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Full text of "Histoire de la paroisse d'Yamachiche (précis historique) Supplément"

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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/histoiredelaparoOOcaro 



HISTOIRE 



DE LA 



PAROISSE D'YAMACHICHE 

(PRÉCIS HISTORIQUE) 

— PAR 

PRÊTRE, CHANOINE, CURÉ DE MASKINONQÉ 

SUPPLEMENT 

— PAR — 
AVOCAT, DÉPUTÉ AU PARLEMENT FÉDÉRAL 

CHAPITRE SPÉCIAL 

— PAR — 

BEN J AMIN SULTE . 

TROIS-RIVIERES 

r, \'. AYOTl E, LlIiKAIRE-EDlTECK 
RUE NOTRE-DAME 

1892 



HISTOIRE 



DE LA 



PAROISSE DTAMACHICHE 

(PRÉCIS HISTORIQUE) 

— PAR — , ./v 

l'RÊTRE, CHANOINE, CURÉ DE MASKINONGÉ 

SUPPLEMENT 

PAR 

:fies. !_.. nDES-A^-crXjisriEŒ^s 

AVOCAT. DÉPOTÉ AU PARLEMENT FÉDÉRAL 

CHAPITRE SPÉCIAL 



PAR 



BENJAMIN SULTE 



— 'v-'^0<<SB3fe>0€^^ - 



TROIS- RIVIERES 
P. V, AYOTTE, Libraire-Editeur 

RUE NOTRE-DAME 

1892 




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3 



n^EFA-CE 



En 1872, je publiais sur le " Foyer Domesti 
que " des articles intitulés '• Notes sur Yamachiche ", 
Ces Notes semblaient venir en leur temps, et elles 
furent bien accueilliss du public. Cependant, j'avais 
tenu en réserve un chapitre très important. Pour- 
quoi ? Je ne saurais le dire d'une manière bien pré- 
cise aujourd'hui. Je prévoyais peut-être confusément 
que cette réserve me serait de quelque utilité dans 
un temps plus ou moins éloigné. 

M. François L. Desaulniers, un de mes compa- 
gnons d'études historiques, tenta de publier ces No- 
tes sous une forme plus durable, mais les imprimeurs 
se montraient inabordables. Il n'abandonna point 
son plan, mais il en remit l'exécution à un temps 
plus favorable. 

Le temps favorable arriva en 1892 : M. De- 
saulniers voulut enfin mettre ses dessins à exécution, 
mais d'une manière large et brillante. Je devais 
compléter mes Notes, et lui devait faire des Mono- 
graphies, des Tableaux Généalogiques, des Biogra- 
phies ; et M. Benjamin Suite puisant dans ses riches 
cartons, devait donner quelque chose de plus géné- 
ral sur toute la côte nord du lac Saint-Pierre. Enfin, 
des gravures nombreuses et choisies viendraient 
ajouter un intérêt immense à tous nos récits d'au - 
trefois. 

Cette idée grandiose est exécutée aujourd'hui : 
c'est le volume que nos lecteurs ont sous les yeux. 

Je présente mes Notes de 1872 sans les changer. 
Je les ai actualisées seulement, et j'ai fait arriver le 
récit jusqu'à 1890. On trouvera sans doute plus d'un 
trait qui annoncent que ce récit date de plusieurs 
années. Les chapitres inédits porteront ceux qui ont 



4 PRÉFACE. 

parcouru nos articles du " Foyer Domesj:ique ", à 
lire de nouveau cette histoire d'une paroisse chère à 
bien des cœurs. 

Je ne crois pas me tromper : toutes les familles 
d'Yamachiche aimeront à conserver ces listes pré- 
cieuses, ces tableaux généaloo^iques, ces biographies 
palpitantes d'intérêt, que M. Desaulniers a prodigués 
dans le présent volume. Et quand îe lecteur aura 
suivi longtemps nos récits particuliers, il sera en- 
chanté d'étendre un peu le cercle de son horizon, et 
M. Benjamin Suite le conduira dans un char magi- 
que à travers les anciennes campagnes qui s'éten- 
daient des Trois Rivières à Yamachiche. 

Nous présentons en toute confiance aux enfants 
d'Yamachiche ce volume écrit de plusieurs mains. 
Le lien d'unité y est facile à saisir : C'est la vieille 
paroisse où l'on a été baptisé, où l'on a passé les 
belles années de l'enfance, où l'aïeul a coulé ses pai- 
sibles jours et où il dort son dernier sommeil. Quelle 
que soit la main qui trace l'histoire de ce coin de 
terre sacré, elle écrit pour nott'j cœur et notre cœur 
tressaille à ses récits. 

Notre ouvrage, tout imparfait qu'il puisse être, 
va faire que le souvenir des anciens ne périra pas au 
milieu de nous. 

L'abbé N. Caron. 



AVANT-PROPOS. 




,A passion des études historiques s'est fait sentir 
d'une manière bien vive depuis un certain temps, dans 
les principales villes du Canada; on a compulsé tou- 
tes les archives, on a répandu, au moyen de la pres- 
se, des manuscrits qui semblaient couverts pour ja- 
mais de la poussière de l'oubli, on a essayé de sui- 
vre à la trace tous les héros de notre passé. De ces 
recherches patiemment poursuivies notre histoire est sortie toute 
vivante, toute parfumée. Nous applaudissons au dévouement de 
ces hommes qui passent leur vie à écouter les voix des ruines 
pour nous en transmettre les enseignements, et nous voudrions 
que la Patrie se montrât reconnaissante pour leurs travaux et 
leurs découvertes. 

Mais il n'y a pas d'intéressants que les endroits rougis du 
sang de nos pères : tout coin de terre qui a été araosé de leurs 
sueurs mérite notre respect et notre attention. 

Il est temps que l'on ftisse connaître les annales de nos pai- 
sibles paroisses de campagne ; on y trouve un intérêt puissant et 
inattendu, comme les premiers pas dans cette voie l'ont prouvé 
sui-abondamment. 

Placé par la volonté de nos supérieurs ecclésiastiques dans 
la paroisse d'Yamachiche, nous nous sommes plu bien souvent à 
jeter un regard sur cette plaine qui se prolonge, à perte de vue, le 
long du lac Saint-Pierre, et dont les moissons, sous le souffle des 
vents d'été, semblent être les flots d'un second lac plus beau enco- 
re que le premier. Nous avons compris alors combien il serait 



<î HISTOIRE d'YAMACHICHE 

agréable de connaître l'histoire des braves pionniers qui sont 
venus combattre la forêt dont les ombres mystérieuses voilaient, 
depuis tant de siècles, un sol généreux et fertile. Nous aurions 
voulu suivre les vestiges de ces guerriers d'une autre espèce, com- 
me les antiquaires de Québec ont suivi les vestiges de Montcalm 
et de Lévis, Dans ces sentiments, nous avons compulsé les ar- 
chives de la paroisse, nous avons consulté avec plus de plaisir 
encore ces gloi-ieuses archives vivantes que possède chaque pa- 
roisse, les vieillards presque centenaire?, et voilà qu'avec ces se- 
cours le passé de la paroisse s'est débrouillé considérablement, et 
nous pouvons même inviter les lecteurs à venir avec nous goûter, 
quelques instants, les émotions du passé. 

Nous pouvons bien dire, sans vaine complaisance, que la pa- 
roisse d'Yamachiche est l'une des plus belles et des plus riches du 
pays ; son sol est en grande partie formé de ces terrains d'allu- 
vions d'une fertilité merveilleuse, qui ont gâté, ditron, nos cultiva- 
teurs canadiens en les accoutumant à ne pas rendre au sol ce qu'ils 
lai enlèvent par la culture. 

L'aisance se montre partout sur nos rivages ; mais ce n'est 
pas ici que se sont passés les grands faits de l'histoire du Canada. 
On peut dire des femmes d'Yamachiche, aussi bien que des fem- 
mes de Spartes, qu'elles n'ont jamais vu la fumée d'un camp enne- 
mi. Pour ce qui nous regarde, les vieilles annales sont d'un 
mutisme presque complet. La généralité des lecteurs ne trouve- 
ra donc probablement pas un intérêt bien palpitant dans les quel- 
ques lignes qui suivent, mais peut-être les enfants d'Yamachiche 
aimerontrils à les parcourir comme on aime les récits merveilleux 
que les vieillards font entendre le soir, au coin du feu. 



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CHAPITRE I. 



Des différents noms qu'ont portés les rivières 
Yamachiche. 



|E nom d' Yamachiche paraît toujours fort étrange aux 
personnes qui ne sont pas accoutumées de l'entendre. 
Comme nos lecteurs ont pu le deviner déjà, c'est un 
mot qui nous est venu des langues sauvages ; il signi- 
fie rivière vétseuse, ou, pour traduire plus littérale- 
ment, rivière avec de la vase au fond. On ne pouvait 
désigner d'une manière plus heureuse la jjetite rivière Yamachi- 
che qui, dans son cours tortueux, roule toujours une eau blanchâ- 
tre, très mauvaise à boire, surtout dans les temps de crue. 

On a mis beaucoup de temps à se fixer sur l'orthographe du 
nom d' Yamachiche; dans les anciens actes vous trouverez toutes 
les variantes qui suivent : Yabamachiche, Ouabamachiche, Yab- 
machiche, Ouabmachiche et Ouamachiche ; mais depuis que la pa- 
roisse a pris de l'importance, le nom d'YAxMACHicHE ou de Ma- 
CHICHE, par abbréviation, a décidément prévalu. Les Français 
ont aussi donné aux rivières Yamachiche différents noms qui sont 
eomplètement oubliés aujourd'hui. Ainsi, la petite rivière a porté, 
autrefois, le nom de St-Lambert, comme on peut le voir par le 
contrat de Jean Charles Vacher dit Lacerte (ancêtre du docteur 
E. Lacerte, ex-M. P.), en 1708 (1). Ce nom lui avait sans doute 




(1) Pardevant Etienne de Verron de Graudmesnil, notaire royal ea 
la jurisdiction royalle d«s Trois-Rivièreg, y résident soussigné et témoin cy 
après nommés fust présent en personne le Sieur Charles Lesieur, seigneur de 



8 HISTOIRE d'yAMACHICHE 

été donné en l'honneur de Lambert Boucher, seigneur du fief 
Granà-Prr. Nous croyons qu'elle a aui«si porté le nom de rivière 
StJcan. 

Dans les Relations des Jésuites, il est parlé à deux reprises, 
ot sous des noms différents, d'une certaine rivière située à six 
lieues de la ville des Trois-RIvières. Il est tout naturel de pen- 
ser que les bons Pères voulaient parler de la grande rivière Ya- 
mnchiche qui se trouve précisément à la distance désignée. Ils 
lui donnent d'aboid le nom de rivière " Marguerie " dans la Be- 
lation de 1644. Le père Bressany remontait le fleuve avec un 
parti de Hurons ; aune lieue des Trois-Rivières son canot fit nau- 
frage, " en un lieu, dit la Relation, où il n'y avait aucun dan- 
ger, et en un beau temps ; le voisinage de la terre sauva tout ce 
qui était dedans, mais cet accident les arrêta, et les obligea de 
coucher en deçà de l'entrée du Lac, d'où étant partis le lende- 
main, le froid et les grandes neiges qui tombèrent les retardèrent 
beaucoup et ne leur permirent pas de passer la rivière Marguerie, 
éloignée de six lieues des Trois-Eivières, où les Hurons ayant tiré 
quelques coups de fusil sur des outardes, se firent reconnaître par 
trente Iroquois qui n'étaient pas loin de là, et qui leur dressèrent 
une embuscade au-delà de la rivière, derrière une pointe, laquelle 
ils devaient doubler : si bien que le troisième jour après leur dé- 
part, le canot où était le Père Bressany, et qui allait le premier, 
étant arrivé à cette pointe, se vit incontinent attaqué par trois 
canots Iroquois, à la vue desquels le Père commanda qu'on ne 
combattît pas, la partie n'étant pas égale n'y en hommes n'y en 
armes. Les ennemis s'approchent et se saisissent du Père et des 
deux Hurons qui l'accompagnent, et les déclarent leurs prison- 
niers 

Ils ne firent alors aucun outrage au Père Bressany, ni aux 
autres prisonniers qu'ils emmenèrent eu leur pays. (^Relation de 
1644, page 41.) 

la Rivière Yamachiclio, dans le lac St Pierre, y demeurant, lequel a volon- 
tairement reconnu et confessé avoir baillé et concédé jiar les présentes à titre 
de cens et rentes seigneuriales, foncière, non rachetable, en pure roture, pro- 
fits de lots et vente?, défauts, saisine et amende quand le cas y échéra, à 
Jean Charles Vacher dit La Serte à ce présent et acceptant, prenant et rete- 
nant pour lui ses hoirs et ayaiis cause à l'avenir, une terre et concession de 
six arjjents de terre de front sur le bord de la petite rivière Yamachiche, au- 
trement St. Lambert, au-dessus et au-dessous joignant les terres non encore 
concédées de la susdite seigneurie, avec (luarant* arpents de profondeur sui- 
Tant les Rumbs de vent tirés par le Sr. Séserest, juré arpenteur, etc. 



HISTOIRE d'tAMACHICHE 9 

Mais un Huron ayant été tué dans le combat, les Iroquois ee 
jettent sur son corps, " lui arrachent le cœur de la poitrine, lui 
enlèvent la chevelure, lui coupent les lèvres et les parties les plus 
charnues des cuisses et des jambes, les font bouillir, et les mangent 
en présence des prisonniers. " 

D'après ce que nous pouvons comprendre, ceci devait se pas- 
ser entre les deux rivières Yamachiche, à quelques arpents de 
l'endroit où s'élève aujourd'hui le village. (1) L'Eglise combattait 
alors avec une espèce d'infériorité, mais plus tard elle vaincra 
l'enfer et la barbarie, et elle attestera sa victoire en élevant un 
temple au vrai Dieu, précisément à l'endroit oii Satan avait rem- 
porté un premier et insolent triomphe. 

Dans la Relation de 1652 il est parlé de nouveau de la ri- 
vière Yamachiche qui, cette fois, est désignée sous le nom de 
^' Eivière de la Madeleine." 

" Le 6 de mars de l'année dernière, 1652, les Iroquois qui 
ont rodé tout le Printemps et tout l'Eté à l'entour des habitations, 
défirent une escouade de Hurons qui les allaient chercher bien 
loin, et qui les trouvèrent bien près, sans y penser. Ils étaient 
en embuscade à la rivière de la Madeleine, six lieues ou environ 
audessus des Trois-Rivières. Cette escouade commandée par un 
nommé Toratati, tomba entre leurs mains et fut entièrement dé- 
faite." 



ri) Nous donnons ici notre opinion personnelle. L'éditeur de la Relation 
<lu père Bressany croit reconnaître dans la rivière Marguerie la petite rivière 
aux Glaises. " Cette petite rivière, dit-il, n'a pas conservé son nom • 
mais nous croyons la reconnaître dans celle qu'on appelle aujourd'huir rivièl 
Te aux Glaises. " D'après cette opinion, l'événement tragique dont il s'agit 
«urait donc eu lieu à l'est de la grande rivière Yamachiche 




CHAPITRE II. 



Le Fief Gros-Bois et le Fief Gatineau. 



UCUN de nos premiers voyageurs n'a donné d'atten- 
tion aux rivières Yaniachiche ; Champla:n lui-même 
ne les a pas' remarquées lorequ'il remonta le St-Lau- 
rent. La colonisation était déjà prospère sur plu- 
sieurs points du pays, que notre plage n'avait pas 
même reçu un nom. 
Enfin, dans l'année 1672, nous voyons que l'Intendant Talon 
voulant renconnaître les services du Sieur Pierre Boucher, lui 
concède une seigneurie sur les bords de la grande rivière Yama- 
chiche. 

" Jean Talon, conseiller du Roi en tes Conseils d'état et 
" privés, Intendant de la justice, police et finance de la Nouvelle- 
" France, Isle de Terre-Neuve,Acadie et autres pays de la France 
*' Septentrionale, Salut, savoir faisons qu'en vertu du pouvoir à 
' nous donné par Sa Majesté, nous avons accordé, donné et con- 
' cédé, accordons, donnons et concédons par ces présentes, au 
' Sieur Eoucher, une lieue et demie do terre de front sur deux 
* lieues de profondeui-, à prendre, savoir trois quarts de lieues 
' au-dessus de la rivière Amachiche et autant au-dessous de la dite 
' rivière. Pour jouir de la dite terie en fief et tous droits de 
' seigneurie et justice lui ses hoirs et ayant cause, à la charge de 
' la foy et hommage que le dit Sieur Boucher, ses hoirs et ayant 
' cause seront tenus porter au Château de Saint-Louis de Québec, 
" duquel il relèvera, aux droits et redevances accoutumés au dé- 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 11 

" nir de la coutume ds la Prévoté et Vicomte de Paris qui sera 
" suivie à cet égard par provision, en attendant qu'il en soit or- 
" donné par Sa Majesté, et que les appellations du juge qui pour- 

" ra être établi au dit lieu ressortiront pardevant ,. 

" à la charge qu'il continuera tenir ou faire tenir feu et lieu sur 
*' la dite seigneurie, et qu'il stipulera dans les contrats qu'il fera 
" à ses Tenanciers, qu'ils seront tenus de résider dans l'an et tenir 
*' feu et lieu sur les concessions qu'il lui accordera ou aura accor- 
" dé, et qu'à faute de ce faire il rentrera de plein droit on posses- 
" sion des dites terres ; que le dit Sieur Boucher conservera les- 
'•' bois de chêne qui se trouveront sur la terre qu'il se sera réser- 
*' vée pour faire son principal manoir, même qu'il fera la réserve- 
*' des dits chênes dans l'étendue des concessions particulières fai- 
" tes ou à faire à ses Tenanciers, qui seront propres à la construc* 
" tioQ des vaisseaux. 

" Pa'eillemment qu'il donnera incessamment avis au Roi ou 
" à la compagnie fîoyale des Indes Occidentales des mines, miniè- 
'' rcs ou minéraux si aucuns se trouvent dans l'étendue du dit fief,. 
" et à la charge de laisser les chemins ou passages nécessaires ; le 
" tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu 
" de prendre la confirmation des présentes dans un an du jour d'i- 
*' celles. En témoin de quoi nous avons signé ces présentes, à 
" icelles fait apposer le cachet de nos armes, et contresigner par 
" notre Secrétaire, à Québec, ce 3 Novembre 1673. 

(Signé : Talon, et plus bas, par mon dit seigneur, Varnier.) 
Pendant plusieurs années, Pierre Boucher sembla faire peu 
d'attention à son beau fief de Gros Bois ; occupé dans sa seigneu- 
rie de Boucherville où la colonisation était en pleine activité, il ne 
prit pas même soin, croyons-nous, de faire tenir feu et lieu sur 
les bords de la rivière Yamachiche, comme son contrat l'y obli- 
geait. 

Ce n'est que le douze septembre 1699, qu'il commença à 
faire valoir ces terres abandonnées, en concédant à Nicolas Gati - 
NEAU, son beau-frère, douze arpents de front sur quarante deux 
de profondeur, en arrière-fief, moyennant une rente de quatre 
minots de blé, payable chaque année, et certain autre droit spéci- 
fié dans un contrat passé à Boucherville devant Maître Tailhan- 
DIER, notaire du lieu. 

Le fief dont il s'agit ici comprend la partie d' Yamachiche 



12 HISTOIRE D'YA.MACHICHE 

•connue aujoui-d'bui sous le nom de JUvière-aux-Glaises : on l'a 
appelé fief Gatineau, du nom de son propriétaire. , 

Benjamin Sulte nous écrit : " Nicolas Gatincau dit Du- 
plesois était aux Troitj-Eivières dès 1650, commis du magasin des 
CentrAssociés ; à cette époque, il me semble, mais à coup sûr il 
servait de greffier ou notaire pour l'endroit. Il n'y avait pas 
encore de tabellionage régulièrement établi en ce lieu. Gatineau 
signait alors Duplessis, tout en se nommant par ses deux noms 
dans le corps des actes. Une belle écriture, jamais de faute d'or- 
thographe." 

Il sétablit au Cap de la Madeleine, comme on peut le voir 
par l'extrait suivant du recensement de cette paroisse, en 1681 : 

Xicolas Gatineau, 54 ans. 

Anne (il faut lire Marie) Crevier, sa femme, 31 ans. 

Enfants : Nicolas, 17 ans ; Marguerite, 15 ; Jean, 10 ; Ma- 
deleine 9 ; Louis, 7. 

60 arpents de terre en valeur, 14 bêtes à cornes, 2 fusils, 2 
pistolets. 

On voit que Nicolas Gatineau était un assez riche proprié- 
taire, pour son temps. Son épouse était la sœur de Jean Crevier, 
1er eseigneur de Saint-Françoi?, et de Damoizelle Jeanne Crevier, 
épouse de Pierre Boucher, seigneur de Boucherville et de Gros- 
Bois. Par tout ceci, on voit que nous avons affaire à une famille 
qui passait parmi les plus respectées du pays. Nicolas Gatineau, 
fils, est né le 18 juin 1664 ; il eut pour parrain Pierre Boucher 
lui-même et pour marraine Marie Boucher, épouse d'Etienne de 
Lafond. Il demeura au Cap de la Madeleine, où on le voit mar- 
guillicr en 1715. Il avait épousé (le 20 janvier 1699) Jeanne 
Têtard, fille de Charles Têtard et d'Anne Lamarque, aux Trois- 
Eivières. 

Jean-Baptiste Gatineau s'établit dans la ville des Trois-Ri- 
vières ; on l'appelle, dans les registres, bourgeois et lieutenant 
-de milice. C'est sans doute lui qui accompagna Frs. Heetel, 
dans sa fameuse expédition de 1691, et qui fut ensuite chargé 
-d'annoncer au gouverneur-général le beau succès qu'on avait 
remporté. Il était marié à Charlotte Le Boulanger. Il eut plu- 
sieurs enfants, et mourut aux Trois-Rivières en 1750, à l'âge de 
-82 ans. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 13 

Ce fut Louis, le plus jeune des fils de Nicolas Gatineau, qui 
«ntra en possession du fief qui porte leur nom ; mais il n'y vint 
jamais demeurer. Ayant épousé Jeanne, fille de Jean Lomoyne, 
habitant du Cap de la Madeleine, à qui M, de Courcelles avait 
concédé la Seigneurie de Ste-Marie (1), à Ste-Anne de la Pé- 
rade, il devint héritier de cette seigneurie et alla demeurer 
•dans le manoir du Sieur Lemoyne. Il y mourut le 20 fév. 1750, 
à l'âge de 77 ans, et eut pour successeur l'un de ses filb qui por- 
tait son nom. Nous devons dire, ici, que Marie Josepte Gratineau- 
Duplcssis, fille de Louis, obtint un prolongement du fief Gati- 
neau, quatre lieues dans les terres, ce qui explique comment la 
paroisse de St Barnabe se trouve dans les limites de ce fief. 

Le prolongement du fief Gatineau porte le nom de fief 
Robert, et est aujourd'hui la propriété de M. L. Boucher, de 
Saint-Barnabe, et de M. A. Johnston, de Sorel. Le fief Robert a 
trois quarts de lieue de front sur quatre lieues de profondeur. 



(1) En 1GC7. Même concession par l'Intendant Talon, en 1672. 



<r^Sêfs 



CHAPITRE III. 




x'D!n3)n)i> 17 amachiche. 



•OUS avons voulu suivre sans interriiptioa la succes- 
sioQ des seigneurs du fief Gatineau jusqu'à noa 
jours; nos lecteurs nous sauront gré d'en agir de 
la sorte, car c'est le meilleur moyen de mettre de- 
la clarté dans notre récit. 

Il y a une tradition assez répandue qui nou& 
fit croire pendant longtemps que l'établissement 
d'Yamachiche avait commencé par la Bivière-aux-Glaises, et que 
les premiers défrichements s'étaient faits sur la terre apparte- 
nant aujourd'hui à M. Sévère Desaulniers (1). Le premier habi- 
tant de notre paroisse, nous disait un vieillard à cheveux blancs, 
fut un nommé Joseph Rivard. Il vint seul s'établir ici, et se 
mit courageusement à défricher un petit coin de terre au sein de 
la forêt. Il resta ainsi pendant trois longues années, et le seul 
homme qu'il vit pendant tout ce laps de temps fut un chasseur 
qui passa à quelque distance de sa maison. C ; récit, même lors- 
que nous le croyions véritable, nous intriguait et nous sur- 
prenait extraordinairement, car la coutume invariable de nos 
pères a toujours été de s'échelonner d'abord le long des rivière» 
et sur les terres hautes, et nous demandions pourquoi les habi- 
tants d'Yamachiche en avaient agi autrement. De plus, noua 



(1) Neveu de L. L. L. Dksaulsiers, cct, inspecteur des prisons. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 15 

trouvions contraire à la vraisemblance qu'un homme, dans ce 
temps, fut allé se plonger dans une forêt à plusieurs lieues de 
toute habitation, La tradition que nous avons citée est sans- 
doute vraie, raais elle se rapporte à d'autres circonstances. 

En nous entretenant plus tard «sur le même sujet, nous avons 
rencontré des personnes qui ont contredit absolument ce qu'on 
nous avait dit d'abord, et bientôt, documents en mains, nous 
avons pu reconnaître nous-même la vérité. Pendant que les 
premiers défrichements se faisaient à Yaraachiche, nous voyons 
par les registres que Joseph Rivard demeurait encore à Batiscan, 
et de plus le contrat de concession de la terre de M. Sévère 
Desaulniers ne date que de 1732 ; ce sont là deux raisons péremp- 
toires, comme on voit. 

Nous allons donc faire connaître la véritable histoire des 
commencements d'Yamachiche ; pour cela il nous faut présenter 
de nouveaux personnages à nos lecteurs. 

En l'année 1702, Charles et Julien Lesieur, de la paroisse 
de Batiscan (fils de Charles Lesieur, notaire royal et procureur 
fiscal de la côte"), se rendaient à Boucherville auprès de Pierre 
Boucher, leur grand oncle, et par un contrat passé le huit 
juillet, devant Maître Tailhandicr, faisaient l'acquisition d' une- 
grande partie de la seigneurie de Gros-Bois, trois quarts de lieue 
et pept arpents de front sur deux lieues de profondeur, à prendre 
à sept arpents au-dessus de la Grande Rivière, moyennant la 
somme de huit cent livres, monnaie courante. La vente était 
faite "sans rien réserver ny retenir aucune chose que de lesser 
" le sieur Nicolas Gatinaux, ou ses hoirs ou ayans cause, jouir 
'' d'une concession que mon d. sieur Boucher luy a conceddé dans 
" la dite seigneurie, suivant sort contrat d'acquisition passé par- 
" devant le dit not. en date du douzième Septembi'e mil six cent 
" quatre-vingt dix-neuf qui est de douze arpents de front sur 
" quarante-deux de profondeur, en arrière-fief, outre une rente de 
" quatre minots de bl d et autre droit que les dits sieurs acqué- 
" reurs et leurs hoirs recevront tous les ans comme le d. sieur 
" Boucher. 

Les nouveaux propriétaires se mirent immédiatement en 
frais de peupler leur domaine, et dès l'année suivante, 1703 , ils 
dirigeaient une petite colonie vers les bords de la rivière- 
Yamaehiche. 



16 HISTOIRE D'ya.VACHICTIE 

Nous sommes vraiment heureux de pouvoir donner à nos 
lecteurs les noms de ces premiers et hardis défricheurs ; c'étaient 
Etienne, Jean-Baptiste et Pierre Gélinas, trois frères venus du 
Cap de la Madeleine. Ajoutons à ces trois noms celui de Charles 
Lesieur lui-même, qui dut accompagner et guider ses nouveaux 
•censitaires, ou qui, du moins, arriva seulement quelques mois 
après eux. 

Nous voici en face de deux familles, les Lesieur et leS 
IjÉlinas, que nous pouvons bien appeler les familles-mères 
•d'Yamachiche ; avant donc d'aller plus loin, on nous permettra 
de les faire connaître à nos lecteurs. 

Le premier des Lesieur portait le nom de Charles; il 
s'établit d'abord au Cap de la Madeleine, où il épousa Françoise 
de Lafond, fille du sieur Etienne de Lafond et de Marie Boucher 
(1), puis en 1681 il alla se fixer à Batlscan. 

Voici comment il figure au recensement de cette paroisse, 
■en cette même année, 1681 : 

Charles Lesiecb, 34 ans. [5 bêtes, 8 arpte. de terre.] 
Frani.oise de Lafokd, 23 ans, sa femme. 
Cliarles 7 " "j 

Pierre 4 " > leurs enfants." 

Julien 18 moi8, (2) J 

L'extrait que nous venons de donner renfernte certainement 
des dates fort précieuses. Les recensements de 1666 et 1667 ne 
mentionnant point Charles Lesieur, et le premier enfant qu'il 
•eut de Françoise de Lafond étant né en 1674, il est évident qu'il 
jirriva dans ce pays et qu'il se maria entre le? années 1667 et 
1674, mais nous ignorons encore de quel endroit de la France il 
•^tait parti. 

D'après ce qu'on peut en connaître, Charles Lesieur était un 
personnage d'une certaine importance. Il exerça les fonctions de 
procureur fiscal de la seigneurie de Batiscan jusqu'à sa mort, 
jirtivée en 1697, lorsqu'il n'était encore âgé que de 50 ans. 



(1) Marie Boucher était sœur de Pierre Bodcher, sieur de Boucher- 
"ville ; Charles Lesieur devint donc pai son mariage le neveu de l'ancien 
•gouverneur des Trois-Rivières. 

(2) Gomme Charles Lesieur partit du Cap en 1G81, cet enfant se trouve 
jiassi marqué sur le rôle de cette paroisse . 



HISTOIRE D'yAMACIÏICHE 1T 

Il laissa neuf enfants, dont nous donnons ici la liste com- 
plète, afin qu'on puisse y référer au besoin. 

Charles, né en 1674, marié le 9 janv. 1700 à Charlotte 
Kivard Loranger. Mort en 1739. 

Pierre, né en 1677. Il succéda à son père dans la charge de 
procureur fiscal. Il dut mourir célibataire. 

Julien, né en 1679, marié le 10 janv. 1701 à Simone Blan-^ 
chet. Mort en 1715. 

Françoise, née en 1680, mariée en 1717 à Louis Joseph 
Rivard Loranger, de Batiscan. 

Jean-Baptiste, né en 1686, marié le 30 juillet 1707 à Elisa- 
beth Rivard Laglanderie. 

Joseph, né en 1688, marié aux Illinois à Magdeleine Ardouin^ 

Marie-Catherine, née en 1691. 

Antoine, né en 1693, marié le 16 avril 1719 à Marie-Anne- 
Angélique Eivard Loranger. Mort en 1736. 

Marie Fi-anfoise, née en 1695. 

Dans ces temps déjà si éloignés, il y avait une cou- 
tume qui est complètement perdue aujourd'hui : le fils aîné por- 
tait le nom de famille de son pèie, absolument comme nous 
faisons maintenant, mais les autres enfants se choisissaient un 
nom, oïdinairement parmi les objets de la nature, et le portaient 
joint au nom de leur père. Avec le temps ce nom venait à prédo- 
miner. Comme les familles étaient alors extrêmement nombreu- 
ses (preuve, soit dit en passant, de la grande moralité de no& 
ancêtres) ceci empêchait la confusion, et chaque enfant mâle 
devenait ainsi la souche d'une famille distincte et séparée. 

Ce système a été largement ajjpliqué dans la famille Le- 
sieur: Charles, l'aîné, ne porta que le nom de Lesieur; mais 
Julien prit le nom do DuciiâNE ; Jean-Baptiste prit le nom de 
Desaulniers ; Joseph prit le nom de Codlomb et Antoine prit 
le nom de Lapierre. Les Duchène, les Desaulniers, les Coulomb 
et les Lapierre doivent donc aller chercher leur premier ancêtre 
canadien dans Charles Lesieur, procureur fiscal de Batiscan, 
tout aussi bien que les Lesieur proprement dits. Les Frény ne 
sont qu'une division de la branche des Lesieur dits Lapierre; un. 
certain Antoine Lesieur dut, le premier, prendre ce nom. 

Les trois frètes Gélinas, qui vinrent avec leur seigneur 



;18 HISTOIRE D TAMAClllCHE 

faire le premier essai de colonisation à Yamachiche, étaient fils 
de Jean Gélinas el de Françoise de Charménil (1). 

Ce Jean Gélinas ou Gélineau, tils d'Etienne, naquit dans la 
ville de Xaintes (ou Saintes) vers l'année 1G46. il paraît comme 
témoin dans un procès qui eut lieu aux Trois-Rivières en 1662 ; 
et il est mentionné avec son père dans la même ville, an recense- 
ment de 166C. 

Etienne Gélineau, habitant, âgé de 42 ans. 

Jean Gélineau, son fils, âgé de 20 ans. 

(Extrait ^Ju recensement de 1666. — Trois-Rivières.) 

Dès l'atinée suivante, les deux Gélineau étaient fixés au 
Cap de la Madeleine, où le recensement les désigne sous le nom 
de Gélinas, qu'ils porteront désormais (2). 

Jean Gélinas épousa Françoise de Charménil vers 1670, 
probablement au Cap de la Madeleine. Il eut sept enfant de ce 
mariage : 

Etienne, né en 1670, marié le 8 nov. 1701 à Marguerite 
Benoist, aux Trois-Rivières. Mort en 1720. 

Jean-Baptiste, né en 1671, marié le 8 nov, 1701 à' Jeanne 
Boissonneau, à St-Jean, Ile d'Orléans. 

Benjamin, né en 1672. 

Pierre, né en 1674, marié à Madeleine Bourbeau. 

Françoise, née en 1676, 

Marie-Anne, née en 1678, mariée le 21 janvier 1702 à Pierre 
Rocheleau. 

Marguerite- Jeanne, née en 1683, mariée le 1er sept. 1717 à 
Pierre Darveau. 

De ces enfants. Benjamin disparaît des registres, sans que 
nous sachions ce qu'il est devenu ; il n'a ijrobablement pas laissé 
de postérité. Les autres frères ont suivi la coutume que nous 
avons déjà indiquée, en parlant des Lesieur : Etienne ne porta 
que le nom de famille de son père ; mais Jean-Baptiste prit le 



(1) Les miseionnaireg paraissent avoir eu de la peine à saisir ce nom 
qu'ils ont écrit de quatre ou cinq manières différentes . Charménil, Charménie, 
Germénie, Jeanne Ménil. 

(2) Extrait du recensement de 16G7. — Cap de la Madeleine : 
Etienne Geixinas, âgé de 42 ans, possédant 20 arpents de terre, etc. 
Jean Gellvnas, son fils, âgé de 20 ans. 



HISTOIRE D'YAMACHICHE lî) 

nom de Bellemare et Pierre celui de Lacourse, de sorte que 
les trois devinrent la souche de familles nouvelles et distinctes. 
Les Lacourse ont laissé peu de trace à Yamachiche, mais les 
Oélinas et les Bellemare se sont multipliés d'une manière vrai- 
ment prodigieuse. Jean Gélinas fut béni dans sa race et Dieu 
semble lui avoir dit comme à Abraham : faciam te crescere 
^eehementissime. 

L'histoire rapporte que les membres de la famille Fabius, à 
Eome, se réunirent un jour et formèrent une armée à eux seuls ; 
si les membres de la famille Gelinas se réunissaient, aussi, ils 
pourraient former, je ne dirai pas une armée, notre caractère 
paisible se prête peu à ces idées de guerre, mais ils pourraient 
former toute une colonie, et une colonie qui ne manquerait ni de 
gloire ni d'importance. 

Les Lesieur avaient été heureux dans le choix de leurs 
premiers colons, aussi leur seigneurie se peupla-t-elle fort rapi- 
dement. 

Le premier enfant qui naquit sur les bords de la rivière 
Yamachiche fut Etienne, fils d'Etienne Gélinas et de Margue- 
rite Benoist. Son parrain fut Pierre Rocheleau dit Monruisseau 
et sa marraine Charlotte Eivard. Le deuxième fut Jean- Baptiste, 
fils de Jean Baptiste Gélinas dit Bellemare et de Jeanne Bois- 
SONNEAU ; parrain Jean Gélinas, marraine Anne Colin. Le troi- 
sième fut Marie-Françoise, fille de Charles Lesieur ,et de Marie- 
Charlotte Rivard ; parrain Louis Fafard, marraine Françoise 
Beaudry. Ces trois enfants furent baptisés aux Trois-Rivières, 
■après avoir été ondoyés à la maison (1). 

Comme on peut le voir, les nouveaux seigneurs remplissaient 
à merveille l'obligation qu'ils s'étaient imposée de tenir ou faire 
tenir feu et lieu dans leur fief de Gros-Bois ; mais on se rappelle 
que le Sr Boucher avait obtenu la concession d'une lieue et 
demie de terre " à la charge de rendre la foy et hommage au 
Château St-Louis duquel il relève." 

Ce devoir fut loyalement accompli sous l'Intendant Begoit, 
le dix-sept février mil sept cent vingt-trois. 

Après la conquête du pays par les Anglais, les héritiers de 



(1) Quelques tempe après il y eut un missionE|aire ii la Rivière-du-Loup 
on faisait baptiser là. 



20 HISTOIRE D'YAMACniCHE 

Charles et de Julien Lesieor durent se présenter de nouveau, au 
Château Saint-Louis, afin de faire reconnaître leur titre de co- 
sei^neurs de Gros-Bois. On sera curieux, sans doute, de savoir 
quel cérémonial on suivait en rendant ainsi Foy et Homvmge, et 
quel était la forme de l'acte que l'on dressait en ces circonstances. 
Xoua citerons donc en entier, malgré sa lontrueur, VActe de Foy^ 
et Hommage des héritiers Lesiecr, en 17S1 ; ce document ren- 
ferme d'ailleurs plusieurs choses inaportantes et que le lecteur est 
prié de ne pas laisser échapper. 

" Du trente-un May mil sept cent quatre-vingt-un. 

" En procédant à la confection du Papier Terrier du Do 
*' raaine du Eoi, en la Province de Québec, sont comparus au 
" Château St. Louis, en la ville de Québec, et pardevant nous Fré- 
" déric Haldimand, Capitaine Général et gouverneur en chef d& 
" la Province de Québec et Territoires en dépendans, en Amé- 
" rique, Vice amiral et Garde du grand sceau d'icello ; Général 
" et Commandant en chef des Troupes de Sa Majesté, en la dite 
" Province et Frontières etc., etc., et<:'., Antoine Lesieur, fils 
" aîné, Charles Lesieur et Pierre Toutant, tant pour eux 
" que pour acquitter Françoise Marie-Aune et Marie Lesieur, 
•' leurs tante et sœurs, comme représentant feu Charles Lesieur ; 
" Et Pierre Lesieur dit Duchêne, fils aîné, et Jean-Baptiste Le- 
" sieur dit Duchêne, tant pour eux que pour acquitter Marie- 
'• Françoise, Marie-Madeleine, Marie-Joseph et Charlotte Le- 
" maître Lesieur, leurs sœurs, comme représentant feu Julien 
" Lesieur, tous Seigneurs at Propriétaires par indivis de la 
" moitié du Fief et Seigneurie Gros-Bois, contenant trois-quarts 
" de lieue et se]>t arpents de front sur deux lieues de profondeur, 
" à prendre à sept arpents audessus de la Rivière Machiche. Les- 
" quels comparants nous ont dit qu'ils viennent pardevant nous 
" pour rendre et porter au Château St. Louis la Foy et Hom- 
" mage qu'ils sont tonus de rendre et porter à sa très Excellente 
" Majesté Georges III, à cause de la moitié du dit Fief et Sei- 
" gneurie démembré de celui de Gros-Bois, sis et situé dans le 
'' District de Montréal ey après expliqué et nous ont représenté 
" pour titres de leurs propriétés : 

" Primo : une copie authentique d'une concession donnée et 
" accordée par monsieur Talon, ci-devant Intendant de la Nou- 
" velle France, etc 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 21" 

" Secundo : un contrat passé devant Taillandier, notaire à. 
" Boucherville, le premier juillet mil sept-cent deus, de vente 
" faite par Pierre Boncher, Ecuier, Seigneur de Boucherville et 
" de Gros-Bois, et Demoiselle Crevier, son épouse, aux sieurs 
" Charles Lesieur et Julien Lesieur, frères, d'une partie de lu Sei- 
" gneurie de Gros-Bois, de la contenance de trois quarts de lieue 
" et sept ai-pents de front sur deux lieues de profondeur, à com- 
" mencer à sept arpents audessus de la Rivière Machiche, et trois 
" quarts de lieue audessous, pour, et moiennant le prix et somme 
" de huit cents livres. 

' Tertio : un acte de Foy et Hommage rendu entre les 
" mains de Monsieur Begon, ci-devant intendaut, le dix-sept 
*'■ Février mil sept cent vingt- trois, par Charles Lesieur, proprié- 
" taire, avec Simone Blanchet, veuve de Julien Lesieur, son frè- 
*' re, et ses enfants mineurs de la dite moitié du Fief et Seigneu- 
" rie, dans laquelle sont rapportés la concession et le contrat do 
" vente ci-dessus, et qui accorde aux dits Charles Lesieur, eL hé- 
" ritiers de Julien Lesieur, le droit de chasse et de pêche dans 
'' retendue de la dite moitié du fief et seigneurie, qui est sans 
** justice, le droit de haute, moienne et basse justice, étant attri- 
" bué dans toute l'éLendue du dit fief et seigneurie de Gros Bois 
" au Sr. Boucher, de Grand-Pré, ainsi qu'il appert dans l'acte de 
'* foi et hommnge rendu entre les mains du dit Intendant, par le 
" dit Sr. de G-rand-Pré, le dix-sept Février mil sept cent vingt- 
" trois, raporté à l'acte de Foi et Homage qu'a reodu entre nos 
' mains Conrad G-ugy, Ecuier, acquéreur du Sr. de G-rand-Pré, le 
" vingt-six Janvier de cette année, registre au Registre No. 1 de» 
" Fois et ïïomages, folio 52 : qui sont tous les Titres que les dits 
" comparans ont dit avoir à nous représenter ; nous suplians 
*' qu'il nous plaise les recevoir à la Foi et Homage de la moitié 
" du dit Fief et Seigneurie relevant en plein fief de Sa Majesté, 
" et à l'instant s'étant mis à devoir de vassaux, têtes nues, sans 
" épées et éperons et un genouil en terre auraient dit à haute et 
" intelligible voix qu'ils rendaient et portaient entre nos mains 
" la Foi et Homage qu'ils sont tenus de rendre, et porter a*. 
*' Château St-Louis de Québec, à cause du dit Fief et Seigneurie, 
" à laquelle Foi et Homage nous les avons reçus et recevons par 
*' ces présentes, sauf les droits du Roi en autre chose et de l'au- 
" trui en Toutes ; et les dits comparans ont fait et souscrit entre 
'nos mais le serment de bien et fidèlement servir Sa Majesté, et 
2 



22 HISTOIRE LYAMACHICHE 

*' de Dous avertir et nos successeurs b'iU aprenaient qu'il se pa^ee 
" quelque chose contre son service, et se sont obligés de fournir 
" leurs aveux et dénombrement dans le tems prescrit par les lois, 
" coutumes et usages de cette Province ; Dont et du tout ils nous 
^' ont requis acte que nous leur avons accordé et ont signé avec 
" nous ainsi signé sur le Registre : 

Ferd. Haldimand. 

" En témoins de quoi nous leur avons fait expédier et déli- ^ 
*' vrer ces présentes que nous avons signées, à icelles fait aposcr 
*' le cachet do nos armes et contre-signer par le greffier du Papier 
*' Terrier. 

" Ferd. Haldimand. " 

" Par ordre de son Excellence." 

Dans la transmission des biens nobles, l'aîné possédait tou- 
jours à lui seul la première moitié de l'héritap'e paternel, et la pe- 
conde moitié se divisait à parts égales entre les autres enfante. 
Sous un pareil système les seigneuries se trouvaient bientôt extrê- 
mement morcelées, car on sait que les familles canadiennes sont 
ordinairement très nombreuses. 

La généalogie des fiefs devient, pour cette raison, un peu 
difficile à suivre. 

Jean-Baptiste Provanché, par son mariage avec Marie Joseph 
L. Duchène, Pierre Toutant, par son mariage avec Françoise 
Lesieur, et Jean-Baptiste Rivard-Laglanderie, par son mariage 
avec Marie- Anne Lesieur, entrèrent tour à tour dans le partage 
de la seigneurie Lesieur ; mais ils vendirent ensuite leurs droits 
à d'autres héritiers. Cependant Jean-Baptiste Lemaîti'o ayant 
épousé Catherine L. Dnchène, garda la part d'héritage qui lui 
revenait et la transmit tout entière à sa fille Charlotte, qui était 
devenue seule héritièj-e, par suite de la moi t soudaine de ses 
deux frères. 

Joseph Gadicu dit St-Louis, qui épousa Charlotte Lemaî- 
tre, ne se contenta pas de garder sa part de seigneurie, il en 
acheta plusieurs autres, et devint ainsi l'un des propriétaires les 
plus importants du fief Gros-Bois. Il transmit cet héritage à 
Antoine St-Louis, et celui-ci à sa fille Marie Frédéric (Dame 
"Veuve Jean-B. Charland) qui en a joui jusqu'à sa mort. 

Les aînés de la famille Lesieur avaient conservé, pendant 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 23 

trois générations, leur titre et leurs droits de seigneurs, lorsqu'E- 
■douard Lesieur, fils d'Antoine et arrière-petit-fils de Charles, se 
vit dépouillé do ses biens nobles, qui furent vendus par ordre 
•de justice. Et, quelque temps après, C'harles Lesieur (1), le der- 
nier de cette familie qui ait possédé une part de la seigneurie, 
vendait aussi ce qui lui revenait à Benjamin Dumoulin, déjà 
acquéreur de la part d'Edouard Lesieur. 

Il restait encore la famille Duchène pour représenter les 
^ anciens propriétaires, mais Paul Duchène étant mort sans enfants, 
sa veuve, Françoise Belair, vendit comme les Lesieur ce qu'elle 
possédait de la seigneurie à Benjamin Dumoulin. Toute la partie 
•du ' fief Gros-Bois achetée par Charles et Julien Lesieur, se 
trouvait ainsi entre les mains d'Antoine St-Louis et de B. Du. 
moulin ; mais ce dernier possédait le titre de seigneur primitif. 

Modeste Richer dit Laflèche, ce hardi spéculateur dont les 
succès étonnèrent tant notre population, et dont le nom fut si 
célèbre pendant un certain tempp, voulut, dans ses années de 
gloire, se donner le relief d'un titre de seigneur, et il acheta 
toute la part de seigneurie que possédait M. Dumoulin ; mais 
Iqrsqu'arriva la catastrophe qu'avaient préparée ses transactions 
hasardeuses, les biens seigneuriaux qu'il possédait furent saisis 
et vendus par le shérif. C'est alors que B. C. A. CtUGT en fit 
l'acquisition. 

Il y a un instant, le nom de Madame Paul Lesieur-Duchè- 
NE est venu sous notre plume ; nous n'avons fait que le mention- 
ner, nous voulons y revenir maintenant. Madame Duchène jouis- 
sait d'une grande considération à Yamachiche ; elle était d'un 
caractère distingué et avait reçu une éducation remarquable. 
C'était une sœur des Belair, de Maskinongé, riches marchands 
qui se sont f^it un nom par leur esprit d'entreprise et aussi par 
leur prodigalité. Elle échangea son titre de seigneuresse contre 
celui de maîtresse d'école de son village ; on est surpris de cette 
détermination, surtout lorsqu'on e-ait qu'elle était en possession 
de la magnifique ferme des Duchène, aujourd'hui la propriété de 
M. George Horace Proulx. Peut-être trouvait-elle son plaisir 
dans l'enseignement; on affirme du moins qu'elle tenait son école 
sur un haut pied. 



(1) Charles et Edouard Lesieur avaient épousé des demoiselles Gode- 
froi de Nonnan ville, des Trois-Eivières. 



24 HISTOIRE d'YAMACUICUE 

Et maintenant, pour interrompre la monotonie de notre 
récit, qu'on nous permette d'insérer ici une fraîche peinture du 
temps de Madame Duchène. Ce récit est extrait d'un intéressant 
registre de famille que tenait feu le major P, J. Heroux, et que 
wn fils, Elle Iléroux, écr, ancien maire d'Yamachiche, a eu l'obli- 
geance de nous communiquer. 

PROMENADE ACiRÉABLE. 

Aujourd'hui, mercredi, 25 Août 1830, nous avons été faire 
une promecade à la saline, au haut de la grande rivière Machiche, 
nouvellement expérimentée par les docteurs et célèbre par son 
pouvoir médecinal, préférable en quelque sorte à celle de Sara- 
toga, dans les Etats-Unis (2). Les personnes qui nous accompa- 
gnaient étaient Mme Sutherland, personnage de grande nobles- 
se, Madame Duchesne, ci-devant seigneuresse d'une partie do 
Maohiche et à présent Maîtresse d'Ecole, Monsieur Louis Bel- 
air et sa Dame, les Sieurs Paul St-Louis Daveluy, tous deux 
ofiSciers de milice et Louis Daveluy, notable citoyen. Nous 
nous sommes rendus à la source. Là, nous avons défriché un 
campement pour passer agréablement le peu de temps que nous 
avions à rester dans cet endroit, pour y faire un repas champêtre 
à l'aise, et pour présenter deux bouquets, un à Madame Heroux 
et l'autre à Madame Sutherland, portant le même nom de 
Louise. 

" Madame, — Au bois, sur les borde de cette admirable sali- 
" ne où nous nous rencontrons maintenant, nous trouvons le 
" temps propice pour vous féliciter avec plaisir et vous faire les 
" compliments qui vous sont dus. Acceptez avec gratitude ce 
" simple bouquet, au jour de votre fête; quoique peu de chose, 
" nous vous le présentons avec allégresse." 

Ensuite les deux Dames'ont chanté le couplet de chanson 

suivant : 

J'ai fait le choix d'une rose, 
De la reine des fleurs, 
Qui est fraîchement éclose, 
Rien n égale sa couleur ! 
Oui c'est vraiment votre image 
En beauté comme en douceur, 
Et je vous en fais l'hommage 
Comme à la reine des fleurs. 

(2) C'est la célèbre Eau de Caxton, principalement exploitée, aujour- 
d'hui, par M. Williams, pharmacien des Ttois-Rivières. ■ 



HISTOIRE d'tamachiche 25 

Aussitôt il s'est fait de grands Hourrah ! pour le bouquet de 
Madame Héroux, et une décharge de fusils s'est faite avec des 
acclamations de' joie. 

Ensuite de cela, les deux Dames ont présenté celui de Mada- 
me SutherLand, avec ce compliment : 

Madame, acceptez cette rose, 
Pour couronner votre fête ; 
Nous venons bouche close, 
L'amour de vos vertus en tète, 
Avec la plus grande allégresse 
Honorer votre sagesse ! 

A la suite de cela, il s'est fait de grands Hourrah ! une 
•décharge de fusils avec de grandes acclamations, et nous avons 
pris le repas champêtre, avec différentes liqueurs qui avaient été 
apportées. 

P. J, ïIeroux. 

On voit que Madame DucHENB portait assez allègrement la 
perte de son titre de seigneuresse. 

Jusqu'ici nous n'avons parlé que de la partie du Fief Gros- 
Bois qui avait été vendue aux frères Lesieur, et que nous appe- 
lons Gros- Bois Est ; maison se rappelle qu'il restait entre les 
mains de Pierre Boucher trois quarts de lieue, moins sept 
■arpents, au-dessus de la Rivière Machiche. Cette partie, que nous 
nommerons Gros-Bois Ouest, devint la propriété non pas des 
•enfants d'Ignatfe Boucher, sicir de Gros-Bois, mais des enfants 
■de Lambert Boucher, sieur de Grand-Pré. (Le fief de Grand- 
Pré est voisin de celui de Gros-Boi,<, et fut coucédc on 1672 à 
Xambert Boucher lui-même, croyons-nous, par l'intendant Tal»n.) 

Nos connaissances sur la vie de Lambert Boucher se rédui- 
sent strictement à ce que nous donnent les Registres ; il était 
major de la ville des Trois-Rivières, et il fut inhumé dans l'église 
paroissiale le 3 avril 1690. 

Il laissait deux enfants pour perpétuer sa race: Louis, né eo 
1695, et Geneviève, née en 1697. L'extrait suivant d'un contrat 
de 1749 nous donnera tout ce qu'il nous importe de savoir à 
propos de ces derniers : " Pardevant le notaire royal de la Juris- 
diction Royale des Trois-Rivières y résidant soussigné et témoins 
-c'y après nommés fut présente Dame Geneviève Boucher, de 
Grand-Pré, veuve Simonnet, faisant pour et au nom de Louis 



26 HISTOmE d'yamaciiiche 

iio<}cher, écuyer, Sr. de Grand-Pré, cfficier dans les troupes du 
détachement de la marine pour le service du Roy au Missiesipi, 

laquelle au d. nom a baillé et concédé à François Carpentier, 

volontaire, résidant à la Rivière-du-Loup, ue présence en cette 
ville, et à ce présent et acceptant preneur au dit titre, etc. C'est 
à savoir une terre et concession en la dite seigneurie de (irand- 
Prr, de trois arpents de front sur la Rivière du-Lovp et de pro- 
fondeur depuis la Eivière-du Loup à aller jusqu'aux concessions- 
du village dit les Petites Terres." 

îs'ous avons voulu citer ce contrat mot à mot afin de redres- 
ser certaines erreurs topographiques dans lesquelles sont tombé» 
des auteurs fort recommandables, et que nous n'aurions pas voulu 
contredire par notre seul témoignage. L-i question des limites de 
nos anciennes seigneuries crée une difficulté sérieuse et qui ne 
fera qu'augmenter avec le temps. 

Louis Boucher (1) vendit sa seigneurie de Grand-Prt, ainsi 
que la partie de Gros-Bois qu'il possédait, à Conrad Gugy, par 
un contrat passé devant maître Pillard, notaire des Trois- 
iîiv'èros, le quinze de mai mil sept cent soixante-quatre. 

La famille Gugy a laissé trop de souvenirs dans le pays 
pour que nous ])uission8 la passer sous silence. 

Conrad Gtjgy était né à laHague, d'un officier suisse au ser- 
vice de la Hollande. Devenu grand, il se mit au service du roi 
d'Angleterre, et obtint un grade dans un régiment qui vint 
prendre part à la conquête du Canada. A la fin de la guerre il se 
trouva à disposer de sa commission, et consentit à s'établir dans 
le pays aux instances des autorités d'alors. 

Connaissant parfaitement la langue française et la langue 
anglaise, il fut d'un grand secours dans les temps difficiles qui 
suivirent la Conquête. C'était un gentilhomme dans la force du 
terme, franc et sans dol, très fort sur le point d'honneur, comme 
nous verrons bientôt, et très l'especté par la population. Le» 
anglais l'estimaient beaucoup à cause des services qu'il leur rcn 
dait tous les jours, et surtout à cause de sa fidélité au drapeau 
britannique. Il professait, en effet, un vrai culte pour les institu- 
tions d'Angleterre, et il ne désirait rien tant que de les voir 
s'intioduire dans notre pays. Les Anglais le récompensèrent de 

(1) Ou son successeur. Celui qui vendit à Conrad Gugy est appelé le 

sieu; de (Jrand-I'ré. 



HISTOIRE d'yamachiche 2T 

son dérouement à leur cause en le nommant secrétaire du Gou- 
vernement et conseiller législatif. Il fut aussi membre du Con- 
seil Exécutif. 

En 1785, lorsqu'il s'agit d'établir le jury pour certaines- 
causes purement civiles, il franchit un espace considérable pour 
aller donner son vote en faveur de cette mesure. 11 ne prévoyait 
pas alors qu'il serait victime de cette institution. 

Le gouvernement ayant besoin de bois pour la construction 
des casernes, le capitaine Twiss s'engagea à en descendre une 
grande quantité par la rivière Machiche. Mais la digue cons- 
truite au moulin de la Grande Rivière empêchait la descente du 
bois. Conrad Gugy s'étant 1r;insporlé sur les lieux, trouva 
un moj-en de franchir l'obstacle et le bois se rendit à sa destina- 
tion. Le capitaine Twiss, cependant, quitta le pays sans avoir 
payé aucun dommage ; Conrad Gugy restait, il fut actionné, et 
Ton nomma un jury pour cette cause. Le jury trouva C )nrad 
Gugy coupable d'avoir indiqué l'endroit où l'on pouvait passer 
le bois, et le chargea des frais et dommages qui ss'élevèrent à un 
montant ruineux. Quelque temps après, on réforma ce jugement, 
mais il était déjà trop tard. Conrad Gugy reçut cette sentence 
sans dire un mot de plainte ni de réplique ; revint à son manoir, 
à Yamachiche, et s'enferma dans sa chambre. Le lendemain on 
le trouva appuyé sur le bras d'un sofa, froid comme le marbre. 
Orgueilleux et sensible, le verdict rendu contre lui l'avait litté- 
ralement tué. « 

Conrad Gugy avait son manoir au bas de la Petite Rivière, 
à l'endroit ajjpelé encore aujourd'hui "le Domaine," en arrière 
de la maison occupée par M. Alaiie. 11 exerçait dans son manoir 
une large et cordiale hospitalité. 

Il laissa son héritage à Barttiélemi Gugy, son frère cadet, 
qui s'était mis au service du roi de France. Un seul exemple 
pourra donner une idée du caractère noble et loyal de ce dernier. 

Lui et son fils, Louis Gugy, reçurent des offres avantageuse» 
pour les engager à entrer dans l'armée révolutionnaire, mais ils 
refusèrent généreusement, et le colonel parvint à traverser la 
Franco avec son régiment sans perdre un seul homme. Arrivé 
sur la frontière de la Suisse, il offrit ses chevaux en vente, et il 
arriva que Jérôme, celui-là même qui avait reconnu et livré 
Louis XVI, se présenta comme acheteur. Il n'aura pas moa 



58 HISTOIRE D'tAMACHICHE 

cheval, s'écrja le noble et loyal colonel, et il s'empressa de le 
tuer afin d'être bien sûr qu'il ne tomberait pas entre les mains du 
traître. 

Le colonel li. Gugy servait dans le régiment des Gardes- 
Suisses. Il vint au Canada dès qu'il eut quitté le service de la 
Prance. 

Son tils, Louis Gugy, lui succéda. C'est celui-ci qui a laitsé 
le plus de souvenirs à Yamachiche, Il était né à Paris et avait 
toutt l'exquise folitesse française; il était, d'ailleurs, naturelle- 
ment doux, hospitalier et aftable. 

Lorsque le Gouvernement im]K)sait de lourdes corvées aux 
cultivateurs, lorsqu'il les obligeait, pendant un hiver, à loger et 
nourrir les troupes anglaises, c'est le seigneur Gugy qui devait 
répartir les charges parmi ses censitaij'es. Les bons habitants ne 
savaient rien refuser à leur seigneur, et ils supportaient sans 
trop de murmures ce joug insupportable. 

Louis Gugy occupa pendant quelque temps la charge de 
shérif des Trois-Rivières ; mais, en 1812, le pays ayant besoin de 
ses services, il ceignit de nouveau les armes, et commanda le troi- 
eième bataillon de la milice incorporée. C'était un officier fort 
respecté et fort aimé de ceux qui se ti'ouvaient sous son com- 
mandement. Au retour de la paix il obtint un siège dans la 
'Chambre d'Assemblée et devint aussi membre dq Conseil Légis- 
latif. Quelques années plus tard, il était shérif de Montréal. 

Louis Gugy n'a laissé que d'heureux souvenirs parmi ses 
censitaires d'Yaraachiche. A Montiéal, le parti Canadien Fran- 
-çais ne lui a jamais pardonné d'avoir pris fuit et cause pour les 
Anglais, surtout dans les circonstances graves de l'élection de 
1832. 

Il mourut en juillet 1840. 

Ce fut son fils, B. C. A. Gugj-, qui lui succéda dans la pos- 
session de la seigneurie de Grand-Prc et de celle de Gros-Bois. 
L'histoire s'est déjà chargée de faire connaître le nom de ce der- 
nier qui a certes bien eu son temps de gloire. 

B. 0. A. Gugy n'a jamais demeuré à Yamachiche que dans 
sa première enfance, et on ne voit plus aucune trace du manoir 
de sa famille. Les vieillards nous parlent seulement quelquefois 
•du domaine de M. Gugy. 



CHAPITRE IV 



Premiers missionnaires et premières années de 

desserte 



'OUS commencerons ce chapitre en donnant la liste 
complète des missionnaires, curés et vicaires qui 
se sont succédés à Yamachiche, depuis l'année 1722 
jusqu'à nos jours. Nous donnons cette liste immé- 
diatement dans son entier, pour que nos lecteurs 
puissent y recourir plus facilement au besoin. 

Fr. Chérubin Deniau, Récollet, en 1 722 et 1728. 
Fr. Augustin Quintal, Eécollet, de 1724 à 1733. 
Fr. Salvien Boucher, Récollet, de 1728 à 1733. 
Fr. Jean-Baptiste Lajus, Eécollet, en 1734. 
Mathurm Gasnault, prêtre du Séminaire de St-Sulpice, en 
1734. 

Jean Matis, prêtre du Séminaire de St-Sulpîce, en 1735. 
Fr. Charles Pocqueleau, Eécollet, depuis le mois de sep- 
tembre 1735 jusqu'en novembre 1741. 

Jacques Chefdeville, depuis novembre 1741 jusqu'à la fin 
d'octobre 1778. 

Pierre St-Onge, Vicaire Général, demeurant aux Trois-Ei- 
vières, et Fr. Dominique Pétrimoulx, curé de la Eivière-du- 
Loup, desservants le reste de l'année. 

Laurent Joseph Bertrand, depuis le 1er janvier 1779 jus 
qu'au mois de juin 1786. 




30 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

Fr, Dominique Petrimoulx, fait les fonctions curiales jus- 
qu'au mois de novembre 1786. 

Jean-Baptiste Griault, depuis le mois de novembre 178ff 
jusqu'en octobre 1788. 

Thomas Kimber, depuis le mois d'octobre 1788 jusqu'en 
octobre 1801. 

Charles Ecuyer, depuis le mois d'octobre 1801 jusqu'au 29' 
mai 1820. 

Noël Laurent *Amiot, qui exerçait les fonctions de vicaire 
depuis le 18 février, continue a deïsservir la paroisse jusqu'au 
mois de novembre 1820. 

Joseph Xorbert Provencher, depuis le mois de nov. 1820 
jusqu'en juin 1822. 

Pierre Viau, depuis le mois de juin 1822 jusqu'en octobre 
182 5. 

Sévère Jos. Nicolas Dumoulin, depuis le mois d'octobre 
1825 jusqu'au 27 juillet 1853. 

Joseph Hercule Dorion, depuis le mois de juillet 1853, jus- 
qu'à sa mort, 8 décembre 1889. 

Jean-Baptiste Comeau, curé actuel. 

Quant aux vicaii-es qui sont venus à différentes époques par- 
ticiper à la desserte de la paroisse, en voici la liste que nous 
croyons complète : 

Sous M. îlciiyer : Antoine Desforges, F. Bern. Graillard, N. 
L. Amiot. 

Sous M. Dumoulin : 01. Larue, L. O. Desilets, P. Pouliot, 
Mich. Lemieux, J, A. Lebel. Aug, Milette, M. Duguay, J. Mac- 
quet, Jules Paradis, F. O. Belcourt, Pierre Roy, Jean-Baptiste 
Leclair. 

Sous M. Dorion : Arthur H. B. Lassiseraie, Casimir Ha- 
melin, Honoré Bellemare, N. Héroux, Trefflé Cî-ouin, Thomas 
Martel, Majorique Marchand. Théophilo Sicaiti de Carufel, Pier- 
re Sévère Dagneault. A. D. Gélinas, N. Caron, H. Julien, Z. L. 
Chandonnet, Jacob J. Fortier, A. B. Prince, Ambioise Biais, 
Prosper Cloutier, Piene Joutras, L. A. Ph. Hébert, Prudent 
Proulx, Aug. Gouin, Ern. Béland. 

Sous M. Comeau : Thomas Caron, Nap. Comeau, J. El. De- 
guise. 

Les premières habitations furent fondées à Yatnachiche en 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 31 

1703, luaiH pendant plusieurs années les pauvres colons durent 
demeurer sans deii-serte rëgulièi'o. C'était sans doute une chose- 
bien dure que de se voir ains-i relégués au milieu des bois, loin de 
tout secouis religieux, mais nos ancêties, les plus forts travail- 
leurs du monde peut être, savaient attendre et se résigner au be- 
soin. 

Ils se construisirent une piemière chapelle en bois, et nul 
doute que les Eécollets leur donnaient de temps à autre la conso- 
lation d'entendre la messe et de recevoir la sainte communion 
dans leur temple rustique. C'est du moins ce que semble indi- 
quer un acte de baptême de 1718, que le Père Augustin Quintal 
inscrit sur une feuille à pai t dans le cahier de l'année 1723. 

En 1722 l'Intendant Begon établit le règlement suivant, que 
nous citons textuellement, d'après la copie certifiée qui se conser- 
ve dans les archives de la Paroisse. 

Extrait du Riglement des districts des paroisses de la Nouvelle- 
France du 20 *lbre, approuvé et confirme par Arrêts du Con- 
seil d'Etat du Roy du 3e mars 1722, 

" Gouvernement des Trois-Rivières, Gros-bois, ditlesgrande 
et petite Pivière Ouamachiche. L'Etendu de la paroifse de Ste.. 
Anne, située sur le d. fief de Grosbois sera de deux lieues et 
demie, savoir : demie lieue de front que contien le fief du Sr. d. 
Gatineau, à prendre du côté d'en bas depuis le fief du Sr. de Ton- 
nancour en remontant le long du fleuve et lac St. Pierre jusqu'au 
dit fief de Grosbois, et deux lieues de front que contien le dit fief 
de Grosbois (1)^ en remontant le long du dit lac jusqu'au fief 
des héritiers du Sr, de Grandpré, ensemble des profondeurs des 
dts, fiefs et de celle du fief des héritiers Dumontier étant au bout 
du dit fief de Grosbois, et sera la dite paraisse desservie par voie 
de mission jusqu'à ce qu'il y ait un nombre suffisant pour fournir 
à la subsistance et entretien d'un curé," 

" Begon," 

Depuis ce lèglement, Vamachiche fut toujours desservie 
régulièrement, d'abord comme mission, puis ensuite comme 
paroisse. 

Les premiers missionnaires résidaient à la Eivière-du-Loup,. 



(1) Le fief Gros-Bois n'a qu'une lieue et demie de front. 



32 HISTOIRE d'yAMACHICHE 

OÙ il y avait un curé ; ils venaient une fois par mois, ou plus 
souvent peut-être, arrivaient le samedi et repartaient le lundi 
suivant. Mais la population an«fmentaDt avec rapidité, il ne s'é- 
coula pas un grand nombre d'années avant qu'on fût obligé de 
mettre un prêtre résidant. 

Le premier baptême enregistfé à Yamachiche («lans comp- 
ter celui de 1718) fut celui d'Agathe, fille de Pierre Héroux dit 
fiourquinville et de Françoise Benoist. Parrain, Pierre Héroux ; 
Marraine, Angélique Carbonneau. 

Voici le premier acte de sépulture, tel que nous le trouvons 
^ux registres : 

Ce 10e Xbre 1725. Je soussigné cei-tifie avoir inhumé dans 
J'église de Ste. Anne de Machiche avec les cérémonies ordinaires 
le corps de Pierre Bourquinville âgé d'environ 6 mois. 

P. Augustin QuiXTAL. 

Rccollet Miss. 

Certes, nous en voudrions au bon Père s'il eût continué à 
rédiger ses actes avec un pareil sans-façon ; mais heureusement ce 
fut une première et dernière faute. 

Si maintenant nous voulons trouver le premier acte de ma- 
riage, il faut remonter à l'année 1727 ; au vingt-cinq février 
nous trouvons que le Père Augustin mariait Pierre Héroux, fils 
de Pierre Héroux dit Bourquinville et de Françoise Benoist, 
•avec Angélique, fille de Jacques Carbonneau et de Geneviève 
Martin. 

Comme on peut le voir, les Héroux jouaient un grand rôle 
dans les ]iremiers temps de cette paroisse j on doit les compter, 
avec les Lesieur et les Gélinas, parmi nos premiers et nos plus 
Hbraves défricheurs, car Pierre Héroux était fixé à Yamachiche, 
avec sa famille, dès l'année 1705. Jean Héroux, père de ce pion 
nier, était né on France. 

Jeune encore il quitta le vieux continent et vint s'établir au 
•^Janada, dans la ville des Trois-Rivières, où il épousa Jeanne Pé- 
pin. Il mourut dans la même ville en 1687, laissant plusieurs en- 
fants qui ont multiplié sa race au delà de ses légitimes espérîinees. 

Parmi les autres noms qui apparaissent aux premières pages 
des registres, nous remarquons Jacques Blaye, épou.K d'Angéli- 
•que Cartier, le premier qui ait rempli les fonctions de raarguil- 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 33 

lier dans cette paroisse ; Mathieu Milet, <?poux de Geneviève 
Banhiar, Jean Charles Vacher dit lascrte, époux de Claire Ber- 
geron ; Etienne Lamy, époux de Marguerite Blaye ; Julien Ei- 
vard dit Laglanderie, éponx de Catherine Cailloux ; Joseph Ei- 
vard dit Dufresne, dit aussi Bellefcuille, époux de Marie Fran- 
çoise Lesieur, Tous ces défricheurs ^ont devenus les pères de 
nombreuses familles qui sont encore aujourd'hui le soutien et la 
gloire d'Yamachiche, et qui se sont étendues dans toutes les pa- 
roisses environnantes. 

On a vu que nos ancêtres eurent des Eécollets pour premiers- 
missionnaires, à notre avis ce fut une grande bénédiction pour 
eux. 

Les fils de saint François d'Assise se trouvent à l'origine de 
la plupart de nos vieilles paioisses, et on a trop oublié l'immense 
influence qu'ils ont exercée ainsi sur notre peuple. Nous pouvons 
le dire sans crainte, c'est d'eux que nous tenons en grande partie 
cette foi vive, cette simplicité et cette pureté de mœurs qui ont 
fait notre gloire jusqu'aujourd'hui ; qui nous ont toujours distin- 
gués des autres peuples, et qui continueront, espérons-le, à nous 
distinguer encore, malgré les changements que produit nécessai- 
rement sur nous le contact des nationalités étrangères. 

Mais le temps ne serait-il pas venu de rappeler les bons 
Pères Mineurs sur cette terre du Canada qu'ils ont arrosée de 
leurs sueurs ? Certes, voilà une idée qui devra attirer l'attention 
de nos supérieurs ecclésiastiques, et nous voulons croire qu'ils ren- 
dront un jour à notre population les missionnaires qui l'ont tant 
édifiée autrefois par leur simplicité et par leur zèle infatigable. (1) 

Nous tenions à faire ces quelques remarques à propos des 
Eécollets, avant de donner les détails biographiques que nous 
avons pu recueillir sur chacun des missionnaires ou curés qui se 
sont succédés à Yamachiche. 

Le père Chérubin Deniau, celui qui vient le premier en 
date, fut ordonné prêtre à Québec le 3 décembre 1700. On voit 
qu'il était missionnaire à Beaumont en 1715, puis en 1718 il fut 
envoyé à la Eivière-du-jjoup, où il était employé comme mission- 
naire. Il paraît y avoir demeuré presque continuellement depuis 



(1) Ce souhait est accompli depuis 1888. Il y a maintenant des fils 
de saint François aux Trois-Rivières, à Montréal et à Ottawa. Note de 1892. 



34 HISTOIRE DTAMACHICIIE 

le mois de juin 1716 jusqu'au mois d'octobre 1728. C'est de là 
qu'il venait exercer le saint ministère à Yaraachiche. 11 mourut 
à Montréal le 11 janvier 1732, âgé de «)0 ans, il fut inhumé dans 
l'église paroissiale. Notre population n'a gardé aucun souvenir 
du père Chérubin, mais elle en a gardé du père Augustin Quin- 
tal, son successeur. 

Celui-ci fut curé de la Eivière-du-Loup pendant 7 ans, et fut 
chargé de desservir comme missions, Maskinongé et Yamachiche. 
D'après l'opinion que le peuple a conservée, c'était un saint et 
un homme d'une admirable énergie. 

On a montré jusqu'à ces derniers temps le chemin qu'il sui- 
vait dans la forêt en allant, toujours à { ied, dire la messe dans 
la mission de Maskinongé. Le long de ce chemin, les objets rap- 
pellent à l'envi la mémoire du bon Récollet ; ici vous entendez 
murmurer une fontaine, c'est la fontaine du père Augustin, celle 
sans doute où il se désaltérait pendant ses courses apostoliques. 
Plus loin, un coteau de sable surgit au milieu d'un terrain maré- 
cageux, c'est le coteau du père Augustin, etc. In memoria œterna 
erit Justiis ! 

En 1724, le bon Père enregistra le document suivant : 

Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. 

" Nous, soussignez, seigneurs des Rivières de Hj'amachiche 
et habitants du d. lieu, nous obligeons et promettons à Dieu, à la 
Très-Sainte Vierge, à Ste. Anne sa mère, patronne de notre égli- 
se paroissiale, et au père Augustin Quintal de ce présent et ac- 
ceptant en qualité de curé de fournir à notre propre et privé nom 
chacun une toise cube de roche bien toisée rendue sur le pied de 
l'œuvre et deux tomberées de bonne pierre à chaux, c'est à-dire 
quatre bariques rendues dans le même endroit. 

En outre, nous promettons aussi de remettre dans le même 
temps chacun une pistole entre les mains du d. Père et de ses 
marguilliers, pour estre employez à ce que le d. Père jugera estre 
le plus convenable, promettant de son côsté autant qu'il est en luy, 
sous le bon plasir de ses supérieurs, travailler de toutes ses forces 
et selon son talent à conduire cet ouvrage jusqu'à la fin, et ne 
nous point abandonner que l'église ne soit en état d'y célébrer de 
céans la sainte messe, promettant au surplus au d. Père de semer 
le printemps prochain au profit de l'église autant de bled que no. 



HISTOIRE d'tamaciiiche 35 

tre zèle et notre pouvoir pourra nous permettre. Lequel dit bled, 
roches, étant donnés avec la pistole une fois seulement nous tien- 
dra quittes de nos obligations. Fait à Hyamachiche, maison de 
Mens. Lesieur, ce lOe Xbre 1724. 

Promettons au surplus à Ste Anne les canots que nous ferons 
pour charoyer la pieri-e. 

P. Augustin Quintal, 
Joseph RiVARD, 
Jean-Baptiste Lesieur, 
Ont fait leurs marques : 

Michel EiVARi), 
Jacques Blaye, 
Antoine Lesieur, 
Pierre Lesieur, 
Etienne Gélinas, 
Pierre Bellemare, 
Veuve Gélinas, 
Mathieu Milet, 
Pierre Bourguinville, 
Joseph Bourguinville, 
Bourguinville, 
Beaucour, 
Bellemare, 
Maurice Bellemare. 

Le même jour, par un acte spécial, Charles Lesieur, sei- 
gneur de l'endroit, s'engageait à donner -4 barriques de pierre à 
«baux, une toise cube de roche, et dix livres en argent, puis il 
promettait de semer un minot de bled au profit de l'église. On 
voit qu'il n'est pas fait mention du terrain sur lequel la nouvelle 
construction devait être faite ; cela vient probablement de ce 
<3^u'on bâtissait au même lieu où s'élevait la première chapelle, et 
qu'ainsi l'on était déjà en possession du terrain nécessaire. La 
nouvelle église fut bâtie avec rapidité et dans une grande union; 
elle s'élevait sur le coteau de sable qui borde le lac et va aboutir 
tout près de la grande rivière. On voit encore aujourd'hui, au mil- 
lieu des arbustes, la place des fondations de ce vieux temple. 

Au temps où nous reportons nos lecteurs, le chemin du roi 
venait d'être fini par le baron EobinEau de Bécancour, il pas- 
sait sur le coteau près de l'église, et près du manoir de Charles 



36 HISTOIRE d'yamachiche 

Lesieur. sur la propriété* duquel ce coteau se trouvait. On tra- 
versait lîi grande rivière dans un bac avec deux cordes, puis le 
chemin se continuait, toujours en longeant le fleuve. Il y avait 
tout un groupe de maisons sur le coteau ; mais plus tard on se vit 
obligé de fuir devant des inondations toujours croissantes ; chemin 
et maisons furent transportés à l'endroit où se trouve actuelle- 
ment le village de la Grande-Rivière. Les eaux alors, tout en s'é- 
levant au dessus du coteau de l'église, ne se rendaient pas au ni- 
veau des terres du village. 

Cependant les seigneurs voulurent se montrer généreux, et 
assurer une subsistance honnête au prêtre qui viendrait faire le 
service de la nouvelle église ; en conséquence Charles Lesieur 
et Simone Blanchet, veuve de Julien Lesieur dit Duchêne. don- 
nèrent au Père Augustm, et aux sieui's François Laglanderie dit 
Beaucour et Pierre Héroux dit Bourguinville, marguilliers en 
charge, une terre de trois arpents de front située sur les limites- 
du fief Gatineau. et allant aboutir aux terres de la Petite-Eiviè- 
re. Puis le sieur Louis Gatineau étant comparu à son tour, don- 
na un arpent de terre de son fief, sur la même profondeur que les 
trois arpents susdits, ce qui forma une propriété d'une valeur 
assez considérable. Ces quatre arpents de terre furent cédés à la 
seule redevance de faire dire dans la dite église de Ste-Anne 
autant que faire se pourra, par chaque année à perpétuité, quatre 
messes basses pour le repos des âmes des dits seigneurs bailleurs et 
de ceux de leur famille qui sont décédi's et décéderont ptar la suite, 
et ce dans l'octave de la Toussaint, si cela se peut. 

Ce contrat de concession fut passé devant maître P. Poulin^ 
notaire royal en la jurisdiction des Trois-Rivières, le 1er mai 
1724. 

Le père Joseph Augustin Quintal, qui fit construire la pre- 
mière église en pierre ù Yamachiche, fut ordonné prêtre à Qué- 
bec, le 8 octobre 1713. On le trouve, cette même année, dans la 
mission de la Rivière Saint- Jean-Baptiste, c'est-à-dire à Nicolet. 
En novembre 1714 il arrive à la Rivière-du-Loup, et y exerce le 
saint ministère, presque sans interruption, jusqu'en septembre 
1718. Il revient dans la même paroisse en février 1724, et y 
demeure jusqu'en juin 1727. C'est pendant ces années qu'il allait 
donner des missions à Yamachiche et à Maskinongé, comme nous 
l'avons dit. 



HISTOIRE d'tAMACHICHE 37 

Cependant ses supérieurs ont remarqué ses talents et aa 
vertu, et ils l'appellent à des charges plus importantes. De 
1729 à 1736, il dessert la ville des Trois-Rivicres. En 1739, 
il est nommé aumônier des Forges royales de Saint-Maurice 
■et premier vicaire de la ville des Trois-Rivièrcs. De 1740 à 
1743, il réside aux Forges Saint-Maurice et y exerce les fonctions 
de curé. En 1744 il est nommé supérieur des Récollets des Trois- 
Rivières et curé de la ville, et il exerce ces deux fonctions jus- 
qu'à l'automne de 1753. En 1754, il exerce encore le ministère 
aux Trois-Rivières, et en 1755, on le nomme de nouveau supé- 
rieur et curé ; il garde cette charge importante jusqu'en 1758. 
On le' trouve au Cap de la Madeleine dans les trois derniejs 
mois de 1762. Il mourut le 17 novembre 1776. 

Le Père Augustin est le plus célèbre des récollets qui ont 
passé à Yamachiche . ; les autres ont travaillé tout humble- 
ment, et n'ont laissé pour souvenir que les actes de baptêmes, de 
mariages et de sépultures qu'ils ont signés de leur main. Pour 
ceux-ci, ainsi que pour M. Matis et M. Gasnauit, nous nous con- 
tenterons, ou à peu près, de citer ce q>ae l'abbé Tanguay nous 
donne dans son Répertoire général du Clergé Canadien. 

Salvien Boucher, Récollet, ordonné à Québec, le 1er octobre 
1725, fut missionnaire à la Rivière-du-Loup du 7 nov. 1728 au 
26 oct. 1733j et desservit de là Yamachiche. Il desservit Sainte- 
Croix de 1738 à 1744, et exerça le ministère aux Trois-Rivières 
de 1751 à mai 1757. 11 mourut le 5 novembre 1761. 

Jean-Baptiste Lajus, Récollet, ordonné le 24 août 1727, fut 
aumônier du Fort Saint- Frédéric, en 1732 et 1733, après avoir 
été mitsionnaire à Ste-Croix et àLolbinière depuis octobre 1729 
à septembre 1730. Curé de la Rivière-du-loup du 8 novembre 1733 
au 14 août 1734, il desservit en même temps la mission d'Yama- 
chiche. Il fut nommé, en 1761, Supérieur des Récollets, et 
mourut le 24 juillet 1767. 

Mathurin Gasnault, Sulpicien. desservit aussi Yamachiche 
pendant l'année 1734, mais en passant seulement. Il naquit le 26 
décembre 1693, au diocèse d'Angers, fut ordonné le 20 mars 1720 
et arriva le 28 octobre suivant. II desservit Repentigny en 1721, 
et mourut à Montréal, le 15 avril 1749, âgé de 55 ans. 

Jean Matis, prêtre de St-Sulpice, né le 30 mai 1701, au 
diocèse de Rheims, fut ordonné en 1726, et arriva au Canada le 

3 



38 HISTOIRE D'yAMACIIICIIE 

2S août de lu même ann<;e. Nommé à la cure de la Rivière-du- 
Loup daus l'autonne de 1734, il y demeura jusqu'au 24 juin 1735^ 
et desservit en même temps Yaniachiche. Il fut employé comme 
missionnaire dans plusieurs paroisses de Montréal, surtout à Ste- 
Anue, à St-Laurent et à Saint-Sulpic . Il mourut dans cette der- 
nière paroisse, le 4 janvier 17(J9, à l'âge de 68 ans. 

Charles Pocqueleau, Récollet, fut ordonné le 18 octobre^ 
1734 et desservit simultanément, de 1735 à 1741, la Rivière-du- 
Loup et Yaraachiche ; de 1743 à 1748 il était à Ste-Geneviève de 
Eatiscau. 11 quitta le Canada en octobre 1748. 

Le premier prêtre séculier qui ait adminii-tré la paroisse 
d'Yamachiche est M. Chefdeville, que les vieillards appellent M. 
Chcnneville. 

Jacques Maxime Chefdeville de la Garenne, fils de Jacques 
de la Garenne et de Marie-Anne Caillé, [naquit à Québec le 28- 
mars 1714 et fut ordonné le 23 septembre 1741. 

La paroisse était encore bien petite lorsqu'il vint en pren- 
dre kl desserte, mais pendant sa longue carrière pastorale, qui 
dura 37 ans, elle prit de grands développements, et cessa même 
de compter parmi les f-imples missions pour prendre rang parmi 
les paroisses canoniquemont constituées. M. Chefdeville signe, 
pour la première fois, comme curé, au bas d'un acte daté du 15 
octobre 1758. 

Comme tons ses prédécesseurs que nous venons de nommer, 
M. Chefdeville résida tout d'abord à la Rivière du loup, dont on. 
lui avait confié la desserte aussitôt après son ordination, en 1741. 
Mais en 1743 il quitta la Rivière-du-loup, et Yaraachiche eut, 
pour la pramière fois depuis sa fondation, un desservant résidant, 
uu prêtre pour elle seule. Après 40 ans d'existence, il était bien 
juste que cette paroisse quittât enfin ses langes et entrât dans l'âge 
d© puberté. 

M. Chefdeville a formé et élevé la paroisse d'Yamachiche ; 
et quand on a vu, comme nous, l'héritage de foi et de vertus con- 
servé dans les anciennes familles de cette paroisse, on se sent 
rempli d'admiration par le pasteur qui avait formé un si excel- 
lent troupeau. 

Nous citerons le j)reniier acte de baptême qu'il a Agaé dans 



HISTOIRE d'yAMAOHICHE 3* 

les registres, afin de donner à nos lecteurs une idée de sa manier e^ 
qui ne manque pas d'offrir quelque chose de fort singulier. 

** Aujourd'hui, dix-neuvième juur de Novembre mil sept 
cent quarante-un, a été baptisé par moi, prêtre missionnaire^ 
soussigné, Jean-Baptiste la Cource. fils de Jeanbaptiste la Cource et 
de Marie Joseph la Certe. ses père et mère mariés ensemble. Le 
pareil! a été Alexis laCerte, la mareine Marie Bellemare ; lesquel- 
les ont déclarés ne sçavoir signer, de ce enquis, suivant l'ordon- 
nance. 

J. Chefdeville, Ptré. 

On peut bien présumer qu'il n'avait pas ruiné sa santé à 
étudier la grammaire, ce qui ne l'empêchait point d'être un digne 
et vénérable prêtre. 11 tint ses registres avec soin et propreté 
jusqu'en 1T78. époque où il commence à se négliger d'une maniè- 
re déplorable. On serait d'abord porté à s'indigner de celte con- 
duite, mais les reproches expirent sur les lèvres, lorsqu'après ces 
actes boiteux on trouve son propre acte de sépulture. On com- 
prend que la paroisse étant devenue très populeuse, et la rareté 
des prêtres ne lui permettant pas d'avoir de vicaire, il se trouvait 
obligé de se traîner à l'église malgré ses souffrances pour répondre- 
à sa lourde besogne. Son acte de sépulture offre quelque chose de 
touchant qu'on n'est pas accoutumé de trouver dans les registres. 

" Le second novembre mil sept cent soixante-dix-huit a été 
inhumé dans le sanctuaire de cette église du côté de l'Evangile le 
corps de très digne et très respectable Monsieur Chefdeville de la 
Garenne, curé de la paroisse Ste. Anne d'Yamachiche, âgé de 
soixante et quatre ans; après avoir reçu les sacrements de l'égli- 
se, est décédé comme lit est plein de jours et de mérite, A 
l'inhumation furent présents le R, Père Dominique, Augustin 
Girardin, Michel Laglanderie et plusieurs autres, une partie a 
signé l'autre a déclaré ne sçavoir signer, 

J, Dominique Petrimoulx 
Girardin, 
St, Onge, 

Vicaire Général. 

M. Chefdeville eut pour successeur M. Laurent Joseph Ber-^ 
IRAND. Le nom de M, Bertrand appparaît aux registres du 1er 
Janvier 1779, Il avait été ordonné le 18 août 1776, et avait exer- 



40 HISTOIRE D'YAMACIIICHE 

cé le saint ministère à Saint Joachin de la côte de Beaupré. En 
partant d'Yamachiche il s'en alla comme curé à la Rivière-du- 
Loiip, où il mourut le 13 octobre 1813, à l'âge de CO ans. 

Les années que M. Bertrand passsa à Yamachiche furent 
fertiles en événements remarquables. De son temps commença, 
ainsi que nos lecteurs d'YamacLiche le savent, ce que l'on est 
convenu d'appeler la grande chicane. Il nous en coûte d'aboi-der 
cette question délicate, mais elle occupe trop de place dans l'his 
toire de cette paroisse pour que nous puissions la passer sous 
silence. D'ailleurs d'autres écrivains l'ont déjà fait connaître en 
partie, et beaucoup de particuliers en gardent fidèlement tous les 
détails dans leur mémoire ; à quoi servirait de vouloir la cacher? 
Nous raconterons donc les faits simplement comme nous les con- 
naissons, et nous donnerons les documents ofl&ciels, au lieu de 
faire des commentaires qui pourraient n'être pas très justes. 



^^^) 



CHAPITRE V. 



Commencement de la Grande Chicane. 




N triste et singulier ëvèttement se pas^jait en 
1780; par un Jour d'hiver, le 19 mars, la fou- 
dre éclatait tout à coup et mettait le feu à l'é- 
glise. Dans ce temps, on célébrait encore les 
fêtes de paroisse ; le 19 mura se trouvant être la 
fête de la paroisse de Maskinougé, beaucoup de 
personnes d'Yamachiche étaient allées prendre 
part à cette solennité. A leur retour elles ne 
trouvèrent de leur église que des cendres et des murs enfumée. 

Il ne fallut pas songera rebâtir sur le coteau; les inonda- 
tions toujours croissantes du printemps rendaient ce terrain 
impropre aux constructions dj quelque importance; c'était ua 
autre malheur, car le changement de place d'une église est ordi- 
nairement la cause de difficultés sérieuses. 

La consternation était grande chez les gens paisibles de la 
paroisse ; un bon vieillard, entre autres, disait en pleurant: " Je 
ne verrai pas la nouvelle église, " car il entrevoyait la division 
qui allait éclater entre les habitants de la Grande- Rivière et ceux 
de la Petite-Rivière. Ses prévisions se réalisèrent malheureuse- 
ment, et lorsqu'au bout de =ept ans on vit enfin s'élever un clo- 
cher dans la paroisse, le vieillard reposait au cimetière. 

Un an après l'incendie, le 27 mars 1781, Pierre BucHÊiiB, 
seigneur de Grros-Boi^<, et François Lemaître Duaime, seigneur 



42 HISTOIRE d'YAMACIIICHE 

de Gatineau, dounaient à M. Bertrand, et à Jean-Baptiste Carbon- 
neau, Alexis Rivard et Charles Lacerte, mar^uilliers, une terre 
d'un arpent de front sur onze arpents de profondeur, à la condi- 
tion expresse que la nouvelle église y serait construite. Cette 
terre se trouve le long du chemin qui conduit de la Grande- 
Rivière à celui de la Petite-Rivière, et appartient aujourd'hui à 
M. Emmanuel Gélina'*. 

La donation du seigneur Duchêne fut acceptée, le 10 juin 
1781, par M. le Grand Vicaire Saint-Onqe, qui décida que 
l'église serait placée dans cet endroit, et donna ordi-e de commen- 
-cer immédiatement la construction du presbytère. Le 7 juillet 
suivant, François Lavergne et Jacques Drapeaux étaient élus 
syndics de la nouvelle bâtisse. 

11 est bon de remarquer aussi que Mgr Mariaucbeau Des- 
GLI8 confirma, plus tard, tout ce qu'avait fait M. S lint-Onge. 

La division, cependant, s'accentuait de plus en plus parmi 
les habitants d'Yamachiebe. Un grand nombre prétendaient que 
la Grande- Rivière n'était plus un endroit central pour y placer 
l'église, et ils soutenaient de plus que le terrain donné par le sei- 
gneur Buchêne était impropre à une construction de cette impor- 
tance. Dès le 26 février 1781J les habitants du Petit Machiche 
avaient choisi deux syndics, Charles Lesieur-Désaulqiers et Jo" 
seph Carbonneau, pour s'occuper des intérêts de leur section. 
Ils se virent obligés, sous peine d'être privés des sacrements et 
d'être poursuivis en justice, de contribuer à la construction du 
presbytère de la Grande-Rivière ; mais ce contre-temps qui sem- 
blait ruiner toutes leurs espérances ne les découragea point. 

Mgr de Québec avait ordonné de choisir avec soin un 
endroit convenable à la construction d'une église; or il se trou- 
vait qu'on avait fait un mauvais choix en prenant le terrain 
donné par le seigneur Duchêne, car le presbytère qu'on venait 
d'y construire semblait déjà menacer ruine, et le maître-maçon 
déclara que pour faire une église solide, il fallait la mettre sur 
des pilotis, ce qui exigeait des dépenses extraordinaires. 

Les habitants de la Petite-Rivière ne manquèrent pas la 
bonne occasion qui leur était offerte de faire valoir leurs préten- 
tions. 

Le jour où le terrain fut répudié, ils proposèrent de se rendre 
immédiatement à la Petite-Rivière, sur un terrain appartenant à 



HISTOIRE D'yAMACHICHE 43 

Cîhai'les Lacerte, et dans le cas où le sol serait trouvé favorable, 
de convenir que la paroisse travaillerait à y faire placer l'église, 
si la majorité des habitants y consentait. 

Le seigneur Duchône avait d'abord, paraît-il, accepté cette 
proposition ; mais voyant ensuite que les partisans du Petit Ma- 
chiche étaient plus nombreux, il refusa de faire la visite proposée. 
On n'en procéda pas moins à cette exploration, et comme on 
trouva un bon terrain, dans un lieu central, il fut résolu de tra- 
vailler plus fortement que jamais à y amener l'église. 

Des requêtes furent envoyées à Mgr Desglis et à M. Saint» 
Onge, V. G. Voici en quels termes on s'adressait à ce dernier: 

" Supplie très-humblement ; les soussignés, habitants de la 
paroisse de Machiehe, tant pour eux que pour les tenanciers men- 
tionnés en la liste qui vous a été représentée, ont l'honneur de 
vous représenter très respectueusement que par la réponse graci- 
euse qu'il plut à Mgr l'Evêque de faire à leur requête du 29 oc- 
tobre 1780, par laquelle il leur prédit qu'ils seraisnt beaucoup 
traversés dans leur entreprise pour la bâtisse de l'église de la dite 
paroisse ; ce qui est arrivé, puisqu'il est réellement vrai que par 
menace d'être privés des sacrements et d'être produits en justice, 
on a obligé les suppliants de bâtir un presbytère dans une place 
qui, aujourd'hui, est répudiée des maîtres-maçons et entrepre- 
neurs, qui déclarent publiquement que le terrain ne vaut rien pour 
bâtir une église. D'ailleurs, par la gracieuse réponse d« Mon- 
seigneur qui s'explique en termes bien formels, disant qu'il fau- 
drait avec maturité de jugement choisir une meilleure place que la 
première, ce qui n'a pas été exécuté, puisque cette place où est 
actuellenient bâti le presbytère est totalement répudiée. Voilà 
donc tous les travaux que les suppliants ont faits jusqu'à ce jour 
qui sont perdus. 

'• Quoiqu'il en soit, les suppliants sont inébranlables et ne se 
décourageront jamais dans cette entreprise pour construire un 
temple au Seigneur. Ils réclament votre justice et cette gran- 
deur d'âme avec laquelle vous vous faites étude de prendre soin 
•des troupeaux qiai se renferment dans votre bercail, en vous sup- 
pliant d'ordonner que la dite église soit bâtie au centre de la pa- 
roisse suivant le plan figuratif qui vous a été remis en maius ou 
aux environs, pour lors ils feront tout ce qui dépendra d'eux pour 
y travailler avec zèle de tous leurs pouvoirs et capacités. Il ap- 



44 HISTOIRE D'YAMACHIOUE 

pert que M, Duchêne, seigneur en partie au dit lieu, veut entiè- 
rement s'attribuer le droit de placer l'église dans une pointe de- 
terre qui est devant sa porte, et plus é'oignée de toutes les diflfé- 
renies concessions que n'était la première, ce qui n'a nulle com- 
munication avec lo bon sens, puisqu'il faut que chaque tenancier 
contribue également pour cette entreprise. D'ailleurs, le jour 
d'iiier, quinze du mois courant, après que la place où est le pres- 
bytère a été répudiée, il a été convenu publiquement que l'on 
irait visiter les places de chez le nommé Charles Lacerte et pleur 
Duchêne, disant que si elles se trouvaient bonnes toutes les deu;c 
que ïa pluralité des voix déciderait, ce qui a été révoqué par le 
dit sieur Duchêne, disant qu'il ne voulait pus y consentir parce 
que les suppliants étaient plus forts de monde, et que par ce moy- 
en ils emporteraient sur les voix. 

" Tout considéré, Monsieur, vu l'exposé, il vous plaise faire 
droit aux dits suppliants en ordonnant que la dite église soit bâ- 
tie suivant le plan figuratif, autîxnt que faire se pourra, et à la 
plur.ilité des voix, ce faisant ils ne cesseront de prier le Très- 
Haut qu'il récompense vos vertus d'une couronne immortelle, et 
ferez bien." 

Signée : Leroi, notaire. 

Joseph Carbonneau, syndic, 
Chnrles Lacerte, marguillier. 
f Joseph Belmard. 

Pierre Pellerin. 

MlLOT. 

Le 21 août 1783, par contrat passé devant Maître Ba- 
DEAUx, dans la ville des Trois-Rivières, Charles Lacerte don- 
nait à M. Saint-Onge et à M. Bertrand, représentant la Fabrique 
d'Yamachiche, le terrain dont il est parlé dans la l'equête ci-des- 
sus ; Joseph Carbonneau donnait par le même contrat un terrain 
contigu au premier et d'égale grandeur, ce qui formait une pro- 
pi-iété de six arpents en superficie. 

C'est le terrain sur lequel se trouve l'église actuelle. 

Les habitants de la Petite Rivière étaient plus décidés que 
jamais à refuser leur contribution à l'église du Grand Machiche ; 
et les esprits e'échauffant de plus en pîuB, on dut même en arri- 
ver au procès. 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 45 

Les dispositions dos Anglaisa l'égard des catholiques étaient 
alors des plus menaçantes. Ils prétendaient que l'Etat devait 
dominer l'Eglise ; le Gouverneur voulait nommer aux cures, 
etc. Dans les circonstances où le pays se trouvait, il était 
donc très dangereux de s'adresser à la Cour pour obtenir un ju- 
gement sur une question d'église ; c'était donner aux autorités 
civiles l'occasion d'exercer une juridicdion indue, c'était faire ser- 
vir les Catholiques mêmes à l'asservissement de l'Eglise catholi- 
que. Mais à Yamachiche, dans l'excitation où l'on était, chacun 
ne considérait que le succès de sa cause, sans songer aux consé- 
quences. 

Le premier jugement fut favorable aux habitants de la (îran- 
de-Rivière. Voici le texte de ce document : 

Extrait des Registres de la Cour des plaidoyrrs communs, district 
de Montréal- A tous ceux qui les présentes lettres verront, 
Salut : 

" Nous, Hertel, de Eouville et Edouard Southouse, écuyers, 
juges de la Cour des plaidoyers communs, district de Montréal,, 
savoir faisons, qu'entre Antoine et Pierre Lesieur, soigneurs 
d'Yaraachiche. les habitants de la Grande Rivière aux Glaises 
comparant par M. Walker, avocat, demandeurs, d'une part, et 
François liavergnc et Joseph Carbonneau, syndics de la bâtisse 
du dit lieu d'Yamachiche, le dit Carbonneau comparant par Mtre^ 
Mezières, avocat, et Frs Lavergne comparant en personne, dé- 
fendeurs d'autre part. Vu notre ordonnance du troisième juillet 
dernier, le procès verbal di'essé en vertu d'icelle, le dix-neuvième 
s'ensuivant, par Joseph Moi'in et Jacques Beausang, maîtres-ma- 
çons, arbitres nommés d'oflSce par la Cour, serment par eux préa- 
lablement prêté, ensemble les pièces produites à la Cour par M. 
Walker, avocat des demandeurs au soutien de leurs demandes, 
consistant : Premièrement, en une ordonnance ou mandement de 
M. Saint-Onge, grand vicaire, du dixième juin mil sept cent qua- 
tre-vingt-un, par lequel il approuve la bâtisse de l'église et pres- 
bytère de la paroisse d'Yamachiche et donne acte d'acceptation 
aux dits demandeurs du terrain qu'ils donnent pour l'érection 
d'iceux ; 

" Deuxièraent, l'acte de donation du dit terrain, reçu par Mtre- 
Badeaux, notaire, le cinq juillet dit an ; 



46 Histoire d'yamàchiche 

" Troisiémenient, le procès-verbal dressé par Nicolas Bdlan, 
maçon, qui, à la réquisition de M. Bertrand, prêtre curé du dit 
lieu, de FraKçois Lavorgne et Jac<|ue8 Drapeaux, syndics élus 
pour la dite bâtisse du septième du dit mois de juillet, par lequel 
il appert qu'il a visité et fait creuser le terrain de quatre pieds 
et demi de profondeur, en leur présence et en celle de plusieurs 
habitants dénommés au bas du dit procès-verbal, qu'il s'y est 
trouvé un fond de terrain très propre à l'érection dos édifices 
proposés ; 

" Quatrièmement, l'acte d'assemblée'.et délibéi-ation des habi- 
tant» du dit lieu pour la dite bâtisse du vingt-quatre novembre mil 
sept cent quatre-vingt-deux, homologué en Cour le dix-neuf juillet 
mil sept cent quatre-vingt-trois ; 

" Cinquièmement, un mandement de Mgr l'Evêque de Québec, 
•en date du vingt-six janvier rail sept cent quatre-ving-trois, par 
lequel il a reconnu la donation faite par le3 seigneurs d'Yamachi- 
che et l'acceptation qu'eu a faite mon dit sieur Saint-Onge, en 
sa qualité, donne son approbation à l'acte d'assemblée susdaté et 
•autorise les curés et syndics de la dite paroisse à en poursuivre 
l'homologatiun ainsi que la répartition qui sera faite afin de com- 
mencor et poursuivre les dits ouvrages, ctc ; 

" Sixièmement, le marché pour les dites bâtisses reçu devant 
Mtre Charles Bailly, prêtre, curé à la Pointe aux Trembles, du 
vingt-sept mars mil sept cent quatre-vingt-trois, entre le nommé 
Noël Lamotte, maçon, et le nommé François Lavergne, un des 
syndics de la dite paroisse d'Yamachiche. Les défenses fournies 
4)ar les défendeurs et y annexées les pièces au soutien énoncées au 
dit écrit, finalement les débats res^pectifs des parties et notam- 
iment les dires verbals de Mtre Mezières par lesquels il s'oppose 
formellement à l'homologation du procès-verbal déposé au greffe 
pour les raisons contenues en son plaidoyer et les pièces et sou- 
tien d'icelui, n'ayant point acquiescé à la nomination d'arbitres 
se renfermant en ses conclusions, le tout considéré la Cour, sans 
s'arrêter aux transactions faites à la requête ou instigation de 
Joseph Carbonneau, en sa qualité de syndic, notamment un acte 
d'assemblée tenu chez le Roy, notaire, le sept juillet mil sept 
cent quatre-vingt-trois, un autre acte des mêmes jour et an por- 
tant pour titre, dédit entre les habitants de Machiche, Ensem- 
ble une déclaration par le dit Carbonneau en sa qualité de 



HISTOIRE d'YA.MACIIICHE 47 

•syndic, stipulant pour les habitants du Petit Maehiche, por- 
tant refus d'asssister à la visite ordonnée en date du dix-neuf 
juillet dernier, tous lesquels actes la dite Cour regai'de comme 
informes et passés contre les règles- Et attendu les frais énormes 
qu'occasionneraient les démolitions, transports et réédifications 
•du presbytère et cela sans nécessité, étant constaté par le procès- 
verbal de Morin et Beausang, homologué en ce jourJ'hui, qu'une 
•église peut être solidement bâtie à l'endroit présenté par les de- 
mandeurs, approuvé du seigneur Evêque, de M. son Grand Vi- 
•caire et de tous les habitants de la paroisse, ordonne que l'église 
sera bâtie sur le dit terrain où est érigé le presbytère conformé- 
ment â la première délibération des habitants, approuvée comme 
il est dit ci-dessus. Enjoint aux dits habitants d'y travailler sitôt 
•que la saison le permettra et de se conformer à leur délibération 
homologuée le dix-neuf juillet rail eept cent quatre-vingt-trois, 
sous les peines de droit ; condamne le dit Carbonneau à tous les 
frais liquidés à la somme de sauf son recours contre 

ses adhérents. Fait défense au dit Carbonneau de solliciter les 
dits habitants à l'avenir et au dit Le Roy de recevoir des assem- 
blées ayant pour objet les affaires d'églises, si elles ne sont préa- 
lablement indiquées en la manière accoutumée et autorisées par 
la présence du curé et des marguilliers de la paroisse ; ren*voie le 
nommé Lavergne de l'action contre lui intentée, mandons, etc. 

*' Donné à Montréal, par nous juges susdits, l'audience tenante, 
■le samedi, quatorzième août mil sept cent quatre-vingt-quatre." 

Les habitants de la Petite-Rivière ne se déclarèrent pour - 
rtant pas battus ; M. le Grand Vicaire Saint-Onge s'était déclaré 
•en leur faveur, et sur sa parole ils continuaient à espérer même 
contre toute espérance. 

M. Bertrand était tout dévoué à la cause de la Grande-Riviè- 
xe, aussi le voit-on, le 4 octobre 1785, bénir très solennellement, en 
présence de plusieurs prêtres, la première pierre de l'église qui se 
^bâtissait sur le terrain du seigneur Duché ne. 

Les événements semblaient se précipiter, les habitants de la 
Petite-Rivière jetèrent lo cri d'alarme. Quelques jours avant la 
•cérémonie, ils adressèrent une nouvelle requête à M. Saint-Onge, 
dans laquelle ils disaient : '' Il appert actuellement que toute 
^' leur espérance est renversée, ils disent qu'ils ont un pasteur qui 
^* se fait étude de les abandonner, en quittant la paroisse par di- 



48 HISTOIEE D'YAMACHICHE 

" verses fois pour aller à Quél)ec pour confirmer la division gé- 
'• nérale qa'il a causée dans la paroisae, etc. Il veut absolument 
*' que cette place abolie soit bonne, ajoutaient-ils, si les supé- 
" rieurs spirituels se transportaient «ur les lieux, ils auraient la 
" satisfaction de voir jeter et charrier l'eau avec des barriquef à 
" mesure que les maçons emploient une petite place à jeter 
" promptement des rochons non-maçonnées dans les fondations." 
Dans un autre endroit ils disaient : " Pour les travaux qu'il» 
" auraient fait inutilement, serait-il de droit de les abandonner ?" 
" Non. Ils regardent votre ordonnance (1) comme une chose sa- 
" crée, et ne se départiront jamais de leurs droits, ils se jettent 
" entre les bras de votre bonté paternelle, etc." 

M. Saint-Onge répondit très favorablement à cette reqnê- 
te, et les encouragea ainsi à poursuivre la lutte. 

Le seigneur Louis GrCor s'étant mis de la partie, on avait 
fait venir de Sorel un homme expérimenté qui avait déclaré le- 
terrain impropre à la construction d'une église. Puis le procès 
avait recommencé à Québec. 

Il n'y avait pas alors de bateaux à vapeur pour transporter 
de Montréal à Québec, et comme les voyages en voiture eussent 
coûté 'bien cher, on partait à pied, un sac de vivre sur le dos 
pour aller plaider à trente-cinq lieues d'Yamachiche. 

La division qui existait entre les habitants se faisait sentir 
partout. Il y avait comme deux paroiss's bien séparées, les jeu- 
nes gens d'une section ne fréquentaient pas ceux de l'autre ; on 
ne se mariait qu'entre gens du môme parti, et les choses demeu- 
rèrent ainsi pendant plusieurs années. Deux églises s'élevaient 
en même temps à quelques arpents de distance ; les cultivateurs 
s'en allaient paisiblement chercher de la pierre à la vieille église 
du coteau, ils se parlaient amicalement, s'entr'aidaient même 
pour charger les plus grosses pierres, puis chaque voiture prenait 
sa direction, l'une portant la pien-e à l'église du Grand Machiche, 
et l'autre à l'église opposée. Ce spectacle pouvait avoir son ori- 
ginalité, mais il était toujours extrêmement pénible. 

Une première sentence favorable aux gens de la Petite- Ri- 
vière fut rendue par le Conseil législatif de Québec, le 5 mars- 
1785. 



(!) II y avait donc eu une ordonnance en leur faveur alora. 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 49 

Nous constaterons, ici, le changement extraordinaire qui s'é- 
tait opéré dans les esprits depuis le cammencementdes hostilités. 
Les habitants de la Grande-Rivière, après avoir eu l'opinion gé 
nérale en leur faveur, ne pouvaient plus guère compter mainte- 
nant que sur leur curé, M. Bertrand. La position du pauvre prê- 
tre n'était plus tenablo, et dans le mois de juin suivant il fut 
transféré à la Rivière-du-Loup. Il y eut une espèce d'échange» 
cai* le curé de cette paroisse, le Père Dominique Pétrimoulx vint 
desservir Yamachiche jusqu'à l'auiomne. 

Ce Récollet, qu'on se plaisait à appeler le " Petit Père Pé- 
trimoulx " était un bon vieux d'une affabilité naïve et de mœurs 
ipatriarcales. La tradition nous le montre disant sa basse-messe 
dans la maison d'un M. Milot, et faisant réciter les répons par 
Mme Milot elle-même, vu le manque de petits servants. 

Cette maison où le Père Pétrimoulx disait la messe était si- 
tuée sur le bord de la Petite- Rivière, au côté nord-est, et sur le 
terrain appartenant aujourd'hui à M. Charles Gr. Lajoie, ex- M. P. 
Le bon Père allait probablement chanter la grand'messe au 
presbytère de la Grande-Rivière, mais nous n'avons rien de posi- 
tif à ce sujet. 



^#^ 




CHAPITRE VI. 



Les difficultés s'aggravent au lieu de s'aplanir. 



U mois de novembre 1786, M. Jean-Baptiste Griault 
fut nommé curé. Ce digne prêtre naquit à Québec, le 
8 lévrier 1758,du mariage d'Eiienne Griault et d'Au- 
ne Bisson. Il fit ses études dans le séminaire de cette- 
ville et fut ordonné le 5 avril 1783. On le voit, il 
était tout jeune prêtre encore quand il reçut la mis- 
sion difficile de présider dans une paroisse aussi divisée que celle 
d'Yamachiche. On comptait, sans doute, sur son habileté, peut- 
être sur ses talents, peut-être sur son heureux caractère, mais les 
faits montrèrent qu'il était trop doux pour être véritablement l'hom" 
me de la situation. Les deux années qu'il passa à Yamachiche fu- 
rent deux années de déboires, et l'on n'y entrevit pas même le 
temps où les difficultés sectionnellcs pourraient être réglées. 

Une sentence du Conseil Législatif de Québec, rendue le 5 
novembre 1787, condamna de nouveau les habitants de la Grande- 
Rivière. Mgr. d'Esglis, évoque de Québec, leur écrivit une lettre 
très paternelle pour les engager à se soumettre à ces décisions du 
Conseil Législatif et à cesser leur opposition à la construction de 
l'église à la Petite-Rivière d'Yamachiche, mais rien n'y put faire. 
Les habitante* du Petit Machiche continuaient à bâtir seuls, 
chacun fournissait ce qu'il pouvait en argent, et le reste des con- 
tribution.s se faisait en matériaux ou en main d'œuvre. M. P. .T. 
Héroux faisait la balustr.ide de ses propres mains et une lampe 
en bois pour le sanctuaire, et chacun fournissait ainsi selon ses 



HISTOIRE D'rAMACHICHE 51. 

moyens ou son habileté. Ils savaient que Mgr d'Esglis leur était 
favorable, mais ils trouvaient qu'il lui en coûtait trop d'agir con- 
tre les habitants de la Grande-Eivière, ses temporisations étaient 
venues à les fatiguer. Ce ne fut pas sans un certain sentiment de 
plaisir qu'ils apprirent la nouvelle de sa mort, au mois de juin 
1788. car ils attendaient beaucoup plus de son successeur. Ils ne- 
furent pas trompés dans leur attente. 

Monseigneur Hubert, successeur de Mgr d'Esglis premier 
évêque canadien de Québec, est représenté quelque part comme 
un homme d'un caractère quelque peu indécis, quelque peu bonace 
même, incapable de grandes et fortes résolutions. 

Nous avons une toute autre idée du caractère de ce saint 
évêque, depuis que nous avons lu ses lettres conservées dans les 
archives d'Yamachiche. Dès le commencement de son épiscopat, 
il adressait aux paroissiens de M. Griault la lettre suivante, 
dont nos lecteurs apprécieront sans doute la grande valeur : 

Mandement de Monseigneur l'Eveque de Québec. 

Jean-François Hubert, 2^ar la miséricorde de Dieu et la grâce du 
Saint Siège Apostolique, Evêque de Québec, etc. etc., aux 
habitants de la grande et de la petite Bivière d' Yamachiche, 
salut et bénédiction en notre Seigneur. 

" Lorsque le feu^du ciel consuma votre ancienne église, en 
1781, il était à craindre, nos très chers frères, que cet accident 
funeste ne fût une marque de' colère de Dieu contre un peuple 
qui ne le servait pas assez tidèlemeat. Ne trouvera-t-on pas des- 
preuves trop convaincantes de cette opinion, si l'on veut examiner 
avec quelque soin les dissensions intestines, et les haines scandur 
leuses qui ont régné parmi vous depuis cette époque ? Le frère 
disputant contre son frère, le père en discorde avec ses enfants, 
des ehétiens se privant eux-mêmes de la sépulture ecclésiastique, 
le service divin négligé, les règles de l'église foulées aux pieds, 
les droits légitimes du sanctuaire refusés, l'autorité de la législa- 
tion méprisée, en faut-il davantage, nos très chers frères, pour 
montrer que depuis plusieurs années l'esprit du'Seigneur n'a point 
habité parmi vous, dans une œuvre toute sainte par elle-même en- 
tendre les tribunaux retentir des invectives les plus amères, voir 
les esprits aigris au dernier point, l'œuvre du Seigneur devenue 
par un funeste renversement l'œuvre de l'esprit de discorde et de 



.52 HISTOIRE D TAMACHICHE 

ténèbres, (les familles innocentes ruinées par la cruelle obstina- 
tion de leurs chefs, une province entière affligée de vos procédés 
scandaleux, vit-on rien de semblable, mes chers frères, parmi les 
premiers chrétiens ? Les vit-on jamais armés les uns contre les 
autres, fatiguer les tribunaux de leurs cris et de leurs plaintes 
l'éciproques ? Dans la construction de ces fameuses basiliques, 
monuments éternels de leur piété, les vit-on jamais s'entre-déchi- 
rer, s'intenter les uns aux autres des prucès opiniâtres et rendre 
ces entreprises préjudiciables à leurs intérêts spirituels et tempo- 
rels ? Hélas ! mes chers frères, ces heureux disciples du Sau- 
veur n'avaient tous qu'un cœur et qu'une âme, se portant tous 
indistinctement à procurer la gloire de Dieu, étaient tous unis par 
les liens indissolubles de la charité de Jésus-Christ. Or voilà 
précisément ce qui vous manque et que nous ne cessons de de- 
mander à Dieu dans l'amertume de notre cœur. Charité, paix, 
amour, concorde, t'anquillité, ce sont les vrais trésors que nous 
vous souhaitons, et pour lesquels nous adressons tous les jours 
au ciel les vœux les plus ardents. Mais que nous servira notre 
sollicitude, nos très chers frères, quel sera le fruit de nos gémisse- 
ments et de nos larmes, si tandis que nous sommes prosterné aux 
pieds du Seigneur, et que nous prions pour vous, vous ne cher- 
chez pas de votre côté les moyens les plus propres à racheter vos 
iniquités, à fléchir la colère de Dieu et à requérir ces dons pré- 
cieux sans lesquels il est impossible de lui être agréable. Peuple 
infidèle, n'y a-t-il pas assez longtemps que vous résistez au Sei- 
gneur, en résistant à la puissance qu'il a établie ? Brebis erran- 
tes, ne vous êles-vous pas égarées assez longtemps dans ces sen- 
tiers inconnus aux véritables ouailles du chef des Pasteurs ? Ames 
rachetées du sang de J. C, n'avez-vous pas poussé assez loin votre 
ingratitude ? Faut-il que par de nouveaux attentats vous conti- 
nuiez encore de l'outrager et de scandaliser ses vrais disciples ? 

Ah ! rentrez en vous-mêmes, nos très chers enfants, donnez- 
nous au commencement de notre épiscopat la consolation de pou- 
voir vous compter au nombre des fidèles de ce diocèse. N'endur- 
cissez par plus longtemps vos cœurs aux invitations que Dieu 
vous fait par notre bouche de retourner incessamment à lui. Vo- 
yez, nos très chers frères, le bonheur dont jouissent les habitante 
des paroisses qui vous environnent, et comprenez enfin quel sera 
le vôtre, lorsqa'après avoir détesté vos égarements passés, vous 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 53; 

serez entrés dans les vues de la providence au sujet de la bâtisse 
qui vous occupe présentement. 

" Pour vous en faciliter les moyens, après'avoii- invoqué le 
saint nom de Dieu et examiné avec l'attention la plus exacte 
tout ce qui s'est passé depuis l'incendie de votre ancienne église 
jusqu'à ce jour, en vertu de l'autorité qui nous a été confiée par 
J.-C, Notre-Seigneur, pour le gouvernement spirituel des églises 
de ce Diocèse, nous avons cru devoir régler statuer et ordonner^ 
statuons réglons et ordonnons ce qui suit : 

lo Qu'à l'avenir il ne soit plus fait aucune mention de tou~ 
tes lesanimosités, qui ont désolé depuis sept ans votre paroisse, non 
plus que des péchés qui en ont été les suites malrieureuses. A cette 
fin nous autorisons M. Grriault, votre curé, à absoudre dans le tri- 
bunal de la pénitence les désobéissants de toutes leurs démarches, 
irrégulières, soit qu'elles attaquent la religion, les commande- 
ments de l'église ou le respect dû aux lois. 

2o, Que conformément aux deux sentences d'appel rendues- 
dans l'honorable conseil législatif de Québec, l'une du 8 Mars 
1785 l'autre du 5 Novembre dernier, on ne reconnaîtra désor- 
mais pour église paroissiale de Ste Aune d'Yamachiche que cel- 
le dont la place a été marquée, en ITS-l, à la petite rivière sur 
la terre du nommé Lacerte, et où l'on a construit un presbytère 
nouveau et jeté les fondements d'une église. 

3o Que le premier dimanche après la publication du présent 
mandement, l'on commence à faire l'office paroissial dans la cha- 
pelle du dit presbytère de la petite rivière 

5o Qu'il ne soit plus célébré aucun office, public dans le 
presbytère de la Grande Eivière, qui désormais ne sera plus cen- 
sé maison curiale (1). Nous permettons néanmoins à M. Grriault 
d'y demeurer pour la commodité et d'y célébrer la basse messe 
dans les jours de la semaine jusqu'au premier d'Octobre pro- 
chain, si mieux n'aime le dit curé transporter dès maintenant son 
domicile à la petite rivière, ce qui nous sera encore plus agréable. 

5o Nous défendons à M. Griault d'inhumer davantage aucun 
corps dans le cimetière de la Grande HivièKe, voulons que ce ci- 



(1) Cette maison a été acheté par le Notaire Gagnon, on la voit oncore^ 
à la Rivière-du-Loup. 



54 Histoire d'yamachiciie 

metière bien clos demeure en l'état où il est jusqu'à nouvel or- 
-dre de notre part. 

80 Pour le maintien de la paix et de la concorde, nous ex- 
hortons fortement les habitants de la petite Rivière, et les conju- 
rons par les entrailles de la miséricorde de Dieu, de ne point se 
prévaloir de la présente ordonnance pour insultera ceux de la 
grande Rivière, mais de se persuader que de part et d'autre Dieu 
^ été également offensé, et le Diocèse également scandalisé des 
excès auxquels les uns et les autres se sont portés pour soutenir 
leurs intérêts respectifs. 

llo. Si au mépris de la présente ordonuance il se trouve 
encore des esprits remuants et séditieux qui sèment des divisions 
et des discordes, nous ne pourrons nous empêcher de les regar- 
der comme des suppôts du démon, comme des anges de ténèbres 
qui sèment de l'ivraie dans le champ du père de famille, et nous 
nous réservons de donner à M. Griault des instructions particu- 
lières sur la conduite qu'il doit tenir à leur égard. Mais nous 
aimons mieux croire, nos très chers enfants, que vous renoncerez 
à vos opinions particulières en faveur de la cause commune, et 
qu'oubliant toutes vos fautes passées vous vous porterez tous à 
construire promptement votre église dans le lieu que nous vous 
avons désigné, sans quoi nous serions contraints, quelque désir 
que nous aj^ons pour votre salut, de vous priver de pasteur et de 
donner votre curé à quelque autre paroisse plus docile à notre 
voix, extrémité où nous ne nous verrions réduit qu'avec une 
peine incroyable. 

" Sera le présent mandement lu et publié dimanche prochain 
au prône de la messe paroissiale d'Yamachiche. 

'' Donné à Montréal, etc., 25 Juin 1788, sous notre seing, le 
sceau du diocèse et le contre-seing de notre secrétaire. " 

■j- Jean François, Evêque de Québec, 
Par Mr. Plessis, Ptre. Sec. du Diocèse. 

Il nous fait peine de l'avouer, ce mandement où l'autorité de 
l'Evêque parlait avec tant de force et tant d'onction en même 
temps, ne produisit aucun effet. S'élèvera-t-on, à ce propos, 
contre l'entêtement des Canadiens et contre leur amour de la 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 55 

•chicane ? Nous n'hésitons pas à tenter un mot d'excuse :, Tous les 
fils d'Adam, prétendrons-nous, sont entêtés absolument comme 
nous le sommes nous-mêmes, mais l'objet des di^cusslons varie 
•d'un peuple à l'autre. Dans certains pays on se chicane à outran- 
ce pour avoir le palais de justice ou la prison, pour que le chef- 
lieu du comté soit telle localité plutôt que telle autre ; c'est qu'on 
j considère ces choses-là comme étant de première importance. 
Les habitants d'Yamachiche se chicanaient pour avoir l'église 
plus près d'eux, c'est qu'ils étaient convaincus que les intérêts de 
l'âme priment les intérêts du corps, et que, dans une paroisse, 
l'église est un objet de première nécessité. La grande divergence 
se trouve dans les affections du cœur. 

Et qu'on ne vienne pas nous jeter à la figure cette banalité 
que les Canadiens sont Normands et par conséquent amateurs de 
la chicane. Quand les Anglais ont incendié l'Hôtel du Parle- 
ment, à Montréal, et qu'ils ont poursuivi le gouverneur Elgin à 
coups de pierres, avez-vous dit qu'ils étaient Normands, pour 
expliquer leur conduite ? 

Les habitants d'Yamachiche ont péché en se portant à des 
excès scandaleux, mais nous ne pouvons souffrir que l'on préfère 
-à ces luttes vives la retenue glaciale de certains personnages qui 
s'occupent fort peu que l'on bâtisse une église en tel lieu plutôt 
qu'en tel autre, pour la simple raison qu'ils n'y vont pas. 

Quoiqu'il en puisse être, M, Griault était fort aftecté par 
ces divisions intestines, et dans l'automne de 1788 il quittait sa 
pénible mission. 

Il fut nommé curé de Laprairie et desservit cette paroisse 
jusqu'au 1er octobre 1799. Il fut alors transféré au Cap-St_ 
Ignace, puis, en 1806, à Ste-Anne de la Pocatiêre, et il mourut 
dans cette dernière paroisse le 8 mai 1814, âgé de 56 ans. 

Mgr Hubert dut chercher un successeur à M. Griault, pour 
la desserte d'Yamachiche ; il choisit, entre mille, l'abbé Thomas 
Kimber, et fut assez heureux pour trouver précisément l'homme 
qu'il fallait. M. Kimber, comme son nom l'indique, était alle- 
mand d'origme; il avait reçu cette rude éducation allemande 
qui n'amollit pas les caractères, et forme ainsi de forts jouteurs 
pour les combats de la vie. On pouvait dire de lui, mieux que 
de bien d'autres, qu'il avait un front d'airain et des mu«cles 



56 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

d'acier ; les murmures et les commotions populairet* n'étaient pas 
capables de l'effrayer ; excellent prêtre qu'il était, il marchait à 
bOn devoir sans regarder au nombre des ennemis qui l'atten- 
daient sur la roule. 

D'après ce que nous avons pu constater, il s'établitd'abord dan» 
le presbytère du Grand Machiche. Eemarquant que les habitants 
de la Petite-Rivière n'apportaient pas leur dîme, il dit un jour à 
l'un d'entre eux : " Est-ce donc que vous ne payez pas la dîme, 
vous autres ? " — Monsieur, répondit celui-ci, vous n'avez qu'à 
venir demeurer au milieu de nous, vous trouverez un hangar rem- 
pli de blé jusqu'au faîte, M. Kimbei-, sachant que c'était le désir 
de l'Evêque, n'hésita plus un seul instant et s'en alla à la Petite- 
Rivière. 

Il poussa la construction do la nouvelle église avec vigueur, 
et c'est sous lui qu'un nouveau clocher parut enfin aux regards 
des habitants ivres de joie. Avant qu'on eu fût arrivé ù ce point, 
les habitants de la Grande Rivière voulurent tenter un dernier 
coup d'audace, qui leur fut fatal, car il leur enleva le peu de 
s}-mpathie que l'on gardait encore pour eux. C'est en allant aux 
derniers excès que les partis se perdent plus sûrement. 

Pour comprendre de quoi il s'agit, qu'on lise la déclaratioa 
suivante que nous citons textuellement, avec ses originalités ec 
ses fautes'de français : 

" L'an mil sept cens quatre-vingt neuf, le dix de mars, sur les 
six heures du matin, aux environs ; les Srs Charles Lacerte, Jean 
Bte Carbonau, Sr Joseph Labonne Gélinas, Sr Joseph Kembert, 
Sr Charles Desaunié, se sont trouvés présents lorsque les habi- 
tants de la Grande Rivière Yamachiche, au nombre de quatre- 
vingt, aux environs, sont venus au presbitaire de la Petite Ri- 
vière Yabmachiche, avec violance, les uns armés d'aches, les au- 
tres de bâtons pointus, dont il en a resté au presbitaire, pour ser- 
vir de preuve, les autres de sizeaux, que là où étant, auraient en- 
trés dans la chapelle, aurait enlevé tout ce qui y était dedans 
excepté les vases sacrés ; se serait servis d'aches pour faire frac- 
ture à la charpente, auraient enlevé la cloche ; l'un d'eux même 
aurait voulu saisir led. Jean Bte. Carbonau, voulant fermer la 
porte de la chapelle, ce que les déposants certifient véritable en 
leurs âmes et conscience, et ont livré le présent pour servir à ce 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 57 

<[ue de raison, pour preuve de quoi ont signer le présent de leur 
«eingt manuel les jour et an que dessus. 

KiMBER, prêtre. 

Joseph Kenber. 
Baptiste Carboneau. 
Joseph Belmard. 
Charles Lacerte, père. 
Joseph Gélinas. 

sa 
Charles f Desaunié. 

marque. 
Leroi, notaire. 

Les habitants de la Grande-Rivière n'avaient certaiaement 
pas calculé toute la gravité de leur démarche, mais Mgr Hubert 
la leur fit comprendre par la lettre foudroyante qu'il écrivit et 
que nous demanderons la permission de citer. 
Jean François Hubert, par la Miséricorde de Dieu et la grâce 
du 8t-Siége apostolique, évoque de Québec etc., etc. Aux 
habitants de la Petite-Rivière d'Yamachiche, salut et béné- 
diction en Notre-Seigncur. 

" Nous avons été instruits par M. Kembert, votre curé, nos 
très chers fi'ères, du triste accident arrivé mardi dernier, dans 
votre paroisse. Ce qui nous afflige le plus sensiblement, c'est de 
voir avec quelle promptitude et quelle publicité cette nouvelle 
scandaleuse s'est répandue dans les autr s paroisses et dans cette 
ville. Quelle honte pour des hommes soi disant chrétiens et ca- 
tholiques de penser qu'une infinité de personnes prononcent au- 
jourd'hui leurs noms avec horreur en racontant les excès cri- 
ants auxquels ils viennent de se porter ! Si l'on disait que des 
payens et des idolâtres persécuteurs, voulant détruire la religion 
chrétienne, sont entrés en armes dans une chapelle consacrée au 
service divin, et qu'en la présence du très saint Sacrement, ils 
ont enlevé sacrilégement les choses saintes, je veux dire les or- 
nements destinés à l'usage des prêtres, qu'ils ont dépouillé le Saint 
Autel des cierges sacrés qui le couvraient, emporté la pierre 
même sur laquelle se célèbrent tous les jours les saints mys- 
tères ; si des payens, dis-je, étaient auteurs d'un pareil attentat, 
pourrait-on s'empêcher de les accuser de brutalité et de barba- 
rie, nonobstant leur incrédulité ? Par quels termes pouvons^ 



S8 HISTOIRE DTAMACIIICIIE 

nous donc exprimer notre indignation contre des chrétiens qui, 
non contents d'avoir crucifié de nouveau Jésus-Clirist dans leur» 
cœurs, de s'être éloignés volontairement et sans cause des sacre- 
ments de l'Eglise, d'avoir, par leur opiniâtreté sans exemple, ré- 
volté tous les esprits raisonnables de cette Province, d'avoir ré- 
sisté à l'autorité ecclésiastique et civile, aux cris de leurs cons- 
ciences, aux avis charitables de leurs curés, ont l'audace de por- 
ter leurs mains sur l'arche d'alliance et d'insulter Jésus-Christ 
jusque dans son sanctuaire ? 

" Après un attentat de cette nature, oseront-ils dire encore 
qu'ils croient la présence réelle de Xotre-Seigneur Jésus-Christ 
dans le Saint-Sacrement ? Quoi ! les mauvais anges eux-mêmes 
tremblent parce qu'ils croient et ces malheureux n'ont pas trem- 
blé ? Que dis-je I ils ont renouvelé en grande partie, de la ma- 
nière la plus insolente, les outrages com mis par les Juifs dans la 
passion de Jésus-Christ. Comme eux ils sont venus armés de bâ- 
tons se présenter devant lui, comoie eux ils ont choisi le temps 
où il était occupé dans l'Eucharistie à prier Dieu pour leur salut 'f 
comme eux, ils l'ont dépouillé de ses vêtements en mettant son 
autel à nu ; comme eux, ils n'ont pas rougi de se partager ces 
respectables dépouilles, en distribuant dans différentes maisons 
de particuliers des ornements qui n'auraient jamais dû paraître 
hors de l'église. La cloche, placée où elle devait être, c'est-à-dire 
auprès de l'église paroissiale, mais dont le son trop perçant leur 
reprochait chaque jour leur éloignement du service divin, a été 
un des objets sur lesquels s'est exercée leur violence. Mais quoi- 
que le son de cet instrument ne se fasse plus entendre à leurs, 
oreilles pour les rappeler à leur devoir, le cri de leurs consciences, 
plus perçant encore, ne cessera pas pour cela de leur reprocher 
sans cesse la noirceur de leur procédé, et le danger où ils sont de 
se damner éternellement. Vous voyez, nos très chers frères, à 
quel excès d'aveuglement porte l'obstination dans le péché, le 
mépris de la religion et la résistance à l'autorité légitime. Car 
quel but ont pu te proposer les habitants de la grande Rivière 
en venant assaillir votre presbytère et dépouiller la chapelle ? 
Ont-ils cru faire une chose agiéable et glorieuse à Dieu ? 

" Non, sans doute, le Seigneur n'agrée point les entreprises 
tumultueuses et séditieuses, non in commotions Dominus, encore 
moins celles qui donnent atteinte à la sainteté de son culte. Se 



HISTOIRE o'yAMACHICHE 5^ 

Bont-ils persuadés que leur démarche illégale aurait l'approbatioQ 
de l'autorité civile ? En cela ils se feont grandement trompés,, 
puisque ce seul attentat suffirait pour les faire condamner dans tous 
les tribunaux et leur attirer probablement des peines afflictives 
et flétrissantes, s'ils étaient poursuivis comme ils le méritent. 
Enfin se seraient-ils flattés de nous intimider par leur audace et 
de nous faire révoquer notre mandement du 25 juin dernier ? 
Autre erreur encore plus grossière, car ils doivent tenir pour 
certain que cette ordonnance a3'ant été rendue après de mûre* 
réflexions sur tous les événements qui y ont précédé, nous ne nous 
en départirons jamais et que nous ne reconnaîtrons pour vraie 
église- paroissiale d'Yamachiche, que celle qui sera construite à 
la petite Rivière où réside actuellement le curé. 

Mais quel peut donc avoir été le motif de leur procédé sacri 
lëge ? Ah ! n'en cherchons point d'autre cause que la colère de 
Dieu qui a voulu punir ces misérables en les aveuglant et en per- 
mettant qu'ils fissent la démarche la plus capable d'attirer sur 
eux tout le poids de sa malédiction • 

Assurément il s'est trouvé parmi eux des esprits plus reli- 
gieux et plus raisonnables qui ont fait de* efforts pour ramener le» 
autres, ou qui du moins ne les ont ni approuvés ni suivis et ceux- 
là peuvent se flatter d'être encore dans les bonnes grâces de Dieu. 
Quant aux coupables, vos adversaires, ah! N. T. C, F., voici une 
belle occasion d'exercer envers eux cette miséricorde tant recom- 
mandée dans notre évanaile. 



Donné à Québec sous notre seing, le sceau du diocèse et le 
contre-seing de notre secrétaire. Le 16 Mars 1789. 

f Jean François, Evêque de Québec 
Par M. Plessis, Ptre., 

Secrétaire, 

Cette lettre que nous n'avons pu citer tout entière, à cause 
de ea longueur, était accompagnée d'instructions particulières 
données au curé. On voit que l'Evêque ne reculait pas d'un pou* 
ce. 

Il parlait ainsi dans ses recommandations à M. Kimber : 
"Vous saurez donc lo. Que nous défendons à tout autre curé 



t)0 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

<iue vous de conlesser aucun des habitants de la Grande-Rivière 
d'YamacLiche, excepté les cas de moit prochaine, 

2o. Nous TOUS défendons à vous-même de donner l'absolu- 
tion ainsi que la communion à aucun des dits habitants, jusqu'à 
ce qu'ils leconnaissent l'église du petit i'amachiche pour leur vé-. 
ritable paroisse en y assistant d'une manière notoire et publique 
au service divin et en vous payant leurs dîmes. 

3o. Quant à ceux qui ont conconru directement ou indirecte- 
ment au dernier enlèvement de la cloche et des ornements de la 
chapelle, ou qui les retiennent, voici la conduite que vous gai-de- 
rez à leur égard. Vous baptiserez leui s enfants, mais sans rece 
voir pour parrain aucun de ces profanateurs ni pour marraine 
■aucune femme qui passe publiquement pour partisanne de leur 
système. Vous ferez communier ceux de leurs enfants qui vous 
paraîtront suffisamment instruits et qui seront assidus au caté- 
•chisme. Vous visiterez les coupables eux-mêmes, s'ils tombent 
malades, et ferez tous vos efforts pour dissiper leur aveuglement. 
En tout temps vous pouvez les confesser à leur demande. Mais 
soit en santé, soit en maladie, vous ne leur donnerez m l'absolu- 
tion ni la communion, jusqu'à ce que par un aveu jmblic de leur 
faute, ils aient réparé le scandale par leur voix ou par la vôtre, et 
■qu'ils aient restitué à la chapelle de la petite Rivière les orne- 
ments dont ils se trouvaient détenteurs. 

4o. Ceux qui mourront sans avoir donné des marques pu- 
bliques de leur repentir, s'ils ont eu le temps de le faire, nous 
vous défendons de les inhumer en terre sainte^ jusqu'à ce que 
vous ayez pris nos ordres. 

5o. Vous ne ferez extérieurement aucune démarche pour 
r'avoir les ornements enlevés, non plus que la cloche, et vous au- 
rez soin que les habitants de la petite rivière s'abstiennent éga- 
lement de les redemander. 

60. Si néanmoins quelques-uns de ces ornements vous sont 
remis, soit du propre mouvement des ravisseurs, ou par l'injonc- 
tion que vous leur en aurez faite dans le tribunal, vous ne vous 
en servirez pas avant de les avoir bénis de nouveau en présence 
du peuple, afin de lui faire comprendre la grièveté de la profana- 
tion qui a été commise. 

7o. Nous vous permettons de bénir d'ici au 1er de juin pro- 



HISTOIRE D'yAMACHICHE 61 

•chain les linges et ornements neufs que vous ferez faire pour votre 
«usage, quoiqu'il soit plus à propos d'emprunter pour le moment 
ceux que vous ne pouvez vous procurer sans quelques frais con- 
sidérables à cette fin. 

80. Nous vous permettons de célébrer toute messe occurente 
avec un ornement de quelque couleur qu'il soit, JRsqu'àce que 
vous puissiez commodément en avoir de plus conformes aux ru- 
'briques. 

9o. Lorsque nous vous disons de ne faire aucune démarche 
extérieure pour recouvrer les ornements qui ont été pris, il faut 
•en" excepter les purificatoires, les corporaux, les saintes huiles et 
la clef du tabernacle, ce sont des articles que vous devez, en prê- 
tre zélé pour la maison de Dieu, tâcher de faire revenir à la cha- 
pelle par tous les moyens que votre prudence et les circonstances 
vous suggéreront. 

10. Vous aurez un soin tout particulier de ne rien dire ou 
faire devant les habitants de l'une des deux ilivières qui soit ca- 
pable de les indisposer de nouveau, etc." 



(r:?^^-^^' 



CHAPITRE VIL 



La paix se rétablit à Yamachiche. 




ONSEIGNEUK Hubert devait apprécier avec 
une grande sévérité l'acte étrange des habi- 
r"^ w^x/mt4\ ^iita de la Grande-Rivière. Il fallait que per- 
sonne ne fût tenté d'imiter l'exemple funeste 
qui venait d'être donné à Yamachiche. Mais si 
nous voulons savoir au juste quelle était la va- 
leur de cette action dans l'intention des habi- 
tants de la Grande-Rivière, il faut exclure ab- 
solument toute idée de profanation. Ils avaient pris les ornement* 
de l'église, non pour les employer à des usages profanes, mais 
pour les conserver avec respect, jusqu'à ce qu'un prêtre vînt en 
faire usa<re dans leur église de la Grande-Rivière. Aussi les cho- 
ses s'arrangèrent-elles beaucoup plus facilement qu'on n'aurait pu 
le prévoir. 

M. le Grand Vicaire St-Onge, ainsi du moins le veut la 
tradition, vint exprès des Trois-Eivières, et en passant au Grand 
Machiche, il dit aux habitants qu'il put voir : Vous apprendrez 
que c'est le Grand Vicaire St-Onge qui passe, vous aurez affaire 
à lui demain. Le lendemain, portant le surplis et l'étole, il alla 
chercher les objets ravis que personne n'osa lui disputer. 

Quant à la cloche, un particulier accepta le soin de la rap- 
porter dans sa charrette à la chapelle de la Petite-Rivière. Il choi- 
sit une nuit noire, afin de n'être pas aperçu ; mais sa malheu- 
reuse charrette se mit à crier de manière à éveiller les habitant» 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 63 

dans leurs lit?. Il arrêta chez un ami, graissa ses essieux du mieux 
qu'il put, et alla ensuite accomplir sans bruit son œuvre de resti* 
tutioji. 

La grande chicane était virtuellement terminée : les oppo- 
fants se rendirent petit à petit, le marguiller Lavergne donnant 
le premier l'exemple , et M. Kimber put se féliciter d'une victoi- 
re complète. A propos de ce Lavergne dont on cite le nom cha- 
que fois qn'il s'agit des difficultés religieuses d'Yamachiche, il ne 
faut pas se faire une mauvaise idée de son caractère ou de ses in- 
clinations ; c'était un homme très doux et très religieux, qui a- 
vait commencé de bonne foi, et qui, à la fin, pleurait à chaudes 
larmes d'avoir été entraîné dans une aussi mauvaise voie. 

Qu'il y ait eu, pendant et après ce retour, des diflScultés- 
partielles ou de peu d'importance, cela ne doit par surprendre. 

En voici une qui a bien son côté plaisant, et que nous rap- 
portons peur égayer quelque peu nos lecteurs. 

Les habitants de la Grrande-Rivière n'avaient pas, pour venir 
à l'église du Petit Machiche, les chemins de raccourci qu'ils ont 
maintenant, il leur fallait toujours passer par le village du Grand 
Machiche. Il y a plus que cela encore ; il leur fallait suivre ce 
qu'on appelle aujourd'hui la route à liezote, traverser la rivière- 
vis-à-vis le chemin des Petites-Terres, puis remonter à l'église. 

Lorsqu'ils virent que décidément l'église ne serait pas bâtie- 
sur la terre donnée par le seigneur Duchene, ils demandèrent qufr 
l'on continuât la route du Grand Machiche jusqu'au delà de la pe- 
tite rivière, afin de leur épargner le grand tour qu'ils étaient 
obligés de faire auparavant. La chose était juste et toute natu- 
relle, • lie leur fut accordée sans la moindre hésitation. Mais voilà 
que les propriétaires du terrain que cette route devait couper 
s'avisèrent de faiie de l'opposition. M. Louis Gélinas eut l'idée 
originale daller planter un verger précisément à l'endroit oîi le- 
chemin devait passer ; et quand des hommes se présentèrent 
pour travailler, il leur fit solennellement défense de toucher à son 
verger. 

Le verger de M. Lonis Gélinas était composé de grands ar- 
bres, arrachés sans beaucoup de soins, et ne porta ni feuilles ni 
fruits. 

Il était dans le caractère de nos pères de chanter à propos 
de tout et à propos de rien. Le nouveau verger, avec ses bran- 



•64 HISTOIRE D'TAMAOniCHE 

ches sèches et nues, excita la verve d'un Béran<jer populaire qui 
'fit bel et bien une longue chanson, paroles et musique, à l'adresse 
du père C-félinas. Pauvre Bezote (Gélinas), y était-il dit : 

Pauvre Bezote, 

Ton verger n'a pas pris raiine, 
C'est là ce qui te chapririe, 
Pauvre Bezote ! 

Mais le sous-voyer donna ordre d'ouvrir la route, et M. Louis 
■Gélinas, comme nous l'avons dit, alla l'aire solennellement défense 
de toucher à son verger. Un gaillard qui tranchait les branches 
sèches avec beaucoup d'ardeur, lui disait, tout en le lorgnant du 
•coin de l'œil : père Bezote, je vous conseille de ne pas approcher, 
■car il pourrait vous arriver malheur. Je puis tuer un homme, 
moi, pour obéir à mou sous-voyer. 

L'ouvrage se fit sans autres difficultés (1). 

Le Répectoire du Clergé ne donne presque rien de précis sur 
l'abbé Kimber ; voici ce que nous avons pu recueillir sur la car» 
TÏère de ce digne ecclésiastique. 

Nommé vicaire à St-Ours le Y octobi-e 1781, quelques jours 
**ulemont après son ordination, il y resta jusqu'au 30 septembre 
1782. Il fut alors nommé curé de Contrecœur et desservit cette 
paroisse jusqu'à l'automne de 1788, époque où il fut appelé à Ya- 
anachiche. 

En 1802 il fut envoyé à Verchères et y demeura comme cu- 
ré jusqu'en 1823. Il se letira alors du ministère, et continua à 
•demeurer à Verchères où il mourut le 19 janvier 1832, à l'âge de 
'73 ans. Son corps repose dans l'église de cette paroisse. 

M, Charles Eeu3-er fut le successeur immédiat de M. Kimber. 
M. Ecuyer (il signait Ecuier) était un des plus forts musiciens 



(1). En 1812, lors du passage, à Yamacliiche, du gouverneur Prévost, 
Pierre Hubert (grand père de M. Narcisse Hubert, de Nicolet) et Joseph Po- 
thier, mon giand père maternel, après un procès célèbre, se sont hâtés de 
faire ouvrir le chemin, depuis la route ù Bezote jusqu'au village actuel. 
Dans la nuit qui précéda l'arrivée du gouverneur, il plantèrent un poteau 
-avec une tnain pour indiquer la nouvelle route aux distingués p«rsonnages. 
Ils passsèrent la nuit, tous deux, ù veiller pour empêcher leurs aiversaires 
de nuire à leurs projets Cet Hubert était le gendre de M. José Carbonneau 
(grand-père de M. Joseph Carbonneau) qui a fourni le terrain où se trouve 
l'église actuelle. Ce José Carbonneau était l'onde de M. François Carbon- 
■neau, père de M. Jules Carbonneau. (Xote de M. F. L. De»aulnierfi.) 



HISTOIRE d'yAMACKICUE 65- 

de son temps ; il savait exécuter la musique et composait lui-mê- 
me au besoin. Il a laissé un Sanctus, un Magnificat et plusieurs 
motets qui ont certainement du mérite, et qui ont été fort admi- 
rés à leur apparition. 

M. Ecuyer était un homme gros et fort, au teint hâlé, à la 
figure un peu rébarbative. Ceux qui l'ont bien connu s'accordent 
à dire qu'on ne devinait pas le musicien sous sa rude enveloppe.. 
Ce n'était pas un orateur, mais il semble que cette qualité ne lui 
était pas aussi nécessaire qu'à bien d'autres. Il prêchait sa pa- 
roisse au moyen d'un chœur magnifique qu'il avait lui-même for- 
mé. 

Le chant de l'église n'est-il pas une prédication ? Et dans 
cette paroisse tant affligée naguère par les divisions, la prédica- 
tion de la musique religieuse n'était-elle pas la plus rationelle et 
la plus efficace ? L'harmonie de la musique devenait l'emblème 
d'une harmonie plus douce encore qui s'établissait entre les in- 
telligences, et surtout entre le pasteur et ses ouailles. 

M. Ecuyer naquit à Montréal le 20 novembre 1758, du ma- 
riage de Jean Ecuj^er et de Josephte Simer, et fut ordenné prêtre 
le 5 avril 1783. D'abord vicaire à la cure de Montréal, il s'agré- 
gea au Séminaire de St-Sulpice le 21 octobre 1788, mais sortit 
do cette communauté dès le 18 septembre 1790. 

Il fut nommé curé de la Pointe-Claire le 11 octobre de la 
même année, et demeura dans cette paroisse jusqu'au 29 septem- 
bre 1793. Il fut alors nommé à la Repontigny, et y résida depuis 
le 12 octobre 1793 jusqu'au 22 octobre 1802, époque où il vint 
prendre la direction de la cure d'Yamachiche. Il mourut le 29 
mai 1820 après 19 ans d'une adnainistration des plus heureuses. 
Il avait rencontré bien des épreuves à la Pointe-Claire et à la 
Eepeniigny, et Dieu lui ménageait une carrière de bénédiction 
précisément dans cette paroisse d'où la paix avait semblé bannie 
pour toujours. Il repose dans le choeur de l'église d'Yamachi- 
che, et la population garde encore un précieux sonvenir de ses 
vertus de prêtre. 

i Dans une brochure récemment publiée, M. Frs. L. Desaul- 
niers parle ainsi de M. Ecuyer : " Il eut la gloire d'avoir été le 
" protecteur de feu M. l'abbé Jean Holmes dont la réputation 
" d'orateur et de savant est universellement reconnue. Ayant vu 
" le jeune Holmes chez un M, Burroughs, instituteur aux Trois- 



"66 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

" Rivières, M. Ecuyer le prit sous sa pi-otection, l'amena avec 
•' lai à Yamachichc, le convertit au catholicitime et le baptisa, 
'' continua son éducation et l'envoya au Séminaire de Nicolet dont 
" il devint l'une des plus «grandes gloiree;. M. Ecuyer élait doué 

"de beaucoup de talents pour la musique En 1812, 

■" lors du passage, à Yanachiche, du gouverneur Prévost qui se 
" rendait à Sorel pour rencontrej les troupes américaines, M. 
" Ecayer composa une pièce de vers qu'il mit lui-même en rausi- 
"que. Nous en citerons la première strophe : 

Prévost le magnanime 
Qui captive nog cœurs 
Fera pusillanime 
La troupe d'agresseurs : 
Son courage intrépide 
Nous rendra tous vaillants ; 
Toujours, sous un tel guide, 
Nous serons triomphants ! 

Les deux jeunes gens qui chantèrent cette chanson au gou- 
verneur, sont MM. François et Augustin Carbonneau, chan- 
tres très i-enommés qui viennent de disparaître. 

Quand M. Ecuyer mourut, on était en pleine paix. M. 
Amyot, qui était alors vicaire, continua à desservir tranquille- 
ment la paroisse jusqu'en novembre 1820, époque où arriva un 
nouveau curé. Ce nouveau curé, pour la gloire d'Yamachiche, 
n'était autre que Mgr Joseph Norbert Provencher, évêque de 
-Juliopolis en Galatie. Il avait été nommé à Rome dès le 1er fé- 
vrier 1820, mais à raison de difficultés considérables, et que nous 
connaissons bien imparfaitement, il ne put être sacré que deux 
ans plus tard. C'est pendant ces deux années qu'il vint comme 
curé à Yamachiche. 

Mgr Provencher était, avec Mgr Cooke, l'un des élèves du 
premier cours du séminaire de Nicolet, Né dans la paroisse de ce 
nom le 12 février 1787, il fut ordonné le 21 décembre 1811. 

11 avait commencé ses étude au Collège St-Raphaël à Mon- 
tréal ; mais l'incendie de cet établissement le fit revenir à Nicolet^ 

Il fut tonsuré par Mgr Plessis, dans la Cathédrale de Qué- 
bec, le 5 octobre 1808. En 1809 il professait la Méthode au Sé- 
minaire de Québec, selon le système de L'Homond. En 1810- 
811, il était professeurde Belles-Lettres. Au 20 novembre 1811, 



HISTOIRE D'yAMACHICHE 67 

on voit qu'il était malade à l'Hôpital Général de Québec, où il 
demeura jusqu'au 10 décembre. Onze jours après sa sortie de 
l'hôpital, il était fait prêtre, bien que sa santé ne fut pas parfai- 
temeut rétablie. Il fut nommé vicaire à Québec même, et y ex- 
erça le saint ministère jusqu'au 17 septembre 1812. 

Nous avons eu beaucoup de peine à nous procurer des ren- 
seignements exacts sur cette première partie de la vie de Mgr 
Provencher ; sa belle carrière apostolique ayant absorbé toute 
l'attention, on avait mis en oubli ses premiers essais dans le saint 
ministère. Nous sommes vraiment heureux de diï*e que nos re- 
cherches ont été couronnées de succès. Mgr Plessis destinait son 
nouveau prêtre aux missions de l'Ouest, aussi semble-t-il avoir 
voulu l'accoutumer à la vie de missionnaire en le changeant fré- 
quemment de paroisse. 

Le 19 octobre 1812, il est envoyé vicaire à Vaudreuil, et y 
•demeure jusqu'au 11 octobre 1813. Au 5 octobre de cette année 
on lui offre d'opter entre la cure de Eimouski et le vicariat de St- 
Oharles, Rivière Chambly, en attendant qu'on puisse le nommer 
curé des Grondines ; mais il n'occupe ni l'une ni l'autre de ces 
deux positions, et le 6 novembre 1813 il est installé vicaire à 
Deschambault. 

" En partant de Québec pour se rendre à Desehambault, dit 
*' M. l'abbé Dugast, il subit un accident qui aurait pu lui être 
^' fatal, mais qui heureusement eut un résultat favorable. Il s'é- 
*' tait mis en route de bon matin, par des chemins très mauvais, 
" avec un compagnon d'un poids plus qu'ordinaire. Lorsqu'ils 
*' passaient vis-à-vis de l'Hôpital Général, la voiture versa dans un 
" fossé, et Monsieur Provencher faillit être écrasé par son compa- 
" gnon, qui tomba sur lui. Quand il se releva, il sentit qu'il ne 
*' pouvait pas continuer son voyage, et il se fit transporter à l'hô- 
" pital, à quelques pas de là. Heureusement il n'avait reçu au- 
" cune blessure grave, et il en fut quitte pour passer huit jours à 
" l'hôpital. Chose étonnante, cette chute causa dans toute sa 
" constitution, une révolution salutaire ; car à partir de ce mo- 
" ment, il devint fort et robuste. Il a dit souvent, dans la suite, 
" que c'était cet accident qui avait amené le rétablissement de sa 
*' santé. 

Le 9 mars 1814, il signe aux registres des Grondines com- 
me curé de cette paroisse, mais il continue en même temps à ex- 



68 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

ercer les fonctions de vicaire à I>eschambault. Le vingt-sept sep- 
tembre, Mgr de Québec le nommait curé de la Pointe-Claire et 
de Ste-Anne du Bout de l'Ile. Il exerça les fonctions curiales à 
la Pointe-Claire jusqu'au 6 octobre 1816, et fut alors nommé à« 
la cure de Kamouraska. 

Il gouverna cette paroisse avec un succès remarquable de- 
puis le 26 octobre 1816 jusqu'en avril 1818. (1) 

Il partit alors pour la Eivière Rouge dont il fat le premier 
missionnaire avec Mr Dumoulin. Il avait le titre de vicaire géné- 
ral. Ayant été nommé à Rome le 1er février 1820 évêque de 
Juliopolis en Galatio, suffragant et auxiliaire de l'évêque de Qué- 
bec et vicaire apostolique pour le district du Nord-Ouest, il fut 
sacré sous ce titre par Mgr J. O. Plessis, le 12 mai 1822, dans 
l'église paroissiale des Trois-Rivières. En 1847 il prit possession 
du siège épiscopal de St-Boniface de la Rivière-Rouge. Il y mou- 
rut le 7 Juin 1853, âgé de 66 ans, et fut inhumé dans sa cathé- 
drale. (2). 

Il y a I lusieurs portraits ae Mgr Provencher, mais on dit 
qu'ils ne reproduisent pas fidèlement les traits de son visage, ni^ 
encore moins, sa stature colossale et imposante. 

On se souvient, à Yamachiche, qu'il racontait avec beau- 
coup d'intérêt les détails d'un voyage qu'il avait fait à Rome. 

En général, on l'estimait beaucoup comme curé, et si les ha- 
bitants ne se sont pas attachés à lui d'une manière, plus forte 
encore, c'est qu'ils ont toujours senti qu'il n'était à Yamachiche 
qu'en passant, 

Mgr Provencher a trouvé un biographe, et il l'a trouvé, 
comme il fallait, parmi les missionnaires de la Rivière-Rouge. 
M. l'abbé G. Dugast a écrit de belles pages sur sa vie d'évêque 
missionnaire. L'histoirien nous a dit avec bonheur qu'il avait 
une véritable âme d'apôtre, un zèle qui ne connaissait pas de 
bornes, un peu de bonhomie, mais un jugement sûr et droit, une 
granf^e humilité, une piété angélique. 



(1) Mgr Provencher fut nommé curé de St Jean Baptiste de Rouville 
le 9 fév. 1814, mais sa nomination fut sans doute révoquée, car il n'occupa 
jamais ce poste. 

(2) Répectoire général du Clergé Canadien, page 10. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE Q^ 

M. Pierre Viau succéda à Mgr Provencher dans la desserte 
d'Yamachiche. M. Viau naquit à St-François-Régis de Montréal 
le 24 juillet 1784, du mariage de Pierre Viau et de Marie Josephte 
Barret. Il fut ordonné le 3 décembre 1809, et devint plus tard 
vicaire général du diocèse de Montréal. Sa carrière de prêtre fut 
un véritable pèlerinage : 1809, vicaire à Vaudreuil ; 1810, vicaire 
à Québec ; 1812, curé du Cap-St-Ignace et de l'Ile-aux-Grues ^ 
1818, directeur du Séminaire de Québec; 1820, curé de StNico 
las ; 1822, curé d'Yamachiche ; 1825, curé de St-Pierre et de St- 
François de la Rivière du Sud ; 1826, curé de la Rivière- Quelle ; 
1835, à l'évêché de Montréal ; 1836, curé de St-Sulpice. Il mou- 
rut à l'hospice St-Joseph de Montréal le 13 juin 1849, à l'âge de 
61 ans, et fut enterré dans la Cathédrale. M. Viau ne demeura 
que trois ans à Yamachiche ; il y a laissé peu de souvenirs, soit à 
cause de son caractère paisible et du calme qui régnait dans la 
paroisse, soit à cause du peu de temps que dura son administration^ 




CHAPITRE VIII. 



M. Tabbé J. S. N. Dumoulin. 



U mois d'octobre 1825, M. Joseph Sévère Nicolas 
Dumoulin venait prendre possesîsion de la cure d'Ya- 
machiche. 

Nous voici en face du plus populaire de tous les 
curés d'Yumiichiche que nous avons passés en revue. 
C'était un homme au jugement sûr, à la parole évan- 
gélique, au caractère merveilleusement trempé. Il était gai, enjoué 
même, mais la sainteté se lisait sur sa figure. 

Homme de goût et de science, missionnaire et apôtre, il don- 
na un éclat inaccoutumé aux cérémonies de l'église dans sa pa- 
roisse, attaqua le vice sans ménagements, et ne recula jamais 
quand il s'agit de mettre une sanction aux règles qu'il avait po- 
sées pour le bien des âmes. 

Heureuses les paroisses auxquelles Dieu a donné de sembla- 
bles pasteurs ; elles ne craindront rien dans les mauvais jours où 
l'erreur deviendra victorieuse. 

Monsieur Dumoulin naquit à Ste-Anne du Bout de l'Ile de 
Montréal, le 5 décembre 1793, dans une jolie maison en pierre 
qui se trouve à quelques arpents en bas de l'église, et qui est au- 
jourd'hui la propriété de Gabriel Christie Tunstall, Ecr. Il passa 
ses années d'adolescence à St-Zephjrin de Courval où son père 
était seigneur, fit ses études au Séminaire de Nicolet, et fut or- 
donné le 23 février 1817. 



HISTOIRE D'tAMACKIGHE 71 

Après avoir élé pendant une année vicaire dans la ville de 
Québec, il partit avec Mgr Provencher pour aller ouvrir les pre- 
mières missions de la Rivière Rouge. 

Ah ! si les premiers missionnaires du Canada ne nous avaient 
accoutumés à des actes d'héroïsme audessus des forces de la natu- 
re, si notre religion elle-même n'était toute d'amour et de dé- 
vouement, nous ne saurions comment exprimer notre admiration 
en voyant partir ces jeunes prêtres pour leur mission lointaine 
et périlleuse. Mais le sacrifice a toujours son prix dans le royau- 
me du père céleste. Que Dieu bénisse votre voyage, braves pion- 
niers de la foi, dans les régions presque inconnues du Nord-Ouest ! 
C'est bien de vous que l'on peut dire que vos pieds sont beaux, au 
moment où vous allez annoncer la bonne nouvelle sur les plages 
abandonnées de la Rivière Rouge et de la Saskatchewane. 

Ils demeurèrent seuls à leur labeur pendant deux années, 
puis, en 1820, un nouvel ange de paix vint sourire aux tribus 
sauvages du Nord-Ouest : c'était M, Th. Destroismaisons. Nous 
ne pouvons malheureusement donner aucun détail à nos lecteurs 
sur l'opostolat de Messieurs Provencher et Dumoulin, cela nous 
lentraînerait trop loin. Chacun pourra y suppléer par l'imagina 
tion, et bénir Dieu d'avoir mis tant de vertus dans le sacerdoce 
catnolique. En 1824 M. Dumoulin était revenu de la Rivière- 
Rouge, et exerçait le saint ministère à St-François de la Rivière 
du sud. (1) En 1825 il était curé d'Yamachiche où il arriva le 31 
octobi'e. 

Nous avons déjà dit avec quelle fermeté il dirigeait sa pa- 
roisse. On comprit dès le commencement quelle était sa manière 
de procéder, et chacun s'en trouva content. 

Dès l'année qui suivit son arrivée à Yamachiche, une ère de 
grâce s'ouvrit pour la chrétienté : le pape accorda l'indulgence du 
jubilé à tout l'univers catholique. 

M. Dumoulin commença les pieux exercices ^du jubilé le 8 
de juillet 1827, fête de la Dédicace, et les continua pendant quin- 
ze jours. Le 22, après avoir vu sa paroisse entière puiser à plei- 
nes mains dans les trésors do la miséricorde de Dieu, il termina 
ces exercices si fructueux par la plantation d'une croix commé- 



(1 ) C'est de là qu'il écrivit la lettre importante citée sur le No. 2 d« 
Foyer Domestique, 1er volume, à la page 75. 



72 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

morativc. Une foule évaluée à trois mille personnes assistait à la. 
cérémonie, et M. Dumoulin donna lui-même le sermon de circons- 
tance. 

Pendant ces jours de grâces, plus qu'en aucun autre temps, 
M. Dumoulin put s'apercevoir que la panasse était devenue ex- 
trêmement populeuse, et qu'il fallait absolument songei à la di- 
viser. Beaucoup d'habitants, d'ailleurs, avaient une distance 
énorme à paicourir pour venir aux offices de l'église, et deman- 
daient un prêtre plus près d'eux. Ou se mit donc à l'œuvre, et Ifr 
2 novembre 1828 il lisait, du haut de la chaire, U\ décret de l'é- 
voque de Québec par lequel les rangs St-Joseph, Bellechasse et 
Pique-dur étaient détachés de Ste-Anne d'Yamachiche pour for- 
mer une nouvelle paroisse du nom de St-Bamabé. 

La place de l'église fut marquée en 1829, et la première pier- 
re bénite en octobre 1830 par le grand vicaire Cadieux. Mais les 
choses ne se firent pas d'une manière aussi facile et aussi simple 
qu'on aurait pu l'espérer ; il y eut opposition et à la fin établisse- 
ment de deux paroisses au lieu d'une, savoir St-Barhabé et St-Sé- 
vère, cette dernière nommée ainsi par reconnaissance pour M. 
Dumoulin lui-même. 

8t-Baruabé fut érigé civilement par proclamation de son Ex- 
cellence Mathow lord Aylmer (datée à Québec du 13 janvier 1835), 
et les limites en furent ainsi fixées : 

"La dite paroisse devra comprendre la concession double ap- 
pelée St- Joseph, dans le fief Gatineau, le village Boui nival situé 
dans le même fief, et les premier, second et troisième rangs du 
tewuship de Caxton, dans l'augmentation d'icelui, connue sous 
le nom de fief Frederick, le tout comprenant une étendue de terri- 
toire d'environ huit milles de front sur environ cinq de profon- 
deur. ' r 

La paroisse de St-Sévère fut érigée par un décret canonique 
daté du 23 janvier 1850. 

St-Barnabé forme aujourd'hui une grande et riche paroisse,, 
avec une belle église, un beau presbytère et un village assez con- 
sidérable. St-Sévère étant beaucoup plus petit, marche nécessai- 
rement moins vite dans la voie du progrès ; mais ces deux filles 
d'Yamachiche ont réellement accompli toutes deux des choses 
admirables. 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 73 

M. Dumoulin, étant tout rempli de zèle pour la maison de 
Dieu, avait trouvé, à son arrivée à Yamachiche, que la beauté de 
l'église ne répondait pas aux richesses de la paroisse. Il ne brus- 
qua rien cependant. Il savait que les habitants de la Petite-Ei- 
vière avaient bâti cette église seuls, et trouvait bien, comme tout 
le monde, que cela était prodigieux ; mais, maintenant que toute 
la paroisse était réunie en bon accord, il fallait en profiter pour 
offrir au bon Dieu quelque chose de plus riche. Les esprits se 
trouvaient bien préparés au mois d'octobre 1833, et, dans une 
Assemblée, on donnait unanimement une entreprise de 30,000 
piastres à Alesis Milette, architecte de la paroiï'se, pour qu'il fît 
à l'église des réparutions qui lui donnassent un nouvel aspect. 

Deux tours furent élevées en 1831. 

Quant à lu statue en bois doré qui avait été placée entre les 
deux tours, voici ce qu'on lit à son sujet dans les manuscrits de 
feu le colonel P. J. Héroux : 

*' La belle statue sur le portique de l'église de Machichea été 
élevée et posée en l'honneur de la bonne Ste Anne samedi 14e 
jour du mois de juillet 1832, après une grande messe chantée en 
son honneur. Les litanies ont été chantées avant la bénédiction et 
répétées après la bénédiction pendant que les assistants au nom- 
bre de 140 personnes aux environs allaient tour à tour lui baiser 
les pieds, et à son élévation partant de terre, il a été chanté avec 
allégresse Sancta Anna trois fois répété, et elle a été montée et 
posée à sa place avec facilité." 

Cette statue avait été travaillée à Québec. ,Oii la voit encore 
aujourd'hui dans le cimetière d'Yamachiche. Le temps lui avait 
fait beaucoup de dommages et la piété des pèlerins était venue 
hâter sa destruction, chacun d'entre e'ix tenant par dévotion à en 
emporter quelques parcelles, comme souvenir de pèlerinage; mais 
dans l'hiver de 1876-1877 elle fut entièrement réparée par les 
Mrs Héroux, constructeurs de la présente église d'Yamachiche, 
«telle est maintenant placée sous un beau pavillon surmonté 
■d'un serpent d'airain. 

L'année 1837 fut une année de disette extraordinaire au 
Canada. La récolte aj-ant manqué, le nombre de pauvres néces- 
siteux s'éleva dans la paroisse d'Yamachiche, au chiffe exorbitant 
■de trois cents personnes. M. Dumoulin fit appel à la charité 
publique, prodigua lui même les aumônes, et parvint ainsi à 
soulager les plus grandes misères, pendant la saison rigoureuse. 



74 HISTOIRE D'TAMACHICHE 

Ed l'année 1844, Mr le grand vicaire Hudon du diocèse de 
Montréal entrepcnant le voyage de Home, M. Dumoulin crul n'a- 
voir rien de mieux à faire que de l'accompagner. Il partit donc 
pour la ville étemelle, M. J. Caron le remplaçant pendant son 
absence. Peu de prêtres alors pouvaient se donner la jouissance 
d'aller visiter le Père de nos âmes, le successeur de S. Pierre sur 
le siège de Rome, et ceux qui avaient ce bonheur étaient un peu 
comme les pèlerins de la Terre-Sainte, dans les jours de foi du 
Moyen-Age, on les entourait d'une vénération particulière. On 
dit qu'il fit ce voyage avec une intelligence ot une piété singrv- 
lière. 

A son passage en Suisse, il voulut faire la connaissance de» 
parents qu'il avait dans ce pays. Il fut étonné alors de se trou- 
ver en face de huguenots chez qui le prêtre n'avait pas coutume 
d'être le bienvenu. On le reçut avec beaucoup de politesse, mais 
un sourire effleurait les lèvres de ces protestants, chaque foi» 
qu'il voulait parler selon ses convictions de prêtre catholique. 

Après le retour de son bon curé, en 1845, le 27 février, la 
paroisse d'Yamachiche put jouir du spectacle d'une cérémonie- 
religieuse telle qu'on n'en avait pas encore vu. 

M. Dumoulin avait demandé à Rome et obtenu les reliques- 
d'une sainte de& Catacombes, sainte Eutychiane, et avait fait exé- 
cuter une représentation en cire de la sainte martyre romaine. 
Ces représentations des saints, de grandeur naturelle, étaient en- 
core inconnues dans le district des Trois-Rivières, et on ne sau- 
rait dire le nombre de visiteurs que cela attira à l'église d'Yama- 
chiche. 

La cérémonie du 27 février eut un plein succès. Douze 
prêtres étaient venus s'unir à M. Dumoulin, et il on était venu mê- 
me du sud du fleuve, malgré le mauvais état de la traverse. La 
nef et les jubés s'emplirent, et comme il restait encore beaucoup 
do monde, on les laissa pénétrer dans le chœur, de manière à no 
laisser qu'un petit espace devant l'autel. La sacristie était plei- 
ne comme l'église. On chanta avec grande pompe une messe 
des Vierges, et après la messe on alla faire la levée des saintes- 
reliques au presbytère. Quatre prêtres les portèrent à l'église 
et les déposèrent d'abord sur le maître-autel. M. le Grand-Vi- 
caire Cooke s'avança alors et fit, en présence du corps de la sain- 
te, un sermon pathétique qui produisit les plus grands effetsv 



HISTOIRE D'tAMACHICHE 7S 

Les précieuses reliques furent ensuite déposées à l'endroit qui leur 
avait été préparé, sous le petit autel du côté de l'évangile. 

Yoici une prière à Ste Eutychiane que nous nous faisons un 
devoir de communiquer à nos lecteurs. 

PRIÈRE A STE EUTYCHIANE, MARTTRE. 

Sainte Eutychiane, qui avez eu le bonheur de mourir pour la. 
religion, daignez écouter les humbles prières que nous vous adres- 
sons en présence de vos saintes reliques. Xous bénissons la di- 
vine Providence qui a permis que votre corps vénérable fût tiré 
des catacombes où il était caché depuis tant de siècles, et envoyé 
dans ce pays, pour y être religieusement honoré. 

Nous nous réjouissons de votre entrée triomphante en cette 
paroisse : et nons sommes heureux de vous voir sous cet autel dé- 
jà si cher à nos cœurs. 

Recevez les hommages dus au glorieux martyre que vous 
avez souffert, et que votre nom soit invoqué avec confiance par 
tous ceux qui viendront y implorer votre secours. 

ilegardez^avec bonté les pieux fidèles qui vous invoquent, et 
bénissez cette paroisse qui met sa gloire à vous posséder. Faites, 
éclater votre puissant crédit auprès de Dieu, et reposez en paix 
au milieu de nous. A vous maintenant de nous protéger , ô glo- 
rieuse martyre, et de nous obtenir la grâce d'imiter votre pati- 
ence, votre courage et vos autres vertus. Ainsi soit-il. 

Notre Père, Je vous salue, Marie Salve virgo- 

sancia Butychiana, sjionsa Jcsus-Christi, ora pro nobis nunc et in 
hom mortisnostrœ. Amen. 

M. Dumoulin aimait à f apper l'imagination du peuple par 
des fêtes brillantes. Dans ce but, il fit achetor, avec les deniers 
de la fîibrique, des instruments de cuivre, afin de former un corps 
de musiciens pour le service de l'église. De plus les jeunes gens de- 
la paroisse formèrent une compagnie militaire sous le commande- 
ment de Frs Kobidas, ancien caporal de 1812, portant la médail- 
le de Chateauguay. Ces jeunes gens vinrent à faire l'exercice 
militaire avec un ensemble parfait, et, dans le< grandes fêtes ils 
assistaient à la messe en uniforme, et arrivaient à l'église carabine 
au bras, et musique en tête. Si l'on ajoute que la paroisse possé- 
dait alors un chœur considérable et des voix de premier ordre, on 
comprendra que les offices de l'église se faisaient à Yamachiche 



76 HISTOIRE d'tamachiche 

avec une grande majesté et un éclat qu'on ne voj'ait nulle part 
ailleurs. Parmi les chantres de ce temps nous croyons devoir 
mentionner les Caron et les Carbonne:iu. Parmi les frères Caron, 
Michel, ci-devant membre du parlement, était regardé comme le 
meilleur chantre. Il possédait une voix douce et puissante à la 
fois. Tout le mondf. remarquait, qu'à la façon des artistes qui 
ne veulent pas exposer leur réputation, il refusait de chanter dès 
qu'il se sentait tant soit peu enrhumé. 

A sa mort, la fabrique paya les frais de son enterrement, 
pour reconnaître les services qu'il avait rendus comme chantre. 

François et Augustin Carbonneau furent formés par M. 
Ecuyer, qui, pour leur apprendre la musique, les gardait, qiuind 
ils étaient enfants, des quinze jours et même des trois semaines 
dans son presbytère. 

Les gens d'Yamachiche étaient fiers de leur pai-oisse, et ils 
avaient raison, car on en parlait de bien loin. Ils aimaient à 
aesi-ter à ses oflSces que l'on prenait tant de soin à préparer. L'œu- 
vre du curé devenait ainsi merveilleusement facile. Quand le peu- 
ple aime à venir à l'église il écoute ce qu'on lui dit, et se laisse 
diriger dans, les sentiers de la toi et des bonnes œuvres. 

Ce fut Mons. Dumoulin, qui lit élever le presbytère actuel, 
superbe édifice de quatre-vingt i)ied8 de longueur, à façade en 
pierres de taille, mais à un seul étage. Cette œuvre compta peu 
dans la vie de M. Dumoulin, car alors une autre œuvre plus im- 
portante le préoccupait. 

Dans la grande paroisse qu'il avait à desservir, il ne se 
ti'ouvait pas de maisons où les enfants pussent recevoir une édu- 
cation supérieure. Il fallait envoyer ces chers enfants, garçons 
ou filles, aux Trois-Rivières, à Xicolet ou à Montréal, de là des 
dépenses que bien peu de familles se trouvaient en état de sup- 
porter. Le vénérable curé se mit donc à l'œuvre, fit donner un 
emplacement par la fabrique et commença, avec l'aide des pa- 
roissiens .une maison en brique, à deux étages, de 80 pieds de long 
sur 40 de large. Avec les mansardes, cet édifice se trouvait à 
donner beaucoup de logement. Quand la construction fut ter- 
minée, il réclama les services des Sœurs de la Congrégation de 
Montréal, pour y faire l'écolo aux petites filles et établir un pen- 
sionnat. 

C'était en l'année 1852. Les vénérables Sœurs de la Çon- 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 77 

grégation ne refusaient pas [de fonder une mission de leur or- 
dre à Yamachiche, mais pour le moment elles se trouvaient à ne 
pouvoir pas disposer du nombre de sœurs nécessaire, elles deman- 
<iaient donc à retarder. 

Alors M. Dumoulin montra d'une manière éclatante de quel 
«sprit de foi il était animé. Sœur N. est malade, dit-il avec assu- 
rance, envoyez- nous-1 a avec les deux sœurs déjà disponibles, sainte 
Anne la guérira, On envoya donc lamaladerà Yamacbiche, et 
•elle fut efftctivement guérie. 

Les Sœurs de la Congrégation commencèrent leurs classes 
:avec un succès qui ne s'est pas ralenti. 

M. Dumoulin avait pourvu à l'éducation des filles dans sa 
paroisse, il fallait songer maintenant à faciliter l'éducation des 
•enfants du sexe masculin. En même temps que le couvent se 
•construisait, on se mit à traiter la question d'élever une école 
pour les garçons, laquelle serait tenue par les Frères de-? Ecoles 
Chrétiennes. Dieu était avec le vénérable curé, et en 1853 les 
Frères prenaient possession d'une maison à deux étages, en brique, 
■de quarante pieds sur trente-six. Dès la même année cette maison 
«e trouvait insuffisante, et on dut l'agrandir en 1854, en lui don- 
nant environ quatre-vingt pieds de face. 

Cette école est fréquentée, aujourd'hui par un très grand 
(nombre d'élèves. 

Voici les noms des directeurs qui y ont pas^é jusqu'à la pré- 
sente année : 1er Fr. Léon, 2ième Fr. Bertram, 3ième Fr. Hyero- 
nimus, 4ième Fr. Célian,-5ième Fr. Sallustian, 6ième Fr. Théo- 
•dulphe, 7ième Fr. Symj)hronieu. 

Cependant Mr. Dumoulin était atteint de la maladie qui le 
conduisit à la tombe. En 1853. il partit pour aller demeurer 
quelque temps chez son trère. Benjamin Dumoulin. Ecr, avocat, 
•aux Trois-Rivières, afin de se mettre sous les soins d'un docteur 
■de l'endroit. Lorsqu'il quitta son presbytère, il eut un pressenti- 
ment que la mort l'attendait aux Trois-Rivières, et, le cœur bien 
gros d'émotions, il dit à ceux qu'il l'accompagnaient : "Je ne re- 
viendrai plus." La paroisse tout entière était attristée de ce départ. 
Un nombre considérable de voitures l'accompagnaient quand il 
alla prendre le bateau ; et tout le monde fondit en larmes lors- 
qu'il fit ses adieux au moment d'embarquer. Dans toutes les fa- 
milles on pria avec ferveur pour le rétablissement de sa santé, 



78 Histoire d'yamachiche 

mais la mort fut impitoyable, et il expira chez son frère le 27 
juillet 1853, à 1 âge de soixante ans. 

On amena son corps dans ce presbytère qu'il avait bâti, au 
sein de cette paroisse où tout prononçait son nom pour le béiir ; 
un cortège immense et merveilleusement recueilli le suivait. Son 
service fut le plus solennel qui eût été chanté dans l'église d'Ya- 
machiche. 

La mémoire de M. Dumouliu est restée en vénération dans^ 
cette paroisse qu'il a desservie pendant si longtemps. Vous trou- 
verez son portrait dans plus d'une famille, et son souvenir est 
gravé dans tous les cœurs. 

M. Dumoulin était chanoine honoraire de la cathédrale de- 
Montréal. 



CHAPITRE IX. 



Administration de M. l'abbé J. H. Dorion. 




,'ABBÉ Dumoulin avait donc quitté cette terre pour 
aller recueillir le prix de ses grandes vertus sacer* 
dotales. Il avait si bien administré la paroisse 
d'Yamachiche, il occupait une si large place dans- 
le cœur de ses paroissiens, que sa succession deve- 
nait périlleuse et difficile. Mais la sainte Provi- 
dence avait son homme tout préparé pour mettre à 
la tête do cette population inconsolable : c'était un missionnaire 
des Cantons de l'Est, M. l'abbé Joseph Hercule Dorion. 

Ce digne ecclésiastique naquit à Sainte- Anne de la Péiade, 
le 13 avril i820, du mariage de Pierre Antoine Dorion et de Gre- 
neviève Bureau. Son père était marchand, et avait fait dans un 
commerce bien dirigé une rapide et jolie fortune. Ayant ensuite 
voulu faire le commerce de bois, ce marchand si heureux connut 
les revers les plus cuisants de la fortune. Dans les deux années- 
consécutives où il voulut se livrer à ce nouveau ci»mmerce, la ri- 
vière Ste-Anne se gonfla d'une manière inaccoutumée, brisa toutes- 
les estacades, et entraîna dans le fleuve St-Lauient les bois qu'il 
avait fait couper. Il arriva ainsi fatalement à une ruine finan- 
cière. M. Antoine Dorion avait neuf enfants, sept garçons et deux 
filles. Quand le malheur vint s'abattre sur son foyer, trois de ses 
fila avaient terminé leurs études classiques, et un quatrième était 
déjà avancé en classes. Parmi les trois qui avaient terminé leurs- 



80 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

•études, se trouvaient l'honorable A. Aimé Doiion, qui a joué un 
rôle si important dans la politique du Canada et qui mourut juge 
de la Cour Suprême, en 1891, et M. l'abbé J. H. Dorion dont 
nous voulons en ce moment esquisser la vie. M. l'abbé Dorion 
tit ses études au Séminaire de Nicolet. C'était un écolier aux 
goûts sérieux, à l'âme sensible et ouverte à toutes les beautés ar- 
tistiques. Il avait un talent particulier pour le dessin, et son pro- 
fesseur, M. Sarony, le crut appelé à briller dans la carrière de 
peintre. Le jeune écolier voulut briller dans la carrière sacerdo- 
tale, c'était beaucoup mieux encore. Il était comme naturelle- 
ment soumis à la règle, et il ne compta que des amis parmi ses 
professeurs et ses condisciples. 

Il fut ordonné prêtre le 12 septembre 1844, et envoyé comme 
vicaire à Kingsey. En 1846, il était nommé missionnaire de 
Drummondville, et devait, de là, desservir les missions environ- 
nantes. 

Quand il était jeune enfant, son père l'avait envoyé au lac 
•de Beauport, dans une école tenue par un ancien militaire, afin 
de lui faii-e apprendre l'anglais. Le régime de cette école n'était 
pas tendre. Les enfants devaient se protéger eux-mêmes, et si 
quelqu'un les molestait, on leur disait tout simplement : défendez- 
vous. Les repas étaient à une heure bien fixe, celui qui ne se 
trouvait pas à l'heure ne recevait pas de reproches, mais il res- 
tait l'estomac vide jusqu'au repas suivant. Personne n'obligeait 
les enfants à étudier, mais quand arrivait la classe, ils devaient 
réciter leurs leçons sans faute. A chaque mot qu'ils manquaient, 
il leur arrivait un bon coup de férule sur les doigts, comme le 
marteau arrive sur le timbre de l'horloge. 

La Providence arrange tout pour notre plus grand bien. A 
•cette rude école du lac de Beauport, M. Dorion apprit denx cho- 
ses qui lui furent très précieuses : il apprit la langue anglaise, et 
il apprit à se suflSre à lui-même en toute circonstance. Sa connais- 
sance de l'anglais lui permit de desservir les Irlandais des Can- 
tons de l'Est, qui ne parlaient que cette langue. L'habitude de 
se suffire à lui-même, lui permit de supporter plus facilement 
cette vie de missionnaire, où le prêtre se trouve privé de tout ce 
qui fait la douceur de la vie, 

M. Dorion accomplit sans bruit et sans ostentation, mais 
avec un dévouement parfait, son œuvre sublime de missionnaire. 



HISTOIRE D'tAMACHICHE 81 

on compterait difficilement ses courses aventureuses à travers les 
bois et les savann^s, ses journées passées à jeun, pour aller au 
fond de quelque canton ignoré, porter les consolations de la Re- 
ligion à un pauvre défricheur, expirant de maladie, de misèi'e et 
de faim. 

Mais une œuvre plus extraordinaire s'offrit au zèle du mis- 
sionnaire. On était en 1847. Les Irlandais arrivaient en grand 
nombre dans notre pays, et ils arrivaient avec le terrible fléau du 
typhus. La Grosse-Ile, où se faisait la quarantaine, était devenue 
une ville, mais c'était la ville des angoisses, des tortures et de la 
mort. M. DorioD reçut de Mgr l'évêque de Québec une lettre qui 
l'invitait à se rendre à la G-rosse-Ile, pour porter secours aux pes- 
tiférés. Il partit immédiatement, comme s'il se fût agi d'une 
mission agréable. 

Arrivé là, il sentit comme tout le monde ce poids de tristes- 
se qui pesait sur l'âme, quund on abordait cette île funeste où la 
mort avait élu domicile. 

D'immenses abris avaient été élevés pour recevoir les émi— 
grés. Quand il pénétra sous ces abris, il se sentit comme pris de 
vertige et il crut tomber à côté des pestiférés qu'il venait secou- 
rir : c'est que l'air était littéralement empesté. Il se remit au 
bout de quelques instants, et commença à parcourir les rangs des 
émigrés, pour les confesser et les absoudre. Le temps que les prê- 
tres employaient à ce ministère était limité par le médecin, et en- 
suite ils avaient ordre de se distraire, de maicher au grand air, 
de faire de la musique, etc. Ils étaient dispensés du. bréviaire. M. 
Dorion fit bravement son temps à la Grosse-Ile, puis il retourna 
tranquillement à sa mission de Drummondville, qui lui paraissait 
maintenant un paradis. Plus heureux que son prédéceseur, M.. 
Eobson, il ne fut pas atteint par le typhus. 

Le 5 octobre 1853, M. Dorion fut nommé curé d'Yamachi- 
che ; c'était une grande faveur pour un prêtre de son âge, car 
Vamachiche avec ses belles institutions et sa population animée 
d'un si bon esprit, était devenu l'une des plus belles paroisses du 
Canada. Il se rendit immédiatement à son poste. 

Les habitants d'Yamachiche ne le connaissaient pas, et 
quand ils le virent arriver, ils furent heureux de trouver sur sa 
figure cet air de dignité et de calme religieux qui sied si bien 
aux ministres de Jésus-Christ. Il avait les cheveux noirs, le teint 



82 HISTOIRE d'yAMACHICHE 

bronzé, le front large, le nez aquilin, les lèvres minces, les traits 
bien accusés. Sa démarche annonçait une âme humble, et peut- 
être un peu de timidité. Ce pasteur allait être le bienvenu dans 
la grande paroisse d'Yamachiche. 11 n'avait pourtant pas le ca- 
ractère jovial, les manières prévenantes de M. Dumoulin. Quand 
un paroissien arrivait au presbytère, il le saluait poliment, mais 
ne lui donnait aucune de ces marques d'affection, dont nos Cana- 
diens 86 montrent très friands. Il traitait volontiers d'affaires, et 
avec un bon sens remarquable, il donnait avec jugement un bon 
conseil à celui qui en avait besoin ; mais quand on avait fini de 
parler d'affaires, il était bon de se retirer. Si on s'obstinait à rester, 
le bon curé paraissait visiblement embarrassé et la conversation 
languissait péniblement. 11 se montra toujours d'une extrême 
réserve avec ses paroissiens ; les paroissiens, de leur côté, ne se 
familiarisèrent jamais avec lui. Tout cola, sans doute, n'était pas 
propre à amener de grandes expansions d'amour de la part de ses 
ouailles, mais cela fit que tout le monde vint à l'estimer du plus 
profond du cœur Ce que l'on aimait chez lui, c'est qu'il se mon- 
trait toujours prêtre ; c'est qu'il était d'une régularité admirable ; 
c'est qu'il avait une douceur et une patience qui firent qu'après 
trente-six ans d'administration, aucun paroissien ne lui avait ja- 
mais entendu dire une parole de colère, ni môme une parole déso- 
bligeante. M. Dorion conserva tout ce que son prédécesseur avait 
créé, et il dirigea sagement la grande paroisse d'Yamachiche, au 
milieu d'une paix inaltérable. 

Ce digne ecclésiastique sortait peu de son presbj'tère. Pour 
se donner de l'exercice, il avait établi dans un coin de sa maison 
une petite boutique de menuiserie, et chaq^ue jour il allait y tra- 
vailler le bois pendant quelques heures. On a dit que dans ces 
heures de récréation, il travaillait à une machine qui devait don- 
ner le mouvement perpétuel. Comme ce mouvement perpétuel est 
une impossibilité, nous aimons mieux dire que par son travail 
solitaire, il voulait construire une machine qui donnât le plasde 
mouvement possible, à la suite d'une impulsion donnée. Quoiqu'il 
en soit, ce travail n'eut jamais d'autre résultat que de donner à 
celui qui s'y livrait une^ récréation salutaire. 

Un temps arrivait cependant, ou le travail de menuiserie se- 
rait abandonné. Une œuvre importante allait occuper tout le 
temps de ce digne prêtre, sans excepter le temps de la récréa- 
tion. 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 83 

L'église d'Yamachiche, construite dans les circonstances que 
l'on sait, n'avait jjas été construite d'une manière bien durable, 
aussi fallait-il songer à la remplacer dans un avenir prochain. 
M. Dorion consulta un grand nombre de paro'ssiens, et il vit 
qu'on admettait généralement la nécessité de re*:âtir. Il constata 
de plus que tous voulaient pour la paroisse d'Yamachiche un 
vaste et beau temple. Il se mit donc a étudier l'architecture, et 
comme il était très habile dans le dessin, il fit lui-même tous les 
plans de la nouvelle construction. 

Quand il eut ainsi fixé tous les détails avec maturité, il com- 
mença toutes les formalités nécessaires, et voilà que la paroisse 
d'Yamachiche reprenait la tradition des temps du père Augustin : 
il ne rencontra pas d'opposition. Il y eut une autre chose bien 
agréable au curé et aux paroissiens : dans le village d'Yamachi- 
che on trouvait deux architectes très habiles et très honnêtes 
MM. Georges et Joseph Héroux ; ces deux citoyens distingués 
entreprir. nt la construction du nouveau temple, et tout marcha 
ainsi au milieu de la satisfaction générale. 

L'église d'Yamachiche est l'œuvre du cœur de M. l'abbé 
Dorion ; c'est le monument qu'il a voulu laisser après lui pour 
perpétuer sa mémoire. Il est donc convenable que nous en par- 
lions avec plus de détail ; mais pour cela, qu'avons-nous de mieux 
à faire q^ue d'emprunter la voix du digne curé lui-même ? Eedou- 
bleavotre bienveillante attention, amis lecteurs ; dans l'article 
suivant, c'est M. Dorion lui-même qui vous parle de l'œuvre de 
sa vie. 

NOTICE SUR L'EGLISE PAEOISSIALE DE STE-ANNE 
D'YAMACHICHE. 

Depuis le commencement de l'année mil huit cent soixaato- 
et-treize, le voyageur qui passe par Yamachiche, ne peut s'empê- 
cher de remarquer et même d'amirer l'église de cette paroisse. De 
fait, le plan adopté pour la construction de cet édifice, est entière- 
ment nouveau dans les campagnes du Canada. Il rappelle les 
belles églises, surmontées d'un dôme, qui se voient en si grand 
nombre à Rome ; à commencer par celle de St-Pierre, la premiè- 
re du monde entier, par ses dimensions et ses proportions gran- 
dioses. 



84 HISTOIRE d'YAMACHICHB 

La paroisse d'Yamachiche possède deux couvents de femmes^ 
uiiî écol3 tonai p ir les Frère* de* Ecoles Chrétieanos. Il 
fallait à chacune de ces institutions, ainsi qu'aux paroissiens un» 
place convenable dans l'église, pour assister aux offices publics. 
De plus, l'eraplaceoient qu'elle devait occuper étant très restreint^ 
il devenait très difficile de lui donner le« proportions convenables. 
C'est pour satisfaire à ces exigences, et non précisément pour imi- 
ter ce qui s'était f:iit ailleurs, que ce plan a été adopté. Il est dû. 
au travail du fvévéreui J. H. Dorion, archiprêtre et curé de la 
paroisse, qui l'a dressé, et dans son ensemble et dans ses détails. 

Ce qui nous engage à publier cette notice, ee n'est pas seule- 
ment le désir d'attirer l'attention sur cet édifice remarquable, à- 
plus d'un titre; mais c'est que ce sanctuaire étant devenu un lieu 
de pèlerinage, nous sentons que nons satisferons par là, un désir 
légitime des pèlerins, qui aimeront à connaître le détail de tout 
ce qui le concerne, et à répandre ensuite ces connaissances, pui- 
sées à une source autorisée. Les paroissiens d'Yamachiche aime- 
ront aussi à transmettre à la prochaine génération eet écrit qui 
les intéresse plus particulièrement, et qui redira les sacrificee qu'ils 
se seront généreusement imi^osés pour construire cette nouvelle 
église paroissiale. En tout cela nous sentons que nous contribuons 
à une bonne œuvre. 

CONSTRUCTION DE L'eGLISE. 

Durant l'hiver de mil huit cent soixante-et-huit Monsieur le 
Curé proposait à ses paroissiens, dans une assemblée publique, de 
construire une église neuve pour remplacer l'ancienne, qui de- 
mandait des réparations très considérables, et était devenue trop 
petite pour la population. Cette j^roposition reçut l'approbation 
unanime des paroissiens présents à l'assemblée. Dès ce moment 
il fallut s'occuper des formalités, longues et ennuyeuses, prescri- 
tes par la loi pour parvenir au but ; la construction d'une église 
digne de ce nom, et qui serait en rapport avec les besoins et les 
ressources des paroissiens. 

Ce ne fut que durant l'été de mil huit cent soixante-et-dix 
que les fondations purent être jetées. A la fin de l'année mil huit 
cent soixante-etonze les murs, à l'exception de ceux des pignons, 
étaient complétés. Enfin, le dix-neuf janvier mil huit cent soi- 
xante-et-treize, les travaux de l'extérieur étant' achevés, l'église 
fut bénite et livrée au culte : et les paroissiens étaient heureux 



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HISTOIRE d'yAMACHICHE 85- 

de jouir de ce nouveau temple, qui promettait d'être lorsqu'il se- 
rait fini, l'un des beaux monuments religieu'x du Canada. Le 
coût des travaux faits jusque là, avec les dépenses pour s'installer 
dans la nouvelle église s'élevèrent à environ trente six mille pias- 
tres. Vers la fin de l'année mil huit cent soixante-et-dix-huit, une 
partie des travaux de l'intérieur fut faite sous l'habile direction, 
de Me sieurs Joseph et Creorge Héroux, entrepreneurs d'église. 
Enfin, le vinge-quatre juin mil huit cent soixante-et-dix-neuf ces 
mêmes entrepreneurs passaient un nouveau marché avec Messieurs 
les Syndics de la paroisse pour le complet parachèvement de l'é- 
glise. (1) Les travaux furent poussés avec vigueur et livrés huit, 
mois avant le temps fixé par le contrat. Les travaux de l'exté- 
rieur avaient été faits par ces mêmes constructeurs. 

L'exécution des peintures de la coupole principale et des 
pendentifs fut confiée à Monsieur Louis Cùppello, artiste italien^ 
né à Turin et fixé à Montréal depuis cinq ans. Ces peintures sont 
à l'encaustique. Comme les Messieurs Héroux, il a exécuté son 
entreprise non seulement de manière à donner satisfaction aux 
intéressés, mais aussi à établir sa réputation comme artiste. 

Le coût dos travaux de l'intérieur s'élève à peu près à vingt - 
deux mille piastres. 

DESCRIPTION DE L'EQLISE. 

Extérieur. 

L'architecture grecque a prêté ses proportions si minutieu- 
sement déterminées par les maîtres de l'art, ses contours gracieux, 
ses moulures fines et délicates, ses formes classiques, en un mot,. 
à cette construction. 

Le plan général de l'édifice représente une croix, C3 qui se 
voit surtout par l'arête du comble. Il devient difficile d'en don 
ner les dimensions axactes, à raison de sa forme particulière. 
Pour en avoir un idée, que l'on suppose un carré, placé horizon- 



(I) Neuf syndics avaient été chargés de conduire les travaux de l'exté- 
rieur, et neuf le furent, des travaux de l'intérieur. Les premiers, élus le deux 
novembre 1868, fuient les Sieurs Barthélemi Caron, Elle Héroux, François 
Gerin Lajoie, François Lefebvre Villemure, Joseph Bellemare, remplacé par 
Clément Bellemare, Frédéric Bellemare, Thomas Meunier, Edouard Lesieur 
Desanlniers et Hypolyte Marcotte ; les autres élus le dix avril 1878, furent 
les Sieurs Edouard Lesieur Desaulniers, Joseph Panneton Odilon Bellemare, 
Moise Lamy, John Stanton, Michel Biais, Olivier Lefevre Villemure, Maxime 
Bellemare et Augustin Garceau. 



SC) HISTOIRE D YAMACHICHE 

talemcnt, de quatre-vingt-six pieds de côté, qui soit cemme le œi- 
liea de l'édifife ; qu'à ce carré se rattache un avant-corps de qua- 
rante neuf pieds sur quarante neuf, en }' comprenant le portique j 
qu'au côté opposé se rattache aussi un corps de bâtiment de même 
largeur par cinquante trois pieds en longueur, renfermant le 
chœur et la sacristie. Celle-ci liC mesure que vingt-deux pieds 
sur quarante-neuf : de sorte que, du chevet à Textérieur du por- 
tique l'église mesure cent soixante-et-six pieds, et quatre-vingt- 
six d'une extrémité à l'autre du transept. Nous avons là le plan 
géométral. Le toit de la sacristie est moins élevé que celui de 
Péglise, et supporte, à son extrémité Sud, une beffroi où se trouvent 
actuellement quatre clocher. Les murs ont trente-huit pieds en 
hauteur. Les quatre pignons qui terminent les extrémités de la 
■croix atteignent soixante-et-trois pieds. 

Des espèces de clochetOBS, au nombre de quatre, équidistants 
du centre de l'édifice, aident à briser la monotonie que crée natu- 
rellement un toit qui couvre une superficie carrée de quatre-vingt- 
six pieds. Au milieu s'élève un dôme d'une grande élégance et 
aux proportions les mieux arrêtées. Ses seize croisées versent 
avec profusion la lumière à l'intérieur de l'église. Le corps du 
bâtiment a aussi ses croisées, qu'il a fallu assombrir pour donner 
plus d'effet à la lumière du dôme. 

Le portail et tous les angle.", soit saillants soit rentrants, de 
la maçonnerie sont en pierre de taille, de même que les petits 
portiques : le reste des murs est en maçonnerie commune. 

Le portique principal projette de seize pieds en dehors de la 
façade. Il consiste, pour le premier étage en un entablement d'or- 
dre toscan, qui repose sur des piliers, formant arcades. Ces. pi- 
Jiers et arcad.s sont en p'erre ue taille unie, avec, cependant, des 
rainures à chaque assise et aux clavaux. Au dessus de l'enta- 
blement, se trouve, vis-à-vis l'arcade du milieu, une croisée enchâs- 
sée entre des pilastres qui supportent un fronton ; et tout d'ordre 
dorique. Deux blocs de pierre, sur l'un desquels est sculpté un 
agneau, tandis que l'autre por'e le livre des évangiles; des rayons 
qui semblent émaner de ces blocs, des statues, reposant sur des 
socles ouvragés, s'unissant à une espèce d'attique, qui couronne 
les deux autres arcades, complètent l'ornementation de la façade. 
Tout ce travail est en pierre de taille. 

Ce portai], oii ne se rencontrent pas les 'grandes lignes ver- 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 87 

ticales qui donnent tant de prestige aux façades ornéos.de tours, et 
surtout aux façades gothiques, offre cependant un très beau coup 
d'oeil, à raison de ses corniches saillantes, de sa régularité et de 
la richesse de son ornementation. 

Sous le grand portique se trouvent trois portes, donnant en- 
trée dans la nef principale. Deux petits portiques, adossés aux 
flancs du transept, d'ordre dorique, et aussi en pierre de taille, 
donnent entrée dans les nefs latérales. 

INTÉRIEUR. 

Après ce coup d'oeil rapide jeté sur l'extérieur, pénétrons 
dans ce sanctuaire béni et chéri du pèlerin. 

Mais quels sont ces objets que j'aperçois à travers un demi 
jour ? se dira le visiteur, encore engagé sous les galeries. Quel 
est cette balustrade, étincelante d'or, qui semble défendre l'appro- 
ehe de quelque précieux dépôt ? De quelle matière sont ces 
piédestaux, ces piliers, ces murs, ces pilastres, aux couleurs si vi- 
ves, si variées ? Puis, d'où vient cette lumière qui se fuit de plus 
en plus vive à mesure qu'il avance et qu'il élève ses regards ? 
Quels sont ces personnages qu'il aperçoit dans le lointain, qu'il 
croit voira travers la voûte même de l'église, comme si elle n'ex- 
istait pas, par endroits ? Ne lui semble- t-il pas qu'il ait cessé, 
pour le moment, d'occuper un point de la terre ? qu'il ait été trans- 
porté, instantanément, dans un endroit enchanté ? qu'il y soit ar- 
rivé au moment même où devait se déi'ouler sous ses regards 
des scènes qui n'appartiennent pas à ce monde, mais qui sont plu- 
tôt une image de ce qui ne se voit que dans la Jérusalem Céleste ? 
Ah ! c'est qu'il a aperçu les peintures qui décorent les pendentifs, 
qu'il a devant lui le grand sujet que Signor Cappello a traité, de 
main de maître, au haut de la grande coupole. 

Mais, soyons plus positif et rendons aii lecteur un compte 
détaillé de ce qui fait la beauté de l'église d'Yamachiche. 

En entrant par le grand portique, étant encore sous la gale- 
rie principale, vous pouvez apercevoir la voûte du chœur. Elle 
est à plein cintre et se prolonge jusqu'au dessus du portique, étant 
interrompue, toutefois, par l'ouverture de la grande coupole. Elle 
est la tige d'un croix dont la voûte du transept, absolument de 
même forme, est les croisillons. L'entablement, d'ordre corinthien, • 
qui règne tout autour de l'église dessine parfaitement cette croix. 



88 HISTOIRE D YAMACHICHE 

Dans les endroits où l'entablement déborde seulement le mur, il 
paraît supporté par des pilastres corinthiens. Dans les endroits 
ou il est entièrement dégagé, il est supporté par des piliers car- 
rés, de trente pouces de face. Chacun do leurs quatre côtés est 
orné d'un pil.istre corinthien. La disposition de ces pilastre et la 
réunion de leurs chapitaux en font des piliers d'une rare beauté. 

En dehors de la croix, dans chacun des quatre angles que 
forment ses bras, se trouve une coupole plus petite que celle du 
centre, mais recevant aussi la lumière du dehors, par son som- 
met. 

Les quatre petites coupoles sont en plâtre. Les surfaces unies 
de la grande coupole et des voûtes sont aus i en plâtre. Toutes ces 
surfaces unies, ainsi que celles des petites coupoles sont peinturées 
avec du blanc légèrement safrané. Les arcs doubleaux, les corni- 
ches et toutes les saillies de la grande coupole et des voûtes, l'en- 
tablement corinthien, les plafonds et les balustrades des galeries 
ain-i que toutes les sculptures y compris les chapitaux sont en 
bois. Toutes ces boiseries sont peinturées en blanc. Les murs, les 
piliers et les pilastres à part leurs ch «pitaux, sont revêtus d'un 
stuc que les Italiens appellent scagliola. C'est une excellente 
imitation de marbre, qui en prend l'apparence et le poli. Les murs 
sont une imitation d'un marbre d'Afrique, de couleur jaune avec 
veines rouges. Cette couleur s'harmonise parfaitement avec celle 
des panneaux des voûtes et des coupoles. Les autres marbres que 
l'on a imités sont le jaspe pour les blocs qui remplacent les pié- 
destaux, la brocatclle d'Espagne pour les piliers et le Carrare de 
seconde qualité (1) pour k.s pi'astres. 

Les travaux en stuc ont été exécutés par Monsieur G-aétan 
Baccerini, de Montréal, qui en avait obtenu l'entreprise de Mes- 
sieurs Joseph et George Héroux, d'Yamachiche, les entrepre- 
neurs en premier lieu. 

Les deux niches de chaque côté du chœur renferment une 
statue de Notre Seigneur Jésus-Christ prêchant et une statue de 
la Sainte-Vierge portant l'entant Jésus, toutes deux complète- 
ment blanches. 



J 



(1) C'est-à-dire qu'au lieu d'être entièrement blanc il a quelques veines 
grises. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 89 

Peiniures décoratives. 

Les vertus de foi, d'espérance et de charité sont représentées 
par des figures allégoriques, dans les quatre pendentifs. (1) Elles 
sont placées, chacune dans une espèce de médaillon ayant pour 
exergue l'un des mots latins : Fldes, Spes, Amor Dei, Charitas, 
qui se traduisent par la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu, la 
-Charité. D'où l'on voit que l'amour do Dieu et la charité envers 
le prochain sont représentés séparément et occupent deux des 
médaillons. 

Etudions d'ahord la peinture qui se trouve au haut de la 
grande coupole, et qui est de beaucoup la plus considérable. 
Nous reviendrons ensuite aux pendentifs. 

Monsieur le Curé suggéra que l'on représentât au haut de la 
coupole, Dieu et ses principaux attribut», autant, du moins, 
qu'ils pourraient être repi'ésentés avec l'aide du pinceau. Ceci 
permett it de réunir sur un même fond plusieurs scènes dont cha- 
cune serait la représentation de l'un des attributs de Jéhovah : 
sans, pour cela, trop nuire à l'unité d'action requise dans une 
œuvre de ce genre. S'inspirant de cette idée Monsieur Cappello 
a fait une œuvre remarquable, qui fera vivre son nom, bien cer- 
tainement auta it que durera la présente église d'Yaraachiche. 

Les sujets adoptés pour les pendentifs ont une relation étroi- 
te avec celui de la grande coupole En effet, la Foi, l'Espérance, 
la Charité ont pour objet Dieu, qui est représenté au haut de la 
•coupole. Mais, les médaillons où sont représentées les vertus 
théologales n'apparaissent-ils pas, par leur position, comme un 
appendice de la grande peinture du dôme ? 

Voyons maintenant ce que contient celle-ci. 

Sur un fond du plus bel azur, parsemé de nuages légers aux re- 
"flets d'or et d'argent, on aperçoit, vers le milieu, Dieu représenté 
sous la forme d'un vénérable vieillard et planant dans les airs. Il 
est vêtu de jaune, symbole de lu richesse et de la puissance. Dis- 
séminés dans l'espace l'on aperçoit des anges, tantôt groupés, 
tantôt isolés, qui tous semblent proclamer les louanges du Créa- 
teur de toutes choses. La grande figure du Père Eternel est plei- 
ne de grâce et de majesté. Sa main droite indique une partie du 



(1) Un pendentif est une portion triangulaire de voûte placée entre 
deux des grands arcs qui supportent une coupole. 



90 Histoire d'yamachiche 

globe terresti-e, qui se mf>ntre à travers les nuages. C'est l'indice 
du commandement. Son bras gauche gracieusement tendu pré- 
sente la main tournée en haut, c'est le signe de l'approbation. 
Eu voyant cette noble figure et tout ce qui l'environne, n 'est-on 
pas tenté de se dire : Mais, était-il possible de mieux peindre la 
ciéation au livre de la Genèse ? On y lit " qu'au commencement 
Dieu créa le ciel et la terre. Il dit que la lumière était bonne, 
etilsépaia la lumière des ténèbres. Il donnai la lumière le 
nom de jour et aux ténèbres le nom de nuit. Dieu dit encore : 
Que les eaux qui sont restées sous le goleil se rassemblent en un 
seul lieu et que l'élément aride ptiraisse. Dieu donna à l'élé- 
ment aride le nom de terre et il appela mers toutes ces eaux ras- 
semblées. Et il vit que cela était bon. Dieu dit aussi : que de» 
coi'ps lumineux soient faits dans le firmament du ciel, et qu'ils 
séparent le jour et la nuit, et qu'ils servent de signe pour mar- 
quer le temps et les saisons, les jours et les années. Dieu fit 
donc deux grands corps lumineux, l'un plus grand pour présider 
au jour, l'autre moindre pour présider à la nuit. Il fit aussi les 
étoiles. Et il les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la 
terre, et pour présider au jour et à la nuit, et séparer la lumière 
des ténè-res. Et Dieu vit que cela était bon." Revenons main- 
tenant à la peinture qui nous occupe. Qu'y voyons nous ? Sur 
la partie du globe que ne voilent pas les nuages, de l'eau, du feu, 
puis à côté la lune reflétant sa douce lumière sur la terre, qu'elle 
paraît surveiller. L'artiste nous la montre dans l'une de ses 
phases, qui ne permettent pas qu'en la méconnaisse. N'e8t-c& 
pas là la nuit, bien ivprésentée ? Au côté opposé nous voyons 
l'arc-en-ciel, témoin infaillible du jour ; puisqu'il n'existe qu'en 
empruntant ses couleurs si vives, si variées à l'astre qui préside au 
jour. N'avons nous pas, dans tout cet ensemble une image 
fidèle de la Création ? 

Vienne après cela, nous ne savons quel esprit détraqué nou» 
dire : Toute cette histoire de la création n'est qu'une pure fiction. 
Tous les phénomènes de la nature ne sont dus qu'au déplacement 
des atomes. Mais comment ! le déplacement des atomes aurait 
inspiré l'idée de ce tableau ? Le mouvement indélibéré des 
atomes aurait guidé la main de l'artiste dans le tracé des lignes, 
dans le choix et l'application des couleurs, qui me font voir ces 
nobles figures où respirent, soit la Majesté Divine, ou l'humilité 
de la Vierge Incomparable, bu la félicité des anges, ou la 



HISTOIRK D'yAMACHICHE 01 

dignité et l'aménité d'un messager du Trè:r-Haut, dans la per- 
sonne de l'ange Grabriel, ou la sévérité de l'archange Michel, 
ou la frayeur et le désespoir de Lucifer ? Ah ! nous ne compre- 
nons pas que cette image ait pu se produire sans qu'une intelli- 
gence ait guidé la main qui l'a si délicatement, si bûreniant dessi- 
née et coloriée. Athée ! Matérialiste ! nous ne compre- 
nons rien à votre langage. Si la main qui a imprimé cette imago 
au mur do l'église n'a pu agir que guidée par une intelligence, 
comment la réalité, toujours plus parfaite que limage, ne serait- 
elle pas l'œuvre d'une intelligence supérieure ? Ah ! reconnais- 
sons ici l'Intelligence Suprême, qui a tout tiré du néant : que 
nous adorons, que nous bénissons, que nous remercions, comme 
l'auteur de (1) tout don parfiit. Et voyons comment ce 
tableau qu'a tracé la main de l'homme nous redit, dans un lan- 
gage éloquent, et la Toute-Puissance et la Sagesse Infinie du Créa- 
teur du monde, de l'homme et de l'ange. 

Mais quelle est donc cette figure que nous apeicevons ren- 
versée, dans un côté du tableau ? Ses traits réguliers convien- 
draient à un ange, sans l'expression de frayeur et de déses- 
poir qu'il répugne d'attribuer à un adorateur perpétuel du Dieu 
trois fois Saint. Oh I c'est bien un ange qui a cessé de chanter 
les louanges du Tout-Puissant. Dans cette attitude, sous cette 
figure, moitié homme, moitié monstre que lui a donnée le pein- 
tre, il est facile de reconnaître le superbe et malheureux Lu- 
cifer. 

Tout gloi ieux, apparaît l'archange Michel, qui a renversé et 
toule à ses pieds cet ennemi de f-on muître et créateur ; qu'il tient 
désormais enchaîné, par la stabilité de la victoire qu'il a rempor- 
tée sur lui. vous qui êtes sans péché, tenez-vous sous l'étendaid 
de saint Michel, faites cause commune avec ce vaillant défenseur 
des droits de son maître : car Lucifer devenu l'ennemi forcené 
de son Dien, mais ne pouvant l'atteindre, a tourné toute sa fu- 
reur contre les malheureux enfants d'Adam, qu'un péché d'or- 
gueil a aussi flétris, mais non à jamais : Dieu dans sa bonté leur 
a conservé l'espérance ; l'espérance d'une revanche, à l'aide d'un 
libérateur choisi et envoyé par lui. Vous qui n'êtes pas sans 
péché, voyez dans cette image comme s'exerce la justice de Dieu. 
Comment les grands, les puissants de la terre s'y soustrairaient-ils ? 



(1) Ep. de St. Jocques, cli. I, vr. 17. 



92 HISTOIRE D'TAMACHICHE 

lorsque le chef même de la hiérarchie céleste la gubit pleine et 
entière. Mais l'espérance comme li miséricorde de Dieu, dont elle 
€st une émanation, ne saurait toujours durer. Vériti'.ble manne, elle 
doit disparaître, à un moment donné, sous l'action du Soleil de 
Justice ; alors que ceux qui auront profité du temp:i de la misé- 
ricorde, entreront dans la joie du Seigneur, et dans la possession 
■des trésors qu'ils se seront amassés dans le ciel. Le sort des au- 
tres ne serait que celui des Israélites du désert qui arrivaient 
trop tard pour profiter de la manne bienfaisante, si comme eux, 
ils pouvaient compter sur celle du lendemain. Mais hélas ! on 
aura cessé de compter les jours. Il n'y aura plus de lendemain. 

Nous venons de voir comment la grande peinture de la cou- 
pole fait ressortir deux des attributs de Dieu, la Toute-Puissance, 
la Justice. Qu'y vojons-nous encore ? Nous avons étudié le côté 
de la nuit, oii se trouve Lucifer, étudions maintenant le côté du 
jour, ou brille l'arc-en-ciel, gage pour l'homme des promesses du 
Tout-PuiBsant. 

A son attitude empreinte d'humilité, à ses j'eux baissés, à 
863 mains croisées sur sa poitrine, à son vêtement blanc, recou- 
vert d'un manteau bleu, il est facile de reconnaître l'humble vierge, 
à qui l'ange Gabriel adressa ces paroles : " Je vous salue, vous 
êtes pleine do grâces, le Soigne ur est avec vous." (1) Devant elle 
ge trouve l'ange Gabriel un lis à la main. Tous deux sont age- 
nouillés et reposent sur un nuage. 

L'artiste ne pouvait certainement pas choisir une icène plus 
propre à représenter la miséricorde infinie de Dieu que l'appari- 
tion de l'ange Gabriel à la vierge Marie. N'est-ce pas alors, en 
effet, que la magnifique promesse d'un libérateur, faite à nos 
premiers parents, commença à avoir son accomplissement ? alors, 
que le pardon descendit véritablement du ciel ? puisque ce fat 
alors que commença à exister l'agneau qui devait efi"accr les pé- 
chés du monde. N'est-ce pas alors que, pour l'exécution du grand 
dessein de la miséricorde divine, la dignité de l'homme fut re- 
haussée ? i)uisqu'alors l'humanité fut unie à la divinité dans la 
personne da fils de Dieu. 

Le Père Eternel n'e>t pas la seule pei'sonne de la sainte 
Trinité que le peintre a représentée. Il a peint aussi le Saint-Es- 



(1) Ev. S. Luc, ch. I. vr. 28. 



HISTOIRE u'YAMACHICHE 93 

prit, sous la forme d'une colombe. Il n'a pas représenté le Fils, 
mais il a délicatement fait sentir sa présence, en rappelant le 
mystère de son incarnation, par la visite de l'ange Gabriel à la 
très sainte vierge Marie. Au bas de ce tableau l'on voit aussi une 
<;roix lumineuse, qui rappelle le mystère du la rédemption, et ex- 
prime, d'une manière plus vive encore, la bonté infinie de Dieu 
envers l'homme déchu. 

Que le Tout-Pu issant exerce sa Sagesse, sa Puissance, sa 
Justice : en cela nous n'avons qu'à bénir sa divine main. Mais 
que, bien plutôt encore il exerce son infinie miséricorde envers 
les pécheurs. 

Nous avons déjà dit un mot de* pendentifs. Quel bon parti 
l'artiste en a tiré. Comme ces anges en grisaille, sur un fond d'or, 
*n dehors des médaillons, leur prête un encadrement bien choisi. 
Comme il aide aux effets de perspective des peintures renfermées 
dans ces médaillons. 

Dans l'un d'eux voyez la Foi, représentée par une figure allé- 
gorique, tenant une lampe d'une main et de l'autre la hampe d'un 
drapeau déployé. Cette tête blonde, cette figure pleine d'anima- 
tion représente bien cette conviction, cette énergie, ce courage 
^oi ne reculent devant aucune entrepi-ise, aucune difficulté, au- 
cun sacrifice ; comme il convient si bien à la foi, qui n'a de vie 
véritable que par la pratique des bonnes œuvres. (1) 

Dans un autre des médaillons l'artîste à peint une femme 
reléguée sur un rocher, au milieu de la mer. Les flots, pleins de 
menaces, viennent frapper ce rocher avec une persistance qui 
semble tenir de l'entêtement. Cependant la figure de cette femme, 
dont les yeux sont élevés vers le ciel, respire le calme le plus par- 
fait. N'est-ce pas là l'Espérance ? En effet, elle est appuyée sur 
une ancre, l'ancre de salut. 

Dans le troisième médaillon, voyez cette figure inspirée, un 
cœur embrasé à la main. C'est l'amour de Dieu. Elle paraît relé- 
guée, et éloignée de la foule, étant agenouillée sur les dalles du 
temple ; comme pour donner un plus libre essor aux mouvements 
passionnés qui agitent son âme. Elle foule à ses pieds un bouquet 
de roses. Quand on a un cœur brûlant de l'amour divin que sont 
les plus belles choses de ce monde ? Quand ou vit de la vie des 



(1) Ep. de S. Jacques, cli. II, vr. 2G. 



94 HISTOIRE d'TAMACHICHE 

anges, quel goût peut-on avoir pour les vanités, pour les jouis- 
sances do la terre ? L'idéal que représente ce tableau, se retrouvé 
cependant dans la vie réelle. Voyez, en effet, le nombre de voca- 
tions à la vie religieuse que l'on remarque dans la paroisse d'Ya- 
machiche. Que font toutes ces jeunes personnes qui renoncent à 
la vie plus ou moins dissipée des gens du monde, pour se faire à 
l'existence des cénobites. N'est-ce pas qu'elles ont compris que les 
plaisirs, les vanités do ce monde ne sauraient procurer le vrai 
bonheur ? qu'on peut donner un but plus élevé à ses aspirations 
vers la paix et le contentement ? qu'on peut abréger, en qnelque 
façon, le temps de son pèlerinage ici-bas, en se livrant dès cette 
vie à ce qui fait lu félicité des anges et des bienheureux dans le 
cial : l'amour de Dieu ? Et tandis que la paroisse se sent heureuse 
du bien qui se fait ailleurs par les siens, les mères se consolent de 
sépai-ations douloureuses, par la pensée que leurs enfants, qui ont 
embras&é la vie religieuse, ont, à l'exemple de Marie, devancé 
Marthe et choisi pour eux la meilleure (1) part. 

Rendus au quatrième pendentif nous sommes en face d'une 
scène délicieu-e. Cette femme qui tient deux tout jeunes enfants 
pressés sur son sein, tandis qu'elle donne, en aunjône, à un pèlerin 
une pièce de monnaie, n'esl-elle par l'expression vraie de la cha- 
rité envers le prochain ? Comme ces enfants à têles blondes sont 
beaux ! L'un le dos tourné à sa mère, s'affaissant sur lui-même, 
la tête quelque peu versée en arrière, dort d'un sommeil d'en- 
fant ; tandis que l'autre, l'œil avidement fixé our le visage de sa 
mère, semble exprimer le besoin, la faim. £t ce beau vieillard de 
pèlerin, ne semble-t-il pas que dix fois, vingt fois dans notre vie^ 
il se soit présenté à nous, pour nous demander l'aumône ? On 
sent, cependant, que cette scène n'est pas une scène réelle de la 
vie, mais elle a, au plus haut degré, la vraisemblance, qui est la 
condition obligée de toute œuvre vraiment artistique. 

LA CRYPTE. 

Une crypte est une chapelle souterraine, où se conserve le 
corps d'un martyr. La crypte la plus considérable au monde est, 
sans doute, celle de l'église de St-Pierre à Rome, dans laquelle 
repose le coips du Prince des Apôtres. 

La paroisse d'Yamachiche possède, depuis l'année mil huit 



(l) Ev. St. Luc, ch. X, vr. 42. 



HISTOIRE d'YAMAGHICHE 95 

cent quarante-cinq, le corps d'une Sainte Martyre, des premiers 
âges de l'église. Il fut donné par Sa Sainteté Grégoire XVI à feu 
Messire J. N. Dumoulin, curé de cette parois e avant le curé ac- 
tuel. Afin de conserver ce précieux dépôt dans l'endroit le plus 
convenable, il a été décidé, par l'autorité ecclésiastique, qu'une 
crypte serait construite dans la nouvelle église, pour l'y recevoir. 
L'emplacemont restreint que l'on avait à disposition, n'a permis 
de faire que la petite chapelle que l'on y voit, charmante cepen- 
dant dans ses proportions de miniature. 

Peut- il y avoir rien de plus convenable que de mettre, dans 
ces tenlps de défection, sous les yeux d'une population dont la 
foi est vive et éclairée un souvenir de l'une des époques les plua 
mémorables de l'Eglise. A cette époque, à jamais glorieuse pour 
elle, des fidèles appartenant à toutes les classes de la société, jeu- 
nes et vieux, éclairés par la foi, soutenus par la grâce, conce- 
vant l'inanité des jouissances de cette vie, ont pu s'élever au des- 
sus des faiblesses et des défaillances que cause naturellement la 
crainte des tourments. Pour consorver la Foi, le plus précieux 
des dons du ciel, ils se sont en quelque sorte élevés au-dessus 
d'eux-mêmes, et grandii^, par la conscience du devoir, ils ont pour 
défendre ce trésor descendu du ciel, affronté toutes les souffran- 
ces, toutes les tortures, le feu même et subi la mort. En se fai- 
sant, aussi généreusement victimes de toutes les souffrances, en 
endurant la mort, non telle que Dieu l'a décrétée, en punition 
du péché lorsqu'il dit à Adam : " Tu mourras," mais la mort 
avec tous les raffinements de cruauté que lui ont adjoints les 
tyrans, les féroces persécuteurs de la Foi, ne sont-ils pas devenus 
ce que dans le langage du monde l'on appelerait, pompeusement, 
des héros ? Le langage chrétien, à la fois plus simple et plus 
vrai, renonçant à toute vaine ostentation, appelle ces héros, des 
martyrs, des Saints. 

bienheureuse martyre, sainte Eutychiane, que tes mérite» 
attirent des grâces abondantes sur ceux qui viendront t'invoquer 
à ton tombeau. Et vous qui viendrez vous agenouiller à cette 
crypte, veuillez adresser un mot de prière, pour celui qui trace- 
ces lignes. 

Les paroissiens d'Yaœachicl.e oat parfaitement compris la 
convenance de donner aux restes de leur sainle martyre une place 
d'honneur dans la nouvelle église. Aussi, ils n'ont pas hésité à 



96 HISTOIRE D'Y.OIACHICHE 

s'imposer de nouveaux sacrifices pécuniaires, pour voir sa dé- 
pouille mortelle parée de la manière la plus digne, avant d'être 
<iéposée dans son nouveau lieu de repos ici-bas. Daigne le Dieu de 
toute bonté récompenser leui foi, leur piété, leur générosité. 

La balustrade en bois richement sculptée qui entoure la 
crypte, dorée et bronzée en partie, ainsi que la boiserie des esca- 
liers a été travaillée par des ouvriers d'Yamachiche. 

LES AUTELS 

Dans la crypte se trouve un autel fixe, dont lu table est en 
marbre blanc veiné de gris. Les gradins ?ont en scagliola de la 
même couleur, ainsi que le tombeau, qui a cependant, à son mi- 
lieu, une croix de Malte en imitation de porphyre de Suède. Au- 
<leesus des gradins se trouve la châsse, qui s'étend en arrière de 
l'autel. lia se trouve déposée un figure en cire représentant sainte 
Eutjchiane et contenant ses reliques. Les riches étoffes dont elle 
«st vêtue et dont la châsse est garnie sont un don des Dames de 
la paroisse. Elles ont été travaillées gratuitement par les Dames 
JReligieuses de la Providence, de Montréal ; pour devenir soit les 
habits de la Sainte, soit les ornements de la châsse. 

Un immense bloc en imitation de brocatelle d'Espagne, avec 
panneaux en imitation de porphyre de Suède, couvre la châsse et 
«n partie l'autel. 

Le maître-autel est celui de l'ancienne église. Il est en bois 
doré, at attend qu'un autre, plus en rapport avec la somptuosité 
de la nouvelle église, l'ait remplacé. (1) Il est dédié à sainte Anne 
<;t surmonté d'un tableau représentant cette Sainte. Ce tableau, 
déjà ancien, est dû au pinceau de François Beauconrt, peintre ca- 
nadien. 

Du côté de l'épitre, au haut de la nef latérale, se trouve 
l'autel de la Sainte Vierge. Au-dessus l'on voit un tableau de 
l'Immaculée Conception. C'est une copie du célèbre tableau de 
Murillo, faite par M. Antoine Plamondon. Ce tableau lui fut 
commandé, pour donner suite à un vœu prononcé par Monsieur 
le Curé, au nom de ses paroi-ssiens et à leur demande. Il fut payé, 
ainsi que le tableau qu'on voit dans le chœur à gauche de celui 
de sainte Anne, au moyen de collectes faites dans la paroisse. Ce 



( l ) Le nouvel autel ept maintenant posé, comme nous le dirons plus 
loin. 



HISTOIRE d'tAMACHICHE 9T 

dernier est une copie d'un autre beau tableau de Murillo, fait par 
le même peintre. 

Du côté de l'Evangile se trouve l'autel oii ont reposé, jusqu'à 
dernièrement, les reliques de sainte Eutychiane. Il est main- 
tenant dédié au Sacré-Cœur de Jésus. 

Il existe un autre autel, dédié à Saint Joseph. Il est placé dans 
la chapelle qui occupe le soubassement de la sacristie, et s'étend 
sous le chœur de l'église jusqu'à la crypte ; de sorte que l'autel 
de saint Joseph est adossé à celui de sainte Eutychiane. Cette cha- 
pelle est suffisamment grande, pour qu'en hiver on puisse y faire 
les oflSces sur semaine. Elle est ornée avec des sculptures et boi- 
series, prises dans l'ancienne égliso. 

Un très grand nombre de béquilles, des lunettes, des chaus- 
sures ont été déposées en face du maître-autel et devant l'autel 
qui était naguère la confession de sainte Eutychiane par des pèle- 
rins que leur piété avait conduits au pied de ces autels. Ces objets 
laissés en ex-voto, attestent les guérisons obtenues, en grand nom- 
bre, par les pieux pèlerins. 



(T^^- 



CHAPITRE X. 



Suite de ladministration de M. Dorion. 




^ était entré dans la nouvelle église le 18 Janvier 
1873, et l'ancienne, privée de ses tours, dépouillée 
de ses autel;?, allait rester triste et silencieuse. 
Un malheur lui donna l'occasion d'être utile. 

La veille de Noël de l'an 1872, entre trois et 
quatre heures de l'après-midi, par un froid de 26 
degrés de Eéaumur, le feu prit accidentellement 
à l'école des Fjères, et l'édifice fut entièrement consumé. On 
sauva ce que l'on put des meubles, des livres et du linge, mais 
beaucoup d'effets furent dévorés par les flammes en même temps 
que l'édifice. Le tocsin annonça la funeste nouvalle : on accou- 
rut de toute part. Les élèves dont les parents n'étaient pas éloi- 
gnés retournèrent immédiatement dans leurs familles; les autres 
furent reçus dans différentes maisons du village, les Frères troiwè- 
rent un asile au presbytère. 

Que faire après un pareil malheur ? Fallait-il laisser les 
élèves se disperser aux quatre vents du ciel ? Monsieur le Curé 
ne voulut pas qu'il en fût ainsi : il fit élever une cloison dans la 
vieille église, et transforma le chœur et les transepts en école. 
Ne vous semble-1-il pas voir ici une véritable aïeule, qui, après 
avoir été tout dans la famille, voit une autre plus jeune et plus 
forte prendre sa place, et ne pouvant plus remplir les devoirs im- 
portants d'autrefois, réduit ses fonctions à prendre soin dos pe- 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 99 

tits enfaritp. L'ancienne église ne pouvait plus recevoir les 
foules dans ses nefs : elle recevait avec amour sous ses vieilles 
voûtes les jeunes enfants de la paroisse. 

On avait ttionté pluf^ieurs poêles dans cette école improvieée, 
mais les élèves et leurs professeurs souffrirent beaucoup du froid, 
surtout ceux qui étaient obligés d'y passer la nuit. 

Par les soins actifs du Dr L. L. L. Desaulniers, l'école des 
Prcres sortit bientôt de ses ruines, et put recevoir les élève« à 
l'automne de 1873. On a beaucoup remarqué que cet accident 
fut comme un signal de prcgrès pour l'école d'Yamachiche. Atin 
de répondre au nombre toujours croissant des élèves, on fut obli- 
gé d'ajouter des ailes au premier bâtiment, et l'écolo devint 
ainsi le bel et grand édifice que l'on voit aujourd'hui. 

M. Dorion avait d'autres projets en tête, et ces projets le 
temps paraissait enfin venu de les mettre à exécution. Les Sœurs 
de la Providence étaient venues fonder à Yamaehiche, en 1871, 
un hospice où elles i ecevaient les orphelins, les vieillards et les 
infirmes. Cet hospice avait été doté par feue Madame Charland, 
seigneuresse de Gros-Bois, et par Madame Pierre Pellerin, qui 
a pris sa pension chez les Sœurs elles-mêmes. On avait commencé 
l'œuvre d'une manière bien humble, en se plaçant dans une 
petite maison en bois, demeure de Madame Pellerin. Cette maison 
était confortable pour un particulier, mais n'avait pas du tout les 
proportions d'un hospice. 11 fallait donc élever une maison plus 
vaste aux Sœurs de la Providence, et il fallait aussi leur trouver 
un terrain convenable. De là les divei'S projets de M. Dorion. 

Pour le terrain, voici ce qu'il méditait : Il possédait de 
l'autre côté de la rivière une pointe de terre qui s'avançait consi- 
dérablement vers le village, tout à côté du cimetière. Il voulut la 
relier au terrain de l'église, en détournant la rivière de son ancien 
lit, et en coupant la pointe de terre. Cette œuvre fut exécutée, 
mais on j trouva des difficultés qu'on ne soupçonnait pas. Quant 
à l'ancien lit de la rivière, il n'y en a qu'une partie de remplie. 
On ne le remplira complètement qu'avec le temps, car c'est une 
entreprise très coûteuse. 

La construction de l'Asile de la Providence occupa long- 
temps M. Dorion. Il fit lui-même tous les plans de l'extérieur et 
de l'intérieur, et il inventa pour les murs un nouveau mode de 
construction en planches et béton. Il voulut prendre un brevet 



100 HI8T0IRR d'YAMACHICHB 

d'invonteur, mais il apprit avec étorinomeat qu'il avait été 
devanct?, et qu'an autre possédait déjà ce brevet. Alors il ima- 
trina un autre mode, et obtint son brevet. 

Les murs de la vieille église furent démolis ; une partie de la 
pierre servit aux fondations de l'hospice, et les débris de mortier 
furent jetés dans l'ancien lit de la rivière. Quant à la couverture, 
comme elle était en fer blanc d'une qualité que l'on ne peut plus 
se procurer aujourd'hui, M. Dorion voulut la conserver à tout 
prix. Il la fit enlever p ir grandes travées, et la fit placer sur 
l'hospice. C'est pour cela qne vous trouverez sur cet édifice un 
toit si aigu et si élevé. L'extérieur et l'intérieur de l'Hospice 
d'Yanmchiche sont d'une forme étrange qu'on ne trouve nulle 
part ailleurs. M. Dorion a v^oulu, dans cette construction, conci- 
lier deux choses qui paraissent se repousser : avoir des salles 
spacieuses et n'être jamais obligé de marcher beaucoup pour so 
transporter d'une salle à l'autre. Nous croyons qu'il a réussi à. 
concilier ces deux choses. 

Les Messieurs Héro ix, constructeurs de l'église, construisi- 
rent aussi l'Hospice de la Providence. Ils montrèrent une habi- 
leté et un goût particuliers dans la construction de la chapelle. 

Les sœurs de la Providence sont aujourd'hui au nombre de 
cinq dans leur maison d'Yamachiche. Elles y reçoivent huit vieil- 
lards, quinze orphelins. 

De plus une des Sœurs a le soin de la Sacristie de la parois- 
se. Sept supérieures se sont déjà succédé à la tête de cette maison : 
Sr Marie-Anne, Sr Véronique, Sr Amable, Sr Marie Cuthbert, Sr 
Marie-Scholastique, Sr Marie-Prosper, Sr Pierre-Amédée. 

M. Dorion, en jetant les yeux sur sa belle paroisse, pouvait 
bien se dire maintenant qu'il y manquait peu de chose. Les clo- 
ches, cependant, sonnaient mal à son oreille: non, ce n'était pas 
là ce qui convenait à sa vaste et superbe église. En 1876, il 
fit donc venir d'Angleterre trois nouvelles cloches, et la bénédic- 
tion en fut fixée au dix-huit octobre. 

Ce fut un jour mémorable que celui-là. Le vénérable curé 
avait invité à cette fête les anciens d'Yamachiche qui sont dissé- 
minés aujourd'hui dans toutes les parties du Canada, et ceux-ci ré- 
pondirent à son appel avec un empressement des plus touahants. 
La vieille paroisse vit donc accourir de tous les points de l'hori- 



HISTOIRE D'yAMACHICHE 101 

aon, tous ces enfants qu'elle avait portés; elle fut surprise de 
les voir si nombreux, elle fut ravie de les voir si grands et ai 
nobles. Ce jour-là, elle était vraiment couronnée de gloire et 
d'honneur. 

Ceux qui ne purent venir envoyèrent des lettres exprimant 
leurs regrets et la profonde affection de leur cœur. 

On avait fait d'immenses préparatifs. Nous en trouvons les 
détails, avec le compte-rendu complet de la fête, dans une jolie 
brochure publiée par M.. François L. Desaulniers, et intitulée 
" Réunion des Paroissiens d'Yamachiche ou Le 18 octobre 
1876." Nous citons les parties principales de eette brochure. 

*' Un comité d'organisation, dit M. Desaulniers, avait été for- 
mé par M. le curé Dorion, et les intéressés travaillèrent avec beau- 
coup d'entrain, sous la direction de ce comité. Sur le chemin que 
devaient parcourir les étrangers on avait élevé, tn plusieurs en- 
droits, des ai'ches de verdure, particulièrement près de la résiden- 
ce de M. Horace Proulx et vis-à-vis la scierie de M. Chamber- 
lin. Au village, l'un avait exécuté des travaux considérables pour 
nettoyer les rues et orner les édifices. L'église surtout présen- 
tait un coup d'oeil ravissant. A l'intérieur, depuis le dôme jus- 
qu'en bas, on l'avait tapissée de verdure et ornée d'immenses ten- 
tures aux couleurs pontificales. Au dessus du maître-autel il 
avait été construit trois grandes niches dans lesquelles apparais- 
saient les statues de Ste Anne, de la Ste Vierge et de St Joseph. 
La statue de la Ste Vierge, prêtée par les religieuses de la Con- 
grégation pour la circonstance, est une relique précieuse pour cet- 
te communauté: elle lui fut donnée en 1852, par feu Messire Du- 
mouliii, fondateur de l'institution. Au dessous de ces statues plu- 
sieurs couronnes de fleurs avaient été suspendues et contribuaient 
beaucoup à en augmenter l'éclat. La charpente qui soutenait les 
trois cloches à bénir, élevée dans le choeur, littéralement recouverte 
de verdure et parsemée de très jolies couronnes de fleurs, était 
surmontée de la belle inscription suivante, qui convenait parfai- 
temient à la fête du jour : V harmonie sied partout. Somme toute, 
l'église était parée avec un goût vraiment exquis et offrait, com- 
me nous venons de le dire, un coup d'œil tout à fait ravissant. Il 
est bon de noter ici que les citoyens d'Yamachiche, pour l'orne- 
mentation de leur temple, avaient travaillé sous la direction du 
Dr L. L. L. Desaulniers, qui avait bien daigné mettre de côté 

7 



102 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

ses nombreuses occupations à Montréal, pour venir aider ses co-^ 
paroissiens de naguère dans leurs préparatifs pour la grande fête. 
De plus, il serait injuste de ne pas mentionner ici la générosité- 
des MM. Georges et Jos. Héroux, architectes, qui non seulement 
ont travaillé eux-mêmes à l'ornementation de l'église, mais ont 
aussi fourni le concours puissant de leui-s ouvriers qui ont large- 
ment contribué aux travaux d'embellissement. Enfin, le très cher 
frère Sallustien, directeur du collège d'Yamachiche, avait poussé 
la condescendance jusqu'à permettre à ses écoliers de travailler à 
l'ornementation de l'église pendant plusieurs jours ; l'aide de ces- 
jeunes gens actifs conti ibua aussi largement à la confection de* 
travaux d'embellissement. 

" On le voit, les préparatifs ont été à la hauteur de la fête. 
De bonne heure, le matin du 18 octobre, on voyait des drapeaux 
aux couleurs religieuses et nationnales hissés sur plusieui-s édifi- 
ces du village et flotl:ant au vent. Le village entier présentait un 
air de fête et de coquetterie tout à fait charmant. 

" La fête du 18 octobre étant avaattout, une tête religieuse, 
devait naturellement commencer par la célébration de l'office di- 
vin. Comment, en effet, mieux entreprendre une si bello journée 
qu'en invoquant les bénédictions célestes sur toutes les joies qu'el- 
le allait procurer ? Une messe solennelle lut chantée par le Eér. 
M. C. Lorangei", curé de Lanoraie, assisté de M. A, D. Gélinas^ 
comme diacre, et de M. A. Lamy, comme sous diacre. Il y eut du 
très beau chant à l'harmonium et la fanfare d'Yamachichc exécu- 
ta plusieurs des plus jolis morceaux de son répertoire (1). Le 
très révérend M. C- O. Caron, V. G., fit solennellement la béné- 
dictiom des cloches assisté de MM. A. N. Bellemare et Is. Guil- 
lemette. 

" M. le curé II. Bellemare, de St-Justin, prononça le sermon 
de circonstance et avait choisi poir texte ce verset du psalmiste : 
Vox Bomini in viriute, vox Domini in magnificentia. Nous re- 



(1) Voici les noms des JIJI. qui fonuaient partie du corps de musique 
d'Yamacliiche : Frédéric Daveluy, directeur ; L. A. Lord et Frs. L. Desaul- 
niers, 'lers cornets ; Pliilippe Fouclier. 2nd cornet ; Narcisse Gélinas, sopra- 
no ; Maxime <Jarbonneau. baryton ; Edmond Bellemare, ténor ; Francis La- 
certe, bassç ; "Woodbory Chamberlin, petit tambour; Théophile Daveluy,. 
cymbales et grosse caisse. 

Le chant était sous la direction de Belle Léda Héroux, orgaaiste, et de 
M. Jules Carbonnean, directeur. 



HISTOIRE u'yAMAOHICHE 103 

grettons vivement de ne pouvoir publier, mémo une simple ana- 
lyse de te^ remarquable sermon que nous n'avons pu nous procurer 
mal heureusement. 

*' Voici la liste des parrains et des marraines qui avaient pn 
accepter l'invitation : l'honorable juge T. J. J. Loranger avec sa 
Dame ; Dr L. L. Desaulniers avec sa Dame ; M. Eaphaël Belle- 
mare^avec Dlle Joséphine Bellemare, sa sœur ; M. J. M. Loran- 
ger avec Madame Loranger, sa mère ; M. J. O. Loranger avec sa 
Dame ; M, Sévère Eivard avec sa Dame ; Dr E. Lacerte avec 
Madame Sév. L. Desaulniers ; M. Charles Gérin-Lajoie avec 
Madame G. R. Dufresne ; Dr H. Beauchemin avec Madame 
Euchariste Rivard ; Capt. Jos. Duval avec Madame Jos. Héroux ;. 
Dr Damase Milette avec sa Dame ; M. Ad. Lesieur avec Dlle 
Marie- An toi nette Lesieur, sa fille ; M. Honorât Lacerte avec sa 
Dame ; M. Frédéric Bettez avec sa Dame ; Dr W. Ferron avec 
sa Dame ; M, N. H. Beaulieu avec Délie Séverine Bellemare ; M. 
D. L. Desaulniers avec Délie Mathilde Bellemare; M. G. Dare- 
luy avec Délie Maria L. Desaulniers. 

" La collecte, faite par les Révds. MM. G.Vaillancourt et D. 
Gérin rapporta, y compris les offrandes des parrains, la belle som- 
se de S600,00 ; c'est un résultat magnifique, qui fait honneur à 
Yamachiche et aux généreux parrains. 

" A l'issue de la messe l'assemblée quitta le temple saint, et, 
en présence d'une foule immense, l'adresse suivante, écrite par 
M. Nérée Beauchemin, médecin, fut présentée par sou auteur 
aux citoyens originaires d'Yamachiche : 

Monsieur le Juge, 

Messieurs, 

C'est avec une bien vive émotion que nous voyons réunie 
dans une même pensée d'amour la belle et nombreuse famille des 
enfants de cette paroisse. Aussi, Messieurs, ce jour était-il vive- 
ment attendu. Il nous tardait de vous revoir. Assis au festin de 
l'amitié fraternelle, il nous tardait d'entendre vos voix connwes et 
d'évoquer ensemble les fraîthes et naïves réminiscences de l'enfan- 
ce. Il est si doux de songer à ces belles heures de la jeunesse, 
fleurs suaves tombées une à une de la main des anges. 

Tout le charme, toute la poésie de cette fête esfc dans son ca- 
chet de douce et sincère cordialité. C'est une réunion d'amis heu- 



104 HISTOIRE DYAMACniCIIE 

Teux de revoir au foyer raicul qui tremble, la mère qui sourit, 
l'ami qui se souvient, l'enfance qui badine, l'innocence qui rêve 
au bleu paradis. C'est une agape affectueuse, tous les enfants 
d'Yaujachiche y ont été amicalement conviés, c'est nous qui leur 
dédions cette fête du cœur, cet at iixime, pour nous servir de cette 
douce expressior. anglaise qui semble rendre à l'oreille ce qu'il 
y a de calme et d'exquis dans les paisibles joies de la maison. 

En mettant le pied, ce matin, sur cette terre aimée, de quelle 
intime émotion n'avez-vous pas tressailli ? Cette riche vallée, ces 
horizons de bois et de montagnes, ces croix du chemin, ces chau- 
mes rustiques, ces ruines où l'herbe pousse, ces pins touftus, ces 
grands ormes séculaires, ces toits élégants, ces clochers qui bril- 
lent, était le sol natal qui déroulait à vos yeux ses perspectives 
toujours nouvelles, toujours saisissantes ! Pour ceux surtout que 
le destin avait éloignés de nous depuis longtemps, quelle ne dut 
pas être leur surprise d'entendre le sifflement de la vapeur sur 
<e coteau solitaire où s'élevait jadis une humble église silencieuse 
et recuiilie ! Quelle ne dut pas être leur suprise de voir luire dans 
l'espace le dôme de ce temple superbe et les trois flèches amies de 
nos maisons religieuses ! Pendant que vous luttiez là-bas, pendant 
que vous étiez à gravir les sentiers ardus qui mènent aux honneurs, 
nous avons travaillé nous aussi de notre côté, et nous osons nous 
réjouir que dans notre travail il y a eu progrès. Les lieux Ont 
changé d'aspect : mais rien n'a varié dans nos cœurs. Xous en- 
tourons encore du même culte pieux la viellesse auguste comme 
la jeunesse folâtre, le crucifix d'or du sanctuaire comme la croix 
du chemin, toute verte de mousse, la giroflée des ruines comme 
l'immortelle des tombeaux, l'arbre d'un siècle comme le vieux 
chaume aux nids d'hirondelles. C'est encore la vieille foi, l'anti- 
que honneur, la grande âme des anciens jours. L'image de la Vier- 
ge protège encore nos foyers, la noble Agriculture est encore la 
reine du sol. Au coin du feu de la veillée, nous aimons à relire 
les pages originales de l'auteur de Jean Ricard, nous aimons à 
chanter sa douce et mélancolique romance. 

Vous ne rev03'ez pas, il est vrai, la modeste école où votre 
jeune intelligence s'est ouverte aux premières lueurs de la scien- 
ce. Vous ne revoyez pas ce vieux temple où le Dieu trois fois 
Saint reçut vos jîremières adorations. Ses tours vacillantes, son 
mystérieux portique, sa voûte aux dorures pâlies, tout est dispa- 
ru 1 L'asile de vos prières enfantines a été démoli ; mais des mains 



HISTOIRE D'yAMACHICHE 105- 

pieuses ont sauvé de ses ruines la miraculeuse statue de la Pa- 
tronne. 11 a dû vous être bien doux d'apprendre que nous avions 
eonservé ce précieux reliquaire à votre filiale vénération. Cette 
dévotion particulière à une même sainte, cette confiance populairo 
à une antique statue, rendue plus vivace pur de récents pèlerina- 
ges, est un lien sacré qui nous unit à vous d'une manière plus 
intime. Chaque année le soleil d'Yamachiche se lèvera sous l'in- 
vocation de sainte Anne, et les noms des absents viendront so 
mêler sur nos lèvres à ce nom parfumé Je prière et d'amour. 

Outre la joie que nous épi'ouvons de recevoir des frères, un 
autre sentiment bien doux nous anime en ce moment ; c'est l'a- 
mour du sol natal. Vous, Messieurs, vous donnez une preuve de 
cet amour en venant en aussi grand nombre piendre part à cette 
fête, vous surtout qui n'avez pas hésité à vous imposer un sacri- 
fice onéreux en venant, par une saison rigoureuse, lui offi-ir l'or 
pur de la générosité. Les cloches seront le mémorial harmonieux 
de votre gratitude et de vos libérales offrandes. Nous aussi, nous 
l'aimons ce coin de terre béni oii nous voyons partout l'empreinte 
éclatante des prédilections divines. Nous l'aimons surtout en ce 
glorieux jour de fête où Yamachiche est particulièrement hono- 
rée. Nous l'aimons parce que nous nous glorifions d'appartenir à 
cette belle paroisse qui a gratifié l'Eglise du Canada d'une aussi 
riche couronne de Prêtres, la société d'hommes éminents dans 
toutes les carrières, et qui donne encore aujourd'hui une preuve 
nouvelle de sa fécondité, en réunissant, malgré une foule d'absen- 
ces très regrettées, un groupe aussi brillant de citoyens distingués. 

Serviteurs zélés de l'Eglise et de l'Etat, Yamachiche vous 
jette aujourd'hui sa première couronne. Cette mère auguste 
est fière de son ardente et forte progéniture. Vous avez mérité 
l'estime de vos compatriotes, Yamachiche se glorifie à boa 
droit de vos actions généreuses. Le vif éclat de vos distinctions 
sociales reflète sur elle une gloire inappréciable ! Vous ne serez 
pas étonnés. Messieurs, que nous aimions de tout notre amour cet 
arbre séculaire dont les rameaux toujours rajeunis par une sève 
nouvelle cnt produit et produisent encore des fru'ts aussi beaux. 
Le sol qui a nourri cet arbre puissant est un sol béni du ciel. Ce 
sol privilégié était bien digne de porter ces très patriotiques et 
très chrétiennes familles où nous sommes fiers de saluer les ancê- 
tres de ceux qui nous honorontde leur présence, heureuses famiU 



106 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

les où les vertus civiques et religieuses mêlent leurs fleurs brillan- 
tes comme deux belles vignes qui s'entrelacent et se soutiennent 
l'une l'autre. Nous sommes heureux que l'écho du s?nctuaire re- 
tentisse de cet hommage public de sincère admiration et d'affec- 
tueuse sympathie. 

Bienvenue à vous tous, enfants de cette paroisse ! Le soleil 
d'Yamachiche vous a été bienfaisant, vous avez grandi sous sa 
<iouce influence, vous portez dans vos intelligences et dans vos 
cœurs la marque vive et profonde de ses rayons généreux 1 

Bienvenue à vous, prêtres vénérables, amis de la jeunesse, 
pasteurs vigilants, lévites au cœur d'or, dans les lumières de vo- 
tre science, dans le feu de votre zèle apostolique, dans cette flamme 
de charité qui dilate le cœur et se communique aux âmes, vous 
portez, ô phalange bénie, la vive et lumineuse empreinte de la 
religion de vos mères I 

Bienvenue à vous, ombi-es chéries de ceux qui ne sont plus, 
mânes sacrés des Dumoulin, des Desaulniers, nous ne doutons pas 
<jue le ciel vous ait permis de venir errer au milieu de nous ! 
Bienvenue au ciel ! 

Bienvenue à vous, serviteurs de l'Etat, défenseurs de nos 
droits, députés de la nation, Illustrateurs de la toge, médecins 
dévoués, notaires intègres, dignes représentants de la Marine et 
du Commerce, citoyens de tout rang et de toute distinction, le 
soleil d'Yamachiche vous a été bienfaisant, vous avez grandi 
sous sa douce influence, vous portez; dans la vive ardeur de votre 
travail journalier, la marque indélébile de sa flamme vivifiante I 

Bienvenue à vous, Dames distinguées, il nous est impossible 
de louer dignement les grâces voilées de vos vertus ! 

Bienvenue à vous, représentants de la noble Agriculture : le 
premier colon qui abattit le premier arbre de la forêt, le premier 
missionnaire qui planta la première croix vous ont légué un héri- 
tage magnifique. C'est à ces héroïques triomphateurs de la forêt 
eauvage que vous devex la libre et chrétienne ro3'auté de vos 
riches domaines, La hutte de feuillages du premier colon est en 
poussière, les géants de la solitude ont été abattus : les siècles 
n'ont fait que raviver les victorieuses clartés de l'humble croix 
de la mission. L'aurore de la foi primitive n'a poijt pâli, sa dou 
ce lumière vous a été bienfaisante. Dans les aspirations de votre 
intelligence, dans la sincérité de vos croyances, dans votre fière et 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 107 

Tirile énergie, dans les battements de votre cœur, vous portez, ô 
nobles et heureux cultivateurs, la vive et radieuse empreinte de la 
■croix qui ennoblit et civilise. 

Bievenue à vous, honorable juge qui avez conçu la belle pen- 
sée de cette réunion. Vous avez donné une preuve que, sous l'her- 
mine auguste, bat un cœur qui se souvient de nous. Le soleil 
•d'Yamachiche vous a été bienfaisant : dans votre cœur sensible, 
■dans votre âme sympathique, dans votre intelligence d'élite se ré- 
pète encore vive la douce et joyeuse souvenance du soleil natal. 

Bienvenue à vous tous qui êtes venus prendre part à cette 
fête. Soyez persuadés. Messieurs, que longtemps, longtemps, nous 
conserverons le souvenir de ce jour, comme l'un des plus suaves ^ 
■comme l'un des plus délicieux entre tous les souvenirs agréables 
de la vie. 

" L'honorable M. le Juge Loranger y répondit dans les ter- 
mes suivants : 

Monsieur le Curé, 

Messieurs, 

Merci, bien des fois meici de votre touchant accueil ! Nous 
avons quitté depuis longtemps, il est vrai, le sol qui nous a vus 
naître, le coin de terre aimé qu'ont foulé nos premiers pas, théâ- 
tre de nos jeux innocents, témoin des joies naïvv3S do noti'e enfan- 
ce I Bien des années nous avons été sans le revoir, le clocher de 
la vielle église, le toit bruni de l'humble école, et la statue véné- 
rée de la patronne de ces lieux. Mais en quittant ces objets chers 
à nos cœurs, nous ne les avons pas abandonnés. Nous n'en som- 
mes même pas partis tout entiers ; nous y avons laissé une partie 
de notre âme I Oui, il n'est pas un seul d'entre nous, qui, le jour 
du départ, en foulant l'herbe du sentier familier, en se découvrant 
devant la croix de la route, en jetant un regai-d d'adieu sur les 
grands arbres du vieux coteau, ne se soit dit dans son cœur : "j'y 
reviendrai ! " Alors ceignant nos reins de la triple ceinture du 
courage, de l'espérance et du souvenir, nous avons entrepris le 
•chemin de la vie ! 

En quittant la paroisse d'Yamachiche, notre mère commune, 
nous ne l'avons pourtant pas quitté sans enfants. A vous, nos pa- 
-ents, nos amis, à vous nos frères, nous avons confié le dépôt de 



108 HISTOIRE d'yamachiche 

son antique hoanenr, lu perpiétration des vertus de nos i)ères et 
la garde de leurs tombeaux. Nous n'avons pas dit comme ces en- 
fant de la forêt, qu'un ordre barbare chassait de leurs foyers : 
" Dites aux os de nos pères de se lever, et s'ils marchent devant 
nous, nous les suivrons ! " Soumis à la nécessité, nous avons lais- 
sé leurs dépouilles mortelles reposer eu paix tous les tertres du 
vieux cimetière, à l'ombre de la croix de bois, sur laquelle vien- 
dront un jour s'intcrire nos noms à côté de leurs noms et nos cen- 
dres à côté de leurs cendres, dormir de leur dernier sommeil. C'est 
ainsi que nous avons emporté avec le culte des morts, le souvenir 
des vivants, eu nous éloignant de ces lieux que ce matin nous re- 
voyons avec tant de bonheur ! 

Croiriez. vous, cependant, vous qui êtes restés ici, à cultiver 
le champ paternel, et qui parfois avez peut-être jeté un coup d'oeil 
d'envie échappé à votre rude labeur, sur ceux qu'un sort plus 
heureux semblait favoriser, que la fortune que nous poursuivions 
nous ait attendus, qu'elle soit même venue nous chercher ; que 
nos jours se soient toujours écoulés sans secousse et sans froisse- 
ment ; que pour nous la mer ait toujours été calme, le ciel toujourn 
serein et que la rose ait toujours dérobé l'épine ? Votre erreur se- 
rait profonde ! La vie est un combat où le triomphe est moins le 
prix de la force, que celui du courage, et celui-là sait le mieux 
réussir qui sait le plus travailler ! 

Comme vous, nous avons travaillé et quand la sueur de vos 
fronts fertilisait vos champs, les veilles de nos nuits fécondaient 
nos entreprises. Mais le travail n'est pas un malheur. C'est pai* 
le travail que l'homme tombé se relève, et Dieu qui prend en pi- 
tié ses misères a fait du châtiment de sa faute l'instrument de sa 
rédemption et de sa prospérité. Pauvres, jeunes et sans appuis, 
jetés inconnus au milieu de la foule indifférente ou ho.slile, ne con- 
naissant du monde que ce qu'il en fallait apprendre pour s'y fray- 
er un sentier, c'est au trava'.l que nous avons demandé une part 
do son abondance et c'est le travail qui nous a mérité la place que 
nous y avons conquise. C'est le travail qui nous a fait le peu que 
nous sommes ! Mais ce travail, il pouvait rester infructueux car 
il ne seconde pas toujours les effort-?. Espérer le contraire serait 
s'abandonner à une flatteuse mais trompeuse illusion ! 

Dans ce pays vivant au milieu d'une paix profonde, où tou- 
tes les luttes sont amicales et les guerres pacifiques, luttes de la 



HISTOIRE d'yAMAGHICHE lOG" 

plume et de la parole, guerres du commerce et de l'industrie, où 
chaque homme est aichitecte de sa fortune et le fils de ses œuvres, 
le succès dans les professions encombrées, dans le commerce enco- 
re rétréci, dans l'industrie née d'hier, le succès, disje, dans ces di- 
verses branches est chose difficile, et celui qui l'atteint et qui, 
quelque modique qu'elle soit, parvient à maîtriser la fortune, ce- 
lui-là peut se dire bien des fois heureux et béni enti-e bien d'au- 
tres. Comme dit le poêle latin, '' il peut en marquer les murs d'u- 
ne croix blanche, celui qui se bâtit une maison ! " 

Cette bénédiction elle n'a pas manqué aux enfants de cette 
paroisse ; mais ce n'est pas à leurs efforts, à leurs talents, à leur 
énergie seule, qu'ils doivent attribuer leur bonheur Ils ont été 
bénis comme tout ce qui naît et croît à Yamachiche, les champs 
comme les familles, la montagne comme la plaine, les vallon» 
comme les bois, la chaumière du pauvre comme vos maisons d'é- 
ducation. Du haut de sa tour, sainte Anne a vu les voyageurs com- 
me les gardiens du logis, et elle s'est souvenue des uns comme des 
autres. En priant pour les enfants de sa paroisse, il ne pouvait 
non plus oublier ceux qu'il avait protégés, le prêtre vertueux, qui, 
pendant près de trente ans fut votre cui'é, et dont la mort a laissé 
au milieu de vous, un vide que son successeur pouvait seul remplir. 

Qu'il me soit permis, en cette occasion émouvante, où pour 
pour la première fois depuis sa mort, je me trouve dans une réu- 
nion de la paroisse qui m'a vu naître et qu'il a si longtemps di- 
rigée, qu'il me soit permis au nom de mes anciens camarades qui 
ont partagé f-es bienfaits et au mien, d'offrir à sa mémoire un tri- 
but de gratitude, à ses mânes l'hommage de notre souvenir, et de 
répandre une larme sur sa tombe. 

A côté de ce souvenir funèbre, évoquons en de moins tristes. 
Yamachiche et Nicolet sont frères. C'est par Nicolet que les élè- 
ves d'Yamachiche ont passé. Yamachiche les a vus naître à la 
vie naturelle, Nicolet les a vus naître à la vie de l'intelligence. Il 
est impossible que nous qui appartenons aux deux endroits, les 
séparions dans notre souvenir, quand ils sont si intimement unis 
dans notre passé, dans notre enfance et dans notre jeunesse. 
Aussi est-ce à Nicolet, au miliau de cette fête mémorable dont le 
pays entier a gardé le souvenir, le 26 mai 1866, qu'a origine 
la pensée de la fête d'aujourd'hui, et c'est à vous, M, le Curé, 
qu'il a été donné de la réaliser. Nous nous sommes dit ce 



110 Histoire d'yamachiche 

jour-là : puisque parmi les hommes distingués de toutes les 
•classes du pays qui se trouvent ici parmi les anciens élèves de Ni- 
colet, il en est tant à qui Yamachiche a donné le jour, pourquoi 
n'aurions-nous pas aussi notre fête particulière, notre fête patro- 
nale, non limitée cette fois aux collégiens, mais un banquet de fa- 
mille auquel serait conviée toute la paroisse. Celte fête longtemps 
projetée est enfin venue. Une occasion sainte, solennelle, que l'E- 
glise saisit toujours avec empressement et qu'elle célèbre avec éclat, 
lui a fourni une date naturelle. Les cloches nous ont appelé et 
nous sommes venus. 

Les tribus d'Israël, revenues à Jérusalem, après une lon- 
gue absence, y trouvèrent le temple détruit, et ils curent à le re- 
bâtir. Nous aussi, en arrivant ce matin, nous avons trouvé sous 
<les ruines le sanctuaire de la vieille église. Mais à sa place nous 
en avons trouvé une autre surpassant en splendeur et en beautés 
architecturales non-seulement le vieux temple, mais encore, je 
ne crains pas de le dire, presque toutes sinon toutes les églises du 
pays. Cette église, la première de ce genre en Canada, restera en 
même temps que l'orgueil de votre paroisse et l'honneur de son 
a,rcbitecte, un monument national. 

Quand nous sommes partis, deux humbles maisons d'écoles 
se trouvaient seules dans le village. Ces écoles modestes dont nous 
nous souvenons avec bonheur — les noms de leurs instituteurs sont 
surtout profondément gravés dans nos cœurs — sont aujourd'hui 
remplacées par des établissements splendides. L'un sous la direc- 
tion des filles de Marguerite Bourgeoys, l'a-itre sous celle des en- 
fants de Jean-Baptiste de Lassalle, orneraient aucun endroit 
comme ils ornent le vôtre. Puis-je oublier votre hôpital, un de ces 
pieux asiles ouverts à la soufifrance et aux orphelins, inspirés par 
Dieu, fondés par ses serviteurs et servis par ses anges ? 

En un mot, en arrivant ici, nous avons trouvé tout aggran- 
•di, tout amélioré au moral comme au matériel, village, institu- 
tions, maisons, rues, commerce, industrie, t<tut excepté une cho- 
se qui est restée la même et ne changera jamais : votre cœur et 
le notre ! 

" Après la présentation des adresses, les visiteurs se rendirent 
à l'Asile de la Providence où devait se prendre le dîner. L'Asile 
Avait été orné avec beaucoup d'élégance et de goût. Au dessus de 
la porte principale on lisait l'inscription suivante : Bienvenue à 



1 



HISTOIRE d'TAMACKICHE ' 111 

nos hôtes ! La salle du banquet était parée avec art ; on voyait 
suspendues aux murs les inscriptions qui suivent : Honneur aux 
■convives, Joies et bonheur, Charité embrasse tout, Les sons s'har- 
monisent, les vœux s'accordent ; puis, au fond de la salle, un ma- 
gnifique tableau à l'huile représentant le fondateur de l'Asile, Mes- 
sire J. H. Dorion, et au-dessous de cette toile les trois mots Hom- 
mage au mérite, écrits en lettres dorées. Les mets nombreux et 
variés, exposés sur les tables, avaient été si bien apprêtés qu'ils 
auraient fait envie aux plus fins gourmets. Les bonnes sœurs, 
qui servirent elles mêmes leurs soixante et dix convives, furent 
d'une politesse et d'une amabilité charmantes. A la fin du dîner 
une jeune orpheline lut l'adresse suivante : 

Monsieur le juge, 

Messieurs et Mesdames, 

L'honneur insigne qui revient aujourd'hui à l'hospice Ste. 
Anne de recevoir une société d'élite composée d'anciens citoyens 
d'Tamachiche réunis en ce jour de fête nous touche sensiblement, 
tout accoutumées que nous soyons à attirer s-ur nous les regards 
bienveillants de personnes bien posées dans la société. Notre hum- 
ble Asile est pour le moment le rendez-vous de ceux qui d'habi- 
tude sont les bienfaiteurs de semblables institutions. Aussi notre 
bonheur est grand, notre joie est à son comble. De cet hospice 
BOUS voulons, nous aussi, faire entendre notre voix et dire : Hon- 
neur aux enfants d'Yamachichequi par leurs talents, leur applica- 
tion, leur persévérance, leur conduite honorable, ont su se faire une 
position enviable dans la société. C'est à vous que nous adressons 
■ces paroles, vous, les objets de la joyeuse fête de ce jour. 

Nous nous félicitons nous-mêmes d'appartenir à cette belle 
paroisse d'Yamachiche dont les enfants, en si grand nombre, sont 
parvenus à des postes honorables. 

Déjà, Messieurs et Mesdames, cette fête est sur son déclin. 
Elle aura le sort des choses de ce monde qui passent, mais ello au- 
ra le sort des jours qui laissent après eux un doux souvenir. Oui, 
longtemps nous nous rappelerons avec bonheur ce beau jour de 
fête et sourtout l'honneur insigne qui revient à cet humble éta- 
blissement de vous avoir abrités pendant un temps hélas ! si court. 

Agréez, Messieurs et Mesdames, nos humbles et sincères fé- 
licitations ; nous offrons aussi nos remerciements à Monsieur le 



112 ^ HISTOIRE d'YAMACHICHE 

Cuvé, noire Vendre Pasteur qui nous a procuré l'honneur de vo- 
tre visite. 

L'Hospice d'Yamachiche. 

" M. le Curé Dorion, se levant alors, remeroia les visiteurs de 
l'honneur qu'ils venaient de procurer à leur paroisse natale. "Cet- 
te fête, dit-il, témoignera toujours de votre profond attachement 
à Yamachiche ; elle redira aux générations futures votre généro- 
sité, votre esprit d'union, de fraternité, et sera un puissant exem- 
ple d'émulation pour les jeunes enfants d'Yamachiche de marcher 
sur vos traces et d'imiter votre piété filiale. Merci bien des fois, 
au nom de cette paroisse et au mien, à vous qui avez si puissam- 
ment contribué à rehausser l'éclat de la bénédiction de nos clo- 
ches. Le don superbe que vous offrez à sainte Anne attestera de 
Votre reconnaissîiuce à Yamachiche qui se glorifie, à bon droit, de 
vous avoir donné le jour. " 

Les convives commencèrent alori à se disperser, car plusieurs 
devaient se rendre au vapeur Trois-Rivlères à trois heures préci- 
ses. Un certain nombre cependant se rendirent au Couvent de la 
Congrégation et à l'Ecole des Frères, où les enfants présentèrent 
de très jolies adresses. Ainsi finit cette fête splendide qui laissa 
d'impérissables souvenirs. 

Il y avait longtemps que M. Dorion se dévouait tout entier 
pour sa paroisse, maintenant que tout se trouvait sur un si boa 
pied, il était bien juste qu'il pensât un peu à lui-même. Afin de 
prendre un légitime repos, et afin aussi de refaire une santé bien 
délabrée, il entreprit un grand voyage en Europe, en compagnie 
de son ami de coeur. Al. l'abbé Irénée Douville, du Séminaire de 
Nicolet. Il laissait la direction de la paroisse à son vicaire, M. 
l'abbé Z. Chandonnet. Pendant cette absence un peu longue, son 
vicaire et sa ménagère, Madame Edmond Dorion, prenaient leur 
pension au Couvent de la Providence. Il partit en plein hiver, 
et se vit obligé d'aller, au milieu d'une tempête de neige, prendre 
le chemin de fer à Richmond. 

Son voyage fut des plus heureux. Il visita l'Angleterre, la 
France, la Suisse et l'Italie. On ne saurait dire avec quel bonheur 
il visita les belles églises d'Italie et de France, lui qui était si 
bien en état de saisir le mérite de l'architecture. 11 pouvait 
apprécier aussi à leur valeur les chefs-d'oeuvres de la peinture. 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 113 

Home, entre toutes les autres villes, parla tendrement à son cœur 
•et à son âme. 

La vie de touriste lui allait bien, et quand il revint au bout 
■de quelques mois, il semblait avoir trouvé une vigueur toute 
•nouvelle. La paroisse tout entière le revit avec une joie extrê- 
me, et on lui fit une grande démonstiation au convent de la 
Providence. 

Il reprit sa vie calme et paisible. Sa paroisse lui était toute 
dévouée et tout obéissante. Pour exercer un peu sérieusement sa 
patience, il ne rencontrait guère qu'une petite lutte qu'il fallait 
recommencer chaque année à propos des licences d'auberge. Le 
bon curé ne voulait pas qu'on fît le trafic des boissons enivran- 
tes dans sa paroisse. Quelques uns trouvaient qu'il eût été à pro- 
pos d'y avoir au moins une licence. Chaque année donc il se re- 
mettait à la lutte, dans la chaire, dans son presbystère, et parfois 
dans la salle même du Conseil Municipal, ce qui était une chose 
bien extraordinaire pour lui ; et toujours il arrivait à la victoire, 
comme on pouvait bien s'y attendre. 

Tout avait graodi sous l'administration de M. Dorion, le 
Couvent de la Congrégation ne resta pas non plus en arrière. 

Le nombre des élèves augmenta si bien, qu'on se trouva à l'é- 
troit dans l'édifice élevé par M. Dumoulin. Pour donner de l'es- 
pace, on essaya de faire la classe des Externes dans la Salle des 
Habitants, que M, Dorion fit élever le long du terrai a des Sœurs 
de la Providence. Mais cela fut vite reconnu comme étant impra- 
ticable. Avec l'assentiment de M. Dorion, la Sœur Ste-Marie-Jo- 
seph fit donc ajouter une aile à leur établissemeut, et alors la 
communauté se trouva parfaitement à l'aise. 



CHAPITRE XI. 



Mort de M. l'abbé Dorion. M. l'abbé J. B. Oomeau 
Curé d'Yamachiche. 



ES années s'écoulaient, et la santé de M. l'abbé Do- 
rion S'affaiblissait rapidement. Il s'en apercevait 
lui-même, et cela jetait un voile de mélancolie sur 
ses jours, car la maladie qui le minait avait empor- 
té subitement dans le tombeau trois de ses frères 
cadets : Edmond, Eric et Wilfrid. P«ur faire diver- 
sion aux pensées sombres, il se mit a pratiquer le 
dessin. Il fit bien plus : à son âge et lorsqu'il semblait déjà pen~ 
cher vers la tombe, il se mit en frais d'apprendre la peinture. Il 
exécuta plusieurs petits tableaux bien réussis, tels sont VEcce 
Homo et la Mater Dolorosa qui se trouvent dans la chapelle du 
Couvent de la Providence ; et alors il eut la hardiesse d'entre- 
prendre un grand tableau qui serait placé dans son église. Vous 
trouvez le résultat de son travail dans la chapelle du côté de l'évan- 
gile : c'est une grande toile ^ui représente Notre Seigneur Jé- 
sus-Christ montrant son adorable cœur à la bienheureuse Margue- 
rite-Marie. Un ange, témoin de cette scène d'amour divin, se cache 
la figure avec un respect mêlé de crainte. 

M. Dorion «lut abandonner la peinture ; son pénible état de 
ganté ne Ini permettait plus cette récréation. 

Il s'affaiblissait tous les jours, mais la pensée do son église 
ne le quittait pas. Au fond du chœur et dans les chapelles latéra- 




HISTOIRE D'rAMACHICHE 115. 

les on voyait les autels de l'ancienne église : cela ne pouvait êtro 
que temporaire. Le temps arriva bientôt où le curé se décida a y 
placer des autels neufs, en harmonie avec l'église. 

M. Dorion voulait d'abord placer le maître-autel au-dessus de- 
la confes ion de Ste-Eutychiane, de manière qu'on y dît la messe 
la face au peuple, comme dans les basiliques romaines ; mais Mgr 
Laflèche n'agréa point cette proposition. Le bon curé voulut du. 
moins mettre cet autel à l'entrée du chœur, le faire très simple, 
et le surmonter d'un baldaquin qui, lui, serait un belle pièce 
d'architecture. 

Les autels, en marbre poli, furent faits à Montréal, mais le- 
baldaquin, la pièce principale, fut exécuté à Yamachiche par 
les Messieurs Héroux, Il est en bois doré ; il consiste en une belle 
conpole supportée par quatre belles colonnes corinthiennes. Il y a 
dans les pendentifs den tableaux qui sont l'œuvre de l'excellent 
peintre A. Eho, de Bécancourt. L'intérieur de la coupole est oc- 
cupé par une belle copie de la Transfiguration de Raphaël, tra- 
vail du môme peintre. Pendant que les Messieurs Héroux exécu- 
taient ce baldaquin, M. Dorion put se rendre quelquefois à leur 
boutique, mais par un effort extraordinaire de volonté. Enfin on. 
plaça les autels et le baldaquin dans l'église : le digne curé put sui- 
vre et diriger jusqu'à un certain point les travaux, on eût dit 
que cela le ranimait. Le baldaquin d'Yamachiche est véritable- 
ment un beau morceau d'architecture, mais il masquait un peu 
trop le chœur de l'église. Le successeur de M. Dorion a fait recu- 
ler ce baldaquin de plusieurs pieds, pour donner plus d'espace de- 
vant l'autel, et permettre aux cérémonies de se développer à l'aise. 

Quand M. Dorion inaugit-a le maître-autel de son église, il 
ressentit une grande joie : il avait craint de mourir avant d'avoir 
achevé ce travail. 

Il lutta assez longtemps encore contre la maladie, avec une 
énergie qui surprenait tout le monde. Etant d'une maigreur 
e^rême, il paraissait comme une ombre, quand il passait à petits 
pas sous les arcades de son église. Enfin le 8 décembre 1889, il 
sentit que sa fin approchait: il reçut les derniers sacrements et 
expira doucement au milieu des larmes de ses parents et de ses 
amis. 

A son service, une foule immense encombrait la vaste nef de 
l'église; 80 prêtres avec l'évêque en tête remplissaient le choeer;. 



lie HISTOIRE D'YAMACHICHE 

trois juges et un grand nombre de personnages distingués for- 
maient partie de l'assistance. Mgr Laflèche fit l'oraison funèbre, 
■et rappela les principaux traits de son utile carrière. A l'Offer- 
toire, on chanta les couplets suivants, composés par M. Nérée 
Beauchemin : 

Le doux pasteur a fermé sa paupière 
Et son esprit au ciel s'est envolé, 
Nous précédant au pays de lumière, 
Le bon ami de tous s'en est allé. 

Aux sons plaintiflfs de la cloche sonore 
Mêlons un chant d'espoir et de bonheur : 
Le doux mart3T qu'un mal cruel dévore 
Repose enfin dans le sein du Seigneur. 

Oh ! dors en paix sous la nef de ton temple, 
Sous les parvis de ce brillant autel : 
Ton souvenir nous servira d'exemple, 
Le souvenir du juste est immortel. 

Le jour même des funérailles, Mgr Laflèche nomma curé 
•d'Yaraachiche M. l'abbé Jean-Baptiste Comeau, directeur du 
■Grand Séminaire et théologal du Chapitre. 

M. COMEAQ naquit à la Pointe-du-Lac le 31 mars 18-il, du 
mariage de Joseph Antoine Comeau, cultivateur, et d'Adélaïde 
L. Desaulniers. Il fit ses études au Séminaire de Nicolet, et fut 
ordonné prêtre en 1865. Il passa un an comme vicaire à St- 
David, auprès du vénérable M. Chartré, et fut nommé ensuite 
curé de la nouvelle paroisse de St-Léonard, avec la charge de 
donner des missions à St-Wenceslas et à Ste-Clothilde. Tout était 
à créer à St-Léonard, mais le jeune curé ne faillit pas à la tâche, 
et au bout de quelques mois la nouvelle cure était sur un pied 
tout à fait enviable. En travaillant au dévelonoemenl matériel de 
la paroisse, il n'oubliait pas de travailler avec une énergie persé- 
vérante au développement de la piété dans les âmes. Nous pou- 
vons dire que c'était véritablement le modèle des curés. Ses pa- 
roissiens lui portaient tous une affection singulière, et lui-même 
se trouvait heureux au milieu de son petit peuple. 

Cependant Mgr des Trois-Rivières ay.int besoin d'un prêtre 
d'expérience pour son Grand Séminaire, jeta les yeux sur lui, et 
M. Comeau, malgré ses répugnances, malgré les larmes de ses 
paroissiens, ne voulut pas refuser Fon évêque. Il entra au Sémi- 



HISTOIRE d'yAHACHICHE HT 

naire des Trois-Rivièrea en 1874 et y demeura jusqu'au printemps 
de 1890. Il fut directeur du Graud Séminaire jusqu'en 1877, puis 
il dirigea les élèves du Petit Séminaire penlaat 9 ans ; enfin il 
était de nouveau directeur des Ecclésiastiques depuis trois ans, 
quand il fut choisi comme curé d'Yamachichc. 

Nous devons dire cependant que M. Comeau, pendant les 
années qu'il passa au Séminaire, ne renonça jamais au saint mi- 
nistère pour lequel il avait un attrait et un don particulier. Il 
dirigea toujours un grand nombre d'âmes et visitait un nombre 
considérable de malades, dans la ville des Trois- Rivières. Quand 
il fut appelé à la cure d'Yamachiche, personne ne fut surpris ; le 
peuple l'y avait appelé d'avance : Vox populi, vox Dei. 

Après sa nomination, M. Comeau continua à diriger le Grand- 
Séminaire pendant plusieurs mois. Les deux vicaires, Messicars 
A. Gouin et N. Comeau, avaient soin de la paroisse. Il se rendait 
à Yamachiche le samedi après-midi, faisait toutes les f;mctions de 
curé le dimanche, puis s'en retournait aux Trois-Eivières le diman 
che soir. Cet état de choses cessa dans le mois de mai. 

Quand il fut définitivement fixé à Yamachiche, M. Comeau 
s'occupa du salHt de ses ouailles avec une ardeur et un dévoue- 
ment admirables. Les âmes, de leur côté, répondirent très fidèle- 
ment à toutes ses avances ; c'est ainsi que des merveilles de grâces 
s'opèrent au milieu d'un peuple. 

Nous en sommes sûr, le temps cimentera une union sainte et 
glorieuse entre cette grande paroisse et son zélé pasteur. 

En terminant ici l'esquisse historique des curés de la parois- 
se d'Yamachiche, nous devons faire remarquer qu'il n'y a pas eu 
de restriction dans les éloges que nous avons décernés à chacun 
d'eux. C'est que la paroisse d'Yamachiche à été bénie dans le 
choix des prêtres qui l'ont dirigée. Tous, sans une exceptioi, ont 
été de dignes et saints prêtres. 

Gloire et reconnaissance au Dieu très bon, louange et hon- 
neur à la sainte Edise de Jésus-Christ. 



8 



CHAPITRE XII. 



Quelques notes sur chacun des rangs de la pa- 
roisse d'Yamachiche. 



A Grande-Eivière.— Le Kang de la Grande-Ri- 
vière, ainsi que nos lecteurs ont pu le comprendre, 
est le plus ancien de la paroisse d'Yamaehiche. 

Nous avons déjà fait connaître ses premiers ha- 
bitants et l'endroit qu'il-; ont d'abord défriché. On 
PC rappelle l'église qui y a été construite sous le 
^/^ bon Père Augustin, et celle Qu'on a voulu construi- 

re sur les terres du seigneur Dachêne, au temps de M. Bertrand. 
Le coteau sur lequel fut construite la première église était 
solitaire depuis un grand nombre d'années, quand M. Otis Cham- 
berlin vint y élever une scierie. L'activité revint donc sur ce coin 
de terre. On fait allusion à ce fait dans l'adresse présentée à l'oc- 
casion de la fête du 18 octobre 1876. 

Mais cette activité fut de très courte durée, et aujourd'hui 
(1892), le coteau est redevenu solitaire : on y compte seulement- 
quelques ruines de plus. 

A quelques arpents de là, s'était formé un groupe de maisons 
très considérable, qui a subsisté jusqu'à ces dernières années. Ce 
gioupe de maisons s'appelait le Grand Machiche ou le Vil- 
lage DU Grand Machiche. Pendant bien des années, ce fut le 
centre des affaires commerciales d'Yamachiche : hôtels, maga- 
sins, boutiques de toute sorte y prospéraient à merveille. Le 




HISTOIRE d'YAMACHICHB 119 

grand commerce d'avoine qui se fit pendant quelque temps aug- 
menta l'activité de ce village, car les petits bateaux et les barges 
entraient assez facilement dans la Gi-rande Eivière. Enfin, quand 
la Compagnie du Richelieu faisait arrêter ses vaisseaux à Yama- 
chiche, c'était encore ce village qui y trouvait le plus grand béni- 
fice : de là partaient les chalands qui allaient conduire ou cher- 
cher au large les passagers et les marchandises. 

Mais arriva la grande inondation de 1865. Le village se vit 
complètement envahi par les eaux. Plusieurs personnes voyant 
cette inondation inaccoutumée, se retirèrent prudemment chez des 
parents ou des amis dans la partie haute de la paroisse ; bien 
leur en prit. Quand éclata, en effet, cette tempête mémorable qui 
a, causé tant de ravages dans notre pays, ceux qui étaient restés 
eurent sous les yeux le spectacle le plus effrayant que l'on puisse 
imaginer : Des vagues hautes comme des montagnes arrivaient 
du lac St-Pierre avec la vitesse d'un cheval à la course, et elles 
enlevaient les maisons et les autres bâtiments comme de vérita- 
bles châteaux de carte. Les maisons plus lourdes ou plus solides 
qui pouvaient résister, étaient couvertes d'une masse d'eau énor. 
me, tordues dans tous les sens et ébranlées jusque dans leurs 
bases. Une terreur indicible s'empara de tout le monde, et on se 
jeta dans des embarcations malgré la tempête. Une cinquantaine 
de personnes se trouvèrent réunies dans un chaland, et furent 
jetées dans le bois de M. Sévère Desaulniers. Elles passèrent 
ainsi une nuit terrible où elles se crurent cent fois arrivées à leur 
dernière heure. 

Il n'y eut pas de pertes de vies, mais un grand nombre 
d'habitants ne voulurent pas retourner dans un village où. l'on 
était exposé à de pareils accidents. Bientôt les voyageurs qui 
vont aux Trois-Rixières ou qui en viennent cessèrent de passer 
par le Grand Machiche, parce que l'on avait changé le chemin de 
la Rivière-aux-Glaises, comme nous le raconterons plus loin. Le 
chemin de fer du Nord prenant tout le trafic, les vaisseaux de la 
Compagnie du Richelieu cessèrent d'arrêter à Yamachiche. Le 
village perdant toutes ses sources de prospérité, ne fit plus que 
décroître. Nous constatons aujourd'hui qu'il est entièrement 
disparu. C'est ici l'un des plus grands changements qui se soient 
opérés à Yamachiche. 

Qu'on nous permette maintenant de communiquer au lecteur 



120 HISTOIRE D'YAMACHICHB 

quelques notes sur le premier moulin à farine qui ait été construit 
à Yamachiche. 

Ce moulin devait être un moulin banal, mais les sei- 
gneurs vendirent leurs droits à un nommé Duhaime, ainsi que 
l'acte suivant en fait foi. 

" Pardevant le notaire royal de la ville et gouvernement des- 
Trois-Rivières, y résidant soussignés et témoins ci-après nom- 
més, fut présent le sieur Pierre Lesieur dit Duchaine, seigneur 
en partie du fief Yabmachiche y demeurant, lequel a volontaire- 
ment reconnu et confessé par les présentes avoir fait cession, dé- 
laissement et transport, et promet garantir de tous troubles et 
empêchements quelconque au sieur François Lemaître dit Duai- 
me, marchand, résidant à la Rivière-du-Loup, à ce présent et ac- 
ceptant, c'est à savoir : tous les droits et prétentions qu'il pou- 
vait avoir et prétendre en sa dite qualité de seigneur en partie 
pour la construction d'un moulin à farine dans la seigneurie da 
dit Yabmachiche sans des dits droits en rien réserver ny retenir ; 
cette cession, délaissement et transport ainsi faites aux charges,, 
clauses et conditions suivantes savoir ; le dit sieur Duaime pro- 
met et s'oblige faire construire un moulin à farine sur la Grande 
Rivière d'Yabmachiche d'kuy en trois ans pour tout délai, qu'il 
jouira des fruits, profits et revenus du dit moulin, sa vie durant 
seulement, après lequel temps le dit moulin sera et apparti ndra 
de plein droit et en toute propriété au dit seigneur ceddant, en 
outre que le dit sieur Duaime promet et s'oblige bailler et payer 
au dit seigneur quatre minots de bled froment de rente pour cha^ 
que année tant et si longuement qu'il sera possesseur et détemp- 
teur du'dit moulin et encore qu« le dit sieur Duaime ne pourra 
vendre, engager ny hypothéquer le dit moulin sans le consente- 
ment du dit ceddant, expresses conventions, le cas au contraire- 
le dit',''moulin retournera de plein droit au dit sieur seigneur sans 
être tenu à aucun dédommagement. Item cedde, délaisse 
et transporte le dit sieur Duchaine au dit sieur Duaime ce accep- 
tant, et ce pour la construction du dit moulin, une pointe de ter- 
re située au sud-est du grand pont de la dite Eivière d'Yabma- 
chiche d'environ trois arpents en superficie sans en rien réser- 
ver ny retenir pour et moyennant la somme de quatre cents livres 
payables en quatre années, monnaye ayant cours et dont le pre- 
mier payement se fera d'huy en deux ans que l'on comptera mil 
sept cent soixante-trois et ainsi continuer jusqu'au parfait paye- 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 121 

ment, avec cette convention que si le dit Duaime ne peut cons 
truire le moulin sur la dite pointe, le dit sieur ceddant la repren- 
dra encore qu'elle lui aurait été payée. Et autres conventions ex- 
presses, si le dit Sr. Duaime ne fait construire le dit moulin 
d'huy en trois ans ainsi que dit est ci-dessus, la présente cession 
sera nulle et comme non faite et payera au dit sieur seigneur 
pour dommages et intérêts la quantité de quatre minots de bled 
froment par chaque année et ce pendant l'espace de vingt-six an- 
nées consécutives et sans interruption ; et en outre se réserve le 
<lit sieur Duchaine, le droit de préférence et faire moudre les 
grains pour la subsistance de sa famille, pour lui et ses hoirs et 
ce après le dit sieur preneur. 

" Au moyen de quoy le dit sieur Duchaine est dès à présent 
démis, dévêtu et dessaisi de la propriété et jouissance des droits 
et autres choses possédées pour et au profit du dit sieur Duaime, 
voulant et consentant qu'il en soit' paisible possesseur en vertu 
des présentes." 

Cet acte fut passé le 2 décembre 1761 ; puis le 9 mars 1771, 
3e même seigneur cède tous ses droits sur le moulin construit par 
le sieur Duaime, dès maintenant et à toujours. 

Le moulin dont il est question ici fut-il donc le premier 
moulin à farine qui ait été construit à Yamachiche, ainsi que 
nous l'avons avancé ? Cela est difficile à croire, les premiers éta- 
blissements ayant commencé en 1703 ; néanmoins, vu les recher- 
ches que nous avons faites, nous ne pouvons que regarder la chose 
comme établie, tout improbable qu'elle para'sse au premier 
abord. 

Ce moulin, appelé plus tard moulin rouge, après avoir fonction- 
né pendant de nombreuses années, après avoir été rebâti et avoir 
changé plusieurs fois de propriétaire, fut vendu en 18^9 à une com- 
pagnie formée par M. Charles Lajoie, et au lieu de t^es anciennes 
moulanges, reçut les métiers à filer et à tisser d'une manufacture 
d'étoffes de laine, la seule qu'on ait jamais vue dans le district des 
Troîs-Rivières. Cette manufacture a rendu d'importants services, 
et elle a fait surgir un petit village autour d'elle. La première 
compagnie ne s'est pas maintenue longtemps, mais une nouvelle 
compagnie, formée de M. Augustin CaronetdeM. George Caron 
son fils, paraît exploiter aujourd'hui cette manufacture avec succès. 



122 HISTOIRE B'yAMACHICHE 

En 1820, U0U8 voyons Antoine Gadioux dit St-Louia entre- 
pronilre la construction d'un nouveau moulin à farine sur la 
ijrande rivière Yamachiche. 

Le moulin lui donna de bons revenus, et on jugea à propo» 
d'y ajouter un moulin à carder et un moulin à fouler. 

Mais en 1831, M. Augustin Gadioux dit St-Louis, en so- 
ciété avec Benjamain Dumoulin, co-seigneur, commence la cons- 
truction d'un moulin à scier, et fait un canal pour détourner une 
paitie des eaux de la Grande Rivière. De là un procès qui se 
poursuit jusqu'en Angleteri-e, et se termine en 1841 par une dé- 
cision du Conseil Privé de la Reine en faveur d'Antoine St-Louis, 

On peut voir encore aujourd'hui le canal fait par M. Au- 
gustin St-Louis, travail dispendieux qui n'a plus la moindre 
utilité. 

La Petite-Rivièee. — Le rang de la Petite- Rivière s'étend 
chaque côté de la Petite Rivière Yamachiche ou rivière Lamber- 
ton, et il a commencé à s'habiter presque en même temps que 
celui de la Grande^Rivière, seulement les premières terres n'ont 
pas été prises le long du fleuve, mais bien à trois quarts de lieue 
plus haut. 

Le premier habitant de la Petite-Rivière fut Etienne Géli- 
nas lui-même. Comme il se trouvait éloigné des autres habitants, 
il avait entouré sa maison d'une palissade en pieux de cèdre, sans 
doute pour se protéger contre les Sauvages qui étaient à redouter 
alors. Cette première maison avait vingt-cinq pieds de long sur 
dix-sept de large, et était couverte en planches. 

Le rang de la Petite-Rivière est décidément aujourd'hui le 
plus important de la paroisse, puisqu'il renferme l'Eglise, les Ins- 
titutions religieuses et tout le Village d'Yamachiche. 

Le village était peu de chose quand M. Dorion fut nommé 
curé : la population était peu nombreuse et les maisons de très 
modeste apparence. La présence de la gare du chemin de fer du 
Nord opéra un (.-haugemant tout à fait inattendu : le commerce 
prit un activité surprenante, le village doubla sa population en 
quelques années, et trois rues nouvelles se bordèrent comme par 
enchantement de maisons fort élégantes. L'ancienne partie du 
village allait être éclipsée mais elle se piqua d'honneur ; c'est 
alors, en effet, qu'on vit les vieilles maisons remplacées par ces 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 123 

jolies demeures qui font un digne pendant au dôme royal de la 
nouvelle égli e. 

Pour ce qui regarde l'église elle-même, le progrès sur les 
anciens jours a été plus accentué encore, comme on en peut juger 
par le rapprochement suivant. Nos lecteurs d'Yamachiche con- 
naissent tous cette chapelle des morts que M. Dorion avait fait 
transporter à quelques pieds de la porte de la chapelle souter- 
raine, et qui a été démolie il y a trois ou quatre ans; eh bien t 
c'était l'ëglise où M. Griault disait la messe. En vérité, le« joura 
de M, Griault sont bien loin de nous 1 

Le village se voyant très populeux, résolut de se constituer en 
municipalité séparée, afin de se procurer les améliorations néces- 
saires à un grand village. Plusieurs voulaient se constituer en 
ville, et le nom d'Annapolis était déjà sur leurs lèvres ; mais la 
crainte des taxes arrêta le plus grand nombre, et il fallut se ra- 
battre à une municipalité de village. Le village de Ste-Anne d'Ya- 
machiche comprend un territoire formant une superficie d'environ 
136 arpents ; les lettres patentes qui le constituent furent émise» 
le 5 avril 1837. 

Les habitants du village étaient heureux d'avoir réussi dan» 
l«ur entreprise ; mais bientôt quelques paroissiens conçurent le 
projet de former aussi deux municipalités scolaires à Yamachi- 
che. M. Dorion, qui avait tant à cœur le bien général de la pa- 
roisse, était absolument opposé à cette division qu'il regardait mê- 
me comme un malheur. Il la retarda pendant quelque temps par 
son opposition ; mais lorsqu'il souffrait de sa dernière maladie^ 
les requérants redoublèrent d'efforts auprès du surintendant de 
l'Instruction Publique et ils parvinrent à le persuader. 

L'ordonnance qui divisait la paroisse en deux municipalité» 
scolaires fut donc publiée. Dans ce document, on donnait à la 
municipalité du village le titre et les droits d'ancienne municipa- 
lité. Des représentations furent faites au surintendant : il retira 
sa première ordonnance et en publia une seconde, dans laquelle 
il conférait à la municipalité de la paroisse les droits d'ancienne 
municipalité. Les requérants étaient dans la jubilation et plusieurs 
parlaient déjà de se faire rembourser par le village tout ce qu'ils 
avaient fourni pour bâtir l'école des Frères. 

On voyait donc surgir immédiatement une cause de difficul- 
tés et de procès. De plus, les limites des municipalités étaient tra- 



124 HISTOIRE D'YAMACHICHEr 

<^es d'une manière si singulière, que plusieurs habitaits de la pa- 
roisse étaient obligés, pour arriver à leurs écoles, de traverser la. 
municipalité du village. 

Les choses eemblaient traîner en longueur quand, un bon 
jour, la malencontreuse ordonnance fut soudainement letirée. 

'Toutes les personnes désintéressées compjennentque ce plan 
de division n'avait pas été suffisamment mûri, et qu'il n'était 
pas acceptable dans la pratique 

La Riviêre-aux-Glaises.— Le rang de la Rlvière-aux- 
Glaises se trouve compris dans le fief Gatineau. Il s'étend le long 
du fleuve Saint-Laurent, à l'est de la Grande Rivière,, et tire son 
nom d'un certain ruisseau qui coule sur le sens des terres pour 
se jeter dans le fleuve, et que les anciens avaient eu la complaisan- 
ce d'appeler Rivière aux Glaises ou Rivière des Glaises. 

Rien n'empêche d'admettre que le premier résidant de la 
Rivière-aux-Glaises ait été Joseph Rivard dit Dufresne qui, sui- 
vant la tradition, passa trois années entières sans voir un seul 
■être humain, si ce n'est un chasseur qu'il entrevit un certain soir. 
Il s'était fixé sur la terre occupée aujourd'hui par M. Sévère 
Desaulniers. 

Pendant les jours ouvriers il travaillait dans une solitude 
complète, mais il n'y a pas de doute que, le dimanche, il allait 
souvent rencontrer les Lesieur et les Gélinas à la chapelle -des- 
eervie par les Pères Récollets, le long de la Grande Rivière. 

Les premiers habitants d'Yamachiche ne considéraient le 
rang de la Rivière-aux-Glaises que comme une grenouillère tout à 
fait inhabitable. Aujourd'hui la grenouillère est devenue le gre- 
nier d'Yamachiche ; néanmoins le sol a toujours le grand inconvé- 
nient de se trouver trop au niveau du fleuve. 

La grande inondation de 1865 jeta l'effroi dans la population 
et dès l'été suivant on traçait un chemin sur le travers des ter- 
res, à un endroit où les eaux du fleuve ne se rendent jamais. Puis 
les habitants se mirent à transporter leurs bâtiments de l'ancien 
chemin au chemin nouveau. En deux années ce travail de trans- 
port se trouva à peu près complet. 

Les maisons furent transportées toutes rondes, et tandis qu'on 
les acheminait vers le rang nouveau, la famille continuait à y cou- 
cher, et les femmes y faisaient leur ménage comme de coutume. 



HISTOIRE d'YAMAGHICHE 125 

Pendant quelque temps on garda les deux chemins ouverts, 
4e sorte que les voyageurs pouvaient passer encore par le village 
du Grand Machiche et suivre la route solitaire de l'ancienne Ri- 
vière-aux-Grlaises, ou bien rester aux milieu des habitations et s'a- 
vancer par la P tite-Rivière, le moulin rouge (plus tard la manu- 
facture, de laine) et le chemin nouvellement tracé. Mais en 1874i 
le conseil mmiieipal ferma l'ancien chemin. 

Les habitants du Grand Machiche que cette mesure mettait 
dans un grand isolement, protestèrent de toutes leurs forces, et 
intentèrent même un procès qui fit du bruit pendant un certain 
temps. Mais ils ne purent réussir^ et ce sera bientôt une diflScul- 
té de savoir au juste où passait le vieux chemin de la Rivière-aux 
Glaises. 

Vide-Poche. — Voilà un nom qui ne sonne pas mélodieuse* 
ment aux oreilles ; il désigne cependant l'un des plus beaux rangs 
de la paroisse d' Yamachiche. On ne s'accorde pas sur l'origine 
du nom qui lui fut donné. Les uns prétendent qu'on l'appela ainsi 
parce que les braves défricheurs qui y ouvraient des terres par- 
taient, le lundi, le sac bien rempli... sur le dos, et revenaient le 
isamedi le sac vide ..... sous le bras. D'autres y voient une allu- 
Bion au peu d'argent que possédaient les habitants de cet endroit, 
lesquels ayant commencé à s'établir quand les terres étaient très 
avancées partout ail'eur?, se sont trouvés dans une pauvreté rela- 
tive. Quoiqu'il en soit, ce nom n'a plus sa raison d'être aujour- 
d'hui. 

Les Milot comptent parmi les premiers défricheurs de Vide- 
Poche. 

Le Village des Caron. Dans l'été de 1783, un cultivateur 
se présentait au manoir seigneurial et demandait à voir Madame 
Wilkinson, La grande dame parut et ne put s'empêcher de sou- 
rire : le bon canadien qui la d mandait portait les souliers sauva- 
ges et la proverbiale tuque bleue qui a tant amusé nos amis d'ori- 
gine britannique. 

Le rire fit place à la surprise, lorsque le biave cultivateur 
demanda à entrer en marché pour l'acquisition d'un lopin de terre 
de 800 arpents en superficie. La surprise dut augmenter encore 
lorsque la grande dame vit notre canadien pa3'er argent comp- 
tant une grande partie de la somme réclamée pour les huit cents 
arpents de terre. , 



126 HISTOIRE D'TAMACUICHE 

Saluons ici l'arrivée à Yamachiche du père de cette famill» 
Caron (d' Yamachiche et de la Eivière-du-Loup), qui a été une 
pépinière où l'église a prie en abondance des sujet précieux pour 
peupler le sanctuaire et les communautés religieuses. 

Michel Caron époux de Marie Joseph Parent était de St-Roch 
en bas de Québec, et il venait à Yamachiche pour établir sur de» 
terres nouvelles ses dix enfants. La tradition se platt a raconter 
qu'il voyageait en charrette, que son argent était dans un bas de 
laine et attaché à l'essieu de sa voiture. On sait qu'alors les bil- 
lets de banque n'étaient pas encore en usage dans notre p»ys, et 
qu'ainsi toute forte somme devenait diflScile à transporter. Neuf 
de ses enfants se fixèrent au même endroit, et formèrent le Vil' 
lage des Caron. 

Dans ce village il n'y a plus un seul Caron aujourd'hui, mais 
il garde encore son vieux nom, qui se trouve comme une relique 
et un souvenir. 

On lira peut-être avec plaisir l'exti-ait f^uivant du contrat de 
vente des terrains dont nous venons de parler : 

" Fut présente Madame Elizabeth "Wilkinson, Demeurante 
" au d. lieu Yabraachieho, laquelle par ces présentes raconnaît 

"avoir vendu au Sr Michel Caron habitant delà 

" paroisse de St Roc à ce présent et acceptant sçavoir une 

" terre d'environ huit cents arpents en superficie ; bornée par 
" le fond au bout de la Profondeur des terres de Pierre Lami, 
" Charles Lacource, Alexis De.=aunié, Joseph Jacques Bourguin- 
" ville, Barabé, Fortié, Joseph Gélinas, Pierre Gélinas, Bte Bour- 
'* guinville, Michel Grenié, Louis Champoux et François Bois- 
" verd, jusqu'au bout de la profondeur de la terre de Michel Géli- 
" nan, ainsi qu'à celle de Joseph Gélinas aboutissante aux Conces- 
" sions de la Rivière du Loup ; d'autres côtés, au sud-ouest suivant 
" la ligne prolongée de la concession, de Jacques Blaye, et Pierre 
" Lami bornant la profondeur des terres de détunt Pierre Grenié, 
'' Joseph Rousseau, et René Lavigne, et de là suivant le bout 
" des terres de Jean NoUin, Jean Ferron. Noël Breton, François 
" Grenié, Frs Deveau, Pierre Décoteau, et autres jusqu'à l'en- 
*' droit où la ligne de la terre de Joseph Gélinas coupe la ceinture 
" de la terre du nommé Lapolice, le tout buivant le plan figuratif 
" de Desdevin arpenteur de 1768 et 1769, dont copie a été remise 
" au dit acquéreur 



HISTOIRE D'YAMAGHICHB 12T 

" Fait et passé à Yabmachiehe, maison seigneuriale, l'an mil 
" sept cent quatre-vingt-trois, le vingt un de juillet après-midi, ea 
" présence d'André Blondeau d. Derissi, mtre d'écolle au d. lie» 
" et de Joseph Bouché etc. 

Leboi 

" Je soussigné propriétaire du fief Grosbois reconnais avoir 
" mis l'acquéreur en posset^sion de l'acquisition susdite, sous paye- 
** ment de lots et ventes ; 

" 22e Mars 1784 C. Qxjqy. 

" Et le dix neuf de février mil sept cent quatre-vingt-sept 
'* Mme Wilkinson reçut lo parfait, dernier et entier Payement de 
" la dite vente, en présence de Benony Doucet et Benony Bou- 
" ohé. " 

Jj'orthographe et la ponctuation laissent beaucoup à redire 
et le sens est difficile à suivre dans cet extrait, mais les lec- 
teurs d'Yamachiche y trouvent une liste de noms qui a bien sa va- 
leur. On est charmé aussi de ti-ouver cet André Blondeau, maître 
d'école ; c'est le premier instituteur dont lo nom nous soit par- 
venu. 

De dix frères Caron, neuf s'établirent donc do suite sur leur 
morceau de terre alors en bois debout et qui s'étendait en arrière 
du rang des Petites-Terres. 

En partant de la ligne nord-est de ce terrain on les trouvait 
comme suit : 

Joseph, Jean-Marie, Michel, Augustin, François, Charles,. 
Ambroise, Gabriel, Cyrille, puis Louis, le plus jeune des dix frè- 
res Caron alla s'établir au Petit-Bois de la Kivière-du-Loup, sur 
une terre maintenant occupée par M. Livernoche, où son père 
demeura avec lui jusqu'à sa mort. Ce Louis, ou Louison Caron,. 
comme on l'appelait alors, fut le père du grand vicaire Thomas 
Caron, de Nicolet 

Plus tard, Gabriel alla aussi s'établir sur le côté ouest de la 
Rivière du Loup, près de la route qui conduit à St-Léon : c'est le 
père de Mgr C. O. Caron, Chapelain des Ursulines des Trois-Ri- 
vière^, et de MM. Moïse Caron, George Caron, etc., etc. 

François épousa Marie Catherine Lamy et alla plus tard se 
fixer sur une terre vis-à-vis le pont actuel de la Rivièr -du-Loup. 



128 HISTOIRE D'TÀMACHICHE 

Le père Michel Caron, le pionnier, avec ses fils du Village 
DES Caron, était cousin germain du père du ci-devant lieute- 
«antgouverneur de la province de Québec, l'honorable Edouard 
Eené Caron. 

M. Abraham L. Desaulniers parlait ainsi du village des Ca- 
ron en 1877 : " Ce rang est maintenant occupé comme suit : 
Sar la terre do Joseph Caron est actuellement Antoine Géli- 
nas; sur celle de Jean-Marie, Antoine Villemure ; celle d'Augus- 
tin, Antoine Gélinas; celle de François, Charles Léonard Lesieur- 
Desaulniers ; celle de Charles, partie à Barthélémy Caron, son 
fils, qui demeure actuellement près de l'église, et partie à Fran- 
çois Ferron ; celle d'Ambroise, Joseph Lamy ; celle de Gabriel, 
Joseph Bellemare et Henri Fortin ; celle de Cyrille, les héritiers 
Lacerte, Moïse Lamy, Thomas Ferron et Charles Léonard Le- 
eieur-Desaulniers. 

" Je dois ajouter qu'en partant de la ligne du rang de Vide- 
Poche, il y a encore deux terres qui sont considérées aujourd'hui 
•comme faisant partie du Village des Caron, mais qui néanmoins 
n'ont pas été acquises par le père Michel Caron, ce sont celles de 
Louis Lamy et Antoine Gélinas dit Dédais, qui ont leur cordon 
à quelques arpents plus en profondeur que celui des terres du Vil- 
lage des Caron proprement dit. 

" Il y a environ quarante ans cette anomalie a suscité un pro- 
cès assez mémorable dans la paioisse d'Yamachiche, a l'occasion 
-de l'ouverture d'un chemin allant directement du rang des Caron 
à celui de Vide-Poche, car il fallait traverser une terre du père 
Bezote, et c'est tout dire 

." Mais, enfin, cette voie directe fut ouverte par autorité de 
justice, et depuis quelques années les deux cultivateurs qui se trou- 
vaient plus haut ont transporté leurs pénates près de ce nouveau 
chemin, qui relie directement le Village des Caron et Vide- 
Poche. 

" Le sol du Village des Caron, excepté le bas des terres, n'est 
pas très fertile, quoique ses habitants y vivent tous à l'aise ; mais 
■en revanche il a produit une pépinière d'hommes qui se sont dis- 
tingués dans la Chaire et ailleurs. " 

Le rang de la EivièredU'Loup. — Ce rang s'étend le long 
^e la Eivière-du-Loup et a pris le nom de cette rivière. 11 se trou- 
ve dans le fief Grand-Pré. 



HISTOIRE d'tA3IACHICHE 129' 

Un moulin qui y a été construit par un nommé Legris, et 
qu'on appelait en conséquence " Moulin du Gris, " a fait surgir 
un petit village de très chétive apparence, qu'on appelle commu- 
nément le Petit Village de la Eivière-du-Loup. Tl s'y trouve uix 
assez bon nombre de familjes, toutes très pauvres. 

Les habitants du Petit Village forment une caste à partdans- 
Yamachiche. Etant pauvres et éloignés de l'église, ils perdent 
fréquemment la messe et vivent dans l'ignorance, mais ils ne 
ne sont pas méchants. Les jeunes gens ne vont jamais chercher 
d'amusements dans les autres parties de la paroisse, mais ils s'amu- 
sent fort gaîment entre eux. Ils se trouvent heureux dans leurs 
maisonnettes délabrées, et quand ils sont obligés d'émigrer, c'est 
toujonrs un déchirement de cœur incroyable. La patrie pour 
eux c'est ce petit coin dt terre, et ils l'aiment d'autant plus qu'elle 
se montre plus avare des choses qui peuvent rendre la vie agréable. 
Cherchez maintenant à pénétrer le secret de l'amour de la patrie. 

Les Petites-Terres. — Les terres de ce rang sont courtes, 
de là leur nom, mais elle sont de qualité vraiment supérieure. 
Elles vont aboutir au lac Saint-Pierre, et s'étendent entre les ter- 
res de la Rivière-du-Loup et celles de la Petite-Eivière. 

Cfest là que fut élevé Antoine Gérin-Lajoie, l'auteur de Jean 
Rivard. 

La Chicane. — Ce rang n'est formé que de deux ou trois 
maisons. On dit qu'il tire son nom peu euphonique d'une diffi- 
culté survenue à propos d'un cours d'eai. 

L'AcADiE.— Il faut s'arrêter ici : on sent que ce nom rap- 
pelle la joie insolente d'un vainqueur et les douleurs amèresd'un©- 
victime. 

Jadis, il y avait non loin de n®us un peuple qu'on pouvait 
appeler le plus heureux des peuples : vivant sous un ciel enchan- 
teur, habitant un sol des plus fertiles, il voyait l'aisance et la joie 
régner dans chaque famille. Ce peuple était franc et loyal, de- 
mœurs pures et naïves ; sa religion faisait tout son bonheur. 

Mais un jour des étrangers vinrent pour lui imposer leurs- 
lois ; le peuple fit tout ce qu'il put pour soutenir l'autorité qui 
l'avait rendu prospère et heureux. Voyant l'impossibilité de ré- 
sister, il reprit ses habitudes paisibles et naïves. Le vainqueur 
s'en aperçut bien, il feignit pourtant de ne voir e» eux que des- 



130 HISTOIRE D'TAMACHICHB 

conspirateurs ; et comme ces bons habitants refusaient de prêter un 
serment qu'ils croyaient contraire à leur honneur et à leur cons- 
cience, on résolut de satisfaire sur eux des instincts rapaces et 
sanguinaires qu'on se sentait au cœur. 

Le bon peuple fut réuni à l'église sous prétexte de commu- 
nications importantes, et des soldats, en lâches qu'ils étaient, se 
jetèrent sur ces hommes désarmés et les firent prisonniers. Puis 
ils embarquèrent pêle-mêle hommes, femmes et enfants, et les 
envoyèrent au hasard et sans nulles ressources sur des plages 
lointaines. Ils chantaient pour étouifer les cris de détresse des 
femmes séparées de leur maris, des enfants arrachés des bras de 
leurs mères, ils riaient des larmes de ceux qui quittaient leurs 
propriétés et le beau ciel de leur patrie. Et les horribles vain- 
queurs se partagèrent les champs demeurés déserts, comme les 
soldats se partagèrent les vêtements de Jésus-Christ au pied de la 
Croix. Les malheureux qu'on arrachait à leurs foyers, c'étaient 
nos frères, les Acadiens, et leurs bourreaux c'étaient des gens civi- 
lisés, c'étaient des Anglais ! 

Angleterre, tu as admiré les sons de la lyre de Longfellow I 
N'as-tu pas compris que ce barde, qui se sert de ta propre langue, 
a été inspiré pour immortaliser ta honte ? Ton crime eût vieilli 
dans la mémoire des hommes, le poème à' Evangeline vivra et 
ton crime avec lui. 

Les habitants d'Yamachiche doivent connaître ces faits na- 
vrants et ne jamais les oublier, car un grand nombre de leurs 
plus estimables co-paroissiens sont les descendants directs des vic- 
times de cet attentat que la civilisation refuse d'enregistrer dans 
ses glorieuses annales. 

Racontons en quelques mots comment ces malheureux par- 
vinrent à rejoindre leurs frères du Canada français. 

Les Acadiens qui sont venus habiter Yamachiche avaient 
^té arrachés de Port-Royal et de ses environs. C'étaient tous de 
riches propriétaires, attachés à l'Acadie et à la France, et d'une 
foi simple et forte comme celle des chrétiens de la primitive 
Eglise. 

Ils eurent au moins la consolation de ^s'embarquer avec leurs 
familles, à l'exception toutefois d'un nommé Aucoin qui se vit sé- 
paré de sa femme, un soldat bourru ayant poussé la chaloupe au 
moment où celle ci allait y mettre le pied, et n'ayant fait que rire 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 131 

des larmes de cette malheureuse. Les deux époux se rencontrèrent 
au bout de trois ans dans la colonie acadienne de St-Grrégoire. On 
comprend mieux qu'on ne peut les exprimer les larmes de bon- 
heur qui accompagnaient de telles rencontres. 

Le vaisseau qui portait les Acadiens dont nous parlons alla 
les déposera Boston. Ils y demeurèrent deux ans, puis ils se rem- 
barquèrent pour de nouvelles aventures. Ce second vaisseau de- 
vait les porter à la Martinique. Cette déportation à la Martinique 
ne leur souriait que peu. Lorsqu'ils furent en pleine mer ils s'en- 
tendirent entre eux, et comme ils étaient en grand nombre, ils 
méditèrent un coup de main pour conquérir la liberté de choisir 
le lieu, de leur exil. Ils firent le capitaine prisonnier dans sa cham- 
bre, et mirent aussi la main sur les divers employés. Un nommé 
Doucet se mit à la barre du vaisseau, les autres remplirent les 
fonctions de matelots, et l'on vogua vers le port de Qnébee. 

Le nouveau capitaine était habile diins son art, et l'on se 
rendit sans retard ni accidents. 

Arrivés à Québec ils remirent le vaisseau entre les mains de 
son capitaine, et prirent alors diverses directions. Les uns allèrent 
s'établir à St-Grégoire où une colonie d'Acadiens venait de se 
fixer, les autres se rendirent au Ruisseau-Vacher, c'est-à-dire dans 
cette colonie de St Jacques dont M. Chagnon a donné une histoi- 
re si intéressante ; enfin dix neuf familles se dirigèrent vers la 
nouvelle paroisse d Yamachiche. Les pauvres émigrés examinè- 
rent les terrains, et allèrent former une nouvelle concession qu'ils 
appelèrent du nom suave d'Acadie. Comme ils durent se fixer 
sur deux rangs, le plus étendu s'appela la grande Acadie, et le 
moins étendu la petite Acadie. Voici les noms des chefs de ces 
dix-neuf familles et dans quel oi'dre ils se fixèrent, en prenant du 
côté sud : 

GRANDE Acadie. 

Aucoin, Auguste Leblanc, Vallée, Pierre Leblanc, Joseph 
Eaymond, Pierre Pellerin, Paul Landry, Benoni Doucet (celui qui 
conduisit le navire), Charles Trahan, Charles Landry, Etienne 
Melançon, Joseph Hébert, Jean Castin, et un autre dont nous n'a- 
vons pas le nom. 

PETITE Acadie. 
Charles Vincent, Pierre Pellerin, Joseph Pellerin, François 
Proulx et un autre dont le nom nous échappe aussi. 



132 HISTOIRB D'TAMACHICHE 

L'endroit qu'ils avaient choisi se trouvait en pleine forêt, le 
rang de Vide-Poche n'existant pas encore, et il n'y avait pas mê- 
me de chemin pour aller do l'église à la nouvelle colonie. 

Ils se mirent à défricher, non sans regretter souvent leurs 
beaux pâturages de la vieille Acadie ; mais ils travaillaient cou- 
rageusement, car leurs àraes étaient assez fortes pour se mettre 
au dessus du malheur, et leurs corps étaient assez robustes pour 
supporter le travail et les fatigues. On remarque que les descen- 
dants de ces familles sont tous aujourd'hui dans une aisance en- 
viable. La paroisse d'Yamachiche avait fait une acquisition des- 
plus précieuses ; ces fugitifs avaient à un degré éminent toutes les 
vertus qui font les bons citoyens : caractère paisible, probité pro- 
verbiale, foi sans nuages, mœurs sans taches, persévérance incom- 
parable pour mener toutes leurs entreprises à bonne fin. 

Les détails que sous avons donnés nous ont été transmis en 
grande partie par M. Joseph Trahan, père de Messieurs les Abbés 
Luc Trahan et Hyacinthe Trahan. Ce vénérable vieillard avait 
d'une manière étonnante la mémoire du passé ; tous les événe- 
ment se trouvaient parfaitement classés dans sa tête, et ceux que 
nous avons pu constater par les registres ou les vieux contrats se 
Hont trouvés justes. 

Il nous a conté p^r rapport à sa famille, qn'un de ses oncles 
se déplaisait beaucoup sur les terres de l' Acadie. Nos hivers lui 
paraissaient insupportables. 

En 177-4, lorsque les Américains se dirigeaient sur Québec,» 
il se mit dans un des régiments ; et à leur départ, il s'en alla avec 
aulx à Philadelphie. Il s'y établit, amassa une jolie fortune, et 
donna origine aux Trahan qu'on y voit encore aujourd'hui, mais 
qui ont plus ou moins anglicisé leur nom. 

Les habitants de l' Acadie sont les dignes enfants des braves 
qui nous étaient venus de Boston, ce que nous avons dit de leurs 
pères devra les persuader qu'ils peuvent être fiers de leur origine. 

Depuis que nous avons cherché l'histoire de ces braves fa- 
milles, le rang de l' Acadie a pris de l'importance à nos yeux, 
nous le considérons même comme le plus intéressant de la parois- 
se d'Yamachiche, et nous croyons que plus d'un lecteur seront 
de notre avis. 




.A-L 



CHAPITRE XIII. 



Le culte de sainte Anne à Yamachiche 




'OUS n'en pouvons douter, la pai-oi.s 
(-■he a toujours en une grande 'i<r 
Anne, sa patronne ; mais eott« 
aocrue jusqu'au point où no : 
ot n'e'-t. devenue l'un do- 
p»roiiii(' (jue sous l'aclnp 

C'est aussi sous la même adm; 
glise d'Yamachiche a comnienc<' " '• 
lorinages. 

A Yamachiche trois objets principaux 
fxcitenfc la dévotion des pèleiios et des 
pour sainte Anne : Ti^ ti^i'.çVT'. du mait- • 
doré qui se trouvv 
belle relique des;!' 
vre de Beaucour 
Europe, et qui se ■■ 
Ce tableau re; 



se trouvent dewx .. 
4e l'autre rae 
'iiie b.->rq>^'- -•■ 



MiiQ. sur . 1 
On voit, en sec 



f^ 





CHAPITRE XIII. 



Le culte de sainte Anne à Yamachiche. 



"OUS n'en pouvons douter, la paroisse d' Yamachi- 
che a toujours eu une grande dévotion pour sainte 
Anne, sa patronne ; mais cette dévotion ne .s'est 
accrue jusqu'au point où nous la voyons aujourd'hui, 
et n'est devenue l'un des caractère.s distinctift de la 
paroisse que sous l'administration de M. Dumoulin. 
C'est aussi sous la même administration que l'é- 
glise d'Yamachiche a commencé à devenir un lieu célèbre de pè- 
lerinages. 

A Yamachiche trois objets principaux parlent aux yeux et 
excitent la dévotion des pèlerins et des enfants de la paroisse 
pour sainte Anne : Le tableau du maître-aatel, la statue eu bois 
doré qui se trouve aujourd'hui dans le cimetière, et surtout une 
belle relique de sainte Anne. Le tableau du maître-autel est l'œa- 
vre de Beaucour, le premier peintre canadien qui ait étudié en 
Europe, et qui se soit fait un nom dans la peinture. 

Ce tableau représente, en premier plan, un pauvre pestiféré 
qui élève ses bras décharnés vers sainte Anne, et, au-dessus de lui, 
assise sur des nuages, cette sainte elle-même qui élève ses regards 
vers Dieu, et semble prier avec larmes. Aux côtés de sainte Anne 
se trouvent deux anges qui appuient une main sur leur cœur, et 
de l'autre montrent le malade en prière. On voit, en second plan, 
une barque sur le point de périr ; les naufragés, qui sont en grand 

9 



134 HISTOIRE d'ya.aiachiche 

nombre, élèvent r.vec un empressement unanime leurs mains ver* 
sainte Anne. 

Ce tableau de Beaucour est imité de plusieurs autres, comme' 
il est facile de s'en apercevoir par un certain disparate qu'il y a 
entre les différentes parties. Néanmoins, l'auteur avait un peu la 
touche des grands maître;», et son œuvre mérite d'être conservée. 
On croit que ce tableau fut fait à la demande de M. Ecuier. 

La statue en bois doré se trouvait au-dessus du portique de- 
l'église qui a été démolie feous M. Dorion, entre les deux tours. 
Lorsqu'on voulut commencer la construction d'une nouvelle 
égli.«!e, il fallut couper une partie de l'ancienne. La statue fut 
donc descendue et placée sans précautions dans le cimetière. 

Les pèlerins se mirent bientôt à prier devant cette vieille 
statue ; la plupart se permettaient même d'en enlever des parcel- 
les qu'ils emportaient comme souvenir de leur pèlerinage, il en 
résulta qu'elle se détériora très vite. Enfin elle fut réparée comme 
nous l'avons déjà dit, et elle est aujourd'hui sous un superbe 
pavillon en architecture de l'ordre dorique, surmonté d'un 
serpent d'airain. Les pèlerins peuvent en ce lieu prier à leur 
aise, à n'impoi-te quelle heure du jour. 

La relique de sainte Anne est une des plus précieuses qu'il 
y ait dans toute l'Amérique ; c'est une phalange complète de 
l'un des doigts de sainte Anne, très bien enchâssé dans l'ai'gent. 
Cette l'elique vient de Carcassone, en France ; elle fut obtenue à 
la demande de Mgr Signai en 1843. 

La dévotion à la mère de la Ste Vierge s'augmenta alors 
singulièrement à Yamachiche, et M. Dumoulin obtint en 1846, 
de Mgr Signai, la permission de célébrer solennellement chaque 
année la fête de sainte Anne dans sa paroisse. 

Il n'y a pas d'obligation de s'abstenir du travail ce jour-là, 
et cependant le repos même du dimanche n'est pas mieux observé 
que celui de cette fête particulière. 

Lss paroissiens se montrant si dévots à leur patronne, attirè- 
rent naturellement vers leur église ces voyages de dévotion 
qu'on nomme pèlerinages. Pendant plusieurs années, les pèlerins 
vinrent surtout de St-Cuthbert et des paroisses environnantes. Ils 
se confessaient, communiaient, vénéraient la relique et s'en re- 
tournaient sans bruit, bien souvent après avoir obtenu des fa- 
veurs miraculeuses. 



HISTOIRE D'YAJIACHICHE 135 

On est sans cloute empressé de lire quelques-unes de ces fa- 
veurs miraculeuses, mais nous dirons que pour le narrateur cons 
ciencieux la matière n'eat pas aussi abondante qu'on pourrait 1© 
croire, et cela par la faute des pèlerins. Ils viennent souvent avec 
la certitude d'obtenir un miracle ; ils l'obtiennent et ils s'enre- 
tournent au plus tôt pour réjouir leur famille par cette bonne 
nouvelle. Personne autour d'eux ne songe à exprimer un doute, 
et c'est ainsi qu'à cause même de la grande foi des pèlerins un 
grand nombre de miracles n'ont pas été assez bien constatés pour 
que l'histoire les mentionne. Il ne reste que le témoignage des 
béquille^?, bandeaux, lunettes etc., qui, celui-là, garde toujours sa. 
valeur. Voici, cependant, quelques guérisons bien constatées, et 
que nous appellerons miraculeuses, sans vouloir pour cela préve- 
nir le jugement de la sainte Eglise, à qui seule il appartient de 
prononcer sur ces myttêres. 

Azilda Painchaud et Joseph Painchaud son frère, de la pa- 
roisse de Kingsey, se voyaient à la fleur de leur âge, mais ils 
étaient minés tous deux par une terrible maladie qui avait déjà 
mis sous la tombe deux membres de leur famille : ils s'en 
allaient mourant de consomption. Le docteur Darche de Banville 
refusait de les soigner plus longtemps ; leur sort semblait fixé. 
N'ayant plus rien à espérer des secours humains, ils tournent 
leurs regards vers sainte Anne ; mourants tous deux, ils entre- 
prennent le voyage d'Yamachiche. 

Arrivée dans le sanctuaire de sainte Anne, la jeune fille se sent 
complètement et soudainement guérie. Le jeune homme est ad- 
mirablement soulagé. Ils s'enretournent bientôt dans leur paroisse, 
l'une toute joyeuse et toute pleine de santé, l'autre un peu ma- 
lade encore mais rempli de confiance pour l'avenir. Ils sont vivants 
encore aujourd'hui et jouissent tous deux de la santé la plus 
enviable. 

Octave McDonald de Kingsey souffrait d'un mal d'yeux qui 
l'empêchait de voir et de travailler. Après avoir employé tous 
les remèdes imaginables, il se décida, au mois d'août 1868, à 
faire le pèlerinage d'Yamachiche. M. l'abbé F. Desaulniers, alors 
c^ré de Kingsey, s'en allant au Séminaire de Nicolet pour assis- 
ter à la retraite ecclésiastique, voulut bien l'emmener dans sa 
voiture, et il put constater à loisir que le pauvre malade ne pou« 
vait même entrevoir la lumière. 



136 HISTOIRE DYAMACHICIIE 

Avec des peince infinies cet homme de foi se rendit à Yama- 
chiche, et y passa quelques jours dans le recueillement et la 
prière. Il l'etouina à Nicolet ensuite, car il devait être ramené 
dans sa paroisse par M. le curé Desaulniers ; mais cette fois il 
marchait trûrement et n'avait plus besoin de personne pour le 
conduire. 11 pouvait guider le cheval ; et lorsque les deux voya- 
geurs furent en vue de Drummondville, il dit de lui-même à M. 
Desaulniers : Voici déjà Drummondville. 

Il n'avait pas demandé une triiérisoc complète, aussi ses 
yeux ^ardaient-ils leur apparence maladive ; mais il avait de- 
mandé de voir suffisamment pour travailler, et en cela il avait 
été parfaitement exaucé. 

La guérison la plus extraordinaire qui ait été opérée à 
Yaraacbiche est celle de Mademoiselle Hélie. 

M. J. H. Dorion, curé d'Yamachiche, raconte ainsi ce fait 
merveilleux : 

" Une demoiselle Hélie appartenant à une famille marquante 
de St-Grégoire était paralytique depuis quatre ans. Elle était de 
plus atteinte d'un cancer. Depuis deux ans elle sollicitait vive- 
ment ses parents de la conduire à Yamachiche. Ils cédèrent enfin 
â ses instances. Elle arriva ici le 1er murs 1848 accompagnée de 
sa mère. Elle ne voulut entrer dans aucune maison avant d'avoir 
satisfait sa dévotion à sainte Anne, et se fit conduire ou plutôt trans- 
porter de suite à l'église. Sa mère se rendit alors au ])resbytère, 
m'exposa le but de son voyage et me demanda de vouloir bien 
confesser sa fille dans l'église, " car il faudrait, me dit-elle, l'aide 
de deux hommes pour la transporter dans la sacristie, vu qu'il y 
a de= marches à passer et qu'elle ne peut marcher. " 

" Etant retenu dans ce moment par quelque affaire, je priai le 
vicaire de vouloir bien aller entendre la confession de cette pèle- 
rine dans l'église même, suivant la demande de sa mère ; ce qu'il 
fit. Il la communia ensuite et lui fit vénérer la relique de sainte 
Ann'^. Pendant qu''elle faisait son action de grâces, sa mère était 
allée chez le hedeau pour s'y chaufi'cr. HUe dit aux personnes de 
la maison ce qui l'avait amenée à Yamachiche, et leur fit con- 
naître la maladie de sa fille. , 

" Puis, ayant passé là le temps que devait direr l'action de 
grâces, elle se rendit de nouveau à l'église pour aider à transpor- 
ter sa fille paialytique à la maison du bodeau. Mais, ô surprise •' 



HISTOIRE D'yAMAOHICHE 137 

elle aperçoit sa fille les mains jointes et étendues. Or depui» 
qu'elle était devenue paralytique, elle avait une main crispée quo 
tous les efforts n'avaient pu étendre. Madame Hélie cependant 
s'eflForce de ne laisser paraître aucune émotion et présente à sa 
fille ses bé<iuillcs ; mais celle-ci lui dit : " je n'ai plus besoin de 
béquilles", puis elle se mit à marcher comme si elle n'eût jam.tis 
été infirme. Ce que voyant sa mère, toute transpoitée de joie, 
elle accourt chez le bedeau, ouvre la porte et invite les personnes 
présentes à venir voii" sa fille qui marche seule, sans aide, sana 
béquilles. Les témoins de cette scène purent voir et examiner une 
marque que Melle Hélie portait à l'index de la main qui avait 
été affectée de paralysie. C'était une cavité profonde faite par 
l'ongle du pouce qui n'avait pas été coupé depuis longtemps, à 
raison de la difformité de cett»^ main. ' 

'•Quelque temps après M. Bourgeois, médecin de St-Cfrégoire, 
qui avait traité Melle Hélie pendant sa maladie, m'écrivit et con- 
firma tout ce que j'ai dit de l'état de la santé de Melle Hélie avant 
son voyage à Yamachiche. Il me dit l'avoir vir^itée depuis son 
pèlerinage, et qu'il ne reste plus aucune trace de sa paralysie. 
Melle Hélie est revenue à Yamachiche plusieurs fois depuis, pa- 
raissant jouir d'une parfaite santé." 

Biaise Lavaute, de la Rivière-du-Loup, avait reçu une bles- 
sure à un genoux ; cette blessure guérit, mais la jambe resta pliée, 
de sorte qu'il ne marchaitque très péniblement avec une béquille. 
Il fit un vœu à la bonne mainte Anne et vint l'accomplir en compa- 
gnie de sa mère. Il vénéra la relique ot communia avec beaucoup 
de dévotion. A la fin de son action de grâces, sa mère le vit partir 
tout à coup et crut qu'il allait se trouver mal, selon ce qu'elle ra- 
conta elle-même, c'était au conti-aire ia guérison qui s'opérait; 
Cette jambe pliée se redresse, et le jeune homme laisse sa béquille 
aux pieds de sainte Anne. 

Il porta une canne légère, pendant quelques jours, mais il ne 
tarda pas à guérir complètement : c'est aujourd'hui un homme aux 
membres souples et forts, et qui se souvient toujours de la faveur 
extraordinaire qu'il a obtenue de sainte Anne. 

Mais c'est en 1876 que sainte Anne montra d'une manière 
plus îidmirable l'effet de sa protection en faveur des infirmes. 

Le jour de sa fête, au milieu d'une affluence dépeuple ex- 
traordinaire, trois guérisons subites furent- ojiérées coup sur coup^ 



138 HJSTOIRE DYAMACHICHE 

toutes trois aux pieds de la vieille statue dont noU'S avons déjà 
parlé. 

Un malade souffrait d'une enflure très grave à une main ; il 
se sentit guiri pendant qu'il priait, il ôta le linge qui enveloppait ' 
8a main et le déposa devant la statue. 

Un jeune Lesage, de la Rivière-du-Loup, s'en était venu à 
Yamachiche les yeux couverts d'un double bandeau. Il avait ta.nt 
de mal aux 3'eux que le peu de' lumière qui passait à travers le 
premier bandeau suffisait pour le faire souffrir énormément. Ses 
deux bandeaux restèrent aux pieds de sainte Anne. Il voyait bien 
«t nu sentait plus de mal. 

Une demoiselle Toupin, de la paroisse de St-Justin, était pa- 
ralytique. Au second coup de la messe, la foule qui remplissait 
<léjà l'église la vit sortir, se traînant péniblement au moyen d'une 
béquille et avec l'aide d'une personne charitable. Elle se dirigea 
vers la statue, et dit à haute voix avec un acent de foi irrésistible : 
*'0 grande et bonne sainte Anne, il faut que vous me guérissiez ; je 
vous remets cette béquille, gardez-la ; " se levant aussistôt elle 
s'écria : " Je suis guérie ! " On s'émeut, on pleure de joie autour 
d'elle, chacun veut la voir de ses yeux. Elle marche d'un pas fer- 
me, retourne à l'église, passe de nouveau au milieu de la foule 
ébahie, éleetrisée, et se prosterne devant l'autel de sainte Anne 
pour la remercier. 

Quelque temps après, les nouveaux venus veulent voir à leur 
tour cette protégée de sainte Anne, mais elle est déjà partie pour 
réjouir au plus tôt sa famille et ses amies. 

A Yamachiche, on ne s'entretint, toute la journée, que de ces 
guérisons, et M. N. Ricard, curé de St-Zéj)hyrin, qui se trouvait 
sur les lieux, forma dès lors le projet d'amener ses paroissiens en 
pèlerinage à Yamachiche. Tel fut le commencement de ce que 
nous appellerons l'ère des grands pèlerinages. 

M. Frs L. Desaulnieis, aujourd'hui membre du parlement 
d'Ottawa,s'étantlait l'historien de ces manifestations populaires de 
la dévotion à sainte Anne, nous lui laisserons la parole pour qu'il 
nous fasse connaître comment se fit le lor grand pèlerinage à Ya- 
machiche, celui des paroissiens de St-Zéphyrin de Courval, qui 
eut lieu le 17 août de l'nn 1876. 

Après avoir tait quelques remarques sur l'effet produit par les 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 13!) 

trois gnérisons que nous avons racontées plus hau(, M. Desaul- 
niers continue ainsi. 

l'organisation. 

Le Eévd M. Ricard assistait à la célébration de la fête de 
«ainte Anne, à Yamachiche le 26 juillet dernier, et il l'ut, croyons- 
nous, témoin oculaire de l'un des éclatants mii-acles opérés ce 
jour là par l'intercession de sainte Anne. Il conçut dès lors l'idée 
d'organiser un grand pèlerinage auquel prendraient part les fidèles 
•contiés à ses soins. Le jour même qu'il communiqua ce projet à 
ses paroissiens, un comité fut formé sous son patronage, et les 
personnes suivantes furent élues pour en faire partie : 

R. Alexander, Ecr, M. D. président, M. Honoré Pépin, vice- 
président, M. Hylas Duguay, secrétaire, et Ci. P. Kousseau Ecr, 
N. P. secrétaire-trésorier. Il fut décidé que le vapeur Sorel serait 
loué pour la circonstance et que le nombre des billets do passage 
serait limité à trois cents. Dans le court espace de cinq jours, 
tous les billets disponibles furent vendus, et le Evd M. Ricard se 
vit dans la cruelle nécessité de refuser des billets à au-delà de trois 
•cents personnes. Il est bon de noter ici que le pèlerinage n'avait 
été organisé que pour les fidèles de Saint-Zéphirin, M. le direc- 
teur du pèlerinage nous a même dit que nombre de personnes 
étaient venues en pleurant le supplier de leur permettre d'entre- 
prendre le voyage d'Yamaehicbe. On peut, d'après ce fait, se for- 
mer une idée de la dévotion des fidèles de Saint- Zéphiriii à la bon- 
ne sainte Anne. Il avait été décidé que le lieu de l'embarquement se- 
rait St-Thomas de Pierreville. Aussi jeudi dernier, jour du pèlerina- 
ge, dès six heures du matin, tous ceux qui avaient pu obtenir des 
billets de passage étaient-ils à leur poste, prêts pour le départ. 
On nous rapporte même qu'une femme pauvre et malade fit trois 
lieues à pied, et marcha toute la nuit pour prendre le bateau en 
même temps que les autres pèlerins. 

l'arrivée 

L'arrivée des pèlerins à Yamachiche eut lieu à onze heures. 
Dès huit heures une grande foule de citoyens d'Yamachiche s'é- 
taient rendus sur les bords du lac Saint-Pierre avec leurs voitures, 
pour transporter les pèlerins au sanctuaire vénéré. Ceux qui se 
•déclarèrent incapables de faire le trajet à pied profitèrent seuls des 
voitures; la grande masse des pèlerins se formèrent en deux co- 



140 



HISTOIRE D YAMACniCHE 



lonnes et so rendirent à l'Eglise, précédée du Kévd M. lîicard, ei> 
cliiiutant les litanies de sainte Anne et en récitant le chapelet. Le* 
pèlerins, à leur entrée dans le village d'Yamachiche, furent salués 
par la fanfare de cette localité et une foule immense de citoyen* 
accourus pour leur boubaiter la bienvenue. Eien n'était plus im- 
posant que cette troupe de );ièlerins marchant tête découverte,. 
chaj elet à la main et chantant l'hymne de sainte Anne. 

Pendant que le nombreux défilé tra\prsa le village, le caril- 
lon des cloches fit entendre ses joyeuses volées et le corps harmo- 
nique d'Yamachiche exécuta les plus beaux morceaux de son 
répertoire. Arrivés en face de l'église, les pèlerins firent une halte 
et allèrent s'agenouiller aux pieds de la statue de sainte Anne 
placée à l'entrée du cimetière et ornée, pour la circonstance, avec 
un goût tout à fait exquis. Madame Hylas Duguay plaça alor» 
sur la vénérable statue une sple- dide couronne de fleurs prépa- 
rée par les Dames de Saint-Zéphirin, Les pèlerins entonnèrent 
ensuite un cantique à sainte Anne et pénétrèrent dans l'église où la 
messe fut chantée avec une grande solennité. Le Révd M. Ricard 
officiait, assisté du Rév. M, A. D. Grélinas comme diacre et de M. 
N. Proulx comme sous-diacre. Les acolytes étaient MM. Zéphy» 
rin Lahaie et Thomas Boucher. On remarquait dans le chœur 
les Révds MM. J. H. Dorion, curé d'Yamachiche, Elie Desaul- 
niers, ancien missionnaire, H. Trahan, curé de Saint-Sévère, A. 
Smith, L. Z. Chandonnet, vicaire d'Yamachiche, MM. Evariste 
Pelletier, Amédéc Boucher, ecclésiastiques. Les Eévds Frères 
des Ecoles Chrétiennes, les Révdes Sœurs de la Congrégation 
et de l'Asile de la Providence assistaient aussi à la cérémonie. 
A l'harmonium, un chœur composé des pèlerins et sous la dii-ec- 
tion de MM. Walter Alexander et Hylas Duguay, chanta avec 
un gj-and succès lu messe bordelaise. Des h3'mne9 à sainte Anne 
furent chantées par MM. W. Alexander, Hylas Duguay et Char- 
les St-Louis. Le Eévd M. Dorion prononça le sermon de cir- 
const-ance avec un grand succès. Presque tous les pèlerins s'ap- 
prochèrent de la sainte table. C'était un spectaele tout à fait 
imposant à voir. La collecte, faite dans l'église par Madame 
Hylas Duguay, accompagnée par G. P. Rousseau, N. P., et 
Madame IL Pépin, accompagnée par M. J. Descoteaux, rapporta 
trente-six piastres qui furent déposées aux pieds de la statue de 
sainte Anne. L'église était littéralement remplie. On remar- 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 141 

quait des étrangers, venus de Montréal, des Trois-Rivièrcs et de» 
paroisses environnantes. 

LES RELIQUES DE STE ANNE. 

A deux heures de l'après-midi eut lieu la vénération des 
reliques de sainte Anne. 

Pendant ce pieux exercice l'on chanta les litanies de sainte 
Anne et le cantique populaire : 

O bonne et sainte Oame, 
Priez, priez pour nous, 
Priez qu'un jour notre âme 
Au ciel soit avec vous. 

A la suite de la vénération delà relique, le Révd M. Ricard 
voulut bien adresser quelques mots de reraercîments aux parois- 
siens d'Yamachiche pour la courtoisie et la bienveillance avec 
laquelle ils avaient accueilli les pèlerin'». Il les félicita du 
bonheur qu'ils avaient de posséder au milieu d'eux une relique 
aussi précieuse de la bonne sainte Anne, les encouragea à 
toujours avoir pour leur patronne une dévotion toute particu- 
lière, raconta l'enthousiasme avec lequel ses paroissiens avaient 
entrepris et fait le pèlerinage dont ils étaient les heuieux témoins, 
et termina en récitant, au nom des pèlerins, l'acte de consécration 
à sainte Anne. Les pèlerins quittèrent alors le temple saint pour 
aller faire une dernière prière aux pieds de la statue de sainte Anne, 
puis ils se formèrent en procession et retournèrent au bateau à 
vapeur, en récitant le chapelet et en chantant des cantiques 
d'actions de grâces. Ils turent accompagnés jusqu'à ce dernier 
endroit par une foule de citoyens et le corps harmonique d'Ya- 
machiche. A quatre heures P. M. le Sorel s'éloignait du rivage, 
portant à son bord les pèlerins satisfaits d'un si beau pèleri- 
nage, et laissant les citoyens d'Yamachiche pénétrés de respect à 
la vue d'une preuve aussi évidente de la grande dévotion que les 
paroissiens de St-Zéphirin portent à la glorieuse sainte Anne. 

DEUX MIRACLES. 

Avant de terminer ce rapport, nous croyons devoir annoncer 
que le pèlerinage des fiièles de Saint-Zéphirin a été marqué par 
deux guérisons qui nous paraissent tout à fait miraculeuses. 

Qu'il nous suffise de dire qu'un jeune gaiçon qui se servait 



142 HISTOIRE d'yAMACHICHE 

•d'un(! béquille pour marcher, court et se promène maintenant 
dans le village d'Yamuchiche tout comme s'il n'avait jamais été 
infirme; qu'une petite fille de sept à huit ans appartenant à un 
marchand de La Baie, a laissé ses béquilles aux pieds de la 
•statue do sainte Anne et qu'elle marche maintenant aussi bien 
qu'avec l'aide de ces deux appuis. Ces faits sont connas de tout 
le monde et attestent la grande puissance de fainte Anne. 

Enfin, disons en terminant que le pèlei'inage des fidèles de 
Saint-Zéphirin a été un sujet d'édification pour les paroissiens 
d'Yamachiche. Le Rvd M. Ricard doit être fier de diriirer une 
paroisse composée d'aussi braves gens que les pèlerins de jeudi 
dernier. 



Tous les pèlerinages à Yamachiche se ressemblent nécessai- 
rement ; en décrire un c'est, à peu près, décrire tous les autres. 

St-Thomas de Pierreville voulut avoir son pèlerinage après 
celui de St-Zéphyrin, et quelques jours plus tard St-Grégoire eut 
-aussi le sien. Deux bateaux à vapeui- avaient été loués pour ce 
•dernier. 

Les années suivantes, Ste-Angèle de Laval, Bécancour, St- 
Maurice, la Pointe-du-Lac,St-Didace,St-Justin etc., envoyèrent tour 
à tour leurs enfants aux pieds de la bonne sainte Anne d'Yamachi- 
•che. J^ous tenons à constater ici avec quel esprit de foi ces pèleri- 
nages se sont faits jusqu'à présent. Les bateaux à vapeurs em- 
ployés à cet usage semblent sanctifiés, par le fait même. Il ne s'y 
tient pas de discours inutiles ; chacun y est comme à l'église. Les 
uns récitent le chapelet, les autres se confessent ou préparent leur 
confession, d'autres lisent des livres de piété. De temps en temps 
l'on chante des hymnes et des cantiques. Tous se rendent à je in 
pour communier. Du bateau, il reste trois quarts de lieue à fran- 
■ch'iT pour se rendre à l'église ; mais les malades seuls se privent 
du bonheur qu'il y a à faire ce trajet à pied, avec tous les autres, 
en chantant les louanges de Dieu et de la bonne sainte Anne. Il 
est ordinairement entendu qu'on ne va pas aux hôtels ; rien 
de plus pittoresque que de voir les familles réunies par groupes, 
Autour de l'église et dans le cimetière, pour prendre avec allé- 
gresse leur frugal repas. 

Au dernier pèlerinage des paroissiens de la Pointe-du-lac, un 
iicmme qui souffrait cruellement d'une hernie voulut profiter de 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 143 

«ette circonstance pour aller implorer sa guérison par l'interces. 
fiion de sainte Anne, ma's son vieux père et sa vieille mère l'obli- 
gèrent à garder la maison ; car, disaient-ils, nous n'aurons plus, 
vu notre âge, roccasion d'assister à une pareille démonstration 
religieuse. Toi, tu es jeune, tu pourras jouir de ce bonheur une 
autre fois. Le malade fut un peu contrarié, mais il se résigna. Il 
donna de l'argent à sa mère pour faire dire une messe au sanc- 
tuaire de sainte Anne. Dans le cours de la journée il fut bien surpris 
•de se senti]' subitement guéri. Les vieux parents avaient évidem- 
ment profité de leur pèlerinage. 

Sainte Anne a soulagé les infirmités et les misères d'une 
multitude d'étrangers qui se sont présentés à son sanctuaire 
favori ; on comprend qu'elle n'a pas dû oublier ses enfants d'Ya- 
machiche. 

Ce serait une longue énumération que celle de toutes les fa- 
veurs singulières qu'elle leur a obtenues depuis trente ans. Ne 
citons qu'un fait, mais un fait qui en vaut mille, d'après notre 
sentiment. On se souviendra longtemps à Yamachiche de cette 
terrible fièvre de 185G qui a porté la désolation dans toute la 
paroisse. On se souviendra longtemps de ces maisons tristement 
fermées, parce que le fléau avait emporté jusqu'au dernier de 
leurs habitants. Eh bien ! en 1863, les mêmes fièvres menaçaient 
de recommencer leurs ravages d'une manière plus terrible que 
jamais. Les paroissiens ne pouvaient avoir recours à la médecine, 
les moyens humains étant impuissants au milieu d'un p-ireil 
désastre ; ils s'adressèrent donc avec confiance à leur auguste 
patronne. Une foule i-ecueillie et suppliante encombra l'église, 
et une grand'messe solennelle fut chantée en l'honneur de la 
bonne sainte Anne. miracle ! après cette messe mémorable 
les fièvres avaient entièrement disparu. Ceux qui avaient été 
frappés éprouvaicDt un mieux sensible ; ils guérirent en peu de 
temps, et surtout il n'y eut pas une seule autre victime. 

Sainte Anne était intervenue avec autorité eu faveur de ses 
enfants d' Yamachiche, et elle avait forcé l'ange de la mort à 
remettre dans le fourreau cette tei'rible épée avec laquelle il 
moissonnait les familles. 

Nous finissons par ce trait, espérant que l'eiïet de notre 
récit sera d'augmenter la confiance de nos lecteurs pour la bonne 
sainte Anne, et de rendre le nom d'Yamachiche de plus en plus 
«her à leur cœur. 



CHAPITRE XIV. 



De l'Education dans la Paroisse d'Yamachiche. 




ES paroissiens d'Yaraachiche ont été, de tout temps 
extrêmement dévoués à la cause de l'Education. 
Nous avons déjà raconté la fondation du Couvent 
des Sœurs de la Congrégation et celle de l'Ecole 
des Frères des Ecoles Chrétiennes. Sans doute M. 
Dumoulin était bien l'ûme de ces œuvres qu'il a 
même dotées pour assurer leur existence, mais les 
paroissiens ont aussi contribué fort généreusement. Et lorsqu'ea 
1872 un incendie vint déti-uire l'école de» Frères de fond en 
comble, bien qu'ils eussent déjà lu répartition de leur église à 
payer, iia n'hésitèrent pas à se cotiser de nouveau, et dès l'été 
suivant l'école des Frères sortait de ses ruines. 

Mais la paroisse a surtout montré son amour de l'éducation 
par le nombre vraiment extraordinaire de ses enfants qui ont 
reçu une éducation collégiale. Elle a pu fournir ainsi un grand 
nombre de sujets qui ont servi les intérêts et la gloire de la pa- 
trie. Sur ce grand nombre d'hommes remarquables, formés dans 
nos meilleures institutions, la religion, comme de juste, a fait une 
moisson abondante et précieuse. 

M. F. X. Chagnon, dans ses Annales de St-Jacques, rappor- 
te avec une légitime fierté le nombre do prêtres sortis de cette 
paroisse acadienne, et qui s'élevait, quand il écrivit son ouvrage, 
au nombre considérable de vingt-cinq. En ajoutant un ccclésiasti- 



HISTOIRE d'yA M AGUICHE 145 

que qui étuJiait à l'Assomption, il se trouvait que St-Jjicques avait 
alors vingt-six de ses enfants dans les rangs du clergé. 

L'écrivain défie les autres puroissess du Canada de montrer 
un aussi grand dévouement à l'église. Nous croyons que la parois- 
se dTamachiche peut accepter sans sourciller ce glorieux défi. 

Voici ses états de service : 

LISTE DES PRÊTRES OU ECCLÊS.TASTIQIIES SORTIS d'YAMACHICHE. 

Le signe (f ) indique la mort. 

. f 1 Amable Duchesne. ecclésiastique. 

f 2 Alex Larue, ecclésiastique. 

f 3 Thomas Caron, prêtre. 

f 4 Charles François Caron, prêtre. 

t 5 Jean-Bapti8t3 Daveluy, prêtre. 

f 6 Calixte Bellemare, ecclésiastique, 

f 7 Frs. L. Desaulniers, sous-diacre, 

f 8 Isaac L. Desaulniers, prêtre. 

f 9 Augustin MileLte, prêtre, 

f 10 Ls. Evariste L. Desaulniers, eccl. 

f 11 Elle L. Desaulniers, prêtre, 

f 12 Luc Trahan, prêtre. 

13 A. Narcisse Bollemare, prêtre. 

f 14 Clément Loranger, prêtre, 

f 15 Isaac Guilmette, prêtre. 

16 Isaac Gélinas, prêtre, 

f 17 Honoré Bellemare, piètre. 

18 Hyacinthe Trahan, prêtre. 

19 Pierre Bellemare, prêtre, 

20 Joseph Biais, prêtre. 

21 Désiré Gélinas, prêtre. 

22 Alexis Desaulniers, prêtre. 

23 Henri Milette, prêtre. 

24 Georges Vaillancourt, pi'être. 

25 Charles Bellemare, prêtre. 

26 Denis Gérin dit Lajoie, prêtre. 

27 Elzéar Bellemare, prêtre. 
f 28 George Page, prêtre, 

29 Alexandre Desaulniers, prêtre. 

30 Elle Biais, prêtre. 



14G HISTOIRE d'YAMACHICHE 

31 Antoine Lamy, prêtre. 

32 Hercule Bellcmare, prêtre. 

33 Thomas Boucher, prêtre. 

34 Evariste Pelletier, prêtre, 

35 Alexis Boucher, prêtre. 

36 Moïse Biais, prêtre 0. M. I. 

37 Cléophas Lamy, prêtre, S. J. 

38 Albert Belle mare prêtre, S. J. 

39 Adélard Bellemare prêtre. 
4(J J. Denis BoUemare prêtre. 

41 Ciustave Bellemare prêtre, S. S. Dom. 

42 Adélard Milot prêtre. 

Dans cette li:«te d'Ecclésiastiques, on a sans doute remarqué 
trois noms particulièrement chers à notre pays, et que la science 
a enregistrés depuis longtemps déjà dans ses glorieuses annales. 
Nous avons désigné ces trois instituteurs sortis des familles sei- 
gneuriales d'Yamachiche, les abbés Amable Duchêne, Isaac 
Desaulniers et François Desaulniers. 

Ils ne se sont pas contentés d'être savants, ils ont introduit 
la jeunesse canadienne dans les sentiers, inconnus jusqu'alors, des 
sciences naturelles et philosophiques. Ils ont commencé par se 
faire grands, puis ils ont travaillé à élever les autres, et ils se 
sont usés à cette tâche glorieuse. 

Mais ce dévouement à l'instruction de la jeunesse est deve- 
nu une chose commune à Yamachiche ; on en jugera parla lis 
te suivante des enfants d'Yamachiche qui sont entrés dans la so- 
ciété des 

FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES. 

Noms. Noms de Religion. 

f Honoré Bernier, FF. Ca<ulius. 

Denis Hubert, Victorien. 

Charles Pothier, Servilien de Jésus. 

f Joseph Clélinas, Salutien. 

Narcisse Gélinas, Deicolus, 

Antoine Gélinas, Victurnien. 

f Alphonse Ferron, Uffrid. 

Paul Crélinas, Thurien. 

Félix Pellerin, Fabrician. 



msrOIUE D'YAilAGUICIIE 1J*Î 

Narcisse Dupont, FF. Abondian of Mary. 

Pierre Gclinas, Mathieu de Jésus. 

Joseph Panneton, Chrétien de Marie. 

Isaac Géliuas, M agn us- Joseph. 

Théophile Pepiu, Paphyliaus. 

Antoine Lapointo, Mathias Gordien, 

Calixte M ilôt, Simon de Marie. 

t Cyriaque A. Lapointe, Marc. 

Sévère Thisdel, Samuel Baptiste. 

Napoléon Gélina.s, Uriel Joseph. 

• Gélase Gignac, Urbain. 

Thomas Panneton, Prosper do Marie. 

Paul Pellerin, Eaphaël-Renald. 

Hector Milot, Eobert Iving. 

Henri Eicard, Majorique. 

Alex Gagnon, Phinia?. 
Victorien L.-Desaulniers Mertias-Hubertus. 

"Wilbrod Ferron Optatius. 

Joseph L.-Dcsaulniers, Oreptias-Arsenius. 

Ce qui montre de plus en plus combien on aime l'éducation- 
dans la paroisse d'Yamachiche, ce qui montre surtout le profond 
esprit chrétien dont sont pénétrées les "familles, c'est le nombre 
extraordinaire de Heligieusrs qui en sont sorties. 

Il n'est que juste de rappeller ici le souvenir d'une excellente 
religieuse qui a demeuré plusieurs années à Yamachiche, du temps 
de M. Dorion, et qui a fait un bien incalculable. Cette sœur 
avait un don particulier pour développer la piété dans le cœur 
des jeunes filles, et pour faire éclore les vocations religieuse?. Elle 
a fait dans les familles une riche, une admirable moisson pour le 
ciel. 

Voici donc les noms des Religieuses sorties d'Yamachiche, 
On pourra constater facilement qu'ici encore Yamachiche l'empor- 
te sur Saint-Jacques de l'Achigan, quels que soient les états de 
service de cette dernière paroisse. 

RELIGIEUSES URSULINES, AUX TROIS-RIVIÈRES. 

Noms. Noms de Religion. 

t Angèle RivarJ-Dufresne, SS. St-Ls-Gonzague. 
f Beine Rivard-Dutresne, St-Antoine. 



138 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 



t Pélagie Rivard-Dufresne, 

t Marie Euph. Caron, 

t Adélaïde Hubert, 

t M. Frse Caron, 

f Euphrosine Hubert, 

Luce Girardin, 
t Tharsille Langlois, 
f Louise Duchemin, 
Henriette Lofebvre, 
Marguerite Trahan, 
Olivine Bellemare, 
Délia Vincent, 



SS. 



St Jean-Baptiste. 

St Michel. 

St-Hub3rt. 

St-Charles. 

St- Augustin. 

Ste-Apolline. 

Ste-Luce. 

Ste-Julienne. 

Ste-Monique. 

Ste-Thérèee. 

St-Germain. 

Ste-Julienne. 



RELIGIEUSES DE LA CONGRÉGATION NOTRE-DAME. 



M A. PhilouièneLesieur, SS. 

M. Elise Lamy, 

M. Car. Bellemare, 

M.Odile Lord, 

Marg. Lévêque, 

Mathilde Dussault, 

M. Léa Lord, 
t Odile Lamy, 

M. Ad. Bellemare, 

M, Adèle Gélinas, 

Almésime Lord, 

M- Anne Duchemin, 
t M. A. Azilda Bellemare, 

M. Joséphine St-Jacques, 

M. Célanire Caron, 

M. Aurore Héroux, 

M. Séraphine Lord, 

M. Albina Deeaulniers, 

M. A. Séverine Villemure, 

Anne Elisabeth Drew, 

M. Louise Bellemare, 

M. Alice Gélinas, 

M. Anne Elisa Caron, 

M. Amanda Lamothe, 

M. Anne Marg. Bellemare, 

Marie Lamy, 



StJ-Sabine. 

de l'Intérieur de Jésus. 

Ste-Angéline. 

de l'Intérieur de S. Jos. 

Ste-Sévérine. 

Ste-Candide. 

Ste-Coi'nélie. 

Ste-Eutychienne. 

St-Haphaël. 

Ste-Eutychienne. 

Ste-Féîicie. 

Ste-Zénaide. 

décédée postulante. 

Ste-Eulalie de Barcelone, 

StrLouis de Toulouse. 

St-Elie. 

S te- Anne de Bethléeju. 

Ste-Marie-Rose 

St- Orner. 

Ste-Eéparate. 

Ste-Anne des Anges. 

St-Léopold 

Ste-Eustochie. 

St-Débiré. 

St-Rosaire. 

de lu Purification. 



I 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 



149 



-f Marie- Anne Vaillancourt, St-Cyriaque. 
Marie-Louise Lamy, Ste-Croix de Jé^us. 

Marie Sophie Angeliua Bellemare, Ste-Marie-Gustave. 

SŒURS GRISES, MONTRÉAL. 



f Adèle Lamy, 

Aglaé Lamy, 
f Hélène Lamy, 
"j" Elisa L. Deeaulniers, 

Hedvvige Hubert, 

Célanire Lamy, 

Marie Lamy, 
-f Henriette Lefebvre, 

Philoraène Lefebvre, 

Hermine Lamy, 

Angelina Lamy, 

Anna-Albertine Lamy, 

M. Flore Lamy, 



SS. Lamy. 
Car on. 
Beaubien. 
Desaulniers. 
Hubert. 

Ste-Jeannc de Chantai. 
St-Victor. 
Gélinas. 
Ste-Philomène. 
Marie-de-la- Visitation. 
Ste-Adèle. 
Ste-Ursule. 
St-Eoch. 



RELIGIEUSES DE LA PROVIDENCE, MONTRÉAL. 



Rose Gélinas, 
Augustine Hubert, 
Joséphine Dorion, 
Eléonore Trahan, 
Armésime Panneton, 
Albina R. Dufresne, 
t Albina L. Desaulniers 
■f Malvina Boucher, 
Philomèue Lapointe, 
Joséphine Panneton, 
Anny Boucher, 
Philomène Lapointe, 
Maria Carbonneau, 
Agnès Dufresne, 
Joséphine Dufresne 
Anny G. Lajoie, 
Alexina G. Lajoie, 
Anna Bellemare, 
Salvina Vincent, 



SS. Madeleine (1854.) 

Jean-Berchmans (1869.) 
Joseph-Hercule (1872.) 
Jean Damascène (1876.) 
Louise (1875.) 
Mathilde de la Prov. (1876.:) 
Marie Flore (1876.) 
Esther (1877.) 
Eutychiane (1877.) 
Théodosie (1879.) 
Esther (1889.) 
Willebrod (1884.) 
Anne de la Prov. (1884). 
Roch (1885.) 
Gédéon;il887.) 
Ildephonse (1888.) 
Praxède (1889.) 
Majorique (1889.) 
Biaise 0890.) 



10 



150 Histoire d'tamachiche 

religieuses du bon pasteur, montréal. 

Philomène Gélinas, Sr. Ste-Eudoxie. 

Louise Héroux. *• M. de St-Henri. 

RELIGIEiJSES CARMÉLITES, MONTRÉAL. 

t Elisabeth Séverine Hubert. SS. Thérèse du S. Cœur, 
Marie- Agnès Gélinas, Agnès de Jésus. 

Marie Emélie Hubert, M. de la Trinité. 

HOPITAL DES SOEURS GRISES, A NICOLET. 

Anna Géiinas, 1890, SS. St-Joseph. 

Elisabeth Géiinas postulante Biais. 

Edouardina Géiinas, " Géiinas. 

RELIGIEUSES DE L'aSSOMPTICN, A NICOLET, 

Agnès Géiinas, SS. Ste- Apolline. 

Georgiana Géiinas, Ste-Mélanie. 

Délima Bellemare, St-Raphaël. 

Nos lecteurs désireraient sans doute avoir maintenant, bien 
complète et bien actualisée, cette liste des juges, avocats, notaires, 
médecins, etc., que nous avons publiée sur le " Foyer Domes- 
tique" en 1877. Il nous en coûte vraiment de leur dire que nous 
we pouvons la donner ici. Mais nous nous hâtons d'ajouter que 
nos lecteurs n'en seront pas privés pour cela : ils la trouveront, 
au grand complet, dans les Xotes que M, François L. Dcsaul- 
niers publie dans la seconde partie de ce volume. Nous avons 
voulu éviter une répétition désagréable. 

Nous terminons donc ici cette histoire d'Yamachiche qui a 
occupé si agréablement nos loisirs studieux. Nous la voudrions plus 
complète ; nous l'aurions voulue mieux écrite. Xous osons espé • 
rer, cependant, que les enfants d'Yamachiche y ont bien retrouvé 
leurs traditions de famille, et qu'ils ont reconnu les traits de leurs 
pères. Ces traits des ancêtres, nous les portons gravés dans notre 
cœur et dans notre mémoire, car en préparant notre humble tra- 
vail nous avons dû vivre avec les anciens ; ils sont devenus nos 
intimes amis. Leur société nous a singulièrement édifié, leurs 
erreurs même nous ont porté au bien. Puissions-nous avoir fait 
partager ces sentiments par tous nos bienveillants lecteurs ! 
Puissions-nous surtout contribuer à attacher de plus en plus forte- 
ment les âmes à la noble patrie canadienne, à sa belle langue et 
à f-a très suinte religion ! 



SUPPLÉMENT 



L'Histoire d'Yamachiche 

PAR 

FRANÇOIS L.-DESAULNIERS, Avocat 

MEMBRE DU PARLEMENT FEDERAL 




CHAPITRE I. 



Le Village d'Yamachiche. 



'ÉRECTION du village d'Yamachiche ea municipa- 
lité séparée de la paroisse, est toute récente. Elle 
ne date que du 5 avril 18S7. Voici la proclamation 
annonçant cet événement dans la Gazette Officielle 
de Québec : 

L. R. Masson, Lieutenant-Gouverneur ; Ho- 
noré Mercier, Procureur-Général : 

" Attendu que, sur présentation au conseil du comté de 
Saint- Maurice, d'une requête des deux tiers des électeurs munici- 
paux qui sont en même temps propriétaires habitant un certain 
territmre y mentionné, situé dans la municipalité de la paroisse 
d'Yamachiche, dans le dit comté, dans notre province de Québec^ 
demandant l'érection de ce territoire en municipalité de village, 
ledit conseil du dit comté de Saint-Maurice a nommé L. A. Lord, 
écuyer, surintendant spécial chargé de visiter le dit territoire, de 
constater le nombre de maisons y bâties et habitées et de faire 
rapport sur la dite requête : 

" Et Attendu que le dit Surintendant spécial a fait au dit 
conseil un rapport mentionnant le nombre de maisons bâties et ha- 
bitées sur le dit territoire, et la désignation des limites qui, dana 
son opinion, doivent être données au territoire ci-après plus par- 
ticulièrement décrit, contenant au moins quarante maisons habi- 
tées dans une étendue n'excédant pas soixante arpents en super- 
ficie ; 



154 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

" Et Attendu que le dit rapport du dit surintendant epé^ 
cial a été homologué, sans amendement, par le conseil du dit com té 
de Saint-Maurice ; 

" Et Attendu que le Lieutenant-Gouverneur de notre Pro- 
vince de Québec, i^Sir et avec l'avis dn conseil exécutif de notre 
dite Province, a approuvé le dit rapport ; 

" A CES causes, sous l'autorité du code municipal de la pro- 
vince de Québec, nous déclarons que le dit territoire, savoir : Tout 
le territoire borné comme suit, savoir : vers le sud-ouest partie 
par la rivière Lamberton le numéro 836, par le ruisseau Lange- 
vin et par une partie du lot 778, ainsi que le lot 836, jusqu'à deux 
arpents au nord-ouest du chemin de fer du Pacifique ; vers le 
nord-ouest se bornant à deux arpents du dit chemin de fer à pren- 
dre sur les lots 835, 834, 832 et 826, vers le nord et le nord-est 
par les lots 822, et le ruisseau Langevin, aussi vers le nord-est par 
les lots 819 et 721, vers l'est partie par le lot 720, et partie par un 
cours d'eau traversant les lot 579, 575, jusqu'à la ligne nord du 
numéro 573 ; enfin, de ce point vers le sud par le lot 573, jusqu'à 
la rivière Lamberton. Tous les numéros des lots ci-dessus men- 
tionnés étant fournis par le cadastre officiel de la paroisse de Ya- 
machiche, dans le comté de Saint-Maurice. Le dit village de Sainte- 
Anne de Yamachiche comprend un territoire formant une super- 
ficie d'environ 136 arpents en superficie, sera détaché de la parois- 
se de Yamachiche, et formera à l'avenir une municipalité séparée 
sous le nom de Municipalité du village de Yamachiche. 
Par ordre, 

Chs a. Ern. Gagnon, 

Secrétaire. 

Le nouveau conseil municipal, créé en vertu de la proclama- 
tion qui précède, se composait des personnes suivantes élues par 
le vote des électeurs : Georges Félix Heroux, Glaudemire Gérin- 
Lajoie, Louis Duchesne, L. Archange Samson, Edouard Ledoux 
et Narcisse Gélinas. Il y eut une première séance, le 16 mai 1887, 
et M. G. F. Héroux fut élu maire du conseil, charge qu'il a oc- 
cupée depuis et qu'il occupe encore, cette année. M. le notaire L. 
A. Lord a toujours rempli, depuis, les fonctions de greffier. 

Inutile d'intercaler, dans le cadre de ce travail, un précis 
historique du village d' Yamachiche, puisque celui de la paroisse 
renferme également celui du village. Cependant, il n'est pas hors 



HISTOIRE d'yAMAGHICHE 155 

de propos de faire revivre quelques notes du pas^é. Eq 1810, ou- 
tre l'église et la salle publique, le village ne renfermait que neuf 
maisons habitées par les personnes suivantes : Josejjh Baptiste 
Gélinas (où réside aujourd'hui F, L. Desaulniers, propriété du 
Dr E. Lacerte) ; Joseph Carbonneau (où résidait sa veuve Mada- 
me Gendron, aujourd'hui propriété de M. Raphaël Boucher) ; 
Louis Milette, ^où réside actuellement M. Edmond Villemure, 
propriété de M. Ernest Lacerte) ; Alexis Claude Loranger, (où se 
trouve le bureau de poste actuel, aussi propriété de M. Ernest La- 
certe) j le presbytère du curé Chs Ecuyer (où se trouve mainte- 
nant l'académie des Fières des Ecoles Chrétiennes) ; Pierre Hu- 
bert, (où réside M. Raphaël Boucher, ancienne demeure du Dr 
Desaulniers) : Isaac Pothier (en arrière du bureau de poste) ; M. 
Geffrard, (où demeure aujourd'hui Dame veuve Benjamin Loran- 
ger) ; Louis Loranger, grand père de M. le juge L. 0. Loranger, 
(où réside M. Charles Trahan). 

C'est l'année suivante, en 1811, que le village d'Yamachiche 
reçut la visite du gouverneur Prévost, se rendant à Sorel pour 
rencontrer les troupes américaines. Cette visite donna lieu à une 
grande démonstration, organisée par le curé Ecuyer, qui composa 
même une jolie chanson pour la circonstance. Deux jeunes enfuuts 
d'alors, François et Augu-tin Carbunneau, chantèrent la chanson 
au gouverneur, en présence de toute la population réunie. 

Bien avant la fondation des établissements d'éducation ac- 
tuels il existait, au village d'Yamachiche, de bonnes maisons 
d'école où l'on donnait une ins ruction élémentaire aux enfants de 
la localité. 

Le premier maître d'école résidant à Yamachiche semble 
^voir été Léandre Daveluy, père de M. Alexandre Daveluy. En- 
suite, un nommé Brousseau, ancien ecclésiastique de Nicolet. La 
sœur de ce Brousseau faisait l'école aux tilles, dans le vieux pres- 
bytère qui servit longtemps de résidence aux bedeaux et qui n'a 
été détruit qu'avec la vieille église en 1869. Plus tard, un certain 
J. B. Marier, frère du notaire du même nom établi à Saint-Bar- 
nabe, fit aussi l'école, pendant quelques années, et fat remplacé par 
l'un des oncles de feu l'hon. sénateur H. A. Paquet, de Saiut-Cuth- 
bert. Ce Paquet tenait son école à l'enlroit où demeure actuelle- 
ment M. Charles Trahan. Les autres instituteurs enseignèrent 
dans la " maison de pierre " (où se trouve l'Académie des Frè- 



156 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

res). Voici leurs noms, par ordre d'ancienneté : Robitaille, L. P. 
Caisse, F. X. J)u3sault, Paul Gélinas (titi), veuve Luc Alex. Gé- 
linas, AbrahuDj L. Desaulniers, Moïse Carbonneau, Harkin (1), le 
notaire Onésime Bellemareet Madame Jean H. Beaulieu.M. Bel- 
lemare fut l'avant dernier professeur laïque ; il est notaire, au- 
jourd'hui, à Suint-Guillaume d'Upton. 

En 1853, les frères des écoles chrétiennes ouvrirent leur aca- 
démie. 

Suivant M. Fiançois Desaulniers (père du Dr Desaulniers)^ 
avant l'arrivée du premier maître d'écjle d'Yamachiche, les jeu- 
nes gens appartenant à des familles à l'aise avaient l'avantage de 
recevoîr une ou deux leçons par mois, d'un professeur qui venait 
à pied des Trois-Rivières, spécialement dans ce but. C'est de cette 
façon que M. Desaulniers, lui-même, apprit les premiers éléments- 
de la grammaire. Je tiens ce détail de ce vieillard lui-même. 

Le village d'Yamachiche compte, aujourd'hui, une population 
de neuf cents âmes. Outre le couvent des religieuses de la Con- 
grégation Notre-Dame et l'académie des Frères, il possède aussi 
un hôpital qui s'honore d'avoir M. le curé Dorion pour son prin- 
cipal fondateur. Ce dernier établissement porte le nom "d'Hos- 
pice Sainte-Anne d'Yamachiche " et les bonnes Sœurs de la Pro- 
vidence en ont la direction. Parmi les personnes charitables qui 
ont doté l'hospice Sainte-Anne figurent feue Dame Marie Frédé- 
ric Gadioux St-Louis, veuve, en deuxième mariage, de feu J. B. 
Charland, et Dame Marie-Louise Panneton, veuve de feu Pierre 
Pellerin. Cotte dernière bienfaitrice demeure, aujourd'hui, avec les. 
religieuses qui lui rendent, en délicates attentions et en soins assi- 
dus, ses bontés et ses largesses pour leur établis ement. 

Il est juste de mentionner ici le fameux établissement d'ar- 
chitecture fondé par MM. Joseph et George Iléroux. Cette ma- 
nufacture, connue dans toute la province, est devenue justement 
célèbre. Que d'églises, à l'heure qu'il est, ont été construites par 
les MM. Héroux ! Cette année même ils sont à bâtir la nouvelle 
église de Ma^lcinongé, et cet édifice, en dépit d'une opposition fac- 
tieuse, sera l'une des plus jolies du diocèse des Trois-Rivières. 



(1) Ce M. Haïkiu est le père de Madame Bissonnette, mère du grand 
constJable actuel de Montréal. Une antre de ses filles est l'épouse de M. 1«> 
magistrat de police C A. Dugas. de Montréal. 



i 



I 




CHAPITRE II. 



Le Couvent et l'Académie des Frères. 



LUSIEURS anciens curés d'Yamachiche, entre autres 
M. Ecu^'er, ont cherché à fonder des écoles modèles 
dans cette localité. Cependant le véritable fondateur 
de nos deux maisons d'éducation est indubitablement 
le vénérable prêtre mi^sionnaire, M. Sévère- Joseph- 
Nicolas Dumoulin, Les extraits suivants de son testa- 
ment en font foi 

Dixièmement, donne et lègue le dit Messire testateur à la 
fabrique de la paroisse Sainte-Anne d'Yamachiche, une rente an- 
nuelle de quarante neuf livres dix chelins du dit cours, originai- 
rement constituée par les dits Pierre Benjamin Dumoulin et son 
épouse par acte passé devant maître Petrus Hubert et son con- 
frère, notaires, en date du 14 décembre 1843, laquelle dite rente 
constituée, les dits P. B. Dumoulin et son épouse ont chargé Mo- 
deste Richer, magistrat, maire et marchand de la dite paroisse 
Machiche. de la payer à leur acquit au dit Messire testateur par 
acte de vente qu'ils ont conjointement consenti au dit Modeste 
Richer, devant maître Petrus Hubert, en date du 28féviier 1846, 
pour par la dite fabrique employer la dite rente constituée, sous 
la direction de Messire le curé d'alors, avec l'approbation du pre- 
mier supérieur ecclésiastique d'alors, à construire ou à finir, s'il 
était en construction lors du décès du dit testateur, un couvent 
pour y établir des sœui'S de la Congrégation ou autres religieuses 
propres à in&truire les jeunes filles, s'il n'était pas possible d'avoir 



158 HISTOIRE D YAMACHICHE 

■des fœiirs de la Congrégation, pour leur soutien dans le dit cou- 
vent, cL les aider à propager l'instruction dans la dite paroisse et 
<;omme après la construction du dit couvent et l'établissement 
des dites sœurs de la Congrégation ou autres religieuses à leur 
défaut, en la dite paroisse Machiche, il sera sans doute pris des 
moyens d'avoir en la dite paroisse Machiche, des frères des éco- 
les chrétiennes ou autres religieux enseignant les enfants et la 
jeunesse par état, le dit Messire testateur veut et entend qu'aus- 
sitôt après l'établissement des dits frères des écoles chrétiennes en 
la dite paroisse ou autre religieux comme susdit, il sera payé 
moitié de la susdite rente constituée piir la dite fabrique pour le 
maintien et soutien de l'école des dits frères ou autres religieux 
et, ce, tant pour aider à payer les pensions et nourritures des 
<iits frères ou autres religieux que pour avoir des livres, papiers 
et objets nécessaires à l'usage des enfants pauvres de leur école, 
de sorte qu'après l'établissement des dits frères ou autres reli- 
gieux ne restera plus aux dites sœurs de la Congrégation ou 
autres religieuses que moitié de la susdite rente C'on:>istant en la 
somme de vingt quatre livres quinze chelins du susdit cours : 

Donne et lègue, de plus, le dit testateur à la dite fabrique, 
pour l'usage et utilité des dites bœui's de la Congrégation ou au- 
tres religieuses, aussitôt leur établissement en la dite paroisse, une 
terre située en la dite paroisse, à la petite rivière, de trois arpents 
et demi ou environ sur huit ou neuf arpents de protondeur, ou 
•environ : prenant son front au chemin de la grande rivière et se 
terminant à Loais Gélinas, fils, joignant, au nord, Michel Biais et 
au sud, la route à Bezotte, avec et y compris la dite route, si elle 
vient à être abolie et si les dites sœurs de la Congrégation ou au- 
tres religieuses ne sont pas déjà établies en la dite paroisse, lors 
du décès du dit testateur, les revenus de la dite terre seront con- 
servés pour aider à construire ou finir le dit Couvent. 

Et, pour exécuter et accompli)- le présent testament, le dit 
Messire testateur nomme le supérieur du séminaire de Nicolet 
d'alors, le révérend Messire Didier Paradis, maintenant curé de la 
Pointe du-Lac et le Docteur Léon Desaulniers de la dite paroisse 
Machiche, entre les mains desquels le dit Messire testateur se 
démet do tous ses dits biens, pour par eux ou les survivants d'eux 
prendre possession des dits biens du jour du décès du dit testateur 
et régler les affaires de sa succession suivant l'usage, avec pou- 
voir, au dit Léon Desaulniers, de veiller à l'administration deB 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 159 

tiens laissés à la fabrique de la dite jDaroisse pour la bâtisse du 
dit couvent et le soutien des religieuses qui y seront placées, jus- 
qu'au moment où les dites religieuses prendront possession du dit 
«ouvent. Et ce fut ainsi fait et nommé par le dit testateur, aux 
dits notaires soussignés, aux Trois-E.ivières, et acte de V. Guil- 
let, sous le numéro 3974, le G septembre 1849. (Sig né) S. J. N. 
Dumoulin Ptie, C. F. Lottinville N. P., V. Guillet N. P. 

Le 12 juin 1853, M. le curé Dumoulin ajouta un codicille à 
son testament. Ce nouvel acte contenait, entre autres clauses, les 
suivantes : 

Troisièmement, quant à l'article dixième de son dit testa- 
ment susdaté, le dit Messire testateur dit qu'il le contirme, et dé- 
clare que les quarante neuf livres dix chelins de rente constituée 
y mentionnées avec leur capital, sont actuellement dues par Bar- 
thélemi Conrad Augustin Gugy, et qu'il veut que les Fières des 
écoles chrétientés aussitôt qu'ils seront établis en cette dite parois- 
se de Machiche, aient la jouissance et l'usage de la juste moitié 
de la teri-e, y mentionnée et désignée, et les sœurs de la Congréga- 
tion, l'autre moitié seulement ; 

Septièmement, donne et lègue le dit... à Mgr Thomas Cooke, 
évêque des Trois-Rivières, cinquante livres du ditciurs, pour être 
par lui employées à aider à bâtir l'église de la nouvelle paroisse 

de Saint-Sévère de plus cinquante livres aux pauvres de la 

■dite paroisse de Machiche : 

Neuvièmement donne et lègue le dit Messire Dumoulin, tes- 
tateur, une rente annuelle de trois livi es du dit cours, constituée au 
capital de cinquante livres du dit cours, due par Moïse Hubert cul- 
tivateur, avec les arrérages à la fabrique de la dite paroisse Sainte- 
Anne d'Yamachiche, pour par elle percevoir la dite rente consti- 
tuée et les dits arrérages et livrer le tout chaque année aux Frères 
de la Docti'ine Chrétienne, aussitôt qu'ils seront établis en la dite 
paroisse Machiche, pour les aider à subsister et à maintenir leur 
maison en la dite paroisse... Ce fut ainsi fait... par le dit Messire 
S. J. N. Dumoulin testateur, en la dite paroisse Yamaehiche, en 
la demeure du dit testateur, sous le numéro 4555, le 12 juin 1853, 

iSigné,) 

S. J. N. DUiMOULiN, Ptre. 
Petrus Hubert, .N P. 
V. Guillet, N. P. 



160 HISTOIRE d'YAMACHICBE 

Ce tofjtament n'est pas le seul acte accoiapli par M. le curé 
Dumoulin pour aider à la fondation du Couvent des Sœurs et de 
l'Académie des Frères. En 1840, on lit le rapport qui puit d'une 
assemblée de fabrique : " L'an 1840, le 29 septembre, à une as- 
semblée de l'œuvi c de fabrique de la parois.-e Sainte-Anne d'Ya- 
machiche, comté de Saint-Maurice, district de Trois-Rivières, eon 
voquée suivant l'usage, furent présents : MM. Sévère J. N. Du- 
moulin, curé de la dite paroisse, Isaac Gélinas, marguiller en char- 
ge, J.-B. Trahan, François Desrcchers, mai'guillers de l'œuvre, 
Charles Caron, Joseph Gélinas, Pierre Hubert, Charles Lacerle, 
Charles Lapointe, Charlc* Gélinas, Augustin Gignac, Joseph Tra- 
lian et Jean Bellemare, composant, avec le dit sieur curé, l'œuvre 
de fabrique de la dite paroisse, lesquels ont ré.-olu, premièrement : 
que d'après l'avis de Sa Grandeur Mgr Jos. Signai, évêque de 
Québec, et tout mûrement considéré, est avantageux, pour la sus- 
dite paroisse d'Yamachiche, que la fabrique d'icelle fusse l'acqui- 
sition de la maison de Dame André Gérin dit Lajoie, ci-devant 
veuve de Joseph Beaubien ; secondement : que M. le curé de cette 
paroisse et les sieurs Isaac Gélinas, marguiller en charge, et Pierre 
Hubert, aussi marguiller, sont priés d'en faire l'acquisition ; troi- 
sièment : que la dite maison devra servir à l'instruction de la jeu- 
nesse de cette paroisse, sous la direction de Sa Grandeur Mgr 
l'évêque catholique de Québec et de M. le Curé de cette paroisse... 

Signé, Joseph Gélinas, Pierre Hubert, 

Charles Carox, Charles Gélinas, 

Charles Lacerte, Jean Bellemare, 

François Desaulniers, Charles Gélinas, 
Joseph Duplessis et S. J. N. Dumoulin Ptre, Curé, 

Madame André Gérin-Lajoie, qui vendit ainsi la maison 
lui appartenant, s'était mariée, en premières noces, à l'un des 
frères de l'illustre évêque Provcncher, en secondes noces au sei- 
gneur Joseph Beaubien. Son nom de famille était Marie Gélinas 
et elle comptait parmi ses gœurs, la mère de M. Zéphj-rin Belle- 
•mare et celle de M. l'abbé Denis Gérin, curé actuel de Saint-Jus- 
tin. Par son acte du vente consentie à la fabrique elle obligeait cel- 
le-ci à donner seize livres, cours d'alors, annuellement, au séminai- 
re de Nicolet, pour l'tducation des enfants de ses frères et do se» 
soeurs. 



HISTOIRE d'yAMACKICIIE 161 

Plus tard, le 13 octobre 1850, la fabrique donna aux com- 
missaires d'écoles, " le couvent en construction pour y établir des 
sœurs de la Congrégation Notre-Dame seulement, et la maison 
qui sert actuellement de maison d'école avec le terrain qui leur 
paraîtra nécessaire, cette écolo devant être tenue par des Frères 
des écoles chrétiennes. " 

Le gouvernement aida aussi généreusement à la construction 
de l'Académie des Frères. Voici ce que raconte, à ce sujet, un vé- 
nérable vieillard, M. Joseph Laray : " Un jour, pendant que les 
ouvriers étaient à bâtir le couvent, j'allai voir M. le curé Dumou- 
lin pour le presser de faire commencer les travaux de l'école des 
Frères. Le bon Curé s'écria : " Mais c'est impossible à présent ; 
nous n'avons pas assez d'argent. " Je lui suggérai d'écri- 
re au Dr Meilleur, alors surintendant de l'éducation ; ce qu'il fit 
de suite. M. Meilleur répondit qu'il fallait s'adresser directement 
au gouvernement. Le curé Dumoulin écrivit donc à l'Hon. M, 
Drummond qui donna une réponse résumée dans les lignes sui» 
vantes : " Le gouvernement se rend avec plaisir à la demande 
des gens de Machiche. Dans le cours de l'été mon ami Thomas J. 
Loranger (alors membre du gouvernement et juge depuis) et moi 
nous sommes passés au village de Machiche, et nous avons admiré 
le nouveau couvent que l'on est à y contruire. Il est juste qu'il 
soit aussi bâti là un collège pour les jeunes garçons. Je vous en- 
voie $2,600.00 pour cet objet. " Cet acte de grande générosité 
fut accueilli avec des transports de joie et le nouvel édifice fut do 
suite commencé. Il n'eut d'abord que trente pieds sur quarante 
de dimension ; mais on lui donna en peu d'années, la grandeur 
qu'il avait avant le désastreux incendie de 1872. La gravure le 
fait voir tel qu'il est aujourd'hui, l'un des plus jolis du genre, dans 
nos campagnes. 

Le couvent des Sœurs de la Congrégation est aujourd'hui, 
grâce à l'agrandissement fait sous la direction de la vénérable 
sœur Marie-Joseph en 1886, un très bel édifice qui fait hon- 
neur aux bonnes sœurs de cette riche communauté. La gravure 
représente le couvent tel qu'il était en 1870. 

Parlant du zèle qu'ont toujours montré les paroissiens d'Ya- 
machiche pour l'éducation de leurs enfants, M. le chanoine Na- 
poléon Caron écrit les lignes suivantes : " Ils ont été, do tout 
temps, extrêmement dévoués à la cause de l'éducation. Sans doute 



162 



HISTOIRE D YAMACHICHE 



M. Dumoulin était bien l'âme do ces œuvres (le couvent et l'aca- 
démie des Fi ères) qu'il a même dotées pour assurer leur existen- 
ce, mais les paroissiens ont aussi contribué fort généreusement. 
Et lorsqu'en 1872 un incendie vint détruire l'école des Frères 
de fond en comble, bit n qu'ils eussent déjà la lépartition de leur 
église à payer, ils n'hésitèrent pas à se cotiser de nouveau, et dès 
l'été suivant l'école des Frères sortait de ses ruines. " 

Cet incendie eut lieu le 24 décembre après-midi. Le docteur 
Maxime Bellemare, qui demeure aujourd'hui au Dakota E. U. 
nous écrivait, le lendemain de ce désastreux incendie : " Je t'écris 
au lendemain d'an désastre, presque à la lueur de l'incendie qui 
vient de réduire la maison des Frères en cendre. Heureusement 
que la perte n'est pas irréparable, et que l'énergie de nos co-pa- 
roissiens les porte déjà à faire les démarches nécessaires pour 
faire sortir l'édifice de ses ruines, et plus brillant que jamais. 
Peut-être la jeunesse contribuera-t-elle, pour sa part, en organisant 
dos soirées dramatiques, au profit de cet œuvre. Cela se parle 
fortement. Il va s'en dire que c'est notre nouvelle du jour la 
plus intéressante et celle qui remplit toutes les bouches. Il 
serait inutile de te faire une description de cet incendie. C'était 
d'un grandiose sinistre, bien propre à frapper l'imagination. 
Quand je me suis rendu à l'appel du tocsin, une fumée, un nuage 
opaque, semblable à celui qui protégeait les juifs dans leur fuite, 
enveloppait tout l'édifice. Tu peux croire si nous avons déployé 
du courage, pour enlever de la maison tout ce qui pouvait se sau- 
ver. Les objets épars, étendus en tout sens sur la neige, me fai- 
saient penser à l'aspect que doit présenter un camp déserté ou 
surpris par l'ennemi, et livré au pillage, l^a destruction s'est 
complétée en quelques heures, de 4 heures à minuit. Nos pauvres 
frères sans ysile, ont trouvé accès au piesbytère. La vieille sa- 
cristie va servir de classe et la salle publique de logera? nt aux frè- 
res, en attendant que la nouvelle école soit construite ' 

Le couvent de la Congrégation a été dirigé par les révéren- 
des sœurs supérieures dont les noms suivent, depuis 1852 jusqu'à 
cette année : 

Eévérende Sr Ste-Justine, née M. Eliza Casgrain (1852-1854), 
Provinciale de Ville-Marie. 
" " St-Gilbert, née Valérie Ducharme (1854-1859), 

St-Sauveur de Québec. 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 165 

Eévérende Sr St-Alexis de St-Joseph, née Marguerite Trottier 
de Beaubien (1859-1869), Provinciale à Québec. 

" St-Alexandre, née Mary Elisabeth Dees (1860- 
1862), décédée à la Maison Mère, le 15 oct. 1863, 

" St-Pierre d'Alcantara, née Victoire Gadbois 
(1862-1874), décédée et inhumée à Yaraachiche 
13 mai 1814. ' 

" St-Zotique, née Mathilde Beaudin (1874 1875), 
directrice de l'Ecole St- Antoine, Montréal. 
" " Ste-M.-Joseph, née M. Claire Brunelle (1875- 

1882), à la Maison Mère. 

*' " Ste-Candide, née Mathilde Dussault (18821885)^ 

Supre à St-Eustache. 

" Ste-Adélaïde, née Henriette Lemelin (1885-1886), 

à la Maison Mère. 
•' Ste-M.-Joseph, seconde fois (1886-91). Maison 

Mère. 

Ste M. de^la Salette,née Maguerite Laberge (1891)^ 
Supérieure actuelle. 

Voici, maintenant, la liste des élèves du premier cours en 
1852-1853 : 

Louise Magnan, (Ste-Ursule.) 

Mathilde Dussault, jœur Candide, 

t Delphine Beaulieu, épouse de D. Gélinas, Shaweneg. 
t M. Anne Caron, 

Marie Trudel, épouse de Henry Lord, 
t Célina Desaulnicrs, 
t Célanire Desaulniers, 

Emma Lamy Rivard, épouse de Denis G. Lajoie. 

Elise Lamy, sœur de l'Intérieur de Jésus. 

Emélie Bellefeuille, épouse de Léon Vasseur. 

Louise Héroux, épouse de Geo. B. E. Dufresne.. 

Louise Gauthier, épouse d'Isaïe Gauthier. 

Séraphine L. Desaulniers, épouse de Louis Milot. 
t Philomène Gélinas, 
t Olivine Pothier, 

Rose Gélinas, sœur Sto-Madeleine. 

Adèle Gélinas, 

Elisabeth Beaubien, belle mère d'Esdras Lamy. 



164 



HISTOIRE D YAMACHICHE 



Mary G. Lajoie, épouse de Francis Lacerte. 

f Elzire Milette, épouse de Geo. F. Héroux. 

Aurélie Beauregard, (Ste-Ursule.) 



Betzy Gauthier, 
Elise Milette, 
Arline Bellemare, 
Joséphine Guillemette, 
Philomène Lesieur, 
Delphine Daveluy, 
Eléonore Dugal, 
Philoniène Héroux, 

"j" Elzire Desaulniers, 

f Adèle Lamy, 
Aglaë Lamy, 

-j- Marie Lamy, 
J-etzy Lamy, 
Marie Gélinas, 
Caroline Bellemare, 
Marguerite Lacerte, 

■f Adèle Gélinas, 
Philomène Réaume, 
Emélie Bettez, 
Oliva Bellemare, 

t Véronique Lajoie, 
Marie Fréchette, 

f Délima Bellemare, 
Luce Gélinas, 
Elisa Desaulniers, 
Joséphine Dupont, 
Année G. Lajoie, 
Sophie Desaulniers, 
Anaphlette Gravel, 

f Elisabeth Biais, 



épouee de Désiré Descoteaux, 
épouse d'Evariste Godin. 
épouse de Zéphyrin Bellemare. 
épouse de Sévère Guillemette. 
sœur Ste Sabine, 
épouse de Louis Dussault. 
épouse de Emile Hubert, 
épouse d'Elie Héroux. 
épouse de Joseph Gélinas. 
eœur Lamy. 
sœur Beaubien. 
épouse de Patrice Bettez. 
épouse d'Emmaniiel Gélinas. 
épouse de John Grondin. 
sœur Sainte-Angélina. 
épouse d'Antoine Gélinas. 

épouse d'Hyac. Pellerin. 
épouse de J. Marcheterre. 
épouse de Maxime Carbonneau. 

épouse d'Olivier Duplessis. 

épouse d'Onésime Milette. 
épouse de G. Horace Proulx. 
veuve de feu Léger Milette. 
fille de Chs. G. Lajoie. 
épouse d'Ant. Beaulieu, 
épouse de R. Lachanee. 
épouse de feu Sévère Martin. 



t Joséphine Soph. Bellemare, 

Sophie Pellerin, épouse de Godfroy Lord. 



Séraphine Desaulniers, 
Louise Alary, 
Mario Drew, 
f Georgianna Richer, 
Marie Jacques, 



épouse de L. A. Baribeau. 

épouse de Théodore Ricard, 
épouse de M. Poisson, 
sœur Alphonse. 






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1 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 165 

Théotiste Gïguère, 

Flore Carufel, 

Agnès Jacques, sœur Duhaut. 

Séraphine Duplessis, 

Flore Hénault, épouse de P. A. Fauleux. 

Herminie Bourret, épouse de Emile Fauteux. 

'l Anna Bureau, épouse de L. E. Moreau. 

Eléonore Girard, épouse de Joseph Laforce. 

f Eugénie et Caroline Eatel. 

Odile Dufresnc, tante de M. Thomas Dufresno. 

Olivine Gélinas, épouse de M. Onés. Bournival. 

Année Lambert, . sœur de feu le Major Lambert. 

*J- Caroline Barolet, sœur Saint- Placide. 

f Olivine CaroD, épouse de Hercule Saucier. 

Philomène Dessert, Maskinongé. 

Le couvent de la congrégation est aujourd' hui une institu- 
tion florissante. Bon nombre d'élèves venues des paroisses étran- 
gères, quelques unes même des Trois-Rivières et de Montréal, y 
font leur cours classique. Le couvent d'Yamachiche est le premier 
établissement de ce genre fondé par les Révérendes Sœurs de la 
Congrégation, dans le diocèse des Trois-Rivières. Cette année, 
le nombre des élèves est encore augmenté et la Révde Sr M, de 
la Salette, supérieure actuelle, est bien contente de son institution. 



A l'académie des Frères des écoles chrétiennes, les supérieurs 
qui ont été appelés à diriger cette institution, le furent dans l'or- 
dre suivant, depuis 1853 jusqu'aujourd'hui : 

Révérend Frère Léon, né Louis Miller, 1853-1859. 

" " Bertrand, né Jean-Bte Dion, 1859-1863. 

" " Hyeronimus, né Louis Ouellet, 1863-1865. 

" 'î Célien, né N. G. Dauteuile. 1365-1868. 

" " Sallustien, né Elzéar Bossé, 1868-1880. 

'^ " Théodulphe, né Charles Lauctôt, 1880-1889. 

" " Symphronien, né Siméon Perreault, 1889. 

Les élèves du premier cours, 1853-1854 étaient : 
(^Première Classe.) 

Léger Hubert, Notaire. 

Francis Gélinas, Agent Cie Richelieu. 

II 



166 



HISTOiaE D'rAMACHICHlï 



Narcisse Gélinas, 
•j- Evarisle Gélinas, 

Emmanuel Bellefeuillo, 

Alphonse Milot, 

Louis Bellefeuille, 

CharlcH Pothier, 

Denis Hubert, 

Adolphe Daveluy, 

Gaspard Gélinas, 

Georges Vaillancourt, 

Emmanuel Alan-, 
f Téleephore Lord, 

Louis Milot, 

Edouard Caron, Eiv.-du-L 
t Alphonse Ferrun, 
j Joseph Ferron, 

Francis Bellemare, 

Xarcisse Gravel, 

James Gravel, 

Pjosjjer Lamj, 

L. Onés. Eicard, 

Télesphore Lesieur 

L. Adolphe Ijord, 
f Sévère Gauvreau, 
y Charles Auger, 

Denis G. Lajoie 

Joseph Ferron, 

î^lajorique Lamy, 

Elie Dupont (St-Sévère), 

Thomas Beaulieu, 
y Paul Girardin, 



Huissier, ^ 

Négociant. 

Instituteur et Télégraphiste. 

aux Etats-Unis. 

Instituteur, à Montréal. 

FviiToServilien'E. C. 

Fi ère Victorien E. C. 

Négociant. 

Prêtre, Curé. 
Cultivateur. 
Négociant, 
aux Etats-Unis, 

Frère Ulfrid, E. C. 

Cultivateur, 
aux Etats-Unis. 



Négociant, 

Notaire. 
Notaire. 

Cultivateur. 
Cultivateur. 
Cultivateur. 
Cultivateur, 
aux Etats Unis. 
Frère Oblat, 



{Seconde Classe.) 

Charles Bellemare, Prêti-e, 

I Georges Pager, Pi-être. 
Dosithée Vanasse, iSte-Urs.) 

Augustus F. Dame, Médecin. 

Eizéar (îlérin-Lajoie, Avocat, ejnseiller-législatif. 
Augustin Gignac, 
Léandre Gignac, 



HISTOIRE d'yAMACHICHK 



ICT 



Cultivateur, 
aux Etats-Unis. 



t Zéphyrin M. Gélinas, Huissier. 

Onésime Bellemare, Cultivateur, 

f Onésime Caron, Eiv.-du-L. Avocat. 
f Adolphe Gdlinas fils de Frs. 
f Wilfiid E. Dufresne, Cultivateur, 

f Adolphe Boisvert, 

François Biais, 

Charles Gravel, 

Honoré Gravel, " " 

Sévère Eicard, til« de Michel. 

Ernest Gagnon, Cultivateur. 

Cyprien Gélinas, St-Sévère, Inspecteur d'assurances. 

Francis Déziel, " Cultivateur. 

Benjamin Lamy, " " 

Charles Lorangei", " 

Etienne Loranger, 

Albert Bellemare, 

Eémi Dussault, 

Louis Dussault, 

Antoine A, Lamy, 
f Thomas Leniny, St-Barnab.,Cultivateur. 

Hercule Milot, 

Frédéric Daveluy, aux Etats-Unis. 

Zébédée Milot, " '' 

Narcisse Gélinas, Instituteur, 

t Joseph Gélinas, Frère E.C. 

Isaac DôS'iulniers, Cultivateur. 

Philippe Foucher, Architecte. 

Alexis Lapointe, auxEtats-U. 

Jules Ciirbonneau, Cultivateur. 

Evariste Desaulniers, '' 

Louis Dusaulniers, Huissier. 

Jean Bellemare, Cultivateur, 

Adam Coté, St-Barthelemy, " 
f Stephcns Coté, " 

Antoine Iloude, Eiv.-du L., Agent d'assurances. 

Salomon Damphousse, '' frère E. C. 
f J. Desjarlais, " 

Maxime Picotte, " aux Etats-U. 

HcTri Benoit, " " 



Tailleur. 

aux Etats-Unis. 

Clerc de maWes. 

Cultivateur. 

Prôtre. 



168 HISTOIRE D YAMACHICHE 

Laurent Lesieur, Cultivateur. 

Frédéric Gélinas, Cordonnier. 

Hercule Ricard, Cultivateur. 

Jeun Bettez, aux Etats.-TJ. 

Charles B ttcz, " " 

Benjamin Bettez, '' " 

Jijseph Bettez, Architecte. 

C/yrille Béliveau. 
f Isidore Béland, Riv.-du-L., Prêtre. 

Pierre Béland, " " Caltivateur. 

Louis D. Pa';^uin, Maskin , Avocat, 

Korbert Parj^uin,, " Négociant. 

Casimir Grélinas, " 

Adélard Gélinas, " 

Louis Trahan, StSévère, Caltivatonr. 

Narcisse Dupont, " Rentier. 

Pierre Lamj, " Négociant. 

Alexis Landry, Cultivateur, 

t Francis Lacerte, Caltivateur. 

■f Adolphe Billemare, Forgeron. 

Jo3. Arthur Lacerte, aix Etats-U. 

Onésime Lacerte. 

Pierre Lacerte. 

Charles Bellemare, Cultivateur. 

Ephrem Houde, Riv.-du-L., " 

Augustin Milette, auxEtats-U. 

Legris. 

Hercule Bellemare, Prêtre. 

Thomas Lamy, fih de Jos . Arahitecte. 

Thomas Gagnon, filsd'Ant., aux Etats-U. 

Désiré Voisard (St-Léon), Caltivateur. 
■f Cyprien Baaulieu, " 

■j" Onésime Gendron, " 

Pierre Beaulieu, fils do Tho., " 

Héroclée Beaulieu, " 

Jos. Carbonaeau, fils le Chs. 

Cyrille Gagnon, Cultivateur. 

Augustin Bellemare fr, d'O., " 
t Hercule Lesieurfr. d'Oliv., aux Etata-U. 

Frédé rie, " " 



i 



HISTOIRE D'iAMACHICHïi 16î> 

Joseph Garceau, Charrettier. 

Télespliore Poudrier. 

Elie Le.-câdre, (St-Léon.) 

Elie Gélinas, Cultivateur. 

Paul Gélinas, '' 

Ludger Desaulniera, " 

Louis Gélinas, Employé da C. P. R. 

Elie Bergeron. 

Euehariste Samson, St-Sév. 
t Eaphaël Boisvort, aux Etats-U. 

f Evariste Duchêne, Négociaat, 

Henri Lesieur, fils de Paul. 

Joseph Dûment, 

Olivier Gignac, fils de Paul. 

Félix Gélinas, Employé du C. P. R. 

Jjouis Lacerte. 

Pierre Milette, 

Philippe -Desilets Ri.-du-L., Médecin. 

Frédéric Hubert, Cultivateur, 

f Noël Hubert, aux Etats-Unis. 

Isaac Gélinas, Instituteur. 

Napoléon Desaulniers, Négociant. 

François Boulanger, fils de Frs. 

Joseph Boulanger, fils de Paul. 

Arthur St-Jacques, aux Etats-Unis. 

Edmond St-Jacques, " " 

Zotique Gélinas, à Ottawa. 

Emile Hubert, fils de Petr., Négociant. 

Augustin Hubert, " Cultivateur. 

L'académie des Frères est aujourd'hui dans un état très 
prospère et compte, parmi ses élèves, un grand nombre d'enfants 
venus des paroisses étrangères, même dos Trois-Rivières, de Mont- 
réal et des Etats-Unis. C'est la meilleure preuve qui démontre 
que les fils du Bienheureux Jean-Baptiste de La Salle, donnent 
toujours une excellente éducation. D'ailleurs, l'éloge de cette com- 
munauté n'est plus à faire, tant elle a pris de l'extension depuis 
quelques années, en Canada surtout, sous la sage direction du 
très révéreni frère Chrétien, un illustre enfant de la paroisse d'Ya- 



170 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

machiche, que ses supérieurs ont dernièrement appelé au poste ôi 
^levé de Visiteur de l'important district de New-York. 

Parmi les frères directeurs de l'Académie, qui ont été parti- 
culièrement remarqués, à Yamachiche, il serait injuste de ne pas 
mentionner le rév. frère Sallustien, qui se dévouait de tout 
cœur au succès de la maison d'Yamachiche ; le rév. frère Théo- 
dulphe, sous la direction duquel ont été faits les agrandissements à 
la bâtisse de l'académie. Ce dernier religieux avait voué un culte 
tout spécial à sa chère institution. 

Le rév. frère Sjmphronien, directeur actuel, relève encore le 
niveau des études avec une attention toute particulière, et voit 
même aux soins matériels à donner aux enfants confiés à ses soins. 
Un des vicaires de la paroisse, M. l'abbé Eloïde Déguise, a été 
nommé chapelain de l'établissement par S. G. Mgr Laflèche, 
éTêque du diocèse. 



<r^^M^ 



CHAPITRE III. 



Les députés du comté de Saint-Maurice. 



(en vertu de l'acte constitutionnel de 1791.) 

1er Parlement : 1792 à 1796 (4 sessions), T. Coffiii et AugustiQ 
Rivard-Dufresne. (1) 

2d Parlement : 1797 à 1800 (4 sessions), T. Coffiii et N. Mon- 
tour. (2) 

3ième Parlement ; 1801 à 1805 {p sessions), T. Coffin et Ma- 

thew Bell (3). 
4*ème Parlement : 1F05 à 1808 (4 sessions), David Mimro et 

Michel Caron (4). 
5ième Parlement : 1809 (1 session), T. Coffia efc Michel Caroa. 
6ième Parlement: 1810 (1 session), h. Criigy (5) et Michel Caron. 
tième Parlement : 1810 à 1814 (5 s3ssioQS), François Caron et 

Michel Caron. 
Sième Parlement : 1815 à 1816 (2 sessions), E. Leblanc et Va- 

lières de St-Eéal (6). 
9ième Parlement : 1817 à 1819 (3 sessions), E. Mayrand et L. 

lOième Parlement: 1820 (1 session), L. Picotteet P. Bareau (7). 
llième Parlement : 1820 à 1824 (4 sessions), L. Picotte et P. 
Bureau. 

12ième Parlement : 1825 à 1827 (2 sessions), Chirles Caron et 
P. Bureau. 



172 Histoire d'yamachiche 

ISième Parlement : 1827 à 1829 (2 sessions), Charles Cîiron et 

P. Bureau. 
14ième Parlement : 1830 à 1834, P. Bureau et Valère Guillet (8). 
ISième Parlement : 1834 à 1836, Dr Boutillier et Valère G-uillet. 
1836 à 1838 : François L. Desaulniers (9) et A. Bareil-La- 
joie. 

Conseil Spécial. 

1S38 à 1841, l"honorable E. Mayraad. 

Sous l'acte d'Union 1841*. 

1841 à 1844 : Jos Ed. Turcotte. 

1844 à 1848 : Frans L. Desaulniers. 

1848 à 1851 : Louis Joseph Papineau. 

1851 à 1854 : Jos. Ed. Turcotte. 

1854 à 1858 : Louis Léon Lesieur Desaulniers (10). 

1858 à 1861 : L. L. L. Desaulniers. 

1861 à 1863 : L. L. L. Desaulniers; 

18G3 à 1867 : Charles G. Lajoie (11). 

Sous l'acte de la Confédération 1867. 

1867 à 1863 : L. L. L. Desaulniers, à Ottawa et Abraham 
L. Desaulniers, à Québec. (12). 

1868 à 1872 : Elie Lacerto, à Ottawa. (12). 

1871 à 1875 : E'zéar Gérin (Lajoie), à Québec. (14.) 

1872 à 1874 : Elie Lucerte, à Ottawa. 

1874 à 1878 : Charles Gérin-Lajoie, à Ottawa. 

1875 à 1878 : Elie Lacerte, à Québec. 

1878 à 1882 : L. L .L. Desaulniers, à Ottawa. 

1878 à 1881 : François L. Desaulniers, à Québec. (15). 

1882 à 1887 : L. L. L. Desaulniers, à Ottawa. 

1881 à 1886 : Frs L. Desaulniers, à Québec. 

1886 à 1890 : Nérée L. Duplessis, à Québec. (16). 

1887 à 1891 : Frs. L. Desaulniers, à Ottawa. 

1890 : X. L. Duplessi.s, à Québec. 

1891 à : F. L. Desaulniers, à Ottawa. 

1892 à : N. L. Duplessis, à Québec. 

(1) Le premier député de Saint-Maurice, Augu&tin Eivard- 
Dufresne, était le grand père maternel du Dr Desaulniers, ex-M, 



I 



HisioïKE d'yamaghiche 173 

P, ; aux dires des vieux, c'était uufort bel homme, bien que, par 
suite d'un accident, il eût une " jambe de bois. " Il reçut une 
a8sex bonne éducation. Ses précieux mémoires, perdus aujour- 
d'hui, mais que j'ai possédés longtemps, en faisaient foi. Charles 
Caron, son illustre gendre, plus tard membre de l'ancien parle- 
ment de Québec, se rendit à Québec pour lui demander sa fille 
Charlotte en mariage. Cette Charlotte Eivard-Dufresne fut la 
mère de François Dosaulniers. Le document suivant établit que 
Augustin Rivard-Dufresne n'avait pas aimé le nouveau régime 
anglais de 1750, car il avait été averti d'avoir à prêter serment 
d'allégeance ou, sinon, d'avoir à quitter le pays. 

" Il plut, il y a quelque temps, à Son Excellence le Gouver- 
neur de cette Province avec l'avis et le consentement du Conseil 
de Sa Majesté d'accorder des commissions à Messieurs Gugy et 
Métrai, pour administrer le^ serments de fidélité (ou d'allégean- 
ce) et abjuration du prétendant, aux canadiens sujets de Sa Ma- 
jesté, et ces messieurs ayant fait leur rapport à sa dite Excellen- 
ce, que vous aviez refusé de prêter et de souscrire de pareil» 
serments, je suis présentement commandé de vous avertir que 
vous êtes requis, sitôt la présente reçue, de rendre vos soins au- 
près des dits MM. Gugy et Métrai (ou à l'un d'eux) qui ont de 
nouveau reçu les ordres de vous administrer les susdits serments. 
Si iceux vous refusez encore de prêter, il m'est de plus ordonné 
de vous faire savoir que vous ayez à vous préparer de quitter ce 
gouvernement au premier jour d'août prochain (ou avant), les 
ordres piécis de Sa Majesté à son Gouverneur étant de ne point 
souffrir de personnes natives du pays y faire leur résidence, à 
moins qu'elles ne se conforment aux ordres et règlements qu'il a 
plu à Sa Majesté de faire à ce sujet. 

Votre obéissant serviteur, 

J. GOLDFRAP. 

M. Augustin Dufresne, 

Eien n'établit que ce bon vieillard ait prêté le fameux ser- 
ment requis, mais il fut l'un des rares canadiens choisis, en 1792, 
pour représenter son comté au parlement d'alors. C'est toujours 
une bonne note à sa mémoire. Ses descendants, en diverses lignes 
de parenté, ont presque constamment représenté le comté de 
Saint-Maurice jusqu'à l'année 1887. 



174 HISTOIRE d'yamachiciie 

(2) Nicolas Montour était seigneur à la Point€-dQ-Lac. Il n'a 
été élu député qu'une foi^. Sa fortune consistait surtout en des 
actions dans la fameuse comp-^gnie du Nord-Ouest. Le premier 
volume des Ursulines des Trois- Rivières, page 492, contient la 
note suivante à son sujet : 

" Il se retira de la compagnie du Nord Ouest avec 20,000 
louis, avec lesquels il acheta la seigneurie de la Point2-duLac. II 
se fit construire un élégant uianoir, des moulins à farine, à soie, 
€tc. Il aurait pu, avec de la prudence accroître sa fortune ; mais 
son traiik.de vie et ses dispositions généreuses ne lui permirent 
pas d'augmenter son capital. Sa maison, situé i sur une route fré- 
quentée, devint le rendez vous de ses nombreuses connaissances 
qui y trouvaient toujours table mise. En peu d'années il ne lui 
resta plus rien de sa brillante fortune et il vit à peu près dispa- 
raître ses nombreux amis des jours prospères. iT/'aye^s through 
Canada, 1813i, Lambert p. 506. " Il faut croire que ses descen- 
dants ont pu sauver quelques débris de cette fortun», puisque les 
cultivateurs de la Pointe-du-Lac paient encore des rentes à ses 
héritiers. A la page 501, volume d.'s UrsuUnes, on Ht : " Montour 
«st le soubriquot de Couc, un français établi aux Trois-Rivières 
(1649) et marié à une algonquine. Nicolas Montour se maria à 
Geneviève Wells et mourut en 1832, à l'âge de 55 ans. 



(3) L'un des plus célèbres propriétaires des forges St-Maurice. 

(4) Michel Caron était l'un des fils de Michel Caron qui a co- 
lonisé le rang encore connu, à Yamachiche, sous le nom de " vil- 
lage des Caron. " S'il l'on en juge par le nombre de fois qu'il a 
été élu député de son comté, au parlement, il devait être très po- 
pulaire parmi ses concitoyens. Il est au premier rang dans cette 
fameuse pléiade de chantres célèbre-i, formés à l'école du célèbre 
curé Ecuyer. François Caron et Charles Caron ises deux frères, aussi 
membres du parlement], le colonel Héroux, Franc :>is et Augustin 
Carbonneau, com posaient alors ce que l'on appelait jadis "les 
chantres de Machiche. " Leur renommée s'étendait à tout le dis- 
trict. Les Caron, les Héroux, les Carbonneau, plus tard les Hu- 
bert, et, enfin, Joseph Bellemare, ont tous été des chantres renom- 
més. Jusqu'à l'année même de leur mort, Charles Caron (en 
1844) et François Carbonneau len 1889i ont tenu à paraître à 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 175 

Végire de leur paroisse, avec leurs vêtements de chœur. Ees- 
pect à la mémoire des vénérables vieillards de nos campagnes ! 



(5) Il est fait mention de lui dans la première partie de ce 
volume. 



(6) C'est le fameux juge Viillières de St-Eéaldoct le nom est 
devenu si eélèbre, dans toute la province de Québec, et dont on se 
souvient encore dans le district. 



(7l Oncle de M. Napoléon Bureau, avocat C. R. des Trois- 
Eivières, ainsi que des juges Sir A. A, Doi-ion et Wilfrid J)> 
rion et du vénérable curé Dorion. 



(8) Valère Guillet, après avoir exercé pendant quelques an- 
nées la profession de notaire à Yamachiche., fut élu député du 
comté et accepta, ensuite, la position de coronaire du district des 
Trois-Eivières. Son éloge n'est plus à faire. Il sera toujours con- 
sidéré comme l'un des plus illustres notaires du district. Il exer- 
ça longtemps sa profession avec M. Flavien L. Lottinville, aux 
Trois-Rivières. C'est là qu'il est mort, il y a jieu d'années, hono- 
ré du public, transmettant à tous l'exemple de ses gi-andes vertus 
et de son austère probité. Bibaud, dans son Dictionnaire Histori- 
que, publié en 1857, parle ainsi de lui : " Valère Guillet, coro- 
naire du district des Trois-Rivières, ancien membre da parlement. 
On lui doit un petit traité d'agriculture imprimé dans la Biblio- 
thèque Canadienne et il s'occupe actuellement de recherches &ur 
les causes de l'émigration et les moyens de la prévenir. Un sieur 
Ouillet, allant au lac Témiscaming, fut par Beauharnois et 
Hocquart associé au Sieur de Bois Clerc poar visiter une mine 
de cuivre au Portage des Chats. " 



(9) C'est le père du Dr L. L. L. Desaulniers. Il a laissé des 
mémoires intimes, qui sont malheureusement perdus aujourd'hui. 
Deux auties de ses fils ont illustré la famille Desaulniers : M. le 
grand vicaire Isaac Desaulniers, professeur de philosophie au 
collège de Saint- Hyacinthe et M. François Desaulniers, mort 
sous-diacre au collège de Nicolet, après avoir enseigné la physi- 



176 HISTOIRE d'yamachiche 

que, les matliématiquea et la philo-ophie, pendant trente-huit 
années, dam cette institution. Au dire des vieux, M. François 
Desaulniers (le pèie François Leblanc comme on le désijioait 
vulgairement) était très estimé dans tout le comté de Saint- 
Maurice. C'est surtout grâce à son appui que l'illustre Papineau 
et l'hon. Jos. Bdouard Turcotte ont pu arriver à se faire élire 
dans Saint-Maurice. Possédant wm heureuse mémoire, un juge- 
ment solide, il était^ en outre, un orateur populaire l'une grande 
force. Admirateur enthousiaste des idées do Papineau, il se 
déclara publiquement son di.sciple, dans une grande assemblée, 
aux Trois-lîivières ; mais il l'abandonna, par la suite, quand le 
grand patriote eut malheureusement dépassé les bornes d'une 
agitation constitutionnelle. Tout jeune enfant, alors que j'étudiais 
la syntaxe latine, avec feu le I>r Pierre Meunier et M. le curé 
Hei'cule Bellemare, à l'école de feu l'avocat Uldaric BjUeniare, 
j'ai pu apprécier les nobles qualités du cœur et de l'esprit de ce 
vénérable vieillai-d. Bien qu'âgé de soixante et dix-huit ans, il se 
plaisait encore à parler du vieux pirlemjut de Qiéb c et des 
choses d'autrefois, h. S3s funérailles, en 1871, on p3ut dire que 
toute» les sommités religieuses, politiques et agricoles, étaient 
présentes. C'était une chère dépouille d'un autre â^e que l'on 
confiait à la terre. Presque tous les cultivateurs de la Pointe-du- 
Lac fiiru'.-aient dans le cortège funèbre. Sou souvenir vivra ! 



(10) M. le Dr L. Léon L. Desaulniers a joui, de longues, 
années durant, d'une énorme popularité dans le comté de Saint- 
Maurice qu'il a presque consta:u:nent représenté en parlement 
depuis 1854. Comme il vit encore, il est hors de propos de faire 
son éloge ici. Descendant d'une famille honorable, petit-fils et fils 
lui-même d'un député, il embrassa avic ardeur la carrière mou- 
vementée de la politique, étant à peine reçu mé lecin. Il négligea 
la profession médicale pour se livrer à la politique, qui était plus 
conforme à ses goûts naturels II est, aujourd'hui, le président des 
inspecteurs des asiles et des prisons de la province de Québec. 
Maintes fois il fit triompher la cause conservatrice, notamment 
en 1878, quand MM. E. Lacerte et E. Gérin allèrent à Montréal 
pour le supplier de se porter candidat, afin de conserver Saint- 
Maurice à la cause de Sir John A. Macdonald. Une circonstance 
pénible et malheureuse le fit sortir do l'arène politique en 1891. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 177 

Il vit, maintenant, tranquille et heui-eux, à Montréal, consacrant 
tout son temps aux devoirs de sa charge d'inspecteui'. Le Dr. 
Desaulniers est certainement l'homme qui a joui de la plus grande 
popularité dans le comté de Saint-Maurice. Un de ses fils, 
Alexandre, est mort, l'an dernier, curé de West Gard ner B. U. 
Ses luttes contre MM.J. E.Turcotte, Olivier Puval, Modeste 
Eicher Laflèche, Charles Gérin Lajoie, Simon J. Rtîmington, sont 
surtout célèbres, et l'on en parlera longtemps. Tous ceux qui ont 
^té élus au parlement, savent ce qu'il en coûte de fatigues et de 
labeurs pour échapper à l'impopularité. Le nom du Dr Desaul- 
niers sera toujours respecté, et à bon di-oit. 



(11) Une affaire fort peu importante engagea M. Chailes G. 
Lajoie à f^e présenter comme candidat, en 1863, contre le Dr 
Deeaulniers qu'il défit, après une lutte très acharnée et qui a 
suscité des haines devenues légendaires : une modeste élection de 
président de société d'agriculture. Mais, trêve à ces souvenirs. 
M. Lajoie peut être considéré comme le pèi'e du parti libéral 
dans Saint-Maurice. Après avoir dépensé une partie du patri- 
moine paternel et ses propres économies, il accepta la position de 
surintendant des travaux du Saint-Maurice, en 1878, lors de la 
chute du cabinet McKenzie. M. Lajoie a été très populaire dans 
son temps; ses manières affables pour tous, adversaires comme 
amis, en faisaient l'ennemi le plus redoutable qu'ait jamais eu le 
Dr Desaulniers. Depuis 1878, M. Lajoie s'est strictement borné à 
remplir les devoirs de sa charge, et il vit encore, aux Trois- 
Rivières, avec son unique fille Année qui fait lajoie de ses vieux 
jours. Il est estimé, même de ceux avec qui il fit jadis les combats 
politiques. C'est un honnête homme et un brave citoyen. Sa 
mère, Marie-Josephte Gélinas, contribua à la fondation de l'Aca- 
démie des Frères, à Yamachiche. 



(12) M. Abraham L. Desaulniers a été l'un des avocats les 
plus distingués du barreau des Trois- Rivières . En 1867, il fut élu 
député de Saint-Maurice au parlement de Québec, par une grande 
majorité, sur son redoutable adversaire, M. le Dr F. D. Fontaine, 
aujourd'hui médecin de Worcester, E. U. L'unique fils de M. 
Desaulniers, Alphonse, à peine admis au barreau, embrassa la 
carrière du journalisme et mourut accidentellement, à Piatts- 



178 HISTOIRE DYAMACHICHE 

bui-g, E, U. PcQclant qu'il exerçait sa profession, aux Trois- 
Rivièrcs, M. Abraham Desaulniers a fondé VEre Nouvelle et 
VEcho du St-Maurice, puis a collaboré à nombre do publicatioas 
périodiques. On u de lui une Génralojie de la famille Desaulniers 
et un Dictionnaire du Droit Canadien. Il était considéré com- 
me l'un des plus forts tribuns populaires de son temps, et son 
attachement à sa paroisse natale à toujours été remarqué. 



(13) M. le Dr Elie Lacerte naquit le 15 novembre 1821, 
Il a surtout fuit sa marque d.inslo commerce, à Yamachiche, où il 
a réussi à se créer une Jolie fortune. Tout en pratiquant la méde- 
cine, M. Lacerte ne négligeait pas son commerce pour lequel il se 
sentait des aptitudes toutes spéciales. Il n'entra qu'avec répu- 
gnance dans la carrière politique, en 180^, aux vives instances de 
son vieil ami le Dr Desaulaiers, qui venait d'accepter la position 
d'inspecteur des prisons. Son premier adversaire fut, malheureu- 
sement, l'hon, E. Gérin, alors tout fraîchement arrivé de Paris 
et qui était appuyé par la brillante jeunesse d'alors : les Chapleau, 
Suite, Provencher, Barthe, etc. Une meilleure entente, eatre 
amis politiques, eût évité ces chicanes regrettables et inutiles. 
Tout de méinc, M. Lacerte fut élu. Il le fut de nouveau, par ac- 
clamation en 1873 ; mais il fut défiit, en 187-4, lors do la fameuse 
affaire du Pacifique ; puis réélu, en 1875, à la chambre provincia- 
le de Québec. Li «gouvernement Ross lui confia la charge d'a- 
gent des Terres du St-Mauric3, en 188G. Il occupe encore cet 
emploi. En quittant Yamachiche, pour aller demeurer aux Trois- 
Rivières, M. Lacerte a laissé, dans sa paroisse natale, une réputa- 
tion intacte et l'exemple du travailleur persévérant, qui a réussi 
à maîtriser la fortune et à se faire une position enviable sous touii 
les rapports. C'est le père de MM, Arthur, Ernest et Alide Lacer- 
te (ce dernier employé civil à Ottawa), et le beau-père du poète 
Nérée Beauchemin, du Dr "William Bail et de MM. Sévère et 
Antoine Desauiniers. M. le Dr Lacn-te aima plus le commerce 
que la politique, A-t-il eu tort ? Bien certainement non. En 
tous cas, en laissant la carrière ingrat3 de la vie parlementaire, 
il s'est évité bien des désagréaients. Szlf made man dans toute 
la force du mot, il se repose aujourd'hui, tranquille et heureux, 
savourant les fruits d'an travail long et constant. 



HISTOIRE o'yAMACHICHB 17^ 

(14) L'hoD. Elzéar Gérin a largement contribué à fa re con- 
naître Yamachiche au pays et à l'étranger. A peine sorti du 
collège (le Nicolet, giâce à la protection de son frère, le modeste 
et illustre Antoine (iérin-Lajoie, il entra, de suite, à la rédaction 
du Journal de Québec puis de la Minerve, et fit le voyage de Fran- 
ce, oîi il fut accepté à la rédaction du Journal de Paris comme 
correspondant canadien. Revenu au pays, en 1868, il essaya inu- 
tilement de se faire élire dans sou comté natal ; fonda le Consti- 
tutionnel et fut élu au parlement de Québec, en 1871. Ses apti- 
tudes naturelles le portant vers le journalisme, il laissa bientôt la 
politique, collabora à plusieurs revues et finit par se consacrer 
exclusivement à la piatique du droit. Le bureau d'avocats " Ger- 
vais & Gérin " fut même, pendant quelques années, l'un des plus 
acbalaidés des Trois-Rivières. En 1883, le gouverneoient Mous- 
seau l'appela au conseil législatif pour représenter la'division de 
Kennébec, Outre une foule d'écrits politiques dans les journaux, 
l'hon. M. Géi'in a laissé une Histoire de la Gazette de Québec, un 
Voyage sur le St-Maurice, et une Etude sur le traité de Réci- 
procité de 1854, entre le Canada et les Etats-Unis. Cet homme si 
bien doué est mort à la fleur de l'âge, laissant un agréable souve- 
nir dans le cœur de tous ceux qui ont vécu dans son intimité, et 
qui ont pu tipprécier ses excellentes qualités du cœur et de l'esprit. 



(15) M. F. L. Desauliiiers est député au parlement fédéral, 
depuis 1887. De 1878 à 1886, il a représenté le comté de Saint- 
Maurice à Québec. Il étudia le droit, d'abord sous l'hon. M. E. 
Gérin, aux Trois-Eivièrcs, puis sous M. Guillaume Amyot, député 
de Bellechasse, et, enfin, sous M. Alexis L. Desaulnicrs, avocat de 
Louiseville, mais il n'a jamais sérieusement exercé la profession 
d'avocat. Ses goûts le portèrent à entrer dans l'ingrate carrière 
de la politique, où ses succès constants n'ont pas suffi à compenser 
les désagréments qu'éprouvent ceux qui commettent l'erreur de 
chercher à se créer un avenir dans cet état ! 



(16) M. Nérée L. Duplessis est encore un jeune homme. 
C'est le député actuel de Saint-Maurice, au parlement de Québec. 
Sans les exigences par fois si pénibles dos coteries politiques, il 
eût été appelé à faire partie du cabinet de lioucherville. Il eat 



180 HISTOIRE d'TAMACHICIIE 

indéniable que son éloquence, les services réels qu'il a renJus au 
parti conservateur, dans le district, lui avaient déjà mérité cet 
honneur. M. Duplessis appartient à lu plé^iade des jeunes hommes 
de talents, auxquels l'avenir léserve des triomphes, et, si la santé 
ne lui fait pas défaut, il fera sa marque à la législature provin- 
ciale. Son nom est déjà très populaire dans plusieurs comtés, où 
il compte grand nombre d'admirateurs. M. Duplessis n'a que tren- 
te-sept ans, étant né le 5 mars 1855. En 1886 il épousa Délie 
Bertha Genest, fille de M. le Cfreffier de la Paix L. TJ. A. Genest, 
des Trois-Rivières. 




■^/ y^ (/i>w,„, <-/ f O . '/r/i.n«j /-/ /: .^'' / y-,...'u/',/j, /- ui Ûfa,„ y J^/^/// 



CHAPITRE IV. 



Elèves d'Yamachiohe à Nicolet. 



Noms. 



Entrée. 

1810 



i* Jean Zéphirin Caron 

t Alexis Lamy, " 

t Thomas Caron, 1811 

t Calixte Bellemare, 1814 

t Louis Lamy, 1819 

t François L. Desaulniers, " 

f Petrus Hubert, 1821 

t Isaac L. Desaulniers, 1823 

t Augustin Milette, 1829 
t L. Evariste L. Desaulniers, " 

Joseph Bettez, " 

Théodore R. Dufresne, " 

t Jos. Bellemare, fils de Jean, 1831 

Jean Lord, " 

t Elie Héroux, " 

t Francis Caron, 1832 

t Augustin St-Louis, 1834 

L. Léon L. Desaulniers, " 

Félix Chaurette, " 

t Thomas J. J. Loranger, " 

t Antoine Gauthier " 

t Elie L. Desaulniers, " 

t Pierre Milot, " 

Elie Lacerte, " 
12 



Profession. 

Prêtre. 

Ecclésiastique. 

Prêtre. 

Ecclésiastique. 

Cultivateur, J. P. 

Sous-diacre, A. M. 

Notaire. 

Prêtre, V. G. 

Prêtre. 

Ecclésiastique. 

Médecin, à Somerset. 

Cultivateur. 

Cultivateur. 

Cultivateur. 

Avocat, Juge, à Windsor. 

Cultivateur. 

Médecin, M. P. 

aux Etats-Unis. 

Avocat, Juge. 

Cultivateur. 

Prêtre. 

Notaire. 

Médecin, M. P. 



182 



HISTOIRE D TAMACHICHE 



t Alexis Milette, 
y Paul Géliuns (titi), 
t Louis St-Louis, 
f Luc Trahan, 

Moïse Carbonneau, 

Charles G. Lajoie, 
f Antoine Gérin-Lajoie, 

Eaphaël Bellemave, 
f Abraham L. Desaulniers, 

Adolphe St-Louis, 

Antoine Xarcifse Bellemare, 
y Clément Loranger, 

Frédéric St-Louis, 
t Gilbert Arcand, 
j Raphaël Gélinas, 
f Honoié Milette, 

OHésime Bellemare, 
f Sévère L. Desaulniers, 

Sévère Bellemare, 

Charles E. Laflèche, 
f Isaac Guilleraette, 

Francis G. Lajoie, 

Charles Lamy, 
f Honoré Bellemare, 
j Pierre Lacerte, 

Isaac Gélinas, 

Onésime Gélinas, 
f Philippe Oct. Gélinas, 

Eaphaël Gélinas Ptre S. J., 

Hercule Eivard, 

Thomas Gélinas, 

Hyacinthe Trahan, 
f Sévère Rivard, 

Benjamin St-Louis, 

Pierre Bellemare, 

Jean-Bte Gérin-Lajoie, 

Joseph Blai'^, 
f Jean-Bte Milette, 

A, -Désiré Gélinas, 



1834 Médecin. 

1835 Instituteur. 

" S. -Maître de havre, Montréal 
" Prêtre. 
" Xotaire. 

1836 Négociant, M. P. 

1837 Avocat. 
" Avocat. 

1838 Avocat, M. P. P. 

1840 Prêtre. 
'' Prêtre. 

1841 Navigateur. 
" Arpenteur. 
" Nétrociant. 
" Etudiant. 

1842 Notaire. 

" Cultivateur. 

" Négociant, à Détroit. 

1843 Prêlre. 

" Cultivateur, au Dakota E. U. 
" Cultivateur. 

1845 Prêtre. 

'' Cultivateur. 

1846 Prêtre, V. G. 
" Mécanicien. 

" Prêtre. 

" aux Etats-Unis. 

u 

1847 Rentier. 
" Prêtre. 

1848 Avocat, M. C. L. 
" Cultivateur. 

1850 Prêtre. 
" Cultivateur. 

" Prêtre. 

" Organiste. 

" Prêtre. 



HISTOIRE D YAMACHICHE 



18â 



Antoine Lamy, 1851 

Denis Gérin-Lajoie, •* 
Evariste Gérin-Lajoie, 
Damase Milette, " 

f Honoré Bernier, 1852 
Alexis L. Desaulniers, " 

f Evariste Gélinas, " 

Jules Milot, " 

Edmond B. Laflèche, " 

Eémi Dussault, 1843 

Fra'-çois Lamy, " 
Louis Milot, " 

Narcisse Lacerte, 1854 

f Francis Lacerte, " 

Louis Dussault, " 

Paul Gélinas, " 
Majorique Lamy, " 

f Adolphe Gélinas, 1855 
Gaspard Gélinas, (Eaphaël) " 

t Elle Milette, " 

Albert Bellemare, 1856 

t Wilfred R. Dufresne, 

Dominique Fréchette, " 

f Elzéar Gérin (Lajoie) 1857 

Georges Vaillancourt, " 

Adolphe Eicard, " 

Maxime Bellemare, 1858 

Charles Gravel, " 

Alfred Bellemare, " 

Charles Bellemare, " 

Evariste L. Desaulniers, " 

Wilbrod Ferron, " 

Denis Gérin (Lajoie), " 

Hercule Milot, " 

Antoine Milot, '' 

Eugène Eivard, " 

L. Adolphe Lord, 1859 

Adolphe G. Lajoie, " 

Evariste Pelletier, " 



Cultivateur. 

Cultirateur. 

Cultivateur. 

Médecin. 

Frère des Ecoles Ch. 

Prêtre. 

Négociant. 

Notaire. 

Négociant. 

Conducteur de Malles. 

Négociant, au Dakota, E. U. 

Cultivateur, à Lowell, E. U. 

Médecin. 

Cultivateur. 

Cultivateur. 

Frère des Ecoles Ch. 

Cultivateur. 

mort élève. 

Architecte. 

aux E.-Unifc. 

Cultivateur. 

Cultivateur. 

Avocat, M. C. L. 

Prêtre. 

Kégociant. 

Médecin, au Dakota, E. U. 

Négociant. 

Cultivateur. 

Prêtre. 

Cultivateur, à Ontario. 

Médecin. 

Prêtre. 

Cultivateur. 

Cultivateur, aux E.-Unis. 

Cultivateur. 

Notaire. 

Cultivateur, aux E.-Unis. 

Prêtre. 



184 



HISTOIRE D TAMACHICHE 



f Maxime Bellemare, 

Jos. EIzéar Bcllemaie. 
t Uldéric Bellemare, 

Moïse Carbonnean, 

Arthur Lacerte, 
j Alexandre L. Desaulniers, 

C. Nérée Beauchemin, 

Elle Biais, 

Ferdinand Lamy, 

E?dras Lamy, 

Edouard Ferron, 
t Pierre Meunier, 

J, B. Hercule Bellemare, 

François S. L. Desaulniers, 

Moïse Biais, 

Eugène Ferron, 

Dionifi L. Desaulniers, 

Antoine A. Lamy, 
t Francis G. Lajoie, 

Cléophas Lamy, 

Napoléon Jfellerin, 

Ernest Lacerte, 

Joseph M ilôt, 
7 Hector Beauchemiu, 

Aram J. Pothier, 

Sévère L. Desaulniers, 

Xérée L. Duplessis, 

Elisée Bellemare, 

L. O. Maxime Bellemare 
Y Raphaël Meunier, 

Albert Bellemare, 

Victor Héroux, 

Albert Héroux, 

Eobert S t- Jacques, 

Hercule Dorion, 

Arthur Dorion, 

Aimé Dorion, 

P. A, Adélard Bellemare, 

Stcphens Proulx, 



1859 "mort élève. 

" Prêtre. 
1861 Avocat. 

" Eentier. 
1863 >''égociant. 

" Prêtre. 

" Médecin. 

" Prêtre. 

" Cultivateur, à Ontari©, 

" Cultivateur. 

" Médecin. 
18(M Médecin. 

•' Prêtre. 

" Avocat, M. P. 

" Prêtre, Oblat. 
186.5 Médecin. 

" Avocat. 

1867 Prêtre. 

" mort élève. 
" Prêtre, S. J. 
" Négociant. 
" Négociant. 
" Cultivateur. 

1868 mort élève. 

" Compt. M. P. P. à Woonsoket. 
" Cultivateur. 

1869 Avocat, M. P. P. 
" Médecin. 

" Médecin. 
1370 mort élève. 

" Prêtre, S. J. 

" Architecte. 

" Architecte, 

" Médecin, aux E.-Unis. 

" Avocat. 

" à Manitoba. 

" aux Etats-Unis. 
1871 Prêtre. 

" Cultivateur. 



i 



HISTOIRE D YAMACHiCHE 



185 



J. Denis Bellemare, 


1872 Prêtre. 


Agapit Bellemare, 


1873 Cultivateur. 


Gaspard Bellemare, 


" Négociant. 


Thomas Gélinas, fils de C. 


1874 Charpentier. 


Gustave Bellemare, 


1876 Prêtre, Dominicain 


Georges Proulx, 


1881 Cultivateui. 


f Léopold Proulx, 


'• mort élève. 


Pierre Bellemare, 


1882 Cultivateur. 


Chs; L. Desaulniers, f.d. S 


, 1883 aux Etats-Unis. 


Origène Bellemare, 


1887 Cultivateur. 


Avila Milot, 


1890 Ecclésiastique. 



ÉLÈVES d'yAMACHICHE AU SÉMINAIRE DES TROIS-RIVIÈRES, 



Hercule Milot, 


1860 


Cultivateur. 


L. Adolphe Lord, 


(( 


Notaire. 


Frédéric Daveluy. 


(I 


Yioloaistc, aux E, Unis. 


Narcisse Gélinas, 


a 


Notaire. 


Adélard Loranger, 


a 


Médecin, aux E.-Unis. 


-|- Georges Pager, 


1861 


Prêtre. 


Napoléon Milette, 


1862 


Architecte. 


Edmond ViUemure, 


(< 


Nésrociant. 


Napoléon H. Beaulieu, 


186-1 


Avocat. 


Charles Milot, 


(( 


Négociant. 


Augustus F. Dame, 


1865 


Mélecin, à Winnipog. 


Adrien Gélinas, 


(; 


Cultivateur, aux E. Unis, 


Thomas R. Dufresne, 


1866 


Négociant. 


Olivier Villemure, 


(( 


FrèreOblat, àHull. 


Thomas Boucher, 


1867 


Prêtre. 


Adrien Milot, 


a 


Négociant. 


Antoine A. Lamy, 


1868 


Prêtre. 


Amédée Boucher, 


li 


Prêtre. 


Didier Duchaine, 


(i 


Cultivateur, aux E.-Unis. 


Ernest Lacerte, 


1869 


Négociant. 


Joseph Lamy, 


Ci 


Cultivateur. 


Elie Pager, 


1870 Médecin. 


George (Caron) Delille, 


(( 


Négociant. 



186 



HISTOIRE D YAMACHICHE 



Victur Pager, 


1871 


Pharmacien. 


Aimé Trudel, 


(( 


Médecin, à Ottawa. 


Xérée L. Duplessis, 


1872 Avocat, M. P. P. 


Evariste Héroux, 


(( ' 


Avocat. 


Orner Héroux, 


(( 


Teneur de livres. 


Arthur Milette, 


(< 


Médecin. 


Pierre Héroux, 


1873 


Cultivateur. 


Adélard Alilot, 


(( 


Prêtre. 


Joseph Boucher (fils de Jos.) " 


Cultivateur. 


Ernest Lajoie, 


(( 


Cultivateur. 


Hercule Dorion, 


1875 


Avocat. 


Adolphe Boucher, 


a 


Etudiant. 


Sévère Gélinas, 


i( 


Traducteur, à Ottawa. 


J. Thomas R. Loranger, 


1876 


Avocat. 


Joseph Fcrron, 


i( 


Prêtre. 


Orner Ferron, 


(( 


Prêtre. 


Evariste Gélinas, 


« 


Cultivateur. 


Léopold Gélinas, 


1877 Architecte, aux E.-Ubîs 


Dionis Bellemare, 


« 


Cultivateur. 


Octave Boucher, fils de Frs 


,1878 




-Xarcisse Bellemare, 


1879 Etud. en Méd. 


Hector Meunier, 


1880 


Avocat. 


Alexis Bellemare, 


(( 


Médecin. 


Edmond Héroux, 


il 


Architecte. 


Henri Lacerte, 


u 


Etud. en Méd. 


Arthur Héroux, 


IC 


Eentier. 


Irénée Gélinas, 


Ci 


Etudiant. 


Luc Bellemare, 


1831 


Cultivateur. 


Sévère L. Desaulniers, 


(( 


Elève. 


Orner Milot, 


1882 Etudiant en Méd. 


Adélard Boisvert, fils de Fis, " 


Cultivateur. 


Odilon Bellemare, 


1883 


Etud. en not;iriat. 


Moïse Boucher, fils d'Ant., 


« 


Frère Viateur (Joliette) 


Joseph Héroux, 


u 


Etud. génie civil. 


Adélard Boucher, 


1884 Etud. en méd. 


t Ozanie Melançon, 


(( 


mort élève. 


t Arthur Héroux, fils de Jos. " 


mort élève. 


Avila Milot, 


(( 


Ecclésiastique. 


J. B. Trahan, fils de J. B. 


u 


Cultivateur. 



1 

i 



HISTOIRE d'YAMACHI€HE 187 

Cléophas Lamothe, 1886 Etud. en droit. 
Joseph Loranger, " Négociant. 

Ferdinand Milot,fils de Pros., " aux Etats-Unis. 
Origène Bellemare, " Gultirateur. 

Dionis Gélinas, 1886 Elève. 
Cléophas St-Jacques, " aux Etats-Unis. 

Sévère L. Desauhiiers, fils d'Elie Norbert 

Eugène Lesieur, 1887 Négociant. 

t Euclide Milette, 1889 Elève. 

Arthur Brisson, 1890 Elève. 

Côme Carbonneau, 1891 Elève. 
Eugène Meunier, " Elève. 

Johny Eicard, 1892 Elève. 
Arthur Boucher, " Elève. 

Pionis Lamy, " Elève, 

Alide Lamy, " Elève. 

Rodolphe Lesieur, " Elève. 

Arthur Vaillancourt, " Elève. 



ÉLÈVES D'YAMACHICHE, AUX URSTJLINES DES TROIS-RIVIÊRES. 

t Françoise Lesieur, fille de Charles 178.... 

t Marie Anne Lesieur, " " " " 

t M. Josephte Gélinas, " " Joseph. 

t Marie Grenier, " " Laurent, 1815. 

t M. Bareille dit Lajoie, " •' Georges, 1819. 

t Pélagie Desaulniers, " " Antoine, 1824, mère de l'abbé 

Ant. Lamy, curé de Spencer, E. U. 
t Lucie Lord, 1825. 

t Mathilde Beaubien, fille d'Alexis, 1826. 
t Marie Lamy. 

Sophie Dugal, fille de Louis, 1830, tante du juge L. 0. Loranger. 
t Marie-Frse Caron, fille de Charles, 1831, Sr St-Charles. 
t Mathilde Desaulniers, fille de Frs, " épouse de Théodore 

Rivard-Dufresne. 
t M. Angèle Caron, fille de Charles, 1832. 
t Olivine Carrier, fille de Joseph, 1834, Madame Jobert. 
t Agnès Beaubien, fille de François, " mère deMoise 3 ilb 
mare. 



188 



HISTOIRE D'TAMACHICHE 



t Dorothée Charest, fille de Joseph, 1835. 

f Emélie Desaulniers, fille de Louis, 1836, tante de L. A. Bari- 

beau. 
t Ursule Lajoie, fille d'André, " 

t Marie Dupont, fille de Charle«', " 

t Sophie Dupont, - " " " 1841. 

" Charles, 1844. 

" François, 



f Caroline l^esieur, " 

t Emélie Desaulniers, " 
lemare. 
Arline Eichei', '' 

t C. Dupont, 
Marguerite Trahan, " 
Olivine Bellemare, " 
Marie Laeerte, " 

Laeerte. 
Luce Desaulniers, " 
Rébecca Hart, " 

j Célina Desaulniers, " 
Desaulniers. 
M.-Louise Bellemare, ' 
Albina Lajoie, ' 

Léontine Bellemare 



épouse d'Odilon Bel- 



" Modeste, 1845, veuve A. S. Hart. 

" Charles, 1847. 

" Joseph, 1848, Sr Ste-Thérèse. 

" François, " Sr St-Grmain. 

" Pierre, '' sœur du Dr. E» 

" Antoine, 1850. 

" Abraham, 1865, veuve 0. Brunette. 

" Sévère, 1869, épouse d'Odilon 



' Honoré, 

" " Adolphe, 
" " Honoré, 



1882. 
1885. 



Si nous récapitulons les listes qui précèdent, et eu référant 
aux listes publiées par M. l'abbé Caron, de la page 145 à la page 
150, nous trouvons que la paroisse d'Yamachiche à fourni, à 
l'église et à l'état : 

Prêtres ou Ecclésiastiques : 

Religieux 

Religieuses 

Avocats 

Médecins 

Notaires 

Députés 

Juges 



45. (1) 
31. 
86. 
16. 
23. 
10. 
12. 
3. 



(1) Aux noms donnés par M. l'abbé Caron il faut ajouter Messieur» 
Joseph Ferron et Orner Ferron. prêtres, et M. Avil» Milot, étudiant en 
Théologie. Dans la même liste, au lieu d'Alex. Larue, il faut lire Alex. 
Lamy. 



HISTOIRE D'yAMACHICHE. 189 

Il est br n d'ajouter que les médecins James Bell-Johnson et 
Emmanuel Lord, l'avocat Robert Henry Edward Johnson, les no- 
taires Frédéric E. Milot et Léger N. Boucher, sont aussi nés à 
Yamachiche, 

Il n'y a ] as ui e seule paroisse, dans toute la province, qui 
soit en mesure de so crlorifici" d'un semblable résultat. 



CHAPITRE V. 



Famille Lesieur-Desaulniers. 



CHARLES LESIEUK. 

Né en France, notaire royal à Batiècan ; marié à Françoise de 
Lafond, nièce du gouverneur Pierre Boucher, 1672, 
Charles va. à Charlotte Rivard-Loranger, 1700. — Julien dit 
Duchaine m. à. Simonne Blanchet, 1715. — Jean-Bte dit Desaul- 
niers va. à Elizab. Riv.-Laglanderie, 1707. — Joseph dit Coulomb 
m. à. Cather. Ardouin, 1788. — Antoine dit Lapierre m à Angél. 
Itiv. Bellefeuille, 1695. — Françoise m, à Jos. Riv.-Bellefeuille, 
1695. 

Un des fils de Charles Lesieur. 



I.— JEAN-BAPTISTE DESAULNI ERS,— Elizab. Rivard- 
Laglanderie. fils de Charles Lesieur. 

II. Jean-Bte m. à Marguerite Lamy, 1737. — II. Augustin 
m. à Josephte Frigon, 1734. — II. Louis Frs va. à Lse Lemay 
1717, à Charlotte Frigon, 1738. — II. Joseph m. à Josephte Géli- 
nas dit Lacourse, 1743. — M. Françoise va. à Jean-Bte Bellemare, 
1746. — II. Charles va. à Josephte Lefebvre-Villemure, 1749. — 
M. Elizabeth m. à Etienne Lamy, 1742. — II. Pierre va. à M.- 
Anne Saucier, 1751. — M. Louise ni. à Antoine Gélinas, 1744. — 
M. Catherine m. à Alexis Gélinas, 1744, à Louis Milot, 1754. — 
Marie-Josephte va. à Robert Riv.-Bellefeuille, 1753. — II. Fran- 
■çois m. à Madeleine Toutant, 1758. 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 191 

II. JEAN-BAPTISTE,— Marguerite Lamy....Jean-Bapt. I. 

III. Charles m. à Marie Carfeonnean, 17t)4.— III. Antaine 
m. à Marguerite Landry, 1716.—Josephte m. à Jose]ih Gélinas, 
1765.— III. Jos.-Marie m. à Marg. Tessier, 1782.— III. Alexis 
m. à Madeleine Beilcmare, 1779. — Angélique m. à Jos. Foucher, 
1773. 



II. AUGUSTIN,— Josephte Frigon Jean-Baptiste I. 

Marie-Josephte m.k Louis Foucher, 1755. — Elizabethm.k 
François Gauthier, 1762 — Marie-Louise m. à Louis Berthiaume, 
1764. — Marie-Jeanne m. à Joseph Gignac, 1767. 



IL LOUIS-FRANCOlS,— Louise Lemat,-Charlotte Frigon, 
Eliz. R. Laglanderie Jean-Baptiste I. 

Louise m. à Anl. Lesieur-Lapierre, 1755. — IV. Louis-Marie 
m. à Josephte Toutant, 1780. — M. Amable m. à Jean-Bte Berge- 
ron, 1779. — Antoine-Marie m. à Josephte Rivard, 1777. — Gene- 
viève m. à François Dupaul, 1767. 



IL JOSEPH, — Josephte Gelinas Jean-Baptiste I. 

MarieJosephte m. à Jean-Bte Gélinas,- 1762.-^V. Joseph m. 
à Amable Paillé, 1773. — V. Jean-Bte m. à Angélique Foucher, 
1777. — Y. Eustache m. à Madeleine Bergeron, 1775. — Jean 
François va, à Marie-Rose Turcotte, 1789. 



IL CHARLES, — Josephte Lefb.-Villejiure Jean- 
Baptiste I. 

Louise m. à Joseph Gélinas. — Antoine m. à M. Anne 
Riv.-Loranger, 1778. — Madeleine m. à Pierre Boisvert, 1770. 



IL PIERRE,— M Anne Saucier Jean-Baptiste I. 

Marie- Anne ra. à Hippolyte Paillé, 1771. — VI. Joseph m. à 
Françoise Ricard, 1779. 



192 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

II. FRANÇOIS, — Madeleine TouTANT Jean-Baptiste I. 

Madeleine m, à Frs. Massé, 1806. — M. Amable m. à Pierre 
Langlois, 1808. — Louise M.-Anne m. à François Thifault, 1805. 
— Finnin (1) m. à Joséphine Guay, 1794. — Marie-Ausite m. à 
Etienne Doucet, 1809. 



III. CHAELES, — Marie Carbonneau Jean-Baptiste IL 

VII. Charles m. à Catherine Lacerte, 1789. — 31. Eliza m. à 
Pierr« Bergeron, 1805. — Madeleine (2i m. à Chs Lebrun, 1801. 
— VII. Antoine m. à Pélagie Descoteaux, 1803. — VII. Louis m. 
à Amable Bellemare, 1800.— Vil. Alexis m. à Julie Bélair, 1820. 
— M. Louise m. à Paul Lacerte, 1798.— VII. François m. à 
Charlotte Riv.-Dufresne, 1805. 



III. ANTOINE, — Marguerite Landry.... Jean-Baptiste IL 

M. Judith m. à Ant. Bellemare, 1803. — M. Louise m. à Jos. 
Marcotte, à Jos. Lesage. — Félicité m. à Jos. Legris, 1808. — VIII. 
Laurent m. à Louise Héroux, 1813. — VIII. François- Begi s ra. à 
Suzanne Gervais, 1811. 



IIL JOSEPH-MARIE'.— Marguerite Tessier Jean-Bap- 
tiste IL 

IX. Paul m. à Brigitte Lemaître, 1812. — Marie-Louise m. 
à Pierre Gélinas, 1818. — IX. Toussaint m. à Léocadie Pensant, 
1827. 



IV. LOUIS-MAHIE, — Josephte Toutant. ..Louis François 

IL 

X. Louis m. à Josephte Lemay, 1782. — X. Joseph m. à Marg. 
Pélagie Lemay, 1806. 



V. JOSEPH,— Amable Paillé Joseph II. 

X*. Joseph m. à Josephte Lamothe, 1799, à M. Anne Géli- 
nas, 1843. — Marie-Josephte m. à Charles Lesieur, 1796. 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 193 

V. JEAN-BAPTISTE,— Angélique Foucher Joseph IL 

XI. Jean-Baptiste m. à Frse Boisvert, 1806. — M.-Thêotiste 
m. à Michel Houle, 1802. -M.-Josephte m. à Prisque Pitard, 
1811. — XI. Joseph m. à Josephte Giasson. — XI. François 
m. à Josepte Héroux, 1830. — Madeleine (3) m. à Pierre Bouras- 
sa, 1819. — XL Antoine m. à Louise H. Giasson, 1818. 



V. EUSTACHE, — Madeleine Bergeeon Joseph IL 

M.-Josejjhte m. à Jos. Lessard, 1796. — XII. Joseplim. à Fé- 
licité Caron, 1801, à Pélagie Paillé, \^m.—Thcotiste m. à Jos. 
Legris,. — Marguerite n-i, à Frs Chevalier, 1809, à Michel Power, 
1835. — XII. Isaac (4) m. à Josephte Héroux, 1830, à M. Anne 
Langlois.— Jw/ie m. à Jos. Chevalier, 1C09. 



VI. JOSEPH,— Françoise Eicard Pierre I[. 

Joseph m. à Marie-Reine Lemay, 1807. — (Issue de ce ma- 
riage : Marie- Françoise (5) m. à Rémi Dussault 1822). 



VIL CHARLES,— Catherine Lacertb Charles IEI. 

Catherine m. à Gervais Lambert, 1806. — XIII. Charles m. 
à Rosalie Caron, 1814.— XIII. Paul m. à Marg. Gravel,. — 
XIII. Alexis m. à Lucie Lupien, à Sophie Ayotte à Mathilde St- 
Pierre,. — XIII. Joachim m. à Madeleine Bellemare, 1822. — 
XIII. Joseph-Emmanuel (6) m. à Angèle Martineau-St-Onge, 
1826. 



VIL ANTOINE,— Pélagie Descoteaux Charles III. 

XIV. Antoine m. à Lucie Carbonneau, 1822. — XIV. François 
m. à Marg. Pothier, 1827. — Josephte m. à Pierre Milot, 1826. — 
XIV. Olivier m. à Emélie Lambert, 1832. — Pélagie (7) m. à 
Luc Lamy, 1828.— Félicité m. à Benj. Tessier, 1831.— XIV. 
JSForbert m. à OdiUe Valière, 1839.— ^^je (8) prêtre, b. 1826, 
prêtre, 1845 ; missionnaire au Nouveau-Brunswick, s. 1891. 



194 HISTOIRE d'YAMACHICHE 

VII. ALEXIS,— Julie Bélair Charles III. 

XY. Antûine m. à Hélène Tellicr, 1854.— XY. Joseph m. à 
Luce Jacques. 1851. — XY. Thomas (9) m. à Mathildc Lessard, 
1859, à veuve Paradis.— JwZ/e m. à Alexis Milette, 1851.— XY. 
Alexis m. à Oliva Pichette, 18C2. 



YII. LOUIS, — Amable Bellemare Charles III. 

XYI. Antoine (10) m. à Domitilde Béland, \^2^.—Amahle 
(11) m. à Louis Baribcau, 1831. — Félicité m. à Toussaint Caron, 
IS'dO.-Emélie (12) m. à Joseph Bourret 1826,à Paul Gélinas 1844. 



VIL FEANÇOIS, — Charlotte Eiv. Dupresne Charles 

III. 

François (13i eous-diacre b. 1807, s. 1865. — Marie va. à David 
Larivière, 1827. — XVII. Antoine m. à Adèle Beaubien, 1832. — 
Isaac (14") prêtre V. G", b. 1811, s. l^m.—Evariste, Eccl. b. 
1815, s. 1837.— iJ/af/u'We m. àThéod. R. Dufresne, 1839.— iouis 
Léon (15i m. à Flora Merrill, 1850. — Emclie m. à Odilon Bel- 
lemare 1849. — Sévère m. à Adéline Pothier, 1853. 



X. LOUIS,— Josephte Lemay Louis-Mariê IV. 

Josephte m. à Ls. Martin, 1828. — Adèlaide (16) m. à J. Ant. 
Comcau, 1826.— XYIH. Joachim m. à Esther Grenier, 1833.— 
XVIII. Louis m. à Catherine Garceau, . — Yictoire m. à 

Pierre Grenier, 1833. — XVIII. Antoine m, à Hermine Martel, 
1839.— XVIII. Toussaint (17) m. à Sophie Méthot, 1842.— 
Apolline (18) m. à Eémi Lord, 1842. — Angèle (19) m. à Georges 
Bourassa, 1841. — Marguerite Sarah m. à Jos. Beaulac. 



X. JOSEPH,— Marg. Pélagie Lemay Louis-Marie IY. 

XIX. Joseph m. à Apolline Langlois, 1839. — XIX. Louis 
Bi. à Marie Lamothe, 1840.— IIX. Antoine (20) m. à Louise R. 
Loranger, 1848. 



Histoire d'tamachiche 195 

X*. JOSEPH, — JosEPHTE Lamothe, — M.-Anne Gélinas. 

Joseph V. 

M. Josephte (21) m, à Augustin St-Louis, 1819. — Louise 
Adélaïde m. à Daniel Bettez, 1821. — Marie-Louise m. à Gonza- 

gue Bellemare, 1843. — Amable dit Bi&son m. Angèle Bellemare^ 
1825. — Julie m. à Jos. Jean Lord. — Antoine m. à Manon Noël, 

1832. — Edouard m. à Tarsile Bellemare, 1835. — Joseph m. à, 

Emélie Turcotte, 1842.— Jtf. Caroline- Mathilde, b. 1821.— Jfarî'e, 

b. 1823. 



XI. JEAN-BAPTISTE,— Françoise Boisvert Jean- 
Baptiste V. 

Antoine m. à Scholastique Lacerte, 1837. — Augustin m. à 
Lucie Alaire, 1860. — Joseph m. à Lucie Massicotte, 1843,- -Emé- 
lie m. à J,-B. Houle, 1845. — André m. à Adèle Bourasfa, 1854. 



XI. JOSEPH,— Josephte Giasson Jean-Baptiste V. 

Emérencienne va. à Charles Lesieur-Frény, 1843. — Joseph 
aux Etats-Unis. — Edouard va. à Archange Laconibe, 1852. — 
Moïse m. à Elise Carrière. — Frajiroise m. à Frédéric Bourassa. — 
Eléonore. b.... 



XI. FRANÇOIS, — Josephte Héroux Jean-Baptiste Y. 

Josephte m. à Joh. Oct. Caron, 1862. — Zoé h..., François m. à 
Zélia Desaulniers, 18Q6.—Tharsils h. 1836, s. 1863.—Fhilomène- 
Hermine m. à Elie Boisvert, 1871. — Ludger m. à Olivine Héroux. 
—Marie-Adé b. 18^1.— Marie- Adèle b. 1843. 



XI. ANTOIXE,— Louise Eit.-Giasson Jean-Baptiste V 

M. Mathllde va. à Jos. Euchariste Garceau, 1843. — Margue- 
rite va. à Jos. Moïse De^cotea^x, 1846. — Antoine va. à Desanges 
Morel, 1862.— Léocadie m. à Augustin Gautkier 1851. — Fran- 
çois BQ. à Philemène Lacroix, 1854 



196 HISTOIRE D'TAMACHICHE 

XII. JOSEPH,— FÉLiciTÉ Gabon,— Pélagie Paillé Etjs- 

TACHE V. 

Lucie m. à Simon Savoie, 1823, à Chs. Martin 1838. — Sophie 
(22) m. à Max. Picotte, 1826. — M. Stéphanie m. à Léandre Mot- 
tard dit Lamothe, 1833. 



XII. ISAAC,— JosEPHTE Héroux,— M. Anne Langlois. 
Joséphine m. à Félix Kicher Laflèche, 1853. 



XIII. CHAULES,- Rosalie Oaron Charles VII. 

C.-Léonard m. à Pélagie L. Villemure, 1849. — Henriette m. 
à Pierre Bergeron, 1864. — Abraham m. à Marguerite Dupuid, 
1S52. —Angèle-Caroline m. à Trefflé Aut. Bergeron, 1849. — Léo- 
cadie m, à Paul Lacerte, 1859. — Emilie (23^) m. à Toussaint Ca- 
ron, 1849. — François m. à Luce Lemay, 1857. — Calixte m. à 
Marie Hamel, 1859. — Isaac m. à Josephte Lamothe, 1862, 



i 



XIII. PAUJj, — Marguerite Gravel Charles VII. 

Marguerite m. à Elie Gerbeau, 1838. — Thomas m. (à St- 
Maurice.) — Toussaint m. à Félicité Lupien, lS60.—M.-Eléonore, 
b. 1829. — Antoine m. à Caroline Saucier, 1859, à Claire Leblanc 
1863, à... RyalQ.— Rose m. à J. B. St-Pierro, 1856. 



XIII. ALEXIS,— Sophie Ayotte, — Lucie— Lupien, Ma- 
thilde St-Pierre Charles VII. 

Alexis m. à Constance La my, 1843. — Paul m. à Scholastique 
Vincent, 1844. — Lucie m. à Michel Desrosiers, 1841. — Thomas 
m. à Claire Gerbeau, 1853. — Sophie m. à Pierre Gaucher, 1848. 
Félicité m. à Ant. Carie, 1857.— .V. Aurise m. à F. X. St-Pierre, 
1846, àGodefroi Lamirande, ISSO.—Mathilde m. à Ant. Marcotte 
1853, à Olivier Bellemare, 1867. — Léocadie m. à Edouard Fleury. 
M. Philomène m. à Emile Gaucher (à Maskinongé.) 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 19t 

XIII. JOACHIM, — Madeleine Bellemare.... Charles. VU. 

Etienne-Fcrêol m. à Marg. Dubé, à Philomèue Eivard, 18Î2. 
— Ant.-Ludger (23*) m. à Aurélie Giguèro, 1857. — M.-Caroline m. à 
Pierre Thérien, 185ô.^Marie£Jmélic m. à Dosithé Grenier, 1863.. 
— M.-Louise h. 183^. — Théodore b.lS28. 



XIII. JOS. EMMANUEL —Angêlb Martineau dit St- 
Onge , Charles VII. 

Jos.' Emmanuel m. à Elizub. Theasdale, 1854. — Alexis m. à 
Hélène- Kosalie Brousseau, 1854:.— Clarice b. 1832. — -Eléonore m. 
à Xavier Comeau, 1881.— François b. 1836, s. 1838.— Marie m. à' 
Exilia Pratte. — Jos.- François (24) b. 1838, prêtre 1863, curé de^ 
la Pointe-du-Lac. — Antoine m. à Pétronille Bourque. 



XIV.. ANTOI NE, —Lucie Carbonnèau Antoine VII. 

iyMce b. 1823. — vln^ome m. à Marie S t- Jean, 18^^.— Adèle (25) 
m. à Adolphe Lamy,1851. — Domitille m. à Eapliaël Lamy, 1854. 
— Benjamin m. à Olivinc Bellemare, 1860. — Emélie m. à Joseph 
Julette dit Laverdure, 1875. v^ • : 



XIV. FRANÇOIS,— Marguerite Pothier...... Antoine VII. , 

Marguerite (25*) m. à Ant. Bellemare, \84Q.— Emélie m. à 
Jo8. Bellemare, 1853. — M.-Elzire m. à Jos. Gélinas, 1855, s, 1874'. 
— Antoine-Jules m. à Flora Desaulniers, 1871, à Joséphine Lacer- 
te, 188Q.— Alexis (26) b. 1836, prêtre 1862, curé de Stamfoid. - 
Evariste m. à Oliva Biais, 1860. — Séraphine m. à Louis A. Bari- 
beau, 1878.— Mi^ab. 1842, s. 1881, Sœur Grise, à Montréal.^ 
Marie-Adèle m. à Léon Desaulniers, 1870. — François-Sévère hé 
19 sept. 1850, (27) m.' à Aglaé Maher, 24 juillet 1877. ' " 



XtV. OLIVIER,— Emélie LAMBERT Antoine VII, 

Olivier m. à Elzire Belle mare, 1865. — Sophie m. à Ant. II. . 
Beaulieu, 1868. — Isaac m. à Caroline H. Beaulieu, 1876. — Sévère, 
m. à Célina Lavergne, 1871. — Benjamin m. à Elénore Lemay, 
1868.— J.iejcjs m. à Delphine Bellemare, 1884. 



198 HISTOIRE D'TAMACHICHE 

XIV. NORBERT —Odile Valière Antoine VU. 

Norbert-Elie m. à Adèle Boisvert, 1864.— Louis (27*) m. à 
Eloïse Pothier, \9>&l.—Zélia m. à Frs. Desaulniers, 1866.— 5t'yè- 
re m. à Delphine Lesieur (s. 1892), 1865. — Pierre m. à Virginie 
Houle, 1880. — Caroline m. à Max. Ricard, \^1\.— Joséphine m. à 
Narcisse Lamy, 1872. — Alexis m. à Délia Houle, 1879, à Mary 
Minville, 1888. — Rebecca m. à Désiré Déchaîne, \9>1^.— Adrien 
m. 4 Clar» Bourassa, 1884. 



XV. ANTOINE,— Hélène Tellier Alexis VIL 

Euclide m. à.. .Garant, a...M.-Diane m. à André de Quinemont, 
188T.— ma h. 1858, s. 1875— j&Vnes^ m. à M. Elodie Lalonde, 
1886.— (î<?n2a/yeX28) m.àEliee Martin, 1887.—C/(n;îS b. 1866. 



XV. JOSEPH,— LucE Jacques Alexis VII. 

Odélie b. 1853. — Julie b. 1855. — Lucie b. 1857. — Jos.-Isràèl 
b. 1860, Prêtre.— Jbs.-Jcréwue b. 1861.- Jos.- Napoléon b. 1866, 
R^dpnjptorist*. — Blanche- Saralk b. 1869. 



XV. THOMAS, — Mathilde Lessard Alexis VIL 

Eugénie b. 1859. — Thos.-Alexandre b. 1861. — Frs.-Guillau- 
me b. 1863. — Jos.-Oscar b. ISQi.— Pierre-Alexis-Adolphe b. 1868. 



XV. ALEXK, — Cliva PicHETTE Alexis VII. 

Oraziella b. 1863, s. 1891, religieuse de la congrégation N. 
D., à Montréal.— i-YoreWa (29) m. à Hector Caron, 1884.— Jïïna 
b. 18^8— Arthur-Alexis-Jean b. 1870, s. 1870.— J/.-J>ma b. 1866, 
religieuse de la congrégation N. D., à Montréal. — Alexiiui b. 
I811.'-Alexis-Arth,ur b. 1873. 



XVL ANTOINE,— DoMiTiLLE Béland ....Louis VU. 

Caroline m. à D. Maigret, 1859. — Ant.-Alfred m. à CaroliDe 
Edwidge Parent, 1865. — Rose de Lima b. 1853. — Jos.-Dêsirc m. 
à Adèle Lafrenière, 1864. — Philippe m. à Elvina Béland, 1865. 
— Denis-Benj.-Guil. m. à Rose Proulx 186!^, à M. Gagnon, — J/.- 
Martine m. à Oscar Rousseau. — M. Elvin » m. à D. Maigret, 1871^ 



HISTOIRE d'yAMACHICHB. 199 

— Alphonse b. 1845. — Aurélie-Emclie m. à Frédéric Pelletier, 
1871.— i/.-Irêne m. à F. X. St-Pierre, 1872. 



XVII. ANTOINE,— Adèle Beaubien François VU. 

Hermine m. à Jules Carbonneau, 1865. — M.-ElizA m. à Ho- 
race Proulx, 185*^. — Elzire h. 1841, s. 1884 — Léon m. à Marie Des- 
aulniers, 1870. — M.-Flora m. à Ant.Desaulniers, 1871. — Ant.- 
Odilon m. à Elzire Bellemare, 1870, à Célina Desaulaiers, 1874, à 
Ludgérine Thibodeau, l'è^'i.— Adèle- Séverine b. 1853,^. 1869. 



XVn. LOUIS LEON,— Flora Merrilt François^ VII. 

Alexandre {2>Q) h. l'èâl, prêtre, 1875, .s. 1891.— Djom's (31) 
m. à Mathilde Bellemare, 1 877. — Maria m. à Geo. Daveluy, 1877. 
Albina (32) b. 1858, sœur 1876, s. 1880.— C/ara b. 1860, s. 1872. 
Alexina m. à Gustave Eaymond, 1885. — Avila m. à Lumioil 
AUard, 1889.— i'w^èwe b. 1^9..— Edmond b. 1873. 



XVII. SEVERE,— Adeline Pothier ..François VIL 

Sévère (33) m. à Adeline Lacerte, 1876. — Adeline-Célina m. 
à ÔdiloQ Desaulniers, 1874, s. 1878. 



XVIIL JOACHIM,— EsTHER Grenier Louis X. 

Justine m. à Epbrera Garceau, 1855. — Eliza m. à Théod. 
Houde-Gervaia, 1860. — Séraphine m. à Louis Milot, 1863. — 
.V. Alidor b. 1846. -Philippe m. à Oliva Hubert, IS69. ^Delphine 
m. à Prosper Milot, 1870. — Adèle m. à Prosper Bellemare. — if.- 
AnneElvina m. à Dionis Bellemare. 



XVIIL LOUIS,— Catherine Garceau Louis X. 

Catherine.— Louis h. 1850, prêtre 1876, s. lS9Ù.~Charles 
m. à — Honoré m. à - Edmond. — Joseph. 



XVIIL ANTOINE,— Hermine Martel Louis X. 

M.-Adèle m. à Sévère Durocher, 1862, ^....—Delphine m. à 
Alexandre Denis. — WUbrod m. à Délia Dupont.— iW.-^ermm^ b. 



200 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

IS^6.~M.-Ellzabethh. lS47.—Elolse b. 1S49.— Louise h. 1855. 

— Thomas, b. 1856.— Ant. -Napoléon b. 18-49, m. à Gélinas.— 

André-Eugène m. à Mary Larivière. — Thomas m. à Smith, 

1888. 

XVIII. TOUSSAINT, -Sophie Méthot Louis X. 

U.-Anne-Euthy. b. 1846, p. 1847.— i^V-s-J/.-TAomas m. à Elise 
mm\\\2.rà,\9,lQ.-M.-Delphineh. 1851. -Frs.-Hector b. 1858, s. 
1861. 



XIX. JOSEPH, — Appoline Langlois. Joseph X. 

Jos.-Hereule b. 1839. — Ls.-Onfsime b. 1840, m. à Emélie 
Géïinâs.—M.-Hennine b. 1842.— Emêlie' m. à Euchariste Ville- 

rpuro, 18*12,.— EUzabeth b. 1844, m. à Vigcr. — Alexandre b. 

1^46.— rAomasb. 1850.— G'eor^/es b. 1851. — Prosper- Urbain b. 
185'i.—JQS.-Nap. b. 1855 .—Antoine b. 1856, s. 1858. 



XIX. LOUIS,— Marie Lamothe Joseph X. 

Olivine b. 1841, m. à Augustin Gignac. — Ls.-Adolphe in. à 
Célina Lafontaino, 1871.— Elzire-Euthy. m. à Jos. Grenier, 1865, 
— Philomène b. 18-^1.— M. Delphine m. à Frs. Plante, 1869. — 
Sévère h. 1851, s. 1853. 



XIX. ANTOINE, — Louise R. Loranger ....Joseph X. 

NapoUon-Ant. m. à Emélie Desrosiers Dargis, 1881. — Ernest- 
Hermès m. à Eose de Lima Gélinas, 1876.— Louise- Virginie m. à 
Eaphaël Leuiay, 1882. 



nSTOTES. 



Cl) Oncle de Mgr Thomas Cooke. Sou épouse, Joséphine Guay, 
prit soin des plus jeune-i frères et sœurs de l'évêque. 

(2) Grand-mère de l'abbé Alfred Lebrun, curé de Sioux-City, et 

ancien professeur au séminaire des Trois-Rivières. 

(3) Mère de MM. Pierre et Thomas Bourassa, cultivateurs res- 

pectables d'Yamachicbe. 



HISTOIRE d'TAMACHICHE 201 

C4) Oncle, par alliance, des abbt^s Joseph Biais, curé de St-Guil- 
launie, Elle Biais, ex-curé do St-Eugène et Moïse Biais, mis- 
sionnaire oblat, à Prince-Albert, Territoires du Nord-Ouest 
canadien. 

(5) Mère de la sœur Candide, supérieure du couvent de la Gong. 
N.-D., do Sainte-Eusta-^he, de M. Eémi Dussault, etc. 

(6) Père de l'abbé Jos. Frs. L, Desaulniers, curé de la Pointe- 
du-Lac, et de M. Joseph Desaulniers, de Shawenegan. 

(7) Mère de l'abbé Antoine A. Lamy, curé de Spencer, B.-lJ. et 
tante de l'abbé Alexis L. Desaulniers, curé de Stanfold. 

(8) Vieux missionnaire du Nouveàu-Brunswick, qui a laissé, à 
Yamachiche, l'exemple des plus grandes vertus. 

(9) Oncle de l'abbé F. X. Lessard, curé de Saint- Wenceslas. 

(10) Père de M. Denis B. G. L. Desaulniers, médecin du sémi- 
naire de Nicolet. 

(11) Mère de M. Louis A. Baribeau, de Louiseville, beau-frère de 
M. le curé de Stanfold. 

(12) Grrand-mère du docteur Gustave Bourret, ex-zouave et an- 
cien maire" de Saint-François du Lac. 

(13) C'est le célèbre professeur de physique, à Nicolet, pendant 
trente-huit ans. 

(14) L'un des plus grands bienfaiteurs du collège de Saint Hya- 
cinthe. Il a refusé d'être évêque, aux Etats-Unis. 

(15) C'est le Dr L. L. L. Desaulniers, si longtemps député de 
Saint-Maurice, en parlement. 

(16) Mère de l'abbé J. B. Comeau, chanoine et curé actuel d'Ya- 
machiche. 

(17) Père de M. Thomas L. Desaulniers, secrétaire-trésorier du 
conseil de la cité des Trois-Eivières. 

(18) Mère de plusieurs sœurs distinguées de la congrégation N.- 
D., de Montréal. 

(19) Mère de l'abbé Philippe Bjui-as^a, curé de Saint-Elphège, 
diocèse de Nicolet. 

(20) Père do M. Napoléon L. Desaulniers, employé de la maison 
Lajoie et frère, des Trois- Rivières. 

(21) Mère do feu fjouis St- Louis, sous-maître du havre, à Mont- 
réal, de M. Benjamin St-Louis, etc. 

(22) Belle-mère de M. Alfred Carbonneau, cuUivateiir d'Yama- 
chiche. 



202 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 



(23) Mère du Rév. Père Charles Caron, jésuite, de plusieurs 
autres prêtres et de plusieurs religieuses. Il y a erreur dans 
le Dom de son époux. Ce n'est pas Toussaint mais Thoinas, 
qu'il faut lire. 

(23=^) Père de M. A. Alfred L. Desaulniers, pendant plusieurs 
années, chef de la maison Leblanc et Desaulniers, de Mont- 
réal. 

(24) Curé de la Pointe du-Lac, ancien curé de Kingsey. 

(25) Mère de l'abbé Urbain Lamy, curé de Manchester, E.-U. 
(25*) Mère de l'abbé Denis Bellemare, curé de Notre-Danoe des 

Bois, et du Docteur A. N. Bellemare, de Yamachicbe. 

(26) Curé actuel de Stanfold, après avoir été pendant vingtet- 
un ans, curé do Saint-Bonaventure d'Upton. 

(27) Député actuel de Saint-Maurice, à Ottawa. Ses enfante 
sont : Antoinette, né 23 juin 1879, Chai-lcs, né 8 mars 1881, 
Eoméo, né 18 juillet 1882, Marie-Blanche, né 24 novembre 
1884, Henri-Gustave, né 24 novembre 188G.- 

(27^^) Oncle de l'hon. Aram J. Pothier, deux fois élu député de 
la ville de Woonsokett, état du Rhode T., E.-U. 

(28) C'est le rédacteur du National, do Montréal. 

(29) Epouse de M. Hector Caron, député actuel de Maskinongé, 
au parlement de Québec. 

(30) Décédé l'an dernier, curé de West-Gardner, E.-U. 

(31) Traducteur français de la chambre des Communes, à Ottawa. 

(32) Décédée religieuse des sœurs de la Providence. 

(33) Ancien maire d'Yamachiche et neveu du grand-vicaire 
Isaac L. Desaulniers, de Saint-Hyacinthe. 



La famille Lesieur Desaulniers est si nombreuse qu'il a falla 
une clé spéciale pour éviter des confusions dans la généalogie. 
Un trop grand nombre de persimnes portent les mêmes noms 
pour permettre d'observer l'ordre ordinaire des générations. Le 
premier Lesieur, qui a pris le surnom do Desaulniers, se nommait 
Jean-Baptiste, et, il a eu de sa femme, Elizabeth Rivard Laglan- 
derie, sept garçons, qui sont devenus les principales souches de 
cette famille. Ces sept garçons sont désignés avec les chiffres 
romains II, qui suivent leur nom. Les fils de Jean-Baptiste II 
sont marqués du chiffre III, comme on peut le constater, en réfé- 
rant à Charles III, fils de Jean-Baptiste II, à la page 191. Dans 



HISTOIRE D YAMACHICHB 2€3 

la même page, les fils de Joseph II, frère de Jean-Baptiste II, 
sont désignés par le chiffre V, bien qu'ils soient de la même 
génération que leurs cousins germains, les enfants de Jean- 
Baptiste II. Ainsi des autres. Ceci fera comprendre pourquoi 
l'on voit le chiffre XIX accolé à certains noms, quand la famille 
Lesieur Desaulniers ne compte que dix générations depuis Charles 
Lesieur, marié à Françoise de Lafond, en 1672, jusqu'à nos jours. 

Dans les familles Gélinas et Bellemaro, l'ordre des généra- 
tions a été rigoureusement observé. 

L'année 1856 a été une année malheureuse pour la famille 
Gélinas, comme on peut le voir dans les'îiotes qui sont à la fin de 
la généalogie de cette famille. L'année 1756, un siècle avant, 
n'a pas moins été funeste à la famille Desaulniers. A ce sujet, on 
lit les lignes suivantes dans une brochure publiée par feu l'avo- 
Abrahara L. Desaulniers, en 1867 : 

*' L'année 1756 est une époque tristement mémorable pour 
" la famille Desaulniers, On y remarque que sept dos enfants de 
" Jean-Baptiste Lesieur Desaulniers et d'Elizabeth Rivard-La- 
" glanderie^ six frères et une sœur, tous, moins un, chefe dé fa- 
" mille, sont morts dans le court espace de deux mois, sans comp- 
" ter encore quelques autres personnes d'une parenté un peu plus 
" éloignée. Il y a là de quoi surprendre ceux qui n'auraient pas 
** entendu parler do la grande picotte. La famille Desaulniers fut 
" alors victime des terribles ravages exercés par cette maladie, 
" dans un temps où l'on ne connaissait pas encore l'art de Vinocu- 
" lation. Il n'y eut qu'un frère et deux sœurs : François, marié 
" à Madeleine Toutant ; Marie Louise, mariée à Antoine Gélinas, 
" et Marie-Françoise, mariée à Jean-Baptiste Bellomare, qui, ain- 
" si que leurs enfants, échappèrent au fléau. " 

N. B. — A la page 194, on lit que Louis X s'est marié à Jo- 
sephte Lemay. Il est à piopos d'ajouter qu'il s'est marié, une 
deuxième fois, à Joseph te Le merise, veuve de Joseph Lord et, 
sœur de mère, de J. Antoine Comeau, père de M. le curé J. B. 
Comeau. Ce Louis X (Desaulniers) s'est remarié presqu'en 
même temps que son gendre, J. Ant. Comeau, qui est ainsi 
deveim son beau-frère. 



204 HISTOIRE d'yamachiche 

FAMILLE GELINAS. 

I— ETIENNE GELYNEAU ou GELINAS (1). 

Venu de France, vers 16G0; veuf de Huguette Kobert; marié, 
en 2Qdo.s uoces, à Québec, à Marie Beauregard, 1G82. 



1687 ou 1688. 

IL— JEAN GELINAS, — Françoise de Charménil.... 

fils de Etienne I. 

Etienne (a conservé le nom do Gélinas) m. à Marguerite 
Benoit, 1701. — Jean-Baptiste dit Bellemarc m. à Marie Jeanne 
I^oissonneau dit St-Ongo, 1702. — Marie-Anne m. à Pierre Roche- 
leau, 1702. — Benjamin. —Pierre dit Lacourse m. à Madeleine 
Bourbeau. — Françoise. — Aimé. 



1701. 

ni.— ETIENNE GELINAS,— Marguerite Benoit...J£an II. 

Jean-Baptiste. — Etienne m, à Josephie Crevier dit Belle- 
rive, 1737. — Pierre m. à Greneviève Carbonneau, 1731. — Marie- 
Françoise m. à Alexis Carbonneau, 1731. — Antoiîie m. à Marie 
Louise Lcsieur Desaulniors, 17-4'4. — Altxis ni. à Catherine Le- 
sieur Dcsaulniers, 1744. 



1737. 



IV.— ETIENNE GELINAS,— JosEPHTE Crevier dit Belle- 
rive Etienne III. 

Marguerite b. 1739. — -Alexis m. à Françoise Lacert«, 1776. 
— i^^îenne m. à Thérèse Minot, 1765. — Pierre m. à. Marguerite 
Harael, 1767. — Jean-Baptiste h. VI 4:4:. -^Joseph m, à Joseph te 
Lesieur Desaulnicrs, 1765. — Geneviève h. 1753. 



.-.'u n3i. 

IV.— PIERRE GELINAS,— Marie Geneviève Carbonneau 
dit Provençal Etienne 111. 

Marie-Geneviève b. 1734. — Joseph m. à Marie Madeleine 
Héroux, 1762. — Pierre m. à Josephte Rivard Laglanderie, 1757. 



HISTOIRE d'yAMACSICHE 205 

— Jean-Baptiste m. à Josephte Lesieur Desauluieis, 1762. — Ma- 
rie-Louise b. 1741. — Alexis m. à Marie Landry, 1765. — Marie- 
Anne b. 1747. — Louis b. Vlb2.— Antoinette m. à Alexis Lamy. 



1776. 

V.— ALEXIS GELINAS,— Françoise Lacerte. Etienne IV. 

Louis m. à Marguerite Thi vierge, 1804. — Alexis m. lo à 
Charlotte Lemay ; 2o à Brigitte Lapolice. — Elizabeth m. à 
Charles Biais. — Catherine m. à Antoine Dubé. — Josephte m. à 
Alexis Grenier. — Pélagie b Marie-Louise b. 1783. 



1804. 



VI.— LOUIS GELINAS,— Marguerite Thivierqe 

Alexis V. 

Louis va. lo à Bellemare ; 2o à Judith Boucher. — 

Thomas m. à Julie Poudrier. — Adolphe- Alexandre m. à divine 
Lapierre. — Marie m. à Firmin Pelletier. — Geneviève m. àLéan- 
dre Melançon, 1830. — Marguerite b. 1805. 



VI.— ALEXIS GELINAS, — lères noces à Charlotte Lemay 
2de8 noces â Brigitte Lapolice Alexis V. 

Charles m. à Luce Eivard Loranger, (père de M. Cyprien 
Gélinas, de Montréal). — Alexis m. à Marie Madeleine Gignac, 
1829, (père de l'abbé A. Désiré Gélinas). — Joseph m. à Marcel- 
line Lapointe. — Julie m. à Isaac Bellemare. 



V.— PIERRE GELINAS,— Marguerite Hamel. 

Etienne IV. 

Pierre' m. à Josephte Lacerte, 1794. — M.-Mar guérit i m. à 
Pierre Bellemare. — Euphrosine va. à Pierre Lamy. — Joseph m. 
lo à Marguerite Blaie, 2o à Louise Lacerte. 



14 



206 HISTOIRE d'tamachiche 

VI.— PIERRE GELINAS,— JosEPHTE _Lacerte 

Pierre V. 

Paul m. à Sophie Guillcmotte, 1826. — Anjèle m. à Frs. 
Lampron. — Euphrosine m. à Alexis Caron 1826. — Josephte m. à 
Paul Bélair. — Martine. 



VU— PAUL GELINAS,— Sophie Guillemette 

Pierre VL 

Moïse m. à Appoline Bournival, 1853. — Thomas m. à Adé- 
laï le Lacerte, 1857. — Marie m. à Calixte Miiettc, 1855. — Joseph 
(religieux). — Paul m. à Année Laniy, 1885. — JVarcisse m. à Douii- 
tille Miron, 188'J.— -^O'i m. à Narciï^.sc Guillcmelte, 1885.— Pterre 
m. à Joséj)liitio Fréchctte, 18D0. — Sophie m. à Carolus Lamy, 
18S6. — Isaac m. à Mary Bergin, 188G. — jVajwlron ui. à Marie 
Filtoau, 1886, — Philomène (^i^œur Eudoxie, du Bo-i Pasteur, à 
Montréal). 



VL— JOSEPH GELINAS,— 1ères nocos à IIaruuerite Blais. 
Pierre V. 

Léger m. le à Ursule Lajoie, 2u à Agathe Laplante. — 
Calixte m. à Ferron. — Angèle m, à Joseph Maheu ; 

2dcs noces à Louise Lacerte. 

Jérôme m. à Cécile Guillemette. —J/o/u'^/ue (10), m. à Olivier 
Hamel. — Archange m. à Jean-Bte Lebrun. — Marie b. 1821. — 
Antoine m. à Marguerite Lacerte. — Adesse m. à Israël Samson. — 
Denise m. à Fabien St-Louis. 



VII. — Jérôme Gélinas, — Cécile Guillemette... Joseph VI. 

Trejffié m. à Euthychiaime Lacerte. — Joseph, m. à Thirza 
Lavergne. — Alfred m. û, Adèlo Milot. — O/t'ya m. à Valère Milot. 
— Jérôme b. 1853. 



1765 
V.— JOSRPil GELINAS,— Icros noces à Josephte Lesieur- 
Desaulniers (3) Etienne IV. 

Charles m. à Pélagie BoUemare, 1794— Louis ui. à Théo- 
tiste Gélinas, \1^1.— Alexis m. à Geneviève Lefebvre Boulanger, 



HISTOIRE d'YAMACHîCHE 20*7 

1802. —Josephte m. à Joseiih BeWemsire.— Jean-Baptiste m. lo à 
Marguerite DiissauU, 2o à Idasse. — Joseph m. à Julie Fran- 
çoise Lapointc. — Michel m. lo à Marie Biais, 2o à Mario Mar- 
guerite Déziel Labrèchc, — Pierre m. à Marie Lefebvro Boulanger. 
—Antoine m. à (à la Eivière du Loup.) 

2des noces à...... 

Augustin m. à Marie Pelletier. 



1794 



VI.— CHAELES GELINAS,— Pélagie Bellemare 

Joseph V. 

Charles, m. à Marie Carbonneau, \8\Q. — Pélagie m. à Isaac 
Gélinas. — Elizaheth m. à Moïse Caron. 



1762 

V*.— JOSEPH GKLIN AS,— Marie Madeleine Héroux 

Pierre IV. 

Joseph b. 1763,9. 1763.— Louis b. 1774, m. à Madeleine Le- 

sieur, 1802. — Pierre h.-~ Jean-Baptiste h.— Joseph m. à 

Griault. 



1802 

VI*.— LOUIS,— Madeleine Lesieur JosaPH V* 

Emilie m. lo à Jos. Rivarl Bellefeaille, 2o à Luc Lamy. 
— Sophie m. à Raphaël Gélinas. — Casimir m. à Emilie E. 
Bellefouille. — Zêphire va. à Antoine (tit() Gélinas. — Louis m. 
à Monique Gignac, 1834. — Elmire m. à Pierre Bellemare. — 
Madore m. à Virorinie Lesieur. 



VI*. -JOSEPH GELINAS,— Griault Joseph V* 

Adée m. lo à Jean-Baptiste Milette ; 2o à FrdJeric Bernier. 
— Elise m. à Joseph Milette (frère d'Alexis Milette, beau-pèro 
de Gearge F. Héroux.) 



208 HISTOIRE d'tamachiche 

VII*.— CASIMIR GELIXAS,— Emilie Eiv. Bellefeuille. 
Louis Yl*. 

Henri va. à Olivine Tliibodeau. — Edmond m. à Mathilde 
TrQvahX&y.— Georges m. à Flore HéxxtinXt.— Charles m. lo à Clo- 
rinthe Dupont, 1872 ; 2o à Année lianglois, l'è'è'à.—Adélard m, 
à Virginie R. Bellefeuille.— ^mma b. \^bQ.— Casimir b. 1854. 



VII*.— LOUIS GELIXAS,— Monique CriGNAc... Louis VI* 

Louis-E cariste m. à Joséphine Dupont, 1858. — Rapha'tl m. 
à Eléonore Carbonneau, 1861. — Emmanuel m. à Elizabeth Lamy, 
1868. —Zi'phirin Madore m. à Luco Biais, 1864. — A.-Elie va.^ 
Evelina Bellemare, 1811.— Année va. à Napoléon Milette, 1873. 
— Hermine m. à Edmond Lambert, 1876. — Emile m. à Joséphi- 
ne G. Lajoie, 1874.— i^/ora m. à Maxime Lacerta, 1878. 



VII*.— MADORE GELIXAS,— Virginie Lesieur 

Louis VI.* 

Année m. à Antoine Milot. — Arthur m. à Evelina Ville- 
mure. — Adrien b. 1851. — Sarah m. à Adolphe Daveluy. 



1757. 



V. — PIEREE GELINAS, — Josephte Rivard Laglanderie... 

Pierre IV. 

Pierre m. lo à Marie-Louise Nolin, 1784 ; 2o à Jean-Btc Casau 
bon. — i^m/ifOi.s m. à Pélagie Milette. — Alexis b. 1778. — Antoine 

m. à Lapointe ("pas d'enfants). — Etienne m. à Antoinette 

Bellemare, 1801.— Pélagie h. 1784. 



1784. 



VI.— PIERRK GELIXAS, -1ères nocjs à Marie-Louise 
Nolin Pierre V. 

Marie-Louise m. à Jean-Baptiste Casaubon, 30 mai 1808 ; 

2des noces à Cécile Math eau. 
Jean h...— Jourdain b... — Pierre m. à Marie Frenette 1816* 



HISTOIRE d'yamachiche. 209 

— Joseph m. à Julie Côté. — Augustin h...— LCandre b... — Cécile 
no. à François Robidus. — Geneviève m. à Alexis Boudroault. — 
AppoVuie m. à Jacques Bltii:^. — Emilie m. à Charles Bettez. — 
Josephte m. à Jean Laplante. 



VI.— FRANÇOIS GÉLINAS,— Pélagie Milette. Pierre V 

François m. à Mary Chantai Hamel 1836. — Louis b... — 
Pélagie m. à Louis Pelletier. — Marguerite m. à Noël Jolin. — 
Geneviève m. à Jean Collard. 



1807. 



VI.— ETIENNE GELIN AS,— Antoinette Bellemare... 

Pierre V. 

Alexis m. à Esther Loranger. — Etienne b. 1807, m. à Emilie 
L. Villeraure, 1836.— Jean m. à Luce Milette. — Marie-Josephte 
m. à Edouard Milot. — Marie m. à Isaac LorJ. 



1836. 



VIL— FRANÇOIS GELINAS,— Mary Chantal Hamel 

François VI. 

Philomène m. à Urbain Levasseur, 1872. — Luce m. à Onésirae 
Milette, 1S66.— Adolphe b. 1840 (s. 1857, élève de Nicolet).— 
Ma?'ie m. à John Grondin, 1860, — François b. 1844. — Joseph 
m. à Adèle Lacombe, 1872. — Agnès b. 1857 (sœur de l'Assomp- 
tion, à Nicolet). — Georgianna b. 1858 (sœur de l'Assomption, à 
Nicolet). 



VIL— JOSEPH GELINAS,— Julie Coté Pierre VI. 

Onésime m. à Sophie Duguay. — Caroline m. à Luc Pellerin, 
1851. — Rose b. 1838, (sœur Madeleine, delà Providence, à Mont- 
réal). — Narcisse m. à Elizabeth Grenier, 1862. — Philomène b. 
1842 (sœur Grise, à Ottawa), s. 1873. 



210 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

1836. 

VIL— ETIENNE GELTNAS,— Emilie Lefebvre Ville- 
MURE Etienne VI. 

Théodore m. à Firiuine Biais. — Désiré m. à (aux Etats- 

UdIs). — Luce m. à Piei-i'o Ringuette. — Louise b... — Caroline m. 
à François Milot, 1874. — Joseph m. lo à Adèle Bournival ; 2o à 
Marie Eliza Carbouneau. 1880. — Arline h... — François m. à Flora 
R, Loranger, 1872. — Marie m. à Frédéric Melançon. — Narcisse m. 
à Clara Bondy, 1875. — Cclina m. à, Pierre Paquet. —Lmi m. à 
Délia Boucher. — Adrien m. à Année Lamy. — IJcjer h 



1762 



V.— JEAN-BAPTISTE GELINAS,— Josephte Lesieur Des- 
AULNiERS (2) Pierre IV. 

Joseph m. à Françoise Lacerte, 1786. — Théotiste m. à Louis 
Gélinas, 1797. — Piare m. à Marguerite Milot, 1810.— François 
m. à Pélagie Lapointe. — Eégis m. à Marie-Anne Héroux. — Jean- 
Baptiste m. à lo Rosalie Hardy, 2o à Josephte Gauthier, 1803. — 
Antoine m. à Geneviève Leblanc. — Charles. — Louis m. à Elizabeth 
Loranger. 



1786 



VI.— JOSEPH GELINAS,— Françoise Lacerte 

Jean-Baptiste V. 

Marie-Josephte, m. lo à Joseph Provenchcr, 2o à Jo.seph 
Beaubieu, 3oà André Gérin-ljîijoie. — Joseph m. lo à Marie Belle 
mare, 2o à, Théotiste Beaulieu. — Marguerite m. à Paul Bellemare, 
1813. — Luc (5) m. à Marie-Anne Gendron. — Antoine m. à Jo- 
sephte Lamy. — Isaac m. lo à Pélagie Gélinas, 2oai Marguerite 
Lavergne. — Raphaël m. lo à Adèle Dufresne, 2o à Sophie Géli- 
na3, — Esther va. à Jean Bellemare. — Amahle m. à Antoine 
G-érin-Lajoie, 1822. (6) 



HISTOIRE D'TAMACHICHE 211 



VI.— PIEERE GELINAS,— Marguerite Milot 

Jean-Bapt:3te V. 

Pierre m. à Euphrosioe Lefebvre Villeuiurc. — Paul m. à 
Adeline Bellcmare. 



VI.— FRANÇOIS GELINAS,— Pélagie Lapointe 

Jean -Baptiste V. 

Pélagie m. à Antoine Eicard. — JosejMe m. à Jean-Baptisto 
Lacerte. — François m. lo à Emilie Lavergue ; 2o à Marg lerite 
Dubé. ^lilarguerite m. lo à Ambroise Lavergne ; 2o à Alexis 
Lamy.- Louis m. à Emilie Melançon. — Elinire m. à Ambroise 
Grenier, 1850. — Charles m. à Lucie Melançon. — Alexis m. à Ma. 
rie Josephte Lacerte. — Marie m. à Antoine Lavergne. 



VI.— LOUIS GELINAS,— Elizabeth E. Loranger 

Jean-Baptiste V. 

Louis m. lo à Théotiste Desaulniors; 2o à Sophie Benoît. — 
Maxime m. à Julie Brousseau. — Joseph m. lo à Delphine Beau- 
lieu ; 2o à — Luc. — Hilaire va. à Einguette. — 

Emérence m. à Garceau. — Louise m, à... 



1816 



VIL— CHAELES GELINAS— Marie Carbonneau 

Charles VI. 

Carolus m. à Euphrosine Bellemare. — Emilie, m. à Elie 
Héroux. — Hermine m. à Jo-^eph Bellemare, 1843. — Thècle m. 
lo à Paul Bellemare, 1842, 2o àLouisGélinas, 1857. — Damasem. 
à Rosaire Bellemare, 1848. — Honoré m. lo à Hermine Bellemare, 
1849, 2o à Marie Milot. — M<irie m. à Frédéric Bellemare, 1850. 
Joseph m. à Eizire Lesieur Desaulniers, 1855 (7). — Claire m. à 
Alexis Lamy, 1857. 



VIL— JOSEPH GELINAS,— lères noces à Marie Anne Bel- 
lemare - Joseph VI. 

Joseph m. lo à Isabelle, 2o à Zoé Bourassa. -Pierre (8) 



212 HISTOIRE D'rAMACflICHE 

m. à Adéline Desilets. — Edouard ra. à Louise Deailets. — Jean 
— Thomas. — Carolus, m. à Oliva Lamy ; 

2ndes noces, à Theotiste Hudon dit Beaulieu. 

Antoine va. à Odile Descoteaux, 1855 — Sévère m. à 

Dupuis, — Isaac b. 1828, (Mgr Isaac Gélinas, Prélat Eomain, 
vicaire général du diocèse de Nicolet, ancien supérieur du sémi- 
naire de Nicolet). — Philippe, b. 1832, (prêtre, professeur de 
philosophie au séminaire de Nicolet, mort en 1860). — Raphaël 
(prêtre de la Compagnie do Jésus, demeure à New-York). — OU- 
vine, m. à Onésime Boumival. — Evariste m. à Mathilde Parent, 
(ancien rédacteur de la Minerve, bien connu dans les lettres sous 
le pseudonyme do Carie To7n, mort en 1873.) 



VII.— LUC GELIN AS,— Marie-Anne Gendron... Joseph VI. 

Luc m. à Caroline Eicard. — Charles m. lo à Adélaïde Ber- 
thiaume, 1843, 2o à Angèle Trudel, 1869, 3o à Mathilde Fréchette, 
1883. — Thaddée m. à Emilie Girard, 1850. — Marie-Anne, m. à 
Jean-Baptiste Dufresne. — Emilie m. à John Pelletier. — Margue- 
rite m. à Edouard Bellemare. — Joseph m. à Adtîline Bellemare. — 
Raphaël m. à Kose de Lima Pelletier. — Sévère m. à Luce Belle- 
marc. — Onésime m. à Mary Coraeau. — Pierre m. à Eulodie Dra- 
peau, IS'ïi),— Hyacinthe. Fière do la Doctrine Chrétienne. — 
^/rtise m. à Aglaë Caron. — Adeline m. à Isaac Héroux, 1856. — 
Eucharistc m. lo à Emilie Mclançon, 2o à Odile Caron. — 
Edouard m, à Carmel Godin. 



VIL— ANTOINE GELTNAS,— Josephte Lamy...Joseph VI. 

Josephte m. à Antoine Marcouiller 1860.— Adèle m. à Ra- 
phaël Lacerte, 1852. — Antoine m. à Elzire Gélinas. — Alexis m. 
lo à Marie Melançon, 2o à Mathilde Boucher. — Caroline m. à 
Onésime BcUcmarc. — François m. à Stéphanie Mathcau, 1863. 
Marie m. à Antoine Desaulniers. — Rose de Lima m. à Hermès- 
Ernest Desaulniers. 



VIII.— RAPHAËL GELINAS,— Sophie Gelinas 

Joseph VI. 

Baphaél (9) m. à Caroline Jjorajiger.— Edouard m. à Odile 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 213 

Lamy, — Emilie m. à Charles Lamy. — François m. à Louise 
Ménard, — Adèle m. à Nérée Sylvestre. — Gaspard. — Félix m. ù.... 
Leriche, — Richard. 



1849 



VIII— HONORE GELINAS,— 1ères noces à Hermine Belle- 
mare Charles VII. 

Charles m. à Emma Gérin-Lajoie, 1871 ; 
2des noces à Marie Milot, 
Arthur m. à Elzire Boucher, 1876. 



1765. 

V.— ALEXIS GELINAS— Marie Landry Pierre IV 

Alexis m. 10 février 1804, à Marguerite Carboiineau. — 
Pierre h. 



1804. 



VI.— ALEXIS GELINAS,— Marguerite Carbonn^au 

Alexis V. 

Alexis b. 31 août 1805, m. à Suzanne Lesieur, 1827. — Clé- 
ment m. à Emilie Cressé. — 3Iarie b. 1809, m. à Michel Trahan. — 
JjUC b. 1810, m. à Emilie Héroux, (_remariée à Jules Lemire). — 
Paul h. 1812, m. à Anastasie Lesieur. 



1797. 
VI.— LOUIS GELINAS,— Théotiste Gelinas Joseph V. 

Antoine m. le à Zéphire Gélinas, 2o à Marguerite Bellemare, 
1841. — Louis m. à Pélagie Brouillet. — Paul m. lo à Emilie L. 
Desaulniers, (veuve Joseph Bourret), 1844 ; 2o à Euphrosine Eri- 
gon. — Josephte m. à Jean-Baptiste Trahan. — Victoire m. à 
Joseph Biais, (père du Révd Jos. Biais, curé de Saint-Guillau- 
me). — Marguerite m. à Isaac Héroux. 



15 



214 HISTOIRE D'yAMACHICHE 

VII.— ANTOINE GELINAS,— 1ères noces à Zephire Gelinas, 

Louis VI. 

Antoine b. (frère des Ecoles Chrétiennes). — Narcisse m. à 
Julie Gendron, 1860. — Onésime m. à Elise Lampron 1863. — 
Emilie m. à Théophile Lamy, 1861 ; 

2des noces à Marguerite Bellemare. 
Paul h. 1841, (frère des Ecoles Chrétiennes).— Pierre b. 1843^ 
(frère des Ecoles Chrétiennes). — Hermine b. — Elzire b... 



VII.— LOUIS GELINAS,— Pélagie Brouillet.... Locis VL 

Marie m. à Adolphe liacerte. — Antoine m. (aux Etats-Unis), 
— Joseph b. — Louis m. à Thècle Gélinas, 1857. — Paul m. à Oliva 
Milot. — Maxime m. à Année Gagnon. — G^as/^ar^Z m. à Elzire 
Guillemette. — Elzire m. lo à Samuel Laray; 2o à Louis Tranan. 
— Uldéric m. à Hermine Héroux. — Narcisse m. à Oliva Lamy. 
Pélagie m. à Télesphore Milot. 



VIL-PAUL GELINAS.— 1ères noces à Emilie L. Desaul- 
MERS, (veuve Joseph Bourret) Louis VI» 

Emma m. à Fauteux ; 

2dcs noces à Euphrosine Frigon. 

Edouard m. à .... Isabel. — M. m. à Déchaîne (de 

Saint-Léon). 



VI.— ALEXIS GELINAS, — Geneviève Lefebvre Boulan- 
ger Joseph V. 

Luc m. à Lambert. — Calixte m. à Arvisais. — 

Esther m. à Joseph Lemay. 



VIL— LUC GELINAS,— Lambert Alexis VL 

Constance m. à Adolphe Gélinas. — Barthélemi m. à Oliva 
Lamy. — Léger m. lo à Appolioe Pelletier; 2o à Mathilde Gen- 
dron. — Evariste va. à divine Pelletier. — Eose de Lima m. à Paul 
Pelletier. — Archange m. à Narcisse Dupont. — Anna m. à Joseph 
Arvisais. — Fahiana m. à Denis Lacerte. 



HISTOIRE d'tAMACHICHB. 215 

VÎ.-JEAN-BAPTISTE GELINAS— 1ères noces à Margue- 
rite DussAULT Joseph V. 

Justin m. à Adélaïle Bellemare, — Léon va. à Marie Hébert. 
— Jeayi. — Alexis m. à Emilie Lamy. — Angèle m. à Gabriel Lefeb- 
vre Boulangoi'.- Audite m. à Abraham Boisvert, — Julienne m. à 
Louis Charles (Menin) Lamy ; 

2des noces à Idasse, , 

Paul m. lo à Hermine Martin ; 2o à Marguerite Leblanc. — 
Luce b. — Thècle m. à Zéphyrin L. Boulanger. 



VI.— JOSEPH GELINAS,— Julie Françoise Lapointe 

J0SE1>H V. 

Joseph m. à Marguerite Lavergne (2de épouse de Isaac 
Gélinas). — Calixte m. à Marie-Louise Lavergne. — Abraham m. 
lo à Luce Lapointe ; 2o à Adélaïde Descoteaux. — Edouard m. à 
Antoinette Lapointe. — Antoive m. à Cécile Guillemette (mariée 
2des noces à Jérôme Gélinas.) —Emilie m. à Chrysologue Dugal. 
— Angèle. — Françoise m. à Jean (Blanc) Lamy. 



VIL— CALIXTE GELINAS —Marie Louise Lavergne 

Joseph VI. 

Honoré m. à Luce Déziel Labrèche. — Olivine m. à Israël 
Chaîné, 1857. — Adèle m. à Antoine Lafrenière. — Pétronille m. k 
Alexis i^isson) Desaulniers. — Appolinem.k Désiré Langlois, 1863. 

Emilie m. à Onésime [Laberge] Desaulniers. — Onésime m. à 

Hébert.— ^^«e m. à Marie Chaîné, 1869. 



VIL— ABRAHAM GELINAS,— 1ères noces à Luce Lapointe. 

Joseph VI. 

Antoine h — Félicité m. à James B.i\\.—Silaire m. à 

Adélaïde Milette. — Elzire h ; 

2des noces à Adélaïde Descoteaux. 
Eliza m. à Louis Langlois. 



216 HISTOIRE D'YA.MACUICHE 

VU. -EDOUARD G ELINAS,— Antoinette Lapointe 

Joseph VI. 

Isaac va. à Domitille Dupont, 1852. — Edouard m. à Marcel- 
line Bellemare. Adeline- Marceline m. à Edouard Boisvert. — 
David. — Luce.— Joseph m. à Sophie Lord. — Onisime m. à Olivine 
Leeieur. — Cclina m. à Narcisse Auger. — Eliza m. à Georges 
Gélinae. 



VIL— ANTOINE GE LIN AS, -Cécile Gdillemette 

Joseph VI. 

Antoine m. à Agnès H. Beaulieu, 1853. — Philomène m. à 
Thomas i.accrte, 1857. — Eiie m. à Emilie II. Beaulieu, 1S68. — 
Paul. m. à Aulida H. Beaulieu, 1883. 



VERS 1804. 

VI.— MICHEL GELINAS,— 1ères noces à Marie Blais 

Joseph V. 

Mathilde m. à Paul Bellemare, 1833. — Alexis m. à Souhmge 
'H.éhen.—Fc licite m. à J. B. Bellemare. — Pélagie m. à Hé- 
bert. — Thomas m. à Marie L. Boulanger ; 

2udes noces à M.-Marguerite Deziel Labreche. 

Marguerite. — Frédéric m. à Domitille Lavergne. — Joseph. 
— Henriette m. à David Bellemare. — Narcisse m. à Marie Belle- 
mare. — Isaac m. à Délia Lescâdre. — Emilie m. à Louis Descô- 
teaux. — Philomène m. à Elie Héioux. 



VI.— PIERRE,— Marie Lefebvre Boulanger.... Joseph V. 

Joseph m. à Lamy. — Pierre m. à Josephte Lapointe. — 

Alexis m. à Marguerite Lavergne. — Jean-JBapjtiste m. lo à Isa- 
belle Gendron ; 2o à Pélagie Chaîné.- T/iomas m. à Dufres- 

ne. — Josephte m. à Jean Pellerin. — Elisabeth m. à Léon Dussault. 



VIL— JEAX-BAPTISTE GELINAS,— lères noces à Isabelle 
Gendron ; 2ndes noces à Pélagie Chaîné... Pierre VI 

Jean-Baptiste m. à Adèle Caron, 1858.— Léon m. à Virginie 
€aron, 1866.— Pierre m. à Agnès C&von,— Emilie.— Philomène. 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 21T 

— Marie m. à Narcisse Lafrenlèi-e, 1892.— JôsepA m, lo à Elise 
Pelleriii, 1878; 2o à Marie Gélinas, X^S'l.— Louise.— Caroline m. 
à Pierre Eellemare. 1877. 



Vin. -JEAN-BAPTISTE GELINAS —Adèle Caron 

JeanBte VII. 

Celina m. à Pierre Rivard, 1881. — Léon — Harndisse. 
Emma m. à Joseph Descoteaux, 1888. — Oliva. — Hermelisse. 
Mose^ — Anna m. à Joseph Lafrenièrc, 1892. 



VIL— THOMAS GELINAS, — Dufresne Pierre VI^ 

(fils de Joseph V.) 

Philomène m. à Onésime Caron. 1858. — Thomaa. — Pierre 
m. à Herraelice Marlot. — Joseph m. lo à Emilie Boisvert, 1871 ; 
2o à Delphine Baril, 1873 ; 3o à Année Lamy, 1878. — Marie, m. 
à Thomas Paquin, 1882. — Onésime m. à Année Boisvert. — 
Edouard m. à Amaryllis Coirivcaii, 1873.— Cé/ma m. à Paul 
Fourni er. 



VI.— AUGUSTIN GELINAS,— Marie Pelletier 

Joseph V. 

Joseph b... Augustin m. à Sophie Djshtjyes St-Cyr. — Paut 
m. à — Olivier m. à... 



VIL— AUGUSTIN GELINAS,— Sophie D. St-Cyr 

Augustin VI. 

Mary m. à Joseph Bégin. — M.-Lumina m. lo à Robert Gra- 
ham ; 2o à Thomas Mercier. — Urbain m. à Adeline Melançon. — 
Alphonsine m. à Théophile Caron. — Eliza m. à Denis Landry. — 
François m. à Lumina Lebhinc. — Albert m. à Euthychiane 
Leraerise. — Cypjrien m. à Amanda Poirier. — Elzcar b. 1871. 



218 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

NOTES. 

(1) Originaire de la ville de Saintes, ou dos environs. 

(2) Fille de Joseph Lesieur Desanlniers. 

{3) Fille de Jean-Baptiste Lesieur-Desaulniers, 

(5) Père d'Evariste Géliuas et grand-père do l'abbé P. T. Gé- 
linas, curé de St- Joseph de Ham-Sud. 

{6^) Charles Gélinas, pes quatre g irçons Carolas, Damase, Hono- 
ré, Joseph, et son gendre Paul Bellemarc. sont morts dans 
l'espace de trois mois, dans une épidémie de fièvres typhoï- 
des, à Yamachiche, du 2G nov. 1855 au 15 fév. 1856. (Voir 
page 211, Le chiffre (i^ a été omis à la suite du nom de 
Charles Gélinas marié à Marie Carbonneau. 

{6) Antoine Géiin-Lajoie et Aiuable Gélinas sont le père et la 
mère d'Antoine Gérin-Lajoie, (marié à Joséphine Parent, 
fille du célèbre écrivain), bibliothécaire au Pa lement d'Ot- 
tawa, auteur de h fameuse chanson : Un canadien errant, de 
Jean Rivard et de Dix ans au Canada, de l'hon. Elzéar Gé- 
rin, Conseiller Législatif à Québec, et de M. l'abbé Denis 
Gérin, ancien zouave pontifical, curé de Saint-Justin. 

(7) Sœur de F. L. Desaulniers, membre du Parlement Fédé- 
ral, pour le comté de Saint-Maurice. 

{8} Notaire, ancien député au Parlement de Québec, et frère de 
Mgr Gélinas V.-G., à Nicol. t. 

(9) Raphaël Gélinas est le père de Aimé Gélinas, ancien 
rédacteur de la Minerve, mort il y a quelques années, et qui 
avait fait l'arbre généalogique de la famille Loranger. Ce 
travail est malheureusement perdu, aujourd'hui. 

{10) Mère de l'abbé Is. Hamel. curé de Saint-Rémi de Tingwick. 



HISTOIRE d'tAMACHICHE 219 

FAMILLE BELLEMARE. 

La famille Bellemare a la même origine que la famille Gélinas. 
I.— ETIENNE GELYNEAU ou GELINAS. 

Venu de France, vers 1660, veuf de Huguette Eobert ; marié 
■en 2ndeB noces, à Québec, à Marie Beauregard, 1682. 



168t ou 1688. 

II. — JEAN GELINAS, — Françoise de Charmenil 

fils de Etienne I. 

Etienne (1) m. à Marguerite Benoit, 1701. — Jean-BajHiste 
(2) m. à Marie Jeanne Boissonneau dit St-Onge, 1702. — Marie- 
Anne m. à Pierre Rocbeleau, 1702. — Benjamin. — Pierre (3) m. 
À Madeleine Bourbeau. — Françoise. — Aiiné. 



1700. 



IIL— JEAN-BAPTISTE GELINAS dit BELLEMAKB,— 
Marie Jeanne Boissonneau dit St Onge Jean IL 

Maurice m. à Charlotte Bergeron, 1723. — Pierre m. à An- 
gélique le Vacher Lacerte, 1734. — Charles m. à Marie- Anne 
Blaye, 1740. — Jean-Baptiste m. à M.-Franç>ise Dasaulniers, 
1746. — Joseph. — Marie-Madeleine. — Etienne m. à Françoise de 
Sévigny, lISb.—Marie-Ch irlotte. 



1723 



IV.— MAUEICE BELLEMARE,— Charlotte Bergeron 

Jean-Baptiste III. 

Marie- Anne. — Marie-Claire m. à Pierre Martin, 1755. — Fran- 
■çoise m. à Etienne Martin, 1754. — Jacques m. à Louise Gélinas, 
1759. 



1734 

IV.— P1ERR3 BELLEMARE,— Angélique LeVacher dit 
Lacerte Jean-Baptiste III. 

Joseph m. à Agathe Blaye, 1765. — Charles b. 1749. — 



220 HISTOIRE d'yamachiche 

Etienne m. à Ursule Bourassa, 1783. — MarieJosephte m. k 
Jean-Baptiste Lamy, 176U. 



1735 

IV.— ETIENNE BELLEMARE— Françoise de Séviqnt 

Jean-Baptiste III. 

Agathe m. à Joseph Hardy, 1759. — Etienne m. à Marie- 
Anne Gélinas, 1766.— Jacques b. 1740. — Marie-Louise b. 1742. — 
Jean m. à Angélique Lambert, 1770. 



174(J 

IV.— CHARLES BELLEM ARE,— Marie-Anne Blaye 

Jean-Baptiste III. 

Marie-Anne, b. 1741. -Etienne m. à Madeleine Lefebrre, 
1765. — Jacques b 1750. — Madeleine m. à Alexis Desaulniers, 
1773. 



1746 

IV.— JEAN-BAPTISTE BELLEMARE,— Fran-joise Lesieur 
Desaulmers (4) Jean-Baptiste lil. 

Jean-Baptiste h. 1747, s. 1770. — Joseph m. à Marie Leblanc, 
1772. — Etienne m. à Térùse Bélund, 1777. — François b. 1755. 
— Marie-Josephte b. 1758, m. à J.-B. Lapolice. — Louis b. 1764. 



1759. 



V. JACQUES BELLEMARE.— Louise Gélinas 

Maurice IV. 

Marie-Louise (5) m. à Jean-B:iptiste Trahas. — Marie-Claire 
b. 1765. — Jacques m. à Joseplite Hèroux. — Joseph m. à. Josephte 
Q^linas. — Pierre m. lo à M. Marguerite Gélinas, 1796; 2o à 
Pélagie Carbon neau, 1798. — Amable m. à Louis Lesieur Desaul- 
niers, 18^t. — Pélagie m. à Charles Gélinas:, 1704. — Antoine m. 
à Judith Desaulniers, 1803. 



HISTOIRE D'YAMACHICHE 22 1 

1772. 

V.— JOSEPPI BELL EMAEE— Marie Leblanc 

Jean Baptiste IV. 

Joseph b. 1778. — Pierre m. à Antoinette Girardin. — Jean 
m. lo à Antoinette Adam, 1809 ; 2o à Esther Grélinas. — Charles 
b. 1783.— Pau^ m. à Marguerite Géiinas, \^V^. — François m. à 
Marguerite Lacerte. — Josephtc m. à Alexis Lam^'. — Marie- Anne 
m. à Joseph Géiinas. 



VI.— PIEliRE BELLEM ARE,— 1ères noces à Marguerite. 
Gélinas Jacques V.. 

Pierre b. 18 août 1797 ; 

2des noces à Pélagie Carbonneau, 

Thomas m. à Emilie Buibson. — Calixte b. 1801, s. 1824, 
ecclésiastique du séminaire de Québec. — Justin m. à Madeleine 
Beaubien. — Paul m à Marguerite Gélinas. — Luc ni. à Emilie 
Lamy. 



1803. 



VI.— ANTOINE BELLEMARE,— Judith Desaulniers 

Jacques V. 

Tharsile m. à Edouard Desaulniers, 1835. — Judith m. à 
François Lavergne. — Appolline m. à Joseph Guillemette. — 
Mathilde m. à Thomas Beaulieu. — Antoine m. à Rose Descô- 
te»ax. — 3Iary m. à Narcisse Pratte. 



1809. 



VI. — JEAN BELLEMARE, — 1ères noces à Antoinette Adam ^ 

Joseph V. 

Marie m. à Olivier Fréchette. — Josephte m. lo à Isaac 
Dufresne, 1832 ; 2o à Hyppolite Marcotte. — Jean m. lo à Jus- 
tine DufVesne ; 2o à App*]ine Lamy. — Joseph m. lo à Esther 
Dufresne ; 2o à Elizabeth Doscôteaux ; 

2ndes noces à Esther Gélinas, 

Onésime (6) m. à Zélia Rivard-Laglanderie. — Zéphirin m. à- 



222 HISTOIRE d'yamachichk 

Arline Bellemaie, 1855. — Charles m, lo à Philomène Labran- 
■che; 2o à Mary Gélinas. — Rose de Lima. — Joséphine. — Albert 
(aux Etats-Unis). — Maxime (7) m. à Albertine Gérin-Lajoie, 
1876. 



1813 



TL— PAUL BELLEMARE,— Marguerite Gélinas 

Joseph V. 

Marguerite m. lo à Antoine Gélinas, 1841; 2o à Louis 
Lamy, 184^.— Monique m. à Joseph Trahan, 1844. — Faul m. à 
Thècle Gélinas, 1842. — Joseph m. à Hermine Gélina.s, 1843. — 
Baphaèl (8) m. lo à Anastasie Geoffrion dit StJean, 1849 ; 2o à 
Léonine Euchariste Normandin, 1885. — Léonard m. à Hélène 
Descôteaux, 1853. — Frédéric m. à Marie Gélinas, 1850. — Rosaire 
m. lo à Danifise Gélinas, 1848 ; 2o à François Bellemare, 1857. 
— Hermine m. à Honoré Gélinas, 1849. — Honoré b. 1830, prêtre 
1857, 8. 1878, curé de Saint-Justin. — Adèle m. à Barthélemi 
Caron, 1854.— J/izriC-^nne m. à Pierre Morin, 18G1. — Pierreh. 
1836, prêtie 1860, curé de Sainte-Monique, diocèse de Nicolet. — 
Edouard b. 1836, s. 1838. 



VI.— FRANÇOIS BELLEMARE,— Marguerite Lacerte... 

Joseph V. 

François ra. à Rosaire Bellemare, 1857. — Honoré m. à Rose 
■de Lima Bellemare, 1854. — Sévère m. à Zoé Racicot. — Elmire 
m. à Paul Milot, 1847. — Olivine, religieuse Ursuline (mère St- 
■Oermain). — Mathilde va. à Michel Biais, 1835. — Marguerite ra. à 
Paul Milot, 1861. 



VI.— JACQUES BELLE.VIARE,— JosEPHTE Heroux 

Jacques V. 

Luce m. à François Oarboaneau, 1823. — Jacques m. à Marie 
Beaubien. — Elise m. à Jules Beaubien. — Emilie m. à Godefroi 
Milot. — Josephte m. à Paul Lacerte. 



Histoire d'yamachiche 223 

VIL— THOMAS BELLEMARE,— Emilie Buisson 

Pierre VI. 

Thomas-Odilon m. à Emilie Lesieur Desaulniers, 1849. — 
Antoine Narcisse h. 1827, prêtre 1853, ancien supérieur du sémi- 
naire de Nicolet. — Maxime, m. lo à Louise Duval, 1853; 2oà 
Emilie Trahan, 1856. — Arline m. à Zéphirin Bellemare, 1855. 



1766 



V.~ETIENNE BELLEMARE,— Marie-Anne Gelinas 

Etienne IV. 

Etienne m. à Angélique Caron. — Joseph m. à Josephte 
Perron dit Laforme, 1812. — Paul m. à Pélagie Milot. — Louis 
m. à Angèle Fréchette. — Jean-Baptiste m. à Marie Milette. — 
Antoinette m, lo à Pierre Héroux; 2o à Etienne Gélinas, 1807. 



VI.— ETIENNE BELLEMARE,— Angélique Caron 

Etienne V. 

Etienne m. à Marguerite Trahan. — Augustin-Joseph (père 
•de Joseph Bellemare, de Saint-Barnabe^ m. à Pélagie Trahan. — 
Célestin m. lo à Emilie (xignac ; 2o à Emilie Pellerin, 1847.— 
Louis m. à Angèle Lacerte, 1830, — Ignace m. à Marguerite Ga- 
^non, 1833. — Marie m. à Augu>tin Carbonneau, 1825. 



VI.— JOSEPH BELLEMARE,— Josephte Perron dit La- 
roRME Etienne V. 

Louis m. à (/atherine Dufresne. — Joseph m. lo à Hélène 
Beaubien ; 2o à Emilie Beiuliea ; 3o à Sophie Guillemette. — 
Paul va. à Emilie Milot. — Antoine m. à Marguerite Desaulniers 
1846. — Eusèbe m. à Appoline Bellemare 1850. — Josephte va. à 
Stanislas Vincent dit Maheu. — Emilie m.à Joseph Boucher, 1852, 
— Olivine m. à Benjamin L. Desaulniers, 1860. 



VI*— PAUL BELLEMARE,— Pélagie Milot 

Etienne V. 

Paul m. lo à Emilie Daveluy ; 2o à Olivine Lapointe.- 



224 HISTOIRE d'yamachiciie 

Joseph tu. à Emilie Dcsaulniers, 1353. — Pierre m. loà Adéline Lo- 
sieur ; 2o à Elmire Gélinas, — Emilie m. à I^aac Ferron, 1866. 
— Thomas m. à Mathilde Duplesdis. — Louis-Georges m, à Ma- 
thilde Chevalier. — Isaac m. à Julie Laportc. — Oliva m. à 
Maxime Carbonneau, 1860. 



YI,_LOUIS BELLEMAPiE,— Angele Frechette 

Etienne Y. 

Gon:nijue m lo à Marie Louise Desaulaiers ; 2o à Caroline- 
Carbonneau, 1849. — Amjèle m. à Amable Desaulniers (dit Bisson). 



VI.- JEAN-BAPTISTE BELLEMAEE,-Marie Milette.... 

Etienne V. 

Pélagie m. à Godefroi Hubert. — Mathilde m. à Narcisse 
Brousseau. — Madeleine m. à Pierre Hubert. — Edouard m. à 
Armésimo Daveluy. — Bcsirc nti.à Elizabeth St-Clermain. — Emilie 
m. à Tkomas Eobidas. 



VII.-lGNACE"Bf:LLEMAPvE,-MARauERiTE Gagnon 

Etienne VI. 

Ehire m. à Antoine' Vaillancourt. — François m. à Eosalie 
Frechette. — Ignace m. à Carinel Bellemare. — Victoria m. à Mau- 
rice Vaillancourt. — L. 0. Maxime m. à Angélina Caron, 1879. 



i 



VIL— ANTOINE BELLEMARE.— Rose Descoteaux 

Antoine VI. 

Anaphlelte m. à Onésime Gendron, 1870. — Hermine m. à 
Moïse Carbonneau, 1870. — Joseph. — Elisie (^9) m. à Parmélie 
Martel, 1878. — Cclanire m. à Charles Garceuu, 1890. — JVcrée. 



Vil.— JACQUES BELLEMARE,— Marie Beaubien 

Jacques VI. 

Narcisse. — Hermine. — Elie m. lo à Hermine Lesieur ; 2o à 
Zéphyre Bourassa. — Eusèbe m. à Zob àlilette. — Damase m, à 



HISTOIRE d'yamachiche 225 

"Eliza Beaulieu. — Elzire m. à Gilbert Belletaare. — MoTse m. à 
Mathilde Laniy. — Rose de Lima m. à Edouard Girardin. — Emilie 
m. à Hercule Lacerte. 



VIT. — JEAX BELLEMARE,— lères noces à Justine Eivard- 
DuFRESNE Jean VI. 

Rose de Lima m, à Honoré Bellcmare. — Jean m. à Eose de 
Lima Bourassa. — Marie m. à Napoléon Talbot. — Hercule b. 1848, 
prêtre, 1875, curé à StPaul de Chester. — Oliva m. à Abélard Bou- 
r aesa. 

2Ddes noces à Appoline Lamy, 

Luc m. à Caroline Bournival, 1890. 



VI.— PIEREB BELLE MARK,— Antoinette Girardin 

Joseph V. 

Antoinette m. le à Georges Héroux; 2o à Joseph Foucher. — 
Joseph m. à Marguerite Gendron, — Jean-Marie m. à Marguerite 
Loranger. — Moïse m. à une méti;^se (Baie Verte). — Marguerite 
m. à Hyacinthe Gendron. 



VII.— JOSEPH BELLEMAKB, (^eôé),— Marguerite Gen- 
dron. Pierre VI. 

Joseph m. à Adeline Laray. — Paul m. à Année Lamy. — 
Euchariste b. s. 1856. — Pf erre m. le à Hermine Pelletier ; 2o à 

Hermine Bourassa.— 0;iw«ne m. lo à Olivind Lamy; 2o à .. 

Chaîné, (veuve Clément Lacerte.) — Maxime b... s... . 



VII.— LOUIS BELLEMARE,— Angèle Lacerte. 

ElIENNE VI. 

Louis m. à Lucie Perron. — Onésime m. à Olivino Lamy. — 
Angèle m. à Elle Héroux. — Elise m. à Olivier Desaulniers. — 
Odile. — Augustin m. à Adèle Lamy. — Delphine m. à Alexis 
Desaulniers, 1884. 



226 HISTOIRE d'yamachiche 

VII. PAUL BELLEMARE,— Marguebite Gelinas 

Pierre VI. 

Fran(;ois- Xavier (notairei m. à Adèle Melançon. — Paul m. à 
Emilie Bournival, 1857. — M. Appoline m. à Eiisèbe BuUemare, 
1850. — Mo'ise m. à Emilie Melançon. — Olivine m. à Téle;?phore 
R\va,vd. — Elizabeth m. à Elzéar Dupont.— Jbse/>/i m. à Sophra- 
uie Benoit. — Thomas m. à Eizire Boucher. — Pierre m. à Eliza 
Dechaine, 1892.— Sojjhie m. à Ar^ène Côté. 



VII. PAUL BELLEMARE,— Thècle Gélinas 

Paul VI. 

Alfred m. à Sophie Lamy. — Aimé m. à Sophie Lamy. — Odile. 
— Célina. 



VII. LUC BELLEMARE,— Emilie Lamy Pierre VI. 

Luc m. à Louise Leelair. — Onésime m. à Caroline Gélinas. — 
Pierre m. lo à Claire Lemay ; 2des à Léonire Lamy. — 
Maxime w. à Emma Richard. — Narcisse m. à Azilda Barsalou. — 
Domitile m. à Pierre GréViuàs. — Elizabeth h. 1844. — Emilie m. à 
Antoine Dufresne. — Célina m. à Jean l'Heureux. 



VIII. PIERRE BELLEMARE,— 1ères noces à Claire Lemay 
2des noces à Léonire Lamy Luc VII 

Athanase h. 18T4. — Célina b. 1875. — Georges b. 1886. — Ma- 
ria b. 1887.— Jbs.- Victor b. IS90.— Arthur b. 1892. 



1843. 



VII. JOSEPH BELLEMARE,— Hermine Gélinas 

Paul VI. 

Marie-Caroline h. 1844, religieuse de la Cong. N. D, (Sr Ste 
Angélina) ; ancienne supérieure du Couvent St-Joseph, à Char- 
lotte-TowD. I. P. E; depuis, assistante-maîtresse des novices, à la 
maison-mère, à Montréal ; aujourd'hui, aux Etats-Unis. — CharleS' 
Thédore b. 1846, prêtre, curé à Saint-Boniface de Shawenegan.- 
Joseph-Elzéar b. 1849, prêtre, curé à St-Cyrille do Wendover. — 



HISTOIRE d'yamachiche 227 

Marie-AdcUna b. 1851, religieuse de la Cong, N. D. (Sr St-Ra- 
phaël), décëdée en 1887. — Marie-Azilda b. 1855, morte en 1873, 
postulante à la Congrégation de Notre-Dame. — Adélard b. 1859, 
prêtre, curé à Saint-Elie de Caxton.- Gaspard m. à Maria 
Lamj, 1890. — Angélina h. 1865. 



1849. 



Vil. EAPHAEL BELLEM ARE,— 1ères noces a Anastasib 
Geoffrion dit St-Jean Paul VI. 

Alphonse, h. 1850, s. 1872, étudiant en Droit. — Hercule, b. 1856^ 
s. 1881. — Mathilde m. à Dionis L. Desaulniers (10) 1877. — José- 
phine m. à Pierre Amable Jodoin 1877. 

2de8 noces à Léonine Euchariste Normandin ; 



1853. 



VII. LEONARD BELL EMARE,— Hélène Descoteaux.... 

Paul XI. 

JDorimène m. à Octave Perron. — Blie m. à Stéphanie Meu- 
nier. — Rose de Lima, religieuse de l'Assomption de Nicolet (Sr 
St-Raphaël) . — Célanire. — Azilda. — Albina. 



1857. 

VIL PRANÇOIS BELLEM ARE,— Rosaire Bellemare 

François VI. 

Victor m. à Elzire Héroux. — Albert b. 1859, religieux de la 
Compagnie de Jésus. — Gustave b, 1863, religieux de l'Ordre de 
St-Dominique. — Anna, religieuse de la Cong. N. D. (Sr St-Rosai- 
re). — Angélina, religieuse de la Cong. de N. D. (Sr Ste-Marie 
Gustave}. — Agapit m. à Herminie Gélinas. — Léontine, — Pierre. 



1855. 



VIL ZBPHIRIN BELLEMARE,— Arline Bellemare 

Jean VI. 

Joséphine m. à Charles Garçeau, 1881. — Edmond va., à Eugé- 
nie Lacerte, 1882. —TimoUon m. à Albertine Bellemaro, 1888. — 



228 HISTOIRE d'yamaghiche 

Evariste m. à Aleyinu Marchand, 1883. — Thomas. — Albertine. — 
Evélina. 



1890 

VII. GASPARD BELLEMARE (11) —Maria Lamy 

Joseph VII. 
Joseph- Herinan b. 1891. 



1879. 



VIII. MAXIMK BELLEMARE, (12)— Angélixa Caron 

Ignace VII. 

Louis-Jos.-AliJe b. s. 1880. — M.-Lconieh. s. 1882. -Jos.-Roméo 
h. ISS-à.—Rose-Emélie b. 1SS5.—. M.- Alice h. l^SI .—Jos.-Lucien 
b. lS8d.— Edmond b. 1890.— Dominique Avila b. s. 1891. 



1857. 



VIII.— OXESIME BELLEMAEE — Olivine Lamy 

Louis VII. 

Albina h. 1859. — Aulida m. à François Bellemare. — Ephrem 
b. 1865. — Azilda b. 1870. — Onésime b — Claudemire b. 1875. 



1874. 



VIII.— AUGUSTIN BELLEMARE,— Adèle Lamy 

Louis VII. 

Emma b. 1875.— Orner b. I8rn.—Zélia b. \88\.— Maxime b. 
18M— Pierre b. 1885.— Zawm b. 1887. 



I<TOTES. 

(1) Etienne Gélinas est la souche de tons les Gélinas. 

(2) Jean-Baptiste Gélinas dit Bellemare est la souche de tous 
les Bellemare. 

(3) Pierre Gélinas dit Lacourse est la souche de tous les Lacourse 
)4) Fille de Jean-Baptiste et de Elizabeth Rivard-Laglanderie. 



HISTOIRE d'yamachiciie 229 

(5) Grand' mère de M. l'abbé H. Trahan, curé de Suint-Sévère et 

de M.Charles Trahan, i^neublier d'Yamachiche. 
(6] Notaire public, demeure à Saint-Guillaume d'Upton. 

(7) Médecin, demeure à Sainte-Croix (aujourd'hui, paroisse 
de Wild-Rice) près de Fargo, dans le Dakota, E, U. 

(8) Avocat. Chef d'Inspection pour le Hevcnu de l'Intérieur, à 

Montréal. Pcésidcnt de la Société de Saint-Vincont-do-Paul 
de Montré .1. 

(9) Médecin, demeure à Saint-Barnabe, comté de Saint-Maurice. 

(10) Filti de M. le Dr L. L. L. Desaulniers ; traducteur à la 
Chambre des Communes, à Ottawa. 

(11) Marchand, à Yamachichc. 

(12) Médecin, à Yamacliicho. 



A la page 205, paragraphe VI Alexis Gélinas, à la suite des 
mots " Alexis m. à Marie Madeleine Gignac etc., " lire les mots 
" m. 2o à Emilie Isabelle, 1859." 

A la page 20?, paragraphe V Pierre Gélinas, à la suite des 
mo'.s " Pierre m. à Marie-Louise Nolin, 1784. " retranchez 
" 2o à Jean-Baptiste Casaubon et lire " 2o à Cécile Matheau." 

A la page 213, paragraphe VI Louis Gélinas, troisième li- 
gne, à la plaça des mots '• Euphrosine Frigon " lire " Domi- 
.tille Frigon. " Faire ensuite la même correction, au milieu de la 
page 214, aux mêmes noms. 

A la page 217, paragraphe VIII Jean-Baptiste Gélinas, à 
la tro.-'rième ligne, les mots '^ Rose.— Anna'' ne forment qu'un 
seul nom. 

A la page 226, paragraphe Vil Joseph Bellemare, lignes 
quatrième et cinquième, aux mot^ " Charles Théodore b. 1846, 
prêtre " ajouter l'année d'ordination '• 1868." A la ligne suivante, 
aux mois" Josejjh-Elz'ar h. 1849, prêtre," ajouter l'année d'ordi- 
nation " 1872. " A la troisième ligne de la page 227, aux mots 
" Adélard b. 1859, prêtre, " ajouter l'année d'ordination " 1884." 

A la page 228, paragraphe VIII Maxime Bellemare, pre- 
mière ligne, au lieu " M.-Lconie b. s. 1882, " lire " M.-Léonie b. 
1882 " et lire, à la troisième ligne, " Edmondh. s. 1890." 

l6 



230 HISTOIRE d'tamachichb 

N. B. — Feu l'abbé François L. Desaulnieip, M. Raphaël 
Bcllemare, de Montrdal, et feu l'abbé Philippe O. Gélinas ont 
jadis fait de grandes recherches dans le.s registres du district 
pour retracer la généalogie de leurs familles respectives. Parmi 
les notes ti es précieuses laissées par M. Dcsaulnieis, on trouve 
la suivante, adressée à M. Eaphaël Bellemare : 

" 1T31, 26 nov. Mariagode Marie Gélinas fille defcu Etienne 
Gélinas et de Marguerite Benoit, avec Alexis Carbonneau, fils de 
Jacques Carbonneau et de Geneviève Martin. Note : L'épouse 
Marie Gélinas-, fille d'Etienne Gélinas, petite fille de Jean Gélinas 
et de Françoise de Charraenil, arrière petite fille de Etienne Gé- 
linas, venu do France avec son fils Jean, est ma grand'mère 
bisaïeule du côté paternel, car Alexis Carbonneau, son époux, 
éta.t le père de ma grand'mère De?aulniers. Ainsi donc nous 
descendons, par elle, du premier Gélinas venu dans le pays, com- 
me vous autres, vous descendez aussi, par votre grand'mère bi- 
saïeule Marie Françoise Lesieur Desaulniers, du premier Lesieur 
venu en Canada. Ce premier Lesieur, dont le nom de baptême 
était Charles, a vécu et est mort à Batiscan. Il s'était marié, 
vers 1672, à Marie Françoise de Lafond, fille du sieur Etienne 
de Lafond et de Marie Boucher. Cette Marie Boucher était la 
sœur de Mr. Bouclier, Gouverneur des Trois-Rivières. Yous 
verrez par ceci qu'il y a, chez vous comme chez nous, une pa- 
renté bien petite, il est vrai, et en ligne collatérale, avec Mr. 
Boucher, Gouverneur des Trois-Eivières et, par suite, avec ses 
descendants, les Boucherville, les Niverville, les Labruère, les 
Labroquerie, Monlizambert, Boucher de Grosbois, etc. " 



HISTOIRE d'YAMACHICHE 231 

FAMILLE MILOT. 

(/harlcs Milot, l'ancêtre de cette famille, n'est jamais venu 
en Canada. Il se rcaiia, en Fiance, à Marie Anne Chaillé. Deux 
de ses fils émigrèient aa pajs et vinrent s'établir, l'un à Beauhar- 
nois et l'antre, Pierre, aux Trois-Rivières, où il épousa, le 9 février 
1756, Marie Biais (veuve de François Godard). Après avoir été 
employé aux Forges St-Maurice, ce Pierre Milot vint demeurer à 
Yamachiche, où il mourut, en 1807, à l'âge de 67 ans. Son épou- 
se Marie Biais, mourut, le 22 décembre 1813, à l'âge de 95 ans 



I.— PIERRE MILOT,— Marie Blais. 

Pierre b..., m. à Marguerite Lacerto, 1784, à Marie Tousi. 
gnant dit Lapointe, 1800.— ^nfome b. 26 février 1769, m. à Ge- 
neviève Dupont, 6 février 1792. — Marie- Amable b. 1765, m. à 
Josué Gcffiard, 1786, s. 1820. 



IL— PIERRE MII.OT,— Marguerite Lacerte, Marie Tou- 
signant dit Lapointe 1*ierre L 

Du 1er mariage : Atarguerite m.* à Pierre Gélinas, 1810. — 
Pierre (1) m. à Pél:igie Lesieur Lapierre, 1813. — Pélagie (2) m. 
à Paul Bellemare, 1812.— Paw/ m. à Angèle Lesieur, 1816. — Jo- 
eph m. à Judith Gélinas, 1817. Du 2iè ne mariage : Edouard ra. 
à Marie Josephte Gélinas, à Marguerite Rivard Laglanderie, 
I8'i2:— François ra. à Tharsile Héroux 1826, à Catheriue Hu- 
bert, 1835. — Çé'estin m. à Christine Panneton, 1826. — Antoine m. 

à Héroux, à Mathilde Théreau, 19,1^ .—Godf roi m. à Emilie 

Lamy, 1831. — Emilie (fi) m. à Thomas Lamj, 1836. — CTmenf 
m. à Josephte Langlois, 1838. — Marie m. à Paul Bellemare, 
1839. — Adélaïde m. à François Lamy, 1837, à Paul Leblanc 



IL— ANTOINE MILOT,— Geneviève Dupont Pierre L 

Geneviève m. à Joseph Lacerte, 1812.— Amable m. à Joseph 
Carbonneau, 1820.— Antoine va. à Lucie Guillemette, 1820. — 
Elizabeth m. à Antoine Roy, 1820 —Marie (6) m. à Charles 
Lacerte, 1820. ~ Godef roi m. à Emilie Bellemare.— P/e/re (7) 



232 UISTJIRE D'YAMACIIlCnE 

m. à Josophte Lesieur Desaulniers, 1826. — Cêlestln m. à Char- 
Jotle Houle, à Emilie Bottez, à Maiy Flynn. 



HT.— PIERRE MILOT,— Pélagie Lesieur Lapierre 

Pierre II. 

Antoine m. à Marie Lainj-, 1833, à Emilie Laroche, 1859. 
— Frédéric b. 1818 (.notaire). — Edouard m. à Marguerite Lamy, 
18J0.— Prtu/ (8) m. à Elmiro Bellemare, \H1.— Pierre m. à 
Denii?e CaroD, 1851. — Godefroi m. à Elzire Gagtion, 1852. — 
Bermineh. 1826, s. 1846.— ÂrZe^/ne m. à Jean Gagnon, 1851.— 
Zo^- [9; m. à Joseph L. Duple.<si?, 1867.— .7o5e/>/i b. 1830, s. 1869. 
—Emilie b. 1832, s. l^f)2.—Appoline h. 1833 —Thomas \n. à 
Marguerite Gagiion, 18C5. 



III.-PAUu MILOT,-Angele Lesieur Pierre IL 

Paul h. \S\Q.— Adélaïde h. 1S20— Charlotte h. IS20. -Zoé 
m. à Fiançois LescâJre, 1849. — Paul m. à Elzire Lauiy, 1854, à 
Marguerite BelL-mare, 1861. — Marie-Adeline m. à John Griffio, 
1843 — Edouard m. à M. lelleraare, à Agl:i6 Hiroux. 



IIL -JOSEPH MILOT,- Judith Gélixas Pierre IL 

Pierre (lOi m. à Sophie Lesieur, 1846. (Isî^is de ce mariage : 
— Liobe m. à Liboiro Muicitta, 1375. — Oscar m. à Eiizabeth 
Perreault, 1888.— J^é?iaï«?e m. à Ephrem Bélanger, 1877.— C>ni7 
b. 26 octob.-e 1858, prêtre, chapelain du collège des frères du 
Sacré Cœur, à Artliabaskaville). 



IIL— EDOUARD MILOT,— Marie Gélinas, Marguerite 

RiVARD I.AQLANDERE PlERRE IL 

Du 1er mariage : Clément m. à Ro.se de Lima Pelletier, 
1847. — Benjamin m. à Tharsile Duchemin, 1851, à Aurélie 
Trempe, 1867. Da2ième mariage : — M.-PhUomène m. à Abraham 
Bellerive. — Adè'e m. à Joseph Paillé. —Jôse/)A m. à Marie L. 
£oulan":er. — Marie m. à Olivier Chaurcttc, 1880. — F/c^or m. à 



HISTOIRE d'yAMACIIICHE 23â 

Mario L. Boulanger, à Virginie Bastarachc. — Azilda m. à Fran- 
çois Milot, 1886.— >S'/i.'è/-e b. 1850. 



III.— FRANÇOIS MILOT,— TiiARSiLE Héroux, Catherine 
Hubert ....Pierre II. 

Du 1er mariage : — Emilie m. à Olivier L. Villemure, 
1849. — François m. à Julie Riv. Loi-angcr, 1856, à Azilda Mi- 
lot, 1886. Da 2ième mariage : - Alplionse (11) m. à....Lafleur, 
1871. — Léonard m. à Marie Anoe Paillé^ 2861. — Onésime m. à 
Pbilomène Vadcboncœur. — ^^/(ès m. à Jean Baptiste Conieau, 

IS^0.~ Zcbédce m. à (aux F. U.) — Léger m à Marie Labon- 

té, 1864, à Marie Cartier, }S10.—Loui&e m. à Pierre Blaiy, 1868. 



I!I.— CELESTIN MILOT,— Christine Panneton 

Pierre II. 

Afarie m. à Paul Eicaicl, 1851. — Adeline m. à Josepb Du- 
chemin, 1850. — Zoé w. à Célestin Eicard, 18^0. — Antoine ra. à 
Philomène Pellerin, 1860, à Félicité Vincent, à Eubdio Ville- 
mure, 1892. — Elzire m. à Ambroise Ricai-d, 1852. — Aiiojy/Uèfe m. 
à Joseph Lamy, 1860. — Olioa ni. à Onésime Ricard, 1860. — 
Joséphine h. 1844, s. 1862. — Euthychiane m, à Eené Bellemaro^ 
s. 1888.— Pierre m. à Célanire Bellerive, 1873. 



III. -ANTOINE MILOT,— Mathilde Théreau, ...Héroux. 

Pierre 11. 

Hubert ra. à Sophie Houle. 



IIL-GODEFROI MILOT,— Emilie Lamy Pierre II. 

Delphine m. à Lue Lamy, 1853.— /lc?o^/)Ae (12) m. à Dori- 
mène Caron, 1861.— Zouis m. à Séi-aphine L. Dcsaulniers, 1863. 
— Marie-Auréiie b. 1836, s. \8bl.—Th''ophile m. à Dji-iniènj Mi- 
lette, 1875, s. 18^2.— Marie- Odile b. 1839, s. I8f)4:— Jean Emma- 
nuel b. 1840, s. 1841.— i:/^eor b. 1841, s. \84:'à.— François- Her- 
cule b. 1843, m. àEléonore Lamy, 1869.— Prosper m. à Dolphi- 
neL. Desaulnierp, 1870 —Flizabeth b. 1846, s. 1850.— Jlfan'fr 
m. à Paul Milot, ISIL—Thomas b. 1849, s. 18ô0.— Charles (13) 



234 HISTOIRE d'yamachiche 

m. à Julie Beauchcmin, 187G. — Année m. à Céàaire Fontaine, 
ISIi.— Sévère b. 1854, s. 1854.— Jos.- Ferdinand b. 1856, s. 185C. 



III.— CLEMIÎINT MILOT,-JosEPHTE Langlois 

Pierre II. 

Odile m. à Louis Bellemare, 1860. — Oza m. à Emilie Pel- 
lerin, 1865.— Valère m. à Oliva Gélinas, \8G('\— Hercule m. à 
Emilie Grenier, 1876. — Charles m. à Oliva Bellemare, à Albina 
Panneton, IbSl.— François m. à Caroline Gélinas, 1814:.— Al- 
phonse m. à Mésélée Milette, 1876. — Gaspard m. à Emma Pan- 
neton, 1881. — Adèle m. à Alfred Gélinas, 1875. 



Iir.— ANTOINK MILOT,— Lucie Guillemette 

Antoine IL 

Marie b. 1821, m. à Zéphirin Fréchette. —^nfome b. 1829, 
m. à Emilie Ringuette, 1854, à Aurélie Paquin, à Oliviiie Paquin. 
— Lucie b. 1831, m. à Elie Fréchette, 1834.— Thomas m. à Do- 
mitillc Lessard. — Emilie m. à Louis Pichetto.— Ca/<j:^e b. 1843 
<^ frère des Ecoles Chrétiennes), s. 1892. — Louise b — Virgi- 
nie m. à Pierre Lauréat. 



III.-GODEFEOI MILOT,— Emilie Bellemare 

Antoine II. 

Adeline m. à Abraham Manseau, 1864. — Dosithé m. à Hélè- 
ne Clermont, 1865. — Désiré m. à Rose do Lima Perreault, 1862. 
— Rustique m. à Adélaïde Boisclair, 1863.— Sévère m. à Lumina 
Hamel, 1863. — Moïse m. H Marie Lefèbvre, 1866. — Lumina m. à 
Jéréinie Télreault. — Adolphe m. à Cai'oline Ledour. — Isaac b. 
1851. 8. 1»91. 



III.— PIERRE MILOT,— JosEPTE Lesieur Desaulniers.... 
Antoine II. 

Pierre m. à Eléonore Lacerte, 1857, à Emilie Bellemare, 
18<jO.—Antoine b. 1830. s. I8bl .—Adeline m. à Louis Page, 1864. 
— Adolphe m, à Albina Doschamps, 1868. — Jutes b. 1837 (no- 
taire et Reviseur fédéral du comté de Saint-Maurice). — Marie 



HISTOIRE d'yamachiche 235 

m. à Antoine Livergne, 1870. — Moïse b, 1841. — Désire b. 1842, 
fi. IS^I.— Emilie h. 1845, s. 184G.— Emilie b. 1847. 



III.— CELESTIN MILOT,— Charlotte Houle, Emilie 
Bettez, Mary Flynn Antoine II. 

Emilie m. à Michel Giroux, 1852. — Pierre m. à Emilie 
Daoût, 18b6.— Benjamin m. à Emilie Condon, 1861. — Toussaint 
m. à Emérence Paradis, \8û2,.— Célina m. à François Nolet, 
1867. — Caroline m. à Louis Taschereau, 1874. 



nsroTEs. 

{1) Père de feu Frédéric Milot, notaire. 

(2) C'est la mère de M. Joseph Bellemare, beau-frère de F. L. 
Desaulniers, M. P. 

{3) Père de M. Léonard Milot, de Saint-Léon, et grand pèi-e du 
frère oblat Olivier Villeraure, de HuU, ainsi que de la révé- 
rende sœur St-Omer^ de la Cong. N. 1)., à Montréal. 

(4) Père de M. Hercule Milot, cultivateur d'Yamachiche, qui 
occupe encore la terre paternelle des Milot, daa-t la conces- 
sion connue sous le nom de Vide-pochea. 

(6) C'est la mère de M. Pierre Lamy, négociant de Montréal. 

(6) Grande tante de M. Hector Meunier, avocat, de Montréal. 

(7) Père de M. Jules Milot, notaire. 

(8) Père de M. Adrien Milot, négociant, à Yamachiche, de l'abbé 

Adélard Milot, curé do S lint-Théoiore de la Grande Anse, 
et de M. Omer Milot, étudiant en médecine. 

(9) C'est l'épouse, en secondes noces, de M. Joseph L. Daplessis, 

père de M. L. T. Nérée L. Daplussis, dépaté da comté de 

Saint-Maurice, au parlement de Québec. 
{10) Père de feu Pierre Milot, notaire, et grand père de l'abbé 

Onil Milot. 
^11) Demeure, aujourd'hui, dans le Montana, E. U. avec son 

frère Zébédée Milot. 
(12) Demeure, aujourd'hui, à Taunton. Mass., aux E. U. 
(13_) Négociant, à Sainte-Monique, comté de Nicolet. 



236 HISTOIRE d'yamachiche 

FAMILLE GADIOU ST-LOUIS. 

Lu famille St-Louis descend de Gilles Gadiou, né en 1649^ 
marié à Mtiric Anne de Liigré, décédé le 4 novembre 16?9, dans^ 
la paroisse de Sainte-Famille (Ile d'Orléans). Gilles Gadiou eut 
quelques enfants, onlr'autres Jean-Baptiste, né à Repentign}', le 
22 décembre 1G90, niîirié à Québec le 25 juin 1715, à veuve Jo- 
sephte Duret et décédé à Beauport, le 14 janvier 1760, Ce Jean- 
Baptiste Givdiou eut p!u-ieurs enfants, au nombre desquels se trouve 
î^îicohis Joseph, baptisé le 25 mars 1736 et marié à Charlotte 
Lemaître i veuve de Joseph Rivai-d), le 4 novembre 1760, à Ya- 
machichc, où il était venu se fixer. 

Xicolas Joseph G.idiou ajouta à son nom celui de St Louis, 
et, c'est par lui que nous commençons la présente généalogie. Il 
mourut le 22 mars, 1814. 



I.— NICOLAS JOSEPH GADIOU ST-LOUIS, -Charlotte 

Le.maitre. 

Louis- Joseph b. 1762, m. à Angélique Isabelle, s. 1822. — 
Jeau-Baptistc m. ^à. Q,-à{\\Qviï\Q Gignac, ll%Q.— Antoine ra.. à Ma- 
rie Lambert, 1187.— Bénoni St-Loais m. à —Marie- Madelei- 
ne (1) b. 1775, m. à Jacques Gignac, 1810, s. 1827. 



II.-LOULS JO:EPH,— Amgelique Isabelle 

Nicolas Joseph I. 

Loiiis-Gadiou m. à Marie Anne Héroux, 1812. — Antoine 
Gadiou m. à Luce do Pincier, 1810. — Laurent- St-Louis m à 
Emilie Biais, 1820, s. 1S26. 



IL- JEAN-BAPTISTE,— Catherine Gigxac 

Nicolas Joseph I. 

Marie m. à Antoine llacotto, 1810. — Josephte (2) m. à Louis 
Lamothe, 1812. — Augustin m. à Josephte Lesieur Desaulniers,. 
1819. — Anijèlc m. à Antoine Lesieur Lapierre, 1319. — Julie m. à 
Joseph Gauthier. — Paul m. à Franroise Vallièro (3), 1834. — 
Esther (4i m. à Antoine Duchaine, 1823. — Ephrem m. à Desin- 
e;es Manseau. 



Histoire d'yamachiche 237 

II.- ANTOINE, — Marie Lambert Nicolas Joseph I. 

Marie-Frcderic i5) m. à Frédéric Beltez, 1818, à Jean- 
Baptiste Charlan'l, l^m.— Marie- Josephte b. 1789, s. 1789.- An- 
toine m. à Angèle Lesieur, 1826. — Marie- Jonephte (6) b. 1792, 
m. à Piei-re Proalx, 1322. 



III.-L0U13-GADI0U,— Marie Anne Heroux 

Louis Joseph II. 

Mathilde. — Louis. — Antoine. — Georges. — Lucie. ^Olioine. 
Emilie.-— Elise. 



III.— ANTOINE GADIOU,— Luge de Pincier 

Louis Joseph IL . 

Marie Archange m. à Antoine Lesieur (Fr^'n^j). — Félicité b. 
1822, s. 1^23.— Marie-Fi' licite h. 1822.— Joseph-Nicolas (7) b. 
1825, m. à divine Lamothe, 184:1.— Marie- Elise b. 1828, m. à 
Benjamin Eiv. Loranger (8) lS60.—Godefroi b. 1830, s. 1830. 
—Elizabeth b. 1832, y. mi^.— Marie-Caroline b. 1834, m. à 
Edouard Ricard, 1863. 



IIL-LAUEENT ST-LOUIS,— Emilie Blais 

Louis Joseph IL 

Marie-Caroline b. 1821, m. à François-Xavier Biron. — Au- 
rélieh. 1824-, s. 184:2.— Emilie b. 1825, m. à Joseph Dupont. 



III. — AUGUSTIN,— JosEPHTE Lesieur De*aulniers 

Jean-Baptiste IL 

Joséphine-Olivine m. à Félix Sincennes. — Augustin (9) b. 
1821, m. à Eliza CixàÏQWK.—Louis-FloreM (10) b. 1822, m. à 
Anaphlèto Dansereau, s. 1892. — Adolphe b. 1824, m. à Mary Irvi- 
HQ.— Emilie b. 1826.— Frédéric b. 1827, m. à Mathilde Sincen- 
nes, à Alice Labelle. — Henriette b. 1830, s. 1834. — Benjamin b. 
7 avril 1834, m. à Philomène Eicard, à Joséphine Bédard, à 
Philomène IjQmewr.—Thirza-Philomène Al) ^. 1837, m. à Mi- 
chel Mathieu. — Guillaume-Henri ^[12) b. 1839, m. à Wenney 
Merry. 



238 HISTOIRE d'tamachiche 

III. — PAUL, — Françoise Valliere Jean-Baptiste IL 

Martial-Paul h. ISU.—Louis-Elie b. ISSG.—Mariê-Liice- 
Olivint b. 1838. 



. ZSrOTES. 

(1) Grand'mère de l'abbé A. Désiré Gélinae. 

(2) Mère de M. Antoine Lamothe, époux de Adeline Lapointe, 

(3) Soeur d'OJile Vallière, mariée, en premières noces, à Norbert 

L. Desaulniers, oncle de F. L. De^aulniers, M. P., en secon- 
des noces, à Antoine Décbaine, oncle de N. L. Duplessis, 
M. P. P. 

{4) Mèi-e de feu Louis (Ludger) Ducbaiuc, et belle-sœur du sa» 

vaut abbé Amable Ducbaine. 
(5) Une des fondatrices de " l'Hospice de la Providence, " à Ya- 

macbiche. 

{6) Mère de M. Georges Horace Proulx, époux de Eliza L. De»- 
aulniei'S. 

(7) Pèi-e de M. Didier St-Louis, cultivateur d'Yamacbiche. 

(8) Cousin germain de l'hon. Juge L. 0. Loranger, de Montréal, 

(9) Père de l'abbé Arthur St-Louis, curé de Saint-Barnabe, dio- 
cèse de Saint-Hyacinthe. 

(10) Père de M, Horace St-Louis, et beau-père de M. F. X. 
Archamb^ult (C. R.), avocats do Montréal. 

{11) C'est la première épouse de l'hon. Juge Michel Mathieu, de 

Montréal. 
0.2) Notaire, à Magog. 



HISTOIRE d'ya.machiche. 239 

FAMILLE PANNETON. 

L'ancêtre de cette famille s'appelait Claude, baptisé en 1G44, 
fils de Pierre Panneton dit Lejifre et de Louise Joseph, du bour^ 
de Eenaisoii, diocèse de Lyon, France. Il épousa Marguerite 
Doyson, le 30 octobre 1687, à Sainte-Famille, Ile d'Orléans. La 
mèie de Mai-g. Doyson venait de Saint-Pierre de Limoges, Fran- 
ce. Claude Panneton eut plusieurs enfants, parmi lesquels Clau- 
de, marié dans la paroisse de Varennes, à Pétronille Sénrcal, 
Jean Baptiste, marié à Québec, à Elizabeth EoJœur, et Théodore, 
baptisé à Québec en ITll, marié là en 1733, à Marie Louise 
Gouin, et mort auxTrois-Eivières, en 1774. La présente généa- 
logie ne renferme que les descendants de Théodore Panneton. 



IL— THEODOEE,— Marie Louise Gouin Claude I. 

Théodore m, à Madeleine Boulanger (Trois-Rivières), 1757, 
s. Vj!^.— Jean-Baptiste m. à Geneviève Guillemettc, 1767. — 
Pierre b. (Québec) 1747, m. (Trois-Rivières) à Catherine Bériau, 
1774. Cette Catherine Bériau mourut en 1835, à l'âpre de 88 ans. 



III. — THEODORE, — Madeleine Boulanger. .Théodore II. 

Théodore h. 1758.— Jean-Baptiste h. 1760. — Louis b. 1761. 
— Joseph b. 1762, m. (à la Pointe du Lac) à , 17--9. 



IV.— JOSEPH,— Théodore IIL 

Théodore m. à Louise Levasseur, 1817. — Geneviève m. à 
Pierre Blondi n, 1830. — Philippe h. 1805. — André m. à Mari» 
Blondin, 1828.— Louise b. 1807. 



V.— ANDRE,— Marie Blondin Joseph IV. 

Marie-Henriette b. 1832. — Joseph- André b. 1837. — Joseph- 
Narcisse b. 1839. 



IIL— JEAN-BAPTISTE,— Geneviève Guillemette 

Théodore IL 

Jean-Baptiste b. 1768. — André m. à Angèle Boucher de Ni- 
vorville, 1790. 



240 HISTOIRE d'tamaciiiche 

IV. — ANDRE, — Angele B. de Nivervili.e 

Jean-Baptiste III. 

Joseph- And ré m. à Marguerite Beaubien, 1S16 — Hubert lu. 
à Elizabeth Fortin, 1820. (Ibiu de ce mariage : — Louis-Edouard 
b. 1827i. 



III. — PIEEEE, — Ca'jherine Beriau Théodore II. 

Catherine b. 1775. — Josephte h. 1778, — Joseph h. (Trois-Ki- 
vières) 27 décembre 1779, m. (Yamachiche) à Antoinette Rivard 
Lorangcr, 11 janvier lS02.—Je(m-Bajjtiste.h. (Trois-Rivières) 28 
mars 178", m, à Angélique Normand, s. 1840. — Marie- Madeleine 
b. 1791. 



IV* JOSEPH,— Antoinette E. Loranger Pierre III 

Antoinette b, 23 nov. 1802, m. à Jacques Biais, ^^20.— Alexis 
b, 1805.— CAmime b. 10 juin 180G, m, à Célcstin Milot, 182G.— 
Euphrosineh. 1809, s. IS'Sl.— 31a rie- Louise (1) b. 10 août 1811, ra. 
à Pierre Pellerin, ISôô. —Esther b, G janvier 1816, m, à Fran- 
çois R. Laglanderie. lSo7. — Joseph b. 15 dée. 1817, m. à Pélagie 
Lefèbvre Boiilunger, 18 janvier 1842.— .]/ane b. 13 nov. 1820, 
m. à Paul Lefèbvre Boulanger. — Mathilde b. 14 janv. 1824, m. à 
Francis Lefèbvre Boulanger. — Thomas b. 24 mai 1825, m. à 
Zélia Leicbvre Boulanuer. 



V.-JOSEPH,— Pélagie L. Boulanger Joseph IV* 

Marie-Pélagie b. 23 mai 1843, m. à Joseph Lapointe. — 
Joseph (^2) b. 4 août 1S44, frère des Ecoles Chrétiennes. — Marie- 
Appotine b. 6 déc. 1845, m. à Raphaël Pellerin. — Thomas b. 7 
mars 1841.— Charles b. 13 sept. 1848, m. lo ï Delphine Gélinas. 
2o à Mario Bellemare.— .Tbswc b. 30 juillet 18ô0, — M. Louise et 
M.-Albina b, 1852, f=. l^dA.— Joséphine b. 14 sept. 1854, sœur 
Th-^odosie, de la Providence, à Montréal.- -/Verre b. 14 déc. 1856, 
m. à Araanda Bournival. — }U-Armi'sime b. 15 juillet 1858, sœur 
Louise, de la Pj'ovidonce, à Montréal. — Frs-Adclard b. 25 avril 
1859, m. à Emma Bellemare. — LsOnésime h. 27 mars 1861, m 
à Angélina Bellemare. — Albina b. 15 avril 1863, m. à Charles 



HISTOIRE D'yAMACIIICIIE 241 

Milot.— 0<i/^e b. 31 mai 1864, m. à Z clique Lamy.—Alma b. 24 
janvier 186 i, m. à Gaspard Milot. 



IV.— JEAN BAPTISTE— Angélique Normand 

Pierre III. 

Marie-Madeleine h. 1199.— Archange b, 1800. — Joseph b. 
1802,-m. 19 janvier 1829 à Justine Iléroux, s. 1ST2.— Théodore. 
— Philippe. — 3milie. 



Y. — JOSEPH, — Justine IIercJux Jean-Baptiste IV. 

Joseph-Aimé b. 5 mars 1830, s... — Joseph-Elie (3) b. 11 juin 
1835, prêtre 3 octobre 1858, curé de Saint-Grégoire, diocèse de 
Nicolet. — Marie-Ahnézime b. 20 mars 1837, m. à Jean-BaptiKte 
Normand (s. 9 avril IS92}.— Phi lippe-E lise e (4) b. 16 mai 1840, 
m. à Joséphine Dorilla Turcotte, 8 juin 1864. — Cclanire b. 7 
mai 1842, m, lo à J. G. Ant. Frigon, 25 nov. 1862, 2o à Joseph 
A. Gagnon, 8 juin 1888. — Elzire b. 10 juin 1849, m. à Joseph 
Héroux, S juin 1883. 



VI.— PHILIPPE-ELISEE,— Joséphine Dorilla Turcotte.. 

Joseph V. 

Arthur b. 19 mai-s 1835, m. à Corinne Lafreuièro, juil- 
let 1889. —Georges-Elici'Je (5) b. 23 décembre 1866, prêtre, 2 
juillet 1890. — Eugène b. 3 décembre 1868. — Joseph h. 16 avril 
1871. — Maurice b. 26 décembre 1872, s. 4 février \8Sô.—A!phon- 
se'h. 2 octobre 1874. — Laurette u. 3 octobre 1876. — Auguste h. 
17 février 1878 — Benjamin b. 19 s:ptombrç 1880. — Jules- Paul 
h. 29 décembre 1883, s. 28 décembre ie84. 



VII.— APtTHUR,— Corinne Lafreniere 

Philippe Elizse \l. 

Bertlie b. 3 Avril 189().— Maurice b 3 octobre 1891. 



2^ HISTOIRE D'yaMACHICHE 

nsroTEs. 

(1) Avec feu M. le curé J. H. Dorion et feu Madame J. B Char- 
lancJ, c'efct «ne dos fondatrices de l'Hospice des Sœurs de la 
Providence, d'Yaraachiche. 

(2J) Cebt le célèbre frère Chrétien, des Ecoles Chrétiennes, au- 
jourd'hui Visiteur de l'iraportantdistrictde Xew-York E -U 

(3) C'est M. le curé actuel de Saint- Grégoire, diocèse de Xicolet* 
après avoir Ion-temps demeuré au collège des Trois-Rivières 
dont il fut le premier directeur et le premier supérieur, alors 
que cette florissante institution n'était qu'à son début. ' 

(4) Il a été admis au Barreau le 4 mai 1873. C'est le gérant 
actuel delà Banque du Peuple, aux Trois-Rivièrcs^aprê;» 
avoir été de longues années durant, organiste de la cathé- 
drale, député protonotaire, gérant de la Banque VilL-Marie 
et gérantde la Banque d'Hochelaga, dans la même cité. 

(5) Professeur de Philosophie au séminaire des Trois-Rivières 



CHAPITRE VI. 



Quelques personnes célèbres d'Yamacliiche. 



L'abbé Amable Duchaine. 



ABBÉ Jean-Baptiste Daveluy, prêtre distingua, et 
le savant ecclésiastique Amable Duchaine, fureat 
les deux premiers enfants d'Yamachiche entrés dans 
les rangs du clergé. Ils ont été les précurseurs de 
cette pléiade de religieux qui ont fait rejaillir tant 
de gloire et d'honneur sur leur vieille paroisse natale. 
L'abbé Amable Daniel Duchaine naquit à Ya- 
machiche, le 27 ir.ai 1774, du mariage de Jean-Baptiste Duchai- 
ne et de Marie Paquin. Il appartenait, par son père, à la famille 
Lesieur Duchaine, qui a joué un rôlo bien important, à la fin du 
siècle dernier, dans la paroisse, et qui avait hérité d'une ])artie de 
l'ancienne seigneurie de Charles Lesieur, Oa voit, dans V Histoi- 
re du Séminaire de Nicolet, que l'abbé Duchaine a été professeur, 
dans cette incîtitution, de 1804 à 1806. L'illustre évêque Pro- 
vencher fut un do ses élèves. 

Voici ce qu'on lit, à son sujet, dans le Dictionnaire Histori- 
que de Bibaud, ouvrage publié en 1857 : 

'' Duchaine (l'abbé) savant clerc minoré décédé dans un âge 
avancé en 185 1, a été durant de longues années le seul canadien 




244 HISTOIRE d'tamachiche 

qui s'occupât ex professa dos sciences exacte? en dehors des collè- 
ges de la Province. Après avoir enseigné la théologie dans le 
Canada Supérieur, il fit plusieurs inventions ou perfectionnements, 
construisit djs pouts et fournit les églises et édifices publies de 
paratonnerres. Il prépara aussi durant longues années le calen- 
drier. Il traduisit, compila ou composa de nombreux traités sur 
la Grammaire, la Géographie, la Chronologie, l'Histoire, les 
Belles-LetlreB, les Mathématiques, l'Astronomie et la Physique 
qui, malhcureuseMent ne servirent qu'à lui-même dans sa car- 
rière enseignante, car il n'a jamais fait imprimer de livres. Sur 
la question de l'éducation, il précéda ceux qui s'en sont occupés 
comme le Docteur Meilleur et le juge Mondelet, et même M. Per- 
reault; témoin son plan remarquable imprimé dans l'Encyclopé- 
die canadienne, cahiers de janvier et do février 1843, et alors déjà 
vieux de vingt ans. M. Barthe dit en pailant du clergé canadien 
dans le Cmada Reconquis, publié à Paris : " Ce corps a compté 
parmi ses .'•avants un abbé modeste qui a vécu et est mort dans 
la retraite, l'abbé Duchainc, voué à l'éducation de la jeunesse et 
à l'étude silencieuse des ecicnces, dont il approfondississait les 
arcanes, comme cet évê juc d'Avranches, Huet, au sujet duquel 
les paysans, qui le trouvaient toujours à l'étude, exprimaient si 
naïvemant leur surprise qu'on leur eût envoyé un évêque qui 
n'avait pas encore terminé ses études. " 
L'abbé Duchaine mourut à Montréal. 



L'abbé François L. Dzsaclniers. 

C'est le physicien, le philosophe et le mathématicien par 
excellence du collège de Xicolet. Il naquit à Yamachiche, le 5 
aviil 1807, du mariage de François Desaulniers et de Charlotte 
Eivard Dufresne. Parmi ses confrères de classe, à Nicolet, l'on 
remaïquait M. le chanoine Boucher, ancien curé do Louiseville, 
feu M. le curé Portier, de Nicolet, et feu M. Louis Lamy, un des 
plus honorables cultivateurs d'Yamachiche, Voici la notice écrite 
à son sujet, dans V Histoire du Séminaire de Nicolet, publiée 
en 1866 : 

" A l'âge de douze ans. il fût envoyé à Xicolet pour y faire 
ses éudes qu'il termina avec un grand succès, en 1827. Ayant 
embrassé l'état ecclésiastique, on lui confia bientôt la classe de 
rhétorique, puis celle de philosophie, jusqu'à son départ pour 



nisTOiRE d'ya.maciiiche. 245 

l'université de Georgetown, en 183;J L'année suivante, il revint 
avec le degré de Maîti'e-ès-Arts, et contiaiui à professer la philo- 
sophie jusqu'en 1863. Résignant al )rs si charge do professeur, 
il put jouir désormais d'un repos nécessaire à sa santé, en même 
temps que mérité par trente-cinq annéisde travail et d'étude. Ce 
repos ne fut pa«, toutefois, sans profit pour le séminaire, car M. 
Desaulniers entreprit de léunir les noms de tous les élèves de 
cette institution, avec le lieu de leur naissance ou résidence, 
l'époque de leur entrée et sortie, ainsi que leur état ou profession. 
Il se proposait aussi d'écrire une histoire de la maison, lorsqu'il 
aurait terminé la liste des élèves, mais la mort ne lui permit pas 
même de recueillir les renseignements qui pouvaient servir à cet 
ouvrage. 

" M. Desaulniers doit être considéré comme un illustre 
bieniaiteur du Séminaire qu'il a illustré par ^^a science et rendu 
pi'ospère, par son dévouement. Peu d'hommes, en effet, parmi 
ceux qui ont j«ué un rôle important dans cette Histoire, se sont 
sacrifiés avec autant de zèle pour la sainte cause de l'éducation. 
Afin de bien comprendre la grandeur de son sacrifice, il faut se 
reporter au temps critique qu'il rencontra au début de sa carriè- 
re. Loi'sque l'avenir paraissait sombre et menaçant, que tous 
prédisaient la ruine prochaine de l'établissement de Xicolet, il 
eut le courage d'embra.>ser sa destinée, bien décidé à sortir victo- 
rieux de la lutte, ou à succomber au poste d'honneur. Le combat 
fut long, la victoire longtemps indécise. Entiu le calme revint 
avec la prospérité, et M. Desaulniers put voir, avant de mourir, 
q'ie ses généreux efforts avaient été couronnés de succès. 

" La difficulté des temps n'est pas la seule qu'il ait eu à 
supporter, car les obstacles qu'il rencontra comme professeur, ne 
fureut ni moins grands, ni moins durables. 11 est même étonnant 
qu'il ait supporté d'une manière aussi constante, h s nombreuses 
fatigues de sa position. Obligé d'enseigner, pendant plus de 
trente ans, les différentes branches de la philosophie, il remplis- 
sait en outre, la charge de directeur et de pi'ocureur, en l'absence 
de ces derniers; de sorte qu'il n'avait point de repos. Déplus, 
comme ce n'était pas alors chose facile de se procurer les auteurs 
nécessaire à l'enseignement dans les maisons d'éducation, il lui 
fallait redoubler d'activité, ]»our obvier à cet inconvénient. C'est 
pourquoi, après avoir passé la journée entière dans le pénible 
exercice de ses fonctions multipliées, il passait une partie de la 
17 



24G HIST.JIRE U'YAiJACHICHE 

nuil àpréparei- les cours du lendemain Seul, daus une cbaiùbre 
étroite, loin du bruit et de l'applaudissement des bonimes, il 
consacrait sa vie au service de la jeunesse dont ^enl^eigllement lui 
était chère. De tels exemples si sont rai-es dans notre siècle 
d'égoïsm-, que leurs auteurs doivent être j,lacés au nombre des 
bienfaiteurs de l'humanité. 

" La science de M. Desaulniers ne le céilait point à son 
dévouement. Non seulement elle était connue de ses élèves mais 
elle était connue de la classe instruite du Bas-Canada. Quoiqu'il 
eût acquis une légitini'' réputation dans les sciences et les lettres, 
c'est surtout dans les mathématiques qu'il excellait; et à cet 
■égard on peut dire qu'il n'avait pas de supérieur dans ce pa^'s. 
Le G'^nvernement de la Province lui fit l'honneur de le consul- 
ter, comme mathématicien, en plusieurs circonstances. 

" Ses connaissances historiques étaient aussi très étendues. 
Il avait particulièrement approfondi l'histoire du Canada, ainsi 
-que l'origine et la lignée des principales familles canadiennes. 

" Comme professeur, M. Desaulniers n'était pas moins remar- 
■quable. Doué d'une mémoire piodigieuse et d'une rare intelli- 
gence, il savait toujours intéresser ses élèves, en même temps 
<ju'il leur rendait faciles les matières les plus abstraites; car son 
expi'ession juste et concise portait avec elle la lumière dans 
l'esprit de ses auditeurs ; et c'est de lui. à coup siir, que Boileau a 
pu dire : 

( 'e que l'on conçoit bien s'énonce clairement. 
Et les mots pour le dire airivent aisément. 

" Dan? la conversation ordinaire, il intéressait encore davan- 
vantage; car, à part son langage correct et élégant, il amusait 
par l'originalité de ses rcmarquesf, la finesse de ses saillies et 
l'action particulière qui le distinguait dans la chaleur du discours. 
Ami delà discussion qu'il provoquait volontiers, il était toujours 
un Jouteur redoutable, même lorsqu'il avait à défendre le côté 
faible de la question. Le i-idicule devenait alors une arme terri- 
ble entre ses mains; et plus d'une fois, un seul mot lui suffit 
pour désarmer un adversaire déjà sûr de la victoire. 

"Malgré sa science et sa l'enommée M. Desaulniers était 
humble comme un enfant Celte humilité dégénérait quelque fois 
en une certaine bonhomie qui le faisait chérir encore plus de 
ceux qui vivaient avec lui. Aussi ses nombreux élèves lui demeu- 



HISTOIRE DYAMACHICHE 2-17 

Tpient-ils sincèrement tittachés. Après leur sortie du Séminaire, 
ils s'estimaient heureux de rencontrer leur vieux professeur qui, 
■de son côté, se montrait extrêraenjent sensible à cette marque 
d'attention de leur part, et sa joie était grande quand il recon- 
naissait en eux des hommes remarquables par leurs talents et 
leur position d ms la société ; car c'était la seule i-écompense qu'il 
ambitionnait ici-bas pour toute une vie consacrée à l'éducation de 
la jeunesse. 

M. Deeaulnierâ mourut sous-diacre, La crainte que lui 
inspirait les fonctions du sacerdoce l'empêcha toujours de rece- 
voir l'ordre de la prêtrise." 

Lors de la grande réunion des anciens élèves de Xicolet, en 
1866, j)arlant des hommes célèbres de cette maison, le vénérable 
évêque des Trois-Eivières Mgr L. P. Laflèche disait, au cours de 
son discours, parlant du vieux professeur : 

" Il est encore un homme dont le mérite n'a peut-être pas 
été assez connu au dehors, parce qu'il a toujours eu le soin de se 
dérober aux regards du public : caché dans l'enceinte de cette 
maison comme le fruit derrière les feuilles, pendant trente ans, il 
a nourri de la sève substancielle des sciences philosophiques plus 
de la moitié des générations qui ont passé sous ce toit. Dans une 
circonstance solennelle j'ai eu occasion de dire que cet homme 
distingué avait fiiit pendant ce temps, l'ouvrage de quatre hom- 
mes. Hélas 1 j'étais loin de me douter alors que la cruelle mort 
dût nous le ravir si tôt. Quel est celui d'entre vous qui ne recon- 
naît dans cet homme modeste et laborieux M. François Desaul- 
niers! Ce nom est deux fois heureux et illustre par les services 
rendus dans les hautes sciences. Quel est celui qui n'a pas 
ressenti, en apprenant sa mort, la douleur qu'on éprouve à la 
perte du plus sincère comme du plus véritable ami ? " 



Petrcs Hubert, N. P. 

Sous ce titre, le 6 avril 1882, feu l'hon. E. Gériu publiait les 
lignes suivantes, dans le Constitutionnel des Trois-Rivières ; 

L'ange de la mort est venu frapper de son aile inexorable un 
de nos plus estimables citoyens. Le 1er avril avant-midi, entre 
onze heures et midi, M. Hubert s'était mis à écrire une lettre 
sur le pupitre de son file, M. P. L. Hubert, pendant que celui-c 



248 HISTOIRE d'yamachiche 

^tait uiomenlauément occupé en dehors de son bureau. Une 
vieille femme étant entrée dans le bureau pour fec recommander à 
la providence de la Saint Vincent de Paul dont les MM. Hubert, 
])ère et fils, ont toujours été les piliers, aperçut le vénérable vieil- 
lard étendu à côté de la table, sur le parquet. Elle crut qu'il 
dormait ei, attendit tranquil.ement l'arrivée de M. Hubert, fils, 
qui, en voyant son pèie gisant à terre, comprit tout de suite la 
gravité de la situution et envoya en toute hâte quérir prêtre et 
médecin. Il était trop lard: tout était fini. Néanmoins le prêtre 
crut entrevoir un dernier signe de vie et lui administra le sacre- 
ment des mourants. M. Hubert avait succombé à la paralysie 
dont il avait entrevu les symptômes avant-courears depuis quel- 
que temps. 

Cette mort, quoique soudaine, n'est pas affligeante comme 
tant d'autres. M. Hubert se préparait depuis longtemps à la mort 
et dans sa foivivace, il l'invoquait avec une douce ardeur et une 
pieuse soumission à la volonté du Tout-Puissant. Quelques jours 
auparavant, il racontait à si famille qu'il avait prié la Sainte 
Vierare de venir le chercher durant la ])réàente année. Toute sa 
vie, il a pratiqué les œuvres de piété d'une manière exemplaire, 
mais plus particulièrement dans ses dernières années, où il avait à 
peu près mis de côté les préoccupations terrestres pour ne s'occu- 
per que des choses de l'autre vie. 

Sou esprit fat toujours droit et son cœur était rempli d'une 
bonté exubérante. Touchante coïncidence! La mort a tranché le 
fil de ses jours pondant que, la uiaiu à la plume, il épanchait dans 
le sein d'un ancieu ami les derniers vœux d'un cœur plein d'aflfec" 
tueuse souvenance. 

Cette lettre, qu'il était à écrire et que la mort est venu inter- 
rompre par un point final solennel, lo peint en quelque sorte tel il 
que l'ont connu ses amis, et nous ne pouvons résister au désir «le 
la publier, dût-ou riOus accuser d'indiscrétion. 

L'on ne manquera pas de remarquer que la mort a arrêté la 
main de l'auteur, au moment où il di!=ait combien vite les amis 
disparaissent. Voici cette lettre : 



4 



HISTOIRE d'yamachiciie 249 

'' Les Trois-Eivièro'^;, 1er avril 1882. 

*' Messire N. Hébert, Ptre curé 

" Kamouraska, P. Q, 

^•' Cher ancien ami, 

" A la veille de laisser le séjour terrestre pour passer à l'éter- 
nité, terme de notre pèlerinage sur la terre, aujourd'hui 1er avril 
1882 dans la 72ème année de mon âge, votre souvenir, qui date 
de notre séjour contemporain au collège de Nicolet en 1827 et 
quelques années précédentes, (je ne vous tutoie plus, vu le respect 
que m'inspire votre dignité ecclésiastique, dignité que j'ai tou- 
jours aimé à respecter) me porte à vous adresser quelques mots 
en ce moment, persuadé que cela ne vous sera pas désagréable et 
que vous serez assez bon, comme à l'ordinaire, pour me pardon- 
ner l'apparence de l'oubli que mon silence passé a dû faire naître; 
mais, ma pensée un peu paresseuse, n'a jamais tourné le dos à 
l'ami de m.es jeunes années, alors que notre bien-aimé directeur, 
Mons. J. O. Leprolion se plaisait à nous associer dans les cérémo- 
nies du culte à l'église et ailleurs. J'ai toujours considéré le temps 
du collège comme la plus belle époque de la vie, bien que je ne 
puisse dire que mon passage dans le monde, depuis ma sortie des 
études, ait été marqué d'aucun incident fâcheux, sauf les épreuves 
inséparables de la vie in hac lacrymarum vallc. 

" Au commencement de juillet dernier, j'ai eu l'agréable 
surprise de la visite de nos anciens contemporainf', les Mess* 
Léandrc et Théophile Brassard, prêtres et anciens curés, retirés 
du service après de longues années de mérites dans le ministère -^ 
nous avons passé ces courts instants à parler de nos années de 
collège, de nos compagnons de jeunesse, de vous en particulier et 
des autres; ces souvenirs nous rendaient heureux ! De tous ces 
compagnons les trois quarts sont disp " 

M. Pétrus Hubert est né à Yamacbiche, le 19 août 1810. Sa 
maison paternelle était droit en face de l'église, sur la belle terre 
que possède aujourd'hui le Dr. Desaulniers, M. P. Après se= étu- 
des, au séminaire de Nicolet, il étudia le notariat sous la direction 
de feu M. Yalère Guillet, qui venait alors de s'établir à Yama- 
chïche. 

Reçu notaire, le 20 juin 183-4, M. Hubert s'adonna avec per- 
eévérance ù l'étude de sa profession et devint bientôt l'un des no- 



250 HISTOIRE d'yamachiche 

taires les mieux renseignés et les plus fiables. Les livres étant re- 
lativement rares à cette époque, M. Hubert prenait des notes vo- 
lumineuses sur tout ce qu'il lisait et réunissait méthodiquement 
en volumes manucrits, les extraits de nos ouvrages de droit et de 
jurisprudcncu. Pendant de longues années, il a fait partie de 1» 
chambre des notaires du district de Trois-Rivières et depuis la 
réorganisation de la profession, il a, durant six années, fait partie 
delà chambre provinciale des notaires. 

Lors de la discussion, sur cette réorganisation de la profes- 
sion, M. Hubert publia une étude remarquable sur Les lois orga- 
niques et la jurisjifudence du Notariat, qui a servi de guide à la 
nouvelle législation. l>opuis lors, M, Hubert a publié le Manuel 
du Notaire, ouvrage estimé et lecherché. 

Lors de la loi de M. Chauveau nommant des inspecteurs d'é- 
coles, M. Hubert fut nommé pour la partie nord de notre district. 
Pendant vingt cinq ans, il en a rempli les devoirs avec une bien- 
veillante vigilance et une régularité consciencieuse. 

Quand il s'en vint demeurer à Trois-Rivières, en 1857, il était 
en outre, de])uis bon nombre d'années, maître de poste, à Yama- 
chiche. 

A Trois Rivières, il ne tarda pas à conquérir l'estime des 
hommes d'affaires, et sa clientèle se recruta bientôt parmi les prin- 
cipaux négociants et les Banques. 

Tout en donnant la plus grande partie de son temps et de son 
labeur aux devoirs de son état, M. Pétrus Hubert a toujours pris 
un vif intérêt aux affaires du monde, à la politique, aux nouvelles, 
à la presse. Correspondant zélé des journaux libéraux, du temps 
que M. Papineau repi-ésentait le comté de St Maurice, M. Hubert 
a ensuite tempéré son ardeur, et, tout en prenant souvent une 
part 'active aux débats de la presse, il s'occupait généralement de 
questions spéciales en dehors des animosités politiques. Sous un 
extérieur ealme et composé, il cachait un esprit toujours en éveil m 
et s'intéressait à tout ce qui peut développer rintelligeocc humai- ■ 
ne. 

Le 24: janvier 1837, M. Petrus Hubert avait épousé demoi- 
selle Apolline Pivard-Dufresne, qui lui survit, ainsi que n(uf en- 
fants, sur douze qui sont nés de leur mai-iage. Sur ces neuf enfants, 
trois demoiselles ^ont consacrées au Seigneur, l'une chez les car- 
mélites d'Hochelaga, une autre chez les Sœurs Grises, et la troi- 



HISTOIRE d'yAMACHICHE 251 

pièrae est la révérende sœur Jean Berchmann, de l'asile de la Pro- 
vidence, des Trois-liivières. L'aîné de ses fils est son buccesseur et 
le continuateur des glorieuses traditions paternelles. 



L'abbé Isaac L. Desaulniers, V, G. 

Dans son ouvrage Biographies et Portraits. M. L. 0. David 
a publié une excellente biographie de feu le grand-vicaire Isaac 
Stanislas Lesieur Desaulniers. Trop longue jjour être reproduite^ 
en entier, en voici des extiaits, avec peu de inodificatio .s : 

" On loue souvent le mérite des hommes qui ont illustré leur 
pays, y)ar l'état do leurs talents et de leurs vertus, et un oublie 
ceux qui ont Ibrujé rinielligeuee et le cœur de ces hommes re- 
marquables. Pourtant, la véritable grandeur n'est pas toujours 
dans le bruit et l'efdat du monde ; on !a trouve dans la solitude^ 
dans les humbles fonctions de l'enseignement. 

" Voulant rendre hommage à ceux qui ont tant fait pour le 
peuple canadien en l'instruis int, je me suis arrêté devant la 
grande figure de Messire I. S. Lesieur-Desaulniers, ancien supé- 
rieur du collège de Saint-Hyacinthe. J'ai reconnu, après avoir 
étudié sa vie que c'était une grande âme, une des gloires les plus 
pures de l'éducation, en ce pays. 

" M. De^^arulniers naquit à Yamaehicbe, le 28 novembre 1811. 
Il tenait par son père et sa mère, aux sources les plus fécondes 
de notre origine ; son père et son grand-père maternel avaient 
siégé dans notre parlement. 

" La leçon ordinaire ne suffisait pas à son besoin de savoir 
à son esprit curieux et indépendant. Il prenait plaisir à résoudro 
les questions les plus abstraites. Un exemple fera voir combien il 
aimait la di^cussion, la contreveise : 
f " Il avait un frère, doué comme lui, de talents remarquables^ 

et qui fût l'une des gloires du collège do Xicolet : 

*' Un soir, sa mère, Madame Desaulniers aperçut deux for- 
mes qui s'agittaient, vers le soleil couchant, et se démenaient 
pour trouver la preuve qu'ils soutenaient l'un contre l'autre. 

" M. Isaac Desaulniers étant venu de S tint- Hyacinthe faire 
visite à son frère qui enseignait la philosophie à Nicolet, ils s'é- 
taient entendus pour aller ensemble passer une journée dans loui^ 



\ 



252 HISTOIRE d'yamaciiiciie 

famille. Ils venaient de traverser le fleuve, lorsque l'un d'eux se 
mit i tracer sur le sable un problème qui le préocupait. 

L'autre, ayant dit, en le regardant taire, que ce n'était pas 
vrai', une discussion s'était engajçée. Lorsque leur mère les aper- 
çut, ils discutaient depuis le midi. " 

En 1852, il visitait l'Europe, servant de mentor à l'honorable 
M. Eodrigue Masson, ancien lieutenant-gouverneur de Québec, 
aujourd'hui sénateur, à Ottawa. A son retour Mgr Bourget le 
chargeait daller s'opposer aux malheurs causés par l'apostat 
Chiniquy, aux Illinois. X'aj^ant pas réussi à faire revenir son 
indigne confrère de classe à Nicolet, de seî erreurs scandaleuses, 
il revint à Suiut H^'acinthe, pour ne plus en sortir. Al. Béchard 
député d'IbsrviUe au parlement d'Ottawa, ne tarit pas eu éloges, 
sur le rôle délicat joué par feu le grand-vicaire Desaulniers, dans 
ces lointaines contrées. 

Depuis, M. Desaulniers a été le grand inspirateur des idées 
pratiques qui ont fait du c )llègo de Saint-Hyacinthe, ce qu'il est au- 
jourd'hui. 

*• A ceux qui lui reprochaient de ne pas écrire, de ne pas 
faire de livres, il répondait par ces belles paroles : '* C'est vrai, 
je n'écris pas, mais j'espère avoir laissé, dans l'esprit et le cœur 
de mes élèves ce que je pensais : " mes élèves seront mes livres." 
J'ai dit qu'il n'écrivait pas ; cependant, ce qu'ii n'a pas voulu 
faire pour le piblic, il l'a fait pour le collège de Saint-Hyacin- 
the. Il a laissé une belle traduction d'une grande partie de la 
Somme philosophique de S* Thomas, des cahiers de notes et d'ana- 
lyses sur toute espèce île choses, et un Traité des Obligations sur 
nos statuts. Car, il faut dire que, non content d'enseigner la phy- 
sique, les mathématiques, l'astronomie, la chimie et la philoso- 
phie, il avait établie une chaire de droit pour les philosophes 

" M. Desaulniers, dont les yeux paraissaient si bons, ne . 
voyait pas le rouge. Est-ce pour cela qu'il l'aimait si peu, en po- 
litique ? Il avait uu grand respect pour l'autorité civile, et ses 
relations amicales, avec les premiers hommes du pays, furent d'une 
grande utilité au collège de St-Hyacinte. 

" Vers les andécs 1849 et 1850, il faisait devant l'Iu-titut 
Canadien de Montréal, des lectures qui eurent du retentissement. 

" Il n'y a pas longtemps encore, il nous était donné de goû- 
ter à son enseignement philosophiqua. C'était au cabiuet de 



HISTOIRE d'yamachiciie 253 

Lecture Paroissiale; il avait pris pour sujet de son discours: 
VEtre. C'était un thème aride et peu attrayant ; et cependant 
l'auditoire était ravi. Quelle science ! Quelle science lucidité d'in- 
telligence ! Quelle clarté d'expression .. 

" De pareils hommes re devraient pas mourir, du moins pas 
dans la vigueur de l'âge, lorsque le monde recueille abondamment 
le fruit de leurs travaux. Malheureuseiiment, ce sont toujours 
ceux-là qui s'occupent ie moins de pi-olonger leur vie. 

" Pour montrer à leur bicn-aimé professeur combien il s'in- 
téi-essaient à ?a précieuse existence et lui permettre de conserver 
ses forces par un exercice noble et salutaire, les anciens élèves de 
St- Hyacinthe lui offraient, en septembre 1864, un magnifique 
billard. M. Desaulniers lut sensible à ce témoignage d'estime si 
plein d'opportunité. 

" C'est près de ce billard, qui lui rappelait de si doux sou- 
venirs, que le 30 avril 1867, il fut atteint de la maladie qui le 
conduisit au tombeau. Il se hâta de piofiter du temps qui lui res- 
tait à vivre pour assurer l'avenir du collège de St- Hyacinthe. Il 
mourut l'année suivante. 

" Le pays tout entier comprit la perte qu'il venait de faire. 
Quel concert unamine de regrets et d'éloges ! 

" L'illustre défunt avait dit que ses élèves seraient les livres, 
il aurait pu ajouter qu'il aurait, dans leui- souvenir, un monument 
plus glorieux et plus durable que la pierre qui couvre sa tombe." 



Mr. Joseph Bettez, m. d. 

Monsieur le Docteur Bettez, de Somerset, comté de Mégautic, 
est le plus ancien médecin des Cantons de l'Est. La famille 
Bettez, qui a joué autrefois un grand rôle à Yamachiche, est 
d'origine anglaise. Mais, il est a«sez probable que les memb-es 
de cette famille, dans la Province de Québec, n'ont qu'une pa- 
tentée bien douteuse avec leurs très arrièi-e-cousins, les Beaty, de 
Toronto. Si ces derniers se distinguent par leurs attaches aux 
sectes protestantes, les nôtres ont toujours été de bons catholiques 
ei le sont encore. Mais, trêve à ces souvenirs du passé. 

M. Joseph Bettez naquit à Yamachiche, le 6 octobre 1818, 
du mariage de Jacques Bettez et de Geneviève Houde. Son père 
était un brave négociant qui, pendant audelà de trente ans, a fait 



25 1 HISTOIRE D'VAMACIIICHE 

un lionnêto commerce ici. précisément à l'endioit où demeure 
aujourd'hui M. le Dr L. O. Maxime Belleinare, en face de l'égli- 
se actuelle. 

A l'âge de onze ans, le jeune Bettez entra au collège de Xi- 
colet, une année avant l'entrée de feu Sir A. A. Dorion dans la 
même institution. Le fameux Charles Chiniquifut son professeur 
d'éléments, de syntaxe et de méthode. Ses études classiques ter- 
minées, le jeune Bettez alla se f;iire admettre à l'étude de la mé- 
decine, à Montréal, puis il revint étudier sa profession, d'abord 
sous le Docteur Emmanuel Loid, pendant deux ans et demi, puis 
sou< le Dr G. Hadeaiix, aux Trois-Rivières, pendafit dis-huit 
mois, et enfin sous le célèbre Dr W. Marsden. de Québec. Ce 
dernier enseignait un cours de botannique et de dissection. M. 
Bettez se rendait à l'Hôpital de marine, alors à peine fondée, puis 
à l'Hôtel-Dieu. Il fut admis à la pratique, le 5 juillet 1841. Le 
bureau provincial de médecine se composait alors des Docteurs 
J. Blanchet, Painchaud, Dougla»s, Morrin, Couillard, Marsden, 
lloobyet Biais, avec Zéph. Nault, comme secrétaire. 

Reçu médecin, M. Bettez entra en société avec le Dr. Chs. 
Boucher, de Maskinniiiré. Quinze mois après, sur les vives instan- 
ces de feu Joseph Prince, de St-Grégoire, il se décida à aller s'é- 
tablir à Somerset, où il vit encore. M. Prince avait des enfants 
qui demeuraient à Stanfold, et il voulait la présence d'un médecin 
dans ces régions, à peine ouvertes à la colonisation. Quand M. 
Bettez s'éiab it à Somerset, M, l'aobé ClovisGagnon y demeurait 
Comme missionnaire de tous ces nouveaux établissomjuts, qui 
forment aujourd'hui, les j^lus i:uportantes paroisses des Cantons 
de l'Est. 

M. le Docte'ir Joseph Bettez s'est crée une jolie fortune, 
dans les anciens Bois-Francs, et il jouit en paix, aujourd'hui, du 
fruit de ses longs travaux, comme médecin, entouré Je l'estime et 
de la considération de ses co-parois iens. 



Lho.v. t. J. J. Loranuer 

Tho m. as Jean Jacques Loranger naquit à Yamachicho, en 
1823, et lit ses études classiques au collège dj Nicolct, où il se 
distingua, par ses éminents talents. 

Il étudia le droit, aux Trois-Rivières, sous I avocat Antoine 



HISTOIRE D'rAMACIÎICIIE 255 

Pole'te devenu, plus tard, juge delà Cour Supérieure, et fut 
admis au barreau, on lâ44. 

Dix ans après, on le nommait Conseil de la lioine. 

En 1850, il épousa Mello Angélique Trudeaueteut.de cette 
union, une enfant, Melle Alexina, aujourd'hui l'épouse de M. Henri 
Archambault, avocat remarquable, de Montréal. 

Devenu veuf, en 1858, il épousa, deux ans après, Melle Zélie 
Angélique Borne, petite fille de feu le célèbre écrivain Aubert 
de Gaspé, auteur deti Anciens Canadiens. 

De ce mariage naquit un fî'.s, Jo.seph, qui promet d'être un 
jeune homme d'avenir. 

Au début de sa carrière d'avocat, M. Loranger entra on so- 
ciété avec feu Thon. M. Drummond, qui devint juge, lui aussi, et 
il ne tarda pas à se crier au barreau, une brillante position, sur- 
tout comme criminaliste. Il savait, tout particulièrement, s'attirer 
les sympathies de ses confrères, qui aimaient à répéter et qui re- 
disent encoi-e, les saillies dont il se plaisait à les régaler. 

Quelques années plus tai-d, il forma une nouvelle société lé- 
gale, avec ses deux frères, Louis Onésime, maintenant juge de la 
Cour Supérieure, et Josaph, Conseil de la Reine (décédé il y a 
trois ans) et qui a laissé une belle clientèle à ses succe-^seurs dans 
la profession : MM, Beaudin et Cardinal. 

Durant plusieurs années, M. Loranger s'occupa activement 
de politique et il se distingua éminemment à la législature des 
Canadas-Uuis. 

Elu, en 185-i, député du comté de Laprairie, il fut secré- 
taire provincial, dans l'administration Macdonald-Cartier. Enfin, 
dans le mois de février 1864, il quitta l'arène parlementaire pour 
monter sur le banc, et fut juge de la Cour Supérieure, jusqu'en 
1879, époque où il prit sa retraite. 

Il a, très souvent agi comme assistant j ige de la Cour d'Ap- 
pel, et, en 1855, alors qu'il était tout jeune encore, il repré'^enta la 
Couronne, devant la Cour de la tenure seigneuriale, où il se fit re- 
marquer par -es connais.-^anees, déjà aussi nombreuses que profon- 
des. 

On lui doit plusieurs ouvrages île loi, entre a'itros, un Corn- 
vientaire sur le code civil, et. il fut le rédacteur en chef d'un) re- 
vue légale importante : La Thnnis. 



25G HISTOIRE d'yamachiciie 

M. JiOrangcr reçut de la Coar de Jîome, Tin^ignc dc^coratiun 
de Chevalier de Pie IX. 

11 fut professeur de droit administratif, à l'Universitd-Laval, 
qui lui conféra le titre do docteur en droit. 

Il fut chargé de la codification des lois provinciales, et , sa 
science a rendu au pays, des services dont les législateurs seront 
toujours heureux de bénéficier. 

Ses lettres, sur l'intcrpétralion du pacte fédéral, sont en 
grande estime dans le monde politique et léiral. 

Comme président de la société St-Jean-Baptiste, il a travail- 
lé à la célébration des noces d'oi* de notre fête nationale, en 1874, 
avec toute l'ardeur d'un jeune homme. Le discours que Thon, 
juge Loranger prononça ce jour-là, à l'île Ste-Hélène, est p-^utêtre 
le meilleur du genre qui ait jamais été prononcé à Montréal. 

Ses discours patriotiques sont étincelants de verve, admira- 
bles par l'élévation des idées, par les chaleureuses inspirations du 
cœur et, entin, par la beauté des tableaux. 

Le 18 août 1885, M. Loranger succomba à une engine pec- 
torale, àSainte-Pétronille, où il était allé chercher un peu do re- 
pos et de santé. 

Juiis consulte éminent, orateur plein de verve et de l'eu, écri- 
vain remarquable. Thon juge Loranger fut, comme ou s'est plu à 
le dire au jour de ses funérailles, l'un des plus beaux types de la 
race française en Amérique. 

H. M. 



I 



M. l'abbé a. N. Bellemare 

Les anciens de Xicolet se plaisent à dire que le célèbre phi- 
losophe et mathématicien François L. Desaulniers a été, pen- 
dant trente huit ans, professeur des hautes sciences dans ce col- 
lège. Bien qu'il n'ait pas constamment enseigné les mêmes 
sciences, M. l'abbé Antoine Narcisse Bellemare n'en a pas moins 
été professeur, à divers titres, pendant quarante cinq années, dans 
cette vieille institution. 

M. Bellemare naquit à Yamachiche en 1827, du mariage de 
Thomas Bellemare et d'Emilie Buisson. En 1840, ses parents 
renvo3'èrent à Xicolet oiî il se distingua toujours, autant par ses 
talents naturels que pur son application à l'étude et sa grande 



Histoire D'YAMAcnciiE 257 

piété. Il était cependant, d'une humeur joyeuse, à ses heures. 
Un jour qu'il avait commis le gi-ande faute de dire un mot à son 
voisin d'étude, le surveillant d'alors, feu M. l'abbé Jules Paradis 
prononça publiquement les paroles suivantes : '• M. Bellemare, 
qui se croit le Nestor des élèves, copiera les Sept Psaumes ! 
Tous ceux qui ont connu le caractère froid, réservé de ce bon 
vieux professeur, souriront en lisant cette anecdote, rappelée em 
passant. 

Dans l'automne de 1847, M. Bellemare revêtit l'habit ecclé- 
siastique et fut ordonné prêti'e, cinq années après. Il enseigna 
d'abord les Belles-Lettres, la Ehétorique jusqu'en 1853, i)uis la 
Théologie, jusqu'en l'année 1868. 

Pendant qu'il remplissait cet emploi, il occupait aussi d'au- 
tres charges très-importantes. I-ors d'un vOA'age de feu M. le pro- 
cureur F. X Côté à Rome, il le remplaça tout -en restant 
professeur de philosophie. De 1861 à 1865 il agit comme préfet 
des études, puis comme professeur de philosophie jusqu'en 
1883. Aujourd'hui encore, malgré ses longues années d'enseigne- 
ment, il occupe un emjîloi important, tout en jouissant d'un lé- 
gitime repos. 

Deux fois M. l'abbé Bellemare a été élu supérieur du sémi- 
naire de Nicolet et il a fait, en 1870, le voyage de Rome, dans 
les intérêts de sa chère in->titution. Il est universellement reconnu 
comme étant un prêtre d'une proverbiale modestie, très-versé 
dans les sciences de la philosophie, théologien érudit eu même 
temps, et d'une rare lénucité dans ses opinions, mûrement prises. 
Parfaitement détaché des choses de la terre, il n'a jamais 
recherché les honneur.-, même dans le monde religieux, se con- 
tentant de vivre le plus modestement possible, à l'ombre du vieux 
toit de Nicolet, qu'il aime tant. Il n'en restera pas moins l'une 
des grandes figures, parmi ceux qui ont enib/assé la carrière si 
ingrate et si ardue de l'enseignement, en ce pays. 



Antoine Cerin-La.toie. 

Il y a des hommes de valeur— en très-petit nombre qui met- 
tent autant de soin à cacher leur mérite que d'auttes se donnent 
de mal pour étaler leur médiocrité. M. Lajoie appartenait à cette 
première catégorie ; jamais nous n'avons rencontré dans la vio 
une personne plus modeiste, plus prête à s'effacer, à laisser ses 



258 HISTOIRE d'yamachiche 

«mules bc mettre en lumière. Il semblait ignorer son talent, quoi- 
qu'il eut conscience de sa foice. Etait il d'avis que la renommée 
— pour lui la gloriole — ne vaut pas la peine qu'où se donne pour 
l'obtenir ? Xous inclinons à le croire. Mais son nitrite devait 
percer, et le nom de M. Lajoie est depuis longtemps entouré 
d'une auréole. Comment concilier cet etiacement volontaire, cette 
modestie avec cette réputation d'homme remarquable si bien fon- 
dée parmi nous. Il a fallu, un puissant ressorc pour lancer eu 
dehors celte nature qui ne demandait que le cal me où secomplait 
le sage. C'e.-5t que M. Lajoie avait autant de patriotisme que de 
modestie. Il s'est livré chez lui un combat entre ces deux vertus, 
et le désir d'être utile aux siens l'emportant, l'a fait parfois sortir 
•de son isolement. 

Comme tous ses contemporains arrivés au succè?, M. Lajoie 
n débuté dans la carrière, avec la pauvreté pour compagne. Hélas ! 
les canadiens d'il y a cinquante ans n'étaient pas riches; il est 
vrai que la fortune ne les à pas encore gâté-», mais le présent est, à 
coup sûr, bien plus doré que ne l'était la passé. Il entra dans le 
journalisme, qui se ressenuiit de l'état général du pays. Lorsque 
la clientèle d'une feuille est peu nombreuse, les propriétaires ne 
font que de maigres rentes aux rédacteurs. M. Lajoie donnait 
donc à la Minerve (1845 à 1852) le plus solide de son talent, et ne 
recevait, en échange, que juste ce qu'il faut pour paraître 
nourri et habillé ! Le jeune écrivain ne regardait guère sa pau- 
vre défroque. Les soucis de la politique, les angoisses patriotiques 
l'absorbaient, et il se demandait avec anxiété si M. Lafontaine, 
dont il était le disciple et l'admirateur, pourrait faire sortir notre 
salut de l'Acte d'union, machiné pour notre perte ".'' 

Le journalisme militant n^; pouvait convenir longtemps à 
une nature aussi calme, aussi ennemie du bruit. Tout le portait 
vers l'étude, et ce fut une bonne fortune, pour les lettres et la bi- 
bliographie canadiennes, que l'entrée du jeune Lajoie à la biblio- 
thèque du Parlement. C'est comme bibliothécaire qu'il est moins 
connu, et c'est peut-être en cette qualité qu'il mérite le plus de 
l'être. Grâce à sa vive intelligence, il sut bientôt deviner les de- 
voirs qui découlaient do ses nouvelles fonctions. Il comprit bien 
vite qu'un bibliothécaire n'est pas, comme certaines gens ont en- 
core ici la naïveté de le croire, une espèce d'automate qui connaît 
la place des livres sur les rayons, ni, non plus, un homme 
qui concentre son attention sur une des parties de la science à 



HISTOIRE d'hyamachiche 259 

l'exclusion des auties. Non, M. Lajoie vit clair du premier coup 
d'oeil qu'il jeta autour de lui. 11 vit l'immensité de connaissan- 
ces qu'il fallait acquérir pour devenir un bibliothécaire, et il eut 
la noble ambition de prétendre à l'universalité de la science dans 
la mesure de ce que peut embrasser l'esprit humain. En quel- 
ques années, il put mettre au service du Parlement, au service 
des centaines de peroounes qui, de tous les points du pays le con- 
sultaient, une science qui n'était jamais en défaut, et une com- 
plaisance que rieu ne rebutait. Il était savant et bon, comme un 
bénédictin. 

Bibliographe et bibliophile, il connaissait et aimait les livres ; 
les belles éditions, les éditions rares ; les Aide, les Elzevier, les 
les Etienne, les BasKerville, lui étaient aussi familiers que le 
sont, à ses contemporains, les éditions canadiennes. C'est ici le 
moment de dire qu'on lui doit le grand catalogue raisonné de la 
Bibliothèque Fédérale, publié en 1857. C'est le premier travail 
de ce genre, mené abonne fin, dans notre pays ; et, ceux qui n'ont 
jamais fait le catalogue d'une bibliothèque particulière, ne peu- 
vent se rendre compte de la somme de travail que représentent 
les 1.700 pages de ce volume ! Il a fondé la bibliographie fran- 
çaise du Parlement ; il l'a organisée dans toutes ses parties, y 
accumulant des richesses, des trésors qui font foi de ses connais- 
sances bibliographiques. 

î^ous disions, tantôt, qu'un sentiment élevé avait seul pu 
vaincre sa modestie. Oui, s'il est sorti do son effacement, ce n'a 
été que pour rendre service à son pays. C'est parce que le rouage 
des institutions parlementaires n'était connu que du petit nombre 
de ses compatriotes, qu'il donna à l'imprimeur son CathécJv'sme 
politique, dont il a préparé une seconde édition qui, nous l'espé- 
rons, verra bientôt le jour. 

C'est parce qu'il voyait nos jeunes gens déserter nos com- 
pagnes qu'il écrivit cette touchante histoire, si pleine de couleur 
locale qui a nom : Jean Rivard. C'est un éloquent plaidoyer en 
faveur de la colonisation. Le Monde de Paris, a fait à Jean Ri- 
vard l'honneur de le reproduire dans ses colonnes, honneur qui 
est échu à ce seul ouvrage canadien. 

M, Lajoie a quelque peu sacrifié aux muses. Il a écrit une 
tragédie qui est surtout remarquable, parce qu'elle était l'œuvre 
d'un écolier de 17 ans. Son Canadien Errant, peut-être le chant 



2GÛ HISTOIRE D YAMACUICUE 

le plus populaire du pnjs, n'est qu'au sanglot patriotique que lui 
arracha la vue de son " pays malheui-eux, " aux jours de 1837. 
On raconte que ces strophes mélancoliques lui furent inspirées 
par le spectacle de ses compatriotes partant pour l'exil, à la suite 
(les malheureux événements de cette époque. 

M. Lijoie a laissé un. journal de sa vie, commencé au collège 
et continué jusqu'aux derniers jours de sa carrière. Nous espéi'ons 
qu'il sera confié à des mains expérimen'ées qui sauront en tirer 
des pages remarquable^, à plus d'un titre. Ce serait le moyen de 
faire connaître pleinement un homme qui no s'est révélé avec 
toutson mérite qu'à quelques intimes. 

On renc >ntre rarement, dans la vie, des hommes du caractère 
de Gérin Lajoie, des hommes dont on peut dire sans exagéi'ution 
qu'ils n'ont pas de défaut. C'était le vrai sage, tel que le conçoit 
le christianisme, ne vivant que pour son Dieu, sa foni'lle et son 
pays. Comme écrivain, c'était la figure la plus sympathique de 
notre petite république des lettres. Là, comme dans les autres 
sphères d'actions où il a été répandu, il ne laisse aucun ennemi, 
mais'dc bons souvenirs, et une mémoire qui sera chère longtemps 
à ceux qui l'ont connu. 

A. D. DeCelles, 

Voici la célèbre chanson composée par A, Gérin-Lajoie : 

Un canadien errr.nt. 
Banni de ses foyei-s, 
Parcourait en pleurant 
Des pays étrangers. 

Un jour, triste et pensif, 
Assis au bord des flots, 
Au courant fugitif 
11 adressait ces mots : 

" Si tu vois mon pays. 
Mou pays malheureux, 
Va dire à mes amis 
Que je me souviens d'eux. 

" Pour jamais séparé 
Des amis de mon cœur. 
Hélas ! oui, je mourrai, 
Je mourrai de douleui-. 



HISTOIRE UTAMACHICHE 261 

" Plongé dans les malheurs, 
Loin do mes chers parents, 
Je passe dans les pleur-, 
D'infortunés moments. 

O jours si pleins d'appiis. 
Vous êtes dit;paru8... 
Et mon pays, hélas I 
Je ne le verrai plus. 

Non, mais en expirant, 
mon cher ('anada, 
Mon regai'd languissant 
Vers toi se portera. 

Benjamin Suite, dans le Monde Illustré du 22 octobre 1892, 
■écrit au sujet de la chanson ci dessus reproduite : 

'' Je vais vous raconter comment cette chanson célèbre est 
venue au monde. Il y avait au collège do Nicolet un élève du 
nom de Pinard qui chantait des airs de marche durant les pro- 
menades autorisées. On se plaisait beaucoup à marquer le pas 
sur les cadences du jeune Pinard, et comme Gérin-Lajoie venait 
de voir passer sur le fleuve le navire qui emportait les exilés 
canadiens déportés en Austi-alie, il conçut le projet de faire chan- 
ter à ses camarades une complainte sur ce sujet. Elle fut com- 
posée en moins d'une heure et le lendemain tout le collège reten- 
tissait de ces accents. Ce fut comme une traînée de poudre dans 
le Bas-Canada. L'air y était connu. Les grands chansonniers, 
comme Béranger, ont toujours adopté dos airs familliers à tout le 
monde. La po]3ulation vibra au son des paroles qu'elle entendait 
parce que c'était l'expression de la pensée populaire. Vousdirais- 
je que ces couplets se sont répandus aux extrémités de l'Amérique, 
partout il y a des Canadiens, et, comme dit le Père de Smet : " où 
les Canadiens-français n'ont-ils pas pénétré ? " 



M. Raphaël Bellemare. 

La présente biographie est traduite d'une publication an- 
glaise intitulée A Cyclopedia of Canadian BiograpTiy : 

Raphaël Bellemare, l'inspecteur du revenu do l'Intérieur du 
district de Montréal, descend d'une ancienne et honorable famille 
française émigrée au Canada vers l'année 1650. Son père, Paul 
l8 



262 HISTOIRE DYAMACHIGHE 

Bellemnre, d'Yaniachiche, avait époiibé Marguerite Gélinas, de 
la même paroisse et de la même famille. Eajjhaël a vu le jour 
le 22 février 1821, et fut envoyé au collè^-e de I^icolot pour y 
suivre son coui s d'études classiques, après avoir fait seul son 
instruction élémentaire, à la maison j^aternelle. Par la suite, de 
1845 à 1847, il profeesa les- Belles-Lettres dans cette illustre 
institution. Sorti du collège, il se rendit à Montréal pour y étu- 
dier le droit, dans le bureau de feu M. P. E. Lafrenaj'e, 0. R., et 
plus tard, dans celui du juge Coursol. Dans le même temps, et 
pendant la période de 1847 à 1855, M. Bellemare fut le rédacteur 
de La Minerve, le principal organe d'alors du parti Lafontaine- 
Morin, ou de la réforme. Comme écrivain, il a montré qu'il était 
très heureusement doué, et ses écrits se distinguent toujours par 
la force et la vivacité du btyleet une logique sévère. Dans toutes 
les grandes questions, comme celles des écoles publiques, de la 
séculari.-atiou des biens du clergé, de la représentation basée sur 
la population, qui passionnaient alors les esprits, La Minerve 
avait à diriger la discussion, et la plume hnbilc de M. Belkmaro 
ne restait pas inactive. Injurié par les journaux du parti adverse, 
l'AvENiR, le Moniteur et le Pays, M. Bellemare conserva sou 
sang-froid, demeura ferme et combattit avec une dignité et une 
habileté qui lui gagnèrent l'admiration ut la gratitude de ses 
amis. Fils dévoué de son église, il voulait le maintien de l'instruc- 
tion religieuse à l'école, croj'ant et prétendant qu'autrement la 
nation finirait par perdre ta foi. Et M. Bellemare avait très 
probablement raison. 

Admis au barreau, M. Bellemare n'a jamais pratiqué sa pro- 
fession ; le journalisme, qui l'avait conquis, lui avait déjà fourni 
l'occasion de lutter vaillamment et avec grand éclat. Lors de la 
confédération des provinces, il fut nommé au poste qu'il occupe 
encore, et jamais, ])endant toute la durée de sa vie officielle, on 
n'a entendu une plainte contre lui, le fonctionnaire zélé et capa- 
ble. M. Bellemare possède le diplôme de membre correspondant 
de la Société des Antiquaires, de Normandie. Il a été l'échevin du 
quartier Saint-Louis, de Montréal, pendant six années, à la grande 
satisfaction doses concitoyens. M. Bellemare a été l'un de ceux 
qui furmèrent le projet de réunir les anciens élèves du collège de 
Nicolet en 1866, et il fut le secrétaire de l'organisation. Aussi 
membre du comité des zouaves canadiens et secrétaire, pendant de 
nombreuses années, delà société Sàint-Jean-Baptiste. M. Belle- 



HISTOIRE d'yamaciiiche 2G3 

/ 

mare est, de plus, membre du conseil d-' lu Fabrique de Notre- 
Dame, vice-président du conseil de direction de la Banque d'E- 
pargnes, de la cité et du district de Montréal, et piésident zélé> 
depuis près de trente ans, de la société de Saint-Vincent de Paul. 

M. Bellcmare n'a jamais entièrement rompu avec le journa- 
lisme et ses écrits peuvent toujours se reconnaître au stylo parti- 
culier de l'écVivain. Il a été l'un des fondateurs do la société his- 
torique de Montréal, et l'on connait son goût pour les recherches 
historiques et pour la collection de livres rares et précieux. Sa 
bibliothèqua des ouvrages sur l'Amérique est une des plus com- 
plètes du pays. 

En 1849, M. Bellemare a épousé Anastasie Geoffrion, fille 
de Romain Geoffrion, de Boucherville. Elle est morte en 1882. 
Cinq enfants sOnt issus de ce maritige : trois gai-çons et deux 
filles. Les deux filles seules survivent: Mathilde, l'améc, (st l'é- 
pouse de D. L. Desaulniers avocat, pi'ésentement traducteur 
français, aux Communes; Joséphine à épousé M, P. A. Jodoin, de 
Bélœil. En mai 1885, M. Bellemare s'est remarié à Madame M. 
L. Euchariste jSTormandir, la veuve de fou M. Alfred Normandiu, 
marchand de Montréal. 

Une personne, bien amie de M. Bellcmare, nous communi- 
que de nouveaux détnils. Ils complètci'ont la biographi • qui pré- 
cède. Les voici, textuellement : 

" M. R. Bellemare fut marié deux fois. La première fois, lo 
18 septembre 1849, à darne Anistasie Geoffrion dit St Jean, dans 
l'église Xotre-Dame de Montréal, par le Eév. M. St- Pierre, sul- 
jDÏciea, alors curé de cette paroisbc. 

" Cinq enfants naquirent de ce mariage, trois garçons et deux 
filles. L'ainé, Georges Alphonse Raphaël, fut baptisé le 21 
d'août 1850, et mourut le 16 décembre 1872 (à vingt-deux an«). 
Il avait terminé son cours de droit et, durant ses loisirs, avait 
déjà cultivé de très heureuses dispositions pour la saine littéra- 
ture, en publiant des essais daus VEcho du Cabinet de Lecture 'pa- 
roissial et autres journaux. Un second fils, Philippe Oreste Ma- 
rie, baptisé le 30 avril 1852, ne vécut que treize mois ; et le 
troisième, Marie Louis Hercule, baptisé le 14 septembre 1856, 
mourut à Bélœil, lo 20 d'août 1881. La maladie l'avait empêché 
de suivre un cours d'études complet. L'ainée des filles, Marie- 
Mathilde Anastasie, fut baptisée le 24 février 1854. Elle fut ma- 



2G4 HISTOIRE D'YAMACHICHE 

riéo le 15 novembre 1877, à M. Dionis L. De!?aulniers, avocat, de 
Montiéal, cl maintenant d'Ottawa. La seconde, Marie Sophie 
Joséphine, fut baptisée à Montré:i], le 3 décembre 1858. Elle 
•épousa M. P. A. Jodoin, le 10 mai 1877. Elle réside à Bélœil. 

Madame R. Belleraare, après trente trois années de maria- 
ge, finit sa carrière terrestre, en novembre 1882. Cette très di- 
^ne et vertueuse épouse, cette mère affectionnée et tendre, cette 
femme modèle, avait eu le malheur de perdre ses trois fib, et, 
plus tard, la consolation de voir ses doux filles alliées à des fa- 
milles honorables. 

En secondes noces, M. R. Bellemare épousa dame Léonine 
Euchariste Norraandin, le 11 mai 1885. La bonne santé fait dis- 
paraître la difiFérence d'âge qui existe dans cette heureuse allian- 
ce. " 



MONSIGNOR ISAAC Gélinas, Y. -G. 

Au nombre des prêtres remarquables, nés à Yaraachiche, feu 
le grand-vicaire Isaac L. Desaulniers et Monsignor Gélinas sont 
au premier rang. 

Celui dont le nom figure eu tête de la présente esquisse, 
naquit dans cette partie de la paroisse d'Yamachiche détachée 
jadis et qui forme aujourd'hui, la florissante paroisse de Saint- 
Barnabe, la seconde, en importance, de tout le comté de Saint- 
Maurice. 

La généalogie de la famille Gélinas fait connaître la date 
de naissance de Mgr Gélinas, ainsi que ses titres. Il eut ponr 
père Joseph Gélinas et ponr mère Théotiste Hulon-Beaulieu. 

En nommant feu l'abbé Philippe Octave Gélinas, le rév. 
père jésuite Raphaël Gélin- s (du collège St. François-Xavier, de 
New-York), M. Pierre Gélinas, ancien député du comté de 
Richelieu au parlement de Québec, le célèbre Evariste Gélinas 
(si bien connu sous le pseudonime de Carie Tom, dans les chroni- 
ques de la Minerve) c'est assez dire que Mgr Gélinas appartient à 
une famille honorable et fort distinguée. 

Elève de Nicolet, en 1844, il eut feu le grand-vicaire Luc 
Desilets, parmi ses confrères de classe. Séminariste, en 1852, feu 
Mgr Thomas Cooke l'ordonna prêtre, eu 1858, On lui confia 
l'enseignement de la classe de rhétorique, de 1857 à 1860, puis 



HISTOIRE d'yAMACHICHE. 265 

celui de la théologie, pendant quatre années. Il fut préfet des 
études, de 1865 à 1882, et aussi professeur, de 1887 à 1892. M. 
Q^élinas eut, deux fois, l'honneur d'être choisi comme supérieur 
du Séminaire de Nicolet. La maison mère des religieuses de 
l'Assomption a eu l'honneur de l'avoir pour chapelain pendant 
seize ans, do 1872 à 1888. 

Lors de l'érection du nouveau diocèse de Nicolet, en 1885, 
Sa Grandeur Mgr Elphège Gravel choisit M. Gélinas pour l'ua 
de ses deux grands-vicaires. Son nom fut même, assure-t-on, 
envoyé à Rome parmi les trois candidate soumis à l'approbation 
du Saint-Père comme titulaiie du nouveau diocèse. Ce seul fait 
constitue, à lui seul, un titi-e suffisant pour que l'humble profes- 
seur de Nicolet soit compté au nombre des illustrations du clergé 
trifluvien. 

Mais un nouvel et insigne honneur était encore ré-ervé à- 
M. le grand-vicaire Gélinas. Par décision de la Cour de Kome, Ift 
26 janvier dernier, M. Gélinas se voyait élevé à la haute dignité 
ecclésiastique de Prélat lioraain, faveur qui n'a été accordée, 
jusqu'ici, qu'à un tiès-petit nombre do membres du cleigé cana- 
dien. 

Aussi, cette distinction at-elle réjoui tous les admirateurs et 
amis de Monsignor Gélinas. Avec le vénérable Monsignor Char- 
les Olivier Caron (une auti-e illustration nicolétaine) le clergé 
trifluvien se trouve, maintenant à avoir, i armi ses membres, deux 
Prélats Eomains. Le grand père de Mgr Caron étant né à 
Yamachiche, Mgr Gélinas étant lui même né ici, noti-e vieille 
paroisse peut donc se glorifier à bon droit d« ces grands honneurs 
accordés à deux personnages religieux remarquables qui lui sont 
chers à plus d'un titre. 

Plusieurs fois déjà, depuis son installation comme évêque du 
nouveau diocèse de Nie let. Monseigneur Gravel donna, à soit 
digne grand-vicaiie, une preuve non équivoque de contianco, en 
lui confiant l'administration des affaires diocésaines, pendant ses 
absences, en Europe et aux Etats-Unis. 

Disons enfin, qu'api'ès avoir largement contribué à toujours 
maiatenir, à augmenter nr.êire, la grande repommée du collège 
de Nicolet, Monsignor Géiinas y demeure encore, joui.-ssant d'ua 
légitime repos, après tant d'années passées au rude labeur da 
l'enseignement. 



26G HISTOIRE d'yamachiche 

Cette note biographique est trop eourte, bien trop courte 
même, et surtout fort incomplète. Tout de même, il n'en sera pas 
moins reconnu que Mgr Gélinas, en honorant la maison deXico- 
let, n'en a pas moins h' noré ea vieille paroisse natale qui sera 
toujours fière de le compter au nombre de ses enfants les plus 
ûist\u>r\xés. 



L'HoN. Juge L. O. Loranger. 

Ceux qui ont suivi de près les événements politiques, îiu par- 
lement de Québec, de 1S75 à 1882, savent la part brillante qu'y 
a pris celui que l'on nomme aujourd'hui l'honorable Louis Oné- 
gime Loranger, juge de la Cour Supérieure, à Montréal. En 1878, 
il était le lieutenant de Thon. M. Chaplcau qui lui confia le por- 
tefeuille de Procureur-Général dans son administration, en 1879. 

M. Loranger naquit à Yamachiche, le 10 avril 1837, du ma- 
riage de Joseph Loranger et de Louise Dugal. Après avoir com- 
mencé ses études classiques au collège de Montréal, il les termina 
à celui des RR. PP. Jésuites. Admis au barreau, le 3 mai 1858, il 
entra de suite' en société avec ses deux fières fcu l'hon. Thomas 
Jean Jacques Loranger, juge de la Cour Supériure, et Joseph Lo- 
ranger, conseil de la Reine. A la mort de son frère aine, il exerça 
la profession légale avec son autre frère, jusqu'à l'époque de sa 
promotion au banc de la magistrature. 

Elu membre du conseil du barreau, en 1876, il n'a cessé d'en 
faire partie, tant qu'il a pratiqué comme avocat. M. Loranger a 
^té élu échevin du quartier Saint-Louis, l'un des plus importants 
de Montréal. 

Il épousa, en 1867, Demoiselle Rosalie Laframboise fille du 
juge L. Laframboise, et eût, de ce mariage, huit enfants. L'an 
dernier, une de ses filles épousait le fils aine de l'hon. M. L. R. 
Masson, ancien lieutenant-gouverneur de la pi'ovince de Québec. 

Comme politicien, M. Loranger a joué un rôle qui, pour 
avoir été de courte duiée, n'en a pas moins été actif et moins 
brillant. Jusqu'à l'an deinicr même, plusieurs de ses admirateurs 
et ixm'iti ont fait des instances pour lui faire abandonner la ma- 
gistrature et lui confier la direction du parti conservateur, dans 
la province de Québec. 



HiSTOIRE d'yAMACHCHE 267 

Le comté de Laval l'envoya représenter ses intérêts au par- 
lement de Québec, depuis 1875 juf;qu'en 1882. 

Ayant perdu sa première épouse, il se remaria, quelques an- 
nées plus tard, à Madame Varin, née Antoinette Valois. 

La réputation de M. le Juge L. 0. Loranger est bien établie. 
Avocat habile, orateur distingué, jurisconsulte impartial, il est 
une des plus belles figures de notre époque. Disons, en terminant, 
que les honneurs ne l'ont jamais empêché de vouer un culte tout 
spécial d'affection à la paroisse qui l'a vu naitre. Chaque année 
il revient visiter les lieux aimés de son enfance et serrer la main 
de ses vieux amis d'Yamachiche. Avec feu le grand-vicaire Des- 
aulniers et ses deux frères Thomas et Joseph, on peut dire qu'il 
figure au pj-emier rang parmi ceux que les honneurs n'ont pas 
empêché de conserver un attachement tout particulier au clo- 
cher du village natal. Dernièrement encore, M. le juge L, O. 
Loranger suggérait au poëte Nérée Beaucherain, l'idée de faire 
élever un monument à la mémoire du vénérable curé Dumoulin. 
Ce dernier trait donne la mesure des sentiments affectueux que 
que garde toujours M. Loranger pour Yamachiche et ses souve- 
nirs du passé. 



La Revde. Sœur Lamy. 
(née Adè^e Lamy). 

Parrni toutes les religieuses nées à Yamachiche, Sœur Lamy 
et la révde Sr. Sabine (née Philomène Lesieur) figurent au pre- 
mier rnng. A l'occasion de sa mort, arrivée en janvier dernier, 
un ami a publié les lignes snivantes, dnns le Monde, de Montréal : 

Les sœurs Grises viennent de perdre une de leurs plus dé- 
vouées missionnaires, dans la personne de Marie Adèle Lamy, en 
religion Sr Lamy, décédée à l'âge de 57 ans. Outre ses chères 
compagnes et son vieux père, elle laisse, à Yamachiche, plusieurs 
frères et sœurs pour regretter son absence de ce monde, après 
avoir pleuré longtemps son absence du pays. Une de ses sœurs, 
qui lui survit, a été sa fidèle compagne de religion : Sr. Caron. 
La mère de Sr Lamy était la fille de Charles Caron, plusieurs 
fois élu député, au parlement de Québec, pour le comté de Saint. 
Maurice, et la petite fille de Augustin Eivard Dufresne, premier re- 
présentant du même comté à Québec, en 1792. 



268 HISTOIRE d'yamachiche 

La position de sa famille, ses manièrea engageantes et les 
qualités remarquables de son cœur, promettaient à Sr Lamy un ave- 
nir souriant. Elle eut pu vivre richement et honorée, :iu milieu 
des siens. Mais la Providence avait d'auties vues sur elle : une 
voix intérieure lui annonça qu'elle devait se consacrer au Sei- 
gneur. Soumise à cet appel, elle entra chez les sœurs Grises, le 8 
février 1856. 

Le 17 septembre 1857, elle quittait la maison mère de 
Montréal, en compagnie des sœurs Eraery et Alphonse (demoi- 
selle Jacques) pour aller fonder une mission dans les lointaines 
prairies du Nord-Ouest, sur les bords de la rivière Saskatche- 
wane. Le chemin de fer les conduisuit jusqu'à St-Paul, Minneso- 
ta et, le 29 septembre, après une marche de six semaines, elles 
laissaient cette ville pour se rendre, d'abord à la Eivière flouge, 
avec une caiavanc qui devait les accompagner jusqu'au terme de 
leur long voyage. De St-Paul à la Rivière Rouge, ces jeunes et 
délicates religieuses n'eurent à leur disposition qu'une humble 
voiture à bœuf, que chacune d'elles devait diriger. Le 29 octo- 
bre, elles arrivaient à Saint-Bonifuce. Les misères de cette pre- 
mière partie du voyage et surtout le froid enduré, à cette saison 
rigoureuse, leur firent apprécier davantage l'hospitalité de leur 
co-religieuses de là, avec les^quelles elles passèrent tout l'hiver. 
Le -i avril 1859, elles firent un adieu, peut-être éternel, à leurs 
amies et reprirent la voiture et les bœufs pour se rendre au 
terme de leur voyage, le 24 septembre. Vue fois installées dans 
leur mission, leur premier soin fut d'étudier la langue crise et de 
faire la clas?e à 30 ou 40 enfants sauvages, de visiter les malades, 
de se livrer enfin aux travaux les plus pénibles, duns un pays où. 
tout était à créer. Mais, quelle ne fut pas cette terrible épreuve 
pour ces jeunes sœurs, dès leur arrivée ! La chasse ayant man- 
quée, pendant plusieurs mois, elle n'euient à manger que de l'orge 
pilée et bouillie et du lait caillé. Qui le ciH)irait ? Plusieurs années 
durant, leur unique nourriture fut le pimigan (viande séchée et 
pilée) et le poisson. Après douze îinnées de cette pénible vie, de 
ce triste séjour à Saint-Albert, Sr Lamy fut transférée, en 1871, 
au lac Labiche, comme supéricuie. Inutile d'ajouter que c'était 
une mission chez les sauvages. Au printemps de 1873, elle re- 
vint à la maison mère de Montréal, mais n'y s'éjourna qu'un 
mois ou deux. 



HISTOIRE d'tamachiche 269 

Entrainée par son zèle, son dévouement et son affectueuse 
charitéjpour " ses petits sauvages, " Sr Lamy fit de telles instan- 
ces, qu'il fallut lui jiccorder la permission de retourner à ses chè- 
res prairies du Kord-Ouest. Elle partit donc, à l'automne de la 
même année, pour la mission de Saint-Boniface, où elle occupa 
successivement les charges d'assistante, de maîiresse des novices 
et de supérieure vicaire. 

En 1887, après vingt ani-.ées d'une vie de misères, de priva- 
tions et de sacrifices multipliés, elle fut enfin rappelée à la maison 
mère, pour assister au chapitre général de l'Institut. Depuis lors, 
elle demeui-a à la communauté, se rendant toujours utile, malgré 
une santé chancelante, suites de ses glorieuses missions. Le 16 
janvier dernier, chargée de bonnes actions, honorée de ses com- 
pagnes et laissant à tous un exemple des plus grandes vertus, elle 
est allée au Ciel, recevoir la récompeuse de son illustre apostolat. 
Les peuplades du Nord-Ouest béniront longtemps le nom de la 
vénérable sœur Lamy. 



M. l'abbé Joseph Blais. 

M. le curé actuel de Saint-Guillaume d'Upton, diocèse d© 
Nicolet, mérite do figurer parmi les prêtres remarquables qui ont 
consacré la plus grande partie do leur vie à l'œuvre ingrate et 
pourtant si méritoire de renseignement. 

Né d Yamachiche, le 4 novembre 1834, du mariage de 
Joseph Biais et de Lucie Gérin-Lajoie, il étudia d'abord à l'école 
des frères des écoles chrétiennes, aux Ïrois-Rivières. A l'âge de 
seize ans, ses parents l'envoyèrent au collège do Nicolet, où il fit 
un excellent cours classique. Parmi ses confi ères de classe figu- 
raient le lieutenant-gouverneur actuel de la province, l'hon. A. R. 
Angers, l'hon. Sévère Eivard, MM. les abbés Ir. Douville, Elie 
Dauth, Thomas Maurault et Pierre Bellemare, Ces quatre 
derniers prirent l'habit ecclésiastique en même temps que lui, 
en 1857. 

M. le curé Biais enseigna d'abi)rd la syntaxe. L'année sui- 
vante, la troisième; en 1859, l'architecture, l'astronomie et la 
m.néi alogie. Ordonné prêtre le 23 septembre 1860, il enseigna 
la même classe, puis celle de rhétorique, l'année suivante. De 
1862 à 1868, il fut professeur des mathématiques, passa ensuite 



270 HISTOIRE d'yamachiche 

une année à StanfoM, comme directeur du collège commercial 
fondé en cette paroÎHse, puis revint à Nicolet, où il enseigna la 
théologie, pendant une année ; ensuite les niatliéuiatiques et 
l'astronomie ; puis enfin la théologie. On le nomma directeur 
des élèves, en 1872, charge qu'il n'a abandonnée qu'en 1886, alors 
que Mgr l'évêque de Xiçolet l'appela à la cure de Bécancour. 

Tous les élèves qui ont connu M. l'abbé Biais au collège de 
Nicolet, se 2)laisent à reconnaître qu'à tes grandes aptitudes pour 
les hautes branches de l'enseignement, il joignait un esprit de 
douceur et de bonté qui le faisait chérird'avantage. Même quand 
il semblait iri'ité on savait qu'il était peiné d'avoir à réprimander. 
Après avoir vécu t-i longtemps au séminaire de Nicolet, M. 
l'abbé Biais a dû laisser cette institution bien à regret. Excellent 
professeur, directeur aimé des élèves, il est maintenant l'idole 
des braves paroissiens de Saint-Guillaume d'Upton. 



L'hon, Sévère Rivard. 

Les ancêtres de l'hon. Sévère Rivard, venus de France, se 
fixèrent en Canada, avant le premier recensement de 1866, alors 
que la population de la Province n'était que de 4,312 âmes. 
Comme on le voit, la famille Rivard est une des plus anciennes du 
pays. 

M. Rivard naquit à Yamachiche, le 7 août 1834, du mariage 
de Augustin Rivard Laglanderie et de Mai-guerite Rivard Du- 
fresne. A l'âge de treize ans, ses pavents l'envoyèrent au collège 
de Nicolet, où il fit un cours d'études classiques brillant. Parmi 
ses confrères de classe se trouvait l'hon. A. R. Angers, aujour- 
d'hui Lieutenant-Gouverneur de la Province Je Québec. En rhé- 
torique ces deux jeunes élèves luttèrent ensemble pour le prix 
d'éloeution et Sévère Rivard ne fut vaincu que par quelques voix. 
Reçu avocat, en 1859, M. Rivard épousa à Montréal, en 1863, 
Melle Delphine Choquette. N'aimant pas les luttes politiques il 
refusa constamment de se présenter dans plusieurs comtés, mais 
s'occupa beaucoup des affaires civiques, à Montréal. Il futéchevin 
ue cette grande ville, pendant neuf ans. En 1879, il eut l'insigne 
honneur d'être élu maii-e de Montréal, en opposition à la candi- 
dature de feu l'hon. Jean Louis Beaudr^', réputé invincible 
jusque là, puis réélu maire par acclamation, en 1880. Lors de 
l'arrivée au pouvoir du cabinet Ross-Taillon, en 1886, l'un des 



HISTOIRE d'tAMACHICIIE 271 

premiers actes do C(^ gouvernement fut d'appeler M. Eivard au 
conseil législatif, en remplacement de feu l'hon. J. L. Beaudry, 
son ancien adversaire pour la mairie de Montréal. En 1887, 
l'hon. M. Eivard, de concert avec feu Joseph Loranger C. E., 
agissait comme trésorier du parti conservateur ^district de Mont- 
réal), aux élections pour les Communes d'Ottawa. 

Parti d'Yamachiche, sans la moindre fortune, pour aller 
étudier le droit à Montréal, en 1?56, l'hon. M. Eivard, par un 
travail conS'tant, sa giande énergie, autant que pnr ses talents 
distingués, a pu mailriser la fortune et arriver jusqu'au poste si 
élevé de maire de la grande métropole commerciale du pays. Ces 
quelques mots suffisent pour faire son éloge. 

L'hon. M. Eivard est mort, en 1888, laissant une jolie fortu- 
ne à sa veuve. Coïncidence singulière il a été inhumé le même 
jour que son vieil ami d'enfance feu M. Sévère L. Dcsaulniers, le 
plus jeune frère des célèbres abbés François et Isaac Desaulniers, 
professeurs à Nicolet et à Saint H3'acinthe. 

Avec l'hon. juge T. J, J. I. oranger et M. Eaphaël Bellemare, 
l'hon. M. Eivard fut l'âme de la grande fête de Nicolet, en 1866, 
de même qu'il aida à la mémorable fête des cloches d'Yama- 
chiche, en 1876. Il fut aussi l'un de ceux qui, en 1870. encoura- 
gèi'ent le noble mouvement des zouaves pontificaux, pour la 
défense du pouvoir temporel du Saint-Siège. 



L'HoN. Elzear Gerin. 

La M.inerve, le 20 d'août 1886, au lendemain du décès de 
l'Hon. E. Gérin, publiait un article éditorial, évidemment dû à 
la plume de M. Arthur J">ansereau, maître de poste actuel de 
Montréal et l'un des plus intimes amis de Gérin. En voici les 
principaux extraits : 

" Jeune encore M. Gérin s'engagea dans le journalisme ou 
il ne tarda pas à se distinguer. C'était en 1£62 ; il n'avait alors 
que 19 ans. 

" Comme les polémiques de chaque jour ne suffisaient pas à 
son activité il trouvait le loisir de collaborer à plusieurs publica- 
tions périodiques. C'est ainsi qu'il publia vers cette époque, dans 
la Bévue Canadienne, une série d'articles sur les relations com- 
merciales du Canada avec les Etats-Unis. Aujourd'hui que cette 



272 HISTOIRE D'YAMACniCHE 

question est plus que jamais d'actualité il ne serait peut-être pa» 
sans intérêt d'exhumer ces écrits, autant pour connaître les idées 
préconisées ï cette époque, qui semble déjà reculée, que pour sai- 
sir l'un des côtés trop peu connus de son multiple talent de pu- 
bliciste. Ce fut aufsi pendant ses loisirs que M. Gérin, en 1864, 
publia THiTOiRE de la Gazette de Québec, œuvre qui lui 
coûta cependant bien des recherches. 

" En 1865 on le retrouve à la rédaction du Canada, d'Otta- 
wa : c'est dii'C qu'il fat l'un des pionniers de la presse françai8C 
dans Ontario. L'année suivante il entrait à la rédaction de la 
Minerve. La droiture d'intention s'alliait chez lui à un«^ certaine 
circonspection qui donnait à son commerce un charme tout par- 
ticulier. Digne sans raideur, franc sans brutalité, affable sans 
obséquiosité, tel il s'est toujours montré, dans son entourage in- 
time. 

" Hardi dans 1:' mêlée il n'a jamais fourni, cependant, à :es 
adversaires, l'occasion de se plaindre ni d'une bette secrète ni 
d'un coup de jainac. Peu d'écrivains ont eu, plus que lui. le sens 
de ce respect que l'on doit encore aux personnes dont on combat 
les idées. Ce n'est pas qu'il fut sceptique à l'article do ses pro- 
fessions de foi politique. Chercheur infatigable, doué d'un talent 
de critique rare, il n'en était pas moins profondément conserva- 
teur, attaché pour la vie à nos traditions religieuses et nationa- 
les. 

" Au sujet de su délicatesse dans ses rapports avec des ad- 
versaires, il y a lieu de rappeler ici un trait qui donne bien la 
note de ce tempérament chevaleresque. On sait qu'au physique 
M. Gérin était plutôt malingre. Sous ce rapport, il avait un point 
de ressemblance avec l'eu Eric Dorion, " l'Enfant Terrible ". 
Or, il advint qu'un jour, à la suite d'une attaque des plus lâches 
commise pur des organes libéraux contre quelques-uns do ses 
amis, il alla demander satisfaction au fameux Enfant Terrible, 
alors député. La scène se passait à Québec, pendant la session. 
Il y eut prise de corps et, pour se consoler du châtiment qu'il 
avait reçu, M. Dorion fit livrer son assaillant en la puissance du 
sergent d'arîiics. 

" A la Minerve, comme au Journal de Québec et au Canada ^ 
M. Gérin trouvait le moyen d'exercer sa plume à des produc- 
tions toutes littéraires. Combien de lecteurs ont goûté des bluet- 



HISTOIRE d'hyamachiche 273 

tes publiées alors siine !?e douter que le style qu'ils trouvaient alors 
ei Berein, si léger, coulait d'une plume qui tout à l'heure, dans 
une polémique quelconque, frappait comme une épée. 

'' Bientôt cependant M. Gérin déserta le journalisme cana- 
dien pour un théâtre plus vaste. En 1867, il s'embarquait pour 
l'Europe et entrait à la rédaction du Journal de Paris, où il fut le 
collaborateur de M. Wciss et de M. Hervé, aujourd'hui académi- 
cien et directeur du Soleil. Les deux années qu'il passa ainsi à 
l'étranger, il les consacra à des études sur les institutions politi- 
ques de France et d'Angleterre. A son retour d'Europe, M. Gérin 
s'établit aux Trois-Eivières où, tout en se livrant à sa profession 
d'avocat, il fit du journalisme dans le Constitutionjiel qu'il avait 
fondé lui-même. Ses succès, dans l'une et l'autre carrière, fii-ent 
honneur au journalisme et au barreau, mais auraient été encore 
plus marquants si sa santé chancelante n'en eut, à tout in-tant, 
■entravé le cours. 

" Candidat malheureux dans le comté de Saint-Maurice en 
1868, aux élections fédérales, il se fit élire à la chambre provin- 
ciale, dans le même comté, aux élections généi'alcs de 1871 et il 
:fit un parlement. 

" Enfin, le 21 du mois d'août 1882, il fut appelé au conseil 
législatif qui perd en lui l'un de ses membres les plus éminents." 

A la page 179 de ce volume, chapitre des députés du comté 
de Saint-Maurice, il y a quelques notes sur EIzéar Gérin. Ce qui 
précède est reproduit ici pour payer une dette de reconnaissance 
personnelle à la mémoire de ce canadien distingué, trop tôt enle- 
vé à son pays. Gérin était le frère de l'illustre Antoine Gérin- 
L joie et de l'abbé Denis Gérin, curé actuel de Saint- Justin, dio- 
cèse des Trois- Rivières. 



Le Rév. Frère Chrétien. 

(né Joseph Pannetorî). 

Dans toutes les branches de la société, Yamachiche a fourni 
des sujets qmi lui ont fait honneur. L'Institut des Frères des 
Ecoles Chrétiennes compte environ trente de ses membres nés à 
Yamachiche. Parmi ces trente frères, plusieurs ont occupé des 
charges importantes, entr'autres les RR. FF. Victorien, Servilien, 
Papbylinus, Mathieu, Thurien, Fabricien et Mathias qui, tous, 



274 HISTOIRE b'yamachiche 

ont éié bupéiieurs de mi8>ions ou le sont encore. Mais le plus re- 
marquable, est sans conti'cdiT, celui dont le nom figure en tête de 
cette biographie. 

Le Rév. F. Chrétien naquit le 4 d'août 184-t, du mariage de 
Joseph Panneton et de Pélagie Lcfebvre Boulanger. Son père, 
un des plus respectables cultivateurs de nos campagnes, vit enco- 
re. Après avoir i eçu une éducation élémentaire à l'Académie des 
Frères il entra, en 1861, dans l'Institut des frères des écoles 
chrétiennes, le même jour qu'un autre enfant d'Yamachichc dis- 
tingué, le Eév. frère Paphylinus (né Théophile Pépin). 

Pendant nombre d'années ses supérieurs lui confièrent la 
charge de directeur du noviciat, à Montréal. Son amour du tra- 
vail, ses talents remarquables, autant que sa profonde piété, lui 
valurent Tinsignc honneur d'être nommé Visiteur du district de 
Baltimore, en 1&78. Dans l'été de 1886, il fut nommé Visiteur du, 
district do Montréal, charge qu'il occupa pendant cinq années. 
Enfin, il fut appelé à un poslç encore plus élevé, celui de Visiteur 
du grand district de New-York. C'est à ce poste qu'il est encore 
aujourd'hui. Mais, il vaut mieux laisser parler une voix étrangè- 
re. Les liens d'amitié qui unissent le Eév. Fr Chrétien à celui 
qui écrit ces lignes, sont trop intimes pour faire convenablement 
son éloge. Ajoutoos, seulement, que la grand'mère du Fr Chré- 
tien, Antoinette Eivard Loranger, était la tante des célèbres 
juges Thomas et Onésime Loranger. Le Monde, du 27 janvier 
1891, publiait l'article suivant à l'occasion du départ, pour New- 
York, du très révérend frère Chrétien : 

•' Les journaux ont annoncé sommairement le départ de M. 
Jos. Panneton, en religion F. ère Chrétien qui vient d'être appe- 
lé à New-York par le général de son ordre. 

Le Frère Chrétien a été visiteur des écoles chrétiennes, au 
Canada, durant les cinq dernières années. Il a fait le bien, sans 
bruit, sans éclat et sou jjassage chez nous, a été marqué par des 
œuvres utiles, dui-abies. 

Comme témoignage de reconnaissance envers le Rd. Frère 
Chrétien, dont la modesiic égale le grand mérite, nous tradui- 
sons les extraits suivants d'un journal de New-York extraits que 
les amis de l'instruction liront avec intérêt. 

" Le Eévd Frère Chrétien des Frères de la doctrine chré- 
tienne, vient d'arriver au Collège Manhatte, comme visiteur de 



HISTOIRE d'yamachiche 275 

cet important district, Nous souhaitons la bienvenue à ce vété- 
ran de l'enseignement populaire dont la plus belle partie de sa 
vie s'est passée au milieu de la jeunesse du Maryland et de la 
Pensylvanie." 

Le brave homme qui a écrit ces lignes aurait pu ajouter : et 
au milieu, aussi, de la jeunesse canadienne. 

Le confrère continue : " Si les œuvres que sa forte tête a 
conçues et qu'il a fécondées de toute la force de son énergie et de 
son zèle, lui ont valu les plus beaux éloges de la part des autori- 
tés religieuses et civiles de l'Union Américaine, le Canada, siège 
de ses dernières opérations, ne lui est pas moins reconnaissant, si 
nous jugeons des autres journaux par l'cxtiait que nous déta- 
chons du petit satellite Pince-bec, journal humoristique de la mé- 
tropole : 

" Le Révd Frère Chrétien, qui vient de quitter le district 
de Montréal pour celui de New- York, est un esprit aussi ferme et 
droit que cultivé, ce qui n'est p:>s peu dire, dans ces temps de 
défaillance et de douloureux laisser aller. Il ne connaît ni les 
ambages ni les fourches caudines d'une politique cocasse, haineu- 
se, ou au besoin, de bascule. C'est un homme de principes dans 
toute la force du mot, un ami sincèrement dév'oué aux intérêts de 
la jeunesse canadienne. 

Poursuivre avec humilité et éncîgie l'œuvre de régénération 
ébauchée par le Bienheureux de La Salle, au moyen d'une éduca- 
tion profondément chrétienne et utilement variée, semble être le 
motif déterminant de ses nobles aspirations. La maison de re- 
traite qu'il a fondée à Ilochelaga, pour la formation des jeunes 
maîtres ; le pensionnat de la rue Sherbrooke, qui n'a pas encore 
deux ans d'existence et compte plus do 400 élèves ; l'idée de l'é- 
tablissement d'une ferme modèle à laquelle il e pérait donner sui- 
te, afin de relever le niveau de la classe agricole, sont autant do 
témoignages non équivoques d'une action aussi utile qu'efficace 
sur le régiment admirable des quatre cents institutions sur les- 
qucL il avait le contrôle, en cette proviue>i. 

Il fut nommé supérieur du district de Montréal, en 1886. Il 
y arriva en un temps où un bon nombre d'esprits, parmi le cler- 
gé et le personnel de l'instruction publique, étaient froissés par 
les écrits de son prédécesseur, le frère lieticius, homme érudit, 
pédagogue à l'encontre de Pèstalozzi, mais complètemcnL étran-. 



276 HisroiHE d'yamaghiche 

ger à nos mœurs et à nos usjiges. Aujourd'hui que tout est ren- 
tré dans le calme, le public apprendra avec regret le départ de 
<;et homme érriinent et dont les ^ervice8 sont désormais acquis 
au district des Frères c!e New- York. " 



M. Aram J. Pothief. 

Voilà un jeune canadien qui fait grand honneur à son pays 
gur le sol américain. Fils de M. Jules Pothier et de Domitille 
Dallaire. M, Pothier n'a que trente sept ans, étant né en 1855. 
Il étudia d'abord à l'Académie des Frères des Ecoles Chrétiennes, 
à Yanjachiche, puis commença ses études classiques à Xicolet, et 
les termina au collège de Niagara. Sa famille émigra à Woon- 
socket, en 1870. Dès l'année 1875, le jeune Pothier fut accepté 
comme clerc dans les deux puissantes institutions financières de 
sa ville d'adpotion : la Woonsocket Institution for savings et la 
W. National Bank, dont il est, maintenant, l'un des employés supé- 
rieurs. Ses succès ont été si rapides que, deux fois "Woonsocket le 
choisit pour son député au parlement de l'Etat du Rhode Island, 
Ses occupations multiples ne lui permettant pas de se livrer aussi 
exclusivement à la politique, M. Pothier refusa la candidature 
une troisième fois et accepta la charge d'auditeur des comptes de 
la ville, position qu'il occupe encore aujourd'hui. 

En 1889, le gouverneur Taft le nomma délégué du Rhode 
Island à l'exposition universelle de Paris. Il fit, au retour de sa 
mission, un rapport ofticiel tellement bien élaboré que le gouver- 
neur Taft y fit allusion, dans son discours d'ouverture du Parle- 
ment, à Providence. Parlant du v;oyage de M. Pothier à Paris, 
ï Indépendant de Fall River écrivait, le 15 mars 1889 : " L'hon. 
Aram J. Pothier, de Woonsocket, député à la législature, vient 
d'être nommé commissaire à l'exposition de Paris... Tous les 
canadiens français des Etats-Unis sont honorés de cette haute 
marque d'appréciation des talents de l'un de nos hommes d'élite. 
Petit fils de la France il ira dire à notre mère, qu'il y a des 
milliers de cœurs qui l'aiment toujours. Citoyen de la républi- 
que américaine, il fera connaître la libéralité de ses institutions, 
les progrès de son industrie et l'expansion étonnante de sa popu- 
lation et de son commerce. 

Le 28 juin 1889, on fêtait la St Jean-Baptiste, à Paris. Le 
soir, il y eut un banquet auquel M. Pothier assista. Daas le 



< 



HISTOIRE d'yamaciiiche 277 

Paris Canada, M. Fabre parle ainsi du rôle de M. Pothier à ce 
bauquet : *' Au cours d'une allocution pleine do mesure et de 
charme, M. Pothier a défini la situation qu'occupent au milieu 
des américains les groupes canadiens et les causes de leur in- 
fluence croissante... Les canadiens des Etats-Unis, dont l'exis- 
tence était ignorée en France, sont sortis de l'oubli. Sans la pré- 
sence, à Paris, de M. Pothier, nos gronpes n'auraient pas eu l'in- 
signe honneur d'être associés à la fête brillante qui avait réuni 
plusieurs représentants du monde officiel. 

" Nous sommes donc endettés envers l'état du Rhode-Tsland 
dont les hommages rendus par lui à notre race dans la personne 
de M. Pothier, ont contribué a nous afi&rmer aux Etats-Unis, 
même en France. " A propos de ce banquet, le Figaro de Paris, 
écrivait : " Parmi les toasts : celui de M. Fabre à la Reine d'An- 
gleterre et à la France ; celui de M. Pothier, délégué du Rhode- 
Island à l'Exposition, ont élé spécialement applaudis ". 

M. Aram J. Pothier a, deux fois, été candidat à la mairie de 
Woonbocket et ne fut défait que par des infimes minorités. Les 
journaux annoncent actuellement, qu'il est encore candidat à la 
même charge, cette année. Réussira-t-il, cette fois ? Il faut l'es- 
pérer. Il y a quelques mois, le Providence News publiait un excel- 
lent article pour appuyer la candidature de M. Pothier au poste 
élevé de Lieutenant Gouverneur du Rhode-Island. L'article a 
fait du bruit. C'est là un grand honneur décerné, non-seulement 
à notre comjsatriote seul, mais à tout l'élément c nadien français 
des Etats-Unis. L'avenir réserve sans doute des succès plus mar- 
qués encore à M. Pothier. 



19 



CHAPITRE VII. 



Des Trois-Rivières à Machiche avant 1760. 



Les cent qnatre-vinuts premières pages du présent volume 
m'ayant été montrées, je cède avec plaisir à la demande que l'on 
rae fait de placer quelques notes à la suite de ce travail utile. 

Et d'abord, page 9, observez que la Relation des Jésuites, 
1644, p. 41, ne dit pas " petite rivière, " mais '' rivière Margue- 
rie " ; c'est l'annotateur du livre du Père Bressani qui ajoute le 
mot " petite ". 

11 y avait alors aux Trois Rivières un interprète de talent 
€t très aimé, du nom de François Marguerie, dont la sœur avait 
épousé récemment Jacques Hertel, aussi interprète, et le père de 
toutes nos familles Hertel. 

Je cont'nue. toujours dans le style de notes volantes. 

L'hiver de 1647, raconte Nicolas Perrotdans ses Mémoires^ 
l'un des campements du célèbre chef Algonquin Simon Piescaret 
^tait situé à la " rivière O'.iabmachis " et les Iroquoisy firent un 
massacre en règle. Ces gens étaient des Trois-Rivières et n'étaient 
arrêtés à Machiche que pour la saison de la chasse à l'orignal. 

Perrot écrit tourà-tour Oaabmahis et Ouabmachis. Charle- 
voix met Ouamachis. Le père Tailhan pense que la forme véri- 
table est Oumachiche et, par le retranchement de l'article algon- 
quin ou nous avons machiche. Le Père Lacorabe dit que, dans la 
langue des Cris, dialecte algonquin, Tyamachiche signifie " boue 



I 



HISTOIRE U YA31ACHICIIE 279 

au large " ou mieux " au fond de l'eau ", et machlche '' boue sur 
le rivoge. " M. Henri Vassal dit que les Abenakis appellent Ta- 
machiche d'une autre manière, dans leur langue : Womhomkanhk 
ce qui veut dire " sable blanc ". 

liO, Relation ^Q 1653, p. 33, parle d'une embugcade d'Iro- 
quois établie " à la rivière de la Madelaine, six lieues ou environ 
au dessus des Trois-Eivières " et dans laquelle une bande de Hu- 
rons, sous les ordres deToratati, tomba et " fut entièrement dé- 
faite ", le 2 mais 1652. Le Journal des Jcstntes marque, au mois 
^e mars 1652, ce qui suit : " Le second jour de mars, douze 
Huro'ns, six Algonquins et dix Algonquines étant partis des 
Trois-Eivières pour Montréal et ayant couché dans le lac Saint- 
Pierre, le lendemain matin, jour de samedi (le 2 mars 1652 était 
un samedi) furent attaqués en chemin par cinquante Iroquois. 
Trois femmes algonquines be sauvèrent, cinq Algonquins et deux 
Hurons — EhaSennon et Achaennhak. Desiderati funt decem hu- 
rones :-Toratati brûlé, AthohonchiSanne tué, Ora'kSi, Otara- 
8ia brûlés, Ondïatsondi, Annondate'en, Osondack, Ataudihetsi, 
londècha et Tonnontaon fils de Hock, qui etc. Aho&kSentak va- 
catur. " Le même Journal dit que Ta'akenrat fut brûlé le 4 juil- 
let suivant pour Toratati, et Aontarisati pour un Algonquin 
nomreé Otsinnenko ; ayant été baptisés la veille par le Père Mé- 
nard. Lamjrt de ces deux chefs iroquois souleva plus que ja- 
mais les guerriers de leur nation et, dans les combats qui s'ensui- 
vent, M. Duplessis, gouverneur des Trois-Rivières, fut tué avec 
huit hommes. J"ai ]'aconté ces événements aux pages 113, 130 
135-38 de la Chronique Trifliivienne. 

Etienne Pépin dit Lafond, établi aux Trois-Rivières en 1641, 
sinon auparavant, marié en 1645 avec Marie, sœur de l'interprète 
Pierre Boucher, se fit accorder, le 10 août 1655, par M. Jean de 
Lauzon, gouverneur général, alors présent aux Trois-Rivières, 
" un quart de lieue de terre audessus de la rivière de la Made- 
laine et un quart de lieue au-dessous, de front sur le Saint-Lfau- 
rent, du côté du nord, au dessus des Trois Rivières, et trois lieues 
de profondeur dans les terres ". 

Cette rivière Madeleine a-t-elle du rapport avec celle dont 
parle la Relation de 1653. et cette dernière est-elle la même que 
celle mentionnée dans la Relation de 1644 ? Les deux rivières 
des Relations se trouvent à six lieues de la ville, en tous cas ; 
je les pr.ndrais volontiers peur les deux rivières Machiche. 



280 HISTOLRE DYAMACHICHE 

L'octroi d'uQC terre à Lafond " au-dessus des Ti'oies-ItivièreB" 
ne prouve pas que le conce»sionnaiie }• ait mis hache eu bois, 
selou le terme populaire, mais ce fait m'inspire la curiosité de 
voir comment et à quelles dates le tcrrriloire qui s'étend de la 
ville des Trois-Eivières jusqu'à Machiche a été distribué, puis 
peuplé. 

liappclûus-uous la Commune, donnée en 1G48 par M. de 
Monlmagny, gouverncur-géucral, aux habitants de la bourgade, 
pour y faire paître leurs bestiaux, et agiandie, deux années plus 
tard, de manière à s'étendi-e jusqu'à l'endroit où se trouve le 
vieux moulin do pierre actuel. Ce moulin a dû être construit 
vers 1715. Le morceau de terre ainsi accordé par agrandissement 
appartenait aux RR. PP. Jésuites, qui reçurent en échange un 
lot adjacent en remontant le fleuve et qui est entre la Commune 
et la Banlieue, laquelle se déroule sur l'espace d'une lieue et finit 
audelà du Calvaire. 

La Banlieue est une vaste et riche plaine qui :^e penche d'un 
côté vers le fleuve et de l'autre s'ajtpuie à une série de coteaux qui 
vont en s'étageant vers le nord, jusqu'aux Laurenlides, cetCe 
iirande chaîne de montagnes courant du Labrador aux confins 
ouest de la province d'Ontario. La bande sud de ces collines, 
c'est-à-dire les rampes qui j-egardent le Saint-Laurent et le lac 
Saint-Pierre, déciit un quart de cercle partant des Trois-Rivières 
et atteignant Terrebonne ; vers le centre, la ligne est éloignée du 
lac d'à peu près trois lieues. Autrefois, dans les âges géologiques, 
le Saint-Laurent était barré, un peu au-dessus de Québec, aux 
rapides actuels appelés Richelieu, par un amoncellement de 
pierres qui donnaient lieu a une chute puissante, peut-être aussi 
haute que le Shawinigan ou le Niagara, et l'eau, à partir de cet 
endroit jusqu'à Montréal, s'élevait dans le fleuve à un niveau pro- 
portionné. Le lac Saint-Pierre s'évasait au nord ; ses vagues 
allaient battre les coteaux dont je viens de parier. Dans certaines 
années, les inondations du printemps nous présentent encore ce 
spectacle— c'est le lac qui visite ses anciens domaines. 

A présent que tout ce paj's est découvert par les eaux, que le 
défricheur y a passé, qu'il a, en un mot , sa place au soleil, il 
offre au cultivateur le sol le plus riche qui se puisse désirer. 
Unie comme une table, cette plaine de vingt lieues de longueur 
est la terre nourricière d'une nombreuse population. 



Histoire d'yamachcïtè 281 

La partie qui avoisine la ville dos Tnis-ïlivières ost tra- 
versée par plusieurs gros ruisseaux qui descendent des hauteurs 
de la région nord, arrosent les champs et vont se perdre au fleuve. 
Au temps de Champlain, on y admirait des arbres gigantesques ; 
les ruisseaux étaient de véritables rivières conteaues ça et là dans 
leur cours par des chaussées de castors. Maintenant que la foret a 
disparu, la campagne, couverte d'épis d'or en été avec les grandes 
prairies de foin ondulant conime les flots de la mer, y déploie bes 
magnificences. La douceur ti-anquille de l'air, les lignes suaves 
de l'horizon qui encadrent le lac Saint-Pierre en font un paysage 
immense dont la beauté saisit l'imagination. 

On était au plus fort de la guerre des Iroquois lorsque, le 
29 mars 1649 M. Michel Le Neuf du Hérisson, établi aux Trois- 
Rivières dès 1636, se fit concéder " une lieue de terre à prendre 
le long du fleuve Saint-Laurent, à l'endroit des Trois Rivières, 
en remontant le dit fleuve, sur cinq li ues dans les terres non 
concédées ", le tout à titre de fief relevant de la compagnie des 
Cent Associés, au bureau de Québec. Cet acte, dressé à Paris en 
présence du sieur du Hérisson lui-même, prescrivait à M. d'Aille- 
boust, gouverneur général, do lui faire livrer la terre en question, 
ce qui eut lieu. On prit donc mesure à partir de ce que l'on 
nommait la troisième rivière (non loin du moulin de pierre ac- 
tuellement en ruine) et l'on s'étendit jusqu'à la limite où. com- 
mença plus tard la seigneurie de la Pointe-du-Lac. C'était toute 
la Banlieue. 

La deuxième rivière ou ruisseau du moulin, coupe l'extréoii- 
té de la Commune telle qu'agrandie en 1650. Ensuite les vingt- 
deux arpents de front du fief des Jésuites s'arrêtent à trois ar- 
pents de la troisième rivière. Ces trois arpents ont été longtemps 
la propriété de la famille Le Pelé- Des marais qui en avait un titre 
de 1651. La quatrième rivière est à un raille à peu près du Calvai- 
re. 

L'organisation de la Justice no commença aux Trois-Rivières 
que eu 1651 et c'est lentement que les seigneuries de ce district 
lui furent confiées. L'acte de concession de Bécancour (1647) 
prescrit que ce fief relèvera du Conseil Souverain qui sera établi à 
Québec tce conseil ne fut formé qu'en 1663). En 1672 quoi qu'il y 
€ut alors nn lieutenant-général en la juridiction des Trois-Riviè- 
res, la seigneurie de Saint-Pierre-les-Becquets devait relever de 
Québec. 



282 HISTOIRE d'yamachiche 

La guerre des Iroquois, de 1650 à 1665, paraly-a toute ten- 
tative de colonisation aux abords du lac Saint-Pierre, sur le» 
deux rives. Pierre-Esprit de Radisson raconte que faisant la 
chasse dans la Banlicui^, on 1651, il fut enlevd par les Iroquois. 
Le 10 août 1652, M. Duplcssi.s-Bochard, gouverneur des Troifl- 
Rivières et huit Français fui'cnt tués, à la quatrième rivière, et 
sept autres aiuenés captifs ; on n'en entendit plus parler. Un 
peu auparavant avait eu lieu à Machiche le massacre de sauvages 
que j'ai raconté. En 1653, Trois-Rivières fut presque constam- 
ment bloqué par les Iroquois. I.a terreur régnait dans le pays. 
Les troubles de la Fronde désolaient la Fi-ance; les colons du Ca- 
nada ne voyaient pas venir les troupes qu'on leur avait promises 
si souvent ; la Mère Mario de l'Incarnation raconte que " cha un 
se délibérait de quitter la Nouvelle France. " En 1658, 1660 et 
1663, il y eut des combats au-dessus des Trois-Rivières, sans 
compter les meurtres isolés. 

Cependant, il faut croire que tout le monde n'était pas au 
désespoir puisque un Trifluvien jeta les yeux sur la contrée de la 
Pointe du-Lac et se la fit remettre à titre de seigneurie. 

Dans les pièces de la tenure seigneuriale, on lit, à la date 
du 31 juillet 1656, que Pierre Boucier. écuyei-, sieur de Grosbois, 
gouverneur des Trois-Rivières, accorde à " maître Jean Sauvaget, 
procureur liscal en la ville des Trois-Rivières, une terre et con- 
cession, à la pointe du lac Saint-Pierre, du côté du nord, de la 
consistance de trois quarts de lieue de front, sur deux lieues de 
profondeur dans les terres, pour en jouir, le dit Sauvaget et 
Etienne Seigneuret son gendre. " Le 5 août suivant, M. de 
Lauzon, gouverneur-général, ratifia ce document. 

Jean Sauvaget et sa femme Anne Dupuis étaient aux Trois- 
Rivières en 1634, l'année même de la fondation du poste. Ils 
venaient de LaRochelle, amenant avec eux la petite-fille d'Anne 
Dupuis, appelée Madeleine Benassis, laquelle épousa Etienne Sei- 
gneuret sieur Delisle, l'automne de 1647. 

Le jour même où M. de Lauzon confirmait les lettres- 
patenles do Sauvaget, il accordait à Pierre Boucher (âgé de trois 
ans, fils du gouverneur des Trois-Rivières), la consistaiice de dix 
arpents de terre do front sur vingt de profondeur, du côté du 
nord du fleuve Saint-Laurent, environ trois cents pas au-dessus de 
la cinquième rivière. Ce petit fief porte le nom de Boucherville ♦ 



HISTOIRE d'yA.MACHICHE. 283- 

il est situé entre la seigneurie de la Pointe-du-Lac et le fief La- 
badie, sur lequel est placé le Calvaire. 

Nous avons donc , de 1648 à 1656 les concessions suivantes : 
la Commune aux Trifluvicns, le tief des Jésuites, la Banlieue à 
LeNeuf du Hérisson, le fief de M. de Boucherville et la Pointe- 
du-Lac à Sauvaget. 

Au mois de juin 1665, le régiment de Carignan, fort de mille 
hommes, arriva de France et, dè.-i loi's, il fut évident que les 
Iroquois ne seraient plus à craindre. Michel Le Neuf du Héris- 
son qui, pas plus que les autres concessionnaires dont j'ai parlé^ 
n'avait pu mettre ses teires en valeur, pas.^a la seigneurie do la 
Banlieue à son neveu, Joseph Godefroy sieur de Vieux-Pont, par 
un acte du 15 novembre 1665. Ceci ne changea rien à la si nation^ 
car le nouveau propriétaire ne dirigea aucun colon de ce côté. 

Il y a apparence que Jean Sauvaget mourut vers 1660. La 
terre de la Pointe-du-Lac resta à son gendre Etienne Seigneuret. 
La tille de ce dernier, Marguerite, épousa aux Ti ois-Rivières, le 
2 mars 1663, Louis Godefroy sieur de Normanville. Lu fiancéo 
n'étant âgée que de neuf ans et quatre mois, le mariage, dit le 
contrat, devait avoir lieu à une date ultérieure, laquelle je reporte 
à la fin de 1666. 

Le 10 juillet 1670, .V[. de Courcelles, gouverneur-général, 
signe un billet constatant que " le sieur de Normanville étant 
chargé de famille (^l) et n'ayant point d'habitation (2), il lui est 
accordé une concession au dessus de la Pointe du Lac Saint-Pierre, 
à commencer ensuite de celle du sieur Seigneuret, en montant 
l'espace d'une demi lieue sur le bord du dit Lac, à la charge d'y 
faii-e travailler incessamment, suivant l'intention du roi. " Le 
titre de cette terre fut donné à Normanville l'automne de 16*72. 

L'année 1672 est celle qui vit le plus grand nombre de con- 
cession de terres en Canada. Pierre Boucher, après avoir été in- 
terprète au pays des Hurons et aux Trois-Hivières, commis de li 
traite à ce dernier poste, capitaine de milice, deux fois gouverneur 



(1) Il n'avait qu'un enfant, alors âgé de quatorze mois, mais peut-être- 
fiupportait-il quelques autres membres de sa famille. 

(2) Ceci veut dire point d'établissement agricole. 



28-4 HISTOIRE d'yamachiche 

de ia ville, aûobli (1660) sous le nom de sieur dj Grosbois, uDrn 
qu'il portait déjà en 165C, alors qu'il était ju<ie du district, ayant été 
de nouveau fait gouverneur de la place (1662), était allé, en 1667, 
fonder la seigneurie de Boucherville, oîi il vécut cinquante ans. 
Le 3 novembre 1672, l'intendant Talon lui accorda le fief Gros- 
boip, qui forme à présent partie de Machiche, comme il est dit, 
page 10 du présent ouvrage. 

Le même jour, 3 novembre 1672, Tulon accorde " au sieur 
Boucher (1) trois quarts de lieue de terre de front, sur une lieue 
de profondeur, à prendre sur le cap (lac?) Saint-Pierre, depuis la 
concession du sieur Boucher, son père, jusqu'aux terres non con- 
cédées. " Ceci me parait être le premier titre du fief de Grand Pré 
voir plus loin l'année 1695 

Le 3 novembre 1672, Talon accorde au " sieur de Norman- 
ville une demi lieue de terre sur une lieue de profondeur, à 
prendre depuis la rivière aux Loutres, tirant vers la concession 
du sieur Seigneuret son beau-père. " Ceci est la confirmation du 
billet de 1670 cité plus haut. 

Le 3 novembre 1672, Talon donne au sergent Jacques 
Labadie, du régiment de Carignan, le fief Labadie, dans la Ban- 
lieue. Labadie mourut célibataire et laissa ses biens à la famille 
Godefroy. En 1752, le sieur Franquet mentionne '" la pointe de 
la Badie, située entre celle du Lac et les Troi -Rivières, rive 
nord. " 

Le 13 août 1674 le comte de Frontenac accorde à " Anne Lu- 
puis, veuve de maître Jean Sauvaget ", le terrain concédé le 30 
juillet l()5lî, et lui ajouta " trois arpent-5 ou environ de fa !e, atte" 
nant au dit fief et allant jusqu'à la concession du nommé Claude 
Jut/a, sur deux lieues de profondeur ". Claude Jutras dit Laval- 
lée occupait la première terre de la Banlieue, du côté de la Poin- 
te-du-Lac ; il tenait un litre du 20 juillet 1659 ; sa fille Marie 
épousa, 1683, Michel Poulin qui hérita de la concession. 

Le 13 septembre 1674 le comte de Frontenac accorde à 
** Louis Godefroy, écuyer, sieur de Normauville, une grève ou 
terrain, le long du lac Saint-Pierre, contenant en superficie en- 



( t ) Ce doit être Pierre Bouclier, sieur de Boucherville, fils aiaé de 
Pierre Boucher de Groisbois, né aux Trois-Rivières en lfiJ3, et décédé à 
Bou( herville le 17 août 1740. 



HISTOIRE d'yamaciiiche 2S5 

viron cent arpents, situés entre la concession du dit sieur de Nor- 
manville et celle du sieur Seigneuret son beuu-père, séparée d'une 
ligne qui court nord-ouest et sud-est, lequel terrain lui sera d'une 
très grande utilité pour la pasture de ses bestiaux. " 

Le 14 août 1676, ans Trois-Rivières, l'intendant Duches- 
neau, sur une promesse faite pnr Talon en 166?^, accorde à Jean- 
ne Jallaut, veuve de Maurice Poulin une lieue de terre de front 
sur la rivière des Trois-Rivières (le Saint-Maurice plus tard) du 
du côté du sud-ouest, et deux lieues de profondeur dans les terres. 
Cette profondeur empiétait sur la Banlieue telle que délimitée 
par l'acte de 1649, mais ni M. du Hérisson ni M. de Vieux-Pont 
n'avaient pris la peine de coloniser toute ou partie de leur vaste 
domaine. 

Le recensement de 1681 mentionne cinq ménages à la Ri- 
vièredu-Loup et neuf à Berlliier. Des Trois-Rivières à la Riviè- 
re-du-Loup, pas un colon. 

En 1688, le recensement mentionne le nom de Tonnancoui", 
ce qui voudrait dire la Pointedu-Lac, mais les chiffres donnent 
en bloc Yillemur (Berthier) la Rivière-du-Loup et Tonnancour, 
ayant ensemble vingt-trois maisons, vingt-quatre ménages, qua- 
tre-vingt cinq bêtes à cornes, et quarante-et-un cochons. 

Le fief Labadie avait quelques colons en 1692. C'est là, je 
crois, que Jacques Dubois, des Trois-Rivières, reçut une terre le 
27 juillet 1691. En 1698 mêmes mentions de Tonnancour et de 
Labadie. Par conséquent Ma • h iche n'avait pas encore été peu- 
plé et, de toute la Banlieue, et n'y avait d'habitants que sur le 
petit fief Labadie, au Calvaire. Nous arriverons, par ces procé- 
dés, à nous rendre compte du mouvement de la colonisation au 
XVIIe siècle, dans cette partie du district, ce qui n'a pas encore 
été fait par nos écrivains. 

Le 30 juillet 1695, le comte de Frontenac et l'inteniant Bo- 
«hart de Champigny accordent à '"Pierre (Il Boucher, écuyer, 
sieur de G-.-anl-Pré, major de la ville des Trois Rivières, où il 
est marié et établi, une lieuo Je terre ds front sur trois de pro- 
fondeur dans le lac St-Pier/e, tenant d'un côté aux terres de la 
rivière Hyamachiche et de l'uutrj cô!;é à celles de la Rivièrc-du- 



n,i,f,!,;(l) Son nom était Lambert Boucher, sieur de Ui-aiil-Pié ; J..^cJJè en 
avril 1699. 



2S6 HISTOIRE D'VAMACniCnE 

Loup, cnscnibh les îles, îlets et battiircs adjacentes. " Celle con- 
cession fut ratifiée parle roi le 10 mai 1606. C'est le fief Grand- 
Pré. Ceci me paraît-être un renouvellement de la ccnce-sion ac- 
cordée, le 3 novembre 1672, à Pierre Boucher de Boutberville, 
frère do L imbert, et l'erreur du nom de Pierre que je viens de 
relever s'expliquerait ainsi, 

Nicolas Gatineau, marié à Mario Crcvier, m'échappe après 
16S1. Son fils Nicolas, né aux Trois-Rivièrcs, le 20 juin 1664, 
murié au même endroit à Jeanne Têtard et décédé le 2 décembre 
1700, était, par sa mère, de la famille de Boucher. Le 12 sep- 
tembre 1609, Pierre Boucher, son oncle, lui concéda douze arpents 
sur quatorze, à la Rivières aux Glaises, comme arrière-fief ou 
démembrement de Groisbois. Il y a apparence que Jean -Baptiste, 
Irôre cadet de Nicolas Gatineau, hérita de la concession à partir 
de 1700. 

Jusqu'ici, pas de trace de colons à Machiche. L'acte des deux 
Lcsieur (1702) cité à la page 15 do ce volume, commence les 
travaux réels du défrich ment. Puis nous ar:-ivons à 1707 pour 
trouver Jean-Baptiste Gatineau en possession légale du fief qui 
porte son nom ; il y eut, à cette date, un bornage officiel exécuté 
enti'o l^csieur et Gatineau, entre les fiefs Grosbois et Gatineau. 
En 1712, par lettre»; patentes de l'intendant de îa Nouvelle- 
France, Jean-Bupliste Giitineau est confirmé dans son titre de 
possession. Boucher avait vendu à Gatineau moyennant la somme 
de deux cents livres, monnaie du pays. A propos de l'acte de 
1712 il est parlé de conditions semblables à celles imposées à M. 
Daine ; voyez là-dessus les titres Seigneuriaux, pages 163, 215, 223. 

La carte cadastrale de 1700 donne le nom des terres de 
(frand-Pré a^'ant front sur la rivière du Loup. Côté nord de l'em- 
bouchure il y a le domaine, ensuite remontant le long de la rivière, 
Saint-Amaiid, qui doit être un Desjarlais ou un Pellerin. Le sui- 
vant est Lemaîtro dit Auge. Puis Moras Beaubien ou Ti'ottier de 
Beaubien Labarre vient après, ensuite Bergeron, Laboutonnière, 
Germain, Saint- Armand, Descôteaux. 

A l'e^t, les terres tirées depuis le lac, en allant au nord, sont r 
la Conmiune, Bourgainville (Hérou), Gélinas, Blude (Biais) et 
Lacosto. 

A l'est de la rivière Machiche, il y a un grand lot vacant au 



HISTOIRE d'yamachiche 287 

•• 

bord du lac, puis Gélinas, Gélinas et Pilot ; celui ci est Pinot 
dit Laperle. 

Le fief (irosbois est nommé Yamachiche ; pas de colons. L© 
fief Gatioeau porte ce nom ; pas de terre cultivée. 

Nous avons donc en 1709 seize habitants dans lu paroisse 
de Machiche. 

La même carte est absoluruei.t muetle à l'égard de la 
Pointe-du-Lac, mai:* la Banlieue s'y niontie bien peuplée. Le 
premier cultivateur est Jouttas, puis Alouet, Danneau, Desbuttes 
Eondo, Belisle, Lefebvre, Duguay, M aigrain, Lemaîtreet Grand- 
mesnil. Ces onze colons devaient être sur le fief Boucherville. 
Quant aux fief Labadie, Ameau et Yieux-Pont qui suivent, en 
gagnant Trois Kivière?, ils sont laissés en blanc, ce qui montre- 
rait qu'il n'y avait personne pour les occuper, mais j'en doute, 
car ils devaient être en culture, puisque l'on connaît leurs pro- 
priétaires et que, s'il n'y avait p is encore de chemin pour y aller 
des Trois-Eivières, le fleuve pouvait être utilisé à cotte fin. 

Aprè.«, vient Le Pelé-Desmarais, situé, comme il a été dit, 
du côté nord-est de la troisième rivière. Son voisin e-^t Fafard dit 
Longvalsur le fief des Jésuites, puis un autre Fafard dit Long- 
val, ensuite Fafard dit Laframboise et un autre Fafurd dit Long- 
val. Les deux derniers habitants, avant que d'arriver à la Com- 
mune, sont Lefebvre dit Lacerisaye et Amand. 

Il n'est pas besoin de plus longue explication pour faire voir 
comment les tel res étaient partagées, depuis la rivière du Loup 
aux Trois-Rivièros, en 1*709. 

La colonisation de Machiche date de 1703. Neuf ans plus 
tard il y avait dans la future paroisse une chapelle et un cime- 
tière puisque je lis au registre des Troi»-Eivières, le 26 juillet 
1712, l'acte de décès d'un garçon de cinq mois, inhumé " dans le 
cimetière de la chapelle de Sainte- Anne d'Ogmachiche. " 

^'^^ 

Le grand chemin royal qui va des Trois-Rivièrcs à Mont- 
réal, fut ouvert en 1721. 

Dans le légleraent de 1722 que vous citez à la page 31, en 
ce qui concerne MachicdiL-, il est parlé aussi des terrains de la 
Banlieue et de la Pointe-du Lac. Vuici le pasage en question, à 
partir de la Commune des Ïrois-Rivières : Le fief des Pères Je- 



288 HISTOIRE d'yamaciiiciie 

suites, d'un quart de lieac de front, jusqu'à la concession d'Antoine 
Le Pelé, la dite concession de trois arpents de front jusqu'au 
fief Vieux- Pont, ce dernier de dix-sept arpents de front jusqu'à la 
conc3Ssion du sieur de Tonnancour, laquelle est de cinq arpents 
de front jusqu'au fief Labadie, le dit fief étant de vingt-quatre 
arpents de front, jusqu'au fief de Bouclierville, qui est de dix 
arpents de front jusqu'aux concessions d'Ignace Lefebvre et au- 
tres ; les dites concessions, au nombre de cinq, contiennent cinq 
arpents de front chacune, et remontent jusqu'au fief de Tonnan- 
cour. 

Le fief de Tonnancour c'est la Pointe-du-Lac. Le document 
dont je m'occupe ici lui donne une lieue un quart de front finis- 
sant au fief Gatineau. 

Avec la paix qui régnait depuis vingt ans et qui dura 
encore un evingtaine d'années, la colonie du Canada se développait, 
sans toutefois prospérer ; c'est l'époque où nous to\-ous se peupler 
la rive nord du fleuve, partout entre Québec et Montréal. 

En 1723 le procès en revendication des terres de la Banlieue 
dut produire une vive sensation ^dans ces endroits. En voici 
la substance : Joseph Godefroy, sieur de Vieux-Pont, lieutenant 
dans les troupes du Canada, avait laissé à son fils aîné, Louis 
Godefroy, écuyer, sieur de Norraanville, enseigne dans le même 
corps, le fief de la Commune, soit une lieue de front au fleuve sur- 
cinq lieues de profondeur, mais à défaut de faire acte de proprié' 
taire, ce do/nier n'était pas consulté pur les c:)lons qui s'établis- 
saient où bon leur semblait. Le sieur de Normanville porta plain- 
te devant les tribunaux et demanda que la moitié du fief lui fut 
livrée, comme aussi que l'autre moitié fut divisée entre ses sept 
fj'èr es et soeurs. Les bornes qu'il assigne au fief sont, du côté de 
la ville, la concession di sieur Le Pelé-Desmarets, et de l'autre 
Coté, le fief de Tonnancour ou Pointe-du Lac. Il constate que le 
sieur Godefroy de Tonnancour, la femme de celui ci, le lieutenant 
de Boucberville, JRondo, Baudry dit Des Buttes, Dancau, Mouet 
de Moras, Ignace Lefebvre dit Belisle et I^avallée Jutras, occu- 
pent des terres sur la lieue de front que doit avoir son fief et que 
la couronne ne l'a jamais privé de son droit de possession. Par 
conséquent, soixante-etsept arpents lui ont été enlevés et il n'en 
reste plus que dix-sept inoccupés, formant juste l'espace compri- 
se entre les troisième et quatrième rivières. Le requérant allègue 
que, après avoir reçu du sieur du Hérisson le domaine dont il s'a- 



HISTOIRE d'yamachiche 289 

git, M. de Vieux-PoQt, son père, fat empêché d'y exeicer 863 
droits par suite de la guerre des Iroquois, et que l'on ne peut s'assu- 
rer si, plus tard, il est entré en possession, mais il en avait rendu 
foi et hommage au sieur du Hérisson lui-même, alors quece gen- 
tilhomme était gouverneur des Trois- Rivières, le 7 juillet 1668. 
De plus, il dit que les papiers de son père ont probablement été 
brûlés dans l'incendie de la demeure de M. du Hérisson. 

Ce qui est certain c'est que les Godefroy père et fils n'ajnnt 
pas rempli l'obligation de mettre leurs terres en valeur, celles-ci 
retournaient à la couronne, d'autant plus que l'année 1665, où M. 
du Hérisson passa le titre à Joseph Gî-odefroy fut la dernière qui 
vit les Iroquois du côté nord du lac Saint-Pierre. Ils ne reparu- 
rent jamais en armes dans cette région. 

Sunt assignés : de Tonnancour, de Boucherville, Poulin, 
Daneau, Guillaume Baudry Des Buttes, Charles Baudry et J,-Bte 
Pothier. 

Daneau produit un titre du 3 juin 1651, accordé à Pierre 
Le Pelé, son beau-père. 

De Boucherville en a un du 5 août 16.' 6. 

De Tonnancour eu fiiit voir un, du 5 mai 1659, par lequel la 
Compagnie des Cent-Associés concède au notaire Sévérin Anieau 
cinq arpents de front sur vingt de j)rofondcur, indépendament 
d'une sapiniè;e qui se trouve au milieu. Il déposa aussi un acte 
de concession du 27 juillet 1691 accordé par le sieur de Galifet, 
gouverneur des Trois-Eivièrcs, au sieur Jacques Dubois. En 
outre il fait valoir la concession donnée le 3 novembre 1672, par 
l'intendant Talon, au sieur de Labadie, soit un quart de lieue sur 
le fleuve et demi lieue de profondeur, entre les terres d'Ameau 
et de Pierre de Bouchers-ille. 

De Tonnancour était donc propriétaire des concessions d'A- 
meau, Dubois et Labadie. 

Le bieur Poulin montre un titre du 20 juillet 1659, en faveur 
de Claude Jutras; puis un autre du 14 août 1676, au nom de 
défunte Jeanne Jalot, sa grand'mère, pour une lieue de front au 
fleuve " vulgairement nommé Safnt-Maurico", (1) sur deux lieues 
de prof ndeur. 



(1) Le nom de Saint-Maurice ne fut appliqué à cette rivière que vers 
ITOO ou même après. 



290 lIISrOIUE D YAMACHICHE 

Par bon jugement, signé à Québec, le 15 juin 1723, l'inten- 
dant Bégon confirme dans leur possession les personnes occupant 
des tenesdans le domaine en litige, et laisse à M. de Norman- 
ville, les dix-sept arpents vagues situés entre Ameau " et les 
tsieurs de Saint-Paul ". Par son mariage avec une demoiselle Le 
Pelé, Amador Godefroy de Saint-Paul avait hérité du terrain en 
question, puis ses fils après lui. 

Le terme de " fief Vieux-Pont," qui, de 1<)49 à 1722, sem- 
blait couvrir une lieue de front, ne s'appliqua plus dorénavant 
qu'aux dix sopt arpents ci-dessus nommés. 

Le plus ancien registre connu de la paroisse de Machiche est 
celui de 1728; ou y voit les noms suivants: Héroux dit Bour- 
gainville. Maurice Gélinas et sa femme Charlotte Bergeron. 
Etienne Lamy et sa femme Marguerite Biais. Antoine Arcand 
€t sa femme M.-Anue La Garenne. Louise-Angélique Cartier. 
François Rivard et sa femme Catherine Moreau. Antoine Lesieur. 
Julien Laglanderie et sa femme Catherine Gaillou. Joseph 
Laglanderie. Mathieu Millet et sa femme Geneviève Banhiac ou 
Bayard. Augustin Lesieur. Marie Gélinas dit Bellemare. Bivard 
dit Beaucour. Jean-Baptiste Lemaître et sa femme Françoise 
Lesieur. Plusieurs Gélinas. L'année 1729, Jean-Charles Vacher 
dit Lacerte et sa femme M. Claire Bergeron. Jacques Biais. J.-B. 
Désauniers. 

En 1729, le 18 avril, il y a le baptême de M.-Josephte née 6 
avril, ondoyée le même jour par son oncle Augustin Lesieur, fille 
de Louis-Joseph Hivard dit Bellefeuille et de M.Françoise Lesieur. 
Parrain et marraine : Pierre Lesieur et M-Josephte Lesieur — 
tous habitants de la paroisse d'Yamachiche. 

1730 . — Charles Lesieur, seigneur d'Yamachiche. 1731 : — 
Maurice Dugué, J-Baptiste Lemaîcre dit Bellenoix, Pierre 
Toutemps. François Lesieur et sa femme. Le sieur Charles Auge. 
Pierre Lacourse, inhumé à l'âge d'environ cinquante-trois ans. 
Jean Guillemet. J-Baptisie Gendron et M. Angélique L'Etour- 
neau son épouse, Pierre Gélinas. 1734 : — Pierre Grenier. 

En 1734, René Godefroy, écuyer, sieur de Tonnancour, 
lieutenant général civil et criminel en la jurisdiction des Trois- 
Rivières, représente qu'il possède plusieurs fiefs dans le gouver- 



HISTOIRE L) UYAMACHICIIE 291 

Bt'mcntdes Trois-Rivières et qu'il dôslrc en amalgammcr deux 
sous le nom de " TonnaacDur ", savoir : lo celui appelé Sei- 
gneuret et Sauvaget, de la consistance de soixante-et-six arpents 
de front sur deux lieues de profondeur, concédé conjointement à 
Jean Sauvaget et à P^tienne Seigneuret par M. Bou -her gouver- 
neur des Trois-Rivières, le 31 juillet 1G56, ratifié par M. de 
Lauzou, gouverneur-général le 2 août suivant. Ce fief tient au 
nord-est à l'habitation de Claude Jouti-as, et au suJ-ouest au fief 
■ci-api'ès mentionné. Le premier fief est échu à René Godefroy, le 
pétitionnaire, par le décès de Marguerite Seigneui-et, sa mère, 
seule et unique héritière d'Etienne Seigneuret père d'icelle, et 
de J an Sauvaget grand-père do la dite Marguerite Seigneuret. 
2o le second fief, contigu au premier, est de la consistance d'une 
demi lieue de front, avec une lieue de profondeur, joignant au 
sud-ouest à la rivière aux Loutres. Ce lief avait été concédé par 
M. Talon à Louis Grodefroy de Normanville, le 3 novembre 1672, 
et il a échu à René Godefroy de Tonnancour, comme seul héri- 
tier de son père Louis Godefroy de Normanville. M. de Beauhar- 
nais. gouverneur-général, et M. Hocquart, intendant de la colonie, 
confirment c s titres, mettent les deux fiefs en un seul sous le 
nom de '' Tonnancourt " et prolongent le second d'une lieue de 
profondeur dans les terres, afin de donner à l'ensemble deux lieues 
de profondeur et une lieue un quart de Iront. 

Dans l'acte qui précède, il est dit que la seigneurie de Ton- 
nancour relèvera de la juridiction de Montréal. M. Faillon a cru 
voir dans ce fait un indice de la prépondérance de Montréal sur 
les affaires du pays. La vérité est que M. Godefroy de Tonnan- 
cour éta:it le juge en cliefdu gouvernement des Trois-Rivières, 
ou ne pouvait coavcaablemjut placer s )as sa juridiction une sei- 
gneurie à lui appartenant. 

Le 22 avril 1737, le roi permet à la compagnie des forg> s 
Saint-Maurice d'étendre son exploitation de mines de fer depuis, 
et y compris, la seigneurie d'Yamachiche, jusqu'à, et y compris 
le Cap de la Madeleine, de l'autre côté du Saint-Maurice. 

Le recensement de 1739 donne, pour Trois-Rivières et la 
Banlieue, 378 âmes, pour la Poiute-du-Lac, Gatineau, les deux 
Machiches et la Rivièredu-Loup, 415 â nos. 

*** 



292 HISTOIRE d'yamachiche 

17-41 :— J. Bte Xoblet Daplcàsis, habitant de la Pointe-dii- 
Lac et sa femme Françoise Laeerte figurent au registre des 
Trois-Rivières. Il est pare-t de J. B. Gatineau dit Duples.-is. 

1742 : — Fiançois Delpé, aux Trois-Eivièrcs, le 15 novembre 
1728, épouse Catherine, fille de Jean iIori*seau et d'Anne Pasto- 
rel, de Eepeurigny. En 1742, ce Dilpd et sa feniHie jontàhi 
Pointe-du-Lac : il est capitaine de milice de la place. Le 29 mars 
1740 ils inhument un enfant à la Pointe-du-Lac. 

Au regi.-tre de Machichese li::entles noms suivants : 1746 — 
Xicokà Rivard Loranger; il signe " Nicolas rivarre ". En 1748, 
25 novembre, Yaraachiche, mariage de Joseph Rochcreau, du 
Cap de la Madeleine, fils de Joseph Roehereaii et de M. -Renée 
Lefcbvre, avec M-Louise, fille de Julien Eivard et do Catherine 
Gaillou; sont jjiésenls : Joseph et Michel Eo;:hereaii, Do ce ma- 
riage naq^uirouL plusiears enfants; Roc'.iore.a-i m)'ar;it à Yama- 
chiche en 1756, âgé de trente-cinq ans. 

Claude Frigon est parrain d'un enfant au registre de Ma- 
chiche en 1751 ; il signe d'une bonne manière. Tous les Fj-igon 
que je connais ont une belle main d'écriture. La même année, 
Pierre Pinot, de la Pointe-du Lac, épouse à Yaraachiche, Mar- 
guerite, fille de Joseph Aubery et de Toinettc Guery, de l'évêché 
de Langres, en Champagne. Claude Pinot et sa lemme, M.- 
Anne Charpentier, demeuraient aussi à la Pointe-duLac, d'après 
Je registre des Trois-Rivières. 

L'été de 1748, le gouverneur-général écrivait au ministre 
des colonies : " Nous api)renous, par M. Le Gardeur de Repen- 
tigny, que neuf soldats, sous les ordres d'un sergent, qui condui- 
saient à Québec, en canot, trois Sauvages meurtriers qu'on nous 
avait livrés à Montréal, ont tous été massacrés et jetés dans le 
fleuve à l'endroit appelé Machiche, au lac Saint-Pierre, à cinq ou 
six lieues des Trois-Rivières ; les assassins ont échappé. On 
ignore si d'autres Sauvages leur ont aidé à faire le coup, mais on 
le croit. Quatre cadavres seulement ont été trouvés dans le canot 
et deux ou trois autres relevés sur la grève. " 

Quatre Sauvages de Michilli makinac avaient tué un nommé 
Martineau, près du Détroit, le 31 août 1747 et l'avaient scalpé. 
L'un d'entre eux se sauva et ne j)Ut être suivi, mais les Sauva- 
ges livrèrent les trois autres aux Français, à Montréal, l'année 
suivante. Ordre fut donné de les conduire à Québec. La tragédie 



HISTOIRE D'YAMACHtiHE 293 

de Machiche pouvait iaspire*: de l'insubordinutioD aux peuplades 
encore aguerries, particulièrement celles de l'ouest, c'est pourquoi 
les autorités de la colonie prirent des mesures vigoureuses et rapi- 
des pour prévenir tout soulèvement. 

Le 8 août 1748, je vois au registre des Trois-liivières, l'acte 
de sépulture do trois soldats, •' dont l'un, dit-on, est un sergent", 
tués " entre Machiche et la Pointedu-Lac, par trois Sauvages 
OuitaSois et Sauteux, qu'ils menaient à Québac, dans les prisons. 
Le 10 août eut lieu la sépulture d'un autre de ces soldats ; le 13, 
une cinquième victime est inhumée. 

En 1749, Eené-Ovide Hertel, écuyer, sieur de Eouville, con- 
seiller du roi et lieutenant-général civil et criminel du gouver- 
nement des Trois-Rivières, paraphe le registre de la pa- 
roisse de la Visitation de la Pointe-du-Lac, sur la demande de 
M. Chofdeville faisant les fonctions curiales dans cette paroisse, 
Mgr Tanguay mentionne un registre de 1T41 pour cette paroisse ; 
je no l'ai pas rencontré. 

Le 6 mars 174'J, à la Puinte-du-Lac, baptême de Marie- 
Josephte Gladu, née la veille, de Pierre Gladu etdosii femme 
M.-Josephtc Roseau. Parrain : Jean-Baptiste Arcand ; mar. 
raine : Marie Hyrre (?/. M. Chefdeville s'intitule missionnaire de 
la Pointe-du-Lac, Le 29 mars, est inhumée à la Pointe-du-Lic 
dans le cimetière de la paroisso à gauche, vers la croix, Thérèse, 
fille de François Delpé et de Mathurine Morrisseau, âgée de 
quinze ans. Présents aux funérailles : Maurice Déry, Pierre La- 
pcrle et René Bertrand. Le 3 mai, inhumation, sous la croix du 
cimetière de la Pointe-du-Lac, du corps do Maurice Delpé, fils 
de François, Le 5 mai, à la Pointe-du-Lac, mariage de Jean 
Charles Guilbert, fils de Charles Gruilbert et de Marie Lefebvre, 
de Québec, avec M.-Madeleine, fille de Pierre Gladu et de M.- 
Madelaine Brouillet. Sont présents : Pierre Lefebvre cousin de 
l'épouse, Pierre Camirand, Pierre Gladu père de l'épouse, Joseph 
Gladu, Marguerite, M-Jeanne et M-Josephte Gladu, sœurs de 
l'épouse. 

Noms tirés du registre de la Pointe du-Lac, en 1749 : — 
Pierre Camirand et sa femme Madeleine Morrisseau. François 
Deljîé, Jeanne Gladu. René Bertrand et sa femme Marguerite 
Gladu? Simon Boin. Louise Chevalier. Laurent Girardin et sa 
femme Anne Trotochaùd. Simon Dufresne. J. Baptiste Duples- 

20 



294 HISTOIRE d'yasla.chiche 

sis et sa femme Françoise Lacerte. Ignace Lcfebvr-- et sa femme 
Josette Beaubien, Joseph Jutia. M-Josephte Moëtte. François 
Diifresne et sa femme Louise l'eligor, Tiiomus Laperle et sa fem- 
me Jeanne Janvier. Gabriel Lupien. Catherine Delpé. Maurice 
Déry et sa femme M-Anne Baron. 

Le 12 août 1^50 à la Pointe-du-Lac baptêmes de Pelage et 
de Véronique, filles jumelles de Pierre Camirand et de Madelaine 
Morrifscau. Cette année, les noms qui suivent paraissent au re- 
gistre de la paroisse : Laurent Girardeau. Janvier Pinault. Mau- 
rice Delpé dit Montour et sa femme»Thérèse Petit. Simon Oberil 
(Aubry) et sa femme Marie Beaudet. Antoine Clair et sa femme 
Madelaine Camirand. Pierre Falaise de Gannes, écuyer, sieur de 
Falaise, et sa femme Marguerite de Villiers. Pierre Baby et sa 
femme Thérèse Grandmini (ce ménage figure encore au même 
endroit en 1755). ^ 

1751. Michel Girard. Jacques Robin et sa femme Louise 
Lamarche. 

1752. Joseph Dupont et sa femme Joseph te Blaze. 
1749-52. Pointe-du-Lac — l'es quatre premières années du 

registre renferment : 



1749 7 


Bapt. 8 


sépult. 


1 


1750 7 


« 12 


" 





1751 5 


5 


(( 


2 


1752 10 


il 'j 
•> 


(C 






29 28 3 

En 1753, l'entête du registre commonce à porter: ■' Parctisse de 
la Visitation de Tonnancour. " 

Le 21 octobre 1750 Marie-Jofephte Galincaii, "fille du 
Bicur Gatineau, est mise en possession du fief Gatineau, situé sur 
le lac Saint-Pierre dont son père avait eu possession en 1712", et 
Ton prolonge ce fief do quatre lieues de profondeur, on arrière, 
sur la^ême mesure, que le front. 

L'ingénieur Frauquet, visitant les forges Saint-Maurice, l'été 
de 1752, observe que le minerai de fer est à deux ou trois lieues 
des fourneaux. Je pense qu'il fait allusion à la grande baie de 



HISTOIRE d'yamachiche 295 

Machicho etù îii Pointe du Lac car, sous les gouvernements fran- 
çais et anglais, c'e.^t do, cea endroits que l'on parait avoir tiré lo 
plus de minerai. En tous cas, vers 1790, BoU et Munro, en obtin 
rent de cos doux places, et aussi de Nicolet, en face du collège 
actuel. • ■ ... 

Franquct part dôs Trois-Rivières le 29- juillet, conduit en 
calèche par M. de Tonnancour et soreiid à la Pointe-du-Lac pour 
y prendre le bateau qui le mènera à Montr<5al. Il observe que les 
habitations, entre Trois-Rivières et la'PôiQte-du-Lac, sont sur la 
droite du chemin royal, et un peu enfoncées dans les terres. Elles 
y sont moins nombreuses que dans la partie nord du fleuve qui 
vu des Trois-Rivières à Québec. Il ajoute : "Parvenu à la Pointe- 
du-Lac, j'aperçus des maisons bâties uniformément et assujetties 
à des alignements. Il y en avaitdéjà neuf. Surpris de cette légu 
larité, mon dit sieur de Tonnancour me dit que c'était lui qui les 
faisait construire à ses dépens et sur un terrain à lui appartenant, 
pour y réfugier des Sauvages errants et vagabonds, entre autres 
les Algonquins qui, pour assassinats commis, ont abandonné le 
village de leur nation ou s'en sont éloignés par esprit de liberti- 
nage... Le projet de M. de Tonnancour est d'augmenter le nombre 
des maisons à mesure que des Sauvages s'y présenteront. Comme 
il est seigneur du lieu et riche, il lo pourra avec facilité. Il fera 
même construiie une église à mesure qu'il leur remarquera des 
dispositions à s'y fixer. Indépendemment des Sauvages Algon- 
quins, il compte aussi en attirer d'autres, comme Têtes-de-Boule 
et Montagnais. Les premiers sont nommés tels pour avoir la tête 
ronde ; ils ne sont nulle part envilagés, sont assez nombreux et 
habitent, pour l'ordinaire, entre la rive du nord du fleuve et 
Labrador, fréquenté par les Esquimaux... Les Sauvages ti-aitent 
avec le sieur de Tonnancour. Coiume il parle la langue, qu'il est 
entendu à ce commerce et en état de leur faire des avances, il s'en 
attire la préférence, et c'est en vue d'augmenter cette traite qu'il 
se constitue en frais pour l'établissement de ce nouveau village, 
qui fera parti de la paroisse de Tonnancour." 

TTne opinion assez répandue, disait que l'on ne devait pas 
induire les Sauvages à se fixer à côté des Français. Franquet n'est 
pas de cet avis. Poursuivant sa visite, il raconte que, " au-delà 
de cet établissement, ils y a deux moulins, l'un à grains et 
l'autre à scies, placés sur un ruisseau, et solidement construits. 
Les eaux y sont retenues par une digue revêtue en maçonnerie. 



296 HISTOIRE d'tamachiche 

Il est aisé de distinguer, par la dépense qu'on 3' a faite, qu'ils 
appartiennent à un homme riche. Tout auprès est l'église de la 
paroisse. A un quart de lieue sur la côte, l'on joint l'anse du fond 
du lac Saint Pierre, à l'endroit d'un cabaret établi sur le bord de 
l'oaii. " Ce cabnret était, dit-il, fréquenté dos Sauvages et des 
canotiers. C'est là que le. bateau attendait Franquet. 

1754. 25 septembre. M. Chefdeville signe son dernier 
acte au registre de la Pointe-du-Lac. Le 5 décembre suivant, M. 
Guay, prêtre curé, missionnaire signe son premier acte. A la fin 
de 1759, ce dernie-r est encore missionnaire à la Pointe-du-I.ac. 
De cette date au 27 mars 1787, je n'ai pas retrouvé les registres. 
Le 27 mars 1787 M. Perraud, vicaire, signe son premier acte. 
Le 10 octobre 1788 J. Gagnon, prêtre, s'intitule curé de la pa- 
roisse. 

En 1755 il y a plusieurs baptême» de Têtes-de-Boule. La 
même année, je vois le nom d'Ignace Lefebvre dit Denoncourt 
et celui de sa femme Josephte Beaubien ; il y a aussi Uené Ber- 
trand et sa iemme, Madeleine Beaubien. 

Rendu à l'époque oii le sort des armes va changer les desti- 
nées du Canada, je m'arrête. Le territoire dont j'avais entrepris 
de i^arler est conquis déjà sur la nature sauvage ; il ne tardera 
pas à compléter sa population ; les vides qui restent encore, des 
Trois Rivières à Macbiche, seront vite comblés. Plus rien de 
notable, puisque ce sera la continuation du travail heureuse- 
ment commencé. Les débuts ont été difficiles à partir do 1650, 
mais arrivé à 1721, avec l'ouverture de la grande routo df.s Trois- 
Rivières à Montréal, l'élan s'est produit et il n'y aura par la suite 
qu'un dév^eloppement rationnel, où la curiosité de l'annaliste 
glane peu de faits nouveaux. 

De toutes les recherches historiques auxquelles je me suis 
ivre, durant loi dernières trente années, colles que j'affectionne 
davantage se rappo -tent aux origines d'une localité, d'une famille 
ou d'un événement quelconque. Plus une note, une bribe de ren- 



HISTOIRE d'tamachiche 297 

eeignement remonte loin, plus je l'apprécie. Quant je vois que, 
dans cette Amérique où tout vient de naître, une date ancienne 
détonne ou semble dépa^^eée presque partout, je me complais à en 
amasser le plus possible et à m'entretenir des hommes et des 
choses du Canada, il y a deux siècles et même près de trois cents 
ans. Vous comprenez maintenant que j'aie dressé ces quelques 
pages avec plaisir : elles tentaient ma fantaisie. Veuillez les lire 
dans ce sens, elles vous procureront peut être quelques instants 
de satisfaction, puisque vous vivrez en la com^^agnie de nos ancê 
très — et vous conviendrez que nous leur devons bien un souvenir 
de temps à autre. 

Outre l'intérêt qui s'attache aux commencements de nos 
paroisses, je puis dire que de toutes les familles mentionnées dans 
ce livre, il n'y en pas une seule de disparue — pas une seule, par 
conséquent, n'est étrangère au milieu de la présente génération. 
Les descendants de ces premiers colons ne seront-ils pas fiers de 
rentrer dans la connaissance des actes du passé et d'inviter leurs 
enfants à les comprendre aussi ? Cet espoir me guide et me sou- 
tient — si je me suis trompé, du moins je n'en aurai pas de regret, 
ayant agi de mon mieux pour une cause que je trouve belle et 
honorable. 

Quelque soit le plaisir que vous éprouviez on me lisant, 
disait un auteur célèbre, vous ne saurez jamais jusqu'à quel point 
ma jouissance a dépassé la vôtre en préparant ce travail. C'est 
vivre un siècle que de parler de cent années en arrière, et si 
vous reculez à de plus grandes profondeurs, le charme est en 
proportion. Jugez par là si je dois des remerciraents à mes lec 
teurs. 

BENJAMIN SULTE 

Ottawa 22 octobre 1892. 



Avec le chapitre de Benjamin Suite finit le supplément à 
V Histoire d' Yamachiche. Dans la circulaire adressée aux sous- 
cripteurs, il était dit que le présent ouvrage contiendrait, entr'au- 
tres matières, les généalogies de certaines familles; des biogra- 
phies, des gravures etc. Moins quelques portraits qu'il a été ira- 
possible de se procurer et, moins la généalogie de la famille 
Lamy (l'auteur, M. l'abb* Ant. A. Lamy n'ayant pu retrouver ce 
précieux travail), tout ce qui avait été promis est publié. Il y a 



298 HISTOIRE d'yamachiche 

même plus. Les retards apportés à la publication du volume out 
permis d'intercaler, au chapitre V, un plus tçrand nombio do gé' 
néalogieB. Ce dernier travail n'offrirn rien d'attrayant anx goui-- 
mets de la bonne littérature, mais il n'en .sera pas moins appiécié 
do ceux qui s'occupent de la filiation des familles canadiennes 
françaises. Le seul ]-cgiét éprouvé a été de n'avoir pu insérer, 
au même chapitre, les généalogies des familles Héroux, Rivard 
(Laglanderie, Loranger, Dufresne et Belle feuille), Caron, Lacerte, 
Boucher, Carbonneau et Milette, familles toutes fort nombreuses 
et très anciennes dans le district des Trois Rivières. Pour réa- 
liser ce projet il eut nialheuroufement fallu retarder encore la 
publication du volume de cinq ou six mois. 

Le supplément n'a aucune valeur littéraire. Il n'est, à 
proprement parler, qu'une compilation de monographies écrites 
au jour le jour. Tout de même, il procurera peut être des mo- 
ments agréables à plus i'un enfant du vieux Machiche. C'ept 
dans cette unique intention qu'il a été fait. 

L'importance du chapitre écrit par Benjamin Suite n'échap- 
pera à personne. C'est un véritable monument que l'historien par 
excellence du " pays des Trois-Rivières et de ses environs " vient 
d'élever à la mémoiie des anciens colons de la Banlieue, de la 
Pointe-du-Lac et d'Yamachiche. Il couronne à merveille le com- 
mencement de l'ouviage. Voilà oiicoie une dette de reconnais- 
sance que les trifluvicns contractent envers celui qui ne manque 
jamais une occasion de déchirer le voile de leur histoire. 

Un mot, avant do prendre congé du lecteur. Quel sera le 
sort du présent ouvrage ? Pourrira-t-il cIh z l'imprimeur, on sera-t- 
il bien accueilli du public ? Quoiqu'il en soit, il a été entre- 
pris dan^i un bon but, celui de faire aimer davantage la bonne 
vieille paroisse nat de, de tous kcs enfants; de ceux qui sont encore 
les gardiens du logis, comme de ceux que le i^ort a dispersés 
aux quatre coins du pays et ailleurs. Si ce résultat peut être 
obtenu, tant mieux. 



FIJ^. 



TABLE DES MATIERES 



Préface 3 

Avant-propos 5 

Rivières d'Yamachiche 7 

Les deux fiefs Gros-Bois et Gatineau 10 

Etablissement d'Yamachiche 14 

Premiers missionnaires 29 

La grande chicane 39 

L'abbé J. Sévère N. Dumoulin 70 

L'abbé Joseph-Hercule Doriou , 79 

L'abbé Jean-Baptiste Comeau 116 

Notes sur les rangs de la paroisse .., 118 

Le culte de sainte Anne 133 

L'éducation à Yamachiche 144 

Le village d'Yamachiche 153 

Le Couvent et l'Académie des Frères , 157 

Députés du comté de Saint-Maurice 171 

Elèves d'Yamachiche à Nicolet , 181 

Elèves d'Yamachiche aux Trois-Rivières 185 

Elèves d'Yamachiche chez L s Ursulines 187 

Généalogies : La famille Lesieur Desauluiers 190 

La famille Gélinas 204 

La famille Bellemare 219 

La famille Milot 231 

La famille S.-Louis 23G 

La famille Panneton ? 39 

Biographies : L'abbé Duchaine 243 

L'abbé François L. Desaulniers 244 

Petrus Hubert, N. P. 247 

L'abbé Isaac L. Desaulniers, V.-G 251 

M. Joseph Bettez, M. D 253 

L'hon. T. J. J. Loranger 254 

L'abbé A. Narcisse Bellemare 256 

Antoine Gérin-Lajoie 257 

M. Raphaël Bellemare 201 

Monsignor Isaac Gélinas, V.-G 264 

L'hon. juge L. Onés. Loranger 266 

La révérende Sr Lamy 267 

M. l'abbé Joseph Biais 269 

L'hon. Sévère Rivard, CL 270 

L'hon. Elzéar Gérm, CL 271 



300 TABLE D£S MÂTIÈREB. 

Le Ivév. Frère Chrétien 273 

M. Aram J. Pothier 276 

Des Trois-Rivières à Machiche, avant 1 760 278 



GRAVURES. 



La vieille église d'Yamachiche 1 

Mgr. Provenclier, M. Dumoulin, M. Dorion et M. Comeau 68 

La nouvelle église d'Yamachiche 84 

Dix-neuf prêtres nés à Yamachiche 132 

Dix-neuf prêtres nés à Yanidchiche 149 

Le Couvent, l'Académie des Frères et l'Hôpital 164 

Douze députés de Saint-Maurice 172 

Citoyens marquants nés à Yamachiche . . . i 1 80 

Religieux et religieuses 244 

Elèves d'Yamachiche à Nicolet 276 



^^tm^ 



EiK^î^^TA., 



Page 74, quatrième ligne, au lieu de ,7. Caron, lire : Alexis 
Lefrançois, 

Au bas de la page 121, lire : Augustin et Georges Delille. 

Page 156, au lieu de: " (1) Ce M. Harkin etc," lire : " M. 
John Harkin était le frère de la mère du juge Drummond. Devenu 
veuf, il épousa madame veuve Thomas Bissoniiette (née Gileu 
Chênaie alias Lachenaie), mère du grand constable Alf. Bisson- 
nette, de Montréal. De ce mariage est née Suzanne Harkin, 
épouse de M. le juge des Sessions C. Aimé Duga», de Montréal, 

Page 173, quatrième ligne, au lieu de " Charles Caron etc," 
liie : Charles Caron, son illustre gendre, se rendit à Québec pour 
lui demander sa tîlle Françoise en mariage. Ceite dernière n'était 
âgée que de quatorze ans, et était la sœur (de père) de Charlotte 
Eivard Dufresne, épouse de François L. Desaulniers. Les deux 
gendres d'Augustin Rivard Dufresne devinrent tous deux, par la 
suite, membres du parlement. 

Page 196, à la dernière ligne, lire: M.-Philomène m. â 
Joseph Crochetière. — Sophie m. à Emile Gaucher. 

Page 263, à la ligne septième, ajouter les mots suivants : 
" Les services qu'il a rendus au pays de cette manière, par voie 
de collaboration, dans d( s circonstances difficiles, n'ont pas man- 
qué d'attirer l'attention de nos hommes d'état. C'est pour cela 
que, tout récemment, il avait été résolu de l'honorer d'un siège 
dans le Sénat de la Puissance. Une réorganisation ministérielle à 
dû seule, faire différer ce témoignage si distingué de la recon- 
naissance officielle pour un mérite sans prétention." 



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Caron, Napoléon 

Histoire de la paroisse 
d'Yamachiche 



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