exceptis illis essar- 
tis quae praedicti monachi de Pucardimonte propriis 
laboribus et expensis excoluerunt, vel de caetero excolent. 
In loco autem qui vocatur Feuchereuscamp, qui est in 
ministerio S*» Leodegarii, in quo abbas et conventus de 
Ulteriori Portu perceperant intègre usque ad diem compo- 
sitionis totam decimam, percipient de caetero abbas et 
conventus de Ulteriori Portu unam medietatem, et abbas 
et conventus de Pucardimonte aliam medietatem. De 
omnibus vero dampnis et expensis quas utraque pars 
sustinuit, ratione praedictarum querelarum, seu etiam de 
finictibus perceptîs in supradictis locis, non tenetur altéra 
pars alteri respondere, sed omnia dampna, et expensas et 
fructus perceptos partes sibi ad invicem remiserunt, 
retenta nobis jurisditione plenaria compellendi partem 
resilientem ab arbitrio ad observationem dicti arbitriî, per 
paenam praedictam centum marcarum, ab utraque parte 
promissam. Et in hujus rei testimonium presenti scripto 
sigîlla nostra apposuîmus. Datum anno DominiMo.CC<>, 



Digitized by VjOOQIC 



- 116 — 

XX<».VIIlo die mercarii proximapost festum S^Hilarii 
mense Jannarii. 

{Cette Copie est tirée de VorigiiuU gardé dans les 
archives de VAbhaie de Foucarmont). 



ACCORD AVEC LE CURÉ D^AUBIGNIMONT 

POUR LES DIXMES ET ESSARTS. 

1257. 

Omnibus haec visuris, offlcialis Rothomagensis, salutem 
in Domino. Noveritis quod cum proponeret in jure coram 
nobis magister Nicolaus, rector ecclesiae de Aubignimont 
contra viros religiosos abbatem etconventumdeUlteriori 
Portu, quod dicti religiosi erant in possessione, yôl quasi 
percipiendi tertlam partem totius decimae fructuum cres- 
centium in omnibus terris infra fines praedictae parrochiœ 
sitisy unde cum non esset jus eis percipiendi décimas, in 
praedictis, utpote quse ad dictum rectorem et ecdesiam 
suam pertinebant jure communi, petebat idem rector, 
nomine Ëcclesiœ su» praedictse, dictes religiosos condem- 
nari, et compelli ad dimittendum eidem et ecdesiœ suœ 
percipere dictam decimam totam in dictis terris, et eisdem 
religiosis super perceptione dictœ decimaB in posterom 
perpetuum silentium imponi, et eamdem decimam dicto 
rectori, nomine Ecclesise suae, difflnitive ac|j udicari, maxime 
autem cum dictae terrse essent novalia, utpote de novo 
redactae ad culturam. Et cum dicti religiosi fuissent et 
essent maie fidei possessores, petebat ipsos condemnari, 
et compelli ad reddendum sibi, et ecclesiœ su» ducentas 
libras turononensium, pro arreragiis dictas decimae ab eis 
perceptae, tandem inter dictes religiosos, et dictum 
presbyt3rum,de consensu earumdem partium amiciû)ilis 
compositio intervenit in hune modum, quod cum prœfati 



Digitized by VjOOQIC 



- 117- 

religiosi de Dlteriori Portu medietatem decimarum quo- 
ramdam novalium^factorum nuper in eadem parrochia, ac 
religiosi viri abbas et conventus Foucardi montis aliam 
medietatem, hujus siquidem medietatis quam percipiebant 
ssepe dicti religiosi de Ulterlori Portu, praefatus presbyter 
et ejus successores unam habeat medietatem in futurum, 
dicti religiosi de Ulteriori portu reliquam in perpetuum 
habeant medietatem. Simili modo et denovalibus omnibus 
in eadem parrochia de csetero faciendis, exceptis qui- 
busdam novalibus veteribus, in quibus dictus presbyter et 
ejus successores percipient tertiam partera,prout hactenus 
ipse et predecessores sui percipere consueverunt, et dicti 
religiosi, et eorum successores aliam tertiam partem 
percipient eorumdem.Promiserunt autem partespraedictae, 
coram nobis^ praedictas conventiones omnes et singulas 
fideliter et inviolabiliter observaturas,et de cœtero contra 
eas vel aliquam earum in alîquo foco ecclesiastico vel 
sœculari non venturas. Obligavit etiam idem presbyter se 
et successores sues ad observandam compositionem ante- 
dictam. Voluerunt siquidem et expresse concesserunt, 
coram nobis, part3s praedictse, ut dicta compositio per 
reverendum patrem 0. Dei gratia Rothomagensem archie- 
piscopum conflrmetur. In cujus rei testimonium presenti 
scripto sigillum curie nostre, ad instantlam dictarum 
partium duximus apponendum. Actum die mercurîi ante 
festum S'» démentis, anno Domini M» CC» quinquagesimo 
septimo. Valete. 

Il reste encore au bas une partie de seau en cire verde. 

0. est la !»•« lettre de Odo Rigault, qui de Cordelier fait 
archevêque de Rouen n'oublie point l'humilité qu'il avoit 
aprise dans le cloistre, se contentant dans tous les titres 
d'estre appelle reverendus pater Archiepiscopus. Il 
n'ambitionnoit pas ces titres si glorieux et superlatifs 
d'illustrissime reverendissime, religiosissimOy etc. 



Digitized by VjOOQIC 



— 118 - 

TRANSACTION POUR LES ESSARTS DE LA FOREST 

ENTRE L*ABBÉ DU TRBPORT 

BT LE PRIEUR DE 8^ MARTIN AU BOS. 

148& 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront, 
Islardin le Yarlet, Ëscuier, Garde scel des obligations de 
la Baillie d*Ëu, Salut. Comme de long temps procès et 
question fust meûe et pendante es assises d*Ëu et ailleurs 
entre les Religieux Abbé et 'Convent de Teglise de M' 
S* Michel du Treport, d'une part, et Religieux et honneste 
personne D. Robert de Croixmare, religieux de TAbbaîe du 
Bec-Hellouin, prieur de S*- Martin au Bos, pour le défen- 
deur des dixmes des essarts de la forest d'Eu, en quoy 
chacun d'eux, disoit avoir droit, c'est assavoir les dits 
religieux du Treport^ dont en la totalité, par plusieurs 
chartes qu'ils montroient, par lesquelles apparoissoit et 
apparoit que M" les comtes D'Eu leurs fondateurs que 
Dieu absolve ! leur avoient donné la dixme des essarts de 
la forest en quelque lieu qu'elles fussent, quand ils y 
seroient mis en labeur, et à ce titre disoient en avoir joui 
par si long temps qu'il n'est mémoire du contraire, et le 
dit prieur de S^ Martin par autres chartes qu'il montroit 
par lesqueles il faisoit apparoitre qu'entre autres choses 
Messieurs les Comtes d*Eu fondateurs du d. Prieuré lear 
avoient donné la dixme de la forest d'Eu, et le faisoient 
apparoitre d'une lettre d'ancienne écriture, contenant 
forme de sentence donnée par un Abbé D'Eu entre le 
prieur d'Envermeult, par laquelle il apparoissoit et 
apparoit que pour ce qui estoit question lors des dixmes, 
des ventes de la forest d'Eu, il avoit appointé que le d. 



Digitized by VjOOQIC 



— 119 - 

Prieur de S^ Martin au Bosc lors estant et ses successeurs 
prendroient les dixmes des ventes en la d. forest depuis 
la mare Yaslin en venant à Eu, et les dits religieux 
auroient lesd. dixmes en outre plus de la d. forest, et en 
outre disoit le d. Prieur estre possesseur de ces dixmes 
depuis la dite mare Yaslin en venant vers Eu, en tant que 
des d. essarts on en avoit mis en labeur; sur quoy se 
pouvoient continuer plusieurs défenses entr'eux pour 
lesquels eschiver, Us avoient traité et accordé. Sçavoir 
faisons que par devant Eliot le fournier et Jean le Gratteur, 
tabellions jurez au comté d'Eu, et comme ils ont témoigné» 
furent presens R. P. en Dieu Ricbard, par la permission 
divine, bumble abbé du dit S^ Michel du Treport, D. Guil- 
laume François sousprieur du d. lieu, et B. Gilles l'abbé, 
religieux de la d. Abbaîe et procureur d'un autre religieux 
Prieur et couvent du d. lieu, d'une part, et Robin 
Gappelin, procureur du d. Robert de Groixmare, prieur 
du d. S^ Martin au Bosc, et se faisant fort pour luy, 
promettant qu'il auroit pour aggreable le contenu en ces 
présentes, d'autre part, lesquels, de leur bonne volonté, 
sans contrainte, connurent et confessèrent les choses 
dessous dites estre vraies> et leur appointement estre tel: 
c'est à sçavoir que le dit Prieur de S^ Martin au Bos et 
ses successeurs auroient à toujours les dixmes et essartis 
de la d. forest entant qu'il y en a et qu'il y en aura au 
temps advenir envers la ville d'Eu, à prendre depuis le 
chemin qui traverse vers Melleville et Gamache par la 
masse où souloit estre le moulin à vent de Guerville, à 
détourner au Val qui va au d. Gamache, sans que désor- 
mais les d. Religieux du Treport y puissent rien prétendre, 
ny y mettre aucun empeschement ou contredit. Et les d. 
religieux du Treport auroient pour eux et leurs succes- 
seurs les dixmes de tous les essartis de l'outre plus de la 
d. forest, ou en quelque lieu que ce soit, sans rien 
reserver en aucune manière; et au regard du procès qui 



Digitizedby VjOOQIC 



est pendant entre les d. parties il seroit vnidépar moiens 
communs : et par ce, ont les d. parties, pour eux et leurs 
successeurs, promis cet appointement tenir, et avoir à 
toujours aggreable, sans jamais aller au contraire, et ce 
ont promis les abbé et religieux, faire reconnoitre et 
ratifier ce présent traité et accord par les autres reli^eux, 
prieur et couvent de la d. Abbaîe du Treport toutes fois 
que mestier en sera. Et semblablement le d. Robin Ta 
promis faire ratifier par le d. Prieur, et par Messieurs les 
religieux abbé et couvent delad. Abbaîe du BecHellouin, 
et à ce tenir et entretenir, et deuement accomplir de 
point en point par la forme et la manière dessus déclarée, 
à rendre tous cousts et dépenses qui en défaut de ce 
seroient faites. Et mandons le porteur de cette (lettre) 
estre creu par son serment, sans aucune preuve faire, les 
d. parties en obligeans Tun Tautre, c'est à sçavoir les d. 
abbé et religieux tout le temporel présent et avenir de 
la d. Abbaîe, et le d. Robin tous les biens du d. Prieuré, 
jurant à n*en venir jamais contre la teneur de ces 
présentes, renonçans à toutes choses par quoy venir y 
pourroient. En témoin de ce, nous, à la relation des 
tabellions, avons mis le seel des d. obligations. Ce fût fait 
le 21 de Juillet Tan 1488, présent Nicolas Landry, Ambroise 
le Mesnil et autres, signé : E. le fournier, et le Qratteur, 
chacun un parafe. 

{Cette copie est tirée des Archives de Fàbbaîe de 
Foucarmont.) 

ACCORD POUR LA PRESENTATION D'AUBIGNIMONT. 

Nous Robert de Oouberville, escuier, seigneur du d. 
lieu, et Ambroise Pallette demeurant le d. Pallette i 
Aubignimont, et le dit sieur de Gouberville i S^ Quentin 
sur Env3rmeu], connoissons et confessons avoir promis et 
promettons à Mons^ l'Abbé du Treport de ne le jamais 



Digitized by VjOOQIC 



-^ 121 — 

inquiéter pour la portion canonique ou autre pretension 
sur la cure de S<« Catherine d'Aubignimont dont il a pieu 
au dit sieur Abbé de pourvoir le dit Messire Ambroise 
Pallette, de laquelle cure je me promets contenter sans 
en faire aucune poursuite allencontre du d. s' Abbé. En 
themoignage de quoy, nous avons signé la présente de 
nos propres mains, ce 13« jour de Janvier 1589. Ainsi 
signé : Ambroise Palette, et Robert de Oouberville chacun 
un paraphe. 

CHARTES DE LA CHAPELLE 8^ MARTIN LE 0AILLARD 

Sciant présentes et futuri quod ego Vualterus de 
S^ Martino, fllius Galteri et Isabel, dedi et concessi Deo 
et ecclesiae S** Martini Michaelis de Ulteriori Portu, et 
monachis ibidem Deo servientibus, omnia illa dona qu» 
autecessores mei et homines dederunt et concesserunt 
jam dictse ecclesiae, et volo ut monachi libère et quiète 
quicquid habent vel habituri sunt in tota terra mea 
teneant ab omni servitio et consuetudine seculari, sicut 
chartae eorumdem monachorum testantur. Concède vide- 
licet jam dictis monachis hortum quemdam extra villam 
S^> Martini a via usque ad aquam continuentem, et apud 
Criolium mansuram quandam, et apud Tôt v acras terrse, 
et quicquid autecessores mei, et homines mei eidem 
ecclesiae concesserunt in terris, in decimis, in pratis, et 
in ecclesia S^î Martini. Concède etiam donationem quam 
Adelelmus de Pont fecit de hospite suo Petro Acolepamche, 
et de terra juxta hospitalem domum apud Pont posita, et 
de quadam décima apud Torfreville, et quicquid auteces- 
sores mei ex consuetudine exegerunt vel exigere potue- 
runt, et pelliciam unam quam ab eadem ecclesia annuatim 
exigebam, totum quietum et in pace dimisi ; et quicquid 
Vuillelraus de Corcellis eidem ecclesiae donavit, totum 
concessi et conârmavi. Testibus his Roberto Strabone» 



Digitized by VjOOQIC 



— 122 — 

Ansoudo fratre suo, Roberto de Bosco , Symone de 
Merlinicampo , Bernardo Yinemer, Michaele famulo 
abbatis, et pluribus aliis qui affuerunt. 



DON DB HUGUBS DB OIRY. 
1240. 

Omnibus Ghristi âdelibus ad quos presens scriptom 
pervenerit» Hugo de Oiry, miles et dominus de S^Martino 
le Gallart salutem. Noveritis quod ego dedi et concessi 
monachis Saacti Michaelis de Ulteriori portu, pro salate 
anim» meœ et antecessorum meorumi in liberam et 
puram et perpetuam elemosinam, sicut aJiqua elemosina 
potest liberius dari et concedi, masuram apud sanctum 
Martinum le Gallart, ubi monachi manebant cum horto 
contiguo masuraB Renolt le Toreiller, ex una parte, et ex 
alia, culturse domini, et culturam de Goldreio,et culturam 
de la Mare^ et campum de le baye Perrin. Et ut boc 
ratum et ârmum habeatur in perpetuum, presenti scripte 
sigillum meum dignum duxi apponendum. Testibus bis : 
domino Huilardo de S^ Martine, milite, Guillelmo de 
Diepe, Martine de Mellincamp, et multis aliis. Actum 
anno Domini W CC» XL® mense Februarii. 

ACCO&D AVBC LB CURB POUK LBS DIXHS8. 

Universis présentes litteras inspecturis Decanus de 
Augo salutem in Domino. Noveritis quod nos, inquesta 
factadiligenti juxta formam contentam inlitteris presen- 
tîbus bis annexis super feodis et terris in dictis litteris 
contentis, in )uibus debent abbas et conventus de Ulte- 
riori Portu percipere duas partes garbarum decimalium, 
et in quibus non tandem^ quia per con&ssîonem pres- 



Digitized by VjOOQIC 



- 123 - 

byteri S*» Martini le Gaillard, et dictorum relîgiosorum 
nobis constitit quod erant certi de omnibus feodis existen- 
tibus in dicta parrochia, quis eorum deberet percipere 
dictas décimas in dictls locis et exceptas inferius 
speciflcandas videlicet in undecim jornalibus de feodo 
Malpetit et cultura Domini super monasterium, in 
tribus acris vel amplius, et cultura monachorum et 
cultura des essarts apud le Tôt, per inquestam prius 
diligenter factam et a partibus conflrmatam et concessam, 
invenimus dictos religiosos in dictis feodis superius 
specifîcatis habere jus percipiendi duas partes fructuum 
decimalium crescentium in eisdem, et bis presentibus 
adjudicamus. Et in hoc consenserunt Aictsd partes specia- 
liter et expresse coram nobis, salvo jure cujuslibet partis 
in aliis feodis existentibus in parrochia antedicta, de 
quibus se reddiderunt certes coram nobis quidet quantum 
percipere debeat utraque pars in eisdem. Quod omnibus 
et singulis quorum interest, tenore presentium signi- 
ficamus. Datum anno Domini M<> CC^ LX^menseseptembri. 



Digitized by VjOOQIC 



LIVRE NEUFIESME 

DES DIXHE8 DE L'ABBAIE 



CHAPITRE P'. 

DBS DIXMES D'âSSIGNT. 

Les seigneurs d'Assigny ont voulu estre de la compa- 
gnie de leur comte, et se signaler avec luy par leurs 
liberalitez allendroit de nostre abbaie. Dans nostre charte 
de fondation nous y trouvons ces termes : < De donc 
Milonis de Assaigny duos hortos, et duas garbas décimas 
de Assaigny ita libère ut eas extunc homines viUœ ad 
domum monacborum adducerent, sicuti ad suam pridem 
facere ex débite solebant. » 

Le cartulaire f. 41 et seq. porte les donations de terres 
de quelques particuliers faites au Monastère du Treport 
dans Assigny, le nommé Quiri Paillehaste d'Assigny y 
donne une acre de terre ; Vuillelmus Gresco, un champ 
de terre près les champs du seigneur de Guillemencourt; 
Radulftis Emeis, trois vergées de terre ; Yualterus 
Toufrei, son champ d*Alonfosse. 

Le Monastère est en possession jusqu'à présent de 
prendre un tiers des dixmes de la parroisse, selon qu*il 
conste par les baux, quoy que par le titre de la donation 
le seigneur d'Assigny donne « duas garbas décimas de 
Assaigny » qui veut dire les deux tiers des dixmes. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE n. 

DES DIXMBS D'AUQUBMESNIL 

Les baux portent que les fermiers prendront de cinq 
gerbes deux dans la parroissed'Auquemesnil; les rece- 
veurs de présent y prennent les deux tiers. 

n y eut différent entre le prieur du prieuré de S^ Laurent 
d'Envermeult, et TAbbé du Treport touchant les dixmes 
de cette parroisse que celuy-la pretendoit au préjudice 
de celuy-cy, dont ils transigèrent en cette sorte : 

« A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou 
orront, Eliot le Fournier, lieutenant gênerai de noble 
homme Nicolas aux Coulombes, escuier, bailli d'Eu^ salut. 
Comme procès fust espéré mouvoir entre les Religieux, 
Abbé et couvent de TAbbaïe du Treport, d'une part, et le 
prieur et couvent de S^ Laurent d'Envermeu, d'autre 
part, touchant les dixmes de la parroisse d'Auquemesnil 
qu'ils avoient par cy-^evant cueillie par moitié par 
appointement fait entr'eux, en attendant que la droiture 
de chacun d'eux fust eclaircie et conneue,et sans préjudice 
de leur droit, de part et d'autre. Sur ce que le dit Prieur 
disoit estre intéressé au d. appointement, pour ce qu'il 
vouloit soustenir, qu'à luy, au droit de la d. prioré, 
appartenoit les dixmes totalement d'icelle parroisse 
d'Auquemesnil, en tant que s'etendoient les âefs du Roy 
nostre Sire, et que les d. Abbé et couvent du Treport 
Q'y avoient aucune droiture, quelle chose iceux Abbé et 
couvent ne confessoient pas, mais disoient et mainte- 
noient avoir droiture sur les âefs, telle et semblablement 
qu'ils avoient sur les autres âefs et seigneuries assis en 



Digitized by VjOOQIC 



— 126 - 

la dite parroisse. Sur quoy ils estoient en voie d'avoir 
procès. Pour esquiver auquel ils eussent donné charge 
de leur différent à Eliot le Fournier, et Jehan Poitevin, 
conseiller en cour laye, promis tenir ce qu'ils en ordonne- 
roient, comme il pouvoit plus à plein apparoir pour le 
compromis passé, lesquels arbitres se soient transportez 
sur les lieux, pour procéder par vertu du d. compromis 
au d. decord; et soit ain^i que ce jourd'huy, après ce que 
les d. Abbé et couvent, et iceluy prieur aient communiqué 
avec les d. arbitres leurs droits et titres, ils se soient, 
par le moïen, conseil, advis et délibération des d. arbitres 
condescendus en appointement pour éviter procès ainsi 
qu'il ensuit. Sçavoir faisons qu'aiyourd'huy, par devant 
nous Lieutenant gênerai dessus nommé, se comparurent 
Dom Jehan Fortin, Religieux et Prieur d'icelle prieuré 
d'Envermeu, d'une part, et Dom Guillaume le François, 
soubprieur d'icelle abbale du Treport, et procureur des 
autres Religieux Abbé et couvent du dit lieu, ainsi que 
par procuration passée sous les sceaux d'icelle Abbaîe 
a appareu, promettant le faire ratifier ans d. Religieux, 
Abbé et couvent du d. lieu, lesquels reconnurent ce 
que dit est, et leur accord et appointement estre tel. 
C'est à sçavoir que le dit prieur d'Envermeu et ses 
successeurs cueilliront et lèveront annuellement doréna- 
vant, pour le temps avenir chacun par moitié, les d. 
dixmes d'Auquemenil en tous fiefs et seigneuries assis 
en icelle paroisse, sans avoir regard à leurs Chartres et 
dernières possessions, sans préjudice toutefois du droit 
du curé du d. lieu d'Auquemenil, par le moïen de ce que 
le d. Prieur d'Envermeu prendra et lèvera, chacun an a 
toujours, sur la part et portion des d. Abhé et couvent 
du Treport, au terme Notre-Dame Chandeleur, le nombre 
de dix mines de grain, dont il y aura trois mines froment, 
trois mines bis blé, et quatre mines d'avoine, le tout à la 
mesure d'Eu outre par dessus la d. moitié; et quant aux 



Digitized by VjOOQIC 



- 127 - 

menues dixmes ils accordèrent qu'ils en jouiront en la 
forme et manière accoutumée; et au regard des levées 
du temps passé jusqu*à ce jourd'huy, il a esté accordé par 
le dit procureur des d. Religieux Abbé et couvent du 
Treport qu'iceluy prieur d'Envermeu, ou son fermier, en 
aura quinze mines, dont pour cette présente année, il 
aura dix mines de grain comme dessus est dit, et cinq 
mines pour le temps précèdent, moitié blé, moitié avoine. 
Lequel appointement icelles parties ont promis tenir, et 
iceluy faire ratifier par leur couvent sous les seaux de 
leurs églises, dedans six semaines du jourd'huy, sur 
Tobligation de tout le temporel de leurs dites églises et 
de leurs successeurs présents et advenir; et si jurèrent 
que jamais contre la teneur de ces d. présentes ils n'iront 
en aucune manière. En témoin de ce nous avons seellé 
ces présentes du seel dont nous usons au dit ofBce de 
Lieutenant, et à plus grande confirmation y avons fait 
mettre le seel des obligations de la d. baillie. Ce fut fait 
le Séjour de Janvier Tan de grâce 1493, présent Thomas 
Morcamp escuier, Jean Martin, Martin le Carpentier, 
Colin Caron, Jacotin Belin, Motin Carpentier, et Pierre 
Cressent, ainsi signé : E. Foumier, avec paraphe. 

La ratification du Prieur et convent dCEnvenneu est 
attachée à Voriginal dont cette copie est tirée. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE m. 



DBS DIXMES DB BASINYAL. 



Dans le titre de fondation de TAbbaîe il est porté : « De 
dono Vuiberti de Basinval,et de dono Helduini Forestarii, 
duas garbas decimœ de terris suis apud Basinyal. » 

Ces dixmes consistent en un dixmeron sis au d. 
Basinval affermé pour le présent à dix huict livres de 
rente. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE im. 

DES DIXHSS DB BLANGT. 

Robert comte dans sa charte fondamentale dit pour 
Blangy : « Do decimam molendinorum Blangii, et Sep- 
temmolaram, etc. » 

Et plus bas, dans la dite charte, est porté : < De dono 
Ricardi Boistel, et Hilduini de Blangi, et Turstini de 
Orimont Mesnil et Henrici Jaillardi, duas garbas decim» 
in feodis suis apud Blangiolium. » 

Le cartulaire f> 21 y<> : « Hugo de Riu âlius Anscherii, 
et Mazerina uxor ejus dederunt ecclesise S^ Michaelis 
de Ulterisportu ecclesiam S*» Severini desuper Blangiolum, 
concedentibus âliis suis AnscheriOyVuillelmo et Radulpho, 
atque Ancello, de cujus feodo erat, coram his testibus 
Hilduino Forestario, Turstino de Grimont Mesnil, et 
Berungario de Campagneio, et multis aliis. » 

Par la donation de Richart Boistel, et de Hilduin de 
Blangy, l'abbaie devroit avoir les deux tiers de la 
parroisse du d. Blangy. Les curez se sont toujours 
debatus pour n'en laisser prendre que le moins qu'ils 
pourroient. Ils ont fait revenir les deux tiers à la moitié, 
et encore s'en sont-ils réservé quelque portion là-dessus, 
comme il paroit par l'accommodement que nous inserons 
icy. 

€ Sur le decord qui se pouvoit mouvoir entre noble et 
discrette personne M® Pierre De la Rue, curé de Blangi, 
prétendante à cause de sa dite cure, toutes et une chacune 
les dixmes du terroir du d. Blangy, d'une part, et 
M« Matthei Rodolphi, procureur et receveur gênerai 
de l'Abbale du Treport, disant la moitié des grosses 

9 



Digitized by VjOOQIC 



-130- 

dixmes appartenir de tout temps à la d. Âbbale, et qu*6lle 
en est en bonne saisine et possession, d'autre part, 
accord a esté fait entre les dites parties pour éviter aux 
Yoies de fait et inconvénient qui se peuvent ensuivîr en 
tel cas, memement pour obvier à tous frais et vexations 
de procès, et par lequel accord le dit curé, par manière 
de provision, et sous le bon plaisir du sieur cardinal de 
Monte, Abbé de la d. Abbale, aura, tant pour la présente 
année, et dépouille 1564, qu'aux années subséquentes, 
assçavoir la somme de vingt-cinq livres tournois qui sera 
paiée par le dit Matthei, et qui sera par luy assignée au 
dit curé suffisamment, au moien et parceque le dit 
Cardinal demeure entier en tous ses droits, possessi(His 
et privilèges par luy prétendus où il ne veuUle tenir le 
présent accord pour les années subséquentes, et à quoy 
le dit accord ne luy pourra prejudicier, comme pareille- 
ment le d. curé demeure réservé es droits et possessions 
par luy prétendues, soit pour le regard des d. dixmes, 
ou sa pension congrue, ou pour les années subséquentes 
il ne veuille se passer à la d. somme de vingt-cinq livres 
par an, et à quoy le présent accord ne le pourra aussi 
prejudicier aucunement; et se paiera lad. somme pour 
les années subséquentes au terme de S^Remy. Fait sous 
les signes des d. parties ce jourd'huy pénultième jour de 
Juillet 1564. Ainsi signé: P. de la Rue, et Matthei Rodolfl. 
De présent TAbbale n'a plus, sur les d. dixmes que le 
tiers qu'elle y perçoit. Elle partage encore avec l' Abbale 
d'Eu, la dixme du hallage du d. lieu, et la dixme de 
l'adjudication des moulins. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE V. 

DUrDOlfiBS. DB BOAFLBg« 

Le Gàrtùlaire P 24 porté ces tnots^ «-Oolffi^idtis'âliiis 
Fnlcoms dédit decimam quam habebat apud' Soaflés* 
Ecdesiad S^^ Mich. de Ulteriori Portu, pro sui suorumque 
sainte» teste Fulcone clerico, et Roberto de AlneiOi et 
Berengario sororio Gauffridi, etmoltis aliis.» 

Dans la ratification de Hugues archevêque de Rouen 
au (^ 60 Y. il est dit. cEtapud Boafles duas partes decimae 
de feudo Gàlteri fllii Fulconis. » 

A présent TAbbale n*y prend plus rien : les P. Jésuites 
SEfXBê sont mis en possession de tout ce bien. 



CHAPITRE VI. 

DIXHBS DE BOISRIOARr; 

AufèfiiDet 21 du Gàrtùlaire il est porté : «'RicardA^ de 
Cbnreio, pater Bartholomei, dédit pro sua et anteces- 
8Msm suoram anima, decimam de Bosco Ricardi Eoclesi» 
S* NHdiaelîs de Ultrisportu, et hoc fecit de consensn 
ffîorum svorum Bartholomei et Ansdieri, et de consensn 
comitis Roberti acflliorum ejus, ipso comité teste cnm 
ffllis et baronibus suis. »• 

Oètte dlxme est' limitées pour le présent au tterrque 
ISMUdrprenâ sor lès grosses dixmes de la d: parroisse; 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE Vn. 

DBS DIXMBS DB CAMPENBUVILLE. 

Il se troave des baux qui attribuent les dixmes de ce 
lieu à l'abbale duTréport. 



CHAPITRE VIII. 

DES DIXMES DE CAUDECOTE ET DE MÂIS0NCBLLB8. 

Pour ces dixmes nous avons le titre suivant : « Uni- 
versis Christi âdelibus présentes litteras inspecturis frater 
Gerardus misericordia divina Monasterii S*^ Geremari 
Flaviacensis dictus Abbas, et ejusdem loci conventus, 
salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod, 
cum nos haberemus portionem quamdam decimae apud 
Chaude-cote infra metas parrochiae de Verleio, in feodo 
Radulphi de Chaude-cote sitam, nos praedictam portionem 
decimae ad firmam perpetuam tradidimus venerabilibas 
fratribus et conventui de Ulteriori Portu, pro decem solidis 
usualis monetae, in crastino omnium sanctorum apud 
Ulteriorem portum, per manum coquinarii Ecdesi» 
nostrsB annuatim percipiendis. In cujus rei testimonium, 
présentes litteras eisdem tradidimus sigillorum nostrorom 
appensione roboratas. Datum anno Domini M^ CC^' 
vigesimo nono, mense Novembri. » 

L'Abbaie prend encore de présent toutes les dixmes 
dans ces deux cantonsi comme les baux et la possession 
le justifient. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE IX. 

DBS DIXMES DE OUYERYILLB. 

Nous avons dans notre fondation ces termes : € De 
dono Roberti de Petr» ponte, et Godefridi fratris ejus 
decîmam de Cuvervilla, quam tenebant de Oîlardo domino 
ejusdem Villae, et hoc fecerunt de consensu ejusdem 
Domini. » 

La partition des dixmes se trouve faite par accord en 
1476, entre le Prieur de Rougecamp, et le curé de 
Guverville, dont la copie est insérée dans les titres du 
prieuré de Rougecamp. 



CHAPITRE X. 

DES DIXMES DE GRANCOUR. 

Voicy ce que nous trouvons au fait des dixmes de 
Grancour dans nostre fondation, le comte dit : « Ecdesiam 
quoque do de Anedimare et âscum Rogerii ejusdem villaB, 
qui monachus effectus est, ettotam terram Grandicuriae. » 

Et plus bas : € Do decimam telonei Septemmolarum, 
et Grandicuriae. » 

Et encore dans la d. charte : € De dono Radulphi qui 
non videt, patris Radulphi de Grantcourt, quamdam 
decimam in Grantcourt. » Et dans le Cartulaire f> 27, il 
est porté : < Abraham de Grantcourt quando Andream 
filium suum fecit monachum, dédit decimam suam de 
Grapcour Ecdesi» S^ Michaelis de Ultrisportu^ teste 



Digitized by VjOOQIC 



-134- 

Rogerio de Grantcour domino suo, et Vaillermo fratre 
suo, Bartholomœo de.Capeyal, Aluredo milite, Aloredo 
Yavassore, multisque aliis. 

Il y eut en 1262 de la difficulté entre le curé de 
Grancour et TAbbaîe, duquel Yoicy le compromis pour 
terminer le différent. 

COMPROMIS DU CURÉ DE GRANCOUR. 

» Omnibus hœc visuris Abraham dictas Magieter, rector 
ecdesi» S^ Martini de arandicuria, salutem in Dopûno. 
' Narerit Universitas yestra, quod, cum inter me, çx. ui^a 
parte, et yiros religiosos abbatem et conyentitfn -i^e 
Dlteriori Portu, ex altéra, controversia verteretur super 
perceptioneduarumpartiummajorumdecimarumfructuum 
crescentium in quibusdam piechiisterraesitisinterritoriis 
parrochiarum de Grandicuria et de Puteis, videlicet in 
quibus locis, et in quibûs feodis dictorum territoriorum 
quantum tam ego pro portione me contingente, quam 
dicti relig»* pro rata sua, percipere consueverimus, et 
praecipue in feodo Johannis Gondout, quod non est de 
feodo de Corcheles, et etiam in terris emptis apersona de 
S^ Petro in valle^ ac in terris quaB sunt de demagnio 
dictorum Religiosorum, et in duobus campis qui sunt de 
feodo du Doit et de feodo Malferas, quorum unus est situs 
in Amerousyal et alius in Isnelral. Item inquadampiechia 
' terrse de feodo Hugonis le Borgne quae sita est au 
Tronchei: in quibus omnibus prasmissis specificatis dico 
me décimas consuevisse percipere, dictis religiosis in 
contrarium asserentibus se et suos successores, nomine 
susd ecclesisB de Ulteriori Portu debere percipere duas 
partes majorum decimarum in specificatis prsemissis; 
esâet insuper contentio inter me et ipsos religiosos de 
sitti duarom acrarum de feodo Abrato Loayèlt'ia ^o 



Digitized by VjOOQIC 



-135- 

feodo toto duas partes mt^oroindecimarum dloti religiofti 
percipîunt, exceptis duabus acrispreedictis, in quibus ego, 
ac predecessores mei totum percipere consnevimus hue 
nsque constaret et per confessionem meam quam dictorum 
religiosoram me tertiam partem decimanim fructuum 
consuevisse percipere, et dictes religiosos duas partes in 
feodis et locis inferius exprimendis, videlicet in feodo de 
Croismare, praeterquam in duabus piechiis, quarum una 
sita est inter hayam domini Simonis de Grandicuria, 
militis, altéra sita est inter gardinum domini Guillelmi de 
Mellevilla, militis, in quibus duabus piechiis ego, ac 
predecessores mei percipere consnevimus totum. Item 
in feodo Abrahse Louvel, praeterquam in duabus acris, 
in quibus duabus acris ego, et prœdecessores mei 
totum percipere consnevimus. Item in feodo de Cor- 
cheles. Item in feodo Malaferas, et in feodo du Doit, 
exceptis duobus campis superius nominatis, in quibus ego 
dico me totum percipere debere. Item in feodo Hugonis 
Strabonis, excepta quarta piechia terraB quse sita est au 
Tronchei, in qua similiter dico me totum percipere debere, 
prasdictis Religiosis asserentibus in contrarium, ipsosquo 
in prœdictis consuevisse percipere duas partes. Item in 
campo apud le Haye Tourneiche, et in campo in termine 
Yàllis de Àmerosval qui terminatur ad viam. Item in 
campo Raimbout qui est versus forestam. Item in duabus 
acris, quas Helias filassel tenet de S^ Michaele, et in 
terra quam tenet de Matheo Louvel. Item in campo quem 
Ouillermus le Doit tenebat de S^ Michaele. Item in par- 
rochia de Puteis, videlicet in feodo Alexandri, in feodo 
Flammia, in feodo RousseUi, et in feodo de Groismare 
similiter tertiam partem praedictam, et dictes Religiosos 
duas partes. Item in feodo de Hymies. Tandem ut toUatur 
inter me, et dictes religiosos ac successores meos, et sues 
hinc inde omnis materia questionis in posterum, de bo- 
nonim virorom consilio, interveniente etiam consensu et 



Digitized by VjOOQIC 



-136- 

authoritate R^ patris 0., Dei gratîa Rothomagensis 
Archiepiscopi compromissimus hinc inde in fratrem 
Robertum de Dyeppai canonicum B^ MarisB de Augo, ita 
videlicet quod, facta primo ab ipso inquisitione légitima 
per testes legitimos et juratos, tam de visu quam de 
auditu, scientia, credulitate, fama, utrum dicta loca conten- 
tiosa sint de feodis, seu de aliquo feodorum supradictoram, 
in quibus ego confiteor dictes religiosos consuevisse 
percipere duas partes, ac me et predecessores mecs 
tertiam partem decimarum, vel sint loca contentiosa de 
aliquo feodo, seu de aliquibus feodis aliis superius nomi- 
natis. Et si per dictam inquisitionem inyenerit dicta loca 
contentiosa esse de feodis superius expressis, seu de 
aliquo feodorum supra dictorum pronunciare tenebitur 
idem frater Robertus dictes religiosos percipere de 
cadtero in locis contentiosis pro rata sua, et me et succes- 
sores meos pro nostra prout in piechils aliis supra 
dictorum feodorum consuevimus percipere hue usque. 
Quod si invenerit per dictam inquisitionem dicta loca 
contentiosa non esse de feodis» sed de aliis, secundum 
quod per dictam inquisitionem eidem constiterit dictes 
religiosos et me ac praedecessores meos consuevisse 
percipere in dictis locis contentiosis a tempore quo bonse 
memori» Robertus de MelleviUa tenuit personaliter 
dictsd ecclesise et ante et post, pronunciabit me et dictes 
religiosos hinc inde quemlibet possidere pro portione sua, 
hoc addito quod ante pronunciationem suam, a testibus 
juratis inquirere tenebitur quantum dictusdeMellevillaac 
successores ipsius percipiebant in dictis locis contentiosis 
nomine firme dictorum religiosorum et quantum nomine 
ecclesiœ suœ supradictœ, causis scienti» requisitis a 
testibus de visu et auditu, scientia, credulitate, et fama. 
Sciendum insuper quod ita convenit inter me et memo- 
ratos religiosos, quod idem frater Robertus, facta inqui- 
sitione praddicta, non tenebitur proferre dictum suuin, 



Digitized by VjOOQIC 



-187- 

quousqne ego pro me et successoribas ineis et idem 
religiosi pro se et successoribus suis sufflcienter firma* 
verimus ad invicem, quod rata erit et Anna in perpe- 
tunm prolatio dicti fratris Roberti. Quod si contigerit 
ante prolationem dicti sui tempus messitun imminere, 
idem frater Robertus ad somptus utriusque partis faciet 
colligi in manu sua et reponi in salvo fructus majorum 
decimarum crescentes in locis litigiosis superius specifl- 
catis utriusque partis quoad possessionem prsedictorum in 
omnibus jure salvo. In cujus rei testimonium presentibus 
litteris sigillum meum apposuî. Datum et actum anno 
Domini M«. C&. sexagesimo secundo, die Mercurii ante 
Natiyitatem 8^^ Joannnis Baptistsa. 

ABEEST DU PARLEMENT POUB LES D. DIXMES. 

Comme de certaine sentence donnée par nos amez et 
féaux conseillers les gens tenans les requestes du palais à 
Paris le douziesme jour de mars 1567, au profit de Jean 
Caron, escolier estudîant dans l'université de Paris, 
curé de la cure de Grancourt, aïant pris la cause de 
M« Richard , son vicaire, demandeur, et complaîgnant 

en cas de nouvelleté contre les Religieux Abbé et couvent du 
Treport, aians aussi pris la cause pour Marc défen- 

deurs et opposans, par laquelle nos d. conseillers, 
faisans droit sur le tout, auroient dit qu'à bonne et juste 
cause le dit demandeur se seroit dolu et complaint au d. 
cas de nouvelleté, et qu'à tort et mauvaise cause les d. 
défendeurs s'y seroient opposé, et auroient maintenu et 
gardé le d. demandeur comme curé de la d. cure, et église 
parrochiale de Grancour en possesion et saisine d'avoir et 
de prendre toutes et chacunes les dixmes des fhiits, 
grains, et autres choses venantes et croissantes par ch^^ 
cun an au dedans de la d. paroisse, fins et limites d*icellQ 
en possession et saisine dlcelles diiunes lever ç1^ çu@|lUr, 



Digitized by VjOOQIC_ 



-488- 

, faice toTor-^et cueillir par ses gens, fermiers ou servitoors, 
et autres que bon luy sembleroit, et qu'il n'avoit esté, et 
n'estoit loisible ausd. défendeurs, ny à celuy pour lequel 
ils out pris la cause, de prendre et percevoir aucune 
chose des d. dixmes, ny aucunement troubler ni empêcha 

. le dit demandeur des titres» possessions et saisines, et 
que s'ils s'efforgoient de faire le contraire, de leur faire 

. lerer, rendre et remettre au premier estât lever 

notre jnain» et tous autres empechemens mis et 
apposez es d. choses contentieuses pour le débat des d. 
parties au profit du d. demandeur; et si auroient con- 
damné les d. défendeurs es dépens dommages et interests 
procedans à cause du trouble et empeschement de la part 
des d. Religieux Abbé et couvent du Treport aians pris la 
cause pour le d. Marc appeUé en notre 

cour de Parlement, en laquelle, parties ouïes, et le procès 
par écrit conclu, et receu pour juger si bien ou mal avoit 
eçté appelé, les dépens requis d'une pari; et d'autre, et 
i'aménde pour nous. Joints les griefs hors le procès, pré- 
tendus moiens de nullité, et production nouvelle des d. 
appellans qu'ils pourroient bailler dans le temps de 
l'ordonnance, ausquels griefs et prétendus moiens de 
nullité le dit intimé pourroit repondre, et contre la 
production nouvelle bailler contredits aux dépens des d. 
.appelans, joint aussi de l'ordonnance de nous 

obtenue par les d. appelans le 3 de Juillet 1567 en entéri- 
nant la d. requeste, les d. appellans auroient esté receus 
à articuler les faits y contenus, et autres qui en dépendent, 
ausquels faits le d. intimez pourroient repondre, et les d. 
parties informer dans deux mois, le tout aux dépens 
àes d. appelans, et iceluy procès veu forclusion de bailler 
griefs, et produire de nouvel par iceux appelans, arrest 
du 28 may 1568, par leqriel de grâce la cour auroit donné 
delay àus d. appelans de faire et parfaire leur enqueste 
sur lés faits contenus es d. lettres dedans un mois. 



Digitized by VjOOQIC 



-139- 

..forclaaion 4^. sftti$|faire au d. arre^t par, les snpjjlians» 
ai^tre arrest du 17 juillet 1568, par lequel avant (que 
procéder au jugement du d. procès la d. cour auroît 
ordonné qu'aucuns témoins seroient ouis d'ofQce sur 
aucuns faits secrets qui seroient extraits du procès, le 
toijit dedans deux mois; enqueste faite d'ofQce suivant 
le d. arrest receu pour juger, moiens de nullité contre 
la d. enqueste faite d'ofQce baillée par les dits appelans, 
le tout veu et examine. Nostre d. cour, par son jugeme^it 
et arrest, a mis et met Tappellation et sentences dont a esté 
appelle au néant, sans amende es dépens de la cause 
d*appel, et en emendant et corrigeant la d. sentence, dît 
sanssoy arrester aus d. moiens de nullité, que la d. enqueste 
faite d'office demeurera au d. procès pour en îceluy 
jugeant, y avoir tel égard que de raison, et a maintenu 
çt gardée maintient et garde les d. appelans en possession 
et saisine de deux tierces parties des grosses dixmes 
;de la parroisse de Grancour, à icelles prendre et lever sur 
les lieux déclarez es d. lettres du 3« jour de JuilljBt 1567, 
assçavoir sur une pièce de terre contenant dix acres, 
sise en la Couture S^Martin que tient à présent JéHan 
Poulain, une autre pièce nommée le Clos de la Mothe 
Bellet, que tient à présent Tassin Lambert, deux'accres 
de terre au bout, et vers le chemin de Hymies, que 
tient à présent le d. Lambert et Nicolas Normant, toùtôs 
les terres depuis le Val S^Martin Jusqu'au bamel ddnt 
en tient partie Louis de Mondroy et le dit Jean Poullain 
et plusieurs; la moitié de la route de la nouvelle vallée, 
que tient à présent le dit Lambert Morin, Jehan lé Bel, 
qui tai Robert du Mesnil, que tient à présent le 
S' de Hymies, toutes les terres du Mesnil depuis le 
camp , Jusques et par dessus le chemin qui mené 

de Hymies à Orancour, que tient à présent le d. Lambert, 
le camp de l'Orfeure contenant quatre acres, que tient 
à présent Nicolas de Vallois, et une pièce de terre 



Digitized by VjOOQIC 



-140- 

contenant sept vergées assise au bois Comier, que iîeat 
à présent icelny de Yallois, une pièce contenant quai» 
acres, que tient à présent Jean du Bois, sieur du Tfl, 
assise au bois Cornier, une pièce de terre assise au Si 
bols Coquet, que tient à présent Jean le Fevre, troii 
vergées de terre qui furent Charles, que tient i 
présent , assise devant la porte du Doit, lei 

grasses terres contenant trois acres, que tient à preseiÉ 
Jean le Fevre, demie acre assise au Val de la Bataille, qa 
tient à présent M. Aubert presbtre, une pièce de tenfl 
contenant cinq vergées de grise terre assise au Maunay^ 
que tient à présent Jehan Lefebvre, une acre de teirs 
assise au Maunay que tient à présent Jean du Bois, 
escuyer^ quatre acres que tient & présent Jean du Bois» 
assise au d. lieu de Maunay, quatre acres assises aa 
dit lieu jouxte les prez que tient à présent le dit Du Bois, 
trois acres déterre aboutissantes au chemin de Villy, qi» 
tient à présent Jean du Bois, une acre de terre que tient 
a présent Thomas Yssue, une acre de terre que tient à 
présent Louis l'Escuyer, trois vergées d» 

terre, etc., si mieux n'aime le d. intimé paier chacun sa 
aus d* appellants, pour et au lieu des d. dixmes, sur les d. 
pièces de terre la somme de quarante livres tournois, et 
a maintenu et gardé, maintient et garde le d. intimé ea 
poiisession et saisine du surplus de toutes et chacunes les 
dixmes des fhiits croissans au dedans de la d. parroisse 
de Grancour, fins et limites d'icelle: dépens, dommages, 
et interests compensez d'une part et d'autre et pour causai 
Prononcé le 20 novembre 1568. J 

En conséquence de cet arrest Jacques Caron, fermiers 
curé de Grancour, prit aussi la part de l'abbaîe à ferml 
qu'il dit consister en un trait de dixme, chargé de quarantj 
livres de rente à la d. Abbaïe. Fait le 25 Juiu 1575. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XI. 



DBS DIXMS9 DB GUBByiLLB. 



L'Âbbaîe a le droit de prendre les deux tiers des grosses 
dixmes de la d. paroisse selon que ses baux et sa possession 
en font preuye. 



CHAPITRE XH- 

DBS DIXMBS DB S^ MARTIN GAILLARD, 
MBLINCAMP, TOT BT COUDROT. 

L'ancienneté donne bien de Tasseurance pour ces 
dixmes dépendantes les unes des autres, puisqu'elles ont 
le même fondement que celuy de nostre fondation, ou il 
est dit ; « De dono Goifridi fllii Rainoldi de S^ Martine 
gaillarde decimam de terris hominum suorum quam 
habebat in dominio suo, et apud Sanctum Martinum, et 
apud Tôt, et apud Melincampium. » 

Le cartulaire f> 23 ¥<> en donne la raison : « Et hoc fecit 
pro anima sua, et antecessorum suorum, etrogatu fratris 
sxii Yuillelmi quando monachus factus est apud Ultris- 
portum. » 

L*Àbba!e prend dans S^ Martin Gaillard la moitié des 
dixmes dans la terre de Dragueville et de Fontaines. 

Et dans le Tôt, Melincamp, et Coudroy dependans du d. 
S^ Martin-Gaillard, elle y prend semblablement la moitié 
des dixmes. 



Digitized by VjOOQIC 



GHÂPUSB-XIO. 



DBS DIZMES DB MOIYOHT. 



Us^Oàrteite fondation porte: ««^Dedono VuaUMi ad 
bB^bam de DaYidîs-Yilla daasgwb«âdéQiBia&de.fiaca4BM 
apud Moncheium. » 

Ce droit de prendre les deux gerbes a esté disputé par 
les curez contre l'Abbale, dont enfin s*est ensuivi le présent 
appointement et accord. 



APPOINCTEMENT POUR hEB DIXHBS. 

14S9; 

Nos^Càroltrs'L'enis, decanusde Ango, et JôliaHnes 
Mâbire curatus ecdesisd parrochialis de Mesnillo Regn{^ 
aume presbytert, arbitri electi de dîscordîis motis seu- 
moveri speratls coram yenerandés drcumspectlonls; et- 
scientiœ viro domino officiali Rothomagensi int^'dis- 
cretum virum dôminum Nicolaum Thorel, presbytem», 
curatum ecclesise parrochialis de Monchiaco, decanatusde* 
Augo Rothomagensis diocesis, ex una; Abbatem et con- 
ventum de Ulteriori Portu ejusdem Rothomagensis 
dîocesis ex alla partlbus, occasione perceptionisi' ded- 
marum fhictuum excretorum et excresscentium infira- 
metas et limites ecclesiaa parrochialis de Monchiaco, eo 
quod dicti Religiosi asserebant habere Jus pereipieofi 
dùas partes dôcimarum fiructuum excrescentium infra 
metas et limites praedict» parrochialis ecdesis? in pltaritas 
feodispereos dedaratis, exhibendo certas littetas»sW 
bollas conflimatorum, et dictus curatus asserebat contra- 



Digitized by VjOOQIC 



-148- 

p6i'0D8tâ6(dftrati6. Imoit^tâcwataà'd&JMM^ertttvitt y^n 
paciâcapossessiaàe pirout et omne» prcdâecess^mH'Silt 
fberant, exibendo etiam quoddam apanctuaiMntimi'4<ef -ept* 
super perceptione ejusmodi decimarum<îonfectam;No9da^ 
hujttsmodi disoordiiâ tam per litteras aeta et docameBlAr 
ab ipsis partibus exibito, quam per Bgidium de la Bérgomi^ 
armigeruiDi Petrum du PoUet» Hugonem Hermeay Johan-^ 
nem Louvel, etNicolaamLeFeyre,liabitaiiteBitfpa2Taoldii; 
de MoiM)hiaco, et S^ Petro in valle albipsiB pîartfbvd^ 
eleetos et assumptos débite infonmiti» dicitûas ' et oMtt* 
namus, et sub psena decem scut^raiar' m* comprondssd 
iqpposita, qnod dicti religiosi abbas et conrenitas perdpient 
et colligent et amodo lerabunt et perûipiént ' duas psatM 
decimarum excrescentiam garbanzm in terris in presen-^ 
tibus litteris inferins dedaratis et speciâcfttis, et primo ^ 
deax acres de terre qui furent Roger Boulanger^ et> 
Roger Manchon chacun uûe acre de M. la Heuse, . et 
acostent le chemin qui mené de Monchy au Fresne;* Item 
dix journaux de terre qui furent Guillemin Hatnrieu; 
afooutant d'un bout Jehan la Heuse, d'autre 'bout & 
Mathurin de Dergny, et d'autre costé à plusieurs boutiered; 
Item cinq acres de terre dont Huchon Hermen en tient la' 
moitié, et Simon Âlard l'autre moitié, jouxté d'un costé le 
curé de Monchy, et de l'autre costé CoUinet Auberon, , et 
Jehan Du Plachais, et d'autre bout au chemin qui mène 
du Fresne à la forest. Item une acre que tient Oollin 
lie Fevre jouxte d'un costé CoUinet Auberon, et d'autre 
costé l'hôpital Normand,, et d'autre bout à ^ Jean Du 
Plachais. Item trois journaux^ et demi, que :tient P^nrin. 
liesse, jouxte d'un costé la voie qui ya^de Monèhjn anf. 
Fresne, et d'autre > bout • à Oatin le - Febvre> . et .d^mkr^ 
oosté au swgentde-Mônohy. Itent tarait 'per^dias que:ti«at 
Chariot Jeac^Jotixtè-'âCûn. costé Jmiiui à&^TXMMM; 



Digitized by VjOOQIC 



-144 - 

d'autre costé Perret Du pré, et d'autre bout Colin le FeTre. 
Item trois joumeaux que tient Jean Renard, jouxte d'un 
costé Chariot Jonc, et d'autre bout Jacques de Neufnlle. 
Item trois journaux que tient Chariot Jonc, jouxte d'un 
costé Jean Renard, d'autre costé Tassard Renard, d'un 
bout Jacques de NeufVille. Item une acre de terre non 
labourable que tient le meusnier du moulin du Fresne i 
louage Jouxte d'un costé M. de Monchy, d'autre costé 
Guillermin de Dergny dit Vaiblet, d'autre bout Tassard 
Renard. Item deux acres de terre que tient Colin le 
Fevbvre, jouxte d'un costé Jean Rossée, d'autre costé le 
curé de Monchy, et de l'autre bout l'hôpital Normand. 
Item, trois journaux de terre que tient Simon Allard, 
jouxte d'un costé Tassard Renard, d'autre costé M. de 
Monchy, et d^autre bout au d. Simon Allard. Item, trois 
journaux de terre qui sont en bois en la main de M. de la 
Heuse, jouxte d'un costé M. de Monchy, d'autre costé le 
chemin qui va à Eu, et d'un bout Simon Allard dit 
Gamier. Item xine acre de terre que tient Guillebert 
Coulon, jouxte des deux costez et d'un bout M. de Monchy. 
Item deux acres de terre que tient Simon Allard, jouxte 
d'un costé M. de Monchy, et d'un bout au chemin Potier, 
d'autre costé, Guillaume Bourgeois. Item deux acres de 
terre, dont AUermet Sauvage tient l'une, et Pierre Du pré 
(l'autrej, jouxte d'un costé M. de Monchy, d'autre costé 
Jean Liesse, et d'un bout M. de Monchy. Item vingtr- 
quatre acres de terre ou environ, qui sont au s' de Monchy 
à prendre depuis le vieux chemin jusqu'aux haies des 
jardins du d. s', jouxte d'un bout à Mathurin Dergny, 
d'autre bout l'Abbé de Poucarmont. Item trois journaux 
de terre que tient Jean Renard, jouxte d'un costé les hoirs 
Jacques Caperon, d'autre costé et d'un bout M"^ de Mondiy, 
et d'autre bout le chemin qui mené de MelleviUe à Ea. 
Item trois acres de terre que tient Jean Courtin des hoirs 
Çiolin Gars, et Mathieu Loisel, jouxte d'un costé Robin 



Digitized by VjOOQIC 



— 145 — 

Tera^ diantre costé M' de Monchy, et d'an bout au chemin 
qui mené de Monchy à Melleville. Item deux acres de terre 
que tient Simon Allard, jouxte d*un costé le d. Simon, et 
d'un bout, et d*autre costé le chemin Jean Courtin, à cause 
de Thopital Normand. Item trois acres déterre ou environ 
que tient Motin de Dergny et Pierrot du Pollet, jouxte 
d'un costé la terre de l'hôpital Normand, d'autre costé 
Ândrieu de Monchy, et d'un bout aux hoirs Jaquette 
Capperon. Item une acre de terre que tient Estienne 
Parent, jouxte d'un costé Guillaume Dergny dit Voillet, 
d'autre costé la mazure qui flit Roger le Boulanger, et 
d'un bout au d. Estienne. Item une acre de terre en friche, 
qui fut Roger leBoulanger, jouxte d'un costé Pierre qu'on 
dit Surgon, d'autre costé Alliaume Sauvage, et d'un bout 
à rue. Item trois journaux de terre que tient Aliaumet 
Sauvage, jouxte d'un costé M. de Monchy, et d'autre 
costé plusieurs boutieres de mazures, et d'autre bout 
Henri du Hamel. Jtem trois acres de terre que tient le d. 
Aliaumet Sauvage,jouxte d'un costé Roger le Boulanger, 
d'autre costé plusieurs boutieres, et d'un bout le ruage. 
Item trois journaux de terre que tient Rivard, jouxte 
d^m costé Simon AUard, d'autre costé Roger le Boulanger, 
jouxte d'un costé Tassard Rivard, et d'un bout Jean 
Rivard et d'autre bout M' de Monchy, Item quatre acres 
de terre, que tient Jean Rivard, jouxte d'un costé les 
hoirs Jean Capperon, et d'un bout Tassard Rivard, et 
d'autre costé Robert du Quesney, et M' de Monchy. Item 
neuf journaux de terre que tient Andrieu de Monchy, en 
friche et en bois, jouxte d'un costé plusieurs boutieres, et 
d'un bout au bois M' de Monchy. Item trois journaux de 
terre que tient le d. Andrieu de Monchy, qui sont en bois, 
jouxte d'un costé M. de Monchy, et d'un bout le sergent 
de la Berguerie. Item neuf journaux en bois qui sont M' de 
la Heuze, jouxte d'un costé et d'un bout M' de Monchy. 
Item trois journaux de terre en bois, que souloit tenir 

10 



Digitized by VjOOQIC 



- 146 — 

Roger Garnîer dit Allariî, jouxte d'un costé Andrieu d$ 
Monchy, et d'un bout à la forest. Item trois acres de terre 
en bois qui sont Andrieu de Monchy, jouxte d'un costé M^àe 
la Heuse, et d'un bout à la forest. Item trois journaux de 
terre en bois qui sont M' de la Heuse, jouxte d'un costé i 
la forest et aboutent d'un costé M. de la Heuse. Item une 
acre de terre en bois qui est Andrieu de Monchy, jouxte 
d'un costé à la forest, et d'un bout M' de la Heuse. Item 
trois journaux de terre que tient Jean Rivard, jouxte 
d'un costé Andrieu de Monchy, et d*un bout Hannequin 
Bauvain. Item trois journaux de terre en bois que tient 
Rivard, jouxte d'un costé Robert du Quesnoy, et d'un 
bout à la forest. Item cinq acres de terre qui sont en 
friche et en bois nommez l'Angle de HencheviUe, qui sont 
Andrieu de Monchy, jouxte des deux costez à la forest et 
d'un bout.... {sic). Item trois journaux de terre en bois qui 
furent Simon de Glicourt, jouxte d'un costé M' de la 
Berguerie, et d'un bout à la forest. Item trois journaux 
de terre ou environ en bois qui sont Andrieu de Monchy, 
jouxte d'un costé à la forest, et d'un bout Jehan Rivard. 
Item neuf journaux de terre en trois pièces, l'une partie 
en bois, l'autre en friche, dont Pierre Liesse tient cinq 
journaux, et Hugon Harmeu une acre, et Aliaumet 
Sauvage une acre, jouxte d'un costé Harnoult Le Fevbvre, 
et d'autre bout Aliaumet Sauvage. Item cinq journaux de 
terre que tient Jehan Rivart, jouxte d'un costé M' de 
Monchy, et d'autre bout au ruage. Item cinq journaux de 
terre, que tient Jehan Rivard, jouxte d'un costé et d'un 
bout Arnoul le Febvre. Item quatre acres et demie de 
terre que tient Arnoul le fèvre et Simon Allard, jouxte 
d'un costé et d'un bout au ruage de Monchy. Item deux 
acres de terre qui sont Guillaume deDergny ditleVaillet, 
jouxte d'un costé Robert du Quesnoy, et d'un bout Tassard 
Rivard. Item deux acres de terre au d. Vaillet, jouxte 
d'un costé le pré Roger le Boulanger et d'un bout Tassw'd 



Digitized by VjOOQIC 



- 147 - 

Rivard. Item une aore dé terre en fWche qui est Andrîeû 
de Monchy, jouxte d*un costé Tassard Rivard, et d'un 
bout au seigneur de la Berguerie. Item deux acres de 
terre qui sont en friche, que tient Guillaume Hermeu, 
jouxte d'un costé et d'un bout Motin deDergny, et d'autre 
costé Robert du Quesnoy. Item neuf journaux de terre, 
qui sont Guillaume Dergny dit VaiJlet, jouxte d'un costé 
Guillaume Bourgeois, et d'autre bout aux hoirs Jehan 
AUard dit Garnier. Item trois vergées de terre qui sont 
Cousin Godard, jouxte d'un costé et d'un bout au dit 
VaiUet.Item trois journaux de terre que tient Guillaume 
Hermeu, jouxte d'un costé Cousin Godart, d'un bout, à la 
forest. Item sept acres de terre, que tient Cousin Godart 
et Jehan le Maitre, jouxte d'un costé Motin de Dergny, et 
d'un bout à la forest. Item trois acres et demie de terre 
qui sont à Motin de Dergny, jouxte d'un costé Cousin 
Godard, et Jehan le Maitre, et d'autre costé Simon ÀUard, 
et d'un bout au curé de Monchy. Item quatre acres de 
terre ou environ que tient Arnoul le Fevre, jouxte d'un 
costé le fossé des Marques, et d'un bout à la forest, et 
d'autre bout à la terre, qui fut à Jehan le Moine. 

In quibus terris prœdictis declaratis et speciflcatis, dicti 
religiosi, abbas et conventus de Ulteriori Portu percipient 
ut praefertur duas partes decimarum guerbarum, et dictus 
curatus ecclesiae parrochialis de Monchy in praedictis 
tefris, residuum decimae percipiet, et ultra hoc dictus 
curatus percipiet in omnibus aliis terris hujusmodi 
totalem decimam, nonobstantibus lltteris et aliis scrip- 
turis exhibitis ab ipsis partibus. Quse promissa praedict» 
partes promiserunt tenere et adimplere sub obligatione 
omnium et singulorum bonorum suorum mobilium et 
immobilium, presentium et fiiturorum ; renunciantes 
quoad haec omnibus et singulis exceptionibus, deceptio- 
nibus cavillationibus et rationibus quibuscumque, tam 
juris quam facti, quse contra praemissa, aut aliquid 



Digitized by VjOOQIC 



— 148- 

prsemissorum possent objici yel apponi, et jurayenmt 
prsBdicto partes in verbo sacerdotis, Tidelicet Dominiu 
Rîcardus de Longuemart, R^"« pater et abbas monasterii 
S*> Michaelis de Ulteriori Portu ordinis S** Benedicti 
Rothomagensis Diocaesis, Dominus Guiffardus de Preau, 
prier, D. Johannes le Vigueur, subprior, D. Jacobus le 
Musnior, procurator Abbatis et conventus ejosdem 
monasterii et dictus Nicolaus Tborel presbji;er, curatus 
de Monchi se contra prsemissa, aut aliquodprsBmissorum, 
ratione quacumque» seu causa, non venire, promittentes 
praedictœ partes facere corroborari et approbari hoc 
presens scriptum Domino ac magistro nostro Domino 
offlciali Rotbomagensi. In cujus rei testimonium signa et 
sigilla nostra his litteris presentibus duximus apponenda. 
Datum anno Domini 1459, die décima quinta menais 
novembris. Sic signatum : C. Leris et J. Mabire. 

BAIL DES D. DIXMES DB MONCHT. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront, 
le Bailly d'Eu Salut. Sçavoir faisons que par devant Eliot 
le Fournier et Jehan le Gratteur, Tabellions jurez de la 
Comté d'Eu, fut présent, si comme il nous ont themoigné 
Missire Nicolle Thorel, presbtre, curé de Monchy, lequel 
de sa bonne volonté, et sans contrainte, connu et confessa 
avoir pris de Dom Guillaume le François, religieux de 
Tabbaie de S*-Michel du Treport, et procureur des autres 
religieux abbé et couvent du dit lieu, c'est à sçavoir 
tout tel droit de dixme, qui est nommément les deux 
tiers qu'iceux religieux abbé et couvent ont sur les 
terres plus à plein contenues et spécifiées es lettres 
d'appointement d'entre les s. religieux abbé et couvent 
d'une part, et le d. curé d'autre, au vidimus desquelles 
ces présentes sont annexées, pour iceluy droit de dixme 
jouir par le dit curé sa vie durant, par le prix et somme 



Digitized by VjOOQIC 



— 149 - 

do vingt livres tournois, qu'iceluy curé a promis rendre 
et paler chacun an, sa vie durant^ au d. abbé religieux 
et convent, aux termes de Noël, et S^ Jean également, 
premier paiement Noël prochain venant. Et au regard 
des vinages de la d. ferme, le d. Guillaume s*est tenu 
content par les paiemens qu'il en a reçu. Et à ce en tenir 
et entretenir, rendre et païer, comme dit est, iceluy curé 
de Monchy en obligea tous ses biens et tous ceux de ses 
hoirs, meubles et héritages, présents et advenir. Eu 
témoin de ce, nous à la relation des d. Tabellions, avons 
mis à ces lettres le seel des obligations de la d. Baillie 
d'Eu. Ce fut fait le 6« jour d*Aoust Tan 1491, présents 
Pierre Basire et Guillaume Lombart. Ainsi signé : 
E, Foumier, et J. le Gratteur, chacun un parafe. 

Nota que les abbé et religieux sont en possession de 
percevoir tous les ans seize livres, à^ cause des dixmes 
qui excroissent sur les terres cy-dessus mentionnées, 
sans qu'U y en ait esté fait de bail depuis celuy cy-dessus 
transcrit, qui se trouve parmi les papiers de présent. 

Les Jésuites d'Eu se sont encore emparez de cette 
dixme, et le receveur de l'Abbaîe croit que les dix-huict 
livres que les d. P.P. Jésuites paient à notre Abbaïe, 
sont en conséquence de la jouissance qu'ils ont des 
d. dixmes. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE Xm. 

DBS DIXMES DE MONTRBUIL EN CAUX. 

Les dixmes de cette parroisse viennent à TAbbaîe du 
Treport par l'échange qu'elle feit en 1229, de ce qu'elle 
avoit au Bouteroude des dixmes et autres droits, avec 
l'Abbaïe du Bec, qui bailla aussi en contr'echange la 
Bourdaigne, et tout ce qui luy appartenoit en dixmes et 
autres droits à Montreuil en Caux, comme l'acte rapporté 
au cartùlaîre, t^ 48 v^ en fait foy. 

Les procès n'ont pas manqué entre les Abbez et curez 
pour le fait des d. dixmes, dont en voicy unappointement 

APPOINTEMENT. 

Omnibus haec visuris offlcialis Rothomagensis salutem 
in Domino. Notum facimus quod cum contentio sen 
controversîo pridem mota esset, et diutius agitata coram 
nobis inter religiosos viros abbatem et conventum de 
Ulteriori Portu, nomine eorum et monasterii sui, ex una 
parte, et Petrum de Verbrie, quondam Rectorem Ecclesi» 
de Monasteriolo, nomine suo et praedictae ecclesiae suas, 
ex altéra, et adbuc penderet lis inter dictes religiosos, 
ex una parte, et Petrum de Pomo, nunc rectorem 
ecclesiae de Monasteriolo supradictae super hoc, videlicet 
quod dicebant et asserebant religiosi praedicti duas 
partes garbarum fructuum decimalium excrescentium 
in feodis de Piémont et de Monte de Ros, ad ipsos reli- 
giosos ab antique pertinuisse et pertinere debere. Item 
et duas partes tertise partis garbarum decimalium 
crescentium videlicet in feodis du Mesnil, et in feodis 



Digitized by VjOOQIC 



- 151 - 

Johannîs le Cuvelîer, Guîllermi Lagullier, Radulphi 
Heberti, Johannis Alucredi de Monte, in terris BeatsB 
Margaritae de Braquemont. Item et duas partes medietatîs 
fiructuum crescentium in cultura Domini de Bosco Mellerî, 
seque et eonim praedecessores fuisse in possessione et 
habuisse possessionem jusque paciâcum etiam a tempore 
a quo hominum memoria non existit in eis percipiendi, 
et habendi hnjusmodi fructus décimales prsedictos, dicto 
rectore omnino contrarium asserente, fuisset que hujus- 
modi contentio inter partes in judicio deducta, non sine 
grandissimis partium laboribus et expensis, tandem, pro 
bono pacis, et de bonorum consilio, tractatu etiam super 
hoc solemni et diligenti praebabito inter dictas partes, 
constituti in jure coram nobis PhDippus, diaconus 
clericus et procurator religiosonim praedictorum suffl- 
cienter instructus nomine procuratoris dictorum Religio- 
sorum, et monasterii S^» Michœlis de Ulteriori portu, ex 
una parte, et prsedictus Petrus de Pomo, nunc rector 
ejusdem ecclesiae de Monasteriolo, nomine suo et dict» 
ecclesiae suae, ex altéra, super controversiis seu conten- 
tione prœdicta, quibus supra nominibus paciflcaverunt, 
composuerunt et ordinaverunt unanimiter sub haec forma, 
Yîdelicet quod de caetero religiosi prœdicti, et eorum 
successores duas partes garbarum fructuum decimalium 
in toto praedicto feodo de Piémont crescentium, quag 
ibidem crescere contigerit, libère, paciflce percipere et 
levare poterunt et etiam retinere, et de eisdem suam 
penitus facere Yoluntatem absque dicti nunc Rectoris, et 
ejus successorum oppositione vel reclamatîone vel impe- 
dimento quocumque. In omnibus vero aliis feodîs et locis 
praedictis supra quibus erat contentio, ut prœfertur, 
dictus rector, et ejus successores de cœtero percipient, 
levabunt, et habebunt fructus décimales, quae religiosi 
praedicti in eisdem feodis et locis dicebant, ut praefertur 
ad ipsos pertinere, absque oppositione, vel impedimento 



Digitized by VJ.OOQIC 



- 153- 

guocumque ex parte dictorum religiosorom, ac etiam 
eorum successorum ibidem de csetero faciendo. Et 
juraverunt dictae partes, ac etiam asseruerunt, ut flrmiter 
credebant bona flde, coram nobis procurator dictorum 
religiosorum pro eis, et dictus rector pro se, in verbo 
sacerdotis. 

Promiserunt quod cuncta haec in perpetuum et invîo- 
labiliter observabunt et voluerunt expresse et concessenint 
coram nobis, in quantum poterunt, et in quantum in se 
erat, prsefatam compositionem esse ratam, et transire 
ad suos successores, ac etiam perpétue, et inviolabiliter 
suis successoribus debere observari, et quod ipsam 
procurabunt per R^^ Patrem Dominum Archiepiscopum 
Rotbomagensem approbari, et per eum conflrmari. In 
cujus rei testimonium sigillum curiaa Rothomagensis 
presentibus duximus apponendum. Datum annoDomini 
M<>trecentesimo quinto, die sabbati in vigilia Assumptionis 
B*» Marise Virginis. 

ACCORD AVBC L'ABBB DE S*-VICTOR-EN-CAUX. 

A tous ceux qui ces présentes verront ou orront, Raoul, 
par la permission divine, humble abbé de Teglise et 
Abbaie M^^ S*-Victor en Caux et tout le convent d'iceluy 
lieu, Salut. Comme procès fiit meu et pendant a clameur 
de Harou, entre nos frères religieux, les religieux 
abbé et convent du Treport d'une part, et nous d'autre, 
pour le diflTerent des dixmes des terres situées et assises 
au-dessous le bois de nostre église, depuis la sente qui 
vient d'icelle église pour aller au d. bois, jusqu'au mont 
de Roz que chacun de nous disoit à luy appartenir et en 
estre en bonne saisine et possession. Mais quelque chose 
qu'eussent voulu dire les d. religieux, abbé et convent 
du Treport, si disions nous quils ny avoient rien, ne 
même n'en avoient point de possession : mais voulions bien 



Digitized by VjOOQIC 



— 153 - 

dire et confesser quils avoîent droit de prendre et avoir 
la moitié de la dixme de quatre acres de terre ou environ 
que possède et tient Jehan Petit, assise au fond du Val 
contre le d. Mont de Roz au droit et titre de leur dixmage 
de Monstreuil en Caux, et non autrement. Sur lequel 
différent nous estions en voie d'encourir en grande 
involution de procès les uns contre les autres, pour 
lequel esquiver nous sommes d'une part et d'autre 
condescendus en appointement, et en faveur de fraternité 
de religion, et pour le bien de paix, et amour nourrir 
fraternellement fait traité et accord. Sçavoîr faisons que 
pour la cause dessus d. et au moïen de ce que les dits 
religieux abbé et couvent du Treport se sont désistez et 
départis à nostre profit du droit par eux prétendu en la 
dixme des d. terres, tant es terres dessous le d. bois, 
qu'es d. quatre acres possédées par le d. Petit et de ce 
nous ont baillé les lettres scellées de leurs sceaux. 

Nous leur avons en recompense de ce, et par forme 
d'échange, baillé et assigné deux mines d'avoine de rente, 
six boisseaux rez pour mine, à prendre et avoir par 
chacun an par les d. religieux abbé et convent du d. lieu 
du Treport sur Jehannet du Laurent demeurant au hamel 
de la Pommeraye en la paroisse du d. Montreuil. 
Lesquelles deux mines d'avoine nous leur promettons 
garantir vers tous, fournir et faire valloir sans dimi- 
nution. Et au regard du grain séquestré à cause du d. 
Harou, nous l'aurons, se avoir le voulons, en païant à 
Guillaume Clippetins dit l'hermite, fermier des d. religieux 
du Treport deux mines d'avoine mesure dite. Et aussi 
nous vuiderons la cour du d. procès et a tout ce que 
dessus est dit, tenir et accomplir de poinct en poinct sans 
jamais aller au contraire, nous avons obligé et obligeons 
tout le temporel présent et advenir de nostre Âbba!e de 
S**Victor. En témoin de ce nous avons scellé ces présentes 
de nos seaux d'abbé et convent de nostre dite Abbale. Ce 



Digitized by VjOOQIC 



- 154 — 

^imile 2^, jour d^Àoust 1494. 

L'acte de désistement de Richard abbé du Treport, et 
du couvent, du même jour 28 aoust 1494, est dans le 
chartrier avec le précèdent. ' 

L'Abbaîe pour le présent est dans la jouissance des 
deux tiers des grosses du d. Montreuil, selon que les 
baux en font foy. 

Par transaction de 1676^ toutes les dixmes quelconques 
sont partagées moitié par moitié, excepté 8 acres appar- 
tenans à là cure, les bassecours dont la dixme appartient 
au d. sieur le curé. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XV. 



DBS DIXMËS D'OUST. 



Au cartulaire f. 25 v. est porté pour ces dixmes: 
Romerius de Doith dédit duas garbas decimae qnam 
habebat apud Doith, Ecclesiœ S^ Michaelis de ultrisportu, 
pro Gilleberto fllio suo, quem ibi fecit monachmn. Et hoc 
dédit concessu Radulphi de Grantcour. 

Osbernus de Doith dédit duas garbas decimse, quam 
habebat apud Doith ecclesiaa S. Mich. de ultrisportu» pro 
sua et antecessorum suorum anima, concedente uxore sua 
et filiis suis. 

Estienne abbé du Treport en 1286, et toutle conyent se 
démirent de tout le droit quils avoient es d. dixmes 
d'Oust, et le transportèrent aux chanoines deNoyelle 
molennant un muid de grains, sçavoir six septiers de blé 
mesure d'Eu, trois septiers d'orge, et trois septiers 
d'avoine : voiez-en l'acte aus chartes de la Trésorerie 
f. 441. 

Ce muid de grain a esté cédé aus Trésoriers de l'Abbale 
du Treport pour Tentretien du luminaire, et pour leurs 
autres charges par Antoine Didatto grand yicaire de 
Tabbé en 1587, lequel a esté fait juger par d. Louis du 
Héron en Parlement et pour la quantité et pour la qualité 
par deux arrests, Tun du 12 juillet 1668 et Tautre du 
14 May 1670. 

Yoicy l'extrait d'un livre en parchemin du chapitre 
de Noyelle aus f. 32, 33, 34 produit par eux au procès. 

Universis présentes litteras inspecturis, Stephanus Del 
patientia abbas humilis monasterii S. Michselis de ulf* 
portu, totusq. ejusdem loci conventus ordinis S. Bened^^ 



Digitized by VjOOQIC 



- 156 — 

salutemet pacem in Domino sempiternam.Noveritis quod 
nos, pro utilitate et commodo monasterii seu ecclesiaa 
nostrasytradidimusadârmamperpetaamyirisYenerabilibus 
et discretis Decano et cap^o ecclesiae B*» Mariae de Nîgella 
supra mare, per quamdam amicabilem compoaitionem 
habitam inter nos et ecclesiam nostram, ex una parte, et 
dictes Decanum et cap'am et eorumdem ecclesiam, ex altéra, 
universa et singula quœ habemus et percipere debemus 
apud Augustam, et in territorio, et pertinentiis ejusdem 
ylllds et loci, tam in decimis grossis, et minutis redditibns 
excadentiis, obventionibus, quam rébus aliis quod ad 
campumetad villam, prounomodioabladiorum yidelioet 
sex sextariis bladi, et sex sextariis hordei et avenœ per 
modiumadmensuram deAugo» nobis velmandatarionostro, 
apud Augustam singulis annis infeste omnium sanctorum 
a dictis Decano et cap^o vel eorummandatario integraliter 
inperpetuum persolvendis, quam quidem compositionem 
promittimus omnes bono flde et legitimatenere etin perpe- 
tuum obseryare, et erga omnes legi parère nolentes 
tenemur garantire. In cujus rei testimonium présentes 
litteras dictis Decano et cap^^ tradidimus sigillomm 
nostrorummunimineroboratas. Datum anno Domini 1286, 
die Sabbati post Lsetare. 

RATIFICATION DB L'ABCHEVÊQUB GUILLAUHB. 

Universis présentes litteras inispecturis Guillelmus 
miseratione diyina Rothomagensis Archiepiscopu s, salutem 
in Domino sempiternam. Noyerit uniyersitas vestra quod 
nos, pro utilitate et comodo abbatis et conyentus monas- 
terii S. Michaelis de Ult" portu nostrœ diocesis et 
dilectorum filiorum Decani et cap'» EcclesiaB B*» Mari» 
de Nigella Ambianens. diocesie nostrse suo et eccle 
siarum suarum pensatis, quamdam amicabilem composi* 
tionem nomine quo supra habitam inter ipsos nomine 



Digitized by VjOOQIC 



- 157 - 

personatus de Angusta ejusdem diocesis Âmbianensis, et 
ejus pertînentiis, sicnt in bis litteris eoromdem hoc 
confectis plenius continetur^ laudamus et approbamus 
inquisitione super hoc a nobis penitus facta^ nostro 
nihilominus super hoc interveniente décrète, authoritate 
qua fungimur sub presentis scripti patrocinio confir- 
mantes. Datum anno Domini 1286, die lunae ante festum 
Bt» Marias Magdalenœ. 



CHAPITRE XVI. 

DBS DIXMBS DB PBNDi* 

Les dixmes de Pende consistent en un dixmeron dans 
la paroisse de Pende , où l'Abbaïe prend de présent le 
totaldeladixme. 



CHAPITRE XVn. 

DES DIXMES DE PUISBNYAL. 

L'Abbaïe est dans le droit et dans la jouissance de 
prendre un tiers des grosses dixmes dans Puisenval , 
dont les baux font foy. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XVni. 

DES DIXHBS DB RBALGAHP. 

Nous tenons d'Elise comtesse d'Eu et le patronage et 
les dixmes de Realcamp : en voicy sa donation. 

Ego iEIisia comitissa Augi, âlia hères Henrici comitis 
Augi, notum facio universis presentibus et futuris quod ego, 
prosalute animarumpatriset matrisme8e,etmeaetpareii- 
tum meorum, nec non et viri mei Radulphi de Essoudun 
dedi, et présent! chartamea aflrmavi, DeoetecdesiaBultri- 
portus et abbati^ et conventui ejusdem loci juicquid juris 
habebam in patronatu ecclesie de Regali campo, haben- 
dum eisdem in perpetuum, in puram et perpétuant elemo- 
sinam, deme et heredibus meis paciâceet quiète. In c^jus 
rei testimonium, presenti chartae apposui sigillum meum. 
Datum anno Domini M® CC® XXX« primo. 

Le droit de nomination à la d. cure est retourné d'oail 
estoit venu, et le Comte d*Eu y présente a l'alternative 
avec M. TArchevêque de Rouen, quoy que TAbbaïe du Tre- 
port ait fait ses oppositions au décret du comte d'Eu pour 
estre maintenu en son droit de présentation. 

Pour les dixmes, TAbbaie a conservé son droit, et est 
de présent en la jouissance d'y percevoir les deux tiers. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XIX. 



DBS Di:^VB8 Dg ^XÇP^fiOW- 



L'Abbaîe est en possession par ses banxie prendra dans 
la paroisse de Eichemont les dixmes, dont une moitié m 
partage entre FAbbale duTreport, et celle de Foocarmont. 



CHAPITRE XX. 



DES DIXKÇ9 PB f!^ &IQyW(r 



^ baux de TAbb^ïe luy donnent droit de pr%(^e ^ 
dixmes en 1^ paroisse de S^ Iliquier» Qt en iia pl^ lÂl 
P.P. Jésuites se sont sub§titi;e^ ^ qui en tfWfi§9k ^ 
reyenu. 



CHAPITRE XXI. 

DEC DIXMBS DB S^ SUPPLIX DU MAUVAIJS COJST^. 

Ce costé n'est pas si mauvais pour TAbbaïe, qu'elle n^ 
se tourne de ce costé là, et quelle n'y prenne les deux 
tiers des grosses dixmes. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXn. 

DBS DIXMES DE TOQUBYILLB. 

Le titre de notre fondation porte: De dono Claremboldi 
patris Ricardi de Toquevilla, duas garbas decimœ de 
Toquevilla. 

Yoicy un acte conflrmatif de la possession des deux tiers 
des grosses dixmes Jusqu'à nos jours, et une reconnais- 
sance authentique faite par le curé de Toqueville. 

In nomine Domini, amen. Tenore presentis instnunenti 
cunctis appareat evidenter et sît notum, quod anno a Nati- 
yitate ejusdem Domini M« 0000» XXVII® die XX« mensis 
Augustijudictionequartapontificatus de in Ghristo patris 
ac Domini D. Martini digne Dei providentia papas qninti 
anno octave, in mei ac testium infra scriptorum presentia 
presens fuit et personaliter constitutus discretus Tir 
Dominus Guillermus Argis pbr. curatus de ToqueyiUe 
Decanatu de Augo, Rothomagensis DiaBcesis provisns 
consilio, cessante yi et violentia, qui recognoTitet confessas 
ex légitime tenori facere tertiam partem cancelli suas 
ecdesiss ex quo contigit âeri. Et cum ex nunc ipsi 
cancellus sit ruinatus et devastatus taliter quod exinde 
multœ reparationes sunt faciendse, quas R<^ pater in 
Ghristo, ac Dominus Nicolaus digne Dei providentia Abbas 
monasterii B*^ Michaelis de ulteriori Portu ordinis S*" 
Benedicti dictorum Diaacesis et Decanatus, incepit cum 
Dei adjutorio agere, seu proposcere seu perflcere. Idem 
curatus, eo quod percipit contra abbatem tertiam partem 
grossorum fructuum, se submisit, ac tenore ht^us 
presentis instrumenti, se submittit reddere, paiâre eidem 
R^^ Abbato aut ejus certo mandate tertiam partem factam 
seu fadendam dicti cancelli totiens quotiens operarius 



Digitized by VjOOQIC 



— 161 - 

dictum opus consummavit insuper. Idem curatus se 
submisit et submittit venire circa Abbatem ad compu- 
tandun secum tam de justîs custibus quam de expensis et 
eadem solvere ad libitum voluntatis dicti Abbatis absque 
reclamatione allqua. De quibus promissis idem dominus 
Abbas qui presens erat quoad hoc petût a me notario 
infra scripto instrumenlum super liis sibi fleri unum vel 
plura si sit opus. Acta fueruut hsec in dicta Abbatia de 
ulteriori portu in curia juxta coquinam, circa undecimam 
horam dicti sub anno die mense, judictione, et ponti- 
flcatu praedictis, presentibus discretis viris johanne de 
sancto Blismondo,Henrico d'EssevalclericohujusDiaecesis, 
et pluribus aliis ad promissa vocatis specialiter, et 
rogatis. 

Et plus bas est écrit : verum quia ego Johannes Bronuelli 
presbiter curatus S" Leonardi de Bello, Rothomagen. 
Diocaesis, authoritate sacri Romani imperii Notarius 
dictae confessioni et revelationi, seu etiam promissioni, 
caeterisque omnibus et singulis dum sic ut dicerentur, 
pronunciarentur et fièrent, una cum praedictis testibus 
presens et personaliter interfui, eaque sic fieri, promilti 
Yidi et audivi hoc presenti instrumente manu mea propria 
scripto signum meum solutum apposui, requisitus et 
rogatus in testimonium veritatis omnium et singulornm 
promissorum. Et a costé est son signe. 



11 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXIII. 

DES DIXMES DE TOUFFREVILLE. 

La dixme de ToufiVeville a esté donnée à Tabbaîe du 
Treport par Ahelermus de Pont, et confirmée par Galterns 
de S* Martin en ceste sorte. Cartulaire f. 29 V : Et prœter 
hoc (Ego Galterus de S*» Martine) nominatim concessi 
et conflrmavi donationem quam Ahelermus de Pont, miles 
meus, fecit de Uospite sao Acolepanche, et terra 
juxta hospitalem domum posita apud Pont. Et quamdam 
decimam apud Tofirevillam. Anno 1175. 

Cette dixme s*estendant dans la paroisse de Touffreville 
es fiefs du Thil, de Douxville et de la Vavassorerie de 
Guillebert Opinel, a souvent esté heurtée par les curez du 
d. lieu, et par le heurt a esté plus solidement establie. 
Cette sentence le confirmera : 

SENTENCE ARBITRALE. 1332. 

A tous ceux qui ces lettres verront ou orront, Pierre 
Pevrel adonc Bailly d'Eu, et Gaultier du Til, escuier salut, 
comme débat et decord fust meu entre religieux hommes 
l'abbé et le couvent de S* Michel du Treport d'une part, et 
M"> Nicole d'Auxville a présent Recteur de l'église de 
Touffreville d'autre part, sur ce que les d. religieux 
disoientqu'eux dévoient avoir, prendre et lever chacun an 
les deux parts des grosses dixmes au fief que Gaultier du 
Til tient assis en la paroisse de Touffreville, et aussi en ce 
que les religieux d'Ouville tiennent du d. fief en la d. 
parroisse et enlèvent en la vassourie qui ftit a Guillebert 
Opinel, qui est du fief de Freau ville assis en lad. paroisse. 
Et le d. M« Nicole Recteur de la d. église, disoit qu'icelles 



Digitized by VjOOQIC 



— 163 — 

grosses dixmes luy dévoient appartenir a cause de la d. 
église et entre les d. débats, les d. parties se fussent mis 
au dire et en l'ordonnance de nous Pierre Pevrel, et 
Gaultier du Til dessus dits, a dire et ordonner a nos 
pleines volontez, si comme il appert contenu pleinement 
en lettres conveues, ou compromis sur ce fait, parmi 
lesquelles ces lettres sont annexées : 

Sçachent tous que nous Pierre et Gautier dessus dits 
arbitres des dits débats, après que nous nous sommes 
Informez bien et diligemment par gens, bonnes gens 
dignes de foy entre les dits débats et discords, avons dit, 
prononcé, et sentencié nostre dict et sentence des dits 
débats et discords en la forme et manière qui en suit. Cest 
a sçavoir que les dits religieux dorénavant prendront, 
cueilleront et lèveront bien et paisiblement a toujours, 
sans débats qu'aucun y puisse nuire, les deux parts de 
grosses dixmes au fief que le dit Gaultier tient en la 
parroisse de Touffreville, et aussi en ce que les dits 
religieux d*Ouville tiennent du d. fief en la parroisse de 
TouflFreville, et entant comme monte a la vassourie qui 
fut au dit Guibert Opinel, qui est du dit flef en la dite 
parroisse de Touffreville les dits religieux du Treport 
prendront et lèveront dorénavant a toujours, mais sans 
empêchement que le dit recteur, ny ses successeurs y 
puissent nuire, la moitié des dixmes qui excroitront au 
temps advenir en la d. vassorie, et le dit recteur et ses 
successeurs, l'autre moitié, sans débat que les d. religieux 
religieux y puissent nuire au temps a venir. Lequel dict et 
sentence nous arbitres dessus dits, avons dit et prononcé 
en la présence des parties, et par leur accord et assente- 
ment, accordent et assentent agréablement, promettent 
tenir ferme et stable en temps advenir pour eux et leurs 
successeurs sans aller de rien en contre. En témoin de ce 
nous Pierre Pevrel et Gaultier du Til dessus dits arbitres 
des débats dessus dits, avons mis à ceste sentence noi^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 16i - 

propres seaux, laquelle sus dite sentence est prononcéele 
Mercredi après la S* Clément, Tan de grâce 1332. 

Les deux dessus dits arbitres reconnurent Tan suivant 
leur dit et sentence devant le bailly d'Eu. Il reste encore 
un seau en cire portant un ecu chargé d'une bande avec 
quelques lettres allentour. 

Après beaucoup de débats de messieurs les curez de 
Touflfreville, ils ont toujours esté obligez de se rendre au 
droit et a la raison^ et de prendre eux mesme les dites 
dixmes pour avoir la paix. 

Fr. Antoine le Vilain aumônier y a bien travaillé , a 
moienné les reconnaissances enquoy consistoit ce fief. Ta 
mis par le détail en ses baux, et de vingt une livre quil 
estoit affermé de rente, il Ta fait monter à quatre vingt dix 
livres, et les religieux de la Congrégation S^ Maur aiant 
entré dans TAbbaïe ont suivi ses traces, eclaircy ce qui 
restoit obscur, et ont fait encore hausser de dix ecus de 
rente, estant de présent à quarante ecus de rente, comme 
il se peut voir au livre des actes de la communauté. 

W Jacques Mithon qui avoit tenu cette cure de 40 ans, 
et conjointement les dixmes de nos fiefs en sa dite par- 
roisse. M« Noël le Corgne s' de Villeneuve qui luy avoit 
succédé, et qui avoit pris les droits du défunt, faisant le 
restif pour paier une année des dites dixmes a l'aumonier 
du Treport, et croiant que son clocher le devoit mettre 
à Tabry de tout, il se trouva éloigné de son compte, et par 
sentenca des requestes fut condamné de satisfaire aux 
arrérages et de continuer le bail. Lequel expiré il en feit 
nn autre en 1662, avec les PP. de la Congrégation S^ 
Maur pour trois ans qui a esté le terme de sa jouissance 
et de sa vie estant mort a la fin du dit bail. J'insereray 
icy la copie de la sentence qui peut servir contre les curez 
qui ont bien de la peine a se rendre, et qui regardent de 
mauvais œil ceux qui se trouvent avec eux pour partager 
la gerbe qu*ils voudroient bien voir entrer dans leur 



Digitized by VjOOQIC 



— 165 - 

grange non divisim, sed conjunctim. U faut qu'ils aient 
patience, et quils permettent qu'un chacun ait le sien. 

COPIE DE SENTENCE. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, les gens 
tenans les requestes du Palais à Paris, Conseillers du 
Roy, et en sa cour de Parlement commissaires de par 
icelle esdites requestes, Salut. Sçavoir faisons qu'entre 
Charles François d'Argence, Aumônier de TAumonerie S^ 
Bfichel du Treport, demandeur aux fins de la requeste par 
Iny présentée a la Cour le jour d'Aoust dernier, suivant 

l'exploit du d. jour Aoust, tendant a ce que le dit î 

défendeur cy-après nommé soit condamné tant par provi- 
sion que définitivement luy paier en deniers, ou quittance 
vallable la somme de quatre vingt dix livres tournois pour 
une année du prix de la ferme de la dixme appartenant à 

la dite aumonerie du Treport en la paroisse de Touflre- ! 

Tille, a cause du fief du Til circonstances et dépendances, i 

suivant le contract de bail à ferme qui en a esté fait entre ! 

défunt D. Antoine le Villain resignant du demandeur et 
feu M« Jacques Mithon vivant presbtre curé de laparroisse 
de Touffreville le 18 juin 1653, dont iceluy défendeur aies 
droits rétrocédez par contrat du 2« Aoust 1655, passé par 
devant Courtois et le Seigneur Tabellions du comté d'Eu, 
les interestz d'icelle somme du jour de la demande et aux 
dépens par M' Noël Percheron son procureur d'une part, 
M' Noël le Corgne de Villeneuve, conseiller et aumônier 
du sieur Duc de Joyeuse à présent curé de la d. parroisse, 
défendeur par M. Jean Marin aussi son procureur d'autre. 
La cour, parties ouies en la chambre, a condamné et 
condamne le dit défendeur à paier au demandeur la 
somme de quatre vingt dix livres, pour une année du prix 
du bail dont est question, continuer iceluy paiement tant, 
et si longuement que son bail durera sans dépens. Si 



Digitized by VjOOQIC 



- 166 — 

mandons au premier huissier ou sergent royal, sur ce 
requis, faire pour l'exécution des présentes tous exploits 
requis et nécessaires. Donné et fait sous le scel des dites 
requestes, Tunziesme jour d'octobre 1658. Ainsi signé 
Garnier avec paraphe^ un seau à costé et audessons 
Marin. 

Le sieur Maudet a succédé en la cure au dit S^ de 
Villeneuve, dans les commencemens faisant de la difficulté 
au fait de ces dixmes, après avoir eu communication de 
nostre droit, les a prises à ferme pour six ans au prii 
de 120 1. de rente, et en Jouit présentement pour la 2* 
année de son bail. 



CHAPITRE XXIV. 

OB LA DIXMB DES VENTES, MARE, MEZANGBRE, 
ET DE BERNOMPRÉ. 

Ces dixmes estant abandonnées, et les receveurs ne se 
mettant plus en peine de les faire vaUoir, 0. Louis du 
Héron les a demandées à Monsieur nostre Abbé pour les 
faire revenir à ses frais, et les reunir à toujours à roffice 
de Trésorier ou Sacriste : ce quil luy a accordé volontiers, 
et luy en a donné des lettres. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXV. 
DES BOIS DE LA HAYE, ET AUTRES BOIS. 

La libéralité de nostre fondateur a eu l'œil par tout, 
pour ne rien laisser en arrière à quoy elle ne pourveut. 

Le bois est nécessaire à toutes sortes de familles et 
pour le chauffer et pour le bâtir : nostre incomparable 
Comte donne l'un et l'autre, et il ouvre ses forests avec 
toute liberté a son Abbale pour y prendre tout ce qui luy 
est convenable. Ecoutons le parler : do, dit-il, decimam 
panagii silvarum Augi, omniumque exaltatuum silvarum 
ubicumque fiant : silvam quoque liberam in opus monas- 
terii et ministerii monachorum. 

De tous ces droits, le panage, et la liberté de prendre le 
bois nécessaire dans les forests ont esté retranchez : aussi 
chacun a eu si peu de discrétion dy faire du degast, que 
l'on a esté obligé d'ester les droits à ceux qui n'en mal 
usoient point, par l'imprudence, et l'avarice des autres. 

La dixme des Essarts de la forest reste à l'Abbaîe, mais 
si peu cultivée, que curez , Jésuites et Bernardins en 
emportent chacun leur quartier et leur pièce, sans que 
l'Abbé ny ses officiers prennent garde à conserver ce qui 
leur appartient, comme en peut servir de preuve l'aban- 
don qu'a fait aux PP. Jésuites le s^ Renard premier agent 
de M' l'Abbé, des essarts de la forest, sans vouloir se 
mettre en peine de défendre un si beau droit et de le faire 
valloir. 

Outre ces bois de la forest, il y a encore un autre bois 
près de Melleville nommé le Bois de la Haye contenant 
environ trois cens acres, qui sont dits avoir esté aumonez 
par les Comtes d'Eu, et s'en estre retenu tout droit de 



Digitized by VjOOQIC 



- 168- 

justice, et de juridiction, tous droits de seigneurie directe, 
les d. religieux ne pouvant abbatre, estallons ny arbres 
de réserve sans le consentement des dits seigneurs 
Comtes. 

Nous inserons l'acte de cette donation des bois de la 
Haye, qui fera voir d'où il vient, ce que les Comtes y ont 
donné, et ce qu'ils sy sont reservez. 

DON DES BOIS DE LA HATE. 

Johannes, cornes Augi, universismatrisEcclesiaefldelibas 
in perpetuum. Notum sit universitati vestrge quod Gosco- 
linus de Criolio hayam de Verleio in foresta mea sitaxn 
dédit, pro salute animae suae, ecclesiae Ultrisportus stabili 
jure in perpetuum possidendam. Praedictam autem Haj^am, 
idem Gosceliuus a Vuillelmo Trenchefol quindecim libris 
emerat, me concedente, siquidem dominium hayae ad 
me pertinebat. Donavi prœterea praefato Goscelino, ad 
incrementum hayae, totum nemus quod protenditur usque 
ad campum prati in feodo et in haereditate, et decisum 
totum nemus quod divertit usque ad vallem de Valdonreio, 
eodem Goscelino pro hac concessione equum suum mihi 
tribuente. Incommercio illo quodGoscelinus cumGuillelmo 
Trenchefol habuit, idem Guillelmus nihil omnino, praeter 
homagium, et unum servitium in comitatu Augi retinuit. 
Ita ergo sicut Goscelinus, hayam illamliberam et quietam 
emerat et possidebat, ita in presentia mea Ecclesiae Ultris- 
portus et mea concessione in perpetuam elemosynam 
assignatam donavit. Ego vero homagium illud, et servi- 
tium, et omnia quaecumque de ipsa haya, et de terra de 
Blanca Guillelmus Trenchefol mihi debebat, ecclesiae 
supradictae concède, et scripti mei munimine confirme. 
Testibus his : Henrico abbate fiscanensis, Adam abbate de 
Fulcardi monte, Rogero de Freauville, Rogone ûlio ejus, 
Gaufrido conestabulario , Ëngeranno de Estoceigniex 



Digitized by VjOOQIC 



- 169 — 

Ganfrido de GuUlemercourt, Gualtero Piccoth, Petro de 
fieUo, Roberto de Griolio, Radulpho de Diimont, Eustachio 
de Arenis, Fretel, GuildeCrenessi, Yuill. de septem Molis, 
Gualone, Aquario, Osberno Coco, Heberto Piscatore, 
Matheo, Johanne. 

Hugues Archevêque de Rouen a la requeste de Fulcere 
Abbé, ratifie ceste donation de la Haye 1153. 

Par cet Acte se collige ce qui a esté donné, tant par le 
comte que par le dit Goscelin, es bois de la Haye. 

Et pour la justice nos officiers y font leurs descentes et 
visites, punissent les dolinquans, et y font justice. 



CHAPITRE XXVI. 

DE LA. CHAPELLE SOUS QERBEROY. 

Le Roi ayant obtenu une subvention du clergé en 1576 , 
et les Abbez ne se souciant que de leur temps, sans vouloir 
tirer de leur bourse aucun argent, et conserver le fonds 
de TAbbaïe acceptèrent fort volontiers la permission 
d'aliéner du fond pour paier ceste debte. 

Notre Abbaïe fut taxée à 1800 1. pour lesquelles paier, 
furent aliénez les fiefs terre et seigneurie de Fontaines, 
risle, Gribomenil, Enneval, et autres situez au bourg de 
Blangy. 

Et pour contr* échange, outre le paiement de la dite 
somme, fut prise la terre de la chapelle sous Gerberoy, 
Diocèse d'Amiens, ou de Beauvais. 

Depuis comme ces terres sont eloirnées de TAbbaïe, les 
Abbez se sont avisez soit pour évite * à procès, entretien 
de batimens, ou pour quelque bon pot Je vin, d'aliéner 



Digitized by VjOOQIC 



— 170 '- 

encore la d. terre de la chapelle sous Oerberoy, molen- 
nant la somme de 150 1. de rente, qui est bien peu de 
chose, au prix de la valeur de la dite terre, qu'on tient 
estre affermée à plus de 600 1. de rente. Laquelle aliéna- 
tion se peut casser, et faire revenir a l'Abbaie : elle est 
passée par devant les tabellions d*Eu , V unzieme février 1603. 



CHAPITRE XXVII. 

DE L'ABBAIE D'EU. 

Les Religieux prieur et Abbé d'Eu sont chargez de paier 
à l'Abbaie du Treport la somme de dix huîct livres de rente 
pour les accords et conventions des uns et des autres : et 
dont ils s'acquittent jusqu'à présent. C'est pour nostre 
portion de dixme que nous avons dans Menival, quils 
prennent pour cette somme. Il y a des baux passez dans 
les minutes de Griel notaire à Eu. Je les y ayt leu. 



CHAPITRE XXVIII. 

DES PP. JESUITES D'EU. 

Les Révérends PP. Jésuites d'Eu doivent de redevance 
annuelle à l'Abbaie du Treport, la somme de seize livres 
pour le Prieuré de S^ Martin-du-Bos dont ils jouissent, et 
laquelle somme ils continuent de paier jusqu'à présent. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXIX. 

DES TERRES ET DOMAINES. 

Outre les dixmes ci-dessus speciâées, TAbbaie a encore 
des terres, domaines, et moulins qu'eUe possède en propre, 
et comme son fond. 

La première et la plus proche, est la terre et ferme des 
Granges qui est assise en la campagne au dessus de 
l'Abbaîe. 



CHAPITRE XXX. 

DES TERRES DE VILLT ET DE LA BORDAONE. {*) 



CHAPITRE XXXI. 

DES MOULTES SECHES. 

Par le titre de la fondation, Robert Comte donne à 
l'Àbbaie du Treport, In Criolio molendlnum unum cum 
tota moltura de Floscis, et d*£stalonde, et de Yuiliotuil, etc. 
Le comte Robert avoit donc, devant cette fondation ce 
droit demoulte, puisquil le fait entrer parmi les dons qu'il 
fait pour fonder la dite Abbaie. 

(0 Ce chapitre indiqué n'est pas rempli, la page est restée blanche. 



Digitized by VjOOQIC 



- 172 - 

La lettre du comte Jean en 1282, le 5 d'Aoust, porte: Rt 
voulons et octroions que les hommes de Mesnival, da 
Mesnil Soret, du Quesnoy, de Hioville, de Floques, 
d*Estalonde et du Mesnil-Estrelan voisent moudre à nos 
moulins, ou aux moulins des religions, ausquels qnils 
voudront ; sauve nequedent la seque moute que les hommes 
des dites villes rendent et rendront aus dits religieux et 
à leurs successeurs. 

Raoul Comte en 1324, fait une transaction avec Henry 
Abbé, par laquelle il luy accorde le dit droit de monte 
sèche, sur les sus dits villages ; elle est insérée dans la 
confirmation de Philippe 6, Roy de France en 1331, et 
semblablement confirmée par le pape Luce en 1185. 

Ce droit ainsi bien fondé, consistant pour la dite moute 
sèche, à rendre un certain nombre d'orges, les habitans 
se cottisèrent tous par chaque village pour païer la dite 
redevance, et pour avoir aussi le droit d'aller moudre aa 
d. moulin de Criel, et de n'estre obligez de paier la moute 
au moulinier qu'a raison d'un boisseau pour trente six; 
au lieu que de ceux qui n'ont ce droit se prend de douze 
boisseaux un. 

Mesnival s'obligea a proportion des terres quil a, de paler 
le nombre de trente mines d'orge. 

Quesnoy semblablement a trente mines. 

Mesnil-Soret a douze mines. 

Hyoville aussi a douze mines. 

Floques a vingt quatre mines. 

Estallonde a douze mines. 

Mesnil-Estrelan a douze raines. 
Cette moute soche a esté long temps paiée des dits 
villages : mais comme toute servitude pesé a la longue, et 
qu'un chacun est bien aise de secouer le joug, et se 
mettre au large ; les premiers que je trouve avoir tenté 
cette voie, ont esté ceux de Floques, lesquels environ 
l'an 1476, refusèrent de païer le dit droit; l'abbé et couvent 



Digitized by VjOOQIC 



— 178 — 

pressèrent si chaudement l'affaire tant a Eu qu'a Paris, 
que les dits habitants de Floques furent condamnez de 
continuer a païer la redevance de moulte sèche d'un muid 
d'orge par an, et aux dépens. Eux se voiant equippez de 
la sorte ne feirent pas les mutins ny les obstinez davan- 
tage; ains s'en vinrent aux supplications et prières et 
demandèrent a estre receus à une transaction pacifique, 
qui ne leur peut être déniés par les personnes de paix, 
dont les articles furent tels, sçavoir : 

1® Qu'ils reconnoissent devoir aus dits religieux un 
muid d'orge de rente pour la d. moulte secque, a laquelle 
ils s'obligent tous et un chacun de païer. 

2» Que les d. Religieux prennent sur ceux de la d. 
paroisse de Floques quil leur plaira le d. muid équitable- 
ment, et ce par chacun an, car au cas que les d. religieux 
n'eussent fait leurs diligences de se faire païer chacun an, 
ils ne seroient obligez l'un pour l'autre, ainsi que le gros 
de la dite parroisse. 

S^ Que pour les arrérages, ils les remettent a la discré- 
tion de Richard de Longuemort abbé du Tréport, qui par 
sentence quil en donne ensuite, les oblige de païer inces- 
samment les dits arrérages : Elle est en datte du 13* jour 
de juin 1488, signée Richart de Longuemort avec un 
paiaphe abbé du Treport, et scellée du sceau de l'abbaîe 
qui est l'image de S^ Benoist tenant une crosse en main. 

Et pour les dépens, ils se soumettent a la sentence des 
arbitres choisis. 

40 Qu'ils jouiront au moien des choses susd. des droits 
et privilèges dont ils ont par cy-devant joui, de pouvoir 
mouldre au d. moulin de Criel au 36«, porter leur grain 
hors delà moulte, vendre, et disposer a leur volonté, sans 
aultre moulte païer, et sans danger de forfaiture. Fait par 
devant Eliot Fournier et Benoist Ferrant notaires a Eu, le 
17 May 1488. 

En 1628, ils se feirent encore tirer l'oreille pour païer 



Digitized by VjOOQIC 



— 174 - 

le dit droit. Louis Maillard fermier des menus acquits 
aiant fait appeller François le Comte et Nicolas Blasque- 
ville laboureurs du d. Floques et les autres habitants pour 
faire valider les assiettes par eux baillés des raoultes 
deues a la d. Abbaie, et pour estre paiez d'un reste de 21 
boisseaux d*orge, ils y furent condamnez par le senechal 
de la d. abbaïe. Et les d, habitans sestans portez pour 
appelans au bailliage d'Eu de la d. sentence, le Bœuf 
lieutenant gênerai d'Eu prononça que, par le dit senecbal 
ilavoitesté bien jugé, mal et sans grief appelle parles 
appelans, et ordonna que ce dont estoit appel, sortiroitson 
plein et entier effet avec dépens. Voilà ce que gagnent des 
mal avisez de parroissiens qui se font battre, et établissent 
de plus en plus le droit quils pensent détruire. 

Cette sentence donnée au d. bailliage d'Eu le 18 juin 1629, 
fait encore voir le droit que Tabbaïe a de haute Justice, 
puisque Floques ne relevant pas de l' Abbaïe que pour cette 
redevance, elle ne laisse pas de les appeler et prononcer. 

Ceux de Floques qui n'avoient pas trop bien réussi en 
ce soulèvement, dévoient servir d'exemple à leurs voisins 
pour les retenir dans leurs devoirs. Mais une fureur 
populaire ne se gouverne pas de la sorte : Les commen- 
cemens sont furieux, la suite fort lente, et la fin coûteuse 
et honteuse : les deux villages voisins qui sont le Quesnoy 
et Menival en feront la preuve. 

Les dits deux villages estant obligez a fa d. moulte 
sèche, et chacun pour sa portion, en dénièrent le paiement, 
sous prétexte que le moulin de Criel avoit esté ruiné par 
l'effort des eaux, et dirent quils ne dévoient paier le d. 
droit, puisquils estoient libres : Et quoy que leurs prédé- 
cesseurs en eussent paie quelque chose, ce n'avoit esté 
que pour nourrir les chiens de chasse de l'abbé et qu'estans 
dans la liberté, on ne leur pouvoit imposer de taille, n'y 
ayant que le Roy seul qui le peust, et quelques titres que 
les religieux eussent de leurs fondateurs Comtes d'Eu, ils 



Digitized by VjOOQIC 



— 175 — 

a*estoieût pas souverains, ni n'avoient le pouvoir d'im- 
poser de tailles, bien moins de les donner. 

C'etoient là leurs raisons, desquels le fondementprincipal 
sappé, qui estoit de dire que ce droit estoit une taille, et 
leur estait répliqué que c'estoit un droit de banalité 
transféré par les Comtes d'Eu , a Fabbaie du Treport, 
confirmé par Philippe Roy de France, établi par les titres, 
cimenté par la possession depuis plus de 300 ans jusqu'au 
trouble présent. 

L'affaire aiant esté pressée avec vigueur aux requestes 
du palais a Paris, le résultat fut que la cour dit que l'abbé, 
a bon droit s'estoit plaint de la saisine et nouvelleté des 
habitans de Quesnoy, et de Menival, maintint et garda le 
dit abbé en la dite qualité de prendre et percevoir sur les 
d. habitans de Quesnoy et Menival, et chacun d'eux respec- 
tivement, trente mines d'orge qu'il a droit de prendre et 
percevoir par chacun an sur les d. défendeurs, et chacune 
des d. parroisses et villages du Quesnoy et Menival, en 
possession et saisine d'iceux trente mines d'orge, lever et 
faire lever et bailler a ferme a qui bon luy semblera, on 
possession et saisine, qu'il n'a esté et n'est loisible aus d. 
défendeurs de denier le paiement des d. 30 mines d'orge 
deues au d . demandeur, levatous empeschemens au profit du 
d. demandeur, en l'obligeant de fairejouirles d. défendeurs 
du droit de mouldre au d. moulin dé Criel, tous et chacuns 
leurs grains, en païant seulement par eux et chacun d'eux 
au moulnier du d. moulin pour le droit do moulte au feur 
de trente six boisseaux l'un : En outre condamna les d. 
défendeurs au paiement des arrérages et aux dépens, le 8 
jour de Mars 1558. 

Gens de cœur n'en dévoient pas demeurer la, ils ne 
pouvoient estre pirement traitez : aussi s'en portèrent ils 
pour appelans au Parlement, où l'affaire discutée, ils n'en 
furent pas meilleurs marchans. La cour dit quil avoit esté 
bien jugé aux Requestes^ mal et sans grief appelle par les 



Digitized by VjOOQIC"^ 



— 176 - 

appelans et les condamna aux dépens de la cause d'appel. 
Donné en Parlement le 23 décembre 1500. Lesquels dépens 
furent taxez à 306 1. 13 s. 

Ceux de Floques ne s'etolent pas fait tant battre, aussi 
leur en prit-il mieux : a leur exemple ceux du Quesnoy et 
de Menival vinrent a résipiscence, composèrent pour les 
arrérages du passé a 600 mines, d'en paier en deux termes 
600 1. a Matheo Ridolfl procureur du Cardinal de Monte 
abbé du T)*eport, qui leur remit les dépens, et de continuer 
dorénavant lad. redevance de 30 mines d*orge par chacune 
des d. parroisses; fait le 17 Mars 1561 par devant Malherbe 
et Chapperon notaires a Eu. 

Ces trois villages de Floques, Menival et le Quesnoy qui 
se sont plus fort empressez pour se deffendre de leuw 
liens, tous leurs tours et contours n*ont servi que pour 
les serrer davantage, et eux seuls sont demeurezdans l'obli- 
gation du paiement, et dans la continuation jusqu'apresent. 

Mesnil-Soret qui n'a pas tant fait de bruit, a sçeu se 
tirer, et a présent au lieu de douze mines quil devoit paier, 
n'en paie plus que quatre et demie. 

Hyoville a eu son exemption par la guerre, qui aîant 
brûlé le village, Ta mis hors le paiement du droit. 

Estallonde et Mesnil-Ëstrelan ont si bien fait qu'ils 
jouissent du droit d'aller au moulin de Criel, et de moudre 
au 36<^, et ne font plus aucune redevance a Tabbaie de ce 
quils dévoient, soit que cela soit arrivé par le malheur des 
guerres, par la négligence des fermiers, par la non- 
residence des abbez ou par toutes ces raisons ensemble. 

Aians recouvert quelques titres, nous avons obligé en 
nostre fief de Mesnil-Estrelan quelques tenanciers de pai^ 
en conséquence de ce droit. 

Flocques aïant refusé en 1774, les principaux habitans 
au nom de tous furent forcés de reconnoitre tous nos titres 
par bail authentique pour 9 ans. 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXXII. 



DBS SALINES. 



L'Abbaiea audessous de soy les marais entre le Treport, 
et le village de Mers, lesquels furent aumonez a l'Abbaié 
par le Comte Robert en sa fondation disant : Do eis in 
Ultrisportu censum lignorum ejusdem villae, et palustrem 
terram, et prata de juxta, et omnem terram arabilem, etc. 

Il y a eu plusieurs fleffes qui ont esté faites de ces 
marais a divers particuliers, ausquelles se sont opposez les 
habitans de Mers, lesquels pour couper broche aux procez 
transigèrent avec TAbbaie en cette sorte : 

TRANSACTION POUR LES MARAIS DE MERS. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, le Bailly 
d'Eu garde du scel des obligations de la d. baillie^ salut. 
Comme decord procès fut meu, ou espéré mouvoir entre 
les religieux ethonnestes personnes messieurs les religieux 
Abbé et convent de Teglise et abbaie Mons' S^ Michel du 
Treport d'une part, et les manans et habitans de Mers 
d'autre part, pour le fait de certains prez ou marais assis 
entre le Treport et le d. village de Mers, nommez les» 
Mailleules, lesquels prez ou marais les d. religieux abbé et 
convent disoient et soutenoient a eux appartenir, et estre 
du domaine non fieffé de la d. abbaie, et les d. habitans 
disoientetsoustenoient au contraire, disans que c'estoient 
communes a eux appartenans, et à la communauté du d. 
village de Mers, et sur ce estoient les d. parties en voie d'en- 
courir grande rigueur et involutîon de procès les uns vers 

13 



Digitized by VjOOQIC 



— 178- 

les autres, pour lequel éviter se senties dites parties condes- 
cendus eu accord et appointement en la forme et manière 
qui ensuit. Sçayoir faisons que cejourd'hui, par devant 
Guillaume du Four, et Charles le Griel, Tabellions jurez 
du Comté d'Eu, si comme ils nous ont témoigné, furent 
présents très hault et illustre prince Monseigneur Françms 
de Clèves Abbé commendataire de la d. église et abbaie du 
Treport d'une part, et Massinet le Bœuf, Guillaume le 
Bœuf, RauUequin le Bœuf, et Raullet le Yasseur pour eux, 
et les autres manans et habitants du d. village de Mers 
d'autre part, lesquels volontairement conneurent et con- 
fessèrent les choses dessus dites estre vraies, et leur 
accord, transaction et appointement estre tel qui ensuit 
C'est a sçavoir que le d. S^ abbé, pour luy et ses succes- 
seurs, confessa avoir remis, quitté et délaissé tout le droit 
que les d. religieux, abbé et couvent eussent peu prétendre 
et demander^ ou pourroient avoir et demander es dites 
prairies, lesquelles de tout temps et ancienneté, ont esté 
tenues pour communes par les d. habitans, icelles fait 
pasturer a leurs bestes, et fait leur profit promettant le 
dit S^ abbé pour luy et ses successeurs, que jamais aucune 
chose n'y sera par luy demandée, n'y prétendue par les 
d. religieux, mais demouront les d. habitans paisibles 
possesseurs comme de chose appartenant purement et 
absolument a la d. communauté ; au moïen parce que les 
d. habitans par cet accord, par forme de transaction, et 
afin d'éviter rigueur et procès entre les dits religieux, ont 
donné aux d. religieux la somme de dixécus d'or sol, pour 
estre convertis et emploiez aux affaires et réparations de 
la d. abbaîe : Et si ont promis, et se sont submis pour eux, 
et eux faisant fort pour le dit commun, paîer annuellement 
par chacun an, a la d. abbaîe la somme de dix sols tournois 
de rente en la d. abbaîe franchement, au terme de Noël, 
par exécution d'eux, et chacun d'eux, et ceux de leur 
communauté au choix des d. religieux, premier terme de 



Digitized by VjOOQIC 



- 179- 

Noël prochain venaat. Et sans ce que par raison de ce que 
les dits religieux y puissent prétendre coulerer, ne 
quereller aucun droit, mais est faite la d. transaction 
pour éviter à procès seulement : et parceque les dits 
religieux et couvent ratiflront ceste présente transaction 
es noms et qualitez que dessus : les d. parties promettans 
les choses dessus dites tenir, entretenir et avoir aggreable 
ferme et stable sur l'obligation, sçavoir le d. sieur abbé 
de tout le revenu et temporel de la d. abbaîe, et les d. Le 
Bœuf et Vasseur de tous leurs biens, ceux de leurs hoirs, 
et des d. habitans, meubles et héritages présents et 
advenir. Et si jurèrent le d. s' abbé en parole de prince, 
et les d. le Bœuf et Vasseur par les foy et serment de 
leurs corps, a non jamais aller ny venir contre la teneur 
de ces présentes, renonsans a toute chose par quoy faire 
le pourroient. Ce fut fait, passé et reconneu au dit lieu 
d'Eu le premier jour de May, l'an de grâce mil cinq cens 
trente quatre, présents Messire Nicole Vasseur, et Pierre 
Miant témoins. Ainsi signé du Four et le Griel chacun un 
paraphe et scellé sur cire verte le seau estant a présent 
en la pluspart rompu en plusieurs pièces, l'apparence et 
caractère d'iceluy neantmoins encore empraint sur le papier 
et cire restant. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront les prieur 
Religieux et couvent de l'Eglise et Monastère de M^" Saint 
Michel du Treport, Salut , sçavoir faisons que nous deuement 
assemblez et congregez en nostre chapitre, pour traiter 
et discuter des affaires et négoces de nostre abbaie, de 
la part des manans et habitans de Mers nous a esté exhibé 
et fait apparoir de certains accord transaction et appoin- 
tement cejourdhuy faite entre Monseigneur Mons^ 
François de Clèves abbé commendataire de nostre église 
et abbaie du Treport pour le fait d'aucune prairie et marais 
vulgairement nommé Mailleules, lesquelles d'ancienneté 
souloient estre discordables entre nous et les d. habitans : 



Digitized by VjOOQIC 



-180 - 

par laquelle transaction iceux manans et habitans seront 
sujets pour ladvenir nous paier dix sols tournois de rente 
annueUe et perpétuelle : et si ont pale la somme 
de dix ecus d'or soleil, qui ont esté convertis et 
emploiez aux affaires de la d. abbaie et réparations 
d'icelles, le tout jouxte quil est plus a plein contenu et 
déclaré es lettres de transaction, parmi lesquelles ces 
présentes sont annexées. Après lesquelles veûes et 
au long délibérées, sur ce recueilli l'advis commun des 
frères de nostre couvent, et que avons conneu qu'en ce 
consiste le bien profit et utilité de nostre abbaie et maison, 
et que les d. marais ou prairies ne portèrent jamais profit, 
dont il soit mémoire, à nostre abbaîe, ne revenu d'icelle, 
avons la dite transaction louée, ratifiée, consentie et 
accordée, et par ces présentes louons, ratifions et accor- 
dons jouxte sa forme et teneur, promettans que jamais ne 
sera par nous, ne nos successeurs, aucune aucune chose 
poursuivie, reclamée, ne querellée, mais les avons promis, 
et promettons garantir vers et contre tous de tout trouble, 
et empêchement quelconque. En témoin desquelles choses 
nous avons ces présentes signées des signes du prieur et 
soubprieur, et scellées du couvent de la dite abbaie le 
premier jour de May 1534, signé Meullier et de Haussart 
chacun un parafe, et scellée de cire verte le sceau estant 
en partie rompu en plusieurs pièces, sur le papier duquel 
est encore empraint le caractère d'iceluy seau, le tout 
cousu dans un petit sachet de toile blanche. 

Depuis cette transaction les habitans de Mers ont 
continuéjusqu'apresent 1668, de paieries dixsols de rente, 
et lors quils ont fait les restifs, on a envoie dans les prairies 
un sergent qui s'est saisi d'un mouton : ce qui fait qu'on 
dit quils doivent un mouton de rente. 

Outre ce quil y a de marais entre le Treport et Mers, 
ils s'étendent encore en deçà de la rivière le long d*icelle 
jusqu'à Froideville, et se viennent jetter jusqu'au chemin 



Digitized by VjOOQIC 



- 181 — 

du TreportàEu, y comprenant les salines, qui aboutissent 
aux terres du prieuré de S'« Croix. 

Dans ces marais il y a eu plusieurs salines ou se faisoit 
du sel blanc: chacun estoit bien aise d'y ayoir sa portion 
pour la commodité des ménages, et pour le profit qui s'y 
retrouvoit devant que les Roys se fussent approprié ce 
droit : lesquels au commencement y allèrent doucement, 
car Philippes le Bel qui flit le premier de nos Roys, qui y 
meit tribut, se contenta de prendre quatre deniers pour 
livre sur le prix du sel, et cela même pour un peu de 
temps. Philippe de Vallois VI, y alla bien plus fortement 
en 1317, car il établit par edict perpétuel des greniers à sel, 
afin d'obliger son peuple d'acheter de ses ofiSciers le sel a 
un prix bien plus haut quil ne souloit des particuliers, 
ainsi qu'il est remarqué en l'edit de François !•'' reprenant 
les mêmes cotes en 1517, pour rétablir la gabelle. D'où est 
venu que toutes les salines ont été supprimées fors celles 
que les Roys se sont réservées pour en tirer la fourniture 
pour leurs sujets : celles du Treport ont esté empêchées 
de faire du sel^ comme les autres, et l'on a esté obligé de 
flefier les lieux des salines, et de convertir les boisseaux 
de sel deues sur les d. salines en argent a raison de sept 
sols sixdeniersle boisseau de sel, qui estoit le prix auquel 
il se vendoit pour lors, et lequel s'il estoit demeuré de la 
sorte, seroit bien tolerable en comparaison du prix 
excessif ou il est pour le présent. 

Entre ceux qui ont le plus perdu, nostre abbaîe en a 
esté du nombre, veu qu'elle avoit bon nombre de maisons 
et de salines qui luy appartenoient en propre, et avoit 
beaucoup de redevances a prendre sur les autres : en sorte 
qu'elle a possédé jusqu'à 200 muids de sel (chaque muid 
portant 12 boisseaux^ ainsi que vous le verrez dans les 
actes rapportez cy-après. 

Et pour marque de ce grand nombre de sel que l'abbaïe 
avoit sur le lieu, l'abbé qui pour lors estoit Henry I. 



Digitized by VjOOQIC 



- 183 — 

et le conyent en 1225, traitent arec Tabbé de NotF0-]>aiiie 
de Briostel, qui est a présent Notre-Dame de Lannoy, 
prennent tout ce qui appartenoit par deçà à la d. abbaîe 
de Lannoyarente perpétuelle en salines, terres, maisons, 
revenus, coutumes, et généralement tout ce quils ont, fim 
cinquante sols quils se réservent de rente sur Ouerville , 
dont voicy l'acte: 

TRANSACTION ENTRE LES ABBAIBS DE BRIOSTEL DITE LANNOT 
EN BBAUVAISIS, ET DU TREPORT. 

UniversisChristi fldelibus adquos presens scriptum per- 
venerit, Simon, divina miseratione abbas et conventus de 
Briostel ordinisCistersciensis, salutem in Domino. Noverit 
universitas vestra quod nos de commun! assensu tradi- 
dimus et concessimus abbati, et conventui de Ulteriori 
portu ad perpetuam ârmam, pensata utilitate utriusque 
Monasterii omnia iUa quse habebamus apud Ulteriorem 
portum, et apud Auguni, tam in domibus quam in salinis, 
redditibus, consuetudinibus forestœ, et rébus aliis cum 
hominibus suis, prœter quinquaginta solides annui redditus 
apud Guorville, ex dono nobilis viri Johannis quondam 
Comitis Gomitati Augi, quos nobis et ecclesiae nostne 
retinemus. Omnia ante praedicta prêter quinquaginta 
solides dicti Abbas et conventus de Ulteriori portu 
de nobis tenebunt in perpetuum libère, quiète et 
pacifice ex omni actione ad nos pertinente, reddendo 
annuatîm inde nobis in perpetuum quatuor viginti salis 
modios de sale salinarum Ulterisportus medietatem ad 
festum S. S. Gervasii et Prothasii, et aliam medietatem 
ad festum Beat» Marise Magdalense, quicquid contingat de 
supra dictis. Ita quod quando servientes nostri cum 
quadrigis nostris, ad praedictos termines, pro sale prasdicto, 
apud Ulteriorem portum veulent, Abbas et conventus 



Digitized by VjOOQIC 



-188- 

Ulterisportas senrientibus nostris in victu, in hospitio^ et 
necessariis, absque avena sufflcienter providebunt. Et si 
servientes nostri et quadrigsB nostrsB ibi moram fecerint 
ultra unum diem, per defectum abbatis et conventus Ulteris- 
portas, in omnibus necessariis tam in avena quam in aliis 
rebnst quandiu ibi moram fecerint, eisdem competenter 
providebunt. Super his autem flrmiter et fldeliter obser- 
vandis in perpetuum, ipsi abbas et conventus Ulterisportus 
se jurisdictioni domini Rothomagensis Archiepiscopi 
supposuerunt, ad interdicendum eos , si aliquando 
defuerit quod absit, in solutione plena salis pretaxati, 
cessante omni appelatione; similiter supposuimus nos 
interdicto domini Episcopi Beluacensis ad interdi- 
cendum nos, si aliquid quod absit, velimus resilire a 
praedicta traditione et concesslone rerum prsedictarum 
cessante omni appellatione. Caeterum, ad majorem securi- 
tatem, et in spirltu sancto confederationem concessimus 
Abbati et conventui Ulterisportus in perpetuum partici- 
pationem omnium bonorum spiritualium quae âunt et 
fient in Ecclesia nostra de Briostel, ita quod, quando 
obitus uni us eorum nobîs fuerit denunciatus, una missa a 
singulis sacerdotibus celebrabitur pro eo, et ab illis qui 
non fiierint sacerdotes, quinquaginta psalmi , et a 
conversis centies Pater noster. Hoc idem facient pro nobis 
in perpetuum abbates et monacbi de Ulteriori portu. In 
cujus rei testimonium. Actum anno gratiae M» CC^XXVo, 
mense Decembri. 

En conséquence de cette transaction les abbés et 
convent de Lannoy donnèrent a ceux du Treport les 
titres et les terres quils avoient des choses cy-dessus 
délaissées, dont ils en feirent comme de leur propre, 
comme il se void en quantité d'actes tant au Treport, 
Monthuon, qu'autres lieux. 

Qu'on se souvienne que l'Abbaie de Notre-Dame de 
Briostel est celle qu'on nomme a présent de Lannoy. 



Digitized by VjOOQIC 



— 184- 

Ladite redevance de SOmuids de sel fut continuée a 
paier par TAbbaie du Treport a celle de Lannoy, jusqu'à 
ce que les d. salines aiant esté supprimées, cette redevance 
de 80 muids de sel fut modérée et réduite au nombre de 
six muids de sel, et a cinquante livres de rente par 
messieurs des Requestes de Paris : lesquels six muids 
avec les 50 1. de rente, ont esté continuées d'estre paîées 
jusqu'en 1534, que tous les arrérages du sel avoient este 
paiez, mais des 50 1. de rente en restoit a paier douze vingt 
cinq livres, pour lesquelles repeter les s. de Lannoy feirent 
beaucoup de diligence, et en feirent la transaction qui 
ensuit : 

TRANSACTION POUR LES 80 MUIDS DE 'SEL DRUS PAR LABBAÎE 
DU TREPORT A CEl^LE DE LANNOY. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront Pierre 
Coselle conseiller en la Cour du Roy notre sire a 
Amiens, apresent garde du scel royal delaBaillie d'Amiens 
establi en la prevosté de Beauvoisis a grand Yillier, pour 
sceller et confermer les contracts convenans, marchez, 
obligations et reconnaissances qui en sont faites, passées 
et receues, entre parties, salut. Sçavoir faisons que par- 
devant Jean le Fève, et Antoine de Laon notaires du Roy 
nostre Sire, establis de par iceluy Sire en la dite prevosté, 
comparurent personnellement honorable homme David 
de Montpellé procureur et receveur de très haut et 
puissant prince et seigneur M. François de Glèves abbé 
comendataire de Teglise et abbaîe M^ Saint Michel du 
Treport, fondé de lettres de procuration, faites et passées 
par le d. S' pardevant Tabellions, et sous le scel des 
obligations de la Comté d*Ëu, dattées du 25 jour de juin 
dernier passé, et vénérable et religieuse personne D. Jean 
de Haussart soubprieur de la d. église et abbaie au nom 



Digitized by VjOOQIC 



- 185- 

et comme procareur du prieur» ensemble du convent et 
ladite abbale fondé de lettres aussi de procuration faites 
et passées par devant Tabellions, et sous ce même scel, 
dattées du pénultième jour de juin, aussi dernier passé : 
icelles deux procurations contenant pouvoir spécial de 
faire passer ce qui dit sera cy-apres, et des quelles la teneur 
8*ensuit : 

A tous ceux qui cw présentes lettres verront ou orront 
le bailly d*Eu, garde du seel des obligations de la d. 
Saillie, salut. Sçavoir faisons que par devant nous Nicole 
le Vasseur> et Nicolas Menestier tabellions jurez, commis 
et établis a Blangy sous les Tabellions d'Eu, si comme ils 
nous ont témoigné fut présent haut et puissant prince et 
seigneur M. François de Gleves abbé commendataire de 
Teglise et abbaie M^ Saint Michel du Treport, lequel de son 
bon gré, nomme, constitue et établit ses procureurs 
généraux, et certains messagers spéciaux, assçavoir 
David du Mont pelé et ausquels et chacun d'eux 

l'un seul pour le tout, portant et exhibant ces présentes, a 
donné, et par ces présentes donne plein pouvoir, authorité 
et mandement spécial d'estre et comparoir pour luy en 
toutes ses causes, négoces et affaires, mouvans et a 
mouvoir tant en demandant comme en défendant sa 
personne représentée, et exiger son droit a cause garder, 
soutenir, poursuivir et défendre, faire, demander 
requestes et conclusions, offres, sommations, dénonciations 
et protestations de faire, et requérir estre fait, tout ajour- 
nemens, citemens, exécutions, criées et autres exploits 
de justice, de proposer et bailler par écrits, faits, 
raisons, articles et répliques de fait et de droit, conclure 
en cause, et litiges contestez en droit arrests, jugemens 
interlocutoires, décrets et sentences difflnîtives, d'en 
appeler et de tous torts et griefs, l'appel relever poursuivir, 
ou y renoncer si mestier est. Et par spécial le dit S' cons- 
tituant a donné plein pouvoir, authorité, puissance et 



Digitized by VjOOQIC 



- 186 - 

mandement spécial au d. David du Montpelé, de pour luy 
les Religieux et couvent de la d. abbaïedu Treport, tran- 
siger, convenir et appointer avec les Religieux abbé et 
couvent du Notre-Dame de Lannoy» touchant les arrérages 
de cinquante livres tournois de rente par les d. Religieux 
abbé et couvent de Lannoy, prétendre annuellement sur le 
temporel revenu de la d. abbaie du Treport, et d'iceux 
arrérages en bailler bonne seureté pour en avoir paiement 
par les d. religieux abbé et couvent de Lannoy, ainsi 
qu'appointé sera, même consentant le d. S' constituant que 
pour seureté du d. paiement ils aient prennentles fermiers 
des dixmes de Realcamp au d. S' appartenant, a cause 
de sa d. abbaîe pour les tenues advenus, et d'iceux 
fermiers en prendre telle seureté quils verront bon estre, 
soit par cedulles, obligations ou autrement, devant juges 
ou Tabellions ainsi que le cas le requerra. Oultre et 
davantage le dit S^ constituant a donné pouvoir au d. du 
Montpelé d'assigner aus. d. religieux abbé et conveat 
de Lannoy, a prendre, cueillir et percevoir les d. 50 1. 
tournois de rente annuelle, sur les plus apparens fermiers 
de la d. abbaîe du Treport, ainsi que lesd. religieux abbé 
et couvent ou procureur pour eux le requérant, et géné- 
ralement d'autant faire dire procurer autrement besongner 
en tout ce que dit est comme le dit S' constituant feroit, 
et faire pourroit, si présent en sa personne y estoit 
jaçois et que le cas requis mandement plus spécial lequel 
sieur constituant a promis en parole de prince, et sous 
l'ombre de l'obligation de tous ses biens meubles et 
immeubles presens et advenir, avoir aggreable a toujours, 
tout ce que par ses d. procureurs chacun ou l'un d'eux, 
sera fait, dit, procuré et aucunement besongné en tout 
ce que dit est, et qui en dépend, et, d'en païer le Juge, et 
amende si mestier est. En témoin de ce, nous a la relation 
des d. Tabellions, avons mis a ces présentes le seel des 
dites obligations. Ce fut fait et passé au d. lieu de Blangy 



Digitized by VjOOQIC 



-187- 

le 25 juin. Tan de grâce 1535, presens André Simon Sellier, 
et Antoine Samore. Ainsi signéN. le Vasseur, et N. Menés- 
sier. 

PROOU&ATION DBS RBLIGIBUX POUR LESDITES SALINES. 

A tons ceux qui ces présentes lettres verront, le Bailly 
d*£u garde du seel des obligations de la d. Baillie, salut. 
Sçavoir faisons que pardevant Nicolas Giboult et Jacob de 
Bagnies Tabellions jurez et establis au Treport sous le 
tabellion d*Eu, sont comparus religieuses et honnestes 
personnes D. Michel Tuilier prieur de l'abbaie M^ Saint 
Michel du Treport, D. Jean de Haussart, soubprieur, D. 
Simon Garnier aumônier, D. Mathieu Manger, D. Gabriel 
Pecoul, D. Nicole de Mont pelé secrétaire, D. Andrieu 
Lamidé, D. Jean Creton, D. Charles de la fresnoie, Jacques 
Godard, Toussaint de la Salle tous religieux de lad. abbaîe 
du Treport, lesquels d'un commun consentement, assem- 
blez en leur chapitre, confessèrent avoir fait et constitué, 
par ces présentes, font et constituent leurs procureurs 
généraux, et certains messagers spéciaux, cest a sçavoir 
les s. d. de Haussart, et D. Andrieu Lamidé. 

Ausquels et chacun d'eux, les dits constituants ont 
donné et donnent plein pouvoir de convenir, transiger et 
appointer avec les Religieux abbé et convent de Notre- 
Dame de Lannoy, touchant les arrérages de 501. tournois, 
de rente par les religieux abbé et convent de Lannoy pré- 
tendusannuellement sur le revenu temporel de la d. abbaîe 
du Treport. Iceux arrérages, en bailler bonne sûreté pour en 
avoir paiement par les religieux abbé et convent de Lannoy 
ainsi qu'appointé sera même les d. constituans consentent 
que pour seureté du d. paiement ils aient prennent les 
fermiers des dixmes de Realcamp aux d. Religieux abbé 
et convent du Treport appartenans pour les termes 
advenus, et d'iceux fermiers en prendre telle seureté 



Digitized by 



Google 



— 188 - 

quils verront bon estre, soit par ceduUes, obligations on 
autrement, devant juges ou tabellions, ainsi que le cas le 
requierra. Outre les d. constituans ont donné pouvoir aux 
d. procureurs d'assigner aux d. religieux abbé et convent 
de Lannoy, a prendre, cueillir, percevoir les d. 50 1. tour- 
nois de rente annuelle sur les plus apparens fermiers de 
la d. abbaïe du Treport ainsi que les d. procureurs le 
requerront, et quil sera fait et besongné par le procureur 
de M. l'Abbé du Treport, et généralement d'autant faire 
comme si les d. constituans y estoient, en ce que dit est, 
et qui en dépend, et promettansles d. constituans tenir et 
avoir aggreable tout ce que par les dits procureurs, oa 
Tun d'eux, sera fait et accordé, d'en païer le juge et 
amende si métier est, sur l'obligation de tout le revenu 
temporel de la d. abbaie, presens et advenir. En témoin 
de ce nous avons mis a ces présentes le seel des obliga- 
tions du d. Comté. Ce fut fait et passé le pénultième jour 
de juin l'an de grâce 1535, presens Guillaume Carpentier, 
et Nicolas du Monstier, témoins. Ainsi signé N. Giboult. 
J. de Bagnies d'une part, et R* P. en Dieu M. François du 
Fresne, par la permission divine, humble abbé de Teglise 
et abbaie Notre-Dame de Lannoy, alias Briostel, au 
Diocèse de Beauvais, et aussi de vénérable et religieuse 
personne D. Clément Régner, procureur de la d. Eglise 
d'autre part. 

Et reconneurent comme ainsi soit que des l'an 1225, les 
religieux abbé et convent de S^ Michel du Treport, pour 
le bien utilité et profit de leur d. église et abbaie, eussent 
pris a ferme, teneure, ou rente des d. religieux abbé et 
convent de Lannoy, tout ce que les d. de Briostel avoient 
au d. lieu du Treport et ès-environ, tant en maisons, 
salines, terres, rentes, revenus, censives, coustumes de 
la forest d'Eu, quautres choses, tant aux champs qu'à la 
ville, sans aucune chose reserver ny retenir sinon seule- 
ment cinquante sols tournois de rente, quils prenoient 



Digitized by VjOOQIC 



— 189- 

chacun an, aGuerville, etmoiennant ce que dit est dessus, 
les d. Religieux du Treport s'obligèrent, promirent païer 
aus religieux de Lannoy la somme de 80 muids de sel, 
sur tous les biens et temporel de la d. église tant et si 
avant que l'on peut faire en tel cas, pour lesquels quatre 
vingt muids de sel et arrérages d'iceux, se seroient meus 
procès entre les d. parties par devant M" des Requestes 
du palais a Paris, dont plusieurs appeUations seroient 
intervenues, comme plus a plein appert par les d. sen- 
tences, arrests et appointemens faites entre icelles parties, 
depuis homologuées par la d. cour de Parlement, par 
lesquelles sentences et appointemens, appert que les 
religieux du Treport sont condamnez a paier aus s. de 
Lannoy tous les ans la quantité de six muids de sel et la 
somme de cinquante livres tournois, a sçavoir le d. sel 
au jour de la Magdelaine, et vingt cinq livres tournois au 
d. jour, et les autres 25 1. au jour S^ Andrieu ensuivant. 
Desquels arrérages de sel nest aucune chose deûe aus s. 
de Lannoy jusqu'au jour de la Magdelaine prochainement 
venant : mais des d. 50 1. deues aus religieux de Lannoy 
en seront deus d'arrérages la somme de douze vingt cinq 
livres cinq sols six deniers escheus au jour S* Andrieu 
dernier passé 1534, pour lesquels arrérages les religieux 
de Lannoy auroient eu plusieurs -sentences sur iceux du 
Treport, en vertu desquels ils auroient fait faire comman- 
dement, tant par Jean DoUehain sergent royal au Bailliage 
d'Amiens, qu'autres sergens, de paier plusieurs sommes, 
et entr'autres pour la seureté du paiement des d. arrérages 
auroient iceux de Lannoy fait saisir et arrester sur Pierre 
Auril demeurant a Realcamp fermier des dixmes du d. 
lieu, et ses consorts fermiers aus d. religieux du Treport 
appartenant, lesquels Auril et consorts se seroient établis 
volontairement commissaires pour la somme de sept vingt 
livres 5 s. 6^ comme apert par les exploits, et depuis 
auroient esté a<^oumez par devant Messieurs des 



Digitized by VjOOQIC 



- 190- 

Requestes du palais a Paris pour rendre compte : quils se 
seroient laissez mettre en default, comme il appert aussi 
par les lettres du d. default, Et il soit ainsi que pour 
satisfaire les dits de Lannoy des arrérages montans a 
icelle somme de douze yingt cinq livres six sols 6^ ou 
iceuxdu Treportetle dit s^ abbé commendataire, ensemble 
les prieur, religieux et couvent eussent envoie devers 
le d. s' abbé de Lannoy, les sieurs de Montpelé et de 
Haussart, luy prier et requérir quil eust a donner et 
délaisser les d. arrérages en faveur du d. s' abbé du 
Treport ce quil a promis, et accordé faire le d. s' abbé 
de Lannoy ainsi quil s'ensuit. Cest a sçavoir que le total 
du temporel du d. Treport demeure affecté et hypothéqué 
au paiement et fournissement des d. six muids de sel, et 
cinquante livres tournois de rente par chacun an , et a 
toujours, sans aucune innovation faire, ny déroger, ny 
prejudicier aucunement aus d. sentences et arrests, 
accords et appointement homologuez par la d. cour, et 
moïennant ce, les s. du Montpelé et de Haussart ea noms 
que dessus ont assigné, obligé, asservi, affecté, et hypo- 
théqué tout le dit temporel du Treport du tout au profit 
des s. de Lannoy pour estre paiez et satisfaits dorénavant 
et a toujours, comme dit est dessus, des d. six muids de 
sel, et 50 1. tournois de rente, a les prendre avant perce- 
voir et estre païées aus d. termes dessus déclarez selon 
que contenu est es d. sentences et arrests. Et pour plus 
grande seureté d'icelle redevance, ont nommé Pierre 
Tardieu fermier de la ferme de S'« Croix aus d. s"" abbé 
et couvent du Treport appartenant, situé entre la d. 
Abbaïe du Treport et la ville d'Eu, Jeannequin Blondel 
fermier des dixmes de Hesmies, et Pierre Auril fermier 
des dixmes de Realcamp, ou ceux qui jouiront cy après 
des d. dixmes : auxquels fermiers les religieux de Lannoy 
se pourront addresser si bon leur semble, pour avoir lad. 
redevance des cinquante livres, et le d. sel, ato^jours, sur 



Digitized by VjOOQIC 



— 191 — 

le revenu de la d. Abbîûe du Treport» par chacun an, 
comme dit est, après toute fois que les commandements 
auront esté Xaits aus d. religieux abbé et couvent du Tre- 
port Et ou les d. s' abbé et couvent du Treport donneroient 
aucun empêchement aus d. s' Religieux Abbé et couvent 
de Lannoy, leur procureur, receveur ou commis, et député 
par violence, voie de fait procès ou autrement, en ce cas 
les religieux de Lannoy pourront avoir et demander aus 
religieux dv Treport tous les arrérages ainsi donnez et 
délaissez que dit est^ tout ainsi et en la forme et manière 
quils eussent peu faire par avant ce présent contract 
obligation et accord, promettans les d. parties, et decla- 
rans asçavoir le d. du Montpelé et les s" révérends P.P. en 
Dieu M' François Abbé de Lannoy etdeHaussart, inverbo 
sacerdotis, et sous les vœux de Religieux, a jamais aller 
contre les choses dessus d. et a ce tenir, entretenir, paier, 
fournir, entériner, et accomplir avec pour rendre tous 
dépens dommages etinterests qui s'en pourroient ensuivre, 
ont icelles parties comparans obligé et obligent Tun envers 
Tautre, et chacune d*icelles en son regard le revenu, 
et temporel de leurs d. Abbaïes presens et advenir, renon- 
çans ft toutes choses quelconques a ces lettres contraires. 
En témoin de ce, nous, a la relation des notaires, avons 
mis a ces lettres le d. seel royal sauf le droit du Roy 
nostre Sire et d'autruy en tout. Ce fut fait, passé et 
reconneu au d. lieu de Lannoy le second jour de juillet, 
Tan mil cinq-cens trente cinq, signé Febure, et de Laon 
chacun un paraphe. 

Le dernier jour d'Aoust aus d. an 1535. Le dit François 
de Cleves ratifia le d. accord et traité, et voulut quil sortit 
son plein et entier effet. 

Ce qui a esté exécuté ensuite^ et pour la plus grande 
seureté, et aussi pour se délivrer du soin de fournir ce 
sel aus religieux de Lannoy, les religieux abbé et couvent 
du Treport, ausquels la famille des Tardieu sieurs de la 



Digitized by VjOOQIC 



-192- 

Poterie sont redevables pour les terres et prez qoils 
tiennent dans les d. salines, quils ont acquis de divers 
particuliers du nombre de neuf muids et demie de sel 
blanc, selon la reconnaissance que nous en allons insérer 
cy après, assignèrent les religieux de Lannoy a prendre 
chaque année le dit nombre de six muids sur les s^ Tar- 
dieu, se retenans les autres trois muids et demi pour s'en 
faire paler des d. Tardieu. 

RECONNAISSANCE DE RICHARD TARDIEU 
DE NEUF MUIDS ET DEMI DE SEL. 

Extrait des Registres du Tabellionnage du Comté d*£u 
de ce qui ensuit. 

Du 12« jour de Novembre 1577, à Eu par devant Nicolas 
Sabot, et Laurent le Griel tabellions jurez du Comté 
d'Eu. 

Fut présent noble homme Richard Tardieu S' de 
Monchy, lequel en la présence de D. Laurent Houllier, 
religieux et chantre de Tabbale du Treport, a!ant charge 
de recevoir la présente confession de noble homme 
Alfonse Bellencyn procureur substitué de M^ Rondinelli 
grand vicaire de la d. Abbaïe, ce stipulant pour les 
religieux abbé et couvent du d. Treport, a confessé qu*a 
cause des héritages en nature de marais et salines qu'il 
possède de présent, tant de la succession de feu son 
père, que de son acquisition, il doit et est obligé rendre 
et livrer aus dits religieux abbé et couvent, par chacun 
an, au terme de la Magdelaine, en Juillet, la quantité de 
neuf muids et demi de sel blanc de rente foncière : chacun 
muid contenant douze petits boisseaux, chacun boisseau 
huict pots et demi, mesure de ce lieu d'Eu, mesure au 
foible et estroinsé avec la main, qui est la mesure des 
salines^ et telle que de tout temps l'on a mesuré, et 



Digitized by VjOOQIC 



- 193 - 

daliyréle sel aus d. salines, comme ils ont respectivement 
confessé, confessant le d. Houllier que le d. Tardîeu a 
paie le d. sel a la quantité et raison cy-dessus de tout le 
temps passé, jusques et compris Tannée 1676, et de 
laquelle confession le d. Houllier pour luy et au d. nom 
sest contenté, ores et pour Tadvenir, et a ce tenir sur ce 
présent, Pierre Jehan Serrurier etMartin Abel, demeurans 
en cette ville d*Eu, témoins. Ainsi signé le Griel avec 
paraphe. 

Mais comme ces Tardieu de père en âls ont esté fort 
durs a la paie, difficiles et processifs, on n'a rien emporté 
sur eux qu'a vive force, comme il paroit par les actes 
qui en restent : et le dernier des d. Tardieu S' de la 
Poterie, a esté si fort versé en ce mestier de chicane, 
et a tellement sçeu tous les tours et destours du palais, 
quil a embrouillé en telle sorte toutes ses redevances, 
tant des six muids quil devoit aux Religieux de Lannoy^ 
que des autres trois muids et demi deus a ceux du 
Treport, et dont il avoit païé 21 1. jusqu'en 1627, auquel 
prix ils lui avoient esté modérez, que depuis ce temps la, 
par les diverses chicanes quil a fait, par le transport du 
procès de cour en audience de Rouen au privé Conseil, 
du privé Conseil es requestes de Thostel, il n'a païé 
aucune chose ny aux religieux de Lannoy, ny a ceux du 
Treport, joint que les guerres sont venues, que dans les 
deux monastères, et la commende, et la relasche, le peu 
d'union et de fêle des Religieux qui y sont restez depuis 
ce temps la, chacun n'a pensé que pour son particulier, 
sans se soucier du gênerai, et l'affaire est demeurée pen- 
due au croc, sans quasi sçavoir entre les mains de qui 
elle est tombée. 

Cependant le dit S^ de la Poterie estant decedé a sa 
maison près Eu, depuis quatre ans en ça, ses héritiers ne 
se pressent pas beaucoup de voir a quoy ils sont obligez 
tant pour l'ame de leur père que pour la leur, et jouissent 

13 



Digitized by VjOOQIC 



— 194 - 

toi^ours, saufautempade conteste de s'en défendre du 
mieux quils pourront. Sa maison est tombée en quenouille, 
naiant point laissé d'enfans masles, et les deux abbaies 
se rejoignans ensemble pourront ramasser quelques lam- 
beaux de la pièce entière que cette famille leur a enleTé. 

Pour y donner quelque lumière je rapporteray id, 
comme ce que dessus, Textrait des Registres du Conseil 
•privé du Roy comme ensuit : 

Entre M* Thomas Robin cy-devant fermier gênerai des 
Gabelles subrogé au procès intenté par M^ Jean de Moissel 
demandeur en lettres du 27 février 1611, et Richard Tar- 
dieu S^* de la Potterle, les abbez, couvent et religieux des 
abbaïes de Notre-Dame de Lannoy , et S* Michel du Treport 
défendeurs, etc. (Nota que c'est pour ces 9 muids X de sel). 

DICTON DE L'ARREST. 

Le Roy en son Conseil a renvoie et renvoie les d. parties 
avec leurs d. procès et diflferens, circonstances et dépen- 
dances, par devant Messieurs des Requestes de son hostel, 
en leur auditoire a Paris, pour au rapport du S' de Sèves, 
commissaire a ce député, leur estre fait droit sommaire- 
ment et en dernier ressort, leur attribuant, à cette fin, 
tout pouvoir et connaissance, dépens reservez. Fait au 
Conseil privé du Roy, tenu à Paris le 29 Mars 1639, signé 
de Preil un paraphe. 

M« Jean Vidor Senechal du Treport aîant recrî al'Abbaie 
de Lannoy pour avoir instruction de cette affaire, receu 
cette réponse a la sienne, en ceste sorte : 

Copie de lettre du P. D. Louis Douleleau Prieur de Lannoy 
pour le fait des salines du Treport. 

A Lannoy j le 8 juillet 1663. 

Mons' , pour satisfaire a la promesse que je vous ay fait, 
je vous diray qu'en 1627, l'instance dont vous m'aveï 
parlé d'entre les religieux du Treport, et de cette maison 



Digitized by VjOOQIC 



— 195- 

de Lannoy estoit entre les mains de M^ de Chausnes, M« des 
Requestes a Paris, suivant le mémoire de cette maison. 
On a fait intervenir le nommé Tardieu S' de la Potterie et 
antres : je n*en sçay pas bien encore les particularitez. Le 
dit procès consiste en huict sacs. J'ay trouvé le titre ori- 
ginaire de toute cette affaire en datte de 1225, scellé d*un 
grand seau, ou il y a empreint un S* Michel, et d'un autre 
plus petit qui est de ceste maison cy ; par ce titre, les 
religieux du Treport sont obligez de paier quatre vingt 
muids de sel par chacun an, moitié au jour S* Gervais et 
S* Prêtais, et l'autre moitié au jour de la Magdelaine, de 
nourir et loger tous les voituriers de Lannoy, qui iront 
quérir le d. sel, de faire un service pour chaque religieux 
qui decedra a Lannoy, tous les prestres de dire une 
messe, et les non prestres dire 50 pseaumes ou 100 Pater 
et Ave, ce qui a esté fait jusqu'en 1535, auquel temps on 
feit une transaction, ou les d. 80 muids de sel furent 
réduits a 6 muids, et a 50 1. d'argent : pourquoy en défaut 
de paiement de la d. somme de 50 1. on pouvoit saisir les 
dixmes de Realcamp. En 1581, les grenetiers d'Eu et 
Treport donnèrent sentence, après avoir eu communica- 
tion des titres de Lannoy, et du consentement du procu- 
reur du Roy, et du Receveur du sel, que les d. religieux 
de Lannoy enleveroient six muids de sel. En 1605, Tardieu 
estant en cause a la requeste des Religieux du Treport, 
dit ne devoir rien aux Religieux de Lannoy, mais quil 
offre paier au Treport neuf muids de sol et les d. Religieux 
du Treport aux religieux de Lannoy, six, et demande 
l'appréciation pour les païer en argent. Il y eut encore des 
dUigences faites en 1630. On m'asseure que ceste cause 
est indubitable pour ceste maison cy, neantmoins si on 
vouloit trouver quelque facilité a ce que ne fussions 
contrains d'entrer en procès, J'en serois bien aise : voila 
M' tout ce que je vous puis dire, a présent vous asseurer 
que je suis, M^ votre très humble et très obéissant 



Digitized by VjOOQIC 



— 196 - 

serviteur. F. Louis Doutreleau. Et surlereply de la lettre: 
à Monsieur Vidor, grenetier en la vUle d'Eu et Treport, en 
son logis. 

Le dit S»* Vidor me communiqua cette lettre, dont j'en 
pris copie pour s'en servir ainsi que de raison, et luy 
remis la lettre entre les mains. 

En 1482, les Religieux et Abbé du Treport obtinrent ces 
lettres du Roy pour avoir leur sel franc en grenier, dont 
la teneur s'ensuit, et dont l'original est gardé dans les 
archives du monastère. 

LETTRE DU ROY AUX RELIGIEUX DU TREPORT POUR AVOIR 
HUICT MINOTS DE SEL BLANC. 

Les Généraux Conseillers du Roy notre Sire, sur le fait 
et gouvernement de ses finances, aux grenetiers et 
Controlleur du Grenier, ou Chambre a sel du Treport: 
Nous vous mandons que de la quantité de sel blanc, que 
les religieux, abbé et couvent de l'église S* Michel du 
Treport disent avoir droit et coutume prendre chacun an de 
rente, sur certaines salines estans aux marais de la d. 
ville du Treport, vous leur souffrez, ou a leur procureur 
pour eux, prendre huict mines du dict sel blanc mesure 
pour la provision et dépense de leur hostel, sans pour ce, 
prendre aucun droit de gabelle, pourveu toutes fois que 
le dit procureur vous affermera par serment que du d. 
sel, aucune chose ne sera convertie ne emploiée a autre 
usage qu'en la dépense seulement de leur hostel. Et en 
rapportant ces présentes avec reconnaissance sufQsante 
de la réception des d. muids de sel blanc, vous grenetiers, 
soiez tenu quitte et déchargés du droit de gabelles d'iceluy 
par toutou il appartiendra. Donné sous l'un de nos signets 
. le 1G« jour de Décembre l'an M. CCCC. quatre vingt deux. 
Ainsi signé Lourin avec paraphe, et la marque du seau. 



Digitized by VjOOQIC 



— 197 — 

Les choses ont bien changé depuis ces temps la, et au 
]ieu d'avoir huict mulds de sel, dans le temps ou nous 
sommes, on a bien de la peine d*en avoir quelque minot 
pour sa petite provision qu'on baUle fort echarsement, et 
de loin en loin, a cause que le lieu jouit encore du franc 
salé avec la ville d'Eu, estant obligé de le paier seulement 
au prix du marchand, qui est ce que couste pour l'achat 
et pour le port sans autre gabeUe. 

D est bien vrai que messieurs les Généraux des gabelles 
disputent encore ce droit, et font tout leur possible de le 
faire perdre, disans que c'est a eux de faire venir le sel, et 
non aux marchands du lieu, ce qui est contre la coutume 
du paîs. Lequel poinct sils obtiennent, le païs se trouvera 
après a leur discrétion, pour le mettre a tel prix quil leur 
plaira, et si le crédit de son Altesse Madame notre Comtesse 
ne s'y emploie fortement, on est bien en danger d'avoir 
mauvaise issue de cette aflfaire, pour la puissance des par- 
ties, pour la division des habitans, et pour la négligence 
dont on se porte a la sollicitation d'une affaire de telle 
importance. 

De sorte quil est bien a craindre que l'etymologie de 
Gabelle, si on le prend du mot hébreu gobai qui signifie 
limitation de prix, ne soit si haut pour le païs» qu'on n'y 
puisse atteindre qu'avec gémissement, ou si on la veut 
tirer du mot françoisfjra&&6r, qui signifie moquer, on ne se 
trouve par cy après moquez avec grande perte et confu- 
sion. 

Le vingt cinquième jour de Novembre 1702, il y a eu 
arrcst du Conseil, qui ordonne que le minot de sel de 
franchise sera payé sur le pied de dix livres seize sols. En 
1659, le minot du dit sel gris n'etoit payé qu'a raison de 
soixante dix sols, suivant le règlement de la Cour des Aydes 
de Rouen du 24 juillet mil six cent cinquante neuf (1). 

(1) Ce dernier alinéa n'a pas été écrit par Dom Coquelin, il a été 
ajouté postérieurement. 



Digitized by VjOOQIC 



-198 — 

•s 

DU DIFFERENT DES SALINES ENTRE l'ABBAIE DU TREPORT, 
ET LES RELIGIEUSES DU CLAIRRUISSEL. 

Pour apporter quelque lumière a ce procès, est a pré- 
supposer que Perrin Machon tenoit une saline dans les 
marais du Treport^ qui devoit rendre neuf muids de sel. 
De ce Machon ceste saline Tint a Estienne Boucher et a 
Agnes sa femme, lesquels faisant leur fille religieuse a 
Clairruissel y donnèrent en aumône la dite saline. Et 
depuis les religieux du Treport, comme seigneurs du 
fond des salines, faute d'adveu non rendu, de devoirs non 
faits, et rentes non paiées, réunirent la d. saline a leur 
domaine. 

Apres trente un an passez, les dites religieuses se 
ravisèrent, et réclamèrent les d. neuf muids sur les 
religieux du Treport, disans quils avoient la d. saline du 
d. Machon a cette condition : les d. neuf muids modérez 
neantmoins, desquels trois muids elles en redemandoient 
29 années, et pour ce intentèrent action devant les grene- 
tiers contre ceux du Treport, le 3 de May 1564, serestrai- 
gnans aus d. trois muids, a cause d'une transaction entre 
les parties, qui avoit réduit le nombre des d. neuf muids 
a trois seulement. 

Leurs raisons estoient qu'elles estoient !<> fondées en 
titre, en alléguant un accord fait le 10 janvier 1349 par 
lequel Raoul Abbé et le convent du Treport, consentantque 
les religieux de Clairruissel prennent sur la d. saline de 
Machon le nombre de neuf muids; 

2« Qu'elles estoient en bonne possession par les lettres 
qu'elles en cottoient. 

Les religieux du Treport repondoient a la première 
raison, que le titre leur donnoit neuf muids de sel sur la 
saline du d. s. Machon, quils ne sy opposoient point, quils 



Digitized by VjOOQIC 



- 199 - 

ignoroient l'endroit ou fat la dite saline, et quils ny pre- 
tendoient autre chose que les droits seigneuriaux, estans 
seigneurs du fond. 

Et quant a la possession, il y avoit plus de 31 ans 
qu'elles n'en avoient joui, et qu'ainsi elles en estoient 
hors, que si ceux du Treport avoient saisi la dite saline, ce 
n'estoit que pour devoirs seigneuriaux non faits, et qu'au 
pis aller, estant une rente fonciereles religieux du Treport 
abandonnans le fond, les possesseurs d'iceluy se delivre- 
roient delà prestation de la rente. De plus que les dits le 
Boucher et Agnes qui avoient aumoné a Clairruissel la 
dite saline, faisans leur âUe religieuse, n'avoient chargé 
la d. saline que de paler la rente seigneuriale aus d. du 
Treport, comme il paroîssoît par les papiers produits par 
les religieuses de Clairruissel, laquelle rente naiant esté 
paiée, ny les adveux rendus, ceux du Treport s'en estoient 
justement saisis, en sorte pourtant que les religieuses de 
Clairruissel en demeuroient toujours propriétaires, et 
satisfaisans aus d. rentes, et rendans leurs adveus, les 
religieux du Treport leur abandonnoient fort volontierô 
la d. saline, ny pretendans rien davantage. 

Mais pour mieux voir le fond de l'affaire, nous allons 
icy insérer la copie du premier titre pour les 9 muids, et 
raccord réduisant a 8 muids. 

LETTRE DE RAOUL ABBE POUR NEUF MUIDS DE SEL POUR LES 
RELIGIEUX DE CLAIRRUISSEL. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront 
Fr. Raoul, par la grâce de Dieu Abbé de l'église S^ Michel 
du Treport, et tout le couvent de ce même lieu, salut en 
notre Seigneur. 

Sçachent tous que comme religieuses dames et sages 
et honnêtes la prieure et couvent de l'église de Clairruissel 



Digitized by VjOOQIC 



-200- 

soient et disent estre en possession et saisine parrespaœ 
de si long temps, que mémoire nest du contraire, d'aToir 
et de recevoir chacun an neuf muids de sel pris sur une 
saline que tenoit Perin Machon au temps quil vivoiti et 
joint la d. saline d*un costé a la saline Heuret, et a 
Guillaume de Préaux âls Roger, et de Tautre costé a 
Guillaume de Préaux âls Glarence, et aux hoirs Collenet 
Ansot, laquelle saline est tenue de nous, et de nouvel par 
défaut de nos redevances avoir paiées, avons prise en 
nostre main par défaut d'homme, ore est ainsi que depuis 
les dites Religieuses sont venues par devers nous requérir 
d'avoir leur d. saline, de laquelle chose nous sommes 
informez par plusieurs bonnes personnes que che est leur 
droit d'avoir par an annuellement le d. sel. Si que nous, 
par la d. information que nous avons trouvée, voulons, 
gréons, accordons que les d. Religieuses aient et prennent 
sur la d. saline chacun an annuellement, désormais au 
temps advenir, les neufs muids de sel dessus d. cest 
asçavoir trois muids a la Pentecoste, trois muids a 
la my-Aoust, et trois muids a la S* Remy. Et pour ce que 
ce soit ferme chouse et estable au temps advenir, nous 
Abbé et couvent dessus d. avons promis et promettons 
bonnement et lo!amment paîer et délivrer aus d. Reli- 
gieuses chacun an, annuellement le d. sel aux termes 
dessus nommez. Et quant aux chouses dessus dites, tenir 
et entretenir en la manière que dit est, nous avons obligé 
et obligeons tous les biens de notre dite église presens et 
advenir : En témoin de ce nous avons donné ces présentes 
lettres sellées des propres seaux de notre d. église, 
desquels nous usons en toutes nos causes et besongnes, 
qui furent faites en Tan de grâce M. CGC. quarante neuf, 
le 19« du mois de janvier. 



Digitized by VjOOQIC 



-901 - 

ACCORD BNTRE l'ABBÂIE DU TREPORT, ET LES RELIGIEUSES 
DE CLAIRRUISSEL POUR TROIS MUIDS DE SEL. 

Sçachent tous que nous Renée Fermine de Dommesnil 
humble Prieure de notre Dame de Clairruissel> frère 
Regnault Doullé procureur du d. lieu avec tout le couvent, 
salut en notre seigneur Jesus-Christ ; comme y soit ainsi 
japieclia eust esté donnée et aumonée a notre d. église la 
somme et quantité neuf muids de sel sur une saline nommée 
la saline de Clairruissel, laquelle saline estoit tenue de 
M^ TAbbé du Treport et couvent ; Et après certain temps 
passé la d. saline fut retraite par les mains du d. Abbé et 
couvent de M^* S^ Michel par defaute de devoirs non faits. 
Et est ainsi que nos prédécesseurs Religieuses du d. 
Clairruissel se transportèrent devers le d. Abbé et Reli- 
gieux du d. Treport, demandèrent la somme et quantité 
des dix neuf muids de sel sur la d. saline^ comme dit est, 
et après que le dit Abbé et couvent eurent conneu, et 
furent informez de notre droit, et quil estoit deu a notre 
d. église la dite somme et quantité du d. sel sur la dite 
saline comme dit est, voulurent, gréèrent, accordèrent et 
promirent a paier par chacun an annuellement les neuf 
muids de sel. Et ore est-il ainsi que le dit Abbé et couvent 
ont obtenu un certain mandement du Roy notre Sire 
contenant qu'au temps que ladite promesse et obligation 
fut faite, en quoy ils estoient obligez de paier et délivrer 
a cause de la d. saline la dite somme des d. neuf muids de 
sel, ils avoient deux cens muids de sel ou plus, et que de 
présent n'en ont que douze ou quatorze muids : et que 
TAbbaie du dit Treport avoit esté arse et brûlée depuis 
nagueres, et aussi que M'' le comte d'Eu avoit fait faire 
parmi le marais du d. Treport, principalement parmi la 
terre et héritage de la dite saline, un fossé pour aller 



Digitized by VjOOQIC 



~ao2 - 

navirer du d. Treport a la viUe d*£a : Et que la dite saliae 
estoit en grande décadence : pourquoy il estoit mandé au 
premier huissier, ou autre sergent royal sur ce requis 
quil nous feit commandement que incontinant nous 
repressions, et mechions en notre main la d. saline ou nous 
paiant des arregages selon la valeur que la d. saline vaut, 
ou erra vallu, en déchargeant le d. Abbé et couvent de la 
d. obligation, en quoy ils estoient obligez a nous, et a 
notre d. église, et estions en voie d'avoir un très grand 
procès et cousteux. Et après ches choses ainsi faites, nous, 
par le moien d'aucuns de nos amis et voisins, nous sommes 
mis en accord, et appointement en la manière que s'ensuit: 
Gest a sçavoir que le dit Abbé et couvent seront tenus 
bien et suffisamment refaire et édifier une maison et 
saline, ainsi qu*anchiennement a esté, et a nous paier par 
chacun an sur la d. saline, et sur tout leur temporel par 
toute voie d'exécution, jusqu'en la an et terme de vingt 
sept ans prochainement venans, trois muids et demi de sel 
mesure du d. marais du Treport, et après le terme passé 
des d. 27 ans passez, laisser en bon et suffisant estât, et 
tenir en leur main, ou bien a qui que bon leur semblera. 
Et seront tenus le d. Abbé et couvent de ce lieu du Treport 
rendre paier ainsi que dessus est dit, par l'espace des dits 
27 ans, les dits trois muids et demi de sel, a termes accou- 
tumez, c'est a sçavoir Pentecoste prochainement venant, 
mi Aoust et S^ Remy, et suivront d'an en an, de terme en 
terme, jusqu'en la fin du d. appointement. Et après ce 
terme passé nostre obligation demeure et revient ainsi 
qu'elle estoit au devant de cet appointement présent, en 
force et vertu sans empirement. Lesquelles choses dessus 
nous promettons tenir bien et lealment, avoir fermes, 
stables et aggreables pour le temps dessus d. En témoin 
de ce nous avons scellé ce présent appointement du seel 
de notre Eglise, duquel nous usons en toutes nos causes 
et afifaires. Ce fut fait Tan de grâce mil quatre cens 



Digitized by VjOOQIC 



-303- 

soixaate trois, le septième jour de Décembre. Et en queue 
est un reste de seau portant une religieuse a genoux 
tenant une crosse. 

Le procès s'echauffant entre les s. du Treport et de 
Clairruissel, et accèdent aiant esté obtenu pour informer 
de la vérité des d. salines, après les écrits et productions 
fournies de part et d'autres , enfin les uns et les autres 
pour éviter Tevenement et les frais du procès feirent 
raccord qui ensuit : 

ACCORD ENTRE LES RELIGIEUX DU TREPORT ET LES 
RELIGIEUSES DE CLAIRRUISSEL. 

A tous ceux qui ses présentes lettres verront François 
le Duc S' de S* Remy, Advocat fiscal et procureur gênerai 
du comté d'£u, garde du seel des obligations dud. Comté, 
salut. 

Sçavoir faisons que par devant Michel Robillard, et 
Nicole le Griel, Tabellions jurez aud. Comtés sont comparus 
M. Raoul Maillard, prestre demeurant en Tabbale de 
Clairruissel, au nom et comme procureur spécialement 
fondé des dames Religieuses du d. Clairruissel par procu- 
ration passée par devant Nicolo du Ponchel, et de Nicole 
Rebours tabellions a Gaillefontaine, le 14 de septembre 1605, 
d'une part, et les Religieux et couvent de M' S* Michel 
du Treport comparans par D. Louis de Yallois, Religieux 
et aumônier de la d. Abbaie. D. Pierre de Bures, et D. 
Toussaint Yatier, procureurs des s. Religieux tant pour 
eux, qu*eux faisans forts des s. Religieux et couvent en 
gênerai d'autre part, ausquels ils ont promis faire ratifier 
ces présentes, comme aussi promet le dit S' procureur 
faire ratifier aus dites Dames chacun au chapitre a son de 
timbre, lesquelles respectivement, en la présence l'un de 
rautre ont reconneu et confessé que procès seroit meu 
entr'eux par devant Messieurs de la cour des Aides en 



Digitized by VjOOQIC 



-304 - 

Normandie pour raison de la redevance annuelle de neuf 
muids et demi de sel prétendue et demandée par les d. 
Dames, a cause de quelques salines seans aux marais da 
d. lieuduTreport, esquelles anciennement on souloit faire 
sel blanc et délié, lesquelles auroient esté quittées aus d. 
Religieux du Treport par les d. Dames au moien de la 
redevance des dits neufs muids et demi de sel par cbacun 
an. Auquel procès tant auroit esté procédé, sur les défenses 
prises par les s" du Treport, que par arrest de la d. Cour 
accèdent auroit esté faite sur le lieu contentieux par le 
s' de la Frette, Tun des Conseillers dicelle qui auroit 
informé et examiné témoins sur le decord des parties, ne 
restant qu'a appointer la cause endroit pour estre décidée 
par arrest de la d. cour. Pour aquoy obvier et aux grands 
frais que pourroient encourir les d. parties, et en consé- 
quences des d. poursuites les d. comparans, par advis de 
leur conseil et amis pour traiter paix et repos entre les 
dames, et les s" du Treport au respect de leurs qualitez, 
après que les s" du Treport de bonne foy ont reconneu et 
confessé la d. redevance, avoir esté constituée par leurs 
dits prédécesseurs aus d. dames, et leur estre deûeen 
qualité des d. salines terres et marais qui leur souloient 
cy-devant appartenir au d. lieu du Treport, et par elles 
quittées aux Religieux du Treport, qui en ont joui, et 
jouissent encore a présent, aus titres des transactions 
passées et autres lettres, qui en ont esté cy-devant faites 
entre les d. dames, et les d. Religieux, en considération 
qu'a présent et de long temps, il no se peut faire et conti- 
nuer l'usage du sel blanc et délié qu'on souloit faire es 
dites salines et marais pour plusieurs raisons déduites an 
procès, ils en ont transigé, composé et appointé moiennant 
la modération au nombre de treize minots de sel gris de 
brouage et usuel par chacun an, que les s^» Religieux du 
Treport ont promis, se sont soumis, et obligez rendre, 
livrer, paier aus d. dames, et leurs successeurs, des main- 



Digitized by VjOOQIC 



- 205- 

tenant et a toujours, aux termes de Noël et de S* Jean, 
premier terme Noël prochain, pour six minots et demi, 
second S* Jean ensuivant, pour le surplus et moitié, et 
ainsi continuer d'an en an, a toujours, le d. sel rendu et 
livré au d, lieu du Treport, ou en la ville d'Eu, au choix et 
option des d. dames, envers lesquelles les s. du Treport 
demeurent quittes de tous les arrérages du passé jusqu'à 
ce jour, ensemble du surplus des dites redevances : a 
laquelle fin le d. procureur au d. nom a subrogé et subroge 
les s" du Treport en tous leurs droits, noms, raisons, et 
actions des dames, et promis leur aider des copies colla-- 
iionnées aux originaux, d'autant qu'elles en peuvent avoir 
par devers elles, sans quelles soient ny demeurent garans 
de la d. subrogation en cas d'éviction, non jouissance ou 
autrement, et sans qu'elles soient tenues a aucune juri- 
diction des d. terres, marais et salines. Et par ce moïen 
les d. parties sont hors de cour et de procès, sans dépens, 
dont ils ont respectivement quitté l'un l'autre, promettant 
chacun endroit soy le contenu en la présente transaction 
et modération et même pour en faire passer expédient a 
la d. Cour, et ou il appartiendra, aux frais et dépens des 
d. dames, les d. parties respectivement ont fait et constitué 
leur procureur le porteur de la présente, auquel ils ont 
donné pouvoir, puissance et authorité de faire les déclara- 
tions cy-dessus contenues, requérir et consentir la dite 
homologation et expédient, et en demander acte si authen- 
tique quil appartiendra, pour confirmation de la présente. 
En témoin de ce, nous, a la relation des d. Tabellions, avons 
mis a ces présentes le d. seel. Ce fut fait et passé a Eu le 
10 juillet 1606, en la présence d'honorables hommes 
M' Charles le Seigneur, prestre doien d'Eu, Jacques du 
Hamel, François Mauquois, François le Masseur et Jacques 
d'Aval, ancien Majeur, demeurant a Eu, témoins qui ont 
signé avec les parties et Tabellions suivant l'ordonnance, 
signé Robillard, et le Griel chacun un paraphe. 



Digitized by VjOOQIC 



-906- 

Par devant les s. Michel Robillard, et Nicole le Griél, 
tabellions jurez au d. Comté, cinq heures après midy, an 
chapitre de FAbbaïe du Treportou estoient les Religieux, 
prieur et couvent de la d. Abbaie, congregez et assemblez 
en estât de commune au son de timbre, en la présence de 
Martin Carpentier, cordonnier, demeurans a Eu, et Jean 
des Cloistres témoins appeliez par les s" Tabellions sont 
comparus D. D. Nicole Poulain soubprieur, Louis de 
Valois aumônier, Charles des Cloistres sacristain, Pierre 
de Bures, Toussaint Vattier chantre, Jean Courtois, 
François du Bue, et Pierre Soret prostrés et Religieux de 
la d. Abbaïe, lesquels d'un mutuel advis. congregés comme 
dessus en la personne de M. Raoul Maillard, prestre. 
demeurans a TAbbaie de Clairruissel, présent et stipulant 
pour et au nom des dames Religieuses du d. Clairruissel, 
après lecture faite ausd. Religieux du Treportducontract 
de transaction cy-dessus, ont les s" Religieux du Treport 
volontairement iceluy loué, ratifié et eu pour aggreable, 
et en tant que besoin est ou seroit, tout de nouveau fait 
les accords et conventions portées par le d. contract, le 
contenu ausquels ils ont promis tenir et fournir sur 
l'obligation de leur bien temporel et revenu de leur d. 
Abbaie quils ont obligé par spécial a ceste effet. En témoin 
de ce ont signé au registre des d. Tabellions. Signé : 
Robillard et Griel, chacun un paraphe. 

Les dites Religieuses feirent ratifier le dit acte anx 
Religieux du Treport le jour quil fût passé, Tan suivant 
en obtinrent sentence des officiers du grenier a sel du 
Treport et d'Eu, et la feirent vérifier en la cour des Aides 
en 16il, dont ils en feirent signifier la copie aux Religieux 
du Treport ainsi quil s'ensuit. 



Digitized by VjOOQIC 



-207- 



ARRBST DE LA COUR DBS AIDBS POUR LES TREIZE MINOTS DE 
SEL DEUS A GLAIRRUISSEL PAR LE TREPORT. 

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, 
a tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut. 
Comme procès a esté cy devant pendant en nostre Cour 
des Aides de Normandie, entre M^ Jean de Moissel 
adjudicataire du fournissement gênerai de nos greniers à 
sel de France, appelant de nos officiers du grenier a sel 
d'Eu et du Treport, et défendeur d'une lettre patente et 
de déclaration d'une part, et les prieure, Religieuses et 
Couvent du prieuré Notre-Dame deClairruissel, membre 
dependans de l'Abbaie Royal de Frontevaux, intimez aud. 
appel impetrans des d. lettres patentes dressées et 
en entérinement d'icelles, dautres, et tellement a esté 
procédé que, veu par nostre dite cour la sentence de nos 
officiers du 26 octobre 1607, par laquelle auroit esté 
ordonné que les s. Religieuses auroient et pourroient 
enlever par chacun an treize minots de sel gris en lieu de 
neuf muids de sel blanc de rente qu'elles avoient droit de 
prendre de tout temps et ancienneté sur une saline qui 
fut a Perrin Machon sise aux marais salians du d. Treport 
tenue par les Abbés et Religieux du d. lieu en exemption 
des droits et importation de gabelle, en faisant par les s. 
Religieuses serment par leur procureur que du sel n'en 
sera aucune chose divertie a autre usage que pour la pro- 
vision de leur maison. Relation de Jean du Bosc, com- 
missaire au d. grenier estant au bas de la d. sentence 
contenant que sur la signification par luy faite d'icelle a 
M. Philippe de Paris commissaire alarecepte du d. gre- 
nier pour le d. de Moissel, le dit de Paris auroit déclaré 
que de la d. sentence il se portoit appellant, et son d. 
appel entendoit relever en temps et lieu. Nos dites lettres 



Digitized by VjOOQIC 



-908- 

patentes en forme de déclaration du 15 septembre 1610, 
par lesquelles après avoir fait veoir en notre Conseil les 
lettres patentes de confirmation de tous les privilèges cy- 
devant concédés au d. ordre de Frontevault, convens, 
prieurez, et membres qui en dépendent, dont vidimus est 
attaché aus d. lettres, est mandé à notre dite cour que s'il 
luy apparaissoit que le d. prieuré de Clairruissel ait de 
tous temps immémorial tiré et enlevé des d. marais 
saUans les d. neuf muids de menu sel blanc de rente firan- 
chementetquittement, sans paier aucun droit de gabeUe, 
que la d. saline ait esté abolie, et la d. rente de treize 
minots de sel gris succède au lieu des d. neuf muids de 
sel blanc, que les s. Abbé et Religieux du Treport présen- 
tement sujets a la d. rente de treize minots de sel gris 
aient cy-devant joui de pareille exemption, lorsquils 
tiroient leur sel de la dite saline, et qu'a présent ils 
prennent la provision du sel de leur maison au grenier do 
franc salé des bourgeois du d. lieu d'Eu et Treport, et que 
le dit nombre de treize minots ne soit excessif pour la 
provision du d. prieuré, notre cour désirant en ce cas 
faire jouir les d. impétrantes des d. privilèges qu'aurions 
d'abondans confirmé loué et approuvé permettant, aus d. 
Religieuses d'enlever et tirer de la d. ville d'Eu la d. 
quantité de treize minots de sel de rente, qui leur sera 
baillé et délivré par les dits Abbé et Religieux du Treport, 
par chacun an, pour estre portez etemploiez aux salaisons 
et provisions de leur maison, comme plus au long les d. 
lettres le contiennent. Requeste présentée par lesd. Reli- 
gieuses aux fins de la vérification d'icelles lettres, laquelle 
requeste notre d. cour auroit ordonné estre communiquée 
a notre procureur gênerai et a partie. Expédient d'acquit- 
tement présenté par le d. de Moissel le septième de ce 
mois, veu aussi un vidimus de contract et transaction 
faite entre les s. Religieux du Treport, et les s. Religieuses 
du Clairruissel, le dixième jour de janvier 1349 pai* lequel 



Digitized by VjOOQIC 



-â09- 

les dits Reli^eaz sestans saisis de la d. saline faute 
d^homme et d^adveu non baillé, s'obligent de fournir au d. 
Religieuses led. nombre deneuf muidsde sel blanc chacun 
an pour la fourniture de leur maison de pareil nombre 
quils avoient accoutumé de prendre sur les d. salines. 
Un cahier de copie coUationné par Jean de la Guerrière, 
huissier, en nostre d. cour le 9 May 1601, contenant pro- 
Yision aus d. Religieuses de prendre le nombre de neuf 
muids de sel blanc aux marais du d. Treport, et les livrai- 
sons à eux faites d'icelles aux années 1487, 89, 90, 91, 1508, 
510, 512, 524 et 528. Deux sentences des officiers du d. 
grenier des trois et quatrième Jour de May, 1564, la pre- 
mière portant mandement accordé aus d. Religieuses pour 
faire appeller les d. Religieux du Treport, afin d'eux veoir 
condamner au fournissement de 29 années de la d. rente 
de neuf muids de sel blanc, et la 2*, défaut donné allencontre 
des d. Religieux, autre contract passé entre les Religieux 
et Religieuses devant les tabellions du d. Eu, le 10 juillet 
1606, par lequel pour mettre fin au procès cy devant pen- 
dant en la d. cour pour la continuation demandée par les 
d. Religieuses de la d. rente de neuf muids de sel blanc, 
lesd. Religieux du Treport, en lieu du d. sel blanc s*estans 
soumis et obligés leur fournir par chacun an le d. nombre 
de treize minots de sel gris rendu au d. lieu du Treport, 
ou en la d. ville d'Eu, proces-verbal de M. Nicolas de 
Bethencourt lieutenant du bailli de Longueville au siège 
de Oaillefontaine du 9* Avril, 1508, par lequel appert y avoir 
au d. prieuré de Glairruissel, compris 36 Religieuses, 
jusqu'au nombre de soixante personnes a nourrir chacun 
jour, et attestation des d. ofiBciers du 7 May au d. an, que 
les d. Religieux du Treport ont de tous temps le droit de 
franc salé, sans estre siiyets a aucuns droits de gabelle et 
quils ont possédé certains marais proche du d. havre du 
d. lieu du Treport, qui souloient servir de salines pour 
faire sel blanc, aussi exempt de tout droit de gabelle. 

14 



Digitized by VjOOQIC 



— 210- 

Yidimus des d. lettres de conârmation concédées aux 
Abbesses et Religieuses de la d. Abbaie de Frontevaiilt, 
prieurez et membres en dependans du 19« jour de 10^ 
1591, etautres pièces jointes aus. d. dernières lettres sous 
le contresel, la conclusion de nostre procureur gênerai, 
et tout considéré : Sçavoir faisons que nostre d. cour par 
son arrest et jugement, du consentement de nostre d. pro- 
cureur gênerai, a mis et met la d. appellation au néant, et 
a ordonné et ordonne que la dite sentence du 26 d'octobre 
1607, sortira son plein et entier effet, ce faisant que les 
d. lettres et déclaration seront registrées es registres de 
nostre dite cour pour, par lesd. impétrantes, en jouir selon 
leur forme et teneur, a la charge que les d. treize minots 
de sel qui leur sera délivré, ne pourra estre emploie a 
autre usage que pour la provision et fourniture de leur 
maison et prieuré, les parties envolées sans dépens. En 
témoin de quoy nous avons fait mettre nostre seel a ces 
d. présentes, par lesquelles mandons au premier huissi^de 
nostre dite cour ou nostre sergent, sur cerequis, le contenu 
en ce présent arrest, a mettre a deue et entière exécution, 
de point en point, selon sa forme et teneur nonobstant 
opposition ou appellations quelconque, de ce faire, 
donnons pouvoir, puissance et authorité royale. Donné a 
Rouen, en nostre cour des Aides, le 14 jour de juillet 1611, 
et de nostre règne le 2«. Et audessous est écrit, parla cour 
des Aides, signé. 

La veriflcation du d. Arrest fut faite au grenier a sel 
d'Eu en 1611, et la signiâcation en fut faite aux Religieux 
du Treport, le 20 juillet 1611. 

LETTRES DE L'ERECTION EN PÂIRIB DU COMTÉ D'EU 
PAR CHARLES 7. 

Carolus Dei gratia Francorum rex, ad honorem cœli 
et gloriam regnantium et regnorum, si ad regiao potestatîs 



Digitized by VjOOQIC 



-311 - 

dingenda negotia insignibus viri conspicui praeflciantur 
oflBciis, etinclitis personœprseclarœ dignitatibusprsBferan- 
tur, ut et ips» sua gandeant nominahonoribus intitulata 
magniâcis, et cura regiminis talibus decorata lateribus, 
a solllcitudJnibus relevetuPi pacisque ac justitias robora, 
qu» regnorum omnium fandamenta constituunt, con- 
servari commodius valsant et efflcacius ministrari. Ex 
hoc etiam gratiam credimus extolli regnautium> et vigo- 
rem crescere fldei et devotionis in subditis, si viri prasclari 
virtutibus, et nitore conspicui meritorum, congruiis 
efferantur honoribus et fidelium obsequiosa devotio con- 
dignis prsemiorum retributionibus prosequatur, ut et ipsi 
pro saaa probitatis meritis sibi honoris titulos accrevisse 
congaudeanti et alii eorum exemple ad similia ferventius 
animentur. Notum igitur facimus tam prsesentibus quam 
futuris, quod nos, attendentes devotionis, fldei et fldeli- 
tatis probat» constantiam, necnon prudentiam et proinde 
circumspectionis industriam charissimi et dilecti con- 
sanguinei nostri Caroli de Atrebasio, comitis Augi, 
grataque et accepta servitia quse nobis in nostris et regni 
nostri negotiis probatis effectibus impendit diutius, et 
exbibet incessanter, ac labores etiam, et expensarum 
onera, quae ad nostrum et ipsius regni honorem subiisse 
disgnoscitur, sicque volontés eumdem comitem hujus- 
modi SU8B probitatis, et praecellentium meritorum 
obtentu honoribus promovere praecipuis, comitem 
ipsum de gratise nostrsB abundantia et plenitudine regiae 
potestatis praBfati regni nostri Franciae creamus et pro- 
movemus in parem, et paritatis hujusmodi dignitatem 
comitatui Augi annexentes, prœsentium tenorestatuimus, 
ut tam ipse quam hseredes ejusdem comités Augi qui pro 
tempore fuerint, pares ejusdem regni perpetuis tempori- 
bus habeantur, omnique prserogativa, libertate et honore 
lectentur pariter et utantur, quibu3 alii pares Francise uti 
soient. Pro qua si quidem paritate nobis homagium praes- 



Digitized by VjOOQIC 



-212- 

titit idem cornes, ac pariter haeredes sui, ÂQgi comités, 
nobis et successoribus nostris Franci» regibus prsestare 
perpétue tenebuntur. Quod ut ratum et stabile porpetao 
perseveret, presentibus litteris fecimus nostrum apponi 
sigillum. Datum apud Yindocinum, mensa Augusti aono 
Domini 1458, regni yero nostri trigesimo sexto. Ams 
signé: per Regem sedentem in sua curia commnnita 
paribus, RoUant. visa contentor, J. Dubray. Et au dos est 
escrit: Lecta, publicata, etregistrata Parisiis in parla- 
mento, die 18 Decembris anno Domini 1458. Cheneteau: 

En suite de ces lettres il y a eu une déclaration du Roy 
Louis Xl| portant que le d. Charles d'Arthois, comte d*Ea 
jouisse pour son comté des droits de pairie, nonobstant 
le traité fait avec M^* Charles de France, duc de Normandie, 
frère du Roy, le 15 janvier 1465. 

OBSERVATIONS SUR LA PAIRIB DU COMTÉ I)*BU. 



Il y a des Pairies créées à vie seulement et sont per- 
sonnelles, autres pour les seuls masles descendans, 
autres pour tous. Par la lecture des lettres de rerection 
de la d. pairie il est aisé à voir qu'elle est de la dernière 
espèce, quoy qu'ait écrit l'advocat gênerai du Parlement 
de Rouen. Cela se connoit parles termes de cette érection, 
qui est faite pour Charles et ses héritiers comtes d'Eu: 
ce mot d'héritier comprenant tant les masles que les 
femelles. C'est la resolution de Choppin sur cette question: 
si les femmes peuvent succéder aux pairies de France, où 
après avoir rapporté plusieurs exemples, même de celles 
qui ont assisté et opiné avec les autres pairs : Atque bine, 
dit-il, manifestum fit Patritialem Franciœ dignitatem, non 
minus fœmineam esse quam masculinam, si omnibus qui- 
dem haeredibus universim concessa sit, quorum haerednm 
appellatio ad mares hoc casu non restrîngitur. 



Digitized by VjOOQIC 



-318- 

De la qualité de cette pairie vint cette âifQcaHé qui 
8*offi:*it de la part de Madame la douairière de Guise, le 
2 octobre 1614, quand le Roy voulant tenir son lict de 
justice en son parlement de Paris pour sa majorité, elle 
demanda, avant la séance, démonter aux hauts sièges avec 
les ducs et pairs comme comtesse d'iîu. Cette difficulté 
dis-je se présenta, mais l'affaire bien entendue par la d. 
dame ne Ait disputée davantage sur cette raison, comme 
il est crolable qu'en cette action il ne s'agissoit point de 
juger des biens ou de la personne d*un pair: ce qui eust 
esté nécessaire pour la rendre capable de cette séance, 
comme ces autres dames, dont nous voions les exemples 
dans l'histoire. 

De la vient aussi que la d. Pairie estai^ourd'hui la plus 
ancienne, voire la plus considérable entre les laïcs, n*y 
en aiant pas une de toutes celles créées auparavant, qui 
ne soit éteinte ou reunie a la couronne, et quant aux 
autres depuis érigées, la plus ancienne que Ton croit estre 
Guise, créée pour les masles seulement, est postérieure 
de près de 70 ans. 

À ce titre, la plus part des d. comtes d*Eu, depuis cette 
érection, se sont trouvez aux actes les plus mémorables de 
la vie de nos Roys. Charles d*Arthois représenta le comte 
de Thoulouse au sacre de Louis XI ; Engilbert de Clèves, 
le d. comte de Thoulouse, ou celui de Flandre aux sacres 
des Roys Henri 2, François 3 et Charles 9 ; Henry de 
Lorraine, le duc d'Aquitaine au sacre de Henry 3. 

Quant à Jean de Bourgogne et Charles de Clèves, s'ils ne 
farent emploiez aux sacres des Roys Charles 8 et Fran- 
çois I«r, la vieillesse de Jean et la jeunesse de Charles en 
furent peut estre la cause. 

 ce même titre, le dit Charles de Clèves prétendit la 
séance au parlement contre le cardinal de Yendosme, et 
François de Clèves le bail des roses au d. parlement 
premier que le duc de Montpensier, le rang des princes du 



Digitized by VjOOQIC 



— 314- 

sang n'estant pas encore bien réglé, comme il a esté depuis 
par la déclaration de Henry 3, de Tan 1576. 

Mais ce qui ne fait pas peu pour la dignité de cette 
pairie, est que ce comté, bien que situé dans randea 
ressort de la province de Normandie, ressortit neantmoios 
au Parlement de Paiîs comme à la cour natureUe des 
Pairs do France, et ce, non seulement pour les causes 
concernans les droits de pairie, mais aussi pour celles de 
ses sujets, privilège qu'on peut dire luy estre particulier, 
d'autant qu'il ny a point de pairie en France dont les 
sujets ne subissent juridiction au parlement dans retendue 
desquels ils sont demeurans. 

Les seules causes de pairie, de quelque part qu'elles 
viennent, se traitent régulièrement au parlement de Paris, 
mais non point des sujets. 

Ce Alt pourquoy, pour bien établir ce ressort du d. 
Comté, le Roy Henry 2 feit exprès la déclaration de Tan 
1552, depuis laquelle le parlement de Rouen n'y a pins 
rien prétendu. Car quant à l'edict du mois de janvier 1641, 
qui porte création d'un semestre au d. parlement de 
Rouen, et que le comté d'Eu y ressortiroit, il neftit vérifié 
à regard du d. Comté, et depuis aesté entièrement révoqué. 

Resteroit finalement le siège des grands jours, que Ton 
tient pour un privilège de pairie ancienne et de grande 
étendue : mais comme ce privilège en multipliant les degrés 
de justice, est un sujet de vexation aux justiciables, il 
se: oit expédient qu'il n'en fut point. 

Du Moulin, le plus sçavant de nos jurisconsultes flran- 
çois, après avoir remarqué qu'on y plaidoit anciennement 
seulement inter volantes, n'a pas feint de dire qu'il les 
falloit ester de tous les lieux où ils estoient établis, ainsi 
que de son temps, auroient esté abolis ceux d'Anjou. Et 
c'est ce qui meu Jacques de Clèves, joint l'edict de 
Roussillon, de supprimer ceux du Nivemois l'an 1563, et 
en suite ceux même du comté d'Eu, dont a présent la 



Digitized by VjOOQIC 



-315 - 

mémoire seroit esteinte, si Monseigneur Henry de Lor- 
raine ne les east rétabli Tan 1580, plus par raison d*estat, 
que pour le bien de ses sujets, estans neantmoins vray- 
semblable, que si ce prince eust vécu davantage il les 
eust enfin abolis : la pluspart des anciens pairs les ont 
quitté, les nouveaux n*en ont pas voulu, et luy même 
peu auparavant cet établissement, avoit retranché l'un 
des degrés de sa justice ordinaire unissant le siège du 
vicomte à celuy du Bailly, pourquoy donc eust-il continué 
cet autre qui est extraordinaire, et autant ou plus impor- 
tun ; sa mort sans doute a réservé ce bon œuvre à faire à 
ses successeurs. 



EPITAPHES DE CHARLES 3, DUC DE OUISE 

nXTJSTRISSIMO PRINCIPI CAROLO A 

L0THAR1N6IA. DUCI QUISIO, 

COMITI AUOENSI BTC. 

NOBILITATE MAXIMO 

CUIU3 AV03 

LOTHARmOIA HABUIT PARENTES. 



sicnjA, 


REGES. 


BAVARIA, 


PRINCIPES. 


ARRA60NIA, 


DTNASTAS. 


PORTUGALLIA, 


REGNI FUNDATORES. 


HIEROSOLIBIA, . 


VINDICE8. 


PALESTINA, 


LIBERATORES. 


6ALUA, 


REGES REGNUM. 


GERBfANIA, 


IMPERATORES. 


ROMA, 


PONTIPICES. 


CŒLUM, 


INDIGESTES. 


ORBIS, 


MIRACULA. 


LTIS INSIGNIA EREXIT COLLEGIUM AUGE 



Digitized by VjOOQIC 



-216- 

nxusTaïaaDfo pbinoipi oarolo a 

LOTHARINGU 

DUCI GUISIO, COMITI AUOXMSI, ETC. 

VIRTUTB OPTDCO. 

IMTBR PRINCIPKS JBQUI88IMO. 

INTBR DUCB8 , FORTISaiMO. 

INTBR PRORBGBS FIDBUSSIMO. 

INTER OMNES FER MAXIMO. 

GERMANIOO, HENRICO, BRITANNICO 

BEBfPBR INVICTO 

AQUITAMIOO, PROVINCIARO» MASSILUOO 

SBMPXR FIDBLI, 

QUI ANIMO VERS MAXIMO, ET OPTIMO 

SPREVIT QUOD PAUCI 

ELEGIT QUOD NEMO ; 

FECIT QUOD OMNES ; 

KISI QUOD IMMATURE 8UI8 ERBPTU8 

OŒLO MATURUIT ANTB OMNES. 

VIRTUTUM TROPHŒA EREXIT. 

COLLEGIUM AUGENSE. 

TRANSACTION POUR LA CURE DE HELLEVILLfi DU 8 MAY 1607. 

Par devant les Notaires gardenotes du Roy nostreSire 
en son cbastelet de Paris soussignez, furent présents en 
leurs personnes, illustres et Religieux Seigneur Messire 
Jacques de Souveray, Chevalier de Tordre de S^ Jean de 
Hierusalem, grand prieur de France, Âbbé commendataire 
de TAbbaie de S^ Michel du Treport , decimateur en la 
paroisse de Melle ville, patron et présentateur à la cure de 
la d. paroisse de Melleville, audit nom d^Abbé du Treport 
tant pour luy que pour M' Nicolas Haguet, presbtre, son 
nommé et présenté à lad. cure de Melleville d*une part, 
et M. Richartde Boissel, escuier Seigneur du d. Melleville 
patron et présentateur alternatif a la d. cure de Melleville, 
tant pour luy que pour M' Charles Durand presbtre sous 
nommé a la d. cure dautre part. Disent les parties estre 
en procès au Parlement de Paris sur l'appel de deux sen* 



Digitized by VjOOQIC 



-317- 

tenoes, Tone rendue aax Requestes du palais du d. Parl^ 
ment le 5 aoust 1659, entre le d. seigneur de Souveray au 
d. nom d'Âbbé du Treport d'une part, et Charles Tardieu, 
cy-deyant seigneur du d. Melleville d'autre part : par 
laquelle entr'autre chose le d. seigneur de Souveray 
comme Abbé du Treport a esté maintenu et gardé en la 
possession et jouissance du droit de présenter à lad. cure 
de l'Eglise et paroisse de Melleville de luy troublée. 
L'autre des dites sentences rendues aux requestes de 
l'hostel le 22 janvier 1667, sur congé pris aux présenta* 
tiens par le d. S' de Boissel contre le d. seigneur de Sou- 
veray au d. nom d'Abbé du Treport demandeur aux fins de 
l'exploit de 26 octobre 1666, à ce que sans avoir égard à 
l'opposition formée par le d. S^ de Boissel à la prise de 
possession de M^ Nicolas Haguet, le d. Haguet seroit 
maintenu en la d. cure de Melleville, par laquelle le dit 
congé auroit esté déclaré bien obtenu, et le d. S' de Boissel 
défendeur renvoie de la d. assignation. Auquel procès 
estoit maintenu par les d. parties, sçavoir par le dit 
seigneur do Souveray les dixmes de la d. parroisse de 
Melleville luy appartenir, et encore le patronage entier 
delà d. cure de Melleville, et en avoir titre, possession et 
saisine de temps immémorial, et des derniers temps, ainsi 
quil est justifié parle pouUier de l'Archevêché de Rouen 
et les présentations faites par les prédécesseurs Abbez de 
la dite cure, et les provisions données par Messieurs les 
Archevêques de Rouen extraites de leur secrétariat : les 
d. dixmes afTermées par chacun an, à la somme de cinq 
cens vingt livres suivant les baux du dernier May 1661, et 
défense au d. S^ Tardieu de Melleville, et le d. S^ de Melle- 
ville n'avoir aucim droit du d. patronage ny aucune 
possession légitime. En conséquence desquelles possessions 
la cure estant venue a vaquer par le deces du dernier 
titulaire, le d. seigneur de Souveray a présenté la personne 
de M. Nicolas Haguet, qui y doit estre maintenu. Et de la 



Digitized by VjOOQIC 



-218- 

part du d. S' dô Boissel au contraire» qne les dixmes delà 
d. cure de Malleyille n'appartiennent a l'Abbaie du Treport 
qa*en conséquence de Taumone, qui luy a esté faite par 
^gidius et Rodolphus de Melleville, anciens seigneurs da 
d. Melleyille, suivant l'extrait du Gartulaire produit aa 
procès qui les tenoit a titre d'infeodation» laquelle qualité 
de dixmes inféodées appartenir es présence des d. Abbez 
du Treport, et led. S' de Melleville encore avoir droit, et 
estre en possession de présenter alternativement A la d. 
cure de MelievillCi ainsi quil est justifié par nombre d'ad- 
veux et dénombrement, et estre en possession et saisine 
par nombre de présentations, sur lesquelles les nonunes 
par ses prédécesseurs auroient esté pourvus et joui du 
bénéfice. Et la d. cure aiant vaqué parle deces du dernier 
titulaire arrivé le jour de 1666, le dit S' 

de Bolssel seigneur de Melleville, estant en cour, auroit 
nommé la personne de M. Charles Durand presbtre, lequel 
soutenoit devoit estre maintenu, sans avoir égard a la 
nomination faite par le d. seigneur de Souveray de la 
personne de M. Nicolas Haguet, laquelle doit estre annul- 
lée, et la sentence desRequestes du palais du Saoust 1099 
infirmée , et pretendoient les parties respectivement tous 
dépens dommages et intérêts : pour lequel procès terminer 
au profit et utilité de l'église, ont les parties fait les tran- 
sactions, cessions, permutations qui ensuivent. Sçavoir 
que le dit seigneur de Souveray a accordé au d. sieur de 
Boissel au d. nom du seigneur de Melleville pour luy, 
ses hoirs et aiant cause seigneiu*s du d. Melleville ce 
acceptant, le droit et université des dixmes inféodées 
appartenant a la d. Abbaie en la d. parroisse de Melleville 
avec tout et tel droit quil a et peut avoir et prétendre, de 
nommer et présenter a la d. cure de Melleville. Et pour 
recompense et contr'echange, a le dit S' de Melleville pro- 
mis, et s'est obligé de fournir des héritages a la commodité 
du d. seigneur de Souveray, et ses successeurs Abbez 



Digitized by VjOOQIC 



- 219 - 

deuement amortis et indemnisez de la valleor de hnlct 
cens livres tournois de rente par chacun an. Sinon paier 
au dit seigneur de Soureray et ses successeurs lad. rente 
de huict cens livres par an, jusqu'au rachapt que le 
d. & de Melleyille sera tenu faire au denier vingt cinq, 
au d. S' Abbé, lorsque le dit seigneur de Souveray et 
ses successeurs auront trouvé fond pour faire employ 
et assiette du principal de la d. rente. Et sera tenu le d. 
seigneur de Souveray, et ses successeurs advertir le d. 
S' de Boissel un an auparavant, et jusqu'à ce que le dit 
S' de Boissel ait fourni les d. héritages, ou le principal de 
la d. rente de huict cens livres, sera tenu le d. sieur de 
Boissel, de payer et continuer la dite rente de huit cens 
livres par chacun an, paiable en deux termes égaux de 
chacune année, au lieu abbatial de la d. Abbaie du Treport, 
ou au receveur du d. seigneur Abbé; le premier terme de 
paiement écherra au terme de Noël prochain, et le second 
à la S^ Jean ensuivant que l'on comptera 1668, et de la 
continuant jusqu'au d. rachat, jusqu'auquel demeureront 
les dixmes cédées spécialement affectées et hypothéquées 
et par privilège, et la terre et seigneurie de Melleville, et 
autres biens du d. S^ de Boissel, presens et advenir 
généralement affectez et hypothéquez, sans que la générale 
hypothèque déroge à la présente, ni la spéciale à la 
générale. Et en conséquence des présentes, la présentation 
du d. seigneur de Souveray de la personne de M' Nicolas 
Haguet demeurera nulle, et de nul effet : et celle du d. 
S' de Boissel sera exécutée selon sa forme et teneur et 
son nommé maintenu à garde en la possession de la d; 
cure en vertu de la dite nomination et des présentes , le 
tout sous le bon plaisir de N. S. P. le Pape, et du Roy, 
notre souverain seigneur, par lesquelles le d. du Boissel 
sera tenu faire homologuer les présentes, et a cet effet, 
obtenir tous les rescrîpts, lettres, patentes et arrests de 
vérification que besoin sera, a ses propres cousts, frais et 



Digitized by VjOOQIC 



-280- 

depens. Et molennant ces présentes demeureront tous 
procès, pour raison du patronage de la d. cure de Melleville, 
terminez etassouspis sans dépens, dommages et interests : 
et fournira le dit S' de Boissel autant des présentes en 
toute forme au d. seigneur de Souveray, car ainsi le tout 
a esté convenu et accordé entre les parties, lesquelles pour 
Texecution des présentes et dépendances, ont esleu, et 
eslisent leurs domiciles irrévocables, sçavoir le d. seigneur 
de Souveray grand prieur de France, en la maison de 
M' Emmanuel Regnault, procureur au Ghastelet de Paris, 
sise rue des Prunelles, paroisse de S^ Eustache, et le d. S^ 
de Boissel en la maison de , le Pautre procureur 

au parlement, sise rue S^ Jean de Beauvais parroisse de 
S^ Hilaire, ausquels lieux etc., nonobstant et promettant 
etc, obligeant chacun endroit, soy, et es dits noms, et 
qualitez etc., renonçant etc. Fait et passéà Paris enrhostel 
du dit seigneur, grand prieur, le 8 May avant midy Tan 
1667, et ont signé la minute des présentes dressées par 
devant et en la personne de Plastrier, Tun des d. Notaires 
soussignez, signé Lora et Plastrier, chacun un paraphe. 



FAGTUM POUR LA CURE DE MBLLEVILLE. 

L'Abbaie du Treport a eu la nomination de la cure de 
Melleville paisiblement jusqu'environ Tan 1400, qu'une 
héritière des seigneurs de Melleville prétendit la nomina- 
tion a l'alternative avec l'Abbé et couvent du Treport, sur 
quoy il y eut sentence et accord avec la d. demoiselle par 
lequel l'alternative luy estoit concédée. 

Depuis lequel temps neantmoms, soit par cession de son 
droit ou autrement, les Abbez, et couvent du Treport ont 
esté en possession de nommer a la d. cure et par treiie 
nominations subsecutives, sans qu'aucun des seigneurs de 
Melleville ait prétendu a cette alternative ; et a leur veu, 



Digitized by VjOOQIC 



a leur sceu, et a leur porte, TAbbale du Treport y a tou- 
jours pourvueu sans discontinuer, comme il se void par 
les extraits du secrétariat de rArchevôché de Rouen. 

Tardieu S' de la Poterie, et seigneur de Melleville 
s'advisa en 1650 de remuer ce droit à la mort du curé qui 
pour lors estoit, dont il fat débouté par sentence donnée 
au presidial d'Abbeville contre luy. Neantmoins comme il 
estoit plaideur, il brouilla toujours jusque là que le S' du 
Boissel, conseiller en la cour des Aides a Rouen, aiant des 
terres aMeUeyille entreprit contre le dit sieur de la Poterie 
pour droits honorifiques, et le pressa tant sous le nom de 
M. TAbbé du Treport, quil obtint sentence aux Requestres 
du palais a Paris en 1659 , par laquelle le d . S' de la Poterie 
flit débouté de ses prétentions de présentateur a la d. cure 
de Melleville, et TAbbé fut maintenu. 

La mort est arrivée du d. S' de la Poterie, et le d. S' 
du Boissel a acquis la d. seigneurie de Melleville des 
héritiers du d. de la Poterie, et substitué en tous leurs 
droits, prend leur usage, et prétend contre ce quil a fait 
juger, que l'alternative luy appartient pour avoir esté 
pourvueu comme il feint par ses prédécesseurs, dont il ne 
scauroit en faire voir aucune provision légitime receue 
dans rArchevôché ny autrement ce qui a esté cause quil 
aesté débouté de ses demandes par sentence des Requestes 
de l'hostel en 1666 et M. Nicolas Haguet nommé a la d. 
cure par M' l'Abbé du Treport après la mort du précèdent 
titulaire, a esté maintenu dans la dite cure. 

Le d. S' du Boissel se voiant battu et abbatu par ses 
armes s'est tourné d'un autre costé, a force d'amis, a 
gaigné le S' Renard, agent deM. l'abbé du Treport, lequel 
a fait consentir le d. S' Abbé de quitter au d. & du Boissel 
le droit de patronage de la d. cure de Melleville, qui vaut 
bien douze cens livres de rente, et les dixmes de la d. 
paroisse affermées à 520 1. de rente moiennant 800 1. de 
rente, ce qui s'est fait sans aucun consentement des reli- 



Digitized by VjOOQIC 



gieux, sans informations de commodo vél incommodo, sans 
aucune publication, sans aucune formalité de Justice. 

Les religieux de la d. Abbaie, qui voient démembrer 
une pièce considérable et pour l'honneur et pour le bien^ 
et la tirer hors de l'Abbaie, demandent sils peuvent souf- 
frir en conscience la d. aliénation de dixmes et du droit 
de patronage ; et sils ne sont pas obligez pour leur décharge 
d*y former leur opposition, puisqu'il n'y a aucune nécessité 
de faire cette aliénation, qu'il n'y a aucune permission du 
Roy, quil y a bien peu de profit et d'advantage pour 
TAbbaie, les choses considérées ce qu'elles sont, et veu 
aussi que tout y est spirituel, et patronage et dixmes. De 
plus aussi pour la conséquence qui est laisser une porte 
ouverte pour dépouiller l'abbaie de ce qu'elle a de plus 
beau et de meilleur (1). 

CONTRAT DB L'BRBCTION, HOSTAOB ET CONFIRUATIOIT DBS 
DROITS DE PESCHE DU TREPORT, LE l**" DU 4 OCTOBRE 1546, 
ET LA 2«, DU 23 AOUST 1579. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Roch le 
Duc licentié es loix, S>^ de S^ Remy advocat fiscal, et 
procureur gênerai du comté d'Eu, Garde du seel des 
obligations du d. comté salut. Sçavoir faisons que par 
devant Laurent le Griel, et Charles du Pour, TabeUions 
jurez du d. comté furent présents en leur personnes très 
haut et très puissant prince et princesse Monseigneur 
Henri de Lorraine duc de Guise et de Chevreuse, prince 
de Joinville, souverain du château Renault, et des terres 
d'outre Meuze, comte d'Eu, pair et Grand Maître de 

(1) On lit ici, d^one ancienne écriture, ajouté au manuscrit de 
Dom Coqnelin: L^abbé Jouit des dixmes de MelleviUe. Arrêt de la 
cour souveraine de Rouen en 1773, par lequel Tabbaye et le seigneor 
de HelleviUe nomment a Talternative a la ditte cure. 



Digitized by VjOOQIC 



— 223 — 

France, Gonvemeur et Lieutenant geaeral pour le Roy en 
ses pais de Champagne, et de Brie, et Madame Catherine 
de Cleves son épouse duchesse et princesse souveraine et 
Comtesse des d. lieux, suffisamment authorisée de Mond. 
seigneur pour faire passer ce qui ensuit d'une part. Bt 
Nicolas Giboult, Maire de ce lieu et bourg du Treport, 
Richard Giboult, Michel Mesnard et Mathieu Flahault 
Eschevins, Nicolas Godard praticien en Cour laye syndic 
du d. lieu du Treport, Nicolas Carmin, Jean le Clerc 
Taisné, Jean Lavandier, Jean du Hamel dit Roquet, 
Antoine Lavandier, Richard Carbonnel, Jean du Pré dit 
Barbe, Jean Freschon, Jean de Poilly, Nicolas Mustel dit 
Hermeux, Charles Yidor, Josse Freschon, Michel Bonnet, 
fermier de la d. vicomte vendage, et hostage du Treport, 
Michel du Hamel clerc juré d*icelle vicomte. Honoré le 
Josle, Nicolas Banneville, Olivier Godard, Nicolas Buloche, 
Jean Barberin dit Lambard, Jeannot Valéry, Jacques 
Bacques, Jean Griel, Pierre Bazile, Jean de Bure dit 
Boulanger et Jean Mustel dit Hermeux, tous mariniers et 
maistres de navires demeurans au d. lieu du Treport, à 
cette fin tous assemblez et congregez a son de cloche, en 
forme et corps de communauté, enlamaniereaccoutumée, 
faisans et representans la d. communauté pour la plus 
grande et saine partie d'aucune part. Lesquels ont dit que 
pour raison des droits prétendus, et demandés par nos d. 
seigneurs et dame, ou leur fermier du hostage et vendage 
du Treport sur les pesches tant des harans, maqueraux, 
le poisson deleppes, drages, cordes, qu'autres pescailles, 
que les dits mariniers sont et estoient tenus apporter, 
vendre au dit Treport, en tout temps, a peine de confisca- 
tion, sinon en cas de fort vent, tourmente, auquel cas mond. 
Seigneur et Dame, ou leurs fermiers pretendoient devoir 
estre paiez des droits de la vendue des d. pescailles, 
poissons, suivant quil est contenu par le contract de 
Tereotion de Fhostage fait et accordé par devant le Bailly 



Digitized by VjOOQIC 



-224- 

du comté d'Eu, reconneu et passé par devant Jean de 
Rambnre, et Nicolas Bazille, Tabellions du d. Comté le 
quatriesme jour d'octobre, mil cinq cens quarante-six 
entre les d. parties et leurs prédécesseurs dont la copie 
est insérée a la an de ces présentes, surquoy seroient 
intervenu plusieurs procès et différens pendans et indécis 
en la cour du Parlement de Paris, par le molen de plusieurs 
appellations interjettées par les d. mariniers des sentences 
sur ce donnés par le d. bailly d'Eu ou son lieutenant, au 
profit de mes d. Seigneur et Dame ou leurs fermiers. 
Mesme par raison de ce que les d. mariniers pretendoient 
estre relevez d'une requeste par eux présentée le 24 jour 
de juillet 1575, explicative des d. droits, pour mettre fin 
a tous lesquels procès et diffbrens et a tout ce qui en 
peut dépendre et s'en seroit ensuivi, mes d. Seigneur et 
Dame desirans favorablement traiter leurs 8i;g*ets en 
contemplation de leur bien venue au d. Comté, inclinant 
aux prières et supplications que les d. habitants et mari- 
niers du d. Treport leur ont fait, ont volontairement 
transigé et appointé avec les d. mariniers en la manière 
qui ensuit. A sçavoir que les d. habitans, et mariniers de 
la d. communauté et paroisse du Treport, a cette fin 
comme dit est, assemblez à son de cloche au devant de 
l'Eschevinagedu d. lieu, enferme et corps de communauté, 
en la manière accoutumée, ont de franche volonté et sans 
contrainte et induction, disant sestre bien conseillez et 
advisez et en avoir communiqué ensemble au d. conseil, 
et plusieurs notables bourgeois, tant de la ville d'Eu que 
du Treport, ont promis et se sont obligez pour eux et 
leurs successeurs à l'advenir fournir et entretenir de 
point en point tout le contenu au d. contract de l'érection 
du d. hostage cy devant datte, dont ils ont dit estre 
deuement acertiorez pour l'avoir veu et leu, entendu et 
communiqué par plusieurs fois à leur conseil sans aucune* 
ment y contrevenir à iceluy, en quelque sorte et manière 



Digitized by VjOOQIC 



-235 ' 

que ce soit, aaxmoâiâcations toutefois cy après mention- 
nées, quil a pieu a mesdits Seigneur et Dame en faveur et 
contemplation que dessus, leur accorder et concéder: a 
sçavoir que les d. mariniers elleppieux, drageurs et 
cordiers, et leurs successeurs aus dits mestiers demeurans 
au d. lieu du Treport seront tenus, et ont promis et pro- 
mettent par ces présentes, desmarer dorénavant et 
apporter vendre au d. Treport tous leurs poissons et 
pescailles pour y prendre par mes dits Seigneur et 
Dame et leurs fermiers, sçavoir, seize deniers pour chacune 
livre du prix a quoy se montera la vente des poissons de 
drage et corde, et douze deniers par chacune livre de la 
Tente du poisson des leppes, ainsi quil est convenu par le 
d. contract cy-devant datte, a peine de confiscation de 
toute la dite pescaille. 

Au casquils aillent demarer ailleurs qu'au d. Treport, si 
ce n'est de fort vent, chasse de pilleurs, mauvais navire, ou 
autrelegitime empêchement, esquels cas ils seront déchar- 
gez de la d. confiscation : paieront neantmoins à mes 
d . Seigneur et Dame, leurs hoirs et successeurs ou leurs fer- 
miers, les droits susdits en quelque lieu quils demarent et 
vendent les d. pescailles, et ce a raison du prix de la vente 
quils en feront, dont ils seront tenus en apporter certificat 
suffisant au d. Vicomte du d. lieu ou ils auront fait la d. 
vente, ou de leurs hostes et dont ils se purgeront par 
serment si besoin est, et en cas de contradiction du d. 
certificat, et aux dépens du tort. 

Et en tant que touche le fait de la harenguaison pour le 
barang firais, mes d. Seigneur et Dame leur ont permis 
pouvoir aller pescher les d. harans jusqu'au 23« jour 
d'Octobre inclus, le travers de Graveline, Calais, Boulongne, 
et autres lieux au dessus du Crottoy vers l'amont, et 
vendre si bon leur semble leurs d. harans esd. ports, sans 
pour ce leur païer aucun droit, durant lequel temps, sauf 
toutefois qu'apportant vendre leur d. harans au d. Treport, 

15 



Digitized by VjOOQIC 



-226 - 

quils seront tenus pa!er a mes d. Seigneur et Dame, on 
leurs fermiers, les d. droits accoutumez, portez par le d. 
contract cy dessus datte. Et si les d. mariniers peschant 
devant le Treport, au lieu d'y demarer, estoient contraints 
par tourmente durant les d. temps aller décharger a 
Dieppe ou ailleurs en aval vers la rivière de Seyne, ils 
seront tenus paier les d. droits a mes d. Seigneur et Dame, 
comme dit est, et apporter certificat, et se purgeront 
comme dit est, et sans quUs puissent estre poursuivis de 
confiscation de leurs pescailles. Et le dit 23 d'Octobre passé 
les d. mariniers, ou leurs successeurs des d. mestiers, 
seront tenus des lors de retourner, et venir demarer au 
d. lieu du Treport, et apporter vendre leurs d. harans 
frais, pour y prendre par mes d. Seigneur et Dame, les 
dits droits accoutumez, sans pouvoir demarer ailleurs a 
peine de confiscation, a condition toutefois, que si par 
tourmente, mauvais navire, ou autres empeschemens 
légitimes, ils estoient contrains de demarer a Calais, 
Boulongne, ou sans pouvoir retourner au d. Treport après 
le 23 d'Octobre, en ce cas seront tenus les dits mariniers 
paier âmes d. Seigneur et Dame les droits tels et sembla- 
bles quils sont tenus paier par le d. contrat dessus datte, 
pour le haran quils vendront au d. lieu de Calais, et es 
environs du costé de Tamont au dessus du d. Crottoy. Et 
pour le surplus le dit contrat d'hostage demeure en son 
eflfet, force et vertu, sans aucune restriction, réservation, 
ou novation de contract, et sans y déroger aucunement, 
autrement quil est cy devant contenu, sauf qu'en cas quils 
demarent a Dieppe^ a la suite du haran, après la pesche 
du Treport et de Somme et quils fussent contrains d'y 
demarer et vendre leurs harans par tourmente, ils seront 
exempts de paier a mes d. Seigneur et Dame, ou leurs 
fermiers, le demi millier mentionné au d. contract en 
considération quils paieront au d. lieu de Dieppe le millier. 
Et seront néanmoins tenus paîer a mes d. Seigneur et 



Digitized by VjOOQIC 



Dame ou leurs fermiers, a raison de douze deniers pour 
chacune livre d'autant quils en vendront au d. lieu de 
Dieppe, et demarans ailleurs en aval ou il ne paieront 
millier, ny demi millier. Us paieront a mes d. Seigneur et 
Dame ou leurs fermiers, les droits suivants le d. contract 
sus datte dont de tout ils seront tenus apporter certificat 
comme dit est, et se purger par serment comme dessus , 
desquelles tourmentes, chasse de mauvais navire, et 
légitimes empeschemens, les d. mariniers feront serment, 
sans estre astreints a autre preuve faire, sauf les preuves 
contraires que pourront faire mes d. Seigneur et Dame, ou 
leurs fermiers, a la punition et dépens du tort* Aussi a 
esté convenu et accordé, entre les dites parties contrac- 
tantes, que les d. mariniers seront paîez en ce lieu du 
Treport le jour de samedy, ou dimanche matin, pour 
chacune semaine de la pescaille et poisson de drages et 
cordes quils apporteront la même semaine sans avoir 
égard, que les d. fermiers n'auront esté paiez des chasse- 
marées : et autrement a faute d'estre paiez par le d. 
fermier ou son commis, le clerc juré sera tenu le jour de 
dimanche, bailler aus d. pescheurs ou mariniers, billet de 
la vente de leurs pescailles, en .vertu et suivant lequel les 
d. mariniers pourront faire contraindre le d. Vicomte a 
leur paler, par toutes voies deûes et raisonnables, même 
par emprisonnement de sa personne et sans figure de 
procès. Si sera tenu le d. Vicomte avoir clerc juré, qui 
sera sujet mettre en écrit, et enregistrer le jour, le nom 
du marchand, et le prix des marées des d. mariniers 
promptement et en la présence des d. mariniers, sans les 
renvoïer a une autre heure, pour éviter aToubliance et 
perte de leurs marées. 

Et seront permis les d. mariniers vendre leurs pescailles 
ainsi quils ont accoutumé, a tel chassemarée quil leur 
plaira, appelle le d. fermier, son commis, ou clerc juré, et 
outre les d. fermiers ne voudront prester a quelque 



Digitized by VjOOQIC 



-228- 

chassemarée, seront tenus de déclarer ans d. chassemarées 
et le faire publier par le clerc juré ou le sergent sur le 
perroir avant la vente du poisson, a ce quils ne s'ingei'ent 
d'acheter la d. marée. Sera tenu le d. Vicomte, comme il 
est dit, d'avoir clerc juré, ainsi quil est porté par le d. 
contract d'érection d'hostage inséré a la fin des présentes 
auquel Vicomte, son commis, ou clerc juré, au choix et 
option des s. mariniers, seront faits les rapports et 
demandés les congez, a la fin de quoy sera tenu de se 
trouver a la loge destinée pour le Vicomte, a l'heure de 
l'arrivée des batteaux, ou bien se trouver sur le perroir, 
et lieu ou se fait la vente du poisson, et a faute de quoi 
faire les s. mariniers seront permis vendre ou faire yendre 
leurs pescailles, en faisant rapport comme il est porté par 
le d. contract, et aux charges contenues, sauf et réservé 
la nuit durant laquelle les mariniers seront tenus deman- 
der congé au d. Vicomte, son commis ou clerc juré, an 
choix et option des d. mariniers et hostes, et moïennant 
ce que dessus, les d. parties se sont désistées et départies, 
désistent et départent de tout procès et différens, sans 
dommages et interests, d'une part et d'autre, sans que les 
d. mariniers puissent estre recerchez du passé pour les 
d. prétendus droits non paiez. Et partans du vouloir et 
consentement du d. Michel Bonnet, a présent fermier de la 
d. Vicomte, vendage et hostage du d. Treport, ace présent, 
lequel a déclaré en ce qui lui touche, il accorde que le 
présent contract sortisse son plein et entier effet, et si a 
quitté et quitte par ses présentes aus d. mariniers le droit 
quil leur pourroit demander et prétendre, et dont il avoit 
procès, d*autant et si avant quil luy en pourroit revenir 
a sa part durant le temps quil a esté associé pour un quart 
avec Héron et Martin Assegon, et Guillaume Gardon, 
ensemble pour le bail dont il jouit a présent pour le temps 
passé jusqu'à ce jour. Et pour plus grande seureté de la 
présente transaction les d. parties consentent et accordent. 



Digitized by VjOOQIC 



-229-^ 

d'une part et daatre, icelle estre homologuée en cour de 
parlement de Paris, pour requérir et consentir laquelle 
homologation, ils ont esleu et élisent leurs procureurs 
généraux et spéciaux, sçavoir est, mes dits Seigneur et 
Dame, le Duc et Duchesse, M' Gabriel de la Vergue, pro- 
cureur de la dite Cour, et les d. mariniers, M. Simon 
Yacerton, aussi procureur en la dite Cour aux domiciles 
desquelles les d. parties ont consenti et accordé, consen- 
tent et accordent, que tous exploits qui y seront faits pour 
raison du contenu en ces présentes, et de ce qui en dépend 
soient de telle force et yertu, comme s'ils estoient faits a 
leurs propres personnes, promettant les d. parties, tout 
le contenu cy-dessus tenir, et entretenir, fournir et 
deuement accomplir de point en point, de quoy faire, de 
rendre, et de paier tous frais et dépens, dommages et 
interests a faute de fournissement et accomplissement des 
choses dessus d. articles de chacune icelles, se pourroient 
ensuivir, icelles portées, et chacune d'icelle pour son fait 
et regard^ ont respectivement obligé, et obligent par ces 
présentes l'un vers l'autre, tous et chacun, leurs biens 
meubles et héritages, et ceux de leurs hoirs presens et 
advenir, et si jurèrent par la foy et sermens de leurs 
corps, et sur les saints évangiles de Dieu, a non jamais 
aller ou venir au contraire du contenu en ces présentes^ 
renonsans a toutes choses par quoy faire le pourroient. 
En témoin de ce nous, a la relation des d. Tabellions, 
avons mis a ces présentes et grossoiment pour servir, mis 
et apposé le scel des dites obligations. Fait et passé au 
Treport, le 23« jour d'Aoust Tan de grâce 1579. Présents 
Nicolas Corneille, sergent au Treport, Andrieu Blondin, 
serrurier, demeurans au d. lieu du Treport, lesquels ont 
signé la minute originale du présent contract avec les 
dites parties, et tabellions. 



Digitized by VjOOQIC 



-230- 



BNSUIT LA TENEUR DU CONTEACT D'BRECTION D'HOSTAGE. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront Charles 
Godard, licentié es loix, Bailly du Comté d'Eu pour très 
haut et très puissant prince Monseigneur François de 
Clèves, duc de Nevers, Comte d'Eu, pair de Franco, Salut, 
sçavoir faisons que cejourd'hui datte des présentes, est 
personnellement compareu mon d. Seigneur estant an 
chasteau d*Eu, lequel mon d. Seigneur assisté de noble 
homme Jacques Abraham, escuier s^ de MUlencaurt, 
Lieutenant gênerai du d. Comté d'Eu, noble homme 
M. Laurent De Pellevert, son procureur gênerai, M. Jean 
Bonnet, licentié es loix, son advocat fiscal en cettuy 
comté d'Eu, Guillaume Dufour, son receveur ordinaire, 
M" Antoine Breard, son secrétaire, et autres, a libéra- 
lement, pour luy et ses successeurs, confessé et confesse 
par ces présentes, que sur la remontrance a luy faite par 
Martin Sore et Richard Tardieu fermiers^ sous Vautho- 
rite et droit de mon d. Seigneur, de son clergé, hostage 
et vendage du Treport a luy appartenant a cause du vray 
corps de son d. comté, que depuis six semaines en ça les 
Anglais par acte de guerre comme nos ennemis auroient 
du tout brûlé, démoli et ruiné le bourg du Treport aussi 
appartenant a mon dit Seigneur pour raison de quoy la 
d. ferme est sur le point destre inutile et sans revenu et 
profit au d. Seigneur, suppliant mon dit Seigneur vouloir 
reprendre entre ses mains la d. ferme et les décharger 
pour le temps quils auroient encore a jouir, qui estoit 
pour quinze mois commençans le premier jour d'Octobre 
prochain du prix d'icelle, ofiQ:*ans neantmoins en ce faisant 
acquitter, paier le terme de S* Remy par chacun an, ou 
autrement que le bon plaisir de monseigneur fut de leur 
bailler de nouveau la d. ferme pour quelque long temps a 



Digitized by VjOOQIC 



— 281 - 

prix raisonnable, afin que le bourg puisse plus aisément 
en moindre temps estre reedifié, et fourni de batteaux et 
applois pour mettre hostage au dit lieu du Treport pour 
les parroissiens, manans et habitans de cette ville d'Eu , 
du d. lieu du Treport et faubourgs d'icelles seulement sur 
les mariniers et autres venans havrer au d. Treport, 
comme il y a aux YiUes, ports et havres de Dieppe, 
Boulongne, Fecamp, et autres, alaquelle an ils requeroient 
mon dit Seigneur vouloir ester et diminuer quatre deniers 
pour livre sur les droits quil a de coutume de prendre sur 
les harans frais, maquereaux et poissons des leppes 
seulement qui se vend au d. lieu et bourg du Treport, 
sans diminution des autres qui se prennent sur les d. 
harans et poissons qui encore se continueront au profit 
de mon dit Seigneur, et outre et au lieu des d. quatre 
deniers pour livre partie de seize deniers qu*a accoutumé 
de prendre mon d. Seigneur, et prendra mon d. Seigneur 
ou ses fermiers de chacun navire venant de draguerie, et 
pour chacun volage, deux barils de harans salez, declarans 
qu'en ce consistoit l'avantage, et singulier profit des d. 
habitans, plustost l'accroissement du revenu de la d. 
ferme que diminution pour l'advenir, mon dit Seigneur 
avoit retenu a en communiquer et conférer avec les 
officiers de ce d. Comté d'Eu, par l'advis desquels, et après 
quil a entendu de ce prendre, consister, et veu l'utilité et 
profit des d. habitans d'Eu et du Treport ses sujets pour 
leur support, bien, profit et avantage, a consenti et permis 
que les d. habitants des d. villes d'Eu et du Treport et 
fauxbourgs puissent, ores et pour l'advenir, avoir et tenir 
droit d'hostage sur les mariniers et autres qui havreront 
au d. lieu du Treport, comme fait a tel profit, charges, et 
moiens que contiennent les articles qui ensuivent* 

Mon d. Seigneur ou ses fermiers auront lieu au Treport, 
où les d. fermiers ou clerc résideront qui s'appellera le 
Vicomte du Treport. 



Digitized by VjOOQIC 



-232- 

Les bourgeois parroissiens, manans et habitans de k 
ville d'Eu, du Treport et fauxbourg d'iceux, pourront a 
Tadvenir faire hostes pescheurs et iceux obliger a leurs 
hostages sous la charge et conditions cy-apres déduites. 
Les marchans, bourgeois, parroissiens et habitans des 
d. lieux aiant hostes seront sujets venir en personne, s'ii 
n*y a excuse raisonnable chacun an, durant le mois de 
Septembre, faire presterle serment en la maison de la dite 
vicomte du Treport, par devant les fermiers ou leurs 
commis, que justement et loialement ils garderont et 
paieront les droits de Monseigneur, ainsi et aux peines 
contenues aux articles cy-apres escrits, qui leues aus d. 
hostes marchans, et leur est défendu leur entremettre au 
fait du d. hostage, sans premier avoir fait le d. serment a 
peine de dix livres tournois d'amende. 

Chacun marchand sera sujet au temps et saison des 
haranguaisons auquel il viendra, hostes pescheurs leur 
apporter harang ou pescaille venue chacun jour a la 
Vicomte demander congé de décharger et eslever les d. 
pescailles et harans, mesme nomeront les noms desd. 
hostes et ce qu'ils peuvent, a leur semblant, avoir de 
harans, leur bailler et livrer, les d, hostes, marchands 
seront sujets venir a la d. vicomte le jour mesme qui leur 
seront livrez, faire rapport au certain du prix de la d. 
vente, et du nombre des harans que chacun maistre 
pescheur luy aura livré, et sera venu en chacun batteau, 
sans que le pescheur puisse vendre, donner, ne retenir 
sans en faire rapport, pour en venir prendre par mon d. 
Seigneur ou ses fermiers les droits de ce deubs : et où les 
d. harans se livreront de nuit, les d. rapports se feront le 
lendemain douze heures du matin, le tout a peine de 
confiscation des d. harans. 

Chacun jour quil viendra des harans sera vendu par 
Thoste bourgeois et hoste pescheur appelle par eux le 
clerc de la Vicomte, s'il y veut estre présent sur le perroir, 



Digitized by VjOOQIC 



-333- 

ou du loQg dtt havre du Treport ou se trouveront les 
harans et batteaux, au plus offirant et dernier enchéris- 
seur a la d. vente, et prix fait, Thoste bourgeois pourra 
s'il lui plaist prendre et retenir par ses mains, au devant 
de tous autres marchans, la moitié des d. harans si bon lui 
semble, a laquelle moitié le d. hoste marchand prendra 
toutefois quil lui plaira. 

Mon d. Seigneur prendra sur tous les pescheurs ses 

sujets du Treport, Griel et demeurans aus d. lieux dedans 

et sur un chacun bateau, et a chacune fois quil apportera 

haran frais au d. Treport, cinq cens harans en nature, a 

telle heure quil plaira aus d. fermiers, on paiera les d. cinq 

cens de harans au plus haut prix quil aura esté vendu au 

choix de mon d. Seigneur ou de ses fermiers, douze deniers 

tournois pour chacune livre d'argent, vingt sols pour 

livre que seront vendus tous les d. harans et pescailles, 

pourveu quils aient quatre mil quatre cens cinquante 

harans. Et là ou il y en auroit moindre nombre, ils paieront 

pour tout, pour chacune livre que seront vendus les d. 

harans deux sols tournois pour chacune livre, a mon d. 

Seigneur ou ses fermiers, a peine de confiscation des d. 

harans. 

Item, les horzains estrangers pescheurs qui apporteront 
harans frais au d. Treport qui auront le d. nombre de 
4450 harans paieront a mon d. Seigneur ou ses fermiers, 
chacune fois un millier de harans en nature, a telle heure 
qml plaira aus d. fermiers que iceux pescheurs ou leurs 
hostes feront porter a la Vicomte ou autre maison des d. 
fermiers au d^ Treport, en païant comme dessus est escrit, 
quinze deniers tournois pour chacun millier, ou bien 
paier le d. millier de harans au plus haut prix quils 
auront esté vendus, au choix de mon d. Seigneur ou ses 
fermiers. Et si paieront pour chacune livre d'argent, vingt 
sols tournois pour livre, a quoy se montera la vente des 
d. harans douze deniers tournois a mon d. Seigneur, et où 



Digitized by 



Google 



-334- 

il y auroit moindre nombre, ils paieront poor chacnoe 
livre, trois sols tournois, a mon d. Seigneur, a peine de 
confiscation des d. harans. 

Chacun des pescheurs du Treportauxestrangers seront 
tenus faire hostes bourgeois et marchans des d. lieu d*£ii, 
ou Treport pour les harans et maquereaux ou poissons 
de leppes seulement quils apporteront, sans quils puissent 
vendre, sans appeler le clerc de la dite Vicomte, et les d. 
marchans a peine de dix livres tournois d'amende, et la 
d. vente quils auront, estre faite nulle s'il plaîst an 
fermier delà d. Vicomte, et antres peines cy devant 
contenues. 

Item, Il est défendu, a peine de dix livres tournois, de 
faire ny faire faire hoste a la radde, ny faire aucun acbapt 
de pescailles en la d. radde tant harans que macqueranx, 
ou autres poissons, et s*il s'en fait aucun, soit host^, soit 
achapt, il demeurera nul. 

Chacun hoste marchand sera obligé par corps et biens, 
nonobstant opposition ou appellation quelconque, a paier 
les deniers des droits, a mon d. Seigneur, devant écrits 
pour le fait des harans frais en dedans le 15 de Decenibre, 
et seront tenus les d. hostes marchands venir paier a lad. 
Vicomte en dedans le jour, a peine de dix livres tournois 
d'amende. Et ce quil viendra de harans après le dit jour, 
le droit de mon d. Seigneur sera paie content, lors que le 
rapport se fera pareillement seront obligez iceux hostes 
pescheurs qui leur auront apporté harans les deniers et 
sommes a quoy se monteront iceux harans en dedans, le 
dernier jour de Décembre. 

Chacun dragueur ou bateau aiant pesché harans, et 
iceux salez en la mer, paieront a mon d. Seigneur, par 
chacun volage quil viendra demarer, ou descharger au dit 
Treport, pour toutes choses, deux barils de harans, ainsi 
quils viennent du bord, du milieu du bateau, au choix de 
mon d. Seigneur ou ses fermiers, que le pescheur fera 



Digitized by VjOOQIC 



-235- 

porter a la Vicomte^ en palant hnict deniers tournois pour 
baril par les d. fermiers, pourvueu quil y ait jusqu'à 
Tingt barils de barans. Et ou il auroit moindre nombre, 
pour tout le dixième de leur pescaille a mon d. Seigneur. 
Mt si les d. dragueurs ou bateaux apportoient barans frais 
avec les d. barans salez, ils paieront pour les d. barans 
frais douze deniers pour livre comme il est convenu cy 
devant avec les d. deux barils de barans salez, parceque 
les d. pescbeurs, et marcbands ne paieront aucun acquit 
a mon d. Seigneur pour la première vente qui sera faite 
des d. barans salez. 

Cbacun dragueur ou bateau sera tenu demander congé 
de décharger a la Vicomte, a peine de confiscation des d. 
harans. 

Les bostes bourgeois et marcbands prendront leurs 
profits sur les bostes pescbeurs, tant de barans frais et 
tous poissons des leppes, que macquereaux douze deniers 
tournois pour cbacune livre, outre le droit de mon d. 
Seigneur. 

Item, le poisson des leppes qui se vendra au compte, sera 
vendu comme les macquereaux frais, leurs rapports se 
feront comme des d. macquereaux, et les paieront de 
droit de mon d. Seigneur, qui est de douze deniers pour 
livre, se feront en dedans le premier jour de may, et après 
les d. droits de mon dit Seigneur se paieront comptant 
lors des rapports a peine de confiscation des d. poissons 
des leppes. Si seront tenus les d. bostes marcbans paier 
les mariniers en dedansle quinzième jour du mois de May, 

Les d. bostes bourgeois seront sujets venir paier, 
a la Vicomte les droits des d. macquereaux deus a mon d. 
Seigneur qui est de douze deniers pour livre en dedans, 
le premier jour de juillet. Et si le d. boste bourgeois et 
marcband sera tenu paier a son boste pescbeur, les 
deniers quil aura baillé et livré en dedans, le 15 de Juillet, 
le tout a peine de dix livres d'amende, et s'il vient des 



Digitized by VjOOQIC 



-986- 

macquereanx âpres le d. premier jour, Thoste bourgetts 
paiera comptant, lorsquil fera son rapport, a peine de 
confiscation des d. macquereaux. Les hostes boorgew 
seront sujets ordinairement avoir un homme pour eux, 
s'ils n'y peuvent estre en personne au d. lieu du Treport, 
afin que les hostes pescheurs ne tardent a vendre , et 
livrer leurs harans et pescailles. 

Les macquereaux frais se vendront par les pescheors 
et leurs hostes sur le perroir ou du long du havre, où se 
trouveront les batteaux, au plus offrant et dernier enche- 
rissseur, dont toutes fois les hostes marchands pourroicnt 
avoir et prendre la moitié au devant de tous autres. La 
dite vente faite, sera tenu Thoste marchand et les hostes 
pescheurs demander congé de décharges, et après livrer, 
feront rapport a la Vicomte comme des harans frais, a 
peine de confiscation des d. macquereaux. 

Item, mon dit Seigneur ou ses fermiers prendront sur 
tous les bateaux pescheurs de poissons autres que les d. 
maquereaux harans ou poissons de leppes, chacune fois 
quils viendront au havre du Treport, seize deniers tour- 
nois par chacune livre d'argent, vingt sols tournois poor 
livre que sera vendu le d. poisson sans fraude, avec le 
poisson de coutume qu'a accoutumé de prendre mon d. 
Seigneur. 

Les d. poissons incontinans quils seront arrivez an 
Treport, seront vendus par les pescheurs mariniers sur 
le perroir du d. lieu du Treport au plus offirant et dernier 
enchérisseur, et la d. vente faite, feront écrire au papier 
de la Vicomte au clerc juré qui sera sur le perroir. Et ce 
fait, les d. fermiers de mon dit Seigneur prendront et 
recevront tous les deniers des ventes des poissons des 
marchands ausquels ils auront esté vendus et lesquels 
fermiers de mon d. Seigneur seront tenus, et siyets de 
paier les d. mariniers, chacune semaine au vendredy 
et samedy, de ce quils auront gaigné au long de la 



Digitized by VjOOQIC 



-287- 

semaine : et a ce faire seront obligez par corps et biens, 
n est défendu aux pescbeurs de porter leurs poissons 
en leurs maisons^ mesm3 de vendre de nuict, sans le 
vouloir des d. fermiers, pareillement il est défendu de 
receler le prix des ventes des d. poissons ny de recevoir 
aucune chose, si ce nest par les mains des d. fermiers afin 
que les droits de mon d. Seigneur y soient gardez. 

Si est défendu aux marchans qui achèteront les poissons 
de paier a autres que les fermiers, leur derc, ou conunisy 
le tout a peine de confiscation des poissons, harans, et 
chevaux qui en seront trouvés chargés. 

Item, nul ne pourra estre hoste marchand, s*il n'est 
riche en biens de la somme de 500 1. tournois pour une 
fois paie, et témoin suffisant de la d. somme par deux 
témoins suffisans gens de bien, afin que mon d. Seigneur 
puisse bien aisément estre paie de ses droits, et pareille- 
ment que les pescheurs soient asseurez de leurs deniers. 

Item, et ou les hostes bourgeois seroient refusans, ou 
delaiant venir a la Vicomte paier les droits de mon d. 
Seigneur, au jour et ainsi quil est convenu cy-devant, les 
fermiers de mon d. Seigneur pourront, le dit jour escheu 
passé, user d'exécution sur les corps et biens des d. hostes 
pour les sommes qui se trouveront estre deues par leurs 
papiers, suivant leur rapport qu*en auront les d. hostes 
marchans, sans autre solennité de justice. 

Item, toutes personnes qui achèteront et prendront des 
d. hostes marchans pescheurs, harans firais et macque- 
reaux, et poissons des leppes, et tous autres seront 
obligez par corps et biens, nonobstant opposition ou 
appellation. 

Les fermiers auront a leur profit la moitié des confisca- 
tions et amendes qui écherront, et feront requérir au 
profit de mon d. Seigneur, l'autre moitié. 

Item, ne pourront les mariniers aiant navires pescheurs 
au d. Treport desmarer ni descharger leurs navires 



Digitizedby VjOOQIC ^^ 



— S38 - 

ailleurs qu'au dit Treport, a peine de confiscation des d. 
pescailles et amende arbitraire, si ce n'est de tourmente, 
et qu'ils n'aient préalablement fait ses bordées accoutu- 
mées, le tout sans aucunement déroger ni diminuer les 
autres droits qu'a accoutumé prendre mon dit Seigneur au 
d. lieu du Treport, et a cette fin, a quitté et remis quatre 
deniers pour livre a lui deus, et qui ontaccoutumé se lever 
pour le droit de la d. ferme, parcequil aura, et luy seront, 
a lui ou a ses fermiers paies, tous les autres droits et 
profits accoutumez, estre pris, levez et receus au d. liea 
du Treport, tant a cause de la d. ferme qu'autrement ainsi 
quil a esté accoutumé, et oultre aura et luy sera paie ou 
a ses fermiers de chacun navire venans de draguerie, par 
chacun voîage, deux barils deharans, comme il est contenu 
en l'article faisans mentions des d. harans salez, pour 
tout droit d'entrée au dit havre, et acquis de la première 
vente, qui se fera des dits harans salez. Et ce fait, mon d. 
Seigneur a confessé avoir continué, et continue par ces 
présentes aus d. Sore et Tardieu, pour le temps de trois 
ans trois mois, commençans au premier jour de Ckrtobre 
prochain, et finissant les d. trois ans trois mois révolus 
et accomplis pour de la d. ferme jouir et posséder, et tous 
les droits et profits qui appartiennent a mon dit Seignenr, 
a la charge du d. droit d'hostage , qui commencera le 
premier d'Octobre, après que les d. mariniers auront 
consenti le d. hostage selon les articles cy-devant dedarez, 
a la charge d'en rendre et paier par les d. fermiers ce 
acceptans, alarecepte ordinaire de cette d. Comté d'Eu, la 
somme d'unze cens livre tournois franchement venans a 
mon d. Seigneur avec les gages du receveur et autres 
charges accoutumées, tant de dimes qu'autrement et paier 
les dites unze cents livres aux quatre termes de l'an 
accoutumées, également premier terme de paiement Noël 
prochain, et ainsi continuer de terme en terme jusqu'à la 
fin du temps. 



Digitized by VjOOQIC 



Du quatrième jour d'Octobre 1546, a Eu, deyant nous Ni- 
colas Basille, et Jean de Rambures, tabellions soussignez, 
furent presens noble homme Laurens de Pellevert; 
escuier s^ du d. lieu, procureur fiscal du d. Comté d'Eu, et 
M® Jean Bonnet, advocat fiscal du d. comté, Richard 
Tardieu, et Martin -Sore, fermiers pour Monseigneur le 
Duc Comte d'Eu, a cause de son d. Comté d'Eu, Vicomte 
cierge, vendage et hostage du d. Treport d'une part, et 
Richard Roussel, Guillaume Dufour, Jacques Radde, Jean 
Avril, Jean et Nicolas dit Lesperon frères, M' GeoflBpoy, 
Le Seigneur, Guillaume Gueroult, Michel du Hamel, Jean 
Tardieu et Olivier Sabot, Jean Vadel, Guillaume Tropnel, 
Jean le Couvreur, Jean Bonnet, Jean Turpin Drapier, 
Abraham Corneille, Nicolas Le Coc, Charles Nicole , Jean 
le Mercher, Hugues Carpentier, Nicolas Vidor, Nicolas 
Leroux, Pierre le Coup, Robert Soyer, M. Jacques Lanier, 
Jacques Parfait, boucher, M. Nicolas Malherbe, Jean le 
Varlet et Boniface le Varlet, bourgeois et habitans de 
de cette ville, Nicolas Giboult, Richard Mesnard, Mathieu 
du Monthuon, Laurent Tardieu, Guillaume Cardon, 
Nicolas Caron, Thomas du parc. Marin Dosnival, Jacques 
Lamidé, Olivier Lamy, Nicolas Carbonnet, Ferrand 
Osmont, Richard de la Salle, Richard Trohardy, Nicolas 
Pellevert, Mahiot Plahault, Honoré de Villers, Jacques 
Carpentier, Jean Mesnard , Matthieu du Monthuon, tous 
mariniers et habitans du Treport, lesquels après que la 
lecture leur a esté faite publiquement, et mot après mot, 
des articles cy-dessus écrits pour le fait du d. droit 
d' hostage cy de nouveau érigé institué et établi par mon 
dit Seigneur le Duc Comte d'Eu, au dit lieu et havre du 
Treport, ont chacun d'eux en leur regard tous ratifié, et 
eu pour aggreable le d. droit d'hostage, ainsi quil est 
contenu es d. articles et cahiers cy-devant écrits aux 
conditions charges et moiens y contenus, lesquels bour- 
geois manans et habitans de ce d. lieu du Treport, et 



Digitized by VjOOQIC 



-240- 

chacun d'eux ont esté receus par les d. fermiers cy-devant 
nommez comme hostes et personnes capables des droi- 
tures> profits et emolumens provenans du dit hostage, et 
fait serment d'eux gouyernerner justement au d. estât, 
et de garder le profit de mon d. Seigneur, promettant a 
non jamais contrevenir au contract es d. articles. Ce fait 
du consentement des d. gens d'office, des d. fermiers, et 
de tous les dessus d. bourgeois et habitans des d. lieux 
d'Eu et Treport cy-devant nommez, sire Richard Morel, 
prebstre, demeurant au d. lieu, présent par devant nous, 
a esté receu a la prestation des d. fermiers a l'office de 
derc sous les d. fermiers suivant quil est contenu es d. 
articles, lequel en la présence des dessus d., et de leur 
accord et consentement pour ceste fois seulement, et sans 
quil en puisse tourner a conséquence cy après, a fait 
serment en parole de presbtre, de bien et loialement 
exercer le dit estât et office, suivant quil est accoutumé 
user es lieux circonvoisins, comme Dieppe et autres ports 
de mer, ou il y a droit d'hostage, le tout suivant la teneur 
des d. articles. Et parceque les d. fermiers l'ont de ce fait 
plegé et cautionné, piègent et cautionnent par corps et 
biens ; et plus bas sur la fin sont écrits ces mots : Apprdbo^ 
ces mots en glose, Guillaume Treperel, le Coq, Jeaa 
Mesnard, Mathieu de Monthuon, Pierre Besnard, signé 
pour Monseigneur L. De Pellevert, Bonnet, Lesperon, 
Tardieii, Roussel, la Radde, J. Soyer, Turpin, Vincent le 
Couvreur, Avril, N. Lesperon, Charles Nicole, R. Mesnard, 
Lamy, le Yarlet, Marin du Hamel, Gueroult, Corneille, le 
Seigneur, Tardieu, N. Giboult, et Besnard avec un chacun 
une merc, et paraphe. Et retournant le feuillet et en la 
2« page sont plusieurs signes a sçavoir R. Tardieu, Olivier 
Sabot, N. Le Leroux, N. Flahault, N. Lesperron, Nicolas 
Carbonnel, et Cardon, Thomas duparc, Richard Trophardj, 
Jacques Lamidé, Nicolas Pellevert, François Osmont, R. 
Soyer, de Yillers, Mallerbe, Jacques Carpentier, Philippe 



Digitized by VjOOQIC 



-241 - 

le Berger, Ph. Ooze, Soyer, Jean Vadel, A. Vadel, Jacques 
Parfait, Boucher, Nicolas le Coc, 1. Varlet, Mesnard du 
Monthuon, Jacques le Garpentier, De Rambures et Bazile, 
chacun une autre merc et paraphe; signé le Griel et Du 
Four, chacun un paraphe. 

LISTB DES ABBEZ DB L*ABBAIB D*BU. 

En l'an 1119 Henry 1, Comte d'Eu, aiant consenti le 
changement de chanoines séculiers en réguliers de Tordre 
de S^ Augustin, le premier qui flit institué en la dignité 
d'Abbé, fut: 

Raoul, lequel, avec les autres chanoines réguliers qui 
peuplèrent ceste nouvelle Abbaie, furent tirez de TAbbaie 
de S* Victor lez Paris, et par ce moien fut faite membre de 
la Congrégation deS^ Victor, ou les chanoines réguliers 
n'avoient esté establis que six ans auparavant, sçavoir 
Fan 1113. Ce qui se justifie par la bulle d'Eugène 3, donnée 
en 1146, et par autres Chartres de la dite Abbaie. 

La bonne odeur de vie que donnèrent ces premiers 
chanoines porta Rabel, Chambellan du Roy d'Angleterre de 
les demander pour sa Collégiale de S^ Martin de Caieux 
qui est a présent S^ Barbe en Auge, où ils furent établis 
Fan 1128. De la furent appeliez pour le même si^et au 
Prieuré de S^ L6 de Coutance par Algarus Evoque du d. 
lieu, et a S^ Lo de Rouen en la présence de Hugues, 
Archevêque de Rouen, et du d. Algarus, pro eo guod 
uterque Ecclesiœ de Jure Constantiensis Ecolesiœ erat. 

GoscELiN, 2« Abbé en 1130 et en 1)39, obtient la confir- 
mation de tout le bien de la d. Abbaie, et de l'institut des 
chanoines réguliers. 

Nicolas, 3^ Abbé. 

Robert, 4« Abbé, en l'an 1148, obtient d'Eugène S, 
la confirmation de l'établissement de chanoines réguliers 
a Eu, suivant l'institution deS^ Victor. 

16 



Digitized by VjOOQIC 



-342- 

BooEE, 5* Abbé. En 1161, fut establie la confraternité 
entre le d. Roger et ses chanoines, et Richard Âbbé dn 
Treport et ses moines dont fut dressé une chartre, et Att 
convenu que F Abbé du Treport célébrera annuell^sieatla 
messe solennelle le Jour de la Nativité Notre Dame, et 
celuy d*Eu, celle du jour S^ Michel. Que si quelque religieux 
de Tune et l'autre communauté etoit en decord avec son 
Abbé il se pourroit retirer dans l'autre Abbale, jusqu*a ce 
que le tout fut appaisé. L'Abbé d'Eu quitta les préten- 
tions quil avoit sur les terres de la dite Abbale, a prendra 
du puits qui est entre la maladrerie et Teglifie du Trqportf 
jusqu'à la croix Comtesse, et sur le courtil S^ Croix: et 
l'Abbé du Treport se désista des prétentions quil avoit au 
patronage de Biville, et sur la dixme des Essarts de 
Tilloy, et S^ Marie du Parc. A laquelle convention M 
apposée cette clause très charitable, qu'en cas qu'il arri- 
vast à l'advenir decord entre les deux Abbaîes, la pre- 
mière qui fera proposition de convenir a l'amiable, sera 
remboursée de ses dépens par l'autre. Ceste transacti<xi 
est au chartrier de l'Abbale d'Eu, foL 67, et dans notre 
cartulaire f. 45. 

OSBERT, ô* Abbé, d'Eu fût favorisé du ciel d'un trésor 
pretieux qui fut le grand Laurent Archevêque de Dublin, 
capitaUe d'Hybernie^ lequel faisant voiage d'Angleterre 
en Normandie pour pacifier les affaires des Royaumes, ftit 
attaqué de maladie, laquelle l'obligea de rester en TAbbale 
d'Eu, et le mal s'augmentant il se munit de ses sao^ments, 
demanda l'habit des chanoines, et d'estre aggregé a leur 
famille, et passa heureusement de cette vie a l'éternité, 
proferans ces dernières paroles : miserere mei Deus, 
miserere mei qui in te confiait anima mea, le 14 novembre 
1181. Il fut inhumé au milieu de l'église de la d. Abbaie 
d'Eu, en présence du Cardinal Alexis légat d'Ecosse qui 
se rencontra lors au d. lieu. 

Mathieu, 7^ Abbé. Au commencement de l'année 1186, ea 



Digitized by VjOOQIC 



— 243 - 

prit dessein de reediâer Teglise d'Eu , qui estoit trop 
petite , et qui menaçoit ruine , Tediâce estant démoli , 
Testime qu'on avoit conçu de la sainteté du grand Lau- 
rent, Archevêque de Dublin, et les guerisons miraculeuses 
que Dieu avoit opéré a son invocation, obligèrent les abbez 
et chanoines de ne laisser ce corps exposé a la pluie, et 
de le lever pour le mettre en une chapelle de S* Léger 
sous terre : ce qui fut fait le 17 Avril. Ce corps se trouva 
tout entier et sans corruption avec une odeur très suave, 
et les malades y accourant de toutes parts, s'y feittantde 
miracles, quils donnèrent sujet de sa canonization. 

Hugues, 8« Abbé, assista et souscrivit au traité qui fut 
fait entre Richard Cœur de Lion, Roy d'Angleterre et Duc 
de Normandie, et Gaultier, Archevêque de Rouen, pour 
l'échange d'Andely et de Dieppe en 1196. 

Gilles, 9^ Abbé, es-années 1210 et 1213, sollicita beau- 
coup auprès des Papes Celestin 3, et Innocent 3, pour la 
canonization du grand Laurent, Archevêque de Dublin, la 
sainteté duquel eclatoit par tant de miracles. 

GuYON, 10« Abbé, marcha sur les mesmes traces et zèle 
de son prédécesseur, et obtint un bref d'Honoré 3, addres- 
sant a l'Archevêque de Rouen, et aux doien et Trésorier 
pour informer de la vie et miracles dud. Laurent, en datte 
du 5 Décembre 1224, de son pontificat, le 9. Ensuite de ce 
bref, Thibault, archevêque de Rouen, y travailla avec ses 
deputezy lesquels aiant fait venir les informations de sa 
vie, de Dublin, a cause quil n'avoitesté en ces quartiers 
que 8 jours, et joignans leurs proces-verbaux des miracles 
quil faisait à Eu, donnèrent le tout a Guyon, Abbé, qui se 
rendit auprès de sa sainteté, le 27 octobre 1225, ou après 
avoir fait ses diligences, et le tout meurement considéré, 
il obtint sa canonization le XI Décembre ensuivant. Dans 
ceste bulle est rapporté outre la veue rendue etc., quil y 
avoit eu sept morts de resuscitez, dont un estoit mort de 
trois jours. 



Digitized by VjOOQIC 



-244- 

Les bulles expédiées, TAbbé Guyon s'en revient incon- 
tinent et arrive avec les acclamations de tous, le 25 janvier 
ensuivant : chacun s^efforce de redoubler sa dévotion a 
l'endroit du Saint et le S^ aussi a éclater en si grands 
miracles quîls sembloient offusquer les précédons, ce qui 
feit que le d. Abbé pressa beaucoup le susdit Archevêque 
Thibault, de procéder a l'exaltation du sacré corps de 
Laurent, et d'indiquer sa feste au 14 de novembre. 

Le 10 de May, pris pour lever ce S* corps, le d. Arche- 
vêque, assisté de Geoffroy, eveque d'Amiens, en présence 
â*un peuple innombrable, le plaça dans un lieu décent, et 
puis après le porta processionnellement dans la place 
publique d'Eu, ou il fut veneré d'une inombrable multitude 
de peuple qui avoit accouru a cette cérémonie : et ensuite 
a esté déposé dans une chasse couverte de lames d'argent, 
et le chef dans un vase concave de marbre gris couvert 
d'argent doré. La chartre de cette élévation du corps 
faite par Thibault, Archevêque, est dattée du 10 May 1226. 

Guillaume 11« Abbé. Dans l'année 1256, S* Louis confir- 
ma toutes les donations faites a l'Abbaîe d*£u. Lad. année 
les Abbez d'Eu et du Treport compromirent touchans 
plusieurs différons meus entr'eux pour la perception des 
dixmes de Blangy, f. 31. 

Et Tan 1259, fut rendue sentence arbitrale entre les 
Abbez d'Eu, et du Treport sur les différons survenus 
entr'eux pour raison des finages et droits de dixmes sur 
confins des dimages du Treport, Menival et Griel. Cecy se 
trouve en l'Abbaîe d'Eu, f, 24. 

Guyon 2 et Abbé 12«, regissoit en l'an 1260. 

Thomas I du nom Abbé 13«, regissoit en 1270. En 
Tannée 1290, fut faite information touchant les limites et 
séparations des paroisses de S* Jean d'Eu, et de S* Pierre 
en Val, entre les Abbez d'Eu, et du Treport, f. 25. 

Jean I du nom, 14« Abbé en 1301. 

Pierre, Abbé 15«, gouvernoit en 1312. 



Digitized by VjOOQIC 



-245- 

OuiLLAUMB 2, da nom, Abbé 16<>. 

Robert 2, Âbbé en 1378, est le 17«. En l'an 1402, le 5 
janyier, l'horloge du beffroy de la ville fut achevée et 
cousta 105 ecus, et commença a sonner le d. Jour. 

Thomas 2, Abbé en 1410, est le 18». 

Jean Grenon, 19« Abbé en 1420 et 1431. 

Jean de Baucher, 20« Abbé, reglssoit l'Abbale en 1448« 

Richard, 2P Abbé en 1451. 

Jean le Comte, 22<' Abbé. 

Jean Vallier, 23« Abbé en 1455. L'Eglise d'Eu fût brûlée 
du feu du ciel et beaucoup reparée par cet Abbé. U feit 
bâtir les chaires du chœur et lepulpitre qui y sont encore» 
et ouvrir une porte entre la chaire de l'Abbé et du prieur, 
faisant reculer l'autel de la paroisse, sur quoy il y eut 
beaucoup de bruit de part et d'autre, qui fut terminé par 
sentence qui ordonnoit que la d. porte sera bouchée sans 
qu'a l'advenir on y puisse passer, et l'autel de laparroisse 
placé au milieu, et aucunes conditions expliquées entre 
l'Abbé et les paroissiens sur les pretensions respectives. 

Jean Glache, 24® Abbé, qui regissoit en 1474. On 
rapporte de luy qu'un jour pendant une grande cherté de 
bled, àlant fait distribuer aux pauvres tout ce quil avoit 
dans la maison, et alant commandé à l'aumonier de 
retourner encore au grenier quérir du bled, il le trouva 
tout plein. Cet Abbé excella en doctrine, et en pieté alant 
toutes les beUes qualitez d'un grand homme. 

Honoré Villon, 25® Abbé, qui, de prieur de Griel, fut 
élevé a ceste dignité; il régit l'Abbale jusqu'en 1510. 

Jean de Montpelé, 26* et dernier Abbé régulier, régit 
jusqu'en l'an 1531. 

ABBBZ COMMENDATAIRBS. 

Les péchez de nos pères aiant attiré la colère de Dieu 
sur nous, il a donné des maistres au lieu de pères, des 
gens de cour au lieu de gens de cloistres, des Abbez secu- 



Digitized by VjOOQIC 



-246 - 

liers au lieu des réguliers, lesquels pour ce. sont dits 
commendataires ou plustost comedataires. 

Le P' dlceux fut Jean de Langlac, Eveque de Limoges, 
M« des Requestes, qui prit possession de TAbbaie le der- 
nier Mars 1532 et deceda en 1540. 

François Cardinal de Tournon, 2« Abbé, commenda- 
taire es années 1541 et 1543, résigna TAbbaie a François 
de Lestrange, âls du sieur de TEstrange capitaine des 
gardes. 

François de l'Estrange, 'S^ Abbé commendataire, 
yivoit es années 1548 et 1557. n a aliéné la ferme de 
Beaumont et presque toutes les meilleures terres de 
l'Abbaie, ce qui luy a causé une ruine extrême. 

Pierre de Vezenobre, 4« Abbé commendataire, vivoit 
en 1559, et fut tué à Nismes après la Saint Barthelemj 
par les hérétiques a la journée quils appellent Michelade 
en 1572. 

Pierre d'Elbene Florentin, 5« Abbé, vivoit es années 
1573, pendant le règne de Charles 9 et Henri 3. n eut 
plusieurs difficultés avec Henry, duc de Guise et Comte 
d'Eu, ce qui l'obligea de se deffaire de la d. Abbaie quil 
permuta avec Eustache Pignart, en 1588. 

EusTACHE Pignart, 6« Abbé commendataire, prit posses- 
sion en 1589, et mourut en 1595. 

Gaston le Brieu, 7* Abbé commendataire, prit posses- 
sion en 1597, et après 4 ans de jouissance, resigna son 
Abbaie à Nicolas de la Place. 

Nicolas DE LA Place, s' de Saint-Etienne, Aumô- 
nier de la Reyne, S^ Abbé commendataire, prit possession 
de l'Abbaie le XI Novembre 1601, et deceda le 10 Septembre 
1649. Celuy-cy s'est porté avec beaucoup de soin a pro- 
curer le bien spirituel et temporel de son Abbaie. 

Le dit sieur de la Place, Abbé, trouva a son arrivée 
l'Abbaie en un piteux état pour le dehors et pour le dedans. 
Il traita avec les religieux en 1618, et leur donna 80 mines 



Digitized by VjOOQIC 



-347- 

de blé, 60 mines â*orge, et autant d'ayoine, deux bariques 
de yin, deux mines de pois, cinq mil de gluy, douze cens 
de fagots et 2,000 1. d'argent par an, au moien de quoy les 
religieux s'obligèrent d'estre dix huict, et de desservir 
les cures de Notre-Dame, Saint-Pierre, Saint-Jacques, 
Saint-Etienne, et Saint-Léonard du Besle ; de plus se char- 
gèrent des aumônes , moïennant 24 mines de blé, et ce 
concordat a subsisté jusqu'à Tintroduction des chanoines 
regnliers en cette Abbaie. Et pour ce qui est de Tobser- 
vance régulière, il n'en peut venir a bout ny par ordon- 
nances des Archevêques et grands vicaires de Rouen, ny 
autrement, jusqu'à ce que Dieu en feit naistre l'occasion 
qui Alt telle. 

Les Frères Cointrel et Turpin, religieux d'Eu, estant 
allé à Notre-Dame de Liesse, en 1620, et a leur retour 
aiant esté charitablement receus dans l'Abbaie de Saint- 
Vincent de Senlis, ou pour lors la reforme des chanoines 
réguliers se commençoit , le lendemain ils entendirent la 
messe dans une chapelle du cloistre de Saint-Laurent 
Evoque , et aiant dit après que leur Abbaie en 
estoit dépositaire, ils dressèrent une requeste pour estre 
présentée par les d. deux religieux à leur chapitre et en 
obtenir quelque relique, mais cela n'eust d'effet, parceque 
le prieur supprima la requeste et n'en fut parlé que 
longtemps après au d. sieur abbé. Lequel prit sujet de la, 
de s'en aller a Senlis, et y arriva la veille de Saint Augustin 
et coucha luy seul dans l'Abbaie, ou aiant assisté a 
matines, et aiant esté fort ediâé de la dévotion de ces 
commençans, pria le P. Baudouin prieur et ses religieux 
de l'assister au dessein de la reforme de son Abbaie, de 
députer quelqu'un de leur corps pour avoir une relique 
de saint Laurent, Evoque, et de trouver les moiens 
d'exécuter ses desseins. 

Le P. le Faure qui depuis a esté un des principaux 
instruments de la reforme, et premier gênerai, fut député 



Digitized by VjOOQIC 



- 248 - 

avec un autre religieux, lesquels obtinrent Vos cubital du 
d. saint Laurent, et demeurèrent d*accord avec le d. sievr 
abbé qu*on envoirait 4 religieux de la d. Abbaie de Senlis 
pour y donner le commencement a une reforme , et 
peu après les d. 4 religieux y furent enVoiez, et après 
avoir fait les règlements nécessaires, et commençant de 
mettre tout en bon ordre, les anciens se lassèrent d*eai, 
ne leur fournissant pas leurs nécessitez, et Tabbé ne the- 
moigna pas aussi la même ardeur quil avoit fait a l'entrée; 
de sorte quils furent obligez de s*en retourner en Juin 
1623. 

INTRODUCTION DBS PP. CAPUCINS A EU. 

Le 25 Octobre de la d. année 1625, fut arresté en la 
maison de ville, en conséquence de la lettre de madame 
Catherine de Cleves, duchesse de Guise, et comtesse d*£Q, 
en datte du 16 septembre 1625, que les révérends PP. 
Capucins seroient admis en la d. ville pour y établir an 
couvent de leur ordre, au quartier de Saint-Pierre, et que 
sous le bon plaisir de Monseigneur TÂrcheveque de Rouen 
et de M' TAbbé d'Eu ils se pourront servir de l'église 
paroissiale de Saint-Pierre. Les parroissiens de la d. 
église de Saint-Pierre donnèrent leur consentement a ce 
que reglise, cimetière, et presbitere de la d. parroisse 
Aissent accordez aus d. R. PP., et eux renvoiez dans les 
parroisses de Notre-Dame et de Saint-Jean, dans 
lesquelles ils estoient enclavez, et qu*a Teglise de Saint- 
Jacques, les images de saint Pierre, saint Maur, saint 
Vincent, saint Christophle, saint Jacques et saint Antoine 
fussent portées, et que les fondations de la fabrique de 
SaintrPierre y fussent données , a condition quil sera 
baillé une chambre au curé de Saint-Jacques, et eux 
destre receus ainsi que dessus ; ce que monseigneur TAr- 
cheveque ratifia le 29 juin 1622, etTopposition des curez 
de Notre-Dame et de Saint-Jean rejetée pour la charge 



Digitized by VjOOQIC 



-349- 

quils disolent leur estre imposée de nouveau de surcroit 
de parroissiens. 

UNION BB L'ABBAIE D*£U A LA CONGREGATION. 

Ce qui avoit esté en quelque façon rompu se renoue 
de ceste sorte, l'Abbé de Sainte-Geneviève estant decedé 
Mt le Cardinal de la Rochefoucauld en fut pourvueu par 
Louis 13, lequel pour sa pieté ayant projeté d'établir une 
Congrégation de chanoines réguliers en France, et en aïant 
obtenu les lettres du Roy, y aggregea des lors 40 abbaies, 
et l'abbé d'Eu qui se voioit poussé en procès de ses reli- 
gieux, creu qu'après 13 ans, il pourroit ravoir de ces 
bons Pères, comme il les avoit obtenu la première fois. Ce 
qui ne fut difficile a lui accorder par le consentement quil 
donna de reunir son Abbaie au corps de la Congrégation 
et de laisser le tiers franc et quitte de tout le revenu aux 
religieux de la Congrégation le 7 septembre 1631, et le 28 
mars 1632 y envoia des religieux qui en prirent posses- 
sion, le 1«' Avril au dit an. 

Urbain 8, confirma le 3 février 1633, la Congrégation des 
chanoines réguliers de la province de Paris érigée par 
M' le cardinal de la Rochefoucauld, en vertu du bref de 
Grégoire 16, du 8 avril 1622, et supprima les qualitez 
d*abbez de Sainte-Geneviève, et des offices claustraux, 
unissant tout a une manse, et donnant Felection de l'abbé 
au chapitre des religieux de la d. communauté et des 
autres députés de trois ans en trois ans. 

En la visite 1634, le P. Poulain, prieur, refusant d'aller 
au scrutin du sieur de la Faj'e, grand vicaire, fut 
suspendu, mais enfin il obéit. 

Le 17 Octobre 1634, fut pour la première fois eleu pour 
supérieur gênerai de la Congrégation le R. P. Charles 
Faure. 

Au commencement de Juin 1636, la peste fut si violente 
qu'elle emporta plus de deux mil habitans d'Eu, déserta 



Digitized by 



Google — 



-250 - 

toute la Tille, et toutes les communautez de religieux en, 
furent affligées. Ce qui obligea la ville d'Eu de faire vœu 
d'offrir a Nostre Seigneur et a sa Sainte Mère, une image 
d'argent, et de faire une procession générale le dimanche 
de la nativité Notre-Dame, pour y estre portée, et après 
placée au lieu le plus commode de l'autel de la d. parroisse 
qui est au haut du contretable du grand autel. 

Le 25 May 1039, Messire François du Harlay, Arche* 
veque de Rouen, feit la visite en TAbbale, et aiant esté prié 
de ne plus faire le scrutin qui avoit accoutumé d'estre fait 
par luy et ses grands vicaires, il raccorda fort volontiers, 
et depuis ne s'est plus fait. 

Le même jour, 25 May 1639, après midy, le seigneur 
Archevêque voulut obliger le P. Bouchard, prieur de 
l'Abbaie d*Eu de donner de ses religieux pour établir dans 
l'Abbaie de Saint-Michel du Treport, dans laquelle les 
religieux menoient une vie extrêmement débordée, deux 
desquels François, et Blangy etoient dans les prisons de 
Rouen. Le d. P. prieur s'en excusa sur ce que c'estoitun 
autre ordre que le sien, et par son advis, il fut prié de 
prendre quelque autre expédient. 

Le d. seigneur arrivé au Treport suspendit tous les 
religieux de l'Abbaie du Treport, et commit la garde de 
l'Abbaie et du revenu es mains du d. P. Douchard, et aussi 
d'y faire faire le service divin, et acquitter les aumônes, 
sentence qui leur fut signifiée le 27 du d. mois et an, en 
exécution de laquelle le d. P. Douchard fait absoudre 
de sa suspension D. Louis du Héron, le nomma prieur, et 
M* François Gamier, et Pierre BaiUeul , presbtre pour 
l'assister a faire le service divin, et les autres charges de 
l'Abbaie. 

Le 4 Novembre 1644, deceda en sa cinquantième année 
le P. Charles le Faure, instituteur de la C!ongregation des 
chanoines réguliers, reformateur de l'ordre saint Augustin, 
premier supérieur gênerai d'icelle, abbé de Sainte- 



Digitized by VjOOQIC 



-251 - 

Oeneyieye , lequel avoit fait les constitutions, formé la 
pluspart des religieux, et peuplé 50 monastères. La Reine 
mère, avec une grande bonté, a conservé TAbbaie arordre 
qui estoit enviée de beaucoup de personnes, et demandée 
par M^* le prince de Condé avec grandes instances. 

En la place du deihnct fut eleu le P. D. François Blan- 
chard, qui consola beaucoup la congrégation affligée de la 
perte d'un si bon prédécesseur, et feitnaistre les espérances 
quil ne luy cederoit en rien, et pour la doctrine, pour la 
discipline et pour la piété. 

Le 14 Février 1645, l'Eminentissime François Cardinal 
de la Rochefoucault deceda, auquel tous les ordres reli- 
gieux ont grande obligation pour le zèle quil eut pour 
porter chacun au poinct de son institut pour l'exécuter. 

Le 10 Septembre 1640, deceda en TAbbaïe d'Eu Messire 
Nicolas de la Place, abbé d'Eu, après l'avoir tenue 48 ans, 
moins deux mois et un jour. Sa mort fut très subite, et 
sans avoir esté prévenu d'aucune maladie, si que se dispo- 
sant pour monter en carrosse, et aller quérir Monseigneur 
l'Eveque du Bellay, grand vicaire de Monseigneur l'Arche- 
vêque de Rouen, pour venir faire la translation du chef de 
saint Laurent, dont on avoit fait le reliquaire d'argent 
représentant l'image du d. saint, pesant 38 marcs une 
once d'argent, et constant dix huict cens quatre vingt 
quatorze livres, le d. sieur Abbé tomba tout roide mort. 
Son corps fut embaumé, et inhumé dans la chappelle de 
Notre-Dame de Liesse d'Eu. 

Le même jour du décès du d. sieur de la Place, l'advis 
en fbt donné en cour, et l'Abbaie fut donnée a Charles 
Maurice le Telier, fils du sieur Telier, secrétaire d'Estat, 
mais Monseigneur Roger de Lorraine, ch«' de Guise, 
Taiant demandée le lendemain, et aiant fait grand bruit au 
Cardinal Mazarin, quil disoit la luy avoir promise, luy parla 
si hautement qu'il l'obligea le 13 Février 1650, de lui en 
flaire démission par le d. sieur Telier qui n*en avoit encore 



Digitized by VjOOQIC 



-252 — 

pris possession, et le dit seigneur ch«r feit nommer pour 
son économe M^^ François Le Bœuf, lieutenant gênerai du 
comté d'Eu. 

Coluy qui gouverne présentement la d. Abbaîe en qualité 
d*abbé, est le Cardinal des Ursins (1). 



(1) On lit, à U fin de ce chapitrei d^one écritare beaucoup plu 
récente: 

Cardinal de Calvo, en 1678. 

L^abbô Terrisse instaUa au Treport, en 1740, Pabbé de Saint-Pierre. 

L^Abbô Macé, conseiller clerc au Parlement, bâtit en 1747 le portail 
latéral de TégUse d'Eu, par les soins de M. Varembault, son procu- 
reur séculier, il fUt plus de 20 ans abbé. 

Destruction de PAbbaye d^Ku. La Révolution française renversa de 
fond en comble cet établissement. On eut pu conserver les bâtiments 
qui étoient commode, et à la moderne, on ne le ât point, et il ne reste 
plus, sur le terrain de PAbbaye acquise par le château, que deux 
épitaphes de frères scellées dans le mur de Péglise contre lequel ils 
ftirent inhumés. 

Signé : L. B* 



Digitized by VjOOQIC 



CHAPITRE XXXm. 

DBS ALIENATIONS DU TBMPOREL. 

Tandis que les Abbez ont esté réguliers, et vrais pères 
de leurs religietiz, nous trouyons beaucoup d'acquests et 
augmentations du revenu, et on n'a point peu soufbir 
aucune aliénation» mais depuis que les étrangers, et les 
abbez commendataires ont pris la place des autres, ils 
n*ont point eu de soin de prévoir au ftatur, et de faire 
valoir le bien ; ainsi se sont contentez d'en prendre le 
plus beau, le meilleur et le plus net, et ne se sont point 
souciez de ce qui arriveroit après eux. 

Le premier Abbé commendataire, François de Cleves 
fait foy de ce que dessus, et comme il commence le 
premier la commande, aussi donne il le branle aux autres, 
non de ménager le temporel pour remédier aux nécessitez 
occurentes, mais de recourir aux aliénations pour ne se 
priver de quelques commoditez présentes. 

La première aliénation qu'il feit, fut des marais de 
Mers, dont il ne voulut pas soustenir le procès contre les 
babitans pour défendre son droit, lequel il leur quitta 
moiennant dix sols de rente. Vous avez l'acte de ceste 
fieffé. 

La deuxième aliénation qu'il feit, fut des moulins de 
Criel, lesquels estant en ruine, pour ne tirer rien de sa 
bourse, et du revenu de TAbbaïe pour les reparer, il eut 
recours a ce remède d'aliénation beaucoup pire, et plus 
dangereux que le mal même. Voicy l'acte en sa forme et 
teneur, extrait des registres du greffe de l'Abbale. 

ALIENATION DBS MOUUNS DB CBIBL 

A|tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront, 
le Bailly vicomtal de la comté d'Eu, garde du seel des 



Digitizedby VjOOQIC 



— 254 — 

obligations de la d. comté, Salut. Sçavoir faisons qne au- 
jourd'hui par devant Besnard Bouton, et Guillaume Loisd 
Tabellions jurez commis et establis a Blangy, sous les 
Tabellions d*Eu, comme ils nous ont témoigné, comparât 
en sa personne hault et puissant prince et seigneur 
Monseigneur François de Clèves Abbé commendataire des 
églises et Abbaies Monastère Saint-Michel du Treport du 
Diocèse de Rouen, et de Saint-Léonard de Gorbie, 
prieur de Saint-Eloi de Paris, lequel de sa certaine 
science, pure et libérale volonté deûement acertioré 
de la grosse ruine et décadence, en quoy sont, de 
présent et ja long-temps, les moulins a blé et i 
huile de Criel, appartenant au d. sieur Abbé, a raison 
de sa dignité abbatiale du d. Treport, et estre les d. 
moulins en telle ruine, que pour le présent n'en revient 
aucun proât au d. Seigneur ny a son église, a son grand 
préjudice, et pourroit estre qu'a laps de temps le revenu 
de ses dits moulins se pourroit perdre : pourquoy est 
urgent et nécessaire à la conservation du revenu annuel 
de la d. Eglise, et pour le bien, profit et utilité de ses 
si^gets de la d. église banniers aus d. moulins faire reedi- 
fication , ou faire nouvelle âeffe. 

Ces choses considérées le d. seigneur voulant et 
considérant l'augmentation de l'annuel revenu du d. 
bénéfice du Treport, afin que les auiets banniers au d. 
moulin a blé puissent moudre leurs grains en iceux, 
comme ils avoient cy-devant accoutumé, à Tincitation et 
advertissement des religieux de la d. abbaie du Treport, 
le d. seigneur abbé, a ces causes et autres a ce le mou- 
vans, comme il disoit, et tant pour luy, que pour ses suc- 
cesseurs abbez du Treport, a fait bail des dits moulins a 
flef, afin d'héritages, et a toujours, à Guillaume Pouchin 
demeurant à présent à Saint-Soupplix, comparant par 
devant les d. Tabellions, qui confessa pareillement avoir 
pris du d. seigneur abbé, pour luy, pour ses hoirs, et 



Digitized by VjOOQIC 



-255- 

aians cause, les d. moulins situez et assis en la paroisse 
de Saint-Aubin de Criel, le moulin a blé accostant d'un 
costé la rivière, qui fine et descend du moulin d'en bault 
appartenant a M^ le comte d'Eu, d'autre costé, Jean 
Priolet dit friant, d'un bout à rue, et d'autre bout Renault 
Benge. Le moulin a huile accostant d'un costé et d'un 
bout la d. rivière, d'autre costé messire Robert Bourdon 
et plusieurs autres boutiers avec le courant de l'eau, 
autres doitures et privilèges et franchises appartenant 
au dit moulin, et auquel moulin à blé sont si^gets 
et banniers les habitants des villages et hameaux 
d'Estallonde, Menival, du Mesnil Soret, du Quesnoy, de 
Floques, dn Mesnil-Ëstrelin, dTauville, du Monthuon, 
et la rue située au dit Criel, nommée vulgairement la rue 
a l'abbé, et auquel moulin les habitants des d. lieux et 
villages ont privilège, et est le moulnier tenant le d. 
moulin, sujet, tenu de moudre leur blé et autres 
grains apportez pour moudre aus d. moulins au trente- 
sixième : lequel droit de moulte avec les grains prove- 
nant a raison de la d. mouture qui s'en fera par le d. 
moulnier, sera et demeurera, afin d'héritage et atoigours 
au d. Pouchin et a ses hoirs. Et pour ce que les habitans 
des d. lieux, villages et hameaux banniers au d. moulin, 
n'ont accoutumé paier au d. moulin pour la mouture que 
le trente-sixième, pour ce, le dit sieur abbé et religieux 
du Treport ont droit, et accoutumé de prendre de tout 
temps seque monte, iceluy droit de. moulte sèche sera et 
demeurera aus d. sieurs abbé et religieux et leurs suo- 
cesseurs sans estre compris en ce présent bail et âeffe. 
Et aussi le d. Pouchin et ses hoirs auront droit et privi- 
lège de faire une ou plusieurs pesqueries au dessous des 
dit moulins, dont le fruict provenant des dits pesqueries 
sera et demeurera au d. Pouchin et ses hoirs. 

Cette fieffé ainsi faite au moien et condition que le dit 
Pouchin comparant par devant les d. Tabellions, sera 



Digitized by VjOOQIC 



-256- 

BXijei, et a ce faire s'est submis et obligé dereedifier 
reparer et remettre les d. moulins en bon et suffisant 
estât, signamment le d. moulin a blé, en la sorte que les 
d. sujets banniers puissent pour Tadvenir moudre leurs 
grains comme par cy-deyant ils ont accoutumé défaire, i 
laquelle reediâcation le d. Pouchin s'est submis de faire 
en dedans un an, du jour et date de ces présentes, sur la 
peine de cinquante livres qu*il a promis paier au d. sieur 
abbé, au cas ou la d. reediâcation nestoit suffisamment 
faite, si que les dits banniers y puissent moudre les d. 
grains. Et si sera tenu le d. Pouchin et ses hoirs et aians 
cause moudre tous les grains qu'il viendra et seront 
apportez au d. moulin^pour la nourriture et alimens tant 
du d. sieur àbbé^ desd. religieux et leurs successeurs^ do- 
mestiques de la d. aibaîe faisans résidence en icelle^ et ce 
après le i«' engrené ^ comme anciennement ilavoit accou- 
tumé. Et si sera, oultre plus et davantage, le d. Pouchin et 
ses hoirs, sujet et tenu de rendre, paier par chacun an an 
d. sieur abbé et ses successeurs, la somme de trente livres 
de rente foncière et exécutoire paiable par le d. Pouchin 
et ses hoirs sur les d. moulins, par une entière et pleine 
exécution, et ce à quatre termes en Tan accoutumés 
par termes égaux, premier terme de paiement Saint- 
Jean-Baptiste prochainement venant. Et sur laquelle 
somme de trente livres tournois, et en diminution 
d'icelle le d. Pouchin paiera a Fofflce du convent 
quinze sols tournois de rente. Et si a baillé présentement 
et paie au d. seigneur, la somme de cinquante livres 
tournois en bon or et argent comptant pour le raquis de 
cent sols tournois de rente, dont le d. sieur s'est tenu a 
content, et en a tenu et tient quitte le d. Pouchin et ses 
hoirs, et si en pourra le d. Pouchin et ses hoirs raquitter 
autres cens sols de rente, quand bon luy semblera, en 
paiant pareille somme avec les arrérages deus, et pro- 
rata. Et quant a tout ce que dessus est dit, tenir, entre- 



Digitized by VjOOQIC 



- 257 - 

tenir, sans aller au contraire, garantir par le dit sieur 

abbé ainsi que dessus est dit, rendre et paier, reparer et 

reediâer comme dessus, et fournir aux submissions et 

charges cy dessus écrites par le d. Pouchin, ses hoirs et 

aians cause; les d. parties chacune en leur qualité, fait et 

regard, en ont obligé et obligent Tun vers Tautre, c*est a 

sçavoir le d. sieur abbé, tout Tannuel revenu du temporel 

de la d. abbaie du Treport, et le d. Pouchin, tous ses biens, 

meubles et héritages, et ceux de ses hoirs. Et si jurèrent, 

c'est a sçavoir, le d. sieur abbé en foy et paroles de prince 

et de prélat, et le d. Pouchin sur la foy et serment de son 

corps, entretenir inviolablement tout ce que dessus sans 

jamais aller au contraire, renonsans a tout ce qu*aider et 

valloir le pourront. En témoin de ce,nous^ a la relation des 

d. tabellions, avons mis et apposé a ces présentes le seel 

des d. obligations, qui furent faites et passées au d. Blangy 

le 23® jour d'Octobre, l'an de grâce 1528, es présence de 

M' Jean Planquart, médecin, demeurant a Abbeville, 

Martin Carton, demeurant a Blangy , et Bastion Locher, 

serviteur de chambre du d. sieur, et aultres; signé Bouton 

et Loisel, chacun un paraphe. 

Et plus bas collation faite a l'original estant en par- 
chemin, sain e entier tant en écriture que signature, par 
nous senechal de la d. abbaie, avec notre greffier soussi- 
gnez, le 10« jour de février 1609, pour valloir et servir au 
d. sieur Abbé, religieux et couvent du d. Treport au lieu 
du d. original en temps et lieu, ce que de raison. Apres 
laquelle collation faite, iceluy original a esté rendu aus d. 
sieur Abbé et religieux ; signé J. Belot, avec paraphe. 

BXTRAIT DU ROLLE XIX« DES ALIENATIONS ECCLESIASTIQUES 
DU 23 SEPTEMBRE 1642. DIOCESE DE ROUEN, ABBAIE DU 
TREPORT. 

Maistre Guy de Carvoisin, sieur de Songeons et autres 
lieux, propriétaire du âef seigneurie, maison, manoir et 

17 



Digitized by VjOOQIC 



- 258 — 

édifices, terres, prairies, paties, et la moitié du moulin 
de la chappelle fief du d. lieu Buzaubert, et Yroconr, 
justice, rente, relief, droits et devoirs seigneuriaux hon- 
neurs et prérogatives qui en dépendent, aliénez de TAbbaie 
duTreport, a la charge d'acquiter cent quinze livres de 
rente racbetable de XI« 1. deues par la d. Abbale au s' 
Mithon de 50 1. de rente foncière envers l'Abbé et reli- 
gieux 200 J. aussi de rente a la dite Abbale du Treport, 
paiable jusqu'au rachapt d'icelle, et douze cens livres de 
deniers d'entrée, suivant le contract passé par devant les 
notaires du comté d'Eu, le 28 mars 1602, taxé pour le 8* 
denier des dites XI^ L a la somme de 143 1. 15 s. pour le 
8« de l'évaluation des dites 2001. de rente rachetables ala 
d. abbale a raison du denier dix-huict, 450 1. et pour le 8* 
des d. XII<^1. de deniers d'entrée 150 1. revenant les dites 
trois sommes a celle de 740 1. 15 s. Pierre Belin, ou ses 
aians cause, propriétaire du fief, terre et seigneurie 
de la Bordagne, assise en la parroisse de Saint-Pierre-en- 
Yal, aliénée de l'abbaie du Trepoii;, moiennant la somme 
de deux mil huict cens livres suivant l'extrait d'adjudi- 
cation du 13« jour d'octobre 1569, taxé pour le 8* denier 
de la dite aliénation a la somme de trois cens cinquante 
livres : cy 350 1. Robert Mithon, ou ses aians causes» 
propriétaire de quatre acres de pré appeliez les prez 
salez, aliénez de l'abbaie du Treport, moiennant la somme 
de six cens livres, suivant l'extrait .d'adjudication du 27 
d'avril 1575, taxé pour le 8« denier delà d. aliénation à la 
somme de soixante quinze livres : cy 75 1. Jean de MaiUj» 
B^ de Bellesme ou ses aians cause, propriétaire d*un fief 
noble, nommé le fief du Mesnil Alard, aliéné de l'abbaie dn 
Treport, moiennant la somme de sept cens quarante livres, 
suivant l'extrait d'adjudication du 27 avril 1575, taxé pour 
le 8» denier de la dite aliénation à la somme de quatre 
vingt douze livres : cy 92 1. 
Outre ces 4 aliénations tirées de la chambre des comptes 



Digitized by VjOOQIC 



-259 - 

de Paris, il y en a encore quatre autres sçavoir du fief, 
terre et seigneuries de Fontaines, Gribomesnîl, Erneval, 
risle échangé avec la Chappelle sous Gerberoy le 10® jour 
de Septembre 1577. 

La 2P est l'aliénation et fleffe faites de 40 acres ou envi- 
ron des bois de la Haye, le lô octobre 1579. 

Le 3* est l'aliénation des dixmes et du droit de patro- 
nage de la cure de Melleville flsdte au sieur du Boissel 
le jour de 

Desquelles aliénations nous allons insérer les copies 
entières prises sur leurs originaux restans au chartrier, 
qui donneront lumière dans la suite des temps, quand on 
voudra, et qu'on pourra faire les retraits des d. biens 
aliénez. 

ALIENATION DE LA CHAPELLE SOXJS-GBEBROT. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, François 
le Duc, sieur de Saint-Remy, advocat fiscal et procureur 
gênerai du comté d'Eu, garde seel des obligations du dit 
comté. Salut. Sçavoir faisons que par devant Jacques 
Belot et Michel Robillard, tabellions jurez au d. comté, 
sont comparus M. Jacques de la Rudde au nom et comme 
procureur spécialement fondé, quant a ce, de Messire 
Nicolas de BellengreviUe, sieur des Alleux, abbé commen- 
dataire del'abbaie Monastère Saint-Michel du Treport. par 
procuration passée devant Lefebvre, notaire royal en 
Ponthieu, le 8«du présent mois et an, insérées à la fin des 
présentes. D. Toussaint Sanchoy, prieur, D. Nicole 
Poulain, soubprieur, D. Louis de Vallois, aumônier, D. 
Charles des Cloîtres, trésorier secrétaire, D. Pierre de 
Bures, D. Toussaint Vatier, D. Jean Courtois, D. Jean 
Houllier, et D. Jean Sores, tous religieux de la d. abbaie, 
lesquels unanimement, tous congregez et assemblez au 
son du timbre au chapitre et lieu conventuel de la dite 



Digitized by VjOOQIC 



— 260 - 

abbaie, ont reconneu et confessé que pour fournir la 
somme de huict cens soixante six ecus deux tiers, a quoy 
la d. abbaie auroit esté cottisée pour sa part et portion 
des deniers accordez au Roy par sa Sainteté en Faanée 
1686, après avoir tout devoir au cas appartenant de 
recouvrer la dite somme, et pour n'avoir bois de haute 
fustaye, balliveaux, calices d'or ou d'argent, et omemens 
a vendre, ny moiens d'ériger en titre dessus tabellionna^e, 
greffes ny autres choses propres pour recouvrer prompt^- 
ment lesd. deniers, auroient esté contrains pour subvenir 
au paiement de la d. somme sous la permission de 
Messieurs les députez du clergé, commissaires et déléguez 
au diocèse de Rouen, en datte du pénultième de Novembre 
au d. an 1586, de vendre et constituer à rente sur les biens 
et revenus de la d. abbaie, la somme de soixante nnze 
ecus deux tiers de rente hypothèque, dontils auroient esté 
chargez de faire l'extinction et amortissement dans le 
temps preflx de douze ans, et a cette fin permis de pro- 
céder a l'aliénation du domaine de la d. abbaie plus 
éloigné et moins commode a icelle. Et d'autant qu'a l'oc- 
casion des troubles et guerres dernières, le d. temps prefix 
pour faire la dite extinction et amortissement se seroit 
passé et expiré, il auroit esté advisé et délibéré entre les 
d. Abbé, religieux et couvent, que les flefs , terre et 
seigneurie de la chapelle Busaubert et Vraucour avec 
toutes leurs circonstances et dépendances, tant en âefs que 
roture, droits, dignitez et libertez qui en dépendent» situez 
au bailliage et vidarae de Gerberoy es-païs de Beauvoisis 
entr'autres comme le plus éloigné et moins commode, 
voire onéreux pour estre de peu de revenu, distant de dix 
sept a dix huict lieues ou environ de la d. abbaie de 
présent en ruine, les terres en friche, les batimens 
démolis, et en grande décadence, le mouUn auquel les d. 
Abbé et religieux ont la moitié, abandonné, les prairies 
inondées, les rentes seigneuriales la pluspart usurpées et 



Digitized by VjOOQIC 



- 261 - 

délaissées, faute d'hommes et tenons ; en sorte que les d. 
du Treport depuis douze ans et plus n'en ont joui ny perceu 
aucune chose, les fermiers aians esté contrains pour 
l'oppression des d. guerres, quitter et abandonner les d. 
lieux, terres et seigneuries, de quoy y auroit eu procez 
intenté allencontre de Nicolas Dournel, dernier fermier 
des d. lieux, que pour les causes sus-dites, et autres 
bonnes considérations, pour le bien profit et utilité de la d. 
abbaie, les d. terres, flefs, seigneuries, manoirs, terres, 
prairies, leurs circonstances et dépendances seroient mis 
et exposez en vente, sinon baillées a louage, par bail 
emphitheotique, longues années, prendre argent d'avance 
aliéner par échange avec supplément, vendre à faute de 
rachapt perpétuel, et du d. supplément ou autrement par 
la meilleure forme et manière que faire se pourroit, pour 
les deniers en procedans estre emploiez a l'extinction de 
la d. rente, a l'acquit et décharge d'icelle Abbaie suivant 
rintention de sa Sainteté, patentes de sa Majesté, et 
ordonnance des d. sieurs déléguez du clergé. A laquelle 
fin les d. Abbé, religieux et couvent auroient présenté 
requeste, afin de nouveau estre permis de vendre et 
aliéner du temporel de la d. abbaie, pour parvenir a 
l'extinction et amortissement d'icello rente , ce qui auroit 
esté ainsi accordé aus d. du Treport, et a cette fin obtenu 
commission des d. sieurs du clergé, addressante au plus 
prochain juge des lieux suivant laquelle les d. Abbé, reli- 
gieux et couvent auroient présenté requeste au bailly du 
d. Gerbrois pour informer de la qualité, valeur commodité 
ou incommodité des d. fiefs, terres seigneuries de lachap- 
pelle Busanbert et Vrocourt, circonstances et dépendances 
d'icelles. En suivant icellele d. sieur Bailly auroit procédé 
à la dite information, et sur iceUe après les proclamations 
et diligences requises et nécessaires, deuement faites tant 
au siège et auditoire du d, Gerbrois, par trois divers jours 
des plaids ordinaires que par trois dimanches, es prosnes 



Digitized by VjOOQIC 



de messe parroissiale du d. Gerbrois la chappelle Vrocour, 
BoDgeons , Escames, Billis , Fontenay, Hannaches, 
Senantes, Blacour, Hodeng-en-Bray, Hanyoilles, Cagny, 
Martencour , GrenneyiHers , Ymervilles , Ememont , 
Loueuses, et Uuambert, que pour subvenir au paiement 
des cent unze livres de rente au denier dix, restans des 
soixante unze escus, un tiers de rente constituée, à feu 
noble Alphonse de Mongargny , vivant sieur de S^ 
Forget par contract passé par devant les Tabellions d'Eu , 
le 24 décembre an 1586, duquel sieur noble homme Richard 
Mithon, sieur de Froideville, Bailly vicomtal du comté 
d'Eu, représente le droit. Les d. terres fiefs et seigneuries 
consistans sçavoir celle de la Chappelle sous Gtorbrois en 
la moitié de quatre livres 3 sols, en la moitié et deux 
muids d'avoine, la moitié du grand moulin de pierre, et 
une maison, corps de logis de briques, couvert de tuiles, 
fournil, grange, cour, jardin et lieu sur lequel ils sont 
bâtis et érigez, en douze muids quatre mines et demie de 
terre, en plusieurs pièces , ou en parties contenant sept 
mines, ou douze mines de prez et en deux mines et demie 
de pastures derrière le d. moulin, la pluspart des d. basti- 
mens, prez. terres et héritages tenus en censive des 
seigneurs, et a telles charges que deubs sont. 

Le fief du Bus Aubert consistant en cent tant de sols de 
rente seigneuriale a prendre sur plusieurs personnes 
tenant du d. flef. 

Le flef terre et seigneurie de Vrocour, consistant en 
haute basse et moienne justice , droits et dignitez y 
appartenant, en quarante livres ou environ de rente 
seigneuriale et féodales a prendre sur les tenans du d. 
fief avec le nombre de six ou sept mines d'avoines : cinq 
chapons et deux poules, et tous autres droits généralement 
quelconque, appartenans ou dependans des d. fiefs, qui 
furent par cy*devant au sieur et damoiselle de Guimer- 
ville, sans se rien reserver ou retenir, estoient a bailler a 



Digitized by VjOOQIC 



-268- 

ferme a louage a longues années, empbiteose, ou bien a 
yendre, ou aliéner par échange avec supplément, a faute 
de rachapt perpétuel ou autres, selon quil estoit permis 
aux ecclésiastiques, suivant Tintention de sa Sainteté, 
patente de sa Migesté, et ordonnance des d. sieurs 
déléguez. 

Apres lesquelles publications auroit esté procédé a la 

recepte des enchères et renchores, et des d. diligences, le 

d. sieur Bailli aurait fait et dressé procès verbal, et le 

tout renvoie vers les d. sieurs Abbé, religieux et couvent, 

pour délibérer et adviser a ce qui seroit a faire pour le 

bien de la dite abbaie : ce qu'aiant fait, et considéré que de 

présent tombe en grande ruine et décadence pour raison 

des guerres, et d*abondant chargée de grandes debtes 

entr*autres de la d. rente, de laquelle ils sont contrains et 

poursuivis par le d. sieur Mithon, suivant le contenu en 

page du contract de constitution conformément a l'edict 

de sa Mîgesté et ordonnance de Messieurs du clergé ; ce 

qui ne se peut faire que par la vente et aliénation des d. 

flefs, terres et seigneuries, attendu le peu de revenu de la 

d. abbaie, n'aiant les d. du Treport moiens d'ailleurs, 

joint le peu de revenu des d. flefs et seigneurie, les grands 

frais quil conviendra faire pour les réparations, et a 

remettre les édifices et terre encore a présent en friche et 

inutiles. Lan de grâce 1602, le 28® jour de mars, par 

devant M* Jean Bataille, licentié es loix, senechal de la d. 

abbaie au Chapitre tenu en la d. abbaie, en laquelle 

auroient assisté le d. sieur abbé de Bellengreville abbé, 

les d. Sauchoy prieur. Poulain soubprieur des cloistres, 

sacristain de Bures, Y^tier, Courtois et tous religieux 

seroit compareu Messire Guy de Carvoisin escuier, sieur 

de Songeons, Rifiain et autres lieux, lequel auroit fait 

entendre quil auroit au dit siège de Gerbrois, mis a prix, 

et enchéri les d. fiefs terres et seigneuries de la Chapelle, 

Bus-Aubert, et Vrocourt, circonstances et dépendances , 



Digitized by VjOOQIC 



-884- 

justice et tous droits généralement quelconques, quiaus d. 
abbé^ religieux et couvent, peuvent competer et appartenir 
es d. lieux, comme aians les droits des d. sieurs et 
damoiselle de Guimerville, sans aucune chose excepterny 
retenir, aux conditions et charges d*acquiter les d. da 
Treport a l'advenir vers le d. Mithon, de la dite somme 
de cent quinze livres de rente rachetable par unze cens 
cinquante livres, et de rapporter aus d. du Treport dans 
trois ans les lettres du raquis et amortissement de la d. 
rente. Item pour supplément, leur bailler la somme de 
deux cens livres de rente par chacun an, rachetable an 
prix de l'ordonnance, edicts du Roy, stile et coutume da 
pais, lorsque sa Sainteté et sa Majesté permettront aux 
ecclésiastiques aliéner du revenu temporel des abbaies, et 
en tesmoins d'icelle somme de 200 1., acquiter les d. du 
Treport de cinquante livres de rentes envers les religieux, 
abbé et couvent de Lannoy. Ce que les d. du Treport 
auroient accepté à la charge en oultre qu'en cas qnil 
fussent des droits seigneuriaux pour ce que dessus, le 
d. sieur Carvoisin seroit tenu les paier, même les acquiter 
des arrérages qui sont deus du passé du toutes les rentes 
seigneuriales et foncières deues a cause des d. héritages, 
et faire le raquit des d. 200 1. de rente, lorsque sa dite 
Sainteté et sa Majesté le permettront pour aliénation, et 
ce, au denier douze, qui seroit pour les d. 2001. huit cens 
escus a soixante sols pour ecus, vallant a présent douze 
mil quatre cens livres. Et pour le regard du d. Mithon, 
paier par le d. sieur de Carvoisin, le raquit des d. 115 1. 
de rente en dedans trois ans, et en attendant le d. raquit, 
paier rinterest d'icelle somme: cependant entretenir les 
bâtiments en bon estât jusqu'à Tamortissement de la rente 
du d. Mithon, auquel temps U pourra faire des d. batimens 
ce que bon luy semblera, et a la charge aussi de prendre 
par le d. sieur de Carvoisin, la cession, transport et 
acquittement que luy faisoient les d. du Treport de tous 



Digitized by VjOOQIC 



;-966- 

les deniers qui letu* pourroient estre dens par le d. 
Donmel, dernier fermier des d. terres et seigneuries, et 
desquels il est condamné de messieurs des Requestes du 
palais à Paris, ensemble le quittement et transport des 
arrérages des censives et droits seigneuriaux qui se pour- 
roient trouyer estre deus, depuis le dernier jour de 
Décembre an 1598 , jusqu'à présent , par les sujets et 
tenanciers des d. seigneuries, sans aucune garantie, sinon 
de leurs faits et promesses, quils n'ont aucune chose 
touché qu'enyiron 36 1. receus des d. sujets par Jean du Rut 
de Gterbrois, et bailler pour les d. cessions et transports 
par le d. sieur de Garvoisin la somme de quatre cens ecus, 
a sçaToir au d. sieur Abbé 350 ecus, vingt sept ecus aux 
religieux, dix ecus aux frais faits a Gerbrois, et le reste 
aux ofiQciers et frais des volages, paiez à M. Amand du 
Vauvroy, bailly des d. seigneuries trois années de ses 
gages, et du tout passé contract en dedans le 15« de May 
dernier^ et ou il setrouveroit quU fust deus aucuns droits 
seigneuriaux pour ce que dessus, ou du passé, pour et afin 
de n'en estre recherchez, les d. du Treport auroient cédé 
au d. sieur de Carvoisin tous leurs droits, noms, raisons et 
actions quils pouvoient avoir a lencontre des héritiers ou 
aians cause des d. sieur et damoiselle de Guimerville pour 
les d. fiefs, terres et seigneuries delà Chapelle de Yrocour, 
terres et héritages cy-dessus, à Tentretement desquelles 
choses, les parties de leur accord et consentement 
condamnez par le d. Batailler juge, et délivre acte expédié 
au d. chapitre, sous la signature deBelot greflOer, en vertu 
duquel acte le dit sieur de Garvoisin auroit par le bailly 
et officiers des d. seigneurs et fiefs sus d., es présence de 
D. Louis de Yallois, aumônier de la d. abbale, et du d. 
de la Rudde receveur, envolez exprès de la 'part des 
d. du Treport, fait procéder par gens et experts a ce 
connoissans, et convenu par les d. parties au fait de la 
Visitation du d. moulin, batimens et édifices dependans 



Digitized by VjOOQIC 



-266- 

des d. fieft, terres et seigneuries et terre en friche et prez 
innondées, lesquelles réparations nécessaires a Caire 
auroient esté estimez sept cens cinquante quatre ecaa 
douze sols, suivant quil est porté par le proces-verbal des 
d. officiers par eux certifié le 30 Mars dernier, lesqueUes 
réparations ont esté proclamées au siège du d. Gerbrois 
et paroisses sus d., pour eetre baillées au rabais: ce qui 
auroit esté ainsi fait, et les d. réparations adjugées au d. 
siège de Gerbrois, le 2 d'Août dernier, au prix de sept 
cens ecus, suivant quil est porté par le d. acte, et sur ce 
que le d. sieur de Carvoisin, en vertu du d. acte, pretendoit 
prendre possession des d. fiefs terres et seigneuries, il en 
auroit esté empêché au moien des saisies faites desd. 
fiefs de la Chapelle^ Bus- Aubert et Moulin par les officiers 
du sieur Yidame de Gerbrois, et d'auti*es saisies faites 
par les officiers du Roy au comté de Clermont, de la terre 
et seigneurie du dit Vrocourt: comme aussi par le sieur 
de Senantes, qui détient et usurpe partie des terres appar- 
tenans aus d, du Treport, dépendant de la dite terre de la 
Chapelle, et autres seigneuries saisissans et pretendansla 
tenue de la plus saine partie des d. terres et prairie, pour 
raison de quoy le d. sieur de Garvoisin estant en delay de 
paier les dits quatre cens ecus, il auroit esté sommé et 
interpellé par le d. sieur Abbé de paier la d. somme avec 
l'intérêt et frais des volages , ensemble de fournir au 
contenu porté par le d. acte devant daté, suivant quil est 
a plein déclaré par la d. sommation passée devant notaires 
a Paris, le 19 Décembre dernier, pour raison desquelles 
choses les d. parties estoient en voie d'entrer en procès 
et contestations^ pour a quoy obvier et aux grands frais 
esquels les d. parties eussent sur ce peu encourir, ils en 
ont transigé et pacifié ainsi quil en suit : 

C'est a sçavoir, après que le d. sieur de Carvoisin a 
persisté en ses offres portées par le d. acte du 2S^ de 
Mars, a condition de ne paier aucuns interests dupasse et 



Digitized by VjOOQIC 



-367- 

' jusqnes a ce jour, les d. du Treport comparant, comme 
' dessus uniformément pour les causes et raisons prédites, 
^ autres bonnes considarations» et suivant la délibération 
faite au d. chapitre sans aucune contrainte ou induction 
de leur franche et libérale volonté, après quils ont juré et 
affermé ne trouver moiens plus profitables, quant a présent, 
ny portion du temporel de la d. Abbale moins domageable, 
pour le bien, profit et utilité de la dite Abbale, à l'augmen- 
tation du revenu de la d. Abbale tant pour eux que leurs 
successeurs, ontreconneu et confessé avoir vendu, cédé, 
quitté, aliéné, par la présente, vendent, quittent, aliènent, 
cèdent, délaissent et transportent des maintenant et a 
toujours au d. sieur de Carvoisin présent, ce stipulant et 
acceptant, pour luy , ses hoirs et aiant cause. C'est a sçavoir 
les fiefs, terres, seigneuries, maison, manoir, édifices, 
terres, prairies, pastis et la moitié du moulin de la Cha- 
pelle fief du dit lieu, Bus-Aubert et Vrocourt, justice, 
rentes, reliefs, et tous autres droits et devoirs seigneu- 
riaux, honneurs, prérogatives qui en dépendent, et tous 
autres droits, dignitez et autres choses généralement 
quelconques, afferans et appartenans aus d. fiefs, terres et 
seigneuries qui furent aus d. sieurs et damoiselle de 
Guimerville, par eux baillez aus d. du Treport, sans aucune 
chose en reserver ny excepter, pour des choses sus d« 
jouir par le dit sieur de Carvoisin, ses d. hoirs, et aiants 
cause, de ce jour a l'advenir, comme de son propre et 
loial acquest, cedans a ceste fin les d. du Treport, au dit 
Sieur tous leurs droits, noms, raisons et actions reeles et 
personneles. 

La présente vendue et aliénation ainsi faite au dit sieur 
de Carvoisin, a la charge d'acquitter et décharger les d. 
religieux. Abbé et couvent, de ce jour a l'advenir, envers 
le dit sieur bailly d'Eu, de la d. somme de cens quinze 
livres de rente, rachetable par la somme d'unze cens 
cinquante livres pour une fois palée, faisant le reste et 



Digitized by VjOOQIC 



— 968 - 

parpaie des d. 215 1. de rente cy devant constitaée ai 
denier dix, pour la dite aliénation et dlcelle rente faire 
l'extinction et amortissement par dedans deux ans dhuy, 
et rendre aus d. du Treport les contracts de constitution 
quittes et cassés. Et outre ce pour supplément de la d. 
aliénation, le dit sieur de Carvoisîn sera tenu, s'est submis 
et obligé rendre, paier, et bailler, par chacun an de ce jour, 
a Tadvenir, aus d. Abbé, religieux et conyent de la d. 
Abbaïe du Treport, ce stipulant et acceptant, la somme de 
300 1. de rente palable au terme de Saint-Jean et Noël 
également, premier terme de Saint-Jean, paiement Saint- 
Jean prochain yenant a pro rata, et ainsi continuer d'an 
en an, et de terme en terme, jusqu'au racquit et amor- 
tissement de la dite rente, que le dit sieur de Caryoisin 
pourra faire toutes fois et quantes que bon luy semblera, 
et par exprès y pourra estre contrains, instance des d. 
religieux, Abbé et conyent, lors et advenant quil se fasse 
cy après aucune aliénation des biens et temporel de la d. 
Abbaïe, et qu'a ce faire les d. Abbé, religieux et couvent 
fussent tenus par permission de sa Sainteté, ordonnance 
et edict de sa Msgesté, en paiant comptant la somme de 
deux mil quatre cens livres, si tant se trouve monter la 
taxe de la d. Abbaie, et permission d'aliéner, en adver- 
tissant le dit sieur de Carvoisin, trois mois en précédant, 
le tout suivant quil est porté et convenu par le dit acte et 
sentence devant datée* En attendant lequel racquit et en 
diminution de la d. rente de deux cens livres, le dit sieur 
de Garvoisin sera tenu et sest submis en lacquit et 
décharge des d. du Treport, de ce jour a ladvenir, païer 
par chacun an aux religieux. Abbé et couvent de Lannoy, 
cinquante livres tournois de rente et pension a eux deûe 
par les d. du Treport, aus d. termes de Saint-Jean et Noél, 
et en apporter d'an en an les acquits, a la d. Abbaïe ou 
receveur d'icelle, au d. lieu du Treport, au paiement de 
laquelle rente totale, le d. sieur Garvoisin a spécialement 



Digitized by VjOOQIC 



-269 - 

affecté et hypothéqué les d. terres, âefs et seigneuries et 
généralement tous ses autres biens^ meubles et héritages, 
en quelques lieux quils soient scituoz et assis» sans que la 
spécialité déroge a la qualité, ny la qualité a la spécialité, 
ains pourront concurer ensemble. Et a la charge en outre, 
qu'en cas que pour raison de ce que dessus, et pour le 
passé, il soit deub aucuns droits seigneuriaux ou arrérages, 
de censiyes et rentes foncières, le dit sieur de Carvoisin 
sera tenu les paier et acquitter, les d. Abbé, religieux et 
couvent du Treport, qui luy ont pour ce cédé, quitté et 
transporté, par ces présentes cèdent, quittent et trans- 
portent, sans aucune garantie que de leurs faits et 
promesses, tous droits, noms, raisons et actions quils ont 
contre les aiants causes et héritiers du d. sieur de 
Guimerville et autres pour les d. âefs, terre et seigneurie 
cy-dessus. Comme aussi ont les d. du Treport, cédé, quitté 
et transporté comme dessus, au d. sieur de Carvoisin, 
tous les deniers et arrérages qui leur peuvent estre deues 
par Nicolas Dournel, dernier fermier des d. terres, et 
esquels il est condamné par sentence donnée de nos 
seigneurs des Requêtes du dit palais a Paris, lunziesme 
Octobre 1601, avec les arrérages des censives et droits 
seigneuriaux qui sont ou peuvent estre deus depuis le 
dernier de 10 Octobre 1598, jusqu'à présent, par les sujets 
et tenans des d. seigneuries, sans aucune garantie, sinon 
de leur faitet promesse, quils n'ont aucune chose receu ny 
perceu, sauf environ 36 1. paiées parles d. si:gets particu- 
culierement es-mains de Jean du Rut de Oerbrois, les 
dites cessions et transports faits moiennant la somme de 
douze cens livres présentement paiez, comptez et nombrez 
par le d. sieur de Carvoisin es-main du dit de la Rudde au 
d. nom, en francs et quarts d'ecus du prix du Roy de 
présent aians cours, présence des d. tabellions et témoins 
cy après nommez, dont le dit de la Rudde au d. nom et 
par vertu de son dit pouvoir, s'est tenu content et bien 



Digitizedby VjOOQIC _^_^ 



— 970 - 

paie. En laquelle somme de 1,200 livres sont compris la 
somme de quatre cens cinquante livres dix sols, pour le 
remboursement des frais et dépenses quil auroit, au dit 
sieur Abbé convenu faire, a la poursuite de cette affaire, 
tant pour obtenir la d. nouvelle permission, informations, 
proclamations et diligences sus d. En quoy faisans les d. 
procureur et agens de la d. Abbaïe ont vaqué par Tespace 
de six a sept semaines et plus tard pour la longue distance 
des lieux, divers voiages, a aller, séjourner que revenir, 
que comme aussi la somme de cent cinquante livres paiez 
tant pour le vin des religieux, des officiers, qu'autres 
choses portées par le dit acte, et desquels deniers ensem- 
ble de tous autres loiaux cousts paiez et déboursez poar 
raison de la présente acquisition, ensemble de la somme 
de deux mil cens livres, a laquelle sest trouvée monter 
Tadjudication des ouvrages nécessaires a faire aus d. 
manoir, moitié du moulin, grange, quautres deniers qaii 
convient pour faire et construire de neuf une écurie, 
etable, et édifices nécessaires ; d*autant qu'en faisant les 
d. visitations, ne s'est trouvé au dit lieu qu'un corps de 
logis de brique dégradé avec une grange ; en cas que le 
dit sieur de Carvoisin et ses hoirs, ou aians cause, 
soient cy-apres dépossédez du contenu en la présente, on 
inquiété en tout ou partie de son d. conquest, actuelle- 
ment et comptant remboursé, tant en principal arrérages 
dommages, qu'interest des choses sus d., depuis ce jour 
jusqu'au jour du rembours, sur et dedans la somme de 
cent quarante livres, pour vray valleur et revenu qufl 
aura perceu des d. fiefs, terres et seigneurie et dépen- 
dances d'iceux, et sans laquelle clause exprès le d. sieur 
de Carvoisin a dedaré quil neust contracté la présente 
avec les d. Abbé, religieux et couvent : lesquels sont tenus 
de bailler copie collationnée devant tabellions au d. sieur 
de Carvoisin de la permission de constituer la d. rente 
vers le dit de Montgargny, copies des poursuites faites a 



Digitized by VjOOQIC 



-271 - 

Ronen, et de la communication nouvelle obtenue par le 
dit sieur des Alleux avec l'original de la sentence et pièces 
concernant le fait du dit Doumel, et faire ratifier la 
présente au dit sieur des Alleux, en dedans un mois dhuy, 
promettans les d. parties, asçavoir le dit de la Rudde aux 
d. nom, et par yertu de la d. procuration, ensemble les d. 
religieux et couvent, le contenu cy dessus tenir, entre- 
tenir et le d. sieur Carvoisin de sa part paier et acquiter 
les d. rentes, ainsi que dit est, sous l'obligation, cestasça- 
Yolr les d. religieux, Abbé et couvent de tout le revenu 
temporel de la d. Abbaie^ et le sieur de Carvoisin de tous 
ses biens meubles et héritages présents et advenir, a 
peine de tous dépens, dommages et interest chacun 
endroit soy, jurans a non jamais aller au contraire, 
renonsans a toutes choses par quoy faire le pourroient. 
En témoin de ce, nous, a la relation des d. Tabellions, avons 
mis a ces présentes le seel. Ce Ait fait passé en la d. 
Abbaïe au chapitre dicelle le 17 de février 1003, avant 
midy, dix heures, présence de M. Amanddu Vaucroy, bailly 
des d. flefs et seigneuries et Richard des Cloistros, demeu- 
rant au Treport, témoins. Ainsi signé J. Belot, Robillard, 
chacun un paraphe. 

Remarquez que les héritiers du d. sieur Carvoisin, se 
faisant tirer l'oreille pour paier les rentes et redevances 
de ceste acquisition, comme si elle n'eust pas esté très 
avantageuse pour leur famille, M. Nicolas Le Villain , 
receveur de l'Abbaie du Treport, fut obligé de les pour- 
suivre au siège de Gerbrois, ou il obtint ceste sentence 
conflrmative du précèdent contract, le 3« jour de Septem- 
bre 1656, dont en voicy la teneur: 

SENTENCE DU SIEGE DE GERBBOIS. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Pierre 
Aubert escuier, sieur de Rochy , licentié es-loix, lieutenant 



Digitized by VjOOQIC 



- 373- 

general du bailliage et yidame de Gerbrois, pour Monsei- 
gneur TEvesque et comte de Beauvois . yidame du d. 
Gerbois, pair de France, salut. 

Sçayoir faisons que ce jour d'hny, 3« jour de Septembre 
1655, en nostre hostel a esté fait et expédié ce qui ensuit : 

Sur la requeste faite par M. Nicolas leVillain, receyenr 
de l'Abbaie de Saintr-Michel da Treport, presens en per- 
sonne assisté de M'CharlesHeu^sonadyocatetprocureur, 
demandeur contre Messire Gilles de Garyoisin, cheyalier, 
seigneur d'Achy, tuteur du costé maternel des enCants 
mineurs de defunct Messire Michel de Gonflans, yiyant 
cbeyalier seigneur Marquis de Saint-Remy , et de dame 
Louise de Garyoisin, son épouse, comparansparM. André 
Doupillieres, lieutenant particulier de ce bailliage, agent 
des affaires de la d. tutelle, tendant a ce que le d. sieur 
d'Achy, en la d. qualité, soit tenu et condamné luy paier 
seize années d'arrérages de la redeyance annuelle que les 
d. sieur Abbé, religieux et conyent de TAbbale de Saint- 
Michel du Treport ont droit de prendre et perceyoir par 
chacun an sur la ferme et héritages appartenans aux d. 
mineurs, sis au yillage de la Chapelle sous Gerbrois, 
vulgairement dite la ferme du Treport, a raison de cent 
cinquanteliyres par chacun an, etluy fournir acquits entre 
les mains, d'année en année, de 50 1. de redevance, qoil a 
maintenu les d. mineurs estre obligez, comme héritiers de 
la d. dame leur mère, qui estoit fille et héritière du défunt 
sieur de Songeon, deus ans d. sieurs Abbé et religieux de 
Lannoy, suivant que le dit feu sieur de Songeon s'y seroit 
obligé par le d« contract de vente de la dite ferme, par 
devant les tabellions du comté d'Eu le 17<» jour de Février 
1603, et en ce faisant que le d. contract soit dedaré 
exécutoire sur les d. mineurs, en qualité d'héritiers deleor 
dite mère, comme il estoit sur le d. defunct sieur de 
Songeon leur aieul, durant sa vie, avec dépens. Oui le dit 
BoupilUeres, pour le d. sieurj d'Achy, qui a remontré 



Digitized by VjOOQIC 



— 278 — 

la d. ferme, ayoir esté baillée a ferme par le feu sieur 
Marquis de Saint-Remy, et depuis le decés d'iceluy, par 
la dame de SongeoUi aieulle maternelle des d. mineurs, 
aux nommez François Bohorel , Jean du Ghaussoy , et 
Pierre Boutellier, a la charge du paiement de la d. 
redevance, dont ils sont obligez acquitter les d. mineurs 
par leur bail, sur lesquels arrérages a esté fait plusieurs 
paiements, requérant, pour reconnoitre ce qui est deu du 
reste des arrérages de la d. redevance, les parties estre 
admises en compte sur le fait des d. paiemens et quittances 
par luy exhibés et représentés. 

Sur quoy les parties ouïes, nous avons le d. contractcy 
dessus datte, déclaré exécutoire sur les d* mineurs, comme 
il estoit sur le d. defimct sieur de Songeon, leur aieul 
maternel, et en ce faisant les avons condamné aux 
paiemens et estimations de la sus dite redevance portée 
au dit contract, et a en paier les arrérages qui s'en trou- 
veront légitimement deus et echeus. 

Et après qu'icelles parties ont compté en nostre présence 
des arrérages prétendus deus au dit, pour echeus durant 
le temps de sa recepte, a compter depuis l'an 1640, jusque 
et après la présente année 1665, sest trouvé estre deus 
seize années d'arrérages de la d. redevance revenans a la 
la sus d., raison de 150 1. par an, a 2,4001. sans préjudice a 
Tannée 1639, prétendue parle d. Le Yillain, comme disant 
estre la première année de son bail, et acquits des 50 1. 
de rente de redevance doues a la d. Abbale de Lannoy. 
Sur lesquels arrérages se trouvent avoir esté paie par 
Jean du Ghaussoy, cy-devant fermier en la dite ferme 
150 1., par quitance du 21« jour de juin 1642. Item, pareille 
somme de 150 1. paiée par le dit du Ghaussoy par autre 
quittance du 18« jour de May 1643. Item, 174 1. 10 s. paiez 
par iceluy du Ghaussoy par quittance du 8« jour de 
juillet 1644. Item, 124 1. 3 s. paiez par quittance du 3 
juillet 1646. Item, la somme de 78 }. 5 s. paiée par autre 

18 



Digitized by VjOOQIC ' 



-374- 

quittance du 28 octobre 1645. Item, 42 L 4 8. par aitve 
quittance du 15* jour de Décembre au dit an 1045. Item, 
par autre quittance du 2* jour d'Aoust 1647, la somme 
de 08 1. 3 s. Item, la somme de S2 1. 15 s. par quittance dt 
sieur Beauâls du 25» jour de juillet 1548. Item, la somme 
de 118 1. paiée par le fils de François Boborel, cl-âeYaiit 
fermier de la d. ferme le 10 novembre 1660, dont le d. Le 
yuiain a reconneu avoir cy-devant baillé quittance an dit 
Boborel, plus avoir esté paie par le d. Bouteiller a présent 
fermier de la d. ferme, la somme de 328 L 7 s. a plnsieun 
et diverses fois, dont le d. Bouteillier est porteur des 
quittances. Item, du d. Bouteiller, parles mains de Richard 
le Long, la somme de 12 1. Item, la somme de 152 1. 14 a. 
par quittance du 18« jour de May dernier. Et sur antre 
déduction requise par le d. sieur d'Achy, de la somme de 
120 1. prétendue paiée, outre le contenu des quittances 
cy-dessus, au dit, par les mains du messager de la viUe 
d'Eu a Paris mentionnez au mémoire ecarit de la main da 
d. procureur, non signé. Après que le dit Le Vilain a 
remontré le dit paiement avoir esté compris dans la 
quittance par luy baillée de la somme de 124 L 3 s. par Iny 
touchez du d. Michel Girard, messager de la dite ville de 
Paris, daté du 3« jour de Juillet 1645, laquelle quittance 
avec l'article contenu en son mémoire portant les d. 
120 L ne peut avoir lieu que pour un seul acquit» et même 
somme pour n'avoir emploie la date du dit paiement 
dans son registre et mémoire, et que les 4 1. 3 s. se 
trouvent dans la dite quittance oultre les d. 120 1. 
qui ne se trouvent sur l'article du d . mémoire qui ne porte 
que 1201., auroit esté a cause du déchet et perte du dit 
paiement, qui estoit pour lors a faire sur les monnoies 
d'or et d'argent, qui estoientaplusbasprix en Normandie 
qu'au pals de Picardie, d'où estoit envolez les d. deniers. 
Et par le d. sieur d'Achy a esté dit que ce qui M 
présumer que les d. 120 L portées au d. memc^re en «n 



Digitized by VjOOQIC 



— 975 — 

paiement différent de celny porté en la d. quittance, n'est 
seulement a raison de ce que la d. quittance se trouve 
monter a plus grande somme que le d. article, mais aussi 
que selon Tordre du temps, il se void, par le dit mémoire, 
que le d. article faisant mention des d. 120 L paiées par ledit 
messager, est ensuite d'autres paiemens ftuts tant par les 
mains du dit messager que du nommé Beauflls, huissier, 
portant datte du 2 Aoust 1647 et » d'Aoustl048 ; persisté 
par le dit le Villain que le dit article est sans datte, et que 
le défendeur doit prendre droit par les d. quittances, ou 
par le d. mémoire qui lui a esté baillé de bonne foy des 
paiements quil a receus, sur quoy ayons ordonné, aupara- 
vant faire droit sur Tallocation des d. 1201. estanten débat, 
que le registre du d. Michel Oirard, messager qui a fait le 
paiement au d. demandeur, sera veu pour connoistre si 
oultre les d. 124 1. 8 s. portez par la d. quittance cy-» 
dessus dattée, U se trouve quil ait esté encore paie les d. 
six-vingt livres contenues au d. mémoire. Et pour ce qui 
est des autres paiemens, après que le d. demandeur les 
a reconneu véritables, avons ordonné qmls seront déduits 
sur les d. 2,400 livres d'arrérages : lesquels, par le calcul, 
se sont trouvez monter a la somme de quinze cens unze 
livres un sols , partant resteroit deue déduction faite 
dUceux paiemens, la somme de huict cens quatre-vingt 
huict livres dix neuf sols, au paiement de laquelle somme, 
avons le d. Bouteiller, a ce présent, de son accord et 
consentement, condamné a paier et vuider ses mains 
en celles du d. demandeur, du consentement du d. sieur 
d'Achy, dont en ce faisant le dit Bouteiller en demeurera 
d'autant quitte et déchargé vers le dit sieur d'Achy, 
tuteur, surles arrérages de laredevance de son bail, le tout 
sans préjudice a l'année d'arrérages deFannée mil six cens 
trente neuf, pour raison de quoy le demandeur demeure 
réservé en ses prétentions^ et le d. d'Achy en ses moiens 
au eontraire, demeurant le contract en sa vertu» et sans 



Digitized by VjOOQIC 



— 276 - 

dei'oger aux hypothèques portées par iceluy , et au cas qu'an 
par dessus des paiements cy-dessus mentionnez, quil se 
puisse trouver quelque autre quittance non comprise au 
présent compte, ils seront allouées de bonne foy aus d. 
mineurs, le d. tuteur condamné aux dépens, modérez a la 
somme de douze livres parisis, non compris les présentes 
sil les convient lever, desquel dépens avons le d. BouteiUer 
condamné a paier par moitié. Mandons au premier sergent 
de ce bailliage ou autres sur ce requis, de mettre œs 
présentes a deue et entière exécution, selon leur forme et 
teneur : et s'il est besoin icelles exécuter hors les fins de 
lad. juridiction; prions et requérons tous juges en aide 
de droit a ces présentes, vouloir donner attache, et taire 
pour nous comme ferions pour eux, si requis en estions. 
En témoin de quoy avons donné ces présentes les d. jour 
et an que dessus. Signé DoupiUières avec paraphe. 

ALIENATION DES PEEZ SALEZ , 1575. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront Jehan de 
Brevedent, escuier, conseiller du Roy, lieutenant gênerai 
au Bailliage de Rouen, et Christophe Eude, chanoine en la 
grande église Notre-Dame, officiai et grand vicaire de 
Monseigneur le Reverendissime et Illustrissime Cardinal 
de Bourbon en son archevêché de Rouen, commissaire du 
Roy en cette partie , et subdeleguez de Messieurs les 
Reverendissismes et Illustrissimes cardinaux de Lorraine, 
de Bourbon et nonce de nostre s* Père le Pape devers le 
Roy, déléguez par la bulle de sa Sainteté du mois d*aoast 
1574, vérifiée, publiée et enregistrée es cours de Parlement 
de Paris et de Rouen, avec les lettres patentes du R07 
pour procéder a la vente et aliénation du temporel et 
biens des ecclésiastiques et beneficiers de ce Royaumei 
jusqu'à la somme de quinze cens mil livres tournois 
octroiées à sa M^gesté pour estre levées sur tout ledit 



Digitized by VjOOQIC 



— 377- 

clergé pour subvenir aux lirais de la guerre que le Roy est 
contraint faire pour le sousténement de l'église catholique, 
apostolique et romaine, et maintenir son Royaume en son 
obéissance. 

SçaToir, faisons qu'après avoir receuleslettres patentés, 
et déclaration du Roy, nostre d. sire contenant notre d. 
commission données a Avignon au mois de Décembre 
dernier, signées par' le Roy, de Neufville, et scellées du 
grand seel de sa Majesté sur simple queue de cire jaune, 
et autre lettres de subdeL^ation de nos d. seigneurs les 
Cardinaux et nonce du Pape du même mois et an, ensemble 
autres lettres de déclaration de sa d. Majesté, données a 
Paris le 2l« jour de mars au présent 1575, nous avons 
suivant icelles et les articles dlnstructions a nous enyoiées 
du 19« jour du d. mois de Décembre dernier, fait signifier 
par plusieurs sergens envoyez exprès a cette fin, a chacun 
des beneâciers de ce d. diocèse et archevêché de Rouen, 
les sommes auxquels ils ont esté taxés par les syndics et 
députez du clergé pour leur contingente et portion de cens 
mU livres tournois, a quoy le d. diocèse a esté taxé pour 
sa part des d. quinze cens mil livres, afin de fournir par 
chacun des d. beneficiers au paiement des d. cotisations, 
soit en deniers comptans, ou par vente et aliénation de 
partie et portion de leur temporel, ou autrement, ainsi 
qu'il est porté par la d. bulle, lettres patentes et instruor-: 
tiens, pour a quoy satisfaire les religieux. Abbé et couvent 
de l'AbbaiedeSaint^Micheldu Treport, cotisez, a lasomme 
de douze cens livres tournois pour une tais paiétt, auroieht 
entr'autres choses exposé et mis en vente, c*est a 8çavi)Kr 
une pièce de prairie appartenans a la d. Abbaie contenant 
quatre accres ou environ plus ou moins, et la pièce ainsi 
qu'elle se contient et comporte, nommée les prez salez 
située et assise prez la ville d'£u, paroisse de la Trinité, 
bornée d'un costé les prairies de la ferme de Froideville, 
d'autre costé a la rue, d'un bout Charles Turpin, escuier. 



Digitized by VjOOQIC 



— 378 — 

et d'autrô bout phisieurs particuliers et deienteiin 
d'autres prairies évaluées, suivant le bail a trente livres 
tournois de ferme et revenu annuel, pour estre la d. pieœ 
nommée lesprez salez, a<]yugée au denier vingt, ala raison 
de la d. evalluation, et non a moins^ au plus oflOrant et 
dernier enchérisseur, au-dessus s'il se trouvoit quia plus 
grand prix la voulsit enchérir, oultre dix huit deniers pou 
livre» pour les frais, à la charge que la dite pièce de pré 
amorti demeurera tenue de la dite Abbaie pour douze 
deniers de rentes seigneuriales, pour reconnoissance de 
seigneurie et des droits et devoirs seigneuriaux reliefs et 
treizièmes, seulement le cas s'offirant qu'elle soit yendoe 
aliénée ou changée de main a autre, a Tad venir. Et pour 
faire sçavoir et entendre la d. vente a toutes personnes, 
les d« religieux, Abbé et couvent l'avoient fait publier et 
proclamer tant au devant de la Croix du bourg de la ville 
d'Eu, lieu accoutuméa faire cris et proclamations, comme 
lieu plus prochain de la d. Abbale, qu'a jours de dimanches, 
heures et issues des grandes messes paroissiales des 
villages de Saint-Léger, et bourg de Blangy, et au hovrg 
du Treport: et le tout mis par placarts et affiches aux 
portes des églises des d. lieux, et au port principal du d. 
bourg du Treport et de la d. Abbaie. Et aussi avoient ùit 
mettre semblables placards etafBches aux portes du palais 
archiépiscopal, et de la cour du parlement, même aux 
portes de la cohue et prétoire de ce d. bailliage, et autres 
lieux accoutumez a mettre tels placards et affiches 
publiques. Jouxte les exploits relations et proces^yerbaux 
de David le Parmentier, sergent royal au bailliage et 
preaidial d'Amiens et prevosté de Yimeu, et Estienne 
Vereul, huissier pour le Roy, au siège presidial de ce dit 
bailliage deRouen^ datiez des samedy 1Ô«, dimanche 17^ 
lundy 18« et 19* jours de ce présent mois d'Avril, an 
1575. Et par les d. proclamations et affiches Mt sçavoir, 
notoirement et publiquement, que Tadlj udication en seroit 



Digitized by VjOOQIC 



-379 - 

fuie a ce jonrdliiiy^ afin que s'il y ayoit aacims qui 
▼oniffliwftut enchérir au prix de la d, evalluation, ou en 
donner davantage, ils comparussent ce dit jourdhuy par 
deivant nous, et ils y seroient ouïs. Auquel jourdhuy 
mercredy 27^ du d. mois d'Âyril, Tan de grâce 1575 de 
relevée, par devant nous commissaire susdit, estans au 
pretoir et Juridiction ordinaire du d. Bailliage, ont com- 
pareu en personne noble et vénérable personne M* Jacques 
Guilleti, vicaire gênerai de la d. Abbale du Treport, dont 
est Abbé le Reverendissime et Illustrissime Cardinal de 
Monte, comme il a fait apparoir par son vicariat passé en 
cour de Rome en date du 20« jour de juillet 1573, et 
religieuse personne, D. Laurens le HouUier, religieux et 
chantre de la d. Abbaie, tant pour luy que comme procu- 
reur spedal des autres religieux, prieur et couvent 
dlcelle Abbale, et aiant pouvoir spécial quant a ce, comme 
il est appareu par sa procuration passée par les d. reli- 
gieux, prieur etconvent, pour cet effet deuement congregez 
et assemblez en leur chapitre conventuel, par devant les 
tabellions du comté d'Eu, le 20» jour du présent mois et 
an. Lesquels Ouilleti, vicaire gênerai, et le Houllier pour 
luy, et comme procureur spécial sus d», après qu'ils ont 
Mt apparoir de leurs pouvoirs et procurations susd. dont 
lecture a esté faite en la présence du procureur du Roy au 
d. Bailliage, et de nobles et discrettes personnes M^ Marian 
de Martimbos et Nicolas Clerel, chanoines en Teglise 
cathédrale Notre-Dame de Rouen, députez du clergé de ce 
d. diocèse en cette partie, ont requis, en ratifiant tout ce 
qui a esté et sera fait aux fins de Tacyudication des 
hmtages exposez en vente, qu'il y soit par nous présen- 
tement procédé et entr*autres choses de la d. pièce 
nommée les prez salez, pour teUe quantité et nombre 
qu'elle contient sans fourniture de mesure, ny aiant égard 
a laquelle requeste et ratification, lecture aussi faite des 
<!• actes de permission, bail a ferme, et proces-verbaux 



Digitizedby VjOOQIC — 



-280- 

des dits sergent et huissier» contenant les pablicatimiB» 
affiches et diligence par eux respectivement faites anx 
fins que dessus, et le tout trouvé, et par nous dedaré 
avoir esté et estre bien et deuement fait. Noas avons fait 
crier et proclamer a haute voix, a la juridiction et prétoire 
de ce d. bailliage , par Taudiencier ordinaire de la d. 
Juridiction, que s'il y aaucone personne qui veuille enchérir 
et mettre a prix la dite pièce nommée les prez salez ainsi 
qu'elle se contient, sans nombre et fourniture de mesure, 
a la charge sus d., et en donner le prix de lad. evalluaticm, 
au denier vingt ou davantage, outre les d. dix-huict 
deniers pour livre, pour les frais, qu'il ait a le dire et 
déclarer présentement, et il y sera ouy et receu, et que 
l'adjudication s'en fera au plus offirant et dernier enché- 
risseur. A quoy s'est comparu honorable homme Jean 
Briffault, receveur de l'Abbaie Saint- Joire, lequel au nom 
et comme procureur spécial quant a ce d'honnorable 
homme Richard Mithon, bourgeois et eschevin de la ville 
d'Eu, demeurant au dit lieu, jouxte sa procuration dont il 
a fait apparoir, passée devant les d. tabellions d'Eu, le 19* 
Jour de ce d. présent mois et an, a mis et enchéri la dite 
pièce de pré nommez les prez salez ainsi qu'elle se contient, 
exempte et franche de dixmes, au prix et somme de six 
cens livres tournois pour une foispaiée, outreles dixhniet 
deniers pour livre pour les frais, et pour ce que le d. 
Briffault ny autres n'en ont voulu donner d'avantage, 
néanmoins plusieurs proclamations et interpellations poar 
ce deuement faites, nous, tout veu et considéré, en vertu 
du pouvoir a nous donné, et a la requeste et de l'exprès 
accord des d. OuiUeti, vicaire gênerai, et le HouUier, 
religieux et procureur spécial sus d., et du consentement 
aussi des d. procureur du Roy et député du d. dergé, 
avons adjugé, vendu, quitté, cédé et délaissé et par ces 
présentes a<]yugeons, vendons , quittons , cédons et 
délaissons, afin d'héritage perpétuel au d. Briffault, au dit 



Digitized by VjOOQIC 



-281- 

nom du dit Mithoo, comme au plus offrant et dernier 
enchérisseur, la d. pièce de pré nommée les prez salez, 
ainsi qu'elle se contient et comporte, et sans autres four- 
nitures de mesure, pour en jouir a toujours par le dit 
Mithon, ses hoirs et aiant cause, comme de leur propre 
et rray héritage, et tout ainsi que faisoient et eussent fait 
faire les dits Abbé et religieux et couvent du Treport, et 
oultre a la garantie de tous les autres biens et revenu 
temporel de la d. Abbaye, a la charge que la d. pièce de 
pré amortie demeurera tenue a l'advenir de la d. Abbaie, 
et d'en faire paler a iceux douze deniers tournois de 
rente seigneuriale pour reconnoissance de seigneurie, et 
lesquels religieux, Abbé et couvent seront tenus de 
mettre entre les mains du dit Mithon les lettres, titres et 
enseignemens, si aucuns en ont, de la dite pièce de pré, 
pour s'en servir et aider, si besoin est, avec les droits^ noms, 
raisons et actions que les d. religieux, Abbé et couvent, 
avoient et pouvoient avoir, a cause de lad. pièce, ausquels 
nous avons subrogé et subrogeons le d. Mithon, adjudi- 
cataire. Cette présente adjudication, vente, cession et 
aliénation ainsi faite, mo!ennant la d. somme de six cens 
livres tournois, pour une fois palée, que en sera tenu 
fournir, et paier le d. Mithon. Et pour ce jourdhui 4* de 
May, au dit an 1575, par devant nous d. commissaires, 
présence des d. procureurs du Roy et députez du d. 
clergé, est compareu de rechef le d. Quilleti, procureur et 
vicaire gênerai et spécial de la dite Abbaie, lequel en la 
présence du d. Mithon a dit que lors de la présente 
adjudication, il avoit esté aussi par nous adjugé, le même 
jour, le âef noble du Mesnil-AUard, dépendant du temporel 
de la d. Abbaie qu'ils avoient aussi exposé en vente pour 
satisfaire a leur d. cottisation, l'enchère duquel s'est 
trouvée monter a la somme de sept cens quarante livres 
tournois, il restoit seulement a paier la somme de quatre 
cens soixante livres pour parfournir la dite somme de 



Digitizedby VjOOQIC 



— 9B2 — 

doii20 oeils livres tournois pour la quotisatioa de la d. 
Abbaie, a requis que la somme de sept Tingt liTres tour- 
nois faisant le surplus des enchères tant du d. fief du d. 
Mesnil-AUard que de la d. pièce des près salez, soit et 
demeure es mains du d. Mithon pour en faire parluy 
rente au denier dix» au profit de la d. Abbaie, et que oultro 
plus de son enchère montant quatre cens soixante livres, 
le d. Mithon ait a le paier, a la décharge de la d. Abbale, 
et pour le parfounissement de leur d. quotisation, ce que 
nous avons ainsi ordonné de l'accord, et consentement du 
d. Mithon a ce présent, comme dit est, lequel en ratifiant 
Fenchere faite en son nom par le d. Briffault, s'est 
chargé du d. outrqplus, et de ce accorde en passer lettre. 
Et ce même Jour le dit Mithon a rapporté et tait 
apparoir de la quittance du paiement par luy fiiit es- 
mains de M. Pierre Tgon, receveur des deniers et 
subvention de ce diocèse a ce commis, de la somme de 
quatre cens soixante livres tournois du nombre des d. 
six cens livres tournois, a quoy se monte sa d. a<]yudica- 
tion jouxte, lad. quittance de laquelle teneur ensuit: 
Je Pierre Igou, receveur des décimes et subvention au 
Diocèse de Rouen, confesse avoir receu comptant d'hon- 
norable homme Richard Mithon, bourgeois et eschevin 
de la ville d*Eu, la somme de 460 1. tournois pour adjudi- 
cation qui luy a esté faite le 27* jour d'Avril dernier, par 
Messieurs les commissaires a ce députez, d'une pièce de 
prairie nommée les prez salez ainsi quelle se comporte, 
assise en la parroisse de la Trinité, près la ville d'Eu, 
exposée en vente par les religieux, Abbé et couvent de 
TAbbaie du Tréport, pour subvenir a la somme de douze 
cens livres, a laquelle la d. Abbale a esté cotisée pour sa 
quote part et portion de la sonmie de cens mil livres tour- 
nois imposée sur le Diocèse du d. Rouen, a cause de 
l'aliénation du temporel de l'église, permise estre faite par 
notre S^ Père le Pape, Jouxte sa bulle du 24 d'Aoust der 



Digitized by VjOOQIC 



-288- 

Bior, pour les deniers de la d. aliénation estre emploiez 
pour les affaires du Roy, nostre d. Sire, ainsi quil est 
porté par la dite Bulle ; la d. pièce de prairie encherie par 
Jean Briffault au nom du dit Mithon, a la dite somme de 
six cens livres, de laquelle somme de 600 1. est demeurée 
èa— mains du dit Mithon la somme de sept vingt livres, pour 
en faire |^ar luy rente au denier dix^ au profit de la dite 
Abbale, et ce suivant l'ordonnance de ce faite cejourdhuy 
par les d. sieurs commissaires. En outre confesse avoir 
receu du dit Mithon la somme de quarante cinq livres pour 
les dix-buict deniers pour livre, a sgavoir douze deniers 
pour 163 frais et salaires des d. sieurs commissaires, et six 
deniers pour les gages de moy d. receveur, faisant les 
d. deux parties ensemble la somme de cinq cens cinq 
liyres, de laquelle somme me tiens a content, et en quitte 
le d, Mithon et tous autres. Fait au d. Rouen, soubs mon 
signe cy mis, le 4® jour de May 1575, signé Igou. Aumoien 
duquel paiement et que le d. Mithon s'est chargé do l'outre 
plus du prix de sa d. enchère, montant le dit outre plus 
sept vingt livres tournois pour en faire rente au profit de 
la d. Abbale au denier dix cdmme dit est, nous avons 
ordonné estre délivré lettres au d. Mithon de la présente 
adjudication pour, par luy, ses hoirs et aîans cause, jouir 
et posséder de la d. pièce des prez salez cy dessus spécifiée' 
et déclarée, ainsy quelle se contient et par la forme et 
manière que dit est, a la charge susdite, et mande a tous 
huiscders et sergens royaux, et chacun d'eux premier 
requis mettre le d. Hiihon, ses hoirs et aians cause en la 
d. possession saisine et Jouissance réelle et actuelle de la 
d. pièce nommée les prez salez, et en icelle les tenir, main- 
tenir et garder de toute force et yiolenoe indeue. En 
témoin desquelleschoses, nous commissaires susdits, avons 
signé ces présentes avec le grefiler de ce dit Bailliage, et a 
icelles mis et apposé les seaux dont nous aTons accoutumé 
naer. Donné a Rouen les d. 27«Jour d'Avril et 4« de May, 
au d. an 1575. Bigaé : Marin avec paraphe. 



Digitized by VjOOQIC 



384- 



AUBNATION DU FUBF DU 1IB8NIL ALAiU). 



Extraict des Registres du greffe du Bailliage de Rouen 
ce qui ensuit : A tous ceux qui ces présentas lettres 
verront, Jehan de Brevedent, escuier, conseiller du Roj, 
lieutenant gênerai au Bailliage de Rouen, et Christophe 
Eudes, officiai et grand vicaire de Monsieur le reverendis- 
sime et illustrissime Cardinal de Bourbon en son Arche- 
vêché de Rouen, Commissaires du Roy en cette partie, et 
subdeleguez de Messieurs les reverendissimes et illustris- 
simes Cardinaux de Lorraine, et de Bourbon, et Nonce de 
nostre S^ Père le Pape, devers le Roy déléguez par labuUe 
de sa Sainteté du mois d*aoust 1574, vérifiée, publiée et 
enregistrée en cours de Parlement de Paris et RQuen, avec 
les lettres patentes du Roy, pour procéder a la vente et 
aliénation du temporel et biens des ecclésiastiques et 
beneficiers de ce Royaume, Jusqu'à la somme de quinze 
cens mil livres octroiée à sa d. Majesté pour estre levée 
sur tout le clergé, pour subvenir aux frais de la guerre, 
que le Roy est contraint de faire pour le soustenement de 
l'Eglise catholique, apostolique et romaine, et maintenir 
son Royaume en son obéissance, Sçavoir faisons qu'après 
avoir receu les lettres patentes, et déclaration du Roy, 
nostre d. Sire^ contenant notre communication au mois de 
Décembre dernier, signée par le Roy, de Neuf ville et scellée 
du grand seel de sa Mi^esté sur simple queue de cire 
Jaune, et autres lettres de subdelegation de nos d. sieurs 
les Cardinaux et Nonce du Pwpe du d. mois et an, ensemble 
autres lettres de déclaration de sa d. M^yesté, données a 
Paris le 21 de mars, an présent 1576, nous avons, suivant 
icelles et lea articles d'instruction a nous envolez du 19, 
Jour du d. mois de Décembre dernier, fait signifier par 



Digitized by VjOOQIC 



-286- 

plusieurs sergens enyoiez a cette fin, a chaeon des bei^efl- 
ciers de ce Diocèse et Archevêché de Rouen» les sommes 
aasquelles ils ont esté taxez et cotisez par les syndics et 
députez du clergé, pour leur contingente et portion de cent 
mil livres, a quoy ce d. Diocèse a esté taxé pour la part 
des dits quinze cens mil livres, afin de fournir par chacun 
des d. beneâciers au paiement de leurs d. cotisations, soit 
en deniers^ comptans, ou par vente et aliénation de partie 
et portion de leur temporel ou autrement, ainsi quil est 
porté par la d. Bulle, lettres patentes et instructions, pour 
a quoy satisfaire les religieux. Abbé et couvent de TAbbale 
Saint-Michel du Treport, cotisez a la somme de douze cens 
livres tournois pour une fois paiée, auroient exposé 
entr'autres choses, et mis en vente, c'est a sçavoir le âef 
terre et sieurie nommée et appeUée le flef de Menil-Alard 
appartenant à la d. Abbaie, situé et assis en la paroisse de 
Saint-L^er et ès-environs, avec ses appartenances et 
dépendances, et consiste en ce qui ensuit : premièrement 
le chef-lieu du d. Menil-Alard avec plusieurs pièces de 
terre, tenues du d. âef amorti de la d. Abbaie, qui forent 
a Jacques et David la Radde, doivent par an, treize livres 
six sols huit deniers de rente seigneuriale, Robert Oau- 
diois, fils et héritier de Jean Cauchois, suivant l'adveu 
quil en a baillé, doit en une partie quatre livres treize sols, 
quatre deniers tournois, et en autre partie pour les terres 
de la Folie, trente sols, Jehan Merlin, flls de Guillaume 
Merlin, doit, chacun an, quatre livres treize sols quatre 
deniers tournois. Jacques Cauchois, suivant l'adveu qu'il 
a baillé, doit en deniers , par an, trente quatre sols, deux 
poules, demi quarteron d*œufs et neuf boisseaux d'avoine, 
Jehanne Cauchois, veuve de feu Pierre Cauchois, doit deux 
sols trois deniers, la d. veuve, pour un journal de terre, 
doit deux sols trois deniers, Martin du Croc, suivant l'ad- 
veu quil a baillé, doit vingt cinq sols, amllaume Martin 
doit, chacun an, quatre sols tournois, Thomas Vaillant, 



Digitizedby VjOOQIC 



-886- 

tvivant radTM qu'il a baillé, doit trois sois, quatre poules, 
quarante œufs, et trois mioes d'avoine, la veuve François 
doit neuf sols et une poule^ Robert Pignet, suivant son 
adveu qu'il a baillé, doit unze sols, Guillaume Faucquet, 
suivant son adveu, doit douze sols tournois. Le tout mon- 
tant en deniers clairs, a vingt-neuf livres cinq sols dix 
deniers, quatre mines et demie d'avoine, sept poules et 
demi cent d'œufs et autres droits et debvoirs seigneuriaux 
qui y appartiennent, pour estre le d. flef du Menil-Alard 
adjugé au denier vingt, a la raison de Tevalluation reve- 
nant a prendre l'avoine au prix de vingt quatre sols la 
mine, chacune poule à quatre sols, et les œufs un denier 
la pièce, a la somme de trente six livres six sols tournois 
de revenu annuel, par chacun an, vallant au denier vingt, 
pour une fois paie, la somme de sept cens vingt six livres 
tournois, au plus offl*ant et dernier enchérisseur, 8*il se 
trouvoit qui a plus grand prix la voulsit enchérir^ outre 
dix huict deniers pour livre pour les frais. A la charge 
que le d. flef terre et steurte tiendra et relèvera a raé^e* 
ntr de la d. AlAnzie comme a main morte par un Ow^eau 
de rosée paiable par chacun an au Jou r du Saint Sacrement, 
et autres droits et devoirs sieuriaux, relieft et treizièmes, 
le cas escheant que cy après le d. flef fust vendu, aliéné on 
diangé de main à autres. Et pour faire sçavoir etentaidre 
la d. vente a toutes personnes, les d. religieux, Abbé, 
prieur et couvent l'avoient fait publier et proclamer, tant 
au devant de la Croix du bourg de la viUe d'Bn, liée 
accoutumé a faire criées et proclamations, lieu plus pro- 
chain de la d« Abbale que ajour de dimanche, heure et 
issue des grandes messes parroissiales des villages de 
Saint-Léger et bourg de Blangy, et au bourg du Treport, 
et le tout unis, par placards et affiches aux portes des 
églises des d. lieux, et au port principal du dit bourg do 
dit Treport et de la dite Abbaie, et aussi avoit fait mettre 
semblables placards et affiches aux portes du palais 



Digitized by VjOOQIC 



-287- 

archiépiscopal et de la cour de parlement» même aux 
portes de la cohûe et prétoire de ce d« Bailliage, et autres 
lieux accoatomez a mettre tels placards et affiches 
publiques Jouxte les exploits, relations et procès-verbaux 
de David le Parmentier, sergent royal au Bailliage et siège 
presidial d'Amiens et prevosté de Yimeu, et Estienne 
Vereuil, huissier pour le Roy, au siège presidial de ce 
d. Bailliage de Rouen, datiez des samedy 16^, dimanche 17^ 
lundi 18« et 19* jours de ce présent mois d'Avril, an pré- 
sent 1575, et par les d. proclamations et affidies fait 
sçavoir notoirement et publiquement quel'acyudlcation en 
serolt faite cejourdhuy, afin que s'il y avoit aucuns qui 
voulsissent enchérir le d. flef et sieurie duMenil-Alard, au 
prix de la d. evalluation, ou en donner davantage, ils com- 
pareussent oejourd'huy par devant nous, et ils y seraient 
ouïe et receus. Auquel jourdhui mercredy 27 du dit mois 
d'Avril 1575, de relevée par devant nous, (Commissaires 
estans au prétoire et juridiction ordinaire du d. Bailliage, 
ont compareu en personne noble et vénérable persoiyie 
M' Jacques Quilleti, vicaire général de la dite Abbale du 
Treport, dont est Abbé le reverendissime et iUlustrissime 
Cardinal de Monte, comme il a fait apparoir par son vica- 
riat passé en cour de Rome, en date du 20» juillet 1573, ^t 
religieuse personne D. Laurent leHouUier, religieux et 
chantre de la d. Abbaie, tant pour luy, que comme procu- 
reur spécial des autres religieux, prestre et couvent 
d'icelle Abbaie, et aiant pouvoir spécial quant a ce, comme 
il est appareu par sa procuration passée par les d. reli- 
gieux, prestre et couvent, pour cet effet deuement congre- 
gez et assemblez en leur chapitre conventuel, par devant 
les Tabellions du comté d'Eu, le 20» jour du présent mois et 
an : lesquels auilleti, vicaire gênerai, et le HoulUer, pour 
luy et comme procureur spécial susdits, après quils ont 
CEut apparoir de leurs pouvoirs et procurations susdits, 
dont leetnre en a oité faite en la présence du proç^TOVr 



Digitized by VjOOQIC 



-988- 

du Roy en ce dit Bailliage, et de nobles et discrètes per^ 
sonnes, M«* Mariande Martimbos, et Nicolas Glerel, cha- 
noines en l'église cathédrale Notre-Dame de Rouen, 
députez du clergé de ce d. diocèse, ont requis, en ratifiant 
tout ce qui a esté fait et se fera aux Ans de radjudication, 
tant du d. fief qu'autres héritages exposez en vente, quily 
soit présentement par nous procédé, etentr'autres choses 
du d. âef et sieurie du Menil Alard, circonstances et dépen- 
dances ainsi que dit est, en ayant égard à la requeste et 
ratification, lecture aussi faite des actes et de permissions 
relations et proces-verbaux des d. sergens et huissiers 
contenans les publications, affiches et diligences par eux 
respectivement faites, aux fins que dessus, et le tout 
trouvé et par nous déclaré, avoir esté, et estre bien et 
deuement fait. Nous avons fait crier et proclamer, a haute 
voix, à la juridiction et prétoire de ce dit Bailliage par 
l'audiencier ordinaire de la dite juridiction, que s'il y a 
aucune personne qui veuille enchérir et mettre a prix le 
d, fief et sieurie du Mesnil-Allard cy-dessus dedaré, à la 
charge dessus dite, et en donner le prix de la d. evallna- 
tion, au denier vingt ou davantage, outre les d. dix huict 
derniers pour livre pour les frais, quil ait a le dire et le 
déclarer présentement, et il y sera ou! et receu, et que 
rac^udication s'en fera au plus oflErant et dernier enché- 
risseur. A qnoy se sont comparu plusieurs personnes qui 
ont enchéri, et renchéri l'un sur l'autre, et finalement imv 
nobles hommes Nicolas Langlois, s' de Ouillemènîl a esté 
déclaré que pour et au nom de noble homme Jean de 
de MaiUy, s^ de BellevUle, promettant luy faire ratifier, U 
encherissoit le d. fief, terre et sieurie du Mesnil-Alard, ses 
circonstances et dépendances et tout et autant quil en 
appartenoit et doit appartenir aus d. religieux. Abbé et 
couvent, au droit desquels il entendoit et entend estre 
subrogé, au priœ et somme de sept cens quarante livres 
tournois, pour une fois paies, outre les dits dix huict 



Digitized by VjOOQIC 



- 289 - 

deniers pour livres pour les frais. Et pour ce que led. 
ILiAnglois au dit nom, ny autres personnes, n'en ont voulu 
donner davantage, neantmoins plusieurs proclamations et 
interpellations pour ce deuement faites, nous, tout veu et 
considéré, en vertu de la dite communication et pouvoir 
a. nous donnés, étala requeste, et de Texpres accord des 
dits Quilleti et le HouUier, religieux et procureur spécial 
sus d., du consentement aussi des d. procureur du Roy et 
depntez du d., clergé, avons adjugé, vendu, quitté, cédé 
et délaissé, et par ces présentes, adjugeons, vendons, 
quittons, cédons et délaissons, afin d'héritage perpétuel, 
au dit Langlois au d. nom du d. sieur de Belleville, comme 
aa plus offrant et dernier enchérisseur, le d. flef, terre et 
sieurie de Mesnil-Alard, en toutes ses circonstances et 
dépendances, pour en jouir a tous jours, par le d. sieur de 
Belleville, ses hoirs et aians cause comme de leur propre 
keritage, vray et loial acquest, et tout ainsi que faisoient 
et eussent peu faire les d. religieux. Abbé et couvent du 
Treport, au droit desquels, et en toutes actions rescin- 
dentes et recisoires qui a cause de ce leur appartenoient, 
nous avons subrogé, et subrogeons le d. sieur de 
Belleville, lesquels a ceste fin seront tenus, et comme aussi 
les ditssieursGuilletiet le HouUier, procureur es-noms que 
dessus, s*y sont submis et obligés, bailler, délivrer et mectre 
es mains du d. sieur de Belleville, toutes les lettres, titres, 
advenx, papiers et autres enseîgnemens qu'ils ont et 
peuvent avoir concernans le d. fief, terre et sieurie de 
Mesnil-Alard, ses circonstances et dépendances pour s'en 
aider et servir comme propriétaires du d. fief, ainsi que de 
raison^ a la charge toutefois que le d. flef tiendra et relèvera 
aTadvenir de la d. Ahbsie par le d. chapeau de roses dm 
jour du S^ Sacrement par chacun an, et des autres droits 
et devoirs, reliefs et treizièmes le cas escheant cy après. 
Cette présente a<]Uudication, vente, cession et aliénation 
ainsi fitite moienhant la d. somme de sept cens quarante 

19 



Digitized by VjOOQIC 



-290- 

livres tournois pour une fois paiée, outre les dix-hniet 
deniers pour livre, pour les frais qu'en sera tenu paieret 
fournir le d. Langlois au d. nom du d. sieur de Bellevillei 
a quoy il s'est obligé dedans huictaine ou plutost, pour et 
a l'acquit de la d. Abbaie, entre les mains de M' Piene 
Ygou, receveur des deniers et subvention de co dL Diocèse, 
a co commis pour en tenir compte au Roy notre dit Siie, 
suivant les lettres patentes et commission de sa d. Majesté 
ce qu'il auroit fait jouxte qu'il nous a rapporté, et M 
apparoir par la quittance du d. Ygou cy attachée, de 
laquelle la teneur ensuit : Je Pierre Ygou, receveur des 
décimes du Diocèse de Rouen, confesse avoir receu comp- 
tant de Messire Jehan de Mailli, Chevalier de Tordre du 
Roy, sieur de Belleville, la somme de 740 1. tournois pou 
la vente et adijudicationqui lui a esté faite le 27* jour de ce 
présent mois, par Messieurs les commissairesacedeputei, 
du âef du Menil-Alard, assis en la paroisse de S^ Léger, 
qui a esté exposé en vente par TAbbé du Treport pour 
satisfaire a la somme de 1200 1. a laquelle la d. Abbaies 
esté cotisée pour sa part et portion de la somme de ceat 
mil livres imposée sur le diocèse de Rouen, a cause de 
l'aliénation du temporel de l'église permise estre fiiite pir 
Notre S. P. le Pape, jouxte la bulle du 24^ jour daoost 
dernier passé, pour les deniers de la d. aliénation estre 
emploiez aux affaires du Roy notre Sire, ainsi quil est porté 
par la d. bulle. £t outre, confesse avoir receu la somme 
de 55 1. 10 s. pour les deniers pour livre ordonnez estre 
levez, a sçavoir douze deniers pour les frais et salaires des 
sieurs commissaires et 6 deniers pour les gages de moi 
dit receveur, faisant le tout ensemble la iomme de 795L 
20 s. tournois, dont je me tiens a content, et en ay quitté 
le d. sieur Belleville acquisiteur et tous autres. Fait ao 
dit Rouen, sous mon seing, cy mis le 23* jour d'Avril 
]L575. Ainsi signé P. Ygou. Au moien duquel paiement 
et acquit ainsi fait par le d. sieur de Belleville nom 



Digitized by VjOOQIC 



— 291 — 

avons ordoimé Iny estre baillé et délivré lettre de la 
présente a4}udication pour luy, ses hoirs et aians cause, 
Jouir etposseder, du jourdhuy al'advenir, du d. fief» terre 
et sieurie du d. Menil-AIard jouxte ce quil est cy dessus 
speciflé et dedaré, et a cette an mandé au 1*^ huissier ou 
sergent royal sur ce requis le mettre et instituer en la 
d. possession, saisine et jouissance réelle et actuel du 
d. flef, terre et sieurie, et en ce le garder de toute force et 
violence indeue. En témoin desquelles choses, nous, 
commissaires dessus nommez, avons signé ces présentes 
avec le greffier du d. Bailliage, et icelles scellées du seel 
dont nous avons accoutumé user. Donné a Rouen les 
d. 27« et 28» jour du d. mois d'Avril, au d. an 1575. Ainsi 
signé Marin avec paraphe. 

ALIENATION DE LA TERRE DE FONTAINES, 
DES FIEFS DE L'ISLE, ENNEVAL, ETC. 

Marian de Martimbos, sieur du Bus, Conseiller du Roy en 
sa cour de parlement a Rouen, etEustache Eude, chanoine 
et officiai de Rouen, vicaire gênerai de Monseigneur 
le Reverendissime et Illustrissime cardinal de Bourbon, 
Archevêque du dit Rouen, Commissaire du Roy et subde- 
leguez au Diocèse du d. lieu, de Nosseigneurs les Reveren- 
dissimes et Illustrissimes Cardinaux de Bourbon, de Guise, 
d*Est, Nonce de notre S. P. le Pape Grégoire 13« de ce nom 
près le Roy, et autres déléguez de sa Sainteté par sa bulle 
donnée a Rome le 18* jour de juillet 1576, vérifiée et 
enregistrée es cours de parlement de Paris et de Rouen, 
contenant comme pour subvenir aux frais de la guerre, 
'que le Roy a esté et est contraint de faire pour la défense 
de TEglise catholique, apostolique et romaine, délivrer son 
peuple des extrêmes misères et oppressions quil a souffert 
par le passé et soufflée encore de présent, a cause des 
d. guerres, et iceluy maintenir en repos et tranquillité 



Digitized by VjOOQIC 



- 292 -. 

sous son obéissance, notre dit Saint Pore aurait p&nm 
a Sa Majesté faire vendre et aliéner du temporel le moins 
commode des églises de son royaume» pais, terres et 
seigneuries de sa subjection jusqu'à cinquante mil ecus sol 
de rente, et pour procéder a l'exécution de la d. bulle, faire 
le département, tant général que particulier de la dite 
somme et procéder a rentière exécution du contenu ea 
icelle bulle, commis et députés nos d. Seigneurs RevereD- 
dissimes et Illustrissimes Cardinaux et autres levm 
collègues, avec puissance de substituer par chacun diocèse 
ou ainsi qu'ils adviseront bien estre pour eux, et en leur 
lieu, quelques autres personnages pour vaquer i la 
d. exécution. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salai 
Comme pour paier la taxe de vingt-un ecus sols, revenant 
au denier vingt quatre, et a la raison de soixante cinq sols 
pour ecu , a la somme de mil huit cens huict livres seize 
sols, a quoy TAbbaie de Saint-Michel du Treport, an 
Diocèse de Rouen, auroit esté quotisée par nos seigneurs 
les déléguez de notre Saint P. le Pape^ en vertu des bulles 
de Sa Sainteté, du 18 juillet 1576, par lesquelles il accorde 
au Roy, notre dit Seigneur, vente et aliénation estre faite 
de partie du temporel de Teglise de France, jusqu'à ladite 
somme de cinquante mil écus de rente, pour les causes 
amplement mentionnées es d. buUes, TAbbé et religieux 
de la d. Abbaïe se fussent constituez en cent quatre vingt 
livres treize sols six deniers de rente, montant pour une 
fois paiée la d. somme de mil huict cens huict livres seize 
sols a quoy revient la d. cotisation, en attendant que tout 
a loisir les d. Abbé et religieux eussent advisé ce qui leur 
seroit de moindre incommodité pour amortir la dite rente. 
Et après plusieurs délibérations sur ce faites au chapitre de 
la d. Abbaïe, noble homme Alfonsede Bellencin, procureur 
du d. sieur Abbé, et les religieux, prieur et couvent de la 
d. Abbaie assemblez au son de timbre en leur d. chapitre» 



Digitized by VjOOQIC 



- 293 - 

eussent fait certain contract avec Jacques Héron, escuier, 
seigneur de Ouîmerville, gentilhomme servant ordinaire 
du Roy, et damoiselle Marie du Bos, sa femme, passé et 
reconneu aud. chapitre le lO^jour de Septembre dernier 
passé, devant Antoine du Hamel et Jacques Le Roux, 
tabellions jurez au comté d'Eu, par lequel le d. Bellencin, 
pour et au nom du d. sieur Abbé, et les d. religieux, prieur 
et couvent auroient baillé au d. sieur de Guimerville et a 
la damoiselle sa femme, en pur et loial échange les âefs de 
Fontaines, Enneval, Vlsle et GribomenU près Blangy avec 
la censé et ferme de Fontaines en ce qui est, et qui appar- 
tient à la dite Abbaie, tant en fiefs qu'en roture, consistant 
ainsi qu'il disoit : a sçavoir le d. fief de Fontaines en 
quatre vingt six livres, soixante seize chapons et deux 
poules de censive, la ferme et terres qui sont du domaine 
non fieffé, en huit vingt dix journaulx déterre, et unze 
journaulx de pré. — Le fief de GribomenU en vingt neuf 
livres de censives. — Le fief d'Enneval en soixante seize 
livres unze sols trois deniers, et treize chapons de censives, 
et le fief de VIsles en clairs deniers et certains, a présent 
paiez en vingt trois livres dix sols, quatre chapons et une 
poule, avec dix livres de rente roturier, tant a Blangy que 
Monceaulx, et généralement tout ce en quoi les d. fiefs, 
terres et censés se peuvent comporter, sans rien retenir ny 
reserver en circonstances et dépendances, avec tous leurs 
droits, privilèges, usages, prérogatives qui y peuvent 
afFerer et appartenir tant en la forest d'Eu qu'autrement. 
En contr'echange desquels fiefs, censés, fermes et rentes, 
les dits sieurs de Guimerville et damoiselle Marie du Bos, 
sa femme, eussent baillé aus d. religieux, Abbé et couvent, 
le fief de la Chappelle-sous-Gerebroy, consistant en 
quelques censives, avec la moitié d'un moulin a eau, les 
flefs de Vraucout, et Busambert, avec une ferme et censé 
appellée la ferme de la Chappelle, consistant en plusieurs 
terres labourables, jusqu'au nombre de douze mines et 



Digitized by VjOOQIC 



— 294- 

demie de terre, dont les douze xnineSi mesure du d. liea, 
font le muy avec dix mines de pré, mouvant en partie do 
d. âef de la Chappelle et autres seigneuries. Le d. flef de 
Yraucourt consistant en soixante quinze livres de censires, 
sept chapons, sept poules et quatre mines et demie 
d'avoine, mesure du d. lieu, avec toute justice haute, 
moienne et basse. Le dit âef de Busambert consistant ea 
cent quinze sols, deux chapons, et deux mines d'avoine, 
mesure du d. lieu, et le dit flef de la Chappelle consistant 
en une mine quartier et demi, et un raseau d*avoine et 
douze deniers de censive, et en domaine non fleffé, en la 
moitié d'un moulin planté sur la rivière du Terain, de 
présent affermé a quatre muids et demi de blé par an. Ce 
que dessus appartenant ans d. sieur de Guimerville, et 
damoiselle Marie du Bos, sa femme, le tout assis près la 
ville de Gerebroy, pais de Beauvoisis, et distant d'iceUe 
Abbaie, de quatorze a quinze lieues ou environ, amplement 
déduit, narré et spécifié au d. contract cy-dessus datte : 
Et ce a la charge entr'autres choses d'aquiter et deschar- 
ger les d. religieux. Abbé et couvent, de tous dépens 
dommages etintcrests, si aucuns en sontdeus, que lesfe^ 
miers, des d. fermes, fiefs et censés, baillez en échange par 
les d. religieux pourroient prétendre faute de jouissance 
des baux a eux faits, et outre les aquiter et décharger 
de la d. rente de cent quatre vingt livres, trois sols, six 
deniers, avec deux sols dix deniers pour livres ordonnes 
pour les frais et autres charges, molens, soumissions 
et conditions plus a plein contenues et déclarées an 
d. contract cy après inséré. Nous aians les d. religidnx, 
Abbé et couvent, et même le d. sieur de Guimerrillo, 
présenté requeste, le 13* jour du d. mois de Septembre 
dernier, tendant a ce que notre plaisir fust authoriser et 
homologuer le d. contract, surquoy nous eussions 
ordonné, premier et avant que ce faire, qu'il seroit informe 
de la qualité essentielle, situation et valeur des d. û^^ 



Digitized by VjOOQIC 



- 395 — 

terres, censés et choses mentionnées au dit contract, et a 
ces fins, addressé nos commissions au senechal de Ponthieu , 
preYOst de Yimeu, et de Beauvoisis, leurs lieutenans, 
et chacun d'eux sur ce premier requis , pour appeller 
avec eux quelque notable personnage, aiant serment a 
Justice, non suspect, ny favorable aux parties, vaquer au 
fait de la d. information, et a cette an, soy transporter sur 
les lieux si besoin estoit, pour le tout rapporter par devers 
nous, avec les baux que les parties respectivement en 
pourroient avoir fait depuis dix ans en ça, lesquels nous 
leur aurions ordonné nous exhiber, leur faire droit sur 
leur d. requeste ainsi quil appartiendra par raison. 

Suivant lesquelles commissions, Messire Jean la Glache, 
prevost et garde de la prevosté de Yimeu, et Adrian Heu, 
lieutenant gênerai et juge ordinaire de la prevosté de 
Beauvoisis, au siège de Granvillier, se fussent respective- 
ment transportez, a sçavoir le d. la Olache au bourg de 
Blangy, et le d. Heu en la ville de Gerbroy, et Illec procédé 
aus dites informations, et sur ce ou!e et examiné, a 
sçavoir le d. La Glace jusqu'au nombre de seize témoins, 
et le d. Heu jusqu'à dix témoins, par eux pris et appeliez 
d'office de justice, leurs dicts et dépositions, âges et 
demeures, rédigé par écrit jouxte leurs procès-verbaux, 
le tout rapporté par devers nous, clos et scellé avec 
plusieurs baux a ferme, par cy devant faits, des d. flefs 
terres et censés cy devant mentionnez, aux ans de la 
d. homologation, a laquelle les d. contractans nous eussent 
de rechef requis procéder. Sçavoir faisons, que veu par 
nous le d. contract d'échange cy dessus datte, la requeste 
a nous présentée aux fins de la d. homologation, les com-- 
munications par nous addressées aus d. prevosts de 
Vimeu et Beauvoisis, les informations par eux, sur ce 
respectivement faites, portant datte, a sçavoir celle du dit 
prevost de Beauvoisis, du 15* et celle du d. prevost de 
Vimeu, du 23« jour d'Octobre dernier, les baux a ferme des 



Digitizedby VjOOQIC 



- 206- 

dites terres et seigneuries de Fontaines, Enneval et 
Oribomenil appartenans aus dits religieux, avec les dites 
rentes roturières deues au d. Blangy et es lieux enTirons, 
et droit de dixme du moulin de Blangy, et droit des dixmes 
du mesurage, et travers du d. lieu, le premier portant 
datte du 8« jour de Février 1552, fait par César Flavine, 
procureur gênerai du siear Cardinal de Monte, cy-devant 
Âbbé de la dite Abbaie, a Jean de Yallois, marchand, 
demeurant a Blangy pour trois ans, commençans a 
Pasques 1552, par le prixd*unze vingt dix livres tournois, 
chacun an, passé devant les tabellions d*Eu, autre fait au 
d. de Yallois par Guillaume Detruvieres, receveur gênerai 
de la d. Abbaie, passé devant les d. Tabellions, le 6^ jour 
d* Avril 1554, pour quatre ans commençans a Pasques 1555, 
molonnant semblable somme d*unze vingt dix livres, 
chacun an, autre bail fait a Louis Le Yallois devant les 
dits notaires, le pénultième jour d*Octobre 1562, par 
Mathei Ridolfl, procureur du dit sieur Abbé pour six ans, 
commençans au terme S^Remy, au d. an, par semblable 
prix d*unze vingt dix livres tournois, chacun an, autre 
passé devant les d. Tabellions le 19 Septembre 1567, fait 
par Jeaji-Baptiste Cassudo, procureur du d. sieur Abbé au 
d. Le Yallois pour six ans, commençans au terme 
S^-Remy 1568, moïennant semblable somme de unze vingt 
dix livres tournois chacun an, autre passé devant les 
d. Tabellions le 19^ jour de Mars 1574, fait au d. Le Yallois 
par noble homme Georges Magno, procureur gênerai du 
d. sieur Abbé pour six ans commençans en l'an 1575, 
moïennant pareille somme de 230 1. tournois, par chacun 
an, autres baux des terres labourables, prez, jardinage, 
manoir, granges et tenemens de la [dite ferme et censé de 
Fontaines appartenans aus dits religieux, passé devant les 
d. Tabellions, le pénultième jour de Janviei 1556, fait par 
messire Jean Mai'tin, vicaire gênerai de la dite Abbaie a 
Nicolas Yyot, pour huict ans commençans en Tan et 



Digitized by VjOOQIC 



--297- 

<}epouille 1558, par le prix de sept vingt cinq livres tour- 
nois, avec charges de quelques réparations en la d. ferme, 
le deuxième passé devant les d. Tabellions, Tunzieme jour 
de Septembre 1564, fait par le dit Mathei Ridolâ à Jacques 
Le Clerc, pour neuf ans commençans en TÂoust et 
dépouille 1566, par sept-vingt cinq livres, chacun an, avec 
deux cens de gerbes et trois cens de foin^ le 3* passé 
devant les dits Tabellions, le20« jour de Février 1574, fait 
par Georges Magno, procureur du d. sieur Âbbé, a Pierre 
du Bout pour neuf ans commençans en la dépouille de 
l'an 1575, moïennant semblable somme de sept vingt cinq 
livres, 200 de gerbes et 300 de foin, avec la charge des 
réparations, plusieurs autres baux de la d. censé et ferme 
de la Chappelle, le 1*^ en datte du 15* jour de Septembre 
1527, passé devant les notaires du comté de Beauvais 
par M« Jean Foulcroy, à Ance) Avril, pour neuf ans, 
commençans au jour S^-Martin d*hiver, au d. an, moien- 
nant le nombre de douze muids de grain, les deux parts en 
blé, et le tiers en avoine avec moitié du fruictage croissant 
sur le lieu, le 2^ passé devant Adrian Heu, notaire royal au 
Bailliage d*Amiens, fait par noble homme Jean Dallecourt, 
lors mary de la d. damoiselle, à Robert Baleu, pour 
neuf ans commençans le 28«jour d* Avril 1557, par quatorze 
muids de grain, deux parts en blé et le tiers avoine, trente 
livres de beurre, un porc de valeur de quatre livres, et 
moitié des fruictages, le 3^ fait au d. Baleu par la dite 
damoiselle, passé devant Jacques Moyennel et Martin de 
Ponthieu, notaires en la prevosté deVimeu, le 22® jour 
d'Octobre 1564, pour neuf ans, commençans après la 
dépouille de l'an 1563, compris avec la d. ferme toutes et 
chacunes les censives, droits seigneuriaux, reliefs, 
amendes, confiscations, a cause des seigneuries de Busam- 
bert et Yrocourt, le tout par le prix de 255 1. chacun an, 
certain bail à ferme du d. moulin de la Chappelle, fait par le 
dit du Héron, et Jean Pageot, esleu de Beauvais, a Fiacre le 



Digitized by VjOOQIC 



-298- 

Normant, devant Jacques Adrian, notaire royal â Beanyais, 
le 4* jour de Décembre 1570 » pour six ans commençans 
le 1^ Jour de Juillet 1571, moiennant douze muids de 
blé par chacun an, extrait d'autre bail du d. moulin fait 
par les d. du Héron et Pageot à Guillaume Des Hayes, 
moulnier pour neuf ans, commençans le 24 de May 1573, 
devant Jean Macaire, notaire royal au d. Beauvaîs, 
le 18« jour du mois de May, par unze muids de hlé, k la 
charge des réparations. Autre bail de la dite ferme et 
censé de la Ghappelle avec toutes les rentes censives, 
droits seigneuriaux, reliefs, amendes, confiscations, de ce 
qui est en roture, appartenant au d. sieur de Guimerville, 
à cause des fiefs, terres et seigneuries de Busambert, et 
moitié du fief de la Ghappelle, partis par indivis contre le 
d. Pageot, et des fiefs de Vrocourt, Boutav^nt, et de la 
Boissiere, avec la moitié du dit moulin, fait parle d. Héron, 
au d. Robert deBauleu, pour neuf ans commençans 
le 15*Jour de Mars 1573^ moiennant 400 1. tournois, chacun 
an, outre la charge des réparations, passé devant Jean 
Baleu, notaire royal en la prevosté de Beauvais, Tunziéme 
jour de Juin, du d. an 1573. Autre bail des d. fermes, censés 
et choses dessus dites, non compris les d. fiefs deBoutavant 
et de la Boissiere, fait a Nicolas Domel pour sept ans, 
dont il y en a quatre ans restans du bail du d. Bauleu, 
reconneu devant Mathieu Régnier, notaire au Bailliage 
d'Amiens, le 16« jour d'Octobre 1577, moiennant semblable 
somme de 400 1. tournois et charges dessus dites, par le 
discour desquelles informations et baux cy dessus narres 
nous seroit appareu les d. fiefs de Fontaines, Enneval et 
Oribomenil, et ferme et censé du d. lieu de Fontaines, 
baillez par les d. religieux, Abbé et couvent au d. siear 
de Guimerville estre situez près le bourg de Blangy, 
distant de la d. Abbaie de cinq lieues ou environ, et 
consister a sçavoir, celuy de Fontaines en quatre vingt six 
livres tournois en argent, soixante seize chapons, et deux 



Digitized by VjOOQIC 



poules de censives, chacun an de domaine fleflFé, et pour le 
domaine non âeflé, en une maison, logis et tanement» et 
enhuict vingt dixjournaux de terre labourable, situezpour 
la plaspart loin de la d. maison de Fontaines, icelles terres 
estimez valloir pour une fois paiée, lun portant Tautre, la 
somme de vingt-cinq livres tournois ou environ, et unze 
journaux de pré estimez valloir, pour une fois paies, 
cinquante ou soixante livres chacun Journal, et estre iceluy 
fief amorti. Le flef de Gribomenil consiste en trente-neuf 
livres de censives, et le âef d*Enneval en soixante seize 
livres, unze sols, trois deniers et seize chapons de censives 
non amorti, et pour iceluy estre accoutumé bailler homme 
vivant et mourant au sieur comte d'Eu, duquel il relevé, et 
est tenu pour quinze livres tournois de relief, icelle ferme 
et censé de Fontaines estre édifiée d*un corps de logis de 
brique^ grais et pierre blanche, et y a sale, cuisine, et trois 
chambres hautes, et de l'autre costé, un petit rang d'esta- 
blés, et un foiirnU couvert de tuile, deux tourelles et un 
petit volet couvert d'ardoise, avec la part du fermier close 
d'édifices couverts d'estables, et partie d'iceux estre bâties 
de blanc bois dépende valeur, pour estre vieils et antiens, 
et pouvoirs valoir tous les d. batimena huict mil livres ou 
environ, et le d. grand corps de logis estre beaucoup plus 
onéreux que profitable a la d. Abbaie, pour les grandes 
réparations quU y convient ordinairement faire, dont ne 
se seraient jamais voulu charger les fermiers. Et au 
surplus les d. fiefs de Fontaines, Gribomenil, Enneval, et 
risle valloir et estre baillez années communes, compris les 
dix livres de rentes deues a Blangy , et Moncheaulx , avec 
le droit de dixmes du moulin de Blangy et di*oit des 
dixmes des fermes du mesurage, et travers du d. lieu de 
Blangy, unze vingt dix livres tournois, lequel droit de 
dixmes toutefois ne seroit du compris au présent échange, 
ains demeure au profit de la d. Abbaie, et revenu des 
d. fiefs et rentes roturières, les d. dixmes deduictes, la 



Digitized by VjOOQIC 



- 300 - 

somme de neuf vingt douze livres tournois par chacun an, 
et la d. ferme ou censé de Fontaines estre baillée sept 
vingt cinq livres de fermage, chacun an. Et au regard des 
fiefs, terre et censé baillez en contr*echange par le 
d. sieur de Ouimervillc et damoiselle sa femme, a icenx 
religieux, iceux consiste a sçavoir : la d. ferme de la 
Ghappelle de douze muids, quatre mines et demie déterres 
labourables, et en dix mines de pré et icelles, ou la plus 
grande partie estre allentour de la maison et chacune 
mine de la d. terre pouvoir valloir quarante livres, et la 
mine, de pré six vingt livres tournois, plus la d. ferme 
estre bâtie d*un grand corps de logis de briques, ou y a 
sallette, et chambre, et garde-robes en bas, et quatre 
chambres a feu en haut, avec deux tourrelles couvertes 
d'ardoises, une grange, deux bergeries, une chareterie et 
un puits ; et le surplus dlcelle ferme estre fermé du costé 
des champs de bons murs de cailloux, et par Tautre costé 
de la rivière ; et pouvoir valoir iceux batimens ju&qu*adix 
ou douze mil livres, sans le bâtiment du moulin qui peut 
estre estimé jusqu'à deux mil livres tournois. Et le fief de 
Vrocourt coasister comme dit est, en soixante quinze 
livres tournois en argent, sept chapons, sept poules et 
quatre mines et demie d'avoine, mesure de Gerbroy, de 
rente censueUe et seigneuriale, avec un chapeau de roses 
au jour du S^ Sacrement, paiable au prix de soixante sols 
parisis d*amende avec droit de haute, moienne et basse 
justice. Le d. fief de Busambert estre tenu du sieur Yidame 
de Oerbroy, et consister en cent quinze sols de censive, 
deux chapons et deux mines d'avoine. Le d. fief de la 
Ghappelle consister en une mine quartier et demi, et un 
raseau d'avoine, mesure de Gerbroy, et douze deniers en 
argent de rente censueUe et seigneuriale, avec la moitié 
d'un moulin, dont reviendroit pour la d. moitié au d. sieur 
deGuimerville quatre muids et demi de blé> toutes charges 
déduites. Et tout ce que dessus ensemble, tant les d. fiefs, 



Digitized by VjOOQIC 



-801 - 

censés, que moitié do moulin valoir en estre baillé de 
ferme et louage communes années, quatre cens livres 
tournois. Au moien de quoy seroit la condition des d. 
religieux, Abbé et couvent faite la meilleure de plus de 
trente livres de ferme par an, outre que le d. sieur de 
G-uimerville est chargé d'acquitter la d. somme de neuf 
vingt-une livres trois sols, en quoy les d. Abbéetconvent 
se seroient obligez pour acquitter leur d. cottisation et 
autres charges, que le d. sieur de Guimerville est tenu 
supporter, ainsi qu'il appert par le dictcontractd'eschange. 
Le tout veu et considéré meurement, nous avons iceluy 
contract loué, ratifié et approuvé , louons, ratifions et 
approuvons, jouxte sa forme et teneur, comme profitable 
et utile a Teglise, en vertu de notre dite commission et 
subdelegation, le tout par les moiens, charges et soumis- 
sions, conditions et réservations contenues en iceluy 
contract, duquel la teneur ensuit : 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orronti 
Roch Le Duc, Licentié es loix, sieur de Saint-Remy, 
advocat fiscal et procureur gênerai du comté d'Eu, garde 
du seel des obligations du d. comté, salut. Sçavoir faisons 
que par devant MM. Antoine du Hamel et Jacques Le 
Roux, tabellions jurez du comté d'Eu, sont comparus 
noble homme Alfonse de Bellencin, procureur substitué 
de MM. Hercule Rondinelli, grand vicaire de Monsieur 
révérend Père en Dieu, Alexandre de Salvagien, Abbé 
commendataire de TAbbaie de M^^Michel du Treport, 
D. Toussaint Sauchoy, prieur, Nicole de Saint-Pierre, 
Jacques Godard, Emond Carton, enfermier, Nicole Poulain, 
Laurent HouUier, chantre, François Païen, despensier, 
Jean Glaire du Bois, Louis de Yallois, aumônier, Charles 
des Cloistres, secretain, Pierre de Bures, Clément 
Sauchoy et Nicole Gibault, novice profez, tous religieux 
prebtres delà d. Abbaie d'une part, et Jacques Héron, 
escuier seigneur de Guimerville, gentilhomme servant 



Digitized by VjOOQIC 



-302- 

ordinaire du Roy, et damoisello Marie da Bos, sa fenmie, 
demeurant en cette ville d*£u, lesquels yolontaircment ont, 
respectivement, en la présente instance et requeste. Fun 
et TautrOi après que la d. damoiselle a esté de ce faire 
deument authorisée par le d. sieur son mary, laquée 
authorité elle a dit recevoir en elle pour aggreable, sans 
avoir esté a ce faire aucunement forcée, contrainte, ou 
induite, ainsi qu'eUe a Juré et affermé par devant les 
d. tabellions, reconneu et confessé le contenu en certain 
escript sur papier, demeuré par devant Laurent le Grid, 
tabellion d'Eu pour reg» et duquel la teneur ensuit r 

L*an de grâce 1577, le 10* jour de Septembre, en TAbbaie 
du Treport au Chapitre d'icelle Abbaie, les religieux et 
couvent estans assemblez pour délibérer et aviser des 
affaires de la d. Abbaie, a son de timbre, a sçavoir 
D. Toussaint Sauchoy, prieur, D. Nicole de S^Pierre, 
Jacques Godard, Emond Carton, enfermier, Nicole Ponlain, 
Laurent HouUier, chantre, François Païen, despensier, 
Jean Claire du Bois, Louis de Vallois, aumônier, Charles 
des Cloistres, secretain, Pierre de Bures, Clément 
Sauchoy, et Nicole Gibault, novice profez, tous religieux 
prebtres de la d. Abbaie, avec noble homme Alfonce de 
Bellencin, procureur substitut par lettres de substitution 
passée devant notaires, à Paris, le 29* Jour d'Aonst 
dernier, de MM. Hercules Rondinelli, grand vicaire de 
M' Révérend Père en Dieu, Alexandre de Salvegien, Abbé 
commondataire de la d. Abbaie par vicariat passé a Rome, 
le 14* Jour de May aussi dernier passé, insinué a En par 
devant le baiUy du d. lieu, ou son lieutenant, le 9« Jour du 
mois de Septembre au d. an, en la présence d'honnorable 
homme M^ Richard Mithon, receveur de la d. Abbaie, en 
délibération capitulaire, a esté proposé parle d. Bellencin, 
que la d. Abbaye, pour sa portion de la subvention accordée 
au Roy par le clergé auroit esté cotisé à vingt un escus sol 
de rente evalluée a raison de soixante cinq sols pour escu, 



Digitized by VjOOQIC 



- 808 - 

et en outre poBr les frais, a raison de deux sols pour livre, 
le tout revenant au denier vingt quatre, a la somme de 
dix hulct ecus une livre seize sols tournois, pour a quoy 
fournir, en attendant que l'on peut aliéner quelque 
domaine de la d. Abbaie, il auroit convenu prendre argent 
à rente , ce qui a esté fait jusqu'à la d. somme de dix 
huict cens une livres seize sols tournois* qui courent en 
rente des le 23 Février dernier, au grand dommage et 
diminution du revenu de la d. Abbaie, par quoy, et que 
pour amortir la d. rente, il n'y avoit plus que quatre ou 
cinq mois, requérant le d. Bellencin estre advisé de 
quelque molen pour trouver les d. deniers avant l'expira- 
tion du delay et temps octroIé afin d'aliéner. A quoy par 
les d. religieux a esté dit quils avoient prochains de leur 
Abbaye de beaux fiefs, a sçavoir les fiefs du Treport, 
Quesnoy, Menival, les Oranges, Menil-Soret etVillyi mais 
pour estre les principaux et plus commodes fieft de la 
d. Abbaie tant pour la proximité que austres U n'y auroit 
apparence d'en faire aliénation. Ils avoient encore 
quelques autres fiefs, comme les fiefs de Griel,Septmeules 
et Lignemare, et si avoient les fiefs de Fontaines, 
Enneval, l'Isle et Gribomenil, environ Blangy, disant qu'on 
advisast d'en aliéner ce quil conviendroit, pour recouvrer 
ces deniers, et que pour eux, ils y donneroient tel 
consentement que de raison. Et par le dit Bellencin a esté 
dit, qu'il s'estoit enquis des d. autres fiefis, et pour celny 
de Griel qu'il ne sçavoit valoir que peu de chose, etgneres 
plus ceux de Lignemare et Septmeules, et par ce moien 
venant l'aliénation, il en conviendroit distraire de la dite 
Abbaie trois ou quatre, qui seroit grand dommage, et 
pour ceux de Fontaines et autres s'estendant près de 
Blangy, si l'on en aliène l'un sans l'autre, ce sera une 
planche faite a l'acquéreur de troubler les droits des 
autres fie&, et consécutivement les empiéter par succes- 
sion de temps : et en tout cas, <^e8t perte grande du 



Digitizedby VjOOQIC 



— 304 - 

revenu de l'Abbaie» proposant un moien, dont il a dit luj 
avoir esté fait ouverture par Jacques Héron, escuy^, 
sieur de Gaimerville, gentilhomme servant ordinaire da 
Roy, a sçavoir que ces deniers pourroient estre recouverts 
par une échange qui se pourroit faire des d. û^ts de 
Fontaines, Tlsle, Ënneval et Gribomenil, et de la censé et 
ferme du d. Fontaines, en ce qui est et qui appartient a la 
d. Abbaie tant en fiefs qu'en roture, allencontre da fief de 
la Chappelle, consistant en quelques censives et la moitié 
d*un moulin a eau, fiefsde Vraucourt, et Busambert, etone 
ferme et censé appellée la ferme de la Ghappelle, consistant 
en plusieurs terres labourables et prairies mouvans en 
partie du d. fief de la Chappelle et autres, ce que dessus 
appartenant au d. sieur de GuimerviUe, et damoiselle 
Marie du Bos sa femme, le tout assis près Gerbroy, pais de 
Beauvoisis, et distant seulement d'icelle Abbaye de 
quatorze ou quinze lieues : lequel échange le d. sieur de 
Guimerville et sa d. femme luy ont dit estre contens 
accorder, et outre acquiter la d. Abbaie de la d. cotisation, 
et en amortir la rente ja créée, et supporter les frais qu'il 
en convient encore paier pour les salaires des commis- 
saires, qui sont deux sols six deniers pour livre, et outre 
faire les frais de l'homologation et approbation du 
d. échange devant les dits commissaires, et partout ou il 
appartiendra, lequel échange le d. Bellencin trou voit de sa 
part bien faisable puisque, comme il a entendu, le d. sieur 
de Guimerville entendoit justifier que, des d. fiefs et ferme 
de la Chappelle, il luy en revenoit, par chacun an, du bail a 
ferme apporté en la d. ville d'Ëu, toutes les rentes et 
censives deues des rotures, gages des officiers et autres 
charges des fiefs déduites et rabbatues la somme de 375 1. 
qui excedoit la somme, aquoy depuis 40 ou 50 ans jusqu'à 
présent la d« ferme et fiefs de Fontaines, risle, Bnneval et 
Gribomenil ont esté baillez, de manière qu*a cemoien, tant 
js'en faut que la d. Abbaie perdit rien en revenu, faisant le 



Digitized by VjOOQIC 



- 305 - 

d. échange, qu'au contraire elle y gagnerait, et outre 

dcmeureroit quitte de la d. contribution : aiant même 

entendu que l'échange peut estre facilement faite, d'autant 

qu'il y a assez de proportion de l'un a l'autre, qu'il y a 

bâtiment bon et grand a la dite Chapelle, il y a fermage 

de terres, prez, et si y a des rentes seigneuriales et fiefs 

susdits, disant outre que le lieu de Fontaines, ace qu'il en 

a oui dire, couste grandement a entretenir^ et chacun an, 

il y a de grands deniers qui s'y emploient, et encore de 

présent, il y a plusieurs réparations a faire, apportant 

plus de charge et d'incommodité a la dite Abbaie que de 

profit, par quoy, pour le regard de mon d. sieur l'abbé, U 

luy sembloit que Ton ne sauroit mieux faire ny adviser, 

et si les d. religieux et conTent y veulent adyiser de leur 

part, il y donnera son consentement, veu qu'il ne trouve 

en cela aucune chose pourguoy il puisse juger que ce ne 

soit la grande commodité de la dite Abbaie, car pour la 

distance inégale, a sçavoir que la ferme de Fontaines est a 

cinq ou six lieues d'icy , et celle de la ChapeUe à quatorze ou 

quinze lieues, cela n'est dommageable, veu que les deniers 

s'en rendent aux dépens des preneurs en cette ville. Aussi 

pour la difiBculté qui se pourroit soudre de ce qu'il y a des 

fiefs amortis comme Fontaines, l'Isle et Gribomenil, et ce 

que baiUera le d. sieur de GuimerviUe ne le sera, il luy 

semble que cette difficulté cesse, puîsqu'entre les fiefs de 

l' Abbaie, il y en a aussi qui ne sont point amortis comme 

Enneval, et pour lequel il faut bailler homme vivant» 

confisquant et mourant a Monseigneur le comte d'Eu, et 

par ce moien le tiendra le d. sieur de Guimervllle, de mon 

d. seigneur le comte d'Eu, comme de présent, il en faut 

relever par quinze livres de reliefs. Et pour ceux amortis 

a sçavoir: Fontaines^ l'Isle et Gribomenil, le d. sieur 

de GuimerviUe et sa d. femme, accordent de les tenir et 

relever de la d. Abbaie, au profit de laquelle, partant, Tefi'et 

de Tanàortissement revient, parceque les d. religieux 

20 



Digitized by VjOOQIC 



-806- 

Abbé et convent demeurent toujours seigneors predoBû- 
uansy et en lieu que les d. religieux, Abbé et oonveat, 
seront tenus bailler homme vivant, confisquant et mourant 
pour les fiefs de cette terre et héritages qui leur seroat 
baillez en échange par le dit s' de Guimerville et sa femme, 
qui ne sont amortis, et dont ils pourront par mort estre 
tenus supporter des droits envers les seigneurs desqudt 
ils sont tenus, en recompense égale auront ils les d.sleon 
de Ouimerville et sa dite femme, leurs hoirs et aiaiu 
cause pour hommes, pour y avoir aussi reliefs et autres 
droits, en cas de mutation, il y auroit plus grands droits , 
qui seroient tenus supporter les d. religieux. Abbé et 
convent pour les d. fiefs et héritages a eux baillez par 
échanges, qu'ils n'en recevroient de la mutation des d. 
fleCs de Fontaines et autres qui bailleront par la coutome 
de ce comté d*Eu, il n'y prendroit autre chose, sinon de 
convenir par le d. sieur de Guimerville, qu'en cas de muta- 
tion les d. fiefs amortis qui luy seront baiUez, seroient 
pour luy, ses hoirs et aians cause, relevez envers la d. 
Âbbaie par mêmes deniers et sommes, a quoy seroient 
trouvez devoir estre relevez les fiefs, censés et terres, par 
luy baillez en échange des seigneurÉi dont ils sont tenus et 
mouvans, déduisant les d. quinze livres deues au d. 
seigneur comte d*£u, a cause du d. fief d'Bnneval ; tontes 
lesquelles conditions ainsi accordées, semble qu'audit 
échange, la d. Abbaie rapporteroit grand profit et conmio- 
dité. 

Surquoy le d. sieur de Guimerville aiant esté requis de 
venir au dit chapitre, et après avoir entendu le récit de 
ce que dessus, a dit que véritablement, sur ce qu'il est 
tombé autrefois en propos du dit échange, il y a bien voûtai 
penser memement, depuis la venue du dit sieur de 
Bellencin^ et de sa part, si c'est le vouloir et consentement 
du d. sieur Abbé, ensemble des d. religieux, et qu'ils 
trouventque ce soit la commodité de l'Abbaie, il y accorde 



Digitized by VjOOQIC 



~ao7 - 

entrer, et bailler les choses sus d., et si accorde acquitter 

la d. Abbale de la d. rente, et des deux sols six deniers 

pour livres» et s'obliger aux droits de reliefs tels que 

dessus, disant que ce qu'il accorde bailler en échange 

consiste en un pourpris enclos et tenement assis à la 

Ghappelle sous Gerebroy, ou il y a un corps dç logis de 

briques, estable, ferme jusqu'à dou^e muids, quatre mines 

et demie de terre, dont les douze mines, mesures du lieu 

font le muid, avec dix mines de pré. Item au flef de la 

Chappelle, du domaine duquel il y a une partie des d. 

terres de la censé tenue, et si y a une mine quartier et 

demi et un raseau d'avoine, mesure du dit Gerebroy, et 

douze deniers d'argent de rentes seigneuriales avec la 

moitié d'un moulin appelé le moulin de la Ghappelle, dont 

l'autre moitié appartient aux héritiers de l'esleu Pageot , 

de Beauvais, estantle d. moulin d'unetour de pierre, aiant 

droit de la rivière, et auquel a esté mis une meule neuve 

l'année passée, et en prétend mectre encore une le d. sieur 

de Quimerville» cette année, il accorde de demeurer chargé 

de ce faire. Item en un flef appelé le flef de Yrocourt, tenu 

de M. de Boufflers, consistant en soixante quinze livres» 

sept chapons, sept poules» et quatre mines et demie 

d'avoine de rente seigneuriale avec toute justice, haute, 

moienneet basse même du lieu. Item au fief de Busam- 

bert tenu de M' l'Eveque de Beauvais, a cause de son 

Yidame de Gerebroy^ consistant en cent quinze sols deux 

chapons et deux mines d'avoine, mesure du d. Gerebroy 

chacun an de censive, dont de tout il se soumet bailler 

déclaration particulière et des tenans et redevables de 

chacun des d. fiefs, avec déclaration particulière des d. 

pourpris, enclos, tenemens, terres et prez, et des rentes 

et redevances qui en sont deues. Toutes lesquelles rentes 

et redevances deues des d. héritages deduictes et autres 

charges, il a dit luy en estre deu de fermage, qui dure 

encore quatre ans, la d. somme de trois cens soixante 



Digitizedby VjOOQIC 



— 808- 

qninze liyres flranches, et toutes charges déduites. Sur 
qnoy, après plusieurs advis et délibérations des d. reli- 
gieux et quU a esté trouvé par les baux, que ce qu'ils 
bailleront en échange nest affermé, a sçavoir la censé de 
Fontaines, que sept vingt cinq livres, et ne fut jamaig 
affermée du précèdent, que quatre vingt ou cent livres 
ou environ, et le fief de Fontaines, Oribomenil et Enneval 
y compris dix livres de rente roturière appartenant a ta 
d. Abbale au d. Blangy etMoncheaulx, ne reviennent qu'a 
la somme de neuf vingt quinze livres, parceqn'au bail 
fait a Louis le Yallois par deux cens trente livres et vingt 
chapons a six sols pièces, qui seroit deux cens trente 
six livres, j est compris la dixme du moulin de Blangy, 
montant a trente deux livres, et celle du mesurage du d. 
Blangy qui vaut neuf livres, lesquelles deux sommes il 
faut déduire, d'autant que les d. dixmes avec les dixmes 
des champs demeurent a la d. Abbale, et le fief de llsle ne 
revient en rente de cejourd'huy paie, fors en vingt trois 
livres dix sols, quatre chapons, et une poule, qui seroit 
pour le tout la somme de trois cens soixante trois on 
quatre livres seulement; les d. religieux se sont resolas 
que la voie la plus prompte, plus commode et profitable 
pour la d. Abbale pour recouvrer les deniers de la d. 
subvention, et amortir la dite rente, estoit de faire la dite 
échange, en soy chargeant par le d. sieur de GuimerYllle 
d'acquitter et décharger la d. Abbale de la d. somme de 
dix huict cens une livre seize sols, pour le paiement de 
laquelle la d. rente a esté créée, avec les arrérages du jour 
qu'il entrera en la Jouissance du d. échange, avec les deux 
sols six deniers pour livre des Commissaires, et faisans et 
aupportans par luy les frais qu'il conviendra faire pour 
l'homologation et perfection du d. échange, et aux 
charges de tenir de lad. Abbale les d. fie fi de Fontaines, 
OribamenU et de Vile qui sont amortis par un seul et 
plein fief de haubert^ et par un seul hommage» et en 



Digitized by VjOOQIC 



-809-^ 

relever luy, ses hoirs et alans cause, par même somme 
qu'il sera trouvée estre deue par les d. religieux, Abbé 
et oonvent> aux seigneurs desquels les âefs, censés et 
héritages, a eux baillez en échange, sont tenus et mou- 
vans, selon la coutume, ou par accord qui en pourra estre 
fait avec le d. sieur de Ouimerville appelé sur ce, déduit les 
d. quinze livres, dont les dits sieur de Guimerville et sa 
femme demeureront chargez , pour le relief du d. fief 
d*£nneval non amorti ; pour ces causes et pour effectuer 
la d. délibération, le d. sieur de Beilendn, au nom du d. 
Bieur Âbbé, et les d. religieux, pour le bien et comodité de 
la d. Abbaie, ont fait et accordé les dites échanges, a 
sçavoir que les dits religieux^ Abbé et couvent, ont baillé 
aus d. sieur de Guimerville et a la damoiselle sa femme, 
le plus vivant, le tout tenant, en considération qu'a la 
di^ damoiselle appartient partie des dix lieux de la 
Chappelle, pour en jouir par eux et leurs aians cause 
proprietairement, et par les hoirs procedans du mariage 
du dit sieur de Ouimerville et de la d. damoiselle et aians 
cause, du survivant s'ils n'en ont point devant disposé. 
Cest a sçavoir les dits âeCs et censé que les d. religieux 
ont dedaré consister, a sçavoir le d. flef de Fontaines en 
quatre vingt six livres, soixante seize chapons et deux 
poules de censive, la ferme et terres qui sont du domaine, 
en huict vingt dix journaux, et unze journaux de pré, le 
flef de Gribomenil, en vingt neuf livres de censives, le 
flef d'Enneval, en soixante seize livres unze sols, trois 
deniers et treize chapons de censives, et le flef de l'Isle, en 
dairs deniers et certains a présent paiez, en vingt trois 
livres dix sols, quatre chapons et une poule avec dix livres 
de rentes roturières, a prendre, tant a Blangy que Mon- 
diaux, et généralement tout ce en quoy les d. flefs, 
terres et censés se peuvent comporter, sans rien retenir 
ny reserver, circonstances et dépendances, avec tous leurs 
droits, privilèges, usages, prérogatives qui en peuvent 



Digitized by VjOOQIC 



— 810- 

afferer et appartenir, tant a la forest d*Ea qu'aatrement, 
a la charge d'acqniter les dits religieux de tous dépens, 
dommages et interests, si aucuns en sont deus, que les 
fermiers des d. fermes pourroient prétendre, a faute de 
Jouissance des baux a eux faits, si mieux le d. sieur de 
Ouimenrille ne leur veut entretenir. 

Et en contr'echange le d. sieur de Ouimerville et la 
d. damoiselle, sa femme, ont baillé aus d. religieux les 
d. ferme et censé de la Ghappelle, âefs et seigneurie de li 
Chappelle, de tant qu'il leur en appartient, Yraucourt et 
Busambert, qu'il a dit et déclaré consister en ce qne 
dessus est mentionné, avec leurs droits et appartenances, 
sans rien resenrer, pour 'en jouir par les d. religieux. 
Abbé et conyent, en tous droits, profits et émoluments, 
a la charge de supporter par eux les redevances, qui des 
rotures pourroient et sont deues aux Seigneurs de qui Os 
sont tenus aux charges et ainsi qu'il est dit et dedaré 
cy-dessus, au moien que chacune des dites parties sont et 
demeurent garans, l'un a l'autre, jusqu'à la concurrence 
de ce qu*il est dit cy-dessus, les choses échangées se 
consister en fond et censiyes, réservé les droits d'usage, 
les quels les d. sieurs Abbé et couvent ont cédé et trans- 
porté au d. sieur de OuimerviUe et sa d. femme, tels 
qu'ils les ont sans aucune garantie, par ce neantmoins 
que si les d. fiefs se consistoient en davantage, ils ne 
laisseront d'estre et appartenir, a sçavoir ce qui est a la 
Chappelle et fielSs transportez par le dit sieur de Ouimer- 
ville et sa femme aus d. religieux, Abbé et couvent, et ce 
qui est des d. fiefis de Fontaines, Enneval, OribomenU et 
l'Isle aus d. sieur de auimerviUe et sa femme. Le tout 
fait et contracté entre les partis, suivant la protestation 
faite par le dit sieur de Ouimerville qu*il entend Caire la 
condition bonne de l'Abbaie, a la charge et condition que 
si par l'information qui se fera de l'ordonnance des d. 
commissaires aux dépens du d. sieur de Ouimenrille, les 



Digitized by VjOOQIC 



-311 - 

d. religieux, Abbé et Gonvent appelles, il soit trouvé 
aucune inégalité a ce que dessus, et que les oiBtes et 
accords du d. sieur de Guimerville cy-deyant mentionnez 
ne fussent suffisans pour plus grande valeur que pour- 
relent estre trouvez des d. fiefs et censé de Fontaines, 
Enneval, Gribomenil et de l'Isle, en ce cas le d. sieur de 
Ooimerville et sa d. femme seront tenus de faire le 
supplément raisonnable au profit de la d. Abbaie, soit en 
rentes ou deniers, selon et ainsi qu'il sera trouvé estre 
a faire par les d. commissaires, pourquoy déclarer 
consentir homologuer, et faire tout ce qui sera requis et 
nécessaire pour rentière exécution, perfection et accom- 
plissement de ce que dessus, tant pardevant nos dits 
sieurs les commissaires déléguez ou subdeleguez pour 
l'aliénation du temporel, pour la subvention les d. parties 
a sçavoir le d. sieur Bellencin au d. nom du d. sieur 
Abbé d'une part, et les d. religieux d'autre, et les d. sieur 
de Ghiimerville et sa d. femme d'autre, ont créé et cons- 
titué leurs procureurs spéciaux, et certains messagers 
les porteurs de ces présentes, ausquels et chacun d'eux, 
pour le tout ils ont donné respectivement pouvoir et 
mandement de faire en leurs actes de plaidoiries expédi- 
tions, consentement et accords, passemens de lettres et 
toutes autres choses que besoin sera, le tout irrévoca- 
blement et sans aller jamais au contraire, et a ce tenir, 
entretenir et du tout accomplir, et paier tous dépens, 
dommages et interests, qui en desfaveur de ce que dessus 
se pourroient ensuivir, les d. parties en ont obligé a 
sçavoir le dit sieur de GuimerviUe et sa d. femme, tous 
leurs biens, meubles et héritages, et les d. Bellencin et 
religieux, tout le temporel de la d. Abbaie. Fait et passé 
au Chapitre de la délibération capitulaire, y faite le dit 
10^ Jour de Septembre 1577. Signé Alfonsus Beliendmus 
procurator. T. Sauchoy, de 8aint*Pierre, N. Poullain, 
L Godard, Paien, L. Houllier, Yallois, Glaire du Bois, 



Digitized by VjOOQIC 



-312- 

des Cloistres, C. Sauchoy, de Bures, aiboult et Carton, 
chacun un paraphe. Et plus bas Jacques Héron et Marie 
du Bost. Lequel écrit dessus inséré, icelles parties 
comparantes ont aussi reconneu estre signé de leurs 
propres signes manuels, et avoir respectivement fait les 
actes, délibérations, conventions, accords, échanges et 
procurations y contenues et portées, et iceluy écrit en 
tout ce quil contient estre du tout véritable : lequel écrit 
partant, icelles parties ont respectivement, icelles parties, 
promis tenir, entretenir, fournir et accomplir de poinct 
en poinct, selon sa forme et teneur sans jamais aller ou 
venir au contraire, la d. damoiselle, de ce faire a cette 
fin deuement authorisée par le d. sieur de Guimerville, 
son mary, laquelle authorité elle a dit recevoir en elle 
pour aggreable, sans avoir esté a ce faire aucunement 
contrainte ou induite par le d. sieur son mary; an 
contraire qu*elle faisoit de son bon gré et libre volonté, 
et qu'elle a accordé et accorde le d. échange au plus 
vivant d*eux deux, en considération des acquests par son 
dit mary, faits aux lieux baillez en contr*echange, durant 
eur mariage, pour le tout revenir par après aux hoirs, 
aussi procedans d*eux deux, en considération que la d. 
censé de la Chappelle vient du chef de la d. damoiselle» et 
a tout ce que dessus tenir,. entretenir, fournir et deue- 
ment accomplir, et de rendre, paier tous cousts, frais et 
dépens, dommages et interests, qui par faute de ce, se 
pourroient ensuivir, icelles parties, chacune d'elles pour 
son fait et regard, en ont submis et obligé Tun vers 
Tautre, tous et chacuns leurs biens, pour le regard du d. 
sieur de Guimerville et sa d. femme, meubles et héritages 
et ceux de leurs hoirs presens advenir : et pour le regard 
du d. sieur de Bellencin, au d. nom du d. sieur Abbé et 
des dits religieux, tout le bien et revenu temporel de la 
d. Abbaie, et si jurèrent par la foy et serment de leors 
corps et sur les S^* Evangiles de Dieu, a non jamais aller 



Digitized by VjOOQIC 



-813- 

oa venir ou contraire du contenu en ces présentes, 
renonsans a toutes choses par quoy foire le pourroient, 
si^amment la d. damoiselle authorisée conune dessus» 
au bénéfice de Velleian autheur» si q» muHer^ et 
généralement a tous droits introduits en faveur des 
femmes^ et par lesquels elle pourroit estre relevée et 
restituée du contenu au présent contracta qui luy ont 
esté donné et entendu par les d. Tabellions estre tels» 
que la dite femme ne se peut obliger pour ny avec son 
mary, vendre» céder, permuter» transporter ou aliéner 
ses droits» sinon qu'elle eust au préalable renonsé a tous 
les dits droits et privilèges. En témoin de ce nous, a la 
relation des dits TabeUions» avons» a ces présentes fidtes 
et grossoiées pour servir au d. sieur de Ouimerville et a 
la d. damoiselle sa femme» mis et apposé le d* seel. Ce 
fut fait , passé et reconneu par les dites parties au d. lien 
du Treport le 10» jour de Septembre Tan de grâce 1577» 
presens bonnorables hommes M« François du Hamel 
advocat demeurant a Eu» et Pierre le Roux demeurant 
an d. lieu de Treport témoins» signé du Hamel et Le Roux 
chacun un paraphe, et scellé en placart de dre verte# 
An moien de laquelle homologation ainsi faite nous avons 
envoie et envions les d. sieur de Guimerville et damoiselle 
Marie du Bos sa femme» en possession et jouissance 
réelle et actuelle des d. flefs de Fontaines» Enneval» 
risle et Gribomenil et censé de Fontaines^ le tout cy-^essus 
spécifié et déclaré» pour en jouir par eux leurs hoirs et 
aians cause» jouxte et ainsi quil est contenu au dit 
contract cy-dessus inséré. En témoin de quoy nous avons 
signé ces présentes» fait contresigner par notre greffier» 
et a icelles apposé nos seels. Donné a Rouen le 18* jour 
de Janvier 1578. Ainsi signé de Martimbos» Eude et 
Flanguy» et scellé de deux cachets et placards» et en 
marge est écrit : fait ponr le d. sieur de Guimerville» 
20 feuillets écris» ce présent compris» avec nn paraphe. 



Digitized by VjOOQIC 



-814- 

ALIBKATION DES BOIB DE LA HAK. 

A tous eeux qui ses présentes lettres verront. Rodi le 
Dae» lîcentié es loix, sieur de Saint-Remy, advocat et 
procureur fiseal du comté d'Eu, garde seeldes obligations 
du d. comté, salut. Sçayoir faisons que par devant 
Nicolas Sabot, et Laurœt le Oriel, tabellions jurez du 
comté d'Eu, Ait présent noble homme Pyrrhe a flumine, 
Bolonoie, grand vicaire et procureur gênerai et spécial de 
Révérend Père en Dieu, M. Alexandre Salvagien, abbé 
commendataire de Teglise et Abbale de M' Saint-Michet 
du Treport, par procuration contenant spécialité a cette 
fin, passée a Rome le 24« jour d'Octobre 1677, insinuée ea 
jugement par devant M. le Bailly vicomtal du comté d'Ea 
le 16* jour de Décembre au dit an, lequel pour le bien, 
profit et utilité de la d. Abbale et augmentation du revenu 
d'icelle, et suivant la délibération faite par luy, et les 
autres religieux et couvent de la dite Abbale, a cette fin 
convoquez et assemblez au son de timbre, au chapitre 
conventuel d'icelle Abbaie, porté par acte datte du Séjour 
du présent mois et an, a confessé avoir baillé et baille par 
ces présentes, a titre de fief, afin d'héritage, a toujours 
pour luy, ses successeurs et aians cause, a honorable 
homme M. Richard Mithon, receveur gênerai du comté 
d'Bu présent et acceptant, et lequel confessa avoir pris du 
d. sieur grand vicaire, au dit nom, au dit titre de rente et 
fieflé pour luy, ses hoirs et aians cause, c'est a sçavoir 
une pièce de terre de présent plantée en bois, 
bruieres, ronses et épines, contenant quarante acres, 
assise près le village de Melleville, et qui font partie des 
bois appartenant a la dite Abbale, vulgairement appelez 
les bois de la Haye du Treport: les dits quarante acres de 
terre, a prendre de tire a aire, le long de la Truée, 
bornez d'un costé, les d. bois delà Haye du Treport, 



Digitized by VjOOQIC 



-816 — 

d'antre costé, le cbemin tendant du d. lien de la Tniée a 
la forest du comté d'Eu, d'nn bout au d. bois de la Haye, 
et d'antre bout les terres de Melleville^ pour des diti^ 
quarante acres de terre, jouir et posséder par le d. 
Mithon» ses d. hoirs et aians cause, ores et pour le temps 
advenir, suivant et au droit de la présente fieffé, comme 
de sa propre chose, vray héritage, et loial acquest, a la 
charge et condition expresse que le d. Mithon sera tenu 
mettre ou faire mettre la dite pièce en agriculture et 
labeur, et icelle faire essarter, les chesnes y estans de 
presens demeurans au profit des dits religieux, Abbé et 
couvent, et lesquels ils seront tenus faire couper et 
abattre dedans huict mois ai:Oourd'huy, de laquelle pièce 
de terre le dit Mithon ses d. hoirs et aians cause ne seront 
tenus rendre ou paier a Tadvenir aucun droit de dixmes a 
la d. Abbale ou fermiers dicelle, pour les grains ou autres 
firuicts procédés et escroités sur icdle, et dont et duquel 
droit de dixme le dit sieur grand vicaire, au dit nom l'a 
afi^anchi, tenu quitte et déchargé par ces présentes pour le 
regard de la d. Abbale. Cette présente fieffé ainsi faite aux 
charges et conditions cy-dessus, que moiennantla somme 
de dix ecus sol, a raison de soixante sols tournois pour 
chacun ecu, suivant l'edict et ordonnance du Roy, de rente 
fondere, seigneuriale et féodale, que le dit Mithon ea sera 
tenu paier et continuer a l'advenir et par chacun an, ans 
d. religieux, prieur et conventde la d. Abbale et leurs suc- 
cesseurs, au jour et terme de Noël, pour tout Pan, premier 
terme de paiement Noël, en l'an que Ton comptera 1580, et 
ainsi continuer au dit terme, a toujours* Laquelle pièce de 
terre dessus bornée, ledit Mithon sera tenu tenir du corps 
de la d. Abbale, et en bailler a l'advenir, adveu et denom-» 
brement, et même en paier tous droits -de reliefs, et 
treizièmes en cas de mutation, et tels qu'il est accoutumé 
paier en ce pais et comté d'Eu. Et d'avantage le d. Mithon 
au moien de la présente fieffé, sera tenu paier et fournir 



Digitized by VjOOQIC 



-816- 

la somme de cent escus â*or sol» pour estre ladite somne 
convertie et emploiée pour reparer la d. Abbale» seloa 
les marchez et convenans qui en seront fiûts a cette fln, 
par le d. sieur grand vicaire , dont et de laquelle somise 
le d. Hithon sera et demeurera quitte et déchargé en 
rapportant par luy les d. marchez et convenans qui poiir- 
roient avoir esté faits par le sieur grand vicaire en la 
présence des d. religieux. Si a esté accordé entre les d. 
parties, advenant que par le recollement qui sera fait çy- 
après des d. bois il s*en trouvast plus grand nombre 
que le d. nombre quarante acres jusqu'à quatre ou ciaq 
acres, le d. Mithon les sera tenu pareillement faire essarter 
et mettre en labour» pour par luy en faire son profit, et m 
disposer comme de sa propre chose en paiant par luy ans 
dits religieux. Abbé et convent de la d. Abbale pour 
l'excédant» quinze sols tournois pour chacune acre aussi de 
rente seigneuriale» foncière et féodale par chacun an , au 
d. terme de Noël et aux charges et conditions cy-dessas 
mentionnées. Et a semblable» s'il s'en trouvoit moindre 
nombre, luy sera pour le d. nombre moindre» defidqué et 
déduit au prorata, a la dite raison de quinze sols pour 
chacune accre» sur les d. dix ecus sol de rente foncierei 
seigneuriale et féodale» promettant les dites parties, 
chacune d'elles pour son regard, a sçavoir le dit sieur 
grand vicaire au d. nom» garantir la présente fieffé» icelid 
fournir et faire valloir vers tous et contre tous» le délivrer 
et défendre de tous troubles et empechemens quiconque 
qui y pourroient estre faits, mis ou donnez, et même iceUe 
foire ratifier aux religieux et convent de la d. Abbaie, et 
le d. Mithon rendre» paier et continuer ainsi que dit est, 
a to^jours, et ainsi que dessus est déclaré» la d. rente 
seigneuriale foncière et féodale» de quoy faire rendre et 
paier tous cousts frais, dépens» dommages et interests qui» 
par faute de fournissement et accomplissement des choses 
susdites, et de chacunes d'icelles se pourroient ensuivir» 



Digitized by VjOOQIC 



— 817 - 

dont le porteur des présentes sera cren par son simple 
serment, sans qu'il soit tenu faire antres preuves, icelles 
parties, chacune pour son fait et regard en ont respec* 
tivement obligé et obligent par ces présentes, Tun vers 
Tautre» a sçayoir» le dit sieur grand vicaire au d. nom» 
tout le revenu temporel de ladite Abbaie, et le ditMithon, 
tous ses biens, meubles et héritages et ceux de ses hoirs 
presens et advenir. Et si Jurèrent par la foy et serment 
de leurs corps, et sur les saints Evangiles de Dieu, a non 
Jamais aller ou venir au contraire du contenu en ces 
présentes, renonsans a toutes choses^ par quoy faire le 
pourroient. En témoin de ce nous, a la relation des dits 
tabellions, avons a ces présentes, faits et grossoiées pour 
servir ans dits religieux et couvent, mis et apposé le d. 
seel. Ce Ait fait et passé au Treport, le ie< jour d'Octobre 
1579, presens honnorables hommes Richart Oiboult et 
Michel Mesnart bourgeois et eschevins du Treport 
témoins. Signé Sabot et le Griel, chacun un paraphe. 

RATIFICATION DU OHAPIT&B. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Roch le 
Duc Kcentié es loix, sieur de S^ Remy advocat et pro- 
cureur fiscal du comté d'Eu, garde du seel des obligations 
du d. comté, salut. Sçavoir faisons que par devant 
Nicolas Sabot et Laurent le Griel tabellions jurez du 
comté d'Eu, furent presens vénérables et religieuses 
personnes D. Toussainct Saulchoy, prieur de l'église et 
Abbaie M' S^ Michel du Treport, Nicole de S* Pierre, 
Laurent Houllier, soubprieur, Jacques Gtodart, Nicole 
Poullain, François Payen, Jean Claire du Bois^ secretain, 
Louis de Yallois, aumônier, Charles des Gloistres, Pierre 
de Bures, Clément Saulchoy et Nicolas aiboult tous 
prebstres religieux de la d. Abbaie, lesquels assemblez et 
congregez au chapitre conventuel de la d. Abbaie, a son 



Digitized by 



Google — 



- 818 - 

de timbre, après que lecture leur a esté faite de mot a 
autre, par l'un des dits tabellions de certain contract œ 
Jourdhuy fait et passé par devant les d. tabellions, icetay 
portant fieflè faite par noble homme Pyrhe du FleuTe, 
grand vicaire et procureur gênerai et spécial de M. te 
R^' P. en Dieu, M' Alexandre Salvagien Abbé de la d. 
Abbale, au nom du d. sieur abbé et des d. religieux et 
couvent, de quarante acres de terre a prendre es-bois de 
la Haye du Treport assis prez Treport et près Melleville, 
a honnorable homme maistre Richard Mithon, recevenr 
gênerai du comté d*Eu, par et molennant dix ecus sol, a 
raison de soixante sols pour chacun ecu, de rente seignea- 
riale, foncière et féodale, revenans aus dits religieux et 
couvent et a leurs successeurs, moiennant aussi ceot 
ecus sols, que le dit Mithon est tenu et obligé en rendre 
paier pour droit d'entrée, pour estre emploiez en repara* 
tiens sur la d. Abbale et aux charges plus a plein portées 
contenues et déclarées par le contract de la d. fleffe, de 
la teneur desquels ils se sont tenus pour bien et deuement 
déclarez, et dont ils se sont tenus pour contons, les d. 
religieux dessus nommez unanimement, sur ce deuement 
conseillez et advisez, après en avoir premièrement 
délibéré entr'eux, il y a long temps, au d. Chapitre ou ib 
se seroient, pour cet effet, assemblez par plusieurs et 
diverses fois, comme ils ont dit, ont de leur frandie et 
libre volonté loué, gréé, ratifié et par les présentes 
louent, gréent, ratifient et approuvent, et ont tenu pour 
bien aggreable le contenu au dit contract de fleffe, 
voulans, consentans et accordans iceluy avoir lieu et 
sortir son plein et entier effet en tout ce quil contient, 
sans jamais y contrevenir, reconnalssans et confessans 
que le passement du d. contract de fieffé a esté fait par 
le dit sieur grand vicaire, de leur advis, accord et 
consentement pour le {dus grand bien, profit et utilité de 
la d. Abbaie» et augmentation annuelle du revenu dioeUe, 



Digitized by VjOOQIC 



-819- 

suivant la resolation et délibération quils en ont (^ 
devant &ite en leur dit chapitre, avec le d. sieur grand 
vicairoi porté par acte datte du 2* jour de ce présent 
mois et an, en considération que les dites quarante acres 
de terre, portez au dit contract de fieffé, estoient seule* 
ment plantez de brieres, ronses et épines, et du tout 
inutiles tant au d. sieur Abbé qu'ans dits religieux y 
ayant plus de cinquante, voii*e 60 ans, quils n'ont esté 
mis en coupes ordinaires, ny porté aucun profit au d. 
sieur Abbé, ny même ans dits religieux, a la charge et 
condition expresse que les dits cent ecus sol, que le d. 
Mithon par le dit contract de fieffé est tenu paier, et 
fournir pour droit d'entrée, pour estre emploiées en 
réparations sur la d. Abbale seront et demeureront ans 
dits religieux et couvent, et dont le d. sieur grand vicaire 
pour ce présent et acceptant, a accordé leur estre fait 
paiementpar le d. Mithon, pour estre lad. somme emploiée 
pour, et au profit, et estant le propre des dits religieux 
et couvent, en dix ecus sol de rente hypothèque, et au 
moien aussi, que les d. religieux dessus nomm^, seront 
tenus emploier pareille somme de cent ecus sol, en répa- 
rations sur la dite Abbaie, selon et ainsi quil sera advisé, 
par le dit sieur grand vicaire, et suivant les marchez 
convenant qui en seront par luy faits en leur présence, 
ce que les dits religieux dessus nommez se sont submis 
de faire par dedans un an, du jourd'huy ; suivant lequel 
accord le dit Mithon pour demeurer par luy quitte envers 
les dits religieux et couvent, de la dite somme de cent 
ecus sol, a présentement vendu et vend par ces présentes 
aux dits religieux et couvent, ce stipulant et acceptant, 
dix ecus sol de rente hypothèque et exécutoire, quil a 
constitué et assigné estre pris receus et recueillis, chacun 
an, par les dits religieux et couvent et leurs successeurs, 
tfur tous et un chacun ses biens, meubles et héritages^ 
et sur chacun d'eux, sans division au plus clair, et mieux 



Digitized by VjOOQIC 



-830- 

apparôiflsant , par voie d'execatioD, a paier la d. rente le 
seiziesme jour â*Oetobre, pour tout l'an^ premier twme 
de paiement le 16* d*Octobre, que Ton comptera 1580, ^ 
ainsi continuer de terme en terme, et d*an en an, jusqu'au 
raquit et amortissement de la d. rente, que le dit Mithon, 
ses hoirs et aiant cause pourront faire a tousjours, 
toutes fois quil leur plaira, par rendans la dite somme de 
cent ecus sol, avec les arrérages courans, au prorata, 
d'autant quil en sera ou pourra estre deu, et ecbeu, lors 
du dit acquit, et tous autres loiaux cousts. Et d'autant 
que les d. religieux ont dit n'avoir argent pour fournir 
aus dites réparations, quils se sont submis cy-devant 
faire sur la dite Âbbaie, jusqu'à la concurence des d. 
cent ecus sol, le d. Mithon, pour le désir quil a de leur 
bien et augmentation du revenu de leur couvent, pour 
mieux les accommoder pour la réfection des dites répa- 
rations, a leur grande prière et requeste, a promis fournir 
et avancer pour eux, a mesure que se feront les d. 
réparations, la d. somme, de cent ecus sol, au moien que 
les dits religieux ont tenu quitte le d. Mithon pour ceste 
partie des six premières années du courant et arrérages, 
tant d. ecus sol de rente hypothèque, que des d. ecus sol 
de rente foncière, seigneuriale et féodale, quil est tenu 
leur pàier, pour et a cause de la d. âeffe. Et davantaige 
le d. Mithon, encore quil n'en soit tenu par le d. contract 
de âeffe, a déclaré donner trois ecus un tiers pour estre 
la dite somme emploiée en vingt sols de rente pour et 
au profit du secrétaire de la dite Abbaie : et outre ce le 
dit Mithon a donné aus dits religieux, pour leur vin de 
la dite âeffe, la somme de trente ecus sols quil leur a 
présentement paie comptans, en la présence des dits 
tabellions et témoins cy après nommez, et dont ils se 
Bont tenus pour contons, et par ce moien les dits reli-^ 
gieux ont de leur part et pour plus grande assurance de 
la dite fleffe promis icelle garantir, avec le dit sieur 



Digitized by VjOOQIC 



-331 - 

srand vicaire, icelle fournir et faire yalloir au dict Mithou, 
le délivrer et défendre de tous troubles et empeschemens 
quelconques, sur Fobligation de tout leur revenu tem- 
porel, comme pour semblable le dit Mithon a promis 
paier et continuer les dites deux parties de rente, ainsi 
qne dit est, et aux termes dessus déclarez, de quoy faire 
il a obligé tous ses biens, meubles et héritages, et ceux 
de ses hoirs et aians cause presens et advenir. Et si 
jurèrent par la foy et serment de leur corps, et sur les 
saints Evangiles de Dieu, a non Jamais aller ou venir au 
contraire du contenu en ces présentes, renonsans a toutes 
cboses par quoy faire le pourroient. En témoin de ce nous, 
a la relation des dits Tabellions, avons a ces présentes 
faites et grossoiées pour servir aus dits religieux et 
convent, mis et apposé le d. seel. Ce fut fait et passé au 
dit lieu du Treport, le 16« jour d'Octobre 1579, présents 
Michel Bonnet, marchand, demeurant a Eu, Nicolas 
Manger et Michel Duhamel, demeurans au Treport, 
témoins. Signé Sabot et le Qriél, chacun un paraphe et 
scellé. 

▲BREST DU GRAND CONSBIL POUR RENTRER EN LA DICTE 

FIEFFE. 

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de 
Navarre, a tous ceux qui ces présentes lettres verront, 
salut. Sçavoir faisons, que par arrest de notre grand 
Conseil donné sur la demande et profit de default requis 
par notre bien amé frère Antoine le Yillain, presbtre 
religieux, profez et aumônier de TAbbaie S^ Michel du 
Treport demandeur, et requérant que M' Richard Mithon 
sieur de Fredeville, président aux grands jours du comté 
d'Eu, soit condamné se désister et départir de la posses- 
sion et jouissance de quarante accres de terre et plus, 

21 



Digitizedby VjOOQIC ^^ 



— 822 - 

assis près de MeUevillei cy«devant aliénez du domaine de 
la d. Abbale du Treport, en le remboursant, se faire se 
doit, du prix principal, frais etloiaux coûts, ameliorationa, 
impenses utiles et nécessaires, et requeransFenterinemest 
d'une requeste du 23 may 1635, tendant afin que les pou^ 
suites et procédures faites parle d. Mithon, en nostre 
parlement de Paris, au préjudice de la juridiction de notre 
dict conseil, soient cassées, révoquées et annullées allen- 
contre du d. Hithon défendeur et défaillant. 

Yen par nostre dict conseil la d. demande , la dite 
requeste, le d. défaut donné en l'audience de nostre d. 
conseil en présence de M. Nicolas Le Febvre et du H 
Hithon, et après sa déclaration du 24« May 1635 , requeste 
présentée par le dict Mithon en nostre dit parlement de 
Paris du d* 12* du mois et an, exploits de significations de la 
dite requeste au dit le Yillain, du 21 des dits mois et an, 
contract de bail a rente et fiefTe par le grand vicaire et 
procureur de la d. Abbale du Treport, a M^ Ridiard 
Mithon, receveur gênerai du comté d*Eu, d'une pièce de 
terre plantée en bois, bruieres et épines contenant 
quarante acres, assise prez le village deMelleviUe, faisant 
partie des bois dependans de la d. Abbale, appelez les bois 
de la Haye« avec charge de mettre la d. terre en labeur par 
le d. Mithon, et de faire abattre par les dits religieux, les 
bois estans en la dite pièce de terre, et de paier parle 
dictMithon,trentelivres de rente, par an, aus d. religieux 
du Treport, et outre quinze sols pour chacune acre qui se 
trouveroit par dessus le d. nombre de quarante acres, et 
d'emploier par le d. Mithon 300 1. pour les réparations de 
la d. Abbale, et de tenir la dite pièce des Abbez etreligieux 
de la dite abbaie, et la pouvoir tenir exempte et franche 
de tous droit de dixme, du 16 Octobre 1579. SommatioiiB 
faites a l'Abbé et religieux de la d. Abbaie, de retirer les 
d. quarante acres, suivant redit par le dit Le Yillain, 
et protestation de les retirer a ses frais et dépens, et d'en 



Digitized by VjOOQIC 



jouir, des 7« de Mars, 14 Noyembre, et 20 Décembre 1634, 
et 12 Janvier 1635, arresde rétention de causes a notre d. 
conseil, et tout ce qni par le dit Le Yillain a esté mis et 
produit par devers notre dit conseil. 

Icelny notre dit grand Conseil, par son dit arrest, a dit 
que le d. défont a este bien et deuement obtenn, pour le 
profit duquel nostre d. conseil a cassé et annuUé l'exploit 
d'assignation donné au dit le Yillain a comparoir en 
nostre parlement de Paris, a condamné le dit Mithon, se 
désister et départir de la possession et jouissance de la d. 
pièce de terre, contenant quarante acres ou plus, contenus 
au dit acte du 16 Octobre 1570, en le remboursantpar ledit 
le Yillain, de ce qu'il justifira avoir emploie au profit de la 
d. Abbale, firais et loiaux cousts de son contract, qui se 
trouveront estre deus, améliorations, impenses utiles et 
nécessaires, a un seul paiement dont il baillera estât dans 
quinzaine, par devant le commissaire qui a ce faire sera 
député par notre dit conseil, et ce faisant, dameurera le 
d. Mithon, déchargé du paiement de la rente de trente 
livres et outre qu'il devoit par chacun an, aux religieux 
de la d. Abbale. 

Ordonne notre dit conseil que le dit le Vilain jouira sa 
vie durant des dits héritages^ et après son décès, ils 
demeureront reunis a la d. Abbale, a notre dict 
conseil condamné le d. Mithon aux dépens, la taxation 
d'iceux en notre grand conseil réservée. Si donnons en 
mandement et commettons par ces promûtes, au premier 
de nos amez et féaux conseiller de notre d. grand conseil, 
trouvé sur les lieux, et en cas d'absence, excuse ou 
légitime empêchement, au premier juge royal des dits 
lieux, sur ce requis, qu'a la requeste du d. le Yillain, le 
présent arrest ils mettent, et fassent mettre incontinant 
et sans delay a deueet entière exécution, réellement et de 
fait, de poinct en poinct, selon sa forme et teneur, contrai-> 
gnans et Ceûsans contraindre a ce faire soufQ[*ir et obéir 



Digitized by VjOOQIC 



-824- 

tous ceux qu'il appartiendra, et qui pour ce, seront 
contrains par toutes voies deues et raisonnables, 
nonobstant oppositions ou appellations quelconques, pour 
lesquels, et sans préjudice dicelles, ne voulons estre 
différé. Mandons en outre au premier notre huissier ou 
sergent, sur ce requis, faire pour rentière exécution du 
dit présent arrest, toutes significations, assignations, 
commandements, contraintes et autres exploits requis et 
nécessaires, si de ce faire leur avons a chacun d*eux 
donné et donnons pouvoir. Mandons et commandons a 
tous nos Justiciers, officiers et si^ets, qu*a eux en ce 
faisant, même a nostre d. huissier ou sergent, sans pour 
ce demander congé, placet, visa, ne pareatis, soit obéi. 
En témoignage de quoy nous avons fait mettre notre seel 
a ces dites présentes. Donné en notre dit grand conseil, et 
prononcé aux procureurs des dites parties. A Paris, le 
dernier Jour de May, l'an de grâce 1836, et de notre règne 
le20« 



BEMARQUB SUR CBTTB ALIENATION. 

I. -— n convient sçavoir que Talienation de cette partie 
des Bois de la Haye comme beaucoup préjudiciable aux 
biens de l'Abbale a esté heurtée par les Abbez suivants : 
premièrement par Nicolas de Bellengreville, qui obtint 
commission pour faire rescindre la dite fieffé, le 3 May 
1614, la mort aresta le coup, ensuite Jehan de BeUengre- 
ville pourveu de l'Abbaïe, reprenant les errements de 
son prédécesseur, obtint lettres de rescision, le 21 mars 
1618, et agit contre M. Richard Mithon, sieur de Froide- 
ville, mais au lieu de tenir ferme, il se laissa gagner par le 
dit Mithon, lequel feit faire tel procès-verbal qu'il voulut, 
touchant les impenses et améliorations des d. 40 acres de 
terre qu'il feit monter a 7670 1., qui est des deux tiers 



Digitized by VjOOQIC 



-825- 

plos qu'il ne faut» a 90 1. pour le pot de vin des religieux 
et dix livres pour le secretain, outre les frais et loiaux 
cousts, et la dessus feit donner arrest en parlement pour 
rentrer en la dite pièce, en paiant les dites améliorations, 
ce qu'on eut garde de faire pour le prix excessif ou 
on avoit consenti qu'il feit monter les choses. 

Son père acquéreur de la d. pièce de terre et receveur 
de l'Abbaïe qui en avoit fait la dépense, avoit esté bien 
plus modéré, car il ne feit monter les dites impenses et 
améliorations, pots de vin aux religieux et au sieur 
Pyrrhe Fleuve, marnage, essartis, frais et loiaux cousts 
(dont encore il y en a une partie a disputer), il ne les feit 
disHjô monter, par un écrit de sa main et signé de luy, 
qu*a 4778 1. 10 s. 

Le dit Jean de BeUengreville Abbé, aiant resigné l'Abbaïe 
a Charles de Fontaines, celui cy n*eust pas plustost pris 
possession qu'il Ait sommé de la part du dit sieur Mithon, 
le 15 Octobre 1634, de le rembourser des dites impenses et 
améliorations, ou a faute de ce faire, que luy et ses suc- 
cesseurs seroient dorénavant privés de rentrer en la d. 
pièce déterre. 

Le dit Abbé de Fontaines prit le fait et cause, s'opposa 
au dit arrest, soutint qu'il avoit esté obtenu par collusion 
-entre les parties, demanda que nouveau mesurage Aist 
fait de la d. pièce, qui contenoit plus de 50 acres au lieu de 
40, qu'il fut aussi de nouveau procédé a Testimation des 
impenses et améliorations, sur lesquelles seroit déduite la 
valeur des bois de haute fustaie enlevez par luy ou par son 
père, et qu*il fust condamné de rapporter les fruicts des 
acres ou arpens excedans la dite quantité de 40 acres, et 
en tous dépens. 

L'affaire ne fut point poursuivie d'avantage, et la mort 
aiant enlevé le d. de Fontaines, Abbé en 1627, Ait esleu 
pour Abbé Fr. Jacques de Souveré, chevalier^ comman- 
deur de Malthe, leqtiol ne voulut pas mettre ses mains 



Digitized by VjOOQIC 



-828- 

panaii ces ronses et ces espioes, pour les essarter, 
laissa le monde comme il l'avoit trouvé. 

D. Antoine le Vilain, religieux et aumônier^ fut plus 
courageux, il réveilla cette afiiEùre, la poursuivit cban* 
dément au grand conseil, et y obtint l'arrest cy-dessus 
transcript, le dernier May 1635> par lequel la d. âeffe fut 
rescindée aux conditions y portées. Ces beaux commen- 
cements n'eurent pas pourtant Tefièt qu'on en pouvoit 
espérer, car le sieur Mithon alla au devant, contenta le d. 
le Villain, et empedia la dernière discussion de cette 
aifaire. Bn suite le d. sieur de Froideville feit ses diligences 
pour se mettre a couvert de semblables insultes, et 
asseura cette fleffe, et d'arrest, et de tout ce qui se peut 
du consentement de parties pour la rendre inébranlable* 

Depuis ce temps tout est demeuré assoupi, raumonier 
et le sieur de Froideville sont morts, et les héritiers 
jouissent paisiblement de la d. âeflé jusqu'à présent. 

2"«^ — Il faut remarquer que si l'Abbale est lésée 
pour le principal, elle l'est encore dans l'accessoire, 
veu qu'au lieu de 40 acres, les héritiers ea jouissent de 
45 et 10 perches, comme il parroit des procès verbaux 
faits,run le 15 Septembre 1580, et l'autre le 8 Janvier 1585, 
et chaque acre du surplus des dits 40, doit paier quinze 
sols, que les receveurs laissent perdre, faute de faire 
leurs diligences pour les avoir. 



ALISNATION DB LA CURB ET DES DIXMES DE MELLEVILLB. 



Par devant les notaires garde notes du Roy, notice Sire, 
en son chatelet de Paris, soussignez, ftarent presens en 
leurs personnes illustre et religieux seigneurs messire 
Jacques de Souveré, chevalier de l'ordre de Saint-^Jean de 
Hierusalem, grand prieur de France, abbé commendataire 



Digitized by VjOOQIC 



-387 ~ 

de rabbaie de S^ Midiel du Treport, dedmateiir en la 
parroisse de MelleyiUe, patron et présentateur a la cure 
de la d. parroisse de Melleville, au d. nom d*abbé du 
Treport, tant pour luy que pour M* Nicolas Haguet, 
prebstre, son nommé et présenté a la d. cure de Melle- 
ville, d'une part, et M. Richard de Boissel, escuyer, 
seigneur du Melleville, patron et présentateur alternatif 
a la dite cure de MelleyiUe, tant pour luy, que pour 
M. Charles Durand, prebstre, son nommé et présenté a la 
d. cure, d'autre part. Disans les parties estre en procès au 
paiement de Paris, sur l'appel de deux sentwces. Tune 
rendue aux requestes du palais du dit parlement, le 5 
Avril 1658, entre le dit seigneur de Souveré au d. nom 
d'Abbé du Treport, d'une part, et Charles Tardieu cy«- 
devant seigneur du dit MellevlUe, d'autre part, par 
laquelle entr'autres choses, le dit sieur de Souveré comme 
Abbé du Treport, a esté maintenu et gardé en la posses- 
sion et Jouissance du droit de présenter a la cure de 
l'église et parroisse de MeUeville de luy troublée. L'autre 
des dites sentences rendues aux requestes de l'hostel, le 
22 Janvier 1667, sur congé pris aux présentations par le d. 
sieur de Boissel contre le d. sieur Souveré au d. nom 
d'Abbé du Treport, demandeur aux fins de l'exploit du 
25 Octobre 1666, a ce que sans avoir égard a l'opposition 
formée par le dit sieur de Boissel a la prise de possession 
par M. Nicolas Haguet, le dit Hagnet seroit maintenu en 
la. d. cure de MeUeville, par laquelle le d. congé auroit 
esté déclaré bien obtenu, et le d. sieur du Boissel, défen- 
deur, renvoie de l'assignation. Auquel procès estant 
maintenu par les d. parties, sçavoir par le dit seigneur 
de Souveré, les dixmes de la d. parroisse de MeUeville, 
luy appartenir, et encore le patronage entier de lad. cure 
de MelleviUe, et en avoir titre, possession et saisie, de 
temps immémorial et des derniers temps, ainsi qu'il est 
justifié par le poulUer de l'archevêché de Rouen, et les 



Digitizedby VjOOQIC 



--838- 

présentations faites par les prédécesseurs, abbez de la 
d. cure» et les provisions données par MM. les Arche- 
vêques de Rouen, extraites de leur secrétariat, les d. 
dixmes affermées par chacun an, a la somme de 520 1. 
suivant les baux du dernier May 1661, et défense au d. 
sieur Tardieu de MeUeville, et le dit sieur de MelleviUe 
n*avoir aucun droit du d. patronage, ny aucune possession 
légitime. En conséquence desquelles possessions, la cure 
venant a vaquer par le decés du dernier titulaire, le d. 
sieur de Souveré a présenté la personne de M« Nicolas 
Haguet, qui y doit estre maintenu. Et de la part du d. sieur 
de Boissel au contraire que les dixmes de la d. cure de 
MeUeville, n'appartiennent a l'abbaie du lYeport qu*en 
conséquence de l'aumône qui luy en a esté faite par .^S^gidius 
et RodolAis de MeUeville, ancien seigneur du d. Melle- 
viUe, suivant l'extrait du cartulaire, produit au procès, 
qui les tenoit a titre d'infeodation, laquelle qualité 
de dixmes inféodées appartenir de présenter des d. 
Abbez du Treport, et le d. sieur de MeUeville, avoir 
encore droit, et estre en possession de présenter 
alternativement a la dite cure de MeUeviUe, ainsi qu'U est 
Justifié par nombre d'adveuxet denombremens, et estre en 
possession et saisine par nombre de présentations, sur 
lesqueUes les nommez par ses prédécesseurs, auroient 
estépourveu, et joui du dit bénéfice, et la d. cure aiant 
vaqué par le deces du dernier titulaire le jour 

de 1666, le d. sieur de Boissel, seigneur de MeUeviUe, 

estant en tour, auroit nommé la personne de M* Charles 
Durand, prebstre, lequel U soutenoit devoir estre main- 
tenu sans avoir égard a la nomination faite par le dit 
seigneur de Souveré de la personne de M* Nicolas Haguet, 
laqueUe doit estre annuUée, et la sentence des requestes 
du palais, du 5 Aoust 1659, infirmée et pretendoient les 
parties, respectivement, tous dépens, dommages et 
interests; pour lequel procès terminer, au profit et utUité 



Digitized by VjOOQIC 



-839-- 

de Teglise, ont les parties fait les transactions, cessions 
et permutations qui ensuiyent. Sçavoir que le d. seigneur 
de Souveré a accordé au d. sieur de Boissel, au d. nom de 
seigneur de MeUeville» pour luy, ses hoirs et aians 
cause, seigneurs du d. Melleville, se acceptant, le droit et 
université des dixmes inféodés, appartenant a la d. abbaie, 
en la d. paroisse de Melleyille, avec tout et tel droit qu'il 
a etpeutavoir et prétendre, de nommer et présenter a la d. 
cure de Melleville, et pour recompense et contr'ecbange 
a, led. sieur de Melleville, promis et s'est obligé de fournir 
des héritages, a la commodité du d. seigneur de Souveré, 
et ses successeurs abbez, deuement amortis et indemnisez, 
a la valeur et revenu de huict cens livres de rente par 
chacun an, sinon paier au d. seigneur de Souveré et ses 
successeurs, la d. rentede huict censlivres par an Jusqu'au 
rachapt que le dit sieur de Melleville sera tenu faire au 
denier vingt cinq, francs deniers, au dit sieur Abbé, 
lorsque le dit seigneur Abbé de Souveré et ses successeurs 
auront trouvé fond pour faire employ et assiette du 
principal de la d. rente. Et sera tenu le dit seigneur de 
Souveré et ses successeurs, advertir le dit sieur du Boissel, 
un an auparavant. Et jusques a ce que le d. sieur de 
Boissel ait fourni les d. héritages, ou le principal de la d. 
rente de huict cens livres, sera tenu led. sieur de Boissel 
de paier et continuer la dite rente de 800 livres par chacun 
an, palable en deux termes égaux de chacune année, au 
lieu abbatial de la d. Abbaie du Treport, ou au receveur 
du d. sieur Abbé, le premier terme de paiement écherra 
au terme de Noël prochain, et le second a la Saint-Jean 
ensuivant que l'on comptera 1668, et de la continuant 
jusqu'au dit rachapt, jusque auquel demeureront les 
dixmes cédées spécialement aflectées et hypothéquées, et 
par privilège, et la terre et seigneurie de MelleviUe et 
autres biens du dit sieur de Boissel, presens et advenir, 
généralement affectez et hypothéquez, sans que la générale 



Digitized by VjOOQIC 



-880 - 

hypothèque déroge a la spéciale, ny la spéciale a la 
générale. Et en conséquence des présentes la présentation 
du d. seigneur de Souveréi de la personne de. Nicolas 
Haguety demeurera nulle et de nul effet, et celle du d. 
sieur de Boissel sera exécutée selon sa forme et teneur, et 
son nommé, maintenu et gardé en la possession de la d. 
cure,en vertu de ladite nomination et des présentes, le tout 
sous le bon plaisir de N. S. P. le Pape et du Roy, notre 
souverain seigneur par lesquels le d. du Boissel sera t^iu 
faire homologuer les présentes, et a cet effet, obtenir tous 
i^escripts, lettres patentes et arrests de vérification que 
besoin sera, a ses propres cousts, firais et dépens, et 
moiennant ces présentes demeureront tous procès, pour 
raison du patronage delà d. cure de Melleville, terminez 
et assoupis, sans dépens, dommages et interests et fournira 
le d. sieur du Boissel, autant des présentes, en bonne 
forme au d. seigneur de Souveré, car ainsi le tout a esté 
convenu et accordé entre les parties, lesquelles pour 
Fexecution des présentes et dépendances ont esté eslen, 
et élisent leurs domiciles irrévocables, sçavoir le dit 
seigneur de Souveré, grand prieur de France en la maison 
de M' Emmanuel Regnault, procureur au Chatelet de 
Paris, sise rue des Prunettes, paroisse de Saint-Eustache, 
et le dit sieur du Boissel en la maison de le Pautre 

procureur au parlement, sise rue Saint-nJean de Beauvais, 
parroisse de Saint Hilaire, ausquels lieux et nonobstant, 
et promettant et obligeant chacun endroit soy, et es dits 
noms et qualités, et renonsans, etc. Fait etpassé aParis, en 
Thostel du d. seigneur, grand prieur, le 8 May, avant midy 
Tan 1667, et ont signé la minute des présentes demeurée 
par devant, et en la possession de Plastrier Tun des dits 
notaires soussignés. Signez : Loret et Plastrier, chacun un 
paraphe. 



Digitized by VjOOQIC 



— 381 - 



FACTUM SUR CETTE ALIENATION 

L'abbaie du Treport a en la nomination de la cure de 
MelleTille paisiblement jusqu'environ 1400, qu'une héri- 
tière des seigneurs de Melleville prétendit la nomination 
a raltemative avec l'Abbé et couvent du Treport, sur 
quoy il y eut sentence et accord avec la d. damoisellepar 
laquelle l'alternative luy est concédée. 

Depuis lequel temps néanmoins, soit par cession de son 
droit au autrement, dont il ne conste point, les Abbez et 
couvent du d. Treport, ont esté en possession de nommer 
a la d. cure, et par treize nominations consécutives, sans 
qu'aucun des seigneurs de Melleville ait prétendu a cette 
alternative : et a leur veu, a leur sceu, a leur porte, non 
vif non damOf nonprecario, FAbbale du Treport y a 
toiûours pourvueu sans discontinuer, comme il se void par 
les extraits du secrétariat de l'archevêché de Rouen, d'où 
dépend la d. cure. 

Tardieu, sieur de la Poterie et seigneur de Melleville ^ 
s'advisa en 1850, de remuer ce droit, a la mort du curé 
qui pour lors estoit, dont il Ait débouté par sentence 
donnée au presidial d'Abbeville contre luy, neantmoins 
comme il estoit plaideur, il brouilla toujours, Jusquesla 
que le sieur du Boissel, Conseiller a la cour des Aides, a 
Rouen, aiant des terres a Melleville, entreprit contre le 
dit sieur de la Poterie pour droits honorifiques, et le 
pressa tant, sous le nom de M' l'Abbé du Treport, quil 
obtint sentence aux requestes du Palais en 1659, par 
laquelle le dit sieur de la Poterie, fut débouté de ses 
prétentions de présentateur a la d. cure de Melleville, et 
l'Abbé du Treport maintenu. 

La mort arrivée au sieur de la Poterie a donné occasion 
au dit sieur du Boissel, d'acquérir la dite seigneurie de 



Digitized by VjOOQIC 



- 832- 

Melleville, des héritiers dudit de ]a Poterie, et substitué 
dans tous leurs droits; feignant ne se plus souvenir 
de ce quil avoit fait, prend leur visage, et prétend contre 
ce qu'il a fait juger avec tant de raison, que ralternative 
luy appartient, pour y avoir esté pourvueu, comme 
il suppose par ses prédécesseurs, dont il ne sçauroit en 
faire voir aucune provision légitime recueu dans 
l'archevêché, ny autrement. Ce qui a esté cause 
qu'il a esté débouté de ses demandes par sentences des 
requestes de l'hostel en 1666, et M« Nicolas Haguet, 
.nommé a la d. cure, par M' l'Abbé du Treport, après la 
mort du précèdent titulaire, a esté maintenu dans la d. 
cure. 

Le dit sieur du Boissel se voiant battu et abbattu de 
ses propres armes, s'est tourné d'un autre costé, et a force 
d'amis a gaigné le sieur Renard, principal agent de 
M. l'Abbé du d. Treport, lequel a fait consentir ledit sieur 
Abbé, de quitter au dit sieur du Boissel, le droit de patro- 
nage de la d. cure de Melleville, dont le revenu annuel 
vaut bien douze cens livres, et ensemble le droit de 
dixmes de la d. parroisse, pour lesquelles le dit sieur du 
Boissel en paie huict cens livres de rente, au llea 
qu'elles n'estoient affermées auparavant qu'a cinq cens 
vingt livres par an. Et tout cecy s'est fait sans aucun 
consentement des religieux de la d. Abbaie, sans la per- 
mission du Roy, sans obligation d'aliéner, sans informa- 
tion de commodo vel iftcommodo, sans publication, sans 
aucune formalité de justice, comme il parroit assez parla 
lecture de la transaction cy-dessus transcripte. 

Les religieux de lad. Abbaie qui voient démembrer une 
pièce considérable et pour le bien et l'honneur, et la tirer 
hors delà d. Abbaie, demandent s*ils peuvent souffrir en 
conscience la dite aliénation de dixmes, et du droit de 
patronage, ets'ilsnesontpasobligez poui* leur décharge d'y 
former leur opposition, puisqu'il ny a aucune nécessité de 



Digitized by VjOOQIC 



— 333 — 

faire cette aliénation, qu'ellepresche en toutes ses formes, 
que droits de dixmes et de patronage, qui sont purement 
spirituels, y sont vendus, et qu'une rehaussedes dixmes peu 
considérable, yeu Testât des choses, donne lieu d'aliéner 
une des meilleures cures dépendances de TAbbaie. De 
plus aussi pour la conséquence, qui est laisser une porte 
ouverte pour dépouiller l'Abbale de ce qu'elle a de plus 
beau et de meilleur. 

La réponse a esté que l'on peut faire cette opposition, 
toutes fois etquantes, et qu'il faut prendre son temps et 
ses mesures pour faire ce que de raison. 

Le sieur Haguet n'a pas creuestrelié par cette transac- 
tion a laquelle il n'auroit point esté appelé, a maintenu 
son droit comme y estant bien fondé par la nomination 
du seigneur Abbé et par la sentence qu'il en avoit 
obtenu aux requestes de l'hostel, et ne s'est point 
rendu qu'a la an qu'il a esté accablé de Tauthorité, tant 
du d. sieur du Boissel, que du dit sieur Renard qui l'ont 
obligé de mettre son différent en arbitrage^ et les arbitres 
ont accomodé le différent faisant quitter son droit a la dite 
cure au dit sieur Haguet, et pour ses frais le faisant rem- 
bourser de dix huit cens livres. 

Cet accord n'a pas esté plustot fait, que le dit sieur du 
Boissel a obligé le sieur Durand nommé par luy de s'en 
défendre et de le remettre entre les mains de M. Durban, 
cousin du dit sieur de Boissel, qui en jouit présentement. 



ALI8NATI0N DB LA BORDAQNB. 

Les comissaires subdeleguez pour les diocèses deNorman- 
diepar Messeigneurs les Reverendissimes et Illustrissimes 
Cardinaux de Lorraine et de Bourbon, et Nonce de N. S. 
P. le Pape devers le Roy, commissaires déléguez par sa 
Sainteté par sa buUe du 24^ jour de Novembre dernier, 



Digitized by VjOOQIC » 



- 884 - 

vérifiée, publiée et enregistrée es cours de parlement de 
Paris et de Rouen, avec les lettres patentes du Roy, pour 
procéder a la vente et aliénation de cinquante mil escus 
de rente de revenu temporel et biens ecclésiastiques des 
bénéfices de ce royaume, pour les deniers de ce provenant 
estre convertis et emploiez aux firais que le roy est 
contraint faire pour la guerre présente, a tons ceux qui 
ces présentes lettres verront, salut. Scavoir feûsons 
qu'après avoir receu la commission a nous adressée par les 
dits déléguez du 23* jour de Février dernier, nous avons, 
suivant icelle, et articles d'instruction a nous envoiez, du 
25 du dit mois de Février et lettres patentes du dit seigneur 
Roy, du 26 May dernier, décerné nos conmiissions a 
plusieurs sergens royaux pour se transporter ans dila 
diocèse et lieux désignez et déclarez es roUes de cotisa- 
tions a nous envoiez, pour signifier le contenu es dites 
lettres de commission, et faire les sommations et inter- 
pellations ace requises et nécessaires^ le tout selon laforme 
et teneur des dites commissions et instructions, après 
lesquelles significations de déclarations et interpellations, 
les religieux et couvent de S^Michel du Treport, au dioceze 
de Rouen, cottisez, a vingt ecus d'or de rente, auroient 
exhibé et mis en vente comme moins dommageable a leur 
église et Abbaie, le fief, rente et redevance et droits 
seigneuriaux de la Bourdagne, assis en la paroisse de S^ 
Pierre-en-Yal, en ce non compris le droit de patronage, et 
présentations au bénéfice du d. lieu. Lequel fief consiste en 
dix livres huict sols de rente seigneuriale, quinze cbapons 
etdix poules, evaUuez par iceux religieux, Abbé et couvent' 
a sçavoir, chacun chapon a cinq sols tournois, et chacune 
poule a deux sols six deniers tournois, qui est pour 
chapons et poules, 100 sols tournois de revenu annuel, les 
dites rentes chapons et poules, a prendre sur les personnes 
qui ensuivent. Asçavoir sur Jehan Carpentier, soixante 
troisBols, septpoules; sur Charles learielaulieu deMartin 



Digitized by VjOOQIC 



- 386 - 

Dofour, cinquante trois sols, unze chapons» trois poules : 
sur Jehan le Jolie, trois sous six deniers tournois; sur 
Jehan Gaultier, quinze sols, deux chapons; sur Antoine 
Fusélier, trente neuf sols, deux chapons ; sur Jean Quentin, 
douze sols; sur M. Jean du Bar, douze sols ; et sur Richard 
Vincent, au lieu de Simon Gamier, dix sols, le tout de 
rente seigneuriale palable par chacun an, au terme S^- 
Remy, et les chapons et poules au terme de Noël. Item 
auroient exposé et mis en vente une ou plusieurs maisons, 
granges, et jardinage, le tout enclos ensemble, contenant 
quatre acres ou environ, assis au dit lieu de laBourdagne. 
Item dix pièces de terre, la l** nommée la Tourteroie 
contenant six acres ou environ assise en laparroisse de S^ 
Pierre-en-Yal, bornée d'un costé Charles le Griel, et Jehan 
le Carpentier, d'autre coslé Jean le Fuselier et autres, 
d'un bout Jean de France, et d'autre bout les hoirs 
Bobinet Pavie. La 2»* contenant cinq acres ou environ, 
nommée la Fosse Saint-Michel, bornée des deux costés le 
baron du Fresne et autres, d'un bout le chemin tendant 
au Fresne, et d'autre bout les hoirs de défunt Jean liesse, 
La 3»* pièce contenant quatre acres de terre ou environ, 
nommé les Greneteaux, bornée d*un costé Jean de 
France et autres, d'autre costé les hoirs Jean Rosée, et 
autres, d'un bout M. Jean Bonnet, advocat, et d'autre 
bout les hoirs de M. Anseaume RacheL La 4"*« conte- 
nant deux acres, bornée des deux costez Jean le 
Carpentier, et d'un bout Jean le Fuselier, et d'autre bout 
le d. Carpentier, et autres. La 5^ contenant six acres 
bornée d'un costé JeanLecarpentier, d'austre costé, Pierre 
Guignard, d'un bout le chemin tendant a Grancour, et 
d'autre bout Jean Fuselier, dit Rousseau. La 6^ pièce 
nommée la Mare de Brunville, contenant quatre acres, 
bornée d'un costé le chemin tendant d'BuauTost, d'antre 
costé les hoirs Charles de Laistre, d'uu bout Jean Gourtin, 
et d'autre bout le chemin d'Bu a Grancour. La ?■• 



Digitized byVjQO^lC 



-336 — 

pièce contenant deux acres, bornée d'un costé Jean 
Fuselier , d'autre costé et d'un bout Jean Garpentier, et 
d'autre bout M' Jean du Bar. La S"'*, contenant deux 
acres, bornée d'un costé les hoirs Charles de Laistre, 
d'autre coste Antoine de Raye, et d'autre bout les d. 
hoirs de Laistre. La 9°^* pièce contenant acre et demie, 
bornée d'un costé les hoirs du d. baron du Fresne, 
d'autre costé les terres cy-devant bornées, d'un boot 
Jean Fuselier dit Rousseau, et d'autre bout Pierre 
Guignard et autres. La 10°^« et dernière pièce, con- 
tenant quatre acres, bornée d'un costé M^* Jean du 
Bar, d'autre costé les hoirs Jean Houllier, d'un bont 
Charles le Griel et autres, et d'autre bout le sieur Baron 
du Fresne; les d. maisons, granges et jardinage, avec les 
d. dix pièces de terres dessus bornées et dedarées, 
evalluées par les d. religieux^ Abbé et conyent, suivant 
les baux qui en ont esté par cy-devant faits, a cens livres 
tournois, le tout revenant ensemble, compris les dites 
rentes non affermées, avec les chapons et poules, a cent 
quinze livres huict sois tournois, pour le tout estre vendu 
et adjugé au prix du denier vingt quatre, a la raison des 
dites evalluations et non a moindre prix, ains au-dessus, 
au plus offrant et dernier enchérisseur, s'il sepresentoit 
aucune personne a qui a plus grand prix voulsist le tout 
enchérir, outre les cinq pour cent, parcequ'iceux religieux, 
Abbé et couvent ne demeurent aucunement garans envers 
l'adjudicataire pour le regard des d. rentes en deniers, 
chapons et poules, sinon de luy aider pour la recouvrance 
d'icelles, des titres et ^nseignemens estant en leur 
possession, a la charge d'entretenir par le dict aci^udica* 
taire, le bail des dits héritages fait a Jean Maquerel pour 
le temps qu'il a encore a jouir, et aussi que le d. adjudi- 
cataire tiendra en foy et hommage les choses sus d. et 
relèveront des dits religieux. Abbé et couvent. Et pourle 
faire sçavoir et entendre a tentes personnes iceux reli- 



Digitized by VjOOQIC 



-887- 

gieux. Abbé et conyent, Tanroient fait publier et mettre 
par affiches» tant aux portes des églises parroissiales du d. 
lieu du Treport,Notre-Dame d'Eu, S*-Pierre-en-Val et en 
la yille du lieu d'Eu, qu'en cette ville de Rouen, es lieux 
accoutumez a faire telles proclamations et affiches publi- 
ques, par Georges Marotte, sergent royal a Rouen, Guil- 
laume Vincent, sergent au comté d'Eu, et Jean Vienne, 
huissier en la cour de Parlement au d. Rouen, respecti- 
yement les 11«, !^% eS* jours de Septembre dernier, et par 
les dites proclamations et affiches, déclare et fait a 
sçayoir et entendre a toute personne que TadlJudication de 
tout ce que dessus seroit faite par devant nous, au 3^ 
jour du présent mois d'Octobre. Auquel jour auroient 
comparu , par devant nous, M* François Castein, vicaire 
de l'Abbé, et Me Richard Mithon, receveur de la dite Abbaie 
procureur spécialement constitué par les d. religieux, 
prieur et couvent de la d. Abbaie, pour, capitulairement 
assemblez par lettres de procuration par luy exibées, 
passées au d. lieu du Treport,par devant M«* David Turpin, 
et Jean Fourré, tabellions au comté d'Eu, le 20* jour du d. 
mois deSeptembre dernier, lesquels Castein en lad. qualité 
de vicaire gênerai du d. Abbé^ et le dit Mithon en vertu de 
sa dite procuration, auroient fait apparoir des procès 
verbaux des d. sergens et huissier dessus nommez, 
contenant les publications, afQches et diligences par eux 
respectivement faites aux fins d'icelle adjudications, et 
requis quU y fust lors procédé aux charges dessus decla« 
rées. En aiant égard a laquelle requeste, après lecture 
faite par notre ordonnance de la procuration exhibée par 
par le d. Mithon, et proces-verbaux des d. Marotte et 
Vincent, sergents, et Vienne, huissier, contenant les 
proclamations, affiches et diligences faites aux fins d'icelle 
adjudication , et le tout trouvé et par nous déclaré 
suffisans et vallable, et avoir esté bien et deument faits, 
nous aurions d'abondant fait publiquement et a haute 

22 



Digitized by VjOOQI:^ 



YOix, crier et proclamer par le dit Vienne huissier, s'il y 
ayoit aucune personne qui Youlsit enchérir les choses sus 
dites au prix du denier vingt quatre^ a la raison des dites 
evalluationsy il eust a le dire et déclarer pour y estre oCd 
et receu ; auroient lors compareu par devantnous, Charles 
le Griel, demeurant a Eu, lequel auroit le tout mis et 
enchéri au prix de deux mil sept cens quatre Tingt 
douze livres dix sols, outre les cinq pour cent, et charges 
sus d. , laquelle enchère nous aurions receu, et neantmoins 
différé icelle adjudication a ce jourdhuy, et ce dit jour, 
jeudi 13<> d'Octobre, Tan 1569, est comparu par devant 
nous, Hierome Salvage, procureur, spécialement constitué 
par le d. Abbé, lequel en vertu de la procuration par luy 
exhibée, passée en cour de Rome, le 25 Novembre dernier, 
a requis quil soit par nous procédé a radyudication des 
choses sus dites, en aiant égard a laquelle requeste ; après 
avoir d'abondant fait crier et proclamer par le d. Vienne 
huissier, sil y a aucune personne qui veuUle enchérir le? 
choses dessus déclarées, outre et par dessus Tenchere 
mise par le d. le Griel, montant a la d. somme de 27S21. 
10 s., il ait a le dire et déclarer, pour y estre oui et receu, 
Pierre fielin, bourgeois demeurant en la parroisse de 
S^Vincent de cette ville de Rouen, a mis et enchéri tout 
le contenu cy-dessus, au prix et somme de 28001. tournois, 
auquel Belin, pour ce quil n'a comparu aucune personne, 
qui ait voulu enchérir a plus grand prix, nous avons 
a^ugé et adjugeons par ces présentes, le d. fief de la 
Bourdagne, assis en la d. parroisse de S^Pierre-en-Val, 
rentes, redevances et droits seigneuriaux d'iceluy, non 
compris le droit de patronage, et présenter au bénéfice du 
dit lieu, lequel fief consiste en dix livres huict sols tour- 
nois de rente seigneuriale, quinze chapons et dix poules 
ensemble les dites maisons, granges et jardinage, le tout 
enclos ensemble avec les dites dix pièces de terre, 
ensemble le nombre de trente six acres et demie, dessus 



Digitized by VjOOQIC 



bornées et déclarées au dit prix et somme de 2800 1. tour- 
nois pour une fois paiée, outre les cinq pour cent pour les 
fraiSy parceque les d. religieux. Abbé et conyent ne 
demeureront tenus en aucune garantie envers les dits, 
pour raison des dites rentes et deniers^ chapons et poules, 
et a la charge d'entretenir le bail fait au d. Macquerel» 
des choses susdites» pour le temps quil a encore |a jouir, 
en prenant par iceluy Belin, adjudicataire, le fermage par 
chacun an, jusqu'à la fin du dit bail : par ce aussi que le 
dit Belin, adjudicataire tiendra a l'advenir, luy, ses hoirs 
et aiant cause le dit ûef de la Bourdagne, et autres 
héritages a luy présentement adjugez, et relèveront de la 
d. Abbaie de S^ Michel du Treport, et ce a la requeste et 
de l'exprès accord et consentement du dit Salvage, au d. 
nom et ordonné que les d. religieux, Abbé et couvent de 
S^Michel du Treport, seront contrains et tenus bailler et 
délivrer actuellement et promptement, au d. Belin, 
adjudicataire, les lettres, papiers» registres et enseigne- 
mens quils ont et pourront recouvrer, concernant le d. 
fief de la Bourdaigne, droitures et appartenances d'iceluy 
et autres héritages a luy présentement adjugez, pour en 
jouir et user par le d. Belin, adjudicataire, ses hoirs, 
successeurs et aians cause, dès maintenant et a toujours, 
comme de son propre héritage, vray etloial acquest, aux 
charges sus d., tout ainsi que les d. religieux. Abbé et 
couvent du Treport, en ont de tout temps joui et usé, ou 
peu ou deu jouir et user, ou autres a leurs droits. Lequel 
Belin, adjudicataire sera tenu païer promptement la d. 
somme de 2800 1. tournois es mains de M. Claude le 
prebstre, commis de M' Claude Marcel, procureur gênerai 
du clergé de France, et deniers provenant de la vente, 
provenance et aliénation des dits cinquante mil ecus de 
rente, pour en estre converti et emploie la somme de 
douze cens soixante douze livres tournois, en l'acquit et 
décharge de la d. Abbaie, pour le racquit et amortisse- 



Digitized by 



Googfe 



-840- 

ment des d. vingt ecas d*or de rente, pour la cotisation 
d*icelle Âbbale, et le reste de la dite somme montant a 
quinze cens dix huict livres tournois, au profit de la d. 
Abbale suivant les articles d'instruction. En témoin de ce 
nous avons faict apposer a ces présentes, signées de 
notre greffier, en cette partie, le scel dont nous usons en 
notre dite commission. Donné a Rouen, le d. I3« jour 
d'Octobre 1569, par ordonnance de Messieurs les Commis- 
saires, signé Godefroy. 

ACQUBST DU NOUVEAU PRBSBITERB. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Charles 
le Duc, sieur de S^ Sulpice, lieutenant gênerai au bailHage 
des Eaux et forests du comté d*Eu, garde scel des obliga- 
tions du d. comté. Salut. Sçavoir faisons que par devant 
Charles le Griel et Claude Lhomme. tabellions jurez an 
dit comté, est compareu honorable homme Charles 
Vincent, bourgeois de cette ville d*Eu, demeurant au 
hameau du Quesnoy, parroisse de Criel, lequel volontai- 
ment et sans contrainte ou induction, et pour son plus 
grand profit et utilité, faire a reconneu et confessé avoir 
vendu, cédé, quitté et délaissé, et par ces présentes, 
vend, cède, quitte et délaisse en tout droit et titre de 
propriété, aux sieurs Maire et Eschevins du bourg et 
communauté du Treport, a ce presens et comparans, par 
Jean Le Roux, Majeur, année présente, du dit bourg du 
Treport, Nicolas de Blangy et Jean le Griel, anciens 
eschevins du dit lieu du Treport, et M* David Malherbe, 
procureur syndic, eux faisans et representans le corps de 
la dite communauté, ce stipulans et acceptans pour estre 
et servir de presbitere au curé du d. lieu du Treport, et 
ses successeurs au dit bénéfice ; c'est a sçavoir une maison 
au dit vendeur appartenant, située au d. bourg du Treport 



Digitized by VjOOQIC 



-841 - 

en la rae de la Boucherie, et qui en fait le coin, autant et 
si avant quil en a acquis oy devant de François Theroude 
sieur de S^ Âmand, son beau-frere, et que le dit Theroude 
en avoit acquis de Louis Maillard. Icolle maison consis- 
tant en un corps de logis^ chambres hautes et basses, cour 
et Jardin, le tout clos et fermé de murailles, borné d'un 
costé le d. Maillard, a cause du résidu de la dite maison , 
d'autre costé la rue qui mené a TAbbaie, d*un bout la d. 
rue de la Boucherie et d'autre bout la mazure de l'ancien 
presbitere, la d. maison tenue et mouvante des d. sieurs 
Abbé et religieux du Treport, par dix sols de rente 
seigneuriale avec droits et devoirs seigneuriaux, le cas 
offrant. Cette vendue ainsi faite molennant le prix et 
somme d'unze cens livres tournois firancs deniers venans 
es mains du d. vendeur, ou en son acquis et décharge > 
pour paiement de laquelle les d. sieurs Maire et Eschevins 
en leurs noms, et en iceluy de la dite communauté, seront 
tenus, se sont submis et obligés d'acquiter et décharger 
le dit vendeur des parties de rente qui ensuivent. Sçavoir 
envers Damoiselle Catherine Bonnet, veuve de defhnct 
noble homme Jean Boissel, esleu en l'élection d'Arqués , 
mère et tutrice des enfants mineurs du d. defùnct et 
d'elle, du principal de vingt quatre livres, trois sols, 
quatre deniers de rente hypothèque au denier douze, 
faisant en principal deux cens quatre vingt dix livres » 
restans de quarante cinq livres de pareille rente que led. 
Vincent avoit cy-devant transporté au dit sieur de Boissel, 
a prendre sur François le Comte, représentant Marguerite 
Sore, plus de 21 1. 8 s. six deniers de rente au denier 14, 
envers deftmct M' Jean Bonnet et Catherine Latteignant, 
sa femme, de la constitution de defunct honorable homme 
Thomas Vincent père du d. vendeur, faisant en principal 
300 1. plus de la somme de 28 1. XI s. quatre deniers envers 
Charles Tardieu, escuier, sieur de la Poterie, rachetable 
an denier 14, et en laquelle rente le d. sieur de 6^ Arnaud 



Digitized by VjOOQIC 



-342 — 

8*est constitué solidairement avec le d. deftinct Thomas 
Vincent, et dont le d. vendeur s'est submis acquîter et dé- 
charger le dit sieur de S^ Amand par le contract d'acquisition 
de la d. maison, la d. rente faisant en principal 4001., 
ensemble d'une année d'arréragé echeue au 6« d'Avril 
dernier, et du pro rata escheu jusqu'à ce jour, revenant le 
d. pro rata avec la d. année d'arréragé, a 32 1. 11 s. 5 d. 
toutes les sommes revenans a 1022 1. 11 s. 5 d. faisant le 
rachapt desquelles rentes, les d. acquisiteurs demeureront 
subrogez aux droits et hypothèque des d. créanciers, ce 
quils seront tenus de faire dans six mois de ce jourdhuy, 
auquel temps, et plustost si faire le veulent, ils seront tenus 
d'y appeler le d. Vincent pour y estre présent, y conserver 
ses droits, et suppléer les deniers, si aucuns il faut aus 
dits créanciers au par dessus les sommes cy-dessus, et 
le dit pro rata a commencer de ce jourdhuy, et pour le 
surplus montant a la somme de 77 1. 8 s. 7 d. ont esté 
présentement paiez au dit vendeur, comptans en espèces 
aiant cours, suivant Tedict, dont il s'est tenu content et 
bien paie, ensemble de la somme de dix livres pour le vin 
du présent marché, de laquelle et du prix principal, frais, 
loiaux cousts, les dits acquisiteurs seront remboursez en 
cas de retrait par aucun lignage, ensemble des réparations 
et augmentations, si aucunes sont par eux faictes, dont ils 
seront creu a leur simple serment, jusqu'à la concurence 
de 150 1. A ce présent, Jacques le Vasseur et Pierre le 
Bœuf, collecteurs de la taille de l'année dernière, au d. 
bourg du Treport y demeurant, lesquels solidairement 
l'un pour l'autre, et un seul pour le tout, se sont submîs et 
obligez par corps et biens paier es mains des d. sieurs 
Maire etEchevins, la somme de 5001. en dedans de ce jour- 
d'huy, au lieu d'une quittance en forme de rescription 
que les d. sieurs Maire et|Eschevins leur ont délivré du 
sîeurdeResnal, en datte du 4« Février dernier addressante 
au dit Malherbe pour emploier a la présente acquisition. 



Digitized by VjOOQIC 



-343 — 

A ce, présent aussi, discrète et vénérable personne, 
M® François le Roux, prebstre bachelier en théologie, curé 
du d. Treport, lequel a déclaré, tant pour luy que ses 
successeurs au dit bénéfice, avoir pour aggreable et 
accepter la dite maison pour le lieu presbiteral de la d. 
paiToisse, au moien que les dits sieurs Maire et eschevins 
luy ont cédé, quitté et délaissé, avec la dite maison cy- 
dessus bornée, pouricelle augmenter, la portion du jardin 
ou masure du dit ancien presbitere qui est derrière la 
dite maison, pour tirer a droite ligne, et de la largeur 
du bâtiment de la dite maison, au travers de la d. 
mazure a la reserve de six pieds, qui demeureront au 
résidu delà d. maison, pour faire un passage pour aller a 
la rue qui mené a la dite Abbaïe, laquelle portion de 
mazure le dit sieur curé pourra faire clorre, si bon luy 
semble, sans que néanmoins il en puisse poursuivre ou 
inquiéter les dits babitans, pour entrer en jouissance de 
la d. maison par le dit sieur curé dès la S^Fean prochain, 
pour lequel temps les dits sieurs Maire et Echevins, au d. 
nom, se sont submis de mettre la dite maison en bon et 
suffisant estât des couvertures, jusqu'à dix livres, si tant 
il y faut emploier. Et en considération que les batimens 
de la d. maison sont de plus grande valeur et commodité, 
quils ne pouvoient estre obligez de bâtir pour le rétablis- 
sement de l'ancien presbitere, qui est entièrement 
destruit, le dit sieur curé pour aucunement recom- 
penser les dits sieurs Maire et habitans, du grand 
prix de la dite maison, leur a remis, cédé, quitté et 
délaissé, par forme de décharge, le résidu de la dite masure 
et lieu du dit ancien presbitere, tant pour luy que ses 
successeurs au d. bénéfice, pour en disposer par les dits 
Maire et Echevins, au profit de qui bon leur semblera par 
forme de vente, fieffé et aussi autrement, pour aider a 
fournir le paiement de la présente acquisition. Si a le d. 
sieur curé déchargé les dits sieurs Maire, Eschevins et 



Digitized by VjOOQIC 



- 344- 

habitans des loiers de la maison qnil occupe de présent an 
lieu du d. presbitere, moiennant vingt livres, quils seront 
tenus de paier a la S^-Jean pour toutes choses, et a ce 
moien les parties, avec le dit sieur curé, s'en vont hors de 
cour et de procès pour le rétablissement du presbitere* 
Estant en outre convenu qu'en cas que le dit sieur curé 
et ses successeurs soient troublez en la dite maison, que 
les Maire, Eschevins et habitans seront tenus de faire 
cesser le dit trouble, et de toutes actions acquiter le dit 
sieur curé et ses successeurs, lesquels sieurs curez seront 
tenus et obligés de paier et continuer la d. rente seigneu- 
riale de dix sols envers les Abbé et religieux du Treport, 
et ont déclaré les dits sieur Maire et Eschevins et procu- 
reur syndic, que l'acquisition quils font de la d. maison 
pour estre le presbitere de la dite parroisse, est en 
exécution du contrat qui a esté fait devant les dits 
notaires le dernier Février 1650, et l'employ des deniers 
procedans du remboursement des estappes mentionnées 
au dit contrat, lequel sera inséré a la fin des présentes. 
A quoy faire, fournir, paier et accomplir la d. vendue, 
garantir, fournir et faire vaUoir de tous troubles, et 
empeschement quelconques, le d. vendeur s'est submis et 
obligé, même de fournir les contracts de propriété de la 
dite maison autant quil en a en sa possession, et les d. 
sieurs acquisiteurs de bien et deuement acquiter le d. 
vendeur ont obligé tous leurs biens, comme pareillement 
les dits le Yasseur et le Bœuf et le dit sieur curé, de sa 
part, d'entretenir le dit contract. En témoin de ce, nous, a 
la relation des d. Tabellions, avons mis a ces présentes le 
dit sceL Ce fut fait et passé a Eu, le 28« jour de May 1650, 
en la présence de noble homme M' Raoul GK)ré, receveur 
gênerai du comté d'Eu, et Jean Mithon, advocat en Pai^ 
lement, demeurant a Eu. 

Ensuit la teneur du d. contrat: du dernier jour de 
Février 1650, en l'hostel commun de cette ville du Treport, 



Digitized by VjOOQIC 



• 846- 

en la présence de W le Oouvernear du comté d*Ea, des 
Maire et Eschevins , sont compareus les habitans du dit 
Treport, lesquels ont consenti et accordé que les deniers 
provenans des estappes du régiment de Picardie et de la 
Meilleraye, qui ont logé par ordre du Roy au d. bourg, le 
15 Décembre 1649, soient emploiez a Tachapt ou reedifi- 
cation d'un presbitere, au molen de quoy les dits habitans 
seront déchargez de ce jour, a Tadvenlr, du paiement et 
louage quil faut au dit curé pour son presbitere, dechar- 
geans aussi les dits Maire et Eschevins de la somme de 
650 1., a quoy se monte le prix de leur remboursement, 
suivant le calcul qui en en a esté faict en présence des 
Maire et habitans du d. lieu, laquelle somme de 6601. sera 
emploiée a ce que dessus. Et ont signé la minute du d. 
contrat demeuré vers le dit Lhomme, avec la d. minute 
du dit contract de vente signé des dites parties témoins, 
et tabellions ; ces présentes servans pour le dit sieur 
Maire, signé : Lhomme avec paraphe. 

Ensuite est la publication du d. contract faite par 
Monnoie, notaire a Tissue de la messe de parroisse, le 18 
JuUlet 1650, signée des habitans et de luy. 

Et la grosse du d. contract a esté rendue a Jeanne le 
Roux, veuve de Guillaume Lederc, fille dudit M' Jean 
Leroux, decedé le 2 Janvier 1672. 

VSNTB DB L'ANCIEN PRBSBITSRB. 



Du Samedy neufieme jour de Jmllet mil six cens 
cinquante, en Ihostel commun du Treport, sur les trois 
heures après midy, devant nous, M' Jean Le Roux, 
Maire en charge, M^ Jean PoUet et M' Nicolas de 
Blangy, et Jean le Griel, eschevins du d. Treport. 

Pour procéder a la vendue et adjudication d'une mazure 
appelée Tancien presbitere, la d. ad|judioation remise a 



Digitized by VjOOQIC 



-346 — 

ce joord'hay, le procureur syndic du bourg et commu* 
nauté du Treport a requis a ce quil fùst procédé a la 
vendue et a<^uâication de la d. mazure, ainsi qu'elle est, 
a la réserve de la dépouille qui demeurera au profit de 
François le Roux, en palant par luy le loier aus d. Maire 
et Eschevins, la d. mazure proclamée aux charges qui 
ensuivent. 

G^est a sçavoir que l'adjudicataire jouira de la dite 
mazure après la dépouille faite, et de ce d. jour heredi- 
table a luy, ses hoirs, et aians cause, en paiant en deniers 
comptans sans diminution de prix de la vendue et adjudi- 
cation, es mains des dits sieurs Maire et Eschevins les 
deniers, lesquelz seront par eux emploiez, en partie du 
prix de l'acquisition qui a esté faite d'honnorablo homme 
Charles Vincent, a la reserve de ce qui est porté par le 
contract d'acquisition passé devant les Tabellions du comté 
d'Eu, le 24 May 1660, de tenir la d. mazure du sieur Abbé 
du Treport, franche neantmoins de rente seigneuriale, 
reserve de droits seigneuriaux, le cas offrant, paier lesd. 
droits a qui deubs seront au denier a Dieu, quarante sols 
aux pauvres de ce bourg, paier les Irais de proclamations 
et ac^udications et coust d'adjudications. 

En procédant a laquelle adjudication, s'est présenté le 
dit Jean Pollet, eschevin, qui a déclaré enchérir la d. 
mazure, a neuf vingt dix livres, aux charges cynlessos, 
et a paier les droits seigneuriaux s'il s'en trouve deubs, 
et de tenir du sieur Abbé, s'il se trouve que la d. terre en 
relevé. — Et par Jacques Somon, aux charges de paier 
les droits seigneuriaux, frais d'adjudication, et proclama- 
tion, bailler l'adjudication a ses dépens, deux sols aa 
denier a Dieu, 40 livres aux pauvres. Et les habitans 
presens ont empêché que l'adjudication soit faite que sons 
condition de païer les droits seigneuriaux s'il s'en trouve 
deubs, ny même de relever du sieur Abbé, qu'au préalable 
il n'en soit appareu. — Par Laurent Caron a 210 I. aus 



Digitized by VjOOQIC 



- 347- 

charges de paier les droits seigneuriaux s'ils s'en trouye 
deus, et de relever de qui il appartiendra, et des autres 
charges. — Par Jean Malheude, aux charges cy-dessus, a 
220 1. francs deniers venans es mains des dites eschevins. 
— Par le d. Laurent Caron, a 230 1. ans dite charges cy- 
dessus. — Par François Monnoie a 240 francs deniers, aux 
charges cy-dessus. — Par Jean Malheude a 250 1. aus 
dites charges. — Par le d. Guillaume Caron a 2601. et par 
le d. Malheude a 270 1. aus d. charges, et par le d. Caron 
a 280 1. aux charges cy-dessus. Acte des enchères et 
Tadjudication remise a huictaine, pendant lequel temps, 
sera informé de la teneur. Ainsi signé Caron, Jean le 
Roux, avec paraphes. 

Et le seizième jour de Juillet 1650, devant nous Maire et 
Eschevins du bourg et communauté du Treport, a esté de 
rechef fait proclamer, que s'il estolt aucune personne qui 
voulut enchérir et mettre a prix au par dessus la somme 
de 280 1., a quoy la d. mazure a esté mise par Laurent 
Caron, aux charges par l'adjudicataire de paier le prix de 
l'adjudication es mains des Maire et Eschevins, pour les 
derniers estre par eux remplacez a partie de l'acquisition 
faite par eux de la maison du S^ Vincent, paier les droits 
seigneuriaux a qui deus sont, encore que s'ils se trouvent 
deus, neantmoins franche de rente, deux sols au denier a 
Dieu, dix livres au vin du présent marché, 40 1. aux 
pauvres de ce bourg une fois paiez, et frais de proclama- 
tion, et autres frais d'adjudication.— Par Nicolas Vasseur, 
marchand, outre les charges cy-dessus a 290 1. — Par 
Jean Malheude, outre les charges cy-dessus a 300 1. francs 
deniers venans ; et après qu'il ne s'est trouvé aucune 
personne qui ait voulu mettre la d. mazure a plus haut 
prix, nous avons icelle croisée et adjugée au d. Malheude 
pour luy ou son comment , a la d. somme de 300 1. 
francs deniers outre les charges cy-dessus, lequel 
Malheude nous a nommé pour son comment Anne 



Digitized by VjOOQIC 



-848- 

Malhende, laquelle présente a accepté aux charges cjr- 
dessus et signé, ainsi signé Jeanne Malhende avec paraphe, 
mère de Anne Malhende et J. Le Ronx, avec paraphe. 



CONTRACT DB VENTE DE L'ANCIEN PRBSBITBRE. 



Sont compareu honnorable homme Jean le Roux, 
mercier du Treport, Jean Pollet, Jean le Griel, et Nicolas 
de Blangy, Bschevins du d. bourg, et encore M' David 
Malherbe» procureur syndic, lesquels, en la présence 
d*Anne Malhende, veuve de Jean Obry, demeurant au d. 
lieu du Treport, ont reconneu qu*aians traité avec 
discrette personne M* François le Roux, curé du dit bourg 
de luy rebastir le presbitere de long temps démoli, et 
tombé en ruine, pour se redimer d'une somptueuse 
dépense, les d. Maire, Eschevins, procureur syndic et 
communauté, ont acheté du dit Charles Vincent, une 
maison, chambre, cour et Jardin, suffisant et assise en 
lieu plus commode pour le d. presbitere, laqueUe ayant 
esté aggreéepar le d. sieur curé, parcontract passé devant 
nous dits notaires, il est entré en possession, et en consé- 
quence quitté au profit des dits Maire , Eschevins et 
communauté, la terre du d. ancien presbitere, a la resenre 
de la portion mentionnée au dit contract dessus datte, 
pour en disposer par eux au profit dlceUe communauté, 
de quoy on a tait plusieurs prodamatious pour vendre la 
dite portion de terre et ancien presbitere, autant qu*il en 
revenoit a la dite communauté, issue demesseparroissiale 
du d. bourg, rapportée par devant les dits sieurs Maire et 
Eschevins, et après diverses proclamations, enchères et 
rencheres, vendue et adjudication ont esté faite a la d. 
Malhende, au prix de SOO 1. et a la charge d'en passer 
contracta 



Digitized by VjOOQIC 



-349- 

Pom* a qnoy satisfaire, ont les dits Maire» Eschevins et 
Procureur syndic, au nom de la dite communauté, en 
réitérant la d. proclamation, tout de nouveau vendu , 
quitté et délaissé, par ces présentes, vendent, cèdent et 
quittent a la d. Malheude, présente et acceptante, la d. 
portion de terre et ancien presbitere du d. Treport, ainsi 
quil se comporte et estend, a la reserve de la portion 
occupée au d. sieur curé par le contract dessus datte, 
bornée d'un costé les representans Jean Menard, d'autre 
costé Jean Giboult, Louis Maillart et Jacques Labbé, d'un 
bout la rue, et d'autre bout la rue qui monte a l'abbale, et 
la portion délaissée au d. curé au bout de son jardin, 
franche de rente seigneuriale, réservé droits et devoirs 
seigneuriaux, au cas qu'il en soit deu, pour ne sçavoir de 
quel seigneur la dit portion est tenue : et sans que la dite 
déclaration prejudicié au d. Le Roux, Maire en la qualité 
de receveur de Tabbale du Treport. La dite vendue faite 
moiennant la dite somme de 300 1., laquelle somme a esté 
emploiée par les dits Maire et Eschevins et communauté 
au raquit et amortissement de partie de 28 L de rente, au 
dernier quatorze, deu a Charles Tardieu, escuier, sieur 
de la Poterie, de laquelle les dits Maire, Eschevins, et 
communauté, ont esté chargez par led. Vincent, en faisant 
l'acquisition de la maison acquise pour servir de presbitere 
et occupée par le dit sieur curé : lors duquel raquit qui 
se fera toutes fois et quantes, la d. Malheude sera appelée 
et y sera fait mention qu'elle partie est faite de la d. 
somme de 300 L des deniers de la d. Malheude, aux droits 
du sieur de la Poterie, la dite Malheude demeurera 
subrogée pour asseurance de la présente acquisition et 
seront les dits Maire et Eschevins, tenus de fournir le 
surplus des deniers qu'il conviendra pour satisfaire 
entièrement au dit raquit, tant pour les arrérages, pro 
rata, et tous lolaux cousts, et d'autant qu'il est nécessaire 
pour la place et portion cy-dessus vendue, il est convenu 



Digitized by VjOOQIC 



-350- 

et accordé que la d. Malheude en emploiera jusqu'à la 
somme de 600 1. de laquelle somme, en cas de retrait par 
aucune personne, eUe en sera remboursée , comme du 
prix principal, droits seigueuriaux, si au moins en estoient 
deus, et au vin du marché, et tous autres loiaux cousts, 
ensemble des interests au denier quatorze, au fournisse- 
ment et entretenement de tout ce que dessus les d. parties 
ont obligé leurs biens, les dits Maire, Eschevins et com- 
munauté solidairement, l'un seul pour le tout sans 
division, ordre de discussion, a quoy ils ont renonsé. 
Au vin duquel contract la d. Malheude a paie 20 1. et 
d'abondant remboursé les frais des proclamations et 
adjudications, a sçavoir au sergent et procureur, 
30 sols. Fait et passé au Treport, le dernier Novem- 
bre 1650, en la présence de Guillaume Couvreur, et Jean 
Malheude, demeurans au Treport, témoins, signé le Roux, 
Jean PoUet, N. deBlangy et Jeanne Malheude, mère de la 
d. Anne Malheude, qui a dit ne sçavoir écrire, Malherbe, 
Couvreur, le Seigneur, et le Griel, chacun un paraphe. 

Et a la marge est le raquit et amortissement des dites 
28 1, XI s. 4 d. fait au sieur de la Poterie, par M' Jean le 
Roux et Eschevins, et la d. Malheude subrogée es droits 
du d. sieur de la Poterie, le 20 Janvier 1651. 



ADJUDICATION DES QUATRIESMES DES VINS, MENUS BOIRES, 
AIDE DE VILLE, DE ORU, LOTS DE BATEAUX ET DU PHARE. 

Charles du Caron, escuier, sieur du Neuf-Mesnil, licencié 
es loix, intendant, Robert le Pigne, escuier, sieur de 
Poissy, licentié es loix, président, Nicolas Harent, 
lieutenant particulier, Nicolas du Pont, assesseur, Michel 
Cauve, Nicolas Susenne, licentié es loix, Jean de 
Rocquigny, Pierre du Bue, André le Sueur, Adrien le 
Mazier, François Pillon, Louis Lamy, escuier, et Antoine 



Digitized by VjOOQIC 



-861- 

Langloifi, esleus oonseillers du Roy, notre Sire, sur le 
fait de ses aides et Tailles en l'élection d'Arqués au dit 
lieu, le mardy douziesme jours de Mars 1647, se sont 
compareu M' Jean le Griel, Maire en charge, et M^* Dayid 
Malherbe, procureur syndic des nianans et habitans du 
bourg, havre et parroisse du Treport, et par M' Antoine 
Picot, leur procureur, lesquels nous ont dit que le feu 
Hoy, que Dieu absolve, leur avoit donné et octroie les 
quatriesmes des vins et menus boires qui se vendent et 
distribuent en détail dans le dit port, havre et parroisse 
du Treport, et hameau d'iceluy, plus leur auroit donné et 
octroie les fermes d^aides de ville de vin, d'aides de ville de 
gru et lots de bateaux, de la ferme du foier au phare du 
dit lieu du Treport, pour estre, les deniers des d. fermes 
emploiez pour l'entretenement de leur port, havre, pont, 
pavé et forteresse du d. bourg, ainsi qu'il est plus en plein 
fait mention aux lettres patentes des d. octrois, dont ils 
sont porteurs, dueument vérifiez ou besoin a esté, et en 
un arrest du Conseil contenant la confirmation des d. 
octrois, au moien de la somme de douze livres qu'ils 
auroient esté taxezpour la confirmation, lesquelles fermes, 
après plusieurs proclamations faits faire par les dits Maire 
et Eschevins, suivant notre ordonnance, auroient esté 
proclamez et adyugez au plus offrant et dernier enchéris- 
seur, a l'extinction du feu et de la chandelle, pour le 
temps et espace de trois ans, qui sont finis expirez au 
dernier de Décembre dernier, ce qui auroit obligé les dits 
Maire et Eschevins de se pourvoir de notre mandement 
et commission en datte du 25 de Novembre dernier, et 
vertu d'iceluy fait proclamer, issue de la messe parrois- 
siale du d. bourg du Treport, le dimanche 27« de Janvier, 
et le lendemain lundy 28« du d. mois, aux carrefours et 
lieux ordinaires a faire publication dans la ville d'Eu, par 
Guillaume Couvreur, sergent de la d. Miyoï'îté, suivant le 
proces-verbal qu'il representoit, que s'il y avoit quelque 



Digitized by VjOOQIC 



-868- 

personne qui voulust les d. fermes des 4^ des vins et 
menas boires, aide de ville, de gru, lots de bateau et 
phare, ils eussent a leur comparoir devant nous au Mardy 
ensuivant, et que bail et acijudication, se feroit des d. 
fermes, au plus offrant et dernier enchérisseur pour le 
temps et espace de trois ans, qui commencez sont du 
1^ Janvier dernier, et qui finiront a semblable jour et 
terme que Ton comptera 16 cent quarante neuf, aux 
charges et submissions qui seront pour lors dites et dé- 
clarées. Auquel jour de mardy 29 Janvier 1647, devant nous 
dits Robert le Pigne, président, Nicolas Dupont, Cauve, 
Susenne, de Rocquigny, du Bue, le Sueur, Mazier, PiUon, 
Lamy etLanglois esleus, se sont comparons les dits le Griel, 
et Malherbe par le d. Picot, leur procureur stipulez par le 
d. Couvreur, lesquels en la présence des dits officiers du 
Roy, nous ont représenté le procès du d. Couvreur, con- 
tenant les dites proclamations, nous requerans que nous 
eussions a proclamer a Taudience de la juridiction, que 
les dites fermes estoient a bailler au plus oflk*ant et 
dernier enchérisseur, pour le dit temps de trois ans, a 
commencer d u dernier j our de Janvier dernier, aux charges 
et submissions cy-apres déclarées, insérées a Tetiquette 
escrite du d. Picot pour entérinant, laquelle requeste 
avons fait sçavoir a Taudience de la jurididiction par 
Michel Ansot, 1«^ huissier andiencier, que s'il avolt 
quelques personnes, qui les d. fermes vouloient enchérir 
et mettre a prix, quils eussent a leur présenter et quils 
seroient receus a leur enchère, que ra4)udication s*en 
feroit au plus offrant et dernier enchérisseur, a la charge 
par les dits adjudicataires de bailler bonne et suffisante 
caution résidente sur le lieu du Treport, qui sera acceptée 
par les dits Maire et Eschevins et syndic, qui s'obligent 
avec luy par solidarité comme pour deniers royaux an 
paiement du prix, et submissions de la dite adjudication, 
et de renforcer toutes fois et quantes, de paier ans dits 



Digitized by VjOOQIC 



-358- 

Haire et Bscbeviiui un sol pour livre du prix de la d. 
a^i^dieatioii, de délivrer lettre en forme d'icelle» de paier 
les frais et salaires de justice et des d. prodamations sans 
diminution du prix principal. A quoy s'est présenté 
W Estienne Boursier, fermier des 4^ de cette élection» 
par le d. Picot, son procureur, lequel a dit que par son 
bail, le 4* des vins et menus boires de la dite élection luy 
sont affermez, a la réserve de ceux du Treport, auquel il 
ne peut percevoir qu'un sol pour livres sur le pied de la 
somme a laquelle ils sont ou seront adjugez. Mais depuis 
son d. bail il auroit pieu a sa Mi^ esté de créer sur tous les 
4M de cette élection, tant sur ceux a luy appart^ians, 
que sur les 4^ engagez, même sur ceux qui sont donnez 
et octroiez aux habitans des villes et bourgs de cette 
élection, que sa dite Majesté entend estre paiez par les 
adjudicataires sur le pied de leur dite a(]|judication, sauf a 
eux a lever» tant le dit ancien sols, que les deux autres, 
sur les taverniers et cabaretiers et brasseurs, conjointe- 
ment avec le droit de 4^ de leur desservi, ainsi qu'il est 
porté en certain arrest du Conseil du mois d'Avril 1643, 
quil a signifié ans d. Maire et Eschevins, même iceluy 
produit en une instance quil a contr'eux pendante pour 
les obliger a luy paier les trois sols pour livre, en deux 
instances. C'est pourquoy il soustient quil doit estre 
emploie dans les charges de la d. adjudication que le d. 
adjudicataire luy paiera, tant le d. ancien sol que les 
deux autres de nouvelle création pour livre, ou sinon 
proteste de l'obliger au paiement d'iceux conjointement 
avec les d. Maire et Eschevins, lesquels ont soutenu du 
contraire pour nestre obligez a paier les d. trois sols pour 
livre, au contraire ils en seront déchargez. 

Nous avons ordonné que les dites fermes des 4^ du 
Treport seront proclamez tant aux charges cy-dessus , 
qu'a la charge par le dit adjudicataire, de paier tant le d. 
ancien sol, que les deux sols pour livre de nouvelle 

23 



Digitized by VrrOOQlC 



— 854- 

creatioii, «oit au profit des d. Maire et EscheTins on an 
profltdu d. Boursier, sauf le contredit de qui faire le voudra. 

Ce fidt, en procédant aux proclamations des d. fermes, 
s'est présenté le dit le Couvreur qui a mis et enchéri la 
dite ferme des 4~ au prix et somme de neufcens livres par 
chacun an outre les charges et submisions cy-dessus : la 
dite ferme de l'aide de ville de vin a quatre livres, celle 
de Taide de ville de gru a vingt livres , celle du dit lot de 
bateaux, a vingt livres, et la d. ferme du phare a vingt 
livres pour chacun an, outre les charges et submissions, 
et a la charge aussi de poser un homme capable pour 
allumer et éteindre le feu du phare, toutes les marées, a 
sa caution. Laquelle enchère de 900 1. sur les dits 4^^ 
auroit esté couverte par M' Richard Simon, advocat, qui 
a mis la d. ferme a 1000 1. par chacun an outre les charges 
et submissions, dont lettre a esté accordée et ordonnée 
aux Maire et Eschevins de faire reproclamer les dites 
fermes, sur le pied des d. enchères cy-dessus, et rappor- 
tées les d. proclamations par devant nous, a la huitaine. 

Auquel cemardy, 5 Février 1647, au dit Arques, devant 
nous dits intendants, président, lieutenant et esleus, se 
sont compareus les d. Maire et Eschevins par le d. Picot, 
leur procureur, le d. Malherbe en personne, lequel a dit 
qu*en exécution de notre d. ordonnance cy-dessus, il 
auroit de rechef fait proclamer les dites fermes sur le 
pied des dites charges et submissions et des d. enchères, 
qu*a la charge par le dit adjudicataire des 4«* de paier les 
frais et volages du dit syndic, tant aux marchez et lieux 
ordinaires a faire proclamations de la ville d*Eu, le 1" 
Février mois et an présent, que le dimanche 3^ du mois, 
issue de la grande messe duTreport, et les d. proclama- 
tions rapportées a ce jour, requerrant que nous eussions 
a faire de rechef proclamer les d. fermes a Taudience de 
la juridiction, interinant laquelle requeste avons enjoint 
au d. Ansot, huissier, de proclamer les fermes sur le 



Digitized by VjOOQIC 



- 355- 

pied des enchères du dernier jour, après laquelle procla- 
mation le dît Picot a enchéri la d. ferme des 4"» a douze 
cens livres par an, outre les charges et submissions cy- 
dessus, laquelle enchère a esté couverte par le d. Malherbe 
procureur syndic, qui a mis la d. ferme des 4« a 1250 1. 
Et par le d. Picot a esté dit quil couvre la dite enchère et 
met la d. ferme à 1350 1. par an, et par le dit Malherbe a 
esté couverte la d. enchère, et mettoit les d. 4" a 1370 1. 
par an, outre les charges et submissions, ce que le d. 
Malherbe a signé au bref des présentes dont lecture a 
esté accordée, et après quil ne s'est présenté aucun 
enchérisseur qui ait mis les d. 4<» a plus haut prix^ et qui 
ait mis enchère sur les autres fermes, nous avons ordonné 
ans d. Maire et Eschevins, faire proclamer les dites 
fermes sur le prix des d. enchères, et rapporter les dites 
proclamations a la huictaine. Auquel jour mardy 12 
Février 1647, devant nous d. Intendant, président, lieute- 
nant et esleus, se sont appareu les d. Maire, Eschevins et 
procureur syndic, par le d. Picot, leur procureur, le d. 
Malherbe en personne, lequel a dit que suivant et confor- 
mément a notre ordonnance précédente, ils ont fait faire 
nouvelles proclamations des d. fermes aux charges cy- 
dessus déclarées, et sur le pied de sa dernière enchère 
couchée sur chacune d'icelle par le d. le Couvreur, ser- 
gent, tant aus d. carrefours et lieux accoustumez de la 
d. ville d'Eu, le vendredy 8« du d. mois de Février, 
qu'issue et sortie de la grande messe paroisssiale du d. 
lieu du Treport, le dimanche ensuivant et les d. procla- 
mations ramenées a ce jourdhuy, par devant nous, 
requérant que de rechef les d. fermes soient proclamées 
a Taudience pour sçavoir s'il y a quelques personnes qui 
couvriront les d. fermes, et mettront icelles a plus haut 
prix, et aux charges et submissions par eux dites le 29 
de Janvier dernier : ce que le d. syndic et procureur 
Picot ont signé au dit bref. 



Digitized by VjOOQIC 



-356 — 

A quoy s'est présenté le d. Boursier, par le d. Picot, Mk 
procureur, lequel a persisté a soustenir^ que sur le pied 
de Tadjudication des d. 4^, il devoit estre paie des d. 
anciens sols, et nouveaux deux sols pour livre, et que 
radjudication en devoit estre chargée comme une des 
submissions de la dite adjudication, ou sinon proteste de 
le rendre prenable par corps comme pour deniers royaux 
coiijointement avec les d. Maire et Escbevins, suivant les 
termes de son bail, et des arrests du Conseil, dont il est 
porteur, sauf au dit adjudicataire a reprendre sur les d. 
brasseurs et taverniers, suivant les arrests, ce qui a esté 
empêché et contredit par les d. Maire, Eschevins et pro- 
cureurs Syndics pour en estre déchargez, comme ils ont 
cy-devant dit, demandant a voir les pièces énoncées par 
le d. Boursier^ pour les obligera sa demande. 

Nous avons ordonné que les dites fermes seront pra 
clamées a Taudience de la juridiction sur le pied des d. 
enchères cy-dessus, et des submissions cy-<levant décla- 
rées, et a la charge de paier le sols pour livre aux Maire 
et Eschevins, et l'ancien sols pour livre deu au Roy, sur le 
pied de la dite adjudication sans diminution du prix prin- 
cipal, et pour le regard des dits deux sols pour livre 
nouveaux, sera paie par le dit adjudicataire en diminu- 
tion de son adjudication au d. Boursier, si deubsluy sont, 
ou sinon quils tomberont au bénéfice des d. Maire et 
Eschevins. Ce fait, le dit Malherbe a dit quil persistoit en 
son enchère du dernier jour, laquelle a esté couverte par 
Jean Fauvel, procureur, qui a mis la dite ferme des 4^ a 
la somme de 1380 1. par chacun an, outre les dites charges 
et submissions, soustenant, faute de se présenter autre 
enchérisseur qui la dite ferme mette a plus haut prix, 
qu'adijudication luy en devoit estre faîte présentement; 
par le dit Malherbe, syndic, a esté dit quil empechoit 
que les dites fermes fussent adjugées en ce siège, a raison 
de ri^jure du temps, et de la distance de sept lieues qui! 



Digitized by VjOOQIC 



- 357 - 

y a de ee lieu aux villes d'Eu et Treport, ausquels fl y à 
plusieurs notables bourgeois et autres personnes qui 
mettroient leurs enchères sur les dites fermes a plus 
haut prix qu'elles ne sont, si leur incommodité dite ne les 
prÎYOit de comparoir en ce siège, c'est pourquoi il sup- 
plioit qu'un de nous se transporte au dit bourg du Treport 
pour recoToir les enchères qui seront couchez sur les 
dites fermes, et adjugez icelles au plus ofGrant et dernier 
enchérisseur, a l'extinction du feu et de la chandelle , ce 
que le dit Malherbe a signé au Registre. Par le d. Fauvel, 
a esté dit quil empechoit la demande du d. syndic^ ny que 
les d. fermes soient adjugées au d. lieu du Treport, a ■ 
raison que de tout temps immémorial les d. fermes ont 
été adjugées par devant nous au Prétoire de cette juri- 
diction soustenant,veuquecejourd'huy, c'est la 3® préda- 
tion des d. fermes, que celle des d. 4^ luy devoit estre 
adjugez, déclarant quil ne peut se transporter au d. lieu 
du Treport, pour coucher ses enchères sur les d. fermes. 
Par l'advocat du Roy a esté dit quil empêche que nul de 
nous se transporte sur le lieu pour recevoir les enchères 
couchées sur les fermes pour icelles rapporter en ce 
siège, estre procédé a l'adjudication dicelles. Par le pro- 
cureur du Roy a esté dit quil ne s'est jamais usité de 
députer un homme de ce siège pour se transporter au 
Treport, pour recevoir les enchères faites sur les dites 
ïermes et adtjugez icelles, au contraire de tout temps 
iounemorial icelles où ont esté adjugées en l'audience de 
cette juridiction, après les proclamations a ce requises 
deuement faites, partant il empechoit quil fust député 
un de nous pour se transporter au dit lieu-du Treport 
pour recevoir les enchères sur les d. fermes, attendu 
quil se trouve beaucoup plus de personnes en ce lieu 
quil ne se feroit pas au d. lieu du Treport, auquel, a 
cause de quelques personnes de conditions qui veulent 
jouir 46S d. fermes, les enchères ne pourront pas 



Digitized by VjOOQIC 



être librement couchées, partant il reqnerroit qne, soi- 
yant l'usage ancien, que les d. fermes soient adjugées a 
Taudience de cette juridiction au plus oârant et dernier 
enchérisseur, a Pextinction du feu et de la chandelle, 
n'empêchant quil soit fait au preallable une proclamation 
d'abondant pour estre rapportée a tel jour quil plaira a 
Justice Tordonner. Nous avons de ce que dessus accordé 
lettres aux parties, et d'advis de l'assistance uniforme anx 
advis de M^ du Caron. intendant, et le Pigne non uniformes 
les d. Maire, Eschevins et procureur syndic econduits de 
leurs demandes, et ordonné que les fermes seront procla- 
mées, et adjugées en ce lieu en l'audience de la juridiction 
dont le d. procureur syndic a protesté de pourvoir, et 
aux charges des protestations avons fait faire une procla- 
mation d'abondant par le d. Ansot, sçavoir s'il ne se 
presenteroit aucunes personnes pour enchérir et mettre 
a prix les d. fermes. A quoy s'est présenté le d. Fauvel, 
procureur, lequel a déclaré quil persistoit en son enchère 
cy-dessus. Et le d. Couvreur qui a mis la d. ferme d'Aide 
de vUle de gru a vingt livres, celle d'Aide de ville de vin 
a 4 1. et celle des lots des bateaux a 20 1. Et M. Pierre 
Morel, procureur, qui a aussi mis la d. ferme du phare a 
25 1., desquelles enchères lettres a esté accordées, et 
ordonné que sur le pied dicelle il sera, par les d. Maire et 
Eschevins, fait faire une proclamation d'abondant pour 
estre icelle rapportée par devant nous a la quinzaine. 

Auquel jour mardy 26 Février 1647, au d. Arques , 
devant nous d. Martel, président, Harent, lieutenant, du 
Pont, Canu, Suzenne, Rocquigny, duBuc,leSueur,Mazier 
Pillon et Lamy esleus, se sont compareu les d. le Griel, 
Maire, et Malherbe, syndic, lesquels nous ont représenté 
un procès- verbal du d. le Couvreur, par lequel iceluy cer- 
tifie que le vendredy 8« dimanche, 20«du d. mois de 
Février, D avoit de rechef proclamé les d. fermes sur le 
pied des d. enchères et aux charges et submissions cy- 



Digitized by VjOOQIC 



dessas, issne de la messe parroissiale da Treport et aux 
carrefours et lieux publics a faire prodamation, a la d. 
Tille d'Eu, et les d. proclamations rapportées a ce d. jour, 
requérant que pour parvenir a Tadjudication des fermes , 
nous aions de rechef a faire proclamer icelles a l'audience 
de la juridiction, aux conditions cy-apres déclarées tout 
de nouveau, a sçavoir pour l'adjudication, de baiUer bonne 
et suffisante caution qui s'obligera par corps avec luy de 
paier, an pied de son adjudication es mains des d. Maire 
et Eschevins, sauf a renforcer toutes fois et quantes, de 
délivrer ans d. Maires en forme delà d. adjudication a ses 
lirais^ paier les frais, journées, volages et dépens du d. 
Malherbe, procureur syndic, sans diminution du prix du 
d. bail, et d'avancer demie année du prix des fermes es 
main des d. Maires en charge, trois jours après l'adjudi- 
cation pour estre emploiez aux affaires urgentes de la d. 
communauté, laquelle sera déduite sur la dernière demie 
année, de paier un sols pour livre aux Maire et 
Bschevins, Tancien sols pour livre deu au Roy et deux 
sols pour livre de nouvelle création, par an-est du Conseil 
du 20 May 1643, du prix des 4>bm sans diminution d'iceux 
pour estre paie a qui U appartiendra sans diminution du 
prix principal, parceque le dit acUudicataire sera permis 
percevoir, prendre sur les brasseurs et tavemiers, 
les d. deux sols pour livre suivant le d. arrest: ce 
que le d. le Oriel et Malherbe ont signé au bref des 
patentes. 

Par le dit Boursier comparans comme dessus stipulé 
par le d. Goult, a esté soustenu que Tancien sols deu au 
Roy, ensemble les d. deux sols pour livre de nouvelle 
ovation luy dévoient estre paiez suivant son bail et le d. 
arrest du conseil dessus datte, et par le d. Fauvel, veu 
les d. submissions nouvelles a présent déclarées, dit 
qu'il n'a aucune charge d'enchérir les d. fermes, et qu'il ne 
veut a présent tenir en son enchère. 



Digitized by VjOOQIC 



Par lés dits bfficien d« Roy a esté dit qu'ils protestent 
de faire rejetter les charges cy-dessus prononcées, qui 
est des dépens da d. procoreur syndic, dont dn tout 
lettre a esté accordée» et ordonne qn'il sera procédé ans 
dites i»roclamations des d. fermes, poor parvenir a 
ra4}aâicati02i d'icelles. Bn quoi &isant, après avoir fait 
faire les d. proclamations a l'audience par le d* Ansot, et 
fait faire lecture des d. charges et sulmiissions cy-dessue, 
s'est présenté Jean Matborel qui amis et enchéri les dites 
fermes des 4^ a 1390 1. outre les d. chairs et sub- 
missions <gr-^essus; laquelle enchère a esté couverte par 
le d. Picot procureur qui a mis la d. ferme a 1460 1., par 
chacun an, outre les d. charges et submissions, ce qu'il a 
signé au d. bref. Comme aussi le dit Couvreur s'est pre* 
sente, qui a «icheri la d. ferme d'aide de ville de gm a 
20 L par an, persistant en son enchère pour l'aide de la 
ville de vin a 4 1. par an, outre les dites charges et sub- 
missions cy-dessus. LesqueUes enchères ont esté 
couvertes par le d. Picot procureur qui a mis la d. ferme 
d'aide de gru a 25 h, celle de l'aide de vin a 10 L, et la 
ferme des lots de bateau a 40 L par an, ce que le d. Picot 
a signé au d. bref, dont lecture a esté accordée, et 
ordonne ans d. Maire et Eschevins de faire de reol^ 
proclamer les d. fermes, sur le pied des d. enchères et de 
rapporter les d. proclamations pour estre procédé a 
l'adjudication des d. fermes^ a ce dit jour auxquels les 
d. Maire et Eschevias, comme ils ont fait apparoir d'im 
procès-verbal des d. proclamations faites par le d. 
Couvreur sergent en exécution de la dite ordonnance 
faite aus d. lieux publics et carrefours de la d. ville d*Ba, 
qu'issue de la messe parroissiale du Treport> le S^ et 
dimanche 10°^* de ce mois, nous requerrans qu'eussions i 
ftuire une proclamation d'abondant des dites fermes a 
l'audience de la juridiction et adjuger icelles au plus 
oârant et dernier enchérisseur, a l'extifietion du feu et de 



Digitized by VjOOQIC 



-881- 

la diaaddie, protd8taii« 6ii cas que les d« ûwt mte i^otr 
liTre de nouyelle création ne soient deiis, de les ftiite rap 
porter au d. Boursier au profit de leur communauté. 
Interinant laquelle requeste avons fait faire lecture des 
dites charges et submissions et des enchères cy-dessus, 
et fait proclamer les dites fermes par le d. Ansot, a ce que, 
8*11 y avoit quelques personnes qui voulussent couvrir les 
dites enchères, quils eussent a leur présenter et qua^Ja- 
dication en seroit présentement ftdte, a laqueUe fin avons 
réglé les enchères, sçavoir pour les 4«« a20 1.» celle d*Aide 
de gru a cent sols» celles d'Aide de ville de vin a vingt 
sols, celles de lots de bateaux et du phare a chacun cent 
sols, et fait allumer de la chandelle, pendant laquelle s'est 
présenté M^ Pierre Baille qui a enchéri les d. 4«* a 1470 L 
par an, s'est présenté Jean le Oriel, lequel a dedaré qull 
les mettoit a 1510 1., le d. Picot quil Iesmettoital530 L, le 
d. le ariel a 1660 1. le d. Picot quil les mettoit a 1670, et le 
d. Mithon quil les mettoit a 1690 1. Et après qu'aucunes 
personnes n'ont voulu mettre la d. ferme a plus haut prix» 
a^adication a esté faite au d. Mithon, a l'extinction de la 
chandelle, comme le plus oflk*ant et dernier enchérisseur, 
au d. prix de 15901. par an, aus dites charges et soumis- 
sions cy-dessus deduittes. Et de la ferme d'Aide de viUe, 
de gru, s'est compareu le d. Picot lequel a déclaré persister 
a son enchère de 20 1. par an, outre les charges cy-dessus 
déduites; s'est aussi présenté le d. Malherbe, syndic, 
lequel a déclaré quil la mettoit a 30 L, Jean Oaron, a 851., 
le d. Malherbe a 40 L, le d. Garon a 45 1., le d. Malherbe, 
a 50 L, le d. Picot a 55 1., et après l'extinction de la dian- 
délie, et quil ne s'est présenté aucune personne qui ait 
voulu mettre la dite ferme a plus haut prix, adjudication 
a esté faite au d. Picot comme plus offirant et demi^ 
enchérisseur, outre les charges et submissions cy-dessus. 
La dite ferme d'Aide de ville de vin, s'est présenté le d. 
Picot, lequel a déclaré quil persistoit a son enchère de 



Digitized by VjOOQIC 



10 1. par an de la dite ferme, s'est aussi présenté le dit 
Caron, qui la mettoit a 15 I., le d. le Griel a 16 1., le d. 
Picot a 20 1. et le d. Garon a 21 1.» le d. Picot a 22 1. Et 
après quil ne s'est présenté aucune personne qui ait voulu 
mettre la dite ferme a plus haut prix, adjudication en a 
esté &ite au d. Picot, après l'extinction de la chandelle, 
au dit prix de 221. comme plus offjrant et dernier enché- 
risseur. 

La ferme des lots de bateau, s*est présenté le d. Picot 
qui a déclaré qui! persiste a son enchère du dernier jour 
de 40 1. par an dicelle : le dit Garon, lequel a dedaré quil 
la mettoit a 45 1., le dit Malherbe, syndic a 50 1., le 
dit Mithon a 55 1. Et après quil ne sest présenté aucune 
personne, qui ait voulu mettre la d. ferme a plus haut 
prix, icelle a esté adijugé au d. Mithon, après l'extinction 
de la chandelle comme plus offirant et dernier enchéris- 
seur, aux charges cy-dessus. 

La ferme du phare, s'est présenté le d. le Griel, lequel 
a déclaré quil la mettoit a 50 1. par an, et après quil ne 
s'est trouvé autre personne qui ait voulu mettre la dite 
ferme a plus haut prix, adjudication en a esté faite au d. 
le Griel par le prix de 50 1., après l'extinction de la chan- 
delle comme plus offrant et dernier encherissseur. Toutes 
lesquelles a(]yudications cy-desous signées sur le registre 
du greffe, par les d. Mithon, Picot, et le Griel et ont esté 
faites aux charges et conditions cynlessus mentionnées, 
sans diminution du prix des adjudications, dont le d. le 
Griel a obtenu ces présentes, fait comme dessus, signé 
Pierre, avec paraphe. 

Gette copie a esté tirée sur la grosse en parchemin, et 
remise es main de Jeanne le Roux, veuve Guillaume le 
Clerc, fille de feu Jean le Roux, ce 26 Février 1673, 



Digitized by VjOOQIC 



- ses — 

CONFIRMATION DE LA GONFRAIRIB DE LA GHAEITB 
DU TREPOBT. 

Joannes Quatresols presbyter doctor Sorbonicus Ecclesi» 
ssecularis et collegiatae de Gournayo Decanus, necnon R^ 
in Ghristo Patris et Domini D. Francisci de Harlay, mise- 
ratione divina sanctas sedis Apostolicaa gratia, Hothoma- 
gensis Archiepiscopi NormanisB primatis in spiritualibus 
et temporalibus Yicarius generalis, universis présentes 
litterasinspecturis, yisuris, etaudîturis, saluteminDomino 
sempiternam. Altitude divinae providentiae a qua omnia 
bona opéra procédant ea suorumfldeliumanimis fréquenter 
ingerit, quae ad divini cultus augmentum, pîorum operum 
exercitiuin ac dilectionis sinceritatem necnon CathoIicsB 
Keligionis conservationem pertinere dignoscuntur. 
XJnde nos nobis ex parte prselibati R°^^ commisse muneri 
fructuose et adamussim intendentes , personarum 
quarumllbet Yota ad id tendentia, et divini cultus propa- 
gationem respicientia propensas voluntatis affectu 
prosequimur, prout salubriter conspicimus in Domino 
expedire. Sane pro parte venerabilis et dîscreti viri 
Magistri Matthsei du Vivier, presbyteri, rectoris ecclesiae 
parrochialisSancti Jacobidelllteriori Portu, Decanatusde 
Augo, Rothomageasis Diaecesis, tam suo, quam collective 
nomine parrocbiaaorum ejusdem loci, nobis humiliter 
expositum fuit, quod ipsi devotione moti, et de eorum 
sainte solliciti certa quaedam laudabilia statuta confrater- 
nitatis antiquitus, videlicet die 2« mensis Martii anni 
1387, de licentia pro tempore existentis R"* D. Rotho- 
magensis Archiepiscopi institutaB et deserviri solitae, 
postmodum de annis 1460 , ultima Aprilis et anno 1535 , 
quarta Septembris eadem autboritate ordinarii conflr- 
matae scriptisredigi curaverunt, eamqueGonfratemitatem 
seu Gharitatem sub prsefati R''^ seu nostro benepla- 



Digitizedby VjOOQIC ^^ 



— 864- 

cito et assensu conflrmari, et approbari, et in eadem 
parrochiali Ecclesia sancti Jaoobi de Ulteriori portn 
ad Dei omnipotentis Salyatoris nostri, gloriosissimaeque 
Yirginis MaridB laudem et honorem invocationem et sub 
titulo sancti Jacobi dictœ Ecclesise patroni modo et forma 
infra scriptis deserviri. 

À Monseigneur rArcheveque de Rouen, ou a Messieurs 
ses grands vicaires, supplient et vous remonstrent très 
humblement votre curé du Treport, assisté des plus 
qualifiez parroissiens, a sçayoir les Maire, Eschevins a 
présent, prevosts anciens et modernes et autres bourgeois 
du d. lieu soubsignez, que depuis un fort longs temps y 
auroit une Confrairie et Charité autre fois réduite de sept 
en une par les Révérends P.P. Archevêques de Rouen, 
comme il appert par son établissement en datte du 2 
Mars 1387, confirmée du dernier jour d'Avril 1460, et du 
4 Septembre 1536, tendant a garder certains statuts por- 
tez eniceluy et vérifiez par les ordonnancées des d. Sieurs, 
outre lesquels par une sainte tradition immémoriale de 
père en fils, on a coutume d'assister aux enterremens des 
pestiferez, ce qui auroit esté exercé de temps en temps 
d'un zèle incroiable de charité et dévotion, et spécialement 
en l'an 1582 et 3, ausquels la contagion enleva au d. Tre- 
port environ douze cens corps, portez et enterrez par les 
frères servans, sans qu'aucun d'iceux ait jamais esté en 
danger de sa personne, en ce qui regardoit la d. assistance 
laquelle s'estend seulement aux enterremens des corps. 
Et neantmoins auroient esté reconneu, en ce misérable 
temps de peste, mort subite, ou épidémie, dont le dit 
Treport est environné, quil seroit nécessaire d'emplier la 
permission et authorité du d. établissement et fondation 
antique en pourvoiant ans dits pestiferez pendant leur 
vie, en leur administrant les sacrements de pénitence. 
Eucharistie et autres sacremens, par les chapelains jurez 
de la dite Charité en estant requis. Lesquelles chapelains 



Digitized by VjOOQIC 



-365- 

pourront assister et consoler les dits malades» et lea 
û*eres servans qui seront eslens par Tordre baillé et 
réglé par le prevost en charge, sans toutefois séjourner 
plus longtemps quil est expédient pour accomplir une telle 
œuvre de charité, et ainsi que par tous les lieux circon- 
Yoisins les confratemitez ont ce pouvoir, qui est qu'outre 
que Ton assiste aus d. enterremens despestiferez, on leur 
administre les sacremens de l'église, ce qui est une œuvre 
extrêmement méritoire, et au grand contentement des 
pauvres malades de peste, épidémies et autres maladies, 
a la charge que les confrères de la d. Charité feront toute 
diligence d'obtenir Bulles en cour de Rome, en couse* 
quence de ce présent statut. 

A ces causes mon d. sieur, il vous plaise accorder aux 
parroissiens du Treport lettres de confirmation des d. 
statuts et d'ampliflcation, par la vertu et bénédiction 
desquelles, les chapelains Jurez de la d. Charité, appuiez 
sur la miséricorde de Dieu, et par la permission légitime 
du prevost en charge, pourront visiter et consoler les d. 
malades, leur administrer les d. sacremens requis et 
nécessaires, et faire toutes les autres fonctions pieuses et 
chrétiennes. Ce qui est demandé après avoir tous fait 
serment solennel en Teglise du Treport, attendant l'ap- 
probation du Saint-Pere et l'impetration des Bulles^ le 17 
Octobre 1619, par devant nous, curé du d. lieu, soussigné, 
conformément aux statuts et ordonnances de la Charité 
cy-apres inserez. 

Pour l'administration et gouvernement de laquelle 
Confîrairie et Charité seront establis un prevost, un 
eschevin et quatre frères servans, selon la faculté d'icelle, 
et il y sera receu toutes personnes de quelque sexe, 
qualité et condition qu'elle soit, estant de bonne vie et 
honnête conversation, en promettant au preallable devant 
le curé du d. lieu du Treport, ou devant le chapelain 
d'icelle Confrairie ou Charité, et en la présence du prevost 



Digitized by VjOOQIC 



- 366 — 

et eschevin estans en charge, et de deux frères serrans 
que bien et deuement ils maintiendront les statuts et 
ordonnances de la d. Charité, paieront les débets et rede- 
vances deues a icelle. 

Item si aucun enfant se veut rendre de la d. Charité, le 
père ou autre de ses amis feront promesse pour le d. 
enfant, que bien et loiaulement paieront ses gages, tant 
comme il sera en leur gouvernement, et si le d. enfant est 
en âge suffisant, il fera la promesse, comme dit est, s*il 
luy plait. 

Item, il est ordonné que chacun, frère ou sœur delà d. 
Charité paiera, chacune semaine, trois deniers tournois 
pour soustenir les frais, luminaires et autres choses de la 
d. Charité. 

Item, pour le service et entretenement d'icelle présente 
Charité, il est establi et ordonné estre dit et célébré, chacun 
jour de Tan, •perpétuellement messe à sept heures du 
matin, en tout temps par les chapellains de la d. Charité, 
et sera la dite messe dite en la chappelle de Notre-Dame, 
afin qu*elle n*empéche le service parroissial, et sera tinté 
ou sonné treize coups, afin qu'on entende estre la d. messe 
d'icelle Charité. 

Item, pour augmenter les dites messes, sera dite en la 
d. chapelle tous les premiers jeudis des douze mois, vigiles 
des trépassez solennelle a neuf personnes et neuf leçons, 
et le lendemain messe a note des trépassez par les 
chapelains de la d. Charité, et seront tenus les dits prevost, 
eschevin et frères servans^ ou les aucuns d'iceux, estre 
es d. vigiles et messes, et aller a roffi[*ande, et aussi tant 
comme les dites vigiles etmesses se diront, y aura un drap 
et quatre cierges ardant, aux dépens dicelle Charité. 

Item aux vigiles et jours des Saints de toutes les 
confrairies dessus d. seront dites vespres et messes 
solennelles, a Diacre et sous diacre, avec luminaire tel 
qu'il sera ordonné par les d. prevost eschevin, et les 



Digitized by VjOOQIC 



-367- 

quatre frères servans, et n'y aura en la dite Charité 
qu'un luminaire notable, qui servira a toutes les d. 
confrairies et sera renouvelle quand mestier sera, et 
le pourront acroitre et eslever ainsi comme il leur 
plaira. 

Item. Sera faite élection des dits prevost, eschevin et 
frères servans, de deux ans en deux ans, le Jour du saint 
Sacrement, auquel jour recevront leur Créateur, sil leur 
plaist, ainsi quils seront disposez, en signe de fraternité. 

Item. En la ditte Charité aura une boette fermante a deux 
defs, lesquelles clefs garderont deux frères servans, et 
Teschevin gardera la boette de tout le trésor de la d. 
Charité qui luy sera baillée par inventaire. 

Item. Que tous les frères ou sœurs de la charité appor- 
teront, ou envoiront, tous les dimanches de Tan a l'église 
devant les d. prevost, eschevin et frères, leurs gages 
comme dit est. 

Item. Les dits prevost, eschevin et frères seront tenus 
d'estre, ou aucun d'eux, tous les dimanches a la dite église 
depuis sept heures jusqu'à huict, pour recevoir les d. 
deniers qui seront deus ou donnez a la ditte Charité. 

Item. Est ordonné que les defaillans a paier par trois 
dimanches continuels, paieront pour chacun dimanche 
défailli, comme dit est, une obole d'amende. 

Item. Les dits prevost, eschevin et frères, auront un 
registre pour écrire tous les noms des confrères et sœurs 
de la d. Charité, et fera chacun compte de son temps. 

Item. Si aucune sœur de la dite Charité acouche denfant 
conceu en lolal mariage, et n'a de quoy estre gesinée, elle 
aura portion des biens de la d. Charité, c'est a sçavoir 
douze deniers par semaine si elle les veut prendre, et ne 
paiera ses gages durant le temps de sa gesine. Et sembla*- 
blement si aucun frère ou sœur est emprisonné pour 
deniers quil ne puisse paier, ou autre cas de fortune, fors 
cas criminel, il aura portion sus dite, si prendre le veut. 



Digitized by VjOOQIC 



-368 - 

Item* SI amcuB frère ou sœw tombe en maladie, telle*- 
ment qui! ne puisse gagner sa vie, il aura la dite portion, 
pourveu quil le fasse sçavoir aux frères serrans. 

Item. Si aucun frère ou sœur va de vie a trespas^ le jour 
de ses obsèques ou service» seront dites vigiles a trois 
leçons» et trois messes basses. Et s'il est, ou a esté 
prevost» eschovin, ou frères servans, on dira vigile» a 
neuf pseaumes et neuf leçons» une messe a Diacre et 
soudiacre, avec une basse messe. 

Et pour chacun trespas de la dite Charité, sur la fosse 
seront donnez» des biens de la dite Charité» pour vingt 
deniers de pain» etaus dites vigiles, même au corps lever» 
leur seront tenus d'estre les d. prevost» eschevin, et 
frères servans et le derc dicelle Charité, lequel sera tenu 
le ûûre sçavoir a iceux pour y faire leur devoir» et aller 
a Toffirande de leur propre. Et outre» seront tenus de 
convier le d. frère ou sœur aux limites de la terre, et 
seront au convoi» jusqu'à l'hostel du trépassé ainsi quil 
est accoutumé : et au service des trépassez aura quatre 
dos cierges de la dite Charité, tant comme le service 
durera: et pour chacun frère ou sœur trespassé seront 
tenus les prebstres de la d. Charité dire chacun une messe» 
et les clercs pareillement seront tenus dire une fois les 
sept pseaumes penitentiaux avec la litanie» et les laies 
personnes de la dite Charité» chacun quinze jours» Pater et 
Âve Maria. Et si aucun &*ere ou sœur n'a de quoy estre 
enseyeli» on luy trouvera linge aux dépens de la dite 
Charité. 

Item. Si aucun frère ou sœur va pour soy ou pour 
autruy en quelque pèlerinage» comme Hierusalem^ Rome, 
S^ Jacques en Galice» S^ Nicolas de Bar» ou autre lieu» mais 
quil passe cent lieues, il aura si mestier en a» et s'il le 
requiert, des deniers de la Charité» vingt sols» et a son 
partement sera dite messe» et ira le dit pèlerin arofirande, 
et les autres frères preeens, et sera convoie jusqu'à une 



Digitized by VjOOQIC 



des (aroiz dicelle ville , et si le dit pèlerin va par louage, 
ou poar autres^ il n'aura rien de la d. charité, ny en 
service, ny en pecune. 

Item. Si aucun frère ou sœur devenoit ladre, il 
aura deux messes, et sera offert a la première, comme 
dessus est dit, et seront donnez vingt six deniers de pain, 
comme pour im trespassé, et sera convoie jusqu'à la 
Maladrerie. 

Item. Si aucun ou aucune qui ne soit frère ou sœur, qui 
n*ait de quoy paier ses gages, et il requiert estre accom- 
pagné a la d. charité et service d'icelle, les d. prevost, 
eschevin et frères servans pourront sur ce ordonner, a leur 
ad vis et conscience, la d. portion, simestieren ont, comme 
aux autres frères, car bonne volonté represratebon fait. 

Item. Si aucun frère ou sœur de la dite charité va 
demeurer hors du d. lieu du Treport, il sera tenu prepdre 
congé du prevost, eschevin et frères servans, compter 
paier arrérages, si aucun en doit, avec cinq sols pour issue, 
plus a son plaisir et vouloir, et sil part sans congé, il sera 
tenu paier tous les arrérages quil aura esté dehors. 

Item. Si aucun des d. frères est ordonné presbtre, les 
d. prevost, eschevin et frères servans seront tenus luy 
tenir compagnieenladite ville du Treport, ases premières 
vespres, sil les en requiert. 

Item. Si aucun frère ou sœur de la dite charité trépasse 
en loingtain pèlerinage, on fera en la d. église le service 
et convoi des amis, comme s'il estoit présent. 

Item, si aucun frère ou sœur est en infirmité de maladie 
par trente Jours, on dira ime messe pour son estât et 
santé recouvrer, s'il le requiert. 

Item. Si aucun frère ou sœur sont en haine et mal talent, 
ledit prevost, eschevin ou frères servans, ou aucuns 
d'eux, fraternellement a leur pouvoir , les mettront 
d'accord sans prendre connaissance de cause, appelant a 
Mr l'offlcial de Rouen, ou autre juge compétent. 

24 



Digitized by VjOOQIC 



- 370 - 

Item» est ordonné que le dit prevost, escheTin et frères 
servans auront pouvoir et procuration de pourchasser, 
procurer, et faire venir tous les biens, debtes et arrérages 
de cette présente charité par la vertu de ce présent 
statut, lequel sera lu publiquement chaque .année, afin 
que chacun sçache a quoy il est tenu. Signatum cum 
pluribus paraphis. 

Nos vero eorumdem fratrum supplicationi indi* 
nantes, considérantes statuta et unionem hiyusmodi 
Charitatis ad divini culti augmentum, quem nostris t^n.- 
poribus desideramus augeri, necnon salutem animamm, 
qnam pro viribus procuramus ut tenemur, dictas s^tem 
confratrias ac illarum statuta in unam, ut pnemittitur, 
Gharitatem, authoritate Reverendissimi Patris qua firn- 
gimur in hac parte adunamus et unimus , ordinatio- 
nesque ipsas omnes et singulas constitutiones et statuta 
authoritate conflrmamus et approbamus. Insuper réqui- 
sition! postulationiqueeJusdemDomini du Vivier, Rectorls, 
suo et supradictorum parrochianorum nomine mature 
consulte annuentes, eosdemqueparrochumparrochianos- 
que favore et studio prosequi studentes, concedimus et 
permittimus, protemporeexistentes dictœ CSonfratemitatis 
capellanos intûno conflratres et sorores Confraternitatis, 
peste et subito morte, ac morbo epidemiss laborantes, 
visitare, eis sacramenta necessaria et requisita adminis- 
trare, necnon, morte interveniente, illorum corpora 
sepulturaB donare. Hinc est quod ad recipiendos confratres 
et sorores Confraternitatem seu Gharitatem hujusmodi 
ingressuros, Rectori dicta» parrochialis Ecdesi» de 
Ulteriori Portu, slve in ejus absentia, dict» Confrater- 
nitatis capellanis et eorum cuilibet vices prasfati Reve- 
rendissimi commissimus et committimusper présentes jure 
ipsius Reverendissimi parrochiali et quolibet aliène salvo. 
Datum Rothomagi in palatio Archiepiscopali, sub sigillé 
magne curias Axchiepiscopali Rothomagensis, una cum 



Digitized by VjOOQIC 



~ 871 - 

signeto nostro, anno Domini 1619. I>ie veneris octava 
mensisNoyembris. signatum : J.Quatresols, vie. generalis, 
et infra, Le prevost. 

BULLB DU PAPE GREGOIRE. 

Gregorius Episcopus servus servorum Dei, Universis 
Ghristi fidelibus présentes litteras inspecturis salutem et 
Apostolicam benedictionem. De salute gregis dominici 
curae nostrœ, licet meritis împaribus, divina dispo- 
sitione commissi, soUicitis studiis cogitantes Hdeles sin- 
gulos ad pia et meritoria opéra exercenda spiritualibus 
muneribus. induigeïitiLs videlicet et peccatorum remis- 
sionibus, libenter invitamus ut per hujusmodo operum 
exercitium, suorum abolita macula delictorum, ad œternsB 
beatitudinis gaudiafaciieperveniremereantur. Gumitaque, 
sicut accepimus, in parrochiali Ecclesîa sancti Jacobi de 
Tresport, Rothomagensis Diocesis, una pia et devota 
utriusque sexus Ghristi fldelium Gonfraternitas, Gharitas 
mnncupata ad pretiocissimi corporis et sanguinisBomini 
nostri Jesu Ghristi laudem et honorem, ac subinvocatione 
BeatSB Virginis Mariœ ac Beati Joannis Baptistse. necnon 
sanctorum Jacobi, Nicolai, Mauri, et Sebastiani, non 
tamen pro homnibus unius specialis artis canonice insti- 
tuta existât, et dilecti fllii illius confratrie in plurimis piis 
operibus sese exercere consueverint. Nos, cupientes ut 
ipsa Gonfraternitas mcgora in dies suscipiat spiritualis 
incrementa, de omnipotentis Dei misericordia, ac Beato- 
rum Pétri et Pauli Apostolorum ejus authoritate conflsi, 
omnibus et singulis utriusque sexus Ghristi fidelibus, qui 
dictam Gonfraternitatem de castero ingredientur die primo 
illorum ingressus, si vere pœnitentes et confessi sanctae 
Eucharistie sacramentum sumpserunt, plenarlam, ac 
tam ipsis^ quam nunc et pro tempore in ipsa Gonfrater- 
nitate descriptis, in cujuslibet eorum mortis articule, si 



Digitized by VjOOQIC 



- 873- 

pariter vero pœnitentes, et confessi, sacraque comma- 
nioDe refectis, qai Ëcclesiam praedictae Confraternitatis in 
festo ejusdem Sancti Jacobi de mense Julii celebrari solito 
a primis vesperis, usque ad occasum solisejus dem festivi- 
tatis, singulis annisidevote visitarintet inibi pro Christia- 
norum Principum concordia, pro haeresium extirpatione, 
ac sanctae Matris Ecclesi» exaltatione, pias ad Deum 
preces fuderint, plenariam similiter omnium peccatorum 
suorum indulgentiam et remissionem, Apostolica aatho- 
ritate tenore presentium concedimus etelargimur. Et in- 
super eisdem confratribus pariter pœnitentibus et 
confessis ac praedicta communione refectis, qui dictam 
Ëcclesiam, secunda feria Pentecostes ac in Nativitatis, 
necnon Puriflcationis Marise Virginis et sancti Nicolai 
festivitatibus a primis vesperis usque ad occasum solis 
festivitatum hujusmodi dévote visitaverint» et inibi, 
ut praefertur, oraverint qua die praedicta id egerint 
septem annos et totidem quadragenas, qui yero 
missis etaliis divinis offlciis in dicta Eccle3ia,pro tempore 
celebrandis et recitandis, seu congregationibus publicis 
vel privatis ejusdem Confraternitatis ubivis faciendis 
interfuerint, vel pauperes hospitio susceperint, aut pacem 
cum inimicis propriis seu alienis composuerint, vel com- 
poni fecerint, aut procuraverint, necnon qui corpora 
deftinctorum, tam confratrum quam aliorum, ad sepullu- 
ram ecclesiasticam associaverint, vel quascumque per 
ipsam Confratemitatem processiones corpus Domini tam 
in processionibus, quam ad infirmes, aut alias quocumque 
vel quomodocumque pro tempore deferendum comitati 
fùerint, aut si impediti, campanse ad id signe date semel 
Orationem Dominicam et Salatationem Angelicam dixerint 
ant etiam quinquies Orationem, et toties Salutationem 
prasdictas, pro animabus in Christi charitate defunctorum 
dictas Confraternitatis confratrum recitaverint, aut 
dsmumaliquem ad viam salutis reduxerint> ac ignorantes 



Digitized by VjOOQIC 



- 378 - 

Deî prsecepta, et qusB ad salutem sunt, docuerint, aut 
aliquod opus pium exercuerint, toties pro quolibet praemis- 
sorum piorum operum sexaginta dies de injunctis eis» 
aut alias debitis pœnitentiis in forma Ecclesiad 
consueta authoritate et tenore praBinissis miseri- 
corditer in Domino relaxamus, presentibus perpétue 
futuristemporibus duraturis. Yolumus autem, quod si dicta 
Confraternitas alicui Archiconfraternitati aggregata sit» 
Tel in posterum aggregetur, seu quavis alia ratione pro 
illius indulgentiis consequendis, aut de illis participandis 
uniatur, vel alias quomodolibet instituatur, priores seu 
qudBvis aliae litteraB Apostolicœ desurper obtentae praeter 
présentes litteras nullatenus ei suflfragentur sed ex tune 
prorsus nullsB sint eo ipso. Quodque si Confratribus 
prsedictis ratione praemissorum aliqua alia induigentia, 
perpétue, vel ad certumnondumelapsum tempus duratura 
per nos concessa fuerit, eodem présentes nullius sint 
roboris vel momenti. Datum Romae, apud Sanctum 
Petrum, anno Incarnationis Dominicse , millésime sexen* 
tesimo yigesimo primo , idibus Aprilis, anno primo 
Pontiflcatus nostri. Signatum J. B. Botognet ; et super 
plicam:L. Gubery, et supra dorsum: registratain secre- 
taria Apostolica J. B. Bolognetus. 



Digitized by VjOOQIC 



— 374 — 

INSTITUTION DES SŒURS DE LA CHARITÉ AU TREPORT PAR 

SON ALTESSE ROYALE MADEMOISELLE. 

1666. 

La pieté et la charité pour les paavres aians toujours 
porté MademoîseUe a s^informer soigneusement dans 
toutes ses terres de leurs nécessitez, et aiant reconneu 
particulièrement dans son comté d*Eu quil y en avoit un 
grand nombre, son Altesse roial, après avoir establi un 
hôpital gênerai dans sa ville principale pour le soulagement 
des pauvres valides, désire encore pourveoir aux besoins 
des malades, et a l'instruction des pauvres petites flUes 
qui se rencontreront dans les bourgades et villages du 
dit Comté. 

Pour ce sujet> son Altesse royale souhaite quil y ait au 
Treport un séminaire de filles vertueuses qui s^emploient 
a tenir l'echole gratis et sans rien prendre, et enseigner 
les petites filles du lieu, les principes de la foy, les com- 
mandements de Dieu, le catéchisme, a se bien confesser et 
communier, et en un mot les devoirs du chrétien : comme 
aussi a coudre, faire dentelle, et autres ouvrages propres 
a des filles. 

De plus, son Altesse royale, veut et entend, qu'elles 
visitent les malades du lieu, particulièrement les pauvres, 
leur portent des bouillons, les soignent, et leur donnent 
les remèdes selon que l'enseigne le médecin cMrilàble , 
dont la lecture et la pratique leur doivent estre familières, 
qu'elles ensevelissent les morts, enfin qu'elles rendent 
aux pauvres tous les devoirs de la charité chrétienne. 

Pour accomplir un si pieux dessein son Altesse royale 
donne aus d. sœurs de la charité une maison pour les 
loger et tenir leur échoie, et fournir de quoy en nourrir 
et entretenir deux sœurs, la Directrice et la seconde 
sœur, lesquelles seront a sa nomination et parcequepour 



Digitized by VjOOQIC 



- 376 - 

satisfaire a ces devoirs de charité, ces deux sœurs ne 
pourroient pas suffire, elles auront la liberté, de Tadyis du 
Directeur qui leur sera donné, de s'en servir d'autres, et 
les associer selon le nombre qui leur sera prescrit par son 
Altesse royale. 

Toutes les sœurs obéiront a la Directrice, et prendront 
d*elles les ordres nécessaires. 

La Directrice se conduira selon Tadvis du Directeur, 
luy rendra tous les ans compte du maniement temporel, 
et fera pratiquer aux sœurs les exercices suivans : 

EXERCICES JOURNALIERS DES SŒURS DE LA CHARITâ. 

10 Les sœurs se lèveront en été a cinq heures du matin, 
et en hiver a six. Apres s'estre habillées, elle se trouve- 
ront ensemble a l'oratoire pour y dire les Matines et les 
Laudes de Notre-Dame, et y otb^iv a Dieu toutes leurs 
actions du jour. De la eUes iront travailler chacune à son 
employ jusqu'à ce qu'elles entendent sonner la première 
messe, a laquelle elles assisteront toutes, et diront en 
particulier Prime, Tierce, Sexte, et None de l'office de la 
Vierge, et leur chapelet ou partie d'iceluy, si le temps de 
la messe le permet. 

2<> A huict heures du matin les maîtresses d'echole 
entreront en classe, diront l'Ave, Veni Sancte Spiritus 
avec rOraison, puis feront lire les petites filles les unes 
après les autres, et la classe finie on dira le Pater et 
Ave, pour la prospérité de son Altesse royale. 

30 Durant le temps de la classe il y aura d'autres sœurs, 
qui apprendront aux filles plus avancées a coudre, et a 
faire dentelles, et diront a la fin et au commencement les 
prières cy devant prescrites. 

40 L'apres disner, l'école commencera a deux heures, 
et sera faite de même que le matin : pendant laquelle 



Digitized by VjOOQIC 



- 376 — 

quelqu'ones des autres sœurs iront visiter les malades» 
et les soulageront en tout ce qu'elles pourront. 

5^ L*heure du repas sera pour l'ordinaire le matin a 
unze heures, et les jours de jeune a midy, et le soir a six 
heures, pendant lequel on fera lecture de la yie des 
Saints ou de quelque autre livre pieux. 

60 A neuf heures du soir, les sœurs s'assembleront a 
l'oratoire comme au matin^ ou elles diront ensemble 
vespres et compiles avec les litanies do la Vierge, feront 
leur examen de conscience, puis iront se coucher. 

70 Les mercredis et samedis de chaque semaine, outre 
les exercices ordinaires de la classe, les maîtresses feront 
reciter le catéchisme aux petites filles, leur en donneront 
une brieve et facile explication, et leur apprendront les 
devoirs du chrétien. 

8» Les sœurs se confesseront et communiront une fois 
la semaine, et les pensionnaires qu'elles pourront 
prendre, une fois le mois. 

Fait a Eu, ce 12^ Janvier 1666, signé Guilloire. 



Digiti 



zedby Google 



-877- 

COPPIË d'un JUGBMBNT rendu LB 4* AOUST 1725, DANS LE 
CONSEIL DE S. A. S. MONSEIGNEUR LB COMTE DE TOULOUSE, 
AMIRAL DE FRANCE, AU SUJET DE LA SEPARATION ET 
LIMITES DBS AMIRAUTES DU BOURG D'AULT , EU ET 
TRBPORT. 

Le comte de Toulouse, amiral de France, yu les 
soumissions eavoyeez par les officiers des amirautés 
du Bourg d'Ault et du Treport, par lesquelles Us se sou- 
mettent d'en passer par l'ayis de notre conseil pour 
terminer la contestation qui est entre eux, au siget d'un 
yaisseau eschoué sous le Treport et dont les effets ont été 
jettez le long de la coste qui tend vers le village de Mers, 
chacun des dits officiers, prétendant que l'étendue de la 
cote ou ces effets ont esté jettes, est de leur compétence. 

Yu les mémoires respectivement fournis pour soutenir 
leur prétention. 

Yu aussy le Jugement provisionel rendu en 1672, entre 
les mêmes officiers peur pareille contestation, par 
M' d'Herbigny, commissaire du Roy pour la visite des 
ports, par lequel jugement il ordonne que les deux 
amirautez seront séparées par l'ancien cours de la rivière 
de Bresle, sans toutefois déterminer quel est cet ancien 
canal. 

Yu encore les cartes fournies par les parties et celles 
que nous avons fait dresser par De l'Isle,' géographe du 
Roy, sur les différons mémoires qui luy ont esté remis. 

Nousjugeons que le Jugement provisionel du dit sieur 
d'Herbigny doit être exécuté suivant sa forme etteneur, 
Jusqu'à ce qu'il ait pieu au Roy d'en ordonner autrement 
et pour déterminer l'ancien canal de la rivière de Bresle 
d'une manière qui ne soit plus siqette a aucune variation, 
vu les cartes et différents titres produits de part et 
d'autre, nous jugeons qu'U sera et demeurera fixé et 



Digitized by VjOOQIC 



— 878 - 

déterminé par le village et l'église de Mers, au long 
desqnels il paroit qn'eatoit Tancien cours de la rivière de 
Bresle, lesquels village et église seront a l'avenir la borne 
commune des deux amirautez^ toute Jurisdiction maritime 
dans le village de Mers demeurant neantmoins aux 
of&ciers de l'amirauté du Bourg d'Ault qui en sont en 
possession, et en conséquence, que les officiers de l'ami- 
rauté du Treport achèveront seuls la procédure par eux 
commencée du vaisseau escboué sousle Treport, et de tons 
les effets jettes sur la cote qui s'étend depuis le d. lieu du 
Treport Jusques sous l'église de Mers. Signé L. A. de 
Bourbon, et plus bas, pour son A. S., signé de Valincour. 
CoUationné a l'original par nous Conseiller du Roy en ses 
conseils, secrétaire gênerai delà Marine. 

Signé : De Valincour. 



Digitized by VjOOQIC 



-379- 

DONS DIVERS FAITS PAR JEAN P% COMTE D'BU, A L'ABBAIB, 
BT CONFIRMATION DE LA DONATION DU BOIS DE LA HAIE' 
OU DE VILLY. 

Johannes, Cornes Augi, omnibus âdelibus suis salutem. 
Sciatis quod ego dedi et concessi in elemosinam perpetuam 
ecclesiae Sanctî Michaelis de Ulteriori Portu et monachis 
ibi Deo servientibus stallagium de pane et carne ejusdem 
viUaB, et piscationem in haulo, et avenam de Mont Rosti, 
et decimam de Felcheroscampis et molturam de Maisnilo 
Aalardi, et nemus liberum ad ardendum et hospitandum 
apud Fontanas et Maisnillum Aalart, et pasturam liberam 
ad animalia sua per totam forestam meam, Qthaiam eorum 
confirmo eis de Verti liberam et quietam àb omni 
consueiudine et eœactione, ita quod ego vel heredes met 
nichil juris in eadem de cœtero possumus réclamer e. 

Ex tabularii folio 5. Verso. 

CONFIRMATION A L'ABBAIE DU TRBPORT PAR ALFONSE , 
COMTE d'eu, et par MARIE, SA FEMME, DBS DROITS SUR 
LES BOIS DE VILLY. 

Alfonsus, fllius Johannis, Régis Jérusalem, Cornes Augi, 
et Maria ejus uxor, omnibus haec visuris salutem. Notum 
fàcimus quod nos, inspecte diligenter tenore cartarum 
antecessorum nostrorum, comitum Augi, confectarum 
super coUatione etconârmatione haiad de Yerli facta viris 
religiosis abbati et conventui Beat! Michaelis de Ulteriori 
portu, ac jus prsedictorum religiosorum attendentes^ 
concedentes et confirmantes, volumus et concedimus ut 
dicti Abbaset conventus, absque contradictione nostri 
vel heredum nostrorum, dictum nemus possint dare vel 
vendere, et utilitatem suam facere, utendo cartarum 
suarum plenaria libertate. Actum apud Parcum Juxta 
Augum, annoDomini W CC^ quinquagesimo primo, mense 
Martio. 

Ex tabularii folio 7. Verso. 



Digitized by VjOOQIC 



— 380- 

CONFIRMATION DE LA MEMB DONATION PAR HUGUES, 
ARCHEVEQUE DE ROUEN. 

Hugo, Dei gratia Rothomagensis Ârchiepiscopus, carîs- 
simo filio suo Fulcero, abbati sancti Michaelis Ulterioris 
portas, in perpetuum. Suscepti nos admonet soUicitudo 
regiminis dignis flliorum nostrorum petitionibus pie 
concurrere et eoram utilitatibus diligenti vigilantia 
proyidere. Eapropter, dilecte in Domino âli Fulcere Abbas, 
tuis et Ecclesiae tuae postulationibus annuentes haiam 
quam Goscelinus de Criolio emptam a Willelmo Trenchefol, 
concessione Comitis Augi, de cujus feodo praedicta haia 
erat, occlesias vestras pro salutc animas suae dédit, jure 
stabili perhenni tempore vobis habendam decernlmus et 
nostrae metropolitanae auctoritate conûrmamus. Insuper 
et dominium quod cornes Augi in eadem habebat haia et in 
terra de Blanca, et taie bomagium ac servitium quale 
Willelmus Trenchefol praefato comiti exsolTebat, et 
quicquid eum exinde debuisse facere clarescebat, prece et 
concessionne ipsius comitis, vobis communimus et nostra 
pontificali altestatione roboravimus» duas acras de feodo 
Ranerii de Septemmolis ex ipsius donatione, et duas alias 
ex venditione, et terram a Widone de Goisnummara et a 
iBliis ejus vobis donatam, et masuram quam (Emina uxor 
Radulphi Pinceme dédit vobis» et unum millenariom 
alletium aRoberto deBernevaldatum in annuum redditnm, 
et unum sextarium bladi a Radulpho fratre praedicti 
Roberti, etabomnisuccessione eorum vobis donandum, et 
duas garbas quas Gislebertus Caletot vobis contulit de feodo 
de Fulcarmunt, simili modo habendas libère et quiète con- 
firmamus, salvo in omnibus jure pontiâcali et presbiterii 
parrochialis. Actum est hoc anno Incarnati Verbi M9 C« 
L<>. Wfif régnante in Francia illustrissime rege Ludovico» 
principauté in Normannia nobilissimo duce Henrico. 

Ex tabularii folio 13. Recto. 



Digitized by VjOOQIC 



- 381 — 

COPPIB DE LA OONNATION FÂICTB PAR LB DUC DB BRABANT, 
COMTE D*BU, POUR LA BIXIIB DE LA VICOMTE DU TRB8P0RT 
A L*ABBAYE DE NOSTRB-DAMB D'BU EN 1485. 

Jehan, duc de Brabant, de Lothier, et de Limbourg, 
comte de Nevers, d*Eu et de Douzy, baroû de Douzy, 
seigneur d'Auverne, des terres d'Outremeuse et de Saint- 
Vallery-sur-Julier, pair de France, a tous présents et 
advenir, qui ces présentes lettres verront, salut. Sçavoir 
faisons que nous, aiant egart que l'abbaye de Nostre- 
Daroe, fondée en nostre ville de nostre dit comté d'Eu, et 
joignant a nostre maison du dit lieu a esté fondée par 
nos prédécesseurs, en laquelle sont ensepulturés la plus 
part de nos parents a cause de feue nostre très chère 
dame et mère, que Dieu absolve, nous meus de dévotion 
et pour le salut et remède de nostre ame, de celle de 
nostre très chère et très amée compagne et espouse 
Françoise Dalbret et de nos prédécesseurs et successeurs, 
aianz egart que de toutes nos fermes de nostre dit comté 
d*Eu ou la plus part d'icelle, le dixiesme denier appartient 
es esglises estant fondées en nostre dit comté, pour ces 
causes et autres justes et raisonnables a ce nous mou- 
vants, avons de nostre certaine science, plaine puissance 
et authorité specialle donné, ceddé, quitté et transporté, 
et par ces présentes donnons, cédons, quittons et trans- 
portons a la d. église deNostre*Dame d'Eu et aux religieux. 
Abbé et couvent dicelle, perpétuellement, pour eux et 
leurs successeurs religieux du dit couvent, la dixme ou 
dixiesme denier a nous appartenant de la ferme du clergé, 
hostage et péage du Tresport, pour, diceluy dixme ou 
dixiesme denier, jouir et user par leurs mains, et les 
fruicts, profBts, revenus et esmolumentz dicelluy dixme ou 
dixiesme denier applicquer au profBt diceux religieux et 
de leur ditte église, a toujours perpétuellement comme dit 
est, sans ce que nous nos hoirs et successeurs y puissions 



Digitized by VjOOQIC 



demander ni quereller aucune chose ores, ne pour les 
temps advenir, en quelque manière que ce soit, moïennant 
et parmy ce que les dits religieux, Abbé et convent du 
dit lieu de Nostre-Dame d'Eu, seront tenus de dire et 
scelebrer en leur ditte église, quatre fois l'an, quatre anni- 
Tersaires solennels, en chacun an perpétuellement, tous les 
mercredy des quatre temps, pour le salut et remède pour 
les âmes de nous, de nostre ditte compagne et espouse, et 
de nos prédécesseurs et successeurs, et a chacune fois 
quils voudront dire et scelebrer le dit service, le 
notiâront et feront notiffler a nos principaux officiers 
estans demeurants en nostre d.vilie, pour estre et assister 
au d. service, et y celuy faire faire et continuer a tou- 
jours, perpétuellement, ainsi quil est dessus déclaré sans 
y deffaillir aucunement, et do tout ce les d. religieux, 
Abbé et convent seront tenus de nous en bailler et passer 
lettres obligatoires de leur temporel bonnes et vallables 
telles quil en appartient pour et a nostre profBt et de nos 
ditz hoirs et successeurs, pour icelles lettres mettre 
en nostre trésor de nostre chambre des comptes de 
Nevers. Si donnons en mandement par ces mesmes 
présentes a nos amez et féaux les gens de nos comptes, a 
Nevers, quala verifQcation de ces présentes ils proceddent 
et entendent diligemment a eux et a nos gouverneur, bailly, 
procureur gênerai et receveur de nostre dit comté, leurs 
lieutenants et a tous nos autres justiciers et officiers 
quil appartiendra et a chacun d*eux, que de nos présents, 
don, grâce et octroy, cession et transport du d. dixme ou 
dixiesme denier de la d. ferme du clergé, hostage et péage 
du Tresport, ils fassent^ souffrent et laissent jouir et user 
plainement et paisiblement les dits religieux et convent 
de la d. esglise de Nostre-Dame d'Eu et leurs successeurs 
perpétuellement, comme dit est, et faire par eux et leurs 
d. successeurs, les dits quatre anniversaires solennels 
chacun an perpétuellement, et le notiffler ainsi, et par la 



Digitized by VjOOQIC 



- 383- 

forme et manière qnil est cy-dessus dict et dedaré, sans 
en ce leur faire mettre ou donner ne souffrir estre faict, 
mis ou donné aulcun destourbier ou empêchement, au 
contraire, car ainsi le voulons et nous plaist estre faict, 
nonobstant quelconques ordonnances ou deffences a ce 
contraire. En témoignage de ce, nous avons faict mettre 
nostre sceel a ces présentes. Donné en nostre chastel de 
Douzy, le unziesme jour de Septembre, lan de grâce mil 
quatre cens quatre vingt cinq, et sur le reply est escry : 
par Monseigneur le Duc, les Srs de Fougon^ gouverneur 

d*£u, , gouverneur de Rethelois et autres presens^ 

signé CoUisson avec paraphe, et scellé dun scel a 
double queue couvert de parchemin, et au dit reply est 
encore escry, etc 



FIN. 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTfiNUBS DANS LBS DBUX VOLUMES DB L'HISTOIRB DB 
L'ABBAIB DU TREPORT 



(Les n* suivis d'nne étoile * indiquent les pmges du 2* Tolume). 



Abbale du Treport destituée de 
mémoires et papiers pour This- 
toire; ceux qui restent: p. 3. 

Abbale du Treport; difficulté sur 
sa fondation; pourquoy dite 
faite en 1096 : 10. 

Abbale du Treport, impugnée 
pour la date et défendue : 72 et s. 

Abbale du Treport, généreusement 
fondée par Robert, l- du nom, 
comte d^Eu : 1, 322 et seq. 

Abbale du Treport; sa fonda- 
tion confirmée par Hugues, ar- 
cbeyesque de Rouen : 12 et 363, 
et par Luce, pape^ en 1185 : 15 et 
353 ; par Guillaume le Conqué- 
rant : 11 ; par PbiUppe YI, roi de 
France: 16. 

Abbale du Treport, brûlée en 1339 
par FAnglois, qui revient en 1340 
et est repoussé: 42, 158. 

Abbale du Treport, ruinée entière- 
ment sous Martin de S* Sulpice 
par les Anglois en 1365, n^aiant 
que les mazures puur se loger, 
obtient deseharge de la taxe du 
clergé: 51,156 et s. 



Abbale du Treport, bmlée avec le 

Treport, Mers et Monthuon, par 

TAnglois en 1412: 42 et s., 167. 
Abbale du Treport, brûlée par les 

Anglois et les huguenots en 1545: 

42. 
Abbale du Treport; son revenu 

saisi pour la rebâtir : 188. 
Abbez d'Eu : 241 et s. 
Abbez commendataires d*Eu : 245 

et s. 
Abbez du Treport : 50 et s. 
Abbez commendataires du Treport : 

52 et s. 
Abbez instaurateurs et repara* 

teurs: 30*. 
Accord avec Fabbé de Saint Victor 

en Caux : 152 et s. 
Accord avec le curé d^Aubigni- 

mont pour les dixmes et essarts , 

1257:116*. 
Accord avec le curé de Saint 

Martin GaiUart pour les dixmes : 

122" et s. 
Accord avec le s' de Septmenles : 

426 et s. 
Accord des abbez du Treport et de 

Foucarmont, 1228: 114* et s. 
Accord entre FabbaXe da Treport 

25 



Digitized by VjOOQIC 



et les religieuses de Clairraissel 

pour trois muids de aél: iOi* 

et s. 
Accord entre Pabbé et les parois- 
siens, 1457 : 95* et s. 
Accord entre les abbéx de Saint 

Fuscian et du Treport : 49'. 
Accord entre Raoul, comte d'En, 

Henry, abbé : 329*. 
Accord pour ia demeure d'un 

religieux : 50* et s. 
Accord pour la présentation d^Au- 

bignimont : 120 ' et s. 
Accord pour le chancel, 1453: 105^ 

et s. 
Accord pour le droit de patronage : 

57" et 8. 
Accord pour le petit couvent, 1574 : 

63*. 
Accord pour les cires : 74*. 
Accord pour les dixmes avec le 

curé de Cuverville : 53' et s. 
Accord pour les dixmes des essarts : 

112*. 
Accord pour les dixmes d^Ori- 

val : 4*. 
Acquest du nouveau presbytère : 

340* et s. 
Adam de Préaux : 174. 
Adjudication des quatriesmes de 

vins ; menus boires, aides de 

ville, de gru, lot de bateaux, et 

du phare: 350* et s. 
Admirauté du Treport: 40. 
Aides de ville, de bateaux (droits 

d') : 37 et s. 
Alberic, abbé 8% dit le premier 

ediûcateur du monastère: 111. 
Alexandre Salvagien, abbéjcom- 

mendataire 5*, eschange les fiefs 

de Fontaine, Ënneval, Tlsle et 

Gribomesnil avec la chapelle 



sous Gerbroy ; y est grevé nota- 
blement : 19^ et s. 

Aliénation de la Bordaigne : 333* 
et 8. 

Aliénation de la chapelle sous 
Gêitroy : 259* et s. 

Aliénation de la cure et des dixmes 
de MUleviUe : 326* et s. 

Aliénation de la terre de Fontaines, 
des fiefs de Plsle, Enneval, etc. : 
192et s., 291* et s. 

Aliénation des bois de la Haie: 
314* et s. 

Aliénation des moulins de Criel : 
253* et s. 

Aliénation des prez sales, 1575: 
276* et 8. 

Aliénation du fief de Mesnil Alard : 
190 et s., 284- et s. 

Aliénation du temporel : 253* et s. 

Alise ou Alix, ou Aelis ou Elise, 
comtesse d'Eu, mariée a Raoul 
dUssoudun, fonde une léproserie 
en la chapelle du bois du Parc ; 
confirme notre fondation ; donne 
le droit d'aulnage, la paroisse 
d^Aubignimont, Realcamp, et 
fonde un anniversaire : 104 et s. 
292, 312, 369. 

Alurede, l^'abbé, pourquoy ailleurs 
dit 3% d'où envoyé : 70 et s., 74. 

André de Marquien, 25* abbé, béni 
a Rouen, pourvoit au prieuré 
de Hastingues, en Angleterre; 
reçoit Ricard d' Arty s et ses biens, 
fait casser les baux hérédi- 
taires : 180 et s. 

Angleterre; droits et possessionde 
Tabbaïe en icelle : 232 et s. 

Appointement pour les dixmes 
1315 et 1459 : 142* et s. 156* et s. 

Arrest de la cour des aides pour 



Digitized by VjOOQIC 



-887- 



le» treixe minois de tel dens a 
Cl&imiiMel par le Treport: 207' 
et s. 
Arrest du grand conseil pour ren- 
trer en la fieffé des bois de la 
Haie:a2r ets. 
Arrest du parlement pour les 
dixmes de Grancour : 137* et s. 
Artnre, abbé 10*, luy est rendu 
adven de 3 sols et d^n chapon 
de rente par Pabbé d'Eu; il 
signe a Peschange d^Andely arec 
Dieppe ; past remis : 117 et s. 
Atsigny, dixmes y données par 
Milon d'Assigny , le tiers est a 
rabbale: 326,124*. 
Associations de Fabbaïe du Tre- 
port : 33*. 
Association de Tabbaïe de Sery .* 

39' et s. 
Association de Saint Martin d'Au- 

male : 38* et s. 
Association des Templiers : 37* 

et s. 
Association par rouleaux : 36*. 
Aubignimont cure; accord avec 
le curé pour le tiers des dixmes ; 
Alise donne la cure : 312. 
Aumosnier; office fondé par Ois- 
terlan, depuis moine ; a fief, 
Justice et terres ; cimetière du 
Treport en dépend : 248 et s. 
Auquemesnil ; les deux tiers des 
dixmes a Tabbë ; accord entre 
rabbé et le prieur d^Envermeu 
pour la moitié des dixmes : 125* 
et s. 
Ayennes, cure a la présentation de 
l'abbale, brouillée par le gentil- 
homme ; alternative accordée ; 
chargée de dix escus d^or soleil : 
«Mets. 



B 



Bail des dixmes de Monchy : 143* 
et s. 

Bail de dixme des coutumes des 
poissons: 415. 

Bail des menus acquits : 377 et s, 

Bailly en Rivière, cure donnée par 
Robert I«; nomination retourne 
au comte ; a trois cures : 200. 

Basinval ; dixmes données par 
Vibert ou Robert de Basinval et 
Helduin Forestier; dixmes affer- 
mées à 18 1. de rente: 128*. 

Bataille de Courtray : 125. 

Bâtiments de Tabbaïe: 15* et s. 

Bazoches cure, dixmes et fiefs 
donnez par Guillaume le Conqué- 
rant; adveu rendu au rov pour 
la terre de Bazoc'ios ; les dnix 

rabbaïe : 2ô3. 

Beatrix, comtesse d*Eu, femme de 
Robert i«% approuve la fonda- 
tion; choisit sa sépulture en 
cette abbale ; est cause de la 
fondation du prieuré de Sainte 
Croix : 66 et s. 

Bellengreville des Alleux dit Bras 
de Fer, abbé commendataire ; 
pourquoy dit Bras de Fer; capi- 
taines mis pour pasteurs; ne 
prend de bulles : 194 et s. 

BeUengrevUle II, abbé commenda- 
taire 7* ; enfant fait abbé ; élec- 
tion déplorable ; le tour des cha< 
pelles refait et voûte; poutres 
mises au chœur; riche par la 
mort de son cousin , se débau- 
che, se marie, laisse Tabbale» 
fait mauvais ménage et meurt 
gueux : 196 et s. 



Digitized by VjOOQIC 



Bénéfices séculiers a la présenta- 
tion de Pabbaîe et leur nombre : 
6-. 

Bernompré ; dixmes retirées par le 
S' du Héron : 166*. 

Biens aliénez de Tabbale : 10*. 

Biens de Pabbaîe prescrits : 12*. 

BiviUe, cure donnée par Robert 1**; 
le tiers des dixmes pour le Tre- 
port: 289. 

Biangy ; dixmes et moulins donnes : 
129 * et s. 

Boaûes ; dixmes données par Goif- 
frid, fils de Fulcon ; les Jésuites 
s^en sont mis en possession : 
357, 131*. 

Bois a bâtir et a chauffer donnez 
par Robert I« : 3*. 

Bois de Griel; leur donation par 
Goscelin consentie par Jean !•% 
comte d^£u, qui en donne Pamor- 
tissement tout entier : 9S, 380*. 

Boisricart ; dixmes données par 
Richard de Lonrey ; elles sont 
d'un tiers : 131*. 

Bonne d'Artois, sœur de Charles 
d'Artois ; sa pieté ; miracle des 
roses : 152 et s. 

Bouteroude, cure donnée par Ro- 
bert I*' ; échangée avec le Bec 
pour la Bourdaigne : 281. 

Bourdaigne: 281. 

Brienson ; chapelle : 320. 

BrunYille,cure donnée par Robert; 
la nomination a Pabbaîe; le 
chancel se raccommode au 
tiers ; accord pour le chancel : 
278, 105*. 

Bulle du pape Grégoire, 1621 : 371*. 



Camps en AmiennoiSi prieuré dédié 



a Saint Jean ; Arenis le fonde; 
provision dudit prieuré libres 
Pabbé pour on religieux ou va 
séculier : 224. 

Capucins a Eu, 248*. 

Cardinal de Boulogne, abbé eom- 
mendataire, rend aveu an Roy: 
187. 

Cardinal de Monte, abbé commea- 
dataire ; son revenu saisi pov 
rebâtir Pabbaîe ; resigne Pabbali 
a son neveu Alexandre Salvi- 
gien : 188 et s. 

Caresme et hors caresme, com- 
ment la harengaison se partage: 
389. 

Catalogue des abbezdu Treport: 
50 et s. 

Catalogue des abbez eommenda- 
taires du Treport : 52 et s. 

Catalogue des comtes d'Eu: 4S 
et s. 

Catalogue des cures de Pabbaîe ai 
des patrons dlcdles : 18 et s., 
319. 

Catherine de deves, 23« comtesss 
d'£u, mariée au prince Porciaa, 
huguenot, après espouse Henry 
de Lorraine ; enterrée anx Jé- 
suites d'Eu : 171 et s. 

Caudecoteetliaisoneeilea, dlssies: 
132*. 

Cession de la cure de Bivilte i 
Pabbaîe d'Eu, 1161 : 106* et s. 

Cession de la cure de Saint Serena 
a Pabbaîe de.Sery, 1150: ur 
et s. 

ChapeUesdeBrienson, SainteOnriz 
d'Eu , Saint Esprit d*An , Saisi 
Martin Gaillart , Saint Nicolas ds 
Rouen : 19, 315, 380. 

Chapelle sous Gerbroy ; esdumgée 



Digitized by VjOOQIC 



arec Fontaine-Eimevàl ; fieffée 
pour 1501. de rente : 359*. 

Chargée des aamosniers: 251 
e«s. 

Charges du thresorier on sacris- 
tain: 245. 

Charges de Tabbale : 9*. 

Charité, Confrérie : 365* . 

Charitéy sœurs : 373*. 

Charles d* Artois !•'. comte 16*» fait 
prisonnier a la bataille d^Âzin- 
conrt ; comté d*Eu érigé en pairie 
et ponrqaoy : 147 et s., 243*. 

Charles I« de Boarbon, cardinal, 
abbé commendataire 2" : 187. 

Charles de Gleves II, comte I9«, 
porte ses armes en Italie. 

Cbarles de Fontaines , abbé 
'commendataire 8*, est peu de 
temps abbé, fait concordat avec 
les religieux, fleffe Yilly et 
meurt : 199 et s. 

Charles de Lorraine, comte d*Eu 
» : 175. 

Charte de Hugues, archevesque de 
Rouen, 1145 : 363 et s. 

Charte de Jean, comte. d^Eu, pour 
les torts faits a Pabbale: ddSet s. 

Charte de Jehan d^Artois, 1376: 
395 et s. 

Charte de la cure de BrnnviUe: 
105* et s. 

Charte de la cure de Lignemare, 
don des dixmes, 1238 : 99* et s. 

Charte de la cure de Ifillevilie 

pour les dixmes, 1259 : 113*. 
Charte de la cure de Saint Pierre 
en Val pour les dixmes, 1238: 
96* et s. 
Charte de la thresorerie ou sacris- 
tie : 67* et s. 
Charte de Toffice de Taumosne : 77*. 



Charte de Lucius, pape, 1185 : 353 
et s. 

Charte de Philippe d^Artois, 1396 : 
396 et 8. 

Charte du prieuré d'Eurville : 56*. 

Charte du prieuré de Hastingues; 
sa fondation : 60*. 

Charte du prieuré de Hornoy : 47*. 

Charte du prieuré de la Fresnoye : 
48-. 

Charte du prieuré de Sainte Croix : 
45'. 

Chartes de la chapeUe Saint Mar- 
tin le GailUrt : 121* et s. 

Chartes de la cure de Gregny : 111* 
et s. 

Chartes de h& paroisse du Treport : 
92* et s. 

Chartes des cures de Rieu et de 
Monchaux : 103* et s. 

Chartes des droits des poissons, 
1357: 385 et s. 

Chartes pour la cure d^Aubigni- 
mont et pour les essarts dudit 
lieu et de Saint Martin au Bos, 
1228 : 114* et s. 

Cimetière détruit et rétabli, 1362 ; 
rendu : 31, TV et s. 

Clairruissel ; accord pour trois 
muids de sel : 154 et s., 201* et s. 

Cloches : 185, 265, 23* et s. 

Compromis du curé de Grancour : 
134* et s. 

Comté d'Eu, d'abord a la France, 
puis aux ducs de Normandie, érigé 
en pairie , confisqué et baillé à 
Jean d'Artois s 147, 210* et s. 

Comtes d^Eu; leur catalogue ; tous 
grands bienfaicteurs de Pabbale ; 
tombent en quenouille et dé- 
choient de cette affection : 45 
et s., 62 et s., 110. 



Digitized by VjOOQIC 



-890- 



Confirmatioa arabbaledu Treport, 
par Alfonse, comte d^Eu, et par 
Marie» sa femme, des droits sur 
les bois de Villy : 379*. 

Confirmation de la Confrairie de 
Charité du Treport : 363* et s. 

Confirmation de la donation d^Al- 
fonse» comte d'Eu, a Tabbale du 
Treport, par Hugues, arche- 
vesquede Rouen: 380*. 

Confirmation per Aelis, comtesse 
d'Eu, des donations de ses pré- 
décesseurs : 104 et 8.» 360. 

Confiscation des terres de Busquet 
pendu pour ses démérites, au 
fief de r Aumosne, 1407 : 88* et s. 

Contrat de Terection, bostage et 
confirmation des droits depesche 
du Treport : 222* et s. 

Contrat de vente de Pancien pres- 
bytère : 348* et s. 

Copie de la sentence pour les 
dizmes de Touffreville, 1658 : 
165* et s. 

Copie de la donation faicte par le 
duc de Brabant, comte d^Eu, 
pour la dixme de la vicomte du 
Tresport a Tabbaïe de N. Dame 
d'Eu : 381* et s. 

Copie de P Association des Tem- 
pliers : 37*. 

Copie dMn jugement au si^jet de 
la séparation des limites des 
amirautés du boxu*gd*Ault,Euet 
le Treport : 377*. 

Coudroy, dixmes : 141*. 

Coutume de poisson, en quoi elle 
consiste : 371 et s. 

Coutume des menus acquits et de 
foire, la veille et Jour de Saint- 
Michel ; le dixième denier de la 
vicomte ; comme harengs se 



partagent ; coutoioe A^est dœ 

s'il n'y a de nos hommes ; droite 

a prendre sur chaque vaissesa : 

369, 374, 380, 388. 
Criel, dixme des moulins pour k 

luminaire : 82. 
Crotoy : 366, 392*. 
Cures, combien et leurs noms : M 

et s., 255 et s. 
Cure d'Aubignimont : 310 et s. 
Cure d'Avenues : 294 et s., 363. 
Cure de Bailly en Rivière : 290. 
Cure de Bazoches : 283 et s., 357. 
Cure de BiviUe : 289, 324. 
Cure de Bouteroude, 281 et s., 324. 
Cure de Brunville : 278, 324. 
Cure de Camp-l'Amiennois, voir 

Prieuré ; 224 et s., 349. 
Cure d^Ënrville, voir Prieuré: 

229 et s. 
Cure de Fresnoye, voir Prieuré : 

218 et s., 342. 
Cure de Qregny : 297 et s. 
Cure de Guerville : 313. 
Cure de Ouillemencourt: 274 et s., 

324. 
Cure d'Hemyes: 270 et s., 325,357. 
Cure de Lignemare : 270 et s., 355. 
Cure de Mellevilie : 305 et s., 339. 
Cure de Monchaux : 277 et s., 338. 
Cure d'Orival : 292 et a. 
Cure de Penly : 288, 324, 35Ô. 
Cure de Realcamp : 292 et a. 
Cure de Ryeu : 277 et s. , 397. 
Cure de Saint Jacques du TrepMt: 

255 et s., 346. 
Cure de Saint Martin du Boa : 28$, 

364. 
Cure de Saint Pierre en Val : 266 

et s., 324. 
Cure de Saint Severin de Vimen : 

291., 345. 



Digitized by VjOOQIC 



— 391 - 



CuTô de Sauobay le Bas: ZI9 et s., 
339. 

Cure de Sept Meules : 268 et s., 
324. 

Cure de Val du Koy : 2fê et s. 

Cure de Yilly : 300 et s., 343. 

Gare du Treport : 255 et s. 

Cuverville; dixmes données par R. 
de Pierrepont ; accord pour ces 
dixmes entre le prieuré de Rou- 
gecamp et la cure de Cuverville : 
327, 357, 133*. 



Déclaration du service divin de 

rabbaïe : 75*. 
Destruction de Tabbale : 320 et s. 
Destruction du prieuré: 215. 
Dixmes d^Assigny : 340, 124*. 
Dixmes d'Auquemesnil : 3S?7, 125* 

et s. 
Dixmes de Basinval : 128* 
Dixmes de filangy : 325, 129*. 
Dixmes de Boafles : 357, 131*. 
Dixmes de Boisricart : 326, 356» 

131*. 
Dixmes de Campeneuville : 132*. 
Dixmes de Cantepie delai9Sée pour 

30 sols de rente : 150. 
Dixmes de Caudecote et de Maison- 

ceUes : 132'. 
Dixmes de Cuverville : 340, 133*. 
Dixmes de GuerviUe : 141*. 
Dixmes de Grandcour: 359,133 et s. 
Dixmes de la cuisine du comte 

Robert : 66. 
Dixmes de la mayere ; ce qu^on 

appelle ainsi : 3', 
Dixmes de Monchy : 344, 142*. 
Dixmes de Montreuil-ea-Caux: 148*. 
Dixmes d'Oust : 357, 153' et s. 
Dixmes de Pende : 357, 157'. 



Dixmes de Puisenral : 157*. 

Dixmes de Realcamp : 158*. 

Dixmes de Richement : 159*. 

Dixmes de Saint Martin Gaillart, 
Meilencamp, Tôt et Coudroy: 
356, 141*. 

Dixmes de Saint Riquier : 159*. 

Dixmes de Saint Supplîx du mau 
vais costé : 159*. 

Dixmes de Tocqueville : 326, 160*. 

Dixmes de ToutTreviUe : 162*. 

Dixmes des essarts : 323, 3*. 

Dixmes des Ventes, Mare Mezan- 
gere et Bemompré : 244, 166*. 

Dixmes du pamiage : 323, 3*. 

Dixmes inféodées et patronage 
comme doivent estre enten- 
dues; 6. 

Donations ordinairement comment 
faites : 5 et s. 

Don de Raoul de Moncellis : 102*. 

Don de sept mines de blé et sept 
sols de rente par Hermengart : 
52* et s. 

Don fait pour torts et dommages : 
56* et s. 

Don de Hugues de Oiry, 1240: 122*. 

Don des dixmes par. Robert, Tan 
1227 : 104* et s. 

Dons divers faits par Jean 1*% 
comte d^£u, a Tabbale, et confir- 
mation de la donation des bois 
de la Haie ou de Villy : 379*. 

D'Oust, voir Oust. 

Drogo, 2- abbé : 71. 

Droit de clergé; en quoy il con- 
siste : 39. 

Droit de coutume du poisson, en 
quoy il consiste: 4*. 

Droit de poissons , qui estoit de 
deux plats, accordé par Hugues 
d'Oyris : 81. 



Digitized by VjOOQIC 



Droit de franchise poar Tabbale : 
327, 5\ 

Droit de pesche dans la rivière 
d*Eu, et dans la rivière de Criel, 
accordé aox moines, la veille de 
la feste de la Transfiguration, 
et aux festes de Sainte Kagde- 
leine et de la Translation de 
Saint Benoist: 325. 335, 358. 

Droit de prendre et partager les 
poissons avec le comte d^Su : 155. 

Droits de coutume du poisson des 
menus acquits, la veille et le Jour 
de St Michel, et de foire: 309 et s. 

Droits de Justice, de foire, de 
pesche, moulte, vin, luminaire : 
1* et s. 

Droits de Tabbale pour le tem- 
porel : 1* et s. 

Droits des menus acquits et de 
foire: 374 et s. 

Droits honorables ; gentilshommes 
obligez de servir Tabbé: 425 
et 486. 

Droits honorifiques : 16. 

Droits utiles sur le comté, vicomte, 
marché au blé, poissonnerie, 
boucherie» sur la halle a la laine, 
sur les salines, etc. : 422 et s. 

E 

Echange avec l'abbale du Bec de 
la cure du Bouteroude, pour la 
Bourdaigne : HO* et s. 

Engelbert de Cleves, comte d^Eu 
18", espouse Charlotte de Bour- 
bon» qui donna 1,500 livres aux 
religieux d'Eu pour une messe 
chantée tous les Jours, et 200 1. 
aux eschevins pour vestir six 
pauvres le Jeudi saint, et sept 
vingt livres pour Phospitàl : 156. 



Eglise de Tabbale, autrefois som^ 
tueuse en omemens : 245 et s. 

Eglise de Tabbale, reediflée pins 
grande par les indulgoices : 131. 

Eglise de Tabbale, tour des cha- 
pelles, Jubé, chœur» vitranx, 
cloches, sépulture de Beatrix, 
reliques : 21* et s. 

Epitaphes de Charles m» duc de 
auise : 215* et s. 

Epitaphe de Guillaume Blarescfaal, 
comte de Glocester : 101. 

Epitaphe de Jean d*Artois lY, 
comte d'Eu: 140. 

Epitaphe de Philippe d'Artois, 
comte d'Eu : 144. 

Epitaphes réunies de Henri et de 
Jean, comtes d*Eu : 95. 

Essarta de la foret, reclamés par 
les abbez du Treport et de Fou- 
carmont : 287. 

Estât des droits appartenans a U 
ferme des menus acquits du 
Treport : 380 et s. 

Estât des droits qui se lèvent en 
la foire de Saint-Michel pour les 
fermiers de PabbaXe : 382 et s. 

Estienne» abbé 14«, pourquoy dit 
14* : 141. 

Esturgeon et gros poissons donnes 
a rabbale : 79, 347, 354, 414. 

Etymologie de gabelle : 197'. 

Etymologie de maltote : 123. 

Etymologie de^Treport : 21. 

Eu brûlée en 1475 par Louis XI : 
154. 

Eu érigée en ville par Jean I«, 
comte d'Eu 5« ; maire et esche- 
vins quand nommez : 93 et s. 

Eu, Justice des grands Jours : 148. 

Eurville cure : 312 et 319. 

Eurville prieuré, a pour bienfaie- 



Digitized by VjOOQIC 



tenn Robert de CaptotetOtbert ; 
reyenu du prieuré : 229 et •.> 5d*« 

SzerciceB Journaliers des sœurs de 
la Charité : 375*. 

Bxtrait d^un manuscrit qui se 
trouve dans Tabbale de Fouear- 
mont et qui a pour titre: Généa- 
logie des comtes d'Eu : 76. 

Sxtrait du roUe xix* des aliéna- 
tions ecclésiastiques ;diocése de 
Rouen » abbale du Treport : 
257* et s. 

P 

Faetum pour la cure de Hélle- 

vme:220*. 
Factnm sur Talienation de la cure 

et des dixmes de MeUeville : 

331* et s. 
Falaise qui estRasoches, donné par 

Guillaume le Conquérant : 283. 
Fermes de rabbale : 20. 
Fief du Mont Joly Bois Joint a 

Toffice de sacriste par Antoine 

Didatto : 244. 
FiefiTe des terres de Sainte Croix : 

45*. 
Fieft» leur nombre et leurs 

noms : 6*. -. 
Fiefs dé Fontaines, Bnneval, Tlsle 

et Gribomesnil aliénez : 291 et s. 
Foire Saint liiebel, donné par Jean 

comte d'Eu : 2*. 
Fondation de Tabbale et dons y 

faits : 322 et s. 
Forest libre: 300, 3*. 
Foucarmont, dixmes: 344, 114*. 
Franchise de tailles : 5*. 
François de Cleves, l» abbé oom 

mendataire : 188. 
François de Cleres II, comte d^u 

21*:1«8. 



Freauville, dons dleéluy: 2S7 
et s., 359 et s. 

Freauville, Jean et Robert son 
flrere associez a Tabbale, y ob- 
tiennent sépulture pour eux et 
leur femme : 296. 

Fresnoye, prieuré fondé par Henri 
Bisa, confirmé par son fils et 
par sa mère ; le comte d' Aumale 
ratifie les donations, ainsi que le 
pape Luce, et Hugues, arche- 
yesque de Rouen : 218 et s., SSJ, 
366. 

Fulcere, abbé 5*, obtient de 
Hugues, archeyesque de Rouen, 
la confirmation pour Tabbale et 
dépendances, donne la cure de 
Saint-Severin a Tabbale de Sery : 
90 et s. 

Fustage droit : 87. 



Gabelle, d*o(i vient ce mot : 19T, 

GuerviUe cure, nomination donnée 
a rabbale par Jean, comte d'Eu; 
rabbale y a les deux tiers des 
grosses dixmes : 313. 

Goscelin, 2* abbé d!Bu, obtient la 
confirmation des chanoines r^ 
gnliers : 88. 

Grancour donné; compromis du 
curé ; arrest du parlement : 888, 
138* et s. 

Gregny cure ; les sires de Freau- 
ville , insignes bienfàieteurs , 
donnent la dixme, un muid de 
firoment, les essarts à Tabbalé ; 
y choisissent leur sépulture ; les 
comtes y nomment ; Tabbale y a 
les deux tiers des dixmes : 297 
et s., 852 et s., 364. 

GribomeniUGrfmoltlfaiinil, Gri- 



Digitized by VjOOQIC 



-^îm-^ 



moMMiiil, erimottt MéSûil, flef 
aliéné : 20, 239, 291*. 

aaillaame !•*, comte d*Eu, fonde 
la collégiale d'Eu en 1002 : 45, 
59 et s. 

Guillaume II, oomte d*Eu 3% Joint 
mu Ckmquerant pour luy aider a 
conquérir l'Angleterre; donne 
Hemyes, les dixmet des moulins 
de Criel et de Foncarmont pour 
le luminaire, et 140 arpens de 
terre au Mont Joly Bois : 32, 357. 

Guillaume I*', abbé 6*, ratifie la 
donation des terres de Sainte 
Croix: 97. 

auiUaume II, abbé 9* : 114. 

Guillaume lil, abbé 16*, transporte 
a Tabbale du Lien Dieu les 
dixmes de Cantepie, 1337: 150. 

Guillemencourt, cure donnée par 
Robert; dons des terres et 
d^hostes ; Tabbale a la présen- 
tation et les deux tiers des 
grosses dixmes : 274 et s. 

H 

Hastingues, prieuré en Angle- 
terre» sa fondation : 45, 93, 282. 

Hemyes» cure et dixmes données 
par Guillaume, comte, et Giffart ; 
la noatination est a Tabbale et 
les deux tiers des dixmes : 270. 

Henri 1*', comte d^Eu 4«, espouse 
Matbiide ; va a la terre sainte ; 
terreur panique du] sultan des- 
fait par les nôtres ; Henry 
eooflrme les dons faits arabbAIe ; 
fonde Saint Martin du Bos; 
afliranehit les pescheurs de 
Tabbale ; donne Teglise de Saint 
Jacques du Treport , la pesohe 
le Jov de la Magdeleliie» le irin 



pour les messes, mooila sur 
Peau au-dessous du château, au 
lieu de celuy de Mers; unit Fon- 
carmont a Gisteaux» la collégiale 
d'Eu a Saint-Victor de Paris ; se 
fait religieux a Gisteaux : 84 et s. 

Henri II, comtes, confirme les dons 
a Pabbale, donne la dixme de la 
mayere, le lignage, la provision 
d'un Jour sur les batteaux hor- 
zains. De son temps s^ Laurent, 
archevesque de Dublin, vient a 
Eu et y meurt : 97 et s. 

Henry de Lorraine, duc de Guise, 
24* comte d'Eu, espouse Catherine 
de Cleves, fait contract et tran- 
saotion avec les matelots du 
Treport, par lequel il ratifie le 
contract d'érection d'hostage: 
172 et s. 

Henry 1% abbé 13«, eschange 30 
muids de sel contre toutes les 
terres de Briostel dit Lanoy; 
société entre les deux abtales ; 
ratification de Fevesque de 
Beauvais ; fait reconnoistre au 
curé de Basoges les droits de 
Tabbé ; obtient main-levée d*une 
saisie faite sur Basoges; rebâtit 
Teglise plus magnifiquement; 
les 80 muids de sel réduits a 
6 muids: 128, 283 et s. 

Henry II, abbé 15«, accorde de 
n'acquérir es fiefs du comte; 
acquiert la seigneurie de Mon- 
thuon : 145 et s. 

Homoy, prieuré conventuel ; Gerold 
de Homoy, son fondateur; tran- 
saction pour les dixmes entre le 
prieur et le curé d'Orival ; bail 
des dixmes d'Orival dépendant 
de Homoy : 216 et s. . 



Digitized by VjOOQIC 



-«•s- 



HoBiMgê ei Ytndagey qmad institué 
et poorqooy ; quels interests nous 
y avons : 39, 165, 173 et s. 

Hugues» abbé 12* : 12Ô. 

Hugues» archevesque de Rouen, 
confirme la fondation de Vabbale 
du Treport en 1145 et 1151 : 14» 
353 et s. 

I 

Institution des sœurs de la Charité 
an Treport, par son Altesse 
royale Mademoiselle, 1666 : 374* 
et s. 

Introduction des PP. Capucins à 
Eu : 248* et s. 

J 

Jacques de Cleves» comte 22*, ma- 
rié a Diane de la Marke» meurt 
sans enfants, ne laisse que des 
sœurs : 160* 

Jacques de Souveray, abbé com- 
mendataire 19*» fait concordat 
arec les religieux ; obtient Tab- 
baie du liont-Saint-Michel et 
Tabbale de Saint-Michel de Ton- 
nerre ; ambassadeur de Malthe ; 
libéral a ses abbales : 200 et s. 

Jean I*', comte d*Eu 5% confirme la 
fondation ; donne la chapelle de 
Saint-Nicolas, de Rouen ; a£fran- 
ehit Tabbale de tailles, cueil- 
lettes» impositions ; érige £u en 
vUle ; se fait religieux comme 
son père a Foucarmont, et y 
meurt Tan 1170 : 91 et s. 

Jean II, comte 10*, espouse Beatrix» 
fille du comte Saint-Pol ; decedé 
a aermont en 1294 : 119. 

Jean III, comte d'£u 11«, espouse 
Jeanne de Coucy» comtesse de 
animes ; réduit le panage de la 



foreet a 160 porcs ; oMiflrme les 
moultes sèches ; Jean pille Tab- 
bale, lui rend quelque chose; 
nourri par Pabbaie et entretenu, 
un fort bon espace de temps, il 
baille aux religieux un acte de 
reconnaissance» meurt en 1802» a 
la bataille de Courtray : 122 et s. 

Jean d^Artois, comte 14*, espouse 
Isabeau de Melun ; fait prison- 
nier avec le roy Jean ; devesti de 
son comté et revesti ; se trouve 
a la Journée de Rosbec; con- 
firme les droits de la boucherie» 
poissonnerie, exempte Monthuon 
et Menival d*aides; meurt en 
1386; son epitaphe enreglisade 
rabbale d'Eu : 138 et s. 

Jean de Bourgogne» dit de Bra- 
bant V» comte 17% fils de Benne 
d* Artois» épousa trois femmes ; 
Engelbert de Cleves lui succéda 
au comté : 151 et s. 

Jésuites d*£u paient à Tabbale» 
pour Saint-Martin du Bos» 18 1. 
de rente : 287. 

Jésuites rebutez aux obsèques de 
Catherine de Cleves : 173. 

Justice» droit accordé par la charte 
de Raoul, 1191 : 334. 

Justice haute de Fabbale» recon- 
nue par le bailly d'Su : 160. 



Lesceline, femme de OuiUaune I*'» 
comte d'Eu, bâtit Tabbale de 
Saint Pierre sur Dives» et une 
autre de religieuses près Lisieux 
et s'y fait religieuse : 60* et s. 

Léproserie fondée en la chapelle 
du hiùM du Parc : 104. 

Lettre de Raoul» abbé» pour neuf 



Digitized by VjOOQIC 



-896- 



mvidi de tel pour l«treUgi«iiMt 
de Clairraisiel : 199* et •. 

Lettre du P. D. Louis Douteleaa, 

. prieur de Launoy» pour le fait 
des salines du Treport : 194* 
et s. 

Lettre du roy aux religieux du 
Treport, pour avoir huict minots 
de sel blanc : 196* et s. 

Lettre de Pereetion en pairie du 
comté d*£u par Charies Vil: 
210* et s. 

Lignage (droit de); en quoy con- 
siste: 99. 

Lignemare» cure donnée par 
Robert I« ; Vuilelme de Saint- 
Hilaire y donne les deux gerbes 
dont elle jouit, et a la nomina- 
tion de la cure : TJt et s. 

Liste des abbez de Tabbale d'Bu : 
241* et s. 

Liste des abbes conunendataires 
de Tabbale d'Bu : 245* et s. 

Luce, pape, donne bulle et conflr* 
mation de la fondation de 
Tabbale du Treport en 1185: 
14, 853 et s. 



Haire du Treport, nommé par ceux 
d*Bu lieutoiant, pourquoy : 80. 

ICairie d^Eu, quand érigée : 87. 

Maladrerie, ou elle a esté : 83. 

Marais du Treport, flefiTés par 
François de Cleves, 1« abbé 
commendataire: 185*. 

Marie, fille de Raoul n, comtesse, 
espouse Alfonse de Braine ou 
Brennes, fils de Jean, roy de 
Hierusalem; confirme les bois 
de la Haie ; Alfonse, fait cham- 
béllan donne 20 1. de rente sur 



les moulins de Criél et 80 sols 
sur le vicomte du Treport ; Al- 
fonse, toujours dit fils de Jean, 
roy de Hierusalem, meurt en 
Orient; enterré a Saint-Denis : 
113 et s., 314% 879*. 

Martin de Saint Sulpice, abbé 1^» 
repose gratis le chancelde Penly ; 
Tabbale ruinée de son temps, 
obtient décharge de la taxe du 
clergé par le pape et par le roy 
en 1384 : 157 et s. 

Mayere, ou dixme de gru donnée : 
8,98. 

Melleville ou MilleTille cure ; 
dixmes données par Raoul de 
Melleville, ratifiées par Hugues, 
archevesque de Rouen; nomi- 
nation contestée par le sieur 
de la Poterie ; les deux tiers des 
dixmes reconnues pour Fabbale; 
le sieur du Boissel acquiert Mel- 
leville, dispute la présentation, 
la perd, s^en accommode et de 
la dixme : 805 et s. 

Mémoire des actes de Justice qui 
ont esté faicts, et se font d^ordi- 
naire en Tabbale du Treport: 
419. 

MesmlAlard,fiefaUené: 92 et s., 
284 et s. 

MeniiSoret, un des plus beaux 
fiefs ; accord sur dUTerent : 6*. 

Miracle, cause de la fondation de 
la chapelle de Sainte Croix : 76 
et s. 

Mirade des roses: 152 et s. 

Mœurs et conditions du peuple du 
Treport : 28 et s. 

Monchaux et Rieu cures; Ausber- 
tus de Riu donne sa dixme; 
nomination des églises de Rin et 



Digitized by VjOOQIC 



-897 - 



de Monclutnx, oadëe par Raoul 
de Honchaoz; Robert Laie 
donne des dixmeg; Monchanx, 
ehapelle érigée en cure; Fabbale 
y nomme et y a les deux tiers 
des dixmes : 276 et s. 
Bfonchy, appointement pour les 
dixmes; les Jésuites d'Rn s^en 
sont emparez : 142*. 
Monthuon, seigneurie acquise par 
Henry II, abbé en 1324; Richard 
de Longuemort, acquiert le 
buitiesme du flef de Honthuon : 
52, 145, 183. 
Mont Joly Bois ou Mont Aqueux, 

fieffé par le chantre: 187. 
Montreuil enCaux, dixmes eschan- 
gées arec le Bec ; accord avec 
l'abbé de Saint Victor en Caux ; 
Tabbale y a les deux tiers : 150* 
et s. 
Moulins de Criel : 186, 311% mr. 
Moulin establi au-dessous du châ- 
teau, sur la rivière d^Bu ; 
Henri !•' donne remplacement 
et Tabbé Osbeme baille 7 livres 
10 sols : 86 et s. 
Moultes sèches données sur Oran* 
court, Menival, Mesnil Soret, 
Quesnoy, par le comte Robert, 
augmentées par Jean, comte, et 
Raoul; cotisation en orges des 
villages pour Jouir du droit; 
Floques la refuse, y est condamné 
et en fait la reconnoissance ; 
notre senechal en donne sen- 
tence, confirmée par le bailly 
d'Bu; Quesnoy et Menival se 
révoltent et le paient tout du 
long ; Mesnil Soret n'en paie plus 
que 4 mines et demie, au lieu 
de 12; Hyoville, BstaUonde et 



Mesnil Bstrelen décharges: 167* 
et s. 

N 

Nicolas, abbé 20*, obtient buUe 
pour retirer les biens aliènes, 
acquiert 7 livres de rente a 
Monthuon ; le Treport, Mers et 
Monthuon réduits en cendres par 
PAnglois en 1412 ; quitte le fief 
de Monthuon a Colas de Beau- 
vais, pourvoit au prieuré de 
Rougecamp : 51 et s., 166 et s. 



Observations sur la pairie du comté 
d'Eu : 212* et s. 

Occasion de la fondation du prieuré 
de Sainte Croix : tlO et s. 

Offices claustraux : 18. 

Ottce du prevost de Tabbale : 41* 
et s. 

Oisteriand, d'escuier du oomted'Eu 
fait moine, donne le Mesnil 
Estrelen : 72. 

Oisteriand fonde raumosne: 248, 

Ordonnance do due de Brabant, 
pour le muid de flromsDt deu a la 
sacristie, 1€75: 60* 6t s. 

Ordre de Saint Benoit, florissant 
dans le sieele ZI; en Normandie 
seule Iny sont bâties 28 abbales : 
2,63. 

Orival, cure eonfirmée par Hugues, 
archevesque; accord pour les 
dixmes qui est de moitié : 202 
et s. 

Osbeme, 4* abbé, fait moine sous 
Alurede, de la famille de Freau- 
ville ; dons de ses père et mère 
et d'Ancelle, son frère ; défend 
Pesturgeon; reçoit bien et traite 
le comte d'Aumale; fonde le 



Digitized by VjOOQIC 



-• SW — ' 



pHearé de Hornoy ; fait remettre 
le past : 78 et 8. 
Oust ou d'Oust, dizmes données 
piur Ramerius de Doitli; cession 
des dites dixmes molennant un 
muid de grains qui a esté cédé 
aus trésoriers de PabbaXe pour 
Tentretien du luminaire : 155*. 



Panage es forets, accordé par 
Raoul* reduitahulet vingt porcs : 
IS2, 923, 360, 3*. 

Partage des poissons avec le comte 
d'Bu : 156« 

Past remis : 80, 48*. 

Fende consiste en un petit dizma- 
ron ou Tabbale prend tout : 197*. 

Penly, cure et dixmea données 
par Robert I«';rabbaleyiiomme; 
dons faits: 287. 

Pesche dans la rivière de Criel et 
d'Eu donnée : 325, 385, 3* et s. 

Peste a Eu : 249* et s. 

Petit couvent; comment formé; 
réuni al'abbale molennant IdOL 
de rente : 287 et s. 

Philippe d'Artois I**, comte 15% fait 
«onnestable après deClisson,va 
au secours du roy de Hongrie 
contre Bi^aset 1% est cause 
de la déroute de notre armée; 
est pris, racheté, etmeurt a Mica- 
lice en 1897 ; 143 et s. 

Philippe VI, roy de France, con- 
firme les do&s faits a Tabbale 
et la fondation : 16. 

Poissons, quels droits et coutumes 
l'abbale y a : 88 et s., 86, 98, 139, 
155, 164 et s., 369, 385 et s. 

Presbytère ancien et nouveau; 
v«ttlé> aequeaii 840*, 845* 6t f. 



Prevosty son office : 41*. 

Près salez aliénés, isn^: 276 et s. 

Prieuré de Camps en Amiennois, 
dit Calaminois : 224 et s., 50*. 

Prieuré d*Eurville: 229 et s., 56', 
60*. 

Prieuré de Hastingues: 232 et s. 

Prieuré d'Homoy : 216 et s., 4T. 

Prieuré de la Fresnoye : 218 et s., 
48*. 

Prieuré de Rongecamp: 226 et s., 
5r. 

Prieuré de Sainte Croix : 205, 209 
et s., 45*. 

Privilèges et droits accordez par 
le pape Luce a Pabbale ; novales ; 
réception des religieux ; nomi- 
nation aux cures; de n^estre 
Interdits de sépulture, d'eleetion 
d'abbé, etc. : 13 et s., 353 et s. 

Procès contre les chanoines 
de Noyelles pour la qualité du 
gratn : 244 et s. 

Procès pour le cimetière : 86* et s. 

Puisenval ; Pabbale y prend le tiers 
des dixmes : 1^. 

Procuration des religieux pour les 
salines: 187* et s. 



Quatriesmes des vins et antres 

droits : 37, 350* et s. 
Quesnoy, dfoits de moultê : 3*. 

R 

Ramenus, 1*' abbé : 70 et s. 

Raoul, abbé 11*; eschange du muid 
de froment a prendre a Gregny 
au lieu de Freauville ; Pabbale 
de Briostel doit 12 deniers a 
celle du Treport: 120 ets.^ 299. 

Raoul d'MouduB l^f comte d^Eu 



Digiti 



zedby Google 



7* par Alise ; meurt a la terre 
sainte : 104 et s. 

Raoul d^Issoudun II, comte d*Ëu 8% 

espouse Eleonor, fille du duc de 

Bretagne ; Saint Laurent, arche* 

Yesquede Dublin^ canonisé en ce 

temps : 112 et s. 

Raoul m, comte d'Eu 11^, espouse 
la dame de Mello ; Phistoire est 
remplie des glorieuses actions 
de ce comte : 127 et s. 

Raoul lY, comte d'Eu 13*, fait 
connestable, s'oppose dans Caen 
a TAnglois, y est pris, fait sa 
paix et trahit la France ; puni 
de mort, son comté baillé a Jean 
d'Artois; le comté de Ouines 
laissé a sa fille ; les Anglois, en 
1340, brûlent le Treport et Mers, 
reviennent Tan suivant et sont 
repoussez : 133 et s. 

Ratification de Tarchevesque Guil- 
laume, 1286 : 156* et s. 

Ratification de la vente du cime- 
tière : 83' et s. 

Ratification du curé de Ligne- 
mare : 100* et s. 

Ratification par le chapitre de 
l'aliénation des bois de la Haie : 
817* et s. 

Realcamp, cure donnée par Ali^e; 
mise a présent a l'alternative 
entre l'archevesque et le comté; 
TabbaSe y a les deux tiers des 
dixmes:106,292. 

Reconnaissance de Richard Tar- 
dieu, de neuf muids et demi de 
sel: 192'. 

Reglemens de l'archevesque de 
Rouen : 92* et s. 

Reglemens de Tofficial de Sais p'ia 
paroisse duTrep.orttl249:94'ets. 



Relique de Saint MaoguiUe remise 
aux Anglois comme gage: 28* 
et s. 

Reliques, quelles nous avons; 
conservées miraculeusement en 
1666 : 25* et s. 

Remarques sur Palienation des 
bois de la Haie : 324* et s. 

Revenus de l'abbaXe : 7* et s. 

Richard I», abbé 7% fait société et 
accord avec Tabbale d'Eu : 102 
et s. 

RicharddeLonguemortU«abbé24% 
fait beaucoup d'acquêts ; pré- 
séance ai^ugée sorluy al'abbéde 
Saint Victor en Gauxau synode; 
il oblige la parroisse du Treport 
a paier 5 sols de rente pour le 
cierge ben^ et a demander congé 
de sonner les cloches a la 
Toussaint: 180, 2S8. 

Richard de Longuemort III, abbé 
26*, obtient mainlevée de la 
comtesse de Cleves, douairière 
de Nevers et d^Eu, fieffé au Mon- 
thuon 4 acres de terres ; aeguierl 
le fief de Monthuon, présenta a 
la cure de Saint Pierre, partf^e 
les essarts de la forest aveo le 
prieur de Saint Martin au Bos: 
182 et s. 

Richard IV, abbé 27% présente a la 
cure de Saint M4rtin au Bos, 
usurpée a présent par le gentil* 
homme; fait. fondre 4 cloches: 
184 et s. 

Richemond; l'abbaye y a la moitié 
des dixmes : 159*. 

Rieu et Monchaux cures; voir 
MoncTiaux. 

Rivière d'Eu sous le château donr 
née par Henri, comte ^'Ex^ pour 



Digitized by VjOOQIC 



-400- 



construire un moulin a Pabbale ; 
rabbé Osbeme baille 7 tivres 10 
sols: 87, 347. 

Robert !•% comte <f En 2*, héritier 
de Paffection de sa mère Lesce- 
line pour TOrdre Bénédictin, en 
prend les religieux pour fonder 
son abbale ; sa femme Beatrix , 
leurs trois enfants contribuent; 
Maurille, arehevesque de Rouen, 
donne applaudissement a ce 
pieux dessein : 64 et s. 

Rougecamp, prieuré fondé par 
Henry, comte d^Eu, vers 1107; 
don de 50 acres de terre et un ma- 
noir parErmangarde, de 7 mines 
de blé par Henry de Cuverville ; 
accord pour les dixmes avec le 
curé de Guyenrille : 286 et s. 

Rouleaux des abbales, qu*est-cef 
apportés de Saint Bertin, de 
Saint Bavon près de Gand, de 
Saint Eloi de Provence : 36*. 

S 

Sacriste onthresorier; le culte de 
Tautel et Thonneur de Dieu 
objets de la générosité de nos 
comtes ; luminaire et vin donnez ; 
chaires du sacriste: fournir 
pain et vin, fournir des cordes, 
blanchir le linge, entretenir le 
luminaire, faire sonner Pofflce, 
entretenir un seryiteur pour les 
messes : 248 et s. 

Sainte Croix d'Eu, chapelle : 19. 

Sainte Croix, près d^Eu, prieuré : 
voir au mot Prieuré. 

Saint Esprit de bourg d'Au, cha- 
pelle : 316. 

Saint Jacques du Treport cure: 
255 et s. 



Saint Laurent, arehevesque de 
Dublin, arrive a Eu, y meurt; 
quoique malade, obtient la paix 
entre le roy d'Angleterre et 
d'Hibernie ; est illustre en ml- 
racle^i ; est cause de la magni- 
ficence de remise de Nostre- 
Dame d'Eu; est canonisé en 
1226: 99, 112. 

Saint Martin de Bos cure : 286. 

Saint Martin (HiUart, chapelle; 
ses trois chartes: 19, 317, 121* 
et s. 

Saint Martin Gaillart, le Tôt, Mel- 
lincamp et Coudroy, doivent a 
l'abbale la moitié des dixmes : 
141*. 

Saint Mauguille, relique remise 
auxAnglois parEnguerran, pour 
gage de sa rançon : 28* et s. 

Saint Nicolas de la Fresnoye ; voir 
Prieuré de la Fresnoye. 

Saint Nicolas de Rouen, chapelle: 
19, 316, 320. 

Saint Pierre en Val cure: 266 
et s. 

Saint Severin de Vimeu cure: 
291. 

Saint Supplix du mauvais costé; 
l'abbale y a les deux tiers des 
dixmes : 150*. 

Saint Vualery, chapelle renversée : 
316. 

Salines, marais donnez par Robert 
a l'abbale; Philippe le Bel, le 
premier de nos roys y meit 
tribut ; PhiUipe de VaUois VI y 
alla plus fortement ; l'abbaSe a 
possédé Jusqu'à 200 muids de sel ; 
transaction pour les salines avec 
l'abbale de Briostel ; procès 
embrouillé avec le sieur de la 



Digitized by VjOOQIC 



— 401 — 



PotArie; arrett de la eùmt des 

«Ides : 177*. 
Bsnchay le Bas cure : 279 et s. 
Sepimeules cure: 268 et s., 324. 
Sepoltares : 25*. 
Sentence arbitrale an si^et des 

dixmes de Touffrevilie, 13^: 

162* et s. 
Sentence arbitrale pour le fief de 

Lignemare, 1292: 101 et s. 
Sentence du baillage d^Eu pour le 

droit de coutume des poissons la 

Teille et le Jour de Saint Michel: 

371 et s. 
Sentence du bailly d'Eu pour un 

muid de froment et pour un 

vieil escu d'or : 70* et s. 
Sentence du siège de Gerbroy: 

271' et s. 
Situation de Tabbale : 14' et s. 
Sonnerie : 23* et s., 96*. 



Tempeste le Jour de Sainte Cécile, 
en 1662: 203. 

Teneur du contrat d'érection d'hos- 
tage, 1546 : 230* et s. 

Terres et domaines : 20, 167*. 

Tocqueville ; Clarembold, père de 
Richard de Tocqueville, y donne 
deux gerbes : 339, 160*. 

Touffreville ; dixme donnée par 
Ahelermus de Pont ; ou elle 
s'estenden la dite paroisse ; sen- 
tence arbitrale des deux tiers es 
fiefs du Til et d'Ouville, et de la 
moitié au fief de Guillebert Opi- 
ne!, 1332; sentence de 1658 : 162* 
et s. 

Treport ; d'où dit ; sa situation ; 
Jettées quand et par qui faictes, 
leurs noms; tour faicte par Fran- 



çois I» ; navires et batteaux 
nombreux autrefois ; rues et 
leurs noms ; la pesche nourrit le 
Treport ; mœurs et conditions du 
peuple : 21 et s. 

Treport , église paroissiale ; cime- 
tière accordé par l'abbé ; ses 
confrairies ; hôpital ; maladrerie ; 
les Templiers y ont eu une com- 
munauté ; pourquoy supprimez, 
vicomte ; combien s'y vend-il de 
poissons ; admirante : 30 et s. 

Treport a ime bonne radde sou- 
vent ruinée ; pourquoy : 41 et s. 

Thresorier ou sacriste : 240 et s. 

Transaction pour la cure de Mille- 
ville, 1667 : 216* et s. 

Transaction pour les salines entre 
les abbaïes de Briostel et du 
Treport : 182* et s. 

Transaction pour les 80 muids de 
sel deus par l'abbale du Treport 
a celle de Lannoy : 184* et s. 

Translation de Saint Benoit, la 
veille du Jour ou on en doit célé- 
brer la feste, l'abbale aie droit de 
pesche dans la rivière d'Eu: 335. 

U 

Union de l'abbale d'Eu a la Con- 
grégation : 249* et s. 

Union des dixmes de Mare Mezan- 
gere ou des Ventes et de Ber- 
nompré a la Thresorerie, 1663 : 
75*. 



Valduroy, cure a la présentation 
de l'abbale usurpée par le Gen- 
tilhomme: 293. 

Vente de l'ancien presbytère : c45* 
et s. 



Digitized by VjOOQIC 



403- 



Vente du cimetière dn Tresport, 
1363:72*. 

Ventes ou Mare Mezangere ; 
dixmes retirées par le. sieur 
Louis du Héron : 166*. 

Vicomte du Treport, qu^est-ce?; 
ses droits : 38. 

Vicomte du Treport,Jugeet arbi- 
tre des differens, manquemens, 
etc. : 39. 

Villy cure; Robert y donne un 



moaUn, Goseeiin les bois de Is 
Haie; confirmez par Alfonse 
Jean donne le froment, TaToine 
et le forestage; droits perdus; 
nomination de la cure par arrest 
pour le Treport ; dixmes dispu- 
tées et accordées; cession de 
patronage, dizme et terre : 200, 
300 et s., 379*. 
Vin des messes : 3i6, 367, 5'. 



Digitized by VjOOQIC 



ERRATA. 



T. I, page 169, ligne 3, filles, lisez sœurs. 

T. I, p. 182, 1. 8, Boisviû, lisez Boidin. 

T. I, p. 216, 1. 2, Harnoy, lisez Hornoy. 

T. I, p. 349, 1. 7, campis, lisez Campis. 

T. I, p. 357, 1. 13, Falconis, lisez Fulconis. 

T. I, p. 364, 1. 3, cum omnibus. Pertinentiis , lisez cum 

omnibus pertinentiis. 
T..II. p. 3, 1. 33, foire. Usez forest. 
T. II. p. 166, 1. 14, Mare, Mezangere, lisez Mare Mezan- 

gère. 
T. Il, p. 216, 1. 8 et s., modifier ainsi l'épitaphe : 

INTER OMNES TER M4XIH0 

GERMANICO, IBBRICO, BRITANNICO 

SEMPER mVICTO 

AQUITANICO, PROYENGIACO, MA8SIUAC0 

SEMPER nDELI, 



ROUEN. — IMP. PAUL LBPRÊTRE. 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



fhn*ratfeM jwttiit^x par lu So» 



rH»iMvj,ji I i,i; rièifii.l 



-, " r 



iU.vT^Uhl 



Ml- 










Siài, t?t 


t"^ 








UXKtMUlK 


Uk . 








CCHJTf.«mtt« KK 




















i %aL. 




h'. 






T 1 1 \. 


i- . 


<'<!. 










I' 


r,. , 


' /K-r 


rotttr/if fii 


i, 


fil j.i.i iM?! 


ut. 


Ï^Y 


r^iriYsi t 




5f fM«Cr 


«I 4 


^4*i 




»#%•— 



I 



Digiti 



zedby Google 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC