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Full text of "Histoire des Franco-Am©ricains de Southbridge Massachusetts"

DATE DUE 


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UNIVERSITY OF MASSACHUSETTS 
LIBRARY 



F 
74 

S73G3 




CARU 



Histoire des Franco-Americains 
de Southbridge, Massachusetts 



Par 
f£lix GATINEAU 



A I'occasion du Cinquantenaire de la Paroisse 

Notre-Dame, des Noces d'Or de la Soci6te 

St-Jean-Baptiste, et du retour de nos Soldats, 

qui ont pris part a la guerre mondiale. 



LAKEVIEW PRESS 

FRAMINGHAM, MASSACHUSETTS 

19 19 



LIBRARY 



UNIVERSITY OF 
MASSACHUSEHS 

AMHERST, MASS. 




AU LECTEUR. 



Mon but, en publiant ce modeste volume, a ete de transmettre 
aux generations futures, tout ce qui a trait au berceau, aux hum- 
bles debuts de la colonic d'origine canadienne-frangaise a South- 
bridge, Mass., et cela, dans I'espoir que la jeune generation, pro- 
fitant des exemples et des nobles legons donnes par les pionniers 
de notre race, puisse parfaire I'oeuvre si noblement commencee! 

Je demande au lecteur d'etre indulgent envers moi, si mon 
travail n'est pas aussi parfait que je I'aurais moi-meme desire; 
parcourir I'histoire d'une municipalite, pendant une periode de 
cent cinquante ans, n'est pas ce qu'il y a de plus facile, et soyez 
persuade, cher lecteur, que cette entreprise m'a coute bien des 
heures de travail ardu. 

J'aurais voulu temoigner d'une maniere encore plus sensible, ma 
plus sincere gratitude a un certain nombre de nos compatriotes, qui 
depuis cinquante ans se sont devoues et sacrifies pour I'avance- 
ment des notres, mais ils comprendront qu'il fallait m'en tenir a 
I'histoire de la colonie, sans entrer dans trop de details individuels. 

Je tiens a remercier ceux qui m'ont aide a completer mes me- 
moires; il y en a parmi, qui dorment aujourd'hui leur dernier 
sommeil dans nos cimetieres, mais qui avant de nous quitter m'ont 
fourni de bien precieuses informations. 

En particulier, je remercie MM. Joseph Gelinas, Louis Meti- 
vier et Joseph Langevin, qui arriverent ici avant 1850, et qui pour 



4 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

moi furent une "vraie encyclopedie" ; en outre, ma gratitude 
s'adresse a MM. Norbert Duval, Joseph Berthiaume, Daniel Du- 
mas, Clement Begin, Gilbert Theriault et autres. 

Je tiens a remercier specialement le Rev, R. A. Laporte, qui 
m'a assiste avec tant de zele, dans la redaction de mes manuscrits. 

Hommage de reconnaissance au Rev. P. L, O. Triganne, devoue 
cure de notre paroisse, qui m'a fourni de precieux renseignements 
puises dans les registres de la paroisse. 

Enfin, a tous mes collaborateurs, a tous ceux qui m'ont aide a 
publier et a repandre ce "volume souvenir," je dis: cordial mercil 

F. G. 




FELIX GATINEAU 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 



INTRODUCTION 

II y a cinquante ans, la paroisse de Notre-Dame de South- 
bridge, Mass., etait encore a ses premiers jours. Un demi-siecle 
deja, s'est ecoule depuis que les Canadiens ont jete ici les bases 
d'une puissante paroisse. Cinquante ans de luttes, de travaux et 
de merites! 1919! Annee jubilaire nous te saluons! 

A I'occasion des fetes jubilaires, dont notre ville sera temoin, 
cette annee, nous avons cru interesser les citoyens canadiens- 
frangais de Southb ridge, en leur dediant cet ouvrage intitule: 
"L'Histoire des Canadiens-Frangais de Southbridge." 

Le travail que nous nous sommes impose est un travail bien 
doux, puisqu'il s'agit de raconter les faits et gestes accomplis par 
ceux qui furent nos peres; c'est aussi une tache longue et penible, 
puisqu'il s'est agi de collectionner des documents, des notes, pen- 
dant plus de vingt ans. Apres avoir reuni tous ces renseigne- 
ments en un faisceau, nous osons vous en faire part, reclamant 
votre indulgence, et vous demandant de voir surtout nos bonnes 
intentions. 

Dans ce volume, apres vous avoir parle de I'etablissement des 
premiers colons et surtout des premiers canadiens a Southbridge, 
nous vous disons dans une premiere partie (a), tout ce qu'ils ont 
fait dans le monde religieux, et dans une seconde (b), ce qu'ils ont 
fait dans le monde civil et politique, depuis cinquante ans. 

Quels cceurs d'or, que ces braves compatriotes, qui vinrent 
ainsi s'implanter ici, pourchasses pour un grand nombre du 
Canada, par la misere et la pauvrete! Les jeunes, qui aujour- 
d'hui, n'ont qu'a recolter la moisson, provenant d'une semence 
jetee dans le sillon par nos peres, il y a plus de cent ans, pourront 
en lisant ces lignes, apprendre quelques legons utiles et fructu- 



6 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

euses, et comprendre surtout, qu'on regoit ici-bas iin heritage, non 
pas pour le dissiper, mais pour le leguer integralement a la pos- 
ter! te! 

Nos peres etaient de sinceres chretiens et de f ervents patriotes : 
ces quelques lignes sont de nature a convaincre meme les plus 
sceptiques. Rarement on a vu un groupe de Canadiens aussi 
unis, et c'est la le secret de tous les succes qu'ils ont remportes 
dans I'arene politique et dans le monde religieux. En tout ils se 
sont laisse guider par leurs pretres et ils n'ont bien servi leur 
drapeau, que parce qu'ils ont porte toujours haut et ferme I'eten- 
dard de leurs croyances, et defendu envers et contre tous leur 
idiome national. En cette annee.de fete, 1919, de I'eglise a 
I'hotel de ville, les Canadiens de Southbridge se donnent une main 
amicale. Ils ont la haute-main dans les affaires de la municipa- 
lite et imposent partout leur volonte, Southbridge, mais c'est un 
petit coin de la Province de Quebec oil le sublime drapeau etoile 
est harmonieusement encadre par la feuille d'erable, embleme de 
la vitalite sans cesse renaissante de notre race! 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



CHAPITRE I. 

Southbridge — Les Premiers Colons — Les Debuts. 

II n'y a point de village plus coquet et plus prospere dans tout 
le comte de Worcester, que celui de Southbridge, dont nous entre- 
prenons de vous raconter les origines. Ce village, aujourd'hui 
assez considerable pour etre ville, a une population d'environ 
15,000 habitants, dont la grande majorite est d'origine cana- 
dienne-frangaise, et est situee a une vingtaine de milles de Wor- 
cester. L'histoire de Southbridge etait commencee bien avant qu'il 
fut reconnu comme village separe, et cela provient de ce que cette 
municipalite comprenait jadis une partie de Dudley, Charlton et 
Sturbridge. 

Des I'annee 1633, John Oldham, connu dans l'histoire par ses 
relations commerciales avec les sauvages, voulut faire une excur- 
sion en compagnie de trois autres hommes, a travers les pays sau- 
vages qui s'etendaient de la bale du Massachusetts a la riviere 
Connecticut. Ces voyageurs arriverent a "Tantusque," tel etait 
le nom donne par les indiens au territoire, qui comprend aujour- 
d'hui, Sturbridge et Southbridge. Tels furent les premiers colons 
de race blanche, qui visiterent et explorerent le pays que nous 
habitons. En 1644 John Winthrop, Jr. se fit conceder un terrain 
sur lequel on decouvrit plus tard les mines de plomb de Sturbridge. 

Le site pittoresque de notre village et les avantages multiples 
qu'il promettait a I'industrie et au commerce, ne tarderent pas a 
attirer dans ces parages, une foule de colons, si bien que, des 1796, 
devenus assez nombreux et desirant avoir une eglise, oil ils pour- 
raient glorifier Dieu a leur maniere, ils parlerent de se separer des 
municipalites de Sturbridge, de Dudley et de Charlton. 

lis erigerent d'abord un temple dans un endroit eleve, sur les 
proprietes du Capitaine Marcy. On fit la dedicace de ce temple 



8 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

le 4 juillet 1797, un an apres en avoir commence les travaux. II 
etait difficile de celebrer plus dignement notre fete nationale, que 
d'eriger en ce jour un temple a la plus grande gloire du Createur. 
Les premiers habitants de Southbridge ne se contenterent pas 
de ce premier succes; ils etaient des gens actifs et courageux, 
qu'aucun obstacle ne rebutait et grace a leur initiative et a leur 
tenacite, le 15 fevrier 1816, la municipalite de Southbridge etait 
une realite acquise. 

II s'agissait alors de proceder au bapteme de notre village, et 
n'allez pas croire, que ce fut la, une affaire banale et facile a 
regler. On I'appella d'abord: "Honest Town," puis "Vienna," 
mais ce nom autrichien n'eut pas le don de plaire; les debats 
furent tres animes, ce qui prouve, que jadis comme de nos jours 
d'ailleurs, les citoyens de ce village, n'ont jamais donne leur adhe- 
sion a aucun projet, a aucune entreprise, sans y avoir murement 
reflechi. 

Le 20 Janvier 1815, on adopta le nom de Southbridge et au 
meilleur de notre connaissance, aucun autre endroit dans les 
Etats-Unis, ne porte ce nom, tant le choix en a ete circonspect. 

A la premiere assemblee municipale, qui eut lieu le 6 mars, 
1816, les officiers suivants furent elus: le Capitaine Gershom, le 
Major Samuel Fiske, Joshua Mason, Wm. Morris et Fordyce 
Foster. Ces premieres notions sur I'histoire politique de South- 
bridge, s'imposent ici, afin de projeter un peu de lumiere sur le 
role important et presque exclusif que nos Canadiens y jouent 
aujourd'hui. 

James Dennison, qui legua son nom au District Dennison, fut 
probablement le premier colon, qui s'etablit dans ces regions. II 
venait de Medfield, et arriva ici en 1730; pendant deux ans, il 
vegut dans une espece de grotte, qui pent etre vue meme de nos 
jours, pres du chemin qui longe les proprietes de Willard V. 
Morse et de Mde. Vernon Chamberlain. Avant 1744, M. Samuel 
Freeman fut le premier citoyen qui eut sa residence dans le centre 
actuel de Southbridge. 

On rapporte que John Gray, qui vendait des hardes-faites, fut 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 9 

le premier a faire le commerce dans notre village, vers I'annee 
1790; Oliver Plympton ouvrit le premier magasin en 1791. 

Le premier moulin de coton dans le voisinage, fut bad en 1811, 
a I'endroit que nous appelons aujourd'hui Westville. Ce moulin 
parait-il coiita pres de $6,000; la premiere manufacture de laine 
fut batie en 1813 tout pres de I'endroit ou s'elevent de nos jours: 
"Central Mills." 

La "Globe Manufacturing Co." fut incorporee par un acte de 
la Legislature en I'annee 1814, et c'est cette compagnie qui donna 
le nom de "Globe" a la partie du village ou elle s'etait implantee. 
Southbridge etait alors en pleine voie de progres, et reclamait sa 
place au soleil; I'industrie transformait de jour en jour, notre 
village. Les moulins de coton et de lainages, eurent de dignes 
emules, et des 1818, deux annees seulement apres I'incorporation 
du village, on vit s'elever I'importante coutellerie de Dexter, Har- 
rington & Sons. Cette maison prospere apres une existence d'un 
siecle, est encore dirigee par un des membres de la famille Har- 
rington. 

Mais I'industrie, qui sans contredit, a rendu Southbridge 
celebre et lui a donne un rang preponderant dans le monde 
ouvrier, est I'industrie des lunettes, des instruments d'optique. 
On I'appelle I'CEil de la Republique (Eye of the Commonwealth). 

Southbridge n'est pas la "Ville-Lumiere," nous n'avons pas 
cette pretention, mais nous pouvons a loisir I'appeler la ville- 
lunette, la ville ou Ton vient prendre ce qu'il faut pour "mieux 
voir," s'eclairer! Cette Industrie n'a pas pris naissance a South- 
bridge, comme on peut se I'imaginer assez facilement; on com- 
menga a fabriquer des verres ici en I'annee 1833, grace aux efforts 
et a I'initiative de William Beecher, A partir de ce temps jus- 
qu'a 1869, annee ou fut organisee I'American Optical Company, 
I'industrie des lunettes passa en di verses mains, le dernier qui s'en 
occupa fut Robert H. Cole, qui devint le premier president de 
1'" American Optical Company," ayant pour associes George W. 
Wells, commis, et E. M. Cole, tresorier. 

Nous pourrions donner d'autres details fort interessants, con- 
cemant I'origine de notre ville, mais puisque nous voulons sur- 



10 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

tout faire I'histoire de nos Canadians a Southbridge, nous aliens 
a I'instant entrer dans le coeur de notre sujet, et nous esperons que 
le lecteur nous saura gre de ces details preliminaires. 

Cependant, avant de parler de la famille Dugas, la premiere 
d'origine frangaise a s'etablir dans les environs de Southbridge, et 
de la famille d 'Abraham Marois, premiere famille canadienne, 
nous allons donner les noms des premiers colons de notre ville, de 
quelque denomination qu'ils soient. Voici: MM. Bacon, Cham- 
berlain, Newell, Cheney, Marcy, Cady, Carpenter, Clark, Marsh, 
McKinstry, Perry, Amidown, Pratt, Vinton, Dresser, Streeter, 
Putney, Edward, Cummings, Merritt, Dunbar, Elles, Litchfield, 
Paige, Morse, Plimpton, Fiske, Mason, Morris, Foster, Hooker, 
Joslin, White, Harding, Lamb, West, Potter, Hartwell, Durfee, 
Wolcott, Sumner, Baylies, Angel, Park. 

De 1816, date de 1 'incorporation de la municipalite de South- 
bridge, a 1830, nous voyons figurer sur les registres, plusieurs 
noms frangais tels que: Allard, Graton, Fortune, Page, Chapin, 
Leonard, Chamois, Blanchard, Adam, Amidon, Blain, Bacon, 
Boulton, Carpentier, Clemence, Dugar, Masson, Poirier, Goddard, 
Trusdel, etc. 

Plusieurs de ces individus appartenaient a des families 
acadiennes, mais la plupart etaient des descendants hugue- 
nots de la colonic d'Oxford, etablis ici par la force des circon- 
stances, et dont un certain nombre avaient deja anglicise leur nom. 
II est hors de doute, que plusieurs de ces individus qui ont 
change leur nom, ont fini par perdre leur foi, et sont maintenant 
inhumes dans le cimetiere "Oak-Ridge," a cote de leurs conge- 
neres protestants. line etude minutieuse des pierres tombales 
dans ce cimetiere nous confirme dans ces tristes doutes, et c'est 
une legon terrible a nos compatriotes, qui croient se distinguer en 
changeant leur nom. On dit que dans le tresor du pays, a Wash- 
ington, il y a plus de $1,500,000 non reclamees, et appartenant a 
des heritiers de race frangaise, et tout cela parce qu'on a anglicise 
son nom. Les heritiers n'ont jamais pu etre trouves. Quant a 
nous, nous n'avons que du mepris et du dedain, pour nos com- 
patriotes, qui rougissent de leur origine, de leur nom et de leur 
foi. lis sont I'opprobre de notre race. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 11 



CHAPITRE II. 

Les Premiers Canadiens — Date de Leur Arrivee. 

La premiere famille de langue frangaise, qui vint s'etablir dans 
nos parages, d'apres des documents tres precieux que nous avons 
en main, fut la famille de Claude Dugas, qui vint s'installer a 
Sturbridge, en I'annee 1754. Ailleurs nous voyons que ce fut 
en 1755, ce qui nous le croyons, est authentique, car cette famille 
fut reconnue comme neutre, pour avoir quitte I'Acadie, a la de- 
mande du gouverneur, avant la date de la deportation des Aca- 
diens, qui eut lieu a I'automne de 1755. 

FamiUe Dugas. 

Claude Dugas, naquit a Port- Royal, le 14 Janvier 1710; il 
etait le fils d'Abraham Dugas et de IMadeleine Landry. II s'etait 
marie a Annapolis Royal le 29 mai 1731 avec Josephte Melan- 
Qon; il mourut le 3 septembre 1792, et sa femme, le 19 octobre 
1793, a St. Jacques I'Achigan, Co. de Montcalm, P. Q. 

De leur union, naquit plusieurs enfants: 
Marie, le 21 aout 1732, a Annapolis Royal; set he, le 18 decem- 
bre 1734, et se maria a Chas. Belliveau, le 20 Janvier 1755, a 
Annapolis. Les deux epoux et leurs enfants etaient a Stur- 
bridge, en mai 1757; la mere mourut a St. Jacques le 20 
Janvier 1820. 
Marguerite est nee le 21 juillet 1737, et elle epousa en 1766, dans 
la Nouvelle Angleterre, Armand Bourgeois; elle aussi mourut 
a St. Jacques I'Achigan. 
Madeleine, naquit le 16 novembre 1739; elle etait infirme, et elle 
epousa dans nos parages, Joseph Leblanc, et mourut dans la 
meme paroisse que les autres. 
Charles, vit le jour le 24 Janvier 1743. 



12 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Cecile, qui etait idiote, naquit le 30 Janvier 1746, et mourut sans 

avoir contracte mariage, le 9 juillet 1825 a St. Jacques. 
Anne, nee le 16 avril 1749, epousa Joseph Richard, le 4 fevrier 

1771 et mourut le 4 novembre 1828 au Canada. 
Felecite, nee le 26 fevrier 1752, epousa Frangois Forest, le 21 

octobre 1771, et mourut le 21 mars 1787 a St, Jacques, 
Daniel, naquit a Sturbridge, Mass., 6 octobre 1760, epousa le 13 

aout 1782, M. Louise Vaillant de I'Assomption, P. Q., et 

mourut le 4 juin 1838, a St. Jacques, 
Joseph, naquit en 1755 a Annapolis Royal et il epousa le 8 Janvier 

1776, Marie Madeleine Vaillant et mourut au meme endroit 

que les autres. 

Le navire sur lequel s'embarqua Claude et sa famille s'appelait 
"Helena." C'etait un bateau qui jaugeait environ 166 tonnes, et 
sur lequel on avait embarque cinquante-deux hommes et femmes 
maries, 108 gargons et 111 filles, ce qui faisait en tout 323 ames. 
Le navire quitta "Goat Island," lundi le 8 decembre 1755 a cinq 
heures du matin, en route pour Boston. Ce qui, nous amene a 
dire que tres probablement et contrairement a ce que notre manus- 
crit semble nous prouver, la famille Dugas, serait une des malheu- 
reuses victimes de la barbarie anglaise, qui en cette annee funeste 
de 1775, souleva les protestations et les recriminations du monde 
civilise. L'unique sentence portee contre les acadiens avait ete 
en effet prononcee contre toutes les lois de I'humanite par Belcher, 
im atroce bourreau, le 28 juillet 1755. 

En supposant comme le manuscrit nous I'indique que la 
famille de Claude Dugas soit partie avant la deportation des pau- 
vres Acadiens, elle dut bientot partager le sort des autres families 
amies, a son arrivee dans ce pays. Pourquoi cette famille fut- 
elle reconnue comme neutre, pourquoi quitta- t-elle I'Acadie, a la 
demande du gouverneur? Autant d'enigmes insolvables. 

Nous sommes cependant en demeure de dire que la famille 
Dugas etait une des premieres families du Village Dugas, pres 
d'Annapolis Royal, village qui s'appelle aujourd'hui Ryersonville. 

Comme il nous est impossible de determiner quel etait I'etat 




John Holden, premier explorateur en 1633 




L IK laiuiUt Ccinadienne arrivant a Southbridge en 1832 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 13 

de fortune de cette famille nous ne pouvons affirmer qu'elle aurait 
ete expulsee par les gouverneurs, anxieux de se partager les de- 
pouilles des pauvres exiles, et de s'emparer de leurs riches terres 
et de leurs nombreux troupeaux. Car les Anglais ont voulu se 
debarrasser des Acadiens, non pas parcequ'ils avaient de reels 
griefs contre eux, mais pour s'enrichir a leurs depens. Oh! les 
traitres, ils pourront bien essayer de justifier leur cruaute envers 
nos freres Acadiens, et alleguer un semblant de raison pour les 
deporter, a savoir leur refus de modifier le serment prete par eux 
a la couronne britannique, en 1726 et en 1731, lequel les exemp- 
tait de porter les armes contre les Frangais et les Sauvages, et d'en 
prendre un qui fut sans restriction aucune, mais la vraie raison, 
c'etait leur cupidite insatiable. 

J'aime mieux croire que Claude Dugas suivit I'exemple de taut 
d'autres braves peres de famille comme nos propres peres, qui a 
la tete d'une nombreuse famille, quittaient a regret le pays natal 
pour chercher ailleurs le pain necessaire pour les petits. 

Qu'il ait ete chasse d'Acadie, ou qu'il soit parti dans le but de 
trouver un ciel plus clement, il n'en est pas moins vrai qu'il fut 
rudement eprouve et traite comme le dernier des exiles. Notre 
coeur se revolte en lisant dans le volume XXV des Archives du 
Massachusetts, le paragraphe qui suit: Le 6 juin 1760, le Comite 
nomme par la Cour, pour proceder au partage des "Canadiens," 
demeurant dans le comte de Worcester, s'assembla. Voici ce qui 
a trait a la famille de Claude Dugas: 

Claude Dugas et sa femme regurent I'ordre de demeurer a 
Sturbridge, mais leurs enfants furent separes d'eux; Marguerite, 
Madeleine et Felecite furent envoyees a Oxford. Les deux autres 
filles: Elizabeth, (Cecile) et Hannah, (Anne) furent envoyees a 
Dudley, pendant que les deux fils, Charles et Joseph partirent 
pour Charlton. Charles Belliveau (le gendre de Claude) et son 
epouse avec le plus jeune de leurs enfants, regurent I'ordre de s'en 
aller a Leicester, mais le deuxieme enfant fut envoye a Spencer. 
Au printemps ou a I'ete de 1767 cependant, de peine et de misere, 
Claude Dugas reussit a atteindre la Province de Quebec, avec toute 
sa famille, a I'exception de Charles. 



14 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Nous avons aussi en mains, pour prouver que notre vaillant 
compatriote etait aux abois, un document, par lequel nous voyons 
que Moses Marcy reclame a la Municipalite de Sturbridge, une 
certaine somme d'argent pour avoir supporte la famille de Claude 
Dugas et de Joseph Deblois; ce document est signe par les Select- 
men de ce temps, James et Joseph Cheney, et est date du 6 octobre 
1756. 

Nous tenons tous les documents en notre possession de Mile. 
K. L. Edwards, a qui ils ont ete adresses. Cette demoiselle est 
alliee a la famille Dugas par le mariage d'un de ses ancetres, 
Martha, qui epousa Firmin Dugas, le 21 mars 1785. 

Nous lisons encore avec interet ce qui suit. La ferme de 
Pierre Dugas, fut colonisee par son pere, Charles Dugas, qui etait 
le fils de Daniel Dugas, qui emigra aux Etats-Unis et dans la 
colonie oil est aujourd'hui Southbridge, venant de Louisbourg, 
Nouvelle-Ecosse, qu'il avait laisse, ne voulant pas s'engager dans 
les guerres, qui existaient a cette epoque entre la France et I'An- 
gleterre. 

En arrivant, il s'adressa au Colonel Marcy, qui lui procura un 
logis, dans une partie d'un moulin a scie qu'il avait a cette epoque, 
et ou il demeura quelques annees. Apres que la guerre entre la 
France et I'Angleterre fut terminee, profitant de ce que le gou- 
vernement donnait des terrains a ceux qui etaient restes neutres 
pendant la guerre, Daniel Dugas retourna avec sa famille a la 
Nouvelle Ecosse et plus tard Saint Jacques I'Achigan, Comte 
Montcalm, laissant derriere lui, son fils Charles, qui etait devenu 
amoureux d'une jeune americaine du nom de Sarah Chubb, qu'il 
epousa en 1767. 

Charles avait achete et colonise la ferme ou est aujourd'hui 
Frank Shepard, et dont son fils Pierre, herita apres sa mort. II 
eut a payer par deux fois pour cette ferme, car les premiers con- 
trats n'etaient pas valables; a cette epoque, parait-il, plusieurs 
colons eurent a subir le meme sort. Charles Dugas etait bien 
interesse au travail, econome et bien genereux; lors de sa mort, il 
fut inhume dans le cimetiere Oak-Ridge. 

II y a actuellement des marbres commemoratifs a la memoire 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 15 

de certains membres de cette famille dans le cimetiere de ce nom. 
Des descendants de la famille Dugas, ont demeure a Southbridge, 
jusqu'en 1838; ils retoumerent en ce temps-la, dans le Canada, 
dans le Comte de Montcalm; cette famille, ajoutons encore, fut 
toujours reconnue comme une des plus distinguees parmi le peuple 
Acadien. Elle fut remarquable par les ressources dont elle dis- 
posait, et son attachement sincere et loyal a la religion catholique. 
Aussi fut-elle aimee et benie de Dieu; les vocations religieuses y 
furent tres nombreuses. Une des religieuses devint superieure du 
Convent de Putnam, et comme en font foi les archives du gou- 
vemement canadien, plusieurs membres de cette famille ont joue 
un grand role dans la politique du Canada a la chambre de Quebec 
et au Parlement Federal. Mgr. Dugas, protonotaire apostolique 
est issu lui aussi, de cette famille. 

C'est avec grande satisfaction et un reel plaisir que nous avons 
publie les moindres details que nous avons pu nous procurer, con- 
cernant la famille Dugas, la premiere a s'etablir dans les lieux que 
nous habitons, et oii existe aujourd'hui un groupe canadien-fran- 
9ais tres influent et entoure du respect des autres nationalites qui 
partagent leur vie. 

Cette famille etait acadienne mais du mieux que nous pouvons 
apprendre, la premiere famille canadierme-frangaise qui soit 
arrivee ici, fut celle de M. Abraham Marois, qui arriva a South- 
bridge meme, a I'automne de 1832. M. Marois, qui d'abord avait 
immigre a Worcester, entendit dire qu'il n'y avait qu'un seul 
canadien a Southbridge, et il resolut de venir lui rendre visite. 
Rendu ici, il apprit que le canadien, du moins le seul homme qui 
etait reconnu comme parlant le frangais, demeurait a Westville, et 
il se rendit en ce dernier lieu pour le voir. 

Cet homme, etait un descendant d'une famille frangaise du 
nom de Lavallee, et il etait marie a une americaine; ce monsieur 
etait un ouvrier-charpentier, et comme M. Marois etait lui aussi 
un menuisier, il resolut de venir s'etablir ici, car les affaires parais- 
saient bonnes et promettaient beaucoup. 

C'est a cette epoque, que fut batie la manufacture de "Globe 



16 HISTOIRE DES FRANCO- AMERICAINS 

Village," et c'est la que M. Marois, qui avait amene sa famille 
avec lui, trouva d'abord de Temploi. 

M. Marois avait emigre de St. Ours, P. Q. a Worcester oil il 
avait encore en 1906, un de ses fils, Felix Marois alors age de 78 
ans. A son arrivee a Southbridge, M. Marois avec sa famille alia 
s'etablir a Westville, pres de son ami Lavallee. Les moyens de 
communication etaient plutot primitifs a cette epoque, puisque 
d'apres M. Marois il fallut presque deux jours, pour demenager 
de Worcester a Westville. 

II n'etait pas question en ce temps-la, de tramways ou de chars 
a vapeur; les chevaux etaient choses de luxe, et I'argent n'etait pas 
dans toutes les bourses, de sorte que nos premiers canadiens de 
Southbridge durent se contenter d'avoir des boeufs pour deme- 
nager; cela explique pourquoi il fallut deux grandes journees 
pour faire le trajet. 

M. Marois travailla pendant quelque temps, a la construction 
de la filature de Globe Village, mais comme I'ouvrage etait tres 
penible etant donne que les entrepreneurs manquaient de toutes 
sortes d'appareils pour la manoeuvre des grosses pieces de bois, 
notre compatriote contracta en peu de temps, une maladie qui 
devait bientot le conduire au tombeau. M. Marois mourut a 
Southbridge, environ dix ans apres son arrivee, c'est-a-dire vers 
1842. 

En 1837-38, plusieurs jeunes gens parmi lesquels etaient MM. 
David Potvin, Damase Potvin, Louis Girard et quelques autres, 
vinrent s'etablir ici, et trouverent de I'emploi dans la manufac- 
ture "African," aujourd'hui celle de Sandersdale. 

Vers la meme epoque, M. Joseph Bourassa arriva avec sa 
famille, et peu apres sa femme mourut. Elle fut la premiere cana- 
dienne inhumee dans le cimetiere americain, "Oak-Ridge," etant 
donne, qu'il n'y avait pas encore a Southbridge, de cimetiere 
catholique. 

Les restes mortels reposent en'core la, ainsi que les corps de plu- 
sieurs autres canadiens, qui sont decedes peu apres. En 1838, 
d'autres families vinrent augmenter la colonie naissante, au nom- 




li'incorporation de la ville lU- Smu hbrulgt- fut signee dans I'annexe qui est a 
gauche de la batisse principale 




D'ans cette maison est ne le Gouverneur Marcy 
Sur ce site est batie I'lSglise Notre-Dame actuelle 




I'I,/I)I."„7/)I('';K i'i 'fill l!m<trrrr;i,!-mrr,!0=timmmm 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 17 

bre desquelles, se trouvaient, celles de Pierre Benoit, Frangois 
Lafleche, Antoine Giard, Pierre Giard, et S. Larivee. 

Quelques-unes de ces families vinrent s'etablir au village 
Globe, d'autres se fixerent pres de la manufacture "Columbian," 
aujourd'hui "Lensdale." 

Peu apres, dans la meme annee, arriverent les families de 
MM. Dumas, Mathieu et Dupre, qui allerent demeurer sur la 
"Paige Hill." 

C'est vers ce temps, que fut constitue le premier noyau de 
Canadiens a Southbridge. Et aujourd'hui encore, nous comptons, 
parmi nous, de nombreux descendants de quelques-unes de ces 
premieres families etablies ici. 

Les debuts furent rudes il faut bien en convenir, car, ces Cana- 
diens arrives du pays natal pour la plupart, etaient fort pauvres, 
leurs families fort nombreuses. Oh! ils ont ete calomnies ces 
premiers compatriotes, qui fuyaient une patrie, qui ne pouvait pas 
les faire vivre. On s'est plu a leur jeter toutes sortes d'injures a 
la face, on a ete jusqu'a dire que c'etait la canaille qui s'en allait, 
et qu'il etait mieux de la laisser partir; que leur depart n'allait 
pas affliger le pays, mais bien plutot le purger, Et aujourd'hui, 
si nous avons entrepris de raconter I'histoire des Canadiens de 
Southbridge, s'est afin de montrer a nos calomniateurs, que nous 
ne sommes pas des parias comme ils I'ont cru jadis, car il faut bien 
I'avouer aujourd'hui on semble ouvrir un peu les yeux, et nous 
juger plus favorablement. Malgre les calomnies, I'immigration 
battait son plein. 



18 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE III. 

Noms des Premieres Families Canadiennes de Southbridge. 

II est evident que les troubles de 1837-38, au Canada furent 
la vraie cause de la grande emigration. En ce temps-la plusieurs 
jeunes gens, et des families entieres arriverent du pays natal, 
particulierement de St. Ours, et vinrent s'etablir a Southbridge. 
Nous avons cru etre agreables a nos lecteurs en publiant ci-dessous 
une liste assez elaboree, donnant les noms des pionniers qui 
vinrent etablir leurs penates et leurs foyers, dans notre cher village. 

Ce que nous publions aujourd'hui est le fruit de travaux et de 
recherches ardus dans les registres de la municipalite, et Ton com- 
prendra surtout la nature de ce travail, si Ton considere que bon 
nombre de noms, sont ecrits dans ces livres de maniere a n'en 
pouvoir presque pas decouvrir la definition. La raison en est 
bien facile a donner, car a cette epoque, nos compatriotes ne con- 
naissaient pas la langue anglaise, et il faut meme avouer, que plu- 
sieurs canadiens savaient a peine ecrire leur nom correctement. 
De plus les officiers de la municipalite, ignorant pour la plupart, 
la langue frangaise, il est facile de concevoir, que les noms etaient 
defigures, au point de n'y rien comprendre. On se contentait de 
les ecrire, selon la consonance; en dernier lieu, il faut toujours 
compter meme dans ces premiers temps avec cette inclination in- 
concevable, qui existe chez un bon nombre des notres, d'angliciser 
leur nom. 

Nous allons en donner quelques echantillons, qui vous feront 
comprendre la patience qu'il faut deployer dans ce genre de tra- 
vail. Ainsi, on trouve dans les registres: 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



19 



Pour 

Bourassa Burrows 

Giard Shaw 

Balthazar Martin 

Metivier Marsh 

Gelinas Corey 

Benoit Bennoy 

Lataille Dyos 

Brazeau Barzo 

Bessette Bissent 

Lusignan Lovely 

Aucoin Wedge 

Pelletier Pelky 

Roy . King 

Dumas Dermott 

Beausoleil Goodsun 

Taupied Toe Foot 

Boisvert Greenwood 

Moreau Moro 

Garriepy Garrapy 

Hetu Lichu 

Lafleche Ritchie 

Mailloux Mayo 

Rochette Rusher 

Simard Seymour 

Lacroix Cross 

Perron Perry 

Forcier Force 



Pour 

Lafortune Fortune 

Tessier Tacy 

Berthiaume Buckham 

Lapierre Stone 

Laroche Stone 

Baril Berry 

Dupuis Dupray 

Laf ranee Laf rince 

Duval Dover 

Daigle Dake 

Theriault Terrio 

Desgreniers Greeny 

Potvin Porter 

St. Martin Martin 

Daviault Davieo 

Leblanc White 

Loranger Wright 

Brindamour Brown 

Laporte Door 

Petit Little 

Befort Belford 

Lemoine Top 

St. Onge Mitchell 

Paquin Paken 

Ledoux Ledort 

Plouffe Plufe 



Voici maintenant autant que nous avons pu les trouver les 
noms des premiers colons etablis a Southbridge; aussi I'endroit 
d'ou ces families venaient. 



1830 a 1832. 
Famille Mailhot, a Westville Famille Lavallee, a Westville 



20 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

1832. 

Abraham Marois de St. Ours dont nous avons parle assez 
longuement ci-dessus. 



1833. 



Pierre Benoit, St. Ours 



David Perus, Lotbiniere 



1837 a 1838. 



David Potvin, Norcisse Potvin, deux freres non maries venant de 

St. Ours. 
Louis Girard, Pierre Girard, deux freres non maries venant de St. 

Ours. 



Isaac Mathieu, St. Ours 
M. Gentes, St. Ours 
Pierre Lariviere, St. Ours 
Charles Daigle, St. Ours 
Frangois Dumas, St. Ours 



Pierre Dumas et sa famille, St. 

Ours 
Frangois Lafleche et sa famille, 

St. Ours 
Francis Daigle, St. Ours 



Pierre Bourassa et sa famille, Pierre Cote, Contrecoeur 



St. Ours 



Georges Dupre, Trois Rivieres, 
P. Q. 



Augustin Benoit, St. Ours 
Joseph Benoit, St. Ours 



1839. 



William Denis, St. Ours 



Henri Fontaine, St. Ours 
Olivier Dupre, St. Ours 



George Levesque, St. Ours 
Jean Lazure, St. Ours 



1840. 



Prisque Larrivee, St. Ours 
Felix Larivee, St. Ours 



1841. 



Felix Labrie, St. Ours 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 

1842. 



21 



Pierre Brazeau, St. Ours 
Albert Giard, St. Ours 
Pierre Pelletier, St. Ours 
Norbert Giard, St. Ours 



George Labrie, St. Ours 
Olivier Lamothe, Sorel 
Alexandre Lamothe, Sorel 
Edouard Graton, Sorel 



Pierre Garand, St. Jude 



1843. 

Antoine Giard, St. Jude 



Olivier Bessette 
Thomas Benoit, St. Ours 



1844. 



Thomas Devalley 
Olivier Barrette 



Jean Roy, St. Jude 
Narcisse Roy, St. Jude 



184t 



Antoine Guilbert, St. Jude 



En cette meme annee, I'incendie des manufactures: "Colum- 
bian" aujourd'hui "Lensdale," et "African," aujourd'hui, "San- 
dersdale," eut pour resultat, qu'un certain nombre de families 
allerent demeurer a Webster, Milbury, Worcester. 



1846. 



Andre Benoit, St. Ours 
Andre Bouvier, St. Ours 
John Boulanger, St. Ours 
Pierre Dupre, St. Ours 
Charles Dupre, St. Ours 
Pierre Dionne, St. Ours 
J.-Bte. Lariviere, connu sous le 

nom de "Batoche" 
J.-Bte. Mailloux 



Cyrille Myette 
Cyrille Amyotte 
Jean Legros, St. Ours 
Pierre Lusignan, St. Ours 
Frederic Lacroix, St. Ours 
Edouard Lacroix, St. Ours 
Antoine Quevillon, St. Ours 
Felix Roy 
M. Bastien 



22 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



1847. 



A. Ducharme, St. Ours 
Joseph Befort, St. Ours 
Frangois Bouthillette, St. Jude 
James Benoit, St. Ours 
Hercule Gaudette, Sorel 
Pierre St. Martin, Ste, Victoire 
Andre Arpin, St. Ours 
Charles Gaudette, Sorel 
Joseph Gaudette, Sorel 
Joseph Bessette, Sorel 
Charles Berthiaume 



Laurent St. Martin, Ste. Vic- 
toire 
Leandre Benoit, St. Ours 
Robert St. Martin, Ste. Victoire 
Toussaint Boisvert 
Joseph Cote 

Clement Benoit, St. Ours 
Louis Bachand 
Alexis Langevin 
Pierre Palardy (forgeron) 



1848. 



Louis Lachapelle 
John Lucier, Vermont 
Pierre Lucier, Vermont 
Andre Langevin, St. Ours 
Pierre Langevin, St. Ours 
Louis Langevin, St. Ours 
Jean Langevin, St. Ours 
Joseph Langevin, St. Ours 
George Langevin, St. Ours 
J.-Bte. Langevin, St. Ours 
Alphonse Langevin, St. Ours 
Antoine Quevillon, Coaticook 



Hermenegilde Charbonneau 
Henri Balthazar, Vermont 
Louis Lariviere, St. Ours 
Louis Racicot, St. Hilaire 
Pierre Boucher, Ste. Madeleine 
Louis Ricard, Ste. Madeleine 
Gilbert Lariviere, St. Ours 
Ignace Langevin, St. Ours 
Augustin Mathieu, St. Ours 
Paul Lariviere, St. Ours 
Joseph Lataille, Ste. Victoire 
Joseph Bourdeau, Ste. Victoire 



Louis Metivier, St. Ours 
Paul Potvin, St. Ours 
Pierre Gariepy, St. Ours 
Andre Lapointe, St. Ours 
Ambroise Lapointe, St. Ours 
Alexandre Bouvier, St. Ours 
J.-Bte. Potvin 



1849. 

Alexandre Potvin 
Sylvestre Simard, Lacolle 
Louis Boisvert, St. Aime 
Pierre Hetu, Coaticook 
Toussaint Duclos, Lacolle 
Calixte Gelinas, St. Aime 
Joseph Chabot, St. Aime 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 
1850. 



23 



Pierre Duval, Contrecceur 
Felix Bouvier, St. Ours 
Jean Alexis Bouvier 
Pierre Belleville, St. Ours 
Pierre Potvin, St. Ours 
Louis Plouffe, Ste. Victoire 
Simeon Yong, Sorel 
Pierre Lambert, St. Aime 
Aime Lambert, St. Aime 
Francois Lambert, St. Aime 



Dr. Provencher 

Frangois Delages, Ste. Made- 
leine 
Joseph Larivee, St. Ours 
Abraham Chapdeleine, St. Ours 
Ferdinand Fonrouge 
Nicolas Lavoie 
Joseph Plouffe 
Frangois Plouffe 



En cette annee I'incendie de la manufacture 
obligea plusieurs families d'aller demeurer ailleurs. 



'Hamilton," 



18SL 



Joseph Collette, St. Ours 
Felix Lusignan, Ste. Victoire 
Bruno Lusignan, Ste. Victoire 
Pierre Lusignan, Ste. Victoire 
Marcel Lusignan, Ste. Victoire 



Clement Lusignan, Ste. Victoire 
Joseph Malo, Ste. Victoire 
Pierre Laroche, St. Aime, 11 
epousa une sauvagesse 



1852. 



Joseph Lapierre, Lacolle 
Prosper Godbout, St. Ours 
Nicolas Lavoie, St. Ours 
Joseph Ledoux, St. Ours 
Joseph Moreau, St. Robert 
Antoine Lamoureux, St. Ours 
Pierre Martin, St. Denis 



Charles Benoit, St. Denis 

Wm. St. Pierre 

Pierre Gadbois 

Joseph Aucoin, Ste. Victoire 

Jean Baril 

John Pratte, St. Antoine 

George Potvin 



24 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



1853. 



Louis Lavallee, Sorel 

Eugene Lacroix 

Pierre Mailloux, Farnham 

Louis Plante 

Leonard Plante 

Louis Potvin 

Louis Duval, Contrecoeur 

Frangois Lapierre 

David Lapierre 

Pierre Giroux 



Pierre Dionne, St. Cesaire 
Charles Dionne, St. Cesaire 
Louis Dionne, St. Cesaire 
Joseph Dionne, St. Cesaire 
Jean-B. Berthiaume, Lacolle 
Augustin Sansoucy, St. Ours 
Joseph Paquin 
Marcel Sabourin, Ste. Marie 
Louis Lavallee 
Pierre Heve, St. Ours 



1854. 



Augustin Beaudreau, Ste. Vic- 

toire 
John Gendron, St. Ours 
Flavie Bourque, Ste. Victoire 
Leandre Lamothe 
Paul Lamothe 



Joseph Roy 
J.-B. Gaudette, Sorel 
Charles Gaudette, Sorel 
Louis Ouellette, forgeron 
Joseph Marcotte, fermier 
Louis Collette 



1855. 



Louis Baril 
J.-B. Baril, fils 

Adolphe Lacroix, St. Hyacinthe 
Pascal Deslauriers, St. Hyacin- 
the 
Louis Dupuis, Lacolle 
Pierre Dupuis, Lacolle 
Louis Surprenant, Lacolle 
Mo'i'se Chasse, Lacolle 
Francis Simard, Lacolle 
Pierre Theriault, Lacolle 
Louis Perron 



Pierre Fournier, St. Cesaire 
Louis Gendron, St. Ours 
Pierre Lemoine, Ste. Victoire 
J.-B. Lapierre, Ste. Victoire 
Moise Lagesse 
Florence Plouffe 
Ve. Andre Dumas, Ste. Victoire 
Antoine Sabourin, St. Angele 
Etienne Richard, St. Denis 
Joseph Lacroix, St. Ours 
Augustin Beaudreau, St. Ours 
Noel Fontaine, St. Cesaire 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



25 



1856. 



Athanase Gouin, Ste. Victoire 
Pierre Gouin, Ste. Victoire 
Joseph Gervais, Ste. Victoire 
George Lagesse, Ste. Victoire 
Joseph Chasse, Ste. Victoire 
Fr. Aucoin, Ste. Victoire 
Thomas Aucoin, Ste. Victoire 
Thomas Potvin, St. Ours 
Felix Leclair, St. Ours 



Joseph Nault 
Joseph Forcier 
Alexis Bibeau, Sorel 
Theophile Lamothe, Ste. Vic- 
toire 
Michel Duchesneau, Lacolle 
Charles Bazin, St. Ours 
Gilbert Goddard 



En 1856, lors de I'election presidentielle ou Buchanan fut elu 
President des Etats-Unis il y eut une grande reaction financiere 
et en 1857, plusieurs moulins durent fermer leurs portes. Cette 
epreuve porta douloureusemnt sur un grand nombre de families 
canadiennes, qui se virent dans I'obligation de quitter Southbridge. 
Un nouvel incendie se declara aux manufactures Hamilton, et 
plusieurs families quitterent la place pour aller ailleurs^ meme 
pour retourner au pays natal. 



John Bellerose 

Isaac Dupuis 

Pierre Daviault 

Aubin Gamache 

J.-B. Renaud, St. Cesaire 

Thomas Plouffe 

Louis Simpson 

Olivier Simpson 

Louis Bessette, St. Valentin 

A. Fontaine 

Amable Gervais, Lacolle 

James Gervais, Lacolle 

Pierre Mathieu, St. Ours 

J.-B. Nault, St. Ours 



1857. 

Joseph Lemoine, Ste. Victoire 
J.-B. Mandeville, Sorel 
Antoine Mandeville, Sorel 
Pierre Cote, St. Cesaire 
J.-B. Cote, St. Cesaire 

1858. 

Paul Aucoin, Ste. Victoire 
Pierre Aucoin, Ste. Victoire 
Ve. Laurent Dupaul et famille, 

Farnham 
Adolphe Lacroix, St. Hyacinthe 
Joseph M. Dupaul, Farnham 
Theophile Lamothe, Ste. Vic- 
toire 



26 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

1859. 



Jean-Baptiste Bachand 
Jean-Baptiste Duquette 
Albert Godbout, St. Ours 
Pierre Joubert 
George Gravel, St. Ours 
Joseph Lavallee 
Louis Renaud 



Philibert Lacroix, St. Hyacinthe 
J.-Bte. Martin, St. Denis 
Paul Larochelle, Ste. Victoire 
Olivier Lapierre, Lacolle 
David Lagesse 
Jean Roy, St. Jude 



1860. 



Louis Bonnette 
Charles Bibeau, Sorel 
Levi Desautel 
Francis Lacroix 
Frank Levitre 
Pierre Raquier, Sorel 
Leon Dupuis 
Joseph Lachapelle 
Elzear Martin, Sorel 
Edouard Tremblay, Lacolle 



Richard Barrette 

Arthur Cote 

Louis Lavallee, Ste. Victoire 

Ludger Leclair, St. Ours 

Pierre Lafrance 

Alfred Racicot 

Joseph Simpson 

Louis Berthiaume 

Joseph Donais 

Joseph Berthiaume 



1861, 



Marcel Girard 
Charles Giroux 
Theodule Belanger 
Pierre Lavallee 
George B. Langevin 
Ludger Montminy 
Charles Grenon 
Joseph Laplante 
Gilbert Chasse 
Joseph Baril 



Arthur Olivier 
Joseph Nault 
Pierre Grenon 
Hyacinthe Roy 
J.-B. Doucette 
Moi'se Leblanc 
Narcisse Roy 
Elzear Martin 
Michel Gelineau 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 
1862. 



27 



Charles Angers, St. Hughes 
Salomon Lafaille 
Charles Luc 
Antoine Jalbert 



Pascal Senecal, Boucherville 
Joseph Girard, Roxton Falls 
Frangois Darche 
Napoleon Leboeuf, St. Ours 
Leon Cadotte 
Joseph Cartier 
J.-B. Gaudreau 



Louis (Naflet) Lariviere 
Amable Doucette 
Olivier Brousseau 
Philippe Dupaul 
Joseph Gaudette 
Narcisse Lavallee 
Ve. Augustin Ferron 
Gilbert Forgier 
Joseph Caouette 



Joseph Lavoie 
Moise Monette 
Charles Lacroix 
Joseph Picotte 
Antoine Pariseau 
Gedeon Surprenant 
Treffle Tetreault 



Francois Beaudoin 
Abel Gagnon 
Pierre Gagnon 
Henri Jalbert 



1863. 



Vve. Alexis Boyer, Lacolle 
Joseph Brunelle 
J.-B. St. Pierre 
Frangois Charron 
Joseph Ouimet 
Charles Nault 



1864. 



Leon Gaudette 
Albert Gaudette 
Louis Lavallee 
David Boucher 
Joseph Desgreniers 
Medard Duquette 
Louis Gaudette 
Joseph (Felix) Peloquin 
Louis Parent 



1865. 



Narcisse Tessier 
Clement Arnaud 
Ambroise Abel 
Albain Abel 
Jacob Pinsonneault 
Eugene Pinsonneault 
Joseph Bertrand 



28 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



David Bourque 
Olivier Deblois 
Pierre Gaudreau 
Thomas Gregoire 
Narcisse Vaillancourt 
Edouard Vincelette 



Joseph Bourdeau 
Frangois Tremblay 
Toussaint Bourdeau 
Frangois Proulx 
Joseph Goddu 
Gedeon Pinsonneault 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 29 



CHAPITRE IV. 

Immigration — Epreuves des Premiers Colons — Leur Esprit de 
Foi — Soirees Canadiennes. 

Les premieres annees passees au pays, furent des annees 
d 'epreuves pour nos peres. lis etaient etrangers a la langue et 
aux moeurs de ceux qu'ils rencontraient. L'emploi etait difficile 
a trouver, et on les exploitait de la maniere la plus odieuse. Sou- 
vent ils regrettaient le bon vieux Canada, et souvent leurs regards 
devaient se porter avec angoisse, vers ce coin du Ciel, qui un 
jour les avait abrites. Mais leur foi etait aussi grande, que leurs 
epreuves etaient nombreuses; bons catholiques, venus pour la 
plupart de St. Ours, ils arrivaient dans une atmosphere protes- 
tante, ou ils etaient exposes a perdre avec la religion de leurs 
peres, la purete de leurs moeurs canadiennes. Sans pretres, sans 
eglises, leur foi robuste etait durement mise a I'epreuve. L'heure 
etait sombre pour ces braves coeurs, mais Dieu veillait sur le 
berceau de cette colonic, qui, avec le temps devait se developper 
si prodigieusement. 

De 1837 a 1850 les secours religieux etaient rares, et pour y 
suppleer, on se reunissait a la residence de I'une des families, et la, 
agenouilles au pied d'un autel improvise, les premiers canadiens 
de Southbridge, faisaient la priere du soir, en commun, et reci- 
taient le chapelet de la Vierge. Pent etre aussi qu'on y chantait 
quelques cantiques, qui sans doute faisaient verser bien des 
larmes, en evoquant dans les coeurs les plus tendres souvenirs de 
la patrie et des etres aimes laisses la-bas, au-dela de la frontiere 
canadienne. La plupart des families emigrees du Canada, etaient 
peu instruites et lorsque I'une d'elles recevait une lettre du bon 
vieux pays, on se rassemblait, pour en faire la lecture. 

Que ces veillees de canadiens durent etre charmantes! On y 



50 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

faisait la partie de cartes, on y fumait du bon tabac canadien, il 
n'y a point de doute; les femmes jasaient a cceur-joie, tout en 
tricotant. C'est dans ces reunions de famille, que s'entretenaient 
la flamme du patriotisme, et le flambeau de la foi. 

Ainsi en 1850, on comptait une trentaine de families cana- 
diennes dont la plus grande partie, demeurait a la "Globe," mais 
il survint un echec, c'etait le triste incendie, qui detruisit les manu- 
factures de "Globe Village." Cette conflagration eut pour effet, 
de Jeter le desarroi dans la colonie canadienne, Rien de tres im- 
portant se presenta encore a cette population etrangere aux moeurs 
et aux coutumes de ce pays. 

En 1861, la guerre de Secession fut declaree entre les Etats 
du Nord et du Sud. Pen de temps apres, les moulins furent fer- 
mes, I'argent devint rare; ces effets desastreux eurent pour objet 
de paralyser pendant quelques annees, I'emigration canadienne. 
Bien plus, un certain nombre de families retournerent au Canada. 
Mais la guerre terminee, la prosperity ne tarda pas a se faire sentir 
dans tout le pays; les manufactures durent etre en activite et le 
jour et la nuit, pour suffire aux demandes des clients. 

En 1865, nous voyons de nouveau les rangs des families cana- 
diennes grossir dans les Etats de I'Est. 

La Providence de Dieu est grande. Ce mouvement des notres 
vers les plages americaines, devait avoir pour heureux effet, I'a- 
grandissement du royaume de Dieu, et la propagation de la foi 
catholique. Les canadiens prenaient possession de I'Est de 
I'Amerique. 

Southbridge eut son essaim de families nouvellement arrivees 
des campagnes et des villes du Canada. Ces families comme I'on 
sait etaient composees de journaliers et de cultivateurs ruines, 
dont les terres epuisees, faute d'engrais et de bonne culture, refu- 
saient de leur donner le necessaire pour vivre. 

OKI je sais, que ces premieres families infortunees chassees de 
leur pays, par la misere, furent calomniees honteusement, mepri- 
sees, et considerees comme des rebuts dont le Canada etait fier 
de se debarrasser. Je sais que meme des hommes dont I'educa- 
tion il me semble rendait encore moins excusables, ont ose insulter 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 31 

a la pauvrete et au denument de ces desherites de la fortune — je 
sais que ces politiciens allerent jusqu'a cracher a la figure de ces 
gens bien plus honnetes que leurs detracteurs, ces ignomineuses 
paroles: "Laissez-les partir, c'est la rapace qui s'en va," mais sous 
ces haillons, mais sous cette misere, il y avait de braves cceurs, des 
ames noblement trempees, qui ressentirent douloureusement I'in- 
jure qu'on leur faisait. 

La plupart quittaient leur mere-patrie non par ingratitude, 
mais parcequ'elle ne pouvait pas les nourrir; le coeur navre par la 
douleur, torture par les angoisses du depart, et de I'acheminement 
vers le grand incertain, le canadien emigre devait avoir dans 
Fame un fier courage. L'espoir de se procurer une honnete 
aisance et de revenir bien tot au pays avec un peu d 'argent pour 
payer leurs hypotheques, voila ce qui poussa nos peres a venir se 
fixer dans les centres manufacturiers de la Nouvelle-Angleterre, 
voila le seul crime qu'on pouvait leur reprocher. Certes, la grande 
majorite se fixerent ici pour y rester, mais il ne faut pas blamer 
ces canadiens, qui apres avoir ete conspues a leur depart du pays, 
etaient regardes comme des declasses a leur retour. Sous les plis 
flottants du drapeau etoile, il y avait assez de place pour que nos 
peres puissent respirer a pleins poumons I'air pur de la liberte. 
La mere-patrie est toujours chere au coeur franco-americain, mais 
ce coeur n'oubliera jamais I'accueil bienveillant qu'il regut de sa 
mere adoptive. 

Le lecteur nous pardonnera, nous esperons, d'avoir ouvert cette 
parenthese, mais nous le devious a nos ancetres; nous voulons 
ensuite rectifier certaines idees fausses, qui heureusement tendent 
a disparaitre chez nos freres du Canada, concernant leurs freres 
des Etats-Unis. 

Nous avons avance tout a I'heure, que les premiers colons 
canadiens etablis a Southbridge etaient de fervents Chretiens; eh 
bien nous allons le prouver en vous racontant dans ce chapitre 
intitule "Religion" tout ce qu'ils ont fait pour la foi Catholique. 



32 HISTOIRE DES FRANCO- AMERICAINS 



CHAPITRE V. 

Religion — Premiere Paroisse Catholique — Premiere Communion. 

Comme nous I'avons indique, de 1838 a 1850, on faisait sa 
religion tant bien que mal, a Southbridge; il n'y avait pas encore, 
de pretre canadien, et il n'etait pas rare de trouver des enfants 
d'un an et plus, qui n'etaient pas encore baptises. Les premiers 
mariages furent celebres par des ministres etrangers a notre reli- 
gion ou des juges de paix. Heureusement qu'on s'empressa lorsque 
la premiere occasion s'en presenta, de faire benir ces mariages par 
un pretre catholique. 

Quelques-uns plus fortunes, grace a leurs moyens qui le leur 
permettaient, allaient preter leur serment conjugal a Worcester, 
endroit le plus rapproche, oil Ton pouvait rencontrer des pretres 
catholiques irlandais. II faut avouer que les premiers canadiens 
de Southbridge, qui furent fauches par la mort dans ces annees de 
penurie, durent quitter cette vallee de larmes, prives de toutes les 
consolations que notre "Sainte Religion," prodigue aux mourants. 

C'est en 1840, que fut dite la premiere messe a Southbridge, 
dans une maison situee en face de la "Globe Village House." 
Cette maison etait la propriete de M. Leery, contremaitre a la 
manufacture "Hamilton." Le pretre celebrant etait le Rev. 
James Fitton, et a cette premiere messe, assistaient douze person- 
nes, dont sept etaient irlandaises, et les autres canadiennes et 
allemandes. Le P. Fitton vint ainsi, dire la messe et administrer 
les sacrements jusqu'en 1843. Les deux annees suivantes ce fut 
tantot le Pere Williamson et tantot le P. Gibson, qui vinrent, puis 
ce fut le P. Logan, qui fut le premier pretre a dire la messe a 
Southbridge le dimanche. 

Le premier pretre, parlant notre langue, qui vint a Southbridge 
fut le Rev. P. Levesque, du college "Holy Cross" de Worcester, 




Reverends Peres LeBreton et Barrette, Premiers Cures 
Reverends Peres Mignault et Levesque, Premiers Missionnaires 




Monsignor Georges Elzear Brochu 




Revd. Iv. O. Triganne, Cure de la Paroisse Notre-Dame 




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DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 33 

et qui a dit la messe pendant quelque temps dans la maison d'une 
famille canadienne, du "Village Globe." A cette premiere messe 
le Rev. P. Levesque donna la sainte communion et baptisa plu- 
sieurs enfants, que les parents n'avaient pas encore pu faire bap- 
tiser. On peut assez facilement concevoir le bonheur que durent 
ressentir ces braves canadiens, quand il leur fut donne d'assister 
a la messe, de voir et d'entendre des pretres de leur nationalite, 
eux qui pendant plusieurs annees, n'avaient pas rencontre un 
representant de leur sainte religion. Le canadien aime le pretre, 
et quand il est prive par les circonstances, de cet ami fidele, il en 
souffre. Apres maintes recherches a cet effet, nous sommes heu- 
reux de pouvoir donner au lecteur, quelques details sur la vie du 
P. Levesque qui prodigua les secours de la religion a nos cana- 
diens etablis un peu partout dans les differents centres de la Nou- 
velle-Angleterre. Cet apotre canadien fut eleve au sacerdoce, le 
6 Janvier 1831 par Mgr. Bernard Claude Panet, second archeve- 
que de Quebec. Apres avoir fait du ministere au Canada et memo 
en France ou il fut plusieurs annees cure, il revint au pays, et 
ayant appris qu'un bon nombre de ses concitoyens avaient franchi 
la frontiere, pour s'etablir aux Etats-Unis, il resolut de les suivre, 
et pendant "vingt-trois ans," il se fit missionnaire, pendant vingt- 
trois ans, il se depensa corps et ame pour les canadiens emigres 
du pays natal. II mourut dans I'etat du New Jersey le 13 fevrier 
1862. 

Le P. Levesque comme nous I'avons dit plus haut parcourut 
tous les centres de la Nouvelle-Angleterre, mais il fut particuliere- 
ment bien connu a Spencer, oil il batit la premiere eglise cana- 
dienne en I'honneur de N.-D. du T. S. Rosaire. II n'y a que ceux 
qui I'ont vu a I'ceuvre, qui pourront donner une idee du zele qui 
consumait cet apotre du Seigneur. Oui, pendant vingt-trois ans, 
cet apotre fut infatigable; oblige tres souvent de celebrer les saints 
mysteres dans des maisons privees, de partager le meme sort que 
ses pauvres paroissiens, de voyager dans toutes les saisons a une 
epoque ou les moyens de locomotion etaient plus que rudimen- 
taires, de partager la maigre pitance de ses ouailles, n'ayant jamais 



34 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

de demeure stable, on peut comprendre que ce pretre devoue 
mourut relativement jeune. 

Premiere Communion. 

Lorsqu'en 1851, le P. Levesque vint a Southbridge, il prepara 
plusieurs enfants, meme des jeunes gens assez ages a la premiere 
communion. Ceux qui assisterent a cette ceremonie si imposante 
en garderont un souvenir imperissable. Non seulement avoir le 
bonheur de voir et d'entendre un pretre, comme eux, canadien, mais 
assister a une premiere communion, vivre quelques-unes de ces 
heures enivrantes qui, rappellent le jour a jamais consolant ou pour 
la premiere fois Jesus-Hostie est descendu dans notre coeur, qui 
rappellent aussi I'humble eglise ou la pauvre chapelle ou ce grand 
mystere s'est opere — oh que ces chers canadiens durent verser des 
larmes de joie, en voyant leurs enfants s'approcher de la Sainte 
Table; qu'ils durent boire avec avidite les paroles, que dans ces 
circonstances solennelles, le P. Levesque dut prononcer! 

II parait meme que le bon et devoue missionnaire fut tres emu, 
en voyant autant de canadiens accourus a lui, et en constatant sur- 
tout, que dans leur ame existait si vivace encore la foi de leurs 
peres. On rapporte qu'il en profita pour en faire un rapport 
detaille a I'Archeveque de Boston. Mgr. Fitzpatrick erigea done 
la premiere paroisse de Southbridge en 1852. 

La premiere communion eut lieu dans la premiere maison 
blanche situee sur la rue West ou 'Tond Road"; cette maison 
existe encore, et fut habitee pendant trente ans par M. Pierre 
Giard. Un bon nombre de canadiens assisterent a cette ceremo- 
nie religieuse, peut-etre la premiere du genre qui eut lieu a South- 
bridge, depuis le commencement de I'emigration, qui datait a cette 
epoque d'audela de vingt ans. Les uns apportaient des fleurs, 
d'autres des tapis, des sieges, des chandelles, et autres decorations; 
on pretend qu'une quarantaine d 'enfants firent leur premiere com- 
munion en ce jour, et nous sommes heureux de publier quelques 
noms, qu'avec peine nous avons pu nous procurer. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 
Premiers Communiants: 



35 



Joseph Gelinas 
Joseph Quevillon 
Antoine Quevillon 
Jean Hetu 
Frangois Hetu 
Gabriel Hetu 
Louis Metivier 
Louis Potvin 
Pierre Potvin 
Pierre Lusignan 
Charles Bouthillette 
Frangois Bouthillette 
Joseph Langevin 
Jean J. Legros 
Frangois Lariviere 



Israel Aucoin 
Cyril Giard 
Prudence Larivee 
Julienne Langevin 
Philomene Dumas 
Edmire Lariviere 
William Lafleche 
Marie Jeanne Legros 
Deiima St. Martin 
Robert St. Martin 
Marcelline St. Martin 
Toussaint Boisvert 
Louise Boisvert 
Emelie Boisvert 



En 1852, le Rev. P. Levesque, vint de nouveau a Southbridge, 
et la messe fut celebree cette fois dans la salle de villa, qui, quoi- 
que tres spacieuse, fut litteralement bondee. En feuilletant un 
peu les registres de ces premieres annees, nous voyons qu'en 1850 
le P. Levesque fit quelques mariages: Paul Potvin epousa De- 
sanges St. Martin. En 1852, Joseph Collette fut marie a Marie 
Larivee; Isaac Potvin a Edwige St. Martin; Prisque Larivee a 
Marie Daviault. 



Noms des Premiers Baptemes. 

Nous devons dire d'abord, que les Canadiens de Southbridge, 
qui ont ete baptises avant le 10 avril 1852 devaient s'adresser a la 
paroisse St. John de Worcester, pour avoir leur certificat de bap- 
teme, car voici les premiers extraits, que nous avons pu nous pro- 
curer grace a la courtoisie du Rev. P. Mullin, cure de I'eglise 
Ste. Marie de cette ville: 



36 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

a. Remi Balthazar, fils d'Henri Balthazar et de Louise Gar, ne 

le 25 mars 1853, a ete baptise le 3 avril 1853; parrain, Fr. 
Delause, marr. Madeleine Gar. P. J. Blenkinsop, S. J. 

b. J.-B. Alphonse Lemoine, fils d'Antonio Lemoine et d'Eliza- 
beth Mogie, ne le 17 mai 1853, baptise le 5 juin. Parr. God- 
froi Mogie; marr. Salina Langelier. 

P. J. Blenkinsop, S. J. 

c. Eugene Lacroix, fils d'Eugene Lacroix et d'Emelie Riviere, ne 

le 9 juillet 1853, baptise le 21 d'aout; parr. Jean Chenille, 
marr. Julia Longville. P. J. Blenkinsop, S. J. 

d. Zilda Dupre, fille de Pierre Dupre et Julie Lacroix, nee le 12 
aout 1853, baptisee le 23. Parrain et marraine Hermenegilde 
Boutin et Sophie River. P. J. Blenkinsop, S. J. 

e. Fr. Aucoin, fils de Joseph Aucoin et de Lucie Therrien, ne le 

5 octobre 1853, et baptise le 23. Fr. Bouvier et Rosanna 
Janelle. P. J. Blenkinsop, S. J. 

/. Louis Lachapelle, fils de Louis Lachapelle et Carisse Longue- 
ville, ne le 14 decembre 1853, baptise le 25. 

Louis Roi, ne le 30 Janvier 1854, baptise le 5 fevrier. 

Joseph Collette, fils de Joseph Collette et de Marie DeRiviere, ne 
le 13 mars 1854, baptise le 19 mars. Parrain, Felix Lari- 
viere, marraine, Aramea Giguere. P. J. Blenkinsop, S. J. 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 37 



CHAPITRE VI. 

Second Apotre de Southbridge — Le Pere Joseph Edouard 
Napoleon Migneault — Troisieme, P. Barrette. 

Les premiers Canadiens de Southbridge eurent le bonheur de 
connaitre outre le P. Levesque, un autre apotre du Christ, qui 
n'epargna rien pour ses ouailles, et ce pretre devoue, c'est le Rev. 
P. Nap. Migneault. Ne a St. Denis de Richelieu, le 17 septembre 
1826, le P. Migneault etait le fils du notaire Joseph-Edouard. A 
I'age de treize ans, il entra au Seminaire de St. Hyacinthe, et 
apres avoir termine ses classiques, il etait admis au noviciat des 
Oblats, en 1844. II prononga ses voeux dans cette congregation, 
et il fut ordonne a Ottawa le 24 decembre 1849, par Mgr. Guigues. 
De 1845 a 1850, il fut directeur des eleves du college naissant de 
la future capitale canadienne, et de 1850 a 1851, le superieur. 
En abandonnant cette charge, il laissa aussi la communaute, il 
devint cure de "L'Orignal," ou il demeura de juin a septembre de 
la meme annee, puis il partit pour le Massachusetts aux Etats- 
Unis. II essaya d'abord de doter les canadiens de Worcester, 
d'une desserte speciale. En depit de deux ans de labeur, il n'y 
parvint pas; en 1853, il devint cure de Webster, et il avait pour 
desserte, Spencer, Southbridge, Oxford, Charlton, Templeton, 
Barre, Warren et les Brookfields. II eut pour successeur le 31 
aout 1858, le Rev. P. Quan. 

Le P. Migneault a laisse une bien douce impression a Webster 
et a Southbridge, ou son devouement inlassable et sa parole chaude 
et vibrante, surent lui gagner tous les cceurs. Dans la suite, il 
fut pendant quatre ans, aumonier du 76e regiment americain, 
qu'il suivit dans ses campagnes de la guerre de Secession. Acca- 
ble d'infirmites, consequences de ce ministere penible, il n'a plus 
guere travaille. A la fin, par reconnaissance pour ses services 



38 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

le gouvernement des Etats-Unis lui payait une pension de $12 
par mois. II etait retire a la metairie des Sceurs Crises de St. 
Hyacinthe, depuis un an, lorsqu'il mourut le IS decembre 1895, 
a I'age de 69 ans, et deux jours plus tard, fut inhume dans le 
cimetiere de sa paroisse natale. 

Le P. Angelus Barrette, D.D. 

Jusqu'ici, il n'y avait pas encore de cure residant a South- 
bridge, mais le 11 septembre 1865, le P. Barrette, etait nomme 
cure de Southbridge, et devait desservir tous les catholiques aussi 
de Charlton et de Sturbridge. Le P. Barrette demeura dans sa 
paroisse, jusqu'au 10 novembre 1869, epoque oil il fut nomme 
cure de la paroisse nouvellement fondee de Crafton. Le P. Bar- 
rette, appartenait a une famille noble de France et il etait savant. 

Voici les quelques renseignements que nous avons pu nous pro- 
curer par-ci par-la sur son compte. D'abord il faut dire que sa 
position etait bien delicate, puisque son nom et son origine fran- 
gaise devaient necessairement lui attirer des desagrements de la part 
de ses paroissiens irlandais. Au dire de certains anciens paroissiens, 
qui ont bien connu le P. Barrette, il fut plus ou moins heureux pen- 
dant son sejour de quatre ans a Southbridge, ayant eu a concilier 
bien des differends. Ca n'empeche pas qu'il a toujours ete fort 
estime. II etait d'une eloquence remarquable et on ne se fati- 
guait jamais de I'entendre. 

Nous lisons dans la "Voix du Peuple," de Manchester, journal 
de Ferdinand Cagnon, que lors de la grande celebration de la St. 
J.-Baptiste a Worcester des 1869, le sermon de circonstance fut 
donne apres la messe par le Rev. P. Barrette de Southbridge. 
Nous allons citer le tout. "Le predicateur, est-il dit, prit pour 
texte: "Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum labora- 
verunt, qui aedificant earn." II fut eloquent — il compara la societe 
St. J.-Baptiste de Worcester a une locomotive. Les gouttes d'eau 
reunies et sous I'influence du calorique deviennent vapeur. II en 
est de meme des societes St. J.-Baptiste. Elles prosperent, mais 
si elles ne sont pas appuyees sur la religion, elles tomberont. Re- 
venant ensuite a I'Ecriture, il compara les premiers canadiens 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 39 

emigres, aux captifs de Babylone. "Les Canadians n'etaient pas 
respectes; on les meprisait il y a quinze ans, et on leur disait: 
Chantez done vos airs nationaux. lis repondaient, "Quomodo 
cantabimus in terra aliena." II s'est rencontre de braves coeurs 
qui se sont alors eerie: " Adhaereat lingua jaucibus meis, si oblitus 
juero Jerusalem — Que ma langue s'attache a mon palais, si je viens 
a t'oublier, Canada: Et les societes St. J.-Baptiste furent fon- 
dees." Ce sermon fit une vive impression sur les auditeurs. 

La soiree de ce beau jour, a jamais memorable pour les Cana- 
diens fut consacree aux discours et a la musique. Le P. Barrette 
fut encore un des orateurs favoris. 



40 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE VII. 

Fondation de la Premiere Paroisse CathoUque Canadienne- 
Frangaise a Southbridge — Son Premier Cure. 

Jusqu'ici nous avons travaille plus ou moins dans le mystere, 
nous guidant sur les details parfois assez obscurs que nous avons 
pu nous procurer de part et d'autre, mais nous entrons mainte- 
nant de plein pied dans la partie la plus interessante de notre 
sujet et pour y travailler au grand soleil du bon Dieu. II s'agit 
dans le present chapitre de raconter les humbles debuts de la pre- 
miere paroisse canadienne de Southbridge, la paroisse Notre- 
Dame, aujourd'hui I'une des plus belles et des plus florissantes de 
la Nouvelle-Angleterre. II y a done un demi-siecle, que les Cana- 
diens-frangais de Southbridge, possedent une eglise a eux, ou ils 
peuvent a leur maniere et a leur devotion, glorifier le Dieu de 
leur cceur et de leur ame, Celui qui avec tant de sollicitudes et de 
soins, a veille sur leurs destinees, dans ce pays ou ils sont entoures 
de tant de dangers et de tous genres. 

L'annee 1869 est par consequent, I'annee a jamais memorable 
oil fut fondee la paroisse Notre-Dame, l'annee ou les Canadiens 
se separerent des Irlandais avec lesquels ils avaient forme jus- 
qu'ici le premiere paroisse catholique a Southbridge, et bati la 
premiere eglise connue sous le nom "d'Eglise St. Pierre." Cette 
premiere eglise a ete transformee en ecole depuis, et sert d'ecole 
paroissiale pour les enfants de la nouvelle paroisse irlandaise, Ste. 
Marie. 

La dedicace de la paroisse St. Pierre avait eu lieu le ler mai 
1853, par Mgr. Fitzpatrick, et ce n'est qu'a I'automne de l'annee 
1869, apres le depart du P. Barrette pour Grafton, que les Cana- 
diens obtinrent le droit de s'organiser et de fonder une paroisse 
separee. Leur premier cure fut le Rev. M. F. LeBreton, frangais 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 41 

d'origine qui fut nomme par Mgr. Williams de Boston au mois 
d'octobre 1867. Nous connaissons a peu pres rien sur le compte 
de ce premier cure. Son humilite profonde est responsable pour 
le peu de details que nous pouvons vous donner sur son compte. 
Nous le regrettons amerement, car le P. LeBreton pendant les 
quatre annees qu'il a passees par mi nous a bien travaille pour son 
Dieu et ses compatriotes, et nous aurions voulu vous donner sa 
biographie en entier, Au moins nous a-t-il laisse sa photographie 
et nous sommes heureux de vous la presenter. C'est la seule re- 
lique qu'il nous a laissee, et nous vous en faisons cadeau. 

Les Canadiens done, libres de travailler a leur guise se mirent 
immediatement a I'oeuvre sous la direction de leur cure, dont le 
zele et le devouement, etaient assurement a la hauteur de sa posi- 
tion et des circonstances. Le terrain ou se trouve actuellement la 
vieille eglise Notre-Dame, rue Pine, fut donne par la compagnie 
"Hamilton Woolen," et une souscription de $3,000 fut bientot 
faite parmi les Canadiens, pour batir I'eglise, qui fut terminee a 
I'automne 1870. 

Les Canadiens etaient alors au nombre de 1800 a 2000 sur une 
population d'un peu plus de 5000 ames. La premiere messe pour 
la paroisse Notre-Dame, fut celebree le 29 novembre 1869, a la 
salle Edwards. 

La premiere eglise fut batie sous la direction du contracteur 
Leonard Cutler, et couta $17,000. 

Premiers Baptemes de la Paroisse Notre-Dame. 

Le premier bapteme qui eut lieu dans la nouvelle paroisse, fut 
celui de Marie- Jeanne Laplante, fille de Olivier Laplante et de 
Marie Leclerc. Ce bapteme eut lieu le 21 novembre 1869, un 
mois environ apres I'arrivee du Rev. P. LeBreton. 

Le 28e jour du meme mois, le cure baptisa Edwige Lamoureux, 
fille de Azarie Lamoureux et de Hilda Nault. 

Premiers Mariages. 

'Lell novembre, le P. LeBreton celebra le mariage de Narcisse 
Simon et de Thaise Menard; le 23, celui de Jules Cartier et de 



42 HTSTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Marie St. Onge; celui de Pierre Lavallee et de Julie Desgreniers; 
le 26, celui de J.-B. Lussier et de Louise Lusignan. 

Mgr. G. Elz. Brochu, Deuxitme Curi. 

Le P. LeBreton apres avoir passe pres de quatre annees, quitta 
la paroisse au printemps de I'annee 1873 et le Rev. P. Elz. Brochu, 
qui etait son vicaire depuis quelque temps fut nomme cure. Avant 
son depart, le P. LeBreton, avait mis une hypotheque sur le pres- 
bytere pour un montant assez considerable, afln de pouvoir retirer 
I'argent qu'il avait personnellement debourse sur cette batisse. 
Mais cela n'eut pas le don de plaire a un certain nombre de pa- 
roissiens, qui etaient sous la fausse impression, que le presbytere 
avait 616 paye avec les deniers de la paroisse. Mais il est reconnu 
avec livres en main, que le P. LeBreton avait reellement avance 
cet argent, prenant tous les risques a cet effet. Au printemps de 
1874, la banque d'epargne de Southbridge, qui possedait rh5^o- 
theque fit vendre la propriete a I'encan, et elle fut rachetee par la 
paroisse au prix de $4,500. 

Pour realiser ce montant, on preleva une souscription, qui 
rapporta la somme de v$2,225.75. Nous sommes en demeure de 
publier la liste complete de ceux qui en ces circonstances penibles, 
voulurent bien delier les cordons de leurs bourses, afin de sauver 
cette epave du naufrage, mais nous nous contenterons de publier 
les noms des principaux donateurs: 

Rev. G. Elz. Brochu $100 J. Felix Leclerc 25 

Eugene Lescot (Lescault) 50 Pascal Senecal, fils 25 

C. Edouard Houde 50 Narcisse Brodeur 25 

George Lamoureux 45 Napoleon Metivier 25 

Victor Lamoureux 40 Pierre Boucher 20 

Victor Clement, M.D 40 Xavier Aucoin $20 

Alexandre Lataille 40 Leon Cadot, pere 20 

Abel Gagnon 30 Narcisse Champigny 20 

Pierre Surprenant 30 Antoine Chapdelaine 20 

Michel Cyriac 25 Olivier Deblois 20 

Marcel Girard 25 Joseph Dupaul 20 



DE SOUJHBRIDGE, MASSACHUSETTS 43 

Joseph Goddu, pere 20 Gedeon Maurand 20 

Wm. Gelineau 20 Gedeon Pinsonnault, pere. 20 

Pierre Lariviere 20 Pierre St. Martin 20 

Eugene Lacroix 20 Jeremie Theriault 20 

Charles Lacroix 20 J.-B. Robillard, pere 20 

Le Rev. P. Brochu prit possession de la paroisse, comme il I'a 
ecrit lui-meme, dans ses registres, le 23 aout 1873. A son depart, 
le P. LeBreton laissait sur I'eglise Notre-Dame une hypotheque 
de $10,000. C'etait comme vous pouvez bien le constater, un 
sombre debut pour le second cure de la paroisse, qui ne recula 
devant rien pour faire renaitre I'esperance dans les cceurs de ses 
paroissiens, alors un peu decourages. 



44 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE VIII. 

Administration du P. Brochu — Premieres Ecoles — 
Convent des Soeurs. 

Le pretre sait par experience que I'ecole catholique dans une 
paroisse est une chose indispensable, il sait en outre que c'est pour 
lui, un devoir de conscience imperieux, d'en etablir une, le plus 
tot possible. Le pretre canadien veut en outre que dans cette 
ecole paroissiale, apres la religion, la langue maternelle ait la place 
d'honneur. En effet, sans ce foyer ardent de religion at de pa- 
triotisme, les apostasies religieuses et nationales sont helas trop 
frequentes, tandis que le pretre n'etant pas raisonnablement 
seconde dans son devouement, voit ses efforts rendus presque ste- 
riles. Le Rev. P. LeBreton, n'ignorait pas cette verite; aussi des 
1871, il fit eriger une maison, qui est aujourd'hui la residence des 
Soeurs, pour en faire une ecole. Madame Louis Kasky, ancienne 
institutrice au Canada, fut requise par le cure pour enseigner la 
classe aux enfants de la nouvelle paroisse. En 1873, Mde. Kasky 
alia demeurer au Canada avec sa famille et fut remplacee par 
Mons. Antoine Primeau comme instituteur; en 1874 elle revint a 
Southbridge pour reprendre sa position d'institutrice, qu'elle garda 
jusqu'en 1879, oil elle partit pour aller enseigner a Webster pen- 
dant deux ans, et ensuite a Spencer, pendant plusieurs annees. 

A cette epoque, les Canadiens sentaient le besoin de s'ins- 
truire: ce qui etait indispensable pour occuper des positions dans 
le monde commercial et le monde industriel. C'est precisement 
pour cette raison que le Rev. P. Brochu decida de faire agrandir 
I'ecole, en faire un convent, et avoir des religieuses enseignantes. 

A cette epoque et meme avant, les personnes suivantes ensei- 
gnerent la classe: Mde. Fr. Bonin enseigna la classe le jour et le 
soir, en differents temps, de 1865 a 1870; Phelonise St. Onge 1873 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 45 

a 1874; Jacques Tetreault fit I'ecole du soir de 1876 a 1880; 
Joseph Park de 1879 a 1880 et Narcisse St. Germain, qui enseigna 
la classe le soir presque continuellement, de 1875 a 1880. 

Mons. St. Germain, ne a St. Denis, etait notaire et ancien ins- 
tituteur au Canada, ce qui le rendait excellemment qualifie pour 
I'enseignement. Aussi, plusieurs jeunes gens firent de grands pro- 
gres sous son habile direction et conserverent de lui, un excellent 
souvenir. 

Pendant que Mde. Kasky enseigna la classe, les enfants firent 
aussi des progres rapides, car elle avait une methode remarquable 
pour I'enseignement et plusieurs de ses eleves ici a Southbridge en 
parlent avec beaucoup d'eloges. Outre le don de I'enseignement, 
Mde. Kasky possedait un talent remarquable pour organiser les 
seances dramatiques et recreatives, qui etaient donnees a diffe- 
rentes epoques, au profit de I'ecole et de la paroisse: ce qui rendait 
son concours d'autant plus precieux. Les seances aussi avaient 
pour grand resultat d'encourager les enfants a I'etude, et d'in- 
teresser les parents au grand probleme de I'education. Aussi lors 
du depart de Mde. Kasky, les paroissiens s'unirent au cure pour 
la remercier de son devouement, et la feliciter de son ceuvre su- 
blime devant Dieu, et devant les hommes; ils ne manquerent pas 
de lui exprimer leurs regrets en la voyant partir de parmi eux. 
C 'etait en effet, une grande perte, pour la paroisse, de voir partir 
cette personne si zelee, qui avec ses deux filles, Marie et Octavie, 
comme assistantes, avait tant fait pour la cause catholique et 
nationale, a Southbridge. 

En 1879, Mons. le Cure Brochu convoqua une assemblee de 
paroisse, et annonga a ses ouailles, qu'il leur remettait entre les 
mains la tache de terminer le convent, car pour lui, disait-il, il ne 
pourrait plus rien faire. A cause de certains changements, de cer- 
taines reformes qu'il fit dans la paroisse, plusieurs personnes 
etaient fort mecontentes contre lui, et ne voulaient plus rien con- 
tribuer a cette cause. 

Des comites furent nommes pour aller visiter les canadiens a 
domicile; Michel Surprenant qui etait dans le commerce, et qui 
avait une certaine influence parmi ses compatriotes, fut choisi 



46 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

comme tresorier. Les differents comites se mirent bientot a 
I'ceuvre, et rencontrerent beaucoup d'obstacles, et beaucoup de 
mauvaise volonte. Les uns ne voulaient pas donner, parcequ'ils 
avaient des griefs centre le cure; ils allaient jusqu'a demander 
son depart. D'autres, dans leur ignorance, ne voyaient pas la 
necessite d'avoir une ecole paroissiale: ce qui serait un lourd far- 
feau a supporter. lis pretendaient qu'il y avait deja de bonnes 
ecoles a Southbridge. D'autres enfin ne comprenaient pas encore 
la necessite d'envoyer leurs enfants a I'ecole, car dans le temps, ce 
n'etait pas obligatoire, et il n'etait pas rare de voir des enfants de 
sept et huit ans a I'ouvrage dans les moulins et les parents disaient, 
qu'il n'est pas necessaire d'etre instruit pour gagner sa vie, "que 
plus on est instruit et plus on est malhonnete homme." De plus, 
plusieurs de nos compatriotes donnaient pour excuse, qu'ils n'al- 
laient pas demeurer longtemps aux Etats-Unis, et qu'aussitot 
qu'ils seraient retournes au pays natal, leurs enfants iraient a 
I'ecole, et que pour faire des "habitants" il n'est pas necessaire 
d'etre si instruits. Nous tenons a vous donner ces details, afin 
de vous faire bien comprendre la mentalite etrange d'un certain 
groupe de canadiens de ces temps-la, et les difficultes sans nom- 
bre, que le P. Brochu a du surmonter, dans I'accomplissement de 
ses desseins. Les differents comites en depit de cette opposition, 
parvinrent a prelever un certain fond. 

En 1880, de nouveaux obstacles surgirent: certains differends 
survinrent entre le cure et le contracteur du convent, Alphonse 
Beford, differends qui forcerent ce dernier, a abandonner les tra- 
vaux et a reclamer un montant plus eleve que son contrat. II n'y 
gagna rien cependant. De nouveaux comites furent nommes pour 
voir a la continuation des travaux, A I'automne de 1880, il y eut 
un grand bazar organise dans cette nouvelle batisse. Les recettes 
rapporterent $5,000 et avec ce montant et d'autres sommes prove- 
nant d 'organisations du meme genre, on put parfaire I'ceuvre com- 
mencee, et le convent fut pret a recevoir les religieuses de Ste. 
Anne de Lachine, P. Q. pour I'ouverture des classes. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 47 



CHAPITRE IX. 

1881 — Arrivee des Soeurs Ste. Anne — Academie Brochu 

Enfin, le vceu du cure etait accompli ; il allait avoir la collabo- 
ration puissante des religieuses, dans I'ceuvre de son ministere. 
Les Soeurs de Ste. Anne arriverent a Southbridge le 3 aout 1881. 
Ce qui fut tout un evenement dans la paroisse, evenement qui fut 
I'objet de grandes rejouissances a Southbridge. 

Le jour de leur arrivee, une bonne delegation de paroissiens les 
attendait a la gare; des 8 heures du matin, un certain nombre de 
bonnes vieilles surtout, s'empresserent de se procurer des places 
de choix, afin d'avoir le bonheur de saluer les premieres, les reli- 
gieuses qui devaient faire tant de bien a leurs enfants. II faut 
avouer qu'elles eurent le temps de preparer et d'anticiper leur 
petit bonheur, puisque le convoi n'arriva a la gare qu'a 11.30 a.m. 
Les Soeurs de Ste. Anne se mirent done a Tceuvre et prirent la 
direction de I'ecole, mission qu'elles garderent religieusement 
jusqu'en 1889, alors que par un malentendu regrettable, la mission 
fut abandonnee au mois de juillet de cette meme annee. 

Cet evenement consterna la paroisse toute entiere car les 
bonnes religieuses etaient fort estimees des paroissiens. Durant 
leur sejour a Southbridge elles avaient acquis bien des droits a 
I'admiration et a I'attachement de la population. Les enfants 
sous leur direction etaient transformes; I'influence bienfaisante de 
I'education chretienne telle que les religieuses peuvent la donner, 
s'etait fait sentir au sein des plus humbles families. Plusieurs 
jeunes filles etaient deja entrees en communaute, et grace a leur 
instruction, plusieurs jeunes gens occupaient deja des positions 
enviables, dans le commerce ou dans les filatures, tandis que d'au- 
tres etaient partis pour aller parfaire leurs etudes dans les colleges 
du Canada. 



48 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

En 1890, n'ayant plus de religieuses et pas d'ecoles assez spa- 
cieuses pour recevoir les enfants du couvent dans les ecoles publi- 
ques, le cure loua le couvent au comite des ecoles municipales, 
pour en faire une ecole publique. Cette decision pastorale, crea 
beaucoup d 'excitation et un grand mecontentement chez un cer- 
tain groupe de paroissiens, surtout parmi ceux, a qui on avait 
refuse les Sacrements, precisement parce que ces derniers n'a- 
vaient pas voulu envoyer leurs enfants a I'ecole paroissiale dans 
le temps. 

Cette action du cure fut bien mal comprise et elle eut pour 
resultat, que pendant plusieurs annees, bon nombre de parents ne 
voulurent plus envoyer leurs enfants au couvent, meme apres 
qu'il y en eut un d'etabli d'une maniere permanente. Ce prejuge 
malheureusement existe encore meme de nos jours chez certains 
esprits etroits, qui ont garde la deplorable manie, d'envoyer leur 
progeniture aux ecoles laiques, de preference aux ecoles parois- 
siales, ou pourtant leur conscience de catholiques les oblige de 
I'envoyer. 

Une loi passee a la legislature de 1891, lisait, que pour qu'une 
ecole paroissiale soit exempte de taxes municipales, il fallait qu'elle 
fut placee sous la direction des syndics et format une corporation. 
Le 11 octobre 1891 done, le Rev. P. Brochu nomma les syndics 
suivants: MM. Clement Begin, Amable Loiseau, Felix Gatineau, 
Horace Gravel, Joseph D. Blanchard, Camille Metras, Joseph M. 
Dupaul, Georges J. Lamoureux, Victor Lamoureux et Felix Leclair. 

Lorsque les Soeurs de Ste. Anne eurent pris possession du cou- 
vent, elles etaient au nombre de neuf, et elles avaient environ 
500 eleves. Ce couvent, qui leur servait de demeure et d'ecole a 
la fois, avait coute a la paroisse environ $25,000. 

Lorsque les Soeurs de I'Assomption de Nicolet remplacerent les 
Soeurs de Ste. Anne en 1891, elles eurent a peu pres le meme nom- 
bre d 'eleves, mais comme la paroisse augmentait toujours, le be- 
soin se faisait sentir d 'avoir une ecole separee du couvent. En 
1899, les religieuses etaient au nombre de douze et donnaient le 
pain de I'intelligence et du cceur, a sept cents quarante eleves. 



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DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 49 

La Nouvelle Ecole — Academie Brochu. 

Le P. Brochu voulut doter sa paroisse d'une magnifique ecole, 
une institution qui ferait I'orgueil de la paroisse et la gloire des 
canadiens-frangais etablis ici dans la Nouvelle-Angleterre, et ses 
esperances n'ont pas ete degues, car ceux qui ont vu et visite cette 
grande et spacieuse ecole, sont unanimes a dire, que c'est un 
monument du genre. Les travaux furent commences en 1899. 
Le terrain sur lequel I'edifice repose, a coute $5,000, et le contrat 
a ete de $31,869. On pent dire en chiffres ronds que le tout a 
coute environ $40,000. 

Quant a la discription de cette ecole, c'est un vaste edifice en 
brique, a trois etages, idealement situe a Tangle des rues Pine et 
Edwards. Au premier, il y a six classes ainsi qu'au deuxieme. 
Le troisieme etage est tout entier consacre a une splendide cha- 
pelle, pouvant contenir huit a neuf cents personnes. II y a sacris- 
tie, et dans la chapelle, on y a installe un orgue superbe qui a 
coute $1,000. A I'arriere de cette chapelle on y admire un riche 
tableau representant Mgr. Brochu. Pendant plusieurs annees, 
chaque dimanche, on celebrait la messe dans cette chapelle pour 
les enfants, car avant la division de la paroisse, I'eglise etait pres- 
que insuffisante aux besoin du culte. Tous les enfants allaient a 
la messe a la chapelle, et, c'etaient autant de places libres pour les 
adultes a I'eglise. Aujourd'hui, on n'y celebre le Saint Sacrifice, 
que dans les grandes circonstances, comme a I'ouverture et a la 
cloture de I'annee scolaire, ou a certains jours de fete. Bien des 
maisons d'education, colleges meme ici ou au Canada, n'ont pas 
une chapelle semblable. 

Rien n'a ete epargne pour faire de cette ecole une institution 
modele; on y trouve toutes les ameliorations modernes, la lumiere 
y entre a flots ainsi que I'air du bon Dieu. 

On appelle cette ecole, U Academie Brochu, en I'honneur de 
Mgr. Brochu, qui a promis de la payer de ses propres deniers, 
promesse qu'il a tenue, puisque au mois de decembre 1899, au 
commencement des travaux, il I'accomplissait. C'etait bien "son 
ecole," et nous avons vu par ce qui precede, qu'elle lui couta non 



so HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

seulement une forte somme d'argent, mais bien des revers, qu'elle 
lui occasionna bien des soucis. 

Le deuxieme cure de Notre-Dame, etait en effet, un grand ami 
de I'education, et il I'a prouve en donnant a sa paroisse, ce bijou- 
ecole, mais surtout comme nous le verrons plus tard dans I'execu- 
tion de ses volontes. 

Cette ecole est frequentee aujourd'hui par environ 650 eleves. 
Les enfants n'ont rien a payer pour y recevoir I'instruction et 
I'education chretienne. Malgre tous ces avantages, il est deplo- 
rable de constater qu'un certain nombre de parents sont ignorants 
et aveugles au point de refuser a leurs enfants I'education chre- 
tienne, qui seule peut fagonner le cceur et la volonte de I'homme, 
et en faire un catholique pratiquant, aussi bien qu'un citoyen hon- 
nete et utile. C'est un mal qui semble defier tout remede, et 
pourtant il faut extirper ce prejuge qui tend a causer tant de torts 
a notre jeunesse. 

Que repondront ces parents coupables quand il leur sera 
demande compte de 1 'administration de leur famille, de I'education 
de leurs enfants? Parents qui peut etre lisez ces quelques lignes 
aidez-nous a rendre le triomphe de I'education catholique com- 
plet a Southbridge. Nous parlerons dans un autre chapitre, de 
I'oeuvre des Soeurs de I'Assomption. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 51 



CHAPITRE X. 

Troubles de Paroisse — 1880-81-82 — Consequences. 

II est evident qu'on ne dirige pas une paroisse comme celle de 
Notre-Dame, sans posseder un grand esprit de tact et de concilia- 
tion. Le P. Brochu dirigeait la barque, et en depit des orages, 
qui furent parfois assez serieux, il tint ferme. Quoique assez 
timide au debut, il comprit qu'il fallait au gouvernail une main 
ferme, une main qui ne tremblerait point quelque soit le danger, 
et nul ne put I'empecher d'accomplir ce qu'il pensait etre son 
devoir. Coeur franc, loyal et sincere, il n'a jamais voulu devier 
de sa premiere ligne de conduite. 

L'homme de devoir rencontre toujours quelqu'obstacle sur sa 
route, et le P. Brochu malheureusement en rencontra; dans son 
champ d'action, il y trouva bien des plantes inutiles, bien des 
arbres steriles; on lui reproche d'avoir voulu s'en debarrasser 
d'une maniere un peu brusque. II se fit par consequent des enne- 
mis, et I'on vit bientot dans les rangs de la paroisse des faux pro- 
phetes semant a pleines mains la zizanie et le desaccord. 

Plusieurs ministres protestants canadiens visiterent South- 
bridge, a cette epoque, alin de fonder une congregation protes- 
tante. II y eut des assemblees convoquees par les ministres au 
nombre desquels il y avait Chiniquy, Dorion, Leclair, Benoit et 
autres. Quelques canadiens abandonnerent I'Eglise dans laquelle 
ils etaient nes, pour un certain temps, mais finalement les minis- 
tres voyant qu'ils avaient bien peu de chances de succes a South- 
bridge, durent prendre une autre direction, et tout entra dans 
I'ordre. 

Nous devons dire aussi, que le P. Brochu etait un homme 
eloquent, et quand on le voyait monter en chaire, un silence reli- 
gieux regnait dans I'assemblee. II avait le don de suspendre son 



52 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

auditoire a ses levres, il I'empoignait et I'electrisait. II etait 
cependant tres vehement parfois, il s'emportait au dela de toutes 
bornes dans certaines circonstances, et alors il lui est arrive de 
dire des choses qu'il a regrettees amerement dans la suite. Mais 
comme on connaissait bien sa nature ardente, on I'aimait et on lui 
pardonnait tres facilement, les quelques petites malices, qu'il 
avait pu commettre dans le feu de rimprovisation. 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 53 



CHAPITRE XL 

Choeurs de Chant— Leur Formation. 

Aussitot que I'Eglise Notre-Dame fut terminee, la premiere 
pensee du cure fut de former un chceur de chant. Narcisse Lavi- 
gne en fut le premier maitre-de-chapelle. Les autres chantres 
furent: Flavien Laflamme, Frangois Surprenant, Olivier Deblois, 
Remain Caron, Alcime Marchand, Eugene Marchand et M. 
Archambeault. Ces messieurs pour la plupart, avaient ete chan- 
tres au Canada, et suivant la coutume qui prevalait a cette epoque 
au pays natal, etaient places dans le sanctuaire, ayant soutane et 
surplis. lis executaient le plein chant sans avoir d'orgue pour les 
accompagner. 

Parmi ces chantres, il s'en trouvait de tres habiles, et tout 
allait a la plus grande satisfaction du cure et des paroissiens, on 
revivait les bonnes annees du Canada. 

Mais il y avait aussi dans la paroisse un certain nombre de 
jeunes gens qui avaient deja appartenu au choeur de chant a 
I'eglise Ste. Marie, et comme dans cette eglise il n'y avait bien 
souvent que du chant ordinaire avec orgue, le plain chant n'avait 
pas le don de charmer leur oreille, c'est pourquoi en 1873, il y eut 
une reunion de jeunes gens, dans le but de former un choeur de 
chant dans le genre de ceux que Ton trouve dans nos paroisses 
actuelles. 

On choisit Clement Begin comme president, et I'on fit imme- 
diatement des arrangements avec le Professeur Baribeau de 
Worcester, qui pendant plusieurs mois, venait a chaque semaine 
donner des legons de chant a la nouvelle chorale de la paroisse 
Notre-Dame. Joseph Bourque qui etait bon musicien, fut choisi 
comme directeur. Eleas Giard, Mde. C. V. Clement et Mile. 
Rosa Hefner furent tour a tour organistes, de 1873 a 1875. 



54 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Les membres du premier choeur de chant en 1873 furent: Cle- 
ment Begin, Joseph et Alfred-Xavier Bourque, George, Joseph, 
Edmond et Misael Goddu, quatre freres; Alexandre et Alexis 
Senecal, Remi Surprenant, Isaac St. Martin, Joseph et Alphonse 
Leclair, fils de Felix Leclair, Joseph Dionne, Edmond Hetu, Da- 
mase Bourassa, Eleas Giard, Emelie et Pauline Giard, Delphine 
Caron, Alphonse Caron, Cedulie et Amanda Cadotte, Octavie 
Barrette, Exilda Bouthillette, Eugenie Bourdelais, Rosalie Chaput, 
Amanda Dionne, Victor W. Lamoureux. 

Conferences au Profit du Choeur de Chant. 

Deux conferences furent organisees au profit du chceur, afin de 
se procurer les livres necessaires, et payer le Professeur Baribeau. 
La premiere conference fut donnee par le Juge Joseph Leboeuf de 
Cohoes, N. Y., qui interessa son auditoire en traitant le sujet de 
reeducation." Le deuxieme conferencier fut le Rev. Pere Pri- 
meau, de Worcester, qui prit pour sujet, les "Cartomanciennes." 
Un joli montant fut realise, et en peu de temps I'association des 
"jeunes" fut etablie sur des bases solides, et avec les progres tou- 
jours croissants de cette derniere association, le "vieux choeur de 
chant s'effaga peu a peu, pour ne plus exister." 

Les anciens avaient vu avec un mauvais ceil les demarches 
faites par les jeunes, et c'est avec une certaine peine, qu'ils se 
virent ainsi supplantes. Quelques-uns trouvaient le chant du 
nouveau chceur peu en rapport avec les rubriques et I'esprit de 
I'Eglise. Ces differends disparurent apres quelque temps, et Ton 
vit meme plusieurs anciens faire partie du nouveau chceur, et cela 
pendant plusieurs annees. 

Choeurs de Chant — Suite. 

En 1875, Catherine Whitaker fut choisie comme organiste pour 
remplacer Rosa Hefner, et un certain nombre de nouveaux mem- 
bres joignirent les autres. De 1875 a 1880, voici les noms: 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



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Marie Kasky 
Octavie Kasky 
Elise Kasky 
Rosa Lafaille 
Palmyre Lavoie 
Felix Gatineau 
Victor Gatineau 
Camille Metras 
Amanda Leclair 
Dr. J. A. Robillard 
Dr. Theophile Belanger 
Adelaide Girard 



Henri Lavoie 
Cordelie Lord 
Mile. Remillard 
Xyste Lescault 
Odile Simpson 
Marie Lavallee 
Marie Donais 
Seraphine Gravel 
Sophie Lord 
Clara Lord 
Marie Lord 
Marie Richard 



1880 a 1890. 



Ernest Decelles 
Joseph M. Lareau 
Arthur Sicotte 
Jules Trudel 
Raymond Dostaler 
J. A. Caron 
Arthur Riendeau 
Joseph Pinsonneault 
Marie Pinsonneault 
Alexandre Montminy 
Joseph Leclair 
Horace Gravel 



Joseph Gatineau 

Alfred Potvin 

Alfred Galipeau 

Louis Delages 

Joseph Desrosiers, premier fils 

de Louis 
Joseph Desrosiers, deuxieme 

fils de Louis 
Dr. L. O. Morasse 
Maria Leroux 
Olivine Leroux 
Adeline Girard 



1890 a 1900. 



Albina Surprenant 
Maria Surprenant 
Ida Surprenant 
Felix Lavallee 
George Cabana 
Dr. Oswald Gregoire 
Dr. J. E. Ferland 



Dr. L. E. Dionne 
Wilfrid Casavant 
Sergius Gatineau 
Ovila Paulin 
De. Dr. J. A. Pontbriand 
Olivier Lamothe 
Pierre Peloquin 



56 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Mile. Whitaker fut I'organiste de la paroisse jusqu'en 1889, 
lorsqu'elle fut succedee par Mile. Emelie Surprenant. Mile. Sur- 
prenant garda cette position jusqu'en 1890, et fut remplacee par 
Albina Surprenant. Ensuite il y eut Dame Alice Bardy-Dionne; 
Dame Louis Tetreault jusqu'en 1905; Mile Josephine Bonneau 
de 1905 a 1912; puis Dame Ve. Joseph Tetreault de 1912 a 1916, 
et 1916 jusqu'a nos jours, Prof. Eugene Tapin. 

Directeurs du Choeur. 

Clement Begin, Joseph Bourque, Catherine Whitaker, Ernest 
Decelles, Horace Gravel, Oliva Palin, Dr. L. E. Dionne, Olivier 
Lamothe, Revds. J. A. Langlois, J. P. Chicoine, J. Fredette et Louis 
Delages, Revd. Pierre Bourassa, et I'organiste actuel, Prof. Eugene 
Tapin. 

L'administration du P. Brochu, comme toute administration 
d'ailleurs, ne fut pas impeccable, mais il n'en est pas moins vrai 
que sous son impulsion, la paroisse fit des progres rapides. Depuis 
la fondation de cette paroisse en 1869, jusqu'au mois de decembre 
1898, il y eut plus de 991 mariages et 4,728 baptemes. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 57 



CHAPITRE XII. 

Chevaliers de Saint Joseph. 

Le P. Brochu voulait faire de la paroisse Notre-Dame une 
paroisse parfaitement organisee, une paroisse ou rien ne laisserait 
a desirer. Non content d 'avoir etabli une ecole modele, ou ses 
enfants venaient recevoir le pain de 1 'intelligence et du coeur, il 
voulut fonder un cercle catholique, dont le but serait de grouper 
les jeunes gens, leur donner de bons conseils pour les premunir 
contre 1 'influence des mauvaises compagnies. 

Cette societe qui fut fondee par le P. Brochu etait connue sous 
le nom de "Chevaliers de St. Joseph." Elle fut organisee le 15 
mai 1881. II n'y a point de doutes que nos lecteurs seront heu- 
reux d'en connaitre I'objet et le but ultime, tel que congus par le 
fondateur lui-meme. Ce qui va suivre est d'autant plus precieux 
que c'est a peu pres le seul ecrit que nous possedions du Rev. P. 
Brochu. On a dit avec raison que "le style est I'homme," par 
consequent, jugez de I'apotre par cet apergu: 

Preface — "Chevalerie." 

"Dieu ayant cree I'homme sociable, il s'ensuit que tout indi- 
vidu eprouve une espece de besoin d'etablir ou de s'agreger a une 
societe quelconque. Malheureusement, I'ennemi de I'humanite a 
su exploiter cette espece de necessite pour mieux parvenir a son 
but de perdition. C'est par le moyen des societes, qu'aujourd'hui, 
surtout, le demon traine a son char de triomphe, presque toutes 
les nations de I'univers. 

"Pour remedier a un tel mal, I'Eglise Catholique a cru de tout 
temps devoir encourager et recommander les societes chretiennes, 
afin de contrebalancer les mauvaises, qui font la mine des nations. 
Notre but en etablissant la societe dite: Chevalerie de St. Joseph, 



58 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

est d'abord, d'eloigner nos jeunes gens des mauvaises societes, en 
les reunissant sous la garde du pretre ; en second lieu de leur pro- 
curer le moyen de se perfectionner et d'acquerir les connaissances 
intellectuelles par la lecture et les discussions. 

"Nous donnons a notre societe le nom de Chevalerie pour 
faire comprendre aux membres qui en feront partie, qu'ils doivent 
etre comme les chevaliers du moyen age, des hommes sans re- 
proche. 

"La societe est sous le patronage de St. Joseph, afin que I'ayant 
choisi pour leur modele, ils s'efforcent de I'imiter dans ses vertus. 
Comme le blaspheme et I'ivrognerie sont les deux principales tetes 
de I'hydre qui ravage notre population, et je pourrais dire plus 
particulierement notre nationalite, le blaspheme qui outrage et 
insulte la misericorde infinie, I'ivrognerie qui porte la desolation 
et la misere au sein des families, les Chevaliers de St. Joseph 
devront combattre ces deux, a outrance, chez eux d'abord, puis 
chez les autres. 

"Comme toute societe a besoin pour se maintenir, d'un code, 
et que sa plus grande force depend de I'observance de ses regle- 
ments, nous avons juge a propos pour son bon gouvernement 
d'etablir les regies suivantes." 

Nous faisons grace au lecteur de ce qui suit. Qu'il nous suffise 
de dire que ces reglements composes en grande partie par le cure, 
sont un modele du genre, et ils furent contresignes par les membres 
suivants : 

Felix Gatineau, Camille Metras, Joseph Metras, Anatole 
Caron, Jules Trudel, Louis Peloquin, Salomon Labonte et une cin- 
quantaine d'autres. 

A la premiere assemblee qui eut lieu le 5 juin 1881, I'election 
des officiers donna le resultat suivant: 

President, Felix Gatineau Tresorier, Camille Metras 

Vice-President, Moise Gagnon Collecteur-Tres., Sol. Labonte 

Sec-Arch., Jules Trudel ler Com. Ord., Jos. Belanger 

Sec. Corr., Anatole Caron 2e Com. Ord., Joseph Gamache 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 59 

Cette association qui n'exista que trois ans, puisqu'elle n'exis- 
tait plus au moins de juillet 1884, avait fait beaucoup de bien; 
plusieurs de ses membres comptent aujourd'hui parmi les citoyens 
les plus en vue, les plus honnetes et les plus patriotes de South- 
bridge. Toute la gloire et tout I'honneur en reviennent au zele 
cure. 



60 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XIII. 

Fin de I' Administration du P. Brochu — Titres — Sa Mort. 

En 1895, le P. Brochu fit I'acquisition de la propriete "Marcy," 
qui est sans contredit idealement situee sur I'un des plus beaux 
sites de Southb ridge. Cette propriete sur laquelle s'eleve aujour- 
d'hui la superbe eglise de Notre-Dame lui fut cedee pour la 
somme de $10,000. Nous savons que de nos jours, elle vaut au- 
dela de $25,000. Malheureusement, dans la transaction des 
affaires, il y avait une clause dont le cure n'avait pas assez tenu 
compte; ce qui rempecha de realiser immediatement le reve et le 
desir de sa vie: donner a sa paroisse, une eglise digne de Dieu, et 
en rapport avec les voeux de ses paroissiens devoues. Le vieillard 
qui lui avait vendu la propriete, soit par bigoterie, soit par entete- 
ment, persistait a demeurer dans sa maison jusqu'a sa mort, et il 
fallut se resoudre a attendre sa fin pour mettre a execution le reve 
si longtemps caresse. Le pauvre vieux etait deja assez age, mais 
comme tout mortel, il aimait la vie, et il I'a quitta bien comme 
tous les autres, que lorsque Dieu voulut bien la lui retirer. Plus 
tard, en 1899, le P. Brochu acheta un terrain mesurant dix-huit 
acres, sur un endroit eleve dominant le village, pour en faire un 
cimetiere, aujourd'hui le magnifique cimetiere "St. George," 
nomme en I'honneur de son saint patron. Ce n'etait pas sans 
besoin, car I'ancien cimetiere Notre-Dame ne pouvait plus suffire 
aux besoins de la paroisse, qui devenait de plus en plus conside- 
rable. En effet, a sa fondation, la paroisse comptait environ 
3,000, et en 1890, elle comptait audela de 6,000 ames dont 3,500 
communiants. 

Les vicaires de Mgr. Brochu, pendant son administration, 
furent: Revds. Antoine Lamy, P. U. Brunelle, C. Giraut, Joseph 
M. Rioux, D. Daigneault, N. Rainville, Jules Graton, Edouard 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 61 

Graton, Joseph M. A. Genest, L. A. Langlois, J. H. Desrochers, J. 
Fredette, Joseph Chicoine, Pierre Bourassa et J. A. Landry. Ces 
deux derniers furent ceux qui assisterent le P. Brochu a ses der- 
niers moments. 

Le P. Brochu avait beaucoup travaille pour le succes de sa 
paroisse, et il va s'en dire que le bruit de ses succes parvint jus- 
qu'a Rome. Aussi, le 11 juillet 1887, le Saint Pere daigna lui 
conferer le titre de Monsignor avec le grade de Camerier de Sa 
Saintete, et le 16 mai 1890, il fut eleve a la haute dignite de Pro- 
tonotaire Apostolique ad Instar. 

Biographie de Mgr. Brochu. 

Monseigneur Georges-Elzear Brochu, naquit a St. Anselme, 
Comte de Dorchester, P. Q., le 2 octobre 1842. A I'age de qua- 
torze ans, il fit son entree au seminaire de Quebec, et neuf ans apres 
finissait ses etudes classiques au Seminaire de Montreal. 

II fut eleve a la dignite du sacerdoce, le 9 aoiit 1868, par Mgr, 
Ignace Bourget, et fut nomme professeur au college de Terre- 
bonne. En 1869 il etait vicaire a St. Polycarpe et deux annees 
plus tard il passa au diocese de Montreal oil il fut nomme chapelain 
des "Freres de Charite." En 1873 il fut regu dans le diocese de 
Springfield, et fut, avant d'etre nomme cure de Notre-Dame, vi- 
caire de la meme paroisse avec le P. LeBreton comme cure. 

Mgr. Brochu etait doue d'une sante robuste, mais etait tres 
dur a son corps, ce qui eut pour effet de devancer de beaucoup ses 
jours. II avait sur son peuple un controle absolu. Sans doute, la 
route qu'il dut parcourir a Southbridge n'etait pas toujours par- 
semee de roses, car tres souvent il rencontra des epines qui bles- 
serent bien douloureusement son cceur de pretre et d'apotre. Mais 
nous pouvons dire a sa plus grande gloire, que dans la lutte, il ne 
permit jamais a aucun de ses adversaires (et il en avait), de I'em- 
porter sur lui. II y avait dans sa paroisse des loups ravisseurs, 
mal converts de la peau de brebis; aussi sa volonte ferme et ener- 
gique sut les rencontrer au poste, et jamais ils ne purent le faire 
devier, quand il s'agissait d'accomplir ce qu'il croyait etre son 
devoir. 



62 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Certes, dans le feu de Taction, il peut lui etre arrive de s'etre 
emporte audela des bomes, mais apres avoir pris connaissance des 
circonstrances, et de la mauvaise foi de ses adversaires, nous pou- 
vons facilement lui pardonner certaines erreurs apparentes. Ceux 
qui ont vegu de son temps, savent qu'au debut de la paroisse, il y 
avait a Southbridge, une certaine categorie d'hommes qui etaient 
loin d'etre des ci toy ens desirables, et des catholiques exemplaires. 

II etait le maitre, et il voulait I'etre! II est vrai qu'on se 
servit meme de la violence a son egard; on alia jusqu'a langer des 
pierres sur le presbytere, et que sais-je, qui denotait une mauvaise 
education, mais sa volonte inebranlable eut raison de tout, et peu 
a peu, la population comprit qu'elle avait meconnu son cure, et 
qu'elle s'etait gravement trompee, 

II voulait etre au gouvernail, et malgre la tempete, il pilota la 
barque de sa paroisse a travers tous les ecueils, et la mort le trouva 
a son poste. Sa charite et sa generosite prouvent a son peuple, 
meme de nos jours, qu'il n'a chatie que parcequ'il aimait bien ses 
paroissiens, 

Mgr. Brochu appartenait a une bonne et honnete famille; un 
de ses freres est missionnaire chez les Peres Oblats, au Manitoba, 
et trois de ses sceurs sont religieuses chez les Scaurs de Charite. 
C'est dans le presbytere actuel, 27 rue Marcy, que Mgr. Brochu 
rendit son ame a Dieu, le 26 septembre 1904, entoure des mem- 
bres de sa famille et de ses vicaires. Son corps reposa pendant 
quelque temps dans le cimetiere St. George, puis fut transporte 
plus tard, a St. Anselme, pour y reposer definitivement. Dans 
son testament, il legua $20,000 aux Peres Assomptionnistes de 
Greendale, Mass., $40,000 aux Soeurs Crises de Worcester, et 
beaucoup aussi aux missions indiennes du Haut Canada. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 63 



CHAPITRE XIV. 

Troisieme Cure — Le Rev. L. O. Triganne. 

Les paroisisens de Notre-Dame pleurerent la mort de leur 
regrette cure, parti pour un monde meilleur, et leurs prieres le 
suivirent audela du tombeau, Cependant, ils attendaient son 
successeur avec impatience, afin de pouvoir de concert avec lui, 
continuer les ceuvres si bien commencees. 

En attendant, les choses allaient leur cours, sous la direction 
des deux vicaires devoues de Mgr. Brochu, MM. A. Landry et 
Pierre Bourassa. 

A la fin de novembre 1904, le 24, la paroisse de Notre-Dame 
saluait son nouveau cure, dans la personne du Revd. Pere L. 0. 
Triganne, cure actuel, et dont nous allons vous donner la biogra- 
phie. 

Monsieur I'abbe Louis-Onesime Triganne naquit en 1860, a 
Plessisville, Canada, de Pierre Onesime Triganne et d'Ernestine A. 
Dube. Tout jeune encore, il brulait du desir de vouer sa vie toute 
entiere a son Dieu et au salut des ames; et apres des etudes pre- 
liminaires, il entra au Seminaire de Nicolet, oil il fit ses etudes 
classiques, philosophiques et theologiques. II regut I'ordination 
sacerdotale des mains de Mgr. Lafleche, le 20 decembre 1884, dans 
la chapelle du Seminaire des Trois-Rivieres. II fut successive- 
ment vicaire a Ste. Anne de la Perade et a Saint Justin, Canada. 

Son zele revait cependant, un champ d'action plus vaste, et il 
decida de passer aux Etats-Unis pour donner les secours de son 
ministere a ses compatriotes, qui alors par milliers, quittaient les 
plages canadiennes. Nomme vicaire a Holyoke, le 8 decembre 
1886, a North Adams en 1889, il fut assigne a la cure de Pitts- 
field en 1890, a celle d'Adams en 1893; ce fut comme il est dit, 
plus haut, au mois de novembre 1904, le 24, que Mons. le Cure 
L. O. Triganne prit possession de la paroisse Notre-Dame de 



64 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Southbridge, qu'il vient de doter de Tune des plus belles eglises 
du diocese et du pays tout entier, 

Les paroissiens ne tarderent pas a connaitre leur nouveau pas- 
teur, et ils comprirent que s'il y avait beaucoup a faire, I'ouvrier 
ne le recusait point, et qu'il etait a la hauteur de sa position. 

En bien peu de temps, la paroisse prit un regain de vie, la 
piete penetra visiblement toute cette masse, et chaque dimanche 
"Notre-Dame" donnait au Ciel et aux hommes le plus beau et le 
plus impressionnant des spectacles, celui d'une nombreuse famille 
se rendant dans la maison de son Dieu et de son Maitre, pour le 
benir, le remercier, le louer et I'adorer. C'etait le bon vieux 
Canada religieux, qui avait ainsi etabli ses quartiers sur un petit 
coin de la patrie, que protege le drapeau etoile. 

Le nouveau cure voulait connaitre son immense jardin, afin de 
mieux le cultiver, et comme I'espoir de la moisson est toujours 
dans la semence c'est d'abord vers les enfants qu'il porta ses 
regards d'apotre. 

L'ecole est le pivot sur lequel repose la base solide de toute 
I'organisation d'une paroisse, et quand elle est bien controlee, on 
pent pour I'avenir augurer les plus belles esperances; le P. Tri- 
ganne le comprit. Aussi voulut-il visiter souvent ses enfants, et 
les faire visiter par ses vicaires, afin de les encourager, de les sti- 
muler dans leurs etudes. Aussi, a Southbridge, peut-etre plus 
qu'en n'importe quel endroit, les enfants respectent et aiment le 
pretre, ils ne le fuient point, et n'ont pas pour lui cette gene, cette 
crainte, que Ton trouve chez certains enfants de nos centres cana- 
diens; le pretre est bien pour eux un "pere"! 

Le P. Triganne naturellement actif et devoue, comprit bientot 
qu'il aurait toutes les occasions voulues pour exercer son zele dans 
son nouveau champ d'action. II ne tarda pas a se mettre a 
I'oeuvre. Aussi sous son impulsion, sa paroisse prit des propor- 
tions telles qu'il fallut bientot penser a la diviser, puisque I'eglise 
pouvait a peine contenir tout son monde le dimanche. Aussi 
quelques annees apres son arrivee, Southbridge possedait une nou- 
velle paroisse sous le vocable du Sacre-Cceur dont le P. Emile St. 
Onge devenait le premier cure. -Environ cinq cents families par 
le fait meme quittaient "Notre-Dame" pour former la nouvelle 




Kfvil. Ph. J. Therrien 
Vicaire, Paroisse Xotre-D'ame 



Revd. R. A. Laporte 
Vicaire, Paroisse Notre-Dame 




Professeur Eugene Tapin 
Organiste de I'eglise Notre-Dame 



H. U. Bail 

Contracteur de I'eglise Notre-Dame 




rrt'Uiiere Kglise Ntitre-Danie de S^utliliric 




Presbytt-re de la Paroisse Notre-Dame 




Premier Couvent. maintenant residence des Soeurs 




Ecole Notre-Dame 




GROUPE rvE PRETRES-ENFANTS DE SOUTHBRIDGE 

A. Potvin, A. N. Carrier, N. Benoit 

1 B Lamothe. A. Robillard, E. Larochelle 

P Roy, P. Bourassa, S. Guillet 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 65 

paroisse du Sacre-Cceur. Nous en parlerons plus longuement et 
avec details, dans un chapitre subsequent, et pour le moment nous 
nous occuperons de la paroisse mere. 

Nouvelle Eglise Notre-Dame — Travaux — Dedicace. 

La premiere eglise Notre-Dame, qui fut elevee en 1869, etait 
une construction bien modeste, en bois, et pouvant contenir environ 
1,200 personnes. C'etait un modele du genre. L'ancienne eglise 
qui en ce moment est utilisee par les polonais catholiques de 
Southbridge, est encore un edifice bien confortable, situe sur la 
rue Pine, entre I'ecole paroissiale et la residence des Soeurs. Mais 
comme nous I'avons deja dit, il fallait songer a batir, car les 
paroissiens, qui depuis longtemps s'imposaient des sacrifices, 
voyaient deja dans leurs beaux reves le magnifique palais qu'ils 
comptaient elever a leur Dieu. 

Enfin, le bon vieux Wm. Marcy, malgre tons ses desirs de vivre 
longtemps, etait alle heureusement rejoindre ses peres, et le champ 
etait libre de tout obstacle. 

Aussi, apres avoir fait les demarches requises aupres de I'Or- 
dinaire du diocese, le P. Triganne fit commencer les travaux de la 
nouvelle eglise Notre-Dame, le 25 mars 1911, jour de I'Annoncia- 
tion de la T. S. Vierge. II etait impossible de choisir un jour plus 
propice pour elever une eglise, qui devait etre I'une des plus belles 
et des plus riches, dediees a la Mere de Dieu dans cette par tie du 
continent. II etait impossible aussi, de trouver un meilleur moyen 
pour attirer sur I'entreprise et les travaux, la benediction speciale 
de Dieu et la protection tutelaire de la Vierge. Aussi, devons- 
nous dire, que pendant les travaux, qui durerent pres de six ans, 
on n'eut a deplorer aucun accident, aucune perte de vie. Evidem- 
ment, Marie presidait a Terection de son temple, et Elle ne permit 
qu'aucun obstacle ne s'y opposat. 

L'architecte de ce temple memorable est M. Joseph Venne de 
Montreal, et dont la reputation n'est certes pas a faire. Ceux qui 
ont pu admirer son oeuvre peuvent se faire une haute idee de son 
talent et de son genie. Les memes eloges peuvent s'adresser au 
contracteur, M. Hormisdas Bail de Southbridge, M. Hugh Cairns, 
artiste decorateur, et M. Gunippo Raggi, artiste peintre. 



66 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XV. 

Description de VEglise. 

L'Eglise Notre-Dame est admirablement bien situee, sur un 
endroit eleve qui domine Southbridge et ses environs. De quel- 
que cote que vous penetrez dans la ville, a plusieurs milles de dis- 
tance, vous apercevez la tour colossale de I'eglise, dont la blan- 
cheur eclatante rappelle la purete de I'lmmaculee Vierge, auquelle 
elle est consacree. Oui, dans notre village, c'est bien la "Maison 
de Dieu" qui occupe la place d'honneur et I'etranger, qui nous 
visite, sait que la religion y a un foyer intense, ou Dieu est aime et 
servi. 

L'eglise est en marbre blanc, provenant des carrieres de Lee, 
Mass. ; le toit est en tuiles rouges, nous rappelant les vieilles cathe- 
drales d 'Europe; les lignes sont de toute purete. La fagade, qui 
est sur la rue Main, est un des plus beaux modeles d'architecture, 
que nous puissions trouver dans le pays. La tour colossale de 
l'eglise est unique, elle s'elance dans les airs a une hauteur de 180 
pieds, et elle est surplombee d'une gigantesque croix finement tra- 
vaillee et ciselee. Les entrees sont vraiment princieres, et on y 
arrive par un vrai boulevard, qui s'etend jusqu'au trottoir. II 
faut I'avoir vu pour s'en faire une juste idee. II y a trois entrees 
du cote de la rue Main, et deux autres a I'autre extremite, dans les 
transepts. Les verrieres sont d'une richesse exceptionnelle. 

Les mots nous manquent pour decrire tant de beaute et tant 
de richesse, et tout ce que nous pouvons dire et imaginer ne peut 
donner qu'une pale idee, qu'une image imparfaite de ce qu'est la 
belle eglise Notre-Dame. C'est surtout lorsque nous entrons 
dans le temple, que nous sommes saisis d 'admiration, et nous 
sommes forces de nous eerier avec la Sainte Ecriture, "Non est 
hie alind, nisi domus Dei, et porta coeli." "C'est bien ici la mai- 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 67 

son de Dieu et la porte du Ciel." L'eglise a I'interieur est grande 
et spacieuse, a cinq nefs, pouvant contenir 1,400 personnes 
assises. En outre, il y a place au jube de I'orgue pour plus de 
200 personnes. La premiere impression qui frappe le visiteur en 
entrant dans cette eglise, surtout celui qui s'y connait un peu en 
fait d'art, c'est qu'il semble entrer dans un des palais illustres de 
la vieille France. On n'y voit pas un seul pouce de tapis, mais 
le parquet est en mosai'que, avec desseins appropries a la maison 
de Dieu. La voute est soutenue par une colonnade, qui repose 
sur des bases en marbre (xagliola). Elle contient de riches ta- 
bleaux artistiquement encadres, et representant les diverses phases 
de la vie de la Vierge. Ces peintures sont de vrais bijoux d'art, 
et sont I'oeuvre emerite d'un celebre peintre italien, Raggi. Les 
stations du Chemin de la Croix, d'un genre a part, sont aussi 
I'oeuvre de ce peintre, ainsi que le magnifique tableau representant 
I'adorable Trinite. 

La chaire est faite en stuc, et richement ornee; elle est placee 
dans la nef, du cote de I'Evangile, et vis-a-vis, sur la colonne oppo- 
see, est suspendu un superbe Crucifix, dont le Christ est de gran- 
deur reelle. II y a cinq autels, correspondant aux cinq nefs, de sorte 
que cinq pretres peuvent offrir en meme temps, le saint Sacrifice 
de la Messe. Chaque autel est dispose de fagon a former par lui- 
meme, une chapelle a part. La balustrade finie en marbre blanc, 
est richement sculptee; pres de cent personnes peuvent s'en ap- 
procher a la fois. Toutes les boiseries sont en merisier rouge, 
sculpte, ceuvre de la "Maison Thomas & Co." de Worcester. Les 
stalles du sanctuaire peuvent y asseoir facilement cent enfants de 
chceur. 

Le maitre-autel repose entre quatre colonnes, qui s'elevent 
jusqu'au triforium sur lequel repose la croix du Christ, et au pied 
de laquelle sont les statues de la Mere de Dieu et de St. Jean, 
apotre bien-aime. Entre les deux colonnes, et immediatement 
au-dessus du tabernacle, mais un peu plus en arriere, s'eleve une 
belle et riche statue de Marie. Cette statue, de grandeur reelle, 
domine tout I'interieur de l'eglise; c'est bien ''Notre Dame." 

La sacristie principale est un bijou du genre, et suffit a elle 



68 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

seule, a donner un renom a ce temple, qu'on vient visiter d'un peu 
partout. II ne faut point oublier de voir la celebre statue, vrai 
chef-d'oeuvre, de la Bonne Sainte Anne. Ajoutez a tout ce qui 
vient d'etre dit, cette meme eglise, illuminee par des milliers d'am- 
poules electriques, les flots de lumiere se melant aux flots d'har- 
monie lances dans les airs par les puissantes orgues de Notre- 
Dame; ajoutez encore pres de 2,000 personnes respectueusement 
agenouillees devant leur Dieu, et attendant le moment solennel, 
ou les ministres du culte revetus d'ornements les plus riches et les 
plus somptueux, vont faire leur entree dans un sanctuaire, ou une 
escorte de plus de cent enfants de choeur les attend; ajoutez des 
flots d'encens s'elevant vers la Divinite, symbole de la priere qui 
s'exhale de tous les coeurs, et vous avez une petite idee des cere- 
monies belles et touchantes, qui entretiennent au fond du cceur 
"Southbridgeois" I'amour de Dieu, I'amour de son Christ et de sa 
bien-aimee Mere! ! ! 

Certes, nous ne pretendons pas donner au lecteur une descrip- 
tion de I'eglise, vaudrait autant essayer de decrire le Ciel, mais 
nous desirous simplement donner a ceux qui ne I'ont point vue 
au moins un pale reflet de cette beaute ingenue; et pour comple- 
ment, cette eglise qui a coute $266,030.81, n'avait pas un sou de 
dette lors de la dedicace. 

Les Cloches. 

II y a tout un bourdon dans la tour de la nouvelle eglise. Oh, 
certes, ce n'est pas le bourdon puissant de Notre-Dame de Mont- 
real, mais trois cloches, qui ont regu le jour de leur bapteme, le 31 
mai 1915, les doux noms de Jesus, Marie, Joseph. C'est Mgr. T. 
D. Beaven, qui les a benies en ce jour a jamais memorable dans la 
paroisse de Southbridge. Ceux qui assisterent a cette fete gran- 
diose, qui d'ailleurs, ne devait etre que le prelude, I'avant-goiit 
des fetes inoubliables de la Dedicace de I'Eglise, arrivee un an 
apres, savent qu'elle joie abondait dans tous les cceurs en cette 
journee par ailleurs si idealement belle et sereine. L'astre du 
jour inondait de ses chauds rayons cette assemblee immense, 
groupee autour de ces cloches qui devaient annoncer desormais 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 69 

dans Southbridge, les heures de joie, commes les heures de supreme 
tristesse; il y avait dans I'air, de la joie, de la satisfaction qui 
mettaient sur toutes les levres un sourir vainqueur. Apres la 
benediction des cloches, on commengait a esperer de voir ouvrir a 
quatre-battants les lourdes portes du nouveau temple. On espe- 
rait en vivant, et on vivait en esperant. Ces cloches proviennent 
de la Compagnie Meneely Bells Co., Watervliet, West Troy, N. Y. 

Les Orgues. 

II faut avoir entendu les orgues pour s'en faire une juste idee. 
La musique eleve I'ame vers Dieu, la dilate, I'echauffe, la fait 
vibrer jusque dans ses moindres fibres a I'unisson de son Createur. 
La musique porte a la piete, rehausse I'eclat des ceremonies, et 
agite dans I'ame humaine, tous les sentiments genereux que Dieu 
y a deposes. Aussi les paroissiens de Notre-Dame aiment leur 
eglise, aiment les orgues qu'on y a installes. 

Ces orgues proviennent de la Maison "Casavant Freres," de 
St. Hyacinthe, P. Q. et sont parmi les plus beaux et les plus dis- 
pendieux sortis de cet etablissement important. lis ont coute 
pres de $15,000. II faut avouer que I'organiste de la paroisse, le 
Prof. Eugene Tapin, dont la reputation n'est pas a faire, salt en 
tirer profit, et nous servir a loisir, plus d'un regal musical. 



70 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XVI. 

Dedicace de I'Eglise — igi6. 

Le 25 juin 1916, fut le dernier dimanche ou les paroissiens de 
Notre-Dame entendirent la messe dans la vieille eglise. A I'espe- 
rance de bientot entrer dans le somptueux temple nouvellement 
termine, se melait le regret de quitter pour toujours, le sanctuaire 
beni, qui pendant pres d'un demi-siecle avail servi de rendez-vous 
a la paroisse, pour adorer et louer Dieu. Elle etait encore bien 
vigoureuse, bien que vieillie, cette mere-eglise, qui avail abrite sous 
son toil pendant de longues annees ses chers enfants de South- 
bridge. Oui, cette bonne vieille mere, avail aux jours de deuil, 
regu leurs peines comme au jour de joie, contemple leur bonheur. 
La voiite noircie par le temps, noircie par la fumee des milliers de 
cierges briiles dans son enceinte en I'honneur de Dieu et de ses 
saints, noircie par les flots d'encens qui pendant cinquante ans 
monterent de I'autel vers le Dieu Tout-Puissant, attestait qu'elle 
avail bien servie. Non, elle n'etail pas jalouse de se voir sup- 
plantee par sa fille, la nouvelle eglise, loule brillanle, loute 
rayonnante de jeunesse, c'est elle qui lui avail donne le jour, 
elle en etait fiere. 

Ces adieux a la vieille eglise furenl bien touchants, el si on 
avail pu lire en ce jour, ce qui se passait dans le coeur de nos 
bonnes vieilles meres canadiennes, el de nos bons vieux peres, on 
aurait pu se rendre le temoignage que pour eux surlout, la separa- 
tion etait penible et douloureuse. Eh quoi! faut-il s'etonner? 
Plusieurs avaienl ele baptises dans cette eglise, plusieurs dans 
cette eglise avaienl pris les engagements sacres du mariage, et un 
bon nombre y avaienl rendu les derniers devoirs aux chers dis- 
parus. Ces stations du Chemin de la Croix usees par le temps 
avaienl ele pour plusieurs, les lemoins muels de leurs larmes el 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 71 

de leurs angoisses! Ah, c'etait toute une association de tendres 
souvenirs, et il fallait penser a tout quitter! 

Mais helas, c'est dans I'ordre des choses humaines, qu'on 
oublie trop tot ceux qui disparaissent, et qu'on les remplace trop 
facilement par les etrangers qui apparaissent. 

Dimanche, le 2 juillet 1916, on avait mis de cote a South- 
bridge, tous les soucis, essuye toutes les larmes de la veille, c'etait 
le grand jour, le jour si longtemps anticipe, ou on allait prendre 
possession de la "Nouvelle Jerusalem.'' C'etait le jour de triom- 
phe de la Vierge, la Fete de la Visitation de Marie. 

Commencee le jour de I'Annonciation, I'eglise ouvrit a quatre- 
battants ses portes a ses enfants en la fete de la Visitation. Heu- 
reuse coincidence, et voulue par Marie puisqu'on devait proceder 
a cette dedicace, plusieurs semaines avant cette date. 

Bien des cceurs, et de bien nobles cosurs, avaient soupire apres 
ce grand jour de I'ouverture solennelle de I'Eglise, mais la Provi- 
dence en avait appele un grand nombre a Elle, et point de doutes, 
du haut du Ciel, ils applaudissaient a la joie de ceux qui etaient 
restes. Pendant les dernieres semaines, qui precederent les fetes, 
force prieres monterent vers le Ciel pour que la temperature soit 
clemente au jour convenu. On etait pas sans apprehensions, car 
il pleuvait souvent cette annee-la et souvent le dimanche. 

Les voeux de la paroisse furent exauces, et c'est par un soleil 
radieux que la journee s'annonga. La Vierge voulait ce jour beau, 
grand et glorieux, et ceux qui I'ont vecu savent qu'il le fut et d'une 
maniere ideale! Ces fetes qui coincidaient si heureusement avec 
celles du centenaire de notre ville, se sont deroulees en presence 
d'une foule enorme. 

Jamais Southbridge n'a ete temoin d'une solennite religieuse 
aussi imposante. Deux eveques, plus de cent pretres et une cen- 
taine de religieuses y assistaient, ainsi que plusieurs milliers de 
lai'ques de la ville, de la Nouvelle-Angleterre et du Canada. 

Des messes basses furent dites aux cinq autels a toutes les 
heures, depuis six heures jusqu'a dix heures, ou la ceremonie com- 
menga. C'est a cette heure, que la procession se mit en marche. 
Tous les abords de I'Eglise etaient garnis de spectateurs, de toutes 



72 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

denominations. Mgr. T. D. Beaven, eveque du diocese, officiait, 
assiste des Revds. P. Dinand, SJ., D.D., Superieur du College 
Holy Cross, de Worcester, et Omer Rochain, A.A., Superieur du 
College de I'Assomption de Greendale. 

Une grande messe pontificale fut celebree a 10.30 A.M. par 
Mgr. J. S. H. Bruneault, eveque de Nicolet, P. Q. M. I'abbe 
Jules Graton, cure de I'eglise de la Nativite, Willimansett, etait 
pretre-assistant; M. I'abbe Joseph E. Chicoine, cure de Ste. Cecile 
de Leominster, Mass., et M. I'abbe J. A. Langlois, cure de St. 
Francois d'Assise, Fitchburg, remplirent respectivement les fonc- 
tions de diacres-d'honneur. Les diacres d'office etaient le Revd. 
Pierre Plante, S.J., Montreal, et Rev. Stanislas Quillet, deux en- 
fants de la paroisse. Maitre de ceremonies, M. I'abbe Adelard 
Landry, ex-vicaire de Notre-Dame. 

Le sermon de circonstance, fut prononce par le Revd. J. A. 
Bournival, S.J. du College Ste. Marie de Montreal, P. Q. Le 
choix etait judicieux, et la parole pleine d'onction du predicateur, 
fit une vive impression sur son immense auditoire. L'eminent 
orateur avait choisi pour texte de son sermon, ces paroles des 
Saintes Ecritures: "Le Verbe s'est fait chair," paroles qu'il deve- 
loppa avec une remarquable eloquence. Le maitre des ceremo- 
nies, a la messe, fut M. I'abbe J. Tetreault, chancelier du diocese 
de Nicolet, P. Q. 

Au choeur de chant, dirige par le Prof. Eugene Tapin, on re- 
marquait les personnes suivantes: Ulric Lareau, Raymond Ri- 
chard, Fr. A. Sansoucy, Anatole Caron, Richard Laron, Leon 
Gagnon, Alphonse Bertrand, Georges Guillemette, Edouard E. 
Leclair, Michel Moquin, Sergius Gatineau, Arthur A. Larochelle, 
Arthur Gregoire, A. Bertrand, Arthur Delage, Omer E. Bonnette, 
Georges Belanger, Henri Dumas, Eugene Lange, Oswald Laliberte, 
Georges et Roland Cabana, Felix T. Lavallee, Raymond Favreau, 
Ulric Surprenant, Henri Masse, Georges L, Dumas, Louis Cha- 
gnon, Joseph Fournier, Napoleon Chenier, Henri Dufault, Ovide 
Trahan, Armand Labossiere, Omer Belanger, Raoul Blanchette, 
J. Favreau. 

Irene Allard, Cora Gatineau, De. Michel P. O'Shaughnessy, 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 73 

De. Arthur Gregoire, Natalie et Fabiola Lareau, Gertrude Allard, 
Yvonne Larochelle, Anna Bachand, Rosanna Dufault, Mina Le- 
blanc, Lena Desaulniers, Oliva, Blanche et Olga Page, Blanche, 
Beatrice, Eva et Cecile Daigle, Alexina et Parmelia Ravenelle, 
Bernadette St. Onge, Ida Gatineau, Leontine Genereux, Florence 
Coderre, Aline Meunier, Orea St. Onge, etc. 

Les huissiers a la messe, etaient MM. Arthur Lamoureux, Leo 
Lamoureux, Camille et David Blain, Joseph Plante, Felix Gati- 
neau et Joseph Plouffe. 

La collecte a la messe solennelle fut faite par M. et IVIme. 
Joseph Metras, M. et Mme. Anatole Caron, M. Ronaldo Guille- 
mette, Mme. Dr. J. A. Genereux, M. le Dr. Charles A. Tetreault 
et Mile. Marie Laperle. 

L'apres-midi a quatre heures, les paroissiens se rendaient de 
nouveau a I'eglise pour y assister aux Vepres Pontificales. C'est 
Mgr. J. S. H. Bruneault qui officiait. Le soir a huit heures, con- 
cert sacre sous la direction du Prof. Eugene Tapin, organiste de la 
nouvelle eglise. II y eut benediction des nouvelles orgues, des 
statues par Mgr. de Nicolet et le sermon de circonstance fut donne 
par I'abbe Arthur Cayer, vicaire a I'eglise Ste. Marie de Winchen- 
don, Mass. et ancien vicaire a Southbridge. II fut religieuse- 
ment ecoute; le P. Cayer eut I'honneur et le bonheur d'etre le pre- 
mier pretre du diocese de Springfield a donner un sermon dans le 
nouveau temple. Aussi, ce fut une veritable piece d'eloquence. 
Apres le sermon, il y eut benediction solennelle du Tres Saint Sa- 
crement. A' chaque office de la journee, I'eglise qui peut sieger 
facilement 1,400 personnes, etait litteralement pleine, et n'etait 
pas suffisante pour recevoir la foule anxieuse d'y penetrer, et on 
estime que plus de 18,000 personnes ont pris part aux fetes gran- 
dioses, qui font desormais parti des annales de Southbridge. 

Les ceremonies du matin avaient ete rehaussees par une grande 
parade civile et religieuse. Toutes les societes franco-americaines 
de Southbridge etaient dans les rangs, ainsi que les societes reli- 
gieuses. On y remarquait la Societe des Dames de Ste. Anne, des 
Enfants de Marie, les Conseils Brochu, Triganne, St.-J. Baptiste, 
Rochambeau, Jacques-Cartier, Forestiers Catholiques, Cercle Ca- 



74 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

nadien, Artisans, etc. Le tout, formant un effectif d'au dela de 
2,000 personnes, faisant haie a partir du presbytere a la nouvelle 
eglise, a la procession des enfants de choeur, des membres du 
clerge, des dignitaires ecclesiastiques, des deux eveques officiants: 
le tout sous I'habile direction de MM. les vicaires Laporte et Ther- 
rien. Les paroissiens etaient fiers, et a juste titre, car leur eglise, 
qui avait coute audela de $266,000, etait payee, le jour ou ils y 
entrerent. 

Les fetes de la dedicace laisseront dans Fame des assistants et 
surtout des paroissiens, un souvenir ineffagable. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 75 



CHAPITRE XVII. 

Les Soeurs de I'Assomptian — Quinze Religieuses — Superieure 
Actuelle, igig, Soeur Ste. Mathilde. 

C'est pour nous un devoir bien doux, que de vous parler des 
bonnes religieuses, qui depuis 1891, sont chargees de donner a nos 
chers enfants, le pain de I'intelligence et du coeur; c'est non seule- 
ment un devoir bien doux, mais un devoir de reconnaissance. 
Nous regrettons de ne pouvoir vous exprimer d'une maniere plus 
elegante les sentiments de gratitude qui, a I'egard de ces devouees 
ouvrieres de Jesus-Christ, debordent en ce moment de nos coeurs. 

II faut les voir a I'oeuvre, constater les succes qui couronnent 
leurs efforts, malgre les obstacles inouis, qu'elles rencontrent sur 
leur route, pour se faire une juste idee du zele et du devouement 
inlassable, qui les animent. Bien des parents obliges de travailler 
dans les usines, pour gagner le pain quotidien, negligent tout a 
fait I'education de leurs enfants, et ne s'en soucient que bien peu. 
Alors, la tache devient bien lourde, pour les religieuses, que dis-je, 
elle devient tres ingrate. II est vrai, que le pretre est la pour les 
seconder et les encourager, mais le secret de leur devouement, elles 
le puisent dans le cceur de leur Divin Maitre, et le coeur maternel 
de la Vierge, auxquels elles ont voue leur vie! Leur recompense, 
ces lilies de Dieu ne I'attendent point des hommes, ga serait peine 
perdue, mais d'En Haut! II ne faut pas croire que nous oublions 
ce que les Sceurs de Ste. Anne ont fait pour nos petits, car ces 
ouvrieres de la premiere heure, durent, si nous pouvons nous ex- 
primer ainsi, faire le grand defrichement, ouvrir les voies, mais 
nous sommes plus en demeure d'apprecier les travaux des Soeurs 
de I'Assomption, parce que nous les connaissons mieux, et parce 
que nos enfants sont ce qu'elles les ont faits. Nous tenons a leur 



76 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

rendre ce tribut de reconnaissance, avant d'entrer dans les details 
de leur oeuvre parmi nous. 

C'est le 22 aout 1891, que les Sceurs de I'Assomption arriverent 
a Southbridge^ pour s'y etablir; elles etaient au nombre de sept et 
leur superieure etait Soeur St. Anselme. L'accueil que leur fit 
Mgr. Brochu, parait-il, fut des plus paternels. A leur arrivee, on 
leur servit un succulent diner, qui avait ete prepare par Mesdames 
Gravel, Genereux, Desrosiers et Lapierre. Les bonnes religieuses 
leur exprimerent la plus vive reconnaissance, car etrangeres 
qu'elles etaient, ces egards les toucherent beaucoup. 

L'ouverture des classes, cette annee, eut lieu le ler septembre; 
650 enfants firent leur entree, et ce meme nombre se maintint pen- 
dant neuf ans, c'est-a-dire jusqu'en 1900. 

En cette derniere annee, I'ecole fut transferee a I'academie, 
don princier de Mgr. Brochu, et le nombre des enfants cette an- 
nee, monta jusqu'a 800. 

En 1904, avec I'arrivee de notre devoue cure le P. Triganne, 
ancien examinateur des ecoles du diocese, commenga une ere de 
progres, car de cette epoque jusqu'en 1919, 206 enfants ont obtenu 
le Diplome de I'lnstitut, medaille d'or, admission a la Haute 
Ecole. 120 eleves ont obtenu leurs Diplomes Diocesains. 

Lorsqu'en 1917, I'Union St.- Jean Baptiste d'Amerique decida 
de donner des bourses ecolieres, pour permettre aux jeunes franco- 
americains de faire des etudes classiques, bourses valant $1,000, 
les eleves de Notre-Dame entrerent dans le concours a cet effet; 
les concurrents furent Wm. Lavallee, fils de George Lavallee, 
Arthur Bousquet, fils de Louis, et Albert langlais, fils d'Edouard. 
Ce fut un succes et aujourd'hui Arthur Bousquet et Albert Lan- 
glais sont a suivre les cours du College de I'Assomption de Green- 
dale, Mass. 

Ce fait seul, suffit a donner une haute idee de I'instruction, 
que les Sceurs de I'Assomption, donnent a nos enfants. Honneur 
done aux Religieuses et a I'Academie Brochu! I Puissent ces de- 
vouees epouses du Christ toujours trouver une puissante collabora- 
tion de la part des pretres et des families de la paroisse! Dans la 
paroisse du Sacre-Cceur, les memes religieuses se devouent a la 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 77 

meme ceuvre, et remportent le meme succes. Voici maintenant, 
la liste complete des eleves de Notre-Dame, qui ont obtenu leurs 
diplomas de Tins ti tut et diplomes diocesains. 

Diplomes — Ecole Notre-Dame, Southbridge, Mass. 

1905. 

Paroissial Diocesain 

1. Anna Bedard " 

1906. 

2. David Blain « 

3. Georges Proulx " 

4. Norma McDonald " 

1907. 

5. Emma Allard " 

6. Clara Desaulniers " 

7. Irene Allard " 

8. Leo Senecal " 

9. Antonio Desloges " 

10. Ovila Gagnon '' 

1908. 

11. Alfred Peloquin " " 

12. Wilfred Bonin " 

13. Napoleon Bachand " " 

14. Camille Blain " ", 

15. Eulalie Deslages " " 

16. Alma Proulx " ' " 

17. Parmelia Desmarais " ** 

18. Rose Giroux " " 

19. Laurentia Boyer *' " 

20. Alice Leclerc " 

21. Lina Desaulniers " " 

22. Camillia Laliberte " " 

2?>. Alma Ouellette " « 

24. Antoinette Delage " " 



78 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Paroissial Diocesain 

25. Cora Gatineau " " 

26. Alice Langevin " " 

1909. 

27. Ernestine Ouelette " " 

28. Leontine Robida " " 

29. Gertrude Allard " " 

30. Elmeria Therrien " " 

31. Armand Dupaul " " 

1910. 

32. Armand Caron " " 

33. Ernest Coderre " " 

34. Leo Allard " " 

35. Homere Genereux " " 

36. Alexina Ravenelle " " 

37. Ozanna Larochelle " " 

38. Rachel Leriche " " 

39. Eva McDermott " " 

1911. 

40. Joseph Gervais " " 

41. Leo Renaud " " 

42. Philippe Larochelle " " 

43. Hermas Bail " " 

44. Josaphat Leclerc *' " 

45. Nelson Ravenelle " , " 

46. M. Louise Girard " " 

47. Evangeline Roy " " 

48. Dora Bedard " " 

49. Oliva Page " " 

50. Flore Lepain " " 

1912. 

51. Marguerite Bousquet " " 

52. Cecile Surprenant " . " 

53. Adrienne St. Onge " " 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 79 

Paroissial Diocesain 

54. Arthur Bertrand " 

55. Zephirin Plouffe " 

56. Arthur Martin " " 

57. Yvonne Bosvert " " 

58. Evelina Leblanc " " 

59. Annette Lamoureux " 

60. Aime Vary " « 

61. Georgianna Castonguay .... " 

62. Eva Cloutier " 

63. Leo Giroux " 

64. Clarinda Asselin " " 

65. Elzebert Ouellette " " 

66. Armand Gendreau " 

67. Irene Benoit " " 

1913. 

68. Raoul Bail " " 

69. Wilfred Renaud " " 

70. Ulric Lareau " " 

71. Georges Castonguay " " 

72. Ulric Roy ^ 

73. Hermas Lippe " 

74. Andre Goyer " " 

75. Hector Nolin " " 

76. Irene Tetreault " 

77. Exina Tremblay " " 

78. Parmelia Ravenelle " " 

79. Evelina Lavallee " " 

80. Corinne Monette " 

81. Olga Page " 

82. Anna Dermers " " 

83. Cecile Daigle " " 

84. A. Marie Payant " 

85. Almeria Robichaud " 

86. Clara Desmanches " " 



80 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

1914. 



Paroissial Diocesain 



87. Ernest Coderre " 

88. Elzear Tremblay " 

89. Roland Dupaul " 

90. Armand Therrien " 

91. Lionel Plouffe " 

92. Rosaire Giroux " 

93. Armand Langlais " 

94. George Burlingame " 

95. Napoleon Desaulniers .... " 

96. Joseph Gregoire " 

97. Alice Surprenant " 

98. Claudia Lamoureux " 

99. Evelina Petit " 

100. Nelda Collette " 

101. Lucile Hufault " 

102. Marie J. Blanchette " 

103. Alberta Poulin " 

104. Rose Leblanc " 

105. Gertrude Gregoire " 

106. Dora Lafortune " 

107. Ida Leduc " 

1915. 

108. Raymond Favreau " 

109. Adonilda Lavallee " 

110. Armand Labossiere " 

111. Willie Richard « 

112. Henri Roy " 

113. Herman St. Onge ...... " 

114. Omer Duchesneau " 

115. Rosaire Farley " 

116. Hormidas Cloutier " 

117. Adrien Bousquet " 

118. Raymond Richard " 




^»^ 



J 



%. 



PAROISSE DU SACRE-CCEUR 

Reverend Emile St. Onge, Premier Cure 

Reverend William H. Ducharme, Cure Actuel 




T VICAIRES DK LA PAROISSE W SACRlvCO;rR 
cure acttu-l; Revd. T, 
Revd. J. B. Lamothe 



riJOT'FR DES Cl'RES E 

Revd. W. H. Ducharmc, ct,re actuel; Revd. E. St. Onge, premier cur. 



Rcvd. L. Ruty, Revd. A. Cayer 
Revd. A. Buisson 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 81 







Paroissial 


Diocesain 


119. 


Ernest Ravenelle .... 


a 




120. 


Theodore Marchessault 


cc 




121. 


Stanislas Petit 


a 


a 


122. 


Eddie Castonguay .... 


ic 


it 


123. 


Gertrude Gatineau 


(I 




124. 


Antoinette Dermers 


n 




125. 


Rita Proulx 


a 


ii 


126. 


Ida Leblanc 


ii 




127. 


Sylvia Lafortune .... 


« 




128. 


Orise Belanger .... 


i( 




129. 


Albertina Leblanc .... 


a 




130. 


Christine Allard .... 


C( 




131. 


Emelia Bachand .... 


u 




132. 


Yvonne Larochelle 


11 




133. 


Yvonne Proulx 


it 




134. 


Valida Dufault .... 


« 




135. 


Mathilde Lepage .... 


(( 




136. 


Alberta Lavallee .... 


iC 




137. 


Rosetta Drolet .... 


u 




138. 


Imelda Gaumond .... 
1916. 


i( 




139. 


Romeo Duclos 


(I 


i( 


140. 


Alphonse Giroux .... 


u 


a 


141. 


Omer Renaud 


(I 


a 


142. 


Andre Paulhus .... 


IC 


it 


143. 


Romeo Caron 


(I 


a 


144. 


Liliose Lamoureux 


ii 


a 


145. 


Yvonne Jourdenais 


ii 


a 


146. 


Dora Langevin .... 


ii 


a 


147. 


Melina Huet 


ii 


a 


148. 


Lauretta Surprenant . 


ii 


ii 


149. 


Lauretta Roy 


ii 




150. 


Rita Paul 


ii 




151. 


Merilda Lepain .... 


l( 




152. 


Albina Lavallee .... 


it 





82 

153. 
154. 
155. 


HISTOIRE DES 

Albert Langlais 
William Lavallee . 
Lionel Demers . ' . 


FRANCO- AMERICAINS 

1917. 

Paroissial 

a 


Diocesain 

a 
ii 
11 


156. 
157. 


Arthur Bosquet 
Aline Benoit 


. . . 


(I 


« 


158. 


Cecilia Proulx . 




a 


11 


159. 
160. 
161. 
162. 
163. 


Blanche Gauthier . 
Alberta Therrien . 
Amabilis Cloutier . 
Emma Bousquet . 
Irene Dumas . 




(I 


(( 


164. 
165. 


Lilianne Brodeur . 
Melina Benoit . 




(I 


u 


166. 

167. 
168. 


Laura Langlois 

Alphonse Dugas . 
Leo Martin 


1918. 


« 




169. 
170. 


Sylvio Brodeur 
Lionel Lataille . 




u 




171. 
172. 
173. 
174. 


Alfred Marchessault 
Ubald Lariviere 
Lionel Cabana 
Aime Girard 




« 

« 
(I 


(C 

(t 


175. 


Ernest Allard . 




a 


a 


176. 
177. 
178. 
179. 


Beatrice Surprenant 
Alvina Labossiere . 
Laurette Desaulniers 
Laura Taylor . 




a 
u 


u 


180. 


Rita Richard . 




li 


(( 


181. 
182. 
183. 
184. 


Lydia Raiches . 
Alice Dupaul . 
Florianne Delage , 
Adrienne Brodeur . 




« 


« 
« 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



83 



1919. 



185. 


Candide Brodeur 


193. 


Dora Ferron 


186. 


Loretta Bourassa 


194. 


Gertrude Proulx 


187. 


Yvonne Renaud 


195. 


Norbert Benoit 


188. 


Geraldine Gareau 


196. 


Robertina Huet 


189. 


Albert Loiseau 


197. 


Victor Bertrand 


190. 


Dolores Adam 


198. 


Leo Martin 


191. 


Zephirina Duteau 


199. 


Rolland Allard 


192. 


Odina Tessier 


200. 


Hector Renaud 



Toute la classe a merite diplomes de I'institut et diocesains. 
Eclatant succesi 



84 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XVIII. 

Vocations Religieuses — Hommes. 

La paroisse de Notre-Dame, comme on le voit, est une des plus 
considerables et des plus prosperes du diocese de Springfield. La 
piete y est intense, et la Communion frequente en honneur, Rien 
d'etonnant, si Dieu s'est plu de temps a autres a se choisir des 
ames d 'elite pour le service de ses autels, ou pour I'education des 
enfants. Certes, de nos jours, il faut deplorer un peu partout, la 
disette des vocations. Plus le monde vieillit, plus il devient 
egoiste, moins il apprecie le devouement, moins il comprend la 
valeur du sacrifice. Cependant, a differentes epoques, nous voyons 
certains jeunes gens, certaines jeunes filles se consacrer a Celui, de 
qui nous tenons tout. Honneur aux families auxquelles appar- 
tiennent ces jeunes. 

Les Pretres Originaires de la Paroisse. 

MM. Paul Roy, Stanislas Guillet, Alfred Carrier, Alfred Pot- 
vin, J. B. Lamothe, Elzear Larochelle, Albert Robillard, Narcisse 
Benoit, Pierre Bourassa, Pere I. Plante, S. J., Amede Bonin, frere 
Jesuite; Camille Blain, ecclesiastique a Montreal. 

En autant que nous le pourrons, nous vous donnerons leur bio- 
graphic, sans tenir compte de I'age ou de la dignite. 

Mons. I'Abbe Carrier. 

M. I'abbe Alfred Carrier naquit a Southbridge, le 24 decembre 
1868, d'Elzear Carrier et d'Eleonore Falardeau. Apres avoir etu- 
die au Seminaire de Ste. Marie de Monnoir, et au Seminaire de 
Sherbrooke, Can., il entra au Grand Seminaire de Montreal, pour 
y faire ses etudes theologiques. II fut eleve au sacerdoce, le 17 
decembre 1892, par Sa Grandeur Mgr. Fabre, dans la chapelle 
meme du Grand Seminaire a Montreal. Apres avoir exerce le 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 85 

ministere comme vicaire, a Centreville, R. I., Fall River, Provi- 
dence et Taunton, il fut nomme cure a Taunton, le 11 octobre 
1904, ou il est depuis. 

Mons. I'Abbe Alfred Potvin. 

M. I'abbe Alfred Potvin, naquit le 25 decembre 1869, a St. 
Ours, P. Q., de feu George Potvin, et de Marie Dumas. II fre- 
quenta les ecoles primaires de St. Ours, et de Southbridge, fit ses 
etudes classiques a St. Laurent, pres Montreal. II etudia ensuite 
la pholosophie et la theologie a Montreal, Baltimore et Rome, 
Italie; fut ordonne a Boston, par Mgr. Williams, le 18 decembre 
1901. II fut vicaire a Worcester (1902), a Willimansett (1902- 
03), a Sainte Marie, de Spencer (1903-1906), a ITmmaculee Con- 
ception de Holyoke (1906), et est presentement vicaire a South 
Fitchburg. 

Mons. I'Abbe E. Larochelle. 

M. I'abbe Joseph Elzear Larochelle est ne a Southbridge, le 8 
juin 1884, de Napoleon Larochelle et de Marie Senecal. Apres 
avoir etudie au College de Ste. Therese, P. Q. il fit ses etudes 
philosophiques et theologiques au Grand Seminaire de Montreal. 
II regu I'ordination sacerdotale des mains de Sa Grandeur Mgr. 
Paul Bruchesi, eveque de Montreal, le 18 decembre 1909, dans 
la cathedrale de cette ville. II est maintenant vicaire au Saint 
Nom de Jesus, Worcester, Mass. 

Mons. I'Abbe Pierre Bourassa. 

M. I'abbe P. Bourassa, bien que ne a St. Anselme, P. Q., pent 
etre considere comme un enfant de la paroisse, y ayant demeure 
longtemps avant d'etre pretre. II y a aussi exerce le saint minis- 
tere, pendant plus de dix ans. II naquit le 2 decembre 1866, de 
Joseph Bourassa et de Philomene Morissette. II fit ses etudes a 
Joliette et au Seminaire de Montreal, oil il fut ordonne par Mgr. 
Bruchesi, le 21 decembre 1901. Vicaire a Willimansett en 1902, 
au Saint Nom de Jesus, Worcester (1902-1903), a Southbridge, 
etc. II est maintenant cure a Easthampton, Mass. 



86 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Mons. I' Abbe Joseph Albert Robillard. 

M. I'abbe J. Albert Robillard, est ne a Southbridge le 24 
juillet 1879, de Joseph Arthur Robillard, M.D., et de Josephine 
Page. II fit ses etudes primaires au College de TAssomption, 
Canada, ses etudes classiques au College de I'Assomption, Green- 
dale, Mass. II etudia la philosophie au Seminaire de Nicolet, 
P. Q., la theologie au Seminaire Ste. Marie, Baltimore, Md. Or- 
donne le 29 mai 1915, par Son Eminence le Cardinal James Gib- 
bons, Baltimore. M. I'abbe Robillard, qui est actuellement vicaire 
a Willimansett, a I'honneur d'etre le premier pretre, qui soit sorti 
du College des Peres de I'Assomption, de Greendale, Mass. 

Mons. I' Abbe Stanislas Guillet. 

M. I'abbe Stanislas Guillet naquit a St. Charles du Richelieu, 
le 27 fevrier 1871, de Michel Guillet et de Louise Luissier. Apres 
avoir frequente les ecoles paroissiales, il alia faire ses etudes classi- 
ques et philosophiques au College de Ste. Therese. II suivit les 
cours de theologie au Grand Seminaire de Montreal, et fut 
ordonne a la pretrise par Sa Grandeur Mgr. Paul Bruchesi, le 23 
decembre 1899, dans la Cathedrale de Montreal. Apres avoir 
exerce le saint ministere en differents endroits, comme vicaire, il 
fut nomme cure de Fiskdale, il y a quelques annees, et il y est 
encore actuellement. 

Mons. I' Abbe Narcisse Benoit. 

M. I'abbe Narcisse Benoit naquit a Southbridge, le 4 aout 
1884, de Pierre Benoit et de Marie Proulx. II fit ses etudes pri- 
maires a Saint Robert, P. Q., puis entra au College de St. Hyacin- 
the, oil il fit ses etudes classiques et philosophiques. II etudia la 
theologie au Seminaire Ste. Marie de Baltimore, Md., et fut eleve 
au sacerdoce le ler juin 1912, par Mgr. P. Bruchesi, archeveque 
de Montreal, dans la cathedrale de cette ville. Apres avoir exerce 
son zele a Holyoke, Springfield et Worcester, il est maintenant 
vicaire en cette ville, dans la paroisse Notre-Dame. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 87 

Mons. I' Abbe J. B. Lamothe. 

M. I'abbe J. B. Lamothe, naquit a Southbridge, le 14 decem- 
bre 1880, de Narcisse Lamothe et de Marie Nadeau. Apres avoir 
passe quelques annees a Spencer, ou il frequenta les ecoles, il 
partit pour le Seminaire de St. Hyacinthe, pour y parfaire ses 
etudes classiques. II alia ensuite etudier la theologie au Semi- 
naire de Rochester, N. Y,, oil il fut eleve au sacerdoce. II fut 
vicaire a Southbridge, a la paroisse du Sacre-Coeur, a Adams, 
Holyoke, North Adams, et est presentement a Springfield (1919). 

Mons. I' Abbe Paul Roy. 

L'abbe Paul Roy est ne a Southbridge, Mass. le 15 Janvier 
1869, du mariage de Simon Roy et Marguerite Cormier. Apres 
avoir frequente les ecoles paroissiales il alia faire ses etudes classi- 
ques au College Ste. Therese. II suivit ses cours de theologie au 
grand Seminaire de Montreal. II fut ordonne pretre a la Cathe- 
drale, le 17 decembre 1898, par Sa Grandeur Monseigneur Bru- 
chesi pour le diocese de Springfield. Apres son ordination, sur la 
demande de I'eveque de Portland, qui a cette epoque avait un 
grand besoin de pretres de langue frangaise, avec le consentement 
de son eveque, il alia exercer son ministere a Augusta, Brunswick et 
Waterville, Maine, environ deux ans. A son retour dans le dio- 
cese, il fut vicaire a Leominster, Willimansett et Holyoke, II fut 
cure a Fiskdale pendant plusieurs annees; plus tard a West War- 
ren et Greendale, oii il est actuellement. 

Revd. J. B. Plante, S.J. 

Revd. J. B. Plante, S.J., est ne a Southbridge le 17 mars 1875. 
A I'age de onze ans, apres avoir perdu sa mere, il alia demeurer 
chez ses grands parents a St. Ours, comte Richelieu, oil 1,1 fre- 
quenta les ecoles paroissiales. A I'age de seize ans il entra au 
College des Jesuites a Montreal et fut admis au sacerdoce en 1908, 
et demeure a Montreal actuellement. 

Vocations Religieuses — Filles. 

Cette liste est aussi complete que nous avons pu nous la pro- 
curer. Nous pouvons juger par ce court apergu, que le bon Dieu 



88 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

a trouve dans notre village, bien des coeurs, qui ont repondu a son 
appel. Nous esperons que I'exemple donne par tant de jeunes 
filles, qui malgre le monde et ses pretendus charmes, ont renonce 
a tout, pour leur Maitre, sera suivi par bon nombre d'autres. 
Mais comme nous I'avons dit plus haut, on ne salt plus de nos 
jours, comprendre la grandeur et la sublimite de la vocation reli- 
gieuse. Plus la vigne du Seigneur etend ses ramifications et moins 
nombreux sont les ouvriers, et pourtant, beaucoup entendent I'ap- 
pel, mais peu y correspondent. C'est pourquoi de nos jours, on 
voit tant de jeunes gens, tant de jeunes filles malheureux, tant de 
vocations manquees, tant de mariages mal assortis. II faut qu'on 
s'oublie un peu plus, et qu'on pense un peu plus aux milliers d'en- 
fants, de pauvres vieillards, d'infortunes, qui attendent le secours 
de celles qui se donnent a la vie et a la mort, a leur royal Epoux. 
Les jeunes filles de Southbridge qui appartiennent maintenant 
a la Congregation des Soeurs de I'Assomption de Nicolet sont: 

1. Cordelia Bouthillette, "Soeur Sainte Isabelle," fille de Her- 

menegilde Bouthillette. 

2. Alphonsme Nadeau, "Sceur Ste. Honorine," fille de Louis 

Nadeau. 

3. Emma Rkhard, "Soeur St. Raymond," fille de Arcade Ri- 

chard. 

4. M. Jeanne Richard, "Soeur St. Arcade," fille d'Arcade Ri- 

chard. 

5. R. A. Trahan, "Soeur St. Augustin," fille de Jacques Trahan. 

6. Maria Lajleche, "Soeur St. Jean du Calvaire." 

7. Lucindy Girard, "Soeur St. Anatole," fille d'Anatole Girard. 

8. Odina Robert, "Soeur St. Armand." 

9. Clara Desaulniers, "Sceur St. Claude," fille d'Alexandre De- 

saulniers. 
10. Emma Allard, "Soeur Ste. Celine," fille de Joseph Allard. 
n. Emma Renaud, "Soeur Marie de la Passion," fille d'Edouard 

Renaud. 

12. Caroline Beaudoin, "Sceur St. Aime de Jesus," 

13. Josephine Lemay, "Sceur Marie Adeline," fille de Charles 

Lemay. 

14. Amabilis Cloutier, "Soeur Aime du Divin Coeur." 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 89 

Novice. 
Laurentia Boyer, "St. Alexis de Rome," fille d'Alexis Boyer, 
Religieuses Appartenant a d'Autres Communautes. 

1. Anna Desaulniers, "Soeur Desaulniers," fille d'Oscar Desaul- 

niers. 

2. Anna Sansoucy, "Sceur Sansoucy," fille de Frangois San- 

soucy. 

3. Sophronie Sansoucy, "Soeur St. Leon," fille de Frangois San- 

soucy. 

4. Alma Proulx, "Soeur Louis Elzear," fille d'Elzear Proulx. 

5. Alice Leclair, "Soeur Leclair," fille de P. N. Leclair. 

6. Marie-Louise Desrosiers, "Soeur Hermogene," fille d'Octave 

Desrosiers. 

7. Georgianna Demers, "Soeur Saint Philippe de Neri," fille de 

Louis-Eusebe Demers. 

8. Stella Theriault, "Soeur Theriault," fille d'Emery Theriault. 

9. Ida Lorange, "Soeur Aime de Jesus," fille de Louis Lorange. 

10. Delia Cabana, "Soeur Marie Fabien." 

11. M. Alb. Peck, "Soeur Marie Roger," fille de Napoleon Peck. 

12. Diana Chapdelaine, "Soeur St. Michel," fille de George Chap- 

delaine. 

13. Eulalie Blain, "Soeur St. Benoit," fille de Jules Blain. 

14. Irene Langevin, "Sceur M. Anne de Jesus," fille de Paul Lan- 

gevin. 

15. Blandine Coderre, "Sceur Palmina," fille de Pierre Coderre. 

16. Alice MarchessauU, "Soeur M. Therese de Jesus," fille de 

Bernard Marchessault. 

17. Eva Desrosiers, "Soeur Maria," fille d'Onesime Desrosiers. 

18. Delvina Desrosiers, "Soeur Marie Constance," fille d'Onesime 

Desrosiers. 

19. Eugenie Desrosiers, "Soeur St.-J. Baptiste," (decedee), fille 

d'Onesime Desrosiers. 

Les deux filles de Jean St. Onge et Leonore Potvin: Phelonise, 
"Soeur Angeline," Amabelis, "Soeur Joanna," de la communaute 
de la Presentation de St. Hyacinthe, entrees avant 1880. 



90 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XIX. 
Paroisse du Sacre-Coeur. 

Les Canadiens de Southbridge, augmentaient en nombre, de 
jour en jour, a tel point, que la vieille eglise Notre-Dame pouvait 
a peine les contenir tous, le dimanche. C'etait la, un probleme, 
qu'il fallait non seulement envisager, mais qu'il importait de 
resoudre. Des demarches avaient deja ete faites dans le but de 
fonder une nouvelle paroisse, dans la partie de la ville, commune- 
ment appelee "Flat." L'Ordinaire du diocese, Mgr. Beaven, 
daigna acceder aux demandes des paroissiens, qui trouvaient que 
I'ancienne eglise etait un petit peu trop eloignee d'eux, surtout 
pour ceux qui etaient etablis a Fairlawn. 

Dimanche, le IS novembre 1908, le Rev. P. Triganne, du haut 
de la chaire, annonga a ses paroissiens la division de la paroisse, 
division qui, selon I'ordre episcopal, devait s'effectuer le ler de- 
cembre 1908. Le nouveau cure de la paroisse qui etait mise sous 
le vocable du Sacre-Cceur, serait le Rev. P. Emile St. Onge. 

Le 28 novembre, M. le cure annonga, que le dimanche suivant, 
le 6 decembre, les paroisisens du P. St. Onge devaient assister a 
la messe a leur chapelle I'Arsenal (Armory), coin des rues Cen- 
tral et Hook, puis il donna les delimitations de la nouvelle pa- 
roisse. Inutile de revenir la-dessus. A partir du ler decembre, 
ceux qui n'appartenaient plus a la paroisse Notre-Dame, devaient 
se presenter a leur cure, pour les malades, baptemes, manages, etc. 

Le nouveau cure se mit aussitot a I'oeuvre, et il fut seconde 
par ses ouailles, qui etaient fieres de se devouer au succes de la 
nouvelle entreprise. Certes, les separations sont toujours cruelles ; 
bien des families regrettaient la vieille eglise, qui parlait si elo- 
quemment a tous les cceurs; surtout on laissait un cure si devoue 
et si compatissant. * 

II y avait toute une association de tendres et chers souvenirs 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 91 

qui se rattachaient a la vieille eglise, mais il fallait fonder un 
autre etablissement! La Providence de Dieu le voulait ainsi; il 
fallait que la fille quittat la mere, et apres dix ans de separation, 
que dis-je, bientot onze one, la paroisse du Sacre-Coeur est solide- 
ment etablie, elle est en pleine ere de prosperite; elle possede une 
superbe chapelle-ecole, qui est un modele dans son genre; elle 
possede un magnifique presbytere et residence des religieuses. 

Les proprieties sont placees dans un site pittoresque et en- 
chanteur. Lors de la division, la paroisse comptait environ 550 
families; ce chiffre represente a peu pres le nombre actuel de 
families. Cependant nous pouvons dire qu'il y a au moins 600 
families aujourd'hui, sinon plus. 

Le P. St. Onge etait un homme actif, et le succes toujours 
couronna ses efforts. Encore faut-il ajouter qu'il trouva dans sa 
paroisse des coeurs sincerement devoues ; en outre le cure de Notre- 
Dame, le Revd. P. Triganne fut on ne pent plus aimable pour lui. 
Le seul fait que la vieille paroisse donnait a la nouvelle paroisse 
la somme tout a fait rondelette de $70,000, des le debut, suffit a 
nous convaincre qu'il y avait pour un cure, de multiples raisons 
d'etre encourage. 

L'ecole paroissiale, de meme que celle de Notre-Dame, est 
sous les soins des Soeurs de I'Assomption de Nicolet; actuellement 
il y a a l'ecole quatre cents enfants avec onze religieuses en- 
seignantes. 

Lorsque le P. St. Onge arriva a Southbridge, il venait de Fisk- 
dale ou il etait cure depuis 1903. 

II etait ne a St. Cesaire, comte de Rouville, le 20 mars 1861, 
de J. B. St. Onge, cultivateur et d'Euphemie Chicoyne. II fit ses 
etudes au Seminaire de St. Hyacinthe, et fut eleve au sacerdoce en 
1891. Vicaire a Ste. Marie de Spencer de 1891 a 1892, a Ware 
(1892-1894), a Chicopee Falls (1894-1899), a North Adams 
(1899-1901) ; cure de East Longmeadow (1901-1903), a Fiskdale 
1903, a Southbridge 1908. 

Apotre rempli de zele, sa carriere a Southbridge fut de courte 
duree. II avait congu bien des projets, mais bientot la maladie le 
terrassa, et le rendit impuissant. II dut abandonner son poste il 



92 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

y a environ cinq ans, pour aller subir un traitement a St. Hyacin- 
the, oil il mourut le 2 juin 1918. Pendant son absence, la nouvelle 
paroisse fut administree par leRevd.Wm.Ducharme, qui est encore 
aujourd'hui a son poste. Ce dernier a noblement marche sur les 
traces de son predecesseur, et grace a son habile administration, la 
paroisse du Sacre-Coeur de Southbridge est maintenant hors de 
dettes. 

Depuis la fondation de la paroisse nouvelle, les vicaires furent 
les Revds. H. Pelletier, Edouard Lussier, Arthur Cayer, J. B. 
Lamothe, Leon Ruty. Le vicaire actuel, Revd. Ambroise Buisson. 

Les paroissiens du Sacre-Coeur entrerent dans leur chapelle- 
ecole en 1910; les religieuses, apres avoir passe quelque temps 
dans la residence de M. Victor Pelletier, s'installerent dans leur 
nouvelle demeure un peu plus tard. Le P. St. Onge avant d'en- 
trer dans son presbytere, demeurait dans la maison de M. Pascal 
Senecal, tout pres des proprietes paroissiales. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 93 



CHAPITRE XX. 

Vicaires du Revd. P. Triganne. 

Depuis son arrivee parmi nous, c'est-a-dire depuis 1904, 
les vicaires du Revd. P. Triganne furent: MM. les abbes Ad. 
Landry, aujourd'hui cure a Brightwood; Pierre Bourassa, cure a 
Easthampton ; L. T. Rodier, D.D., cure de Ludlow; J. 0. Mar- 
ceau, vicaire a Spencer; Arthur Cayer et Hormisdas Remi, au- 
jourd'hui chapelains de Tarmee Americaine en France; Rosaire 
Caron, vicaire au Canada; Paul D 'Amours, vicaire a Holyoke; 
Levi Page, decede en 1913. Les deux vicaires actuels sont: les 
Revds. Raoul A. Laporte et Philibert Therrien. Nous aimerions 
vous donner leur biographie en entier, mais I'espace nous manque; 
nous nous contenterons de vous donner celles des vicaires, qui au 
moment ou nous tragons ces lignes, sont les fideles collaborateurs 
de notre devoue cure. 

Revd. R. A. Laporte. 

M. I'abbe Raoul A. Laporte est ne a Woonsocket, R. I., le 8 
aout 1885, de Gilbert Laporte, commergant, et Marie Gouger. II 
frequenta d'abord les ecoles paroissiales, puis fit ses etudes com- 
merciales au College Sacre-Coeur de cette ville. II partit ensuite 
pour le Seminaire de Joliette oil il fit ses etudes classiques, philo- 
sophic comprise, et un an d'enseignement, dans cette institution. 
Bachelier es lettres et es sciences de I'Universite Laval de Quebec, 
M. I'abbe Laporte fit ses etudes theologiques au Grand Seminaire 
de Montreal, P. Q. et au Seminaire Saint Bernard de Rochester, 
N. Y. Le 24 juin 1912, il regut I'ordination sacerdotale des mains 
de Mgr. T. D. Beaven, dans la cathedrale St. Michel de Spring- 
field, Mass. II fut nomme vicaire a Linwood, Mass. oil il de- 



94 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



meura jusqu'au 14 juin 1915, date de sa nomination au vicariat 
de la paroisse Notre-Dame de Southbridge. 

M. I' Abbe Ph. J. Therrien. 

M. I'abbe Philibert J. Therrien est ne a St. Lin des Laurenti- 
des, de Calixte Therrien et de Marie Courtemanche. II fit ses 
etudes primaires a I'ecole paroissiale de St. Joseph de Worcester, 
et poursuivit ses etudes classiques et philosophiques au College de 
I'Assomption, P. Q. (1902-1910). II completa ses etudes theolo- 
giques au Seminaire St. Bernard de Rochester, N. Y. (1910-1914), 
et fut ordonne a la pretrise, le 6 juin 1914, par Sa Grandeur Mgr. 
Thomas Hickey, eveque de Rochester. Apres quelques semaines 
de repos, il fut nomme vicaire a la paroisse Notre-Dame, South- 
bridge. 

Revd. Pere Levi Page {Decide). 

De tons les vicaires du Revd. P. Triganne, 
il en est un qui nous a quittes pour la celeste 
patrie; on I'appelait parmi nous le bon Pere 
Page, et Dieu sait qu'il meritait bien ce sur- 
nom. Toujours sur la breche, toujours pret 
au premier appel, il etait respecte et aime de 
tous. Les enfants surtout allaient a lui, avec 
une entiere confiance, "il aimait les jeunes." 
Mais on dit toujours que les fleurs les plus 
tendres sont toujours les premieres a etre 
cueillies. Le Pere Page devait bientot rece- 
voir sa recompense. C'est avec peine que 
nous I'avons vu partir, mais nous nous sou- 

Revd. P^re Pag4 mettons a I'arret divin. 

Voici des details, qui certainement interesseront nos lecteurs. 

Deces du Revd. Levi N. Page — Imposantes Funerailles. 

Vendredi matin, le 28 mars 1913, k Granby, Mass., s'eteignait 
dans la paix du Seigneur, a I'age de 33 ans, le Revd. Levi N. Page, 
ci-devant vicaire a I'eglise Notre-Dame de Southbridge. Le de- 
funt avait regu toutes les dernieres consolations de I'eglise, a la- 




DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 95 

quelle il avait genereusement consacre sa trop breve existence et 
sa mort fut celle d'un saint. 

Ses obseques ont eu lieu en I'eglise Notre-Dame-du-Perpetuel- 
Secours, Holyoke, paroisse oil il avait ete eleve et a I'ecole de la- 
quelle il avait regu sa premiere instruction. Grace a la cordiale 
et bienveillante hospitalite du Revd. cure Marchand, samedi, la 
depouille du defunt fut exposee au presbytere paroissial, d'ou la 
translation a I'eglise se fit dimanche apres-midi, a 3 heures. La 
ceremonie de la translation fut presidee par le Revd. J. B. Sullivan, 
de South Hadley Falls, ayant comme diacre, le Revd. Camille Tri- 
quet, cure de ITmmaculee-Conception, et sous-diacre, le Revd. J. 
M. Bissonnette, cure de Springfield. 

Lundi matin, a 10 heures, eut lieu le service funebre. Une 
grande foule de messieurs du clerge y assistait, ainsi qu'un nombre 
considerable de parents et amis du regrette disparu. L'office des 
morts fut chante par les membres du clerge et preside par Mgr. 
John T. Madden, vicaire-general du diocese de Springfield, assiste 
du Revd. W. J. Choquette, de Chicopee Falls, comme diacre et du 
Revd. J. B. Lamothe, de North Adams, comme sous-diacre. 

L'inhumation eut lieu au cimetiere Notre-Dame, dans le lot de 
la famille et le Revd. cure Joseph Marchand prononga les dernieres 
prieres sur le corps. 

Les porteurs etaient MM. Ryno Bibeau, Joseph Drapeau, 
Odilon Bergeron, Charles Hamel, Narcisse Bouchard et Dr. W. 
Rouillard, tons confreres d'ecoles du defunt, et les placiers etaient 
aussi de ses confreres, MM. Theophile Guertin, Gerald Meunier, 
Frank Hamel, et Georges Coderre. 

L'oraison funebre du regrette defunt fut prononce par le Revd. 
cure Triganne, de Southbridge, dont M. Page avait ete I'assistant 
durant la plus grande partie de sa breve carriere. II nous fait 
infiniment plaisir de reproduire ici cette superbe piece d'eloquence, 
qui sera un souvenir precieux pour les nombreux parents et amis 
de feu Levi Page: 

"A rintroit de la messe de la fete de St-Stanislas de Koska, 
nous lisons ces paroles: Consumtnatus in brevi, explevit tempora 
multa. Placita enim erat Deo anima illius propter hoc properavit 
educere ilium de medio iniquitatum. 

Ayant peu vecu, il a rempli la course d'une longue vie, car son 



96 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

ame etait agreable a Dieu, c'est pourquoi, II s'est hate de le tirer 
du milieu de I'iniquite. (C. IV. V. 13-4 du livre de la Sagesse). 

Mes veneres confreres dans le sacerdoce, Mes bien chers jreres: — 

Permettez-moi d'appliquer a celui qui fait I'objet de cette 
ceremonie funebre ce que I'Esprit-Saint dit, du juste au livre de 
la Sagesse: 

Que, quoiqu'il ait peu vecu, il n'a laisse de remplir la course 
d'une longue vie. 

Oui, mes Freres, nous pouvons le dire avec verite de celui que 
nous pleurons aujourd'hui. II a peu vecu, si nous ne mesurons 
«ia vie, que par le nombre d'annees qu'il a passees au milieu de 
nous; mais si nous la mesurons par les ceuvres qu'il a semees sur 
ses pas, par les vertus dont il nous a donne, constamment, I'edi- 
fiant exemple, par les bienfaits qu'il n'a cesse de repandre tout 
autour de nous, quelle longue carriere n'a-t-il pas fournie! 

Vous le savez, vous, paroissiens du Perpetuel-Secours, vous 
avez ete temoins des jours de sa jeunesse puisqu'il etait enfant 
de cette paroisse; vous le savez, vous, confreres dans le sacerdoce, 
il n'y eut pas dans toute sa vie de seminariste et de pretre, un 
seul instant qui n'ait ete utilement employe et suivant I'expression 
du prophete: nous n'y trouvons, que des jours pleins; des jours 
consacres a des ceuvres de charite envers le prochain et a sa propre 
sanctification. 

Ne, au sein d'une famille sincerement religieuse, de parents 
attentifs a remplir tous les devoirs que la nature, la religion im- 
posent aux parents Chretiens, il eut le bonheur de puiser dans une 
education chretienne, le germe de toutes les vertus. 

Envoye a I'ecole paroissiale, dans cette enceinte meme, sous la 
sage direction d'un pasteur zele et la surveillance matemelle des 
bonnes sceurs de la Presentation de Marie, c'est ici a I'ecole du 
Perpetuel-Secours, dans cette chapelle benie, ou il descendait sou- 
vent prier Dieu, au sortir de la classe, que le jeune Page entendit 
pour la premiere fois I'appel de son Dieu a la dignite du sacerdoce. 
Apres un cours solide au college de Nicolet, oii il se distingua par 
ses talents et ses vertus, il fit sa theologie au Grand Seminaire de 
Rochester, sous I'habile direction de Mgr. McQuaid, de douce 
memoire, dont il aimait a parler souvent avec eloges. Le 19 mars 




Residence des Reverendes Sffiurs — Residence du cure, Paroisse du Sacre-Cceur 
Convent et Chapelle du Sacre-Cteur 
Premiere eglise batie a Southbridge 




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DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 97 

1905, il eut le bonheur de recevoir de ses mains ronction sacer- 
dotale, I'objet de ses vceux et le comble de ses desirs. 

C'est de la qu'il partit pour exercer le saint ministere, occuper 
le poste assigne par son eveque, Sa Grandeur Mgr. Beaven, comme 
vicaire dans la paroisse de Notre-Dame de Southbridge. 

C'est la que le jeune levite se distingua non pas par des actions 
d'eclats, mais par un ministere tranquille et devoue, faisant le 
bien sans ostentation et sans bruit. Je puis le dire plus que tout 
autre, le Pere Page a ete un modele du veritable pretre de Dieu 
par son humilite, sa regularite, son zele et cela: sous les dehors de 
la gaite la plus aimable. Nous ne lui connaissons pas d'ami in- 
time disait quelqu'un, car tout le monde etait ses amis et il etait 
I'ami de tous. 

A peine apres quelques mois de ministere, deja on I'appelait le 
Bon Pere Page. Les enfants, la jeunesse couraient a sa rencontre. 
Son confessionnal etait achalande par les vieillards et par la jeu- 
nesse, tous y trouvaient une sage direction. 

Comme son Divin Maitre a Nazareth, il a mene une vie cachee, 
dans un humble vicariat de campagne, il a passe en faisant le bien, 
et son nom restera longtemps grave dans la memoire et dans le 
coeur de ceux qui I'ont connu. 

En apprenant la nouvelle de sa mort, on repetait de bouche en 
bouche, le Bon Pere Page est mort, c'etait un saint, s'il n'est pas 
encore rendu au Ciel, nous n'avons pas besoin d'y pretendre. Vox 
populi. Vox Dei. Voila des temoignages sinceres qui nous mon- 
trent ce que ce bon pretre a fait dans peu de temps pour le bien 
du prochain et la sanctification des autres. C'est done a juste 
titre que je citais au commencement ces paroles dit la Sagesse: 
Consommatus in brevi, explevit tempora multa: Ayant peu vecu, 
il a rempli la course d'une longue vie. 

Mais en homme sage, il a compris que la premiere et I'unique 
chose necessaire, c'est de se sanctifier soi-meme. II I'a compris, 
cette verite; aussi on peut dire sans exageration, que sa vie sacer- 
dotale a ete une longue preparation a la mort. II la vit venir sans 
crainte, avec calme et resignation. Ayant demande que ses fune- 
railles eussent lieu a I'eglise du Perpetuel-Secours et de reposer a 



98 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

cote des siens dans le lot de famille, cette faveur lui fut accordee 
de bonne grace et le cure du Perpetuel-Secours dont I'hospitalite 
ne se borne pas aux vivants, a ouvert les portes de son cceur et de 
sa maison, au Bon Pere Page, en donnant genereusement, royale- 
ment, a ce bon pretre, a cet ami sincere, tons les honneurs de la 
sepulture sacerdotale. 

Avant de disparaitre a nos yeux pour le champ de repos, en 
attendant le grand reveil de la resurrection, il semble nous dire 
du fond de son cercueil: hodie mihi, eras tibi. Aujourd'hui mon 
tour, demain le tien. Profitons de la le^on et suivons I'exemple 
donne. 

Et vous, famille chretienne, aux sentiments de la nature, 
joignez les sentiments de la religion, benissez les secrets desseins 
de la Bonte Divine. 

Si Dieu I'a enleve si tot a votre tendresse, c'est qu'il I'a trouve 
mur pour le Ciel. C'est la, la pensee consolante de notre foi qui 
doit adoucir I'amertume de notre douleur et de nos regrets. 

Cependant, mes Freres, quelque sainte qu'ait ete sa vie, quel- 
qu'edifiante qu'ait ete sa mort, ne laissons pas d'adresser pour lui 
a Dieu nos prieres dans la crainte que quelques fautes legeres ne 
lui ferment pour quelque temps Ten tree du sejour de la gloire ou 
rien de souille ne doit penetrer. Unissons nos prieres a celles de 
I'Eglise et conjurons le Seigneur de lui donner le repos etemel. 
Requiem aeternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei. 

Amen." 

La grand'messe de requiem n'ayant pu etre chantee lundi, le 
jour de la fete de I'Annonciation, a ete celebree mardi matin, a 9 
heures dans I'eglise Notre-Dame du Perpetuel-Secours, par le 
Revd. L. Geoffroy, cure de Three Rivers, Mass., assiste du Revd. 
M. W. Ducharme, de Southbridge, comme diacre, et du Rev. M. 
W. J. Choquette, de Chicopee Falls, comme sous-diacre. A ces 
differentes ceremonies, il y eut nombreuse assistance, tant de la 
part du clerge que des fideles. 

"La Justice" joint ses regrets a ceux de la famille et des amis 
du regrette defunt. 



DEUXIEME PARTIE 



100 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE I. 

Premiers Citoyens. 

Des les premieres annees de I'emigration, nos compatriotes se 
souciaient peu de devenir citoyens americains, d'abord parce que 
c'etait avec regret qu'ils avaient quitte le Canada pour venir 
s'etablir aux Etats-Unis. De plus, leur seule ambition etait de 
faire des economies, et retourner le plus tot possible au pays natal, 
parcequ'un grand nombre d'entr'eux y avaient laisse des terres a 
demi defrichees, et a moitie payees. 

lis passaient I'hiver en ce pays pour y faire de nouvelles eco- 
nomies et repartaient au printemps pour cultiver au Canada. 
C'etait bien I'emigration vagabonde qui existait en ce temps-la, et 
plusieurs de nos compatriotes depensaient ainsi dans leurs voyages, 
tout leur avoir. Sans compter que cet etat de choses occasion- 
nait bien des desagrements aux vieux parents qui, lorsqu'ils pre- 
naient la route du Canada, etaient forces bien souvent de laisser 
derriere eux quelques membres de leur famille. C'etait aussi une 
source de mecontentement pour les jeunes, qui prenant facilement 
les manieres et les coutumes du pays, refusaient carrement de re- 
tourner au pays de leurs ancetres. 

Quant a ceux qui voulaient rester ici, ils trouvaient mille pre- 
textes pour ne pas se "naturaliser," d'abord bien peu savaient lire 
et comprenaient I'anglais, puis la plupart de nos canadiens in- 
fluents n'approuvaient point I'idee de renoncer au Canada, pour 
devenir citoyens Americains, 

Dans nos grands ralliements, nos conventions, les orateurs par- 
laient ouvertement contre la naturalisation et regardaient comme 
des traitres, ceux qui se faisaient "naturaliser." II y avait bien 
aussi dans ce temps-la comme de nos jours des agents canadiens, 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 101 

qui sollicitaient les notres par tous les moyens en leur pouvoir, a 
retourner s'etablir au bon vieux pays. 

Voila autant d'obstacles qui empecherent les notres de devenir 
citoyens de la "Libre Amerique." En 1875, pour donner un ex- 
emple, il y avait a Southb ridge au moins 3,000 canadiens-fran- 
gais, et moins de 25 voteurs. Comme il y avait plusieurs com- 
mergants et proprietaires d'immeubles parmi nos canadiens, ils 
sentirent bientot le besoin de devenir voteurs, afin de pouvoir 
prendre una part active aux affaires municipales et surtout pour 
sauvegarder leurs interets. Done en 1875, un comite de citoyens 
fut nomme pour travailler a la naturalisation des notres. On 
etablit une ecole du soir, pour se familiariser suffisamment avec 
la langue anglaise. Le travail se fit bien lentement car la tache 
etait difficile et ardue; et chacun avait ses occupations, qui I'em- 
pechaient de se donner corps et ame a cette oeuvre. Mais la perse- 
verance surmonta tous les obstacles; grace au concours du "Cercle 
Canadien," en 1877, il y avait 40 voteurs canadiens qui figuraient 
sur la liste electorale. Au prin temps de 1879, lorsque le premier 
canadien fut elu a une charge municipale, le nombre des voteurs 
etait de 70. II nous fait plaisir de mentionner que ce premier 
canadien eleve a un poste de confiance etait M. Clement Begin, 
qui venait d'etre nomme "officier des pauvres." 

D'annee en annee, les citoyens americains devenaient plus nom- 
breux; en 1890 il y en avait 265 qui avaient droit de vote; en 
1895, 331, et en 1900 audela de 500. Aujourd'hui il y en a plus 
de 1,200, c'est-a-dire que les voteurs de race canadienne-frangaise 
constituent la majorite des electeurs de la municipalite de South- 
bridge, 

Premiers Voteurs. 

Le premier canadien-frangais qui jouit du droit de vote a 
Southb ridge fut Jean Lussier, en 1850. Vu qu'il etait ne dans le 
Vermont, qu'il quitta pour venir s'etablir ici avec sa famille, en 
1848, il n'avait pas a passer par toutes les formalites de la natu- 
ralisation, 

Le second voteur fut M. Etienne Richard, qui jouit de ce privi- 



102 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

lege en 1865. M. Richard, qui fut le premier canadien a etablir 
une manufacture a Southbridge, voulut a cette epoque faire appli- 
cation au gouvernement pour obtenir un brevet pour la fabrica- 
tion des couteaux, et comme il fallait, pour cela etre citoyen, il ne 
tarda pas a faire les demarches necessaires pour le devenir. 

En 1870, nous lisons sur les listes electorales, les noms de Regis 
et d'Hermenegilde Bouthillette. 

En 1871, Azarie F. Lamoureux et son frere Victor W. Lamou- 
reux. 

En 1872, Godfroi Petit, Alexandre Page, Thomas Lucier. 

En 1873, Joseph Jacques, Alexandre Lataille, Felix Laverdiere, 
Georges J. Lamoureux. 

En 1874, Salomon Blanchard, Joseph D. Blanchard, Clement 
Begin, Alexis Boyer, sr., Frangois X. Casavant, Paul Denis, Joseph 
Gelineau, Fr. O. Hetu, Jean Langevin, Pierre Surprenant, Michel 
Surprenant. 

En 1875, Joseph Bourque, Joseph Bibeau, Georges Bouthil- 
lette. 

En 1876, Norbert Duval, Joseph M. Dupaul, Jacques Gau- 
mond, Samuel Boisvert, Adolphe Lusignan, Jean-Baptiste Loran- 
ger, Flavien Laflamme, Alphonse Leclair, Zotique Leclair, Al- 
phonse Lavallee, Alexandre C. Lavallee, Alexandre St. Martin, 
Charles St. Pierre et J. B. Plante. 

En 1877, David Patenaude, Augustin Roy, Alex. Senecal, 
Pascal Senecal, Remi Surprenant, Albert Tisdel, Frangois Trem- 
blay, Treffle Tremblay. 

En 1878, Dr. Theophile Belanger, Frangois Bonnette, Dr. Jos. 
A. Robillard, Felix Quevillon, Ed. Deslauriers, Joseph Bouvier, 
Antoine Farland, Denis Fortier, Henri Gervais, George Laverdiere, 
Henri Lamothe, Dr. Franklin Gauthier, Louis Langevin, Antoine 
F. Lamoureux, Xyste Lescault, Olivier Lamoureux, Frank Lamou- 
reux, Charles Martel, Napoleon Plante. 

D'apres les rapports annuels de la municipalite, nous consta- 
tons que les premiers canadiens de Southbridge, nommes par les 
conseillers a des charges municipales, furent en 1878, V. W. La- 
moureux, qui est nomme pour inspecter et mesurer le bois de 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 103 

chauffage. Paul H. Leclair (truant officer) et George Lamoureux, 
constable. 

Au prin temps de 1879, Clement Begin fut le premier canadien 
elu a une charge municipale, par la majorite des electeurs. Comme 
nous I'avons deja dit il fut nomme "officier des pauvres," position 
importante surtout a cette epoque oil les affaires etaient passable- 
ment stagnantes dans le pays. Plusieurs families etaient forcees 
de recourir a la charite publique, et comme notre compatriote 
etait conservateur, il n'aimait pas sa position, et ne voulut point 
I'accepter pour un second terme. 

En 1885, il fut nomme sur le comite qui s'occupait de la biblio- 
theque publique, charge qu'il occupa pendant trois ans. Cette 
position lui permit de favoriser beaucoup ses compatriotes, car par 
son entremise, la biblotheque fit I'achat d'un certain nombre de 
livres frangais, qui sont encore fort apprecies par les canadiens de 
Southbridge. 

En 1888, il fit partie de la commission scolaire, et pendant 
trois ans favorisa dans la mesure du possible, les enfants de la 
paroisse, qui frequentaient les ecoles municipales. 

En 1896 il fit de nouveau partie pour trois ans du comite de la 
bibliotheque publique. 

Joseph D. Blanchard est le premier canadien elu conseiller 
(selectman) et cela en 1888. 

Joseph Ouimette est elu aiiditeur et reelu en 1890; conseiller 
en 1899, reelu en 1900-1901. 

Horace J. Gravel est elu commissaire des pauvres en 1890. 
Victor Lamoureux, evaluateur en 1891, conseiller en 1892; reelu 
evaluateur en 1894, il occupa cette position jusqu'en 1902; nomme 
juge suppleant par le gouverneur Russell en 1893, charge qu'il 
occupa jusqu'a sa mort, le 2 juin 1919. 

M. Paul Leclair est nomme en 1891 par les conseillers de la 
ville pour faire partie de la commission des pauvres; il occupa 
aussi ce poste en 1892. Cette meme annee, Frangois X. Te- 
treault est elu membre de la commission scolaire, position qu'il 
occupa avec distinction pendant douze ans. 



104 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

M. Camille Metras est aussi elu en 1892, pour faire partie du 
comite de la bibliotheque pour un terme de trois ans. 

M. Felix Gatineau fut elu en 1893, conseiller municipal, et en 
1895, commissaire des pauvres, charge qu'il occupa jusqu'en 1904. 

Joseph A. Allard fit partie en 1893, de la commission de la 
bibliotheque, et apres 1900, fut evaluateur pendant plusieurs an- 
nees; 11 remplit ces fonctions avec honneur. Comme son predeces- 
seur, V. W. Lamoureux, il s'appliqua a faire ecrire les noms fran- 
gais correctement. 

Georges J. Lamoureux, apres avoir occupe la charge d'inge- 
nieur en chef du departement du feu, fut elu commissaire des 
pauvres en 1898. Reelu en 1899, il garda ce poste de confiance 
jusqu'en 1904. 

En 1898, Alexis Boyer, Jr., fit partie du comite de la bibliothe- 
que, et cela pour trois ans. II fut auditeur en 1900 et 1901. Elu 
conseiller en 1903, il fit honneur a ses compatriotes qu'il protegea 
de toutes manieres, et qu'il edifia par ses bons exemples. II garda 
son poste pendant treize ans. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 105 



CHAPITRE II. 

Nos Hommes Politiques — "Fonctions Municipales." 

II nous faudrait non pas un chapitre, mais un volume entier 
pour raconter dignement les faits d'armes des notres dans I'arene 
politique et municipale. Cependant le cadre, qu'on nous a spe- 
cific, nous permet a peine de faire une legere ebauche. La nomen- 
clature qui va suivre dans son aridite et sa monotonie, donnera 
cependant au lecteur un apergu suffisant, pour comprendre la part 
active qu'ont toujours prise dans les affaires civiles, nos hommes 
d'energie et d'initiative! lis se sont montres a la hauteur de leur 
position, tellement que meme en cette annee de grace nous pou- 
vons dire que presque tons les postes de confiance sont entre les 
mains de nos concitoyens. Quelque soit le departement, les notres 
ont la main-mise sur tout et imposent leurs volontes en tout. De 
plus, ils vivent en parfait accord avec les autres citoyens de race 
etrangere, et donnent a tons parfaite satisfaction, tant ils s'oc- 
cupent d'etre fideles aux principles de I'equite et de la justice 
integrale. Nous ne citons pas ce fait pour nous targuer, et nous 
enfermer dans une fausse securite; nous ne le disons pas non plus 
pour nous endormir sur nos lauriers, au contraire, notre but est de 
montrer aux notres sous un vrai jour, la route, qui a ete parcourue, 
afin de les stimuler davantage dans Paccomplissement de I'ceuvre a 
parfaire. 

La religion prepare admirablement le citoyen a accomplir 
fidelement ses devoirs, et a Southbridge comme ailleurs, les cana- 
diens sont parvenus aux postes de confiance, et ne servent bien 
leur pays, que parcequ'ils servent bien leur Dieu, Quand on 
donne a Dieu ce qui lui appartient, on est mieux dispose a rendre 
a Cesar ce qui lui revient, et c'est par leur honnetete, que nos com- 



106 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



patriotes sont arrives, et c'est aussi par leur parfaite union. Sans 
doute, dans tout camp, il y a quelques petits differents, et chez le 
canadiens surtout de petites jalousies, mais le combat rend le 
soldat plus fort, et les escarmouches rendent le combattant plus 
vigilant et plus vaillant. Nous prions le lecteur de nous pardon- 
ner la longue nomenclature qui va suivre mais nous avons la certi- 
tude qu'elle interessera, et surtout la conviction qu'elle nous a 
coute un travail ingrat et ardu. Nous n'avons pas entrepris en 
vous rendant ce travail, de vous presenter un roman, ni un chef- 
d'ceuvre, mais nous avons voulu reunir en un seul faisceau, tout ce 
qui pourrait avoir trait aux canadiens de notre ville si chere a nos 
cceurs. Les faits, nous I'avons toujours sincerement cru, prouvent 
mieux que les paroles; puissent nos aimables lecteurs le com- 
prendre. 

Void la Liste des Conseillers {Selectmen) . 



Joseph D. Blanchard, 1890 
Victor W. Lamoureux, 1892 
Felix Gatineau, 1893 
Joseph Ouimette, 1899-1900- 

1901 
Antoine Farland, 1902-1903 
Alexis Boyer, jr., 1903 a 1916 
Dr. Jos. G. E. Page, 1909-1910 
J. Anatole Caron, 1910 



Charles Proulx, 1911-1912 et 

1915 
Wilfrid J. Lamoureux, 1914 a 

1919 
Alexandre Desaulniers, 1914 a 

1918 
P. H. Hebert, 1917 
Frangois Sansoucy, 1919 



Commissaires des Pauvres. 



Horace Gravel, 1890 

Felix Gatineau, 1895 a 1906 

George J. Lamoureux, 1899-, 

1902-03 
Antoine Farland, 1900-1901 
Alexandre Lataille, jr., 1903 

1908 
Honore Dorval, 1906 



Alex. L. Desaulniers, 1909-1910 
Napoleon Giroux, 1909 a 1913 
Gedeon Pinsonneault, jr., 1910- 

1916 
Eugene Matte, 1914, 1915 a 
a 1919 
Narcisse Peloquin, 1916, 1918-19 
Oscar F. Gatineau, 1917 



Wilfrid P. Gendreau, 1907-1908 Philibert E. Quevillon, 1917 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 107 

Evaluateurs, 

Victor W. Lamoureux, 1891, Joseph Gagnon, 1903 a 1909, 

1894-95, 96-97 a 1902 1912 a 1916 

Joseph A. Allard, 1903 a 1911 Antoine Farland, 1910 a 1919 

Philias Casavant, 1917-19 

Nous pouvons dire que c'est grace a MM. les evaluateurs 
Lamoureux, Allard, Gagnon, Farland et Casavant, si nous consta- 
tons que les noms frangais sont bien inscrits dans les registres de 
la municipalite. Nous pouvons aussi feliciter en passant, nos 
canadiens, qui a Southbridge au moins, ont le cceur d'ecrire leur 
nom correctement. 

Audit eurs. 

Joseph Ouimette, 1889-90 Philias X. Casavant, 1909-11 

Wilfred J. Lamoureux, 1898-99 Joseph Metras, 1910-12 

Alexis Boyer, jr., 1900-01 Joseph Lafleche, 1912-14 

J. Anatole Caron, 1903-04 Joseph Tremblay, 1913-1914 

Joseph T. Blanchard, 1905-08 George Dumas, 1914 
Arthur Cabana, 1909-12 

Joseph Lafleche est nomme comptable municipal en 1914-18. 
Valmore P. Tetreault, comptable municipal, 1919. 

Commission Scolaire. 

Clement Begin, 1889 Alberic Thibeault, 1911 a 1916 

Fr. X. Tetreault, 1890 a 1901 Dr. J. A. Genereux, 1906 a 1911 

J. A. Caron, 1900 a 1902 Dr. Chas. A. Tetreault, 1912-20 

Salomon E. Blanchard, 1902 a Dr. J. G. E. Page, 1915-16-17 

1911 Hector Leclair, 1918-19-20 
P. H. Hebert, 1903 a 1905, 

1910 a 1919 

Bureau de Sante ou d'Hygiene. 

Dr. J. A. Genereux, 1900-1913 Dr. Jos. E. Donais, 1911 a 1919 
Dr. J. G. E. Page, 1903-05 Philias Caron, 1918-20 

J. A. Caron, 1906 a 1917 



108 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 



Bibliotheque. 



Clement Begin, 1885-86-87, 

1896-97-98 
Joseph Bessette, 1889-90 
Camille Metras, 1890-92 
Joseph A. Allard, 1893-94-95, 

1915-16-17 
Alexis Boyer, 1897-98-99 
J. H. Caron, 1899 a 1904 
W. J. Lamoureux, 1900-02 
Rev. J. A. Fredette, 1901-02 



P. H. Hebert, 1902 a 1910, 

1914-15-16 
Alberic Thibeault, 1903 a 1908 
Joseph T. Blanchard, 1904-05 
Origene J. Paquette, 1909 a 1914 
Henri Tetreault, 1910 a 1912 
Theophile Houle, 1912-14 
Isidore Leblanc, 1912-14 
Hector Leclair, 1913-15 
Alfred M. Blanchard, 1914-16 
Hector L. Peloquin, 1914 a 1916 



Syndics nommes par les conseillers, Alexis Boyer et Louis O. 
Rieutard. 

Comite d'Egouts. 

Jos. Ouimette, 1899-1900-1901 Alfred M. Blanchard, 1915-16-17 

W. J. Lamoureux, 1903 a 1915 Joseph A. Allard, 1919-20-21 

H. W. Bail, 1910-12, 1917-19 Georges Dumas, 

Fred Lamoureux, 1913 a 1916 Philippe Dagenais, 1919 a 1921 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 



109 



CHAPITRE III. 

Autres Fonctions Municipales — Comite du Fonds 
d'A mortissement. 

Salomon E. Blanchard, 1903- Fred. J. Adam, 1908 a 1911 



1904-05 
Edouard Lareau, 1902 
P. H. Hebert, 1900 a 1903, 

1906-08 
Oswald Gregoire, 1904-06 
Joseph Metras, 1905-07 
H. Bail, 1907 a 1910 



Isidore Leblanc, 1909 a 1914 
Hector Leclair, 1910-12 
Joseph Lafieche, 1911 a 1913 
Ephrem Chicoine, 1913 a 1919 
Louis Dupuis, 1914 a 1920 
Edouard Leclair, 1915 a 1921 



"Ingenieurs," Departement du Feu. 

Geo. J. Lamoureux, 1893 a 1898 Basile J. Proulx, chef 1906-1911 
Paul N. Leclair, 1899, chef en 

1900 
Louis N. Duquette, 1899-02, 

chef en 1903 
Alfred Allard, 1902 a 1905, 

chef 1904-1905 



Antoine Farland, 1906 a 1908 
Charles Proulx, 1909-1910, chef 

en 1912 
Joseph Leclair, 1910 
Louis Lamo the, 1911 a 1918 
Joseph Duchesneau, 1911-1912, 

chef 1913 a 1919 



Constables Elus par les Electeurs. 



George Goddu, 1885 
Alexandre Senecal, 1886-87 
Alexandre Lataille, 1888 
Horace Gravel, 1889 
Moise Gagnon, 1890 
Pierre Caplette, 1890 a 1919 
Jos. P. Lariviere, 1900-03, 1906- 
07-08 



Zotique Leclair, 1901 a 1909 
Felix St. George, 1909 
Pierre Cormier, 1902 a 1906 
Basile J. Proulx, 1906-1907 
Joseph Paulhus, 1906 a 1909 
Pierre Leclair, 1906-1907 
Louis Lamo the, 1907 a 1914 
Pierre Benoit, 1908-09-10 



no HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Georges Graveline, 1909 Louis Langevin, 1914 

Joseph Paquin, 1908 a 1914 

Off icier s Reguliers Avec Uniforme. 

Zotique N. Leclair, 1900 a 1903 Honore St. Martin, 1913 a 1919 
Pierre Cormier, 1900 a 1919 Hormisdas Duplessis, 1915 a 
Joseph Paulhus, 1904 a 1909 1919 

Olivier Paul, jr., 1909 a 1919 Ulric Breault, 1915 a 1918, date 
Georges A. Graveline, 1909 ou il partit pour Tarmee 

Joseph Paquin, 1910 a 1919 Eusebe Laliberte, 1917-1918 

M. Paul N. Leclair fut choisi chef du departement de police 
pour I'annee 1904; M. Napoleon Giroux choisi en 1913 occupe 
encore ce poste de confiance. 

Comite du Cimetiere. 

Jos. T. Lariviere, 1903 a 1908 Jos. Desrosiers, 1912, 1913 et 
Adolphe Peloquin, 1911al916 1914 

Avocat du Conseil Municipal. 
Louis O. Rieutard de 1908 a 1917 

Tresoriers. 

Edouard Desrosiers en 1909 Felix Bouvier, 1919 
Salomon Blanchard, 1910a 1915 

Gardien des Arbres. 
Pierre Benoit de 1910 jusqu'en 1919 

Percepteurs des Impdts. 

Victor W. Lamoureux, 1905 Frangois-Xavier Tetreault, 

Edouard Desrosiers, 1906 a 1911-1912 

1910 Joseph Metras, 1913 

Eugene Gabrie, 1914 a 1919 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS HI 

Surveillant de la Voirie — Aime Langevin, 1906 jusqu'en 1919. 

M. Honore Dorval fut nomme gardien de la ferme des pauvres 
en 1907 et il garda cette position jusqu'en 1912. II fut remplace 
par M. Joseph Payant, qui occupe actuellement cette charge. 

M. Moise Gagnon, nomme pour faire partie du bureau d'enre- 
gistrement en 1901, a occupe cette position depuis ce temps. 

M. Pierre Caplette, elu constable en 1890, a ete reelu a tous 
les ans depuis cette date pendant 28 ans consecutifs. M. Ca- 
plette fut nomme concierge de la salle de ville en 1893, position 
qu'il occupa pendant 25 ans, c'est-a-dire, jusqu'en 1918; ce qui 
lui permit, d'apres les lois de I'Etat, d'obtenir une pension, la 
moitie de son salaire ordinaire, aussi longtemps qu'il vivra. II 
est le seul citoyen de Southbridge qui occupa une charge muni- 
cipale pendant un quart de siecle. II mourut en 1919. 

Un grand nombre de nos compatriotes ont occupe depuis des 
annees et occupent encore differents emplois civils, qui leur sont 
confies annuellement par les conseillers (selectmen), mais il nous 
est impossible de mentionner tous leurs noms dans ce travail. On 
entend par ces emplois ceux de gardien de la prison, inspecteur 
des poids et mesures, police speciale, inspecteur des marchandises. 
Plusieurs de nos canadiens aussi, ont fait partie des comites im- 
portants pour I'erection des edifices publics, etc. 



112 HISTOIRE DES FRANCO- AMERICAINS 



CHAPITRE IV. 

Capitation et Proprietaires. 

Longtemps avant la date de rincorporation de la municipalite 
de Southbridge, nous constatons qu'il y avait des noms frangais 
sur le role d'evaluation des municipalites de Dudley, Charlton et 
Sturbridge, qui formerent plus tard la municipalite de South- 
bridge. Voici les noms qu'on y trouvait: Allard, Daigle, Dugar, 
Gerauld, Levesque, Lazure et autres ; les uns etaient des huguenots 
de la colonie d'Oxford, les autres etaient des Acadiens deportes 
dans la Nouvelle-Angleterre, en 1755. 

Avant I'annee 1800, Charles Dugas, fils de Daniel Dugas, aca- 
dien, fit I'achat d'une ferme de 139 arpents, situee a I'extremite de 
la rue Pleasant, ferme connue dans le temps sous le nom de "Bare- 
foot." 

Cette ferme etait consideree comme etant d'une grande valeur, 
et I'une des plus avantageuses de la colonie naissante. Cepen- 
dant pour le premier descendant frangais qui faisait I'acquisition 
d'une propriete, M. Dugas ne fut pas heureux, car les titres 
n'etaient pas clairs, et apres sa mort, son fils Pierre, fut oblige de 
la payer une deuxieme fois. II va sans dire que ce dernier ne se 
decouragea aucunement, et apres quelques annees il devint I'un 
des cultivateurs les plus a I'aise des environs. 

En 1838, il disposa de ses proprietes pour aller avec sa famille, 
demeurer a St. Jacques de I'Achigan, Canada, et cette ferme est 
aujourd'hui divisee en deux proprietes, Tune appartenant a M. 
Alfred McKinstry, et I'autre a Frank Shephard. 

"Capitation." 

D 'apres les registres municipaux, les premiers canadiens qui 
payerent une capitation (poll tax), furent Joseph Bourassa, Pierre 




F.nfants ay;int rcprt-sentc Saint Jean-Baptiste 
Alphonse Allard, 1917~-llenri Dumas, 1918 
W. J. l,amoureux, 1875— Omer Genereux, 1898 





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Arc de Triomphe, lors de la Fete St-Jean-Baptiste en 1881 




(_)Hii-icrs (le la Societe St -.lean-Baptiste, 1919 








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DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 113 

Benoit, Antoine Benoit, Frangois Daigle, Frangois Lafleche, Pierre 
Dumas, Fr. Dumas, Albert Giard, Victor Brazeau et Pierre Pelle- 
tier. 

En 1844, Henri Fontaine paie une taxe de $100 sur une bou- 
tique de forge; en 1847, les freres Frederic et Edouard N. Lacroix, 
pour marchandises (stock in trade), sont taxes au montant de 
$300.00. II appert que ces compatriotes etaient des menuisiers, 
et apres un court sejour a Southbridge, allerent demeurer ailleurs. 
On dit que I'un d'eux, Edouard N. Lacroix, alia s'etablir a Detroit, 
Mich., oil il joua un role important parmi nos compatriotes; il 
mourut en cet endroit en 1885. 

En 1847, Pierre Palardy est taxe au montant de $300.00 sur 
une boutique de forge. M. Jean Roy, fut probablement le pre- 
mier canadien a devenir proprietaire d'une maison situee sur la 
rue Mill, et cela en I'annee 1851. Cette propriete occupait I'en- 
droit ou est a present I'ancienne residence de M. Remi Surprenant. 

En 1864, Napoleon Leboeuf, devint proprietaire d'une auberge 
a "Globe Village"; en 1865 et 1866 Pierre Berthiaume et Alexis 
Bibeau devinrent aussi proprietaires. 

De 1865 a 1870, nos compatriotes arriverent en grand nombre 
a Southbridge, et plusieurs acheterent des proprietes, tels que 
Albert Duval, Frangois X. Casavant, Joseph P. Nault, E. F. Gi- 
rard, Joseph Berthiaume, Isaac Fontaine, Hermenegilde Bouthil- 
lette, Alex. Lataille, Charles Bouthillette, Louis Berthiaume, 
Amable Gervais, Louis Langevin, Louis Lavallee, Philippe Lussier, 
Joseph Beford, Olivier Deblois, George Lamoureux, M. Lacha- 
pelle, Etienne Richard, Joseph Chasse, Pierre Mathieu, Pierre 
Dionne, Edouard Papillon, Joseph Peloquin, Theophile Tremblay 
et autres. 

En 1872, le Rev. P. LeBreton, alors cure de la paroisse Notre- 
Dame, fit I'achat d'une propriete, qui devait servir de presbytere, 
et qui est encore aujourd'hui la residence du cure de la paroisse. 

A partir de cette epoque, jusqu'a nos jours, les proprietaires 
canadiens sont devenus tres nombreux, car d'apres revaluation 
municipale de 1915, nous avions 572 proprietaires, evalues au 
montant de $1,488,950. 



114 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

Les impots payes par eiix etaient de $33,490.99. Ajoutez a 
ces chiffres, ceux qui representent les proprietes des paroisses de 
Notre-Dame et du Sacre-Coeur, qui ne sont sujettes a I'impot, 
et plusieurs autres proprietes passees aux mains des notres, et vous 
arriverez a la conclusion que depuis 1915 a 1919, nous pouvons, 
sans exageration, porter la valeur des proprietes franco-ameri- 
caines de Southbridge a plus de $2,000,000. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 115 



CHAPITRE V. 

Nos Medecins Canadiens. 

Aves les flots de remigration canadienne-frangaise a South- 
bridge, arriva un respectable contingent de medecins de tout acabit. 
Quelques-uns ne demeurerent pas longtemps dans nos parages; 
d'autres exercerent leur art ici pendant plusieurs annees. II y en 
avait sur le nombre qui etaient diplomes, d'autres etaient a la re- 
cherche d'economies pour pouvoir terminer leurs etudes; d'autres, 
enfin, n'etaient en somme, que de fervents charlatans, et South- 
bridge n'a pas ete epargne sur ce rapport. 

D'apres les informations que nous avons pu nous procurer, le 
Dr. Provencher, natif de la Riviere Chambly, fut le premier me- 
decin canadien-frangais a venir s'installer a Southbridge, en 1850. 
II avait epouse une Dlle. Migneault, cousine du Rev. P. Migneault, 
qui vint a cette epoque dans notre ville, a titre de missionnaire. 

Comme il y avait ici en ce moment, un groupe assez conside- 
rable de canadiens, nous avons tout lieu de croire que c'est a 1 'ins- 
tigation de ce bon P. Migneault, comme I'appelaient les parois- 
siens, que ce premier medecin serait venu s'etablir parmi nous; 
mais comme les canadiens de Southbridge n'etaient pas encore 
assez nombreux pour faire vivre un medecin de leur nationalite, le 
Dr. Provencher quitta la place en 1852, pour aller tenter fortune 
ailleurs. 

Vers Tannee 1855, le Dr. Edmond Dorion, natif de St. Ours, 
exerga I'art medical a Southbridge, mais n'y demeura pas long- 
temps. II alia demeurer dans le nord de I'Etat de New- York, oil 
il fut a la fois medecin et journaliste, surtout a Ogdensburg et 
Syracuse, ou il demeurait a I'epoque de sa mort, il y a plusieurs 
annees. 

Vers 1860, il y eut un jeune medecin frangais qui exerga son 



116 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

art ici, mais comme on ne savait pas son nom, on I'appelait le Dr. 
Frangais; son sejour ici fut de courte duree. 

En 1862, un jeune medecin du nom de Roy, vint s'etablir a 
Southbridge, ou il epousa quelque temps apres, une demoiselle 
Vinton de Dudley. En peu de temps, il changea son nom de Roy 
en celui de King, et disparut bientot de la colonie. 

De 1865 a 1870, comme les families canadiennes arrivaient de 
plus en plus du Canada, plusieurs medecins ou pretendus mede- 
cins, visiterent Southbridge, dans le but d'y demeurer; tels que le 
Dr. Cotrel, Ouse, Trudeau, Dudevoir, Douray, Duverger et autres, 
mais ils ne resterent que peu de temps avec nous. 

En 1869, le Dr. M. G. Fontaine, originaire de St. Hugues, Ca- 
nada, jeune medecin, vint s'etablir ici; c'etait des les debuts de la 
paroisse de Notre-Dame, pour laquelle il montra un zele digne de 
mention. II fut aussi le premier president de la Societe St-Jean- 
Baptiste. En 1871, il alia demeurer a Millbury, Mass., ou il avait 
deja reside, et plus tard il s'en retouma a St. Guillaume, Canada, 
ou apres plusieurs annees de pratique, il mourut. 

En 1870, le Dr. Laciserais vint s'etablir a Southbridge et s'ins- 
talla sur la rue Union, dans I'ancien presbytere, voisin de la de- 
meure du Rev. P. LeBreton; il demeura a Southbridge un peu 
plus d'un an. 

En 1870 aussi, le Dr. Fr. X. Gauthier arriva a Southbridge 
pour y demeurer. Notre compatriote fut toujours tres estime ici, 
car dans bien des circonstances, il se prodigua de toutes manieres 
pour le bien-etre de ses concitoyens. En I'annee 1879 et en 1881, 
la variole affligea plusieurs de nos families canadiennes et ce fut 
pendant cette epidemie surtout que le Dr. Gauthier s'est devoue, 
corps et ame, pour la population de Southbridge. II est decede le 
12 fevrier 1913, apres avoir pratique a Southbridge pendant 
quarante-trois ans. 

Dr. C. V. Clement — Dr. Dutrisac. 

En 1872, le Dr. C. V. Clement, venant de Montreal, vint s'eta- 
blir parmi nous; il demeura environ deux ans, et partit en 1874 
pour retourner a Montreal. En 1873, le Dr. Dutrisac, ne a Que- 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 117 

bee, mais pratiquant son art a Meriden, Conn., arriva a South- 
bridge, dans le but probablement de remplacer le Dr. Clement. II 
regut un bon accueil du Rev, P. Brochu, car tous deux etaient con- 
freres de college, mais son sejour fut de courte duree. 

Dr. Theophile Belanger, 

Le Dr. Theophile Belanger, naquit a Murray Bay, P. Q. 
Jeune medecin et doue de talents, il arriva ici vers 1875 et pen- 
dant son sejour a Southbridge, il acquit une reputation des plus 
enviables. II prit une part active au mouvement national; bon 
medecin, bon orateur, acteur consomme, et d'un devouement sans 
bornes. En 1876, il aida a la formation du "Cercle Canadien." 
II favorisa les societes nationales, et aussi la naturalisation des 
notres. La maladie cependant, qui le faisait souffrir depuis long- 
temps, le conduisit au tombeau le 7 fevrier 1883. 

Dr. J. A. Letourneau. 

Le Dr. J. A. Letourneau, naquit a St. Sebastien, P. Q., et 
arriva ici en I'annee 1883. II etablit une pharmacie au coin des 
rues Main et Chapin. Quelques annees apres il partit pour Mon- 
treal et Farnham, ou il mourut le 23 fevrier 1894. 

Dr. Joseph A. Robillard. 

En 1874, le Dr. Joseph A. Robillard, dont la famille demeu- 
rait a Southbridge, fut admis a la pratique de la medecine. II fut 
fondateur du ''Cercle Canadien" et premier secretaire. II en fut 
aussi le directeur dramatique jusqu'a sa mort, survenue le 7 de- 
cembre 1884. II n'etait age que de 31 ans. Ce fut un choc 
douloureux pour les canadiens de Southbridge, qui estimaient 
beaucoup cet homme de devouement. Les paroissiens de Notre- 
Dame, perdaient en lui un de leurs chefs les plus devoues, qui tou- 
jours s'etait interesse a I'avancement de ses compatriotes, pro- 
diguant son temps et sa sante pour leur bien-etre, et s'efforgant 
de leur procurer des positions. Reellement sa carriere fut trop 
courte; nous n'entreprendrons point de faire le panegyrique de 
notre illustre confrere, mais nous nous contenterons de laisser 



118 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

parler iin de ses amis de coeur, dans un article qu'il a ecrit a I'occa- 
sion de sa mort: 

"La Mort d'un Patriate, 7 decembre 1884. 

"Un evenement terrible vient de plonger dans le denil et la 
desolation la population canadienne de Southbridge. Le Docteur 
J. A, Robillard est mort subitement samedi a cinq heures de 
I'apres-midi, laissant derriere lui une veuve eploree, quatre en- 
fants en bas age, et toute sa famille, c'est-a-dire tous ici, sans 
exception, tous ceux qui se disent Canadiens et par la naissance et 
par le nom. 

"Nous nous attendions si peu a ce coup imprevu que, ne sachant 
que depuis deux jours qu'il avait pris le lit et croyant seulement a 
une legere indisposition, c'est a peine si nous avions fait prendre 
de ses nouvelles. 'Le docteur est mieux disait-on; un rhume, du 
froid, dans quelques jours il sera completement remis.' Et sou- 
dainement le bruit d'un malheur affreux, invraisemblable, se re- 
pand. Le docteur est mort! 

"II n'entre pas dans mon intention d'ecrire ici un panegyrique 
ou de consacrer un long article a la memoire de celui qui n'est 
plus, Le moment serait mal choisi. Les grandes douleurs sont 
muettes. II nous est presque impossible aussi de decrire la cons- 
ternation qui regne ici. Le spectacle qu'offrent les salles du Cercle 
Canadien de Southbridge, an nom duquel ces lignes sont ecrites, 
ce spectacle, disons-nous, est navrant. Les membres arrivent, on 
s'aborde, on se serre la main et on pleure. C'est que c'est ici sur- 
tout que sa perte est et sera ressentie de la maniere la plus vive. 
II n'etait pas seulement un des fondateurs, un des membres, il 
etait I'ame, la vie du cercle. Ce n'etait pas de I'interet, mais bien 
du devouement dont il fit toujours preuve a notre egard. Que de 
fois nous I'avons vu, apres avoir passe la journee et la nuit aupres 
des malades, venir fatigue, extenue, et cependant toujours souri- 
ant, apporter ses conseils et assister aux repetitions dont il etait 
le directeur. Aimable envers tous, toujours pret a rendre service, 
ne sachant jamais dire non, sa bonte, son abnegation I'a emport6. 

"Instabilite des destinees humaines! Mysteres insondables! 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 119 

II y a huit jours, la salle de repetition du cercle etait animee, on 
travaillait pour la representation qui doit — que dis-je? qui devait 
etre donnee prochainement. Le docteur etait la guidant, encoura- 
geant par la parole, par les actes. 'Messieurs, nous disait-il, il 
faut jouer le 24. Les Canadiens nous attendent, soyons dignes 
d'eux, soyons dignes de nous.' Aujourd'hui, dans cette meme 
salle, on repete: ce n'est plus d'une scene, d'un acte qu'il s'agit, 
c'est du chant. Des voix graves se font entendre, ce n'est pas du 
frangais, c'est du latin, I'orpheon du cercle repete la messe des 
morts, et Monsieur Ernest Decelles, le directeur, les larmes aux 
yeux dit: 'Mes amis, travaillons, il faut que cette messe soit chan- 
tee, imitons son exemple, mettons toutes nos forces, toute notre 
ame, soyons dignes de lui.' Encore une fois, I'emotion profonde 
que nous eprouvons en ce moment nous empeche d'ecrire plus 
longuement. 

"Les funerailles de notre ami auront lieu ce matin, mardi, a 
9 heures." 7 decembre. 



120 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE VI. 

Dr. V. St. Germain — Dr. Ovide Morasse. 

Le Dr. Valmore St. Germain, vint s'etablir a Southbridge au 
mois de decembre 1884. Les canadiens de cet endroit furent 
tres heureux de I'accueillir parmi eux, car il avait des qualites 
remarquables comme medecin, litterateur, chantre et musicien. II 
alia s'etablir plus tard a West Warren et Fall-River. 

Le Dr. 0. Morasse, venant de Sorel, sa paroisse natale, arriva 
a Southbridge au mois de fevrier 1885. Bon medecin, il se fit 
rapidement une clientele des plus enviables; il s'occupa beaucoup 
de questions nationales. Membre actif du Cercle Canadien, en 
differentes occasions il donna des entretiens, des causeries, des con- 
ferences sur des sujets d'actualite. Lorsque Riel fut pendu en 
1885, il fit adopter des resolutions de protestation par le Cercle 
Canadien, contre le gouvernement canadien. Ces protestations 
firent grand bruit, et furent commentees par plusieurs journaux 
du Canada. Plus tard il eut quelques demeles avec Mgr. Brochu, 
qui creerent une penible sensation parmi les paroissiens. Ces 
differends avec le cure ne lui porterent pas chance, et il dut partir 
pour Putnam, Conn., ou il mourut en 1918. 

Dr. A. Buissiere — Dr. Joseph Alberic Genereux. 

En 1885 le Dr. A. Buissiere vint demeurer parmi nous; il avait 
fait de brillantes etudes, exerce son art dans differents hopitaux, 
et fut toujours reconnu comme un chirurgien habile, mais ne de- 
meura pas longtemps parmi nous. 

Le Dr. Joseph A. Genereux, ne a Drummondville, P. Q., en 
1860, frequenta le college de Trois-Rivieres, I'ecole Normale de 
Montreal et le Bowdoin College de Brunswick, Me., ou il obtint 
ses brevets de medecin, et vint s'installer parmi nous en 1886. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 121 

Pendant les vingt-cinq annees qu'il passa a Southbridge, il prit une 
part active aux affaires politiques de ce village, et fut un fervent 
adepte de la naturalisation. II occupa plusieurs positions impor- 
tantes, faisait partie du bureau d'hygiene et de la commission sco- 
laire pendant plusieurs annees. II se devoua beaucoup a I'avance- 
ment de nos societes nationales, fut I'un des membres fondateurs 
des Chevaliers St. Pierre, du Conseil Rochambeau, et delegue de 
Southbridge au premier congres de I'Union St-Jean-Baptiste, au 
mois de mars 1900. II declina I'honneur d'etre le medecin general 
de cette societe. II mourut le 25 decembre 1911, regrette de tous. 

Dr. Alfred Gagnon — Dr. J. A. Pontbriand — Dr. J. E. Farland. 

Le Dr. Alfred Gagnon, ne a Trois- Rivieres, Canada, et demeu- 
rant a cette epoque a Woonsocket, R. I., arriva a Southbridge en 
1887. II ne demeura que six mois ici. 

Le Dr. J. A. Pontbriand, natif de Sorel, vint a Southbridge en 
1890. Ce jeune homme, qui avait fait de fortes etudes, ne manqua 
point de jouir d'une grande popularite ici. En 1893, il partit pour 
le Canada avec sa famille; il demeure presentement a Sorel, ou il 
exerce encore son art. 

Le Dr. J. S. E. Farland est ne a Lanoraie, P. Q., et arriva pour 
s'installer ici en 1891. Comma il y avait en ces temps-la, a South- 
bridge, un bon nombre de families venant du comte de Berthier, 
et comme le nouveau medecin y trouva meme des parents et des 
amis, il ne tarda pas a se faire une forte et solide clientele. Pen- 
dant son sejour ici, comme il avait beaucoup d'aptitudes pour la 
musique instrumentale, il organisa un orchestre et une fanfare. II 
dirigea aussi, pendant quelque temps, le choeur de chant de la 
paroisse Notre-Dame. C'est avec regret que ses amis le virent 
partir en 1901 pour Lanoraie, ou il demeure actuellement. 

Dr. L. E. Dionne — Dr. Louis Elzear Leriche — 
Dr. Joseph G. E. Page. 

Venant de North Brookfield, sur I'invitation de plusieurs amis, 
le Dr. Dionne vint etablir un bureau de consultation a South- 
bridge, en 1892. Habile medecin et a la fois bon musicien, il se 



122 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

crea bientot un nombreux cercle d'amis. Le Dr. Dionne fut direc- 
teur du choeur de chant, et son epouse Mde. Alice Bardy, organiste 
de la paroisse pendant deux ans. Apres ce laps de temps, le Dr. 
Dionne retouma a North Brookfield, puis a Ware, ou il demeure 
encore jouissant d'une forte clientele. II jouit aussi de la haute 
estime de ses concitoyens, qui a plusieurs reprises Font elu a diffe- 
rentes charges municipales. 

En 1897, le Dr. Louis Elzear Leriche, natif de Montreal, arriva 
parmi nous pour s'etablir. II avait une bonne clientele, mais 
nous quitta I'annee suivante pour retourner au pays natal. 

Le Dr. Joseph G. E. Page, ne a Sorel, P. Q., fit ses etudes au 
College de St. Hyacinthe, et son cours de medecine a Montreal. 
II arriva a Southbridge en 1898. Son habilete, comme medecin, 
I'a place en peu de temps a la tete de ses concitoyens, qui lui 
prouverent leur consideration en I'elisant a plusieurs charges im- 
portantes. II fut conseiller de la municipalite, membre de la com- 
mission scolaire, du comite de la bibliotheque, etc. Le Dr. Page 
possede encore aujourd'hui une forte clientele et jouit de I'estime 
generale; ses manieres affables, son sourire traditionnel lui gagne- 
rent facilement de nombreux amis. 

Dr. Oswald Gregoire — Dr. Joseph Chagnon. 

Le Dr. O. Gregoire naquit a Joliette, P. Q. En 1898 ce jeune 
dentiste vint s'etablir ici; il avait fait ses etudes au college de sa 
ville natale, et vint demeurer d'abord a Pawtucket, R. I., Holyoke 
et Fall-River, II fit son cours dentaire a I'Universite de Mary- 
land, oil il obtint ses brevets avec grande distinction. Le 8 juillet 
1912, le docteur, quoique bien jeune encore, fut enleve a I'affec- 
tion de sa famille et de ses nombreux amis et admirateurs. 

En 1899, le Dr. Joseph Chagnon, natif de St. Hyacinthe, qui 
avait exerce son art a Fall-River, Mass. et en d'autres centres de 
la Nouvelle-Angleterre, arriva parmi nous. Son sejour ici fut re- 
lativement court, car en 1901 il partit pour New-Bedford et de- 
meura ensuite a Willimantic, ou il mourut en 1917. 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 123 



CHAPITRE VII. 

Medecins {suite). 
Dr. Rodolphe Goyer — C. /. Bisaillon — Dr. Arthur Chaussee. 

Le Dr. Rodolphe Goyer, ne a St. Remi, Canada, vint ici en 
1900; pendant les quelques annes qu'il passa a Southbridge, il se 
se devoua de toutes manieres a I'avancement de nos societes na- 
tionales. Bon orateur, il n'a jamais refuse de prendre la parole 
pour la defense de nos institutions et a I'avancement des notres, a 
genereusement prodigue et son devouement et sa sante. En 1905 
il alia faire des etudes speciales a Paris et a son retour s'installa 
a Springfield, puis deux ans apres partit pour la metropole cana- 
dienne. 

Le Dr. C. J. Bisaillon est ne a Stafford Springs, Conn., et en 
1901 etait parmi nous. II partit bientot pour Athol. 

En 1903, le Dr. Arthur Chausse, ne a New-Bedford, etablit un 
bureau sur la rue Chapin, dans I'elifice de la pharmacie St. Onge, 
mais retouma a New-Bedford apres quelque semaines de pratique. 

Dr. Pomerat — Dr. Edgar Smith — Dr. J. A. Robinson. 

En cette meme annee, 1903, le Dr. C. M. Pomerat s'installa a 
Southbridge, et pendant un certain temps demeura sur la rue 
Mechanic, oil il ouvrit un dispensaire. Membre du Cercle Cana- 
dien, il donna a differentes epoques des conferences interessantes 
sur des sujets d'actualite. II partit pour Spencer en 1910. 

Le Dr. Edgar Smith ouvrit un bureau ici en 1906, rue 
Mechanic. II ne fut que quelques mois parmi nous. 

En 1908, le Dr. J. A. Robinson, ne a Champlain, N. Y., arriva 
a Southbridge; quelques annees plus tard il etait a Fiskdale et 
mourut a Indian Orchard en 1918. 



124 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Dr. Joseph Donais — Dr. S. J. Benoit — Dr. E. Robillard. 

Apres avoir fait son cours de medecine a I'Universite Laval de 
Montreal, notre compatriote, le Dr. J. Donais, vint exercer son art 
dans notre ville, ou il jouit d'une excellente reputation et d'une 
clientele enviable. A plusieurs reprises il a ete elu membre du 
bureau de sante, poste qu'il occupe encore. II est aussi medecin 
des pauvres pour Southbridge. 

En 1908, le Dr. Benoit vint resider ici, venant d'Holyoke; en 
1910 il alia demeurer a Lowell, puis en 1914 il vint etablir ici, sur 
la rue Chestnut, un hopital temporaire. L'idee etait belle, mais 
malheureusement il n'a pas ete seconde dans ses efforts; on n'a 
pas compris sa pensee. Au printemps de 1915, il alia demeurer a 
Worcester, et a Gardner en 1917. Quelque temps apres, il s'en- 
rolait dans I'armee reguliere, a titre de chirurgien-en-chef , et passa 
en France. II a ete blesse a plusieurs reprises, et a couvert de 
gloire et sa famille et ses concitoyens. II est maintenant a 
Gardner. 

En 1908, le Dr. Robillard, dentiste, s'etablit a Southbridge; il 
partit bientot pour North Adams, et Lowell oil il demeure actuelle- 
ment. 

Dr. Chas. Tetreault — Dr. Chas. Simpson — Dr. Eug. Tetreault. 

Le Dr. Charles Tetreault est ne a Danielson, Conn., le 17 sep- 
tembre 1876, de I'union de Fr. X. Tetreault et de Celina St. Onge. 
II frequenta d'abord les ecoles municipales, puis suivit les cours 
de I'Universite Brown, Providence. II fit son cours de medecine 
a I'Universite Yale, et regut ses brevets en 1906. Pendant quel- 
ques annees il pratiqua sont art dans divers hopitaux puis s'enrola 
dans I'armee americaine, et fut envoye aux lies Philippines, oil il 
regut le grade de chirurgien-major. Apres ses annees de service, 
il alia suivre un cours special a Vienne, en Autriche. A son re- 
tour en 1911, il ouvrit un bureau de consultation a Southbridge. 
En 1918, il s'enrola de nouveau dans I'armee, avec le grade de 
capitaine. II fut licencie au mois de decembre de la meme annee, 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 125 

et depuis, est retoume a son bureau, jouissant d'une clientele en- 
viable. 

Le Dr. Charles Simpson est ne a Millbury le 4 septembre 1877, 
de Joseph Simpson et de Rose Huard. Encore tout jeune il vint 
a Southbridge; plus tard il partit pour le College de Ste. Therese, 
puis entra a I'Universite Laval de Montreal, pour y suivre les 
cours de medecine. Apres avoir regu ses brevets en 1904, il 
pratiqua son art pendant quelques annees a I'hopital Notre-Dame 
et a I'Hotel-Dieu a Montreal, et aux hopitaux de Worcester et de 
Boston. II ouvrit un bureau ici en 191 1, et grace a son experience 
et a son urbanite, il jouit d'une excellente reputation comme 
citoyen et comme medecin. 

Le Dr. Eugene Tetreault est ne a Southbridge le 27 mars 1887. 
Apres des etudes preliminaires ici, il suivit les cours de I'Universite 
Harvard, et regut ses brevets en 1917. II ouvrit un bureau a 
Southbridge, et quelques mois apres s'enrola dans I'armee ameri- 
caine, dans le corps medical. Le service ne lui fut point favorable, 
puisqu'il contracta au camp, une maladie qui le mena au tombeau, 
le 11 Janvier 1919. Honneur a celui qui donna sa vie genereuse- 
ment pour la patrie! 

Le Dr. Roch Lepage, est ne a Montreal, le 16 aoiit 1886, de 
J. Z. Lepage et de Anna Charest. Eleve des Freres Maristes a 
New- York, puis du College Ste. Marie de Monnoir, Canada, il 
alia a I'universite dentaire de Baltimore, oil il obtint ses diplomes 
en 1908. II alia ouvrir un bureau a Rumford Falls, Me., en 1912, 
puis vint ici, oil il tient un bureau de premier ordre. 

M. P. Tetreault, est ne a Southbridge, le 6 septembre 1890, de 
F. X. Tetreault et de Celina St. Onge. II frequenta I'Universite 
Clark de Worcester, oii il regut ses degres en 1912, et en cette 
meme annee accepta la position de "Professeur de Biologie" a 
I'Universite de Lafayette, Indiana, ou il enseigne actuellement. 

M. H. Tetreault, frere de Charles, Eugene et Philippe Te- 
treault, est ne a Danielson, Conn., le ler Janvier 1881. Gradue 
de I'ecole superieure, il alia suivre les cours de droit au "Boston 
Law School," et fut admis au barreau en 1917. 

M. Arthur Gravel, est ne a Southbridge, le 10 decembre 1884, 



126 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

de Horace Gravel et de M. Louise Lord. Apres avoir frequente 
les ecoles paroissiales, il fut eleve du College Ste. Therese, Canada. 
II suivit les cours de I'Universite de Maryland, et obtint ses bre- 
vets de dentiste en juin 1909. II alia s'installer a New-Bedford, 
et eut un bureau a New- York pendant six ans. Le ler mars 1917, 
il ouvrit im bureau a Southbridge, ou il demeure presentement. 

Le Dr. H. L. Desmarais, est ne a Millbury le 9 fevrier 1886, 
de L. F. Desmarais et de M. Louise Lussier. II fit son cours 
dentaire a I'Universite de Philadelphia et de Baltimore. II regut 
ses diplomes en 1909, et apres avoir pratique son art a Providence 
et a Worcester, ouvrit un bureau a Southbridge, en septembre 
1915. 

Le Dr. H. Peloquin, est ne a Southbridge le 24 aout 1883, de 
I'union d'Adolphe Peloquin et de Clara Lord. II frequenta les 
ecoles paroissiales, le Seminaire de Trois-Rivieres, Canada, le Col- 
lege Mont St. Louis de Montreal, et le College Holy Cross, Wor- 
cester. II etudia ensuite I'art dentaire a I'Universite du Mary- 
land, et il obtint son diplome en 1910. L'annee suivante il suivit 
des cours speciaux dans I'art dentaire; il pratiqua ensuite a Lowell, 
Mass., et en 1913 s'installa parmi nous. 

Irene Celeste Thresher, D.M.D., fille de W. S. Thresher et 
d'Hermine Leclair est nee a Brookfield, le 14 septembre 1895; 
apres avoir frequente les ecoles municipales elle entra au College 
Tufts de Boston, ou elle suivit un cours dentaire, et ou elle obtint 
son diplome au mois de juin 1919. Son bureau est dans I'edifice 
Whitford. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 127 



CHAPITRE VIII. 

Journaux a Southbridge. 

A partir de 1838, jusqu'a nos jours, un grand nombre de revues 
et de journaux frangais furent fondes aux Etats-Unis; les uns sont 
aujourd'hui tres prosperes, mais la plupart n'ont vecu que le temps 
des roses, malgre les sacrifices inouis de certains compatriotes. 
Southbridge a eu aussi ses experiences. Au mois d'aout 1872, 
Clement Desmarais, natif de Montreal, ou il fit ses etudes, et 
qui etait employe dans un magasin dans notre ville, fonda un 
journal, qu'il avait baptise "L'Etoile de I'Est," journal hebdoma- 
daire. Mais dans I'espace de quelques semaines "I'etoile fila vers 
Vest" pour ne plus reparaitre. Le redacteur lui-meme s'en alia a 
Woonsocket, oil il entreprit de publier un autre journal nomme 
"La Guepe," et qui en peu de temps disparut a son tour. 

En 1881-82 et 83, le "Southbridge Journal," dont George 
Whitaker etait le proprietaire, reproduisait plusieurs extraits ecrits 
en frangais, par le Dr. J. A. Robillard, Arthur Sicotte, et quelques 
autres. Cette innovation eut le don de plaire immensement a nos 
concitoyens, et contribua beaucoup a augmenter la circulation de 
cette feuille locale. 

En 1896, M. C. Daoust fonda "Le Patriote" a Southbridge, ce 
qui in vita un grand nombre de nos compatriotes du village d'en- 
courager le mouvement, en faisant publier des annonces. Mais 
helas ! une si belle entreprise ne pouvait pas durer bien longtemps, 
car apres quelques semaines, on apprit que le proprietaire etait 
alle tenter fortune ailleurs, laissant derriere lui le souvenir des an- 
nonces et des abonnements payes d'avance. II publia aussi "La 
Patrie Nouvelle," et en 1897 le "Citoyen." 

En 1903, J. B. Belisle, ne a St. Aime, Co. de Richelieu, ou il 
avait fait ses etudes, apres avoir demeure quelque temps dans le 



128 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Rhode Island, arriva a Southbridge, et peu de temps apres, fonda 
le journal "L'Ouvrier," qui devint bientot populaire, a cause des 
nouvelles interessantes et des articles de redaction. 

M. Belisle avait fait un cours brillant, et sa plume etait habile, 
car il aimait beaucoup la litterature. Quelques mois apres la fon- 
dation de son journal, M. Belisle fut appele dans sa famille, au 
Canada, et le journal disparut. 

Des les premiers temps a Southbridge, on recevait surtout les 
joumaux du Canada. Mais des 1870, quelques canadiens rece- 
vaient "La Voix du Peuple" de Manchester, organe qui disparut 
bientot. Plus tard, le "Foyer Canadien," le "Travailleur," le 
"Jean-Baptiste," et depuis bien des annees "L'Opinion Publique," 
furent les feuilles encouragees par nos compatriotes. Aujourd'hui 
"L'Opinion Publique," qui a toujours pris nos interets munici- 
paux et qui a un tirage assez considerable, est reconnue comme 
1 'organe officiel des franco-americains de Southbridge. 




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DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 129 



CHAPITREIX. 

Patriotisme — Nos Soldats. 

Ceux qui seraient tentes de traiter les canadiens-frangais de 
laches et de poltrons, pourront voir par les details qui suivent 
qu'ils se trompent enormement. II y aurait certes un beau cha- 
pitre a ecrire sur I'abnegation, le devouement, I'esprit de sacrifice 
et le patriotisme des "Southbridgeois." Quand le pays a eu besoin 
de defenseurs, quand a I'horizon on a vu apparaitre de sombres 
nuages, qui presageaient la tempete, quand le noble drapeau qui 
abrite nos vies, courait risque d'etre insulte, nos compatriotes 
n'ont pas fait la sourde oreille. Au premier appel, au premier cri 
d'alarme, la patrie les a vus voler avec promptitude a son secours, 
et un bon nombre d'entre eux moururent pour sauvegarder nos 
droits, couvrant ainsi de gloire leurs noms, leurs families et leurs 
concitoyens. 

Lors de la guerre civile en 1861, il y avait deja un assez fort 
contingent de canadiens-frangais aux Etats-Unis. Cependant, ils 
n'y etaient pas depuis assez longtemps pour etre forces par la loi 
de prendre les armes. Comme on offrait a ceux qui voulaient 
s'enroler, des primes assez allechantes, plusieurs s'empresserent, 
non pas seulement a cause de ces offres, mais par patriotisme, 
d'endosser I'habit militaire. On pretend qu'au moins 40,000 cana- 
diens-frangais se sont enroles dans I'armee du Nord. II y en avait 
meme qui venaient du Canada, expressement pour cela. A South- 
bridge, bien que les canadiens fussent relativement peu nombreux, 
plusieurs concitoyens firent le sacrifice de quitter leurs foyers pour 
defendre I'honneur national. A force de recherches ardues, nous 
avons pu nous procurer une partie des noms de ceux qui partirent, 
y compris plusieurs qui venant de Woodstock, Conn., apparte- 
naient a des families de Southbridge. 



130 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Void: Augustin Benoit Co. D, 8e Reg. d'Infanterie; Pierre 
Benoit, Co. D, 8e Reg. d'Infanterie; Frank Benoit, Co. G, 60e 
Reg. d'Infanterie; Joseph Bourassa, Charles et Edouard Bourassa 
(trois freres), Joseph Bouvier, Charles Bouthillette, Louis Bolduc, 
Antoine Dionne, Cyrille Giard, Louis Giard, Gabriel Hetu, Fran- 
gois et Jean Hetu (trois freres), Louis B. Lariviere, Co. G, 24e 
Reg. d'Infanterie. 

Pierre Lariviere, Andre Langevin (Co. G, 36e Reg. d'Inf.), 
Jules Lambert (6e Batterie), Fabien Lescarbeau, Israel Ledoux, 
Victor Leveille (enrole dans le Vermont), Adolphe Lapierre, Joseph 
Lapierre, Olivier Lapierre, Pierre Giroux (enrole dans le Connecti- 
cut), John M. Lucier (Co. D, 4e Regiment), Philippe Lucier, 
Pierre Aucoin, Thomas Aucoin, P. Palardy, Paul, Isaac et Pierre 
Potvin (trois freres), Charles Provost, Salomon Paul, Paul Sa- 
bourin (Co. A, 24e Reg. d'Inf), Antoine Sabourin, Robert St. 
Martin. 

Emma Riendeau s'enrola dans I'armee a titre d'operatrice de 
telephone et comme garde-malade, au mois de juin 1918, et traversa 
en France le meme mois, avec un groupe d'une vingtaine de cana- 
diennes-frangaises qui s'enrolerent en meme temps qu'elle. Elle 
est la sceur du sergent A. J. Riendeau, le premier soldat de South- 
bridge tombe au champ d'honneur, le 7 juin 1917, apres avoir ete 
decore de la croix de guerre par le general Pershing pour distinc- 
tion et bravoure sur les champs de bataille. 

Guerre Hispano-Americaine. 

Lorsqu'eclata la guerre Hispano-Americaine en 1898, le 6e re- 
giment du Massachusetts, auquel appartenait la Co. K de South- 
bridge, fut appele sous les drapeaux, et comme il y avait a cette 
epoque un grand nombre de franco-americains de Southbridge, qui 
faisaient partie de cette compagnie, ils prirent part a differentes 
batailles, a Cuba, Porto Rico. A San Juan, le bataillon auquel 
appartenait la compagnie K, etait en tete de la ligne de bataille, et 
a un jeune canadien de Southbridge, revient I'honneur d'avoir ete 
le porte-etendard pendant cette bataille, qui fut une veritable 
victoire pour les soldats du Nord. Ce jeune canadien qui se cou- 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 131 

vrit ainsi de gloire, etait Alexandre Montminy. En outre, plu- 
sieurs canadiens de ce village etaient a I'honneur. 

Void leurs noms: 

W. P. Lacroix, lieutenant, Co. K, 6e Regiment. 

Frank Bonnette, Emery Rheaume, Napoleon Phaneuf, ser- 
geants, Co. K, 6e Regiment. 

Alexandre Montminy, porte-drapeau. 

Co. K, 6e Regiment. 

Albert J. Martin, musicien Omer Galipeau 

Joseph Ducharme Napoleon Garceau 

Narcisse Allard Fred. N. Gelineau 

Antoine Belanger Pierre Laplante 

James Benoit Henri Laprade 

George E. Bouthillette George G. Loiseau 

John B. Caplette Alexandre Paquin 

Albert Chapdelaine Pierre Peloquin 

Philippe Duhamel Paul Pelletier 

Guerre Mondiale—19l4-191&. 

Longtemps avant que les Etats d'Amerique aient declare la 
guerre a I'Allemagne et ses allies, des milliers de canadiens-fran- 
Qais avaient deja ete s'enroler dans les armees des allies, pour le 
triomphe de la liberte, du droit et de la justice. lis en agissaient 
ainsi, non seulement pour faire mentir nos detracteurs et nos ca- 
lomniateurs, mais parce que le noble sang frangais qui coulait 
dans leurs veines, les poussait a secourir la vieille mere-patrie 
en danger. 

Mais lorsqu'enfin il fallut repondre a I'insolence de I'Allemagne, 
en lui declarant la guerre a notre tour, le nombre des volontaires 
s'accentua davantage. Les canadiens de Southbridge ne furent 
pas moins genereux que leurs freres de la Nouvelle-Angleterre. 
Sans attendre I'appel, plusieurs se donnerent volontairement a 
leur pays. Bien des foyers furent eprouves, bien des meres virent 
a regret un ou deux de leurs fils quitter le toit paternel. Jamais, 
non jamais, il y avait eu une pareille guerre, le sang coulait a flots. 



132 



HISTOIRE DES FIL\NXO-AMERIC\INS 



rougissant le sol de la vieille Europe, La conscription vint en- 
suite arracher de leurs families, les fils, les freres et les epoux 
memes. 

Nos jeunes se montrerent a la hauteur de leur position et pas 
un seul chercha a eviter les lois. II fallait tout quitter, les parents, 
les amis, le comfort de la vie; on ne pensa point a regarder en 
arriere, mais pour Dieu et la patrie on alia de I'avant. Pres de 
500 de nos compatriotes furent enroles ou conscrits. Seize deja 
ont fait le sacrifice de leurs vies,sont morts ou au champ d'honneur, 
ou dans les differents camps de concentration, au pays ou en 
Europe. 

On lira avec interet la liste qui suit: 



Adam, Herve 
Allard, Arthur 
Allard, Felix 
Allard, Leo W. 
Allard, Napoleon 
Allaire, Charles E. 
Anger, Louis F. 
Arcoite, Romeo 
Arpin, Charles 
Asselin, Deus 
Asselin, Josephat A. 
Bachand, Arthur 
Bachand, Arthur H. 
Bachand, Frank 
Bachand, Isaie 
Bachand, Leo J. 
Bail, Hernias 
Bail, Walter 
Bartelette, Edouard 
Basilieres, Armand 
Bastien, Arthur J, 
Beaudry, Alfred 
Beaudry, Ernest T. 



Beaudr^', Hector 
Beaudry, Jean-B. M. 
Beaudry, Napoleon j\I . 
Beaupre,Rudolphe H. 
Belanger, Arthur 
Belanger, Edgar 
Belanger, Joseph E. 
Belanger, Hector 
Belanger, Henri 
Belanger, Henry L. 
Belanger, Wilfrid J. 
Bell, Louis A. 
Benoit, Aime 
Benoit, Arthur R. 
Benoit, Ferdina 
Benoit, George B. 
Benoit, Irene 
Benoit, Joseph 
Benoit, Joseph P. 
Benoit, Osias 
Benoit, Raymond L. 
Benoit, Wilfrid 
Bernard, Edouard 



Berthiaume, Arthur E, 
Berthiaume,JosephN. 
Bertrand, Alphonse L. 
Bertrand, Arthur A. 
Bibeau, Adelard 
Bibeau, Adelard E. 
Bibeau, Georges 
Bibeau, Leo 
Biron, Georges A. 
Blain, Aloysius J. 
Blain, Josaphat C. 
Blais, Hector 
Boisvert, Stanislas 
Boiteau, Joseph E. 
Bombardier, Joseph A. 
Bombard, Joseph 
Bonneau, Georges 
Bonneau, P. Vitalis 
Bonnette, Antonio 
Bonnette, Omer N. 
Bonin, Henry J. 
Bonin, Wilfrid A. 
Boucher, Joseph A. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



133 



Boucher, Henry F. 
Boucher, Victor 
Boudreau, Joseph H. 
Boudriault, Israel 
Bourdelais, Charles A. 
Bouthillier, Arthur 
Bouthillier, Ed. R. 
Bouthillier, Leon D. 
Breault, Joseph A. 
Breault, Ulric 
Breault, Sylvia 
Briere, Henry 
Brodeur, Arthur 
Brodeur, Jean-B. 
Brodeur, Joseph B. 
Brousseau, Adolphe 
Brousseau, Frank 
Brousseau, John E. 
Brousseau, Chas. M. 
Brouillette, Alfred 
Brunelle, Edouard J. 
Cadorette, Noe S. 
Capistrand, Joseph 
Capistrand, Mau., Jr. 
Cardinal, Albert 
Careau, Arthur 
Carmel, Albert A. 
Caron, Armand L. 
Caron, Camille 
Caron, Charles A. 
Caron, Harry H. 
Carrette, William J. 
Castonguay, Alphonse 
Castonguay, Geo. E. 
Chagnon, Joseph A, 
Champagne, Alfred 



Champagne, Fr. M. 
Champagne, F. Earl 
Champagne, Ovila 
Champeau, Amos 
Champigny, Henry 
Chartier, Hormisdas 
Charron, Wilfrid 
Chouinard, Joseph R. 
Cloutier, Edouard 
Coderre, Ernest 
Coderre, Joseph C. 
Coderre, Oscar J. 
Coderre, Telesphore 
Collette, Hector 
Corriveau, Archie 
Cournoyer, Dorila 
Couture, Patrick 
Craite, Hermenegilde 
Craite, Peirre 
Daigle, George 
Daigneault, Ernest 
Daigneault, Joseph 
Daigneault, Rene 
Daniels, Charles 
Dansereau, Albert 
Dauphinais, Adelard 
D'Aoust, William 
Delage, Antonio 
Demers, Anatole 
Demers, Placide 
Demers, Hector 
Demers, Joseph 
Demers, Omer 
Demers, Leo A. 
Denault, Joseph 
Desaulniers, Clovis 



Desaulniers, Egile 
Desaulniers, Leo J. 
Desaulniers, Napoleon 
Desaulniers, Nap. T. 
Desautels, Adelard 
Desmarais, Joseph 
Desmarais, John 
Desmarais, Samuel 
Desmarais, Vaslas 
Desplaines, Odilon 
Desrosiers, Joseph E. 
Desrosiers, Ernest A. 
Desourdy, Joseph A. 
Dion, Albert 
Donais, Adelard 
Donais, Ernest 
Donais, Fred 
Donais, Joseph R. - 
Donais, Parmelius 
Dube, Adelard 
Dube, Alfred 
Dube, Arthur 
Dube, Joseph C. 
Ducharme, Napoleon 
Duclos, Leo A. 
Dufault, Alphonse 
Duhamel, Adelard 
Duhamel, Napoleon 
Dumas, Felix 
Dumas, Leo O. 
Dumas, Wilfrid 
Dumas, William 
Dupaul, Armand M. 
Dupaul, Henry 
Dupre, Alcide 
Duquette, Adelard 



134 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



Duquette, Alonzo 
Duquette, David H. 
Duquette, Elie 
Duquette, Leo L. 
Durocher, Rosario 
Duteau, John H. 
Farland, Albert L. 
Favreau, Gilbert N. 
Ferron, Adelard M. 
Fontaine, Alfred 
Fontaine, M. Arthur 
Fontaine, Georges J. 
Fontaine, Joseph 
Fontaine, Leo J. 
Fontaine, Paul 
Forgues, Georges J. 
Fore, Leo J. 
Fortier, Napoleon 
Fournier, Alfred J. 
Frenier, Basile 
Gagnon, Wilfrid 
Galipeau, Lionel 
Gallant, Leo J. 
Gamache, Leo 
Garceau, Charles E. 
Garceau, Leo 
Garceau, Wilfred J. 
Gaumond, Edward 
Gatineau, Georges 
Gaudette, Agenard 
Gaudette, Albert 
Gaumond, Armand L 
Gaumond, Lionel 
Gauthier, Joseph 
Gendreau, Armand 
Genereux, J. Arthur 



Genereux, Omer 
Germain, Frangois X. 
Gervais, Joseph T. 
Gibeault, Henri 
Girard, Alphonse 
Girard, Ernest 
Girard, Georges 
Girard, Louis 
Girard, Wilbrod 
Girouard, Frank 
Girouard, Jean-Bte. 1 
Girouard, Jean-Bte. 2 
Girouard, Joseph 
Girouard, Pierre 
Girouard, Wilfrid 
Giroux, Joseph 
Grandmaison, Rene 
Gregoire, Henri J, 
Gregoire, Joseph 
Gregoire, Romeo 
Gregoire, Ubald 
Gregoire, Wilfred 
Guertin, Renaldo W. 
Guillette, Leo M. 
Guilmette, J. Alphonse 
Hebert, Raoul 
Hebert, W. G. 
Hetu, Georges O. 
Houle, Ovila 
Houle, Wilfrid 
Hufault, Joseph 
, Jalbert, Alexandre N. 
Julien, Wilfred 
Keroack, Eugene A. 
Kinic, Joseph A. 
Labelle, Arthur 



Labelle, Rudolphe 
Lachapelle, Daniel J. 
Lacroix, William C. 
Laflamme, Ephraim 
Lafleche, Alfred 
Lafleche, Arthur 
Lajoie, Joseph 
Laliberte, Arthur J. 
Laliberte, Cyrille 
Laliberte, Louis 
Lambert, Frank 
Lambert, Henry 
Lamontagne, James 
Lamontagne, Israel N. 
Lamothe, Leo G. 
Lamothe, Frank 
Lamothe, Nazaire 
Lamothe, Wilfred 
Lamoureux, Leo A. G. 
Langlais, Andronic 
Langlais, Napoleon 
Langlais, Paul 
Langevin, Edmond 
Langevin, Hector 
Langevin, Joseph Z. 
Langevin, Leo 
Langevin, Romeo 
Lapierre, Alpherie 
Lapierre, Leo N. 
Lapierre, Onesiphore 
Lapierre, Romeo 
Laporte, Alexis 
LaReau, Archille 
LaReau, Armand J. 
Lareau, Richard 
Laricheliere, Charles 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 



135 



Laricheliere, Geo. V. 
Lariviere, Alfred E. 
Lariviere, Joseph A. 
Lariviere, Rodolphe 
Lariviere, Walter E. 
Laroche, Joseph N. 
LaRochelle, Arthur I 
Larochelle, Philip H. 
Larochelle, Leo 
Latraverse, Donat 
Lataille, Albert 
Lavallee, Arthur 
Lavallee, Cyrille O. 
Lavallee, Euclide 
Lavallee, Georges 
Lavallee, Joseph 
Lavallee, Narcisse 
Lavallee, Ovila A. 
Lavigne, Aime 
Lavigne, Euclide 
Lavigne, Rene J. 
Lavoie, Armand H. 
Lavoie, Wilfrid 
Lazure, William 
Leboeuf, Romeo 
Leblanc, Arthur 
Leblanc, Edgar 
Leblanc, Joseph A. 
Leblanc, Emile N. 
Leblanc, Henry 
Leblanc, Ovila L. 
Leclair, Edouard E. 
Ledoux, Alfred 
Leduc, Telesphore 
Leduc, Rosario 
Lefebvre, John B. 



Lemire, Alfred 
Lemire, Antoine J. 
Lemmelin, EdmondE. 
Lemmelin, Leopold H. 
Lemmelin, Raymond 
Lemoine, Leo 
Lemoine, Victor 
Lepain, Arthur 
Lepain, Joseph D. 
Lepain, Louis G. 
Lepain, Ovila 
Lescault, Eugene 
Lescarbeau, Arthur 
Lescarbeau, Henry 
Lescarbeau, Francis 
L'Heureux, Alfred 
L'Heureux, Wm. T. 
L'Homme, Rudolphe 
Lippe, Oswald 
Livernois, Alfred 
Livernois, Amedee 
Livernois, Edmond 
Lizotte, Armand 
Lizotte, Joseph 
Lizotte, Philippe 
Loranger, Arthur 
Loranger, Leo 
Lorange, Henri 
Lucier, Arthur 
Mailhotte, Arcade 
Malo, Laurent C. 
Mandeville, Ernest 
Marchesseault, Geo. 
Marchesseault, Nap. 
Marcil, Archie 
Martel, Napoleon, Jr. 



Martin, Albert 
Martin, Alfred 
Martin, Arthur M. 
Martin, Joseph 
Matte, Archille 
Matte, Leo H. 
Maynard, Lionel 
Metras, Louis R. 
Metras, Paul E. 
Meunier, Arthur L. 
Morrisseault, Louis 
Montigny, Alfred 
Montville, Joseph S. 
Maure, Charles 
Maure, Joseph 
Morin, Alfred 
Morin, Henry 
Nadeau, Rosario 
Noel, Clarence 
Noel, David 
Ouellette, Elzebert J. 
Page, Ernest R. 
Page, Regis C. 
Paquette, Dom. S. 
Paquin, William 
Paradis, Joseph 
Parent, Emile J. 
Patenaude, Georges E. 
Paul, Napoleon A. 
Paulhus, Joseph Bte. 
Paulhus, Wilfrid 
Peck, Leo A. 
Pelletier, Alphonse 
Pelletier, Eugene J. 
Pelletier, John 
Peloquin, Alfred 



136 



HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



Peloquin, Aime 
Peloquin, Edouard L. 
Peloquin, Joseph M. 
Peloquin, Leo V. A. 
Peloquin, Narcisse 
Peloquin, Romain 
Perron, Omer 
Phaneuf, Remi 
Pinsonneault, Elzear 
Plante, Rosario 
Pleau, Claudio 
Ploude, Joseph 
Plouffe, Alberic 
Plouffe, Lionel 
Poirier, Louis 
Poirier, Stanley 
Pontbriand, Arthur D. 
Potvin, Alfred 
Potvin, Henry V. 
Potvin, William 
Poulin, Albert 
Poulin, Omer S. 
Prince, Georges 
Proulx, Anatole F. 
Proulx, Antonio J. 
Proulx, Armand 
Proulx, Edgar 
Proulx, Hermenegilde 
Proulx, Honorius J. 
Proulx, Joseph T. 
Proulx, Ovila 
Proulx, Rene J. 
Proulx, Romeo M. 
Proulx, Olivier 
Proulx, Theodore 



Proulx, Theodore F. X. 
Proulx, Theophile 
Provost, Edmond 
Provost, Wilfrid 
Riendeau, Arthur J. 
Roy, Leo 
Roy, Arthur A. 
Rochon, Joseph 
Robidoux, William 
Robidoux, Victor 
Robert, Reginald 
Robert, George B. 
Riopel, Wilfrid 
Richard, Theodore 
Richard, Raymond 
Rheaume, Amos 
Renaud, Orino 
Renaud, Leo 
Renaud, Georges E. 
Ravenelle, Nelson T. 
Ravenelle, Arthur 
Rajotte, Horace 
Racine, Emery 
Racicot, Rodolphe J. 
Riendeau, Arthur 
Savage, Euclide 
Savarie, Henry 
Simpson, Eugene 
Staves, Arthur 
Staves, Frank O. 
St. Onge, Joseph 
St. Onge, Philip T. 
St. Pierre, Herve 
St. Pierre, Joseph E. 



St. Pierre, Rosario J. 
Surprenant, Ed. H. 
Talbot, Herve 
Talbot, Joseph H. 
Talbot, Pierre 
Tetreault, Charles A. 
Tetreault, L. Eugene 
Tetreault, Eugene 
Tetreault, Valmore P. 
Theriault, Eugene 
Therrien, Valmore D. 
Therrien, Fred 
Therrien, Edward 
Therrien, Leon J. 
Thibault, Alphonse 
Thibault, Joseph H. 
Thibault, Victor 
Trahan, Ovide B. 
Trahan, Ovila 
Tremblay, Albert 
Tremblay, Alphonse 
Tremblay, Isidore 
Tremblay, Leo J. 
Tremblay, Wilfrid 
Tremblay, Wilfred R. 
Trudeau, Charles 
Trudel, Alphonse 
Vaillancourt, Albert A. 
Vary, Paul J. 
Vary, Isidore G. 
Varin, Raymond 
Vincelette, Albert A. 
Votour, Joseph 
Weeks, Albert S. 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 137 

Reflexions. 

Apres avoir parcouru cette longue liste, vous pouvez vous con- 
vaincre que les canadiens de Southbridge ont fait genereusement 
leur devoir dans cette guerre monstre, la plus sanglante que I'his- 
toire ait enregistree dans ses annales. 

C'est I'elite de notre jeunesse, qui s'est ainsi sacrifiee. A cette 
heure la plupart de ces jeunes gens sont revenus dans leurs foyers 
et ont repris leur ancien train de vie sans avoir eu d'autre expe- 
rience que celle d'avoir goute un petit peu a la discipline militaire. 
Ce qui a eu pour avantage de rendre un peu plus serieux certains 
jeunes gens qui etaient par trop legers et qui ne savaient rien du 
serieux de la vie. 

D'autres nous reviennent de plus loin, de la France heroique et 
ensanglantee ; plusieurs ont pris part aux batailles les plus achar- 
nees de la guerre, a Soissons, a Chateau-Thierry, a St. Mihiel et a 
Verdun. lis ont frole la mort de bien pres, ils ont vu couler le 
sang a fiots, et tous sont unanimes a dire qu'un miracle seul a pu 
les rendre sains et saufs a leurs families. II y en a meme qui 
souffriront jusqu'a leur dernier soupir, qui ressentiront dans leurs 
corps les effets machiaveliques de la barbarie allemande, tant qu'ils 
vivront. Infirmes, ou ressentant a tous les instants les effets 
nefastes du gaz allemand dans tous leurs membres, ces infortunes 
ont droit a notre veneration et a notre charite. Devant eux, cha- 
peaux bas! 

Et surtout devant la tombe de nos braves, qui ont depense ce 
qu'ils avaient de plus precieux, leur vie, pour nous epargner, pour 
proteger nos femmes et nos filles, nos foyers, nos eglises et nos 
institutions, avec un profond respect, inclinons-nous ! Jeunes 
canadiens, nos freres et nos fils, merci! Merci, au nom de vos 
peres, qui vous ont admires jusque dans la mort! Merci pour vos 
meres, qui vous ont vus partir les larmes aux yeux, et qui silen- 
cieusement et le jour et la nuit vous pleurent encore. Merci, au 
nom de vos freres et de vos sceurs, de vos amis, qui pourtant 
auraient tant aime sentir un jour votre cceur de brave battre 
contre le leur! A vos meres, qui vous attendent en vain, puis- 



138 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

que vos chers corps reposent a tout jamais dans le sein de la terre, 
nous offrons nos plus cordiales sympathies et le tribut de notre 
plus sincere admiration. 

Puisse Southbridge a tout jamais vous glorifier, vous honorer, 
et vous imiter nobles et braves coeurs! A tous ceux qui ont fait 
leur devoir, dans cette phase critique pour notre pays et le monde 
entier, "Merci!" 

Soldats franco-americains de Southbridge morts au champ 
d'honneur. 

Bibeau, Leo Girouard, Wilfred 

Bibeau, Adelard Girouard, Joseph B. 

Boisvert, Stanislas Lafleche, Arthur 

Desmarais, Samuel Proulx, Theodore 

Donais, Parmelius Proulx, Theophile 

Dufault, Alphonse Talbot, Pierre 

Fontaine, Paul Riendeau, Arthur 

Girard, Georges Tetreault, Dr. Eugene 

Soldats — Veterans de la "Guerre de Secession" — Quatre 
Survivants. 

M. Victor Leveille. 

M. V. Leveille est ne le 8 avril 1837, a Montreal. A 18 ans, 
il emigra a St. Albans, Vt., oil il fut employe sur une ferme. Le 
17 juin 1864, s'enrola dans la compagnie E, 9e regiment du New- 
Hampshire. II fut licencie au mois de juillet 1865, et demeure a 
Southbridge depuis trente-cinq ans. 

M. Pierre Giroux. 

M. P. Giroux, age de 78 ans, est ne a Lacolle, Canada; a I'age 
de quatorze ans il emigra a Woodstock, Ct. En 1862, il s'enrola. 
dans le 18e regiment du Connecticut; apres avoir ete blesse et 
avoir passe plusieurs mois dans les hopitaux, il fut licencie en 1864, 
et quelques annees plus tard, il s'installa a Southbridge. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 139 

M. Israel Ledoux. 

M. Israel Ledoux, est ne a St. Denis, P. Q., le 14 aout 1842; a 
I'age le dix ans il etait a Spencer, Mass. Le 14 fevrier 1862 il 
s'enrola dans Tarmee du Nord, et servit dans la cavalerie. II fut 
licencie apres la guerre, en decembre 1865, et demeure a South- 
bridge depuis vingt ans. 

M. Charles Provost. 

M. C. Provost est ne a Plattsburg, N. Y., en 1844; il s'enrola 
dans Tarmee du Nord, compagnie G, 5e regiment d'infanterie, fut 
licencie en 1865, et demeure a Southbridge depuis au-dela de 
trente ans. 



140 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE X. 

Nos Societes Nationales — La Saint-Jean-Baptiste. 

En 1869, lorsque la paroisse "Notre-Dame" fut fondee, les 
canadiens-frangais, qui a cette epoque etaient tres nombreiix, 
eprouvaient le besoin de se grouper en societe, afin de se mieux 
connaitre, s'entr'aider mutuellement et se proteger en cas de ma- 
ladie, et surtout lorsque la mort viendrait visiter leurs families. 

Le ler Janvier 1870, apres quelques assemblees preliminaires 
tenues auparavant, la Societe St-Jean-Baptiste de Southbridge, 
prenait naissance. 

Preamhule. 

"Parmi les rudes epreuves que I'emigre canadien doit supporter, 
se trouvent Tisolement et I'absence du pays natal. Etrangers les 
uns aux autres, venus de divers points de la Province de Quebec, 
les canadiens des Etats-Unis, englobes dans un element etranger, 
se trouvent cote a cote avec des individus, qui tres souvent ne 
partagent pas leurs habitudes et leurs coutumes, leurs foi et leurs 
aspirations. Par le fait meme, ils sont exposes a perdre rapide- 
ment leur caractere national, a oublier completement leur langue 
maternelle, et surtout a ne pas conserver le tresor de leur foi, de 
leur religion. Cependant, il existe un moyen efficace pour pre- 
server les notres de ce malheur, et de leur faire garder intact le 
depot sacre des traditions ancestrales. Ce moyen, cette planche 
de salut, c'est I'union des canadiens, c'est I'enrolement des notres, 
sous la meme banniere, representant une idee religieuse, f raternelle, 
et patriotique. La seulement est le salut de la nationalite cana- 
dienne-frangaise au Canada, comme a I'etranger." 

Les canadiens de Southbridge, ayant compris I'importance et 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 141 

la necessite de ce ralliement autour de la meme banniere, ont 
fonde le ler Janvier 1970, la Societe St-Jean-Baptiste de cette ville. 
Les idees genereuses qui ont donne naissance a la societe sont 
en substance, celles que nous avons rappelees ci-dessus: Secourir 
les membres malades, et nous entr'aider dans le malheur, conser- 
ver en un mot, tout ce qui constitue I'ame d'un peuple, la langue, 
les coutumes, la religion. 

Officiers Fondateurs de la Societe — Janvier 1870. 

President, Dr. M. M. G. Fontaine 

Vice-President, Georges J. Lamoureux 

Secretaire, Michel Surprenant 

Tresorier, Hermenegilde Bouthillette 

Secretaire Cor., Alex. Lataille 

Com. Ord., Azarie Lamoureux 

Directeur, J. B. L'Homme 

Directeur, Trefle Tetreault 

Directeur, Louis Dion 

Directeur, Amable Gervais 

Directeur, Gilbert Dupuis 

Comite de Surete, Hermenegilde Bouthillette 

Comite de Surete, Norbert Duval 

Comite de Surete, Marc Lachapelle. 

D'apres les registres, quatre- vingt-un membres ont ete enroles 
durant I'annee 1870 et c'est Monsieur J. B. L'Homme, un des 
membres du comite d'organisation de cette fete qui a le premier 
signe la constitution. 

Des la premiere annee, le 24 juin, les membres se rendirent en 
corps a I'eglise, pour assister a une grand'messe a laquelle il y eut 
sermon de circonstance par le Rev. P. LeBreton. II y eut aussi 
une tres jolie ceremonie pendant cette messe. On eut un pain 
beni, et il fut distribue a tous les membres. 

Apres une parade par les principales rues de la ville, on se 
rendit sur le terrain du pique-nique. La, on executa tout un 
programme d'amusement. II y eut discours, chant, etc. Le re- 



142 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

sultat financier qui parait assez modeste eut le don de satisfaire 
les organisateurs: toutes les depenses payees, il restait un profit 
net de $8.65! Ce qui nous parait assez ridicule par le temps qui 
court. II faut avouer qu'a chaque chose, il faut un commence- 
ment. 

En peu de temps, cette societe devint tres nombreuse, et con- 
tribua beaucoup a garder chez les canadiens, leur caractere na- 
tional. 

Des 1872, la St-Jean-Baptiste fut celebree avec une pompe 
extraordinaire; il y eut grand'messe, pain beni, sermon et une 
grande parade, a laquelle prirent part un grand nombre de societes 
invitees a cette occasion. On y remarquait surtout la Societe St- 
Jean-Baptiste de Woonsocket, qui etait venue par convoi special. 
Dans I'apres-midi, il y eut un pique-nique sur le terrain de la 
Compagnie Hamilton Woolen Co. (Pine Grove), ou plusieurs dis- 
cours patriotiques furent prononces par MM. Boudreau, Clement 
Begin, Charles Desmarais et William Proulx, orateur de la cir- 
constance. M. Antoine Lamoureux etait president et principal 
organisateur du programme. Dans la soiree, les canadiens se ren- 
dirent en foule a la Salle Edwards pour y entendre parler le Rev. 
P. Barrette, alors cure de Grafton, Mass., et qui avait ete le pre- 
mier cure de langue frangaise a Southbridge. Le P. Barrette, qui 
etait tres estime ici, et dont le depart avait cause beaucoup de 
regrets, fut religieusement ecoute. Aussi, faut-il dire qu'il etait 
un orateur distingue. 

Cette fete, qui avait eu un immense succes, eut pour objet 
principal de faire entrer un bon nombre de membres dans la 
societe. Apres la conference du soir, il y eut une "Seance Drama- 
tique," intitulee le "Proscrit," sous la direction de M. Edouard 
Parent, assiste de MM. Clement Begin, Arthur Favreau, Antoine 
Farland, C. Desmarais et autres. Le succes repondit aux efforts, 
qu'on y avait deployes, car les depenses payees, on realisa la 
somme de $176.00, somme qui servit a I'achat d'une banniere 
pour la societe. 

En 1873, la fete nationale qui fut celebree avec enthousiasme 
donna les plus beaux resultats. A I'eglise MM. Andre Loiseau, 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 143 

Clement Desmarais, Napoleon St. Onge et leurs dames, firent la 
quete. Le pain beni fut distribue par MM. Ignace Heve, Fr. 
Tremblay, Joseph Beford, Norbert Duval et Leon Cadotte. 

En 1874, la societe fut representee a la grande celebration de 
la St-Jean-Baptiste, qui eut lieu a Montreal, cette annee-la. Cin- 
quante membres avec fanfare en tete, prirent part a I'immense 
parade qui eut lieu a cette occasion. lis etaient accompagnes 
d'une foule de canadiens de cette ville, qui profitant de la reduc- 
tion, que donnaient les compagnies de chemin de fer, allerent 
visiter le pays natal et les proches, qu'ils y avaient laisses. 

Cependant, il y eut tant d'encombrement, que cette excursion 
fut un voyage de misere; plusieurs convois speciaux furent en 
retard d'lme journee pour arriver a Montreal, et les voyageurs, 
pour un grand nombre avaient du faire le trajet presque sans 
manger et sans pouvoir se procurer des vivres nulle part. 

La celebration fut grandiose il est vrai, tout de meme, la plu- 
part des voyageurs a leur retour, jurerent, mais un petit peu tard, 
qu'on ne les prendraient plus dans une excursion pareille. 

Au retour, le president de la societe, qui avait accompagne la 
delegation a Montreal, M. Alexandre Lataille, presenta aux mem- 
bres, en souvenir de cette fete, un superbe portrait de Saint- Jean- 
Baptiste, patron de la societe; portrait qu'elle conserve precieuse- 
ment, et qu'elle regarde comme un souvenir, dont elle ne se 
departira jamais. 

En 1875, la societe celebra de nouveau la fete patronale, par 
une grand 'messe solennelle, chant et musique, sous la direction du 
Prof. J. O. Bourque, pain beni, etc. Le petit Jean-Baptiste fut 
personnifie par le jeune Wilfrid Lamoureux, fils de M. George J. 
Lamoureux, qui etait alors tresorier de la societe. 

La societe Saint-Jean-Baptiste de North Grosvenordale, les 
Hiberniens de Southbridge, ainsi que plusieurs autres societes 
etrangeres, participerent a cette demonstration. Apres la parade 
on se rendit sur le terrain de la Compagnie Hamilton, qui etait 
I'endroit par excellence pour une fete de ce genre et il y eut un 
pique-nique. Dans I'apres-midi, on executa un joli programme 
musical. Des discours furent prononces par le Rev. George Elz. 



144 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Brochu, Louis P. Lamoureux, president de la societe S.-J.-Bap- 
tiste de Grosvenordale, Clement Begin et autres. Dans la soiree, 
a la salle Edwards, une seance drama tique: "La Malediction d'un 
Pere," sous la direction d'Edouard Parent. Le tout fut un succes, 
cependant le succes financier laissa beaucoup a desirer puisqu'il y 
eut un certain deficit, qu'il fallut rembourser. 

En 1877, la societe assista en corps, sous la presidence d 'Alex- 
andre Lataille, a la celebration de la "Fete Patronale" a Spencer, 
Mass. Les membres assisterent en grand nombre avec fanfare, 
bannieres et drapeaux, et furent accompagnes par un certain 
groupe de concitoyens de Southbridge, qui avaient profite de cette 
occasion, pour faire une promenade a Spencer, ou ils comptaient 
des parents et des amis, autrefois residents de notre ville. La 
fete fut grandiose, et tous apporterent de cette visite un souvenir 
ineffagable, tant on leur avait fait un excellent accueil. 

En 1880 eut lieu la grande celebration de notre fete nationale 
a Quebec, et plusieurs delegations de la Nouvelle-Angleterre y 
assisterent. 

Southbridge voulut aussi organiser une grande fete patriotique, 
et ce projet fut mis a execution en 1881. Un comite fut nomme 
et se mit a I'ceuvre avec beaucoup d'ardeur. On etait bien deter- 
mine d'organiser la plus belle fete, qui ait jamais eu lieu a South- 
bridge. Des invitations furent envoyees a toutes les societies 
sceurs, qui accepterent en grand nombre. De bons sous-comites 
furent nommes, et chacun etait a son poste: tout promettait d'etre 
un immense succes. Le comite general fit des arrangements avec 
le Cure Brochu pour avoir le jour de la fete, le 4 juillet, une 
grand'messe solennelle, avec un predicateur de circonstance. L'en- 
thousiasme etait dans Fair, et tous desiraient ardemment voir ar- 
river le jour a jamais memorable! 

Malheureusement, avec tout leur devouement, les canadiens de 
ce temps-la, n'avaient pas beaucoup d'experience, et dans une telle 
entreprise, il fallait s'attendre a quelque bevue. C'est precise- 
ment ce qui arriva. Le comite s'etait permis d'inviter des jeunes 
gens avec leurs demoiselles pour queter dans I'eglise le jour de la 
fete; les preparatifs ne manquaient pas, c'etait a qui aurait porte 




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DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 145 

la plus belle toilette ce jour-la. Mais voila que le dimanche avant 
la fete, le cure, dans les annonces du haut de I'autel, parlant de la 
demonstration, fit I'observation que le comite s'etait permis d'in- 
viter des jeunes gens pour faire la quete dans I'eglise, sans le con- 
suiter; faisant entendre au dit comite que parmi ceux qu'il avait 
nommes, il y en avait qui n'etaient pas dignes de queter dans 
I'eglise, et que lui, le cure, nommait pour cet office, MM. Dr. J. A. 
Robillard, Michel Surprenant, Charles St. Pierre et leur dames, et 
qu'en plus, la quete se ferait au profit de la nouvelle ecole de la 
paroisse. Ce qui souleva une vraie tempete parmi les paroissiens, 
une comme on en n'avait jamais vue. Les uns voulaient aban- 
donner I'idee de la fete, et en donner avis par message a toutes les 
societes invitees; d'autres voulaient faire des arrangements pour 
assister a la messe a I'eglise irlandaise. D'autres encore, ne vou- 
laient pas avoir de messe et pour comble de malheur, le president 
de la societe, M. G. Lamoureux, qui avait beaucoup d'influence 
aupres du cure, etait retenu chez lui pour des raisons graves. Tous 
ces troubles pour la messe, provenaient de ce que le cure avait dit, 
qu'il fallait suivre ses recommendations, ou bien qu'il n'y en aurait 
point le jour de la fete. Mais il n'y avait pas de temps a perdre, 
car la fete avait lieu le lendemain, et deja des visiteurs etaient 
arrives pour y prendre part. Le comite d'organisation, compose 
de Joseph Blanchard, Dr. J. A. Robillard, Alexandre Senecal, 
Alfred Marceau, Andre Blanchard, se reunit dans I'apres-midi, et 
apres miire reflection, quoiqu'il y eut beaucoup de division, la 
majorite du comite decida de se rendre aupres du cure, et I'infor- 
mer, que le comite se conformerait a sa decision. Le lendemain, 
de bonne heure, tout le monde etait sur pied; plusieurs societes 
voisines, celles de Spencer, de Webster, de Putnam, et dont les 
membres etaient nombreux, arriverent, avec fanfare en tete. Celle 
de Woonsocket arrivait par convoi special avec au moins 500 
membres pour la representer, avec char allegorique pour le petit 
St-Jean-Baptiste, drapeaux et bannieres, et d'un castor bien 
monte et porte en triomphe! Le convoi etait en retard d'une 
heure, et le celebrant qui comme de bonne raison etait a jeun, 
trouvait le temps long. Finalement, on se rendit a I'eglise et la 



146 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

ceremonie commenga. Le predicateur, le P. Crevier d'Holyoke, 
qui connaissait la situation delicate, avait apaise bien des esprits, 
et releve les coeurs, en apportant beaucoup d'enthousiasme a la 
fete. 

Le chant avec orchestre, sous la direction du Prof. Joseph O. 
Bourque avait ete splendide, et bien entendu, les dames et les mes- 
sieurs nommes par le cure, firent la quete avec beaucoup de 
"dignite." Cependant, comme il y avait un petit refroidissement 
chez les paroissiens, vu que le cure avait mecontente le comite, et 
que plusieurs en avaient fait part meme aux etrangers, la conse- 
quence c'est que la collecte fut fort maigre, au grand regret cette 
fois, du cure, qui ne manqua pas le dimanche suivant, de dire ce 
qu'il pensait des canadiens de Southbridge. 

Le comite voyant qu'il valait mieux se soumettre aux volontes 
du cure, ne voulut pas cependant laisser passer cette fete sans 
temoigner de la delicatesse a I'egard des jeunes gens, qu'il avait 
invites a faire la collecte 4ans I'eglise. Ces jeunes etaient: Joseph 
Lacroix, qui devait accompagner Mary Richard, Josua Blanchard 
et Marie Senecal, Felix Gatineau et Odile Giard. Un landau de 
premiere classe fut mis a leur disposition, avec une place d'hon- 
neur dans la procession, billets de faveur, etc. La journee se 
passa agreablement, et on parla pendant longtemps de cet incident. 
Ce fut une legon, et tous surent en profiter. Apres la messe, la 
procession se mit en marche, et le defile dura au moins deux heures. 
Le petit St-Jean-Baptiste etait represents par le jeune Amedee 
Lamoureux, fils de M, Theophile Lamoureux qui etait aiors off icier 
actif de la societe. 

Jamais Southbridge n'avait assiste a une aussi belle et impo- 
sante demonstration. C 'etait un spectacle vraiment feerique que 
de voir autant de societaires en rang, de drapeaux, de bannieres de 
toutes formes et de toutes couleurs flotter a la douce brise. 

Mais s'il y avait eu quelques ombres au beau tableau la veille, 
le jour meme devait s'en ressentir, car au moment ou la parade 
arrivait au beaucage, rue Oakes, le tonnerre se fit entendre, les 
eclairs devinrent aveuglantes. On aurait dit que la fin du monde 
allait arriver. En moins de cinq minutes, les cataractes du ciel 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 147 

s'ouvrirent. C'etait un semblant de deluge, qui s'abattit sur la foule. 
Cette pluie diluvienne dura une heure. Les preparatifs du pique- 
nique etaient bel et bien aneantis apres cette ondee. Chacun 
avait pris la fuite, les uns se refugiant dans les restaurants, d'au- 
tres chez des amis ou des connaissances. Comme il etait assez 
tard dans I'apres-midi et que la faim se faisait sentir dans bien 
des estomacs, les hotels et les restaurants en un clin-d'oeil furent 
assieges par la foule, et les provisions qu'on avait faites pour le 
pique-nique tombaient a I'eau. Vers les trois heures de I'apres- 
midi, le soleil perga les nuages, et resplendit de plus beau, et les 
visiteurs qui s'etaient rassasies ailleurs, attires par le vieux "Sol," 
arriverent sur le terrain. Les plus courageux parmi les membres 
du comite, se mirent a I'oeuvre, pour executer aussi bien que pos- 
sible, le reste du programme de la journee. On commenga par 
des discours. Le Rev. George Elz. Brochu parla le premier, puis 
Leon Rheims, et I'avocat Odilon Desmarais de St. Hyacinthe, qui 
avait ete invite pour faire le discours de circonstance. II s'ac- 
quitta de sa tache avec un rare bonheur, D 'ailleurs, il etait cer- 
tainement un des meilleurs orateurs, que nous ayons jamais en- 
tendus a Southbridge. Apres les discours, il etait deja tard, et la 
foule commenga a se disperser. Chacun s'en retournait a son 
foyer, pour se preparer a assister dans la soiree, a la salle Edwards, 
a une representation, qui fut donnee sous la direction du Dr. J. A. 
Robillard. Cette piece etait intitulee "Les Pirates de la Savanne." 
II va sans dire que la foule ne mxenagea point ses applaudissements 
aux personnages, qui s'acquitterent de leurs roles a merveille. 
Ainsi finit I'un des plus beaux jours dans I'histoire des canadiens 
de Southbridge. 

Lorsque les rapports des differents comites furent presentes, 
les depenses excedaient les recettes d'au moins $600; il fallut que 
la societe rencontrat ce deficit, et pourtant on s 'etait donne tant de 
trouble et de peine, pour faire un succes de cette fete! Le tout 
fut attribue au manque d'experience, mais surtout a la nature, qui 
s'etait montree tout a fait inclemente. 

Quand tout entra dans I'ordre, on fit bien des hiscoires aux 
depens de certains comites, et en particulier, on se plut a taquiner 



148 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

un certain comite, que les membres avaient baptise "le comite des 
tartes." Par un malentendu, deux membres du comite avaient 
chacun donne une commande de six cents tartes, et comme il n'y 
avait pas a cette epoque a Southbridge de patissier capable de 
faire une telle avalanche de tartes, la commande fut donnee a un 
patissier de Webster, qui le samedi, deux jours avant la fete, arriva 
a Southbridge avec deux voitures pourvues de grands brancards, 
pour prendre soin des tartes a leur arrivee. Ce n'etait pas une 
petite entreprise que de placer autant de tartes! II etait meme 
difficile de trouver quelqu'un pour en prendre soin tant la fragilite 
humaine est grande! C'etait encore plus difficile de garder ce 
precieux tresor le jour de la fete, oil chacun voulait prendre part 
a la celebration. Enfin, avec beaucoup de peines et de miseres, le 
dit comite reussit le jour de la fete, a faire transporter la precieuse 
cargaison sur le terrain. On commenqait deja a respirer plus a 
I'aise, mais il y a toujours quelque chose qui enleve le petit bon- 
heur a la vie, toujours quelqu'un qui gate la sauce la mieux pre- 
paree! On ne salt pas au juste, si les tartes dans leur long pele- 
rinage jusqu'a Southbridge, etaient devenues plutot seches, mais 
toujours est-il que le ciel dans sa clemence daigna les arroser! 

Les visiteurs n'avaient pas encore eu le privilege de jeter des 
regards de convoitise sur la premiere offerte au sacrifice, que 
I'orage, I'impitoyable orage leur changea la fagon, en demantibula 
au moins la moitie. Oh les cheres tartes de la St-Jean-Baptiste, 
quel triste sort leur etait reserve! Pendant au moins toute une 
semaine, elles se promenerent dans les rues de Southbridge, et 
chacun se faisait un devoir bien doux d'accueillir une ou deux de 
ses pauvres orphelines, victimes du sort, a son foyer! C'est que 
toute la semaine suivante le comite se mit en frais de colporter le 
reste des tartes de maison en maison. Elles se vendaient au prix 
de I'acheteur. Etaient-elles au moins delicieuses ces cheres tartes 
de Webster? L'histoire n'en dit rien. Les medecins nous disent 
cependant qu'il y eut plusieurs indigestions assez graves dans la 
communaute, a cette epoque. 

Comme notre lecteur pourra le constater, le "comite des tartes," 
etait un digne comite, et en reconnaissance de leurs services a la 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 149 

cause Rationale, tous les membres qui le composaient furent hono- 
res par leurs compatriotes et confreres du titre honorifique "D'a- 
cheteurs de tartes" titre qu'ils conserverent dignement jusqu'a 
leur mort! 



150 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XI. 

Nos Societes — La St-Jean-Baptiste {suite). 

Le 12 octobre 1892, a I'occasion du 400e anniversaire de la 
decouverte de I'Amerique par Christophe Colomb, il y eut grandes 
rejouissances par tout le pays. A Southbridge, la societe St-Jean- 
Baptiste voulut prendre I'initiative, et organiser une demonstra- 
tion patriotique en rapport avec la fete. II y eut grand 'messe 
solennelle celebree par le Rev. George Elzear Brochu assiste de 
diacre et sous-diacre, chant et musique sous la direction de M. 
Ernest Decelles, sermon de circonstance, decorations speciales, etc. 
La ceremonie fut tres impressionnante. Apres la messe, la pro- 
cession se mit en marche; plusieurs societes avec fanfares, caval- 
cades, bannieres et drapeaux, chars allegoriques de "Christophe 
Colomb decouvrant I'Amerique," prenaient place dans la parade, 
qui fut un succes, grace au president du comite, M. Camille 
Metras, 

Apres la parade tout le monde se rendit a la salle de ville pour 
entendre des discours patriotiques a I'occasion de la fete. Le Revd. 
G. Elzear Brochu adressa la parole, ainsi que Clement Begin et L. 
A. Boudreault, avocat de Trois-Rivieres, Canada, qui fut invite a 
faire le discours de circonstance. Ce fut une deception pour I'au- 
ditoire, car I'orateur n'avait pas prepare son sujet, et il ne se 
montra pas a la hauteur de sa charge. 

Apres I'epreuve de 1881, la socitete avait perdu un petit peu 
le gout des demonstrations patriotiques; mais cependant, en 1893, 
une autre celebration fut organisee le jour de la fete patronale le 
24 juin. II y eut grand'messe, chants speciaux, parade et pique- 
nique au pare Hillside. La journee cette fois-ci fut ideale et tout 
se passa pour le mieux. 

Dans I'apres-midi, il y eut grand concours de personnes qui se 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 151 

rendirent sur le terrain des amusements. On assista a un concert 
de fanfare, on entendit des discours en frangais et en anglais pro- 
nonces par les conseillers de la place, Le president de la societe, 
M. Georges Goddu, souhaita la bienvenue a la foule, et presenta les 
conseillers Joseph M. Olney, Albert Martin et Felix Gatineau. 
Les discours de circonstance furent prononces par le Rev. M. 
Gen est, vicaire de la paroisse, et M. F. X. Tetreault. 

Le 4 juillet 1899, la societe celebra de nouveau sa fete patro- 
nale par une grande demonstration patriotique. La temperature 
favorisa la fete, et nos compatriotes des villages voisins vinrent se 
rejouir en grand nombre avec nous. La societe St-Jean-Baptiste 
de Webster, surtout, arriva par un convoi special rempli de visi- 
teurs. II y eut une messe solennelle, chant et musique par le 
choeur de Notre-Dame. Le "petit St-Jean-Baptiste," fut digne- 
ment represents par le jeune Omer Genereux, fils du Dr. J. A. 
Genereux, qui fut un des plus zeles organisateurs de la demons- 
tration. La parade, composee de plusieurs societes soeurs avec 
fanfares, bannieres et drapeaux en tete, fut des plus imposantes. 
Le petit "Jean-Baptiste" fut installe dans un coupe bien decore, 
et traine par quatre chevaux blancs. 

Apres cette partie du programme, la foule se rendit au "Morse 
Grove," oil tous participerent a un diner succulent. Dans I'apres- 
midi, MM. Moi'se Moreau et Arthur Parent de Webster firent des 
discours patriotiques, ainsi que le Dr. Oswald Gregoire, Felix 
Gatineau et le Dr. Omer Larue de Putnam, qui fit le discours de 
circonstance. A la suite des discours, il y eut concours de "sou- 
que a la corde," entre une equipe de la societe St-Jean-Baptiste de 
Webster et une autre de par ici. Nos aimables visiteurs de 
Webster etaient bien prepares a sortir vainqueurs: ils avaient 
choisi des forgerons endurcis aux travaux, des magons, etc.; le 
president a lui seul pesait 300 livres. Aussi la lutte fut contestee, 
car Southbridge avait aussi des defenseurs homeriques, mais en 
fin de compte, nos visiteurs prouverent qu'ils etaient les plus 
forts, et ils gagnerent le prix du concours, qui consistait en un 
drapeau, qu'ils porterent en triomphe, jusqu'a la gare, et surtout 
par les principales rues de Webster a leur arrivee. 



152 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Et ils ne manquent jamais une occasion favorable pour 
evoquer les souvenirs de la fete de 1899 a Southbridge, fete qui 
fut la derniere grande celebration, dans I'histoire de la societe. 

A differentes occasions cependant, de 1872 a 1900, la societe a 
assiste en corps, a diverses demonstrations dans les centres de la 
Nouvelle-Angleterre. Elle a aussi assiste aux funerailles de Fer- 
dinand Gagnon a Worcester, en 1884. Les membres estimaient 
beaucoup le defunt qui, a plusieurs reprises, etait venu rendre 
visite aux canadiens de Southbridge, et avait beaucoup contribue 
au progres de la Societe St-Jean-Baptiste. 

La societe fut aussi genereuse pour les ceuvres paroissiales, pour 
I'ecole aussi bien que pour I'eglise; car des 1873, elle fit un cadeau 
de $25 a I'ecole, pour des prix d'examens. Elle fit la meme chose 
I'annee suivante, ainsi que pendant plusieurs annees consecutives 
pour I'ecole et les bazars de la paroisse. Elle donna les chande- 
liers du maitre-autel de la premiere eglise Notre-Dame. 

Dans plusieurs circonstances, la Societe St-Jean-Baptiste a 
organise des seances recreatives pour les membres et leurs amis. 

Le 31 decembre 1878, elle celebra son huitieme anniversaire 
par un grand banquet; rien ne manquait au programme, et tous 
ceux qui assisterent en furent enchantes, faisant des voeux pour 
que ces fetes familiales aient lieu plus souvent. Ce qui fut 
fait en plusieurs circonstances en 1889, 1890, 1892, et surtout en 
1909, lors de son quarantieme anniversaire d'existence. 

La societe n'a jamais manque pendant cinquante ans, d'as- 
sister en corps a la messe, le jour de sa fete patronale, le 24 juin; 
et souvent, elle organisait le soir, des seances patriotiques, pour le 
public en general. C'est cette meme societe qui prit I'initiative, 
pour organiser une fete, a I'occasion de I'elevation de Mgr. Brochu 
a la Prelature Romaine. 

En 1886, le 27 Janvier, notre societe organisait un grand concert 
au profit de la famille de Louis Riel, monte sur I'echafaud, pour 
avoir souleve les metis et les indiens du Nord-Ouest, et accuse de 
s'etre revoke contre le gouvernement canadien. 

Les profits qui etaient de $100 furent envoyes a sa veuve et a 
ses enfants; ce concert fut un succes complet, car de premiers 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 153 

artistes de la Nouvelle-Angleterre figuraient sur le programme, et 
ils avaient offert leurs services gratis. Ces artistes furent: Calixa 
Lavallee, celebre pianiste de Boston, ensuite M. E. N. L'Africain de 
Marlboro, Madame J. Lesperance de Worcester, et Mile. Antonia 
Barolet de Putnam, Conn., qui en ces temps, jouissait d'une repu- 
tation enviable comme cantatrice. II ne faut pas omettre une 
charmante fillette de douze ans, Mile. Diana Plouffe de Webster, 
une artiste remarquable pour son age. 



154 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XII. 

Societe St-Jean-Baptiste — CEuvres Fraternelles. 

La societe a rendu des secours nombreux aux canadiens de 
Southbridge et surtout a ses membres, aux malades, aux veuves et 
aux orphelins. 

De 1870 a 1908, elle a paye aux malades et orphelins $57,983.36 

Elle a paye assurances aux veuves et heri tiers 23,169.97 

Dons et administration 13,361.66 

Soit un total durant ce temps de $94,514.99 

Au-dela de 1,000 canadiens-frangais sont entres dans la societe 
a Southbridge, mais comme il y en avait plusieurs, qui voyageaient 
au Canada et ailleurs, surtout dans les premiers temps, un certain 
nombre ne furent pas membres bien longtemps. Cependant a une 
certaine periode de son existence, elle a comptee au-dela de 500 
miembres, et etait consideree comme I'une des societes canadiennes- 
frangaises les plus importantes de la Nouvelle-Angleterre. 

Malheureusement, comme toutes les societes mutuelles de ces 
premiers temps, elle avait pour ses reglements de payer trop de 
benefices pour ses revenus, car des les premieres annees, chaque 
membre payait une cotisation mensuelle de 25c par mois, et rece- 
vait en cas de maladie, $4.00 par semaine, aussi longtemps qu'il 
etait malade, et la consequence fut que plusieurs membres regurent 
de forts montants. Un seul membre qui avait subi un accident, 
retlra la somme fabuleuse de $3,300.00, et n'avait pas verse le 
montant de $100.00 en cotisations ; apres quelques annees, les taux 
de cotisation furent augmentes de 50c par mois, avec une limite 
pour le montant a percevoir en cas de maladie: ce qui ameliora la 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 155 

question des benefices en maladie. Durant les premieres annees 
de I'existence de la societe, le systeme d'assurance etait tres avan- 
tageux pour les membres, car a la mort la famille du defunt rece- 
vait autant de piastres qu'il y avait de membres dans la societe, 
c'est-a-dire im montant en proportion. Le premier membre qui 
mourut regut au-dela de $100; il n'avait cependant rien paye pour 
assurances. 

De 1870 a 1890, il est mort dix-neuf membres, c'est-a-dire, 
moins d'un membre par annee; la cause en etait que la plupart des 
membres s'etaient enroles jeunes, et que I'effet de la vieillesse ne 
s'etait pas encore fait sentir, de sorte que de 20 a 25 ans apres la 
fondation de la societe, un membre qui mourait avait a peine 
pave $20 pour assurance, tandis que sa famille recevait a sa mort, 
au-dela de $400.00. La societe a cette epoque comptait au-dela 
de 400 membres. II est facile de juger maintenant a quel point 
cette societe etait avantageuse, et les benefices, qu'en ont retires 
les citoyens canadiens de Southbridge. 

Apres trente ans d'existence cependant, la societe commenga a 
subir I'effet d'une certaine commotion bien capable de mettre ses 
jours en danger; les deces etaient plus frequents, car un bon 
nombre de membres avaient deja atteint I'age de soixante ans. De 
plus, cette contribution speciale d'une piastre a la mort de chaque 
membre, commenga a alarmer un pen les jeunes, car ils pre- 
voyaient que les deces allaient augmenter, d'annee en annee, et 
lors de la fondation de I'Union St-Jean-Baptiste, en 1900, il se fit 
un fort mouvement dans le but de fusionner cette societe avec les 
autres, afin de changer le systeme d'assurances, et mieux assurer 
les interets des societaires. Cependant plusieurs anciens mem- 
bres n'approuvaient point cette idee, et par un vote qui I'emporta 
par une forte majorite, la societe se prononga contre I'affiliation. 
Ce dernier pro jet fut presente a plusieurs reprises mais sans 
succes: ce qui engagea plusieurs jeunes membres a abandonner la 
societe, et a entrer dans le Conseil Rochambeau, U. S.-J. A., ou 
autres societes plus avantageuses. Apres quelques annees le nom- 
bre des membres diminuait graduellement, a cause des jeunes qui 
quittaient, et des vieux qui mouraient. En fin de compte, apres 



156 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

serieuse consideration, ceux des membres qui avaient combattu 
I'affiliation, realiserent qu'il fallait operer un changement, et au 
mois de juillet 1908, par un vote unanime, la societe decida de 
s'affilier a rUnion St-Jean-Baptiste d'Amerique. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 157 



CHAPITRE XIII. 

Partie Civile — Cercle Canadien. 

En 1876 il y avait 3,500 Canadians a Southbridge, une paroisse 
bien organisee, une ecole, une societe de bienfaisance, etc. A cette 
epoque, un peu partout dans les centres canadiens, il se formait 
des associations dans le but de travailler activement a I'avance- 
ment de nos compatriotes dans le monde social et politique. 
Southbridge ne voulut point rester en arriere, et le 10 mars 1876, 
notre village possedait une organisation nouvelle, le "Cercle Cana- 
dien," dont la devise etait: "S'unir, S'instruire et S'amuser." 

Suivent quelques articles des constitutions et reglements: 

Article I. 

Cette association sera connue sous le nom de Cercle Canadien 
de Southbridge, Mass. 

Article II. 

Le but de cette association est de reunir les Canadiens-Fran- 
gais de cette localite et d 'adopter les moyens les plus propres pour 
s'instruire en s'amusant. 

Article III. 

Pour devenir membre du Cercle Canadien il faut etre Catho- 
lique Romain, Canadien-Frangais de naissance ou d'origine ou 
reconnu comme tel, savoir lire et ecrire le frangais ou I'anglais, 
avoir atteint Page de quinze ans, etre sobre et posseder I'estime 
generale de ses compatriotes. 

Membres fondateurs: Dr. Theophile Belanger, Joseph Blan- 
chard, Clement Begin, Dr. J. A. Robillard, Camille Metras, J. W. 
Robinson, Salomon Labonte, J. St. Martin, Emile Robillard, 



158 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Damase Bourassa, Joseph O. Bourque, Alexandre Lataille, Alexis 
Deslauriers, J. Edmond Hetu, Paul Blanchard, Charles et Eusebe 
Prunier, H. Hebert, Hubert Labelle, Joseph Quevillon, Edmond F. 
Lamoureux, Edmond H. Goddu, Henri Lavoie, Michel Surprenant, 
Edouard Parent, Victor St. Onge. 

Peu de temps apres la fondation, Antoine Farland, Theophile 
Tremblay, Frangois Tremblay, Ed. Devillers, Isidore Gervais, 
Felix Gatineau, furent admis membres de 1 'association. 

A une assemblee tenue le 10 mars les officiers suivants furent 
elus: Dr. Theophile Belanger, president; Joseph O. Bourque, vice- 
president; Dr. Joseph A. Robillard, secretaire; Alexandre Lataille, 
tresorier; Edouard Parent, com. ordonnateur. 

A cette meme assemblee un comite fut nomme pour s'occuper 
de "naturalisation," un autre pour choisir un drame et organiser 
une representation. 

Le comite de naturalisation organisa une assemblee de cana- 
diens, et fit venir M. Ferdinand Gagnon, pour faire un discours 
sur I'importance de la naturalisation, et la necessite de devenir 
citoyen; durant cette meme annee et I'annee suivante, au-dela de 
soixante canadiens se firent naturaliser. 

Le comite devant s'occuper d'une representation, choisit pour 
la premiere piece, un drame intitule: "La malediction," avec une 
comedie: "Les quatre prunes," le tout etant sous la direction de 
M. Edouard Parent. 

Cette representation fut un succes artistique, mais I'auditoire 
aurait pu etre plus nombreux, car en ces temps, on s'occupait un 
peu moins de ces soirees dramatiques, qu'en nos jours; les jeunes 
etaient plutot apathiques, leur gout litteraire bien peu developpe. 

A I'automne de 1877, une ecole du soir fut organisee parmi 
les membres et quelques amis, afin d'apprendre I'anglais et se per- 
fectionner dans I'etude de la langue maternelle. Les membres 
s'appliquaient a suivre les classes, meme les hommes d'affaires, et 
en peu de temps les progres se firent sentir d'une maniere sensible. 
Quelque temps apres, on organisa une serie de discussions sur 
differents sujets, afin d'apprendre les regies de I'elocution. Cette 
pratique fut une des plus importantes du cercle et elle continua 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 159 

pendant plusieurs annees a donner les resuitats les plus satisfai- 
sants. Aussi, que de proces fictifs dans le but de connaitre les 
lois judiciaires, et qui etaient en meme temps un sujet d'amuse- 
ment pour les membres. Plusieurs jeunes gens occuperent des 
positions tres lucratives, grace a I'influence du cercle. 

Pendant plusieurs annees, le cercle organisa une serie de con- 
ferences durant I'hiver; ces conferences firent certainement un 
bien considerable dans notre village, instruisant les uns, perfec- 
tionnant les plus instruits, car les comites avaient bien soin de 
choisir des conferenciers de reputation. Nos canadiens de South- 
bridge et des centres environnants en beneficiaient. 

Avant meme les conferences qui commencerent a etre donnees 
une dizaine d'annees apres la fondation du cercle, plusieurs soirees 
litteraires avaient ete organisees tantot par le cercle, tantot par la 
paroisse et la societe St-Jean-Baptiste. 

La premiere conference qui fut donnee en 1872, fut faite par 
le Rev. P. A. Barrette, cure de North Grafton, et autrefois pre- 
mier cure de la premiere paroisse catholique mixte de Southbridge. 

En 1873, le Rev. Pere Primeau donna une conference sur les 
"Cartomanciens," au profit du choeur de chant; dans cette meme 
annee, une conference pour le meme but fut donnee par le Juge 
Joseph Leboeuf de Cohoes, N. Y., qui traita le sujet de I'education. 
De 1870 a 1880, M. F. Gagnon etait invite de temps en temps, a 
assister a des seances, assemblees, etc., et on lui demandait d'a- 
dresser la parole sur differents sujets, dans I'interet des canadiens. 

En 1875, une conference fut donnee par Mons. L. A. W. Proulx, 
qui demeurait alors a Millbury, Mass., et qui prit pour sujet: "Le 
Rapatriement." 

En 1879, Southbridge eut la visite de Felix Poutre, qui fit une 
interessante causerie, sous les auspices du cercle, causerie qui 
traitait des troubles de 1837-1838. 

Autres Sujets de Conferences. 

1880. Conference, La Naturalisation, par Ferdinand Gagnon, 
de Worcester. 



160 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

1881. Conference, Le Patriotisme, Odilon Desmarais, avocat, 
de St. Hyacinthe. 

1882. Conference, La Naturalisation, Juge H. A. Dubuque, 
Fall-River; Nos Devoirs, F. Gagnon; La Politique, Victor Be- 
langer, Worcester. 

1882. Conferences, 3 septembre. La Race Frangaise, Dr. Des- 
jardins, Boston; 5 mars, Le Nord-Ouest, Rev. P. Malo, mission- 
naire. 

1884. Conference, Le Droit de Citoyen, H. A. Dubuque. 

1885. Causerie, Troubles du Nord-Ouest, Gabriel Dumont, 
metis et ami de Louis Riel. 

1886. Conference, 31 decembre. Napoleon Bonaparte, Henri 
Boland, conferencier frangais. 

1887. Conference, 25 Janvier, Les Canadiens des Etats-Unis, 
Henri Boland. 

1888. Conference, 11 decembre, Foi, Civilisation et les Cana- 
diens, Charles Thibault, du Canada. 

1889. Conferences: 22 mars, Le Rapatriement, L. A. W. 
Proulx, Montreal; 31 mars, Nos qualites et nos dejauts, Emile 
Tardivel, avocat, Worcester. 

1893. Conference, 27 juillet, L'Avenir du Canada, Honore 
Mercier, Canada. 

1895. Conferences: 9 Janvier, Le Patriotisme, Dr. Camille 
Cote, Marlboro; 27 Janvier, Nos droits et nos devoirs, L. O. David, 
Montreal; 25 fevrier, Moyens pour ameliorer notre position aux 
Etats-Unis, Dr. L. P. Degranpre; 12 mars, Notre Histoire, Rev. 
P. E. Roy, Hartford; 23 mars, Honore Mercier, sa vie, ses oeuvres, 
Leon Rheims; 27 mars, Colonisation, L. E. Carufel, Montreal. 

1896. Conferences: 12 Janvier, L'Avenir des Canadiens aux 
Etats-Unis, Remi Tremblay, Montreal; 23 Janvier, Le Canadien, 
ce qu'il est, ce qu'il doit etre, I'abbe J. E. Cartier, New Haven; 
7 fevrier, L'Avenir de notre race, I'abbe P. E. Roy, Hartford; 22 
fevrier, U Economic Domestique, Charles T. Roy, Lowell; 10 mars, 
Nos qualites et nos dejauts, J. E. Cartier, New Haven; 30 mars, 
Fraternite, Alphonse Gaulin, Woonsocket. 



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Pavil Revere, personnifie par F. Gatineau, 1896 




Char allegorique a I'occasion de l.i Utr S.imt -Jiaii-Baptiste en 1917 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 161 

1897. Conferences: 10 ianviev, Les Pionniers d'Amerique, Cle- 
ment Begin; 24 Janvier, L' Education, Dr. J. E. Ferland; 7 fevrier, 
La Palestine, F. X. Tetreault; 21 fevrier, Effets de I' Alcohol, Dr. J. 
A. Genereux; 7 mars, Histoire des Canadiens de Southbridge, Cle- 
ment Begin et Felix Gatineau; 15 mars, U Hygiene, Dr. Leriche. 

1898. Conferences: 22 mars, L'Avenir des Canadiens, Joseph 
Blanchard; 29 mars, Napoleon a Ste. Helene, Alfred Galipeau. 



162 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XIV. 

Conferences {Suite). 

1900. Conferences: 7 Janvier, L'Avenir du Canada, Benjamin 
Suite, Ottawa; 14 Janvier, La Republique Americaine, I'avocat 
Israel Belanger, Cohoes; 28 Janvier, Les Beautes de Paris, Al- 
phonse Gaulin, avocat, Consul en France; 11 fevrier, Le Patrio- 
tisme, Rev. A. M. Clement, Fiskdale; 18 mars, Nos Devoirs, Rev. 
G. Brousseau, Manchaug; 13 decembre, Reminiscences et observa- 
tions, H. A. Dubuque, Fall-River. 

1901. Conferences: 10 fevrier, Les Etats-Unis a leur apogee, 
Israel Belanger, avocat, Cohoes, N. Y.; 25 fevrier, Les devoirs du 
citoyen americain, Joseph Monette, avocat, Lawrence; 10 mars, 
La race frangaise, M. Leopold Mabilleau, professeur a I'universite 
Harvard. 

1902. Conferences: 20 Janvier, Jeanne d'Arc, Germain Martin, 
France; 15 fevrier, La langue frangaise, Professeur Joseph Du- 
mais, Montreal; 20 avril, Un voyage en Europe, Rev. G. P. Des- 
rosiers, Lanoraie, P. Q. 

1903. Conference, Une page de notre histoire. Rev. P. Louis 
Lalande, Montreal. 

1904. Conference, 17 Janvier, Beautes de la langue frangaise, 
Robert Duprey, professeur a I'universite Harvard. 

1905. Conferences: 10 fevrier, Cremazie, Louis H. Frechette, 
Quebec; 15 mars, Sante pour tous, Dr. L. Lachapelle, specialiste 
de Montreal. 

De 1905 a nos jours, cette coutume d'organiser des conferences 
fut abandonnee, au grand regret des membres qui s'interessaient 
si vivement a ces soirees litteraires. Cependant, a differentes 
occasions, il y eut encore de ces regals litteraires. Durant I'hiver 
de 1911, Mile. Lilianne Tetreault et son frere, I'avocat Henri 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 163 

Tetreault, donnerent des causeries avec illustrations sur les cha- 
teaux, et la royaute de France, car I'annee precedente, ils avaient 
fait un voyage en Europe. 

En 1912, Felix Gatineau donna une causerie, avec projections, 
sur la "Deportation des Acadiens"; la meme annee le Dr. Charles 
Tetreault donna une interessante causerie avec projections sur 
"Les Coutumes et les Mceurs aux Philippines," ou le docteur avait 
passe quatre annees comme chirurgien dans I'armee americaine. 

En 1913, pendant les mois de fevrier et de mars, le cercle 
organisa une serie de conferences, qui furent donnees successive- 
ment par le Dr. Zephyr Potvin de Webster, qui parla du patrio- 
tisme; I'avocat Telesphore Lebceuf, aussi de Webster, donna une 
conference sur "Nos devoirs de citoyens"; et Arthur Surprenant, 
avocat de Pawtucket, R. I., qui prit pour sujet, "Une opinion sur 
nos lacunes." Ces jeunes conferenciers furent tres interessants; 
d'ailleurs, leurs succes furent a la hauteur de leurs talents ora- 
toires. lis furent d'autant plus apprecies, que MM. Potvin et 
Surprenant surtout etaient des enfants de la paroisse, tandis que 
des membres de la famille de I'avocat Lebceuf etaient de South- 
bridge. 

En mars 1917, M. J. Anatole Caron donna une causerie sur un 
voyage en Louisiane, qu'il venait de faire. M. et Mme. Caron 
avaient assiste au grand carnaval du "mardi gras," a la Nouvelle- 
Orleans. Cette causerie fut tres goutee par les auditeurs. 

Cette meme annee, MM. Alexandre Desaulniers et J. B. De- 
mers firent un voyage en Californie et la Colombie Anglaise, et a 
leur retour, il y eut une assemblee speciale pour entendre le recit 
de leurs experiences. Nous avons tenu a donner au lecteur cet 
apergu general des travaux du cercle, afin de demontrer a tons, le 
role que cette organisation a toujours joue parmi nous, et le bien 
qu'elle a fait a nos compatriotes, les instruisant et les amusant. 



164 HISTOIRE DES FRA^XO-AMERICAINS 



CHAPITRE XV. 

Cercle Canadien — Soirees Dramatiques. 

Meme avant la fondation du Cercle Canadien, deja plusieurs 
representations avaient ete donnees sous la direction de MM. 
Edouard Parent, Clement Desmarais, Abraham Marchessault et 
Clement Begin, soit aux benefices de la paroisse, du chceur de 
chant ou de la Societe St-Jean-Baptiste; mais a partir de sa fon- 
(iation, le Cercle Canadien s'appliqua a donner des representa- 
tions suivies, dans le but non seulement d'amuser mais pour per- 
mettre aux membres de se perfectionner dans I'etude de la langue 
matemelle, d'apprendre a se produire en public, et enfin pour per- 
cevoir des revenus suffisants pour assurer la vie de cette organi- 
sation. 

II n'est peut-etre pas une association canadienne-frangaise aux 
Etats-Unis qui ait pu compter dans ses rangs, un aussi grand nom- 
bre d'amateurs habiles, que le Cercle Canadien. Le nombre de 
representations donnees par cette societe, est assez considerable, 
qu'il nous serait bien difficile de les enumerer toutes. Qu'il nous 
suJffise en passant, d'enumerer les pieces dont nous avons pu nous 
procurer les noms. 

Noms des Representations'. 

La Malediction, 1876-77 Felix Poutre, 1878-79-1902 

Les quatre prunes, 1876-77-92 Les jeunes Captijs, 1878 
L'Expiation, 1877-87 Duel a Poudre, 1878-1902 

Vildac, 1877-79 Desespoir de Jocrisse, 1879 

Les Fourberies de Scapin, 1877 Le Proscrit, 1880 
Le Divorce du Tailleur, 1877- Les Chateaux en Espagne, ISSO 
1879 Les Pirates de la Savane, 1881 

Jean le M audit, 1878 La Berline de l' Emigre, 1881 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 165 

La Famille du Perruquier, 1881 Les Pauvres de Paris, 1894-98 
Malediction d'une Mere, 1882 La Taverne du Diable, 1895 
Partie de Campagne, 1887-90 La Chapeau d'un Horloger, 1895 
Les Deux Rivales, 1887 Le Maitre de Forge, 1895-1917 

Papineau, 1883 Utie minute trop tard, 1895 

Le Forgeron de Strasbourg, 1883 Le Gentilhomme Pauvre, 1899 
La Revanche d'un Charbonnier, Etnbr as sons-nous Folleville, 1899, 

1884 1918-1919 

Les Vengeances ou TonKourou, Le Voyage de M. Perrichon, 1901 

1885-88-91-98-1902-1907 L' A mi Fritz, 1901-1911 
Erreur n'est pas compte, 1885 L'Orpheline des Pyrenees, 1901 
Le Mascotte, 1885 Le Gendre de M. Poirier, 1904, 

Le Conscrit, 1885 1906, 1911, 1917, 1918 

Le Siege de Colchester, 1888 Le Chateau de Kanil-Wortt, 1905 
Une scene politique, 1885 Les Piastres-Rouges, 1906 

L'Homme aux deux domestiques, Le Drapeau Carillon, 1907 

1885-88 Les Fiances d'Albano, 1910 

Michel Strogoff, 1885-88-91 Les Crochets du Pere Martin, 

Le Depart de la Calif ornie, 1885 1914 

Les Boucaniers, 1888-1904 La Marraine de Charlie, 1914-15 

Un Bureau de Placement, 1888 Le Chapeau de Paille d' Italic, 
Monte Crista, 1890 1915 

Les Anciens Canadiens, 1892 Un ministrel du 20e Siecle, 1915 
Une Cause Celebre, 1893-1903 Un notaire a marier, 1916-18 
Marie-Jeanne, 1894-95, 1900-i:a Voleuse d'Enjants, 1917 

1901-1902-1912 L'Avare de Moliere, 1917-18 

La Mort du Due de Reichstadt, La Lettre Char gee, 1917 

1894-95 Le Malade Imaginaire, 1919 

Directeurs des pieces dramatiques depuis la fondation du Cercle. 

Edouard Parent, Dr. J. A. Robillard, Joseph L. Brissette, 
Joseph Duhaime, Alfred Galipeau, Camille Metras, Philippe Dage- 
nais, Philias Casavant, Edmond Pelletier. Ces membres, d'une 
maniere particuliere, ont rendu de tres grands ser\aces par leur 
habilite sur la scene et comme directeurs. Leur devouement etait 



166 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS ^ 

a la hauteur de leurs succes, et ils ont contribue beaucoup a creer 
les fonds necessaires pour 1 'existence du cercle. 

Outre ces conferences, soirees dramatiques, etc., le Cercle Ca- 
nadien organisa plusieurs assemblees politiques, fetes champetres. 

En 1893, grace a I'infiuence du cercle, on put inviter Honore 
Mercier, ex-premier ministre de la Province de Quebec, qui aussi 
par courtoisie pour la Societe St-Jean-Baptiste, visita Southbridge. 
A cette occasion, le 27 juillet 1893, il y eut une grande assemblee 
populaire a la Salle de Ville. M. Felix Gatineau, qui etait alors 
conseiller municipal, presida I'assemblee, et apres quelques chants 
patriotiques, le distingue visiteur donna une conference sur "I'ln- 
dependance du Canada." La salle etait comble, et plusieurs com- 
patriotes des centres voisins etaient venus entendre le conferencier, 
qui fut toujours tres interessant. On dit que meme des conci- 
toyens de langue anglaise assisterent a ce regal litteraire. Apres 
la conference, il y eut banquet a I'hotel Dresser, banquet auquel 
assisterent tons les manufacturiers, hommes de profession et d'af- 
faires du village. Cette petite fete a fait epoque dans I'histoire de 
nos canadiens a Southbridge; au banquet M, Gatineau souhaita 
la bienvenue aux convives, et presenta les orateurs selon I'ordre 
des dignites. 

Joseph Olney, president des conseillers, en peu de mots, fit 
I'eloge de la colonic de langue frangaise a Southbridge; il dit que 
les americains de notre ville etaient honores de la visite parmi eux 
d'un homme aussi distingue que I'ex-premier ministre de la Pro- 
vince de Quebec, M. Honore Mercier. 

Le Senateur Eben Stevens, repondit a la sante de I'Etat. 

M. Chester A. Dresser, George W. Wells et C. Paige repon- 
dirent a la sante des manufacturiers et des commergants; Joseph 
Blanchard, a la sante des Etats-Unis; F. X. Tetreault, les ecoles; 
Leon Rheims, sante de la France; I'avocat Odilon Desmarais, de 
St. Hyacinthe, qui accompagnait le conferencier, fit un bijou de 
discours en repondant a la sante du Canada. Enfin, le heros du 
jour, Honore Mercier, adressa la parole en anglais, "sur la situa- 
tion du Canada, au point de vue politique et sur ses relations 
commerciales." II parla pendant plus d'une heure, et fut souvent 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 167 

interrompu par de vifs applaudissements. La fete se termina par 
plusieurs envolees patriotiques: "La Marseillaise, "O Canada," 
''Star Spangled Banner," executees par I'orchestre Grenier-Pelo- 
quin. Tous ceux qui eurent Tavantage d'assister a ce banquet 
quitterent la salle en disant que c'etait la plus belle soiree auquelle 
ils aient assiste. 

Le lendemain, M. Mercier et son compagnon visiterent la 
Dupaul Young et I'American Optical Company, ainsi que plusieurs 
compatriotes de marque. Dans I'apres-midi nos visiteurs partirent 
pour Worcester ou M. Mercier adressa la parole a 14,000 franco- 
americains, qui s'etaient donne rendez-vous sur les bords du lac 
Quinsigamond. 

En 1896, la legislature du Massachusetts, avait par une loi, 
aboli une fete legale, qui existait alors dans I'Etat sous le nom de 
Fast Day, et qui avait lieu le premier jeudi d'avril, fete qui fut 
remplacee par une autre. Patriot's Day, en memoire de la bataille 
de Lexington et de Bunker Hill. 

Joseph Leclair, qui etait alors president du cercle, toujours 
plein d'enthousiasme, congut I'idee de celebrer cette nouvelle fete 
legale a Southbridge; un comite fut nomme et M. Alfred Lalime 
de Worcester, gerant du Syndicat Franqais, fut engage pour etre 
en tete de I'organisation. 

Des invitations furent lancees au moyen de circulaires a tous les 
centres environnants, annongant le programme de la celebration, 
qui devait avoir lieu dimanche et lundi les 18 et 19 avril. Cette 
fete fit un certain bruit dans tout I'Etat, car Southbridge etait la 
premiere municipalite a observer ce jour, mieux connu sous le 
nom de "Paul Revere Day." 

Le dimanche, dans la soiree, il y eut un concert par la fanfare 
"Martel's Brigade" de Worcester, ainsi que le lendemain. Par- 
tout dans le village il y avait des decorations a profusion; de 
bonne heure dans la journee, les visiteurs commencerent a affluer. 
Ceux qui devaient faire parti de I'armee anglaise etaient deja sta- 
tionnes en grand nombre sur les principales rues et vetus d'habits 
rouges. De bonne heure dans la soiree, un convoi special de 
W^orcester, Webster et d'autres centres, arriva avec plusieurs cen- 



168 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

taines de personnes. Paul Revere, le heros du jour, devait donner 
I'alarme le long de la route de Webster a Southbridge, de I'arrivee 
des Anglais, et convoquer les defenseurs de la colonie. 

Charles Wilson etait en tete de I'armee anglaise et le Capitaine 
Goodell commandant des coloniaux. Paul Revere etait person- 
nifie par Felix Gatineau et pendant que celui-ci etait en route pour 
Southbridge un jeune americain prit une course sur un cheval 
blanc, dont devait se servir Paul Revere, et qui lui avait ete refuse 
a la derniere minute pour certains motifs. Ces motifs etaient tres 
apparents: le jeune homme voulait s'en servir lui-meme et jouer 
un tour a la foule, qui attendait avec anxiete. Tout a coup, ce 
jeune Paul, arrive a fond de train, en criant: "aux armes!" L'ex- 
citation est a son comble, les coups de feu retentissent, on voit 
partout des illuminations, feux de bengale, etc. Les deux armees 
se rencontrent et en viennent aux prises! Le canon gronde, les 
cloches annoncent I'arrivee des Anglais! On aurait dit que le 
village etait pris d'assaut. Apres la bataille cependant, tout entra 
dans le calme, et lorsque le jeune fargeur eut fini sa course effrenee, 
tout a coup Paul Revere arrive avec son "bronco," qui avait peur 
de tout, qui prenait I'epouvante pour le moindre choc, sautait les 
clotures, se jetait par terre tant il etait effraye par les coups de 
canon; mais quand le heros de la fete arriva dans Southbridge 
meme, il faisait bien noir, et deja un certain nombre de com- 
patriotes etaient au courant du tour, qu'on venait de leur jouer. 
On etait d'ailleurs a bout de poudre et les feux d'artifice s'etaient 
evanouis, de sorte que notre Paul Revere, deconcerte et piteux, 
entra dans la ville a la faveur des tenebres et sans bruit, alia con- 
duire son poulin blanc a I'ecurie de son proprietaire John Bowlen, 
en lui conseillant de le faire dompter; pour recompense de son 
devouement, Paul Revere en eut pour presque une semaine sans 
pouvoir marcher, consequence de son voyage mouvemente de 
Webster a Southbridge, et jurant contre le president Joseph Le- 
clair de I'avoir entraine dans une telle galere. 

Apres le programme termine a I'exterieur, il y eut une grande 
reunion a I'hotel de ville, ou Ton representa Louis XVI, person- 
nifie par M. Joseph Blanchard, avec sa cour, II y eut chant et 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 169 

musique, et discours par le juge Andrew J. Bartholemew ; ce fut 
le clou de la premiere fete de Paul Revere celebree a Southbridge, 
fete qui fut le sujet de conversation pendant plusieurs annees. 
On pretend que plus de 5,000 personnes assistaient a cette cele- 
bration. 



170 HISTOIRE DES FRANCO- AMERICAINS 



CHAPITRE XVI. 

Cercle Canadien (suite) — Noces d' Argent de Mgr. Brochu. 

En 1898 les membres du cercle, avec d'autres societes, parti- 
ciperent a I'organisation d'un grand banquet a I'occasion des noces 
d'argent de Mgr. G. Elzear Brochu. Ce banquet eut lieu a la 
salle Edwards, lundi le 30 mai; au nombre des invites, qui etaient 
nombreux, on remarquait beaucoup de pretres du diocese de 
Springfield et des environs. 

F. Gatineau fut elu president du banquet et C. Begin president 
de la soiree, qui eut lieu a la salle-de-ville, et ou un programme 
musical elabore avait ete prepare pour la circonstance. 

Un discours approprie fut prononce par I'abbe P. E, Roy, cure 
de Hartford, aujourd'hui eveque auxiliaire du diocese de Quebec; 
I'adresse fut lue par M. Clement Begin, qui presenta a Mgr. 
Brochu un superbe calice valant $400, et d'autres cadeaux de prix. 
L'hote de la fete fut tres sensible a cette marque de gratitude de 
la part de ses paroissiens, et en profita pour passer en revue I'his- 
toire de la paroisse, pendant le quart de siecle qui venait de 
s'ecouler. Son eloquence, sa parole chaude et vibrante, firent une 
vive impression sur ses auditeurs, qui furent emus, pour un bon 
nombre, jusqu'aux larmes. 

Cette fete du cceur, laissa dans toutes les ames des souvenirs 
bien chers et bien doux. 

Monument a la Memoire du Dr. J. A. Robillard. 

En 1884 les membres du Cercle Canadien firent eriger un 
monument a la memoire du Dr. J. A. Robillard, decede au mois de 
decembre 1883, lui qui avait deploye tant de devouement pour 
cette jeune association. 

En 1907, le cercle fit aussi eriger un marbre commemoratif a la 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 171 

memoire d'Alfred Galipeau, decede le 29 mars de cette meme an- 
nee; son pere, J. B. Galipeau, fit entrer son jeune fils dans le cercle 
a I'age de seize ans, et ce jeune homme en peu de temps devint un 
acteur consomme. Dans quelques annees, il etonnait tous ses 
auditeurs par son eloquence et sa facilite a argumenter. 

II fut directeur-dramatique du cercle pendant plusieurs annees, 
et chaque fois qu'il entreprenait un role important le cercle etait 
certain d'avoir foule a la seance. II se surpassa surtout dans le 
role de Rusard dans les "Vengeances," dans celui d'lvan Ogaref 
dans "Michel Strogoff"; George Bergeau dans le "Forgeron de 
Strasbourg"; Bertrand, dans "Marie- Jeanne"; Jean Renaud, dans 
"Une Cause Celebre." 

II est mort bien jeune, a Page de 42 ans, et fut regrette non 
seulement par les membres du cercle, mais par toute la population 
canadienne de Southbridge. 

Un monument fut aussi eleve, en 1912, par les membres du 
cercle et quelques amis, a la memoire du Dr. Joseph A. Genereux, 
qui etait membre actif du cercle depuis son arrivee a Southbridge, 
en 1886, jusqu'a sa mort, survenue le 22 decembre 1911. Ce 
monument etait un tribut de reconnaissance a I'honneur de notre 
compatriote, pour les services rendus aux franco-americains d'ici 
pendant un quart de siecle. 

A differentes epoques le Cercle Canadien a organise des fetes 
anniversaires, soirees dramatiques pour les membres et les amis; 
en 1916 on celebra avec pompe le quarantieme anniversaire 
de I'existence de cette association. On organisa un superbe ban- 
quet a la salle Edwards; tous les membres fondateurs a I'etranger 
furent invites, et, au nombre de onze, ils furent tous presents, 
excepte un seul, qui etait indispose par la maladie et la vieillesse. 
Plusieurs representants des cercles franco-americains de la Nou- 
velle-Angleterre honorerent aussi le cercle de leur presence. II y 
avait delegations des clubs: Montcalm, de Lawrence; Calumet, de 
Fall-River; Gagnon, de Webster; Brightwood, de Springfield; Bon 
Ami, de Worcester; Athletic, de Putnam; Dramatique, de Marl- 
boro; Cercle National, de Woonsocket; Rochambeau, d'Holyoke. 
II y avait aussi plusieurs jeunes pretres, enfants de la paroisse, ainsi 



172 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

que MM. Alexandre Belisle, representant de "L'Opinion Publique" 
et George Grant de la "Southbridge Press." 

En politique, le cercle a joue un grand role; son influence s'est 
fait sentir dans bien des elections et a bien peu d'exceptions, tous 
les canadiens qui ont ete elus a des postes importants dans I'etat 
et la municipalite, faisaient partie de cette association qui aujour- 
d'hui, compte 250 membres, dont plusieurs sont des manufactu- 
riers, des hommes d'affaires, commis et employes dans les usines. 

Les relations entre les membres sont des plus amicales; ce- 
pendant, il faut constater qu'avec la nouvelle generation, il se pro- 
duit une certaine transformation. Le cercle, de nos jours, est 
administre plus comme association d 'amusements, que comme 
societe litteraire. 

C'est regrettable sans doute, mais cela provient de ce que les 
jeunes gens d'aujourd'hui cherchent moins a s'intruire que les 
anciens; ayant eu I'avantage d'ailleurs, de frequenter les ecoles 
plus longtemps, ils ne ressentent pas le meme besoin de s'eclairer, 
de s'instruire. En passant, nous pouvons oser dire que plusieurs 
de nos jeunes canadiens occuperaient de meilleures positions, s'ils 
pensaient un peu plus a s'instruire, et moins a s'amuser. C'est 
deplorable pour la race et le pays! Encore faudra-t-il y remedier 
au plus tot! 



tm 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 173 

CHAPITRE XVII. 

Clubs d' Amusements — Societe de Temperance. 

En 1884, un certain nombre de jeunes gens de quinze a vingt 
ans, dont les promoteurs etaient Napoleon Giroux, Louis Giroux, 
Frangois Belanger, Elzear Belanger, Henri L. Brousseau, Albert 
Brousseau, Ludger Martel, Placide Laliberte, Hormisdas Trem- 
blay organiserent un "Cercle d' Amusement," sous le nom de "Jolly 
Club." Le but des membres de cette association etait de pratiquer 
la sobriete, de se recreer au moyen de comedies, farces, discours 
comiques, etc. Ce petit club, qui en peu de temps possedait 
quarante a cinquante membres dans ses rangs, developpa des ta- 
lents, qui se produisirent plus tard dans les seances donnees par le 
Cercle Canadien et par d'autres societes. 

Elzear Belanger, Narcisse Gamache et Albert Brousseau de- 
vinrent des danseurs de "clog" de premiere force. Placide Laliberte, 
quelques annees plus tard, interpretait les roles principaux dans 
les pieces dramatiques. Hormisdas Tremblay devint bientot un 
acteur emerite, excellant surtout dans les roles comiques, discours 
et chansons. Caractere original, il en fit meme une profession, 
pendant plusieurs annees, dans differents centres de la Nouvelle- 
Angleterre, et au Canada dans le comte de St. Hyacinthe oil il a 
demeure. 

II y en avait d'autres aussi qui apprenaient la musique, car les 
quartiers-generaux de cette association etaient dans les salles de 
la "Fanfare Canadienne," au-dessus du "Southbridge Journal," 
rue Central. Quelques membres devinrent plus tard des musiciens 
capables, devinrent membres des differentes fanfares et orchestres 
de Southbridge. 

En 1890, plusieurs s'etaient maries, d'autres allerent demeurer 
ailleurs, et le reste s'enrola dans le Cercle Canadien; de sorte que 
cette association, comme bien d'autres du meme genre, passa a 
I'histoire, ayant fait sa part de bien, ayant contribue a notre de- 
veloppement intellectuel. 



174 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XVIII. 

"Les Chevaliers de St. Pierre" — 1887. 

Le ler Janvier 1887, un certain nombre de franco-americains 
convoquerent une assemblee dans la salle de I'ancien edifice du 
"Southbridge Journal," dans le but de fonder une societe de tem- 
perance. Apres plusieurs remarques demontrant I'importance 
d'une telle societe, un comite fut nomme pour en soumettre les 
reglements au cure de la paroisse, le Rev. Georges Elzear Brochu, 
Celui-ci, apres les avoir soigneusement examines, y ajouta cer- 
taines clauses, dont I'une etait: "que les membres s'engageaient a 
faire la 'Sainte Communion,' au moins a tous les trois mois." Bien 
que les promoteurs de cette organisation fussent de bons catho- 
liques, il y en avait parmi eux, qui ne voulaient point s'imposer 
cette obligation, et les reglements en question ne furent point 
adoptes. Quelques mois plus tard cette societe fut transformee 
en societe de bienfaisance et de temperance portant le nom de la 
Societe des Chevaliers de St. Pierre de Southbridge. 

Voici son acte d 'incorporation: 

"Acte d' Incorporation. 

"Sachez tous, que nous, les sousignes, nous nous sommes asso- 
cies dans le but de former une corporation sous le nom de Cheva- 
liers de St. Pierre, afin de creer et de maintenir un fonds pour le 
secours des membres malades, pour la sepulture des morts, pour 
donner du secours a la veuve et aux dependants de ces derniers et 
pour toutes fins de charite, de morale et de temperance. Que 
nous nous sommes conformes aux statuts de cet etat faits et pour- 
vus pour tels cas, comme il appert par le certificat des officiers 
de la dite corporation. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 175 

"Ce dit certificat dument et legalement approuve par le com- 
missaire d'assurance et enregistre dans son bureau. 

J. Robert Jannery, Bazile Proulx, 2ieme, 

M. J. Surprenant, Gilbert Theriault, 

J. A. Genereux, M.D., Joseph Theriault, 

Sal. Ste. Marie, Bazile Proulx, ler, 

Joseph A. Allard, Augustin Robidoux, 

Michel J. Bachand, Jules Tremblay." 
Rosario Paquin, 

"C'est pourquoi, nous, William M. Olin, secretaire de I'etat du 
Massachusetts, certifions, que les susdits sieurs associes et suc- 
cesseurs sont legalement organises et etablis et sont declares par 
les presentes, corporation existant sous le nom de Chevaliers de 
St. Pierre, avec les pouvoirs, droits et privileges. 

"En foi de quoi nous avons appose le sceau de I'etat du Mass- 
achusetts ce premier jour de mars, en I'an de Notre-Seigneur, mil 
huit cent quatre-vingt treize. 

"Signe, Wm. M. Olin, Secretaire de I'Etat." 

En peu de temps, cette societe devint prospere, tant sous le 
rapport des finances, que sous le rapport des membres devenus 
tres nombreux; quand tout a coup, en 1891, il y eut certains 
differends entre les membres, a cause de certains articles du re- 
glement relativement a la temperance. Finalement, une vingtaine 
de membres donnerent leur resignation, et dans cette meme annee 
jeterent les bases de la Cour Jacques- Cartier, Forestiers d'Ame- 
rique. 

Apres cet echec, la societe de temperance commenga a perdre 
son prestige, et comme il y avait plusieurs societes et qu'il en sur- 
gissait toujours de nouvelles, en 1906, par un vote unanime, on 
decida de dissoudre I'organisation, et de remettre a chaque mem- 
bre sa part d'economies, soit une somme de $20.00 a chacun. 



176 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XIX. 

"Societe de Temperance" — 1889. 

Mgr. Brochu, qui etait un homme d'une droiture exemplaire, 
avait en aversion, si nous pouvons nous exprimer ainsi, les ivrognes 
et les debiteurs de boissons. Aussi, pendant les trente-deux ans 
qu'il a passes a Southbridge, il les a attaques plus d'une fois. II 
leur refusait bien souvent les sacrements, leur souhaitait d'etre 
traites selon leurs merites. Par ses sermons contre I'ivrognerie, 
assez souvent, a la veille des elections, il arrivait a empecher 
1 'octroi de certaines licences. 

Dieu sait qu'il avait toujours a cceur, dans toutes ses pole- 
miques, le plus grand bien spirituel et temporel de ses paroissiens; 
c'est pourquoi il conseillait fortement aux ivrognes de prendre la 
temperance, et encourageaient par tous les moyens possibles, la for- 
mation de ligues et d'associations de temperance, pour combattre 
le fleau devastateur de I'ivrognerie, Ses appels furent enfin 
ecoutes, et en 1889, plusieurs concitoyens formerent une "societe 
anti-alcoolique," avec le preambule suivant: 

"Sous le vocable du Sacre-Cceur de Jesus, ce premier mars, en 
I'an de grace 1889, nous avons jete les bases d'une societe, dite: 
^ Union du Sacre-Coeur de Jesus,' et avons etabli des reglements 
pour les membres, qui la composeront. 

"Comme cette societe doit revetir un cachet religieux, puis 
qu'elle a pour but la sauvegarde spirituelle des membres avant 
tout, nous la mettons sous le patronage du Sacre-Cceur de Jesus. 
En outre, nous etablissons comme son superieur irrevocable, le 
cure de la congregation Notre-Dame de Southbridge; le chapelain 
sera nomme par le dit superieur, selon son bon plaisir. 

"Nous choisissons pour banniere de la dite societe, celle du 




MKDiiClXS KRA.\L( i- AMKRICAIXS 
Daniel Plouffe, Charles Tetreault 

Jos. G. E. Page 

Charles Simpson, Victor Potvin 

Joseph Donais 




DENTISTES FRANCO-AMERICAINS 
J Rock Lepage, E. Celeste Thresher, Arthur Gravel 

Oswald Gregoire 
Hector Peloquin, Arthur Larochelle, Zephir Potvin 




AVOCATS FRANCO- AMERICAIXS 
Georges Proulx, Arthur Surprenant 

Louis O. Rieutard, Juge Suppleant 
Stephen Benoit, Henri Tetreault 




Survivants de la Guerre Civile 
C. Provost, H. Leveille, Pierre Giroux, Israel Ledoux 




GKOL'PE UE LA GLEKKE HISPANU-AMEKICAINE 

A. Belanger, A. Paquin, N. (iarceau, W. P. Lacroix, J. B. CapKtle 

A. .\. Geliiuau. A. Monlmiiiie 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 



177 



Sacre-Coeur, pour drapeau celui du Souverain Pontife, et comme 
insigne des membres, la croix grecque." 



Noms des membres fondateurs: 



Hubert Lavallee 
Alex. Montminy, sr. 
Joseph Proulx 
Alexis Boyer, sr. 
Alfred Potvin 



Arthur Petit 
Edmond Hetu 
Georges Cabana, sr. 
David Duclos 
Octave Desrosiers 



Frangois Surprenant Theophile Lamoureux 



Salomon Labonte 
Paul St. Laurent 
Arsene Robillard 
J.-Bte. Robillard 
Louis St. Martin 
Fr. Sansoucy, sr. 



Salomon Lariviere 
Pierre Allard 
Nap. L'Homme 
Edouard Demers 
Wilfrid Lamoureux 
Amede Lamoureux 



George J. Lamoureux Thomas Lavallee 



Hector Collette 
Paul Phaneuf 
Michel L'Homme 
Louis Desrosiers 
Damase Perigord 



Uldege Gagnon 
J. B. L'Homme 
Pierre Dumas 
Pierre Gaucher 
Moise Garceau 



Edouard Bibeau 
J. B. Proulx 
Pierre Carmel 
Charles Garceau, jr. 
Hormisdas Montminy 
Frangois Paul 
Joseph Lamoureux 
Bazile Proulx 
Nap. Duquette 
Alfred Roy 
Gilbert Lariviere 
Alfred Lariviere 
Eusebe Demers 
Ulric Donais 
Arthur Boucher 
Henri Duclos 
Joseph Gagnon 
Charles Thibodeau 



D'apres les reglements, chaque membre payait 25c par annee, 
et la societe payait $10.00 pour un service au deces d'un membre 
et $10.00 pour un service anniversaire. 

On faisait 1 'election des officiers a chaque semestre, en Janvier 
et en juillet de chaque annee. 

Voici le resultat de la premiere election: Chapelain, Mgr. 
George Elzear Brochu; president, Edouard Lariviere; vice-presi- 
dent, Louis Desrosiers; secretaire, Alfred Potvin; secretaire-cor- 
respondant, Salomon Labonte; tresorier, Georges J. Lamoureux; 
collecteur, Theophile Lamoureux; ler commissaire, J. B. L'Hom- 
me; 2e commissaire, Octave Desrosiers; ler auditeur, J. B. Robil- 
lard; 2e auditeur, Fr. Sansoucy; 3e auditeur, Paul St. Laurent. 



178 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

Cette societe qui fut organisee avec un assez bon nombre de 
membres, fit bien peu de progres, de 1889 a 1893. 

En prenant le serment de suivre les reglements de notre societe 
de temperance, chaque membre recevait une croix. Nous voyons 
encore de nos jours cette croix de temperance dans les bons foyers 
canadiens, et plusieurs sont restes fideles jusqu'a nos jours aux 
promesses solennelles qu'ils avaient faites en entrant dans cette 
association, qui a fait un bien incalculable dans la paroisse. 

Le premier dimanche du mois de Janvier 1893, Mgr. Brochu, 
cure de la paroisse, fit ses souhaits de bonne annee a ses parois- 
siens; tout en passant en revue I'annee qui venait de s'ecouler, il 
parla des abus qu'il y avait dans Southb ridge; il s'attaqua surtout 
a I'ivrognerie et fit un appel chaleureux a ses ouailles, leur de- 
mandant de s'unir, de former des associations, dont le but principal 
serait de combattre cette plaie, qui ravageait nos meilleures fa- 
milies. 

Le dimanche suivant, le 8 Janvier, apres les vepres, il y eut une 
immense assemblee, convoquee par la "Societe de Temperance"; 
les discours ne manquerent pas: on parla de tout, mais surtout de 
I'importance d'appartenir a la dite societe. A cette assemblee on 
proceda a I'election des officiers, qui s'engagerent a travailler au 
recrutement de nouveaux membres, et de toutes les forces de leur 
ame. 

Voici le resultat de cette election: chapelain, Mgr. Georges 
Elzear Brochu; president, Pierre Bachand; vice-president, Napo- 
leon Duquette; secretaire, Joseph Demers; tresorier, Joseph Ber- 
thiaume; collecteur, Paul St. Laurent; commissaire, J. B. L'Hom- 
me; zelateurs: Louis Desrosiers, Pierre Allard, Paul Berthiaume, 
Joseph Berthiaume, Alexis Demers. 

Les officiers elus tinrent leurs promesses, car en moins de trois 
mois la societe comptait au-dela de trois cents membres bien zeles 
et ponctuels a accomplir leurs devoirs; ils se confessaient souvent 
et approchaient de la Sainte Table en corps. Mais comme c'est 
un fait, que les ligues de temperance sont difficiles a maintenir, 
celle-ci ne fit pas exception aux autres, et graduellement le nom- 
bre des membres s'en allait diminuant. Ceux qui avaient a coeur 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 179 

de continuer a marcher dans la bonne voie perdaient peu a peu 
courage, de sorte qu'a la fin le tout se reduisait a quarante ou cin- 
quante membres. 

Election des officiers, le 19 juin 1904: president, Paul St, 
Laurent; vice-president, Napoleon Giroux; tresorier, Alexandre 
Desaulniers; correspondant, Louis Bourdelais; ler commissaire 
ordonnateur, David Hufault; 2e commissaire ordonnateur, 
Edouard Deslauriers. 

A cette meme assemblee, comme cette societe avait un fort 
montant d'argent en banque, et que le nombre des membres etait 
considerablement reduit, il fut resolu de donner $19 a chaque 
membre, et de mettre la balance au credit et dans le tresor de la 
societe. 

II y eut quelques reunions du mois de juin au mois de decem- 
bre de la meme annee, mais I'assistance prouvait clairement que 
les membres avaient perdu tout interet pour la societe, et le 18 
decembre, il y eut une derniere assemblee, ou Ton prononga la 
societe dissoute, oil Ton decida de vendre les meubles appartenant 
a la societe, et de faire chanter une grand'messe pour I'ame de 
Mgr. Brochu. On partagea ensuite les fonds de I'association entre 
les membres qui avaient appartenu jusqu'a la fin. 



180 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XX. 

"Cour J acques-C artier." 

Le 29 Janvier 1891, une assemblee fut convoquee dans le but 
de Jeter les bases d'une Cour des Fores tiers d'Amerique. 

Signerent comme membres fondateurs: William Girard, Hor- 
misdas Lavoie, Auguste Lucier, J.-Bte. Pinsonneault, Alfred Gali- 
peau, Joseph Demers, Dr. J. Pontbriand, Dr. J. A. Genereux, 
Henri L. Brousseau, Edmond Pelletier, Joseph Metras, Joseph Le- 
clair, Omer Gregoire, Joseph Lariviere, Alfred Langevin, Octave 
Ethier. 

II fut resolu que la cour porterait le nom de Cour Jacques- 
Cartier, No. 7922, qui fut plus tard change au numero 56. 

Voici le resultat de la premiere election des officiers: chef- 
ranger, William Girard; vice-chef-ranger, Henri L. Brousseau; 
secretaire-financier, Alfred Galipeau; secretaire-arch., Hormisdas 
Lavoie; tresorier, Joseph Metras; ler visiteur, Joseph Lariviere; 
2e visiteur, Alfred Langevin; garde-interieure, Auguste Lucier; 
garde-exterieure. Octave Ethier; medecin. Dr. J. J. Pontbriand. 

Quelques mois plus tard cette association avait pris un deve- 
loppement considerable et, en moins d'un an, elle comptait plus 
de deux cents membres, la plupart des jeunes gens remplis d'ar- 
deur et d'enthousiasme, et qui n'epargnaient rien pour I'avance- 
ment de leur association. 

D'apres les reglements de la dite societe, un membre malade 
recevait $5.00 par semaine pendant quinze semaines pour un an, et 
a la mort d'un membre, sa famille recevait $100. C'etait une so- 
ciete fratemelle de premier ordre, et en pratiquant I'economie elle 
eut bientot une forte reserve d'accumulee. 

En 1905, il y eut ime convention generale a Buffalo, N. Y., et a 
ses assises, il fut resolu, qu'a I'avenir il n'y aurait qu'une langue 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 181 

officielle dans 1 'administration de la societe, a savoir, la langue an- 
glaise. Jusqu'a cette epoque, comme la societe etait composee de 
differentes nationalites, on laissait a chaque nationality le droit de 
diriger sa cour, comme elle I'entendait, en se servant de la langue 
maternelle. Ce changement, disait-on, s'imposait pour des raisons 
d'economie, afin d'epargner les depenses d'imprimerie pour regle- 
ments, manuels, formules, etc. 

Cette decision deplut souverainement aux franco-americains et 
plusieurs "cours" de langue frangaise se separerent de la haute 
cour, et formerent plus tard les Forestiers Franco-Americains. 

En 1907, la Cour Jacques-Cartier fut erigee en societe inde- 
pendante jusqu'au 15 avril 1908, epoque oil elle s'affilia a I'Union 
St-Jean-Baptiste d'Amerique, sous le nom de Conseil Jacques-Car- 
tier No. 58. Ce conseil compte aujourd'hui 250 membres, est bien 
administre et est certainement Tun des conseils les plus prosperes 
de rUnion. 



182 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XXI. 

Club de Naturalisation — Union Saint-Joseph. 

En 1892, annee d'une election presidentielle, un club de natura- 
lisation fut organise, dans le but de travailler a Tavancement des 
canadiens, en les initiant a la politique du pays. M. Joseph 
Anatole Caron fut elu president; Mederic Duhamel, secretaire, et 
F. X, Tetreault, tresorier. 

Dans le cours de cette annee, ce club progressa tres sensible- 
ment, mais comme toutes les organisations politiques, il ne fut 
pas de longue duree. II fut reorganise en 1900, lors de la nouvelle 
election presidentielle et dissous apres les elections. 

Union Saint-Joseph. 

A une assemblee populaire convoquee le 9 avril 1893, dans le 
but de fonder une societe sous le nom d'Union St-Joseph, il fut 
resolu que M. Horace G. Gravel soit nomme president, et Joseph 
N. Arpin secretaire de la dite assemblee. Des remarques furent 
faites par MM. Joseph N. Harpin, Michel J. Bachand, Dr. J. 
E. Genereux, Dr. J. E. Ferland, L. E. Dionne, Joseph A. Allard 
et autres. Soixante-trois concitoyens demanderent a etre admis 
comme membres de la nouvelle societe, dont le principal article 
des constitutions et reglements se lisait ainsi: 

"Cette societe a pour but de venir en aide, pour une allocation 
hebdomadaire, a ceux de ses membres, que la maladie ou un acci- 
dent empecheraient de travailler ou de vaquer a leurs occupations 
ordinaires, ou autres, pouvant leur rapporter profit, ainsi que pour 
assurer aide et protection a la veuve, aux heritiers de toutes per- 
sonnes faisant partie de la dite societe, ou qui pourraient ci-apres, 
en faire partie." 

Election des premiers officiers: chapelain, Mgr. Georges Elzear 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 183 

Brochu; president, Michel J. Bachand; ler vice-president, Remi 
Chartier; 2e vice-president, Aime Vary; secretaire, Joseph N. 
Harpin; assistant secretaire, William Page; correspondant, Ed- 
mond Lippe; tresorier, Michel Surprenant; assistant-tresorier, 
Michel Bachand; collecteur, F. X. Lariviere; ler officier ordon- 
nateur, J. B. L'Homme; 2e officier ordonnateur, Camille Caron; 
collecteur, Joseph A. Allard. 

En moins de trois mois, la societe comptait dans ses rangs au- 
dela de 200 membres. Chaque initie devait payer SOc par mois, 
et recevait $5.00 par semaine en cas de maladie, pour les premiers 
six mois et $4.00 par semaine pour les six mois suivants, en outre 
$2.50 par semaine tant que la maladie durait. Quand un membre 
mourait, les autres membres devaient payer une contribution spe- 
ciale d'une piastre a I'epouse ou aux heritiers, et a la mort de 
I'epouse d'un membre, les autres membres payaient SOc a ce 
dernier, dans I'espace d'un mois, apres le deces de la femme. 

Cette societe offrait de multiples avantages, aussi dans les 
premiers moments d'enthousiasme, on avait eu le malheur d'ad- 
mettre plusieurs concitoyens, dont la sante etait plus ou moins 
chancelante, ou qui etaient ages au-dela de 50 ans. Des les pre- 
mieres annees, il fut tres difficile avec les revenus courants de 
defrayer les depenses, et comme il y avait a cette epoque, a South- 
bridge, plusieurs societes prosperes, composees de jeunes gens, il 
etait devenu presque impossible d'enroler les jeunes gens, et meme 
plusieurs d'entr'eux qui avaient donne leurs noms, abandonnerent 
la nouvelle societe. 

Au bout de quelque temps, par une entente mutuelle, I'Union 
St- Joseph s'agregea a I'Union St-Jean-Baptiste, a la condition que 
chaque membre conserverait ses droits acquis dans la premiere 
societe. 



184 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XXII. 

"Cercle Academique" — Garde Lafayette. 

En 1895, un Cercle Academique fut organise par des represen- 
tants de chaque societe franco-americaine, dans le but de donner 
des conferences et stimuler le mouvement national. 

MM. F. X. Tetreault, Dr. J. A. Genereux, Alexandre Desaul- 
niers, furent choisis comme premiers dignitaires. 

Plusieurs assemblees interessantes furent organisees: confe- 
rences, debats, naturalisation, etc. Le but de ce cercle etait clair 
et net: faire aimer la langue maternelle, et montrer a nos compa- 
triotes les beautes qu'elle renferme. Cette association fit im bien 
immense dans Southbridge, mais fut malheureusement abandonnee 
en 1902. 

"Garde Lafayette." 

A I'automne de 1895, une quinzaine d'amis voulant organiser 
une association pour se recreer et travailler a I'avancement de 
leurs compatriotes etablirent la "Garde Lafayette," avec les mem- 
bres suivants: Anthime Desrosiers, Alexis Giard, Amede Bonin, 
J. N. Arpin, Alfred Giard, Alfred Langevin, Joseph Desrosiers, 
Louis Peloquin, Joseph Leclair, Alfred Galipeau, Placide Laliberte, 
Alfred Allard, Arthur Lamoureux, Godfroi Lamoureux, Louis Du- 
quette, Isidore Lataille, Joseph St. Pierre. 

Ces quelques amis, a differentes epoques, organiserent des 
soirees sociales pour leurs amis, des soirees dramatiques et musi- 
cales. lis firent aussi venir des troupes etrangeres pour donner 
des representations a Southbridge. 

Le 3 Janvier 1899, la celebre troupe du Cercle National Dra- 
matique de Woonsocket, donna une representation intitulee: "Le 
Dompteur," sous la direction deM. J.B.Savard, directeur du cercle. 



DE SOUTRB RIDGE, MASSACHUSETTS 18S 

Cette representation, donnee par des artistes, fut un succes sous 
tous rapports; on fit des voeux pour que les artistes reviennent 
nous egayer plus souvent. Le printemps de la meme annee, ils 
revinrent en effet, et le 6 juin, la meme troupe nous representait 
le drame intitule: "Le Martyr," par Adolphe d'Ennery, sous la 
direction de M. J. B. Savard. Nos compatriotes de Woonsocket 
se couvrirent de gloire encore une seconde fois; tout cela avait le 
don de stimuler nos gens de Southbridge, et leur demontrer qu'il 
y avait de bons "cercles dramatiques," ailleurs qu'a Southbridge. 

En 1900, cette jeune organisation fut dissoute, et reorganisee 
a i'automne de cette meme annee, a I'occasion de I'election presi- 
dentielle. Le but de cette societe alors, etait de grouper les 
hommes d'affaires, sans distinction de couleur politique, et aviser 
aux meilleurs moyens a prendre pour exercer plus d'influence dans 
la politique municipale, et la politique de I'etat, II s'agissait de 
faire parvenir nos compatriotes de Southbridge, aux charges muni- 
cipales, et de leur faire jouer un role preponderant meme dans les 
affaires de I'etat. Le but etait noble et meritait d'etre pris en 
consideration, Ce cercle fut organise sous le nom "Les Intimes," 
et fut mieux connu plus tard sous le nom de "Pinaro." 

Ce cercle, pendant quelques annees, joua un role important 
dans la politique locale, car grace a son influence, plusieurs de nos 
compatriotes furent elus a des postes importants. Graduellement 
la situation changea, et ce cercle devint plutot un club d'amuse- 
ment, qui ne fut pas toujours approuve par le plus grand nombre 
des membres, qui donnerent graduellement leur demission. Plu- 
sieurs cependant persisterent a demeurer membres, mais comme 
dans les derniers temps, plusieurs abus se pratiquaient, surtout 
I'abus de la boisson, les autorites municipales autoriserent le 
chef de la police d'en fermer les portes; ce qui arriva le 30 mars 
1914. 



186 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XXIII. 

Cour St. George, F. C. — Conseil Rochamheau. 

Le 15 juin 1896, 1'ordre des Forestiers Catholiques de Chicago, 
etablissait ici une cour de cet ordre, sous le nom de Cour St. 
Georges No. 593. 

Le Dr. L. E. Dionne, de North Brookfield, fut delegue par la 
cour superieure, pour venir instituer la cour, et y installer les offi- 
ciers suivants: 

Chapelain, Rev. L. A. Langlois; chef, F. X. Lariviere; vice- 
chef, Hormisdas Bedard; secretaire, Anthime Desrosiers; tresorier, 
Salomon Labonte; sec.-tres., Mederic Duhamel; conducteurs, Si- 
meon Page, Joseph Brodeur; sentinelles, Alex. Blais, Auguste Lu- 
cier; medecin. Dr. J. S. E. Farland; syndics, J. B. Bonin, Louis 
Durocher, Stanislas Plante. 

A cette meme assemblee, vingt membre signerent la charte et 
s'engagerent a travailler a I'avancement de la nouvelle societe. 
Un comite fut nomme pour s'entendre avec les membres de la 
Cour Jacques-Cartier pour se servir de leur salle; apres la seance, 
il y eut reception offerte aux visiteurs, ou il y eut discours par le 
Rev. L. A. Langlois, par MM. F. X. Lariviere, Dr. Farland, Mede- 
ric Duhamel et le Dr. L. E. Dionne de la cour superieure. 

La Cour St-George, en peu de temps, comptait un bon nombre 
de membres, et joua un role preponderant parmi les societes de 
cette localite. Elle fut representee pendant six ans par M. Joseph 
Leclair dans la cour d'etat. II a ete succede par M. W. J. La- 
moureux, conseiller du village, qui garda cette charge pendant 
quatre ans. 

L'ordre des Forestiers Catholiques compte 150,000 membres, 
soit au Canada, soit aux Etats-Unis, et est une des societes les 
plus influentes du continent americain. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 187 

Conseil Rochambeau, Union St-Jean-Baptiste d'Amerique. 

Le Conseil Rochambeau No. 12, de I'Union St-Jean-Baptiste 
d'Amerique, fut le premier conseil organise dans cette societe. II 
fut organise le 12 mars 1900. Avant cette date, onze societes et 
clubs avaient donne leur adhesion a cette nouvelle federation. Le 
Dr. J. A, Genereux et Felix Gatineau etaient delegues a cette con- 
vention, et Felix Gatineau fut choisi un des officiers du bureau de 
direction. Ce bureau fit application dans I'Etat du Rhode Island 
pour I'obtention d'une charte. La dite charte fut obtenue le ler 
mai 1900, date legale de la formation de I'Union St-Jean-Baptiste. 

Les officiers demanderent aussi un permis dans I'Etat du Mas- 
sachusetts, qui fut obtenu au mois de mai 1901, epoque oil les 
membres du Conseil Rochambeau commencerent a payer des 
contributions. 

Avant de fonder ce conseil, puisque le but de I'Union St-Jean- 
Baptiste d'Amerique etait de federer les vieilles societes ensemble, 
des demarches furent faites aupres de la vieille societe St-Jean- 
Baptiste de Southbridge, pour I'engager a entrer dans la federa- 
tion. Plusieurs membres favorisaient ce changement, d'autres 
trouvaient que la societe etait prospere et emettaient meme des 
doutes, sur la valeur de la nouvelle societe. Quoique la grande 
majorite des membres favorisaient le changement, il fallait d'apres 
les reglements, les deux-tiers des voix, et la proposition fut perdue. 
Ce qui engagea plusieurs membres a resigner, et a s'enroler dans 
le Conseil Rochambeau, qui en quelques annees comptait au- 
dela de 500 membres. 

M. F. X. Tetreault en fut le premier president, et un membre 
devoue jusqu'a sa mort, arrivee le 9 septembre 1913. Au nombre 
des promoteurs du conseil nous trouvons MM. J. A. Genereux, F. 
Gatineau, Mederic Duhamel, Napoleon Giroux, Philias Caron, 
Honore Dorval, J. A. Caron, Jos. G. E. Page, M.D., Alfred Ga- 
lipeau, Paul Berthiaume, et autres, parce qu'a sa fondation, ce 
conseil comptait soixante membres. 

Le conseil compte 550 membres, avec une reserve de $11,500, 
et est reconnu comme I'un des plus prosperes de I'Union St-Jean- 
Baptiste d'Amerique, tant sur le rapport des finances que sous le 
rapport des membres. 



188 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XXIV. 

Artisans — Succursale de Southbridge. 

En 1902, il y avait a Southbridge, quelques canadiens membres 
de la Societe des Artisans. M. Zephirin Lepage, alors contre- 
maitre a 1'" American Optical Company," etait un ancien membre, 
car il s'etait enrole au Canada, aux premiers temps de I'organisa- 
tion de la dite societe, et ce fut grace a son initiative qu'une suc- 
cursale des Artisans fut organisee ici. 

A la premiere assemblee, il fut resolu de demander une charte, 
et d'inviter les representants de la societe, a venir etablir la "suc- 
cursale" de Southbridge, et a installer les nouveaux officiers, le 
15 decembre. 

Liste des officiers: chaplain honoraire, Mgr. Elzear Brochu; 
chapelain, Rev. L. A. Langlois; president, J. Z. Lepage; vice-pre- 
sident, Paul St. Laurent; 2e vice-president, Joseph Pariseau; secre- 
taire-tresorier, Archille Langlois; commissaires, Euclide Dupuis, 
Louis Bourdelais; censeurs, Emery Menard, Auguste Gaudette, 
George Normandin; medecin. Dr. J. B. Goyer. 

Un nombreux auditoire, compose des deux sexes, assistait a 
cette assemblee d'installation; il y avait aussi plusieurs visiteurs 
des centres environnants. M. L. Z. Lepage, en termes chaleureux, 
remercia les membres de I'honneur qu'on lui faisait, en le nommant 
president, et promit de faire tout en son pouvoir pour faire pro- 
gresser la nouvelle societe, qui, en peu de temps, fut tres prospere. 

Les personnes suivantes adresserent aussi la parole a cette 
soiree: Mons. I'abbe L. A. Langlois, P. Perreault de Worcester, 
MM. Alain Chaput, de "L'Opinion Publique," Worcester, Andre 
Lajoie, president de la succursale de Worcester, O. A. Bourque, 
organisateur des Artisans pour les Etats-Union, Alfred Roy, Wor- 
cester. Le principal orateur fut M. Henri Roy, de Montreal, qui 



^SWP^P^B 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 189 

parla des debuts et des progres de cette societe. Apres la seance, 
il y eut une reception offerte aux visiteurs; a cette reception tres 
amicale, il y eut chant et musique. 

La succursale de Southbridge a ete, en differentes occasions, 
honoree aux conventions generales, qui d 'apres les reglements sont 
tenues au bureau-chef a Montreal. Elle a aussi I'honneur d'avoir 
parmi ses membres actuellement, I'un des organisateurs et direc- 
teurs generaux, dans la personne de M. Ronaldo Guilmette, ma- 
nufacturier, qui occupe ce poste d'honneur depuis six ans. Cette 
succursale compte presentement 225 membres appartenant a I'elite 
des canadiens de Southbridge, et elle est, de toutes les societes, 
peut-etre I'une des mieux administrees. 

La societe des Artisans est a peu pres la plus puissante societe 
de langue frangaise du continent, car elle compte au Canada et 
aux Etats-Unis, plus de 45,000 membres. 

Les officiers actuels sont: representant du conseil executif, 
Louis Meunier; president, Wilfrid Richard; vice-president, Basile 
Proulx; 2e vice-president, Alfred Deneault; secretaire, H. Rave- 
nelle; collecteur-tresorier, Mederic Duhamel; ler com. ord., 
Edouard Peloquin; 2e com. ord., L. F. Cloutier; censeurs: Alfred 
Lapierre, Telesphore Duquette, Donat Petit. 



190 HISTOIRE DES FRANCO- AMERICAINS 



CHAPITRE XXV. 

Conseil Brochu, U. S.-J.-B. A. — Succursale Ste. Cecile, Artisans. 

Le 11 decembre 1902, fut etabli a Southbridge, le deuxieme 
"conseil" de dames, de i'Union St-Jean-Baptiste d'Amerique. 
Car c'est a Newburyport, Vt. que fut institue le premier "conseil" 
de ce genre, le 1 1 novembre de la meme annee. 

Au congres de cette societe a Southbridge, le 22 et 23 juillet 
1902, il fut statue qu'on organiserait des "conseils" composes de 
femmes, aux memes conditions que pour les hommes, et aussitot 
apres ce congres, les dames de Southbridge prirent I'initiative et 
organiserent un conseil; cependant, il y eut un certain retard 
occasionne par 1 'impression des reglements, qui devaient regir ces 
conseils. Enfin, le "Conseil Brochu," fut institue le 11 decembre 
1902, en I'honneur de Mgr. Georges Elzear Brochu, cure de la pa- 
roisse pendant trente-deux ans. 

M. Henri Langelier, de Woonsocket, R. I., substitut du "pre- 
sident general" de la societe, vint installer les officiers, assiste de 
M. F. X. Tetreault de Southbridge, alors president du "Conseil 
Rochambeau." 

Voici les noms des dignitaires qui furent installes en cette occa- 
sion: chapelain, Mgr. G. Elzear Brochu; presidente, Mde. Clara 
Gamache; vice-presidente. Mile. Blanche Richard; secretaire, Al- 
bina Lariviere; tresoriere, Elsie Jolicoeur; perceptrice, Arzelie Gi- 
rard; inspectrice, Laura Gatineau. 

Apres installation il y eut chant, musique, discours, rafrai- 
chissements; aussitot apres I'organisation de ce conseil, I'enthou- 
siasme fut a son comble parmi les membres. En peu de temps le 
nombre des membres augmenta au-dela des esperances les plus 
optimistes, et bientot ce conseil fut le plus nombreux de tous les 
conseils de femmes de I'Union St-Jean-Baptiste, et ce titre il I'a 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 191 

conserve jusqu'a nos jours, puisqu'il compte aujourd'hui plus de 
425 membres. 

Les sommes payees aux heritiers des membres decedees, et aux 
malades, representent de forts montants, sans compter une re- 
serve de plusieurs milliers de piastres, deposee dans les banques 
d'epargnes. 

Les dignitaires qui dirigent la societe, presentement, sont: 
directeur spirituel, Rev. L. O. Triganne; presidente, Mde. Henri 
Robida; vice-presidente, Mde. Philias Gauthier; doyenne, Mde. 
J. A. Genereux; presidente honoraire, Mde. Clara Plouffe; secre- 
taire, Mde. Fiorina St. Martin ; secretaire-adjointe, Mde. Francois 
Girard; perceptrice, Olympe Dupuis; tresoriere, Melina Leblanc; 
maitresse des ceremonies, Rosilda St. Martin; lere com. ord., Eve- 
lina Berthiaume; 2eme com. ord., M. Aimee Ferland. 

Le conseil a de plus un comite permanent qui s'occupe des 
membres et autres, qui sont dans I'indigence. Pendant cette der- 
niere guerre, plusieurs ont consacre leur temps a faire des habits 
et confectionner du linge pour les orphelins de France. En plu- 
sieurs occasions aussi, elles ont organise des soirees recreatives 
pour leurs membres. Ces dames ont souscrit le montant de $50 
pour le College de I'Assomption, Worcester; elles ont achete un 
certain nombre de "bons" du gouvernement, et sont toujours 
pretes a encourager les oeuvres paroissiales et autres. 

Succursale "Ste. Cecile" des Artisans — 1907. 

La Succursale Ste. Cecile fut organisee le 11 mars 1907, par 
M. O. A. Bourque, organisateur-general de la societe pour ce pays. 
Le Rev. L. T. Rodier fut choisi chapelain et le Dr. J. R. Goyer, 
medecin-examinateur. 

Les autres dignitaires furent: Mesdames Marie-Louise Metras, 
Alphonsine St. Onge, Azana Plouffe, Celina Lariviere, Henriette 
Lantagne, Delta Delage, Exilda Gauthier, Octavie St. Martin, 
Octavie Langevin, Yvonne Bessette, Georgianna Lamoureux. 

A plusieurs reprises, pendant les douze annees ecoulees depuis 
la fondation, les membres ont organise des seances litteraires et 



192 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

sociales. La succursale compte 45 membres et est administree par 
des dignitaires hautement qualifiees. 

Chapelain, Rev. L. O. Triganne; representante du conseil-exe- 
cutif , Delia Lavallee ; presidente, Marie Laperle ; vice-presidentes, 
Aldea Carpentier, Fiorina Tavernier; secretaire, Henriette Lan- 
tagne; tresoriere, Parmelia Daigle; com. ord., Delia Tremblay, 
Florence Carpentier; censeurs, Florence Gervais, Florine Surpre- 
nant, Alexina Tavernier; medecins-examinateurs, Dr. J. G. E. 
Page, Dr. J. E. Donais. 




GROUPE DE SOLDATS MoRT AV SERVICE DE hA PATRIE 

W. Girouard, A. Dufault, P. Donais 

Dr. E. Tetreault, P. Talbot 

P. Fontaine, Sergent A. Riendeau, A. Bibeau 

b. Desmarais S. Boisvert, T. Proulx, T. Girouard 

G. Girard, 1,. Bibeau, Art. Lafleche, Capt". T. J Proulx 




GROUPE DE SOLDATS ET MARINS 

Art. Allanl, F. Girouar \. T. Paullius, R. Proulx 

W. Dumas. Capt. C. TetrL-ault, A. Bail 

L. AUar.l. II. C.i-nt-nux. A. Canoi. \'. Lemoiiif, L. L-nioinc 




GR(JUPE DE SOLDATS ET AUTRES DE LA GUKKRE MUXDIALE 
J. Desmarais, E. Parent, W. Bail. C. E. Garceau 

M^'rl^,;''^- G^'^rf"'^- E™'"a Riendeau, Lieut. E. Coderre 
M. Capistrand, W. C. Lacroix, J. Paradis, Geo. Gatineau 




groupe: de sow vats dic la guerre mondiale 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 193 



CHAPITRE XXVI. 
Conseil Triganne, U. S.-J.-B. d'A. — Cour Laurier, F. F. A. 

Grace a I'initiative de M. Joseph Leclair, le Conseil Triganne 
No. 240 de TUnion St-Jean-Baptiste, fut institue le 6 septembre 
1908, en presence de M. Elie Vezina de Chicago, 111., vice-presi- 
dent de la societe, assiste de M. Emile Leroy Audy, de Chicago, 
comme maitre de ceremonie. line nombreuse delegation parmi 
les representants de I'ouest assistait aussi a la ceremonie. Ces 
delegues, qui etaient en route pour assister au Congres d'Holyoke 
qui devait avoir lieu le lendemain, avaient profite de I'occasion 
pour visiter Southbridge. lis etaient les hotes des Conseils Bro- 
chu, Jacques-Cartier et Rochambeau. Le dimanche, dans la 
soiree du 6 septembre, il y eut une grande assemblee publique a la 
salle de I'hotel de ville, et apres I'initiation du Conseil Triganne, 
11 y eut chant, musique, discours. La "Garde Rochambeau," qui 
assista, fit force evolutions: ce qui mit beaucoup d'entrain dans 
le camp, 

Le Revd. P. Triganne, cure de Notre-Dame, souhaita la plus 
cordiale bienvenue aux visiteurs; il felicita chaleureusement les 
differents conseils de leur activite, de leur esprit de corps. Le Dr. 
Oswald Gregoire, qui presidait a cette soiree, fit un vibrant dis- 
cours patriotique, et presenta les orateurs: MM. les abbes Pois- 
sant, de St. George, 111., Gelinas, de Chicago, et Simard, d'Aurora, 
111., adresserent la parole. M. Elie Vezina, qui etait I'orateur de 
circonstance, passa en revue les faits et gestes de 1 'Union St-Jean- 
Baptiste; il s'evertua a demontrer le bien qu'elle avait deja fait 
pour nos compatriotes, et le role qu'elle etait appelee a jouer. II 
felicita les franco-americains de Southbridge de s'etre enroles si 
nombreux dans la societe, d'avoir "cinq conseils" et 1,500 membres 
a leur credit. II fit remarquer, que partout oil il adresserait la 



194 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

parole il citerait toujours, comme il I'avait deja fait maintes fois, 
les canadiens de Southbridge, comme un exemple de patriotisme. 
Cet orateur, dont la reputation n'est pas a faire, captiva son audi- 
toire, et cette soiree fut une soiree memorable dans les annales des 
canadiens de notre ville. Le Conseil Triganne, compose en 
grande partie de jeimes filles, exista pendant sept ans, mais comme 
il etait difficile pour ces filles, a cause de leurs occupations, d'as- 
sister aux assemblees, il fut suggere et decide que ce conseil s'affi- 
lierait au Conseil Brochu. La fusion eut lieu dans le cours de 
I'annee 1915, a la grande satisfaction de tous. On avait compris, 
une fois de plus, que "dans V union, reside la force." 

Cour Laurier, Forestiers Franco-Americains — 1911. 

Le 12 avril 1911, la Cour Laurier fut organisee, grace a I'lni- 
tiative du Dr. J. G. E. Page, Louis G. Dupuis, Joseph Tremblay, 
J. B. Nadeau, Michel McDermott et autres. Cette cour, qui est 
la plus jeune des societes franco-americaines de Southbridge, a 
fait beaucoup de progres depuis son organisation, et elle compte 
actuellement 135 membres. Nous pouvons dire qu'elle progresse 
de jour en jour. L'Ordre des Forestiers Franco-Americains, quoi- 
que n'existant que depuis peu d'annees, compte pres de 10,000 
membres, repandus dans les differents centres de la Nouvelle- 
Angleterre. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 195 



CHAPITRE XXVII. 

Conventions des Canadiens-Frangais aux Etats-Unis. 

Les canadiens-frangais, apres quelques annees de sejour aux 
Etats-Unis, sentirent bientot le besoin de se grouper, de s'unir, 
afin d'abord, de se mieux connaitre, de mieux s'organiser, puis 
d'etudier les moyens a prendre pour ameliorer leur sort, pour se 
defendre plus efficacement dans la lutte pour la conservation de 
leur langue, de leurs coutumes ancestrales et de leur caractere 
national. De tous les centres ou nos compatriotes etaient en 
nombre suffisant, on se faisait un devoir sacre d'envoyer des dele- 
gues et des representants a ces grandes assises convoquees a cet 
effet. 

Les premieres grandes et importantes conventions des cana- 
diens des Etats-Unis eurent lieu a New- York en 1865 et 1866; en 
1867 on s'assembla a Troy, N.-Y., et en 1868, a Springfield, Mass., 
et c'est a cette demiere convention qu'on decida d'organiser "La 
federation des societes canadiennes-frangaises." Le tout fut com- 
plete a la convention tenue a Detroit, Mich, en 1869. 

En 1870, la societe St-Jean-Baptiste de Southbridge fut fondee, 
et dans cette meme annee, M. Alexandre Lataille fut le premier de 
nos compatriotes a assister a I'une de ces grandes conventions, a 
celle tenue a St. Albans, Vt. 

En 1871, nos delegues a la convention de Worcester, Mass. 
furent MM. Alexandre Lataille et Frangois X. Casavant. 

En 1872 M. Alexandre Lataille assista a la convention de 
Chicago, 111., et presenta le nom de la Societe St-Jean-Baptiste de 
Southbridge pour qu'elle appartienne a la federation des societes; 
le meme delegue fut envoye a la convention de Biddeford, Me. 

En 1874, la convention eut lieu a New- York, et les delegues 
pour Southbridge furent MM. Alexandre Lataille et Georges J. 



196 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Lamoureux. Ces derniers furent autorises par notre societe lo- 
cale a rompre tous rapports avec la federation puisqu'on n'y retirait 
aucun avantage, et qu'au contraire, cela occasionnait des depenses 
assez considerables. Pour une raison ou pour une autre, on resta 
adherent a la dite federation. 

Voici avec chaque convention, les delegues qui furent envoy es: 

Convention d'Holyoke, 1876, Alexandre Lataille, Victor La- 
moureux. 

Convention de Northampton, 1878, Alexandre Lataille. 

Convention de Worcester, 1879, Alexandre Lataille, Georges et 
Victor Lamoureux, 

Convention de Springfield, 1880, Felix Gatineau, Theophile 
Tremblay. 

Convention de Fall-River, 1881, Joseph Blanchard, Clement 
Begin, Georges Goddu, G. Lamoureux, Camille Metras, Michel 
Surprenant. 

Convention de Boston, 1884, Georges Goddu, Isaac St. Martin, 
Francois Tremblay. 

Convention d'Albany, N.-Y., 1884, Clement Begin, F. Gati- 
neau. 

Convention d'Holyoke, 1885, Joseph Blanchard, Felix Gati- 
neau, Camille Metras, Joseph Lareau, Leon Rheims, Joseph 
Proulx. 

A cette derniere convention, il fut resolu que la prochaine con- 
vention aurait lieu a Southbridge en 1887, et le comite d 'organisa- 
tion fut nomme comme suit: president, Joseph D. Blanchard; 
vice-president. Dr. J. B. Niquette, Northampton; secretaire, Leon 
Rheims; tresorier, Felix Gatineau. 

En 1886, M. Joseph Blanchard, delegue du Cercle Canadien, 
assiste a la convention de Rutland, Vt., ou il est nomme sur un 
des comites les plus importants: celui d'etudier le pro jet d'une 
alliance nationale des societes St-Jean-Baptiste d'Amerique. II 
prend une part active aux differents articles du programme. La 
convention de Southbridge eut lieu a la salle Dresser, les 9, 10 et 
11 aout 1887. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 197 

Noms des Delegues. 

Chicopee Falls, A. Desautels, J. N. Lamoureux, Dr. Louis 
Dionne, Amable Monjeau, Frs. Durocher, E. M. Messier. 

North Brookfield, Adolphe Laventure, E. B. Tetrault. 

Holyoke, J. A. Potvin, Israel Potvin, E. St. Jacques, Ulric Per- 
rault, Aime Benard, L. S. Paquette. 

Indian Orchard, Dr. L. J. Roy, Alfred Brouillet, E. J. Gen- 
dreau, E. Tetrault. 

North Adams, Dr. J. G. Lussier, Pierre Sorel, J. A. Gendron. 

Southbridge, M. J. Surprenant, A. T. Lamoureux, Georges 
Goddu, Joseph Goddu, Joseph Ouimette, Sr., Alex. Lataille, Ernest 
Decelles, A. Caron, I. St. Martin, Joseph Leclair, J. L. Brissette, 
C. Begin. 

Ware, A. C. Larose, Ernest Dumontel. 

Three Rivers, Thomas Chenevert, A. P. Trudeau. 

Manville, Dr. L. de Grandpre, J. L. Duhaime, E. H. Desilets, 
Dr. J. Lariviere, J. B. Morin, E. Mandeville, Louis Goulet, F. J. 
Landry. 

Fall-River, B. Janson, E. F. Lamoureux, P. F. Peloquin, Dr. 
P. C. Collette, G. J. Desjardins, Alf. Plante, Arthur E. Fournier, 
U. J. Dufault, H. A. Dubuque, S. Quintin, Nazaire Piuze, Elzear 
Lamoureux, A. 0. Marien, T. Dupont. 

Boston, Dr. L. Da Silva, Wm. Filiatrault, S. Vannier. 

Centreville, Dr. M. J. E. Legris, Joseph Fontaine, Moi'se Le- 
clerc, Joseph Salois. 

Pawtucket, Andre Blanchard, Pierre Bourassa. 

West Gardner, Dr. J. H. Palardy, Bruno Grandmont, L, E. 
Robillard. 

West Warren, H. Hebert, Dr. V. St. Germain. 

Fitchburg, W. F. Demers, J. A, Deslauriers, G. C. Des Ri- 
vieres. 

Woonsocket, O. T. Paradis, Dr. Maranda, Come Tetrault, Elz. 
Gingras, Dr. J. A. Gagnon, L. P. Demers, L. L. Malhiot, J. U. 
Giguere, J. Bourdon, C. A. Lussier. 

New Bedford, J. C. Patenaude, A. P. Lagasse. 



198 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Taunton, Geo. Badeau, A. Milot, Dr. L. C. Bussiere. 

Millbury, E. Desmarais, Charles Thibault. 

Manchaug, A. Lebeau, F. A. Lavoie, Dr. J. E. Fournier. 

Salem, J, A. Chabot. 

Spencer, Louis Dupuis, P. Lavallee, Andre Ledoux, E. Mineau, 
J. B. Gendreau, F. Collette, D. Parent, F. X. Dansereau, Nap. 
Mandeville, H. A. Larue, Dr. M. Fontaine, Joseph Richard, P. 
Richard, P. J. Martin, C. S. Trahan. 

Central Falls, F. F. Lamarine, Andre Faucher, Rev. N. Leclerc. 

North Grafton, Dr. J. A. Rene. 

Worcester, P. L. Paquette, J. R. Jannery, J. Vaudreuil fils, A. 
Belisle, Jr., Nap. Vincent, L. Guerin, Dr. F. D. Fontaine, A. G. 
Lalime, Joseph Granger, J. B. Simard, Rev. Joseph Brouillet. 

Fisherville, E. Tetrault. 

Westboro, David Richard, A. Gauthier. 

Lowell, E. H. Choquette, J. H. Guillette, J. W. Paradis, A. 
Bourbonniere. 

Northampton, Olivier Dragon, Dr. L. B. Niquette, Narcisse 
Paquin, A. Menard, Alf. Parenteau. 

Fiskdale, Pierre Mondor, Isidore Houde, Charles W. Giard, 
Ant. Marcille, Alphonse Leclair, J. B. Forand. 

Grafton, Victor Chapdelaine, Elie Tetrault. 

Chicopee, A. Nantais. 

Membres du ClergS. 

Worcester, Rev. Joseph Brouillet, Rev. Joseph Marchand. 

Fiskdale, Rev. Jules Graton. 

Central Falls, Rev. N. Leclerc. 

West Gardner, Rev. C. E. Brunault. 

North Adams, Rev. Louis Leduc. 

St. Hyacinthe, Rev. N. Leduc. 

Nicolet, Rev, H. Brunault. 

Representants de la Presse. 

Woonsocket Reporter, F. A. Belisle. 
Southbridge Herald, X. E. Lescault. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 199 

Le Courier de Worcester, E. Brodeur. 
Ulndependant, H. A. Dubuque, Dr. M. Fontaine. 
Le Travailleur, A. Bouvier, A. Choquet. 
Telegram, Wm. Walsh. 
La Petite Republique de Manchester, L. O. Morasse. 

"Nos Conventions. 

"Nous n'avons qu'a feliciter les canadiens-frangais de South- 
bridge de I'empressement qu'ils ont montre et de I'esprit d'union 
qui a regne parmi eux pour I'organisation de la convention. Les 
membres du comite executif peuvent se feliciter d 'avoir ete si bien 
secondes dans leurs efforts pour faire de cette convention I'une des 
mieux organisees et des plus pratiques, qui aient encore eu lieu 
aux Etats-Unis. Toutes nos conventions ont eu leurs resultats 
pratiques sur differents points, mais nous pouvons constater qu'il 
y a un meme resultat dans toutes les conventions, c'est de faire 
connaitre ce que c'est qu'une convention. Chaque centre cana- 
dien assez important devrait se faire un devoir d 'avoir une conven- 
tion lorsqu'il y a possibilite. Ce serait un moyen propre a faire 
disparaitre certains prejuges de quelques personnes qui sont 
opposees a ces reunions de delegues des differents centres canadiens 
dans la Nouvelle-Angleterre. En effet quel est le canadien de 
bonne foi qui aurait I'idee de s'opposer a une reunion des princi- 
paux citoyens, des plus influents, des plus a la portee de con- 
naitre les differentes questions relatives a I'interet de la nationalite 
canadienne-frangaise dispersee dans un pays etranger? C'est un 
fait evident et reconnu de tous que les conventions ont fait du 
bien par le passe et qu'elles sont appelees a jouer un role important 
dans les destinees du peuple Canadien aux Etats-Unis. C'est 
dans ces reunions que nous allons retremper notre patriotisme et 
nos forces pour les luttes journalieres que nous avons a soutenir; 
c'est la que nous prenons les moyens les plus propres pour dissiper 
les prejuges que Ton apporte souvent contre nous; c'est dans ces 
reunions que Ton prend les moyens de repousser les insultes que 
quelques ignorants et fanatiques se plaisent parfois a nous lancer 
a la figure. Dans les conventions Ton etudie et Ton essaie de re- 



200 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

soudre les differents problemes qui peuvent se presenter a notre 
consideration. Nous n'aurons, nous en sommes certains, qu'a nous 
feliciter des bienfaits qui resulteront de cette convention pour 
notre nationalite en general et nous esperons que Southbridge, en 
particulier, aura une large part dans les avantages que Ton saura 
retirer des fruits de la convention canadienne. Honneur done a 
vous tous, compatriotes qui comprenez si bien votre devoir, au 
point de sacriiier votre temps et votre argent pour I'avancement et 
le bien-etre de vos semblables. Honneur au comite executif au- 
quel nous devons mille remerciements pour la maniere dont il a 
organise la convention qui aura certainement un succes digne des 
peines prises pour la mener a bonne fin." Xiste F. Lescault. 

"Notre Langue. 

"Le canadien a regu, dans I'heritage de ses peres, la langue 
frangaise, cette belle langue, la plus riche des langues modemes, 
celle que se glorifient de connaitre et de parler tous ceux qui se 
distinguent dans le monde par le rang et I'education. La langue 
frangaise est a la societe civile ce que le Latin est a la societe 
ecclesiastique. De meme que le Latin est la langue officielle de 
I'Eglise, le frangais est la langue officielle des nations civilisees; 
elle est la langue diplomatique; c'est par elle que communiquent 
entre eux les chefs des nations. Et nous, qui avons regu de nos 
peres, cette langue qui fait les delices du monde civilise, nous 
I'abandonnerions ; nous rougirions meme de la parler, nous lui pre- 
fererions une langue etrangere, langue qu'il est necessaire, il est 
vrai, de connaitre a raison du milieu oil nous vivons, mais qui n'a 
aucun titre pour s'installer au foyer domestique du canadien- 
frangais? Conservons notre langue, c'est celle des Hugo et des 
Veuillot et de tous ces princes de la litterature qui ont illustre la 
France dans ces derniers siecles; c'est la langue des Berryer et 
des Montalembert et de tous ces princes de la tribune, dont I'elo- 
quence sublime provoque, depuis un siecle, 1 'admiration du monde. 
Cette langue frangaise n'est-elle pas le vehicule de ce que la 
pensee humaine a de plus sublime? Ne nous a-t-elle pas donne 
les plus beaux chefs-d'oeuvre de la poesie et de la litterature des 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 201 

peuples modernes? Ne rougissons pas de la parler, au contraire 
soyons-en fiers. Mais le merite intrinseque de notre langue n'est 
pas la seule raison qui doive nous la faire conserver. Pour nous 
Canadians, la conservation de notre langue est la sauvegarde de 
notre nationalite. L'experience a rendu ce fait evident, qu'un 
canadien, qui cesse de parler frangais, cesse d'etre canadien; il 
s'envole de ses compatriotes, il apostasie sa nationalite. Si nous 
voulons rester canadiens-frangais et repondre a la mission que la 
Providence a donnee a la race Latine sur ce continent, gardens 
notre langue et qu'aucune autre n'ait le droit de domesticite dans 
notre maison." L. O. Morasse, M.D. 

Au debut de 1 'organisation pour cette convention, le comite 
eut a se heurter a de multiples obstacles suscites par le cure, Mgr. 
Georges Elzear Brochu. Celui-ci n'aimait point les conventions, 
disant que c'etaient de petits orateurs qui assistaient a ces conven- 
tions, parcequ'ils aimaient a s'entendre parler. II dit en outre, 
que les pretres qui assisteraient a cette reunion, n'avaient pas 
besoin d'aller lui rendre visite, parcequ'il ne les recevrait pas. II 
parait qu'il tint parole, car la reception qu'il fit aux pretres qui se 
firent un devoir d'aller le saluer au presbytere, fut des plus froides, 
Malgre ces obstacles, nos concitoyens furent tres genereux et 
donnerent de grand coeur, pour payer les depenses d'organisation. 

Cette convention fut des plus interessantes sous tous rapports, 
car au nombre des delegues, il y avait plusieurs hommes de grand 
merite, de vrais orateurs. Des discours furent prononces sur les 
differentes questions du jour, et bien que parfois les discussions 
fussent tres animees, elles resterent toujours amicales. Le public 
suivit avec beaucoup d'interet les differents debats; a la cloture 
de la convention il fut resolu que la prochaine convention serait 
tenue a Spencer en 1889. 

En 1888, assisterent a la convention de Nashua, N. H., a 
titre de delegues: Dr. J. A. Genereux, Joseph D. Blanchard, C. 
Metras, Alfred Galipeau, Joseph Leclair, Georges J. Lamoureux, 
J. P. Davignon, Theophile Lamoureux, 

Cette convention de canadiens qui fut probablement la plus 



202 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

importante eut un grand succes. L'avocat Emile Tardivel, sous 
la direction du comite executif , compose de compatriotes du New- 
Hampshire, visita un grand nombre de centres, surtout de I'ouest, 
dans le but d'engager tous les groupes canadiens-frangais de se 
faire representer a ces grandes assises. Les delegations par con- 
sequent, furent tres nombreuses, et parfois les debats furent assez 
mouvementes. Des resolutions concernant les droits et les devoirs 
des canadiens des Etats-Unis furent adoptees. 

Convention de Spencer, aout 1889. Delegues: Georges J. 
Lamoureux, Felix Gatineau, Georges Goddu, Wm. Girard, Pierre 
Caplette, Clement Begin, Camille Metras. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 203 



CHAPITRE XXVIII. 

Conventions, Ralliements, etc. {suite). 

En 1893, il y eut TExposition Universelle a Chicago, et les 
canadiens-fran^ais de cette ville en profiterent pour organiser un 
grand "ralliement national," qui eut lieu les 22 et 23 aout. Toutes 
les societes et tous les groupes de langue frangaise furent invites 
d 'envoy er des representants. 

Le Canada fut represents par une nombreuse delegation. 
Honore Mercier fut invite comme bote d'honneur et fut accom- 
pagne a Chicago par de nombreux amis et admirateurs du Canada, 
qui allerent assister a cette grande reunion et visiter I'exposition, 
Notre ville voulut, elle aussi, etre representee. Camille Metras re- 
presentait le Cercle Canadien, Georges Goddu la Societe St-Jean- 
Baptiste, et Clement Begin, la paroisse. 

Au mois de fevrier 1899, le Dr. J. A. Genereux et Felix Gati- 
neau furent choisis delegues, pour assister a une reunion convo- 
quee par la Societe St-Jean-Baptiste d'Holyoke. Le but de cette re- 
union etait d'etudier les moyens a prendre pour former une "societe 
federative," et ameliorer la position de plusieurs societes de bien- 
faisance, dont le systeme d 'assurances ne repondait pas aux be- 
soins des membres. II fallait y remedier au plus tot, car nos com- 
patriotes perdant confiance dans nos societes canadiennes, s'en- 
rolaient en grand nombre dans les societes de langue anglaise qui 
leur offraient plus de securite. Un comite fut nomme pour ela- 
borer certaines constitutions a cet effet, et qui furent adoptees 
a une autre reunion tenue a Woonsocket, le 27 mars 1900, a la 
quelle reunion on jeta les bases de I'Union St-Jean-Baptiste 
d'Amerique. Les citoyens de Southbridge qui furent delegues a 
cette reunion, furent le Dr. J. A. Genereux et Felix Gatineau. Ce 
dernier fut elu membre du bureau de direction. 



204 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Au mois d'octobre 1901, il y eut un autre grand ralliement 
franco-americain. On voulait prendre tons les moyens possibles 
pour exercer une certaine pression aupres des autorites ecclesias- 
tiques, afin de pouvoir etre deservi par des pretres de langue 
frangaise dans les paroisses composees de franco-americains. Pres 
de 1,000 delegues etaient presents et plusieurs questions de la plus 
haute importance furent abordees; un comite permanent fut nom- 
me, avec autorisation de s'adresser a Rome, et de demander que 
les franco-americains, ou ils sont en nombre suffisant, soient de- 
servis par des pretres de leur nationalite. 

Les delegues suivants, de Southbridge, assisterent au congres: 

Societe St-Jean-Baptiste: Felix Gatineau, Clement Begin, 
Georges Lamoureux, L. A. Lataille. 

Cercle Canadien: Joseph Metras, F, X. Tetreault. 

Chevaliers St. Pierre: Alexis Boyer, Jr., Joseph Ouimette. 

Cour St. Jacques: Ed. Lareau, Arthur Laricheliere. 

Club de Naturalisation: Joseph Leclair, Joseph A. Allard, 
Amede Bonin. 

Societe de Temperance, Joseph Berthiaume. 

Cercle Academique: Hormisdas Lavoie, Alexandre Desaulniers. 

Forestiers Catholiques: Dr. J. E. Ferland, W. J. Lamoureux. 

Les Intimes: Dr. J. A. Genereux, Alfred Galipeau. 

Conseil Rochambeau: J. A. Caron, Mederic Duhamel. 

La Paroisse: Dr. J. G. E. Page, Dr. J. R. Goyer, Alfred Allard, 
J. Z. Lepage. 

Deuxieme Congres de I' Union St-Jean-Baptiste. 

Le deuxieme congres de I'Union St-Jean-Baptiste d'Amerique 
fut tenu a Southbridge, Mass., le 22 et 23 juillet 1902. Depuis 
la fondation de la societe les progres realises avaient ete a la 
hauteur des esperances les plus optimistes. Les rapports de cette 
epoque etablissent que le nombre des membres en etait de 3,712, 
et la reserve en caisse de $11,475.90. Cinquante-huit conseils et 
societes etaient representes, avec 92 delegues. 

Les delegues de Southbridge a ce congres furent: MM. F. X. 
Tetreault et Mederic Duhamel, Conseil Rochambeau; Dr. J. G. E. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 205 

Page, Conseil No. 22, Marvistic, Mich.; J. A. Caron, Conseil No. 
31, Bourbonnais, 111.; Alfred Galipeau, Conseil No. 37, St. 
Albans, Vt.; Paul Berthiaume, Conseil No. 58, Clinton, Mass.; 
Dr. J. A. Genereux, Conseil No. 25, Ludington, Mich. 

Ces conseils n'avaient pas de delegues, et d'apres les regle- 
ments, les delegues mentiormes ci-dessus, furent choisis par le 
congres. 

II y eut d'abord grand 'messe a I'intention des delegues, cele- 
bree par le Rev. M. Clermont de Newport, Vt., assiste du Rev. 
L. M. Prud'homme de Cadillac, Mich, comme diacre, et du Rev. 
M. Bourassa, sous-diacre. Les maitres de ceremonie etaient 
MM. les abbes Alfred Potvin de Lewiston, et L. A. Langlois. 
Dans le sanctuaire on remarquait Mgr. Elzear Brochu, Rev. A. 
M. Clement, de Fiskdale; C. Crevier, d'Holyoke; F. X. Chagnon, 
de Champlain, N. Y.; M. Frigon, de Montreal; Vaillancourt, de 
Windsor, P. Q., et J. E. Marcoux, de Fitchburg. Un choeur puis- 
sant rendit la troisieme messe solennelle de Leprovost, sous I'habile 
direction du Rev. M. Chicoine, alors vicaire a Southbridge. 

A rOffertoire, Mile. Eugenie Tessier, celebre cantatrice d'Al- 
bany, N. Y., rendit avec beaucoup d'ame, "La Vision de Ste. 
Cecile." 

Le sermon de circonstance fut donne par le Revd. Charles Cre- 
vier, d'Holyoke. Celui-ci, apres avoir souhaite une cordiale bien- 
venue aux delegues, parla des sentiments religieux et patriotiques 
qui devaient toujours animer les franco-americains aux Etats- 
Unis. II fit ensuite I'eloge de I'Union St- Jean-Bap tiste et avec un 
art remarquable. Le predicateur termina en appelant les benedic- 
tions de Dieu sur le congres et la societe. La collecte fut prise, a 
I'eglise, par des jeunes gens et des jeunes fiilles de la paroisse. 
Apres la messe, les delegues furent escortes par les societes, fan- 
fare en tete, a 1 'hotel de ville, oii eut lieu le congres. 

A I'ouverture des assises, M. Antoine Farland, membre du 
conseil municipal, souhaita la bienvenue aux delegues, et mit la 
spacieuse salle-de-ville a leur disposition, en leur disant qu'ils 
etaient "chez eux," a Southbridge. La population franco-ameri- 



206 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

caine, ainsi que les membres du conseil municipal, firent tout en 
leur pouvoir pour rendre leur sejour ici, agreable aux delegues. 

A ce congres, M, Felix Gatineau de Southb ridge, fut elu presi- 
dent de rUnion S t- Jean- Bap tiste, position qu'il occupa jusqu'au 
mois de decembre 1911. 

A la fin du congres, il fut resolu, que des remerciements soient 
votes aux conseillers, au Conseil Rochambeau et aux paroissiens, 
pour leur bon accueil et la reception qu'ils avaient faite aux dele- 
gues. Cette resolution fut adoptee, au milieu de vifs applaudisse- 
ments. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 207 



CHAPITRE XXIX. 

Congres de I' Union St-Jean-Baptiste. 

Le troisieme congres de TUnion eut lieu a Willimantic, le 27 et 
28 septembre 1904. Les delegues a ce congres, pour le Conseil 
Rochambeau, furent: MM. Hormisdas Lavoie, Honore Dorval, 
C. Brochu, M. Napoleon Giroux. 

Quatrieme Congres — 1906. 

Le quatrieme congres de cette societe eut lieu a Woonsocket, 
les 25 et 27 septembre 1906. Les delegues du Conseil Rocham- 
beau furent: Dr. J. R. Goyer, Frederic Delage, Clement J. Potvin, 
Honore Dorval, Joseph L. Berthiaume. 

Conseil Brochu: J. Anatole Caron, Joseph L. Coderre, Dr. J. 
A. Genereux. 

A I'occasion du quatrieme congres de I'Union St-Jean-Baptiste 
il y eut une grande demonstration populaire et le Conseil Rocham- 
beau, avec sa garde-d'honneur et une fanfare, assisterent a cette de- 
monstration qui promettait d'etre un immense succes. L'homme 
propose et Dieu dispose, dit le proverbe, aussi les beaux reves des 
organisateurs furent bientot dissipes par une pluie torrentielle, 
qui jeta du froid sur tant d'ardeur. II devait y avoir messe en 
plein-air, et cet imposant numero du programme, il va sans dire, 
fut omis; la parade elle-meme se sentit du deluge. 

Cinquieme Congrhs. 

Ce congres eut lieu a Holyoke, Mass., les 8 et 9 septembre 1908. 
Les delegues de Sou thb ridge, furent: 

Conseil Rochambeau: F. X. Tetreault, Napoleon Giroux, N. 
Leblanc, Philias Caron, Joseph L. Coderre. 



208 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Conseil Brochu: Revd. L. O. Triganne, Dr. J. A. Genereux, 
Clement J. Potvin, Dr. C. M. Pomerat. 

Conseil Jacques-Cartier: Dr. J. G. E. Page, Joseph Leclair, 
Hormisdas Lavoie. 

Conseil St-Jean-Baptiste: Alexis Boyer, Jr., Bazile Proulx, 
Louis St. Martin. 

Sixieme Congres. 

Ce coHgres fut tenu a Manchester, N. H., les 6-7 septembre 
1910. Delegues pour le Conseil Rochambeau: Joseph Faure, Alexis 
Boyer, Joseph Berthiaume, Clement Potvin, Napoleon Giroux; 
Conseil Jacques-Cartier: Isidore Leblanc, Joseph Lafleche; Con- 
seil Brochu: Joseph Coderre, Dr. J. A. Genereux, Oscar Gatineau; 
Conseil St-Jean-Baptiste: Bazile Proulx; Conseil Triganne: F. X. 
Tetreault. 

Congres Special de Providence, 12 Decembre 1911. 

Delegues: MM. Wilfrid Lamoureux, F. X. Tetreault, J. A. 
Caron, Joseph Lafleche, Joseph Coderre, Isidore Leblanc, Alexis 
Boyer, Oscar F. Gatineau, Joseph Metras. 

Congres de Fall-River, Septembre 1912. 

Delegues: Conseil Rochambeau: MM. F. Gatineau, F. X. Te- 
treault, Joseph L. Berthiaume; Conseil Jacques-Cartier: Isidore 
Leblanc, Felix Lavallee; Conseil Brochu: Joseph Tremblay, Phi- 
lias Caron; Conseil St-Jean-Baptiste: Clement Begin; Conseil Tri- 
ganne: Joseph Lafleche. 

Huitieme Congres, Worcester, 14-15 Septembre 1915. 

Delegues: Conseil Rochambeau: Felix Gatineau, Mederic Du- 
hamel, Herve L'Homme; Conseil Jacques-Cartier: Dr. J. G. E. 
Page, Philias Gauthier, Edmond Pelletier; Conseil Brochu: David 
Blain, Valmore Tetreault; Conseil St-Jean-Baptiste: J. B. Na- 
il eau. 




GROUPE; m SOLDATS DE h.\ GUERRE MOXDIALE 




GROUPS DF. SOIvD'ATS DE LA GUERRE MONDIALE 




Famine Blanchard 



« Ymif^m mm •' «' « « f f 



19 IP 




Faniare Southbridge, 1897 




Famille Michel Girard — Oiize Freres 




O. J. PaqiK'tte, Manufacturier Hictor L'clair. Manufacuirier 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 209 

Neuvieme Congres, Springfield, 18, 19, 20 Novembre 1918. 

Delegues: Conseil Rochambeau: W. C. Poirier, C. J, Potvin, 
A. Paradis, Herve L'Homme; Conseil Jacques-Cartier: Henri Ro- 
bida, Joseph Tremblay; Conseil Brochu: Isidore Leblanc, Joseph 
Coderre, Ph. Gauthier; Conseil St-Jean-Baptiste: Joseph D. 
Proulx. 



210 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 



CHAPITRE XXX. 

Musique — Instituteurs et Institutrices. 

Le premier a enseigner le piano a Southbridge fut M. Georges 
W. Papillon, et cela en 1883; M. Papillon, quoique jeune encore, 
se livra a cette etude, et apres avoir etudie avec perseverance 
pendant plusieurs annees commenga a donner des lemons de piano, 
ce qu'il fait encore de nos jours, et avec succes, comptant nombre 
d'eleves. 

Mile. Emelie Surprenant enseigna le piano et Torgue des 1888; 
encore jeune, et douee d'un talent musical remarquable, elle rendit 
de grands services a nos compatriotes en differentes occasions. 
Mile. Surprenant fut la premiere organiste de la paroisse Notre- 
Dame en 1889, a la grande satisfaction des paroissiens, qui depuis 
longtemps faisaient des voeux pour avoir une organiste de leur 
nationalite. 

De 1890 a 1900, Mile. Albina Surprenant et Mesdames Dr. 
Dionne et J. A. Pontbriand furent institutrices. 

De 1900 jusqu'a nos jours il y eut Melles. Alice Guilbert, Jose- 
phine Bonneau, Elosia Lamothe, Angeline St. Onge. 

Ceux qui enseignent la musique presentement sont: Prof. 
Eugene Tapin, organiste, Georges W. Papillon, Alcide Bell, Edgar 
Proulx, Laurina Lizotte, Stephanie Lippe, Bernadette Parent, Mde. 
Joseph Lavallee, etc. 

Fanfares et Orchestres. 

On s'occupe beaucoup a Southbridge de musique instrumentale 
et plusieurs de nos canadiens en ont fait une profession, au nom- 
bre desquels sont: MM. Joseph Bourque, Henry Bronze, John B. 
Desgreniers, L. Langlois, Adolphe Peloquin, Joseph Lataille et 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 211 

Arthur Blanchard. Les uns ont fait partie de troupes theatrales, 
d'autres ont figure dans les divers corps de musique des environs. 

La premiere fanfare de Southbridge fut organisee par la Com- 
pagnie Hamilton Woolen en 1861, sous le nom de "Hamilton 
Woolen Cornet Band." C'etait au commencement de la guerre 
civile, et comme il y avait souvent des demonstrations patriotiques 
a cette epoque, cette fanfare composee en grande partie des em- 
ployes de cette compagnie, fut appelee bien souvent a participer a 
ces demonstrations. Le premier directeur fut Wm. Hargrave, 
contremaitre de la manufacture. En 1866, la guerre terminee, 
cette fanfare fut reorganisee sous le nom de "Globe Village Cornet 
Band," avec Wm. Marcy, directeur; en 1871, elle portait le nom 
de "Mechanics Band," Henry Pellett, directeur. Quelques cana- 
diens en firent partie ; le premier fut Albert Giard, qui fut membre 
de la premiere fanfare en 1862. M. Victor Lamoureux en fit 
partie aussi, en 1866. Un peu plus tard, nous voyons figurer 
dans la "Globe Village Cornet Band," les noms de Joseph Bourque, 
Xavier Bourque, Salomon Blanchard, Alexandre Senecal, Pierre 
Surprenant et Pierre Giard, Jr. 

En 1874, la fanfare "Mechanics," qui avait une douzaine de 
membres canadiens, accompagnait la Societe St-Jean-Baptiste aux 
grandes fetes du 24 juin a Montreal. De retour a Southbridge, 
quelques canadiens qui etaient membres de cette derniere fanfare, 
ainsi que d'autres jeunes gens, desireux d'apprendre la musique, 
congurent I'idee d 'organiser une fanfare essentiellement cana- 
dienne. MM. Edmond Lamoureux, Salomon Labonte et Isidore 
Gervais en furent les promoteurs, et au mois d'octobre 1874, on 
organisa une association musicale portant le nom de "Southbridge 
National Band," avec Joseph Bourque comme directeur et les 
membres suivants: Edmond Lamoureux, Henri Lavoie, Narcisse 
Senecal, Salomon Labonte, Misael Goddu, Moise Monette, Isidore 
Gervais, Georges Goddu, J. B. Robillard, Joseph Bourque, Edmond 
Goddu, Anthime Robillard, Xavier Bourque, Joseph Goddu, Fla- 
vian Cabana, Edmond Hetu, Pascal Senecal, Napoleon Vincelette, 
Joseph Gamache, Napoleon Couture, Evariste Peloquin, Osias 
Patenaude, Cleophas Parent, Joseph Bibeau, Elzear Hetu, Andre 



212 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Blanchard, Camille Metras, Pierre Benoit, Pierre Peck, John B. 
Giroux. 

En peu de temps, cette association musicale fit de rapides pro- 
gres; en 1875 elle fit les frais de la musique a la celebration orga- 
nisee par la Societe St-Jean-Baptiste, a sa fete patronale. En 
1876, elle prit part a plusieurs parades a I'occasion de la fete des 
soldats le 30 mai, le 24 juin et la fete nationale le 4 juillet, et sur- 
tout aux parades organisees par les differents partis politiques aux 
elections presidentielles. 

En 1877, 1878 et 1879, la fanfare entra dans une ere de pros- 
perite; en 1879, les membres de cette association voulurent prele- 
ver des fonds, dans le but d'acheter des uniformes, des instruments, 
et ils organiserent une serie de soirees. On eut le malheur de 
recourir a la danse comme amusement, et comme le cure de la 
paroisse, avec raison, detestait souverainement ce genre d'amuse- 
ment, il les reprimanda vertement, et la consequence fut que la 
fanfare fut dissoute momentanement. 

En 1880, elle fut reorganisee sous le nom de "Cadet Band," 
ayant pour directeur le Prof. Olivier Bisson; parmi les membres 
de la nouvelle fanfare se trouvaient MM. Ernest Decelles, Jules 
Trudel, Elzear Belanger, Josue Blanchard, Leon Young, Georges 
Ferron, J. B. Desgreniers, Fr. Delages, Louis Delages, Louis Du- 
quette, Joseph Lamothe, Joseph Blais et autres. 

En 1882, le Prof. Bisson alia demeurer a Lowell, et fut rem- 
place par M. Leon Young, comme directeur. 

En 1888, il y avait la fanfare "Cadet," composee de canadiens, 
et la fanfare "Mechanic," ou les canadiens etaient en majorite. 
Comme c'etait assez difficile de maintenir ainsi deux organisations 
musical es, il y eut union des deux sous le nom de "Southbridge 
Brass Band." Plusieurs autres canadiens entrerent dans la nou- 
velle fanfare, au nombre desquels: MM. Thomas Plante, Adolphe 
Peloquin, Albert Brousseau, Alfred Boucher, Joseph Desrosiers, 
Pierre Lavallee, Henry Bronze, Zoel Delage, L. Langevin. M. 
Albert Brousseau fut nomme tambour- major, et Augustus Cook, 
directeur de la fanfare "Mechanic" d'autrefois, dirigea cette nou- 
velle organisation pendant quelque temps. II fut remplace par 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 213 

M. Leon Young, qui fut directeur pendant deux ans. J. B. De- 
greniers fut ensuite directeur six ans, Gelas Guillet deux ans, 
puis vint Louis Delage, qui en est le directeur depuis vingt-deux 
ans. 

La "Southbridge Brass Band" existe depuis trente ans; elle 
est composee en grande partie de canadiens et est reconnue comme 
Tun des corps de musique les plus puissants du comte de Wor- 
cester, surtout pour la musique frangaise. 

En 1910, lors du congres de Manchester, cette fanfare fit les 
frais d'un grand concert au pare public, la veille de la grande de- 
monstration de "Labor Day." Plus de 25,000 personnes assis- 
taient a ce concert, et la fanfare se couvrit de gloire en ce jour 
memorable. 

Fanfare St. Joseph — "National Band." 

En 1893, grace a I'initiative du Dr. J. E. Ferland, qui aimait 
la musique passionnement, et de certains autres, qui voulaient I'ap- 
prendre, une fanfare portant le nom de "Fanfare St, Joseph," fut 
organisee avec les membres suivants: Dr. J. E. Farland, Gedeon 
Pinsonneault, Joseph Casaubon, Edouard Demers, Alexis Demers, 
Napoleon Arpin, Wilfrid Casaubon, John B. Lippe, Omer Belan- 
ger, Edouard Barolet, Felix Lavallee, J. B. Demers, Zenon Desro- 
siers, Joseph Desrosiers et autres. 

Le Dr. Ferland fut le directeur et J. B. Lippe tambour-major. 
En 1898 le Dr. Ferland, qui etait Tame de I'organisation, retourna 
au Canada, et au grand regret des membres, la fanfare cessa 
d'exister. 

En 1896, ime nouvelle fanfare fut organisee par les freres Blan- 
chard, sous le nom de "National Band." La plupart des mem- 
bres etaient des canadiens; en peu de temps I'organisation fut tres 
prospere, et fut en demeure d'accepter plusieurs engagements a 
Southbridge et ailleurs. Elle exista pendant dix ans, et comme 
MM. Blanchard devaient consacrer beaucoup de temps a leur 
orchestre et a leur theatre, cette fanfare fut dissoute en 1906. 
Les freres Salomon, Alfred et Arthur Blanchard, furent directeurs 
a tour de role. 



214 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITR£ XXXI. 

Musique {suite) — Orchestres. 

A rautomne de 1871, fut organise a Southbridge le premier 
orchestre, sous le nom de "Southbridge Orchestra." Le directeur 
etait M. Joseph Bourque, et les membres, ceux dont les noms sui- 
vent: MM. Salomon Blanchard, Alexandre Senecal, Xavier Bour- 
que, Newton D. Putney, Chauncey Rose, et le Major Woodbridge. 
Cet orchestre dura jusqu'en 1895, alors qu'il fut reorganise sous le 
nom de " Blanchard 's Orchestra," qui existe encore de nos jours, 
et qui fait les frais de la musique au theatre Blanchard. Cette 
organisation musicale devint bientot un orchestre de premiere 
classe. Elle jouit d'une reputation enviable dans notre ville et les 
centres environnants. L'orchestre est sous la direction de M. 
Alfred Blanchard, assiste de MM. Salomon Blanchard, Louis, 
William et Arthur Blanchard, ce dernier etant le gerant du theatre 
"Blanchard." 

En 1880, il y eut l'orchestre "Bisson," qui subsista deux ans. 
En 1888, un orchestre compose de jeunes canadiens fut organise 
sous le nom de "Grenier & Peloquin Orchestra." Ces deux conci- 
toyens etaient d'habiles musiciens, et pendant plusieurs annees 
cette association musicale a joui d'une haute reputation. Depuis 
1914 on I'appelle "Imperial Orchestra," et elle est sous la direction 
du Prof. A. Peloquin, violoniste de premier ordre. 

De 1890 a 1900, il y eut r"Orchestre Palin," et r"Orchestre 
Ferland"; en 1905 l'orchestre "Belanger" fut organise, Omer Be- 
langer, directeur. MM. Leonce, Edmond, Eugene et Alphonse 
Pelletier organiserent un orchestre en 1913; directeur, Leonce Pel- 
letier, accompagnateur, Arthur Proulx. 

M. Joseph Bourque fut le premier canadien a enseigner le 
violon et la musique instrumental a Southbridge. II commenga 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 215 

en 1871 et continua jusqu'en 1882, epoque ou il accepta la posi- 
tion de chef-d'orchestre pour la troupe "Duprey & Benedict," et 
voyagea jusqu'en 1893; il revint ici et continua a enseigner jus- 
qu'a sa mort, survenue le 29 octobre 1898, 

M. Olivier C. Bisson enseigna aussi le violon ici, de 1879 a 
1883, et dirigea la fanfare. II quitta Southbridge, en 1883, pour 
aller demeurer a Lowell. 

Mile. Aurore Lacroix de 1915 a 191 9, a pris part a nombre de 
concerts celebres, donnes a Boston, Montreal, Toronto et New- 
York. Elle a la reputation d'etre une des pianistes les plus cele- 
bres de la Nouvelle-Angleterre et du pays tout entier. Toujours 
elle s'est couverte de gloire dans tons les concerts oil elle a figure. 
Elle a de nombreux admirateurs partout oil elle a passe. 



216 HISTOIRE DES FRAN CO-AMERI CAINS 



CHAPITRE XXXII. 

Associations Musicales {suite). 

Pendant les cinquante annees qui viennent de s'ecouler on 
organisa a Southbridge, plusieurs associations musicales; des con- 
certs furent donnes au profit de la paroisse, des societes nationales, 
etc. 

Au commencement de I'annee 1885, une association musicale 
fut organisee par le "Cercle Canadien" sous le nom de "L'Orpheon 
du Cercle Canadien." Le directeur fut M. Ernest Decelles, et les 
membres ceux dont les noms suivent: MM. Jules Trudel, J. A. 
Caron, Raymond Dostaler, Edmond Pelletier, Joseph N. Lareau, 
Edmond Lareau, A. Montminy, Joseph Pinsonneault, Alfred Gali- 
peau, Joseph Desrosiers, Joseph Leclair, Camille Metras; Mes- 
dames Sophroie Gravel, Clara Lord, Sophie Lord, Maria Leroux, 
Olivine Leroux, Marie Pinsonneault, L. O. Morasse, Ella Senecal 
et Delphine Remillard. 

Le 18 mai 1885, une seance musicale fut donnee sous les 
auspices du Cercle Canadien, afin de prelever les fonds necessaires 
pour acheter des livres de musique, etc. Cette soiree consista en 
une operette, intitulee "A, B, C, D," "Les Soirees de Quebec," "La 
Mascotte," "La Retraite," et autres chants nationaux. Ce fut 
tout un evenement pour nos canadiens, et les membres enthou- 
siasmes par ce premier succes se mirent de nouveau a I'ceuvre. 

Le 18 novembre, I'Orpheon donna une autre soiree: M. Jules 
Trudel et Mile. Seraphine Gravel chanterent avec un rare bon- 
heur, "Chretienne et Musulmane"; M. Joseph Loiseau, dans un 
solo de basse, fut aussi tres heureux. 

Au mois de decembre 1886, I'Orpheon organisa un nouveau 
concert; au programme figuraient entre autres: MM. Alfred De- 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 217 

serre, violoniste celebre, et E. H. L'Africain, tous deux du Conser- 
vatoire de Boston. 

Au commencement de I'annee 1887, I'Orpheon fut reorganise 
sous le nom de "Les Montagnards," directeur, M. Ernest Decelles. 
Le 11 decembre cette association donna un concert avec I'aide de 
Mde. Josephine Lesperance, soprano de Worcester; Dr. Valmore 
St. Germain, bariton, St. Hyacinthe; M. Mederic Lefebvre de 
Lynn, Mass., et Napoleon Amelotte, de Spencer. Cette soiree fut 
une vraie aubaine pour notre population et a partir de ce moment, 
les "Montagnards" jouissaient d'une grande reputation et ils 
furent invites a donner des concerts a Worcester, Woonsocket, et 
les centres environnants. 

En 1890, les "Montagnards" furent reorganises de nouveau 
sous le nom de "L'Union Musicale," composee d'hommes et de 
femmes. M. Ernest Decelles fut nomme directeur et Mde. Dr. 
J. A. Pontbriand, accompagnatrice. Le 16 decembre de cette 
meme annee, un grand concert fut donne par un choeur puissant 
assiste de Eugenie Tessier, celebre cantatrice aveugle, qui chantait 
a la cathedrale d'Albany, N. Y., et Mde. Dr. Bardy Dionne, 
pianiste de renom. Au nombre des solistes qui figurerent a ce 
concert furent: MM. Arthur Riendeau, Joseph Lavallee, Edmond 
Pelletier, A. Bouchard, Ernest Decelles, Joseph Loiseau, Albert 
Senecal, Miles. Albina Dupaul, M. Anna Pinkham, E. Bouchard 
et Mde. Dr. J. A. Pontbriand. L'orchestre Peloquin fit les frais 
de la musique. 

De 1890 a 1895 "I'Union Musicale" organisa plusieurs soirees, 
et fit les frais du chant a diverses conferences et fetes patriotiques. 
Au mois de decembre "FUnion Musicale" n'existait plus. 

De 1895 a 1898 il y eut plusieurs soirees musicales organisees 
sous la direction de Mde. J. R. Jannery, Miles. Albina et Emelie 
Surprenant. On comptait a cette epoque un certain groupe de 
jeunes filles dont le talent musical etait remarquable, entr'autres: 
Miles. Marie Surprenant, Elodia, Corina et Yvonne Leclair, Aman- 
da Lavoie, Albina Dupaul, Jessie Senecal, Emelia et Elise Duclos, 
M. Anne Pinkham, Albina et Ida Surprenant, Marie-Anne Pa- 
rent, Eva Theriault, Emma Martel, Alice Guillet. Parmi les 



218 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

hommes le Dr. Oswald Gregoire, M. J. H. Martel, Zephir Potvin, 
Arthur Riendeau et Joseph Martel, figuraient avec avantage dans 
le monde musical de Southbridge. 

Le 22 fevrier 1898, a la salle Edwards, sous la direction du 
Rev. L. A. Langlois, un concert fut donne par les membres du 
choeur de Notre-Dame. Un choeur de quarante voix, accompagne 
par I'orchestre "Peloquin et Degreniers," executa la "Chasse aux 
Hussards, "La Patrie des Hirondelles." II y eut ensuite diverses 
selections par Miles. Elise et Amelie Duclos, Mde. Clara Peloquin, 
Albina Dupaul, Emelie et Herminie Bonneau, Amelia et Elise 
Peloquin, Olivier Lamothe, Zephyr Potvin, F. Lavallee. 

Le 28 decembre 1900, sous la direction du Rev. J. A. Fredette, 
a la salle de ville, un magnifique concert fut donne au profit de 
I'Academie Brochu. Eugenie Tessier, M. H. J. Faucher, vio- 
loniste, M. E. N. L'Africain, cornetiste de Boston, furent les per- 
sonnages les plus celebres qui y participerent. 

De 1900 a 1907 il n'y eut rien de remarquable dans le monde 
musical a Southbridge, mais au printemps de 1907 Mile. Josephine 
Bonneau, alors organiste de la paroisse de Notre-Dame, organisa 
un concert avec le concours du choeur de chant. Tous savent que 
ce concert, grace a I'initiative de Mile. Bonneau, fut un immense 
succes. 

Le 13 decembre 1908, il y eut, sous les auspices de I'Union St- 
Jean-Baptiste d'Amerique, un nouveau concert pour le benifice 
d'Eugenie Tessier, qui fit d'une maniere particuliere, les frais de 
la soiree. 

Le 15 decembre 1908, Mile. Lillias Chapdelaine, etudiante au 
Conservatoire de Boston, avec I'aide de quelques autres artistes de 
renom, donna un concert a la salle Rochambeau. A peine agee 
de 13 ans, cette jeune virtuose n'en possedait pas moins une voix 
admirable, plus tard son gagne-pain. 

En avril 1908, nouveau concert par Mile. Josephine Bonneau 
et le choeur de chant. Figures remarquables au concert: Eugenie 
Tessier, Dora Boucher, Cecile Viau, Woonsocket, R. I., Rachel 
Garceau. 

Le 20 Janvier 1910, concert donne par Paul Dufault et Joseph 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 219 

Martel de N. Y. Le 19 Janvier 1911, une autre soiree par Alma 
Desautel de Springfield et plusieurs autres artistes. 

Club Chaminade: 

En 1914 line trentaine de jeunes filles, amies de la musique, 
organiserent une association musicale sous le nom de "Club Cha- 
minade." Apres quelques mois de preparation, ce club, sous la 
direction de Mile. Cora Gatineau et d 'Irene Allard, accompagna- 
trice, donna le 2 juin 1914, son premier concert, au theatre 
"Plaza." Dans ces instances, les demoiselles du club regurent 
force felicitations. 

Le 25 avril 1916, autre concert par le club, sous la direction 
du Dr. A. J. Harpin, de Worcester, assiste de A. J. Hackett, tenor 
emerite, et Mile. Sara Girardin, Worcester. 

Le 25 Janvier 1917, un autre concert par cette association avec 
le concours des artistes etrangers suivants: Joseph Martel de N. 
Y.; Mde. Agnes Gaulin-Pouliot, Mile. Leonora Boulay, Woon- 
socket; Irene Chagnon, Springfield. 

Le 7 juin, voulant faire oeuvre de charite nationale, le club 
organisa un concert sous la direction du Dr. A. J. Harpin, au profit 
de la "Croix Rouge." Pendant la guerre les membres de cette 
jeune association firent les frais de la musique et du chant aux 
diverses assemblies patriotiques, demonstrations populaires. Elles 
s'occuperent de confectionner du linge pour les soldats et les orphe- 
lins de France et de Belgique. 

Le 15 mai 1916, le Club Chaminade donna un grand concert 
sacre dans la nouvelle eglise Notre-Dame, a I'occasion de la dedi- 
cace du nouvel orgue. Le directeur fut Eugene Tapin, organiste 
de la paroisse. 

Le Club Chaminade fut organise ainsi: directrice, Cora Gati- 
neau; accompagnatrices, Gertrude Allard, Blanche Page, C. Gati- 
neau; presidente, Maximilienne Tetreault; secretaire, Ida Gati- 
neau; tresoriere, Gertrude Allard; perceptrice, Florence Coderre; 
bibliothecaire, Leontine Genereux. 

Noms des autres membres: Emma Allard, Irene et Gertrude 
Allard, Anna Bachand, Anita Belanger, Blanche Bertrand, Yvonne 



220 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

et Anna Bedard, Agnes Berthiaume, Ella Brousseau, Jesse Boiteau, 
Anna Coderre, Florence Coderre, Cecile Daigle, Eva Daigle, 
Blanche Daigle, Beatrice Daigle, Mina Leblanc, Antoinette De- 
lage, Rosaline Delage, Alice Desrosiers, Antoinette Desrosiers, 
Lena Desaulniers, Corinne Duchesneau, Therese Farly, Rita Ga- 
mache, Emma Gatineau, Ida Gatineau, Cora Gatineau, Leontine 
Genereux, Merilda Guillet, Eveline Guillet, Valida Giroux, Irene 
Lamoureux, Valida Lamoureux, Alice Langevin, Fabiola Lareau, 
Nathalie Lareau, E. Lariviere, Imelda Lataille, Ed. Langlais. 

Les noms qui n'ont pas ete inseres ici le sont dans le compte 
rendu de la dedicace de I'eglise Notre-Dame. 

Chorale Guilmant. 

II nous fait plaisir de nommer en passant la "Chorale Guil- 
mant" de I'eglise Notre-Dame, I'institution musicale la plus recente 
de Southbridge, et la plus puissante peut-etre. Elle est I'oeuvre d'un 
maitre en musique, d'un digne emule de Guilmant lui-meme, dont 
il a ete I'eleve: c'est le Prof. Eugene Tapin, organiste de la pa- 
roisse Notre-Dame. II n'est pas question ici de faire I'eloge de 
notre confrere, mais il merite certainement des felicitations de la 
part de la population de Southbridge, qu'il a plus d'une fois 
charmee et recreee avec ses savantes melodies, etc. Nous avons 
encore frais a la memoire les succes qu'il a remportes le 8 juin 
1919, cette annee, lors du premier concert annuel de la "Chorale 
Guilmant." Avant que les echos de cette charmante soiree se 
perdent dans le lointain, puissions-nous assister a une autre du 
meme genre! 



DE SOUTHB RIDGE, MASSACHUSETTS 221 



CHAPITRE XXXIII . 

Caisse d'Epargnes et Banque Cooperative. 

Desireux d'encourager nos compatriotes a faire des epargnes 
et surtout d'enseigner reconomie aux jeunes gens, quelques parois- 
siens deciderent d'organiser une societe d'epargne, d'instituer une 
caisse d'economie. Cette societe fut organisee le ler juillet 1892 
parmi les membres du Cercle Canadien, surtout avec les conditions 
que chaque actionnaire verse le montant de $1.00 par semaine au 
tresorier, pour etre depose a la banque en question, tons les lundis, 
et que chaque actionnaire regoive, apres que la societe aura ete en 
fonction un an accompli, le montant depose: soit $52.00, avec les 
interets accumules. 

M. J. D. Blanchard fut elu president, J. Anatole Caron, vice- 
president, et Felix Gatineau, collecteur et tresorier. Tout alia 
bien et dans I'espace d'un an le montant de $2,600.00 avait ete 
depose en banque, somme qui fut remise a chaque actionnaire, car 
cette societe n 'avait ete organisee que pour un an seulement. Le 
temps expire, plusieurs auraient desire continuer a faire des epar- 
gnes, car disaient-ils, nous avons epargne un certain montant d'ar- 
gent sans nous en apercevoir. Cependant comme les percepteurs 
trouvaient que c'etait s'imposer un petit peu trop de trouble, que 
d'etre la regulierement chaque semaine pour recevoir I'argent, ils 
ne voulurent pas continuer leur travail et la societe fut dissoute. 

Au mois de fevrier 1898 une autre societe d'epargne fut orga- 
nisee sur les memes bases et conditions, la societe portant le nom 
d''^^ Association Canadienne-Frangaise." L'annee ecoulee, on fit 
de nouveau le partage des fonds et I'association n'exista plus. 

Banque Cooperative. 

Au commencement de 1910 quelques franco-americains se re- 



222 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

unirent dans le but d 'organiser une banque cooperative. Le pro- 
jet semble avoir ete bien accueilli ; un comite fut nomme pour faire 
les demarches requises, pour obtenir une charte de I'etat, et en 
peu de temps la dite charte fut obtenue et la banque fut incor- 
poree le 8 mars 1910, sous le nom de "Southbridge Cooperative 
Bank." 

A une assemblee des actionnaires, tenue le 7 avril 1910, les 
off iciers suivants f urent choisis : president, W. J. Lamoureux ; vice- 
president, F. X. Tetreault; secretaire et tresorier, J. A. Caron; 
avocat cons., Louis O. Rieutard; directeurs: Joseph A. Benoit, H. 
U. Bail, Clement Begin, J. B. Demers, A. L. Desaulniers, Honore 
Dorval, Felix Gatineau, W. P. Gendreau, Aime Langevin, Om. 
Micheli, Elzear Ouellette, A. J. Paquin, Napoleon Blanchard, 
Joseph A. Richard, F. A. Wald; auditeurs: Alexis Boyer, Sr., Ori- 
gene J. Paquette, O. F. Gatineau; comite de finances: E. Desro- 
siers, W. P. Gendreau, Stanislas Matte; comite de securite: H. U. 
Bail, A. L. Desaulniers, J. B. Demers. 

La premiere serie fut commencee au mois d'avril 1910, et depuis 
ce temps la banque est de plus en plus prospere. Pour la 19e 
serie au mois d'avril 1919, 700 nouvelles actions ont ete vendues, 
et les revenus mensuels sont de $3,500, et la reserve totale a cette 
meme date, etait de $143,803.99. 

Les off iciers pour 1919 sont: president, J. A. Caron; vice-pre- 
sident, Ronaldo Guilmette; secretaire- tresorier, Ed. Desrosiers; 
comite de siirete: A. L. Desaulniers, H. U. Bail, J. B. Demers; 
auditeurs: Geo. F. Douner, Joseph Metras, J. A. Martin; direc- 
teurs, trois ans: Antoine Duplessis, A. H. Dubey, F. A. Bouvier, 
U. J. Lamoureux, Edgar Laricheliere; directeurs, deux ans: J. B. 
Demers, A. L. Desaulniers, R. Guilmette, F. Gatineau, Joseph L. 
Berthiaume; directeurs, un an: H. U. Bail, L. O. Rieutard, Victor 
Laperle, Elz. Ouellette, S. Matte. 

Les fonds de cette banque sont places sur des hypotheques de 
premiere classe, et cette institution financiere, apres huit ans d'exis- 
tence, est aujourd'hui une des plus prosperes parmi les banques 
cooperatives de I'etat. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 223 

"Southbridge Savings Bank." 

En 1912, apres les defalcations de la "Southbridge Savings 
Bank," MM. Alexis Boyer, Dr. J. G. E. Page, Alex. Desaulniers 
furent choisis membres de la corporation; MM. Joseph Lariviere 
et Philias Renaud, syndics. 

En 1917, Louis O.Rieutard est elu directeur de la "Southbridge 
National Bank" pour un an. M. Joseph Lai!eche entre au ser- 
vice de cette meme banque, comme comptable le 12 mai 1919. 

"Southbridge Peoples National Bank." 

Cette banque est organisee au mois de juin 1919. Leon Young 
est elu president; Wilfrid Lamoureux, R. Guilmette, H. L. Be- 
dard, directeurs; Elzebert Ouellette, Jr., assistant caissier; Anna 
Bedard, Annette Lamoureux, employes. 



224 HISTOIRE DES FRAN CO-AMERI CAINS 



CHAPITRE XXXIV. 

Legislature — Canadiens de Southbridge, Representants a la 
Legislature d'Etat. 

M. Frangois X. Tetreault, elu representant a la "Legislature," 
en 1902 et 1903, fut candidat en 1904 au poste d'auditeur d'etat. 
II jouissait de beaucoup d'influence parmi les membres du parti 
democrate, et fit a plusieurs reprises la campagne electorale en 
faveur de son parti. 

M. F. Gatineau fut nomme membre de la legislature en 1906; 
il fut nomme aussi sur une commission speciale par le president 
de la chambre, J. M. Cole, pour codifier les lois d'assurances dans 
I'etat; en 1907 il fut nomme par le gouverneur Guild, syndic de 
I'institution des enfants idiots a Waverly, et cela pour un terme 
de deux ans. En 1909 il fut nomme de nouveau par le gouver- 
neur Draper, pour un terme de trois ans et depuis cette epoque il 
est membre de cette corporation. 

Legislature et Senat. 

M. Alexis Boyer, Jr., fut elu representant a la "Legislature" 
en 1907-08. En 1910 il fut candidat du parti democrate au poste 
d'auditeur d'Etat; en 1914, fut elu senateur pour le district 
Hampden et Worcester. II fut aussi membre du Comite d'Etat 
Democratique. Son influence politique fut presque sans egale 
parmi les m.embres de son parti. Nous pouvons sans crainte affir- 
mer que M. Alexis Boyer, Jr. est une des plus nobles figures que 
Southbridge ait jamais connues. II etait I'incarnation meme du 
devoir et de I'honnetete; le bien qu'il a fait a ses concitoyens pen- 
dant les annees helas trop courtes de sa carriere politique est in- 
calculable. Plusieurs de nos compatriotes lui doivent une eter- 
nelle reconnaissance. II comptait de nombreux amis dans tous les 
camps, et sans distinction de race ou de religion tous I'aimaient et 




Senateur Alt-xis Bnyer, Jr. 




F. X. Tetreaul I ailien a la U-gislature, 190i 




E)tienne Richard 
Premier manufacturier ca'nadien de Southbridge 





F. X. Sansoucy, Conseiller 



Wilfrid J. Lamuureux 
President des Coiiseillers 




Revd. J. B. riante, S.J. 



Clement Begin 
I'reniier canadien elu a une charge 
municipale en 1879 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 225 

restimaient. C'est grace a ses services que MM. Joseph Metras 
de Southbridge et Eugene Marchessault de Spencer furent nom- 
mes maitres de postes. 

Sa charite etait exemplaire et jamais il n'a rencontre sur sa 
route une peine sans faire tout en son possible pour I'adoucir; plus 
d'un pauvre a beneficie de ses largesses, qu'il a prodiguees de 
droite et de gauche, avec defense toujours de sa part de les publier, 
Sa mort, survenue a un age plutot premature, a plonge dans le 
deuil et la profonde consternation, la population toute entiere de 
Southbridge. 

Voici ce qu'un journal local publiait sur son compte a I'occa- 
sion de sa mort, le 13 juin 1917: 

"M. Alexis Boyer Vient de Moiirir a Southbridge. 

"Le defunt a ete emporte en pleine force de I'age apres une 
carriere bien remplie — M. Boyer a fait honneur aux franco-ame- 
ricains de Southbridge et a toute sa race — II a ete 13 ans select- 
man et a occupe le poste de depute a la Legislature et de senateur 
d'Etat — Sympathies a la famille Boyer. 

"Southbridge, 13 juin 1917. Nous apprenons avec un extreme 
regret, que tous nos lecteurs partageront, le deces de M. Alexis 
Boyer, Jr., selectman et ancien senateur d'Etat, mort ce matin a 
1 heure 45, a sa residence, 108 rue Hamilton. 

"M. Boyer etait age de 42 ans et 4 mois. II etait malade de- 
puis dix-huit mois. Le defunt avait frequente les ecoles parois- 
siales et avait gradue a I'ecole superieure en 1894. II fut select- 
man de Southbridge pendant 13 ans; representant a la legisla- 
ture en 1907 et 1908, et senateur d'Etat en 1914. II etait mem- 
bre du Conseil Rochambeau et du Conseil St-Jean-Baptiste, de 
rU. S.-J.-B. d'A., du Cercle Canadien, des Red Men, des Aigles, 
et des Chevaliers de Colomb. II etait aussi membre du comite de- 
moratique de I'Etat, ainsi que president du comite democratique 
de la ville. 

"Le defunt etait un homme profondement religieux et il est 
mort entoure de toutes les consolations et de tous les secours que 
I'Eglise donne a ses enfants. M. Boyer etait d'une piete exem- 
plaire. La semaine derniere il manifestait le desir de se rendre a 



226 HISTOIRE DES FRAN CO-AMERI CAINS 

Montreal pour demander au Frere Andre d'interceder aupres du 
Tout-Puissant, afin d'obtenir sa guerison. 

"Le defunt laisse pour pleurer sa perte, outre son pere, un 
frere, M. Ovila Boyer, et une sceur. Mile. Laurencia Boyer. 

"Nous nous inclinons tous avec respect, chagrin et regrets, 
devant la depouille de celui qui sut pendant de longues annees 
porter haut et fier, ici, I'etendard de notre race, et nous offrons a 
la famille eploree I'expression de toute notre sympathie." 

M. Wilfrid Lamoureux fut nomme juge de paix en 1898, par 
le Gouverneur Greenhalge, notaire public en 1906 par le Gouver- 
neur Douglass, et elu a la legislature en 1910, 1911-1919. Lors 
des troubles survenus a la "Southbridge Savings Bank," il fut 
appele a faire partie d'une commission speciale, chargee de faire 
une enquete et de sauvegarder les interets des deposants. M. La- 
moureux a joue un role preponderant dans I'arene politique de 
Southbridge, et toujours il s'est interesse a I'avancement des 
notres. II est ne ici le 13 decembre 1869, et est le fils de George 
J. Lamoureux et de Domithilde Bourdeau. Des son jeune age il 
reQUt une excellente education, ayant etudie a Watertown, N. Y., 
et a Montreal, Canada. II travailla d'abord a 1'" American Optical 
Company," oil il fut tres populaire; le 16 juin 1900, en compagnie 
avec Joseph E. Lareau et Arthur Lamoureux, son frere, il se langa 
dans le commerce. II est maintenant le seul proprietaire du ma- 
gasin qui est aujourd'hui un etablissement tres prospere. 

M. Louis O. Rieutard, avocat, arriva a Southbridge en 1902, 
et exerga sa profession. En 1903 il fut nomme, par le Gouver- 
neur Wolcott, juge de paix, et peu de temps apres regut la nomi- 
nation de notaire public. En 1908 il fut nomme "Master in 
Chancery," par le Gouverneur Guild; en 1912 et 1913, elu a la 
legislature, reelu en 1917 et 1918, a une session speciale, pour 
reviser la constitution d'Etat. Nomme en 1919, par le Gouver- 
neur Coolidge, a I'importante charge de juge suppleant de la cour 
de district, il est reconnu comme un des meilleurs avocats du 
comte de Worcester et tres estime des citoyens de Southbridge. 

M. Joseph Laflamme de Sturbridge, grace a I'influence des 
franco-americains de Southbridge, fut elu membre de la legisla- 
ture en 1914 et 1915. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 227 



CHAPITRE XXXV. 

Commerce — Annonces — Franco-americains dans le Commerce et 
Professions a Southbridge. 

Agents d' Assurances: Edouard Desrosiers, Oscar F. Gatineau, 
Valmore Tetreault. 

Architecte: Oswald Laliberte. 

Artiste-photo.: Ad. Benoit. 

Agents d'Immeubles: Jean B. Proulx, Eugene Gabrie; V. Te- 
treault. 

Avocats: Louis O. Rieutard, Henri Tetreault. 

Medecins: Dr. J. G. E. Page, Joseph Donais, Charles Te- 
treault, Charles Simpson. 

Contracteurs et Construct eurs: H. U. Bail, A. Boyer et fils, 
Charles Proulx, Pierre Allard, Joseph Proulx et fils. 

Barbiers-Coiffeurs: Alfred Adam, Walter Girard, Tougas et 
Dugas, U. Larouche, Ph. Tetreault, Ernest Martel, Fabien Bro- 
deur, Pierre Bachand, Arthur Geoffrion, Theo. Lefebvre, Guertin et 
Tremblay, Arthur Chapdelaine, 

Bijoutier: George E. Proulx. 

Buanderies: J. B. Hebert, Alb. C. Favreau. 

Boulangers: J. E. Demers, Arcade Richard, Georges Richard. 
H. Masse. 

Magasins de Chaussures: H. L. Bedard, F. Bouvier, Joseph 
Blais, Omer Bedard, H. Courtemanche, Stephen Dufault, O. L. 
Desaulniers, Gedeon Gregoire, Wm. Hamel, Hilaire Lavigne, Elz. 
G. Lavallee, Alexandre Paquin, Joseph Robichaud. 

Dentistes: Roch Lepage, H. L. Desmarais, Arthur Gravel, H. 
Peloquin, Arthur Gregoire. 

Lait-distributeurs: Theo. Bonnette, Louis Dionne, L. F. Fa- 
vreau, H. Cournoyer, J. B. Beaudreau, etc. 



228 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Electricien: Aime J. Larochelle. 

Epiciers et Charcutiers: Joseph E. Benoit, Joseph Berthiaume, 
Fr. Brissette, Pierre Cournoyer, Mde. Wm. Chicoine, Ephrem Chi- 
coine, J. B. Demers, J. B. Proulx, Senecal Freres, Joseph L. De- 
mers, A. L. Desaulniers, Joseph Desrosiers, Noe Ethier, J. Gau- 
mond, Wilfrid Gendreau, Joseph Jacques, Joseph St. George, 
Joseph Therrien, Ad. Laporte, Pierre Larochelle, Joseph Lippe, 
Auguste Loomis, Odilon Lavoie, Georges W. Lavallee, G. Pinson- 
neault, Isidore Remillard. 

Ferblantiers-Plombiers: Joseph A. Allard, Proulx et Cie. 

Forgerons et Voituriers: H. Lemmelin, Ernest Collette, E. J. 
Gibeault, Giroux Freres. 

Selliers: Aime Parent, Oscar L. Desaulniers, Henri Desaulniers. 

Hordes jaites: H. L. Bedard, Dufault & Co., Joseph F. Lari- 
viere, A. J. Paquin, J. B. Bonin, Victor Pelletier. 

Garages'. Girard Freres, F. W. Paquin, Hamel & Co. 

Hoteliers: Hotel Newman, Alfred Allard; Central Hotel, La- 
belle et Fils; Nipmuck House, Joseph A. Lariviere. 

Ingenieur Civil: Arthur Genereux. 

Magasins de Fruits, Bonbons: George Favreau, David Ga- 
mache, John B. Julien, Clarinda Chagnon, Elz. G. Lavallee, Hu- 
bert Lavigueur, Victor Pelletier, etc. 

Magasins de Modes: Mde. Clara Lord Peloquin, Mde. M. Gau- 
mond, Mde. Julie Dufresne, Mde. Arthur Gregoire, Mde. Marie 
Delage, Mde. Alfred Lapierre, Mde. Ida Campagna, Mile. Eva 
Montigny. 

Modistes: Maximilienne Labossiere, Adelpha Casavant. 

Magasins de Nouveautes: Mde. Pierre Allard, Mde. J. O. Ber- 
thiaume, Mde. John Boyle, Mde. Wm. Therrien. 

Meubles: Julien Gabrie, Irene Beauregard, W. J. Lamoureux. 

Ouvrage, Brique et Ciment: Pierre Allard fils, Pierre Benoit,^ 
Noe S. Carpentier, Albert Lamarine, Aime Langevin. 

Oculistes (a I'etranger venant d'ici): Olivier Lavallee, Boston, 
Mass.; Wm. Girard, Worcester; Henri Lavoie, Brockton; Theo. 
Gagnon, Providence, R. I.; Edgar Martel, Laconia, N. H., Georges 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 229 

Ferron, Hartford, Ct.; E. Decelles, Montreal; Emery Brodeur, 
Holyoke, Mass.; M. Rheaume, dans le Virginie. 

Ceux qui demeurent a Southbridge sont: W. Blanchard, Moise 
Gagnon, Pierre Lafortune, Noe Tetreault. 

Peintres: Antoine Farland, Louis E. Farland, Arsene Girard, 
Ad. Girard. 

Pharmaciens: Theodore St. Onge, J. A. Lariviere. 

Restaurateurs: Houde et Proulx, J. Labelle, Oscar Antaya, 
Louis Peloquin. 

Salles de Pool et Billard: Alfred Adam, Wilfrid Brousseau, 
Alpha Fontaine, N. Peloquin, Louis Peloquin, J. B. Proulx. 

Salles de Quilles: Alex. Parent. 

Entrepreneurs de Pompes-Funebres. 

Le premier entrepreneur de pompes funebres parmi les cana- 
diens, fut M. Frangois X. Casavant; meme avant 1870 il etait 
employe chez Samuel Williams, marchand de meubles, et qui etait 
a la fois entrepreneur. Souvent, lorsqu'il y avait des funerailles 
parmi la population canadienne, il remplagait M. Williams. 

M. Raymond Dostaler, venant du Canada, ouvrit un office 
d'entrepreneur au printemps de 1886. 

M. F. X. Lariviere, de Fall-River, arriva a Southbridge au 
mois de juillet 1892, et ouvrit un bureau d'entrepreneur a South- 
bridge, et resta entrepreneur pendant 21 ans. 

En 1899 et 1900, il y eut MM. Blais et Lafortune, entrepre- 
neurs, venant d'Holyoke. 

Lafortune et Savaria, 1901-1902. 

Brassard et Savaria, 1903 a 1907. 

Brassard et Sansoucy, 1907 a 1909. 

F. A. Sansoucy, 1909 a 1919. 

Philippe Dagenais, diplome en 1915, actuellement entrepreneur. 

Alfred Martel, entrepreneur depuis cinq ans, demeure a Law- 
rence, Mass. 



230 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XXXVI. 

Hommes de Profession — Enjants de Southbridge — Biographies. 

M. Victor Potvin, naquit le 5 fevrier 1885, a Southbridge, de 
Georges Potvin et de Marie Dumas. Apres avoir frequente les 
ecoles paroissiales, il partit pour le College de Ste. Therese, et plus 
tard etudia a I'Universite Laval, ou il fut admis a la profession de 
medecin, le 20 juin 1909. II demeure maintenant a Claremont, 
N. H., ou il jouit d'une excellente clientele. 

Le Dr. Daniel Plouffe, naquit a Southbridge, le 9 novembre 
1882, de Daniel Plouffe et de Marie Lavallee. II fit ses etudes 
classiques au College de Ste. Therese, etudia ensuite a I'Universite 
Laval, Montreal, ou il regut ses brevets de medecin le 13 mai 1910. 
II demeure a present a Montreal, et est medecin a I'Hotel-Dieu. 

M. Zephir Potvin, naquit a St. Ours, Canada, le 25 septembre 
1875, du marriage de Georges Potvin et de Marie Dumas. II 
etudia au College de Ste. Therese, a I'Universite Laval, Montreal, 
et a I'Universite de Baltimore. II fut admis a la profession le 21 
juin 1901, et demeure presentement a Springfield, Mass., ou il 
possede un etablissement prospere. 

M. Arthur Larochelle, naquit a Southbridge, le 15 Janvier 1893, 
de Napoleon Larochelle et de Marie Senecal; apres avoir etudie 
aux ecoles paroissiales, il partit pour le Seminaire de St. Hyacinthe, 
puis plus tard etudia au College "Tufts," Boston. II fut admis a 
la profession de dentiste au mois de juin 1918. II a ouvert un 
etablissement a Webster, Mass., ou il fait honneur aux franco- 
americains de Southbridge. 

Le Dr. E. Robillard arriva a Southbridge en 1870, a I'age de 
deux ans. II etudia aux ecoles paroissiale et municipaie; il partit 
ensuite pour le Canada, pour faire ses etudes classiques; entra 
plus tard a I'Universite Laval a Montreal, et fut admis a la pro- 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 231 

fession de medecin en 1894. II alia s'etablir a Leeds, South 
Dakota, oil il exerga son art pendant douze ou treize ans, et alia 
ensuite s'etablir dans la Louisiane, ou il demeure actuellement. 

M, Arthur M. Surprenant, naquit a Southbridge, Mass., le 20 
novembre 1887, de Michel Surprenant et de Marie Potvin. II 
etudia au Seminaire de Ste. Marie de Monnoir, Canada, puis au 
Harvard Law School. II fut admis a la profession le 25 mai 1912, 
et demeure actuellement a Pawtucket, R. I. 

M. Antonio Delage, est ne le 2 aoiit 1890, de Fr. Delage et 
d'Elzire Chapdelaine. Employe a la pharmacie Hartwell, il suivit 
quelques annees apres, les cours du College de Pharmacie de Bos- 
ton, regut ses diplomes de pharmacien en 1916; et en 1917 s'en- 
rola dans le corps medical, dans I'armee americaine. 

Georges Elzear Proulx, Avocat. 

M. Georges Elzear Proulx, avocat, naquit a Southbridge, Mass., 
le 13 juin 1890, de J. B. Proulx et de Marie Simpson. II a obtenu 
ses diplomes et degres aux trois institutions suivantes: a I'ecole 
paroissiale Notre-Dame de Southbridge en 1906; Bancroft School, 
Worcester, en 1914; Boston University, School of Law, de Boston, 
en 1917. II regut ses brevets d 'avocat le 11 septembre 1917, et 
admis a la pratique dans I'Etat. M. Proulx est un de nos conci- 
toyens remarquables par son initiative. II est a present president 
de la federation des societes franco-americaines de Leominster, 
I'un des directeur de la Model Comb Co., Leominster, et "proba- 
tion officer." 

Stephen Benoit, Avocat. 

M. S. Benoit naquit a Southbridge en 1887, de Pierre Benoit 
et de R. Anna Richard. II alia au Boston Law School, et fut 
admis a la profession du droit au mois de decembre 1912. II 
exerce maintenant le droit a Worcester, Mass. La famille Benoit 
demeure a Worcester depuis 1895, et est de la lignee de Pierre 
Benoit, arrive a Southbridge en 1839. 



232 HISTOIRE DES FRANCO- AMERI CAINS 

Andre Blanchard, Depute-Sherif. 

M. Andre Blanchard arriva a Southbridge encore tout jeune; 
il travailla aux manufactures d'optiques pendant un certain temps, 
fut employe ensuite au magasin de son frere, J. D. Blanchard, et 
prit une part tres active au mouvement national. II partit quel- 
ques annees apres pour Pawtucket, R. I., et en cet endroit, fut 
nomme au poste important de depute-sherif , poste qu'il garda pen- 
dant plus de vingt-six ans. II fut aussi huissier de la cour supe- 
rieure du Rhode-Island pendant quelques annees. II est decede a 
Pawtucket le 21 mars 1917. M. Blanchard etait un homme d'une 
haute respectabilite, le type du vrai canadien. II n'etait age que 
de 58 ans, a sa mort. L'eglise St-Jean-Baptiste etait, a ses ob- 
seques, remplie de fideles de tout partout, desireux de payer un 
dernier tribut d'hommages a la memoire de celui qui fut toujours 
un patriote des plus devoues, un de nos vieux pionniers qui avait 
su, par ses qualites de coeur et d'esprit, conquerir une place enviable 
dans I'ame de ses concitoyens et de ses compatriotes. 

M. Victor Lamoureux, marchand, fut nomme juge suppleant 
par le Gouverneur Russell en 1894; il a occupe ce poste jusqu'a 
sa mort, survenue le 2 juin 1919. 

M. Louis O. Rieutard, avocat, a ete nomme, le ler juillet 1919, 
par le Gouverneur Coolidge, juge suppleant de la "First District 
Court of Southern Worcester." 

Bureau de Poste. 

M. Joseph Metras, maitre-de-poste en chef, naquit a St. Michel 
de Napierville, P. Q., le 15 mars 1872, de Jacques Metras et de 
Mathilde Poissant. II arriva ici en 1874. II frequenta I'ecole 
paroissiale, et plus tard fut employe chez Bugbee & Wheeler, puis 
a I'American Optical Co. et J. D. Blanchard & Co. II fut nomme 
maitre-de-poste le 3 Janvier 1914 pour un terme de quatre ans et 
nomme de nouveau en 1918 pour un autre terme. M. Metras 
s'occupe beaucoup d'ceuvres fraternelles, et fait partie de plusieurs 
societes de secours mutuels, specialement du Cercle Canadien de- 
puis son jeune age, ou il a pris une part active dans les pieces 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 233 

dramatiques ; il a rempli plusieurs charges a titre d 'off icier, il en 
etait le president lors de la celebration du quarantieme anniver- 
saire en 1916. 

Avant M. Metras, une de nos canadiennes, remarquable par 
son initiative, Mile. Corinne Tetreault, avait occupe pendant plu- 
sieurs annees, le poste de premiere assistante a ce meme bureau. 
Mile. Tetreault fut la premiere canadienne-frangaise a obtenir un 
diplome a I'ecole superieure en 1894. Elle fut employee au bu- 
reau de poste a partir de 1893 et abandonna sa position en 1909, 
au grand regret de nos compatriotes, a qui, dans bien des circon- 
stances, elle avait rendu de grands services. 

De 1875 a 1890 nous remarquons aussi que quelques cana- 
diens, tels que Joseph Quevillon, Hormisdas Hebert, Felix Gati- 
neau, Theodore St. Onge, Alexandre Richard et Alexandre La- 
taille, furent employes chez P. H. Carpenter, qui tenait un maga- 
sin d'epiceries et qui etait en meme temps maitre-de-poste. 

Parmi les employes actuels qui ont pris I'examen du gouverne- 
ment, nous constatons au nombre de nos compatriotes: Leon 
Gagnon, Urgele J. Gaumond, Oscar F. Gatineau, Napoleon Ba- 
chand, Georges Dumas et Hector Hebert qui fut employe au bureau 
de poste de Boston pendant treize ans, et qui est aussi le fils de 
Hormisdas Hebert, qui etait employe au bureau de poste a South- 
bridge en 1875. 

Pharmaciens — Hommes de Profession — Biographies. 

Franco-americains de Southbridge qui ont obtenu leurs certi- 
ficats, brevets et diplomes de pharmaciens dans I'Etat. 

Certificats MM.: Emile Robillard, 1878; Dr. J. A. Letourneau, 
1883; Felix Gatineau, 1883; Zotique Leclair, 1887. 

Diplomes et Brevets M.M.: Hermenegilde Demers, 1892; 
Theodore St. Onge, 1893; Edmond Chapdelaine, 1902; Armand 
Brissette, 1904; Leo Dumas, 1908; Elzear Cabana, 1910; Paul 
Mongeau, 1913; Ladislas Lavallee, 1914; Antonio Delages, Ar- 
mand Dupaul, 1915; Anatole Demers, J. A. Lariviere, Alfred Pe- 
loquin, 1917. 

References: Le premier canadien de Southbridge a recevoir 



234 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

un certificat de pharmacien fut M. Emile Robillard, et cela en 
1878. Apres quelques annees passees au service de la pharmacie 
Robinson a Southbridge, et a East Brookfield de 1874 a 1882, il 
alia plus tard s'etablir a Gardner, ou il possede encore aujourd'hui 
un etablissement tres prospere, 

M. Theodore St. Onge regut son brevet en 1893; apres avoir 
etablie une pharmacie a Gardner, Chicopee et Millbury, il possede 
son etablissement de Southbridge depuis 1905. 

M. F. Gatineau, employe a la pharmacie Robinson de 1879 a 
1882, regut un certificat de pharmacien en 1883. 

M. Zotique Leclair regut son certificat en 1887, et alia s'etablir 
a East Brookfield, 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 235 



CHAPITRE XXXVII. 

Manujacturiers — Leurs Employes. 

Les premiers Canadians etablis a Southbridge furent employes 
aux manufactures Hamilton. C'est ainsi que nous voyons sur les 
registres de cette compagnie aujourd'hui tres influente, les noms 
des Mailhot, Leblanc, Marois, Giard. Ces families furent em- 
ployees de 1830 a 1835. Un peu plus tard, nous trouvons d'autres 
canadiens employes a la manufacture Dresser, mieux connue dans 
ses temps-la sous le nom de manufacture Paige, puis a la manu- 
facture Columbian. 

Les heures de travail, dans les premiers temps, etaient de 
douze heures par jour, de cinq heures du matin jusqu'a sept 
heures et demie du soir, avec trente minutes pour prendre chaque 
repas, et il n'y avait point de chomage le samedi apres-midi. Les 
salaires pour les enfants etaient de $8 a $10 par mois, et de $10 a 
$18 par mois pour les plus ages. Chaque moulin avait un maga- 
sin general, ou les employes achetaient leurs provisions, et ou ils 
reglaient leurs comptes a tous les trois ou six mois. Alors on 
leur remettait la balance qui leur revenait sur leurs salaires, et tres 
souvent plusieurs se trouvaient en-dessous de leurs affaires. II 
leur fallait alors promettre aux autorites de la manufacture de 
pratiquer I'economie. Vous pouvez constater que travailler aux 
manufactures, dans ces premiers temps, n'etait pas une sinecure, 
et il arrivait parfois que plusieurs families passaient des annees 
entieres endettees avec la compagnie, a cause du malheur qui les 
frappait, ou a cause de leur manque de jugement. D'autant plus, 
qu'en plusieurs cas, c'etaient les manufacturiers qui avangaient 
aux families I'argent necessaire pour payer leurs frais de transport 
du Canada a Southbridge. Dans les premiers temps, le trajet du 
pays natal aux Etats-Unis se faisait en voiture, en omnibus, tout 
en faisant une certaine distance par bateau sur le lac Champlain. 



236 HISTOIRE DES FRANCO-AMERI CAINS 

Cependant, malgre les salaires relativement insignifiants de ce 
temps-la, plusieurs canadiens, a force d'economie, faisaient des 
epargnes, et apres quelques annees retournaient au pays de leurs 
peres pour vivre en paix sur leurs fermes. 

De plus, les enfants n'etaient pas obliges, a cette epoque, de 
frequenter les ecoles, de sorte qu'ils entraient au travail tres 
jeunes. La consequence etait que beaucoup, a cause du surme- 
nage et du manque de soins, contracterent des maladies mortelles, 
surtout la phthisie ou tuberculose, qui en a conduit un bon nombre 
au tombeau. 

Pendant un certain temps, il y eut un va-et-vient continuel du 
Canada aux Etats-Unis; c'etait bien I'emigration vagabonde, qui 
a cause tant de troubles et de miseres a nos compatriotes. On 
depensait follement dans ces voyages steriles le peu d'argent que 
de peine et de misere on avait economise. D'autres families moins 
fortunees n'ont jamais pu retourner, faute d'argent, au Canada, et 
elles se consideraient comme exilees; cependant d'autres families 
arriverent et comme les manufacturiers avaient beaucoup d'egards 
pour les pretendues exiles, le calme se fit peu a peu, et on eut 
bientot une immigration plus stable, plus permanente. 

Les americains, c'est-a-dire, les colons de langue anglaise deja 
etablis ici, encouragerent aussi de bien des manieres nos cana- 
diens; en 1852, ce fut un americain, Wr. Edward, qui donna le 
terrain pour batir la premiere eglise catholique a Southbridge. 
En 1869, la compagnie Hamilton donnait le terrain pour batir 
I'eglise Notre-Dame, la vieille eglise, et plus tard, celui sur lequel 
s'eleve aujourd'hui le vieux convent. 

En 1893, lors de la grande depression commerciale dans tous 
les pays, la Maison Edward & Co. donna a elle seule pour plus de 
$2,000 de vetements, qui furent distribues aux plus indigents. 
Une preuve que nos compatriotes de tous temps ont ete bien traites 
par nos manufacturiers, c'est que plusieurs parmi eux sont restes 
a leur emploi pendant de nombreuses annees. A la manufacture 
Hamilton, il y a actuellement des canadiens qui y travaillent de- 
puis quarante ans et plus. M. Joseph Goddu, apres cinquante 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 237 

ans de service a cette manufacture, resigna sa position en 1916, 
et regoit une pension viagere. 

A I'American Optical Co. il y a actuellement 1,503 canadiens 
employes, sur un total de 3,050 travaillants. Quelques-uns y 
travaillent depuis vingt-cinq a trente ans. Parmi ceux qui tra- 
vaillent depuis plus de quarante ans sont: MM. Louis Delage, 
Moise Gagnon, Alfred Langevin, Napoleon Peck, Daniel Plouffe, 
Pierre Lavallee, John B. Bonin, Joseph Bertrand et autres. Au 
mois d'aout 1918, MM. Alexandre St. Martin, Louis Bibeau et 
Joseph Pinsonneault recevaient chacun un cadeau de $100 en or, 
pour avoir ete au service de cette compagnie depuis cinquante ans. 

Au mois de septembre 1917, la compagnie off rait un grand 
banquet en I'honneur de M. Pascal Senecal, a I'occasion de ses 
cinquantes annees de services; a ce banquet assisterent 125 con- 
vives. M. C. M. Wells, president de la compagnie American 
Optical, presidait a ces agapes, et il profita de I'occasion pour pre- 
senter au heros de la fete, une bourse de $100 en or, felicitant en 
meme temps M. Senecal et tous les canadiens employes a la ma- 
nufacture, de leur fidelite au travail. 

Manujacturiers Franco- A mericains. 

M. Etienne Richard fut le premier canadien a etablir une in- 
dustrie a Southbridge; en 1862, il etablit ime coutellerie a San- 
dersdale, et plus tard s'etablit a Brickville. En 1897 il forma une 
corporation avec ses fils Stephen et Joseph ; une f abrique fut batie 
sur la rue Elm, sous le nom de "Richard Manufacturing Co." En 
1911 il transfera ses interets a ses deux fils, qui en 1918, en dis- 
poserent en faveur d'un syndicat portant le meme nom, et dont 
M. Eugene G. Bartel, de Gardner, est president, et M. Origene 
Paquette, tresorier et gerant. Connaissant I'esprit d'initiative des 
officiers de cette nouvelle corporation, nous sommes tous en lieu de 
croire et d'esperer que cette vieille institution va prosperer et con- 
tinuer d'exister. 

La "Hyde Manufacturing Company," organisee en 1881, par 
la mort de J. P. Hyde en 1895, passa sous le controle de Joseph 
Lacroix, un des principaux actionnaires de cette corporation. De- 



238 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

puis quelques annees cette compagnie, qui s'occupe de la fabrica- 
tion des couteaux, est entree dans une ere de prosperite; les quar- 
tiers generaux sont maintenant installes dans un edifice moderne 
qui vient d'etre termine. Cette compagnie donne de I'emploi a 
125 personnes, dont 80^ sont des canadiens. Les officiers sont: 
Joseph Lacroix, president; M. Clemence, tresorier; Arthur La- 
croix, surintendant. 

"Dupaul Optical Company." En 1888, MM. Joseph Anatole 
Caron, Joseph N. Dupaul et Leon Young, trois de nos jeunes 
compatriotes, dont I'esprit d'initiative n'etait egale que par leur 
experience dans I'industrie des lunettes, jeterent les bases d'une 
manufacture de ce genre, sous le nom de "Dupaul & Young Optical 
Company." Les debuts furent modestes, mais le progres ne s'est 
pas fait attendre bien longtemps, et aujourd'huit cette Industrie 
est une des plus prosperes a Southbridge, en meme temps qu'un 
honneur pour nos concitoyens. Les officiers actuels sont: Leon 
Young, president; J. Anatole Caron, tresorier; Joseph N. Dupaul, 
surintendant; Salomon Labonte, directeur. Cette manufacture 
emploi ISO personnes; 85% sont des canadiens. 

En 1881, Joseph Proulx, un de nos concitoyens en vue, etablit 
un commerce d'ardoises et tout ce qui est necessaire a la construc- 
tion des couvertures de batisses. Apres quelques annees cette en- 
treprise fut organisee sous le nom de "Southbridge Roofing Com- 
pany," et grace a I'habilite de ce compatriote et de ses deux fils, 
Arthur et Romeo, qui ont de I'interet dans cette corporation, elle 
marche de progres en progres. 

En 1890, Joseph D. Blanchard et Clement Begin s'occuperent 
de la fabrication des couteaux, d 'instruments de cordonnerie, sous 
la gerance de M. Hector Lepage. Deux ans plus tard le gerant 
abandonna cette position, pour aller demeurer ailleurs, et comme 
les deux proprietaires etaient eux-memes dans le commerce, on 
decida de suspendre les operations, de liquider les fonds. 

En 1895, M. Ernest Decelles s'occupa de specialite en lunettes; 
11 s'etait installe dans I'ancienne boutique de N. E. Putney, rue 
Central. Cette Industrie eut 1 'existence des roses car, peu apres, 
M. Decelles s'en alia demeurer a Providence. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 239 

Southbridge Optical Supply Company. 

M. Zephirin Lepage, autrefois de Montreal, alia demeurer a 
New- York avec sa famille en 1890, ou il etablit une usine d'etuis 
pour lentilles. En 1897 il arriva a Southbridge pour s'occuper de 
ce genre de fabrication, dans I'interet de I'American Optical Co. 
En peu de temps ce departement se developpa extraordinairement, 
car lorsqu'il quitta sa position en 1911, pour aller travailler a 
Newark, N. J., il donnait de I'emploi a 250 employes. Depuis 
quelques annees, M. Lepage est surintendant de la Southbridge 
Optical Supply Co., fabricants de lunettes pour automobilistes, 
aeronautes, etc. 

Ouimet Optical Company. 

En 1895, Joseph Ouimet s'occupa de lunettes sur prescriptions; 
en 1900 il organisa un departement de commerce en gros, ce qu'il 
a continue de faire jusqu'en 1919, date oil il se fit incorporer pour 
un capital de $50,000 pour la fabrication des verres, sous le nom 
de "Southbridge Toric Lens Company." C'est une Industrie qui 
est en bonne voie de progres. 

Central Optical Company. 

Depuis plusieurs annees, quelques franco-americains de South- 
bridge contemplaient le projet de prelever un capital dans le but 
de manufacturer de la lunetterie. 

Les promoteurs se reunirent done le 12 novembre 1900 et a 
cette assemblee preliminaire, M. Alfred G. Galipeau fut nomme 
president de I'organisation et il fut decide que la prochaine re- 
union aurait lieu le 16 suivant, ou tous les interesses devaient se 
rendre. 

Les archives revelent qu'a cette assemblee, MM. Alfred G, 
Galipeau, Felix Gatineau, P. Narcisse Leclair et Frangois X. Te- 
treault, s'adresserent a I'assemblee dans I'interet de la nouvelle en- 
treprise. Afin de mener a bonne fin le travail commence, on nomma 
sept directeurs dans les personnes de MM. Frangois X. Tetreault, 
Edward D. Desrosiers, P. Narcisse Leclair, Pierre Peck, Alfred 
Galipeau, Joseph Renaud et Joseph F. Lariviere. II fut aussi 



240 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

decide a cette assemblee de donner le nom de "Central Optical 
Company" a I'industrie nouvelle. Vint ensuite le choix des offi- 
ciers et parmi les directeurs mentionnes plus haut, on elut Frangois 
X. Tetreault comme president, Alfred G. Galipeau comme vice- 
president, P. Narcisse Leclair comme tresorier, (position que ce 
dernier occupa a differentes reprises pendant huit ans), et Edward 
D. Desrosiers comme secretaire et Pierre Peck comme gerant. 

Les premieres lunettes furent manufacturees dans la batisse 
anterieurement occupee par la Blanchard Optical Company, sur 
la rue Elm. Le peu d'experience des fondateurs dans cette 
nouvelle ligne et la forte concurrence qu'ils rencontrerent, ren- 
dirent les debuts de la compagnie tres difficiles. Cependant, 
grace a leurs efforts perseverants, ils reussirent a creer une telle 
demande pour leurs produits, qu'en septembre 1901, il fallut 
chercher des quartiers plus grands et les ateliers de la Southbridge 
Mfg. Co., sur la meme rue, furent achetes, site que la compagnie 
occupe encore. 

Ce fut aussi cette meme annee, le 16 octobre, que la compa- 
gnie fut incorporee pour cinquante mille dollars, dans I'Etat du 
Maine, mais les pressants besoins des affaires necessiterent, en 
aout 1904, le changement de capitalisation de cinquante mille a 
cent mille dollars. 

Ceux qui, parmi nos citoyens, ont pris part a I'administra- 
tion, pendant deux termes ou plus, comme membres du bureau des 
directeurs jusqu'en 1910, sont les suivants: P. Narcisse Leclair, 
Frangois X. Tetreault, Pierre Peck, Joseph F. Lariviere, Clement 
Begin, Alexandre L. Desaulniers, Noe Ethier, Dennis A. Arse- 
nault, Mathias Langevin, Aime Langevin, Renaldo Guilmette, 
Hormisdas Pontbriand, Alonzo J. Leclair, Hector M. Leclair, John 
B. Demers. 

Les officiers actuels: Ronaldo Guilmette, president et direc- 
teur. Hector M. Leclair, tresorier et directeur, Edward L. Leclair, 
secretaire et John B. Demers, directeur, ont ete dans I'administra- 
tion depuis 1911 et ils sont heureux d'avoir, avec succes, continue 
I'ouvrage commence par leurs predecesseurs. La Central Optical 
Company, aujourd'hui, possede une reputation enviable dans le 




Doctevir T. Belanger 

Premier President du 

Cercle Canadian 



J. A. Caron 

President de la 

Banque Cooperative 



Joseph Metras 
Maitre-de-Poste 




Joseph Ouimette, Jr., Manufacturier 



Ronaldo Guilmette 

Directeur et Surintendant de la Central 

Optical Company 




Proprietaires et Directeurs de la Compagnie Dupaul-Young 
L. Young, J. A. Caron, J. Dupaul, F. H. Horr, decede 




Antoine Ferland 
Evaluateur de la Ville 



Napoleon Giroux 
Chef de Police 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 241 

monde commercial et grace a I'esprit d'initiative de ses officiers, 
ses produits sont repandus dans Tunivers entier. En outre d'une 
ligne complete d'optique, elle manufacture aussi les lunettes de 
securite de tous genres; lunettes d 'atelier, de mecaniciens, d'avia- 
teurs, de cyclistes, d'automobilistes, lunettes mistraliennes, etc. 

C'est done avec raison que nous sommes fiers d'une organisa- 
tion qui est I'oeuvre des notres et qui contribue a I'honneur de 
notre nationalite, a la prosperite de notre ville et au prestige de 
notre pays dans le commerce avec I'etranger. 

Southbridge Cigar Company. 

En 1908, quelques canadiens jeterent les bases d'un syndicat 
pour la fabrication des cigares. Cette entreprise, apres quelques 
annees, fut abandonnee, a cause du manque d'experience. En 
1912 tout etait fini. 

Southbridge Commercial Press Company. 

En 1911, quelques jeunes compatriotes remplis d'activite, for- 
merent ime corporation, portant le nom de Southbridge Commer- 
cial Press Company. C'etait un atelier d'imprimerie; sous I'ha- 
bile direction du gerant cet atelier progresse de jour en jour. Les 
officiers sont: M. Origene Paquette, president; H. Tetreault, secre- 
taire-tresorier; A. J. Paquette, gerant; Arthur Cabana, Dominique 
Paquette, directeurs, 

M. Albert Bonnette commenga a fabriquer des lunettes a son 
compte, rue Worcester, en 1913. Alfred Lapierre fonda un eta- 
blissement en 1914, sur la rue Crane, sous le nom de Eastern 
Optical Co.; en 1916, Wilfrid Lavoie s'installa sur la rue Hart- 
well; oil il est actuellement. 

Impossible de prouver d'une maniere plus peremptoire, I'esprit 
d'initiative de nos concitoyens Southbridgeois. Dans quelques an- 
nees plusieurs occuperont des places de marque dans le monde in- 
dustriel. Honneur a eux! Honneur a leur travail! 



242 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Population de Southbridge. 

D'apres les recensements du gouvemement federal. 

Date Personnes 

1816, annee de rincorporation 830 

1820 1,056 

1830 1,444 

1840 2,031 

1850 2,824 

1860 4,131 

1870 5,208 

1880 6,464 

1890 7,055 

1900 10,025 

1910 12,592 

1915, recensement d'Etat 14,217 

Population canadienne-frangaise d'apres les differents recense- 
ments de la paroisse. 

Date Population 

1852, date de la paroisse St. Pierre (St. Peter's) 322 

1860 510 

1867 1,010 

1869, date de la fondation de la paroisse Notre-Dame. . . 1,550 

Recensements par le Rev. Georges Elzear Brochu. 

1887, 622 families, population 3,380 

1889, 700 families, population 3,714 

105 proprietaires, 210 voteurs. 

1891, 769 families, population 4,077 

125 proprietaires, 270 voteurs. 

1893, recensement fait par le Rev. P. Genest, 936 fa- 
milies, population 5,143 

Proprietaires 175. 

1900, recensement par le Cercle Canadien, 1,154 families, 

population 6,02 7 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 243 

Recensements du Rev. L. O. Triganne. 

1905, 1,330 families, population 6,650 

1907, 1,458 families, population 7,177 

1908, division de la paroisse. 

1919, d'apres le recensement mimicipal, sur une population de 
15,000 ames, la population franco-americaine est de 9,000. 



244 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 



CHAPITRE XXXVIII. 

Dates Memorables et Traits d'Histoire. 
Capitaine PapUlon. 

La propriete de I'Eglise Notre-Dame a ete vendue par le 
Capitaine Papillon a Moses Marcy en 1732, un an avant sa mort. 

Le Capitaine Papillon, celebre par ses combats avec les cor- 
saires qui infestaient les Antilles, acheta 6,000 arces de terre a 
I'endroit ou se trouve le centre actuel de Southbridge, en I'annee 
1720. 

Le capitaine, qui venait de Salem par le fait meme comme il 
appert dans les archives de I'Etat, fut le premier proprietaire de 
Southbridge. II acheta le dit terrain de James Blackwell a qui 
il avait ete octroye par la Couronne. Le Capitaine Papillon a 
qui revient I'honneur d'avoir debarrasse I'Atlantique des pirates, 
mourut en 1733 et regut tous les honneurs militaires. Son corps 
repose dans le vieux cimetiere de Salem. On dit que ce dernier 
paya la propriete achetee, avec de I'argent espagnol, provenant des 
depouilles qu'il avait enlevees aux corsaires, dans ses excursions 
contre eux. 

Southbridge fut incorpore le 15 fevrier 1816. 

La premiere assemblee municipale eut lieu le 16 mars 1816. 

Un moulin a scie fut erige pres de I'ecluse de "Globe Village," 
sur la riviere Quinebaug, en 1732, et c'est dans le haut de cette 
batisse que la famille Dugas fut installee a son arrivee de Grand- 
pre en 1755. 

L'honorable William F. Marcy, qui fut jurisconsulte, gouver- 
neur de I'Etat de New- York, senateur des Etats-Unis, secretaire 
d'Etat sous le President Polk, est ne en 1786, a I'endroit de I'eglise 
Notre-Dame. 




Salomon Labonte 
Directeur de la Cie Dupaul-Younj 



Dr. J. A. Robillanl 
Foiulaleur du Cercle Canadien 




E. D. Desrosiers 
Tresorier de la Banque Cooperative 



A. L. Desaulniers 
Directeur de la Banque Cooperative 





p. N. Leclair 

Uii des fondateurs de hi Central 

Optical CompaiiN 



H. Bedanl 
Directeur de la People's Xati >nal Bank 





Joseph Proulx. Contracteur 



Eugene Gabrie 
Percepteur des Impots 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 245 

Southbridge prend son nom du pont qui traverse la riviere 
Quinebaug sur la rue Central; avant I'incorporation de cette mu- 
nicipalite, ce pont etait connu sous le nom de pont du sud (South- 
bridge) . 

Avant I'incorporation de Southbridge en 1816, la colonie etait 
connue sous le nom de "Honest Town." 

Le premier hotel a Southbridge fut construit en 1825, a I'en- 
droit de la station de pompes, rue Elm, connu sous le nom de 
"Freeman's Tavern." 

Le premier journal a Southbridge fut public en 1828. 

Globe Village prend son nom de la Globe Village Manufactur- 
ing Co., predecesseurs de la Hamilton Woolen Co., qui fut incor- 
poree en 1831, avec un capital de $200,000. 

L'industrie des lunettes a Southbridge fut commencee en 1831, 
par William Beecher, qui tenait un magasin de bijouterie sur la 
rue Main, a I'endroit de la pharmacie Hartwell. 

En 1835, David Perus, jeune emigrant a Southbridge, s'en- 
rola dans la marine americaine pour un terme de quatre ans. 

La premiere salle-de-ville a Southbridge fut erigee en 1839. La 
presente salle-de-ville fut batie en 1888, au meme endroit. 

La banque Nationale fut organisee en 1836 avec 95 action- 
naires et un capital de $100,000. Reorganisee en 1865 sous les 
lois federales. 

La banque d'epargne (Southbridge Savings Bank), fut incor- 
poree en 1848. 

En 1848, Charles Daigle, employe a la compagnie Hamilton, 
perd la vie en descendant un baril de cidre dans une cave. 

Le cimetiere St. Pierre fut achete le 15 juin 1850. 

En 1852, les catholiques de Southbridge sont eriges en paroisse. 

En 1856, un effort est fait par les citoyens de Globe Village, 
pour se separer de Southbridge et organiser une municipalite. 

Au mois d'avril 1859, incendie des ecuries de I'hotel Edward; 
quarante-trois chevaux sont brules a mort. 

En 1860, le 31 decembre, incendie de la maison de pension et 
autres bailments de la compagnie Hamilton, Vingt-huit che- 
vaux sont brules a mort. 



246 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

Durant la guerre civile, de 1861 a 1865, Southbridge a foumi 
237 soldats, dont neuf dans la marine, et a contribue en argent 
pour des fins de guerre $34,000. 

Le Rev. Pere Migneault, qui fut un des premiers missionnaires 
a Southbridge, fut aussi chapelain dans im des regiments de 
I'armee de la guerre civile et fut blesse par une explosion de 
poudre qui lui brula la figure. 

En 1863, au mois d'avril, la Taveme Healy et plusieurs edifices 
de commerce sur la rue Main, de la rue Central a la rue Foster, 
furent incendies, ainsi que I'eglise Baptiste. 

Le 9 novembre 1863, incendie de I'hotel Edward et autres 
batisses avoisinantes. 

Abraham Lincoln, president des Etats-Unis, assassine a Wash- 
ington, D. C, le 14 avril 1865. 

En 1866, le 9 novembre, le premier convoi de passagers en 
chemin de fer arriva a Southbridge. 

En 1866, Clarice Dupaul, jeune fille de neuf a dix ans, em- 
ployee a la manufacture Hamilton, perdit la vie, alors que son 
linge et sa chevelure furent pris dans une courroie. La mort fut 
instantanee. 

En 1868, explosion d'un reservoir de gaz de la compagnie 
Hamilton ; cinq personnes perdent la vie dont un jeune canadien, 
Michel Larochelle, qui arrivait du Canada. 

Sandersdale, avant 1868, etait connu sous le nom de African 
et la station du chemin de fer portait le nom Ashland. 

En 1869, Antoine Laroche est tue par les chars en travaillant 
sur la voie ferree entre Sandersdale et West Dudley. 

En 1869, au mois de novembre, les canadiens-frangais sont 
eriges en paroisse; c'etait la cinquieme paroisse canadienne-fran- 
gaise aux Etats-Unis. 

La premiere eglise Notre-Dame fut ouverte au culte le jour de 
Noel, en 1870. 

En 1870, le 23 mai, incendie de la manufacture Dresser. 

En 1871, au mois d'octobre, Louis Robert, serre-frein sur un 
convoi servant a la reparation du chemin de fer entre Webster et 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 247 

Southbridge, fit une chute entre deux wagons et perdit la vie. 
C'etait sa derniere journee de travail pour cette corporation. 

En 1874, le 27 decembre, incendie de I'opera Dresser. 

En 1876, le 9 mai, Paul Blanchard perdit la vie en travaillant 
a la construction d'un mur de pierre en face de la vieille eglise 
Notre-Dame; une grue se brisa et il fut ecrase par une lourde 
pierre. 

En 1879, le Rev. Georges Elzear Brochu organisa une mission 
a Fiskdale. 

Le 21 aout 1880, Antoine Duplessis perd la vie par un eboulis, 
en travaillant a la construction du premier reservoir de I'aqueduc 
de Southbridge. 

Les freres Egile et Joseph Papillon prirent du service dans la 
marine americaine de 1880 a 1887. 

James A. Garfield, president des Etats-Unis, assassine a Wash- 
ington, D. C, le 2 juillet 1881. 

1881, le 23 aout, une mission de la communaute des Soeurs 
Ste. Anne fut fondee a Southbridge, la deuxieme aux Etats-Unis. 

En 1883, le 14 aout, incendie du hangar de fret du chemin de 
fer New- York & New England, de la grange de la compagnie 
Hamilton, de la grange du Dr. Curtis et de quinze a vingt mai- 
sons dans differentes parties du village. 

En 1884, le 9 aout, incendie de la manufacture Columbian. 

En 1886, le 7 juillet, le patinoir, aux coins des rues Marcy et 
Hamilton, est incendie. Les eglises St. Mary et Notre-Dame sont 
menacees de destruction par cette incendie. 

En 1888, le 2 avril, organisation de la compagnie K, 6ieme 
regiment, M. V. M., qui prit part a la guerre Hispano-Americaine 
en 1898. 

En 1891, le 6 avril, les electeurs de Southbridge votent contre 
I'octroi des licenses, la seule fois jusqu'a nos jours. 

En 1891, au mois d'aout, une mission de la communaute des 
Sceurs de I'Assomption fut etablie a Southbridge en remplacement 
des Soeurs Ste. Anne. 



248 HISTOIRE DES FRANCO-AMERICAINS 

En 1892, le ler juin, deces de Mgr. O'Reilly, premier eveque 
de Springfield. 

En 1894, le 25 aout, Mgr. Brochu fit I'achat du terrain Marcy 
pour I'erection d'une eglise. 

En 1894, le 25 novembre, un omnibus charge de jeunes gens, 
allant prendre part a une partie de balle au pied, se fait 
frapper par un convoi de passagers en traversant le chemin de fer 
sur la rue Central; plusieurs se font tuer et blesser. Un jeime 
canadien, Charles Gauthier, perd la vie instantanement. 

En 1897, au mois d'aout, le chemin de fer electrique entre 
Sandersdale et Fiskdale est mis en operation. 

En 1898, le 5 avril, explosion des voutes du bureau de poste 
par des voleurs qui enlevent le montant de $110.00. 

En 1899, Mgr. Brochu fait I'achat du cimetiere St. Georges. 

William McKinley, president des Etats-Unis, assassine a 
Buffalo, N. Y., le 6 septembre 1901. 

En 1902, le 19 octobre, le chemin de fer electrique de Wor- 
cester a Southbridge est mis en operation. 

Mgr. Georges Elzear Brochu, decede le 26 septembre 1904. 

En 1907, le 5 juillet, le chemin de fer electrique de Springfield 
a Southbridge est mis en operation. 

En 1908, ler decembre, division de la paroisse Notre-Dame 
et formation de la paroisse du Sacre-Cceur. 

La Banque Cooperative de Southbridge fut incorporee le 9 
mai 1910. 

Au mois de juin 1910, le Cercle Juneau de la Societe des La- 
cordaires, fut organise a Southbridge. Ce cercle fut dissous dans 
le cours de I'annee 1912. 

Devoilement du monument des soldats de la guerre civile le 
4 juillet 1914. 

En 1914, le ler aout, I'Allemagne declare la guerre a la Russie, 
le 3 aout a la France, et le meme jour la Belgique fut envahie. 

En 1916, du ler au 4 juillet, celebration du centenaire de 
Southbridge. 

En 1916, le 2 juillet, dedicace de la nouvelle eglise Notre- 
Dame. 



DE SOUTHBRIDGE, MASSACHUSETTS 249 

En 1917, le 3 avril, les Etats-Unis declarent la guerre a 
I'Allemagne. 

En 1918, du 17 au 24 juin, semaine de concours en faveur du 
College de I'Assomption. Contribution des franco-americains de 
Southbridge, $3,368.65. 

En 1918, le 11 novembre, rarmistice est signe entre I'Alle- 
magne et les pays allies et le traite de paix est signe le 28 juin 
1919. 

De 1917 a 1918, durant la guerre mondiale, Southbridge a 
fourni 912 soldats dont vingt-six sont morts au champ d'honneur. 

Contribue en bons de la liberie $3,186,950.00 

Contribue pour la Croix Rouge 86,276.45 

Timbres de guerre 75,341.97 

K. of C. et differents fonds de guerre 67,878.63 

Y. M. C. Association 18,000.00 



Total $3,434,447.05 

La People's National Bank fut incorporee le ler mai 1919. 

1919, le ler septembre, celebration en I'honneur des soldats de 
Southbridge qui se sont enroles dans I'armee Americaine pour 
prendre la defense des allies, contre I'Allemagne. 

Dimanche, le 5 octobre 1919, Adelard N. Ferron et Lionel 
Gaumond, deux jeunes soldats recemment licencies de I'armee 
Americaine perdent la vie dans un accident d 'automobile. M. 
Lionel Gaumond avait servi en France. 

1919, le 27 novembre, celebration du cinquantieme anniver- 
saire de la fondation de la paroisse Notre-Dame et de la Societe 
St-Jean-Baptiste. 

— Fin — 



250 TABLE DES MATIERES 



TABLE DES MATIERES 

— Premiere Partie — 

Page 
Au Lecteur 3 

Introduction 5 

Chapitre I. — Southbridge — ^Les Premiers Colons — ^Les De- 
buts 7 

Chapitre II. — Les Premiers Canadiens — Date de Leur Ar- 

rivee 11 

Chapitre III. — Noms des Premieres Families Canadiennes de 

Southbridge 18 

Chapitre IV. — Immigration — Epreuves des Premiers Colons 

— ^Leur Esprit de Foi — Soirees Canadiennes ... 29 

Chpaitre V. — Religion — Premiere Paroisse Catholique — Pre- 
miere Communion 32 

Chapitre VI. — Second Apotre de Southbridge — Le Pere 
Joseph Edouard Napoleon Migneault — Troisieme, 
P. Barrette 37 

Chapitre VII. — Fondation de la Premiere Paroisse Catho- 
lique Canadierme-Frangaise a Southbridge — Son Pre- 
mier Cure 40 

Chapitre VIII. — ^Administration du P. Brochu — Premieres 

Ecoles — Convent des Soeurs 44 

Chapitre IX. — 1881 — Arrivee des Sceurs Ste. Anne — ^Acade- 
mic Brochu 47 



TABLE DES MATIERES 251 

Page 
Chapitre X.— Troubles de Paroisse— 1880-81-82— Conse- 
quences 51 

Chapitre XI. — Choeurs de Chant — ^Leur Formation ... S3 

Chapitre XII. — Chevalieurs de Saint Joseph 57 

Chapitre XIII. — Fin de 1 'Administration du Pere Brochu — 

Titres— Sa Mort 60 

Chapitre XIV. — Troisieme Cure — Le Rev. L. O. Triganne . 63 

Chapitre XV. — Description de I'Eglise 66 

Chapitre XVI.— Dedicace de I'Eglise— 1916 70 

Chapitre XVII. — Les Soeurs de I'Assomption — Quinze Reli- 
gieuses — Superieure Actuelle, 1919, Soeur Ste. Ma- 

thilde 75 

Chapitre XVIII. — Vocations Religieuses — Hommes ... 84 

Vocations Religieuses — Filles 87 

Chapitre XIX. — Paroisse du Sacre-Coeur 90 

Chapitre XX. — Vicaires du Rev. L. O. Triganne .... 93 

— Deuxieme Par tie — 

Chapitre I. — Premiers Citoyens 100 

Chapitre 11. — Nos Hommes Politiques — 'Tonctions Muni- 

cipales" 105 

Chapitre III. — Autres Fonctions Municipales — Comite du 

Fonds d'Amortissement 109 

Chapitre IV. — Capitation et Proprietaires 112 

Chapitre V. — Nos Medecins Canadiens 115 

Chapitre VI. — ^Dr. V. St. Germain — Dr. Ovide Morasse . . 120 



252 TABLE DES MATIERES 

Page 
Chapitre VII.— Dr. Rodolphe Goyer— Dr. C. J. Bisaillon— 

Dr. Arthur Chaussee 123 

Chapitre VIII. — ^Joumaux a Southbridge ... . . . 127 

Chapitre IX.— Patriotisme — Nos Soldats 129 

Chapitre X. — Nos Societes Nationales — La Saint-Jean- 

Baptiste 140 

Chapitre XI, — Nos Societes — La St.-Jean-Baptiste (Suite) 150 

Chapitre XII. — Societe St.-Jean-Baptiste — (Euvres Frater- 

nelles . . . 154 

Chapitre XIII. — Partie Civile — Cercle Canadien . . . 157 

Chapitre XIV. — Conferences (Suite) 162 

Chapitre XV. — Cercle Canadien — Soirees Dramatiques . . 164 

Chapitre XVI. — Cercle Canadien (Suite) — Noces d'Argent 

de Mgr. Brochu 170 

Chapitre XVII. — Clubs d' Amusements — Societe de Tempe- 
rance 173 

Chapitre XVIII.— Les Chevaliers de St. Pierre— 1887 . .174 

Chapitre XIX. — Societe de Temperance — 1889 . . . . 176 

Chapitre XX. — "Cour Jacques-Cartier" 180 

Chapitre XXI. — Club de Naturalisation — Union Saint- 
Joseph 182 

Chapitre XXII. "Cercle Academique" — Garde Lafayette 184 

Chapitre XXIIL — Cour St. Georges, F. C. — Conseil 

Rochambeau 186 

Chapitre XXIV. — ^Artisans — Succursale de Southbridge . 188 





Irenee Larouche 

Commissaire d'une division d'enfants dans 

la parade au retour des soldats, 

Septembre 1919 



Pierre D'umas 
a Southliridge 




Arthur Jolicitur, qui. avant sa mort, fut 

devoue a Tavancement de nos societes 

nationales 




F. A. Bouvier 
Tresorier de la Municipalite 



TABLE DES MATIERES 253 

Page 
Chapitre XXV.— Conseil Brochu, U. S.-J.-B. d'A.— Succur- 

sale Ste. Cecile, Artisans 190 

Chapitre XXVI.— Conseil Triganne, U. S.-J.-B. d'A.— Cour 

Laurier, F. F. A 193 

Chapitre XXVII. — Conventions des Canadiens-Frangais aux 

Etats-Unis 195 

Chapitre XXVIII. — Conventions, Ralliements, etc. . . . 203 

Chapitre XXIX.— Congres de I'Union St.-Jean-Baptiste . 207 

Chapitre XXX. — Musique — Instituteurs et Institutrices . 210 

Chapitre XXXI. — Musique — Orchestres 214 

Chapitre XXXII. — Associations Musicales 216 

Chapitre XXXIII. — Caisse d'Epargnes et Banque Coopera- 
tive 221 

Chapitre XXXIV. — Legislature — Canadiens de Southbridge, 

Representants a la Legislature d'Etat 224 

Chapitre XXXV. — Commerce — Franco-Americains dans le 

Commerce et Professions a Southbridge . . . . 227 

Chapitre XXXVI. — Hommes de Profession — Enfants de 

Southbridge — Biographies 230 

Chapitre XXXVII. — Manufacturiers — ^Leurs Employes . 235 

Chapitre XXXVIII.— Dates Memorables et Traits d'His- 

toire — Capitaine Papillon 244 



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