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Sectional Libraiy 



HISTOIRE 

DES 

M ÉLANIENS 

DU SYSTÈME EUROPÉEN. 







KA., 




1M^ ■ 

hoLl- 

HISTOIRE 



/c-^- 



C*^ SOiJf'U 



MÉLANIENS 



DU SYSTÈME EUROPEEN 



J. R. BOURGUIGNAT- 



S^ctfonal Librory 



Ixtrail du lome II lies Annales de Malacologie.) 




PARIS 

LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES" 

PAUL KLINCKSIECK 

52, rue des Écoles, 52 



Mai 1884 



^ MARS 01935 




HISTOIRE 



mmm du systèm européen 



m. J. R. BOURGUICiJVAT 



Le moment n'est pas venu de présenter une mono- 
graphie des Mélaniens. La faune du système européen 
est encore trop peu connue, et la science malacologique 
moderne, telle qu'elle doit être comprise, est encore 
trop jeune pour une œuvre monographique de cette im- 
portance. Une simple histoire suffit pour le moment. 

C'est donc un aperçu historique des diverses formes 
mélaniennes de ma collection que je présente, en priant 
mes amis d'excuser les erreurs qui auraient pu se glisser 
dans ce travail, en considération des difficultés que j'ai 
éprouvées dans l'étude d'une famille où presque toutes 
les formes ont été comme à plaisir confondues les unes 
avec les autres. 

Dans l'exécution de ce travail j'ai fait table rase, ainsi 
quon doit le faire dorénavant, de toutes les opinions 

II. - Annales de Meileicolof/ic. — MAI 18S4. 1 



— 2 — 

des auteurs. Je les ai toutes mises de côté ; je ne me suis 
rapporté à personne ; mais, en revanche, j'ai vérifié les 
descriptions premières,j'ai jugé et pesé la valeur de toutes 
les formes créées ; puis j'ai comparé celles de ma collec- 
tion avec celles décrites ; enfin, j'ai élevé au rang spéci- 
fique les Coquilles inédites chez lesquelles j'ai reconnu, 
pour le moins, trois signes caractéristiques importants et 
constants. 

Pour un semblable travail, qui n'a l'air de rien, de 
grandes séries sont indispensables. Je n'aurais jamais pu 
le mener à bonne fin si je n'avais pas possédé la plus 
riche collection qui puisse s'imaginer, car, sur les 
166 formes que je vais mentionner, 5 ou 6 seule- 
ment me font défaut. Mais si je possède de telles richesses 
malacologiques, je les dois à l'obligeance de mes amis, 
et principalement à mon bien dévoué le conseiller Le- 
lourneux, qui, avec un zèle sans pareil, a parcouru et 
exploré, en savant infatigable, l'Egypte, la Nubie, la Sy- 
rie, l'Anatolie, la Turquie, la Grèce, la Dalmatie, le bas- 
sin du Danube, les îles méiliterranéennes, ainsi que 
l'Espagne, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, sans compter 
bien d'autres contrées que j'oublie. 

Avant cet érudit jurisconsulte et intrépide malacolo- 
giste, je ne connaissais que ce que connaissait le commun 
des martyrs. Je m'imaginais posséder beaucoup; j'avais 
les illusions des collectionneurs allemands; mais j'ai été 
vite désabusé lorsque je vis arriver les résultats des re- 
cherches de mon bien cher ami. Ce n'était pas par mille, 
par dix mille que se chiffraient ses envois, c'était souvent 
par cent mille échantillons. 

J'entre dans ces détails pour que l'on sache que ce 
Mémoire repose sur la comparaison et Tétude de Mélani- 



(lées si nombreuses, que l'on ne peut s'en faire une 
idée. 

Lorsqu'on étudie les auteurs qui ont publié des formes 
mélaniennes, on s'aperçoit de la pauvreté de leurs maté- 
riaux. Aucun ne possède de série. Quelques-uns ont 10, 
15 ou 20 espèces ou formes (1) différentes; ceux qui en 
ont 20 comptent parmi les riches. Le D"" Brot, qui s'est 
adonné d'une façon toute spéciale à l'étude des Mélani- 
dées, en possède à peine une vingtaine du système eu- 
ropéen; moi-même, avant ces admirables envois, dont 
les malacologistes ne peuvent se douter, je n'étais en 
possession que de bien peu de chose. 

En 1870, dans mon Mémoire sur la Faune malacolo- 
gique du bas Danube, j'ai donné {Annales de malacolo- 
gie, 1870, p. 05), une liste de 9 espèces, dont une nou- 
velle, réparties en 5 Melania et h Melanopsis. 

En 1877, dans ma Classification des familles et des 
genres du sijstème européen{}^. 43), j'ai admis les genres 
JNIelania (type tuberculata)', Bugesia (type Bourgui- 
gnati) ; Melanella (type Holandri), et Melanopsis, que 
j'ai divisé en trois groupes : Esperiana (type Esperï), 
Prœmorsiana [V^^q prœmorsa), et Cariosiana (type ca- 
riosa). En tout 57 espèces. 

Actuellement, le nombre de ces mêmes Mélaniens 
atteint le chiffre de 1G6, et je ne comprends pas parmi 
eux les Pyrgula, les Paladilhia et les autres espèces des 
genres classés dans celte famille, genres et espèces dont 
je m'occuperai à un autre moment. 

(l) Les mots forme ou espèce, étant pour moi similaires, ne sont 
jamais employés que dans un sens abstrait. 



— k — 

On voit donc qu'en 1870 je connaissais 9 formes: 
qu'en 1877, sept ans après, j'étais arrivé au chiffre de 
57, qu'enfin, en 1884, après sept autres années, j'at- 
teins un nombre trois fois plus considérable ; et cepen- 
dant je suis loin de connaître la faune telle qu'elle sera 
connue dans une vingtaine d'années. 

Les vrais Mélaniens du système européen appartien- 
nent aux genres Melania, Melanella, Bugesia, Fagotia, 
MicRocoLPiA et Melanopsis. 



MELANIA, Lamarck, 1799. 

Je ne connais que deux Melania qui soient vraiment 
acceptables, la jiidaica et la tubercidata. Je ne puis 
admettre, en effet, l'œ^yjo^mctt de Benson (1), signalée 
par erreur en Egypte, et encore bien moins la Charreiji, 
de M. Morelet {MoU. Port., 1845, p. 97, pi. vu, f. 5), 
mentionnée des lagunes de Villa reale et des eaux sau- 
mâtres de la vallée du Tage, près de Lisbonne, attendu 
que cette forme, loin d'être une Melania, n'est autre 
chose qu'une PALUDESTRiNA de la famille des Paludini- 
dées. 

lUelania judaica, Roth, Spicil. Moll., 1855, p. 37, 
pi. II, f. 1-3. 

Grande et belle espèce, sans côtes transversales, carac- 
térisée par des sillons spiraux très accentués. 

(1) In : L. Reeve, Iconogr. sp., 277. 



— 5 — 

Dans un petit ruisseau près de la Mer Morte, en Pales- 
tine. 

Les figures (1-3) données par Roth sont excellentes; 
elles suffisent à la connaissance de celte jMélanie. 

M. Morelet (Malac. Maroc, p. 71 du tirage à part), en 
voulant corriger, à son point de vue, quelques erreurs 
d'appréciation du D"^ Paladilhe, affirme que la judaica 
de Roth n'est autre chose que la costata d'Olivier. Or, 
tous les malacologistes savent que la costata est une 
Mélanopside. 

Iflelnnin tiilioreiilata, Bourgiiignat, Cat, rais. Moll. 
Orient., p. 65, 1853, et Malac. Algérie, II, 
p. 251, pi. XV, f. 1-11, 186i.— (Nerita tuber- 
culata, Millier, Yerm. Hist., II, p. 191, 1774.) 

Espèce des plus abondantes en Perse, en Mésopota- 
mie, en Syrie, en Egypte, etc., et même en Algérie. Ne 
se trouve pas en Europe. — Cette Coquille varie à l'in- 
fini; ses principales variétés sont : 

,4. var. maxima. liourgidrjnat, Mal. Alg., II, p. 252, 
pi. XV, f. 7, 186i. — Haut. 45-55, diam. 12-15 millim. 
— Oasis de M'raier, près de Tuggurt (Algérie). 

B. var. costata. liourguignat. Mal. Alg., II, p. 252, 
pi. XV, f. 3 et 10. (Slrombus costatus, Schrôter, Fluss- 
conch, p. 373, pi. viii, f. li, 1779) — Striations trans- 
versales excessivement fortes, en forme de côtes, tandis 
que les stries spirales sont fines et délicates. — Algérie, 
Syrie. 

C. var. fasciolata. — Mclanoides fasciolata, Olivier. 
Voy. emp. ottom., Il, I80i, p. 10, pi. xxxi, f. 7. — 
Coquille ornée de petites flamraules rougeâtres ou bru- 



— 6 — 

nâtres interrompues, placées en séries transversales et 
symétriques. — Algérie, Egypte, Syrie. 

D. var. rubro-punctata. — Melania rubro-punctata, 
Tristam, Rep. terr. fluv. MoU. Palest. in : Proceed. Zool. 
Soc. London, 1865, p. ^k\. — Test transparent d'un 
corné blanc, avec des séries transversales de petits points 
rouges. Chez celte variété, la partie supérieure des tours 
se trouve sculptée par des sillons spiraux; la partie infé- 
rieure est lisse ; l'ouverture est relativement plus étroite 
que chez le type. — Fontaines près de la Mer Morte 
(Syrie). 

E. var, pyramis. — Melania pyramis, v. d. Biisch, 
in : Philippi, abbild. Conch., II (Melan., tab. iv, 1817), 
p. 172, pi. IV, f. 16. — Côtes nodosiformes sur tous les 
tours, sauf à la partie inférieure du dernier, où ces côtes 
sont remplacées par des sillons spiraux. — Syrie. 

F. var. sulcata. Bourguignat, Mal. Alg., II, p. 252, 
pi. XV, f. 2, 1864. — Coquille costulée et tuberculée sur 
les tours supérieurs, devenant ensuite simplement sillon- 
née de rayons spiraux également espacés sur les tours in- 
férieurs. — Algérie. 

G. var. thermalis. Boiirguignat, Mal. Alg., II, p. 252, 
1864. — (Melania Aristidis, Brondel, mss.). — Bord ex- 
terne de l'ouverture un pou plus fortement arqué en 
avant, et columelle un peu plus cintrée à la base. — Al- 
gérie. 

H. var. Rothiana. — Melania Rothiana , Mousson^ 
Coq. Rolh., 1861, p. 61, et Tm^^m, Rep. terr. fluv. Moll. 
Palest. in : Proceed. Zool. Soc. London, 1865, p. 561 et 
Locard, Malac. lacs Tibér., p. 32, 1883. — Tours supé- 
rieurs sillonnéspar un pelil nombre de lignes spirales (cinq 
au lieu de sept). Côtes transversales augmentant en gros- 



— 7 — 

seur et en relief du sommet au dernier tour. Tours moins 
convexes. Ouverture assez étroite avec un bord columel- 
laire descendant un peu plus vers la base. — Subfossile 
dans l'alluvion du lac de Tibériade (Syrie). 



MELANELLA, Swainson, 1840. 

Les Mélanelles du système européen peuvent se divi- 
ser en deux grandes séries : 

En espèces cerclées (§ 1, zonatœ) , 

En espèces lisses (§ 2, lœvigatse). 

Les cerclées, ou iîo?î«^6!?, peuvent se répartir en deux 
groupes : en Holandriana et Fagotiana :, 

Les lisses, ou lœvigatœ, en lœvigatiana, crassiana, 
Letourneuxiana et speciosiana. 

Voici, du reste, le conspectus des espèces qui appar- 
tiennent à ces séries et à ces ditïérents groupes : 

ZONAT^E. 

Holandriana. 

Divina, 

Coronata, 

Holandri, 

Eximia, 

Agnata, 

Agnatella, 

Elegans, 

Pilariana, 

Grassilabris, 

Parvula. 



Fagotiana. 



Fagotiana, 
Krapinensis. 



— 8 — 
L^YIGATiE. 

L^VIGATIANA. 



Crassiana. 



Letourneuxiana. 



Speciosiana. 



Gigantea, 

Raphidia, 

Lœvigata, 

Afra, 

Berlani. 

Ovoideea, 
Grassa, 
Ponderosa, 
Amblya. 

Letourneuxi, 

Bourguignati, 

Castanea, 

Codiella, 

Glabrata. 

Speciosa. 



Je vais décrire succinctement chacune de ces Mélanel- 
les, mais auparavant je crois devoir dire quelques mots 
de certaines formes que je n'ai pas mentionnées dans 
cette liste. 

Il existe dans les traités ou les catalogues raalacolo- 
giques une quantité de Mélanelles inédites ou imparfaite- 
ment décrites, citées par les auteurs, telles que les costu- 
lata, fragiliSi aira deSchmidt; rugosa deSandri; flava 
de Zélebor; œquata, atra[non Schmidt) de Ziégler ; va- 
ricgala de Grimmer; fasciata de Stentz; cuspidata,ma- 
cilenta de Parreyss; montenegrina de Walderdorff; Sab- 



— — 

Ijarii, detrita, costata^ daimatina ^ de Kucik, ctc 

sur lesquelles il m'aélé impossible de former une opinion 
parce que ces espèces, ou formes, qui, primitivement, 
avaient, dans la pensée de leur auteur, leur raison d'être, 
ont été tout à fait dénaturées en passant par les mains des 
amateurs ou des collectionneurs. 

J'ai fait ce que j'ai pu pour me procurer ces formes 
inédites, afin de les adopter, s'il y avait lieu ; je les ai re- 
çues pour la plupart de mes correspondants étrangers, et 
je dois avouer, qu'après leur réception, je me suis trouvé 
en présence d'un dédale de fausses déterminations. 

Ainsi, de l'un, j'ai reçu, sous le nom de Sahl'jani^ 
confondues ensemble la coronata, Veximia et Vagnata ; 
d'un autre, sous le même nom, Velegans, la crassilabris 
et Vafra; sous l'appellation d'atra, un mélange d'afra de 
lœvigata, de Holandri et de Letoiirneuxi; sous celle de 
variegata, un autre mélange d'Holandri et de lœvi- 
gata, etc.; de telle sorte qu'il ne m'a pas été possible de 
savoir si la Sabljavu devait se rapporter plutôt à la coro- 
nata ou à Veximia qu'à Vagnata, Velcgans ou la crassila- 
bris', si Vatra était plutôt une lœvigata qu'une afra, ctc. 

Il n'y avait pas de motif, en effet, pour que je pusse 
appliquer un nom à telle forme de préférence à telle au- 
tre J'ai dû renoncer à retrouver le type de ces Mélanelles. 

Néanmoins, avant de cesser mes recherches, j'ai désiré 
consulter la monographie des Mélanies de M. Brot, de 
Genève, qui, comme on le sait, s'est adonné d'une façon 
toule spéciale à l'étude et à la connaissance des Coquilles 
mélaniennes. Je me suis n^trouvé encore une fois en 
présence des mômes difficultés. 



— 10 — 

M. Brot, lui, n'admet qu'une espèce, VHolandri, sub- 
divisée en un grand nombre de variétés. 

Or, la forme que cet auteur considère comme type de 
VHolandri, n'est pas cette forme, mais Velegans; 

Sa variété B, qu'il regarde comme la costulata de 
Schmidt, est, au contraire, VHolandri; 

Ses variétés G et D, qu'il rapporte encore à une sous- 
forme de la costulata, sont la coronata ; 

Sa variété E, à laquelle il applique les synonymes de 
flava, à'œqiiata, Sabljarii, etc., est la lœvigata; 

Et ainsi de suite. 

En présence de semblables déterminations, j'ai pris le 
parti de laisser de côté tous ces noms de collection ou 
d'espèces manuscrites, puisqu'il ne m'était pas possible 
d'arriver à leur connaissance. 

Incontestablement, dans le principe, lorsque Kucik, 
Parreyss, Zelebor ou Ziégler établirent ces noms, ces au- 
teurs le firent à bon escient, d'après des formes à carac- 
tères spéciaux. Toutes ces Mélanclles, à l'origine, devaient 
avoir leur raison d'être, mais, dans la suite, lorsque ces 
espèces se trouvèrent répandues dans les collections, il 
advint qu'elles tombèrent, soit sur des auteurs sans coup 
d'œil, soit sur d'autres, travaillés par la manie des réu- 
nions, qui, ne les comprenant pas, les réunirent à des 
formes différentes et les firent tellement dévier de leurs 
caractères primitifs, qu'actuellement elles sont devenues 
méconnaissables. 



11 



JVIelanella diviiia, Letourneux, 1879. 

Petite espèce (haut. 11, diam. 8 inillim.) de forme globu- 
leuse, d'une teinte cornée, à test assez mince, subtrans- 
parent, orné de trois à cinq zones saillantes, aiguës, dont les 
deux supérieures noduleuses. Sur le dernier tour, la supé- 
rieure seule conserve ses nodosités. Sur quelques échan- 
tillons, les zones s'atrophient vers l'ouverture. Spire 
courte, à sommet aigu (le plus souvent rongé). Cinq à six 
tours arrondis, très ventrus, à croissance très rapide (sur- 
tout le dernier). Ouverture semisphérique, blanchâtre. 
Péristome simple et tranchant du côté externe. Bord co- 
lumellaire robuste, légèrement dilaté-épanoui à la base. 
Callosité brunâtre. — Mare du moulin de la Cettina, près 
Almissa, en Dalmatie. 

]flelanella eoroiiata, Bourguirjnat, 1877. — (Mela- 
nia coronata, Zeleboi\ mss.; Melania nodosa 
Stentz^ mss. 

Charmante Coquille de forme globuleuse, à spire peu 
allongée, ornée de cinq à sept (mais le plus souvent de 
six) zones très saillantes, chargées de nodosités blanches 
tuberculeuses très prononcées, parfois spinuliformes. Ces 
nodosités n'existent ordinairement que sur les trois ou 
quatre zones supérieures. Le sommet de la spire est très 
aigu; le péristome est simple et tranchant du côté 
externe. 

Cette IVlélanelle est très abondante aux environs de 



— 12 — 

Steiiibriick, dans la Save et la Savina (Croatie), où elle a 
été recueillie par le conseiller Letourneux. Je la connais 
encore de la Narenta, en.Dalmatie. 

La coronata, que les auteurs confondent avec YHo- 
landri, bien qu'à mon sens elle en soit très distincte, a été 
citée par Brusina (Mal. Croat., 1870, p. 14) et par Kre- 
glinger (Binn. Moll., 1870, p. 321), qui l'attribue à Kus- 
ter. — Elle a été très bien figurée, vue de dos, sous le 
nom de Melania Holandi'i typica , par Tschapeck (in : 
Jahrb. Malak., avril 1881, pi. v, f. A, B etC). Les figures 
D et G de la même planche doivent être rapportées éga- 
lement à la coronata à titre de variété, l'une (fig. Dj est 
sans nodosités, l'autre (fig. G) semipHcata^ est caracté- 
risée par des nodosités chevauchant sur les deux zones 
supérieures. — Je connais encore une variété (var. catoleia) 
de la Savina, qui est lisse inférieurement, avec deux 
zones de nodosités seulement t\ la partie supérieure. 

Melanella, Molaiitlri (pars), Brusina, Moll. Croatie, 
1870, p. 13. — Melania Holandri, Ferussac, 
mss. in : C. Pfeiffer, Nat. Deutsch. Moll., III, 
1828, p. hl, pi. vni, f. 6 et 7, et Rossmassler, 
Iconogr., IX, 1839, f. G62 (seulement), et 
Tschapeck, in : Jahrb. Malak., 1881, pi. v, 
f. E (seulement). 

Cette forme, assez allongée, à spire plus élancée que 
celle de la coronata^ semble bien spéciale. 

Les figures données par C. Pfeiffer ont été exécutées 
d'après un échantillon pas tout à fait adulte. Celle 662 
de Ilossmiissler est excellente et très exacte. 

U Holandri olfre de nombreuses variations dans sa 



— 13 — 

taille et dans son ornementation. Elle vit en Carniole, 
en Styrie, en Croatie, etc. Je la possède de cette der- 
nière région, de la Savina, à Steinbriick, de la rivière 
d'Ostaria et de difTérents points de la Save. 

Ulelanella e^iiiuia, Bourguicjnat, 1880. 

Espèce caractérisée par un dernier tour très porté en 
dehors du côté dextre ; par une ouverture relativement 
exiguë, ovalaire, un peu excentrique, à bords continus 
et à callosités pariétale et columellaire excessivement 
robustes. Coquille d'une teinte cornée claire, à test épais, 
solide, opaque, cerclé de quatre à cinq zones carénantes, 
peu saillantes, ordinairement atrophiées vers l'ouver- 
ture (la zone supérieure seule est parfois légèrement 
noduleuse). Spire courte, conique, à sommet aigu. Six 
tours à croissance assez régulière. Suture linéaire, sauf 
au dernier tour, où elle s'accentue. Dernier tour ventru- 
arrondi, sensiblement excentrique. Ouverture ovalaire, 
intérieurement d'un blanc nacré, avec deux bandes mar- 
ron du côté externe. Bord columellaire très épais, d'un 
rouge marron, notamment à la base. Bord externe légère- 
ment arqué en avant, simple, bien épais. Bords margi- 
naux réunis par une forte callosité; — haut. 17, diam. 
10 millim. 

Rivière d'Ostaria, entre Plaski et Ogulin, en Croatie. 
La Save, à Sissek, en Slavonie. La Narenta, en Dal- 
raatie. 

Ulelanella agiiata, Bourcjuignat^ 1877. — Melania 
agnata, Ziecjler, mss., in .Mus. vindob., et in : 



— 14 — 

C. Pfeiffer, Naturg. Deutsch. Moll., III, 1828, 
p. 47, pi. VIII, f. 8 (médiocre). 

Cette forme, très distincte de Vllolandri, avec laquelle 
elle a été confondue jusqu'à présent, est une espèce sty- 
rienne répandue également en Carniole et en Croatie. — 
Je la possède de la Narenta (Dalmatie), de la Savina à 
Steinbriick, de la Save à Agram, et de la rivière d'Osta- 
ria au sud d'Ogulin (Croatie). Dans cette dernière localité, 
on rencontre quelquefois des échantillons presque lisses, 
sauf sur les tours supérieurs. 

llelanella agnatella, Servam, 1884. / 

Belle espèce, remarquable par sa forme globuleuse- 
obèse, à spire courte très obtuse, dont le dernier tour, 
très développé, atteint les 3/4 de la hauteur. Coquille 
épaisse, opaque, crétacée, d'une teinte tantôt verdâtre 
avec des endroits cendrés, même parfois bleuacés, tantôt 
d'une nuance rousse, interrompue par des bandes trans- 
versales d'un ton moins accentué. Test cerclé de plusieurs 
zones qui s'évanouissent vers l'ouverture ; les deux supé- 
rieures sontnoduleuses, et leurs nodosités, ordinairement 
obtuses, chevauchent souvent de l'une à l'autre. Spire 
obtuse, très courte, à sommet émoussé. Cinq tours à crois- 
sance rapide. Suture peu profonde, sauf vers l'ouver- 
ture. Dernier tour très grand, convexe. Ouverture simple, 
ovalaire, tantôt d'un marron-vineux très foncé, tantôt 
d'un blanc-violacé pâle, sauf sur le bord columellaire et 
sur la callosité, où le ton marron-vineux persiste. Bord 
externe non arqué, faiblement oblique, simple, bien 
qu'assez épais. Callosité robuste; — haut. 13, diam. 
10 millim. 



— 15 — 

Rivière près Zenica, en Bosnie (Servain). 

melanella elegans, Bour guignât, 1877. — Melania 
Ilolandri, var. elegans, Schmidt, mss. in : 
Rossmâssler, Iconogr., X, 1839, f. 663, el 
Villa, Disp. conch., p. 36, 18il, el Schmidt, 
Conch. Krain, p. 25, 1847, et Hauffen^ Conch. 
Krain, p. 20, 1858. Melania Holandri typica, 
Brot, Mel. p. 11, pi. i, f. l'' , 1874. (La 
figure 663 de l'Iconographie de Rossmassler 
est excellente.) 

Cette espèce est très répandue en Styrie, en Carniole 
et en Croatie. Elle est surtout abondante dans tout le 
cours de la Save et de la Savina. 

Je la connais encore du Danulie, près de Belgrade 
(Serbie), de Zenica (Bosnie), de la rivière d'Ostaria et 
d'un ruisseau sur là route de Pregrada, non loin de Kra- 
pina-Tœpbtz, en Croatie. — Au pont de la Save, près 
d'Agram, où le type est commun, on rencontre deux 
variétés remarquables, une var. siiblœvis, à test presque 
lisse, sauf les tours supérieurs, et une var. scalaris de 
grande taille. 

melanella Pilariana, Bour guignât, 1880. 

Coquille de forme oblongue-ventrue, caractérisée par 
une spire courte, obtuse, dont les tours, notamment 
l'avant-dernier, sont gros et renflés ; par une ouverture 
ovalaire, de taille médiocre, et par une suture linéaire, 
devenant si profonde vers l'ouverture, qu'elle fait paraître 
l'avant-dernier tour comme en saillie sur le dernier. 



— 16 — 

Test très épais, presque toujours fortement encrassé, 
et lorsqu'il ne l'est pas, d'un jaune foncé ou parfois ver- 
dâtre,avec trois à quatre bandes marron, enfui cerclé de 
deux à trois zones saillantes s'atrophiant vers le dernier 
tour (la supérieure seule est çà et là noduleuse). — Cinq 
tours gros, ventrus, à croissance rapide (sauf les trois 
supérieurs), séparés par une suture linéaire devenant de 
plus en plus accentuée en arrivant à l'insertion du bord 
externe. Ouverture médiocre, ovalaire, tantôt d'un noir 
violacé, ou d'un beau jaune-orangé, tantôt d'un blanc 
grisâtre. Bord externe légèrement arqué en avant. Bord 
columellaire très robuste. Base aperturale sensiblement 
patulescente. Callosité épaisse: — haut. 19, diam. 
11 millim. 

Cette Mélanelle, dédiée au IV Pilar, a été constatée, 
en Croatie, au pont de la Save à Agram, ainsi qu'à Stein- 
brûck, oiî elle vit en compagnie de Velegans, et, en 
Bosnie, dans les rivières de Zenica et de la Migliaska à 
Sérajewo. 

Melaiiella cra«sila1)ris, Bour guignât, 1879. 

Coquille caractérisée par une patulescence aperturale 
très prononcée, à partir de la base de la columelle jusqu'à 
plus de moitié de la hauteur du bord externe. Cette pa- 
tulescence donne à l'ouverture une apparence très éva- 
sée. Le test, chez cette espèce, est notablement épais et 
opaque autour de l'ouverture, qui semble, par suite de 
l'encrassement et de l'épaisseur des parois, un tant soit 
peu exiguë. 

Coquille jaune-verdâtre passant au brun, cerclée de 
2-3 zones supérieures, saillantes, qui s'elfacent vers l'ou- 



— 17 — 

verture; les deux zones supérieures (lorsque les zones sont 
au nombre de trois) sont ornées de tubérosités très espa- 
cées et comme épineuses. — Spire médiocre, brièvement 
conique, à sommet aigu, lorsqu'il n'est pas érosô. — Six 
tours convexes, à croissance assez régulière seulement 
jusqu'au dernier et séparés par une suture accentuée. 
Dernier tour fort grand, convexe, sensiblement descen- 
dant à l'insertion du bord externe. Ouverture ovale, très 
évasée, par suite de la grande patulescence des contours 
inférieur et externe, intérieurement d'une teinte blan- 
che-violacée s'accentuanl sur le péristome pour former 
comme une auréole d'un ton vineux, et, de plus, ornée 
sur l'intérieur du bord externe de 2 zonuJesdumôme Ion. 
Bord columellaire excessivement robuste. Callosité très 
épaisse réunissant les bords; — haut.18, diam. 11 millim. 



Melaiiella parviila, Brot, Cat. syst. melan., p. 41, 
1862.(Melania Holandri, var. \)ôv\u\ii,Schmidt, 
in : Rossmdssler , Iconogr., X, 1839, f. 667, 
et Tschapeck, in: Jalirb. Malak., 1881, pi, v, 
f. i seulement.) 

Les échantillons figurés par Uossmassier et Tschapeck 
sont lisses; mais ordinairement cette Mélanelle est ornée 
d'une zone saillante, supérieure, à tubercules accentués. 
Celte espèce se rencontre çà et là dans les rivières de la 
Carniole, de l'Istrie et de la Croatie maritime. 



Annules de Malacologie.— MAI 1884. 



— 18 



Helanella Fagotiana, Boiirguignat, 1879. 

Jolie espèce à test mince, subtransparent (jamais en- 
crassé), d'une teinte marron uniforme passant au noir et 
cerclé de deux zones supérieures, saillantes, ornées de 
nodosités épineuses, allongées dans le sens de la direc- 
tion des zones. Spire assez longue, un tant soit peu sca- 
lariforme, conique, à sommet aigu. Six tours, à croissance 
régulière jusqu'au dernier, plans-tectiforraes supérieure- 
ment, et séparés par une suture médiocrement pronon- 
cée. Dernier tour très grand, convexe, dépassant un peu 
la moitié de la hauteur. Ouverture bien verticale, oblon- 
gue, légèrement évasée à la base, intérieurement d'une 
teinte plus ou moins vineuse, avec trois à quatre bandes 
plus foncées du côté externe. Columelle médiocre bien 
cintrée. Bord externe droit, simple, peu épais; — haut. 17, 
diam. 10 millim. 

Cette Mélanelle, dédiée au Malacologiste Paul Fagot, de 
Villcfranche, vit dans la rivière de la Krapina, à Sused, 
en Croatie. 

Melanella hrapinensis, LetourneuXy 1879. 

Cette espèce, qui se trouve par milliers dans le canal 
de sortie des eaux thermales (25°) de Krapina-Tœplitz, en 
Croatie, est la plus petite et la plus délicate des Méla- 
nelles. 

Coquille mince, subtransparente, d'une teinte jaune 
succinée, très rarement encrassée, presque lisse, cerclée 
par une à trois zones supérieures (ordinairement il n'y en 



— 19 — 

a qu'une saillaiile acérée, présentant seulement sur les 
tours supérieurs ({uelques nodosités comprimées et allon- 
gées dans le sens spiral). Spire plus ou moins élancée, 
sensiblement scalariforme, à sommet très aigu. Six tours 
convexes, déclives-tectiformes supérieurement, à crois- 
sance régulière jusqu'au dernier tour, et séparés par une 
suture accentuée. Dernier tour relativement très grand, 
dépassant d'un demi-millimètre environ la moitié de la 
hauteur totale, de forme oblongue-convexe, presque lisse 
inférieurement au-dessous des zones, do mémo teinte que 
les tours supérieurs, sauf vers le bord péristomal, où le 
test prend un ton plus 'dair. Ouverture ovalaire, légère- 
ment évasée à la base et un tant soit peu patulescente du 
côté externe, intérieurement d'un gris-noirâtre nacré. 
Bord columellairc médiocre, peu arqué, ne descendant 
pas jusqu'à la base et ordinairement teinte d'un ton noir- 
marron; — haut. 7, diam. 5 millim. 



iflelanella gigaiitea, Bourguicpiat , 1879. 

Coquille très allongée, ressemblant comme forme h 
une Limnée de la série des palustris, remarquable par 
ses tours ventrus-convexes, séparés par une suture pro- 
fonde; par sa spire élancée très aiguë, et par son dernier 
tour relativement médiocre, puisqu'il n'atteint pas la 
moitié de la hauteur. Test peu opaque, d'une teinte 
cornée claire (paraissant violacée, lorsque l'animal existe), 
finement strié, avec quelques méplanssurle dernier tour. 
Spire très allongée, conique, à sommet très aigu. Huit 
tours convexes, à croissance lente et régulière, séparés 



— 20 — 

par une suture profonde. Ouverture ovalaire, légèrement 
patulescente-évasée à la base, intérieurement d'une teinte 
nacrée blanche-rosacée ou jaunacée. Péristome tranchant, 
bien qu'assez encrassé à l'intérieur. Bord externe vertical. 
Bord columellaire robuste, cintré. Callosité très forte; — 
haut. 25, diam. 13 millim. 

Rivière près d'une villa sur la route de Pregrada, aux 
environs de Krapina, en Croatie. 

melanella rapliidia, Boiirguignat, 1877 (Melania 
raphidia, B our guignât , Malac. Bas-Danube, 
in : Ann. Malac, I, 1870, p. 66). 

Espèce de taille plus faible (haut. 16-17, diam. Smillim.) 
que la précédente, caractérisée par une spire allongée 
aiguë, à tours peu bombés, d'une croissance très lente 
jusqu'au dernier, qui est relativement plus grand que 
celui de la gigantea^ puisqu'il égale juste la moitié de la 
hauteur. Ces tours, à peine ventrus, sont séparés par une 
suture presque linéaire, sauf vers l'ouverture où elle de- 
vient un peu plus prononcée. 

Test d'un jaune serin, passant parfois au succin et à une 
teinte marron-rougeâtre, orné de trois zones marron (une 
supérieure et deux médianes), qui ne sont visibles que sur 
les échantillons jaunâtres, parce que sur les autres plus 
foncés, elles se confondent dans le ton général. Stries dé- 
licates; sur quelques individus, on remarque sur le der- 
nier tour un cercle supérieur saillant, à nodosités bien 
nettes. Spire allongée, s'acumiiiant régulièrement et se 
terminant par un sommet excessivement aigu. Huit tours, à 
peine convexes jusqu'au dernier, à croissance très lente 
(surtout les supérieurs), et séparés par une suture peu 



— 21 — 

prononcée, sauf vers rouverture. Dernier tour convexe, 
oblong, égalant la moitié de la hauteur. Ouverture ova- 
laire suboblongue, légèrement évasée à la base, offrant 
intérieurement une nacre de même teinte que le ton ex- 
térieur. Bord externe tranchant, faiblement rétrocèdent. 
Bord cohimellaire assez robuste, court et cintré. Callosité 
peu épaisse. 

Çà et l;i dans le Danube au-dessous de Belgrade, Buis- 
seau du parc de Bohitz et rivière au sud de Krapina, en 
Croatie. 

Iflelaiiella Itevigata, Boîir guignât, 1877. — (Mela- 
nia Holandri, var. Isevigata, Rossmâsskr, Ico- 
nogr., X, 1839, f. 66^, QlTschapcck, in : Jahr. 
Mal., I88Î, p. Wp, pi. v, fig. k (seulement). 

La figure 66k de Bossmiissler est excellente et rend 
bien le port et l'aspect de celte espèce. 

Celte Mélanelle est fort abondante en Carniole, en 
Croatie, en Serbie, etc. Je la possède non seulement du 
Danube et de différentes rivières de Carniole, mais en- 
core de plusieurs localités Croates, des alentours de 
Fiume et des environs de Krapina-Tœplitz, qui ont été 
si bien explorés par M. le Conseiller Letourneux. Le 
D' Servain l'a trouvée en Bosnie, près de Zenica. — On 
rencontre encore en Croatie, dans le canal du parc de 
Bohilz et dans une rivière au sud do Krapina, une varie- 
tas dcbilis à test plus mince et moilié plus petit. 

rrielanellaafra, Bourguignat, 1877. — Melania afrn, 
Ziegler, in : Rossmdssler, Iconogr., X, 1839, 



_ 22 

p. 38, I'. ()t)5, ot Villa, Disp. l\loll.,i). 30, IH^i-l, 
et Schmidt, Conch. Krain, p. 25, 18Y7, cl 
Hauffen, Concli. Krain, p. 20, 1858. 

Lo type, lorl bien rendu dans l'Iconographie, se Uouve 
aux environs de Laybacb, en Carniole. En Croatie, Vafra 
est représenté dans la vallée de Krapina par une forme 
nn peu jilus courte. 

Il convient de rapporter à celte espèce à titre de va- 
rietas zonata, la ligure OGG do Rossmassler. 

Ulelanella Berlniii, lioiir(jui(j}iat, 1871). 

Coquille écourtée, ventrue, de forme presque globu- 
leuse, à test finement strié, subtransparent, d'une teinte 
marron-jaunâtre avec une bande médiane plus foncée. 
Spire courte, très brièvement acuminée, à sommet aigu. 
Cin(i tours (les trois supérieurs petits, les deux autres re- 
lativement énormes) convexes, à suture accentuée. Dernier 
toiu- vcMitni, dépassant de 1 millim. 1/2 la moitié de la 
hauteur. Ouverture ovale, raiblement évasée à la base, 
intérieurement d'un marron orangé, avec nue bande plus 
foncée, correspondant par transparence à la bande ex- 
terne. Péristome simple, droit, assez tranchant; bord 
r'xterne faiblement arcjnéet légèrement rétrocèdent infé- 
rieureuuMil. IJord columellaire cintré. Callosité médiocre; 
— haut. 13, diaui. 8 millim. — Le Danube près Ibraila. 



ITlelanella OYoiilœa, Boiirguignat, 1879. 

Coquille de forme obtuse, oblongue-ovoide, ressem- 



— 23 — 

hl.'iiil en petit, au i)oiiit (le vue du contour extérieur, à 
une Auricule de la série des Mi<l(V. Test très épais, (ine- 
ment strié (souvent rongé) et d'uni; coloration marron- 
noirûtrc. Spire brièvement acumince, subconoide. 
Six tours convexes, h croissance régulière jusqu'au der- 
nier, et séparés par une suture médiocrement prononcée. 
Dernier tour très grand, égalant presque les 2/.'i de la 
hauteur, de forme convexe-oblongue.trèsobtusà la base. 
Ouverture l'aibhîment oblique, ])ien oblongue, dilatée à 
sa partie inférieure et intérieurement d'une teinte nacrée 
carnéolée. Bord columellairc très robuste surtout à la 
base. Callosité épaisse; — haut t8,diam. 10 1/2 millim. 
Le Danube au-dessus de Routschouk (Bulgarie). 

Iflelanella crassa, liouryuujnal , 1877. — Melania 
crassa, Kiitschig^ in : Uriisina^ MoU. Daim,, 
p. 106, 1866, et Mal. Croatie, p. 13 (en note), 
1870, et Bourgiiupiat, in : Ann. Malac, ], 
p. 65, 1870. 

Cette Mélanelle, remarquable par sa forme obtuse- 
globuleuse, par son test très épais, par sa spire courte et 
obtuse, se trouve répandue en Carniole, en Croatie et en 
Daltiiatio, Je la ])ossè(le de Cariiiole et de la Cettina, près 
Ribaric et Sinj, en Dalmatie. 

jflelaiiella iiontleroMa, liourfjuignat, 1877. — Me- 
lania |)()n(ieros;i, À^cv^^:;, in: kV/A/, Disp. Aloll., 
p. 36, 18V1, 

Otte forme, (pii a été confondu!' par tous les aut(tiiis 
avec la crassa, est cependant bien distincte. Elle dilfère 



de la crassa par sa forme plus obtuse, par sa spire en- 
core plus courte et par son ouverture bien plus déve- 
loppée. 

Chez Ia;?owr/ero5«, les tours, à peine convexes, sont 
séparés par une suture presque linéaire; la spire est très 
brièvement conico-obtuse, comme tectiforme, par suite 
du peu de convexité des tours ; le dernier, excessive- 
ment grand, atteint presque les 3/4 de la hauteur; enfin, 
l'ouverture, plus dilatée, est sensiblement plus large in- 
férieurement; — haut. 15, diam. 11, haut, dernier tour 
12 millim. 

Chez la crassa, l'avant-dernier tour est nettement con- 
vexe, par suite de la suture, qui est très prononcée; la 
spire est plus haute de 2 millim.; le dernier tour n'atteint 
seulement que les 2/3 de la hauteur; enfin, l'ouverture 
moins dilatée n'est pas aussi oblongue ; — haut. 15, 
diam. 10, haut. dern. tour 10 millim. 

hi\ ponderosa se trouve également en Carmiole, en 
Croatie, et en Dalmatie, notamment dans la Cettina, où 
elle vit en communauté avec la crassa. 

JVIelanella aiiiblya, Bour guignât, 1879. 

Espèce de taille moyenne (haut. 11 -12, diam. 7-8 mil- 
lim.) de forme écourtée obtuse-ovalaire, à test épais, bien 
qu'à un degré moindre que celui àQS crassa etpondei'osa, 
remarquable par une compression, d'avant en arrière, 
du dernier tour, compression analogue à cet aplatisse- 
ment qui caractérise les Hijbocystis, ces Cyclostomidae 
de l'extrême Orient. 

Spire courte et conoide, cinq tours à peine convexes, 
plutôt déclives-tectiformes, séparés par une suture près- 



— 25 — 

que linéaire. Dernier tour très grand, ohlong-convexe, 
égalant les 2/3 de la hauteur. Ouverture verticale, ovale, 
patulescente à la hase, intérieurement rarnéolée. Bord 
externe faihlement arqué, légèrement rétrocèdent infé- 
rieurement. Péristome mince. Bord columellaire et cal- 
losité excessivement rohustes, ne paraissant faire qu'un 
par suite du fort encrassement. 
La Save à Sissek, en Slavonie. 



JVIelaiiella Tjetourneu^Kî, Bourguignat, 1879. 

Belle espèce ordinairement hrillante, très rarement en- 
crassée, à deux ou trois handes marron très foncées se 
détachant sur un fond jaunacé passant au noir hleuâtrc 
vers les tours supérieurs, et embellie par une ouverture 
entourée d'une teinte d'un beau noir-marron très brillant. 
Les bandes marron apparaissent par transparence dans 
la gorge aperturale. 

Coquille globuleuse, ovalaire, peu allongée (haut. \h, 
diam. 9 millim.), à test solide, bien que subtransparent, 
très finement strié et olfrant quelquefois vers la partie 
supérieure du dernier tour quelques nodosités obtuses. — 
Spire brièvement conique, à sommet aigu. — Cinq à six 
tours plans-tectiformes, à croissance lente jusqu'à moitié 
de ravant-dernier,puis seconvexant et prenant un grand 
accroissement. Suture presque linéaire, sauf vers l'ou- 
verture. Dernier tour très grand, égalant presque les 
2/3 delà hauteur, ventru, convexe. Ouverture légèrement 
oblique, ovale, anguleuse supérieurement. Bords con- 



— 26 — 

tinus (par suite de la callosité), patulescents et souvent 
réfléchis chez les vieux échantillons. 

Le type se trouve dans la rivière d'Ogulin, en Croatie, 
où il est très abondant. On rencontre une forme presque 
identique dans la IMigliaska, près de Sérajewo. 

Ses principales variétés sont : 

Var. dUatata. — Dernier tour très ventru-convexe 
vers l'ouverture, ce qui rend celle-ci presque ronde. — 
Ogulin. 

Var. elongata. — Spire plus allongée et coquille d'une 
taille un peu plus grande. — Ogulin. 

Var. bosnica (Servain). — Spire plus courte que chez 
le type. — La Migliaska, à Sérajewo (Bosnie); Ostaria 
(Croatie); — la Save, à Sissek (Slavonie). 

Melaiiella Bourgiiignati, Letourneux, 1879. 

Espèce à peu près de raôrae coloration que la précé- 
dente, mais à test plus épais, remarquable par sa suture 
plus accentuée, surtout profonde entre les deux derniers 
tours, ce qui rend l'avant-dernier très convexe; par son 
dernier tour plus arrondi, un peu moins haut ; par son 
ouverture moins ovale, presque subarrondie, par suite de 
la plus grande convexité du bord externe; par sa base 
aperturale plus dilatée ; par son bord péristomal non pa- 
tulescent, etc. — Chez cette espèce, la spire n'est pas briè- 
vement conique, mais ])lutôt en forme de boule obluse, 
par suite de la convexité des tours supérieurs ; — haut. 14, 
diam. 9 millim. 

Rivière d'Ogulin (Croatie) ; la Save, à Sissek (Slavonie). 



— 27 -— 
:7Ielaiiella ca«itaiiea, Bourguignat, 1879. 

Coquille d'un marron vineux, avec deux bandes plus 
foncées que l'on ne remarque guère que par transpa- 
rence dans l'intérieur de l'ouverture. Test assez mince, 
non encrassé, finement striolé. Spire cf)urte, obtuse, à 
sommet émoussé. Cinq tours convexes, à croissance assez 
rapide, séparés par une suture prononcée. Dernier tour 
bien convexe, dépassant d'un millimètre la moitié de la 
hauteur. Ouverture presque verticale, bien ovale, peu 
anguleuse au sommet, intérieurement d'une teinte 
vineuse-marron brillante. Péristome mince, non patules- 
cent, sauf légèrement à la base; — • haut. 12, diam. 
8 raillim. 

Rivière à Ostaria et à Ogulin (Croatie). 

ITIelaiiella codiella, Servam, 1884- . 

Espèce de forme écourtée, ressemblant à une petite 
boule, remarquable par la forte ventrosité du dernier 
tour à son origine. Test assez mince, finement strié, à 
peu près de même coloration que toutes celles de ce 
groupe. Spire très courte, comme conique-tectiforrae 
bien qu'obtuse. Sommet émoussé. Cinq tours légèrement 
convexes, à croissance lente jusqu'à l'ouverture. Suture 
peu prononcée, sauf vers l'insertion du bord externe. 
Dernier tour très grand, dépassant les deux tiers de la 
hauteur. Ouverture légèrement oblique, ample, de forme 
ovale, intérieurement d'un vineux-violacé uniforme ou 
d'un marron blanc , avec deux bandes vineuses sur le 
côté interne de la paroi extérieure. Péristome mince, un 
tant soit peu patulescent; — haut. 9, diam. 7 millim. 



— -28 — 
La Migliaska à Serajewo (Bosnie) ; Ostaria (Croatie). 

mrelanella glabrata, Boiirguignat , 1877. Paludiiia 
glabrata, Ziegler, in : C. Pfeiffer, Nalm^. 
deutsch. Moll., III, 1828, p. 46, pi. viii, 
f. 9-10. 

Fraûenfeld a classé à tort ce Mollusque parmi les Co- 
quilles marines sous l'appellation de Melaraphe [Turbo] 
iieritoides de Linna^us. 

Cette Mélanelle, qui est incontestablement une espèce 
du groupe des Letourneuxiana, paraît être une forme 
particulière au Frioul , à l'Istrie et à la Croatie maritime. 
Le type provient de l'Isonzo. — La glabrata est fort 
bien rendue dans l'ouvrage de G. Pfeiffer. 



ITTelanella t^iieciosa, Boiirgidgnat, 1879. 

A première vue, la speciosa ressemble beaucoup à la 
Melanopsis buccinoidœa (VOiivier par sa taille, sa forme 
et sa coloration. 

Cette espèce, en effet, est entièrement, ainsi que son 
ouverture, d'un noir-marron rouge-vineux. Son test, so- 
lide, luisant, jamais encrassé, est si finement striolé,qu''il 
semble lisse, sauf vers l'ouverture, oi!i Ton remarque 
quelques stries grossières. Sa spire, allongée, s'acumine 
dans le sentiment de celle de la buccinoidœa; ses 6-7 
tours, presque plans, s'accroissent d'une façon régulière 
jusqu'au dernier; sa suture est linéaire, sauf vers l'ou- 
verture ; son dernier tour, dont le maximum de la con- 



— 29 — 

vexité est un peu au-dessous de la ligne médiane, n'at- 
teint pas la moitié de la hauteur : son ouverture, légère- 
ment oblique, ovale, est entourée d'un bord péristomal 
simple, et patulescent seulement à la base 5 — haut. 18, 
diam. 10 millim. 

Espèce très abondante dans une assez forte rivière 
entre Ostaria cl Plaski, dans la Croatie méridionale. 

BUGESIA, Paladilhe, 186G. 

Ce genre a été établi par le D"" Paladilhe pour une es- 
pèce mélanienne d'une extrême petitesse (haut. 1 1/2, 
diam. 2/3 millim.) et de toute beauté. Elle est ornée de 
trois zones de nodosités (deux seulement sur les tours 
supérieurs) en séries spirales. L'axe columellaire est rec- 
tiligne, plan, comprimé, avec un sentiment de tronca- 
ture rudimentaire à la base Malgré cette apparence sub- 
troncaturale, la réunion de l'extrémité columellaire au 
bord inféro-apertural se fait sans solution de continuité. 

Cette coupe générique est intermédiaire entre celle 
des Melanella et celle des Fagotia. 

On ne connaît jusqu'à présent qu'une forme, la 

Bugesia Bourguignati, Paladilhe, in : Nouv. mis- 
cell. malac. (P' fasc, fév. 1866), p. 2, pi. i, 
f. 8-10. 

Cette espèce est des plus rares, à cause de son extrême 
exiguïté. Le D' Buges n'en a jamais pu découvrir que 
deux ou trois échantillons ; le D"" Paladilhe en a trouvé un 
seul. Dernièrement, un de mes bons amis, un chercheur 



— 30 — 

infatigable, en a recueilli deux autres, d'après lesquels 
j'ai fait exécuter de bonnes photographies, qui sont bien 
semblables aux excellentes figures données par le D'' Pa- 
ladilhe (pi. i, f. 8-10) dans ses Nouvelles miscellanées 
ynalacologiquesy et qui suffisent amplement à la connais- 
sance de cette Coquille. 

Malgré son extrême petitesse, puisqu'elle n'atteint pas 
2 millimètres, cette espèce possède sept tours de spire. 

C'est dans les alluvions de la petite rivière du Lez, 
près de Montpellier (Hérault), que la Bugesia a été trou- 
vée jusqu'à présent. 



FAGOTIA. 

Les Mollusques que je comprends sous cette nouvelle 
appellation générique forment un groupe bien naturel, 
caractérisé par une columelle sans troncature à la base, 
mais présentant, lorsqu'on regarde obliquement dans 
l'ouverture, un axe subtordu qui vient s'évanouir à la 
base sous l'apparence d'une fausse troncature^ et par 
un test toujours tnaculé par ptlusieurs séries de taches 
vineuses ou marron. 

Cette fausse troncature, qui n empêche pas la base CO' 
lumellaire de se continuer avec le bordinféroapertural, 
est due à une sorte de lamelle columellaire se dévelop- 
pant le long de l'axe, à partir du tour antépénultième, 
pour aboutir à son extrémité inférieure. Entre cette 
lamelle (ou arête) et le contour interne de la base aper- 
turale, on remarque toujours une sorte de sillon cana- 
liformcy souvent (suivant les espèces) teinté en un ton 
très foncé. La lamelle columellaire est parfois si accen- 



— si- 
tuée et si brusquement terminée, qu'elle donne lieu à 
une fosse ressemblant à une troncature melanopsidienne, 
comme chez la Gallandi du lac Sabandja. 

Un autre caractère constant et particulier aux Fagoties 
consiste en la présence sur le test d'une quantité de 
taches vineuses ou marron, en séries plus ou moins 
nombreuses, selon les espèces. 

Ces taches ne sont pas épidermiques, mais sont inhé- 
rentes au test. On les remarque fort bien sur les échan- 
tillons morts qui ont supporté les injures de l'air; sur les 
échantillons vivants, notamment sur la plupart de ceux 
des séries Locardiana et Letourneuxiana, il faut, pour 
les observer, gratter avec force, non seulement l'encras- 
sement, mais encore la pellicule épidermique. 

Toutes les Fagoties, à un degré plus ou moins, sont 
maculées. Il n'en existe pas, à ma connaissance, d'im- 
maculées. 

Cette nouvelle coupe générique, dédiée au Malacolo- 
giste Paul Fagot, de Villefranche, est des plus caractéri- 
sées, grâce aux deux singuliers signes distinctifs sur les- 
quels je viens d'appeler l'attention. 

Les Fagoties paraissent répandues dans le bassin du 
Danube, depuis la Carniole jusqu'en Asie Mineure. 

Les diverses formes, que j'ai à faire connaître, peuvent 
se répartir en quatre groupes : 



ESPERIANA. 



Esperi, 

Deeussata, 

Uossmiissleri, 

lîerlani, 

Danubialis, 

Pfeiiïeri, 



— 3i2 



LOCARDIANA, 



Letourneuxiana. 



ACROXIANA. 



Anceyana, 

Fusilla, 

Audebardi. 

Locardiana, 
Ascanica, 
Gravida, 
Gallandi. 

Stenostoma, 

Analolica, 

Servainiana, 

Nocturna, 

Letourneuxi, 

Pilariana, 

Saint-Simoiiiana. 

Acroxia, 
Boiirgiiisiuili. 



Fagotia Esperi, Boiirguignat ^ 1880. — Melanopsis 
Esperi, Feriissac, Monogr. Mél., in : Mém. Hist. 
nat. Paris., I, 1823, p. 160, et Rossmâssler, 
Iconogr., X, 1839, f. 008 (seulement), et 
Tschapeck, in : Jahr. malac, 1881, p. 107, 
pi. V, f. N (vue de dos). 



Le type se trouve dans la Laybach, à Laybach (Car- 
niole).Il est bien représenté dans l'Iconographie de Ross- 
nùissler, fig. 668 (seulement). Quant ù la figure 668*, re- 



— 33 — 

présentant l'ouverture agrandie, elle est fautive en ce 
sens que Rossratissler n'a pas accusé la subtroncattire de 
la base coluniellaire, bien que, dans son texte, il ait dit 
« Columella vix truncata, absque sinu in marginem exte- 
« riorem adeunte. » Les autres tlgures 669, 670 et 671 
de riconographie, inscrites également sous l'appellation 
à'Esperi, se rapportent à des formes différentes. 

La Melanopsis Espcri de C. Pfciffcr (Naturg. deutscJi. 
Moll., m, 1828, p. 52, pi. VIII, f. 26-27) n'est pas la 
vraie Esperi, mais une forme à part, que je distingue 
sous le nom de Pfeifferi. 

Je connais la véritable Esperi de Laybach (Carniole), 
de la Savina à Steinbrûck (Croatie), de la Save à Sissek 
(Slavonie), et du Danube à Ibraïla. 

Fngotia «leeiissata, Bourguignat , 188'+. Melanopsis 
decussa'.a, Ferussac, Monogr. .Mélan.,in : Mém. 
Hisf. nat. Paris, I, 1823, p. 159. 

Le lac Balalon, en Hongrie. Environs de Slary Maydan 
Zalirzewski, en Podolie (Pologne). 

Chez cette espèce, les tours sont plans ; la sjiire aiguë, 
plus conique ; l'ouverture plus ample; la sublroncature 
columellaire moins prononcée, et les maculatures du test 
bien plus nombreuses. 

Fagotia Rossma«sleri , Uourgidgnat, 1880. 

Coquille subfusiforme, assez ventrue, de forme oblon- 
gue-allongée, aspire conique, à sommet aigu, à lest brillant, 
subtransparent, finement striolé, d'un ton uniformejaune- 
vordacé, sur lequel se détachent de nombreuses macu- 

11. — Annal, s de Malacolof/ii'. — MAI IS84. 3 



— 3k — 

latures vineuses très délicates, disposées, non en séries 
spirales, mais dans le sens des stries. Huit tours plans-tec- 
tiformes jusqu'au dernier, qui est seul convexe. Crois- 
sance lente et régulière jusqu'à l'insertion du bord. Su- 
ture linéaire, sauf vers l'ouverture, où elle est un peu 
plus accentuée. Dernier tour, convexe-obiong, relative- 
ment grand, dépassant faiblement la moitié de la hau- 
teur. Ouverture légèrement oblique, très rétrocédente à 
la base du bord columellaire, de forme oblongue très 
anguleuse supérieurement. Péristome simple, mince et 
tranchant. Callosité robuste, un tant soit peu blanchâtre. 
Bord columellaire fort, très court, se terminant par une 
subtroncature à 2 millimètres au-dessus du bord inféro- 
apertural, qui est très rétrocèdent en cet endroit ; — 
haut. 19, diam. 8 millim. 

Ruisseau de Pregrada , près Krapina-Tceplilz , en 
Croatie. 

Fagotia Berlani, Bour guignât, 1880. 

Chez cette espèce, la columelle est droite, nettement 
troncatulée; l'ouverture n'est pas rétrocédente à la base, 
et le bord externe, h sa partie inférieure, s'avance d'une 
façon si prononcée en avant, sous la forme d'une lan- 
guette cintrée, que la base de l'ouverture ressemble à un 
large sinus mélanopsidien. La coquille, moins allongée, 
paraît plus ventrue; la spire, plus courte, est plus briève- 
ment tectiforme-conique; enfin l'ouverture serait verticale 
sans son bord externe qui se convexe fortement en 
avant. 

Test mince, transparent, brillant, très délicatement 
striolé, d'un ton uniforme-olivâtre avec quelques rares 



— 35 — 

raaculatures vineuses éparses ch et là. Sommet aigu, mais 
à un degré moindre que celui de la Rossmdssleri. Sept 
tours plans-tec;tiforraes,à croissance lente jusqu'au niveau 
de l'insertion du bord externe. Suture linéaire, même 
près l'ouverture. Dernier tour convexe égalant juste la 
moitié de la hauteur. Ouverture verticale (ou plutôt parais- 
sant s'avancer en avant, par suite de la projection du bord 
externe à sa partie inférieure) allongée-oblongue, légère- 
ment rétrécie à sa base (c'est l'inverse chez la précédente). 
Péristome droit, émoussé. Columelle peu robuste, droite, 
courte, troncatulée, d'une teinte nacrée noire ou vineuse. 
Callosité mince; — haut. 15, diam. 7 millim. 



Fagotia claniibialis. Bourgîii(/nat, 1880. 

Coquille allongéo-subl'usiforme, à spire acuminée, à 
dernier tour n'atteignant pas la moitié de la hauteur, et à 
ouverture oblique, fortement rétrécie inférieurement. 

Test assez mince, transparent, brillant, llnement 
striolé, d'un jaune olivâtre avec des maculatures vineuse.«, 
très petites, parfois fulgurantes_, çà et là éparses. Som- 
met toujours corrodé. Huit tours presque plans, à crois- 
sance régulière, à suture linéaire. Dernier tour relative- 
ment médiocre, n'atteignant pas la moitié de la hauteur, 
d'une convexité peu forte. Ouverture oblique, alloiigée- 
rétrécie inférieurement. Périslome mince et droit. Colu- 
melle courte, subtroncatulée, d'ini ton violacé ou rosacé, 
surtout à l'endroit de la subtroncature. Bord externe 
droit. Callosité médiocre; — haut. 17, diam. 7 millim. 

Le Danube à Ibraila; la Save à Agrain; la Krapina à 



— :]r. — 

Sused (Croatie), et çà et là dans presque tout le bassin 
danubien. 



V»gotiH Vteitterif Boi^rgiiig}îat, 1880. — Melanopsis 
Esperi (non Fenissac, nec Rossmâssler) . C. 
Pfciffer, Naturg. Dentsch. Moll., III, 1828, 
p. 52, pi. VIII, f, 26-27. 

Cette espèce, que j'inscris sous ce nouveau nom, est 
celle que C. Pfeiffer a considérée à tort comme VEsperi 
de Rossmâssler. Cette Fagotie est une forme oblongue, à 
spire conoïde, à cinq ou six tours légèrement convexes, 
dont le dernier dépasse la moitié de la hauteur L'ouver- 
ture, oblongue, est entourée d'un péristome tranchant. La 
colnmcUe mince, droite, est sublroncatulée. Enfin, la cal- 
losité transparente est à peine sensible. Le test, tantôt 
olivâtre, comme chez le type, ou oranpié comme chez 
l'échantillon figuré par C. Pfeiffer, tantôt entièrement 
violacé, se trouve maculé d'une quantité de petits points 
vineux disposés en quinconce ; — haut. 16, diam. 6 mil- 
lim. 

Les figures 26 et 27, données par C. Pfeiffer, rendent 
mal le port et l'aspect de cette espèce. 

Rivières de Carniole ; — la Save à Steinbriick. 

Fag;otia Anccyana, Bourguignat, iS8k. 

Coquilleopaque,toujoursrecouverte d'un enduit marron 
très tenace, ressemblant à un tissu épidermique, qui lors- 
qu'il est enlevé, laisse apercevoir une surface lisse d'un 
blanc corné, tigré d'une infinité de petites taches foncées, 



— :î7 — 

allongées dans le sens spiral. Test de l'orme oblongue-al- 
longée,àspireobtiisémentsubconoide, à sommet émoussé. 
Six tours presque plans, ou un tant soit peu convexes, à 
croissance régulière jusqu'au dernier. Suture linéaire, 
bien qu'accentuée par suite de l'enroulement spiral don- 
nant lieu à une légère saillie le long de la ligne suturale. 
Dernier tour faiblement convexe, atteignant juste la moitié 
de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, d'un nacré 
bleuâtre, et entourée d'un bord péristomal droit et tran- 
chant. Columelle courte, nettement subtroncalulce. Bord 
externe bien arqué-convexe en avant. Callosité forte ; — 
haut. 16, diani. 7 millim. 

Cette Fagotie, dédiée à M. C. F. Ancoy, de Marseille, 
vit dans la Save au-dessous d'Agram, dans la rivière de 
Krapina (Croatie); enfin, dans le lac Sabandja près d'Is- 
midt (Anatolie). 

Fagotia pusilla, Servam, 1884. 

Petite espèce ovale-suboblongue, assez ventrue pour sa 
taille et de forme un peu obtuse dans toutes ses parties. 
Test opaque, terne, olivâtre, maculé çà et là de points 
marrons. Spire assez courte, subconoide, obtuse au som- 
met. Cinq tours presque plans, à croissance assez rapide, 
séparés par une suture linéaire. Dernier tour convexe, 
oblong, égalant juste la moitié de la hauteur. Ouverture 
verticale, oblongue, très anguleuse supérieurement, d'un 
nacré grisâtre à l'intérieur, entourée par un bord péri- 
stomal mince et droit. Bord externe bien arqué-convexe 
en avant. Columelle très exiguë, sublroncatulée. Callo- 
sité robuste; — haut. 10, diam. 4 millim. 

Rives de la Save près Sissek, en Slavonie. 



— 38 — 

Fagotia A«nleîmiMli, liourguignat 1884. — Melaiiop- 
sis Audebardi, C. Prévost, Nouv, esp. Mél., in : 
Mém. Soc. hist. nat. Paris, I, 1823, p. 26i. — 
Hemisinus thermalis, Titius, in : /iro^. Mclaii. 
(2"'' édit. Chemnitz), p. 371, pi. xxxviii, f. 3 A. 
C. 1874. 

Cette espèce vit dans les eaux thermales de Badon, 
près de Vienne, en Aiilriche, et dans celles de Carpazi et 
de Miskols, en Hongrie. 

Bien que C. Prévost etBrot n'aient pas signalé les petites 
maculatnres du lest, parce qu'ils n'ont pas eu Tidée de 
gratter le tissu épidermique brun-marron qui recouvre 
la surface, cttte Coquille n'en esl pas moins maculée. 

V Audebardi est une toute petite espèce, dont la taille 
ne dépasse pas 10 miliim., lorsque les tours sontcomplels, 
et 8, lorsqu'ils sont incomplets, ce qui arrive le plus sou- 
vent. Le diamètre du dernier tour varie de 4 à G miliim. 
Les tours sont légèrement contractés le long de la suture. 
La subtroncature coluniellairè est bien accentuée. 

C.Pfeiffer a décrit (Nat. dcutsch..Moll.m,, 1828, p. 51, 
pi, vni, f. 24), sous l'appellation de Mclanopsis Aude- 
bartii, une espèce qui n'est pas celle de Constant Prévost. 
L'individu figuré, ayant 14 miliim. de haut sur 4 de 
large, est beaucoup tro}) allongé pour sa grosseur. Cette 
Audchartii de C. PfeilYer, est une Microcolpie (l'acicu- 
lella). 



— 39 — 



ragotia liocardiaun, Bourguignat, 1882. 

Coquille ovalaire, assez courte, ventrue, rerouverte, 
ainsi que toutes celles de ce groupe, d'un enduit épider- 
raique terne, marron, très tenace, qui, lorsqu'il est en- 
levé, laisse voir une surface blanchâtre, tigrée de macula- 
tures marron, en séries spirales. Test lisse, solide, opaque. 
Spire assez courte, oblongue-obtuse, à sommet émoussé. 
Six tours faiblement convexes, à croissance régulière et 
à suture linéaire. Dernier tour ventru, égalant la moitié 
de la hauteur et offrant à l'insertion du bord externe une 
direction descendante. Ouverture verticale, très anguleuse 
à son sommet, paraissant, bien qu'elle soit un tant soit 
peu contractée à la base, comme dilatée, par suite de 
l'expansion du bord externe, qui se projette en avant 
sous une apparence arquée plus ou moins spaluliforme. 
Ce signe distinctif est surtout prononcé chez les individus 
bien adultes. Péristome droit et simple. Columelle 
courte, nettement subtroncatulée. Callosité épaisse, sou- 
vent tuberculiforme vers l'insertion du labre ; — haut. H, 
diam. 7 millim. 

Cette Fagotie, à laquelle j'attribue le nom du savant 
Malacologiste Arnould Locard, de I.yon, est très abon- 
dante dans le lac Sabandja, près d'Ismidt (Anatolie). 

Fagotia ascaiiica, Uourguignat, 1880. 

Uascauica, qui vit dans le même lac Sabandja en 
compagnie de la précédente, diffère de celle-ci : par sa 



— vo — 

coquille, «iiii, toul en ivslaiil glubuleuse au doinior (oiir 
(néaiHiioins à un degré mointiro), offre une spire plus al- 
longée, sul)Conoi(le, à tours plans- tediformos; par son 
sommet plus aigu, dont les tours, moins exigus, sont plus 
amplement développés; par son dernier tour plus petit, 
n'atteignant pas la moilié de la hauteur; par son ouv(!r 
ture moins ample; par sa colnmelle cintrée, non droite, 
plus subtroncatuléc. — Chez celle espèce, le maximum 
de la convexité du dernier tour est plus inférieiu-, et, <e 
tour, au lieu d'être régulièrement convexe, est plan-tec- 
liformo à sa partie supérieure; — haut. 16, diam. 
millim. 

Fagotia graviila, Boiir guignât, 1880. 

Coquille courte, globuleuse-ventrue, à tours conv(5xes. 
Test lisse, épais, opaque, d'un ton marron uniforme, 
laissant apercevoir, lorsque l'enduit épidermique est en- 
levé, une surface chargécde macidatures quadrangulaires, 
disposées en damier (ces maculatures marron sont sépa- 
rées par des carrés blancs et s'alternent, en imitant la 
disposition des cases d'un échiquier). Spire très courte, 
obtuse, à sommet éraoussé. 5-() tours augmentant peu à 
peu en convexité. Suture sublinéaire, bien que pro- 
noncée. Dernier tour gros, ventru, régulièrement con- 
vexe, dépassant la moilié de la hauteur. Ouverture verti- 
cale, oblongiu^ d'inie nacre blanchâtre. Bord externe se 
convexant en avant el devenant, à la base, spalulifonne. 
Columelle pclile, très courte, en pointe el sublroiu-atulée. 
Périslome droit et simple. Callosité médiocre; — haut. 12, 
diam. C 1/2 millim. 

Rivières du bassin du lac Sabandja (Anatoliej. 



— Yl — 

Fagotia Ciallandi, lioii/'gn/gnat, 188V. — l\lelaiH)[)sis 
(lallandi, lioiirf/imjnat, in : Locard, Malac. 
Tibér., p. 8, 1883. 

Celte espèce, dédiée à l'ingénieur en chef des Ponls et 
Chaussées de l'empire Ottoman, M. Jules Gailand, est re- 
marcjuable par l'accentuation de la subtroncaturc coUi- 
mellaire. Cette accentuation subtroncaturalo donne lieu 
à un léger sinus raélanopsidien, plus ou moins prononcé, 
selon les échantillons. Bien qu'en réalité, la base de l'axe 
ne soit point véritablement tronquée, cette base n'en a 
pas moins, ù première vue, cette apparence fictive, grâce 
encore à la dilatation spatuliforrae du bord externe à sa 
partie inférieure. Cette dilatation, en avant, est cause que 
le rebord péristomal, pour rejoindre la base de l'axe, est 
forcé de revenir en arrière sous la forme d'un contour 
rentrant, ressemblant, jusqu'à un certain point, à celui 
d'un sinus mélanopsidien. — Ce sont ces deux causes 
dues: l'une à l'accentuation subtroncaturalo, l'autre à la 
dilatation inféro-spatuliforme du bord externe, qui font 
])araître cette Fagotie, comme tronquée, bien qu'elle ne 
le soit pas en réalité. 

Coquille oblongue-vcntrue, lisse, recouverte d'un en- 
duit noir ou marron i)rillant, qui, lorsqu'il est enlevé, laisse 
apercevoir des séries de petites maculatures se détachant 
sur un fond blanchAtre.Spire venlrue-subconoïde.h som- 
met aigu. Six tours légèrement convexes, augmentant in- 
sensiblement en taille et en ventrosité jusqu'au dernier, 
et séparés par une suture accentuée, bien que peu pro- 
fonde. Dernier tour convexe-ventru, égalant la moitié de - 
la hauteur. Ouverture verticale, de forme oblongue, an- 



— 4-2 — 

guleuse au sommet, légèrement canaliforme à la base de 
l'axe, et intérieurement d'un nacré blanchâtre-marron ou 
bleuacé. Péristome continu, par suite d'une callosité très 
épaisse, formant saillie, et paraissant, surc[uelques échan- 
tillons, comme détachée. Bord externe faiblement obtus, 
se projetant en avant, à la partie inférieure, sous la forme 
d'une expansion spatuliforrae. Columelle courte bien 
nettement troncatulée; — haut. 15, diam. 8 millim. 

Affluents du lac Sabandja, près d'Ismidt (Anatolie). 

Chez cette espèce, la callosité devient parfois tubercu- 
leuse à l'insertion du bord externe. 



Fagotia stenostoiiia, Boiirguignat, 1879. 

Espèce remarquable par son ouverture exiguë, par 
l'accentuation de sa subtroncature, par son dernier tour 
très renflé et par sa spire conoide-acuminée très allongée. 
Chez cette Fagolie, la venlrosité du dernier tour, qui at- 
teint 8 millim., diminue d'une faroii si sensible, que 
celle de l'avant-dernier n'est plus que de h 1/2. 11 y a 
donc une différence de 3 1/2 en diamètre entre la gros- 
seur de ces deux tours. 

Test opaque, recouvert d'un enduit noir très tenace, 
qui, lorsqu'il est enlevé, laisse voir une surface blan- 
châtre maculée de points marrons allongés. Spire élancée, 
conique-acuminée, à sommet aigu, mais le plus souvent 
rongé. Huit tours plans-tecliformes à croissance régulière 
jusqu'au dernier, séparés par une suture linéaire. Der- 
nier tour égalant les 2/5 de la hauteur, très exigu bien 



— 4.3 — 

que très ventru, plan supérieureraent et olïraut le maxi- 
mum de sa convexité au-dessous de la ligne médiane. 
Ouverture verticale, ovale, très anguleuse au sommet, 
d'un nacré noir-bleuacé à l'intérieur. Péristome simple, 
aigu, assez épaissi en dedans. Columelle droite nette- 
ment troncatulée. Bord externe plus ou moins arqué 
en avant, surtout vers sa base, ce qui donne à la partie 
inférieure de l'ouverture une apparence mélanopsi- 
dienne. Callosité épaisse, souvent très encrassée à l'in- 
sertion du bord externe; — haut. 20, diam.8 millim. 

La Save au-dessous d'Agram-, rivières au sud de Kra- 
pina-Tœplitz, et entre Plaski et Ostaria (Croatie). 

Fagotia aiiatolica, Bour guignât ^ 1880. 

Coquille trapue, relativement très ventrue, caractérisée 
par une spire courte, conique, à sommet obtus, et par un 
dernier tour égalant la moitié de la hauteur. 

Test épais, opaque, finement striolé, recouvert d'un 
enduit marron faiblement transparent qui laisse aperce- 
voir en dessous des maculatures foncées, inégales de 
taille. Spire brièvement conique. Six tours plans. Crois- 
sance régulière jusqu'au dernier. Suture linéaire. Der- 
nier tour relativement très grand, plan supérieurement 
(sauf vers l'ouverture où il devient régulièrement con- 
vexe), et offrant son maximum de convexité au-dessous 
de la ligne médiane. Ouverture verticale (paraissant par 
suite de la projection arquée du bord externe coumie 
portée en avant), ovale, intérieurement blanchâtre. Colu- 
melle cintrée, nettement subtroncatulée. Péristome droit, 
subobtus. Bord externe arqué en avant. Callosité très 
épaisse; — haut. 13, diam. 7 millim. 



— kï — 

Rivières près Ismidt (Anatolie). 

Fagotia Servaiiiiaua, Bowguignat, 1882. 

Espèce ventrue-globuleuse, à spire coiioide assez 
courte, à coluraelle ne descendant pas jusqu'à la base 
de l'ouverture, à dernier tour très gros, ventru-convexe, 
n'égalant pas tout à fait la moitié de la hauteur. 

Test épais, opaque, fortement encrassé par un enduit 
épidermique, permettant de voir, lorsqu'il est enlevé, 
une surface marron maculée de points plus foncés. Spire 
subconoïde, à sommet toujours corrodé, probablement 
aigu. Six tours non plans, mais légèrement convexes, à 
croissance régulière. Suture accentuée. Ouverture ver- 
ticale, ovalaire, d'une nacre foncée bleuâtre-violacée, 
à l'intérieur, Columelle très courte, en pointe, peu tron- 
catulée (subtroncature limitée simplement par un sillon 
canaliforme), et ne descendant pas à la l)ase. Péristorne 
simple, tranchant, épaissi à l'intérieur. Bord externe 
légèrement arqué et projeté en avant. Callosité peu 
épaisse ; — haut. 17, diam. 9 millim. 

Rivière entre Plaski et Ostaria (Croatie). 

Fagotia iiocturna, Bourguignat, 1879. 

Coquille remarquable par sa forme conique, dont 
le maximum de la ventrosité se trouve accentué vers la 
base du dernier tour. Cette Fagotie, de taille plus forte 
que la précédente, à spire un peu plus allongée, à colu- 
melle encore plus courte et moins subtroncatulée, pos- 
sède une ouverture très ditïérente de la Servainiana. 
Son ouverture, en effet (par suite du mode de ventrosité 



du dernier tour), plus dilatée à la base, plus anguleuse 
supérieurement, paraît pyriforme, et son bord externe 
descend presque d'une façon rectiligne. Chez la Servai- 
niana, le bord externe étant régulièrement convexe, l'ou- 
verture devient moins anguleuse au sommet et moins 
dilatée à la base. 

Test assez épais, non transparent, grossièrement 
sculpté vers l'ouverture, recouvert d'un enduit épider- 
mique noir très tenace, et, sans cet enduit, offrant une 
surface marron, tigrée par quelques séries de petites ma- 
culatures. Spire conico-pyramidale, à sommet aigu. Huit 
tours presque plans, néanmoins un tant soit peu con- 
vexes, à suture bien marquée, quoique linéaire. Crois- 
sance régulière. Dernier tour n'atteignant pas la moitié de 
la hauteur, plan-tecliforme supérieurement, seulement 
ventru et convexe inférieurement. Ouverture verticale, 
pyriforme, d'un nacré bleuâtre à l'intérieur. Péristome 
droit et tranchant. Columelle très courte, ne descendant 
pas jusqu'au bas et à peine troncatulée. Bord externe 
légèrement arqué et se projetant en avant. Callosité 
mince; — haut. 20, diam. 9 millim. 

La Save à Agram et la rivière entre Plaski et Ostaria 
(Croatie) ; le Danube à Ibraïla. 

Fagotia lietouriietixi, Bout guignât, 1879. 

Coquille oblongue-coniforme, à spire allongée-conique, 
tout en restant sensiblement renflée, et terminée par un 
sommet obtus. Test opaque, encrassé d'un enduit noir, 
et, lorsqu'il est enlevé, paraissant d'un marron brillant, 
avec quelques maculatures clairsemées. Huit tours légè- 
rement convexes, à croissance lente jusqu'au dernier. 



— 46 — 

Suture linéaire, malgré tout prononcée. Dernier tour 
presque régulièrement convexe, bien qu'un peu plan 
supérieurement, médiocre, dépassant faiblement le tiers 
de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, d'un mar- 
ron vineux à l'intérieur. Péristome simple et aigu. Colu- 
melle si petite, qu'elle paraît absorbée par la callosité, et 
si peu subtroncatulée, que la subtroncature n'est percep- 
tible que par un léger sillon subcanaliforme limitant la 
base de l'axe. Bord externe légèrement arqué en avant et 
présentant, à sa partie supérieure, un contour rentrant 
accentué. Callosité épaisse 5 — haut. 24-, diam. 9 1/2 
millim. 

Cette Fagotie, que je me fais un plaisir de dédier à 
l'intrépide voyageur M. le Conseiller Letourneux, qui en 
a fait la découverte, a été recueillie dans une rivière 
entre Plaski et Ostaria, et dans la Save entre Agrara et 
Sissek. 

Fagotia Pilariana, Bour guignât, 1882. 

Espèce très ventrue, remarquable par sa spire courte, 
conique, et par le grand développement de son dernier 
tour, qui dépasse la moitié de la hauteur. Test épais, lui- 
sant, d'une teinte jaunacée-olivâtre, à travers laquelle on 
aperçoit des raaculatures plus foncées, irrégulièrement 
espacées. Sommet aigu, ordinairement corrodé. Six tours 
plans, à croissance régulière, exigus jusqu'au dernier. 
Suture linéaire. Dernier tour énorme, souvent très gros- 
sièrement strié, légèrement plan supérieurement et très 
ventru un peu au-dessous de la ligne médiane (vers l'ou- 
verture, ce tour devient plus régulièrement convexe). 
Ouverture verticale, très ample, ovalaire-oblongue, très 



— kl — 

anguleuse au sommet, d'une belle nacre bleuâtre à l'in- 
térieur. Péristome droit, aigu. Columelle robuste, courte, 
à subtroncature peu accentuée. Bord externe faiblement 
arqué en avant. Callosité très épaisse; — baut. 21, 
diam. 10 raillim. 

Cette belle espèce, dédiée au D'' Pilar, d'Agram, vit 
dans la Save à Agrara et à Sissek. Dans la rivière, entre 
Plaski et Ostaria (Croatie), on rencontre une variété 
recouverte d'un enduit noir très tenace. 

Fagotia Saiiit-Simoiiiaiia, Bout guignât, 1879. 

Chez cette forme très allongée, à spire élancée-acumi- 
née, le dernier tour, inférieur à la moitié de la hauteur 
et bien convexe, offre le maximum delà convexité juste 
dans la ligne médiane. 

Test assez épais, ordinairement très rongé, grossière- 
ment strié au dernier tour, lisse sur les supérieurs, d'une 
teinte noire marron-olivâtre et, en dessous, tigré de 
quelques taches foncées très petites et çà et là espacées. 
Spire allongée, acuminée-conique, à sommet légèrement 
obtus. Huit tours presque plans, à croissance régulière 
jusqu'au dernier. Suture linéaire. Dernier tour grand, 
n'égalant pas la moitié de la hauteur, régulièrement con- 
vexe, sauf vers l'ouverture, où le maximum de la con- 
vexité paraît un peu inférieur. Ouverture verticale, 
oblongue, très anguleuse au sommet, dilatée vers la base, 
d'un nacré bleuacé ou violacé à l'intérieur. Péristome 
droit, aigu. Columellerobuste, droite, descendantpresque 
jusqu'au bas et dont l'extrémité est limitée par un léger 
sillon canaliforme. Callosité médiocre; — haut. 21, 
diam. 8 millim. 



i8 



Cette Coquille, à laquelle j'attribue le nom du savant 
Malacologiste de Saint-Simon, vit dans la Save, au- 
dessous d'Agram, en Croatie. 



Fagotia acroxia, Bourguignat, 1879. 

Espèce très allongée, conique, à sommet effil6_, pointu 
et piquant, jamais érosé. 

Test assez mince, finement strié, recouvert d'un en- 
duit noir très tenace, et, en dessous, montrant une sur- 
face cornée, mouchetée de points marrons. Spire effilée, 
légèrement fluette, régulièrement acuminée. Huit tours 
toutà fait plans-tecliformes jusqu'au dernier, à croissance 
très régulière. Suture entièrement linéaire. Dernier tour 
atteignant, ou parfois n'atteignant pas la moitié de la hau- 
teur, plus ou moins régulièrement convexe, selon les 
échantillons. Ouverture verticale, ovalaire, très angu- 
leuse au sommet, ordinairement d'une teinte violacée ou 
bleuacée à l'intérieur, ou quelquefois d'une belle nuance 
vert-de-gris. Péristome droit et tranchant. Coluraelle 
courte, rectiligne, terminée en pointe, très faiblement 
sublroncatulée et n'atteignant pas la base. Bord externe 
descendant d'aplomb. Callosité médiocre ; — haut. 17-18, 
diam. G-7 millim. 

Fagotie très abondante dans la rivière au-dessous de 
Krapina-Tœplitz, en Croatie. 

Fagotia Boiirguignati, Letoiirnmx^ 188^. 

Très jolie forme allongée, à sommet également acéré, 



— i9 — 

mais dont la spire, bien que régulièrement conique, offre, 
néanmoins, un sentiment do renfloment dans son acu- 
miriation. Test lisse, brillant, richement colorié, mon- 
trant, sur un fond marron foncé, une bande orangée à 
la partie supérieure des tours le long de la suture, et 
présentant, en outre, par transparence, des taches noires 
disposées en séries. Huit tours plans, à croissance lente et 
à suture linéaire. Dernier tour médiocre, n'atteignant 
pas la moitié de la hauteur, plan supérieurement, sauf 
vers l'ouverture, où il est faiblement convexe, parfois 
subnnguleux dans toute son étendue. Ouverture faible- 
ment oblique, d'une forme oblongue étroite, intérieure- 
ment d'un marron vineux. Péristome mince et tranchant. 
Columelle exiguë, acuminée, à peine subtroncalulée. 
Callosité assez forte, blanchâtre; — haut. IG, diam. 
7 luillim. 

Celle espèce, que M. le Consoiller Letourneux a bien 
voulu me dédier, a été découverte par cet infalig;d)h> 
voyageur dans la rivière de Krapina et dans celle entre 
Plnski et Ostaria, en Croatie. 



MICROCOLPIA. 

Autrefois, les formes comprises dans celte nouvelle 
coupe générique, avaient toutes été classées parmi les 
Melanopsis ; lorsque, dans ces derniers temps, M. Brot, 
avec raison, reconnaissant qu'elles ne pouvaient rester 
dans ce genre, les regarda coumie des Ilemisinus. Cette 
manière de voir fut adopléi' par quelques Malacologislos, 
et, je l'avais également adoptée, quand récemment, en 
voulant me rendre compte des caractères hémisiniens, 

II. — Annales de Malacolufiie. — MAI 1884. 4 



— 50 — 

d'après l'ouvrage (1) de S^ainson, je me suis aperçu que 
l'on ne pouvait pas y admettre les formes européennes. 

Le genre Hemisinus (2), en eiïet, tel qu'il a été conçu 
par l'auteur anglais, a été établi pour des espèces à base 
aperlurale échancrée et à bord externe mince et cré- 
nelé. 

Le type de cette coupe générique, dont la plupart des 
espèces sont particulières à l'Amérique du Sud, est la 
Melania lineolata (Gray) du Venezuela. Cette Coquille 
possède un bord externe nettement crénelé et une forte 
échancrure à la base de l'ouverture. 

Les différentes formes du système européen que je 
sépare des Hemisinus, sous la nouvelle appellation de 
Microcolpia (3), sont des Coquilles oblongues, allongées 
ou pyramidales, à bord externe jamais crénelé, caracté- 
risées par une columelle, toujours terminée en pointe, 
et nettenient limitée par un sillon canaliforme suhco- 
lumellaire, qui vient s'épanouir à la base sous l'appa- 
rence d'une échancrure, sorte de sinus plus ou moins 
prononcé suivant les espèces. 

La columelle qui, à première vue, paraît tronquée, ne 
l'est pas en réalité ; elle ne le paraît que parce qu'elle est 
brusquement limitée par le sillon subcolumellaire. Chez 
les Fagoties, ce même sillon canaliforme existe, seule- 
ment il est interne, et on ne l'aperçoit, sauf chez une ou 
deux espèces où il descend assez bas, qu'en regardant 
obliquement dans l'ouverture. 

(1) Treatise of Conchology, 1840, p. 200 et 341. 

(2) Nom hybride, contraire aux règles, formé du mot grec i)^tav 
et du mot latin sinus. 

(3) De /jLÏKpoff, petit et KohToa, sinus. 



— 51 — 

Le test des Microcolpics n'est jamais maculé de points 
foncés comme celui des Fagoties. Ordinairement il est 
d'une teinte uniforme ou parfois zonulé. 

Les espèces de cette nouvelle coupe générique semblent 
spéciales au système européen. On les rencontre dans 
presque tout le bassin Danubien jusqu'en Anatolie. Celles 
qui me sont connues actuellement, peuvent se répartir 
en six séries : 



aciculariana. 

Pr.eclariana. 
Servainiana. 

Vn.LESRRRIANA. 



Pyramidaliana. 



Acicularis, 
Aciculella, 
Glinaica. 

Prœclara. 

Servaini, 
Goutagniana. 

Hagenmulleria, 

Rochebruniana, 

Villeserriana, 

Mabilliana, 

Galiandi. 

Pyramidalis, 

Canaliculata, 

Cornea, 

Pemcuta, 

Slossicbiana, 

Letourneuxi. 



— 52 ~ 

POTAMACTEBIANA. 

Potamactebia, 
Pachystoraa. 



Microcolpia acieiilaris, B our guignât , 188i. — 
Melanopsis acicularis, Feritssac, Monogr. Mél., 
in : Mém. Soc. His. riat. Paris, I, 1823, p. 160 
(excl. var. AqXB); — C. Pfeiffer, Nat. deutsch. 
Moll., III, 1828, p. 50, pi. VIII, f. 25 (bonne). 

Le type de cette espèce se trouve en Garniole dans la 
Laybach, ainsi que dans divers cours d'eau de ce pays. 
Je le connais encore de Croatie, où il a été recueilli près 
de Sused. 

V acicularis est une Coquille fusiforme très allongée, 
acurainée-tectiforme supérieurement, et atténuée infé- 
rieurement. Les tours au nombre de huit à dix, tout à fait 
plans, à croissance lente, sont lisses, brillants, d'une 
teinte marron avec une large bande jaune le long de la 
suture, qui est linéaire. Le dernier tour, médiocrement 
convexe, dépasse un peu le tiers de la hauteur. L'ouver- 
ture assez étroite, oblongue-allongée, très anguleuse 
au sommet, est rétrécie à la base. Le péristome, simple, 
est tranchant. Le bord externe est légèrement arqué en 
avant, avec un contour rentrant à la partie supérieure 
au-dessous de l'insertion du bord. La columelle délicate, 
terminée en pointe, dont l'extrémité regarde en dehors, 
se trouve limitée par un sillon canaliforme donnant lieu, 
à la base, à un sinus assez prononcé; — haut. 19-22^ 
diam. 6-6 1/2 millim. 



— 53 — 

C. Pfeifter est le seul auteur qui ait donné une repré- 
sentation exacte de Vacicidaris; tous les autres Malacolo> 
gistes ont pris pour elle des formes différentes. 

Ainsi Rossmiissler (Iconogr., X, 1839), sous l'appella- 
tion â'acicularis, reproduit (f. 672) une forme des 
eaux de Weslau près Vienne, ressemblant à la Fagotia 
Aiidebardi (voir p. 38), (f. 674) une autre forme (du 
Bug) également de Fagotie, peut-être la deciissata, et 
(f. 673 et 675) la Microcolpia Stossichiana de la La- 
rhina à Tschernembl (Carniole). 

M. Brol (die Melaniaceen, 1874) a réuni, sous le nom 
û'acicidatis, diverses formes dont pas irne ne se trouve 
être la vraie espèce de Ferussac. 

Tschapeck, de son côté (Jahrb. Malak., 1881), toujours 
sous le même nom, a fait représenter (pi. v) deux formes 
distinctes des cours d'eau des environs de Sleinbriick : 
l'une (f. L) ressemble un peu à la Coiitagii/mia^VauiTe 
(f. M) est une Coquille, de la série des Potamactebia, 
qui m'est inconnue. 

Mierocolpia aeiculella, Bourguignat , 1884. — 
Melanopsis acicularis, var. A minor, unicolor, 
Ferussac, Mon. Mél., in : Mém. Soc. Hist. nat. 
Paris, I, 1823, p. 160 (cxcl. typ. et var. B).— 
Melanopsis Audebartii (non Audebardi de C. 
Prévost), C. Pfeiffer, Nat. deutsch. Moll., III, 
1828, p. 51, pi. viii, f. 24. — Melanopsis 
aciculclla, Ziegler, in: Schmidt, Krain Moll., 
p. 24, 1847, et llauffcn, Krain Moll., p. 20, 
1858. — Hemisinus acicularis, var. B minor, 
Z/ro^Melan., p. 369, pi. xxxvHi, f. k^ (seu- 
lement) . 



— 5/^ - 

Eaux thermales de Weslau ou de Baden près de 
Vienne, où elle vit en communauté avec la Fagotia Au- 
dcbardi. — Le Danube à Buda-Pesth, et çà et là dans 
les rivières de Carniole et de Croatie. 

micFocolpia glinaica, Boitrguignat, ISSi-. — Me- 
lanopsis glinensis, Parreyss, mss. — Hemi- 
sinus acicularis, var. glinensis, Brot, Melan., 
p. 369, pi. xxxviii, fig. kE, 1874. 

Petite espèce remarquable par son ouverture étroite, 
allongée dans un sens incliné de droite à gauche et en- 
tourée par un bord péristomal accentué et continu. — 
Dans la Glina en Hongrie. 



mirroeolpia prœelara, Bourguignat, 1884. 

Chez cette espèce, le dernier tour égale la moitié de la 
hauteur. C'est la seule Microcolpie qui offre ce caractère. 
Chez toutes les autres, le dernier tour est toujours infé- 
rieur à la moitié. 

Coquille oblongue-fusiforrae, renflée vers sa partie 
moyenne, atténuée à ses extrémités. Test assez mince, 
subtransparent, brillant, lisse, d'un brun marron, en- 
touré d'une belle zonule jaune-verdâtre subsulurale. 
Spire conique, peu allongée, à sommet fort aigu. Huit tours 
plans à croissance lente et à suture linéaire. Dernier 
tour très développé en hauteur, convexe-oblong. Ouver- 
ture verticale, étroite, oblongue, très allongée, très angu- 
leuse au sommet, et rétrécie à la base. Péristome tran- 



— 55 — 

chant. Bord externe faiblement arqué en avant. Colu- 
melle violacée, courte, pointue (pointe regardant en bas). 
Sillon canaliforme profond, donnant lieu extérieurement 
5 une crête cervicale arrondie, et, à la base, à un léger 
sinus. Callosité médiocre, subviolacée; — haut, ik, 
diam. 5 millim. 

La Save h Agram, àSissek et près de Belgrade. 



Microeolpià Servàini, liourguignat, 1884.. 

Petite espèce oblongue-suhconoide , à test lisse très 
brillant, peu transparent, d'une belle teinte d'un noir- 
marron foncé avec une zone suturale jaune (1). Spire 
allongée, subconoide, à sommet légèrement obtus (sou- 
vent rongé). Sept tours plans, à croissance lente et à suture 
linéaire. Dernier tour convexe (haut. 5), n'atteignant pas la 
moitié de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, assez 
dilatée du côté externe, intérieurement d'un brun violacé. 
Bord externe assez fortement arqué. Péristome un peu 
obtus, t'olumelle courte, de même teinte que l'intérieur 
apertural, terminée en une pointe légèrement tournée 
en dehors. Sillon canaliforme profond donnant lieu à un 
sinus. Callosité assez forte; — haut. 12, diam. k 1/2 
millim. 

Cette Coquille, découverte par le D' Servain, vit dans 
la Save à Sissek (Slavonie) et dans la rivière do Zonica 
(Bosnie). 

(1) Quelquefois il y a interversion de couleurs, la zone suturale 
est noire et le reste de la surface jaune. 



— c6 — 
Microcolpôa Coatagoiinua, Bourguignat, 188i. 

La figure L grossie de la planche v du Jahrbiicher 
der Deutschen Malakozoologischen gesellschaft (1881) 
rend a^sez bien, comme taille et comme ensemble de 
contour, cette nouvelle espèce; seulement, chez la Cou- 
taqniana^ le dernier tour est plus développé en hauteur 
et l'avant-dernier est d'une taille moindre. 

Coquille lisse, subtransparente, d'un beau noir-mar- 
ron uniforme. Spire un tant soit peu renflée, tout en 
étant assez régulièrement acuminée. Sommet aigu, pres- 
que toujours rongé. Neuf tours presque plans, néanmoins 
un tant soit peu convexes, à croissance lente. Suture 
linéaire, bien que prononcée, par suite des tours formant 
une très légère saillie. Dernier tour peu convexe, sauf 
vers l'ouverture, n'atteignant pas la moitié de la hauteur. 
Ouverture presque verticale, oblongue, très anguleuse 
au sommet, assez dilatée vers la partie inférieure, et inté- 
rieurement d'une nacre blanche-bleuacée. Péristome 
mince. Bord externe légèrement arqué inférieurement. 
Columelle droite, faiblement contournée, acuminée 
(pointe un peu en dehors). Sillon peu profond, donnant 
naissance, au bas, à un sinus faiblement accentué. Cal 
losité assez prononcée; — haut. 17, diam. 6 millim. 

Cette espèce, dédiée à M. l'ingénieur Georges Coutagne, 
vit dans le lac Sabandja, près d'Israidt, en Anatolie. 



Oi 



ITIicrocolpia Ilagcuiiiiilleriniia, Boiirf/ui'jnot , 
188i. 

Coquille de forme oblongue-allongce, assez renflée, 
transpareiitH, peu brillante, lisse, d'un beau jaune-verdâlre 
clair. Spire acuminée, un peu renflée, à sommet faible- 
ment obtus. Huit tours un tant soit peu convexes, à crois- 
sance lente et à suture linéaire, sauf vers l'ouverture, où 
elle est accentuée. Dernier tour un tant soit peu convexe, 
n'atteignant pas la moitié de la bauteur. Ouverture verti- 
cale, oblongue, régulièrement convexe du coté externe, 
intérieurement d'une nacre blancbâlre. Péristome faible- 
ment obtus. Bord externe légèrement rentrant à la partie 
supérieure, puis sensiblement convexe en avant. Colu- 
melle droite, assez robuste, d'un blanc nacré, acuminée 
(pointe regardant en bas). Sillon formant saillie extérieu- 
rement, et donnant lieu, à la base, à un sinus prononcé; 
— haut. 17, diam. 6 millim. 

Cette forme, à laquelle j'attribue le nom du savant 
D'' Hagenmûller, de Bone, se trouve dans le Danube \)ïcs 
de Buda-Pesth, en Hongrie. 

Iflici'ocoljliia RocI&e9sruiiiaiia, Boitr guignât , 18S^. 

Coquille ventrue-oblongiie, tout en ayant une spire 
subconoide et une forme légèrement atténuée à la base. 
Test brillant, subiransparent, lisse, d'une belle teinte 
rougeâtre avec deux zones plus foncées (une supérieure 
et une inférieure) ou quelquefois avec une seule zone 



— 58 — 

supérieure. Spire subconoïde, assez allongée, à sommet 
aigu, mais presque toujours tronqué. Neuf tours plans, à 
croissance lente et à suture linéaire. Dernier tour ventru, 
convexe-oblong (haut. 8), n'atteignant pas la moitié de 
la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, très anguleuse 
au sommet et s'atténuant à la base, intérieurement blan- 
châtre ou orangée. Péristome simple, assez aigu, souvent 
épaissi à l'intérieur. Bord externe offrant un contour 
rentrant au-dessous de l'insertion, puis se convexant en 
avant. Columelle faiblement cintrée, peu contournée, se 
terminant par une pointe regardant en bas. Sillon cana- 
liforme peu profond, donnant lieu, néanmoins, à une 
apparence accentuée de sinus, par suite de la convexité 
en avant du bord externe. Callosité blanche, robuste, 
plus forte vers l'insertion, où elle est teintée d'un marron 
bleu ou noir marron; — haut. 19, diam. 6 1/2 millim. 
Cette Microcolpie, dédiée au Zoologiste Tremeau de 
Rochebrune, vit, en Anatolie, dans le lac Sabandja. 

Microcolpia Tillefserriana, Bow'guignat, 1884. 

Jolie espèce oblongue , relativement globuleuse , à 
test épais, opaque, lisse, brillant, d'une teinte uniforme 
marron-noirâtre ou rougeâlre. Spire assez courte, subren- 
flée, atténuée, à sommet obtus. 6-7 tours très faiblement 
convexes, à croissance régulière, à suture linéaire, tout en 
étant accentuéeparsuited'unelégèresaillie des tours. Der- 
nier tour ventru, convexe, n'atteignant pas la moitié de la 
hauteur. Ouverture verticale, néanmoins rétrocédente à 
l'endroit columellaire, de forme oblongue, intérieure- 
ment d'un nacré bleuâtre. Péristome mince, épaissi à 
l'intérieur. Bord externe assez fortement arqué en avant, 



— S9 — 

notamment vers ses deux tiers inférieurs. Columelle courte, 
cintrée, subcanaliforme, acurainée (pointe très aiguë, 
regardant en dehors). Sillon étroit, profond, donnant 
lieu, à la base, à un petit sinus exigu, bien que prononcé. 
Callosité très épaisse, surtout vers l'insertion du bord 
externe; — haut. Ik, diam. 6 millim. 

Celte espèce, dédiée à M. J. A. Villcscrre, de Paris, a 
été recueillie dans les cours d'eau aux environs d'Israidt, 
en Analolie, où elle paraît assez abondante. 

Mlcrocolpia IVIabllllana, Boiir guignât, ISS^i-. 

Chez cette espèce, provenant du lac Sabandja, la spire, 
relativement allongée, est assez régulièrement acuminée, 
et le dernier tour, très ventru-convexe près de Touver- 
ture, égale juste le tiers de la hauteur. Chez les cinq for- 
mes précédentes {Servaini, Coutagniana, Hagenmûlle- 
riana, Rochebruniana et Viileserriana), le dernier tour 
dépasse toujours le tiers et n'est inférieur à la moitié que 
de 1 à 2 millimètres. 

Coquille oj)aque, lisse (souvent rongée), assez terne, 
d'une teinte uniforme foncée couleur de rouille. Spire 
assezallongée, acuminée, àsommet aigu. Neuf tours pres- 
que plans, néanmoins avec un sentiment de convexité, à 
croissance lente, à suture linéaire accentuée seulement 
vers l'ouverture. Dernier tour petit, convexe, ventru. 
Ouverture verticale, ovalaire, bien cintrée du coté ex- 
terne, d'un nacré bleuâtre à l'intérieur. Péristome mince. 
Bord externe faiblement arqué. Columelle très courte, 
contournée, violacée-foncée à sa base, terminée en une 
pointe regardant en dehors. Sillon prononcé, donnant 



— 60 — 

lieu à un petit sinus teinté en noir foncé. Callosité blan- 
che, robuste; — haut. 15, diam. 5 millim. 

On rencontre très rarement dans la rivière entre Plaski 
et Ostaria (Croatie) une forme à sillon canaliforme plus 
large et à sinus plus grand, que je rapporte à cette 
espèce. 



nicrocoliBia GallaiitSi, Boiu^giiignat, 1884. 

Cette Microcolpie, une des plus singulières de ce 
genre, est remarquable par son ouverture très portée en 
dehors, par suite de la grande dilatation de son bord ex- 
terne, et par son péristome continu, grâce à une énorme 
callosité formant saillie sur la convexité pariéto-apertu- 
rale. 

Coquille épaisse, 0})aque (très souvent rongée), d'un 
marron-foncé uniforme, toujours recouvert par un enduit 
noir très tenace. Spire allongée, acuminée, à sommet 
aigu. Huit tours très faiblement convexes, à croissance 
lente, à suture très peu profonde. Dernier tour médiocre, 
égalant juste le tiers de la hauteur, convexe et renflé 
surtout vers l'ouverture ; celle-ci verticale, de forme ova- 
laire, dilatée inférieurement, d'un nacré marron à l'inté- 
rieur, paraitportée en dehors et comme détachée. Péristome 
continu, sauf k l'endroit du sinus, un peu obtus et légè- 
rement patulescent sur le bord externe, qui se convexe 
fortement en avant. Columelle très courte, très comprimée 
dans le sens latéral, très large au contraire dans le sens 
d'avant en arrière, terminée par une pointe regardant 
en dehors. Sillon profond, formant une saillie cervicale 
externe et donnant lieu, à la base, à un sinus prononcé. 



— Cl — 

Callosité très épaisse et saillante; — haut. 18, diam. 
C miliira. 

Cette belle espèce, que je dédie à l'ingénieur J. Gal- 
land, de Constanlinople, à qui je dois la découverte d'un 
grand nombre de Mollusques ottomans, a été trouvée dans 
la rivière d'Ismidt (Anatolie). 



Iflicrocolpia pyraniidalis, Bourguignat, 188't. (\lo- 
lania pyramidalis, Lang^ niss. in : Isis, p. 430, 
1823, d'après Brot)(l). 

Cette forme, que j'ai reçue deux à trois fois sous cette 
appellation que j'adopte, vit dans le Danube, où elle a été 
rencontrée çà et là depuis Buda-Peslh jusqu'à Ibraila. Je 
la connais encore de Pregrada, près de Krapina, en Croatie, 
où le conseiller Letourneux a recueilli de superbes échan- 
tillons bien typiques. 

hix pijramidalis varie comme taille. Ses variations os- 
cillent en hauteur entre 17 et 29, et en diamètre entre 
5 et 9 ; mais la taille la plus ordinaire est de 24, sur 8 de 
diamètre. Le dernier tour atteint 8, c'est-à-dire le tiers de 
la hauteur. Le nombre des tours varie également. Chez 
les petits individus, il n'y a que huit à neuf tours; chez 
les grands, dix à onze ; ceux de la taille moyenne ont 
neuf. 

Coquille de forme pyramidale, très renflée au niveau 
du s.'.mmet de l'ouverture, puis s'atlénuant inférieure- 

(1) J'ai compulsé en vain l'année 1823 de l'Isis, sans avoir pu 
trouver cette espèce. 



— 62 — 

ment à partir de ce niveau. Test subtransparent, brillant, 
d'une teinte claire cendrée-cornée, et présentant une 
surface sillonnée par de larges strialions émoussées, res- 
semblant à des costulations aplaties. Spire conique-al- 
longée, àsommet très aigu. Neuf tours plans-tectiformes, 
à croissance lente et à suture linéaire. Dernier tour rela- 
tivement très renflé, convexe-oblong. Ouverture verticale, 
oblongue, d'un nacré blanchâtre-rosacé. Péristome mince. 
Bord externe faiblement arqué. Columelle droite, un peu 
contournée^ acuminée, dont la pointe regarde tantôt en 
bas, tantôt un peu en dehors. Sillon peu profond, don- 
nant lieu à un sinus peu prononcé. Callosité médiocre. 

microcolpia canalicnlata, Bourguignat, ISSIp. 

Coquille de même taille et à peu près de même forme 
que la précédente, mais s'en distinguant, néanmoins, par 
son dernier tour moins renflé; par sa spire moins grêle, 
plus remplie; par ses striations moins régulières, plus 
fines, ne ressemblant pas à de larges costulations aplaties-, 
et notamment, par sa columelle fortement contournée^ 
ca/^â!/^c^^/ee supérieurement, pluscourtC;, dont l'extrémité 
est nettement tournée en dehors; enfin, par son sillon 
plus creux, et par son échancrure plus accentuée. 

Le Danube à Ibraïla. 

Mlcrocolpia eornea, Bour guignât, ISSip. Melanopsis 
acicularis, var. B. corneo colore, FerussaCj 
Monogr. Mél., in : Mém. Soc. Hist. nat. 
Paris, I, 1823, p. 160 (excl. typ. et var. A). 
— Melanopsis cornea, Mûhlfeldt, in lilt. et 



— 63 — 

G. Pfeiffer, Nat. Deatsch. Moll., III, 1828, p. 
50, pi. VIII, f. 22-23. 

La figure 22 de G. Pfeiffer laisse un peu à désirer 
comme détail, bien que l'ensemble soit assez satisfai- 
sant. 

Cette forme vit dans le Danube, où elle a été trouvée à 
Wissegrad, à Buda-Pesth, etc. Je la connais encore de la 
Save, entre Agram et Sissek. 

lUierocolpia peracuta, Bourguignat, 1884. 

Coquille pyramidale, à spire conique-tectiforme, ter- 
minée par un sommet presque aussi pointu qu'une aiguille 
et jamais érosé. 

Test assez mince, subtransparent, lisse ou çà et là 
striolé, d'une teinte uniforme cornée-vineuse. Neuf à dix 
tours plans, à croissance lente et à suture linéaire. Der- 
nier tour peu convexe, dépassant à peine le tiers de la 
hauteur. Ouverture verticale, oblongue, très anguleuse 
au sommet, étroite vers la base, intérieurement d'une 
teinte bleuacée ou violacée. Bord externe presque recti- 
ligne, présentant seulement une légère sinuosité au-des- 
sous de l'insertion du bord externe. Péristome tranchant. 
Columelle droite, acuminée (pointe regardant en bas). 
Sillon profond. Sinus prononcé. Callosité médiocre ; — 
haut. 15, diara. 5 millim. 

Des plus abondantes dans tous les cours d'eau des en- 
virons de Krapina-Tœplitz (Croatie). 



— G4 — 

IVIierocoliiia Stossicliiana, Bourguignatf 188^. 

Les figures 673 el 675 de l'Iconographie de Rossmàssler, 
inscrites sous le nom fautif d'acicularis, conviennent à 
cette nouvelle forme, à laquelle j'attribue le nom du D' 
Adoifo Stossiclî, de Triesle. Cette Coquille, d'un corné 
marron, est recouverte d'un enduit noir très tenace; son 
test est finement strié, sauf sur le dernier tour où les stria- 
tions sont souvent grossières 5 sa spire, très allongée- 
acurainée, a ordinairement le sommet tronqué; ses tours 
au nombre de dix sont plans-tectiformes, à croissance 
lente et à suture linéaire; le dernier, relativement gros et 
ventru, plan supérieurement, offre son maximum de 
convexité au-dessous de la ligne médiane; sa hauteur 
(7 1/2 millim.) égale à peu près le tiers de la longueur; 
son ouverture verticale, ovalaire, très anguleuse au som- 
met, est sensiblement dilatée à la base; son bord externe 
est peu arqué en avant; sa columelle, plus ou moins 
cintrée, est terminée par une pointe regardant en bas ^ 
le sillon canaliforme est accusé, enfm, le sinus est pro- 
nonce j — haut. 23, diam, 7 millim. 

Cette espèce, que j'ai reçue plusieurs fois sans indica- 
tion précise de localité, habite en Carniole. Rossmàssler 
la signale de la Lachina près de Tchernembl. 

Microcoliiia lietoui'ucuxi, Bowguignat, 188JIp. 

aiagnifique Coquille de forme pyramidale, allongée, 
remarquable par son dernier tour relativement énorme, 
et par son ouverture étroite et exiguë. 

Test solide, peu transparent, presque opaque, d'une 



— 65 — 

teinte cornée uniforme, recouverte d'un enduit noir, 
présentant de fines striations et çà et là des stries fortes, 
grossières, quelquefois gibbeuses, surtout sur le dernier 
tour. Spire très allongée, acuminée, relativement fluette, 
à sommet aigu. Dix à onze (parfois douze) tours plans à 
croissance lente et à suture linéaire, sauf vers l'ouverture, 
où elle est accentuée. Dernier tour renflé, très grand, 
s'amoindrissant vers l'ouverture et alors n'égalant que 
le tiers ou parfois pas mémo le tiers de la hauteur, de 
forme peu convexe, légèrement plan supérieurement. 
Ouverture verticale, exiguë, oblongue, très anguleuse au 
sommet, assez étroite à la base, d'un nacré blanchâtre à 
à l'intérieur. Péristorae tranchant. Bord externe peu ar- 
qué en avant. Golnmelle courte contournée, acuminée. 
Sillon canaliforme profond. Sinus accentué; — haut. 32, 
diam. 9 li2 millim. 

Var. minor. Haut. 21-23, diam. 7-8 millim. 

Cette espèce a été découverte dans la Save, au-des- 
sous d'Agram,parM. le Conseiller Letourneux, à qui elle 
est dédiée. 



Hlierocolpia potamactebia, Bourguignat , 1884. 
Melanopsis potamaclebia, Bourguignat, Faune 
malac. Bas-Danube, in : Ann. raalac, I, 1870, 
p. 67. 

Cette espèce de forme pyramidale-allongée se distingue 
surtout par un dernier tour très ventru, relativement 
énorme par rapport aux autres, et par une ouverture très 
convexe du côté externe, comme excentrique, par suite 

II. — Annales de Malacologie. — MAI 1884. 5 



— 66 — 

de laventrosité du dernier tour, ce qui la fait paraître 
très portée du côté dextre. 

La base aperturale est dilatée, et le bord inférieur est 
légèrement patulescent. 

Cette Coquille est fort répandue dans le Danube à 
Ibraïla, à Belgrade, etc., et dans la Save à Agram. Je la 
connais encore de Pregrada près de Krapina-Tœplitz, et 
de la Krapina à Sused (Croatie), ainsi que du Bug en 
Podolie (Pologne) et du lac Sabandja, en Anatolie. 

lUicroeolpia paeltystoma^ Boiirguignat , 1884-. 

Charmante espèce de forme pyramidale , ventrue 
inférieurement, remarquable par son ouverture ornée 
d'une forte nacre brillante et par son bord externe 
largement dilaté, très patulescent à la base et comme ré- 
fléchi. 

Test épais, opaque, brillant, lisse, sauf au dernier tour, 
et d'une teinte uniforme opaline recouvert d'un enduit 
noir ou marron très tenace. Spire conoide, à sommet 
pointu. Dernier tour grand (haut. 7) gros , ventru, con- 
vexe, descendant à l'insertion du bord externe et n'éga- 
lant pas la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, 
ovale , dilatée inférieurement, anguleuse au sommet, 
encrassée par une nacre blanche ou rosacée très épaisse. 
Péristome obtus, épais, largement dilaté, patulescent 
vers la base du bord externe. Columelle blanche, robuste, 
très nacrée, peu contournée, 5 pointe un tant soit peu 
obtuse, regardant tantôt en bas, tantôt en dehors. Bord 
externe très arqué en avant. Callosité épaisse , plus 
forte vers l'insertion; — haut. 17, diam. 6 millim. 
La Save près d'Agram . 



— 67 — 
MELANOPSIS, Ferussac, 1807. 

Je ne crois pas qu'il existe un genre où les espèces 
aient été aussi complètement méconnues et aussi fré- 
quemment amalgamées les unes avec les autres que celui 
des Mélanopsides. 

Plusieurs causes ont présidé à la confusion surpre- 
nante de ces espèces : la manie des réunions, les des- 
criptions imparfaites des premières formes , surtout 
le Mémoire monographique de Ferussac fds, savant 
Malacologiste, qui a produit, cependant, d'excellents 
travaux. 

C'est, sans aucun doute, ce Mémoire qui est une des 
principales causes des confusions perpétuées jusqu'à ce 
jour, parce que tout y est mauvais : les synonymies sont 
inexactes, les descriptions sont insuffisantes, les rappro- 
chements sont invraisemblables , les conclusions sont 
erronées, les espèces vivantes ne ressemblent pas aux 
formes fossiles ; enfin , les figures des planches vu et 
VIII ne conviennent à aucune des Mélanopsides de la 
faune actuelle. 

Dans leur confiance en la haute autorité scientifique 
de Ferussac, les auteurs ont admis, sans conteste, ses 
rapprochements, ont copié ses synonymies ; Deshayes 
lésa copiées, l'abbé Dupuy les a copiées, etc.. moi- 
même je les ai également copiées. Tout le monde scien- 
tifique y a été de bonne foi, parce qu'on ne pouvait 
s'imaginer qu'après Ferussac, qu'après Deshayes, il pût 
exister la moindre erreur. On a donc admis, comme une 
seule et même espèce les prœmorsa , les maroccana^ 



— G8 — 

les antediluviana, les buccinoidœa, les lœvigata, les 
fusiforinisy etc.. lorsqu'il n'en était rien. 

C'est en voulant vérifier chacune des formes publiées, 
et remonter aux origines, suivant les principes de la nou- 
velle école, que je me suis aperçu que tous les Malaco- 
logistes s'étaient trompés 

Ainsi, quelques exemples : 

Linnœus a publié une forme, sous le nom de jjrœ- 
mor52<m ou />ro?ro5wm, que tout le monde a méconnue, 
en y amalgamant presque toutes les Mélanopsides à test 
lisse. Toutes les figures que l'on a données de cette 
Coquille sont inexactes. Hanley sew/, dans son excellent 
traité des « Ipsa Lînnœi conchylia » (pi. ii, f. 5) a re- 
produit d'une façon très correcte cette espèce. Brot, dans 
sesMélanies (pi. xlv, f. 15) a donné, comme type Lin- 
néen, une Coquille qui ne ressemble pas du tout à celle 
d'Hanley. La plus légère comparaison fait sauter aux 
yeux les grandes différences qui existent entre ces deux 
représentations : l'une est le type de la collection de Lin- 
nœus, l'autre n'est autre chose qu'une saharica. 

Tous les auteurs citent un Buccmum maroccanum ; 
or, lorsqu'on se reporte à l'ouvrage de Chemnitz (Conch. 
Cab., XI, p. 210, pi. ccLXXXv), l'on s'aperçoit que cette 
Coquille s'appelle //i^ccmû! w?«roccflna et qu'elle se com- 
pose de 3 espèces distinctes : 1° (f. 2078-79) d'une 
Mélanopside à test lisse, bien représentée dans la Mala- 
cologie de l'Algérie (pi. xv, f. 12) ; 2° (f. 2080-81) 
d'une autre tout à fait semblable à V Hammamensis de 
Gassies ; enfin, 3° (f. 2082-83) d'une forme coslulée 



— 69 — 

identique à la magni/ica, espèce diiïérente de la cariosa, 
de la sevillensis et des autres du même groupe. 

Bruguière, avant son départ pour l'Orient, avait fait 
graver en avance un grand nombre de planches de l'En- 
cyclopédie, planches destinées à son Histoire des Vers qu'il 
ne put achever. Parmi elles , il s'en trouvait une 
(pi. CDLViii) oii étaient représentées deux Mélanopsides 
(f. 7 et 8). Ces ligures étaient restées sans nom, lorsque 
Lamarck (Anim. s. vert., VI, 2"* partie, 1822, p. 168) 
s'en préoccupa en considérant l'une (f. 7) comme la 
cos/«/« d'Olivier, et en attribuante l'autre (f. 8) l'ap- 
pellation de lœvigata, tant en y accolant la bucchioidœa. 

Or, la première (f. 7) est une forme à grosses costu- 
lations seulement supérieures , dont les caractères ne 
conviennent pas à la costata, si bien représentée dans 
Olivier (Atlas, pi. xxxi, f. 3), et dans Rossmassler (Ico- 
nogr., 1839, f. 678). Cette figure rappelle l'espèce répan- 
due dans les collections sous le nom de subcostata de 
Parreyss, forme qui me paraît spéciale. 

La seconde ( f. 8 ) donne la représentation d'une 
espèce particulière, distincte de la bucchioidœa, par le 
grand développement de son dernier tour, et par d'au- 
tres signes différentiels que j'énumérerai plus tard. Elle 
doit être conservée sous l'appellation imposée par La- 
marck, malgré l'avis contraire de Deshayes (Anim. s. vert., 
VIII, 1838, p. i90) qui n'en avait pas saisi les caractères. 

Je pourrais presque indéfiniment poursuivre les 
exemples, mais ceux-ci suffisent pour montrer que lors- 
qu'on se reporte aux origines, on découvre tout autre 
chose que ce qui était admis ou enseigné par les auteurs. 



— 70 — 

Aussi ne rencontre-t-on dans les ouvrages modernes 
que fausses déterminations. 

Le plus grand nombre des Mélanopsides décrites ou 
figurées par le D' Brot dans son Histoire des Mélanies 
sont mal nommées. Sa Melanopsis prœrosa n'est pas 
celle de Linnœus; les Coquilles représentées comme 
Wagneri n'ont pas le caractère de l'espèce de Roth ; sa 
variabilis n'est pas celle de V. d. Busch ; l'échantillon 
figuré (pi. XLvi, f. 12), comme une Saulctji, n'est pas 
mon espèce, etc. etc.. 

Dans l'Iconographie de Rossmassler, surtout dans les 
Suites, les erreurs sont encore plus nombreuses. Sur 
52 Mélanopsides figurées, 10 seulement sont déterminées 
convenablement. 

Rossmassler, pi. l. 1839. 

676. Praerosa. (Loc. inc.) = prophetarum, variété. 

677. — — = lœvigata, var. minor. 

678. Costa ta. Jourdain = bien. 

679. — — = jordanica. 

680. Cariosa. Espagne = Rossmassleri. 

PI. Lxviii. 1854-. 

835. Dufouri. Espagne = bien. 

836. — — =bien. 

837. — Albufera près Valence = obesa de Gas- 

sies (non Guirao). 

838. — Fortuna (Murcie) = bien. 

839. — Malaga = bien, variété sans zone concave. 

840. — Alcira = subgraellsiana. 

841. — Var. Graellsi. San Felice de Jaliva et 



— 71 — 

venta de Alcudieta (Valence) = Graellsi. 
(Type.) 

842. Dufouri. Var. Gme//5z (loc. inc.) = subgraellsiana. 

843. — lacuna de Rio seco près Burriana := sub- 

graellsiana. 

844. — aqueduc de la Palafanga près Almazora 

= acutespira. 

845. Lorcana.Rambla deViznaga etPantano de Puentes 

près Lorca = bien. 
84G. Cariosa, var. turrita. Guadalquivir = turrita. 

Suites à Rossmâssler, pi. cxxxvii à cxxxix. 1880. 

187C. Pra^rosa. Algérie = lœvigata, variété. 

1877. — Maison carrée près AIger=Qiaroccana? 

Variété. 

1878. — Env. d'Alger =: hevigata (forme courte). 
1871). — — = prophetarum, variété. 

1880. — — =r deux échantillons diffé- 

rents figurés sous ce numéro ; celui de 
gauche, lœvigata ; celui de droite, Biei- 
cheri, variété. 

1881. — Relizane = lœvigata. 

1882. — Casablanca (Maroc)=maroccana, variété. 

1883. Tingitana — (Maroc) = mauritanica. 

1884. Maresi, la Nonia près le Maroc = Seignetti. 

1885. Prœrosa. Nauplie (Grèce) = maroccana. 

1886. — — = lœvigata, variété. 

1887. — Tlomcen (Algérie). L'échantillon de 

gauche est une forme presque lisse de 
la Mauritanica; celui de droite m'est 
inconnu. 



— 72 — 

1888. Prœrosa Srayrne = lœvigata, variété. 

1889. — (regardée comme la Wagneri de Rolh) 



1890. — bains de Diane à Smyrne = la3vigaèa. 

1891. — — =Iœvigata,var. 

1892. — — = lœviga^a, var. 

1893. — — — lœvigataVvcir. 

1894. — Smyrne -= prophelarum. 

1895. — — = Wagneri. 

1896. — — = Wagneri (forme tronquée), 

1897. — — t^lœvigata, variété. 

1898. — Rhodes -.= Wagneri, variété. 

1899. Costata. Syrie = stephanola. 

1900. — — = stephanota, 

1901. — source d'Élie à Jéricho = sancta. 

1902. — Syrie = Chantrei. 

1903. — — = Chantrei. 

1904. — source du Jourdain :=Hiera. 

1905. — Jourdain =rjordanica. 

1906. — lac deTibériade== ovum. 

1907. — var. infracincta. Chabur. ^ iiifracincta. 
1907*1. _ var. obsoleta — = infracincta, 

var. obsoleta. 

1908. Saulcyi. Artouze = bien. 

1909. Parreyssi (Hongrie) = bien. 

On a proposé diverses classifications pour les Mélanop- 
sides. Brot les a divisées en deux séries : En prœrosa et 
en Dufouri. Dans la première série, cet auteur comprend 
toutes les formes orientales lisses ou costulées ; dans la 
seconde, toutes celles occidentales. 

En 1877, j'ai réparti les espèces de ce geme égale- 



— 73 — 

ment en deux séries , en espèces lisses ou à côtes. 

Or , ces deux méthodes de classification ne valent 
rien, parce qu'il existe des formes orientales qui vivent 
dans l'Occident, et des espèces occidentales qui se retrou- 
vent en Orient, de même qu'il y a des Mélanopsides chez 
lesquelles on constate le passage du test lisse au test 
costulé. 

J'ai donc adopté une autre méthode de distribution. 
J'ai réuni les formes les plus affines les unes des autres, 
et, si parfois j'ai été obligé de composer mes séries d'une 
seule espèce, comme, par exemple, pour la série Cou- 
phiana^ c'est qu'il ne m'a pas été possible de placer 
l'espèce dans aucune autre, et que je n'ai pu trouver, 
jusqu'à présent, nulle forme dont les caractères aient pu 
avoir avec elle un degré de parenté. 



Pr^emorsiana. 



BUCCINOIDIANA. 



Saharica, 
Sphœroida^a, 
PrcTemorsa, 
Wagneri. 

Microcolpia, 

Prophetarum, 

Lœvigata, 

Buccinoidœa, 

Episeraa, 

Mzabica, 

Ereraita, 

Variabilis, 

Callirhroa. 

.Minutula. 



'k — 



Myosotidiana. 
couphaniana. 

MlNGRELlCIANA. 

Olivieriana. 



Seignettiana. 



Myosolidœa. 

Coupha. 

Salomonis, 
Mingrelica. 



Ascanica, 

DoritB, 

Amraonis, 

Olivieri, 

FerQssaci, 

Maroccana, 

Brevis, 

Obesa, 

BofiUiana. 

Mauritanica, 



LORGANIANA. 



Scalariana. 



Etrusca, 

Pleurotomoideea, 

Lorcana, 

Penchinati, 

Bleicheri. 

Scalaris, 

Subscalaris, 

Guiraoi, 

Hammamensis, 

Mohammedi. 



~ 75 



DUFOUIUANA. 



Graellsiana. 

Letourneuxiana. 
Sesteriana. 



Charpentieriana. 



Saulcyana. 



Belusiana. 



Belonidœa, 

Cossoni, 

Dufouri, 

Subgraellsiana, 

Aculespira. 

Isseli, 
Graëllsi. 

Letouriieuxi. 

Callista, 

Sesteri, 

Alepi, 

Stephanota, 

Hiera, 

Chantrei, 

Insignis. 

Vespertina, 

Kotschyi, 

Charpentieri. 

Jebusitica, 

Saulcyi, 

Aterriiiia, 

Faseolaria, 

Sancta, 

Cerithiopsis. 

Hebraica, 



LORTETIANA. 



COSTATIAN.^ 



NoDOSIAiNA. 

eumorphiana. 

Parreyssiana. 
Cariosiana. 



76 - 

Lampra, 

Pheeniciaca, 

Belusi. 

Desertorum, 

Lortetiana, 

Turcica. 

Subcostala, 

Tanousi, 

Obliqua, 

Costata, 

Jordanica, 

Infracincta, 

Ovum, 

Nodosa. 

Feliciani, 

Eumorphia, 

Egregia. 

Parreyssi. 

Cariosa, 

Magnifica, 

Sevillensis, 

Costellata, 

Pleiiroplagia, 

Macrostoma, 

Rossmassleri, 

Mierostoma. 



— 77 — 

Pechaudiana. 

Pechaudi, 
Heliophila. 
Maresiana. 

Ovula, 

Turrita, 

Maresi. 



]TIelano|isisi saliarica, Bourgidgîiat,lS8'2, elLocardj 
Malac. lac Tibér., p. 72, 1883. (Melanopsis 
maroccana, var. saharica, Bourguignat, Mal. 
Alg.,II, 1864-, p. 260, pi. XVI, f. 9, 10, 12, 
13 et \k [excl. f. 11, que je rapporte à la 
Mzabicn], etMelanopsisprœrosa [non Linnœus], 
— Brot, Melan., pi. xlv, f, 15 seulement). 

Petite espèce (haut. G-12, diara. 4.-G millim.) écourlée, 
ventrue, à sommet érosé et au dernier tour égalant les 
trois quarts de la hauteur. Quatre tours seulement. 

Abondante dans les fontaines d'Oumach et de Sidi 
Taïfour au sud de Biskra, ainsi que dans les eaux sau- 
mâtres au midi de Bousaâda. 

A Ain el Hout (prov. d'Oran), on rencontre une forme 
oblongue que je rapporte à cette espèce. 

Je connais encore cette Mélanopside de l'Oronte et de 
l'Ain el Bass, dans la plaine du Bahr el Houle (Syrie). 

Les figures 12, 13 et 14. de la Malacologie de l'Algérie 
(pi. xvi) rendent très exactement le port et la physio- 
nomie de la saharica, les figures 9 et 10 sont moins 
typiques. 



— 78 — 

Melanopsis spliœroidœa, Bourguignat, 188/i-. 

Cette Coquille est celle que le Malacologiste Locard 
(Malac. lac Tibér., p. 73) a signalée comme une forme 
plus grande et plus ventrue de la saharica. 

Cette espèce de taille plus forte, en effet, est sphéri- 
que, et ressemble à unepetite boule ; son ouverture, plus 
large, est plus convexe du côté externe ; sa fente supéro- 
aperturale est bien moins allongée ; sa spire est plus 
développée, tout en restant obtuse; ses tours, au nombre 
de cinq, sont plus gonflés ; enfin, son test, plus épais, est 
recouvert, dans les endroits non érosés , par un épi- 
derme terne d'un brun jaune-noir ; — haut, li, diam. 
8-9 millim. 

Cette Mélanopside a été recueillie dans l'Oronte (Syrie). 

MelBoopsis prœiiiorsa (non prœmorsa de tous les 
auteurs), Bourgiiignat, 1884. (Buccinum prœ- 
morsum, Linnœus, Sysl. nat.,10'"® édit. 1758, 
p. 74-0, n" 'i'08, et Buccinum prœrosum, Lin- 
nœus, Syst. nat. 12™" édit., 1766, n° 1203. — 
Melanopsis prœrosa [non prœrosa de tous les 
auteurs], Hanley , Ipsa Linn. Conch., 1855, 
p. 255, pi. II, f. 5). 

Cette espèce , tout à fait inconnue , n'a encore été 
figurée que par Hanley. Sa représentation est excellente ; 
le D' Brot (Melan., pi. xlv, f. 15 ) a donné, comme 
prœrosa d'Hanley, la figure d'une forme qui, loin de 
ressembler à celle de l'auteur anglais, doit être, au con- 
traire, rapportée à ma saharica. 



— 79 — 

Cette Mélanopside, primitivement inscrite, en 1758, 
sous l'appellation de prœmorsuniy a été ensuite nommée 
prœrosum. A mon sens, l'appellation qui doit être adop- 
tée, est celle de prœmorsum, parce que, tout en ayant 
le mérite de l'antériorité, elle a été intentionnellement 
établie, comme l'on peut s'en convaincre par cette phrase 
linnéenne : « Vertex cariosus erosus, quasi prœmorsus. » 
Hanley, du reste, dit que cette espèce est restée dénom- 
mée, sous \q \ocah\e prœmorsum, dans la collection de 
Linnœus. 

Dansla lO^'édition du Systema iiaiurœ,cel\,eCoc[m\\e 
est signalée de l'Europe occidentale ; dans la 12"* , elle 
est mentionnée de Taqueduc de Séville, en Espagne. J'ai 
naturellement fait mon possible pour entrer en posses- 
sion de cette espèce ; je n'ai pu réussir, bien que j'aie reçu 
de Séville et du Guadalquivir des quantités de Mélanop- 
sides ; par contre, j'ai été assez heureux de la recevoir, 
par hasard, des environs de Lorca, confondue avec des 
Lorcana, et des alentours de Saida, dans la province 
d'Oran. En somme, cette rarissime Mélanopside ne m'est 
connue que de trois localités ; Séville, Lorca et Saida. 

Toutes les espèces que les auteurs ont décrites ou ca- 
taloguées, soit sous le nom de prœmorsa, soit sous celui 
de prœrosa (même celle de Brot) n'ont point de rapport 
avec celle dont je vais donner les caractères. 

Là yénlQ.h\e prœmorsa, celle, enfin, de Linnœus, est 
une espèee écourtée, ventrue, de petite taille (haut. 13- 
14, diam. 8 millim.), « magnitudine fere fabœ » ; sa 
spire courte, très obtuse, est toujours rongée; lorsqu'elle 
ne l'est pas (ce qui est fort rare), au lieu de quatre tours, 
elle en a six ; seulement les supérieurs, tous petits, forment 



— 80 — 

saillie sur les autres, à l'instar de ceux de la Bleicheri ; 
son dernier tour, qui égale les trois quarts de la hauteur, 
un peu plan, de la suture à la partie moyenne, est arrondi 
inférieurement; son ouverlurebien développée, faiblement 
oblique, de forme ovale, assez sensiblement dilatée à la 
base du côté externe, un peu dans le genre des ouvertures 
de la série des maroccana, offre, à son sommet, une 
longue fente étroite ; sa columelle courte, cintrée, nette- 
ment tronquée, a son extrémité sensiblement dirigée en 
dehors ; son sinus est profond ; enfin, sa callosité blan- 
che, nacrée, très épaisse, est fortement tuberculiforme à 
à l'insertion du bord externe. 

IVIelnuopsis 'tWagneri, Roth , MoU. spec, 1839 , 
p. 24., pi. II, f. 11. 

Cette espèce vit dans les environs de Smyrne, ainsi 
que dans l'île de Rhodes. C'est, parmi les Mélanopsides, 
celle qui se rapproche le plus, par l'ensemble de sa forme, 
de la prœmorsa de Linnœus. 

La Wagneri est très exactement figurée dans le travail 
deRoth. 

Je rapporte à cette coquille, celles représentées dans 
l'Iconographie { f. 1895, 1896 et 1898 ) sous le nom de 
pj^œrosa. Quant à la figure 18 de la planche xlv des Mé- 
laniens du D"" Brot, elle ne ressemble aucunement à celle 
décrite et représentée dans les « Molluscorum species » 
du savant D' de Munich. 



— 81 



i7Ielaiia|isis iiiici'Ofol|ila, Bour(/uig)iat, ISS^'. 

Espèce Yeiitriic, oblonguo subovoïtlc, à spire très ob- 
tuse, à ouverture obbque, h sinus mélanopsidicn très peu 
prononce, à columelle courte, rcctiligne, trijs large dans 
le sens de l'épaisseur et h extrémité acuminée. 

Test épais, opaque, très rongé, d'un noir uniforme 
foncé et d'un asj)ect sordithî. Spire courte, très obtuse, à 
sommet non aigu. Cinq tours à croissance rapide, séparés 
par une suture linéaire, quoiquebien marquée; lessupé- 
rieurs gros et rendes; le dernier relativement très grand, 
ventru-oblong, dépassant la moitié de la hauteur. Ouver- 
ture oblique, oblonguo, très anguleuse au sommet, inté- 
rieurement d'une teinte violacée s'étendant également sur 
toute la callosité, (pii est fort épaisse et tuberculiformo 
vers l'angle de l'insertion. Bord externe descendant recti- 
lignement dans une direction rétrocédente, un tant soit 
peu obtus et subpatulescent. Columelle courte, robuste, 
droite, acumitiée. Canal du sinus peu profond; — haut. 
21, diam. 10 millim. 

Cette forme remarquable vit, près de Jéricho, dans la 
fontaine de Jéréraie (Palestine). 

IVIeInnopsis (iroiilietnR'iim , Bourrjuiguat, 1882, et 
Locarcl, Malac. lac Tibér., p. 7!, pi. xxni, 
f. 52-53. (Melanopsis priurosa, Suites à lioss- 
màssler, i. 189^1-, 1880.) 

L'échantillon figuré par le Malacologiste Locard n'est 
IF. - Annain de Mnlurnlanic. — MAI ISSi. G 



— 82 — 

pas typique; il représente une forme minor relativement 
peu ventrue. Celui de l'Iconographie (f. 189-V) rend 
mieux, bien qu'imparfaitement, le port et l'aspect de 
cette espèce. 

Le type a été recueilli dans les fontaines d'Elisée et de 
Jérémie à Jéricho. Je l'ai reçu encore bien caractérisé 
du Jourdain à k kilomètres de la mer Morte, de Banias, 
de l'oued Sedjoun près de Djennin, d'Aïn-el-Mellaha 
dans la plaine du Bahr-el-Houlé, ainsi que des cours 
d'eau du Diarbekir, de Trébizonde et de Smyrne ; enfin 
(fait digne de remarque), de Saint-Denis-du-Sig près 
d'Oran. 

La variété minor vit dans le lac d'Antioche, dans 
l'oued Baradah près Ain Fidji, et dans l'Ain Plaça, fon- 
taine de la plaine du Bahr-el-Houlé. 

Coquille ovalaire très ventrue, peu haute, à spire 
courte, très brièvement acuminée, à sommet aigu et à 
dernier tonr énorme, renflé, dépassant la moitié de la 
hauteur. Test solide, opaque ou subopaque, lisse, d'un 
ton brun-jaunacé ou marron avec une zone plus foncée 
au sommet du dernier tour. Six toursplans-tectiformes(à 
l'exception du dernier), séparés par une suture linéaire ; 
les supérieurs très exigus, à croissance serrée et lente; le 
dernier énorme, ventru-oblong, paraissant très renflé au 
dessus de l'axe columellaire, par suite de la columelle, 
qui,étantfort cintrée, semble rétrocédente (c'est ce carac- 
tère, qui n'ayant pas été rendu bien fidèlement dans la 
figure 1894 de l'Iconographie, me l'a fait trouver un peu 
imparfaite). Ouverture presque verticale, oblongue, 
oiïrant supérieurement une rainure très étroite et très 
prolongée. Bord externe aigu, descendant rectilignement 
et dépassant sensiblement à la base le niveau du sinus. 



— 88 — 

Golumellc cintrée en avant ot du côté aperlural, à base 
tronquée dirigée un peu en dehors (sur la figure 1894. de 
l'Iconographie, la base est tournée en dedans). Callosité 
blanche, épaisse, très encrassée, tuberculiforme au som- 
met de l'ouverture ; — haut. 20-22, diam. 11-13 millim. 
Var. rainor. — Dernier tour relativement moins déve- 
loppé; — haut. 14, diam. 7 millim. 

Melanopuis lœ\ igaia, Lamarck, Anim. s. vert., VI, 
2me partie, 1822, p. 168 (excl. synon.). — 
Melanopsis buccinoidœa (non Olivier) et prœ- 
morsa ou prœrosa (non Linnœus) de tous les 
auteurs. — Melanopsis agorœa, Bourguignat, 
olim in 1880. 

Cette espèce est bien représentée (pi. dclvui , f. 8) 
dans les planches de l'Encyclopédie. 

Il convient de rapporter encore à cette Mélanopside les 
ligures suivantes: (Iconogr. Rossmiisslcr), 1870,1877, 
1878, 1880 (seulement l'échantillon à gaucho), 1881, 
1880, 1888, 1889 (typique), 1890 (typique), 1891,1892, 
1893, 1897, -— et (Malac. Alger., II, 1804, pi. xvi) 15 
et 18 seulement (la figure 15 est bien caractérisée, tan- 
dis que celle 18,représente une forme plus courte). 

Coquille fusiforme-oblongue , renflée à sa partie 
moyenne, assez brièvement pyramidale, sensiblement 
atténuée inférieurement, et caractérisée par un dernier 
tour bien développé, oblong, dépassant toujours, d'une 
façon notable, la moitié de la hauteur. 

Test plus ou moins épais et opaque, solide, brillant, 
très finementstriolé, d'une teinte marron uniforme, parfois 
très foncée. Spire assez brièvement acuminéo, à sommet 



— 8.^1. — 

conique, aigu, souvent érosc. 6-7 tours plans-tecti- 
formes jusqu'au dernier, à croissance lente, un peu 
moins serré que chez la prophetamm, et séparé par 
une suture linéaire. Dernier tour convexe-oblong, gran- 
dement développé (haut 15 millim.), dépassant toujours 
la moitié de la hauteur. Ouverture presque verticale, 
oblongue, à rainure supérieure très étroite et fort allongée, 
régulièrement convexe du côté externe, ne prenant pas 
de dilatation à sa partie externo-inférieure, mais offrant 
plutôt une atténuation. Bord externe, tantôt rectiligne, 
tantôt légèrement arqué en avant. Columelle grosse, 
presque droite, largement tronquée, à base regardant en 
bas. Callosité blanche, peu épaisse sur l'axe columellaire, 
mais encrassée-tuberculiforme vers l'insertion du bord; 
— haut. 20-2^1-, diam. 10-11 millim. 

Cette Mélanopside moins ventrue, plus allongée, à spire 
plus haute et au dernier tour bien moins gonflé que celui 
de la prophetarum^ se distingue de la buccinoidœa, avec 
laquelle elle a toujours été confondue : par sa taille d'un 
tiers plus petite; par sa forme oblongue en fuseau, c'est- 
à-dire atténuée à ses extrémités et offrant son maximum 
de diamètre presque à sa partie moyenne (chez la hucci- 
noidœa, le maximum est plus inférieur, par suite de sa 
forme pyramidale plus allongée) ; par sa spire plus courte, 
moins effilée ; par son dernier tour moins ventru, plus 
oblonget dépassant toujourslamoitié de la hauteur (chezla 
buccinoidœa, le dernier est plus gros, moins haut et n'at- 
teint pas la moitié) ; par son ouverture plus allongée, plus 
étroite, dont le contour sénestre, depuis l'insertion supé- 
rieure jusqu'à la base de la columelle, offre ruie direction 
descendante régulière et faiblement cintrée (chez la buc- 
cinoidœa, l'avant-dernier tour fait ventre et le contour 



— 85 — 

est plus creusé à la partie de l'axe coluuiellaire, ce qui 
donne à l'ouverture une forme dilïércnte de celle de la 
lœvigata); par sa columelle plus droite, moins cin- 
trée, etc. 

La lœvigata vit dans les cours d'eau des îles de l'Ar- 
chipel. Elle n'a (d'après Lamarck) que 9 lignes de haut, 
soit 20 millim. i/3. 

Je connais encore cette Mélanopside de Korystos et de 
Nauplie, en Grèce; — de Smyrne, de Tarsous, de Mer- 
sina, en Anatolic; — de Beyrouth, du Liban, de la fon- 
taine du Soleil à Baalbeck ; de l'oued Baradak à Ser- 
ghaia et de Dimenskech-Cham, près de Damas; des Ain 
Plaça et el-Bass, dans la plaine du Bahr-el-Hou!é; de la 
fontaine de Jérémie (Aïn-Solthan), près Jéricho ; de 
l'oued Sedjoun, prèsDjennin (Syrie); de Biskra (typique); 
du ruisseau des Zaatscha ; de l'oued R'ir; des puits arté- 
siens d'Ourlana, Ariana, Djama, dans le sud do la province 
de Constantine ; de Saint-Denis-du-Sig, près d'Oran et 
de l'oued el Hammam, dans la province d'Oran; enfin, 
des rivières des djebel Jmiifry et djebel Takreda entre 
Mogador et Maroc. 

Parmi les variétés^ je n'en vois que deux qui méritent 
d'être remarquées : 

1° Var. Conoidœa. — Coquille à spire plus conoïde. 
Aïn Plaça, dans la jilaine du Bahr-cl-Iloulé. 

2° Var. minor, — I^Haut. U-15, diam. 6 millim.), des 
eaux chaudes de Brousse [Anatolie] ; do Relizane, dans la 
plaine du Chcliff, el des eaux thermales de Chetma, près 
do Biskra (Algérie); enfin, du lacd'Acccsa, près de xAIassa- 
Marilimn, en Toscane (Italie). 



— 80 — 

inelaiioiisi» liucciiioidîea, Kourguignaf^ 188^ (non 
Melanopsis buccinoideea des auteurs). — Mela- 
nia buccinoidca, Olivier ^^oy. Erap. Ottom., II, 
p. 1^1, et Allas, pi. XVII, f. 8, 1801. — Mela- 
nopsis prœmorsa (pars), Bourgidgnat, Malac. 
Alg., Il, 18Gi,p. 2G2, pi. XVI, f. 17, 19 cl 20 
(seulement). 

La description d'Olivier (1) laisse à désirer, mais, en 
revanche, la figure de cette espèce est excellente. 

Je ne connais pas d'autre ouvrage, à rexccplinn de la 
Malacologie de l'Algérie (pi. xvi, f. 17, 19 et 20), où 
cette Coquille ait été exactement reproduite. Comme 
l'Atlas d'Olivier est fort rare, l'on pourra facilement se 
reporter aux figures de la Malacologie de l'Algérie que 
j'indique. 

D'après le dessin d'Olivier, cette Coquille mesure 30 de 
haut, sur 10 de diamètre; son dernier tour, vu de face, 
n'a que 14- 1/2. Olivier dit (II, p. 141) que lorsqu'on le 
regarde par le dos, ce tour est un peu plus long que tous 
les autres; mais, l'on sait qu'une mesure exacte se prend 
toujours de face et non par derrière, parce que la suture, 
par suite de sa direction ascendante, fausse la mensu- 
ration. 

Cette espèce se trouve caractérisée par une forme co- 
nique-pyramidale, assez ventrue vers la base; par une spire 
allongée, acuminée, à sommet très aigu; par des tours 
(au nombre de 8-9) presque plans, à croissance ré- 
guhère, séparés par une suture linéaire; par un dernier 

(1) « Testa breviter fusiformi?, lœvigata, l'uliginosa; callo colu- 
mellari albo ; basi tmncato emarginato. » 



— 87 — 

tour nmiM', convexe inférieurement, méplan supérieu- 
rement, et n'atteignant que rarement la moitié delà hau- 
teur; par une ouverture presque verticale, ovalaire, à rai- 
nure supérieure étroite, à contour très cintré vers la 
partie supérieure do l'axe columcllaire, cl à contour externe 
formant un arc régulier, de l'insertion au sinus inférieur, 
et n'offrant pas cette dilatation que l'on remarque vers la 
base aperturale des espèces de la série des maroccana ; 
par un bord externe, non arqué en avant; par une colu- 
melle cintrée, intérieurement torse, nettement tronquée 
à la base, dont l'extrémité est légèrement portée en 
dehors; par une callosité médiocre, blanche, parfois for- 
tement encrassée vers l'insertion. 

Sa coloration est ordinairement d'une teinte uniforme 
marron-rougeàtre; quelquefois (î;«r. Zonata,Mal. Alg.,II, 
pi. XVI, f. 19-20)elleestd'un jaune clair avec deux bandes 
d'un ton brun-marron (environs de Biskra), ou parfois, 
d'il 11 jaune verdâtre sans bandes (sources thermales d'Ain 
Krcidcr, dans le chott el Chergui, en Algérie). 

La buccinoidœa varie au point de vue de la taille. Il 
existe une forme mhiov (haut. 13-15, diam. 4-6 millim.) 
que l'on rencontre assez souvent entre Tarascon et Mcr- 
sina, en Anatolie, ainsi qu'on Italie, dans le canal des 
Marais-Pontins, oii je l'ai recueillie. 

Le type de cette espèce se trouve dans l'ile do Scio et 
quelques autres îles de l'Archipel. Il est très répandu dans 
tous les cours d'eau de la chaîne du Liban et des environs 
de Beyrouth, de Sayda, de Damas et d'Alep, notamment 
à Sadjour-Sou. 

En Algérie, la buccinoidœa existe, bien caractérisée, 
aux alentours de Biskra et à Ain Kreider, dans le chott el 
Chergui; au Maroc, on l'a constatée dans le djebel Ta- 



— 88 — 
kredaà iO lieues deJMogador, dans l'intérieur des terres. 

MelaiioiisîM episeiua, Bourcjidgnaty 1884. 

Coquille ovalaire-ventrue, peu allongée, à spire courte, 
conique, surmontée d'un sommet subaigu, remarquable 
par son dernier tour très développé, oiïrant à l'insertion 
une direction descendante prononcée et en dessous une 
contraction qui donne lieu à un léger sinus subpleuroto- 
moidal. 

Test assez épais, presque toujours entièrement rongé, et 
lorsqu'il ne l'estpas, laissant voir une surface Iirillante, po- 
lie, d'un marron foncé. Sept tours presque plans jusqu'au 
dernier, trèsexigus(surtoutles supérieurs), à croissance très 
serréejusqu'àla moitié de l'avant-dernier. Suture linéaire. 
Dernier tour (haut. 12 raillim.) ventru-oblong, dépassant 
sensiblement la moitiéde la hauteur. Ouverture tantôt sub- 
oblique, tantôt verticale, ovalairc, dilatée inférieuremcnt, 
très anguleuse au sommet, et d'une teinte marron à l'in- 
térieur, sauf l'axe et la callosité, qui restent blancs. Bord 
externe aigu, descendant presque rectilignement et offrant 
une sinuosité un peu au-dessous de l'insertion. Columelle 
courte, robuste, presque droite, sinus très accentué. Cal- 
losité épaisse, encrassée au sommet; — haut. 19, diam. 
9 millim. 

Cette Mélanopside a été recueillie près de Biskra, dans 
un ruisseau d'eau chaude à Ouargla, dans un puits arté- 
sien de Mazer au Ziban, ainsi qu'aux environs de Boghar 
et dans les rivières du djebel Takreda entre Mogador et 
Maroc, 



80 



iTIelanopsi!^ inxaliiea, liourguignat, 188V. (Mcla- 
ii()[)sis iiiaroi'can<-i, Vjar. Bourguujnat, Malac. 
Alg.,II, 186i, p. 2G0, pi. XVI, f. 1,2, Sel 11 

(seulement). 

Cette petite espèce, que j'avais autrefois considérée 
comme une variété de la maroccana^ me paraît actuel- 
lement digne d'être distinguée. 

Cocpiiilo ovalaire, subconoïde, subventrue, à test mince, 
subopaciue, brillant, presque toujours rongé à l'endroit de 
la suture, finement slriolé et souvent sillonné, sur le der- 
nier tour, de stries plus fortes prenant quelquefois l'appa- 
rence de lamelles éraoussées. Coloration d'un jaune-paille 
avec une zone plus foncée en dessous de la suture, et 
offrant, en outre, des flararaules rougeâtres transversales, 
interrompues. Spire courte, subconoïde, à sommet rongé. 
Six à sept tours plans tectiformes {les supérieurs exi- 
gus) à croissance régulière, séparés par une suture subli- 
néaire. Dernier tour (haut. 910 millitn.] convexe, égalant 
souvent les deux tiers delà hauteur. Ouverture parfois légè- 
rement oblique, ovale-allongée, très anguleuse au sommet. 
Bord externe descendant rectilignement. Columelle forte, 
pou cintrée, obliquement tronquée. Sinus accentué. Cal- 
losité épaisse, très nacrée, encrassée vers le sommet; — 
haut 15, diam. 7 millim. 

Ruisseau du puits artésien de Ngouça; Chetma, près 
de Biskra, et environs d'Ouargla, dans le sud de la 
province de Constnniine. 

ITIelnnoiiNiH ereniita, Tristam, MoU. Palestine, dn : 
Proceod. /ool. Soc. (»f London, 18Go, p. 5'i-2. 

Petite espèce (haut. 10, diam. C 1/2, haut. ouv. 5, 



— 90 — 

larg. 3 1/3 millim.) fusiforme, tout en étant allongée-py- 
ramidale, délicatement striolée, remarquable par son test 
corné-vitracé, d'un brillant resplendissant. Sommet aigu, 
.6-8 tours plans, à croissance régulière, séparés par une 
suture peu prononcée. Ouverture ovalaire. Columelle 
cintrée. Bord externe tranchant. Callosité médiocre. 

Abondante dans un ruisseau de l'Ouady Bagkek, 
entre Sebbeh et le djebel Usdum , au sud-ouest de la 
Mer Morte. 

Melaiiopsis varialiili^, Philippi, Abbild. Concb., II, 
p. 175 (fév. 18i7), pi. iv, f. 7, 8 et 10. (Melania 
variabilis, von der Busch, mss.) 

Cette Mélanopside est parfaitement représentée dans 
Touvrage de Philippi. C'est bien une forme spéciale. Elle 
a été découverte en Perse, à Schiraz et Persépolis. Je 
l'ai reçue parfaitement caractérisée des environs d'Alep, 
d'un ruisseau du camp des Pins, près Beyrouth, et de 
l'intérieur de la grotte du Nahr-el-Kelb, où elle paraît 
assez abondante. 

Le D'" Brot, dans sa Monographie des Mélanies(p. 425), 
a décrit et fait figurer (pi. xlv, f. 22-25), sous le nom 
de variabilis, trois formes qui ne ressemblent pas à celle 
de von der Busch et de Philippi, la première pourrait, à 
la rigueur, se rapprocher de la variabilis; la seconde 
(f. 25) est une Coquille très différente qui m'est in- 
connue; enfin, la troisième (f. 2?i- et 25), inscrite sous 
le nom de faseolaria de Parreyss, est une très jolie 
petite espèce costulée, de la série de la Saulcyi, dont je 
donnerai plus tard les signes caractéristiques, 



— 91 — 

Iflelaiiopsis cnllicliron, Jiourrjuignat, 188i. 

Espèce écourtéc, de forme oblongue-ventrue, assez 
obtuse au soDiniet, remarquable par le grand dévelop- 
pement de son dernier tour et par sa surface ornée d'une 
belle coloration jaune-verte, interrompue par trois 
bandes d'un marron rougeâtre très foncé, dont une tout 
à fait inférieure. 

Coquille mince, transparente, brillante, très délica- 
tement striolée. Spire courte, obtuse. Cinq à six tours lé- 
gèrement convexes, à croissance assez rapide, séparés par 
une suture bien marquée. Dernier tour(haut. 10 millim.) 
très grand, égalant les deux tiers de la hauteur, oblong- 
convexe. Ouverture faiblement oblique, ovalaire-allongée, 
à sommet très anguleux, intérieurement d'une nacre 
bleuâtre, sur laquelle se détachent les trois zones exté- 
rieures. Bord externe aigu, légèrement sinueux. Colu- 
raelle courte, presque droite, terminée en une pointe 
regardant en bas. Callosité assez forte, épaissie vers 
l'insertion ; — haut. 15, diam. 7 millim. 

Cette belle Mélanopside vit dans l'intérieur de la grotte 
du Nahr-el-Kelb, près de Beyrouth (Syrie). 

Elle se distingue de la variabilis , par sa forme 
oblongue-ventrue, tout en étant obtuse-écourtée (celle 
de la variabilis est allongée-fusiforme et très conique); 
par sa spire courte, obtuse (celle de la variabilis est 
pyramidale, à sommet très aigu); par ses tours moins 
nombreux et légèrement convexes (ceux de la variabilis 
sont plans-tectiformes et séparés par une suture telle- 
ment linéaire qu'elle est à peine sensible) ; par son der- 
nier tour plus développé que celui de la variabilis, qui 



— !)2 — 

ne dépasse jamais la moitié do la hauteur; par son 
ouverture plus étroite, plus longue; par sa columelle plus 
courte et plus robuste. 

Chez la variabilis, le côté externe, vers la base de 
l'ouverture, est, en outre, toujours plus sensiblement 
dilaté que celui de la callichroa, qui , au contraire, 
s'atténue en cette partie. 

]?Ielaiioii8is BHiiiiitula, Bourgiiignat, 188i. 

Cest parmi les espèces lisses une des plus petites 
Mélanopsides. Elle atteint de 8 à 10 de haut sur 3 1/2 à 
^1- de diamètre. Au premier abord, on pourrait la prendre 
pour une forme non adulte; mais, lorsqu'on l'examine 
avec soin, on remarque qu'elle est à sa taille. On ne la 
rencontre,'du reste, jamais plus grande dans les localités 
où elle vit, et où elle se trouve en telle abondance qu'elle 
tapisse les bords des ruissexiux. Elle a, au surplus, malgré 
sa petite taille, de huit à neuf tours, autant que les plus 
grandes espèces. 

Coquille ûisiformo, renflée à sa partie médiane, co- 
nique supérieurement et atténuée inférieurement; test 
lisse, brillant, d'un noir-vineux très intense, sur lequel 
se détache en blanc la callosité. Spire conique à sommet 
aigu. Huit à neuf tours plans-tectiformes, à croissance 
lente et à suture très superficielle. Dernier tour plan- 
déclive supérieurement, ventru à la partie moyenne, puis 
convexe inférieurement, enfin, dépassant la moitié de la 
hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, très anguleuse au 
sommet. Columelle blanche, robuste et cintrée. Bord 
externe tranchant, rectiligne. Callosité d'un blanc nacré, 
épaisse, encrassée vers l'insertion. 



9:] 



Fontaine froide du Hamnicini à Brousse (Anatolie) : 
Nahr-Anlalies dans le Liban (Syrie); puils artésien de 
Tamerna-Kedima, dans le Ziban (Algérie). 



lfIelano|iNis inyosotidsea, Bourguignat, 188^. 

Je ne puis mieux caraclériser celte espèce qu'en disant 
qu'elle ressemble extrêmement par sa Ibrme, p;ir sa 
coloration, par la nature de son test, et par l'aspect 
général de sa physionomie à VAlexia myosotis connue 
de tous les Malacologistes. 

Coquille oblongue, brillante, mince, presque lisse, 
d'un marron uniforme avec une petite bande noire vers 
la partie supérieure des tours. Spire courte, acuminée, 
à sonmiet très aigu, faisant saillie. Huit tours, à crois- 
sance serrée; les supérieurs très exigus, presque plans; 
le dernier (haut. 9 millim.) dépassant la moitié de la hau- 
teur, oblong-convexe, légèrement comprimé vers l'ou- 
verture au-dessous de l'insertion du bord, et offrant 
supérieurement une direction descendante. Ouverture 
verticale, ovalaire-allongée, dilatée inférieurement et 
pourvue au sommet d'une fente étroite assez prolongée. 
Columelle droite, légèrement torse, acuminée à son ex- 
trémilé, qui est aiguè, peu tronquée et regardant en bas. 
Sinus petit. Bord externe mince , entouré en dehors 
d'une zone blanchâtre étroite. Callosité médiocre, en- 
crassée vers l'insertion du bord; — haut. 14, diam. 
G millim. 



— 94 — 

Environs d'Agora et d'Alhama (Aragon), en Espagne; 
Helizane, dans la plaine du Cheliff, en Algérie. 



Melaiiopsis couplin, Bour guignât, 1884. 

Cette nouvelle Mélanopside est des plus singulières. 
Elle est tout à fait en forme de fuseau, c'est-à-dire 
renflée à la partie moyenne et presque aussi atténuée à la 
base qu'au sommet. 

Coquille de petite taille, fusiforme, peu allongée, à 
test mince, lisse, brillant, tantôt d'un jaune clair ou d'un 
marron rouge-foncé, tantôt d'un marron brunâtre avec 
une bande supérieure d'un ton plus accentué. Spire assez 
courte, acuminée, à sommet pointu. Huit tours, à crois- 
sance très serrée; les supérieurs très petits, plans-tecti- 
formes jusqu'à l'avant-dernier, qui commence un peu 
à 56 convexer. Suture linéaire. Dernier tour très grand 
(haut. 10 millim.), dépassant les deux tiers de la hauteur, 
convexe-oblonget allant en s'atténuantvers la base. Ouver- 
ture légèrement oblique, allongée, étroite, se prolongeant, 
supérieurement sous la forme d'une fente très étroite, 
intérieurement d'un blanc mat. Columelle robuste, peu 
cintrée, fortement tronquée, regardant en bas. Sinus 
grand, donnant lieu extérieurement à une arête cer- 
vicale, qui se profile en arrière de l'axe columellaire. 
Bord externe mince, arqué en avant. Callosité médiocre 
inférieurement, mais, par contre, étalée supérieurement 
et offrant un vaste empâtement tuberculiforme; — • 
haut. 14, diam. 6 millim. 



95 — 



Cette jolie IMélanopside vit dans les eaux chaudes 
du Djerid , au nord du chott Tiraoun , dans le sud 
de la Tunisie , où elle a été recueillie par notre ami 
H. Duveyrier. 



]VIelaitop$«i8 filalouioiiis, Bourguignat, 1880, citée 
par A. Locard, Malac. lac. Tibér., p. 7, 1883. 

Espèce d'un beau noir uniforme (avec une bouche et 
une callosité blanche), d'une forme suboblongue très 
ventrue et toujours nettement tronquée au troisième ou 
au quatrième tour (troncature fermée comme celle du 
Bill, decollatus). 

Test solide, opaque, peu brillant, très élégamment 
striolé par des stries délicates, sublamellées, très serrées 
et offrant, en outre, assez souvent, comme des ondula- 
tions transverses, semblables à de larges côtes obsolètes 
à l'état rudimentaire. Spire toujours tronquée, subco- 
nique (à sommet inconnu). Trois à quatre tours (les 
supérieurs manquant) plaus-tectiformes , à croissance 
régulière, séparés par une suture linéaire, bien que for- 
mant saillie. Dernier tour énorme (haut. 16 millim.) très 
convexe , et formant ventre notamment au-dessus de 
l'axe columellaire. Ouverture verticale, irrégulièrement 
oblongue, très anguleuse au sommet, très convexe du 
côté de l'axe. Bord externe mince, fortement arqué en 
avant. Columelle courte, très cintrée, comme subcana- 
liforme aussi bien en avant que du côté apertural, nette- 
ment tronquée , à base dirigée en dehors. Sinus très 
profond, donnant lieu à une large échancrure. Callosité 



— 9() — 

médiocrp, blanche , encrassée an sommet; — haut, 
(sans les tours supérieurs) 27, diam. 13 millim. 

Fossés d'eau stagnante au camp des Pins, et c.î et \h 
dans le Liban (Syrie). 

Var. minor. Taille moitié moindre. Environs d'Alep, 
à Sadjour-Sou, à quatre kilom. en aval d'Aïn-Taïb; 
ruisseaux à Doumar , sur l'oued Baradah , près Aïn- 
Fidji, et à Banias, en Syrie. 

Melaiiop^is iiiingrelica, Bayer, in : Mousson, Coq. 
Schleedi, II, 1863, p. 91, et Issel, Moll. Persia, 
p. 15, 1865. — (Melanopsis prœrosa, var. min- 
grelica, Boettger, Kauk. Moll., 1883, p. 193, et 
Sechst. Vcrz. transkauk. Moll., 1881, p. Ikl). 

Mélanopside du même groupe que la précédente, très 
répandue dans toutes les régions au sud du Caucase, oii elle 
a été signalée à Reduktaleli, à Poti (dans le lac Palestom), 
à Kutaïs, àSachum, à Zalka, à Agdschakadul, etc. 

Le professeur Issel (Moll. Persia, p. 16) a mentionné 
une variété carinata des environs de Poli, caractérisée 
par une carène médiane subtuberculeuse. 



Melanopsis ascamia, Bour guignât, 1880, citée par 
Locard, Malac. lacTibér., p. 7, 1883. 

Grande et belle IMélanopside remarquable par sa spire 
allongée-acuminée, dont les tours subméplans sont lar- 
gement développés en hauteur et en grosseur. Coquille 
allongée, subfusiforme, subatlénuée à la base, à tesl so- 



— !)7 — 

lide, opaque, lisse, peu brillant, d'une teinte marron, 
cerclée par trois zones plus foncées, qui se font remar- 
quer surtout dans l'intérieur de l'ouverture, où elles se 
détachent sur un fond blanc. Neuf tours, à croissance ré- 
gulière, néanmoins assez rapide, séparés par une suture 
linéaire, devenant accentuée seulement au dernier. Les 
supérieurs méplans jusqu'au dernier, qui prend une con- 
vexité très prononcée. Dernier tour (haut. 15 millim.) 
n'atteignant pas la moitié de la hauteur. Ouverture verti- 
cale, oblongue, très anguleuse au sommet. Columellc ro- 
buste, cintrée, fortement tronquée, à extrémité regar- 
dant, en dedans. Bord externe mince, d'abord sinueux, 
})uis, vers la moitié inférieure, devenant arqué en avant. 
Callosité médiocre, épaissie au sommet; — haut. 32. 
diam. 11-12 millim. 

LacSabandja, ])rès d'Ismidt (Anatolie). 

I?lelanoii»!iis Doriœ, Issel, Moll. Persia, p. IG, pi. i, 
f. 7-8 , 1865 , et lirot , iMélan., pi. xlvi, f. 3, 
1874. 

Bonne espèce, recueillie par M. le marquis Doria , 
dans les eaux thermales de Kerman, au sud de la Perse. 

iVIelanoiisis aniiiioiiis, Tristam, Moll. Palestine, in : 
Proceed. zool. Soc. London, 18G5, p. 5'»2. 

Coquille, de sept à neuf tours plans ornés de côtes 
transversales peu prononcées, remarquable jiar sa forme 
allongée et surtout par l'exiguïté de son ouverture. 

Uuisseau d'Heshbon etd'Ammon, à l'est du Jourdain. 

II. — Aiiiiahs ilr MaInroliHju'. — MAI 188i. 7 



— 98 — 

melanopsis Olivieri, Bourguif/nat, ISSk. 

Grande espèce allongée-iiyramidale , ventrue à son 
dernier tour, à test épais, solide, d'un marron foncé et 
sillonné par des stries fines, souvent plus fortes vers l'ou- 
verture. Spire acuminée en pyramide, à sommet aigu. 
Neuf tours plans-tecliformes, néanmoins un tant soit peu 
convexes, à croissance régulière, séparés par une suture 
accentuée, bien que linéaire. Dernier tour ventru, très 
gros, bien développé, atteignant moitié de la hauteur. 
Ouverture verticale, oblongue, très anguleuse au som- 
met, à contour très cintré du côté coluraellaire, et inté- 
rieurement d'une nacre blanche ou jaunacée. Bord ex- 
terne mince, sinueux supérieurement, puis arqué en 
avant et offrant inférieurement une certaine expansion 
analogue à celle que l'on remarque chez la maroccana. 
Columelle courte, forte, très cintrée, à base regardant en 
dehors. Sinus profond, donnant lieu en arrière à une 
arête cervicale. Callosité épaisse , fortement tuberculi- 
forme au sommet; — Haut. 3i, diaoï. 14 millim. 

Le type se trouve entre Ain-Taib et Alep, àSadjour-Sou. 
Je connais encore cette Mélanopside du Nahr-el-Kelb, 
près Beyrouth; de divers cours d'eau du Liban ; de Ser- 
ghaia dans l'ouady Baradah près de Damas; de la fon- 
taine Jérémie près de Jéricho; enfin, des environs de 
Conslantiiiople, où l'on rencontre quelquefois une variété 
lamellata sillonnée par des côtes émoussées. 

9Ielaiiopsis Feriissaci, Roth , MoU. spec, p. 2i, 
pi. II, f. 10, 1839, et Mousson, Coq. Bel- 
lardi, p. 4-2, 18oi. 

Celte Mélanopside, que les auteurs ont confondue soit 



— 99 — 

avec la biiccinoidœa, soit avec la prœmorsa, me paraît 
spéciale et bien caractérisée. La ligure donnée par Rolh 
est bonne. 

Je possède cette forme de Smyrne (échantillons-types), 
de Larnaca (Chypre), du lac de Nicée (Anatolie), de di- 
vers cours d'eau du Liban, de Serghaia dans l'ouady Ba- 
radah près de Damas; cnlin, d'Orfa, de Malatea, de Bé- 
rédjik dans le Diarbekir. 

I?Iclaiio|isSs inarnccaiia (pars), Bourguignatt Malac. 
Alger., M, 18(5/t,p. 257, pi. xv, f. 12, 13 et 

\k (seulement). — (Buccina maroccana, Chem- 
nitz^ Conch. cab., XI, 1795, p. 285 [pars] et 
pi. ccx, f. 2078 et 2079 [seulement]. — Me- 
lanopsis prœrosa [nonLinnœus], Suites à Ross- 
mtissler, f. 1882 et 1885 seulement.) 

Cette forme est surtout remarquable par l'expansion 
aperlurale de la partie inférieure de son bord externe. 

Autrefois, encore sous l'inlluence de l'ancienne mé- 
thode, j'avais rangé, sous le nom de maroccana, un 
grand nombre de variétés constantes, que je considère 
actuellement comme suffisamment caractérisées pour être 
élevées au rang spécifique. Je n'admets plus aujourd'hui 
que trois variétés : une majora une média et une minor 
pour les différences de taille. 

Cette Mélanopside est excessivement répandue dans 
tous les cours d'eau de la Tunisie, de l'Algérie et du .Ma- 
roc. Comme cette forme se trouve presque partout, il est 
superflu de citer le nom des localités. 

En dehors de ces régions du nord de l'Afrique, je la 
connais bien caractérisée : 



— 100 — 

V Du Gnadalaviar, près Valence (Espagne) ; 

2" De Fallonica, près de Pise^ du lac d'Accesa et de 
Caldana dans les maremmes de Toscane (Italie); 

S'' De Nauplie (Grèce) ; 

k" Des eaux chaudes de Brousse (Anatolie) et d'Aïn- 
Plaça dans la plaine du Bahr-el-Houlé (Syrie). 

Les échantillons d'Italie appartiennent à la variété 
miiiov; bien qu'ils atteignent seulement 13 de haut, sur 
7 de diamètre, ces échantillons ne sont pas moins bien 
caractérisés. 

Les individus d'Espagne, de Grèce et d'Asie rentren l 
dans la variété média. 

Quant à la variété inajor (Malac. Alger., pi. xv, f. 17 et 
18), elle se trouve spécialement aux alentours de Mosta- 
ghanem (Algérie). 

Ificlaiiopsis brebis, Parreyss , in : Mousson , Coq. 
Bellardi, p. 51, 1854. 

Cette Mélanopside, qui ressemble en petit à la maroc- 
cana , est le représentant en Orient de l'espèce maro- 
caine. 

La brevis que M. Mousson signale du Léonthes en 
Syrie, est une forme très répandue; je l'ai reçue de 
Brousse, de Nilufer près Mondania (Anatolie), de la fon- 
taine du Soleil à Baalbeek et de divers cours d'eau du 
Liban, del'Antiliban et du Diarbekir. 

Iflelaiiopsis oliesa, Bourguignat, 1884. (Melanopsis 
Dufouri, var. Rossmàssler, Iconogr., XIII et 
XIV, 1854, p. 30, f. 837. — Melanopsis prae- 



— 101 — 

raorsa, var. nbesa (1), Gassies, Coq. Mayran, 
1856, p. 12, f. 11-12.) 

Celte obesa est très exactement représentée dans les tra- 
vaux de Rossmilssler et de Gassies que je viens de citer. 

Le gonflement extraordinaire du dernier tour du côté 
droit est si singulier qu'il pourrait passer pour un fait 
accidentel, si ce caractère n'avait pas été reconnu sur un 
nombre considérable d'individus. 

Celle espèce, constatée d'abord dans l'étang d'Albu- 
féra près de Valence, en Espagne, et de l'oued Isser sur 
la route entre Sidi-bel-Abbès et Tlemcen, a encore été re- 
trouvée, en Algérie, à Ain-Fekan(prov. Oran), h Biskra, à 
Ourlana et dans les puits artésiens de Djama (prov. Con- 
stantin e). 

]TIelaiioiisis Uofilliaiia, Uoiirguignat, iSSV. 

Cette jolie espèce , à laquelle j'attribue le nom du 
D' RofiU y Pocb, secrétaire de la « Cronica cientifica » 
de Barcelone, est une miniature de Vobesa de Gassies, 
bien qu'elle soit très différente de celle-ci. 

Petite coquille (haut. ll,diam.5millim.) subconique, 
mince, d'un marron uniforme des plus brillants, et 
offrant une surface lisse , sauf vers l'ouverture. Spire 
atténuée, subconoïde, à sommet peu aigu , ordinaire- 
ment rongé. Six tours plans-rectilignes, à croissance ré- 
gulière, séparés par une suture bien marquée, quoique 
linéaire, par suite d'un léger relief des tours; les supé- 
rieurs exigus; le dernier très grand (haut. 9 millim.) attei- 

(1) Non obesa de Guirao , ciui est ma Mclanopsis Guiraoi (voir 
ci-après). 



— 102 — 

gnant pr5s des deux tiers de la hauteur, carantérisé par 
une forme méplane-déclive supérieurement, convexe in- 
férieu rement, et prenant, vers l'ouverture, une ventro- 
sité analogue à celle de Vobesa; enfin, remarquable par 
une brusque direction descendante à l'insertion du bord 
externe. Ouverture presque verticale, ovalaire, très angu- 
leuse au sommet, très dilatée, convexe du cAlé externe, 
d'un nacré violacé très brillant à l'intérieur. Bord iiéristo- 
raal externe évasé, dilaté, largement patulescent. Colu- 
melle grosse, robuste, encrassée, droite, à extrémité en 
pointe, regardant en bas. Callosité étalée, relativement 
considérable. 

Cette Mélanopside vit aux environs de Lorca, en Es- 
pagne. 



mielanopsis luaiiritanica, Boiirguignat, 1884. (Me- 
lanopsis tingitana [non Morelet], Kobelt, Ico- 
nogr., f. 18S3 et 1887 [seulement l'échantil- 
lon à gauche], 1880.) 

L'espèce que je distingue sous cette nouvelle appella- 
tion, par la forme de son ouverture, par l'ensemble de 
son contour, ainsi que par sa physionomie générale, est 
une Coquille voisine, malgré ses costulations, des Méla- 
nopsides de la série des maroccana, tondis que la tingi- 
tana de M. Morelet, telle que cet auteur l'a fait figurer, 
est une forme essentiellement difi"érente sous tous les 
rapports, appartenant à la série de la turrita. On n'a qu'à 
faire la comparaison de la soi-disant tingitana (f. 1883) 
de riconographie , de la vraie tingitana (au dire de 



— 103 — 

M. Morelct) représentée (Malar. Maroc, pi. m, f. 8, 
1880), pour acquérir la conviction que ces deux Tingi- 
tanes ne sont, non seulement pas les mêmes, mais encore 
qu'elles ne peuvent être classées dans la même série. 

La mauritanica (Tingitana de la figure 1883 de l'Ico- 
nographie) est une Coquille ventrue-oblongue, à spire atté- 
nuée, subconoidc, ayant un certain air obèse et lourd, 
par suite d'une courbure en dos dïme assez accentuée du 
côté opposé à l'ouverture. Son dernier tour, sensiblement 
dilaté-convexe, donne à l'ouverture une apparence très 
cintrée du côté inféro-externe, analogue à celle que l'on 
remarque chez les diverses espèces de la série de la Ma- 
roccana. Les costulations sont surtout supérieures ; 
elles s'elTacent presque entièrement sur le dernier tour. 
Sur l'échantillon (f. 1887) représenté à gauche, qui consti- 
tue une variété lœvis, les costulations n'existent niême 
plus vers le sommet. 

La mauritanica se rencontre çà et là dans le Maroc, 

Ulelaiiopi^i!^ Sei^iietti, Boiirf/uignat , 1872. (Mela- 
nopsis Maresi [non Bourguiynat]^ Kobelt, 
Iconogr., 1880, f. 188'i..) 

Cette Mélanopside, présentée comme ma Maresi, n'a 
pas le moindre rapport avec elle. On pourra s'en con- 
vaincre par la comparaison de la figure 188^ avec celles 
très exactes que j'ai données dans ma Paléontologie et ma 
Malacologie de l'Algérie. 

Le type de la Seignetti a été recueilli par le capitaine 
Soignelto, on 1870, lors do l'expédition du général 
Wimptl'on dans les oasis du sud de la province d'Oran, 
Elle a été abondamment trouvée dans les sources de l'oasis 



— lOi — 

Sidi Yousef, à l'extrême sud de la frontière du Maroc. De- 
puis, elle a été découverte dans un ruisseau d'eau chaude 
à Ouargla, dans le Sahara de la province de Constantine. 
L'auteur des Suites à Rosmassler la mentionne (sous le 
nom erroné de Maresi] de la rivière Nyonia? du Maroc. 

Cette Coquille est très fidèlement rendue figure 1884. 
Le caractère des côtes, légèrement obliques, a été surtout 
parfaitement saisi. 

La Seignetti, du groupe de la Maiiritanica, est une 
forme oblongue-écourtée, assez renflée, à sommet briè- 
vementacuminé. Le test, d'un marron-noirâtre uniforme, 
n'est pas costulé, mais plutôt plissé. Ces plis sont supé- 
rieurs, sauf vers l'ouverture, où ils descendent jusqu'en 
bas. Les tours, au nombre de six, s'accroissent lentement 
jusqu'au dernier, qui est relativement développé, puis- 
qu'il dépasse la moitié de la hauteur; l'ouverture, bien 
ovale, très anguleuse au sommet, offre le caractère de 
celle des formes de la série des Maroccana ; la columelle 
est cintrée; le sinus est très prononcé; enfin, la callo- 
sité est surtout épaisse au sommet ; — haut, i o-\ 7, diam. 
7 millim. 

Il existe une \ar'\éié pulchella, h test plus délicat et 
moins renflé, qui vit dans les mômes localités que le type. 



Ulelanopsis etriisca, Villa, mss. (Melanopsis Du- 
fouri, var. etrusca, Brot, Cat. syst. Melan., 
p. 63, 1862, et de plusieurs auteurs italiens). 

.Tolie petite espèce de forme constante, d'une teinte 
marron uniforme, quelquefois d'un marron bleuacé, en- 



— 105 — 

tourée d'une zone plus foncée, offrant, à l'endroit de cette 
zone, un léger méplan parfois faiblement concave, 

La forme de l'ouverture, par suite de la convexité 
accentuée du bord externe vers sa partie inférieure, rap- 
pelle celle des espèces de la série de la Moroccana; elle 
a, également, des rapports de ressemblance avec celle de 
la Dufouri. La callosité, d'une belle nacre blancbe, est 
fortement épaissie vers l'insertion du bord externe. 

Je possède cette Mélanopside, qui offre, dans sa taille, 
quelques variations de peu d'importance : de Caldana, 
dans les marerames de Toscane; de Fossa calda, près de 
Cami)iglia, et du lac d'Arcesa, près de Massa-Maritima 
(Italie). Je l'ai encore reçue bien caractérisée des ruis- 
seaux de l'île d'Ivice, dans les Baléares. 

Iflelaiiopsispleiirotoinoidoea; Bourf/uignat, 188V. 

Cette Coquille, qui vit dans les mêmes localités que ta 
précédente, avec laquelle elle a^, sans aucun doute, été 
confondue, est remarquable par la partie supérieure 
cchancréeàw bord externe, qui revient en arrière, au point 
de laisser à découvert l'épaississement tuberculiforme de 
la callosité. Chez Vetrusca, le bord externe descend rec- 
lilignement et n'offre aucune trace d'échancrure à son 
insertion. 

Cette échancrure caractéristique de \?ij)lcurotomoidœa 
dépasse 1 millimètre, chiffre énorme comparativement à 
la taille de celte espèce, dont la moyenne est de 10 de 
hauteur, sur 5 de diamètre. Vu de profd, le bord externe 
paraît tout à fait arqué en avant. 

Cette Mélanopside diffère encore de Vetrusca par sa 
forme moins allongée, plus trapue, plus conoïde ; par son 



— 106 — 

ouverture presque subarrondie, par suite d'une plus 
grande convexité du bord externe ; par sa coluraelle plus 
cintrée ; par sa callosité plus forte et plus tuberculiforme 
au sommet. 

IVIelaiiopsis lorcaiisi, Guirao, m : Malak. Bl., 18,54-, 
p. 32, et Ros?nâsssler, Iconogr. (XIII et XIV, 
1854), p, 33, f. 845, et Servain, Moil. Esp., 
p. 154, 1880. 

Cette forme a été recueillie en Espagne dans les cours 
d'eau de Rambla de Yiziiaga et de Pontano de Puentcs, 
près de Lorca, ainsi que dans divers ruisseaux aux envi- 
rons de Benalmadena, dans la sierra de Mijas. Je la 
connais encore des eaux thermales de Matlien, à Alhama, 
dans l'Aragon. 

l?Iclaiioiisis Pcncliinati, Bourguignal, Moll. nouv. 
{9*^ décade, 18()8), n" 90, pi. XL, f. 1-4. 

Getle belle Coquille, remarquable par ses costiilations, 
par son énorme callosité empâtant tout l'axe columellaire, 
possède un bord externe offrant, à son insertion, un re- 
trait en arrière, assez semblable à celui de la pkuroto- 
moidœa d'Italie. 

Agora, en Aragon. Dans les eaux doMalhcn, à Alhama, 
on rencontre une forme minor. 

IVIcInnuii.^iM ISlcielacrÊ, PaladilhCy Dcsc. qu(^lq. esp. 
nouv. onv. d'Oran (Ext. : Rcv. se. nat. Mont- 
pellier, 1874), p 5. f. 23-25. 

f'ette espèce, parfaitement caractérisée, recueillie par 



— 107 — 

le D' Bleicher dans les dépôts quaternaires des environs 
d'Oran, est une forme actuelle, vivant près de Saint- 
Denis-du-Sig (Algérie) et aux alentours de Valence, en 
Espagne. 

Ses tours supérieurs excessivement petits se dévelop- 
pent en saillie. La spire est très courte. Le dernier tour, 
énorme, atteint les trois quarts de la hauteur. Le test 
lisse, brillant, d'un marron corné, passant parfois au 
bleuâtre, est orné de (lammules marron transversales et 
interrompues. La callosité est tuberculiforme au sommet. 
Sur le dernier tour, on remarque un sillon méplan, très 
faiblement concave, caractéristique des formes de cette 
série. 



Iflelanop.sis scalaris (non Parreyss, mss.), Gassies, 
Coq. Mayran (Extrait Soc. linn. Bordeaux, XXI, 
1856), p. 12, f. 7-8. 

Cette Mélanopsidc est parfaitement figurée dans le tra- 
vail de M. Gassies. Sa représentation suffit amplement à 
sa connaissance, si l'on veut bien examiner attentive- 
ment les caractères de cette Coquille. J'ai donné (Malac. 
Alg., II, 186'i., pi. XV, f. 19), sous l'appellation demwroc- 
cana^var. scalaris, la figure d'une forme minor de cette 
espèce. 

Le bord externe, d'abord concave, devient ensuite très 
arqué en avant à sa partie inférieure; les tours sont plans 
supérieurement, et comme rreusés au-dessous de l'angle 
r-arénant. 



— 108 — 

Source thermale d'Aïn-Fekan, entre Mascara et Saida, 
et oued Moulouiah, à Lalla-Maghnia, près des frontières 
du 31aroc, dans la province d'Oran. A Ouargla, on ren- 
contre une forme d'une taille un peu moindre, fort peu 
scalaire, où, chez cjnelques échantillons, la carène sub- 
suturale s'efface sur le dernier tour. 

^lelanopsis suhscaiavi», Bourguig7îat, 1884.. (Me- 
lanopsis maroccana, var. scalaris [non Gassies], 
Bourguignat, Malac. Alger., II, 1864, p. 260, 
pi. XV, f. 20 seulement). 

Cette forme, que l'on rencontre rarement dans l'Ain- 
Fekan, mais plus abondamment dans les eaux des alen- 
tours de Saint-Deuis-du-Sig, près d'Oran, se distingue de 
la scalaris: par sa taille moindre ; par sa forme oblongue- 
allongée, à spire élancée, terminée par un sommet très 
pointu; par des tours non scalaires, mais présentant sim- 
plement, le long de la suture, une étroite zone subangu- 
leuse, non plane, mais déclive; par son bord externe 
non aussi convexe à sa partie inférieure; par son ouver- 
ture moins large, plus longue, etc. 

Chez cette espèce, la coloration ordinairement d'un 
cendré marron prend parfois des tons d'un vert-bleuacé 
tout particulier. 

Aux environs de Fez (Maroc), existe une forme major 
(haut. 20, diam. 12 millim.), remarquable par son bord 
externe dilaté, très ventru, à l'instar de celui des espèces 
de la série des Maroccana. 

:vie!auo|)si.«< Guiraoà, Bourguignat, 1884 (Melanopsis 
obesa [non Gassies, 1856], Guirao, rass. in: 



— 109 — 
Brot, Melan., p. .V38, pi. xlvii, f. 16-17, 1874-). 

Cette forme, tn^'s voisine do la scalaris de Gassies, vit 
dans les cours d'eau de la province de Murcie. Je la pos- 
sède de Lorca. 

La spire très courte, est atténuée en l'orme de dôme 
(f. 17) ou en forme d'escalier (f. 16); la partie supé- 
rieure des tours est inclinée-tectiforme jusqu'à l'angle 
carénant. Chez la scalaris, la partie spirale intermédiaire 
entre la suture et la carène est plane. 

IVIelaiiopsi!^ SSniiiniaïuensis, Gassies, Coq. Mayran 
(Extrait Soe. linn. Bord., XXI, 1856), p. 11, 
f. 9-10. — Morelet, Malac. Maroc, 1880, 
}). 08. (Buccina maroccana, Chemnitz,ÇAO\u\\. 
cab., XI, 1795, pi. ccx, f. 2080 et 2081 
seulement. — Melanopsis maroccana , var, 
Hammamensis, Bourguignat, Malac. Alg., II, 
1864, p. 260, pi. XV., f. 21 et 22 seulement. 
— Melanopsis raaroccana , Mousson , in : 
Jahrb. Malak., I,187i, p. 103. 

Espèce abondante dans roued-el-Hammara ( prov. 
d'Oran), à Casa Blanca et à Fez (Maroc). 

h' Hammamensis du D' Paladilhe (Coq. Maroc, p. 21) 
signalée des alluvions quaternaires du Sbou , près de 
Meknès (Mekinez) est Vacutespira. 

La vraie Hammamensis est très exactement figurée 
dans Chemnitz et Gassies; on n'aura qu'à se reporter 
aux figures de ces auteurs pour la connaissance de celte 
iMélanopside. 



— 110 — 

llelanopsis ITIohainniedi, Bourguignat,\^^\. (Me- 
lanopsis prœrosa, Morelet, Malac. Maroc (ExU 
Journ. Conch., 1880), p. 67, pi. m, f. 6) 

Cette forme, qui n'a aucune ressemblance avec la 
vraie prœrosa (Bucc.) de Linnœus, est une espèce spé- 
ciale répandue dans le sud du Maroc. Elle est citée 
d'Agadyr où elle vit avec la vraie Maroccana. Je la 
connais des environs do Mogador. 

La Mohammedi est très bien représentée dans le Mé- 
moire de M. Morelet (pi. m, f. G). Cette figure suffit 
pour la distinction de cette Mélanopside. 



Jflelanop^is Beloiiidœa, Bourguignat, 188i. (Olim, 
Melanopsis maroccana , var. in : Malac. 
Alger., II, 1864-, pi. xvi, f. 5 et 6 seulement). 

Coquille fluette, élancée-allongée, à peine ventrue, à 
spire longue terminée par un sommet acéré, et offrant 
une ouverture dilatée à la base par suite de l'expansion 
du bord externe descendant plus bas que l'écbancrure 
coluraellaire. 

Test solide, opaque, brillant, très finement striolé, 
d'un ton corné ou marron, avec une zone supérieure 
plus foncée. Spire allongée, acuminée, à sommet pointu. 
Huit tours à croissance serrée, séparés par une suture 
linéaire j les supérieurs délicats, plans; le dernier très 
grand, dépassant la moitié de la bauleur, de forme 
oblonguo-allongée, peu convexe, avec un sentiment de 



— ni — 

sillon concave vers sa partie moyenne. Ouverture très 
fail)lement oblique, ohlongue, très anguleuse avec une 
lente prolongée au sommet, assez dilatée à la Lase, par 
suite du bord externe descendant plus bas que l'échan- 
crure. Bord externe faiblement arqué en avant avec 
régularité et légijrement rétrocèdent inférieurement. 
Columelle courte, peu cintrée, fortement écbancrée par 
un sinus profond, donnant lieu extérieurement à une 
arête cervicale saillante. Callosité épaisse, très encrassée 
et tuberculiforme au sommet; — baut, 13-15, diam. 
4-5 miliiûi. 

Var. minor, — Coquille encore plus fluette, d'une taille 
moindre; — baut. 10, diam. 3 millim. 

Ruisseau d'eau cbaude à Ouargla (prov. de Con- 
stantine) et eaux thermales du Djérid, au nord du cbolt 
Tiraoun (sud de la Tunisie). 

Jflelanoiisis CoHi^oiii. Bourguignat, 1884. 

Cette Mélanopside , dédiée au savant botaniste le 
D' Ernest Cosson, membre de l'Institut, est une forme 
allongée rappelant en très petit les contours de la Dufouri, 
au dernier tour oblong, peu convexe, avec un soupçon 
de sillon concave, et un test orné de très fines lamelles 
ou parfois de cotes obsolètes à l'état rudimentaire. 

Coquille épaisse, opaque, d'un brun verdàtre ou d'un 
marron plus ou moins foncé. Spire allongée, turriculée et 
s'acuminant en un sommet aigu , lorsqu'il n'est pas 
rongé. Huit à neuf tours à croissance lente, séparés par 
une suture linéaire ou d'autres fois accentuée, par suite 
d'un renflement spiral subsutural; les supérieurs petits, 
délicats, presque plans jusqu'à l'avant-dernier, où la 



— 112 — 

convexité commence à se faire sentir. Dernier tour grand, 
dépassant la moitié de la hauteur, légèrement concave 
supérieurement et assez renflé-convexe vers la base du 
bord externe, ce qui donne à l'ouverture une apparence 
dilatée qui rappelle celle de la Bufouri ou de la Ma- 
roccana. Ouverture faiblement oblique, oblongue, très 
anguleuse au sommet, dilatée inférieurement. Bord 
externe descendant presque rectilignement, sauf une 
légère sinuosité au niveau du sillon. Columelle courte, 
cintrée, très tronquée, acuminée, à pointe regardant en 
bas. Callosité forte, épaisse au sommet; — haut. 18, 
diam. 7 millim. 

Eaux thermales d'Ouargla et près du chott Tiraoun 
dans le sud de la province de Constantine et de la Tunisie. 

Var. Aprica. — Forme d'un brillant éclatant, d'un 
blanc bleuâtre, avec des llaramules transversales marron. 
Stries en forme de lamelles très serrées, très régulières. 
— Dans les Seguia des jardins de Miliana, premier ksar 
au nord de l'oasis d'Insalah, dans le Sahara. 

Aux environs de Valence (Espagne), on rencontre assez 
abondamment une forme plus ventrue, moins allongée, 
que je no puis distinguer autrement de cette variété 
aprica. 

TTIelaiiopeiis Dufouri (pars), Férussac , Monogr. 
Mélan. in : Ann. Soc. hist. nat. Paris, I, 1823, 
p. 153 (cette synonymie n'est seulement citée 
que pour le nom), et, Graëlls, Mol. Espana, 
1846, p. 17, f. 20, 21 et 22; et Servain, 
MoU. Esp. , p. 153, 1880. — (Melanopsis 
Dufourei, Rossmdsslcr, Iconogr., XIII et XIV, 
1854, p. 28 [pars] et f. 835, 83G, 838 et 839). 



— 113 — 

— Melanopsis marnccnna, var. zonata, Gassies, 
Coq. Mayran (Extrait Soc. linn. Bordeaux, XXI, 
185G), p. 12 (pars) et f. 5-6. 

Les meilleures figures de la Dufouri, qui rendent bien 
le port et l'aspect de cette Coquille, sont incontesta- 
blement celles 835, 836, 838 et 839. Celte dernière 
figure représente une foraie sans zone concave. 

Les figures données parGraëlls et Gassies sont bonnes, 
mais néanmoins inférieures à celles de Rossmassler, que 
je recommande. Quant à celles que Ferussac (pi. viii, 
f. 16, et pi. IX, f. 5) a données comme Dufouri^ elles 
n'ont aucun rapport avec cette Mélanopside. 

La Dufouri est une grande espèce caractérisée par des 
zones spirales plus ou moins concaves et par son ou- 
verture offrant vers la base du bord externe une dila- 
tation convexe analogue à celle des espèces de la série de 
la Maroccana. Cette dilatation, commune chez toutes les 
Mélanopsides de cette série, ne se fait pas remarquer 
chez celles du groupe de la Graëllsi. qui ont, au con- 
traire, une ouverture atténuée à la base. 

La Dufouri vit en Espagne, oiî elle a été constatée 
à Fortuna (Murcie), aux environs de Valence, d'Ali- 
cante, etc. 

En Algérie, elle a été recueillie à Mascara et à Ain- 
Kadra au sud de la province d'Oran, ainsi qu'à Insalah 
(Sahara), où le voyageur Soleillet a rencontré une forme 
minor bien caractérisée. 

Je n'ai pas encore connaissance qu'elle ait été trouvée 
au Maroc, bien que vraisemblablement elle doit y vivre. 



Annales de Malacvloyii'. — MAI 1884. 



■— iih — 

IVIelaiiopsi» suligraellsiana, Bourguignat , 186^. 
Olim, Melanopsis maroccana , var. subgraëll- 
siana, in : Malac. Alger., II, 1864, p. 260, 
pi. XV, f. 26 (seulement), et Melanopsis 
maroccana, var. Ross7nàssler^ Iconogr., XIII et 
XIV, 1854, f. 840, 842 et 843. 

Chez celte forme, les zones spirales plus concaves, 
plus étroites , sont limitées par des sillons carénants. 
Lorsque la zone est unique, il y a deux carènes; lors- 
qu'elle est double, les carènes sont au nombre de trois. 

Cette forme, qui est constante (c'est pour ce motif que 
je l'adopte), est abondante en Espagne, à Alcira, à Bur- 
riana, etc.; elle est un peu moins commune en Algérie, 
où on la rencontre aux environs d'Oran. 

Melanoiisis aciitespira , Dourguignat, 1884. (Me- 
lanopsis Uufourei, var. Rossmàssler, Iconogr., 
XIII et XIV, 1854, f. 844. — Melanopsis 
maroccana, var. Subgraellsiana [pars], Bour- 
gidgnat, Malac. Alg., II , 1864 , pi. xv , f. 24 
[seulement]. — Melanopsis marroccana, Pala- 
dilhe, Coq. Maroc [Extrait Rev. et Mag. zool. 
1875], p. 21.) 

Cette jolie espèce, très reconnaissable par les figures 
excellentes que je viens de citer, a été trouvée dans 
l'aqueduc de la Palafanga, près Almazora (Espagne), aux 
environs de Mascara (Algérie) et dans les alluvions du 
Sbou, près de Mekinez (Maroc). 



115 — 



inelanopsis Isseli, Bourgidgnat, 1884. (Olim Mela- 
nopsis maroccana, var. in : Malac, Alg., II, 
1864-, pi. XV, f. 25 [seulement].) 

Cette belle Mélanopside, à laquelle j'attribue le nom 
du D' Arturo Issel, de Gènes, est une Coquille conique- 
pyramidale depuis le sommet jusqu'à une forte carène 
située au milieu du dernier tour, où se trouve le 
maximum de ventrosité; à partir de cette carène mé- 
diane, le bas de cette Coquille va en s'atténuant sous une 
apparence parfois subconoïde. Cette atténuation fait que 
l'ouverture n'offre pas, vers la base du côlé externe, cette 
dilatation convexe caractéristique des formes de la série 
de la Maroccana ou de celle de la Dufonri, 

Test épais, solide, finement ou le plus souvent assez 
grossièrement strié, d'une teinte uniforme d'un noir- 
bleuâtre pruinosé (je ne puis rendre par un autre mot 
ma pensée). Spire conique, tectiforme, paraissant parfois 
un peu scalaire, par suite d'un filet carénant qui fait 
saillie le long de la suture. Sommet très aigu. Sept tours 
plans-tectiformes, à croissance régulière et séparés par 
une suture tantôt linéaire, tantôt accentuée, selon que le 
filet carénant est plus ou moins prononcé. Dernier tour 
grand, dépassant la moitié de la hauteur , plan-tectiforme 
(parfois même un tant soit peu concave) jusqu'à la carène, 
puis faiblement convexe (ou bien presque plan) jusqu'à 
la base, devenant néanmoins plus convexe vers l'ouver- 
ture; celle-ci, presque verticale, oblongiie, allongée, assez 
étroite inférieurement, est pourvue d'une fente assez 



— tio — 

longue au sommet. Bord externe mince descendant rec- 
tilignement. Columelle peu cintrée, acuminée, à pointe 
regardant en bas. Callosité blanche, épaisse, tubercu- 
liforme au sommet; — haut. 20-24-, diam. 9-10 millim. 
Le type se trouve dans le lac d'Accesa, près de Massa, 
en Toscane (Itah"e). Aux environs d'Oran, on rencontre 
une forme un tant soit peu scalaire (Malac. Alg., pi. xv, 
f. 25) à test d'un beau noir-bleu; enfin, dans la vallée du 
Nahr-el-Kelb, près de Beyrouth, on trouve une autre 
forme semblable au type italien, seulement à test marron. 

]flclano|isi8 Graëllsi, Villa, mss., in : Graëlls, Mol. 
Espana, p. 17, f. 16-19, 1846, et Servain, 
MoU. Esp., p. 153, 1880. (MelanopsisDufourei, 
var. Graëllsi, Rossmàssler, Iconogr. [XIII et 
XIY, 1854-],p. 31,f. 8/tl.) 

Le D"" Graëlls et Rossmàssler ont donné d'excellentes 
figures de cette espèce. Je ferai remarquer que cette Mé- 
lanopside a une ouverture toujours atténuée à la base, 
et que, sous ce rapport, elle ne peut renlrer dans les sé- 
ries des Maroccana et des Diifouri. 

Cette espèce est très abondante en Espagne, aux en- 
virons de Valence et d'Alicante. 



J9Ielanopsis Eietoiirneiixl, Bourguignat^ 1872, et 
Letourneux^ MoU. Maroc, in : Soc. Climatol. 
Alg., XIII, 1876, et Crosse, in : Rev. Soc. sav. 
(2* série), XI, 1877, p. 33, et Bourguignat, 
Spec. nov. Moll., n" 198, 1878. 



— 117 — 

Coquille caractérisée par un test orné de grosses côtes 
transverses, espacées, obtuses, tressaillantes, offrant supé- 
rieurement deux rangées de nodosités. Entre ces deux 
rangées, les côtes disparaissent presque entièrement et 
sont remplacées par une dépression en forme de sillon. 
La partie supérieure des tours est en saillie sur la suture 
(ce qui rend la spire scalariforme), et sur celte saillie 
s'espacent les nodosités de la rangée supérieure. 

L'ouverture, très anguleuse au sommet avec une fente 
assez longue, est oblongue, très échancrée à la base par 
le sinus mélanopsidien, qui est fort grand. Le bord externe 
est légèrement arqué en avant à sa partie inférieure. 

Les tours, au nombre de six, s'accroissent régulière- 
ment jusqu'au dernier, qui est peu convexe, allongé- 
oblong, et dont la taille égale près des trois quarts de la 
hauteur. 

Cette magnifique Mélanopside est très abondante dans 
la source et la rivière de la Moulouiah (ou Mouilab), à 
l'ouest de Lalla-Maghnia, sur la frontière du Maroc. 

Var. tunetana. — Melanopsis tunetana, Morlet, Liste 
Coq, rec. dans les Cholls, par M. André, in : Arch. miss, 
scient, minist. instr. publ., (3* série), YII, 1881, p. 396, 
pi. VI, f. 3 seulement (la figure k n'appartient pas à cette 
espèce, elle doit être considérée comme une Maresi non 
adulte), et in : Journ. Conch,, 1881, p. 3i6, pi. xii, f. 3. 

Cette forme, que je rapporte à titre de variété, est iden- 
tique comme forme et comme taille à la Letoimieuxi. Elle 
ne diffère du type que par ses côtes et ses nodosités 
plus délicates, plus atténuées, et par l'absence d'une se- 
conde rangée de nodosités. Celte variété vit aux alentours 
de Keriz (sud de la Tunisie), où elle a été recueillie [lar 



— 118 — 

M. André et par notre ami H. Duveyrier, qui a accom- 
pagné, pendant quelque temps, le capitaine Roudaire dans 
ses explorations. 



IVlelanoiisisi callista, Bourguignat, 1884. 

Coquille peu ventrue, d'une forme oblongue-allongée, 
brillante, d'un marron-noir rougeâtre très foncé, presque 
lisse, malgré tout laissant voir, vers la partie supérieure 
des tours, des renflements subtuberculiformes obsolètes, 
s'allongeant dans un sens transversal. Test peu épais, 
subtransparenl. Spire peu allongée, acuminée, à sommet 
aigu. Sept tours subconvexes, renflés supérieurement le 
long de la suture, qui, par cela même, paraît prononcée. 
Croissance spirale bien régulière. Dernier tour oblong, 
peu convexe, méplan dans sa partie médiane et dépas- 
sant faiblement la moitié de la hauteur. Ouverture verti- 
cale, oblongue, très anguleuse supérieurement, très cin- 
trée du côté columellaire, à peine convexe du côté externe 
et d'une teinte foncée vineuse-violacée à l'intérieur. Co- 
lumelle blanchâtre, fluette, légèrement torse, tout en 
étant rectiligne, acuminée et à extrémité portée en dehors. 
Bord externe mince, non arqué en avant, mais offrant 
à la base une dilatation descendant plus bas que le niveau 
du sinus. Callosité mince, tuberculiforme au sommet: — 
haut. 13, diam. 6 raillim. 

Sadjour-Sou entre Ain-Taïb et Alep. 



— 119 — 
lfIelano|i8is Sesteri, Bour guignât, 1884. 

Espèce ventrue, oblongue, subconoide, à tours con- 
vexes, séparés par une suture accentuée. Coquille solide, 
subopaque, brillante, d'une teinte marron plus ou moins 
claire, avec une large zone supérieure plus foncée. Test 
lisse ou substriolé, avec des velléités de nodosités émous- 
sées à la partie supérieure des tours. Spire acuminée, à 
sommet pointu. 8-9 tours assez convexes, à croissance 
régulière, séparés par une suture accentuée. Dernier 
tour (haut. 13 millim.) convexe, dépassant un peu la 
moitié de la hauteur, paraissant surtout faire ventre au- 
dessus de l'axe columellaire, par suite du cintrement de 
la columelle. Ouverture verticale, ovalaire, très cintrée du 
côté columellaire, peu convexe du côté externe, et pour- 
vue d'une fente étroite à son sommet. Columelle courte, 
fortement cintrée de face et du côté apertural, vigoureu- 
sement tronquée, à extrémité regardant en avant et en 
dehors. Bord externe descendant rectilignement. Callo- 
sité médiocre, blanche, très tuberculiforme vers l'inser- 
tion ; — haut. 25, diam. 10 millim. 

Petit cours d'eau à Sadjour-Sou, entre Aïn-Taïb et Alep, 
où elle a été recueillie par l'ingénieur Sester ; Aïn-el-Bass, 
dans la plaine du Bahr-el-Houlé (Syrie). 

Var. Diadema. — On rencontre quelquefois, dans 
ces localités, des échantillons de taille moindre (haut. 
18 millim.), dont les tours (sauf le dernier) sont ornés 
de nodosités saillantes, émousséeset également distantes. 

iVIclaiiopsis Alepi, Bour guignât^ 1884'. 
Charmante Mélanopside allongée, \ peine ventrue, à 



— 120 — 

tours convexes, à nodosités prononcées (seulement sur les 
tours médians), séparés par une suture presque profonde, 
et remarquable par son dernier tour comprimé, comme 
subconcave à sa partie médiane. 

Test épais, opaque, solide, brillant, d'une teinte marron 
feuille morte, avec une zone médiane plus foncée, à sur- 
face presque lisse, et orné, sur les trois tours médians, de 
nodosités tuberculiformes émoussées, néanmoins très sail- 
lantes, qui s'évanouissent sur le dernier. Spire allongée, 
effilée-acuminée, à sommet aigu. Neuf tours convexes, à 
croissance régulière, séparés par une suture assez pro- 
fonde; les supérieurs lisses et exigus; les médians ornés 
de larges nodosités obsolètes et le dernier oblong, allongé, 
non ventru, mais assez sensiblement méplan-subconcave 
à sa partie médiane et n'atteignant pas la moitié de la 
hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, très anguleuse au 
sommet avec une fente assez prolongée, à peine convexe 
du côté externe, très cintrée, au contraire, du côté colu- 
mellaire, et offrant à l'intérieur une belle nacre blanche. 
Coluraelle très cintrée, à base fortement tronquée et re- 
gardant en dedans, tout en étant projetée en avant. Bord 
externe mince, rectiligne. Sinus très profond. Callosité 
médiocre, encrassée seulement supérieurement; — haut. 
21, diam. 7 millim. 

Cours d'eau des environs d'Alep. 

lîlelanopsis steplianota, Bourguignat, 188^. (Me- 
lanopsis costata [non Olivier], Suites à Ross- 
mâssler, Iconogr., 1880, f. 1899 et 1900.) 

Les figuresdonnées par l'auteur des Suites à Rossmâssier 
sont suffisantes pour la connaissance de cette forme. Ces 



— 121 — 

figures ne diiïèrent de nos échanlillons que par leur som- 
met obtus, comme rongé, tandis que l'extrémité supé- 
rieure de nos individus est toujours intacte et bien aiguë. 

La stephanota est une forme allongée, acuminée, à 
tours renflés supérieurement et ornés de grosses nodosités 
tuberculeuses saillantes, qui, sur le dernier tour, ne des- 
cendent que jusqu'à moitié (la partie inférieure du tour 
reste lisse) ; le test est brillant, d'une teinte foncée marron- 
rougeâtre; les tours, au nombre de huit à neuf, s'accrois- 
sent avec régularité et sont séparés par une suture pro- 
noncée; le dernier tour oblong, peu renflé, est un peu 
inférieur à la moitié, bien que sur les figures 1899 et 1900, 
il paraisse égal, par suite de la corrosion apicale, qui di- 
minue un tant soit peu la hauteur de la coquille; la colu- 
melle, 1res cintrée en avant et du côté apertural, offre 
une extrémité subacuminée, regardant en dehors (sur les 
figures 1899 et 1900, le caractère de l'extrémité columel- 
laire a été mal rendu); la callosité est médiocre, sauf à 
son sommet, où elle est souvent fortement tuberculeuse. 

Cette forme est abondante à Ain-Taib, près d'Alep. 
L'auteur des Suites à Rossmâssler ne donne aucune indi- 
cation précise d'habitat. 

La slephanota ne ressemble nullement à la costata, 
comme l'on peut s'en convaincre par la comparaison des 
figures 1899 et 1900 avec celle de l'Atlas (pi. xxxi, f. 3) 
d'Olivier. 

ïlelauoiisiiM liiera, Letourneux. (Melanopsis costata 
[non Olivier], Suites à Rossmâssler, 1880, 
f. 1904.) 

Cette espèce est signalée des sources du Jourdain par 



— 122 — 

l'auteur des Suites. Je la possède d'Aïn-el-Mellaha, dans 
la plaine du Bahrel-Houlé ; enfin, je crois que les deux 
variétés des lacs d'Homs et d'Antioche, indiquées, sous 
l'appellation de costata, par A. Locard (Malac. lacs 
Tibér., etc., p. 73 et 94, 1883), doivent être rapportées 
à cette forme, qui, bien qu'ayant une apparence de costata, 
en diffère néanmoins suffisamment pour mériter d'être 
élevée au rang spécifique. 

La figure 1904 rend assez bien le port et la physiono- 
mie de V/iiera. Chez cette forme, les costulations sont 
plus délicates, bien moins distantes sur les tours supé- 
rieurs que celles de la costata; sur le dernier tour, elles 
sont peu régulières, moins saillantes, enfin elles s'éten- 
dent sur toute la surface de la suture à la base, en allant 
en diminuant; la columelle, plus cintrée, est moins ro- 
buste; les tours, bien qu'un peu renflés supérieure- 
ment, ne sont pas étages; la suture est peu prononcée, 
souvent elle est linéaire 5 le dernier tour, relativement 
plus grand que celui de la costata, ofl"re , à sa partie 
moyenne, une zone concave, souvent très accentuée, etc. 



JTIelaitoitsi» Cliantrci, Locard , Malac. lacs Tibér., 
p. 74 , pi. xxni , f. 44-49 , 1883. (Melanopsis 
costata [non Olivier], Suites à Rossmlissler , 
Iconogr., f. 1902 et 1903, 1880.) 

Cette Mélanopside vit dans le lac d'Antioche (Syrie). 
Elle est très bien représentée (f. 1902 et 1903) dans les 
Suites à Rossmlissler, et parfaitement décrite dans l'ou- 
vrage du savant Malacologiste A. Locard. On rencontre 
encore, dans ce lac, une variété lœvigata {Locard, loc. 



— 123 — 

sup. cit., p. 75) tout à fait lisse et ne présentant aucune 
trace de nodosités tuberculiformes. 

Dans le Catalogne des espèces de la faune européenne 
(Binnenconchylien , 2' édit., 1881), l'auteur des Suites 
rapporte à cette Coquille le nom fantaisiste de buliio de 
Parreyss. Ce nom manuscrit, composé de la première per- 
sonne du verbe buliio (je bous), est une appellation en- 
tièrement contraire anx règles de la nomenclature. 

ITIelaiiopsis insiji^nis, Parreyss , mss. in : Martens, 
Vorderasiat. conch,, p. G7, 187i, et Locard^ 
Malac. lacs Tibér., p. 8, 1883. (Melanopsis 
turcica [non Parreyss], Mousson, Coq. Schlo;ni, 
III, p. 4i [non turcica de la page 29 du môme 
ouvrage], 1874.) 

Cette forme, pour ainsi dire inconnue, habite les ré- 
gions du Tigre et de l'Euphrale. Je l'ai reçue, dans le 
temps, de M. Monsson , sous le nom erroné de turcica. 
La turcica de Parreyss est une forme différente, qui 
semble spéciale au nord de la Syrie, notamment au bas- 
sin du lac d'Antioche. 

Coquille ovalaire-t'c;i^n/e, peu allongée, à test lisse, 
brillant, subtransparent, d'un corné jaunâtre avec trois 
bandes brunes, et orné, sur le dernier tour, de grosses 
côtes émoussées, légèrement obliques, onduleuses, ne 
descendant que jusqu'à moitié, et offrant sur chacune 
d'elles, à leurs parties supérieure et inférieure, comme 
un sentiment de renflement nodosiforme. Spire briève- 
mentconique, à sommet aigu. Huit tours; les supérieurs 
très petits, lisses; le dernier relativement énorme, ven- 
tru, fortement costulé supérieurement (côtes très espa- 



— l'2i — 

cées), et dépassant la moitié de la hauteur. Suture li- 
néaire. Ouverture verticale, dilatée à sa partie médiane, 
atténuée à son sommet et à sa base, aussi cintrée du côté 
columellaire que du côté externe. Columelle délicate , 
rectiligne, légèrement torse, acuminée, à extrémité re- 
gardant en bas. Sinus médiocre. Bord externe mince, 
faiblement arqué en avant. Callosité délicate, subvitra- 
cée-transparente; — haut, ik, diam. 6 millim. 

Environs de Mossoul et de Samava, dans le Tigre et 
l'Euphrate. 



Melanopsis vespertina, Boiirgidgnat, 1884. 

Coquille ovoïde, renflée, atténuée en haut et en bas, à 
spire courte, conoïde, à test assez mince, brillant, d'un 
marron-vineux foncé, et orné de costulations, peu sail- 
lantes, espacées, régulières et lamelliformes. Spire briè- 
vement conique, à sommet subobtus. Sept tours à crois- 
sance régulière ; les supérieurs petits et lisses ; le dernier 
très grand, oblong, régulièrement convexe, dépassant les 
deux tiers de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, 
très anguleuse au sommet et se prolongeant en une fente 
étroite atténuée à la base, régulièrement convexe du côté 
externe, un peu plus cintrée du côté columellaire. Bord 
externe mince, descendant rectilignement, à base dépas- 
sant sensiblement le niveau du sinus. Columelle délicate, 
cintrée, fortement tronquée, à extrémité tournée légère- 
ment en dehors. Sinus profond. Callosité mince, subtu- 
berculeuse au sommet; — haut. 13, diam. 6 millim. 



— 125 — 

Var. lœvis. — Coquille d'une taille un peu moindre, 
à lest sans costulalions. 

Ouchda près Lalla Maghnia, sur la frontière du Maroc. 
La variété lœvis dans un ruisseau de l'île d'Ivioe, aux 
Baléares. 

Iflclaiio|ii$is Blotscliyi, Philippi, Abbild. Conch.,II, 
p. 175 (iëv. 1847), Melan., pi. iv, f. 11.— 
(Melania Kotschyi, v. de Busch.) 

Espèce de très petite taille (haut. 6, diam. 3 1/2 milli- 
mètres), oblongue, assez ventrue, d'un corné olivâtre et 
sillonnée par des costulalions délicates, flexueuses, ser- 
rées, au nombre de seize à vingt sur lo dernier tour, qui 
atteint à peu près la moitié de la hauteur et qui offre, 
au-dessous de la suture, un sillon légèrement concave. 

Cours d'eau à Persépolis, en Perse. 

Iflelniiopsi» Cliarpeiitlcrî, Parreyss, in : Brot , 
Melan., p. 430, pl.XLvi, f. 8, 1874. 

Coquille courte , ovoïde-ventrue, à spire érosée. Test 
d'un corné-rougeâtre uniforme, sillonné par de petites 
côtes délicates, régulières, serrées, otfrant, chacune, une 
faible nodosité près de la suture. Tours (restants) au 
nombre de trois ou quatre, convexes, présentant supé- 
rieurement une zone méplane. Dernier tour très déve- 
loppé. Ouvertun; ovalaire. Coluraelle fortement tronquée. 
Callosité puissante; — haut. 12, diam. 7 1/2 raillira. 

Environs de Schiraz, en Perse. 



— 126 — 



Iflelanopgis jebusitica, Letoiirneux^ 1882. 

Toutes les formes de cette série, à l'exception de la 
cerithiopsis, chez laquelle les costulations se font sentir 
presque ]\is(\\i'h la base, possèdent un dernier tour lisse 
lu/érieurement et seulement costulé supérieurement de la 
suture à la partie médiane ou bien un peu au delà. Toutes 
ces formes {jebusitica, Saulciji, aterrima, faseolaria, 
sancta et cerithiopsis) sont d'une teinte marron-vineuse 
noire ou, en tous cas, très foncée. 

Sous le nom de turcica (non turcica du bassin du 
Tigre et de l'Euphrate, qui est Vinsignis, nec turcica du 
lac d'Antioche, qui est la vraie), M. Mousson a amal- 
gamé quelques-unes des espèces de cette série. C'est , 
sans aucun doute, par suite de cette confusion, que les 
caractères de la Saulcyi n'ont pu être saisis par cet 
auteur. 

La jebusitica, recueillie dans quelques sources de la 
plaine de Jéricho (Syrie), se distingue de la Saulcyi, 
avec laquelle elle a le plus de rapport : par son test 
terne, toujours sale; par sa forme moins allongée, plus 
ventrue; par sa spire plus courte, à sommet assez 
obtus (celui de la Saulcyi est aigu); par ses costulations 
plus fortes, plus distantes les unes des autres; par son 
dernier tour un peu moins haut ; par son axe columel- 
laire moins cintré du côté apertural, tandis qu'elle est 
plus en avant que celui de la Saulcyi; par son ouverture 
moins ovalaire , plus courte et plus arrondie du côté 
externe. 



— 127 — 

IVIelanopsis Saalcyi, Bourguignat ^ Cat. rais. MoU. 
Orient, p. G6, pi. ii, f. 52-53, 1853, et Tris- 
tam, Moll. Palest. in : Proceed. zool. Soc. Lon- 
don, 18G5, p. 542, et Brot, Melan., p. 429, 
pi. XLVi, f. 10 et 11 seulement (non la figure 12 
qui peut être rapportée, à la rigueur, à la bre- 
vis), et Suites à Rossmassler, Iconogr., 1880, 
f. 1908, et Locarcl, Malac. lacsTibér., p. 8 et 
93, 1883. 

Le type vit à Artouze en Syrie. On a constaté encore 
la Saulciji aux environs de Jéricho dans la fontaine de 
Jérémie (Aïn-Solthan); à Aïn-el-Bass, dans la plaine du 
Bahr-el-Houlé, ainsi que dans le lac d'Homs. 

Cette Mélanopside a été très bien représentée dans 
Brot (pi. XLVi, f. 10 et 11 seulement), dans les Suites à 
Rossmassler (f. 1908), et dans mon ouvrage sur les Mol- 
lusques d'Orient (pi. ii, f. 52-53). Si Ton veut bien étu- 
dier les figures que je viens de signaler, figures suffi- 
santes pour la connaissance de cette espèce, on restera 
convaincu de sa valeur spécifique. 

nielanopsis atcri'iiiia, Bourguignat, 1884. 

Mélanopside remarquable par ses costulations tout à 
fait obliques de droite à gauche sur le dernier tour. Ces 
costulations, plus fines, plus serrées que celles de la 
Saulcyi, descendent un peu plus bas; elles s'étendent 
sur presque les trois quarts de la hauteur du tour ; la base 
seule reste lisse. Chez la Saulcyi^ les costulations sont 
droites et ne dépassent jamais la ligne médiane. Chez 



— 128 — 

Vaterrima, la spire est allongée-pyramidale, le maximum 
de la veritrosité au lieu de se trouver, ainsi que chez les 
jebusitica et Saulcyi , presque à la partie médiane , 
s'accuse plus vers la base; les tours sont plans-lecti- 
formes, séparés par une suture très linéaire ; le dernier 
n'atteint pas la moitié de la hauteur ; l'ouverture est 
courte et Taxe columellaire, excessivement cintré à son 
extrémité, est très porté en dehors. 

Cette espèce, d'un noir foncé, comme l'indique son 
nom, a 15 de haut sur 5 de diamètre. Elle a été trouvée 
dans deux ou trois sources de la plaine de Jéricho (Syrie). 

]?Ielano|)si8 faseolaria, Parreijss, mss. (Melanopsis 
variabilis [non v. d. Busch] var. B faseolaria, 
Brot, Mélan., p. ^^25, pi. xlvi, f. 24 et 25 seu- 
lement [les figures 22 et 23 ne peuvent se 
rapporter à cette forme, voir page 90].) 

Charmante Coquille excessivement abondante dans 
plusieurs fontaines (Ain) de la plaine du Bahr-el-Houlé, 
notamment dans l'Ain-el-Mellaha. On la trouve aussi 
communément dans le Bélus, près de Saint-Jean-d'Acre 
(Syrie). 

Quelques auteurs la signalent en Perse; il est probable 
que ces personnes ont pris pour elle la Kotschiji, qui est 
une forme persane. 

Les figures données par le D' Brot sont bonnes et ren- 
dent bien la physionomie de cette petite espèce, qui n'a 
guère que 9 de haut sur h de diamètre. 

Coquille globuleuse, courte, de forme ovale-ovoïde, à 
test tantôt d'un beau noir brillant (échant. de la plaine du 
Bahr-el-Houlé), tantôt d'une nuance marron (échant. du 



— 129 — 

Bélus), orné, à l'instar de la Saulcyi, de coslulalions 
saillantes qui descendent un peu au-dessous de la partie 
médiane du dernier tour (vers l'ouverture, les costula- 
tion se poursuivent souvent presque jusqu'à la base). 
Spire courte, obtuse, à sommet très souvent tronqué ou 
corrodé. Six tours faiblement convexes, augmentant avec 
rapidité en grosseur et avec régularité en hauteur. Der- 
nier tour gros, ventru, dépassant un peu la moitié. Ou- 
verture verticale, oblongue, fortement anguleuse au som- 
met , très cintrée du côté columellaire. Bord externe 
mince, parfaitement arqué en avant. Columelle courte, 
légèrement torse, très cintrée, acuminée et à extrémité 
portée en dehors. Callosité délicate, fortement tubercu- 
leuse au sommet. 



lUelaiiopsîs saiicta, Lctourneiix, 1882. (Melanopsis 
costata [non Olivier], Suites à Rossmiissler , 
Iconogr., f. 1901, 1880.) 

Coquille assez répandue dans les sources de la plaine 
de Jéricho, notamment dans celles d'Élie et de Jérémie 
(Ain-Solthan), ainsi que dans celle d'Aïn-el-Placa, dans 
la plaine du Bahr-el-Houlé (partie supérieure du bassin 
Jordan ique). Elle a encore été rencontrée dans le .Jour- 
dain, à h kilomètres au-dessus de la Mer Morte. 

La figure 1901 des Suites à Rossmâssler est suffi- 
sante pour la connaissance de cette forme. On verra, 
d'après elle, que la sancta est une Coquille avec des cos- 
tulations supérieures analogues à celles de \a Saulct/i ; 
que son axe columellaire, très cintré, possède une extré- 
mité tournée en dedans; que le bord externe apertural 

II. — Annales de Malacologie. — MAI 1884. 9 



— 130 — 

est régulièrement convexe ; que la spire est allongée- 
acurainée, à sommet tronqué. 

Lorsque la spire est complète, ce qui est rare, elle a 
huit tours, dont les deux ou trois supérieurs lisses et 
exigus. 

Helanopsis eerithiopis, Bourguignat, 1884. 

Je ne puis mieux comparer cette Mélanopside, h cause 
du mode et de la multiplication de ses nodosités, qu'à un 
Cerithiopsis de la Méditerranée. Son test, en effet, est 
orné de trois séries spirales de nodosités. Ces nodosités 
s'élèvent sur de fortes costulations transversales qui se 
développent sur toute la hauteur du tour. Ces costula- 
tions et ces séries de nodosités donnent à cette coquille 
un aspect déçusse, analogue à celui que l'on remarque 
chez presque toutes les formes marines de la famille des 
Cérithes. 

Espèce allongée, à spire longue, pyramidale, s'acumi- 
nant régulièrement, et à tours plans-tectiformes. Test 
épais, très noir, brillant, fortement costulé et à trois sé- 
ries de nodosités, comme je viens de le dire. Sommet 
presque toujours érosé, et, lorsqu'il ne l'est pas (ce qui 
est fort rare), subobtus et lisse. Huit tours (les quatre su- 
périeurs manquent ordinairement) plans, à croissance 
très régulière, séparés par une suture peu accentuée. 
Dernier tour médiocre, plan supérieurement, convexe vers 
la base, arrondi près de l'ouverture, et n'atteignant pas 
le tiers de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, an- 
uleuse au sommet avec une fente à peine prolongée, bien 
convexe du côté externe, et très cintrée du côté colu- 
mellaire. Bord externe presque rectiligne, rétrocèdent lé- 



— 131 — 

gèreraent à la base.Columelle courte, cintrée, fortement 
tronquée. Sinus profond, donnant lieu, en arrière, à une 
arête cervicale prononcée. Callosité tuberculeuse au som- 
met; — haut. 2i-25, diam. 8 millim, 

Var. curta (Haut. 18-20, diara. 8 millim.). Coquille 
moins haute, par cela môme paraissant plus obèse et 
moins allongée. 

Plaine du Bahr-el-Houlé (haut Jourdain) dans l'Aïn-el- 
Mellaha, oii elle est abondante. 



IVIelanopsis liebraica, Letowiieux, 1882. 

Jolie espèce ovalaire-ventrue, à spire courte, acumi- 
née-obtuse. Test épais, brillant, d'une belle teinte mar- 
ron passant parfois à l'olivâtre, ou au rouge, ou encore 
au noir, orné, sur l'avant-dernier et sur le dernier, de 
costulations plus ou moins accentuées. Ces costulations, 
sur le dernier, sont seulement supérieures; le reste du 
tour reste lisse j parfois ces costulations sont émoussées, 
d'autres fois elles paraissent pliciformes ou bien nodosi- 
formes. Spire courte, subobtuse, à sommet presque tou- 
jours rongé. Sept tours faiblement convexes, à croissance 
assez rapide; les supérieurs lisses, les médians costulés, 
et le dernier grand, renflé, convexe, plissé supérieure- 
ment, et dépassant la moitié de la hauteur. Ouverture 
verticale, ovalairc, anguleuse avec une fente prolongée 
au sommet et souvent obstruée par l'épaississement de la 
callosité. Intérieur d'une belle nacre bleuâtre ou viola- 
cée. Columelle cintrée, fortement tronquée, à extrémité 
pointue, tournée en dehors. Bord externe très faiblement 



— 132 — 

arqué en avant. Callosité tuberculiforme au sommet ; — 
haut. H, diam. 8 millim. 

Aïn-Saadi, près de Kaifa, en Syrie. Commune dans 
celte localité. 



Melanopsis lanipra, Bourquignat, 188i. 

Coquille ventrue-conique, assez courte, à spire briève- 
ment tectiforrae-pyramidale , à sommet très aigu, remar- 
quable par ses tours, au nombre de huit, dont les quatre 
supérieurs sont lisses et plans, et les quatre derniers or- 
nés de grosses côtes pliciformes, distantes, obliques de 
droite à gauche, à nodosité supérieure, et ne s'étendant 
pas jusqu'à la base, sauf vers l'ouverture où doux ou 
trois plis semblent atteindre la partie inférieure. Ces cos- 
tulations, ou plutôt ces plis, commencent ordinairement 
à partir du quatrième, mais sur quelques échantillons 
ils ne se montrent qu'à compter de l'avant-dernier. Sur 
plusieurs individus, ces plis offrent une grande obliquité, 
avec un sentiment flexueux très prononcé. Ce n'est, du 
reste, que sur le dernier que l'obliquité se fait remarquer. 

Test brillant, subtransparent, d'un marron - olivâtre 
ou rougeâtre. Spire brièvement conique, dont l'extré- 
mité effilée est très aiguë. Huit tours à croissance régu- 
lière, séparés par une suture très linéaire entre les tours 
supérieurs et bien accentuée entre les inférieurs. Les 
quatre tours du sommet sont exigus, lisses et tout à fait 
plans ; les autres sont de plus en plus plissés, avec une série 
de nodosités plus ou moins saillantes qui donne à la par- 
tie spirale supérieure une apparence renflée et fait pa- 
raître parfois les deux derniers comme étages. Dernier 
tour ventru, convexe, lisse seulement sur la partie au- 



— 133 — 

dessus de l'axe columellaire, et égalant juste la moitié de 
la hauteur. Ouverture verticale, ovale, anguleuse, avec une 
fente peu prolongée au sommet, bien dilatée à la base par 
suite de la convexité accentuée du bord externe. Columelle 
courte, très cintrée, fortement tronquée et s'acuminant 
à la base en une pointe regardant en dehors. Bord ex- 
terne légèrement arqué en avant. Callosité médiocre, 
faiblement épaissie au sommet; — haut. 16, diam. 
7 millim. 

Abondante dans le Bel us, près de Saint-Jean-d'Acre, 
en Syrie. 

Iflelanopsis iiltœniciaca, Bonrguignat , 1884. 

Cette nouvelle forme, que l'on rencontre également 
dans le Bélus, avec la précédente, se distingue de la 
lampra, par sa coquille de taille plus allongée (haut. 
20 millim.), paraissant par cela môme moins ventrue; 
par sa spire longue, conique, à tours supérieurs moins 
exigus, à croissance moins serrée; par son dernier tour 
moins renflé, plus finement costulé et à costulations non 
obliques, mais droites et plus distantes; jiar son bord ex- 
terne assez vigoureusement arqué en avant vers sa par- 
tie inférieure et descendant sensiblement plus bas que le 
niveau du sinus; par ses tours au nombre de neuf, plans- 
tectiformes jusqu'à l'avant-dernier (chez la lampra^ les 
quatre supérieurs seulement sont plans); par son ouver- 
ture oblongue , moins dilatée à la base ; par sa columelle 
moins cintrée, etc 

Chez cette espèce, les costulations sont très variables ; 
le plus souvent, elles sont pliciformes et très écartées; 
d'autres fois, elles sont plus rapprochées; parfois encore 



— 134. — 

elles s'obsolètent et tendent à disparaître sur le dernier 
tour. 



melanopsis Belusi, Letourneux, 1882. 

Cette autre Mélanopside, encore du Bélus, près de 
Saint-Jean-d'Acre (Syrie), est une forme bien distincte 
des deux qui précèdent; elle est remarquable par sa 
forme régulièrement oblongue, à spire assez courte, acu- 
rainée et ornée de costulations droites plus serrées, qui 
se montrent le plus souvent sur tous les tours, sauf chez 
les deux supérieurs; le dernier tour dépasse la moitié de 
la hauteur, et l'axe columellaire (non cintré), robuste, 
descend rectilignement sans diminuer de grosseur jus- 
qu'au sinus, qui est relativement plus profond que celui 
des lampra qï phœniciaca ; les tours au nombre de sept, 
à croissance lente, ont une apparence trapue, surtout les 
supérieurs qui sont plus gros et moins délicats ; l'ouver- 
ture est allongée, atténuée à ses extrémités, et dilatée 
sensiblement à sa partie moyenne ; le bord externe des- 
cend rectilignement; — haut. 18, diam. 9 millim. 



]VIeIaiiopsi8 desertorum, Bourguignat, 188^. 

Coquille allongée, très oblongue, peu ventrue, d'un 
beau noir foncé uniforme, sauf la partie supérieure de la 
callosité, qui est tuberculeuse-blanchâtre. Test peu épais, 
très brillant, lisse et orné (sauf vers l'ouverture et à la 
base du dernier tour) de costulations très éraoussées, 
très distantes. Spire allongée, subconoïde, à sommet 



— 136 — 

aigu. Neuf tours légèrement convexes, à croissance régu- 
lière, séparés par une suture linéaire, bien qu'assez ac- 
centuée. Dernier tour (haut. Oraillim.) convexe, très fai- 
blement méplan supérieurement et n'atteignant point la 
moitié de la hauteur. Ouverture légèrement oblique, 
ovalaire, anguleuse au sommet, descendant sensiblement 
plus basque le niveau de la troncature columellaire, par 
suite de l'expansion du bord externe à sa base. Columelle 
cintrée, à extrémité tronquée, aiguë, dirigée en dehors. 
Bord externe mince, descendant rectilignement. Callo- 
sité faible, de même ton que le reste de la coquille, et 
encrassée seulement vers l'insertion du bord supérieur; 
— haut. 22, diam.8 millim. 

Ruisseaux entre Tarsous et Mersina (Anatolie), où se 
trouve le type. Variété dans l'Aïn-el-Bass (plaine du 
Bahr-el-Houlé). 

^nelanopsi» liortetiana, Locard^ Malac. lacsTibér., 
p. 77, pi. xxiii, f. 50-51, 1883. 

Cette forme, parfaitement caractérisée, vit dans le lac 
d'Antioche. Je renvoie pour la connaissance de ses signes 
distinctifs à l'excellente description de M. Locard. Je 
ne ferai qu'une réflexion au sujet de la figure 50 qui 
ne me paraît pas tout à fait exacte. La partie inférieure 
du bord externe me semble fair'e ventre d'une façon exa- 
gérée. Ce bord, au contraire, offre un arc régulier peu 
ventru de l'insertion supérieure au sinus mélanopsidien. 

Chez cette espèce, les costulations sont serrées, régu- 
lières et se montrent sur tous les tours, sauf sur les deux 
embryonnaires et sur la partie inférieure du dernier. 



— 136 — 

Melfinopsis turcica» Parreyss, in : Locard, Malac. 
lacs Tibér., p. 8, 75 et 9k, pi. xxiii, f. 56-67, 
1883 (Melanopsis costata, var. turcica [pars.], 
Mousson, Coq. Schlœfli, III, 1874, p. 49 [non 
turcica de la page 4î> que je rapporte à l'insi- 
gnis]). 

Cette Mélanopside est une forme particulière au nord 
de la Syrie, oiion Ta constatée dans le lac d'Antioche et 
le Karasu (ou Karasa), affluent de ce lac, ainsi que dans 
rOronte et le lac d'Homs. 

J'ai reçu, dans le temps, de M. Mousson divers échan- 
tillons sous l'appellation de turcica; ceux de Saraava, 
village situé un peu au-dessus du confluent du Tigre et 
de l'Euphrate, étaient des individus yemzes de Vinsignis; 
ceux du Karasa, affluent du lac d'Antioche, étaient : les 
uns des turcica, les autres des formes de la série de la 
Saulcyi, ou de celle de la Sesteri; c'est par suite de ces 
confusions que M. Mousson a été amené à méconnaître 
les caractères de la vraie turcica, et à dire, dans sa des- 
cription, que les costulations, sur le dernier tour, ne dé- 
passaient pas le niveau de la ligne médiane; ce qui est 
faux, attendu que les costulations de cette forme s'éten- 
dent sur toute la surface du dernier tour, bien qu'elles 
paraissent un peu obsolètes vers la partie inférieure. 

Je renvoie pour les caractères de cette Mélanopside à 
la description de M. Locard. 

Il existe, dans le lac d'Antioche, une forme [var. curta, 
Locard, loc. sup. cit., p. 76) plus grêle, plus délicate, 
d'une taille moindre, à spire légèrement plus acuminée 
et à costulations moins fortes. 



— 137 — 



Jflelniiopsis siibcostata, Parreyss, mss. (Melanopsis 
costata [non Olivier] in : Encycl. meth. Moll. 
test., pi. CDXLvni, f. 7 et [pars] Lamarck, 
Anim. s. vert. YI, 2'"^ partie, 1822, p. 168, et 
Dcshayes, 2'"" édit. Anim. s. vert. VIII, p. 4-89, 
1838). 

Celte forme, répandue dans les collections sous cette 
appellation et regardée par les auteurs modernes, soit 
comme une costata, soit comme une Saulcyi, est une 
Mélanopside bien différente de ces deux espèces. 

C'est une grande (haut. 25-30, diam. 10 millim.) Co- 
quille à sept tours étages, ornés de grosses costulalions 
nodosiformes très saillantes, distantes, qui, sur le dernier 
tour, ne se montrent qu'à la partie supérieure (le reste du 
tour reste lisse). Ces costulalions nodosiformes sont tel- 
lement accentuées le long de la suture, que la spire en 
paraît scalariforme. 

La 5MÔco5teto vit dans rOronte; elle est fort bien re- 
présentée (vue de dos) dans l'Encyclopédio. 

Iflclniiopsis Tnnoiisi, Letourneux^ 1883. 

Coquille remarquable par des ondulations ]ili(iformes 
(simulant des costulations) régulièrement obliques de 
droite à gauche sur le dernier tour. Ces plis sont accen- 
tués, très distants et bien réguliers. 

Test solide, brillant, d'un marron-noir uniforme ou 
parfois avec une zone rougeâtrc, et orné, sur tous les 



— 138 — 

tours, de plis saillants, devenant obliques seulement sur 
le dernier. Ces plis ressemblent comme facture à ceux de 
la Seignetti (f. 1881i- des Suites à Rossmâssler, inscrite 
sous le nom erroné de Ma?'csi). Spire allongée, acuminée- 
pyramidale, à sommet très aigu, ordinairement érosé. 
Huit tours très faiblement renflés le long de la suture qui 
est linéaire. Croissance régulière. Dernier tour (haut. 
9 millim.) plan-déclive jusqu'à la ligne médiane, con- 
vexe inférieurement, arrondi vers l'ouverture, offrant une 
direction descendante accentuée vers l'insertion du bord 
externe et n'égalant que le tiers de la hauteur. Ouverture 
verticale, ovale, anguleuse au sommet, avec une fente à 
peine prolongée, aussi convexe d'un côté que de l'autre à 
sa partie médiane, et pourvue, à l'intérieur, d'une nacre 
blanche-bleuacée. Columelle courte, cintrée, s'acuminant 
en une pointe regardant en dehors. Bord externe reotili- 
gne ou faiblement arqué en avant. Sinus médiocre. Cal- 
losité peu épaisse, néanmoins tuberculiforme au sommet; 
— haut. 27, diam. 8 millim. 

Cette espèce, dédiée au Syrien Tanous Farez, le com- 
pagnon fidèle du conseiller Letourneux dans toutes ses 
explorations, a été trouvée dans les cours d'eau de la 
plaine du Bahr-el-Houlé, non loin d'Ain-el-Mellaha. 

ITIelnuopsis obliqua, Letourneux^ 1883. 

Cette Mélanopside est caractérisée par de vigoureuses 
costulations (et non des plis) nodosiformes supérieure- 
ment, s'obliquant de droite à gauche d'une façon très 
accentuée, puis, vers la base du tour, revenant par un 
contour onduleux de gauche à droite. Chez la Tanousi, 
les ondulations pliciformes ne sont obliques que sur le 



— 139 — 

dernier tour ; tandis que chez Vobliqua, les costulations 
offrent le même degré d'obliquité sur tous les tours. Ces 
costulations sont saillantes, robustes, régulières et bien 
distantes; les nodosités supérieures, distribuées en une 
série spirale le long de la suture, font paraître, par leur 
élévation, les tours comme étages. 

Coquille brillante, épaisse , d'une teinte uniforme 
noire-violacée. Spire peu allongée, subconique, subsca- 
lariforme, à sommet aigu. Sept tours paraissant renflés 
près de la suture, plans à croissance régulière. Dernier 
tour plan-déclive supérieurement , convexe-ventru un 
peu au-dessous de la ligne médiane et égalant juste la 
moitié de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, très 
anguleuse au sommet avec une fente étroite assez pro- 
longée. Columelle cintrée, torse, terminée ])ar une pointe 
regardant en dehors. Bord externe sinueux au-dessous de 
l'insertion, puis arqué en avant vers sa partie inférieure. 
Sinus très profond. Callosité blanche, faiblement encras- 
sée au sommet ; — haut. 15, diam. 7 millim. 

Le Bélus, près de Saint-Jean-d'Acre. 

Melanopsis costata (pars), Ferussac, Monogr. Mélan. 
in : Mém. Soc. d'Hist. nat. Paris, I, 1823, 
p. 156 (la plupart des synonymies ne peuvent 
se rapporter à la costata; quant aaxf. 8 et 9 
[pi. vu], elles représentent des formes fossiles 
différentes) ; — eiJRossmdssler, Iconogr., f. 678, 
1839 ( presque toutes les synonymies men- 
tionnées p. 47 sont erronées) ; — Locard, 
Malac. lacsTibér., p. 8, 35, 73 et 94, 1883. 
(Melania costata, Olivier, Voy. Emp. Ottom.IV, 



— lf^O — 

an XII [1804.], p. 157, et Atlas [2"« livr. 1804], 
pi. XXXI, f. 3). 

Je me restreins à ces quelques citations, parce que les 
autres que je pourrais faire me semblent incertaines. 
On ne peut savoir, en effet, si, sous l'appellation de cos- 
tata, les auteurs n'ont pas compris plusieurs formes dis- 
tinctes. 

Les figures données par Olivier (pi. xxxi, f. 3) et par 
Rossmiissler (f. 678) sont parfaites; avec elles, si l'on 
veut bien les étudier, on pourra toujours reconnaître et 
distinguer cette Mélanopside. 

Le type d'Olivier provient des canaux d'arrosement 
des jardins quiavoisinent les bords de l'Oronte (Olivier, 
t.IV, p. 157). 

Actuellement, par suite, sans aucun doute, d'une mo- 
dification climatologique dans la température de ce pays, 
cette espèce y est devenue fort rare. Le type a presque dis- 
paru de ce bassin, où il se trouve remplacé par des va- 
riétés ou bien par des formes différentes. Ce n'est plus 
que dans le bassin du Jourdain, notamment dans le lac 
de Tibériade, que l'on rencontre maintenant le type tel 
qu'il a été figuré par Olivier. Les costata du bassin des 
lacs d'Antioche et d'Homs, qui est celui de l'Oronte, sont 
plus petites, plus délicates, avec des costulations moins 
saillantes et une suture plus superficielle. 

La costata offre de nombreuses variétés, dont les plus 
intéressantes sont : 

Var. acuminata. Coquille à spire allongée-conique, py- 
ramidale, à sommet pointu. Dernier tour relativement 



— ^^l — 

petit. — Le Jourdain, è k kilomètres au-dessus de la Mer 
Morte. 

Va7\ ventrosa. Coquille de petite taille (haut, li, 
diam. 8 millim.), à spire courte. Dernier tour très ventru. 

Var. obesa [Locard, loc. sup. cit., p. 36). — Le Jour- 
dain et le lac de Tibériade. 

Var. pulchella (gracilis de Locard, p. 9k). Coquille de 
petite taille, de forme grêle, un peu élancée, d'une teinte 
cornée, à ouverture un plus oblongue. — Lac d'Homs et 
Ain-el-Mellaha dans la plaine du Bahr-el-IIoulé. 

Etc.— 

Iffelnnopsis jordaiiiea, Roth, in : Mousson, Coq. 
Roth, p. 59, 18C1, et Tristani, Moll. Palest., 
in : Proceed. zool. Soc. London, 18Go, p. 542, 
et Locard, Malac. lacs Tibér., p. 36 (seule- 
ment), 1883. — (Melanopsis costata, var. jor- 
danica, Roth, Moll. spec, p. 25, pL ii, f. 12- 
13, 1839, et Spicil. Moll., p. 38, 1855, et 
Rossmiissler, Iconogr., f. 679, 1839, et Suites 
à Rossmiissler, Iconogr., f. 1905 seulement 
[la f. 1906 représente l'ovum], 1880.) 

Cette forme, que j'ai eu le tort, autrefois (Cat. Moll. 
orient., p. 67, 1853), de considérer comme une variété 
de la costata^ est une Mélanopside que je considère ac- 
tuellement comme parfaitement distincte. Elle est très 
abondante dans le lac de Tibériade, mais surtout dans le 
Jourdain. 

M. Mousson (loc. sup. cit.) signale du lac Tibériade, 
sous l'apiiellalion de varictas irrcgularis, une forme plus 
courte, toute noire, à sommet obtus, à ouverture moins 



— 142 — 

développée, dont le test est sillonné par des côtes tantôt 
fortes et distantes, tantôt minces et serrées, ou parfois 
faibles ou à peine accusées. Quid? 

Parmi les nombreux échantillons de celte espèce que 
j'ai examinés, j'ai constaté les trois variétés suivantes : 

Var. conoidœa. Coquille à tours moins étages et à 
spire plus régulièrement acuminée. — Lac de Tibériade. 

Var. breviuscula. Coquille constamment d'une taille 
plus faible. — Même localité. 

Var. parvula. (Haut. 12, diam. 6 millim.) — Le 
Jourdain , à W kilomètres au-dessus de la Mer Morte ; 
Ain-el-Mellaha, dans la plaine du Bahr-el-Houlé. 

IVIelanopsis infraeineta, Locard, Malac. lacs Tibér., 
p. 8, 1833. (Melanopsis costata , var. infra- 
eineta, liar^ms, Vorderasiat. Conch., 1874, 
p. 32, f. 38 seulement, — et Suites à Ross- 
mâssler, Iconogr., f. 1907 de A à C, 1880, — 
et Melanopsis nodosa [non Ferussac], var. m- 
fracincta,/i^o6e/^,Binnenconch., 1881, p. 150.) 

Espèce conique, à grosses côtes transversales espacées, 
nodosiformes, caractérisée à la base du dernier tour par 
deux côtes spirales, dont l'une très saillante et l'autre 
beaucoup moins autour de l'axe columellaire. — Haut. 
24, diam. 14 millim. Cette forme est bien représentée 
(f. 38) par Martens, et dans les Suites à Rossmàssler 
(f. 1907 de A h C). 

Source de Chabur à Ras-el-Aïn, dans la Mésopotamie. 

Var. obsoleta. (Melanopsis costata, var. obsoleta , 
Martens [loc. sup. cit.], f. 39, et Suites à Rossmdssler, 
f. 1907^). — Variété différant du type par une coquille 



— U3 — 

de taille plus faible, et par un test lisse ou à peine cos- 
tale. — Même source de Chabur. 

Var. minor. (Melanopsis costata, var. minor, Mar- 
tens [loc. sup. cit.], f- 40). — Coquille petite (haut. 8, 
diam. k millim.), de forme obèse. — Même localité. 

Quant à la varietas moderata de Mousson, rapportée 
à cette espèce par l'auteur des Suites à Rossmiissler (Bin- 
nenconch., p. 150, 1881), je crois qu'elle doit plutôt être 
rapprochée de la nodosa. 

Melanopsis oviim, Bourgiiignat, 1882, citée par 
Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 1883. (Me- 
lanopsis costata, var. — Suites à Uossmiissler, 
Iconogr., f. 1906, 1880.) 

Mélanopside écourtée, très ventrue, globuleuse, à spire 
brièvement conique et sillonnée de grosses côtes très sail- 
lantes et très distantes (elles sont trop rapprochées sur la 
figure 1906 de l'Iconographie). 

Test épais, opaque, solide (souvent érosé), d'une teinte 
noire-vineuse ou bleuâtre-violacée, orné de côtes sail- 
lantes, régulières, écartées, sensiblement nodosiformes 
supérieurement, et pourvu, en arrière de l'axe columel- 
laire, d'une crête cervicale saillante, analogue à la côte 
spirale inférieure de X mfracincta; seulement, chez cette 
Mélanopside, cette côte spirale est sensiblement distante 
de l'axe, tandis que chez Xommi^ la crête contourne et 
suit la columeUe(Sur la figure 1906 des Suites, cette crête 
n'a pas été bien saisie, et elle n'est pas assez mar- 
quée). Spire brièvement conique, à sommet faiblement 
obtus. Sept tours légèrement étages, tous transversale- 
ment costulés (sauf les deux embryonnaires), à croissance 



— ikh — 

lente jusqu'au dernier, et à suture prononcée, bien que 
linéaire le plus souvent. Tours médians peu convexes, 
presque tectiformes, avec une zone déclive le long de la 
suture. Dernier tour énorme, ventru, globuleux, dépas- 
sant la moitié de la hauteur. Ouverture un tant soit peu 
oblique, ovalaire , anguleuse au sommet (sans fente pro- 
longée), intérieurement d'une belle nacre resplendissante 
d'un noir bleuâtre ou vineux. Columelle courte, légère- 
ment torse, très cintrée, à extrémité très tronquée, sub- 
acurainée, à pointe regardant en dehors. Bord externe 
mince, descendant rectilignement. Callosité médiocre, 
néanmoins légèrement épaissie au sommet 5 — haut. 17, 
diam. 9-10 millim. 
Abondante dans le lac de Tibériade. 



Iflelanoiisis nodosa (pars), Fenissac, Monogr. Mél., 
in : Mém. Soc. Hist. nat. Paris, 1, 1823, p. 158 
(les figures 13 de la planche vu et 8 de la plan- 
che VIII représentent des formes fossiles tout à 
fait différentes), el Mousson, Coq. Schlœfli, III, 
p. kk-, 1874-. 

Belle Mélanopside remarquable par ses trois séries de 
grosses nodosités. Quelquefois, ces nodosités s'obsolètent 
et prennent l'apparence de fortes côtes; c'est alors la 
yd.néiQ moderata de Mousson {\oc. sup. cit., ead. pag.). 

La nodosa est abondante, en Mésopotamie, dans le 
Tigre et l'Euphrate. Ferussac la mentionne de Bagdad. 
Je la possède de Mossoul et de Samava. 



— Ii5 



^lelanopsis Fcliciaul, Bourguignat, 188fp. 

Celte espèce, ainsi que les deux suivantes {eumorphia 
et egregia], appartiennent à une série particulière, inter- 
médiaire entre celles de la costata et delà nodosa et celle 
de la Parreijssi de Hongrie. 

Petite Mélanopside, dédiée à notre ami Félicien de 
Saulcy, de forme oblongue, assez écourtée et ventrue, à 
spire conique, et sillonnée de fortes cotes très nodosi- 
formes supérieurement, présentant inférieurement une 
inflexion onduleuse très prononcée. Test solide, opaque, 
brillant, d'un blanc sale corné uniforme ou d'un corné- 
jaunacé avec trois bandes vineuses très étroites, parfois 
très larges et d'autres fois se réunissant en une seule, de 
sorte que la surface est uniformément d'une nuance vi- 
neuse foncée. Spire brièvement conique, à sommet sub- 
obtus, souvent érosé. Sept tours plus ou moins étages, 
suivant que les nodosités sont plus ou moins saillantes; 
les deux supérieurs lisses et exigus ; les autres fortement 
costulés. Croissance spirale lente. Dernier tour relative- 
ment très grand, plan-déclive supérieurement, convexe 
inférieurement, et dépassant la moitié de la hauteur. 
Ouverture verticale, oblongue, avec une fonte supérieure 
assez prolongée. Columelle cintrée, torse et acuminée, à 
base tournée en dehors. Sinus très profond. Callosité mé- 
diocre, presque sans encrassement au sommet ; — haut. 
10, diam. 5 millim, 

La Feliciani est abondante dans le Jourdain, non loin 
de son embouchure dans la Mer Morte. 

II. — Annales de Malacologie. — MAI 1884. 10 



— U6 — 

Iflelanopsis ewntorpUia ^ Bour guignât, 188^. 

Coquille de faible taille, fortement ventrue un peu au- 
dessous de la partie médiane, sensiblement atténuée in- 
férieurement et d'une forme conique, très aiguë supé- 
rieurement. Test subopaque, assez solide, brillant, d'une 
teinte marron-corné ou marron-vineux, avec deux étroites 
bandes foncées, qui ne s'aperçoivent guère que par trans- 
parence dans l'intérieur de l'ouverture. Costulations 
fortes, saillantes, très distantes, très onduleuses sur le 
dernier tour et nodosiformes à leur sommet. Spire co- 
nique, peu allongée, à sommet très aigu, acéré. Sept tours 
à croissance lente et à suture prononcée entre les infé- 
rieurs; les deux supérieurs lisses, excessivement ténus et 
pointus; les médians médiocres et costulés ; le dernier 
développé, plan-déclive supérieurement, convexe inférieu- 
rement et dépassant la moitié de la hauteur. Ouverture 
verticale, ovalaire, atténuée en haut et en bas, sans fente 
supérieure prononcée. Columelle forte, très cintrée, aussi 
forte vers sa base qu'au sommet, très vigoureusement 
tronquée et se terminant par une extrémité regardant en 
dehors. Sinus très profond. Bord externe faiblement ar- 
qué en avant. Callosité mince assez encrassée au sommet; 
— haut. 10, diam. 5 millim. 

Le type se trouve dans le Jourdain, à k- kilomètres au- 
dessus de la Mer Morte. Une variété minor se rencontre 
à Aïn-el-Bass, dans la plaine du Bahr-el-Houlé. 

ITIelanopsis egregia, Bourguignat, 1884. 

Charmante petite espèce de forme ovalaire, obèse, peu 
ventrue, à spire atténuée-subobtuse et sillonnée de costu- 



— U7 — 

lations nombreuses, serrées^ délicates^ régulières, ondu- 
leuses et nodosiformes supérieurement. Test mince, sub- 
transparent, brillant, d'une teinte cornée-vineuse uni- 
forme. Spire courte, atténuée, subobtuse, se terminant 
par un sommet aigu, excessivement petit. Six tours plans- 
tectiformes, à croissance assez rapide, à suture peu accen- 
tuée. Dernier tour relativement grand, plan-déclive jus- 
qu'à la partie médiane, alténuée-convexe inférieureraent, 
arrondi vers l'ouverture, et égalant presque les deux tiers 
de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue , avec une 
fente très étroite peu prolongée au sommet, convexe du 
côté externe, notamment vers la partie inférieure, où le 
tour prend en cet endroit une ventrosité sensiblement plus 
forte. Columelle presque rectiligne, un tant soit peu obli- 
que de gauche à droite, non acuminée et à extrémité re- 
gardant en bas. Bord externe faiblement arqué. Callosité 
presque nulle, seulement légèrement encrassée au som- 
met; — haut. 8, diam. k millim. 

Celte Mélanopside, par l'ensemble de ses caractères, 
est celle qui se rapproche le plus de la Parreyssi et de la 
cariosa; elle vit dans le Jourdain. Une variété à côtes 
moins serrées a été trouvée dans le Belus près de Saint- 
Jean-d'Acre. 



ITIelanoiisis Parreyssi, Mûhlfeldt, mss. — et Phi- 
lip pi, kWM. conch., II, p. 176 (fév. 18^7), 
Mélan., pi. iv, f. 15, et Suites à Rossmâssler, 
Iconogr., 1880, f. 1909. 

Magnifique espèce des cours d'eau du sud de la Hon- 
grie. Je la possède de la Deva. 



— 148 — 

Les figures données par Philippi, et celle (1909) des 
Suites à Rossmassler rendent bien les caractères de cette 
Coquille. 

On rencontre également, en Hongrie, une forme un peu 
plus courte, à tours étages. C'est la Melanopsis scalaris 
de Parreyss (Iconogr., f. 1909 (^), qu'il ne faut pas con- 
fondre avec la scalaris de Gassies, espèce algérienne 
toute différente de celle-ci. 



Iflelauoiisis cariosa, Bourguignat, 1884. (Non 
Mel. cariosa de tous les auteurs.) — (Murex 
cariosus, Linnœus, Syst. nat. [édit. 12, 4766], 
n" 220, et Hanleij, Ipsa Linnœi conch., p. 298, 
pi. II, f. 6, 1855). 

Voici la description deLinnanis : « testa ecaudata, sub- 
plicata, ovata, acuminata, apice carioso. — liabitat in 
aqua:îductu ad Sevillam (Cl. Alstrôm). Testa magnitudine 
fabœ, ovata, oblonga, acuminata, cinerea, subdiaphana, 
longitudinaliter sulcala sed obsoletius. Apex cariosus, 
basis emarginata. » 

L'échantillon type de la collection linnéenne, figuré 
par Hanley, mesure 17 de haut sur 8 de diamètre, et son 
dernier tour, 9 de hauteur. Ce tour est, par conséquent, 
un peu plus grand que tous les autres réunis. 

Les principaux signes distinctifs sont donc, une forme 
ovale-oblongue, une spire acuminée et un test subtrans- 
parent sillonné décotes transversales émoussées. D'après 



— \k\) — 

la figure 6 donnéo par llanley, ces cotes sont peu nom- 
breuses et paraissent espacées. 

Je ne considère pas comme dos signes distinctifs le 
sommet rongé, ni la base « emarginata », parce que 
toutes les Mélanopsides sont plus ou moins emarginata, 
et que le plus grand nombre ont sommet rongé. 

En présence d'une description aussi imparfaite, il est 
juste de reconnaître qu'il était impossible aux auteurs 
d'arriver <\ la compréhension de cette espèce. S'ils y 
étaient arrivés, le faif aurait été des plus extraordinaires. 

Cette cariosa, si mal décrite par Linnajus, et si bien 
représentée, très- heureusement, par Hanley, est une 
forme minor de cette coquille répandue dans les collec- 
tions sous le nom fautif de Sevillensis (1), forme m^ovi. 
qu'il ne faut pas confondre avec cette autre forme minor 
que le D' Grateloup a réunie à son espèce, et qui n'est 
que la costellata de Ferussac. 

Dans l'intention de faire comprendre cet amalgame 
incroyable de Mélanopsides, je ne puis faire mieux que de 
présenter le tableau de ces espèces, ainsi : 

r Sevillensis de Grateloup. — Forme spéciale; 

2° Sevillensis des auteurs et des collections. (Sous 
cette appellation erronée sont comprises trois espèces : 
A, la Sevillensis type [forme peu commune] ; B, une 
autre Sevillensis major, qui est la forme major du ca- 
riosus de Linnœus; et G, une autre forme minor qui est 
le type linnéen) ; 

3° Enfin, une seconde forme minor globuleuse (difTé- 
renle de la minor ci-dessus signalée), forme que le 
D'" Grateloup avait réunie , à titre de variété, à sa 

(!) La vraie Sevillensis de Grateloup est une espèce iJiirérente. 



— 150 — 

Semllensis, et qui n'est, en réalité, que la costellata de 
Ferussac. 

En résumé, trois espèces sous cette même appellation : 
1° La Sevillensis (pi. iv, f. 10 de Grateloup) ; 2" une autre 
Sevillensis major et minor (cariosus de Linnœus), et 
3° une troisième Sevillensis^ var. minor (pi. iv, f. 11) de 
Grateloup [costellata de Ferussac). 

Hanley, lui-même, qui vraisemblablement n'avait pas 
étudié les descriptions, ni comparé les figures des deux 
formes major [Sevillensis type) et minor [costellata) du 
D*" Grateloup, a émis une opinion erronée (p. 298), en 
déclarant la cariosa identique à la costellata. Cette opi- 
nion erronée avait déjà été produite par Deshayes, dans 
la seconde édition des « Animaux sans vertèbres ». Le 
fait est que la vraie cariosa est une espèce distincte des 
deux formes Grateloupiennes, de même qu'elle est dif- 
férente de celle du Maroc figurée par Chemnitz 
(f. 2082-83), à laquelle j'attribue le nom de magnifica, et 
de cette autre représentée (f. 680) par Rossmâssler que 
j'ai dédiée au savant Malacologiste allemand. 

La cariosa type offre les caractères suivants : 

Coquille de forme irrégulièrement oblongue-allongée, 
à tours un peu étages, à spire allant régulièrement en 
s'atténuant, tout en ayant un sommet obtus, remarquable 
par son ouverture ovalaire -arrondie, dont le contour ex- 
terne très convexe offre cette dilatation caractéristique 
des espèces de la série des Maroccana ou de celle des 
Bufouri. 

Test peu épais, d'un cendré-corné violacé, assez terne, 
sillonné de grosses côtes transversales émoussées, recti- 
lignes, distantes et offrant supérieurement, sur chacune 
d'elles, une nodosité plus ou moins accentuée. Spire 



— 151 — 

assez allongée, régulièrement atténuée ou, si l'on veut, 
subaciiminée, à sommet obtus. Six tours étages, légère- 
ment plans-déclives entre la suture (qui est linéaire) et la 
série des nodosités ; les supérieurs presque toujours ron- 
gés, très exigus; les autres à croissance assez rapide; 
dernier tour dépassant un peu la moitié de la hauteur, 
sillonné de grosses côtes émoussées, plan et même un 
tant soit peu concave entre la série des nodosités et sa 
partie moyenne, puis convexe, plus ventru et prenant, 
vers l'ouverture, une apparence convexe-arrondie, très 
accentuée, ce qui la fait paraître, par cela même, légè- 
rement excentrique. Ouverture verticale, ovalaire-subar- 
rondie, dilatée-ventrue du côté inféro-externe, et pourvue 
supérieurement d'une fente assez longue très étroite. 
Bord externe un tant soit peu obtus. Columelle cintrée, 
courte, fortement tronquée, à base regardant en dedans. 
Échancrure. profonde. Callosité médiocre, épaissie au 
sommet; — haut. 17, diam. Smillim. 

Var. major. (Haut. 25, diam. 12 millira.) — Semblable 
au type, comme caractères généraux, mais en différant 
par une coquille plus épaisse, plus robuste, par des côtes 
plus grosses et plus saillantes. 

Var. ventrosa. (Haut. 20, diam. 13 millim.) — Co- 
quille aussi épaisse que chez la variété précédente, mais 
s'en distinguant par des tours supérieurs plus ramassés 
sur eux-mêmes et par une ventrosité plus considérable. 

Le type et ces deux variétés sont excessivement abon- 
dants dans les aqueducs de Séville et dans le Guadal- 
quivir. 



— 152 — 

nielanopsis inagnifica, Boiir guignât, 188i. (Buc- 
cina niaroccana [pars], Chemnitz, Conch. cab., 
pi. ccx, f. 2082-83, 1795. — Melanopsis ma- 
roccana ou cariosa des auteurs.) 

Celte forme, spéciale au Maroc (environs de Fez), se 
distingue de la cariosa var. major, avec laquelle elle a 
le plus de ressemblance, par son test sillonné de côtes 
moins larges et moins volumineuses; par sa forme non 
régulièrement acuminée, mais convexe à la base, cylin- 
drique dans toute sa partie moyenne, et conique seule- 
ment vers le sommet (cette partie conique est assez 
courte) ; par son dernier tour cylindriforme (non acuminé 
à sa partie supérieure) , devenant très ventru- arrondi 
vers l'ouverture, et n'atteignant pas la moitié de la hau- 
teur j par son ouverture, moins haute, plus ronde, 
à fente supérieure moins prolongée, à columelle plus 
cintrée. 

Le sommet, chez celte espèce, très petit, pointu, forme 
saillie. Les tours sont étages et offrent le long de la su- 
ture un petit plan incliné. 

Melanopsis Sevillensis, Gratcloup, Mém. sur plus, 
esp. coq. nouv. (Exlr. Soc. linn., Bordeaux, 
1840), p. kl, pi. IV, f. 10 seulement (la f. 11 
représente la costellata de Ferussac). 

Les caractères de cette Mélanopside, qui est restée jus- 
qu'à présent incomprise, consistent en une ouverture très 
haute, régulièrement oblongue, allant en se rétrécissant 
peu à peu vers le sommet, et n'offrant pas, sur le côté 



— lo;î — 

externe (qui est peu convexe), celte expansion arrondie 
que l'on remarque chez la cariosa et les autres formes de 
cette série (voir la f. 10 de Grateloup, qui est excellente); 
par une coluraelle robuste, très épaisse, non cintrée, des- 
cendant en ligne droite et à troncature obtuse, bien que 
le sinus soit accentué, puisqu'il donne lieu à une forte 
arête cervicale ; par sa callosité épaisse, épatée, recou- 
vrant une grande portion de la convexité du dernier tour, 
et médiocrement tuberculiforme vers l'insertion, ce qui 
rend l'ouverture non rétrécie à l'état de fente à sa partie 
supérieure ; par son bord externe se détachant et deve- 
nant libre au lieu de suivre l'encrassement de la callosité 
comme chez la cariosa; par un test sillonné de côtes 
bien plus saillantes, à arête moins émoussée; par son 
dernier tour égalant près des deux tiers de la hauteur. 

La Sevillensis a 35 de haut sur 18 de diamètre. Il 
existe une forme plus petite qui mesure 22, sur 10 
raillim. 

Son axe columellaire rectiligne, encrassé, robuste, 
émoussé à sa base, ainsi que la forme de son ouverture 
sont très remarquables. Ces caractères sontconstants, ainsi 
quej'aipu m'en assurer sur un grand nombre d'individus. 

La vraie Sevillensis est très abondante près de Séville, 
dans laGuadaira. 

Iflelaiiopsis costellata (p^irs), Fcrussac, Mém. Mé- 
lan. in : Mém. Soc. llist. nat. Paris, I, 1823, 
p. 157 (Il faut retrancher les synonymies et la 
variété A). 

Les Malacologistes se sont tous trompés sur les carac- 
tères de cette espèce, en la confondant avec la costata 



— 15!» — 

d'Olivier, forme spéciale à la Syrie, ou avec la cariosa 
(murex) de Linnaeus, ou enfin avec les figures 2082 et 83 
de Chemnitz, qui représentent \( magnifica^ forme par- 
ticulière que Ferussac avait comprise dans sa varietas 
major et elatior. 

La véritable costellata est cette variété minor de la 
Melanopsis sevillensis de Grateloup (pi. iv, f. II du Mé- 
moire de ce docteur) . 

Ferussac attribue à sa costellata un test ovale-oblong, 
une spire courte, dont le dernier tour égale trois fois au- 
tant que les autres (uitimo reliquis triplo) ; enfin, des 
côtes transversales très nombreuses formant près de la 
suture une série de nodosités. 

Ce sont justement ces côtes nombreuses et serrées qui 
ont motivé l'appellation de costellata. 

Cette Mélanopside est excessivement commune à Sé- 
ville, dans le Guadalquivir et les aqueducs. J'en ai reçu 
plusieurs centaines, et, sur cette grande quantité, j'ai h 
peine remarqué des variations. Je la connais aussi 
d'Ouazzan (Maroc), où elle est bien typique. 

Cette espèce, dont on peut se faire une idée par la 
figure 11 de la planche iv du Mémoire du D'' Grate- 
loup (1), est une coquille ovalaire, très ventrue, trapue, 
courte, à test solide subtransparent, d'un corné-blan- 
châtre ou violacé, sillonné par des côtes très saillantes, 
peu larges, assez rapprochées, rectilignes ou parfois légè- 
rement flexueuses et pourvues à leur sommet d'une no- 
dosité accentuée tuberculiforme. Spire très courte, 
comme écrasée, ayant l'inclinaison d'un toit, bien que 
les deux derniers tours (surtout le dernier) soient étages. 

(1) Mém. sur plus. esp. nouv. (Extrait Soc, liun. Bord.), 1840. 



— 155 — 

Sommet très pointu. Sept tours; les trois supérieurs 
lisses, brillants, transparents (jamais érosés) formant 
saillie sur les autres; tours médians d'abord médiocre- 
ment, puis de plus en plus costulés et devenant anguleux 
à l'endroit des nodosités; dernier tour énorme, atteignant 
presque les trois quarts de la hauteur, oblong, cylindri- 
forme à sa partie médiane, plus ou moins convexe infé- 
rieurement, et présentant, à sa partie supérieure, un mé- 
plan incliné le long de la suture, puis une partie anguleuse 
ornée d'une série de nodosités (une sur chaque cote). Ou- 
verture verticale, déforme irrégulièrement oblongue, an- 
guleuse avec une fente prolongée au sommet, offrant du 
côté externe, d'abord un contour descendant presque rec- 
tilignement, puisfinissant par s'arrondir vers le bas, etdu 
côté de la callosité, en un contour très cintré. Columelle 
droite, robuste, obtusément acuminée, à extrémité re- 
gardant en bas. Bord externe aigu, le plus souvent des- 
cendant en ligne droite, ou quelquefois arqué en avant 
vers sa partie inférieure. Sinus prononcé. Callosité forte, 
épatée, nacrée, blanche, plus épaisse au sommet ^ — 
haut. 12-15, diam. 8-9 millim. 

Il existe une variété à taille un peu plus forte, à côtes 
plus saillantes et à bord externe plus convexe. 



Iflelanopgis pleiiroplagia, Bourguignnt, ISSIp. 

Belle espèce remarquable par ses grosses côtes espa- 
cées, tout à fait obliques de droite à gauche, et par son 
ouverture ayant un certain air excentrique, par suite de 
la courbure de l'axe cokimellaire dont la base est portée 
à droite, et par suite encore de la grande ventrosité du 



— 156 — 

dernier tour, qui rend le côté externe npertural très con- 
vexe-arrondi. 

Coquille épaisse, opaque, d'un cendré-jaunacé uni- 
forme, sillonné de grosses côtes (8 à 10 sur le dernier 
tour, à partir du niveau de l'insertion du bord externe), 
espacées, obliques, très saillantes, ornées au sommet 
d'une forte nodosité tuberculiforme. Spire courte, étagée, 
à sommet aigu et saillant. Sept tours : les supérieurs très 
petits, lisses, transparents et formant saillie sur les autres 
qui commencent à s'étager et à se costuler ; tours médians, 
comme écrasés, de plus en plus costulés, méplans supé- 
rieurement avec une rangée de nodosités augmentant 
graduellement. Suture d'abord linéaire, puis accentuée, 
prenant une direction très descendante à partir de l'ori- 
gine du dernier tour. Ce tour très grand (baut. 15 mil- 
lim.), égalant les trois quarts de la hauteur, d'une forme 
oblongue, convexe à sa partiemoyenne, devient plusrenflé 
près l'ouverture, vers la partie presque inférieure du bord 
externe. Ouverture verticale, oblongue, anguleuse, avec 
une fente étroite assez prolongée supérieurement, très 
cintrée du côté columellaire et convexe-dilatée du côté 
inféro-externe, enfin, offrant à l'intérieur une belle nacre 
blanche. Columelle très cintrée, courte, robuste, à base 
regardant du côté apertural. Bord externe mince, descen- 
dant rectiligneraent. Callosité épaisse, d'une nacre blan- 
che épatée, plus encrassée au sommet; — haut. 20, 
diam. 12 millim. 

Dans le Viar et le Carbanès, entre Cordoue et Sévillc 
(Espagne). 



157 



ITIelaiiopsis inacrostoma, Boiir guignât^ 188^1-. 

Chez cette Mclanopside, la partie supérieure du bord 
externe, au lieu de suivre, comme chez les autres formes 
de cette série, l'encrassement supérieur de la i;allosité, se 
détache et donne lieu à une fente supéro-aperturale pro- 
longée et sensiblement large. 

Coquille de taille médiocre (haut. 15, diara.Smilhm.), 
oblongue, assez renflée, pourvue d'une ouverture très 
grande, égalant plus des trois quarts de la hauteur. Test 
assez épais, opaque, d'un cendré-jaunâtre ou d'un violet- 
vineux uniforme, sillonné par des côtes très saillantes, 
droites, assez serrées (elles sont toujours au nombre de 
seize à dix-huit sur le dernier tour) et pourvues d'une 
nodosité au sommet. Spire très courte, étagée, à sommet 
pointu et effilé. Six tours : les supérieurs excessivement 
petits, effilés, lisses, transparents et formant saillie ; les 
médians médiocres, commençant à se costuler et à s'éta- 
ger; le dernier très grand, dépassant les trois quarts delà 
hauteur, peu renflé. Suture linéaire, devenant plus accen- 
tuée vers les tours inférieurs, et ne prenant pas, comme 
chez l'espèce précédente, une direction descendante. Ou- 
verture verticale, ovalaire-allongée, avec une fente assez 
large et prolongée au sommet, peu convexe du côté ex- 
terne, où le bord, au lieu de 5e convexer^ reste presque 
droit pour s'arrondir seulement vers la base. Columelle 
droite, assez longue, robuste et s'acuminant intérieure- 
ment en une pointe regardant en bas. Bord externe 
mince, descendant rectilignement ou parfois légèrement 
arqué en avant. Callosité d'une belle nacre blanche, 



— 158 — 

(ainsi que l'ouverture), très épatée, épaisse surtout au 
sommet. 

Var. major (haut. 21, diam. 11 millim.) à côtes plus 
fortes et plus robustes, et à test plus épais. 

Le Guadalquivir aux environs de Séville. 

Helanopsis 'Rossnk&mslevi, Bourguignat, 188^.(Me- 
lanopsis cariosa [non Murex cariosus de Lin- 
neeus], Rossmàssler^ Iconogr,, IX et X, 1839, 

p. 42, f. 680). 

Cette forme est une espèce très distincte de la vraie 
cariosa. C'est une forme ovalaire-écourtée, très ventrue 
dans un sens oblique de gauche à droite, à sominet 
court, obtus, atours non étages, sillonnés de costulations 
serrées, nombreuses, légèrement onduleuses et à nodo- 
sités supérieures peu prononcées; son ouverture, légère- 
ment excentrique dans une direction de gauche à droite 
par suite de la grande ventrosité du bord externe à sa 
partie inférieure (ce qui donne à cette espèce cette appa- 
rence obliquement ventrue), est petite, oblongue, entou- 
rée du côté pariétal d'une vaste callosité épaisse et étalée; 
la columelle, courte, très large, est faiblement cintrée avec 
une extrémité regardant du côté droit. Le dernier tour, qui 
est fort renflé et ventru, égale les trois quarts de la hauteur j 
enfin, les tours n'offrent pas à leur partie supérieure, le 
long de la suture, de zone méplane ; — haut, 15, diam. 
10 millim. 

La diagnose latine donnée par Rossmâsslerne concorde 
pas parfaitement avec les caractères de la figure, qui a 
cependant l'air d'être très correctement dessinée. Cette 



— 159 — 

espèce, signalée de l'Espagne, sans indication précise de 
localité, pourrait bien être, au contraire, une forme du 
nord de l'Afrique. 



Iflelanopsis iiilcrostonia, Bourguignat, 1884. 

Petite espèce, ovale-suboblongue dans le sens vertical 
(et non dans un sens oblique de gauche à droite, comme 
la Rossmâssleri), remarquable par l'exiguïté de son ou- 
verture, dont la partie supéro-aperturale est totalement 
obstruée par Tencrassement de la callosité. 

Test solide, opaque, corné, sillonné de côtes saillantes 
[obliques-onduleiises sur le dernier tour) sans nodosité 
supérieure, seulement un tant soit peu renflées. Spire 
courte, conique, à sommet très aigu. Sept tours : les 
quatre supérieurs très exigus, lisses et transparents; les 
trois inférieurs de plus en plus costulés, ne présentant 
pas de méplans le long de la suture, mais simplement un 
léger renflement. Dernier tour oblong, égalant les deux 
tiers de la hauteur. Ouverture verticale, très petite, ovale, 
obstruée au sommet, sur une hauteur de k millimètres 
par l'encrassement de la callosité, sur lequel vient se 
coller le bord supéro-externe, et offrant inférieurement 
une dilatation prononcée. Columelle robuste, cintrée, 
bien tronquée, subacuminée, à extrémité regardant en 
bas. Bord externe légèrement arqué et se projetant sen- 
siblement en avant à sa partie inférieure. Callosité forte, 
excessivement volumineuse au sommet; — haut. 13, 
diam. 7 millim. 

Ruisseau de la source de la Moulouiah, près de Lalla- 
Maghnia sur la frontière marocaine (prov. d'Oran). Cette 



— iGO — 

forme est commune dans les dépôts quaternaires de ce 
ruisseau. 

Cette Mélanopside est la dernière que je connaisse ac- 
tuellement de la série de la cariosa, qui comprend 8 for- 
mes différentes et bien distinctes les unes des autres : 
cariosa, — magnitlca, — Sevillensis, — costellata, — 
pleuroplagia, — macrostoma, — Rossmâssleri, — et mi- 
crostoma. 

Les autres espèces qu'il me reste à signaler, appartien- 
nent à des séries différentes : deux (Pechaudi et helio- 
phila) à celle des Pechaudiana, et les trois autres der- 
nières (ovula, turrita et Maresi) à celle des Maresiana. 



* * 



Melanopsls Peeliaudl, Bourgiiignat, 1882. 

Espèce allongée, à sommet conique, àiairûe moijemw 
cyUndrique, et à base atténuée, convexe seulement vers 
le côté externe de l'ouverture. 

Test solide, opaque, fortement sillonné de côtes sail- 
lantes, légèrement obliques, sans nodosité supérieure. 
Spire allongée, conique-pyramidale à partir seulement du 
dernier tour. Sommet très pointu. Neuf tours, à crois- 
sance régulière : les quatre supérieurs lisses, les autres 
costulés. Suture prononcée, seulement entre les infé- 
rieurs. Dernier tour grand, égalant juste moitié de la 
hauteur, cylindrique, convexe seulement vers Touverture; 
celle-ci verticale, ovalaire, très rétrécie à sa partie supé- 
rieure par un fort encrassement de la callosité, paraît par 
cela niOme exiguë. Columelle forte, cintrée, acuminée 



— 1()1 — 

(base regardant en bas). Sinus profond. Bord externe fai- 
blement arqué. Callosité robuste, encrassée surtout au 
sommet; — baut. 22, diam. 9 raillim. 

Celte espèce, dédiée à M. Jean Pechaud, a été trouvée 
dans les dépôts quaternaires de la source de la Mou- 
louiah, au nord de Lalla-Maghnia, près des frontières du 
Maroc. 

UlelanopHis lieliopliiln, Bourguignat^ 1872. 

Cette nouvelle Mélanopside a été recueillie par le capi- 
taine Seignette dans l'oasis d'Aïn-Chair, à l'extrême sud 
sabarien du Maroc, lors de l'expédition (1870) du général 
AVimpffen. Celte hcliophila est une forme globuleuse, 
écourlée, brièvement conique, très renflée à son milieu, 
atténuée inférieurement, et remarquable par ses tours 
supérieurs lisses, excessivement acérés, d'une extrême 
petilesse,paraissantcomme juxtaposées au sommet spiral. 
Test solide, transparent, très brillant, d'un cendré- 
jaunacé ou corné, et orné de fortes côtes onduleuses, peu 
distantes les unes des autres, à arête comprimée et sans 
nodosité supérieure, sauf sur le dernier tour, vers l'in- 
sertion du bord externe. Spire courte, conique, pointue. 
Huit tours: les quatre supérieurs lisses, plans-tectiforraes; 
les autres devenant de plus en plus costulés et convexes. 
Suture linéaire. Dernier tour très convexe-ventru, dépas- 
sant la moitié delà bauteur, et offrant supérieurement le 
long de la suture un léger renflement déclive. Ouverture 
verticale, ovalaire, bien convexe à droite et à gauche, 
munie à son sommet d'une longue fente très étroite par 
suite du fort encrassement de la callosité. Columelle cin- 
II. — Annales de Malacologie.— MAI 1884. Il 



— 162 — 

tréeen avant et du côté apertural, subacuminée, à base 
regardant légèrement en dehors. Sinus médiocre. Bord 
externe fortement arqué en avant. Callosité tuberculi- 
forme au sommet; — haut. 14, diam. 7 millira. 



Hfclanopsts ovula, Bourguignat, 1884. 

Coquille en forme d'œuf allongé, subfusiforme, atté- 
nuée inférieurement et subacuminée-obluse supérieure- 
ment, régulièrement convexe à sa partie moyenne, et 
remarquable par son axe columellaire robuste , bien 
nacré, non acuminé, descendant reclilignement dans une 
direction un tant soit peu rélrocédente. 

Test fragile, peu épais, terne, subtransparent, d'un 
cendré jaunacé, sillonné par des côtes nombreuses, peu 
saillantes, légèrement flexueuses avec un sentiment de 
nodosité à leur partie supérieure. Spire peu allongée, 
subacuminée, obtuse. Sept tours à croissance régulière, 
faiblement convexes, légèrement renflés le long de la su- 
ture. Dernier tour oblong, renflé-convexe juste à sa partie 
moyenne, égalant les deux tiers de la hauteur. Ouverture 
suboblique, très oblongue et très anguleuse au sommet, 
d'une belle nacre blanche à l'intérieur. Golumelle nacrée, 
rectiligne, rélrocédente, aussi forte à sa base qu'à sa 
partie supérieure. Bord externe régulièrement arqué. 
Callosité médiocre, non épaissie au sommet; — haut. 16, 
diam. 7 miUim. 

Le Guadalquivir entre Séville et Gordoue. 



— 163 — 



Iflelaiiopisis tiirrita, Servû/'n, Moll. Esp., p. i^k, 
1880, (Melanopsis cnriosa, var. turrita, Ross- 
mâsskrjcono^v., XIII et XIV, \8^k, p. 33, 
f. 8i6. — Melaiiopsis tingitana, 3!orelet, m : 
Journ. Gonch., 1864, p. 155 et Malac. Maroc 
[Extr. Journ. Conch,, 1880], p. 71, pi. m, 
f.8.) 

On n'a qu'à prendre l'Iconographie de Rosmiissler et 
la Malacologie du Maroc de M. Morelet, et comparer la 
figure 846 avec celle de la tingitana (pi. m, f. 8) pour 
rester convaincu de l'identité parfaite de ces deux es- 
paces. Il n'y a pas de différence, surtout entre l'échan- 
tillon représenté, à droite, au-dessus de la figure 10. 

Sur cette planche, qui accompagne son travail, M. Mo- 
relet a donné la représentation de quatre échantillons : le 
premier, n° 8, à droite, au-dessus de la figure 10, est, 
comme je viens de le dire, semblable à la turrita (f. 846) 
de Rossmassler; le second, n° 8, placé à gauche, au-dessus 
de la figure 9^ est un peu plus ventru et plus court, avec 
une série de nodosités subsuturales à l'état rudimentaire ; 
les deux autres n"^ 8, au bas de la planche, entre les 
n"* 9 et 10, représentent deux formes de taille plus 
grande, remarquables par une seconde rangée de nodo- 
sités, séparée de la supérieure par une zone légèrement 
concave. 

Comme, entre ces diverses formes, il n'y a pas de dif- 
férences bien appréciables dans le mode spiral, dans la 
forme du sommet, dans l'aspect de l'axe columellaire, 
dans le contour de l'ouverture, etc., je suis naturellement 



— 16V — 

amené à réunir ces quatre formes moreletiennes à une 
seule espèce, à la turrita. 

Cette Mélanopside, d'abord découverte en Espagne 
dans le Guadalquivir, a été depuis recueillie dans plusieurs 
localités du Maroc, notamment près de Tanger, dans la 
Souani. 

La forme, à deux séries de nodosités, vit dans les cours 
d'eau entre Mogador et Maroc; quant à celle de la fon- 
taine Ourika (province de Demnale), remarquable par sa 
taille courte, par son test orné de côtes plus fines, moins 
régulières et plus espacées, par son ouverture brune-rou- 
geâtre, à callosité blanche et épaisse, etc., que M. Morelet 
assimile (p. 75) à sa tingitana, je la crois distincte, 
d'après ces quelques signes différentiels. 



nielaitopsii^ Maresi, B our guignât , Paléont. Alg., 
p 105, pi. VI, f. \-i, 1862, et Malacol. Alg., 
II, 1864, p. 265, pi. XVI, f. 21-24. 



Le type provient de la Daya de Habessa, dans le sud 
saharien de la province d'Oran, oi^i il a été trouvé dans un 
dépôt quaternaire. On le rencontre encore dans le ruis- 
seau de Keriz, près du Chott-el-Djerid (sud de la Tunisie). 
C'est un échantillon jeune de cette localité qui a été fi- 
guré (pi. VI, f. 4, Arch. miss, scient. Inst. publ.), par 
mégarde sans aucun doute, parmi les tunetana^ par le 
commandant Morlet. 

Je ne crois pas que les Mélanopsides signalées des eaux 
douces de Mekinez ou d'Ouch-da (ou Oudjdah), par le 



— 165 — 

D"" Paladilhe (1), sous l'appellation de Maresi^ puissent 
être rapportées à mon espèce, qui est uue forme essentiel- 
lement saharienne. 

La Maresiy sillonnée par de grosses côtes légèrement 
flexueuses, par suite d'une zone supérieure faiblement 
concave sur le dernier tour, est remarquable par sa ro- 
buste columelle descendant rectiligneraent aussi grosse en 
bas qu'à son sommet, et si fortement échancrée que le 
sinus, qui donne lieu, en arrière, à une arôte cervicale, 
permet à l'œil (lorsqu'on regarde la Coquille en-dessous) 
de plonger dans l'intérieur (Voir Malac. Alg., pi. xvi, 
f. 22). Le bord externe est presque régulièrement con- 
vexe-arrondi, sans dilatation à base. 



X 



Toutes les espèces, ou formes, que je viens de signaler, 
ont leur raison d'être. Toutes sont établies d'après les 
règles de la nouvelle méthode. 

J'ai été, dans la discussion des formes spécifiques, 
d'une grande impartialité ; lorsqu'il l'a fallu, je me suis 
donné tort, aussi bien que je Tai donné aux autres. Je 
n'ai eu, en écrivant cet aperçu historique, aucune arrière- 
pensée. Je n'ai pas cherché à dénaturer les espèces créées 
par les auteurs de l'aiicienne école, comme ceux-ci 
s'amusent à le faire pour celles des Malacologistes de la 
nouvelle. 

J'ai cherché la vérité. Si je me suis égaré dans cette 
voie difficile, je l'ai fait involontairement. 

(1) Coq. Maroc, 1875, p. 20 (du tirage à part). 



— 166 — 

Les auteurs qui désireront comprendre les espèces 
Mélaniennes devront agir comme j'ai agi ; ils devront 
faire table rase de toutes leurs dénominations, les trois 
quarts fautives, et, avant d'asseoir leur jugement, se re- 
porter aux descriptions premières ; s'ils ne suivent pas 
cette ligne de conduite, tout ce que j'ai écrit dans cet 
aperçu leur paraîtra erroné, parce qu'ils partiront de 
points faux. 

Un exemple à l'appui de cette assertion. 

Un Malacologiste a écrit ces années dernières ces pa- 
roles : 

« On doit savoir gré à M. Brot d'avoir fait disparaître 
du genre Melanopsis, dans la nouvelle édition de l'ou- 
vrage allemand, le nom de maroccana , qui n'exprimait rien 
de précis et qui n'était propre qu'à perpétuer les difficultés 
du sujet. » Et plus loin : « Les Conchyliologues qui se 
sont occupés accessoirement du même sujet, ont jugé, 
d'un commun accord, que les figures 2078 et 2079 de 
Chemnitz ne pouvaient s'appliquer qu'à la jyrœrosa de 
Linné, et que les groupes suivants (2080-81, 2082-83) 
ne constituaient qu'une seule espèce » (Journ. Cotich., 
1880). 

N'est-ce pas phénoménal d'entendre les gens de l'an- 
cienne école se vanter d'un « commun accord » pour 
supprimer telle ou telle forme qu'ils ne comprennent pas 
ou qui les embarrasse ? 

En somme, qu'y a-t-il d'embarrassant dans l'espèce 
de Chemnitz publiée sous le nom de maroccana ? 

Sous cette appellation, Chemnitz a fait représenter trois 
formes bien distinctes : 



— lt)7 — 

1° 2079-79, une forme nettement définie, qui doit 
conserver, d'après les règles de la nomenclature, le nom 
de maroccana, puisque étant la première, elle prime les 
deux suivantes ; 

2° 2080-81, une autre forme semblable à Vhamma- 
mensis de Gassies ; 

3" 2082-83, une troisième forme, vigoureusement cos- 
tulée, qui n'est pas la costata du Jourdain, mais une es- 
pèce particulière au Maroc, la magni/lca. 

Ces deux dernières formes, 2080-81, 2082-83, bien 
que Chemnitz les ait placées sous le vocable maroccanay 
ne peuvent incontestableuient conserver ce nom, puis- 
qu'elles se trouvent primées par la première forme (2078- 
79). Il est donc impossible d'annuler l'appellation de 
Maroccana, ainsi que l'a fait le D' Brot, sans enfreindre 
toutes les règles admises, sans aller contre tous les prin- 
cipes reconnus. 

Le nom de maroccana doit rester comme nom d'es- 
pèce, et j'ajouterai que cette espèce est bien différente 
de la prœmorsa de Linnœus, et que les deux autres 
formes QhQmm[ÛQmïQ?> : Hammamensis (2080-81) et Ma- 
grdfica (2082-83) n'ont aucun rapport avec la costata 
du Jourdain. 

Admettons maintenant que les Conchyliologues qui 
professent des idées aussi fausses aient la velléité de 
vouloir comprendre les espèces Mélaniennes de cette his- 
toire, qu'arrivera-t-il? Il adviendra que, partant de points 
erronés, tout leur paraîtra mal nommé, par cela même 
que leur maroccana n'est pas la prœmorsa; que la 
forme 2082-83 n'est pas la costata, etc.. 

Cet exemple montre dcnc qu'il est nécessaire de laisser 



— 168 — 

de côté toutes les anciennes opinions, de rejeter toutes 
les dénominations des Brot et consorts, si l'on a le désir 
d'arriver à la vérité. 

Les Malacologistes qui auront le courage d'agir ainsi, re- 
connaîtront que j'ai eu raison de faire les rectifications 
que j'ai faites, et que la science nouvelle, ennemie des 
compromis, est une science autrement sûre et sérieuse 
que celle des « communs accords » de l'ancienne 
école. 



Ll. — Annales de Malacologie. — MAI 1884. 



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