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Full text of "Histoire de l'empire ottoman, depuis son origine jusqu, à nos jours"

HISTOIRE 



DE 



L'EMPIRE OTTOMAN. 



IIISTOIRi: 



m: 



L'EMriIlE (ITTOIIAN, 



DKPnS SON OKKilNK JlSUl A NOS JDIRS, 



VM\ M. \)K HAUMKK. 



IHAhLITt I)i: L'aF.I.MMAM) SLU I.V I)I.LXli..\!i: 1.1)1 1 ION 



PAR n, DOC'lIff:^. 



TOMi; DEUXIÈME. 



PARIS. 

IMPRIMEHIK ])K BÉTHUXE ET PLO\, 

lUF. DK VAKMRAni) , 36. 



8i4 






"t~ 



L 2 



NÛV 1 7 1965 



v%, 



'£^SiTy of TO*^ 



î 2 2 7 2 9 



HISTOIRE 



DE 



L'EMPIIIE OirO^IAN. 



LIVRE XX VU. 



MESSAGES ENVOYÉS \ VEMSE. — FÊTE DE LA. CIKCOIVCISiav DES PRINCES. — AMBASSADES DE FEK- 
DINAIXD. DE ZAPOLYA, DE LA POLOGNE, DE LA RtSSlE ET DE LA FRANCE. — SIÈGE DE GL.\S 
ET RETOIR PAR LA STYRIE. — C1NQIIÈ3IE CAMPAGNE DE CORON. — NÉGOCIATIONS DE FERDI- 
NAND AUPRÈS DE LA PORTE, ET CONCI.LSION DE LA PREMIÈRE PAIX ENTRE LAI TRICHE ET 
l'empire OTTO.MAN. 



On a vu comment la politique de Suleiman 
et de son grand vesir s'était appliquée, pardes 
éloges et des récompenses, à dissimuler aux 
yeux de l'armée l'affront subi devant les murs 
de Vienne. Aux {^.ouverneurs et aux puissances 
étrangères, ils s'él aient efforcés de représenter 
la levée du siège conunc une retraite adoptée 
librement à la suite de nombreux triomphes; 
ils avaient dédaigné de con(|uérir l'Alleiiia;',ne, 
et s'étaient généreusement dessaisis de la cou- 
ronne de Hongrie pour la conférer à Zapolya. 
Conforménient à ce même esprit du gouverne- 
ment despotique des conquérants qui imposent 
aux peuples le mensonge comme la vérité et 
leur présentent des batailles perdues comme 
des victoires, leur font célébrer des défaites 
comme des triomphes, le premier soin de Su- 
leiman à son retour à Constanlinople fut 
de ranimer par une affectation de contente- 
ment lardeur éteinte de laniiée malgré le bu- 
tin dont elle s'était chargée; il voulait, par la 
pompe de nouvelles fêtes, par le déploiement 
d'une magnificence jusqu'alors inconnue, 
dissiper les doutes élevés sur sa fortune, en 
dépit de nombreuses collections de fiefs et de 

TOM. II. 



tous les bulletins de victoires répandus à l'in- 
térieur et adressés au dehors. La circoncision de 
ses fils lui fournissait une occasion. Outre les 
lettres d'invitation accoutumées aux gouver- 
neurs et aux grands de l'Kmpire , un message 
fut porté cette fois au doj;e de Venise pour 
l'appeler comme voisin et comme ami à Con- 
slaïuinople. Toutefois entre la date de la lettre 
et lépoipie de la fête, on n'avait laissé qu'un 
délai de six semaines, soit que Suleiman con- 
sidérât cette prévenance seulement comme une 
formalité et une simple marf|ue de courtoisie, 
sr)it (piil regardât couime au-dessous de sa 
dignité de donner au doge ou à .son représen- 
tant le temps de profiler de cette preuve de .sou- 
venir d'un si j;raiid souverain. A peine six mtjis 
.s'étaient écoulés depuis (jue l'envoyé Junis avait 
informé le gouvernement vénitien des triom- 
phes de la campagne d'Autriche et de la colla- 
lion de la couronne de Hongrie, lorsqu'un 
nouveau messager turc, tout revêtu de dr;ip 
d'or, fut introduit dans le sénat par douze 
nobles de Venise, annonça la fête de la circon- 
cision des princes qui allait se célébrer, et in- 
vita, en termes pleins d'amitié, le doge à y 

I 



2 Misi oiKi: \)h: l 'KM 

assisirr Olui-ci s omu".» «Ir >«mi iiiic*u\ Mir mmi 
t^raïul i];e ri l.i ioii;;(inir de l.i i^miU*. in.iis il 
diSrUra qu'il MT.ii( rcnipl.ia' |Kir un .inil>ass.i- 
deur r\tr.ionliii.iir«'. cl aiiNsilol . t)iu)i()u'il \ vùl 
»\ors un repriMiiLml d«* NiMiisc A (x>n>l.m!i 
noplr. Pieiru /rno, Mocrni^ti partit roiiiinc 
fnvo>é cxiraorilinairr jxuir .is^sivicr ati\ tVtrs 
de la cirixuirisiim 

1^ "27 juin I.>:i0. » niiiii. Sulriin;«n. accom- 
pagne^ de toute sa cour, sr rendit a l'Iiippi)- 
droroo. l.\. du a^ti^ du nord, près du Mchicr- 
chaii caM*nic drMuusicicn<«dcrarni(''r .s'clcvail ' 
un ln>nc niaj;nifii|uc sur des coloniir.s de Lipis, 
surmonté d un Italdaquin rcs|ilrndissanl d'or. 
du<]url loajl>ai«-nl rndraixTif's»!»' riches cloffVs; 
Ir Mil ct^it ciuiMTt <lc la|n> aux mille couleurs, 
liMil autmir étaient dn^sM'rN des tentes bril- 
lantes. Pr^ de r Vrslanchan mén.ii;erie des 
lions, jadis rèjjlised»' Sauit Jean , il rencontra 
le set^nd « t le troisième vj-sirs. Aj.is-Pasclia et 
Kasim-Pasdia. i|ui venaient au-devant de lui : 
à la moitié de l'hip[K>drome. le (;rand vesir 
Ibrahim, avec l(»us les be[;lerbe;;s et laiv'i des 
janiischares a pied . s'appnniia |M»nr lui rendre 
hommage. Tous à pied esoirtèrent le Grand 
'^ ; srui à cheval s'avança vers le i rAtie 

• I des tentes prises sur les princes 
vaincus, rtraeant par son éelat tout ce qui len- 
tourait Ati bruit des fanfares et desadlama- 
lions. I«*|iadisrh^h s as^it sur son trône, et reçut 
\t-< ' ;* et les priS» nls des vesirs. des 

aga- . . : tir et de l'armée, du mnlli et des 
olémas. paisle> traita map.nifîquement.I^e second 
jour, les vesirs et les f^ou\ernPurs déposés . (|iii 
avaient obtenu la permission d assister en per- 
•oone à la fête, furent admis au baise-main. 
A quatre pervjnnaf;eR seulement . lex - j'.rand 
vesir Piri-Pa^ lia . Seinel -Pa-cha. qui av;ul 
rendu de si lions wrvicesdans la campagne d K- 
gvple. le b fçlerlwf; d'.Anatoli .lakub-Pasclia. 
et l'ancien l>e<;ierl>efT de Kumili Iskender- 
Pa*cha. il avait été accordé de jnujr fie cette 
faveur avant tous autres iîoii\erneurs desti- 
loéft. et de faire déposer leurs hommane» et 
Inir l's aux pieds du souverain fwr des 

rej> I *• iroi<>»énie jour (ni consa- 

cré a la les hf»nMiaf;esr| des présent* 

Oes Mii«i- i.-i.Mr.,;s. des émirs kurdes et de» 
ainb>Ai^eiirs étran[;er<. Ijt nombre des envoyé* 
(ie \ eot*c ét<iii une Mirte de compensation ^lour 



PlIîK OTTOMAN. 

l'absence des représenlanls d'anlres puissances. 
A\«'c les d«Mi\ ainlt.issadeurs exiraordinaires , 
Zenoet Moceiiii;o. se tnuivaient encore le rési- 
d( ni oniiiiaire. Ilaxle IJernardo. el U- fils du 
doj;(«. Aloisio (.rilli accrédité auprès de Sulei- 
man oimine plénipotentiaire de Zapolya (I). Les 
présents surpassèrent eii niaj;iiiMcence tout ce 
que Ion a\ail vu jnsipralors ; on vil étaler le 
damas de Syri»' el le ( olon di;j;ypte , les cliAles 
et les monsseliues des Indes, des draps lins de 
Grèce <'| du velours vénitien, des plais d'argent 
pleins <|e pièces <ror. des con|tes d'or avec des 
pierreries j des plaleanx de lapis, d«'s vases de 
cristal, des [Hircelaines de (iliine el des four- 
rures de Tatarie, des |unienls arabes el des 
étalons turcs, des maiiieliiks el de jeiiius jjar- 
çons grecs, des esclaves éthiopiens el hongrois. 
Les offrandes du jjrand vesir seul valaient 
ÔO.UOI) dncals '2\ On donna un spectacle mili- 
tair<'; lassant fui livré à deux tours de bois, 
dont lune était défendue par des Hongrois; 
puis on simula des combats à coups de fusil, de 
sabres et de lances. Le rpialrième jour, les pré- 
ceplenrs de Snleim.in. le savant {>liairedrlin el 
les kadiaskers présentèrent leurs hommages el 
aHèhenI siéger a eftié du grand vesir. On leur 
servit les rôlis les plus succnlenis. les sucreries 
les pUis recherchées, des .sorbets exquis: le 
peuple se divertit h voir les tours de gobelets et 
les prouesses des escamoteurs. I,e cinquième 
jour fut consacré aux courses el aux [lasses des 
mameluks venus d'hgypte avec Inal-Heg, et 
qui firent admirer leur adresse dans les exer- 
cises chevaleresques. Le sultan resta jusque 
dans la nuit . (pii lui éclairée par des feux d'ar- 
tifice au milieu desquels les deux chAleaiix de 
bois furent livrés aux flammes. Le lendemain 
matin on vil à leur (ilace deux autres forts, qui 
aNaienI éié (onsirnils par Dschanim, renommé 
pour son habileté dans I équitalion et les tour- 
nois: chacun de ces forts était défendu par cent 
guerrier» pesamment armés, qui tour .1 four 



'i; lhh% If loin , I. m .d*- Mai ini S.iriuio se Moulent 
rju-urf r.ipprwl» *ui len fi'ii» di' l-i rii<onri'On , !<■ pre- 
mier. d» i amUa%*i<ii-ttt PwlfoZf-iio, du 1?i juillet 1.530; Ir 
•fcond. de raiiil»a'«»3d»-iir Mo(fnif;o , du 14 juillK l><30 , 
:iw>thl%: leirouieine, du bjil« Heinaidy; le quatiieiiif, 
du k<;ii^(<-ur Andiea iUikti. 

"2 Frrdi, fol. \7 : l»- rap[rf*rl d'aiDba»»ade dau» le 
lorn , I. lu , de Marifi Sanulo. 



Livin. 

s'attaquaient et st rrpoussaieni ; riifin liiri «!• s 
dfiix partis siicnimlja ; bf.iuroii|» ilc jcmic.s jj.ir- 
^ons cl (le UvWcs fiih's rt strnnl la |tu)ii' (lr> 
vaiiirjucurs. Oltt' nuit-là fut «lu iirr t'ciairrt' par 
des tVux d'artihiffl rinniidir dos chàtrauv. I.<' 
septi(''nit' jour les janil.vliarcs , roiidnits par 
leur a[;a iM li-s j;t'iir'rau\ «Ir la cavaliTif. |K»rlt- 
rent eu piiHi'ssiori sulmnrllr Irw fmli/ii's tics 
noces où eierj;es dt* la «inoneision (1), avec 
unr i|iianliti'' dr ih'wvs «t de fiiiits di\irs, drs 
rrprt'si'iitations d i>i,s«'au\ rt <lr (piadruprdrs. 
\.e lun'tii^iue et le heuNJèniejour, aprt's midi , les 
danseurs d«' «onléet les nuisit jcris fun-rit ( li.ir- 
jjésdr réjouir l«'s s[)('(ialeurs le ilixit-nif jour 
on traita 1rs profcsscins . dunl le traiteineiil 
({uolidien était au-dessous de ÎA) aspres ou un 
duiat environ, ainsi ipie leurs suppléants les 
jujjes déposés. Des sauteurs j;riinpèrfnt sin* l'o- 
lH'lis<iue et sur lesioloniusdi riup(M)droni('. Les 
trois jours suivants furent remplis par les tours 
des joni;leurs, des l)iiurfon>et les efleis d'om- 
bres cliinois«\s 2 . Tous ees sidtiml'aïKpies fu- 
rent (grandement récoriiptnsés, et recmillinnt 
une énorme ipiantité de pièces d'or et d aijîent, 
(ju'on leur a[ipii([ua sur le fr(uit ou (|ui leur 
furent jetées a la tête. I.equatorziènu'jour tous 
les aj;as de la eour et de l'armée se rendirriil au 
vieux sérail, pour ehert lier les trois princes .Mus- 
tapha , Moliauuned et S< lim , et les conduire 
à ri)ip|MNlrume; les vesirs s'avancèrent à pied 
de ce {)oint à ta rencontre des princes, et 
les accompaj;nèrent jusipi'à la salle de divan du 
sultan l.e lendemain eut lieu le i)an(|uet du 
sultan. l.e seizième jour fut le plus remarqual)le, 
par les dissertations savantes au\(pielles on se 
livra, le sultan envoy.i le maréchal de la cour 
au mufti, et le général des approvisionnements 
à rinstilufeurdes princes, pour les invi erà s" 
rendre aux conférj'in csdes nicm.is qui allaient 
se tenir en présence du soiiv<'rain. Suleiman 
donna, (HJur [)remier j>oinl de discussion . le 
Pater nosfer des musulmans ou la première 
.V//rr/du Koran. Des élo;;es récompt-nsèrent les 
réponses habiles; rij^;iiorance ou l'embarras .se 
trouvaient humiliés par le silence ; mais le plus 
triste châtiment tomba sur le professeur Sulei- 



(1) Suniiet Mumi ; Dschelalsade , fol. 137; Ferdi, 
Fol. 16d. 

(2; DscbeUlsade et Fridi. 



X.WII ;i 

man-Chalife, qui, |)én(^lrë de douleur de ne 
|Miu\otr trouver une repliipn-, fut (rajipé d'a|K>- 
plexie.et, euqMirlé de l'asseudj'iée, rendit l'es- 
prit dans la maison où Ion s'était empressé 
de le dé|M>ser I le dix-huitième jjiur enfin, 
tpn asait été précédé de qm hpie repos , se fit la 
eéréuiniiie de la circunciviim dans la salle <le 
divan d Ibrahim- Pas< ha (outre l'hippodrome. 
Les vesirs, les bej;lerbe|îs , aj;as , ulémas, vin- 
rent baiser la main du sultan en lui offrant 
leurs félicitations, et furent (onj^édiés en rn e- 
vant «les vêtements d'honneur l)es feux de joie 
proIon|;èrent la clarté du |our bien avant dans 
la nuit, et trois jours après les fêles .se termi- 
nèrent par des<ourses dans la plaine des l-.aux- 
l)oiiees,2. Suleiman. satisfait et Her de ces 
majjnificenees, dit au l'.rand vesir, son favori: 
• (hielles ont été, selon toi. les fêles les plus 
splendides, de tes noces ou de la circoncision 
de mes fils •' .> Ibrahim ré|K)ndit aussiiùt : 
<i .lainais on n'a vu et jamais dans le monde on 
ne verra «le (éh-scnmme c«'l!«s de mes n«)ces. 
Comment donc? dit Suleim.ui, ipii se sentait 
irritédecesparol«siriatten«hus. Noln- .Majesté 
na |)as eu à la Icte i|irelle «lonnait un ht'iie 
(omme celui qui a dai|;né se r«'!idre à mon iii- 
vit.ition, car mes noces ont été h«)norées par la 
pirsence «lu pa«liscliali de la M«««pie«'t de.Mé- 
dine , du Salomon «le iH)tre é|)o<pie. - .Sois 
mille fois loué, répli(pia SuU'iman, de nrav«)ir 
si bien rafipelé à m«)i-ménie! u 

Trt)is mois après les fêles de la circ«)n( isi(»n, 
«m vil arrivera Constantinople la seconde am- 
bassade du r«)i Ferdinanfl , com[M)sêe de .Nir«)las 
.luris<hit/. clievalier «'t cliaiiilxllan héréiiilaiie 
de (;r«)ali«'. commandant de S \eil et (juiis, de 
.lo.seph comte de I.ambcr[;, chevalier stj rien, 
av«r um* suite de vin;;l-qiiatre jiersonnes, parmi 
les(pielles s«' trouvait, (oiniiie iiileiprete latin. 
Heii«)it Curipeschitz d'Obernburi;, «pii a publit'- 
(h's mémoir«'s sur cette ambassade. Cinquanle 
tsdiauschs allèrent au-devant «Ijux à une d«iiii- 
lieiie «le la ville et les condinsir«'nl au caravan- 
sérai appelé l'IIoUl des ambassadeurs; là ils fu- 



'I* DscbelalMdf et FVrdi , aii «i que S»olal>»adp , Pel- 
srhewi , Abdul3.«i8 e' Aali. 

,_'! DuctielalMde , fol. 139; Kerdi , fol. l'.i; Aali 
fol. 23y , xxiii' événemeril; Abdulasi.s, fol. 86; Fef 
.schcvvi, fol. 52: Ssolalsade, fol. MU. / 



\ nisToiuK m: i;fm 

rrnt rcnfemiiS; mais d"apr(''s lordrr du siiliau 
on leur fournit lous h^ohjcls nncsNaires. liuil 
jiuirs après lour arrixér l.ômMobrc l.">30 . le 
Crand \i^.r leur ar.n>rda leur preinit're.iudienfe. 
Ils a\aiet.t |>oiir in^iruil t)ns cxpress/s i\c ne 
pnKiu ire leurs «leuiandes de\aul le;;r.iiid vesir 
iM le sulian qu'en lati{;uc allemande: si puissinl 
etaiJ ah>r> à lamir de Ferdinan I le senliinenl 
de re>|Hvi p«>iir lidiome de la pal iel Ibrahim 
ne voulait ps entendre parler «le Ir.ulurliim 
latine, attendu que stm initrprèle ne eouipre- 
nait «pie l'italien. U's ambassadeurs pr«'fv.«''renl 
la lanj'.ue criKite a litalien: «»n trouva un inter- 
jK^te selon leurs diSirs, et Nicolas Juriscbilz. se 
«crxant de sa lanf^ne matenu'llc. pria Ibrahim 
•le leur faire «)bienir une audience du C.r.nid 
vigueur. Ibrahim aeeabla les amb;is.sadeiirs de 
<]ue>iions sur le s<!jour . lesoecupaiious, les ha- 
bitude- de rera|>«Teur et du roi , sur la [guerre, 
la paix. ete.. mais .sans donner au roi de lîolUM.e 
ri de Monj^rie d'aiitre no ii «pie celui de Ferdi- 
i:,nrl . se ciintentanl d ap|>eler Charles le roi 
. I ^iia^ne. l-i jwii mire Charles et le papp . 
»»bserv3 Ibrahim dun Ion ironique, ne pourra 
no maintenir que difricibnient , ear les trou|)CS 
impériales ont saccajîé Rome el réduit le pa|)c 
m captivité; le pape et le roi de Pranee ont plus 
d une f.»is par des dcpc«lics el drs nirs-a;jes 
«ollicilé le» secours du sultan; la conduite du 
roi dF>|»aî;ne a été iiihumaiiie envers le roi de 
France .\présbeau<<)upde projwsde «ej^enre, 
Ibrahim prétendit éiro informé d<- l'objel de la 
roL<^Mon actuelle; ks ambassadeurs . qui avaient 
pour instruction de ne s'ouvrir qu'au sultan 
lui-même, se uioulrêenl fort ré.servés. pré- 
sentèrent seulement une note écrite en lai m el 
indiquant sommairement la nature et le but des 
•ns dont ils étaient eharg» s. et se [;ar- 
,.ii d entrer «n evpruation. de crainte 
que le grand \esir une fois bien instruit ne 
les la !«àt [»oint arriver au s^jlian et ne les fit 
renvoyer, «wnime IbHKirdansky. sans qu'un ré- 
sultat fut obtenu, (às in«jui«lud«s furent dissj- 
|iées par Ibrahim dans une .seconde audienf e, el 
à leur tour ils lui déclarèrent que, selon l'esprit 
fiel- ippftur '>uleim;in dfmi llf»l)or- 

j3n-. ir el qui .se trouvait en con- 

tradiction avec le lanj^age de cet amba«-'vddeur. 
le roi Ferdinand les avait envoycH p«)ur con« Iiire 
la i»ai\ en son nom comme roi de Hon{;ri«-. Pour 



PIRF OTTOMAN. 

Ibrahim . il se rcp unlit en phrases pompeuses 
sur la cduipit'le de la lloni'.rie par ^«)n irahre 
I durant labs nce de Ferdinand , el se permit 
i touti's stirU's d'in,ur«'s«(»nirc llolM)rdansky qui 
avait osé. au mépris «h- ses instructions écrites, 
rédamer une «piautité «le roiM«'r«'ss«'s et uiém«' 
la pi ne de .^semendra i^ l ) ; aussi avait-il été ren- 
voyé a\«T de dures paroles. quoi(]ue la réponse 
de son maitr»' fût «•oiicue «Mi iJMiiies bieiueil- 
laiits l.e sultan avait «loue marché en personne 
à la rtxherche de Fer«lman<l, et, nelayanl point 
tnnivé à Ofen, il s'était avancé jusque sous les 
murs d»' \i«Mine, ville dii;in' de s«'r\ir «le rési- 
«lence A un empereur. I «'KliiKOHl ajaiil conti- 
nué de fuir. I«' sull.ui indigné avait lancé dans 
toutes les dircdiojis les akiiidschis pour mon- 
t HT «pie le \érilable eiii|icniir était la, et il avait 
fait (pj«l |ue do;iimajjc aux mur.iilles pour lais- 
s«Tun souvenir de .sa visite; n"a\anl pas .songé 
à une complète, il n'avait pas auMiié «le grosse 
arli.lerie. el l«' froid lavait ensuite «iétc iiniiié à 
se retirer; a son retour il avait couronné .son 
."Serviteur Janusch roi d«' Hongrie, el Ferdi- 
iiatul . (jiii n'ciait «pie gouverneur «le \ i«'nne 
p(Mir le roi il Ivspagne. n'aMiil aucun droit sur 
le pays. Knsuilc Ibrahim ne s'abstint d'aucun 
outrage contre Charh's «pii avait marché en 
Italie seiilciiH'iit p«)ur exloicpier de largenl au 
pape el au roi de Fiance, el qui se croyait em- 
|)ereur parce cpi'il .sflail cctiffé d'une couronne. 
1-e véritable titre iin[»érial, aj«)ula-l-il, est dans 
le .sabre; «■! cjuaiit à la paix, on ne pouvait y 
sonjjer que si Ferdinand, reu«)n(,anl à la Hon- 
grie, restituait même ce qu'il occupait de ce 
pays, cl si Charles, «piitlant l'Allemagne, re- 
tournait en Kspagne et laissait le r«)i Janusch 
dans la paisible p«>s.se.ssion «lu royaume dont il 
avait rem linvesiiiure. F«s amba.s.sadeurs ré- 
jumlirent «le leur mieux à loul«'s ces parole», 
«; finirent par «)ffrir des sommes considcrabh.'s. 
.Mais Ibrahim répliqua cpjc; .son maiirc n avail 
pas be.s(jin d'argent , que les .sept tours dont il 
leur montra les créneaux par !a fencMrc regor- 
g<.-aient de riches.ses; que W ei\elbeiger el llo- 
l;ordaii8ky avaient promis à lui Ibrahim iOO.fKK) 
Morin.s po r avoir s<jn a,<pui ; «]u'il leur avait 
réj ondu ce cju il répétait «ncor»-; que- nul pré- 
sent, si con.sidérable qu'il fut, nejwurraille dé- 

i 1 ('up(X)rt df I^rol>crf; M dr .luriMhii/. 



I.IN 151. \\\ II. 



lenninrr ;'» dccrh r 1«'n infér^Ln di* son njiilln-; 
(ju'il ('tait risolii ;iii contra n* A laidrr .« con- 
(luc'rir le iiinndi' plutùl qiu* iW Ini (onKcilIcr 
d'abandonrur dos rontrfi s dont il s'i'lail nn- 
paiv. I.CN .iiiil)as«iadrur> li' sii|i|»li('rnii dr m* 
point roiisidt'iTr Inirs oflrt-s sous un n auvais 
aspect . rt de leur Faire obtenir une aiidienrc du 
snlt.in Tctte dcrnicre Faveur leur Fut accordée 
an Ih»u( de huit jours 17 novembre 1.VM) . Ils 
fiirent Jnlro<lnits solennellement. Fji traversant 
la I remiére lourdii sérail ils virent i\cu\ élé- 
ph.inlsa\ec lents i;ui(les : dans la seconde ils 
Furent accueillis par hs ru;;iss(Mnenls «le di\ 
lions et de deux léopards cndiainés I . i.is 
tjardes du corps, les valets de la cour coiFFés de 
bonnets ri or, trois mille janits(liarcs se tenaient 
ranj;és devant la salle du di\an. Dans (ctle siille 
siéjîeait le |;ran«l vesir. ayant à sa droite les 
vesirs Kasjm, \jas et le be;',lerl'e|; de Rnmili, 
Behr.im-Pascba ; a sa j^auclie les Aan kalias- 
kcrs,les trois deFterdars, ^ une certaine dis- 
tance le Si irétnire d'Ktat. (lomnie il y avait là 
un inler|)rète sachant le latin et le turc. Lim- 
lvT|j parla eti allemand et réfKindit aux ques- 
tions captieuses e( nialveillatilesdii jjr^nd vesir: 
puis le {^rand maréchal et le [jrand chambellan 
eoniluisireut 1rs envoyés devant le sultan. I^i 
I-amber|; prononça en lani;iie a lemande un di.s- 
rours (pii Fut tra«luit par son interpri'te en 
latin, et par b droi;inan de la cour en turc. 
.\pr^s la prt^eniation des lettres de créance. 
Jurischitz exjxisa en croate la demande déjà 
produite au jjr.uul \esir. la remit écrile en lalin, 
et conclut en sollicitant une prompte réponse. 
Le sultan tit un sijjne d'assentiment, pn nonea 
cpielques mots, et le i;rnnd vesir doni a aux en- 
vovés l'assurance (pi'ils seraieiit satisFaits au 
plus lot. Deux jours après il-. Furent mandés de- 
vant Ibrahim cpii répéta ses premiers propos et 
scsouirafîcs ;^ HolK)rdansky. insistant sm- l'im- 
possibiliic |»our son maître de rendre la Hon- 
grie deux Foi- cunqu se ; ar ses ;!r i es. ajoutant 
avec aFFectation que Suîeiman avait entrepris 
la première expédition sur les insianr<s pres- 
santes du roi de Krance et de sa n ère, et avait 
promis ii François T*" de l'assister par terre et 
par mer contre Charles V. Comme le grand 
vesir ni les ambassadeurs ne voulaient renoncer 

(1 ' Dans If r.ipporf et d.ins l'Iiincrario. 



i\ la llorn;rie. ces «lerniers demandèrent leur 
audience (U- ron|;é; six jours après SuUiman 
les admit a I honneur de lui luscr la main cl N-s 
rrnvova avec une ré(M)nse écrite. 

Pendant (jue I amberi; et .lutisdiil/ néj'.o- 
ciaienl à Constant inoph-, le général de Keuli- 
nand, Guillaume de Hoj;endorF, a)»irj;eait ( )Fen. 
et le j«nir méii:e où Ibrahim jetait 'es dédains 
sur les réclamations de lloliordaiisky. (elui-ci. 
.se mêlant aux soldats de la i;arnis()n qui ren- 
traient a la suite «l'une sorMe. s inlriKlnisii dans 
la place. bi>n résolu h mettre un terme a la vie 
de /apol\a. dût -il sacrifier la sienne. Iletonni' 
et lonvaineu par le poijjnard «pie l'on trouva 
ea( hé dans sa manilie. il Fut cousu dans un sac 
et jeté dans le Damibe 1 . Du cùlé des 'furrs 
la défense dOfen avait été confiée a Kasim- 
Pa.stlia,àMurnin-A[;a'2",etauchar(îéd'aFFaircs 
de ^uleiman , .Moisio (iriiti: ils avaient trois 
mille Turcs sous leurs ordres. .\u Ih)uI de six 
.semaines, RofjendorF, ne recevant pas les se- 
cours (pi'il attendait . Fut contra lit de lever le 
siéj;e: d ailleurs il n'était | as en état de tenir la 
campaj;ne contre les troupes embarquées sur la 
flotte de Molianuned-Rcjï. bien pourvues d» 
munitions de i;uerreet de bouche, et (piallaienl 
.soutenir deux mille viw al ers. Six semaines avant 
ce siéj;e iuFruducux, .Mohannned, sandschak- 
bej; de .Semendri, et Murad , {;ouverneur de 
riler/ej;ovvina, prétendaiil faire des irrii(ttion^ 
sur les domaines de I Vrdinand . avaient dé.solc 
la moitié de la noni^rie. Mohammed porta le Fer 
et la fiamme dans les cantons entre la W aa;; et 
la Neutra . et jeta l'effroi dans les villes des 
montagnes. Murad incendia Hainocz que les 
habitants avaient al aiidonné Dans I espace de 
quinze jours la ruine avait frappé sans distinc- 
tio;i les advers;nres et les parti.sans de Za[K)lya : 
dix mille Honj;r" isavaient été entraînés comme 
esclaves, et Zapolya, les voyant rharj;ésde fers 
à f)Fen, r.r put (pie verser des lani es stériles 
sur leur sort. Kn même tem[»s les akindschis 
s'étaient jclés sur une partie de la Tarniole, et 
répétèrent quatre Fois encore ces ii ruptions . 
de[»uis .Ndél jusqu'à Pàrpies. traînant après eux 
plus de trois mille esclaves (3). 

(J) Ijuer. Ko^endorfi ad coiiiit. nie. ep. Pray, Epistn- 
lae procerurii , 1. 1 , p. 10.3. 
[2] htudnfî failde Ka^imr.aM(rmii)i ,(ieMiimio Nurnitla. 
'3 Ffrdi. fol. 174. 



lus roiKK ni- lkmphu-. oitoman.' 

'^.n. '-iMii I ( . ni 1.1 doumMIc do l.i dtMivr.iiuc 



<' ' 'trt il ri'vrnail df Hrusa A 

< i; j'.i^vi rhivcr dans s.i rapii.ilo 
• '^ ^ iniiTipurrs. »M ch.iiij',ra (|iioI- 
qur^ !*,«> i\rrnnirs. Ip bri',lrrlx'i; d«* Mimiili. 
Hr* '^T^lin. avait «Mr assa-^sinr |>ar ses rs- 

< ' .irnii inr< r\(Vulrs |K»iir » «' iiirurlrr. 
Viii j; iM niiMiinit r«ninl au ;;raii(i vrsirsrras- 
krr Au rt^lo. Iltrahim «Mail plus orrnpr (jiir le 
sultan di" la n^rplion «les anihavsadrs cl drs 
pnSonts. (^ ,1 iirr unr ambassade polo- 
luisr. rt «I- I.i Vo ir adressa un nics- 
Mgr solcni " ' I ("s ••ii\o\(^> dos 
int'lrndanis : \.i \ ,in (roue dr llonfjrio. do 
/apt'lya rt do Ponny. ofTiironi auj;r,uid \osir 
«ha* un tuio «'normo (t)n|»o d"«ir dun lr«Vs-[;rand 
|»ri\ ,2 . I *ann«'o pro» «'donlo. Suloinian avait 
fait partir prMir la Hussir un r«Tlain AIniH-d 
avec la mission de s'<»cru|>or d'achals de marlr«' 
/ihelirir lîi ., iM\s ,irri\a un onvoy*'* [M)rlour 
d'une ili. en djle du mois davril 
I'>^l . (Iniiandcr oe qnV'tai«'nl dovo- 
nii^ 1«^ '^•sa[;«"rs jadis adtrssi'N j»ar NVas- 
sjli à Heli^rad. et de les r«*rlamer en menaçant 
la Turrpiiédii Fer el du fou II n'y eu! point lini 
:< de* rapjmrts nlij'iiours rntro '^uiciniaii et 
'^ i'*-!'! : mais wpi ans aprf-s lr surcosseur de 
\\ .. li f.,.„ |\ fi{ partir do Mo^kow un do 

' w. avec des lettres aniî- 



rnj<*f fbrm< 
mâf»ne. rar i; m i 
rtimmemi d^ Ifnn.; 
Roh^ie. r 



Ml do SuU'iman fut di- 

. Charles V et l'Allo- 

<il Ffrdin.'ind ni 

iiif s(Mi\fraiti «io 

' on qualité d«' lieuto- 



nani du r m Allpmaryno.fldanssrs 
?piire«n<>1 ' Mipjotitr' do fOfunMnrlanl 
*'■' 'le<s l?f•iman^td'l^^rahi'ns(• 
^^ : . ;. JaasI ordinaodiinrivaldola 

f^nnômr rt de la ptiissanee ottomane; ce f ;ji don« 

'•rre. non |K»itit romme 

•1 i , ti' Ml !ait parla;;«Toe 

lilrr jTfca rrr Ibrahim 

'it vjuvfni <pi I n»' j^uj a:i eii.ster qu'un 



1 lUn* I H wrr» A' ' 



/-j. iv», p. va 

iilo , I. UT, «"t «^pia 



soni oniporonr sur la terre, comme un seul 
Dieu dans lo ciel; on s'.illaquail à Charles scu- 
lomonl . «iinuiio an roi «l'I-spaj^no, doni lo liou- 
Ij'nanl «-n Al|cmai;no. I"( rdinand, iiKiuu-lail l«'s 
f^)nIi^r^•s du royannuMlo l|«)n|;rie appartenant 
à r«'mpiro ottoman, ol confiiT conmio liof ;> 
/a|Ktl>a. Snhiman novonlails('mosm<'r(pravec 
Cliarh's \ ; il prt'iondail !«' «lion lier .jusqu'au 
«'(iMir do rAllomai;iio; «ar K«*rdinand . selon les 
expressions dlbraliim. an lion d'altondrc sa 
visilo à \ irnn«', soiail «'nliii A I.oiiiImmj; ot à 
lVaj;uo. CliarU's V, lo vaiiupioiir «lo l*avic,io 
«'«uupiérant de Rome, «pii tout récemment con- 
vtxpiait ;^ nalishoiiiu' l«'s forros alloinaiides 
«■oiitro N'sdatijjors do la puissam»' turcpio, «lont 
les vastes projets soulovaioni d«''s lors les jalou- 
sies et losin(pii«'ludos do la Iranoo, c! dosprolcs- 
taiils «pii laccnsaii lit daspiror A la domination 
du mondo . ce mnnarquo jjlorioux aux joux de 
Suloimaii (|ui s'iiililulail soliali dos schahs, 
[;rand |)adisohah, «M iinicpio niaitrc du monde, 
«'tait lo seul adversaire «lij'.iu" de ses armes. 

Siil< iman se mil doni' v\i monvomont à la lètc 
(h' doux oonl mille hommes, parmi lesquels on 
oomplail seize mille hommes de rannéo d«' Hu- 
mili. trente mille d'Aiialoli, douze mille ja- 
nilscharos, et doux mille cavaliers n'jjuliers, 
soi\ant«' mille akindschis i 2J avril I.Vi'JJ. I/ar- 
méc traînait avec elle trois cents pièces d'artil- 
l«Tie. Ko sultan mainiiiil iiiio sévère «lisciplino 
parmi tous ces soldats, distribuant à projios les 
chAlimonts el les n'compenses. Haussa marche 
il reçut h's onvoy(''s d'Au(ri(h«' ol dr France, 
Porony cl le fils fin despole. A Niss.i, les ro(»rc- 
sontants de Ferdinand, les comles de Lamborf; 
ot do Nojjarola . furent admis à lui baiser la 
main. Ils avaioi t [tour mission do «lomandor la 
proloiij;ation do la trêve de \Vissj;rad conclue 
avec Zapolya. A nol[;rad, rainhassadcur fran- 
çais Hincon fut présenté en audience solennelle 
avec le m«'mo cérémonial emplo\é dans la der- 
nière canqMfjno à Ofon env<rs Za|K)lja I . Los 
envoyés «le F«rdinand se retirèrent sans avoir 
rfTU «!<• réponse fa\()rabIo; mais relui d«' France 
oblint «le f;ra( ieiiscs parf>les^2,. A Kssek , Pierre 
P( Tfiiy el lo fils du «îespote baisèrent la main 



i\, Joiirijjil, Ferdi. fol. 186; DftcbflaiMde . ftiJ. 148. 
'2, Moarifi , I, xi ; [JMrbelaldadP , Ferdi , loi. 188; Ab- 
dol2»i«. ff>l «8. 



1.1 VUI. \\\ Il 



rfiipraïul vesir; jiui-', d'apri^le conseil de Griili, 
Percu) fut viitlniiuifiil arrêté, di'iix dr ^cn 
j;eiis (|ui sciiiintii rii dcfcnsf fun-iil immolés; 
d'jjiitrcs M' niijiiiîii iil . Pt-miy lui iiu'inr m- 
fut niiiis ;i M)M adv«i>.iir<' Za|M)lya (jua la 
condition de jai^^i'r M)n t'\\>> i^.c «It* sept am 
commv t»laj;»'. Cet enfant, (pti fut liiioncis et 
emmené î\ Constaminople, nr i«'\it jamais son 
|H^re. .yi delà de ntlj;iad . lannér tut nuore 
fortifiée de <|uinze mille Tatares amenés |Kir le 
fr^re du rlian Ssaliil)-(iirai. A K.ssck. C.hos- 
re\v-|{('j, ijouM'iiK lU' de Hosnir, se réunit à 
l'armée avec cent mille lionunts. Dcn antres 
forces, A leur passa;;»' i()nd)éirnt U-s diAfeaux 
de Silvlos. r,i;ers/.(u . jlalMxsa. iJcIovar. li«T- 
zencze, kapolna, Csicso, Salade, Kapornak. 
^^'llrust•h, IViluske. Hum. Ili(l\»i;. Kut- 
mendvar, Ikervar. Mesieri. S/ombalhcIv. Il 
n'en fui [>()int ainsi de la plarr de (>uris. donl 
la défense liéroi<pie a((piii une jjjtiirc jnunoi- 
telle à son intrépide coimnandant .Nicolas Jn- 
rischitz. 

Le 9 août, le ijrand vcsir campa sous les 
murs de Gnns,et trois jours .près arriva le 
sultan, trempé par la pluie ipii t()ud)aii à tor- 
renls. On Mt jouer I .irlillcric; .lu Ixtul (lc(picl- 
ques jours les ousraijes élevés de l,i place 
étaient renversés; on pralicpia des mines, et 
lassant fut li\ré. Jurisrhii/ complc douze 
assauts dans son rapi ort au roi, el (piaire se 
trouNcnl datcord avec les dates données j)ar le 
journal de Sultiman, et par les historiens oKo- 
n)ans. I.esmiu's fur<'i;i minés eu treize endroits, 
ime brèche souvril de huit toises: sur deux 
poiuts s'élevèrent des monceaux fie fascines 
plus hauts (jue hs nnirs, et les Turcs incommo- 
dèrent forteiceni les assit-jjés par mi (eu Irès- 
vif Les chrétiens parvinrent à mettre le feu à 
l'un de ces mcmceaux de bois, mais les assié- 
(géants I éteignirent. Le seizième jour après 
l'arrivée de Sul( iman devant (»uns, .lurischilz 
venait décrire son rapport A l'empereur, lors- 
(jn'lbrahim le fit sommer de remettre la ville, 
de payer un irihut anmn'l. ou de se racheter 
moyennant "i.OOO florins honfjrois donnés en 
présents pour les capitaines des janiisrhares. 
.lurischitz répondit ipie la |)lace ne lui appar- 
tenant pas. il n'avait pas le droit de payer tri- 
but pour elle, et qu'il ne possédait pas 2.000 
florins. Trois fois Ibrahim lui fil demander si! 



n'avait pas clunné de penve, «t trois fois il 
reçut la même réponse. Au Unit dune henie il 
fit donner le signal de lassaui. Par son «»rdre 
des crieurs avaient pnM'Iainé une au|;int ntilion 
de solde, el dis tiefs jMMir les vaimpieur». 
(.Ihacun, du 1 historien l'elscliewi, prit mjii 
âme sur sa langue, et s'écria : ou je prendrai la 
télé de lennemi , on je lui laiswrai l.i mienne » 
Les janilsdiares et les arabes s'élancèrent, el 
avaient déj.i planté huit dra|MMU\ f>ur les mii- 
I ailles; pi ()té|;és par un faible abri, serrés cnutre 
le mur, les |;ens de la ville alleii<laicnl leur 
dernière heure, lor.Mpie les vieillards, les fem- 
mes et les enfiiits (ton sèrent \ers le < iel un 
cri si lamentab'e i*t si déchirant «pie les assail- 
lants elTrayés re< nièrent et laissèrent même 
deux de leurs bannières dans les mains des as- 
siéjjés. Ce (lian|;ement rapide parut si mi- 
raculeux aux (Il u\ partis »pie les Turcs crurent 
a[)eict\oir un (lie\ali<'r céleste bramlissant 
contre eii\ une (pi e . et les chrétiens s'imapi- 
nèicnl avoir re(i<iinu saint .Martin, le ];rand 
patron de Siein sur r.\n};er I . Irois heure* 
après parurent (piaire'l lires devant la brèche, 
pour inviter .lurischitz îl se rendre dans le 
camp sur la foi du ijrand vesir, attendu qu'il 
avait trouvé jjrAce auprf's du firand Sei|;neur, 
blessé lui-même dans le dernier assaut: Jiiris- 
chilz élail hors d'état de tenir davanta(;e. De 
sept cents vaillants soldats dont se (()m))Osail 
toute la {;arnison au comiiienccment du sié[;e, 
à peine lui en restail-il la moitié; la poudre à 
( anon ét.iil épuisée; la plupart des {pierriers 
n'a\ aient plus la lnrce de se (h-rendre. I.e com- 
mandant acce[ila donc rinvilalion desOllo- 
mans. moyennant un sauf-conduit é( rit et la 
remise (le deux ola^jcs. In des (piatre parlc- 
incnlaires tira anssitùt le sauf-conduit de son 
sein. Deux antres se prcsentèreni comme olaf;es. 
.\ccomjtaj;né de l'ajja des janilsdiares . .luris- 
chitz fut conduit devant Ibrahim. (|ui se leva, 
lui tendit la m.iin el le fit a.sseoir. Il lui de- 
manda s'il était f;néri de la maladie dont il 
.sonUrait lorsqu'il était î\ f'onsiantinojileconme 
ambassadeur, s'il étal blessé dan;;ereusement , 
pourquoi il n'avait pas remis aussitôt la place 
sous ses ordres, comme Halhvanv et Pierre 



I .Inviiis, I. x\x , d'aprpo le témnignage or^il dr .lii- 
r>( hiiz, et fl,iiis Ki|o:i.i. ]>. 8J"J. 



s 



iiisToMii: iM" i.KMnni: ()ïK).MA^. 



d'KIvr.ius av.iirnl f.tit |x>iir l«> Inirs. sil atliMi- 
d.iK rmt>ro tjur son maiCrc p.in^l pour Ir doli- 
vfTT. Jurisriijtx laissa loml>or celle drrnitVo 
ijurviion: qiiani an\ In> s |»rl•mi^^^^ . il rr|)Oii- 
di( <](i il rt.4it nMal>!i de S(»n .uicininc maladie : 
qiir sr? dc\i\ hirssiircs . luiir d'un mnp de frii. 
rauirrdii \el d"nîir |»iiTrr. nr prrsoiilairni au- 
cun dan;;rr. qjic M»n hounnir nr lui av;ii{ 
jMiiiH |Hnuis dr s'humilier drvaut 1rs rnnrmis 
dr MMi niailrc suis une i tvcsviir cvtrc^mr ou 
sans mntrainir. Il drvail donr. |)nursi:i\i( 
ll'^.ihim . sr pro^irnuT <V\.iiit !«• (ir.indSoi- 
i.'î -ur «|.!i lui faisait don i\c h ville cl du c\\A- 
Iran. Juri«ehiiz. qui dans stm amhissade avail 
oltsenr que rien ne flailail plus l'r rjiueil 
dllT.d'im que l.i rminniissamc de sa toulc- 
piiissanrr. répondit quil élail tn)p arfaibli par 
SCS b'ewnres |Kmr f'fre en él.if de jurail r de- 
\aiit lesidla i «jm dadleiirsnviiiilenait loiijours 
re eue pmmeHnil son re(»résenlaîit. Ibrahim 
.".- tirillit celle excuse, el consentit volontiers à 
iinr dt-r.inde tendant à er cpie douze Turcs 
■ '^tIr la brèche [>o:ir eiupi-. hrr les au- 
t:. ; , lîéirer I . I/apa des janitschares dé- 
sirait visiter le château: mais Jurischilz. aussi 
prudent que bave. rrp<indit qu'il y avail dans 
iftin enreinle des Ksp.i[jn((ls el des Alle- 
mands qu'il fallait contenir, que d'ailleurs 
il n avait donné pnrole que |>our la ville. 
et non ]xynl jKHir la citadelle. Ibrahim se 
lroii\a "atitfaif. accepta [^racieuseTient les 
\zscs darpinil que Jnrischitz lui offrit ainsi 
qu3ti\ chefs des Turcs, et Ici remit un vêle- 
ment dhonnnir au nom du sultan, l ne troujx; 
de Turcs. en«.ei[»nes déployées, nmsifpie en 
trtc, alla occuper la broche en poussant Ir (ri 
d Allah ; rr fut a\<(7. {lour la vanité d Ibrafiim et 
I^Hinncur de Sulciman. l.c courrier que le {;rand 
Te«ir expédia Ir lendemain matin avec la joyeu.sc 
n<^H)\flle de la remise de la place recul .'AH) 
florin* d or. un kaftan . et une assi[;nalion de 
lO.lifiO ;)spres annuels ; au {;rand vesir lui-m<*me 
furent donnés un vêtement d'honneur et des 
pluaie* de héron. !/• jour «'Ui^ant. les vesirs. 
' et ](■<- be[;» présentéreni leurs 

t '^uleiman dans un divan solen- 

nel; Ic-'V» aoiit. avant appris la conquête 
d'rf;denhnrp. le <ulian CMrp.édia les en\oyés 

» lUpf^ de Joî iw^b'tz do 30 irtOf 



de Ferdinand. I ainberi; el Noj;arola. qui de- 
puis leur retour de nelj',rad avaient été envoyés 
de nouveau auprès du sultan, et n'avaieni pas 
obleim celle fois plus de succès que dans ItMir 
premièn* mission. Il leiu' Hl des présents el 
leur remit une lettre ipii appelait Ferdinand 
en rase cauipaj;ne. le nienacanl de la dévasta- 
tion d«> >es liais. Celle lellre . é( rili- vu «arac- 
lères d'or el da/ur. était renferuïée dans une 
Nmrsedor. 

\ienne s'alteinlait à voir bienlùt Suleimaii 
reparaître sous ses murailles: car déjà les 
akinds( liis s<»us la conduite de Kasim. <pii du- 
rant le dernier sié(;e s'était avancé iusfpi'i^ 
rKnns. avaient parcouru la haute el la basse 
Autriche, pillant, bri'ilani loul sur leur pas- 
sa[ïe. Alors arriva la U'iuvelle inal tendue 
que rora;;e se diri;;eail de Giins à jjauche à 
travers la Slyrie. Ce (pii poussait le sultan de 
eccrtté. c'étaient l'éptupie avancée de l'année 
el rcxpérience f;iile à (iuns. (pie de uiauvaises 
muraiilcs défendues avec courajïc résislaieni 
à la plus vaillante armée et A de l'artillerie 
léjjère, plutôt ipie le bruil que des troupes 
espaj;noIes el ilalienIle^ sapprocliaient pour 
.soutenir les Auirii biens. Sulciman nayaiiL 
presque point animé de fjrosse artillerie, car il 
ne jMiuvait son{;er à faire le siépje de Vienne, 
sou plan de cam[ia,'^ne devait avoir [lour bul 
d'amei'.er une bataille ranf^ée dans laijuelle il 
espérait se mesurer avec le seul adversaire rc- 
doulalile de sa |;randeur et de sa puissance. 
O'Ile opitiion csl forliliée encore [)ar la lellre 
d(ml il ehar[;ea les comtes l.aniber{; et No{ja- 
rola 1 . .Mais comme larmée de Charles et de 
Ferdinand se tint dans \ienne, et que jiour 
marcher sur cette ville il fallait passer par la 
f(jrle place de Neustadt , ICxpédition c(mçue 
sur des proportions f;iî;antesques se réduisit à 
desirrupliotrsde-tructives. el Sulciman, laissant 
.Neusiadt. pénétra dans la Siyric qu'il d('"sola. 

En même temps Kasim- IJeg, avec quinze à 
seize mille akindsehis. iraversait de nouveau 
TAulrichc el dépassait IKrnis. ma.ssacrant les 
vieillards et les enfants, eijKjrtanl déjeunes 
{jarçons el de jeunes filles attaché» sur les che- 
vaux . brûlant les bour[;s et les villaf^cs. A 
Ernslhofen, une horde franchit l'Enns, et pas- 

'1 Joviii» , 1. XXX : Kalona , l. xx, p 829. 



lj\ i;i. \\\ Il 



'.} 



jvant par KUink. I)i>bach, St;ullkirchen, sr 
dirifyra vers WoKith et I.o«en-Sirinlnlhen; < »• 
dmiirr lini fut (Irn-ndii |).iriiii ««nii liommo <|iii 
avait |(oiiitt'<l('sariin's;i fVn A l(Milr> It Nfi'U«IHN; 
s<)ii prt'ti iercoiip ayant alti'int l'un tics pr nci- 
paux a>>ail!anfs. Irs aiilr«'s. an noinhrr (h'rin<| 
crnis, s«' ri'iin'riMit pliins (IVnVoi la nouvelle 
de la rrtrai'r d«' Siilrirnan 1rs rappela d«* la ville 
deSteyrr. dans laquelle vei ait d'ailleurs «l'en- 
trer nr» renfort de nnlle cavaliers, arriveVs «le 
Stvrie. Vu m* relir.int . les akitidsi lus bri'ilèrenl 
le bouri; de W «'ver. furent rep«)iissi s dans une 
attaqnesnr Waidhofen, (ju'ils avaieni tentée an 
nombre de don/e niil'e. s'enfuirent devaiH les 
ciloM'iis (| ,i, «l.nis nue benreuse sorlie, enle- 
vèrent cin(j eenis i li vaux e( délivrf'rent (plâ- 
tre cents esclaves, kasini ne suivit pas les bords 
du Danube; il traversa le \\ ienerwald , coinj)- 
lant sortir de cette elialne de monlaj;nes aux 
environs de \ ienne. et sedirijjeant vers la Sty- 
ric reioiiulre ait si lariiiée de Snleiiran. Mais 
les delx» chés des vallées étaient oecn()iV; par 
les troupes impériales sons les ordres du comte 
Palatin Fr» (lérii b I es Turcs altei|jnirenl F'ot- 
tenslein : prèsde l.oibersdorf éiail posté Selwer- 
tlin de lUntenbacb. commandant du conlini^eot 
d'Augsbnr{; , avee vinj;t-deux étendards de 
lans(pienets de l'enipire: ce (lier, se dét.u liant 
à la Icle fie dix bamiières du corps du Palatin. 
attaqua l'ennemi fort de huit mille hommes, le 
délo[;eadePottensiein.et.lechassant devant lui, 
le |K)iissa p.ir des vallons creux sous |;i bombe 
des canons du Palatin, kasim. sentant la diffi- 
culté de s'ouvrir un passa;;e avec la masse d'es- 
claves qu'il traînait après lui, fit massacrer 
quatre mille de (es malheureux; puis, au milieu 
d'une nuit obscure eloraj;euse, s'avança en 
deux colonnes, dont l'une, conduite par Feris, 
se frayant e sabre à la ma n une route à travers 
les bois où ne se rencontrait point de chemin, 
.s'échappa b nreusemeni et se mit sur les traces 
du f;ros de l'armi'e ottomane en Stvrie: mais 
l'autre corps fliri;;é par Kasim . att.upié d'abord 
par le commandant du continuent d'Auj^sbur};, 
en se détournant [)ar la vail(*e de Stabreinberjj, 
tomba sons le feu du Palatin. Kasim péril un 
des premcrs. Osman . prenant le cornu ande- 
ment à sa place, pénétra jusque dans la plaine; 
mais il alla se heurter contre les troupes du 
comte de Lodron et du markgraf .loachim de 



Brandeburj; , fut battu et dispers<': alors «e 
fut plut('»t une boucherie qu'un co i bal ; car h s 
akindsbis ép' iM's. m» niés sur des «hevaux 
affamés, n ayant dans leurs ni. uns (;ne des lan- 
ce»; rompues, ii'op|H)'érenl plu> de résistante. 
Ouelipievups, tViiap|Ms a «ette défaite, furent 
acculés dans la (îorj'.e de Pri|;i',li/ par les payans 
(piilis é|;or|;frenl;d'aulr(s tun ni pré( jiiiésdu 
haut d'un ro< lu r à SelKiisicin dans un lieu 
appelé depuis le saut des Turcs. Ceux qui 
purent cncnre se rallier entre Padeii et Trais- 
kin lien alléreiil donner sur les troupes alle- 
mamles. puis sur les IIoni',n)is. Paul l'aksis 
coiirul sur Osman, le r- nversa de cheval d un 
coup de lance, ladieva de .--on |HHj;nard.el 
em[iorla comme un Iropliée son armure élin(('- 
lante d or. le (ascpie de Kasim, rdexé d'or, 
fïarni de pierreries et orné de plumes de vau- 
tour, fut présenté à rempereur par le c(.mle 
Palatin, conune un symLole «In niMuiphe de 
l'aijîle sur le vautour. 

.Viiisi , des sci/e mille akiiuisrliis de K.isim. il 
ne restait que la faible trimi e. éi happée sons la 
diredidii de Feris a lrav«rs les forêts ju?=qiie 
dans la "^h rie Ouant à celte province . elle 
était alors dé'so'ée par Snleiman , (|ui . passant 
par les vallées de Frirdberf; , Kii chberj^ , Hart- 
ber.;. se dirinca sur firatz. Friedber[;, Kirch- 
berjjel llariberi;. dont les habitants se réfuf^iè- 
rent dans les é|',li.ses entourées de murs qu'ils 
défendaient comme des forleres.ses . furent li- 
vrés aux liamires. Dans le voisina{;e de Gleis- 
dorf. lecliâlelaiii de Polt.u surprit le camp, et 
le journal de Snleiman comme les histoires 
impériaU's reconnais.sent que de rudes coups 
furent portés aux infidiles. I,e(han lalare avec 
j ses bordes dévastait les rives de !a Mur. I/ar- 
I raée avait heureusement franchi les montacnes 
I et alla camp» r devant (iralz. la belle et grande 
vil'e, «dont les jardins et les \i|;nol)les. dit 
I l'historien Aali , re.s.semblent au Paradis, dont 
les maisons et les édifices sont la den eure des 
(îc s aisés et d's riches >> \ raisiniblablement 
i Snleiman tenta de [lénélrer dans la ville; car on 
I voit encore uneima[;ede lurc. au pied de la ci- 
; tadelle près de la vieille poite, re{]ardant par 
j une fenêtre: et la tradition dit (pie le Turc sé- 
I tait avancé jusque-la. mai> qu'il ne put aller plus 
I loin : en outre, les historiens ottomans parlent 
' de la conquête de Gratz avec cette même sinré- 



10 



1II>THIKK 1U-: L I.MIMIIK OTTOMAN. 



rilé dont ils font preuve onmoniionnanf roUc 
df r.un<. Otfp a^s»Tlion so Irouvr contredite 
par fo Journal de l.i r.imp.i|;nr âv Sniciinan. 
dans lot|uH imn «'onh-mnil il ny .1 |»a> un njot 
relatif  la prise on i la retnise de (iratz . mais 
où il est di! r\pre<s«Miirnt qn'a\i-«l«'<s(>ns de 
Gratx Snleim.Tn avait ir.iversr la Mnr avrr 
perte d*h«'niinrs ri do l>aj;a|Te<» 1). Si les Tnrcs 
axaient t't*^ maîtres dr la vdio, ils y seraient l)i« n 
rrMH un jour : ils auraient fiiil nsnf;e du pont 
p<Hir pa<"ier la Mnr. rt \v {^rand |»adis» li.di ne s«* 
serait poini ev[M»M'' an dan^'.er dr sr 1 oyrr dans 
une rivière de Siyrie. Jean Kaizianer. cpii déjà , 
dans le nord, avait battu el r«|M»nss('' les akinds- 
rhi* . parvrnjis an delà de Nrnsiadt . sr réunis- 
sant an\ fîf>nx*s drtiratz. tomba pn''s dr Kerni/. 
sur le* drrrièrrsdo larmér ottomane . battit un 
rorps d«- bui( mille bommrs. cl rapp irla la lële 
d'un paMha IH septembre . Ix* lendemain lar- 
mée campant devant .^eekaii se [innura des 
vivres en abr»ndance , puis elle alla planter ses 
lentes sur les Inirds de l.i Orau . au pied des 
murs de M-irburi; : elle livra trois assauts a 
crtie ville . et fut repous«^ée par Sigismond 
^^ " ;. qui ven.'it enrr»re de détruire deux 
r - dans les t liamps de Ix'ibnit/. Sulei- 

man s arrêta qualrejours en ces lieux . en atten- 
dant 1 arbévrment dim pont ; les vesirs el les 
agas pressaient les ouvriers le bAton A la main, 
el le sultan surveillait les ira\au\. de sa tenle. 
dressée an -dessus des J|<»ls. Li presse fut f;randc 
sor le pont ; îl fallut que le {jrand vesir et les 
fi lotu le jour |»oMr maintenir 

I ■ -iileinian ténioijjna sa saiis- 

farikm à llirahim en lui donnant un elieval 
f;ami de rirhes harnais et une somme d'ar- 
;;en(. li" lendemain a midi touie l'armée étant 
|»ass/e. le («ont fut livré aux flammes. Alors la 
marrtie *e pfiursuivil le long de la Drau et 
par le défilé de VinieM à la sortie de la Slyric: 
d T ftif enrf»re 1 1 I ' iirmon- 

trr, et Ion fHTdil l , ' '■,.',',('•-. 1rs 

f.porrafîeum ^II^Tmt brfller FHslrîlzet Donov iz 
(• •. '. le Cdli et de »uliaus. 

I . [>ar delà les uionta- 

gT>f!» ver* > Irrmhard. dan.s la vallée de l-a- 
vanl; p«t*. franchissant une nouvelle rhalne, 






152: A»li , «T* ^éti'm^t, 



elle s'était avancée vers llultembcrg en C.ariu- 
thie; mais là elle lui re|>oussée |)ar le vaillant 
eapilaiiie NVii W Cl.^cr. .\u-dessous de W aras- 
diu. un boulet . p.ii li du eliàieau de Hassina, tua 
le frère du diflerdar Sebaaban ; aussilAl |cs 
babiianls fiueui uiassaerés . et la place fui in- 
eendié»'. Près dlJerb.irtie . le ;;rand vesir se 
sépara «lu sultan. Celni-<i, ave<' les janilscliarcs 
el les sipaliis . prenant i\ îyauejie . nian lia , par 
Caprone/a el l?<M'nM7.e . sur posvj'.a ; Ibrabiui , 
se dirii;eant à droile avec l'arrière-j'.arde de 
l'armée, suivit Iranijuilleuieiit sa roule par 
Kreulz, C.ndoveez, Chasma . \eli(a et le châ- 
teau berceau <le la famille de Zapolya. De l.ugo- 
vidi. Ibraliiu» rcn\(»\a le prisounicr André 
SiadIer avec une lettre en italien pour l'erdi- 
nand : il y parlait de la retraite en lerines ridi- 
culement euipliati(pies, disant ({ue nulle part on 
navait pu reuiontrer Charles; et il Icruiiuail 
par celle obst-rvalion , «(pie les Klal.s du roi 
étaient comme ses femmes , aliendii (ju'on ne le 
trouvait . ni au sein des uns. ni auprès des au- 
tres.» I,a ville de Posega , qui coiiijtlail de (pia- 
rantc A cinquante mille habilanls, fui emportée 
et livrée aux Mamincs. les places de Podjjaracs 
et de Nassicz, au-dessous d'Kssek , cnvovcicnl 
les clefs de leurs portes en sijjiu' de .somuission ; 
Suleiman donna ces villes enhefavec loui bur 
territoire au grand vesir. pour récompenser le.s 
succès de rexpédilion dévastatrice. I,*aiiiiée eii- 
trajiia derrière elle trenle mille esclaves de Hon- 
grie, deStyrîcel de Sclavpnie. Cne fois qu'elle 
eut [lassé le Uossiil. il fut proclamé que l'on de- 
vait sabstenirde saisir les li;ibil.uil.s.<ar ou était 
sur le territoire du sultan. Kn face de Belgrad , 
les deux camjis de Suleiman et du grand vesir se 
réiinirenl de nouveau. Ibrahim s'avança avep 
lespaM-lias et h*s begs au-devant de son maître. 
Ix* lendemain il v eul revue, divan , baise-uiain. 
l>es vesirs. deflerdars , le secrétaire d Ktat et le 
beglerbeg dAiialoli reçurent des vêlements 
dhr»nneur ; des leiires di- victoire furent adres- 
sées aux gouverneurs de I < nipire el au doge de 
Nenise 

De Helgrad , l'interprète fie la Porte , .Innis , 
fui encore envoj é comme ambassadeur à Veni.se, 
IKirieur d'une lettre de victoire fK)ur le doge, 
dans laquelle on seffbrcail de donner le change 
wir I humiliatioTi fie la retraite (\u |)adisehah , en 
eiDploj'in' fif «• l' rmf^s outrageants upur I cippe- 



i.lVIM. X'XVII. 



n 



reur. « Le Grand Srij;nciir, disait-on, otait ar- 
rive* jusqu'à la |;r;in(lr \ilU'de (iratz, an» i«niic 
n'.sidruc»' di' « c uiisriaUlf fu|;ilir. ipii s'élail ni- 
rorc enfui dr cr liru [xair sauver sa vif, «1 
avait abandoiUH' st's sujrts nu^irOauls (|ui >ui- 
vaicnt Ir MiilitT du diabif. » Après av(»ir nwii'- 
rt'iinMit ditruit Irrrcnr des iiiridMrs, le |;r.ind 
padisrliati liait revenu sur m's pas , «'t sur sa 
ruute avait con(|uis les ch.ltcaiii de Oharluilie, 
Posrjja , etc. H' n\ jours après. W |;raiid \rsir 
passa Ir jMinl dr h Savr. nuisitpic vu ItMr, rn- 
st'ifjni's dèpl()v(H*s, vl d('|NKsa la banuiirf dr 
siTaskcr aux pieds du sultan novendire . A 
rhilipp(>l>«)lis il y eut divan et invotiiiire de 
la Crimée an frère dllain|;irai , le ehan Ssalnh- 
j;irai , cpii . avee ses Tatares . avait fidèlenient 
soutenu l'i-xpédiiidn. <'l porté ses rava|;es sur 
la rive orien'ale de la Mur. A son frère Seadel- 
j;irai , en dèdouunaijenient de ses prétenlions 
sur le pouvoir princier jadis |K)ssédé par lui . 
fut atlril>uée une solde annuejl<« de.UM).(H)() as- 
pres t t un floUKiilU' (!<• la ruiirniiilf d ii:; re\enu 
de ôOO.IMM» aspres. 

A son retour d Aiilrn lie, .siileiniau re( ut 
l'ambassadeur polonais, l'ierre ()|ialiibki . «pii 
venait solliciler la prolongation delà trêve . ac- 
eordée Irente-trois ans auparavant par Haje- 
sid H. puis (onfirniée il y avait sejttans, et 
deniandiT (pie la paix ré];n;U du cùté de la 
Moldavii- l . Suleinian accorda la demande de 
Sij;isniond , et reroramanda au chan de Crimée. 
Ssabib);irai. de vivre en paix et amilié avec le 
roi de F^)loJ;ne. le IN noseiiibre il fil sim en- 
Irée solennelle dans sa cnpiiale, (pii avait été 
privée sept mois de sa jtrésence. Durani eiiu] 
jours on ordonna d illuminer de feux de joie 
la ville et les faub()nr|;s de Skutari, Kjnb et Ca- 
lata; les bazars et l«'s boiiliriues du Bosesfan 
restèrent ouverts toute la nuit; durani cinq 
jours et cinij nuils re ne furent que feslins et 
réjouissances pour célébrer le iriompbe «le la 
{grande expédition d'Allemaf;ne. qui dans les 
historiens ottomans est appelée la guerre d'Al- 
lemagne contre le roi d'Hspaj;ne. 

Tandis que Suleiman exerçait des rava{;es 
sur la Drau , le jour même où Kasim tombiiii 



(1) Hisloria iprum polonicanim ronrinnata a Sain 
mone neufiebaueio , Hannovijp 1618, p. 53t. D'après 
Vapovius. à 1 année lô32. 



!M»us \n coups des imp<'riaut , l'amiral de 
Cbarlcî» . le fanu-nx André [)oria , aprf's avoir 
foudioyé Coron toute une journée, enlevât 
«etie plate uiarilinn-. Inné «les plus foi tes de 
renijure tiuc. Du (ôté «le la terre on n'avait 
i»la«MP que qual«)r/e canons ; mais de* \fqh 
|Miiiits on la place est «•n'«)nrée par la mer, plus 
«le cent ciiKpiante piè( es «lariilb ru- ébranler» ni 
les murailles, car la flotte de Doria romprenait 
trente-<in«| i;ros vaisseaux et qualre-vin|;l-hnil 
jjalères. [)u ctMé de la t«rre . irois ( enis Mildals 
ilalier's succombe reni , plus de mill» furent 
blessés; beureuseuunt les trtiupes des (galères 
jM)nliHcaIes [M'iiélrèrenl «lu jMiinl appeb- l'islr 
«laiis l'enceinte de la ville. Les bomu «s (pii for- 
maient la i;arni.son purent se retirer librement 
avec leurs femmes, leurs enfants et N'urs ef- 
f«is I . peux mille l-.^pa|;nolssous lesordres de 
l"'raticois Mendo/a resièreni dans la filace. f^ 
Moite fil voile I ton r l'atr.is. (pii se renflil[ir«)mp- 
leii:enl "J . puis se diri|;«'a vers I épante. Des 
(\r\i\ «iiAleanx plates sur le «létroit . ««lui d*- la 
Moréese rendit volonlair«ment . l'autre fut em- 
|K)rlé «l'assaut, l n«' troupe de Turcs rassemblés 
.') la li.lle de la Morée Ht mine de vouloir déli- 
vr«T la place; mais elle se relira «levant «juatre 
mille anpiebnsiers es[»a|;no|s que lui «ipposa 
.!ér(')me 'l'nlavilla. <omte de Farno. et fut ré- 
duite à se re[>lier sur I. épaule. Dans le fort ap- 
pelé Molino, la garnison tout entière, cf»rapo- 
sée de Irois cents janitsrhares, avait été n- 
ten::inée. Des (;ran<ls canons f|u*on y tniuva 
couverts dinscriplions turipu-s. «b-nx furent 
donnés par Doria aux cbefs de ses tr«)upes , 
Farno et Salviali. les autres furent enlevés pour 
«lécorer l'éj^lise «pie rillnslr«' marin fit élever à 
la vierge dans le port de Gènes avec b-s dé- 
p(juillesenlevé«*saux pirates. Après avoir ravafjé 
les e<^les de Sicy«)ne el de Corinlh»*. Doria, 
voyant la saison f«)rf avancée, revini avec la 
Hotte (3). 

I.'i.ssue de la campa[^ne d'Autriche . les con- 
quêtes de Doria en Morée et de nouveaux pro- 



I l',n iiln , M'sioria Vcneziana , I. m ; Sagr^dn, Mé- 
iiiniic isiitrirtip a 1.W2: litiuantî, 1. tT. 
ri) (.u,i7Zi», Hisi. Venp? , l-îlO. p. 181 

'i P;.niia . .S.i,r;r«do , Ixiuanfi , Doria ri les histonerix 
oiioman*. FVt.srhewi , fol.. 58: Aali , xxvi* évëiiPiiienl , 
fol. 141; Hadwhi-i.halfa , HiKtoire de* guerre* man 
nm >, fol 18 



rj 



ni^Toinr df i r mimi:' o i io m \n 



j rTcn>nln' la P«'rs<Mn>|>iri'roii| A Sii- 

I' - •li'-iiiiMlions plus jwïri' (|iics a liy.anl 

dr Krrdinjmi . ri il «ct^orda aiissiloi avant la Hii 
df r^ii. - iiif-«^)n(itiil dm andr |>.ir «r ino- 

lMn](i' I |Hiiir iiiir iu»u\(-lli* .irnli.iv^ui^. 

Ojns 1rs prrmirrs jours dr janxirr l."»ii3, on 
vil am»r. m nu^mr tr i |»s n (^ins'anlinoplr 
rm\i»>«' dr Silriiuan .^ Nr isr. .luiiis-nrj;. ri Ir 
rrpre'^niAUl dr Krrdin.tnd. .Urônir dr Zaïa, 
firn- alnr du drfruMnir dr liuiis. (Uiaranir 
nobles dr Venise . ( armi lrs<|urls Marini Si- 
nuio. !r rtmini<|urur. a Irmil mrNoir |Kim- 

I niv mrni Ir prrtnirr , I . Ouani a .lirùiiir dr 
Zjra. qui am\4it avec unr simpir suite de 
dou.r rhrvauv. il n'y rut auriinr soirniiilr à 
sou rntrrr d.ins la vilr. Ir second jour d<* son 
arri\rr il rut unr audirnrr du j;rand v<sir, rt 
dès Ir (|uatri«^mr il f jt admis aupris du sultan. 

II dnnanda la paix: ri Sulriinan at corda aussi- 
t«M unr In'-vr. qui dr\.'nl cnsuilr sr IransForinrr 
rn un Irailr dcrtniiif quand Frrdinan 1. en Ir- 
moij;naj;e de sa soumi.ssjon , aurait envoyé les 
rU fs de (iran: alors "^ulciui.in rrconnallrail Fer- 
dinand rt Charles roujuir ses fnres.«'l il déclara 
élrc prêt à ronclurr une tri-ve pour cinq ou 
sept annrrsa\erlr dernier, mènic avml la rr- 
misrdu f;a,^rj)Ourlr(juel il donnerait une indem- 
nité à Ferdmand rn Honj;rie 2 . In tschausth. 
(xH"teur dune let're du sultan écrite «lans ce 
sens, fut aussitôt c\j/*dir pour \ irnne. arcom- 
paf^né de \rs[»asirn dr /ara. fils d • .ItTome .'{ . 
IvC premier envoyé turr qu'eus.'ent \u 1rs murs 
de \ ienne fut reçu par le roi Ferdinand avec 
fi' ' f)rurs. Ir r(»i éiait assis sur un 
tr ^ ,> un dais de drap d'or, ayant à sa 
droite vinjjl maf;nats honj;rois. parmi levjurls 
1 ' ; r de (iran . le traître Paul \ard.iy. 
1 ,f f.ros/wsrdcin rt lahlu- de Funf- 
IkT' nen ; a sa ^aurhe le* f»randsde la liohrme. 
IWu\ jfMirs afKvs. les conriiiions de la tré\e fu- 
rent ]*it)\icfsrn lanf^iie maftyare pour la Hon- 

ff) fifMirla liohème. |yes||oii[;n»is 

i. delà demande et ratq;r des clefs 

deGr^n. Ferdinand pensa que I'<in pouvait faire 
fabriquer de fauv*e* rjefs. attendu qu'lbra'nim 



(I ' M.tt. I. Ti. 9janTier i.W.3 

(7 ' >v^^'' «lePiPirf>Zpno:MaiJiii Sa- 

■otn. I. VI . i^vi . |iti];)nf). i th. 
'3, Rapport d^ \ »m\n*iK»4f: lit iérom^- de Z^ra. dav 

les Krthrrrt «If La mai«on rTnp<Tiate et rorale 



a\ail luiciie\(>nloii(]u"iinsini| Icacledrsdiinrs- 
sion cl non pas la iciiiisc delà placri^ I \ Aulutul 
dr quriqurs jours | *J!)mai \.')'X\ j, Ir Iscliausch 
|K»rlil avec la réponse de l'erdiiiand , puis se 
mil rn roule ini srcoiid ambassadeur «lu prince 
aulrichJrn . rn ménu< lemps pléni|Milenliaire de 
Marie, reine \ cuve île llon|;rie. Co nehus-Dup- 
pliciusScliepper. porirur d«'s clefs de Gran el 
de deux iellris. lune de Ferdinind, laulredc 
(lliai les \ (pii se poriail couïtie iiilercessetir de 
Mm fn're auprès de Suleiman. jiour qu'il obtînt 
l'abandon t\c la lloni^rie ,'2'. De von c("tté, Fer- 
diiiai il pr«inie;iail sa médiat ion auprèsde Charles 
|M)ur la rcsiiiulion de ('orcm '.\ . Cependant, 
sur la dcm .n(ii> d'Ibrahim, .lérc^me de Zara 
avait notifie la conclusion de la trêve A tons 
les chefs mililaire^ au service de Ferdinand . an 
j;ou\einenr de \ ieiuie. au seiu'chal de la Car- 
niole. aux commatjdanis <le Cran, Pose{;a cl 
Coron, ain-^i «ju'à lauiiial André Doria '^i . Su- 
leiman profila de celle sécurilé pour l'aire de 
nouveaux préparatifs et des dianfremcnts de 
(;ouvernements : il confira l'adminislralion de 
Ssanichan dans l'Asie Mineure à son fils aîné, 
.Musla|iha. en lui doiuianl rin\estilure d'un 
fi( f produisant i .(Ulll durais annuels. Le[irince 
Mustapha vint bais r la main de von [)ère dans 
une audience solennelle à (!on lanlinople; le 
vesir A as lui tint lélrier; le [jrand visir Ibra- 
him lui soutenait le kaflan. Après lui, les fils 
des princes de Syrie el de Pcrsj- f rcnl admis à 
l'audience. Le 'iO mars mourut la mère de Sulei- 
man. la belle Ilafsza-Chalun, dont on voit le 
tou.bcauârùtédeceliii desonépoux.Selimr''i5,. 
A la fin d'avril. \b)isi()-(;niti, plénii)o!cn- 
tiairede Zapo!\a et lieutenant de Suleiman en 
non[;rie. arriva d'Ofen a (x)nsianlinople, el il 
se mêla aux conférences en{;a{;éc» par Tordre 
d Ibr.ihim avec .léroinc de Zara. sur la vieill' 
queslion tant de fois déball ne des droits de Fr-r- 
dinand et de Suleiman à la llou'.rie. A la fin de 



cl; Wnim Fcrrtinindiifi, po«(ie proclaTihii» f,)rile, m 
! nii upcm*''. alla» roi. fin loliianfï, I. xii. 

'2 I.PfJupliMla d*- la Ipilrr de f h.irlp» V , du2nm3r>., 
e»t dan» !»•« Atrhi*c« dr la mai»oti iinpr-f ial'- pI rnyaV. 

'.3; I/'itrp» dfrréaiirf df Vh'ppfr, dan» \n Arfibiv»^ 
imp^i ia'e« , '-t I»"» \xniyn\r% df .\'T<nnc pI dn (>>rneliii>. 
du aviil. 

('4, fo/. If rapport de l'amtwwade. 

'.5 DwThelalMd". fol Hi-S; StolakMd. , fol H. 



iJVHK 

mai, revinrent renvoyé Jurcde Vienn»', vi 1«* fils 
lie Sérfime de Zara, atTomjiaRnè^ de Corneliiis- 
F)u|)|»liriiis Scl!i|t|i(T (M)ur le ri->;Ierm'nt difi- 
iiUiF d«' hi |).ii\ Jrrùine ti >m)ii MK \ e^pasicii 
remirent au jjrand vesir Ibr.ilii.-ii les lUfs de 
«iran «t les rna|;nihi|(ies présents de Kcrdiiand. 
Ibrahim sourit a^n- loiitr la sat sF.icliLin di* l'or- 
;;iieila la vue des rh t>. doiil la préM'nlalioii lui 
semblait un arU' «1 h nuna|;e dr la part i\t' Fer- 
dinand, l'Uis il Ht sii;nr A Jér>^me quil pouvait 
I 'S j;anl«'r I . Il ai cucillil tr^s-;',ra(•i^•usl•!IM•nt 
lin médai.lon d'or orne <rui) diaiuaiii de 2 (KNl 
ducats, d'un rubis de 1,(MM) el d'une pirlc tn 
lorme de pore estiiiire la inoitir du diamant, 
il voulait auvsiioi entrer rn ui;U:cre; mais .le- 
rôiiie s'exeusa, disant ipiii n'avait pas |K)Uvoir 
lie néj;oeier sans ses eo!lè;;nes, el la première 
• oïderenee fut fixée au surlendemain. I es iiéj;(>- 
.•iali«»iis durèrent sept semaines, et les sept nm- 
rérenets(|Ui fiu'cnt tenues, (piatreave l;)raliim 
et trois ave<"(iritli. fournissent «le préeieux ma- 
tériaux |M)ur riiisioire di|ilomali<pie du temps. 
<t pour caraelériscr lempliase, l'orjjueil, la 
ruse el la toute-puissance d'Ibrahim. C'est d'ail- 
leurs la dernière eirioiistanee où nous allons 
l'cotendre parler, le 21 mai les aml»as>adeurs 
Tarent conduits devant Ibrahim, qui les atten- 
dait assis vètn m:i];nifiquement. .\près être 
testés loiijîlemps debout, ils baisèrent le bord 
de ses vêtements, et le saluèrent comme fière 
«le Ferdinand et de la reine .Marie. .\ussit«'jt le 
vesir commença un Ion;; discours sur It s mal- 
heurs de la };uerre et sur la puissance du sul- 
tan. H D'abord, dit-il, la .solde des janitschares 
n'avait été que d'un demi-aspre par jour; de- 
puis elle s'éleva successivement a 2. ii. 4 et .5 
aspres; mais aucun sol ai n'en reçoit plus de 8. 
La marine exige des frais éimrmes, et néan- 
moins telle est l'immensité des res.sources, que 
les dépenses ne laissent point de vide dans le 
trésor; la veille encore il avait tiré -J.OOl),!)»!) de 
ducats des caisses publiques, pour équiper une 
armée et une Hotte destinées contre l'Italie. > 
C nquantf mille l'alares. selt)n lui. suKiraieiit 
pour dévaster le munde. Il avait chassé dans les 
Coréls des mil.iers de femmes el d enfants f)our 
les préserver de l'esclavage; de bons Turcs fai- 



(1) Rapport de l'amba.ssade , dans les Arcbires impé- 
riales. 



WVll. Ui 

saient de même Car tous les TurcA n étaient 
pas aus.si l)arbarf!(, aussi férores qu'on le« pré- 
sentait aux \enx des (hréfiens II (;ou\ernait le 
j;rand empire: ( e cpi d faisait r(*stait acctHupli . 
lar tout le |.ou\oir résidait <-n lui. Il conférait 
les emplois, distribuait les domaines; ce ijuil 
doniiaitetait donné, cecpiil refusait on ne \Hm- 
\ail rtibieiiirl ors memeipie l<-(,raiid "*ei|;neur 
\oul.iit accord' ripielipie fascur. as ail fait ipiel- 
que don, si ce n'était pas le Um (ilaisir d Ibra- 
him, la chose était coijne non asenue. car tout 
était entre s< s mains guerre, paix, richesse. 
|Huivoir. » Il parlait ainsi aux envo\és.afin de le» 
exciter a s'expli.pier librement et sans réserve. 
I. -dessus. Cornélius a\ant dit «pje le roi Fer- 
dinand saluait le sultan des Turcs comme un 
père et L* grand vesir (omme un frère. Ibrahim 
séi-ria au>silol cpie Ferdinand taisait bien de 
rechercher l'amilie d'un .souverain auvsi grand 
(|ue .Nuleiman; car .s;ins cela de plus graiids 
dé.sastres fiourraienl fondre sur lui. .\près un 
iii-tant de siletice. (Cornélius dit '(pic le roi Fer- 
dinand It ur avait recommandé d invoquer l'a- 
I initié et les I ons con.seils de .mhi frère Ibrahim, 
.illn (pi'i! laidiU à obtenir la |Misscs.i(,ii d,. |a 
Hongrie tout entière. •> ."sans réj)oridre à celle 
insinuation, Ibrahim, après avoir parcouru les 
lettres de créance don ées par Ferdinand . de- 
m.mda si I ambassadeur n'asail pas de lettre de 
C:iiailev Corn-lius présenta la lellre par la- 
(pielle l'empereur appuyait les de i andes de 
son frère. Alors Ibrahim se leva et dit : « C'est 
nn grand souverain qu'il faut honorer. » Puis il 
pril la lellie, la baisa, la pressa contre son 
front, et la déposa pie n de respect à ses 
côtés 1 . .Mors 0)rnt lus |K)ursu.vit et dit «que 
le roi Fi'rdinand avait informé .son frère, l'em- 
pereur Charles, des dispositions p.uifiques et 
Iraternelles du sultan : que lemiMTeur Charles 
voulait co?isidérrr le >ullan co:i me .son frère , 
et que,.sins qn il fut besoin de négociations par- 
ticulières, il désirait être compris dans le traité 
d" l'erdinind. sous les londitions suivantes: 
il rcsliluerail Coron, si la Hongrie entière 
était rendse a son trère; T.le d'.Xrdchel serait 
rcndueà. ses précédents pos.se,veurs. les habitants 
actuels de Coron auraient la faculté de se re- 



I Dan.s lf>s Arcbires impéri.iles et dans le (odex de 
la bibliotbèquede la cour. 



IIIMOIUI \)V. I.KMlMfd'. OTTOMAiN. 



M 

liriT .iv«>f lonrs cffcls et leurs Mon»: le \k\\\c . 
\r:A<c, \c n»i tlo Fraiiro « l tinis 1rs aiilrr.s mui- 
MTains chriMirns pinirrainit «'*lro .«dinis nu In'- 
nfflce df cette paîi. » Ibrahim n'pondil ■ «luo si 
1. M»ulait sinr(*Trii\rniI.i |>.ii\. Ir Millan 

m . M-r.iil p,is. rt tju'il lirait («llrU'Ilrr. » 

FJ . c»»n»id<'rant le s<«iu apjMMidu vn (tarrho- 
ifiln. il ajoul.l : " Mon maitro a aussi <lru\ 
scraa\. doni il i;ardr l'un en ses propres mains, 
et Tanfro r-t remis aux miennes: car il voii «pi'il 
nVtMe anrnne diWrenee entre lui et moi. il 
œmmandr (imir moi des habîls semblables A 
. faire potir lui inèni •. Il lie veut 

j. ^ , lise rien en ((instruit iims, il fait 

bâtir pour moi : celte salle est duc à ses soins. 
\ propos de Coron, e'est une plaee comme 
nou'sen avons mille autrt^.KlIc nous importe fort 
prtj. et nous aimons nneux larrather par la 
fiirre (jue de l'obtenir par aceonuiiodeirenl. 
.Nous pouvons la brûler, si cela nous plaît. Mon 
souverain a d «nné la IIon|;rie au roi .lean (|uî 
n'en sera fvas défKiuillé: lile dArdschel appar- 
tient comme sand.sehak à Barberousse. Huant 
aux domaines et au douaire de la reine Marie . 
j"v son;îer3i : si e«ite r( ine (^tail resK^e une heure 
de plus à f >fen . elle .serait tombée entre mes 
mains, et (\'e eftt été traitée par mon mail rc 
romiennesfTur; rarle vrai prin(ipedis{;rands 
*/)nver?ins e<t de pardonner aux vaineus. » 
.\n sajet de la Hon.'jrie. !c j;r3nfl vesir renvoya 
le» amba^sadetirs i (îritli . qui était le r< pn's; n- 
tânt de son maître jMnir re qui regardait ee 
rnvanme I . Cette ronférenee dura six heures. 
ï)3il» deox erilrétien.s saivants. Gritti prépara 
I. ,nd vesir en jouant, suivant .ses 

j, Kins. le douille r(V,e d'arivcr.'-aire 

et dart>iire. ".^uleiman. dil-il. voulait tenir la 
promesse faite au rf»i Za[K»!ya; n»ais lui, Gritti, 
demandait h motirir eomuie un ehien s'il y 
av.iil quelque rhcf^c de vrai d^ns le», pn'tfntiins 
qu'on lui prêtait sur la ronronne de Hongrie; 
|Kii« il se répandit en injures contre les llon- 
{^i<. peii: ■■ n'af»r^'s 

lui. 1»^ Tur _ ri plutôt 

qofdf rfccvoircetlt placier) \erlu de conditions 
paeifiqnes . et à cet effet déj^ «luxante {^aW-rcs 
avaient pris position. vîn[;t ba'.iardes étaient 
en construction à Con.stantinopU-. dix galères 



se tenaient A C.allijioli , tandis qiic dix autres 
étaient en coium' ((iiiire le corsaire syraeiisaiii 
BeliKtiuo: (jue Kiir(lo;',lili avait à Hliodes Ireiite- 
six (lûtes et j^aliotes prêtes A se porter eonire 
les étales de la Pouille. aussiliM (|ue Charles fe- 
rait mine d'attaipier l'île «lAnlseliel. (|ue le sul- 
tan ne pouvait rendre ipiaiid il le voudrait, et 
ipi'il ne voudrait pas restituer (piand il le pour- 
rait. Ou"apr^s la eonclusion de la paix les Ksjki- 
j;no!s de (!or(m seraient renvoyés chez eux. 
Oiie lui, (iritti, s'emploierait pour préserver les 
tfansfuf;es {;rees. Ou'il était élranf^e que Char- 
les (irélendit faire eomfirendre toutes les puis- 
sances iliréliennes dans celle paix, sans avoir 
.sondé leurs intentions, sans avoir al tendu leur 
autorisât ii in ;"i cet é(;ard ; (pie ce mal in même l'am- 
hassadeur vénitien et le baile lui avaient déclaré 
ipie \eiii.se n'avait nul besoin de (elle disposi- 
tion {générale, attendu (pie la répul)li(|ne était 
en paix et dans les meilleurs rapjMjrts avi( la 
Porte. " C(»rneliiis réponilit « cpie r«'mpereur 
Charles voulait bien assurer la rentrée en jjrAce 
des transfuges [jcees, attendu qu'il serait in- 
di{;rie de sa };randeur de conclure la paix sans 
cette stipulation, el cela |KMir beaucoup de 
causes, mais surtout, coniine Grilli [louvail 
l'entrevoir, afin qu'il ne parût pas que ICm- 
pereur Charles méprisait les Grecs. Quant 
a la prétention de faire comprendre toutes les 
|)nissances chrétiennes dans la [)aix . <'n la sou- 
tenant, Charles, qui désirait la paix de toute la 
chrétienté, s'acquittait de son devoir d'emix!- 
reur et de chrétien. » 

Ij- lundi de la Pentecôte '2 juin ir»:j;{ , les 
ambassadeurs eurent avec Ibrahim leur seconde 
eonféicnre (|ui pcinl riiomnie en traits plus sail- 
lants encore (pie la |»reuiiere. (irifîi, l'inter- 
prète de la Porte, .lunis-IJe|7, et le secrétaire 
d'filal Mustapha-Dschelalsade. Thislorien, y 
assistaient 'I Knfre autre'; (puslions en appa- 
rence insi(;nifiantes sur la I ranceet ri''sj)a,';ne, 
Ibrahim fil celle-ci : (Pourquoi ce dernier 
royaume n"esî-il pas aussi bien cultivé que le 
premier:-'» .\ qMoi(>)rneliiis ré(K)n lit que cela 
venait du man'|ue d'eau . de I expulsion des 
Maures et des juifs, et surtout de la fierté des 



(i, lHchelal«ade refjarda pent-^tre aimme un drvoir 
de «.a (>osiiion df pastter tou» Mlence cette rouféreoce 
ddDKMXi Hutoiie. 



i.iviii: xxvii 



1,^ 



Kspafynols (tui (^«au'iil rus plulnt (»<)iir les armes 
i(ii(' (M)iir la (•liiniic. "Oltr Pl(*v.ili(jn de scii- 
liiiiitHs, obsrrsa lltr.iliim. vinil tU' la cliaUMir 
(lu saiijï; cik- s»- troii\»' aussi dans 1rs j;nis (|iii 
sont audacieux el miijînanimes {W « Puis il cii- 
}î;ii;«'a la t ((iifj^reiKr [lar une [laralMilr : -■ \r plus 
hriii.lt' des auiuiau\ . dii-il. I.- lion est pris 
n»»n par la force, mais par l'an ifîre des h<inuies; 
il est f'aiînf* pir la nourriture (pie lui pnHeiileut 
les i;ardirii>. puis par I h ibifudc : le |;ard en 
|M»rI«- un IkUoii [Mtiir lui eu imposer; ni éiran- 
i;er naurail l'audaeetle présenter la nnurritur." 
:iu lion. 1-e lion, c'est le prince: les j;ardiens, 
ee sont les conseillers et les rninisire^ : le h.Uon, 
c'est lu vérit»' el la justice par les<pielles seules 
les princes |M'Uvent Ctre diri^jés. lui, Ibraliini, 
< (uitciiail son maître ]<• (Iraïul Seijjiicur avec 
If halon de la vtMilé et de la justice: rciupereur 
(:harl(>s (U.dt aussi un lion: il Fallait (pi il Fût 
ius|f. afin (pie les ambassadeurs pussent exercer 
la iiieiiie puissance sur leur niaitre. > Kiisnile il 
s'étendit sur sa toute-puissance avec [il.is dOr- 
{Çiieil que la dernière Fois, «de (juc je lais est 
tait, dit-il: d'un palcFrenlêr je puis faire un 
paseha ; je puis donner des doiiiaines et des 
Etats a qui je veux, sins que mon niaitre fasse 
lA-dessus la moindre observation; et nuMue. lors- 
qu'd ordonne quclipie cbose (pii ne me coin icnt 
pas. ri< Il n'est cxcciilt''; el lorsque je (oinmainie 
et quil enjoint le contraire, c'est ma volonli* 
qui est accomplie el non pas la sienne. Ln ;;uerrc 
et la paix sont dans mes mains, je distribue les 
trésors. Le sultan n est pas mieux velu «pie moi; 
il |)orte un costume semblable au mien; je n'ai 
rien a dépenser de ma fortune , car il subvient 
à tous mes besoms. Ses trésors, ses terres, ses 
ttats, tout m'est contié, et je puis disposer de 
tout à mon gré. J'ai vécu avec le sultan dès 
l'adolesceme; n uis sommes nés dans la même 
semaine. .\ussit(»i qu'il Fut monte sur le tn'ine, 
il fit eonnaiire par un niessqje en H()n{jrie la 
mort de son père, prnsaut que les lloiq^rois, 
suivant les coutume^ de bon voisina ,c. lui 
adresseraient un ambassadeur pour lui oF- 
Frir des compliments de condoléance et des 
félicitations; ils prire l le me-safîer et lejelt- 
rent dans les fers. Suleiman envoya un second 



tschausch (juils arrêtèrent encore . pen.vanl 
peut-être fjue e'éifili tiii prand seij;neiir: de 
pareils procédés irritèrent le sultan au plus liant 
|Miinl. iMiis tard, le roi de KraïKe Fut fait pri- 
siumier: la mite de ce prince écrivit au |)adis- 
s( bail l< s paroles suivantes : « Mon fils le roi 
de France a été pris par (lliarles. roi d'l>pa- 
[;iie; j'espérais que flliarles le ren\ errait yéné- 
reuM'iiierit ; mais.loind'a ',ir ainsi, il a maltraité 
son (irisonnier. J ai rifours i toi , i;i and empe- 
reur, moiilre la inaj;naniniilé , et dtli\iemon 
fils. Lepadiscliali ému et irrité contre (^liarlcs 
soinjca auï meilleurs moyens de porter secours 
à la suppliante, et rindij^ne traitement scbi par 
sesen\o\és delà part des llon;;rois le pro\o- 
(pia d'autant plus fortenienl ipie ré|)oiisc du 
roi(iellon|;i ie était su'urde Icmpcreur C!barles. 
I.e roi Louis vint ;'i sa remiMitre; ils se mesurè- 
rent tous deux le Siibre A la main. I e .sabre a 
déridé du droit, et j'ai arraclié la puissaiKeaux 
mains des lloii;;rois. C'est moi (pii ai triomphé 
des llonj;rois; car le padisi bah n'assistait point 
A la bataille de Moliacs. Il montait a cheval pour 
accourir h nous, lorsipie je lui eX|)édiai la nou- 
velle de la \lcloire: ensuite nous |»riincs Ofen, 
et notre droit l'a emporté. » .Mors il s'étendit 
sur la ((UKpu'led (Jfeu,sur le malîsacre des pri- 
sonniers (jiii avaient été immolés, non sur son 
ordre, ni sur celui du sultan, mais par h iir pro- 
I»re faute; sur les demandrs exaj;érées d llo- 
bordansky. sur l'expédition de Vien: e. " IN^n- 
dant ce ti inps. dit-il . (Ihailes était en Italie, 
menaçant les Turcs de la {guerre et les luthé- 
riens d'une conversion forcée ti leur ancienne 
croyance: il était ensuite venu en .\II(maj;ne 
et il n'avait rien exécuté; il n'était jjas di- 
i;ne d'un empereur d enti éprendre et de ne 
|wint accomplir, de dire et de ne point faire. 
Il avait indi(pié nu concile et ne laNail point 
tenu, assiégé Olen et ne lavait point conquis; 
il aurait dCi établir la paix entre son frère 
Ferdinand el le roi .lean. et il ne lavait point 
aiiieii('-e. \Kur lui. Ibrahim, s'il \oiilaii anjour- 
d'hui réunir un concile, il amènerait d'un côté 
le pape, de l'autre les luthériens , el forcerait 
les deuK partis à une réuniim reli[;ieusc 1;; 
lui et le sultan feraient maintenant ce que 
Charles aurait du faire. Si le roi Louis était 



(I) Ceci est tiré du rapport d'ambassade dont il a é^é 
question plus haut , ainsi que tout ce qui suit. 



1; Rapport d£ l'aiiibaMâde. 



ir. 



msToinr nr i rMriRF. ottoman. 



llK>rC d.lll> S051 lit, Ir «Im.lllii .tlllMIl ptMII -tllO 

.jiiolijufs dn»ils sur la lloiii;rif; m.iis iii.nii- 
rriunl crr<> 4uiiir.-tpp.ir(rnail aux Tun-s œinmr 
.lyani ^l^ ri>ni]uis unr Mvomlr fois aY^('I^^al>lT. 
Noiisa\onsm.ir.ln'' \<rs l.i lloii|;ri(', noiisa\o s 
rrndu A Ion fnrr rn se loiirnanl v« rs .IrrKinc 
rsm chJiicau . i.ous avons rotu I h()inmai;r d". u- 
irrs Mijris. iiotis somiin-s i csU's on llonj;rio uissi 
loni'.trnipN qu'il nous a convonn. cl n»nis n*a- 
\ons trouve jMTMMinc (|iii nous ait «nt|M»s(^ de la 
rcsislance. ' Après quelques digressions il ar- 
riva enfin au NèrilaMe (»bjel de la ronFérenee, 
à la lettre de lompereur ( liarles ■ Otte le:tre. 
dil-il rn la prenant . n'est jwis d'un prine»' uin- 
d«leel prudent : il énuinère ses titres av«v or- 
j;ucil: il en prend mi'mc qui ne lui apjiar- 
lirnnent pas. G)iunient ose-l-il s iniidiier roi 
«le Jérusalem ? ne siil-il dune pas que c'est le 
(>rand >cii;iieur qui est maître de Jérusalem? 
prétend-il arraeher a mon maître ses K.lals. ou 
lui marquer «lu mépris par ce procédé? ,1e sais 
hioi que de f.rands souverains chrétiens visi- 
tent Jérusalem en habits de mendiants: Charh s 

I roirait-il que s'il allait faire ainsi ( «; |M-lerina[;e. 
il serait jKMjr cela seul n»i «le .lérusalcmi' .le «lé- 
fendraiquedt^ormaisaueun chrétien ne se rende 
eo ce lien. > (k)rnelius ch«Tcha de st)n mieux à 
justifier ce tiire | ar le style de chancellerie, 
di>anl que d ailleurs il n avait rien a déclarer 
i ce sujet. « De plus, poursuivit Ibrahim. Charles 
rnel son frère FVrdinand et mon maître le 
(.rand vij;n«-ur sur la iiiéinc li[;ne. Il a rais n 
d'ai lier son frère : mais jM>urquoi prélen<l-ii 

' mon maître en b- lédiiisant au niveau 

<. ; .ind. Mon maître j>os ède Ixaucoiip de 

s^ndschakbe{;s plus puissants . plus rii lies «n 
domaines et en hoinn.es que Ferdinan I. Ion 
parent et ee'ui de ton frère Mco'as 's'adrc-sant 
a Jén>me . le saiidschakln"}; de kara-.\mid, a 
plu* de terres et d hommes que K«fdinand I ;. 

II mène en campagne cinquante mille cavaliirs 

tit . il a plus de sipahi- et de 

I f-fflinaiid, et il \ a cna>re 

l^icaocoup de sandM:haks tels que le sien ! l/em- 

pereor IJharW^ aurait du avoir honte d écrire 

«ur ce too. bien plus modeste et plus véritable- 



'I) Toute» \tt h *\'i>r*t ronnu'^ f^^rdent te pu* pro- 
foad sileaoF tor c>> p^reat du TailtAni défem^ur de 



iiiciii «lij;ne est le roi Fraïuois (]ui , «lans sa dei'- 
nit'Te U'itre. airiv«e «liirant la campa}',ne de 
llon};rie (1), se «•«)nt«'nte de sii^ner Kram.ois , 
roi «le France; de son c«Mé ]c (irand Sei- 
};iicur. p iiir honorjr le roi. n'a pas ajouté 
t«)iis ses litres a la réponse. «M lui a écrit au 
contraire ««imme A un frère bieii-aimé; aussi 
avons-nous «)r(ionné à IJarberousse d'obéir au 
roi «l«* France «•ommc au Grand .Seij;iieiu', et 
«l'cxéciiter s<'S «•oiiiniaii«ieiiienls. Si (lliarles (ait 
la p.iix avec nous, eest alors scubment «piil 
s«Ta empereur; «ar nous f«'roMS en sorl«' «pie 
les r«»is «!«• Fraii(«*. «r.\iij;lcl«'rre, le pape «'t les 
pr«)t«'slants le r<'eoimaiss«'nl««niime tel. Croyez- 
v«)us donc «jue le pape peut lui r«'sl«'r fidèle? Il 
est pnibalih' «pie non. s'il se rappelle le plhjçe 
«le Home «M l«s mauvais tr.iilemeiils «le sa eap- 
li\ité. ,1e |K)vsc«le une pierre «le sa tiare, que 
j'ai achetée (>(),(I00 «lu«als, et «e rubis (mon- 
trant (-('lui (juil portail au «l«>ij',t était h la 
ii'ain «lu r«>i «le liaiice lor^juil lut pris; j'en lis 
plus tard l'acquisition. Ft vous pensez que le roi 
François peut aimer r<'mpereur Charles? » Il 
termina en disant qu'il ne pouvait montrer i^son 
maître cette lettre inconvenante de Charles, 
de «raint»' de l'irriter ; si Charles désirait la 
paix , il «levait lui-même envoyer un ainbas- 
sa«leur |K)iir la deiiiamier; en aileiulanl , un 
aniiislice de lr(;is mois |H)Uvail être ac- 
cordé , et dans cet intervalb* de temps il serait 
rec«niiiiiaiKlé a Railx-niiissc de nv. point in- 
quiét«'r les bàtim nls ni les <ùl«'s «les chré- 
tiens. 

Ixî soir du même jour Ibrahim «1 le sultan 
lui-même se r«'iKlireiil dans la maison dcCritti; 
Suh'iman y resta trois heures, à la };rarule in- 
«|uiéliide des moslims «pii rcj^ardaient le sultan 
comme eiisoreelé par Ibrahim et parCriiti. Huit 
j«>uis après (,ritii Ht ap|M'lrr l«'s ambassadeurs, 
et leur repr«)cha surtout les termes «!«• la lettre 
de Charles, qui avaient irriié violemment le sul- 
ian;car ils faisaient siip[(Oser que Snleiman avait 
expr mé le d«'-s!r de la paix . cl Charles semblait 
nutlreson frère Ferrlinand au niveau du padis- 
ehah. Il déclara que la lloui'.rie avail éle conférée 
a Za[Xil\a et à s«in héritier; que lui, Gritli, se 



n Mariiii Sanu'o, Ui»l , I. viii, W)mma df;lla rela- 
ztonc di Rincorie ftiaio oraior del te cbrutianusimo al 
S' Turro faHa famiiiarnteiit<>. 



LIN i;i: wvii. 



ir 



rendrait l'hiver pnxliain (lanscepays|)ourH\ri 
1rs front ii^res, rommc |»U^ni|K)lonliain' de Su 
Iiiinan. Puis il s't'lendit loii|picmrnt sur la puis 
^aiicr infiiiif du siillan. • Dans la (icnm ri'cani- 
pajjiu* de liun(;rie, dit-il, Suleiinan avait 
« niniein* s«'n!ement dix-huit cents |;ardes du 
• ••rps, Ihratiiui mille, les autres pascli.ts eiiui 
leiits; robtivsaïuc aveui;le est si absolue que 
si maintenant le sultan envoyait un de ses cui- 
siniers |M)ur mettre à mort le j;rand vesir , le 
^iipplitc serait e\é< nié .1 l'itislanl sans dinicullt'. 
\ n lui seul réside le pouvoir de donner la \)M\. 
au monde. Jamais la chrétienté n'a été aussi dés- 
nuit' (pie maintenant ; après la retrait»* de l'em- 
pereur . le pape a (onsenti au divorce du roi 
«r.\ni;leterre; Venise et Fcrrare ont cm|»éché 
ijne Charles nomm;U son neveu roi de Toscane: 
II" roi François désire avoir Géiics. cl ii y par- 
siendra. <> i.es ambassadeurs répondirent (pic si 
le padischah ne voulait pas la paix avec l'empe- 
rcur Charles, ce monanpie n'avait pas non plus 
besoin de la trêve. Ibrahim en[;ai;ea la troisième 
conKéreiue, eu félicitant les ambassadeurs d'a- 
voir eiiHn obtenu cette paix que tant de né|;o- 
cialions avaient vainement ()onrsuivie. i.e traité- 
était conclu , non point |)onr dix et \ in[;t 
années , mais pour un aussi Ion}; temps que Fer- 
dinand voudrait niainleiiir les relations pacifi- 
ques. l,e roi Ferdinand conservait en llon[;rie 
ce qu'il y |)o.ssédait; s'il pouvait s'accommoder 
avet; le roi Jean, Suleiman se prêterait a con- 
rtrmer leurs arran|;cmciils. !,'< .sclaveGritli avait 
plein pouvoir pour déierminer les fronlicies. 
Si 1 empereur Charles voulait la paix, il n'avait 
qu'à envoyer ses ambas,sadeurs ; en attendant 
il n'aurait à craindre aucune attaque; mais si 
les hostilités venaient de son côté, alors on se- 
rait prêt à entrer en lutte avec lui et avec le 
monde entier. 

le jour suivant, les ambassadeurs furent con- 
duits par le Ischauschba.schi à l'audience solen- 
nelle du sultan. D'abord ils prirent un repas 
avec Ibrahim . (pii leur dicta les termes dans 
lesquels ils devaient parler au sultan : «Le roi 
Ferdinand, ton tils, considère tout ce que tu 
possèdes comme sa propriété, et tout ce qui est 
entre ses mains comme ton propre bien. Il igno- 
rait que tu voulusses {jarderla Iloujjrie pourtoi- 
niéme, sans quoi il n'y aurait jamais porté la 
guerre. Mais puisque toi. son père, tu dé,sires 

TOM. 11. 



a voir ce pays, il l 'offre s(s vœux |KMir ta prospérité 
et la santé : car il ne doute pas que tu ne l'aides 
ii obtj'iiir la jXKM'ssiou de «e r<(\au!iie et «Jau- 
Ires encore." L«'s aml>assadeurs remen ieiJMii 
Ibrahim d'avoir bien >oulu appu\er les iiiiéréls 
«le MMi frère, le roi Fenlinand. Knsuiie ils fu- 
rent admis à luiscr les vêtements du sultan. 
(Jornelius débita son compliment . «pie l'intcr- 
prèle traduisit en se tournant ver» Ibrahim, et 
celui-ci le transmit au sultan en remlH'llisvinl 
di' toutes sortes rrornem«nls oratoires. Oirne- 
lius s"e\cusa d«' n'avoir |H)iiit ap[)orté de pré- 
s«'nls. et pria le [)adis«liah de permettre au 
lrère«le Ferdinaïul, Ibrahim . de se (Mirter au- 
près de la Porte (omme le « barp.é «iaffaires du 
roi; en même temps il solli«ita la restitution du 
douaire de la reine Marie. l\nsiiite Jérôme, pre- 
nant la paroU'. fit connaitr»' (ombieii viveinenl 
le fils du (irand .Seigneur, le roi Ferdinand, dé- 
sirait entretenir une longue paix, être en cor- 
r«'s|M)ndancc continue, par lettres, avec son 
père. «'1 avoir un baile ou consul à 0)nstan- 
linojde. Suleiman réjKmdit et sinterr«»mpii 
fréquemment . afin que Juni.s-Heg pôt traduire 
ses paroles: «Le padischah, dil-il, vous ac- 
corde la paiv «pie «lix antres ambassadeurs 
avant vous n'avaient pu obtenir. 11 vous la 
donne, non pas pour sept, ou \ingt-cin(|. ou 
cent ans, mais |)our deux ou trois sjédes; 
bien plus, elle sera éternelle si vous ne la rom- 
pez |M)inl vous-mêmes. Le padischah traitera le 
roi Fer<linaiid coiiime son fils: les domaiin-s el 
les homiiMs du padischah sont à son fils Ferdi- 
nand ; ceux «!«• FerdinanrI a|)parliennent à son 
père; le padischah donnée la reine .Marie le 
douaire fpi'elle réclame « I <e (jn'elle |H)ss«''dait 
en Hongrie. •> Cornélius baisa la main de .sulei- 
man en le remerciant au nom de la reine .Marie: 
Jérôme p«)rta ses lévr«'s sur les vèteiiienls du 
sultan. Fnsuile Ibrahim poursuivit en |)n's«nc«' 
de son maître : « Les conventions que le roi Fer- 
dinand et le roi Jean |rt»urront arrêter enln- 
eux doivent être apjiroiivées et confirmées par 
leGrand Seigneur et par moi; inonesclaveGrilii 
sera revêtu de pleins |K)nvoirs îi cet effet. Le 
Grand Seigneur sera l'ami des amis, l'ennemi 
des ennemis de sfjn fils le roi Ferdinand ; i>i 
l'empereur Charles veut aussi la paix , qu'il 
adresse une ambassade à la Sublime Porte, w 
Le grand vesir demanda ensuite à Cornélius 

2 



18 



msT()ii;K i>i': i.kmi'iiu-. oipoman. 



- use il avait .^ |M-i-.vmrr Mir 1.» Irllrc 

N. 1.1 > .iiiiliassjil(-ur> siiïonTrcnt d\^- 

uritT iuuir A|)|Mn'iuv iiOcitsantc du liln* tir 

n»i l.- I.n.ji. ,. 1...V t.ir("h.irl« s ri «io rrj; il;li^ 

• I losiiiiaii I.Vmpcrciir 

iiC ni .Mit iiiiriniciiiiou 

, Il ilJH>lVllcr |HTMM1IU' 

dcdooDiT iiik* luailiourruM: iii(cr|>rét;iIion à la 

!• ' ^ il n'iMail pas uioin.sdis- 

t .1 (i.ii\ t'uiii liu- a\n- son 

I .1 doux fiMs (lU'orr s il 

• I > .ti«i> y,>>^ ii< •< .1 liiir, il \ch aiiihassatlriirs 
IkTirrut i4»U{ii- K.1 ws qup Jp vcsir ui SiiUimaii 
^ ,iinir ilc rainlinirr 

..i; >. U" Iriuli'inain il> 
li>raliin). auprrs dii(|ii('l st' 
(>iilli «.\otis (-((>N iDHiiitniaiil 
I. — ' i Utr^iiini. depuis «pu* >oiis ayez 

uungi arec odu» le ui et le |»ain. Kou.s vous 
: ' i\ Irllrfs |K)nr le roi IVrdinand. 
in-^llrr. r<iulr<' de moi, ipii suis 
jKtuNoir (|u Miilan: c'est ainsi t\uv 
iinme d écrire : il y aura doue 
\ Irllres fioiir l'empereur Char- 
ly. oU>ait>l>axsadeursden)andèreiil à voir l'acle 



de p,ii\ (Il ori);iiial. ou du moins ipi il leur en 
tVil i (tmmuni(|iu' copie. » C«'ia nesl pas dans nos 
usa);e.s, ri^pundii Ibrahim, chaipic peuple a ses 
eonliimes. — Laisse/ ecla sur moi , dil (iritli , je 
vous nuinirerai le Iraili.^ (irilli, reprit Ibra- 
him, vous nomiiu'ra les puissances cpie nous 
avons (omprises dans U paix , el (pie nous vou- 
lons \oir traiter en amies par le roi Ferdinand. » 
Cornélius ('uI ensiiile cpiehpies débals avec 
(irilli. relalivemeiil au <louaire «le la reine Ma- 
rie, promis la veille. Ibrahim se tourna vers •jf'- 
rômeet lui ilii eu schnon '(|iie la parole donnée 
serait tmue. > Puis les ambassadiîiirs prirdji 
con|(é. cl Ibralii.ii les ( liar|;i-a de lomplimenls 
|X)ur .son Irère 1 erdiiiand. I oiilel'ois il se passa 
prè.s de trois semaiiie..s avant ipie Junis-iîej; Ipiif 
rcmil leslellres pnnrieroi lerdinand el lem- 
IMTciir ('liarlc.s; ileux jours .iprc.s ils (piillèrenl 
Conslantjnoplc. Avec ces noms meiiMmjjersde 
eomnuinaulé de biens entre le jx-ri' el lertls, 
el detiali riiilé, l'urenl décorées I usurpai ion i|e 
la Honj^ric par Suleiman el I e(jalilé entre le 
jjrand vesir el Ferdinand. \oilA par quels sa- 
crifiées et quelles hun)ilial ions l'Aut riche achela 
le premier traité de paix avec les Turcs. 



iivniî vxVîli. 



^\MPA(.^^: ro>Tlin i^ I'Hîm . — it.isk i»k iii.ius m iu; ii«<.i>u>. iiksi:itiiMU>\ in; ( » i n. 
tiUK. sii'i'iKt i>i>K»'Mii Kiî»< III inu. Miiii; niniuiini - riuiTK hajihi» i\m. ii 
l'RANrr:. — KF'nibK. i>i: coiiON. — i.vt'fcuiiiOK iti: ciuiiu ihmn luitui itoiiuii: ki m. «tMiwis \ 

rOMIîK IIMS 



Ap^^s son rx|uMitioii si piMi brill.iiUc d'MU'- 
m;i;',no, aprj's l.i paix (iMicluc avic l'Aiilrii lie, 
Siileiinaii tourna ses regards h l'OriPiit l'I jxirta 
ses [)la!is (le coïKituMe sur la l'rrse. Dès lors 
eoinninice (elle allemalive, «pii dura deux siô- 
« les, de {çurrrc et de paix avee rAllemajîne ou 
la l'erse, de sorte tpie les Irailis avec lune de 
c»'s pnissanecs enlraiiiaitiit toujours des liosli- 
lilés eontre l'autre. I. iiiiinitié naturelle et |ioli- 
titpie, r«*sultant de la situation vt du voisinage, 
•Mait forlihée em or»' par des ressentiments de 
r.iees transmis de {jéiu'iaticm en {îènèralion , et 
drs liaines relii^ieuses. J,es Alientaiids et les 
iVrsans sont unis |>ar des liens dori};ine el de 
lan{ï;i{î*"- '♦^•'> ;nu<^tres de «es peujiles, les iiahi- 
tanls de l'Iran étaient en {;uerre eontiuuelle 
avec les peuples de Turan, c'esl-;Vdire avee les 
|)^res des Tun s. Dans les Allemands, le Tiire 
voit lies infidèles; dans les IVrsaiis, drs liéréli- 
<pi«'s; combattre de tels adversaires c^sl pour lui 
un devoir sacr^ imposé par le Koran, (oiiHrmé 
par les fetvvas. l,'c\em|)le du {;rand massacre 
ordonn»^ dans tout l'empire ottoman lorscpic 
Sclim préludait A la {jnerre de l'erse avait été 
iniitf, sur de moindres proportions, par Siilei- 
nian tpiand il fil iiimioler les prisonniers jr.-irdés 
à (iallipoli.en réponse aux félicitations tardives 
duschaliTaliiiiasip.C'étaildéjA un affreux indice 
de la volonté de faire une {pierre pour laquelle 
on attendait seulemriit roccasi(m la plu.s favora- 
ble. I.e prétexte tant souhaité vint de part el 
d'autre de la trahison d«'s !;(Mivernenrs sur les 
frontières. Si'h< Tif-Re[;,clian de Bidiis, séiait 
détaché du sultan, et avait rendu bommafije au 
schah, et l'iama. lieutenant de iahmasip dans 
l'Aserbeidschan. originaire de Tekke. «pii, a lé- 
pocpie des troubles du règne de Bajesid, avaii 



pris parti pour S< lieitanknli. venait lotit récem- 
ment (le pa!->er au ser\i(e de Suleimaii. (Juel- 
(pies mois avant la marche sur (iuns , (la- 
ma vint à (jtnstauliiiople baiser la main du 
sultan, et re» ul <i*mmebeylerl)ejj. d llos/nlvcil. 
l'inveslilurc de tout le lerriloiie dépendant de 
IJidlis, avec un revenu annuel de 'J.(MMt,()(lll 
d aspres. Les be{jlrrl)ej;s de Ivar.iiiian. Amasia. 
Siilkadr. de. Syrie el du iMarbekr. eurent ordre 
de l'aider de leurs troupes à la coïKpiéte de 
Bidiis. riamamitlesiéip'devanl celle v ille;niais 
Scheril'-nei; accourut au s(!cours de la plaw, el 
les Ulîomansse relirèrenl. CÀlle nouvelle altci- 
jjnit Suleiman au momeiil où il entrait daps le 
Sjrmiiini dans .^a marclie siir(;uns(l . Imilaiii 
l'exemple d l lama, Sulfakar-(^ha|j, ijouverneur 
persan de Bagdad, qui prenait le litre de eba- 
lil'e des cbalifes 2 . avait (uvojé à Snlcimafi 
les clefs de la ville, dans bupielle il espér;jil m* 
maintenir contre le schah ; mai.s biçnt«'»l a|>i-|':s, 
surpris par(pielques scrvilcurs tidi'Ics de Tali- 
masip. il lut immolé, el la |)o.s.se.s.sion de |{.n{daiJ 
fui de nouveau assuri'e au scbab. I/aiubilinn de 
Suleiman lui ordonnait de reprendre Hidiis 
soustraite a .son pouvoir, et de contli'érir Hai;- 
dad, qui avait offert sa somuission: el les pro- 
jets de jjuerre depuis |on};teiitps arrèléx, mais 
contenus el di.ssiniulés, l'claiérent au j^raiid 
jour. I.e serasker ;;iMnd vesir partit dans lé(pu- 
noxe dauUjmiu; j)our la conquête de liidljs, cl 
le sultan dul, à ré(piiiio\e de printemps, 0)ar- 
chcr à la conquête de najpjad \?tj. 

l/arméc était emitre en deçà de Koni.i, el 



:i Fpr(Ji,fol. 183. 

(2i Petichewi, fol. 59. 

'), Iis(lit-la!'..i<Je , Ssolalsail*» , A.ili , FWdi. 



iiisroinr. TF i/KMPinr ottoman. 



ijin|uil à Tsi-hiiurlu. lorstnic lut .ipixMirc la 
lUKiM'Ilr cir b di'failc tic Sthcrif-lkiï a\rf la 
ItHe de lY rcMIo. cmjvoxiV |k»r l lama ; le i;ou- 
MTiuinnU h»T»'«litairf ilr Hullis fui a)iifirniô à 
vhrtwsf>«ldiii. cl W stTaskor i»assa lliivtM' .'i 
Alop. ïjts néjîwialions. oiijçai;<V,s iKiidanl ce 
tcmjw a\«v les a»miiian(laii!s |>«r>aus. fa(•ilil^- 
r«MJi la rt'nuM" <l«'s plarcs sous leurs ordres A 
lappriKhc du printemps; ainsi se rendirent A 

I i>uvcrturcdclaeampa|;ne Aadildsrluiwas. Ard- 
vhiseh cl Aihialli . trois plu es situées sur la 
rivcs«*plentrionale du i;rand la». .i[ipelé l,ac de 
Wan par h*s j;ii)j; rapines ocvidentaux, cl Lac 
dArdvhisch |>ar les Orienlaux . et qui fij;ure 
dans Pitïlémée sous le nom dArsissa. Si de 
NN an . > illc située sur le iMjnl oriental de ee lac . 
on marche au nord en .suivant la rive , Ira- 

■ Mil le défilé de Bendmahi. l'on arrive d"a- 
- i ,1 Ards<iuM'h Arze .située dans une plaine 
fertile, couverte de noyers: à deux stations 
plu^ loin vers l'ouest, à Aadildscluuvas. dont une 
partie des murs a été enf,loutie |)ar les eaux du 
lac ; encore une mart lie. et on atteint Arhlath 
Qiliat . ancienne résidence des princes tnrk- 
mans. qui s'intitulaient rois d'Arménie, sou- 
\ent désolée par des tremblements de terre et 
par la f^uerre. saccagée par Cliuaresm-Dschc- 
laleddin - Minkberni , lorsfpi'il l'arracha aux 
.Vidschuks. puis par les Mon[;olssous Dschen- 
î;iM'ban, par les Talares sous'Iimur. Le plan 
dlbrahim était de manherd'Alep sur Bajjdad 
par le niarb«kr et Moszul: mais il fut em|K'clié 
daas s(}n exécution [►ar le deftcrdar. rpii avait 
été en même temps nommé kiaja lieutenant du 
serasker . Iskenderlschelcbi, devenu ministre 
des finances de lerapire. par la confïanre du 
sultan et par s*'*- propres rirhrsses. était un 
homme extraordinaircmcnt puissant, le seul qui 
par M pom^ie et sa maf^nific^oce parût vouloir 
rivaliser avec les vesirs et même avec Ibrahim. 

II avait six mille e^laves parmi lestpiels (rois 
cents piortaient des bonnet-s doré» (1), landi.s 
qnon n'en voyait à Ibrahim que quatre cents. 
ftiiffé-5 avec ce luxe: aux deux autres vesirs. que 
s^iîxante ou quatre-vingts. Kn entrant en cam- 
pagne, le kiaja passa en revue douze cents 
hommes de s^ suite, bien montés et bien armés. 



(1 S»Uk*ade. fo), m. I>»cbelal*ade , Aalt , txxo' 
^TéoMBCM , fol. 24e ; FelKTbew i , fol. r/t. 



I D'après la réparlilion établie par les rùles |)onr 
la fi»urnitur<' des troupes, alors le delienlar 
n'était obligé A livrer «pie trente hommes armés. 
Ibrahim le pria dun Ion plein de bienveillance 
«le «lonner, «)ulr<' s«ui «itnliuj'.ent, cent dix cava- 
liers A l'ouNerture «le la «ampagne contre les 
Persans. l-e«leri«'r«larn«' voulant nireruserentié- 
reuu'ut le nombre demandé, ni l'accorder sans 
réserve, fournit «ent dix honunes, mais en y 
comprenant h's trente du coiilinj;enl. Ibrahim 
étouffa son rj^ssentiment ; niais di's ce nuiim'iil 
il prit en haine le deftcrdar, «pii souhaita 
ahirs la chute du grand vesir. Ces inimitiés 
réciproques furent entretenues par Nakkasch- 
.\li. greffier de Syrie, grand artisan «le dis- 
cordes, «pii, par la ruine «lu «lellerdar espérait 
arriver à son poste. Par ses manœuvres, ou 
dapr«\s l'ordre dlbrahim. il arriva (|u'an mo- 
m«'nloi'i larméc (piillail .Mep. lorsqu«' les cha- 
meaux portant le trésor allaient passer en 
avant , séleva le cri, au voleur! Les gens du 
grand vesir accoururent, arrêtèrent trente per- 
s«)nncs de celles (|ui se Iroiivaicnl près d«'s cha- 
meaux, et le lendemain, au milieu des tortures, 
ces malheureux avouèrent que, pou.ssés par le 
deftcrdar, ils avaient «ii le projet , favorisés par 
les oml)res de la nuil , d«; piller le trésor. C'était 
là une calomnie sans fondement, qui, aux yeux 
de toute l'armée , passa pour l'œuvre du .se- 
rasker (1). 

Dès lors Iskindcrtschelebi ne vit plus de salut 
pour lui que dans la ruine du gran«l vesir. Kn 
coiis«'quence, il fit servira ses projets le dé- 
.serlcur l lama, et, sa[ipinanl sur «les raisons 
en apjiarence Irès-plausibb-s, il pro|)Osa de 
marcher immédiatement sur la capitale de la 
F^Tse. que, d'après les avis les plus récents, le 
sdiali lui-même avait aban«lonnée. Knsiiite la 
ville de Bajjdafl devait tomber d'elle-même. Une 
fois dans le pavs ennemi , le deflerdar espérait 
pn:( ipiiJT la dmle de son adv«'rsaire persoiin«;l , 
ellambition et la vaniléd Ibrahim, quiaspirail 
à rh«)nneur d'être appelé le con(|uér.int de Te- 
bris, le jetèrent dans ce piège habilement lendu. 
La marchefui donc poursuivie dans la direction 
de Tebris. Laissant Bagdad de c«'jl é , on passa 
lEuphrate près de Biredschik, et l'on s'arrêta 
six Mjmaines à Amid du 14 mai 1034 au 23 juin) 

'1, f»>cbelal»a<Je, fol. 174; Fettcfiewi , fol. 61. 



i.ivni: wviii 



21 



pour rassrmhltM' l'arniôr \\ Pix jours a|»rr> U- 
(Icparl (I Auiid. les Ottomans lUaienl ramia-s A 
Siiwartk. lorMjUc 1rs di-putcs so prcst-ntèn'nt 
avec les rlcls du clKHraii d'Auiiik <'t de la placr 
de \\ an, devant la(|uelle l'arniée de Tunur a\ait 
«lé arrtMéo trois s«Mnain«s, où dix nulle lionunes 
s étaient épuisés en vaiiiscITorls durant tout un 
join* pour ta ire sanli-r les ro(liers(pii sou tiennent 
la forteresse, le gouverneur de Syrie Chosrew- 
i'.isrlwi tut nouuné eoniinandant de la place. I.e 
jour siiisiiiii, l.iiiir-Uei;. de la trilui Innpip des 
Malunudis, apporta les ehfs de Siawan; ensuite 
les ehaieaux d.- Harem. Midkar, Unseni, ChuI , 
IVinis. Awnik, Haiesid . W ailaii. Idiliman. se 
rendirent. I,e premier jourdelanîlU delliéj^u-e, 
lliraliim Ht son entrée solennelle ;^ iehris, éta- 
lilil les cpiarliers d'été dKsaadabad, éleva une 
forteresse près du ma;;niti(pu' toiidteau de(ilia- 
.san au sud de la ville, el y plaça mille ar(piei)n- 
siers pour tenir la ville en bride. Il établit un 
jujje et des |;ardes de sûreté pour préserver l«'s 
biens el la \ie des liabitants; et. en dépit des 
lelwas (pu im|»osaient le pillajye et le ma.ssaere 
des liéréliipies. il Hl en sorte que pas une i)er- 
soinie ne soulTril une offense 2 . I.a seule perle 
.sensible «pie subit l'armée dlbraliim fui dans le 
défilé de Kisildsebe- 1 aj;li.l lama et le defterdar 
r.ivaient déterminé à détaclier sous leurs ordres 
dix mille lionuues versée passajye où la p!u[)arl 
turent détruits par l'ennemi ;3;; mais en com- 
pen.sijtion de cet échec, dans la même semaine 
parurent des définies du s( li.di de Schirwan et 
flu srliali deGilan, Musaffer-Clian, apportant 
la soumi.ssion et des présents de leurs maîtres. 
Ibrahim conféra le ijouvernement dWserbeid- 
sclian à llama, celin' d Inik à l)aiender-( )t;hli- 
Murad-Hej;. Ensuite il adressa au Grand Sei- 
lîneur un rapport sur toutes ces opérations qui 
devaient donner lieu à l'envoi de lettres de 
victoire dans les provinces (i). 

Cependant, le jour même où Ibrahim quit- 
tait Amid . Suleiman s était mis en mouvement 
de Skutari. après avoir préalablement détaché 
Aloisio Gritti avec trois mille hommes, confié la 



(1) Dschihannuma , p. îlt , f'oy. vu'" livre de celte 
histoire. 

(2) Ferdi , fol. 205, et Dschelalsade , fol. 173. 
(Z) Dx-helalsade . fol. 17 î: Pei.sclicwi , foi. 61. 
(4) Journal de Suleiuiau du 20 juillet. 



sùrelé de la capitale A un sands* liakbej; , el 
eilli' lU- I Asie Mineure à son tils Mustapha, 
Ijouverneur de Ssaruchan. Il traversa iNieée, 
Kulaliij<-, Akschehr, Konia. Dans cette dernière 
\ille, il reçut les dels de \\ an el des autres 
places soumises , envoyées par le serasker. Mé- 
connaissant envers le ciel , il visita le tombeau 
du |;rind |M)éte mystique Me\slana-I)s< hela 
Inldin Mumi , écouta des lectures du Koran el 
du Mesnewi, assista aux exercices des derwis- 
elies. A Krserum, \\ visita le tomlM-au du .scheich 
Kbu-Isliak-Karsuni. D'Ardscliisch. «piil conféra 
en tii'f an scraskci'. il ciuo\a a son favori, par 
le j;rand é( ii\ cr .Moliaiiiiiicd . des jiri-sculs d ihk 
valeur j-xlraordinaire ; et . à la nou\elle (jiie les 
persans s'approchaient de l'armée du j;ranfl 
vesir, il fut résolu, dans tiii di\aii. de niarcln-r 
vers Tebris. Huit jours après. .Suleiman faisait 
son entrée dans la capilah- du .M-hali . dont les 
habitants vinrent au-devant de lui pour offrir 
leurs hommafîes et leurs félicitations. I.e lende- 
main, les deux armées du sultan el du {jrarid 
vesir o|H''rèrent leur jonction à Andschan 27 
s<'plemi»re lo;^) , et , le '2H , lut tenu un di\aii 
soletmel dans lecpiel le serasker, les bej;lerbe{;s, 
le dellerdar Iskeiider, le reis-effendi Dschelal- 
sade- .MusIaplia-'Ischelebi , et le nisLhands( hi 
Sidi-Bcf; furent revêtus de kaftans. Les troupes 
delà maison du sullan. les janitschareset la ca- 
valerie ré[;uliére rec ureiit 1, ()()() aspres, ou 20 
ducats par homme. Le prince de Gilan, Melek- 
Miisaffer. vint baiser la main du sultan et lui 
rendre hommage. Le fils du schah fie .Schirwan 
eut le commandement supérieur de la jjarnison 
de Tebris. qui se composa des troupes des bcf^s 
de Hairburd et de Kumach. des bejjs rie kara- 
hiszar et d.Vdana. La marche se dirijjea ensuite 
au sud |)ar Miane. Sen{;an , Snltanije, où 
arriva la in)uvelle que le schah s'était enfin', et 
que Mohammed . prince di' l'ancieime famille 
souveraine de Siilkadr. élail passé fin (ôlé ries 
Ottomans: on vil en oiilre arriver le fils de 
S(hahroch-f}e}j . Moliaiiimed. avec cinq autres, 
qui baisèrent la main fin snllan dans un divan 
solennel, et reçurent de l'arf^ent, des kaftans et 
des turbans. La saisfin avancée renflait très- 
pénible la marche vers llamadan à travers les 
montagnes; beaucoup de bêles de somme fu- 
rent perdues; les chemins rompus par les 
pluies rcardcreul l'arrivée de l'artillerie. 



*>•> 



lllsTOiKI l>r I KMPIHK OTTOMAN. 



I.luimour quo manifesl.i \c snliaii |iut n\nnir;i- 
;;rr les .ill.iqiios dlbraliini auiiro Ir kiaj;i du 
• ■'"'trd.ir ^^lr Irqiirl ro|x»saii \c sorvioo de 
:i«r-iii.iilrr j',rnôral; irl officirr fui «h^posi*, 
ri :mhi (^raïul Rof rouni aux domaines <lr la ron- 
iniMi.- T • s ihcniins ilrNiiirciK (iicorc plus 
Ml dilà dllamadan. dans 1rs pas- 
. I \\,ii(l ou drrOroiilr; IxMiu'onii dr 

■ •- «i« ^ i: iiK' surn»ml»ircnt , rcnl cliariols 
d'arlîllorip furent brùlfs à caiiso de rinuxissibi- 
! ; ' ' - rmmcnrr : les canons fiircut oiifouis 
<■ «• : 1rs rt-slrs mémos du nis( liandstlii 

Ndi-lwj; . qui clait nmrl on route , cl qui a\ail 
rxpriuM* \c souhait de rrjKisrr pr(^s du lombrau 
<Uij',r.iudlmam. à liar.dad. a pn\s avoir (M (M rainés 
qnairr jours, furrni rnscvrlis danslc chAlrau 
dr Strhalii. A travers mille ohstaeles. la roule se 
(xHirsuivil vers î^(;dad. dont le commandant . 
i;m«'d-Bef; de Tekke , avait bien envoyé 
'In (1( soumission, mais s'était retiré 
I roupcs. Le grand vesir se déla- 
I ixMir prendre jxissession delà ville 
r- M. il fit ensuite fermer les porlesaPin 

df prévenir le pillage , el rnv«»ya les clefs au 
Mlltan par Min |)orte-élendard , qui recul en 
r<S(»nii»ensc MH) ducats et le sandsdiak de 
Swornik . dun revenu annuel de .'iOfl.OOO as- 
jTfs fi.OOO ducats . \jc lendemain, le sc- 
raskcr baisa ta main du sultan, qui lui fit 
• txnplrr •iO.(K>Odur.iis . et lui assigna la même 
>omn;c en augmentation de son traitement au- 
noel sur les revenus de rÉgypte (1 ;. Dans des 
dîvans ultérieurs, les beglerlK'gs . les hegs el 
Is agas furent admis au baise-main; des em- 
I lois furent distribués; le reis-cffendi Dsclielal- 
ade-Musiapha-Tschelebi . Thisiorien. fut élevé 
an poste de nischandMhi; FU'dsrJieb le rem- 
plaça comme reis-effeodi, et Raniasan-r)glili- 
MohammerJ. qui a écrit au^si l'histoire des 
f)llfwnans . et qui devint plus tard nischand- 
^■chi , fut nommé maiire des su()plifpifs , ou 
ffNleredschi. .\u nisthandschi furent atlri- 
'Ips biens de la couronne d'un revenu de 
^(\(\0 ducats^ : au reîM'fTendi fui 
d*-:,O.(H)0 aspres ou 1.000 du- 
■ • - . hu MHTéuirc du divan, un autre de 18,000 
'•'-s '^/) diKaK . 
1. ! ;d;»d. [•1;i'e frontière orientale de lempire 



'lu 30 novembre. 



olloman conire les Persans, el (|ui esl appelé 
DuMis-Selam Maison-du-Sabbat), porle encore 
le nom de Daiiii-t'liilafel , parce qu'elle fut la 
résidence des chalifcs de la maison d'Abbas . el 
celui de nurdschulewlia noiilcvard-des-Sainls), 
A cause de la (pianlilé de tombeaux dhttmmes 
pieux sanclIHés qui y sont ensevelis. KUe s'ap- 
pelle en (tiilre Se\N ra l'Oblique pane (pie les 
portes exiérienrcs mas(|u«'nl les portes inlé- 
ri(>ures. I.'an 18fide rhé|;ire, 707 de l'ère chré- 
tienne, elle fut bAlie sur la ri\e oricnlale du 
Tigre par Mans/ur. sccoiid clialile de la Camille 
d'.\bb.is.(pii la destinailù devenir sa résidence el 
celle de ses successeurs . el enin'pril celte (pu- 
vre sous une conjonci ion rl'aslres si lieureu.se, 
disent les ( )ricnlaux , que de Ircnle-six clialiCes 
de la famille d",\bbas (pii résidèrent A Haijdad , 
aucun ne mourut dans l'enceinte des murs de la 
\illc. (pmi((ne beaucoup y soient ensevelis II 
l,a ville recul scm nom, connue le prélendeni 
les historiens , de celui d'un derwisehe dont la 
leiile élail dressée en ce lieu , ou . plus vraisem- 
itlablcmeni . des environs couveris d'arbres 
iTiiiliers ; de même (pi'à l'épocpic de la reine Sé- 
niiramis le beau canton dllamadan élait ap- 
pelé Bagislan ou Tcrre-fles-.lardins(*2). Han/lad 
esl l'enlrcpol du commerce de la l'crse et de 
l'Inde , qui , de Haszra et diszfalian , se dirige 
sur ce fK)int p<Mir gn{;ner la Syrie et l'Asie 
>linetire. F.llc esl enloinée de fortes murailles 
fianqiu'cs de ccnl cinquanle loms cl baignées 
par un fossé profond ; le Tigre coule A l'olMent. 
l/enceinte loiale comprend douze mille amies. 
Au nord s'ousrcla porte du {;iMnd imam, ainsi 
nommée à cause du lombeaii d'Kbu-îlanifc, ,iu- 
rpjel elle conduit; il y a aussi la porte lîlanche 
et la porte .>()ire ; la jjorie du Pont conrluil. par 
le Tigre . au faubourg de Kusclilar-Kalaasi si- 
tué à l'ouest. Dans celle ville fameuse, il ne 
reste plus de traces de l'ancic n palais des cha- 
lifcs. du palais de l'Arbre, élevé par le chalifc 
.Moktader pour ai)riter Je grand arbre d'or 
dont les branches portaient , à droite et A gau- 
che , des statues de cavaliers richement vêluS, 
lenaiil ré|H'*e à la main : mais ou voii encore le 
d6me du mausolée de Zobeidc, lépou.se d'Ila- 
run-Raschid. On ne sait {iliis où élait ^li^ée 

M; r)M.-|iihannuma, p. 1>4. 
"2, IiKxJore de .5i':ilr , I. ii. 



I.IVRK XXVIII. 



r.RMflémit' do Ms.iiiiijr . I.i prenii«^rc «If l'i^^him. 
fond»'*' p.ir \f i;r.ifi(l vfsir Nhiiiimliimlk ; v^Wc 
que l'avant dernipp chaliFi' t\*' la famille rrAl)h;is, 
Most.iDS/ir, ;ivaif rlahlic sur h* iiuxIMc dr la |ir«'- 
(•(■•flciifr . srrt tii;iiii(eriaiit diinlcl des dmiaiirs 
l.rsnonilMHMix h)mlH*aiK(|ui oui valu 'a la villf Ir 
iwm âc noiih'vnrcUhs-Saiuls mmH pu (larfip 
dans son prut'iulc. ♦•m parlic dans ji- raMiMHii;; 
srptputrinnal de Mii'^zalV, ou ItitMi eu f/n o sur 
la rive otii<l('ulalc du fleuve. I.«'s Mmilteniix des 
rhalifes sont encore, dans leur <*tal de dé};rada- 
lion , fies (('n)oi|piaf;e)% di- raîicieuM'' U)a];niH- 
eence (lue ces princes avaicui di'pioyéedarjs les 
palais el les édifiées dont ils décoraient leur ré- 
sidence. ntn\ siècles après la fondation «le Fli;;- 
dad, outre le [»alais des clialifes. on vit .s'éiev«T 
un nouvel édifice [)oiu- Moiseddcw Ici. delà puis- 
.«.Mife dynastie Huje. qui domina llrak p«'rsan 
cl rirak arabe I ', devant laipiclle trtinhlaicni 
les chalifes; le plus {;rand prince de cette dy- 
nastie, .Ndliafledflewict. construisit un map,nifi- 
«pie ll(^pilal. el son parent. Sclieretcddewict, un 
o!)servaloire '2 . I.e palais fut incendié avant 
mènie la conquête mouj^ole, lorsqne Clmansm- 
Shah -Dschelalcddin- .Minlvberni sacear;ea la 
ville : tous les édifices, tontes les fondations 
pieuses ou scicnlifiqucs disparurent dans nnc 
nier de feu et de .san[; , poussée par le Monjjol 
llulakuclian 'T. I,"aiicieruu' Baf^dad pi-rit avec 
l- chalifat ; la ville rcna(|uit de ses cenrlres sous 
la domination des dynasties de» llchans et des 
princes <lu Mouton-Noir et du Moiiton-Rlanc. 
(lomme nscheuffis-Clian.'rinnir inoiwla Maijdad 
desanff, y éleva des montafijncs de cadavres. 
.Schah-îsmaîl. fondateur de la dynastie des 
Ssafis, arracha Baf^dad à la domination des prin- 
ces du MoiUon-Rlanc. et î\ tous ses titres Sulei- 
man jolj^nil celui de prince de la maison (]u Sa- 
lut el de la Victnire fi). 

Duranl l(s qnatre mois d'hiver passés dans ces 
(piartiers, Suleiman. avec le [i;rand vesir, soc- 
cupa de bien établir le {gouvernement de ses 
liouvelles concpiètes , appliquant le cadastre au 



(1) Andel'héfpre 350 [961), Fladschi-Chalfa , Ilis 
loire descbalife.s de Sojnii ; Ibn Schohne. 

(2) An378^8Me8 mfme!». 

(3) A» (iôG •J'2ôi<\, les niéiiips. 

(4) Darus-Selam . Consliliil'ou politique et nr{;aiiis.i 
lion administrative des Ol I orna ns, pic inicrp pniiip, 
p. 4-50. 



fia\s, conférant des ticf^ ; \\ tii aii>si de frc- 
(pu'lites \ isitrs aux tombeaux de liai'.dad . el des 
|M^lerina|jes ii Kerbela el Nedschef. oi"! rejKi- 
«aieiit les restes d' Mi el de son fils lliisein 1 *. I>C' 
pavsloul entier. eiilie le I i|;re el I l.upliiale. p»I 
consacré par la lé};ende islamite ; la le |»èleriu 
I Dusidcre a\«c un reli(;irnx respect les ikso- 
meiils amoncelés des tnart\r"< de la foi sur les 
cham|>s de balaille de Ix-inlem . DschcUKK- 
( heme, Kerbela et Kadesia : les prétendu» loin- 
beaux des quatre pniphMes. .\dam . ^(M•. K/.e- 
cliiel . K^lras; ceux des six imams de la famille 
de .Mohammed, Ali. Ilasan . Ibisein . Askeri , 
Kasim, Takki (2 : la caverne par laquelle le der- 
nier des douze imams disparut de la terre \'.\y 
Snleiiiian satlacha smioul à la n» lurclie du 
lombeau du iremici- ries fiuidaieurs des rites 
orthodoxes, du i;raud imain |-.bu-liafiife. qui 
avait été' détruit par les ."^diiiles. sans «pn* 
les .sacriléfjes s'absliu.sseni même de .souiller 
<'l bri'iler les re«tes du saint. Ileureiiseineul 
lam ien j;ardicn dn tombeau avait dé'con\ert eu 
l'onfiflcnce A lui Ischausdi f|u"avant rcnli-ve- 
ment et la dispersion des dépouilles sacrées le 
sublime imam lui était ap|)arn en Mui];e . et lui 
avait ordonné de sauver scm ei)velop[»e mor- 
telle de la fureur des hérélupies; eu cons<> 
quencc il avait retiré le corps d Khu llauife. el 
l'avait remplacé par celui d'un iulid. le. Ix* se- 
rasker, informé ilc ces j;raves cinonsiaïues par 
le tschausch, avait rendu ccuiqMe de tout au sul- 
tan; il char[;ea de la recherche des précieuses 
reli(pies le pieux professeur la^cbkun : bientôt 
celui-ci fit savoir qu'a I endroit iiuliqué j)ar le 
tschausch, des ouvriers, ayant fouillé le .sol 
avec des picMlies. avaient renconirc dv la ma- 
onnerie d'où se répandait une forte odeur de 
mus<\ A ce sifjne irrécusable de la véracité du 
;;ardien, le serasker courut au lien désifçné. 
leva la [ùcrre de sa prof»re main . et flécouvril 
le tombeau du {{rand imam. Suleiman s y trans- 
l)orta lui-même, dépendit dans le caveau, el 
toute l'armée fut convaincue rpu' les os.scments 
du |;raiifl imam, au lieu d'avoir été brfilés par 



M) Journal de Suleimam , 1^^-2.3 mars. 

"2 DM'hihannunia , OUer , Ivp*, Sestini , ÎSif^hiihr , 
Tjvfrriier .Olivier. 

.< Mnuradjea d'Ohsfcon , Tablenu de le iipire olto- 
injn , p. 2^S. 



IllSTonw: IM- l.KMPIHF OTTOiMAN. 



les heri*cit|nes. omiimMMil avai( «ni jiis(|n alors. 
éiniciU rrsli^ miraruIrustMurni ntnsiTvrs pour 
t'iiT «i(Hi>iiv«Tls par lo j'.raïul NrsircI IfC^rand 
Seij;nrtir. Ca'Hv lirnHîstanrr ai;il alurs sur le 
moral tics irDupt's . aimmr autrefois la dôcou- 
verlo du lombrau dF.jub ruHauima les soldais 
du ront|UtTani Moliauiuird II. 

IV lv«j;dad. Sulniuaii «'iivo\ a dt*s Iscliausclis 
avec dos Irllresdc vicloircà Vrniscci A \ icniK*. 
Plus lard, il rxprdia un s«n t)nil nios<a|^o A Krr- 
diuaiid. |M>ur sr plaiu<lrr du nuMirlrr dr C.ril- 
li I . Durant l'hiver passé A Ha;;dad . Ihraliiui 
srniil cn»i(rr ses rrssrnliujrnis ri sa passion de 
\(*n(;raiirr ronirr IskrndjTlschrlrlti . (pii riani 
flfjïOM'. nrlail pas mcnaranl par sa puissanco 
auilro Ir i;rand vcsir. mais poiivail rcclc- 
venir rcdouiablo . car ses richesses élaienl lou- 
jours les mëtnes lanl (piil ncl.iil pas rondainné 
A mort: ei celle condamnai ion. cv ne fui point 
le grand vcsir qui la prononça . mais bien le 
sultan |>oussé par les arliticcs dlbraliim. In 
jour de divan . avant «pie le second cl N' troi- 
sième vcsjrs fussent arrives à laudience du sul- 
tan . «Ml se trouvait déjà leur supérieur. Tordre 
du supplice du deflerflar dé|K)sé. Iskenflcrl- 
M helebi sortit de linlcrieur: il devait même 
être ^H>ndu if;nominieusement sur la place du 
niarcliédc [iaj'^dad : ses s'w à sept lîiille es<-laves 
ne devaient (ms êtr'" vendus publii|uemenl: ils 
élaienl attribués à la cour: ses bi«'ns étaient 
ronf)V]nésau profil de la couronne. Peu de jours 
après.. v»n beau-j»ère. Iluseinlsclielebi . eut la 
léle iranchéc. Iskcndertsc helebi ne possédait 
point celle énorme quantité d'esclaves par 
amour d'une vaine fK)mpe: il voulait ainsi avoir 
des jeunes fjens capables d'fn'i il tirait, pouroc- 
cuper les emplois, les sujets qui s'étaient le plus 
di«.tinf;ués dans I administration ou sur les 
ehamps de bataille. Sept de ces esclaves parvin- 
rent aux di[;nilésde ve>irs et de (çrands vesirs. 
Parmi eux se distin^jua surtout .Moliammed-So- 
kolli . dernier grand vesir de Sulciman , con- 
quérant de .Szigelh. Forsque Snleinian établit 
ses quartiers d hiver à Fiajjdad. il avait ordonné 
que les escadrrms de la cavalerie réfjulitre, les 
sipahis. U-s silihdars, If^s fjhurebas et les nlu- 
fed.schis de laile droite et de I aile gauche ob- 

I {./lire ôf .Nijifnnun . du \j fe^rif-r , à la ijiblio- 
tfceqot iiDp?T;4;e <Un> le O^cx, Hi»l. prof. '•• vi. 



servassent les gardes dans le palais comme en 
campagne. Kn partant , il laissa poiu" garnison 
mille anincbusicrs et mille uluiVdscliis sous les 
ordres d(> Suleiman-Pasiha , l'ancien }',ou\er- 
neur du Diarbekr. Le '2 avril, Suleiman .se remit 
en nutuvement avec rarniée, dans la direction 
de rcbri'>: mais au lieu de poursuivre la même 
roule que précécb'mment , il pril par le Kurdi.s- 
lan el Meragha. La monohmie de cette marche 
de trois mois Fut inierrompue par des avis sur 
l«'smouvemenls(lu.s(li,ili,(|iiis'élail relirédeWan 
avec .son armée, sur le pas.sage du |)rince persan 
Sam-Mirsa dans les ranj;s ottomans (1), et sur 
l'arrivée prochaine d'aud)assad(Mn's,iui l'^raïuais 
el im Per.saii. I, 'envoyé (le I "rame élail le Iroi- 
sième qui venait ollrir des hommages delà part 
de François I'"' ; le premier s'était présenté Im- 
médialemenl avant la campagne de \ ieiuie; le 
second, le ca|)ilaine Hinçon, avail paru dans le 
canq) de Suleiman lorsque le sultan marchait 
sur (iiins: le iroisiême, I,aforét, vint en Asie 
apporh'r les léli( liai ions de son maître siu' la 
conquelede Bagdad. Il reçut un accueil plus la- 
vorablequc lechan persan Istadschlu, qui deux 
fois présenta en vain des proposilionsdepaix(2). 
A Tebris, le souvenir des laligues el des .souf- 
frances de la marche si loujjue et si pénible lut 
effacé pardes distributions d'argent aux troupes 
et des gratificaiions aux feudalairiîs. Clia(pic 
janil.schare et si|)alii recul 20 ducals ; duKpie 
|K).s.sesscur d'un fief de 1,000 aspres de revenu 
eut une au[;menlatioii de '200 aspres. I,e sultan 
selablii dans le palais du.srhah, h; grand vcsir 
serasker coucha seul sous le mémo toit que .son 
maître, les autres vesirs camjjêrent sous des 
tentes. Le sultan el le serasker assistèrent à la 
prière publique dans la mosqiu'e du Sultan- 
liasan, tandis que les janitscharcs étaient ran- 
gés autour du temple , et que les begs se te- 
naient à cheval. Le séjour de deux semaines à 
Tebris fut enq»lo\é à rorjjanisation du pays; il 
y eut des supplices ordonnés, des nominations 
à des gouvernements et des expéditions de let- 
tres de victoire. (^)uant à l'ordre et au cérémo- 
nial du divan, il fut établi (pie désormais les 
deux beglerbegs de Hmnili et dWnaloli ne 
siégeraient plus dans le conseil avec les vesirs; 



;ly .tournai de Suleiman ,31 mai 1.53.5. 
'2) Journal de buleimaii . 22juin, 4 juillet 



LlVllK XWIII 



o-. 



que le prrmiPr seul y paraîtrait, et que lo strond 
n'yserait admis (|in- dans 1rs cas tMiaonlinaiio. 
lors(|u'il aurait t|Ui'lqiii' pro[M»siti(Ui îi lairt-. I.r> 
autres l)cj>,lerl>ei;s devaient se tinir en dt hors 
de la salle du ctinst'il , iinniédialenieiil devant 
la porte I . I^- he^; Kurde Siliillvat , soup- 
eoinu- d inttlli{;cnce avee les l'irsans , fut dr- 
eapité avec eiiKj des siens. Dans la distrilm- 
tion des |;ouverntuit'nls . le plus inipoitaut , 
celui th's pays silui-s au drl.i du llciivr «i»' Kisil- 
uscii, qui dépend de l'Irak, lut conféré au prince 
Mirsa , frère du scliali. I.e sidlan et le faraud 
vcsir écrivirent à \ cuise, poin* v laire savoir la 
conquête de Ha^^dad. LcNCcrétairedhlal Dsclie- 
lalsade mil à profil l<s (piin/.e jours passés j\ 
Tehris. pour rcmcillir Us élojjcs des Persans 
les plus lettrés sur .son histoire de .Sulcinian, 
où il les a insérés. La inarclicdc Tebris à Gm- 
stantinople dura six mois, et Sulciman rentra 
trionipliani dans sa capitale, après une al)sencc 
d'un an et demi 8 janvier I.Vi(iJ. 

Le premier soin d'Ihralum à Constantinople 
fut de mènera fui le traité de conuiierce avec la 
I rance, (pii fut conclu par renlremisc de l'am- 
lMs.sadeur français Laforèt. Dans cet acte, on 
prit des mesures pour la liberti' de la riavi^jalion 
et du eouuiicrce ; poiu' rindéjH'iidanec absolue 
de la juridiction des consuls en matières civiles; 
|M)ur la proiédure criminelle dont les cas de- 
vaient être [K»rtés par lekadi à la sublime Porte, 
.sans i\nc jamais la décision put être rendue en 
rabscnced'mi interprète français. Pour lesdeltes 
dun Français fugitif, on ne |>ouvait s'en pren- 
dre ni à un autre français, ni au consul ; il fallait 
s'adresser au roi lui-même. Tout sujet français 
dans les États ottomans avait la faculté de tes- 
ter: les biens comi)osanl la succession devaient 
èi re remis entre les mains du consul ; les esclaves 
des deux nations devaient être de part cl d'au- 
tre rendus à la liberté; ;\ l'avenir, aueim pri- 
.sonuier de jjuerrc ne pourrait plus être réduit 
en esclavaj^e 2 . 

Le traité de commerce avec la France est le 
dernier acte ]X)litique du loul-puissanl fjrand 
vesir Ibrahim, qui parta^^eait depuis quatorze 



J) Journal de Siileitiian , 13 juillet. 

(2' Flassan, Histoire générale et raisonnée de la di- 
plomatie franraise, t.i. Il y a là une erreur de date: \535 
au lieu de 1536. 



ans le jjouvernement avec son maître. Sulciman 
avait a((ordé ce parlaj;e|;énéreuscmcnt, sans ré- 
serve ni soupçon .avec cet esilave |;rec tiré delà 
|M)Ussière, dont il avait fait son ami, son frère; 
Ibrahim, au contraire, iiqjrat envers son bien • 
faiteur si ijraïul et si |;»iiércu\, em|M»rté par 
l'orijuiil, avait étouffé tous les souvenirs de 
son liiuiiilité, fermé les yeux sur la distance qui 
stpare le maître de 1 Csclave, pour s'élancer dans 
unei.urière daud)ition sans limites. On a vu 
déjà son délire lor^piil étalait devant les am- 
bassadeurs de Ferdinand et du doj;e .sa toute- 
puissance et la .somnission du sultan à ses vo- 
lontés; on a rap[)(»rlé les murmures des habi- 
tants de Constantinople, indi};nés de ce <pie le 
sultan, (onunecnsorcclé par Ibrahim, se fi'it rendu 
dans la demeure de (.rilti csclave du ;;rand 
vesir. L'armée aussi à .\lep avait nuninuré mu- 
les trames ourdies |)0ur détruire le defierdar 
Iskendcrtschelebi ; elle avait éclaté hautement 
lors(pu'ce(lij;nil.iir<', déjà déposé par l'inHucnce 
d'Ibrahim, avait été conduit au dernier sup- 
plice. Dans ravcu|;lemcnl de son triomphe, fort 
de la ruine de son ennemi cl de la condescen- 
dance du sull an, orjjueillcnx de ses succès connue 
coïKpiéranl de Tebris et de Ha};dad, Ibrahim, 
au retour de la Perse, fit (iroclamcr ses ordres 
du jour à l'armée, au nom du seraskersullan; 
di\jà le defierdar Iskendcrtschelebi lui avait lait 
des repré.sentations contre .son désir de prendre 
ce tilre, auquel il se croyait autorisé |)eut-èli(', 
parce (pien Perse les {gouverneurs des sjiud- 
chaks kurdes s'appellent aussi sultans. Après 
l'exécution d'Iskenderischelebi. Ibrahim ju|;ea 
le moment favorable [)our se faire appeler se- 
raskersullan, titre (pi'il rcfjardait probablement 
comme le premier déféré |)0ur s'élever à la sou- 
veraineté; mais ce premier acte de rand)ilion 
effrénée du présonq)fueux favori donna la pre- 
mière impulsion pour le renversement absolu 
de sa fortune. Sulciman craif;nit qu'Ibrahim, à 
re\cm|)le de l'ancien [frand vesir .\hmed . [joii- 
vcrneur rebelle de l'Kjjyple, ne fît suivre bien- 
tôt .sa qualification nouvelle par une trahison. 
D'ailleurs il était afjité par une terrible vision 
qu'il avait eue dans un son{îe . la nuit qui suivit 
l'éxecution d'iskendert.schelebi à Bagdad. L'in- 
fortuné defierdar lui était apparu dans une lu- 
mière céleste, et l'avait accablé de reproches de 
rc que, cédant aux artifices d'un perfide vesir, 



5«i 



HisToini i>K I r.Mrinr onoM.vi^. 



il sVf.iit lal.-wt' rntr.iiiirr ^ riinmolnlion diiiu' 
iniuvcntc virti-isr. \.v s|>rrlrr s'i-lail jrft' sur 
Sulcim.m. et miMincnit (hlViran);l(T. I()rs(|iic li' 
%u\Un sortit (\c sim nffn ut soiiimiMl ni |m)iiss.iu1 
dr i;ranHs tris 1 . I/improssion Put protondr et 
diir.iMc. rt lu^inmnins. plus t.ird , Sniciiiian 
;;.ir(J.i pr^sdosa|»(TS(Hiii(' lluMiiim pour aller vi- 
^.l^Tlcs lntnl'oau\ dos saillis; ili'aN ait ^ ses côIi^s 
l^nir faire la prif^rc publique àTrbris; il partnjyca 
-<<Mi iwilais . sa fplraitr rt s,i rmirlic avrr ce vcsir. 
Ce fut S(M)!omonl an huit diiii an rt dnii jour 
<]iir la mrsiirr fut ronibU^e: le sultan rôda plei- 
nement a la terreur (jue lui inspiraient la lonle- 
puissanre et la trahison de son favori, soit ^ 
«ause du mépris effronté d'Ibrahim pour le 
Koran et les livres de la loi. soit jwiur fpielque 
atteinte ineonnue A la majesté Impériale , que 
Suleiman voulait pent-^lre tenir serréte. Quoi 
«liiil en wit, jx-ndant le mois de Ramadan 
[15 mars 1535], Ibrahim sYlant rendu la nuit 
nimme de roulume au sérail pour y Noiipcr avec 
le sultan, puis y dormir dans la m^me chambre 
^ rourher. le lendemain on le trouva étranglé; 
• I il ne se laissa pas immoler sans défense, car 
on si»V|e a[»^^,s on montrait eneore dans le harem 
les trares de son sauf; versé. Son cadavre fut 
enseveli dans le couvent des dervvisch de Ga- 
lata ; mais il ne s'éleva point de mausolée au- 
dcs*n*.de res Iristrs dé|K»iiilles. F,on[;lemps un 
arbre indiqua la place où elles étaient déposées. 
Ainsi finit le Grée orf;ueillcux qui. d'e.«;c1ave et 
joueur de violon, était devenu ministre absolu , 
fîén^ralissime des troupes de lerapire; qui ga- 
[;na d'abord Tespril de son maître par des flat- 
teries adroites ; puis. (;ràce h d'immenses services 
dans le [;ouvernement et sur 1rs champs de ba- 
taille, se l'était attaché par les liens de la recon- 
naissance, et avait fini, jwr Ihabitude et la force 
de son caractère. |)ar le soumettre entièrement à 
M^ voir.nté-s. ,\inM finit le f;rand vesir favori du 
sultan, conquérant de Tebris et deHafjdad. qui fit 
trembler Vienne, le serasker sultan Ibrahim. De 
deux renl.s vesirs que com[»tera bienlùt l'empire 
ottoman, nul ne s'éleva si haut, nul n'ébranla 
si fortement les esprlti* par le bruit de .sa chute. 
Maintenant il est nécf^saire de nous re[)orter 

'D mmtidf^ dllbiwm, Tableau df »mpire otto- 
inaa,^. ^16. «dii^» in 8^^, d «prp» l*>* hi«U»rifriu»oUf>- 
inao* DicbeUlude . .S*oiatfc»de . Adli , PetKbewi. qui 
toa» rapporlml ce »onf^. 



.^ deux év<*nements des deux dernières années, 
qui. rapportés plus t(M . auraient interrompu le 
récit (le la campa;;ne de Perse; car le ihéAire 
de ces événements, c'est rKiu'ope et l'Alrique; 
et d'ailleurs il s'afyit d'entreprises marilimes, 
de la reprise de Coron el de la conquête de 
Tiin is, d'abord par C.liaircddin-Harbcrousse. puis 
par Charles \ . Tandis que les anibassadeiu's de 
Kerflinand négociaient la paixà C;onstantinople, 
el prcsenlai<'nl lolTre de renq)ereur de resti- 
tuer Coron, si Kcnlinand élail laissé dans la 
po.s.se.ssion exclusive de la Hongrie, Suleiman 
faisait partir l'ancien sandschak-beg de Se- 
niendra. .Iahja-l*as( ha-()j',lili-.Molianuiied-neg , 
avec inie armée et une flotte de soixanle-dix 
voiles pour reconquérir Coron. Celte Motle fut 
battue par l'esjadre d'AnfIré Doria. plus faible 
de moitié, el perrlil deux bAlimenls avec cinq 
cents janitschares. Opendanl Coron lut étroi- 
tement resserrée du côté de terre par les trou- 
pes de siège. f,a garnison sélail nourrie vingt 
joiu's de chair de cheval et d'âne ; et l(»rs(pic 
cette nourriture lui manqua elle mangea du cuir 
de .ses chaussures. I>i\ (irecs.cpii avaient élé 
chassés de la ville parlalaini. el (pii élaietil ve- 
nus chercher quehpies aliments dans le camp 
ottoman, furent écorchés par les Turcs et rùtis 
sur iMie broche rie fer 1 ; Alors les Kspagnols 
prrflirenl courage et négocièrent avec le «'fim- 
uiandant turc el quittèrent la place dont Pigna- 
telli . lieutenant de Charles V en Sicile, fil enle- 
ver la gro.sse artillerie sur des vaisseaux. Afin 
de préserver, durani la guerre de Per.se, la 
Méditerranée d'entreprise» comme celle de 
Doria sur Otron. Suleiman, ou plutôt Ibrahim, 
avait remis toutes les forces maii'iuies rie l'em- 
pire ottoman sous le [touvoir absolu de (>hai- 
reddin. assez connu dans l'Kurofie sons le nom 
de Barberou'sse. mais sur la vie anlérietire du- 
quel on a jusqu'ici flonné peu de notions exactes. 
.>'ous allons citer ici les circonstances les plus né- 
cessaires, tirées de la meilleure .source, de.s eom- 
menlaires des actes de Chaireddin.rpie cechef, 
par ordre de Suleiman. dicta au Is» hauscli Sinan, 
et dont Madschi-Chalfa a inséré un précis dans 

rt) Anton. Doria , Résumé rapide df;f( év»^npmenU re- 
marquable» qui se Minl pafiK/-K dans le monde au tenipK 
de Ch^jrle» V , dan* le» appendices de (jvhcA , p. rsi; 
Pelscbewi , fol. 58 , Ferdi , fol. 193 ; Aali , xxiv' événe- 
ment, fol. 2U. 



Il \ i;i'. \ \\ m 



1i 



riilstoirc fies fîiu'rrcsniMrifimf*"^ rlrsi xiom.ui'. 
L)rs(|ii<' Mdli.iiiiiiird II ((iimiiil MiInIiiic, le 
sipalii riimiliiitf Jakiib «le .It'iiidsclicwarfhir 
sVlaliiit dan'» rtic. IV srs (jiiatrc Mh. Isliak. 
rnKlscJi.Cliisr ii('|»iiisf]|iairr<i(liiil{ail)rr()iissc -, 
r.llasjcpn'iiiicrsi'fit iiiaiThaiid a MityUMir; 1rs 
Irois antres firent Ir (nniinorcr iiiarilinir . cxrr- 
^^r«'rI( la piralrrn- sons li-s n'-j^iics lic nair>i(l II 
<t (loSclini l'. Klias périt dans un t()nd)at mn- 
irc I«'s niHKJicns; l'rndsch fui pris, puis remis 
cil Iihort(^ j;r.'^(r anx interressions du prince 
Korknd, alors fyonvcriiciu* sur la <i'>le de Kara- 
niaiiie. Irudscli et Cliisr, audacieux el iicuieiix 
pirates , entrèrent au service de Mohanuiicd , 
sultan de Tunis, de la famille des lîeni-llafsz. 
Ayant <aplnré un vaisseau niirehand français 
I liar;;c de drap, ils ^envoy^rent A Constantino- 
plepar Mnliijeddin-neis. neveu du fameux Ke- 
n)al-({eis, et en récompense la Porte leur donna 
deux [;alères cl deux kaflans. .Mors ils écpii- 
pèrent dix hAtimeiils pour une entreprise con- 
tre iîudsclia et Dscherdselu'l , sur la cote d'A- 
fritpie. (iliaireddin planta sa liannièreà Dscher- 
dscliel : sor) fière Irudscli se rendit à Al(jer; 
lui-m^iiie se diriiyea sur Tunis , où II trouva 
les deux jjal/'ces env()y«'es de Constantino[»le. 
et son frère Isliak arrivé de Mitylènc. C'était 
le moment où le sultan Selim entrait eu con- 
(piéraut dans rfli^ypte, où Knrd-t)};lili lui fut 
député |Hfur lui rendre liomma^;e. l rudscli 
avait A Alijer une position difficile à maintenir 
contre la flotte esj)aj;nole et les tribus arabes 
um'es aux cliréliens; les Arabes fiiu'retil par 
prendre la fuite en abandomiant douze mille 
chameaux, et la Hotte se retira. Les frères 
se tournèrent alors contre Tenues et Telmesan, 
\illes ipii élaienl éjjalemcnt sons le jiouvoir de 
deux frères de la famille Ilafsz, Tous deux s'en- 
fuirent. Chaireddin resta daiLs Alger; rrudsch, 
avec le troisième frère Ishak, porta la [;uerre A 
Telmesan. Les r"spa{;nols accoururent et livrè- 
rent l'assaut à la forteresse de Kalaalol-Kilaa, 
dont la garnison ainsi iprishak périrent par le 
1er des chrétiens. Knsnite ils assiégèrent Tel- 
mesan durant sept mois; L'rndsch fit une sortie 
A la tète de la garnison ; mais il parta;',ea le sort 
de son frère Ishak. Ainsi Chaireddin se trouva 
désormais seul et dans Tisolement : mais il était 
maître d'Alger; car aprè,s !e meurtre de 5M^lim, 
dernier souverain delà ville, il se l'était appro- 



priée, sous la r»^erve toutelois des droits de 
liante st(u\ eraineté (onser\ es au sultan des Ot- 
tomans. Il envoya lladschi-Husein dé|¥)sçr son 
lionnnage aux pieds de Selim I'^ (pil lui conféra 
le litre de beglerbeg d'.\l;;er. Cependant le5 
deux frères Mesud et Abilallah, (pli deTelmes.m 
s'étaient enfuis ^ Fez, revinrent avec une ar- 
mée |M>iir rcioncpiérir l'héritage pati riicl. ('hai 
redilin cha<^sa Mesud el installa AMallali 
comme .seigneur de Telmesan; mais toujours 
sous la réserve des droits de hante souveraineté 
pour le sultan Selim, el en imposint un tribut 
annuel de l.tlOO ducats à son profil à liii-nn^me. 
Chaireddin dutcpiilter Alger, pressai qnj| (<(;,j( 
(lar une armée tunisienne ( I aussi |nr les tribus 
ai-abes: |»uis il alla exercer ses dt-prédalions sur 
les côtes de Sicile. A son retour, il porta tout 
d'abord ses armes contre Abdallah de Telmesan, 
(pii s'était dispensé de faire réciter |a [irièrc 
publique au nom de Selim et de payer le tribut, 
il lui accorda la paix , mais à la condition que 
ce vassal dé[)oserail lO.tlOU dmats pour les six 
années (■conlées. cl se sonmcttrail pour l'avenir 
à un tribut annuel de iMl.tHtO ducats. Ilede\enu 
maître d'Alger, Chaireddin ne se crut (M»iiit 
assuré dans cette jxisses'-ion tant qu'il n au- 
rait pas arraché anx Kspagnols Tile située 
en avant de la \ille. où les chrétiens étaient 
établis depuis ipiaiorze ans. Cinq cents Kspa- 
gnols lombèreiil vivants entre ses mains, je 
ch.Heau fut rasé; le détroit resserré qni séparait 
Tfle du continent fut comlilé. et neuf grands 
vaisseaux espagnols, accourus pour délivrer la 
Forteresse, n'en trouvèrent plus aucun vestige. 
Avec quinze galères Chaireddin s'avança contre 
l'escadre espagnole, dont il se saisit ainsi fjuedf 
deux mille sept cents prisonniers. Il détaeha le 
capitaine de vaisseau l'din-Hcis, [loiir aller jKir- 
ter le pillage sur les c(Mes de France et d'fCspa- 
gne. Lui-même captura sur lesKspagnoU quinze 
baiiments, en brûla trois antres A son retour, 
et adres.sa ft la Porte un rapport sur le succès 
de ses ex|»<''ditions. 

Alors narberousse rencontra un adver- 
saire redoutable dans André Doria. amiral de 
Chailes V. Il rejKjussa l'attaque de ce marin sur 
Dscherdschel, puis rava[;ea les côtes de France 
el de Cènes avec .^es bâtiments légers auxquels 
s'étaient joints ceux du corsaire Sinan de l'île 
de Dscherbc. Le fils de Chaireddin, Masan-Beg, 



28 



HISTOIRE DE l/EMPIRE OTTOMAN. 



déjà (Mpitaino disliii'^uo dt^ corsaires . niaivlia 
sur les traces de son père. Le ischausch Miisia- 
pha fit savoir à lîarlvmusso que Snleiman (Mani 
en pai\ av«v le roi «le France, sa vcilonli^ ëlail 
que le» ciMes françaises fussiMit épar!;iu''es. Alors 
Chairtnldin. d'accord avec les Maures cruel- 
lement opprimés surlaci'tie dKspa};nc. arriva 
prtV (l'iMiva avec Ircnte-six j^alioles, poin- 
recueillir ses infortunes C(vreIii;ionnaires. Dix 
mille de ces malheureux furent embarqués en 
m^me temps. Les transports maritimes firent 
sept foi<; ce\«>va|^e. et soivante-dix mille Mau- 
res (luiiièrent lAndalousie pour aller peupler 
la cAte de Barbarie. Dans les pri.sons d'Aller . 
jurmi les sept mille esclaves chrétiens, .se tron- 
>aient l«^ capitaines «M l»s équipafjes de la Hotte 
du fîénéral espaj^nol Portundo qui, dans un 
combat contre Chaireddin, avait j>erdu la vie 
ave< sept de ses v.iisseaux : un seul avait échappé. 
Pour rehicher vinj^t des jtrincipaux officiers, 
Chaireddin demanda 'JO-tMIO ducats. Les captifs 
seflalt^^ent desaffranchir eux-mêmes; ils our- 
dirent un complot qui fut découvert , et ceux 
qui dirif,eaient la iramc furent mis à mort. 
Chaireddin épar{;na les autres dans lintérét de 
.SCS vaillants corsaires .Ssalih-Reis et Tor|i;liud , 
qui alors se trouvaient dans les fers des chré- 
tiens. Ensuite Chaireddin fit ses préparât ifs pour 
se rendre à r>)nstantinople. où Snleiman l'avait 
apfK-lé apr^s la prise de Coron par Doria . afin 
de concerter le plan des entreprises maritimes 
contre Charles \ . Il prit à .son bord le frère du 
»ij;neur de Tunis, qui seul, sur quarante-cinq 
frères, avait (Vhap[»é au massacre par lequel le 
sultan llasan. à .s(jn arrivée au pouvoir, avait 
jugé prudent d"a.s.surer son trône. Sur .sa route 
Barbcrousse prit devant Messine dix-huit vais- 
seaux, enleva les équipafjes et brûla les biiti- 
meots en vue du [Kirt. André Doria, qui venait 
de conquérir Coron, avait fait voile fie Prevésa 
vers Brindes; Chaireddin détacha a sa fKJursuite 
vingt-cinq vaisseaux qui atteignirent sept b.'ili- 
mentsenneraiset en capturèrent deux. Chaired- 
din fit sa jonction avec le kapudan de la flotte 
ottfHnane. Ahmed, et se dirigea vers Ojnstanlirio- 
pleoiJ il arriva bientôt après le départ dlbrahim 
pour la Perse. L'ne demeure lui fut assignée 
dans rar*^nal: le lendemain il alla baiser la 
main du sultan avee huit de sps rapitaine>i de 
vaiv^au: ils furent revêtus du kaftan. et cha- 



cun deux fut assuré d'une solde. Le grand vesir, 
(|ui passa lliivcr à Alcp , demanda au sultan (pie 
Chaireddin put lui être envoyé pour recevoir 
rin\esiitin-e cl des instructions selon sa posi- 
tion. Le ca|Mlaine de corsaires vonhil montrer 
qu'il n'était pas moins rapide i\ remplir les mis- 
sions du Crand Seigneur par terre que par mer. 
Il se rendit à cheval avec ses ofl^iciers à Alep, 
recul dans tm divan solennel l'investit ur(* 
comme beglerbeg d'AI{ïer(r;, en cette (pialilc 
prit place avant tous les autres beglerbegs, baisa 
la main du jjrand \esir. prit part durant deux 
jours ;i de niagnifi(jues festins, et fui de retoiu' 
à Constant inople le 22 (2), après avoir fait .ses 
dévotions;! Konia au tombeau de Dschelaleddin- 
Hnini. à Hriisa sur celui de Scidniichari. 

Durant tout l'hiver on travailla dans Tar.sc- 
nal :i , sous la direction de Chaireddin, A con- 
struire des vaisseaux; lui-même en avait amené 
dix-huit frAI[;er. dont cinq a|»parlenaienl à des 
aventuriers volontaires. La force entière de la 
flotte était de quatre-vingt-quatre bâtiments. 
Dans l'été, tandis que Snleiman mar<hait con- 
tre la Perse, Chaireddin-l'ascha dirigea sa course; 
vers rilalie. Dans le détroit de Messine il sur- 
prit Reggio. que les Crées, tran'-portés en ce 
lieu de (Joron et de Modoji, (|uillèrcnt à l'ap- 
proche de la flotte, abandonnant six vai.sseaux 
aux Turcs. Barberousse resta la nuit dans le 
détroit ; là il rêva la conquête de Malle; le 
Icndeniain il emporta dassaut le château de 
S. Lucido, fit huit cents prisonniers , et livra 
la place aux flammes. Il traita de même le 
cliAteau de Cilraro: puis il saccagea la côte 
napoliiaine, porta le fer cl le feu dans Spci- 
longa. Mais ce qui attira Barberousse à Fondi 
plus que le désir d'enlever des femmes et des 
jeunes filles, ce fut la beauté si fameu.se fie Giu- 
lia Gonzaga, é|K)use de Vespasiano Colonna, 
sœur de la divine Jeanne d'Arajjon , dont les 
charmes ont été chantés par deux cent qualre- 
vin{jts beaux esprits italiens, dans les langues 
grecque, latine et italienne (4;, et .sa rivale en 

I Mais non pa« au8»i comme Kapudan-Pasoha, ainsi 
que If; dit par erreur Had*cbi (.halfa, d.ins son Histoire 
I des fjuerres maritim^-s p i dans les Tables chronologique». 
i f'2, D»ch»la!sade, fol. 170 ; Ssolaksade, fol. 110; Pcl- 
whewi , fol. 5'l: Aali. 
'.3, Dans les commentaires de Chaireddin , fol. 80. 
(4, Il lempio alla divina S. Donna Cirtvanna d'Ara- 
f}oua ; Veaet., iôùS. 



I.IVUK XWIll. 



20 



attraits; elle ofit clé uiif ilijno miKiiuic |M)iir 
le harem de Suleimaii. I.cs corsaires (lélKirt|iiè- 
rciit si mystérieiiseiiieiil (jtie la lu'Ilc put ;'i |tciiif. 
au péril de sa \ie, s'clamer en rliciiiise sur un 
cheval, accom|Ki|îiiée d'un seul chevalier quelle 
fit ensuite |M)ii;nar(ler, soit <|uil cnl Irop osé 
ou ([uil eût trop \\\ dans celle nuil. I,es Turcs 
auxquels la dame avait (^chajipé décharj;iVeiU 
leur cttic're sur les images de la N ier;;e t|u'ils 
niirenl en pièces, sur les tombeaux fies anctMr»'s 
de Colonna, qu'ils détruisirent après les avoir 
dé|)ouillcs de leurs riches ornements (1. Ke sac 
de Ft)ndi dura «pialrc heures, l'n tableau sus- 
pendu dans Iciylisc de Foiidi a perpétué le sou- 
venir de celte horrible nuit. 

Le ravajje de la cùte d'Italie n'était (piune 
atla(|ue sinudée deslinée ;\ couvrir le véritable 
but de rarnienicnt de Chaircdditi; ce but était 
laconquétede Tunis, pour laquelle le sullanlui 
avait fourni huil niillr janilsdiares , ,S(M).()00 
ducats, et une Ht)tle <lc (juatre-vinjjils vais- 
seaux ('2\ A Tunis, depuis trois ans, MuIei-IIa- 
san, vinjjt-dcuxiènie prince delà rauiille Ik'ni- 
llats/. qui depuis trois siècles et demi donu- 
nait dans la ville et les environs, étail assis sur 
un trône cimenté par le sanjij de quaranle-qualrc 
frères ^3'. Livré à la mollesse el à la débauche, 
au lieu de s'occuper à écpuper, à exercer l'ar- 
mée, il ne sonjjeait i\u^ auj;menter sou harem, 
composé de ipiatre cents beaux jeunes jjarçons. 
La Porte prétendit le détrôner, et mettre h sa 
place Hascliid, sou hère, ipie Chaireddin avait 
emmené à (x)nstantinople. En consé(|uence la 
flotte tunpie parut devant Tunis. Au moyen de 
la trahison de deux rené[;ats au service d'Ila- 
san , Chaireddin entra dans la ville avec cinq 
mille cavaliers par la porte de la Mer. et |)énétra 
même dans le château 1 ; mais, aux seuls cris 
de Vivent le .sultan et Chaireddin ! n'entendant 
point prontmcer le nom de Haschid. apprenant 
que ce prince n'était pasmémeàborft delà flotte. 
qu'il était resté il Constantinople, les habitants 
oublièrent leur horreur pour Iq fratricide, leur 

(1) Leandro Alberti, Descrizzionc di tuUa llulia ; 
Ven., 1581, p. 137. 

(2) Doria, dans l'appendice de Gœbei , p. 34 , et Sa- 
Sredo, Ven., 1688, p. 210, 

(3, Il avait quarante-cinq frères. Nochbef et-Tewarich , 
les Beni-HafszréGuèrent depuis 5.51 de riiéyire, 1150. 
(4) Sagredo, p. 202. 



déj-jOÙl jM)ur ses débaut lies, tt ne sentirent plus 
que leiu' ancienne aftedion j)our une dyna&lie 
de trois cent cin(|uanleans.<|ue leur répin',iiance 
pou rlejou]; ottoman ; ils irn itèrent le sultan, ({ui 
s'était enfui (liez les AralH-s habitants des côtes, 
à \ cuir disputer sa résidcnceaux Turc s.Soutf-nu 
par hs tribus arabes, Mubi-ilasan prit la \ die; 
mais Chaireddin, faisant u.vnje de .son artilb- 
rie admirablement sei\ ic . rejKjussa les .XralK-s 
dans le désert, cl mit en luit»* le sultan détrôné. 
l.c ch.lteau fort d'IIalkolwad, situé à neuf milles 
de Tunis , dont le nom arabe sij;niHe la Gou- 
lefle, à cause de l'isthme étroit (|ui conduit de 
la ville au lac, se rciuiit ensuite sans rém- 
tance(l). 

La |)0.ssessi()n de Chaireddin ne dura rpie jieu 
fie mois, cai l'empereur Charles \. (édani aux 
prières de .Mulei. avait pris la résolution cheva- 
lerestjue de conquérir Tunis, non fws pour lui- 
même . mais pour le souverain Ié|;itime. el de 
cliàiier en |)ersoinie n<nberou.s.se devenu la ter- 
reur des Hottes chrétiennes. Le jour de l'anni- 
versaire de la prise de Constantinople 29 mai :, 
à Barcelone, au bruit de la musicpie militaire 
et des salves d'artillerie il s'embarqua sur la 
flotte composée de ciinj cents vaisseaux cpii 
avaient à lx)rd des troupes allemandes, espa- 
gnoles et italiennes. Les bâtiments étaient eom- 
mandés par André Doria, les troupes de débar- 
quement par le marquis del Guasto sous la 
direction suprême de Charles. Le Hi Juin L^ÎG 
furent débarqués devant la Goulet te d'alxjid les 
Allemands , puis les Espa{;nols el enfin les Ita- 
liens -2 . Deux tours, séparées par un ititervalle 
d'un mille à peu près, formaient le prin( ipal 
boulevard de la Goulette. qin' était la clef de 
Tunis, où se trouvait aussi le |;rand arsenal de 
Chaireddin. la défense decepostesi imjxjrlant. 
aïKiuelse trouvait attachéle sort delà ville, était 
confiée au capitaine de corsaires .Sinan 3). Le 
sié{je réj^ulicr dura un mois; les assiérjés firent 
trois sorties [^4;. Dans la première, le duc de 
Sariio fut tué; dans la troisième, le marquis 

(1; Sagredd, 213. Fl.id.srbi-(;hait'aj, hi»!. de» fjuerres 
maritimes, fol. 20. dans les commentaires de Ctiaireddin, 
XXVI' recueil. 

.2; Armerius, dans l'édition de Basle de Cbalcondylas, 
de 1556; p. 535. 

{3i Robert.son, liv. v. 

(4) Le 23, le 25 el le 26 juin. Ktrobius. 



30 



msTf^inr i>k i.'kmi>ihk (vrTOMAiV 



<if Moiulcùi fui blt^sM- I I >« Miii(i ji iir du mc;;»- 
un Uidnu'iit UMnluiiul lun riilicuicnt ('li.iri;(' 
dcptcrrics (MruI (ioaiU \v |H)rl de la Goulet (o. 
cl dq^tua buntùt ses voiles en diH^)uvraiil les 
\4iNM'aij\ e>|knjni>ls. Ceux-ci lui «loniH'reul la 
ilu»>e; le plusanienl fui le j;raud \ aisseau siu' 
letjuel elaii arU»n" le j;rand ai-^le im|)érial. 
ijui porljil le cardinal Grauvcllc et la chaneel- 
lene. le l^liuunl lurr fui pris, cl sou eljar|;e- 
meul. évalue 3.(>(NI ducils. dount^ à l amiral 
IkH'ia. IVodanl la durée des n|>éralions. plu- 
M. ' ' (U> de> plus nobles fauiilles are»)uru- 
fi . pniulre jwrt. enlre autres le eoiiile 

«le ik>iie>eiU. le niarqui> dAlarro, le duc IVr- 
dinantl (.on/ai;a. le 29 juin (Charles re^ul aNtc 
un i;rand a|)pareil le roi fujjilif Mulei-Hasan. 
quise j»r.»>i(Tnd devant lui. iniploranl sa faveur 
ri *4>u assislaucc. I.enipereiir avait envoyé à .sa 
reucoutrc le duc d'Albe. le marquis dAlarco et 
le conile de BtMiévent. Le jiriui e se rendit en- 
Miite dauî) la tente de Louis de Flandre, sei- 
Çoeur de Braet . second chambellan, où on lui 
offrit des sucrerieset titutes sortes de rafr.iMiis- 
sements. I>cs Maures de la suite des fils d llafsz 
clairnt armés d'arcs et de né< lies, de, jM)i}{nards 
el de javelol-s longs de trente à quarante ().d- 
ine&.l . Mulei-Hasan assura qu il était suivi de 
II' taux cliar[;és de vivres et de six 

ni . maison n en vit pas paraître 

un seul. Charles, œmplant sur sa propre puis- 
saoce. el fort de la pureté d«' ses internions, 
n'avait U-ynn d'aucun secours étranger. Le 
H juillet la (houlette fut emiK>rtce dassaut. 
L» deui tours contenaient un ama.s énormr- 
d'armes et de munitions; on y trouva quarante 
canons, dont une de ces pièces monstres connues 
par les siégea de f>>nslanlinople et de Ithode.s; 
beauœup étaient dé-coréen de lis. de salaman- 
dres, ou dinvriptions latines des Arabes. Avec 
la Gouictte, tout lar.M-nal maritime se trouvait 
en la pos*essioo des conquéraiils; ib «emparè- 
rent ai! l>^lim( nt.s et de irois 
cent.s i We tout tahbre. Après 
une si f;ranfle [htIc. Chaireddio se vit réduit à 
lenlPT la fortune en rase camj>afîne. Pour plus 
de certitude, il voulait faire immoler Ie.s sept 
mille e-sclaves chrétiens retenus dans ses fers; 
mais il en fut eœp^iié f»ar leg habitants, qui 



daillturs ne lui obéissaient que par contrainte. 
Ses ln)upes consistaient en neuriuillesepl cents 
honmies, les trois tpians asiati(iues du j^ouver- 
nemeiit de Meraasib; les autres étaient des 
houuncs de la ville (jui avaient élé arrachés de 
forcede leurs fov ers. Il prit position en deliorsde 
Tunis, sur un point d'où ilél.iit sur de prendre 
l'armée dans .sa marche sur la ville. Lorsque l'on 
en vint aux mains, les Asialiipies seuisse batti- 
rent, les Africains refusèrent leur service. Ce- 
pendant les esclaveschrétiensdansTunis a valent 
trouvé moyen de briser leurs fers; ils fermèrent 
les portes de la place, et (Miaireddin, se voyant 
re|Miussé des murailles, prit la fnite dans les 
monla;;nes du (ôtédc Bonne, avec son fidèle 
capitaine de corsaires Sinaii , défenseur de la 
Goidetle, un renéj;al Juif, et un aulre (pie les 
écrivainseuropéens.ippellenl 6'//^/5^6' Uiable{\). 
Le lendenjain Charles mena son armée contre 
la ville dans le meilleur orrirc', <rai{;nanl une 
surprise de l'ennemi. 11 avait tenu (bnanl trois 
heures un conseil de guerre, pour décider si la 
ville serait abandonnée aux soldats, l/ardeur de 
rapine des |'spa|;nols sexprimani par la voix 
de leurs chefs l'emporta sur les désirs de l'eni- 
pereur déparjner la ville, et Ton accorda Irois 
jours de pillajje durant lescpiels trente niiHe 
habitants furent éj',or{',és. dix mille réduits en 
es< lava(;c /l). C'était là un horrible prix payé 
pour la liberté de cinquante mille esclaves chré- 
tiens dont la conquête de Tunis brisa les fers. 
Le soldat espa{jnol surtout se sijjnala par ses 
fureurs ; il poursuivit l'or dans les maisons el 
les coffres, les caves et les puits; renversa les 
mosquées et les écoles, brisa beaucoup de sta- 
tues précieuses, déchira des livres très-rares, 
fouillant, remuant, il porta ses mains rapacessur 
tous les objets, confondant tout dans une coiu- 
miuje destruction. I/jrscjue, le troisième jour, 
Charles entra dans la ville avec les Allemands, 
on ne |>ermit plus à ceux-ci que de prendre des 
vivres: au lieu de caves bien remplies, ils ne 
trouvèrent que fie bonne eau de citerne; ensuite 
tout pillajje fut interdit sous peine de mort. 
I>e V août Charles mena l'armée hors de la 



(1^ \â* iLalicn* l'appellent Caccia fJiavolo , lc« Franfai» 
Cb3»»e Diable , le» Hollandais Kriuppel iJiewel , el EIiih 
biut, (>a»wdiavoluH. FrobabknienlCaccia, Cha»«e,etGasKi, 
ne Muil que la r/irruporm de kasim. 

'2) Ktrobiu»; Arnif-riu», IliKtoria UiOiia;7(i. 



Li\ Ki: \\\ 111. 



31 



N ille |)Our la fairt' rciun r dans son camp (li\ iiii 
la (ioiili'tlc. I.a inaidu' ctail einharravM'.- par 
dfs ladavrcs di- Maures qui avaient l'ti* niassa- 
cnVs par les soldats, |)oiir se diMivrer d'un soin 
iniilil»'. t)ii par \ein;eante. On y vn\ait les 
corps de ipielipio reiimus dont h-s seins reloiu- 
baient loiinlcnicnt mit le Miilre; excès d'em- 
bonpoint \enanl sans doute de I iisafie ré|;iianl 
î>ttr la rùle de liarharie de nourrir les IVniiut > 
■vri: (tu KuLuru2. Coinine U>« vi\audiers (ar- 
daient Ixaucoup a endiarquer leurs |)a{;a};es, il 
fui proilamé que Us uian liaiidises (pn ne se- 
raient jKiint eliaq;ées avant le soir du lende- 
main de\ raient être al»an«lonnées. I.es Al!i- 
mands et les Maliens, encore irrités de ce que le 
pillage de Tunis ne leur eût pas été art ordé 
connue aux l'.spaj;nols, devancèrent le moment 
lalal,el des le matin se jelèreut sur les marchan- 
dises (pii ne divaient di'venir leur proie que le 
soir. Charles dm courir achevai à la (.oulclle, 
pour sirpOlcr h' désordre dans son armée J . 
(.e 8 août, le irailé entre (Charles \ et Mulei- 
llavui lut sij^né par d«'s plénipoleiitiaires, et 
juiti par Icfnpereur ain>i (pie par le bulUin de 
'lunis: celait un acte qui proclanjail haulenienl 
rinqiuissance et rassujelti^sement de Mulei- 
lljsjn ^'2,. Ou y stiiuda raftrancliissenienl de 
tous les esclaves chiélieiw dans tout Itlat de 
1 unis, le libre sé'jour dvi, chrétiens avec l'exer- 
cice entier de leur reli[{ion. Toutefois lurent 
exceptes de celle laveur dernière les Arabes de 
Valence et de Grenade nouvellement convertis. 
l-e sidtan soblitjeail à arracher à Chaireddin. 
B*mne, Hiserle et Atrikije, «pii élai< ni emore 
cuire les mains du chef de pirates, et à les re- 
mettre entre les mains de l'enjpereur. (pii était 
assuré desuitedaiis l'occupation de la Goulctle. 
l*our Tcnlrelien de la jjarnison, 12.0(10 ducats 
de\ aient être Tournis annuellement à l'empe- 
reur; et cha(pie année, la Ncille de la Sainte- 
AiHie , six chevaux maures et ànuiv («tulains lui 

(T Etrobius, p. 573. 

(2j Le Irailé se troiivp m pMen«o dann Eutropiiis, en 
élirait dans (>ii.iz;o. mais avec- des erreurs; mr dans 
l'uri^inal il n'est question ni tlfv s,(iUU ducat^i ponr Bonr 
ui de la pécbf du corail. 



^eraie^t livrés en si[;ne d'h(>mma|;e et de gra- 
lilude. I.a première infraciion à ces conditions 
eiitrainiiait une amende de .MMMHI dm ais. la 
deuxième de KMl.dOO. il la troisième serait pu- 
nie |>.u- la perle du poii\oir et du pa\ s. le traite 
tut lu en espagnol et en arabe asani la si^pia- 
lure. .Mulei-liai>an tira un |>ou son oabre b<Hs 
du Tonrreau . el jura par ce Ter. i»ar le pro|)hèic 
et par le Koran ; Temperetir baisa t>a |>ropi <■ 
main, ) |M)sa ensuite un pan du manle^iU de 
chcN aller sur le(iuel était brodée l.urou. et jura 
|Mr ce siiïue sac ré. Mulei-Ilasan prii ensuite 
conijé, en proteslani mille Tois de sa reconnais- 
sance. I,em|iereur laissa jH)ur la déTense de la 
Goulet le mille tspajjnols sous les ordres de 
Hernard Meiidoza. dix |;rands \aisseaux coiii- 
maiidés par l)oria, el «pulta la cote barbares- 
(jue le 17 aoul. Ces événements .se pav^ùenl 
tandis (|ue .Suleiman et Ibrahim (x i upaienl le 
palais du s( hah à Tebris. la (onqiièlc de Jiinis 
Tut TéjHMjue de la |;loire militaire de f^harles; 
la restaur.ilioii du sultan lé[]itime. la délivrant e 
de tant de milliers d'es< laves chrétiens, entou- 
rèrent la tèle (le Charles d'une auréole dont Té- 
clal obscurcit la j^loire des autres souverains; 
c'étaient là des exploits dij^i.es du premitT mu- 
nanpie de la chrétienté . (pii ne semblait oi(U|h' 
que de Thuniieur du nom chrétien, ne consa- 
crer ses soins (ju'à l'utilité fjénérale. X'nWi le 
jiii;e Hoberston. 1 ,(iui, considérant la [grandeur 
de (Jiarlesen cette circonslame, laisse lomb-r 
ses dédains sur les entreprises misérablement 
éi;oïsles des autres princes contemporains. I,'e\- 
pédilion de Charles a été perj>étuéepai rhisl«jirc 
el par l'art. I,e peintre néerlandais jlans Ver- 
meyen, ipTil avait emmené à Tunis oHn qu'il eût 
sous les yeux le spectacle des batailles et des 
actions diverses sous h; ciel africain, a reproduit 
la comiuclc de Tunis dans de j;rands tabhumx 
qui .sont aujourd'hui conser\és comme des 
monuments d'art et de triomphe dans la ville 
des empereurs, auUelvéder, ainsi qu'au («lais 
du prince Kngène, digne dé[M*>l des trophées 
gagnés sur les Turcs, 

(1; Koberltoo, Ui»t. deCbarle& V , 6q du f. tir. 



l.l\l\K WIX. 



«.linR» IO>Tni MMS». — Sifcf.E l»K COlUOl 11 IIISTOIIU. m. r.KTTF Il.K. — UftFAITE I»E KAT- 

,r|^>m _ co'^oi^TK \ns ilks dk l'archipki.. — Ki\\OYf:s m: i ioueivck. — dxpfditioîns si- 
mi it^mi?» IK^S 1.4 >I01IKV1K. I»A\S l'aUCIIIPEI, ET DAIVS LES MEUS DES INDES. ^ — GOLVER- 
Mli; UÉi.vnE. -AMIUSSAIIEIR INIUE>. — :>IOKT DU GUA^D VESIK A.IAS-DASCIIA. — Il A POUR 

sicr.EssEiu i.i;th. — ciKCOxcisio:<i i»f„s princes.— puises uécipuooies de places turques 

|-T m rJAflS MMTIi:»i:S. — perte et CONOtflTE de CASTEL-IVIOO. — paix avec VENISE. 



A la r.impaf;nc de Perse, la sixième que Sulei- 
inan dirij^eAI en personne, succédt'reiit. mais à 
lin an de distance, les expéditions contre Vc- 
iiÏM* et contre la Moldavie, l/iiitervalle qui 
M'para le retour deTebris A Constantinople de 
|j marche œnlre Valona fut rempli par des 
regrets sur la j)erte de Tunis et la mort du 
mufti Kemal-Pa'icha. avec lequel, suivant lex- 
pression dun chroniqueur arabe , les sciences 
descendirent dans la tombe (1). La premi(''re 
di{7Tiitê de la loi fut d(»nné«' ;'i Saadi-Tschclebi, 
renomme |K)ur .ses ghises marginales au plus fa- 
meux commentaire du Koran (2\ 

Avec Ibrahim, né sujet vénitien, ami person- 
nel du fils du dogcGritti, tout récemment im- 
nK)lé en Transylvanie, et protecteur de la réjtu- 
blique. était tombé l'appui le plus solide de la 
paix conclue avec Venise, et cpii durait depuis 
trente-cinq ans. S<jn successeur. f.Mbanais.Xjas- 
Pa.scha. homme équitable et désintéressé, était 
bien résolu à maintenir les bons rapports avec 
Nenise .3 : mais ses h)onnes dis|K)sitions étaient 
contrariées par les effort.s de Barberousse. qui, 
attendant dune guerre maritime plus de butin 
que de campagnes sur terre , épiait toutes les 



(t; B^dicbi-Cbalfa, Table* chronologique*, an 941 
^1534. Au»M dan» Almonino, fol. 1-36. 

(2, ScbaLaikun .Naanianijet de Tav:h-Kœpri«a(le ; il 
^criTit des glotes marginale* au commentaire de Bed- 
ba\ri. 

(3/ Parata.Hi»t. Vf-n^ziana : Venez., 160.5, 1. viii , 
d. 571 ; &egredu, Memorie utoricbe, I. v, Venez., 1688, 
p. 23/. 



occasions de lancer l'empire ottoman dans des 
entreprises navales. Depuis plusieurs années, 
une suite de circonstances semblait devoir faire 
éclaterdcshostililés. Pendant le siégede Coron, 
Girolamo-Canale, provédileur vénitien A Can- 
die, avait attaqué Tescadrc de Tun des plus fa- 
meux corsaires connu sous le nom du jeune 
Maure (f Alexandrie, s'élail enqiarédu vaisseau 
amiral avec quatre galères, avait coulé bas deux 
autres biltiments, dispersé le reste, et tué trois 
cents janitscliares ainsi que mille esclaves. Le 
jeune Maure, qui, tout saignant de huit bles- 
sures dangereuses, s'était jeté à la mer, fut pris 
par les Vénitiens, traité avec soin, guéri, puis 
rcnvo\é avec les galères capturées sur la côte 
africaine, afin qu'il ne fût donné aucun motif 
de mécontentement au sultan ; ensuite deux 
vaisseaux, qui se rendaient dans les ports^véni- 
tiens j>our jjrcndre des chargements de blé, 
furent confisqués. Le .se<rélairc des Pregadi, 
Daniele di Federici, fut envoyé à Conslantino- 
ple pour excuser ce fait , et y parvint d'autant 
plus facilement qulbraliim vivait encore. Après 
l'expédition de Perse, pendant la plus grande 
activité des négociations que suivaient à Con- 
stantinople rambassadeiir français Laforèt et le 
Ha{;usain don Scrafino di Gozi, Suleiman en- 
voya son interixrèle Junis à Venise pour enga- 
ger la république à une observation plus rigou- 
reuse de la paix et à une alliance avec François V 
contre Charles V, déclarant que les armées et 
les flottes ottomanes étaient équipées et prêtes 
à entrer en campagne. Lu république qui vou- 



Mviu-: XXIX. 



?,3 



)ait ffanler la uciilralit»' cuire François I" cl 
Charles, et iiiaiiitciiir la paix avec Sultimaii . 
donna une ré|M»n,st' amicale à raïuba^sulciir <lii 
sultan, sans tmileti)is entrer dans la lii;ue pn» 
posée. Klle pensijil (|ue Siileiinaii. plus piiissmi 
sur terre cpie sur mer. irait poursuivre ses 
triomphes en lh)ni;rie, plutôt (jue de laire des 
tentatives sur la mer Adriatiipie. l/ambassadcur 
Tomaso Moceiii|;o alla portera Coiislaulinople 
les telicilalioîis du do{;c sur la hrillau'e is ue 
de rex|H'dition de Perse, et les rtViamations sur 
la (h'IenlioM de b.Uiments vénitiens, sur Téléva- 
lion des droits de tlouane en Syrie, l'intiTcep- 
tion de lettres du bailc et d'autres aetes vexa- 
toires envers des néj;oeiants vénitiens l\ 
Ajas-Pascha. qui désirai! sineércnienl le main. 
lien de la paix avec Venise, excusa les mesures 
qui avaient été prises, et promit le redressement 
des i^riefs, de sorte i\\\^ \ enise on se berça de 
l'espoir que les (grands armeiiuMils t'iaicnl des- 
tinés contre l'unis ou contre .\aplcs 2 

Cependant au mois de mai de l'année sui- 
vante , l-")37] '.]\ .Snleimau se mil eiimouNcinent 
avec ses troupes, accompagné de ses deux Mis 
Mohammed et .Selim, se dirigeant vers \alona. 
I.a Hotte était déjA sortie dn port sous les ordres 
de Harbcrousse i . Celui-ci, après la perle de 
Tunis, était alléà .M|;er, et de là mettant a la oile 
avec vin|ït-sept {ralères contre Majorca et Mi- 
norca, il avait saccadé Mahon, cl, enlevant sept 
mille cin(| cents prisonniers, il était revenu ra- 
])idement vers la cote d'Africpie. a\ail occupé 
fJi.serta. puiss'élail rendu A Constanlinople. ni 
lui fui conférée la di;;nilt' de •;raiid amir.il -'i). 
De .son côté, André horia se tenait trani|!iiile- 
nient avec sa flotte dans le port de Messine , 
lorsipi'il apprit l'arrivée des vaisseaux ollomans 
dans le voisinajje. A cette nouvelle il (piilta 
Messine 17 juillet": informéà(A'plialonie de la 
marche de dix bâliuients alexandrins ri( hement 
cliarsjés, il les enleva tous sans résistance et les 
hrùla. Deux jours après 22 juillet , il rencontra 
«levant lile (le Paxos douze {^jalères turques com- 
mandées par Ali-Tschelebi. kiaja de Galli|)oli , 

(1) Parula, I. viii , p. 573. 

(2) /bid., p. 574. 

(3) Journal de Suleiiuan, Ferdi , fol. 256-203; dam 
Paruta, I. VIII , p. 577. 

(4) Ferdi , fol. 215. 
' (5) /6((/.,fol. 250. 

T0««. 11. 



tl le> ailaipia une heure avant le jour Delntut 
Mir le banc de sa ijalère, revêtu d'un |H)ur|)oint 
eramoisi. l'épée au poiri;;;. il avait ran|;é aulour 
(le lui beaueoiip de nobles velus de blanc . I.e 
I nmbal diir.i nue heure et demie et lui des phis 
san;;l.mls: pas un l'iu'e des éqni|iai;es nVi happa 
vi\aiU . el Dori.i lui-même reeiU une blessure au 
{i;eiiou. A[)prena!il «pn- Uarberousse en (MTsonin* 
le poursuivait avec cent vaisseaux, et i\v se 
trouvani pas en élat de tenir tele à dr si |;randes 
forces, il revint à Messine avec les douze ];alères 
{ylorieusemenl concpiises (1 . Chaireddin el 
lailh-l'ascha se rlirijî«''rent sur la côte de l.i 
Ponille: car les lieulenanis de suleiman et le 
sultan lui-même voulaient suivre de ce côté les 
traces de Mohammed II. Sur la pla|;e de Castro, 
au-dessous d'Olranle. furent débarqués huil 
mille cavaliers, ini plus jjrand nombre de f.m- 
ta.ssins et l'artillerie de sié{;e. Le traître Pijjua- 
lelli mena les cavaliers ravajjer sa patrie, et dé- 
terunna aussi la {jarnisou de (>astro à se 
rendre (2;. Les habitants d'L'};ento et des autres 
places capitulèrent sur la promesse d'avoir la 
vie sauve, el celle parole fut aussilôt violée. 
Durant un mois les corsaires se répandirent 
comme la pesie sur ce beau pays, el en .se reti- 
rant emmenèrent dix mille esclaves (3 . Chai 
reddin se tourna ensuiie vers le nord du côté de 
Preve.sa, pour ch;Uier les Albanais , 1 . Pendant 
ces événements la {guerre n'avait pas éclaté avec 
la r(''|»\dili(|ue : .lunis-nej; fui mène eii.oyé 
pour la (iiupiième fois en ambassade a \enise, 
afin d'y présenter des {jriefs sur lenlèvemenl 
d un bàtimeni lurc parle DalmaleNassi de/ara. 
el |>arlieulièreiMcnl siu' la conduite de l'esaro. 
amiral de la Holte véniiieime qui croisait dans 
les eaux de Corfou. .Malheureusement dans le 
canal de Corfou (piatre jjalères vénitiennes 
donnèrent la chasse aux trois bâtiments turcs 
qui trans|Mjrtaient l'ambassadeur et les |K)ussè- 
rent à terre sur I île de Cimera, où Junis-lie»j, 



'\) Sloria di Guazzo, p. 11^7. Taroli Sig'Mtii de vud 
Andréa' Aiiriap, p. ('>i 

i2, Sloria diCinnzzo, fol. 10/*; événomenls relaiif.» i 
Doria, dans l'appendice de Gœbel h l'itistoirede (.Lar- 
les V, 1745 ; l'aruta , p. G03; Histoire de» guerre* ina« 
ritiraes, fol. 22 ; Ferdi , fol. 246, 263. 

(3) Storia di Guazzo , fol. l'J8. 

(4) Histoire des guerres marilimet , et Hadscbi- 
balfa , Tables chronologiques. 



34 



IllsTOini. OF I.TMPIUR onOMAÎN. 



ma'tiraitf |>ar Ifs lulMianis. lu' fui irlàrhr «i 
n'oWliut U's t|;;inls aii\i|iui.> il avail dioil »|»i"a- 
pn^savoir fait amualln* sa (jnaliu^ JV I.o hailr 
Orsiiii l'iivova.a I nom du Millau, rtrlamrr im|u'- 
rieusiiiu'iii Icih.Uiim'nl du Nii>Ja((iir de la paix. 
l^}âjVU»ria onKaiiia d»' oliarnordc IVis le sopra- 
ciMiiilc i^radenico ipii avaic l'ail â liouor lam- 
l«j»ad<*ur, el somma le provrdiU'ur qui avail 
au^^i |M>rU' aiU'inlc à la paix «'H l'iiicvaiil un 
lùlimriK lun- df amjparaitre dfvaul la iiiai-.is- 
iraturp des axi^^adori /i . Mais a\anl (pio tes 
mesures puvinii apais4'r la tolirr «lu sidlan . (C 
inotinnpie tut plus irrilé nuoir par iiiu' fausse 
lettre que IH>ria c<TiNai( A Pcsaro. toi une sil 
riaii d intelli|;en«cavec lui, en faisant en sorle 
quelle ioml>àl entre les niams des Tures, et 
jtar le»» inann-u^res el les eonseils de Harlu'- 
HMLsse. furieux de ta pi'rle «les douze jçalères. 
Lann««- ehari;ëe<ie désoler la l'ouille. qui nV 
siiil ri»u enlnprcndre eonire ( )lranle ni eonlre 
Ikindes. fui rappelée avec la (liille, el leiilre- 
pri.sc, dalKwd destinée contre la Pouille, fut 
umniée contre Corfou 3;. 

Corf«Ai. fjrande ile siluée comme un avant- 
posie à rentrée du {{olfc Adriatique, a cenl 
viniîi millisdc circuit, el s'élend de Touesl 
à Icsi en demi-luuc ou en forme de fau- 
cille, d où lui vint le nom de Drepanon dans 
I antiquité; elle s'ap(>elait ausbi Scliera la ro- 
cailliusc et IMiaiaUa, de se^ babilanls les 
Phaiacicas . el enfin Corrs ra dont on fait le 
nom moderoe de Curfou. Un sait le rôle que 
celte ile a joué dans la mytholo{p'e et l'histoire 
hcrf/ique et [K>lili(|ue de la Grtce: comment 
ciiefut enveloppée dans le.iipire romain. Celait 
une ancienne acquisition des Vénitiens auxquels 
elle était échue après la conquête de Conslanti- 
not)le et le parla(;e de l'empire hyzanliii. Au 
commencement du xiii*" siècle cette ile avail élé 
confiée , sous le do(;e Ziano. à des nobles de Ve- 
ni.se qui devaient la défendre comme leur fief; 
elle passa plus lard sous la prolerlion nafioli- 
talne. puis é'aii revenue à la réj)ubli(pie : le 
dope Antonio Venier lui conféra de nouveaux 
privilèges i . 



a ■ Paruta . 1 viii , p. l'JG. 
(2. /biil . , 
dt Jllid., 
(4; Le«ac 



i*,%j(>ti, H {^r^ifux 



Iri mois après la violation du droit des p,ens 
par la (liasse donnée aux galères «pii Iranspor- 
taienl le dro{;nian de la Porte ,Innis-Hej; , 
«lAwlona «u'i Suleiman était campé avec Tar- 
mée, la Hotle, eonnuandée parle kapudan-pas- 
clia, el le corps placé sons les ordres de Lui h- 
Pascha, reçurent ordre de se diriger sur Gorfou. 
Le 25 août débaniuèrenl daas l'île vinsït-cinq 
mille hommes avec « inipianle canons; ils rava- 
gèrent aiissilùi Poianio, éloij;né seulement de 
trois milles de la place principale (I). Quatre 
jours après, vinj^t-cinij mille hommes encore 
furent misa lerre avec les vesirs Ajaset Mnsla- 
pha-Pasclia , le bc|;lcrbe}j de linmili . l'ajja des 
janitschares el celui des akindscliis,qui aussitôt 
portèrent le fer el la Hainnie dans le pays, sans 
prendre de repos , durant Mois jours et trois 
nuits ^2. Cependant dans la place des pièces 
d'artillerie furent montées sur les bastions , les 
rues (urenl barricadées avec; des poutres el des 
arbres Le P' seplendjre, les assiéjjeanis mirent 
en batterie, sur le rocher de Malipicro, à un 
mille de la ville, un canon de cinquante, qui, 
en cinq jours, lança dix-neuf boulets; cinq scu- 
lemenl portèrent coup , les quatorze autres pas- 
sèrent par-dessus la ville, et tombèrent dans la 
mer. Le '2, à jîastia , sur le continent en face de 
Corfou , se dressèrent les tentes de Suleiman et 
de Chaircddin , ainsi (jue du grand vesir Ajas~ 
Pascha; de leurs galères, ornées de bannières, 
furent lancés deux boulets, «jui, passant par- 
dessus les chùleaux, allèrent rouler dans la mer 
du côté de Cardachio. De violents orages et 
des pluies lorrenluenses arrèlèrenl les travaux 
des assiégeants, sans cmj)cclicr pourtant le 
grand vesir Ajas- Pascha de se rendre au bord 
du fossé, cl de reconnaître la solidité des ou- 
vrages. Sur le rapport (pi il en fil à ,son maître, 
Suleiman envoya dans la place un Corfealepris 
quel(|ues jours aiijjaravant en mer avec son 
vais-seau , pour la .sommer de se rendre. On of- 
frait aux assié{;és la conservation de leur vie 
et de leurs biens , et , [wur donner plus d'auto- 
rité à ces promesses , on les assurait que les ca- 
pitaines qui avaient violé les capitulations des 



pour ce point , lligioria di Corfu ; Venez., 1C72 , p. 236- 
240. 

(t, .Maiinoia , lli^lnri.i di f'icfii , p,,'î01. 
[2, /but , ;.. aOii, 



LIVUK \\I.\ 



35 



cliAtPaiix (le la Pouillo avaient rlé •xrculrs, tl 
que les liabitaiils einniriics en estlavai;e avaient 
été rendus. les proxériilcurs iJiivnsrrrnl le 
niessajjer sans l"é|K»^^t• La |;iuNSi' arlillerie tic 
la place , dirigée par Alessaudro imi» , iMMlall 
plus sûrement querelle des assié|;eants. Deux 
jjal^res Furent toidces bas; un lH)ulel luat|ualre 
hommes dans la trauehée : cet elTet dun seul 
coup de canon , inouï dans l'état actuel de l'ar- 
Ifllerie , dét«Munua . d après l'assurance di's his- 
toriens oltiiuiaiiK , le sultan à l.ver le siéj'.e : la 
vie d'un nioslim , aurait-il dit , ne peut être 
payée par la prise de mille chAleaux(lÀ Les 
[»osfes prin(i|)au\ de l'armée lur(|ue campée 
devant la place étaient le palais Ihami . le point 
appelé Potamo , et le rocher Malipicro. De l'au- 
tre côté de l'ile. versCaponrotranto. lechàlcau 
San-An|jelo assis sur une nKuilajjne. cl alors 
plus fort que Corfou même, fut vivement atta- 
(pié par eux. I.e 7 seplend)re lAii? . conunenea 
l'eniharquemenl , et au liout de huit jours l'ile 
fut pur|;ée des Turcs. Il fallut, |»our consolation, 
disait le schah. que le sultan se cnnten'.K de l'in- 
cendie de lUUrinio, et de la prise de lile de 
F'axosC>\ 

Six semaines a|>i'ès. Suleiman était de retour 
à ('onslantinople ; niais cette fois il n'expédia 
])oinl de lettres de victoire. Ses armées avaient 
[X)urlanl obtenu des succès sur quekpies points. 
Tn peu avant l'ouverture de la campagne, 
Cliosre\v-He(; . [;ouvprneur <le Bosiu'e , «t le 
woiwodcMurad de^erbolcn 3 avaient enlevé 
quelques châteaux dalmates; près de Selowa, 
ils avaient élevé deux forts pour inlenvpler les 
conununicalions avec la place de Klis. située 
sur des rochers inaccessibles, dans laquelle ja- 
dis le roi Rela avait retiré ses enfants lors de 
l'invasion des Tatares . et pour rédiure les habi- 
tants parla famine i. Pierre Crussich accourut 
avec cinq mille hommes pour délivrer la place; 



(1) Âali,xxxv« événement, fol. 241), et d'apré.s lui 
Petschewi , fol. C>S. 

(2) Hi.storia di Guazzo, p. 20Î : Marniora, p. 210: 
Païuia, Sloria Venez., I. vmi . p. «13. 

(3) C'est ainsi que l'appelle Peiscliewi , fol. 61 ; les 
lii.storiens hon,r;roisle nomment sandschakde Verboden; 
Scbiuiek , p. 217. 

(4) Peischewi , fo! 65 : Dschelalsade , fol. 195; Is- 
tuanfi, I. XIII. dans Kalona , Lu, p. 1U42; Sloria di 
Uuazzo , fol. 20,S; ferdj , fol. 254. 



mais il fut batiu , cl à |Mitic (pi(lt|ues-ui!s de ses 
hoMimes sechapinnol. 1 a ijarnison de kiis, 
NO>aut la lèlc de Pnric t jii.ssicb |»orice par leR 
ïùix» au ImiuI dune laiitc, .se n-ndit aussi- 
tôt M }. Murail enleva Ich châteaux de llo/ko, 
lleriszh) , ()bro\az. .MohauMnc(l-Pa>t ba Jalijao- 
i;bli, i;ousern«ur de .Viiicntira. rivalisa d'ar- 
deur a\ ce Chosreu-lk'jî , couverneur de lU).s- 
nie, pour faire des ci^nquétcs .sur le territoire 
boui;roi.s. au mépris <le la paixipn ré.,ndit avec 
I erdinaiid. ,\bii de mettre un terme a ses cour- 
bes et à SCS ravajjes dans les cantons de Po.M-jja 
et d'Essek, l'armée de l'erdinand, forte de .seize 
mille fantassins cl huit mille cavalieis, h- ras- 
sembla à Kaproncza, sur la rive droite de la 
Drau. La cavalerie, couq)o.sée en jjrande partie 
(le hussards, était .sous les ordres de Ixjuis 
Pekry, l*aid liakics, et de l'ancien capitaine de 
bri{;ands gracié, Liidi.slaus .More; .Albert .S< hli( k. 
commandait les Holiémiens; .hdes, (nmte de 
Ilardeck , les .\ulrit biens: .liaii l n;jna(l , les 
Siyriens; Kra.sme Majjer, lesCarinlhiens; Louis 
comte lodron, les Tyroliens: les (.'arnioles 
élaienl conduits par Kalziaiier, amjuel fut eonlié 
le commaiulemenl supéri»'ur de loule larmée(:iji. 
-Au.s.silôl (jue.labjaojjlili eut appris celle concen- 
traliou de forces à kaproncza, il envo\a des 
courriers au jjouverneur de Dosnie, Chosrew, au 
bejj de Swornik., D.schaaler, à son |>ropre 
frère le bejjd'Aladschahiszar, Ahmed, et au bcjï 
de Klis, .Muiad , pour les appeler auprès de lui 
à \ ucovar. kal/ianer sélail asamé parla Ka- 
raschitziJ, vers \alj)o, avec huii {îro.s.ses pièces 
d'artillerie et quarante-un jjclits canons, et s'é- 
tait arrêté au-dessus d'K.s.sek pourcaimnuircelle 
|)lace; ses opérations furent entravées par Mo- 
hammed-Iîcjj et les autres vaillants a\euluriers 
turcs qui inquiétèrent son armée .sans relâche. 
Valaqucs, zi{;eunes, l,scbaikistes, na.s.sadiste.s 
(matelots du Danubcy, et martoloses soldais 
servicns des frontières , .sous les ordres de .Mo- 
hammed , se répandirent de tous coiés, enle- 
vant les chevaux et les bœufs (pii menaient Tar- 
tillerie, coupant les convois, .se saisi.s.sanl des 
vivres et des munitions, et enveloppèrent si 
bien les Hon^jrois (jue pas un homme n o.saiL 
sortir du camp, katzianer se vil trompé é(;alc- 



.1 Isluaiifi , 1. XIII. 

,2} Jbid., dans Katoiia , 1. xx , p. lOM. 



;>«• 



liisioinr. r>r. i.rMPinF. ottoman. 



miiii tl.ins s«Mi cs|K)ir «!«• inuivcr tlos \i\irs ;\ 
l rJtitl ; il tNs.jya (lojH'rrr sa rcirailr par la 
Vuka ; U>rs«juo la i;it>ss<' ariillorio passa sur le 
|H»nl . il s ciTniila . t i l«>»il fui nilraiiu' «l.iiis les 
IkHs. l<os canons ^\c j;ros «aliltro fur<iil al);in- 
ilonntS: 1«^ pit^-cos de ranipai;ne c\ les voilnrcs 
(le miiniiion'» fnrcnl disiMistVs sur Hrn\ ran.i^s, 
;itta<-h«Vs ncr (Its oliaincs . cl larnur inarclia 
.111 milieu comme rnirc deux rcniparis mobiles. 
A IVakov.ir. clic rcnainlra .laliloj'.hli cl le con- 
(jiM^rant de klis . Murad-Her;, avec les plus 
OHiraj^cux marloloses. ()fTiis<iués par des lour- 
hillons de neij;e . les Iloiij^rois poursuivi- 
rent leur marche par la crèlc (Mevce du ^ er- 
li/o; dans la plaine, ils allendirenl la cavalerie 
lurqiie 1 l,e l"'"^ décembre, les cavaliers des 
«jeux jvirlis en vinrent aux mains, et Paul Ha- 
kirs. «huit le nom revient si souvent avec hon- 
neur dans les exjH'diiions de Guns cl tW \ ienne, 
qui avait anéanti les akindschis dekasim dans la 
plaine de Neustadl , tomba . ainsi que ses plus 
vaillants officiers . sons une {;rèle de balles. 
Vers le s<jir. on cam[»a dans la plaine entre Go- 
riaii et .*M-hiroko|M»lje: la il ny avait plus que 
deux roules ouvertes: lune par Kasika vers 
\alpo. à travers un bois de trois milles coupé 
par des fossés ; lautre à {gauche de Gorian , par 
les monIa{;nes aboutissant au fort de Saintc- 
fllisabeih. qui appartenait au capitaine f^adis- 
laus-More. Ajirès de loUjjs débals, le conseil de 
f;ucrre se décida pr)ur la route de Valpo: mais, 
daas la nuit. More, avec les siens, .s'échappa 
vers son château fort : il fut suivi par Jean Dn- 
jjoad et |>ar lev^fpie .Simon Frdœdi avec leurs 
trou|>e.s . et . avant la naissance du jour. Louis 
Pekf}' et Katzianer lui-même abandonnèrent le 
camp. Au réveil, le conile I>odron se vo>ant si 
bonteu.seiDent abandonné par les Flonrjrois, les 
StjTÏeas, les Carnioles. ré.s^jlul noblement de 
combattre jusqu'au dernier soupir, avec les Ty- 
roliens, les Carinlhiens. les Autrichiens et les 
Bohémiens 2^. Comme il haran[;uait scstroupes 
à chenal. leur représentant quelle .«-erait la 
honte de la fuite, un simjjle soldai lui cria : "Tu 
as beau jeu . Lodron: avec tes six pieds, il te 
.%ra plas facile de l'échapf)er qu'à nous avec 
nos deux jambes. «Lrxlron . sautant à bas de 



(1. Istuaofi , I. xiiT. 

(2, blaaofi , I. xiii , et d'aprn lui EDgel et Fettler. 



soMtlic\al. alla pircer de son épée liiisoleiit 
inlerloc tueur, el dil -.'- Frètes, je combals i\ 
pied avec \otis. >l,es dievaux furent donnés aux 
malades cl atix blessés. A peine les chrétiens 
s'avançaient hors dti camp tpie la cavalerie tur- 
que fondit sin* eux. Maj;er. chef des Carin- 
thieits. par son eastpie éclatanl el sttn |»anache, 
aiiira d'abord sur lui tous les rei^ardscl tous 
les coti|)s: il péril en coniliatlant vaillamment. 
Les .\ttlrichiens l'tirenl (aillés en pièces, après 
que leur chef Kunrin(;er etti été pris, avec 
Georjjcs Taifel . Gebliard liel/er. I -couard l.am- 
berj; , el que Mcolas comte l'htirn se lui 
é< happé couvert de blessures. Ia's Turcs firent 
\u\c horrible boucherie des Holiéiiiiens, qtie leur 
clief. Schlit k . avail làdiciiienl abandonnés dès 
le commencement de l'action. Lodron, fçriève- 
menl blessé à la tète el A la poilrine, fui poussé 
conire un élaiir; avec les fidèles Tyioliens; sur 
la demande de Murad . be|v fie Klis , ipii savait 
honorer les braves, il .se rendit. Les pri.sonniers 
furent traînés à Constant inople; quant à liO- 
dron , comme ses biesstires ne laissaieiil aiicini 
espoir de j^uérison , sur Tordre de Mohammed- 
Bcfç, il fut tué par ses {gardiens. Le camp tout 
eiilier, avec l'artillerie, devint la proie des vain- 
(|ueurs. Parmi les canons, il en élail un qui 
.surpassait de beaucoup tous les autres en lon- 
fjtteur el en calibre, et qui joua un rùlc dans 
l'histoire un flemi-siècle encore ; car, trente ans 
plus lard, il fijjttra à lapri.se de Szi};eth, el dans 
les jjiierres de la fin de ces siècles on h; voit 
paraître désigné par le nom de Kaizianer (1). 
I,es léles de Paul Pakirs . Lodron et Majjer 
ftireiit envoyées comme trophées à Conslanti- 
no[)le ('2j. Parmi les prisonniers, plus tard, Tai- 
fel et Helzer fiirenl échangés cctnire Miirad- 
Ajja,(jui, tombé entre les mains des Hongrois 
dans un |)etit combat, avait élé gardé par Tho- 
mas Nadasdy; les fuyards Pekry et Kaizianer 
ftircnl arrêtés à \ienne. Fx premier perdit la 
vue dans les cachots de Gralz el d'Innsbnick , et 
ne fut relâché que sept ans api te; le second s'é- 
f liap[)a du château croate de Kostanilza , Irama 
un coriijdol avec Mohammed -I5eg de Bosnie, et 
fut tué dans son propre chàieaii par Zriny qu'il 
avait invité à un festin , et qu'il prétendait dé- 



(1; I)aris le SelaniLi Kot*chian to[)i. 

(7) Utuanû , I. xui, édiL de Colofjoe; 1622, p. 21fi. 



trrmincr H rprnnti.iitro ('ipilcniL'iU la Muncrai- i 
iictc (It's l'urcs I . 

IViid.iiit ([lie (fs l'viMu'tm'iils se p.i.^aiiiit «Il 
Hongrie, vl que Suloimau sfloi};nait (If Oorloii 
pdiir r('|jai;iu'r (xmstantinopli' , la jjncnc nm- 
liiuiait luiijotirs coiilrc Nriiise |iar inrr et |iar 
tt'iiT ; des ili's jIo l iirchiprl liaient »iiU'\<i's. i 
(les places étaient assi^ijées. Kn quillant (Inrloii, 
le vesir k.tsim , s.ukIm li.iklte|; de Mnne. ne lit 
I ordre d'aller iii\e>lir MalvaMa el >a|M»li di Ho- 
iiiaiii tnie les N éiiitiens,en paix avec Hajesid II, 
.ivaieiit enn)re Kinservés apr^s la cession de 
(4)ron et de Modon : et au kapudall-pa^cha 
(lliaireddin , après (pic le serasker eut raiiieiK' 
les deux tiers de la Hotte dans le port de (loii- 
slaiitiiiople. il tut enjoiiil daller avec soixanle- 
di\i;al('res et trente jjaliotles coiupu-rir les Iles 
N(''niliennesda!israrchipel. Plusieurs dcces il«s. 
Kaiite d"ouvraj;es ded»''f»'nse et de |;arnis()n . ou 
par peur, se rendirent sur la première souinia- 
liou; c't'Iaient S\ ra ou S\ros, (|ui a conserv»'' 
ius(pranjourd'luii son nom anti({ue:au nord, le 
rctcher de Jura. an<ieunemenl (iyanis: l'alli- 
mos , où Sainl-.lean rt'va r.\p()cal\pse: Mo, 
rancicu los . pr(tprii't('' de la l.miille Pisaiii. 
comme Slampalia.ranriemie .Xslypalica. appar- 
tenait aux (Juirini: l''-!;ine. ramienne rivale 
d'Athènes, doù Harl)er()us.sc enleva six mille ha- 
bitants pour les jeter dans resrlava[;e. Paros et 
les Ilots en dépendant. .\nIiparos. Tine et 
Naxos ne se soumirent pas avec le même em- 
pressement , et toutefois leur hésitation ;1 capi- 
tuler ne leur fut d'aucun avaniajje. Paros . rpii 
avait été successi\cinent la propriété de Som- 
mariva. puis dcGrispo, dépendait de la famille 
\ enicri . fjui en avait donné la pro[)riété en 
survivanct' à .Saj^reilo: celui-ci était aecouru 
pour la défendre, et se maintint vigoureuse- 
ment pendant qucl(|ues jours: mais bientôt, 
maiHjuanl de {Miudre. il lui fallut .se mettre, 
ainsi que le- hahilauls , à la dis<rélion du vain- 
(jucur. qui emmena une quantité de prisonniers 
et Saf,rcdo lui-même. 'linc. autrefois Tcnos, 
s'était rendue tout d'abord , puis s'était révol- 
tée, et, avec l'aide des Candiotes, avait expulsé 
les Turcs, pour demeurer près de deux siècles 



r.lVUK WIX. 37 

sous la doiiimaiion \initienne. F.lle avait été la 
dernière des jw&sessions de la répul)li(jue dans 



(1) Istuanfi , Peischevi , fol. 70. La confirmation de 
la trahison de Kalzianer , \eiiaul de I écrivaiD ouonian 
doit dissiper lout les douUv. 



l'areliipel. 

De toutes res iles, Naxos seule a\aii l.iil avec 
harberousse un traité par lequel elle s'obligea l 
h \u\ tribut de .*».(MMI diKats annuels; elle ne lui 
point iMiuriela >oustraite au pillai;e. (|iioi(pi» 
le duc (;ris|K) vcrsAt aussitôt ô.(KM> du« als |Miiir 
la première annér . les nouveaux protêt leurs en- 
bvèrent une v.deur de •_'.>. (MM) «hnatseu arj'.ent 
et en objets de prix. .lean (.risjK). «pii promit de 
lever el fournir le tribul. était le vini;lièmesei- 
j;neur(lepuislacon(|uètefaiteparledu(\énitien 
.Marco SaiMiloqui.apivs la pris. det on»laniino- 
plepar les croisés el avec rautorisalion de la ré- 
publique, s'empara des Iles de Naxos, Paros, 
Antiparos. Milo. Arijeiitiera. Siphanlo. l'olian- 
dro. Nantio, Mo et Sanlorin. dont il re( ni liii- 
vestiture de remiM'reur Henri, comme duc de 
l'archipel, et Naxos fui la dixième des Iles vé- 
nitiennes (pie Cliaireddin soumit et ravajîea 
dans .sa course victorieuse. 1^ siéj^e de .\a|M)li 
di Romani par les Turcs dura un an el demi a 
partir de la retraite de Siileiman de O)rfou. la 
forlere.s.se construite sur une langue de terre 
qui s'avance dans la mer re|K)se, d'un côté, sur 
des rochers ahruples el inaccessibles: de l'autre, 
les uniraillcs sont baignées par les Mois du port 
dont l'cnlrée est fermée aux vai.sseaux ennemis 
par un fort élevé sur un rocher isolé. Le |)oint 
par lequel la ville se raltacheau continent et se 
trouve dominée par le mont Palamede est bien 
protégé par des tours et des bastions; l'abord 
est excessivement resserré par le [»ied de la 
monlagne. De hautes falaises perpendii ulaires 
ne permettent pas le débarquen.ent en dehors 
du port, et les bas-fonds éloignent les j-.ros bâli- 
menls I . l/iuqtoriance de Napoli . sa position 
inex|)Ugnabie avaient excité la convoitise du 
concpiérant de Conslantinople: mais ses armes 
s'étaient brisées sur ces redoutables murailles: 
son HlsMajesid, après la Miuniission de Modon. de 
Conmel del.e[)ante, avait vusarorlune érhoucr 
également contre ces rocs inébranlables, kasim- 
Pa.scha, gouverneur de Morée. dut effacer ces 
affronts faits aux ancêtres de Suleiman. Partant 



:i, Paruta , Hisl., p. 615; Coronelli , Mémoires hislo 
II. lues el yéojraphiques , el rfci;eo ledivivo du même , 

P 47. 



38 



lllSKHUi: l»K l/K 



d'Arj^Oî lo M srpinubif \'tM. il nnninnualcs 
0|MTalion$ mntrr \an<>li rn oiilrv.inl tout le 
U'tail des iannvi;;ncs; Vettor nusichio avec les 
sieiiv rxerr.'^ plu-» d'une fois des repnS.iilles vi\ 
faisant de> e(>iir«es «'onfre Arj^us. Durant rinq 
?i»ois. Kasim, A Im liMedesa e^valerie. remuivela 
ilr seml'laMi*< irruption*: an moins trois fois par 
srniaine afin i<e ron|MT les vivres 1 la ville : ear. 
tMam|iianl de j^ntsM» artillerie, il ne pouvait en- 
rore.son|;er ft un sit'j^e réj^ulier. Kn février 1 ô.JS, 
il niimena quel<iu«-s faueonneaux au feu des- 
<]uels le« Néniliens n''|Kin(lirenf par reni eiii- 
fjuante (oups de eanon. I,e ô avril, deux eeiils 
iKimmes de la (garnison sortis jwur faire de Tean 
reneonir^rent cent Tnnsqui avaient été pous- 
sa en avant seule nent |>oiir attirer les \ rni- 
tiens: ear A peine laetion était en{;a{;ée, Kasim 
l»arnt de^^i^re le mont Sainl-Klia a\ee plus de 
mille ehevaiix. et dans le ronibal (|ni fui Irès- 
arharné les {^pns de ville |>erdirenl ( inquanle 
vaillants eha'npions. parmi lesquels leurs ehefs 
Honeone el Vett-ir Husirhio '1. Pendant dix 
jOurs Kasin sornqv» à établir de> batteries sur 
le mont Palan>Me qui eomuiande la ville, et 
pointa des Faueonneaux dont les décharfyes ne 
<-ai?s«T^nt pas j^rand domuiaf^e. I,e H juin s'ou- 
vrit le fpu des f^rossos [>i^rrs et des bombardes. 
lie 16. lejîém'ral ture. levant .V)ncamp établi 
jnsqn'ainrs à l'al»r<Kasin». deux milles et den)i 
«k la vill<'. le [ilanta seulement A mille pas de 
r^îiisedf •^anta-Veneranda. et se rendit maître 
du ravelin extérieur sur lecpiel il se retrancha 
et d'fM» il |iouvail tirer sur la ville. Le*2()aorit 
fut établie Tune de ees énorn)es pièces d ar- 
tillerie de sjé[;e. qui lanea par jour vinj^t Imulets 
de pierre rharun du jKiids de irfMs quintaux . 
et que \es assiéfirs nommèrent le Fraccolosso. 
Kn outre la ville eut encore à subir le feu de 
trois f^ros eanons du mont Palainède, et de 
plusieurs f>etites pièces du ravelin: une tran- 
chée de virifjt pas fnt ouverte jusqii';» l;i conlre- 
-srarpc du ft)s.sé. Souvent les assiéfjés. favorisés 
par la nuit. de«-cendirent les mnraibes sur des 
érhelles et surprirent 1» s Turcs rlansla iranchée. 
en luernif Iw^ucrmp. et enlevèrent des prison- 
niers. Ka^im. fatif;ué dune canonnade inutile. 
« I inernnmodé au dernier p<»int par les sorties 
»les assiégés, leva enfin le -siège, retourna dans 

(1; Htttoria di Guazzo , fol. 206. 



MPinK OTTOiMAN. 

I sa ville dAri;os. et les Vénitiens ofcupèrenl le 
nioul Paiamède; les escarmouches durèrent en- 
core tout riiiver et dans le printenips suivant. 
A cette Hn. Kasim avait laissé \\\\ c(»rps d'obser- 
valiou considérable, et lui-même, cédant à l'iné- 
branlable conslance de IMsani , s'était retiré à 
J I-epanle I ). 

j Le siéj;e de Napoli di Romani, dont lejour- 
I nal nous a con<luils juscpraux limites de l'an- 
née l.");i,S, ne fui qu'un épisode des trois expé- 
ditions importantes entreprises par Suleiman, 
cet (cannée même, siu' u)er cl sur terre, et d»)nt 
la «lernicrc contre la Moldavie fut dirinée par 
lui-même en personne. Chaireddin, connue on 
la vu. avait attaqué la puissance vénitienne en 
(irèce, dans rArchi|K'l ; cl dans la m<-r Hoiqye, 
sous le couunundcmeul suftérieiu' du gouver- 
neur de l'Kgyplc, Suleimau-rascha, d<s arme- 
ments uarilimes di s Ottomans .s étaient portés 
contre les PorlUi;ais. Les 0|M'ral ions militaires 
avaient été précédées do chauj^c ments dans les 
places de vesirs et les gouvernements. Après la 
ruine dlbraiiim. .Vjas-P.ischa avait été |M)rté à 
la première dij^nité de lenqjire; h; second vcsir 
Kasim-Pa.sclia. déposé A cau.se de sa bas.se cupi- 
dité, a va il cédé la place à l'ancien beglerbeg 
de Humili. .Musiapba-Pasrlia, et Liilb-Pa.scha , 
d'abord bcglerbeg de lUnnili, était devenu troi- 
sième vesir. 11 élait déjA revêtu de ce double 
litre lorsqu'il commanda , comme .serasker, le 
débarquemeul sur la Pouille et à G)rfou, et 
tandis que le kapudan-pascha Chaireddin, avec 
cent vai.s.seaux, allait .soumettre ei dé.solerlcs iles 
vénitiennes de l.Srdiipcl, il avail rameiu' le 
reste de la (lolle a (>ouslanliuople. Lorsque 
Chaireddin, après la couquélcdessix iles, revint 
triomph.uil dans la tapilale, et dans un divan 
solennel lut comblé fie laveur.y par le sultan, 
Lulfi tomba dans la di.sgrAcc |^>our quelques 
jours. Les historiens n'en révèlent [)<)int les 
causes; ils .se l)oriH,nt à dire (juil perdit .sa 
place de vesir, et qu il y fut réinstallé au bout de 
rpielques jours '1 . bientôt après mourul le se- 
cond vesir \iuslaplia-Pa.scha ; Luth-Pasiha fut 
élevé au poste devcrm vacant cl lancien bei'Jer- 
I beg de Huniili, .Mohamuied-l'asi lui, fut nommé 
I troisième vesir. Le gouvernement de Humili 



fl (inaz/.o, fol. 208. 
[•Il ferdi.fol. 274 et 27.5 



ijvnK x\i\ 



39 



passa A Chosrew-l'n<u^lia . fnTo (\c l,al.i-.Mns- 
la|)ha-I*aMlia, lo fiiliir n)ii(|iuTanl «le (llivjirr, 
(|iii laissa rAriafoli h la diralion du lM'!;lrr- 
h('lî(l(' Diarlwkr. Riisfrfn-Pasrha. !«• Diarlu'kr 
fut conlcir ;i M.ili- l?t'f;. {^oiivirnrtir de Minii 
oiurAniasia;rt lliisciii-i'asflia. iiiscjuaiors s;iri(l- 
scliakbfjï, (IrvinI {îoiivrnirtird'Anjasia. I,<* nou- 
veau .saruhdi.ik de Pi»scj;a vu SrlaN<iiii«' fiil 
donru^ au fils de Jalija-PaMlia-()|;lili. ii* i^oii- 
vrmnin'nt de Srmerulra A Ar>lan-Pasiha. dont 
il srra plus (rnric (ois (|ii('sli(»n cniutnc pasclia 
dOfVn vers la fin du rr;;iif de Sidcirnaii. A 
la plarr de IVunu(|n(' Sulcimafi - l'ascha . qui 
coiiimandail la (lotte sur la nirr R()U};r. Daurl- 
Pascha se rendit en l'.|;> pte [)our administrer ce 
pays. I,p maintien (\c l'ordre dansdonslantino- 
ple, m l'absenee du sultan, fut eoiiHé aux soins 
(le Ferliad-I!ef;. eomme kaiin. kam: dans IWsie 
•Mineure, au gouverneur d'Aidin et de Ssaru- 
ihan, an priiiee .Mustapha I . In peu avant le 
d(.'|)art des armements parut un ambassadeur 
florentin, avec des lettres et des pn'sents (|ui 
furent reçus plus j;racieuseinent ; Suleiman, au 
lieu de confjédier au.ssitôl l'ambassadeur, le 
p;ardaitr(''sde lui en as^i(;naiit une so nmequoli- 
dienne pour s.i table: cest la première attribu- 
tion de ce j^enre dont Ihistoire ottomane fasse 
nenli(m 2 . 

Ce fut le prince de Moldavie, Pierre Raresch, 
(jui provoqua rexpédition des Ottomans dans 
son pays. Depuis vin^^f-deux ans la .Molda\ie 
(tait .sous le pn)lecf()rat turc 3 . Lorsque Sulei- 
man marchait contre >'ienne, dans le camp 
<ri)fen avait fiaru'leutnl-l.ojjothèle comme en- 
voyé de Pierre Raresch, prince de .Moldavie, 
pour déposer atfx pieds du sultan la reconnafs- 
s ;nce du vassp1aj;e du \m s; en conséquence un 
diplôme avait été accordéen vertu duquel toutes 
les fois qu'un prince serait élu [lar les Imjards 
et confirmé par le sultan, il y aurait {garantie 
et inviolabilité pour les éf^lises et l'exercice du j 
(iilte relliiieux. I,es bojards devaient offrir 
tous les ans con:me présents, en déposant leur 

(1: Aali , xiivi*" événemrni , fol. 2ô(> ; Dsciielalsade, i 
fol. 206. 

(2) Kerdi , p. 279. Une seconde ambas-sade florentine 
se troirve dans Krrdi , p. iilO. 

(iV Dans r.iiiiiee lôlfi. f oy. Eiii'.el, Hi.Moire de .Mol- 
davie , p. 101 , et aussi le réyiie de Rag"' Ba»k.iiaba de 
la Vaiacliie, daus U même année 



honunai^e, llMK) durais, quarante jumeni.s et 
vin|;t-<pMire |M)ulains. Ixir^que ."siil» im.in (lit 
de retour de Min expédition, Pierre sitit ru piT- 
soniie offrir le présent convenu, et reçut un 
kaflan enliéremcni ijarni de zihelme tel qu'on 
le remet aux vesirs.deux (pie!iesdeclic\aux in- 
.sii^ncs des >i.ind.HrhaklH'f;s . et une kuka, Ikui- 
iiet fpie |M»rtenf l«'s colonels des janilscliares. 
I.nsuite. lelo|;otliMe retiliil bal il .i Oinslaulitio- 
ple, pour son maître, un palais qui s'ap|»elle 
encrire aujourd hui le sérail de JWi]',d;m . nom 
doimé par les Turcs .i |;i Mold.oie. 

.Mais tout récemment Pierre llareseh avait 
attiré sur lui la colère de Suleinian. soit qu'il 
refusAt le eharadsch . ( i- (pii n est jjuère vr.ii- 
seud)lable . car la réclamation de cet impôt i\r 
(apilalion était coniraireau chaltiscbiiiide .Su- 
leiman . ou. ce (pii est plus probable, parce 
(pi'il exerça des hostilités contre le icti Sij;iv 
moud de Polo;;ne, ami de la Porte, et entra en 
néf^ociations avec Ferdinand: au reste, sa con- 
duite le fil accuser d'avoir pris p.irl au mecuire 
d'Aloisio(;ritti I .Noulant le » bàlier. ^iilciilhm 
.se mit en mouvement, le!) juillet |.V,<S.à la 
I été fie son armée contre la Moldavie, i.elende- 
Miain n.ourut la s<i-m* du sultan, veuve du \esir 
.Mustapha-Pa.scha. A Andrinople. Suleiman a'I- 
mit au baise-main Chosrew-I'asi ha et le fils df 
l'émir liasc hid . prince arabe de I5as/ra , cpii 
jiiscpialors avait exercé les droits de souverain 
indépendant , et lui adressait maintenant les 
clefs de Raszra en sijjne d"honmia[;e. i.émir 
Haschid reçut l'mvestilure de Iki^zra. sous la 
ré.serve de la haute souveraineté- |H)ur le sultan. 
A Babata|;hi, Suleiman visita le tomlieaii de 
Ssallukdede. ce \ieux liirknian qui. an temjis 
<ies sultans seidschiiks. .s'était ét;ilili avec une 
colonie turque dans la Tatarie l)obru/e. A Jassy 
parut le chan de Crimée. Ssahil)î;irai . avec huit 
mille cavaliers, et smvi de ses his, jMJiir rendre 
houunaye au sultan. Il y eut un jjrand dé[)loie- 
ment de ma};niticcnce etdes salves d'artillerie. 
I.es janitscharc's firent trois décliari;es avec 
h-urs loujjs fusils. .Aux feux de joie succcda I in- 
cendie de Jassy : le |>iil;iis, tout itoiivellemenl 
construii par Pierre Rares* h . fut réduit en cen 



I; I>e relMj» rmus .loarini» nf;is Hiiiifjaria' , autore 
Veranlio apud Kovacbich scrij*lorp.i minore* reruni 
Uungaric^rum , p. 5è 



40 



nisToiRF hE \:v 



drfs a\(x u»iiu> lo> i'};liM's. l.tsTalaros oi los 
akiiuiMiiis du sandsihak doSniuMidradurtMil s«* 
niotiro à l.i |H>iirsiiiitMln prince liij;i(ir.l.';n aiil- 
gardedo larinoo oiaii tornnr \\w (roisinilIcN a- 
laqiif?^ que leur prince avait cnvoyt's ^^1\ Pierre 
Rart^'h. (ravrrsanl dos fi>r«M> impraticaliles . 
i;a};na la rran>\l\ani(\ !-.« rapiiale du p;»ys . 
SiK7awa. bien f\)r(ilitr cl |>ourviip d'une noni- 
bmiseariillerie. se rendit à lapproelie de Siilei- 
man . sans essayer de se défendre. Tout le Iri^sor 
du woiwmir. des earreanx j^arnis de riches 
fourrures, des vases, des erj)i\ d"ari;ent . des 
bibles avec des reliures tontes j;arnies dur. des 
sabres onu^ de pierreries, (onibrreiil entre les 
mains de Suleiinan '2 I es IVijards fiirenl con- 
voqu6s; et sur leur pri^^e. Ktienne. frère de 
.Urrsrh. fut installé M>lennellenien( eounne 
prince par la Kuka et la jM-lisse de zibeline, le 
tambour et la bannière 3 . Dans le diplôme fui 
insérée uneoMidition nouvelleel bien pesante : 
fous Ifs deux ans le prince devait porler lui- 
même le tribut A Constant inople. I a forhresse 
d*»Kili . construite |iar le sultan Bajcsid II à 
lenjboiirhnre du Danube et dont l'incendie 
avait fourni un des prétextes à la };uerre. de- 
vait être rcle\ée. et Akkernjan fortifié, et la 
pointe de terre entre la mer Noire. le Dniester 
«tle l'nith serait considérée comme un pays 
avsuielii à la [garnison d Akkerman 4 . 

De Siczawa. l'ambassadeur de Si{;ismond fut 
congédié avec tme répon-e satisfaisante et des 
Irtircsde victoire, et un tschausch fui expédié 
à Jean /a[»oIya avec IVtrdrede livrer Pierre Ha- 
resch que Ion croyait avoir précipité sa finie 
vers Ofen (h . Après le passaf;c du Pruth . le 
lamf>eau arrache f\ la Moldavie fut flonné à lla- 
san-Bcfî sous le nom de sandschak d Akkerman 
et kili i octobre 1538'. Au pont d Isakdschi. 
des meviajjers arrivés de toutes les parties rie 
l'empire, auxquels était parvenu l'ordre de l'at- 
tendre en ce lieu . furent expédiés avec des let- 
tre* de victoire 6 : le f;ouverneur de Hafjdad . 

1 Aali.fol. 150 

'î AjIi , M. 251 : Pei«cbewi, fol T.! : Ferdi. fol. 2în ; 
fHf bHalvKJr . foJ. 218 Kn«p| , p. 181. 

(3 Pet»rbr»i. Aali , Dvbçlal«d^. 

(4. Petachtrrt , Aali , thcbelalM*» , Terdi et Engel , 
p. 181. 

5 Petjcbewi foi 73 

'6 Dvbf aUadr , fol 22t 



MPIRR OTTOMAN. 

Suleiinan-Pascha.fut déposé, et sa plaocoonféréc 
A l'ancien bejïlerbojî de Sulkadr. Mohammed- 
Pascha A .lanboli. arriva Husleni - Paschasadtr 
st)n ancien |',ou\«'rnenieiil du Diarlx-kr, et le lils 
de Chaireddin-Pa.scha avec le bulletin des vic- 
toires de son i)ère. Tandis (]\\c l'empereur chas- 
sait dans le canlon <le .lanboli . la Moite eniraii 
triomphante îi Conslantinople, et le jïraiid- 
amiral reçut la permission de venir baiser la 
main au padischach à .\ndrinople . où l'on passa 
riii\er I,e bairam fut en même leinps mie célé- 
brai ion fie \ icioires cl de Iriomplies. DuranI ces 
fêles fui acKirdée une audience aux envoyés 
mo!da\ es , (pii appiulaienl de mannificpies pré- 
sents, et loul(S«es pompes élaienl relevées par 
la présence de Chiireddin , tout brillant de ses 
victoires sur la .Méditerranée; comblé de mar- 
ques d'iionm'ur. il fil verbalement au sidtan le 
rapport de .sa campai;ne d'élé. qui sélail ac- 
com|)lie en même lemps (pie celle de Suleiman 
dans la .Moldavie rlO février 15391 (I). 

Chain'ddin-Pascha élail .^orli «le Coiislanli- 
nople avec (piaranle voiles seulement: cardes 
c(ii( Itàiimenls (pii , .sur l'ordre de Suleiman , 
a\aienl (lAélr<' conslrnils dmaiil l'hiver par les 
vesirs à leurs frais, dix .seulement avaieiil «té mis 
en étal de prendre la mer, les qualre-vinf^t dix 
aulres étaient encore sur les «hanliers, ou leur 
équipement n'était p«)int acluvé. Chaiicfldin 
ne voulait mettre ^ la voil«'«|u'avec la (lolle en- 
tière ; mais hs vesirs surent lui faire prendre la 
mer, en répandant le bruit «ju'André Doria croi- 
.saii à la liaiileur de Candie avec quaianle vais- 
seaux pour Ujmber sur les vinjjl bâtiments 
éfjyptiens charfjés de marchandises , que S.sa- 
lih-IU'is an)«nail dTlfjypU' 2 . A celle nouvelle, 
Chaired<lin,adoplaril une résolution, pril à bord 
trois mille janitscliares et les be[ïs de la mer, et 
{{ouverna sur l'Ile de Scialhos, la plus voisine 
de la c("»ie parmi les sept Iles silué«'s à fentréc 
du fjolfe de Malins 3^. Durani six jours et six 
nuits . il canonna h- {jraufl fort bâti sur un ro- 
cher, et le septième jour, s'élanf;anl , le sabre au 
poin};, à la lèle de ses .sohJals, il I cm|K)ria d'as- 

(1; Ferdi , fol, 291 ; DRchcJaUade , ff»l. 222. 

(2) Haducbi-Ctialfa, HiMoire de» fjuerre» marilimc» , 
fol. 2.3 , avec plui de détail»» que Ferdi , fol. 294 ; Pet- 
whcwi , fol. 7.3. 

(3 lw»|p Grfjiorip . Sciaihn», HaloneMJ^, Eiidemia , 
pepar«:lbo», Gfroiiua. S«.aiidiif. 



LIVHK XXIX. 



41 



saut. Il y (Mil lin .ittrcnx massacre «les assiéiî^s, 
et de |)liis truis inilli- huit loiils iiKillii'Ui-t>i)\ 
hirciit t liiir|;('s de [n>. I^i se reiulirrtit Icstjua- 
hT-vinjjt-<Ji\ \iii>st'aii\ restes à (;<)ll^(;lllllll()|^le. 
et viiii;l iiulrcs cominaïuh's par Ssalili-Hris , rii 
sorte (|iie Chairedilin avait eeiit ciin|iiante hA- 
tiiiienls ranjjés sons s«s iirtlres 1 . Il se (iiri};ea 
ver> Skyros, située en lace de rKulH-e. (lelle iie. 
qui avait résisté à «h* pneédentes allal|ll(•^ des 
corsaires, se rendit A la première apiiaritioii de 
l^irhenxisse. Il lui iln|)(l^a un Irilxit aiiiiiiel de 
I.IMIO duials, et en\oyase|)l lijUinientMliaiiïés 
de butin à Coiistanlinople 2 . Il cliarjjea aussi 
diin tribut annuel de .').O(M) diieals l'ile de Tine, 
eotKiuise deu\ ails au[»,ira\aiil : Andnisct Seri- 
plios, de 1.0(10 ducats chacune V. In mois 
après être sortie du port de (lonstanfinople, la 
Molle jetait ses hordes dévaslalric«'s sur la côte 
de Candie. Helinio el la Canée résislèrent à ce 
torrent: mais (\v Miiopolariioel deScitlia, don 
s'élaienl enfuis leshabilanls. furent enlevés des 
\ivres ol de rartillcrie ; (pialr('-\ iiij;ls \illa|îes 
furenl livrés aux Manunev De Candie les cor- 
saires loMibèrcnl sur Scarpanlho. dout Rarbc- 
ntussc c(in(|uil les irois viles, puis il relâcha 
• pielipies jours à l'iscopia 1 . A Slancho. il laissa 
les biUiments cpii porlaieni les soldats de ma- 
rine, flistribiia ces troupes sin' "^es i;alères. et 
de Slampalia il (U''l;u ha des corsaires à la chasse 
des chrétiens. Dans celle campafjne et la [)récé- 
deiile . il avait débar(|ué sur vini;l-ein(| îles vé- 
niliennes; douze avaient été .soumises an tribut, 
les treize autres f h" vastées. 

A la nouvelle (pie la Hotte combinée du pajtc 
de Venise et d'Espaf;ne voulait faire une tenta- 
tive sur Prevesa . située â l'entrée du ['[olfe 
d'Ambracie, en face de l'ancien Actium , Chai- 
reddin accourut avec cent vinf;t-deux vaisseaux 
pour défendre le point menacé. F.es chrétiens 
lui elaient supérieurs |)ar le nombre; ils com;)- 
taient quatre -vinfît-un bAtiments vénitiens, 
trente-six {galères pontificales et cinquante es- 
pajijnoles. Après que Chaireddin fui euiré dans 



(1) Hadschi-Chalfa , Histoire des guerres maritimes , 
fol 2;^. 

(2 /hid., fol. 24. 

(3) Histoire nouvelle de.« anciens ducs et autres souve- 
ramsde IWrcbipel ; Pans , U>>S. 

'A) lleoi , ddpre.* iehahru-e. 



lef^olfe d Arfa , la Hotte (hréUenne jcla Tant rc 
devant l'revesa, le 2."> septembre [It'M. 1rs 
cor.viires Murad. Tori^hud. (iiiseldsclic. .Ssabli- 
Heis, formèrent raNani-|',arde des musulmans, 
et furent char|;t''sd'ein|)è( lier loute tentalise de 
déban|uemeiil delà |>.irt desallié.s; <omme il ne 
fut rien entrepris de ce (("(lé. Chaireddin sor it 
du |;olfe. protuena loule sa Molle en ordre de 
balaille [M'iidant trois jours, et donna trois sa'- 
vesd artillerie, l/aniiral vénitien, Ca|K*llo, l'.il- 
ta(pia vij;oureusciueiil : mais vo\anl Doria se 
diriger sur I Ile de .Sanla-.Maura a\ec loule vm 
escadre et les iK^timents de ses alliés soumis à ses 
ordres, Chaireddin s»- replia sur Prevesa. I.e 
lendemain. A la suile dun conseil de i;uerie 
où les chefs vénitiens «t ponliticaux firent 
prévaloir leur o|iinion sur le sentiment de Do- 
ria. (|ui \oulail éviter la bataille, les d(u\ 
Molt(scn NinrenI aux mains, l'aile droite des 
i urcs était commandée par ror|;liud, la|;aucl!e 
par S.salih-Keis; Chaireddin dirijçtait le cenire 
en persoiiue. I.'irrésohnion de Doria succomba 
de\aiil l'audace et la fureur de Harberousso. 
Deux baliuieiils \éiiilicns saiilèreiil en l'air; 
deux cspa;;nols turent |)ris ; une ijalere |Kinlili- 
cale el uiu- vénitienne lombèrenl aussi au pou- 
voir des Turcs, qui mas.sacrèrent les équipa- 
{îes. I,a nuit prévint une défaite entière de la 
Molle chrétienne, i|ui .se sépara el (juilla les 
eaux de Santa-Maura. (chaireddin envoya s(»n fils 
avec deux capitaines de vai.sseaux prisonniers 
porter le bulletin de la vicloireaii sulian, cpids 
Ironvèrenl à Jaiiboli. I,a ville fui ilhimiiK-e. et 
le kapudan-pa.scha reçut , sur les biens de la 
couronne , une aui;mentation de traitement de 
100.000 aspres aiimiels. 

I/expédilion de .*siileiuian dans la mer HoU{;c 
contre l'Arabie el l'Inde conduisit à de plus 
{grands résultats, l/horizon des concpièles ollo- 
maiiess'élendail : ainsi , il faut élever nos re- 
{Tfardset les porter plus loin pour embras.ser la 
cause première de la f;uerre arabe et indienne. 
D(''jà , douze ans auparavant, imniédiaiement 
avanl la cauq)a[;ne de Mohacs. .suleiman avait 
diri|;é en même temps son allenlion vers la 
llttnjîrie el vers l'.Xrabie, comme il la fK)rla 
cette f(»is sur la Moldavie et sur llnde. et il 
avait chargé le vaillant marin Selman-Reis de 
partir de Suez avec une escadre , et de croiser 
le luDg de la C(Jle arjbe, pour châtier les rc- 



^2 



lllsTOinF DE I/KMPinF. OTTOMAN. 



\h\\c^ .iimIh^ cl ptirirr \c nom du siilinn jiis- 
qn'-uix fmnliJT»^ (\c S.iba 1 . I.o tîr.ind vosir. 
apr^ avoir orj^inrsé lTf;yplo. y insiall.i. |M>nr 
l\idmini<frrr. r.inrirn |T;i>nvrrnonr âr n;im;is . 
roiinnqiifSulriman-I'aM-li;» . homme H iiii}îraiid 
n>iira};p rt don! lAmo noiirrissaii dr vasirs pon- 
s«r!« "i . Sniriman so plaisait dans la pompo (M 
la rrpr<^s,-nlailon .int.int que le f^rand vosir 
Ibrahim. Mille jeunes f^ens de hanJe naissanee . 
jiorlanl rfes ceinMires et di^ |M)i};nards };arnis 
dor. formaient sa parde du eorp» '^). Il tenait 
les r^nes en f"j;\pte d'une main ferme : si l'on 
e\repte linjuste siipjtlire de r«'*mir Dsrhanum- 
Hamsawi et de son fils.lusuf-F.mirulhaflseh '^4\ 
I histoire n'a que des élofjes .'» donner A son 
anwur de rét^uité. et h tenir (omple de ses 
pieuses f(mdalion<. C'est lui cpii . le premier, en- 
voya à Constantinople la eonlribulion annuelle 
delTfrypte. et qui établit que dést)rmais lad- 
minislration des fondai i(ms pieuses serait sous 
la sarNeillanre immédiate du i'.ouverneur. admi- 
nistration qui , plus lard . tomba entre les mains 
de l'af^a des janitsrharcs. Il [gouverna lÉj;) pte 
durant dix années avee siif^esse et vif;ueur: et 
sur l'ordre dn snltan . expt'dié durant sa marche 
<ur Cuns. Il construisit dans le port de Sues 
quatre-\inf;ts b.-^timents. fyalères. barques, ma- 
hones et frôijates. Il fut interrompu dans ces 
travaux par l'ordre de Suleiman . qui lui enjoi- 
f;nit de se rendre en personne, avec les impôts 
de lff;> pte. montant A KOft.tKK) durafs. à l'ar- 
mée qui marchait contre la l'erse; à sa place 
vint Chosrrw-Pascha . qui. an bout d'une an- 
néf . éleva les revenus de ffif^yptede 800,0(K) 
dorats à i.^iOJ^Hl F>orsque Suleiman apprit 
cet accroissement . il ordonna de retirer da 
trésor public et de mettre à part le tiers de 
la somme totale, et rie rerhercher si rau[;men- 
tation n'avait pas été le fruit de dures extor- 
sion*. Chosrexs-Pasfha prétendit que son de- 
vancier. Snleiman . avait construit des flottes, 
tandis qtif lui-même n'avait [Kiint étérharj^é de 
faire exécuter des travaux de ce genre; que l'ar- 



f f) Aali , tii« érénwneot . M . 229. Pft«cbr«ri. fol. 32, 
d'jernrd rrrc \'» WiMontxuk lAUmmitt. 

il, Petwbc»i,ff,1.76. 

(3 /h,d. 

'4'' KacoBté CD déiiil daD< l'Hiitoir^ d« Sulieili , 
fot. 54 



fîent en quesiionétait le produit d améliorations 
dans la cullure et de lirrij'.alion des terres. 
Suleiman se contenta de celte réponse; mais il 
rév(Kpia le j'.ouverneur si dévoué aux intérêts 
du trésor, et rendit sa place à leunuque. I,es 
-iOd.tMH) ducats (I excédant liirenl appliqués A la 
ré[)ara!ion lic lancicn aqueduc de \alcns A 
Cyonstanlinoplc. 

Ce (pii détermina surtout la réintéji;ration de 
Suleinian-l'adia . ce lut l'ambassade indienne 
que le sultan reçut A Anflrino|»le, dans l'hiver 
après son retour de rex[»édilion de Perse, et 
I arrivé»' du prince indien ipii viril chercher un 
asile auprès de lui. O prince était Hurhan- 
He(;. fils du sultan Iskender , souverain de 
Dehli, qui avait fui devant la pui.s.sancc de Tcm- 
pereur Mon|;ole llmnajun. dont le p?Te était 
le j;ratul Bal)er, cl qui eut pour fils le plus 
j;rand de tous les f.rands Mon}i;oles,Schah-Ek- 
Her. Il fut accueilli j^racieuscmenl. et jouit d'un 
traitement cpiotidien de 300 aspres. Avec ce 
prince fujjitif parut à la cour du sultan l'envoyé 
de Behadir-Schah, prince de Gudschurat, (pu", 
par crainte aussi de la puissance envahissante; 
d'Ilumajini. avait déjmsé lous ses Iré.sors A la 
Mecque, et mainlenani, adressant de riches pré- 
sents au protecteur des deux .saints tombeaux, 
ini))lorait en même temps des .secours contre 
un nouvel ennemi, contre les Portujjais, qui 
s'étaient emparés de son port de Diu. Outre 
une vin{;taine d'objets, lamba.s.sadeur pré.senta 
une ceinture dont la valeur doit avoir été de 
GO crores 2). Suleiman-Pascha . nouvellement 
mjmmé fîouverneur d'J'^îyfite. reçut ordre d'é- 
(piiper une (lotie |K)ur secourir le s<hah de 
(ambaya. Avant rpie ces forces eussent pris la 
mer, arriva la nouvelle de la mort de Hehadir- 
S(hah, que les Portuf;ais avaient immolé (3), 
et Suleiinan-Pacha envoya à Constantinople les 
trésors de ce prince déposés A la Mecque, con- 
sistant en trois cents coffres remplis d'or et 
darfjent (4). 



(\) Ferdi.fot. 216. 

2, Kerdi , fol. 2'/') D'aprèR «on ralrul le crore vaut 
100,fX)0 ducal» , par rmitéquml la miiture de porte à 
G/XJO.WX» deducalK ou 30<),(XK),(XX) d aHprtK. 

^3( FViwh'wi , fol 7*. On trouve rel :te\K aycc le» 
<)éuM dam l'Axie portugaise de Maiiur;! de Faria-Y 

SfJUM. 

(4) Ferdi , fol. 278 



I.l VIIF. 

Au monit'iil inc^mf^im l;i MoiK' de Cliaircddin 
parlait pour rr\|ir(liti(Mi HerArrliipol, Icsarnic- 
mrrils |in'|»an''s n Sur»; -o (l('|l^)^ nient sur l.i 
mer |{()ii|;(' \\ juin I.ViS '. Siilriiiiaii-P;is(li;! 
6laU alors im vicillarfl de (|nafrt'-\ iii|;t-hiiif ans, 
li'llrmcnt accaMc^ par If p(»ids de l'."^!;»' f i rm- 
bjUTassr par son rMil>(iii|tniiil rpi'il lui (allait 
quatre hoinmrs pour le sonirvrr lorsfpi'il vou- 
lait se tenir dcl)Out : nrannioins son ('s|irif a>aif 
toutr sa fcrmclt', sun coura];»- riait irilIrviMe. 
Sîi flotte, de soiv.uite-dix voiles, élail niontcW- 
par vinf^f mille soldats I}, où l'on eouiplait 
sept mille janilseliares et beaucoup d'esclaves 
vénitiens attachés A la rame, qui au moment de 
la rupture de la |)aix avec Venise avaient été 
arrachés des vaisseaux de leur nation alorsdans 
le port d'Alexandrie, la flolte. dépassant Se- 
bid, se dirijyea sur Aaden.dont le prime arabe, 
Aann'r-ncn-nand, ftif attiré A bord parla ruse, 
et la ville fut conférée, comuii' saudsrliak. à Hali- 
ram-Iîcjj Ouii\ze jours a|(rcs un (h'bairpiemeni 
était opéré sur la cùtc de (iudschurat ; les deux 
eh:^teaux de Kuke et de Kaf étaient emjiortés 
d'assaut. Knsnite fut ouvert le sié,';e fie Diu: il 
dura vin[;f jours, pendant Icsrpicls le couunan- 
da!it Anton de Sylveyra défendit la place avec 
un courage héroi(jue, .soutenu même par les 
fenmies portU|;ai.ses. Dans rarfillerie se trou- 
vaient neuf de ces pièces monstres dont cha- 
cune lançait des boulets d'un quintal. I.c plus 
prodi-yieux , c'est (pie l'on ait pu lirer de pa- 
reilles nasses de l'arsenal de C()nstantino|)Ie, 
et qu'on les ait transportées Ju.s(pie devant les 
murs de Diu. dans l'Océan indien , en leur fai- 
sant traverser les .sables de lisllune de Sues. I.e 
sié};e fut levé faute de vivres; on n'en put ob- 
tenir du nouveau prince de Diu, Mahmud . dé- 
voué aux intérc;s des Porlujjais. Malimufl s'é- 
tait bien i;ardé de se rendre à l'invitation 
de Suleiman-Pa.seha de venir à Iwrd : il .se 
montra plus prudent que le prince d'Aaden 
et de Sébid . l-.mer - Ahmed , qui , confiant ! 
dans la parole des Ottomans , fut pendu au | 
î;rand mit du vaisseau amiral. I.'lénien fut j 
conféré comme f^OHvernemenl au fds de Hiikln- j 
iMohammed l'ascha. conquérant du kiirflisian. 
à .Mustapha-Be^j : au bout de dix mois la flotte 

(1 ] Hadschi-Clialfa , llisloire de« guerres mariliincs, 
fol. 26. 



X\l\ 



-^rî 



entra à DM-hcdde; Snleimaii-l*as( li.i passa par la 
Mei'que. où il acconqdit un pMerinaf;e.et parle 
Kaire [iiiim" se rendre A 0)nslantiiio|tle . où la 
;;loirc de sa conquête lui fil [ih iidre |)la»e dans 
le divan avec les ve.Mrs ' 1 

1^1 joie des succès obtenus en Molda\ie. 
en Arabie et contre N'enise fui ti(»ublée par trois 
calamités . le feu, la peste et la mort du (;rand 
vesir. I.e feu éclata dans le |M)rt . du ci'ité de 
l'arsenal, où le baf;ne fut coiisiuné. et tous les 
prisonniers renfermés «-n ce lieu y périrent. 
Portée de l'autre enté du |»orl par un vent vio- 
lent , la Hamme s'y étendit avec fureur. ÎN'euf 
jours après la [)este enleva le f^raïul vesir 13 
janvier |.">.'iM . Ajas- Pacha. .Albanais de nais- 
sance, dont trois frères enj;aj;ésdans mi ordic 
monacal vivaient ainsi que leur mère à \a- 
lona, et (pii n était pas niftins bien disposé en 
faveur des Nénitiensqueson prédécesseur Ibra- 
him. avaitacquisjiistement le r( nom d unli» nime 
|>lein d'erpiilé. mais c\trcmcmenl adonné aux 
femmes. .\ um* certaine épiK]ue on vit rians 
sa maison (jparante berceaux contenant autant 
de nourrissons , et «ti uunirant il laissa cent- 
vin|;l enfants 2;. Sa place fut conférée au se- 
cond vesir, Lutfi-Paseha, aussi Albanais, et 
néanmoins trè.s-savant, qualité très-rare parmi 
ce peuple. Hude et jjrossier avec la steur du 
sultan à laquelle il était uni , ses mauvais trai- 
tements envers celte prince.s.se le fiiciii déposer 
au bout de deux années: il fut si'-paié de la sid- 
tane son é|)OUse , et exilé à f )cmiloka où il écri- 
vit plusieurs ouvra(;es , entre autres une his- 
toire olloiiiane très- précieuse, (pii s'étend à 
douze années au del;l de sa déposilion. 

.\u commencement de l'automne. Suleiman se 
rendit en Asie, et revint par lîrusa,dont les 
habitants allèrent au-devant de lui a cheval. 
.Mécontent de celte cavalcade. Il rendit un or- 
dre jiour que désormais, dans un cortéjje des- 
tiné A rendre honneur au souverain, nul ne 
parut a cheval qui ne fut point possesseur d'un 
fief de c.ivalerie. .Xprès un séjour d'ime semaine 
h Brusa . le sultan se dirif^ea vers les Darda- 
nelles , (|iril ordonna de fortifier suivant le sys- 

(1) Histoire de» n"i'rre.s maritimes , fol. 27 ; Pelsrhe- 
\vi , fol. 77 . Kerdi , fol. 3li; !)!>< lielalsade , SsolaLsade, 
Luth , fol. «8. 

"2, Osmaii-Effendi , Histoire dei grands vesir» , et 
dan.s la liile des vetiirs. 



u 



niSTOlKE DE LKMPIRE OTTOMAN. 



tt'nio dos Frano>. A la fin i\c scpteiubro il ôiait 
do rotour .^ CA)nstantintt|ilo . ol colobra la ( ir- 
ouuoision do ses doux fils r^ajosid ol DM-hihan- 
Rir avtv U*s tVios ol los spooiaolos aoooutimios. 
qui dtirtVonl la sooondo moilii' <lo iiovombre. 
Ia" pn-mior jour. d«'s lions, dos li};ros. dos loo- 
jwrds. <los \\in . dos loups, dos jjirafos. fmv ni 
cxpost^ fnrhain(\<: dans riiip|M)dromo an\ yoii\ 
du |XMiplo ot du sultan. I.o loDiJomaiii lo suliaii. 
sioj;oant onlro los kadiaskors ol los doi'tordars. 
rciTul los pnScnls des vesirs. Le f.rand vc^ir 
Lulfi-Pasoha. ol los trois aulns.lo vioiix oii- 
niiqiio. Sidoiiiian-Pasolia.jjni vonail do hriirlor 
los l'urlii|;ais dans la nior dos Indos. Ssofi-Mo- 
hammoil-ras« ha ot Hnstom-Pascha. lo bop.lor- 
bop d'AnatnIi et celui de karainanie , hai- 
stTonl la main du snlian. Après eux vinronl 
rendre le niéme honiniajîo les anibassadoiu's 
de Krancc (1), de Venise, du roi Ferdinand 
ei du roi .lanusob-Zapoh a invilés à la fcMe. 
Il y eut ensuile des divorlisscrnoiits : dos 
juifs apjK>rlèrenl là un d rançon A sept tOtes; 
les vesirs et les émirs, les ulémas el les srheiclis, 
reçurent lous de riches présents, el furent re- 
vêtus de vétemen s d honneur. Kn ménio lemps 
que la circoncision furent célébrées les noces 
de Rusiem -Pasdia avec la fille de Sulei- 
man 2 . 

Oljendant il y avait trois ans fjue durait la 
guerre avec Venise; depuis le sié{;c de Corfou, 
les derniers f;rands fai s darmes furent la con- 
quête de Casiolnuovo en Dalmalie par los \é- 
niliens. et la reprise de cette place formidable 
par Chaireddin. 

Kntre ces opérations el le commencement de 
lafîucrre. il > eut enrore diverses entreprises de 
part el d'autre sur des places vénitiennes el 
turques en Dalmalie. dont le récit se place lout 
naturellement iei. Canu'llo Orsino. eouunan- 
dant \éniiien deZara. envoya Irois cenis f;ui- 
la.ssins et cent cinquante cavaliers qui débar- 
quèrent au-dessus de Zara. a un endroit appelé 
Verrhio-Zara. marchèrent toute la nuil. el, a la 
nai-vsanre du jour, arrivèrent a Lrana, l'an- 
cienne résidence du prieur des Templiers, lisse 
reposèrent . puis à la nuit se remirent en mar- 

1 Le !^apo4itaiD CaBtelmi, Paruia , 1.x, p. 715 , 
f2^ Paniu. 1. X, p 7<| 



ohe . et au lover du soleil emporitrenl d'assaut 
lo oliAtoau-forl d'Ostroviz , aux cris do Sainl- 
Maro. So|)l cents Turcs furent immolés, los mai- 
sons livrées aux Hanimos. los alentours dévas- 
tés, et trois mille létes i]c bélail furent emme- 
nées A lrana 1 . A\oc lo mémo boidu'ur , 
Dhrovaz ol Scardonal'iM'ont arrachésaiix Turcs. 
Dans la défi'iiso lU^ eolte dernière place péril 
un jeune 'Turc, paronl do Murad, coïKiuéraiil 
iU' klis. SiM" l'ordre du sénat. Scardona, Obro- 
vazel Osiroviz furent rasés, afin i\\\i{ l'avenir 
ces |daces ne pussent plus .servir de repaire aux 
pillards, et «pie le littoral dos |)ays vénitiens et 
hon];rois no fi^it plus ainsi iiKpiiéU'^'J . Hieulôl 
après, la conquête d Ohrovaz el d Osiroviz fut 
ccmlrc-balancée par la perte du cliAlcan deNa- 
din, situé sur un rcKlier A dix-lmil milles de 
Zara : ce cliAteau était une sorte d'observatoire 
|X)ur sifjnaler les irruptions des Turcs vers 
Noua. Zara. Sibonico. Poli.sena et ^ovijjrad. 
(linijuanle ranlassins. quarante cavaliers ol un 
noble\énilien,lechAlclain, défendaient ceposle. 
Trois mille Turcs, conduits par un capitaine rc- 
néjyat , parurent au pied des murailles, et la 
promesse d'une libre retraite détermina la j;ar- 
ni.son A capituler sans tirer l'épéc. Mais si la lA- 
chcté de ces hommes les avait soustraits au sabre 
des Tiu'cs , elle fit rouler leurs tèles A Venise 
.sous le fer (\ii bourreau ,3;. nienlôt après Gho.s- 
rew, pa.schade Bosnie, et Murad, sandschakbefj 
de klis, prirent Dubiza au confiuent (U' la Save 
et de riiina, après (|uoi les {;arni.sons de ,lasc- 
nowiz et de Sobocs, sur la rive de la Save, éva- 
cuèrent leurs places en les livrant aux Mam- 
mes (4;. iNadasdy et Ke{;levich , pour préserver 
les autres eliAteaux et même Af^iam d'un pareil 
sort, atlaquèrenl JasenosNiz, l'enlevèrent el le 
rasèrent après avoir partagé le butin entre les 
\aiIlqueur^. l'!n IIori}',rie même, a[»rès la défaite 
de Katzianer, [très dT.ssek , des troupes bohé- 
miennes, sous le (oimnandement du capitaine 



d] Sloria di Guazzo ; Venez.. 1509 , fol. 220 , et l«- 
tuaiifi , I. XIII. Main cet auteur roinmel ici , cotrime il lui 
arrive frf'quemirKiil , une erreur dan» l'ordre dc« évé- 
nemeniK en faidaril devancer la perte de Nadin par la 
conqu<^tf dOuroviz. 
f'J, Utii.infi , I XIII. 

(.3; SU.ria dl Cuaiio ; VcDcr , 1.549, fol. 221 ; Pet- 
•cbewi , fol W ft 77. 
' 4/ L-luaui] , I. XIII, p. 218 



i.ivm: .\\i\. 



^éj 



Dfvcl, avai«'nl fail la t('iil;ili\T (l'.iir.u lu r Id- 
kay iiux 'l'iircs. Ils sfii fiii|i:ii-»'"i*('iil tii cffrl , 
quoi(|iie Piern- iViviiy atcmirfit \ la (itli\iance 
(le la plan*. Dans un ((imlial livir m)Iis I»s imi- 
raillcs, ce tlé.MTteur fut blessé; et néamiioins, 
les vaiiKimiirs ne |M)inaiit se iiiaiiiteiiir dans 
eette jKisilittii. l'i-vu m'iiiii a|tii> l.uuir lU-- 
vastée J ■. 

lll év»''ne;i.eiil plus j;i a\e i|iir loiil n la , ce 
fui la iiiise (le CashliiiioNo, siliie sur la tùte 
cnrre Ha|îiise et Gittaro. Apif-s la iMlaille de 
Prt^esa. p«'i(liie [lar les trois Hottes alli(''es, la 
veille du jour où , par suite dune lui le souler- 
laiue des éli'uients, une nouvelle monla^;ne sé- 
le\a à Pozzuolo et le riva};e s'avaina dans la 
mer '^'2 , Aiidrt* Doria, le h''j;al du pape, et l'a- 
uiiral vénitien, \ iicn/.o Ca|iilIo, se (liri{;èrenl 
sers le j;olfe de Catlaro aMn de soumettre Cas- 
lelnuovo. lîarberousse ne put les suivre, arrêté 
|»ir une violente tempête , ([uijela sa Holle vers 
\ alona uù il lui fallut la refaire: car il avait 
perdu plus de soixante-dix bàlinunls, et les 
autres avaient été rortemeiil endomm-ujés ^.i • 
l,e ditnanclie 21 octobre lôiiM. au lever du jour, 
les galères des chrétiens sapprixlièrenl ran- 
gées par (piatre, afin de lâcher liur hoidce en 
passant .\ leur tour. Mais avant «pie les (|uaire 
premières, une fuis leur décharge faite, eubscnl 
fait leur évolution, les (juatre suivantes arri- 
vèrent sur elles trop rapidement; il en résulta 
un désordre (|ui amena \m Ixjn résultat , car les 
('•quipages sautèrent à terre, et comuicncèrent 
lassant sans avoir décliclles. I.a ville fut ein- 
|)orlée au milieu d'un feu violent, et les deux 
( hâteaux se rendirent. Sept cents pri^oiniiers, 
un butin valant plus de 70.000 écus, tombè- 
rent entre les mains du vice-roi de Naples, ca- 
|titaine général. Kerdinand de Gon/a^ja lais.sa 
dans la place quatre mille Espagnols sous le 
commandement de Francesco Sarmientc. Ix; 
(•■'janvier l.Vi!). trois sandschakbegs avec six 
canons, conduits par le même capitaine rené- 
gat, Morato de Sebcnico. qui avait déterminé la 
reddition de Sebenico, parurent devant Casiel- 



(1) Sloria di Guaz/o: Venez , 1619 , fol. 21G. 

(2) Le '^ 8epieml)re. Alberti descrizioiie di tiilla l'ita- 
lia , p. \7S. 

(3) SloriadiGuazzo, fol. 2i2 , cl Hadscbi-Chalfa . 
HUioire des guerres uuiriiunes, 



uuovo '^anslal^scrau renéijai Ictempsd'exposeï" 
ses pn>|M)sitions, mi de les appiiViT (lar le canoD, 
les Ks|»;ignols firent une sortie, enlevèrent les 
six pièci-sdes Tur» set repoussèrent ccuxh i vers 
.S|K)lelo, dont les habitants, les prenant A revers, 
leur tuèrent soixante-dix bonunes. (x't échec 
provtupia la Hotte ottomane a se diriger vers 
(jstelnuovo, tandis qu'une armée s'avançait 
par terre sur le même pomt. Chosrevs-l'aMha, 
devemi bcj'.lei Ix'i; de Uuuuli, avait (»rdre de 
|)ousser h"! soixante mille hoiiunes; Cliainddin- 
l'a.scha mit î\ la voile avec cent ( inquante vais- 
.seaiix (\\ Le 13 juillet parut l'escadre d'avant- 
garde de vMigl-se|)t bâliuienls. sous les ordres 
«le l)s« liufud-^inan. I^orMjue les é(piipag«s, le 
lendemain, se trouvaient près d'un puits pour 
faire de ICau. à ini milU- de la ville, ilsfiMitii 
atUupiés par les clireliens et laissèrent «pialr»- 
cents morts SIM- le terrain, (juatre jours après 
Chaireddin arriva liii-tnème avec toute la (lotte. 
Il venait de (iallaro où le provédileur lui avait 
envoyé des rafraîchissements, des |M)ules, des 
«l'ufs, des melons, des sucreries et autres objets. 
Dans l'arlillerie «pii fut déliar«|ué«' p«)ur le siège 
élaienl trois pièces (|ui lançaient des boulels de 
plus d'i n quintal. Deux de ces pièces, portées 
sur des alïùls à huit roues, furent mises en bat- 
terie avec treille « an«)ns de siège et fau(«)n- 
iieaux, du côté «le léglise de .S. Vcneranda; un 
même nombre de pièces engageait le feu du c«>lé 
des saliiu'S. el vin;;( autres «anons ftiudroyaient 
encore la plac«' «l'un point supérieur. I.e 7 août, 
l'assaut fut livré. Déjà les Turcs avaient pénétré 
dans la vill«'. lorsipi ils furent re|M»ussés avec 
une perte «le huit mille liomuie.-.. I.e lendemain 
«leux d(''sertcurs espagnols apprirent A Chaired- 
din que la place manipiait de vivres jmur les 
troupes et de imniilions jjour larlillerie; «pie la 
garnison du cliàlt\iu d'en liaiil était réduite de 
se|)t cents honmies à trente. Kncoura{;é par ces 
déclarations, Chaireddin entreprit, le iO aoùi , 
une at laque plus meurtrière «pie la préeéd«'nle. 
I.cs Turcs escaladèrent les muraill(\s, les V>\m- 
gnols se retirèrent toujoms en combattant, 
vendant chèrement leur vie. Sarmiente, réfugié 



(1 ' De Castelli Novi , direplione a Solimano impera- 
lore facta^anno ISiO ri.539", narrario Chrisïopboi i Ri- 
cberi ad Fnnciicuni rccem gailum in Syndroniui , 
p. 7t). 



4C 



inSTOlUK PE I/K 



dans le ch.Uonu don bas avec iix)is cents liom- 
nu^. reste de la i^iinistm. capitula. Les janit- 
sebares et les niarluloses. ijui uaN aient é|»;«ri;nc 
ui les femmes ni les enfant-^, brt'ïlait lU de \en- 
i;cr la mort de dix mille de leurs frîTCs tués 
pondant le sièi;e. et demand.iieni A j;rands eris 
les tiMes «U*s tn»is cents j;iuiTiers ihrctiens; 
mais ïîariK'rousse les refusa, et emmena Sar- 
miente et ses officiers prisonniers A Consianti- 
nople. riama. le transfin;e persan. rei,ul le 
cinnmandenjent supérieur de la j;arms(m. l-c 
lendemain de la chute de Gtstelnuovo, le châ- 
teau fort de Hisano se rendit sans la moindre 
rtSiistame. Deux jours après, le provédileur 
de Cattaro envoya enœre des rafraichissemenls 
à Chaircddin. qui cetle Fois ne les accepta point 
et demanda «pi'on lui remit Cattaro m^me. 1-e 
l.*) aoiit il drlMnpia dr> iroupts de\ aiil la place; 
mais elles furent si bien remues î\ coups de ca- 
non et de fauconneaux, que Barberousse dut 
renoncera toute tentative sérieuse; le lende- 
main il rembarqua ses {^ens, cl accueillit {gra- 
cieusement le présent de 500 écus que le 
provt^litcur lui envoya dans une coupe d ar- 
pent 1 . 

Tandis que se faisaient ces entreprises, des 
né{;ociation$ de paix s'étaient engagées entre 
la Porte et Venise. Grilti qui avait été envoyé 
à cet effet a Constanlinople ,2 , arriva au com- 
mencement d'avril h Venise, annom;ant qu il 
avait été introduit par l'interprète Junis-lk'i; 
aupr^-"» des vesirs qui l'avaieni accueilli av«'c 
amitié. .\ussit«")t IMetro Zeno. qui deux fois déjà 
avait traita comme ambassadeur avec .Suleiman, 
partit fKJur la capitale de Icnqjire ottoman, A 
l'effet de renouveler la paix conclue dix-huit 
ans auparavant avec Suleiman-, il mourut en 
roule à Bosna Serai, et à sa place fut nommé 
Tomav) 0>nlarini. vieillard de qualre-vin|;l- 
buitans, si s<ju\enl mis en rap[Kjrt.ivec les Turcs 
le fer ou la plume à la main 3,. Cependant les 
préparatifs jx»ur la reprise de Castelnuovo se 



MPIRR OTTOiMAN. 

poursuivaient toujours, et ce ne fut qu'après le 
succès de l'entreprise que Conlarini arriva A 
Consianiiiuqilc. Siileinian le reçut en audience 
solennelle, mais sans prononcer un mol, lenani 
.sa main sur sa |H)itrine, ce (pii, suivant rcx|»li- 
calion donnée par les conrii.sans A l'ambas.sa- 
deur.élail nn sij;ue de malveillance on de co- 
lère, 1'. I.orscpie Conlarini réclama les places 
coïKpiises. on lui répondit au.ssilôt en deman- 
dant Malvasia et Napoli diHomani que n'avaient 
point .soumises encore les armes lur(|ues ('2). 
' .\n reste il pouvait . lui dil-on, s'en retourner 
;"i \ enise ou bien se retrouver à Constanlinople 
en seplembre, piiur la circoncision et les noces 
(le la fille de. Sniciman.» I,c l)aile (Oi^édié, Ca- 
nale, a.s.si.sta aux fêles. Au connneiicemenl de 
l'année suivante vint le .sénateur F-uij;i Badoero, 
revêtu de ph'ins pouvoirs par le sénat [toiu' ol- 
frir iuscpi'A 300.000 ducats , sans abandon de 
places, et autorisé en secret par le con.seil des 
Dix à céder Malvasia et Napoli. Sa négociation 
fut appuyée par le chargé d'affaires de l'raii- 
çois I" , l'exilé na|iolilain Caiitelmi (ii . La 
position de l'amba.ssadeur était extrêmement 
difficile . parce «pie les Turcs coiniai.s.saienl les 
dernières limites de ses jiou\oirs; ils en élaient 
instruits par (^inlelmi auquel ce secret avait 
été trahi par les frères Cavezza, secrétaires «le 
l'ambas.sade. «pii plus lard furent mis à mort en 
chàiinu-nt «h- ce crime /r. Après tr«)is nmis «le 
n«'gociations, Badoero obtint un traité de paix 
qui stipulait de la part delà républi<pie l'aban- 
don de Malvasia el de Na|)oli en ÎMorée, de Ma- 
din el d'L'rana sur la «ôle de Dalnialie, d«.'s lies 
de Skyros , Paihmos , Paros , Anliparos , >'ios, 
Egine, Stampalia dans l'Archipel (o^; el de plus 
le payement «le .'JO.OOO «lut als pour inflemnilés 
de guerre. Les ratifications ne furent échangées 
par des ambassades officielles que l'année sui- 



(i; Gujzo , fol. 16â: l'arula, Slona. 1. 1 , p. 711. 

(7 Darn U teronàf liawu> dfs buil lfim« in-folio df» 
■cntUirf^ Xarrht9fbf.àe%»clf% diplomatique* vf'.nitifii» , 
aui Arrin»*-* i'rip^nal**»e trouvent deux df|»(<be» ori- 
ginale* du doge lur parcbeniio , du 2 Joillet \Ù3fi. 
3 Fini />,1 T .r- ^07. 



(I; Paruia, p. 713. 

(2, Jbid.,\>. 711 

f.3) Flawan ne «ait rien de la Keconde iiiiuMon de 
« antelmi A Cormlantinople pour mi''naf;er la Irfve 
«ntre Suleiman et Venise ( l'arula ,1 x , p. 71.'>,7IS, 
723. 

(4, F'aruta , I. x , p. 728 ; Oaru , I. xx\i , p. .57. 

'5; iJaru conlierii ici de» erreur* bien fjraveu ; parmi 
le« lie» céd<^eft te (rouveiil Scio ,qui n'appartenait pas 
même aux Vénitiens , au lieu de Sryro» ; i'aliiia, au 
i liru de Falbmo* , el .Sesina , au lieu d'fcfjiue. 



LlVRi: XXIX. 47 

v.it.lr \insisetiTn.inai;lorirusemfnl|KMMSii- .I..ms ns |.ani;rs la |.uiss;.nro p«»rtui;aiso ; il 
Irima,. la l'iierre avt-r Venise dans Ir .ours dr ; asail rn.nl.altu à la !..,> ,i. l-.i.n.pe n n. Asir. 
l;„,u.ll.- il avait iriomplu' sur la Mnlilnranir ' et dans la pr. mine <lr . , s .Mnirns il as.ut .u 
,|,s lunes roinlunees des el.relu-ns . ynmuu. \ à lultcT à la lois .untrr la ir,.uN..lue , le |m,h- 
son |)a\illun sur les mers des Indes, liemlc et I empereur. 



LIN UK \\X. 



Aurassiiu lu irnniMMi. — li r.iFRRK ^:ri.ATF i:\ iioagrie. — sri-Enuiv r,Ani>E off.n. — 
nrniuKMtn n saim se iu:Tiiu;>r sa>s am)iu iuk> obtemi. — i/empekki it ciiahles 

rniOlE rO>irit:UMK>T I>A>S IIME E^TREI»lllSE SIR ALGER. — IIARREROLSSE LÈVE I.E SIÈGE DE 
ÎIICK. — risTII riNSK OÉTRE Ml > VCi:. — ^EIV|ÈME <;AMI'AGNE i>E SIl.KniAN. — COl^QlIÈTE DE 
T4I.PO. SlKlOs. «.IU\. STlIII.SM.lS/.EMtlRG. — ;>IOKT i)L IMUKCE niUIIAMMEl). — CHUTE 1»E 
t(ISSIGK(|). \U>«.UM». MELIKA. — KATAII.LE i)A>S LES I>I.Ai:\ES IIE LO>SKA ET DE SALLA. — GOII- 
^»RM>lE>rS lU.S l'Rl>r,|S. — mort lU lURIlIROISSE ET GRAJXD VESJRAT DE RISTEM. — i'AIX 
A^tC L EMPEREUR CHARLES ET AVEC EEr.l)l>A\U. 






Ce li\Te comprenant les faits accomplis depuis 
la paix entre la INirte e( \ enise. et le Iraiir ronc in 
avet rein[>ereurClKtrU'setsonfrèrehT(lin.ni(l.el 
aconlant la f;ucrre de lloiij^rie soutenue pen- 
dant sept ans. présente Suleiman dans le plus 
lirillant éclat de sa [gloire et de sa puissance; 
dan*" I autre moitié de son r^f;ne. si féconde en- 
core en événements, on ne voit plus apparaître 
de* hommes iioliiiques et des (guerriers tels 
qu'Ibrahim et Barl>erou<ise:on n"a pas à signaler- 
•le plus brillanlJ-s ( onquétes que celles de Bel- 
prad. de Rhodes, de Ba[;dad et de la IIon};rie. 
l'ar suite de l'incorjKiralion de la plus (jrande 
partiede ce dernier r.>\aume avecreuqiire otto- 
man, et de l'abandon de la Honjjrie supérieure 
à rAutrichc moyennant un tribut annuel . le 
[•cuple et le pays des mafjyari'S étaient disputés 
j»ar la civilisation et la barbarie, et de celle 
lutte la barbarie sortit victorieuse et triom- 
phante [^K)ur un siècle et demi. Si les succès 
militaires eurent une haute imfKirtanre. les 
néfjo^iations apiK'lèrent un fjranrl dévclop- 
|»«iK'nt dintelligence et d'habileté. Les exploits 
de la Ruerre ont retenti partout : mais des 
siècle* fKMirraient s'écouler avant que les ar- 
chives eass^-nt révélé les secrets de la diploma- 
tie. Cest parce que ces sources étaient ignorées 
que les autres histoires, ou se taisent . ou don- 
nent des rapports erronés sur les négocialioDS 



qui précédèrent et qui conclurent la {guerre- 
Nous allons nous efforcer de suppléer à ce dé- 
faut. 

Les trois lettres (pic Suleiman avait expédiées 
par des messajjers à Ferdinand, de Haf^dad, de 
Tibris et de Diarbekr, [)Our se |»laindre du 
meurtre fletirilli el lui annoncer les triom|)lies 
(les armes ottomanes, avaient eu chacune une 
ré|)onse immédiate. Après le retour de Sulei- 
man. Maria Harcizi vint ( onmie envoyé de Ferdi- 
nand auprè.s de Suleiman pour le féliciter de 
ses succès, mais en même temps pour se plain- 
dre des infraclions au traité; car le rlouaire de 
la reine Marie n'avait [)as élé remboursé, et il 
n'y avait eu ni sécurité, ni re|)Os pour les fron- 
tières. Le fîrand vesir Ajas ré(>ondit :« que si 
Griiti navait pas élé immolé, le douaire eût été 
dc'ja payé;(juec'élail au roi Ferdinand à v( iilersur 
ses capitaines, afin ({uils ne se livras.sent point à 
ces irruptions qui avaient causé la prise de Klis; 
(|ue le protectorat de la Servie apparletiail au 
(^rand scifjneur; que le cou)te Srin el daiilres, 
qui depuis deux ans n'avaient payé aucun tri- 
bul. devaient être .sommés de s"ac(p)itter de cette 
ob!i{;ation. ''Bienl(jl après, la défaite de Kat/ia- 
ner [K>rla un nouveau coup à la paix. Pour pré- 
venir un éclat, .Iér('jme I>asc/.ky, palatin de. Sira- 
die, le même qui. dix ans auparavant, comme 
représentant de Zapolya , avaii accompagné 



J.l\ Kl. \\.\. 



40 



Stilriiii.iii (l.ms son cxiirdiiiun ciiiilrt' \ it'iiiM', 
lui tinoyé ii (^()iisl,iiiliiMi|(lf I . .Iric (l.iiis les 
Irrs |);ir /;i|»»h;i .ipirN If imiirtrc il»' (irilti. et 
l'i'liUht' sriiiciiu'iit sur It's iiisl;iiu(s «le l'aiiilKis- 
sadeurde Niipsmuiid de lN)lu|;iU'. le paialiii «If 
Siradio <l»'vt'nu liinplacablr rmn'n)i de muj 
aiicini souNrraiii, était pavsr au Nerviec de Ker- 
diuand, et niaiuleiiaiit il déeouvrit h Suleiinan 
le traité seeret de (inis/.\Nardeiii eoiieju entre 
Ferdinand et /a|n)lya. A eette révélation, Sulei- 
niaii, .se tournant \ers le i;r.ind Ncsir l.ulH. lui 
dit : •' Ces deux rois portaient indijpienienl 
la cuuronnc sur leurs têtes perfides ! I>es traîtres 
infihnes uni rompu enVonténient di's Iraiti'-s 
eonsacrés |)ar «les serments, sans être reti-nns 
ni par la pudeur, ni par la crainli* de Dieu ,2 ! » 
l.ase/ky arriva le K ocioiire à Consiaiilinople : 
il eut le 7 novend)re une audienee de Suleiiiiau, 
qui ne l'éeouta qu'avec des si{;nes d'une vive 
iinpntienee. et l'aecahla de reproches nu sujet 
du sié|;e dOfen: cpielipics-uns ( onscillaient de 
lui ct)up<T les oreilles et le nez a\anl de le ren- 
voyer, d'autres de le jeter dans un cac hot. Il 
(garantit sa st'ireté persoinielle à force fie pré- 
sents, et néanmoins Hustem ne voulut point 
accepter la chaîne d'or qui lui fut offerte 3 . 
L'année suivante Lasczky fut expédié de fla- 
j^uenan A Constant inople avec de nouvelles 
instructions. H devait tout mettre en œuvre 
afin de déterminer Suleinian ù céder .'i l'Autri- 
che toute la partie «le la Honj^ri»! possédée jus- 
«pi'alors par Zaj)ol\a. et |M)ur cela il était auto- 
risé i promettre un tribut amniel en montres, 
faucons, chiens, etc. 1 . (juinze jours après, la 
mort de /a[K)lya doinia lieu au «lépart jirécipité 
d'une nouvelle ambassade. <( Cours, vole à Con- 
siantinople, fut-il «lit à .\ndronicus Tranipiillus, 
«pie rien ne soit éparj^né pour {îa}îner le fjrand 
vesir I.utH. le vesir Rustem el I interprèle «!«• 
la Port»' .lunis-Hejif aux intérêts de Ferdinand 
«[ui veut être en pos.session de la Hongrie (5). » 



(1) I,a lettre de créance de I^asczky e.*! du 8 «eplem- 
bre 1539, et se trouve dans les Arciiives iinpcTiaies de 
Vienue. 

(2) Jovius , 1. XXXIV , p. 227. 

(3) Rapport de iambasiade de La«czky, dam le« .\r- 
cbives impériales. 

(4) Instructio pro Tranquillo AndroQico.nvanI L'île, 
daus les Archives impériales. 

(5) Verantii Epistola apud Katona , 1 xx, p. 1418. 

TOM. II. 



I De sonc(^téSuleiman avait e\pi du- un tschausili 
.1 Ofen, |HJur c«»n.stater lexislenee d un fils né à 
Za|M)l\a. «I«' la reine Isaliell»'. «piinze jours a>ant 
la mort du pt're : car Mailalh. «pii sciait lait 
NNoiwode de I ransylvaiii»-, a\ail l'ssayé «le ré- 
pandre «les «loul«'s sur la réalité «le ««• fait ^1 . 

1 l.a reine prit son nourrisMUi «lan.ss(>s liras et le 
préxiita au tv liaiisi h amliassadeiir, ««nnnu* un 
orphelin n axant «i appui que «ians la protection 
«lu (irand Seip.neur; ave« uni* j;r.1«e toute nialer- 
iiille. «'Ile «lécouvi it son s«iii dall>.1lr«' «'t allaita 
renfant en |iré,sence «lu tsi liaiisch. qui s a|;e- 
nouilla. baisa les pieds du nouveaii-in-, <i.|H>sant 
sa main sur la [)oilrine du paiivn- piiit prolé|;é 
de la l'orte. |ura que le his du roi Jean, à l'ev- 
clusion «le tout autre, réf;nerait sur la Hongrie. 
Cependant l«-s troupes «le Ferdinand, sous la 
(ondiiilede Léonard Fels,allcr«'nl assiéger! )fen, 
elles se retirèrent presque aussit«>t. et enlevè- 
rent ensuite l'est, Wai/.en. Wis.segrad, Stiihl- 
vseiszcnburg. Alors Isabi-lle envoya si-s fidèles 
scrNiteurs Nerbin/i «-t Cerzeky ((imm«' ambas- 
sadeurs A Coiislanlinople , [loiir implorer (!«■ 
prompts si'ionis de Suleiman. IK portèrent de 
riches procnis a\ec .Jd.lKMl diicais coimiH' tri- 
but |>our la Hongrie: «'ii conséquence un «li- 
plome fut rédigé, conférant la digniti- ro\ale 
au fils ^\c Zapolya comme tributaire et \assa, 
du grand padischah '2 . Le begicrbeg de Hii- 
mili , Chosrew-Pascha, et le troisième v«'sir, 
Mohammed-Pascha. reeurent ordre d«' marcher 
«Il toute IwUe v«'rs ( )fen, «'l Sulemian promit d«- 
se mettre bientôt en mouvenu-nl ave«: toute 
l'armé»'. 

l 11 mois encore s'écoula eti « onfén-nees enln* 
Lasczky el les vesirs. I.'ambassaileur de F«'rdi- 
nand se défendit contre laccusation ri'lali\e au 
siège dOfen, en disant que Suleiman n avait 
acconlé à Androniiiis 1 ranquillns quunc trêve 
de trois mois-, (juc rarmee de Fcr<linand ne 
.s'était |M)rtée (pie sur l'héritage de Za|>olya. sans 
attaquer la Croatie ou d"autr<'s domaines du 
sultan. I. a.s«/.k y dans s«'s discours loucha encore 
les points dont il s'était oc«U|m'' inutilement 
dans son ambas-sadede Tannée précédente. <■ lu 
jiarles fort bien : mais tu agis mal, n lui ré|)on- 
dil Lulfi. Les trois autres vesirs lui reproehé- 



[\] Veranlii Fpistola apud KaloDa , ].xx,p.l418. 
•J Kerdi.fol. 336 



iO 



nisTOiRF DF i;kmpirr ottoman. 



rciU lie servir l« s Alij'niaiiils, lui qui «-(ail l'olo- 
n.iis(ii> liai ion ; LiM-zk\ scjusiiria en sapiuivanl 
sur leirtiiplfilel aiulwwKh'iir fraïunis (|tii «Mail 
lié stijel rspaivnol. I.iith dnn.inda quel (Mail 
le l>ii( du (r.<ilt> daiiiilic atnriii a ila);iioiiau 
a\fc le r\n de Krtiirc; • liilnro]î»' K^-dcssiis le 
jjrand amiral. • rcpondic Ijsi/ky. nionirant 
liarbtTiHik'M- qui sié|;;ait dans le divan. « i)ois- 
j»'. dit itlui - CI en riniil . représenter ici lam- 
baîkMdeur du nu de France r » Apr^s que le 
divan eul élé levé, et li»r»qu'ils se trouvèrent à 
table avec lui selon ru»ai;e. les vesirs Hrent A 
laM.zky des coinplimenls sur ses N(»ya|;e.sel se» 
aiubas^dcs. et le féliciii*rent (grandement de 
1 bonueur qu il avait eu de paraître en persiinne 
devaul le padi>cliah. Fasizkv raconta ensuite 
I ornaient i la cour de (iliarles il s'était querellé 
avec deu\ ainbas-videurs persans, qui préten- 
daient faire remonter l'antiquité de la Famille 
de$ Khalis plus haut (pie celle des sultans. I/un 
de ces ambaNsadeurs. dit-il, avait été envoyé 
d'abord au roi de l*ortU[îal . puis à l'empereur, 
pour lui rendre compte des proférés de Sulei- 
man enlVp»e: le seiond était ( har|;é de pous- 
ser remi>ereur Charles h la {Guerre contre la 
forte, et de parlaf;er avec lui la domination 
de la terre, de telle sorte que Charles f ôt le mai- 
Ire de IKurope et le schah souverain de 1 Asie. 
" Gonimenl . demanda ironiquement l.utfl, 
vous éic»-vou« entendus sur la détermination 
de* frojitières , 1 '.-' » A midi i^sczky parut de- 
\aul .Nuleiiuan, qui s écria : < As-tu dit à ton 
mailre que ta Honf^rie est à moi? Que vient-il y 
faire "J ^ •<■ Puis il éclata en menai es et en in- 
jures, et pendant cette explosion 1 ambassadeur 
fut emmené. Les vesirs demeurèrent trois heures 
auprèiidu sultan; la guerre fut résolue . et aus- 
sitôt des crieurs prcHlamérenl que I ambassa- 
drur était arrêté prisiuinier. I/interprélc de la 
Porte, Juni&-ik-i{, vint le couioler en lui disant 
d avoir bon couraf^e . qu'il ne lui arriverait 
(lotni de mal . (>arce que les fautons qu il avait 
apportes avaient beaucoup plu a lempreiir: 
que le vieux eunuque Suleiinan avait proposé 
qu'on lui(ou{»ât le nez et le» oreilles, mais que le 
sultan n avait (toinl apfirouvé cet avis l>e f;rand 
veftir lui |Mt)|K» a d euiier au service du suitati : 



.' I , fUpport de l.av7L j du 7 novembre, 
(îj Rapport df l'amb^n^d" « > l^tctiv. 



Fasc/ky s'en défendit en parlant de ses liens ' 
de sa iiiaiMUi.de la cour, de sa femme et de 
stMi enfant, Fulfi prétendit (pie ce n'était point 
là une excuse acee|»talile; car il aurait des eh.'^- 
teaux et des femmes autant qu'il en voudrait. 
I>asczky resta renl'ermédaiis la maison du {rraiid 
vesir (F;. Toutelois il lui fut permis «l'entendre 
la mesêc lo dimanche dans réjçli.se du patriar- 
cat j;rec. Fe premiir décembre làiO. Sideimaii 
s« rendit à Andriiio|tle avec les princes Mo- 
hammed et .^elim, et trois mille janilsehares, 
et ne revint que le i avril lôil. .Sept semaines 
après. 1 M2^t ducats aj ant été dérobés du lré.sor, 
cent vinjïl liomines et sept femmes furent ap- 
pliqués A la ipiesliou. Sur la nouvelle de la 
révolte de (ihasichan. (çouverneur de Ixiristan, 
et de(irrj;or. c(»miiian(lant du Kurdistan, deuK 
mile ciiui cents janilscliares, sept cents sipahis 
et six cents ulufedschis reçurent ordre de partir 
pour la Perse. Peu de jours après, le jjrand vesir 
Fiitfi, sur les plaintes de sa femme, tomba dans 
la disj^râcc, fut déposé en recevant une retraite 
de 'JOO.OOd asprcs, et sa dij^nilé fut conférée h 
reuniKjiie Suleimaii-Pa.si ha ('2). Huslem-Paseh.i 
devint second vesir. Moliammed-Pascha troi- 
sième, et Chosrev\-Pas( ha ipiatrième. I.a place 
du bejflerbefî (leKumili, quittée par ce dernier, 
passa à rajja des iaiiitscliares Ahmed; Oweis- 
Pa.s(ha devint befrlerbcf; de Haj;dad; le jjouver- 
neurdcSsaruchan, le prince Mustapha, obtint 
Amasia avec une aujjmculation de r)()0,0(IO 
aspres. 

Le 2.'i juin Suleiman se mit en marche vers la 
Ilonffrie à la tète de .son armée. Le fçrand vesir 
fut laissé dans l'Asie Mineure comme pour jça- 
ranlir la sécurité contre la Perse, mais en réalité 
afin de prévenir à lintérieiir toute entreprise 
du prince Mustapha, déjA suspect h son pérc (3), 
quoique la mésinlelli[;ence(rorina(piit la jpierre 
civile n'éclaliU (pie douze ans après; alors il 
n'y avait encore (|ue des (pierelles de harem : 
l'ambilion trop aiulacieiise du [jrince se trahis- 
sait .1 pciiH,' t^uanl an ijrand ve.sir, s'il n'accom- 
pa{jna [M)int son maître à la {;uerrc, ce ne fut 



( I) Et non pan dan» le château di;* .Sept-Toart, eomme 
cela c»! dil d.iii» Ibi^loiicde W<ilfj;aiif( Reklen , I. l, 
P .!>♦;. 

{'/; Kf;rdi , fol. .'iOi , el rapp^ni de l.anczky du 3 mai. 

3 l.e rapport de JjS'-zLy d unie à ce «uj^l de longs 
détail*. 



i.iviu: xxx. 



51 



ni .'i faïKO de son ^p,c nvanir, ni par Miili" ch* 
in('S(|iiiiu*s jal(»nsi('s ilii sultan nlalivcnnMit aux 
pouvoirs oxorliit.inls adurnult's sin- Ir preuiirr 
dij;nitain' i\r 1 1 iiipirr ni tas ilenlriT eu raïu- 
pafçnc; il faut voir dan» cel éloi(;nfmcnt île 
Suleiiiinfi I inllurnrr pn'ponfh'raiitc du srrond 
ve«ir Hustrui. (pii , i;rn(lrr du >ullau rt amicn 
paf;c élevt^ dan» \r palais, jouissait d une plus 
haufr favrur (pie rruniiquc o(lo(»iMiairc h a- 
prt's tout rr (pi i prt( (''(le. ih•^l ( lairipicSuleinian, 
rnœrr fali];ui^ do la toute-puissance de son sc^- 
rasker Ibrahim, dans les ein(| anm-es écoiiU'es 
depuis la eliule de ee redoutable favori, n'avait 
voulu conférer le [louvoir suprt^nie de i;raiid 
vosir qu'à des lioninies habiles, {;raiulis dans le 
service des camps et des flottes, comme ajas, 
l.uth et Suleiman-l'a^icha. (jui. n'(''tant pas ('i^a- 
rt^s par un surcroit tie Faveur comme Ibrahim, 
ne |)ouvaient être menaçants jwur son autorité. 
Mais, p.ir les événements ullérieurs il ne ressor- 
tira pas moins A tous les yeuv fpie la puissance 
(lii|;rand vesir ne pouvait ddimcr anruii motif 
(I iu<piir(ude et de jalousie au sullaii , balau- 
( ée ([u'elle était par I influence toujours crois- 
sante du second vesir Rustem. appuyé moins 
encore par son épouse, fille de Suleiman. que 
par les intri|;ues de la mère de la princesse. I,e 
sultan , livré à la plus chérie de ses femmes, 
domint^ surtout par elle depuis la ruine d Ibra- 
him h laquelle elle avait |)ris vraisemblablement 
une très-jjrande part . commeiK ait dtVs lors h 
laisser les rênes du jHiuvoir aux mains de 
Hustem , qui ne les tenait pas selon son ca- 
price, mais suivant la direction donnée du ha- 
rem. 

A la première station de Conslantinople, des 
torrents de pluie arrét«'rent l'armée |ieiidant 
trois jours, et. durant cette halle, il y ciil ries 
( hanj^ements dans les emplois ; le mufii Tsclii- 
wisade fut déposé, et sa dij^iiité conférée au 
molla .\bdulkadir: sur le rajiport d'un commis- 
saire envoyé sur la frontière de Geori;ie [tour 
examiner les plaintes élevées contre IVrhad- 
Pascha . dans l'administration d'Erseruin, ce 
gouvernement fut donné au fils du vesir Duka- 
{^in-Of^hli , Mustapha-Pascha. 

De Philippopolis l'ordre fut expédié au kapu- 
dan-pascha Chaireddiii d'équiper quatre-vinjijis 
f;alères et de mettre h la voile fK>ur Aljîer, qui, 
d'après des avis reçus, était menacé par une 



flotte es()aj;iiole I . I. .innée ponrsui\ il 11.1 mar- 
che , traversa le défilé d U'iidi . pa^kaiit par 
S»fia et .S(liehrkoi, et se diri|;ea liiii .Nisi ; \ii 
un divan fui tenu, et une audience nccordie à 
l'ambassadeur florentin qui op|N)rtait dea pré- 
sents et fut coni^édié |{ra( ieuM'iiient chai j^é de 
lettres amicales 'J l.a (lis( ipliiie fut aiivMi i|;ou- 
reuse que dans les précédente» ex))éditions de 
llon(;rie. A Helijrad parut le f;oiiverneur de 
Huinili. (llioMcw-l'asc'iia. noiiiniéipialricine ve- 
sir, et (pii prit séance en cette (pialité. I^ aussi 
fut livré Mailal h. «pii. attiré hors de sa forteresse 
de l'o|;aras par les ruses d'Ahmetl. sandschak- 
be|; de Nikopolis. el de Pierre Haresch. |)rince 
de .Moldavie rentré en ijrûce auprèsde .Suleiman. 
et tombé ainsi entre les mains des Ottomanii. 
fut emmené à Constaiilino[ileet condamné à une 
prison iierpétuelle dans le (hâlcaii des Sepl- 
Tours, comme coupable d'intellif;ence avec Pe- 
reny (T. l.r fils de l'ieri e Perenv. laisw' A G)n- 
stantinople en ota|je de la foi de son père, 
avait été circoncis précédemment et attaché 
comme paf;e au service intérieur du sérail 4 . A 
H('l|;ra(l Suleiman reçut la triste nouvelle de la 
mort de l'ambassadeur français Rin(;on , (pii , ar- 
rêté sur la route de Turin avec Cesare I re|joso, 
lorsqu'ils se dirijjeaient vers O)nstantinople , 
avait été assassiné par des bandits .'1 la solde du 
marquis del Guasto Ô . Mais le sultan é[)rouva 
quelque consolation en apprenant qu'Iahja-Pas- 
cha-( )j;hli et l lama, {gouverneurs de .Vnieiidra 
el de Bosnie, ayant fait leur jonction avec les 
troupes de ValentinTœrœk el d'lsal>elle, avaient 
batlu el chasst' de son camp au - devsous du 
mont Gerhard près d'Ofen l'armée comman- 
dée par Hofjendorf. Les flots du Danube appor- 
tèrent des cadavres ennemis comme attestation 
de la victoire ,(i^. Kasim. cominandanl de |j 
flotte turque sur le Danube, avait occupé Pest. 
abandonné par les troupes allemandes. Perenv 
s'était enfin reliréà Kriau . |{(ii;en(l(»rf\ers l'île 
de Schiitt . où liieiil(')t il mourut des suites de 



(1) Ferdi , fol. ai9. 

(2) /&/«/., f.il..\50. 

(3) Fesiler , F.onH, d'jprén Ixuanfi , I. iir. 
(4; Rapport de Ljsc/Lv de 153W. 

■; En Re lenJant rers le sulian , ft non point rn re- 
TPiiant de Consiaiiliriopl»- , le 3 juillet t541 , comme le 
ppnsc Fe^zler : Flassan , 1. 1 , p. 336. 
(0) Ferdi , fo». 352. 



ù2 iiisToinr. i^r i i 

M'"i bU'soinrfS I).ins \c innlli»Miifn\ .issaiii li\ir 
linvitlommoiil à OtVii. le vaillant Dalmalr Ji- 
rùino àv /ara. frtrr «lu «lifcnsour h(^nn(|iH*<lr 
Guns. anrini ainluvsadiMir «le Irnliiiaiid prrs 
lie Suloiman. cl qui dans la dirnirrr ( irmn- 
•aancr «Mnmandail la Hollo des hommes de 
l'est, a^ait rtvu tant do hlossmTs t|ur biontùt 
ajKtS il Miaumlu. Lasozky fut irainé «a|ilir et 
nulade A la suite de l armée jusciuà liclj'.rad. et 
no fut relAiiié qu'au reh»ur dOtcii. Ii)rs(juil 
était prt»N<jue nuMiraiii. 

li»**iôa<u"Jt \'*\\ . le \esir MoliaiiiMied-l'.iM lia 
et les l)«'i;s m' renilirent au-devant du sullan 
dans les environs dOfen. I>e lendemain . Sulei- 
man lransm>rla son armée sur la ri\e droite du 
hanubo. et se diri|;ea vers Alt-(Men où il 
rampa. l>r jour suivant furent amenés six eents 
|.t - saisis dans la bataille perdue le 21 

|.., I lorf. et. A re\ee|»lion de (|Melijues 

«hefs. |»arnii lesquels se trouvaient IWniricliien 
Ballhasar-Puebhaimer et le Boliémien Melcliior- 
Borzi/a . tous furent immolés. Ive '28 . le ls( haus- 
basclii Alia[;a se rendit à Ofen. eliar;;é dOffrir 
quatre rhaines d or et trois clicvaux avec des 
liamais dor au tils du roi . des bafoues, de la 
ii-i ■ et des brareU-ts d'or à la reine: il 

ri , irenatre d autres objets jjnTJeux en- 
voyés au nom du prinec Hajesid. qui aceom|>a- 
goait le sultan dans celle rampafjne I . l/am- 
basadeiir dé( iara que la loi interdiviit au 
ffrand |tadi.sfliali de >isit(T la reine en \nr- 
sonne. mais quelle pouvait envoyer son fils au 
ramp inqxrial avee b*s nobles fjui avaient si 
vaillamment défr ndu( Hen. (»randeful la terreur 
de la reine à cette flcmande. la nuit .se pa.ssa en 
délibérations: Isabelle finit |»aracce|)ter l'invita- 
tion . d'aprt-s le conseil du moine Martinuzzi. 
auquel Zap*>lya lavait neoniniandée en mou- 
rant. Le '29 af>ut. quinzième anniversaire de la 
fi. ' ' Mr>hacs. le [»e;il Sigismond Zafiolya. 
H 1 d un an. fut mené dans le camp ae- 

rTMTipagné d'une nourrice , de deux vieilles 
dames et des ^ix principaux conseillers de la 
reine. Martinuzzi. Peirovich. \alenlin rara'k. 
ÉtienrK-WrlHTczy.l rbain Hathyan\ i rt Podina- 
nirzky L enfant était dan.s une voilure dorée 

1, Pftvbevri , fol. 78. !>•» hlUorienit oiiomao» ue 
dt*eot nen da pnoce Sdim nonuoé par Betblen , i. i , 
p. 379, Ittuaofi, . xiT . p. 241 , «t par Jovhit , I. xi. 



MPinp. 01 roM.w. 

a\ef les troi^ Icmines: les eonsiMlleis inni'- 
I chaient àpie<l.;'ie("!é. Des san(ls(liak-be;',s et «les 
I tsehausclis s'avaneèrenl |)(mr le reccNoir, avec 
le |i;r.in«l ni.urclial el !<• ;;r;m(l < liambellaii . et 
' aee«)mpajjiièr«'nt le pilil piiiKc dans une lente 
! entourée de janitsehares el de j^ardes du corps; 
de celle lente ils furent menés ch-vant le sultan. 
INlrovieh d<'Nail préseiiler reiilani à Siileiiiian; 
mais le pauvre |ietil s»* mil à pleurer, el ne vou- 
lut pas cpiiller la nourrice. Alors elle le porta 
elle-même <lans ses bras, accompaiynée des 
consj'illers. el reviiil bieiilùl ( oiidiiile par Pod- 
manic/k) , le j;rand iiiaréi kal «'l le jîiaiid cliaiii- 
bellan ; les cinq autres conseillers restèrent 
dans la lenledu divan. Suleiinaii leur (il sijrni- 
fier. par les \(sirs. qu'il avail ré>olii de prendre 
pos.se.ssion d'Ofen [Mxir lui-même. Tandis (|ue 
les Ilonjïrois recevaient celle déclaration , les 
l)orles fie la ville étaient ouvertes déjà parles 
janiiscliares, qui avaient [irofilé de la inarclie 
pomjten.sc du corté{îC |K)ur .se jjlisser inaperçus 
dans Ofen ; puis, des crieurs proclamèrent que 
la vie el les biens des liabilanls seraient j;aran- 
tis. si les armes élaieiil livrées voloiilairemeni , 
si lin accueil amical était fait aux janitsehares. 
Avant le coiRlier du soleil, ou .sélail soumis 
aiix(»rdresdu sullan. 

U's cinq conseillers furent retenus dans le 
camp pendant sept jours , el avec eux se débat- 
tit la «piestion de savoir si la reine ne devait pas 
être emmenée à Constanîinople. De .son côlé, 
la reine né{;oeia , ])ar l'enl remise de raml)a.ssa- 
deur de son père à Constanîinople, et de Hus- 
tem-Pascha , auquel elle envoya de ri( lies pré- 
sents pour son épouse, la sultane .Mihriiiah, 
afin d'obtenir la liberté de ses con.seillcrs. Le 
jour de l'cxcupation d'Ofen. l'a^ja des janiis- 
cliares réflama le cliàleau où se trouvait la 
reine. Isabelle ré[)ondil que le cliàleau apparte- 
nait à Suleiman: mais elle pria qu'on n'y lais.sât 
entrer |>er.soiine lanl rpielle y séjournerait. Gela 
lui fut accordé, mais la promesse ne (ut point 
tenue. La{;a des janitsehares occupa la porte 
où il .se tint tout le jour, tandis que .ses fi;en.s 
entraient et sortaient sans faire rie mal â per- 
sonne; mais ils allèreni briser les portes des 
pri.sf>ns. Le l*^*^ septembre 1.041 , un isehausch 
vint siffnifier à la reine quelle eut à partir, et 
qu'il lui fallait acheter des bœufs pour enlever 
son bafjaf;e;à l'instant l'afja des janitsehares 



I.IVKF. \\\. 



demaïKla les « Icfs «Ir l'arsenal cl l«'s nrul. I.»' 
vendredi i' s<'|tl('mliri'. Sulrini.iii Ht son rntrn' 
à cheval daii«> ( Xm. et hl transfitniHT rf|;lisc. 
dédiée à la N it r|;c . en inie nu»s4|uéc t\y\\ tul la 
première a ( )fen. I)«'nx jonrsaprèsj, le secrétaire 
d"i;iat nisrIi.iiidM liiJMsi lii . arc iniipai;iié diin 
interprète, \int ap|>«»r(er à la r< iiie le dipltiine. 
écrit en caractères «l'or et d'azur, d;m^ le<piel 
Suleinian jurait par le prophète, \\i\v ms ;iiitè- 
tres el par v»n sabre, de ne i;arder ( )ten (pie 
pendant l.i minorité dn petit .Sijçismond /apo- 
lya, el de rendre ensuite cette \ ille an .son\e- 
rain deverui majeur. Mille marloloses, deu\ 
mille janitsehares , mille cavaliers, trois cents 
.vsolaks et quehjues eentaines de mariniers fu- 
rent destinés à former la i;arnison d'Ofen . et 
le commandement supérieur lut donne à Sidei- 
man-l'aseha , ancien |;ou\erneur de I5ai;dad . 
pnis d'Anatoli. llnni;rois de naiss.ince 1 . (pii 
rernl la di|;nile de \evir on de pa^eha î\ trois 
ipieiies 2 . A Cliaireddin-Kfeiidi , eomnic ju;;e 
des masiims. an chancelier Verixec/y, dernier 
aml)ass;idenr d'Isabelle à ronsfanlinniile. fut at- 
tribue un Ir.iilemeni ipiolidien de ■"*()<• aspres 
ou 10 diieals. I.e jour où le nischandschibasclii 
apporta au Hl> <le /apolya le diplôme el le litre 
de sandscliak-bcjç de Transylsanie. sous la direc- 
tion de Mari innz/.i et de l'etroNit h. les conseil li-rs 
furent rel.khés , ;> lexceplion dn seul }T(-.|n;.r;il 
Nalentin Tœrœk , ap|)elé communément Tnrk 
Wallandl par les Allemands. (Jnoiipie partisan 
zélé des Jures, accusé par Martimizzi, il lut 
Ininé prisonnier <^ 0>nstantino|)le, et mourut 
an IhiuI de eiii<| ans dans le clullean fies Sepl- 
'l'ours .i . IiiTiik oITril ses deux Hlsen olaj;e; 
mais Suleiman rc|)(tndii ([iic l'iirii\' lui asait 
aussi envoyé ses deux (ils. el cpie ce Ihmi'ji'ois 
n'avait pas moins maïKpié de foi: (piil prêterait 
donc cpi'on lui ouvrit les chAteaux de Charf;o et 
de Szifjrth. Le ô septembre, la reine .sortit dn 
château : Suleiman-Pasrha occupa la maison de 
Martinuzzi. ^ crbœczy le palais du roi Jean: 
mais il n'y rendit pas loni^tcnips la justice |M»nr 
les Ilonfyrois. Il succomba sous la honte de .sa 



(1) Dans Katona , 1. xxi . p. 87 , Retblen , p. 3ÎJ3. 

(2) Istuanfi, 1. XIV : Petschewi , fol. "8 : Kerdi , fol. 
335; la relation du proviseur de Gran.Musiweck, est dans 
les Archives impériales. 

3) Istuanfi, I. xiv, p. 212; Petscbe^vl , fol. /•> 



posdion.el s.ans recevoir les honneurs dus aux 
chrétiens, il fui enM'veli [lanni le* juifs. IVlro- 
vicli eiil lesands.hak de renn's\sar: maison fil 
entendre a la reine «pie le sultan «Irsirait eimire 
h'iniflirclien : les janit.schares «MCU|)<Tfnl le 
château ; les iHimhers «le la ville fur«'nl « mplov es 
comme bourr«'aux I . 

Ïa: lendemain «le r«Hcn|Mtiun dn cluiteau 
roval par les jamtM-hares. arriv«rcnt dans le 
c;iiii|» tun «leux ambassaileurs de |-eniinan«l . Ic 
(«unie >icol;is de Salin, el Sij;ismond . seigneur 
d llcrlK-rstein : l«- premi«r était fils «le .Nicolas, 
le dclensriir héroupie «le \ i«'nne; l'autre sélail 
déjii si|;ii;ilé p;ir des missions diplomali<pies , 
dont I une surloiil , («•Ile «le Hussie . «m i u|k' nue 
place imporlanle dans Ihistoire. Ils vinr(*nl en 
verludiin saiif-coufluit de.SnIeiman. «jiu- j'er- 
dinand avait demande immu' une noiivclli* ambas- 
sade aussitiit «pie lui fut parvenu l'avis «In dé- 
part fl«' l'armé»' «le (!«msla!itino|>le: cell»' \)\hv 
|Mirlail la b)rmul«' alors en iisa|;e : « l-i sublime 
lN)rte est ouvert»' à tous; ra««cs n'«'st inter«li» A 
nul étr«'(pii a «piehpie « hos«' à y solli» it«'r ; mais 
si par là les envoyés étaient assun'-s de |M)nvoir 
se présenh-r, rien m* leur garantissait un Iraile- 
ment «onforme au «Iroit «les j;ens. ni un paisible 
retour. Kn quittant CÀ)Dslantinople, à ime d. r- 
nicre Ici Ire «h' Fcrdinanf! remise par I.asczkv, 
Suleiman avait ré|)on<lu «piil avait reçu la 
lettre |)ar hupH'lle rerjlinand demandaii la 
llonj;rie: que le feu roi .lanuscii irav;iit eu ;iu- 
ciiii droit de dis|)oser de ( c p;ivs «onipiis j»ar le 
sabre «lu sultan, et donl ra«lminislration seule 
avait été contit'C A Za|K)l\a: que le His de ce 
prince élanl un serviteur aussi fi«léle ipu' son 
|)ère, lui. Suleinian, voulait éi;alemenl kiisser 
Sii;ismond adni;nislr«r, et «piil .se metlail en 
mouvement av«'c son armé»' «lans «elle int<'n- 
tion. » L«* cornl»' «le Salin et s«m c<»m|ia]',n<tn 
avaient pour instructions de faire en sorte de 
visiter les vesirs , s'il était [xissibN' , av«'«' le pa- 
latin «leSiradie , Jérôme l,as<zky . que Ion f>ré- 
siimaif dans le camp turc, tandis «pi il élail 
resté à liel|;rad , el «le tAcher de deviner quelle 
.sorte «le |»aix les Turcs avaient l'intention d'ac- 
c«)rder "J. i-e roi. «lisail-on, avaii pris les 
armes ytour faire valoir son droit sur la Hon- 



,1 Relation Hu pniMsfiii- <'.i (.mii. Mnst^erl.. 
2» fox- lin*fruclii)n dan? les Archive» impénalf» 



.^4 



iiisK^ini 01. i.'F.MPinr. ottoman. 



[[Tir , <»«^<nr^ |var \c traiir ilr siiai's.siuu loiuUi 
avpr 7A|K)lya ; ni.iis il nr votilail en aixiinr fan»n 
fomhutirr Siilcimnn. a\u]iic\ il pnyorail nniuirl- 
Irmrnl . fxMir h ir.iii(|iiilU* |M»'^sr>si(>ii de la lloii- 
(Trir. cf qui MTait jusic cl »S]iii!al)lr. l'tnir la 
|imv^<ion (\e lu lloniîrir onli^^t•. les ambassa- 
«Ifiirs [>«ni\.iinit (»ffrir H)O.O(M) (lorins aiinuois; 
s'il H»'\l \n^p^»<\h\c «i oblniir t o |M)iiil . ils pro- 
mclirairnl la restitution des places ronquiscs 
apr^ h nwrt de Zapoh a par les armes de Fer- 
dinand . et de pins 4(1. (MMl durais annuels |K)ur 
la pfK*e<^ion |\aisiMe de la parti»' de la llonf;rie 
wnmi^^f k JautontJ* autrii hienne. 

Fn mettant pied A terre . les ambassadenrs 
furent rerns . n(»n |Mtint [>ar linterpr^to de la 
IVtrre. Juni*-I^T- "^^'^ par Ttinz 1 nlman. né A 
Vienne dnn petit boutiquier. Jean de Pibraeh . 
it par le t'^rhausrhbasrhi : on les lo[;ea dans le 
quartier de Ru^teni-Pascha . et le lendemain ils 
furent eonduits chez ce vesir cl rhez le^ deux 
ptitre* . Mohammed et Cho«ire\v. Le 8 septem- 
bre, ils eurent audieme du sultan : on arrom- 
plit les eér<^monics areoutumées : ils dintrent 
daas la tente du divan . dress^'c pr«^s de celle du 
Miltan Aree eux prirent place les iroi.< vesirs , 
ilerri^re lev]ur|s('iaienl le<kadiaskers: lerhan- 
cflier ^tait a<wis à terre : les ambassadeurs , 
rororoe ers eonvivw . manf;/^renl dans des plat.s 
de terre: leur «-uile. compoM'e déjeunes no- 
bles, au nombre de quarante-six . de diverses 
nations, furent traités par le* sandschakbe[;s. 
.\prf« le rep3<. les vesirs .«e rendirent auprès 
dn *ulian et les amba«>sadeurs furent a[tprl(''S A 
landience. Ils offrirent en présent une rjrandc 
rfHjpe richement dorce. et une liorlof^e artisle- 
ment fabriquée, qui marquait non-seulement 
l« heure* pi 1rs jmirs du mois . mais encore le 
inoiivement des corps célestes. Douze serviteurs 
;»orl^rent cet onvraf;e devant Suleiman. accom- 
p^î^nés d'un horlof^er chaque d'enscifjner la 
manière d«" le remonter, et qui remit un livre 
f obtenant l>ïplicalion de toutes le« pi^ce« et de 
rensemblc Suleiman lui-mérne. qui n'était pas 
rtrangff aux roTmaisvancfs astronomiques et 
cr»»rDOîp'aphiqn«»s. examina le tout avec autant 
d'attention que de contentement. Il était assi.s 
soason baldaquin doré, ayant auprès de lui «ur 
le tn^e w*n U>uclier et m masse d'armes, son 
arc et ses flèches. A c/>té se tenaient delxjut les 
deai tesirs Rastem et Mohammed , et les deux 



inInMiucUurs des ambassadeurs , le (;rand ma- 
réchal cl le (;raiul diambcllan, a\('c des ba- 
(Tuettes {Garnies d'arfîeiil. I-c» ambassadeurs 
vinrent siuccssiNeiiicul baiser la main du sul- 
tan, puis présentèrent la demande de Ferdi- 
nand. «Ouc disent -ils, que demandent-ils?» 
s'écria le sultan lorsqu'ils tmvrirent la bouche; 
puis il inlcrrouipil le di.scoius en disant : 
ûN"ont-ils pas vu m(M\ paschai*» Kt cpiand ils 
eurenl fini :i<i\"onl-ils plus rien A direPl.aissez- 
Ics aller, n Deux Jours après , ils conférèrent lon- 
{îueincnt avec lUislcm , cpii offrit la paix . mais 
A la coiidilion de la resliiuiit)n des plates con- 
quises par Ferdinand, et du payement annuel 
d'jm tribul pour la portion de la [tarlie rpi'il oc- 
cujiait. I,es ambassadeurs se récrièreni sur cette 
dernière cxifïence. demandèrent au moins un 
armistice et le relAchement des prisonniers, 
parmi lcs(pu'ls ils vo\aienl nallhasar Puchhai- 
mer cbarjîé de fers. Husiem répondit «pie .si la 
paix se faisait , les oecasioiLS d éclianj;e de pri- 
sonniers ne manqueraient pas (1;. Le lendemain 
des présents leur furent donnés de la part du 
sulian; cliacun rcgut deux kaftan», einf| pièces 
de drap de soie, et 5,000 asprcs ou 100 ducal», 
puis ils fur«'nt conduits à l'audience de toiifçé, 
et tout 8C passa selon le cérémonial observé l'a- 
vant-veille. Lorsque Si^ismond d'Herberstein 
voulut se baisser )K)ur baiser la main du sultan, 
qui la lai.ssait reposer sur .s(»n j;enou , il fut saisi 
d'une violente douleur de reins ; a Aide-moi. 
fK>ur l'anjour de Dieu ! o s't'cria-t-il en sadres- 
.sant à Hustem-Pa.scba ; mais celui-ci , tout en le 
comprenant, ne boujjea poinl. Suleiman, rpii en- 
tendit é[;alemcnl le wns des mots jirononcés 
par ilerberstein, leva la main pour (|uc le vieil- 
lard put y applicpier plus facilement ses lèvres. 
A|»res laudienre, Itusicm-I'asclia les fil con- 
duire le lou{( du Danube, au-dessou.s de la 
ville, |)Our qu'ils vissent la floUe, l'artillerie, 
les piète.s de ( airq>a{;nc et les énormes pièces de 
siéjçe. I>e cam[> était eulouréd un fossé et flune 
barricade de chariots et de canons attachés en- 
semble avec des chaînes; partout réfjnait le plus 
profond silence: les soldats élaienl j)rèls à 
obéir au n)oinflre sijjne : la lenle du sultan s'é- 
levait par-dessus toutes les autres, des tours la 



'], .joriut, daaiKalODa , I. xxi, p. 86. 



I i\ i;i. \\\. 



5> 



(Itcoi.iicni ly.oUua -lu vu.'"<l('inan'la Hiisicin 
m laii;;ii(' wnidc au sci;;nfiir triIrrborsCciii. nu 
iiiuiiii ii( «lu (Irpul. <i|,«> Utnm iuminisr» d iiii 
souviraui h>ul-|»u»v>jnl , » tlil IVnvou' auln- 
rliifn. Ix' Ifiuleuiain, If» «inbA-widrur^ reçurent 
(icHu.sIcui, dans des wcn dt* drap d'or, la r«^- 
|Hiu.Ht' du ^ulla^ et crilo (jui* donnait li> M-^ir 
lui-même; il y était dit que Suleimaii aNait prt^ 
|KWSo.s.Ni(mdrlalInni;rirpar la f\)rrr dr^ nrnirs; 
ijuc (iran, lata , W i?>>r|;rad et Midil\\ei%sen- 
i>ur|j (Uvaient iMrr reMitiién. et «pie. dan» te 
«a», un traitt^ en forme serait accorde. A|)r^5 
avoir été |)Ourvus de viande , de sucre et de vin, 
les ambassadeurs, accom[n|înés du ts(haus« li- 
basclii et de 1 interprète, s'embaniuèrent de 
nouveau sur le Dainibe f>our rc|;a{;ner Vienne. 
Six jour» aprt"< leur «léfiart . la reine . emportant 
la aiuronne «t les in9i|;ne^ royaux, cpiilta la ca- 
pitale et m; diri|;ea vent Lipim, où elle pleura la 
perte d'un ttone et m^nic du ehàteau (]ui lui 
avait été a^siué «oumic prcstnl de noce». Au 
bout de quatre joui^, Suleiman lui-même .se 
mit en route. Tatuli» qu'il était encore A Ofen , 
arriva le capitaine framais Paulin, dtcoré du 
titre de l)ar«>n de la ijarde. «n «pialilé d'ambaR- 
.sadeur de lrant,()is I ", pour exprimer rindi(;na- 
lion de 8on roi .sur le meurtre de l'envoyé Fran- 
çais ijur le« terres de l'empereur en Italie (l*'. 
Malf;ré ces plaintes, Suleiman Iai8?<a partir Jc- 
ri"»me i^sc/ky, jus^jualors retenu malade ù IJci- 
jjrad . sans vouloir violer de son e(')lé le droit 
des jjeuH sur le représmlant aulri< bien. Au mi- 
1 eu de novembre, il entra à Conftlantinople(3). 
l'n mois apr<'8 le retour de Suleiman arriva 
aussi Chaireddin ave<- la Hotte . tout Mer de. ses 
IriompbeH sur Charlen \ , qu'il devait non pa.s 
à s«'8 arme«, mais au\ lempétCH. I.e 20 octobre. 
( liarifs était venu jeter lani re dan.s la baie Ri- 
tuel' au pieil du cap leinenlus Malafous) aven 
.soixante-tpiatorze };alèrw. deux cents jjnw et 
lelils bâtiments, |w)rtant vinfït-deux mille fan- 
la^$in,s, mille cavaliers; 4 1, quatre cent.s soldats 
maltais, et même un assez f^rand nombre de 
liâmes espajjnoles , qui avaient voulu faire par- 
Ci) Joviu8, dani Katoiia , 1. xxi , p. 86, 87. 
(2) Sagredo, I. vi, p. 283, et Flas«ao , l'eédil., 1. 1 
p. 389. 
(3 Ferdi , d'accord avec l.stuanfi , I. xiv. 
(4) Villatjafjnoni Caroli V, expédition africaine, donne 
le nombre du u-oupet avec deuil. 



tic de l'expedilion . tomme r'iI ^'a^i^^ait d'as«i»- 
ter a un lourmii. MaMn-ileff, auipiel C.haired- 
riin axait confié l'aiitorilé 5ii|h-i irurc «biiio mim 
précèdent jjouvtrnemenl . put A [»rine nunir 
six cciitn cavalierf turci» et «leu» mille arabes 
|H)ur Mdéfenseï 1 ■'. néanmoins il r<*pondit d une 
iii.uiK're évniive .i la s«)mmatioM de rendre la 
Mlle. Ijc lendemain (ibarir» «lispo^a larniée en 
tn»is cor|w pour la faire marcher ««uilre Alf^er : 
en avant. ét.iirni lew l'<qMi|;nnl», conimanden par 
le \ice-roi de ^aple!^ . hCrflmaiirl (tiinzaf^a : au 
milieu, le» Alleniandu avec ICiiipcreur ; enfin , 
' venaient lea Italien» et les Maliaia, soua la eon- 
duile de C-Tmillo Colonna '2 . (Juoicpie le «af» 
Malafoiis ne «oit «pi a douze mille» d Alj^er en 
droite ligne, et qu'en raiaon de ta courbure de 
la côte il n'y ait pas plus «le vin|;t mille» A faire 
de pie«l , on employa trois jour» dan» < etie 
marche , parce que le» montafrne». courant (la- 
rallèl«'nnnt au rivaf;(! . étaient ornipéea par la 
cavalerie ennemie qii il fallait repousser, l^s 
K»<[)ai;tu»lsse sai^ir«'nt descr(Me» desmonlaj^nes; 
' au pied .se p<)«l^rent b's Allemand»: et les iia- 
I lien» se tinrent près «lu rivaj;e , pn)té|;és par 
lesjjaléres. parmi les(|uellesse distin[;uait celle 
(leGianettino l)(Hia, «aplurée jadis sur le.'* \6- 
nitiens. à Paxos, jwir Tor(;bud-Hei», et reprise 
sur lui l'année |trécédenle rians les eaux de la 
(^)rse. Dans la nuit du '2'6 au '24 ociobre de- 
vaient être débarqués la grosse artillerie , la 
poudre, l«'s iMjuletset les munitions de l)«juehe: 
la soiiéi' était belle et la mer tranquille: mais 
tout à coup le vent .s éleva, amenant des rafa- 
les de pluie, une violente tempête éclata et dé- 
( liaina tou.s les Héaiix sur la Hotte «'t larmée. 
I.cs goldal.s privés de tentes, .nans manteaux , 
; «'laienl transis de froid sous des torrents de 
; pluie, et 8 enfonçaient dans le terrain détrempé. 
I l,e lever du S4jleil éclaira le» dé.sastres de la 
Hotte ; quatorze j',alére.s étaient brisées, parmi 
lesquelles celles du prince de .Melfi et de Gia- 
neltino Doria-, cent trente bAtinient» en totalité 
avaient péri 3> Celte as-sistance d'en haut. que 
depui» plusieurs jours un marabout illuminé 
avait prédit dans Alger , enflamma les assiégés, 

(1; HisUtire drs j;ufrrfs mariiiiiif», fol. 26; Roberl^ori 
dit huit ccniK Turci , cinq mille M-nire*. 

2, Villafiafjrioni et îjiorif di Giia/zo, p. 28fi. 

3, Guazzo el Vill.inannoni , d'après l'Huioire de» 
guerre» marilimei , cent &ix vai>«€aiix. 



.nr» 



iiisroinr i>i- iKMPinr. ottoman. 



qui rirt'nl iinr sortie. I.i> li.ilitn> dr ('..imillo 
Colouiia fiin'ui dalninl iy|k>ii.vm's du point où 
ils avaient pris {lOMtiou . puis . atiirrs )>nr uno 
fuite siuHiUr d«> I ennemi m»iis les «iuions de la 
place, ils tuniii reçus par une dé(liari;e géné- 
rale de toute lartilierie. et haehes au pied dos 
murailles «pi'ils a\aieni voulu esealader 1 . l,rs 
re>(es tVhappés à relie desirurlion turent .san- 
^i*s |kir IVmpereur. qui . savancant de sa per- 
sonne . li^ proté};ea eiuilre les .\ral>es dont le.s 
esf.idn>ns . };arni.v^nl les nnuitai^nes . fais^iieiU 
pleuvoir sur eux une j^rélode (Krlies •} . (>ua- 
lor/e eents prisonniers nioslims , entassés sur 
le* galères échouées, furent délivrés (3), les 
ëqui|wj^esmass.irrés; à faraud' peine lee(Mupié- 
rant de Mexico. Kernand (Àirlès. put é(lia|»|ier 
au fer de l'ennemi et à la ftireur des flots. Du- 
rant trois jours tomlx'rent des torrents de pluie. 
la mer se i^ontlait furieuse . de sorte qu'il n'y 
avait aucune jx)s.sihilité d amener (pielque par- 
celle des vivres .sauvés sur les débris de la Hotte. 
Lem|»ereur fit tuer les chevauic. dont l'armée .se 
nourrit durant ces trois mortelles journées. I.a 
perte d une telle quantité ri arlill«'rieel de pres- 
que tous les vivres leforctTcnt de lever le sié{îe 
eC d eroharquer l'armée. I^i retraite fut entre- 
prise vers Matafous, où .s'était o[)éré le dihar- 
quement . et où se tenaient les restes de la flotte 
échappes h la temjK'le 4 . I^ mer fui extrême- 
ment p«Tdleu*<e et difficile, les cours dVau qu'il 
fallait j»as«.fr étaient énormément f^onflés par 
les f>luies. le sif)! était défoncé : partout de I eau 
et de la boue. lycs .soldats voulant se re|X)ser, 
il leur fallut enfonrcr profondément Uiirs lanres 
dans le terrain Intucux. et ils ne purent soni- 
meiller qu'en s'attachant à ces appuis. Knfin, la 
distance de quatre lieues fjjt franrliic en quatre 
jours. lyC.'il fKiobrf l.'»41. l'armée s embarqua: 
mais trois jours ajrf-i-s . une nouvelle tempête 
contrai/^iit la flotte d'entrer dans la baie de 
Bouf;ia . |»f»ur y attendre un fK)n vent [tendant 
trois .semaines. (/• séjour dr Charles sur la ci'itp 
afrif:aine avait duré un mois. f,es temf>ètes qui 
avaient détruit sa flfHte avaient retenu celle de 
Chaireddin à l'abri dans le |iort o . Ainsi la 



(1) YiOasasMBi . p. .5«9. 

(2) HadKfat-Cbalfa . WnUnn d» !;iifTrf« iii;trnnitf). 

(J) VpTlOt , I. III 

(4, Gnazzo. 

15) 8(ohe di Guauo , fol. 107 



délaiie de l'emiMMeiir était uniquement l'ornvre 
des cléments. 

Pour ne p as quitter encore plus tard la cani- 
paj'.iu" (le Hongrie cl nous reporler sur les en- 
treprises de Chaireddin . nous allons ra(()nl<'r 
la j;Herre maritime avant les campafrnes sur 
■ terre, et celtenarration trouvera d'autant mieux 
. sa place ici. (pie la [ireiniére ex[)é(lilion de Cihai- 
i reddiii fut provoipiée vivemeiii par leca|»ilaine 
I Paulin, qui avail obtenu audience à Ol'en, cl 
j doui les efforts surmontèrent tous les obsla- 
j des. .^ur ses instances. .Innis-Hej;. interprète de 
I la porte, fut chargé coiiiMK' ambassadeur dal- 
I 1er a Nenise pousser, s'il le pouvait, la répu- 
blirpie A entrer dans laj^uerrcM (tut re Charles (1). 
Paulin a|>porla a loniaiiiebleaii rassiirance que 
j Suleiman voulait .soumelire la flotte de Chai- 
I reddin aux ordres du roi: puis il revint en toute 
liAle par \ enise avec ICnvoyéde France, Pelli- 
cier. à Constantino|»le. ohtini une audiente par 
le crédit du kapuai;a , chef des eunuques et 
[gouverneur du .sérail : et l'influence de Hustem 
lui fit donner, nialfyré les conseils du (;rand ve- 
sir. une lettre de Suleiman. (|ui proiuetlait au 
roi le prompt départ de l'escadre devant entrer 
au service de France. Paulin s'embarqua sur 
cette flotte de cent dix (galères et cpiaranle pe- 
tits bAliments cpii parut devant Messine; le 
chAleau se rendit A la première sommation. Tîar- 
berousse se .saisit de la belle Fspafjnole , fille 
de dom l)ié[;o, et lui fit abjurer la foi de ses 
pères. Dans 1 ile de Ponza et ;"« Oslia, l'appari- 
tion de l'armement turc répandit une terreur 
panique : mais bientôt une lettre do Paulin 
calma les incpiiéliides sur la côte; les habitants 
de ^etluno et d'Ostia apportèrent du fçrain et 
du vin aux éqni|)a(;es. et les vaisseatix firent 
paisiblement de l'eau à l'emUiuchure du Tibre. 
.Mais à Home on trembla : les nobles s'armèrent; 
moines et nonnes, fenunes et enfants .s'enfuirent 
dans la vallée au delà de Tivoli. I.,a flotte, lon- 
fjeant ensuite les côtes de Tortona et defiènes, 
fil voile pour .Marseille, où Cliaireddin lut reçu 
avec les plus [çrands honneurs, et Paulin dé- 
barqua [KMir prenflre f:oiruniiMieati()ii des orrlres 
ultérieurs du roi, d'après lesquels la Molle fran- 
çaise, de concert avec les forces ottomanes, 
devait aller entreprendre le sié{je de >i(e. Les 

1 Sa,;rt(i<), Ventlia , Mi*ii ,1. vi , p. 28.3. 



i.ivi;k wx. 



.>/ 



Français, sous les ordres du duc d l\u(jliifn . | 
avjiciil viiii;l-drux|;alt»ros, dix-huit };n»s \ais- | 
sc.iux , et les ( )tti»Mians roiiipt.iicnt (eiitein- | 
<|U.inle \oilc>. lU panirrut d«\;uil Nire, dont le 1 
I licvaiier d«' Malle, l'aolo Siiiiciiui, (|ui jadi> 
avait «té dans les fers de Harherousse , délendit | 
le eliâtiau avee un (ourajje liéniii|Uf I . la 
\dl«' >(• ii-ndit l)icn(t'tl sur la (iroujrs.sr |;aranlic 
par l'aului d être pres«r\ir ilu pdla;;»'. les ja- 
nitscliares , trompés dans leurs eN|H'ranns du 
l)u(in . niuriiiiirérent ; le fort tint \aill.iiiiuient 
rontrt" li's ballrriis de IJarlu-rousM'. Uiciitot les 
1 rain;ais nian(|uèrrnl de pondre, et les i'uri s 
durent leur en vendre, (lliaireddiii leur Ht re- 
proche d uu«' Icllf uéi;lii;<'ure vl du peu d'iui- 
portanee de toute 1 entreprise, disant «pie les 
Hottes «lu sultan étai«'nt aeeoutuuiées à «Iw'rjher 
d«'s aetionsd «Vlat, «'t non pointa eornprouMtire 
leur renonuiié»' par «le niisérahles résullals. A 
lyrand peine le due d i-'.ii|',hieii put apaiser la 
colère du Musidnian. l ne lettre intercepté«' «lu 
uianpiis del Guasio. (pii proiiiellait au « «tnniian- 
daul du ( hàte.iu un pniinpt secours ,i\(>e une 
armée redmitiilile . «lelrniiiii.i les I urcs à lever 
le siejïe et à se retirer: mais auparavant, ils 
pillèr«nt et brûlèrent la ville 2 . 

Dans la krimée, les troubles attirèrent lat- 
lention «le Suleiinan, et plus encore celle «le 
Husiem, «pii «-n a\ait «'lé l«' provocat«'ur. Dans 
ce pays, coninu' nous lavons raconté |)hrs haul. 
avait ré|;né Seadet-Girai. i«)mpaj',non «lu sultan 
Seliin . dans r«'xpédition «le l'erse Juscpià Ijx- 
pé<lilioii de Siili'iman vers |{a|;flad : forcé [);ir 
les inlrijjues dlsIaui-Girai à résijçner le |m)U- 
voir, il s'était retiré à Baf;dad, où il mourut 
«pieltpies années après :i . Islam-(iirai ne tuf 
point recomm j)ar le sultan en«pialite «le«han, 
• pioi«|uil eût déj;\ nommé kal|;ha son frère 
l slwjj-Girai, et la s«)uverainelé de Krimée fui 
conférée a Ssahil>-Girai, ius«pralors chan d«- Ka- 
san, tils de Menj;li-(iirai. I,e sultan envoya à ce 
vassal soixante canonniers, trois cents armu- 
riers 1532 , rnilh- janilschares , et une somme 
darj^ent qui. par la suite, «lemeura ainsi fixée 
coninie niMr(iue dlKinneurà ( liaipie iiisi.iH.itiou 



de chan 1 . Durant «lix-huit mois, Ssaliih-Girai 
s'entendit avc«- lslam-(Jirai . «pii alors «M-(ni|».iit 
le |M»ste «le kal|;ha, puis il s Cn «léht asee rai«le 
de Ibki, bei; «les Tatares- .Noi;liais, «pii lui- 
nièm«* fut condannn* à ni«Mirir dans un toniie.ni 
«r«MU |;lacée. .Mi-llej;, frère de liaki-IW'i; et 
beau-père du chan. arma d«Hi/.(> mille \aillants 
compa|;n<ins |Miin* \enj;er la m«>rt «te son frèr<'. 
Mai«. .•ss;dul>-(*irai . à la tête «h* «piarante mille 
hoiniiH*s. surprit rarniéedAli-llo(', dans un m'- 
filé , l'anéanlil «t n si;» maître «le la Krimé*- 2 . 
l'ar <pi«l<pies |>ro|Kis tr«»p hbr«'s t«niis «outre 
Husl«in, il s'était attiré la «lis|;râee «le ce \esir. 
\ (onstanlinople. se (i(»uvait alors en ot.«i;e 
Dewiel-t.irai. lils «le MulMr«'k-<iirai. |ietit-fils«le 
M«'ni;li-(iirai, auipicl avait été fait j;r:Ue de la 
vi«'sous lerè|;in' de ses onchvs M«iliauun«*d-f iirai 
et ."s«adet-(iirai. [iar««' «pu* sa mère, ajirés liin- 
molaiion de Mnbarek-tiirai. était passée dans h- 
lit «les meurlriers .'i . SsahiM.irai.in«pii«'l a\ee 
raison «lu séi«Mir de .s«>n neveu à Gonsiantitm- 
ple . le pro| osa |i()ur elian «T Asirachan. Hiisieni 
accn«-illil en apparenc«' cel[«' candidalin-»'. Dew- 
lel-(iirai recul [inblicpiemenl sa nomination «le 
chan «l'Astraciian : mais «-n secret on lui c(ui- 
l'éra linvestilure «l<' la Krimé»'. «M il fut or«lomi«'' 
à .Ssaliil>-Girai de marcher contre les Tscher- 
kesses, et spécialement contre la Iribii révoltée 
«lesSchanes. raiulisiju'il poursuivait «ett»' «-xpé- 
flition, Dewlel (iirai parut d'abord conuii«'«han 
«r.Vstrachan à .\kk«Tman, mais bi«'nl«»l après 
se para «lu litr«' «le «lian «le krimé»' lô^ôl, 
battit lekalj'.ha Kmin-(>irai. «léli\ra liidiik-(>irai 
et .Mubarek-Girai, et invita «es princ«'s , ain-^i 
que d'autres parentsdeSsiihiWiirai au meurtre 
«le son «)ncle. Kn eff«'l , ««• d«'rnier fut p«T««'' «le 
«lix-sept cou[)s de poi|;iiar«l par ses parents, il 
fut enseveli ■\ Ssala«ls«hik , aux ensilons rie 
Bafjlulselieserai , sous le diiine «•U-vé par son 
aïeul lla(l>clii-Girai, fondateur de la «lomiiiatiMii 
des Girai. 

De retour «lesoncxpi'dilionfrOfen. .Suhiman 
se livra aux [daisirs de la «liasse, et fil d«s 
chanj^ements «lansles cf)mmandem«nlsdes pro- 
vinces. |,e i;f»uvern«Mir «l'Ofcii . Siileiman-Pas- 



(1) Sagredo , p. 287. 

(2) Sagredo , p. 287. 

{3) Noclibetei-Tewaricb , fol. i;.J2 , place sa niorf en 
1532; mais les sept étoiles errante^ la metleiilen 1537. 



(1) Le» wpt étoiles errantes , fol. 6Î. 
(2 Dsrtienabi , p. 121. 

3 I»8che«iabi, p. 121. et les étoiles errantes 
I fo!. 6J 



58 



iiis Toini: ni-: i/r 



cha. «fraibli |mr la tval.iilic. sur sidi-tDando lui 
dèliM»' ilo S.1 «lij'.iiiU-. tjiio \iiK iHrnprr Hili- 
Bo}{. SiiitMinan, lloni;roi< <lr naivyïnoc, ne siir- 
M'cul !»«•» loiijïlniip'» à r.isMiiollissniiciil «I»' sa 
patrit*. In .iinro liali-l'asrlia. do Diarbckr. ac- 
cusé de inalvorMiiun!) par son drfirrdar. le 
be|;lcrl>0|; de Karain aiiir. Ilnsoin-Pasrha . sur 
ladéuitnoiaiion du i;iand voir. Iiircnl di'posés; 
lo premier fut reuiplacr par le bei; de Sulk.idr. 
Al*-ra.sciia : le second, |>ar le ramanasochli 
PJri-PaMha. l/cnqu(^te sur laduiiiiisiration 
de* deniers publics à liai^ilad. confiée au |U(;e 
de Damas, eul |K)ur résultai la dé|K)siii()n 
dCHeis-Pasclia el son remplacemeni pr Ajas- 
Pâscha. I,e ijouvernenienldcSsaruclian fut con- 
féré au prince sultan Moli innned. avfc une as- 
signation de 3.(HKI.(KK) d aspres de tniilement 
annuel ; celui de Konia. au prince sultan Selim. 
Tous deux se présenitTint A des jours divers 
|»our recevoir solennellement linvesliture par 
h bannière et le tambour: ils passèrent succes- 
sivemeni queUpies jours à Skulari. puis l'un et 
1 autre se mirent en marche pour leurs gouver- 
nements resjK:ciifs. 

A |>ejne Suleiman avait quitté Ofen. que deux 
corps UirCT firent des irrii|itions sur les terres 
rno^mies : I un, c(»mmandé |iar le pasrha de 
FkwDie. voulut se dirif^er sur la Moravie: mais 
le Waafî , gonflé par les pluies, larr/'ta sur sa 
route: 1 autre man ha du c<')té de (iiarmath . 
pour déva*t«T les domaines d Kmerich IJalassa. 
O Balassa était . comme Mailath . un criminel 
d'£(at aui yeux de Suleiman. h cause de la ten- 
tative faite [>ar lui en Transslvanie pour s"np- 
pn»prier le pays avril 10^2 . In ferman rendu 
contreccsciRMeur et adrcsséaux Transylvanien», 
leur apfrtrnait rju'ils étaient la pro])riéié rie Su- 
if iman . »ei r-sf laves: que s'ils é(oiilaient les 
ordre* du roi Kerdinand . filiisieurs centaines 
de millier» de Talare* et dakindsehis vien- 
draient fiortfT chfz eux le fer cl le feu '\ . her- 
Mnand envoya de nouveau . comme nonce à 
Coastantinople. Tranquillus-Androniens, avec 
la mission de «olliciler de la f;énérf»siié de Su- 
leiman la possession de la Mon^^ie. r omme une 
marque rie ld>éralité, et doffrir pfjur cela un 
tribut annuel , dabord de o(J,fX)tJ , puis de 



!; La quathrro« inuwiTc, dan* les ArchiTrt impé- 
riaki , HistoreoMU et diplomau. 



MPIRK OTTOM.\N. 

KMVIMIO dmals l\ l,a leKre de créance excu- 
sait le rdard dune ambassade stir le maucpie 
de sauf- conduit préalable ("2). Les vcsir» ne 
voulurent point eniendre parler de ces |tropo- 
Nilions,et Iranipiiliiis uv lui pas même admis 
A l'audience du sullan. A la léj>,il imité de la 
souveraineté par le traité de succession, les ve- 
sirs opposèreni celle du sabre. I /eunuque Su- 
leiman aven il même TraïKpiilIns. cpie l'erdi- 
naiid pom-rait bien avoir le .sort d'AlaeddewIel , 
qui. ayant voulu défendre ses filal.s Juscprà la 
dernière <'xlrémilé ecuilre le [)adiseliab. thiil par 
eire déea|iilé avec sa lamdle. I,e second vesir, 
Hustem. lui dit :a Ibrahim n"a louché Vienne 
(|ue du d(»ii;t . moi je saisirai celle ville avec les 
deux mains. Ton maître pousse c(Milre nous 
iKtn-seub'uient ses sujets, les Kspaj;nols, les 
Allemands el les Italiens, mais encore les nô- 
tres.lcs Honj;rois, les Transylvaniens et les Mol- 
daves. Si fn n'es pas admis à voir le [tadischah, 
à lui baiser la main , ce s(ml les propositions 
indi{;ncs dont tu es char{;é (pii le privent d'un 
tel honneur. » TraïKpiilIns eraiijnail déjà d'être 
arrélé((>nune l,ase/ki; car suivant l'expliealion 
du vcsir sur le .sauf-conduit , « la sublime Porte 
était ouveric A tous ceux qui venaient pour y 
implorer (piclqiie < hose. qu'ils fussent anns ou 
eimemis: mais il n'en résulte pas qu'ils puissent 
bbremcnt s'en retourner. nToulelois l'on s'en tint 
A la menace: le 9 novembre, Tranfpjillus An- 
dronicus (|uitta Con.stanlinople sans avoir rien 
obtenu Ci). 

Tandis que Tran(juillus faisait de vains ef- 
f*»rls â C«)nslanlinople sans pouvoir même Mre 
afimis i\ une aiiflience . larmée de Kerdinand 
venait assiéjjer Pest. Hali-Pasclia, le nouveau 
};ouverneur. appela le secours du Persan l'iama, 
cl de Miirad. s;inds( liakbc}; de Poscf^a, (pii ac- 
coururent, le premier avec trois mille cavaliers, 
le second avec mille. Il y avait mille janilscharcs 
sous le cfjmmandemenl de leur lieiilenant (jé- 
iiéral. le sc{;banbasflii .liisiif : le reste était 
fies soldais des fronl ière» , des asabes , des mar- 

'i; InMniftio pro Tranquilio Andronico secretario 
no»lro,du lOjiiilIcl 1.S42. 

!2j La leUre de créance est dans les Archive» impé- 
riale». 

'.3, r/jmmPDtariuK rerurn artanim f>in«tanfiriopoli 
per Tranquillum Andronicum , S. C. R. M. lecalum «n- 
Do 1642. 



i.ivnK XXX. 



r,o 



tolo«i'«.Uncnu'»«inlcllljjcnfcenlrpl«AllcmaiHl.s 
et Ir» lUilicns hl (|iir tes (Icriiicm ne furent pa% 
.Mtiilciiiis (tntis 1 ass.iiit li\ré à la pinrc. Ainsi la 
br^cluMxivnU* |ian|iiarant(' lM)tii lu's.l Ira n as- 
sura |)âs un |>asM(;r à riiniM^tiiciisc ardnir des 
Italiens > itriii, Medici. l'allavicini.;"! la vaillanre 
des IIon|;r(»iH /riny, Hevay et Hanty, Mcvay 
fut l»le«!M' hornhieinent par nn lionlrt . Uanfy 
fut liK*. I,'arin«e ne n»ni[irenai( i;iiere moins de 
i|natre-vin|;t nnllr hommes; ItMtM-inir .Inailiim 
de nr;mdi'l»iir|;cotnni;uidail (|ii.ir;mfi--rnillf fan- 
lassins et huit nidle ia\aliers;.lean l n|;nad,e,i- 
|)ilaine de la Styrie , di\ mille: le* llonijnjis . au 
nombre de seize mille, riaient sons les ordres de 
(iaspard SxMid) el de Pierre l'ereny. Unit Alle- 
Miands étaient attaclu'.< A rarnu'i- m (|nalil(^ de 
conseillers de (guerre. Te p.irlai^ed.uis lantorilt^ 
était nn enipèrhcmrnl ;1 liniilt' dnriion el ,'i 
lont résultat; d^s le sept it''me jour du siéi^e, les 
(|nalre-vin|;t mille assié|;eanls, avee leurs huit 
(onstiliers. dé(ani|»(^renl rievani les huit mille 
hommes de la place. 

Dt^ les premiers jours du printemps de 1 an- 
nér \hi^, les drapeaux victorieux de .Suleiman 
f1oll^reIll de nouveau du colé de la Iloiijjrie. 
( él.iil la huitième campaj;ne que le sullaii di- 
rif^eaii en personne; elle .se fit remanpier en- 
core par la [>révoyance el Tordre des mesur«'s. 
par la rij^ucnr de la dis» ipline. Avant le dépari 
de Constantinople. on avait réuni rent vin[;l- 
(piaire mille huit cents minois d'orfje el qua- 
rante mile minois de farine, qui furent trans- 
portés sur trois cent soixante-onze hAtimenis 
de la mer Noire dans le Danube. Ol te flotte 
était sous les ordres d'Ali-BefT et de Sinan-Afja, 
be;; de Szrj^cdin. ancien kapidschibaschi ou 
( hambellan du (;rand vesir Ibr.ihinj. Suleiman 
avait pa.s,sé l'hiver \ Gnistantinople, et. à la fin 
de lévrier, il avait détaché le bef;lerbenr de Rii- 
mili. Ahmed-I'asrha, vers .Sofia. Lui-même se 
mit en route le 23 avril, avec un (^rand déploie- 
menl de pompe. 

Kn même temps que .Suleiman quittait Andri- 
nople, Hali-Paseba et Tlama commençaient la 
};uerre en Sclavonie et en Honf;rie. Ce dernier 
avecMurad.sandschakbei; de Posefja. et Kasim. 
sandscbak-beg de Mohars, prit lech.'ilean dTr- 
ban Bathyany. Athina. situé entre Cris et Po- 
sega. puisSophronica, ehAleaud'Klienne Banfy. 
et Belostina, possession de Keglevich. L'ancien 



bri|;aiid I jdi«.|.iii« Mixv lut < luW de son rhâ- 
leaii dp Ibhoe/M, el Min ami Kiienuo l>osnnM 

lui ay.inl cédé sa foriercssedc Naii.i nn pied de» 
n)ontA Malra. Ball-Pasclia em|M)rta d assaut ce 
repaire et envoya .Mjire aver se» flis priMuimer^ 
A (xuistanlino|il(*. parlaf;er, dans les sept- lonr*. 
le destin dcMjil.nh et de \alenini icenek. Mais 
More êciiappa S la captivité en abjurant la foi 
de se* pères et entrain int »«*s HIh dans la in^me 
a|K>sln«ip. tandis (|ue .Mailaih et lo nik re|t(Kiiu 
sèreni Iniiirs les offres de commandeinrnls rt 
de di|;nilés, |MMir rester fidèles à leur reli- 
gion ( 1 1. Ensuite .Murad, Uiisr-Be(;, .Mehsi-lieg. 
el .Ahmnl-Iîei; assi(j;èrent le < liAteaii de \ ,(I(^k) 
uiid'l .ssck. sur la rive droite du h.iniibe. BieiilAt 
après [)arut au.s.si Ahmed-l'ascha , be(;lerl>ejj de 
Bumili. qui menait lavant-garde de Suleiman. 
Le sultan s'était avancé accompagné de son fils 
le prince liijesid. d'Andriiiople A PhilippoiMilin, 
où le brglerbeg d Anatoli. Ibrahim-Pa*<lia. 
joignit l'armée. On chassa trois jours dans les 
ironlagnes. et Ion recul de (^)nslanlino|ile la 
nouvelle (|u»' Chaireddin était parti de (ialala 
avee cent vingt-six vaifweaux. ayant A Injrd l'am- 
b.issadeur franciis: el de la Hongrie. Kasim, l>eg 
de .Moliats. adressa un bulletin de I avantage 
rem|M)rlé sur l'ennemi qui avait voulu Murpren- 
dre les Ottomans firès de Sixard. A Sofia, l'on 
apprit la mort de Bali-Pas(ha, gouverneur 
dOfen, et à sa place fut nommé Jah|a|Misclia- 
sade-Mohammed-Pascha. Kn mèmelem|.sruiTn' 
conférées, dans uti di\ an soIimuicI. plusieurs di- 
gnités dans la magisirainre et renseignement. 
Lorsipie l'on eul dépassé .Sofia, on recul nn mes- 
sage de Murad-lieg, annonçant cpie le siège de 
\alpo était commencé, et rpie les ennemis (pii 
.s étaient ras.semblés près de Sikios et de l'iinf- 
kirchen, avaient été dispersés. O' bulletin était 
attesté d'ailleurs [»ar soixante-dix ne/ et aiitanl 
«le paires d'oreilles, et par l'envoi de Forgacs . 
tombé vivant entre les mains de« Turcs. Sur la 
rive du Danube arriva enfin la nouvelle que 
Val[M» avait été em|»orléedassaiJt par le begler- 
bcg de Hnmili après avoir reçu troin mille cent 
Irenle-sept boulets de pierre. 

Dan.s le camp aii-des.sous d'FJJsek . le «ultan 
reçut le commandant de Valpo qui. ayant rendu 
vnjoiitaircment la citniiejlr. obtint un accueil 

(1 ) Istuanfi , I, XT ; Kalona , I. xu , 289. 



60 



ÎÎISTOinr DF l'I MIMIîF ()Tr()!MAN. 



lîr.n itni\( t niifîrf ;uiprôscli)|Vn 1 .On iiuiiiin.i 
pinir \ al|Hi mi cuuiii.uulam <lo pl.iro. imjii|;t' 
cl un imam. AlmuNl-Pasclia riil ordre «ins>i(V,» r 
SikU»s. InM/craiions v\ troiilr fann>nno.m\ tn- 
nnil tr.ins|>«)rlo> dr\ani la placr à fonr de bras 
il do iM'inr. à (ravrrs 1»^ Ixiiu-s «M 1rs marais, le 
kiaja Mohammed mil pit"d A lorrr. cl s'alU'la 
lui-meoH' à une pièrr: aus.Ni le sullan n'rom- 
(irnsa rr ii\c exoiiipLurc par un don de "J(K) dii- 
c»is '2. IvC.s tra\aii\ du siè|;e fiuTni e(»ndiiiis 
|»ar les sandsehakhej^s de Bosnie . Poso|;a el 
Mohacs.MUisleeomniandemeiil NU|M'rieijr d".\h- 
infd-Pas4 ha. Ivi'Jrrbei; de Hnniih. Mais landis 
que s'ouvrait la Iranehée . des parlementaires 
vinrcnl offrir une eapitulation de la pari de la 
n^rnisiin de Funfkinhrn: Murad ci Kasim fu- 
rent députes |Kiur aller la reee\oir: ils prirent 
possession de eotle plaee située dans juie belle 
plaioe. y laissèrent liali-\\»)i\\(Kla |K)ureoni- 
maodant. |>uis revinrent devant Sikios. I. armée 
assi^ranle fut renforcée par l'arrivée de plus 
de Irois mille Tatares; cl en outre les vcsirs 
Mohammed et Chosnw-Paseha . le bej; de Se- 
iDCndra. Tekke^de-lladMlii-Mohammcd . celui 
de McM-ée. Mohammed -Turachan , et celui de 
Suornik . Chaireddin. ser(mdérent les assié- 
geant.s. I^ grosse artillerie avait A peine fait 
cent décharf;es. cl les [ictites pièces tiré deux 
cenl.s coujis. que la ville se rendit après huit 
jours de sié^je : mais le château liul encore. 
Schcili. kiaja de Chf>src\v-Pas( ha . qui |>orla la 
jo>eu^ nouvelle au sultan, rerui enré< ompense 
UDcaur;mcnlation de i.iHH) a.spres aux revenus 
de -Vin fief. Au 1k)iiI de trois jours la reddition 
du chàleau fut fléicrminéc par les avis de .Mi- 
chel Oiak, .secrétaire de l'ercny. cl des deux 
^^y Quelques habitants prétendaient avoir 
entendu avant l'arrivée des Turcs, retentir du 
hauld Une iruirpar une iniit < aime et tranquille, 
l'appela la prière de lislam : et |)endant le sié{;e, 
par une nuit sombre, contre le cachot dans le- 
quel le roi *^ ; après l.-j bataille de Nico- 
fiolis avait . u captif par ses f.tats, cl 
où étaient maintenant déposés des prisonniers 
mu-Milmans. ils s'imafjinaicnl avoir vu brdler 
une vive lumière. Ils as aient donc eux-raéme.s 



'1 SMrunfvh^ijwb, fol. 68 , rjan» Katona, I txi, 
p. 299. 

(2> Sinariiwr.atjvb , foJ. 72 et 77 



(h'irnii la lour; mais les pristmniers furent sati- 
vés. tlenl soixante-dix cavaliers de la {-.aniison 
furent envoyés A (Jonslanlinople; leeh;lleau lut 
eonq)ris dans le sandschak du bejv <1«* Moliacs. 
De ."sikios. SuUMuian savama sur le Danube. 
I.e bcjïlerbcj; <le liuuiili. Mnned, prcnanl f» naii- 
ehe. dépassa Fiuilkin heu, pour aller renverser 
le eh.lieau de S/az ou le recevoir à conq)osilion. 
l-cs liabiianls se déterininèrciil ;'i capiluler. A 
Sexnrd, .Mmicd fil de nouveau sa.i(UJclion avec 
l'armée du snliaii. ( )n laissa pour le moment le 
château de .Nianvavar.à jjaucliedeTolna,<|Uoi- 
(pi il j;cn;U la marche <le l'armée, el ce fut A 
Fceldvar (pic l'cui cauq»a. On Ht encore deux 
marches, et le 'J.i juillet Suleiman entra solen- 
nellement dans Ofcn. Dans ini jpaiid divan les 
vaimpu'urs de \al|K). l'uiilkir» lien el Sikios 
rei-urent des récompenses. Miiiad-nejï sand- 
.schakbc{;de Poscjya, obtint une aufçmenlalion de 
3(1.(100 .ispres à son IraileiiienI annuel ; son fds, 
un liel (le 12.000 aspres. L(; cuisinier desjanil- 
schares el .son aide, qui les premiers avaient es- 
caladé les murs de Sikios, eurent une j;ratifi- 
calion de -JO.OOO aspres. (Juaraiile des j;ros ca- 
nons qui lancaienl des boulets de cent cl trois 
cents livres, et (pialre cents petites pièces, re- 
montèrent le Danube sous la direction du beg 
de Silislra. le Persan Seliri-Mar. cpii avait cm- 
bar(pié à Silislra rarlilleric amenée de (lonstan- 
tinople en ce lieu , pour lui faire descendre le 
Meuve. Deux jours après commença le sic'jfc; la 
i;ariiis(m élail composée (rKs|)a}jnols, d'Alle- 
mands el d'Italiens. Les Fspa{;nols .Martin Lis- 
caniet Fran(:ois Salamanca commandaient dans 
la ville haiile el la ville basse. Fes capilaines 
allemaiifis élaient Tristan Vierlbaler el Michel 
He{;ensbur[;er: les Italiens étaient sous les or- 
dres des colonels Vilelli cl Torielli bien fornu's 
au service des places: il y avait en tout mille 
trois cents hommes. Trois cent soixante-quinze 
canons furent amcnc's d'Ofcn sur cent sept vai.s- 
seaiix.les trois fils de. Iahja[»ascliao/{lili-Moliafii- 
med. fjouverneur d'Of (;n, Arslan-Bc};. sandshak- 
bc{î de Wuldschtcrin, et le bcf; de Szcjjedin, 
Dervvisch . re(;urcnt ordre de |K)Usser des recon- 
naissances du coté de Sluhlvseiszenbiirjj el de 
battre le pays des alenloiirs. Suleiman envoya 
Irois rcnéjjats, un Ivspajjnol. un Allemand el un 
Italien dans la ville. fK)ur chercher à détermi- 
ner la {îarniwjn à se rendre, l/cs iK>rlc-<Jrapeaux 



l.l\ l;i. \\ \. 



(W 



réjtondirt'iil (|n ils rosttTaienl iiiarccssibles auv 
proiiK'.vses el aux menaci's ; h* courage des assit'- 
jjés (lait anime iiimre jwir larrivée tmite n - 
ceiite df six tnits lioiuincs sous la rouihiili- «le 
ri.sp;n;nol >am uis Culta. qui leur a|i|M)ii.i do 
\ ii'unc l'asMiraucc du luicincnt prniliain dr k-ur 
solde arriérée. Mais Irur ardeur tad)lil bieiilot . 
U)rs4|ue leur |»lus liabde artilleur, (Ldaluais de 
uaissauer, |>js>a dju> les rauj;s de Mikunaii. rt 
«|ue des Iraiisrujjes ré\élcronl aux I uns la par- 
tie la plus faillie de la \ide, la Itnir de l'A////, 
sur laipielle auvsiiol les batteries turques do I ile 
diri};éreiU leur feu. L'assaut ne devait avoir 
lieu que le jeudi , mais un devin avait |>rédit. 
d'après des hi;ures Iraiees sur le sable, tant 
lie succès |)«iur le lundi 6 août , (pie l'on céda 
;iu dé^ir «les troupes. I.os assaillants hrenl «les 
p<'rtes ainsidérables en morts et en blessés, 
(Kirmi ces derniers se trouvèrent le «apilaine 
do la Hotlille du Danube el le des in lui-même. 
I ji croix dorée (|ui surmontait la ma|;nifi(pic 
cathédrale |;olliiquo de (>ran ayant été atteinte 
et renverst-e jwr un IxjuUt , Suleiman s écria : 
«Grau est k nous (1).» Bientôt ce présajjc se 
réalisi ; car les Espaj;noIs Liscani el .'^alamanca 
né};ocièrent la reddition de la place niityonnant 
une libre retraite |K)ur les assié{;cs avec leurs 
biens. Le 10 aofit fut sifjné l'acte de la capitu- 
lation dont les articles ne lurent pas exaolemenl 
remplis. Ali-.Vga demanda à Liscani la chaîne 
«I or «juc celui-ci avait arrachée a l'ereny, comme 
un souvenir, el lonpie ri*lspai;nol se croyait 
bien rai lioté parce satritice, le lurc prit en- 
core les chevaux dont les selles étaient jjarnics 
d'or, en disant ironiquemeot que pour s'embar- 
«|uer on n'avait pas btsoin decliovaux '2 . .\vanl 
de laisser sortir la [jarnison . Suleiman lemploya 
à en.scvelir les morts, à déblayer les décombres 
cl aux ouvraj^es les plus vils, tandis que sous 
les yeux de ces malheureux soldats vaincus leurs 
femmes étaient déshonorées, ou noyées si elles 
se défendaient .i . Par ces Irailcments le sultan 
espérait les pousser iï embra.s.ser sii foi ot .s<^)n 
service, car dans ce cas il offrait de j^nuids 
avaiilages. Néanmoinsfpioiques hommes à peine 

(1) Jovius, dans hatoiia.p. 316, I. xxi, et 6iiianl- 
schauscb , fol. 139. 

(2) Jovius , Sioantschausch dit qu'il y avait udc va- 
leur de 10,000 ducats , fol. 1.51. 

(3) Stella , c. XI, dans Kaiona , 1. xxi , p. 343 



roiiieient lo (iluist »'i lour mi l , Lo jour inèiue 
de la remise île la place. Suleiman fit « onvicrer 
la cathédrale au culte de lislain. Liisuite. un 
di\an fut tenu dans la teiiie impériale On Ijiss.i 
p(tMr<Mrn|K"r(.ran sept l)oj;s, toux de.Vmendra, 
W uldMhlerin , Aladschahis/ar , Perserin . l'o- 
se|;a, .S\«ornik et S/e|;edin 3\ec cinq cents s<il- 
dats du |;eiiie, cinq cents asaln's, oiiiq ( enis bos- 
ililus.niKi cents i;<i-nullus, un mémo nombre 
do jauiiscliareset deux mille martoloMs; le jujje 
iiniiimé |Miur la Nilio fut suImh donné a irlui 
«It )lcn . et le Nandv bak se trouva «ompris d.tns 
le paschalik dési|pié par le iimiii (W (otto dor- 
iiière capitale ['2 . 

L«- lendemain de ces di.s|M>sitions arrisa un 
«'UNoyé |M)lonais |H)ur offrir des félicitations sur 
le succès do l'onlreprise el d(s présents 3». 
L'armée se |»orla sur Sliililwois/onbiirj;, où s'ac- 
com|»lissaiont autrefois les corémonioi du < ou- 
ronnemenl el des funérailles dos rois. Parmi 
l'artillerie de sié|;e cpii suivait les Oltomaris, 
se trou\ail une pièce de ( iiicpianio . longue do 
dix-liiiil |>almos, fondue par lo maître artificier 
K.sedullali, arrivé de Perse, pour .servir de mo- 
dèle dans un système dv piè« es moins lourdes 
(juo les moiislrueux canons du lalibre de <ent 
livres, et d'un plus {jrand effet que les faucon- 
neaux. Le sultan campa entre Gran et Komorn 
à Nesmil. le lendemain dosant Jala l>otis . Là 
furent conférées les places vacantes, ft suivant 
Tordre de la hiéran liie. Le sands<hak de .*^ili- 
slra, dont le be|; S< hri-.Mar était mort à Ofen 
des blessures renios devaiil (iraii, fut donné à 
Ualtad.schi-.Mohammod-lJei;, .sandsehakbei; de 
Ickke; celui-ci fui remplacé |»ar le général des 
sipahis, Chosre\v-.\i;a. rloiit le (;rado [>assa au 
jjénéral dos silihdais, Mohammed; au |)oste do 
celui-( i fut élevé le ijénéral des {^hurebas de 
l'aile droite, Sinanaj;a. frère du second vesir 
Husiem-Pas( ha : le j;énéral des j;liurebas de 
de l'aile gauche. Ha.siinaf;a, |)a.ssa ù l'ailedroile. 
laissant son grade au ( hef dos ehassoiirs à l'é- 
IKM'vior. .\liiued-.\|;a. aurpic] fui substitué Me- 
miaga, frère du chef des chasseurs au vautour, 
lata .se rendit à la première sommation . et 
néanmoins .ses murailles furent rasées. I^i, Su- 



'1 /iinanl*f h.iuwrb , fol. 1-33. 
•-', /bid., fol. l.Vi. 
(3) /bid., fol. un. 



C2 



mSTOIRF DE IFMPIRE OTTOMAN. 



Iiimanrf«,ut la nouvelle que la Hotte (onimaiidce 
\ur llliairetidiu. |K»riani .\ son Untl l ambassa- 
deur français Paulin . avail pris HejTi;io. et que. 
renfoniV par quarante ijaWres venues dAli;er 
aux lla>dn-l>e|;. elle était pnMe A faire inic 
entre prl^e de eouierl av(X' leseadre fiançai.sej l 
Ixrleudeniain. des lourriers de Perse apjM)rtè- 
reii( lavis de la guerre cnlre leschah et ses frî'- 
res, dont luiisétdil enfui vers Anud'J :parun 
autre mes>sa}ïe, le fiU de SitaliiWiirai, Kuiin-Sul- 
tan. doiiuail riuforinatiun qu'il avait envoyé 
rinq mille ialaret» faire des courses sur le pays 
ennemi, et (ju ils avaient rauiené cinq ct-nls cap- 
tifs. Ia" même j«)ur couuneuea le siéji;e de Siuhl- 
Mveisjfetiburp. Ix? iH'jîlerbcjî d'Analoli. Ibraliini- 
l'aSi ha, avait été détaché vers Ofen pour en 
ramener l'artillerie ; en attendant, les vesirs 
Ru«lem. Mohammed. Chosrew, avec le be{T|er- 
Wg de Ruuiili Ahmed, et 1 ai;a des janilscharcs. 
ouvrirent la Iran» liée. Huit ioiirsaprcs. la brèche 
jiarut assez larf.e pour 1 assaut ; mais la première 
attaque fui repoussée ; dans la seconde, les 
a^^âillanls .subirent encore une plus forte perte. 
La ville ne fut enqK)rlée que le jour de Sainle- 
RoMlie ^i sepl^^ibre 1643 . Le commandant 
hongrois \arco(s fut admis à Ihonnour do 
baiser la main du sultan : réf,li.se dans laquelle 
s^ tro.ivaienl les tombeaux dr-s rois, fut respec- 
tée pour cette fi>is. Ahmed-Bcj;. frère du gou- 
verneur dOfen , jus<]ualors sancschak-bcf» de 
l>epante. fut nommé au commandcmf nt de 
.Slublv^eif^senburi; avec un traitement annuel 
de GOO.CKK) aspres; mille janitwhares et trois 
raille soldats du pa> s restèrent comme {garnison 
de la plate. C<|>end:int le thàleau de Manjjavar 
laissé de côté par le sultan dans sa marche sur 
F«ldwar , avait été s<^)umis par le \\oiwode Ka- 
««iro. Df .Stuhlwelo/enbur}; furent arlressées a ix 
gouverneurs des province*» de lenipirc. h F{a- 
RU-sc et au roi de France, ainsi qu'à \ enise. des 
lettre» de *iclf)ire qui annonç;iicnt ftomfK-use- 
meni 1 le relie rampafçne. la prise de 

>iklo«, -^ iicn.Gran et Ntuldweiszenbiirjj. 

Ccfiendant le» Tatares «e répandaient au loin 
en deux hordes; lune formée des Tatares de 
Kriώe, cooduile par Fmin-Sullan . filu du ehan 
Scabih-Girai ; I autre, des Tatares de Dobrucze. 

■ ) S-naalscbaïucb , fol. 101 
(2; /ftfrf. 



menée par newlel-Oirai.fils de INIubarek-Girai. 
Ils se mirent sur les traces des troupes <|ui se 
retiraient de Sinhhveis/.enburji;. Mcolas /riiiy 
les battit sur le m«mt St)mn>(), où une blessure 
l'empêcha de tirer tout le parti de sa vicloiri". 
François KapoInay se jeta sur leur chemin avec 
sepi cents cavaliers, près du lac lialalon, et hl 
finit sa carrière héroïque. A Sluhlweiszenburfï, 
Suleiman visita les lombeaux des rois, «-t mon- 
tra pJiiN de respe( t pour les morts (|ue pour les 
vivants ; car les habitants qui avaient été man- 
dés devant lejnije pour y prêter le serment de 
va>.sau\. furent massacrés, à 1 evceptiou (h'(juel- 
«jucs-uns avec lesipjels avait été arrêtée la « a[)i- 
lulalion, comme si la t;arantie de la vie n'avait 
été que pour ceux-ci et non pt)ur toute la popu- 
lali(m (le la ville J;. 

A léquiiioxc d'automne, Suleiman se mit en 
marche de Pest, et dix jours après, un pont 
était établi a Peterwardein, sur W. Daiiubi;. Fo 
21 scplembie, à lieljfrad, l armée fut envoyée 
dans les quartiers d'hiver, et Suleiman revint k 
Constant inoplc. Les fêtes qui auraient sans 
doute célébré son entrée dans la ca|»ilale .se 
(lianj;èrent en deuil par la nouvelle qu'il reçut 
en route de la mort de .son fils le plus chéri, 
.Mohammed, [jouverneur de Maj^nesia. Abattu 
sous un tel coup. Suleiman ordonna de |tort«T 
le cadavre;^ Constanlinople,etdc l'en-sevelirsur 
la place dans le voisina{;e de l'ancien quartier 
des janilscharcs. Pour honorer .sa mémoire, au- 
dessus du tombeau il ordonna l'élévation d'une 
mosfjuée. Sinan, le plus g^rand architecte turc 
du rèj;ne de Suleiman et des Afjes .suivants, 
acheva en ciiKj ans cet édifice qui co(!ila."iOO,tK)(> 
ducats. 

L'année suivante la };uerre se poursuivit en 
llon(;rie, en Sdavonie, en Croatie par les lieu- 
tenanlH du sultan (pii |)rir<,nt des villes et des 
châteaux. I.e maître d'tJfen devait se saisir de 
W issefçrad f»u lilindenburf; qui |K)uvait arr<*ler 
la navif^atjon du Danube. Située au milieu du 
plus mafjnifitpic paysa{;e, \\ issejjrad avail jadis 
été choisi par le roi Charles |M)ur sa résidence , 
et pour conserver le dé[)ôt de la couronne. 
Cette ville vit se célébrer dans ses murs des 
fêtes brillantes et se former de puissantes ligues 
entre de ijrands monarques. Malhias Corvinus y 



[\, ].' roaniMcril ilallf;n,(lam Kovjchicii , 1 i , p. 82, 



1,1 VUE XXX. 



CJ 



fit U'aiicoup dVmbcllKsemcnls. Lorsque 1rs vu- 
\i)us du sultan et du pape viiimit saluer Ma- 
lliias en ce lieu, le pretnier fui lellenieiil ébloui 
par la niai;uifitentc déployée autour do lui, 
(piil ne put prononcer «)U discours, et le nonce 
jMjnlifii al deeiara (|ue \\ issei;rad était uu para- 
dis lerreiire. Couiuic lieu de dé|M»l |M)ur la 
vuiule tourunoe, celte ville oluint de Cor\inus 
de jirandi. pri\ilé|{e>: mais Louis 11 la donna en 
fief à M (UiMOuVe. Apr.s l.i l»aiai|!ede Moliaes 
où le symbole jiréeieux avait été enlevé p;ir l'en- 
nemi, \N isseiïrad tomba sans résistance entre 
les nuins des lun s . et passa au [)ouvoir de 
Zapolya. Après la mort de ce mi, Kerdiiiaud 
avait pris |H)sse.ssion de la couronne et du lieu 
où elle était déposée. La restitution de Wisse- 
j^rad el de StuliKveis/cnburi; avait été le point 
principal des réclamations expo^^ées d.nis la 
lettre de Suleiman à Ferdinand avant l'ouver- 
ture de la campai;ne de ilonjîrie. Il insista en- 
core sur cet objet, et» ion;;é(liant le comie de 
Salniel lesci{;neurd'llerberstcin A OFen.Sluld- 
weis/enluirj^ avait cédé A ses armes; le j^fjuver- 
iM III- <lelloii};rie, Jahiapascjjasade-Motiammed- 
l'a.silia, se cliari;ea de (omiuérir N\ issejjrad. Il 
appela son frère, nouveau .sandchakbef; rie 
MuliUseis/enburj; , Alimed-Hefj. ka^im-Hei; et 
Miiiad-Mei; , prit la moitié des janit.scliares de 
Grau et d'Ofen. et avec ces forces il assié(;ea 
\\ i>»M*i;rad durant dix jours. Après une vi(;oii- 
reuse défense, le cliAleau se rendit moyennant 
I a.ssurance dune libre retraite |)oiir (eux (lui 
loccupaient. Mais les janitsebarrs tond)èrent 
avec fureur sur la fjarnison et la taillèrent en 
pièces: à (;rand'{)ein«' le ijouvcrneur d'( )fen [luf 
sauver la vie du vaillant commandant Pierre 
Amade(l). 

Après cette conquête. Mohanuned - Pase lia 
|)a.ssa le Danube, el se dirif;ea vers ^eo|;rad . 
clief-lieu du eomitat de ce nom. La j^arnison 
avait évacué h place, où .Mobnmmcd-l'ascha éta- 
blit un vvoiwode comme commandant. Piiis.mar- 
ehantàl'est.il parut devant le chAleau dllalwan 
(|ue les capitaine», les frères Danz. abandon- 
nèrent honteusement a(très y avoir mis le fen, 
pour, s'en fuir.'» Krlau. l'ourle moment Oeii-Kurd 
fut laissé comme woiwodc ; mais bientt'it après 
fut installé en qualité do sandsehakbep; Weli. 

(i) Siclla , IV ; l'etscbcwi , fol, 60 et 87. 



envoyé de Constantinople |>our mettre un terme 
aux courw'S entreprises d'Krlau |Kir le vaillant 
NarccKH. Le» fort* de |)omlM)\ar. Da-bra'kir/ et 
.*^imontorn\a sur la petite risière de Sar^i^. et 
OzarapluA .1 l'ouest. ne|;li|;és dans l;i précédente 
ex|>*Wlition. ne tardèrent \yns A trmiber entre bs 
mains de«> Iiiro. |>e hié(;e de Simniiiornya du- 
rait encore lorwpie les troup«'s turques reriireni 
l'ordre daller se réunir aux sanrisebaklM"j;s de 
Itosnie et de riIerze|;ovina. eampt's devant la 
place S< lavone di* N elika. L«s pa\H.ins des 
environs (jui s'étaient rélii|;iés <lans cette en- 
ceinte, et cpil se trouvaient plus nombreux (pie 
la i^arnisoii , la Hircèrent à ca|iituler. Ils avaient 
clé ikhish's h cette «onduite par l'ilat, «mi 
fies Turcs. Mais au lieu d'être récomi>ensés , 
comme ils s'y attendaient, les paysans subirent 
tous le «Icrnier supplice ; les soldais seuls furent 
éparjïiiés. 

Après la conquête de Velika. l lama et Mal- 
kf)ds( Il |k>rlèrent la j^uerre de .SInvonie en 
(Iroalie. Ils enlevèrent le < li.lteau de Monoslo , 
aux environs d'iwoniza. cpie Pierre Krd.edy 
occupait avec une faible troupe, en .sorte que 
l'évècpie d'Aj^ram trembla pour ses cbAleaux de 
Dombro et de Cliasma. Lnsuile, les Turcs par- 
coururent tonte la [lartic du district de Waras- 
dein située derrière les monta(;nes. |- ii descen- 
dant dans les (liainps de Loiiska, ils rencontrèrent 
.Nicolas, comte de Zriny, avec des Croates, et 
hilderstein avec desStyrienset desCarintbiens. 
On conclut un armistice pendant la durée du- 
rpiel les vaillanls ( lianquons des deux [tartis se 
défièrent h des combats sin;;iiliers.Mais une lois 
en forces, l lama el Malkodsili s'avancèrent et 
batlirenl les clirétiens. Zi iny et lUIder^lein 
eurent jjrand'peinc A ^e sauver «lans le cbA- 
teau de l.onska; le premier, j>n)fondément 
blessé, s'abatiil sur le |Kuit; et l'autre, tombé 
dans les fossés, en fui retiré par la barbe. 
Les Turcs se retirèrent ensuite sur f)id)lrzn et 
Hanvaluka. Dans la |>Iaine df Salla. François 
>varv attaqua et battit 1rs Turcs sf)rtis de Oan. 
Les capitaines Schaaban. Kubad , liamasan et 
>as/.ub passèrent le Danube par une nuit claire 
avec quatre cents janit.M-bares et quinze cents 
cavaliers; déjA ils avaient escaladé les murailles 
' de .^alla, lorsque la jjarnison s'aperçut enfin 
du danger. .Mekbior Halassa loniba .surlcsa.s- 
,saillants, et le? cliisiisa ensuite à coups de canon 



Ci 



IIISTOIIU" l>F IFMPinF. OTTOMAN. 



«laiis Itnir rolrnito. \>i\^ t.iiiiviu'sdo cv\lc 011(10- 
priso iK)Cturnr. iU fniYHi aHaqnrs par l i;m- 
it>is Nyarny avec pUisiours ccnlaincs »lr fanias 
sins ramasst^; à la li.\lo ci (|iioI(|iios iavalu>rs. le 
ixmilMt ùi[ ailianio. cl la luorl sriilo «lOda- 
UiSihi-iiuMin diVitla ravanlajjo on faveur dos 
lloiij'.riMS. A jM'ino nnol»]nos jaiiiisoharos so 
saintronl ^ (iraii ; |»Uis i\e ciiK) oonis Turos 
rosloroiil sur la j»laoo. N\aniy a\ai! diMVndii i\v 
faire dos prisonniers, ol il no |K"rnut ilo ramasser 
les di>|>ouillos qu*apri'*s avoir vu le triomphe 
bien assure y\ . 

A Ofon . Suleiman a\ai( plac»* à eôlé du 
l»cj;lerbe{î Mohamraed-Pasoha, eomme prési- 
dent de ladminisiralion . le deflerdar (-lialil, 
homme t;rave et oapable,qui cialtlil le ro- 
jjistrc des rontribulions le deftcri pour les 
douze sandohaks do la llonp,rie. Ce fut pendant 
un siOclo el demi la loi finanriore du j;ouverno- 
ment d'Ofen. et . dan< toutes les néi^ocialions , 
le //i Tt' tic Chalil oceupe une place impor- 
tante. Ce di|;nitaire . revêtu de hautes fonc- 
tions d'administration jKiur servir doronlro- 
|H>ids au [;ouNorneur. informa la Porte (juc le 
.sandchakbef; de Stuhlweiszenburg , Ahmed , 
avait pillé lesé[;lises de la ville éparfînées con- 
formément au traité, el enlevé les vases sacrés. 
Suleiman le chargea de se transporter lui- 
même à Stuhlweiszenburg |>our examiner la 
chose, et envoyer à Ojustantinojjle le fonc- 
tionnaire accusé dé|KMiillé de sa dignité. Clia- 
jil examina la conduitcdAhmed, puis il fouilla 
lui-même les tombeaux des rois de Hongrie 
resjK-ctésjusrpralors par l'accusé, et en arrn lia 
le-s couronnes, les sceptres, les globes et tous 
les autres insignes et joyaux dor ou d'argent 
qu'il jHirta dans le fisc aTec uno s« rupiileuse 
exactitude. Il remit b-s restes du roi /ajxilya an 
juge de la ville, en lui disant : 'x Voilà un de 
\ os dieux ■>. el le juge ensevelit le cadavre dans 
un nouveau cercueil qui fut dé[K)sé dans I é- 
glise de Saint-Michel 2 . Cette année. Sulei- 
roan écrivit au dofje de Veni.se |»our .se plain- 
dre des irruptions des habitants de Novi el de 
>egna sur le*, terres de >adin et rll rana. 

Bientôt après le retour de Suleiman de la 
campagoe de Hongrie , et après la mort du 

■l . IjUiMDt) . I. XTi. dâD» Kaiona, I \\i. \>. liz-l-VJ. 
[2} WoJfg. de Belblea, Hi»lor.. I. m, p. 4lft-420 



prince Moiiainmod. se tirent donxohangomonts 
fori i;ravos. I,o prince Sullau-Solim , alors Agé 
i\c vingt ans, passa <lu gouvernement doKonia 
;^ (oliii t\i:- Ssanirlian, dovoiiu vacant par la 
mort do Siiliaii-Moliaiiuiiod . translalion (|iii no 
doit pas être confondue avoo les changements 
porpotiiols dans les };oiivorn(Mnoii(s do Tompirc. 
l 'imporlaiico <los gouvoriioiiioiils {\v<^ princes 
n'était pas appréciée d'après réloiiduo dos con- 
trées soumis<\s jt leur aulorilé, mais selon le 
degré d'éloigiienionl. Le plus proche do la ea- 
pilaloélail lo pn'mior ol le |iliis favorable; celte 
|»ro\iniiié élail la prouve i\c la plus grande 
confiance du souverain, non-seulement pour 
le temps de .sa vie . mais encore pour les jours 
(jiii suivraient sa mort : car le priiico-gouver- 
neur placé à la moindre dislance ]>ouvait ainsi 
pénétrer lo premier devant lo sultan, ou .s'é- 
lancer bien vite sur lo trône lors(pje b' maître 
loiil-pui.s.sant avait rendu l'Ame. Col avantage 
de la proximité de la résidence était attaché 
surtout au gouvernement de Magnesia, confié 
précédommonl au jibis cher dos (ils do Suloiiiian, 
au prince Mobaiiimod, (pic l'amour de son 
père, comme le droit de sa nai.ssancc, sem- 
blaient placer le plus près du trône. Maintenant 
cette place fui conférée au jilus jeune prince, 
Selim , au préjudice de ses frères aînés , Musla- 
j)ha. gouverneur d'Amasia . el Hajesid. qui de- 
vint j)liislaril gouverneur de Karamanie. Selim 
ne se rendit [tas do suite à Magnesia où régnait 
la peste : il se tint (pielque temps à Hrusa pour 
jouir de la Ix'auté du pays et de la pureté 
do l'air, el â il oui A rendre {jrAccs au ciel de 
la naissamede trois filles. A ce temps fut aussi 
nommé un nouveau grand vesir [mars 1646] 
La dé|K)silion de l'eunuque Suleiman fut déci- 
dée, moins encore à (ausodo, son Age avancé, 
qui atteignait alors quatre-vin}jl-dix ans, que 
par une inirigue du vesir Chosrew-l'ascha, dont 
I ambition se Mallait, sinon d'arriver au poste 
dont Sulejman-Pasclia serait éloif^é. du moins 
de monter d'un degré. La première dignité de 
l'empire fut confiée au second vesir Hustem, 
jioussé à de si hautes faveurs par la mère de 
son épouse, la sultane Clmrrem, Husse de nai.s- 
.sancefl). Kusicm, né en Croatie, au temps 



'\, Aali, riarif) I;) liitte de* vesir»; dan» le w;cond fai- 
.doW» di w^riiture lurcheiube de» acte» vénitien» de» Ar- 



i.iVRi': \\x. 



g: 



de la loulepuissanrr d'Ibrahim, lorsque Sulei- 
nian revenait de la (aiu|>a];tu' de Moliacs , fut 
élevé du raii|; de premier |H)rU'ur d armes à 
celui de i;raiid cruver; liienl6[ après il devint 
[;<)uvernnir de l)iarl)ekr; enhii il tut investi 
du vesirat et de la plus li.uite faveur eoninie 
(fendre du sultan. Il entendait bien le métier 
de lajîuern", mais n'aN.iil nulle eullure inlel- 
ledui Ile, ri se munii ail lennemi jure des |x>el«-s, 
<pii M* venjp'renl pr des épi|;rammeA; loule- 
toiN il n'ni Hl peiwlrc au« un , et se ijarda dimi- 
Icr en n-la lexemple dlbraliim, protecteur 
dêelaré des nourrissons des muses. Au reste, 
le {;raiid vesir laitH-Paselia. cpioicpie historien 
et verse dans lesscieiaes, n'aimait miiltiiirnt la 
pot-sie ni les i;rAi«'s du style ; le Iradm teur des 
apolojjues fameUM's en Asie et en Kiirope sous 
le nom des fables de Bidpai . .\laed(lin-.\li, fils 
de Ssalili, (pii répandit tant de richesses sur la 
lan;;ue liiri|ue . lui a\ant présenté le li\rede 
I I lumajunnaine , uù il avait empluv é vin^t ans 
de sa vie. lailti lui demanda loinmcnt il av.iit 
pu |)erdre tant de temps a cette «luvre. et s'il 
n'eut pas mieux valu écrire un traité sur deux 
ou trois (pieslions de droit. I/hislorien Hama- 
sande, depuis nischandsclii . et alors iiispecleur 
de la ehaiieellerie, meilleur juj^e que le };rand 
vesir en matière de i;oùl. acheta la traduction 
de Bidpai .A) ducats, et la plaça sous les yeux 
du sultan, (pii. le soir même où il lut celte 
ceuvre, conféra, de sa propre main , la place de 
juge de Brusa au dij^ne .Maeddin-.VIi. Celui-ei 
ne jouit (pi'une aiiiiéf de (ct hoinmajje rendu à 
son lalenl et du iribut payé à son zèle. Siileiman 
ei l'empire pleurèrent sa mort la même année 
(pie celle du prince Mohamnied. Deux ans a()rès 
mourut Barberousse | i jnillei \:,Ui . (pii fut 
enseveli près du collège fondé par lui ii Be.s- 
chiktasch. sur les rives du lk)sph')rc: là s'élève 
encore aujourd'hui son tombeau . couvert rie 
nmusse et de lierre, au lieu où se rassemblent 
les flottes ottomanes, et les (lots viennent bai- 
ser le monument .sous lequel repose celui qui 
promena si souvent son pavillon sur ces uier>. 
Cliaireddin ne laissa que bO.OKO durais cl deux 



chives Je la maison innp<'rialc ; instnimento cIpIIs po)««- 
sioiiedel gian vezir Uuslem, conceJuto dal streiiisi.imo 
sifinor ci>lla dichiarazioue dei coufiiii ; Consiaiilinopoli , 
953 [154r.:. 

T«M. II. 



mille eiklaves, dont il transnni buii cents au 
ikullan et deux cents au p.rand \esu . il remit 
par son testament, à ce deruier. 3(),(HI0 ducais 
cpi'il lui avait prèt('>s; par de telles di.s|M>sitions. 
il vuidail assurer à son fils le reste de sa succet»- 
sion 1 . 

.Vprès avoir raconté la guerre dr lluiij;nc . 
il nous reste nu orei parler de la paiv. ou plu- 
lot de rarmisticc qui mil pour un certain temps 
une sus|M*nsion aux hostilités. Ce fut le premier 
traité conclu par Suleniian avec (ib.iijes, et le 
second avec Kerdinaiid. (juelijues d«iails liou- 
\ eroni i( i d autant mieux leur place.tpie jum]u ii i 
li-s historiens .m- sont peu (xdipésde ces négo- 
ciations, ou se sont trompés dansce qu ils 
en ont dil. Des la se* onde année de la guerre, 
avai.l même louvci lure de la campagne. I é- 
\c(pie de (.laii, < iiinine lieutenant du roi. né- 
gocia, jiar sou (Icpule.deN'iiffy, a\ec le pasdia 
d'Obn.uu armi^^lice pour un mois juin I.*ii 
A la tin de la même année, Ferdinand donna 
|»lein-|K)Uvoir de iiégot ier et de com lure la 
paix , non - seuleimnl a lainbas.siideur |h)Hu- 
gais ( )doar(l(i-(;ataneo, qui s'était rendu à Con- 
stantiii()|»le pour convenir desmoNcns demetlre 
Hn aux boslililcs dans les me;s des Indes, mais 
encore au (irieur d'Krlau. Jérôme Adornu. Cet 
envoyé était ac(Ompa|;né de lllalieii Jean. Ma- 
rie Malvez/.i, noble de Bologne, (jui lui lut donné 
comme secrélaire. Adorno avait pour inslruc- 
lions, de rendre honneur au Grand .Seigneur 
conmie au père de son .souverain ^'2 . Il arriva 
le dernier jour de février à Andrinople avec 
Mal\e//i, visita le grand \esir liusiem, ainsi 
que .Mohammed. Almie<l et Ibrahim, et quinze 
jours après (le\ail parallrc devant le sultan , 
lor.s(|u il mourut dans la nuit même qui devait 
précéder .sa réceptitm. .Malvezzi fut mandé «le- 
vant les vtsirs, et après avoir prolesté l.i «pi'A- 
dorno avait péri de mori naturelle et non pas 
eiiqK)isonué, il fut réexpédié .sans avoir eu 
audience du sultan, avec une lettre deHusiem. 
où était dé[)lorée la mort «l'Adorno. Aulé- 
rieiiremenf au départ d'Adoi no ct de .Ma|v<//i 
de \ ieune, pour le temps de leur voyage et du 



(I; Bapport de Weltwirk dp Constantinople , du 5 
noTcnibre ;ôUJ,dnn«le« Archives impériaieii. 

;2) bisiructio pro Odoardo et Adurno , 2i décembre 
1541. 



ce. 



mSTOIRF DE l/EMPinF OTTOMAN. 



rtMour, nvnit c!(* comlii avcr le j'.oiivrnioiir (!'( ^- 
Rii. Moliamir.oii-I\istli;i. un;\rmi'Jli((\«Mi vcriii 
duquel fiirrnt iMnblis tirs tribunaux s|uVi;ui\ 
|>our 1.1 (liSMsioti dts itPF.iirrs qui pourrninil m* 
|iiéscntrr il.ins crt iiilrr\.illf. Hii ctttc des llun- 
{jrois. àSzij;»Mli. K(nnt»rn. Krl;ui ot A};ram: 
et du cf>(o des Turcs. A (>frn. Funfkirclicn. 
Nolikn it Ja^lvrin P. Au rolour dr Malvrzzi . 
Mohammed - l'asrlia lassura quo pour lui il 
œainiiondrait la trôvr tanl quelle ne serait 
pas violée par les Ilonjxrois 2). A la plaec 
dAdorno. Ferdinand nomma anssilôl le docteur 
en droit .Nicolas Sireo . qui. de W orms. reçut 
poor instruction de n^fjoeier la paix sur les 
ba*ies du statu quo en llonj;rit'. et d'accorder 
[K)ur le maitiiien de létal de posstssion un pré- 
sent annuel de 10.(M>0dtuatsde«*!iué au sultan, 
3.fXH> au i;rand vesir. et l.(>t>0 A chacun des 
fr i«; autres vesirs 3\ La prolonjjalion de I ar- 
mistice en Honj;nr fut sit^né»- entre le j;énéral 
dr Ferdinand, Léonard de Fels . et le pascha 
d ( >fen. pour la durée de la mission de Sicco (4). 
Au m^me temps Icnipe eur Charles V ensoya 
le Néerlandais Nrltwirk à Conslanlinojde pcuir 
néjçocier la i«ix de eoncerl avec les représen- 
tants de Ferdinand, p.uir l'Allemaf^n,' aussi 
bien que pour lAnl riche. Sicco vovajjea si ra- 
pidement que. d'après son rap|>orl, il creva 
dix chevaux en route. Il aurait terminé aussi ra- 
pidement sa mis<;i(m. si les I un s n'avaient été 
mis en défiance f»ar les lelires interce[)lé(s, 
adressées par l'ambassadeur à Charles, qui 
recommandait de ne rien (onclure avant son 
arrivce. Pc pin», l'ambassadeur Français Mont- 
loc travaillait contre lui. et \ eltwick lui-même, 
une foi.s à Constantinople. dé-sapprouva la con- 
cession du présent annuel : mais il f;dlul tenir 
d'autant plus aux 10. (MK) du<at.s offerts par 
.Scro avant 1 arrivée de VellNvick. que les Turcs 
réclamaient en ruitrc les châteaux de Nalentin 
Tarrrk . leur prisonnier, et d'autres encore. Il 
y eut donc une trêve conclue au commencement 

(1, Indu'ia- Mebiret Bftî, 5 février t54î , dan» le» 
2 R*f»pm1 àf MalT'ZZi , dan» le« Archive» impé- 

:3, L'iivUrucxi<>n du 21 oui 1-Si!> c»t dant le» Archive* 
im^iérule». 

^4. lustninio aJBigaT,2l mai ISiS; pui» , rdaUo 
Sfi«mondi P"«n'»T, dan» !^ Arrhivet impmalet. 



de novcuibre p(uu' «lix-huil mois, pendant les- 
quels reu)|ier('ur et le roi euverraieiit de luui- 
veaux an)bas.sadeiirs revêtus de pleins-pouvoirs 
.spéciaux [lour la conclusion dcrtuilive de la 
paix y I . 

I -année soi vante NCltwick retourna îi Constan- 
tinople. investi A la fois des pcuivoirs de Charles 
et de Ferdinand. Il avait été précédé et annoncé 
au I riuicmps par l ji;rinovich. venu vu (pialilé 
dénonce; lui-même [lartil de halisboinie dans 
Tété. Dans des insiruclion.s trés-développées, il 
lui était récouunandé de surmonter, autant «pu* 
possible, les |nincipal<'s (litlicullés opposées en- 
core à la conclusiim de la paix, relatives A la 
réclamation des biens des ma{;nals, et d'offrir 
pour cela de larijent. I.cs lurcs uon-.seule- 
ment exigeaient |)our eux les domaines des ma- 
fïiials qui s'étaient dal)ord soumis ."i leur aulo- 
rilé, mais encore les terres (jui, dépendant de 
(iran .avaient été, dînant lesiéjjedecetle place, 
conHées comme fiefs de cavalerie. A chacpu* ve- 
sir, Vcltwiek devait offrir un présent annuel de 
1.000 ducats, au j^rand vesir Husl(un 3,000, 
à rinterprète .lunis oOO. Si les Turcs insistaient 
.sur les biens de \ aient in lirrœk , «le Pierre; 
Pereny. de Hrewec k et dlloinoMay, il leur .se- 
rait ré|K)ndu que ces sei};neurs étaient en réa- 
lité des sujets de Feniiiiand . rpiil lui était libri; 
de châtier à cause de leur dé.sobéissance, comme 
le sultan pouvait af^ir à sa f>;uisc contre les 
hommes soumis a sa loi. Sur sa route, à l'atar- 
basar, NelUsick rencontra l'ambas-sadeur fran- 
çais , Aramont, successeur de Monlluc, et s'en- 
tretint avec lui sur les violations journalières de 
la trêve par les Turcs eu llonjjrie. Les démar- 
ches d Aramont, relatives à un prêt de />(M),0(JO 
ducats, étaient reslée^s sans succès ; mais il avait 
obtemi la permission pour tirer une (juanlité de 
salpêtre rlAlexandrie (2;. Les né{jo( iations de 
Tamba.ssadeur portujjais n'avançaient |>a8 non 
plus, car Suleiman ne voulut pas entendre par- 
ler d'un droit sur les marchandises, (\uf le Por- 
lu[;al exijjeail pour la libr<; navigation des 
Ottomans dans les mers des Indes. A (Jonsianii- 
nople, VeltvNick fut reçu par vinjjt Ischaustlics 
et par le maréchal de l'empire: mais ou lui as- 



'\ \.\'.feT^ Sirrii (iAntJririOf)!'', 10 auM l^l'i. 
'2, Rapport de Veltwnk, dam Ici Arcliivel iiopé" 
riairt. 



I.IVHK X\X. 



C7 



sif;na f)Oiip iK-ineurf Ki nai^on oi^ jadis i^is^zky 
avait éii' rcUtiii |iriNoiiiiin-. Dur.iiit 1rs prc- 
mi^ros «miaitics di* vni <<^jt»iir, rnrrivrr du 
transfit[;o no|;«ndorf. la inaladir du sultan (*t la 
sienne ni<^iiir, em[>^ lièrent I oiucrture dru né- 
f;«Miatioris (!lirist<)pheH<tj;riidorf. capilaiiicdes 
i;ard<'s fie Cllar^•^ N , fils du \ aillant dcIViiscur 
dr Vienne, plus nialhrureux ensuite devant 
(HVn. ayant lonipu nv«( k\ friniiie, que l't iihk*- 
reur ri l.i iiini- M.iri»' (ouvrirent de leur pro- 
tctlion, avait «(uittO sa patrie, cfnixtrtant K (MM) 
ducats, et s'était rrudu a Coiistantiiiople \Mmv 
offrir ses services ^ Sulciinan contre son atu ien 
maître '27 sept( nibre lôiô ^^'n cMérieur [ilut 
au ;ultaii, qui lui accorda une audience solen- 
nelle, mais siuis qu'il y eût ensuite de Festin, et 
lui as.sij;ria un Iraiteiiu iit (pioiidien de HMIas- 
pres. Son refus de se taire niusulnian. plus en- 
core sa dissipation et sa passion de jeu . ruinè- 
rent bientôt un erédii qui aur.iil pu devenirdaii- 
{jereux |M)ur le représentant de I empereur et 
de Ferdinand. Suleiman , en proie ù la fit'^vre, 
détail rendu de (!onstantinople i\ .\ndrinople, 
et Neltwick. atteint de la même uialadie, dut 
le suivre dans celle dernière ville; là. le H dé- 
t cmbrc I.")i6. il offrit au sultan . dans une au- 
dience soUMuielle. des vases d'or et d'arj;enl , 
connue prèsenis de Charles et du Kerdiiiand, 
de|>osa les lettres de créance des deux souve- 
rains . prononça un discours, et remit si*s de- 
mandes par écrit Suleiman dil cpie tout mar- 
cher.iil . s'il apportait uiu' réponse aux jM)ints 
soulenus l'année précédente ; el comme Velt- 
vvick répondit cpi'il eu conférerait avec les ve- 
>>irs : .( Bien, > dit le oullan. D.ins le divan, 
Neltwicl se plaignit aux vesirs des violations 
faites à la tr^ve par la prise d'Ilatwan et les ir- 
ru[»tioiisde kasim.e! les vesirs souliureiil (pi il 
n'y avait point la dalleinle aux coiivenlions. 
Ouant aux b.irons hongrois qui s'étaient déta- 
chés de la .souveraineté turque |K>ur retourner 
sous l'aulorilé de leur léj^itiuie souverain . Hns- 
tem dit : c .Nous avons leurs leltre.s et leur sceau 
en cire. » Veltwick ré|)ondit que la cire de leurs 
cachets, mainlenani entre les mains de l'rnipe- 
reur . était encore plus molle et j»lus fraîche I \ 
Puis il renouvela, par écrit . loffre des 1(».(M)0 



(1^ Rapport de Vellwik daté irAiidriiu.i>le, du iSdé- 
ceuibre 1546. 



' durais annuels jxtur la paisible po«spMion de 
I la jM'tite partie de la ll()in;rie (h cupee |i.ir f er- 
! dinand, dans l'e^iKMaïKc (pie l'oti nevij^rrait 
j plus le< biens des majîUats re\eims S leur roi. 
ni les fiffs de cavalerie conférés durant le siège 
de (iran. 
I 1rs néj^ixiations duri-renl six mois , les plus 
I H'"*""''* obstacles venaient des exij'ences des 
, Turcs, qui ^ecl.^^l^^enl d'à! ord Tala fl Friau. 
puis tous les firfs de ta\alerie entre (Iran et 
, Komorn. attribués a la domination ottomane 
dans le r(")le du d< flerdar Chalil. enfîn tons 1rs 
biens de \alenlin Iferu-k, de l'ereny et d autres 
nia|;nals qui s étaient placés sous la protection 
ottomane. I.e l.'ijuin i:.i7. Ion finit par conve- 
nir chez Mustem. que iK)ur les revenus et les 
biens des barons dont le produit était évalué 
par les Turcs à 1 l.(MM) ducats annuels, on don- 
nerait ."i.IMMJ ducats tous les ans. jKiur ceux de 
IVreny. de 'nrni k et d'autres, encore l.'itXK) 
diKats. ce «pii. joint aux H». IMHI du(als annuels 
d('jA concédés l'année précédente, fonnerait un 
total (le :i(l.(MM» du(als. MovennanI la((pniU'- 
ineiil aimucl(le< (llesouiijieàla l'oi te. unetrê\e 
fui sijjnée le !'> juin [tour cimj ans avec l'enli- 
nand. et Ion y c(»niprit I empereur f.h.irles. U- 
pape, le roi del- ranceet la république de \ enise. 
1 rois mois étaienl at ((»rdes |M)ur les ratifica- 
tions de Charles et de Ferdinand I .\eli\si(k 
partit avec le traité, Malvez/i et lj;rino\i(h 
demeurèrenl. Six scuiaines après . 1 CmiMreiir 
confirmait à .\u|;sliur|; la paix dans laquelle il 
était compris (2;. Justi de Ar|;ento. «pii avait été 
attaché .1 la suite de Veltwick , \int à Ouistan- 
tinople à la fin do sepieudtre. a\(( la ratifi(a- 
lion de Charles et de Ferdinand II alla faire sa 
cour aux vesirs avec Mal\e/./i. et demanda 
qui |;rino\ich |ail revenir a\ec lui, cl (;ue Mal- 
vezzi résidât désormais auprès de la Porte, 
comme charjjé d'affaires de Ferdinand Husiem 
réf)ondit au nom de Suleiman. (pie le sultan 
lacceplail comme ota;je. pour l'obscrvaticm du 



l, Kappnrt de Vellwick. 

i'ij liitpllip,imii« qiKuiiodo oraior .S R. .M. re(;i« fra- 
tris itosiri qiimqupnna'c^ induria< pcpijjenl ci (jiia ra- 
l «me III illi» riiin|>rtli«n<i kiinuH tina riiin sa( ro sancto 
im|>erio el siiIkIiIi» nosiri» , iia ul addpip quoque frf-den 
povsimus n(ibi.scuiijuiicius(t ronfudeialos priiici(jf» , et 
ciijji a nol»i8 confinu lionciii et reclificalionera. Aug$t., 
Auj., 1547. 



08 



ni!sTO!nF. HF l.'FMPIRF OTTOMAN. 



traité. Il fallut encore (lisM|Kr lis iiinM iiliulcs 
il«' SiiUiiuju. qui iloïK.jit qm- Charles ot l'rrdi- 
iiand ousstMit juré aussi suiiMinellomoiil (|u il 
lavait fait hii-nièmo. par HiiMi et le pruplu'le. 
par ses ancêtres et miii sabre; le conseiller se- 
crt'lairo calma rinterpn''te de la Porte, en assu- 
rant qne . suivant rnsa|;e des rois chrétiens, la 
fornnile : Nous le promenons sous notre parole 
impériale cl royale, avait autant de force (jne 
le serment du sultan 1 . Le 1() octobre 1517, 
Malvezziel Justi.mandésdcvant le sultan, furent 
pracieusi-ment conf;édiés. el deux jours après 
ils tirent leurs adieux au grand vesir : ((l'est à 
vous maintenant, dit lUislem . à faire mentir 
les Français qui prétendaient «pu- la paix nau- 
rail pas de durée; tjiie F» rd in and ne se He pas 
trop au moine Georges Ltyschevitz; s il reçoit 
des lettres contre le sultan, quil les lui com- 
munique, comme ou lui frra connaître ctlles 
qui seraient écrites contre 1". nipereur '2 . Si 
Rogendorf tombe entre les mains de I empereur 
ou du roi . il faudra , non pas le punir de mort, 



,1 Relano Justi de .Arneulo a Cjsaie'l urcbjruiii rr- 
Ter»i. 
(2^ Jinli reUUo 



mais se coiilt nier de lui cou|)er le luv. ol le? 
oreilles J\ Ouin' le présent eu arj'.enl stipulé 
avec les 3().0()() ducats annuels. Rustem de- 
matida encore pour liiicpirUpieschiensde «basse 
el des fau((»ns. et pour Sulciman un habile hor- 
loger, qui serait parfaitemeni traité. Puis il leur 
montra dans la ralitication, le nom du sultan 
en caraclères dOr, sur (pioi .lusti reinanpia «pu? 
cette signature avait élé [)einle par le nischand- 
schi. tandis que 1 empereur Charles el le roi 
Ferdinand avaient signé l'acte de ratification 
de lem* propre main. Ainsi, après Inds ans de 
négocialioMs couduiles par trois ambassades, la 
jjuerre de Hongrie fui terminée par une trêve 
de cin«( aimées moyennant lepaienu'iitde !i(),000 
ducats annuels; celui le |)rcuiier <•! le seul Irailé 
dans lequel lempereur Charles fut compris 
pour être considéré comme ami par les Turcs; 
ce fut aussi le premier acte par lecpiel lAul riche 
fut obligée à un versement annuel d'espèces, 
qui. dans les historiens ollomans, est signalé 
comme un tribut. 



1, .lusli relalio. \.c l)ailp adressi- de Vers, en dale 
duOoclobre 1 î17, un rapport surrarcueil fait à Koyeu- 
dort par Its Tiir(S à ton dépari 



LIVRE XXXI. 



iK (.i\Aii> v»$in MOiuMMU»-s<»Kom i.r ir. muii mu m m» moiii i»t «.ium» vi.sin snii- 

M\> l'ASCHA Kl II» t.llOSlU W liN< IK— HKAN/-MlliS\ (\>IIA«.M lil l'MlS» . - < Hl I r !•». 

BKCSE, BLCSKlintk, tSA^IAi» . IIIVltlA. I ll'l'A — .SI<;«.i; IMIIIl. !•». IMUsWVK II Ml II, Mil. 

Di: M<KiiM/./i. szM.ini:^ aiivoii i-u; iis nox.iuns, wis/i'i.i\ im. us ii iu.s. <itti». 
ne II >u.sH Ai( KT m; J'Li Miius l'i ici-s iio>Mu>iM-s. coMuiii m SOI NOK 1 I siM.i: I» un M . 

— CAISIS I)L LA GLi:Ui(L lH: l'KIlSK.— LXtCI I H» > l'I l'IU><:i: MISIAI'IIA. «.l I.IUll. I > I'I.HSI: 
— CO.>CLLSIO.\ Di: LA PAIX. — .M.C.OCI ATIOMS lU. lAlV 1>K HKItlNOI» l'Ml I » M l'.l >1ISI m M- 
RAMILS, ZAY LT lU SItLK. — M AI KO iSCII IIAVA(.K LK. <;a:VIO> IU U\l;\s|t|> Ils IIO\(.l;()ls 

l'UE.\>t^T GnAlIlSKA fc"r VKLIKA. — (;0>QI I I I l>l MU h.— <;IUM.I.ML>1 UL l'IllMl.'» UA.^i 
LA MOLUA>lt LT LA klUMLE. — ia.>OLIt UL lALX .MLSIAI'IIA. 



^nns allons, rl.irr^ ce livre, nicontcr les sept 
.irmri's rcoiilces cnlrc le premier Irailé conclu 
avec r.Mleniaj^ne, et la piiix faiie avec les l'cr- 
.sans; nous avons a parler non-sculeriienl des 
cainpa[;nes (le l'erse, mais encore de l'expédi- 
tion de Tnn.sylvanie, qui se plaee au milieu de 
ces événements. Cette fois encore la joie des 
triomphes rem|M)rtés. des villes eoncpii.ses. fut 
troultlée par la perle fl'iin prince. Oans ce court 
espace de lem[»s, les premiers hommes de l'em- 
pire suhirent des vicissitudes: mais mal[;ré ce 
chan[;ement l'esprit du j^ouvernemenl resta 
toujours le même, car il venait immédiatement 
du maître suprême, et maif^ré'ies aj^itations con- 
tinuelles des |;uerres extérieures, auxcpiclles se 
joijînirent encore de tristes querelles de famille. 
I empire saffermit par de .sa{;es institutions 
et des lois durables. On vit à la fois fonder 
des mosquées et des écoles, des casernes et des 
hopitaui. et s'élever de fjrands savants, des 
p;énéranx et des hommes d'f'tat. .\près !e fjrand 
vesir Hustem , dont il a été déjà donné «pielcpies 
traits dans le livre précédent, deux persoiiiiafîes 
surtout attirent l'attention, comme ayant sou- 
tenu l'édifice de la grandeur ottomane jusqu'à 
la fin du règne de Suleiman , et même de celui 
de son fils et successeur Selim. Ces deux hom- 
mes sont Mobammed-Sokolli .qui conquit Szl* 



gelh et devint grand vesir de trois niltan*: et 
Klui»uiui-el-.\marli , mufti législateur . dont le 
nom est ap|K)sé aux fetvvas qui garantissent la 
légitimité des institutions féodales « t d'autres 
dispositions. Tous deux, pendant une i;éiiéra- 
tion, vont être les leviers les plus actifs du |M>n- 
voir: et ils offrent deux exemples de la conser- 
vation la |iliis durable des hautes fonctions [mj- 
liti(pies depuis rexislence de l'empire ottoman; 
car .Mohamnied-.Sokolli fut grand \esir pendant 
quinze ans. et Kbusuud se maintint flans la di- 
gniti- de mufli l'espace de trente années 1 . 
.\iicun hislorieii de rem|iire olloman, en langue 
européenne, n'a encore fait res.sortir la cause 
du maintien de 1 1 piîissance ott<miane a sa jilus 
grande 1m II tell r. pendant une général ion dli<>»m- 
mes , et elle .se trouve dans l'action [»rol'tngée 
de ce grand vesir et de ce mufli. Ce fait ressort 
clairement jusipi'ala fin du réi'.ne rie .Selim. et il 
explique cnmment. sous le successeur indigne 
d'un grand monar(|ue . l'empire du croissant 
brilla loujoiirsde son plus vif éclat. Mohammed 
le llusniaqne. né dans le château de Sokol . au- 
quel sa situation sur un roc escar|)é a valu le 



1 .Sokotli de 972:i.5Gi: ju.'^quà ^8* 1.579] , el Fbii- 
t.uiid de 0.52 '1545] à 382 [157i,. Tables ctironoloçmiie«- 
dn.i(lschi-rh.ilfa. 



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insT(^iRr. lu- i.'r.MPinE ottoman. 



nom (]c nid de fauroiis. fui rlcvt' rommo \y.\i\c 
dan*; le harom iniprrijil ; il rl.iil doviMUi cIkimi- 
l>oll.in. lorsque loin ;^ roiip l;i mort de Uarbc- 
roii>i<e \v Hl porler à l;i (Ii;;iiil(' (l'.iniiral de la 
floile. Se*; desiiiuS's ultérieures seroni e\|H)sêes 
onsuilp. avee ses aelions. dans le eours de eelle 
histoire. Klni'iUud-el-Auiadi , fils du selieirh 
.Moliaïunied. avait parcouru la carrière de lé- 
giste a>ii)iiie professeur et comme mai;istrat . el 
déjA il avait rempli, pendant huit ans. les fonc- 
tions de jui;e de larmée de Humili . lorsque Su- 
Iciman lapp^Mant A la premi«'rcdi[;niléde la loi. 
le nomma mufti scheich de ri»lam. .\uteur de 
plusieurs traités, il s" est aeqm's le plus j^rand 
renom comme léj;is|c. par le fameux commen- 
taire sur le Koran . dans lequfl ont été fondus 
les deux f^-ands eommenlairesde Kasi-Reidhawi 
et de keschaf-Samachschavi. Ixirsqu'il présenta 
le premier volume rie celte œuvre au sultan , 
**uleiman aiij^nienta aussitcH son traitement de 
MH) aspros ;i .■>()0, et . en reeevani le second, il 
ajouta encore 100 autres aspres. Moliammed- 
Sokolli et Khusuud-el-Amadi étaient tous deux 
de haute (aille et raaijjres conmie Suleiman; 
tou» deux s'étaient fait construire des palais à 
Sudludsche sur le riva[Te . et tous deux re|)Oscnt 
en facedeSudludsehe contre la mo'^quéedEjul): 
Ebusuud. au milieu desesenfants;Sokolli, sous 
un dôme construit par rar<hitcrlc Sinan ^'I;. 

Le mufii Khusuud , le kapudan Sokolli, et le 
[p^od vesir Uustem. éiaienl les trois personna- 
ges les plus im|K)rtants de lempire; tous trois 
avaient de grands talents, que Suleiman sut em- 
pk»yer avec le discernement du vrai ffénie d'un 
souverain. Il avait déposé en mitne temps Itin 
de »es plus habiles généraux. Chosrew-Paseha . 
grMivernnir de fkisnie. et le vieux graufi vesir 
■^uleimdn. parce que lous deux s étaient dispu- 
tés d'une manière inconvenante dans le divan. 
Il» ne survécurent pas lonfjiemps à la perle de 
leurs dignités et de leur influence, l/cuniique 
nonagénaire traîna encore scHiesisleoce durant 
trois années dans le calme el \h .solitude, a Mal- 
ghara : maisCbo^rew. trop faillie fK)ur sup[iorler 
la vie .«^ans avoir de puissance, se laissa volon- 
tairement mfMinr de faim. l>or»f{ue, montant à 
cheval pour la première fois après sa dé[M>sifion, 



1, fc|ub, d^ot ConiunUDopte et le BiHpbore , I. Il , 
P 251. 



I et regardant autour de lui, il n'aperçut plus ni 
pages, ni ",ar»les du corps, ni liomuMs dorés, 
ui kaflans dorés, il seul il s'échapper tout désir 
de s'élancer SMC un coursier el de vivre. « Mieux 
vaut rester au lii , que se |)oser ù cheval ainsi,» 
dit-il en soupirant, el, mettant pied A terre, il se 
coucha. I,cs médecins voulant lui administrer 
des remèdes, il les arrêta par ces [)aroles : « Vous 
votdez me faire avaler du poison. » S'ahstenant 
de manger el de hoire, il expira le septième 
jour; c'est inie fin presque inouïe dans les fas- 
tes des Moslims. qui s'inclinenl religieusement 
devant les arrêts du destin, el reculent devant 
la mori par le suicide. Bien plus .sage cl plus 
courageux se montra le grajid vesir déposé, 
Luifi-l'asclia, qui lonsacra les loisirs ac<piis [>ar 
la disgrAce , A rédiger son histoire de l'empire, 
dans laquelle il rapporte celle anecdocte (\). 

Kn 1.)i7 . l'année même on lut sij;née la paix 
avec le roi Ferdinand cl reuq»ereur Charles, 
parut avec les aud)assadeurs de ces souverains 
A Conslantinople, l'envoyé du sultan indien, 
Alaeddin, ipii venait im|)lorer l'assistance du 
sultan contre les l'orlugais. Il offrit en pré- 
sents des animaux rares el des perrof|ucls de 
couleurs merveilleuseuient variées, di's épices, 
des parfiuns el des baunu-s précieux, des nêjjjrcs 
et des eunuques , et un esclave qui maugeail de 
la chair humaine '2,. l'n plus grand speclade 
encore j»oiir la cour el la ville, ce fui Tajjparilion 
du prince persan, Klkasz Mir.sa, frère du scliah 
Tahmasip, qui, traversant le Dcschlkiplschack 
cl la mer iNoire, élail venu A Conslantinople 
pour chercher proteciicm el secours auprès de 
la l'orlc, refuge pour les princes el les rois. Tne 
audience lui fut donnée à Andrinople, cl aupa- 
ravant il eut le speclacle de rentrée .solennelle 
du sullan avec tous ses {;ardes du corps el toute 
M cour. A mesure que passèrent les divcrscorps, 
les taillandiers, lesartilleurs. les sipahis et les si- 
lihfl:ires, le prince se leva chaque fois lorsciuc 
le chef paraissait, croyant que c'était le sultan. 
r>tte o[iinion fui plus forte encore quand se 
montrèrent laga des janilschares entouré de 
ses officiers, et enfin, après les trois vcsirs, le 



'\, Hiiloirp de l.uifi , en '.172 ' ] r,V,] , fol. Îi8 ri ÎK>. 

'•J Aali , xi.iv" événement, fol 280, F'elwhewi , 
fol. 88. Diurhelalliacie , fol. 205: Stolak^ade , fol. 114 ; 
Lulfi , fol. M , Abdulaiu , fol. IGO. 



i.i\ : 1 \\\i 



i 



f^raïul vo>ir d;in'i Imilr la pon»pr de M (li|;niu''. 
Joiisrcs iiiuiivenicnls, loiiCP ii'ltc admiration 
dclaiil drma/.niticriKT.avaii'iil U'IUmiiU CjuiiMi 
II- priiii'»', (|ii»' lt»rM|iu' Suh'iiiian sv inoiiira liii- 
iii<^me, an iniiifu de IVilal que rt'paiidairrU les 
< MSf|in'S orru's de panaihrs. les Ixjiiiu'ts dores et 
les laïues «^liiu elaiiles, in- le recoimai^sani plus, 
il re>ta sur son M«'i;e. le ItMideniaiii a\aiit lau- 
ilieiueoii lui dontia un Festin danNle<li\an; pins, 
lorscpi'il fut de retour, il vit S4* Mieeéder clie/ lui 
(U's rns<)isd«' nrln-s pn'srnl> de la part du sul- 
tan, du harem et des ve>irs: c'tMaienl des Ixinr- 
ses pleines d'or et d'artjent, des ballots derhàles 
(l de riches èlofrcs. des HIes de chevaux de 
main et de IkMcs de somme, des Iroupes des- 
rlavw de8 deux wxes, noirs cl blancs; et de la 
fiarl de la sultane Churrem. mire du prince 
Sclim, des chemises »i des (ahliers de soie, cou- 
sus de ses pioprcs mains. L tie telle prodi|;alil(.* 
pour la tèle routje I , . provoqua des niunnures 
parmi les ziMt^s sunnites qui dans le schiile 
p'Tsan ne considéraient jam.iis (pie Ihérétiipic 
di|;nede I enfer, et peut-être en outrelc traître. 
I.orsfpie ces pro)M)s du ()euple lui revinrent aux 
oreilles, Suleiman se contenta de dire : «Nous 
avons fait ce que réclament I hornienr et la di- 
j^iiilé de l'empire; s'il s'ajïis.sail de quelque tra- 
hison, nous en laisserions le chAtiment au Dieu 
tout-puissant..) I)essi{;nes irrccusahles annon- 
cèrent (pie le vent qui soufflait A la (guerre con- 
tre la Perse venait du harem. Déjà dix ans au- 
paravant, la plus cll^^edes femmesde Suleiman. 
•lui plus lard devint réi^ulièrcment soîi c|ioiise, 
la sultane Chinrem, Ku.sse de nais.sance, (pie des 
historiens franc^ais ont voulu rattacher à leur 
nition sous le nom de Roxelane, avait ruim' le 
I redit du lout-piiissanl favori grand vesir Ibra- 
him, en partie en le représentant comme attaché 
aux intérêts per.sans, parce qu'il avait refusé 
le pilla/;e de l'ebris et de Haj^d.id à la (onvoi- 
lise des troupes. I.e feu qui couvait encore sou» 
une cendre tronifieuse depuis dix années, éclata 
par l'arrivée du prince Klkasz, qui avait aussi 
hâté la conclusion de la paix avec les Allemands; 
et l'épouse favorite de Suleiman eut ain.si l'oc- 
casion tant désirée d'ouvrir une vaste carrière 
aux talents militaires de .son gendre Rustem, 



(Ij C'était un nom tiré de la pointe rouge de la 
coiffure des Periaiis. 



et de faire en outre ohleiiir a l'aiué de «c$ li^is 
HIs. le prince Sdiin . j;ou\eriieur de M-M'iiH^sia , 
la iieutenanie du sultan en Kurope. tandis que 
ce monanpie dirigerait ses années (oiitre la 
Perse. I^i guerre de Per>e fut réMihie : Klkav. 
Mirs,! fut déta( lié en avant sur la frontière, et 
l'on mit auprès de lui. comme grand maitie dr 
sa cour. I aiu icii gou\erneur de IloMiie. l lama- 
Pas» ha . |>orté en inÊiue temps au gouverne- 
ment dl'xsfnim 1). 

.\ii printemps suivant , Suleimin en |KT*onne 
partit |(our la guerre, l/armée suivit la marche 
par Sidi-(ihasi , Konia ethiua»; dans la pre- 
mière de ces villes, on trouva Sclim . (;ouvri- 
neur de Magnesia; dans la seconde, le sultan 
Hajesid, gouverneur de karamanic; dani la 
troisième, le sultan Musta|)ha, gouNcrneur de 
Hum.cpii attindait'iit leur fjère. Selim fut en- 
voyé d'Asie en Kurope. pour teiiira Audi inople, 
en l'absence de .son père, les rênes du gouver- 
nement, comme lienlenant en Humili "2;. D'A- 
masia . l'on se rendit à Krseriim et Aadilds- 
chuvkas. d où l lama , beglerheg d l-j-seruin , et 
liri-Pascha, beglerheg de karamanie. furent 
détachés pour assiéger la place de Waii. ].!\ pa- 
rut, mandé par une lettre de Suleiman, Ali- 
Sullan, Hls deClialil, ancien souverain légitime 
de Schirwan. Schah-lsmail avait donné .sa fille 
poiiié|M)Uscà Chalil ; mais, après |,i mort de ce- 
liji-ci et tandis quAli était encore mineur, 
Schah-Tahmasip, A la suite d'un siège de sept 
mois mis devant Schamadii, l'avait expulsé de 
l'héritage [laternel, pour (onfirer ses domaines 
à lilkas/-!klir}>a , frère d Ali , (|ui en devint gou- 
verneur. Après larrivéed'Klkasz-Mirsaa (lon- 
stanlinople. Ali->ulian. (pii dej » était v<'nu i her- 
clier un refuge auprès de la Porte, avait été 
renvoyé à ijcliirv^an |>ar la mer .Noire, cl main- 
tenant il fut confirmé de nouveau dans la |k>s- 
Si'ssion des domaines paternels .3 . Sur les in- 
stances d'Klka.sz-Mirsa, Suleitnan , au lieu de se 
diriger vers \\ an . marcha sur l'ebris. dont le 
jirince [lersan désirait la possession pour lui- 
même. Il pro|>osa un massacre général dan» U 
ville, ou 1 cipuUiuo de tou« k^ lial'U«nl9 ppur 



(I) l'eluchewi. 

(2 Aali , xi.\' f'vf'npmpnt: IVlsrhfwi, fol. 80: .S»o- 
lakKade , Dscbelalsade , fui. 266 ; Abdulatit ,ful. 122. 
(3, /bid. 



/-' 



mSTOlUF PF I.'l'MPlRK OTTOMAN. 



Ie< tr.msplanlor .uIlcnrN (■omiiifmloii^.m.iisSn- 
Uimaii rfjji.i Ho iris avis. «xTupa Scliirwaii ci\ 
niaiiilen.in( la plus st'v»yc discipline parmi srs 
ln>ii|M^s. rt an IhuiI de eiii(| jours se mil en 
nvinhe |Huir \N an. Vers le IH aoiU . le siéj;e fut 
mis devant celle dernu're place, et de I arlille- 
hf de sié(;e arriva aussi dKrserum. La ville fut 
ononnëe (lendanl luiil jours , enlevt^e le neu- 
vième |vir le moyen d'inleilijjciices drs li;d)i- 
tanls avec Klkasz-Mirsa . el le i;ouvernement en 
fui donn<' A l'ancien deflerdar dAnaloli , 
Tsch«Tkes-1skender-Pas«lia: puis Ton se disposa 
à prendre dr» ipiarliersd"liiver l\ 

Cepondani . Sx hah-Tahmasip avait dévasl<^ les 
cantons d AadildM'Imwas. de Mum h el dAcli- 
iath , surpris el bUlu le «orps de lrou|>es ollo- 
manes qui avait été destiné A reprendre les ou- 
vrai^es de kars/. Le troisième vesir. Alinied- 
Pasrha . reçut ordre de partir d Amid pour 
arrèler de idles irruptions. Il conti.i le comman- 
dement de lavant-ijardeau vaillant tschcrke^sso 
Osman-Pascha . qui surprit de nuit les Persans 
dans le voisina|;e de Kimiach. au moyen d'un 
stralaf^cme. Héuni^sant une Inuipe de chevaux, 
il leur fil attacher des <orl>eaux ;^ la queue, et 
les chas.sa ainsi au milieu des ténèbres dans le 
«amp ennemi : à ce bruit élranf;e. tout fui en 
tumulte; les Persans, croyani que les Ottomans 
avaient pénétré dans leurs rciraiichemenls. se 
jetèrent les uns sur les autres, el il y eut un 
fyrand massacre. Kn récfmipfnsc diin succès ol>- 
lenu si ingénieusement. Osnian-Pascha reçut le 
Roiivememcnt d'Alep. Au prince persan Elkasz- 
Mirsa.qui était |K'U aimé darislarmécollomane. 
fui accordée la permission \ ivement .solliriiéedc 
faire des irruptions et du butin dans les cantons 
de kasrhan . kum et Iszfdhan : on lui fournil i 
aussi queUpies sul»sidfs m arfjeril. mais (m ne 
mit pf»inl de trr>ufK's réfpiliéres sous ses ordres, 
il neot que des kurdes et des aventuriers ra- 
massés à la hâte. Ix* bairam fut célébré à Tscha- 
lek . et a la fin de novembre Subiman [»rit son 
quartier d'hiver à .Mep. Pendant qu il résidait 
enceslicui. arrivèrent des présents prélevés j 
sur le buiin do prince Flkasz-Mirsa . des nou- ! 
velles de si)cc*"S remjKirtés. et Ion vil se pr<';- ! 
senter au.vsi |e gouverneur de karamanie. le i 



1 Pet^rtvwi, Aaii. fol. 90; StoUk%»6t , fol. 115; 
XI f rtéoemeiit , fol 2-57; DicbeUiudc, fol. 274 



siili.m r>.ijcsid. mandé par son père. Flkasz- 
Mnsa envoyai! Ac maj;nirupu's mannscrils du 
koran et de la Iraduclion du Schahnamc, et 
d'autres poésies . enfermés dans de riches re- 
liures i;aruics d'or, des armes de toute espèce 
ornées de diamants cl d'autres pierres, des 
morceaux dambre , du musc.de l'aloès, des 
bourse* remplies (le turquoises de Nischabur, «!e 
rubis de Hcdacbsclian, des drai)s l'ms derinde, 
des schals (le Cachemire, des tapis d(> Perse, 
des housses du Chorasan et de riches étoffes. 
I-cs bulletins de\ietoire étaient du bej;lerbe{î 
Iskeiider-Pascha, annonçant a\oir anéanti le 
traître chan deChoi, Denbulli-lladschi-Chan; 
du vesir Mohammed - Pascba , pour rendre 
compte de la délaile des rebelles albanais, qui 
avaient surpris el tué le bej;lcrbejî d'Iù'serum, 
Musa, et de la prise de se[(l ch;Ucaux enne- 
mis (1). Au commencement de juin, Suleiman 
se mit en man lie dAlep . eouj^édia, cin(| jours 
après, le jjrince Hajesid, qui retourna dans son 
gouvernement, passa IKuphrale et campa à Al- 
malu. \À avait été a[>pelé le |)rince persan Kl- 
kasz: mais il tieut pas assez de confiance dans le 
sultan , ni dans le troisième vesir, Ssofi-Moham- 
med, pour s'approcher ; quoi^pien proie à la 
fièvre, il courut à Tsc hiriar. où il lut surpris par 
son frère, le princ»- Sohral). et livré à son sou- 
verain . le schah Tahrnasip . qui le fil rcnlcrmcr 
jKJur sa vie dans un château fort {'2). En sep- 
tembre, Suleiman camjia à Frserum,et envoya 
de là le second vesir, Ahmed-Pascha, en Géor- 
gie. Dans l'espace de six semaines, celui-ci con- 
quit vingt eliAteaui, parmi lescpiels Tortmn , 
Nedscbah . Mirachor. Akflschekalaa , llengerd 
et Isiertud. Après cette beureu.se expédition, il 
vint baiser la main du sultan A Tscholek, el 
reçut des vêtements d'honneur, ainsi que des 
présents. Ouinze jours apr^*s, larmée com- 
men«;a .V)n mouvement de retraite , et , vers la 
moitié de décembre, Suleiman entra heureuse- 
ment dans Consiarilino[)le. La lettre de victoire 
adressic à Ferdinand , annonçait la jirise de 
trente el une villes, la destruction de quatorze 
places, la œnslruclioti de viiigi-buli forte 



1 DvhrlalMdp, fol. 27y: l'ciichewi, fol. 93; Aaii , 
fol. 2^8. 



I (2j Pcmcbfwi, fol.'^.3, 



IJVHK \\\l 



::^ 



rfusenri); dcscmblablo bullftins furcni t\|n- 
(Ii6> ;\ Vriiist* vl vu l'ul«»j;nf . 

I.a Ictfn* (\r \uUt\n' A Krrdiiiaïul ftil |mu trc 
par riiil(i|»rM«- Aliiiiwl . r«-iu^i;at allrmainl , 
flnul la iiu-iT ri U's panrils ilniimiaifiit à 
Vieiinr ; IViivciyé avait jMMir ohjrt |irinri|)al «l»' 
siirpn-inln' \cs vue» du roi sur la Trans\lvanic, 
[Miiir la (MissrsNinii «Ir l.miirllr sr Miisaiolll (1rs 
rn'i;ori.iiioiis par It- inoycii lin ni(»iiM' l t\>t |jr- 
viz, la pren^i^ro stmimc de 'yiJMX» durai» nti|ni- 
\lv au traitr . r«inNi«l«Vtr pu l'tnliiiand n»uuur 
i\u prcMMil eu t«uuM|;na];f d'Iinnui nr, p.ir Su- 
Iriniau rouuiic uii Irilnit . avait «Mr rruiis*' l'au- 
IH'»* prnrd«'nlc parles sccrt'lairi's Siu|;kmosrr 
t'I .lusti (If .\r|;riih» . cl (h'poMT «laus le trésor 
(lu siiPau. Au rui'-uit' icuips, Dcscufrt. (Mnoyr 
[Muir la troisit^uu" fuis à OtVu. avait |i(»rlr des 
pri'sonls en ar|;rut au uouvoau (^ouvcrurur. 
Kasim-Pasth.i. Nrirunoiiis, la paix fui uial ob- 
srrMM*. I,(' IVr>au W rlidschau , Ix'i; de Siidd- 
wciszouburj;. à la tc^lo de quatre mille lioeuuns. 
rava|;ea tout le pa\ s ciitre Haab et Papa. Paul 
H ilkai et l'.uierit 11 Teleki. coniniaud.iutsde Papa 
et de Weszpriiu, ayant tir«* des renforts de 
Haab. vinrent A la reneonlre des Turcs non loin 
de \\ es/|triin , à Icnlrée de la luri't de IJakoii, 
les aitaipiiVcnl , leur enlevèrent les captifs 
(pi'ils traînaient aprts eux . firent six cents pri- 
sonniers et prirent Irei/e ('lendards; \\elid- 
Scban put à peine se sauver couvert de bles- 
sures. Kn vain le représentant du roi envoya 
auprès du j;ouverneur ture A Ofen pour arrc^ter 
ces infrai ti(Uis A la p.iix. Des d(-put('s se réu- 
uirenl à (ixa'nfjyns: Aiulr»- Taruoc/y . Klienne 
Hvpiei. Anton Na|;vath.du c«'»tédesllon[;rois: 
le derwiscb Tscbelebi, le |U[7e deGran, .Mf)liam- 
nied , et le secrétaire du divan. Ali. [Miur les 
Turcs; uiaislesdébaisfinirent paruntuuuilte. I.e 
derwisch Tscbelebi eut peineA contenir la fureur 
des siens, qui voulaient se jeter sur les Ibui- 
f^rois. et ceux-ci se retir^-rent sans que Ion fût 
arrivé A aucun résultat •_>. L'envoyé de Sulei- 
nian s'étant confirmé, par quelques manifes- 
tations imprudtnies de Ferdinand, dans les 
soupçons com-us par Suleiman sur les né|;o(ia- 
tions relatives A la Transylvanie ^'3), partit pour 

(Ij 11 n'y adanslcs .\rchivcsiinp('riales qu'une traduc- 
tion latine de cette leure de victoire. 
(2^ Isiiianfi, I. ivi ,p. 291. 
v3) Ep. veranf..4 (K-t. l-SôO dansKa'. 1. xxi.p tC:'». 



ce dernier pays en adressant des lettre* men - 
(ailles aux Saxons, aux S/ekIers et aux Hoii- 
i;rois . |K)ur leur défendre d oUir à «e iraitre 
de frf're (;n>rj;es. qu ils devairiil lui livrer 
(bariîé de fer-.. |Miur sr rattadier uuiquem«iil 
A la reine et Awui hdèle «(uiscdlcr Pelrovirb. hu 
m^me lemp» furent adrew^é» au Mud-w haklM|; 
d'iialwaii et de Cobw /a . ArsIan-IU'i; . drs pré- 
sents de la part du sult.iu , un arc. une llèdie, 
un nabre vl un turlMii . a\ec l'ordre de marrber 
contre Trlau. Il fui eujjunt A Kasiui-Pasc-|ia , 
i;ouverueur d ( Jfen , de se diriger vers la 1 raii- 
s\ |\ allie au secours de la reine Is.dM-lle et de son 
fils. ( n feruian tu-donna de démolir la torleress,- 
construite A S/oInac. d'après les instructions du 
sultan. Dans la même année se lrou\ait A Oui- 
slaniinople l aiiibassad< ur |M>l(Uiais , >ic(»las 
UoboOcz. qui apfMirtades proteslatiimsd'amilié 
et descxpliraiioiis sur des irruptions de l,as(/ky 
autour d « Il /akitw I . Mors le sultan, ai «oiiipa- 
j;né du mufti, posa, au milieu de jjrandeN |Mim- 
pes. la première pierre (le la jurande moMpiee , 
rej;ardee encore aujourtlbui ((iiiiine nu iiia|;iii- 
fi(pie spécimen de rarcbiteclure otloinane et 
le clief-d'ieinre du i^rand artiste Sinan 2 

l.anm'e suivante. riin|uiéludc de .Suleiman . 
au sujet de la Transv Ivariie. tui encore loii;;- 
temps endormie par les faux rapiMirts du moine 
(ieori;esqui . tout en néf;oeiant avec Ferdinand 
la cession de la TraiisN Ivanie et du Hanat . éc ri- 
vait A (:cinstaiiliiict|ile cpiil ii'élail niillemeut 
question dune iiuasicm clés Allemands, hn 
juillet, lorscpic la reine avaii déjà remis la cou- 
ronne el se préparait A lisrer le pays, .Sulei- 
man écrivit aux Transylvaniens : qu en rais<ui 
des nouvelles ccmlradicioires. jiuis(pie. daprès 
les rapports du moine . les Allemands n'étaient 
point en marclie, tandis (pie. selcm r('\\\ du 
pascha dOfen. ils seraient déjà au milieu du 
pays, il avait orcUmné au liej^lerbefî de Huniili 
et au |)asc|ia de Semendra, Hiisiem-Pascba. de 
se préparer; cjiie le sandscliakbei; de Widin. 
Malk(Klscbo{;hli. conduirait les Valaques; que le 
xxoiwodede Moldavie. Klias. ton! récemment 
converti a lislam, sous le nom de Mobaiiimecl 
FV|;. mènerait les Moldaves et lesTatares de la 

I fiansl.i rirhc tiiblioib^qiir du prince Czarlorinsky, 
à F'ulawi , »e trouTenl de ces ktlre» , en traduction po- 
lonaise. de« années l-SAI et l>52. 
'J Fwha, Tabic.s cbrc noo[}ir,ues d'Hadschi Chalfa 



7i 



mSTOIHI. I>K I/I-.MPIUK orroMAN. 



I\>brnils« lia. I cch.mdr K rimàMvev le?» Taurrs. 
le grand v<*ir HiiMiiii a\ri- li\s janilsch.n«*> ri 
les sipahis «M.iirnl .hi-imS .ni r;unp «iHiniKin I 
1-e lK*,;lrrhej; df Miimili. Moljammrd-Soko'li. 
s'arrêta à Slaiikamrn |Miur rallirr à lui \cs l roiipos 
d'I lama - P.is( ha . qui aprtS la rampaf.iu* Ho 
Perse «'laic rerilré dans son ancien ^onverne- 
n>eui de IVisnle. les lrun|>e.s d'Ali-Bej; de Syr- 
niiuin.lrs akinds» liisde Michalop;lili et leslron- 
I»«^ de Knsiin-PaMha. demierj;ouvernenr d'(^- 
fen '2 . Olui-ri avait été (h'|>(>sf ponr n'avoir 
pas rmpiVhé assez à temps les ll»)nj;niis de fi)r- 
tifier 8/i)lnok. cl saplaeee()nf»''r(^e à Ali-Paseha. 
>iilemian. ne pouvant plus dmiter de la ir.dij- 
vtn du n><)ine ci de la inerte de la Transylvanie, 
fil appeler l'envoyé de Ferdinand. Malvezzi. dans 
ledivan; et «elui-«i. s'exrusanl . faute dinslruc- 
iHins. de ne |HMi>oir donner inie r»'|M)nsesaIis- 
^isanle . fui jeté dans le château d'Anatoli sur 
le B<»sphore. dont la tour fut lonj;femps un 
ohjel de terreur |KMir les Hongrois et les Allc- 
m.inds. I.'cm|>ereur se j»lai|;nil dans un écrit 
d une telle atteinte au «koit des gens; mais Su- 
I« iman . dans sa ré|)onsc en forme de ferman, 
|»fKa le principe étrange. op[K»sé même an droit 
desrp[»u'î»eiitanlS|K)lilirjue>dan!il isl.im. que les 
ambassadeurs étaient garants de la parole de 
leurs M)uverains. et qu'ils devaient, comme ota- 
ge*. |»a)rr |>our la NiolalicMi des promesses 3). 
r>pendanl à.Slankamen s'étaient rassemblés six 
raille luris sous les ordres de Mohammed- 
Sokolli; mais ils furent encore retenus en ce 
lieu au mo>cn de lettres et de mesures dila- 
toire* par le frère Gc-orges (pii, d. ux mois 
aprè«. grâce à rinfluente de Ferdinand, chan- 
!;ea le capuchon de mf»ine contre le clvi|>eaii 
de cardinal \jt beglerbeg, ajant exprimé son 
fionoemcal de ce que le frère George* ne lui 
avaitenif»r' '- lucunemarqued'hommage. 
rdui-ci rc, , ,1 était un fidèle .si-rvileur 

du sultan, et par œns^-quent ol'ligé h un |>ayc- 
rnent rigoureux du tribut, ^"^'it ^ rf>rcupalion 
de Lip[»a et de S^)lymos par des troupes de IJa- 
tboT)'. il dit qu'il fallait s'en prendre non fias à 



'1, Soliouni litur;» nï Tran»ylvano« die jul. t-WI ; 
ap Prij, l- ii.p. 118. 

2 iMoanfi , I. mi , p. 3rx). 

3 L«ttre de Salarnao du mois de «cbe'wvra] 958 
[«^ptembre 16J1]. 



I lui, maiii à Pe'.rt»vich, udendu <|iie le messa- 
I ger. expédie |>ar lui l'année priiédcnleausand- 
schakbeg de Uclgra«l , avait été rclenu prison- 
mer par teli)i-ci. et ipiil n'avait pas osé en 
envoyer un aiiHi- ^ I . 

l-'.nfin. le 7 seplembre. Moiianmied, à la tète 
de son armée, composée mainienani de (pialrc- 
vingtmilN' lionnnes avec cimpiante canons, fran- 
chit le Danube près de Pclerwardein, la Tlieisz 
près de rit«'l . et parut devant le fort de Hecse , 
doni la garnison iledeuxcenlslionimesfut taillée 
en pièces. Celle de IJecskerek senruil bien vite 
IHHir .se dérol)er à un semblable destin. Knsuitc 
l'armée se dirigea vers la ville épiscopale de 
(..sanad, située sur la Maros, à inie diNlance 
à peu près égale de Wardein et de Szegcdiii. 
Les raitzes qui formaient la garnison passèrent 
aux Turc s après avoir préalablemcnl envoyé des 
femmes et des enfants dans le ( amp ollcmian , 
comme gages de leur foi éj;alemenl suspecte 
aux amis et aux ennemis. Lue trahison sem- 
blable (les raiizes fil toml)cr llladia dans les 
mains des Turcs, et une douzaine de chùteaux 
furent abandonnés parla l;\cheté de leurs défen- 
seurs. IJfipa sur la .Maros, premier refuge de la 
reine veuve Isabelle après .son dépari d'Ofen, 
avait été fortifiée de murailles et de bastions 
[tar le mark{;raf (ieorj;es de lîrandeboiirg , 
après qu il eut épousé liealrix, veuve de Ma- 
thias Corvinus. La défense avait été ccmfiée 
par le frère Georges el Casiaido à .lean Pelliae. 
A l'approche du beglerbeg Mohammed , les ha- 
bitants menarèrenl démettre à morlle(j»mman- 
danl de la place s'il nesei:âlailde( apituler. Alor.s 
il ordonna do charger les canons outre mesure, 
fit sauter le magasin h poufire el .s'enfuit. Cinq 
niille sip.ibis et deux ccrils janil.schares sous les 
ordres d l lama le Persan, furent envoyés à 
l.ippa; Ahmed-Michaloghli conduisit deux cents 
beschlus et deux cents fantassins, pour fornjcr 
la garnison de f^hallia. Temeswar fut assiégé el 
défendu par Etienne I^j.soiitzy p| de yaillanl^ 
(api lai nés espagnols et italien? : après deqx 
n.ois d'o[»«''ra lions, l'automne étant fort avancé, 
le beglerbeg se relira av(;e son armée sur Bel- 
grad. Ix»sonczy fmgrsuivit les Turcs; en route, 
il rencontra Kailas de Nagylak, le jKJUssa dans 



'1, .Mariinuzzi, Epitt. ad be(;IerbeçuiD AH'^c Julix , 
' 10 lept.; ap. Pray, 1. 1 , p. 2Ï7. 



I.IVRR 

le cliâleuu, uù il in'ra à sa «iiilr . parrr qtir Ir 1 
poiil- U'\i» u'a\ail pti t-lre lest* a*H'z à (ciuij%. 
kaiJ.is fut pris, li* di^teau Mccaf^é cl liviT aux 
(laiiitiicii. 

Durant \v Mti;r de rt'rncswnr, ilt'scapiJ.iinrs 
(uns et liui)|;ruis rtuT( liaient inutiielleiuriit u 
«c surprendre sur la Manis. Deux cents rava- 
litTs lun-s fie >a(;ylni l letitèreiit «rniirver le 
(li.lleaii de Mako; mais la pl.nc, se iriiii\aiil 
irdpforlrmcnt tKTU|)t'e ptnir leur |H'til nunibrr, 
leur elirFpria un juj;»' du r.init»n de Ir.msiiiettrf 
un avis A S2r|;iHliii .ihn (pion leur eiivoy.^t des 
renforts. Au lieu de faire venir des Turc», ce- 
lui-ci n|)prla des liaidutpies qui . arborant des 
drapeaux lilants à la manière des ( )|ionians. 
furent pris pour des Inns, tonihèrent sur le 
l'.ros «les eavaliers avant d'avoir été recon- 
nus , et les jct6reiU dans la Maros ; leur chef, 
{^rif-venient bleysé, s'éi|ia|)pa lui sixième dans 
une barrpie. i.ecoinmaïulani (le(j|)allia,atta(pié 
bruscpieiiient |)ar François Morvath, surnommé 
le firand A cause de sa stature, à la suite dune 
»)rj;ie luxturne, périt frappé d Une balle. .\fin 
de délivrer Tenieswar, Casiaido et le frère 
Georj^es avaient réuni dans la plaine, ennoblie 
par la victoire d l.lieiinc Malliorv et de Paul 
Kiiiisy. une armée de cent mille hommes avec 
lafpielle.franclii>sanl le Danube aprts la retraite 
de Mohaumied . ils se rendirent devant Lip|)a. 
li).sonrzy poursuivit l'ennemi cpii se relirait. 
cm|)orla cl saci aj;ea >aj;ylak dont le com- 
mandant kaitas avait fait une sortie sur lui 
De Teme.swar , le l)e|;lerbt'i; Mohammed avail 
adressé des prorlamalinris ani troi^ nalion.s 
de Transylvanie, les Saxons, les Szekier» et 
les lloni^rois, aux majjistrals de Kronstadt, 
llerrmansta«ll et S/a/-Sebes. |M)ur recoiiMiian- 
der la fidélité au sultan ; mais cette mesure 
était tardive, car déj;^ depuis quelcpie temps 
frère (ieor(;es avait convixpic loiii le [(a\s selon 
l'ancien usai^e. l ne lance et un .-^abre eiisan- 
nlantés étaient portés de lieu en lieu par un 
cavalier qui les tenait en l'air, tandis (pi'iin 
bomme A pied marchait ;^ .ses ci'Jtés, criant : 
« \oici venir I ennemi du pays, (jue chaque 
maison mette sur pied son homme pour nous 
sauver de cettedéiresse {;énérale, 1 ! )l ne nou- 
velle proclamation retentit aux portes de l.i|»pa: 



(1) Ascanio Cfntorio, p. IGO. 



\\\l. 7:> 

le premier qui rsealadcra ce« murailles aura. 
» il vM luible, 'i(NI duuls dr re\ruu annuel cl 
deux cents iiiaNOiin d.- pii\»anN ; m1 appariiml 
A la lNiur|;euii>ie, il obtiendra la itoblrNftc aver 
KMI iTus rt (ciit iiiaiviiiH I .• .\ partir du 
f novembre, l.ippa fut investie de troi.N cote!», 
mai» il n'y avail tpie liuil pièce» d'artillerie en 
batterie, le 7, on livra lai^Miil; le» KspaKiiolN 
^étaient élances avant da\oir rnu dnrdre. 
Caxlaldu et le moine devenu cardinal depuis 
quelipirs jours, s'étaient précipitéh ensnnblr nu 
prrmt<-r raiii; : Arco eoiiduihait les Allemai.dh . 
Pallavicini les Italiens. INadaMly les lioniçrois. 
JeanriiTU'k. his deNalenlm. rcnfiTiné flans les 
Sept Tours, et .Simon lor|;a( s. firent deb pro- 
ih|;es de valeur; le premier abaliil un «bel 
turc, diKpiel il rirui .sept blessures; l"orj;acs . 
en.seveli sous un monceau de morts, fut reconnu 
à son sabre à (»oi|',née d or. retiré et rap(H-lé .i 
la vie, ipioiiiuon lui comptai onze plaies sur Ic 
corps. 1^ ville em|Hjrlé*e fut .sa» caiçée, et main- 
tenant on a»sit];ea le « liàleau dans leipiel ( lama 
se jeta avec quinze cents hommes resl<s de 
la (garnison Ix; ï(i novembre, le jour même où 
le bcjîlerbcj; de Hinnili sortit de remesvvar. 
riaina offril de rendre l.ippa et (..sanad en obte- 
nant un armisiiee de viujçt jours et un sauf- 
conduit pour .se retirer. Il y avait d autant 
moins lieu flaccepter ces conditions , «pie b's 
assié|;és niampianl «le vivres élai«"nl rédiiils h 
man];er les chevaux et les chats; mais (^a^laldo 
el les eliefs militaires lion|;rois durent cédera la 
volonté «i<> Marlimi/./i. (;<> moine ambitieux . 
p<'n saiisfait du t hapcau d«: canlinal, aspirait 
mainlenant A devenir prince de Transylvanie 
Déjà le pasiba llaider «pii. vn lui ('•« ri\ant . 
sijiniii cousin du Irère (>cor|;es. lui avait fait 
espérer une réc«m( iliaiicm avei la l'orle. et le 
retour des faveurs du sultan 2 . Maint«nant 
I lama lui fit de plus |;ran<les promesses |)our 
le cas on il .sauverait la {îarnis«)n. Suivant toute 
vrai.semblam e, l'armisli*»' «le vinj;l jours fut 
demandé à rinslij;ation de Martinuzzi. afin 
(pie dans ce «lelai il pftt rec«voirrlo f^onstanli- 
Dople la confirmation de sa nntue en i;râ(e. I,c 



1 A»fanio r^-ninrio, p. 123. 

2' Heydar-Pasrtia Fpislol. ad Mariinii^zi in r.i^trw 
ad rivitat. Lippamseria 4, post fest., Franc, 1551 ;»p. 
Pray, 1. 1 , p. 308. 



HISTOlur DK 1. KMPIHK OTTOMAIN. 



.^ diVombro l.VM . ;i luiiuiii , p;ir un Iv.iii cliiir 
do limo. rinm.i sortit avrc tr«M/r riMitshomiiirs 
l'ion |H)urvus ilc vivres par lo cardinal l".n se 
retirant . il avait envoyé A son pn»te( tiin* une 
lani|>e d'or, un rirhe tapis de Perse, quatre 
eliONaux do bataille, un poijvnard einichi de 
pierreries 1 . l ne troupe de raseiens laoeoni- 
pafnia jus«|ue derrière rrmcswor sur les rives 
de la Teinos. Au delA étaient postés Kraneois 
Ilor\atli et MeUhior H ilassa . épiant loocasion 
de se vcnjTer d'une retraite dont la liberté avait 
étéaeeurdée contre leur volonté, l lama, averti 
par le i-anlinal. marchait en ordre de bataille. 
les rauj^s fort serrés, llorvath et Halassa. forli- 
héf- par Michel Dombay. \enn de Szej^edin et 
par Ambros do .Naf^ylak . .sortant dinie anibas- 
.sade. attacpicrent les l'incs après que les ras- 
eiens se furent retirés, l/action fut chaude; 
Baiassa fut (Trièvoracnt blessé, And>ros de Nn- 
f;\lak périt en coinbatlant : llaina. couvert de 
blessures, put A jx-ifu' se sauver à Belgrad avec 
trois cents hommes. 

.\u moment où le cardinal néi;ociait. par le 
moyen d'I lama . |»our sa rentrée en i;race au- 
près du sultan. Casi.ijflo avait fait connaître 
à Ferdinand que la proloni^ation du pouvoir du 
cardinal lui enlèverait certainement la Transyl- 
vanie. e( il avait rem raulorjsalioii fie mettre 
fin à cette autorité de quelque nianière que ce 
fut. Des t.schaiisches vinrent secrètement avec 
des lettres, des spadassins e^pafynols cl ita- 
liens . aux f;afTos dcCasialdo. entrèrent ou- 
vertement avec lui dans le château dAivincz 
apfwrtenant au cardinal. André Losonczy, avec 
vinfîi-quatre h>paf;nols. occupa les tours du 
chatfvju : il fut suivi par Sforzia Paliavii ini. J.e 
18 décembre au matin, le secrétaire de Cas- 
taldo, .\ntonio Ferraif» d'Alexandrie*, entra 
dans le cabinet du cardinal . ries papierN à la 
main. fK)ur avoir sa sir^nature. .Mariinii//.i, en 
chemise et envelop|)é d une robe de ( hambre 
f^arnie de fourrure . était devant une table où 
se trouxaient une montre, un bréviaire, un 
af;enda et ime écritoire. Tandis rpiil se baissait 
prnir apfK»sfT sa sippiature. lesecrétaire lui fKirla 
deux coups de p ifjnard à la {Kiitrine et au cou. 
-^Sainte \ ierfjc. .. sécria Martinuzzi. cl d'un 
bras vi[;oureux. il jeta l'assassin sous la table. 

(1) Itiuanfi , p. 318 ; Toiumi* , p. 23 



Alors j'allavicini. ipu' le valet de chauibre n'a- 
vait pasNoulu laisser entrer et (pii se trouvait 
A la porte, accourut , lépée A la main . cl len- 
dit la tète de Martinuzzi. Après lui se préci- 
pita I,opez, avec les l'.spaivnols ; ils déchar{;è- 
reiU leurs armes sur le vigoureux vieillard , 
(jui dit en latin : " (Qu'est-ce donc , mes frèresl'» 
puis iltomba mort après avoir prononcé ces mots: 
"Jésus , Marie. - Le cadavre , percé de soixante - 
trois bU'ssures , resta soixante -(piinze jours 
sans sépulture sur le théAtremème de l'assassi- 
nat. Ainsi finit. Asoixanle-cpMuzeans. cemolne 
()r{;ucilleux . (pii Iraliil plusieurs l'ois sa pairie 
et ses divers maîtres: car il livra la llouiyricà 
Suleiman. fut infidèle au sultan dans linlérèl de 
Ferdinand, cl conduisit, au profil de ces deux 
souverains, la reine Isabelle à sa perle Des se|)t 
com|ilices du memlre , nul n'échappa au chAti- 
raent du au crime, l'allavicini , avant l'expira- 
tion dune année, tomba entre les mains des 
'l'urcs el siibii lesup|)lic(î du fouet cl de la bas- 
tonnade. Lesecrétaire, qui maniait si bien la 
plume el le poif^nard, fut pendu en Piémont, 
sa patrie, à la suite «l'une coudaninalion ; .Mo- 
nino perdit la tète A Saint-Germain ; Scara- 
muzza fut coupé en morceaux à Narlwniu'. Hien- 
t(M après. Canq»ef;io . A la chasse aux environs 
de \ icnne. fui dévoré par un sanglier, sous les 
yeuxuièmede l''crdinand;cl .Mercada, qui avait 
apporté à Vienne roreille velue du cardinal , 
comme un témoijïnaf^e de l'exécution de la con- 
danuialion 1 , , f)erdit , flans une mécanique A 
Au[jsbur{y, la main droite avec laquelle il avait 
coupé cette oreille. 

La (ampifjne fie laiitiée suivante s'ouvrit 
par lenirejtrise de Michel Tolh avec cinc} iiiille 
haiduqucs contre Szc[;efl in. I>es Kspajifnols Al- 
dana et Perez, le Silésicn 0[»pernflorf, les 
Hf)n};rois Pierre Hakies. .Nicolas Doczy, f'ilicnne 
iJersfy, et François llf)rvalli leC^rand, flirijjè- 
rent une attaque dans la nuil du 24 février 
L'iô'J. I>e Cf)mn)andanl Midialftfîhli-Oliisr-neg 
.<c sauva à demi nu dansMe fliàlcaii, la ville 
fut .Sîicca^jée par les haidiiques Déjà ils travail- 
laient, avec des pif)ches et fies leviers, à dé- 
truire les murs extérieurs du château, lorsque 
r;hisr-liefj . faisant une sortie, les re[>f)ussa lf)in 
de la pf)rle: les K'>pa[;nf)K . les Ilon{;rf)is » t les 

.1; ForQjic». 



1.1 vin: xx\i. 



é / 



Allemands, qui a\.u«iit suivi les liaiiiut{iit>s , 
se rt'paiidaul dans les caves de la ville . avaient 

oublu' le château «t ne son|;eaient plus à leurs 
armes. (;r|»<ii(|aiit Cliisr-liei; a\ail trous é 
uioyeu d lutoruier, avec des pi|;euns , le pas- 
(lia d Uhii , leuuuque karanianien Ali-i'aMlia, 
du |K*rd uùilse trouvait. Cielui-i-i accourut a\ec 
ses iroii|Ks et celles du j;ouverneur «le Vuicn- 
dra, Uusteui-lJej; , et , uial.;re cet eujprcvse- 
Mieni, les DllouiaiLs étaient en Ikiu ordre. iH'vant 
>/e|;ediu il Foi u>a .•>«■> ijnis en trois corjis sur 
nue seide Ih;m«' ; à ilroite et à jjauclie était 
la cavalerie; au nulieu il se posta Ini-inénie avec 
douze pièces de cauipaj;ne. six de cha(|ue coté. 
I.is liai(ln(|uc>. plcnis d audace . attai|ucrcut 
eu déM)rdrc , méprisant les ordre> des clieh» es- 
pa(;nols et lion{>,rois; mais bientôt ils s'eii- 
tuirent tous dans toutes les directions. .Micliel 
lolli se >ausa à peine avec vinj;! Iioinnios dans 
le clKlleau de Sainl-t^eorijes sur la llieisz ; Al- 
(lana. l'erez et Upperndort' s'enfuirent vers 
Lippa. (Juaranle drapeaux et cinq mille nez 
coupes luicnl cnsoves comme Iroplico à Con- 
slantinoplc ;,!,. Lue troupe de (jualre cents 
cavaliers , conduite par \ alentin ÎNa[;y et Pierre 
Ta'ra'k. qui dans sa marche \ ers Sze[;edin a\ait 
battu près de litcskerek. le commandant Kusim 
et continuait de s'avancer sans rien savoir de la 
défaite , tut presque entièrement détruite; \a- 
leutin cl v.njjt des siens purent repasser la 
Theiszàla na{;e. Le second sesir Ahmed-1'as- 
cha, nommé a la place de Mohammed-Sokulli 
pour dirijîcr celte année l'armée en llonj;ric, 
avait quille la capitale et sélail a\ance jus- 
qu a Andriuople; de là, il envoya le tschausch 
Madschar-Ali auprès d'Ali l'euiimpie. ihjui- le 
féliciter sur sa brillante victoire de >zejjediii, 
et lui ))orter un vêtement d honneur et un sabre 
à iKjiiînée d'or; en même lemp^ il annonçait sa 
prociiame arrivée a l'armée, devant lemes- 
war. Le t^;ouverneur d Uleu était provo(jué par 
la lellre du vesir , et surtout par la captivité du 
sandscliakbcg de Slulilweiszenbur^;, le vail- 
lant IJamsa , à une enlrcprise sur \\csz[trim, 
dont la garnison avait surpris ce chef au mo- 
ment où il accourait avec deux cents cavaliers 
pour prendre possession de son };ouveruement. 
Le r' avril , le gouverneur d'Uleu était avec 

(1) Istuand. I. xvi . p. âl9. 



des trou|>os et des ranons devant \Nes/prim. 
CtiavM'* par le feu de la place , d'une hauteur uù 
il avait placé sa tmie , Ali l'euntKiue alla camper 
dans la Ik-IIc Nailee de lAiibesse. Le chàleau tiil 
canonne pendant dix jours et dix nuits, l ne 
partie de la garnison pavsa dans le camp turc; 
mais Ah . se rapp* laiil M'ulemmt les hoshhiés 
passées , hl immoler tous ces hommes dans la 
vallée de r.\bl)e.vse. où au temps d Istuanh on 
voyait encore leurH OMenienIs lilanctiis. Tandis 
qiu- le romiiiaiidaiit Mit lui \ as iiègo* iait la 
< apilulatioii. fis j.imlscliares totidircnt sur la 
porte , attaquèrent les gens qui se reliraient , 
en massacrèrent un certain nombre. Ali-I'a.Mha 
Ht punir celte violation aux eiig.igemeiils arrê- 
tés; mais il n'emmena pas moins Michel \ as, 
destiné à une captivité éternelle; il nomma pour 
commandant de Weszpriin laga Dschafer. 

A la tin d'avril, le secoml v esir. .Mimcil-I'ax ha, 
se mit en luouveiiientd Andriuople a\ ce larmée, 
et en vingt-cinq marches il atteignit Iklgrad , 
où le bei;lerbegde Humili. Mohaiiiiiied->okolli. 
\ iiit le joindre ave» ses troupes, l n mois après il 
était devant i cmeswar, que Ixjsonczy, avec deux 
mille cinq cents hommes, était résolu à défendre 
jUMju a la deriiicre extrémité. La veille de saini 
l'ierre et de saint Paul, larlillerie fut mise en 
batterie : une brèche fut bientôt ouverte ; mais 
avant qu'elle fût praticable, les assiégeants cou 
rurenl a I assaut sans Tordre du serasker. Ils 
|)erdirent deux mille hommes et le sandschak- 
beg deMco|)olis, Muslapha-Tenbel; lesassiéi;cs 
eurent à regretter surtout le vaillant colonel 
espagnol Ca>telluvio. Le beglerbeg d Analoli, 
I la.san, amena heureuscmenldans le camp un con- 
voi de poiulre dont on commençait à manrpier, 
quoiipielui-meme,avecl escorti-, eût été attaqué 
par la garnison de Karansebes , qui le mit en 
fuite. MichelTolli, le héros de Szet;edin, n'eut 
pas celle fois autant de succès dans .-sa lenlaii\r 
lK)ur approvisionner les assiégés : abandonne 
sur les rives de la .Marospar la plupart des siens, 
il fut battu avec le reste; cl . couvert de bles- 
sures, il n'échappa a la mort que par la fuite. 
Ce(>eudant les assiégeants dirigeaient saiis cesst- 
un feu terrible sur la tour de Itau; lors(ju elle 
se fut a peu près écroulée, un assaul général fut 
proclamé le 'Ih juillet. Au premier rang des as- 
sadlanls le kiaja des tschauschs défia le Hon- 
grois Biaise Patiantyus. qui cooibattait vaillani- 



78 HISTOIUF DE 1/E 

mriit en facr de lui au milieu îles ruines iW I;i 
loiir. « Je nie nomme Rubad . dil le ni.duiîiié- 
lan, iKirl.ml un nnip violent sur In l^tede son 
adversaire. I- 1 moi . je mnppelle IMai>e . » 
n'poiMiil le llon};rois. en se prol(':;eanl avee 
Mtn Ixiuelier: et aussilAl il |>eiTa la nuque de 
kidiad. I.assjul «lura (im] heures: il y p<Til 
trois nulle assaillants et seulement ««ni treize 
HonjTTois. \.c lendemain laltaipie se (lorta de 
nouveau sur la tour de IKau Le vcsir Ahmed, 
les bejîlerlvjjs de Humili et d'Analoli, Mo- 
liainmetl-Sikolli et llasan. le >ands( liaklte|^ Ka- 
sim , e\cilaienl les assaillants non-seulemenl 
avec des pamh^. mais avee de {îPosses masses 
de fer dont ils frappaient ceux ipii rciul.iient. 
Ij3 tour fut em|H)rlée l.a prise du plus fort ou 
vrafîe de dt^fense . le manque de vivres et d'ar- 
lillerie. et enfin la r(^l)ellion des Allemands et 
des RsjKignols »pii menaçaient de traiter avec 
{"ennemi malj;ré le {;(*n(ral. r<^duisirent enfin 
I^sonen'A nf'jïocier la capitulation moyennant 
la liberté de se retirer, i.orsquil sortit de la 
place, le befjlerhej de Humili et Kasim l'ac- 
cueillirenl honorablen»ent. et le placèrent au 
milieu d'eux: mais les janilschares commencè- 
rent A se saisir de.s jeunes |T;arçoiis qui leur plai- 
saient le plus. Ommie ilss'atlaquèreni même au 
propre paf;e de l^sonczy, au jeune André To- 
mory . q^ii fKtrtaif la cuirasse dorée et le easfpuî 
du (jénéral. et larrachèrent de son cheval. Lo- 
sonczy, [>erdant |)atienee. se tourna vers Pcrez 
et Simon Forgacs qui le suivaient et leur dit : 
€ Voici la foi turque: aux armes : ne périssons 
pas au moins sans venfjeancc; » et il abattit 
aussitôt le kiaja du beglcrbeg, qui était accouru 
pTHjr a|)aiser le tumulte avec Kasim. Après 
avoir (ombatlu Ifinf^lemps en héros, il tomba 
frapjié à la tète et prrré rlun coup de lance au 
cC)lé. Perez immola beaucoup d'ennemis, puis 
espérant érhapi»er A la foule qui IViitouraif . 
par la vitevse do s^jn f heval . du côté de l.ifipa. 
il s'étaoça dans les flots de laKoTTS ; mais il ne 
reparut plus. Forgars. tout mutilé, tomba entre 
les mains de l'ennemi ; Los^mcz)-. mené devant 
le veislr. l'accabla de reproches sur la violation [ 
de « jaro'e. A!;îtied r'-pondif qrie cr» n'é'nif 
i|U'utle repré^ltlede la perfidie exercée contre 
l"!ama lor< j ;'il «^orlit de l,ip[>a: et \jmmr.zy 
continuant ses plaintes et ses insultes, Ahmed 
ordonna d'en finir avec ce béros, épuisC* déjà 



MPIRF OTTOM.\N. 

par ses hiessmrs : on lui roupa In télé, qui fut 
envoyée embaumée A Suleiman. i.a ré[)aralion 
des nmr.s de Temeswar el leur défense hirent 
(«uitiées au sandr;(liakbe{; Kasim. l/,\ chute de 
Temeswar entraina celle de Lippa cl de Soly- 
mos et des autres places fortes du Hanat ^^1 \ A 
la nouvelle ([uc rKspaj;nol Hernard Aldann, au- 
quel (.'asialdo avait remis la dcl'ense de i.ippa, 
avr.it lait sauter les murailles, détruit les canons 
el mis le feu à la ville , il détacha de Temeswar 
le be|î Kasim avec ein(| mille hommes , |)oiir 
éteindre le feu et sauver ce qu'il pourrait de 
l'artillerie, .\insi le lianat se trouva soumis A la 
domination turque, el l'administration en fui 
remi<e ii Kasim- Pasclia ,'2). 

Kn même lemps (pic se poursuivait le siéf^c 
de Temeswar. l'eunuque Ali s'occupa de ré- 
duire le fort de Hrej^ely, qui, perché sur un 
rocher lerminaiil la chaîne de Hor.sem, semble 
comme la télé de défense des villes des mon- 
larfnes. C'était la résistance du vaillant com- 
mandant Zondy, qui devait surtout répandre 
un jjrand éclat sur celle entreprise. Zondy, 
sommé de capituler par Ali-Pnscha. (pji em- 
ploya l'entremise du prêtre Martin d'Oro.szfalva, 
fil revêtir de [lourpre deux jeunes jjarçons 
lurc^ . ses prisonniers, et les envf»ya au fjoiner- 
neur d'Ofen , en les chargeant de lui dire 
qu il pcMivail se charj^er d'achever de les for- 
mer au service militaire, attendu que lui- 
même ne pouvait se consacrer à de tels .soins, 
résolu qu'il était de s'employer , jns(|u'à Id 
mort , à la défense du eh.1teau. Alors il fait 
jeter les armes, la vaisselle d'argent et les 
meilleurs objets du mobdicr dans la cour du 
château , y met le feu de sa propre main, court 
à l'écurie . immole ses chevaux de bataille, et 
s'élance ensuite contre l'ennemi qui assaillait 
la porte ;alteint dune balle il s'appuie sur le 
genou, el . dans cette position , il conlinue de 
coud)attre juscpia ce (pi'il tombe renversé de 
plusieurs coups de feu. Un lui coupa la léte; 
mais le pascha ordonna de l'enscrvelir avec hon- 
neur, ainsi que le tronc, .sur la hauteur en faee 
du cliAteau. Ce {jlorieiix exemple resta sans effet 
sur la garnison du (bateau de .Szeezeny, qui 
alwndonna la place aux mains de l'ennemi: mais 

{\, iMuaiih , I XVIII , fol. 3iy ; Dsclirlalsadr-, fol. /J',. 
"2) I)Kchpnabi , manuscrit de la bibliolfièfiue impé- 
îi II, II» iO', \Kii'2. 



I IVRE XXXI. 



7'J 



les (l^^frnseurs <!«• Va loin- lorliHtW' iW Biisa, l«'s 
vaillants servi leurs du r«miie Halassa , Mitlu-I 
Tercliy, fttienui' Smliav. Andrc* i>ai;y, avec 
quelques soldai, tinrent conln* deux niille 
hommes et deux ranons atm-iu^ par Arslan. Hls 
de .lalija-l*asrha-(){îlili , dapres lordre d'Ali 
Pascita. SiiMant des ruines de la tour, les défen- 
seurs |jaj;ii«''rent la vallée d où Arslati leiirnrKril 
et leur assura une lil»re retraite, honorant, 
oomme Ali, la valeur dans l'ennemi. I^e clidteau 
de Sal|{o aurait r«'.sislé vaillaininrnt. si le coni- 
niandaiit ne s'itait laisse prendre ;"i une ruse: 
Arsian ayant fait traînera [jrand l)rnit une lou- 
tre i^nornie jjar un !;rand non. lue de Ixeufs sur 
la inoniajpie. iluniia lieu de penser aux llon- 
jjrois (pie e était un de ees canons monstres de 
I esp^-ce des |)iéees dont s'était servi Moham- 
med |M)ur la eoïKpiéle de Constantinofde. Mo- 
hannned-l'asi ha devint larilcnient niaitic des 
eh;Ueauxd lIollokiL', de Hiijak. Sai;h.Gyarniath. 
Knfin, Arsian et Ali battirent » n rase eampaj^nc, 
prés de j'niek , l'armée de Ferdinand, forte de 
sr|ti mille hommes, sous le (ominandnnent su- 
périeur de l'Autrichien Krasme Tenfel , Ixiron 
fie (Jundersdorf. l ne homhc qui tomba .«^ur les 
caissons A poudre iU'>i llonj^rois. les fil sauter 
en lair et décida la bataille. l/é\é(pie de W ai- 
zen et beaucoup de vaillants };uerriers mordi- 
rent la |»oussiére-. l'allavicini et 'l'eufel furent 
})ris. I.eunu(pie entra Iriunjihalement A Ofcn, 
se fai.'vuit préi éder par (piatre mille prisonniers, 
par le {{énéral f-.rasmc TeufcL sans armes ni cas- 
«pie mais à cheval . et |)ar la musi(pic de l'ar- 
mée qui jouait des fanfares, j.cs prisonniers 
tombèrent ii vil prix, et surtout les Allemands: 
on en vendit conmie esclaves pour un boisseau 
de tariiM' ou d'avoine, |)Our un |K)I de beurre 
ou de miel; mais cm réclama une rançon d'au- 
tant plus élevée jx)ur le chef, l'allavicini. jeté 
dans un cachot à ( )fen , expia |iar mille souf- 
frances la part prise au meurtre de .Marlinuzzi, 
cl n'obtint sa liberté qu'en payant 18.t)(Jt) du- 
cats. Tenfel. envové nvce quarante drapeaux à 
Suleiman, démeiuil sou nom et s;i |H)siti«)ii [jour 
se délivrer avec une plus taible rançon. lndij;né 
d'une telle bassesse, Suleiman le fit coudre dans 
un ,sac de cuir et jeter à la mer I}. 



(1) l!(iuanti , I. xviu, p. 335, d'après Ceoturio, 
il Tut i.éc.ipilé. 



p. 20J; 



les nombreux surets de cette cnmpaj^ne de- 
vaient être couronnés par la cuncpuic den deul 
placesde.S/uInoket d Kriau. laprcmitre. élevée 
au confluent de la /a|;y\a et de la I heisz. avait 
été fortiHée dans les rèi'lcs.fpielrjins années au- 
jwrasant . \m- .>i(olas, comte de S.dm ; les nm- 
railles étaient »i élevées, (|u'a peine du dehors 
voyait-on les toiis <les maisoim par-doisns: du 
coté du nndi, un tosse lari;e et |irufond . rempli 
d'eau, défendait les approches. Vinf^i -quatre 
i;ros canons . trois mille nious.piels et huit nulle 
(piintaiix (le poudre étaient disposés pour nour- 
rir le feu ; les nuuiitions de liouche étaient alx»n- 
dantes. (Jnze cefits fantassins et trois ( cnts hiis- 
.sards formaient la for< e de la garnison : mais 
de tels rnoNcns de délénse devenaient imitiles 
entre les mains du miM-rablc commandant I au- 
renl iNyary, profondément nu- prisé de ses tron- 
|»es, et qui devait sa position non [)o,nl à fies 
services, mais a ses inln};ucs. Les llorij;rois et 
les Bohémiens, les Allemands et les h>pai',nols, 
divisés entre eux. désertèrent leur |(»slr.ei 
>yary jiril la fuite avec enx. .Mais avant de pou- 
voir s'échapper, il fut .saisi sous la porte . el 
amené devant Ahmcd-I'asclia. Cet homme, chel 
du comital de llonl. osa bien a( heler sa liberté 
en abandomianl sa Hlle à l'un de ses ffardiens; 
|)lus tard , traduit devant un ronseil de i;uerre, 
il obtint .son a((piillenHnl en corrom|»ant ses 
ju{îes, le chancelier Olahus et rarchevé(|ue de 
Gran. I,c vesir til poursuivre les Bohémiens et 
les Allemands enfuis de Szolnok . «pii furent 
taillés en pièces, fnsuite Ahmed-l'asi ha suivii 
le sié|;e d'Krlau. luui nu)ins célèbre (jue celui de 
Vienne et de Guns, et lesnom.s des défenseurs 
de < etie place devant la(pielle devaient reculer 
les armées tnouiphanlcs de .Ndemian, Mienne 
Dobo et Ktienne Melskei , vivront à jamais dans 
les fastes de la llonjjrie. la ville d'A};ria . ou 
E);cr. en allemand KrIau . est appel i-e ainsi des 
aunes (en allemand erien , qui po .i^-sent f*\u- 
les rives de la |>etite rivière d'I'rlau et de l.i 
Ihey.^z. Le Sf[)(embre ].',,•> . le venir Ahmed 
fil savoir au conunmandanl de la place qu'il 
était arrivé avec deux arnu-es triomphantes, la 
sierme devant laquelle étaient lombf's ! emes- 
war et Szolnok . et celle d'Ali l'a.s« ha. conqué- 
rant de We.szprim et de Drejjely, vainqueur de 
Tulek. Dobo de Ruszka fit mettre en prison le 
porteur du mess.Mje. et junr réponse a la som- 



80 



iiisToïKK DK i.'r.Mrinr. ottoman. 



maiioii de so rondrr, un ocrtiuil fui pl.ur sur 
lo haul desmuraillrs. |>ri-[varr |K)ur lassi«'i;t'.nii 
ou l'assiégé yl\ Ali-Pascha jwtrul ;\ la irio de 
viiipt-cinq milK" li(»mun*s. a> aiil avtv lui Arslaii- 
B«*iî de SlulihNris/tulMiri;. «|ui jKtiiila pn^-s de 
léjîliso do Sainie-Marir . dans le lauhouriï . 
qnaiiT j;ros canons aintrr lo fort; peu de jours 
aprô> arrixérent lo \esir AhnuHl-l'aselia elle 
lKY,lerl>oi; de Hiunili. Mohainniod-Sokolli. I,es 
jaiulschares campèrent devaiil la porlo Malla- 
rer. el du oùtcdu nord, lo lonj; «le la rive {;au- 
olio do la pdilo ri\iore d(> IKi^or. onire IVne- 
uiel el le lieu<iil Méi;o du Hoi. parce ipie. dapros 
la iradition. saini Klienne s'y étail assis |M'n- 
danl la conslrurMim du cluUoau et du dùnio. 
jMtur onirolenir lardeur des ouvriers. Ahmed 
et Mohanmifd as aient placé les baraques de leur 
année dans la vallée dKrIau . sur le mont 
OI-.f,idius: le quartier dAli était vers l'ouest. 
Glui-ci anncmca louverlure du sléj^e. en fai- 
MDl monter trois des plus jjros canons, qui lan- 
cèrent contre le fort des boulets de cinquante 
livres. Troi> jours après. Ahmed établit des re- 
tranchements prés du .'^iéjje du Hoi . plaça des 
pièces et canonna lune des tours du dôme; 
les as-siéj^és de leur côté ré|K)ndirent vi{;ou- 
reusemenl à ce feu . et firent éclater les pièces 
lunjues. Le 19 septembre . les trois plus jjros 
canons et onze plus |>etits. établis près du ci- 
metière, ébranlèrent la cathédrale el les murs 
de la forteresse, tandis (pie l'artillerie dArslan 
jouait de léjjlise Sainte-Marie. Avec des cuirs 
mouillés on préserva les meules de blé et de foin, 
%ur leMjuelles les assiéjjeants tiraient à boulets 
roujjfc-s; les ouvertures fait* s aux murailles fu- 
rent bouchées avec des tonn«^ux remjilis de 
sable. I>e 29, ra.««aut fui tenté el renouvelé 
trois fois avec une |>erte énorme. Dolxj et .Met.s- 
kei reprirent un bastion ijui avait été déjà en- 
levé. Jean l*os(;ay, char{;é trois fois (ïv néjjo- 
ciatioas par le lieutenant royal en Hon{;rie 
auprès du f;ouvemeur turc dOfeti . |»érit dans 
ces engafjements. Huit mille lurcs restèrent 
dans les fossés 2;. 

1-e même jour un Honfjrois. envoyé [>ar Ars- 
lan-b<{;, apporta unenouselle sommation. Les 
assièges derbiitrent celte lettre, en brûlèrent 

1} Cnitoho . p. 212. 
C2v /but. 



la moitié, cl forcèrent lo messaj^er i^ niaiifjer 
raulro. Plus lard, ils apprirent de col homme 
quel était le contenu de la dépèche : » Libre re- 
traite était acconléo, sans crainte dun destin 
pareil ;^ celui iW Losonczy. Ahmed et Ali vou- 
laient bien scloij;ner à trois milles dl'.rlau , 
jus(jua ce <jiie les défenseurs lussent en sùrelé; 
Arslan lui-même se mettrait entre leurs mains 
comme otai;o. » Dans la nuit du i octobre, tout 
lo ma|;asin à poudre établi dans un caveau de 
I ejjliso fit explosion et brisa les deux moulins 
de la vilh". Dobo el Melskei parcoururent A 
cheval les <livors postes, afm dv rallermir 
les couraiïos par leur présence. Des hérauts 
turcs crièrent devant les murs une nouvelle 
invitation A capituler, offrant une reiraile libre 
et as.suréo. .Mais les t.imbours el les troiiq)ettcs 
couvrirent ce bruit. .\vec une prodigieuse ar- 
deur, on travailla le soufr»' el le salpêtre pour 
remplacer la poudre peidue. et l'on rétablit un 
des doux moulins déiruitsalin de satisfaire pro- 
visoirement aux besoins journaliers. Ahmed eut 
recours au moyen employé ordinairement par 
les Turcs dans les siéjjes de ce temps; il s'oc- 
cupa de combler le fo.ssé et délever un rempart 
:1 la hauteur des muraiHes de la |>lace. Près du 
bastion Bebeker, le fossé fui rempli avec des 
sacs de s<ible et de terre, sur lescpiels furent 
ranj'jées des fascines, et du bois fut amoncelé à 
une f;rande hauteur. Georj;es Bornemi.ssa, TAr- 
chimèdo du sié|j(; d'Krlau, (pie les historiens 
hoijjjrois nomment (^ré{;oire le .Savant , médita 
la destruction de cet ouvrage et Taccomplii. 
D'après .ses dispositions, des seaux de cuir 
garnis de bois rc'sineux, de soufre et de poix, 
de goudron et de graisse, trempés dans le suif, 
sont rcnqjlis de pistolets chargés, el descendus 
tout allumés pendant la nuit dans le fossé; les 
fascines et le bois s'enflammenl; les assii'geants 
accourent pour éteindre lincendie, ils sont re- 
pou.s.sés effrayés par 1 explosion des pistolets 
éflatani de tous((')les, el le reiiq)arl s'écroulanl 
n offre plus qu un monceau de(endres. Horne- 
mi.ssa perçait les Turcs du haut des murailh^s, 
avec des espèces de lances roujjies au feu el 
armées de cramf)ons qui ne lâchaient jdus prise, 
et auxquels on se brfilail les mains, si l'on vou- 
lait secourir les victimes une fois saisies. I>e sa- 
vant hfjugroisfit garnir de planches une grande 
roue, contenant dans linlérieur des matières 



i.i\ i;k xwi. 



8t 



iiiHjinmables et do^ I»isiololscliarfî6. ; aMir m.i- 
rliine :illuiiit'>e roulait iln liant (!<'> iiiiiraill(-> , 
t't, par (Us ilrt liar|;('sioiiliiuifllo>,j«'t lit la iiiurl 
lout autour il'clU' I.r K» mtobrr, un iu»u\rl 
assaut Fui livre. i|ui dura )l(|iuis le U'vrr jus- 
qu'au (.ouilur ilu soli-il . les lloiij;rois y mn- 
sumrnî>r(>iU deux quintaux do poudri* Drux 
jours a|»rrN. l'av^uit i;«-ut'ial fiit prtM lauu^ «jans 
le rauip turi , rt il dr\ait èlr»* If drniitr. ipn I 
• ni Vu fût le r6»ullat. A la naissance du jour, \cs 
tsi hauMlis rassni)l»l«ri til toUN les corps, janits- 
cliarrs, a>al)t>s. uiarioiosr.s . sipaliis . Imsc liliis, 
akiudschis, dst lii'lit'dscliis. lojKloscliis et lopa- 
ralH'dsclus; iudi(picrcrit à tous leurs |m)sIcs, et 
poiissrrcut les luoiiis résolus ^ coups de barres 
de Fer. Le \esir Aliuied prit son posie sur le 
reui|)arl. Ali-PaS' ha, riama-Pasclia. el Arslaii- 
Be|;, menèrent I armée a l'assaut en trois masses: 
.sous eux. se trouvaient Dcrwiscli-jùj; . \\«li- 
lU'i;, llasau-l)e|j. Mustapha- IJejj. el les rilu- 
i;ies persans venus avec l lama, Weldis-Clian, 
Moliamuied et autres. On enUndit retentir le 
bruit de la uuisiipie militaire et les eris : Allah I 
Allah! .lésus! Marie! » Doho, placé au milieu des 
ruines du bastum. près du cachot, la où s élan- 
çaient les Iroupesd .Mi, à pied, blessé à la nutin, 
anime .ses vaillants con)paj;iions, avec les mois 
de patrie, hoimeur. i;loiie, élernité. Ses dis- 
cours enllaiiiment tous les cours ; les femmes 
mêmes et les jeunesHiIes ..erourenl sur les mu- 
railles avec des .seaux d'eau bouillante el dhuile 
entlammée, (ju elles versent .sur les infidèles. 
I lie mère, son {;en(lrc et s.i fdle combattaient 
serrés sur le rempart ; Ihunime tombe. I.ahlle. 
exhortée par sa mère à ensevelir le mort , ré- 
[>oii(i : « Non, pas avant de l'avoir ven{i;é! •> .Vus- 
sllôt, saisissant le l)ou(lier et ré|iéc. elle ren- 
verse trois ennemis ; alors seulement elle |)r<'nd 
le c id.ivre de son époux dans ses bras, et le porte 
à ré|;lise jwur lui taire donner la sépulture ehré- 
lienne. lue autre fe i me portant iinei harj;e de 
pierres sur la leie tombe Frappée d une balle 
aux pieds de sa fille; celle-ci, étouffant .sa dou- 
leur, reprend le farde.iu ensanglanté, le jette 
sur les ennemis, et il écrase deux Turcs. .Sur le 
bastion se tenaient liornemissa, Zoltay et Fi- 
gedy, contre Arslan-Bej;, qui , de sa main bles- 
sée, a^îilait son drapeau ronge bro<ié d'or ; 
c'était un sijjue de victoire , qui avait coûté 
huit mille morts aux a.-saillanis. Troi:;milK" l)es- 

λH. II. 



( liliiN. aLimIsrhis et janiisi liâtes . rnnduils par 
r.H;a Moh.iui i éd. m- |H>rlèrenl contre la \iedle 
jiorte de la Forteresse, où .Mi kskei , a\ee cmq 
cent» an|uebusien» , re|MuisKa leurs efforts. Kn 
N.iiu 1rs tsehauM-hs. rappel.inl aux janilMli.ires 
leur triomphe «le lemesw.ir. le^ enj;a|;èrenl .1 
renouseler l'attaque; ces miliciens si terribles 
ré|MMidirent (pie nulle puissant e ne |Niiirrai( les 
(hcider .1 (oiiib.itire ((ititre hieii <pii s était dé- 
claré |H>ur lesilon|;ruis : ainsi KrIauFut sau\ée. 
I.a lutte se prolon|;ea six jours en«iire. a\(<- de» 
Mèches 1 1 des projectdes; on tira qucMpies ( uups 
de canon. l-.nFin la nei|;e , une pluie i;la(iale, 
arrisèrcnl Fort a prt)|M)s pour donner au vesir 
un prétexte vivement .souhaité de lever lesiéj;e: 
il parut ( l'der à la ii|;Meur de la s.iison et ne se 
retirer(piei)our ipieltpie teu.ps. >i \ (»iis \ous êtes 
montrés vairiammeiil. habitants dliLiu! s V-- 
crièrent lesassié|;eants, so\e/ maintenant Iran- 
quilles, nous alloiisnous retirer; mais l'année 
|)rochaine nous reviendronsavec des Forces irre- 
.sislil)les|M)urver;j;er notre affront! Le Nesi, Ah- 
med aecabl.i de reproehes l'euniKpie .Mi. pasi lu 
d'I )Fen , laceusint de l'avoir entraîné dans cette 
entreprise, ajoutant (pi'il savait maintenant ce 
(pie c'était (pie ce ramasd'enCanls. ainsi ((ue sex- 
[triiiiait Ali en lui p.irlant dlùlau. et (pi'il n'a- 
vait jamais rencontré d'enlant^ aussi i.elliipieux. 
Dans la nuit les tentes furent levées, la i;rosse 
artillerie ( harj;ée sur des voitures . el 1 la nais- 
sance du jour commença la retraite. Dans la 
place on ramas,sadou/.e mille boulet.s,qui avaient 
' été lanc(''ssur la ville dur.int le sié(;e. et i|iii fu- 
' rent disposés en p\ ramldes < omme des trophées 
sur la place d'armes Les drapeaux (:on({uis, 
' ceux d'Arslan-lieiJ, d'Ali-l'ascha el un troisième 
Furent adressés A \ ieiiiie avee un bulletin très- 
1 élt ndu. I/cunuque Ali. (pii avait repré.senté au 
I vesir la conrpièle d Kriau comme une opération 
I si facile, dans l'espérance que cette place .serait 
Mllribuée.i s n i;ouverniiiient doren. fut bien- 
, lût déposé cl remplacé [)ar Tuijjhun-I'aseha; 
I mais auparavant, il put satisfaire .sa venf^eance 
sur Rornemissa. ipiil fil prisonnier près du vil- 
h^,c de keresztes. h fieiix milles au-dessous 
I d'Erlau. et qu'il ( nvoya a Constantinople. Au.s- 
s;t(jt s'ouvrirent fK)ur le !l()n[îrois) les cachots 
des .*sept-Tours. 

rendant l'aimée où les armées de .Suleiman 
r culèrent les liiniles de l'empire olffiinjn p.ir 



M 



IIISTOIUF 1>F. I.'KMriRK 0TT0MA!1. 



des conqiuMt> «ii ini|Hiri.init'>«. Innii^sanl rrdif 
qnrluiics ailriiitos vu Asie. tl«' la part des IN r- 
Mn?. I>r^h.ih fcnta dr ropronHrr Ardsiluscli, 
Aa«liMs*-hu\Nns c\ \rlil.illi II nliona lontrc les 
dont prrmii'ro'; pl.irrs. i^r.lrr ^ la N.ilciir dr 
l'êniir knrdc Ibraliin. cl driiiir-Miisiaplia. 
fils de Siiiaii Pasclia. I «s liabilaiits dAclilalh 
flirrnt dolormiiuS A rapiluNr par des IcKrrs 
simidtS's : la libro rrtraifc leur rlail acrordc^r: 
niais lors^piils s<irlircnt. Ils fiiicril tons mass.i- 
cr^ av^c les friiinios ri les rnfanis. Apr6s rc 
surets. drsinlrij;»icspra(iqii('rs dans \rdM his<h 
firtiil iminolrr Mir-lhraliini . ••( le chàlraii fut 
ras<'. Ismaïl-Mirsa. fils d» schah . se tourna cn- 
s\ùie avec (pifiqnrs niillirrs dliommos dn rnii' 
d"Kr<«'rnni . attira le roinniandant Iskender- 
Pasrha dansnne endui^rade. et le d»''fit si coni- 
plt'iemenl cpie les |)e|;s de Trêli sonde . Mala- 
lia. Ikwiik . Karahiszar. reslt^'rent sur la plare; 
le sandschakiiej; Maliniiid et les arjas de I aile 
droite ef de l'aile f;an( lie de la ravalerie réfjn- 
li^re se l^onv^^fnt parmi les prisonniers. Ce 
revers n'affaiblit nullement aux yeux d«' Snlei- 
man le mérite de la vaillance drfdou'e par 
Iskender-Pasclia dans l'action el dans tant 
d'autres cintmstanees II lui adressa une h tire 
d elo(»es sur sa vif^ourruse rèsislanee aux fortes 
supérieure*, du [ir m e pers;ui : à la lettre ('•f aient 
joints un \étement d'honneur . un sabre el une 
masse. Il n'y avaU plus k douter (\c la nécessité 
de porter tiaintenant les armes ottomanes de 
la llonp.rie (ontre la Perse: seulement il sa/;is- 
saii de décider si ^^aleiman remeltrait le com- 
mandement supérieur de la premifTecanipayne 
de perse a un vesir. ou s il dirigerait lui-mên)e 
leifpédition. Animées par la présence du sultan. 
dans onze campaf^nes. ses armées sVlaient h i- 
bituées à la guerre et à la victoire, et tout ré- 
remrrenf m«^n)e . en Monfjrie . malfçré l'absenre 
du m^ji're suprèn;e . elles (Kjuvaient citer les 
cofKpiétes de Temrswar, Szoînok . f jppa, et de 
vinf;f-cinq chAleauT . qui effa< aient l'érhee es- 
suyédevant Kriau. Suleiman. qui touriialt à ses 
•oixanteans. visiblement fatifjué par tant de 
IravauT . voulut abandonner .1 ses vesirs la con 
duite des opérations militaires en Perse. P'n con- 
séquente, i'nv;*!! donnéVfomm.ndemf nt snpi'-- 
rieur au p.rand vesir Rusiem. laissant l,i f;;.rdede 
la frontière honfjroi.se à fheureui conquérant Ah- 
roed-Pa'cha, et ordonnant au bcgltrLegde Ru- 



mili Moli.inuncd-Sokdlli de [(rendre ses quartiers 
d"bi\«'r a Tokal . ahii «pic les lu)sliiilcs pussent 
s'en(;af;er au commencement du printemps con- 
tre les Persans. S'il v enl un clian|',cmenl daîis 
«elle résolution, et si Suleiman r<'panil sur 1rs 
cil iinps de bataille, ce ru* fut point (pie les ar- 
mes oiioMianes s'arrêtassent dans leur carrière 
de trioni[)be. ni <|uc le maître doulAI des suc- 
ées de j;(''iicimii\ tels (pic Muslcm cl Mimed : il 
y cul à cela une cause [ilus j;rave et (dus impor- 
tante. Des quartiers d'hiver d'Aksérai en Kara- 
manie. le (;rand vesir en\oya au sultan ra|;a 
des sipahis "^cliemsi. signalé par ses ajpémenis 
et ses talents poétiques, el admis i^ la confiai ce 
de .Suleiman. aHn de lui annoncer (pie les 
sentiments des janiischares se manifesiaierit 
clairement en faveur du [(rince .Miista|(lia; que 
l'on disait dans l'armée •(|ue Suleiman élait 
devenu vieux et ne venait [dus en personne au- 
devant de l'armée; (pie le j^rand vesir seul 
s'(([(j(((sail à la successi((n du trcdie revenant h'- 
f^itimement au prince; que c'était maintenant 
cIionc facile d'abattre la tête de Rusiem el <]e. 
donner au vieux padiscbali le rcjios nécessaire 
dans le sérail de Demolika. I,e f)rince, aj(»ulail 
le rapport, a^ Cueillant de telles pensées et de tels 
[iro|)os. Sallaiitesse élait sup[diée d'entrer elle- 
même en camp.ii;ne. hieii nous préserve, 
dit Suleiman A Sdieiusi-F'ascha ' (n)mme celui- 
ci le rapjiorfe dans un poème composé i^ ce sii- 
jetyi .que. (icndani ma vie. .Musla[dia-Clian ose 
se couvrir d une telle inlauiie. «Aussiic'd Icsjanil- 
schareS et d'autres troupe.^ recourent ordre de re- 
venir [lendant l'hiscr dans leurs foyers ; unelef- 
tre dusouveraina[i[iclale|;rand vesir;'^0)I^slan- 
tinople.etilfuldécidé(|l^au |)rintem|»s prochain 
la campa{;ne s'ouvrirait sous la haute direction 
du sultan '2 . .\ussil(')l que cette rés(dntion fut 
annoiit('e. le schah envoya le sandscliak-bc,; 
Mohammed el les deux a};as [)ris dans le com- 
bat d'Ersennn. avec des pro[)osil ions de paix. A 
la Porte. Dn ne les("(oiila [loint fiour le moment, 
a cause (lu molif «-ctret de l'cnlrce en tampa- 
fjne de Suleiman, qui redoutait n(m point les 
[térils du deliors. mais les danf;ers inférîciff's. 
On se contenta d'adresser au schah un séid . ou 



(1 Pelsrbrwi , Aali, Skt)lakiadf. 
'.' Aali, xiTiii* ^Téneiii^nt ; fol. 2/51. 



I l\ IM" \\\!. 



k:î 



p.irpnt (In prophrir , rn ilirf«''r.iitl les mj;o- 
lialioiis df p.ii\ , (■[ les ||-aiiN|N)ii.in( ;i AU-p 

L'tlé était (Icj.i Imci) a^anci^ loiMpir Suleiiiian 
se rcii(iil;'k Skiilari. A JriiiiM Ix-tir ralIciuliK li* 
prince iki;i>til, );mniTiH*ur de K.ir.iiiiaiiic. ipii, 
|Hiiir la durée de cette caiiipa|;iie , fut in\eiiti 
de la di);ni(t' de lieuleuaiil du sultan à \ndri- 
nople. V Knl.ihije .Sideuiian ree A raiiil>.i<vsa- 
deur )N)tonai.s ^a/lowieeki, qui fut r(>ni;edié 
avre des protestations d'aniilié. A erlle é|KKpie 
nulle cour euro|M-enne nenso) ail des and)a^sa- 
dc> auprès de l.i Pmie plus finpiruimenl ipio 
l.i l'tili)j;ne; [Miitl.inl ipiaire ainue> sucres.sive- 
intnt on\ii arriver dei> envoyés {Milunais au- 
près du sullan ; dans la dernière il en \ inl deux. 
Depuis Niciilas itolioiis/ dont il a deja e(é ipies- 
tion, on peut citer André liur/ki, Stanislas 
IVne/ynski . André H/itki, Vi/l(>\Niecki : en 
l">.")i, se présentèrent encore Pierre l'ilecki et 
Mculas Ur/o/.o\vski. I-es objets de leurs néj;o- 
ciations étaient les irruptions des Turcs en l'o- 
loj;ne, les iiulenn itcs |Mnir la reiiu* Isabelle, la 
rcsiiiiiiiMii des prisoiMiiers . le renouvelU-nu-nt 
de I ainitie entre les deux nations, l.e baile \é- 
lutien Navajjiero ét.iit revenu cette année de 
C'onsiantiiiMple a \ fnise. 

Aux «-(piinoxes daiiloniiie le prince Selim, 
gouverneur de .S.saruchan , vint baiser la main 
du sultan .^ Hulawadin. et reçut la iterniission 
d ."iccouipaijner son jM-re dans (elle cainpa|;ne. 
I orsipje le ram{) fut établi au delà d'Kre(;li 
Archelais , dans le voisinajye de cette ville 
|>arut le prince Mustapha, dont la tente, déco- 
rée ina|;nihipu'niciit , fut [»laiilé«'à côté de celle 
de son père .'> octobrcj. Le lendemain, les 
vesirs lui baùsèrent la main, et reçurent de 
|H)mpeu\ vêtements d honneur, le prince 
monta ensuite un cheval couvert de liarnois 
maj;nifi«pies. et fut accon)pajjné à I audience 
du sultan par les vesir.s et les janitsciiares, au 
bruit des acclamations de cesinilicieiis. Mai.s, de 
quelle consternation dut être frappé le malheu- 
reux prince, lorsquen entrant dans la lente, 
il n'aperçut ni le sullan son |Mre ni aucun 
vesir, et trouva seulement les .sept nmets, ter- 
ribles exécuteurs des ( rdres sanj^lants de Sulei- 
man, qui avaient jadis étranglé le {^rand vesir 
Ibrahim 1 I!s se précipitèicnt sur lui et lui ser- 
rèrent la {ïor{^e. étouffant des cris qui en 
ap|*elaient vainement à la pitié de son père 



cjtlir ileinère le rideau de stiie. l'end.ml que 
cette exécution se faivnt dans I intéueui île la 
tente, au delioni on aha tait la léte du (;rand 
é<U)er du prin<e et de l'un des ajjas. Aussiioi 
que la nouvelle fut répandue dan>« l année, 
les janilM-liarcH, accouluiué» :i se Miulevrr pour 
de» eausrs moins jjra\es. éclatèrent en n«ena- 
ce^ et ré( lauièrent le châtiment du i;rand >eMr, 
aux inlri(',ues duipiel i-lait afribué le trafique 
événen.enl. I es \esirs sié|;eant daiLs le divan 
ne .savaient que ré.soudre et (pie faire. Alo. s 
[<arut le |',r.ind i h.UMbrlIan . qui ledenianda au 
i;rand Ne>ir If sc«-au d or, j.ajje de la plus haule 
confiance et du |M)UVoir suprême. Après lavoir 
reçu, le i;rand chambellan sv tourna vers le 
troisième vesir llaider - l'as» ha . et lui dit: 
« Allez dans voire tente. » lui anncmcaju sa dc- 
|)osition. Hiistem et ll.iider obéirent à l'ordre; 
le reste du divan deuH ura num Au ImjuI «le 
quelques instants se remontra le j;randcliambel 
lan avec le sceau d'or, (pi d remit à lani ien se- 
cond vesir Ahmed-l'ast ha . en rinvesiiss.iiit de 
la première (li|;nilé de ICmpire. l.e deflerdar 
du tre.sor inqiérial .m- rendit dans la lente du 
prince inunolé|Muir se .saisir de ce ({ud laissait. 
au|»roHl dufis( ; les ipiisde la vit lime furent con- 
gédiés avec cpielques ré< onqieuses Les ulémas 
d'Erejjli reçurent Tordre de réciter les prières 
des morts sur le cadavre, (pii fut trans|MMlè a 
Brusa et «nseveli |)rèsdu londteau de Mmad II. 
Tous les historiens turcs et chrétiens sont una- 
nimes pour re{;arder Husieni comme le provo- 
cateurdece meurtre, servant ainsi dinslnimeiit 
à .son ambitieuse l>elle-inére la sultane Cha.szeki- 
Churrem, de nation russe, et en ((insé«pience, 
apjH'lée lU)s.sa ou Hox«lane . et (pie des |M»eles 
français, ii.ème des hisiorieiis. au im*|(ris de j.i 
vérité, veulent absolument r.il lâcher a leur na- 
tion. Les écrivains curopéen.s racontent encore 
beaucoup de choses sur des tentatives dempoi- 
.sonnemciit . dts lettres suppoM-es. et divers(s 
autres circonstances ajoutant eniore à la féro- 
cité de Suleiiiian dans cette extculion ; mais de 
tout cela, les Oitomans ne savent rien, ou ne 
veulent rien .savoir. Depuis Thuan jusqu à Ho- 
berl.son, les historiens les plus renommé's ont 
jeté ce traj;i(jue événement dans le cercle de 
leurs récits et l'ont répété avec pi s ou moin.s 
d'emphase, dapris l'amba.ssadeur im|>érial 
Busbek ; mais ce diplomate, rédacteur d'exctl- 



81 



iiiNioinr Dr i. TMîMnr. ottoman. 



Icius iMpporis sur (lan'ros |K>iiil^. d.iiis W ivcil 
de ers faits arrom|>liN en Asie tiriix ans avaiU 
son arrivi^ à l,4)nslaiuim»plr. a roinmis cirs 
erreurs si cssoniiilirs sur doiiv cirooiisiaïucs, 
que lo rcslr ne iiutIIo pas niir «■onflaiioo 
abs»>liuv Sil tr.ins|X)rlo la srriir do IVxnu- 
lion dKroi;li. m Karamanir. à A-rasia. sur lo 
l'ont, oij lo suliaii nalla point dans rollo oam- 
pa!;nc. on poiit bion «loiitor do la vorilo de sa 
doscription do la riirour i\e Siilciman. prossjnl 
le zMc des Muioi-i do s«'s parole-» ot i\c sos ro- 
î^ards menarants. labloan qiio Kohirison et 
Knollcs ont on-uito i;randoinonl dovoloppo. 
liien plus di|;ne de foi est lo rapport de Hiis- 
l>ek sur le supplice du fils de Mnslaplia. (pie 
lounutpio llTahim sut arrarher par la ruse aux 
liras de sa more. > lînisi. ot (piil jeta, sans \ io. 
pri's du tonilxan do son pore. 

Celte mort violente et iniusie de Mustapha 
ro|»andii une (ristosso gônorale ''ans l'anniT et 
dans lenipire. Plein dOipiiio, do passion pour 
les scicnees et la poésie . lo prineo a ail f^aj^né 
au plus haut defvro lamour dos soldats et des 
nourrissons <los uuisr -i. Il l.iiss.i dos poésies sous 
lepvudoiiyme do Muehilis/.i le Juste .et fut le 
j;énérpu\ prolecteur de ^ururi . lun «les plus 
jîrands philolof;ues ottomans, auteur d'un dic- 
tionnaire persan tr^s-apprécié. dimo [»oéli(pie, 
et des nieillou s comnienfairos sur les chefs- 
d* ru^Te A^ |>oëtes persans, tels que le Gulislan 
el le Bfisian. le IW h:iri<^ta!! do Dsthanii: le 
Schebistani-I^^liial de letlahi. le Me<>ne\si de 
iKchelaleddin-Rumi. et le Divan de llafis: lui- 
n;ômo avait comfMisé trois divans de f;h.'iscles. 
Mu«>laph3 fut donc pleuré par les prineipanx 
pr)etcs. mais avec une douleur plus pi(»Fonde et 
plus amére par Jahja . qui mon'ra celte même 
liberté dont il avait déjà fait preuve sous l'ad- 
mini>traiion du toui-y>ui«-<aiii (;rand ve-ir Ibra- 
him . en cr;mj»f»sanl une elé{;ie sur la mori <lu 
defterdar Iskender-Tschelebi, immolé par rel 
or(;urilleu\ favori. I.es vers coururent de :i ain 
en main, pa^s^-renl de bouche en \x>[vh' . ei 
Jahja hé<^iia d autant moins à sen reconnaître 
lauteur. que Rustem l'ennemi naturel de tous 
le* fioête^. était défKjsé. Mais lor'^pie, d. ux ans 
après . Hustem rentra en ]rf>vse-sion du [;rand 
vesirai . il ex^KJSï deux fois au sultan combien 
il importait au maintien de l'ordre du monde 
de faire tom'wria léte d'un homme aussi auda- 



cioiiv ]i;(- le piieio .lali;a ;rar il u'osail pa >or>loii 
ner son supplice do sa pleine aulorilé . ainsi 
•iu'a\ait failloi;ran«l vosirllirahini ;'i réi;ard du 
poiMo Fij;hani. en elw^liinoiil tl'uMoépij', ranime: 
I il se rappelait . qu'au nionienl <lo son renverse- 
mont du pioniior p(is!(> de riMiqiiro, sa propre 
léte. réclaniéo |iar les laiiilsiliares, avait été on 
j;rand daniyer. Snleimaii . cpii . sur les inslijya- 
tioiis do Hnsiom. avait sacriHé la vie de son 
I fils, conserva celle d'un poète (pn no loi était 
! nullement suspect, et dont lo crime était d'a- 
I voir pleuré la mort de Mus|a[ilia. Musiom. plus 
irrité, manda lo poète, espor.inl. dans une ré- 
jMtnse imprévoyante, trouver matière à l'accuser 
du crime de lèse-majesté. « (lomnient os«'s-tu 
bl;^mer les actes du padischali et les livrer 
dans tes vers en pâture au peuple? » Par une 
I hourouso concession , .lalija répomlit : « Avec 
I la sentence du padischali , nous avons aussi 
condamné le prince à mort : avec ceux (pii ploii- 
I raieiil son destin, nous avons ausvi versé dos 
• larmes.)' Rustem , auquel il était défondu d'al- 
I tenter à la vie du poolo. le punit en lui retirant 
' la place productive d'admiiiisiratoiir do l'onda- 
lioiis pieuses. La douleur eaiisée par rinjusto 
sup[ilice de .Mu.sla[)lia s'exprima, non-seule- 
ment dans rélé(;ie dc.lahja, mais encore dans 
les pij;es de hardis ehroiioniaplics 1 ,. Cle sen- 
timent lut irrili' encore par la mort piémariirée 
' de Dschihangir, frère de Musla|)ha. Ce prince, 
infirme et contrefait, mais doué de brillantes 
qualités fie lesiiril , avait aimé .Mustapha do 
l'amour le jilus tendre ; il ressentit si |»rofoiulé- 
ment le coup frappé par .sou père, qu'il perdit 
enlièremeni toutes les joies du cœur, tomba 
dans une noire mélaneolir. et l)ieiilot s"éleij;iiit 
, mal;;ré tous les se( ours de la médecine. Siilei- 
! man . qui souvent s'était diverti aux s|)irituelles 
sailliesdeDsehihanj'jir.déplctra sineèrernenl une 
perte si cruelle, et fil ensevelir cette seconde 
viclime à cùté de son frère Mohammed, dans 
la mosquée appelée aujourd'hui mosquée des 
l'rinros. il fit de plus élever à la mémoire de 
[)s< liilianjjir un temple sur la hauteur qui cou- 
ninne le caj» de Topchane. 

L'hiver se passa à Alep. dans des soins d'ad- 
niinislralinn : là furent abolies beaucoup fl'in- 
novaiions en impôts et droits fiscaux contraires 

I 

j '1, Pctrbewi, fol. 1.00: Aali, 



LIVRF X \\1 



A la loi 1 . Au rommpncpment d'avril le cainj) f 
fui U'\é; r«'unui|ui' lliraliini-1'aM-h;» i|iiilla lar- 
iiiét* |)<)nr aller ik:cu}kt le paste de Kaiuiakatii, | 
à 0)ns(antiri<>|)le I.e lô mai, A Aiiiid. il y eut { 
un divati i;rii«ial de I arnue. dans lequel on ne 
vil [Kjinl, selon l'usaj^e, les roloruicN de l'ein- | 
pire. Us ve«iirs , kadiaskerî», deflerdars et nis- 
( lian«lsrliis, mais où |tarure(it les ofHriers des 
janilNcliares, les ai;as. kiajas. serdars, rolnm-ls. 
ca|)ilaities, eomptables, ain-^i <|ue les i;.irde.s du 
curps. I>e sultan 1rs accueillit av(*c bicnvcil- 
lanre, sVn(|uit de leur situation, puis leur parla 
de la néeessité de reprendre les armes eonir»' 
les ennemis i\c la foi et de l'empire, les Persans, ' 
et de les |H)rter jus(pie dans leur |)ays. \ ieux 
el jeunes versèrent des larmes et s'éirièrent : 
« Avec joie nous marrlierons sur l'ordre du pa- 
discliuh, non-seulement jusque dans l'Inde cl la 
Chine, mais encore jusipiau mont kas 'JVd Lt 
marche se |>oursuivii par l'.rMTum. Im liahakl- 
S(hur,ellel)ras principal dcl Kupliralc Murad , 
vers kart^habasari : là de la (Hjudre fut distri- 
bué»- à l'armée. A Toptsi liairi , des j>ri>onni<is 
kinHes sécliappèrenl. A Nsusclieliri, dans une 
plaine bien arrosée, l'armée fut mise en bel 
ordre de bataille. Le jjrand vesir Ahmed et le 
second, Ali-l'asdia l'cimucpie, rivalisèrent de 
In\e et do njai;nificence; niais tous les re|;ards 
se dirii;eaient sur les armes étran(;e.s dts 
IroijH^s de Rmnili.aveclesjpielles le beijlerbc;; 
Moliamiiied-'^okoili vint joindre I armée:on leur 
voyait des peaux de léopard tondtant par-dessus 
lesépaules.des(|ueuesde renard descenrlant des 
caMpies. de Ion;;s éperons de fer . d'cfiornies 
lx)U( liers, des bras.sards bleus, des {îantelcls de 
fer, des drapeaux rouf;es et blancs, et même de.s 
chevaux peints '.\ . .Six jours a[»rès. le |>rin( e 
Sultan-Selim or{^anis,i sa marche avec l'armée 
d'Anatoli, commandée par le bejîlcrbef; Ah- 
med-Pascha, cl les troupes de Karamanie et de 
Snikadr. ainsi que des be[;s Imkmans. .sous 
les ordres dllaidei -l'as<ha. Les lommes de 
Sulkadr cl de Siwas turent placés à l'arrièr.- 
garde; les be{;lcrbe{;s d'Erserum. r)iarl»ekr et 
Damas, les paschas Ajas. Iskender et Moiiun- 



(\) Petschewi . fui. luj. 

(T Limite extrême et fabolenne delà terre rt apte» 1"-* 
iHées des Orientaux. 

3 PeUchcwi , M. 103 , dsprcs A^li. 



med , .1 lavant (^arde. A laile droite . ^e mille 
j)rime Srliin avec h s jjens d'An.iioli cl de Ka- 
ramanie: i la |',auche, se rati|;èrent les trou |»c<i 
de Humili. On se dirigea, dans cet orrire. \ers 
Kaisi!. place frontière. !)<• la *^ideiman adressa 
la det laraliim «le i;inTrr en foi me de pnjvoea- 
tion au M hall lahmasip, de cr ton offensant , 
de ce style injnrieuY. que Ion a pu déj.1 con- 
naître par 1rs rbhs de son \ti'rr .Vlim au s. hah 
Isinail. Il lui disait en résumé: «> (Jn'cii \«rtu 
des fetwas, il manhait rontre U^s héréii(pies 
[loiir les anéantir: (pie. selon la parole du pn»- 
|ilièie. il priscnlail I islam a\ani le cini" terre ; 
(pie le schah jxnivait accepter la f<»i ortlnKlote, 
mais que, dans le cas contraire, il ne fallait 
pas reciiNr la< hement de\ant le fer rpii serait 
tiré |Miur rexlerminer, suivan: le texte du ko- 
ran : nous avons tiré le fer |mnr manifester 
notre colère (I . n |j dt^laration de j;uerrr fut 
mise A exécution [»ar la désolation dts liellcs 1 1 
fcriiies campa);nes de Nachdschii^an et d'L- 
riwan , et de la délicieuse contrée de karabaj;li. 
.Srliiircj;il, "-cheralKhanr. .Nilfirak. fuient dé- 
vastés ; à Taiwan . les palais du scliah et de ses 
fils furent rasés, le ina|;nifique jardin de .Sulta- 
nije détruit. Le -31 juillrt L'..")i. on fil halte à 
Arpa - Tsi hairi ; le h iidcmain . sur les rives de 
l'Araxe. à karahis/ar, les troupes de karamanie 
tombèrent dans une embuscade , ei les Persans 
leur lirenl subir (piehjiie perte. Le bon pa\s de 
karabaijh fui é[)uisé: ce (pie l'on ne pu! empor- 
ter, on y mit le feu; à .Nachdschiwan , il ne 
resta pas pierre sur pierre, la desiru(ti(m se 
promena sur un cercle de < inrj jours de marclie. 
Des (ilaireiirs cl iransfuj;es ay;int rap|)orté la 
nom (Ile ipic le schah était retranché dans les 
moiila;;ti(s de Lor. et le pays, tout nlenioiir, 
ne [iréscnianl qii un vaste désert désolé par le 
fer et le feu, la retraite fut n'solue. An château 
de liajesid, le fi août . un sipahi pris(»nnier a[(- 
[lorla une lettre du sdiali en réj onse au défi du 
sultan. « Le .schah. y était-il dit, exercera des 
rcfin-sailles par le ravafje de vos terres. Notre 
force n'ist point dans la lance et l'épée , vous 
vous confie/, aux fusils et aux canons, vous ma- 
nif. siez v(»lre valeur par le pillajje et l'incen- 



I L<j lettre e»l donnée par A.ili , Pcivhewi H le 
journal de ^nleiman . n" xxxviii , mais iuc nurîques 
uii;dilKalio.ik d,ink k^ tenn *■. 



86 



nisT(^inr i>r lkmimrk ottomain. 



die; tU'.irnioin< la j..»i\ isi iiuUimIi'im» Kii 
ce m^nw lien. ;.ir\iiu la ihuim'Ia' (jue Io lu'i; 
(un' d'Amasia.Snll.Mi-Iluseiii.ciui. ayant |M)nss(^ 
ses eoursrs dans le canlmi de Meraj;lia cl de 
Sclied . selail eiisuile établi A radUi-Siileiman. 
eapiCalr t\\\ Knrdislaii. av.iii rie l>alln. ri (inuii 
autre des |»riii(i|>.ui\ l>ej;.s kurdes a\ail disparu. 
Alors aui Iwsfiliti^s sueeWtTcnl des disposi- 
tions plus pacifiijnes, sans que pour cela ,sc nia- 
nifesi.1l lui esprit de (onrhiisie. lue corrcs|M)n- 
«lanco par lettres s'en{;a|;ea entre les minisires 
persans rt ottomans. I.e i;rand vesir écrivit le 
[>rmiier Helevant les repnx lies de la dernière 
Il tire de scliah . il disait : On sait fort bien de 
quel càlc on a tremblé; maintenant que Ton 
s"c$l relire de Naebd.scbirwan, le cliakai vient 
bravement dans la forêt. I,es conlrées de la 
l'erse sont encore obscurcies par londtre des 
drapeauT victorieux des Ottomans; si les Per- 
s.ms osaient paraître en rase campa{;ne pour 
combattre, les Ottomans seraient prêts à Ic.'î 
repousser, sans fusils, ni canons, en maniant 
simplement la lance et l'épée. ^ l^nc seconde 
l(Mlre. adr«ssée. comme la précédente, par le 
vesir ottoman aux ministres persans, et por- 
ti-e par un pri^mnier |»er.san, répondait de 
point en point à la rai>sive envoyée au {;ou- 
\rrneur d F.rscrum Ajas - Pascha . laquelle 
(•arlait de la |kaix. eo.imie si elle eut élé dé- 
sirée dabord par les Ottomans. I,a lettre com- 
mençait par repouvs«r eclte firéicntion des 
Persans ,1 représ<'nl('r les Tmcs comme ayant 
fait les premiers pas |K»ur la paix, à laquelle 
d'ailleurs on était dispfisé; puis, au sujet de 
Irritation du texte du Koran faite par le Per- 
.'nn : Ouironqiir lue un fidMe esl pbmjjé pour 
jamais dans l'enfer, r Abmed disait < que ce 
principe était vrai a léjjard des fidMcs; mais 
que dans ce nombre ne |k»u\ aient élre conip- 
1»^ les Persan*, (pji , du haut de leurs diaires, 
inaudisikaient les rompa[jnons du pro|»hètc , les 
trois premiers chalifes. Si ceux qui arçissent 
^insi ne sont [»as des mécréants, à rpji donc ce 
litre pourrait -il être donné?. . , Lh véritable 
drictrine mabométane romf>lc Tiaintenant neuf 
cent vtixanlc annéfs: rhéré>ie persane date à 
[•♦•ine dun demi siérir. .. Quant à linsiablité 
dr^ grandeurs et de la (xiissance. le padischah 
la toujours devant le* yeux, et na pas bK>oin 
qtjonla lui rappelle ..En6n en cequi concerne la 



paix, la bienheureuse Porte esl Inujonr.'^ouNcrle 
aux amis et a,ix ctuK'mis; si les Persans dcsireut 
sincèn-nicnl la paix . ils doivent euMiyer, non 
pas (piel(pu' misérable enq)loyé. mais un diplo- 
mate rcconunaiidable : si telles ne sont pas leurs 
inienlions. les Oiiomans rcsieroiil Tliiver sur 
les IVonlicres. et les dé.sasires des sujets relom- 
benmt sur la léte des gouvernants...» Ajas- 
Pascha rt'pondil dans le même sens el du même 
ton îi la lettre qu il avait reçue des be[js de 
Perse. 

Derrière IWraxe, Terhad-Rc^;, sandschakbep; 
de Kirkkilise. remporla qnclcjiies avanla|;es sur 
leiHienii ; A Konludscha , Turachan-Oj;lili-( )mer- 
Heij obtint au.ssi des succès. Lorsque Ion eut 
pas.sé le pont de Tschoban , et que Ton fut 
campé à llasaiikalaa. les be[;lerber;s de Diar- 
bckr et de W an, ainsi que les be};s Kurdes, re- 
çurent des vêtements dhonncur, et furent ad- 
misau baise-main. I.es lètes envoyées par Sullan- 
Ilusein, bcj; d'Amasia, de Tachli -Sideiman , 
capitale du Kurdistan , plantées sur des lances, 
furent exposées, comme ornements de celle cé- 
rémonie, au bruil des fanfares de la musique 
de l'armée H aoôt Io-tIj. A la nouvelle que le 
schah avait enlevé (pielques chMeaux de Geor- 
{;ie. le {jrand vesir reçut ordre de se mettre en 
marche, deSasIik, contre lui , avec quatre mille 
janitschares, toutes les troupes de Rumili . d'A- 
natoll et de Karamanie; mais, dès OUI, Ton 
apprit la retraite du scliah. 

Cependant , les Iroupes de Baf;dad et de \,o- 
risian avaient conquis les deux districts kurdes 
de Si hehrsol et de Reikasz. ainsi que leschAleaux 
en flépendant. ce qui avait déterminé la sou- 
mission des bejjs du Kurriislan. A Krserum pa- 
rut enfin lambassadeur persan , investi de pou- 
voirs réfjqliers tels que les demandaient Sidei- 
man et ses vesirs, et porieur d'une lellre difjne 
cl convenable 'ifi septembre lo54|. C'était le 
kurutschi-katschar, ou capitaine de» fyardes du 
corps du scliah.nonuné .Scliahkuli. qui sollicitait 
une armisiiredans une audience solennelle. On 
accorda celte suspension des hostilités pour 
tout le temps qu'elle serait observée flu côté des 
Persans. Quatre jours après, le sidian quitta 
Krserum : vinfjt marches le porlèreni à Siwas; 
après douze autres, il atlei|jnil Amasia, où 
furent |»ris les quartiers d'hiver. Au printemps 
parut dans cette dernière ville, comme plénipo- 



,iv lii: \x\i. 



n 



tonliairc du MliahJ^. vm c,imiu\ malUc do 
cérciiwmit's, riv*h»k.ii;4 J-cirudiNaU-IU'j; , afcc 
des prcMiiis nMj;niù<|ni> il inio lun;;iu- Irllri'. 
qui, apris de t;rjiidi> louauijci à Dieu, au 
pro|)li^tc el a Ali , rapjM'Iait une iiifiuilé di' •»*•«»- 
teurt'B ar;«ln'> tt »lo |iinU'>Ialioris «le |».us ■ el h- 
iiis>ail |»ar deuiaiidiT que Uf> |Kleriii> |Kr*'aus 
puvM'iU se rendre Miit» tn>uble ver» les lieux 
(i»n<.arré> de l'iNlaiii l.ambasvathur fut coniblé 
de niarqueN d liitiinrur «t de jneMiilN ; on re- 
|M)iidit à la lettre de mxi uiaiire par une autre 
moins ponqR'Use, mais allant plus droit au but. 
Dans cette pièce, tout honneur était accordé à 
l'iumn Ali; mais en même tem|)s on taisait ob- 
server (|u il ne fallait point pounela (lt«laij;nir 
les autres com|);t(;nons du prophète , car celui- 
ci a dit : u Mes (tniipai;nons sont ct>mnie les 
étoiles; eu suivant 1 un d'eux vous ave/ une 
bonne dircelion. • Ouant à la paix , elle .serait , 
a\ecla \oliiiuede Dieu, maintenue aussi lon|;- 
tempsque les iNrsaiis n y |KirteraieMl |Hiint at- 
teinte. Les commandants de la frontière otto- 
niaiM' écarteraient toute cause de désaccord, et 
emploieraient tons les mou-ns |M)ur i;aranlir la 
sécurité du vo\a|;e des |»<'lerins musulmans A la 
Mecque el à Médine Cette leitre est la base de 
la première |)aix formelle conclue entre la Perse 
et la Porte ; car. depuis un demi-siède , depuis 
la tundatiun de la d\ nasiie .Ssafli par Schah-ls- 
inail . les armes ne s'étaient re|»()sées qu'après la 
bilaille de rs( haldiran . sans que d'aucun (Aie 
fut donnée une assurance pacifique, el les deux 
empires étaient en face l'un de l'autre dan.s une 
allilude hostile, tout prèls, à la |»remièreocca- 
siou . ;\ sii;naler dans le .«iani; colle haine reli- 
j'.ieuse qui sépare les sunnites et les schiites. ï-e 
*21) mai , anniversaire du jour on Mohammed le 
f'.<Hiquérant fonda la domination otlomane en 
Kiirope par la prise de Constantino[»Ie, Sulei- 
nian atfermit sa puissance en Asie par le pre- 
mier traité de paix conclu avec les Persans, à 
Amasia. 

Kn mémo temps, parut alors à Amasia une 
ambassade du roi Ferdinand, conqw.sée de l'é- 
vè(jue de Funfkirchen. du .savant et habile di- 
plomate Anton Wranczy.du capitaine l'.énéral 
delà marine danubienne François Zay , et du 
fameux Néerlandais Au[;rr Rnsbrk: il s'afjissait 

(I) Busbck, rp. I. 



éj;alemcnl denej;«Kier 1 1 paix ; mais ci-s en\0}és 
clirélteii» ne furent puiul ans»i lieureui que les 
Prrviijs Pour ne |Hiinl laisser de lacnue dai;s 
Ibisluirc des rapports de la Porte avec iVu- 
trichc, et A réi;»rd de U IransyUanie. il est 
nécevsairede reprendre les efforts pacifiques de 
Ferdinand à {urlir du Mci;t- d I riau. au inu- 
ment où nous a\ous quitté les événements de 
Hoii|;rie;2i août lô>t2 A^ant la conquête de 
I (iiieswar, Ferdinand avait écrit de l.in/ au 
i;rand Msir HiiNicni, dfinaiul.ini le renvoi de 
.Malveui et un sanf-tonduii \xn\r deux eu\o\és 
(pii devaient aller avec i\n présents à Oinslauti- 
no|ilenéjjo( icr la pai\. Delà |irison de la Tour- 
>oire Mal vez/i avait été iraiisIércdaiisNchûlcau 
des Sept- Tours, où la somme fixée jMWir m»u en- 
tntienijuolidien fut |K)rIée(le I.'»aspnsii30 1) 
lue lettre de Nulciinan avait même prétendu 
justifier la violation du droit des (jens commise 
par l'incanération de l'envoyé , en soutenant 
(pur ce représentant de l'Autriche avait été re- 
tenu comme otage, et en (;aranlic de la conduiic 
pacificpie de Ferdinand. Au printemps (pii sui- 
vit la levée du sié{;e d'Krlau , Ferdinand nomma 
deux anibass;ideurs. \erantius«-t Françiis Zay, 
de (.ralz : le prunier fut envoyé a < )(éu avec 
Paul Palyna, à l'effet d'obtenir auprès du pas- 
clia un armisiicr de (piclqut s mois . durant le- 
(jnel les ambassadeurs |K)nrraienl mener les 
choses à une conclusion pacifique à C-onslanli- 
nople '2 . 1,'eunuque Ali, alors sur le point de 
rniietlre son j;onvernement à sonsuc((s«eur. le* 
accueillit d'alx^rd fort rudement ; mais ensuite, 
adouci par un présent de l.tMM) ducats, il pro- 
mit de soutenir leur demande à f'^insiantino- 
ple (3;. Voulant siujjer les usajjes pr.lli(plé^à 
la réce|Mion des ambassadeurs à (Constant inople, 
où les vesirs sié|;cnt dans le divan, le bejjlerbej; 
(!'< )fen s'était entouré des (jiialresandscbakbejjs 
de {^ran, llalwan, >C i{;rad et \\ eszprnn. I- ar- 
mistice oc fut accordé jKir la Porte que pour .si| 
nois. et les deux ambas.«.adeurs eurent mission 
de se rendre a (Constant inople. oii des inslruc- 



.1) RHazionr di Anclo Roliain 'iwcréiaire de Mal- 
Trzzi), dans l«. Arrliivc» imp«'riale». 

(2) lii*t'ur(jo pro Ani Verantio cl Patilo liitrralode 
Palinia ; Cirai/ .le \.i mar« 

(3 Rf>la m Veranoi el Pauli liUeraii sur celle nnutoo , 
rf^ii» let ArcbiTei iiQpérules. 



8S 



msToini- \)V. i;fmi»ikk ottoman. 



lions roniniunc< i\ ce crllos do Miilvc7/i les ( liar- 
j^caicnt d'arluMor l.i |vii\ : s'ils |MMiv;«i»'nl oblr- 
nir la Honj;rir tout onhtTO. ils [tronuMIr.nriu 
I.*)0.(KH1 durais aiimirls; mai«> viilcnuMil t(l.(MM) 
ptmr la haulo Houj^rir «M la iransyivanir I . 
L^ -ô aofti . ils arriNOrtMii à Constant inoplo. an 
nK>m«*nt of\ '^nloiinan all.iit partir jxnir Alcj». 
l.c londt main ils visiit'rcnt le );rand vrsir Mns- 
icm ; lo jour suivant . les trois autres vcsirs, Ah- 
med . Ibrahim et Ilaidor. vl le troisii''me ils 
jvirnrrnt en audience solennelle devant le sul- 
tan. (]ui dai;;na parler lui-même . en demandant 
au f;rand > esir rommenl eetle paix |>ourrait «Mrr 
accorder i. Cette audience si prompte, ils la 
devaient au départ pnxhain du sultan, qui . 
en effet, le lendemain m.itin. se rendit A Sku- 
lari. Dans toutes les conftTenecs avec Rustcm et 
3\cf 1rs \roirs réunis dans le divan . les repré- 
sentants autrichiens nosfrent pas nommer une 
seule fois la Trans}lvanie : A cette condition 
seulement, leur dit-(m, le sultan était prêt à 
consentir A la paix. Afin de rapporter les in- 
structions pour la conclusion de la paix sur cette 
base, la cession de la Transylvanie A Zapolya, 
Malvezzi de- ait se rendre a \ icnnc . et pendant 
ce voyafje les deux autres envoyés resteraient 
à Constantinople. Ou rédi(;ea le plan dun re- 
nouvellement de la paix pour cinq ans. en vertu 
duqu«I. en raison delà perle suliie dans la 
dernitTe guerre en Hongrir. le présent annuel 
de 30.flO(» ducats était réduit de moitié, et il 
était étaMi que les paysans dé[»enriant de Szol- 
nok et dKrIau ne siipp(»r'erai( nt fias de plus 
f;randes charges qu'avant la conquête de la pre- 
mière et le siège de la seconde de ces deux pla- 
ces. Ces |»oints furent traités, le 20 aofil . dans 
un jardin du fauï»f)urg d Chah cdoine. avec le 
grand vpsir: mais la conclusion définitive fut 
encore différée jusqu'au retour d«- Malvezzi , et 
préalablement on n'arréia que la durée de 
l armistice. nuelquesdis<^oijrsde Rustem rappi'- 
laienl le* f»ropos orgueilleux d'Ibrahim: mais ils 
rcfiosaient sur une base plus vraie : ainsi il re- 
procha aux envfjyés la \iolalion du droit des 



'1 UMnxtinpro Vfr^mio, Zay n MalT«>7zio : Vienne, 
13 juin lS->3. 

2 Ariw Antonii . Frannvi Zayi et Joanni«-Mari7 
Mal^ezzii , nratomm S. I. R M;»i>«(ali« xpui priuripem 
Tortannn. an. lâ.>3, ment, ^ugtitto; K^'ona 



gens par les Ilonj;rois qui avaient coupé le nez 
et les oreilles A l'ambassadeur envoyé par Sulei- 
man a|)rès .son a\éneuien! au tn^ne. I.es repré- 
senlanls aulriehiens répondirent qu'ils avaient 
bien entendu parler d<> ce fait ; mais qu'il n'ap- 
|)arienait pas A Ferdinand . et cpiil s'élait passé 
sous le règne du roi Louis. Mais c'est en puni- 
tion (le ce crime, dit RiishMu en se loui'nani vers 
Za\ . ipie NOUS avez |)er(lu Helgrad. le roi et le 
ro\aume; cl naguère, poiu* aNoir pénétré en 
Transylvanie, au mépris <!<• la trêve de ciu(| 
ans . vous ave/, encore beaucoup plus perdu que 
g.ii;né: Temeswar. Szoliu)k . làppa et même 
Recse nous ont été rendus par le ciel. Husiem 
demanda encore sils rechereliaieiil aussi la paix 
au nom de I empereur Charles; ils répondirent 
qu'ils agissaient seulement pour le roi F'erdi- 
nand . mais qu'il n'y avait aucim «loule que 
rKm|)ereur Charles , par amour poiu' son Irère , 
n'aceédAt volontiers au traité (1). 

Malvezzi alla donc à Menne: Verantius et 
Zay resitrenl a Constantinople. Neuf mois s'é- 
coulèrent avant (pie l'on pensAt à renvoyer le 
pren)ier. I,a maladie (pi'il avait contractée dans 
les cachots de la Tour->'oire et des Sept-Tours 
était une cause réelle . et fournissait aussi un 
prétexte spécieux [)our un retard dans son re- 
tour. D'après une lettre adressée d'Alcp, fin de 
février, mais qui ne parvint A Vienne (pi'au mois 
de mai, A la fin de ce mois Malvezzi re(;ul des 
instructions dans lesquelles étaient longuement 
développées les raisons de la possession h'gilimc 
de la Transylvanie, et réCulées celles de Sidei- 
man . (pii les apiMiyait sur le droit du sabre ('2}. 
Tandis que Malvezzi faisait ses préparatifs de 
départ, et qu'il était ensuite arrêté au milieu de 
sa roule par une maladie grave, il y avait eu de 
fré-quenles atieinles [K)rU*esà l'armiRlice duc(')té 
des Turcs. Antérieurement A la mission de Ve- 
rantius el de Zay. Clama, gouverneur de Bos- 
nie, avec Murad el Malkalsch, bejjs de klis et 
de rilerzegowina, avaient |)orté le fer el le feu 
aux alentours de \\ a: asdcin : mais, près de Kris, 
sur le chemin des bains de Constantin, surpris 
par .Nicolas, comte de Zciuy, avec les troupes 



Cl; Rapport des troi^ ambaMadeuri, dan«t \e% Archives 
impériale)!. 

2 Instruriio pro Mrfl«f'Z/if», VfT;)nlioel Ziy ; Vienne, 
' 22 ma' LS-iî, din» k» Archive» imp^riaki. 



LIVKK WXl. 



y) 



honfjroisrs, et Dasui rnf;nad .^ la iHc disMy- 
rieiis. il fut drfail . cl Min fiU IWhafrr Uu- [• ir 
Jean Marhtv Tmir \rn|;«T la iimrt ilc . «• tiK . il 
atlaijua li.^ chàlraux df CliaMiia , V.rr-nzt', 
[)(injl»ra; inaix Picrrr Frdd'dy et Gforjîcs 
Zluny di-s» nidircnt la Savr avpr Inrilr luHi- 
ronits apiH-lo isdi.iiks «>u nav«»adrs. «i Man 
Tomasovicli fnlcva t'i .s«oa|;fa \c% cliâtcaux 
de (iiadisra «•[ dr \ «lika I . l ne c\|H'di- 
linii i)r.iii<iiii|» |iltis iiu|H)iiaiite par m's roejsi'-- 
«IiMiitis Fin la MirpriM'. d.iiis rniiii«-esui\aiifr. 
de la fortcrt'sst' d»' Kulik . f«)it;u'*i' dv deux 
cli.Ucanv au-drssus l'iiii rie i'aiilrr. I.t-sduvrajjes 
iiiFi'rii'iirs rnifriiniiciit ries smilcrraiiis oii se 
trous aii'iil dis citcnics, une poudrif-re rt des 
oailiols. Tout ri^rcMimrnt . Kulik avait Hé (orti- 
fir «'iMorf par le p()s>»e>ssiMir. l'ranrois Hrlx-k. 
Par la m.iimu\rr d un iiri-^omiicr turc ronlcrMU' 
d.iiis If (iiàitau ^llptTi••l1r. le vaillant liamsa, 
saudx liakbe;; de S/i'«>«env , tpii n'a\ait été reld- 
clif S4)us rançon tpie raïuiée pré< »'drnte par les 
ambassadeurs se rendant i^ Omslaniinople. oc- 
cupa la foriuidalile |M)sition Hebek . Halassa et 
Pereny amenèrent \ni'n \ ile des Iroupes; mais il 
elail trop tard Dm ant <|uiize jours , le <li:iteau 
inférieur se m,.iiitint enc«)re, quoicpie foudroNc 
par lartillerie d'en haut nnais il tomba aussi entre 
les mains des 1 m es. lorsfpie lej'.ouverneur d\)- 
ten, ruii;liun-ra5clia.fularriNéaserdesrenrorls. 
Le paseha d'Ofen représenta renlre|)rise 
contre Fulek comme une jusle re{)rcsaille de 
la surprise d'iiolloku*. (tnlend.ml av<»ir cliar,;é 
le sandscliakl>€j; d llatwan et celui de Siuhl- 
weis/embuT}; de rétablir le rejios. Kn même 
temps rpiéclataienl ouvert«'ment les bosiiliiés 
en llont;rie, les travaux des lurcs se poursni- 
vaient en Transylvanie, et Suleiman n'en dé- 
tournait pas un instant ses ref;ards. Depuis 
que.fleuxans auparavant, un Iscbauscb. ;iu 
nom du vesir Alimed , avait parcouru la Tran- 
sylvanie avec des fermans menaçants adressés 
à toutes les villes . aux K.tats el aux nobles du 
pays, de temps en temps se succédaient e core ! 
des mis.sives et des lettres du sidian; il en lut 
adressé aussi d'.Mep 2. A Consl.inlinople. les 
ambassadeurs Nerantius el Zav coiidialtaient 



(1) Istuanfi . 1. xn , dans hatona . I. un , p. 150. 
(2^ D'Alep, en dale du 7 avril Iôi4 , à Krndy, DoLo 
ft autres. 



sans relâche lesen\oyésde la reme |sal>elle il 
dePetn)vich Oux-ti. intnKluits parlinierpr^le 
Mahmud le renéj;al allemand . rnommand/^- 
rerit IareineelM»nrils.il t protêt hou drsulnm.in. 
et demandtVent la restitution de l.ippa. S.h- 
Mios, Cvanad. Csailyalh. Ken'ak . >ai;y!ak et 
S/oInok. A la Iransylvanie : les pr. seuls cpi'iU 
apiorlaienl en riches éloff«H de Miic valaient 
8(M) ducals. Deux iiilerprêli s. le llonj'.rois Ter- 
had et l'Allemand Mahnuid.et le Ivhauvh 
l rudsch. |iartireril asec la nussion «l'appeler 
lassistanie «le l'elrovidi et desbei',l«rbei;s d'( I- 
fen el de leineswar pour installer le fils de la 
reine Isabelle cnmm<' prince enlransylsanie 1 . 
(!es I! (tuvetiienls et les \ idoires de Snh-imanen 
IN rse de\ aient faire presser fi iivoi si lon;;- 
t(in|is retardé des ambassadeurs. A la place de 
Malve//i. alors expirant . el qui bientôt aprf's 
mo'.irulà komorn.fui nomméle Néerlandais Aii- 
];er Husbek. (pu reçut des détiuuistrations b en 
plus dé\elop|u (S (piejaii ais des droits de Fer- 
dinand à la |)oss«>ssi()n de la Transylvanie : dans 
les insiruclions rédii^ées p«)ur lui el ses deux 
collèjjues, a[»rès loules les preuves de lé(»iti- 
milé. on [iroduirail . s'il y avait lieu, la |»rière 
d'obtenir la TransNhanie comme un (uésenidc 
la p,énéro ité .le Suleiman (2). l^ 10 .janvier 
lô.M. Ihislxk arriva i (^.nslanlinople. où le ve- 
sir Ibrahim occupait la place du kaimakam. dé- 
posé en nit'me leinj)s «pie son frère lUislem : 
celui-ci avait ordre de faire pariirlcs troisan:- 
bassadeurs pour Amasia, où Sideiman (lassait 
l'hiver, (le voyaj;e di[)lomatique a élé rendu fa- 
meux [lar les lettres de Ihisbek :* el par ladéc(Mi- 
verle du monument d'Ancyre. de ré|MKpied'Au- 
};us|e i . Les aiid>assadenrs furent flautanf 
mieux accueillis ([ii'ils apjiortaieiil lO.dOO du- 
cats et de la vaisselle d'argent riehemenl dorée. 
Alimefl leur demaufla si c'étaient des présents 
ou ut! tiibul. Ils répondirenl que la vaisselle 
était un don . d que les ducals formaient le 
tribut jiour la IransN h.uiie ô . Ils se plaij;ni- 
renl des\iolalionsnm!iipliéesderarmisti( e.(ju<- 

'I Rap. de« ambamuid ,daii« Katnna, I. xiii.p. 56-5. 
■-' Kipniplum iiiMnirimniH ad principem Turcanim . 
A. F»., 15.11 , (lie 21 nnveinbri». 

3 Aiifjprii Gi»irnii Ru»bfquii lecalionis liircir;r f pi*;- 
tnl;r quatuor 

4 Auùquitales asialir^p, arcfdil monumentum anry- 
ranum , par E.t.hishull: I.oudini , 17l'8. p. ir>.5. 

'■-S Rapport d'aïubavade de Busbek, du M aort; Ji^j 



90 



iiisioiiu: IM. L 1. 



s'ctairni [<lu à fmiIiT aux jùkN Ir iniir Ilanis.i, 
parrouli'vemciiltifKuIrk;Ars!.in.samlMliakU'jî 
dcSiuhlw riszi'iiluir';. parl'incondic dr Palti i ; \c 
siiidx'|ijkbci; df \\ t NZ|iriiii , jKjr Us ra\ aj;is ilii 
pa)^au-<losMMisdc l'alo ri do S«»inl\»>; le rom- 
ni.T " ' ' Har(Jrsci>urs('«.aii-(ics- 

•VKJ- - .uvod ; rtliii d Halwaii. 

par des Mjrlics du cOti* dr l'oros/.Io et dKrlaii : 
d auiresiifficiors rncoro. par l'allaquo de Cso- 
bancz. Tihany el Ohilnar 1,. Malien- ces 
plaintes, el tant de raisons exposées par écrit 
|HHir déuK)nlrer plus nMiipiétcnjcnl encore cjue 
dans les instrnclions la lé|;ilimité de la pro- 
priété, cl (pioique. pour le cas de la concession par 
Sdeinian. ils pmuiisvenl à ce njonanpie 80,000 
ducats, à sonccnycr très-infîuent. 1*0.000. el 
aux trois \esirs. II. lOet i.OOOducals. selon leur 
ranj; '2 . ils ne pureni obtenir rien autre chose 
qu'une Iréic de six mois cl une lettre de Sulci- 
man pour Ferdinand, (pie nusl)ek devait jKJrlcr, 
jKUir rr\euir ensuiie avec de nouvelles instruc- 
tions ,3,. A l'audience. Busbek exprima, dans 
son discours. rc««{K)ir de rap|)orter de Vienne 
une réponse favorable : u Nous I esja'rons >•. ré- 
pondit k «.iillan. I^s offrandes de Ferdinand et 
du .sibdli furent présentées en méinc temps 
dans un di\an solennel par les ambas-sadeurs 
\enus |KMir sollicilcr la paix, le Persan réussi! 
dans sa luiss.on : mais les Autrichiens durent 
ajourner leur succès. Le jour ni^me du dépjarl 
de l'envoyé de Perse. Veranlius. Zay et iJus- 
bek qinltèrent au.s>i Amasia. Fesdeux premiers 
s arrêta ent à Omsiantinople; Husbck prit la 
rtMJle devienne avec une leilre deSiileiman. 
I)fs envoyés de Nenisc, de France et de F'olo- 
r,nc étaient venu<« présenter au sultan drs féli- 
• nations Mir les triomphes de sa cauipa[;nc ij. 
Trois semaine* après la conclusion de la paix 
avec Icj. Persans. Suleiman .se mil en route 
d Amasia 21 juin lôôô , où H avait acfordé, 
en récompeoM de leurs services récents , aux 
f<A«e«eurs de fiefs de différents defjrés. des 
au^Tinentations de solde . el conféré au be|;ler- 
t«eîîdeRumili. Mohaaimfd-*vikolli. laditjniléde 
vf^ir: k î;ouvfTnement delà Rumili avait été 

;I, Rarp^nt rV* iroi» jmhaAU'tfuni, eii lUlien. 

;.^ ■ 'P '■ 

'i "^ , f<^'i 318, Dooune l'aœbaïudeur 



Mi'IRK orro.MAN. 

donné ;^ ra;;a des janitscharcs . Perlew.doni la 
place était passée à Iskeuder-Pasrha. les pays 
plaeés sous le prolecloral de la porte, la kri- 
mée. la Valarhie et la Nb)hiavie , virent aussi 
des chanj;einenlsde primes dans les trois der- 
nières années. Mirisclie. woiwodede N alachie, 
après avoir siéi'.é |KMi(lanl huit années coinnu* 
premier dijjnilaire. fut soupçonné, A ce qu'il 
parait, de .senliuu'iils irop favorables A Ferdi- 
nand. dé|M»sé. et à .sa place fut nonuué Pelra- 
sehko , Hls de Radul '1\ février lo5i ( I ). F'an- 
n;r suivante. Alexandre, prince de Moldavie, 
perdit aussi sa siination. parce qu'il l'avait ob- 
tenue par l'inMuence polonaise, et fut mandé A 
(lonstanlinople |K)ur répondre sur sa conduite; 
mais il parvint .'l .se faire donner une confirma- 
tion nouvelle *2.> oddbre l.').')5" ^2). Dans la 
Krimée.les (hoses av;iient beaucoup de jjra- 
vilé:Ssahib-Girai. qui, en proposant son neveu 
pour clian d".\sl radian . espérai! n'avoir plus à 
le redouter comme rival à Conslariliiiople, avait 
été, comme on l'a vu, renversé lui-même. Avec 
lui furent frappés encore trois fils (.3), enfants 
immolés à la eriiaiilé de Dewlet-T.irai «pii, à la 
place dKmiii-Ciirai, nomma Alimed-Girai pour 
kalfj'ha; à jiarlir de ce moment, DcNNlel-Girai 
ré{;na vinf;t-sept ans, cl se mimlra ennemi re- 
doutable des Russes ^. Ssaliib-Girai avait été 
le dernier clian de Kipdsehak de la famille 
de Dschenj;is. Iwan Wa.ssili, conquérant de 
Kasan el dAstraclian, prit alors l'ancien titre 
asiali(jii«' de czar. 

I.e ^'^•loilt le sultan entra dans son nouveau 
palais de Skiilari. De là il ex|)édia le troisième 
vesir, Mohammed-.SokolIi . avec trois mille ja- 
nilsrhares et quatre mille cavaliers dans les 
cantons de Saloniquc et de .lenitschelir , où un 
rebelle, prenant le nom de Mustapha , si déplo- 
rablement mis A mort , avait entraîné environ 
di\ mille hommes sous ses drapeaux. Déjà, avant 
le retour de Suleiman d'Amasia, le prince, gou- 
verneur d'Andrinople, avait envoyé contre ces 
insur{;és un de ses a{;as cl le sands( hak-beg 
de McojKjlis, Mohammed-Chan, de la famille 



M) Ep. Veran'ii ad Ff-rdinaridum , ( oiiKtanliriopoli, 
1,1; Mart 1.W1 , apnd KaUiria . I. \\\i , p. .IW. 

2; /hid.. '2^ ori, ]f>V,, .ipiid Katnria, I, ixii, p. 7flO. 

'■'< Uan» le» Vpl ^ioi|«-»çrrarili;(» , fol W- 

'\ /6(J., t>ftcbetMLi, iNocbbctel-Tewancb el Ueur- 
ttnu 



LlNIll. XWI. 01 

Sulk.Hii i •• pnio" «liiit nu tn^nc avait roiiirm- «lu 1 Son Mippluc l'Iotilf.i l.i (^iirrrr nvilc: 

un manh.iml <li- nmI.h 1rs [»niir simi . ri ilniv mais I i-spriC \ irillivsant ilc ShUmimii . tians un 

rliidi.inls p«iiir ka.lukns l.v nijni aii<l dt- corpsinaKulif i ( f.iti;',iir, riait a(;ilr par (l<s trr- 

volailU's li\iu Min sultan au ^il^(l^• lijkljjj; rriir> (pu- pn)\<Mpi.iit vins «louli* dans la mn- 

de Mco|M»lis. »pii I f\|H'dia au vc5ir Soktilli. rt v irnrr paIrrnHIr h- s|K'rtrf dun hl» injustr 

( (lui ( iiidrrssa \c priM)nnirr aii sidlati. I.,i Ira- ninil s.n ntir 

liiMUj du nunlijnd di' vobiJU'sfid i"t'tun>pi"iLs«*c , — i " » ■' ' 

par un bon ticf. et le tjiu Mu>ta)Jia tut piti- i TcimIiom . lui. lif 



1.1 mu: xxxii 



<iirni(i vv f.nvM» ^rsii; umii» pksciu it iirnsTAi i.\tio> i»k iustkm. — Ar,iii:vKMKivT ni: 
li MnnivMii M nAiiiiis ^losoi Kl s n» ro>siAMnorir k,iivi:i.s v\i\ si i.i;i>ian. cqi\- 

KI.MOM»i>t K c;Ol HIOIM èAFHK I.K SI I.TAN , LK SCilAII. KT LFl US ^:iM>l SI.S. — l>IOilTIU: 

rovi-lam;. i;m.atu)\n oik.ai.ks k:<tui; i.ks isitM.s i.i i.ks ottoma\s. — <.i iimu: i»i. iio>- 
GRIE. — si^T.i m s/it.iiii i»Ksiiu r.iio> m luitocsA. pimsf, ih; taia. iiwu itioas iiv 
Bosi^ii: n l'^s IV (vKMOii. \>ir.\ssviii s m 1 1 i;i)i>A'M> kt n'isAiti i.i.f. — a<.i ivis i>l itoi 
D"i>r%t.M II l'i l'i ( ut. ii.itHAiir A (o\si NM nopir.. — <;aim;s i»f. (.ikkkfs rnii.F.s. — kau- 

SII» KKlll M Ml 11 IN PKH.M: , 01 . APIU.S l> i;(;ilA>Ob Ii'AMKASSAIIIS , IL H.MT l'Ai; LTUi; 
Mli A >I01.I K\H M s I lis. 



rVjà. dans le livre |iré(i'd«Mit. on a ( (intcniplc 
une irisie faco du [;rand rnraclèrc de Su- 
Iriman : sa nindr^cnidanrc |MUir une ('(Hiiise 
bicn-aimée. qui d«};énrre en faililosc . s.i ri- 
gueur œntre un fils lropeherauxjaniIs<:hans, 
qui de\ient delà rniaiilé: maiiilenant nous 
allons voir ces deu% di'-faul.s. joints à de l.i dc- 
lo\ aillé, obscunir encore l'cclat donl il a\ail 
brillé. Sans doule il avait eu a sf)ulenir une 
Julie lonj^ue el [M-nihlc en lui-niéine. lorsqii il 
61 élrani^ler le com(»aj;n<in des jeux de sa jeu- 
nesse, lami de son àjje mi'ir . rinsirunienl si 
puiv^ant de .s*»n gouvememenl.son b<au-frère, 
regranfl vesirsi redonlaMcet si cher. Ibraliiui. 
au m''pris de ses serments donnés dans 1rs eii- 
ireiieas intimes de ne jamais. quoi quilarrivAt, 
allcnler à sa vie. Ses scrupules |K»ur la violation 
de la fru jurée fiirenl ajiaisés alors par la seii- 
tenced un léj;isie: que le sommeil était une mort 
apparente, et que llirmime endormi pn-seniait 
la ressemblance d un mort 1 . Sa conscience 
dut être beau<oup moins agitée par le supplice 
du [;rand vesir .\hmed qui. au monuntfle la 
déposition de Hustem. avait refusé fermement 
d"a< r^pif-r laplare danfjereiise h lui offerte, et 
Il av;iit hni \^r s"\ fjéi ider qu'en cédant à uuv 
.wrte de contrainte, el .^ur le serment .solennel 
de Suleiman de ne jamais le dépoM,'r. -Dans le 

.'i; Sagred''. i »▼ , VfTK-na, 16*^. p, 221. 



fait, dit IhuLschi-Clialfa, auteur des Tables 
clnoiiologi(juesde l'hisloire ollomaiie, il ne l'a 
pas déposé, il l;i tué." Hans le plein exercice 
de sa di|;nilé, an iiioiiicnt où, un jour de di- 
van, il se rendait â l'audience du sultan, il fut 
saisi et décapité devant la salle daiidicnce (1) 
"28 septembre lôô.')'. On donna pour motif de 
cette conrianmation ca[>ilalc, qu'il avail voulu 
parrlescaloinnies. enlever à l'ancien {gouverneur 
d'ilgyple. devenu vesir, Ali-l'asclia, la favcnir 
du sultan, el lui faire arracher sa dignité avec 
la vie. \oici comnieni les choses onl dû se pas- 
ser : .\ peine parvenu h la première dignité de 
l'empire, pour rcmplafcr un gouverneur d'il- 
g^ pie . .Mi-l'ascha . appr'lé au poste de vesir , 
hoinm<- joyeux . bon \ ivaiil . d nue énorme cor- 
pulent'. Ahmed avail ciivo\éaii Kaire un de 
ses parents . |)uka(;iM-.M(iliaiiimcd-l'asclia, el lui 
avait donné rorflred'au[;nH-nler autant que pos- 
sible l'excédant revenant anniiellernent au tré- 
sor du sultan ; vraiseiiiMalilcmenl Ahmed es- 
pérait ain'-i se maintenir an niveau de son pré- 
décesseur Hustem , qui enrichi.ssait le trésor du 
sultan par tous les moyens ('2'j. Ali le Gros s'é- 
tait borné, fhirani sim gfdivernenient , h tirer 
la somme annuelle acconliiniée: l)ukagin-Mo- 
hammed . la première année. r;mgriierila de 

I P<>(wbewi . fol. 115: Aali. 

"2 Rii»h'-k .fp I , iVi»'ii'l lon-îiiciiieiil »iir If f/n t 
buéïi'ier de Ru%texa. 



i.ivm. \\\ii 



U3 



I.",0,fM)0 ducats. Snlrirnan fil dc< ol*.>onaciou^ 
à Ali sur cdlv iliWntun- dans U*s rr\ finis , et 
« elui-<i iv|wKidil i|ii il avait prt'IVn- admiiiiNtirr 
le jwys suivant l«'> anciens i^iîlcinents |)luio( 
f|nc de le luiner i force d «vtorsions. >é.in- 
nn)ins, A Aniasia, Sulennan fit suivre contre lui 
une en(|ut''le dont les rt^uilaisrauraienl perdu si 
CM même t«'m|»s n'avait été inteire|>l»Vun«' leltri' 
d Mimcd .'I hiik.i|;iii. dans l.i»iucllr leNcMC luire- 
t oniniandaitdelevcr |»lus(rar|;ent emore. sic'i'- 
Init un inou'nde scdéfairedAli(>lui-ci|H»rla 
«elte lettre au sullan ; de plus, tandis (|uc Su- 
ie iiiian s«* rendait A la mus4|iii°-e. une su|i|ilii|Uc 
lui tut inéseuléc, dans l.u|uelle n«' trouvaient 
des plaintes nien.son;;êrcs sur les oppres-sions 
d"Ali. Kn evamiiiaiif les i liost s (]«• prés, on rlé- 
coiiN lit tpic le jHirtciir de l.i supplique la tenait 
d un Isi hausili an(|ucl elle avait été donnée p.ir 
le i;rand \esir. (l'est ainsi ipie dans flonsfiinii- 
nople on r.ip|(ortaii les luotits app.irenls du 
sup[ilice d'Aluncd ; mais iMTsotnic ii<' cro\ ail h 
ces récits. La véritable cause «le la ruine du 
îjranil vesir était celle «pii a été donnée [»ar 
Ions les hisloriens ottomans contemporains et 
les auteurs de rap(M)rls euro|K'ens, le désir de 
Il suliane ru.s.se de replai er son i;endre à sr)n 
ancien |>ostf. Husiem navail été sai rifié ipie 
|H)ur le inoinent.ahn d apaiser les murmures des 
janitsihares irrités du meurtre du prince Mus- 
tapha. et menaçant de se soulever. Les iiitrijjiies 
duli.irem [mhi\ aient arriver, sans trop dCftorIs, 
au renversement d'un hoinnu* dont rdévation 
n'avait é(é(picpro\ isoire :les(a'omnicssur l'ad- 
miiiisiralion d Ali pun-ni fournir un prétexte: 
mais sur la véritaMe caiis<'ro|)ini(infui unanime 
ilintérieiir comme au dehors de rein|iire. Lois- 
cpie plus tard Hasan-Pascha se rendit en Perse 
comme ambassadeur de >uleiman. lescliah lah- 
masip lui reprocha les suppliées d un prince tel 
(jiie Mustapha , dun i;raiid vesir tel (piAlimcd . 
comme les deux plus |;randes lâche- du ré;;ne 
de Suleiman J,. Le mérite de la concjuèle de 
Temeswar et de renltvemenl du camp persan 
n'avait pu balancer les iniri|;ues des ftinmes el 
de lUislem. qui fut réinlcj'.rc dans la première 
dijjnilé de l'empire. 

1,'été suivant fut arhevce liriireusenienl la 



(1 ] BusbeL , ep. I , s'étend lonf;uf ment lur le f/tiic 
âoaur'kT de Ruslrm. 



couslruclion de la Sulijmaniir , la plus U-lle 
mosipnT dntit fut décorée la capiiaU- dr l'i'in- 
(I ire sous la domination otiomane. Lestravaui 
avaient coûté plus de 7tNl.(MKIducaLs.Ce nionu- 
nient ne le cèd»' i\ Aja-Ssofia que par la liar 
diesM' de la cou|M)le , la maj;inH«encr des eo- 
loiute*et laj;raiHleurdes«Mnivenirshistoriqu«'s: 
ni. lis l'ensmible d«'s consiriniions acri*sv>ir«"s , 
et h*s (»rnein»nts d an lui«< turc . en font une 
ouvre tJe premier ordre Li Suleinianije est la 
seule uio^piée élevée par Suleiman «pii (Mtrte 
Min nom; six autres. dont les frais fureiii tiré-s en 
partie de sa cassette pri\ée. |Mirteiit b-s noms 
de son père , de ses fils . de la sultane (Ihurnin . 
cl de s,i fille, é|H)use de llusiem. 

L'achèvement delà ^iileimanije et la réinsl;d 
lation de Ibislcm co-nme i;rand vesir furent 
considérés coinine des é\éneiiieiits politi(pies 
d'une .si |;r.inde importani e, (pi'un ambassadeur 
persan vint tout exprès jHiiir offrir l.i-drssus 
d(*s félicitations au sullan. Il ap[Hirtait un cer- 
tain nombre de lettres du s«h.di [Miiir le sidtan 
el poiirlbislrm: du fils du s< liati . le priiKt* 
Mohammed. |HUirl<' ;;rand vesir: de la première 
; épouse du s<hah. ap|K'lée en Perse ré|>ousedu 
I harem, pour la sultane (ihas/rki. Les formules 
de salulalion el les lilres emplo\ es dansées épi- 
'■ Ires, le st\ lediuil elles étaient écrites, birmaienl 
I par leur pompe et rexaj;ération des élojîes, 
I un eontrasie fra|)paiit a\tc le ton fie la corres- 
I pondance en|;a|;ee durant la |;uerre. Aprcsdeux 
feuilles in-fol. de félicitations et dectiniplimenls 
en prose ei en Ncrs. le si hah s'adress»- enfin au 
«sullan dcsdcux parties delà terre, favoris«'de 
la bienveillance divine, orné de la [;rdceduSei- 
j;neur. comblé des dons du rout-Puis.\ant . au 
chakan des deux mers, nommé prophète de 
deux espèces de créatur«s, des hommes et des 
démons . etc... » Il le ( omplimente sur l'achève- 
ment de la mostjuée dont il n'y a |)oint d'é(;ale 
sur la terre, et le remercie fir la facilité désor- 
mais assurée au pèlerinaj;e de la .Mecipie. I>a 
lettre de Suleiman, l)eaucoup plus i ourte. cora- 
mi'nce ainsi : <. S"ij;neur île la majesté, ferme 
comme le ciel, qui séleve brillant comme le 
soleil, environné de léclat de ï)schems(hid , 
doue de l'autorité de Dira . de Ihabileté de 
Chosrocs, du bonheur de «lupiter, [)0.s.ses.seur 
de la couronne de keikobad , du trône de l ei i- 
dun.scbahdu lionede la maj^niin eiiee. lune 



Oî 



nisTOiUK HF i;kmpirk ottoman. 



du ciel df la piiiîissnoo. qui arlH)rp les bannitros 
de riionmnir cl de la fi>rhine. qui iMeud le taj)is 
de la nnxiiTalion et de 1 liabilelé. |K»iu( du lever 
des cloilesd« Iwnnes qualités, souiee el ber- 
ceau des vertus, elc...» 

Par la roiu|>araisou «le ces titres avec ceux 
tjue nous a aïUservis Aj;atias, dans la lettre de 
Cho>nH's-Per\\ is .^ leuiprreur pree. on voit (jui: 
les!) le de cour, en (.>rieiu. a peu chaiii;éau fond 
dans l'es^vice de mille ans; nialheureuseuieul il 
ne nous ie>te des temps anciens auruiie ctures- 
pondauce entre une reine de l'erse el une inipé- 
ratriee precque. pour établir des rapports a\ec 
les formes Mii\antes du st\ le épisiolaire du ba- 
reni \oici le ilébul de la lettre de 1 épouse <lu 
schab: « Brillant jovau delà lnuan^^e telle (pielle 
s'élève des cbaires du ciel, de la boucbe des 
anges qui jour et nuit louent le Seijjneur. pnire 
la plus tendre à laquelle Dieu prête loreil'c 
parmi toutes celles qui. «lans les mosquées et les 
cellules, s irtent de la bourbe des fidèles croyants 
aclifs daos les bonnes nu\r<'s. orn( nient des 
temps, le plus précieux de tous les bijoux^ 
soyez présentée à l'iiabitante des réjjions supé- 
rieures, douée de la majesté de .lupiler. envi- 
ronnée del et lat d« létoiledu matin, maj;nifi(|iie 
comme Ferengis 1 , puissante comme lial- 
kls '2 . noble comme Suleichi H), s.uis (acbe 
rorame Marie, douée de la forre vi\iHaiile du 
soleil, par vos qualités attrayantes la [jloire 
des femmes considérées comme des an^es. la 
kaidafa i des temps, la .\us( babe à la(pielle 
les jours sont œasacrés. la sultane Chav.eki. » 
Elle la félicite fiour le mérite de la consiruclion 
dune mf>s<piée: lui envoie quelques excmfdaires 
du kùran en présent , espérant qu'ils scr.nt 
recueillis, pour ud pieux usage, dans la mos- 
quée. Cha.szeki ré|Kjnd ; « Perles des plus pures 
prière* de la couronne de rf>ses que récitent les 
anges, mraux va[K>rei.x des meilleurs désirs 
que produisent les j ieux nMjslJms dans les mos- 
quées, soyez favorablement accueillies comme 
orDement du paradis |iar eellequi. douée de la 
jeunesse des bouris. de la vertu de Suleu ba. de 
qualités pré|/)ndéranics. et de la force do- 
iDinaUi*^'- '^ '• rius,qui règle eo souveraine 



;i Éi«> *' .- ^ Hwutrb, filière tftuiib 

'2 La rcioe At Sal>j. 

(8; La femiM àt Putipfaar. 

(4; U Kamiak^ dn Grecs 



I les conseils du monde, par Marie qui, ardente 
comme Jésus, rerouvre I astre éclatant «le la 
ceinture niipli.ile, la perle brillante d«' la coii- 
ninne de «basteté, par le v«>ile de la pureté, 

, image dérobé«> aux reganis des prolanes. « !,«' 
prince .M«»liaiiiiii«vl sa<lresse sur le même t«)n 
au grand vesir. en l«' l'élicilanl d«' sa réinlégra- 
ti«>n <laiis sa «lignite antérieure : « l-c bonlicur a 

I tenu ce qu'il avait promis, el Taslre de la vic- 
toire atteint b" |M)int «r«)ù, giAee n Dieu, il re- 
[ireiid «risuil»' sa etiurse : car le sob'il, apnXs sV- 
tre coucbé, se relève de nouveau.» I.e porleur 
de ces lettres et de ces prés«'nts était lidul- 
Aga, servit«'ur vieilli «laus les «'iiiploisde la «"«)ur 
de Perse, ;^ la«juelle il était alla» lié depuis un 
demi-sièele J ;. 

j Apn\s l'achévemenl «b' sa mostpiée, le pre- 
mi«'rs()in «b'Sub'inian fut d iiisialb-r «b's savants 
distingués dans b-s «juatre aea«léiiiies alta«'hécs 
à ce temple. A ces places de professeurs furent 
aff«'etés des revenus plus consi«Iérabb's «prù 
tout«'S les autres, de sorte <ju«' , dans la biérar- 

! cbie de renseignemenl, elles furent portées aux 
pr«'iiiiers rangs: elles y sont restées dejjuis. Le 
cboix du souverain tomba sur «pialr»' légistes 
signalés par leurs oiivragi's , aiixfpiels leur mé- 

, rite avait déjà procuré la prole«lion du .savant 
Miufti Kbusuud et celle du grand vesir Huslein. 
I)«iix d"«'ntre eux avaient été précédemment 
atlacbé* aux académies fondées par Hustcm à 
kutahije. I/un, descendant de Dschelaleddin- 
Runii, le grand poète mystique des Persans, 

I était Mobaninu (l-lkn-CbuMM'm. dont la glose 
au Tedscbrid , grand traité de mélapliysique «l«; 

j >'aszired«lin de Tus, a été conservé«' en manu- 
scrit de la main de l'auteur dans la bibliotbè(|iie 
ailacbée à la Suleimanije, «ouiuk; un précieux 
monument bibliograpbicpjc : celui-ci eut l'aca- 
démie située au midi, du cùté occidental de la 
mosipjée: «elle «lu nord fut confiée au grand 
savant Ali-Kinalisade ; les deux autres acarlé- 

j mies, du ci'jté oriental, fur« ni attribuées à Mi- 
marsade, fils de l'.ircliitecle, et à Kasisade, le fils 
du juge. Tous deux ont écrit «bs «•omiiienlaires 

j et des gloses marginales aux traités bmdamen- 
laux de la législation islamilc; le .second, qui 
s"éle\a plus tard au |hjs!c de mufti, a donné son 
nom à une mos<^iuée fondée à Constantinople 

(l; O?» l«Ures M trouvent toute» dam l'appendice au 
jfMjroal de Sulciman 



r.ivi;R xxxii. 



o.^ 



r\ ;'i nnr ^.illf di- In inrc du Komn I ;i miIi.iiic 
fllias/rki, l.» HiiNM- (ihnrrrm. m* siir\t^iil pas 
loiijjfrnips à ra)-|ii'-\rtnctit de la Siilrimaiiijr, et 
à sou triomplif assuré [)ir la ri'iiitt'iîralion de 
son ijcndii- mrimir j;ran«l vcsir, par la iiunt du 
.succrssciir an fnujr, (pil laissait les a«T<^'> libres A 
l'un lie SCS propres fils. l-IIe fuf ensevelie «oulre 
la Suleiiuanije, sou» un mausolée jinrlirulier f-i 
même aiitiée \it la îiiort de la reine |sal>e!|e. 
dont l'inlhien» e avait l'té si funeste sur les «les- 
liiu'es de la Ifonjjrie; de la reine Marie d'Aii- 
(jlflerre. et de l'einptTeur ("liarles V. 

{•Il in/'nie tem|>s (|iie lainha^saileiir persan 
panncri! aussi A la porte de Snlcinian trois 
iiies.sai;ers. porteurs de lettres du elinn des Is- 
liei;s. sou\erain des pays an delà de l'Oxus, 
maître de Sain.irkand et de lUicliara. L'his- 
toire de cette dynastie est restée juscpialcrs 
dans des ténèbres si profondes, ou elle est tom- 
bée dans une telle confusion, {jràce îi des re- 
(lierrlies récentes , (piil y aurait quelque mérite 
à l'éelaireir avec des relations et des piècesdont 
il n'a point encore été fait usa|;e 1 , quand 
bien même il ne sérail pas indis|M'nsable. pour 
celui (|ui veut suivre de prfs les phases des 
desiinées des Ottomans . de connaître plus inti- 
mement la dynastie des l'sl)e<;s, en ra|'iM)rl 
d'affinité si étroite avec les Ottomans, parl'ori- 
[;ine, la latif^uc, Id sllualion et la relij;ion , 
et leurs allié*; intimes contre les Persans. Les 
l'crsans se trouvent enire les l'sbejjs , fi l'o- 
lii-nt, et les Ottomai.s ù l'occident; ces deux 
[yeuples, de race turque, professent la doc- 
trine des sunnites, et sont donc, par cttic 
conuuunaulé de foi, naturelienu-nl ligués coiUre 
lesschiites per.sans; rideniité d'intérêts polili- 
(pies Its pousse en outre contre des voisins 
dont les domaines soûl interposés entre eux. 
La dynastie turque scheibani des L'sbegs, au 
delà de l'Oxus. s éleva au temps où , dans les 
pays en deçA de ce fleuve ^ les >saffi se saisis- 
saient (lu Irôiic de Perse. I.l'sbcj; S hahi-fîej 
et Schah-lsmail , fondateur de la pui.ssanec des 
Ssafti , f-e heurtèrent les armes à la tnain, et, 
en suivant le cours des exploits dlsmail , on 



( 1 Oschciiabi et le Noclibetel-ltwarich , He^arfen et 
AbdiiUsis , le rédacteur du Raiisatul-tbrar, ne sont que 
des abiéTialeurs de D.^fheiiabi ; Ifs Icllres de Borrak- 
Chao danc le journal deSuleiman. 



a déjà fait nietjlion Ar h bataille dr Merw: 
le trophée de celte viet.iire fut le criliie de 
Seliahi-ilefî qu'Ismad fit orner d'or et «le pier- 
reries iMHir qu'il lui servit de cou[m'. selon les 
aiieienneu ii u'urs des eon(|ut'-ranls b.irbare». 
Vlialii-ilei;. filsdcS* hah-Ui.dak, cl iiilc priil-l Is 
d'Khdcliair Shah-lhclit ou .S«hei-Itr/;. ch.oi 
de Kiplseliak, qui, apré^ la ronqu^le dp Sa- 
markand, av. lit «'iMMisé la vcu\«* du souvera-n 
«lu (ia>s. AlMlnlasisMirsa . vi-ur dl lUfj-lU'i; , 
(le laipielle il eut deux fils, kiidschkundscl.i, 
et .Sunds( hak. uneautr«' é|>ous«' lui avait don ré 
trois bis : Schah-|{u«lak . ClnMlschkuuiet .Sand- 
sehar. .\|)r«Squ'Kbusaid. petit- fils «le liiniir, eut 
été ballu et tué [)ar I suidiasan, «utn fils Sultan - 
.Muneil lui avait succé«lé [lUiH . et après la 
mort «le celui-ei, Schahi-Hei; assiégea le {wlii- 
fîls d'Ahmed . Ista-Ali, fils de .Mahmnd . dans 
Samarkand, l'attira d«hors par fies promesses, 
et le mit à mort lôOI . Dès lors , S«hahi- Ile;; 
fut maître des pays au «h-là «le K )\us ; il en fut 
expulsé pendaiU trois ans par Halnr, pelil-fl!s 
d'l''.l)usaid. souverain de Kalnd; mais il finit i^rir 
rejeter celui-ei dans ses pro[ires Liais. Schalii- 
Hejj ré(jtia .suf les pays au delà dr !( )\us ju''- 
qu'à la mallienrcuse bataille «le .Merw lôfO . 
A[)rès cet événement, Haber-Mirsa sortit de 
Kabul , et fit des progrès dans la contrée: mais 
il en fuf (basse encore par Kiidsclikundsibi , 
oncle de Schahi-I)ei;. KudsclikundH bi ré|;na 
vinfjt-trois années . durant Ie-(juelles il lulla 
souvent avec les schahs de Perse Schah-Ismad 
et Tahmasip. et fut pres«pu' toujours victorieux. 
Il (ombatlil le {;rand vesir «l'ismiul . l'émir 
N«vlscbm Sani, avec soixante nulle hommes; le 
;îraud vesir périt rians Laetion lô3J\ et Ba- 
ber-Mirsa . qui s'élail :ivanc(' de kabid pour la 
seconde fois . se r( lira aussit(Jt pour ne [dus re- 
paraître dans la Tratisoxanc (1). Le fils de Kud- 
schkundschi. Kbusaid . «Kciipa le (r(''ine pendant 
'i\ ans, aprrs son père '2. Il assic{;ea le fils de 
l'ahmasip Iô39 , le prince lîohram. à fierai : 
mais, fi l'approche du schah. il se retira derrière 
1 l'Oxus II eut |)Our successeur Olieidullah, pclit- 
j fils de .Vhah-Budak. neveu de Scheibani; ce 
I prince valeureux trionq.ha dans les fjuerre*; 
«outre les Persans, dont il tua jus(|u à quatre 

ii; DuchenabU Nocbbelel-Tewaricb. 
,2; /bid. 



90 



iiisronu- Di: i.'E.MnnK oïioman. 



nii.lo. et .iiu-aïUit lior<; tir Nisrliabur Ir ;;(ni\»'i- 
lU'ur (illor.H, CliaUtV-Hiiinli. Ncrsr liaîis l.i 
x'ieuco des lois, fiwmô .ni\ luMIos-lolires vi A 
l'art oraloiro, balulr nu-mo «laiis la vrrsiriialitin 
liirniic. il aima ol mU appnt itr Us |>url«'s rt les 
sa\anls 1 . 

Jus.in;^ OlH'idullah . Ihisioirc «les Olloinans 
no fait mnilioii «raïunno lolatio.i a;iiiialo vulve 
Ctnisiantinoplo cl les pays dr l'Oxiis: mais les 
Ums raiilMtris sï'laWircnl »1 ( ux-momes dans la 
tlornièivram|»a{;nc(loSuleim.in on IVrso. «ndr 
ce priiitv cl (Mtoidullah. riiuiiu" rnlic «iciix al- 
li»-» naliirrls lij;iu's amlrc le srliah de rei>e, 
leur ennemi commun. Alors la domination des 
Srlhiliani Nélenilil |>in' delà lOxiis. vers le 
Chorasan. où ils |n>sM'(lèient le> villes de Hes- 
lam et de Danjaf.lian 2 . Après la mori d Olxi- 
dnllali . r.j;na AlMinilali l.>43 . fils de kiidsdi- 
knndsclii. mais seulement pendant six mois; il 
«ni |Muir sjceessenr son frère Abdul-Lalif , ap- 
pelé aussi Abdulasis . prince juste, saj;e , qui 
[gouverna douze années. Tandis que Suleiman 
faisait son e\|K-ditit)n <le l'rrse , il envoya à ce 
prince, non-seulement des paroles danutié, 
mais encore des .secours efficaces , car il cx- 
IKkiia comme ambassadeurs trois cents janits- 
chares qui traînaient après eux des canons. A 
larrivée de celte aml)as.sade. .Xbdulasis rendait 
làme, et BorraL-Clian. pitit-fils dAbuIcliair 
parSundsrliuk. se saisit du pouvoir souverain. 
On voit comment il y jMr\int. par ses [tropres ex- 
pressions dans la notification de .son avénemcni 
au trône : * Apres qu'.\lKlulasis-Chan .se fut cievé 
au paradis, le dialifat et la dominaiion sont 
échus à nous, m-s frères, qui nous trouvons à 
Samarkand auprè.s du cliao ; et les aulies sul- 
tans, maîtres des châteaux de Dabusi. kufin, 
kermine. kcsch . karschi et (>l) isar, se confiant 
dans leurs forteres.s("S, firent une telle résisîance 
qu il nous fallut guerroyer durant les deux der- 
nières années.» En conNé(picnce, il sexcu.se du 
retard dans l'envoi d- s secours promis au sultan 
contr' la l'erse, depuis l'arrivée desjaniischares 
et de^ canons; maintenant il annonçait qu'd 
était maître de Samarkand: que l'ir-Mobam- 
med->ullan et ses frètes avaient pri^ la fuite; 
que tous leurs châteaux é:ajrnt enlevés, et que 



(1) Dsrbeiubi, Kocbtielel-Trwarich. 
'2, Duùfiabi. 



I Uiiehaia >eiile tenait encore; aussiiôl que celle 
plate aiwail siuromlu' . il marclierail vers le 
(Jiora.san. Mais, deux mois après, il lui apprit 

j le prtnjrès de ses armes portées au delA de Hu- 
chara . par le nis.imeddin Ahmed- Iscliauseh- 

I n<'j; (|ni revenait auprès <lu sultan avril 1. ').")(» . 
I.e |)orleur d'une tmisième lettre ("ut le seheich 
Miiszldieddin-Mustaplia , (|iii se rendit à Con- 
slantiiiople pour \ visiter ses parents. Suleiman 
répondit a Newrns-Aliinedncliadir. surnommé 

I Horrak-Clian . dans deux lettres séparées : il 
parla, dans l'une, de re( oniiiiandatioiis pour le 
sclieicli allant \isiier ses parents . dans l'antre, 
à proj)os de la notifieatioii de lavénement au 

j trône, il dit cpj'il était |)rèt à entretenir les rela- 

I tions «l'amitié enj;a['ées avec Abdidlah et Ab- 
dul-Latil; mais (|ue pour le monuMit il ne pou- 
\ait , ni donner, ni accepter des secours i^à cause 

. de la paix avec les Persans;. 

I Kn llon;;rie, la trêve de six mois, obleiuie à 

j Amasia parles and)assadeuis de l'erdinaud. ne 
pouvait mettre fin aux hostilités irritées encore 

' par des ressentiments per.-oiniels : au mé- 
pris des conventions, on ne voyait f|ue luttes 
cl irnqdioîjs sur b's frontières. Le ban de 
Croatie avait sollicité la [)ermission de .se me- 
surer en combat sinjynlier a\ee le pa.selia de 
Bosnie, et le baron d l nj;nad . eonunaridatit su- 
périeur des troupes styriennes et de la IVon- 
lière, sur l'ordre de l'empereur, le lai.ssa partir 
de Pellaii |iour Sainl-(ie((rj;es, sous la condition 
(pu'(lia(|ue ctiauipion ne viendrait (pj'avee trois 
cents, quatre cents ou cinq cents chevaux au 
pltjs;dans la suite, celle permission fut révo- 
quée, sur l'observation d'Ln{;nad, (ju'un tel 
combat entre mille cliampions poiiriail bien 
rompre l'armistice. I.c pascha d'tJfen, luijj- 
hun, i-c plai[;nil, dans .sa lettre à Sforzia F*alla- 
vieini . de rinrendie des villaj;es de Haja, Paks 
et firrra'S{jal; des sorties de Wolf Dersffy de 
Szi[jelh , et d'K'ienne DersITy de kaposvar, 
contre les {jensde Papa et de Palota. Kn vain 
Marc Siansics, le commandant, d'après les drdres 
de Ferdinand, ajjil avec une < ruelle rijjueur 
contre les pillards des flaiducpies, qui écor- 
chaienl le peuple des eampa{',nes; en vain , pour 
effra\er la niasse de ces barbares, fit-il arracher 
les yeux aux coupables, en (il-ii sauter en lair 

avec de la poudre (I >; 1 ui{;hun se vit contraint 

(1; Ulujiili , i. XII; Forgact , I. v. 



I 



].1\ \\\: \\\\\ 



m 



<l(.' luaiclicr ciJiilrc Unis ii'jijiri's df Korulliua, 
Ka()osvar et Habocsa. Pour cette ex|>éditioii il 
réunit U'Ix'i; di- "^luhlNvtisiii'iihuri;, Ar->laii-IU'i;. 
le Ih'i; de (iraii, Almicd, ceux «le .Novi^iad, 
Suk'iniaii . <!»• Sexard, Sinaii , de G(rm'Sj;al , 
Aliiiied. d'Iljtuaii, Moliaiiitncd. de Siinniitor- 
iiya. M.i>/iiiii Avec les sept chets. le b»i;UT- 
1m|; riii|;luiii se porta sur les truis ptacrs en 
<|iiostitm, dont les deux preiniÎTtN. I;\( lieinent 
at)jiidi)iiM(-rs |Mr Iciiis t iHiiiiiaiiilaiilN, se rnidi- 
niil aiissiii'ii ; la dernière eapilnla nxiM'iinant 
une libre retraite |N)nr la ijarnisoii. 1 ui|;luin Ht 
mine d'as.sié|;er Szi|;eili; mais la saison élant 
déjà fort av. nuée, an l)onI de deux jours il se 
retira par l unfkirelien. Après son départ, Kerec- 
sen>i tenta de surprendre le chiteaii deGœra's- 
gal, où se trouvaient (cnt quatorze I'iuts (pii 
re|M)ussérent les assaillants, him supérieurs en 
Nondjre, avei- ime [lerle de soi\ante-4|ualre 
hommes. 

I,e sié|;i' de S/i|;rlli . altandoiiné par I ni- 
jjhun, fut conhé alors par .Suleiman. j;ou\er- 
nenrd'Ofen, à reuinii|ue Ali. ipii. revenu dAsie 
après la paix avec les Persans, venait délre ré- 
tabli dans son ancien < omniaiulemcnt. Ce ( hef , 
vaillant et habile autant (pie son extérieiu' était 
repoussant, déclara aux envoyés de Ferdinand 
«|u'il allait soumelire la llonj;rie, non par le 
sabre et le mouscpiel , mais avec des balons cl 
des massues. Les envoyés lui réjHjndirent qu'il 
n'avait (pi'A s'avaim-r. «pi'il rencotilrcrait des 
honinies ()rèts à rtftoMdre aux balons a\»'c des 
balle', et a oppost-r des lances aux massues 1 . 
Le'ii mai lôôti. Ali-I*ascha. avec l)ervvisih-Hc|; 
de Kunfkirchen. Ahmed- Hc}; de Habocsa, .\as- 
zuh-Bej; de KopiKUiy, et d'autres.sandschakbe|;s, 
vint a.sscoirson campdevant lechàieau de Saint- 
Laurent situé à un mille de Szigelh. Trois jours 
après commcnia le sié^je; mais ce ne fui (pinii 
prélude de la lutte enija^jée dix ans plus lard sur 
ce théâtre, el qui a iimnorlalisé Szi|jeih dans 
rhistoire. Citte foislcsa.ssié};eanls.ayant rempli 
le fossé de bois et de fa.scines, livrèrent lassant 
au château un mois après avoir paru devant 
Szigelh, ft lorsqu'ils étaient déjà maîtres de la 
ville. Mais Ali Bcj; , >aszuli-Bej; de Koppany, 
périrent avec plus de sept cents hommes; les 
begs de Babocsa et de Szolnok, Ahmed el .Mah- 



(t; Isluaiifi. I. XIX. 
roM. 11. 



mud, furent blesst-s; laga des jauitsrhares \tli 
resta prisiuinier : vingt-neuf têtes lunrjt |ior- 
tées en trophées dans le rli>1leau; on mit le fru 
au lM)is et aux fasnnes dans le foss4h,cc qui 
amena l'incendie dune partie de la ville,! . 
l'end.inl cpic les Turcs se ruaient sur S/igelh. 
le |talaliii Tliomas .Nadavlv assiégiait liabois.i 

, avec àe* lr<iU|N's autrichiennes, styricnnes, 
bavaniises et hoiij'.roiMs : b-s deux |>olwril«r» 
Henri de l'uehlnim et .lean Haiibrr iih iiai« ni b » 
tiraillnirs aulrithiens appriés communément 

; diabbs noirs; le vieux Lenkowitz conim.indait 
trois cenls hussards et les Styriens; André Hind- 
sduidi cl .sicgcsdorfcr avaient sous Icnrs or- 

I drcN. le premier six ccnis <-a\alierN pesamment 
armes, lesmind mxmiiis fantassins: Georges 
de lliaiiliaiis. iia\ail ciivové lartilIcriedeGral/ 
a Kaiiisj par Hadkersburg. A («-s forces se joi ■ 
gnirént les Hongrois KrançoisTahi, Jean Pethu'. 
deux iSanfy et .Niiolas Zriny; les \olonlaires 
des front lères ramassés i la hMv djns b-s 
villes frontières, llaidukes, .Martolo.ses , Ls- 
ko (lies, Mor arpics. A la nouvelle du siéj;e de 
r.abocsi, Ali-PaM-ha, l.iissant des Iroujjcs |x)ur 
contenir .Vijjclh. iiian ha lui-même i outre le 
jialatin avec vingt mille cavalii rs, dix mille ja- 
nit.schares, et un même nombre davenluriers 
el de pillards rase eus cl ser\ iens réunis à |j 
haie •_' . Le 21 juillet, il se trouva en faiede 
l'armée hongn)i.se, qui le battit sur la Hinya. A 
la suite deccite action Ahmed-liej; abandonna 
HalM)esa, à la(juelle les Naincpieurs mirent le feu 
et dont ils firent sauter les ou\ rages. Du côté 
de Ferdinand, le frère consaiij;uin du palatin 
Jacob Nadasdy et Jem (ls«(bor. les .siMier.s 
Theobald Ziegicr el C;hris((»plie .Siegesdorfer 
étaient n slés sur le cham|) de bataille avec deux 
cent soixante-dix vaillants soldats .i . Kiisiiiie 
lennuque revint devant .s/igelh. doni \\ leva le 
siège le .il juillet, l'allavicini , polvveiler, Len- 
kovitz et Zriny, menèrent leurs trou|)es contre 
Koroilina qu'ils enlevèrent d'assaut , après quoi 



(I , Uluanfi, Hisloria ubsidionin et oppuQiiationis arci< 
Ziceih in Hunfjaria a .Marro Horvaib l..ci illiu» capi(a- 
ne« , eir. ... I. sun; die aii|;ukli 1.5.;^.... De obsi- 
dioiip Zif.eihi auiore «ambucco, dan» le Syndiomu», 
fol 112; Wolfcanp.i lac«:;i regii hmiorici el inedici re* 
ront' a turt an t;» >>ia', \ôô(', 

2, Isluantî , Herald, 

(3^ /hi.f. 



v*r 



msroiin \n. ikmpikk ottoma.n 



I -> (^4ruiM)u» turv(ur:i de S;«iiit-.Mariiu. Siiiit- 
laurenl, *i"ll\i' tt l"t.iTa'««(;al. abautloniuVcnl 
ces place*. K«Niin Pa^ch.ifîl une vainc lrnl.iii\r. 
avir &i\ mil r hitiniurs. sur Csiirjio. cl Mtisi , 
kiaja du Iv'.hrhrj; do Muinili. sur S/i[;r(li; le 
|»rtintf r se relira . I autre, mouis li< ureu\. resl.t 
entre l » maïusdei ennemi , I .. I.'eimnqiu' axait 
\tcni\i plusdcdik mille hommes dans celte (ain- 
jwjînc f.loricuse pour les llon|;rois. et dans l.i- 
qucUe les soldats alle:naiids éialèrenl leur hor- 
rible couvoilisc eu ouvrant les cadavres <|u ils 
HHipçonnaient renfermer de l'or 2 . 

Kn IVisnie. antérieure neni au sic ic de Szi- 
j;cth. le n<»u\eau sandsthalkhejî Ali-Molkt«lsch 
a\ait teulé d'enlever le clullcau de Kru|i|»a, et 
celui de Ko>tainicia enlourt^ comme une ile |)ar 
riiina \o\ant ses plans d»'j«> »''s jmp l'acliviié 
de /r II) . il foriirta Hunich et Perussic h. A la 
suite du siéj;e de Szigeth , loul le pays entre 
1 1 nnaet IaKulpa fut nus A feurt Asanj;. et ko- 
>t3inic2a vuicoml>a l.esaïujsthakhcj; de Bosnie 
appela le vaillant /riiiy à un (onihat sin{^u!icr, 
el malgré lc> dcfensrs réc< nies de Firdiiiand 
œnire ces sortes de luttes. Zriny parut sur le 
terrain dt<si;;iic de Kapronc.«»a. mais si bien ac- 
rompai;ne jl a\ait dix mi le hommes^. quAli- 
Mallodsch n'osa point en venir à un en|;a{;e- 
n>enl. Bientôt aprts ce dernier fut reinplaeé |»ar 
Ferhad qui . a\ec qu( Iques niilliers de Turcs , 
s'avança de Posega sur la frontière U cnde. mais 
le vieux p.énéral st\rien I^nko^iiz l'altcndail 
au (kas de Bakoiji(;h et de >aint-ljelena, avec 
trois cents Allen ands (xsammeut armt'.s,cenl 
rbe\aux {('■gcr* croalCN et cent arquebusiers 
italiens qui, poussant le cri de guerre u au 
nom de I)ieu, » loniblreni sur le> 'Inrcs, leur 
tuèrent deux mille hommes et en prirent 
quelques ceniaiars(3). L'd œrpA plus considé- 
rable, formé de (inq à sis m lie hommes, mar- 
cha deux ans aprJs du colé de .Mi Itling dans la 
Camiole, il se dirif.ea vers Goischce et Reifniz, 
d'où les fk>ts d'. kind.sclns se rép ndirenl par 
Adel^berg . Zirkr.iz . K;»rst , Bref; . juscpies à 
klan , et aprè» une atlaque sur le ïalK>r a Klan. 
revinrent par GrobniL a lra\ers la vallée de 
\\ednu, emnerant les trou^naux el la po- 

,1, kîuinâ.l. Xil; Kofg«r.,l. Tii, p IW, 
i2, l>4oa-i6. i. XIX. 

,3j Valrawr , L it . r- 4&&. et Ju>*« Csp-ir .1 ti , 
p. 78 , qui dooMe b perte el la porte à quatre luilte. 



pulalidii ;l Dans l'année qui précéda la der 
nitTc irrtiplion dans la (^irniole, Taia tomba 
entre les mains des Tores par la ni |;lii',eii e du 
««Hniiiandani, el i;r;^i<' a l'esprit aelil et rusé 
d llainsa-Bei;. (pii jadis avait surpris l'ulek avec 
tant de bailleur. Jean .N<ij',y, eoiiiiiiai datit de 
Tala, s'élail rendu , pour (h's aH.iiies parlicu- 
litTes, ii la Nillc voisine de Kii;i oin : la garni- 
son élail plongée clans le sonmieil de l'ivresse. 
Ilanisa Bej; , inrornié de ( es eirediisl.inees par 
ses espions, s'approdia de imif . escalada le 
mur exléii ur de la ville , el enlin le eliAleau 
même, éi;or|;ea les senlimlles notées déj.i da is 
le vm , avani (pi'elleN eussent le temps de s'é- 
veiller. I. a forteresse d'Ilejïvesd, [lerchée sur un 
nicher, prés du Balaloii, fut surprise et enlevée 
par h's marldliises d llainsa 2 . Après la con- 
quête de Tala, Biislcin ordonna (pie le Persan 
W'elidseh m, sandsehakl)ej; de Kulek , parlant 
d'Ofen. fit mie irni| lion du cAlédeZips. ^^'n- 
lids( han , liranl des soldais des p,ainis(>ns de 
Tala, Gran , Weszprim , Waizen , llalvvaii, 
Czecseny, Pest, Ofen, réunit environ trois mille 
honmies, avec les(juels il investit Szikszo. Fes 
fidèles capitaines transylvaniens de Ferdinand, 
Georges Bebek, Jean Pelliœ el Knicriuli Tcle- 
ke.ssv, battirent les envahisseurs près du village 
de kafa. sur le Sajo. el leur firent subir une 
perteconsidérabic: mais deux agas desGo'nnnl- 
lus et des Beschius leur enlevèrent deux mille 
prisonniers, reprirent irnis cents Turcs qu'ils 
emiiienaienl, et se saisirent de quatre dra- 
peaux (3,. 

Ce[)endanl les amba.ssadeurs de Ferdinand à 
Conslantinople, au milieu de plaintes conti- 
nuelles sur les irruj lions des Turcs cl l'erilève- 
menl des ilaees, cs^ajaifut vainement de né- 
gocier la paix sur la ba>e de la possession de 
la Transylvanie. A la fin de l'année même où il 
avait quille le siltan a Ainasia , Busbek était 
revenu à fionsianlinople, où il trouva un grand 
changement dans les choses: Riislem réintégré 
dans la première dignité de l'empire, à la place 
d'Ahmed mis à mort (4). A la lettre que lui re- 

(1^ Valva»or , t. it , p î G. 

(2y Uinatift. I. XX, p. .'i90. 

'.3; K;)tona , I xvtn , p. W7 , rérliii» 'e< nonil;r''ii trop 
('levé* (k rinq mil e tnorU tl ire'ue drapeaux ; il lr« 
donne d'apra te rapport officiel de Teliktuv . 
i Fituljequii epMi. ui. 



i.!\ i;i. \ \Mi 



IHI 



mit busbtk, Sdiri . iti r(-| oiiiiK {wir iiiir autre 
que jM)rIa un iiu>N.i|;ir d 1 lat I livl rk. «iiic 
lj rrine iMbelIr avait riivuyé A Constant iiiopir, 
travail ail arti\enirnt mnlre It-n ainkiNsadnirK 
de Kerdiiiaiid, »n |NMi>sant à Ij j;iit'rri" _* !.«•* 
l'cpri^M-iiiaiit» aitlnctniMis insistaient ^n^ I étal 
«If (M>Ns«^sioii , ti*l ({n'd iMait a\ant 'rur arrivt^e. 
J*lu< lard, iniis |il(iii|iol4'nliaire<> il l»al>rl'e dr- 
uiandi^Ti-ni l.ip|ia et Irmrswar. \cs a|;rtils de 
rrlif primi-vr «oinnu* nni\ «Ir Ki-rdinand fu- 
l'ciil cDMi^rdiéx a\n- lin r('^ll^ N rr.iniiii» rt /ay 
parliirnt a\t't iiiir Iriirr «{iii nrl.imaii Vi- 
i;e h '.i : liiisluk rt>la m'uI A (iuns'aiiliiMtpIt-. A 
l.i place de l'eunnque Ali , ii;urt peu de temps 
apri^s MMi é« her de Szi|;elli , avait rU' iiDiiimé 
Kasim, aiii|iiel surcéda. au IniuI d un<' anme, le 
précédent br];lerb (f luicluin, qui après l'ex- 
piration d une année em or«- dut laisser sein coni- 
mandcmcni a husicm l'asiiia. liiishek retut 
pt)ur nouvelle iustrutlion di- représenter (pie 
l'alxindon de Szt|;elli était inniix iliat)le avec 
riiunneur du roi , qu'il n était pas autorisé à 
tripler les |.ré->enls d ln'timur «pi»' l'on deman- 
dait, mais que néanmoins ce point serait at cordé 
si lala était restituée. Lulterpr^le Murad Ht 
savoir em ore a I aml>a»-^a(leur (pie . san> la < es- 
sion de Szi|;elh . il ne talail plus son|;tT à une 
réponse pacifique 41 Néanmoins une nouvelle 
trêve fut conclue |)our six mois j»ar Husbck . cl 
il fut en|omt aux ((imniandaiils des rli.lieaux 
de Hon};rie de I «ibserver. 1^ sullan fut déier- 
miné à ce parti par les ipierelles entre ses His. 
(pli seront ev|)osées bientul avec détails. 

Au commencement de Tannée !.'> î). les né- 
j;ociations (pii dur.iii ni depui>six ans parurent 
enfin arriver \ h conclus on désirée. Après des 
conférenceN entre Hustem et MosIm k . dans les- 
(pielles le premier réclama en vain Sziijelli et le 
second latajun se plai};nit inulilement des 
martoloses, l'auire des haiduques. Fîusbek in- 
forma sa ((Miripie la paix [tourraii eireoidemie 
pour huit années, sur la kiase de l'état de [mm- 
session acluelle . mais qu'il y avait peu d"es{)oir 



(1) Miller, cp, p. 149. 

{'2) Vei anlii epist. ap. Miller et Katona : Encel , Hi>t., 
I. IV ,p. 158. 

(3) La lettre du mois de schevvwal 964 [avril 15Ô7;;8C 
trouve dans les .\rchives impériales. 

{4^ Rapport de Busbek, du 11 janvier 16Î9. 



|KJlir I atqtitsKtoii de lata 1 I 

dinand efi\ii\a (|ualr' leiitck i. ... 

I d'Au(;sburt; du i*H av ril. < onieiiani di s nuxIMm 
de Iraiiéft difli relilH 1rs uns di s aulD s; daiiN !rt 
plus favorables ( laienl instrt > l« s arlidi*» rtla- 
tifs i\ la rrstiuliuii de lala . hulek et au cliâli- 
nient d ila*am-l)e)f ,1e quatrième pio et. i(di|(é 
d après les dern en s paroles de i((. Klein, akin- 
doiinait «es |M)tnis ,*J AlUn deWv*/, |K»r'eur 

, de» es put ei. parut dans le camp de >kulari.qiie 
Suleiiiian avait établi | uur être plus près du 
llie.llre des ijiierelles de ses fils, et ou iWiobek 
resta imis mois. Duiant ce temps ramba.vsjdeur 
trouva moyen d'étudier tdienient a fond létat 
miliiaire (Icn Tiin s. (|ue l'écrit lai-sé par lui sur 
ce sujet est rcsie c'assujUc .'{ . AIIkti de \N \ s/ 
apporta |K»ur pré.s«nt8 un vase d'arj{ent doré. 
cl une liorlo;;earlislemcnt ira- aillée, qu'un élé- 
phant soulenail sur scii dos comme une tour i». 
liusbek remit le moins favora: le des<|ualre pn>- 
jets de traité, comme le seul qii il y efit e>^poir 
de faire accepter; mais cela fut sans résulial II 
nobtmt pas plus rie su( ces par ^es instances 
dans lesqueli( s il sollicilait son coM|;é. U* 7 juin, 
deux jours après .son arrivée à Skutari. Sulei 
man av;iii admis l'envoyé aulri. hien au ba se- 
u ain dans une aiidieme .solenn Ile Celui-ci sol- 
licita un traité de [lax: (|uel qu'il fut. dit-il, il 
{jaranissaii (jue leiiqieieur Charles observerait 
reli|;ieusemciil I acie envoyé et sij-.né par lui. 
Ouani aux lieux en liii|',e en dehors de la I raii- 
s>l vaine, il avait t( u;ours tenu le même lan- 
i;ajje, que l'empereur sai commoderait avec 
Isabelle; mais il ne voulait pas opprimer les lo- 
( alites de la principauté. Comme ambassadeur 
il avait tenu sa parole, et remis un projet de 
Irailé, .se'on 'piil l'avait [irom s .Mais ces 
raisons ne produisircui point d eff. t. cl la f^aix 
ne fut (;ai ani ie que d'un cùté ; car .Suleiman. qui 
voulait toujours avoir .S/ij;elh. n'acrepia point 
encon |. traité sijjiié |>ar l'emper. ur I erdin.md. 
Ainsi husbek dut rester encore a Skutari sans 
que rien fût terminé; et lorsque .Sul. iman re- 
vint dans .son p.ddi.s de Cons'aniinople. IhKsbek 

1, Rapport df Fiu^Uk, du il jativipr l.i.?.*. 
2 Kerdinaiidu» HuKln-quio, :rf> avril l.>i9 , daim le» 
.Vrrhives impérialf». 

(3 .\u{;. BuslK-quo eirlamatio «ire de re militari (»n- 
Ira turrum initliiueiida coiisiiiuni. 
îj Ru»tHrquii episl.,1, lo 



100 



îiisTOinr. PF. i.KMPirj-. otioman. 



fut U'uii iMi survi-illaïut* (îans Ihùlrl »ios Aiiilta>- 
SviiUurs II adouril les ri,;uoiirs dr >a c.»!»- 
liviti^ vn roiiniss.tni des aninhuix. dos pl.in- 
lo* et dos tu.uiuxrils. on rtvovaiU <los amis 
doni {««s visili^ n'iMaioiil |M)inl iniordilos. Il \\l 
aiUM \onir iho/ lui dos Hai;iisams, dos \ôni- 
lions. tics Huronims ol {U'y> Grecs 1 . Os sa- 
>ani.s loisirs |)n>ril(>roiiC ;\ 1 em|HToiir ol à la 
M-ionco. IWisbok oiirirhit la mrna|;orio imporialo 
o( les jâttliiis pidtlirs. Iraiis|ilaii(a di Aiilridio 
dos fruits ol (\c>> Heurs de rOrioiit . ol r.ipiMtrla 
iHMtioiiipdo iuaiuiscrilsf;roos. dont lo plus hcaii, 
oohii iW hios<i>rido. forme onooro aujoiir«rinii 
lun d»*s oniemenis de la b>l)lioihéi|iie de la oour 
a \ ienne 2 . 

Tandis que Busl>ek ^lait oblij;o de naîtra 
( ' . les eiivo\ON do la roiuo I.viIk lie 

t .. liés avec uiio lollre adresser au 

pascha de lemeswar, dans laquelle ce commaii' 
tlat)t élail oharf,é d'jocoiinnodtr les diflorcnds 
relatifs aux fiunljèrcs de I ransylvaiiio '.\ . Dans 
le lemps où les ambassadeurs de Ferdinand cl 
d'Isabelle se trouvaient iHx)nslanlin(i|ile . parut 
aussi dans la capitale de I empire ottoman le 
h.tdian de kolelns. selon le litre donne par 
liu>bck.c'esl-j-dirc le prince de .Minj;rclie. qui 
vint rendre se» hoiiiroa[;es à Suleiman. et lui 
offrit en prosont un n aj;nifi(|ue rubis. Alors 
aussi Milciman adressa une lellre au souverain 
des Hu.<»cs, auquel il donna fntiir la première 
fois le litre de c/ar, lui r.'i|tpelant les anciennes 
relàJionsd amitié entre la l'orlc cl la Kussie.el 
lui recommandant les marchands (|u il envoyait 
à Moscou jwur y faire des a< bats i . Outre 
les aiid>a.ssadeur$ véniiicDs et français, il vint 
un agent du roi d Kspa[;ne. hranrbi de Chios , 
cbargé de solliciter la paix: iii.is il n'ciit pas 
plus de sucrés que le baie génois. Alors aus>i 
séu. lit I, « jMr érril avec le 

du« fi» l • 11. dans une lellre 

a HuMeni, accordait la i>ermission demandée 
pour le frère du juif /uan .Mique/. de quitter 
Kcrrare avec sa famille 5 Ce Zuan Mif|uez 
était le juif portugais appelé piu.s tard don .lo- 

(I) K'<4«equi; t-^)M., t. m. 
(2> Jàt^L. i. n. 

(^ IU( pon de Bu*IkL , du 6 èoCtt 1.SS9. 
(4) ILanBétm , Hmairt de la Kimmc , I. toi, p 270. 
(a) OoM le» ^cniUire led^tctae det actes ^«niiteo»d«i 
ArdHTfs imptruie». 



.sepli. qui Mil s iiisiiuier dans lespril de Selim , 
et soU'ver si liaiil dans la i«»nliaiice el la laveur 
déco sultan , quil acipiil. comme juiFallaelié à 
la cour. I iniluoneo la plus importante dans tou- 
tes les affaires; a|;it d une manière préponilé- 
ranle sur la paix et la i;uerre. «l hiiil parséU'- 
vor au lanj; de due de Na\os. Hiisl)ek ne s»- 
montra pas aussi bien\eillaiii (pieledue dv Fer- 
rare envoi s le r«-néi',al li(»iii;roisl"eilia(l-Paselia. 
(le mécréant (ieiiiaiidaii «pi'on laissât venir au- 
près de lui son pèi e, sa mère et .^a su'ur. lUisbek, 
«pii savait quel erliad avait déjA fait eireoneire 
son frère. ré|ion<lit que celle permission serrait 
des plus faciles, si seuleineiil lo paselia laissait 
A ses parents la liberté de leiu- reli|;ion. Ce Fer- 
bad. étant a|(a des janitscbares, avait lellement 
i;a!;ne les afreetitms de Suleiman. on iiiaiiite- 
nant une discipline sé\ère dans son <()rps, que 
le sultan lui donna pour épou.se .sa pelile-fîlle, 
la sultane I liiinai . t^ille de son fils eliéri Moliani- 
nicd. et pour leinellreau raiijj cb's vesirs il porta 
lonomliredecesdi};nitairesjus(prAcinq.Fcrbad 
avait une l>clle écriture et faisait des copies du 
koran.fpi'il vendait cent ducats l'exemplaire; 
il amassa ainsi de rar{^ent (|n il de.slinail aux 
frais de sa .sépulture. 

Kn suivant le cours des hostilités de Hongrie 
el des lentati\es d'accomiiiodeinent. nous avons 
été conduits dans le camp de ."suleiman, à Sku- 
lari, où lavaient a|)pelé les querelles de ses fils 
el les sym()t6mes de guerre civile rpii mena- 
çaient (redater. .\vant d'arriver à la ( oiicliision 
définitive de la paix, il est nécessaire de nous 
re|)orler en arriére |K)ur examiner le germe 
don sortiienl des fruits si liinesles, et dexfio- 
.«■er les causes d évéïiernenls si tra[j'(pies. Les 
faits .sont racontés dans toutes les histoires de 
ce temps , d'après les rapports , d'ailleurs si 
dignes de foi . de Biisbek ; mais on ne voit 
ainsi les choses (jiic .sous un seul aspect , el 
aucun historien européen n'a encore consulté 
sur ce |K»inl les Ottomans les plus dignes de 
confiance. noniméiiM ni .\li.qui, en sacpialité 
de secrétaire intime, vit de près le jjrincijx" 
des irames et des complots, eut sous les } eux la 
corresjMjndance écrite entre Suleiman et son fils 
Majesid , qui même, ayaril missa plume au ser- 
vice du grand mallre de la cour, Lala-.Musla- 
pha-1'ascha, rédigea des lettres du prince, puis 
rappela toule celle lamentable histoire dans 



I i\ i;l \\\ll 



KM 



un ouvrage SfnVial. MuMaplia, tM«'^vr et |»roi<^;t' 
Hu dernier grand \«'>ir AluimM'as» ha . «tail . 
eoniine tel, «Hlicux A Itu^trni , sueervM'Ur il Ali- 
nicd. Ilientùt aprè^ m n'inh-gration dans la 
pre?nit''re dij;nit«' (le I eni|iire. Hiisteni enl«"\a 
la place dr snnnd éc u\ er a ^lu^Iapha |H)nr en 
Faire un «'cuver iranehant, et l'éloigner ensuite 
dans !«• saiids» lialk drSsafed. «onii.iisvant plus 
lard l'atta* limient de Mustapha |miui le pnm «■ 
liajesid, il le nomnu grand maître de la eour de 
S'Iini . e?ip« raiil le rmner ainsi [»<)ur jamais. 
Mais ce pi. m niarxpia (-tiiiipl<'iniii-iit . et Mus- 
tapha, aussi grand artisan d inlrigiu'sipie Hiis- 
tem, vit dans son nouveau |M>sfc la meilleure 
«ireasion de fonder sa propre grandeur : entra- 
hissaîit la rontiance dont il avait |oiii auprès de 
liajesid , et faisant servir sa romiaissauce des 
secrets de ec prince A sa j^rte pour assurer le 
Irône A son frère, il espérait arquèrir sous le 
règne de .^elim la plus haute inihu-nee, et sé- 
Icver jusqu'A la dignité de j;rand vesir. Il 
«lre?vsa «loue ses halterij's. Il se mit à dire ;i Se- 
lim. rrou|)iss;int dans la (h'-haiiche. ipie la sur- 
cession au tn^ne ne [wuvail lui mancpier romme 
à l'aine, s'il ne renenntrail pas tn)p d'ohsiades 
dans Hiistem. (pii, dévoué au prime hajesid . 
nelais.sait échapjier aueinu* occasion de re|»ré- 
scnler le prince aine comme un déhanché perdu 
dan.s les voluptés grossières, et devenu inca- 
pable de se livrer aux affaires; mais rpic si! 
avait les mains libres il ferait bientôt prendre 
aux choses un aiilre tdur. Scliui lui donna 
plein pouvoir flagirsclnn ses iilécs. cl hii mon- 
tra dans l'avenir une récompense iiiimaiiipiable 
de l'heureux résidtat de ses services, la place 
de grand vesir. .Mors Mustapha se mit à Inni- 
vre. Il écrivit A Rajesid une lettre dans laquelle, 
se parant de son ancien dévouement , il lui 
insinuait combien il serait facile de se défaire 
du débauché .Vlim. qui seul lui barrait le che- 
min du tn'tne. Il montra la lettre à *»elim, et 
l'envoya par un messager sur. IJajesid tomba 
dans le piège el adopta les con.seils du trallre, 
dans une réponse que celui-ci [M)rta tf)ute ca- 
chetée à son prince. Dans luie seconrle lettre 
Mustapha conseilla à Bajesid de provoquer son 
frère au combat par des injures , ce qui au. enc- 
rait bientùt une décision dans les choses. Baje- 
sid , suivant cette odieuse impulsion, écrivit 
une lettre outrageante, à l.iquelle il joignit 



UiH*jn|M*. im liounei lie fcnnne. vi une que- 
nouille. .Slim en\oNa la lettre et b-s objet» 
s\mlN>liques à .Suleiman. ipii . irrité de celle 
conduite indigne de UajeMd. >urioul envers vi\ 
prince mmi aine, lui adresv,i des remotiirances 
se\cres. .Mustapli.i fit arrêter et mettre a uKirl 
Us me^j^ger», et briïlrr la aïrres|»ondance. Kn 
même lem(»s Si'lim Ht savoir A mmi jn-re que 
llaiesid avait tué les lourrien» el livre aux 
llanunes le^ lettres ret.tHti de wm Muivrraiii 
el père. Snleiman. indi;:né d'ime telle con- 
duite et r<-gardant comme dangereux le main- 
lien de Hajesid dans legonverneiiii ni de Konia 
()arce <pie de Karamanie le < hemin lui était ou- 
vert du côié de la ^yrie et de l Kgvpte. rt^iiut 
de le ( hailger . et \H)\\r enlever a celle décision 
loule appireiice de parlialite , Vlim dut au»si 
Mre envoyé dans une autre [>rovince. liajesid 
fut nommé j;ou\ermur de Hum. et dut tpiitler 
Konia pour Xmasia; Selim. auquel fui assimilé 
lAnaloliau lieu de .Ssaruchan . dut échanger 
.Magm si.i contre kutalnje. 

\ peine Tordre reçu. .Selim cpiilla Magnesia, 
el vint à Mrusa : Hajesid se tint A Konia. Al»)rs 
Snleiman lui dépè( ha le cpialrième vesir, l'er- 
lew-l'ascha. |M)ur le driermiii«r à l'obéissance; 
mais, afin d'éviter toute mau\aise interpréta- 
tion, en même temps il envo\a le troisième 
vesir, .Mohammed-l'asclia-Sokolli . à Slim. 
voulant qu'aux } eux du peuple ces soriJ'S de 
depnlations parusseut des teinoi(;nages de sol- 
liciiiule paternelle. Bajesid . au lieu d'ol éir, 
rassembla une armée d"en\inm vin;^ mille 
hommes, Km<le>. l'urkm.ns et Syriens. A 
celle nouvelle . Snleiman ordonna aux pa.H4ha.s 
d'Vnatoli et de Karamanie. I)s4henabi el Ss«- 
lak j'erhad . à l'ancien grand ii ailre de la cour 
de .S<'lim. au iM'glerlw'g de Snlkadr. Ciilun-Ali- 
Pascha,et à celui d'Adana. IMri-Pascha. de l'an- 
cienne famille souveraine de Bamasan. de faire 
cauqxr leurs lrou|)esflans la jilainede Kfniia , 
afin de s'op|M»ser à loule lenlali\e que [»ourrait 
faire Bajesid A main armée. .Mohammed-.Sokolli 
eut ordre de se rendre sur ce |K)iiil avec mille 
janiiMbares, des sipahis et des siliiidares, des 
canonniers, des armuriers et quarante pièces 
d'artillerie 1 . I e M) mai vit fltridrr la ques- 



'^i; Aali.tT' ëf bernent ; Pplicbewi , fol. in2;.Sso- 
laksade, fol. 123, 



102 



lllM (•llll. l>l. L K.Ml'lKK (> I 1 O.MA.N. 



lion entre les droits de Selim et eeu\ de liajesid 
à la sonverainelë . apr^N U mort de leur fW^re. 
Ij veille «n .i>ail axiihaitij .ivee ncharnniinit 
vins qu'il v eot a>.tnl.-i;e d niioun rôle: mais le 
3 t l^jesid fut défait eompUieiueiU . el seti- 
fuil a>et' son tils l rrliati vers Amasia De la il 
^ri\ it une leiire. arrosée des larmes amères du 
repentir, iniplt'iaiit le {virdon palenul pour 
lui « t p<Mir ses »]ualre tils; unis rclte leilre . in- 
leerpiéf par le« espions de I ala-Musiapha- 
Paseh.i. ne |>arvint jvis aux mains de Sulei- 
man I qui, ayant appris par des r«)urrie s 
I issue de la bataille, sèint rendu, sept jours 
«pri-s. au rampde >kutari . |K)ur «'tre plus près 
dntiiéâtre de la lutte entre les fières. Ikijrsid 
trouva heauroup de sMnpathie (Imin le |»euple 
i eause de m resM^inblanre a ver son père, tan- 
dis que If teint enflammé el le.s jmu's Imufrie» 
de vlim annoneaienl les traits et l'arfleiir cm- 
porièe de la mère /2 . Ainsi le prince vaincu 
put réunir encore aulonr de lui douze mille 
hnnmxsen éial de porter ie> aimes; il se mit 
au njilieu deux avec ses quatre tils. et. prcnaiil 
eonf;é en pleurant de son harem el de ws fl- 
Hèles servteurs. il se dirir;ea vers la frontière 
de Perse. Il em[>riinla HO.OtK) diuals au pa^clia 
de Siwas. et eu arracha IS.tIfWl antres, avec 
trente chameaux . «oixante rlievaiix et viiif^t 
mulets .'V .\ cette nouvelle. Sulciman tit |)arlir 
du ramp de Sk tari le Inti^i^nie vesir. Moham- 
med-Sokoli et le l)e[;lerbcfï d( Humili. kinl- 
Ah'nedli-Musiapha avec le prince Selim fM)nrse 
mettre a la |»oursuile de THniiée fu[;ilive. >e- 
lim attendit h ^iwas l'arrivée du vcsir. mai» 
dfinna Tordre au bcjr de Malalia . Mustapha , à 
'•elui d'Aintah. Chosrew. et au bepjerbefr de 
^iwas. Temerrud-Ali-Pascha de courir sur \rn 
rr»ces de Bij»*id Ils allei[;nirent les fui'.iiifs 
non loin de la front ère persane , à Saaf- 
Tschukari . et ceux -ci. après une vive dé- 
fense, comptant m'^iins «iir leurs armes que 
Mir la rapid (é de leurs chevaux , précipitèrent 
leur eoane. I^e bejjlerbe,^ d'Ersenrn. Aja« , 
frfre de Sina'i-Pascha. conquérant futur de 
I lémen. de la G<»lelta et de Raab. vint à In 
rencontre du prince infortuné, et lui donna 

2' B«ib^k . ep. IT. 
3) Rjpport de Biub^k. 



même (jrelques chevaux charj;és de fers li de 
clous pour faciliter sa fuite et laider à franchir 
la froniièrc persane. D'après le rap|M>ri de ces 
faits, Sulciman ordonna au vesir Sokolli et au 
fîouverneur dAdana. naniasan-()|',hli Piri- 
Pastha, de prendre Icms «juarliers dhiver A 
Alep. Ajas-Pasc ha paya de la vie ses procédés 
envers le print»*. el sa plac»' fui donnée au 
bei; de Malalia, (pii sétaii sij;nalé par son ar- 
deur à poursuivre Bajesid ; le sandschak de 
Pasin fut (onféré à ('hosiew-Mc};. l,e {;rand 
maitre de la èoitr, I.ala-Muslaplia, dont les 
inlri|;uesse découvraient mainlenani aux yeux 
du {^rand vesir Hustem. fut présenté par ce haut 
dijîiiilairc comme la «anse de toutes ces infor- 
tunes, tomba dans la (lis{;r;Ue el fut éloij;né 
dans le sandschak de Poscjja. A sa place, Tu- 
tunsif devint {^rand maître de la cour de Se- 
lim. Socles instances de Selim. el la juslirtca- 
tion (pi il doinia de la conduite de Muslapha. 
celui-ci fut tranféré de Posera à Tcmeswar, el 
Selim ayant représenté que la présen( e d'un 
tel liomiiie était indispensable sur la froniièrc 
persane, le traître recul le fjouvernement de 
W'an '1 ;. Sulciman el Selim écrivirent aussiKd 
au schah pour l'informer de la révolte rie Ba- 
jesid, et le préveniijpi en accueillanl le rebelle 
il p(jurrait purltr atteinte à la paix subsistant 
entre les deux empires ('2). 

I.e f;ouverneur persan d'T'riwan. Si hali-Kuli, 
retint le prince en attendant les ordres néces- 
saires du .schah , alors occupe A une expédition 
dans le district d Asirabad. Schah- Tahmasip 
considéra l'arrivée fie Bajesid comiiie une com- 
pensation delà fuiledeson frère. Klkasz-Mirsa. 
Il envoya au (Tevant du [trince im iiihmandar. 
le chan .Nilamcddin Schalikidi l slad^chlu, et le 
vesir dAserbcidsclian. tfajasz-Alallah .jusqu'à 
>achdschi\san, lui mandant qii il se rendrait 
en personne à Tebris poui- le recevoir avec les 
honneurs dus A s(m ranfj ; que dans celle con- 
férence il lui ferait certaines confident es (jue le 
prince [KMirrail ensuite communiquer à son 
père lorsfpiil serait rentré en f;rAce. et qu'en 
attendant une lettre de Sulciman il le Iraiterail 



'1 ; Aali , Pei*f hewi , î>»olsk»a(Jc. 

(7) l>a Icifrf dr Sulfiman %f. iroiirf dann l'appendice 
ail journal d" Siilfiman , n" V); reWi; <Je Helim, dans 
I liucha du dpfterdar Ibrahim 



i.i\ i;i \\\ll 



103 



comme son pnjprr fils T. I/» %eï\n\\ revint a'is- 
iUôt à Tebris, f! reçut »m hftie avpr foui»* la 
pompé prrsaur Trrdfr pla * rrinpli"» d'or rt 
ci'.ir{;rnt, de pir'rs «M de pii-rrrrirs furent ver- 
«é^ sur 1.1 tetc chi prin<c ; on lui pr»^rnin neuf 
chevaux rouverts de harnais ma;;niH (ues. Dr 
son oM(* . Ma rsid d(*p'oya un Itixe non nmios 
ini(Misntit. *^ur U*pa>sai;«" diisrliah ttirrni tendus 
du satin, du damas, du vtl< urs et derihes 
étoffes, et «implante rhevaux turcs, avec des 
scli.ihr.upies ri or rt dou/r hanais d'arj'ent , 
lui tun-m ufftTls vi\ |»rrs«'nl lrsai;iles «asa- 
liers (\v Majesid donn«V«nl aux Persans ('nier- 
veilU's le sxrt.irir des jortlrs rt des tournois, 
el Ferhad-Kodos attira luus 1rs r«';;nrds par sa 
vif»u*"nr et son adressi- ''2\ Ce p;unrier. [ilriri 
dnsrntiuient de la sup(^rioi ité des ()ttoni;M)s 
dans lexerrirc des armes sur les Persans, de- 
manda au primr la permission de prendre le 
jeu au st'rieux, et de transformer ce combat 
.ipparent en ime lutte rebelle dont l'issue non 
douteuse sn ail de pl;n-er la couronne de rer*>e 
surlatèlede R.ijesifl. Celtiici r«'priuMnda de 
tels propos, pi défendit . sous peine de morl. de 
les répéter par?ni ses confi ienis. Soil «piil en 
fut néan noins revenu que!(pie hniit au scliali , 
soit par pure mesure de prévoyance, sous le 
prétexte d'éparf;ner au prince les frais d'entre- 
tien de ses troupes, on ortlonna de distribuer 
les soldats de Rai«*sid en're l<»s chans et es sul- 
tans, en S(»rle que le |>etit nombre de fidèles 
compa(;nons (]ui lenlouraii nt encore ne |¥)u- 
va eut plus donner le moindre n:olif de crainte 
sérieuse y. 

Le soupçon que le schah jwuvail avoir conçu 
contre 1,1 personne de n.ijesid. conn;e menaçant 
sou propre tronc, ou plutôt les avaniai;es rpie 
.sa jMtl tique se promettait en livrant le prim e 
à son ix're, déterminèrent dès lors sa conduite 
perîifle, non m«)ins bonleuse que larrleur de 
Suleiman el de Selim a poui suivre la morl dun 
fils et dun frère. Ces sentiments souillent 
l'histoire de leur diplomatie, el ils ontété trans- 

[V Pan* l'appendice aujourri,il des rarnpaf;"e« de Su- 
leiinan, ii<> 59, fi dans la collection du reii-effendi buri- 
Abdullab. 

(-') Bu>l)ek nomme ce Kodos -Ferbad Chiunium . et 
triii8poi te les !.céne.s du tournoi don» |f rainp de Bjje 
•id , à Konia 

■'3' Aali , Pet«chrwi , S«Alakt»de 



' mis h la |K»stérité par leur cc)rnv|)<mdance 
«*crife (!et (Sliaui»e de nu>s a|;ers et de b itre* 
est unitpie dans lo annales otioinanes , et des 
riéiîiwiaiions sui\ie« o'firiellnnent avec une 
observaliof» si scrupub-use drs formalités, pour 
arriver au m-nrlre d'un lurent et a un parjure, 
ne s'étaient p<s pro<bnlesencoredan« ri»i»loire 
des autri^ I tais; aussi allons f»ous les nuivre 
a\ec tm mmu |>artii ulier 
! Irn «leux premi^^es lettres de Snifiman el 
Tahmasip se croisèr'-nt probablement en route. 
Dans la sienne le sullan représente mui tdsBa- 
jesid comme un rebelle , el rend compte de l'is- 
sue de la balai le «le Konia : dans la missive qui 
fut porh'-e par un othricr de la c«)ur persane, 
.\li-A|;a. le s« liabn-naii utilan|;a;',e «-onciliateur. 
et intercédait |M)ur le prince. Knsuite Suleiman 
dépécha Sinau-Hei;. .Selim son écuyer et confi- 
dj'Ut. Turak-Af^a Li dHixième l«tlr«' de Sulei- 
man rapport»' ralleulal «le Ha^esid «pii s'est mis 
en révolte ouverte: mais finit par des paroles 
de partiori.eii d« niandatit toul«f«»isque le srhab 
fasse loudxM' b-s hM«'s d«'s aulenrs de tout le 
mal, de Tursiin-AlKlulsi ban-Oj^hli . Kerrurh et 
Seifeddin-Absal, retienne les autres «oupahles. 
et renvoie le prince s«ius escort dans le f^on- 
vernemenl d'Amasia. où un be|;brbej; nomuiéA 
cei effei viendrait le r«'«evoir. I.'épltrc de.Selim 
est remplie d'injures et d invectives contre son 
frère ret)i Ile ori;ueillfii\ sultan, qni.aurès.ivoir 
si souN «'Ht pillé des caravanurs, est indif;tie de la 
proteriion persane, et ne mérite quelindigna- 
tion du schah . d'a[irès la scnt«'ncp du Koran : 
I u I, 'amour vi«'nt fie Dieu . el la colère émane de 
IHeii, net d'après le vers de .^adi:- Faire du bien 
aux méchants. ce«>t faire du uialaux bons, o 1,1» 
schah ht accom[»a;',ncr les envoyés ;'i leur relotir 
par h; vieux capitaine TulMM-.Vfîa . qui se rendit 
au(>rèsd<' Suleiman. et par Seifefldinlruschlu- 
Aga. né !i Sulkadr, dont le n!essaf;esadrf.ssait 
\ >cbm. Pour expriicer le bl.ime sur le ch<»ix du 
porteur de la lettre de Suleiman , et faire sen- 
! tir l'inconvenance de son contenu , le «chah 
rommen<e par n élire en dftule qi.e cette pièce 
, \ienne réelbinent de *>ul« inian. ai tendu quelle 
I 1 i a été remise par deux homme» du gouvcr- 
I neur d'Krserun Knsuite, quant à l'exécution de 
Bajesid et de ses fils demandée verb.ilenienf p^r 
I les me^agfrs. sur le nofif que leur n ort éait 
' préférable à leur eiistenre. le s/ bah déclarai» 



lOi 



lll^ rolKK DK l. 1 MriKI. DliOMAN. 



Olro prt^i à ronlumuT. v{ |H)iirirla il nallni- 
dait qu'un si{;no «io Vomhrf dr l)U'ii sur la 
fttnr Suloiinan . <ionl 1rs vcilontcs mmU sous- 
rrilos d'avant r |»ar Iodo>lin; mais un irl sn- 
virr t*iai( un iraiir qui liait Irs «l«u\ |Mrlirs 
dans ro mondi ri dauN laulrr. I^i Irll r rriuisr 
à Selim par l ruM'h«u-.\na srn n^ft'rait à rrllr 
dr Sulriinan. «1 ins Irspoir t]{ic 1rs faits annon- 
iTn riairnt b.rn avrrrs. rt qur la ronvrnaii'r 
du parti adopte^ calait birn druioutrik", suivant 
la vntrncr du Koran . «Tiir/ 1rs idol.Urrs rt 1rs 
rrMIrv. l) .lillcurs Ir se hall rtait romplrlr- 
n>rnl rrlairr |VJr Irsrxplirations vrrhalrs don- 
n(Vs sur la mrrvsitr (\c Irxrrution ou dr Irx- 
tradilion do Ikiirsid. la Irtlrr dr Sdirinian 
deniandait r\prrs««« inrnt rr\lra<lilitiii dr \\;\^r- 
sid rt dr srs quatrr fil»; rrllr du st hall r\pri- 
mait une disposition ahsolur A faire le sacrifirr: 
|>eul-<Mrr Taliniasip rraij^nait-il qur la vir fir 
Bajrsid nrnirnar.-^t Ir tronr dr Prrsr. prut-(Mrr 
aussi ralculait-il seulement ce (|u iinr |Mrrillr 
romplaisanrr jiourrait lui pnn iirrr davaii- 
iaf;rs. L'insinuation r«)ntrnur dans sa Irltrr 
rappelée plus haut fui appuyée par 1rs rommu- 
nirations verbales àc Iruvové persan. Kn re- 
rnnnaissanrrduronsrnlrmrnldusrhahaumrur- 
trr du prinrr. Ir virux I uhrt drmanfla dans \c 
divan qur le sultan ronfcrat Ir f;ou\rrnriiH'nt 
de Bagdad ;.u srhah. Ije f^rand vesir Rustrm 
l'interrompit aussitôt : «Sortons, s'érria-t-il . 
r"es( à moi a rr(»ondrr A reri : suivez-moi. >• 
Et. apr^ avoir quitté la salle d'audirnrr. 
il lui fit de vifs rrprorhrs sur laudarr d iiiir 
telle demande. « I/indi{;ne rrhrilr HajrMd . 
dit-il . n'avait ramas.sé que qurlquc.s millirrs 
de misérables qui ne pouvaient jamais rirr 
dangereux f»our l'empire; si je srhah refusait 
obsiiné'mrnt de sr pri't^rau rhAiimrnt. alors 
les bonnes relations se rhangeraient en hosti- 
lité», pl de grands obsiarles n'arrêteraient 
pas le* tro4if>r*s ottomanes lorMpj'rlIrs iraient 
arTa<"her le criminel de sfjn refuf;e: dans le ras 
rontraire lamitir serait fortifiée, et le servire 
rendu serait f;randement récompensé. -■• Su- 
leiman ne laissa fK»mt passer les allusions au 
meurtre pnvhain fie Bajesjd. contenues dans 
la lettre du .vhah: il en traita dans sa ré- 
poo««, et ne négligea fK»int d'adresser des 
présents au\ nini^irrs fKTs;)ns. Ses envovés. 
pour cette fois, hirent le gouverneur de Sul 



kadr ou i\v .Mrraasrli, l'anrirn maitrr de la 
cour <lr Sriim, Ssofi Ali-Pascha , ri Ir kapid- 
s< hihnschi llasan Srlim rxpédia son (liamhi'l- 
lan. Kar.i-M.ilimii(l-.\|',a. I,rs nir."-saj;rrs rappor- 
térrnt deux ktirrs du srhah : lunr adrrssér A 
Sulrinian . laiitrr à Srlim. Aprrs (pirhjurs cen- 
taines (\c li;;iirs ronsarrérs à la pompr drs 
compliinriils prrsans. la prrmirrr finissait par 
arriver a l'oliirt dont il s'ai;issail. rxposail drs 
raisoiinriiirnls fonés trndant à autori>er le 
parjurr : Taliniasip prrlriidail qu'ayanl juré 
au priiir Hajrsid dv iir Ir |i()iiil liMcraux dr- 
IMiirs rnvoyés jiar son pérr pour le recevoir, il 
Il \ aurait jMiiiit violation dr srrnirnl si Trxtra- 
ditionsr faisait riilrr 1rs mains d'rmissairrsdiî 
Srlim. La hllrr à Srlim, érriir alisoliimrnt 
dans cr srns. était birn plus rxplicilr rt plus 
clairr. Dans l espoir qu'une tellr complaisance 
à favorisrr drs projets (\c iiiriiilrr rr (Irait Su- 
lrinian |ilus (lis|)osr a écoiilrr la drmaiidr si 
briisfpirmrnt rrpoussrr \).\r le grand vesir 
Hiisiem, lorsqu'rllr avait rir produite vrrbalr- 
mriit par Ir vieux riihrl . laliiiiasip la fil prr- 
srntrr plus tard dans une sorlr de mémoire 
qur rriiiil nrschrri-Aga Dans relie pièrc il 
était dit : d abord, qur Ir schali désirait placer 
deux roiKlionnairrs prt's drs toiiibraux d'Ali 
et d Ilusrin à Krrbrla rt à Mrschhedy, l'un 
comme surveillant, laulrr comme .secrétaire 
des fondations pirusrs faiirs par les Persans; 
.secoïKlrmriil qu'il voudrait liirii voir un ou 
drux de ses fils revêtus du litre de sandsrhak- 
br}; ou gouvrrnriir, et rpi'il ^ollicitait l'inves- 
tjlure arcouluuiér par la bannière et le véte- 
menl d honneur : ceci sa|»i)li<piail à |{a(',flad et 
Aunaulrrgoiivrnrrmriil drsironlif'rrs; Iroisié- 
mrnirnt qu il rrcommandait [jour une augmen- 
tai ion dr S4ildi- rt fit' ravancrmrni 1rs [»rr.s(mnes 
qui lui avaient rendu servie»'. Suleiman répon- 
dit à ces trois points, dans une lettre que fK)ria 
le tsdiausrh Kara-Miistapha. parmi refus pro- 
vis(»irr; mais il promit de faite toutes les con- 
cessions possibles aussitôt que Bajesid et .se.s 
fils lui auraient été livrés. 

Tauflis que Suleiman affectait un ton de dou- 
ceur, prenait le lanf;af;e dr la birnvcillancr , 
[»arais.sait même se livrer aux épanchemenls 
de l'amitié dans .sa corrrsfK)ndancc avec le 
schah. dans des lettres adressées par lui à 
d'autres princes asiatiques débordaicfil .vi co- 



i.i\ i; I- x.wii. 



lorj 



W-re «'t sa liaiin- iMiitrr lahmasip. Par le «Irr- 
wi»ch Mohainnicd d»- RHactiM-han . v»'nu m 
p^lcrinai;»' dans rcin|iir(> otromaii . Ir sidiaii 
ôiTivil If itrcinuT A l'ir-Mi»haiiirin r|. sitiisriMin 
de« rsbr|;s, «rriuid Mircr>s«'iir dr llorrak- 
Chan : ■■ Ce lVr»an. RoiiHt* d orijinMl . (|m |M»rlr 
la rotiruiine, ce sihali e'i;an\ roiiilu^ [wir lliii- 
milialint». a rnvii>«' plusiiMirs fuis des aiiihassa- 
dciirs |H)iir S4)llii it<T luiiiililciiiiMil la paix qui a 
été acnirdt'e |n)ur un Inups aniuiir iiru*i;r.1rr ; 
n)ais rouniir drpiiis, m aciiirillatit mon his cri- 
miiirl H.iji'sid. il a \ injrl.i paix avcot'llr hassrssc 
doiii il purtr le si(;ni' jjravi' an fronl . il est n'"- 
sijjn <pif nulle rnnfiaîice ne srra plus ajouir-i' à 
aucnnr de ses [)ar(»les.(pic mon l»;as va se rele- 
ver |>onr laïu-aïUir, et rslM'i;-Chan, eonune 
l)<)n niusidnian, Nondra bien ofïrir son eoneour'; 
pour (elle œuvre 'l'Kn Alisolunu-nt dans le 
uièuie srns. avn- (pieNpie irodilication dans 1rs 
expressions in;urieu'ies. »'laieul rédi|;tes les 
autres lellres adressées par le moyen du mi^nie 
dervvisrli Moliamm«'d df Mcd, m lisrlun .'i Ali , 
ehan dis Tui kiniiis *J . el à lliraliim . ( li.iii des 
Alan« {3;. Ixf)rinre de Ge(»r|ïie. a\iiiii ciuiivé 
auprès de l.i l'orte son deflerd.ir Ahdul.iallan! 
porter des plainlocniiin' Ir scli.ih. «•( offrir dr 
.soustraire la (icori^ie à la suzer.iinelé persane 
{K)ur la >oumetlre au |)roterl(tral oltoman.il 
lui fut ainionré qu'encore biiu cpie le srliali eii( 
obtenu. \ force de prières, une p.iix de on/.e 
années, néanumins le srhehinscliali voulait bien 
étendre son bras jKuir s^iutenir le prince et 
ehan|;er sa peine en ir)ic i . 

Cependanl la situation de M.ijesid ,'i Kaswin 
devenait rie jour en jour plus pénible. Ses trou- 
pes. déj;"> réfluilrs à trois mille lionmies. lui 
avaient été demandées par le schah . pour l'ex- 
pédition d'Astrabad . el le prince était d au- 
tant m )ins en état de refuser, que la plupart <le 
ses soldats avaient étéj^a;;nés par l'or persan cl 
pardesMatleries. loulefois il fut invité, comme 
parle passé, aux fêtes du s^hali Dans une de 
ce.s occasions où le scbab et le prince étaient 
assis lunà C(")té de laulre avecr.qtparenced'une 

(1, [^ lettre , d.inx le journal de Siileiman, n' 01 . 
wt datée du dernier jour desilhidsctie 963 10 septembre 
1561;. 

(2* Journal de Suleiman , n" 65. 

(3) Jhitl., Il» 66. 

(4) Ihid., n° 67. 



[ intimité |>arfaite. un |MTfidecbaml>fllandr Ba- 
jrsid trouva UKiyen de murmurrr à rurrillc 

de Tabmasi[) :o Prenez j;ardp A un fiUqui a tralii 
son iMTc el (pii |M-ul \ous ciiMiNer deux bail» s 
de fusil dansia l<^le. dI/* Mbali. effrayé par cet 
avcrtisM'ircnt . séloi(»na rapid«*ment vous le 
pri'icxtc d liorribles colii|urs. I r mimstre Maas- 
zum et Ildvui-ii4*i; cxcus/renl leur maître ri 
atcouqia|;nèrent Ir prince i \a résidence. I.à 
un de M-* fidèles serviteur» . en »i(;nr de 
i;rande infortune . jeta mui iMuinct, m- préci- 
pita lui uu^mc à terre, et rap|Mtrta au prm< e 
les [laroles nmrmurérs par Motiammrd-Arab , 
qu'il av.iit conqirises. Iia)csi<l , sans poursiiixre 
plus loin l'examen de la chose , fit couper la 
tète à Mobannned-.Arab. Deux des complices 
de ce dernier, Aksak Seifi-ddin el Mir-Alai- 
Mesiane . redoutant un pareil sort , s'enfuirent 
aiqirès du ««chah, et piTtendirent ipie le prince 
avait voulu les pousser ,a\ ce .Motiauuued-.\rab, 
à un attentat contre la vie du .sehali. I.e peuple 
s'assembla en tumulte et assaillit le palais du 
prince en p(»ussant des cris de fureur. .Mors 
Lila-K(Klos réunit les (;ardes i estes fidèles, les 
raiijçca devant le palais, et Rajcsid. cpii seiita l 
bien sa fin approi lier . se fit amener ses ipialre 
enfants, voulant les immoler de sa pnqire main. 
plntiH que de les laisser frapper par un fer 
éi ranimer. Ix*s deux ministres du m bah vinrent 
présenter une infinité d excuses sur lémeule, 
offrir des vêlements d'honneur el des sucreries 
pour calmer les inquiétudes du prince. I.espro- 
V(»calenrsde lémeule furent punisenap|»arencc; 
m.ds dès ce uniment fui prise la résolution d'in- 
carcérer fiajesiri et ses fils. nuel(|ues jours 
a[»rès, le prince, sur l'insitaticm du seliah . se 
rendant.! une fête \2 février \^AA\ .des soldats 
se précipitèrent d'un corps de f»arde placé sur 
sa route, se saisirent de lui et de ses quatre fils, 
et luènnl ses |;ardes du corjis qui voulaient le 
dé'fendre. F.e même jour fu eut mis à mort |)!us 
de mille {jardes et soldats de Fîajesid qui s'a|;i- 
laienl |>our la défende de leur maître. Fnsuile le 
SI hall Ht excuser tous ces faits nu prt's deflajesid 
comme des mesures de précaution pour b* pré- 
server à l'avenir contre les violences et le.s ou- 
, traj^es du peuple 1 . Rient('»t après arrivèrent 
à Kaswin les envoyés de Suleiraan et de .Selim 

(1) Aa'.i . PeUchcwi , Ssolakside, Ewlia. 



lOti 



Hl> KUKI-. OK L l'.MniU. OTTOMAN. 



qui remirent ties U*Clrr5 cl drs priV^ont» ; il n'y 
av«it plus dr doiiic Mir Irxlradilion . il ^'.1|;is- 
viil sfiili-nx'ni «le s.ivoir «Je «(nrlr ma ii rr rllr 
-^ f« .lit |»<»nr «jii il 11 V n'il |".is viol.iiioii ijppa- 
reole du «rni m |>r«Mi' jvir Ir schah au prinre 
df nr i;iiiui> \c livnT a miii \^rc. I.i diplnniaiir 
loriuniîKTl ^xr H (if dos IVrsjuis Iroiiva nn r\- 
pèdifnl. rr fuhh'rcmolire Bajesid. non pa-^aux 
rnvo»^ de Sulriman . m.iis a cnu dr Sriim. 
Cfsi pari elle Niolalion honiojisrdr la foi jurro 
à r«idi' d inierprtMaimns mnisoni^i'ns «M lor- 
lur^es que la f»u!iiiquo de la l'rrse pcnsi j;a- 
raiilir |Hiur lavrnir la S4)l dil(^ d nnr allianrc 
arrc "rlim . suae^scurdt' "onlriman iii.iiiitcuanl 
charf;é danntS^s. \a scronilr ambas^adr dr Su- 
leiman parlil de Kasw in avec rrile proposition. 
Le n<^U'<''"nfur de >n!k.idr rr\inl ;> Meraascii , 
OuH Ha$3n roniinua «a hmiIi* |>our Constanli- 
nople I . arrt>m[»af;néde hi-s<lirrl-A;îa en\oyé 
du »chah auprès rlrStlim : il atU'i<',nil Kuiabije 
au momont où arrivait la nouve'le que Sulci- 
man avait rrmforélr i;ouvernrm«'ni do Maj;nr- 
sia à son j>eliltils Murad. fils deSdin. Avrc 
Bes<*hret-A(;a . ambassadeur du schah. se Irou- 
vail aussi [Hrhaafrr "^ultan, [lortour diiiio 
lellrc des trois ministres du S( hah . du f;rand 
voir Maasrum-rhan->safewi. du f;énera is- 
«De Sundilkbei '2 e\ du rhaneelier dT;ial 3 
Stliahknli-(^^halire. aux ein^ vpsirs de Sideiman. 
Ijf* minières pervans exprimaient leurs remer- 
rirmrnts pour les pnVnIs ap|K)rl<^s par les 
dernif'rs ambassadeurs, el d«^f laraieil eirelout 
disposés à I ar ompi ssemeni de la haute mis- 
sion relative h Baje^id : loulefo s ils saisirent 
erttc occasion pour rappeler en lermes |)olis el 
avec des fr»rmes amirales aux vesirs que dans 
I e»('arede\infîl-sept années de r; ;erre la Perse 
■ avait éprouvé que de durs irailemenls de la 
part de Sti'eiman . que. dans les six dernières 
de jUfT . quatre a iib^ssadetirs [persans étaient 
allés auprès de la Porte aser des présents, et 
que pas un d eux n avait rem un don . n'avait 
■èni« éié revêtu d'un habit d honneur. 
«Lhorrme. divaienl-i!s . est e^^lave fies l»ir-t)- 
failA. de douces et fjra-ieuses f»aroles font plus 
ffoede» ierm« njde« et bleMants . et Ion peut 

'1' Haprort 4» Rutbek, du 25 »oût t5«t. 
<1; Kvndsrb boctoi. 
&j himtàtiàrtrtet. 



œuduire un éléphant avec nn cheveu, sans 
qu'il y ail besoin p un* cela dun envoi detrou- 
\M's (pii poiirr.iil M'iilcuicnt troubler le rcjos . 
allendii «pie si les uuuilai'.ni's s'ai;iletil les hom- 
mes s'enfuient.» Dans leur réponse les vesirs 
s'apesanlirrnl sur le nine de Hajesid ; <> e^ir il 
n y a pas de plus (;raiid crime ipie la ré\olle 
d'un fils contie son père. (}uanl aux moyens 
pro|M)sés |K)ur dissimuler le parjure, ils leur 
paraissaient en eouiradi» lion avec la promesse 
aniériciire dexlradilion : c<'l acte une fois ae- 
eo(n|ili . la récompense stiiviaii le bon service, 
car les souverains avai ni eoniiimc de nionlrcr 
leurs rb('ralilésdan^lepa\eiiienl. non pas avant, 
mais après le service. Au reste. le sultan avait 
dé, A fait preuve de sa considération pour le 
schah par le rauf; même de ses envovés ; aucun 
soiiveriin avant Tahinasip n'eu avait reçu de 
si élevés en dii^nitc. » 

Telle fui la lettre (pie portèrent le fjouver- 
neur de Wai . Chosrew-Pascha et le ehau bel- 
lan .^inan-rascha. cpii formèrent la troisième 
ambassade de Siileinian ; quant A Selim, il en- 
voya son tschausclibasehi , Ali- A{ra . qui devait 
jouer le double rf'ile d'ambass deiir et de bour- 
reau. I.esebah demanda à Sinan s'il connaissait 
le pince: celui-ci ré|Mm(lil tpi'il lavait vu dann 
sa jeunesse, alors qu il eiail eneore imberbe, 
mais qu il le rei'onu.iilrail peut-être mainlcnaut 
à ses yeux el à ses sourcils. Ce fui là le [irélexle 
d'un iiiflij;ne Irailemenl pour le prince, auquel 
on fil raser la barbe el bs cheveux avant de le 
livrer. Puis, couvert de misérables vélemenls et 
le cor[>s ceint dune corde , il (ut remis au re- 
présentant de Selim, qui aiissilrtt remplit ses 
fonctions de l>ourreau sur lui et ses rpialre fils. 
Olle lra|;édie se joua dans la semaine sainte 
(\vn persans j2o septembre \.'Ai\ |. alors que les 
sehiites (él braient le niarlyr d lliisi in par des 
plaintes et des re[» ésenlalions lu!;ubres. Ainsi 
hnii Bajesui. prine inforlnné. destiné au trône 
par l'amour du peuple et les prédilections de 
Hustem . anii des (vciencea el doué même de fa- 
< uln'*s poé iquev Ses dépouilles mortelles et 
telles de s<'s fils fureni Irarispoilées aSiwas, 
où s élève leur tombeau devant la porte du nord 
sur le bord de la route. 

Aussitôt le meurtre accompli, le schah expé- 
dia bien vite deux de ses fçardes df confiance, 
Siuan-Agael Hu.sein-Apa, A Suleiman, avec un 



LIN Ml \\\ll 



107 



billet de sa pmpre main , dans lequel il lui don- 
nait l'heureux a\ isdi- I e\i'iution d'un fJsrC d«- 
qualript-liis fil^<'l|uiallJil réduire lesinéd saut» 
au5ilen e, fermer les yeu\ a l'envie, rc nplir de 
joie le ( (iMir d«'s .imi*. » Cho^rew-Pascha devait 
reloiiniiT mts lui au plus lût a(°t«Mnpa,;n(- de 
Mohauumd-Ajja Kurt rhi-lstadst Idu, .iif^has- 
sadeur |mtviii pri's de la Porte; Firuse» TuIk'I- 
Ajja se rendrjient allpr^s de S«-lim I V Ce» der- 
niers ap|»orlfnnt A S'I'tn . m.iint ii.iiif asstnV 
d'une iranquille sueression au tn^ne, nnr lonj^iie 
iellre de féliritalinns du M-liah.qui prostituait 
fontes les fi|';uns de larl oratoire drs Prrwris 
j)oiir dissimuler la lionle de l'a^s^sMuat et du 
parjure, el qui exprimait en m«*mr temps l'e-s- 
po;r dune rf'riprorité de eomp'aisanre. Au roni- 
n)enremen( de novfMnbre. I anhas-sadeur persan 
eharf,»* d'.ipporter la nouvelle o^Hciel e du meur- 
tre du prinre arri\a dans la capitale de ICni- 
pie ottoman, et (piclqucs jours après, ^uh-inian 
avec un |)oinpeux cori^ije, se rendit devant 
l'habitaliun de ce me^sajjer sinistre, |)oiir lui 

(1) ÎJMri At)d.. n • 47 



donner, en se montrant ^ cheval, une opminn 
fa\«>r.d»le de sa s.uilé I Kn reconnaissance de 
l'inuiMt'alion «1rs pnni«s du s.itii; • '•' ^♦'^"' I*'''"- 
leM-Pavlia ap|Mirla «le la part «le Suleiman 
:i(M)li(M) pièces dor. et IIMI.INKI de la pirt d<- 
S«liin à KavalKid; la ces somuu-s funnt reçues 
par l.lias-l!e|;. sandv hakhr(; de K^rahis/af H 
par Mahmud-Ajîa. chamlir'lan de Selinn, qui 
lr« lransf«*r^rrnl .1 ka«uin Tn eln«pii^mf HU 
de H.i|«sul . .i|'/ sndt inrnl i\r iro« ans. «pii se 
t'ouvait A Brusa. sur I or«lre «Jc Sulnman avait 
M étranfiU' avant nos frère* fi). L>x«-mple di- 
res exi'cuMons atroce* a ^ ait été donné |tar l<- 
flidian Murad 1 '^ «jui ne craij;nit |miiiiI d immo- 
ler non ftls .sav»ed.'fhi: main .Syleiman le snr- 
pass;i de beaucoup en p'onj'.eant deux foi» tes 
mains dans le saii); de .sa tauulle, par le »up- 
p'irede su'laa Mustapha, de sultan HajcMd ci 
de leurs enfanta. 



^1 ; Dans If rjpport âe Rui>l>«-k , dat^ df lllr dr» 
l'riiirr», du 1 imvniihrr 1.VÎI. 

(2: Ra|)pori de l'ambassade vénilienne , du 18 ioCti 
1.56i. 



1 1\ m wxiii. 



^ORT lU «.UiM» ^IMH RISTFM. SO^ SI Tr.»:SSFI R AI.I rONflUT 1.4 IV\I\ KWC. niSnKK. — 

AiBi'^sM»! i»iim\nni STHO/.ZKM. — riUM. »T ur..sTim;Tio> i»K ri.ACKS v.y iiox.nii^:. — 
r>\ovis i»K ri>ipiRi:. i»K„sp\<.M. . i»K nu^CK. HE r.>';%KS. \n: fi.ohiack. i>k roi.O(;AK, m: 

L 1M»I . H AU.KU . l»i; TIMS— i'a>K>TI lui H lUSll IIS . l'UnCK 1>I lIOinVMK. I\0M>ATI0>. 

— \oiiiucs. — lAiMOiTs nr. loiioiii i> n l'Ui.i.. rim-iuis ki sini - ai i-kaim i>aa mk i.a 
MfniT»nuAA<:r. ft lk >ifr i»»:s im)F-s. — si^t.K i>f "«imiiiim r\u ifs fspai.^oi.s — roNQifrrK 
vr rii»s(nK. on^>. bf>fsfiit. ft iusoivtio\ df -«uioiu.v — comm itf i»f hsciifiuif i>\ii 

IFS isr^t.AOLS. • UFPIUSF HF ( FTTF PI.AFF PAU TOIK.IUl». — FMlUlF TIIIOMPIUI F A <:0>- 
ST*>TI>OriT. — Fl-S FSP^OOKS PRF^^F.AT FF PK^O^ DF VEFKZ. — SlfetF UF MALTE. — NÉGO- 

ruTio>s l'o» n IV (o>mi<>mtio> m i\ v\\\ \\\( rF-»ii'n;Fi h. — ffs i»fi \ sokom.i , 

!nOMA^MFI» FT "«Il M \PII \ OII'OM s VIV TMX. lUIOIl; l»i: I. \ FI.OTTF. — F>>OI I) IIOSZI Tl, 
D'ALI et de >l\H>ni> <(t>nu r.OI\M'.MIHS n'Ér.YPTF. — r.AMPAOE DE SZICFTII. — EXÉCL- 
TIO> l»AB'«IA>-PASf.lIA. — MORT I»l /IU>V FT DF SFI.FI>1A>. 



P<*u do tomp^ avant la fin traf;iqiio de Rajr- 
%\<\. Rii^trm-Pa''fha. f^rndrc du siilian . mourut 
d'hydropi^ic.Cefjrand vcsir. qui avait su. aprrs 
la n^orl de sa brllc-mère Ftoxrlanp. sr mainte- 
nir à la prpmi^rp dif^nilé de Icmpirr. n'avait 
pas néanmoins ron«>rrv«'' sa f>o<.i(ion dr favori. 
rt sYtait trouve' impuissant jKUir soulfnir Ir 
prince inforlunj* son proléj^é. rrrommandr par 
If» affections prjpulaires. «ontre les inlrii;nes 
du [gouverneur de la cour l.ala-Musiapha. 
\\trh- Ibrahim, il est le plus remarquable des 
^ands vesirs de Suleiman : car Mobammed- 
Sokolli. parvenu à la dirertirm de THiat un peu 
avant la fin de re sultan, appariirnt plutôt aux 
deux rt'f;nes suivants, de Selim II et de .Mus- 
tapha III. Son administration de quinze an- 
née* I . interrompup'^uiemf nt [wr l'f'lévatirjn 
dWhmed-Pasfha . Husiem la fit serNir princi- 
palement à RTOssir des trésors jjonr lui et pour 
le sultan, aux dé|>ens de l'f'tat : car il est Ir 
premier qui ouvrit la jiorte à la corruption et k 
la vénalité dan.s les affaires publiques, en ven- 



(\ Hattrm «V^mt fp'jrw) t«>» r dan» l'ann^^ M'Ai . fui 



dant les emplois .^1 . Le seul mérite de son sys- 
tf'me de finances et dadniiiiisiraiif)M était dans 
la modicité du prix des fjouvernements, si on 
le compare à ce qui fut exi{;é plus lard , et dans 
l'espèce de stabilité relative des emplois ainsi 
conférés, qui étaient laissés cpieiquefois pour 
plusieurs années, .\insi, pour le f;ouv(;rncment 
dïvjjypte, il ne demandait que 1(1.000 ducats, 
et la moitié de cette .somme pour fl autres d'une 
importance ((rdinaire: il observait sur ce (Mjinl 
une (grande équité d'après la mesure de la va- 
leur et des profluits qu'il connaissait parfaite- 
ment Le bei^lerbc;; d'Krserum. {jouvernement 
des [dus stériles de l'einfiire. lui ayant adressé 
|)Our sa nomination />,(K)0 ducats et un beau 
cheval. Hustem ne f^arda que le cheval avec 
.'^(►00 ducats, et renvoya le reste de l'arî^fnt. 
Anc* le même {;eiire de scrupule et d équii('' il 
demanda et reçut de Busbek , ambassadeur de 
Ferdinand, de l'arf^ent comme prix du concours 
qu il promettait [K)ur mener les iié{;ociationsde 
paix à bonne fin: puis il le renvoya, parce que 

fi) Aali.fol. 2f>0; Hetvhf-vi, introduction à non Hii- 



àipoa^ m I.5->3. r^n«jll> m liiS , et •<? maintint jutqa') j toire. fot. 41 ; Otman-Efendi . dan» !»■« Bioyraphiri det 
sa mort, en 1^1. j Toirt. 



i.i\ i;k \\\iii 



109 



l'affaire urtaii pas arrivéf à sa conclusion I . 
.Naturclli-mciil Noinhrc cl \èsire, il tétait rnrorc 
forlitio dans relie ili>|>u>ilii»n \\ar U naiiilf 
<|iriiii rclàrluiucnt de rigueur ne fût atiribué 
à suii a\iiiilc bien cunniic du sultan. Il était 
donc luujum> lii>lc. nu'na«;anl , » ujud»- cl re- 
pou.vsant 2 . Toute pan>lc tjui surtait de sa 
bouche était un ordre, et les jMM^tcs , dan< leurs 
é|)i];r.uniiii'> . Un rr|in>4 lient de n'avoir jamais 
ri. Il rcni|)lil lc> ircMirs «le I Mat et du sultan; 
rar|;enl fut cntavsé dans l(*s chambres intérieu- 
res du harem, dansU^scai!i^e$élablicsau dehors; 
il en fut ann)n(«'le dans li s .S'pi- Tours \Hnir 
les circonstances eMraordinaires. .\n\ Huantes 
impériales il y avait une diambrc portant cette 
inscription : «Trésor amassé par les soins de 
lUisieni ■> ; cl lui-même en mourant laissa nue 
fortune énorme dont il n') avait pas d'exemple 
avant lui : huit cent quinze fermes dans la itu- 
mili et l'.Vnatoli . (piatre » eut soi\anlc-seize 
moulins à l'eau, dix-sept cents «silaves, dix- 
neuf cent.s chevaux de I alaille, onze cent .six 
chameaux 4 , cinq mille kaftans et vêtements 
dlioinieur, huit nulle turbans ."> . onze cents 
bonnets d étoffe d or, deux mille neuf cents 
cottes de maille, deux mille cuirasse.s , six cenls 
selles jjarnies d'arjjent, cinq cents ornées d'or 
et de pierreries, quuize cenls easques plaipu's 
d'artjent, cent trente paires d élriers d'or ,(i , 
sept cent soixante sabres i;arnis de piei rerii s, 
et mdie latues i;.irincs darj;enl 7 , huil ceiUs 
exemplaires du Koran, dont cent trente riche- 
ment reliés , ciiKj mille voimnes sur diverses 
matières. 7S.()(I() ducats, ireiue-deux pierres 
précieuses (lune valeur de 11. 'JIM). 1)0(1 as|»res , 
lUU,(JUt),(XK)ilasprcs ou deux millions de ducats 
en ar{;ent monnayé. Ouoiqu il eut entassé tant 
de trésors, il avait eiieore employé des sommes 



(1) Buftbek, ep. iv. 
(2; /bid. 

(3) /bùl., ep. I. 

(4) Aali dit mille cent-six chaine^ux. 

(5) 80,000, somme donnée pr M. de Diez dan» la 
traduction de celte li.Me , dans les .Souvenirs dAs;e , I. i, 
p. 97 , otfre un zéro de irop , ronmie le chiffre 8.000 
dunr.é pour les excmpiairts du Korao. 

(6) Mon pas ceiii viii[;i élriers , comnae le dilDiez, 
car cela ne ferait que soixante paires. 

(7) Des lances, non pas des sabres, cooinie traduit 
M. de Diez. 



considérableM'Uédiûces et en foiuia lions pieuse» 
ù (loiisiafitinople, Itusdvhul et llam.i ; il avait 
eonstruit des iiu>v|uees, des acidémies et d»-^ 
cuisines des |>auvres I . 

l.e suceesseur de Huslein. par son altalulite, 
sa bienveillance et son desintéres>ement . pre- 
.sentait un contracte bien frappant avix* le som- 
bre, rude et cupide Croate 1' Ali, jUM|ualors 
s«*cond ve»ir , était h!s d un renét;at dalmate , 
de |(ra//a; avant même la lomerMon de sou 
|H're à l'islam, il avait fait partie de la lever 
prise parmi les enfants de> chrétien.s |iour rc- 
< ruter les lanitseliares. j'areiit de (iliasia .\|i, 
kiaja du |;rand vesir Ibralnm-l'asetia, |>ar la 
protection de cet officier, il était entré dans le 
sérail, d'où il sortit en (pialité d'.i|;a des janit- 
schares; puis, revêtu de la dn;nite de pav ha a 
trois (pieues, il fut envoyé en tjîypte comme 
(;ouverncur 'i . Surnommé le (iros ou le Gras 
a < anse de son cml>on|M)int , il n en avait |>as 
moins l'esprit vif et I humeur léjjère. L'histoire 
des vesirs a consii;né plusieurs de ses saillies et 
de ses épi}',ranimes, dont l'une des meilleures 
est la réponse faite an ié|;is|e .Molla-llilali de 
Karamunie. Ce di|;nitaire plein de vanité répé- 
tait souvent ({ue les autres ulémas ne connais- 
saient (|ue les douze .s( iences dont rac<|uisiijon 
complète [«'(oiirs des éludes ac.idémiqiies. tan- 
dis que lui-même en [Mj.ssédail six fois autant, 
et avait écrit mi si jjrand nombre de volumes 
(pje le monde en était rempli Ali-Paseha . riant 
de cette vanité bouftonne . dit à ililali : «Il te 
serait difficile de remplir ainsi le monde, mais 
avec le fatras de tes nombreux écrits, tu leur- 
rais (ombler le canal de (ialala: un |Hin( ainsi 
formé de les voluuu s é|)arj;nerait aux nuislims 
les frais si fréquents du pa.s.sa[;e, et ta scien» • 
nettoyée, purifiée par ce bain de mer, devien- 
drait utile a la ville et à l'Ktat. ".Son aménilé na- 
turelle et sa capacité pour les affaires, encon 
mûrie par rà|;e et par une lonfjne expérience, 
favoi isérent sinj;uli('reineir les in'j;o< ialions de 
l'ambas-sadeur impérial liusbek (4;. Autant 1rs 
conférences étaient difficiles et fronrpiérs avec 



(1/ Aali. Osroan-Kffndi. 
;2, B«»l>€k , ep. iv, p. 294. 

3) Aali, dans la liste des resirs, et daos leur*Bio(;ra 
phies , par CKnian-F.fendi. 

1, Busbel .episl. ir 



I il» 



HlMOllU: 1>K l. KMPlKi: ono.Mv.N. 



Rusteni. aiitani elles étaient commodes pour le 
d(?\elopjx'n>fni de5 raisim:«avec AU ! \ Sou>em 
Ie5 Tunis murmnn^renl rl'rlre (»Mii'/s dr rcslrr 
des hturr<« dans r.nid» h niibre . «mi .iil«ndaiil la 
fin de^sen rrliens avec r.iiiil>ass.ideur : «.le sjiis 
bien.divjil .\!i à IUi««lvk . que mon vieux maî- 
tre.! Iv^nin de re|Mts et «le lram|iii'lilé : mais 
ee5 b en^ ne •^mit pas iroiiis niS'cssaircs .i l'cm- 
pfrrur Oiiand on diSire le sninl et le bien des 
peuples, il ne faut pas rappeler le licm endormi 
sur 1.1 sotNie du ramage, les cœ.irs dr> princes 
sont ct>mme des miiMirs : ceu\-<i rcnvitient les 
objets qu'on leur p «Sente ; les obsrrx ations des 
eonseillers se reMMent dans le ctrui des princ» s 
De lx>ns minisires <h»ivenl Olre roiunie de Ixuis 
cuisinier?, totijours ocru|Cs de combiner des 
nie! s con\enaMes |wur tous, et non point seule- 
ment ajn^ablesaupalaisde tel ou tel tonvive *?' " 
Ces di'|xisii:onsb.eiiveillanles ciaient sinc^rcs. 
car elles ne f.irent |>ointd(*lruit(sp.irla nouvd e 
dune irruption de troupes allemandes m Mol- 
davie: et grlre !\ l'assistance dlbrah m-H([;, 
ioierpt^le de la Porte, cpii. apr^s avoir perdu 
5a place sous Rustrm. par l'influence de l'ambas- 
sadeur français La\i(»ne. lavait recouvn^e sur 
rintercc-sion de Busick. les m'-^pKiaiioiis de 
pail. qui duraient (Jepuishuit ans. turent nienf'r.s 
à bonne fin dans la pren)i^re année du f;r.ind 
retirai d Ali Buslx-k sollic iia son ro {Ȏ. et dc- 
Q andaquelinlcrprMc Ibr. hiiii fut envoyé* avec 
l'acte turc contenant les amditions proposées, 
aupHr$ de l'empereur, qui certainement lesaj)- 
pn>uverait I>a pro[iosiii(m convint, et Busbck. 
sans avoir éé inviié à un rep.is officiel. i»:irce 
que la paii n'était pas encore ap{)rouvée par 
Ferdinand. re<^uf |H)urtant du (jrand vesir. 
avant de quitter Consianlinoile. un \ élément 
d'honneur, un cheval arabe, de la ihériaepie 
d'Alexandrie, et du twume de la Mecque (.i' 
ri7 août l',f.i . 

|j ratif.i ation dc*> rf,nveniionsarr<'-tées entre 
Busbek éi le grand vesir avatt été sii;née à Pra- 
gue. dè« le I" juin de cette année 4). En 
vertu de ce traité . le don annuel de :^0 fKK) du- 



.1 Bu«t*i. rp iT. 

'S- Eptuoa .1 iT 

4 Dec^r^iKt et couèm-Mto cooJitiotiunt pacit cum 
Tara»; Pragx, 1" jnau 1^62 



, cats était confirmé: reuipercm' promeltuit de 
[ renoncer A t«)uics les places situées dans limé- 
rieiir de la Traiisylvanie. et au sujet de e«'lles 
] qui étaient hors de ce te prt)vitice. de s'eiileiulre 
I avec le fils de la reine Isa'u'lliv .Melcliior H ilassa, 
i Nicolas Hathory et daiilres vassaux, cpii étaient 
j rentrés <in (pii reiiirerairul «lans le devoir eu- 
' vers Kcrdiuaufl . devaieni élre coiupiis dans 
cette paix , dont le maintien serait retouimaiidé 
I ri{{oureu.sement aux sandscl akbegs, wuiwodes, 
' Ih'i^s et ca|iit.iines. loule atleiule (xirlce au 
I trailé ser.il réprimée: ceux tpn oseraient enle- 
I ver une plaeamiin armée seraient punis de 
' mon : la [»la< e surprise serait resiiiuée. A cha- 
cune des deux parties il élait permis de fortifier 
I les points de son lerriloire, mais nim pas ceux 
I qui appartenaient A laiitre Si contre loule 
I justice lala ne fui pas rendue, du moins les 
I ehiteaux et les paysans «le l'autre côté du Da- 
nube ne devaient pas cire intpiieiés. les impôts 
payés jusqu'alors aux deux parties continue- 
raient à cire levés sur le même pied sans am une 
augmentation ni vexation. Pour raccommode- 
ment des affaires pendantes, et pour la fixation 
des frontières, des commissaires devaieul élre 
nuiuMiés. les ))r ganda<;es {)unis. les duels inter- 
dits, et les piovocaleurs <haiiés sur la dénoncia- 
tion des ;idversaire8. Les ambassadeurs, chargés 
d'affaires et délégués impériaux étaient libres 
d eulrelciiir des inlerprèles el d» les prendre où 
ils voudi aicnl , en cpichpie nombre qu'il leur 
convieiidrait. A ces conditions la paix fut re- 
nouvelée pour huit années. Avec Hiisbek. |>artil 
l'inrerprétede la l'oitc Ilir.iliiin le renéjjal \to- 
lunais Mruzzeni qui s'iniiiulail premier inter- 
prète du sultan; il alla justpi à Francfort, où il 
remit a I em|»ereur , en audience solennelle, 
lacté turc avec ses lettres de c réance, el lui 
présenta «lualre ( hameaux, un <licval . une boite 
de baume, un lapis, deux élricrs plaqués d'ar- 
gent , et deux (oupes d agate ,ly. l/acle lurc 
difféiail en (picltpies [joints de lexc-mplaire ré- 
digé en latin. Avec Balassa etBalhory n étalent 
compris que les barons rentrés dans le devoir, 
mais non pa.s ceux qui devaient y retourner; il 
était aussi question de lextradilion des fu,gi- 
tifs, tandis que lexemp aire imjiérial parlait 
seulement de rebelles el de brigands, mais non 

.,1, ItllUBÙ , I. XII. 



pas de réfugié»; le« \%ui\^udeti de Moldavie et de 

\dla<liii', Mir |ps4|iirU laiu* latin i;iirii.iit le m- 
lentc, Hi;tir.ii(ni mit rc\riii|ilaii' • luit . l.v mi tuM 
ne s'o|j|i|;tait (ij>, ciNume IVni|M'rriir, ii n* mt 
toute i-ltvatioii de forlerosrt 1,'arliile n-'aliF 
aux |M\san.H iMait conçu de ii'lle Mirle i|n'- , d'à 
pris st-n Utiik'». Un |;ens de >zij;e h p.ir.iissa nit 
ne )KiU> uir rien r\i|;er de leum |M)>ans e(al>lis 
n Toina et à .M.diics. Kn outre, ren«o>é Ibrahim 
préMiila I II oie une not»' irrite (oii nua it le* 
' (),(M)0 lin .i'-», relupial de (runaniUT^ di-lrdxH, 
et la mise en lilKTte des pri^onllie^i turc» en 
t'clianj;e de IKspa ;ii()l don AlvaitJ dé'ivri^ de 
capiivité à (;<Mi>l.iniint)plc (îo prixiim ers de- 
vaient tMre rlmisi» d api(>s la iisle de sujets n*- 
(oniiuandés parla >ultaiie veiM- de Hnsteni. A 
«es demande^ pniduiles en niaiiNai!» la in, l'ein- 
pereur déelar.i ipie Sun ambassuieur :i (ion lan- 
tinup'e répodrail aux rêelarnatiuns du sidian ; 
(|U a l é|;ard d» s pris«»nniers on f< rait U's reeliei - 
elles eon\enablt s; niais (pie les erreurs <tni(e- 
nues dans | a« le luit devaient èlre redihées. 
L'on promit a I interprète Ibralnm le ii t^me pré- 
sent tpii as ait été faii à son predéeesseiir .lunis- 
B<'y,.i.e point importanl «les*J().(X)Oducais. | our 
lequel bu»l)ek avait prunoneé quelques paroles 
a demi ubli|;at()ires, lut p.iss- sous silence. I,c 
séiour d'Iliraliiin a Kianelorl avait duré pè.s 
de deux semaines: il eut deux audieiiees. la der- 
nière le jour même où I « mpereur «piiita la ville. 
1^ réponse à .-es lettres de créance et a sa note 
lui lut ex[Ȏdjie de spire 1 . 

Au moment où le rené|;al Ibrahim se trou- 
vait à Francfort en qualité d envoyé turc, pa- 
raissait à (.onstan iiiople une jçiande anilias- 
sade persMie pour répondre à celle (pii. l'année 
précédente, avait |)orté au scliah, de la part du 
sultan , les i()0.0(MI ducats, prix du meurtre de 
Hajesid. Celte fois les présents ne eonsisiérent 
qu'en se[it tapis dune beauté médiwre, un 
exemplaire du Koran.cinq {grands plais de fM»r- 
relaiiie et une Uiiie de he/o.ird hien pins brd- 
lant- furent les dons que le ^rand vesir .seul 
offrit à ranibiis.sadeiir el à .sa su. te. Il le rvtUii 
de deux habits de drap d'or, et vini;l-cinq per- 
.soiines de sa .suile de kafians dorés: six vases et 
six plats d argent, deux n agnifiques che\au\, 

.1) Feidiiiiiidus ad .\.Lerium de \Vys5 , 13 (kcembrf 
1Ô62 , daus les Archives iispéiialcs. 



LIVHK X.Wlll m 

sur|>a*>Mient eu valeur tout ce qu avaient pr^- 
s'iité les |'ersan«. A l'audume du sultan, 
lenvu\édu scluh recul un même noiulre de 
veiennnts d honneur, de vase» dar|;eiii et de 
chevaux , et de plus une Minime de |/jO,0<)i) as- 
(H' s. l.'ambawideur demanda I" hsM-iiHirsdu 
sultan tdiilre les I iirkiliaiis el le*» [ sbet;s. 2 un 
lit>re pj>sa|;e dan» les i lais ottiNiiaiD» |K»ur les 
(léleriti» persans qui sr rendaient a la .Mecque; 
.'i" la permission, p lur le [A-n- île l ainbas a eue, 
qui faisait jtarlie dr sa suite, d iibr finir tcft 
jour» à Jérusalem; i" enfin l'extradition dm 
ciii(| fils du ehan (b* Hidiis. qui s élainit sous- 
traits a la domiiialDii du s( hall el s étaient en- 
fuis a iiaj^dad. 1 e premier )»oinl fut lejcté |)ar 
le motif que la relijjion ne peimttait |*as d'as- 
sister a iiiain arméeles I'jms.ius .Mlniies. c'est-à- 
dire ht reliques, lontreles Isbeijs , i|ui étaient 
sunnites coin i e les (Jttomans; le M'cond fut 
refii.sé parce que les |>éleriiis iiersan» seraient 
pillés par les Aialn-s. te qui amènerait la ile- 
meiil la ruine de la |)aix; le troisième ne fui 
point accordé comme offrant quelque clime 
d'inaccouluméi ; l'ex ra iitioii seul»- deseinq fils 
du chan de iSidlis fut concédé , alleiidii que m 
la religion ni la coutume ne s'opposaient à ce 
que ces princes fuskeni remis entre les mains 
des bourr: aux, le desiiii de l'.a.esid cl de ses fii» 
étant un préc. dent (jui autorisait une iclecon- 
de.scendance. 

Un jwu avant l'arrivée de l'ambi.Hsadeur 
persan fut célébré le mariajje des trois prin- 
cesses, peliles-HlIes de .Suleiman Des deux fille» 
de Selim, â[;écs de seize ans, l-lsmachan fut 
donnée au snond \esir .M«»liammed-.S)koIli; 
lasetoiide au kapudaii-pasi ha Piale; la fille 
du prince Mustapha épiiu-sa 1 a|;a desjanil- 
>cliares, .\bdidker ni. la veuve «le Hustem étant, 
«lilon , fort (Mcupét; des noces de ses iiiè<e8. 
«m se dispei'sa d'offrir le repai d U8ai;e à l am- 
bass.ideur avant .s«m départ. A la nouvel e de 
riuimolat:on de li.ij«sid à .siwas , cette fille 
«le .Suleiman pria le j;ranfl vesir Ali défaire eu 
sorte (jiie .son père laccucibu dan.s le vieux m*- 
railei la réconciliât avec son frère .Selim. dont 
elle avait conib.Til!! les prr(<>nlions au In'ine. de 
même que son é|K)u\ Hustem. tant qu'a\ ait vécu 
Bajesid '1,\ Elle avait insinue au grand vesir 

1 Kdppori de lambau. vétiit.,du 27 «Ktobre 16C2. 



I IJ 



Mis KHUl. DK I r.MriUK OTTOMAN. 



d iijui|KM* imo flotte |K)ur uno jjr.uido iiitrc- 
priseooaiiiH'la iXMjqutMc doMalCc.ct avait pm- 
inis d'armer pouruMa quatre cents i;;«|j^res à 
s<s frais I Mais>iiltiiii;ui et Srlmi. ne \niilaiit 
pas priverlunedi's jeunes mariées de son é|K)tix. 
riaient lontraiiYs h ce pmjet 2 . I.e f.rand ve- 
sir. ({ui n'aimait pas le kapndan-pastlia. mena- 
çait de donner la plaee d'amiral A laj^a des ja- 
nils<'hares; mais Piale était fernieiiient élaltli 
dans la faveur du maître. Suleiman. déji^ profon- 
dément afFiuté par la ré\t>lte. la fuite et le Mip- 
pliee de li.ijeMd . trou\aii encore des causes de 
douleur anière dans la vie «!«• débauche |;ros- 
sière où se ploni^eait .Vlim. Il lui adressa ih's 
rcmontrancis, et lui recommanda de ne point 
violer la loi de lislam en sadcmiianl au \in. Au 
lieu d'txouter les avis paternels. Seliin des- 
titua le nH*ssa[îer qui les lui avait ap|K)rlés , 2 . 
Suleiman rr};ardanl penl-cire le favori dcScliin. 
alor>.U,onstiinlinople. Murad-Tscliclclii.coriinie 
un eomi>aBnon de débauche de son fils, le fit 
mettre à mort . et envoya deux chambellans 
porter la nouvelle de cette exécution, avec 
l'ordre, jwur le fils de Selim. sultan Murad. de 
se rendre à son .sands^hak. Selim dévora sa c(>- 
lère. et feif;nit une soumission complète aux vo- 
lontés de son i>ére 3 . Bientôt apri's sultan Mu- 
rad demanda une ualère à Mjn beau-frère le 
kapudan-paMrha. qui, pour être af^réable au 
prince et a Selim. a\ait déjà fait préjorer le 
bâtiment, lors^jue Suleiman défendit de faire 
prendre la mer à la f^alére. et permit seulement 
d envoyer une {^aliole 4. 

Tandis que Busbek suivait des néf^ociations 
de paix a Conslantinople. et même après son 
départ, il y avait eu encore en llon(;ric des 
tio&Ulités entre divers commandants turcs et 
honf;n<is des frfjntières. Husi^-m. iK'fjlerlx'jj 
dOfen.el Ma'ktxlvh , saniMhakbej; de le- 
meswar . réunivsant leurs forces, attaquèrent 
les deux villes de Szaihmar et de >emethi. que 
sépare la .^zamos. et y mirent le feu . mais sans 
pouvoir les arracher à leurs vaillants défen- 

I Rapport de l'ambautde TéoitieDoe , du 27 dé- 
C4œbr« 1>j2. 

2. /bttJ. 

3, Rj.--f>jrt &t l'arTibaiiLjidf vénWf.itnc , du 11 no- 

. ;4 /biJ., du rrKw» d* ô^ruiUrt ]5CjJ 
{i, /&u/ , du oiott d«>Jovirr MJ^^i. 



scurs . McU liior Halassa et Zay. Afin de porter 
seinnu^ à sou frère enfermé A Szatlimar, Jean 
Halassa marcha avec quatre mille f.mlassins et 
mille cavaliers sur Szecseny, dont le conunan- 
danl M.ihmiul était devant S/a(hmar, ayant 
laissé la dctciise A son liciiiciiaiil Saswar.Ce- 
lui-ii expédia en loiilcliàli" le < apilaine Beschir 
A i'ulek |)our (irmaïKler une prompte assis- 
tance au comiiiaïKlaiil llasaii-l'r<i(lo\ icii. Ilasan 
accom'ut avec cent dix cavaliers, ci. avant (pu* 
Bebek rùl pu appuyer Balassa. celui-ci fut at- 
t.upié cl bal m. el perdit aillant de monde 
<pj Ilasan a\ait de soldats ,h'an (Inisii h , com- 
mandant (le Caipon. I homas Palfly, el beau- 
coup dauires, tombèrent vivants au pouvoir 
des chefs turcs, (pii les envo\èreiit en présent 
au siillan (lelte défaite des lloiij;rois fui com- 
pensée par la reprise du chaleau d'Ilej^ycsd, 
dans le comilal de Szalad. sin- le lac Balalon 
liiiiillel loti-], et par l'enireprise de Zriii} 
de Szijjeth. Le palatin el Kkhard , comte de 
Salm, fils de limmorlel défenseur de Vienne, 
commandant de Baab, élevèrent des batteries 
contre le château . firent iirisonnière la };arni- 
son de qiiatre-vinjjls li(>miiies,et rasèrent les 
fortifications. Ouittant .Szi{;eth avec mille cava- 
liers et deux mille fanlas-ins. Mcol.is Zriny 
fraiK liil la Drau enlre Babocsa el Ternes, j)0ur 
détruire les ouvraf^es (piArsIan-Befî, fils de 
Jahja-I'ascha. frère du be}f de Sz(;c'«eny, fai.sait 
éle\er à Monoslo, au delA de la Drau Les Turcs, 
(pjoiqu'en nombre supérieur, s'enluirenl à l'ar- 
rivée de Zriny, saisis dune terreur panique; 
Arsian lui-même. a[»rès avoir forcé un cheval 
((ui mourut sous lui, eut [nine à échapper en 
prenant une seconde monture , el abandotina 
aux ennemis .ses harnais d'or, .ses chiens de 
chasse, de nombreux bajjajjes , deux canons el 
quatre fauconneaux. I,e sié};e de Szalhmar fut 
levé surtout a caused 11 iiiarKpie de vivres. I.e vieux 
.M^lk()ds( h mourut bienl(*)t a près;. ses dépouilles 
furent trans|)ortées par ses soldats à llerzej;o- 
^\ iria |K)ur être déposées a c(')té des restes de son 
|)ère. \ ers le même temps la peste emporta le 
{{ouverneur d'Ofen,qui eut pour su(xes8eur 
.Arslan-Pasdia. liie (a|tliire importarile fui 
elle du vaillant Bebek. «pji, attiré par de faux 
avis d un r(néf;at pas-sé de la foi de l'islam à 
celle du Christ, puis redevenu niusulinan pour 
affec 1er erirore de .se faire chrétien, tomba dans 



i.i\ lîF xxxin. 



lia 



II- pirjje (jiio lui tt'inlii lla^nii l'rixlosiili il.iii^ 
la Fnrt't <|(ii i-iiviniiiii te rli^lcaii <l«- i(al)),;li, 
goii loin des nvrs iU> li iiiina. KnvflopiiéK |tar 
(les masM's liii(|ii(^, lUlxk, S;iilkii'/\ ri Ma- 
/;«Ksy au»- liukiKV) . Il.iii|;uii\ , lUikiy il l'ri- 
kcsrh r«'sièriMil |)riM)miiiT>. Sarkavy, qui. au 
iiu''|iris tic la foi jurrc, >Vlait jadis saisi dr 
MdiKirniiu'd II* l»ii|;, (.i|Miaiut' dr la raxairric 
dp l't'sdi vt du ImIkhivIi lirda]('(. niu'j.aC 
saxon de rraiis\|\ allie, lui inallrailéa ((Mi|Mle 
niaviue par ll-vin lui iix^uie, qui tinii par \e 
fairo inetlre ^ niort au milieu de loiirineiils 
af>'reu\ Ma|;iirsv olitinl sa liiierle iiM\eiiiiaiit 
une I iiK m de I i.<HK) duea(s, |)i)iir laquelle 
s'eii|',a|;ea le iuj;ede l)el)r«'zin; HakoesN el llaii- 
{',t)iiy hireiil delivréseii tlnnn.iiit la tailile soiimic 
de 2.0<Hi rjidlers: (piaiil à Hebek d fu( euiiuené à 
O iislanliiiople. quoiipi il eut rrlAclié ladis Mn- 
liamined le l.un|; el le tsrhausih, ei- qui lui don- 
nait re>|)oir dohionir sa liherlô. Pour l«>ii!e 
reconnais' anec de ecl acle, llas;ni lui |)erinit 
d'envoyer lioeri auprt^s de son « pouse el de ses 
enfants, il r«Midit à Ma|;(nsy le jemie l'eikfsch 
pour un casque d or. liebek arriva a (ioiiNlanii- 
nop'e un mois avant le dé|Mrl de Husbek : il 
Ioj;ea d abord cli z le lroisi«^me inlerpi été Ter- 
liad, (pli fdl melf à toiilts les.iiraires de Iraii- 
sylvanie. In vain reii\n\é iraii^\ Ivaiiieii, (ias- 
pard de Haches , >'eiii|ilo\ .1 pour II déli raiice 
de HelH-k, auquel on deinaiid.iil d'abord l'abjna- 
tion de sa reli|;ion. Il fui enfermé dans la lour 
noire du cli.iledu d Asie. Ilasan de Fulek échoua 
dans un nouveau complot pour se saisir du 
comte iNicdlas Zrinj;; mais les ouvra|;e.s du 
château de Monoslo, sur la Diau , furent |M)ur- 
suivis. et les Martoloses j)oussèrenl leurs cour- 
ses jusque dans la .Siyiie et einmenéreiit des 
prisonniers de Luclenl)er{j 1 . 

Pendant que Pou sajjiia;l ainsi sur les fron- 
tières de llonurie, des évcnenenls bien [iliis 
graves se pas>aieut en M Ida vie. I.e p, ime ré- 
gnant, Alexandre , avait été expulsé j ar un 
avcniurier qui, soutenu dalxird sei rcteiu<nt 
par Ferdinand, avait hni [lar être reionnii 
par Suleiman. Voici tn peu de mois iLisioire 
de cet homme : Jean Basilic. is, né à Candie, 
d'un caj.iiaiue de vaisseau, fut adopté, au 



(\) R.ipporl d'Albf rt dp Wys7, dp ('nn»taniinop|p. 

roM. II. 



I.ldeiindl. par Jai ob lleiakli<ii s . (pij niinj- 
tulail des|H)te de Sainos, de Paros . et d autre» 
Ile» de la mer Kiî<^'{I}. Kn raÏMin de ccHe diVla- 
ralion dliéiVdité . l'empereur Charles V ron- 
tiriiia a iJasihcus le litre «le des|M)lede .^amos 
el Panw, |M>-.M**sions auxquelle». le npereur lui- 
m>uiena\ait aucun droit , «I l'eleva en outre 
.1 la «li|;niie de (onite palatin, en lui donnant 
|M)u\oir de nouiuier de^ diN irunt , i\c^ pnitonu- 
taires, et des |)oéte« couroinu^ i' . liasilieus 
corre5|Mindil avir .Me'ancliton, a NN iiiemlMTj; ; 
publia un trail»- eu laliii sur lliis oin*: en vertu 
des pleins pouvoirs de l ein|H'reur , nomma deux 
piMles (ouronnés. Par la P<ilo|',ne. il se rendit 
en .Moldavie, où il se duiuia <l alxird j^uir un 
parent de I é|H»iise du prime réj;nanl . Hoxan- 
dn; et bientôt après, au moven d une i^ivnéa- 
logie su|ij>o ée. |»oiir un «les» «nd.nii ,|,. {"an- 
cienne rat e pi in» iére moldav e des| lerakiides 3 
loreé de s'enfuir en Iransylvanie, d gagna la 
Pologne, et «lien ha un ieru|;e aiipn-s d .MIhtI 
I>a«.sy, palatin «le ^iradie, «pii lui prêta KMMM) 
ducats pour rass«iiibl«T une armé»-. Si premit- 
re «'nlnprise é. h«>ua ; nais la s«'«dnd«'. secr/"- 
tcmeiil appuyée par Kerdinand i . fui plus 
heur< use. A la téti d«' mille cavaliers, a|)r«\s(niel- 
t|ucs jietits (ii|;ai;ements. il b.iiiil le \v«)iv\«Mle 
Alexandre. «1 le mil en fuite 10 novembre 
lô(il' . Le {;rand vesir Ali -l'as» ha reprorha 
celle irruption à l'ambassadeur de I erdi- 
nand. IJusIh k , et le sultan s'en plaignit dans 
une lettre porté»' a Prague par le ls« hauscli 
.Mahmoud , et a laquell • on op|Hisa des r»'-cri- 
ininati«»ns .'> . Alexandre .s'était échap|M'' de 
Constanlinojile , mais les mains vid«s. F)es 
députés de son adversain- vinrent ap|K)rter 
40. (HM) dmals. au lieu du tribut fixé juMpi'a ors 
à ."iO.OdO; cl, grâce à celle augmentation. 
Jean Basilicus re«;ul linvesliiure comme woi- 



f1) Enf,»*! . Hi«loire dr Mnidavip. d'aprm f^raiianj . 
SoTiincr. I»iiiaiifi, I. x\ , p. i(M h 127; Forf;ani . 
.Mari. (;ru.<t..Turn>-G.aria. rappoi l de Bush- k, du -.M jum 
\5iy2. 

v'2, Grationi. 

;3 Kiine , Hi«'oirp rto la M ! .'arip, p. ITM. 

'4. Liileia* (a">ariH aâ .1 .o»l)iiiii Rai.ilicwm Heracli- 
diim. de^pomm S-imi , P.iifw el Mo:ddviae voivodam. 
PrancT, .3 ff 1)1 liai ii. 

!■'>, tiukUk, ppi.l iv: isliianfi, liv. XXI, au romiiiPn- 
rPTTiPipl. 



11-1 



iiisroiuK [)V. i/KMiMUK orroMAN. 



v<odc de MuUlAvio. par la Iviiinirn* ol IV|hV . la 
ma<vse n la ktika . (]ii(' lui |Htrla nn tsdi.nist h 
lurc I . Uit'iili»! un mvoiuI ImIuuscI» \\i\\ iians- 
mettrf lorilre df o»n};^Wli»r los innijH's «Mran- 
P^Ts, a IVx» rp(ion «le MH) l.iiuicrs lionj^rDis «M 
de ;UH» j;anlrs dun»rps: v\ Ir wniwndf m' soii- 
luil s\ pr\Miip(riurnl à rrllo in|onrli 'il. qu'il lui 
soupço: lu' d a\t»ir on r«Toni*s ^ iiii tel moyen 
pour se déh.jrTa»er de ws auxiliaires : mais 
celle nie>nre ne le mit |>oinl en plnshaule estime ; 
son sylème financier nViait jînère propre a lui 
gagner les affîeclion* populaires . non plus que 
d'aulne prati(]nes. Avtv un r^rand randélalue 
d.irj;rni d Un ct>nvent. il avaii fiii fr.ipper de 
la monnaie, imposa une eapilaliun <i'un ducal 
par individu . eniravi' les divorces . appliqué la 
peine de mort a la l>ii;amie. appelé dans »is 
éntles les Allemands SHiimer el (iaspard Pin- 
cer . pendre de Melanchlon. et fail des dispo. 
filions pour f»nder une biltlioll^^que ('2). Par 
des affidès il accrcdiia parmi le peuple le 
bruit tpie. le malin du jour de .Noël . lui élaienl 
apf»arus lro..s anges avec des couronnes d'or , 
comme présages de sa domination sur tn)is 
Klals.la Mnldavie. la Valacliie el la Transyl- 
vanie, lui-même se para d'une couronne d'or 
en changent son nom de Jean contre celui 
d iwan . cher aux Moldaves. Cependant , les 
boiards s* ain,un'renl secrèlemeni pourexler- 
niiner les soldats honj;roi.s et les œlons allc- 
mandii. Le* premiers. j>ar le faux avis d'une 
irnipiion de T.Jares. furciif ailirés sur les ïnm- 
liiTos: I s Allemands, artisans jK)ur la plup irl , 
farrnt massacré* |^>ar(out dans le pays; une 
fille naturelle du des[Kile fui immo'ée dans son 
berceau, la mère jetée flans un clotire; on 
mit à mort les épouses des adhérents du des|H)le 
qui s'éfaieni laissé enfermer avec lui A Suc- 
lama : U fKi^'nHifin frap|>a les .\rn;énietis. 
parce que uns avaient prié |K>ur 

Iwan ^1,. 1 ky . Moczoj; . Slroilza, 

les Iroi.s chefs des conjurés, remirent la di- 
gnité de df»jioie à un cerlain Tom^a . in- 
>\Hi\t]ir fî» «. nj.')p,a«.ins dlwan Ce TornsT . 



fi; f 

fr hi * i : . .>>iiiii;»^r , u.ii» Kii/jP! , iii»:fiire 'Je .Mol- 
davie . p. :£> . 

[d) EDgH, BMout de UoiOarie, p. 2r/», d';)pré« Gra 



. redi'Ulanl llielmann des casaques, némétriusi 
' \\ iscliiijc\\('l/.ki . connue rival au irAne de Mol- 
d.nie, lai lira dans le pa\s, le til prisonnier 
; avec .son licuicn.ml Piasck, el les »'nvt)ya Ions 
I deux a ('onsiaiilinople , où ils périrent par la 
! eorde(l . Dans le Iroisicmc mois du sié|',e de 
Sucwwa parul un saïKMiaklje.'ï lurc, ave' 
cinq ccn's liouimes , soinui.inl le despote de 
: rcmellrc la plate nioycimanl la liberté <!(• se re- 
tirer. Celui-ci ne se Mail pas à celle proposi- 
I lion.maisla |>arni^on lecoulraij;nil àl aiccitler. 
Hepri chant en |teu de mois à ses troupes leur 
' maufpie de fui, il sorlil de la ville A cheval. 
Condiiil devant lomsa. celui-ci laballil à ses 
pieds a\ec mie massue de fer. Toinsalil |;r;^ce à 
Démélrius, his d'hvan . l'admit A sa table, lui 
présenta le pain coupé en croix , jîa;;e le plus 
.sacré de l'aniiiic chez les Moldaves; cl néan- 
moins le lendemain il lui fil laue par le bour- 
reau une incision da[is la narine droite, parce 
que lelle était la couUune moldave à l'éj'.ard des 
parenl.s des princcN déposés, poiu'leur enlever 
toute espérance d'arriver à la succession du pou- 
voir. Toinsa ne put obldiir, à Conslanlinople , 
la coidiriiialion dans la dij^nilé priiK ière ; l'an- 
cien woiwode Alexandre lui réintégré dans le 
pouvoir 2 . 

Ln an élail écoulé déjà depuis la conclusion 
delà paix avec Ferdinand . el h's irru|ilions des 
Turcsconliiiuai( nteiKore sur les IVonlitres, cl 
l'on n'avait pas mis l'accord entre les deux actes, 
lurc el latin, conl(!iianl le Irailé. Ilerbard 
d'Auersperj; , qui, trois ans aupara\anl , au 
teuipsdel'armislicesi nialob.servé, avait ré)M)n- 
du à une irruplioii des Turf s en (Jarniolc par 
une expédition sur le trrriioire ottoman , pour- 
.suivit «ellefoi.s un parti de pillarrls lurcsjnsqu ïi 
Coslcnoviz . et lui tau.sa une perle de quclcjues 
centaines d hommes. I>e secrétaire .\lberl Wisz 
d'Am'»f"ord . resié à fxmsianlinofde après le 
dépari de iiubi k , .se plaij;nil, au nom de Fer- 
dinand, de cette violation du traité, et du dés- 
accord du texte lun avec la rédaction latine. 
I)e son c6lé , Sulciman s'irrita de ce que 

ri) Graliani el F.ngel, MiNioire de l'Ukraine, danx 
I lliHiftire Uiiivrnieltc , I. il>ii , p. 08. 

''2, Grdiiani. SJj',l«T,fi',j()rcH«:c« deux écrivain», hiftloirc 
de Moldavie d'Kn);el ; inins Kn(;el m lcoin[>e lorHqn' I tait 
M»I:i<iier fiarTofi.w sa ronfinnaiion puH dujjiand venir 
H ,'tfm, rnorl dcpuiit un a». 



I.IVHR XXXIll 



11 



I ;ir;;(iit siipifU ni pn'sfiit nYlail pas encore 
arrivtV l'.iiHii, Alhcrl <lr\\ xs^lni iM)mm«*n»iiiinr 
.iiiibas-siideiir rtMdjiit pn-silfla l'orlf. ol l'aul 
Palyiia fut rliar|;f d'ap|M>rU'r , comiiif nonce, 
II* piTstiit (i honneur I . In ni" •»<»! 

arriviV , ce (Innicr rcnni , asec I ' . iir, 

une partie de la Mminu* dauA un dnN.in miIcu- 
nel. et fut (onjjiflit' un mois plus l.ird . avec 

I acte ratit'it^ , nais (|ii d ampla srulcnuMit 
sou'idrs rcMTVc^ et proti-slalions. allnidii ipiil 
ne put le vOrilier. Il y eut Immu(-oii|i de diM)..lx 
sur IV|;alit»' *\vs corvées entre Us sujets de l'em- 
pereur 1 1 du 'u!t.«n ni llonj^rie. sur la mise en 
lilHTtcdis priMinniers. I,e j;ran(l \eMr Ali-l'as- 
clia denwimla que les hciduques deS/ij^etli, Kr- 
laii et (iiiil.i rus,seiit ii:aiutrmis dai.s l'ordre , 
ajiiulaiil qu'il ne |)ouvait pas iiiten eiier \nmv la 
délivrance des prisonniers lioii|;ruis, ikbek , 
Thomas l'aly, Trusich. p;irce «pic les cundit uns 
impostes a l'ty.ard des l\spa|;nols Alvari's cl 
Sanchio irélaieni pas enrore remplit.-., et 
cpiune partie seulement de la >omme stipulée 
dans le traité avait été pa>éc (T,. Albert de 
\\ y>z reçut au^si riii>tru( tion de iié|;(M ier. |Miur 
l'liili|i|ie II, une pa'X de liuil à dix ans, alleiidu 
que les tentatives antérieures faites |)ar Frau- 
ihi de Cliios et \arj;as étaient restées .s;uis 
résultat. Siu' ce point encore, Ali-l'astha se 
montra prél à traiter, mais après l'entier ac- 
quittement de la somme eouvenue ^ . Lu Corse 
(le naissance . colonel trau«ais , .se présenta 
au i;rand vesir a>ec des lettres de créance du 
roi cl de la reine de Kran<e . demandant lassis- 
taiice d'une liolte turque |)our soumetirc sa 
patrie comme province trihulaire à la l'orle. 

II n'oblinl pa^ plus de succès qu'un nej;o( iateur 
{génois venu |H)ur solliciter un traité en faveur 
de sa répultli([ue : on ré|)ondil à ce dernier 
(jue (jènes, a cet eftel. devait donner des pou- 
voirs à uu ambassadeur, l/envoj é de Klorencc 
fut plus heureux dans ses efforts [ our la confir- 
mation de la capitulation accordée sous iJaje- 
sid 11, et renouvelée déjasous >elim I. En ve lu 
de ce traité, les Florentins étaient assimilés aux 
Vénitiens; des mesures étaient assurées fKiur la 



(1 , Credeuiiales pro Alt)€rto de Wysr ; Pray., 17 ju- 
lii 1563. 
(2} Rapport d'Allierl dpWysz., du 12 novembre 1563. 
(3) Jbid. , du 22 décembre 15^1. 



I liberté du commerce de Miic de UruM, et fwur 
' l.i juridirtioM liiN consuls I . i es lultuiutiis lio- 
rentins pousaieni ii.ivi];uir dan» la nur Noire. 
Maiftc'étairnl surtout lesmi<>f>i*»iis|M>lonaisc»qui 
se succédaient rapidement l><-pui* celle de Ni- 
colas iW/o/owki. Suiton. slarosirde l.cmber]; , 
était \enu rendre !ie*de\oirs au sultan à An a- 
Ria. 1/année suiNante. avait |>aru Ya/lo\Niixki. 
chargé de tniiter de* affaire* de Nalaihie et du 
droit de p.1tiiraj;e. (!<•» questions InrnWicnt en- 
core les olijels priiHipauY de la miosion île 
iNicolas Urzeski i\iux ans plus tard : riivuite 
.Nieolas Sieiiia\>2ki (t ll.ts^tilej; Innni nom- 
més commissaires |Miur ré|;ler les droils de [lA- 
lura|;e. Le Ischauseli Ali fut envoyé comme 
commi.vsiiire à \ cuise '2 . Les ra|)p<irts diplo- 
matiques n'étaient pas moins Iréquents avec 
les cours asialiipies orientales, l ne ainbas- 
vide indiiiine du roi d A*si vint demander 
derarlillerie pour ««iinbaltre les |'ortii|;ais 3 ; 
des députés d'Alj;er s<jllicitaicnt un clianj;e- 
nicnt de |;ouverneur (i : et des en\o>é*s de 
Tunis réclamaient de l'afipui j)our conipiérir 
la (ioulette :'> . 

Dans l'écpiinoxe d'autou ne. les environs de 
Constant inople furent submerf;és par la plus 
terrible inoixlation dont les annales otlon ânes 
fas.sent mentit.n. I-lle ne peut être lomparée 
qu'à celle qui. quatre siècles auparavant, fail- 
lit enqiorter l'armée dt s croisés avec II- roi Kon- 
rad Mi . \a' malin du jour où se dérhaina ce 
tleau , Suleiman s'était rendu a la (liasse vers la 
vallée de Chalkalidere : déjà il était parvenu 
sur le rivaf^e de la Pro()ontide. non loin des 
jardins d'IskenderiM lulebi (7\ le deflerdar 
exécute h Hajçdad . lor^que s'éleva un é|M»u- 
vanlable oraf^e qui dura vini;l-<(uatre heures 
sans iiilerrnplion. pei dani les(|inlles la foudre 
tomba soixante-quator/e fois. Le Mêlas et l'A- 



'1^ (,'arle eiiiirr du traité ne trouve en ap|)eiidicc au 
journal de Ferdmand . ii" 71. 

f2. Dan» Ie« Srritture tedc*ct)p, parmi if« arietTéoi- 
tini» dexarctioe» ini|X^rial<» , se trouvent iroi» ledreo 
de Suloiniju au doj;»- , de laniiét l<«-3 

3 Rap|tort de l'ambauade vt^niiiennc , du 12 ju'u 
\'AT2 

(4, /fr«/.. dejuin 1.»1. /bul , du 18 août 1562. 

•j, //>((/., de juin l.>61. 

iCij (.uinami , r. 1 1 , 1 î, Ollo df Frej»ingen. 

(7) Coiiklaninopleet le Bosptiore, I. ii,p. 12, d'après 
) Rascbid , 1. i , fol. 20 , I. ii , fol. 56. 



110 



IIISTOIRF ])V. L'RMrilU-. OllnMAN, 



thyras. quis^ jeUcnt d.in<; la profonde baio d«' 
T<ch«^kiur<lschr. soj;ro<sirrn( : leurs e.uiv siMe- 
\^renl a une liaiiieiir |ir«Hii};ieuse. el am\ rireni 
les aln(oiir;He la valUv de ( halkadiie : li-s 
f\ols M' |>rtvi|»iNVenl en lornnl impéineux. en- 
vironnèrent le jial.iis d'IskenderlsclieU'i»!. où se 
trouvait Swlciman. pt^nj^ln'T^wt nuMnedans I en- 
ceinte, et le sultan lui-UK^me eiil élt' n<né si! 
ne se filt élev»' sur U^ épailes d un ho unie 
f^ipanti^^ue . jusque dans les eharpenlcs. où il 
resta jus(]u\i rc que leseauv se fussent relir«'«'s. 
Les torrents delà vallée ruiner, nt les aqueducs 
rtVemment ronstrnil» par Nu'einian; ceux de 
Mat^lawa stKrouu'rent. Dans la belle plaine 
dr« eaui douées. A Kiap.hailsrhane . I s pla- 
tanes (Jerarinc^ furent eiit|M»riés roinine «les 
fas4'ines ; on ne voya t que d«'bri> de maisons «le 
eampa(;ne et de métairies. I,es eaux douées 
portêmn; les ruines dont elles étaient eliarj;ées 
loutre le faubourr; dKjub. pénéirèreni dans la 
mosquée de ee nom. et s'é'e èrenl au-dessus du 
tombeau du porte-étendard du prophète. 1^ 
port deConstaiilinoj le et les rives du Hosphore 
ne purent résilier aux vaf;ues.(pii mcmièrent 
par-dfvsus le riva{;e et rdiversereni la plupart 
des «yifiees construits en ces lieux ; les plus so- 
lides seulemefM résisièrenl. les ponts du {jrand 
et du petit Isrhekmedsrhe . dllaramid're et 
de Siliwri furent emportes: durant une semaine 
enti^re la mer fut troublée, ses eaux n avaient 
plus de saveur saline. >ulriman affecta un 
demi-million de durais au rélabliss4'menl des 
aqueducs étala cimstriirtion depf>nts de pi» rre 
dont la solidité put braver à lavenir les coups 
de l'élément furieux 1 . 

.\ntérieurement. des travaux de ce f;enrc 
avaient été diri{;é«par Ssofi- Ali. qui. du fjrade 
de n^n'^ral des arinuriers. s'était vu nommer 
fîrand chanifH-llan. Au moyen de <ent dix 
tuyaux de [lUniib. rhamn de trois fK)uccs de 
diamètre. I eau fut amenée a Omsfanlinoplc. 
• t >*ofi-Ali reçut la plared»* bef^lerber; de Me 
raas^h en rérf»mpen^f. I/inond;«iion ayant flé- 
truit en fjrande partie ces oiivra.'.es. Sul. iman 
commença de nouveau la eonstruciion des 
aqu'durs qui au fnird'hui f nroi*- «îéf orent h 
*iilf et la déballèrent. Il ne porta pas moms de 
soioà la réédifiration du p'mt de T^^hekemede, 

'1 RappnTi d* l'jtnhîMa'J* ▼*T»ij»*ni>'. 



cpif r.inhitecie Sin ni soutini sur une Noùle 
en o;',ive. mais dont on ne vil l'adièvemenl 
que sous le rè ;ne du sultan Selim. 

Delà (lesci ipiiiindo ravaj;es d( l'inondalion, 
les hislori«'ns oitoniaiis p;tss<'rit tous presque 
aussiiiM au sié|;e de Malle . enlre|)ris deux ans 
plus lard . mais {Miur letpu'l se faisaient alors 
les armeuiciils maiiliun-s. Avant d'exposer ce 
récii, il faul ra|ipeler les principales expédi- 
tions des (loi les ottomanes depuis la mort de 
RarbiTousse . el présenter une n(>lice rapide 
sur ses « hcfs . afin (|uc leurs noms n'arriv»'!)! 
|>oinl l)rus(pM'inent aux oreili(*s du lecteur. 
Après la mort «lu kapudan-pas«ha .Sinan, frère 
«le |{ust«'m , arrivéi' prescpu* à la suiie de la 
dé|M)siiion de celui-ci du i;rand vcsirat. le 
co iiuiandement supérieur d( s Moites ottomanes 
.avait été remis à Pialc. Cet homme, issu de la 
Croatie. (|uilla le harem impérial, où il exerçai! 
les fondions «le chainbelan. |>oiir rem[)lir la 
«liarjje d'amiral, mais avec le lilre «le sand- 
schakbcj;. «pi'il écliaiij;ra «piilre ansa[»rès «on- 
Ire celui «le bcj'JerlM'j;. l.ors«jiie. aprè> la ««ui- 
quèledeDscherbe, et à la suiic «raiilres succès 
maritimes «loni il sera question plus I«)in , il 
paraissait avoir «les dr«»its;1 la «lif;niléfle |)as- 
cha a trois «pieiies, Suleiman Iruuva «pie celait 
un avancemeni trop ra[)i«lc «jui pourrait porter 
atteinte à la dij;nilé du vesirat; mais |)Our lui 
donner un témoi|;na>;e éclatant «le la plus haule 
fdVJMir, il l'iuiit à sa pelilt'-fllle. Ce fut seule- 
ment au bout de cinq années que Piale reçut 
les trois qu«'ues. Après le kapuflan-pascha . le 
i;ouvern«ur «l'Alf^er avait l«' «oiiimariflemenl 
maritime le plus im|M)rlanl. Lors«pn»Chaireddin 
ttiourut . M)n fils llasan jouit «piiNpie lem[)sde 
celte autorité . mais ensuit»- il fut r» niplacé par 
Ssalih-Heis . «h-jà si|;nalé à la c()rif|iiél«' de 'l'u- 
nis. iNéau pied du mont Ida. SsaJih-Heis avait 
pu eut» ndre parler dans sa jeunesse des com- 
b.ilsenireh-s'lroyens l't lest^recs, et puiser sur 
ce|l«' terre [»oéii(jue l'ardeur hénuVpie d«)nt il 
fil preuve dans ses audacieux exploits de cor- 
saire '\y. lorj;hud.que les hisiori«'ns européens 
3p|>ellenl ««imniurunuril l)ra};iii. était sorti d*- 
parenis clireiiens (lu sandfhak de Menlesche. 
dans un villa;je du di.slricl de .S<'nilus. Dans sa 
jeunesse , il s'était signalé surtout par son 

1 / Aali. daok la lisie dm \tfQ» de Suleim;iri 



Ll\ HK \\\lll 



117 



adresse à tuer de I ar( , et sa vi[;ueur H la lutte. 
Il prit du service coinmf wldif, et devint hien- 
lùt capitaine de IrouiK-s de marine I IMiis lard, 
ayant trille avet trei/e vaivseaii\,uneniir»pri>e 
contre la (!<irse, il fut pris jwr le jeune Dnria cl 
allai lu' au bancde la j^ai^re cornue ev las e Ci;. 
^art•e^(Mls^e ht briser m^s fers lorvpie, parais- 
^ant devant (.enes, il menaça diravai;er hinle 
la riiifnt. S)utenu par llailxTnnvse. lorijlnid 
porta bienl«\t la terreur sur la mer avec viinîl- | 
cin<| vaivM-atix l.>1S . Il dil)an|iia dans le 
f;olfe de .Naples, surprit Casiellaniare, et em- 
jwrla de cette ville el des v llai;e^ environnants 
un riche butin. HientAt aprAs \\ s'empara d une 
i;ilt''ie niallaisc expédiée à rri|M)li avec 7(1,0(10 
ducals ^.V'. iorscpiensuiie le kapudan-pasclia, 
frt'rede Hustem , el Tori^hud se rencouIrtTent 
en pleine mer. l'escadre des corsaires se sijjnala 
par la supériorité de son arlillerie. et lamiral 
impérial in\ita Torubud A venir prése-ticr ses 
liommaj^es à (Constant inople, connue avait fait 
Baibcrousse Tor;;hiid v rendit a linviialion 
avec liuil vaisseaux. Il fut |;rai iciiM-uienl ac- 
cueilli cl nniiimc vamiscliakbej; dr Kiili-Iii. 
Les capilaino des sept autres hatiiiicnis. tdiis 
corsaires renommés, reçirent. avec un Ir.ii- 
tement quotidien de 70a 80 as[M es. un vaisseau 
de i^ucrre à commander et le droit d'élever un 
fan;il. 

ïk'livré des fers desfiénois. Toruluid soujjcn 
aux movens d'acrpiérir des |>osse>sions fixes el 
permanentes sur la cAtrdWfii lue; il chassa les 
Espa{^nols des villes <le Susa el Munasiir. dé- 
pendant autrefois (.'e l'unis, et s'em;ia a par 
trahison du fort de Melidije. donné par les 
péo.^raplu's cur(»péens. tantôt pour Afrikiia. 
tantôt pour .\phrodisium . et cpie les oriin- 
talistcs eux-m^mes crurent ^Ire Mahadia. 
Maiire de Mehdiie. Tocf^hud menaça les côtes 
d'Espai;ne. de Sicile et de Naplesavec (juarante- 
sept vaisseaux. Pour attaquer le pirate dans son 
repaire, l'empereur flharles \ envo\a une llolte 
et une armée faire la concpiélc fie .Mehdije. Uo- 



ria elTolèfle. rt^unissaui leurs forces dr terre ft 
de mer, prirent M<nastir, où ils saisirent douze 
cents prisonniers. (!e|Mnrlant lori'.lmd se (»orla 
contre les côtes eNpa|;nol«"> d Alicaiite et de N a- 
lencf ; mais aux Iles Haléans il fui re|K)Usse 
vi(;oureuscm' ni pT les babit.Mits «le l'olenlia, 
Ifutrir de Mehdije lui étant interdite par les 
impéiiaux qui l ass é|;eaienl alors, il se relira 
sur l'ile de Dm herbe. A la fin de juin ar- 
riva aus»i NeRt, vice-roi de Nicile. avee de» 
vaisseaux et des tnmpes |M»ur le sié|;e de .Meh- 
dij' , et les chréliens trou\érent encore de pui»- 
saiils renforts dans I alliance avec Sidi-Aarif. 
chef de ipi n/e mille Aral es. qui s'était soustrait 
avec kairouan ii la domination du prince de 
Tunis. Dans la suite de \ ci'.a se troiM aient aussi 
Muley-llasan. le souserain de luiiis installé 
par Charles V, <|ue >on fiU llamida a\ait préci- 
pité du Irône et |iri\é de la vue. el un chéril 
(pie Ne[;a avait ami ne de la (.oiiletle. Par l'en- 
tremise de ces deux musulmans il néi;ocia «i 
habilement avec Sidi-karif. (pieletroisi{"nie jour 
aprts rairiséc de la Hotte iuqiérialc deux mille 
cinq cents Arabes \inrenl dans le canq», qui 
fut alMnidammenI |n'ur\udeliétail 'iSjuin lôôO . 
Bientôt après mourut .Miiley llasan, vinjjt- 
deuxième souveiain <les Beiii-llafsz. el sur la 
demande de Sidi-karif, ses rentes furent en.se- 
vdis à ka nxian. Déjà le sié{;e durait depuis un 
mois, avec une jjrande obstination de pari el 
d'autre. I e plus |;rand o: stade aux efforts des 
as.»aillanls élail dan.s les deux murailles , éloi- 
p,néesde Niii|',l-cinq [lierls l'une de l'autre, hau- 
tes de doiiz»' toises. 'lor|',lmd tenla de jeter du 
renfort dans la place: avec huit cents arbalé- 
triers, deux cents cavaliers et ciHj mille Maure», 
il pénétra dans le bois d'oliviers situé contre la 
ville, et d'où les assiéi'.canis liraient leurs fas- 
cines, el allatpia brusipu-ment le \icc-roi de 
Sicile, le commandeur de Rh(»des Sanj'lo, elle 
commandant de la (.oulelte N arj;as. ipii jiéril 
avec plusieurs vaillants (jiierriers. Mais ensuit»- 
il lui fallut se replier sur le bois et reg- gner 
Dscherbe. Depuis, son autorité alla toujours 
décroissant parmi les Aralxs des alentours, qui 
approvisionnèrent maintenant le camp plus 
aboi dammenl que jamais. Le jeune Doria amena 
encore des vivres et de l'artillerie de Sicile 



(1) H.idscbi-Chalf.i , Hi.sioire des (juerres marilime», 
fol. 30, 

(2) Job. Stel'aede Aphrodisio expugnalo commenla- 
riu8, et Veriot , I. xi. , ... v, .. • ; 

(3) Remarques sur l-é.atdA'ner.l.n,r. 644. d'après ' v.n:;t-deux [grosses pièces mises en ba tcrie a 

Morgan .Laugier deTussy, Venol. 



deux cents pas des murailles diriijeaieDl leur feu 



lis 



MIS TOlKi: DK L KMlMIiK O r lO.MA.N. 



sur lc5 deux plus fi»rCes tours; le 10 srpionil>rc 
l'a'^aul fui livré : aprî^ renlèvoincnl «irs «Inix 
tours 1 ! ■ i J ; sopt mille prisonniers 

fiirrni , iumIu Iniiin enii<" le*» >.iin- 

qurur». le vicr-roi remit au e.ipii.iine de \ais- 
sfiix (ii'nois Cienla s«M\.inle-di\ l>les>«'s, afin 
qii\\ piM a>Te cu\ oblenir la délivr.inee de son 
fils retenu d.ins les fers par lorr.lmd. Au l-oui 
de quin/e jours la tlolle mit i\ la \oile. ayant 
lais.V une jçarnison dans la plaee 1). HientiH 
apr^ l>«»ra |iour>ui\it le pirate dans sa der- 
nière r' traite. S iVsrhrrbe. Il se |>osla divant 
l'entrée d'un eanal appelé Alkantarat : maisdans 
la r I luid éleva des lialtrries d(mt le feu 
co laniiral A s eloi|;ner avec ses vais- 

seaux. Attendant des nMiforts de >iiile. Doria 
rspéraii pouvoir attaquer l ilesur tous 1rs points, 
rt sr saisir du pirate. Alnrs T(>rj;hud suivit 
l'exemple donné tant de fois<léiA. de transpor- 
ter les hAtiments sur la terre. A laide des écpii- 
pap« pt des eselaves de ses f^alères, il fit établir 
une route en planrlics qu'on frotta de f^raisse. 
puis, au moyen de rouleaux, les vaisseaux furent 
entraînés du [»ort d'Alkantarat jusfju'à lexiré- 
mité opposée de l'ile . tandis que le feu des bat- 
teries trompait et iKrnpait la flotte impériale 
embossêe devant le pf»rl. Doria ne s aperçut de 
cette manœuvre qu'au moment où le fjrand vais- 
seau. cinf;lant rapidement de .Sicde, lui apjx>r- 
tant des s^rours. fut enlevé presque sous ses 
yeux par Torj^hud 2'. 

Torfîhud ayant eapturé, coulé bas ou brAlé 
de» X véniiifns. au méjiris delà [laix 

rf'.. sentrf la Porte ri \ rnise. lejjrand 

veftir Rustem. qui considérait d'un mauvais <i il 
le rapilainede eorsaires. devenu sands( h.ikbef; 
deKarli-Ili. rnmme un rival dan;;rr<'iiv jKiurson 
fr^reSinan. ka[Miflan-pas<ha. saisit eeiir oera- 
»if>n de l'appelrr k Oins'antinople pour rendre 
ernnple de .sa ronduile Alors Torfîhud se ré- 
fuf^iaavpc «es vaisseaux dafs b-s fKirU de Maroc, 
et persista deux années dans «a dév)béi«s3nre. 
Sileiman. qui avait beviin du corsaire contre Us 
Malfais. {»ardonna b- > i envoya A Tor- 

gbud, avec un sabre i _ ,^ • d'or, un exem- 

(ij Vfrto<. 

{2] VcTtn», I. II. rt HaiJtrbi-CbJlfa , HUtoire de* 
gaerret mariùaet : Peucbewi , foL 116, et Aali , t* éfé- 



plaire du Koran, comme i;a};e de la |iromcssc 
que si TriiKili était conquise par ses armes, il 
en aurait le ivuiverncment encptalilé debe;;ier- 
bei;. A\tr r.iiilc de ^inin-Paseba, il larrarba 
aux cbevaliers de Sainl-.lean. (|iie Charles V 
avait cbari;ésdela défendre, ^éanmoins, le ka- 
pudan-pascba investit de ce i;ouvcrnemenl l'eu- 
luique Murad-Aj;a, au mépi is delà jiantlc don- 
née (I y. Irrité de ce manipu" de loi, ror|;liud 
fit i;ouverncr A l'ouest , cl la |)lupurl des vais- 
seaux le suivirent. Alors Sinan-Pasilia lui fit 
mille prome.ss«'s. et I attira enoïc i\ CdUslanli- 
nople ; di- la, il prit la mer Tannée suivante avec 
quarante-cini] i;abres pitur aller ravaj;er les 
crMesde N.iples et de Sicile. Udébanpia en Corse, 
et assiéf;ea la cafMiale (h; lile, liasiia; (pialrc 
mille cavaliecs cl nulle fantassins vini eut au se- 
cours des assiéjïés: Torjjbud les ballil en ra.sc 
c;m)pa;;iie 17 août l.'jiVi et promit aux babi- 
lanls de Hasiia la liberté de se retirer; mais 
quaranlc-sepl seulement purent user de celte 
condition de la capiliilalion; sept mille funnl 
eniiiienés cliarj;és de IVr^'i;. \ .son reloiir. Tor- 
f;bnd clu^lia. sur la côl(! d'Albanie, le cbef des 
Cbimarijiles rebelles, Alimed-Hcjj, cl rcga{;na 
Conslantinople avec un ridie butin 3;. Tor- 
{]\nu\ a\anl marché si dijjnemcnl sur les traces 
de Barbcrousse, Sulciman élail disjw.sc à lui 
conférer le fjonvernemcnt d'.Mfjcr; mais Rus- 
tem ayant rcprésenlé (pi'un service conslani 
coiivcnail peu à rorjjhud, Su!<imatiseconl<'nta 
de le confirnjcr dans le sandscbak de Karli-lli, 
qtii , compris dans le dcparicment maritime, 
formait une partie du j'/mvi rncmenl des 
Iles '^ij. Torjjbud, sous prétexte dolfrir l'bom- 
ma{;c de sa rcconnaissaice, saisi i l'occasion 
d'une promenade à cheval de Suleiman pour 
savaiuer à jtied devant le siilian, baiser son 
ctrier. et sollit iu-r le jjouvcrnemeni de Tripoli 
qui lui avail été promis. .Suleiman tint al(»rs 
.sa parole, et Torj;bud resta jusqu'à sa mort 



1 Hadw-bi-Chalfa , Jli«toire dvH {{Ufrrf* maritime», 
fol. 27. 

(2) Jbid, M. 31 ei 32; iMchtIalwde , fol. 3lî; Sw- 

(3; l}sc\ir.\a\%nk . fol :i.y, ; .Sw>l<tksadc , Aali. 

(4) for. 1^ division de» fjouvfriietneriUi , d.itw la 
consliiuiion et l'administration de l'empire ottoman, 
II» r»^riie. p. 2.S3. 



I.IVKI. XWIII. 



11!) 



jïouvcriunir tic lri|K)li. hii-iUùt apr«■'^ innm ni 
le k.i[)ii(liin-|iascli«i sinaii. 

Au lrni|»> iiMMiu* on Puilr, r*iinlui(l tt > j1 li 
ciait'nt l.i UiT» ur de la iinr hj;iT ri <!•• la .M«'<lt- 
lerraiitr, les C4(>ii.iinr« de vai^.^4;au l*iri-liei.s, 
Miirad ri Niili-Vli kapiiiljn |»i>i tuienl lc5 étrii- 
(lards olloMi.ii'H daii)» In* ('.(ilto .\ral>ii|iie et 
IVr9i<|iie, «I jiiM|iie daii.> U mer de» Inde», et 
aii|;ni( iilairni li"« niiiiiaiN>aiit es de Inir nation 
par dt->oiisiaj;cH i;i ti|;ia|ilii«|iu's et iiaiiliqiK'-s, 
lis wnls de iv i;eiirr «|iu' |MM>M*de la lilInaUiri: 
ulioniniie, t'crils par des j;eii.s dti imlier. 
i'iri-Mcis, neveu de Keiiial-itei^ ({iii ,m>uk lia- 
jesid.M" rendit f.iiueiix p.ir ses piialerir.*», tiant 
kapudan d'l.];)ple, avait mis a la vude, de 
Suez, avec (rente bâtiments, |H>ur descendre la 
mer Houj;e et reii!Oiiler eii^iiiie dans le j;ulte 
l*»T>i(pie. lasiison élant foil asaime. il perdit 
quelques ((aliments Kur la eùle aral)C de Sclia- 
har, puis sur la côte «rOinmaii il se saisit du 
frnrt lie Maskal, dont il lit \r> liahilauts esclaves. 
Knsuile ilas.sié|îeaOrnms, danslile de ce nom, 
dont la (>os.sessiiin était si iniportanfe pour la 
na\i|;ation du j^olle Pcrsiijiie ; m lis, j;a|^iu'' par 
des présents, il leva le siéj;e ^ I -, et se n lira sur 
Ua.szra. I.a, surpris par la nouvelle qu'une iioltc 
ennemie se réunissait |H)ur lui donner la chasse, 
el pensant quelle |KHivail rendre iiii|Mtssil)|e sa 
sortie du j;olt"e, sil ne se liatail, il s enfuit seu- 
lement avec trois palfrej», jwur sauver ses tré- 
sors, l/un de se^ l);Uinienls échoua prè.s de 
Bahrein; avec les deux autres il reijaijna Sue/, 
cl se rendit ensuite au kaire, d'où le fjouver- 
neur adressa un rapport à Constantinople du 
mauvais résultat de I entreprise el de ses causes. 
I^ Porte envoya |»our ré|K)nsc un ordre de 
mort contre l'iri, qui fut décapité au kaire. Ses 
immenses tréMirs, dans lestpi.ls se trouvaient 
<rénormrs vases de |M)rceIaiiu' n inpiis d'or, fu- 
rent e\|H'diés à Constautiiioplc. Apres sa mori, 
vinrent des députés d'Ormus. au nom des habi- 
tants. |)our réclamer les richesses qu'on leur 
avait arrachées: mais ils n'obtinrent aucun suc- 
cès. La partie la plus précieuse de l'héritafje de 
Piri, et qui n'entrait j).is dans le fisc, fut le 
Bahrije, allas maritime de la mer K|;ée et de 
la Méditerranée, dont il reconnut Us côtes avec 



(1) Peischcwi, fol. 118: Aali, iic événement; II ul- 
scbi-Chalfa. Histoire des Guerres maritimes, M. 28. 



son oncle kemal , ou muI . et qu il déi r.\ it avec 
I imiication de» cuurant>, des ba^-fundh. iieuK 
de tlélKinpieiiients. aHMs, détroits et havres, 
la place de kapudan dl-C) pie fut donnée à l'un 
de«i plusFameui corsaires, ap|H-lé Murad, ancien 
s.indM li.ikU|; de katif . «pli r eut l'ordre de se 
t( nir en station a Kis/ra a\n deux {;rands vais- 
seaux, cinq ({ali^ro et une i;ahote; néanmoins 
il quitta mui |N>sle dans l'i s|Miir de |Miuvoir j;a- 
i;ncr l'fjîvple; mais en face dOrn.us, attaqué 
par la llntlc |MirtU|;aise, dans un combai acharné 
il perdit deux des plus habdcs capitaines, .Vl- 
man-Hei.s et Itedsched-iteis, ainsi ijue l'un des 
<leu\ j;raiids vaisseaux, (jui alla édiouir sur la 
c«')ie de l,ar; lui-ii)ème Naiiva le re^te de la (lotte 
en le ramenant â Haszra. De là. il fit a)nnaltrc 
son désastre; mais n avant |M)int amasst' de ri- 
clu'sscs. il conserva sa Icte. Deux ans après , 
Sidi-.\li , célèbre .sous le nom |)uétiquc de kalibi 
el appelé Kalibi-Humi, fut cx(ié(!ic d Alcp à 
iJas/ra , ave< l'ordre de prendre le commande- 
ment su|Hrieur des forces maritimes eu cc5 
lieux. .'\vec(piinze b.Himents il sortit de Haszra, 
eut deux en;;aj;emenls avec des Hottes [xirtu- 
j;aises, fortes de vinj;l-ciiiq et (piar.inie-quatrc 
voiles. .\|)rès avoir perdu dix vaivseaux dans ces 
combats, il fut assailli par des tem|H-les (pu lui 
firent subir de plus grands désasi res, et le chas- 
sèrent justpi 'à Diu, (.udsdiurat el Surat. .Sans 
artillerie, avec des liàtimenls endomuiac/'S, in- 
caïKibles de tenir la mer, el surtout de résister 
aux escadres (Mirtu|;aises, il laissi ù Demen, 
entre les mains du lient) nant du sultan de 
Gtidschurat , ce qui restait darmenu nts h .ses 
vaisMMUx, permit à ses écpiipajjes de prendre, 
s ils le voulaient , du service (lour le su tan; el, 
avec trente de .ses compajî nous, il entrejirit de 
suivre .sa roule par Sind et Ilind, traversa leSa- 
bulislan, le lietladiM lian el la Iranstnaiie, le 
(;iiuarcsm,U'Cliorasanet la l'erse; il nalteignit 
la Turquie qu'au bout de trois ans, el alla baiser 
la main de Suleiman à Andrinople, oi'i il lui 
reiiiil des lelires ries rafisi lias indiens et de 
sultans l sbefîs <\). Plus lard, il offrit à son 
maître la des< ription de son voya[;e, moitié en 
prose, moitié en vers, sous le titre de Miroir 



. \, nadsrbi-( balfa, His'oiie d.'-x r,^trvf* maritiiqc.<- , 
fol. 28; Petsctaeui , Aali, Ssoiaks^de. 



11*0 IIISI OIKI |)| Il 

fjt'f /'ttrs I Sult-iniaii . lomhô dos a\tMiliiro> 
ri du mrrilc do r.uilcur. lui ninfirma wuc p'aa* 
de mutefrrrika. a\tx-tin Irailcinnit (]iu)(idi«n 
de 80 a<pn^; i m*^ ri»inpa;;iu»nN. il rît nriijHtT 
lj s )|dr jiTirnr lU^ ln»is aiiiicrs du V(»ya|;c et 
une grjlif) ailon. Sidi-Ali fit encore daulres 
tm^auv: il traduisit 'a j^Aij^raphit' ninlIuMiiati- 
quedAlikuvhdsrhi. tVrivii lui-nniin" un (railr 
de malliéniaiiques appliquées A Cirt nautique. 
s<»us le litre de »///o//w/«'.ç <7/r.v,surrus.ij;ede 
1 astrolabe et dusinu-». et laissa un ouvraj^e aussi 
prë»ieiix que rare sur la na\i};ati(in de la mer 
des Indes, intitult^ Mnliit , IXWan. daprès les 
meilleures sources 3ral>es et |>ersanes. 

f} " I mer des Inries pour nous rejKirter 

m.i ur la M< diiiTranée. où ror[;hud. 

rt^uni au nouveau kapudan-pascha Pialc, suc- 
cesseur de Sinan. inquiclaii les c(^(e> de Naples. 
Cesentreprises avaient éicdéfcrminéescef le fois 
encore |>ar la diphimai ic française. In débarque- 
ment sur la côte de >a;.les avait Hé n solu à la 
sollicitation du représentant de Henri II . le 
>eif;neur d'Aramont . qui avait été char'/- de 
deux missions aupr^s du sultan . et dans la so- 
criode s'était rendu à Amasia pour attendre 
Su!eiman à son ret(»ur de l'expédition de l'erse, 
et lui offrir ses féliriiatirms •_> . fV Amasia Su- 
leiman adressa l'ordre à Piale et à Torf^hud de 
ravager les côte de llialie l.>>4 . lis assiéfjè- 
renl el prirent F{ef;fîio . et emmenèrent en es- 
clavage les hal itanis ainsiquer. u\ de quelques 
autres places 3. Ss,dih . bi'îîlerbej; dAl[jer. 
châtia un chef arabe nommé >lohaiiimed, qui , 
allié des K>pa.^nols. avait assié ;é l;i Forteresse 
du Penon de \rle/. assise sur un rocher élevé; 
il se rendit maître de cette place ainsi que de la 
TÎlle de fludv hia quelque temps après '\^. \)q 
son cAté. Piale. apr^-s avoir fait ime vaine ten- 
tative sur lile dF.U»e et sur î'iombino , conquit 
Oran . re^jardé cr>mme le [ort de Telmesan , k 
laide dune flotte de quarante-cinq f;aléres 
qu'il ramena triomphant dans le port de Con- 



1 Dru» iirre» «« \rftu\f^\\ l'append:c« du journal 
de Soteiman. n<" f; n v^ 

7< Sur tx-.lr amb»»*ad» . voX- PeUcbn» i , fol. 11.5. 
DictoMaUvJ» . S«rt'îV«ï> . \3'i. 

.3 H»' 

(f f>» r.i-fj, HiMoire de» 

SaUlCS BATtUlUÊ» , iot. ^. 



MPini OTTO. M A N. 

' >'auiiiiople !.'»'>.'». 1 AAH' ^ I ). I, 'année suivante 
j il prit la mer avec soi\atile voiles, et s'eiiipara 
du p Tl de H( iieserl . aux envin>ns dcTunis fi), 
I II l.">,")S. il nieiia cent (inipiaiile jialeres (levas- ^ 
1er Mallorca «M Sorrenio I, année suivaiUe ne 
vil pas de ces sorlesd'exi l(<i's. parce (pie Piale, 
sorti de (^)nstalin' pie avec (pialr(>-viuj;ls vais- 
seaux, el fortifié bieiilôt après par dix aulnes 
bâtiments, observa trampiillemeul dans les eaux 
de Valona .'V les Hottes «'iinemies qui se prépa- 
raient à Tcxpédition contre l)s( herbe <•! Tripoli. 
I-es chrétiens jiKifïièreiit du retour de Pia e h 
0)nslantinople pour la melire îi «x cuii m, dans 
les mois d'automne et d'hiver. Ils réunirent plus 
de deux cents voiles fournies |)ar l'I-'sfjacne et 
les diverses puissances d'Ilalie . le pape, (iénes, 
Florence, Malte . la Sicile. Naples . le sri{;neur 
de Monaro. el rommandées par l'amiral André 
Doria. avant .sous s' s ordri's le eoiiimandtiir de 
Malle (iuimaran. les cominandanls espt{;nols 
don Sanriode Levia, don Beren{i;er del Hequc- 
enes, le Génois Cicala; les troupes avaient 
pour chef le colonel cspafrnol don Alvaro de 
Sandi 'i). 

Lu flotte chrétienne se rassendila d'abord à 
Messine, puis A Malle: (Ile leva l'ani re en fé- 
vrier et fil voile dire( len eril pour D.seherbe, 
soumise au sceptre espar^nol | ar le vice-roi de 
Sicile, IIiifTiies de Moncade . uiaisofi Torchud 
avait ensuite établi sa dominai ion. f;rAcc aux 
querelles survenues entre les trois sfheichsqui 
administrait nt les trois districts de l'Ile. Toute- 
fois .ses extorsions et ses violences avaient irrité 
les habitants qui lui livraient un (ombal lors- 
que pâturent les chrétiens: il lui fallut se reti- 
rer sur Tripoli avec deux {galères qu'il expédia 
aussit(')l sous les ordres du corsa re l'iudschali 
He renéjjal ita ien 0( hiale;. avec de rari;ent et 
des présents à Constanlinople, et qui apportè- 
rent le premier avis de l'arrivée de la flotte chré- 



(1^ Pdfcrhfvvi , fol. 117; llad»cbj-€l)alfd , Ilikteirc de» 
{juerrm rnaiiliincu, fol. 3-'?. 
2) /hifl. 

<3/ Had»rhi Qia'fa. Hi^ioir»- df« r;ii»»rrf«( rnarilime», 
(4) I J h fciona dflT iinpi r;»a diTnioli di B.iibaria; 
V^n'Z a l-Vfl; %U'ti%%i dHI' arm^U «lel .i >li(»ia fMiolica 
de» iiia a a <' iinpfiia di Tripoli 'li Bdrbari;i, df;la prira 
del e Hf Ix t profir»-»»! délia: mjla iiim.i. >i<riiii nu Aoi. 
Fraijc.Ciruiton»o; Vcuez. I5vO. 



LIN H h XWIII. 



\'2 



liciine à I)s< IutI>** I I ♦• < mars 15<»n. la Ilot te 
jeta Tam TL' ;"» i'oui'nl du f»»rl . au « ap llal|;ucr- 
ntra, et W 7 lou «• l armiV opéra vm (lib.ir»|ur- 
nient. Apd's «lurluurN fM:ariii«>iiLlu*N tC iliM'i^t-s 
ni^i;iKiatioii)(, le cli.lteau m* reiuiii li* huitiriiu* 
jour, ri au^Nilol furriit jrlt'*> 1rs t.imiciiiriils de 
noll^<-<âU\ i>u\rat;e^ pour drfiiidre I lie l.e 
prime de Kainiuan vint visiter les clu-f» e*|Ki- 
Rnoh, et If I ( l«' s< luith de I le se rendit au- 
pn^ drs autorilcs rluiMii niirs |Miur jurrr sur le 
Kuraii ra«'t-iiiii|ili^sciiM-iil dr la t apitulatioii et le 
p.iyefiM'nl auiuitl du tribut stipulé, cuiiNislatit 
en t».(Hi(> tlialtrs . (|uatrc autrui lies, cpialre |;a- 
zellts, i|ualreelalon>rt uucliauieau. I,e sclieirli 
jeta [lar terre la iMiiuièrj* avec laijuelle Tor- 
pluid 1 ivait Investi de sa tharj;e , et a|;ita eu 
l'air IClendard ro\a|. I.ai li- fut srellé. de l'ar- 
pent tut jrit' p iriiu l«' peujile '2 . 

Tandis i\uv le \ic('-ri»i de Naples perdait à 
Dstherbi- le tt iiips et riK'iasi<)u favoial»!«s poiu* 
la toiiipuHe de liipoli, l'iale-Pas* ha prenait la 
mer aver une (l«)tli' de ient-\in|;t voiles , et se 
fortifiait à Modem des b.ïiiinents » u heu ''^ 
Khndes , kurdi'iîhli-Alniied-hejj . et rlu sand- 
chakheiî de Miuléne. Miislaidia-Hejj. A|)r»'s 
avoir bien radoubé ses vaisseaux, il leva l'aiure 
le 30 avril, et le 7 mai il se trouvait a la hauteur 
de Malle '.\ l.i \\ reçut a\is. jiar ror];hi:d. (pie 
la flotte ehrélii une était erîeore à hscli rl)€, et, 
apr^s une marche de quarante-huit heures, 
l'ancre fui jeté»' a doii/e mille de Dscherbe. Lv 
jour suivant vit lenlièie défaite de la (lotie 
chrétienne : vin^t |•,al^^es et vinj;t-«ept trans- 
ports furent jetés a la eùie, roulés lias ou in- 
cendiés: sept ualÎTcs se réfiii;iérent dans le ca- 
nal (!• Dscherbe; les auire.s. avec le vice-roi. 
s'enfuirent vers l'Italie. Piale informa de sii 
victoire leb'"n,lerbe(î dcTri[)oli, Tori;hud . qiij 
parut six Jours après pour prendre part à de 
nouveaux triom|tlies et .m siéj;e de Dscherbe. 
Fortifié par le» troi pes de ce vaillant chef et 
par celés de kiiiroiian et de Sax, Piale com- 
mença vers la fin de nui le siéfje eu r^^le du 
château de n>cherbe. Il confia le commande- 



nt Alfoiiso L lloa , (rni, Vcriot, Ha Ischi-' haif j , 
HUioire des guerres iiuriiimes. 

(2J /b'il. 

(3) llaJ.'tclii-Chalfa , Histoire des Guerres mariliir.eii , 
fol. 33. 



meut de la llotle au sandM hakbej; de MilyU'Ui > 
et lui- 1 ^me m* rendit d ins le camp où étaient 
réunis p!usde ipi.ilor/e mil eho i nie^ 1^- siéjjc 
<lura ipidlre-Mni;ls jours. «lauH le premier mois 
seuiew lit furent lancé*?» douze mille Uiulets 
et «piar.iiile nulle tU-ehe» 1 '. A la tin de mai, 
loi Mpi't tirent été liitVéesautNi h"» (;..lér« s «pii 
ft'éla;ent iéfu|;iiesdans le canal, que \c* asuiC- 
^eanis se irou\èieiit ai pied <lex murailles, el 
«pie la |;arnivMi déi oura|;ée fut réduite à de 
fail)Ies restes p.ir les dissertions dans lecanip 
turc, .\l\aro fut pris en tentant de s*é( happer 
sur un es(piif vers la Sicile, et let Iwteaii tomba 
aiixmnns des musulmans, l'iale, ayant ordonné 
les mesures néces.s.iires pour le réialilis^ement 
des fortifi<aii<»ns. .M- rendit avec lor(;hud, d'a- 
Iniril à Tripoli, ensuite à l're\e. el . le 27 feji- 
leinbre fil eiitii son entrée lriom|iliante .'i Con- 
stantinople 2 . Il avait envové le premier avi» 
de sa vic'oire par une l'.alère (pii traînait aprA.s 
elle dans les Mo s la ;;rande bannère espaj;!» le 
surlai|ue'.le était représenté le Cbrist en cmix. 
I ( jou de l'aniNee «l» l'iale. Suleiman se ren- 
dit du k-rselik du st-rail sur le b<<rd de la mer 
pour conlempler de h ce noble spectacle. .\ 
l'arrière du vaissiau amiral éta cnl don Alvaro 
deSandi. le général don Sancio de l.e\ia, le 
commandant des.l);iiiments sici iens. don Be- 
ren;',er de Itetpiet'nes, ( t le («Mumandant des 
iNapolilaiiis 3. I.e.s [galères coiupii.ses. toutes 
déiiûlées. déj'.rt'es. sans gouvernail . n'offrant 
plus que de n.iserables carrasses, étaient traî- 
nées a la remonjue. Suleiman assistai ce spec- 
tacle, prave et sérieux comme toujours : ni 
l'orjîueil de la vietoire. ni la joie du triomphe, 
ne purent é» lair. ir son front, tanl mmi Ame était 
préparée à toutes les ^ici.ssiludes du sort, ou 
ben peul-<^lre le |)oidsde ses infortunes de fa- 
mille a\ail éioufft- d.ins son cd'iir les éiiotions 
du succès Don .Mvaro fut mené au ba|;îie avec 
les autres esclaves; là il lienrl.i du front la 
tiMNée frip bassed»' la poiie. rei ula . et fil dire 
au kapudan-pasi ha rpiiine telle demeure était 
indigne d'un homme de .sa conditiun ; il lui 
en fui accordé une [dus convenable. Trois jours 



(P Uiloa. 

,'2 Hjd»cbi-Chairj, Histoire de« guerres maritimes , 
fol. 35. 
v3, 6u.'>b.quii epislola iv. 



122 



inSTOIRK 1>K l/KMIMHK OTTOMAiN. 



npnS Unir arrÏM'e , l«s pristinniors fiirfiil alln- 
clu-s ir\MS A ln)is.. ci prumnus on spivlailc par 
les rur-i do Gtiisianl no ■le. I,o kiaia de l'ar.sr- 
nal menait leMorlo.'.o. Pans le (li\>an, 1rs \e- 
>irs s'onlrclinrcnl avrc Alvani vl lui olTrirrnl 
nnoininiandcnieit oimtrc la IVrsr sil voulait 
.ibjurrr la foi au (.liri'»! cl à son roi J) Sa for- 
inolc ne fui pas plus êhraMii'c que son couraj^c 
n'avait Hèclii sur les rem|)arls de Dsilierlv l.cs j 
prisonniers furent anu nés sous la fenêtre i;ril- | 
lée du sultan, derrière laquelle il se tenait in- \ 
.H>orçu. S«)i\ante-<li\-Nept janilsi hares (lortaicnt j 
soi\ante-di\ pièces déloffes de soie et sept | 
pièces de drap de couleur (pie le j;ran(l amiral 
rialco:frait en présent au sul an. Don Alvaro 
reçut de Piale la permission de voir des étran- 
gers et s<^ (<i - dinforluiie v'-). Leurs 
misère> furm > >> par les soins affec- 
tueux de Hushek et par la douceur du nouveau 
grand vesir Ali-Pascha. Busbek leur fournil des 
vêlements et des moyens de subsistance, et 
s'enfiagea en outre A de fortes sommes pour 
leur rançon. Enfin il parvint à faire raellrc en 
liberté Alvaro de Sandi et Sancio Ix'via 3). qui 
manj;èrent rbeziui . mai^ à des tables séparées, 
parce que leur baine les divisait encore dans 
celte circonsiance l^. Parmi les prisonniers 
sélaient ! issi don .bian de Cardona . 
gendre <i ' ''•fl Gaston , fils du duc de 
Medioa. Le premier avait déjà trouvé moyen de 
se racheter à Chios; le second, que Piale avait 
caché au sultan, fut l'objet de |><'r(|uisitions ac- 
tives, sur la dénonciation de Huslem, et inou- 
nit dans les fers de la peste, ou bien Piale s'en 
défit de crainte que .son exi.slence une fois dé- 
couverte ne le fit lui-rnème toniber dans la di.s- 
grâce. Alvaro, .Sancio, Bercnger arcompa- 
gnèrent Dust>eL lorsqu'il revint auprès de »on 
maître. lyc fils du Génois Cicala , jeune homme 
de di\-huit ans. plut au sultan, se fil musulman, 
entra daas le œrps des |>agts de la première 
cbamt)re , d'où il .sortit ensuite f>our <levenir 
kapudaD-pa.scha, grand vesir en Hongrie et sé- 
rasker en Pers ô . 

(I, CiWm. BiMbeà ne dit rieo deoeUe cirootUDce. 

(2) Btt iM h , n>- '▼• 

(3) Botbek rx Istiuafi , I. xxi. 
(f) Boiiefc.qL it. 

(S) Rapport <fai mescager de Ferdinand , du V) tep- 
tODlire iS»t. 



l.\ délivraui'c (les prisonniers laits à Osclicrbe 
et leur déjwui avec Husbek,qui terminent le 
récit des évéïicmenls de la guerre niarilime. 
viennent se ratiadier à la fin des bosiilités par 
lerreel à la conclusion de la paix avec rAuiriche. 
M.iis connue la pecte denscberbe. bientôt suivie 
de la prise du Pruon de \elc/. enlraina iuuué- 
dialement après le siège de Malle, il semble né- 
cessaire d'exposer ici c(s faits militaires, anti- 
cipant de trois années sur l'histoire des temps 
qui suivirenl le traité conclu avec rAulriche. 
I.e roi d'Kspngne, ne pouvant éltuifler sa dou- 
leur sur la perte de n.scherbe, station si iuq)or- 
tante sur la cote d'Africpu* , stuifîcait "i s'en dé- 
(lonuuager par la conquête d'iui autre point 
fortifié sur les mêmes parages. Kn face du ri- 
vaj;e d'Kspagne , environ A quaranle lieues de 
distance, est siiuée, sur la cote d"Atri(pu*, la 
\ille de Gomere de Vêlez, et devant celle ville 
s'élève, sur une île, ou plutôt sur un rocher 
batlu de tous c«"»iéspar les Hots, la forleres.se 
appelée Peiiiui de Vêlez, ù cause de sa res- 
semblance avec une pomme de pin. ÏAi seul 
sentier praticable est taillé dans le roc, et l'é- 
troit canal qui .sépare le rocher du cnnlinenl, et 
qui peut à peine contenir dix A douze vais- 
seaux, sert en luême temps de port. Garcia de 
Toledo, vice-roi de Galalogne, fit voile de .Ma- 
laga vers la côte d'Afrique, le 10 août lô(>4, 
prit la ville de Gomere de Vêlez , ce qui déter- 
mina la petite garnison du fort a quitter son 
poste 1; La pri>ede cechAteau , et plus encore, 
la capture d'un grand bàiimcnl cliarjjé de mar- 
chandises pour b- hareni, que sept galères mal- 
lai.ses capturèrent entre Zanle et f^phalonie, 
irriltrenl l esprit de Siileiiuan, déjà poussé de- 
puis lorigtcuqjs vers la conquête de Malle. Sa 
détermination fut excitée encore par le grand 
vesir qui lui rcprésenia que . de la Goulclle et 
du Penon. l'Lspafjne dominail les eûtes de Tu- 
nis eld'Alger, et par les plaiulcsdu iKislandschi- 
b3.s<.hi,et des femmes,auxqu(l!es appartenait le 
cliargenient du vaisseau enlevé. Sa fille, la 
pieuse Mibrnali, lui peignait sans cesse la con- 
quête de Malle comme une cntrcijrise inij^jr- 



(1) T«Tïa parle délie liisiorie (dAlfotiKo IJIIoa), rlin 
rontienelaliU;ralioiidi don Alvaro, rf*pu(;nalu)ti(d«l l'i- 
f;non di Vêlez dells Gomera et il j(Hc<*»s<» délia poteriliK- 
kiiiia arniala mandata dai Turco Mpra TiMila di Malta, 
l'anno ]jf>'j , et Verlot , I. xii. 



f l\ KK XXXlll. 



123 



l 



i.iiifedans la Minte(îiirrrcronlrf les infidèles. 
Le 1" ;nril h (loilr «Nslirn'e nmiie Na|)le> sor- 
lildii ()4)rt (le (!4Hl^l.llltinl>|)|l^ stm-i IcKoidreMiti 
ka|)ii(lan-(Kisrlia Piale; le roniiiiaiiileinent sii|m^- 
rieur (\vs fimipes de rl«^|..in|iiemrnl éta I remis 
aui imiiii. nu- \e>ir, r«'\(liidii liirede Néra>Ler, 
au M*|il ai^r-iiaire MtiKiapli;i-Pasr|)a, de la fa • 
mille soiivei aine de Ki^d- Miiiiedlti, qui lirait 
son ori|;ine de(;iiali(l-l»eM-N\ elid. |Mirte-rIen- 
dard t\u piopti^ir . et (|ni j.idis , muia le nom 
d l.striidiaroj;li!i , avait ré|;ni^ luee inrlipeil- 
danceAurla ertie asiiliquede la nier Moire. I4; 
f;riind vesir. Ali letiros. au(piel sr pirsen- 
taienl t(»ujoiirs des expressions pl.iisanles.ajirés 
avoir, avec les aulrrs vesirs, accoin|»a|;né la- 
iniral »f le j^thural jusfpr;"! leur Iwinl. dit d'un 
ton de raillerie : ' \ t>il 1 dei;\ hommes de Icllc 
humeur, aimant !i s;ivourer le tafi^ et l'opium . 
que l'on envoie faire un vo^•a!;e d'a};rément aux 
lies. Le rhar|;emeril de la Mode (Hiunait bien 
se eonijKJser de fi^ves dWralue et de jus- 
qniame ''I \ i>Si eelte es|HSe de Ion mot est rap- 
peK'e ici, c'est à cause du jjrave ju|;enieiit jKirté 
|>ar les principaux hisloi iens otlouMiis. (prà«es 
paroles si peu dij;!ies d'un {',raiid ve.sir doit 
^tre atlribm'e. comme un manvai.s présaffo , la 
triste issue de loule leiilrcprise. An reste, c'(^st 
là un tr;iit du caractère du i;rand vesir. et le 
ju{;ement des historiens |>ent donner une idée 
dellupiieur superstitieusedcs Turcs. (!cs mi^nies 
historien'- reniaripicnl daillcurs (pi'Ali le (.ros 
n'était en bon rap|>orl ni avec l'amiral ni avec 
le [jénéral, aux dépens dcsfpiels il plaisantait; 
que ces deux chefs n'étaient pas d'accord entre 
eux.etfpic tous deux élaicot jaloux de Tor- 
ghud , dont ils auraient du altendie l'arrivée 
avant de commencer le sié};e: ce sont l.i des cir- 
constances cpii. indé(irndammeiit de la vai'- 
lante défense des chevaliers , expliquent suffi- 
samment la triste issue du siéfçe de Malle. 

A Modon . le .s4Tasker passa ses troujjcs en 
revue: il avait sept mille sipaliisde IWsie Mi- 
neure . commandés par un sandschakbc}; et 
deux alailtej;s, cinq cents de Karamnnie, et 
quatre centsde Milylî ne. quatre millecinq cents 
janitschares et treize mille hommes de troupes 
irréj;ulièrcs; la Rimiili avait fourni flou/.c cents 



(t) Aali, ivi* événement : Pctschewi , f.>I. 123; Sa- 
laniki , fol. 18. 



y si|tahis cl trois niilie ciii(| rruis soldat» irré|;u- 
licr^, Mioxleux NaiidM-|iaklH'i;h eltiii ;daitHt{. 1^ 
Itolle el.iji < oiii|Niscedc t enl IrciiU* (;alcrcs, huit 
nuihone», Inm kara uiurKalei», onze i;it>tt saii- 
seaux . dont l'iiii . <pii avait .1 lM)rd six mille l)«i- 
r\\> de |H>udn' , trei/e nulle lH><ilel» cl dix 

i ernt» sipalii». |>eril \>rit> de Minlon corps < t 
biens . dix i;n1èrrs dn vieux Ali l'oiiuk , «oui- 
mandant de la station de l<h«Nle«. dcu\ (;alêr«s 
de Mii\ Iciie. de Malili . liU du di riiier lM'i;ler- 
be|; d .Vl|;er. dix-sept jMiilh baluneiits apjM-léh 
fiisles, ru tout deux centh voiles, le TJ mai 
\''À\!i. ces forces parurent devaiil Marvi .Vi- 
ro(co, au sud-ouest de lile , cl mil a lerre le 
len<lemain vin|;t mille hommes et cinq canoriH 
de caMipaiîiic. contre l'opinion de Piale. cpii 
conseillait d'aticndre larriNée de lorj'.hud. 
Aussilot l'on ouvrit la tram liée et Ion |y>iiita le 
canon ccmiro le ( ludean .S.-iinl-Klme, qui , si- 
tué sur la |)«»inle de terre, «iilre hs deux |>orl.s. 
les prolc|;eait tous deux, cl en faci* du(|uc| était 
le cliAleau .Sjiiii-Anj;e. Ciinq jours après arriva 

I riiidschali avec six j;alèrcs d'Alexandrie , ei le 

' "2 juin pat ut enfin lorj'.hud avec liei/e j'.aléres 
portant Irci/e cenis hommes, et dix {jalioU-s 
sur lesquelles étaient huit cent dix soldais. Il 

I blAma lalh-Hpie sur .^aiiit-KIme. (pii plus lard 
serait lombé de .««oi-méme; mai» il juj'.ea <pi il 

, serait mainlenanl contraire à riiuniieur otto- 
man d'abamioiuier l'entreprise commencée. Il fil 
élever une seconde bail erie.eld»' la poiiile du port 
Musel il loiidrova leravclin aveclecanoii de .ses 
j;alère8. l.elortSaint-IJmeessuya le fendes vais- 
seaux et de irenle-six pièces du côté de la lerre. 
;\près diverses tentatives das.saut, 'lori;hud 
mena enfin une vi|;oureuse attaque, lue pierre 
qu'un boulet avait fait éclater du château S.iinl- 
Ani;caUei(;nitleiie|;l«'rb«'j;de Tripoli a la Icle.l^: 
san{çja;llii en abondance du iu7 et des oreilles. 
.Musiapha-Piischa ordonna de jeter sur lui uno 
couvcriure, et (uil la même [dace ave< la pré- 
sence desjirii la [>lus complele. le <alme le phis 
parfait , enirelenant Tin|;énieur de l'établisse- 
ment dunenoiivclle batterie. I. es restes de Tor- 
{•,hud furent trans[»orlés à Trifioli. I/e iiiijuin, 
eettemorlful venjçéc parlai hiite deSiint-KIrne, 
dont les défenseurs, au nombre de trois cents, 
l>armi lestpieis cent trente chevalici^ , mouru- 

. reiit en héros. Mustapha, considérant revifjuilé 

I de ce fort, qui avait fait verser tant de sang, et 



I2i 



iii.sToiixi. m. \:\ 



mesurant lèlendiio (U> {htics »iiir la plan* 
Hl HD^ue roAtrrail . laissa iVhappcr rrs pii- 
n>Ie^:«Si If fîN a roiMt^ d«'jA si rhrr. qin* fan- 
dra-t-il n»>iira\»»ir le ^>^^ei'^> \oiilant oxrrecrsa 
colore sur h^ défiMiseiirs irorls . il fil écarleler 
le-<ea<la\re* el i louer les membres en l«»rmede 
cn»i\$urdes|»l.inrliesqu' furcH lettres par les va- 
f;uesau p «^idurh;UranSainl-.\n|;eel (b'Ia \ille. 
Lejrandmaiin'LiValellf.otiMianilesprinripes 
de charilc* chn^lii*nne. ordonna en reprt^aiiles 
d'immolerles prisonniers lurrs. et de lancer leurs 
lélesen iTui<iede Uiuleistlansleea np lnrr. Mus- 
tapha-PaMha ht so nmer, par un esi lave c hri'- 
lien sepluaf^ènaire qui avait éié aHael»' renie 
ans au hanr des j;al<Tes. le j^rand maiire de 
rendre la plarr. I j \ alelle. montrant au messa- 
ger les bdsiions et les fossés, le renvoya avee 
celle it^itonsr : « Voilà le seul terrain que je suis 
dispos.é à réder à ton maître, pour (juil vienne 
le remplir aver les cadavres des janilM'Iiares. o 
Alors ralta]ue se porta sur les deux forts de 
Saint-Anj^e et de Saint-Michel . qui . construits 
sur deux lanj^ues de terre formant lescôtf'sdu 
prand port. rouvr<nt le port des (galères. I/ar- 
riv«^dHdsan . t>ej;lerl)en dAljïcr , avec \ingt' 
sept voiles el deux mi le cinq cents hommes . 
forli'îa les assiéj^eani*. Fils de Rarberonsse et 
gendre de T<ir[^hud. Ilasim aspirait a se mon- 
trer dif.ne de sa naisanee el de sr)n alliance par 
de brillants exploits : il sVifiYit pour l'attaque 
du ch^iieau Saint-Michel. Miisiapha lui donna 
iix nulle hommes, avec lesquels il livra l'assaut. 
tandis que le capitaine Canilelissa , renéj;al 
grec vieilli au métier de corsaire comman- 
dail les va sM>aux avec quatre nulle .\Ii;éri< ns. 
Candeli<>sa f;onverna droit contre les chaînes 
qni fermaient le prirl des f;a'ères, an bruit des 
IrfimfK'ites et dfs tarnltours , prci édé d'une 
chdou(»e remplir d imams et de maralKinis rpii 
lisaient le Koan et prono çaient des malé^lic- 
lioa* amtre les chrétiens. 1^ lutte fut lon{;ue 
el meurli*ère: à (feine cinq cen's hommes en 
échap^ii-rent : on ne fit q-artier à aucun Turc. 
Le* chexaliers de Malte semaient le C3rna|;e. 
en disant qu'ils donnaient la monnaie de '^aint- 
Drr;e. Ils eurent à d( plorer la mort de (,ar- 
c a Toledo. fils du vice-roi de Sici e el neveu du 
grand maiire. Dans un conseil de guerre, tenu 
à ]i ^uitede çe'te n(',\(tn, il fut résolu que Pia'e 
et le^ soldats de la flotte assié/.traicnl le château 



.MPIRF OTTOM.XN. 

Saini-An;;(' cl la vilh". el (pie les pirates avec le 
bcnldbci; (r.\l;;cr piunsuivrai. nt lallatpu* sur 
le fort Saint-Michel. I e sié;;e dura encore deux 
mois entiers, durant Icscjuels dix a.s.sauts fu- 
rieux furent livrés au ( liAleiu Saint - Mi- 
chel , et \aillauunent repoussés. .\ndcrni<'r, 
Turcs et chrétiens prétend rcnl avoir vu deux 
houunes étraitjicrs cl unt' rcinuic sur le rem- 
[)art. I es chrétiens se persuadèrent (piils 
avaient recoiniu la sainte \ ierj'.e avec saint 
Paul et saint Jean-Rapli»ie . |)alr()n de l'ordre. 
Cette croyance à une apparition miraculeuse 
inspira aux Mallais dis prodij'.es de \aleur, cl 
put bien excuser le (lé((uua;;eiueiil des assjé- 
f^eants . lorsque cntin , la veille de la nativité de 
la \ ier{îe . h' secours si lon|;t(Mnps espéré et 
tant r< tardé du vice - roi de si( ile arriva 
heureusement : Mnst ipha et Pialc levtrenl le 
le sié{;e . qui avait coCilé aux chrétiens environ 
cinq nulle hommes , et plus de vin{;t mille 
auxOlioiians \'2\ septembre lotiôl. 

Après avoir parcouru ces épisodes de la 
guerre maritime, qui se déve'oppèrenl durant 
vinf;(-six années sans intcrru[(lion , il faut 
revenir jl lépcKpu'de la [laix conelue avec l'Au- 
triche . au jKiini où nous avons laissé le fil des 
évéïiemenls nlaiifs à la paix et î\ la fruerrc par 
terre Dans la deuxième année (pii suivit la paix, 
renouvelée (lour huit ans par IJusbek , entre le 
sultan et Icnifiereur , mourut I erdinand, l'un 
des cimiraclants. AnssiUH \" grand vcsir Ali- 
Pasclia réclama liauleuienl. auprès de lamba.ssa- 
deiir résidant à(Jonsianlinop'e, AlberldeW ysz, 
l'eiivoi du présent annuel slipidé, en retard de 
deux années. et le retiouvclleuieni du traité poiM' 
h-s six ans (pii rcsiaicnl h (omir jui Ici lô(>4 '. 
Hnl.jfi'i, les présents devaient être apportés 
par des n(mf es nonuiu's a cet e'fet, mais la gar- 
nison rebelle d'Ofen avait déclaré ne pas vou- 
loir les laisser passer. Mainleiiaiit Maximilien 
dif éra cel envoi pisrpi'à c que la paix eût été 
renouvelée. Suleiuian lui adressa de.s féliciUi- 
tions sur son avéneuicnt au irùne . par le 
tschausch Hali , et fit demander si Maximilien 
voulait la paix ou la guerre. Cependant le fils 
de Za|>olya avait adaqu;^ Szaihmar, et Michel 
Czerno\\ic/,. l'ancien interprète de N'enise, fut 
envoyé en qualité de nonce à Conslanlinoi le , 
prjur se plaindre de cette aileinle a la fiaixfl). 

I Wimiû, I. XXII. 



1.1 V m: wxiii 



12^ 



Lorsque CzernoNvicz fut arrivé \ Komorii . Ars- 
IdU Pastli.i , le iKJUVra I i;ouveriu-ur d Olin . 
.successeur de lUisteui , lui hi savui.que llavui 
deGran iir le lais>erail |M)iiil |wiî»ersaiis«bleiiir 
des prrsifiis ; «Il memr trm|i> Arsian cvpëdia 
vers Maxiiiiilii-ii l« ImIkiumIi llnl.ijel , ie!ie|;at 
iransylvanim , dnit le iiom alleiiiaiid elait Marc 
Scherer . jKJur I .i aiiiiDiufr t|ue loulis luivsioiis 
au)L(|u«llfS nr sn.iit p.i». jtiiiii le uibut res- 
leraienl mus efKet. Dnir»- !«•> « (».(HH) durais for- 
mant le tiiuolanl di-N drii\ aiim^'s tW hues , il 
s'aj'.ivsail d»* Ntrscr «iitore les :W).(MHI ducats 
promis |)ar Hiislx k aux \esirs pers.tiiiielle- 
incnt, mais l'niipcreur crai(î .it de li\r(r tout 
eel ar|;eiitaux I unscii pure pei le. louleFois les 
di u\ tsch.iiisrlis IJaliti Ile ajtt n pi irtiit laroiile 
de Ci>iisi.uuiii()[)le. cli.njjcs d'.iiinoiu cr l'ai ri- 
vée prochaine des pr«scnts , n- vembre 1Ô64 ] ; 
niaiN (Ml mtVne temps ds porl.iiciii iinrdrmande 
relative il la resliUiii.iii de S/ailimar. l.cs trois 
nonces Michel llzernowicz, GMirijts Alhaiii el 
Arhaz-Csahi , arrivèrent le '2'2 diVembre à 
Constantiiiople. A hani mourut au eoinmen- 
cemenl de lanvier, et les deux autres dé(H)- 
sèrent le i février 1. «Go aux pieds du su tan, 
en audience solennelle, les bd.OOl) dueals dus 
pour deux années , puis doiinèunt les :{(),(MH) 
promis aux vesirs. (Juaiil a la demande du 
renouvellement de la paix , il Fut ré|K)n(lu : 
(|ue, la paix devant durer huit années, le sultan 
conserverait les localités au di la <le la Iheisz, 
dépendant de la Transylvanie,;^ lexcepliundc 
Hanya on .Neusladl , ap[>elé aussi Frai;eid)acli , 
qui était le (iomaine des r<'ines de lloii;;rie. 
Comme les nonces fM)rleurs des présents . ni 
l'amlias.sadeur , ne pituvaient adhérera eelle 
condition, Achaz-Csabi fut retenu; Czerno- 
w'ici rciourna , accompa{;né du tsch.uisch 
llédajet , chargé de la pioposiiion exjMJsée ci- 
dessus; un autre Ischausch fut expéd.é à Con- 
slantinople , pour y reconimander le mainiien 
du repos. (ieor(;es Bebek avait éiemis en libellé 
sur l'intercession de ren\o\é iransylvaiiien 
Rekessi , et f.r.-^ces à l'amitié du suhan pour 
Jean Si[',ismond. Czeriiowicz [xiui suivait .sa 
route, lors |ue , arrivé à Isctiorli, le Izuru- 
lum des Byzantins , il fut atteint par deux 
tschauschs expédiés en toute hàle de Consian- 
tinoplepour le ramener , parce que le pa>cha 
d'Ofen avait annoncé une attaque surlokav et 



un rasîM'inblement de troupes. Sub iman j* 
iiiodtra ties-ii Tiié <|uj' l on réelamit "^iuiibinar. 
et que, d un autre coté. Ion eiiten\ahi loka\. 
Après que Ion eut exprimé durement !k 
Cl/eriio\\icz rindi,;nation d.i sidian, il put con- 
tinuer vi roule jMHjr \ leiine a.ec lled.ijet. Ce 
iiievvijpT. ( Il reuieiiaiil l'acte de ratihraiion de 
.^^uleiiiMii, Si' plaii;nit au nom du sullau, que 
Maxiiiiilieii. sans aiuiidre la ré|»onsi' à la de- 
mande de restilu iondi' .^z.llhlllar, eut fait vio- 
li minent enlc\er lokay et St« ncs ; en raison 
de ces faits, ajuula-t-il, Suleiiuan avait or- 
donné aux be|;bi be;;s d ( Jfen el leniesuar, 
ainsi cpia sept sandst hakbejjs, de proiéjjer le 
fils de/a|K)l>a. In ( ()nsit|ueiice le |Mscha d (J- 
fen, Arsiaii . avait enwiyé six mille hoinmes . 
celui de lemes\sar, llasaii l'rodovidi, avait 
enlevé Paukotta \l,. A celle nouvelle. Czerno- 
wicz partit de nouveau |N)ur Consiantinople, 
et juscpiau retour de cet eiivové, lledajet- 
Ischausch fut jj.irdé en oiajje. l.urtuiwki de- 
vait rédamer la restitution de l'ankotta et une 
injonction pour le hls de Zaftolya d'observer le 
traité de ^z.itliiiiar. I,e lendeiiia.n de l'arrivée 
du représeniaiit auti iihien lomha le plus ferme 
ap|)ui de la paix: Ali le Gros mourut le '2H ju\n 
]•)' .'i, et â s,i pl.ue fut éevé le second vesir. le 
Hosnien Molianined-^okoliovicb, cijunu |wr 
ses dis|M)sitions belliqueu.ses. Celui-ci déclara 
que reiii|M'reur devait rcMituer lokayel Sere- 
ncs; (pie le liaile de .S/.iihmar avec le fils de 
Zajxilya était de nu. le valeur, attendu qu il 
avait éié conclu sans la permission du sultan ; 
que tout |Ki;ivaiiresierd.ii.sle.N/^y/// y/zc; jijstjii à 
1 arrivée du li iuut é( lui . ci (pieiisuite on exa- 
mineiail i Dimne première (juistio.i le renou- 
vellem. m de l.i pix. Ni 1 a.i.ba.vsadeur Wysz. 
ni le nonce (izernovsicz ne |K)usaien; acceplei 
de pai edle.s décisions. Le dernier allait être ton- 
{ïédié avec la réponse du snlian , lorsquarrivè- 
rent de Transvlvai.ie des nouvt Iles alarmantes. 
atinun(,ani que. sans l'aide de.s I un s, tout elaii 
perdu 7 juillet j. Czernowiczlut retenu, et ce fui 
seulement lorsque l'on fui inforn.équKidud . 
après un siéj;e de \inj;t-qua re jouis cl deux 
as.sauts, avait été en (ajrté et détriiii par Ila.san, 
be^jlerbey de Jcmeswar, que Czeino\icz fut 
mandé devant le grand vesir. On lui remit alors 



M, I».uan6, Bizari, de bello panonro liber. Samburn. 
De rxpu.Tii. arrisTokai, dans Svndromaii» , p ivr 



126 



IIIM'OIUF. I>K I/F.MPIRK orrOMAlN. 



laletfrfdu sultan qui diVlanil le trailr de 
Saaihmardo nulle valeur. e3kij;rait la n"sliliili(»n 
lit Na(^-R.inya cl de loka) ;'i /am»lya . le rni)- 
p»! «l«-s fnHi|M's .illenundes. limiMMii lilxiir 
du tsfhau*» h IlednjeC I \ Kn quin/e j<Mirs Oer- 
noHÎei: franchi! la disl.uKe de Consianlinople 
ik > irnnr avrr reite lettre. î)eiTi<^re lui venait 
plu», lentrmen! Arli;vrv.d<i. Prexpie en ni(^iiie 
temps Mustapha Sokoll(i\i( il. neveu du p.rand 
vesir Mohammed. fTouvcnieur de IVtsnlr, fit 
uneirru|»ti(»n « n f 
une diversion «pu , .. ^ . 

srivanir. Musl;«pha Ctait ne*, eommc son onele 
Mohammed . à Sokol nid de faueons). .Sorti 
du h=»rrtr iniM fril "ô il sVt.iit élevi* au jMisie 
de rte-arme^dusiillan, 

Mrî , ... . ,v , . , , .lUssilùl A la dij^niié 

de kapudan-pas(iia. el bientôt aprèî< à celle de 
;T de lUniiili. Vin neveu Miist.iplii. 
tranchai;!, t'iail devenu defierdar de 
Trmeswar. el avait été inresli en-ulle du sand- 
•tdiak de Fulek. Tran'.jNJrtéde l;t dans le sand- 
ftrfiak de Klis. il cdnipiil le château de Cliorian. 
ce qui lui valu! le poste de Szej^edin. puis celui 
d'Hersok. Comme [^ouxerneurdllersek , il en- 
treprit rirrup!i(m de Croatie et le sitjjc de 
Krup|ta. an< irnne |iossr<si(in des chevaliers de 
8aint-Jean. ap|»artenani alors au comte de 
Zriny. A la sommation de se rendre. Mathieu 
Bakics fit un- »' du nom (pi d por- 

tail , ci n)M } i\< prori pis seroiirs 

au capilainr delà Cjrniole. Merhart d'Aucr- 
sper*;. à / " ' vct.^ Krda-dy. Lesirjjc 

durait <i> /tjmirs, contre l'altcnlc 

de MusJapha . qui av.iit épuisé Acs NjuIcIs : il 
loi fallut envoyer des bétes de somme à IJan- 
yaluka e! * > »tI>o*<ii jiour chercher de noii- 
vellf* munilira^: en .il fendant il ht recouvrir 
des cail.fKix a\ec du plonib par des /iî^cuncs. 
Aoesperg acroorut, â la tétc de sept mille 
hfrmmes , av* ■ ", ,■• 

de rinna. fj» . ■ , s 

seulement par la ritière. s'envoyaient des balles 
el f'. "•• ' ■ • ; . : • ■ ' . • s 

prièrent en vain Auersperg de leur donner 



1, >oQ f>i% Hà ouit ]tjVTt. , oymatt ledit iiauaiifi, 
I. XXI . car Czerbo«iC2<|utlu Coi»i;)iiiit.r>;/le le 8 aoùl et 
arriTa t« 22 à Vioifte. 



seulciuch! mille hommes pour passer 11 luia; i| 
n»lin! ses i coupes dans smi camp par un exclus 
de prudence «pii lui fui imputé ;^ I.Uhcté par 
les lhui|;itiis. el il arriva (luCn viicd»* ces ren- 
forts, le vinjji-cinquicmejour du sié|;e, Knippa 
fut eiit|H)rléc de vive force . incendiée, el (jue 
ses vaillants d« fcnscurs furent massa» ii^s avec 
leurs femmes i Irurs enlaiits, Novi subil le 
même son. l-.nllammé par ces sucres, Musta- 
pha se précipita dans de nouvellesenlrepri.ses, et 
■>! SCS courses, avec dix-sept cents hom- 
. iiiMpia (Mrcsio, non loin de Cris: mais 
Il il rencontra tout a c»uip l.rdody , avec 
quinze cents cavaliers et trois mille fanlassins, 
qui rallaqua. lui arradia cent viii|;l (-ii!(| pri- 
s(»niiuTs. avec un biiiin considcrahle, d(uizc 
Iules de somme apiiartenaiit aux propres ba- 
f;afjes de Muslapha, el une immense quanlilé 
de lH>U(l.ers. fie lances et auhns armes ( \\ A 
celle cpo(jue Siileiman, dans une iclire au (lof^c 
de Venise, se plai{;nit des irruptions des Us- 
coipu's de Scj^na 2^. 

Au moinenl où ces événeuienls se passaient 
en lloiif^ric, arrivait à Constanlinoj»lc la nou- 
v( Ile de la levée du sieste de Malle, dont la faute 
était reji lée par les uns sur le kapndan-pasc ha 
l'iale . par les autres sur le scrasker Miisiapha. 
I>e premier reçut ordre d'entrer de nuil dans le 
port avec la flolle,dccrainlcqu«'le mauvais étal 
des f^ai «Tes ne frappai les r<'j;ard^. Dans le di- 
wan tenu à cheval lucnlùt a|)rès. Sulcimnn sen- 
trclint avec le premier vesir . Mohammed-So- 
kolli. cl Icsecond, l'ertcw, et ne parla |M)iril aux 
autres, afin d'adoucir en fjuel|Ue sorte la dis- 
jçrAce du cinqui/'iiie, le s<rasker d*- Malte , au- 
quel il ne voulait |)oinl adresser la [larole. le 
fH're |Mjiné de Mustapha. Ahme<l-I*as< ha. connu 
sous le nom |>oétiquede S<liemsi . alors be[;- 
lcrl>e{j dciluiiiili. se rendait à .S)fia, lor.sf|u'il 
apprit en roule le funeste résultai de l'entre- 
prise conduite [»ar le ser;isk<T. Haussa sulle se 
irouvail I historien .Selaniki, alors simple lec- 
teur rlii horan pour le bcfïlcrbefy. mais qui s'é- 
lea i;raduellem(nt aux postes de mailredes 
cérémonies, et même de jtr* sidcnl fie la cham- 

il> Utuanâ , I. Xku. 

{2j (vtite leure e»l U dernière de Sulfriman, dan» le« 
hiiii MI ;iiffc de» .ScriUure U:de%cïtc , parmi le» aclf» 
^ Arcliive* imiiériales; elle e»l du moi» de 

^ 73. 



MVRF WXIII. 



1L>; 



hro (les (oni|»tos de hi Mrc(|ue, de Mi^ine eC 
d'Aiiatoli, ri <|iii, It'inoiii ocid.iirr d«'< «•\t^iif- 
iiH'iiis d»' S4)ii tnii|>N. va fMius ijuidcr d.iii"i nos 
n'« ils dt*strrn(t'-»ix aim«*fs suivanltîi de icttc 
histoire. 

.Maviiiiilien , fout m v pri'(inrant mVIiiim*- 
iiienl .1 la |;«rrt'. fit rnii»ie nue hiit.ilivc parj- 
fl"|iiiv et rnvo>a , au cofimeiucmeiit de l.iniuH- 
l.'»«i<». Il il<»n|;roi<i (i «ir[»M IliM/iiiuli 'I A*^ii- 
Itiiiiau jH)tir deiiMiidn' la n sliliilinii de l'.in- 
kuila el de Knip|ia. Ce iiir»«>a|;rr de |Knx ap- 
porudl des pri'^enl.M |M»ur les vesirs. et dans 
sa MU le M* tniiivaient viii|;l pri (inniers. |)armi 
lexpiels 'esieiiv Iscliaiis ji Kasiiii, jifis ipiidipies 
limées aii|):iravant par les soldats du Palaiiii 
I liinnas .Nail.isily : e'tMail la un aile de roini»)i- 
Me(»oiirlaveuvedeHiislein. la fille de Siileiiiiaîi. 
• pii ;tvail récl.imé la lihirii^ de Knsim. Comme 
lloN/ii oti arri\ait sans le Iriluil arriiW, et ne 
|Kulnil pas de la rrsiilntion de Tokay, Suleman 
s'irrita . et fil rnirmiier le nonce dans !a mt^nie 
mdson avec lamliaNsadenr Albert de W jsz, où 
ils furent surveillés ri|;«)ureusrmrnt (2). En 
nit''nie temps fut résolue el pnMJaniée la jjiirrre 
roiiire la lloni;rie. l ii peti av;mt l'entrée en 
eampa;;nc. Malimiid. jjouvcnienr dé|M)sé de 
llémin. (pii s'élail dirij;é par terre du rùlé de 
0»ns(anlinople , oi\ il était arrivé en même 
temps que Selim, en offrant d» s présents dune 
ri liesse prodij^iense, av;iit j;a{;nécomplélemenl 
la faveur du p^re et du fils, et obtenu ainsi le 
[;oiiveriiemi ni d"f"i;\pie 3 , (pii fut relire 
à Ssofi-Kilun-Ali-l'asclia. ( eliii-ci , cpii, dans la 
bataille de Konia entre sultan liaiesid et sultan 
St'lim. avait rendu de si j;randsser\iies à Sdiui, 
avait pa'^sé dejmis par \v> (jouvernements de 
Haiîdad. Alep, Damas, pour être mis enfin à la 
tête deladministralion de l'Ilnyple, où il a\ail 
reçu des Arabes le siirnon de Kiluii. des 'l'incs 
celui de Ssofi ,4\ AJa simplicité de ses inu'urs 
et de son coNlume , son successeur opjiosa une 
pompe et une nia;;nirKence é< laianle. Ali-Pas- 
clia avait amené d Alep au Kaire des nion- 
nayeurs qui allérérenl les titres, et frappèrent 



(1) Bizari De bf llo pannoniro lilxT : Isinaiifi , I. x\ii, 
et iiistruclio pro Hosioii.cld. .Tl jauvirr IStG. 

(2) Relat Ho^toli. 

(3) belaniki , p, 23. 

^4; Aali , dans la li»le des vesir» ; SuLeili , fol. ÔO. 



drsdirlirms d'arf;ent de trente pftur wnl au- 
desMMis «le leur \aleiir iiiirinvé(pie. Sm mh(«»- 
wur, Maliniud-Pasi ha. m- put ^eli\rer «piune 
année aux exéruiions el aux |M>ur>uiirs an\- 
(piclles l'enlratiiait m Miif de sauj; et dur. Il 
s'empara des Irémini de l'émir de la llaiite- 
F[;\plr, Moh inimcd Ileii-Omer. eldii derirnlar 
Ibrahim , rlu/ leqiul furent inuivées IIMifHMl 
pieiTs d'or; mais un jour qu'il m* rendait Ti 
<he\a1. A IhiLtk. nu moment où il lav^aii devant 
le pal.iis des lledoiiins, une balle l'éiriidii mort 
parterre. Il fut enseveli dans la moM|uée con- 
struite par lui i\ ilomeila I . 

l'hisieur.s raisons déterminiient .Suleiman ik 
se mettre à la télc de son armée. Il espérait «pie 
la victoire, qui si Ion, .temps avait suivi s« s 
drapeaux, ne les abandonnerait pas r et te fois 
encore, et (juil les planterait sur les murs 
d'KrIau et de S/i{;eth . érueils de ses armées ; 
(pie la chute d'Krlau et de Szi(;eth effacerait la 
tache imprimée par le malheureux »ié(;e de 
Malte, cl ipiel 1 lorliiiie lui airorderail de ter- 
miner par la prise de Haab et de Kornorn la 
cnr. ière de sesvidoires coinmenrées par li 
coïKpiéle de neli;rad. Il était jxjiissé (il oiilre 
par lesexhorlationsrelijîienscsde sa fille .Mihr- 
mah '•_' , el par le fanatisme du sdieich >ured- 
din, qui lui reprochait d'avoir n«''f;li|;é depuis si 
l(mj;tenips d'accomplir en personne le dev(»lr 
d'un nurnlman, en se mêlant à la ijiierre sainte 
contre les inftdMcs (3). Knfin leHIs de Moliani- 
med-l'as(ha, le nomeau |;f inerncur d'Ofen . 
nommé .\rslan , c'esi-a- ire le lion, ne cessait 
de répéter, dans des lettres et des mcssapcs, 
qu'on m* voyait aucune apparence d'armée im- 
périale, el (pie>iil( irtian.diipirlfpic cj'itétpi'il s(; 
tournât, trouverait la llonj;rie ouverte. Arsian, 
accoutumé à cxalti r.joiirnellemeni par lopium 
cl Ir vin h" c(»uraj;edonl il était donc, voulait, 
.sans al tendre la présence de Suleiman. ni ses 
ordres . lui préparer les voies jiar des vi( toires, 
et, se chari^eaiit de toute la responsabililé, il 
entreprit le siéj;e de Talota avec huit mille 
hommes et quatre pièi es de canon. Dc'jA il boi- 
tait la place depuis dix jours , et avait entamé 
les murailles, lor.-ipie l'appnxhe de trouj)es 



I Al Maiiab-bi -Raiiiauiju et Sclbeili , fol .j7. 
(2i Kilrait des iapp(<ri» d'ambaMades véiiiliennet. 
;3, liaukalul-Ëbrar. 



128 



lll> liHlM \)V l.l- MIMUI", OTTOMAN. 



iii))HTialos. apjwU'cs |»,ir loroinmandaiu riuirv. 
cl que lui annonra l .i;;.! «les iM'sthln. IVli- 
1 iiirt . ^vri's une renojin.ii-s.inrr <iaiis l.i f(»u'( <lo 
llakoii . lo rt»ntr.ii(;nii dr Irxrr le >ir|;«'. l-.nsuiio 
le cxHulc Ixl tic >al n al laqua hriis(|uomnil 
Wi^zprim cl Tala . rt nilcx a rcs drux p'arrs. 
Ij fiiriMir (les soldais. IU*maii(ls ôla I si j'.raiido, 
.|u ds |MTO<TOiU IcN I lires JUS4JII0 dans les bras 
doslloin;n»is,oii icsvainruR chorrhaiiMil un ic- 
fiij',0. frainM^iml inrmr criix qui vimlaionl pro- 
lq;cr U's m.dhonrcnx qui dcnjandairnl i^rirc. 
cl jïrovi>»]iHTPnt enfin les ll(in;;rois a inimolcr 
^Jusirurs de ces allirs inipilo\al»lrs. l/orj'.uril 
jle NVes/priin. la i;rande v\\\>^c du pnmier roi 
de Honj;rie. ouvra;;e de saini Klienne. fui 
r«Mui le en cendre avec son clochiT. Njixanle- 
di\ prisonniers, saisis à Tala. firenl envoyés à 
Haal» avi-c le capilaine Kurd des janilsdiares. 
Cependani larmée oMoniane sélail niise en 
marche de Consianlinople en dtnx divisions 
ayani rharune sa drsiinaiion difùrrnle. \ in{;l- 
cinq mdl«' hommes . cavalerie <| infanh-rie, el 
deux mille janiisrhares . couduils par le second 
vesirl'erlew-Pascha. ancien agadesjanilschares, 
inarchrrenMers la fronl ère de Transylvanie. 
où. forlifit-s par 1rs Iroupesdes [gouverneurs de 
Tem< swar el de Bel{;rad . ils devaieni conqué- 
rir la place de Giula. l^ prince de Transylva- 
nie. Sij^i^mon ( Za|>fil\a. el le chaii de Krimée. 
De>»lel};iiai. a\aifn« ordre de reprendre S/^iih- 
mar el Tokay.dont la [jerle étail si douloureuse 
encore au\ Ottomans. Enfin "^uleiman lui-même 
quitia sa rapilale le 1"^ mai . el déploya une 
pompe qui effaçail loul ce que Ion avait vu 
dans les précédentes e\|K>diiions : jKiur sa irci- 
ziéme campa[;ne . il marcha contre Szi{;elli II 
étdil accomfw{^né du {;rand vesir Mohammed - 
Sok'illi. comme scraskcr du troisième, du qua- 
trième et du cinquième. Lesecond vesir l'erfew 
l'avait préfé é de deux mois jKMir marcher sur 
Giula. Avec le sultan c trouvaient eu'-ore les 
deuijuRe" de l'armée. Ilamid el Pe^^^is Kfendi. 
l'aga des janiisrhares .Mi, le premier dcf- 
terdar, Murad I srbeleti, le nisrhands* lu K{;ri- 
AMisade-Mohammed-T^rheWbi . n' mmé a la 
pla edugr^nd n.schand.vhi DvhelaUade, Ihis- 
torien . qui . en cette qualité, prit part aux der- 
nière» camf>af;ne*. !• s décrivil comme léuioin 
oculaire, et nanmoins na pfjioi parlé de ceilc 
de Szigeth. Le «oin de la capitale fut confié à 



IskenderT'ascha.commekaimakam,audeu\ièuie 
el au iroisiruu* (iellerdar; le k.ipudau - pascha 
Piale el le liostaiidM'hibaschi Dand fiuM'ul thar- 
jîés de la |;ardf d l'arst'ual. !,e murti l'busuud, 
le kaimakau» Iskeuder-l'ascha , et le |U|',e de 
(A)nslaulinople. KasisadeAhmed-Kfeudi . ac- 
coinpa|;uèi<nl le sultan, le preuiicr. jusipi A 
lauios|ure d'Ali-l'ascha . les deux autres jus- 
(pi a la porte de la ville dite porte dAndri- 
uople. .Sous les murs «le la lapitale , dans la 
plaine «le Hustem-I si helchi .on lit luicampe- 
meul . el les poètes .\bdulbaki , ^e\vaji , Kuri 
el Kasi-Ohcidi Tsc hchbi préseutèreni au .sul- 
tan des poé>ies où ils <haulaienl d'avance les 
Iriouqihesdii ;;ran(l |):iilis(-liali du monde. 

Suleim.in, dès sa preuuère halle, couiempla, 
plein de joie et d'or|;ueil. les acpiediics achevés 
par ses soins, el sur lescpu'ls ses regards s'airè- 
laienl pour la dernière fois. Alors il ne « h(>miua 
point a cheval, selon sa coutume: affaibli par 
l'iige, et roufjé par la };oulte, il se fit porter en 
voilure, où il se tint même pour recevoir les vc- 
sirs. Lej;rand vesir devançait toujours le sultan 
d'une station, afin de faire mettre les chemins 
en étal convenable pour son maître. Un mois 
après le départ de Constant iiiopic on se trouvait 
à Tatarbas.iri, dans une plaine d'un aspect 
agréable, l-.i. un chambellan apfiorla une lettre 
avec la joyeuse nouvelle (pTun fils était i\r au 
prince Murad, fils (!e s«lini. (pii [)riail sou aïeul 
de choisir un nom pour le petit prince. Suleiman 
voulut qu'il s'.qtpelâl Moh.iuimed. Des torrents 
de pluie ren'lirenl la mar( he fort diifi( ile au 
passajfc de kapiiluderhend. On fil halte un jour 
a Sofia, dei;x a .Ni.ssi, et trois a |}el|;rad , où 
Suleiman entra quarante-neuf jours après son 
dé|ar! deCnnstanlmople Durant la man he, l'ar- 
mée avait éié iinpiiètée [tardes brijpmds auda- 
cieux. Suleiman donr-a les ordres les plus rigou- 
reux [M»ur que l'on se saisit de ces hommes. 
l/a{;a ries lanitsrhares et les jasakdschi. sorte de 
gendarmes sous ses ordres, redoublèrent d'ac- 
tivité; par leurs >oins cl par ceux du beg de 
Milgara . Orenbeg, les voleurs el les brijfaiids 
furrrit arrachés de leurs repaires, el à dia jue 
station on en exicula (dusieurs. Le |.oiifien;ent 
des eaux du Danube avant rendu impossible la 
con^rufliori subite d'un pont, >>ulcim.in or- 
donna qu en attendant rétablissement du pont 
firés de Sabar/ . l'aga des janitschares. le def- 



1.1 \ i;k w Mil 



121) 



iiiddi-, l»s {rmi|)es (le H(iiiiili,d'Analuli i*t de 
K.iraiiiaiiif ti:>s»Mil l^.lll^|^«J|•ll■«'s mit drs b-iU-aiix 
.1 .Viiilin, pour aiiriidrr «minuiU* Miii .uriu'c 
dans la pl.iitif de Syriuiuin. ()rcii-lk|j. vu ré- 
C()iii|M-ii>c de «^rs luiin-iiM'îi iiu'MiH's |MHir 1 1 sf- 
ciiriU' du iaiii|). fui iitiiiiiiu- (m liaiisvlilMv lu. 
Dans la iiianhf de lk'l|;rad à Xil»ac/, le tniublc 
«l le désoi drrraiisiK par les pUiies el le i;roît-sjs- 
semenl drsiauv hr»iil perdre iM-aimiiip «le 
cliaineaiix , laleiiedti Millau m- put arn\er, et 
il fin forte de ^e ser\ ir de nlle du l'.raiid \e.sir. 
On nul i|ualre jours ^ fraiuliir la eourie dislaiicc 
de Htli;iMd a S.d).i(/. ou \v sandi liakhe|î «le ^e- 
nu -mil a. liairaui-liei; , elail enhti pai s«'uu a éta- 
blir un |Mini >uleiniaii le passa a elieval et entra 
poinpfusfuu-nl dans Niiilin, t n Mie de son ar- 
nu'e ran,;ef sur «liu\ li;;nes. Les be|',UTbei;s de 
Huinili, d Analuli et de Karainanie le re«;(nent 
\ la iei«' de burs ir«iu[ies, en lui «illVanl leurs 
li(»ni.iia|;es cl b-urs IiIk ilalioiiN. l.onire tut pu- 
blie de célébrer à >einbn le |M-tit ikinani i^i 
veille de citle tête 21 juin lotit» j, >ul«iinan 
envoya sa propre banpie ii Njjisuiond Zapol\a, 
pour l anu-ner à une j'iilrevue.i lacpielle il l'as ail 
invite (le (iousiaulinople. Zapolya se rciidil aux 
«lésirs du sullan , acconipaijné de quaire e«'nts 
nobbs. el tul escorlé par des s.indscliakb» jjs et 
«bs Iscbauscbs jus(ju à la lenle ini[)criale, «tres- 
sée sur la bauleur où s'élevait autrefois le ebû- 
teau de lluinad. Le pr n«e de Iran^Nlvanie fut 
retu ,iu nulii u des s.d\es d'arliib-ru-, el lo|jé 
près des jtascbas. I.e lendein.iin la felereliijieusc 
fut célébrée en j;randc |)onnK' dans le camp, et 
de t;raiuls présen s fiuenl «lisiribués dans lar- 
mee : les b«'i;leisb([js re«;urent ôd.lMK). les 
sjudscbakl)e|;s ;it),lK)(J, les sipabis l.Olit), les 
janitscbaresôllOaspres(lj. I.e '29 juin, le filsde 
Zaj)olya eut son audience soleniulle du su tan; 
cinquante tst bauscbs ouvraient la niarcbe, 1er- 
mée par un éjjal nombre de ces mcssajjers 
d'état ; le j;raud chambellaîi et le j^rand maré- 
chal avec les balons.i ( bainelles darjjcnt. Irois 
niaitres des cérémonies et le vcsir précédaient â 

(1) Profeciioiiis ser. prinripis Joannis II , clfrii rrfii» 
HuiiQ. ad hule iiKiiiuiii iiiiperjlureiii Turcdrum iiioduoet 
série», aiJiio «.,li. l JWj, fac ae elcelebiala,», uanv rii d'uu 
aucien iiiaiiuscnt , par b >niuel Tborday, dans Kaloiia , 
I. xnv , p. 207 et suiv. ; Isiuaiifi , I. x\iii , ei la recep- 
tioii de iSigismoiid Ltieiiiie, dans Pe.>.chfWi, fol. 135, 
Aali. fol. 284 ; bsolakNade . fol. 27 ; ."itlaiiik i, p. 32. 
TOM. u. 



«Iieval If pnnte «le Transylvanie; ài«'>iédf lui 
^l• len.iieni les louieurs m losiunu- j rrsan ; 
«plaire «i entre euv revelus «1 babilN d elolte«ror 
trnaieni te* élrirrs. l.orM{u'il fut arrivé à U 
lente du sullai). on lui tii Nif.ne de descendre de 
ibi-val:cenl jaiiilMbares le de\ aiuaient . |>or- 
laiH di's prtSi'iits |Mrini leM|ueU ou «iistin|;uait 
duu/c \aseA rulnuieiit dores, et nu rubis dunr 
valeur de 'Ai (MH) dueals . A\ee neui ii«)bles de 
sa suite, >i|;isuio:id llienne entra d.uis la tente 
«lu.sulljll, ou les (piatre Nesirs se lenaieiil de- 
InjuI aulour du litine d'or ; Imisfuis le préieii- 
daiit à la ronronne ib* ll«iui;rie s'a|;en«tuilla. et 
trois Uns .Suleiinan lui dit «le se r«le\t r. lui of- 
frit sa inaiu a baiser, ei l'accueillit eoinnie son 
fils chéri , eiMiite le i;raiul vesir le fil asseoir 
sur un siéj;»' orné «!«• perles et «b- pi«rreri«i». 
mais sans do>sier, el .Si|;isinond <iit à l'inter- 
prèle tbrabim )|ue, troublé par cette im^x)- 
sanle nia|;nificeni-e. il ne s;iNail plus «pie dire, 
et se I onienlail o« déclarer qu il elaii le fils «1 un 
an< ien serviteur de .Suleiuian. Le sullan ré- 
pondit «pi il ne .se leiirerait pas avant d°a\oir 
couronne son tilssiipsmond Kii«'nneioi dellon- 
{;ri«'. Ouaranle .muées etaiint mainlenani écou- 
lées depuis que es marais de .Mobacs avaient 
cnj;l(iuli le roi léj;it:me. Celle [ilaine av.. il vu. 
trois ans après, le preteiulanl bouj;iO's sbnnii- 
lier en rendant lionniuq^e au sultan: il v avait 
Nin)',l-c n«j ans «pic le bis de Za|M)Ka. alors 
enl.int à la manu', le, avait été lire d'Ofen 
ainsi que sa mère, avec la prome.vsc d'ob- 
tenir un jour le royaume de son père. .Main- 
lenani Nuleiman |)i«>mil «le lotneaii «le l«'nn- 
la parole donm «• «bpuis si bjnijh-nqis. .*sij;is- 
iiioiid présenta s«'s prières par écrit ; .Sulci- 
inan «léclara vouloir les exaucer, et protesta 
qu'il élait prêt li se««)ur.r les \euves et les or- 
phelins. H le conjjédia i;ra( i«-us<iiieni. et lui en- 
voya le jour suivant, à son (our, des prdsents 
«pu" lui porièreni Nin|;l-<i«iix Isrliausrhs : c'é- 
laienl «b s (toij^na' ds el «les cimel«rr«'s jjai iiis de 
pierreries; le {;rand écuyer lui mena au.ssi de 
ma;,nifiqurs coursiers, le sullan vctul.iit même 
donnera .s<jn bole un f siin : mais le i;rand ve- 
sir l'en di.ssuada. en u'préseniani que si le faible 
prine, étranj;er au \u\e de table des Turcs, 
allait être affecté de maux d'eslou ac, le.s Hon- 
grois iKJurraienl le croire empoi.sonné. Ce 
nétail là qu'un prétexte; .Moliammef' -Vikoili 



f:î(i 



IIIsllMUr. nK I. F. Ml' IKK (rnOMAN. 



qui :n.iit tièsirr rrrovoir dans s;» tonio la visilr 
dp Si{;isi»()nH . offoii'^r dr ««» (pic et prinrr av.iil 
ri'jwndu que rciiirfvuc |¥Hivai( n\oir lieu à 
chrv.jl. ;> » irl «liSiMi\rrl. noiiIiW le |triM'r «Ir 
l'honnonr d«"lrr .ipixlo A l;t lahlr «In siillan. 
Swkolli manira plus lard onr<»rc son r«*s.soiUi- 
nipnt oinfrf \e priiiro «le Transylvanie, le 
1*^ jiiilloJ 1 '»M). /.ipolya roçnl s«»n aiidionr»* de 
ronflé, et le snllan lui adressi rcs (gracieuses 
pandes : a Tâche de te |>o»rvoir de soldats, de 
poudre, de plond^ el d'arj^eni ; si tu as beso'ii 
de<iuelqufrh(»se. f.ii«-liHnoi siv ir, afin «pie je 
t'envoie ee qui te mampie. " Deux foisSuliiinan 
se leva pour lemhrasser. Ki demande (^rrile 
de Sifîismnnd r»»nrernail seulement la bande 
de terrain entre la Ilieis/ el la rransNlvanie. 
sansqu'il o>At r<klan>er lenjeswaret l,ip|»a,oi1 
dëji «étaient élevées des niowpiées: elle lou- 
chait aussi 1,1 question de la délimilaliim de 
I>ebrezin et de Szolnok. Sa modeste pri» re lui 
fut accordée : on lui remit aussi trois cents pri- 
sonniers. Le même jour cpie fut reçu le fils de 
Zapolya . ranil>as.sadeur fraïuais. Ciuillaume 
dAube . eut aussi une aiidienrepour offrir au 
sultaii le* vœuï du roi de Franc** en faveur des 
succès de sa cjinpa{;ne. Dëja précédemment . 
Suleiman avait reçu de senihlables va'iiN. Dans 
sa can)(ka{;ne de Guns. ce fui Hicnon qui les lui 
offrit : dans la première eitfK'dii ion de Perse. 
I^ftircl ; d.insl.T dernière. Codifjnac; landtassa- 
deurdu mi tr*-*-» hrétien. qui >ass<Kiail ainsi k 
la joie des .succès de FÉmirul-Muniinin, félicita 
au nom de .son n)allre le jeune Za|>ol\a d'avoir 
abjuré la foi calh(jliqiie fM)ur embrasser la doc- 
trine de l.uiher • 1 . 

Ik* *»cralin le begleberg rie karamanie. Sulei- 
man-i'ascha , reçut ordre de se «lirlgcr vers 
r)fen , et Suleio an voulait pa^sfT le |K»nl de 
Pelen^adein f»our marcher contre Krlau. Alors 
arriva la Dou\dlc que Nicola.<t Zriny avait 
^ à SikU)* le sand.srlMkbefj de Tirhala . 
:Med . I'a\ait tué. ainsi que son fils, et 
pillé le camp tout entier, dans lequel avait été 
fait un riche buiin où se trouvaient MAUH) du- 
cats . en rgcnt monnayé .vulement. Suleiman 
furieux changea son plan : el, au lieu de con- 
tiDuer sa marche sur VAhu . voulut, avant tout, 
cbâtifT .Nicolas Zriny par la pri.s<; de Szigeth. 

-^ unik'. p. •^»->. 



Ilordonna d établir un |>ont sur le Oanube, prés 
de \ ukovar. IVj,^ cet ouvrageélait achevé, et le 
kapidscliibas( lii Ali-.\f{a . qui réglait les mou- 
vcnicnis di" l'armé»' coniinc (|iiariici-niaîlre, 
avait fait franchir, en une sciiN' marche , la di- 
.siance calculée pour (\vu\ jours. I,a tente de 
Suleiman avait été «IresséeA la tête du pont. Le 
snllan, ai|;ii par l'Af^c cl la maladie . ordonna 
d'aballre la (cic du (piarlicr-mailrc (|iii avait osé 
changer l'ordre d<s marches !\ lui donné. Le 
grand vcsir sauva la vie de l'officier trop zélé, 
en représcnlani (|ne rinlraclinn aux ordres su- 
prêmes avait eu du moins un bon résultat , de 
jeter l'effroi fiarmi les ennemis, qui tremblaient 
de voir «pie Suleiman, «barge d'années, alfeclé 
par la mala«lie. faisait «les niouvcmenis si ra- 
pides, comme s'il était j«'nne et plein de santé. 
I>e Danube s'enMa de nouv«au et emporta le 
pont de \ iikovar ; Suleiman «)rdonna main- 
tenant d'en éiablir un sur la Draii. [trèsd'Kssek. 
I>es troupes de Huinili et d'Anal«)li ramas- 
sèrent du bois de lo'is<«")lés, el dans l'espace de 
(iix-sepl jours, le pont, porté par cenl dix-huit 
bateaux, sur une longueur de quatre mille huil 
cents aunes, fut prél p«)ur le pa.s.sage d«'s in)u- 
pes. .Mi-Porluk-Beg, l'ancien beg de Hhodes , 
«pii , chargé du commandenn'iil siipéri<'ur de la 
llolledu Danube, avait amené le yachi verl du 
sultan, avec trois galères, de Cunstanlinoplc, 
[lar la mer i\oir«' «•! !«• Danube . pour «'iilrer en- 
suile dans le lit d«' la Drau , leiiail en ce 
moment le gouvernail du bâtiment , tout bril- 
lant d'or , sur lerpiel Suleiman visita le pool au 
bruit des salves de l'artillerie. I,e sullan «'iilra 
.s(uis la tenlede lafja d( s janilsi hares, aufpiel il 
dfjnna des marques de sa niunifii ence, ainsi 
qu'au iM'g Ali-Portuk , ordonna aux beglerbegs 
défaire passer sans délai larme*' sur le pont, 
et le franchit lui-même vin(;t-qMatre heures 
après, le lîj août 1666, Les ordres les plus 
rigoureux avaient été «lonnés pour em|)è<her 
de piller el d incendier : voyant d«'S villages en 
feu , Suleiman , furieux, envoya le grand cham- 
bellan Guiabiaga, avec cent kapi<l.schis, vers les 
maisons «loù s'échappaient les (lammes , lui 
ordonnant de penrlre h-s pillards et h s incen- 
diaires sur la place; il fut enjoint au grand 
vesir de veiller , avec le.s Ischauschs, à la 
prompte exécution des«:oupablcs. I.a gro.ssc ar- 
tillerie dut èlre Iransjjorlée à S/.igelh , ù l'aide 



I l\ HK \\ Mil. 



13 



cIp biiffN's. If fiulr.ui cnmpa entre FunfXirrhni 
rt Siklos. à ilaisjiiv, lifii rciioniiiit- cii llon- 
(;iie pai I oxcclltiitc de sc« vins, iC t|iii lUv.iil 
<^lre trisU'iiuiJt alibre dans l'IiisloiiT «illo- 
inane \M\r h* sit|i|ilt(-(* d'un vaillant iln t inili- 
tairedcla 1 iinjiiMv 

Moliamcii-lUj; , If I ion , |wr sa triilaii\i' pn- 
niaturcr sur l'aliila, et p-ir la |h'i tedrWfs/prini 
et de'lata. avait pr«ivoi|Ui' la «uUrc du «^ulian; 
«1 par (Irs h Uns insulumUs « oim rii.iui le 
{;rand Ncsir, ipir Sulciinan avait coniiiiniiiipK-cs 
à ce di{;ni(aire , il s'i^lait atliriM'iiiiniitii^ de 
Mohamed -Solvulli. De Sikios. Sulcinian or- 
dnnii.i au tsrliaiii II iUiruiisis de prendre asee 
lui quinze tseliauelis. et de lui ap|)oi'ler la 
t»Mc du f;ouverneur dOleii Arsiaii - Pasrlia. 
Imj nit^nie leinps. un (liaij;é d'aU'aires d Ars'aii- 
be[j annoni;a que , d après des nouvelles n'eues 
par lui . le paM-lui avait quitté son année de- 
puis trois jours, pour se rendre au eair.p du 
snllan : alors Snleinan , eh.iiij;eaiit son [ire- 
inier ordre , donna (M)ur insinn lion de déea- 
piter Arsiau à son entrée dans la teule du (îrand 
vesir. I.e lendemain malin on Hl liai le A llar- 
sany, où fui leiiu un di\an. Dans 1 apré>-midi , 
arriva Arslan- Paseha , avec quinze eavaliers 
I esiimnienl armés , dans la tente du lîr.ind 
vesir , et il alîa oeeuper le sié^e |)ré|iaré pour 
lui dans le divan. Otte eonduile [irovofpia de 
nombreux propos parmi les ts( liauehs ; on sede- 
niiindail ee ipie le f;oii\eriieur d'< Ken venait 
faire en ( e lieu , el s il n'élail pas fou de quitter 
stjii armée sans ordre. Alors sa\ança le jç. and 
vesir qui lui dit : « Que veux-tu ? lV)urquoi es- 
tu iei ? A (pii as-ln eonfit'- tim armée? I.e jiadi- 
seliah avait lait de toi un lie}',l«'l)rei; ; tu as li\ ré 
des forteresses aux infidèles; malheur à loi ! 
Ta sentence de mort est prononeée. .sois mau- 
dit ! ' Puis .selnurnaiit vers le lsehau.seliltas( hi, 
il lui dit M Défais-nous de ce méeréant. » Arslan 
tira de son sein deux rapporisqnil.iurail voulu 
remelfre an sultan : le jjrnnd vesir les prit ; le 
tsehausehha.sehi se saisit de .sa n iciime. I.e l)onr- 
reau était absent; .ses fonetions furent remplies 
par son élève. Tandis qu'on entraînait Arsiaii , 
Ajasap,a lui dit : « Les choses de ce monde n'ont 
pas de durée; rcpens-toi. et tourne-loi vers !e 
ciel ! » Arslan , sans paraître tenir compte de 
ces paroles, .s'adressa au bourreau : « Allons , 
mon cher maître, fais vite, et appuie ferme- 



ment le (Hiucc. » Il fut élrnn|{lê ii l'insiani. I.e 

' i;ouveriiement dOfeii piss.i nu ne vendu j;rHnd 
Nesir. .Miislaplia Sokolîi ; les jK^sesMous dAr- 
slaii mirèrent dans U> Hm;. Durant la nuit on 
I \eilla près du cadavre, qui le matin partit 
1 pour sa dernière demeure. Ou le irans|inrta au 
lieu (le la M-pultme de la famille Jahjao|;bli, où 
.\rslan reposa a eoté de son père , cjui |adif< . 
dans un ace èii de colère, l'avait maudit et lui 
avait piédil s.i fin tra|;ique I Dteore, à i aUM* 
de .sa v.ileur . du surnom d Arsliti . I infortuné 
(îouvernenr d ( )fen était |Miil-hlsde Jalija-I'a»- 
cha, I lin des plus \aillanls lieutenants di- Mo- 
haniid 11. .Son ai«ul .séiait si|;nale dès r.\i;e 
de (pialor/e ans par des exploits héroïques, et 
au sié|;e de \ ienne se tiouvail au p> stede \sie- 
nerbei;. .lalija-Paselia a\ait «•iKjiiatretils. (pii w 
firent tous un |;rand nom dans 1rs eombal.s. 
hali-Hei; en eut trois et un petilfils ; Ahmed 
fut f^ouverneurde StiiliUseisscnburi;. «lerwisch 
de .Sze|;rdin et ensuit»' de !• iinikin licti : M(t- 
hamefl i-l .«-on fils Aisl.ni (le\iiir!iil lni;ltTl)e(j6 
d'Ofen. 

I.e lendem.iin du suji^dne (f Arsian-l'aseha , 
le sultan fit son entrée solennelle dans lunf- 
kinhen. 1 rois jours au|)aravant , le bejjlerbeg 
de llumili était venu e.imper .sur la hauteur de 
Simileliov, au nord de .">/i|;eth, avee (piatre- 
vin];l-dix mille hommes el un pare d'artillerie 
de trois cents pièces 2 . I,e .'> aofït , .Suh'iman 
en per.soruie parut A cheval devant les murs de 
Szi|;eth. et ordonna de eommeiKcr le siérje. 
lui plare, située à deux railles de lunfkirchen, 
et entourée |>ar la rivière de l'Aimas , est com- 
posée de trois parties: le château, ramierine 
el la nouvelle ville, unies ensemble au moyen de 
|)onls. Le château avait cinq bastions enlourc^s 
de triples fossés [ileins fléau : la tour ronde, où 
>e trouvaient le ma|;asin à poudre, les (loches, 
et les corp,s-de-Rarde charjjés de donner l'a- 
larme . était .seule construite en maçonrier;r fie 
brifpies. Dans la forteresse. Zriny , « liAielain 
de .*szi{;eth. planta une g|-;ind(,'croi\ au pied de 
laqu» Ile il fit exécuter un soldat qui avait tiré 
l'épée contre .son supérieur : mais à cet acte de 
disripiine sévère , il en joi[;iiit un antre d'une 
( ruauté inutile, en ordonnant dabatlre la tète 

(]; Sflariiki , qui aiuiMa au !«upplice, p. 38. 
2; ເlainLi. 



l.ij 



HiNiOlUK DK i/KMIMUK OTTOMAN. 



à uuaf;a Jure toiubi' oiUro ses mains, l'iuir rc- 
IHïiulro à la |M)m|n' qm' déployait If Millau . 
el ahiultMiionlrcrquo. dt- mhj coti'. il » lail [trt^l 
à rcvcvnir iiii si i;raiul inoiKin|iu\ il pril dos 
dis^Htsitions afinqiu' les U»>l ions tiissciu («iidiis 
de diaps rouj'.os. t|iu' la huir lut iT»«Mi\('rU' on 
dehors de plaques dViaiii oiiiuolanlcs, cl aussi- 
lôl que le |kidiM hall oui pris sonpo^lesiir lahau- 
Iciir tieSunili hov. iin};rosiaiion le s.ilii.i par une 
dciharj^e l/atMipie eo imiença de Irois eiVcs; 
le troisit'.ne vesir. Ke liad Paseha. el le hcj'Jer- 
beiî d'Analoli. Sho us-Aliined . omi taiidaienl 
laile droilc; la [;auclie «Mail soiin Ii s «mires du 
cinipiiéme Ncsir. Musiaplia. el du bej;lel)ei'j; de 
Rumili.Sa'-Mahmiid; au oenlrc se IrouNaieni 
ra.;n d»-N Ja^i^^^ hares . Ali-l'orluk . le he{; de 
kudscha . Ili . avee lo l)ef,> d«s fnuilié. es . doiil 
le pemier. relui de l'osef.a. Naszua. dirijïca sur 
la vieille ville le feu de ( inq i;ros canons. Zriny 
donna l'ordre de inellre le fVu à la vieille vile. 
Sur les décombres, lesassié^j anisélabiiienides 
balteries: pu s, avec des sacs pleins de lerr*- ils 
élevèrent une dif^ue «lui leur offrii un chemin 
à lra\ers le inaré a;;e sêparanl la vieille ville de 
la ciladelle. Quatorze jours jpr(s laiTivéc de 
Suleiman . le* Turcs élaienl maîtres des ou- 
vrafîes exiérieurs, et néanmnins le eliAleau 
résistait lou;ours. Milein.an leiila vainemenl 
l'àiue héroïque de Zrin\ |wr des menaces et la 
promesse de 1 i donner loule la Croatie ; le 
porle-drapeau et le iromprlie du fils aine de 
Zrinv . qui se trouvaieiil dans 1 armée envoyée 
par Maximilien au .secours des a ssiéf; es, avaient 
élé pris par Us Turcs. On viulut aire croire que 
le fils même du roniinandanl avait succom.é: 
en consfVjuence la bannière fut plantée devant 
les murailles, el le trompette dut sonner les 
fanfares bien connues de ses compalrioleN 1 . 
Fin iT>è I etemfisdj-s Ici Ires. é( rites en al emand 



j;raiui vordiiu poste dan;;ereii\ où hieiilol 
après un»' boinbeeii i^elatani tua plusieurs j;uer- 
riers. lui réiitin|ieiisé par la place lucr.iiive de 
imileterrika 

Dans !«• premier assaut livré a la lorteresse 
intérieure 'Jll auiil i. iUmix étendards lurent 
enlevés par les assié{;eants, et laiK ien i;ouvcr- 
iieur d'Kp.vpie. ."sofi-Ali-l'aseha. lui (né. Le"Jl>, 
anniversaiie de la bataille de* Moliaes. d de la 
prise dOlvii et de lieljjrad, l allacpie lui plus 
tiirieuse. ( hiaire jours après, les janilseliarcs 
suspendirent l'assaut coimneneé pour miner le 
j;ran(l basiioii ; le ô s<'pleiiilireaii matin, cei oii- 
vra};e prit feu,(omine [)our s«'rvir de torche 
runéraire à Suleiman : en elTet , dans la nuit du 
■"> au () septembre, ee motiartpie mourut , soil 
«l'épuisement . .soil de la dysseiilerie. ou peul- 
élre frappé d ap'iplexie. I e {ïraiid vesir cacha 
cet événement : cl pour (pie le .seerel frti mieux 
scellé, il parait que Ion élraii|',la le méde( in (1). 
Avant de reiidr»' l'àme , Suleiman n'eul pas la 
con.solation de voir la diule de Szijjelh, ni dap- 
piendre la reddition de Gyula qui, assié{Tée par 
P( r ew-Pasclia . avec vin;;l-ciiu| m Ile ho'iimes, 
rh'piiis le 4 juillet, avait «te remise le 1'"' .sep- 
tembre par Keretsenyi i2 . Impatient, irrilé 
de la lonj;ueur du siéf;«' «!«■ S/.i(;eth, Suleiman 
avait e«Ti. de sa propr«' main au jjraiid vesir: 
«Celte fumée nesi-elle d«)iic pas enc«)re dissi- 
pée, el n'allons nous pas entendre relcnlir le 
roulement de la conquèlj'? » Après la mort de 
Suleiman, qui r«"sla c.ichée, iion-seulemenl à 
l'armée, mais encore aux vesirs, de préUndues 
lettres aulojjraphes du .siilian . écrites dans ce 
sens, fiirem [M()rlamé«\s comin»' des ordr«'S du 
jour. I/aiileurde(«'s piè«es et li Dschaaleafia, 
premier porte-armes du défunt, qui avait été 
initié seul , a\rc le serrélaiii' inlime l'Cridun, 
par le jjranrl ve ir. au s«'«T(i le la mort de Su- 



rn croate et en h(m};rois, furent lancées dans | leiman. I.«' «S septembre, h s ouvrajyes extérieurs 
la ville avec des flèches, à l'effet de divi.scr les 
troupes roriq*osécs d h«Mnnicsde nations diver- 
ses; el <•> avaient elé rédij;ée^ pa. 1 iulerprèlc 
lbrahin.-Bet(,kiâja la.a de .Mustapha-Pa.sclia, 
et par le sécréta re intime Kei idun , qui , dès If 
coauDenceii<eDt du siéj^e. ayant arraché le 



,1 Forgaoài Zif;«tbi Hunf^rue rIauMri pr;e«laDiift- 
Di tfra «kvTtpoo, n r<l»tdioni« } p>itome 



étaient réduits en cendns. et , (lans l«;s Ibrlifi- 
calions in éneiires, la tour seule oii se (jardaieiil 
les priiidres reslani inlacle. /riny vit «jue le 
moment était arrivé de se rendre ou de périr: 
avec une résoiulijn bien rélJéchie et un calme 
plein de grandeur «1 de di{;nilé, il se décida 



(1, Paxlin;», H vu i , l»iuai;H. 

(2, Uiu4Dfi , buiri . belble» , Forfçac». 



LIVHK \ Wlll 



1 



f»oiir la nnrt drs lun)-;: il (li-m.imi.i ^ «»n vahM 
de ch.iinhri* Frain^oisOerniko un court «iurront 
dp soie r, so (»nss.T une rlialm' dor aiiioiir du 
cou, cl se foilf.i d'i ii <l)a|N*.iii n<»ir l»n>dc d*or. 
«rru^ d'iiiH* tiMiHV d»- pliinif^ <lr héntii , vins la • 
(jucllr Ixillail iiti dainaot; riisuilr d mit dans 
sa |KKin* 100 <|iuafs bini n>inpté<(. an litre 
hon.;n»is. atii). di»>ai-il, (|iir feiK i|iii l^'«.ai^i- 
raiciit te piivserit >e p'aiidre df ii'a\(»ir ririi 
trouvé sur lui ; puis, »o faisinl ap|M»rlerlesclefs 
du ih;^t«Mii . il les pLira dans l.i |mnIu* où l'Iairnl 
les dmats.et rlit : "'l'a'<t (pic nia main pourra 
remuer, personin' nr m'arrachera ni i et or ni 
ces ci'fs; jiprès m i mort 1rs preiuic (pii vou- 
dra ; j'ai jur»^ que dans le camp inrc mil ne 
pourrait menionircr an doi;',t.D Parmi unalre 
sabies i;arnis d or. il choisit le plus ancien : 
« Avec reit«' arme , «lit-il. l'ai compiis mes pre- 
miers honneurs et ma priMnii're renommée; 
avec elle je subirai le sort que la justice de hieii 
prononcera sur moi. » PrtViMi' du |M)rte-<lra- 
pcan, et sni\id'iin pafjech.ir{;é de son bouclier, 
sans «-asque et «ans cuirasse, il s'avance an mi- 
lieu de la lron|ie de si\ c( nis braves dévoués 
avec Ini a la mori . et enllamme leur coniaj;e 
par une courte alh «iition lenninée an cri <le 
Jésus tro s fois ré|HMé. Dé \ le feu dévorait 
riiitérienc du ehi^teau : c'était le ni' ment de 
faire la dernière s rtie. Sous la porte était un 
pros mortier eharf^é ;"i mil ra. Ile : Zriny or- 
donne d'\ mettre !e feu, et environ six cents 
des assaillants, pressés sur le jwnt , «ont ren- 
versés: à travers la fumée et les ruines. 
Zriny s'é'an e c(.mme ['('clair, jiréeédé du 
fidèle Laurent .lnranil.s<h. rpii a];ilail la ban- 
nière iinpériale; il s'enfonce dans les ranf;s 
les plus épaii^ des ennemis I , et bientôt il 
toiibe, frap(Ȏ de derx balles a la poitrine et 
d'nnefbVhe î"! latcle ; trois fois retentit lecride 
triomphe al'ah ! Les janilschares porttrent leur 
prisonnier devant l'aj^a, qui le P.t mettre a l'em- 
bouchure (lu canon de Katzianer. le visaf^e 
tourné vers la terre, et ordonna de Ini nbiitre 
la télé. Katzianer, Ira Ire A lempercur, invité à 
venir s'asseoir à la lable de Znnv. avait clé im- 
molé par son hôte, et maintenant le Léonidas 



(1) Selaniki , p. -19 , donne beaucoup de détails ; Peis- 
cbewi, fol. 137. 



lioiH;n)is . mis ^ mon sur la pièce detorce du 
nom du traître. pa\a la violai ion de Ibospita- 
liléel le s pplice re<ent délai;» turc, miii pri- 
snnniiT. (lepriidanl le f«r cl le feu dé\orai«iit 
tout dans Ir I h.Ueaii: oti ne |Miu\ai s'avancer 
qn»" sur des monceaux d«* ca«la\res: des femmes 
ri ties enfants arrac liés d»* leurs fo ers élaienl 
Mui\eiit c«uip<scn moceaiix par lesjaiiilMbares 
(pli M- dipiiiaieiii lin tel but il l.e chamlx'llan . 
le t^S^^rier et l'échauson de /.r ny fuunl pris 
vivants, on leur coupa l.i b.iibe quifui bru ée. 
le i;rand vesir leur ht «lem.iiubr, par linter- 
prèt»' Ibrahim, où étaient les trcMirs de Ziin\. 
I.'e«lians()n , jeune llonurois pbin d'un noble 
(U(;o«m| ,dit ipie Zriny possédait ItKJ.tMMI diicals 
lioniîniis. l(m.(Hl(Hha!ers. lOIMt i;r.inds et jX"- 
tits va.ses, mais (|u il avait tout anéanti : a\ 
peine, ajoula-t-il , reste- l-il maintenant des 
oh els pour .^.tKMt diic.ils dans une |M'lile caisse: 
mais M's pidv isioiis (il* poudre élaienl immen- 
.ses. tandis (pie nous parlons, ce ma(;asin v.« 
faire explosi(ui, ei le feu. sans bvpiel vous n'au- 
ri(Z ja I ais pris le château, va la iser la <les- 
Iruction de votre armée. » Os paroles de 
Itclianson lurent conHrmées par ses deux com- 
pa;;n«)ns l.e (;rand vesir. alarmé, ordonna au 
ts< haus( lib.ist hi de courir avec les tschauschs 
prendre les mesures nécessaires [xiiir détourner 
une telle catastrophe. A peine purent-ils avertir 
les chefs fie s'éluit^ner : avant rpi'ils eussent i;a- 
{;rié lech.dcau, «m cnt'ndit nn (ra<piement ef- 
froyal le, comme si le ciel allait sécrou'er. et la 
tour sautant en Pair. rc(ouvrit plus de trois 
mille soldats (!e sesdébris | . Le même jour le 
prand vesir envova. par le f»rand chambellan 
(iuIabi-A(;a. la tète de Zriny . le chapeiu et la 
chaîne d oi- de ce chef au [gouverneur d'Ofen. 
en lecharijcant de faire parvenir le tout au camp 
de l'empi-reur. La conimi>sion fut remplie au.s- 
sitôt. et la tète fut transmise au comte K<:k de 
Snlm:i>Ins tarflceilc ;',loricnserelif|ne fui trans- 
portée par Mallhasar Bicsanyi à Tschakatliurn, 
et Ift, dépo.séedans le couvent de Sainte-Hélène, 
à coté de la premi< re épouse ('e Zriny. née 
Franf;ipan Le lendemain de la prise de ^zi[;eth 
il y eut ffrand divan, dans lequel le nouveau 
mutcferrika Dschelalsade, le reis-efendi Mo- 



i S'-laiiiki. 



!3i 



iii>roiui. i»K i/KMiMHi, () ^K)>l.\^. 



iMinmod-Tsthelrbi ot \c sivrôlairo Koritliinlu'jï 
oxpt\ii»'^renC âe^ Irttrrs de victoire, qui fiironl 
adrrssiW^. .111 nom do Snloimnn . ii tous lis l'.oii- 
>orncur> do l riii|»in\ m\ rhaii do la Kiiiiu'c . au 
schrrif d«' la Mtcquo. an sdiali df Verse «M i\ 
d'antres .vonvrrains J ). Kn nu'^n)»* irnips, dos 
nHtMn|M'nsrs et dos (;ratifirali()iis fnroni dislri- 
trilnurs. ri l'on |iuli|ia tU' |nricn(liios Irilrcs 
3Ut(»i;rajilirsdr Sulojm.in. oorilos on ri\ililo par 
lo jironiipr |H»rlp-arnios Oschnafor, qni savail 
fi>rt Mon imilor los caraol»''r«*s iracrsdr oollo 
uuin sonvoraine. on \rrlndoxniollrsuno |>,irlio 
de J'anniV était dosiinoo à la oonqni^te do Ha- 
U>c*a, iaulre à la otnstrnriion de nnnvoHos 
fort ifioal ions n S/j«;eih Ir snlian. rô|Kindil-()n 
de Ions côlH. anqnri I rnMure do ses pieds no 
pennettail p,is do p.irailro on pi?h',ic. voulait , 
apr^s l'achévonimt do la mosquée de Szi|;;oili. 
y faire sa prière du vendredi, el rendr» 

fl) SeUmLi. p. 50. 



[;râio à |)i«'u de son éclaiant irioni|»lio. Beau- 
ooupdVmplois, devenus vacanis par la mort des 
tilulairos, Fnroni conférés, et Dscliclalsado Tliis- 
toricn fut do nouveau rosélu de la dij'.nilé de 
nisrliandsohi. I.cs Iravaux de for! ifi cal ion mar- 
cheront Iré.s-rapidcmonl. Ainsi, le secret delà 
mort do Siiloinian lut coniplélemcnt caché à 
r.H'moc. rcicmic trois soniaiiics dcvanl Szi{',olh , 
par riiahiicio el la prévoyanor du j;raiid vosir 
MolKunmod-Sokolli . jusque larrivèe du nou- 
Noaii .M»nvorain dokiUahijoA r()nslanlino|)le. 
Molianiined-.V)kolli, concpiorani «le Szij;cili au 
nom de Suloimanol suivant sa pensée, concen- 
tra si vij;oureu>cment dans sa main les forces 
de laruico cl dclonqjiro, (juc non-sculomonl 
pcndani les trois si'mainos, mais encore <lin'ant 
les Irci/e années suivantes, cVsl-A-dire juscpià 
sa propre mort, en observanl les principes de 
Sidcim.in. il mainliji! l'empire au point do pros- 
porilécl de puissance où le pliis[^raiid monar- 
que des Ollomans l'avail élevé. 



i.ivni: wxiv. 



•>ioM>iiMs II iioMMis r,i >i m;oi m;i I s in i.m.m m Miinu>. shuif^iuks it"<i\i. 
POKTI-S, ii;<.isTi:s. nsi m iio>s m i \ii\is v i » >si u.m.mi-^t. Ar ststimi m m 1 1 >si . dis 
liiKs, i)i > i^ii'oiN uns i'iAMt.s II I»» l'Oi i< » -rvisi.s m nu vm >( i w>\m iii 
stii.niiA, (Ml M i>Mun.s MiiiiiL 11. >o>i I» t.iu^u. 



I^'s priiuiiK'S posés par .Siileimaii son! les II^- 
ini)i;;iia];(>s lis [ilus iiiiixirtaiils ilr sa j^raiMiciir 
aux yt'ii\ ilc son |Hii|ti<>. (|iii lui a (li)iiiir le siir- 
noiii (lo K.iiMini, i ^'^t-.l-^li^^ l.ij'.i.slitrur. tau- 
dis ijuf Us liisioritiis »iin>|»ct'ii.s I a|»|K'lltut scu- 
Iciiu'iit l«' Cîraïul ou le .Mji;uin)|iie. i-Ji éuiiiné- 
r.iiit les (iiDiiuineiils (Je miu rèj;ue, il faut 
»i|;iial(r aussi (eux de la lilleralure et des 
arts, et s'arrOlcr siirloui a la lejjislaliuu. A la 
suite des édifiées et des pcuduetioiis littéraires 
vieiidruiil donc les iiisiiiulii)us à l'aide des- 
(|uelles l'empire ottoman , sousee rt'i;ne, a pu 
atteindre son plus haut fioint de i;loire. Hiioi- 
(jUi- les a'u\res de l art et de I inl( lliijeiice. el 
lc« honuiies ipii lesont prtHliiiies. se soient trou- 
vés à l'oceasiun jetés dans la narration des évé- 
nements, il paraîtra eonvenable de leur consa- 
crer cxclusiveiiieni un rliapiire. car à aui une 
autre é|K)que l'hisluire littéraire et la slaiisti- 
qucdere.iipireuttuman n'oflnrent autant d in- 
térêt (jne sous le rè|jne de (piaïaiile-six ans de 
Sulciiiian, et pendant le^s huit années de lad- 
miaistraliun de Selim. Jamais avant, ui depuis, 
on ne vit s'élever tant d'édifices , se [)ro(liiire 
tant de créations de 1 esprit: jamais ne parurent 
tant de lé^îistes . de poètes et de philolojjue*. 

Déià il a été i|ue>tii>n de la construction de 
la Suleimanije et des six autres moscjuées ipii , 
sans porter le nom de Suleiiiiin. ont éléélevées 
sous son rèjjne, avec rarj;enl tiré de s^m lrés(»r : 
ce sont la Selimije.prèsdu tombeau dcSclim 1'^ 
la mosquée des Princes, prés du touibeau de Mo- 
hammed el de Dschihaui;ir, celle de Dsehilidu- 



j;ir à Galata, les deux temples de la sultane 
.Mihrmah. tille de Suleiman.a Skutari.i't coiilrc 
la porte d Andnnople J Oiislaiitinople , et < e- 
liii de lloxeiane sur le marché aux lemmes. 
Apré^la Mileiinanije, le monument dont Sulei- 
man »> enor);ueillissiiit le plus était ra<juediie 
dont il a déjà éte<pirs|JMii, ap|)i'ié d('> (Jiiaraiile 
Arches et des (Quarante lonlaines, parce ipie 
l'eau, conduite ^ur ipiaraule canaux, alimente 
(piarante foiiiaiiies l.adescriplion détaillée des 
con^lriK lions de >ulciiiiaii donnerait maliere iï 
un livre comme celui de Proeope sur les Wi- 
fieesdusà Jiistinien. On poiirraii vanter suc- 
cessivement les mos4juées élevées dans la capi- 
tale el dans les provinces, les aijueducs, le» 
pouls, les fiirtifications. et enfin les fondations 
[Mïsée,s à la Mec(iue et à Médine. Comme .««on 
jit're Selim. à Damas, arrai ha à loubli la sé- 
pulture du |;rand sdieich iiiysii({uc Muhijed- 
din-AI-Arahi, et en élevant un d(iuic au-dewus 
de ces précieux restes, en fil un iitii de pèleri- 
nage, ainsi Suleiinan ht reparaitie auvjeux des 
fidèles le toml)eau du |;rand Imaui Khu-lla- 
nife. délruit par les héréliipjcs per.sans. édifia 
lout près une mosfpiée, et répara < ell<; (pii 
avait étééU vée au-de$.susdu tombeau du scbeicii 
nijslirpje Abdiilkadir-fii ani Ia* (jrand (Mate 
m«sii(pie M(ulcna-I)si helaleddin-lliimi , fon- 
dateur des Mcwlewis. et .sid llatlal, reçurent de 
Suleiman des honneurs de même nature. A Ko- 
nia. il bàlit contre le lomlH'au de Dschelaled- 
din-Hiimi une inosipiée avec den\ iiiinareis, 
une salle pour la sainte salse des dcrwisclis. 



i:ui 



]\\> [i)\[\\-: i>K i/KMniu: o itom an 



des cellules, et iiiir niisiiie des jvïuvres ; ;\ 
Sidi-Ghasi. un j^rand rouv««iii avro mos^U'^e, 
niedrr<e. cuisine tic* |KUi\rcscl des iMr.in{;crs. 
le t«H!l nccnnerl en pl»)nih leroiivciil tiii oc- 
ctipè }v»r I» <; derw iseh« s llej^lasdii. d«)iii le fon- 
daleur avait nHis,irr(* les ian:t>rli.ires. Parées 
constructions en Ihonneur «i'Abdulkadir. de 
Meulaiia-r>iclir!al((ldin-Hnnii . et de Sidi-M.it- 
tal , Suleiman scia t attiré les bénédictions des 
trois ordres de derwisclies. si nond>reux et si 
influents, des kadri<. des mewlfwisct des beji;- 
tascbis 1 A Kaffa . Nicéc. Hamas, il répara 
des mosquées: pr^s du |h)I)I île Mustapba-Pas- 
fha. sur la Mariz/a. il restaura le caravansé- 
rai . la mosq -.ée et la cuisine des pauvres. De 
plus. Suleiman auf;menta encore ses mérites 
aui yeux desnmsiims. en transformant un f;rand 
nombre d"ér;liscs cbrétiennes en t<-m|>les de 
rislani dans les villes conqinses. De Mliodes 
et de konni jusqn';! Temeswar et Ofen . au lieu 
du son des cloches coivoquant les chrétiens 
aux autels du Christ . on entendit les cris des 
muez/ims appelant les musulmans à la prière, 
\i où des ^{;lis«*s avai<nt été transformées en 
mosquées: à Rhodes, à k<Ton. Sabacz. Bel- 
f^rad . Temeswar et (^fen. on répara les r'^m- 
parts. on éleva de nouveaux ouvraf^es de dé- 
fense. Belp^rad . aussitôt apr^s sa prise, dès le 
rommencemenf du rèf^ne de "^wleiman. avait été 
mis en lK»n état fie défen<ie. et vers |,i fin de 
ce monarque, la foudre tombée sur le riia[;asin 
à poudre ayant fait sauter tout le chAleau inté- 
rieur . les foriififati»»ns furent refaites ,i nou- 
veau 2. >uleiman construisit les murs de Jé- 
rusalem depuis leurs fondations 3;. Mais c'est 
h la Mecque surtout qu'il déplova le phis};ranfl 
zèle. I>e premer des <.irtan<> ottomans. .1 l'exem- 
ple des rhalifes. il etnlM-llit la s linte m.iison de 
la Kaab.1. fonda des établissemenis déducat ion 
et de charité, et fit amener k gra.ds frais de 
l'eau a la Merqu»-. 

Dans Tordre fK)liiique. chez les Ottomans, le 
premier ranfj e^t occupé fwr les vesirs et les 
bef;lerbefjs. qui. dans les événements auxquels 
ils donnent l'impulsion, se présentent a la piaf e 

(\, M'iorad)^ d'Oh*»on , Tableau de l'empire ollo- 
nan . I. it, p ft2^-fi^\t. 

{'/) HadKbi-f^lulù , T^ble* cbronolosiqiies , an 97i 
[I5K3]. 

,3, Aa!i , Petidiewi , D»cbelil«adf , Abdubuis. 



que rhisloirc leur assii^ue: puis viennent les 
defierdars. les iiisclian«lschis cl les r is-d'endis, 
c*est-;^-(iirc les présidents de la cliancellerie et 
les secrétaires d"l ial.(|ui sont . A vrai dire, les 
ministres réels. Mais cciuune leur nMe se joue 
dans le sileiu e du cabinet , il s'( flace ordi- 
nairement dans Ibistoire A cAlé des fa Is écla- 
tants de la {;iierre. en sorte (pie rarement on 
les sijîuale . excepté dans des circonstances ex- 
traordinaires où leur élévation ou leur chute a 
un {;rand reientissemenl. co-nme il arrivaponr 
le supplice du ({d'crdar Iskendcrslclielebi , ou 
bien quand ils raioiileiii ( ii\ niènies U'urs ac- 
tions en (jualilé dliisioriciis , ainsi cpie ("ont le 
(;rand et le petit iiiscliaiidscliis , Muslapha- 
Dschelalsadeet Mohammed hamasansade. Parmi 
les deflerdars . les plus remanpi ibles , après 
Iskenderlschelebi. sont (^halil-IU'i;, (pn" inlrodin- 
sil en lloiii^rie 1" rej^islre d'impôt de Suleiman, 
et l-.bnllasl. filsd'Idris, qui ex[il<>ila sa branche 
dadm nisiration en Syrie. Avant rhalil il n'y 
avait que trois deflerdars. de Huniili , d'Ana- 
loli. de S\ I ie et dl-.j^x pie. Cliaiil lui le qua- 
trième. (loiiiiiK' pour la Hongrie. Kbulfasl sui- 
vit lestracesde son père, le |',raud historien des 
O'Ioinans. en coniiiiuanl rouvraj'c de celui-ci, 
les finit iiaradis , où étaient conipris les ri'- 
p;nes des huit |)remiers sultans, en y ajon ant 
huit autres années qui renlerment le rèjjne de 
sul an Selim r*". Mohammed- Tschelebi , com- 
munément appe'é Kj;ri-\l)dio{',hIi, fils d'Abdi 
le Boiteux, ne fut pas inoins recommandable 
par rélé|;anee de sa plume (t son talent d'é- 
crivain: aussi deux fois s(m nu-rite le fit appe- 
ler aux fonctions de defterdar et de nischan- 
schi. C'est à lui et au fjrand nischandschi 
Mustapha que l'on doit la rédaction d( plusieurs 
lois noiivelles, et leur réiniion en cofles Le pre- 
mier publia leKannuname du sultan Moham- 
med 11, et l'autre le Kannuname de finances 
sous le rè[;ne deStliui II. Deux autres flffier- 
dars ont laissé un nom par leur influence 
sur les affaires, Nakkasch-Ali, le calomniateur 
d Iskenderisrhelebi, à la ruine duquel il tra- 
vailla puissamment avec le rjran I vesir Ibra- 
him , et >e\vbehars'jde Mustapha, le pro- 
téjjé du nisf:handschi Dsrhelalsade. Lorsqu'il 
fut élevé au poste de defterdar. il refusa de 
prendre place avant le nischandschi sur lequel 
jusqu'alors le defterdar rivait eu la préséance 



I.IVKI \\\|\ 



137 



du rarifî . disaiil qu'il t-rait nr^t i ronniu «t .'i vi 
place plulùt (|ur d arccplcr I > su|MVioii(i^ ^iir 
son biciitaitoiir. ^nlciiiian approuva ce Inmu 
moiivnnrnl de rcconiiai^^^iiKc . tt di'-cida ipri 
l'asenir les raut^ndu dfflrrdar vl du niN«liaiul- 
schi scraiciil r»'|;h'"» d apn^s Irurs ihih^cx di« 
servin'il . I,c«l»*fliT tar tJ'Kjîxplc, Ibratiim. rst 
l'atilfiir d'un rrcucil tn^s-piTnrux df papiers 
d'hl.il m lau|;ui' (U'ipir. dont Ir uiénle ne peiil 
loutefuis ^Ire ronipan^ a la plus eoniplelcdc 
tontes ces Mirt s île coIUm lions, an Mniisrlii.ili- 
huinajnndu reis-e^endi I ei idiin.donl il sera en- 
core(|neslion pliis'ard,M)usMnra(i III T. Panni 
les piiMes les plus renianpiaMesdncs A la pliniie 
de tes si'cn taiies d'Ktiit sont les 'étires de \ic- 
loiresiM'Ia l>alai lede Mtiliacs, larontpn'ied • lt<'l- 
grad. lUiixles Tebris, Hai;dad. Ofen et S/i|;r!li. 
larorres|M>n<lanee avee Seliali-'sniad et Seliali- 
TalunaMp et avec leurs vesirs, ptiin* l'extradi- 
tion «le I5a,»*si<|. les dipl-'imes deSuleinian pom- 
lesclu^rif delaMe(<pieel lej^rand vesirlbraliini- 
Pasejia. Trouver «les pri^idents «le ehanrelle- 
rie et «les serr«-taires «l'Kiat «•< rivains «-t histo- 
riens, c'est 1 1 un tait moins iMoiinant qiu' de 
rencoiilrer des primes et desve>irs en int^n'i' 
temps lasoris des nuises. *'iileinian. dont le 
p^re,Selini l*"'". et l'oncle. Korkud.s«)nt auleiirs 
de com|H>sitionsen vers, fii;jire lui-nu^ine avic 
ses «piaire fils, ^eli'n , Mustapha. Uajesid et 
l)schihan;',ir. dans les hiMj;ra|ihies des p«)efes 
o't«>niaiisde re temps, «t au premier raiijvilouie- 
fois il |wirait n'avoir di"! «Tite place dislin;;uée 
qu'à son tilre d«' snilan. le véiilah'e prince rio 
tous les p«)elesl\ri(pn's ol'onians. depuis la fon- 
dai ion de r«'m[)ire jusipiau t«'mps présent, est 
Abdul-Haki . «m sinqilenienl lîaki. formant, a ec 
l'Arabe MoUin- bbi et le Persan llati . cette 
trinité souveraine dans les producli«)ns pas- 
sionnées d«\s trois lan;;ue-s donnnantes de l'O- 
ricnt. Ne au ciunnienremenldu rè;;ne deSulei- 
man , il {grandit por ainsi dire comme l'etipire 
lui-même, et se maintint ^ lapo|;ée de la [;loire 
durant le réffne de Selim II :'3 . 1^ litliTalu e 
et la puissance, qui. dans I histoire, nemanhent 
pas toujoursdu même pas, atlei(;nirenl i h«'Z les 

(1) MiMirarl pa H Oh-»on , l. vni, p. l'.-3. 

(2) Li b bloihp.7iie d»* Paris l'OssrHe un exemplaire 
incornplei dellnsclu dp Fendun , i." 79. 

(3) Diw.m de B.iki , le plus grand p«x'le lyrique des 
Turcs; Vieuue. IS25. 



Ottomansleurpoinlleplusélevéet leplusbrijlaiil 
dans la période dex r^i;nendr^uVinun ••''"ride 
Selun 11: li's |mh>(<^ et les savants cpii moururent 
dans b-s huit anm'-es do dermer stdian apparu - 
naienl incoiilesiableiiicnt :'i l'epi^pie de son 
p^re. «ar ils naipiirenl et sef«»nnèrent sous lui. 
furent animés de l'esprit de sa l<ui|;ue d«iiiiina- 
tion (Juarjl aux «iu\r« s littéraires d»- Subinpii, 
elli's ne snnt pas empr< inl« s «lu j;éiiie (xNiupie: 
mais cil»** »e dislit'(;urni par nn«- di(;ni(é ma es- 
tueuse, une |;rniMlepurelé deselilMnenls. «M l'es- 
prit d humanité i)u'elles res; irent ré|Mind bien 
au nom de Muhibbi qui aime avec amitié; pri» 
par I'' sultan «lans r«)r«lre poéfitpie. Il ne |M'Ut 
siuis don!»' rivalisjT a\et 'es |)reuii«Ts pc-eu-sde 
son peuph*: nais, dans un .1i;e a\ancé. alors 
qu'il «'Si si difficile aux iialuresvul;',aires de bri 
ser d'amienm's idoles et «le saluer la j;ran«l« ur 
nai^sinle d«' «Ivinilés nouvi Iles, il eut le m«rile 
in<«)nl(sial le de reionnaltreà l'insi. ut lasupi - 
ricM'iié de itaki sur tous s- s rivaux . birs^pie ««•- 
lm"-<i lui préseiiia son premier ouvraj^e. et «le 
I honorer à l'avj'nT ««iinmerun «l< s pr« mi«TS( r- 
neiiH-iUsdeson [jrand i mpir< cl «lesoiic; oipie.si 
reminpiable par tant «lillusiralions. \on-s«nle- 
nienl il rérompeiisa en suli;m Kaki. s«in pam'*j;y- 
riste. mais «'niore, dans une coin|K)'>iii«)n où 
sont sij;nalés les beaux j^énies persans, il lui 
donne le nom du plus ijrand des |MNies otto- 
mans, et lui prédit la durée de sa ];loire. Mécon- 
naissant «b- tant «b'preu\esfraffe«| m'Use estime, 
I^aki pleura la m«>rl du (;rand monarrpie , son 
pr«)le(leur . «lans ime élé;;ie re ardée co-nm»* la 
(leur la [l'.us préeij'use de la jM)ésie turque (ne 
autre élé|',i«' sur la mort de Suleim m , difjne de 
rivaliser avec celle «le l'aki. fut i i)m|>o-ée par 
le savait mufti Kbusuiid , «pii. ];ràce a «piel- 
ques j;haz«'lcs, est classé, comme son dcvan- 
ci«r. le savant mufti Kempa^chaside cl "afli- 
Kf«'ndi, parmi l«-s poêles par les biofjraphes. 
Des paschas, et même des vesirs, imitant 
l'evemple de Suleiman et i!e ses fils .ne pensè- 
rent pas abaivs» r leur flif^nit • en cliantant des 
}',ba/eles, et l'i- f<»rlMné lie;;lerb«'|; d'Ofen , 
Arsian-l'ascha, les vesirs Dschem.ili et Hhems- 
Ahmed-J'as( ha, le j;rand vesir Piri-Pascha. Pf;u- 
rénnl aussi dans 1rs biof^ra[iliics d«'s poêles; 
niaisnuld entre « uxne peut prétendre à un ranfj 
élevé, ni a[»procher même des neuf princes de 
la poésie turque, après Baki leur contemporain. 



138 



iii>i()n;i: dk i/»..MriiiK oi roMA^. 



Chiaii. rtW/c'i'/ï imtti;innlion. mcrilc ce nom par 
ItvUt do sp5imai;rsoi lavivaciti^despsrtHiloiir*. 
qualilr^ i\m lui aliiK'n'ii! la faveur (l"al>«)nl 
(iii (oul-|>nisvtnt l'.r.iiul >r^ir Ibrahim . cl puis 
de Sulriman . rhaqiir |»haïolc . thaquo kaszidc 
lui fiH |vi\>c »\rc mirniaiîniPrrnrrsuuvcraiiic, 
vl il fiiiil |Kir nvrvitir Mil fi«"f«lc lôO.JMKLisprcs. 
Il «• divlar.iii I antaj^onisle dv Sali, qu il iiDila 
U'ainnuip d.ins la stiiic. (>ha>ali. lArriin drs 
Ollomans. ranlmr du S» hah cl du Mnulianl. cl 
do la H»\(ilto dr Conslnnlinoplc. J.ilii.i-Kr|; . 
onl clé dfj.i cilcs à r<»rcasion des cvcncmcnls 
quilf^oonrrrnonl. P'iisulirhanla les joui ssan ces 
do TivrosM* cl di* lopinm. cl I«*s annuirs de l.eila 
cl de Me»is4 limin; il iradiiisil aussi le Panulis 
persan (\cs martyrs , I . sous le nom de Jardin 
des hicnhcurcux "i . (>)iume auleur de poésies 
rcMnanliipics. iHelulili el Kikri se sont anpiis 
un jTraiid iK^n l.e premier s'inspira s»irl(Mil des 
ptHines persans Ch(»sre\v«l Scliirin. cl Leila el 
Mfdschnun. et traduisit le Schahnamc. Fikri 
choi>it un sujet nouv« au dans l'amour des astres, 
du M)leil et de I étoile du malin {'.\:. de Mars el 
de Vénus ;4 : il a mis en vers le l'arlcrre des 
Heurs ô et les Vierj^es des pensées M. Hewani. 
qui ntourul dans la première aimée du réj;ne 
de >eliin. apparlii ni ré» llement à «eUii de son 
pire, comme auteur du livre des plaisirs ,7,. 
ouvra{;edcM-ripiif sous une forme brillante: il 
est mis f de* plus jjraiids [mmIcs oiio- 

maos. (.• irot pariai'.é aussi par Lamii, 

qui en CHitre occu|^»a la pr(*niière place parmi 
les I f la lra<hi( lion des failles 

de I , M)ii re{;ardée < oiiiiiiuné- 

roenl comme le chef d a-uvrc de la prose lur- 
que. (^niii rivalisa avec *»ali. en écrivant, comme 
ceJui-d. un {KM-mc roniaiiliquc . la I uiiiiére et le 
PapiM'in; avec Ahi , en lrafiuis;ml en lurc !»• 
ruaian alléj^orique de Fetlalii. la Ikanlé et le 
Conir. Sur tordre de Suleiman, il traduisit aussi 
](•*•■ lis. W ci^ u 

Haï: ic |>s<hami. 

Waroik u Asra d Anszari. puis les sept Fonnes 



'1 H»iH;tUftfh Sf^uhfiia. par lliJ»*Mi-\V3ifc 

(2 H»diialrwSuid«. 

(3, Mirb u Arubtd. 

(4, B-brim u Sobre. 

(5 VbuVijvîar. 

(Ç Ebijn -lf\iT. 

7 Iv-hr^toaiiy'. 



de.Nisami, le Uallol el le Maillel dAarirt; il 
chanta aussi les souffrances «le Ferliad , et le 
martyr dllusein . iradiiisil les ApolO)',nes ara- 
bes sur la nolilesNC d»' riuiiimie . écrivit un re- 
cueil de Facéties, un (>ommentaire au (^.ulisian 
de Saadi . traduisit une deseriplion de la Vie 
j des m)sli(pies (le Dsehauii.el «liaiila une ré- 
volte de Hrusa. Dulreecs dix |;raiuls p«»éles du 
réi;ne de Suleiman , les antliolo|;ies el l«'s bio- 
};raphiesen coinpieni cent aulres.cl ciiKpiaiile, 
la plupart Ivrirpies, .sous le ri'iyne de Seliiu. 
Toutelois. quel(pies-uns aussi mirent envers 
certains événements de la j;uerre , ou le ri'j^ne 
d'iui sultan . ou même l'Iiisluire «Milière de 
i'em|Mre olioMian. Ain^i Siidi rima les actions 
de Midialoj'hli; Merachi el A|;elii |irirenl pour 
sujel poélKpie le sié{;e de Szi|;elli; Sehukri et 
Deruni. le r»'j;ne de Selim I" ; llajali et Mali- 
remi. celui de >iileiman; Adidi , S( liemsi, Aarif 
el flasar|)aripara ceux de tous les sulians ollu- 
maiis jiisipià leur temps. Les(pialre derniers 
|iorteril le lilre de silieluiamedsclii, e esi-à-dire, 
auteurs de livres royaux, |>arce (pie leurs livres 
embrasscnl toute riiistoircoltonianc, comme le 
Sclialinaine comprend les annales de la Perse. 
Avec la doidile «jualilé d'historiens el de poéle.s 
se présentent les bioj;raplies el les auteurs de rc-, 
cueilselde p(Ȏsies.l,e premierde cet le classe est 
Sehi. d'Andrinople.qui donna A sonouvra{je le 
lilre des lliiii |>ara(lis : puis vient Alidi-IJen- 
Scliemsi.de IJajjdad , Persan d"oii[;ine , qui , 
dans son Parterre des roses des poëles(l),men- 
lioniie deux cents auteurs ses conlenqKjrains, 
auxipielsil donne libéralement le lilre de poêles. 
j On peut reprocher une prédilection non moins 
! exajjtrée (M)ur sis comppalriotes, les habilants 
I de Kasleniuni , au bio;;raphe LaliH ('J), qui 
i compte parmi eux trois eenis iioctes. Kfifin, des 
i qualrecent8|K»ëlesdontAas«hik Jschelebiacilé 
i les ouvrajçes, el a décrit la vie dans un jjros vo- 
i lume, I» «juari apparlienl au ré|;rje du sultan Su- 
leiman. auquel (et auteur ne survécul (|uesixans. 
Des {jrands lé[{i.sles qui jetèrent tant d'éclat 
I sur le réijnede .Suleiman, nous avons déjà cilé, 
al'ofeasion de leurs ouvraj;es. les deux mullis 
KemaljwschaMdeel Kbusuud avec le molla Ihra- 

(I) GijliKjberii V buari. Ahdi inoiiiul en ii7] \i-''Ài.i\. 
''l) Latih inourul en 'jyO j J .iX:^ | . h^tw ouvrajje, trad. 
eii élirait par Chalitrt, aiulienl deux ceiil quaire-vingt- 



M vi;i \\\i\ 



139 



liiiii (lAlcj), aiil«'iir (lu (.<klr Mamile ctnorc 
aujoiinriiui «mi vij;iirur dans liml l'iiniMif ollo 
mail , /// lit union iir-s <ifux nwrs, rt le i;rainl 
|>liili»lii|;iu' Sururi. l'ii fncyrln|H'Hlislr pnMli- 
j;ifii\ , iiiaiN s^sant «•iirlmii m l»io;;rajilii«' ft ni 
bil)lii>j;ra|»liir. ^'^l Tav likirpiividr. m'' à laMli- 
kirpri, i|iii , dans son r.nr)rlu|M''dir. a ranj;»"' 
s\ stipulât iinnincnt Imis «nit >r(>t s» iriit«-s . ri 
cilt^ l«> |iriiiiipaii\ aulnirN i|iii onlt'tril sur 
chacune d'oilt-», cl dans miii iiiiNra);<* iulitiilé : 
U's /'tirctlU's (f'tintfnonr, a It* pn'inirr ras- 
sciiiidi- |ts bii)i;r.i|tliifs drs lt''j;isti"s ollomaii'». 
dc|)iiis Osman l" jn^jua la iiioilié du rf'i;nc (\v 
SuU'iman. Ilafis-Ads» linn a «(ihimim- aussi deux 
ouvra[;«'s du ij(nrtM'nrv(lo|M''(li(|ur. iiiaisdiiiH' 
Olcndiic bien iiuundn' : l'un a |Hiur litre la 
Cité 1 ; l'aulrc, le H»'(;istre d( s scicui es "i . 
L'n di|îne rival de Muslaplia . .scrrOlaire df\lal 
|Mnir I.i si|;ii;ilure du snli.ui, fui son frère Ssa- 
lili-()s( lul.ils,idc, (|ui . sous Hajesid, cl par mui 
ordre, traduisit le i;rand recueil des Coules 
jM'rsiiiis .{• . puis écriNil riiisfoire de Scliin r*". 
lu aiitiMir non moins pn'«ieu\ pour lliisltjire. 
est le Persan I.ari, cpii |>;iss3 du service du sul- 
tan indien Ilumajunschali .'i celui «les Ottomans. 
et com|H)sa une liisloire nnivers«'lle sous !«• 
titre de Miroir t/cs (tïorws et tics nmft's dis 
connaissatices , et joij;nil des {;loscs mariji- 
nalesù plusieurs Irailt-sfondauienf aux dcjuris- 
])rudence. nirj;eli. le Omisius et l«* Donal des 
éc«)lc.s ottomanes, a du renom dans la s«ien<e 
de la (jraramaire cl de la «loumati«pie, et 
récemment encore la pr«'>s«' a multipli»' ses 
lisres i-Unienlaires sur ces «pieslions. iVjà il n 
cHéfail mention, à l'occasion de la f«'tc de la cir- 
concision . du prrceptcur de Suleimaii,Cliaire(l- 
din . f|ui . dans h^s disputes puhlicpies . sic'jjeail 
toujours à c«M(^ du sultan. Des .si\ m«'derins de la 
cour «pii prenaient ran{; j^rmi les ulémas, 
sou.s ler«''jînede Suhiman, un certain Mol:am- 
med . fils de Kaisuni . arijuit une réputalir)ii «ln- 
rable comme |H)éle, mjus le nom de Nédaji; il 
jouit aussi d'un ^jrand crédit à cause de ras.sis- 
tance |>ar lui prrtée au \esir MoliammedSo- 
koUi pour cacher la mort «lu sultan. Sur plus «le 

(1) Medinetululum. 

(2) Fihristulpulnm. 

(3^ r>schainiiil-Hilkaj3t de I>schemaleddiri-Mnli.iii,m i 
el Aufi, traduit précédemmeut par Ibii-.Xrabschah cl par 
le poi'ieRedscbali. 



trente vlieiilis. deux A peine sont sij'nalf!» 
par riiistoire , |»arce «pi'iU ont altach»'" lotir* 
noin<(au\ compiiMi*^ de Suteiiinn. en eiiflaiii- 
manl le zHe de l'armiM* par Inin» pamle* . lel 
fui !«• rrtle «pie jou/r«nt \v m lui» li Alai^ld n i 
la pri^c de llaj;«lad. el le v IickIi Murnidin â 
la «ampai'ne drSzJf»rih Knflii. dans le» driu 
e«'ntH lr|',ist«'«« (lotil Tav liV<epri»ade et vm ron- 
tinualeur \tfaji n«ni* on! transmis I«*a Imtjjra- 
phios. A |K*inerinqn«n!cs<ml «tiimusetuniiif écri- 
vains par d«'s ouvraj»es «b* «piebjue im|«orlancr. 
\ «et a|M*rcu d«* la liltér.iiure oitoman»' mhis 
Sul«'iman se ralla« lieloul nalur«ll«'m«'nl un état 
df'S mi'sures appliipiées ;i la biéran liiedu «-orp* 
enseij',iiant . «omu e «•ompb'minl des si|;es In- 
stitutions «le Moliamme»! II. {,t\\v a c«'s«lisjK>- 
sitions, les ulémas, ipii sonl à la fois b-s léj'.isli's 
el les lh(''o!(>i;irns de rc.npire. sont |Kirvenus 
;\ ce «b'i^réd'orj^anis.itionfpii les a relemis jus- 
qu'ici «n un corps bien c«»m|)a< te. en «lépil «le 
Umles les causes extérieures el intérieures de 
dissolution. I,«'s améIi«ira(ions «le Siileiman r«>n- 
sist«rent ;\ fixer les «letjrés n parcourir par les 
imulcrris «)u re<"leursde a)lléf;es, «pie M«»bam- 
me<l avait «lislribués en cinf| rlass<'s b^s vin|',l . 
b*s trente, les «|uaraiite. les dnipianle et les 
soixant»' . «t «listiiif^iiés encore en intérieurs el 
extérieurs. .\ux trois premi^res «lasM's élaienl 
afftHtées les ine«lr<'ses dans les provinces ei 
même dans la capitale, h l'excrption des liuit 
meflrcs«\s de la mostpiée de Mobammefl II; et 
il leur était attribué un traitement quoti- 
«lien «le 60 aspres. .Vux mosfpiées «l'Aja-Sofia 
et i\ celle d'fljub . Sulciman alla» ha bs 
«piatre niud«'rris de la Suleimanije, avec 70 
aspres «le Irailemrnl quotidien, el fixa d'a- 
près le nombre dix. si «ber aux Ottomans, 
les «lej;rés par lescpiels «m devait s'élever 
dans le corps enseii;nanl. Il y avait : 1" les mu- 
(lerris extérieurs; 2" les «-xlérieurs pn»|K)M*s 
pour lavaiicemenl ; 3" les intérieurs; 4" les in- 
térieurs pro|)osés |K)ur l'avancement ; ô" les 
candidats aux buit atlach«''.s à la mos^piéc de 
Mobatiim«-«l II: fi" les buit; 7** les s«)ixanle; 
«" les seconds soixante; ÎK' les candidats pour la 
.•suleimanije ; 10** les recteurs de la Suleimanije 
nii'iiie I I ' -■ '^njeisqui ont pas«4'' par tous ces 

1 ' Rapport de PiPtro Bracadino , du J!) décembre 
1Ô25 , dans Mariui Saouto. 



li(> 



lil>|(>IKI lU-, I. l.MnUK OTTOMAN. 



défîtes ont seuls dmit ;i oniror dan-» l;i pn^ 
iiiièro lies cinq i lassos o»^ soin pris les prmiirrs 
di{;nilairi*s de It loi; quand on n"a pas le roii- 
ra;;e cmi le le-ups «le UKuUrr a n^i leiih' m ni . il 
faut seconlenlcr de pl.ir«*s dr iii|;cs inf rieurs. 
Mais lous les uliHuas «les pn^niii rs el des der- 
niers ranjys jouiv^enr de raffranehissemenl 
d"inijw"t(s ri de l.i ijaranlie de l.i proprièlè d;ins 
ietirs famil rs; leurs bien* nerelourncnl |nni;iis 
juA-m:. .Ainsi la seule aristocratie de l'empire ollf»- 
man. eelli' du ct>rps ens« ij;nanl l't judiciaire, est 
afferujie jmr I arrumul.uion des f«>rlnnes de 
génération en {génération d ms les f^randes (a- 
mdles des ulémas: el il n'y a qu'un moyen 
pour tourner la loi qui opp«»se des obstacles à 
l'avance lent trop rap'de; ee-t de f ire inscrire 
ks enfants des j^rands. di^'s le berceau, parmi les 
mud< rris. arrivés h r.1j;e viril, ils .sont dé';t pla- 
cés sur un de;',ré élevé de Tordre judiciaire. 

.\vec son caractère î^j-néreuv et 1 ib rai , Sulei- 
man ne reconnaissait pas moins l'arf.enl comme 
le nerf de la i;uerre . et la source d*- la vie cl de 
la prospérité pcndai)! la paix. Des les premières 
année* des(ni ré[;ne. Ie> campa nés de Belj;rad 
el de Rhodes l'avaient p"us.sé â la nécessité 
de mesures financières exceptionnelles. Im- 
médaiement avant T»xp«'"diti<in de Mobacs 
dans tout Teuipire fut décrétée une contribu- 
tion dr puerre, de 15 aspre.^ par télé, s.ins 
distincliitn de nlir^ion ou de fo'lun''. Ce 
fut 1-1 le seul inip l extraordinaire levé sous le 
rèî;ne de Sulein^an. Tenter de renouveler une 
pareille mesure . r'cAt été pr(»v(Kpier les mur- 
mures du fwuple : d'ailleurs elle cessa d'être 
nécessaire, car dans les camp jjnes suivantes 
il ne s'agissait plus d'acquérir des places fron- 
tières à grands frais : le pillarje des contrées 
envahi*-*' et le ir ! ■ !\ vaincus coii- 

\Tirenl le*. dé|»rn<' ., if- l-a Hongrie, 

siaoaveni frappée du Héau des invasions, rava- 
gée prirs A^ ' I 
annuel, et f i 

vanie. par le règlement financier du Hefter- 
dar Chalil. dut s'arracher les entrn " , r 
fournir de l'argent h ses conquéran 
naires. Non seulement FVguse. la .Moldavie et 
la Valachiejiayaient tribut . mais encore Neni.se 
cl T.Autncbe. Tune, frour la pos.se*.sion de (."hv- 

pre. l'autre . ■' ' 

L'flfjypte, (\ . 



gr.ice au zèle de ses };ouvcniciirs , en produisit 
bientùi l.-J(ltl.tUM» : cd excédant neiiira pas 
dans le trésor, et lut applinué A la t-onsiruclion 
d'aipieducs. A ces revenus réguliers se joi- 
gnaient cM<-ore des ressources extraordinaires , 
comme les richesses du souverain indien de 
Gudschurat. «léjxtsées A la Mecque, les biens des 
vesirs et j;()n\ernenrs mis A mort. qui. détour- 
nés pour ipichpics instants, revenaient bientiH 
au lise. Ainsi arrivail-il des richesses du def- 
lerdarlskendertschelcbi, du tout-puissant i;ran(l 
vesir Ibr.hiin , des vas- s remplis de l'or de TÉ- 
gyple et (îe l'Arabie, du marin l'iri Meis. Le 
plus grand mérite de Ibislem aux yeux de Sulei- 
man était laceuunilat om d'énormes trésors: 
quoi(pie le sultan u'ignorAt pas linnioridilé des 
ujoyens employés pour cela et sinMoulla vente 
des euqihis, il laissa l.nre. |»ersna lé que 
la crainte dans KupuMIe Husiem xivait devant 
lui suffirait pour mettre des bornes a .ses ex- 
torsions. Dnr.iiH l'adiiiiii^tration de Husiem 
dans les négoc al ions de paix avec TAulriclic , 
outre les stipulations jiécuniaires en faveur du 
sultan, il v ml encore uuf fixation de somines 
à payer au grand vesir. HnsI m taxait la c.»lla- 
tion des gouverneieenls da rès leur produit, 
et les dons ordinaires de .lOO due its offerts sous 
Mahommed II, :i la nomiU'ition d'un pat iarche, 
montèrent .i 3,0(10 1 . .Mais du n)oins les impùis 
réguliers étaient tiés-modérés; la contribution 
foncière n était guère que de Ai) à .'jO aspre.s(2), 
un ducat environ jiarinaison, et l'on prul évaluer 
a lamème.som ne lesiiniK)silions inrlir«'cti s(awa- 
ri.s). Pour deux moutons, on donnait 1 aspre, 
et de 3 à ô aspres [xuir le coininissaire. Les 
biens delà cour(»nnc pr(tduis,iient alorslas )mmc 
énorme de-J.iil ( barges d'asj»res. A peu près 5 
million > de ducats. L'ensemble des revenus est 
évalué, en général, danslesrapportsdcsbailcsau 
relourde leur mission, à 7ou8millio!isdediicats. 
•Malgré la vénalité des charges des gjuiver- 
ncurs , introduite jiar lavidité de Husiem , 
les grades mi itains n'f i;dcnl pas encore ntis à 
prix: Siileiman tenait rigounnscmeiil aux [)rin- 
cipcsde.son père sur ce point. I ti marchand, 
qui avait prêté à ce sultan flO.OOO ducats, sol- 



fia Cro»it Turro-Or»-cia , p. 1*7. 

(2) KoUcbitiCf;, Traité «ur la rbute de l'erriDire oKo- 



I.l\ IU-. \\\l\ 



141 



iicitait iiiic plan- tU- MrhebHMrhi (anmirirr) 
()U(ir M)ii fils, a\n uiu' MiUIr «!•• '2 • 
jour. Kn mai j;f do la mi|>|>Ih|»h* , |'" 
appuyée par l»*s ve*ir» Sellm écrivit de sa propre 
main : •■ J'onli>nnerai« de vous evétuli-r inus, 
sur la foi de mes améires. si je n étais rtMrmi 
par la rrainle de faire dire cpi" I en est arri^ 
ainsi A canv de rari;rnl. l»onne/-lui «m eapi- 
tal , et |;arde/-viius a I avenir de m adroser de 
pareilli s demande» • I}. 

les prinripales mesure» prises pnr Suleiman 
relalivimeiii à l'armée furent li suppression de 
Tiurok . infanterie ii r«''i;id:rre de la llmni i , 
el iauj;m«'nlatioii (1rs janitsdi. ires. A\anl lui, 
leur niimbre le piusele^é n'alla |ws au delà de 
ll>,(MIO; Suleiman la |M)rta jusipi ;^ -JMKM) J . 
Le ^anitschare ne jonissiit cpie d une mkIc 
di:n aspre ; et s il se disiinj^uail. il ntcvail à la 
fin de tliafpie eam|»'|',n* une aii;;nientalion de 
deux a trois aspres Suleiman établit Iroisc'avses 
de solde : la première kals< liek , de '.\ ;\ 7 
aspres par jour pour les esc lifiindsi his, e'<sC-à- 
dire. 1rs hommes fais int un serviee efficlif : la 
MTonde, de H îi 9 et jiiMpia :!() aspres . jour 
les amelmandes ou \élérans. dont «eux (pii 
étaient lojjés dans des casernes spériales de la 
capitale lecment le nom de kunidsehis; la 
troisième eiilin, |M>ur les ^()ldats et ofiiciers 
pensionnés comme inva ides, de 30 à 120 as- 
pres. mais ces dernières plaies. a\ec un trai- 
tement si élevé, nétaient don ées cpiavec une 
extrême réserve et seidrmrnt ;\ des vieux guer- 
riers blani his dans les combats, (jni |M)Uvaient 
témoigner de leur valeur |wr des blessures re- 
çues dont l'effet avait été de Is rendre inca- 
pables (rnn service actif. I.e nombre (l<'> kuiud- 
scliis n'était que de «piarante. On |»roclaiiiail 
bien rarement des nomina ions «le iscbauschs 
et de mumdsihis affraniliis . le corps entier 
des janitscbares n'avait (pie trois Iscliauschs et 
douze muindscbis; niais les Isebauclis et les 
kiajas des ;anilsc!iares ne clianj^eaicnt pas fré- 
quemii ent. comme on l'a vu dans le.^demie^s 
temps : ils restaient de .sept à dix ans à leurs 
postes(3). L'on coulinuade recruter bsjanii- 

(1; Kolchibeg , Traité de la ciiule de l'einpire ot.o- 
man. 

(2) Mouradjea d'Ohwon , Tableau de l'empire ollo- 
man, p. 3 9. 

(3, Koiscbilieg. 



«chare* comme dans les premiers irmps de leur 

1 lit ion . en enlevani des enfants de chré- 

. ipii , M-lus de drap ri»U{',e , appienaieni 

tpiaire ou cimi aiut la laii|',ue el le MTvice, |iour 

<■ . ' mror(»orés dehnitivcmeni dans la 

Ile l(M«pii s étaient dii;iu-s de celle 

Suleiman leur til ninsiruire de 

..^, .ne^, et loriMpid U*^ visita |iour 

la première fui* , il reçut des naini» du lieute- 
nant Kiilkiaja la voldr de {0 aspn*s 
d'un ! hepiiiN, Su eunan el M-s succetk- 
setus. le lour de la paye, n? r ndireni, sou» 
on dé iiisemeni , devant les caM-rnes , et le 
premier valel de chambre r» < «s ail , de.» mains du 
( olunel du premier ré|',imenl , la solde qu'il 
distribuait ensuite parmi les soldats de |;arde . 
en v ajouiant ipieltpies p ijpiées de (hicats Kn 
couM^quenee de celte disiinciion si honorable, 
un lr«")ne fui dresM* dans une de» chambres du 
|>remier ré];iineiil, (pie Ion linl toujours fer- 
mée, (j.ielijiies anné'es avant la M.nsiiuclion 
des nouvelles cas» rnes des janitsdians, Sulei- 
man avait donné a ces milices une preuve de sa 
faveur, en acceptant une coupe de soi Ix-is , et 
en élablissinl ipi'a lavenir le ( hef du soix.inie- 
unieme. d chemaat lui renouvellerait, cet te offre 
chaque foiscpi'il passerait dev.mt les casernes. 
Ce ré|;iiiicnt eut donc e|jalement une salle du 
Il «'me toujours fermée, tn autre officier pi éven- 
tait aussi un sorbet au « hef des eunu ^ues, s'il 
accompaijnait I. sultan . et un se nblable hon- 
neur était rendu au ipand \esir loiites les fi)is 
qu il se rei dait aux casernes. Le sultan fxiriail 
la coupe à ses lèvres , el le |)orle-épée qui la 
r« iiilaii la remplis-sait d'or. Au momenl de h 
cainpai;ne de Szijjelh. alors que la puis.saa(e 
de Suleiman avait atteint son plus baul |)oini 
de dévelo[ipement , l'éiat miliiaire oftiail jioiir 
lani ée réj;ulièrc quaranle-huil n.ille quatre 
cent seize hommes, dont la solde montait .: 
2,(i10.'J00 aspres 2 ; c'était le double d..- 
forces «pie Suleiman avail trouvées a .son ave 
nemeiil .'i . Avec l'infanieiie el la ravalciii 
irréjjulières, les akinds» hi> a «heval , les con- 



(1, Koisrhit>^n. Mouradjea d'Ohwwm , I. »ii, p. 35.; 

'.'2j Hpsarfciiii , daj.rpule i rniMre d«ft chance leriet, 
dan» la roiintiiuiioii et l'orcannatiou adimoitiraiive de 
l'empire ot ornan , I. ii,p. 181. 

;3; Rapport de l'ambasMde vériideiii.e de .Marmi Sa- 

DUtO . I V 



142 



IllsIOini 1>F LKMPIUK OTTOMAN. 



iriirs fi lt»s IviMcurs trcsir.uh' ;^ nitnl . on mil 
on inouvonuMil . cl.ms nitaiiirs t'\|KSlili(ins , 
ru\irou ilcu\ conl liuqii.nilc milU- lumimos ; 
rartillrrio au amiplol ainiplail trois rouis la- 
DW» ; \» fhiiU'. lrx>is irnis \«>il»s. 

SiiUiiiiaii ne |H»rla |Ms nmins «lo suiiis sur 
1 organisa lion drs liofs do ravaliTir, Us liiuars 
fi les siamois. d(tnt los |H»sscs,<rurs, appelos si- 
|Mln>. nr (ioi\on( jms oiro conn>n»ius asiv los 
si|tahissoUios(}ni fornioul U proiiiior doscjualro 
a»rps de oa\aUrio roi;iilioro. .Murad I" ;»\ait 
ori;anis»' lo sysd^'jue ftixlal de lello sorte (jue !< s 
fief» M' Uansniissrnl l«>ujour> dan> la lij'.ne mas- 
culine ; el , à loxMiKMion dos nidlos . rel«»ui iias- 
seni à I Klai. l>c crime d un fcudataire ïM)u\ail 
lui . M fuf . sans (|Uo ses enfants fussoni 

fraj i . ii« (ht liraïuo; }.lusi»iirs liinars, 

ou pclil> hef-s. pouvaioni bien Olro réunis on un 
sianiet ou j^rand rtef , mais un siainol no poii\ail 
être diviM" en lin ars. Aucun sianiol no |K)uvHil 
avoir une valeur moinrlro de 2H.000 aspros ; la 
collation en élail confiée aux j;onvornoui s. Dans 
la dixième année de son roj^ne, Suleiman dé- 
cida qua ra>cnir los jîouvorncurs no |»oiuraionl 
plus «m^ërcr que loN|M-iits fi» fs sansionsulior 
la l'orte : de là li ur ikm» de te&kcresis , sans 
certificat . Les siameLs furent d alwrd donnés 
pro\iMMroro«nl au mou n d'im lonnan d invcs- 
lilure : ce fennan , adressé au j',ou\ornour de la 
pro\inre chi était «ilué le fief, lui onjoij;uait 
de ^ • nquorir si le |K)nrsuivant était réedeiiiont 
fils d un jipalti. et quels revenus le |Krc possé- 
dait au ïDtMm m de sa mort, bi les rensci{;nc- 
inmt.< étaient fa\oral»les. le poursuivant recc 
vait du pa<<ha un ( crtifioat leskere . ol sur la 
production de celle puce prH de la l'orle, le 
diplôme d iovestiiure (berat) lui était alors 
eipéïlié f>s fiefs, par opiiosition aux précé- 
dent*. *ap|»« launl losLcrolu délivré* sur cer- 
tiAotA .. I>e posucsfceur d un siamel de '20 k 
.^.(KK) a.*pr». mort en cam[af;np, lais«^it-il 
tro» fil* , ceuï-ci ne fiouvaier.t ^Ire invcslis 
d abord que d'un timar do 1 a f;.(KKI a-^preu : si 
le jière ro^>uraii, non pas sur un thanq) de ba 
taille, mais dans son lit, deux fils Davaicot 
coi!- un tiniardo .')f>^K) .l'^pres: un 

seol ' . un fief de 4,(MH) a^pros. Si I. s 

fih poM^aient déjà des timar» avant le dérfs 
de leur ^tire , il ne leur était attribué qu'une 
augmenlation prop*>rlionnelle de 2i)0 à 2,000 



asprcs J . I,os j^ouverncurs éludaient los dispo- 
sitions oontoMuos dans los foniians, on y aii- 
noxanl . aprô> leur rocopn(ui,aii lion «lu «-orlifi- 
cat ^ leskere , uno lot tro <rassi{;nation : «lo s«}rlo 
que U's sipaliis so m«Mlaiont «ii [nisscssion do 
l«'urs fiefs sans plus siui|uiotor «lo r«'xpo«lition 
«lu «liplonio «lo la Porto : cosl o«' «pii fit adresser 
au lio((IorliO]; «l^> llumili , l.utfi-l'asolia , plus 
tar<l ipaïul Nosir, un «»r«lro .sa^ionu'iii rawi^u , en 
N or! u ilu(|uol à l'av onir on n«> devait |)liis (limiior 
do toiles loliros d a.ssijpiation , ol los oan«li(lats, 
saml.solialvbons, kiajas ou doflordars des linuirs, 
ssubasi liis«iu siuqilos sipaliis. «lovai«'nl s'adres- 
ser à la l'orUr «lans lo «iolai il«' six mois pour 
transfornu-r leurs certificats «mi dipliimos. Du 
fi«f pouvait bien olr«' divisé « n plusi«'in'S por- 
tions liis/a, ol ««iiiloré à «livors |)«)ss«\ssours ; 
maiscos parties étaient toiij()nrs«(Hisi«lérées«lan8 
leur ensemble, oomnio forinani un s* ul tout, cl 
tout moiTellemenl était ri{;ourousomenl inter- 
dit sans la p(riiiissii)n do la l'«)rlo^2 . La plupart 
dos dispositions arrotéos sous le rèj'iie «le Sulei- 
man, en cette matière, s'appuient sur les fet- 
vsasdu nuirti l.busuud; ol «lans launéo «le la 
mort «!«' Suloinian , aussilt'n apr«"s raviiiouiont 
de S«lini, le «leflcrdar Molianuno«l-Tscliclebi 
réunil tous los folvvas et l<s joruians ron«lusA ce 
sujet on un seul livre a|)polo Kannuname des 
fiefs. I)ans cet ouvraj;»*, Moliaunui d-lsoliolobi 
exprima une opinion conforme à ces décisions 
des muftis ^'ir. c'est que loulosb-s terres dans Ie8 
itais do risiain sont de lr«»is sortes : 1" l<s biens 
soumis à la dîmCv^y, tombés au temps de la 
conquête en la [K)Ssession de^ musulmans, qui 
les considéraient coiunie biir véritabb' pro- 
priété [ mulk , ol pour losipicllos ils payai«'nt 
la dime (aas<hrj, mais ne fournissaient pas 
d'im|H)t territorial (cliaradsth ); 2" les fonds 
de lorre assujettis à rim[)ôt (6), lesquels au 
lonipsdola «•«)n(piotc furefd laissés à loins p«js- 
scsseurs non .Malioniéians , à la condition que 
ceux-ci , outre la capitation , payeraient encore 



(\) Mour.«fljM dï)h»«)n , I toi. p. .^71. 

'2, Keriiiari i l.uUi-l'auh.i , «JaiiH la coriHlilulion et 
rorfpnii^iion adiiiinikiralive de j'eininre oiUjwan ,1. i , 
p. :VtH. 

(3/ lbut.,\>. 3«. 

'4, Fr«i 3a*f hrijp. 

'^5, fcru cbaradkcbije. 



I.IVIIK \\XIV. 



WA 



un imfiAt territorial I . et un autre Rur le re- 
\eiiii •_♦ ; triiilctitis us bien» Minl auvni la pn»- 
piiile pliim- et entière de?» fto^M-sseurs , riinnne 
les prérticlenls , desqurh ih di Wreiil seulement 
par de> fliar|',r«i plus |«*v3nte< ; '.\" enfin. Ie> <lo- 
uiaines i <|''i ^'"1 abamlonnés |iar I i.l;il |>4) ;r 
une juiii<ivince viagère . wulen f nt m)u» la 
réserve du droit de propriété en m t.iveui . et 
MMJvennant la priNlaiion du servit»' de j»u«rre. 
Olle jlernière ela«.sc, i e soni le> hef*. \u fru- 
dataiie investi de celte {«sseviion . le sujet ou 
pa) vin raja ) j»aye des feruiaf;es tapu ). plu». 
rini|H'it foncier et riiii|iot de produi tioii . sous 
le nom de dlme i . <pnti<|Me («lie deriiiirc 
eharpe s'élève au neu\i^me. au huitième el 
même h la moitié du produit 

Le systèmedes Irruies iniriMluii enK];\|»le 
pour les biens de l'Ktat diffère de celui des 
Hefs II I «pi il rsi éial>li dans la Mumili el l' V- 
natuti , d a|>ri-s les prin(i|M>sdu <lioil (Hiliiiipie 
exiMiséri-ih-ssiis ; mais cette diUérencr est moins 
dans la constitution de la |>ropririé «pie datis 
le nuxle de [MTception des pemluits. VIon le 
kiirari la terre est a hieu. et il la transmet à (pii 
lui |)lail . en sorte (|ue toute propriélé fomière 
ap|>arlieiri orif^inairentent à Dieu, puis léf^ili- 
meiuent à I imam. ond>re (le Dieu sur la terre. 
ÎNfais lors de la eouipiele d'iiii pas s, | imam, 
souverain tmii-puissanl. transporte ce droit sur 
Un nM)s!ims . ipii devieiineni |tos,s4'sseurs du sol 
moyennant le pau-meul de la dime, el se des- 
saisi! même en faveur de njécréanls. sur les- 
quels se lè\enl un iiiijxil foncier et un unpôt 
de priKiuction; ces liiens se transmettent du 
pi'reau fils, avec une lilxTte alisoluede vente. 
de parlaf»e,de fondalinn, et d'exercice de tous 
droits inhérents à la propriélé. I,e prince lui- 
mén)e <sf jtropriélaire au\ mêmes titres de ses 
biens patriujoniaux et doinaiiiiaux. doni les re- 
venus .sont souvent as,sipn6> à titre de trailc- 
raents A de hauts fonetionnaires. Mais de tout 
autres rapp(M(s ré|îis>enl les biens de IKtal. 
cédés c(unnie fiefs en récompense de services 
militaires, et dont la pc)ssession , sans le 
droit d'aliénation, de partaj;e et d application 



(I I Charadvhi muwauf. 
^2) Charadschi inuka.seme. 
(3t Ersi ireinlekf. 
(4; AaM:br. 



â des forMJations. se transmet dan& la ligne 
masculiiu*. nnixennant une nou\elle mveshture 
j ( liaipie décès. (',e«. bu us, apjM-Ies dans la Hu- 
miliel IWnaloh timarselKiamel\ sont dé»i|;iitHi 
iM ( i;vpleM)usle nom de fermes. Mais il y aune 
};raiide dUlcreiice dans la situation diK conces- 
sionnairc». I.e feudaiaire, considéré ammu-pn)- 
priétaire \i3|',cr. reçoit du ftujel (laysan le re- 
\eiui entier, et ne paye rien h iKlai : le fermier, 
au contraire. Ii\reun fennaj'.e à IKtal. et ne 
piria];e ipie le relupiat a\ei le |ta>san : la con- 
dition du feudalaire siam ou timarlu . et de son 
sujet raja dans |i>s provinces curo|M^-nni*H et 
asiatiipies de l'enipire oKoman . est donc bien 
préférable à celle du fermier mullesim , el de 
sonpa\san fellah en f:j;\pte. Dans ce dernier 
paxs. Ie<()n uérant S. lim 1"^ a\ait trouvé le 
système des fermes établi au \iv'' siècle par le 
sultan des Mamiuks Harbariies, Nas/.ir-l>eii- 
Kilaun , mais déjà bien modifié depuis la nM>rt 
de son auteur. ('<onlraircmen( a leur desimaiion 
primitive, (pli les affectait • xclusivi ment .i des 
hommes de (guerre, les bien» aflermés . tombé» 
entre les mains de l)oiirj;n)is ou darlisans 
avaient été applii|ih''s a des lonilaliouK rclif^ieii- 
.ses, ou bien fçrevés d'hy|H)tlièf|Uc» jxHJr (garan- 
tie de pension t . (hiar.uile ans avant la con- 
ipu'le ottomane . le sultan Kaiibai avait tenté 
de détruire < et abus par un édil . mais les cliuf^e» 
empirernit eniore sous lavant dernier sultan 
«les Niamluks. Kans/ii-(>ha\\ri. et plus encxirc 
.sousflhairliej;. premier |;ouvern< uroltoman/i . 
Latlention de .SulciMian (ut attirée plus forle- 
UM'iil sur l f.fîyple par 1 1 révolte du {;(iuverneur 
Clhair-.Miund. et après que ces iiiouveinenls 
eurent été heureuscmeiil étiuifTé.s. son looi-puis- 
sant vesir Ibrahim réorjjanisa le pays f3 . Tou- 
tefois, le véritable kamuiiiame derK|',yplei'4 ne 
date pas du voyajçe d Ibrahim en celte contrée, 
mais bien du (çouvcrnemenl de .Suteiman l'Kii- 
nuqiie. fameux par ses expéditions sur le f;olfe 
Ar.ibi«pie el la mer des Inrh's . et (pii devint plus 



[t^ Tioiiiémr mémoire de M. dr Sary , dan» le I. Til 
dr» M^mnirm de l'InMilut , p. ir/TI. 

'2 /bnl , p. 11«. 

3 I»i[;Miii , Al»ré(;é de i'IiUloire ottomane el du gou- 
TtTnemeni de I ^(;ypi<- , I. i, p. lOS. 

'4; [Hi^on , (^nounnarne, ou édil* du «ullan .Sulei- 
man. dan* la première partie den Nouveaux ronte« turcs 
el aral>es; Paris, 1781. 



lii 



illsliMUi: DK I/KMIMKK OTTOMAN. 



lard {jraïui vesir. Ce ciulo «ItMorminc los ilruils 
ec le> devoirs des kasihifes ou officiers des 
Mamluks. dt> selieichs ties \illes e! des villa- 
{^es. de linspeclei r des Hnanoj's el «le la \ille, 
du |«scha i;oii\erneiir. des fermiers el des i^tri- 
vains. des aMumissaires el des i spedeurs des 
f;ranj;cs . des i;<k)inMres el des paysans : il com- 
prend les f^mdaiiiins. la (ioiiaiie. les moiin.iics. 
le h*c. el >"tn ii'terc pliisirtine fids aux ancien- 
nes anisiilulions du sullan Kaiibai . que Ion se 
pmjxksaii surloui de mainlenir ou de relever. 
CeUc l.y.islalinn el un nouveau cadastre du pays 
rlaieni d'aulant plus nécessaires, que l(>ii> les 
anciens rej;islr(*sdcs imi^Ms avaient clédétruits 
dans un incendie I . Lcslix)upe> turques sol- 
dées de I K{;\ pie furent di\ isées en sept classrs : 
jauilschanii . asal)es, t>chauMlis. niuteter- 
rikas, dschcl>cdM:his, lufenkscliis el gœnnullns. 
Nous sonunes co.;duits mainte nani aux lois 
concernant l«s rajas, c est-.i-dire. les sujets 
rooslims el mècréanls, qui payent aux |>osses- 
.«ieurs des fiefs des iinpôls et des rede\ances. La 
loi des sujets kanuni-raja donnée par. Sulei- 
roan,et dans la suite m partie confirmée, en 
jarlie étendue, fixe les redevances à livrer par 
les sujets ou feudataires, l'iiupùl foncier, la 
taxe dcN célibataires, le droit des fiança. Iles. le 
droit sur les moutons el les pjiluiajjes. le droit 
d'hivernage, le droit s. r les abedies el les mou- 
lins . sur le ta. ac d fumer, le droit de justice et 
le droit sur les csclav«'s. Tous les impôts dans 
les pa\s musulmans sont ramenés ,« deux classes: 
les I i.pùls léjiaux 2 . d< terminés par le Koran 
et les loi> fondamentales de I islam, et les con- 
tributions art.iiraircs .'i . inirodui.es par des 
dispositions [wlitiques , kanun , et ap[>elees h 
cause de cela 'un\t6Ls de di>aD. Les impots qui 
ne sont éialilis ni par le koran, ni par le kanun, 
sont lang'S dans les extorsions, (.ont le nom 
arabe, awani, est passé <ivec la chose même de 
l'orient dixis les contrées «Kxidentalcs. les im- 
pôts légaux soot : la capilaiion, la dime, les 
droits 'Ur le fonds et sur le prfxlml , qui Ions 
se trou vent sous la désignation commune de 
cUar^dvh Les conliibutions arbitraires sont : 
les taxe», les amendes, les douanes el les droits 



(2j Hukbki . i/u ru^wiui Kbtiife. 
(3; TeUuânrâje 



compris tlans le nom i'.énériipie dimpùls de 
divan. l.«'s taxes stml personnelles, ci^iiiiiK- celles 
des célibataires, des fiançailles, cl des époux ; 
ou bien cl. es se percoivi ni surlescboses, comme 
sur les jii;;emenls. I es amendes sont exigées 
pour de j;ia\< s délits ( (|s( lierinie ou pour de 
léj;éres coniravenlions aux rè}',l(nienls <le po- 
lice. Les droits de douane se prélèveni sur les 
mareliandisesàrimi (H'tation.a l'ex portât ion, ou 
pour le transit el len évemeiil, ou bien sur les 
vivres, les droits s«> p.iyent \)a\\r l'emntagasi- 
najje. lestampille. le service. I.i garde, les com- 
missions . les eourla|;es : «pi.iniilé d'autres sont 
compris .sous la dénomination vaj;ue et très- 
étendue dintiovalions (I). Ces impôts arbitrai- 
res ne soûl |ioini partout les nièines, el varient 
selon les goineinements. Le dei'crdar Mnliam- 
med-Kfendi-Abdi a recueilli (cs kanunnames 
suusic régne de .Selim 11 , d'abord en un vt>luiue, 
et le deflerdar .\iin les a de nouveau [tubliés 
au temps d'.\ebmed l'". 

Suleiman étendit aussi le kanun de la divi- 
sion du territoire par ses conquêtes, el dans le 
journal de ses campagnes il est fait mention de 
plusieurs dispositions par lescpielles il opéra 
égaleii;ent des modifications dans le kanun des 
usages 1 ajin ), et dans celui d( s cérémonies 
tesehrifat j (2). Enfin, il applnpia des .soins 
tout particuliers aux prescriptions de police 
et aux lois pénales, dont le kannuname, en cinq 
chapitres prin< ipaux, forme la base de la légis- 
l.ilion criminelle de I c>mp!re oiloman. Le pre- 
mier eli pilie,sur la fornicaiion ,3,, punit les 
délits suivant la pro|)ortion de la fortune, d'une 
amende- de 1.01)0 as[ires pour les plus riches, 
de .'iO pour les | lus pauvres. Les ravi.s.seurs de 
jeunes garc,ons ou de jeunes fi les subis>enl la 
castration: celui qui épie la feiiunc ou la fille 
<l\in aulrr pour I cl trader et lui donner un bai- 
.ser reçoit une forte réprimande , el pa\ e 1 as- 
pre jxiur chaque ii.ot el cliacpie baiser; s'il s'agit 
d'une esclave, l'autciide est plus faible de moi- 
tié. L'accusation piivic; de lemoignage ne 
peut être aamisc ; si laccusé atleste [iar serment 



1; Ri<laat. 

l'2, yuy. le Journal de .Suleiman dan» len éclairciMe- 
meiiu. 

,'3y Corittitutiou cl or(;atii8alioDde l'empire olloman , 
1,1, p. 143. 



LlVRi: XWIV 



115 



son iiniûcence. la frmn»e ou la filK' n'«,<>ii »»'' 
r(^priiiiaiid«* du juj;r, vl iwyr 1 asprr. I-*' |Mrr 
qui roudu'aMT l «m la\»" dt* mhj fils n l'st pas 
soumis;'! l'aiDiiid»'. l.f trinu* i\v lH'>lialil«^ i-sf 
puni souliiiuiii par la rtpriuiandr, i-t jwir iinr 
aiiitMide (l'iin asprt* pour «h a» pu* «as. I-e M-ttJud 
( liapiirt' trailf des jM-iurs inlli|;i«s |x>ur di> in- 
jurt's ft des coups: \\ ) a «1rs anuiidis |M»iir la 
barbt'arratluV, pour des siiuHletsti d«s bU'ssunv* 
ù la ((Mr : niaisoridiMiiir <t il |m)iii u il. dnil |MHir 
di'Ul ; loulctois. U* «onpalilr prul , m • « la rtiii- 
vifiit à ratcusateur, se sousir.iir»? à la |M'inr du 
talion : lo rirhc pa\t* iMM) nsprrs pour une dent 
casstV, rt Ir pauvre, 3(J. (hi.iiid il sa|;il d"«'s- 
claves, les luailres ne fouruisseni «pw la nioiiié 
dcccs.somnu's. Si des teiunieslionorab'js, appar- 
tenant à la cla.sse des vt)ilé( s I .en vieruieni aux 
mains entre elles. Ifjui;e les renvoie avec uiena- 
ces. et une punituju de "JO aspres ; si des leninu s 
non voilj'cs, e'esl-.Wdire non honorables, sont 
tondH'is (lins la int''me fauie. elles reçoivent 
une répriiiKUnle, et p.iv eut une .imcude de M) as- 
pres |H»ur chaipie cou[i. |,e troisième chapitre 
sjjocupe (les |)eiiies jMirtét's contre l'usaj^e du 
vin , le vol . le l)ri|;aiidaj;c et le pillage : cliatpie 
verre de vin est racheté |)oiir 1 aspre : le même 
prix est e\i{;é |)Our chaque pièce de volaille dé- 
robt'e; mais, le voleur «l'un clieval, d'un mulet, 
d'un Aiu* ou d'un buflie, doit perdre la main . â 
moins qu il ne juive l'IM) aspres. De proches pa- 
rents i]ui se dérobent des objets dans la maison 
sont réprimandes. Oluiqui, dans im mouve- 
ment de colère, arracheà un nuisulinanson tur- 
ban, est frap[)é de ré[)rimande, et pave I aspre. 
r)«'s voleurs ipii enlèvent des esclaves, for«ent 
des lM)iilii|ues, ou tpii ont déjà été s;iisis plu- 
sieurs fois |)our de petits cas de larcins, .sont 
j)endus. Ix's hàbitantsd'un villaj;esoui tous res- 
ponsables envers la partie lésé»' d un vol com- 
mis dans le voisina{;e. Si les voleurs sont des 
feudataires. ils sont arrêtés, mais avant de les 
punir on doit adres^ser un rapfKirt A la Porte. 
I,es faux léinoins . les faussaires et les faux mon- 
nayeurs doivent perdre la main, l ne amende 
d'I aspre frappe la récidive dans la néj;li- 
[yence à dire 1 1 prière recommandée cinn fois 
par jour, et la violation du jeune. Les intérêts 

(1) Constitution et orgaui.saiioD de l'empire ottoman , 
1.1, p. 143. 

TOM. II. 



ne peuvent pis s'élever au-<le^sus de dix |K»ur 
«eut les lalonuiiateurset lesniedisjnistiuivrnt 
reparer le tort causé par leurs prt)|)os. Ix* qua- 
trième chapitre s'o« rnpe des rèj;lemenis sur Us 
marchés, et le ciiupuéiue. des dis|M»siiions sur 
les profeMioiis diverses. Il faut remarquer dans 
liin la reionuiiaïulation de mcnai;rr.lcs lM-tes<le 
somme, dans I autre, divers petits r^|;lemenls 
sont dij;nes d'altenlioii , roinnu* traits caraclt^- 
ristiipies |Miur les mu-urs et la [Milice des Turcs 
.\insi,ilesl enjoint ri|;oureusement aux liou- 
lanjjers d'obsi rver la juste pro))ortiou de beurre 
et de farine |H>ur les divers^•^ es|M'ces de jjA- 
teaux ; aux i;ari;otiers. de surveiller attentive- 
ment rétamajp' <le leurs ustensiles de cuivre, 
l.e prix de I halvva, c fst-a-dire. des sucreries , 
est réjjlé sur la valeur vénale du miel el des 
amandes. Les marchanrls d»- fruits s«rs et de 
raisins dois eut se Ixuiier à un U-néfice de dix 
pour cent, [jc prix des diverses esjW'ces de 
cliaussures, souliers. lMilt«-s et [jantouMes, est 
fixé, ainsi ipie celui des selles, mors, lic«)us et 
autres harnais. Les maçons et les menuisiers 
travaillent movennant .'> aspres par jour el la 
nniirriiiire. la lonjjiieur du bois est déterminée 
diversement , selon qu'il doit être porté par des 
ânes, des midets ou des chameaux. Les pro- 
priétaires de bains sont tenus de ( liaufTer c(Ui- 
vennblcment leurs chambres, et d'avoir des 
f;ens habiles pour trotteurs, ma.vseurs et bar- 
biers, de donner surtout des pei[;noirs distincts 
aux infidèles, de veill«T à ce (pie les barbiers 
n'eiii[)loient pas les mêmes rasoirs pour les 
];iaurs et les musulmans, et ne fa.s.sent point 
usai;e des mêmes serviettes avec les uns et les 
autres. Les mendiants ne peuvent mendier 
que les jours de marché, et jamais dans les 
mosquées; il est interdii aux lépreux de ( irculcr 
dans la ville. lUen ne [leut être vendu .vins un 
rêj;lement arrêté en commun par le juj;e de la 
ville et le ju(;c du marché. I) après cet extrait 
de la législation pénale, les règlements sur les 
mu'urs et la police devaient être a;;réables au 
peuple; car ou y voit un soin partit ulier jKHir 
son bien-être et le bon marché des objet.s les 
plus nécessaires A la nourriture cl au vêtement ; 
et il y a tant d iudiil;^;ence pour la sensualité, 
que lesdi-|)«jsiti<ms relatives à ce sujet semblent 
propresii lexciîer plutôt qu'à la contenir. Si.. sous 
ce |)oint de vue, la léf;i.slation de Suleimaii |K'uI 

lu 



I1G 



lll> I OIKI \)\ I. K.MIMUK () I [OMAN 



^\rf rxpn^i' au M.lnv t\c ri;'.mir(Mix mornlisfcs. 
rllf mt^tr an rrHiins r.ippnibnlion «In philaii- 
Ihrojir et dcrhomnv df laf. pnrl'.TpplirnJioii si 
niTclr<(lni\ ;>r!ji s pvrri' ip:ï!»'s.( rdoiiricri nrll• 
^odrd^l*i<^.lm. (r.ipn''<!rKor.in.» oiitr«'r.i<Jiilf«^iT 
«i !f Tol. !.i I.ipidalion rf l.i iiiililalutn du bras; 
rnroro piMirraif-nn sr rarhrtrr (\c rcs dru\ su|> 
pliVrs .i prit d'nr ont. ('«M r^pril (rin(liil;;«Mi(0. 
qui pcn^frf tonte la Iqji^l.Tf Ion de '^ulriniaii . r\ 
qui s'tYarIc dr la r punir priniilivr dr l'islnm . 
se nianffc<tr nn«i darx la tciir-raurr tarife du 
hftr dp fa raissHIe d or ri dar(;riif , (pii . sr'on 
l'oplnitm dr« dorfours. drraîf ftrr interdit aux 
itMisItm*. Suirtnian ltî<ssa irtt^mr les Iri^isfcs r( 
l(*«p^ipî<*s. lors<]n"un Jour, dans un festin ofH- 
riH donnd^ ^ une ambassade persane, dans 
\r di\an. il fil servir dans des piafs dur ei 
d'arfjent: eequi ne se reprodui-it plus deptns, 
rar la etinr ne se s<t; que df poreela ne verte 
de la Chine 'f \ Sufei:i an ne Fut p:s moins cofn- 
p'aisant pnnr une antre jouissance scnsnelle , 
rrnr da raR*. s;ir laquelle cm ne peut présnmer 
quelle^ auraient éti* les prosr lijitions du pro- 
phète: û\ qnoique ^ers la fin de son i^j;n^ il 
interdit sr'NYTeri'enf le vin. (tu \oit. fiar la ma- 
nifre dont il défend de faire dis prf'Sents de 
cetle liqueur, que lusafje efi avait fié lolérC- 
JTKqu'aInrs. iVnt-^Ire an\ jours de sa jeunesse. 
l(rs.^'il se livrait aux plaisir* de la lalile avec 
«in eoni[af;non et ami Ibrahim, renêfjaf peu 
srropulenx. bnvail-il même du vin : mats quand 
TÎnrenf fa vieilk^sst' et la fjnuîfe . Il voultit rnn- 
vrriir vm ah<(rnet)ce ftircce en pr^nifcice expia- 
toire, et pour en au(;menterle mérite, y sou- 
mettre son périple tout entier. I! se fit f;loire 
ensuite de cette pro<icriptifm . ranime dun aefe 
de lK»n moslim ; on le voit f»ar une lettre adres- 
s*'e an sdiahTahmasip. danslarpielle il l'informe 
de rinterdîrfion prononcée par lui. dans l'es- 
prit de l'Mani. contre le vin . que le prophMe 
apfrflle la m^rede.s vices, ^fais cette mère des 
vîce<;. dit lîaft!». dans une de ses {jhazcle.s ?es 
pln.-^ cfîèbfw . rou.< est pins dolice que le bai- 
c. Cette ex[»ressioii du jxM''te, 

t 'te avec la parole du pro- 

phète, suffit au moins p<'»ur motitrcr eombien II 
seraîf dîffiiîTe de voutoir sanver Torthodoxic 



1 .VMjradjea d'ObiMia , Tjibte^u de l'rmpire o((o- 



(fllafis n>minc inysti(pie pur. et elle ai\torisa 
sans dout(* des niosliuis ardents i^ demander s"d 
ne faudrait pas aussi interdin* la lecture dUafis, 
qui fait un éIo|;e si plein d'inspiralion de la 
daujyereuse liipieur. le mnfli Khusiuid. aussi 
saj^e qi!e savant . el <|iii navjiit pu refuser le 
fetwa poura[»pu\er la deleuse contre le vin, 
fit en celte occasion aux /cla leurs une réponse 
(pli aurait pu servir d"enscij;nctnent à tous les 
muftis et censeurs: il dédara (pie. dans llafis, 
certaines choses pouvaient bien eliorpier en a|i- 
pnrcnce. mais qu'au fond il fallait les eniendre 
au'remcui I II ne se montra pas |>lu« disposé 
à inierdire les cafés, rldiil le preniier fut établi 
!i ronsiaiitinople dans lantu'C lA^I 2), par un 
homme dAlep. tiomiiié Schems. qui, au boni 
fie trois années . retourna dans son pays avec mi 
bénéfi(e de .'»(I.Of)0 ducats, il y avait mainte- 
nant bienti'if trois sièeles (pie le scheich .irabc; 
Sch(edeli avait recomiu la vertu du café par la 
titacité subite de qnehpie chameaux qui avaieni 
brouté des feuilles de Tarbrisseaii ^V. Selon 
d'autres, cette découverte aurait été laite par 
^on él^vc Ouiar, qui (îol^ta par hasard de la fève 
d.ms le lieu (leson exil, au pied du numl Oszak, 
près de .N'hid ' 1 . Mais ma'{;ré la coiu|néte de 
l'fljjypte, malj;ré tant de caravanes, de pèle- 
rins se rendant à la Mecque, l'usa[;e du café 
était restéborné jusf|u"alors A l'Arabie, rf.jjypte 
et la *syrie. el on ne le coniiul à Constant inople 
que par ce qu'en racontaient les pèlerins. 
nè.s ce mfnnent il i^eréiiandit aussi à Constan- 
t inople. et l'on vif stnivrir des cafés dans les- 
(piels se rétmis.saient les amateurs de ce fruit , 
beaux esprits, oratenr^, soldats et politiques, 
et suftonf les dirvfseiies et les oisifs . [lonr y 
fjofiler les eh irme<< de la nouvelle boisson. On 
la dési;;na fiar l'inie des norrd)reti.ses é(»ithètes 
données an vin. qui est ap[Hli'' en arabe kah- 
vvchT» . comme Alant rap[>élit. l/cscafi-s furent 
nomn es ('rôles de la connaissance.. 
A[irèsav(iir passé en revue les litres qui oM 



^1; H.ift» divan, Sfoffnard, 1812, I. f, p. 6r,. 

(2 IV«h«^i.rol 122. A.ili I iv , fol. 573. 

{"S) Atxitil K^rltr , (liro la (.hrcRtoinalhie arabe de 
SylvMtlre de Sa' y , I. m. 

i^) D'aprf» If T)*kChili.'innurn''i . p 2-'»V on I hisf ire 
en e<t trf«-déiafllée. , 

'h K^iinu», ni , p 01 1. 



I.l\ l;l'. \\xi\ 



HT 



vjIu à Sukimau le surnom de U'|p«5l3l(Mir , il 
nous rt'^tr inaintrn.inl \ riainincr daltonl «oni- 
nuMJl , ni;ilj;rr l.i sdijcNH* jiisfiinciit vaiilt'r lU 
sa li'jîislaiinii . il a . |wir s.i tonduitr, pn'uan^ 
les allrralioiis futun-s .'i la < (in-ililiifion , vl «it- 
\H)si' au sriu df la ijraudcnr nlloinanr 1rs j;rr- 
nws i\v sa diVadrntr , ri A rt'duTrluT nisuili* 
connnrnl, m di'pit dr sfs fautes et i\r s<*s lai- 
bh'sse.s iMisoiwulU's, Suleiinan a mérité le nom 
de («rand (pie lui oui donné les historiens 
européens. I.es eaus<«s de ranan)lis.s«'ment de 
ItMnpire ottoman m)US les ré|;nes suivants ont 
été plusiecMs fois mises en Imniér»' par des éeri- 
vains (Kcidentaux ; mais iml deiilre eux ne les a 
exposées avec une aussi profonde eonnnissaurc 
dt^s eh()s«'s. que Kolslii lU'i; , auteur du tmips 
de Mur.id IV , (|ui , par son oiiNra;;!' de la dé- 
cadence de l'empire ottoman , a mérité d>tre 
appelé le Mimli s^piieu turc , d»- même «pie les 
prolé];oménes liist()ri<|ues ont fait uouiuu r Ibu- 
(^lialdun le Monies(piieu arabe. I.es Anglais, 
Fran(,ais , Italiens et Allemantls qui ont voulu 
étudier dans son primijH" ^a^^ail)li^st•m( iil de 
I enqiire oldNuan . n'étaient pas eu posiiiou de 
pénétrer <lans tout l'édifice jKjlitique ajissi 
profondément ipie les écrivains nationaux ; 
d'ailleurs ils ne cnmmenccnt leurs n cherrlies 
qu'avec les sutcesscurs de Suleimaii . el ils ex- 
posent alors le dévelop|>€ment rapide de la 
décadente; mais aucun deux n'a |Miiusui\i 
le j;erme funeste dans le rèi;ne même fie 
Suleiman, comme l'a fait KotHhi-Bej. quid(mne 
les cinq cau•^es suivantes : 1" Suleiman , tout 
en coniiuiiaut d'exercer son atti\i|é sur les 
affaires, cessa de se montrer personnellement 
dans le divan, auquel ses ancêtres avaient cou- 
tume d'assister \,. Il y eut bien encore (pialredi- 
vaus \n\r seuiaine tenus dans le M-rail, mais Sidei- 
mau, qui. dans les commcucementsdeson rè{;ne, 
présidait toujours à ces conseils , s'abstint d'y | 
paraître dans la suite , s<' rontentaul loul au 
plus de se tenir derrière la fenêtre recouverte 
d'un voile . et ne se montrant que dans des cir- j 
constances extraordinaires, couuneà l'occasion 
de la controverse relii^ieuse au sujet de l'héré- ' 
lique kabis ; ou bien il tenait en i»ersoune le 



;1 kotsrhi-Bofî, dans le nianu*cril de la collection de 
Die;, i la bibliotbéque royale de Berlin, n*» 18, p. 36. I 



divan \ i lieval, lor^u^n'd s'a|;i<vail de detidcrde 
'a l'.iirrre ou de s<« préfwn r .< < i ini- 

pai;ne. (les ap|.arilion>> si ran unit 

rflianAseria ninjisié sinncrainr. nqirtMMiicc |»ar 
le i;rand \ e^ir ; n»ais la ré<urre« tion des ancietN 
prm< ipes lU's mouanliies aMilKpies . ou I on 
ne comn!Uni<|uait pa<( diritiemenl avec \t% rui^, 
rut dans la suite une iidlueiur funcsir Mir 
la pros|»<*ril«' de lempire oiiontan. 2" Avant 
Ibraliim-l'aM lia . Ions les i;raiids v«*5ir< élairni 
pris d;uis le<t linuls fonctionnaires de 11 tal ou 
de l'armée : d'alHtrd ils «/triaient des pre- 
mières fli];nilés de Tordre judiciaire, comme 
la famille I)s( liendenli : plus tard, ils paivsaicnt 
par les (;onvernements de Icinpirc avant 
! d'être p<irlés A l.T direction siqirêue des 
affaires. .Suleiu.ni . le premier, par la nonn- 
nation de son i;rand fauconnier Ibrahim . 
donna le fmieste exemple de l é.han|;e d«8 
, « liar|;es de cour « outre li s emplois <le IKiat , 
j et ouvrit ainsi aux inlri|;iies de ( »»ur et A linex- 
' périencc des fa\oris ces hautes |»osilions qui 
devraient être réservées A la sa{jesse el A de 
; lon;;s servic(s. l'oiirlaiil. versia Hn tlesoiirè[;ne. 
Suleiman. |Miur récompenser le vaillant pirate 
de .ses victoires, préféra en 'aire le f^endrc de 
Selim plnlnt (piuii \ esir. l'cM-édemmeiif il avait 
comblé de troji ];ran(|s Ikuiik iirs son l»eau-frêr«- 
Ibrahim et son ijendre Rustem. In leur acror- 
dant une f;rande importance i omnie premiers 
minislres. il s'élait éiarle de la rè|;le suivie 
par son père .Selin: , (pii ordinairement n'accor- 
dait {;uère û ses ;jendres (pie des sandschaks, 
et ne leur periiietlait pas de se mêler dans es 
[jrnves affaires de l'empire. SousMiisiem . |KHir 
la[)remière fois, la pcrnit ieuse inflmiKcdu ha- 
rem s'exer(;a ouvertement sur les i;randes 
questions par Tnclion de la sullane Movelane. 
jusrpi'a la fin toute-puissante sur le Cd-ur de 
Suleiman. (juoiquc celle influence du harem, 
alors employée ;1 soutenir le pouvoir du {;rand 
vesir, .se fortifiât en ap|iarence, ce fui elle 
qui le mina en réalité : après avoir appuyé, elle 
prétendit attaquer et renverser : el plus lard ce 
ne furent jiliis seulement les femmes, mais 
encore leurs [gardiens , les eunuques , qui fjou- 
\ernèrenl. .i" La corruption hautement avouée 
par Hustem : il vendit les {^ouveroemenls à 
des prix fixes, et afferma les biens de la 
couronne et de l'État à des juifs et û des 



14N 



iiisToinr. DF. i.T.Mrini- u itoman. 



inistTablcs ijui les (lovasiai«M>l 1\ 4"Sulriman 
vitila (miles lt»s n''j;lcs diinc saj;p tk^Miomio 
polilH|ur |wir rciioriuilo (irs atnrcssioiis failos 
i s« vi'^ii^i , cl il reMidil tvllc |>ro(li|;alil(^ 
plus doplor.iblo ciun»ro m |Mrnniianl A lluslcm 
do irausfiiruMT les biens .i lui lonlVris on 
u^kf* . ou proprioU^ inalionablos on favoiir 
do sa faniillo. «pii d.ins la suiio jouit d'un 
n'\onu an'uiol do 10 nùHions d auprès ou 
•J<H).(HM) diioals. h" Knfin . lo lu\o do la rour 
ol dos vo^irs suivil la pn)|îrossion . (\c la prodi- 
jîaliio do ^^uloiinan. I.os vo«>ir> rivalisiirnl par 
lo noml>ro «b^s oolavcs. la riolios-so dos ainio' ol 
di^ objets A Irur nsa{^o, ain-i qu'oïl la vn A 
l'occasion du supplioo d'lskond«T- Isrlioiobi 
cl (\f la surrossion df |{u««loni. O dôploio- 
moni do Invo ontrainail lo^ bauls dij^nilairos. 
Ainsi Ahmwl-Paschii, Rendre de lUisiem, qui, 
à la oonqiHio doSzi;;oIh .oiail (juatriomo vesir, 
et do\inl plus lard j^rand visir. iniroduisil 
rus3[;e dos in»is polisses, dont l'une se portait 
dans l'inlêriour dos app;ir(emonts : la seconde, 
pour les nrrpiions ordinaires: la dernière, 
dans les occasions solennelles 2 . 11 n'avait pas 
moins de cinq cents esclavos . ol dans chacune 
de s» mf^tairies on comptait cent mulots et 
ceni chameaux 3. Kn se retirant du divan. 
en ré)kandant les faveurs sur ses j;rndr( s et 
les grands, rn lai.ssani libre carrière A leur 
avidité, à leur corriipiion ol à leur amour du 
lu\e. Nuleiman m* la donc aux iKms principes do 
sa législation des se ronces funotes qui po- 
duisiront des fniits e.i [toisonnos sous ses suc- 
cevveurs. Mais lc.s écrivains eumpoens lui 
adressent. ofi|;fntral, im reproche mal fondé, 
en larousant d'avoir oluij;né les princes des 
gouvememenls , et de les avoir lenus .sous les 
fjriMes du harem : car s« s fils , à l'exception de 
deux qui nv unirent dans 1 enfance, furent tous 
g'»ovpm«ir» : et peu de temps avant sa mort 
ma»re. il aNail ronfcré J son i>etit-fils Murad, 
fil* de Selim . le {jouvernemenl de !\la{;nesia. 
I>ansbs 'oi-. il n^' sr trouve aucune disju)sit on 
qui interdise 'a r. I afion de celle sorte d • ik>ii- 

(I, K^^tch -Be3,rnanu«rril <)« Dif z , à la h(bti«lbfque 
n»f aie *V IWrJn , n* J7 , p. 3r.. 

(7} r>iT(»iiirin« M orf^n'^aiion de I empire ottoman , 

(^ KM«rbi-B<%. nuooKTit de la »>ibliotbèquede Ber- 



voir ;^ dos princes; elles t«>ni lions ninpliis 
parle princ<> Muciid. sous Selim 11. cl |>;u' !<• 
prince Mohammed, sous Mmwd III. viendraient 
demi nlir une pareille opinion. 

Kn examinant les divers titres do Suleiman 
aux élo;;es de la postérité, il ne peut être 
question de dimimier si> i;loiro |Mtur rechercher 
la part qui revenail a ses i;r;mds \csirs hommes 
de };nerro. ctinun»' Ibraliim cl Ibisiem ; à ses 
muphtis honnnes de i<ic. icls (|iie Kemal- 
paschasade et Klmsimd ; on A ses secrétaires 
d'Mal . tels que Dsclielalsade el Moliamined- 
l'-j|ri-Ahdi : cai-, |M)ur roxécution dos vastes 
plans, d'habiles instruments sont nécessaires, 
et lo choix mémo do j^rands j;onéraux ol de 
i;rands minisires, la confiance absolue dont on 
les investi! , soni des acies d'ime Ame élevée 
dijjne d'exercer la souverainelé. Mais il s'a[;it 
de voir si à ces hommes Suleiman n'a pas aban- 
donné trop (le pouvoir, s'd n'a pas lro|» aecordé 
au harem ; si. d'uncùlé. par celle espèce de 
condescendance qui dé};énère si facilement en 
faiblesse, el del'aulre. p;ir une rij;nenr (pii lou- 
che î\ lacruaulé. il n'a point autorisé le monde 
A lui K'fuser le nom do {;rand homme. Kn 
effet, il se laissa dominer |ilus (piil ne con- 
vient à un vtritable souverain [»ar son favori 
Ibrahim el par son é[»ouse ( hérie , la rusée 
Hoxelane ; puis, il se vcnf^ea trop lard, el 
sans [litié. de son avenijlemenl exploité sans 
réserve, par rinnnolaiion fie son ami ; et après 
la morl do l'.oxolane, il n'hésita ))oinl à faire 
meiirc à morl l'infortuné prince Hajesid et ses 
fils. Les exé«uiions rllbrahim el frAlmied- 
l'ascha souilleront ;^ jamais la |;loire des hauts 
faits de Suleiman ; el il sérail dilfic ilc de re{;ar- 
der (omme des mesures de ri|;ueur néecs.saires 
|>our le maintien de l'ordre les sup|)|ices de 
tant d antres hommes si(;nalés par leur |»uis- 
sancc ou leurs talents. Sous son rè{;ne, A 
l'exeeplion des secrétaires d'^-lal , tous les 
hauts euqilois de ll-ht el de l'armée ont 
fourni des victimes à la haihe el au (ordon : 
};rands vesirs. kapudan-pas( bas. ap,as des janit- 
schares el des .sipahis , premiers deflerdars, 
rels-ofondis. eommorlorf s de U'arine. Ié{;isles, 
schoichs , fjouveriieurs derem|)ire, tirés des 
famille* les plus distinguées , princes du .sang, 
au nombre de dix . tombèrent fr.qtfHs par ses 
ordres .sanguinaires. Mais si nous portons nos 



refjarris sur les haiitis (jiialiU's inconleslablrs 
de Sulfimaii , sur m*s jjraïuJf^ arlioiis ri m> 
œuvirs, >ur les va^li*» fHMiM^es , um reprit 
d'fiitrfprijM», m>h courjjçe , et m noble ar- 
deur, MUi «)l>>ervali<in ri|;«mn'iis«' «ir lisl.im. 
et sa luU'raiH e , ms vm-s «'roiiiniiii|iiis , iiiiii-s 
à son aniuur de la nia];niHi'eiire, son i;i')iil |Miiir 
les Hience* , sa pnitetiion i;«'ii«VfUse donnée 
aux savants ; si nous loiisidérons les trci/c 
eainfwjînes par lui «lirii^tM's en |» rsimne , m*« 
batailles, ses confiui^fes d«S Ir roniniencenietil 
de son r^jjne . iilHNles el Hrl]',r;id an|uis !\ 
reni|tire |Miur lui servir de ImiiiIcs ards sur terre 
et sur nier . ( )\\'U et lki(;dad ineorpores à ses 
Ktals dans le rours de sept années .(«yulael 
Szii;elh soumis dans 1rs dmiiéres exprdilioiis. 
les drapeaux ollomaus plantés dcvat l>ui et 
Vienne, les frontières de l'euipire reculées, en 
Orient, jus |u";'i Wati, <ians l'Oi rideni , jiis<prà 
Grau . éteiuiuts dans le Midi . par la prise d'AI- 
jjer el de Iriptili . et pou^sées même jUMpien 
Nubie , les courses desakiiidsrhis s'éieudanf du 



\\\l\. !4l» 

I pird de I Araral. ri de la pl.iiiic de Nat lidschi- 
WMi jUM|u'au uionl Vuuiierini; et aux rbalnrs 
de la M) ri»' , la lernur j» lée par ses llnlii-s sur 
le l'olfe Arabiipir el la uiei- PersM|ue. la Médi- 
Irrranée el rArr|ii|>i'| ; si nous «oiitriiiplons 1rs 
•'•(lihrfs de Sulriiiian. r|icfs-<|(i-usrr d«- I arrlii- 
lirfun* otliNnane , la suleiniaiiijr, ainsi qur six 
nios4piées dere|;enre t f'^insianliiiople . «-i au- 
tant d autres tniipifs élr\ es li ms 1rs pro\ inr»"»». 
les acpM-diu'sde Justinien i ( Jinsianiinople. i vttx 
de ré|Miuse d'liaruii-Ha.M liid a la Mmpie. répa- 
rés et au|',iiientés, la iraïupullilé de Jéruvdeni 
p,araniirp.ir de tord-N uiiirailies. les rommuni<a- 
lionxle (!u!islaiitinople a'^suréis par le |Ninl de 
Dselukuied.sdie , el enfin les monuments de la 
lé|;islalion (\<- Suli iuian . b- kaiuiunauic . cotii- 
prenant toutes les brant lus di- la < onsiiiiitidn 
et de rur|;anisatiun;s4's faibl(*s.ses biimaines et 
sa férocité nous rmpccberojit de lui donner 
le litre de i;ra!id lioiiiinc . mais nous nr pour- 
rtuis lui retuser celui de |;rand souxerain. 



I.IMIE XXXV. 



^nniMi »»» Mini \ < o>sia>ti:\oime. puis a iikm.iu».— aimus i.a uÉvti.ATioiv m: i.a moût 

DC SriEI5flA:<J. LES JOITSI.lUnrS SK RtVOITI.\T FT AIUU<.IIK:^T 1:M l'HtSENT DAYtMKMKNT 

M moM — ivrtiMTiON II» l'Uir. si n ï:iiios. — riim: lu; itAiiocsA , di; ji.aoi:. coiKSii: 
n^As li rM.>u>i> >Lr.oruTio>s n paix auc maxhimikn. — amiussahl i>ki;sa\k. — 
É^iiAr^iMN \ oi»ni>orir. ius/.ra . ri\ aiuime, en moi.i»a\if. — iii^oiiVi;i.u;>u:M m: la l'Aix 
\ur iK roioc.M. rnvA«.KME>T i»f vesihs — K^\ovts i.m*t:HU(x k.x tkarsvlvawie. - 

l»l> l.lllU.s»>TOTS m li POUIE SE UEMH.Î^T EN FIUNCE. -CIO^SI Hl Cl IOi\ IIK LA SELIMIJE 
A AXURnOPlK. •n>T\TIVE l>» IUrMO% lU IK)\ IT Ul M OU. A. — SITUATION , SOUVCKAIA.S , 

niMnns m i\iurir. — ro^oiiTr hk i.iimi.a. 



Lo {^rand v»>ir Moh.uniiu'd-Sokulli avait at- 
tendu la priso do S/ij^rth avant d>X|K'dior le 
tscbausch llasan au sultan Sclim. A Kutahije . 
avec la nouvelle de la mort de Suleiman tenue 
secrète à larmce l-a lettre avait été rédi|;ée 
par le secrétaire intime du j;rand vesir. Feri- 
dnn. I>e messa[;er fKjrtcurde cette missive avait 
jiour instruftion de répandre partout que le 
padi^rhah Suleiman était ré'MjIu A ne quitter Szi- 
jyelh qnapri-s avoir mis celte plareenlK»i état 
de défense. Le tschausch courut si rapidement 
fjuele liuitihn<if)nr fie son dé|>arl deSzigetli il 
atteif'.nit kutahije: et le nouveau sultan, se pré- 
cipitant à son tour, arriva trois jours aprè.s la 
réception de la nouvelle . avec son précepteur , 
Ch<idscha-.\larah, le f;rand-mailre de sa cour 
FluM*in-Pascha. son amfideni ÏKclielal-Ische- 
Icbi, et «>n f;rand écuyer Chosrew-Afîa. en 
face deCr»ni>tantinople. AKasikoi Chalcé-doine 
2i ■ <• i^Aif» . DelA ilerivovalel.M liaust h 

Ali a . ,, . rueur de 0>nslantinople. Iskender- 
Pavrha, pour lui exprimer M)n étonnement de 
ce qu'il était parvenu jusque lA sans que rien 
fut prêt f»our si réception. Iskender-Pas^hn. 
qui ne savait rien . montra dans sa réfionsc 
autant detonnemenf que d'embarras. Ali- 
Tschaasch fut exjiéfJié (Kjur la si;çonde fois, 
charfjé d'un messa.fje où il était dit que le kai- 
makam devajl relire encore la lettre arrivée du 



I camp . la comparer avec celle cpiavait le hos- 
tands(iiil>as( lii ; (jue cerlains secrets d'fllal ne 
se déclaraient pas ouvertement, et qu'ils doivent 
être devinés: qu'en réalité le boslandscliibas- 
chi avait ordre de s'entretenir avec T.iija de 
service pour dijKJser les .q)|»;irleni(nls, afin 
, que le maître en arrivant les trouvai prêts. Le 
Ixistandscliibasclii mit aussitôt en mec la fça- 
lèr«' impériale, cl se rendit à Skiilari. au pal.iis 
de la sultane Mihrmal). .^elim ordonna an };ran(l 
écuyer de .se trouver avec son cheval couvert de 
riches harnais A l'endroit où la Itonpe devait 
aborder au sérail , cl de l'y allendre: Ini-mèuie 
I monta sur la f;alère impériale, et lorsqu'il eut 
' quitté le rivajje, les canons de la tour de Le- 
andre, qui s'élève en mer sur un rcxher isolé , 
■ annoncèrent à la ca|»ilale étonné<; la mort de 
Suleiman et l'arrivée deSelim. l>orsque le sultan 
eut mis pied A terre, le boslandschihaschi prit le 
n(Miveau .souNcrain sous les hras. afin <\r l'aider 
a se mettre er» selle, suivant lélirpielte du sé- 
rail: mais le {;rand écuyer s'y opfM>sa, et l'on 
en serait venu anx mains, si le sultan n'avait 
dit. d'un ton aniicil, au bostandst liii)aw:hi : 
1 "F^isse-le, a[ja. il n'a pas été élevé dans Icsé- 
I rail, et n'en connaît pas encore le.s usages; va 
I en avant, d montre-nous le chemin ^\;.» A la 

1, .Vldiiiki, df: la t>oui he inhim du oraud écuyer, 
! p. eO , et Sv»iak»adc fol. 128. 



I.l\ lil \\\\ 



l il 



|M)rH' du si'rail, U* jjouvcnunir «Ir l.i cour 
kapii-a;;.! miil Ir sull.iu , ol l'aida ."k di-y cn- 
drc df cht'val vu Ii- «^isivsaiit mhis \v> \n'<i\ I,i 
I»remù'iT \isile fui \»mr la suUane MiliniMli, 
sirur dr ^rlim . ipii I rml»r.iHN.i fii \n>ajil da- 
bondaiiti's l.irino, li lui j»nia aussilùl .'lO.IMMI 
ducat.v EiiMiiir |)arurrnt le uiufii rj)usutid et 
li'kaimakam !«.krudn-ravlia. lrjui;r d«' ('.*m- 
>laiiiiu«>|)lc. Ka>is.id«--Aliii ««l I'.r«iuli. I«> d» f- 
Indars I las;ui - l'HilioIrlM ri lUIalsadr- Mi l'y lir- 
Itbi , a\t'» lous lis inudnris , {MiurofTiir li'urs 
liiinMuai;rs t'I lrur> filii liai ions. Apn's trllr 
icrt'MioiJi', le sultan, selon 1 aiu iciinc ttiu- 
lume, visija les loinbiaux «li's anct'lrts , laissant 
sur chacun d rux un préstnl dr 3().(HM) asjiros 
♦ï(XÏ durais I Doux jour> .\\\\v^ Srlim qnilla 
(lonslantinojilc, cl louriit en loutr h.ilc ;'» !a 
froulitVf. Hors de lavillr, il rencontra lesaud)a>«- 
>ad«Mirs fraiu ais cl NcnitiriLs (jui lui baistTcnl 
la uiain , et au\t{Ut-ls il ht un an ucil bit ii\ cil- 
lant. De Sofia, il c\|icdia de» tvhauschs â Ve- 
nise, à Haj;us«', en France et en 1*erse, pour no- 
tifier la mort «le snn jM-re et s<ui a\éncnieni au 
Irônc 2 . Le dixième jour <le son départ de 
Constant innpie il entra dans Beli;rad, et , sans 
s'arnMer. t;a[;iia \ ucovar. I.i il siisjx'ndit sa 
marche, sur im a\is du j;r.md ve>ir iju'il serait 
nheux d'attendre à Helijrad qiu* de se rendre 
dansif camp, où larmée réclam«Tait le |»résent 
davt'iiemenl au Irône, suivant l'ancieu usajîc . 
sans «|ue Ion fût en étal de satisfaire à une 
telle exigeanee. En conséquence le sultan re- 
broussa chemin . et attendit les év«''nemenls 
dans la maison de Fîeirani-nejj à Hclurad. 

Cependant la mori de Suleiman corilimiaJt 
d'^re cadiée à rarunV, ei (juoique se rf'fiaudit 
maintenant la nou\elle de larrivée deScJim à 
Om^l.ifitinojile , le secret ne fut point encore 
révélé. I.e IS «Mlobre, les troupes reçurent la 
solde du quartier échu , et en même lcm|;s il 
fut enjoint aux be;;!erbejs de Humili et d'Ana- 
lolide ne |)ouit (oujjédier leurs .»>olda|s avant le 
lourde Kasim saint IVmétrius). Trois jours 
après furent plices la tt nie du [;raud voir et 
celle du sidtan. au bruit des félicilaiions des 
tschauschs et des fanfares de la musique mili- 



taire. U* nirpsde Suleiman , uniune s il eùl éU' 
eiuore «Il \\v. fut transporté sur une litière re- 
(imverle <ruii vode. Solkjjlli, iuuuedijtiMuent 
apr6»la muri , avait fait inhumer lr« eiUraillr» 
par les perMjnno initiées au sccrd . dans le lieu 
mèuu' où avait été dressée la tente, el où fut 
élevée dans la Miite une clij[>cl1e fuuéraire, 1 . 
A «piatrc siatiniisde He!j;rad, Sokolli ct.iiMniUa 
enfin lolei leurs du Koruu '2\ octobre ,el leur 
ordonna d'eulourer la litière ilaiis la nuit , i|ua- 
Ire heures avant la naivsun e du jour afin de 
lire tour à tour le Koran . cl d'iuMKpur le nom 
del>ieu.(>nélait campé sur la lisière dune font, 
IcMMpic dans la nuit icteniil le f;iiilie ou l.i pre- 
mière soura, oraison ordinaire pour les morts, que 
Irsp.issaiilsptinrnt liresnrcliaijuctoudieaulurc 
(juand de la droite du i lueur parlil «e chant • 
Titu/e (Uunination s'en V(t , tous tes honmes 
oui It-tii h»- lire dernit^rt' , et que de Paulre 
on répou<lit : I. Ùtt'iiifhi'iihi rst jutinl altriiit 
par It' Ifmjfs ni dom^itt' far tt/ inori , l'ar- 
uu'c entière éclata en un formidable p,émi.s.se- 
uu'iit , el tout ordre se ronqjit. I.es vesirssj- réu- 
nirent autour de .^okolli. et se plaijjnireul de ce 
(pie la mort du souverain avait été ain-<i priula- 
mé^', (juoi(pu' le bruit s'en fût déjà répandu- 
Cependant le malin élanl arri\é . le jjrand ve- 
sir parcourant les j;roupes hiu- disait ■.<0)n\- 
Iwij;nons, quavex-vous donc à vous tenir ainsi, 
et pounpioi lie marchons-nous pas? Oue ne 
\ ( lunloiis-iious piulcil les louanj^es du padischah 
1 <lc lislam qui a réj;né de si lon(;ucs aniu-cs sur 
nous! Il a fait de la Ilon[;rie la maison de l'is- 
lam . il a cumb'.é c lia< un de nous de bienfaits; 
est-ce là lui lémoi{;ner de b retonnai^sance? 
Ne devrions-nous pas porter sj^s reste* sur nos 
téJes en marchant au-<hvanl de son fils et suc- 
cesseur, sultan SelimCliau. (pii ikhis attend à 
Ikljjrad , pour accomplir U- leslamciil de î-on 
père, qui >"o<cupe de r;uij;mentaiion de votre 
M)lde el des présents à vous accorder! A)ezbon 
coura|;e, lai.^jsez les h-« leurs du Koran réciter 
la pritre, ei avancez!» En trois marches on 
atlci;;nil Milrovicz. fV là les vesirs adrcWTent 
au sullaii une huii ble supplique, atin quil dai- 
gnât se plaar sur le trône d'or amené par .'^u- 
leiuiaude {\y }.lantinoi)U',dans (ei:f'f.'niip.i;;ne 



(P Srlaiiiki . S.solak.s.idp, Aali, l'etKchewi. 
(2; Bap(X)i't de raml)âs)>aiie, dan.sifs arcbive.s Jinj>é- 
rialeseï rovales. 



.Vsoj.iiwde , fol. \2^, dareord aver Istuaiifi. 



1 :."-> 



lIIsKMi;! DV 1 IMPIRF OTTOMAN. 



|X)iir roiON (»ir It^ lii»nim.i;;»"s »lo r.nmro . »l |>io- 
niottro aii\ ln»iijK'> li- proMUt (l*a\nu'nuMU . s»^ 
Ion l'anliquo iisaj;e. Selim ntonlr.i d";iln»ni cTlJe 
drru.inii(> .^ son prtVrplriir. (".litKlvIia-Al.ilIali. 
pour cou n.t il II- mui opinion : '< i.'.nrnciiinil an 
IrôDe. (ii( celui-ci. a eu lien di'ia à C«M1^lallli- 
nople. il flVst pas besoin diine nt)nvtlle céré- 
monie, "le (îonNcmrnrtle la cour. I.ala-iluscin. 
intern»j;é ;\ son lour. s'écria : «nnauraicnl-ils 
donc fait . si nous n'étions venus de t'onstanli- 
Hople jus<^u'ici .' A (pioi Um de nouveaux ap- 
prêts.^ — Anlrcfoi>. dit a son tour le confident. 
nschelal-lk'i;. on avait c«»ulun)e de dire (jue 
le$$ul(an.s des Ottomans n'élaienl |>as véritable- 
ment assis sur le tnttie tant (piils n"a\ aient 
jx'int pas>é sous 1rs sabres de leur armée, et cela 
était vrai: mais aujourd'luii ces maximes sont 
tombée-s devant l'bérédité. •• Cependant la tente 
de Suleiman avait été dressée sur la liauleur de 
Bel;;rad . ap|>elée colline de rtmpereur, et 
aussitôt que le sultan Selim eut vu ipi'cllc était 
disposée, sans rien attendre de plu.s, il s'y ren- 
dit avec sa «our. Le {;rand vcsir. averti de son 
approche, dit à son secrétaire intime l'eridun : 
• .Ainsi vont les choses quand le vesir fait des 
n"|>résentatii»ns. et que le padiscbali (onsulle 
ceux qui nesonl \nuin itiitiésauv sicrcis delt- 
lat. Les soldais voulaient entendie de la lK)uchc 
du sultan la promesse du présent davénement 
au tn'>ne : que \a-t-il arriver des Mafjorneries 
du gou\eriieur de la cour.^» Sokolli avait déjA 
préparé de nou\ elles repré.senlations; mais 
il se ravisa, et dit : <'>"on. restons -en là; 
.sai<v-je même si je suis encore [;rand vesir; ne 
peut-il paséle\er à ce {M)-te qui bon lui sem- 
blCTa(l)? 

Le lendemain .avant iewr du soUil. j armée 
prit le deuil, les mini>treset b s {;r;in Is senvc;- 
k»p[>èrent la tête de t>andeaux noirs , les sMilaks 
déposèrent leurs j»anacbes et prirent destabliers 
bleus: les tschaus^hs. lesécuyers tranchant^, et 
d'.utres aj;as étaierit vêtus dbabit»- fjrossiers. 
ainsi que tous les habitants de Bel^^iad qui se 
pressaient à fp*ands flots sur le fK>nt autour 
du char funèbre [lorlant la bierre surmon- 
tée du lurban de cérémonie du défunt. Devant 
la tente où se trouvait le sultan Selim, vêtu de 



(i: Selajiiki , f oL 67 et 68 , rt S«>lakM<lc , fol. 120. 



dtuil . bri'ilaicnt des torches funéraire.'^; toute 
l'armée pleurait en silence. Lor.scpic se leva le 
soleil . .S<»|im panM tout couvert de noir . s'a- 
vança vers le char, et leva les mains pour invo- 
(|uerleciel. I e préd plein' el le j',ouverneurde la 
cour le saisirent sous les bras; les vesirs se ran- 
jjérent t\ droite, les j^rands A j;auche , et les 
muezzims cnionncreni la prière des morts. 
Lorsqu'elle fut achevée, le sultan leva de nou- 
veau les mains au ciel . puis .sihia tout le monde 
à droite et A l'.auehe, comme il avait (ail en ve- 
nant . et se relira dans sa tinte. Ainrs s'élevè- 
rent des nuiniiiires et des cris dans l'armée: 
a 1^ coutume n'est pas observée; il n'a pas été 
dit un mot de notre [)résent : [loiirqnoi avez- 
vonsajji ainsi, vesirs! mais nous Iroiiverons les 
coupaliles, et toi sultan, nous te res.saisirons 
près du clunriot <le foin , h la porte d'Andri- 
nopie ou à celledu sérail. »Les vesirs .se hAtérenl 
de faire transporter le cada\reàCnnslaiilino|»le. 
Le vesir Ahmed - Pascha, Seferli-Ali-Pasiha , 
à peine arrivé d'Kfijyiite, le {jrand écuyer Fer- 
had . el le scheich .Niireddin, furent charjïés 
d'escorter ces de[K>uilies. Le jjiand Ncsir réunit 
le divan [M)ur le baise-main. Le chodscha et le 
[;ou\erneur de la cour appeWrenl les noms des 
dii;nilaires qui devaient baiser la main du sultan 
à mesure cjuils s'avançaient ; ensuite le grand 
vesir el Dschelal-Beg restèrent l()n[;temps seuls 
au|)rès de Selim. Cependant, dans la ville il y 
avait déjà du tumulte ; les soldats frappaient les 
homuics venus avec Selim, el insullaienl au 
sultan mort. Alors le Lala-Husein ordonna A 
des tscliaiischs de conrlnire seerèlemenl les 
dé|>f)iiilles de Suleiman à Constanlino[)le,cequi 
fut fait. Knsiiite il y eut divan pendant trois 
jours [K)ur les offu iers des troupes, auxquelles 
fut distribue le présent d'avènement au trône; 
chaque homme desbulukss de la cavalerie régu- 
lière reçut 1.000 aspres f'20 ducats ; chaque ja- 
nitsihare, le double. Les janitschares murmurè- 
rent, disant (piils avaient firoil à .'i.OOO asf)res, 
et en outre à la gratification de campagne; il 
leur fut ré|>ondu qu'il n'y avait fioint là de 
Mmunes suffisantes. I/augmentalion de solde 
pf)ur douze mille janiiscbaresse fitdelellesorte, 
que les miliciens jouis.sant de 3 aspres par jour 
en reçurent .*> . de o . 8 , de 8 , 9 ; des cinq mille 
huit cent quatre-vingt-cinq cavaliers réguliers, 
les sipahis et les silihdares eurent 6 aspres , les 



LIN i;i: \\\\ 



\ry^ 



iiluffdst liis (If l'ailo druitc cl do l'aile i;aiii lu-, 3, 
|p» j;liiii('l)as firs doux ailes , 4; les i;ens de IV- 
curie vi des cuisines, les anmiriers et Ics.irti- 
ficiers, 1 aspre, eJ les recrues, seuleiuc l un 
deiui-aspre. Aii\ artisans il tut dimni^ un aspre 
d'aujîineiitiition . ri parmi leurs a|iprriihs fu- 
n nt (lis(ril>ucs .'AH) aspn's de jMiur-lMiue. Ir 
cini|ut^n)e Jour la marche se |M)ursiiivit vers 
Conslaiitiiiopic Dans la plaine de >niiriiHra , 
les deux kadiaNkers de Kunnii cl d Au.Uoli , 
Mewiaua llamid el MewI.ina-INrwiN-l'tVndi, se 
tinrent l(ini;lemps a c^^lé du sultan; ils pri(ent 
la libertt^ de présenter de Irès-lunnblesrcmtm- 
Irances au nouveau souverain. I)u\eur délcr- 
luimS [Muir lui taire sentir coml>ien il serait 
mi[H)rlant de maintenir dans toute sa ri{;ueur 
rniferdiciion iirnuon. ée ct)ntre le vin par Su- 
leiman. I (>rs4pu Idn fut arriséa Seniendra. les 
dcuxjii{;esde l'arniée furent déposi''s,ei d'autres 
chani^ements s«> firent encore dans les places 
des ju^^es, d'apiis rinllueiu e du prctepUiu* <lu 
sultan, le Chodselia-.Atallal). Il y eut halle ;^ 
.S)ha et à l*hilip|)*i|M)lis. et .Selim visita les 
bains de e»s di ux \ illo. A Audrinople arriva la 
nouvelle «pie h s restes de Suleimau . parvenus 
à Constant inr>ple , avaient été ensevelis. 

Aux approches de Conslanlino|)le. le sullan 
mil pied a terre poiu* rentrer dans h* palais ini- 
|>eiial du \illa|',e (l'Ilalk.ilu ; h* i;raiid vesir se 
re|Kïsa dans .sa métairie, el tout fui dis|M)sé |H)ur 
rentrée solenm Ile du h ndcuiain. Dans la 
Duit, les janils( liares tiureiit des (onciliahules 
h la lueur de lorches, autour de lonneaux de 
vin. S«'laniki et.Xali. les deux historiens f|ui 
étaient allés observer un des j^roupes ainsi 
réuni dans le viHaj^e de làtrova. en dunnèreni 
avis au reis-cfcndi Mohaïuincfl el au secré- 
taire Feridun, qui en iuform^renl le faraud 
vesir; mais perM»nne ne sut ipiel remède trou- 
ver. Au lever du soleil , ô décembre lôtjti , le 
kaimakam Iskender-Pascha l'iale,etle mufti 
Ebusuml vinrent avec lous les ulémas baiser la 
main du sullan. 11 les reçut (;racieu.semenl, et 
fit un accued tout particulier au mufti, lui 
posa la main sur le turban et rend)ra.s.sa. Les 
ischausclis des j;raiules rérémouies, appelés 
alaitschauschs, donnèrent le sijjnal du départ 
en poussant les acclamations accoutumées II y 
avait {ïrande presse, la foule se déroulait à 
longs flots ; enfin les janitschares se mirent eu 



mouvement en ranj;* éjwis et serres . ne >e 
laissant devanci-r |i;ir |HTM)nne. Utrstpie les 
premier^ lurent arrivés aux vieilles casernes el 
à la uioMpiec des iVinces, ils s'arrêtèrent, de 
Mirte ((lie (ou.s ceux <|ui les suivaient . et l'etu- 
peretir lui-même, diu'eiil resin- plus d'une 
heure devant la |)orle d .\udruiople "Hu'v- 
a-(-il? demandèrent le* vf»ini. — l ne voiture 
de foin t|ui kirre le (hemin 1 .fut-il ré- 
pondu. Oelle loi uluui élaU lUl si|;nal de mé- 
conlentement el de uuitiiicrie. I.e second vesir, 
l't rievv-l'ascha , élevant la voix, dit : 'i('.<»inpa- 
(;nons, cela est inconvenant. flrois-tu èire 
encore ici à (>\ula.'i' lui cria-t-ou. Iri soldai 
l'abaltit de cheval d'un coup de hallebarde, en 
.sorte que le turban de l'ertevv roula parterre. 
".N'est-ce pis une infamie.' cria le kapudaii- 
pasi ha l'iale. - Uu'as-tu i\ nous dire, soldat de 
marine i'u répli<|uèrent-ils, et ils le jetèrent 
de son chev.il à t«'rre. Ferhad-l'asdia r«'« ut fle.s 
coups de croise de fusil , ainsi (pie miu cheval. 
I.e vesir .\lmied el le i;rand vesir séc happèrent 
en jelanl autour d'eux des [»oii;née,s de ducats, 
et doniianl de iKinnes paroles; ils (lurent ainsi 
l',a;',ner l.i [torte du palais iiii|N-rial. l.\i\',iï des 
janitschares noua son ukuh hoir autour de tMii 
cou |iour indicpier «piil était au |K)uvoir de la 
tourbe rebelle, el seiiibl.iil dii e : scrre/iiioi leçon 
si vous voulez, mais écoulez-moi ; puis il s'écria ; 
a Soyez bons, .soyez cléments, mes «hers frtres. 
— Ahl répondirenl-ils, tu veux, au lieu d'eau, 
nous donner du biscuit sucré, mais lu te 
trompes, si tu crois |>ar lA .sauver les trésors du 
sultan et du j;rand vesir ; tu m* i'échap[)eras 
|K)inl toi-même, el lu vas voir la voilure de 
foin renversée.'' Ils .s'avancèrent en tumulte, et 
reuqtlirenl la première cour du sérail, dont ils 
fermèrent la |)orte. Ils arrachèrent tous les vc- 
sirs fie leurs clieva»x . el les traitèrent devant 
le sullan , parvenu jusqu'au bain de la sullane 
Chaszeki , aux cris mille fois répétés :i Donne- 
nous, selon l'aiK iem usa|;el" Knfin . sur les 
re[)résenlalions instaiiles du jjrand vesir, le 
sullan dit ces paroles tant attendues : u Des pré- 
sents et une aufîmentation de solde doivent 
avoir lieu, selon l'ancien usaf;e. 'Puis les vesirs 
se remirent en selle, el coururent à la porte du 

'D Almo^riino , p. 70 , comme témoin oculaire de Icu- 
irée, qu'il décrit eu deuil. 



1 



HISTOIUK lU. l/KMriUK (riTOMA^N, 



scrail |H>nr la fain' omnr. > DiiMi soi! Ktiir ! 
iTttrenl-ils \ crn\ dr liniiSicnr; tout csl fini. 
IVin|»«Tura tout pnMiiis ; oiiNrrr l.i |M»rlr. nous 
vtHis en j»nons v- hcj.i . Hn liaiil «irs minarris 
trAja-Sïft.i.i'lail |>ro<H.im(*r l.i p^i^rc(^^' ra|)ri''s- 
miiii . »i Icsiillan attrriH.iii foiinJiirscn dehors 
ilo la |>ortc: rurtn «"llr s"onvril apiM' s âv nom- 
l'tTiisos prirro . ft saiisqiirja \ illc fiH piller 1 \ 
l>o tnidmiaiu. vendredi . le peuple atlendil 
\ai«ienient la visilr ordinaire du suUaii h la 
moM]uêi' 2^: le samedi fut (enu le disan de 
\» |viye, ri les janitschares ne (JuiU^renl pas la 
plare avant d'avoir reçu lc« l.(M)t)aspres (pii 
restaient encore |>our faire 00 dueals à elia<]ue 
iHHïinie. Selim. autpiel les janilsrliares ne 
jMirent arraeher lepn'senldavénement au trAne 
que |>ar h réhellion. fut cependant le premier 
sultan qui fît aux ulémas lui don volontaire en 
cette occasion, probablement j>ar alfiction p«)ur 
le savant mufti Kbusuud. Les deux kadiaskcrs 
en actixité reçurent ciiaeun 30.000 aspres 
,600 du-ats et un kaftan détoffedor; les kadia- 
skers dêfwsés. la moite de cette somme avec un 
Waftandecamelotilejuf^edeConslanlinopleeuf 
10.000 auprès et un kaflan de camelot : les ma- 
(psirats revêtus de celte < hari^e. 1 .OOOde moins ; 
1rs juives de Bajjdad. 8,000 aspres cl un kaftan; 
les muderris ayant 10 aspres de traitement 
quotidien n curent 7. (KM) asjires; on en donna 
6.0nC» à ceux des huit muderris deMohammed 11. ! 
5.000 aux muderris intérieurs . 3.fK)0 aux exté- 
rieurs : chacun d'eux eut en outre une piîrc de 
camelot. T«»utes ces Iil>éra1ités. en partie for- 
cées, en partie volontaires, (épuisèrent le tré- 
sor : il ne suffit plus |)our satisfaire à des ré- 
fV ■ iitatifm dans le pr<'-sent d'a- 

\r , , s é{;alemenl par les autres 

iroupf^. Oimme les sipahis et les ulufed.sehis 
ov-rent barrer le pi^saç^e aux vesirs qui se ren- 
daient au divan, et les assaillir d injures, de 
pierres et de coups de hAton . le yrand ve„sir 
mit fin b tous ces excts en déjwsani les ai;a> des 
dentcoryjs. Ferhad et <^)mer. faisant couper 
qnHques tZ-tes et j»fndre trois mutins rpii 
avaient agi en provocateur'». 

'f Vtanîli. cntmije f^oin orolair»» , avw de lori(;« 
d/taiU . vor imm U nppttrl d'AIlKTt de Wr»r , du 12 
décembre , 1»J. 

2 Eitrait du rapport de l'ambatMde véDiueiiiie,daa* 
Vil arctaiTn imp^nal» 



l.e vide causé dans le trésor j»;ir les préticnts 
faits irarméeel aux uléiuas se comblait au moyen 
des offrandes des ijouverneurs, des aiubas.sa- 
«leurs. et smtout de celles du kapudan-pascha 
l'iale. revenu charfjê de dépouilles et de lauriers 
de .son expédition ((tntre Cliioset lal\»uille, peu 
de jours a\ant rarri\ée «le Selim ^ Constauli- 
nople. Il avait pris la mer au printemps de celle 
aimée, alors »pie l'armée de terre ne .sciait pas 
mise encore en marche contre Szi;',elh. I,e li 
avril lôlK», il parut avec soixante-dix j;alères 
devant Chios, re«.'ul les riches prcbcnls «juc lui 
offrirent les Génois ; puis il invita les dotize pri- 
mats (pii j',ou\cniaicnl lile à se rendn- a son 
bord. Ils y vinrent eji tremblant, lurent cl)ar[;és 
de fers cl envoyés à Kaffa. Ils n'obliiu'CDl leur 
liberté cpiau bout de (piatre ans. par la média- 
tion du i»ai»e et l'enlremisi; de rau)bassadcur 
français. I-cporl et la ville de Chius tombèrent 
aussi au pouvoir de l'ialc. qui ensuite alla ra- 
vager les c«')tesde la Pouille, et revint déposer 
tant de riches dépouilles aux pieds du nou\eau 
souverain I. Pertew , coiupiéraul de Gyula, 
vint aussi faire hommajïc A Selim du butin en- 
levé cnTransylvanie 'i : Piale. filsd'un cord(»n- 
nier croate, déjà jjendre de Selim, desini \e- 
.sirdc la coupole (3), cl A sa place l'af^a des 
janitseluires , Alia[;a-Muesinsade, fut nonuné 
};rand amiril (1^. Malimud-Piischa, surnommé 
Sal , nomdun ancien héros persan, à cause de 
1 la force qu'il déploya pour arrêter cl étranjjler 
le malheureux Mustapha lorsque ce prince vou- 
I lait cchap|>er au bourreau. Cul élevé, du poste 
j de be|;lcrbe{; d"Anal(»li,à la dii;iiilé de \esir, 
cl remplacé par le (jouverneur de la cour, Lala- 
Fhisein , que le f;rand vcsir éloijjiia ainsi de la 
personne du sultan. Abdul (.ilialur-Kfendi 
I devint (piatiième deflerdar; le précepteur du 
I sultan, McNNlana Atallah, recul un traitement 
' quotidien de 200 aspri s, avec 70.000 asj)res à 
I titre (\'ftif^r/if d'or^^e. Le miifl i Kbusuud, outre 
de riclu,* vêtements d'IionneiM- cl d auin s pré- 



i|, il4dMtti-(Jiji(j , lli*u«ii«f dPK i^ueire» maritime» , 
fol. 37 cl .1S , et Kriollfji , I i , p. .003 et -Wl. 

'2< SrIaniLi, p '^ 

l'.^j <Hi app«'H«: ainM le» difjrritatrrs qui ni^'ijeiil .iprc» 
le r.rand \t»,» «ou» la c(iupoif;du divan. 

\ lUd^cLi-Mjalfa , HiMoire de» (jutnc» tiiai Hune* , 
fol .i8 



i.i\ i;i \\\\ 



15:» 



scnts, eut uni' :iii|;ni(iiiali()ii de 10(1 a^prrs 
par jour, tn soiie (ju'il louilia 700 as|(its ou 
14 (hiials. l.v nuifidnit, !>>< Iiilal-li<'i; . qui 
Jouissait (U'jà d'un firf ilr 1 H),00() asprrs de re- 
venus, se \it iMuure invcsiir de u'Iui du |M>^lr 
Clialil lU'i;, druiui varaiit, rt (|ui iap|M(rtait 
1.*>(),(NH) aspres. On nomma plusinirs éniyrrs 
lrantliaut> «i njuieforrikas, rt le miSontiiile- 
lueiit des jauitM-liares tut rompU'Icmriit apaist^ 
auuinvrn d'un attHiisMinml df suM»* . «l par 
raU|;mi'iitatioii du noiulin* d«-s kunidst lus : de 
la sorte, il y eut |Mnir le tn'Mn- un surenilt de 
eliari;e de 17,.'>'iO aspits par jour. Dans 1rs pre- 
miers jours du uiois i\i' Hauiadau. les ortitiers 
des jauitscliares Fiueut appclti) i des festins 
donnés par les vesirs. selon I ;uiti<pic usaije ; 
mais vu même tenij)s on s»- di'Ht sci rèlonieiil 
des listes les |»Iils renuianlesel dis meneurs des 
derniers soulèNemrnts. I,c jjrand Ikiiram fut 
ensuite solennisé connue de coutume. Au mi- 
lieu des aeilauialioiLs des l54liansrlis, le sultan 
iDunla sur le trône préitarè |Miur lin dans la 
cour du sérail , el re^ut h s féltrilations des ve- 
sirs el ajjas, des ulémas <l dellerdais 7 avril 
IÔ67j. I)ans cette circonstatice parurent aussi 
deux rïls du elian tatare, avee liur kaljjak 
j;arni de fourrures noires. Ij)rs<jue le nudii 
s'jpproc lia du Irùne, le sultan. )»oin' le disiin- 
jjuer entre tous, se leva et l'embrassa avec ef- 
fusion. !.«• troisième jour du Bairam une lettre 
éerite de la UMin <lu >uliaii aunonça (|ue, d'a- 
près lancien usage de eelébrer les victoires de 
1 armée jur des réjouissances et «les illumina 
tions. il y aurait une de ee» files ap|M-lée do- 
naniiia, afin i|ue les peuples pussenl se livrer 
^ans contrainte a la joie inspirée par les triom- 
phes de la dernii-re carapaj;ne, et par l'heureuv 
ivénemeul du nouveau mouanpie. Moliaiumed- 
N»kolli, naturellement triste et sévère, erai- 
};tiant d'ailleurs que de toutes ces manifesta- 
tions bruNantes ne sortissent qiu-lcpies jK'rils, 
avait déj.^ ieiununan<ié à son secrétaire intime 
Feridun de rédijjer là-dessus une repri'*senla- 
lion ; mais celui-ci le détourna de toute démar- 
che de ce };enre , en lui rappelant que le peuple 
ne subissait pas toujours la contrainte ; rpi'd 
fallait parfois se relàclnr de la rij;ueur, et le 
laisser épaHcher ses sentiments ; que d'ailleurs 
il n'étail pas prudeni de s'oppo>er aux volontés 
du sultan , car la peuséc du padischoli est le 



miroir de la volonté di\nir . au reste, d y au- 
rait mo\eii, par des ordres donnéN an\ p/né- 
ra»u des trtMqK's . de pré\ enir tous désordrt-N | \. 
A celle occasion, le plu* (;rand Uxique dei» Ot- 
tomans, le iMW^te IJaki prés<'nta son p(>Ome sur 
lavénement tIeSelim. et le |MMte Furi ainsi que 
plusieurs autres offrirent des ehrono;;rammrs 
dans le^cpiels li's dernières lettre* de lu de^ni^^• 
li|;ne donnaient la date de louverture de ce 
rèjjne l.e\esirKiHil-Ali nedluMu^taplia-l'asc ha, 
solicita sa mist* A la retraite. a\e» la pension 
«•rdinaire poju' les vesjrs de 'JIMKMK) as|ircx, 
el sa rcMjuéie fut si ;;rai ieusc-ment acrueillie , 
qu'il rec ut des biens de la couronne le double 
du reseini iloiil il .i\ail joui juscpi'alors. Kn 
même leuqis, la lellre du sultan accordait la 
permission, sollicitée parce vesir, de se rendre 
en |Mlerinaj;e A la Mec(pie. Kisil-AInnedluMus- 
taplia, a|»rès avoir partagé sc*<i domaines entre 
ses trois fils, veiidil la maison cpi il habitait h 
(lonslaïuinople. ainsi cpu- d'autres biens, se 
procura de la sorte ll'.OtM) ducats cpi'il destina 
â des disiribulions parmi des pauvres de la 
Meccpie. et aux frais de sa sépulture h .lérusa- 
lem '2 . Il entreprit le voNajje par Uoli, où il 
visita queltpies fondations pieuses faites par lui, 
et monrui bientôt api es l'accomplisseinent de 
son j)élerina[;e à son relour clela Mecipie. 1,'in- 
Hueiicede Mohanmied-Sokolli s'accrut par l'exé- 
cution du mailre du trésor du sultan , .Iiisnf- 
A[ja . cpii , ennemi du ijrand vesir, et du nouveau 
{;ouverneur du sérail , Mahnuid , ne s'abstenait 
d'aucun j)ropos c ontreeux. Au moment où il >or- 
tait deraudieme où l'ordre du supplice avait été 
donné, le jjrand vesir le saisit de sa |)n»|»remain 
(t le remit au [;rand cluunbellan («ulabi-Aga, 
qui le livra aussitôt au bourreau |31 mai 1**67'. 
f,es évéïH'Uients que nous \ étions de ra- 
conter nous ont déjà conduits assez loin dans 
la première année du règne de Sclim ; main- 
tenant il faut retoiuMUT sur le Ihc'àlre de- 
là guerre de Iloujjrie. et sui\re les négo- 
ciations cpii mirent un terme aux hostilités. 
I,a veille de la mort de Suleiman . trois jours 
avant la prise de S/.igelh , (ief)rgc Thury 
prit Milnnurj . beg de Sluhlweiszcnburg , qui 



I SelaiiiLi , p. 8Î , et rapport de l'.iniliassdd >érii 
tienne, dan» le* arrliivf.<!) impéiialcs 
J "-claiiiki, p «6. 



1 :)6 



HISTOIUK l>K l.KMPinF OTTOMAN. 



fjisjil dos ctiursos aux nniri»ns «iii r.imjt 
iiniKTial . cl l»uniol i la tiujH' do lîalxK-sa siu- 
i'Cda celle dam rts ch.\loaii\siliu\s dans los co- 
milals do SiiniOj;li ot i\v S/alad. »jiii fiironl abaii- 
donnt.N |»ar lom> j;ariiisons I . (Jiiiii/o millo 
Talaros. auxiliaires tïc Ji-aii Sij^isniund. fiinnl 
rejH>uss«^ pnS do l>ebi et zin o! do Ka^chau: mais 
loiHo la oon t rérloltnij; do la Thoyszoï do la Maros 
fui dovasioo. Partiuil les viljaj^os. les l»ourj;> ol 
les villes devinronl la jiroio dos flamuu's. «( on- 
vin>nquaire-viin;l-di\ mille de leurs liabilaiils 
furent emmenés on esrlav.ij;e '2 . V.n Transyl- 
vanie. PtTjow -Piisoha . après la oliulo de ( iyula, 
avait prisJena*. et bieniùt Vilai;osvar(3). D'un 
autre ei'>to. Herbart d'Auorspor!;. riiénmpie dé- 
fenseur de la Carniolo. a\ail fait une inv.tsion 
eu Croatie avee .lobst. baron de Thiirn. bri'ilé 
deux villes, et s'était avanoé par I T'nna jus- 
que devant >o\ii;rad. Prés de la Sarna, ils ren- 
contrèrent le pas( ha do Cholniia. qui s'avançait 
pour les combattre, le défirent, se saisirent de 
lui et de quatre s,indsehakbegs. et le menèrent 
à rarohidiir Charles, qui Tenvoya à l'omporenr. 
Par cumpenvition. les Turcs prirent Clirisiophe 
Apfaltorer. et renvoyèrent à Constanlinople [4 ,. 
Cependant les doux envoyés impériaux, le 
Donce extraordinaire Iloszuloti. et liunbassa- 
dcur ordinaire Albert de W\sz étaient retenus 
à Consiantinople depuis h -20 avril, sous une 
garde ri);oureuse. Le 10 novembre seidoment. 
Hoszutoli put se rendre aii devant fin nouveau 
sultan. alor*« en man he {x>ur sjt capitale ,ô^ A 
kiali.à deuï journées de Pliili[i|K)f>()lis, il ren- 
ronlra les restes de Sulciman. escortés seule- 
ment par quatre cents cavaliers. sur une voiture 
bulgare traînée par des chevaux de diverses 
couleurs. Rn route il fut dit à Ilosziiioti que 
lui et .\lbert de Wysz av.uent été in<arrérés, 
parce que I emiK'rcur. tout on réclamant lliist ot 
Munkars. refusait de rendre .S/if ;et h et Gynla; 
que maintenant il serait rais en liberté sur l'in- 
lercession du grand vesir : que si rem[>eroiir 
voulait la paix, il devait envoyer un arnbassa- 

1 Frai>ci»ci ÏOTf,ri%u rerum Lunf;aricarum rom- 
meniarii , p. 438. 

<2 Fnrg*-» . p. 4.50 

(3. Wo«f&»ngi de Beiblen, llM. derel>y« Iran») ivatii- 
d»,!. T.p. 146. 

^'4 ValT»w , I iT , p. 468. 

{5, Rdatio UotMKoli , dam k« archives iuipéiiale». 



doiir a\oc dos présents, ot raser Tata ainsi que 
\\ os/prim : cpiArsIan a\ai! |»a\é (\c sa lèle 
li'sio;;o(lo Palola. entrepris sans ordre, ol que 
le j;rand vosir avait ordonné lU' délniiro <|nol- 
quos re[iairos «le brij^imils. lois (pio ncMM-oncze, 
CliuTgtv. etc. I/iskondor ol Mobannned-Pas- 
cha parlèroni dans le nuMiio suis aux doux re- 
présonlanls inipéri.iiix ; riiilorprèlo «le la Porte, 
Ibrahim, qui alla vu mission A Venise, écrivit 
conforniémont à ces idéts h remporeur, et le 
gouverneur do la cour. Traulson, reconmianda 
an secrétaire du roprésonlani (\v la Porto, mort 
tout récoiiimonl î\ \ oiiiso. (\v se mollro on ra|)- 
pori ol do s'ontcndro (\r siiile avec Ibrahim. 
Muslaplia Sokolli . !;onvornonr d'Orcn. écrivit 
aussi à ron)poi'oiM' et au î;énéral dos inqtérianx, 
l£ck deSalm. tantôt en hon{;rois, tantôt en latin 
on en allemand. I,a correspondance s'était en- 
gagée aussitùi après la clmlo de Szigelh, par 
la loltro où Musi;iplia .innoncail au comlo (\c 
Salm l'envoi de la télc (\c Zriny pour qu'elle fiH 
ensevelie , «parce qu'il serait honteux que les 
restes d'un si vaillanl honmie fussent dévorés 
par les oiseaux de |)roie»; ajoutant cpio cette 
tête était tombée en représailles de celle de 
.Mahmiid. abat lue par /riny après (pi'il eut 
reçu M) tliajors de rançon 1;. 

Au printouqts suivant Solim répondit aux 
loltres que lui avait écrites Maximilien, l'une 
|)our le féliciter de son avènement au trùne, 
l'autre ^ rolfct d'oblonir un sauC-condiiil pour 
un ambassadeur. Il dit quafin de salislaire au 
désir de IVnjpereur d'envoyer un ambassadeur 
(hargé d*(»btonir la paix, il avait floniio des 
orflres au gonvornour (W romeswar, (pii devait 
maintenir la tranquillité, l-es mêmes sentiments 
étaient exprimés dans les lignes écrites par le 
grand vesir. qui se faisait encore un mérite d'a- 
voir (ontribué puissamnieni au mairiliendela 
|)aix , en arrêtant la marche fie quarante mille 
Tatare.s ^2). Le pascha d'Ofon envoya en son 
propre nom un rlépuié à rouqxTour. avec des 
présents et la mission de solliciter le (li;ingeracnt 



'ij I>a letire originale e»l dan» le» Arcliive» de la mai- 
non impériale. ■ 

,'2) Le» deux Ifllre» deSflirn , l'iirip de rama»an {174 
rmam 1.5W , l'autre de wtiewwal 974 avril hUA'ij, mul 
en orif;irial dnnu les Archive» de la maixori impériale; 
celle du vf;sir, du moi» de mai 1.507 , n'y trouve éi;alc- 
mcQt. 



l.i\ i;i. \\\ \ 



^^esf^a^lli'^on^ lli»ll;;^lil^^•Mll• la fiMijluri- »t)utr«' 
iJfs AlU*maii(ls. Maxiinilirii n'|K)iiilit, <|ir.\lli'- 
iuandsuuiIun];ruissuuiuis soiiautorili^ ottsfr- 
veraiciil la siis|M'iisii)ti «rariius 1 . V.n ih^pil de 
tuulfs trs asMiraïUi'N r«''i ijinxinrs . S»li\\»'ii«ii 
avaitfiilfv«Miinkat>rlSiuiniiiiar _* , llasaii-l'as- 
cha srtail saisi de l'iifiiok rt dr KuNNami Iran- 
sylvanir ;J AlluMUlcXNAAzful rhari;»' liiAiiiscr 
la prisr «jt s (Iriix jHciniirrs pl.irrs roinnic ap- 
parttMiaiil à la Iraiis) haiiic cl non ;^ la Porte, 
en faisant obs4*rviT(|U(' le .si«^|;(* de iliist avait 
été h'vr >nr la pn'inirri- rriiré^rnlatioii du jias- 
ilia dOIrn. Ir sid(aii cl le ijrand Ncsiise plai- 
gnirent néanmoins, par des lettres séparées A 
renipereur. soiileriaiit «pie Miiiik.ics était une 
|M>v>es>i«)n de la Porte . et lion |Hiiiil de /.i|miI\ a. 
simple sandseliakt)c|; de Icmpire ottoman. 
1-e l'"''mai l'Atl, fut donné le sanf-eondnit |H)nr 
raml>ass;ideur de (lonslanlinople 1 , cl a la hn 
de juin furent expédiées à Presburj; lesinstrue- 
lions |)our les trt)is and)a.s.s;idcurs, léNéine 
d'Krlaii, Antoine N eranlii's, ce Oalmate d'une 
si liuite intellij;enee. vieilli dans les emplois 
diplomaticpies, le S yrien Clhristoplie letdïen- 
bacb, el le iNeerlandais Albert de \\ \ >/ <pii 
déjà se trouvait A Consiantinople .'> . (Ju.iire 
mille duiats, (piaire eoujies d ar[;(iit et luie 
liorloj;e devaient leur préparer un favorable 
aeeued auprès du |;iand vesir. I)^^pré^ les sti- 
pulations du d-rnier traité, le |;rand vesir de- 
vait recevoir en outre annuelleuieiil i'. 0(1(1 du- 
cats ; le iFrand N'ujneur. le présent dlioniieur 
accoutumé, de 30,(MH) dueals, avec viui;t vases 
dorés, et deux ou trois l)orlo;;es : de plus, (mi de- 
vait offrir au second vesir Perleu •J.OOOiIik ais, 
avec deux va.ses doré> et une horIo.;e ; an troi- 
siéim* vesir Kerhad-Paselia 1.(10(1 dm als avec- 
deux vases; ;hliarun des trois autres vcsirs |.(M)0 
Ihalers par an ; à I interprète de la Porte Ibra- 
him ôOO; au second interprète Malunud 300; 
au fameux juif Juan Miipiez, si puissant par son 
crédit auprès du sultan, son iidlueiiee sur 
les affaires publiques» etdev. n i «Im ,!.■ \axos, 



(1) Réponse de Maximilirn , dan* le* aninves de i.i 
maison iinptriaie. 

(2) Forjjaoii commentarii ,1. wn , y>. 571. 

(3) Jbid., p. 577. 

(4j Fox- les Archives impériales. 
(5) Miller, Episl. impeialorum et renuni Ilunr,ari.T 
Ferdinandi l et Maximiliani II. Pest , 1«08 , p. llb-19.3. 



. ainsi ,|iia iiju'res personii.n;rs ini|H)rlants . 

, 'i.tHMI tli.d. rs. les andiasvideurs cvprimrraitMit 

I la détermination de l'emiMreur de ne point 
ras<T Toknv ni NNes/prim. et tenteraient de 
deter.nin'T les Turcs a tléiruire l«*s(»uvra|;cs<lc 
HalxKsa et de JUTcnc/e; Ku'vvarel Na;jvb3n\a. 
pris par l«*s IransUvanicns. seraient ré« lamiS ; 
mais les repre^'tilanl» de rem|MTeur laisMTaieni 
voir que l'on n'était pas éloi|;né de ronscniir 
a un et lian|;e de ««-5 places contre llust. Ils de- 

j vaicnt s'efforcer de faire mettre un terme aiu 
ex<ès «h's lieidukes et des marlol<»ses. fixer la 
situation des |(avsansei la lijjne des frontières 
de part et d'autre, garantir la stMurité du com- 
merce, et ruin«T le crédit des 1 rans\ Ivanicns . 
faire compr< ndre Melrluor lialas\;i et .Nk ola ■ 
ISatliory dans le traité, mais einplover tous les 

I moyens [)our en exdure la France et Nenise 1 . 

I le J\ septembre. un«- audience solennelle 

, fut accord('-e aux trois aiid»as.s;idcnrs près du 
sultan. Il leur réiMtndit lui-même : « Ou il avait 

' tout compris, et <pi il ferait ce ({u'exi|;erait sa 
<li|;nilé i' . ■ F)uranl trois mois, les né|;<»<iations 
se poursuivirent, el il y eut «piatorze conlé- 

! renées avec le [;rand vesir. Les trois princi|)ale^ 
fliffi(ultés étaient : 1" la desirudion des ou- 
via[;es de 'lala el de Wcsziiriiii. dcniandt-c pai- 

. les Inrcs, |Miur la(|uelle ils offraient le déman- 
lèlemenl de Halnirsa el de IW-rencze, la fixation 
des fronlièreset lepartaj;edespav sans, |,e jjraiid 
vesirinsisiail pounpielepoiiit exin inedesfron- 

, lières fut non loin d i-^rlau ; (pi'cn desccndai.t 

I de ce |X)inl jiar Szolnok . Ilatvvan . Fulek , NN > - 

, j;les, l.evvtiic/. (;ran, C/ok.iko, jusiprà la pe- 
tite rivière de Hi|;na, tous les liabilanls y com- 
pris les Kuinans et les Jazyges, ne fu.s.sent plus 
tributaires cpic du sultan. Knfin la paix fut con- 
clue le 17 février l.">(»7. pour lunt aiint<s, aux 
conditions suivantes : L'empereur Lerdinand 
el .ses frères Ferdinand et liharles restent (n 
possession de leurs domaines en llonj;rie. Da'.- 
matie. Croatie. Mavonie, et re.spe< lent leslu- 
riloin's des vvoivx(Kles de Iransvlvanie, .Mol- 



f1; Celte inutrnciion e*t (ont à fait ronforme a*(c 
celle qui se trouve dan» !e« archoex impériale*, rédii(e<' 
pour All>er( de \Vy«7. 

2, Rappfirt de Veranlius, dans katona , 1. xxil . 
p. as. Ià-% rapport» de toute l'amba^nade de la pa(}e •«*7 
à 58J. 



i:>s iiisroiiu. \)\i i/FMriur. oitoman 

•Kivio cl VaUchio ; ou tU»ii nilrvrr i^ rcs drrniti's 



UhX prt" Irxir iW IrtHihler 1.» \m\ ; les II« idinims. 
As;iU*s. M.irU»loM'^. I.rwoiulrs cl ll.iMmijos ou 
bri|;;«u«l'», ilonoiit »'irc siir\rill«'s «M (onljMiiis; 
((•ul ul>j«-l rnU'Nc ilttit ^Irr it^tilui*. rnuicur du 
(i«'lii oliilir, liHit <l»s«'rl«Mir livn^; U s muibals 
iiiu|;uliir.<«. «ausos si tiÏMiiu'iiti'S «It* «It-sdulros 
sur lt> frunii(y«"s, suul iuUTiiils. I rsdiftVrcrds 
.Ul idf nlf Is soroul arron.uuHh .s par Ir i;»)u\ cr- 
ut ur dX>ft'u f{ le lapilaiuc j;nu'ial do llttuj'rio. 
iMi |Mr h"* ctininÙNSiiros uoinuics à tri cITi l p.r 
CCS deux auloriU's. I es audwiv<*.Rlcurs. rcprcscu- 
lanl» H char>;i^ «rafTaires de rcniiKretir, cl 
leurs (^ens. jtiuiv.<iil {]vii priNilé|;es alliihucs 
3U\ aj^tnils des nul rcs puissauccs; il leur esi 
prmus de rerevoir des droj^mans cl des cour- 
rien». e( ils |teu>eul deninirer. roumie il Itiir 
plAi(.si>it à (> Usiaiiliuupie. mmI à (^al.ita i'.n 
ras de rupture de la jwix, ils doivenl cire reu- 
voyc«. sans ptMivoir èire incarcérés. L'accom- 
n.wlemenl de> deux «liffirullés sur le parla{;c 
dc< pa\sansel la fivalion des fr< nlicrcs rcsle 
confié à une commission s|Krialc. Clia(|iie année 
l'empereur enverra des députés faire l>onuna(;;e 
de 3<MMH» ducals ln»n[;rois i nm al!;é le sullan 
Selim. rroi«»j<»urs après que les bases de la paix 
eurent été arrêtées, le {;rand visir réclama en- 
core sur ln»is |H»irils inijMirlanls : 1° (Jue la 
Kram e. \eniM- et la l'olo};nc liiss<-nt ctHUprises 
dan«ila piiavec Maiimilien: 'J "que. dans l'aclc, 
il fM expressément déclaré que Maxiinilicn vou- 
lait cire lami desanrs. el l'enniuii des ennemis 
de Selim : 3'' que le pai taf;e des paysans sur 
lesquels se levait jusqu'alors le tribut en com- 
mun, se fit d'après le repisire d'impôts du dcf- 
terdar Chalil 1 . A la première demande, friiil 
des inirijjues de I ambassadeur tran«ais Gran 
Canifopne^i 't de son secrétaire (iran Rie (2), 
|f^ " 'l»>nrs *'Mpj>«»<.i'rent de innles leurs 
for I .^ Il seconde, elle était (tour eux 

touf à fait inattendue, et il» se défendirent de 
s'en f>ernf»pr. ptiis^jnils n'avaient aunme in- 
struction à ce sujet. .Sur la t^oisi^me, ils répon- 
dirent que l'on élait convenu d'en remettre la 
déf r*icnî .î l,i commission chargée de fixer la 



1 Vfranr'ri »»;. . daf» Kalntia , I. «r. p 1.3. 
,'2: /biil , rt dan« !e n^f-ffri d'arr.fjduadc d'AlbfTl de 
Wy»2, da 27 norrnhre \.'fv< . il t'arpfllf M. de Grau 
CMBpagBr» , (I il eu w^it»\é annmt bu{;u»rKi<. 



délimilaliiui «les fTonli^rcs T. I,e vesir linii 
par se rendre ;"^ toutes ces raisons ; mais il refusa 
aux. unb.iSNadeiMs le rappel «lerinlt iprèle/efTy, 
qui a\ail clé banni h K.ilTa , el de donner la 
j;irafequi avail clédeniamlécpourla méua[;«Tie 
impériale les eiuo\és IransjKauiens. Nicolas 
Orbay el Trancois llalolnj, airiNèrcnl trop l.ird 
avec leurs présenis |M)Urcmpé(lier la conclusion 
«le la paix «pic les auibass.uleurs impériaux 
av.iii'ut a(lielé«'à l'on:e d'olTraïules, «1 poin- l.i- 
«juelle ils axaient déptn.sé ^O.IKin ducals (2 . Il 
fui dit aux Transylvanit'ns, en présence des re- 
prcseiitanls aulri«"liicns : «pie .lean .Sij;isiinunl 
devait se ctinfornur en Ions points au traité 
con< lu ; «pi il jMinvai' s'cnic ndr«' avec rempen-ur 
pour des ccbanijcs de |)laccs ; niais avec ra};ré- 
menl «lu ."-nlian ; «pie s'il inoniail sans liérilier 
mâle, les peuples dc'rraiis\lvani«'scraienl lilircs 
déliiclcur x\oivvode(3;.L"n mois ajjrt'-sla signa- 
ture de la |>aix. les deux ambassadeurs, Veran- 
lius cl Teulfcnbacli se mirent en route p«)ur 
\ icnne. menant avec eux rinlcrprèle<lela Porte, 
Ibrabim. qui portai! rcxemplairc turc du Irailé 
à I empereur. Oulrc les rapporis de révèque 
d'Frlau à sou maitrc, et b' journal d<' ce «liplo- 
male. il existe encore un iroisième momnncnl 
littéraire de celle ambassade rt'uianpiablc : c'est 
la rt'l.iliou du voyag»* des amliass.ideurs, parle 
secrétaire de \ eranlins, lllalicn Marco-Anlo- 
nio Pigafella , ouvrage précieux, devenu fort 
rare {^). 

Au moment où étaient poursuivies toutes 
CCS n('i;ocialions à Aiidrino|»l<', arrivait aussi 
dans cette ville lamba.s.saflc persane, chargée 
d offrir au sultan «les féli( iialions sur .son avè- 
nement au lr<^ne. Klle snr|>assa de Ix'aufonp les 
envoyés impériaux par la niagnific«'iu:c et la ri- 
che.5se de .ses présents. A la léie de celle ambas- 
sadeétaii encore b' «ban Scbabkuli-Sollan ; A la 
fin de Tannée précéfU-nte il élait arrivé h Krse- 



(\) Ia: même ,ibid., p. J4. 

(2) Sparifiral'O lioiionrioruin, rl.inx Miilrr, p. .'J8.3 , et 
coMifçriali*» t>onorarioriiui inqiianlurii el exteridant jarii 
OtnMariliriofKiJim ad impfi.itoKrii Tnrrarum el BMnaa , 
ihid., p. .3H«-,387. 

,'.3) Veranliun, Kp , dan* Kaiona, I. xxr, p. 20-23. 

.'4. Ilirierano di Mirro Antonio I'if{;ifetla f/Tiiiluorn 
Virenlifio ail' illusirixMmo »if;nore Kdiiardf» .Scymr;r 
ronte dll^riffn"d ;Ix>ndia apprewo («lavanrii Wolfto In- 



i.i\ i;i; \\\\ . 



t.Vl 



rum, «r 1111 fschausfh Uii avait éli* ctp^'di»' (K)nr i 
\v r«'r«'\()ir «'I ri-NrtirfiT Si stiitr m* rom|Mtsjii 
(If n-ril \ii>j;t rniMi's ;jvn- Hr^miftiirp^ hnnlt'cs 
(I (M- (le <l(Mix cent!* ravalirfs v?fiis«lr Hr.ip d'or, 
l'f fl«' (|ti,ilir r^-iils mahfi.inds , ni iniif ^r()l 
criits |KT>oiirii<«, <«nivje.s de tli\-ii«Mit iiiilU- Iu'Iin 
il." S4inim«', chevaux . iiiulcts ri rhaincaux; sa 
• liapfllc avait rini] (Jhksi^ niissrs. tin(| trfJm- 
IMMirsIoni^irrs tiii(| rniirtr<. riji(| flillrs. et daii- 
iiTs iiisirmiïfni».. dciix rhaiifrtirs de vrr^'t'lsdii 
Koraii . lin jtnifiir d'or.-^iH'. un juiiriir dr liifli . 
d«*n\ fifres i-f dnrx i.MidMmr>«: qiiafrc femmes 
«•Si laves ri.iicrif en outre nllacliérs A la (h iinbre 
tornmr ehanleuses. I.es |»nsjrits ('(aieiii , deux 
lentw, avec dais de drap il (ir. «•! les cCtt^s 
ilét(»fres de <wtie repr»sriilaiit des arhrcs . den\ 
inai;iiirttjMes vo'unns , Ir koian el le S(hali- 
iiame, deux in-rles pesant dix miskale:^ cm qiia- 
raiiic dr.if»nie^. nn riihis lU- Fîrdarliscliau. dr 
la forme et de la i;ro-s«iir (Tniie petite |)<iire; 
plus, des étoffer et d»*s olijeln di\ers. valant 
H.-iiMl.lMMI auprès on ÎCi^tMM) ducats , quarante 
fdurofis royaux bien dre«s«'s; et enfin, re (|iii 
avait Itien phr^ de prix aux veux «le Selini. les 
armes et les ( liante iiix de I iritorluné prince fJa- 
jesid immoh* en Perse f,ef,ouverneurd Krseruni 
réunit tonles les troupes ainsi (piele<fendatair'i s 
plae«'s sons son autorité et s'avatira au-devant 
du Persan a<ec huit mille honmies, iianiii les- 
quels deux mille se faisaient remarquer par leurs 
armes inc rusté»s d'or et d'.irjjent , et il étonna 
par eetle p<mipe Selialikuli lui-même, qui avait 
csfKTé en imposer par le rliployement de .s;i 
mai^niHeince I . I.es mareliands persans res- 
tèrent h ( oiisiantinople: et la veille de la ron- 
clusion de la paixa\er lAiilriehe. Slialiknli fil 
son entrée solennelle A Andrinople^'J . Déjà il 
avait été reeu jMniqiensement à (>)nsianfir;ople. 
et Piale-Paseba I a>ait eomblé démarques de 
di.stinrtion el dhonnenrs (3); mais à Andrino- 
ple. lérl af des rérémonies. ofi s'étala tout le luxe 
de la eour ottomane, fut rehaussé enrore par 



(f) LeUcra sctitta alli pa^sa vfmr.daB» Pinafelta , 
p. 112. 

(2; Veraniii diarium , dan.s Kovacbicti sciipl min. 
terum liunuaric.irum , et \ ciaiiiii ei>ist. dans Kalona , 
I. HT , p. 25 , ei le rapport de Wysz, dans les archives 
impériales. 

\3, Seiaiiiki . p. î)3. 



la préseui»' de Ions le« amlia^sadetirs élranj;ers 
\< nus jMMM' s'iiulinrr deNant la m ajrsii du utMi 
\eau sultan, (hiirc le> rrpr«-sensnils de I eiii- 
IKTPiir, lie la Poloj;ne. de la Kiaïue cC de Ve- 
nise, on \o\ait eneuir .i Andiinople les iiiNuyi-8 
des woiwodes de Irans^lsame . .Moldavie, \ a- 
lachie, e( delà républitpie de lla{;use, qui luu*>, 
snr I huitation du sultan, h'étaiiiil plaeéh avee 
leurs suitis d.uis les rues où |».is.s;iii le eortéjje. 
Deux jouis après,. Silialikuli eul une aiidienie 
du j;rand ve.sir . nn Turc fanatique tira sur lain- 
hassadeur. le man)|u.i. mais blessa son \oisin. 
Aus>itot. sur lordrt'du {jrand \(sir, le eoiqjable 
fut attaché ^ la ipieue d'un elie\al, trainé |tar 
les rues de la ville el mis en |jnd>cau\. I.'amba.s- 
sadeur \oulail i (tourner a su demeure ; n ais, 
eu((iura{;é p.u- le j;rand Ncsir, il |Hiursuivit .sa 
marche et renqilit son devoir: il conserva luhiw 
sa (irésente d'ispril, et adressa au |;rand \e.sir 
les propos les plus flatlems; .M«tliauuj)ed->o- 
kolli r |)ondit aNcc modestie et dij;niU'. D)ufur- 
ménieut à lu-aje, l'aud'assadeur offrit en prr- 
.sent aux vesirs des produits de la nature el ^\^^ 
l'art de son pa}s. de» tapis de sojt- dllauiadan 
el deDerj;eMn. «les bonnets de Cliadsclian, du 
saVond'Ardsclian.de.s tabliers de Mehrujan, des 
tapis de Daralxlsdienl. des housses «le j)si heh- 
rem. des soieries iéijërcs «ries«l, des élolfts plus 
épaisses d«' Kum, de.s vêlements de lie.sa , cl des 
lames de sa[)i«' «le .sdiiras. Irois j«uirs après eut 
lieu laujlient'e «lu sultan , qui d«uian«la à laui- 
bas.sa«leiH- «Il s nouvelles de .sa .sanlé. ,Scbahkuli, 
versé dans la s(i(n«ede la fli|)lomatie et fornié 
aux muMirs des cours «le KJricnt , re^ta nniet 
comme si la vue de la majeslé .souveraine lui 
eùl «')lé l'iisaiîede la pensée el de la pan»le. Us 
h'ttresde créance, deipiinze « «nts lignes d'écri- 
ture, entremêlées «le |;lia/eles, «)ffraienl un pio- 
(lij;efle .st\ lr«lans la M iem«'dipl«>maii«jue: c'était 
un véritable volume ph in de ni«»ts ron(lants,niais 
«lipourvus de sens J . Ouarante-ipjatrc tlia- 
meaux portaient les prc.senis, trente-quatre, 
ceux du schah, el dix ceux de lamba.ssadeur. 
Les objets les plus pré< ieiix ét.iicnt le Koran , 
que I on préteudail é« rit |iar Ali lui-même, et 



1 (es leitrc» de créance, dans le rccufil du reii- 
e*^cndi Srari-Abdullah , rpinpIixsc-iiltreDte feuilk*io-4", 
cliacLiie de ciiiqu^iDlc lifincs serrées el bien «'critt*. 



lt)0 



iiision;! UK i/F.Mriui: ottomain, 



le inai;niru|ue Vwic ri»\.il ilr Tirdowsi ; ors 
deux volumes richomcui rtvouvorts »l'tMi»nV 
d'or j^arnir do pierrrrus; iiur cjsseiie de 
bijiHix où se ln»uvaienl le rubis de ned.uh- 
s^'han et les <leu\ perles . luiil tasses de 
Horeelaine bleue. œniiHiset-s de uiani«''re A se 
fendre cl so briser sil y «Jcait versO du |>oison : 
les de. IX lentes re|tréseiil;uit des paysajjes: il 
y avait eu outre Niiijît j;rauds lapis de soie, el 
lïfauct^upde |>olils. sur les<juels iMaieiil brodés 
en or de< animaux el des Heurs; neuf rid«au\ 
de lenl«*s . en ti^aj^eseuleuieni en Orienl ; neuf 
lapis de jxtils de i hameaux, neuf selles j;,irnies 
dor . d ar(;enl el de pierreries; sept IkUous 
dart^rnt . ancien sjnibi^ilo de souvorainelO ; sept 
sabres avec des fourreaux de velours eramoisi : 
sopi t1<Vh«^ el sepi eanjuois j^;arnis d'or el «i»' 
picm-ries. enfin des chefs-d'œuvre de lindus- 
irie persane, des lapis de la laine la plus fiiu\ 
si grands que sept homircs pou\aieiil A |teinc 
en porter un. Quant aux faucons, ils n'avaient 
pas survécu au voya[;e. I,'and)ass;ideur offrit 
en son propre nom un cxeniplaire du Koran. 
une lente, des sabres , des arcs et des Hèches . 
des tapis de soie et de poils de chameaux. 
Le corlége se fit dans le môme ordre qu'il 
était venu. Kn avant allaient les sipahis, les 
tschausrhs et les rauleferrikas, tous vêtus de 
salin, de damas, de velours el de drap d'or; 
puis venaient trois cents î'erses avec des robes 
de diverses couleurs, sur les^pielles élaieiit 
brodées des fijjurcs d oiseaux el d'animaux; ils 
étaient suivis des serviteurs de l'ambassideur 
à pied . du cheval de l'ambassadeur (onduit en 
main p.ir un Persan, de deuxcenis janitsc liarcs: 
enfin s avançait l'dmba.ssadcur seul , velu dé- 
carlale. avec un turlwn d'or, monté ."ur un 
cheval étincelant d'ar[;eiit.d'or. avec des harnais 
tout fjarmsdf turqiiois^-s et de {jrenats; rcnl 
quarante cavaliers f)ersaas fermaient la marche. 
Toutefois les Persans étaient effacés par les 
Turcs , dune structure plus vijjoureuse , d'une 
tournure plus im[H>sante. d'un teint plus blanc; 
d ailleurs le drap d or jervin était bien infé- 
rieur aux tissus vénitiens dont la cour oiio- 
iriane était revêtue. Il fut attribué h Vhahkuli. 
pour les frais de sa maison et de son entretien. 
ôOO ducats par jour sur L ca.SMtte du .sultan; la 
paix fut renouvelée. 
Quelques jours avant l'arrivée de lambassa- 



deur. tl.iiis un divan, le be;; kurde .Mulal avail 
été condamnée mort avtr trente Kmdes de sa 
suite, parte (\\\v tout réceuimeut le Isdiausch- 
baschi. sur l'ordre du [;rand vesir. ayant voulu 
l'arrêter dans la inoscpiée. il s'était mis en dé- 
fense, el avait tué le (lii;iiilaire. ainsi (|ue deux 
tscliauschs. I.a tétc du bei; tomba dans le di- 
van ; les trenteHleiix Kurdes fin-ent exécutés 
«lans toutes les dird lionsdes Irenle-dcuwents. 
et subirent divers supplices. Vers ce temps le 
sidianfut vivement iiKpiiélé par les nouvelles 
arrivées de Uaszra el de llémen sur la révolte 
dl lianoj'jlili et de Mulralierlen|;. Hienlol les 
faits ((micrnanl l'.Xrabie occuperont toute 
notre attention; le mouvement driianof;lili , 
scheidi des tribus arabes autour de Haszra . 
n'auraient pasollert miiinsde dangers, si le chef 
rebelle avait irouvé auprès des Persans l'appui 
qu'il en espérai! ; mais bientùl ce .sonlèvemeni 
fut comprimé par les be|îlerbe[;s de Has/.ra el 
de .*»cliehr.sor avec (pielcpies milliers de Janil- 
.schares J . A la fin d'avril , le sultan se rendil 
d'Andrino|)le ;1 Conslanlinopic. et le F' mai 
l'ambassadeur exlraunlinairc de Polofjne, So- 
horowsky, avec une suilt* de trois cents per- 
sonnes , fit .son entrée dans la ca[iiiale. Il venait 
avec des présents pour renouveler le trait»' de 
piiixet jK)iler des plaintes conire les Moldaves 
cl lesTatares; il dematida aus.si, mais en vain : 
1" que la Poloi;ne ne fût plus tenue de livrer- 
les déserteurs; "J" qu'elle cessAl de payer tribut 
annuel au chan lalare; .T que dans la Moldavie, 
nul \voi\\0(lenepftt être installé .sans l'aj^émenl 
du roi : ceilt été un chan[;emenl ;i trois ar- 
tiiles de l'ancienne capitulalion. la dernière 
demande était le résultat d(> l'accord parfait 
établi maintenant entre la Polo^rnc et Fîo(;dan. 
revêtu de la di|;nité de .son père Ab xandre, el 
qui. se manifesta rannéesuivaiit«^)ariinealliance 
en vertu de lacpielle IU){;dan promit au roi de 
Polofjnc de lui prêter assistance en personne 
contre tous ses ennemis , le sultan exteplé {'2j. 
l-a paix avec la Polo|;ne fut renouvelée en juil- 
jel, el il y fut sti|iulé que le roi reklcherait 
Icnvové tatare, retenu p.ir lui dej)uis trois an- 



(1; A3!i,i"év«'nenient du rei;ne deSelim Il,fol.;j40; 
Vfr;»ni., f p., d^ii* Kaiona , I. xxxv , p. 28. 
{2 hiigel , Histoire de la Moldavie , p. 21-5. 



i.i\ m \\\ \. 



i(>i 



rurs I . I.c woiwodc de Transylvanie, Jean 
Si j;isinori(l, avait rmi ordre de restituer à c eini 
(le .Moldavie les < hâieanx de Csieso « t de Ku- 
kullovar, et le MUiverain df Valarhie , Pierre 
Myrts«lie. ii;é a (x-iiie de vin|;t-lrois ans, ae- 
tUM- déj.i |>ar les rlaincurs de tout «m |»ays, fut 
rhar(;é de rlialiies et aineni' à Conv|antino|ile. 
Il a|»|M)rta < inillioiis d aspre-i, on HO.<MI()dui als. 
dont la moitié formait le tribut aeroulume ; le 
reste tétait un |»riS«nt aviv le<iuel sa m«Ve , 
femme ir)trii;inte el dissolue, esprrait acheter 
Ia|;r;Vfdii prince eonpalde. De plus, nn des 
afhdés de Mvrisehe avait dénonet* l'pxistcnee 
d'un Irésnr cacln'-. de 1:{0.(MM) du.ats. (pii re- 
\ int encore à la Porte '2 . loutcfois. le woiwode 
fut dépouilU' de sa souveraineté, el ne consiT\a 
que la vie. .\ sa place fut élevé son fr^re .Mexan- 
dre. (pie Ton rappel i de son exil dAlep; lui- 
même fut iMiini avee sa mère A Konia. (»ii il 
mourut bientôt ap^^s 3\ .\ la hn de l'année. 
Michel (iyulay fui envoyé en Transylvanie avec 
la mission, donnée déjà |)nVé(leii!menl aux der- 
niers envoy«''s de Jean .Sijpsniond . .Sebasiien 
Irdel el François Baloj;h, de maintenir la tr.ni- 
(juillité . el faire en sorte (pie rcmpcreiir ne fut 
pas iroiildé dans la jH)ssessi(in d'Lrdœd. N;i;;y- 
iKuna el Zcclnvar. Ptinr les discussions re- 
latives à ces trois [)la( es. el au parla{;e tou- 
jours déhallu des sujets sur les(pirls avait 
été jusque-là levé l'inuM'il en commun, il y cul 
une corresj)ondance lrès-vi\e et un échange 
très -actif de courriers entre le gouverneur 
de llon|;rie, Musta|ilia-Pascha . el le {gouver- 
neur de la cour impériale, le prince Iraut- 
son, L'envoyé lurclbrahim. en passant à Ofen, 
avait donné l'assurance que l'empereur re- 
mmçait aux villa[;es (pii payaient limpot aux 
deux puis.sances. Achaz-Csabi. qui avait été en- 
voyé h ce snjel au pascha d'Ofen . n'avança pas 
plus les choses que le tschausch adressé par le 
pascha à Trautson 4 . L'ambassadeur Ibrahim 



J; AllH-it de \N >s/ , iap|iurl, dans If* ârrhi\e« de la 
maison impériale ; vox- aussi \e rapport d'ambassade de 
Soranzo, daiislts actes vénitiens. 

(2) Les faits tirés du rapport de Wysz. en date de 
m.^i 1668, ne se Irourent dans aucune des histoires de la 
Moldavie. 

;3) \V\ sz , rapport de Constanlinople, du 5 septembre 
1568. 

(4} Rapport . dans les Archive* impériales. 

TOM. 11. 



é< ii\il dire» temenl à l'empereur [nuir sr plain- 
dre de IcnléMnient de deux femmes cs4 laves 
et du lo};emenl indi|;ne (|u on lui a\ail donné 
dans une maison dont les fenêtres manquairni 
de vitres -.niais Maximilien excusa ers aclesdans 
une lettre au sultan . qui se de» iara satisfait I . 
Avec landtasAadeur |iolonais . partit de Cunslau- 
tinople ll.isinlsrhauM II . |NHir Iransiiitllre la 
nouvflle capiliilalioii J ; le baile veiiilien 
-Soran/o fut remplace par llarbani. 

Le K jan\ ier l.">t)!> . Seliin se pcnnil un de c« 
actes si rares dindéjwml.ince dans son rè|;ne; 
sans consulter le véritable souverain, le jjrand 
vesir Sokolli, il nomma S4»n ancien j;ouver- 
neur de la cour. Lila-Mustaplia. (pu n était \KiS 
encore relevé de sa dis|;r.'n e. dernier vesir de 
Il cou|>ole: Ireuiblanl devant la toute -puis- 
.sance du faraud vesir.il n osa pas rap(K'ler 
auprès »|r lui (muii lui faire » rite conimuiiica- 
lioii; mais jMiiir renlretenir piilili(pienieiil . se- 
lon les formes accoutumées, à son retour de la 
(basse vers la capitale, il tint un divan à ( heval. 
et là conféra avec tons les vesir>. placi'-s sui- 
vant leur raufj, et par coiisccpinit atiî>.si avec 
I ancien {;ouverneur de sa tour, à peine rentré 
en |;r:ke .'i . Le frère de .Musiaplia-P<iM-|ia, 
celui (pii avait é(-lioiié devant Malte, fut mis à 
la retraite avec une pension de 'Joll.OOO aspres , 
ce qui était un quart de plus (jue la pension or- 
dinaire des vesrs, et une au|;menlation de Irai- 
teinenl de '20 aspres par junr lut accordée au 
fils de Pierre, ancien prince de Valachie, parce 
(pie sa mère avait livré an sultan le trés(^)r de 
son époux, de I. il), 01)0 dneals. .sur le.s(jucls elle 
en re(,ut 10.000 4 . .Mohammed, hls dc.S.salih, 
bej;lerbe|; d'Al|;er. (pii avait été jeté en prisf)n, 
cl se vovail menacé de perdre toule sa fortune, 
racheta sa liberté en alxindonnant une partie 
de ses biens immenses ô . 

Les troubles des .Mainoles et la mutinerie de 
la [garnison de rri|H)li . (pii . mé( ontente du |»a.s- 
cha , lavait tué à coups de fusil , appelèrent 



;i' I.a Icitre originale du sulian , du mois de dwbema- 

siul-ewwcl 976[noTembre I.!i<i8\ en réponse à la lettre 

d'eicuse de l'empereur, est dans le» archives impériales. 

2, Rapport de .Soranzo,du 1:7 juillet \ù(jS, dans les 

archives impériales. 

3 K.îpporl de Barbaro, du 27 janvier. 
lî; Rapport du même, du 8 juin 1569. 
(.5, /hi,t. 

Il 



102 



iii>T()h;k uv. i/k.mimuk orroMAN. 



r.irliv:to (lu kipud,»n-juMli.i. (|iii diil sorn prr 
«lu r^lal)Ii*s<Min'ni *\c lonlrc. (hiiiizr ;;;il( rrs 
pnrrtU la lurr, inom»'t*s (lar quiii/r rrnls.i.mil- 
sdurrf. ri iHirtani iinriiinninr ixiininc p:isi hn 
deTri|H)li A\ani dv tpiiltrr Ir |mrl. 1rs iiiariiis 
3\.iini(. siii^.ml 1.1 ««»>iliiiiu". rnulii lio'um.ij'o 
aux nùiifs (\c HtirlxToussc . ri iniiuolr un a|;iu'iui 
uir M)n li>iiibr;)ii pour appeler i'as^islaiioo dr la 
fP'ando ombre «Ui Ihths mit leur entreprise ^ I . 
Du aiUres j;aliTesriiij:;lerenl sers Maina. cliar- 
fçëes d èlpvfr une riladelle pour tenir en bride 
l(^ dr54 endant!( des Spartiates. A Alexandre. 
par I in^iienre du pinssanl juif Juan Miipiez. 
des vaisseaux français avaient «Mé retenus, part e 
que ce perM)nna;;e si iuHuent faisait i la Kranrc 
drs rérianiaiions d ar;îent. l/envoyé de I ranec 
protesta vainement r«mire telle violente 'Ji. 

Au prinlimiw rie l'anniT suivante . les deux 
iKMiees Gaspiirri de Minkwisel Kdonard l'rovi- 
si«»nali . apjiortêrrnl le présent dlioiuieur an- 
nuel . »lipulp de MI.IHM) dutais pour le sull.in. 
el les soinrar» convenues pour les vesirs. Admis 
a laiidienrc du sultan, ils dnnand«^rent . au 
nom de ImipiTctir. (pie des ordres rif^"'"'*'"^ 
fiinratadrcsscsaiixTransylvaniens.de ne point 
fairr de Imlaiives ronlre /ech\\ar, F>d<rd et 
>af;yl»an\a; el quil ne fut accordé aucun ap- 
(Mu a des relM'lles comme François Korijars . 
l^tadiUau^Julafty . IMai&(-(>(tmatliy. Moliainincd- 
Faïkcha fxnua nu Fj-do-d . le petit château . 
■ au |>ri\ de lan( de sauf; turc, et ensuite 
r . [Miiisait bien éire abandoinié aux 
Traiwrlvanicns : toutefois, en voyant la vivacilc'i 
des réclamation'» des noncesel de l'anibassadeur 
*ur ce |xiirii. il n insista plus ; m ds . en romp«'n- 
micn. il demanda msniie rpjc les villages aux 
alentour* de l'alala. We/prim et .Sliibl>^eis7.en- 
burp; ne |»ayaMml d'im(H>ls qu aux Turcs : que 
ceux de*. cn\in»ns de Tala et l'apa . préc(''dem- 
m*"nl tributaires de la Torfe . coni nuassent de 
ffMirnir leun) amiributionR . el tda par l'entre- 
mifcr d«sjnf;e« Il de nanda une ïnmne armure 
de Vienne . cl dfmiia deux arcs aux nonces. 
Le* députés Iransyhaniens, Michel Gyulay et 
Gaspard GeV>ccs. qui. de leur c/ilé, réclamaient 
le» irou» place» dé»ignce.s plus haut, s en rc- 



"1 f'^tf^ou* ; ï (tf il, m àelèMfrUe 

de la flotte rl»ni 1 « ^i rrui I.jG8j. 



lournèreiil sans avo r rien obicnii J \ (Inaire 
mois plus lard revint François Hal(»i;li, en 
qualité d\'M\o\é de Traiis) Ivanic. asec l'inlcr- 
préle I nliad. |M)Mr se |»!aiii(lre du tori l'ail au 
pa>s par le bcnlcrbc|; «le IVmcswar. cl le 
saiidscliakbiy, de S/ulnok. Moli.iinini-d l*as< lia 
les écoula \oloiiliers,tar il clail Ircs-bicnvcillam 
|M)ur Gaspard lUk( scli , à cause de la lionne 
adminislralion de la Transylvanie ("2. Il envoya 
rinlerpréle Maliimidhcn au roi d»; France , 
avec trois leiircs , afin de sollicilcr de ce mo- 
nanpie la princesse Mari;uerilc tomme épouse 
|Kuir .ban Sij;ismond de Transylvanie, ampicl 
devait éire assurée, en vue de ce maria|;e , la 
succession au trùnc de rolojpic;^). C'élail,dans 
celte année, le second voya{;e de diplomates 
turcs en Fiante; car Ibraliiin, Tiiitcr|)rèle dcî 
la Porle, que déjà Ton a mi poricr A Franc- 
fort . A Venise et à Vienne, les actes de ca- 
pilulaMons renouvelées, et qui était revenu 
de sa mission de Pologne sans avoir oblenii de 
résullal (4), alla aussi présenter, le traité à 
l'aris. 

Celle année , un des plus terribles incendies 
dont riiisloire de Conslaiilinople fasse nieii- 
!ion dévora, d'après les rapports des ambas- 
sades européennes , au moins trcnic-six mille 
maisons, diiffre énorme, et (pii sérail encore 
eflrayanl réduit d'un zéro, le Icii éclata dans 
le (juartier des juifs, et toutes les tentatives 
pour Télcindre furent inutiles. I,c f;rand vesir 
courut le plus {;rand danjjer, et faillit devenir 
la proie des flammes, dont il voulait arrêter 
les ravages. Les janiischarcs, au lieu de cher- 
cher :'i préserver les maisons des juif^, se 
jctércnl sur les habitants |K>ur les massacrer, et 
mirent en c roix un jeune «hrétien o;. L"a{;a 
hschaafer , que la maladie avait empêché de se 
présenter en ficrsonne dans cette circonstance, 
cl de mettre un terme aux dé.sordres de ses 
troupes, fut dépost* , et sa place conférée au 

'1 \Vy»7 , rafiporl du 23 avril, danule» arcliivci Im- 
p^riaJMi. 

'2, Wy»z, rapport par Daniel Marc, <ie. 1" tep- 
|f riibrp. 

3j A'b«ri à*. WyM , el VuMréii rie» rapports de l'am- 
\ra*t»adt véiiilwriii<; ,(l;tii)t le» archives iii)(»<'riaiM. 

4 RapfKiri (Jf Barbaro, du 10 juin hWJ , dw» lei 
•rcbi«o irn(iériak*. 

.0, Vlaniki, p. UtO . rapp^)rt damt)a«»a(Je d'AHiert 
d' U vw , fian» les archive» impériale» , 27 •epteml>re. 



LIVRK 

f^and éciiyer Siawibch . I lon(;pois ou Croate dp 
ru»i»s;iun' , ilonl In rliar)',»' p9*ss hu pn-iiiUT 
|Mirli'-r|wc K.iii.iN-Ai;.i. Ijt j'.rai.d in' «inlir dr 
Coiislauliimplr fui nimmc Ir "*i!:nal du il(Hlial- 
iinnt'iil de ««• (;rnrf dr Wmi daus d'aulrrs 
\dlfs (Ir r« iu|»irr. Uruva, Sdiuiiinir «l laiia 
lurent dihoroi's par If» Haiiuno»; «iaus la d- r- 
nitVo villr. nulle noUlals «auliTrnt m lair avrr 
Ir ninj;asiu A |»<»udre 1 AHn de u»(^lrr de nuu- 
\eaii\ l'Iiuu nls au «iirpH d«»<« jaiiilM ban« , (|ul 
I lairiit actUM-s iKin-sindemcnl de u'aMiir pa«i 
es^avC' d'<*leindre le feu, mai<« enmre de j'avjjjr 
allii'iié, nu n'-paudil parmi eux une i|iiaiilil(''<le 
r«'ué|ïals juifs ri < luélieuH '2 . (pie Irs rniauti^ 
txerei^fn tout réeeumunt Kuilre les «HMalrurs 
dr Moise «'t de Jésus a\ aient [ui dèlerniiner A 
renii'r l.t fui de leurs |M'r«'s I a uiorl de I audian- 
sadeur impérial \\ ysz.lepremierdl)nlon«sij;nale 
le dé(•^s A (!on"*tan'inople. el (pii fut eu'.eveli A 
IVra. dansl'i'iîlisi'de Siinl-Heunil, de>int Toe- 
I asion d'mu' lettre du sultan et du i^rand vesjr 
a rem|x'reur , oi'i »e tn»u\e le lêni<ui;ua|;e le 
|)lus linnorahle nur jesservieesde ee dipl(nnalc. 
S»n suri e<;«»rur . le Néerlandais (Charles Hynie 
d'Kstbrik , a|)r<'sa\()ir conféré avec le précédent 
andwHsadeur Rusl)eek , cnf;ap,ea , avee le {yrand 
vesir. les néi;ocialions pour le reiiinivcllemcnl 
de la p:ii\ de huit anm-es, sur Icsipicllcscpiaire 
déjA étaient éeoulées. Mohimmed-Paselia se 
montra inflexible sur les villages eontestés; il 
rejeta cnnmie une faute j;rave . sur le j;rand 
\esir Ali-F'asrlia , la [»aix trop favorable areor- 
dée aux iiii|MTianx en làti'J , disant qin- le mal 
fiit par Ali sons Suleiman devait être réparé 
mninten ml p:ir Moliamiiied sous le sultan Se- 
lim -.(pie si l'on ne voulait pas céder /i ses justes 
désirs, il partirait d'Ofen. et, envahissant le 
territoire ini[)érial, transfornu'rait en d('sert 
MU espace fie deu\j(uir!UTs deniart lie .atin d'as- 
surer les frontières turques. Vers ce temps, arriva 
la nouvelle de la nmrt du scbali '3 . et Ion se 
mit en mesure du coté de la l'erse, en {gar- 
nissant de canons 1rs places frontières de \^ an 
et d'Krsernm , et déjmsnnt rinq millions de 
balles dans les arsenaux. 
On voit que Mohammed-SikoUi conservait 

'^^ Selaniki, p. 100: rapport d'amb.is»adc d'Alt>«»rt 
de Wysz . dans les arcliires impériales. 
(2) /but. 
v3) Rapport du baile Barbaro ,du 25 juin 1509. 



\\\\. un 

au r^i^ni* ilr Selimlriiipreinte i\r i;randrurqur 
IMU'iail criuj i\r Sulriman. \ m eutrepriiiefi 
|iacitiqueH prés^nlent é|;alenienl rr rar;ui/Te. 
hrux i)uvra|;rs kurtoul , qui ménleiii deire 
si[;ualé« par l'Iiisloire . muiI I aelifvenienl de 
la ];raiide movpiée d'.XiulriiiopIr ri la jmirlUui 
du \\ol|;a et du (Km . tentée au iiioyi n d'iiii 
canal, hé» la première année lUi refjnr de .*Nclini 
furent j«iéj» 1rs fondenirnls dr laSclimijr , rioiil 
la coupole (••^(re un «liaméire plii<» f;rand de 
i\vu\ aunes (pie celui de la ( (initie d'A|a-S(>fln. 
Sinaii , dont le nom ni.ir(pie le plus baul 
déve!oppeiiM*nl de lai ( Iniet ture ottomane, 
appliqua lis plus ;idiiiiiali|eN re^MUirces de 
son art dans <-ptte n uvre : lui-même rfconnul 
qu'il s'était montré apprenti dans le nios<|iiée 
des princes, com|i,i|;non dans la "^iileimari'je. d 
maitredansja Seliiinje. l/élévation de(c dernier 
édifice dura sepi années , el la-iivre ne fut ac- 
compli (pi'au moment (u'i le snli.-ui Stlim allait 
ai liever sou r/'{;ne et m vie . dont ee ma|;ni- 
Hipie monument devait être le plus iiii|M)vtn( 
.souvenir. 

I.a tentative de li joiKtion du Don avec le 
\\ol|;a n'eut |)as autant de succès. I.iflée ve- 
nait du defterdar Tscherke^-Kasimbefî , au- 
quel avait été confié le sîindseliak de Kaffa , 
et (pii fut cliar|;é de diri(;er toute l'entre- 
prise 1 1. Trois mille janits<liares et vin(;t mille 
cavaliers furent diri|;és vers Astraelian 'laoûf 
lôbO I; quin/e f;aléres, ave»' cinrj mille janil- 
schares el trois mille ouvriers, prirent la route 
d'Assow. Trente mille Tatares devaient >>oulenir 
la cavalerie au siéRe d'Astrachan . et prolé|;er 
rinfanierie cliar{p'e de creuser le canal : mais 
quin/e mille Musses, coiiiii andés par Serr^ 
bianow. tombent sur les travailleurs et les 
dispersent: la (garnison d'AsIraelian f.iit une 
.sortie et cliar|;e les assiéj;eants. I.a dernière es- 
péranccdes Jures larmfe d»s'F"alares.est enve- 
loppée et anéantie par les llusses. O'autres Ta- 
lares, pris |)oiir i;uides par les Jures, sétiidicnt 
à les éj;arer A travers les stepfM's et les marais. 
I.e découra|;< ment de l'armée fut encore aug- 
menté par les manauvres d'aftidés du chan de 
Krimée, qui dans le snccfs fie cette entreprise 
ne voyait que laflt rmissemcut du joug sous 

1 PcUrhewi, fol. 151 : Rausalul Kbrar , fol. 302 ; 
Flivfoirr de la Rii»ie , par I>evesque: Pari», 1812, I. m , 
p. "3, et Histoire de Karamitin , l. vin. 



it;î 



lllM («lia: M LIMIMIIK 1 lO.MAN. 



leijuel il tiail amrbo. Ct*s jïons rrjHVMMiU'ToiU 
aux ouvriers vl aiiv stildals cjue dans ces 
itMiIrt^ scptojitrionalos lluvcr <lm;«it iu*nf 
mois . cl q 1 (Il tMo lt"s iiiiils n'av.iinit quo 
trois luMir»^: qu'ils scraiciil doiir tonos ^ic 
rcnouror au n^|H>s. ou i\c juS;li;;«T Inirs devoirs 
relipiruv . puis»ju«' la prit'rr du soir «loit se 
faire deux licuroN apri^'s \c rouchrr du soleil, 
ei colljMiu matinaux priMuitres lueurs de r.iu- 
rorc I . Ia ruse réussit : les troupes murmu- 
rt^rent : elles s'ombar<]iiérent h Tana : assaillis 
par une tomptMe furieuse, les Kliimenls furent 
dispersés ou en;;loutis; sept mille hommes A 
peine f;a^;n^rent le|>ort deC/onstantinople. l no 
ambassade russe rétablit la paix . qui venait 
d>(rr violée 3 . Ilepuis la lettre adressée 
•luin/e ans auparav.int . par Suleiinan à 
Iwan le Terrible, dans la«jiiel!e il lui donnait 
le titre d heureux e/ar et de siij^e souverain. 
cl lui recommandait les marchands envoyées à 
Moscou jK)ur acheter des fourrures (3) , on 
n'avait vu aucun échan}',e d'ambassades entre 
les deux Ktai^. Iw.m en\(>\ail ma menant le 
noble >*ivosul7.o\v offrir ses félicitations à 
Selim sur son avènement au tr«"»ne, lui expri- 
mer son étonnement de l'irruption des 1 urcs 
en Hussie. et lui assurer qu'il nétait millemenl 
ennemi de la religion de Mohammed, que pro- 
fessaient même plusieurs de ses officiers. Dans 
l'audience donnée à >ovosulzo\v . Selim néf;Ii- 
f;ea de s informer de la sanié du czar . et ne fit 
point inviter l'ambass^idcur à un festin, selon 
l'usaf^e i . 

louiefoi^ la vanité des efforts tentés pour la 
jonction des deux fjrands fleuves dans le nord 
ae changea rien aux vastes plans de Moham- 
TDcd-.*v>k(»lli dans le .sud. SI l'Arabie, où main- 
tenant é<lalait le feu de la ré\o le . |K)uvail 
^tre ramenée au rejKis. il voulait faire percer 
l'isthme de Suez, afin que les Hottes ottomanes 
pussent faire voile iibreu enl delà Méditerranée 
dans la mer Bouge . * . Cependant de piiis'-ants 



,1, Mourad)fa d'Ob»»on , Tablfau de IVinpire otto- 
mwi, I. Il . p. VJ\. 

2 i.iumt du rapport de l'ambaMode véiiiUcriDe , du 
16 mai 1670. 

[Z) KaramftD, Histoire de rcinpire ruue, I. Ti,p. 380. 

r4, /Ud. 

'5 Rapport d'airlnande de Rfcn, dan» le« arcbifet 
impénaie* 



aniieiiuuts .se préparaic'iil . au |;iaii(l <'lïroi d«'S 
Nénitiens; car .Selim, el non point Sokolli , mé- 
dilail la i oiupiéle de Chypre , «M déj;"! des 
vaisseaux turcs croisaienl (U'vant cette île \\ 

Mais noire allenlion doit se porter sur la 
révolte el la compicle nouvelle de l'Arabica 
cause de rimporlance du pavsel de son histoire. 
Pour les j;co;;ra plies orieiilaiix. l'Arabie «'Sl une 
ile. parce (piflle est boiiicc de Iroi.scolés par 
Iriiis mers; au nord, [lai 1 l'.iipliralc. (prelle lou- 
che A l'Afriipie sciilciiiciil par l'illisiiie de Suez, 
el ne.se lalia» he A 1 Asie que par le désert entre 
la Syrie el II uphrale. l/isllmieesl ledéserl des 
enfants d'Israél ; les sables vers la Syrie sont le 
grand dé.sert arabe ; il faut quatre-vingt-dix- 
se|il lours pour faire le lour de celle ile {'2). Les 
Grecs el h's lioiuains divisèrent le pays d'après 
laconstiluliondn sol. en allant du nord au sud, 
en Arabie déserle.pélrée«'l ferlilc ou heureuse. 
Dcno.s jours, les indigènes désigneni la parlie 
stérile de leur pays sous le nom d lledschas, el 
riemen repré.senle pour eux l.Xiabie heu- 
ren e. Les contrées monlagncuses sont a|)pe- 
lées par eux .Nedschd. Ils donneiil an |)ays qui 
descend vers la mer le nom de i'ehama, el ils 
divisent lile entière en quatorze cantons : 1° le 
désert des eiilanls d"lsra«'l ; '2" le grand désert 
arabe ; 3" llledx bas , mur avancé, parce (piil 
est en avant de iN'edschd et de Tehama (3 où 
sont les deux saintes résidences de l'islam , la 
Meccjue , berceau el Medine lieu de sépullure 
du prophète; 4" llad.schr sur le golfe Arabique; 
.'}" Halirein. ancienne demeure des Karmales, 
sur le golfe Persiipie; 0" entre IJalircin el 
lledschas h; canion pierreux d'Aaris, dont la 
principale ville, Deraje, esl la capitale des \\ eh- 
habis; el 1" lemama, dont les vallées fertiles 
sont arrosées [lar trois rivières, dont le blé, les 
dalles, el les belles eaux s<jnt j»roverbiales(4) : 
8" la pnriiedu .sud-esl de l'Arabie, limitée, d'un 
(Ole, par le {;olfe Persiquc, de l'autre, parla 
mer des Indes, conqirend le pays fertile, mais 
insalubre. d'Oman: H" les cantons stériles 
d'Ahka, el 10" de Schahar : la parlie du sud- 
ouest , baignée par la mer des Indes et le golfe 

I; R.ippfiri d'3nil>aw>adç df Kyin, eu sfpleinbrc 1.065. 
'2y (>»quaire-viiif',t dixM pt kiatioriH »ont coiiipléet 
et indiquée» darm I>ftcbibanriuma , p. 483. 
'3, iHrhihannuma , p. iiW. 
i, /h,(l , p. 52». 



i.i\ i;i. \\ \\. 



M' 



Aiabii|Ut' . tst r\i,iliic ln'iireu>e, c|iiM()Utiiiit 
les (•a^t()ll^ <lf II Ni-^luI . 12" 'IVIiaina . 
l'\' llasr.iniiil . ri li I iriiHMi pr(>|iriiiiriit 
(lit 1 . Six ports «-t nrtif entr«'|intN <lrsn;iirs 
(Miurdes martht^A aniiueU appt-iliMit lfannmrrco 
(le rOriint rt dr l'On idilil , cir la l'ers»' vl <!•• 
I K|;\pt«'. I.fs |H»rtN Mint, sur W |;oUV l'rrsiqm'. 
(ihafr, |x»rt d' Ahsa, aiuimiiP cipilaU* «h-s Kar- 
mat«*s '2 , (pli attire |Kir si-s pjVlienos de |mtIcs 
le eommerre «le la l'rrse À , eomiiie M.l^k.ll ap- 
pelle relui «le llii'le t : sur la |Mrli«' ii:«Ti<li<»- 
iiale Aatleti , I Kdeu des Arabes ; Moka , W 
paradis des aniatetirs de café : et sur le (^olfe 
Arabitpi»' . |)si|iid«l«' . lieu de d»MMr«pi«Mii(iil 
d»^ raravaues atriiaiiies, de inar» liinds et «le 
(nMerins. Ix*s neuf entrepôts dans le pa\s «• n- 
Iral . où . aiinnellenjent et A «les j«)' rs fixe' , 
«'taierit ternis des inareli«'s . sont : Diiiiielol- 
I»seheiidel , si fameuse dans rhist«Hre d'Arabie, 
parre «pie 1.^ Irioinplia le |)roplnMe , et là fut 
def.iil sou |HMit-Hls lliiNeiii [)ar la tralii^«»ii du 
représentant de son rival Moawia; Mes«iikar, 
où sont venfie«'s préalablement toutes les niar- 
thandisj's |)oiir[irévenir la fraude .">); lesniar- 
( lu's (le Ss.ih.ir. Scli.ibar. ()!,in. hebi.i ; et dans 
rilarasnmi. Jeinaina, où ne sont a[)portées |H)ur 
la vente que des nattes et des pierres ; Ssanaa, 
rapitale «le l' Vrabie beureuse ; et enfin Okkas . 
le plus r.uneuv «le tous, à jamais rélèbr»- dans 
I bistoire par les luîtes des poètes sur lestpielles 
prononee la voix |M»pulaire. Sur ces manliés . 
I«'s pro«luelioiis «lu pa\s. les dalles et la fa- 
rine«rien)ania. Ia«nrniii|e et l'onyx de Ib-men, 
le muse et lambr*' «l't hnman , le eafé de Moka, 
et le baume de la Meeque, l'em eus et l'aliM-s, les 
|>erles l't l'or, étaient écbanfjés eonln* les 
tissus, les étoffes et les objets d'art de llnde , 
de la Perse et de rKun)|)e 6 . 

I/Arabie n'est pas moins dij;n«< d'attirer l'al- 
tention sous le |)oinl de \ue ellino|;rapbi«pie «-i 
bistorique. Les noms des anciens babitants «pie 
nous iransmefteiu les Grecs cl les Romains s«' 



(1) Dsrhihanniiin.i , p. 481. iinminr «^tnniP n"a>ri«'mc 
partie Ahkaf , et divise ensuite riemni propreinciiC dit 
en lomcn et Hasramut. 

(2 Dscliihannuma , p. 497. 

t3; //>«//., p. 3. 25. 

:V //>(</.. p. 496. 

'5 Pans Dsdiemasiul-Fwwel. 

v6) Dschihanuuma , p. 498 et suiv. 



I ree«»iinai'«seni eut «»re en partie ilaiis les ap^M*!- 
lat ions actuelles. I.i*^ iVmiada* el les Ibamudri 
vint les l'asin et les I bemud dont |»arleul la 
tra<lition aralx* d le Koran ; les ilonierttti- et 
le« .Nabatd'i m* retrouvent dan.s les lii-ni-lliuijar 
et l«*s >abal; l«*s Omani, Minari, .Salxii. Atra- 
mitn* . /amareni , sui\i\enl dans les noms des 
cantons et des \ibs dthninan, Miiia.Saba. 
Ilasramul et hbamar. I e souvenir de MariaU- 
esl per(Miué par la rupture «le la di|',ue «le 
Mareb ; I .ineiiMUU" l'«'tr«ea se re< «tiuiait «laiis b- 
mol arabe li.ids» br pierre ; et !cs*oarra/.ins. «pie 
Ion a cru être |M)ur bs Arabes tantôt les Orien- 
taux I , tantôt «b s \oIeurs 2 ou des pale- 
Iretiijrs '.\ , désij;nations «pie les .\rabes ne 
connaissent pas dans leur lani;ue. nesont peul- 
élre rien autre « b«>se «pie les babitants «lu 
canton «le>(baliar ou des step|M's ssabra i . 
I.es .Seenites. nomades ou Bédouins, sont en- 
core aujourd biii « (imme il y a nnlie ans , «es 
HIs d Isniail , tj-lsquela Hibb* nous les repré- 
sente, dont les mains sont tournées contre 
tous, ei «pii v«)i«'nl b-s bras de tous b'vés ««jrjlre 

I eux. I. autorité de la lamille est b' gouver- 
iKinenl du «lés«Tl : reiifant du dés«rl. ave«- b's 
«pialilés dont l'a «loue la nature, a planté sa 

I lance en coïKniér.inl ilaiis iniis parties «!«• I.i 
terr«' ; mais il na pu assurer la duré»- a nul 
(jrand «inpire. la |;énérosilé . réloipience 

[ ualurelle et l'intrépidité sont les trois vertus 
prineipab's des Arabes : celui-là seul est noble 
de nai^s;in<e , aiupiel l'or nm\»' de la lM)u«lie 

I comme de la main, dont la parole atteint b; 

j but comme .sa (lécbe, et frappe (url c«)mme .son 

I (;laive. les auteurs des |M»ésies attacliés à là 
Kaaba de\ aient simteiiir «-n «b s « «iinbats sin(;u- 
liers l bonneur de i.i préémimnce réclamée p^r 
eux contre quiconque doutait de leur su|>*'- 
riorité, ou bit ii av«'e b' prix de la \al«ur ils 
perdaient aussi la récompense de la j;loire 
[)n(Mi(jue. Aniar ne tut pas .seulement l'un des 
plus {;iaiwls poeh's anit rieurs à M«)b;unmr'd. il 
apparaît encore comme le («ère de la cheva- 
lerie , lellc qu'elb" se développa dans le désert 

'1; SehTkMin. 

(2, .Sankiii. 

'3, .VrraH*rhin. 

'4) l.e^ nomade» enrnre aujourd'hui , rbrz Jeu P^r'ans 
et lfsTur<^ , s'appellent t»anraiiischi , c"e«t-à-dire babi- 
Iant.sdcs8feppc.«. 



166 



mSKMKK 1>K l/KMnni' OTTOMAN. 



I e rtVil dcsfsriploiiv fui .ipproiivt* p.ir lo piH>- 
pluM»\ qui . UhM ou r«'|M»ussaiU 1rs fDiiirs »los 
m»WM prrsflns. acriioillit «lans \c Kor.m 1rs 
h^;ofnl«^ pniphoiitjur* i\c stm pniplr. 1/ Arabie 
«»^t lo ilic.urr dr l,< p'ii|Mrl de ces iVcils : aussi 
les liru\ vt'nrn^ <fo I i>lani mhiI aussi nouibrrux 
«|Uf los vil CN. Aux monis Mcrworf Arafat pr^s 
(le \» Monpu' Ailaui ol Fvo sr Iroiive^rrut pour 
1.1 p^<'nli^re fi»is sur lorro lorsjpiils furrul 
thavst^ (iu paradis P. Abrahau) ronsiruisii la 
Kaaba. o(i lou poui ciuon* rrronnallrp h s Irarcs 
lie M's pas "2 I ani'.o vovaiil la drlrr.ssr d'A^ar 
lui in«li(pia jxHir Ismail la siuircrdr Srniscn ,.'i . 
Kn passant pr»"^ d Hadsrhr 1rs caravanes de pè- 
lirius |H)uvsoul do j^rauds rris |M»ur c-ouvrîf la 
plaiul< du rbamrau du propliôlo Ssalihqui. rn- 
f'TnK' dans les rochers, dc^nonce encore aujour- 
d'hui I lirr(*sie delà tribu do Thomud, et rap- 
|>ollo le cli^iimrnt de ses meurtriers, qui fiuenl 
lapidés 4 DansrHasramut. le puitsdesséclK' .5^ 
lérooi[;ne contre les idolâtres qui accusèrent le 
prophète Manibala de rnensonjje ; le palais for- 
tifié 6 et lrtom!>e;aHlu prt>phèie llud [(Orient 
lénwMpna{;e contre liuiimissanoe j;i[;;intc>quc 
de schedad de la tribu d'Aad, qui, dans le 
paradis lern-sire formé par lui-même, ^ecroyai^ 
a labri de la colère de lïlternel, qui sait élcr- 
nellemenl châtier lorf^ueil méconnaissant la 
justice. I j mer Rou^e , le mont Sinaï et les 
douze sources |)r^^ fie Suez ^7 sont couf^acrés 
|»ar l**nom duIo;;islaIeur dosJIrbrrux: Médian, 
sur la n:er Rouf;e. rc>te aussi, dans la mémoire 
des homme», comme résidence de Scho.iib ']c- 
ihro H . Ix'au-père de Mose. Saba . dont la 
Mp;e reine donnait au plus safîo des rois des 
cnifpnes à deviner '9^; le champ du Nod- 
vhran . ofi «"ouvrirent dos abimcs de feu 10' 
poor dévor<T lo ijran juif Su-Nu«as et ses 
farouches soutiens, qui prétendaient impmer 
leur croyance à l'aide des bilchers ; le palais 



(1 1 UKlnhannufiia. 

'.2, /bid ,p. 4J8et wiv. 

3 /fnd. 

I, /AiV/ . p. ,521. 

5 /bid., p 491. 

6 /&û/ , aa m^me lieu. 
7, /bfd., p. ',Z'tf\. 'ta,. 

i<J> fbid., p. îtjft. 
r»; /WJ.p. 4«. 
'\0,lbid, p 433. 



I de ("ilioiiidaii ri l'éj^lise de Ssauaa . (pT Abraha 
I prctru(l;iii rlrvcr pour 1rs opposer à la K.iaba 
I comnir biu dr pèlrrinaj^e , entreprise (pii 
attira la tolcrr du ciri , et lo fil périr, avrc 
sou armée, dr la p«iilr vrroh- lorsipi il marcliail 
contre la Mr(«pie(li; Sainara , oi^i vécurent les 
deux iirécnrsrurs de Moliammrd , Salib cpii 
uavaiipasdr pirds.el Scli;ikk.(piinavail(prune 
jambe, un bras, une oreille, un <eil , tous 
deux envoyés, comnuî le» sibylles de lislam, 
|K>ur annoncer la prochaine apparition du pro- 
phcle (» : tous ces lieux révrillrut des sou- 
venirs auxquels se rattachent dr jjraudes et 
> puissantes nations. 

1,'hisloire (W IWrabir avant lislam n'a offrrt 
quun va(',ur espace où (pidqucs points sonl 
, marqués par les combats entre les tribus. I,ors- 
que les historiens arabes parlent des lonq)s pri- 
mitifs, c'est |»our les sifjualor comme drs j(»urs 
où les pierres él;iirnl molles et Mrxibles comme 
le binon 2). l'ius tard. Icsrpoijues 1rs plus im- 
portantes de Irur histoire sont pour eux : la 
conslrtulion fir la kaaba . le déliif^c dAarem , 
lannré de l'éléphant , «lans la(juelle le roi d'A- 
I byssinie, monté sur un éléphant, marcha 
contre la Kaaba. et fut rep(nisséavec sou armée 
par la j^rrlr cb' pierres que les oisraux du ciel 
jetèrent sur les troupes, seh>n le koran, e'est- 
A-dirc par imr épidémie. Les fdiis fameuses 
balaillrs furrui livrées dans la [guerre d'exler- 
j mination entre les tribus, flabord alliées , de 
I Tasm et de Ghadis, enjçaj'.ée par cette der- 
I niére , parce que le prince de Tasm ne voulait 

lieruiollre aui ini maria<;e avec une fille de 

I I " 

: Gliadis avant d'avoii pris les prémices de sa 

vjnîinité, et qui fut terminée par l'intervention 

desîloni-Hiuijar: dans la {guerre entre les tribus 

; (1 Abs cl fie Dlioliian , au su;et des courses de 

I la jument C^habra et de l'étalon Daliis, entre les 

tribus Ueckr et Taf;leb. A cause de la femelle 



1, f Hrhiiictnnuma , p. 489. 

"1: .Speciiiipfi pracripuorumarahiim rPf;rioriim reriim- 
qne aini* (;e»(arum aiile ihl-iriiiMiniiii rnllejjit eivertit, 
Rakinunwn, iiaiiiiia;, 1817 , A a\)\'% llaiiiK-i ri Ufaiiari et 
MoMairi: SylvfMre de Sirv , Mf-in. sur (liver»évéiieiner»U 
de riii«tfMred»^Aral>»»i,d.iri» le t. xr.vni de» Méin.de l'A- 
rad. df» iiiwrif)lioim el h^Wt* -U-.Mts. l'rxolie ,' .Spéci- 
men bislori* Ataburii, dapres les excellniK-H iu)(in <« du 
deriii<;r Linny txnvardfi Ibe hinlory ot Aial)iJ,l»y M. Da- 
vid i'ncc '\jo\iàf)a, 182ii, méritée f»eiue d'éire nouitné 



du chameau StTab , n|>|>artcnant .'i la vioillr 
fcninic UrsiiN. I»armi plus rie ciuquantr <!•' «en 
batailles tauïcu'îcs. il uni nullcmem (iiir^ticm 
des guerres exti^rieurcs ; les historiens arabes 
ne savent rien des arni^'es nmiaine» f|iii p(^n('- 
tr/'renl «reniement jusiju à l'etra.d.ins 1" Arabie 
pétrée, et aequirent h l'empereur Adrien le 
in.if;inft(pie surnom d'Arabi«pie ; rien fie leur 
lumpatriole l'hilip|ie, (pii , m^ dans l'Srabie, 
rouilla le tnSne du monde 

Dans le temps ipie les tribus liiii.iii'ut ainsi 
entre elles dans I llcdsrhas, stMevaient dans 
l'Ieuien les lienillimjar ou lloniair. cest-j'i-dire 
h's mil i;c(i très, ainsi appelés de la couleur de 
leurs vMemenls'l, couleur favorite des Arabes, 
qui M* relnune encore «lans le palais rou;;e des 
rois de (iren.ide Al-llauua . Ils taisaient re- 
monter leur orif;ine à Kahlan et Aadnan. |)^res 
des Arabes; ils s'appliipiaienl surtout :■» la (;(*- 
nt'alo|;ie des familles , à In inarelic des ;istres '2 : 
ils constataient soij;neusrment par «les re|;is- 
tres la noblesse de la race des chevaux comme 
celle des hommes; laa)tmaissance du ci<'l et des 
sources cachées sons terre leur seivait à diiii;er 
leur route à travers le désert , et les préservait 
du danger de mourir de soif au milieu des 
sables. Sur les ciiKpianle mis des Flimiar. 
connus aussi sous le nom |;éiiéri(pie des To- 
baa , il y en a quatre (pu sont entourés d'iinc 
auréole fabuleuse de conquêtes en Asie et en 
Afrique; Alidesrh-Sclicms, le sfn-iti'iir du so- 
leil, qui se saisit de Habyhme ; Sulkarnein . le 
possesu'iir (frs ftt'i/j- corni''; , (\u\ éleva la nni- 
raille de Derbcnd ; S( hcnier, qui porta ses .irmes 
victorieuses jusqu'au dtIA de It^xus. el (bitina 
le nom h la ville de Samarkand '.'V • Sul-ICsIiar, 
possesseur ilvs (leitix , qui doit avoir dompté 
dans les déserts de l'Afiicpie im peii[ilf ûv spc - 
1res f dont le vis.iije était sur le dos. Schedad, 
fondateur du paradis de l'Inde, est plus connu 
dans liKTident qu'llerhad, pf-n- de l',;ilkis, la 
belle et saj;c relue de Saba. .Sulminar, le pos- 
sesseur des tours, éleva les premières tours 
dans le désert jiour indiquer la rouleaux cara- 
vanes. Su-Sclicualir, le /^(>\s(".s/'///- ifrs rnre- 



(1) L)H-I)iliaiiiiunia , p. iAb. 

(2) Jhid., 1, 3. 

v3) Jbid., p. 546 , et à rarlicle Sairarkdiid , p. 3-îl». 
1 Dschihaiinuma , p. 51(î. 



\\\\ 1(.7 

dents, avait couiuim* »1 inmjoler les vietiiiieft 
de sa passMUi niousirueuse . et s,- men.iil en- 
su tr.i s.i fenêtre efi se net lo\ant lesdnils Si- 
.Nuwas. ou Wmnttrf df* tremhteurs , était un 
juif qui , avec i\vs auto-da-fé . (nn\erli«viit 1rs 
«lirétiens au judaïsme 'l\ Abraha . le maître 
des éléphants, inonda l'Arabie de néiyres de 
l'Abyssirde. I.e^ léfjeruirs si|;n.ilent encore 
les tniis lobaa . flarcs le tirand . père île Sul- 
karnein . Abukerb le Mo\en. juif qtd . le 
premuT, rcnuNrit la knaba (\\\\\ xiile , el 
lobaa-Hen Il.isan . le jM'iit Toi aa . dimt le des- 
icuflaut Amru-nen-M;i;ifli Kerb. est le héros 
bl.inihi dans les cduibals. rennnmié par son 
adresse à manier la lame, qui vécut plus de 
(eut ans, el \ii l'arrivée flu [lro[^ll^te. je der- 
nier des sou\ crains Iliiii);ir. Nis-si-Jev-n , fut 
tué dans mi f<s|iii . (»ii il buvait a\ec l'amba.SHa- 
denr pers.in rie ( lliosrew. dans un p.dais de "salf»- 
mon . et l'Ieiiien se soiunil A la d(»mitialion de 
l'isl.im. 

Depuis, l'Arabie entière obéit A la loi du po- 
{ihète; maison n'a vu «pie dans llledsrhas et 
dans riemen réjjncr «b-s dynasties «lonl les 
f)rinces aient été sij;nalés par Ihisloire; «eux 
de la de^ni^^e se st)nt même mainlenus jusqu'il 
ce jour s«)us l.i suzeraineté «illonrme. Il v eut 
«pialre dynasties dans llledsi lias, «-t hmt dans 
rh'men. l/lbdschas compta d'alnird [rendant un 
siéele «inze priiu«'sdela f.miilb" 0( liais.ir 'J ; ils 
«Mirent pour siicecsseiirs|es(lieiifs«l«'la Mecque, 
rie la famille llaschim . a|ipel«''s b's hisde Mns;i, 
finraiil deux ceni « impianle ,ins 2 : puis b-s 
(liérils de la même famille ll.ischim «le .Me 
dine'.'V. Au tenqisde ces derniers, dominaient 
M la Mecque les Ueni-Kolarle. d<mt im membre, 
I\bii->emi. fils de n«'rekat , vint ren<lre liom- 
uiaj;e au sultan S<'lim, «ompiéranl de iK^^ypIe. 
«1 lui présenter au Kau«' les ( Ufs de la kaaba . 



1 DsrliilMnniima, p. fyW, ri dans ?(«(l*< lira», p. f93. 

•J, Rftii (»rti,.i«ar . df 251 [8«.5; à 3.'/) :îWf', oii7f. 
pritMTS , quatre- vinr.tM ize ans ; lladsrlii (.'liaîfa, Table» 
iliroiioloi',iqu<», M N(K-titKlrt Trwarirti. frt'. Jt.î. 

'3j Reiii Mdm de 35«) l'.^\ . h rm n-JO\]. deux ceul 
quarante ans , d a|ii<''«i 1rs Tal>.< s < linMH)!o(;iquc* d'Had- 
M-lij-Chalfa , fol. l«;i», M-ulcnieiil «u priiirr» ; le* Beni- 
ILsi hiin , dans Moctilx-lct-Tewaiicli , lut. 'ÔUi , oiiniiie 
twIad-Mu^a. 

i; Reni-Hewa8rbiinde59:);120J]à85î 115ij,d<ux 
ipiif quarante neuf ans ; HadM-lii-lhaifa, Tablas cbrono- 
lu.,iqi!ts . 'ul 166, et Nuihbi lel-'li-«atiUi , loi ol7. 



l(iS 



llls roirj IM. l.K.MlMIil. OTTOMA?^. 



rt t]iii . dopuis. MMit rovlis des r;uitômos de 
chorifs à la M«v»|ur sons l'imibro de la swrc- 
rainoto oKoiik-ino I . I^t Mrr(|ur ol Modiiio. on 
|Vir(io à cause de leur proximité . en parlie |vir 
le manque de i;rnins. èiaient lonioiirs dépen- 
dantes de rK}îyple. el sni\irenl les volonlés des 
dominalcurs de ee |>ays. oln^ssanl niaintenanl 
.^ unannm.iîidi luenl du siillaiiollmnan. ecunme 
autrefois aUMUiveraindes IVeherkesses. Il en lui 
tout antrtMiient désormais de rionicn.qui.en rai- 
M»n de 1 ëloi};nement. ne pouvait être faeilemenl 
conduit .1 rol>tiNS,inee . ni maintenu dans la 
sujétion: d'ailleurs, la riehesse de ses produits 
el la pr»»^périté deson eonuneree le meliaicni en 
état de braver la puissance ottomane, comme 
il avait jadis dédaii^né les ordres venus d'I'.- 
gypte. Depuis liniroduetion de 1 islam, huit 
dynasties ont réfînésurlArabie heureuse. D'a- 
bord les Beni-Sijad. dont le fondateur. Mo- 
hammed-Ben-(^beidullah. envoyé dans 1 Icmen 
comme j^uverneur par le chalife Mamun, as- 
sujettit les tribus arabes . et les tint en bride au 
moyen de la ville de Sebid . construite par 
loi i2 !. .Au bout de deux si^cles le pouvoir leur 
fut arraché par la famille Nedsehah 3 .qui, 
durant cent années . souilla le trône de san^;. 
Pendant que les B»ni -Nedsrhah réj^naient A 
Sebid . les Beni-'^salih se maintenaient dans 
riemen proprement dit . à Ssanao, mais seule- 
ment pour un demi-sièele 4 . Laflouiiualitin des 
Beni-Neds» hah tomba .souslescou[»sdiHi heureux 
avcnt nrier. que Ihistoired" Arabie connaît sous le 
nom du douzième Imam-Mehdi, et qui sur le 
trAne maint inl ses prétentions ;i la sainteté Tô . 

I FW-iii ko'ade , 'i*- •'/.«* IJ)1. ju'.qu'aujourd'liiii ; 
IbdM:hi-(,lialfa, Table» cbronologiquf», fol. 1W) , fl >o- 
cbbrtel-Tf\»jnrb , fol. 117. 

a. IVeni-.Sijad.de 'ja^.;8l8] i ¥'A [1017], mit quatre 
TiBgt-dii-i>euf an», cinq princes : Hadv-hi-f halfa , Ta- 
ble» rbroïKiloRipuet , fol. 1€2. et iHchenabi, dans la 
biblKitheque de la c/>ur impériale , p. 3î>H. 

r3, B*ni->f^dwfhab,de 4t2 [Ifr^i, à -iM ;I1.S8], mit 
trente-sepl ans, sept prince»; Hadscbi-Cbalfa , Tables 
cbronn'ogiqoe» . fol. 16.3; Dv-benabi, p. 379. 

[i BeT^i-S^allb. de 421) :i0/9: i i-A [1091:, wixarile- 
deax an*; Had*rbi-rbalfa , fol. 63. 

a Obridullab-Mebdi , fondateur des Yaùm'\\e% , an 
297 ^900] ; Mebdi. fils de Tomrui , fondateur des .Mo- 
wabid^ , an -Si î ril'ift , dans le Morjhreb ei lAndalou- 
sie ; Scbeich - Mohammed - Mebd i , fondateur des cherifs 
de Fes, 920 ;1514 Ihd«rbi-Cbaifa, T;ib:es chronologi- 
ques , «t >'ocbbetel-T.?-.* aricb , fo». .327. 



Sui pciil-rtis ..\bdun-Nebi ,sri\tfi'iir (/rs pro- 
l>lit Its . éle\a siu' le tombeau de son aïeul un 
dùme siUhalasa ). (piil représenta aux pMo- 
rinsconuneun lien dij^ne de leur visite, el leur 
iiiterdii le itèleriiiaj;»' de la Kaaba 1 . An bout 
de (piin/e ans. le IVère aine de Ssalaheddiii , 
Sehemseddewlel- Turansebah. mit fin à eel em- 
pire (les Hcni-Mehdi *2\ «'1 eiii(| |)rin(es de la 
famille d'i-jub formèreni durani un demi-siècle 
wno des se|>t branches de ce {ïrand arbre qui 
couvrait de. son ombre les trônes du kaire, d'A- 
lep . Damas. Iliinsz. Marna, Clialat el de l'Ie- 
inen '.\ . A celle-ci succéda la dynastie des Beni- 
Mesul fils des envoyés . dont Irois membres 
ont acquis un nom immorit-l dans riiistoirc de 
la lilléralure arabe coiiiine. |»rolecleiir.s des 
sciences el des .savants. Melik-Moejed-Daiid 
b;\lit à Taas lacadémie appelée de .son nom, 
dans laquelle il fut enseveli. Passionné pour les 
livres, il laissa une bibliolliècpie de cent milh; 
volumes 4 .Melik-Mud.schahid el .Mclek-KIdlial 
fondèrent à la .Mec(|ue cl à Taas les académies 
a|tp(lées .Miidschahidije el l-.fdhalije. Aussi sa- 
vant (pie brave . Melek-I'.ldlial composa un œu- 
vre liisloriijue sous le litre de iJ^n'inenl des 
yeux (5). 5H)n fils, Melikul-K.schref , établit à 
Taas lacadémie d'Kschrefije. et ap|iela A sa 
cour les plus jjrands savants de son leiiips ; il 
fil venir d"Kf;yple Ihistorien Ibn-lladschr, de 
Perse, Mohammed, né à Kirusabad , auteur du 
[ilus étendu cl d\\ plus [jrécieux de Ions les dic- 
tionnairesarabcs, qui méritcson nom d(;Kainus, 
c'est -à -dire Océan (0,. Apriîs deux cenl 
trente-deux ans de rèj;ne, les Béni-Hesul furent 
rem[»larés [lar quatre princes de la famille de 
Tahir 7,,'|"' ^nccombèrenl devant la puissance 
ottomane . contre laquelle la dynastie des Sei- 
dijc s'est mainlenue ind('pendante ju.squ'à nos 
jours dans une [(arlie de llcmen 8j. Avec la 



fl; Dschenabi, fol. 3«0, 1 , 3. 

12) Bfni-Kjtjb-lpmcn, de rm [117.3] h 62(5 [ 12281, rin- 
quantp-rinq ;in«, »>ix prince». 

^3, Hadschi-Chalfa, Tables chronologiques, et ^o- 
chbeiel-Tewarirh. 

'4, ^usbplul-l■jlln, dans >fKhbetet-Te\varich f. 823. 

r.S; DschPiiahi , fol. -Wi , 2 , 3. 

'6/ Norht)eipi-T<-warich , fol. 323. 

(7, DeH.y* 11.W à 023 1. 01 7, soixante- quatre ans 
quatre princes. 

'8, .Seidijf; , de l'an 9.Î3 [\'jV)\ 



LIVRK X\\\ 



Ki'J 



famille Tahir, (|iii s*rtt'i};iiit «mis U' r«'i',n«- «lu 
sultan vli II, vl lis iuKUUN Sfi'lijf, qui siMtn ••itiil 
au t«'in|js (In suUaii >uh'imaii , nous rcvriioiis 
prrndir le ( ours de iioiif nariarùui |»mr<lfiite. 
I-r (Il rnirr pnric»' (l« s |i<Mii- i alnr-Aainir. Mis 
d'Abtlul-\Vrlihab,avail dt'jà jîouvonu' viiii;l- 
huit ans. s«' nittniraul auii «l«-s si irntrs rt |»rt)- 
lecl«'ur»J«ssaNaul>.liH'M|U('r«niirKni(li-llu'»t in, 
envoyt* par lavant - dcriiUT sultan tsc licrkc.vM" 
ci'fijïxilr (ihawri. avrc ilrs vaissrauv "t des 
truuprs, au srroin's du sultan di- (.udsrltural . 
Mussatirstliah. r«)nlif les l'(iitui;ai>. p.u iildans 
Ie|;olf«' .\ral)i(|ut'. t't , par une dipnlaiion • liai- 
géc d'offrir de iiclu*s priscnts, diinanda au 
princT (If la fainillo Tahir (h-s \i\rrs pour sa 
flotte, qui avait jilr l'am rc sur la rade de Ka- 
merau. Crai|;nant (pu* collo fournitiuT lu* fût 
rr;îardi''c comnn- un triltut , le prime refusa, 
et léinir lluscin rcMilni de se venger en le ren- 
versant. S«juteiHi p;ir 1rs ennemis d'Aaniir, les 
AratM*s StMdije, ipii habitaient le pays des mon- 
tagnes, et par les souverains de Dvliasan el de 
Loliaja, il sempara de S«l>id . où il laissa I émir 
Bersobai, et s'embanpia jMiur Aaden. Mais, en 
dépit de la terreur inspirée aux Arabes par l'ar- 
tillerie. ipii leiiri tait inninniie lusiiu'alors.cciif 
place r(''sista 2Î) septembre IMU , el llu>ein, 
après avoir enlevi" les b:\timents dans le port, 
revint à Dsi hidde , où il ordonna des sup- 
plices. Il pa\.i l)ienlôt toutes ces criiauli's: sur 
Tordre du sultan Selin» l*'"". le ehiTif Kbulbere- 
kat le fil jeter dans la mer. Ce ebérif avait pré'- 
cédcminent envou' son fils, au Kaire, rendre 
honimaj^e au (irand Sei|;neur. Cependant iJer- 
sebai,r(ue l'émir Ibisein avait laissé à Scbid , 
avait niarrbé rontre le sultan .Vamir, s'était em- 
paré de la ville de Taas. et avait livré en rase 
campajïne une bataille (pii coula la vie au sullan 
Aamir, ainsi qu'à son frère, el mit fin à la do- 
mination des Reni-Tabir. Reaueou|» de poêles 
firent des élé|;ies sur la mort de 1 inforuné 
prince [15 mai 15171. Bcrsebai saccagea ensuilc 
Ssanaa, et chargea huit mille chameaux début in ; 
mais sur la roule de Nedsebran bs.Vrabes lat la- 
quèrent, lui enlevèrent ses tré.sois.ct le tuèrent. 
.V sa place vint à Scbid le Tscherkessc Iskender, 
qui , bientiït après, nommé gouverneur de l'Ie- 
men par le sultan Seliiii . fut le premier pasrha 
ottoman en Arabie. 11 fut immolé par un officier 
des janitscbares, appelé Kemal . qui se saisit du 



|K)u\oir à Scbid . et emlK'Ilil sa rt^denri' par l.l 
nioMpiéc df Kemalije. A mui tour Kem.il toinlia 
sous le |M)ignard d'lskend(r le Karamanien. (pii 
devint son sm ccsseur. I e saiidsrhakbei; ollo- 
mande Dsthidde. ilusrin. et liMapilainedesaiv 
ftcau S<*lman, appn\és |>ar le cbénf de I>M-ba- 
san. se rémiirent |Miur mettre fin A ee )Kiu\(iir 
né de rassas>iiMl Iskender le Karamanien i ut 
le même sort (pi Iskendrr le 1 s» berkesse. Stl- 
nian , odieux aux b iliilanls dr Sebid . à cauvr de 
ses cruautés, m* retira ; iluM-in resta seul mallre 
de la \ilU', vi prit aussi Taas. Ilii-nlôt après il 
inourui , et son sui cessfu fut Mu la|iba-.\lrumi. 
('ependant >elman-Heis avait obtenu du grand 
vesir Ibraliim-I'asrlia . \enii a'ors rn rgN|ilc. 
quatre nulle liomiiics. eoiniiiandés pir Cbaired- 
din-ilamsa. |HHir soiimellre Ib men a la |»uis- 
sance oliomane. Mustaplia-Alrumi n fusa de 
céder le goii\t rf:enienl de .S'bid a Chair» ddin- 
llamsa. nommé à ce poste. .Vlmaii le battit à 
Al-Szalif, entra dans Scbid et laas. pilla Tab 
et Dscbebla. I.a l(;le de Mnsiapba-Alrumi tomba 
sous les coups de .Vlman : mais celle de .Selnian 
fut abattue par Cbaireddin-llamsa. devenu ja- 
loux des succf's de ce chef M'ptembre 15281; 
llamsa liii-incme |H'ril frappé |i.ir le neveu de 
Selnian, Musiaplia . qui vengea la mort de son 
oncle. Musiafiba et s(»n compagnon d'armes 
Ssafer (piiltèrent ensnile .Sebid. où ils ne se 
croyaient pas«n sûreté, el se rendirent à (iud- 
scburat . doni le sultan leur conféra le titre de 
clians. dcmnant à Ssafer le ; oiivernement de 
.Sural . et à Mustapha celui du port de Diii. 
.\près (pie Sebid eut été ainsi abandonné, celle 
ville fui adiiiinisirée au nom de Su'eiman par 
l'émir Iskender-Miis. éj;alcment • lier à tous les 
cœurs par son amour de la jusiice el par sa gé- 
nérosité, non moins ami des savants que des 
.soldats . fondateur dune académie à Sebid , qui 
fM)rte le nom d Iskenderije. 11 mourut dans la 
se|)tième année de son gouvernement . qu'il 
transmit à son fils mineur, .sous la tutelle de 
son vesir. le pilote Ahmed il5.37 ; 1 . 

N Crs ce temps, se lenail dans les montagnes 
de l'Iemen le fondateur de la dominaticjn, encore 
subsislante auinurd'hui. des .Sridije. Schem- 
seddin . fils d Aliiiu-d . rpii. raltaehanl son ori 

t Berkf>!-.)pmani , dans \ps no'icpR et pxiraitR fies 
manuscrits de la bibliothèque du roi , I. it, p. 438. 



170 



nisTOini i>K i/KMPirxK oi iomvn. 



(;inf au i»n»|)hèle. pn'iiait le liiriM) imitin . ronune 
clirf i\c la serlf sriiJiitv C.t llr mtIp lirr S(»ii nom 
do Vid. fr^rr do MuliaminH -AI lliikir. fils du 
iroisi^mo iuiam Srinul Aabidin , fiU d'IlusiMii. 
Ids dAli. qui prii I<s annrs otuiiT Ilisiliam. 
diii^iirrb.dilVdr la htnillcd'l )ninirj(>. lui liatlu 
cl lue: Min oadavro. cacM stuis lo lit d'un ruis- 
seau . fut r\hum«*. pendu ^ un pnloau. et hri'ih^ 
cinq ansaprrs. sur lordri-du ( halifcWclid. sur- 
crssrur «I His4 liaui. I r s Sunnilos avoucni bien 
qurScJda\ail exprime^ tpiHqurs opinions «Mran- 
lîc$.parf\emp!r. rinulilil«'dola pri^I•of.^ilcsous 
un \>inncnl pris A [«nniMJii.d.uis un JiruliNrô 
au pill.i(^r : mais ils Muitinnirni quo Us dm (riurs 
schismatiqucs des Soidijcs n'apparlrnairnt p.is 
à Srid . cl vicnnrni de son pr»^<'|ilrur Waszil- 
Bcn-At(a. qin. rU-vi» d Ihsan-M.is/ri. Ir |;rand 
dixleur dr iislam. fui mis à niori i»ar ordre du 
maiire. avec re^ par«)lrs : a Tu es en ('Int de 
schisme : • aussi ses adliérenls furenl-ils appelj^s 
par les Sunnites u:otaseles.e"est-;Wlire seliisma- 
liques I . Ixurdoelrinesur la«lcslinéeet la prO- 
destiDalions'érarlcde Inrlhodoxie: oulre l'cn- 
frrel le ciel, ils a iniellent eixore un Iroisiènie 
lieu . el d'autres opinions plnlosoiiliqnes en op- 
po»tioii au dofyme de l'islam. Os opinions ont 
clé cïposéci! et dévelop|>ées dins deux ouvra{;es 
spéciaux, par limam Schcmseildin. dfj;'i ciié, 
fils d'Ahmed. 

ScherifcHdin . I imam des Seidijes . envoya 
SCS deux fils. Mutahher et S( hemseddin-Ali , 
contre Ahmed le Pilote, qui dirirçeail le f^ou- 
veroaneot a Seltid: ils furent battus. Ners 
ce temps. Suleiman. le sauf^uinaire eunuque, 
l'aneirn Rou\erneur d'l.,';yple. devenu depuis 
f;r3nd vesir . revenait de son exp«<|ltion de 
Gudschural: u retraite avait été déterminée 
f>ar une ruse de fjuerrede r;h<Kls« ha-Ssifer. (pie 
le sultan de (iudsrburat Mahmud avait revéïu 
du tilredechud.«wendlkiar. t l'st-jwjjre seij;neur. 
Déjà, dans sa marche a travers I Arabie, il avait 
arraché au dernier rejeton de la dernière fa- 
mille refînante des Taliir, Aamir-lW'n-l»aufl, 
le reste des doma nr-s de ses |K'res. la ville 
d Aaden: maintenant il prit terre à Moka. 
(' s lui Ahfned le Pilote ,ivee le 

fi - I kend(T-.Mus. I^ pilote tomba 



dans le piéi;e : h peine entré dans la Icnle de 
Suleiman. il fut tué par deux valets. le j^ou- 
vernemeut de Sebid fut conféré, an nom du 
.sultan, h Mustapha, jusque - lA sandscliakbej; 
deliliasa '27 février l.^.'^î) I. Suleiman, prenant la 
route de D.srhidda, et de la Mectpie, .se dirij;ea 
vers C«)nstanlinople, emmenant avec lui Sid- 
Ahmed , fîls du cliérif de la M<'r(pie , Kbii- 
>emi. Musiaplia le s.nidscliakbei;, aprf's une 
vaine tentative pour sVnq)arer de la ville de 
Taas . fut renqilaré par Mustapha l'".n-Ne- 
schfhar , c'est-à-dire /r sririir, ainsi nommé 
parce (pi'il avait Thabitude de faire scier en 
d«Mi\ les bri|;ands vi autres emuMnis qui lui 
tombaient entre les mains. Il reçut îe pr«'mierle 
i;ouvernement de l'Iemen avec le titre de befj- 
berbei;. .Son successein' , Oweis, esclave du 

1 sultati Selim 1'"', mit .'« profit les divisions entre 
les deux fils de Scberifcddin , imam des Sei- 
flije. Pour élenrlre son piu\oir. il accorda des 
secours A Mutahher, l'alné, contre le plus jeune 

: Schem-seddin , (pic le pt-re avait dési{5né pour 

, son successeur, et s'empara de la ville de 
Taas [t.'î février l.'jiÔ]. La discipline rij;ou- 

j rcusc maintfnnc par Oweis lui fil des enne- 
mis des l.ewendis, ran|;és .sous sa bannière, 
et il fut immolé par le chef de ces troupes, 
llasan-l'chliwan. Celui-( i |»aya ce crime de sa 

I vie, et le tschcrkesse L'sdemir, qui. se fil en celle 
occasion Texécuteur de la justice, conquit Ssa- 
îjaa pour le sultan auquel il était fidclemenl 
dévoué. Pour successeur d'Oweis , la Porte 
iKjmma le befjlerbej; Ferhad, qui sut ramener 
à r()b('is<^ance Aaden révolté, et par une vic- 
toire rem|K)r!ée h Abu-Aarris( h. dans le canton 
de Dschasan. sur |»lusieiirs cliérifs arabes li- 
f^ués, rétablit la Iranquillilé dans Dschcbal et 
Tcliama, c'est-i-dire dans les nionla(;nes et 
dans le plat pays. Krisuile le j;ouNcrneur, aussi 
vaillant que .sa[;e , résolut de détruire la puis- 
sance de Mutahher el de sa .secte. Il demanda 
l(s .secours nécessaires pour c(!a, et Daud, 
[gouverneur de IT.jjypte, lui envoya tntis mille 
fauta.ssins et mille cavaliers, .sous les ordres de 
Mustapha le .Scieur, précédemment enlevé au 
jjoinernement de riernen 1 . I sdewir el le 
StU'ur assi(\';«Tcnl ensemble Thcla , où Mu- 



1 V 

^J3J - 



■tcfai , imprimé i Cofuuulixiuple, ao 



(\, KoUx^ddin , daii» le» noiek et MliaiU iiiauuMiiU 
de \i bibliolLeque du ro: n iV) f>s( bibanriuiua , p. 610. 



IJVHK X\XV 



17 



(ahher lUait eiiferrnr. liu* iiu^inli'lli|;rnri' en- 
Ire le» lieux clieK (Irti-nnina le Sieur à faire 
UM|{e (Ie5> \i\r\n% \hu\\o n dont il était inv(*ftli, 
et d'adresser à Mulalitier un diploiiie du Mil- 
lau , i|iti liiiriiurérail le litre du s;iu(lvi°lt.iklie|f , 
et lui assui.iit la paii I '. Apres avuir, dan^ les 
sept auiiées dr son adiuiiiislralton , étendu le* 
territoire» placé» mm% >oii autorité par la ron- 
t)uète de tant de pla> en 2 . Itideuiir eéda mmi 
];ouveriiemenl au Sieur, et |>avitant parSewa- 
kiii, reprit la route de ( j)nslauiiiio|)le. Arrivé 
dans la lapiiale. il présenta au siilt.in un pl.ui 
pour la complète de la Nubie. Sujiini.in. toii- 
lours dis|H)<ié A l'evécuiion des i;randes entre- 
prises, acrueiilit la proposition. Isdeniir , à la 
Icte de trente niilh' lioinnies. se diri|;<a de la 
liante K|;yple vers la Niihie. éleva des lorti- 
ticalions à il>riin , rt 8ur d'auli es |M)intK le Ion]; 
dii Nil. Il niounil. i I)r\>aiti\xa. le premier |;ou- 
^erneur ottoni.in de la >ul)ie. et fut enseveli 
à Maszura .où son fW» Osman- Pasclia lui éleva 
un m.insoltV 3 . Son sucrcsscui- . Musi.ipiia le 
.■sieur. |M)ur la seccuide fois jîouvcrneiir de 
riemen . eut le mérilc (ror|;aiiiser les eara- 
\anes des |)èleriiis de l'Iemcn. sous la con- 
diiilc d'un eiiiirol -iiadscli parli<u!icr prince 
du [)Merinai;e , eomine relies de Damas et t\i\ 
Kaire. .\ Mustapha le Scieur succéda Musta- 
pha -Kara - Selialiin 'le noir faucon', ainsi 
iioiiuné de la vi\aci(é de ses \en\. et de son 
teint de inul.itre. Au l>out d'une année, celui-ci 
lut appelé à radminii^traliou de l'Kfiypte. et il 
eut pour suc«es.seiir en Niihie Malimml-Pascha. 
ipii devait être aussi plus tard installé au Kaire 
en (pialité de gouverneur , et ipii recul a[irè.s m 
mort le surnom de MaktuI le tué parce (pie 
^as^as^inat mit. fin à .sa tyrannie. .Malimud com- 
mença l'exen ice de son pouvoir en f.ii<anl exé- 
cuter rins|)ecleur des iiionnaie.s . co.iime si l'al- 
lération dis espèce^ «pii avait eu heu déjà .sous 
le précédent j;oiiveriieiir. dcN ait entièrement re- 
IoihIkt sur lins; «ieur. Ix)rsqu'cnsuile Mah- 



(1 l,p (li|>li)ini' (lu 10 s^llr\^\^.1l '.'..' sr tionvn daiiH 
mnii exemplaire dp Kolbfddiii , fol. 13, et l.i réponse de 
Mutahlier, du iui»is de iiioliarrcin 9.18 , ilnil., f. -H. 

(■J) KoibcddiiLiiolcs et cilrait.s, 1. iv, p. i\'J ; D&cLi- 
Laniuima . p. ô.SO. 

[Z, Koibeddiu , uotes etexuaiis, I. iv. p.4ô3; DKhi- 
h-iiinuiiia , ibul. 



n:ud fut di\enu f>;uu\rrne(ir dr- i t |;v|iir, d 
altéra lui m éiiie les iiMUinaic», ainsi ipi Ali l'a 
rap|Mirlé. Il él.ihlil sa n^idcnce à laas. ei a»- 
»ié|;ea llahl), qui. depuis tnuii ];i^nérali<iiu, (^lail 
l.i de l.i lauiille .>esari. A l'aide de 

ii< ,, is pi'i tidr» . il Hllira le M'i|fneur dr 

la place et s'ui flis dans le rain|i, ot'i il le« ht 
eiéi uler. C.etle niiidiiile inspira une horreur 
Céncrale aui .\rahes (|ui lien iur» desi|;iWTenl 
leii nclions déloyale» et |»eri dm tous le iiimii dr 
inahmrdije . c f^t-iVdire arlions de Mahniud, 
ou. d après l'autre sens ironiipie du mol arahe. 
allions loiiahles. 

.Malimud. (pii avait « lé iKiinmé i;ou\erncur 
<rK.|;\pte en récompense du succès «le sa 
perfidie . eut |M)ur siiiicsseur en Arabie le 
fils de son devam icr Kara-Schahin . appelé 
Itidhvvan. ipii adressa h la Porte un ra|i- 
|Nirl fidèli* sur la condiiile de Malimud tleliii- 
ci . |»our se ven|;er. représenta A ( lonstantinople 
(pie le (ÇHiiverneinent de l'Ieiiien était trop 
étemlit |HMir être sous rautorité d'un seul dii',ni- 
taireiipiil \.ilaii mieux le diviser en deux. Kn 
coiisétpience. l'on forma deux j;ou\'eriiemenl* 
(le l'Ienieii: le supérieur, dont la c.ipilale élait 
.Ssanaa . resta i\ nidhvxan : le plat pa\s fut confié 
h Murad-l'ascha le l?iiri;nc . ipii H\a sa résidence 
a .Sehid. I.orsipie Murad jeta laiurc à S'hid 
Hidhwan était en i^uerre avec les Ismaélites, 
(pi'il avait, par ses e\i|fenets. |M>ussés h la ré- 
volte, et imine ;1 une alliame ave»' les .Seidije. 
leurs ennemis naturels Kidhwan demanda de 
l'appui à Murad . (pii en promit: mais hieiiil'il 
l;i discorde se mil entre eu\.lors«pie Murad pré- 
senta la statistique de son gouvernement . dans 
la(|uelle étaient compris Dsihelhle. Alkander, 
.Sulsofiile. «pii (Icpeiidaieiit en réalité de Ssanaa. 
Bientôt ajirès Hidhwaii fut déposé, el sa place 
conférée .'i llasan-Pasdia. Husse de nais.siHiee. 
I.e départ de Hidlissan fut le sijîual d une con- 
fusion jîénérale. Miilalilier. (jiii jusqu'alors avait 
amusé le pascha .Murad par des |.rotestatioiis de 
dévoueirent, leva le inasqiie,el assléj^ea Ssanaa. 
Les Arabes de Budaii . .Shewafi. Taakcr. Ssa- 
hian el (iharmin J . se li;;iièrenl et «hassèrenl 
la (garnison turque de llahb. .Murad. qui voulai 



I / kolbediu, uoiek cl extraits , liv. iv , p. 462. 



172 



lll.sTOIHi: l>K l/l.MIMHK Ol lOMAiN, 



se replier sur laas. fui attaqué et ballu par 
les Arabfs.Hientt'tt Ssanaa se rendit A Mutalilier. 
A si>n entrée sttlennelle (ians la ville, il fil mar- 
cher devant lui la l'.arnison liinpie, dix-sept 
sandsehaklviîs. vin{;t-<]uatre ai'.a-s. et (pialorze 
cents soldats. Maître de celle place, il \iola la 
parolequ'il avait ddiniée. fil piller l«>s liabilanis. 
et HMifermer la j;arniM)n. en parti»' dans les cli,1- 
teau\deî;m«inta|;nes. en partie dans les cilrrnes 
de Swnaa i9aoi"it \^à]7 . I.e premier vendredi, 
la pritH' fut nviiée cil son nom. .\près (pie W 
chatib. cbarj;é de réciter la prière, eut béni le 
proph» te. le seigneur A!i et la noble Falime. il 
appela les favt^irs du ciel sur le pc'^re de Mu- 
lahhcr. Scberifeddin. imam des Scidije.cl en- 
suite sur les ln»is cbalifes Ebnbekr, Omar et 
Osman, puis sur Ilamsa. le héros de lislam. 
Abbas. fondateur de la domination dr.s clialifcs, 
les dix com|>a{;nons du fu'ophèle. et enfin sur 
toutes les femmes orthodoxes et les autres dis- 
ciples du prophète. Après cela, il proclama Mu- 
tahher chalifc et emirol-niuminin , pria pour 
lui et pour les moslims.les pèlerins, les cham- 
pions dans la pucrre sainte, les voyageurs . et 
les com|M{;nons de la \icioire 1 . I,<»rs(jiie Fla- 
san-Pascha. nommé (;ouverneur de Dsehebal à 
ia place de Ridhwan , arriva à Sebid. les Seidije 
assié[;ea ent laas: en vain le cornu andant sol- 
licita des renforts du f;ouverneur. laas fui em- 
porté dassaut. ainsi que le château fort de 
kahirije 7 octobre lôfiZ ]. Bientôt après Flasan 
reçut aussi sa nomination comme [gouverneur 
de Trhama. de sorte que les deux fjouvcrne- 
ments de llemeri se relrouèrcnt réunis dans 
une .seule main, et Hasan dut régir la contrée 
entière jusqu'à larrivée de larmée desijnée à 
soumettre les rel'elle> •_' . Ijt rhute de Taas fut 
bientôt suivie de celle d Aaden. et llabb fut 
assiégé et pris par Ali. frère de .Mutabher. que 
Scberifeddin avait désigné |M>ur son Miceesseur. 
mais qui. aprè> la mori de son père, avait ab- 
juré la doctrine des.Sfidije. et laissé la place di- 
mam à son frère Mulahher . 3, . Ali-ben-Schoweji, 
autre chef des Seidije. le même qui aNaitdéjà 



.'1 r^tte pnere b'^n'liquf «i rpmarquab> fut dans le» 
Doletrt fT rait«, p. 4fa. ju^ulem*>nt à ia note. 

(7, Kotbeddtn . dan* \f% noten et eitraiu de« manu- 
scrits de la bibliothèque du roi , I. it , p. 464. 

sî, ibtd.. p. 4^5. 



soumis Taas et Aaden, s'empara mainlenant de 
I Mewsei ri5 mai l.'jtiRi. se nndil A Moka, et 
.s'avança de la sur Sebid : mais il lui repoussé 
I par une Niî'.oiireuse sortie de la garnison. Ainsi 
j tout riemen . à l'exception de Sebid , tUait tombé 
entre les mains des Seidije. dont limam Mn- 
taliher s'était fait prodamer clialilt>. I,e mal 
réclamait des r« mèdes j rompis, énergiques. 
Moliaiiimed-Sokolli . qui alors leiiait déjA d'une 
main ferme les rênes du gouvernement , mais 
qui loiilef^iis. désirait éloigner autant que jws- 
sible tous ceux (pii au commeiicemenl du règne 
i de Selim |M)tivaienl lui paraître des rivaux dan- 
gereux A son pouvoir illimilé. fil nommer se- 
I raskiT, pour recompiérir 1 lemen , l'ancien gou- 
verneur de la cour de .Selim, Lala-Mustapha, 
i dont les inirijviies avaient jadis allumé la jjuerrc 
civile avec Bajcsid : Osman , fils d rsdemir, de- 
vint beglerbeg : Sinan-Pascha, Albanais igno- 
rant , égoïste, obstiné, gouverneur de iT'gypte. 
Frère d'Ajas-Pascha , jadis exécuté pour avoir 
aidé A la fiiilc du |)rince najesid, Sinan élait 
depuis ce temps ennemi naturel de Lala-Mus- 
taplia, auquel furent confiés la reprise de l'Ic- 
men el le chàlimenl des rebcHes. avecd'aulant 
plus de raison qu'il avait A vcnjjer la mort de 
Miirad-Pascha, son proche parent, tué par les 
Aralies I . 

lala-.Mustapha fui donc investi comme sc- 
rasker-vesir du coinmandement supérieur de 
l'armée d'Arabie. Ordinairement les person- 
nages revètusd'un tel titre cl diin si grand pou- 
voir voyaient arriver de Conslanliiiople auprès 
d'eux quelques milliers de janihcliares et trente 
ou quarante tschauchs. Lala-Mustapha dut en- 
rôler de misérables Syriens qu'il décora du nom 
dejaiiitsehares . et Iraiisloriiier en tschauschs 
dix ou douze de ses propres sa/mes (cUewaVierfi 
f<'iif|.il,iires . Toutes les représentations contre 
de tels procédés restèrent sans résultat. Lors- 
que le serasker arriva au Kaire, bien loin cN; 
recevoir les honneurs rendus ordinairement a 
un si haut foni tionnaire. il ne fut pas reçu 
même une seule fois dans le diateau, et fut 
logé dans une maison particulière. Quand se 
réunirent en divan solennel, au Kaire, le vcsir- 
serasker Lala-Mustapha, le gouverneur d'f*!- 



'], Aali , ni* événement du Millari Selim, fol. 317 
et 318. 



jjyple Siiiiii-l'asiliii, If beijlerlx'j; il«- I Ifiiicii 
C)siii;ni-l xltiiiii-PasrIi.i, le imitii «lu K.nn-, le 
.scheich .MuiuiiJined-Kfciuli. le (leHn(lar I s» lii- 
wisade- Maliimid-KKeudi, l'amiral itjy|ilicfi 
kur(l()j;lili-Clii>r-lk');. el les autres beijs el ai;.is 
«le I I t;\ jtle , Aali , lliisloneii. .ilois mu lél.jire 
(lu divan près de luila-MusJaplia I . lui !« ^ ler- 
III iiis du sullau . «jue lui prèsenlèmii Icn (mis 
premiers (lii;uitair(««. I^Ia-Musi.nili,i lui eu 
avait remis duuze, .sinaii-Pascha i»n/e, Omikiii- 
l'aseha sept : ces ttenle fermaus, suivant la pen- 
sée de celui cpii les avait fait rendre, se tnnir«'di- 
saienl entre eux.Dansceux du serasker, il était 
dil:uru dois pourvoir :^ tous les besoins de 
l'armée, et ne te charjïer daueun retard , sous 
le prt'texte d'en référer ;\ la sublime Porte." 
hanseeuxdu i;ouveriieur d'l.|jyple on lisait: 
«Tu dois .satisfaire a tous les be.soin^ du m ras- 
ker, sans épuiser le |>ays. .> l'.n eonsniiience. les 
exi{;e!ues du >»ra>ker se beurtaicni ronire les 
devoirs im|)osés au j^ouverneur. l-c premitr 
demanda ipiatre nulle soldats, et le second lui 
en ftiurnit A peine cpialre cents, les amis de 
I jla-.Musiaplia, son rcis-efciidi. le dcrwisch 
J'seljelebi, le iraducleur du .Mesnewi, .son kiaja 
muferrili f. Mustapha- Bc{; , les bcfjs égyptiens 
Mustapha et .Mohanmied , le muteferrika .\d- 
scliem- Molla , ipii ocmpait la place d inten- 
dant nusl-emini , le sandschakbe{j de Jeni. 
scliehr, Be(;li.sadc-.M(ihauuned-liej;. lui insi. 
nuèrent cpie si à la di[;niié de serasker n'était 
pas réuni le {jouvernement de rfif^yptc, le 
succès de la campaient deviendrait imposnb'e, 
et il écrivit dans ce sens à la Porte. De son 
côté, Sinan-Pascl aaflressa un rajiport où il di- 
sait (|u'd avait procuré le nécessaire, (pie Tex- 
|»éiiition ne [wurrait être différée (|ue .sous des 
prétextes sans valeur. et seulement dans la vue 
de riHJiiir le jjouvernement de l h;jyplc au pou- 
voir de serasker; que le pnjjet de La!a-Musia- 
pha était de prodamer sultan d'Kj^ypte le fils 
(]u'il avait eu d une [tarente du sultan (diawri; 
qu'il avait tenté d'empoisonner lui, Sinan.dans 
une fête donnée au palais du sultan (Jliawri, 
avec un sorbet; il ajoutait d'autres calom- 
nies de ce {;enre. Le grand vcsir mit à proht 
ces accusations pour abattre le serasker. Le 



(I) Aali ,ui« événement, fol. 3i9. 



IJVHK \\\ V. \7A 

tscliaus(bhas< lii . connu snus le nom dr Mur- 
luisif sans i). /. . parut au Kaue , a\ec sept 



ts» liauselis. jM)rleurd ordres sés(*res. I uda-Mus- 
taplia, de|K)sé(le sa cbari;e, devait être ainené 
à (Constant inopte pour ré|K)ndre de s.i ton- 
duile ; >Mian-l'ascha , noiinne serasker à sa 
place, devait entreprendre l'expédition de 
riemeii . (Kman-Pasi ha payer de s;i t(''te son 
r(tard. dans le cas où, retenu par les ma- 
nteuvrcs de l.ala-Musi.iplia . il ne serait pas en- 
core parti pour I liMiieii , et les be{;s nijineluks 
Mustapha el Mohammed devaient être pendus. 
Miisliph.i-I'asi ha, s allend.uil à perdre la téteà 
(ionsiantinople , se di-|N»sa au drpart : toutefois 
il adressa secrètement au sultan inie limnble re- 
présentalion surla vérit.iblesitu;itmndesclioscs, 
de laipielle ressortait son innocence. Les deux 
begs furent pendu.s, et .\dseheiii-.Molla. |M)urla 
murt duipiel il n'v av.iit aucun ordre, souffrit 
mille tortures, et fut plusieurs fois conduit s ir 
la place des exécutions. Osman-I'ascha était 
parti |K)iir llemen sept jours avant l'arrivée du 
tschauschbaschi : ainsi peu s'en fallut ipie la 
carrière du lutin' compiérant de l'Iemenet des 
paNS du (>aii{.ise ne lui .iiiité parle glaive du 
bourreau. 

Avant laiiivée de .Sinan, Osnian-F'ascha 
avait ouvert la cam|)aj;ne parla con(|uètede 
Taas, l'une des places les plus importantes du 
pays de montagnes, et aujourd'hui (a()itale de 
liinam de llemen I . Mevée p.ir lelickin l'E- 
jubide,elle doit surtout son éclat aux princes 
de la dynastie de Hcni-Hesul ; à Omar-Men- 
.Mans/.ur deux académies, à Melik-Mudsc hahid 
et .Melik-I.fdhal les deux établissements appe- 
lés de leurs noms, .Mud.sch.ihidije et Lfdha- 
liie;2,\ Les richesses accumulées par le com- 
merce des liifliens et des Francs .s;iiisf;rent 
1 ardeur du pillage de l'armée ottomane 3^. La 
citadelle de kahirije tenait encore lorsque la 
nouvelle de l'arrivée de .Sinan ennamina le 
courage des assiégeants. Il avait quitté le Kaire 
le ô janvier lôti9, et, passant par .lenbu , la 
.Mecque, Dschasan. il était |)arvenu jusqu'à 



,1 Niebuhr , Desrripl. fie i .\rabie, p.8l0; V'oyafje , 
l. I , p. cîoo , et pi. 66 el 67, où he trouve le plan de Taa» 
el de kabirije. 

2 Le DMrhibannuina , p. 487. 

(3; Aali , fol. 352. 



in 



I1IST(MRI OK 1. KMPinK OPTOMAN. 



Taas. Les inM)|)Os olit»ni.im*s rhassiToiil hs 
forces de* S'il! ije du immi Al.)]vlil)ar. rt liien- 
l»il «JM^ K.ihiiijc. (a|»iliil;inl, rentra s»iiis la 
diMiiiiialiun (iltom.iiie i> mai !.'>(>') . Sinaii nic- 
diia a »>r> la ioii«|ut'le «i Aathn « I «le Ssaiiaa. il 
avait lieji iiivovè umlre la nrcinière de ees 
villes |j Ikxie mxis les ordres de l'ainiral Kiird- 
o^^lili.el iii.iiiilni.ini il driaclia par lorre,ave(' 
une divisi.iu. le l>ej; Miuiaji,tjiii a cliaiiK' telle 
evpi^liiiun m vers lures ^1 >. Avant de -e |K)r- 
ler sur Ssauaa, il linl un conseil de guerre au- 
quel il ap|H-la a< ssi le l)»'j;lerl>e|^ Osman-l'as- 
dia. ('>elui-ci, rtduul.ml une trahison , ne se 
ren<lil |>«s à linviiatitin, et renforçit son eini)|) 
jiar des déserteurs attin''> des troupi s du vesir. 
et jur tirs \r.ihr> ipii acKuiraienl de Ions <ol»s 
sous H'.s propres titn<i.irds. .sinan . re\('iu d un 
pouvoir illimité |>our tous les cas, et pourvu 
d'un lilatir M'iin; qu'il |)Oiivail remplir selon sa 
volonlé. drsliiua le hei'lerbcj^, et conféra sa 
place à son devancier, le Musse llasan-Pascha ; 
mais relui-f i s'étant r< ndu odieux parses extor- 
sions, il ne lui laiss.i que le tilre (lej',ouvernenr. 
C>sman-l'asclia . |H»ur éehapper aux emiifirlies 
de Sinan, dans le.-^pielies il pouvait laisser la 
vie. prit la rési»lulion de se dirif;er seul à Ira- 
vers les inonla|;iies vers la MtTipie.alin d"(Mre 
soutenu plus sûrenieut p,'ir les ^clieiclis arabes, 
toujours flodanis et incertains, auxrpieis il 
avait fait savoir par le:ires(pril ('•t.iii mandé A 
Gïnstaniinople, non|>oinl rii qualité de l)e{',ler- 
beçi, nuis comme ^irufile suiet II parvint ainsi 
a w soustraire au fer du Inuirreau el aux lanees 
ar.dus. el put f;a};ner(>»nsliml iiiojile. où li*f;rand 
veiir, prévenu par la rorrespoiulanee de Siiian- 
l'aM^ha. travaillait à le perdre, cumii c il s'élait 
(>a\i\ié de la ruine de l^la-Muslaplia . mais 
sans |if>uv*' i - f es fieiix (duiplots. A 

la vérité, I , i avait été d al or<i ir- 

rèlé; mais bientôt le millan.qui devait le trône 
ai. ivre» de «et homme, lui avait fait 

y,< 'ni au fils dlsdemir. Sol»(*lli le 

poursuivit par tfws le» moyen». sons le prétexle 
que ia présence [Kiurrait joricr le trouble dans 
la ville, et lui fit donner l'ordre de se tenir 
sfHji rifs lentes ave( ses fjens en dehor» des nuj- 
railUî*. Ainti Oman rampa pr^ la |Kirle d An- 



1 A^Ii . foi. 3.70 



driuople. eu hiver, exjui-^é ;'» la pluie el fi la 
neij;e , au milieu des ravages de la pesie, (|ui 
lenltmiail de ea«lavrcs. l.ors(]ue le suilan, re\e- 
nmt. au taur de l'hiver, d'Au«hiuople A sa (a- 
pilale. se trouva dans le \oisiiia|\<' de ces lentes, 
sans rom|)re h' silence, hala-.MusIaplia, «léiA 
renlréeni;rAee. el qui marchait a cheval A ciMé 
de lui, s(* \\i\l;\ de prendi'c la parole : c \olie 
Majesté, dil-il. (Iaii',iierail-elle demandera ses 
esclaves qui csl eelui qui se lient sous ces ten- 
tes i'" l,e sultan. rei;ardant de ce cùlé.dit : «Kn 
effet , qui demeure ici .' (i'csl . répcuidil Lala, 
le HIs d l sdemir . (pii . sous le rè|;ne du sultan 
SiiJeiman, a conijuis A l'empire l'Iemen et la Nu- 
bie : ee fis, après avoir marché sur les lrac(S 
de son |tt're, (leiueure iii exposé à la pluie el à 
la nei|;e . dé|»ouilK' de lunl emp'oi,» l,e lende- 
main, un challischcrif conférait à Osman le 
j;oii\erneiiienl de Baszra. I ors(|ue le fjrand 
vesir lit des repré.scnlalions à ce sujet , Selim 
lui répondit : < (iarde-toide le déposer." ToiUe- 
fois, ;ui lieu d'être envoyé A Haszra , Osman 
recul ordic d'aller prendre ladminislralicn 
d'Ahsa, au iu)rd-esl de l'Arabie, aujourd'hui 
sié|;e des Wehhabites. 

Apres le départ d'Osman de l'Arabie, Sinan- 
Pasclia avait (am|M''(lans le voisina(',e de Taas, 
à Alkaida.où il recul la noiive le de la ptise 
d Aaden par le commandant de la (lotte, Chai- 
reddiii-Kiu'd [1ô mai ir)(if)|. Sinan nomma son 
neveu lluseiri .sands( hakbcjj d'Aaden , cl mar- 
cha sur Ssanaa. Trois roules Cduduisaient de 
Taas à Ssanaa. l'une par le moni iNakil-AI-Ali- 
mar; la seconde par la vallée de Ssahban ; la 
troisième, celle de Meis«m. était la phishmjjue, 
mais la moins diifi( ile : Sinan la choisit. Il 
canq>a entre Dscliobla el TaaUer. s'empara de 
la dernière place, el , avec- le secours <\'ui\ émir 
desism.iéliles (|ui lui était (h'voué, chassa 1rs 
Seidijes du mont llulaisrh; ensuite tomba la 
placed liabb.sitiiée au picfl du mont ISurlan O '. 
iWs jjratiricatons el des auf;metitations de 
.solde ranimèrent le courafje de larmée ollo- 
nwnef'J,. lue division de troupes fut laissée 
fM)ur le siéf;e du diAleau de llabb, silné aux en- 
virons de Dharnar. qui ouvrit joyeusement ses 



{1/ Kotbcddiri, (Jaoi le* notetet extrait» des mantis* 
criu de la bibliotlirque du roi , I. iv , p. 178 
'2, /bùL 



I.l\ \\\ XXXV. 



il:» 



|)orte8 ,'l,\ G'ite ville, prolqîée parties mti- 
rjillrs. t'iitoiirér t\v jardins, r%l le honrau «riiii 
{^raiid noiiihre de vnants : là h> troinc une 
aciidt ini»' fVt''t|ii(iiU'r par • im| cculs éU-vi s d où 
s<Ml( lit lo liunii'rrs di-s Sridijis. I rai,clii<*>anl 
litruil pavsajje di* hliiraani-Kell» , I arnuf par- 
vint à Ssanaa , cdpiialc ile l'Icinmi , sur une ri- 
viérequi m* dirii;t' \v\s |)liarnar -Mi jinllrl . 

I "air. If plus pur de louie l Arabie, esl ^i dû- 
IHuirvn d'Iunnidilé, <juc la \iande s) eouscrve 
plus de luiil juiirs, >i sdiil.iirc. ipir l'on anti'ne 
paitre enies|i«u\ lest liatiiraiiv iiialadis,«pieron 
ycn>oio leslioniMUvs aliaiblis par le» sou tira née» 
|>our s'y rétalilir. On n'y voii ijuère d'inse» tes. 

II ne pleut tpi'en juillet , ai»rit el septendtrt' , et 
sfiilnnent après le eoutlier du sohil . dcsorle 
«pie les (H'(Upati«ins de la iiuirnre ne Muit ja- 
mais internMupues par la pluie. A S.saana, l'un 
iiiontnM'inorr lc.>niiiits du p.ilais <l«"fi|i<>mdaii, 
non moins fameux dans | histoire arabe «pu* 
«eux deSedir »'tde(!liaN\rnak. Le ehalife Osman 
iir-iniisit ce palais en drpit d'une prophétie «pii 
prédiviiit une mort Molentt" au desirm teur. I,a 
maj{nifieence de Ghiundan avait été égalée par 
le roi éthiopien Abiaha,(pii éleva aussi dans 
eelieu uiu' éj;liseehrélieiine . dont les richesses 
en or et en argent devaient détouriier les peu- 
ples du pélerinajjc de la Mecrpie , el les attirer 
S Ssanaa. Après l'entrée de» Ottomans dans 
cette \ille, Meiiiihei; s'empara du diàleau de 
Chaulan, appartenant a Kalran /_', l'un des 
plus puissants lieutenants de Mutahher. Celle 
place fut rasée, ainsi rpie la ville de S« hiham, 
situé»' au-dessous du chàieaii de Kewkehaii, la 
plus fortede l'iemcn 17 août lôtif),. Le bejjlcr- 
bejj llasan-Pascha et Mahmud-Pascha reçu- 
rent ordre «le prendre te dernier poini à revers 
avec l'émir Abdullah-Alliamadani, tandis que 
Sinan l'attaquerait de fronl avec son armée. :V. 
Mutahher et ses deux fils Alhadi el I.utfallali 
tenlèreiil des mu tirs de la ville voisine de Sele ; 
Alha«li fut tué dans un de ces enj^aiiemenls. 
Ilasan et Abdullah-Alhamadaui soumirent les 
châteaux des raonlagnes ; Sinan, aprts une pre- 



(1) Koibeddin , dans les noies et extraits desmaiiu- 
•crits de la b bliolheque du roi, I. ir , p. 48Î. 

(2; Aali.fol.352. 

(3) Kotbeddin , dans les notes et extrait» des manu- 
scrits de la bibliohequedu roi , 1. iv , p. 483. 



miîiT atla<pic infnicturnRe, prit lediAleau de 
lit ihil'l.s 1 . .MorsMulement pnlh'ou\nrdanklc^ 
ré|;h> le siéjp- de kcv^Lcban, que le vesir con- 
fia au tM*|;lerbe|; ; lui-meuie lit («induire de mui 
«aiiip . \ MUi lii'utenant . de la |;i-osse artillerie, 
(|u d fallait UKinler A force de bras ou j l'aide 
de machine», à cause de« diftî« ult6« (qi|M>M-cK 
jiar h's riH In tn abrii|ii«s l>e roHM- pnifond , tn:- 
\ctl .sur un fonil inaréi «(jeux , coinmuni<piait 
a\er le ch.1leau {lar une voie «niiterralne, que 
suivaient les a.SNié|;cant.s pour \ciiir eiiU-\rr Un 
pi«'rr«s asec hs«p elles les (lli«imans piétcn- 
daienl combler le fusse 2 M«thamincdbe|(, hli» 
de S«'hemse(ldin, (omiiiandaiil «h* Kevskeban, 
tout résolu (|u'il fût de >e dcfeiidre jusipi a la 
(hrniere «xlrémilé. (iré\il néaniiniiiis la nc- 
«l's ité «l'uiu- capitulation prcM haine, cl mil tu 
libéré sept b«'|;s turcs '3, 28 «nobrej. !)•• son 
< «"lié . MulalilnT tr«iiiipa les Arabes «'ii faisant 
allumer des feux sur hs nionla|;msen i>ii;m- de 
victoire, et les attira dan» mincampiiarlespoir 
(prit leur laissa c«>nc«'voirde|><'irlaj;er a\e( lui h-s 
dé|MMiillesdereiiiiemi vaincu ;de lasorl«-. ilrcu- 
nil mille cavaliers et huit mille fantassins, avec 
l'-sipiels il atlaipia le ve^ir, «pii |Kiuvail à peine 
ranimer dou/e mille homiius en balailh*: nuis i| 
fut battu 4 . Alors il eut recours à d'autres 
moy«Mis pour lrom|HT l«'s Arabes du désert , « l 
fil courir le bruild'apparilions du prophéie . cl 
cumpla beaucoup sur relfct d'une c(h|isede lune 
qu'il avait prédite ,,0 . .Siid-.Nas/.ir, liin de ses 
plus vaillants partisans , s'était détaché de lui ; 
' mais katran . surnomme .Miiu'dsi Iiimiii le fu- 
rieux ^, et Ali-I5en- lahir, s«)ule\ér« nt tout le 
pays en sa faveur, et jnquiét^^entles «ummuni- 
cations entre.S.sanaa et l'année lur<|ue; bienh'it 
iném<', (pAies à des inlelii(;en« es pr.itii|uées 
avec le bej; turc .Memi-Iiejj, ils firent tomber 
S.sanaa entre leurs mains (• , el le corps dv 
tr«»U[i«s « hnrgé «lu siéf^ede Ilnbb fui surjiris el 
battu ^^;lr h's Arabes. I es alla<pies sans ccmc 
r< naissantes de tant de points ré« lain.iieiit len- 

(|) kotV>rddin. danx let iiol(>< ri rilraiit <lfi maiiii- 
Kriudrla bibli(iili«i|ii>-<tii ii>> I iv . p. 484. 

(2; Jbid.. p. i»'>. 

.Il Aali.fol.3.:î 

(4; Kolbeddin , d«n» \t* noies el cxiraiw , t. it, 
p. 48y. 

(5; /bid., p. 491, 

:6: /bid.. p. 495. 



17C 



iiisiinuK nr i • 1- >i iM i{ !•: ottoman. 



\oi de luuivo.iuv • oi|i> (ir la pari des I iiic s. 
l\nra{;tt"s-Ht^; «[ l\r\\is-U»'i;. ainsi ijiir IcSsii- 
l»asclii-Ahn)rtl. rcvurciil lonlrc <lr (Itbiisjjurr 
les Soidijo du mont Siimar; Abdi-llq;. >aud- 
srlialkly»}» de Tam.ir. et toliii i\c Hodaa, les 
rluvstVeni «le leriiii: il ne restait plus qu'A 
leur enlever le disiriel de lîudan el le eli;Ueau 
de Habb. les travaux de sic'jje devant Kewkehan 
nian'liaient lentement. In |x>nt à balustrade de 
fer. «pi'd avait fallu l'aire \enir de Ssanaa, et 
qui avait rlè jeté do nuit sur le fossé, pour don- 
ner passai^e aux assiôt^eanls vers les niu- 
rdilles. se n»nipit delui même: le nnher résista 
aux mines. Pour protéi;er les travailleurs oeeu- 
pes à préjvirer un nouveau passaj^e . on éleva 
ufH* tète de jiont qui mit les Tures A labri de 
l'artilW rie de la plaee. IxJrscpie ees ouvra^;es fu- 
rent aehevés. l'instant paraissait approcher où 
la place allait <^tre em|)orlée de vive force; mais 
les deux partis étaient fali{;ués d'un sié[Te qui 
durait depuis p'usdehuil mois, et Moliainmed, 
fils de Schemseddin , prêta loreillc aux pro|>o- 
silions qui lui furent faites par Oschi nialeddin, 
lmam.jui;e et secréiaire privé. Des lettres fu- 
rent échangées entre lui et le vesir; un accord 
.««e conclut moyennant des otafjes et l'investiture 
du sandschak de Kewkeban |»our Mohammed, 
avet un iraitenrnt de (KHt.fKKI asprcs 1 . Mu- 
tahber, limarn des Scidije. se trouva réduit à la 
paix. Elle se fit aux conditions .suivantes : les 
dfX)its de .wniveraineté de Tislam étaient ex- 
clusncnK-nt attrdiué's au sultan; toutes les 
anciennes possessions turques reviendraient à 
la Porte: Mutahher ne prêterait aucune assis- 
tance aux rebelles de Haltb. 

Cc}»fndantlebej;lerïw(; fb'riemcnrércmment 
nomm^-. Ikhram-Pascha. frère de Kidhvvan- Pas 
rhaetfilsde Kara-Vhahin. arrivéa Sebid le 21 
mai 1070. s'était avanrédcTaasvcrs .Mbeda . et 
avait marché de 1 1 <>ur llabb. dont la pris*' fut 
faaiitér par l'explosion du ma{;asin â fK)udre, et 
par remf»<tisonnementd .\li . frèredeMulahher. 
Par cette conquête, et pjr la rédiirtion d autres 
(bateaux durant les sept années de son {jou\er- 
nemei.l. dont ie |»oêie ottoman >ibali a chanté 
le* hauts faits 2 . tkhrara-Pascha compléta la 



1^ ^ote» el «liraiu , p. ii/.). 

C2, Futubatul-lemen de >iball,) b bibfiolfaeque irn- 
ytrvAt . D* 479 , et .Scbebabi ; Aali , fol. 368 Romiui et 



<(iii(|iu'l('(ic rieinen, tpii doit être attribuée aux 
«'ffoits successirs tui léiMiisde ce dit'l'. dOsman 
et de Sinan. .\près avoir doimé au nouveau bc- 
i;lerbej; les instructions néces,saires pour sa 
ccuiduite dansle j'.ouvcniement du pays, Sinan 
s'embarqua le 1'"' mars l.')71 A MoKa . prit terre 
;\ D.Mliidde. el se rendit ;"» la McKpie pour ac- 
complir un pèU'rinaj;e solennel. Par ordre du 
cberif. l'inspectenr du sancinaire et le flicf des 
ulémas vinrent i\ .si r<Micontre. I.es principaux 
be{;s de sa suite éiai(nt Mnstapha-Re{7, fils 
d',\|as-Pa.s(ba: son ik'ncu. Ibraliim-lîeiï : émir 
Ilamad , .sclieicli «les ,\r,ibcs: lîciii-tlbaibar, 
scbeicb des ,\rabes de Dsi bise ; Ssolak-Abmed- 
Bcjf. .Mi-lîejT, et d'autres (l). Après les fêles 
de la réception , raiulience donnée aux scides 
dans l'Académie de .Melik-lLscbref-Kailbai, et 
la vi.site du scberif Kbu->emi, Sinan alla exa- 
miner les travaux à la source d'Arafat (3), visita 
la niontajjne dcTIior Taurn', la jjrolteà l'en- 
trée de la(pu'lle les pi};eons avaient établi leurs 
nids, les arai(;nées ourdi leurs toiles pour dé- 
rober le prophète aux re( bercbes de ses persc- 
culeurs ;2 , el pas.sa ainsi un mois entier, jus- 
qu'à l'approche desjours spécialement consacrés 
aux pieux voyap,es dans la dernière lune , a|>pe- 
lée à cause de cela lune du pèlerinafre. Après 
que les trois caravanes des pèlerins de la Syrie, 
de riemen el de rKf;yple .se furent réunies sous 
la conduite de leurs émirs , le huitième jour de 
la lune, le vesir Sinan .se rendit à Mina pour y 
passer la nuit selon les pres<riptions de l'islam ; 
le lendemain il {{af^na la mosquée d'Abraham, 
sur le mont Arafat , où la prière fut récitée jiour 
le sultan ries sultans , le « liakan des chakans, 
le souverain de deux mers el de deux parties 
de la terre, serviteur des deux saintes rési- 
dences de l'islam , le sultan Selim-Chan , fils du 
sultanSiileiman-Clian. l.a nnil fui passée h Mu.s- 
rlelife , el le lendeipain malin Ion se mit en 
route [Kjur .Mina et la Mecque. Sept fois les pè- 
lerins franchirent l'espace entre Ssafa el .Mer- 
\ve ; (haque pèlerin lança des |)ierres du côté 
de Dschemrei-Akba contre Satan , le maudit ; 
sept fois on fil le loin- fie la maison sainte, 

.Mimaji rhaiiU-rent surioul le» acliori» de Siuan-Pascba; 
kiU, fol. ?>yi). 

(1, Kolbf:ddirj , foi. 200, 

'2, Jbid.,U>\.2m. 

'i, Jhid , fol. ISA 



ainsi qu'avait fait Abraham . t-t W >ai HHcc fiil 
cunsoninié. Apirs \v viau hvv du M>lfil . on lança 
riicoie lroi.> l\> s scpl purrrî. dan> \vs (Iirrriioiis 
iii(li(|iii'es, et le leiulemain se reiuuivelèimt la 
(oiirse, airomplie sept fois enlre Mrrwe «t 
Ssafa, le jet de* H'pt pierres, et les sept tours 
(le la nuisi)ii sainte (1,. Kii inèiituire de sou si'- 
juur à la Mn ipie , Siuaii fil i tal>lir une fontaine, 
et iiislitua Iniite Jet l('in'> du kor.in.dont dii- 
euu devait réeiter un Ireiitif'uje du livre sarré ; 
mais il assura liieii niieii\ miii souvenir dans l'iii»- 
toire en (.oniltlanf de préM-nK le >a»aut léi;istc 



\\\\. 177 

i Kotheddin-Moltanimed-l'cn-MohaniintHi de la 
, .MtM(|ue à rrreasion de ee |M'lerinai',e 1 , rcnciHi- 
raj;eanl a iVi ire le ré« il dr vu aui|M(; ne m Aialie. 
lui roulant le« événements dr m propre Uuuhr. 
et lui reeiMnmandant le |K><^(iie où le |HM'ie tun 
Hinnusi avait elianlé la (onipu''le di- I Icmen. 
C'est A ecl cneour3i;en)em (pie Sinan doit le 
seul él()j;e exprinu- Mir son «oiu|ile par les his- 
toriens ottomans . el la lill('TaIure. l'd'uvre 
, liislorlipif, (pn nous .i i;iiidrs dans noire eX|>osé 
de l.i •-oiiinissiou dcl'lciucn ^2/. 



(I, kollxdJin , fui. 203. 



(\] kotlicddii), daiit In noir* et rilraiU, I. n , p. -ll-S 
et ilU. 
(2; EI-IkrLol-JciiiJiii 6 Frtbil-(Hiiiaiii. 



TOM. II. 



12 



Li\ i\i; xwvi. 



RtpTini: II» IV ruv K\rv mmsk.— r.itnni; m: cnYm»:. si^x.k frr thisf nr mkosu et im. 

lAMAt.asli -I.I.Vt.VimO l,( OKC.IIK. - i.>K>KMKMS MII.ITiinKS K\ IK I.IIV I IK. — «\ TAIM.E HK 
LWVMt. ru\ \\K. VK.MSE. — f,0>Ql ETE l»E TLl^IS. — EXPÉDITION COI^TRE IWAIM I.E MOL- 
DAVE. — KE>Oi;\LILEMENT l»E LA PAl.V A>E(: LALTIUCHE. UENÉGATS. — :>10nT l»E SEUM. — 
>10M>JK>T^. KSPHll l»E SON HILM. 



I>a con(|iuMo t]c I Aralur. acromplic |)(Mir la 
îvoondp fois par les armes ollomancs. laissait 
mainicnant (oiilo iibrrto pour sorniprr do la 
sMiimi-sion de Chypre, projet favori de Selim 
lors4{ti il éiail encore prince héréditaire, et qui 
enrin. dans la (inquiJ^me année de son rtf^ne, 
pouvait «Mre mis .1 exécution. Le principal ins- 
trument de ces plans était un juif. qui. [dus 
puissant et plus influent (pie maint vesir sous 
Selim. en raison du rùlequil joua, mérite d'être 
étudié de plus près. Joseph Nassy, jadis nom- 
mé don Miqucz. Portujjais dorij^inc, l'un de 
ces juifs convertis forcément, mais en appa- 
rence seulement, au christianisme. ap|ielés mo- 
ranes. était \enu. des le rèj;nc de Suliiman. 
avec son frère A (>)nsianlinople. où. par amour 
pour une jeune juive, aussi riche que belle, il 
était retourné à la ff)i de ses p^îres. Avec des 
présents de perles et de pierreries, avec des 
prêts en argent, et par des offrandes de vins 
précieux, il sut si bien s'insinuer auprès de Se- 
lim. alors gouverneur de Kutahi;e. qu'il de\int 
I un de sct> principaux favoris: et (e crédit flonria 
lieu a une opinion bien étrange parmi le peu- 
ple : c'est que Selim n'était pas le fils de Sulei- 
man . mais qu il était né dune juive, et que. 
changé au l)erreau . il avait été intrcnluit furti- 
vement dans le harem En s,-itisfaisai)t la pass.on 
de ''elim pf)ur le> ducats vénitiens cl les vins 
de Chypre. MiqufZ rcpré-seriia au futur sultan 
combien il serait facile de .se procurer ces biens 
en abondancepwrlaœnquétedeChypre. Ln jour 
que sa tète était pleine des vapeurs nées de la 
liqueur produite dan» celte ile bienheureuse, 



Selim embrassa .son ami, (pii, depuis qu'il était 
redevenu juif, avait quitté le nom de Juan Mi- 
quez pour reprendre celui de Joseph >assy, et 
lui dit : "(Jouraj^e! si mes vomix son! remplis, 
tu seras roi de Chypre.» Celle promesse, faile 
dans livre.sse, inspira au riche juif de si magni- 
fiques espérances, qu'il adopta les armes de 
Chypre avec cet te léjjende : Jo.sr/)//, roi de Chy- 
pre . et les fil peindre sur .sa maison couuiie 
symbole rie la conquête future. Il se vit fortifié 
dans ses anihilieiises pensées par le siillan, qui, 
aussil(ita|»ièssoi)avéueuien( au troue, le condtla 
de titres brillants et de fiefs. Lorsqu'au retour 
de Selim de Helf^rad. Mirpiez alla au devant de 
lui. et tomba à ses pieds, le sultan, l'endjrassarit, 
léleva au rang de (hu: de Naxos , et des douze 
principales Cyclades. Pour ces domaines, le feu- 
dalairene fournit (pie H.OOlkiucalsdelribut, et 
1:^.(1(1(1 durais pour la din c rlu vin . qui .seule 
lui prorlujsaii lô. ()()() rouroniies. Vainctiienl le 
deflerdar fit des représentations contre de si 
{;rarides f;iveurs: Seliui les repoussa, en di.sant 
que les choses avaient élt- ainsi réjjlées par les 
dernières volontés de Suleiman (Ij. Le duc de 
>axos actuel fut appelé à Con.slanlinople, et d('- 
pouillé de sa dignité (2;; la su/.rraindé véni- 
tienne sur l'ArrhqK'l sélr-ignil au [»rr)(il du juif 
de la cour, duc rie iNaxos, l'aros, Audrrjset des 
Cyclades. Dans l'année même de l'avénemcnt 
de Selim au trr'ine. l'ambassadeur vénitien crai- 



'1, fif-riach , p. 1^6. 

'2. Kap, oildc- l'anil^aMade vénilierme , dan* le»' ar- 
chi»e« iriip<^rialp« ft royale». 



I 



Livni: \\\\ I. 



{;nait (lrj;i que W nouveau sultau ne se pnj|K>sàl 
la ( uu(|M(''ti' ili' Cl)\ i>ri* . vi ne* tii<|uittuili'S iic li* 
ln(in|iai«'nl nu!lriu»'Ut. A laMTitr. h's nm 
bi«u\cillauts (lu i;iantl voir s'upposaicui i i 
tels projets, et taul (pic la paix iirtait pascoD- 
(lue ave<' rcunMTctir , (pu^ la ri'voltc i»'«iail pas 
douiptc^ en Arabie, il iw [huwmI ;;utri- ('(re 
(|uestioii (U* (guerre avec \ eiilsc. Mais i\ \n''\nc 
\v repos fut -il rtialiîi en llouj'.rie et clans llr- 
Micn , ipif JoM pli di'iliaiua la pa^^i(||i ih' .Viiin 
(Muir l'or et pour le vin, et mit (*n jfu tous les 
rt-ssorts de st's iiHri;',ues pour arriver à la \ms- 
s('>vsion (lu ro\ auuie (U'|à embrassé par ses rsjié- 
ramt's. I. iuremlie de l'arsenal de \ Cuise, aHunu' 
prubablonienl par des eunssairis du juif, avait 
abattu le coura);e de la r('*publiipu\ et enllanuiu- 
d'une nous elle ardein' le parti ipu', :i (iuristan- 
tiuople, disuMil la jjiuTrc («Hitre \ cuise. \ la 
Itle lie ce p^irti ciaicut , avec .Mi(|uez, les deux 
vesirs Pialc et Lda-Mu»lapha , tous deux bn'i- 
laiu de re< iMKpiérir liautcuient par des actions 
d'éclat, sur nier cl sur terre, leur renomuK'c 
i(Mnpr(»uiiseendes entreprises priTédinies I . 
l.c i;rand ve.sir, dci;"! enncuii do laré de Mi- 
quez 2 , (urdit son plus pidssanl point d'appui 
dans la ré^slance opposée à ces projets bi lli- 
qucux, lor>que le niuFti Kuusuud d(Vlara au 
sultan (pu\ d'aprt's l'esprit de l'islam, les sommes 
nécessaires poui la fondation de la fraude mos- 
quée , alors en pleine (oiistruction à Andri- 
Quple, ne de\aienl pas être fournies par les 
luoslims, (pi'il f.dlait les lever |iar la victoire 
sur le* infidèles; il rendit même un felN>a qui 
érijîcait en acte de piété la violation de la [Kiix, 
déleruiinée par l'ardeur de la coiupule. Voici 
celte pièce rcmaniuable, (pie les historiens 
ollumaus nont pas rouiji dinsi rire dans leurs 
annales ^3 . 

Pf/fKim/c. '• Si . d.ius un pays préiédenurenl 
soumis au pouvoir de 1 islam, mais ensuite ar- 
raché àcetle autorité, les infidèles transforment 
les mosquées «Il églises, oppriment lisKun, et 
jettent partout le scandale; si le prince de lis- 



lain 



(1/ Histoire dp l'Archippl. p. .303; A;lxrl <!.■ \\y»/. , 
rapport. d.ïns les ai cbive» impériales et royales ;i.5<i7,. 
Voy. aussi le journal de Gerlacb, p. 426. 

(2) .lonrnal de GerLicli , p. 5'). 

(3; Histoire des Ruerres lu.uiiimes des Ottomans , jm- 
priuiéc à f.onsiantinojjle , fol. 40 , ef dans Mouradje.i 
d'Otisson , édii. in-8'\ p. 73. 



170 

I ir un s liiî! /'Il- imiir î i \ r.Mr foi. 

luains 
uns la puissance 
, ^ si 1 on est en 

pleine paix avec les autres pn&M'uiuns de ces 
in' ' .' ' ■ : traili's pacifiques 

à . I , ... iiuipiis, le texte 

hiniple de la loi otire-l-d un obstacle qui cm- 
(H\lie de ronqire ce traité?» 

lu l'iuin'. lu t(l obstacle ne peut se pr(''su- 
luer. I<e |)riui e de l'islam ne peut (ondure la 
paix lé}',iiimcincnl avec les iufub' les, (pie s'il en 
résulte utilité et avantage |mur la (;énéraliié 
(Us moslims. Si cet avaiUaj,e général n est pas 
obtenu, la paix n'est pas lej;iliuie. Aussitid 
(pi'apparait intc utilité, durable ou pa.ssa(;ère, 
il faut a'. soliiMuMit saisir i'o< «asion faNorable de 
rdiMprc la p.iix : ainsi le piopliete ipie Dieu 
a.ssurc son .s.ilut! conclul avec les infidèles, 
dans la ^i\ième année de Thé/.ire, une paix qui 
devait dtiter jus {u'.i la dixième, et Ali (|uc sa 
face soit honorée !( écrivit ce traité. Néanmoins 
il trouva do la plus haute utilité de rompre la 
paix, et d'atlaipier les mécréants dans la hui- 
tième année de lliéj^irc, et de coiupiérir la 
.Mecque. Voire NHi;esfé, chalife de Dieu sur la 
terre, dans sa s: blimc volonté iuqiériale, a tou- 
jouisdaif;né imil(r la nol le sunna du prophète. 
!!( rit par le pauvre Kbusuud. < I.e p étetidu 
droit de .Sclim h la p(>.sscssion de Chypre s'ap- 
puya donc , en vertu de ce fctvva, sur la suzerai- 
neté précc'denle. «pie les .\rabc.s, sous Omar, 
puis les sultans diCp) pic, avaient exercée sur 
cette ile; il était encore fortifié par cette cir- 
constance, (jue les revenus (l( Clivprc avaient 
été jadis applicpiés par les sulians d'[-!|;}plc a 
l'entreflen des deux .saintes résidecces de l'is- 
lam, la Meccjue et .Médiue: c'était dcmc un de- 
voir reli{j;eux de rendre ces pioduils a leur 
destination antérieure. D'abord on eavo}a lin- 
terprèle .Mahmud (1) porter des plaintes a Ve- 
ui.sc ; puis le Ischausi h Kul ad y alla p<iur récla- 
merdela république la cession de (ihvpre comme 
prix du maintien de la {>aix (2^. Il fallait un tel 



I; Rappoi t de Rym , daos les arcLives impériale* et 
royale*. 

■J Fojjlif lia , l'aruta, p. ."^S-U , Safiredo , CaranioJo, 
sont tous d'accord kur ce point ; (^raiiani, p. 68,eit tenl 
I II desaccord avec eux, et à ion. 



I 



HISTOliU': DE l/EMPIRi: OTTOMAN. 



N^unhco |>i>ur {;.ir.«ntir la siiivli' tirs pt'li l'iiis sr 
lYndaiit iwir uut .\ la Mcojno el à Mcdiiir , la 
«lc*slniriioinl(S IvUimensdc pirates. i|Mi ju qu'a- 
lors a\aiciu tn>uM' un abri A (liyprc. ri rnfin 
rhoniUMir du sultan. Ir stiial répondit di|îuc- 
iiwnl par un rtfus: cpianl au peuple, il fut livn' 
à une si violoiilr irritation . que le t>eliaus(li dut 
» Ire emmené }>ar une |M>rte de derrière pour 
vHivor .*hI vie J . le prand ve>ir tenia eneorc 
de ciinjurcr loraj^c j;ros>issanl . el de donner 
au moins une autre direction aux aruiemenls 
poussés avee aetixilé. Il ;ip|iuya «le tous ses 
nwvens le> députés cnvo\és à CÀmstanlinopIc 
par les Mann s chassés d»pa{;ne . qui implo- 
raient ras>«i<;a!iee du sultan ; mais ses efloris 
furent i^lpui^sanls 2 . le devoir reijjieux qui 
ordtinne de soutenir les moslluïs expulsés cé- 
da devant l'auKuir des ducats vénitieis et 
du vin de Chypre, et la conquête de I ilc fut 
résolue. 

On a vu que Chypre, comprise au.ssi dans 
lempire ntmain . était domince par le > Arabes, 
i^udouin , roi de Jérusalem . et Hi» iiard . roi 
d'Angleterre , succédèrent à ces conqii ranls, 
et ne se ratmln-rent pas moins fur.eux déas- 
tateurs 1 191 : ell.^uile Hi( liard en|;a{;ea l'île 
aux templiers pnur -JO.OtXl uarcs d argent {.i^ ; 
etquandieshab.tanisse soulevèrent ouvertement 
contre la tyrannie des che aliers du Temple , 
il la \endii . au prix de lO.OtiO |.ièc«s d or, à 
fiay de Lusigna i i.. Après hs u»as.sacrcs exé- 
cutés sous l'ierre le Petit. .Mcosia cl Fama- 
goftta furent cédées aux Génois 6; i 1 li^- ]• l-e 
roi Janus fut pi is el eumienépar leslroupes du 
sultan égyptien Uer.sebaiiel dcpui.s, les sultans 
regaruerenl Ch\pre comme pays œnquis el 
trioitaire I>p nu Ja< qii s prêta au kaire ser- 
ment de hoilite .lu miIliu lahir , qui le 
waltDt contre Aluys de Savoie, époux de la 
reioe <^ ' ' ' ' m: cl , dt.ranl Iroi.s 

ans.l»- .ni celte ilc mallieu- 

rrose 7 ,. liés le coiumcncement du qualor/ième 



I \ > i , F<iruta, ^ilf;rt<^«>. 
,2, Jiit ..,t^ GiaUaui; Aali , t* evéfcmchi . fol. 3J8; 
Pmac^vi, ioi. tîJ. 

(4, i^jid. 

(3, JbuL 

,6, Dan» R<ni>bard , I. ii . p. ôi 

'7; LiMigmii , fol. b'J. 



sic«lc. les Néiiilicus s'établireul dans les \illos 
principales <ic Chypre , ;^^icosia, l.iinasol, 
Kamagosta .Paphos. el \ obiinrent des églises, 
des halles, une ni;iison pour le baile , une rue 
non f<'rmée. et bc.iucoiip de pri\ilc};cs. .lacvpics 
épousa la noble véiiitiduie Catarina Cornaro; 
el loi'scpiil fut mort, ainsi que .son lils, non 
sans soupçon d (Mnpoisonix'uu'nl de la part (\vf> 
\ éiiitiens. Catarina. déclarée filh' de la ré|)U- 
bli(pie. Hiiil par abandonner son royaume i*! la 
métioptile. I.«' sénat déguisa ce sacrifice forcé 
sous les honneurs. Catarina fut conduite, avec 
une pompe royale, sur le bucetilanre à Saint- 
Marc. Aprè.s sa mort, un maj;nifique tombeau 
lui fut élevé . sur Icipiel le ciseau de Conlino 
sculpta en pierre riuiajïc de la belle et infor- 
tunée reine ; le pinceau du lilien nous a aussi 
conservé celle noljle figure I . Depuis la cession 
f.iile par Catarina Cornaro, \ Cnise occupait 
sans conlesialion le plus beau point d'aj)pui an 
iiord-esl de la .Méditerranée. 

L'entreprise contre Chypre fut dirigée par 
les plus ardeiils promoteurs : l>ala-Miislapha 
fui nomu é serasker des troupes de débar- 
quement . et Piale-Pascha , commanrlanl en chef 
des forces uiaritiuies Ce deriiier eut sous ses 
ordres le k;q)uda i-pascha, .Muesin - Alisade; à 
Lala-. Mustapha fin eut soumis les bcj',lerbegs 
dAn.iloli, Iskeiider - Pascha , de Karamanie, 
.Mustapha Beg. d'.Mep. Derwisch-Pascha, de 
Schehrsol, .Musl.ipha-Pasclia, ainsicjuc Icsbegs 
rumiliole.s de I irhala , .lanina. Ilbe.szan, Per.se- 
rin, el de .Morée (2). La Hotte était divisée en 
trois escadres (pi i partirent successivement dans 
le-pace d«' trois mois. Ln mars, Murarl-Heis 
mit à la v«»ile pour lUiodes avec vingt-cinq ga- 
lère s: en avril, Piale, avec soixaiile-cpiiiize el 
Irente galioles ii^; el en mai , le kapudaii-pas- 
rha prii la nier avec trente-six galères, douze 
fustes . huit mahones, quarante bâtiments fie 
lrans|)ort pour les chevaux , el (piaranle vais- 
seaux apftelés karainursales. char{jé's de trou- 
pes, de vivres el d artillerie ('4 . Après avoir re- 



. I, Itarift l'e{;liiie de Sa n -Sa I Kit or se Uouve le loin» 
beau , dan» le palazzo Manliiui, le |/orlrail. 

(2, Aali , fol. :iôH. 

(3/ Hapioit du baileHarbaro, du 20 avril 1.'j70. 

'4) G(jiiiarini , Veut., [j'JÔ, loi ô , f,-i fol. 9; Histoire 
de» guerre» rnaniinie» , fol. 40. 



I i\ i;i N \ w I 



nouvelé ses pro\isi(iiis a N«^;rt'|Mmt . l'i.ilr 
d«'"bar(|iia d'alMird à I iiii*, dans rr^jM)!!' «I»' Mir- 
prendif «etlr ile, vi |K'ul-iUir tians la vur iltr 
la nhiiiir an (hnlii^ du juif favori de Sclimjuaii 
Miqni'z. Huit imllt* lioinmrs prorin'iii'rnU Ir (Vr 
el If [Vu sur le \ùï)s: mais U' c(iiira;;c mllc\il)li' 
du (-o(niuan)laiit JtTÙnie Parula s;iuva |Niur 
celte fois la |(lare el l'île de I iiir du inni; prr- 
niaiieiil (Un Oiiiinians. l'iale rfiiili.iM|iM les 
Irmipcs, el se diri|;easur lej;oU"." dr Icnika. 1^ 
I"" aoi'il. la (lotir tiiii|ur jeta lanere devant l.i- 
nias4)l . dans |*> voisina|;e de l'aiu icn Anialhns, 
Cl délianjua lil)r»-nienl les troupes, le prové- 
dileur Niioio Dandolo, d.uis.MUi l;;norance el 
son incaparilé . avait nu^ine d( IVndu au eoni- 
niandanl des troupes. Astor Ua;;li()iii. d'empê- 
cher auv ses troupes la desc<,'nle des enne- 
mis (I h el telle fui son in)prt'voyaiicc, queles 
pa\sans libn-s d«« 1 ile ayant formé des corps 
auxquels était confiéf la i;ardf du ri\a|;e, il 
leur avait |>erniis de re,oiudre leurs fox ers el 
leurs fnnuies. On n'.nait pas a si;;nali r inie 
i{;noran)-e moins déplor.ihle dans le maitre de 
l'artillerie , Jacques de >'ores, < oiiiic de rri[>i»li. 
qui à peine avait vu aupara\anl une [tièce (le 
canon; le comte de Hucas, liniUnani de Ba- 
jjliom' . n'avait pas plus d'expérience mili- 
taire 2,. 1^1 levée en masse des | aysans él.iil 
sous les ordres des frères Sini^litin) ; 1rs cava- 
liers ré|jidit'r>, les sir.idiotes n les irréipiliers , 
les jjuastalori, étaient commandés [»ar >cipio!i 
Caraffa: le colonel des Allianais était l'ielro 
Ronradi \ . I.e |)oste de Lcfliri . dans le voisi- 
najje de Limas 1 , s'était ren<lu \oIonlaire:i:ent 
I la première sommation , et le serasker Musta- 
|»lia-l'ast ha. pour j;af;ner les autres Nx.dilés, 
avait mcnajîé la vie et les pro|)riélés des hahi- 
tants. Afin de prévenir leftet «le cet exemple, 
les Vénitiens voulurent chAtier ri|;onreiis(ii.eii( 
l'infidélité de leurs sujets, si tac ilemenl réduits 
an jouj; ottoman: ils surprirent de nuit Lef- 
lari. massacrèrent sans pitié les habitants, et 
entraînèrent les femmes et les enfants dans les 
montagnes ^1). 



(1) Uberto Fonlietia ; Geiiova , 1598 , 1. i, p. 7r. 

(2) Paruta, Calepin, Focliella , et le rapport dam- 
bassade de Constanlinople, dao» les archives impéi laies 
et royales. 

(3) Paruta, p. 73 et 79. 
ii) FlnjjUetia, p. 81. 



Opcndani quatre-viiij;ts j^aUrcs turques s'é- 
taient détacliées de la Motte, et avairnt tait voile 
ver.slaiotedeKaramanir. [xMir > premlr»' encore 
des renforts de tnunM-s. Parmi les chefs qui <li- 
ri|;érenl ces opérations, il rn est deux di|;iu's 
detre iioiunit s, le tst liatisc h Schaah.m . reuéjjal 
siyrieu,appe!i' ori|(inairenienl ilaraker (1), et 
l>al-MohanHiii*(|. alors M-eiélairc du divan, plus 
laril. lMj;lrrl)r;; dekaffa.ctiunu cuuune Iradui- 
leur du Mesneni. qui dans la .suite deviul matlrc 
des requêtes d'( Km m-l'ac ha. Dans la campagne 
de S< hiruan . il avait été pris par les ass.issins, 
(jui le reiinrent loni;temps «aptif au cliAteau 
d'Alamul, leur repaire. et délivré enfin à ï'v\iu- 
que de la |)rise de IVhris. Il a é< rit en vers et en 
prose la conquête de Schirwan. (! était un ami 
dévoué de lliistoiien Aali , cpii suis il aussi lex- 
pédition de Chypre c(»mme .secrétaire privé de 
I.ala-Mus'apha -J . NCrs le milieu d'août . la 
(grosse artillerie lut débarquer, el ipri*s un coiî- 
scil de |;uerre dans bquel Piale opina pour le 
siège de l'amagosta. et Mustapha d'alninl poi;r 
celui de .Mkosia . cette dernière entirprisc fut 
ré.solue .'î . 

Nikosia . appelée autrefois Kaii-Nikosia . el 
antérieurem' nt encore Liinosia. nom grec qui 
serelrouveaujoiinrhiii dans .'e lurc l.efko.sche, 
était la capitale de lile. au centre de laquelle 
elle .se trouvait. Placée sur lUi terrain élevé, of- 
frant une cinonlVreiice de neuf milles, elle 
comjdait trois cent soixante-<in(| églises. Oan.s 
la première année du règne de Selim, les Véni- 
tiens aval- nt rasé l'arK il une citadelle, et con- 
verti toute la \illi' en une place régulière, pro- 
tégée par onze bastions '4): les murs, sur luie 
étendue de huit iiille huit cent qnafrc'-vingis 
aunes, élaicnl percés de trois portes. .\ focca- 
sion de CCS travaux, on avait démoli quatre- 
vingts égli.ses et le grand couvent dans leciucl 
reposaient les rois de .lérusalem, les I,usi|;nan. 
les princes et princesses de Galilée et d Aiiiio- 
che , les sénéchaux , amiraux . conn. labiés cL 
chambellans de .lérusalem et de Chypre, les 
comtes , barons el seigneurs de Tibériade, To- 

(1) Rym , rapport d'ambassade, du 15 avril \ô7\ , 
dans les arctiivis impériale». 

(2; Aali , fol. .350. 

(3/ Ib il., Graliaiii rt (jlf-pio. 

,4; Hadsthi-Cbalfa , Histoire des (;ufrrc.<i maritimc<! , 
fol. il. 



1S1> 



iiis loini- m I. KMrir.K o r ^()iMA^. 



i\)n . Si(li>n . \\cv\V c . ' . .lopix^ rt Mro- 

|H)lis. scizoévrtjiK s.ji ^tl patriarchos: 

«j«iatro-vîni;ts imnnes dt ssrrvnirni IV|;liscrl Ir 
ciMivrnt . o{\ so tn»nvairnt des .ippartniirnls rr- 
scrvi^s jHiur Ir mi et l.i iviiio. qui visjiairnl ce 
lÏMi de h'mp^ rn i«Mnps. 1rs («miiIumu\ de cent 
quatri' - vinj;is nunnes et les quatre - vingts 
t^f^lisfs, les vieilles murailles eonstruites sous les 
»"Ti|>errnrsj7Tns. « t (1 niiiKMn (■•( s|>.uCoustaulin. 
(lurent «Vtler In pian- .;ii\ iio'.i\eaux ouvraj^es. 
snr lesquels Furent mmiliVsdenxeent s canons (1). 
• Tiaque l\i<»ti(>n . dont les rcMi's offraient une 
^îendïie de trente pas. |>ouvait aisnnent eoiit»'- 
nir deux mille liommeset quatre pi(Vesd"artilIe- 
r;e '2 . l^ {jimison tout enliiVe mojitail A dix 
mille hommes, dont quinze cents Italiens, trois 
mille soMais des f'at^ de lerrc ferme, 

deux mille cinq icnts :: libres, deux cent 

cinquante Albanais, et raille nobles chevaliers 
de Nikosîa (3\ I.e 52 janvier 1570. rannée se 
porta sur la place, et pr^s de ses murailles furent 
rangées cinquante mille fantassins réf^ulii rs , 
dont six mille ja:i' ' ' ' -nulle cinq 

cents cavaliers ; 1 nu j)ouvail 

compter en tout cent mille hommes [i). 

Mustapha divi.sa son infanterie réj^uliêrc 
en sept corps, chacun d"A peu prés sept mille 
hommes, qu'il pl.irn en face des sept bastions 
de la ville. Lui-mOmc se posia devant le bas- 
lÎTn Costanza.â roucst Ac la |)orte des Sa- 
lines: devant le ba-îioii ! ;'i 
jranche de cette fKjrie. s u û 
dWnatoli, IsVender-Pascl, droite du 
h partir ' " l êîre 
par le !)• ., lirsor. 
.MosafTer-l'a^cha; le bastion de 1 ripoli. parDer- 
v.is-Pasrlia : puis ('(aient (*'• "•'' • les janit- 
^•^liares avec leur aga et h Ss hculcr- 
hr'Ts de Kar.TiiDnie et de .SuHwadr, na.«>an et 
Mii.stapha-Pavflia. \ chacune de ces divi.sions 
furent attachées sept pièces de canon , efle siège 
dna sept semaines, à partir de sai ?e Marie- 
Madeleine, jusrpi'au jour de la Nafivjfc. Pcn- 

(I, I>UM;;nan, r-»l. 15. 

1*2) FaraU . p. 79 

(3; /hid., p. 80: dao» Gratîani , p. 129. 

f4.i Fofilirtta . p. «7. 

^>, Fof;lirtlJ , Paruia, Gr;)l';aai, foot de cet IvlendT- 
Pawriu le pa«rba d'Ateiandrie ; il» if;)informeBt Dcr- 
Mrncfa en Drerit ; Fogi., p. 87. 



dam (C temps. Pialc croisait avec sa dollc dans 
les eaux <lc niiodes. .Mors arriva la n(Mi\('ll(M]ue 
le bejîlerliej^ d'.M};er, le renéi^al calabrois 
(Vhiali. appelé d'abord par les 'rur( s Tludsch- 
.\li. puis Kilidscli-Ali . apii^s avoir arrache Tu- 
nis à la <I(Mniiia!i(Mi apparcnle des Hcni-llaisz, 
et au [UMivuir réel des Kspa;',iiols, était sorti 
avec ses corsaires, avait cnpiuré quatre {galères 
iiiallaises , cl, chari'.é de dépouilles, était 
irniré A Tunis pour réparer ses vaisseaux (I). 
Ixas bannières maltaises, |)lau!ées comme des 
trophées di vaut les nunaillcs delà ville, abat- 
taient lecoiM'ajje «les clucliens: dcjà ils avai<'nl 
repoussé deux assauts; nais dans 1<« iroisiéme, 
livré le jour de l'Assomption, ils eurent A dé- 
plorer la perte de plusieurs officiers (2). I.ors- 
(|u'A la fin daoïM, Piale revint de sa croisière , 
le scrasker lui adressa un ordre, ainsi qu'au 
Kapndan-pascha, pour avoir cent hommes de 
chaque p,al('re. afin <le lerminer le sié{;e d'un 
seul coup, en frappant avec les (■ore<'s de toute 
l'année (3). Ali fournit ainsi de sa Moite vinjyt 
mille uialelolsel soldats de uiariue, et l'assaut 
fut proclamé pour le î) seplembre. Les quatre 
bastions, de Podocaiaro, (^oslanza, Davila et 
Tripoli, furent attaqués avant la nai.ssance du 
jour ; les troupes se retirèrent sur la |)laee ; les 
habitants se jelèreiil aux pieds des 'jures, im- 
l.loranl leur commisération : mais ils furent 
sabrés sans pitié (^t). I.e provédileur tenait en- 
core, avec les autres aulorilés, dans le palais du 
rjouvcrnement . lorsque Derwis-Pasclia (il poin- 
ter six pièces pour battre eu brèelie ce monu- 
ment fo). Toutefois, il envo\a un moine aux 
\ énitiens pour les assurer de la vie s'ils se ren- 
daient volontairemetit: et déjA ces malheureux 
avaient déposé leurs armes, lorsqiu* les Turcs, 
voyant revenir le moitié, s'élancèrent en fureur, 
et massacrèrent tout ce qui leur tomba sous la 
main, le provédileur lui-même, qui paya ainsi 
son i}}nonioce et s(m ineptie (6;. Alors écla- 
irrent toutes les horreurs qui souillent les 
rcf;ards dans une ville prise ri assaut par des 



^Vj Iladscbi-Cbalfa , llimoire dfts gurrrc» inariliint)* 
fol. 41. 

(2) Paruta, Grai-ani , Calcpio, Fof;liella. 

(3) Parula ,¥i>\',\\<;\U , p. \2r,. 
(i V(n;V}Hta , p. 128. 

(.5> /bUl , p. l 'M. 
(6) /bid. 



I.l\ [\\. \\\ \ I 



!8;i 



barbart'j» ; bfaut()ij|) dr ffiniin'< sr prt^ ipitiTrnt 
du baul des toits; un j;r;uid iiombrr |Mii;;n.ir- 
dèrent U-iirs fillis jMuir Us MiiKlrain' aux ou- 
Iragt's; il y eu «ut iiiuM|iii d'.ilK)r(l immol.i Mm 
filsen st'criant : «Quoi! tu irais coinmo «si lnv«» 
assouvir les jM\,siiins inotistriicuMs «le ninilm 
<Klicu\ !» puis illf mil fin ^ s.i propiT vio 1 . 
\iiH;t mille >i(times furent <*i;ort;«Vs : dcut 
mille furent tlijri;i«'s de fer> cl nV'H'rvj^cs h 
dautre-s ui.iux '2 . Durant liuit jmn's, la mnl- 
lieureusr vdie fut livn'e au pilla;;e et nu meur- 
tre. Mais les roiKpiérants furent [)riNés de leur 
plus riehe part du butin . par le e(Hirai;e d'une 
femme [jrecipu* ou vénitienne, dont laclinn 
doit vivre à jamais dans l'histoire, ipioicpie le 
nom et rorii;ine de riièroïne soient restés in- 
nMinns. Les jjalions du j^rand vrsir Moham- 
med-Pas» lia, et deux antres bidinieiils rhar|;és 
des dé|K)iiiIles les plus riehes. {lortant des < a- 
nons. deVarijent . de l'or et de nobles esclaves, 
étaient A l'aiure dans le |K»rt. | rels S |».irlir. I.a 
rlirétienne , aliénée de venjjcame . v mil le feu ; 
la ehambre aux [xindres du vaism'au du f;rand 
vesir .sauta en l'air ; deux autres b.ltiments brû- 
lèrent ; mille f«'inmes esclaves périrent dans cet 
incendie; (pichpies malelols à peine sVcliapè- 
renl à la naj;e 3 . 1^ prise de Nikosia hit .«-nivie 
de ( elle de Paphoset de I.innsol. deTusIa Lar- 
n.ika , s urée aux yeux des nioslinis. h cause 
du tombeau <le la cousine du propliMe Ondm- 
Ilaram, situé dans le voisina;;e. Puis tomba 
Cercinc, Tancit-nne karkynia, fameuse dans 
i'antitpic histoire de Chypre, comme chef-lieu 
«le l'un des neuf royaimies, dans l'histoire [dus 
récente, par la vi^joureiise défense de Charloile 
de l.usijnan ;1\ l.c bey;lerbe{; de Meraasch fut 
détaché vers ï'amaj^osia pour sommer la place; 
au lieu de lettre il envoya la léle de Dandolo. 
Mus.rffer-Pasiha fut laissé par le serasker pour 
occuper >ikosia avec deux mille hommes; Lala- 
Mustaplia lui-même assista, dans ré};lise de 
Sainte-Sopliie. ^ la prière solennelle du veti- 
dredi, et marcha trois junrs après sur Fama- 
};osta. 



1 " Graliani , p \')7. 
{2] Jbul., p. lâO. 

;3) Ibul., p. itil ,c( rHi.sloiredcs Ruerrcsmariiimcs. 
fol. 41. 

4' Gratiani , p. 162. el Histoire des {pierres iiun 
limes, fol. 11. 



l n pelit ouvra};e éle\é poiu" «aiioniKi- la ville 
ri le* vaisseaux du |K»rl aniion* a aiiv^iK'»! aux 
h.ibil.itns de Fam.i|',o'.ta la feniie n'iutlution 
I du serasker de ne jmmiiI al»andoniuT le Méjjo , 
même pendant lliiver «pii sappnhiwit (\\ 
I quoii|ne l.i llolie. v)us les i)nlre* du \esir Plaie 
! et du kapu<1.iri-paM ha Ali , til MMie alnif |M)nr 
i Constaniimtplr • (> octobre , et ipi on laiMât 
; senlrmenl le !»rf; de IIIwm1«*^. Ilanivi-Un^. avec 
I qtiarante i^alens |iojh- le -tTMn- de lanii^e 2v 
.Miisiaphi M' c«Milenla d»' rester p«'rMlant I lM\er 
de\anl In place p<«ir interce(Mer les «oiivois, el 
au ftrinlemps. uft renfort de trimpen le mil en 
éial de conimeincr \ ij^onreiiMMuetit h- Mé|;e. 
I Malfjré sa pr«"s<'nce, doii/.e |;aléres vénltlrnn«•^ 
parvinrent A iiilnMluire dans Kamaf^oMa des 
ln»nf>es « t des vi\res. a dé-iruire <piel<pies |i;Ui- 
menls luns. el A capturer relui «pii apjwirlait 
d<' Constant inople la S4»lde de larmée 2."^ jan- 
vier I.'»?! .1 Kn puniiion de la luy.lijjence 
de Icscaflre d'oliservalion , le Wy, de (yln»»s lui 
(hVapiié. celui de Rhofies fut privé du fàna\ 
cpie les befjs de la mer avaient seuls le dn>it de 
[ila<(T A leur mal ; le lv{; de \e|p-e[>ont eut or 
«lie d'aller, avec tons les Kllimenis di-slinés \ 
des croisières dans I.Xrchijx'l . at tendre à (hios 
Tairivéedu kapmlan-paMha. .Mi quitta (lonsian- 
I inople avec quarante f;alères; le bef^ <le >ef»re- 
ponl vint avec un même nombre de b;Minienls, 
et lors(jn"ils eurent réuni lenrs forces i\ Chios, 
ils allèrcfit aborder h Clnpre an «tminence- 
ment d'avril V- Miistaf)ha avait mis la plus 
[grande activité à transporter, avec leskai ainur- 
sales et les mahones. des troupes t\\\ coniirinii 
dans Pile, le 111 avril il pas^a en ie\ue son ar- 
mée, et jnsi^pi'au milieu de mai . les travanx des 
(randMVs fnrent poussés avec une rapidité in- 
croyable : tpiarante mille akind-chis s'y em- 
|»lo\ aient coniinuellemcnit. sans «pie les assiéf^és 
fnss<»nt en état de les emin^cher : en même 
lemps les Ottomans élevéïent dix basii^ms . 
pour lirer de là .sur la ville (5). Soi\anie-(jua- 

1 \ I ra »■ hdflisjiriia iiarr37i(tne drir «»spu}piaiionf e 
(IrrriisKine di Fainafjosia. par fjli pio , rf'dail en ejicla- 
vap.p Anu% ce %\éf,p , dan» Luxinnan , foi. 112. 

'2) Hadscbi-tbalfa , Uisioire des {juciTa luarilimes , 
f.'l. il. 

T l.ij^'nnan, fol. 113. 

î, Coiitarini , fol. 22 
'5^ Conlariui et Foclielta , p. 231 



181 



iiisToirxr. m-: l lmimui. oi toman 



ti>r/e caiiuiis. (îoiil (|iiaiir |>iO(os munsircs. (ii- 
rij^raifiil loiir fvu do iiii(| b.mtTi't's coïKio les 
loiirs do 1.1 \ilio 01 1rs sepc bastimis «Irossrs 
dorriiTf los imirailles. I/ariiIlorir ilos assioj;ôs 
élail «iirn;oe jKir le i^rand maitre MarliiU'nj;o, 
noin (lojA illiisirr au <h'[',c iW Rhodes par 1 iii- 
vontii»n do nouveaux nioveii-i de défense. I,e 
commandant do la ville ot de la oiladellc tMail 
Mareo-Antonio Hraj^adinn. quia\;Hl |M)nraid«* 
son frtro (iiovanni Andréa, l-.llore r»a;',lioni 
élail capilaine f^i^nOral. Giov.mni - Antonio 
(^uirini. |Wïyoiir de l'armée (1 . Pour se débar- 
rasser des UMiehe-. inuliles. Hraf^adino ordonna 
de faire sortir huit mille habitants. (]ui se dis- 
tribuèrent sur divers |K)int> de lile sans qtie les 
assiégeants y missent obstacle: il ne resta (jiie 
sept niilje lioinmes en état de eondiatîre. nioilie 
Italiens et moitié Grecs 2;. Le sié|;«' dura deux 
mois et demi : des deux côtés y furent déployés 
beaucoup d'activité et un [;ranfl acharne- 
ment. Les pertes i onsidéiables subies dans six 
as.sauls 3 n'avaient |)oint refroidi l'ardeur des 
â-ssiégeanls. ni affaibli la fermeté des assiéj^és. 
Mais lorsqu'il s'aj^il dune scpliènie allaijue, il 
ne se trouvait plus que sept tonneaux de jwudre 
dans la place i . Apn's un lonj; conseil de 
fpierre, il fut donc résolu de né}i;fM'ier 2 août 
1.57 r. Le kiaja du .«-erasker et e» lui de l'aj;;! des 
janilsfhares vinrent < omme ola;;es dans la ville, 
enécbanf;e de deux nobles qui furent reçus 
avec honneur f»,ir le fils du serasker, rcv<^lus 
d'habil-s flétoffes d'or, et traités dans la Iciite 
de l'af^a des Janilschares (6). 

I>a capitulation fut sif^née le joir inrmr, et 
au.ssitôt Ion socnipa dexécuicr les conditions. 
I>cs assief;és fxiuvaient se retirer librement avec 
leurs biens, cinq canons et quinze » hevaux pour 
le» Inm chefs sufKTieurs. Ceux qui voudraient 
rester .serai^'n! fjarantis dans leur vie. leurs 
propriétés et leur honneur. Ouatorze vais-scaux 
reçurent ordre de pren(h-e au.vsiiôl les Chy- 



t l.uiignan. fol. 12fi. Paruia, Fo);lie(La. 

2, Paruu , p. IH.3. 

3, Le*%i\ iUkiuiM lirr^|c«20 et 29 juin, 9 , U , 20 
«» dOia.Wn , ont été loo.juement décriu par LuHifjoan , 
Fosiiet.'a tt Omianni. 

(4) LoHgnan •'a/>a«»aIfo, fol. 118. 

'.5; Lo»içnan. ihUi ; f'aruia, p. 19J; Foglietta, p. 252; 
Grariani, p. 3,3. StU , fo 3X); Hittoire des guerre* 
mariumes , p. 46 ; l'ttyrbewr , f ^L 1-S8. 



pnoles. ei de les (raiisporler A('aiulie. L'armée 
turcpie se relira de trois milles de la place, et 
manifesia son estime pour la valeiu' des assiéi;és 
par l'aeeneil amical lait à ceux (pie la cnriosilc 
attirait dans le voisinaj;e. Dans l'espace de trois 
.jours, la ville fut évacuée cl loul enibanpié, A 
rexeeplion d«'s Iroi» eouniiandaiils. Le (pia- 
trii^'iiie .jour. lbap,adinoenvoya due an serasker, 
par l-",iu"i(|ue Marlinenj;o. neveu du inaiire de 
rarlllerie. (pi'il élail jMél à se rendre auprès 
de lui le soir, et à lui rdueltre les clefs de la 
\'\\W h août lô/l). Musiapha parut accueillir 
ce messaj^e avci- bienveillance, exprima combien 
il sérail enehanlé d'ap[irendre à ( (iiinailre |ier- 
.sonnellciiient de si vaill.nils hommes. Trois 
heures avant le coucher du soleil, IbajTiadino, 
Hajflioni. Ouirini et Marlinenfyo se rendirent 
dans le camp turc ; nraj;a<liiio niareliail le |»rc- 
mier, vêtu de |K)urpre, sous un pa asol rou{;c; 
puis venaient dix des premiers capitaines. I,a 
réception fut amicale, l'enlrelicn r>ans con- 
trainte (1) ; mais tout chanjjea brusquement 
d'aspeei , lorsque Musiapha, pour les vaisseaux 
qui dcvaieni transporter la {jarnison ^ Candie, 
rt( lama le jeune Ouirini comme olaf.e, et que 
nra<;adino le refusa neltenjcnl, obslinémen! , 
avec des paroles plus rudes qu'd ne convenait A 
sa siluaiion. Mu-lapha éelala en injures et (n 
tnalédiclions , redemandani (inqiianle pèlerins 
moslims dont l'inviolabilité avait été stipulée 
dans la capitulation, el qui pourtant avaient 
élé probahleinenl é;;(jr(;és de[Miis. nra;;adino 
nia ou jiislifia le niturlre ou rembarquemenl, 
des moslims, et refusa toujours avec un con- 
ra(;c inébranlable et des paroles offen.santes de 
livrer les olajjes. iJi-dessus Musiapha . fin'ieiix . 
ordonna de cliarjjer de liens tous les \énitiens, 
et de les conduire devant la tente ; à leur 
sortie, ils furent mis en pièces, à l'exceplion 
de Bra(;adino. auquel on .se conlenta, pour le 
moment, de couper les oreilles et le nez. Dix 
jours ap: es , un vendredi . l'infortuné . placé sur 
un sié{;e, avec une couronne à ses jtieds, fut 
hissé au ffrand niAt de la [{alère du beg de 
Rhodes , puis plongé dans l'eau , retiré et re- 
plonjjé de nouveau, parce que, prétend l'his- 



'A, ParuLa , p. tfJO; Fo;;!ipUa , p. 2.52; Graliarii , 
p. 30-3; Coularirii , fol. 30; Calepio , dans Lusi{}ti3ii , 
foi. 119. 



l.l\ lil. \\\\ I 



185 



torii'H turc l, , il avait traiti^ ainsi des prJMm- 
nicrs liircs; cn>uite ou lui ailailia au rou «l»'U\ 
paniers qu'il «lui |K)rl«T rnnpiis <lr trrrc sur 
les (l«'u\ bastions, |M»ur aicU-r à leur rcl;iMis'0- 
lurnl '2 . Chaque fois qu'il sa|i|tn)«li.iit «lu 
st'raskrr, il (levait s'iueliuer jiiM|u'à terre. Kufiu 
il lut rouduit sur la \.luv, tle\aiit le palais «le 
la sijjnoria. attaché au |>oli au ilu pil«)ri,où jailis 
(les eselaves turcs êlaieul foui-tle». Li, coucIk'* 
par terre, il fut ("curclié vif, «|»aree (pir. dit 
I at! (M e \aini|i:eiir. • iliii ipii a vers('* le s;iti|; îles 
iiuislisuis doit ri'paiidre le sien a j;ran«Mlots. .. 
Sans |H)iissor de plaintes, Uraj;adin<». au milieu 
des torlircs et des su[ip!iees. ret liait îi haute 
voix le mist'nn' , et après avoir |)roiioncé ces 
mots : « Mets en moi un cirur pur. ô Sei|;neiir ! n 
il rendit IMiuc '.Vj. "Où est ton (Ihrist? «pi'il 
vieniK* à ton aide mainienant ! > lui criaient le 
bourreau et leserasker. rroiscentschrc'liens(|ui 
retrouvaient dans le i aiiip Fui ent massacn''s. Les 
otaj;esenvoy«'sa\antla>i;;naiuredf la eapilula- 
lion auraient subi lenu"'lue^orl . si reunu pie <iu 
s<*rasker ne les eût (h-robt's i\ la première fureur 
de son maître, .soit par couipassion, .soit afin de 
les réserver |M)ur le harem: en elTel , l'iiri(|iie 
Marlinen(;o ne fut pas lire au bourreau , mais 
au fer de l'opérateur, qui le réduisit à létal 
d'éternelle impuissance. Tous les hommes (pii 
aNaient été déj.i embanpiés furent enlevés des 
vaisseaux de transport comme eselaves. >'élant 
pas encore satisfait par la mort i|;nominieuse 
de nra|;adino, le scrasker urdoiiua déiaileler 
le corps, den attacher les parties aux (pialre 
grandes batteries, et de promener dérisoire- 
nient In peau bourrée de foin dans le camp et 
dans la ville. Cette .sorte rie manne<piin fut 
placée sur une vache, et |Mjrtée ainsi par la 
ville, .sous le parasol rouge qui était tenu au- 
dessus de la tête de Uraj^adiuo lorsqu'il vint 
dans l«' (amp, ensuite attaché à la vergue dune 
galère, (tour servir d'é|K)uvanlail aux chré- 
tiens (4,; enfin ces malheureuses dépouilles. 
avec les qiiaire téies salées de liaijlioni . 



(I; Aali, Ppisrhevvi.fol. t59. 

(2) /bid., Foniieila , p. 253; (.onlarini . fol. 3t. 

(3) S.i{}iedo, lOSS; Vciift., p. 303. 

(4) D'après la lettre de IS'esiore .MartinenRO, dans I.i 
■Belazione di tulto ii successo, eic. .: Veiuzia, 1.572, p. 1 ; 

Calepio , dans Lusif^nan , fol. 119 : Paruta. p. 197 : Fo- 
Gliella , fol. 252 ; Gialiani , fol. 316 ; Contarini , fol. 31- 



du capitaine général Brap.adiiio. de l.uigi 
Martinenj',0 et de Quirini, furent «iilermées 
d.tiis une caisse, et eiivoy(Vs en pre-ents au 
Millau. A Constant iiiople, la jK-au du défen- 
seur de Kamagosta fut eX|»oMe dans le Im- 
gne, à ta vue des esclaves ihrélieiis. Knlin 
elle parvint à VeniMr, où elle fut dé|K»M'e .tu 
IMiiilicon des |;rands hommes de la républicpie, 
dans lej; ise de ,Siinl-Je.iii et Saiiil-l'aul . dans 
une urne I . (Juant aux (M-M-menU deii malheu- 
reux iiiarivrs de la fureur des Turcs . ils furent 
recueillis, et sont mainienant dans ré|;lise de 

Saint -(jrt'ipiire. 

Toutes les allégations des historiens ottnmans 

pour justirier (Cite action inf.lme de Musiapha 
ne |»euveiit aucunement l'evuscr: car sil avait 
été em|K»rté à la colère |)ar la ré|»<Mise intrépide 
de Bragadino. dès le premier accès il aurait dA 
èire apais*' par le sanj; des nobles venus dans 
.sa tenle sur la foi de sa parole ; il n'aurait (Miint 
di"! attenter à la liberté des chrétiens dé-j.i em- 
banpiés, cl si nra;;adino. pir des paroles irré- 
(lechies. lavait en elTel pn» expié, il aurait dft 
tomber avant tout viciime de la fureur irritée. 
Mais il fut réservé p( ndani douze -ours, par une 
init riiale cruaulé, et la (apilula;ion fut viohe 
sur tous les autres points aveeaulrnt d'infamie 
que parle menrire des chefs militaires. L'action 
de .Mustapha fut donc le révsultat dune perfidie 
calcuh'c: elle était bien digne deriioiiimealrore 
dont les conseils avaient amené la guerre entre 
les frères, et poussé au meurtre des enfants de 
Rajesid: elle était, d'ailleurs, selmi res[iril du 
fetwa. qui autorisa (clte guerre par la rai.son 
que la foi ne devait pas être gardiV aux chré- 
tiens, s'il y avait avantage à la violer. Au reste, 
de lels faits, si atrcMcs (piils soieni. parailroiil 
moins étonnants , si l'on se reporte au siècle 
dans lequel ils se produisirent. L'influence 
des passi(ms dominantes de .Selim et de .Mus- 
tapha se fait sentir dans la nomination aux 
places de juges de Chypre, conférées aussiliJL 
après la c mipiètc de Mkosia. I^e juge Ruhi et 
le mufti Hkmcl, tous deux l>eaux esprits, et 
adonnés au vin et à d infAmes débauches, 
tinrent des cabarets publics; le mufti avait cou- 



il, Antonio Cicofjna , Iscri/ioni reneziane , fascirolo 
m ; ( hiPM di .San - Grejjorio, p. 202 cl 26J , d»rj8 l'A- 
cadémie des beaux-arts. 



180 



iiis I niiii ni I TMriiiK or r()M.\\ 



tump (i\illtT boire <l.ins I.» m.uiiuc rluv. lriui;»\ 
et colul-ci se rintl;iit apri-s midi rhcz Ir mnfli 
ïxmr so livrera la im"^'np oceiip.it ion; 1rs soldats 
iitiT eux b question de savoir quel 
( iir vin . eeliii «In jo};e on eeliii du 
mufti (1\ Les niusnlnuns. eomnir les antres 
' — .1? |T\ierre. enfonei^'rent les eaves . et se 

lit dans le vin de riiypre. "Miistapli.^ 
h>rçade plus les tombeaux de la cathédrale de 
Saim->inilas . fit dis|>erser les enidres et les 
0!^«iemcnls . briser les iniaj^es des saints , et 
a^mmctlrc de nionstrnen«e< sooillnn*^ dans le 
snartiiaire '2 . Par un ratfiiirmenl de rriiaiilê 
el de f.m.disrae. il avait remis le snppliec de 
T ' MO au vendredi. F»Me de la transf(H"- 
le rrj;lise en mosquée 17aoCil l.'»7l '. 
Ce jour, consarré dans lanlicinilé an service 
de Vénus, ci ensuite institué par Moham- 
med comme b* jour de fV-lc des moslinis . revit 
retlc f^iis A Chypre tontes les srènes de dé- 
bauche effrénée qui jadis avaient soiiillé les 
fête* et les mystères de la déesse , et les sacri- 
fices humains sur les autels des dieux. Tontes 
les tyrannies qui avaient accablé les h:il)itanls 
de nie SOIS leurs rois, sons les Persans, les 
l'-s Arabes, semblèrent reprendre 
par la conquête des Turcs. Ilnil 
jours après le martyr de Rra(;adino . le bour- 
lile, et quoique la conquête eAt 
nie mille hommes, il enir.i |M)m- 
peusemeni en triomi-haienr A Conslaniino- 
ple "3 . Ivcs revenus de Giypre , dont lapplica- 
lion à la Mecque et à Mêdine par les sultans 
t-srherkesses avait fourni un prétexte !\ la 
{guerre . et dont le juif Miquez avait espéré se 
sawr, furent attribués au Rrand ye.sîr(l); phis 
tar<! " ' 'f des revenus fut 

coi; de la sultane mère 

htii in. 1. -iéf;e de Fama.'^osta.lesflottes tur- 
que* firent aussi une rpierre très-aclivesnr la 
n'ite de T)almitie. !. amiral vénitien Veniero , 
ativsif^M aprè^ la dérl.ir.iti' n de guerre , et 
le dèbarqncment des Turcs à Chypre, avait 



' i;'re» le même, liaMiil>e{i<4de. 

diu^ ' . I. iT , p. .SI. 

3, Parut* . p. 1i«8. CoBlarnii, fol. 31. 
(f; Mourad^ d'Obtton , I. tu , p 181. 



j bien enlevé par surprise Sopoio. sur le lil- 
1 loral dalinaM' T; mais le kapndan - pascha 
.Mi . et le renéfjal calabrois Ochiali , rava- 
! nèrent Candi»' el Ceri|yo/2), rancienne Cy- 
I Ihère. I>e Navarin . la Molle jeta ses essaims de 
j pillards sur Zaute et Cépliahmie. et envoya 
\ ensuite «le Ibilrinlo quarante |;alères contre 
.S>palo. Ochiali captura, près de C-orfon , les 
i;alères de Mii liel Harharif^o el de Picro lîer- 
lolazzi. |)nis les jjalères l.ezael Mocenii;a. Ali 
mil à terre à Sopoto quinze cents janitschares 
el sipains . doni un tiers péril en essayant de 
surprendre Sopoio i . l)nlcif;no, pressé vive- 
ment par terre cl (lar mer , se rendit à Ochiali 
et Ali-Pasrha: Anii\ari tomba entre les mains 
des Turcs par la bchelé de raiiîbassadeur 
Alessandro Donalo : lUidra par acte de son po- 
destat. I,e kapudan-pasrha prit position avec 
vinrji {galères devant Casielnuovo ; mais les 
deux renéjyais calabrois Ochiali et Caracosa , 
a])pelés par les Turcs lludsch-Ali el Karajyrrs, 
ravaudèrent l.esina et Curzola (i). Vers le milieu 
du mois daoï'it. ces deux corsaires [)arurcnl à 
\ ajona avec un riche bnlin enlevé de Lésina , 
tout fiers d'avoir arraché de l'éf^lise de la ma- 
done <Ie l.cMna le fana! du provédileur (banale. 
I>c Nalona. le kapndan-pasclia .Mi envoya deux 
fyaliotes du c(^lé de la .Sicile, puis se diri{;ea 
vers Saseno, d'où il ne voulut pas s'éloif^ner 
avant d'avoir des nouvelles de Conslanlinople , 
on au moins desavoir fpicU|ne chose sur la flotte 
des puissances chrétiennes confédérées ''2). 

Après la chute de Mkosia. Mohammed, le 
r;rand-vesir. par crainte rrun clianjîemcnl dans 
la fort'jne des armes, el de la formalion «lune 
li{pie entre les fitats chrétiens, menaçante pour 
la puissance maritime des Ollomans, ou par 
envie peut -cire des succès de son rival, le 
.serasker Mustapha, dans la conquête de Chypre, 
avait laissé tomber quelques paroles de paix 
devant le balle vénilicn;el ce majpsirat avait 
aussitôt ex|)édié six chanceliers .'i \ cnise, de- 



ri; FonliPtla . 1. 1 , p. Tl. 

"2) (>«ilarini ; Vfiiez. , 161.'», fol. 20, et F'.iriita , 
p. I.M. 

'3, 0»ntarini , fol. 29 ; Parula , fol. 10.1. 

<i) Parnl;i , p. 10S. 

fS) Conlar irii , fol. Xi ; IJadftcbi-Chalfa , Mi»loire des 
guerre» rnaniimeH fol. 12. 



i.i\ i;i. x \\\ i. 



\H7 



ni 



.iTul.mt 1 Vnvoi duii in'i;(Miatoiir il". Vm nirmc j 
lciii|i-> le |il('iiiiM)ti'ini.iirr franrais (iriiscinnn , 
se rcnd.mt rlr (:Mii>t.i!ititii)|)lr A l\iris. p.ïvsail 
par Venisr. avjr des Ictlns «lii sultan |Hnir , 
Charles ï\ , UsfjuHhH rxpriniairnl Ir d»V?ir du ! 
ri'lalili'isrint'nl dr la pai\ par la nicdiation do la 
Irancc 1 .!-i n-pnhiiquc t'ii\t»>a donr (;iatopo 
|{a{;aunni A (.xjnslaniiimple, et laissa vtiir pen- 
dant qnoltpip tfinps du n*fnHdis«;nniMit |Hiiir la 
sainte lii;tie, poursuivie avn un /Me si ardent 
par le pajie, l,es n«^[Ço(iati()ns «le Haj^aMoni :'i 
(!onstaniinople pour le nMahlisscmeut de la 
paix , et de (!(i'ninia pour donner pins d'é- 
nerj;ie ;i la |;uerre. se heurtèrent, et firent 
que , durant iMi certain temps, on n'avania que 
lentement . soit vers nn aeeomiiiodemenl . soit 
dans la «onelusion de la sainte li|;ue '.\ . Mais 
bientôt lesdévaNtations «k^ Hottes otto;eanes i 
('>andie, et l'acfivit»^ du siép;e de Famajïosta 
avaient rni-^ fin î\ rirri^solutinn du s*'nat. I^» 
■J J mai 1Ô71 fui sij;néo la sainte allianre nlTen- 
sive et dOf.nsivc eontre les Turcs, eunenus liê- 
rédif.nres et pcrfK^tuels (îu nom eluélien . en're 
lepa[)e, le roi d r.si)aj;ne et ledoj;e de\enise, 
et le 28 juillet on la |)roclama(4;.l/ambassadeur 
français, en route pour Constantinople. tenta 
vainenjent rrêbraiiler la répiilijiiiue <ians sa dé- 
cision. C "était la trei/.ième fois depuis rori{;iue 
de l'empire ottoman «pie des puissamcs « liré- 
ticnnes se réunissai«"nt «outre renni-mi Iut('- 
di'aire de la foi du CliriNl . dans une eroisade 
qui maintenant fut a[)p(l«''eli;;ue sainte ô' , et 
toiyonrsle pape et Ncnise avaient été les pro- 
moteurs d«î ces alliâmes: les es.;idr«'s d«'s trois 
puissances firent leur jon«ti«)n «lans !«• |)orl de 
Messine. 



(1) For.lietta , p. \8i. 

(2) i'aniij, p. 121. 

(3) K<Y,li' lia , p l«r>. 

(4) Panila . p TH.!. 

'■y Première rroi*utr sons 1 rl).im N . rlmtrdr Smymr, 
1344; dcuxicine, dl'eliun V ronirr Mnrad t*"' ; troi- 
«cine, de <ire};oirc M. h.ilaille de Nuo|K)Iis , 1.T.W;qua- 
Irieme, d'Euj;riie i\ , l)alaille dp Varna , 1Î1I: rin- 
quièine de (".:ili\ie III. delivr.ince dp H^'i.'.rad , 1113; 
sixième, de Pie II, t î''i: septième, de Sixte IV. ronoH^'ip 
de Smyine , S.ilalia , 1 Î72; liuitié ne, d'Iminmil VIII , 
contre Bajesid II : neuvième d'.Mcxaudre VI rotitrp le 
même , 1501 ; dixième, de Léon \ , contre .Siilcim:in I*"", 
15lrt) ; onzième dAdrien VI, immédiatement avant la 
bataille de Mohacs , 1526 ; douzième, de Paul III. 1 530. 



hon Juan il" \ntri«lie. «l^ii . par r«liHati«in 
«les p«iii*#r«, la \alfiir et l«*s traits. s«iul>l.iif 
H'pnKhiire son ]>i'ri- Charles \ . \ini a la fin «le 
sipuinbre a\ «t <»<>i\aiit«--di\ î',ahTe*esp»î',n«»l«-*. 
six maltai«'<s et trois s.tv«)vardes ; Man«>-An- 
tonio (>»lonna. due de P«h mo et «le lai;! a- 
«••V./I». av«-e dou/r lutiiiH'uls du pape. .Sfl>astion 
Venien>. an^iml vi-nitien. atiH-tia rent huit p,a- 
l^res et «i\ «^nonws f,ah-asM s 1 le rïiUMil de 
l'ueire ne sut d'aWïrd deridiT m la flotte dev«it 
se tourner v«Ts\:tlona . Ca^l«lnn«)Vo «lu Vinta- 
Maura. \eni«'roet don Juan . eapilaiue i^tiu'ial 
d«- touti's les f«>rees e«»mhiné<*s . Ie^^^•^t les 
doutes, et l'on réM)hit «le s*:uane«T «lu e«^t«- de 
lAnhipel. On lit voile dal»onl pinir (iuiin-- 
ntzze , «jiie 1rs Tnri-s ixunm» lit llulutnidvh. 
«Ml face de CorftMi. puis i^iur .\le\an<lrie. lan- 
eieiMie .^am«)s. et Céplial«Miie '2 . I.a flotte 
turque, forte de trois e«-nts voih-s, dont deux 
«enl quarante j^ah'^res, quanmte i;aIiot«'s, \\\\\\l 
petits briiks, était ^ l'antre dans h- fjolfe de 
i.éî>anle. s«ms les «jidres dti vesir 'eia-^ker d«'s 
troupes de déharquenwnt. P( iteNv-raM ha, «hi 
kipndan-pascha Muesinsad«-Ali . du hei'.lerhejî 
d \l;;ernu(lsrh-.\li (Vhi.di . du br.-.lerlx-n de 
Tripoli Dsehaafer-I'asrha, «In filMlel^aibermisM-, 
llasan-Pascha.etde(piinreantressands«haklv(>s, 
rpiiavaii ni droit, eoiniiieprineesdelanier.d'atta- 
eher «h-slanaux aux m:^lsd«'leurs saisM-anx. INt- 
tew et riudsch-raseha n étaient point davis 
d"enp;aiver le rombal ave«- la fl«»t te «•nnemi»-. parée 
que leurs (■quipaj^es n'étaient i)ase(miple1s: mais 
Pardeur présomptueuse «lu Kapudan-paM ha . 
revêtu du «•ommandiinent suprême sur mer. 
entraîna la Holte à sa perle. Dans la nuit du^iau 
7 orl«)brc. les «-hréiiens levèrent lanere. et le 
lendemain, !i une heure après midi, ils pani- 
rent .'i la hauteur de rinq petites Ih-s. appelées 
Kehino' [lar les Crées, et mainienant nmnues 
.«otis le nom de (jir/olari . siiiK-es en fai e «!•• la 
côte d'.Mbanie e» de rcnibouehureder.Nclielous 
aujourd'hui .\spropolaun»s . Tue fréj^aie. en- 
voyée la \«il!edu côiéd*- l.épant«'. ayant annoncé 
que l'ennemi était pr«x he , d«m .Inau fit arbo- 
rer à son màt «lartinuui une bannière v«Ttc de 



:i ' I.ellera dcl rlari-tsimo S. Girolamo Okào , Vcne- 
zia, l.iK-^.fol. 1. 

f2 /bid., fol \): Foolielia , I. m, p. 311,Parula, 
p. 206. 



IH*S 



IllMOlKl. l»K L K.MIMUK OTIO.MA.N. 



forme carrtv, o»mmr sij;n;»l A s*^bAlimonis «le | ch^ Turcs «l.iit coniinandiV |»;ir l ludsch-Ali ' 



se meltre en ordre d«* IvUaille (1). Giovanni An- 
dréa IXïria. .i\eo iin<iiianle quatre ijaU^re s f.ir- 



bej'Jerbt'jï d'AliV'i', laile ijauclie, |);ir Muliam- 
n)rd-*^(h;uilak. bejv <1«' N('v,re|u»ni ; en avant de 



nwnl laile drtMle. a\ail 'e |»reiiiier dclxMulu'en la li|;ne priiMipale «lebaiaille. en face des trois 



pleine mer en |viss,inl entre deux »Hiieils<les 
Curzolari 2 . et M»n mouvement tn»m}vi la 
fkwte turque sur la véritable forée de>ebr(Micns. 
parée que leuraile j^ain lie était encore mas<niée 
par les l'.urzolari. G'ite division, ftjrniée de j 
cinquanle-lnus galères sous les ordres du pro- | 
vètlileur Ivarl-arii^». rasa les Iles appelées l'eta- | 
lia ou N dla-di-Marmo en savaiiçanl vers I em- 
boucbure de 1" \ch' lous. absolument en face du < 
cap \ illa-di-Marn:o . qui depuis ce jour a reçu j 
des marins cbrtMi»ns le nt»;n de Mauv.iise- | 
l'ointe mal raultme }. et des Turcs, celui de 
Piwnte-.Sanf;'ante kanlu burun ;i . Kntrc ces 
deu\ divisions , était formé, m demi lune, le 
corps de bataille de soivante-si\ jjalères. dont 
une .v)us les ordres de Kirranie (.iiraccioli . 
comte de Biccari . qui a décrit avec talent les 
hautsf^itsdedonJuan d'Autricbe i .Larr:èrc- 
garde. de trente -galères . ét.iit couunandée par 
don Alvan». marijuis dcSanta-Croce. Kn avant 
de la lij^ne principale de bataille se tenaient les 
trois aiiiraui des alliés, au centre . don Juan 
d'Autriche, ayant à sa droite Marco- Antonio C".o- 
lonna .a sa f;auchc Sebastien \ cnicr ; tout prtsdc 
Colonna était i>osiée la capilana p.éuoise com- 
mandiV |>arFttore>pinola. ayant <M»ri bord Ales- 
sandn» Farnese. du» âr Paru. e. et tout contre 
Vcnicr la capilana savoyarde conduite par mon- 
seif;neur di |ye(;ni. portant en outre le duc 
dlrbino; immédiatement derrière don Juan 
était le \aisseiu du vice-aniiral espafjnol . le 
grand commandeur de Castille: lexlrémité de 
lali{;nedebataillf*. du côté de l'aile droite, était 
occufK-e par 1-- vai'^srau amiral mallais, sous les 
ordre- du prince de Messine. et 'elle de ;;auclie, 
par la capilana de I/>melini 5). L'aile droite 

1, Ihtdo, fol. 13. 

2, r^-wlo, fot 14; Coniarini, FogtietU . Parula , 
p. 2'f>. 

fol. 15: HadM-bi-Clulfa . HiUoire d'il 
gi) me», fol, 43 

■'4 1 errante J jracaoli. ronte di Brrari, ncrittor di 
qoesta n'riria, ilqoal, ron la nia f;alfa, aridara a de«tra 
di qo»l a deif^noo: rommenurii délie guerre faite cori 
Tardii , p. 3t- 

5, Coaunoi.fol. 3C; Diedo, Paruia , Foglietta , 



amiraux clircticns. elail posié le kapudan-pas- 
clia Meusnisa<le-Ali. avant !\ sa droite le vesir 
serasker IV-rtew . à sa j;au(lie le trésorier de 
l'armée y\ . 

I,es deux armées navales se considérèrent 
(pieltpie temps avec a Imiralioii. I.a llotle clirë- 
ti« une était lorte de plus de deux («Mils voiles , 
ce'ledes l uns en compiail «'iiv ron trois cents. 
Ix» sole l brillant d'un vifédal ,les()llomans 
étaient éblouis par le reMet des eascpies, des 
mirasses , et dis boucliers d'acier poli de leurs 
adversaires 2,. Les alliés, de leur côté , étaient 
éiiiervi illés des couleurs vives et variées des 
b;Uimenls et des équipages, d(s fanaux dorés, 
des bannières de pourpre ornées d'iiiscri|)- 
tions brodées en or et en arjjenl, des pavillons 
des vaisseaux amiraux portant le jjlaive à deux 
tranchants d Ali. les étoiles, la lune , et le chif- 
fre entrelacé du sullaii. Kiifin l'amiral turc in- 
terrompit le silence par un coup de canon a 
poudre, comme salut et invitation au comman- 
dant des c<mférjérés de le reconnaître de la 
même manière ^'.\, : don .lii.nn répondit par un 
l>oMleldej;ros calibre. Laciion s"en;;ajjea à laile 
gauche des chrétiens, ofi Mohammed-Schaulak 
et Giaiir-Ali assaillirent la jjalère rie Barba- 
rigo par une jjrèle de traits. Il élail (piaire 
heures et demi ajirès midi (4) quand Ali , le 
kapudan-pascha , fondit sur le vaisseau de don 
Juan; mais il se intuva pris entre l'amiral 
chrétien et le vaisse.iii de \«'nier. Pertevv-Pas- 
cha voulut s'attaquer à (>olonna (5 , Trois 
cents janilscliarcs et cent arbalétriers du vais- 
.seau amiral liirc lullèreni vaillaiiiinenl contre 
les quatre cenis arquebusiers sarrles [ibués a 
iKird du vaisseau amiral de don Juan (6). L'ac- 
tion dura une lieure : le kapudan - pa.scba 
tomba frappé dune balle, et les .soldais esjja- 
gnols se rendirent maîtres du vaissem. Le ka- 

(1, Contariiii , fol. 50. 
(2; Diedo , foi. 17. 
(3 /hid. 

(4, Difdo, fol. 19. lyT »f»lf'il baissait i l'occidfnf. 
[5; Oiedo, J'arula , Fof;li«;il3 , (xtnfarini , Oialiani , 
Safiredo. 
'fi. I /«niarioi , to\. 52. 



I.IVKI. \\\\ I 



ISD 



I»iiddii-[)as4.1ia respirani t'iKore , ei les juvitaiil 
^ (lisciiulrt* dans la cale, où ils Irouveraicnt 
(!«• rarj'.iiit, l'iiii d'eux lui aballit li lft<', »|ui 
fut |Kjrti'c A dt)ii Juan. I.r priiuf niMJUssa 
.ivec horri'ur U* soldat qui la lui primait, el 
onloiiiia de jeler un |ureil liii|ilu^e i la iiu'i ; 
néanriiMJris uit la plaia »ur la |Niiiiie d une 
lanee 1 kara(;u*s el Mahniud Miulinrcnt te 
(ouitut a\ei° ipuire aulii> \ai\M'au\ |i«)rlan( 
f.inal , en sorCe «|ue le uiaii|ui>« deSnila-Oroec 
.niourul avcv rarrière -ijaide pour aider les 
Irois vaisseaux amiraux. 1 es |;alér(S de Pertew 
el de karaijii's lurent prises. Karaj^a's irrit ; 
Pertew séthippaà la na|;e, et s'en'uit eîisuile 
^ur une clialuupe 2 . le dernier eni;aj;euieiit 
lit lieu entix* l'aile droite des chrelien.s sous 
l'oria , et la j;au( lie des Tuns sou^ riiidsrli- 
Aii; re fut auvsi le plus «tiurt : l luds« li-.\li , 
a|>r^s avoir enlevé la capitana de l'ordre de 
NIalle . et abattu de s,i propre tuain la tète au 
' oMiiiiaridcur .{ , ne saii\ a (|iie «pi.iraiile jjalèrrs 
de la défaite ijêiu raie de la Hotte. Deux eenl 
\inj;l-quatre Kltinienls ottomans étaient per- 
dus; qualre-vin];t-<pialor/e avaient été jetés à 
lacùleet inieudiès; cent trente étaient tombés 
entre les mains des alliés, avec cent dix-.sepl 
jjrosses pièces de canon et deux cent cinquante- 
petites, «'t tn)ismille<pialre(«iilsoi\.iiile-luiit ev 
< la\es i ; ipiin/e mille (lirelirns virent briser 
leurs cliaines 5 . La |»crtc totale des I ures, en 
hommes, fut évaluée .i trente mille; les allies eu- 
rent a rej;re:ier<piiii/e {jalèresel huit m lie vad- 
1 mtsmirins«'is()|ilatst)n(omptaj»armilesmori8 
le pro\édileur Harbarii;(), <|ui péril des suites 
de .ses blessures le troisième join-, et Min;t-neuf 
nobles veniliens dis premières maisons, tels 
que Irissino , Cornaro. Veniero, Pasqualifjo , 
Contarini, Ixiredano b , Ouirini , le prieur de 
.Malte, et le iJrand commandeur d'.MIeiiiajjuc 
du niènie ordre J j. Parmi les prisoimiers , on 



(1) I comincnt.irii de!!»* p.iierrc fat c ron Tunlii, da 
S. Giov. d'Ausiria, struii d.i l'irraiile ( jrj«cK)li, unilc 
di Biccarj , p. 3'.i. 

{2/ Had.«chi-Chalt'a , IlLsiuïre des fiUerrcs maritiiim . 
fol. 4.3. 

(3, Had.schi-Cbalfa lui attribue cet expluit, dao» lllu- 
loire des guerres maritimes , fol. 43. 

(4; Diedo , fol. 27. 

(5) Ibid.,M 2G. 

(6) Ibid., au même lieu. 

(7) Caraccioli . p. 40. 



peut si];ualer le Horeiitin Ikiiijpani GiaiiH- 
i;liiz/i , rar »oii esclaNajje chez les ( Mtonian» le 
loiidui^il p'us lard 1 au poste d'aii>b.isvi(ifur 
de sa patrie près de la cmir de .Miirad III. .\u 
nombre dc« blcMês, se trouva Inmuorlel auteur 
de Ihtti (Jiiijolt', Orvantes '1 , ipii |K*rd l \h 
le bras droit. Les I uns compièrenl |>.iriiii les 
iuorl« , outre le kapudan - |>asi ha Ali , le» 
»andsi-|iaktH'];s de Iselioruin. karalll^iar . 
.\iH;ora. .Nu(»|n»|is. Ix^p.tnle . (.liios, Miislme, 
."SMH;ads4hik . llijja . Ale\.indrie. I iii^imm leur 
et le kiaja de larsenal, et plisieuis de leurs 
principaux capitaines de vais.Heau\; parmi les 
|>risoniiiers, Mohammed. |>elit-hls de Ssabli . 
bej;l«riie^; <r.M,;er, les s.indsc|iakbe];s (.laur- 
Ali et iKcbaafer, les deux fils d.Mi. kapudaii- 
pas<lia , el plusieurs autres a|;as de renom iJ;. 
Les fanaux d or, bs baïunères de jH)urpre avec 
des inscripiions d'or et dardent, les étoiles et 
la Itme, les (pieues de cheval du serasker, fu- 
rent les trophées de la bataille de l.epante, la 
plus fameuse dont li-s annales des jM-iiph-s aient 
(jarde la mémoire. .MaK o-.\ni(jnio (..olonna en- 
tra dans Home en iriomphaleur, monta au Ca- 
pilole , et ci)nN.i(i a une coloinie d ar|;ent à 
I aulel (le la ri ine du ciel \ . Le st'iKit ui éri(;ea 
une >tatue de marbie, et le irésor public fit les 
frais de dorures el de iiiajjiiifiijues [H-intures 
dont on décora le phdoiid de I éj^lise .//y/ in 
cœiis (ô;. AVeni.se, dans rë{;lise Saint-Jean 
et Saint-Paul , une chapelle particulière fut 
consacrée a pei|K*luer le suuNeiiir de la sainte 
li/,ueet du très-jjlorieux triomphe des chrétiens : 
le ciseau de N iltoria et le pim eau de I inloreitt) 
en binl encore aujourd'hui un des plus pré- 
cieuxonjetsdoiii puises enori;ueillir I ancienne 
domiiialrice de I Adriatique b. La fa(;ade de 
l'arsenal fut décorée de sculptures représentant 
une entrée Iriomjihale , el sur le faite de lédi- 
fice fut dressée la sl.iiue de .sainte Justine '7;. 
pane que raniiement manlime était sorti de 



I^ ( aijcciuli, au iiii'-iiie lieu , el p. 41. 

2, Moiiaii, Vi<' df t n vaiiir». 

3, .Mahamut , Mnliainii.ed ; Caur-Ali , Carablugb , 
Karabauk ; iiui» ce dernier n'élait pa», comaie le dit 
Diedo , bc(î de t hio» ; ce beg » appelait I- irdews. 

(4, Ara cœli, Caraccioli, p. 5i. 
(5; liecril daut loule» le» topo(p-apbie)t de \en\H-. 
(6) Jbid. 
I (7) Gratiani. [)« belle Ciprio , p. 388, 



1 00 



iii.s roiKK in: i/i-Mniu-, oito.man. 



la, et que la \ioloiro a\;ii( ito rnniKUlir le 
jour do la fvle tie cccio s.tiulc. A Paduue s eloNa. 
Siiivaul U^ rèf.les île la siiuplit ilè i basique . 
IVi^lÏMMk Nuiue-Jnsline. l.i plus i;r;m(le el la 
plusbelledo U ville, tr 7 oelobre fui désonitais 
solenuiM' tons les ans â Ne ise par le sèiial 
ciMimie une teie reii(;ieuse et poliii(|ne. le paj.e 
Pie V, àiiK" de la .sùnte li^iuc. après avoir dis- 
|iaso, couHiie on la vu. une entrée Irioiiiphale 
(Kiur stm amiral . lui tît m outre un {m sont de 
lk»,lH»0 «lueals l : et quant an eapiiaine (gêne- 
rai don .luan d .Vntriehe . il lui a{)pli(|ua iori 
l)riireu.sen)eni dajis le lenjplc du Seij^jeur les 
jwroles <le l'Kxanp.ile : «Il y avait ini lioninie 
rn\o\f de Dieu, du nom dclean. » 

Mal^;rc (an( d'eo(liuu.siasme. celte victoire si 
};lori* use resta pres«pie sans risultat . par suite 
de Li deMiuion et «le la néj',lij;en(:e descliréli< ns 
qui lavaient reaiixirlcc : e"esl l'oli.servaiion de 
la plu|>arl des historiens. D'un autre colé, ecl 
événemenl mit en relief les res.sourccs de la 
^Hii.Nsanee ottomane . qui se ntainlint à toute .>-a 
hauteur par k-s soins du i;raiid vesir Mohaïuiued 
et du luufli Kbusuud. s«ius un prinee abruti 
o :; 'a; aiasi . a anl la bataillt-, la flulte 

lui :|>lait trois cents voiles: a la suite 

d'uQ«i j;rand désaslr»'. quelques mois d efforts 
iiKHils rêt.Uilirenl la m;trine. el l'on > it un nom- 
bre prcM^ue aussi cousidrrabic de bàliinciils 
prèli a prendre la nier, l'iale ramena cent vingt 
vaisseaux t* treize galères ^'2 . Au coomienec- 
raent de decend>re. l ludsch-Ali. avec les ga- 
lères écba|>pi'es. et dautrcs iju'il avait ralliées 
d»» ports de lArchipel pour di>siiiiuler reten- 
due de U dêFaiie au\ yeux de la capitale, ftinoa 
un» ■ :. quatre-^ soiles. a la tele 

de . tit s«»n ei. le |H)rt deCon.s- 

laDt.oople (.i . I>e suliaii .vinu b- uomma kapu- 
dan-|»<tsrha . et ordonna que désormais il s ap- 
pelât kilidsch-Ali. te^t-a-diie Ali lépée. \je 
kapudan-pas^ha el le grand \esir réuuiptnt 
leurs efforts j.our reformer la fiotie. Ils ne dé- 
corèrent point l'aisenal de îMTulptnres; mais. 
détachant du U nraln du jaHin imj)érial qui res- 



. f rh*-»io , fol. i9. 

(2 Eitnit du rapport de i'arribdMadeTéuiliebrif, du 
29 no*enil<re |.>72 , dan» \r% archive» impérialw». 

(3, Rappr/r( de TambaMade Ténilieuue, dan»!'» ar- 
cfairet impéhakA. 



serrail Tespaee, ils agrandirent le lien consa- 
cré aii\ (■(>n>lrnilit»ns , «•! lirenl établir liuil 
nouvelles cales voûtées. 1.;^ . dans un s<nil hiver, 
lurent conslrnilescinl cinijuantegalèreset linil 
gabares. le ka|inilau- paselia fit observer ;iu 
j;rand \esir qnil était lacile de construire des 
vaisseaux , mais (pi'il serait inquissible de se 
procurer en si peu de temps cinq cents ancres, 
les gréements, el tontes les autres parties du 
matériel néces.saire à deux ci ni cinquante b;\li- 
in-nls : <' Seigneur pa clia (3), répondit So- 
koUi , le l'OUNoir et les ressources de la sublime 
Porte sont tellemcul infinis , (|uc , si cela cUail 
ordonné, il serait pt»s ible de se pro» nrer dis 
cordages de .soie et lU's \oiles de salin ; deman- 
dez-moi ce qui peut man<]uer pour un seul vais- 
seau.» kilid.sch-Ali se courba juscpi';^ la terre, 
(|u'il tonclia du revers de la main, el s'écria, 
plein d'admiration: k.Ic savais bien (jue vous 
sauriez reiicllrc la (lotte dans .son ancien 
état.» 

Le balle vénitien, qui. malgré la «oiKpicle 
de Cliypre et la défaite de Lépanlc, était rcsié 
à Constant inoplc , se présenta chez le grand 
vesir, ave»' (|uel<|ues esclaves, poiu' sonder ses 
dispositions rclativentenl . la paixouà la guerre. 
«Tu viens voir. lui dit Sokolii , où en est noire 
comai;c après le dernier accident ; il y a une 
j;rande différence entre voire perle el la notre. 
Kn vous arrachant un ntyanme, nous vous avons 
enlevé un bras; en ballant noire Hotte, voiis 
nous avez seulement coupé la barbe : le bras re- 
tran( lié ne repousse plus: la barbe rasée revient 
plus épai.sse 1^1*;. " (-e n élaii pas de la forfan- 
terie; c'était la vérité saisi.ssantc. Au mois de 
juin . la flotte turcjue, forte de deux cent cin- 
(juanle Noibs, prit la mer; celle des alliés, 
qui, après de longues hésitations de la part 
delK-pagne. parvint enfin à se rassembler, 
élail |)lus nombreu.se ; mais l'avantage du 
nombre et de l'habileté dans les équipa{;(s fc 
trouvait perdu par la né[5ligence el la dé>unioii 
des ch( fs. Deux fois les deux flottes se rencon- 
trèrent devani Cerigo, et près du cap Matapan , 
mais sans qu'il y eut de résultat ; les Turcs .se 



'^J Hadv.'bi-Cbaira , llisloire dex guerres mariiinie.<! , 
fol. 4î. 

(2^ Sayrfdo, Venez., 1688, p. 404 el W*\ Graliaiii , 
1. r , lyo. 



i.i vnr \\\\ I 



toi 



relirérenl sur Motion et Navarin ; les allio i^- 
tèreiil (Il st.niou dtvaiii C*rij;i» p<»ur tMinHclur 
la joiuliou dt-NTMadi» ^ ollomaïu's. Nt-aiimoins 
la rcuuiou sopi-ra ; U- priiui* di* l'ariur dut re- 
ouuttr au sù'[',v de MikI»»» , iIduI il ilail 
char];t'; l Iu«ImI» -Ali raimiia sa Hoiu-à (Àmstau- 
tiiiojile , n'ayant perdu quf i|iu'l<|iu-s jjaU'ii-N , l • 
Kn iKilnialif , >oran/u dtliui^il If tort vlv\v par 
Ws Turcs devant l'-ittaio ,J . ViiiLsc, tonvaiu- 
curqu'd n y a\ait |iliis i i-oni|»t(i- sur ri.s|>ai',nc, 
se vit rvduili' à dcniandn- la [Miv. I.audja.s.\a- 
lUîur franvais, .Nuidica, évi'quc d'Aix (.i,., {\\x\ se 
trouvait fMiur la s«« ontic lois rharj;i'> «le rc[iré- 
»tnl«'r son roi à (Àia.slanliiit»pU\ rin<lil les nt'- 
guiattuus plus fatiU'i par sa lui-tlialion, tl les 
instructions donnôrs par le »:ons»'il dis l)i\ à 
Ifnwiyé vrnititn |>rrs.sau'nl nue uuKiusitui. 
Linterprîtc «U- la Porn* Orau», et Icjuif >alo- 
mon, nu'deiin du ijrand \esu", tiaient les niV.o- 
eialeurs du cùlv «les luns; le serrrtaire dKtal 
IVridun i «ii.ui,;.a d«' sa iruprr autorilr lacle 
M-nilit-n dt'j:» ndi;;»-, ri llarbaro m- vit réduit a 
souscrire aux tonditions ainsi nMxIiHiTs. I.c 
7 mars IJii, la |>.ii\ fut tnfiu (onriue par Us 
pU-n>))otenliaires \nlniiio Uarl>aro. proc uraleur 
e( haïky et Aloisiu .\loceni(j;o. Tels étaient les 
arlirUs .*> : 1" Venise jxiyail pour les frais de 
la guerre de Chypre, dans lesp-ti c de trois ans. 
HtMJ.dtM» duialh, ainsi iju elle sétait rési^jnée à 
U' lane à la paix ctHirlue muis le rè};ne de Sulei- 
nian . a la sinîe de la };iu*rre de Cortou ; 2" So- 
|»ol«»»'tail restituée asec toute l'artillerie ; H" le 
tribut arninel de /ante était porté de /jOU à 
l.MM) dueats; 4" le sultan Selini maintenait la 
capitulation donnée par le sultan Siileimaii. et 
coiitirniee par lui-uiéuie: ô" le tribut annuel de 
8,UUU <lucat»,payé [tour Chypre, cessait de plein 



Sanredo, p. *»5 4ut; tofitieila.!. iv.p. iU7-4lJ; 
ParuU. I. m. p 2i2,A'J, .!73 . 281 , 2b7 ; Graiiaiii, 
I. IV ; lljdM:bi-Cbalfa , Ilutoirc des i;acries uiariliincs . 
fol. 44 

(2) Farala. I. m. p. 301 
(3} ParuU. I III, p. 3(2 : FlasMH .In. p. 32. 
(4y !ù{;redo , p. 31 1, dounr à ir'triduii le uoin de Viœ- 
redjn. 

(d) Le rapport du baile Barl>aro, dans la btl>lir4hèque 
impériale et royale , daiis les iiiaiiusn i(.s de Ranjjoni, 
U° IX , fol. 1-Gô ; Relazionc del clarissimo S. Marco An- 
tonio Rarbaro, riiorualo bailo da ConManlmopolidaSe- 
liin imperalore dei Turchi, l'anno 1Ô73. 



droit ; b le< possessions oltonianrs ri véni- 
tiennes en Allume et en Daiiuatle étaient re- 
mises dans leurs limiti*^ antérieures. (pii seraient 
bien fixées; 7 ' les niar» liauds des diux nations 
de> aient recouvre r les nian liandiMs » t Us vais- 
seaux »éi(ueslrés &ur eux durant La (;uerre. 
iLirliaro partit lui-même pour la halinalie, afin 
de presidei .'i la delunitatiun des frontières ; ses 
functiotus furent remplies par .Vndrea Kadoer. 
eonune auila'^.sadeur extraordnaire, et par An- 
tonio l'iepolo, eianUM- baile. Il s( iiililerait (|ue h s 
Turcs eussent j;j|;ué la bataille de l.épante 1 . 

.\près la paix de Nenise a\ee la l'orte, don 
Juan résolut, avec la Hotte espagnole, de reton- 
(piérir l'unis. Celte entreprise était facile; car, 
si la ville avait été enlevée |>ar llud'cli Ali du- 
rant le siéije de .Nilosia, la forteresse de la (iuu- 
letle était testée entre les mains des jispa^jnols. 
[)on Ju;in leva l ancre le 7 o» tobre \ôî'2, jour 
anniversaire de la bataille de U'|jante . de Kavi- 
t;nana en .Sicile. 11 se diri^jea sur la (iouletie, 
où alors étaient rassemblées (jualrc-vajijl-dix- 
neuf jjaléres (2 . \ la nouvt lie de l'arrivée de 
don .luan. les Turcs avaient aUindonné la ville, 
(jui devint la proie des l„spaj;nols, avec trente- 
trois (anons. llamid, HIsdeMuley-llasan. rétabli 
surletronede I unis p;ir CliailesV.te misérable 
qui avait lait crever les yeux k son père, payé 
les services de lenqiereur |iar l'in^îratitude, 
et refusé de |vaytr le tribut stipulé, vint 
maintenant implorer de don Juan son rétablis- 
sement dans la souveraineté de Iiinis; mais .«es 
prières w furent pnini écoutées. I.e niar(piis de 
Sania-CriKe prit po.ssession de la villeet du châ- 
teau , et le frère de llamid, Moliamuied . reçut 
le titre d'intanl el de vice-roi de Tunis 3). 
Ensuite fui élevé un nouveau fort avec six bas- 
lions i entre la mer et la ville, où Galrio 
Zerbelloni resta comme «on mandant sufuritur 
avec quatre niiiU" Ihdiens sous les ordres <lc 
F'afjano l)oria. et quatre mdie Espagnols .mjus 
Salazar. Il y avait en outre cent chevaux, corn- 



1 Vollaire, F.<isii sur tes mœurti , rh. xn. 

2 (jrdrrioli , 1. m, p. ](/.). 

,3^ A la bibliitlliéqiie impérialf , parmi lc« manii»cril« 
de Raiir.oni , ri" ix , fol. 1 iS-l61 ; Rebzione di TuniK e 
Risrrle, rou le (»»Mrv..zioui délia qiiaiità e cdslumi (iei;li 
babitanti . fana l'anno dop(j délia imprc«a di esie ptril 
i^rinissimo sir,nor don Giovanni d'AusIria, 1Ô73. 

;4' Cararcioli. 



I9â 



HISTOIRK DK L KMIMHK OTTOMAN 



mandés par don \jopez Huriado di Mendou 
llamid fiit nnharqiié pour >aplo$ . a\ec sa 
f(iniD( el son fils. 

La cooqu«Mf de Tunis par les F-s|vi{;uoU , et 
les nouvelles fonificaùins ajouitvs à cette 
place . txlair^rent le sultan, le j^rand vi-sir. 
et surtout le ka|>ufi.in-pas<ha Kilidsrh-Ali. qui 
arail déji une f • la ville aux Espa- 

f;nols Di\-huii i. ., -. le \ô mai lô7<. 
la flotte ottomane . forte de deux cent quatre- 
vin . 
Uk . 

dément supérieor des hitinients: les trou|>cs 
de drtMr ' ordres du 

rooqoér. i. en qua- 

lité de scrasker 1 . ^ept milie janitschares , 
sepr - " pahis. et dix mille so'dats syriens 
irr», furent jetés à terre à Tunis. La 

\illc- lu ;rant trois jours 3 ; puis le 

siège de ... ... :te fut confié au beglerbeg 

de Tunis . Haider . et celui de Tripoli , à Mus- 
upba-Pascba i 

Irais joars. la (. it 

daS juillet au 24 août 1674. Deux cents ca- 
nons, trente-trois bannières. le commandant 
dOD l'irtro et linfant de Tunis, tombèrent 
entre les mains des vainqueurs 5 . Cinq mille 
chréticos forent passés au fil de lé^iée . deux 
■Ok forent pns: les Turcs perdirent dans le 
siège bi' 't deux kiajas des janit- 

sdûres. ...... ... r aux Espagnols tout es- 
poir de redevenir maires de la Goulette , on 



gocrres maritimes des Uttomaas. le bastion de 
Tonk. Pagano Doria et Giovanni Sinoghera . 
tous deax blessés 7 , se défendirent en hércis. 
Trob iMiiiti foricfn , livrés sur tous les points. 
fivcnt rqMMHié» (&y ; au quatrième i- f..rt 



(l; BiMoiredaRBeiTCtBantûDei, foi. 45:Seiaaifci, 
Pettckevi 

2; Caracdoit. p. 118, le» afipdk crui 'komdtcfai . 

'3; Gvacsâeti. p. 120. 

'4 HiM«ire des guerres naritiiDCS , fol. 45. 

:i, Cjr«noli,p. 12S;rBistoire des guerres auritinies 
p«ne Ve% deoi oeau osob» i daq ceatu. 

aSf BHUxre des gaerrci ■gitiiari. M. 45, et C^nc- 
àtlk, f. 136. 

•T) Qnodoli, p. 128c 

1?, /bid , p. 129 et 1» 



fut emporté. I^-e commandant Gabrio ayant clé 
amené devant Sinan. celui-ci le prit otUra- 
geu.semrnt par la barbe, el lui demanda oom- 
raenl il avait en la témét ité de vouloir «'noore 
défendre le fort a[»rs la duite de la Goulette. Il 
restait encore à prtndro la tour de lile , où 
Pagano Doria et Sinof.hera tinrent ol>stiné- 
meiii. l ne telle vaillance Kiir Niilut . de la 
|>arl du kapudan-pasciia et du seraskcr. une 
sommation écrite qui leur assurait la vie et 
libre retraite 1 13 septembre'. Paj^ano, 
Mit de la foi turque, crut d«voir plutôt 
se confier à quatre Maures . en leur promettant 
l.OtKl ihalers s'ils le niellaient ensùn'lé: ils lui 
coupèrent la léle .et rap}K)rièrcnt au seraskcr. 
Sino;;liera livra à Sinan-Pascha lô.tKK) ducats de 
la caisse royale, espérant ainsi empêcher la viola- 
tion de la foi promise. Néanmoins Sinan déclara 
que la liberté de la retraité était accordée .M-ule- 
raent à ceux qui sétaienl retirés dans la tour de 
l'ileavanl la chute du fort, etnon point à ceux qui 
.sy étaient réfugiés après. Sinoghera voulant 
élever la voix en faveurdetous. Sinan lui montra 
la tète de Pagano . comme pour l'avertir qu'une 
telle liberté de discours lui coCiterail la vie : Si- 
noghera ne put donc choisir que cinquante 
hommes dans la garnison 2 . 

Il faut maintenant nous porter sur un autre 
point , et suivre les actions de l'aventurier mol- 
dave Iwonia . dont l'audace mérite bien quelque 
attention de l'historien après les exploits cheva- 
leresques de don Juan. On a déjà vu avec quel 
soin la Porte avait observé l'union de Bogdan, 
princede Valachie. avec la F'ologne. L'aventu- 
rier Iwonia. qui se donnait [lour un fils naturel 
du woiwode Etienne, mais qui. en réalité, de- 
vait être un noble [polonais de Masf)vie, profila 
de celte circonstance [)Our obtenir du sultan, 
sur la demande de quelques Ixjyards , sa nomi- 
nation comme prince de Valachie, et une 
armée de vingt mille hommes pour son instal- 
lation 3^. Le roi de Pologne s'employa jHJur 
son protégé Bogdan par l'entremi-se de l'am- 
! ■ T M s ski près de la Porte , et les 
, i ,' l'appuyèrent d'une manière 

(1; CaracctoU , p. 13f. 

(2) Car»cck>li , p. 136; Petscbevi , fol. Ilj3i .Selaniki , 
p. 114. 

'< GorecLi dit mille , La»irki deux mille. 



MVHR XWVI. 



!r»3 



\)\m efficace avec quelques millier* d'hommes 
.•-ous les ordres de .Miel«*cLi II y eiil »lonc des 
enfîai;enienls oDlie ties Iroupes |>olonaiNes et 
des tn)ii|H'«i turques en Moldavie. Stanislas 
l^anckonm^ki el d autres nobles jHilonais re- 
j)oussèreni les avant - postes turcs , dans vnr 
escarraouche , p»iis se retirèrent surtlhoiim. 
seule place forte qui fût entre les n)aiiis de Ito,;- 
dan I . Cx*lui-ci envo\a le jeune K.id<l/lki au- 
près d'Iwonia. pour le déterminer i un abandon 
volontaire de la princi(Muté. Iwoiiin Ht <-onduirc 
le né|;<Kia eiir a (xjiiMantmopIe, où I interven- 
tion active de l auibas^deur laranowski el de 
son interprète Dziirsky auprès du i;rand vesir 
ne put le préserver d'être attaché comme es- 
clave à une (ïalère, tant le sultan était irrité 
de l'irruption polonaise en Moldavie 2 .Q'pen- 
dant , le roi Si|;isniond Aui;uste était mort le 
7 juilet 1072, et avec lui «^'éiait éteinte la race 
des F^iasies. Pour melir» la l't»lo;',r:e « labri d in- 
vasions Iniques et de l'irruption des latares, 
JasIovKTkv S4* vit con'raint de livrer (hociin 
à Iwonia . qui alors contracta paix et ai itié avec 
la Poloijne; niaisie prince valapie demanda en- 
suite l'extradition de B<»gdanit de mju frère 
Pierre. Les Polonais se trouvèrent sous'raitsà 
renil>ariasde la première réel. imit ion par la mort 
deBo}^dan.qui. devenu suspect de tendance au 
protestantisme, fut saisi par ordre d'Iwan le 
Sévère, auisu dans un sac. et noyé i : Pierre, 
adressé à Constant inople. > mourut. Otte fin si 
brusque donna lieu à des soupçons d>mp<)ison- 
nement i Iwonia se montra tyr.m furieux en 
MoldaNie . fit enterrer vifs des évè mes et des 
moines, pour se saisir de leurs richesses en- 
fouies. Par une lettre écrite en turc au nom du 
sultan . il en;;ajîea l«s états polon is à n'éiire 
iir roi aucun iiembre dune famille qui lui fût 
stile, aucun .Autrichien ou Huvse ; mais en 
ret. le messaj^er avertit lis niaj^nats d'être 
< Il j;arde contre ses ar ifices. Cet aviss«rieux 
et sincère devait paraître suspect, car Iwimia 
avait jadis quitté la foi du Christ pour l'islam, 



(1) Joaiinis Lasirii bisloria de ingre»>u Poloortram 
in Valacbiam cum Bogdaoo voivoda, a 1572 , ad calcem 
Uorecii , p. 138. 

(2, Le mèvae , au même lieu , p. lôO. 

(3j Istuanâ , I. xxiv. 

:>4' Le même , ibid. 

TOM. II. 



et n'était revenu que tout ré» en m ;>r^van> 
fîi'e I . iH'j.i le nouveau priii i!é 

rorai;e |)ou^s«' eonire lui de (l4)i. jar 

les manoHJvre^ du woivviKle de \alarhie. l'o 
tvhausch parut dois le - \ a*ec 

un ferman, réclamant Ijn m ju lieu 

de (>0.(NK) . auiqneU avait été Até ju«|ue-U le 
tr but annuel 'il fcM '"' •«»- 

(pia les lMi\ards à un ils 

jur^rei t de vivre et de nuiunr avec leur woi- 
wode '2 \je roi de Polo|',ne, lliiin d<- V.doU , 
et le séfial. refu^i-rent à Iwonia l'assistance 
qu'il im|»lor.ul : Ihetinaii do (>is.i \<\r> . nwkt- 
zewsk) . lui accorda d«*s snours. Iruis fuis le 
vvoiwtMleet l'hetman battirent les Puits. Iwiinia 
donna la cliass** a son rival a la (iijjniiê prin- 
ciére. [)oiirsuivit Piene. d'al>ord en Tran- 
sylvanie. juMprà Kronstadt, puis .se porta sur 
Bn»liiiov\ .] . I.ecouiii) " e, 

au<pielildcmand.iit I < A , < li- 

teur fuj;ilif, lui envo\a en réjion'e dix l)oule(s 
de canon et deux flèches . par ipi sa- 

gers : Iwonia fil d"alx>rd couper ;i • .u- 

reux les oreilles, le ne? et les lèvres , el les fit 
pendre ensuite par les pieds devant la place. 
Brahil t\v fut emporté d'assaut, et le carnage 
dura quatre jours. I ehin ou Ikiider. el Hielo|;rod 
ou .\kkerm.m subirent le mè le sort i . ('.e(>en- 
dant les Turcs avaient réuni au delà du Damibe 
une armée considérable 5 |M)iirviie de cent 
vinj;l pièces de canon : avec 30.IMI0 ducats, ils 
avaient corrompu le communiant deihocim, 
qui s'était en{;a{;é à trahir Iwoni.i le f) juin . 
l'armée moldave, forte de trente mille hommes, 
pour la plupart pay.sans mal tVfuijM's , de treize 
mille cavaliers commandés p.ir Ts^harn]' Izky, 
avecquatre-vin{;ts canons, se titiiivatii face des 
Turcs a Oblulsch, dans la liuljjarie. .MaT;ré la 
trahison de Tscharnjeizky . qui. dès leœmmen- 
cement de Taclion, avait ordimné a ses cava- 
liers d'abais.ser leurs drapeaux, d'incliucr la 



,1; Gorecii dwcriplio belli Joanni» voivinla- Vaiachue, 
qiiod. anilo lô7i , cum .Vlym 11 , Turcaruin tuipt-ralore, 
(je>Ait. Fraiicijfurii, 1Ô78. 

(2J Gorecius, p. 35. 

3 /bid., p .2. 

(4) /bid, p. j6. 

;.") D'après Fr^lro, MM\.niif mu » n "i m-^. <>■ qui 
est plu» probable que U* ceu: d> ux n» !> boiumcs de 
Gorecki: Loge! , Histoire de .Moldavie, p. l'22. 

13 



li)î 



iiis'KMur. OR i. KMriiir. o rroMAN. 



lôto, et do|liccr leurs cas»ni»"ssur la |K)inio tlo 
U*uini laiiivs. la kiiaillo dura (rois jours avii 
dt'S alliTUaliws de fxirliiiir I . Los Tuns oHii- 
reiU une ijjunl.iliou que Us C.osatjues eouseil- 
Krcnl de rejeter, uuisq le le-s^.ol^^aves.dl^orés 
parla st)if. voulurrnl aeeepter. S«'|tt fuis h>onia 
sf fil jurer lil»re retraite |H)ur les (xïsatuuvs. 
auuiislie jHJur les Mt>ldaves . el la sûreté «ii* sa 
propre jH-rsouni', ensuite il se rendit au kapid- 
schil^sihi. Celui-ei seul retint quatre heures 
ave«" lui: puis. senqMMiaut tout à eoup ."> loe- 
rasion dun mol d Iwouia. il le frappa de sou 
sabre au Nisa^^e et au ventre. I.rsjanitschares 
lachevèreni . plantèrent sa ItMesur une Iniee , 
firent eearieler s*in eor|is par deux t hauie.iux , 
treiii|Hrent leurs sabrées dans son sauR, el se 
|>ar^a;",^renlscsnlenll^reseonlmedestropllées;2). 
l.es Cosaquis tentèrent de >e frayer un passaj'.c 
les armes k la main ; mais tous pènrenl , A l'ex- 
eeption de six , parmi lesquels se trouva Swicr- 
zt\\sky. l ierre, fils du chef de la Valachie, fut 
nom II é woiwode de Mt)ldavie. el installé par le 
kapidM.hil«asehi l)s(.lu}',alas;jde.filsdeCieala ^;i . 
La léle d'Uonia fut elouêe au palais de Jassy 
pjour servir d'é|»ouv3ntail A ceux qui voudraient 
imiter son exduple ,4 . 

La f>aix a\ec \ « nise nous conduit mainte- 
uanl à leiamen des rapports diplnmaliques en- 
tr tenus alors par la l'orte. non-seulement avec 
la république . mais encore avec d autres puis- 
sances européenne}», la l'olO|;ne , la Russie, la 
France et I .\utricb<-. Aloisio Grimani . (jui 
avait été envojé en Dalmalic pour la délimita- 
lion des frontières, trouva que Zara , Sebenico 
et Spalatro, élaienl entièrement dé[)0uillée8 des 
territoires en dépendant, dont les Turcs ne 
vouaient pas se dessaisir, le baile Soran/o. et 
Feritad-Hdkcha de llosnie. se rendirent en qua- 
1 té decommissaireseii I)alnkatie. Aprèsde longs 
débats relatifs aux vilUfjes appartenant à Zara, 
Sebenico et ZeaKHiie. les \éniiiensen obtinrent 
enfin cinquante [K)ur les raltatlier à Zara , et 
trente pour Sebenico, ainsi que le contado de 



(f ', Eoget . p. 224 , d'apré» Gorecii , KrwJro , Miron. 

(2) GorerTj*. p. 109. 

(3) Rfin , rapport de l'an 1574. daitt le* arcbi?es im- 
périales. 

4/ Mryik*«tiy la «il cknét en lô7â; Eogel, Uittoire 
de la MoUisTie. p. 226. 



l'ossidaria ( I \ (}uanl ;\ la Polop^ne, la mission de 
laiMUDWskv a\ail pourob;el d abord le remut- 
vellement <b' la eapilnlalitm |mar.s lA/H), puis 
des excuses sur les secours piétés au woiwode 
de Molilavie l^tj;dan ("i ; les deux ambassades 
de l'évècpie d Aix concernaient la luédiaiiunde 
la France dans la paix avec \enise, el linstal- 
latinn de Henri de \alois comme roi de Polo- 
j;ne (3\ Le i;rand vesir ne voulut pas(|u"il fût 
accordé d'au.iieneeà l'évtNpie , parce cpiil n'ap- 
|M»rliiil point d«; présenls. L'ambassadeur ré- 
p<Midit <pie .si son liii s était abstenu de ces libé- 
ralilés d'usaj;e, ce néiail [toinl par un vil 
calcul davarii «•. mais pane (|ue les Turcs pour- 
raient les <«msidér<r comme un Iribiit. Il lem- 
pttrla par sa fcrmelé, et obtint, non-seulement 
une audience , mais encore un fernian qui ac- 
cordait protection aux saints lieux h .Jérusalem 
et aux pèlerins (|iii allaient les visiter (4). Ln 
envové russe d hvan apporta des plaintes con- 
tre les Tatares 15 septembre lo71 |,qui sétaient 
avancés ju.s(|u*à .Moscou, el revint mécontent 
jKirce que la Porte n avait point voulu adresser 
à son tour une ambassade à la Russie. Un an 
auparavant, un autre envoyé russe, porteur 
dune lettre de son prince, avait été oblijjé d(î 
rester delxjul pendant toute l'audience {S). Les 
relations avec lAutriclic étaient plus fréquentes 
et plus étroites [»ar le conmierce sur les fron- 
tières, les envois annuels de présenls, el les né- 
gociations |)our le i( nouvellement de la paix 
de huit ans qui approchait de sa fin. Durant 
l'ambassade de lUni , leinpereur envoya le .se- 
crétaire Haniwald avec une lettre rem|)lie de; 
plaintes à la l'orte. Les Turcs firent plusieurs 
incursions fjour s'appro[)iier le district entre 
la Tbeis et .samos , el le pasclia dUfen invita 
les habitants du comté de Zips à se soumettre 



1; hacredo . p. 412,6116 rapport de l'ambaiUMide vé- 
DiUeiine, dans Ici» arrlnvek impériale». 

f2, Kapporl de laiiibasKade vf^iniienrir, du 10 avril 
1572. I.a première foin il eut non audienr e le l.'i mai 1570 
(rapport de Bym^; le rapport véuiueri est du 3 juillet 
1573. 

['il Flai«an,2e partie , p 33; rapport de Kymel d'Un- 
giiad, d£ doeiiilire 157 J; texuaildu rapport de l'am- 
batMde vériil:ciirie de 1.S72. 

(A, Klannari , I. il , p. 33. 

'5/ Bapf ont du « barfjé daffaiiwi Kdoiiard Frovijio- 
I nali , de (/>nManiinople, en date du 14 juillel 1570. 



MVRF. WWI 



WKt 



an joiijTj ottoman. Isa, «lantlsclwkbqî df >i-o- 
(jrad, \oulut a^siijttlir (^r|N»na et liakalMiu.i, 
que le sultan lui usait atlribui-t-H «oiiuiic uut- 
paît ie de son traitinu-ut. Na.s2ut , Nsoi\N«MU' de 
>ze{jedin , rétbuia les villaj;«*s do altuloui» 
apparlcn.int a l'cunKreur. Sur 1rs fruntW ^^•^ de 
Croatie, les luiis voulaient irUilir Marc/d), 
SzeiU-Gyurj;). /aLan>, Clsur^o, et iU a.aitnl 
élevé une nouvelle forteresse, St'jjesil. De ec 
(Kjint, lis iaNa|;faitnt le |ia>s eii\iroiiuanl l . 
Dans la (lirniol*-. ils se livrau-nt au piHaj^e Mir 
les rives de la Poi^k '2, 1/annee suivante , le 
sandsctijkU'j; de Kaiii>a, Ali-l'irus détacha 
MaIkodscU H . pour attirer le vaillant (.or)',e.^ 
Thury liuisducliâleau de \ ajk, avec cinq mille 
cavaliers et deux cents fantas ins. Ihnrj se dé- 
fendit en héros, mais il lallut succomber de- 
vant la KU|)ériorilé des forces turques { . 1^ 
cb:\teau de («ede , prè^» Fulek , surpris h la fa- 
veur d'une trahison, fut rasé par le pnscha dXX- 
fen •') JO juin lo7l l.au»l>.»>*.i(lcnr H\ni 
s'affrancliit de la coutume iulrtMluiie [lar son 
prédéteuseur Alln'rt de W ysz , depuis la » on- 
(|uêle de >zij;eth , de venir se plac< r tievaiit 
la portj" de jm résidence , |)Our s'incliner de- 
vant le sultan lorstpi'il passait le vendredi pour 
se rendre a la niosquée »»> . Kn l'année l.>72, 
le nonce Minkwi/ vint |)our la se* onde fois 
apporter le présent d lujunetu* annuel 7 . I,e 
!) juin mourut le tauu>u\ interprète Ibraliim , 
II' renéj;at polonais Sirozzeni, qui avait rempli 
des missions à Irancfort, à Sienne, Nenise, 
Taris et en l*oloj;ne. Le lendeu)ain , la l«le de 
Ihury avec neuf autres , quatorze pri.sont)iers, 
trois tra|>caux, flcuxdainboin's. fin'eni présen- 
tés coiimu' Ircjpliécs dans le divan l,o {;rand 
vesir ordonna d'ensevelir la tète de ihury 
rtunuie ayant appartenu à un héros ; les auires 
furent jitcesen s|»cclacle au pcufile 8,. Comme 
Miukwiz , outre les lettres de créance pour le 

(1) LeUre de i'euipereiir , dans les archives impé- 
riales . 

(2) Valvasor.i.iv.p. 483. 

(3' Istuaiifi , I. ixiv , a fait dp Firu» Pirsiif , de Mal- 
kodscb MnIcbuH. 

(4) Isluaiifi , I. XXIV. 

(5) Wayiier scrip., dans Katona , 1. xxv. 

(6) Rapport de Kym, dans les archives impériales, 
p. 518. 

(7) Rapport de Rym. 

(8) /bid. 



j;rand vesir, avait encore une rccouimaiulalion 
écrite pour le puissant duc de !S ixo>, .Invrph . 
S)kolh s'ctorma ipie l'enqx-reur écrivit a un 
luif qui était . non pas S4i|;neur dr \axus. mais 
fermier des diuM's sur le vin, qui séiail nu-lé 
des affaires des Néniliens, peuple i\v (k'cheurs. 
esjMVe de juifs enx-ménws I ,. 

Kn IransNUame. Jean /a|M)l\a. |>eu de temps 
avant sa mori, avait vu lelftchauftch Perv^anr. re- 
né*];. il hon);roiK. lui deiuandcr. au nom du <>ullan. 
ce que "«es rnvo\ es taisvtienlen rrsiaiil si loii|j- 
tenqis atiprès de lemiHTeur ^'2;. Après la rnort 
deZa|M)l\a. Halhory de S<MnIvo, nommé prince 
par l»s f/als transylvaniens, envo\a . |)ar 
Miclu'l (iyiday. et deux aulrrs représentants, 
le Iriliut annui-l de-^ llt.tKH) dutals . apn-s (|(ioi 
le tschausch Ahmed apporta. en(piali;é de coni- 
n)issaire à son insi;illaiioii. la hanniért- et la 
masse, °i .\hmed revint à (^onsiantinople «om- 
ble de riches présents, et avec le llonj;roiK 
St besi i ; I année suivante, kciidi vint à !M)n 
t<nir |¥)iir rc' «nnmander le prince rt le pavs a 
la proti'ilion du sultan (5). Dans la niérne an- 
née, Kdouard l'rovisionali, et le seigneur <\'l u- 
\',i):u\ de (larinthie, ap|K)rttrcut les (irésenls 
d'honneur, et en même temps de.s plaintes 
relativement à la vi«)lalion de la paix sur la 
frontière: ils citaient, [wr exemple, le pil- 
lage de la foire de Simand ♦• ; néanmoins, 
toutes choses restèrent comme par le pas^^é. 
tn 1.572. le seifjneur d Tiii'.nad revint une se- 
roride fois: mais alors il neiail pas Mulemenf 
' porteur des [irésents d honneur; il arri\ail en 
qualité d'amftas.sadeur pour remplacer Jt\ m . et 
travailler au renouvellement rie la paix qui de- 
vait exjiirer dans deux années 7 . Os néfjo- 
ciations furent entravées par les plaintes «hi 
j;rand vesir sur l'incendiedetiraniza. Iar;4pinre 
des Turcs Ibrahim et llemiii. I élévation d'mi 
nouveau château k llejjyfahi; enfin," aprè-s se[»t 
sem.iiîies de diseii'^sions et d'échan;;ps rie notes. 



1 K.ipp<^)rl (ie K\ m. 

(2, Isluaiifi,!. xiiv, p. 18. 

3) Kiif',»'! , lliRloirc de IlotJfjnc . I. iv, p. 212; Rclhlen, 
I. II, p. 23-j; r.ip(>orl di- Rym, dann les arcbiven impé- 
riales, et l'extrait du r.ipporl véniiieii au m^me lieu. 

(4, Rapport de Rym. 
.5) Beihl»-n, I n. p. 2.^8. 

(6; Forf^acx , L xxii , p. 687. 

(7 Rapport dUuRnad et de Rym, dans les archive? 
impériales. 



insToiRi nr. i. r..MiMi;i. otkkma.n 



|:m; 

StAolli Ht savoir à H\m vl à l UitikuI i]w \c 
Mi'Iaii wxilnil bien acoirdcr le renotivelUment 
«le \a capilul.nion. al>solument «huis Its munies 
tenues «juellc as.iit ele f.iile«n l.StS. ;i l'exeep- 
li«>n . toutefois, de ee «jiii était rehdif an Hls 
de Za|H>lya 1 . I l's a )ba*s.id»ni s «lemandererU 
«]ne le trait»* si;;né |>«Mir huit ann«"es oblijîeâl 
aussi les héritiers et siircesseiirs «li s deiix i ar- 
(ieseoni raclantes; mais ils ne purent I «'bleuir: 
ee nélait jws l'usaj^e parmi les Ottomans, lui 
répon«lit-on . «pie le |u'*re iu\',«k iAI |)«)ur ses fils 
ou a\e«' se- fîls ; si IVuipereur \«»tilail eouipren- 
dro les archiiUies da s ses rn};a;,ements il le 
pouvait f^ire (Juani a' x vill.ij^es restés ena»rc 
en r«»mmuu. le !',r.ind vesir leur til uot fier, par 
linterpnMe de la l\irl' Ma! nnid. que le sultan 
était bien résolu à ne ri«n céder '2 octottre 
l.*»73'. I/annce sni\ante . le j^rand vesir retira la 
promesse d'un ard nfai(earsei{;iuur(rriij',nad, 
et même lui défendit de sortir a ch«\al. parce 
que le présent d'honneur n'avait pas été livré à 
réptx^ue déterminée 3> I nf n. arriva, eliarj^é 
de cette sort» de tribut . l hilippe de lîruxclles 
. aofjl \hl \ . qui ramena aussi le prisonnier 
ibr.jhim-l'ascha. dont la capture, ainsi que l'ir- 
ruption de (iraniza < t la destruction de kallo, 
avaient été les ob ets d'une lettre du sultan à 
l'empereur i . N' kolli et les six vesirs de la 
coupole, Pertew. Piale . Abmed , Mohammed, 
y '^innn-rascha , reçurent les présents 

;i , s. i;a«te de proloni^tion de la [»aix 

de huit années fui enfin expédié, mais il se 
trouva tout autie qu'on en était c(mvenu,car 
il y était question delà destruction de kallo ô) ; 
on y fil encore des modificatitms ; et arrêté 
ainsi définit ivem« ni . il fut remis au .sei[;neur 
d'Lnfînad. que l'inlfTpret- delà l'orte, Mahmud, 
tint n- a nbassarleur. 

'faii _ <lf"ir impérial ajjissait 

ainsi pour le renomellenieni de la paix . le 
Valaque Bekes intri^juail à Vienne, on il élait 



j Ri -f, )• R*in, du 25 3«»ùl 1Ô72, dan» lex ar- 
cfaivri imp»>r3>. 

2 l - . . - ..rotjroio Rtni,dariii le» arrtiiv** im- 

3, Kipr<ori dUngoad et de Rym, dan» le« arrhivp» 
ée la nMiMKi impériale. 

f, La lettre orig oale est dans le» archives impé- 
riale». 

Ji^ êapforX àf Rvm et dlJognad. 



aile connue envoyé de Z.ipolya , el A (lonslan- 
tin«»ple . afin d'obtenir pour lui-même la prin- 
cipauté «le rr.ins\lv.niie .lelsclnusch Musinpha 
et le Crée Scarkiil . «MiNoyés h \ iennc par 
S«»kolli A la r«chcr« ht' du h(t};dan «le Molda- 
vi«'. s'alHnichèri'nl a.ec lîckj's, «pii , néi',li|;é 
par 1 einpti«"ur . ré-^ohil de ^e laliacher au 
siillan I I «' prcire lr;ms\ 1\ iuii«'n A«linii N«'isser, 
el Marc UinKruT, aussi «le I raiisv hanie , ions 
ilciiN reui'jTats, firent, an nom de lU'kes. di'S|)ro- 
posiiioDs «le réconci ialion .ni j;rand vesir; ils 
oITiireni ilt.lIDU duc.ils el un anneau au snllan; 
lli kes pr«>mil dédoubler le tribut , s il devenait 
prince ■-' . Oes mameuvres furent déjoué«s par 
l'envoyé di- (Jaihor , IMerre K[;rud . qui arriva 
«•n ce nioiii«nl a (]«)ns(anlinople . porteur de 
présents dlionneur exliaordiiiairesi 3,. L Armé- 
nien Christophe apporta une lettre du roi de 
Poloii;n«' . el viiiîjt jours seulement avant la 
mori deCharhs 1\ , Seliiii avaii cm oieécril à ce 
prince (4), ainsi que Sinan-Pascha , alors sur 
le point de prendre la mer avec sa flotte. I..C 
nouvel ambassadeur de France fut l'ahbé de 
Noailb's, frère de l'évécpic d'Aix. Kn |);ircou- 
ranl toules ces néjjocialions , (liri{;ées siii tout 
par les interprètes de la Porte , on est frappé de 
I «»bservali«)n «jne «es diplomates éiai«'nl pour 
la plui-arl des renéjjals; mais ce furent aussi 
des rené[;als tous ces {jrands fjénéraux ou 
liomnu's d'i;ial «b's rèjjnes de Siileiman et de 
Seliin , «pii éUvereni renijure olloman A son 
I»lus haut |)oint iie puissance, et ly maintinrent 
pendant un certain temps. Sur dix {jrands vesirs 
de cette éiKxpie . il y «ut liuil renéjjals : Ibra- 
him et reimu(|ue >ul«'iiiian , Grecs ; Ajas , 
Lutfi el Ahmed, Albanais; Ali le Gros, de 
l'Herzejjowina, comme Pertew Pascha , comme 
Beisek-Ohjjli > t I)ukai',iii-C)li;;li : Husleni«t son 
frère Sinan. les v«'sirs Kerliad-l'ascha, Aliined- 
Pascha, le tralln* , qui prétendit se faire sultan 
au Kaire . Daud-Pascha et le conquérant de 
rienun Sinan -l'as« ha , étaient Albanais et 
Croates. Le {;rand vesir MohaninHd-Sokolli , 
le vesir .Musiapba-Pascha , les lu-ros des fron- 



'1, Rapf'orl de Hytii .dans Ick archives de la maison 
iiiip«'riale. 
:-*> /bid. 

:ij lhi<i. 

4 1»^ 10 mai , rappf)rlde Rvm. 



l.i\ i;i \ \ w I, 



im; 



libres, Qiosn'w-Pascha.et la famire Jatija-Ohii. 
.I.iil.ik Musiapha - l'astlia , Sal - Muliaimiinl- 
l'.i^» lia , If cun<|ii('raiil tl«* CMiypn* Ld.i- 
Mnsiaplia-l'aMha.l» j;ouviTnfur(l'l'.|;y|il«' Mak- 
tiil Moliaiii 1 td-lU';;. liallas'lli \ltriinl-l*.iM lia , 
l)>cluiial)i Alitiietl - l'asclia , I riiurriid Ali- 
Pascha , cl Ssoft Ali-Pa^ha . U* |;(nivfriu*ur 
(li'fîyptf, tiu' fh'\aiil S/ij;«lli . riainil lUw- 
iiinis I ; llasan - Pasrlia , i;(>ii\ii ii< ur de 
I IniM'ii. el reiinui|ii(* DMluafor-Pastlia, élairnl 
Huvs««s. Tiifin . vj l'on (Mirir M)n aiirntion sur 
ces hoiiiti es (|iii fir«'iit la i;l(nri' nr la iiiaiiin' 
otloinane , .sur ces hardis «orsaircs (|iii jclrmit 
l'effroi sur les mers, on rtronnait dans Ssalili- 
Pasiha Mil (irtT de la (ilaiiie de Iroie ; dans 
Piale-Pas4 lia. un Hoiii'.iois nu (",ioah' : on si- 
gnale le {^alabiois (kliiali , el Ion sait (jue le 
plus |;rand tie I ou s ces marins, HirlH"rous.se , 
élait sorli du san|;j;rec. Ainsi Icnipire olionian 
acquit sa force c«»lo.vsale sur U-rre el sur nier, 
non jMiiiil par la grossit^re indolence des Turcs, 
mais j;r.1res i la hnesse et a li-sprit de rns«' des 
Grecs. A l'intrépidité et A la perlidie d.ilinale, 
àléner|;ieel h lohstinalionlMjsidetnieet croate 
à la valeur et au m inque de conscience de l<»us 
ces renj^j^als : il conquit et Haj;ella les nations 
qui r< ntounicnt avec les hommes cpii en étaient 
sortis, et qui. deveiuis ses e.silaves. roni;èrcnt 
lesciitraillps de leur anrienne patrie. 

.■\vant fie clore cette époque si remarquaMe 
de I histoire oltomane par la inorl de Vlim , 
airivt'e qmnze jours après la conclusio i de la 
paix avec l'Auiriche. il faut (tass<'r rapidement 
en revue les éséneuientsqiic les historiens (»tto- 
iiMUs ont considérés comme des présa|;es de 
tilieHn. el (pii jwrurent aussi produire cette 
rnpression sur l'esprit superstitieux fin sultan. 
I ne comète 2 , un treinlilemcnt de terre <pii 
1 nversa quatre cents maisons de (x)nsl,inii- 
lople .1 , une inondation a la Mecque, où les 
l'élerins se iroiiNèrenl assadlis pir les eaux au- 
i.)ur de la kasha < . et vir- ni le saint édifice 
' iMMnlc;^ô\ I effr.^y^^e^t moins encore que le 

1 Les noticrs bi')};raphiq;;ps d' rrs vrsir» ^ Irouvnil 
dans les li.sips d'AaIi, des ve^iis de Sulriiiian et de .Stiiin, 
à la lin de leurs refînes. 
j, (2; Aa i , II* événement , fol. 3(j3. 
(3; PelM-hewi , fol. 162. 
(4, Ibui. 

(5) /W</. ; Seiauiki , p. 113; Aaii . \vm* événement , 
p. 363. 



teu éclaté dans uin* < nisine du »érail . par<T que 
lamortde<>on aiml Ndinil'"' avait été ainsi pré- 
cédée par un feu de cuisine dans le m r.id «lAn- 
drinople. (!el accident el la mori du (',rand 
niiitti KIxisnud i M'pleuilire I.')7f le plon- 
i;èrent dans une profonde irisies.<M* . il n avait 
pas \^•r^é de larmr» «mères Mir la jMTle du nc- 
cund de so fîU enle\é ileux ans aupar.ivani . 
nii) me il en ré|iaiidil sur la morI du scheii h 
( e l'islam , le plus puii^nii appui de la légmla- 
tion otlomam* durant Irenie années, qu'il avait 
comlilé d honneurs dès vtn a\énement an 
trùne. auquel , en l.')73, il avait sacrifie son 
fidèle compa(;rion I)s4-|ielal-llei; • hanni à Mo- 
nastir . pour avoir tenu dis pio|H>s trop libres 
contre le mufti I . I.imendie de la cuisine 
fut cerlainement un événement d une si|{i ifi- 
« alion funeste |K)ur rivn»j;ne Sclim ; car la salle 
à man{;er el la cave .ivaient été enwloppées 
dans le déNastre '2 I.e sommelier Mesilia|;a 
fut aussitôt expédié en Kjjypte, afin d'y faire 
lesapprovi .ionnementsnécessaires |M)ur remplir 
rlenouvranle^offitcs. Ilientôl après lut a» lie\é le 
nouveau hain. appelé Kiis/ur-llamam. construit 
dans le sérail. l,e sultan le visita a\ant (jue les 
nmrs fii.ssent séchés : |M»ur chasser les effets 
de riiuii idité et des m uvais<'s \apeurs . il \ida 
une iKiuiedle de vin : mais les fumées de la 
i licpieur [jénéreuse lui moulant au <er\eau.il 
jjlissa sur le mari re |Miliet loinha. On le releva, 
il se mit an lit , fut saisi de la fièvre, et inourul 
au bout de onze jours' l'i décembre 1;')74 j. 
i Selim laissa cinq fils : Miirad . Suleiman , 
j Musla[)lia . I)schihaiij;ir . ( Kman : et trois U\Us : 
I Ksma , éj'ouse du ;',rand vesir Soknlli; (iewhi r , 
femme du kapiidan l'iale-Pasi ha . (|ui av. dent 
été mariées, ainsi que la nièce .^ liah. é|K»u.se de 
ra|;a des lanilschai es l!asan.i|;a. fin temps de 
Sideimm. et dotées chacune de HMI.OOO du- 
cals ; et latinia, (pie dans la suite son frère, le 
sultan Ml rad III. unit à .'^iawus-l'aseha . en lui 
donnani ".OO.dOil ducats ii Outre la >elimije . 
l'académie et l'école "attachées A un temple 
d".\i <lrinople . d(jnt il a déjà été question, 
Selim consiruisil encore une mosfpn e dans le 



(I, Raii»Alul Ehrar , fol. 30Ô. 

f'2, Mouradjea dOttsou, 1. 1, p. 38'J; Aali , xv.i* évé- 
nement , f. 3>)i. 

3 Riusaîiil-Kbrar , foi. dOC. 



108 



IllSTOllU. l>r l.'KMPIHK OTTOMAN. 



quartier Kaiibiin.ir d An»liiiu>pl('. U's murs «U* 
rtlJi' \ilU\l . <-t \c «-ti.-\((Mii du |X)rl «If Nava- 
rin :?\ A 1.1 ^l^v^^Me. il rt'iablit Ir». a(|iir(liics 
fn ruin*^ S oi le Ni^stihilr dr la maiMni 
sjînir. If h.imn j>n>prrnKiil dit , qui fui siir- 
nx»ni»' (\v ln»i«i ««Mil stiiv.mtc nMi|x>l«»s (4 V A 
("on«>iaiuino|>l«". «Mitin . |h*ii dr loiiips avant sa 
nnirl . il avait unloniK^ divers travaux h la 
in<»s«]u^o dA«a-S>fia. deux nonvellfs acadr- 
mirs. (ItMix minarets et deu\ piluTs i]ui drvaitnl 
stHilenir \in m.ij^iiihqiie «Mifire «'l>ranl(* par 
le dernier tretiihlemcnt i\e terre . mais (pii 
ftirrnt plar«s sHtui de (r^s mativaises omuIm- 
naÏMms ft\ Il djil laisser ^.l(•h^vemeul de ces 
oonMructions i sou .succe^seur , comme son père 



(1) |(atiuiul-U>rar . fol. 30n. 

(2 SrUniki , p. 1 ly , U'»!!' èvénomnit. 

(3' [>»rhihjiinuau , ScUnii , p. 118. 

[i) PH»chf\vi ei î>«-lariilii. 

(5' Aali . IX" éTéneiDCTii , fol. 363 , el Selanili. 



Sideimaii lui avait transmis lo suin (le terminer 
le i^rand p(Mil de Tsclu'kmeclsrhe. Au reste, ce 
prince ne ht que poursuivre les plans de son 
peVe ; parla «niiqutMede l'Arabie et dediypre, 
par rurf;anisati(»n des siamets el des timars, 
par les kamuïes du nisrliaiidselii Molvmuned , 
f>i»nd('s sur le fetwa dKliusmid. euselaissant di- 
ri{;er surtout par la prudente eonsomm(^eet les 
hautes vues de Mohammed -Soknili. il couronna 
la {;rande i uvre de "uleunan. la tiuhle am- 
bition el IVnerj.ie de SuU'iuian ne pass^rent 
|)oint dans VMnc de son HIs indij'.ne , mais elles 
vivaient dans le [^rand vesir Moliammed-.So- 
kolli . choisi parle ;',lorieM\ sultan pour conti- 
nuer sa polit iipie. Suleiman doiiuna donc encore 
après sa mort : il proti'j^ea de son ombre, de 
son esprit , el par la ti'rreur allaehée A son 
souvenir, le misc^nblc assis apri's lui sur le 
trAne : les peuples obéissent encore au reten- 
tissement de ce nom du plus p,rand et du plus 
puissant monarque des Ollomans. 



1 1\ i\i, wxvn. 



KPOQir l»F. t\ hftrinr>r» m iv |'I1ssvn<i «nri)>HM ii()"«im»s m ikMMIS IVA VUS \M- 

in » >T^ *ii'i\is \tt MM;vit m it.iskm^ iii\»>»>uM \i ii.om imin n» l'^i huit*. 
m: soKoni - nu \no>s wk: >i.ms». i^ iiuA<:r. i^ ioio<.>», i uii.imh inMirK 

d'ai'KRM'i m. iM.iK.^ivNs >iuTKin<:s — Ri:^<4;4TîJ. ' !»oi:m. — 1.» MM M 1 1 1 >ii M m i\ 
PAU. -nviMfs >itn»ii»s Mr. ms iiostiiirfs — mm I'TJ0"\ nr km» n » mu 1 1 1 u \oi- 

▼EAl't »\M»N(IUhS »> lUIM.I.n MIN lOsMI <M^M, MU Ms IN >UHI»^MI \ilMltlK, 

T1\\:<SYL\\MK , n l>\>s IV l-ttim.NK. — M.f.OIIVIHns \\\i \IMSJ. IIMM.M. I \>».ll- 

TFRni:. iiOHMd. i\ n.oo ri ik siissk. i\ huiu m i\ «ou i>» »;u.i.m.u — 
Ai'P\i;iii(i> i»i>KroMiii nri'osiiio> i»»; rnum > - >in luiu i»\iuii i ^s« )i\ m(m.i 
DU mm HAMin. m ^i.sin i-utt. m m «.i.vm» un kim iii ixiiiinn n» «vmmi- 
/y\r rr lu rvs(iiv d ou >. — .m i i;na. i>» somiiii. 



On .1 vil. rl.ins IrsHnix li\rr*Hr('(('flt'nfs.rom- I 
ment I actimi ioii(«'-pui'*sjiit(' du \c>ir Soknili, ' 
Ml dépit de l'insouciance d'un sultan j^ru^sii're- 
iiiciit drhanrlic. avnil pu inaiiitrnir |)fMidaiit 
liiiit ;iiHU'cs rrinpirr ollMinnn a rc liaiii poiiil 
«le (grandeur et d'ériat où l'avaiiMit élc\r l»'s 
ionqu»M«*srt IrsIoisdrSulciniaii.thir i ('pouvoir 
illimité du ijrind vesir eot »(»nimii«'' p'iis lon|;- 
teinp«. IV|NMpie du dtViin lic l'empire ottoman 
ne serait |)oint m.inpM'e ati rommenrenieiit du 
rèj^ne de Miirad III: elle aurait ^'v rrnilèc de 
cinq années, niv|ii'.'\ la mort de Soko'.li. M.iissi 
ce (glorieux serviteur fut ronfirmé dans si di- 
(jnité par le nouveau souverain, des limites fu- 
rent imjVKi'es ;'i son pouvoir, non point par la 
vijîueur de Miirad III, n-ais par sa fait)'e.s.sc 
livrée à linHuenre des favoris et des femmes; 
si les ién»'> du jîouvemi'ment res|^^ent en a()- 
pareiue entre les mains du j;rand vesir. dan^ 
le fait elles étaient dirij^ées par le harem et par 
les fonctionnaires de la mur e\t('^rit ure et inté- 
rieure. .Mors se manifcsièri nt les syiiiptomes 
(le faihlesse et de dissolution, et à la mort de 
Njkolli s'est révt'U" eiilièreiiient le scncl de la 
décddciKc, couuiienac depuis eiiKj ans, dune 
puissance doiii rdiiiiuLie extérieure en iuipi).>aii 
na^jucre à la cour, à la capitale, et qui trompa 



plus lonfjtemps encore les jtrovinrfs . ci siir- 
loiit les htalsde la clirelieiile. 

On cimnait les institutions politifpics de 
Mohammed h* (".oiuiuérant . ror;',.iiiisatioii «les 
loiiiN e\l('Tieure et iiilcricure . et surtout les 
(pialre colonnes de l'emitire. les vesirs, h-s ka- 
(liaskers . les dcfterdars , les niMhan(Js< liis : 
1 hi^lori(■!l .A.ili oj>|iose avec lieaiiconp de jus- 
tesse à eesjpiatie appu s les fcuuue^ et les favo- 
ris, qu. dans la ( our extérieure et intérieure de 
te sultan eftéminé. énervéreiii la puissance du 
Ijrand ^e^ir. (Jualre hommes et «pialrc femmes 
dominaient le sultan, l n e\.imen plus appro- 
fondi de leur caracttre jettera de la lumière sur 
les évétienienls suivants, les quatre hommes 
claienl : le pi été >chfmsi-I*as( ha . dont il a été 
déjà question comme d'un (outiflcnt t\r Seliiir. 
Oweis. nommé d'alHtrdiUflcrdar.co trairemeiit 
aux r('*i;les étahlics. et ( iisuite clcsé au raiiç; de 
pascha; le précepteur des princes, Seadeddin, 
le fameux hisioiien. et le lloni;rois Ghasnefcr- 
a;;a.eunu lUe et ;^;ouverneur du palais. >chemsi- 
l'ascha , dernier re;et(m de la famille Kisil- 
.\lunedlu(iui,au parla^cd»* l'empire scld^ukide, 
avait ré|',né siw la mer >oire, et (|ui faisait 
1 remonter s«ju orijjine jusqu'à Chalid-lwn-NN elid, 
I (jOncrul du chaliic Osman, avait été vu d^ 



2m\ 



llls I (HI5I. DK. l. K.MIMUi: OTTOMAN. 



bim o il I ar le sulian Suloiin.m . à caiiso de »« s 
Ir.iits (IVs|iril «'t do sa jinons»' huinoiir ; il jouis- 
sail de plus do f.i\onr onairo auprès ilo >olim II. 
à cause de s<tii j;oiM |Mnir la ohasse. Mais vc qui 
1". \.iii mi> snr(util m i;raiid rn'iiii dans I ospril 
do N iirad lll. c't^ ait la r(i<»iiiiuan(l;iliuii du 
turkman Uw«i5. Il fui oharijé de reooMiii les 
iim: ■ nies diMit lo sullau «Mail atca- 

Mi i|ii il se rendait A la mosquée. 

et il abusa de eeUe position pour se livrer aux 
excès de sa vénalité, soit |Kiur son rompie. soit 
pour «Yliii du Miltan. de la nianiiTc la plus scan- 
daleuse I. Iiislorien Aali rite une am ( dote liicn 
in |Mirtanie |>uur Phistoirode la corruption. (|ui 
se dévtlopi ail aijirs avec la fureur do la poste, 
et • 'l>!iio. Aali >o trou\ail 

da: - : ui ^< rinsl-PasolKi . lorsque 

crluKoi, .sortant de rappartomont du sultan, 
.s*.T u\ou\ (\v s« . kiaja. oi lui dit : 

cl . la dynastiodes kisii-Aluucdln 

sur eelle des Oltomans, et de menu* que cette 
famille a renversé la nôtre, moi j'ai préparé sa 
ruine. — Onument doiic.^ demanda lo vieux 
Liaja, le regardant diin air sondjro. — Kn dé- 
terminant Il sultan à prendre part lui-niémo au 
pri\ de la curruptiim : I appàl était trop pui.s- 
.S.I al»; ne sont pas une bagatelle, 

r»! rrupii» n \a reievoii- un»' im- 

pubion rapide de l'exemple du sultan . et l'em- 
pir. 'U fli<^s<)lulion. ► .\ali . euiporlé 

pai M- indi;',nati(»n . fil la remarque 

que son excolience était un dif;ne do.scondant 
dii ' ' ifux Chalid-ben-Welid, qui . d'a- 
pii . ts do riiistdiro , sous le rhalifat 

d'Osnan. d<iuna au chaml'ollan deux pièces 
d'or |>C)ur obtenir accès avant son adversaire 
auprès du chalife. et de la sorte inircMlui>it le 
pnniur !.i n dans l'islam. Schenisi- 

Panba. irri i la télé; mais il se c<in_ 

tenta de dire : « Tu sais bien des choses . Aali ! » 
S<V tant lui-mome de .ses fonctions 

et < f [Kjursuivro les sonunos pré- 

levées au moyen de la corruption, se donnait le 
nom de faucon des requêtes. 

Le contraste le plus frap(>ant. quant au lan- 
pa{:o (\ rii.v n inifi es. avec S« heu. si . était pré- 
senté f».ir !' i.r'ssier Turc Owois.qui. étant 
jogedeTvr. a\ait ou 'c bonheur de renronlrer 
àli ire, et 

de ' ' ment 



do Min |icrc. le nomma son dotiordar. ol lo prit 
avec lui on cotio (piaiilo lor.sipi il partit do Ma- 
i;no>ia |M»ur aller prendre possession du trùno. 
Oweis proiita do ce vttya|;e pour arracher de 
sofj maitro la pn)uiosso (|u il n'am-ail rien h 
craindre (\v la Imilo-puissaiico du urand vosir; 
on miine It mps il donna iW i;raiuls élo{];es à 
Schomsi-l'aMha. ser\ilour éprouvé déjà |)ar la 
contiamo de doux .sultans, liionlôt après l'arri- 
vée do Murad à (Ictnstaiitinopio, lo jjiand vesir 
voulut poursuivre une on |Ueto sur dos sonnncs 
délourmcs par lo troisionu* doltordar Owois; 
mais rmqiioio fui inU'rdile |iar un i liallisi lio- 
rif . ol .'scliomsi fui promu au poste ^\c .second 
d(Ttordar. puis élevé A celui de premier, îi la 
place (\v I.alesar-I'.femli. l'.n colle (pialilo, il oui 
la présompliim d'adicssor d«'s |)i()j osilions sur 
la collation do places deju|;es. et même de l'ou- 
vornomenls, eniraîil ainsi dan^- un ocroie exclu- 
sivement réservé au {;rand vosir, ol lo^ ropr<'- 
sotital ions do Sikolli contre do lellos nsur[>al ions 
furent ton, ours ro|K)Ussées par lo sultan. Ainsi 
s'étendit le funeste al>ns doootlemiiltiplicalion, 
sans ohjei. de elialtisehorifs, cpii jadis n'élaionl 
donnés quo dans loscasexlraocdinaires, et pour 
des motifs do la plus hante imporlancc. Toute- 
fois Oweis était moins acc«'ssiblo a la corruption 
quo S«lK'insi, ol I Iiislorien IVl.scliewi racoiiloa 
.sa loiian[je quêtant ffouv rneiir d'Ofen, Oweis 
fut sollicité par le père do Peischowi de lui con- 
férer doux hofs devenus vacants par la mort 
de doux de ses fils, et fpi'ayani trouvé 3,500 
piastres jointes à la requête, il les avait ren- 
vovées, tout en accordant la collation des fiefs, 
parce que, dit-il, à la (jrande admiialion du 
père de lliisiorien . il eût été trop dur d'ajou- 
ter une dé[)en»e d'argent à la perle des deux 
fils dont lo ciel lavait doté (\). Un an avant 
l'avénoniont do .Murad lll, son précepteur Ibra- 
him était mort, et .sa place avait été donnée au 
savant Mudorris Seadeddin. depuis si fameux 
par .ses écrits et m's actes comme homme d"K- 
lal. Pour linstaiit , il mil à profil ses rela- 
tions habitm lies avec le sultan , afin de soutenir 
un personnage déle-slé du grand vesir, le ka- 
diaskor d Kuropo. Karlisado. cpii, après la mort 
du mufti Hamid, on dépii de linimilié de So- 



'ij l'eurhewi, fol. IW. 



i.i\ i;i \\\\ 1 1. 



•j(ti 



kolli. tin l'Ievê à vvUv haute dignité (!}. On ) 
|)oii\.iil ,ii|;t'r di" a- (|ii il all.iit ttiitrr df «ftlo 
|K)sil.(iii flevér, iii n- rrp«iiiaul a ms aiid'u- 
dtiits ; car, iiitanl encore i\m- kadiaskcr. d 
aNait «)sé (xirtn s»in action «lan> la splure du 
(jiMiul \iMr. rn |inn»«ksant tlr> Mijcts |Niur «les 
placrsdpjiij;f>Mi(MTiriirs '_' . Oi-ite liaiiic entre 
ÏH)koIIi et Karlivide était née A rmca>ioii de 
diiipntes de pnst'ance kadisade se iiMintra 
d'ai. leurs audaruux et iidli \d>le à drfVn<lre. 
|K)ur h> |irenuères ilij'.nites «le la loi, des |>ri- 
vilé|;es dont elles navaienl |ws joui jiiM|ue-là. , 
A\aiil lui . les kadia^kel•^ élaieiit |il.u»s à la 
suit»- de tous les b(j;lei l)e.;s ; il ohliiit iju'à la- 
venlr ils ne fussent (irècedéN »jue pa les lie|;ler- 
l)e;;s de Ituimli et d'Aiiatoli; tlatis ipieUpies 
( inonslaui «-s. il fit en sorte (|ue les kadiaskers 
fu.v.eijt traités a la manière des vcsirs. 

Mais l'inlluence pré|M)iidéranle n'appartenait 
|)a.s emore aux trois li<>uitnt-s (|ue nous venons 
de iiltr, elle était surtout exercie par le|;ou- 
vcrneur du [»alais kapu-a];a , et |Mr (jualrc 
femmes, les colonnes du liarcin. Deux jeunes 
IIoin;r«iis, frères, esrlaves mus deux . circon- 
cis Roiis N'Iiui , a\ aient mérite la conliance du 
sultan, qui , satisfait de leur service de |)a(;es , 
les fil tr.msfori er en euiaupies pour les coiisa- 
sacrer au harem : laine s appel .il (.li.isiicfe;". le 
plus jeune l)s<haaft'r. I,e premier, d'un esprit 
vif et pénétrant , le développa |)3r l'élude , s'in- 
sinna dans la faveur de Vliui et de Murad . de- 
vint d'aUjrd odahasrhi chef des |»ai;e> . |kisIc 
iju'il occupa vin|;l ans. et entiii parvint a la 
1 i,;nité de kapu-a(;a . où il resta trente aimées. 
I liislorien A li . rhuil le téuioi|;n i|;e i* i peut 
rire suspect (h' partialiié, [»uis(pi il él.ui pn»tt[;é 
du kapu-ai;a , assure que (*hasnefer, durant ses 
(intpiaiite années de pouvoir, n'avait jamais 
blessé |M'rM)im«' }Mr colé e ou em|M)rl«uieiit ; 
(pi'il se montra j;énéreux protecteur des savants 
et des p êtes, dont un j;rand jjrand nombre 
lui dédérent leurs œuvres. Parmi les femmes 
du harem , il y en eut quatre surtout qui d.iiiii- 
nércnl Murad : d abord la juive .Nur-Hanu •> . 

(t; S-otaUade, fol. 133: His;»ibrn!wd , fol. .35; At- 
laji. diiis 1,1 biO);r.iphif de K.j'isade la 279*; , fol. 157. 

(2; Ppisrh'wi , fol. 13-3 ; H.ihanbpç»ade. 

(3; Mif;i,ol, Paiis, 1773, p 222, <1ii fort inror gvlëré- 
meni la suliane ii.èrt', dont l'oixioiie ne cic pa*leiioin; 
on trouve ce nom dans Aaii eidauUes hisiorieas otlo- i 



puis la premiiTe de ses éjxmses , S^affije , \ éni- 
tiiiine. de la tanulle liaffo , dt»nt Ir p re avait 
ele |;ouverneurde (^irtou, et qui. capturée |uir 
des corjMire». à l entrée de rAihialique , av.iil 
été livrée a cause de sa beauté au han ni de Mu- 
rad I h»rMpie ce prince n était encre qu'hê- 
rit iei de remplie, et , eiiMiite .piaïKl il fut as is s'ir 
letrône. il m- trouva loni;tempsMju>.l< jouj; al>- 
,soIu de cette suliai e. et inalj'.ré son tempéra - 
meut volupiiu-ux. il lui resta rxclusiveiiic Ht 
attaché. I aiiiere et 'asour de Mura<l. l.siiathau» 
mariée au f,rand vesir Sokolli, de crainte «le 
voir leur iniluence étouffée par la toute-puis- 
sance de ssafiiie . ou bien (Miur aui;in nier les 
jîaranlies delà succession au trône, ne prirent 
j)oint de rcp is (piel es n'eussmt. pour ainsi 
dire , jeté dans les bi as <le lardent Murad tkux 
esclavt^s, dont l'une, danseuse ctmsommée, 
lion|;roiseplus vive et plus adroite (pie IhIIc '2,\ 
affaiblit |Hj.ir quelque temps limace de la \ é- 
ni icnnc dans .S4»n cspril . qui iiwj Ta'.ors ( n 
était Mil, li, et sui partai;«r avc( «lie la c.u- 
cheet la domination du souverain. Mais dans 
la suite, lorxpie Murad prit tant fie l'.oi'il au 
ch.inj;ement . ei que dans une nuit il ht siicc- 
der (lcu\ ou trois femmes dans son lit li, Ssaf- 
fije, mcre de son premier né Mohammed, re- 
couvra son empile , surtout après la mort de la 
SI liane .Nur-lianu. Celle-ci, sur son lit de 
mort, lui recommanda de cimfier la direction 
d'un harem d' \' nu si nombreux , et qui a^ait 
besoin d'une main ferme |x)ur le lonlenir. à 
D.schanfe.la, appi lée dtjà aiitcr.eunmeiil du 
vieux sérail au secours du nouveau- Oès lors 
hschaiifeda. devenue kiiiai. ou j^iuvcriiante du 

banni . partaj'.ea i [MtiiU le lit. mais la faveur 

du suit. in , avec les belles esclaves fo mées par 
elle |M)ur les plasi.s du ma tre Klle conduisit 
avec la plus |;rande activité toutes les affaires 
de la cour intéi ieiire , et fil même senîir for- 
tement SI n action dans le i;ouvernemcni exté- 
rieur. 

Par ce qui a été dit du penchant et de la fai- 



m iim . et m<^nie dan» Moiiraftjpa d'Ohwtii , Tableau de 
l'empire «.Koii an . édii. m h". I o , p. ili. 

(1, Sjf'.rfdii, N>n<;ia. If88,p. 421, et journal de 
Geilarli ; Fiai.lifori . 1674, p. 71. 

i, Sagr. d.», p. 421 , daj.rè» Geriach , p. 77, une 

Mo'ddVe. 

3) Sagredo , p. 422. 



201 



iiisToïKi DK i/i'.Mnnr. otiom.w. 



Mcvsp do Murad piMïr lf<; frinmrs . i\c ^a \ti\oi}- 
sio inqniMe lie ranlorit»* sans V\\m\v Hti j;rand 
vt*sir. c\ ^\c SI j>nt|>r»' ima|Kiri»ô .i la dimimu'r 
aiUmiirni \\\m' |»;ir l'inMiHMirr des favoris, ri «mi 
piirl.inf atpinif .m sysiiMno du j;iinvtTnrnuMil 
maintomi jiisiinalMrs . on a dt^j.^ pu saisir la 
plu< i;ranilr pariir dos traits raraftrrisiiijnos 
dr ce sidtan rnV'inin»' : le p»»rtrait est rotn- 
|>lcl(* par ce ipio âr^ liisioriens contrniporains 
di|;nos do f«»i ri des rapports d',iml>assad«' nous 
apprninnit dr srs jdrrs . (\e srs fanillt's . ri dr 
sa aMidnilr |»<tlili»pir ri privrr. Son rsjiril nr 
manquait pas dnnr rrriainr rnllnrr; il sr 
plaidait ati rommrrrr drs ptrrtrs nnsij- 
qnrs I . ri s'rtail rs<;ay«' Ini-nirinr A ronipo- 
>rr qiirlqn»^ j;hazrlcs: mais si son hiinirnr 
paraissnil daNird donrr ri Parilr . il nVlail 
pas moins prom|>t à s'irrilrr. ri s'rmj)orlait à la 
(Tiiaiil(* '2 . Amalrurdr dansr rf dr ninsiqiir 3\ 
drs lM)ns mois, rt m^nirdts hoiiftonnrrirs, il 
aimait la mécaniqur . Ihorlof^rrir rt 1rs arts de 
la rrpn'srn talion. Il favorisa dans 1rs |X)rtrs 
dr s<^n trinjis la trndanrr mystique , s'rntoura 
de dansetirs et de niusiriens , de nains et de 
fous, jvirmi Irs.pirls il r«''pandail l'or .i poi- 
(;nrrs i . { n jour tm dr ers fous, rn entrant 
dans l'appartement, drmanfia. non jvis rrnt 
durais, mais rrnt mups dr hAion :"Tu 1rs au- 
ras. :i dit Miir.^fl. Torsqur la moitic'' dr rrttc 
e<.fWyr dr librralitr riil H^ a]>pliqnrr : « Arr<^- 
irz : .sYcria le patent. Ir reste ne m'appar- 
tient |vis, mais revient an bostandsrhi. (|ui rsl 
venu mr trf)uvrr. rt aiiqnrl il m'a f.dlu promet- 
tre la moitié dr rr que j'obtirndrais; 5 . Kn 
effet, le bostandsrhi reçut cinquante coups de 
bAton. rt pour rritr W>nnr plaisanirrie. le fou 
eut nn nombre ('•[;al de durais . ("rstau uiiliru 
d'un tri rnloura^e, en pratiquant rrllr sorir 
dr justirr. qur Ir sultan fiassait Ir irmps jus^piA 
Ilirurr dr la pri?'rr. Alors il sr levait . rn disant : 
"Rendons f^râres à f)iru d'avoir ainsi passé Ij 
journée :»el il se rrndait dans !<• harrm, aux 
plaisirs duquel il se livrait sans mesure. En 

1 P'tjrbewi , W 144-. S»otakM'le M l.33;Aali, 

i2, hifinào , p. 4*1 . 
.3, Peucbrvk I , fol. J64. 

(4) Ibùi. 

[5) /but. 
^ç, /bU. 



rflVi . If tiombiv drs rhaszrki ( l'avorilrs , 
mhMis (Ir (garçons ^ était dr quaranir , rrlui des 
enfants de Murad passait r«'ul , crliii drs brllrs 
rsihvrs s'rlr\.iil inscpiA cinq rriils, r| Ir prix 
dr r»'s friinurs A ('onstanlinoplr fut birntftt 
crniuplé T. I,«>rs(pir sa ni(''rr el sa sœur s'é- 
l.iirnt cfltinées dabord dr r.irracbrr A l'rmpirc 
absolu dr la \rniiirniir Ssafi|r Haffo, son 
é|)onsr, |)ar Ir présriil dr drux rsriavrs, les 
forres de Mnrad ne rép(mdirrnt pas A ses dé- 
sirs. Sa m^rr allribua rrl rial ;i drs pralifjurs 
nia|;iqurs i\r la \ éuilirnur . ri til applirpirr ;i la 
lorliirr. par lis cuinirjurs. drs juivrs rt drs rs- 
clavrs (|iii drvairni avoir été rinployrrs |)ar 
Ssatijr à rxrrci'r drs sorliléj^rs («tur ém-rvrr le 
stillan :'2 . (.>iul(pirs-urirs lurriil jrlérs A l'rau, 
brauroup baniiirs A MbodrsrI surd'autrrs tirs, 
doii rllrs sortirrni plus tard pour épouser «1rs 
fourriers rt drs rcuyrrs Irancliants f.l). Murad 
était de moyrnne stalurr; son visajje pAIr fai- 
sait ressortir des yeux lan};uissanls onibra{;és 
dépais sourrils : sa barbr riairr rt roussr drs- 
crndaii sur sa poilrinr : la pAlrur (\v son Irint 
rt sa uiaij;reur étaient attribuées A l'opium; elles 
disparurent lorsqu'il abandonna ce brruvaj^r et 
sr mit A boirr du vin. Ses «xcf's dans le barrm 
entrainèreiit pour c«mséquenrrs drs attaques 
dépiirpsie Jy. 

I>e nouveau sultan, A|;é de vinp,t-htiit ans, 
arriva. Ir *21 «Ircrtnlirr 1 074 . (U' Maj^ncsia ^'i) sur 
Ir rivaj^r <U' la Pro|>oniidr, trouva lA par ha- 
sard la f;alére à dix -huit bancs de rameurs 
du nis( bandscbi Frridun , sur licpirllr il monta, 
suivi (\v srs cpialrr ronfidriits , Ir silihdar 
( porle-é|)ée ) , le tsrbokad;ir '' [>reniier valet de 
(haiTibre), le nikiabdar Meneur de Télrier), 
et le rh(Klsrha ^ précrpteiir ) , franchit rn sept 
hetires l'esfnce (|ni le séparait de {>onslanti- 
nople , et d( barqua un peu après minuit pr^s 
drs batirries du sérail , dans le voisinaji^e du 
k'rsrhk du sultan Hajcsid. \r Isrbausch Ila- 
san, rt Ir pilote dr la jjalérr. Ahtiird , se ren- 
dirent chez le f;rand vcsir pour rinloimerde 



(t' PelM-bfrvv-i, fol. 16 j; Aali, .Shoiakitade. 

(2) Sajjrrdo , fol. 422. 

Ci) Aali,f<»l.;i«7. 

(4y Kuolie», p. 6j1 , (J';i(.r:oid avec le» liiikloriciix t)IU)- 
maiM. 

'■'i; Va rvm p» d'Am^Hia , toiiiine on le voit dans Bau- 
dier ; Fam , 1627 , p. I/'G. 



I l\ \\V \\\\ Il 



2o:î 



rarrivéc du sulian. Sokolli aictnirut a\iT ôv*> 
Rens jM)rlani drs lanl»Tiu-s IxHir baisrr la 
main au uoummu Muisfraiii, «•( U- «oni|i;i>il 
dans le M'rail. aujinH «le >a UH'.r \.v |inini«T 
M)in (|iu' l'dii prit «laus la nuit uu'inc fut «ii- 
faire iuuuwlrr ciui] fnVt-s qui ixiusairnl <^trr 
(les a^|)ilauts nu tr^iie ^l\ A la naivsaïKC du 
jour, Irx iniiiislrrx ri !«•> i;r.ui(ls , roiff.-s di- 
turbans noirs, sr rtunirt-nt d.ins la mits<|inV 
d'Aja-Sjfia. |»ourla |»ri«^rr du uiatin . ri se rm- 
rlircnt ^n^uit'• nu <li\.Mi rt au srrnil. A m', I 
lirurt's jiaïut !«• siillau , rt-vrlu d'un «loliuiaii 
(le satin Ni(tlet lM)rdé de noir, la lèti* couvrrtr 
d'un tnrlïan noir, rt il sr plma sur le In'inr. 
1 »• faraud vt'sir s'ajipro' lia U" prcuTuT |M)ur 
|H"6»rnlt'r snn hoinma;',»' , rt sinclma jusqu'à 
terrr: puis vinr<nl < in.| aulrrs \rsirs : Pialr, 
conqu«Van! dr (Iliios; Aluurd , Malunu»! . Mus- 
tapha , Ir Immrrau dr Hrai;adino; Sinaii . Ir 
conqni^rnnt dr I Iruirn ri dr la (ioulrllr; Ki- 
lidsch-Ali, le Lapudan-panha , 1rs kadiaskrrs 
d"Kun»pr ri d'Asir, Alxliirralun.ui , ri Mohain- 
rawl-I'.rrndi , l's trois prrsidrnls dv la < liau- 
cellcrir, I)s<liaafrr, Lilesiir et Mcdiainnird- 
Tschrlrbi. Irsrtrétairr dT.tat pour lasii;natinT 
du sultan , Feridun, Ir inufli . Ir juj;t' dr Con- 
8lantino[ile , et le reste des ulémas, selon leur 
rauj; ; 1rs ajas des janitsrhares, sipahis et 
dsrhebedsrliis et lH)siandscliis, cl enfin, les 
vairts dr rliauibre et 1rs |;ardrs du rorps '2 . 
I.e sultan salua rassemblée, et se retira dans 
le harem. I,es a[jas des eunuques attendaient , 
1rs bras rroisrs. la pr«'mirre parolr aprt's la 
prise de {w^^srssion du trône : J'ai faini , don- 
nez-moi à manger,» dit le sultan, qui sentait 
un appriit drvoranl. [»ar suite du mal dr mer; 
rt rrs mois furrui rrj;ardés coniiur un siui^trr 
présaj^e de disette; la j;randç cherté des vivres 
(]ue l'on éprouva dans l'année même confirma 
le peuple dans ses cn)yanies suprrslitirusrs ^3;. 
Au bout dr cpHlqur.s lirures , après qu'en [»ré- 
sencc du sultan la prière des morts eut été ré- 
citée sur le cadavre de son j)ère , dans la cour 
du sérail, ers dépouilles morlrllrs furrnl trans- 
portées dans le tombeau qui l ur avait clé pré- 

(1) SelaniLi , Aali , PeUchewi , îiN.olaksade , Uasaii- 
begsade , ei les historiens européens Saijredo , knolie»» , 
Baudier.Gerlacb. 

[2 Selaniki , p. 121 et 125. 

[d) Aali , hA. 359. 



|»aré dans le vr>tibule cxTidrni.il d*\ja-Sofia. 
IIu t jottrs apr/-* I eiurnl liru 1rs funérnillcs 
drs rin(| frrres inunolés . «pli fureni rnvrvrlis 
an\ pirii^ dr leur \»hrv. le detiil dtira quarante 
jonn . prndani h-squrls se firent drs lrrlurr< 
du K<»mn . ♦l v dislriburnnt drs aumônes 
p<»ur le vilul des .Ames de* di^nnts "2 

Vnm jours afiHs riu>mniap,e pr^lé au nou- 
veau Mdlm . on lira du irrMir Ir |.rés«-nl d'avé- 
nrtnrni au inNnr . KM) iMiur^es d'or, rhu une dr 
lO.OfXI diirals . tiireiil doiui^'es aux tniuprs; 1rs 
janilsrlinrrs srnls rurrni ^'lO durais par iMe. i*n 
loul 7(MHMK» Ir Irndiuiaiii furrnt donnés aux 
kadinskrrs. puis aux visirs . ainsi quVi d'autres 
{grands dii^nilairrs <U' Tempirc , des p« lisses 
dhoiiiirur ron turvélrnirnls dr (ietiil. le |;rand 
vrsir rrrui (i.OdO durais, rt unr prlissr dr saliu 
blanr narnie de Fourrure , deux antres d'étoffe 
plusroumuine. ri un sabrr f^arni depinT«Ti«s; 
1rs attires rinq sesirs nirrni «lianin i 1)70 du- 
cats rt drnx vétrmrnis dhonnrur: 1rs ni- 
srhandsrliis et les drfirrdars srtilemrnl .^M) du- 
rais, sans kaflan '.\ . Parmi 1rs euiplo\rs de la 
cour, les tins furrnl mis A la rrlrnilr . d'autres 
fiirrnt api>elés f\ des fonctions politiques : ainsi 
deux rhambrllans devinrent sandsrhakbef;s : un 
écuver Iramlianl fui «réé î^rtiéral dr ravale- 
rie <' : Ir Iscliausch llasan , cpii avait porté au 
sultan la nouvelle de son avènement au [louvoir, 
fut nommé tsrliausclibasi hi : mais ce Ho^nien , 
rude ri i;rossirr. dut élrr faronné fi sa iionvrlle 
ditpiilé parle [pand cliaml»ellan o . I.ekadiasker 
de Iltimili . Kndisade . alors en rrtraitr . reçut 
une au;;mrnlatiou de iraiKinrnt: mnis le ehé- 
rif dr la Mrcfpie vit rejeter la pTO|H)sition ten- 
dant ^ faire conférer la place dr ju|;r de la ville 
du prophète h llasan-l-frudi, déj.'t chargé du 
rétablissrmrni drs arpirdtus. T'Ius (]r qunirr 
cenlsprisonnirrs furrnl lirésdeln l(»t:r Noiresur 
le Bosphore, parmi lesquels Zerbelloni. le défrn - 
srtirhéroïtpiedr la C.oulrllr deTunis f»'. I-r31 
décembre, .Murad se rendit pour la pn-miérc 



(1) lie 31 décembre . daprè» le journal de (i«rUcb , 
p. 72 , el non pa» le iiiéiue jour , cwniue le préUnd Sa- 
gredo , p. r-J3. 

(2) hHaniki , p. IZiet l^i: GerUch , p. 79. 
(3, .SeUuiLi, p. 1J7. 

(4) //)jV/.,p. I2«. 
f.5) /6ù/..p. 130. 
6) Journal de Ocrlach ; p. 71. 



10'* 



HIMOIHI. DK i;i-..MIMHK OTTOMAN. 



fois on pxHupe soloniiollo ;"» l.i mos<]iu^»* d'Aja- ' 
St>fia. [Huir assist«T .1 la |»ri«'rt' dn voiidirjli , «M , 
cinq lours apnS il sombanjua (miir aller viNÏlor 1 
le luiulvau «1 Kjub. ri \ roiiidrc \'c\wc cw |»ri'- 1 
senco diMinilf la in)ur ."> janvier \>7.\. Au rc- 
lour. il |wissa par la porie d Aiulriiioplo, et se 
rmdil A cheval aiiv lombeaux de Mohammed le ' 
&)rn]iièranl. t\c liaiesidll.Seliiiil". Suleimaii T"" 
et N'Iini il , ver^a iin^me de> larmes el ré- 
cita des priires sur les mommients qui recou- 
vraient h^ restes de ses fr^res iumiolc s par ses 
ordres 1 . I.o 12 janvier. aiuu\«'rsaire de la 
sainte nuit de kadr. où le k«tran fut eiivoy»' du 
ciel. Murad a-sista derrière la femHre grillée 
du divan a la discussion des affaires de lem- 1 
pire . et entra ensu te. selon la c 'Utuine , dans 
la .«ialle d audience fM)ur écouler 1 s projxtsiiions 
des vesirs. AI rs conunencèrent A muri urer les j 
quatre e-^cadrons inférieurs de la cavalerie ré- 
j;u'ière. irrites de ce qu'on ne leur payait j)as 
leur arriéré de solde . et demandant une auf;- j 
mentat on dans la {jraiifica' ion accoutumée a 
chaque nouveau rèjjne. Le j;rand vesir leur 
adressa des pamles amicales couine à desfrères 
et des coiipifînons d'armes, et produisant le 
kanun de Mohammed le Conquérai t , il l ur 
prouva quen de telles ()cca>i(»ns les deux pre- 
miers fscadrons des sipahis recevaient ô as[»res 
par homme, les deui suivants , formés di- mer- 
cenaires, iasjres. el les deu\ derniers. coni|.o- 
<i^ des élrangtrs. 3 seulement. Ces explica- 
tions, le payement delarriéré, cl Tordre donné 
de faire une enquête sur les mrdversations dans 
les co nples de larmée. afia sèrent les mécon- 
tents 2 . Pendant les fêtes du Hairam . le s» cré- 
tairedT.tat Feridun offrit au sultan un donhien 
précieux Avec un zèle infati[;able. il avait re- 
cueil i. des cahier*» de r Kl al el de la eour. toutes 
les pièces diplomatiques et les divers itinéraires 
des années «iepuis le commencement de l'em- 
pire, et les avait distribués en onze parties dis- 
tinctes, dont chacune éiait consacrée au rè{;ne 
d un sultan: il y ava t en tout 1.H80 pièces, sur 
S.fXîO feuilles d'un {;rand fr)rniat m-folio. qui 
formait un ouvraj;e énorme, intitulé : Érri/s 
des sullans '3]. La collection fut déposée aux 

1; ^-e'iarnki . p V/^i . jwjrnal de Gerlacb , p. 27. 
(2, .VUnki. p 131. 
'3 MuoKbuU-betaliD. .«klaniki , p 133. 



pieds (lu snllaii. jtar l'enlreniiM' du i;rand vesir 
Sokolli . (|ni a\ail provi^pié renlreprise. 

I.e() lévrier I/)/"», mourut le vesir lerhad- 
Pa^cha. le plus j;rand calli}ïra|)ho (pie Ihisloire 
ail si|;iialé parmi les vesiis ollomans, l'époux 
de la pelile-tille di' Sideinian . Mlle de son tils 
chéri Mohammed-Sull.ui . la sultane llcmai ,qui 
lui avait donné eiiKj fils el trois filles Jl Dans 
ce U'uips. le {;ran(l vesir Sokolli diri|yea des re- 
cherches eonlr lesicond éeuver \\ eli et le def- 
lerdar Oweis. I.e premier fui oblij;é de rendre 
l.')(OUMI aspres indùnienl perçus par lui (2); 
quant ^ Oweis. appelé par l«'s vesirs a donner 
d( s ex|ilieaiions sur son audace à ouvrir sans 
ordre un sac dar];enl scellé par le précepicur 
de Mnrad. alors prinee héréditaire . et à en sous- 
traire (le rari'.enl , fori de la laveur du maîlre, 
il répondit .vec rudesse et fierlé : «Je suis def- 
terdar, el connue tel j'ai le droit d'ouvrir cl 
de fermer le trésor ; si j'y ai pris(piel(pie chose, 
c'él.iil pour des affaires iin|iorlaiites. si j'ai mal 
employé raijjenl ainsi détourné, je suis prêt à 
en remettre mille fois autant.» Le grand vesir 
envoya le Isch.insehhaschi au lala Seadeddin 
[»oiir lui faire savoir celle répon c, dans l'espoir 
de trouver au[très de lui de Tappui pour l'en- 
quête commencée : mais Seadeddin . évitant de 
s"eni;ager. piélendil (pie depuis I avénemeni de 
Murad, .son influence n Cxisiail |)lus, et celle 
tenialive malheureuse de Sokolli ne .servit qu'A 
prouver le déclin de son pouvoir (3^: les troupes 
mêmes (ommençiiieni à ne plus le respecter, l'n '' 
jour que .Murad passait sur uw esquif, devant 
une taverne grecque, quelques janilschans 
ivresle reconnurent, lui monlrfrenl leins verres 
à la fenêtre, et s((rièienl qu'ils buvaient à sa 
.santé: le sultan fil proclamer rinterdicl ion du 
vin. Trois cents si).ahis se réunirent, allirèrenl 
par ruse le ssuhiS(hi au milieu deux, cl le mal- 
trailèrent ; le grand vesir ayant voulu inter- 
venir, ces gens . ainsi que les janilscharcs , l'in- 
jurièrent, et menacèrent de le frapper, ainsi que 
le sulian '1 . A'ors on cria sur les plares publi- 
ques que les soldais fKiurraient boire du vin 
.sans encourir de punition tant qu'ils ne se por- 
teraient à aucun acte violence. L'aijades janit- 

'\i Sf-laniki. p. 133. 

(2, /hid., p. 1.32. 

O; Jbi'l ,\>. 13ÎPI 135. 

(4/ Jourual de Geriacb , p. 89. 



i.i\ i;r \\ \ \ 11 



20 



dlâres fut dé|M)sé, iM sa \A:\cc ronft*r<*f A Tsclii- 
(jhala , fils apostat dti nobU- jjt^iiois ( Jiala. pris 
A la batuillf de 1)^. liai be I . Alors un autre rc- 
iiéj;al italien , le fameux (khiali , Iludsch-Ali, i 
kapudaii-pavlia. fut no'imu' prauviiiphe de la ' 
sultane sMiir. dnnl .Vliiu avant sa nM>i t avait 
promis la main au l)eiîlerb«*i; tie lUnnili . Siawus- 
Pasrha . slavoniiu (Iroate de Kaniv ha. Les prt^- 
stMils du jwr.iii) inplie , un anneau et nue paire 
de souliers, lui coûtèrent ..O.tMK) du«ats; le 
fianec* d('|K-nsa le dmdde piur les frais de 
no«"es '2 . 

Il faut rnainlenanl se rejjorler an\ relations 
«•xlérieures avec \ enise , la Iram e, la l'olo[;nc, 
laTrans) Ivanie, l'Aulriilu'. et d'antres Klals eu- 
ropéens. .\près rex|H'(liliuii des lettres d'iisaue 
pour ainioncer lavent nient du nouveau souve- 
rain dans les provinces, Mustapha- Iselianseli fut 
envovéa \ enise. avtr le renonvelleinenl de la 
capitulation en ein»piante-si\ arlirles .i), et le 
chevalier (iiaco|)o Siranzo ap|H>ria les félicita- 
tions du do|;e, et le nonuau traite ré(li];éaussi 
et si;;né a \ eiiiM' 1 . Il n'y eni point «le miss on 
\nnir la l-raiice. i.ir .Miir.id III n'était pas satis- 
lait de Henri lil ,<jiii venait d eclian|;er le troue 
de Pt)lo|;ne rontre la couronne de Fiance, et le 
i;raiid \«'sir .N)kol!i ne se louait i;nère n iii plus 
de I ambassadeur français, I éve(|ue d Ai\ , (pii 
dut quitter ('.onslanlino|)leô,. La Poloi^ne avait 
l'Iressé ses félicitations davéneinent au tnV e 
(i.ir lenvoyé laranowsky (i ; dans sa ré|M>nse 
lUX ma|;nats, Murad leur recommanda co mne 
Miuverain le roi de >nède , ou le woiwode de 
Iransvlvaiiie niars I57.'> j. Nerhaleuienl le 

rand vesir déclara à larauowskv (pie Ion de- 
..lit exclure Maximilien dAntriclie et Ivvan de 
Russie 7 . C!el ap|iui prêté a i woivvode de Iran- 
s\ivanie [M)ur le porter iin trr>nc de I'olo;;iie 
liait lettct de dis|H)sitions toutes réreiites ; car 

(1; Journal de G^Tiach , p. 93. 

(2: /bi<l.,[}.97. 

(3, iKiiiîi |p.s ra,ipoil« (l'ambaiuade de Sor3n70.aui 
arcljives impériales à Vienne; l'orif.inal aux archive» 
de Vienne. 

(4, Sdfiredo , p. -124 ; Nalali ( onti , I. u , p. l'31. 

(5 Extrait.s drs rapports de l'aiubas»ade véoilienne , 
aux ardiives iiiipéria!e.«. 

(6) Journal de Geriacti , p. 86. 

(7; La lettre d.iiis Knolles, p. 5.50, et dans Natale 
Conii, parait mal s'acrorder arec la véritable daus le 
journal de Gerlach , p. 141 et 142. 



li>iii;temps la l'orie 1 avait hésité entre lia- 
tlioiy et son lival iJekes. (jui . jwu- les ( harj;és 
d afiaires Kmeritli Antalfv et Alexandre I iinxli, 
né|;0i'ia I auprès de la l'orie , afin d'obtenir la 
priiii ipaulé de 'Iraiisv haiiie J toutefois I5a- 
thor\ I eiiipiMia sur vtii adversaire, les armes à la 
main, an Imnl delà Maros(3;,ci par m*s deux re- 
|t ésenlants ,i Cons'antinople, l'ierre K^;rud 4\ 
et le savant Alexandre Keiidi /> Cas diplo- 
matts s'eltorrerent d obtenir |MMir leur maître 
la c<Mifiriiialion de la d'|;nite princière de I ran- 
sylvanie , sans une aui;menlation de ô.tMH) du- 
cats au tribut annuel (i . Leurs solli<°itations 
n'obtinrint point de sintès, et mmieunelriire 
portée en l'iansylvaniei ai le tM-hausch Ahmed, 
exii;ea la délivianct" du fils <le halassa ainsi (jue 
de .Mi« bel .S-rkei si.<pii, ayant été pris en loiii- 
battanl, étaient traités en rebelles (7 . lu ( < mo- 
ment . liai horv . comm ■ é|)Oiix delà princesse 
Anna.de la famille Ja|;ellon, était élu roi de 
Ptdnjjne |)ar les états lidéeembre W^. 

Huit jours avant la mort de .S-liin, linter- 
|irèle de la j'oiie Malimud était parti (K>ur 
Nieniie, cliar{;é <ie porhr l'acte de laïajitula- 
lion né};ociée par Hviii d Ksienbek et David 
l rn;nad !>; dix jours après cet événement, 
un tscbausili lui fut expédié avec la nouvelle 
de ravéneiiient au trône, et le jour de .Noél 
rambas.sadeur impérial envoya ses deux droij- 
mans auprès des vesirs dans le divan, pour 
demander la confirmation de la p.iix, mainte- 
nant compromise par la mort deSelim(10 ; on 
remit A les satisfaire jus(|u'a l'arrivée du |irésent 
(l'bonnenripie l'on attendait. L int rprète de la 
l'orie .Malimud était mort à Prague, et .ses res- 
tes, dé|M)sés dans un cercueil de plomb , avaient 
été conduits jusqu'à Gran Jl;. Le présent 



,1; Journal de (ierlarh , p 135, et entretien d'Autal- 
fy avec I'ii|;n.id , ihid., p. i43. 

(2, Wolti;. de Fiithleii, lliittoria de rcbusTran>ylvaiii 
ci»,l. Il ,p. 285 2!«.i. 
3 //.«//., p. 310. 

(1, IWns Helhlen , p. Wl , il /appelle Grui. 
:'i) .journal de Geilacb , p. t>7 et 80. 
(j Ueililfii , p. .i8.j. 

(7) ConsLaiitinople, 17 décembre 1575; jourDal de 
G» rlac b . p. 1 14. 

.S Beiblen. I. il , fol. 4(J9. 

'.il Le 4 décen.bre 1574 ; journal df Gerlach , p. f8. 
(10, Rapport dUngnad , aux archives impériales. 
11) Journal de Gerlach , p. 91. 



20ti 



lllsTOinr HE l/EMPIHE OTTOMAN. 



«l'honneur fut ap^Ktru- lur U- b.iroii de \\c\- 
nor ^\j\ il y avait dts lu»rloj;es, dos Ya>os dar- 
lîcnt don\ ;>.(HMJ ihilns jwur lo j;r.tuil v«*sir, 
cl ^HHir crllc t\)is runMT IlMMM) ihalns rn it- 
amnaiss,uu du rruonvrlU-nu'ul lif l.i paix ; 
jHHir lo st\ond \f5ir, rialt^Panha. •2.0(10 nus, 
IJ'lKl |K»ur rharun dos autres, ii.iKKI [MUir lo 
|u>«-ha dl^fcn . I.SOO \m\\\v rinl«T|ii(U' de l.i 
l'iirlo. ot jMHir W*s autres lte,;sct a^'.tnts, des 
sommes proporiionnées A l'iuip •rlance de ces 
fonriKinnaires I.e prêscnl dhoiineur |K)ur le 
sullau était de ;>0.(KMI du» als Imiii'.rois. I rois 
mois après que le Ixiron d"l ni;nad eu( offert 
CCS dous en audience stilenuelie. se rtl la con- 
firmation de la |>ai\ "2 . Il ne fut pas cpustion 
de la dénu'lition du rliAleau di' kallo. «pie So- 
kt)IIia\ait n''« lamee si loin;leuips avec une si 
vive obstinatitui . et que les conseillers hon(;rois 
a\ aient refusc^esiconstainuieul . parce «pu* cette 
place était le boulevard des comilals au delà 
de la Theys/. ^3, ; nwis il fut stipule que kvs 
quatre ch.1teaux de kekk(r, Diveny, Somoskœ, 
Fou} «ni, que les lurcs avaient enlevé-s cette 
anné'e . resteraient en leur possession. Pour ré- 
clamer la resiiiulion de ces places, surprises en 
violation de tous les droits, au sein de la paix, 
l'empereur Ma\iniili«ii a\;ut cunou'U rit«-Live 
honijrois. Nimlas Istuanfi , auprès du j;ouv<r- 
neurd'OfeD. Mustapha-Pa.sclia. \jc gouverneur 
se défendit •:«• cé«ler à « elle demande, en disant 
que le bruit de la |)rise des ( bateaux avait pé- 
nétré à Oiasiantinople, et qu'il ne {pouvait les 
rendre san^ un ordre exprès du sultan. " De quel 
drt»il. ajouia-l-il. cette reMiiuti«>n pourrait-ele 
être exigée, dans un lemps «lù Ion s'efforce 
d'arracher h la suzeraineté du sull-n , en soute- 
nant Bekes. non pas un ou diux« bateaux, mais 
la Transylvanie tout enlièr«' ' Oiiarid a-t-on vu 
léperN i«-r lâcher »a proie sans \ être foreé '4 ? » 
Animé d« m^me esprit, celte année, le beg de 
firan s'était avancé avec six cents chevaux de- 
v.int Ljvar. et avait provwjué la garnison a venir 



flj Joarnal de Gn-Urh . p. 100. 

(2, /bid.. p. tOO, et rapport dX'iignad, aux arcbive* 
impéruW. 

n Mnim»^ dr Gerlacb el Bethlen ,1. ii , p 233, dan* 
G«Tlarb.p l» 

!i, Utuarift , Cf.v-n »•. 1622, p. 147 , reofeime noixx 
de d^Jil» qiK fVtbl^n . I. ii . p. 323. 



ro rprc (pulqucs lances ^l\ I,«'s begs de Dre- 
gelj «M «le >ovij;rad (entèrent «le surprendre 
l'ukkauz; «ehii de S(nhl\veisz«'nbin'n es.saya 
dVnUver brus(piemenl Palota ^'2 ; dans les en- 
vir«»ns «le Kasclwui . «pialre \iilaj;cs rorciU ré- 
duits en ceMtlrcs;d«s irruptituis furcn( poussées 
sur Papa cl Dolis, puis sur la fronlière Weude 
.jus(pj*,"i K«>pr;iiiii/,; «-ntiu sur la fronlièn' «niate, 
h'Ioiij; «le la h(ibra,«>( jiiMpr.i l.iKulpa. (piatr«: 
mille akindschis e( tniis mille fantassins désu- 
lèrent («niie la c«)ntrée, et entraînèrent «juatre 
cents «•s(lav«'s. Ton! ««'la é(ai( «-ntore «le moindre 
inqxirlanrc (|ih> I.i «léphuabh* défaite du vail- 
lant Ibrbart Auersp«'rg , «apilaine général 
de laCarniole, arrivée tntis mois aupara- 
vant (3). 

Le '2'2 septembre, les sandschakbegs de Bos- 
naserai, nUiina, Posega, Pakariz, et l'alaibegde 
Wel'ai , avaient réuni h urs forces ;\ kruppa, 
environ «leiix mille hoiumcs et sept canons, poiir 
surprendre Vihitsch. Lecapilaine jjénéral ller- 
bart, baron d'Aucrsperg, informé de la marche 
de l'ennjuii . ordonna ;i ses g«'ns de se rassem- 
bler «'U toute lijlle près de lludalsky, sur la 
petite rivière de Hadonia. Ces lrou|»es selc- 
vaient à peine ù la moitié des forces enncniies. 
Ferhadlieg enj;ag«'a l'aclioti , et son |)r«'niier 
corps, de mille hommes, culbuta lavaul-gardc 
d'Auerspj'rg, formée par l'escadron des hus- 
sards croates de \oikovich, qui fut bh'.s.sé et 
pris. Les fantassins se dispersèrent dans les 
bois : les cavaliers, croates et Inmgrois, tinrent 
ferme encore; Auersperg surtout montra une 
valeur héroïque, avec sontils Wolf |ji};«lliard, 
Agéde vinj',t-deiixans,e( le «apilaine de Weixel- 
berg. Il se précipita sur !« iinemi, mais son «he- 
val tomba , percé d'un coup de lance, et lui- 
même péril avec \N ei\ell)er|', : on leur coupa la 
télé. Lng- lliard d Auersperjf , Chi i.sl«)phe Purg- 
sla'ler. les capiiaines de Serin el de Chrasloviz, 
d'autres en«-ore , tombèrent entre les mains «les 
Turcs L'éjKJUse du capitaine général envoya 



\, .lournai de Gerlacb , p. XJ-f el 140. 

"2, Seiariili.p. 12«. 

;:i Dan» rlukcba d A^li «; trouve le rapport du fjou- 
Teni''iir de Bo*riif, VnrUml , fait par l'lii»lorif'n Aali , 
alon> u)n «teréiaire , i^ur une d^fdiie Kubie le 21 H.i(iud;iti 
[/janvier 1.S75] par Auersperg , qui! ap[)elle A«;bper- 
Pfbar. 



1 1\ nr. \\\ VII. 



207 



.Tii|)ns (le Tti luid-Ik'i; If supplior i\r lui an or- 
(lif la U'itfl ift (»r|»s(|f M)U »|(*)ii\, |»<uii«|ir»lU' 
lui ri'iulil 1rs liuuiuurs di- la >rpuliinT. • lui 
tctc. dil Kt'rUa«l-lWj; , vous M-ra biciilùt rciMluc ; 
mais (M>ui' ^lll^Ullll il Tiul la di'|»4tiiiilri- <U- la 
{M'a 11 . qui, biiuircc ilf |»aill(', M-ra riisouV ru 
tniplicc à (Juu»Uiiliuo^a (1). Quiti/u juun 
a|>ri-s la iMiifiriiutitMi du i'i-uu(iM-tlnn<-ii( de la 
|ui\, rauilMvsadt-iir mquiial luioii d l ii|;iiad, 
proli-NtaQl. rumiuc AuirsiM'i'i; , vui It* »p«t laclc 
de lfuir6- Iru» ujiliaU- d»cor»'€ df» UWs «les 
clit'ls (uc'i sur la Kadtiina Ou \u\ail eu avaul 
(ii'S inarloloscs a\t'r do l<)ni;s IhiiiiU'Is niui;cs 
boMiious, pui> doux bannii rr^ cl les deux trU-s 
d Aunspi l'i; cl df W 4;i\»'llit'rj; , |>«»rliVs sur dt's 
laïui's, par htli l'rr\Nanc d hcli iWdHhuh. (|iii 
le« aNaicnt c<>U|m-cs /.' . <|uaU-e dra|M>au\ , le 
capitaine crualc Mrttliuh , « t riMliiiiui'^tratrur 
caruiole, U* m ij;nrur de lliurii . rtict dt-(|uatre 



la |iai\ iwuvellemfut ronfimwV, siurimèrrnl 
(II*'» \t\ali<»UN i\rnr«T» Mir 1rs dro|',iiwiis. ri tk' 
loin;s lioiililrH sur Us Irnulirri-n U>uiuin|ue 
Mu.silw< Il dr lulMui'.ru , )adis bauni à Kafta par 
Ir i',raiid >«->»ir. sur !•> di uoiuiatious de IiiiUt- 
pntr dr la Porlr lUaluui Ir roloiiais Sirn/- 
/rni ), |)ui» rappck il/, fui arrrii' cl ninduit , 
une «haine au rou, lUm le divaii /-' , où il re- 
Viil t iiitpiaiitr loups »lr ImIom ii , ^arcr que 
riiitrrpréle traînais Jian-lliptisli- hilail refu- 
i;ié daiiN sa It aiMiii. l.e drti|;iiMn \enilicii tut 
tliasM* du di\aii a roupsde baloii(i , f l liiilrr- 
prètr ti aurais, rauv des (»ulra|;es fails à Mus/- 
liadi, ne sau\a sa \u' «[ueu riiilraKsanl 1 is- 
lam (."» . Kntiu .sokolli relira à touh lekdiojiiuan* 
le «Iniil dont ils a\aieni joui juMiu'alorR, «le 
p.irailiedaus le (li\au. vins le prrlrxlr ipiiks m: 
pouN aient être là ijue deh espions de lélran- 
i;er (i : il prit la inénie lucMire eonlre les 



eusenjnes dl M«K|ues . deux iioniiwiles. eu- | ai;enls des |>,ouMrneurs, pane .|ue. dil-il, leur 



virun vini;t priMuniirr:» la ebaiae au cou. luut 
C€ eortéf.e, au bruit tirs taiuliours et des Htres, 
fui louduil vers le t;raiul \c.sir. Ir Irndciiiain, 
dans le divan, il tut pir.M'iilé au sultan \'.i . 
(Juatre des pi isouuirrs tiirrnl circoncis dans le 
divau par le ItuuiTcau . avct lr(|uel lau bassa- 
ilcur dut nt'ijiM irr [wiur la remise di-s deux Irles; 
• f bourreau demanda d abord ^tMIU*^* durais, 
ri, curunie irrité de voir ses priMeiUion« re|»ous- 
secs. il jeta 1rs If 1rs par trrrr ; le i;rand vesir 
le til Itàiunurr i lùUiu , radietécs pour •><) 
tlialcrs, ces nobles ikiNJUilles furent enfermées 
<lans une raivsc i\v cy[)ris. rxpédires par le 
|irucliaiu roiirrirr, et on Irui r< ndil 1rs (K rnirrs 
devoirs dans la iwtricdAucrspcri; cl deW cixel- 
berj; , ù Isclirriirinbel (ô . 

Au Irioniplic barbare qui semblail inauyurcr 



(1) V.il>a.v»r. I. IT. p 186-108. A'nprn W(;\»er . \%- 
Inanli, Pt le ircil tn latin tk- let érencnn'iii, par Khi»l 
de Kalleiibruiin . UerU*di Aueispei^n b,iruuift viu tl 
mors ad saUilein et coiuiitoduiu pa'iict iraiisacUel iu 
Corvaii.TO\ti»niis hnil)U« ad Rudatschkiiiu, x , ral. ocl. 
fn pi cPlio adtersu» Ttirra* oinni<i mrmonaf rnidrliv^imon 
dimtianorum salulis opput'.naiorii clorHMiMinw! oppe- 
lita a Geori^i» Kliisl de Kalttnbruiiii ha-iediiarin diliuiii» 
Gonciaia' daj ivero , Ldbaci, 1575. 

(2) Journal de Gerlach , p. 13-. 
(3j Ibul. 

(A] Journal deGerljib,p. 134,(1 rapport dlni^iud. 
dans les archives de la luaisou luipériaie. 
(5) Valvasor, p. 493. 



présence effrajail les a' cusateurs cjui avaient 

j à dénoncer Us vinUiues (Us |»a.sclias et des 

I be{;s ;7 ; hepuis la iikm i «le Malinuid . né à l'as- 

I sau. en Uavirre, nuirt à Prague. 1rs iiilrrprrtrs 

', delà rorleclaieni le vieux Miirad, lluuijroisou 

I Trans) Ivanirn, Iradiuleur de IhiAloire de Nc*- 

i chri.rl Ali-lU't;. rAlInuaiid Mrirbor liirpuih, 

I de I ran( loi l ;h . l^ pUi; arl des vesiis aussi 

élaienl des renéj;als: le |.remirr était le lios- 

nirn S)kolli : le M-.ond. U- llonjjrois l'iale 9, ; 

le Iniisiéine. le Siyiii n Aliiurd. ijui <lil a lam- 

: bassadeur im|M-rial ijuil éuiil de (,rAi , et (pi au 

plus lot il irait trouver ses ctMniwitiiohs pour 

les faire aussi musulmans 10 ; le tpiairième, le 

Carniolc MaUiuud iic la.vbarli 11 . la Hunuli 

avait \Mur Uy.Urbrij le >lavun ou iToale bia- 

vvus drKani.Mha: onroiiuiiil aussi lesdeux Ita- 

I liens Orhiali, kapudau-pas< lia . sous le nom de 

I kilidsrli-Ali , et (m ala. a|;a des lanilMliarrs ; le 

(1; Journal di Gcriacli, p. 3-'. 

•i, Jbiil.,1. u. 

3, //./*/.,!. VIII. 
[A Rapport d'L'nr,nad. 
(.ij Journal de «krlarh , p li9 et 2W. 
;(i, Rapport d'iinjoad , d» l'J B^plembre 1576, dam 
1rs ai(hiv(« de la inaiMni iiiiprriale. 
7, Journal di- Gerlach . p UiO. 

.-'. Rapport dLiit,uad, et jourual de Cerlacb. 

'.< Journal de (ierlaib , p. 37. 

IU; /W</.,p. 283. 
Jl; Jbid. 



HiiS 



HISTC^IHK OK I.'KMPinK OTTOMAN. 



(jriinhien N\ >l/rr dirii;«Mil \c liarom «Minmo 
chordt"^ cunuiiiics I . P.nnii les omplovrs iulV- 
rieurs do latoiir. on voy. il Mahmiid Srlm'iMliii 
lie Gralz. cl llanns Forhcr dr R.iW«*non. t^Miyrrs 
innrli.iniv '2 : Marliii OsuaUi. fiturriiT ['^^: le 
har.-n KainmarluT. d»- Cariiilliio. ts(l)au<;(h^4\ 
et le p.iMriir arirn Adam Nnisrr. maiiuliik .')\ 
les rfn«y,als. vesirs du sullan. rallatiu's a sa 
famille par des alliances, se nionl raient ennenn's 
daulant plus ferribles d«- li ur .incicuTio toi , <irs 
(XjnlrtVsdans lestjuels ils riaient né<i. Au mépris 
de la |^i\. des irruptions turques |>^»^t^rent 
plus de rinqnaiite fois, rrlte aiuirr. la drsola- 
tion sur les fnmii«Te> de llon[;iieel de Croatie. 
I *em|MTeur Rodolphe 11. apn''saNoirnolifi(^ son 
avi nement au tn'me. se plaij;nit de toul<s res 
> it»latit>n«» des traités ]'2 0(i«»l>ie 1.'>7f) , et la 
paix fut Fi nouvelée aussi avec lui pour liuil an- 
nées, à partir du 1*^ janvier 1.j77 G}. 

Le .31 déiembre lo76. ranibassadeur impé- 
rial offrit le présent d'honneur a|i|)orlé par 
Wolf >immich 7 ; dans sa suite se trouvaient 
les nobles st\ riens Gaspard dllerbersdorf. pa{ye 
de l'archiduc Charles. An<iré de Zollner. .lé- 
ré lie (le Schorndorf. cl Chrisiophe Wohl- 
Zf>f;en, qui furent admis à baiser le-> l>ords d i 
vêtement du sultan. l,e relard dans l'en. oi du 
présent était exrusé par une lettre de l'enijje- 
reur . les objets expédiés avant la m(»ri de Maxi- 
milien auraient été arrêtés sur la frontière. 
f»arce que l'élection du roi dePolo[;ne n'était pas 
laissée libre; ptrre que l'on avait auparavant 
ajo té trop de foi aux insi nations des I ran- 
.Mlvanie .s: parce que Zesin et Busin en Croa le 
avaient été enlevés : en même temps étaient 
exprimée^ des plaintes sur les irruidions des 
liej;.<s de 0»ban . Gran. Fulek . .Szif^pih. .\f)vi- 
f^rad. Szolnok <l Sluhlwei^-zenburf; 'Hj. A I ap- 
pui de* f;Tipfs élevés contre le beg de Nzi|;eth . 

J, J^'iurTial df 0«r|»f h , p. ii 

{2] Ib<d, p. .5-' et 265. 

(3, ItHd ,\>. 2K.3. 

f4; /bid., p a. 

'S) Sivitarrwurt'V^. << IrouTf iwii fntiTf dan» le 
Journal dr (^t »fb, oui »« an eu dt» d^lja* ë\t( Im. 

'fi, Journal an Ger arb , p. 273^ U tia<Jiiciioii de la 
capiiulaiirjf) t'y injuve au»*!, p. 290, avec le fcroian 
adreaaédam la Miiieiio pa«rl.a d Ofen. 

7^ Journal de OerU^b , p 2> 4. 
8 Rapp<^>rt drbguad, aux arcbiret de la maiioa 
impérule. 



Ali. nev(Mi (le SoKolli. ancien bef; de Klis, dé- 
|)osf (lepn s la mort de (leor,;es Tt'xi . av.iil re- 
mis «nire les mains (le l'amhassadeiir impérial 
une accusation écrite (pii devait faciliter le châ- 
timent du c(Uipalile au i;rand vesir. alors déjA 
!;('"né dans laclion de son pouvoir (1 •. V.u consé- 
quence, des ordres furent adressés aux begs 
des frontières; (piani A Zesin et A Husin, le 
grand vesir décla a iine leur rcsiilulion était 
impossible, pane (pie des mos(piées avaie t été 
élevées dans leiu' encciiile. iJi \ain l'n;;nad re- 
nouvela ses représentations et .sa réclamation 
relatives A ces deux places auprt-sdes six vesirs ; 
en vain il offri' . par son drogmaii Mal lia del 
Faro. .')(K00() ducats au grand vesir, la construc- 
tion des mosquées fut une raisoti contre laquelle 
éeliouérent tous ses efforts. l)"un autre c('»lé, 
Soko li assina au baron d l'ngnad (pi'il avait 
recommandé au vvoiwodede TransN Ivanie de ne 
|x)jnt accueillir les seigneurs hongrois qui vou- 
laient passer dans son parli. Sur les ri'clamai ions 
de l'ambassadeur iuq)éria eoni re les begs de Szol- 
nok, Gyulaet.lonœ.qui frap|)aicnt de contribu- 
tions ex( lusives des villages sur lesquels ils 
n'avaient pas ce droit . il fut ordonné à ces of- 
ficiers de laisser dans l'étal où ils éiaient anté- 
rieurement les villages (pii payaient des inqxMs 
à l'empereur comme aw sullan. Au moment oi^ 
l'ambassadeur de lemp" reur remettail la ratifi- 
cation du traiié ['2'2 mai 1Ô771, Snkolli de- 
manda où était Bekes, IJngnad répondit que le 
[jraiid vesir le savait parPailement : " Mais, re|)rit 
ce dernier, il ne me serait p s ajjn'-ablc (pj'il 
restât en Transv Ivanie. nAnx plaintes contenues 
dans la lettre de Tempereur sur les dévastations 
de kekkfe et les irruptions des troupes de la 
Transylvanie, entre .lenœ et Szent-.lvany, le 
sultan et le i.rand vesir oppo.sèrent un aulre 
{;rief, .sur l'enlévernenl de trois esclaves du 
begdéfédéde Fulek; el ils répél(;r(nt rpie la 
reshtution de Zesin et de Busin éiait imiiossibic, 
à cause des mosquées construites dans ces deux 
places ^'2j F/empereur .se plaignit encore des 
irruptions des begs de Szolnok . lolna , Szcge- 



(i) Rapport dX'n{;ri3d , aux archive» de la maison 
imf»<riale. 

2, l,r»rir,irial deS»aFer, 9H.5 f avril 1577], »p trouve 
aux a-fh v(«de la maiwKi iinpf'riale, aiiioi qu'une tra- 
duclion allenuDde par linierpif le de la l'orte, Aali. 



IJVKK WXVll. 



209 



(liiirt (IKrda. le i;r.iii(i vt sir. «le mui côli-, r;i|)- 
|)cla (jiu' lis iiupri i.ui\ siUii«iil wisis dr mai- 
tolosrs (lu l)fj; de dran I ; [mis il nr|;iiiia 
contreréli'vatii»ii(rmit'louràZriiy.(|u iiiitlcHri' 
du .sult:in a I nii|)<-rnir avait ordoiiiié de démo- 
lir. l.'.imliaN>>ad<'iir se rétria (oiiln- l'imonvr- 
naticc du (on iuipéraiit' |)n> danNCt'Iii* li-liri*; 
Sokolli ri^|M>ndit qu il n'y avait pas .ism-/ de 
truips ;i\.int le départ du inunicr |Mtin' eu ré- 
dij^cr une autre , et ipi il |H>u\.iit UHNiirier les 
termes dans la tiadiu tiuii '2. (juelt|ins jours 
apr(*s, l'insulte fut a|j(;ravêe enectre par l'entiée 
de t|uaire-vini',t-«|uinze pris<uuiier> de Maab, 
coiuluils eu (noinplie a (ionslanliuuple .'V. La 
Ilote de l'ambaNSiuleur, [MUir n( lauier la déli- 
vraïue des prisonniers s;iisis eu pleine paix, 
au mépris de tous les droils , el la nieiiaci' de 
suspendre l'envoi des [iréseiiis d'Iiouurur. res- 
tèrent sau> résultat (i . I.a ( rainh- d une rup- 
ture eompirte de la paix fit ii\rer »e lrd)ut de- 
{{uiM*. qui lut appor é à la tin de I .uuiée par 
le seij;neur Sinzendorf, successeui d l iq^nad 
f 19 janvier IÔ7.H . 

I.es plaintes eonlrc les violences cxereées sur 
les Irontiéres, prineipalenimt du (ole de la 
liosnie, ne produisant aueini elfet , l'arcliiduc 
Charles, {gouverneur de la Slyrie, la Carinthie, 
la (jrnii'le et Gnrz. résolut fie repousser la 
force par la force. Le baron (ieor{;es de Klie- 
venhuller, à la léte de dix mille lionunes , avec 
ein(| cents pioimieset dix-luiit i;ros canons, 
envoya iU)liHer ces dis|M»siiions nouvelles à 
Ferliad-Beg (5), vainijueur d .XnersjK'rjj, dont 
le fils venait détre mis en liberté moyermant 
une rançon de :i(».(KM» ili.ders G . Passmi par 
Sluin, d marcha sur Derschmirk, «|ui fut évacué 
par les Turcs. Les places de /esin el d (Jslro- 
vvaz cédèrent à ces forces supérieures; Husin. 
s(unmé de se rendre, tint ferme; car le com- 
ojandanl comptait à la fois sur le Quinbrc des 



délenseurs, «ur Ir manque de \i\res et sur la 
d\ssenterie dont .«outTrait lennemi ; en effet, 
Iriliad.donl laïuiée s'était grossie juv|u"au 
nt»ud)re de trente nulle houuues , reprit Zesiti 
ainsi qu'Ostrowa/, et Khevenhuller . voyant 
ses Iroiqies diminuées di- moili»-. se relira cou- 
\erl de lionle I . .\\\ ll<-|; tenta \ainenierit 
d en)|»écher rélablisM'uient «lun retranchement 
au-dessus de l'eiiilMiui bure de la Kanisi ha d,in« 
la Mur '2 . et Abuied-Bei; dut lédera la valeur 
de I humas Lnhedy , près de C/ernik (.'i . Si Irg 
impériaux n'avaient pu se maintetiir par le« 
armes dans Z<'sin el Osirowaz. ils ne parvmrerit 
pas non plus, par les né|;oeialions, a déterminer 
les Turcs ;'i la reslitulion de ces places ; LIrieli 
«le ku'ni|;sl)er|ï, jïrami clian«elier de I archiduc 
Kriiesl. (jui, laiHice sui\.iiile.ap|H)rla le présent 
«riionueur à Omsiantiuople , et houa ctimplét»'- 
inent dans sa «lemande à ce .sujet lô février 
I ■'»/!) . 'l'arulis «pu- laudtassafbMir im|H'Tial à 
Cionstantinople ai i unudail |ilainles sur pl.tinl«><t 
contre laiîitateur lerhad, et que Thomas l'alffy 
de Palota |Mirtait ses réclau allons au[ir«*s du 
pasclia d'( )fen, contre b's usnrpalions faiies sur 
ses propriétés par le be|; «lllalNNan 4 , le pascha 
«lOlen lni-nH''me faisait pr«senter d«'s {jrieF» 
par un député auprès du );«tuv«Tneur de \ iet)ne. 
I.es principaux élai«'nt «pi'iui «le s«'s «harjjés 
datfairis en\oyé en Iransylvanie avait été 
arrèié par les {;ens de Tokay, et que les villages 
•soumis à son aiitorilé avant I élé\alion de Kallo 
refu.saient m.iinleuant d'obéir a s«-s «jrdrcs 'ô,. 
Des lettres du {;ran«l vesir prévenaient ou re- 
poussaient les plaintes de lemperiMir fi . .Nt-an- 
uioins. A la bu de I aiuu-«'. le seij;mur d Kyt- 
zinif. successeur «le Sinzendorf pn'vs de la Porte, 
eu qualité d'ambassadeur, protestant c«>mme 
son de\ancier, ap|M)rla le [)résent (rh(iiui«Mir 7[ 
De nouvelles mesures [»ris«'s «-n llonf;rie et ej 
Bosnie, pour la réunion des places récemment 
conquises aux nouveaux .sandschaks. mcmtrè- 



(t) Lettres du grand vesir, de srhaaban 98.5 [ «Ktolire 
1577], et deschewwal [novembre], aux archive» impé- 
riale*. 

(2; Bapport d'Ungnad , et journal de Gerlacli, p. .379. 
le 29 août. 

(3; Journal de Gerlach , p. 385. 

(5; D.ins les .\nnaiibus Ferdinaiidis, Khevenbuller a 
chan.(]é ce nom de Ferbad en celui de Bernard. 
(6) Journal de Gerlach , p. 447. 

TOM. II. 



[1; KIh vrnhullrr raconte avec inip:;rli.)liic koii mirc- 
pri»r iîiaii(|u<e; Uuianti , I. xxv , p. 551. 

(2 Uuiarifi, p. .043. 

(3; .Vhimrk, p. '2ir> . d'aprr« Kiriiclik. I. i , c. 14. 
j (4; Rapport d'Unf;nad , aux archives impéria.e*. 
! (5) /hi,l. 

'K) Lfitre.s du f;r.ind vesir .Sokolli à Rudoiplie II. 

;7; 6 décembre 1579 ; lettre d'tytzing au comte ^i^o 
I las deSalm. 

Il 



SIO 



lIlSTOlai IU-. I l 



mil qu'il nr fv-nivsit tMro que-ilinn «Ir Iriir ir<- 
(ilulidii ka<im-J?fi', . s.iiulst'l»aklH*jT dr Moh»»^. 
rtl^^ha^f,od■r\.1mln^r ladirini ^r;l^i'>^^l«•sfin;^ll- 
.•1H fh- Mon'i i< I l«lri<- \;»A<-I»tirl nn iionvrnn 
saints li.ik sur la fn> liniMii' in alir. avn I in 
roqioraliiMi tlo lotilr.s 1rs pl.irrs ^iUuVs an «lrl;> 
de llnna. ruli\»rs (lo|tiiis (|mltnirs .nitiris 
par Krrhnil l»r|;. irls(|iii- Krii|i|>.i. /csin. \h\- 
sin . Serin. Osirowaz. Ijvplitz. Nnkoni/a. 
el 'ilMM'lM) aspri's Ho rrvrnns aunnrU. I e 
Hnuvrrnonr rinrrn in^isla |M>nr rrreilinn (\v 
\irc<vnr.\ m wnd^'thnk '2 . Ain-i. m «lipii di-s 
traiiï^ Cl du pa\ mienl dn îrilon • n i r- iliic lo!i 
élail rn jX' rrn* o»i\rrlo. 

Maltjrr lallUndc linsliU- du suuMi.iin de 
lAninrho. alors |^rr dr la cniinunn' in)|M'rialr. 
en farr de la IMrte. ce monarf|nr. en raison 
dn uré-rnl dhimncnr annnel. riail lrail»\ qnani 
à la t\>rin«'. «i)innio \u\ iribiiiaire. ei snr le rr- 
gislre des im|MMs riaient porli^ les iitMKHI du- 
rais pau'H; I onr la llonj^rie. avrc les rj.ddtldc 
Haj;uve. I.>s lÔ.dlHI de la Mnidav e, les ;yt.(MK) 
de la Nalarhir. (".uninie pnscnt d "avéncnvnl 
au irdne. Ha(;nse envova an sultan .Mnrad lli 
de la vaiiwelle dor K darp.enl d'une valeur 
de l:?.<KMi durais, et à Stkolli drs nfTrai des 
de ô.lMH» durais. |,e {^rand vesir. daprès la 
r^g]t fnnd^ mip l'nsâf^e. devait rere\oirnn Iri- 
biii roniHie le snllan Dans («Ile ann«'e .Sikolli 
ml pins que de coiilunu' : de l'eniieicnr. M.tKMI 
durais, de la Tnih-îv hanie. .'i.tKHI «le Ha;;nse. 
:»,Oift. delsNa'a hir. 7.fKHI. de la Moldasie. 
3.ï»fK». en tout 'ilt.OOl) durais 3 . l/»«rnpalion 
f'ilraordinain* des ptin«ipanli*s de Moldavie. 
\al3«hie el Iransyl anie ar<nn.ssail l^cancouf» 
le* sommes revenant au p.rand tesir. Rn Vala- 
rhie el f-n Moldavie, le pou^'oir princier êlail 
pav<é aux mains des den\ h|s dr Mirline. 
Aletandre el FMerre le l'en lus Ap^^s la mort 
d Aieiandre. sr>nfils Mirhne. Af;é dronzeans 4), 
reçui linve^lilure Pour sr ppo urer les pré- 
seolA e\lraordiuaire.s . il charf^ea le [tays d'un 
Doavel impôt qui fut appelé gclatc, c'cM-â-dirc, 



fP Rjp^itde Stii7end'>rf c-t d7'ii.;n^d, dan» letar- 
chftt» 4e la iMlwm imp^ nl^ 
(2, /Al//. 

(4) lUpfXXtdu l»i!^. du3i00i 1577 ,aui arrbi^e«de 
la uMittn ifnpéria'r 



MIMUK () I I DM \N. 

(In)il sur les sébiles i^l . Kn Moldavie. Pierre 
le l'eirlns liil evpnlsi^ pour un mois du siiy.e de 
sa puiss.iiwe. p;ir le (losatpie Iwan Podkowa, 
qui s(« pnirndail tri it «In l'amcnx hvonia. liai In 
el mis en fnile aNr<- ses Cosaques, à l'aide des 
troupes imipies auxiliaires "i9no\euil>r(' lô77 |. 
Iwaii fut e\étul«^ ;> l.euilx'ij; par or<lre dn roi 
de Pologne, ri son IVèrc VlcNaiidrccpii. éi;a- 
leineni .sonlinn par les Cosatpies. voulut pour- 
suis re ['«'xéruliiui de ses (Icsseins, ailailié au 
poteau a .lassy. paya de sa vie !>es prélenlions 
au pouNoir siiiveiain dans la priiK ipaulé 'il 
I inlluciu e | o'onaise, qui se faisail si lortenient 
sentir en .Moldavie par les Cosaques. «Mail pré- 
poiidéraiile en I ransv hanie. depuis (piKiienne 
|{all,«ir\ . poiisM- par la Porte an Irone de Poln- 
fîne. avait laissé la dij',nité prineiOre de Tran- 
s\ hanie à son frère Christophe. A Constanli- 
nople, se sneeedai" ni sans inlerruplion les 
agents transylvaniens, pour apporter leirihui, 
néjjoeier le redressement des {jri<'f^ . ou (omnie 
eharfïés U'aHaires des mécontents hoiif^rois. 
Malliieii iNafjv et Deny .lanos ap|iorlèrenl les 
premiers le tr.hui, élevé de 1(1,000 a 15,000 dn- 
i cals, avec un [)résent de faucons cl d'ar{çen- 
I lerie ^. i.e j^rand vesir ne les aceiieillit pas 
bien, parce q..'ils ne lui ainenaieiit auiun pri- 
sonnier de la délaite de Kekes. rt il demanda 
I les nian«iirs de Kœrn'k> . Zanky, iJ.ion, laifjos 
et K;iransehes. sur les frontières (4;. Antalfi, 
af^ent de Hekes. fut saisi el (•har{jé de fers chez 
ra|;eni du pascha de lemeswar. puis li\ré en 
i Transylvanie a Halliory (5). 1,'annce suivante, 
t le nonce NNolfVaur; I Irhvowvih iusiiliala prise 
1 de pftssessioM dl lus/1 . par le molircpiece ehA- 
j teau était échu jwr héritajje en |)orilons éjjales 
à llekes , lioinemissa el ilaf^ynasy ; que les 
deux premiers avant voidii exclure leur (oliéri- 
lier.on les a\ail prévenus 1» . Chi isto[)he D/.ier- 
1 zek. jadis drof',man d'fviienne Baihory, et qui 
devmt .son se< rétaire, ap|»uya l'ajjeni (hi frère 
; desonmaitre 7 , et Gruno, qui ne savait ni lire 

(I) Knfîfl, HtMoiff dp Moldavip, p. 20fi, flarm Be- 
Ibien, I. Il , p. t'ilii. 

'2: Kiffï"!. HlMfrtrPdc Valarhif;. p. 2'if>,228; .tournai 
de Gfnarti, p ^«Jpi •iejj, 

[^, Happort d L'ii(;rMd. 

(ij /but. 

^5) fhnl ,f\ f'.flhlfri, I. M, p. ."VW. 

'(>, fUpi'Orl d'L'ri{;iiad. 

[1, Ibiil. 



I i\i;i wwii 



■2\\ 



ni i^rire, s>inpln\a iicaniiioiiis de la inniiiiii- 
la plus arlivr |)tjiir ajijniwT 1rs |)n»|H»si mus 
tiiitcs par les iiuij^nals liuii|frois, do drlachcr 
Kriau, ki^rhau, S/aihiiiar cl lok •> (\c la Ifcm- 
|^i»',a\n lassislaiurdi* hoiipis |M)|itnaiM's j 

Depuis cpir Mitrnd avait |M>rlé le xsniuiMie 
Khriiiie liai|iiir\ au Irorie d«- l*olnj;fte. il pri^- 
lelldail ex» rt er le pmlecloral sur ren)\aume 
Dans les rapiiulatioii^ antérieures nim lu«><> 
entre la Porte et lAulrulie. où la l*ii|o|;i,e 
liait comprise . elle i^tait nouunce , ciHiuni* 
roxaunic. aprrs \ fiiise vt la Kraïue ; dans le 
dernier Irailé. elle fij'.JU'ail ave< les pavs tri- 
balaircs. la .Molda\ie. la \ alarliic cl la Tran- 
sylvanie, sans que \h\ fut laisse le lilre de 
rovaunu-('J . I.c sultan cl W |;rand vcsir écri- 
virent A Itnjpcreur «pi il se |»ard.-^l d iii(]uié- 
ler le roi Maihory, installé par la Porte: car 
le sultan \oulait que les Polonais Fussent trai- 
tés coiniic ses autres sujets 3 Kt ils disaient 
encore (pie la PoIojîiu" était sous la protection 
de la Porte; que le sultan avait ordonne aux 
Polonais d'éhre Pathorv jMiur roi : que jadis un 
roi <lc P(»loi;nc avait élc pris par les Talarcs.et 
que, pour (Clic raison, niaiiitcnanl enctu'e la 
Pologne pavait iriluil au clian des Talares i). 
Avaui rcic(iiofi, le sultan avait adressé aux 
états, en faveur de Hatliory, les exhoi talions 
dont il a déjA été (piest ion. Tout réccuinient. 
le |',ran<l vcsir leur avait rap|M le ces avertisse- 
ments, les menaçant de ne plus roiiHrm<r la 
capitidaiion , si le roi n était pas élu sel(m l'rs- 
pril de la Porte ô . Les Isrhausdis Ahmed et 
Mi!slaplia Fiirenl porteurs de ces niessn|;es. (ne 
autre lettre exprimait de^ plaintes sur <U's ir- 
ruptions dirii;ées parlheluian Mkoios en Mol- 
dav ie . de D^ihaukcruian , 1 sliclierkcskerman . 
kaiiewi . .larosa'aw . et réclan a l» xtradilion 
des coujMibles (i> Apres .pie Halhorv enl été 



^l; .loiini.il dpt.eiiarb, p. 3.*i7 rt 391 . pi mn le* »iic- 
cesseurs dp R.kes , p 331 . 3i8 . liî . pt Iritrpn dp ( hri- 
htnplie B.iihorv , du T dprcmlirp 1.577 . ihiil., p. .138. 

(2) Rappon d Liinuad , 2 dérpmbre 1570 , pt du 5. 

(3; Lpitiede Muradà Maxiinilipii II , de dscheioulul- 
cvvwel 98l;ai)i1t 1.i7(.]. 

! 4 l»e scha.ib.in [novenibn^]. 

(5 Aux archives de la mai>on impériale se trouve la 
iraduclion faite par l'iiitfrprrte (Ihurrein. 

Ji Le fac simile de relie lelire du dernier de «il- 
bidxche \i<5 y mars 1.578; est â la fin du l. xi des Col- 
leciauea war.szawa deSerikovsiky , 1824. 



couroMiic lormne roi. '••an 

"^1 <ii Itskv di '^ll■ono\v et l< ndr 

llolliiiMh, w rendit .1 ronslanliiiupli- avec une 
suite de qualre-vin|;l-<li\ pa|;e» I, 1 i dé< em- 
lire l)7li . ahn de rcnouxelcr h de» eundiiions 
phi<« faxoraliles \vs eapitulations arrèlen m 
IMiti entre si|;iMiiond et Selim II. par I entre- 
mise de Pierre de /iNirovKsky . et de se pré*jirr- 
vcr ainsi, autant ipie |MisHtile. des attaque^dm 
lalares '2 .1 e traite lut (lUidu en Mii(;t «pialrc 
arti«le.s ik» juillet l.*>77 ; le sept. <ine mainte- 
nait la contimialioii du trilmt à paver au ciian 
«atareet à son fils ; mais m même lem| h il obli- 
{jeail les deux |)arties à respecter récipr(»que- 
ment liurs terriloircN, et stipulait des indcni- 
niiés|Miur lcsdt;;.1isn)mmis. soit parles Liiarcs 
sur les t( rres de Polo|',iie. soit |»ar les Polonais 
sur les domaines de leurs adversaires ; le «pia- 
torzième interdisait aux l»c|;s de Nilistra ei de 
15iali;nMl Akkcrman cl a tous les iiis{H*( teiira 
des douanes sur le Dniester «le laisvr entrainer 
des evlaves |H)lonais |ar les fr»mli<Tes olto- 
luaiics; et le v iiii;liciiic assurait an \ esclaves 
|K»lonais le libre retour dans leur patrie, s'ils 
n'étaiciil pas » iKurc devenus moslims '.i . l ne 
lettre du siiilan. [Kirlee avei lacté de renoii- 
vellcincnt par le tsdiaiist || Aliincd. comme am- 
liassadcur, informa le roi (piedcsordresaxaient 
été expédiés aux hc|;s de .Silisira et d'Akker- 
man . au vvoiwodc de .Moldavie, et au lM{;ler- 
1)C{; d'( )rcn . afin que les terres de Polojpie fus- 
.seiil A l'abri des irruptions des I alares , et que 
le canton deZips tùi préservé des attaifiies des 
1k*j;s de l'iilck i . Vu dépit de ces assurance», 
six semaines à peine après la si|;nature du 
traiti ô . le roi de Poloj;tie se vit dans la 
néc( ssiié (ic f.iiie poricr . par linii rnomrf 
.Marc .'ohicsky, .iiipri-s de la Porte, des plaintes 
(outre le clian latare, qui avait arrête l'am- 
bassadeur {Milunais Taranowsky, envoyé pour 



(I) Rappon d'(Jiin<i<'<d , aux arcbivf* iiTi|>ériale« , et 
Journal de Gerlarh , p. M/0. 

2, l.'uifttruiliou |M)ur l'anibaAvadeur avait i^ié rédi- 
gée à Tborn , le 2-3 décembre 1^76; elle c»l aux archives 
impériale». 

(3; 1^ Irailé »e trouve dan* le journal de Gerlach , 
p. 232-23.5: dan» k milles , I. i , p. CVî , avec quelque 
i diférence à la fin. 
I '4; l.a lettre, dans le journal de (ierlacb , p. 4.37. 

•5 I,a raiiticaiinn, du .5 novembre 1.577 , dotmée à 
( Mantnberg , esi dans le journal de Gerlath , p. 413. 



21-2 



llls I oiui: hK I.KMIMHK () I rOMAN. 



ohtrnir Ip rtHir(s<on)«Mii des nncls I .Aiil>t»nl 
(le tmis m»»is. IVitluirv «'\|ti>(lia son sccicl.iirr 
Chrislophr O/ier/ok .i Consiaiilinopir. | <»iir <!«*- 
Monoor iinr iin.iMon dos l'alarcs '2 . Dans lau- 
dirnro qur lui donna lo urand vrsir. Dzinzok 
dfinantla une |>n>!up(o o\|u"iiili«>n dr lalTaiiT 
qui lainrnai! . drtix rhtManx jMJur le roi. «M un 
limar pour le tM haiisrh qui Tavail an oiiipa|',n('. 
Sikolii. pronanl Ip ton lo pins rndo. Ini dil : 
€|.a ro|«niM^ dn sultan osl loulo prolo: In poux 
partir avcclo isrhausoli on lonrnor: quant A ton 
nij . il no lui sera donne ni i hovanx ni -^no!^. 
oar il a pau* h-s bienfaits dn sultan par dos bri- 
j^andaf;es sur la frontière (W Moldavie : le 
ehan des Tata es moriierail d avtûrniaintonanl 
le visaj^e tout noir pour avoir laisse' éohappor 
l'oerasion dommoner lo roi avpr tons ses nia- 
{jnals. I a dovastaiitm de la l'olo|;no onliiTonc 
serait pas une reprôsaille suffis;uitc pour los 
chevaux ouIonos sur lo Diiiostor. <t los bri- 
gandaj^os e\or« t-s par los fie ros Haracky. Malé- 
diriion sur le roi qui lon)oij;no ain>i sa recon- 
naissance au sultan ! Il faut qu il livre les 
brij^ands vifs, ou romotic leurs lOles. sinon, 
que le» Polonais proparoni loirs onisinos. car 
ils ne manqueront pas d botes Ouant au liniar 
que tu sollicites , ce serait une chose étran{;e 
de satisfaire un mis<Tablo envoyé artiFicirux. 
et de fwver [»our lui quand il devrait ouvrir sa 
bourse (3 j. » C'est ainsi que le (jrand vesir traita 
l'envoyé d'un mi institué par le sultan 4 . 
Huant a Murad. dans sa réponse à Bailiory. il 
rejetait toute la fautf' des irrupl onsdcslataros 
sur les l'ulonais. cjui . dans lespaco de doux 
années, avaient enlevé dos plaines de Bialj^nxJ 
sept cent niilb' brebis. Toutefois le tsibauscli 
Suleiman fut ox[K'dio au «ban lalare Mob.ini- 
roed Girai fiowr faire mettre Taranowsky en 
liberté ô . Après une rérrpticm outraf;oante . 

'1, L>\t\Ue qui ie* f\f>tt»een du 15 décembre l.}77, 
d>m 1« jouriMl de t.»-rli»Hi. 
(2; La lettre du rot , du '/ mani 1.S78, datée de War- 

(3, < :>nirni riir dan» le rap- 

port d* , ,r . . f.iilera idttrprelit lur- 

cin »d iVimiriudi Unçnadium, de ne{;fAio poionico, dans 
le journal d* U^larb ,p. 449. 

(f GeTlacb,p. 4.Î6. 

(5, La répooAc du wllao à Batbory, du 25 avril l.GTS, 
•e troare, in exlerno , dam le journal de Oerlacfa , 
p.'.552 



Stbirsk\ partit . biuniliéd'un ocbooplns p.raiid 
que Oi'lui i\c Sienii'iisky l'année procodonio, ol 
la UMIro iloiil il était porteur oontciiail dos 
lîriofs contre los brii^ands do Hrazlov , Kiov, 
(-anov. C/.orko/. , et korman . connue le sultan 
appelait los bahilanls dv c«'s dislricls. Hicntôi 
dos plaintes plus énor|',iqiios so produisiient 
«lans une lettre du p.rand \esir sur l'apixii que 
linit mille (losaquos voiilaionl |)rèlor aux doux 
frorosdont il a dé|;i été (pwslion pour les meltro 
on possession du pouvoir siipréiiio on Moldavie. 
Lo roi répondit (|uo oo n'étaient |)oint des bri- 
i;ands , mais los palatins Lasiyky et \isni- 
koxNsky. (pii. au temps de Si|;isn!oiid et de 
Soliin , avaient Insiallù lo woiwode Iwonia 
en Moldavie : <pio . depuis dos siècles , les Co- 
sacpios proiiionaionl leurs bordes sur los steppes 
sans que la paix fût deiniile poiu' cola; que ce 
n'était pas pour une si faible protection qu'il 
avait remis sa tète sur le soin du tout -puissant 
empereur. Celle lettre fut ap|)orléo par Adam 
kloz Parowsky, en ipialite dinlernonce, et l'an- 
née suivante Taranuwsky , délivré dosa capti- 
vité chez los l'alaros. vint conmic ambassadeur 
à Conslantinoplo.pctm' demander, ainsi qu'il l'a- 
vait fait quatre ans aiq)aravaiit . la deslruelion 
des ouvra{;es de Czapcsakli . la ruine d ini 
(bAteau élevé par le bof; do IJendor, et ro- 
jiroduiro dos plaintes contre le clian des Ta- 
taros : il noblinl aucun résultai 1 . 

l/ambassadoiir vénitien Soranzo, après avoir 
renouvelé la capitulation, déposé pour cela 
.'>0.000 ducats dans le divan, et oITert 4.(100 an 
j;rand vesir 2,, partit |)Oiir la Dalmalie , afin 
(le [K)ursuivre la délimitation des frontières. 
I/annéc suivante tout fut enfin teriiiinéd'a[)rès 
les bases des aneiennos conventions arrêtées 
à ce sujet entre lo roi de Hongrie et Nenise.La 
néfjocialion do celle affaire fut sinrjulièremont 
faeiliiéo à Soranzo et â son successeur, lo baile 
•leanCorror, par la faveur de la sultane Cliaszoki 
Ssabje née liaffo,, et par celle de la .sultane 
valide, puis de .son émi.ssaire la juive Chiera, 
ol enfin du mérb-ein juif Salomon .Nathan Rs- 
f hinasi . qui alors se mêlait dans toutes les re- 



'Vi Rapport de l'ambastade du «eigneur de Sinzen- 
dorf , aux arrbivetde la maison imp<^rialc. 

(2, Kapprjrtde l'dmbauade réiiKienne; IValale (x)nlj , 
I. Il . p. 234 ; Saf;rado 



LIVUK WWIl 



21. { 



latioiis <'xt» rieiirrs. rt qui jadis, envoyt'iN oiiiso 
afin de suivre lesn»^i;iKiatii)nHdep.ux,avail vont' 
au do|;e Ufie profuiide r«T»HMi.iis'»aiiif (mmic Ii 
|ir«)terti(»rnl(>iitseshlM't.iienl ton\rrtsaiueiilie 
delà rr'|iut)li(|ue. IK'S aFTaires rrlali\es a <les 
juifs, des resiitniiiKis «lr>rlav«'s»»u de l>,i;iinents 
erilevtS, leK ilaieiil les ol>jel> de la eoi res|Miii- 
dance du sullaii avec le dope ; U*s lellrcs élaieiir 
quelquefois en voM'es |iar le haile. quetijnefois 
|M»rl»^es par «les fs» hauv lis 1 | |«n euce re- 
noua les anciens lirris damilié a\ee la lN>rle. 
déjA Formés fiar un Irailé sous Suleinian: la 
nouvelle paix fut conclue par le chevalier don 
lion;;ianiii(iiaiih|jlia/./i.»|uiav.nf j;lorifiiseiiieul 
conib.iitu a I. épaule, et (|iii laissa pour • har,;é 
d'affaires résidant à Constant inople le bailc Mor- 
nioraio. On arrêta vini;l-hiiil articles, dans les- 
quels fui i;araiilie la liberté ducouiineree et de 
la navi|;alion. et fut établie une distinction 
complète entre les vaisseaux marchands et les 
j;alères »le Tordre reb|;ieux de >aiiit-r tienne, 
qui. réunis aux vaisseaux de IKspaijne et du 
|)ape , croisaient contre les corsaires 2 . (Quoi- 
que Giantij^liaz/i s'attaduH surtout à Sehemsi- 
Pascha 3 et à l Itidscli- Ali . si puissants par 
leur iuHuence , il ne [)iil obtenir detre accom- 
pagné à l'audience solennelle par le Lschausch- 
baschi ôjnillet l.')7K , et fl'élre admis à »in fes- 
tin dans le divan 1 . Il offrit en |)réM'nls des 
étoffes de soie des plus belU*s couleurs , au 
ffrand éloiii:en)cni des \ éiiitiens ô , \ ce mu- 
nient aiis.si. .S)kolli eujïajjeait des né|;ocialions 
pour un traité de paix et d'amitié avec I Kspa- 
jjneel l'Aniïleterre : mais il ne de\ait pas en 
voir la conclusion. Don Martin di Cufjnalella 
parut d'alK)rd le lômars |."i77, pour annoncer la 
venue de don .Marij^liano. Milanais d'- nais- 
sance, plénipotentiaire de Philippe, et obtint 



(i) Dans lf« Fasfifoll dette wiMiurr mnh *rhp so 
trourent: 1' la Ipltre du Rullan. du mom de silhidurlic 
982 m.iis lô73j : '2" relie de 983 1Ô7.S .rclalive aux i»f- 
clamations de Girardi. 3° celles du siilim et du ijraiid 
ve<iir,de la iii^me année, sur un chdleau ron.Hiruit p.)r 
les L'sooques ; 4" de, s leilres du i>ul(<in 1 1 du p.rand ve>ir 
au do{îe , de silhidscbe US? ( février 1.S80 . 

(2) Rapport dUn.nnîd; journal de Gcriacb, p. 3-39 ; 
Natale t onii , I. ii , fol. 329. 

(3; Rapports dX n^nad : le journal de Gerlach parle 
aus.si de l'influence de Sctiemsi. 

{4} Rapport d'Ungnad et des agents yénitiens 

(5j Summario délie relaz.; Venez., Ltglio, 1578. 



|ioiir lui un viiif «onduit. Kiifin arma Mari- 
i;liano lui-même, parent de /erlM-lloni, le hé- 
ros de la (toulelle. dtinl il a\ail j ad s partaj;é la 
capti\ité, escorté du be|; de \alona. cpii l'a- 
vait amené deRai;uM>, et accom|)a|;néde Hruiii, 
oftii ler de la cour inqH-riale. .*v»kolli ( omineni a 
par dire .i l'ambasvideiir impirial l ii|;iiad que 
I bilippe H manquait d'hommes tels qu'en avait 
eus Charles \. puiMpt il envoyait un Mijet 
comme .Mari|',liano, ipn n'avait vu Conslanli- 
nople quêtant esclave 7 février 1.*>7K| 1). 
Après plus dune année. Marij^liano prési'nta 
le jirojet de paix si|;né jMr lui, l'interprète 
(Ihuirein et le médecin juif S.ilomon l-schiam, 
emore emplové dans» elle néj;otiation 2 .Cinq 
années de conférences et d'échanjîc dénotes fu- 
rent nécessaires pour amener ime lré\e de trois 
ans avec le |(adis( bah d Ispajjne. comme lappe- 
laii le sultan ; encorecelte trêve ne fut-elle fjoère 
observée, et. malf;ré bcn des essais répétés, il a 
fallu deux siècles |M)ur établir in:e paix stable 
entre I |-.spaj;ne et la Turquie. Klisabelh dAn- 
i;leterre. ennemie de Thili|(pe. par relq^ion el 
[lar politique, obst-rvait la iiiardiedc ce prince 
auprès de la Porte: afi'ectaiit mctins rTor|;iieil, 
elle fit (hs proj;rès plus rapides jx.ur établir 
des relations d'amitié avec .Murad en faveur du 
coinmen e a!i|;lais. 'Trois néi;ociaiiIs ani;lais, 
\\ illaiii llarebonc. I dcuard l.lbntn. et Hidiard 
Siapei ,3 ,sollicitèrenl la permis^ionde((^mmer- 
cer avec l'empire, et une lettre du sultan [jour 
la reine. Ces faveurs leur furent aciordées jtar 
.*sokolli mars 1'j79|. qin , dans chaque traité 
avec les puis.sances chrétiennes, considérait 
moins les avanta(;esdu c< miiiene ottoman cpie 
.son intérêt (M-rsonml . en raiM)n des Minimes 
que de tel es Iransai lions lui produisaient, la 
lettre eut une réponse, et une seconde mi.vsivc 
ayant élé portée par le négociant Cabriel De- 
siens. Klisabeiii écrivit janvier lô81 qu'aussi- 
tôt après le rélabli.s.semcn' du re|)Os intérieur, 
elle enverrait une ambassade 4 . le re[»résen- 
lanl franc is. abbé tic ilslc, était parlilors(pi'ar- 
riva le né[;ociateur espagnol, elson successeur, 



(1, Rapport dl'ngnad, du 11 décembre 1577. 
('2' Hapi'ort ci t. iignad. 

3 Rapport d L'ngnad. Mezeray, p. 803, place trop lot, 
en 1.57 n. la première amb^.sfade anglaise. 
î; 4,1 Rapport de Preyner, dan» le» arcb.de la cb. dÉt. 



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nisioinr pf i.t.mimrk ottoman. 



JarqiH^î i\c Oomil;;ny. iu'i;«><Ma ri obliiil l«^ re- 
nouvrllrmcnt de l.i c.ipiln!alion âc n>iumcrre 
ciMicluc* qiKinnip-rinq a-is anpnrnv.mi . avec 
qnriqnr* nvwltfir.itioïK. In iiiifcfrnik.i |M»rf.i 
cet arir o»mmr aiiih.iss.«d«Mir en Kraiiro. F.r 
pmnirr arliclc rirnd la sftnMi' ri la librrlr j^a- 
ranliri \ ' nls français, sur 1rs vaisseaux 

marrli.. ^ unis. anj;I;iis . |M»rtUj;ais. ra- 
lalan<i. siciliens. ancOmilains el raj;nsains. navi- 
j^tianl s«nts |Wï Villon frai.çais. I eprinripr du droil 
|mb!ir oilonian. (|ur la siiMinir Porlr rsl nu- 
vrrtr.i tous reuv qui \irnnenl y rlimluT aide 
et pnilrclion. amis on ennemis, niosliins on 
giaurs.n*avait jamais trouve' d'applieal ion pins 
frt-'jiK nie que depuis rav«^nemrnl du rrjjne d»' 
>liir.i<l III : si i;rands éiairn' 1rs av.inlaf^es du 
rtMnnMTr*'. si grande PesiK^ranee d'ohirnir de 
faciles rapilu'alions par IVntrrmisr drs nom- 
breux vesirs. rrnr;;als ou juifs. I,a Suisse rllr- 
mème tenla d'en.f^aj^er des relations . el A cette 
fin Taj^enl suisse. V juif .Xnf^eli . avail obtenu de 
linhTprèle de la Porle. Musla[»ha-Iiej;. une 
letln^pour 1rs I t.itsbrhrliqurs I . 

Toiiies CCI' ambassades ri rr.s né{;ociati(ms 
df la part des Knmpéens il .sera qiie<ilion de 
celles des princes d*\<ie dans le livre suivant ^ 
étaient favorisées en parlir par 1rs embarras ' 
df la guerre de Perse oOi la Porle rtail jelrc, | 
et qui sTT^ raconl)*e un prii plus loin : rlles 
ftaieni aussi arc-lén'es par l.i rrainieliirn fon- I 
dre qu'inspiraient aux pnissanrrs maritimes les ' 
flottes oi;omancs éiablles en rroi.sirres sur j 
les mers. Tons |e« an» . au retour de chaque i 
[inn'nnps. Nenisf. Majtr.la Sicile. 1rs cotes 
d Italie et dT>pa;'