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Full text of "Histoire des premiers peuples libres qui ont habité la France"

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HISTOIRE 



DES PREMIERS 



PEUPLES LIBRES 



QUI ONT HABITE 



LA FRANCE. 



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HISTOIRE 

DES PREMIERS 

PEUPLES LIBRES 

QUI ONTHABITÉ 

L A F R A N CE. 

Tar J. Cm. Lavsattx* 



' TOME TROISIÈ ME. 



A PARIS, 



ÎMouTAjiDilBR , Libraire , quai des Augustifts.' 
Deroy ^ Libraire, rue Haute-Feuille, n®. 21/ 
J. Ch. LITEAUX , Imprimeiup' à Charenton.* 



Ak VI DE Z^A REPUBLIQUE FbLANÇAISE. (l^çB.) 



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HISTOIRE 

DES PREMIERS 

PEUPLES LIBRES 

QUI ONT HABI TÉ 

LA FRANCE; 

lilVRE CINQUIÈME. 

Hëvolutions opérées dans la Celtique^ 
€tprès la conquête de César. JMœurs ^ 
ioisy usages y agriculture y commerce^ 
opinions j religion y christianisme ^ 
sciences et arts. Conclusionm 



, jLïES peuples de la Celtique ^ îndé^ 
pendans jusqu'à la conquête de Cësar j 
réunis par les cliaines magiques de la 
superstition j attachés depuis une longue 
suite de, siècles à Fénorme rocher de 
T'orne IIL A 



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2 Histoire des premiers 

. leurs antiques usages j fiers de leur 
ancienne bravoure qui avoit répandu 
la terreur chez toutes les nations , d'une 
longue suite d'exploits, qui avoient 
gravé leur noms sur tous les monu- 
mens j les pçuples de la Celtique se 
trouvèrent tout-à-coup asservis à une 
puissance immense , qui les contenoit 
" au-dedans j et les menaçoit de toutes 
parts au-dehors* La Celtique ne fut plus 
sous le nom de Gaule , qu'une province, 
du plus grand empire que l'on eût jamais 
yu sur la terre. 

Avec le despotisme des Romains, 
se répandirent dans les Gaules j comme 
autant de tofrens , de nouvelles mœurs y 
de nouvelles lois, de nouveaux usages ^ 
de nouvelles opinions , de nouvelles 
langues 7 des sciences et des arts de 
toute espèce , une religion nouvelle. 
D'autant plus facilement ces torrens 
inondèrent toutes les contrées de la 
Celtique , que la plus grande partie des 
anciens habitans étoit détruite ou dis«- 



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Peuples libres de la Fraîtcè. 3 

persie en esclavage j une autre partie 
avilie par la misère et Pimpuissanee , 
une autre séduite par les trompeurs 
appâts des mœurs et de la corruption 
nouvelles. D'autant plus puissant étoit. 
Tempirede tout espèce dp ces nouveaux 
mattres ^ sur chaque partie de leur do- 
mination^ que ces parties réunies pour 
la servitude, restoient toujours divisées 
pour Pénergie commune, et que les 
anciennes barrières , formées par les 
idifférences d.'orîgine , de langues , de 
^œurs, d'usages et de religBJ||^, sub- 
«istoient dans toute leur forc^ et dé- 
voient subsister jusqu'à ce que le des- 
potisme eût pris une assiette ferme et 
une attitude imposante. 

Leg gouverneurs et leur suite fas- 
tueuse y les receveurs desHributs et leurs 
nombreux suppôts, les légions avec leurs 
chefs ^ les peuples des colonies avec 
leurs divinités, leurs prêtres^ et tout 
l'attirail de leur culte, transportèrent 
.au milieu dç la Gaule, déyastée, une 

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4 Histoire dîs premiers 

image toujours vivante de la grandeur 
et des vices de Rome. Cet appareil pom- 
peux, accompagné de tout ce que la 
magie du pouvoir et de l'autorité pour- 
voit lui prêter de respectable et d'im- 
posant, suivi «de tous les attraits du' 
luxe et des plaisirs de toute espèce, 
dut frapper également et l'esclave avide 
de nouveautés qui ne haït jamais les 
maîtres de ses tyrans , et le riche avide 
de nouvelles jouissances, et le pauvre 
qui par de nouvelles sources de gain$ 
et de p||p(t:s voyoit s'éloigner la crainte 
de l'escravage , et l'ame vile dont les 
passions étoufïbient l'amour fier de 
~ la patrie. Les chefs seuls ' accoutumés 
à l'orgueil de la domination, regret- 
tèrent une indépendance dont les avan- 
tages n'étoient que pour eux ; et à la 
fin même , entraînés par le torrent irré- 
sistible des opinions et de l'habitude, 
ils se prosternèrent devant l'idole, et 
employèrent leur vie à lui >faire ou à 
lui préparer des sacrifices. 



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Peuples libres de la FiiA3sfCE; S 

La Gaule prit une nouvelle forme y 
une forme plus brillante. L'empire ro^ 
main ëtoit composé de presque toutes 
les provinces ^ qui y dans les trois parties 
du monde 9 avoient fait quelques pro- 
grès dans Fagriculture , dans les arts, 
dans les sciences , dans toutes Içs 
.branches . de la sagesse et de Findustrie 
Jiumaine. La réunion de toutes ces 
jprovinces en un seul état/ leur rap- 
port commun à un centre unique , le 
concours mutuel de la capitale d^ns 
les provinces^ et des provinces dans la 
,capi taie , le luxe insatiable des Romains 
dont les besoins infinis attiroient toutes 
les prdductîons de la nature , toutes 
les créations dea arts ^ fliren^t autant 
de causes qui j favorisées par de longues 
paix, établirent bientôt une communi- 
cation^^eirtre toutes les provinces, rér 
veillèrent l'activité de quelques-unes , 
donnèrent à d'autres des directions et 
des impulsions nouvelles, fireijt passer 
l'industrie de l'orient dans les. contcées. 

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6 Histoire Î>es premier» 

de Foccidçnt, et formèrent enfin une 
industrie générale de toutes les indus- 
tries particulières. 

Cette révolution fut plus sensible 
qu'ailleurs dans la Gaule nouvellement 
conquise, parce que la culture n'y 
avoit fait encore que de foibles pro- 
grès, retardés par. les anciens préjugés 
qui n'admettoient que la gloire des 
armes , par les troubles toujours renais- 
*ans des cités Jalouses et guerrières f 
par la fureur d'attaquer ou la nécessité 
de se défendre sans cesse. Les Gaulois 
forcés de quitter leurs armes, séparés 
des hommes belliqueux de la nation ^ 
que les Romains distribuoient prudem- 
ment dans les garnisons éloignées , s'at- 
tiaclièrent insensiblement à l'agriculture» 
Devenue plus nécessaire à cause de l'ac^ 
croissement considérable de populiation ,, 
plus avantageuse à cause des nouvelles 
liaisons qui façilitoient une exportation 
lucrative, elle conduisoit à l'aisance et 
aux commodités de la vie j objet le 



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Peuples libres de la Fràn-ce. j 
plus cher des vœux humains ^ chez les 
peuples qui n'^ont plus de patrie. Le» 
anciennes vertus domestiques encore 
étrangères au luxe amollissant des Ro- 
mains , facilitèrent les progrès de cet 
art bienfaisant qui aime des âmes pures 
et amies de la nature, et qui attache 
par d'innocens plaisirs, ceux qui ont 
pu le )ionheur de lui consacrer leurs 
vies. Les femm^ gauloises aussi bonnes 
mères que tendres épouses , entre- 
tenoient dans les familles cette douce 
imion qui échauffe et soutient lés tra- 
vaux de l'industrie j elles ne craignoient 
point de. multiplier sur la terre , des 
hommes auxquels la terre ne i^efusoit 
jamais la nourriture (i). 

(i) Quamquam et illa loca incolutUur, 
majore hominum copia quant accuratione ^ 
nam et mulieres faècundae sunt et educa^* 
trices bonae ; ^t viri bello quant agriculturas 
meliores : nostro tamen tentpore coguntur ^ 
positis armis y agros colère. {Strah^ liv. IV.^ 
p. 177. 1778. 

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8 Histoire des premiers 

Depuis long-tems la Gaule narbon- 
fioîse n'étoit plus distinguée de l'Italie, 
et toutes les productions cultivées dansi 
la seconde ^ se retrouvoient abondamment 
dans la première. 

Sous les règnes d'^Auguste et de Tibère y 
l'agriculture avoit déjà fait des progrès 
si rapides, dans tout le reste de la 
Gaule, qu^à l'exception des bois et dés 
ifiarais , on ne trouvoit pas un morceau 
de terre qui ne fût en valeur (i)r 

La fécondité particulière du sol , se- 
conduit merveilleusement ici le travail 



(i) Prqfert narhonensis Gallia , omniafruc" 
tuum gênera quae in Italia nascuntur. Inde 
^versus ^septentrionem ^ solum omnium, reruTit 
cleo etjicu demtisyferax ingénies . . é Nihil 
in ea otiasum est , nisi qua paludes aut 
s^lvde obstanu ( Strab. 1. IV. p. 177. ). 
'^ (Narbonensis) agrarum cultu , virorum mo'- 
rumque dignatione , amplitudine opum , nullh 
provinciarumpostferenda^ bre^iterque Italien 
veriusj quamprovincia. (Plin* Hist. n» liv* IIi« 
«•40 



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PjËUPl^tS LIBRES 13È LA Fb.âN'CE. ^ 

et Pîndustrie du cultivateur j et taiidis 
que les campagnes produisoient des mois- 
sons fertiles, les coteaux des vendanges 
abondantes j de grasses prairies , d'im- 
menses forêts de chênes, et des eaux 
pures , dispersées comme à souhait, dans ' 
toute la Gaule , offroient par-tout la nour- 
riture et la salubrité , aux nombreux 
troupeaux qu'ils entretenoient (i). 

Les Gaulois né s'étoient pas contentés 
de suivre dans l'agriculture , les usages 



(i) Galliae .... felices praepinguibus 
glebis , aççQmmodcie proventibusfruçtuariis j, 
pleraeque consitae vitibus et ar^ustisy omni 
ad. usum ani^antium J'œtu heutissimae (Jul* 
Splin. d^ns Bouquet. I. p. 97. ) 

RèliqUa' omnis Gallia (Celtica) multum, 
Jert frumenti j milii , glanais ^ ac omnigeuum^ 
a,lit pecus ( Strab. 1. IV. p. 177. ), 
. (Gallia Celtica) Terra est frumentipraèci^^ 
pue et pabuli Jerax y et amaena lucis im^ 
manibus. (Pompon. Mêla. liv. III. c. 2. ) 
. Galliaruniglandiferae tnap^ime arbores ••« 
(Plin. 1. XVI. c. 8.) 



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lO H1STOIB.E B£S PREMIERS 

des Grecs et des Romains leurs maîtres r 
ils avancèrent eux-mêmes les progr&s 
de Part par des expériences et des pro-^ 
cédés particuliers. Ils trouvèrent dans 
cette période, Part d'amender la terre 
* par la terre même, et les premiers de 
tous les peuples, ils employèrent la 
marne et le mélange des terres de toute 
. espèce, pour' engraisser les champs ou 
réparer leurs forces épuisées (1). C'est à 
eux que les Romains durent Pinvëntioa 
Aes cribles de toute espèce, si com- 
modes pour la préparation des grains 
et des farines (2) j celle des vaisseaux 

(1) Alla est ratio ^ quant Britannia y et 
Qallia invenère alendi eam (^tefrum) ipsa^ 
quod genusvocant margam. (Plin.l.XVII, 6.) 
Ubios gentium sdïos novimus^ qui fertilisai- 
muni agrum colentes^ quacumque terra intra . 
très pedes ejfosa et pedali crassitudine 
laetijicent . . • Hedui et Pictoncs calce uber- 
limosfecere agros-: quae sane et oleis et viti- 
bus utilissima reperitur. ( Plin. !• XXV. 6, 8. )^ 
- (2) Criborufn gênera Galli e cetis equorum. 
invenere. (Plin. 1. XVIII c. 2. ) 



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Peuples LIBRES DE liA Fra-btcb. iï . 

ûe bois entourés de cercles , où les vins 
se conservent mieux que dans des outres ^ 
et qui rendent leur manipulation beau- 
coup plus facile (i). 

Sur le sol de la Gaule , oi^ vit naître 
en abondance tous les grains cultivés 
en Italie j quelques-uns même s'y per- 
fectionnèrent au point de former de 
nouvelles espèces , qui surpassoient celles 
de toutes les autres provinces de l'em- 
pire. Tel fut particulièrement le blé 
que les Romains appeloient ^r, dont 
ils faisoient le plus grand usage ^ et 
qu'ils cultivoient de préférence. Le Jar 
de la Gaule se distinguoit également et 
par sa beauté et par ' la quantité de 
pain qu'où pouvoit en tirer (a)?. 

I .' ■ ""- f" - p "" ;> . ■ .111. . ■II»! 

(i) Circa Alpes ( Vina ) ligneis vasis 
condunt circulisque cingunt. ( Plin. Hist. 
l.XXVIII.c. 13. 

(2) Galliaé quoque suum genusrjurris de^ 
dere : quod illic bracem yocant / apud^ nos 
sandalam, 'nitidissimi granu Et alia differen-- ^ 
tia est, quodfere quaternis librisplus reddit 



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ta . Histoire des peemiees 

Du tems de Pline, la culture de Ik 
vigne s'étendoit depuis les côtes de la 
Méditerranée , jusqu'à la Belgique ; 
et parmi les vins estimés, on distin»* 
guoit les vins doux de la Narbonnoîse^ 
que les Voeon tiens sur- tout savoient 
préparer d'une manière particulière, 
ceux de Marseille, de Béziers, d'Au- 
vergne, du pays des Séquaniens, des 
. Arvemes , et des environs de Vienne, 
Ce dernier sur-tout , qui avoi't un goût 
de poix, étoit fort estimé des Romains^ 
qui le pay oient très-cher (i). L^an 71^ 
on découvrit dans les environs d^^lba 
Jïe/via (Viviers ), aux pays des Elviens j 
une vigne dont la fleur ne duroit qu'un 
jour , et qui par conséquent étoit moins 
exposée que les autres espèces , aux accî- 

fanîs quant far aliudiyXvQ.. Hist. !• XVIII. 7.) 
Il est incertain à quelle espèce de nos grains 
m.odernes^ il faut rapporter le^û^rdes anciens» 
(1) Plin. Hist, l.XIV. c. 1, 2, 6^ 9. Plutar. 
SymposiaCt 1. V. quest. 3. 



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Peuples libb.es de la France; i3 

dens ordinaires de la fleuraîson. Bientôt 
elle fut cultivée dans toute la Narbon- 
noise (i). 

Un tyran arrêta tout-à^coup la culture 
dé cette plante précieuse. Domitien fît 
arracher toutes les vignes des Gaules ^^ 
ou du moins une très-grande partie* 
Soit que son intention ait été /comme 
' le croit Montesquieu (2) j d'ôter aux 
peuples voisins, un appât qui pouvoit les 
attirer dans l'empire ; soit qu'il ait cru^ 
comme le pensent quelques autres (3), 
que la trop grande quantité de vignes 
dans les Gaules , diminuoit assez l'abon- 
dance des blés, pour pouvoir causer dans 
Fempire une disette de cette dernière 



(1) Septimo hinc anno^ in Narbonensis 
provinciae sAlba Helvia , inventa est vitis 
uno die deflorescens / ob id tutissima. Nar- 
bonicam vocant quant nunc tota provincia, 
conserit. (Plîn. Hîst. 1. XIV. c. 3.) 

(2) Esprit des Lois. 1. XXI. c. i5. 

(3) Bouche essai sur l'Hist. de Prov. I» p. 5# 



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t4 Histoire DES premiers 

denrée j cet édit prouvera toujouxs à quel 
point les Gaulois avoîent déjà porté la 
culture de cette plante (i). 

Avec la culture des plantes utiles^ 
celles des plantes de luxe et d'agrément 
avoît aussi passé dans les Gaules j et 
s'é toit répandue dans toutes les contrées •' 
Les Romains y avoient apporté leur 
goût pour la magnificence des jardiné 
et des maisons de campagne. Le pla-* 
tane qu'ils faisoient venir de l'Asie et 
qu'ils cultivoient à grands frais , pour 
en faire l'ornement de leurs maisons de< 
plaisance-, avoit déjà passée jusques chez 
les Morins, le peuple le plus septen- 
trional de la Gaule j et l'impôt que le 
gouvernement avoit mis sur l'ombre de 
ce bel arbre , n'empêcboit pas les riches 
Gaulois d'en faire leurs délices , et de 
le multiplier autour de^ leurs habita- 
tions (2). 

(1) Sueton. în Domit. c, 7. PhUosÉrate iir 
vita ApoUônii* 1. 6. c. 42. 

(1) JaiTi ad marinos usqus pervecta (pla- 



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Peuples libres de la Fraistce. i5 
Les mêmes causes qui avoîent avancé 
«dans les Gaules les progrès de Pagricul- 
lUTe j joîntes à ces progrès eux-mêmes j 
y rendirent bientôt le commerce aussi 
, iloiissant que pouvoient le permettre leà 
maximes du gouvernement. Jamais le 
commerce n'avoit été Pobjet du gou- 
vernement des Romains. Cet objet fut 
les conquêtes sous la république royale 
-et consulaire , rétablissement et le main- 
tien de la tyrannie sous les empereurs. 
Lorsque l'empire eut englouti presque 
toutes les nations commerçantes, le 
cpmmerce intérieur fut favorisé par les 
restçs de Fancienne activité des peuples ^ 
qui se communiqua bientôt à ceux qui 
n'avoient été que guerriers j il le fut 
par les besoins immenses de la capitale 
et de PItalie, par la grande quantité 
de fleuves navigables , de canaux j de 

tanus) ac tributarium etiam detinen^ ^olum^ 
ut gentes rectigal et pro wnbra jpeîidenU 
{PUn.liv. Xn. Cl.) 



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i6 Histoire des premiers 

ports, dé magasins publics^ et sur-tout 
par ces grandes et belles routes que 
construisirent soigneusement les Ro- 
mains pour la communication de toutes 
ces parties de Pempire. Il fut gêné par 
les monopoles du prince et de ses favoris, 
par une grande quantité de péages établis 
dans l'intérieur du pays. Le commerce 
extérieur étoit regardé bomme nuisible 
et dangereux j des prohibitions sévères 
gênoient les ^ exportations. Depuis qu'il 
n'existoit plus de citoyens , ou pour mieux 
dire , depuis que ceux que l'on appeloit 
citoyens n'étoient plus que des esclaves , 
on redoutoit les peuples libres voisins 
de l'empire j et loin de chercher à les 
amollir par les mœurs des Romains^ 
comme dans les tems où l'e«prit public 
de ces derniers promettoit toujours la 
supériorité et les triomphes, on faisoit 
tout alors pour élever entre eux et l'em- 
pire un mur de séparation j parce que 
l'esprit public de ces peuples étoit ren- 
forcé par leurs confédérations , et qu'il 

ne 



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Peuples LIBRES de la France. 17 

ne festoit plus aux Romains que leur 
corruption. 

D'après ces Craintes et ces maximes^ 
les exportations étoient gênées ^ sur-tout 
du coté de la Germanie j et en tirant 
des peuples qui l'habitoient autant d'es- 
claves qu'il étoît p<?ssibj.^ , on avoit soin 
de ne point leur fournir des objets 
propres à augmenter leur^ ressources 
militaires^ ou à les attirer par l'appât 
de quelques jouissances nouvelles. 

Ce que la politique faisoit vers le Khin 
et le Danube, les haines et les ini- 
mitiés nationales Pavoient fait depuis 
long-tems entre les Parthes et les Ro- 
mains j et ces deux peuples combattant 
sans cesse , non pour la domination ^ 
mais pour la destruction , n'eurent aucun 
commerce entre eux. 

L'Arabie et l'Inde étoient, pour ainsi 
dire , les seules contrées où les Romains^ 
fissent un commerce extérieur considé- 
rable. L'or de Rome passoit chez les 
Arabes qui avouent peu. de besoins et 

Tome llly B 



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i8 Histoire des premiers 

ïîroîent de grandes richesses de leurs 
mers et de leurs forêts (i). Depuis <Jue 
rétabliôsenlettt de l'empire des Parthes 
avoît rompu entre Porient et l'occident 
les anciennes communications commer- 
ciales , qtd s'opéroient par les terres et 
les fleuves, et par la mer Caspienne et 
le Pont-Euxin, l'Egypte étoit devenue 
le centre du commerce de l'Inde ; et les 
B.ômains maitres de cette riche province, 
y employoient, du tems de Stlrabon, 
cent vingt nàiidres à ce commerce (2). 

(1) Plîn. 1. VII. c. 28. ( Strab. 1. XVI.) 

(2) ITous les ans, vers le solstice d*ë té, une 
Botte de 120 vaisseau^ pàrtoit de Myos- 
hormo^, port d'Ejgypte situé sur la mer 
Rouge. A l'aide des moussons elle traversoit 
Tocéan en 40 jours. La côte de Malabar et- 
l'île de Taprobane (Ceylan), étoient le terme 
ordinaire de cette navigation j et les mar- 
chands des régions de l'Asie les plus éloignées, 
s'y rendoient pour y attendre l'arrivée des 
sujets de Rome. Le retour de la flotte d'E- 
gypte étoit fixé ML mois de décembre ou de 



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Peitples libres de la France. 19 
L'insidieux Auguste avoît eu soin de re- 
tenir le gouvernement de FEgypte j et 
après qu'il y eut fait faire tous les tra- 
vaux et toutes les réparations qui pou- 
voient en faciliter le comnierce j il s'y 
forma une source de richesses pour les 

janvier. Aussitôt ces riches cargaisons trans- 
portées sur des chameaux , depuis la mer 
B.ôugé jusqu'au Nil, descçndoient ce fleuve 
et âbordoient au port d'Alexandrie j de-là 
elles aîïluoieht dans la capitale de l'empire. 
(Plin. Hist. lîv. VI. Strab. liv. XVIÎ ). 

Les objets des marchandises de l'orient 
étoiêrit la soie qui se vendoit au poids de l'or, 
les pierres précieuses , parmi lesquelles la perle 
tenoit lé premier rang après le diamant. Les 
deux grandes pêches de ^perles étoient les 
mêmes qu'à présent , Ormus et le cap Comorin. 
Autant que nous pouvons comparer la géo- 
graphie ancienne avec la moderne, Rome, 
tiroît ses diamans de la mine de #umelpar , 
le Bengale. C'étoit encore différentes espèces 
d'aromates que l'on brûloit dans les temples 
et dans les pompes fujaèbres. 

B 2, 



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aO HiSTOiBLE pES PREMIERS 

tyrans, et pour les peuples une source 
de corruption et de misère. Tous les 
ans ^ cinquante millions de sesterces , 
étoient irrévocablement englouties dans 
rinde, pouf des marchandises de ce 
pays } et l'immense profit de ces marchan- 
dises , vendues le centuple à Rome (i) , 

■ 

(i) Joseph, de beU,, Jud. liv. II. c. 16. S i4* 
Nullo anno imperii nostri minus H. S. 
quingenties (i, e. .Sestertium quingenties cen- 
tena millia) exhauriente India et merces 
rémittente y quae apud nos centuplicato ve^ 
néant. (Plin. Hist. n. l.VI. c, :23.) Et en comp- 
tant les marchandises que Ton tiroit de l'A- 
rabie et de la Sérique : minimaque computa'^ 
tione ndllies centena miilia sestertium annis 
omnibus India et Seres , peninsulaque illa 
imperio nostro adimunt» Tanto nobis deli"- 
ciae y etfaeminae constant. (1. XII. c. 18). 

Ces sommes ëtojent énormes , dans un tems 
sur-tout , où Por de TAmérique ne circuloit 
j)as encore. Il n'est pas étonnant d'après cela, 
que les Romains se soient vus obligés d'aug- 
menter chez eux la valeur numérique de& 
monnoies. ( Esprit* des Lois 1. XXJ* c. 16. ) 



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Peuples libres de la France. 21 
passoit par les mains des négocîans 
d'Alexandrie^ pour rentrer en grande 
partie dans celles du tyran ^ qui tiroit 
de cette ville de plus grandg revenus 
en un mois que de la Judée en une 
année entière ^ par le ijpoyen des mono- 
poles ^ et autres droits exorbitans qu'il 
avoit mis sur les marchandises pré- 
cieuses de l'Inde , et sur-tout par le 
double droit de passage qu'il exigeoît 
sur les marchandises ^ soit qu'elles en- 
trassent dans les ports de l'Egypte à 
leur retour de l'Ethyopie ou de Finde y 
soit qu'elles en sortissent pour être dis- 
tribuées dans le reste de l'empire (i). 
Auguste avoit caché avec le plus graud 

(1) Nuncmaximae classes usque inlndiam 
et extrema JEthiopiae transmittunt : unde 
praeciosissimae merces in JEgyptjim adve- 
huntur, aorursum in alia exportantur loca 
ex JEgypto ut dupUoia hinc vectigalia exi* 
gantur : unum rerum quae importantur^ ' 
altéra earum quae exportantur :- caeterum 
jkraecipsarum mercium gravia sunt itidem, 

B 3 



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5t2 Histoire des premiers * 

soin 9 cejtte source de richesses ^ qui lui 
foumissoit 9 aux dépens des peuples j les 
moyens^ de multiplier les chaînes des 
peuples. Une confioît le gouvernement 
de l'Egypte qu'à des amis intimes j il 
kvoit défendu à tous les sénateurs et 
chevaliers romains j de mettre ^ sans per- 
missipu, le pied dans cette province (i) ; 

^ectigalia ^cum etmonopolia ibi sint. ( Strab» 
1. XVII. p. 1149.) 

Srabon dit au même endroit, d'après ime 
oraison de Cicéron / ce que du tems de Pto- 
lémée Aulète , père de Cléopâtre , les revenus 
de l'Egypte montoient ordinairement à douze 
mille cinq cents talens par an. Or, continue 
ce géographe , si ce prince avec une mauvaise 
administration, tiroit une si grande somme 
de cette province , que ne doit-elle pas rap- 
porter sous la vigilai^te administration des 
Romains, et après avoir étendu son com- 
mercé jusque dans l'Inde et le pays des Tro- 
glodytes? Auparavant,.-» peine "vingt navires 
osoient-ils passer le golfe Arabique, et avancer 
leur proue hors de son embouchure 5>, v 

(r) Augusius inter alla dominationis ar* 



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Peuples libres de la Fhaîtce. aS 

et par la même raison y sans doutç , 
il laissa tout ce commerce, eiitre le$ 
mains des sei^ls Egyptiens , qui par 

# reconnoissance lui élevèrent un temple 
à Limyrica (i). Du tems de Pline seule- 
ment, on commençoit à connoitre la 
route que tenoient les vaisseaux égyp- 
tiens qui alloîent chercher les marchan- 

. dises de l'Inde. (2). D'Alexandrie ,. on 
alloit par le Nil jusqu'à Coptus, puis 
par terre jusqu'à Myoshoymos, et là 
commençoit proprement le voyage de 
l'Inde, vera la fin du mois de juin* Q» 



cana ^uetitisj nisi permissu ingredi sena^ 
toribus aut equitibus Romanis illustribus^ 
seposuit JEgyptum. ( Tacît. ann, II. c. 59. ) 

(1) Nam solafer^ Aleocajidria ^ et rçcïpit 
istas merces et foras emittit. ( Strab. 1. XVII» 
p. 11 49- ). Dans la table de Peutinger, o» 
trouve un temple d'Auguste entre Tundis et 
Muziris. 

(2) Nec pigebit totum cursum ab JBBgypto 
exponercj num demum certa notitia pâtes?- 
ir^^rk (Plin. VI. 23.) 

B4 



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byGcTogle 



^4^^ Histoire des premiers 
y employoît quelques mois , parce que 
la chaleur brûlante ne permettoit pas 
de naviguer pendant le jouV. En route ^ 
les vaisseaux pour pi5endre des rafraf- 
chissemens relâchoient à Océlis ou à 
Comocoïm en Arabie 'j puis aux îles 
fortunées et à celle de Dioscorides 
( Socotera ) , d'où ils voguoient à pleines 
voiles vers Plnde (i). 

Au mois de décembre , ils repartoient 
avec leurs marchandises ^ relâchoient çà 
et là sur les côtes de l'Arabie ^ où ils 
échangeoient quelques productions de 
rinde contre l'encens et quelques autres 
marchandises du pays j puis ils re- 
venoient à Alexandrie environ un an 
après leur départ (a), 

D'Alexandrie ^ les marchandises de 



(i) Voy.Plin. Hîst. nat. VL 28. Arrianus. în 
periplo maris Erythraei. p. 32. edit. Huds. iu 
geogr. minor. t. I. 

(2) Ex India navigant mense JEgyptio 
Tyhi^ nostro decembri (Plm. Hist. nat. VL 23.) 



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Peûi^les libres de la Fb-âîtce. s5 

rinde étoient transportées parles négo- 
cîanis de cette ville jusqu'à Puteolî 
(Poussol) (i). D'où les 'Romains les 
expédioient dans toutes les autres parties 
de leur empire. 

Quelque fût donc l'activité des Gau- 
lois et leurs dispositions pour le com- 
merce j ils ne pouvoient être que passifs 
à l'égard de celui de l'Inde , et ils 
étoient obligés de recevoir des Ii.omains 
toutes les marchandises qui vendent de 
ce pays. Mais un avantage qu'ils avoient 
âu-dessus des habitans- de plusieurs 
autres provinces de l'empire, c'est que 
les productions naturelles de la Gaule, 
étant considérablement multipliées par 
l'augmentation des- bras, et par les nou- 
veaux ressorts de l'industrie, ils trôu- 
voient sur leur propre sol, beaucoup 
pltis qu'il* ne falloit pour payer les 
marchandises . de l'Inde, dont l'usage 
ëtoit d'ailleurs beaucoup moindre cheR 

(i) Philo, ifa flaccum p. 968. édit. Franc. 



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^6 Histoire des premiehs 

eux que chez les Romains j leurst mœurç 
étant mpiïis corrompues, j leur Juxe 
moins e^trârVagant et moins général. Si 
les Romaina fournissoiept aux Qaulois 
des épiceries^, des aroma,tes^ des pierres 
précieuses, et quelqiies vé^sçs de grand 
prix j les Gaulois de leur cdté, fournis- 
soient constamment à Rome , k l'Italîç^ 
et à plusieurs autres contrées ^ des pro- 
ductions naturelles ou des marchandises, 
manufacturées. 

La manie des jardin^ imnienses éta- 
blie par le luxe , autour de Rome 9 et dans 
presque toute l'Italie , ayant arraché k 
l'agriculture de ces contrées une grande 
partie des terres, la subsistance des 
maîtres du monde dépendoit de l'acti- 
vité et de l'industrie des peuples qui 
vivaient sous leur domination. La fertile 
Gaule concourut bientôt , avec la Sicile^ 
et l'Egypte, à leur, fournir l'immense 
quantité de blé dont ils avoient besoin (1) j 

(1) JEa: his gçnçris (tritici) qu%e Komam. 



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Peuples libres de la Fran^ce. 27 

avec moins de concurrence, elle leur four- 
nîssoit des bestiaux qu'elle nourrissoit en 
abondance. Les Séquaniens et les Belges 
trouvoient une source intarissable de 
richesses dans leurs nombreux troupeaux. 
Habiles dans Part de fumer , de saler et de 
préparer diversement la pheLir des porcs y 
iis lui donnpient par ces préparations, 
des qualités nouvelles, la préservoient 
pendant long-tems de la corruption, et 
la vendoient aux Romains et aux autres 
habitans de Fltalie qui en faisoient une 
grande consommation (1)^ Les vins de 
la Gaule , dont quelques-uns avoient des 

invehuntur y levissimum est galliçum^ (Plin* 
Hist. nat. 1. XVIII. c. 7. ) 

(1) Eoc his optima suilla sal^amenta jKo- 
mam perferurUur. (Strab. 1. IV, p. 192.) Tamt 
copiosi autem sunt iis (Belgis) pecudum et 
suum grèges^ ut sagorum et salsamentorum 
çopiam y non Romae tantum suppeditent , sed 
et plerisque Italiae partibus. (Strab. 1. IV. 
p. 197.) Optimae quidenipernae eoç Gallia. 
Athen. 1. ;SIV c. 21. 



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a8 Histoire des premiers 

qualités très-estîmées , maïs opiniâtre- 
ment attachées au terroir et au climat 
qui les produisoit (i), formèrent une 
autre branche de commerce très-consi- 
dérable , que la défense de Domitien 
ne détruisît probablement que pour le 
nord. Les Romains estimoient beaucoup 
aussi les fromages de Nismes et du Gé- 
vaudan(2)9 lasaumure d'Antibes, (3) les 
huîtres des environs de Médoc (4) ^ le 

• 

(1) Et aliquibus (vitibus) tantus locorunt 

amory ut omnem in his gloriam suam relin- 
quant ^ nec usquani trajiseant totae* Quod et 
in Rhoetica Allobrogicaque ^ quant supra, 
picatam appellavimus es/enity domi nobilibus 
nec agnoscendis alibi. (Plin. Hist. nat.l, XIV. 
c. 2.) 

(2) Laus caseo Romae^ ubi omnium gen- 
tium bona cominus judicantur, e provinciis 
Nemaunensi praecipua^ lesurae gabalicique 
pagi. (Plin. Hist. nat. XI. 42.) 

(3) Muria Antipolis ( laudatur ) Pliri. 
XXXI. 8.) 

' (4) (Ostrea) Cizicena majora lucrinis y dul- 
ciora Britannicis y suaviora Medulis (Plin. 



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Peuples libres de la Fraitcb. 29 
chervi du Rhin (1) , les carottes de toute 
laGauIe (2) , et une espèce de poinm^ 
que Pon nomiHoit pomme gauloise (3). 
Aux productions de la terre cultivée ^ 
se joignoient , pour enrichir les Gaulois j 
plusieurs autres productions naturelles^ 
telles que les bois de leurs immenses 
forêts^ les métaux ^qu'ils tiroient de leurs 
fleuves et de leurs mines j et dont quel- 
ques-uns tels que For , passoient pour les 



1. XXXII, c. 6. ) Les huîtres de cette contrée 
sont encorie fort estimées aujourd'hui. 

(1) L^empereur Tibère en faîsoit venir tous 
les ans une provision des jenvirons de Gelb^ 
Castel^ situé sur leRhin^àpeu de distance 
de Nuis. Sicer ipsum Tibi^rius princeps nobU 
litavit'^Jlagitaits ^omnibus annis è Germanih 
Qelduba uhi generosiixis prdecipua Plin. 
l. XIX. ç. Si. 

(2) Est et quartum.genus in eadem similis 
tudine pastinacae y quant nastri Gallicam 
vocant (Ib,). 11 

ÇS) Nationum habent cognomen Gàllicaet 
uisiatica mala. (Plin., 1. XY* c« ta,.) 



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3o ' Histoire des premiers 
meilleurs de . tous ceux que l'on con- 
Boîssoit alors (i) j le nard qui tenoit le 



(i) Les Gaulois avoient de Tor, de rarjgent, 
du fer, du cuivre et du plomb. 

Tectosages ad Tyrenam accedunt ^ et 
septentrionalem Cemmenorum montium par- 
tent nonnihil attingunt , aurique dis/item 
colunt terrant (Strab. IV. 187.) 

Tarbelli vero hune sinunt habent (Aqui- 
taniœ ) apud quos optima sunt auri m'etalla / 
infossis enint non alte actis inveniuntur auri 
laminae manumimplentes y aliquafidoeœi^ua 
indigentes repurgatione : reliqtmtn ramenta 
etglebae sunt^ ipse quoque nonmuHumoperis 
desiderantes. (Ib* IV. 190.) 

ApudPetrocorios et Bituriges Cubos ^ferri 
sunt praeclara metalla . . . Argenti mètalla 
Ruteni habent et Gabales. (Ib* IV. 19! . ) 

Asserunt Galli sua metalla esse praestitn-- 
tiora tunt in Cemmeno monte , tum sub ipsa 
JRyrénem. (Strab. III. p. 14^. ) 

Omni aura inest argentum vario pondère ^ 
alibi denay alibi nona^ alibi octav a partes 
In une tftntum Galliae métallo ^ quodvocant 
albicratense $ tricesima sexta portio imeni'- 



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Peuples libres de la Frâkce. 3i 

second rang après celui de Syrie (i)^ 
le corail que l^on pêchoit vers les ,îles 
Stécâdes (2) , Fochre que l'on tire au- 
jourd'hui du Bérri , et dont les peintres 
faisoient un aussi grand usage- que de 
coluî de i'Attique (3). 

De plusieurs productions naturelles , 
l'industrie des Gaulois sut former aussi 

tur: ideo cœtens praeest. (Plin. 1. XXXIII, 
cha^. 4- ) 

JProximum bonitate fuit (ses) salustianum 
in centronum Alpino tractu^ non longi et 
ipsum aevi. Successitque ei Livianum, in 
Gallia. ( Plin. XXXIV. o..) 

Nigro plumbà ad fstulas laminàsque uti^ 
wur^ laboriosus in Hispahia erato , totasque 
per Gattias. (li^. 17.) 

(1) In nostro orbe proscimelaudàtur (Nar- 
duin) Syriacum mox Gallicuik. (PEn. Hist^ 
XII. lî.) 

(2) (CiWaliTim) Lcmdatissîmum in Omllico 
sinu circa Staeçadasinsutas (Plin. XXXII i:i.) 

(3) (Pigmentum) quod kicidùm vocànt^ 
Giilliti v^ènveris y hoc autém et attico nd lu* 
mirki utuntur. (Plia* 1. XXiXIil. i^. ) 



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^2 Histoire des premiers 

de nouveaux objets de commerce. lia 
passent pour les inventeurs de la toile ^ 
et Ton en fabriquoît dans toutes les 
Gaules (i). De leurs laines, ils faisoient 
des étoffes et des matelats. Cette pre- 
mière espèce de manufacture fut perfec-^ 
tîonnée par pux , la seconde est de leur 
invention. Les couleurs qu^'ils savoient 
doniler à leurs tapis , les faisoient distin- 
guer de ceux des Parthes j et les manu- 
facturiers des Gaules en inventant Fart 
de former dans le tissu de leurs étoffes 
des figures de diverses couleurs , distin- 
guées les unes des autres , surpassèrent 
ceux d'Alexîtndrie , qui ne savoient 
encore faire que des étoffes rayées (i).Ils 
» ■ ■ " ■ . ■ . ■ ■ « . .., ,. 

(i)Galliae universae tela texunt (Plin. 
Hist. 1. XVIII. Cl.) 

(i) ( Lana ) Istriae Liburniaeqiâe pilo 
propmor quant lanae^ pexis aliéna vestibus 
et quant salacia scutulato textu commendat 
inLusitania. Similis circapiscenasprovinciae 
Narbonensis : similis et in JEgyptOy ex qua 
vesti$ dctrita usu pingitur^ rursusque aevo 

savoient 



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PëupiiES libres be la Frâwcb. 35 

savoîent avec le suc de leurs plantes 
imiter toutes les couleurs ^ pour em* 
bellir leurs toiles et leurs étôfTes j et 
leur pourpre étoit pliis éclatante, et 
beaucoup moins chère que celle desPhé* 
niciens j elle auroît surpaesé cdtte der- 
nière à tous égards , s'ils eussént.trouvé 
le secret de lui fake supporter reau-{i)» 

, r I» • • I - -■ - . -■• ■ ^ ... ... .. .. -t . ■■ ^ , 

(' 

durât. Mst et hirtae pilo • crassù ' in tapetis 
€intiqui$sima gratia. : jam cette p^iscom Us 
zisusj Hpmerus auctorest. Aliter haec Galli 
pingunt , aliter Fart^orun^entes. Lanae et 
per se coactam i)e$tem faciunt . . • . ahe'- 
nis polientium extractae^ in tphten^ zèsunt 
n)eniunt -: 'Uec facile diys^rlm quid- ea,citat0 
cœpèrit^ > * 

Pluiibus vero iiciis, te±ere y, quae polyr 
mita appellant , Alexandria instituât >• scur 
miis dividere^ Gallia. {Flin. 1. VIII^ c.48)> 

In culcitis praecipuam gloriam Cadurci 
obtmenté Galtiarum hoc et tomenM patiter 
inventum. .(^Vlhxi, 1. XIX ^ c. i ). ' 

(i) Transalpina Galliaherbistyriàfniitque 
€X>nchyliuif. tingit \ omnèsqu^ 0lias àolores. 
X^ec quaerit in profundis murices^^seque 
Tome III. C 



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34 Histoire D£9 tremiehs 

Chez, eux, comijie en Italie et en Es* 
pagne /le sable ùiêlé avec le nitre étoit 
transformé en vetre (i)j; et- par Pin- 
Yention d'un savon pto^e à donner aux 
cheveux une couleur rousse y ils avoîent 
fiu mettre à <;dntribution le luxe et la 
coquetterie des dames romaiiles, qui 

,< 1 ff I I > ■' li 1 I I m I 1 1 i < I I I I 1 I I I ii^mk^k^mmê 

ôbjiciôndo escam ^ durii praeripit belluis 
marittis ^ if^tacfa etiaM amdHs êcràtatur 
^atia, ut ifivéniatper quùd facitia^ Matrona 
adulterùplùceatf corruptatiH^ldieturnuptae. 
Stah^ et i4i siccofp€iffpit , quo Jmgês modo j 
sed et culpa non ahlui usu \ aliùquifulgen- 
tins instrAi poterat lu3ùutia^ certé ifi^nçcen" 
tïus\ ( Plïn. Hist. ôat. 1. XXII ^ €• 2 )• 

(1) In Vulturno mari Italiae arena alba 
na^cens .... pïld mola que terituk Dein 

-fniscigtur tribus partibus nitri pondère vel 
Mensurct^ ac liquata in àliasfornaces tfansr 
funditur. Ibi fit massa quae hocatàr aJU/no- 

nitru,m ; titque haec r^^quititr, et fil vitH^nm 
purum ac Massa vitri, tandidi. Jam^'iJ^ero 
per QaltiasHispaniasqà:^ sifnilimodo.arênae 

temperantur. (Pliflii Hist. nat. \. JtXXVI , 

c. ^6)* j ^ 



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Peuples lïbae$ be la pAAircfi. 35 

croyoîèiit embellir leur chevelure par 
cette couleur empruntée (i). 

Outre les facilités que les fleuves et 
les deux mers procùroîent aux Gaulois 
pour l'étendue de leur commerce et 
leur communication entre eux , les Ro* 
mains avec des dépenses immenses et 
des travaux opiniâtres avoîent établi 
des grands chemins quf s'étendant de* 
ppis ia capiitale , jusqu'au foiid de cba* 
cune des provinces , senfbloient ne ialre 
de totitPempire qti'une seule ville réunie 
par une multitude de ifnéé. Les Gaules 
participèrent à cet avantage. Un grand 
chemin construit après la dernière guerre 
d'Afrique, s'étendoit depuis lés Pyrénées 
|usqu^aux Alpes j et formoit une Com- 
munication entre le midi de la Gaule ^ 
l'Espagne et l'Italie j tm autre qtd*dut 
son éxi&tence à Domîtius AEnobarbus, 

(i) Trodest et sapo : Galliatum hoc in- 
^entum rutiluridis capillis : fit ex sebo et 
cinere. (Plia. L XXVIIUc. iz). 



G 



2, 



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36 Histoire des premiers 

alloît d'Arles à Milan. Auguste qui 
avoît le plus grand intérêt à se procurer 
les moyens de porter rapidement ses 
troupes vers tous les points de Pempire j 
ne négligea rien pour augmenter ou 
perfectionner par tout les voies mili- 
taires. Il fit percer des grands chemins 
par les Alpes j avec des peines infi- 
nies. Deux de ces routes venoient jusqu'à 
Lyon j et dans le même tems j Agrippa 
prenant cette* ville pour un nouveau 
centre de commun^ipation ^ fit construire 
dans toutes les Gaules des grands che- 
mins qui venoient y aboutir. Quatre de 
ces routes formoient comme des branches 
principales desquelles . partoient une 
multitude de. rameaux , qui lioîent à 
droite et à gauche toutes les yilles , tous 
les .bourgs y tous les endroits considé- 
rables. Une de ces routes principales 
passait par lès montagnes d^Auvergne y 
et pénétroit jusqu'au fond derAquitaînej 
une autre régnoit le long du Rhin , ^t 
alloit aboutir à 1^ mer d'Allemagne j une 



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Peupi.es libres 3>e la Frakce. 3/ 

troisième s'étendoit du midi au nord y 
jusqu'au port Iccius (Boulogne) , dans 
le pays des Morins ^ passage le plus 
commode des Gaules en Angleterre, (i) , 
.€t ne laissoit plus entre la Gaule et la 
Bretagne que le passage en mer le plus 
étroit j la quatrième y enfin ^ suivoit le 
cours du Rhône ^ et conduisoit jusqu'à 
Marseille (2). 

Par le .moyen de ces routes , toutes 
les marchandises pouvbîent circuler aisé- 
ment dans tous les marchés ^ dans toutes 
les villes , dans les moindres endroits 
4les Gaules : elles pouvoient parvenir 
aisément jusqu'aux différens ports des 
fleuves et des mers y pour être transpor-^ 
tées dans d'autres contrées y où des routes 
semblables leur offîoient encore les mê'- 
mes facilités. ^ 

Après Marseille et Narbonné y Lyon 

(i) Ces. .de bell. Gall. liv. V-. ra, 

(2) Voy. His,t. des grands chemins de Tem- 
pire romain ^ par Bergieri 

c a 



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38 HlSTOIBiJB DES PREMIERS 

était la yîlle la plus commerçante desf 
Gaules ; les Romains y avoient établi leur 
étape générale pour les Gaules > ils y bat- 
toient de la moxmoie d'or et d'argent , et 
elle étoit devenue une des villes les plus 
fréquentées dé toute la province (i). Lea 
autres marcKés prînt:ipau3C étoient Nar- 
boane ^ Arles , Bordeaux ( Burdigala ) ^ 
Orléans ( Genabum ) chez les Camutes\ 
<et quelques autres (2). 

■ mil -!■■ 1. ... li I ■ Il I M I — — — 

(1) Post Narbonenv haec urhs maxime 
omnium, Gallicarum hominumfrequentiapol'^ 
let ^ praefecti enim Romanorum eo utiintur 
emponv , m^netamque ihi tam auream quam 
argenteam cudunt. ( Strab. 1. IV , p. 19a), 

(2) Maximum eorum quae ibi locorum sunt^ 
emporium (Narbonne). Strab. IV, 181* 

Ad Rhodanum vero urbs est et emporium.^ 
haud exiguum Arelatae. ( Ibîd. ) 

Habet emporium Burdigala , impositum 
paludi marinae , quam Gurumjiae ostium. 
efficit. (Ibid. 190). 

Ligeris autem Genabum praeterfiuens , 
quodest Carnutum emporium. {Ib. IV , 191 )* 



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PeUFLES IiIBRESDE I.A FRÂKiîE. 3^ 

Il fut djpnc ai&é aux Gaulois de s'eni» 
riçhiT^ par le commerce. La proximité 
de J^ Xxrjaade-Breitagne 9 qui ne corn»* 
weîiçii à être cÎFilîsée que vers le milieu 
de QBtJe période y leur offroit sur-tout 
jme iicke voie d^exportatious j et malgré 
Jee minimes du gouvernement ^ qui ten- 
doiont à l'ompre toute communication 
fiyèc la Geffinanie ^ le commerce des Gau- 
jioif cbe^ ce$ peuples ne laissa pas d'être 
ql|Le^u^ois considérable : soit que ces 
maximes fussent négligées dans des tems 
de troubles ou de guerres civiles^ sous 
des règnçs fpibles ou tdsoueians j soit 
que ,les Germains obtinssent par la ter- 
reur de leurs armes ce qu'on leur refu- 
soit par politique j soit ^fin que le 
commerce eût toujours ^té permis avec 
quelques peuples particuliers de la Ger- 
manie , sur la fidélité desquels les Ro- 
mains croyoient» pouvoir compter, (x). 

Les Gaules ne tiraient guère de la Bre- 

(i) Voy. T^^iX. Germ. c. 4i ). 

C4 



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4o ^ Histoire des premiebs 

tagne que de Pétaim^despeâux^ des escla- 
ves et des chiens de chasse (i) j elles ne tî- 
roîent guères de la G ermanîe que des escla- 
ves et des pelleteries ^ et foumissoient ausc 
Germains une grande quantité de toiles 
ornées de raies couleur de pourpre , et 
dont les femmes de ce pays faisoient 
leur plus précieux ajustement. À *la fin, 
les Germains apprirent d'eux à fabriquer 
aussi ces toiles j mais du teins de Pline ^ 
cet art étoit encore nouveau parmi 
eux (2); 

(1) I^eruntur praeter haeç ex ea insula 
pelles y mancipia et canes ad venationem 
naturali praestantes Jacultate. ( Strab IV , 
199). 

Stannum ex Britannia Massiliam ctfferri 
ait Posidonius,. .( Strab, III , 1 47 )• . 

(2) Fœminae ( Gerroanorum ) saepius lineis 
amictibus velantur j, eosque purpura variant. 
( Tacit. Germ. c. 17 ). 

Galliae universae tela texunt ^ jamqui^ 
dem et Tràns-Rhenani hostes ; nec pulchria- 
tem aliam vestem eorum fœminae noverc% 
( Plip. Hist. nat. l.- XVIII , c. 1 ). 



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Peuples libres de la France. 4^ 
Les Gaulois ne s'appliquèrent pas avec 
moins d'ardeur au^ sciences et aux arts , 
qu'au commerce et aux manufactures. 
Auparavant une seule voie étoît ou^ 
verte à la considération et à la gloire y 
la voie des armes. Mille voies s'offrirent 
alors à l'esprit actif et ambitieux des 
Gaulois de toufes les classes : l'éloquence 
qui s'établissoit un empire sur les esprits, 
çt conduîsoit aux premières charges du 
gouvernement j la jurisprudence qui at- 
tiroit la confiance des citoyens , et ren- 
doit propre à plusieurs places distinguées j 
la poésie ^ui ofFroit les appas séduisans 
de la faveur du prince , de l'admiration 
des peuples et d'une célébrité sans bor- 
nes } la philosophie qui s'élevoit au-des- 
sus des tyrans , et sembipit y dans les 
»ames fortes , suppléer à la liberté per- 
due ; l'histoire , qui jamais n'offrit un 
chaûip plus vaste , des scènes plus ma- 
gnifiques et plus variées , et que les Rou- 
mains savoient orner des charmes de 
l'éloquence j en un mot , tous les genres 



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4^ Histoire 2>£s peemieb-S 

de littérature et d'instruction , tous les 

arts et toutes les sciences qui jamais ne 

furent récompensés par autant de gloire ^ 

de considération et d'av^tages de toute 

espèce* 

On vit donc les Gaulois se porter avec 
ardeur vers l'étude des sciences et de^ 
arts j secondés par leurs dispositions na« 
turelles j par la vivacité de leur esprit j 
par leur aptitude ingénieuse à tout ce 
qu'ils vouloient entreprendre (i) j par 
cette heureuse inquiétude qui caractérisa 
toujours les peuples de ce beau climat ^ 
et leur fit toujours conserver ^ même au 
^tnilieu de l'esclavage, et dé la barbarie .^ 
quelqu'étinçeile sacrée propre à rallumer 
dans l'univers le flambeaju des plus utiles 
vérités. 

Ils étudièrent la langue giecque qui 
avoit transmis aux Romains les sciences 
et les arts j l^ langue latine , que les 

* " ' ■■ ■- « ■ ■ J I I I I I 1^ < « I l I |l|B I J * > ■ ■ ■ ^ 

(i) Genus summa/e solertiae. ( Ceg. de beli. 
GaU. 1. VII. p. 289 ). 



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Peuples libres de la France. 4^ 

Romains avaient appliquée aux sciences 
et aux belles-lettres y et qui y cultivée par 
des. hommes de géniis j dans les tems 
brillansde la république , étoit parvenue 
alors au plus haut degré de perfection y 
et ne le.cédoit plus à la première (i). 
La langue grecque introduite dans le 
midi de la Celtique par les Phocéens de 
Marseille et leurs colonies y cultivée par 
les savana 'de ces colonies y commune 
dans toute la Gaule narbonnoisé y de- 
puis que cette province étoit devenue 
semblable à PItalie , la langue grecque 
«e* répandit bien plus rapidement encore 
dans le reste dé la Celtique y lorsque 
celle-ci fiit soumise à ces mêmes Romains. 

•(i) Volcae Rkodwio vicini sunt ^ opposi^ 
ios haèentes in altéra ripaSahyt^ et Cma"^ 
ros. Horum nomen obtinet, ita ut omnes qui 
eam colunt regionem barbari , Cavari appel-* 
lentur : quamquam ne barbari quidem adhuc 
sunt f plérique jam omnes romanam formam 
lingiiamque et vîtae rationem ^ quidam etiant 
civitatem adepti. (Strab. IV, i85.) 



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44 Histoire des premiers 
Alors la barrière fut rompue entre Fair- 
eîenne et la nouvelle province j le coin- 
nferce facilité par leur réunion sous un 
même gouvernement j les obstacles adou- 
cis par la repression de l'anci^en système 
politique et religieux j le goût excité par 
la perspective des avantages j les facilités 
multipliées par la multitude de Romains 
instruits , qui se répandirent avec autant 
d^éclat que de supériorité sur toute la 
surface des Gaiiles j par le concours des 
Grecs mêmes devenus Romains ^ que le 
commerce , les colonies nationales ^ et 
mille autres circonstances àttiroient bu 
£xoient dans ces contréps j par le voisi- 
nage et la célébrité des écoles de Mar- 
seille j que Pon pouvoit fréquenter alors 
salis sortir de son pays , et à laqueHe 
aboutirent bientôt des routes commodes 
construites par le nouveau gouvernement 
dans toutes les parties^ de la Gaule. 

Sous Caligula^ cette langue avoit déjà 
fait tant de progrès dans la nouvelle 
province ^ que les pièces des jeux Ixttd- 



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Peuples libres de là Frakce. 4^ 

raîres qui se célébroient^ annuellement 
à Lyon j dans le temple d'Auguste , pou* 
voieht être écrites en grec ou en latin y 
au choix des concurrens , et que la mul- 
titude qui assistoit à la lecture de ces , 
pièces dëcidoit de leur mérite et procla- 
moit les vainqueurs j chose impossible 9 
si la langue savante des !^'omains n'eût 
été familière au plus grand nombre. On 
ne se contentoit pas de l'entendre et de 
la parler j plusieurs savans la cultivôient 
d'une manière particulière. Vers la fin 
ài\ premier siècle y un Gaulois de nation , 
Fayorin , écrivit desi ouvrages en grec j 
plus tard , Lucien voyageant dans les 
Gaules , y trouva un philosophe de cette 
nation , qui parloit aussi facilement le 
grec que sa langue naturelle : (1) et nous 
verrons bientôt qua les premières églises 
chrétiennes établies à Vienne, à Lyon, 
et dans plusieurs autres contrées des 
Gaules, furent fondées par des Grecs, et 

(1) Luc. Herc. Gall. . . 



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46 Histoire bes premiers 

ne se servirent pendant long-tems que 
de leur langue maternelle , soit pour le 
culte ^ soit dans tous les écrits relatifs à 
leur religion (i). 

Avec plus de rapidité enéore se ré- 
pandit la langue latine 5 à^nne utilité 
beaucoup plus générale ^ d^une nécessité 
indispensable pour ceux qui vouloient 
sortir de la classe ordinaire , pour tous 
i^èjnes j par leur état de sujets ou de 
concitoyens qui formoit entre eux et les 
Romains une multitude de rapports de 
tO(utè espèce. En moins d^un demi-diècle 
cette langue devint la langiie . vulgaire 
dès Gaules. Sous le règne d'Adrien , les 
vieillards , les femmes et les^ jeunes gens 
faisoi^ît déjà ^jdans la ville de Vienne, . 
leurs déliées des poésies latines ; au com- 
mencement du second siècle y nous trou- 
vons à Lyon des libraires qui vendoîent 
,des livres, latins écrits par des auteur^ 
Gaulois ou étrangers j et dan? le cortr^ 

ë 

(1) Hist. litt. h i.,-a3a 



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Peuples libres de la Frak-ce. 47 
de cette période , les Gaulois avoient 
déjà acquis une si grande réputation de 
délicatesse et de goût , que lés meilleutâ 
écrivains de Rome étoient extrêmement 
flattés de leur approbation et de leurs suf- 
frages (i). 

(i) Le poëte Martial ayant appris qu'à Vienne 
hommes et femmes , jeunes et vieux lisôient 
ses poésies ,- préféridit cet honneur à toutes left 
faveurs de la fortune; voici coÀime il s'exprime: 

Ferturhabere meos^ si veraestfiam^a, libellùB 

ïnter delicias pulchra Vîenna suaSé 
Me legit omnis ibi senior , juvenisque p 
puerque , 
JEt coram tetrico casta puella viro. 
Hoc ego maluerim , quant si mea carmina 
cantent 
Qui Nilum ^x ipsopràtiiius ore bibuntf 
f^uam meus hispané si me Tagus impleéit 
auro , ^ - . 

Pascat et Hybla meas ^ pascat Hymeùos 
apes. ^ . . ~ . - ' « 

' ^ ^ ' h. >/ j Ep. 87. 

ï*lîne le jeuiie écrivant à Gemiuîus ^ son am!, 
qui vivoit à Lyon , Tuî témôigûe tcîute liai jofe 



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48 Histoire des premiers 

L'histoire nous a conservé les noms 
de plusieurs Gaulois célèbres dans tous 
les gejlres ^ qui y dans le cours de cette 
période ont honoré également et Rome 
et leur patrie. L^éloquence , fille de la 
liberté, n'avoit pas été ignorée des Gau- 
lois , sous les formes républicaines de 
leurs anciens gouvememens. Dans les 
derniers tems mêmes, les. restes de ce 
gouvernement primitif appeloient encore 
leurs prêtres et leurs nobles a des dis- 
cussions importantes , les portoîejit k 
s^exercer dans* Part de parler en public , 
dans 'Part de persuader et de convaincre j 
et nous avons vu quelques morceaux* 
pleins de force et d^énergîe que les his- 
toriens disent avoir été prononcés dans 
leurs assemblées .politiques et militaires. 
L'art secondant ces dispositions , de 

' ' — ' < • 

qu'il éprouve de savoir que ses ouvrages sont 
lus dans cette ville des Gaules ,' et qu'on les 
y estime autant qu'ils l'étoient. en Italie* 
(Plia. 1. 9, Ep. II, p. 566). 

'V ' grands 



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Peuples hbrss âe la France; 49 
grands orateurs sortirent de la Gaule 
narbonnoîse j sou3 les anciennes influences 
de Marseille et de Rome libre j et sous 
Rome asservie j des orateurs gaulois j 
dans le fond de Pancienne Celtique , osè- 
rent encore agiter^ dans une assemblée , 
la gran4e question de la liberté (1) , ques- 
tion dont depuis long-tems le nom seul 
glaçoit d'effroi tout le sénat de Rome (2). 



(1) Dans rassemblée tenue dans la cité des 
Rémois ^ pendant la guerre des Bataves, au 
moment où Ton avoit appris rapproche dWe 
armée romaine commandée par Cerialis* 

(a) La harangue que Cerialis fît aux Tré- 
virxens et aux Lingons pendant la guerre des 
Bataves , prouve que l'amour de réloquence 
ïtyait passé jusqu'aux cités septentrionales.,* 
Sed quia apudvos verba plurintum valent 
bonaque ac mala non sua natura ^ sed Doci^ 
bus seditiosorum aestimantur , statut pauca 
disserere. ( Tacit. Hist. 1. IV, c. 73). Le 
reproche que fait ici Cerialis à ceux auxquels 
il s'adresse , ne prouve point que TéloqueGce 
Tome m: D 



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5b Histoire des premiers' 

Parmi les orateurs célèbres que pro- 
duisirent les Gaules pendantcette période, 
on nomme Vibîus Gallus qui , sous Au^ 
guste y à Pépoque où la bassesse et la 
flatterie commençoient à enchaîner l'élo- 
quence j ne laissa aucun nom entre Cî- 
çéron et lui j Agrotas de Marseille qui 
ne plaidant qu'en grec , sembloit prou- 
ver par la force et V énergie de son style , 
que sa patrie conservoit encore quelques 
traces de cet ancien Caractère républi- 
cain 9 disparu depuis long-tems de la 
Grèce proprement dite j Votîenus Mon- 
tanus , admiré pour ses talens, rares qu'il 
sembloit ne devoir qu'à la nature , plus 
adijnirable encore par son courage contre 
la tyrannie j qui lui procura l'honneur 



fût dégénérée chez ces peuples en vaines dé- 
clamations. Le Romain parloit le langage de 
tous les tyrans, qui traitent de déclamations 
tous les discours où Ton parle de liberté , et 
de sédition tout ce qui tend à détruire leur 
tyrannie.. 



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Peuples libres be la Fràkce. 5% 
îà'encourîr Fîndignation de Tibère^ Clo- 
dius Quîrinafis et Ursulus , célèbres dans 
les, écoles des Gaules et de Rome j Do* 
mitîuç Afer y qui, sous les trois tyrans 
successeurs d'Auguste, fut regardé comme 
le premier des orateurs , et auroît mérita 
peut-être rhonneur que lui fait Qulnti- 
lien , ^on disciple, ^e le mettre à côté 
des plus grands orateurs de Pantîquité^ 
si la corruption du gouvernement qui 
gangrenoit toute justice , ne lui eût fait 
regarder Féloquençe pomme un vil mé-f 
4;ier ^ propre, à défendre également le 
crime et Finnocçnce j si la basçe jalousie 
de CaliguU n'eût forcé ses talens à se 
replier sur eux-mêm€>§ , et à ramper der 
vant le féroce orgueil de la tyrannie t 

Dans, des tems moins malheureux , sous 
le règne de Vespasi^ii , ce sont encore 
les G^uiçis qui tiqnnen^ià B-ome lé sceptre 
de l'éloquence* Tels furent Gabinien , 
regardé, comme le prince de l'éloquencjp 
4e son tems j Julius Secundns , qui fit 

ï) a 



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Sz Histoire des premiers 

' briller à Rome les talens qu'il avoît ac- 
quis dans Fécole de Lyon j Marcus Aper , 
qui ne vouloit rien devoir qu'à la force 
de son propre génie , et sur le mérite 
duquel l'opinion des savans se peint d'un 
seul trait j c'est qu'un grand nombre lui 
attribuent le fameux Dialogue des Orœ- 
tçurs y que l'on attribue égale^ient à 
/Tacite et à Quintilien , et que Pon croit 
également digne de tous les trois. 

Sous les règnes de Trajan , d'Adrien et 
d' Antonin , on remarque encore Tribo- 
ïiiu's Rufinus , de Vienne , digne d'être 
l'ami de Pline le jeune , et que ce der^^ 
ïiier Ipûp dans ses écrits comme un homme 
d'un mérite extraordinaire j Favorin , 
dont le vaste génie embrâssoit également 
l'éloquence , l'histoire et la philosophie j 
Fronton , regardé sous Adrien comme le 
plus célèbre avocat dé Rome , qui fut 
choisi pour enseigner l'éloquence à Marc- 
Aurèle ^ et auquel le genre humain dut 
en grande partie les qualités extraordi* 



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Peuples libres de la Fraitce. 53 
naîres de cet empereur j puisque de son 
propre aveu , c'est Fronton qui lui fit 
haïr les vices des princes, et goûter le 
charme des vertus privées. 

Les Gaules ûe le cédèrent point non 
plus aux autres provinces de l'empire , 
pour la poésie et l'histoire. Le règne 
d'Auguste qui fut le beau siècle de la 
poésie j nous montre à côté de Virgile 
et d'Horace , Cornélius Gallus y Téren- 
tius Vap:on et Julius Montanus , dont 
les poésies ne sont pas venues jusqu'à 
nous j mais du mérite desquelles nous 
pouvons assez juger ^ par les éloges de 
ceux de leurs contemporains dont les ou- 
vrages ont fait les délices de la postérité. 
C'est dans Virgile , Horace j Ovide y 
Prosperce et autres j que nous apprenons 
la réputation dont jouissoient à Rome 
ces poètes gaulois y et le cas que les gens 
du meilleur goût faisoient de leurs pro- 
ductions. Varron fut , au rapport de Vel- 
leius Paterculus, un des plus beaux génies 
qui aient illustré le siècle d'Auguste j 

D3 



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54 Histoire des premiers 

et Virgile lui-même , ce prînce^des poètes 
latins, n'a pas dédaigné de le prendre quel- 
quefois pour modèle. Plus tard, oh trouve 
encore Pétrone , né aux environs de Mar- 
seille , à qui son esprit et son goût valu- 
rent le titre d'arbitre de l'élégance (i) ; 
à qui l'on pardonne d'avoir été le fayori 
de Néron , en faveur de la satyre san- 
glante qu'il nous a laissée contre les vices 
honteux de ce tyran j Antbnîus Primus ^ 
que Martial cite comme un fies plus 
beaux esprits de son tems (2) 5 Sanctîus 
Augurinus, dont Pline le jeune fait l'éloge 
le plus pompeux. Les noms de Trogue 
Pompée, du même Terentiùs Varron dont 
nous venon^ de parler , et de L. Annœus 
Julius Fiorus , que la Gaule peut avec 
raison disputeï à PEspagne , prouvent 
assez que , dans cette période , les Gaulois 
cultivèrent l'histoire avec succès , et su- 



(1) Tacît. Ann. 1. 16, 18. 
(s) Mart. 1,9^ Epîg, loo* 



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Peuples libres dé la Fraistce. 55 

rent mêine y, acquérir une réputation 
distinguée. 

La médecine qui sembloit ne dévoila 
faire danfe les Gaules que des progrès 
très-lents j parce que de tems immémo- 
rial elle y étoit enchainée aux supersti- 
tions ^ rompit cependant de bonne heure 
ses fers honteux sous le gouvernement 
des Romains (i) j et outre Démosthène , 
Crinos et Charmis qui étoient de Mar- 
seille ^ on voit paroître à Lyon , au com* 
mencement du second siècle , un méde- 
cin célèbre , Abascante, qui écrivoitsur 
son art j et dont les ouvrages parvinrent 
à la connoissance de Gallien , qui avoue 
même en avoir profité (a). 

La Gaule n'auroit pu produire tant 

(i) Lés villes et les particulier^ faisoîent 
venir de Marseille des médecins et des sophis- 
tes j (nàm et ,privtitiyn et publiée à civitati-- 
bus medici .... conducuntur. • . • Strab» 
1. IV, p. 181). . 

'^ (2) GalL deJAnt. 1. II, c* la, p. 235.^ 

D 4 



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S6 Histoire des premiers 

d'hommes célèbres dans tous les genr^ ^ 
si le goût des sciences n'y eût été répandu^ 
s'il n'y eût eu dans ses principales villes 
de bonnes écoles , propres à former lès 
jeunes gens dans toutes les disciplines y 
et à leur ouvrir dignement la carrière de 
la gloire littéraire. L'école de Marseille 
qui y dans la période précédente avoit 
jeté parmi les Celtes les premières se- 
mences libres des sciences et des arts y 
4^tend dans celle-ci sa réputation dans 
l'Italie et dans toutes les provinces de 
l'empire j et tandis que la jeunesse la 
plus distinguée \ de Rome accourt dans 
cette ville comme à la source de lavscience, 
du goût et de la sagesse , le^ Gaulois 
s'y portent avec une nouvelle ardeur y 
ou attirent chez eux des savans de cette 
ville y excités par l'exemple de leurs maî- 
tres y pressés par leurs nouveaux besoins y 
poussés par leur activité naturelle , qui 
cherche des aliraens nouveaux. La gloire 
d'Athènes a passé dans les Gaulés j aug* 
montée de l'ancieime gloire de Marseille^ 



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PETTPIiES I*IBRES DE LÀ FrANCE. 5/ 

, elle, offre dans cette ville ce que jamais on 
n^avoit vu réuni dans la Grèce même j le 
commerce , Populence , les sciences et les 
arts , avec l'austérité des vertus publiques 
et la sagesse de Padministration (i). 

Bientôt j à l'imitation de Marseille j 
des écoles établies dans les principales 
villes des Gaules , multiplièrent les 
moyens d'instruction , et les mirent à la 

(i) JEt Jiodie nobilissimis etiam Romano- ' 
. rum persuàsit y ut discendi studio pro Athe^ 
niensi peregrînatione , Massiliensem am^ 
plecterentur s quos cum vident Galli , quia 
in pace vivitur y ipsi quoque labentes otium 
huic vitae instituto impendunt , non priva^ 
tint mode sed et ^publiée s nam et privatim^ 
et publiée à civitatibus y ut medici ita etiam, 
sophistae conducuntur. Porrofrugalitatis ac 
modestiae Massiliensiunt non minimum est 
argumentum , quod apud eos maoèima dos est 
centum aurei , et ultra quinque in vestitum^ 
ac totidem in ornatum aureum insumere non 
Ihcet* (Strab. liv. IV. p. 181 ). Locumgraeca 
comitate , et provinciali parsimonia mistum 
4ic bene composiijsm. (Tacite vit, ag. 4 )• 



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58 Histoire des fremieàs 

portée de tous les Gaulois. Des savans 
appelés de Marseille par les villes et les 
particuliers , donnèrent une nouvelle 
forme à l'éducation publique et parti-» 
culière (i). , 

Autun j l'antique école des druides ^ 
fit placé à de célèbres écoles d'éloqueiirce, 
de jurisprudence et de belles^lettres , où 
la jeune noblesse des Gaules venoit pren*;- 
dre des connoissances et du goût , et déjà 
sous le règne de Tibère ces écoles étoient 
florissantes (2). A Vienne, les ouvrages ' 

(1) Claude, dans le discours qu*il fit au sé- 
nat pour demander que les Gaulois y fussent 

^dmis , dit : Num italiùus senator provinciali 
potior est l Num pcbnitet insignes viras è 

Gallia narbonensi trantivisse ? ( Tacit. An, 

1. II, n. a4). 

Les Romains tiroient des Gaules et leurs 

meilleurs soldats ,* et leurs, meilleurs hommes « 

d'état. 

(2) Augustoduhkm , caput gentis > armatis 
cohortibus SacrôHr occUpti^'etàt , nïobilissi^ 
mam Galliarum soboleni^ lib^tùlibus stu-^ 



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Peuples libres be IiA france. ^9 

idè Martial n^auroient pas été lus si géné- 
ralement, et ce poète n'auroit pas mis 
tant de prix au jugement des Viennois^ 
siî cette ville n'eût pas eu 4^puis long- 
tems des écoles propres à inspirer à tous 
seshabitans le goût et l'amour des lettres • 
Dès le premier siècle de Père chré- 
tienne , Toulouse avoit une école d'élo- 
quence où un Statius Surculus enseignoît ' 
avec réputation (1) j et les jeux littéraires 
établis à Lyon sous Caliguta , célébrés 
avec un si grand concours, nous font croire 
que les écoles qu'on y trouve dans la 
suite y suivirent de près , ou précédèrent 
même cet établissement. Enfin les Gaules 
s'élevèrent jusqu'à la glbire de Rome , 
pour les sciences let les belles-lettres , et 
elles les portèrent dans la Bretagne , jus- 



éiiis ibi operatam , ut eo pigrvore parentes 

propinquosque eorum adjungeret. ( Tacit. 

Ann.l. 111,^3). 

(1) Histoire littéraire de la France^ 1. I^ 

p, i36. 



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6o Histoire des premiers 

qu'alors inculte et barbare (i) jet lorsque 
les Romains , accablés sous le double 
joug de la tyrannie et de leurs vices j 
virent leurs lauriers littéraires se flétrir 
et tomber ^ les Gaules moins corrompues 
soutinrent encore pendant quelque tems 
l'ancienne gloire de l'empire , et ne lais- 
sèrent jamais s'éteindre entièrement le 
flambeau de l'esprit humain. 

Marseille avoit répandu dans les Gau- 
les les arts en même tems que les sciences 
et les belles-lettres j et les Gaulois ^ dont 
l'adresse et l'industrie naturelle étoient 
excitées par l'amour de l'élégance et de 
la parure j surpassèrent bientôt y dans 
cette partie ^ les M^rseillois et les Ro- 
mains. Ils excellèrent sur- tout dans la 



(i) Gallia causidicos docuitfacunda Britannos. 

Juven. Satyr. i5 , v. m. 

C'est Agricola, né àFrëjus et élevé à Marseille, 
qui fiit le premier instituteur des belles-let- 
tres, dans^ la Bretagne* (Tacit. in vit* Agri* 

col. 21 ). 



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Peuples IiIbreS de la Frakce. 6t 
ciselure et la gravure , et dans Part de 
travailler les métaux avec un fini pré- 
cieux. Ayant inventé Part d'étamer et 
d^argenter , ils furent le« premiers qui 
donnèrent aux métaux communs l'appa- 
rence des métaux fins et précieux j et bien- 
tôt leurs meubles , leurs ustensiles , leurs 
voitures , et plusieurs autres ouvrages de 
leurs mains brillèrent d'un éclat nouveau 
et emprunté , et offrirent toute la pompe 
de l'opulence , s^s en supposer même 
la réalité (i). 

Zénodore , statuaire et ciseleur gaulois^ 
qui vivoit sous le règne de Néron , sur- 
passa dans ces arts touâ les artistes de son 
tems* Les Romains *admiroient ses ou- 
vrages de ciselure , et sur- tout deux 
coupes qu'il avoit travaillées d'après Ca- 
lamide j et qui étoient si parfaitement 
imitées , qu'on avoit de la peine à dis- 
tinguer les copies des originaux. Une 
statue colossale qu'il fit dans la capitale 

(i) Plin. 1. XXXIV. c. X7. 



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62 Histoire des pkemiebj 
de l'Auvergne j et une autre de la même 
espèce à Rome , ne donnent pas , à la 
vérité y une idée bien avantageuse du 
, goût des Romains et des Gaulois , d^s 
ce siècle de boursoufflure et de fausse 
grandeur j mais elles n'en prouvent pas 
moins le génie et Phabileté de Partiste j 
l'estime générale dont il jouissoit au- 
dessus de tous les autres artistes de son 
tèms j l'amour des Gaulois pour les arts, 
et l'ardeur des cités pour se distinguer 
par des monumens extraordinaires en ce 
genre. Le colosse d'Auvergne représen- 
toit Mercure j il coûta quatre millit>ns 
à la cité , et l'artiste y travailla pendant 
dix ans. Celui de Riome y qui devoit être 
consacré à Néron y et qui. \e fut au so- 
leil 9 après la mort du tyran y avoit cent 
dix à cent vingt pieds de hauteur (i). 
Les Romains j maîtres de la Celtique^ 
n'eurent pas l'imprudence de renverser 

(i) Plin. 1. XXXIV. c. 7. Hist. litt. de la 
France , t. II , p. i38. iSp. 



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Peuples libres de la Frân"ce.' 63 
tout-à-coup la religion des peuples vain- 
cus. Fidèles aux principes de leiir an- 
cienne politique y ils travaillèrent à con- 
cilier les opinions ^ se rapprochèrent du 
culte des Celtes , pour engager les Celtes 
à se rapprocher de leur cttltç : les deux 
religions se mêlèrent insensiblement et 
n'en firent plus qu'une. C'eist peut-êtrç 
à cette politique qu'il £aiut attribuer l'af- 
fectation de César à trouver chez les 
Celtes Mercure ^ Apollon , Mars j et la 
plupart des autres principales divinités 
romaines. Cette assertion étoit contraire 
à ce qm'op pçnsoit à Rpme de la religion 
des Gaulois f et César eut soin de l'adour 
cir^ en disj^nt que les Celtes avoient de 
ces diviliités. p^sque les mêmes idées que 
les autres nations (i). 

Augi|$te^ plus politique encore quç 
son père , adora lui-même les dieux des 
Gaulois j il éleva et çousacra un temple 

t^% . f m, , Wi . p.. . ^ ,^P H W - ■ .1 ... - .m.n ; ■ . n w j -■ 

^ {\) JPç Hs.eandemjere quam reliquas geriT 
tes habent apinionem. ( Ces. Com. ) 



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. 64 HiSTOIÏlE toES ^«.EMIERS 

àCîrcîus j vent de bise ^ qui souffloîtavec 
impétuosité dans la Gaule narbonnoîse(*i)* 
Bientôt les Gaulois , de leur côté y se 
prêtèrent au culte établi chez les Romains j 
et nous avons vu les députés de soixante 
cités 9 élever à ce même Auguste un autel 
et un temple. Nous trouvons dans la cité 
des Ubiens un autel de la même espèce (2); 
et il n'est pas douteux que la flatterie 
n'ait multiplié ces sortes d'établissemens; 
ce qui multiplia les temples et les sta- 
tues 9 non-seulement dans les colonies 
romaines , mais même dans les cités. Il 
ïie faudroit pas en conclure cependant 
que les Gaulois adoptassent entièrement 
le culte des Romains j ils ne faisoiënt 
qu'associer les dieux nouveaux aux an- 
ciens dieux j ou que donner aiix anciens 
des noms romains ^ des temples et des 

(1) Divus certè Augustus tèmplum illi 
( Circio ) quum in Gallia moraretur , et t/^- 
vit etfecit. (Senee. Quest. nat. 1. V, c. 17). 

(2) y. Lips. aimot. m Tacit. ami. 1. 1 , c. Sji 

statues 



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Peuples IiIbb.es de la Fraitçe, 65 
statues j q^i gardoîent toujours quelque 
trace de leur origine : les opinions chan*- 
gèrèntpeu;Pextérieurseulétoitchangé(i), 
Mais outre la prépondérance du peu- 
ple vainqueur ^ outré Pexemple. ^es co- 
lonies qui ofTroient de toutes parts le 
culte des dieux romains dans les cités 
des Gaules j outre le , mélange des deu3ç 
peuples par les alliances ^ le service mi- 
litaire et les emplois civils ^ des causes 
inhérentes à la nature même des, deu:( 



(i): Les statues de Mercure et de quelques 
autres dieux des Gaulois étoient sans seke ; 
reste de ropinion où étoient les Cekes quelles 
dieux ne ressemblpiçnt point aux homipes. 
( f^. MarU Relig. dçs GauL ) ; ; . , 

Denis dUalicarnasse , qui vivoît sous Au- 
guste ', dît que les Celtes n'avoîent (encore rien 
voulu cKanger à leur religion. Necpotuit longa 
saeculorum sériés ad hanc usque dieni effi*- 
cere y ut'^atrios deorum cultus dedicerent ^ 
aut imfie transgrederentur ^ vélJEgypti^ vel 
Jtfri f vel Çeltae y vel Sc^thae , vel Indi^ 
(L. VII, p. 457). ' ' , . 

2'om^ m. E 



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66 Histoire des premiers 

religions , les portoient à se rapprocher et 
à se confondre. La religion des Celtes et 
celle des Romains avoient une origine 
committiè. Ce que nous savons 4e la doc- 
trine des Celtes j ressemble beaucoup à 
ce que l'on trouve dans l'ancienne reli- 
gion des Egyptiens. Les Grecs avoient 
puisé leur religion èK'ez les Egyptiens j 
les Romains chez les Grecs , dans un 
tei&s où cette religion, parée de toutes 
les séduisantes fictions des poètes j n'of- 
&^t 7 pour ainsi dire j aucune trace ex- 
térieur^ de soii ftr4gilia. Las. mœurs, la 
philosophie , le mélange des nations , 
leur caractère ^t mille autres circons- 
tances y contribuèrent encore à épaissir 
le Voile qui côuvrbit les premiers prin- 
cipes. Cependant ils n'^yoiei|l; p^s dis 
paru entièrement j chez l^s Grçcs et les 
Iloi;n^ins.7 ils s'^^Ql^tit con^es^és dans 
ce qu^on appelkut les grands et le» petifô 
mysitères , et dans ces mystères se retrou- 
voîent ^les^ principes de la réligïpû des 
Celtes. 



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Peuples libres de là France. K^ 

La thëologîe secrète des Roitiâîns 
comme celle des druides n'admettoît qii'liti 
seul dieu , cause première et source de 
toutes choses , maître et consertâieuf de 
l'univers , avec lequel on ne saurôit al- 
lier aucune idée fcorporelïe (i). Elle ren- 



(i) La doctrine d'un seul dieu spirituel et 
invisible , maître et conservateur de' (*ùiiîvérs , 
ëtoît enseignée dans les grands mystères des 
Grecs et dès Rom^iînsj Eusèbe tiens à con- 
servé , à (* sujet , un passage d'Orphée dont 
voici des fragmens : / 

ïe veiux parler à ceux auxquels il est permis de parler ! 

Mais fermez la porte aux profanes , 
Qui fuient les lois justes que la divinité a prescrite» 

à tous pour règle. 
Mais toi , Musée ^ fils de la lune brillante y écoute ! 
Car je dis librement la yérité : que les anciens préjugés 
De ton esprit, ne t^arrachent pas aux délices de 
Pétemité. 

On voit .clairement ici qu'il s'agît de véri- 
tés, qui doivent rester cacfiéeS aux étrangers, 

Ê a 



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68 Histoire ides fubmiers 

fermoit^ comme celle des druides^ la 
physique , la philosophie ^ la médecine ^ 
et la politique (i). De même que la 

et qui sont opposées aux anciennes erreurs 
et aux préjugés communs. 

Vois le créateur unique de Punivers , 
LMmmortel , cVst ainsi que Pandenne doctrine nous 

.le révèle, 
n est un , çt n'a de cause que lui-môme ^ et tout sô 

fait par lui : ' ^ 
n se répand dans tous les iêtres ; j'amais Pœfil d'aucun 

mortel * 

Ne Pa vu, et ce n'est qu'en esprit qu'on peut le 
connoitre. 
* H n'y en a aucun autre Kors lui. 

( Euseb.prœpar. Evang. L III. p. 66^. édîti 
Paris 1628. ) 

Cette doctrine d'un, seul dieu s'étoit conser- 
vée chez les Egyptiens, malgré leurs nom- 
breuses superstitions. (CV/^/w. syst. intell . c.VI 
y. 18./;. 358. et suiv. )* C'est chez eux que Py- 
thagore Pavoit puisée. Plutarque dit que par 
son Menas il n'entendoit autre chose qu^'un 
dieu unique. ( Deplacitis philos. 1. 1. c. 7 )* 

(1) Chez les Egyptiens , la religion secrète 



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Feupz.es libres de la. Fkance. 69 

doctrine secrète des Celtes , elle n'étoit 
enseignée qu'à quelques prêtres et à quel- 
ques , grands 9 et après des préparations 
et des épreuves longue's et sévères. Enfin 
ce qui la Tii|)prodbûit davantage de la 
philosophie des druides , et préparôit 
en quelque façon la réunion dés deux 
religions ^ c'est qîi^en enseignant l'exis- 
tence d'un seul dieu , elle admettait aussi 
des esprit^ inteimédiaires j ministres de, 
ses volontés j et répandus dans tops les 
objets de la naturç ,^ comme les forêts ^ 
les rivières ^ les monta^gne^'^^ que les Ro-^ 
mains vépérojent deittêt)^.:i|ueles Celtes ^ 
. , u , ' • • > — ■'ir .i r , - '' : — -_^ _!.- 

expliqUbit^'les mystères de la physique , de la 
philoék>phie J de la médecine , de la politique 
et de' la théologie. Cette religion secrète passa 
chez' les Grecs dans sà'jîùlreté j il n'y a que la 
religion extérieure . et populaire qui éprouva 
des changemens. 

Clémeiit d'Alexandrie dît expressément que 
les grariâa mystères embrassoient générale-^ 
ment tout, 'et qu'on pouvoît y voir et y com- 
prendre la nature et ses œuvres. {SiromJ.F^^ 

E 3 






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et qù^elle déclarôît que les autres âivi^ 
nîtés j telles que Jupiter ^ Mercure, Apol- 
lon 7 etc. , n'étoîent autre chose que des 
kommes morts (i). . ' 

<m ■» ■■ I ■ I '* r' M ■ ' ■ ' ■ ' * ■ ■ 

(ï) On reprochoît à| Eschîle d'avoir trahi 
\^$ mystères dans son 'Prdinéth^e j et le seul 
passage de cette piècç^^iW; puisse avoir queK 
que rapport aux 4U.YS^tèrf^> ç'^st cîelllî oi| i) 
fait sentir que les dîcuiÇ. p/étoienk que dea 
hommes morts. . , ^ 

Seloft Dîodore de Sicile, uiîe çincîenne loi 
des Cretois orclnniTbît''cPînitîef aux mystères 
tous ceux qui ie^déinaBiletûfient j etîïs^dîsoient 
pubJiquemâut.^tMilôit-dietiit n^étoiëBt antre 
cbose que des hoirunes morts ^ qui , à cause 
dçs s^rvîc^^ qu'ils ^yQ^çtrendus à Jj'l^tj^anitë, 
avoient été. mis au^nQu^bre .^^s.j^pji , et 
ils mpntroient pub|ijjq.^çakent chç|$.q¥ix,lie Dom^ 

^bert^de^.Crétoîsi^.pvbliè^^jj <J1i*iis ^toien( 
des impies. ( Calimacti. Him^^^ft^Jf^d^y^ 
. V.^y. .R^Ç^^gÇ . d^ ; jÇicéroi^ prouva :ï^ :^iSme 
çho$jR..au pi^jçt des^ipy^ltçrçs chez ies^^^MofïStîiliS* 
«ç Slj^'psoîp.,- dit-il I pén^trei: dÉmftJ'iyruiquîté ^ 
et en tirer ce qu^ Ipf^ ^auteurs gfeçf i>nt la- 



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Peuples LiBftEa de la FraîTce. 71 

Les prêtres de bonne foi et les grands 
de la Celtique rettoiivèrent ddnfc dans 
les grands mystères de la religion des 
Romains j le fonds de la doctrine qu'ils 
avoîent apprise dans leur reïîgîoif la plus 
secrète : ils y voy oient dispai-ottfe la 
partie populaire de cette religion qui 
autoit pu les choquer y rien xfe les em- 
pêchoit de s'y attacher* * 

Dans les petits mystères de la religion 
des Romains^ 7 mystères auxquels^ «otts les^ 
particuliers étoient obligés de Sfe f^iTe 
initiev f les Celtes * àd peuple ret^trà voient 
encore la doctrine qfu^iBs ^voient t&çtLê 
des druides: Fimanorfalité ôU Pétérnité 
des âmes humaixïeB,, I^ peines et les 

»■ v' <\ I ' „• ", y 1 ." i ' . """' il . ' ',• 

diqné , on verroit que les dieux mêmefe ,; qiie 
Ton dit delà première classe , se spnt élevés au 
ciel du milieu de nous. Demandez de qui sont 
les tombeauxque Ton montre dans la Grèce?» 
Sùmieris-toi , puisque tù es initié^ ae ce qui 
est enseigné là-deÉStts dans lèà mystères , 
^t tu àomprendras énfihjusqu'ôà cela s^ étend. 
(Tuscul. Qaœst. L I^e. r3). 

E4 



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72» HïÇTÔlAi DES Ï^REM^IÊRà 

rëcompéiîses d'une autre vie , une puri- 
fication après la mort ^ la métempsycose 
et des Usages relatifs à ces opinions. 

Il ne. restoit donc plus , pour concilier 
les deux religions ^ que les temples et 
les 6tatu0S 9 et cette multitude de rites 
et de cérémonies différentes observés de 
bonne fpi^par la partie superstitieuse des 
deux nations^ et entretenus par les prê- i 
tre$ de [l'une et de^ l'autre. Les temples 
dévoient s'établir pat une suite desnou-* 
veaux; usages. Ckez toutes les iiatiôns ^ 
la iteligîon du peuple suivit les progrès 
de sa culture» Le peuple qui habite leà 
bois et les marais^ qui se retire dans 
les creux^des arbres ^ place ses dieux dans 
les arbres \^ dans les b4ls ^ dans les ma-^ 
Tais } le nomade les porte sur ses cha- 
riots j le barbare belliqueux les plante 
au milieu de son canip , et c^est un sabre 
ou un javelot. Dès qu'il loge sous un 
toît ^ ses dieux partagent ses commodités f 
ils ont des chapelles f dès qu'il a dès 
palais , ils ont des temples : avant^ César^ 



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PBTfPtES LIBRES »E LA FràKCE. ^3 

les Celtes n'avoient que des endroits con- 
sacrés ('ioci cùnsecrati) ^ sous Auguste 
ils eurent des temples. 

Si jusqu'alors les Celtes n'avoîént point 
eu de statues , ce n^est pas que ces re- 
présentations fussent entièrement oppo- 
sées à leurs opinions y c'est qu'ils igno- 
roient les arts du dessin. Le principe 
qui leur faisoit vénérer des arbres^ des 
montagnes et des î rocherè , n'étoit pas 
contraire à l'adoration des Statues ; les 
esprits qui émanoient de l'être suprême 
pouvoient aussi bien habiter un marbre 
artistement taillé ^ un morceau de bois 
élégamment façonné , qu'un bloc informe 
ou un tronc de chêne. Toutes les notions 
policées alors 9 parties des mêmes prin- 
cipes y avoient commencé et fini, de 
même. 

Quant aux sacrifices et à la plupart 
àes autres cérémonies religieuses j l'ob- 
jet étoit le même chez les deux nations. 
Xre désir d'obtenir la faveur des dieux 
ou d'appaiser leur colère ^ l'envie de se 



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^4 HlSTOIR!E DES PRBMIEIIS 

purifier de quelque impureté ou d'expier 
quelque faute , et sur^tout la passion si 
naturelle à l'homme de lever un coin 
du voile qui couvre Paveiiir j avoient fait 
naître chez les RoniainSf comme chez les 
Celtes , les sacrifices et- la plupart des 
autres cérémonies religîeuaes. Les sacri- 
fices humains qui avoient souillé toutes 
les nations ^,san$ en excepter les Romains 
eux-même§ , , éitoient la seule cérémonie 
religieuse qu'ils, ne poutoîén* plus ad-* 
mettre ou tolérer y dans un tbms où la 
raison commençoit à dissiper chez eœs 
\d iiuagejtl^/ld^i^jiperstitidn. 
. Mais outre^ cet obstacle ^ iin autre plus 
puiss^nrt ^pçoce s'opposoit à la réunie» 
religieuse des deux nations j l'autoiité 
de^ d:i?uidejs dur les esprits , établie de- 
puis une longue suite de siècles sur les 
énormes ^nde|Baensd)e tous les sentimens^ 
de tous lesrbesdins y de toutes les passions^ 
de toutes les institutions, y de toutes les 
illusionsjconseilMée'patune chaîne d'ha- 
bitudes dont les premieirs ailneaux se 



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PÊtJl^LES LIBRES BE LA FràITCB; 75? 

|)erdoient dans la nuit des tems y et sem- 
bloîent aboutir au trône de Pëternel. 

Le gouvernement romain s'efforça de 
renverser ces obstacles. Auguste défen- 
dit d^àbord aux citoyens Romains de 
prendre part aux sacrifices barbares des 
druides (i).- Tibère ordonna la suppres- 
sion de ces prêtres ^ et sous son règne j la 
][)elqe de mort étoit portée contre ceux 
qui îmmoleroient des victimes humai- 
nes (b). . Claude renèuvella «es lois (3); 
mais il paroît que Fas*u€é sacerdotale 
et la féroce habitude de la superstition 
surent éluder ces défenses j et plusieurs 
siècles après ^ on croit retrouver encore 

m » I ■■ ■ . - > M , ■ ■■ I ■ ■■ 111 ^ 

(i) Suetan-; în Claud. c. 2^. 

(a) Romani Xamea et ab. his^ eos dedua^e^ 
runtj et a sacrljîciorunt ac divinandi ritibus^ 
qui nostris^pugnabant^ ( Strab.^l. IV. p, 3o3. ) 
^ Legibjus romani& capite pkétittir qui^ iali 
maticimmdi' generè usus Jiiepit,. (Note dd 
Casaubon sttr/Lq passage de Strabon ). 
, (3) V. D; Mattiii.. la ReligM dbs- Gaulois t 
t. I , p, aaS-aap. 



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7.6 HlSTOÎHE DES PREMIERS 

dans quel(jues endroits des Gaules j des 
druides et des sacrifices humains (r). 

Mais si ces lois ne suffirent pas pour 
abolir entièrement^ chez une populace 
ignorante , les Jxorribles superstitions des 
druides y elles parvinrent du moins à les 
diminuer considérablement j.et la philo* 
Sophie qui.sappoit peu à peu les superstî* 
tiens de toute espèce , fit plus à cet égard 
que toutes les lois des empereurs. «» • 
. / En efFet^ lorsque les Romains întro-s 
duisirent dans les Gaules leur gouverne^ 
ment 9 leurs mœurs, leurs usages et 
leurs Ipis,. la raison réveillée par la 
philosophie, avoit fait chez eux de 
grands progrès. Alors l'édifice de la 
religion publique surchargé de supersti- 
tions ridicules, et bizarres , crouloit de 



:(i) On «voit encore des druides en crédit 
SQiis les règne:s d'Alexandre Sévère , d'Au- 
rélîen pt dp Dioclétîen et jusqu'au milieu du 
6«. siècle. (Z). MarU relig. des GauL /• 



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Peuples ïaiBùEs de là Fraitce; "^^ 

toutes parts j alors Cicéron osoit dire 
et écrire sans causer du scandale, 
'qu'il n'y avoit pas une vieille femme 
qui crût sérieusement aux fables des 
Cham'ps-Elysés et du Tartare (i). Il osoit 
dire qu'il ne savoit pas comment deux 
augures pouvoient se regarder sans rire. 
Alors on ne trouvoit plus- dans les 
fables de la mythologie que des allé- 
gories qui cachoient des principes de 
morale et de physique j ou qui figu- 
roient quelques effets de la nature. 
. L'esprit philosophique répandu dans 
toutes les classes, dissipoit les erreurs, 
comme l'aurore dissipe les ténèbre^,. 
Pour un très-grand nombre , le culte 
extérieur n'étoit plus qu'un spectacle , 
et la grossière superstition jouée par 
les prêtais qu'elle nourrissoit , n'en îm- 
posoit. plus qu'à la populace la pluis 
stupide. . : ' 

Xie sceptre courbé dans la main des 

{i). T^scuK qu»st. liv. I. 



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yS Histoire des premiers 

druides > la religion des Romains cir- 
culant dans les cités et offrant par- 
tout des prêtres j ministres des autels ^ 
mais ni instituteurs des peuples , ni 
tyrans des opinions j on vit naitre dans 
les Gaules la liberté des esprits, et 
avec elle s'étendirent de plus en pluft 
les progrès de 1^ raison. 

Les vexations du despotisme y led 
cruautés de la tyrannie j les brigandages 
des guerres, -le souvenir de la liberté 
passée , forçoient le genre humain à re- 
plier sur lui-même son antique énergie* 
Les esprits se tournèrent vers les sciences 
et les arts, dont les tyrans n'avoient 
pu encore combler la glorieuste carrière ^ 
vers la philosophie qui élève Phomme 
au-dessus, des tyrans. Bientôt on vit 
surnager au-dessus des superstitions et 
des autres misères de l'humanité, cette 
philosophie douce et bienfaisapte , les. 
maîtres de l'empire s'élevètent jusqu'à 
çUe , ils la placèrent &ur, le trône , elle 
cacha soils des fleurs l'horreur du 



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Peuples libres de là Fraitce. 79 
sceptre j les An tonîns régnèrent. Le pre- 
mier naquit et fut élevé dans les 
Gaules* 

Là s^étoit renforcée la philosopliie 
souvent opprimée à Rome* Les philo- 
sophes chassés de cette. ville sous Ves- 
pasien et Domiti^n j se répandirent dans 
les provinces,' et sur-tout dans les 
Gaules 9 où Pétude des lettres étoit déjà 
florissante (1). Les noms des philosophes 
qui restèrent dans cette province, sont 
tombés dans Pôûblî , mais Phîstoire nous 
a conservé ceux de quelques-uns qui 
allèrent à Rome^ et s^ rendirent célèbres. 
Tels sont , outre A^tonin , Julius Grae- 
cinus un des hommes les plus ver- 
tueux de son siècle, qui aima mieux 
moiattr que d'obéir à Galigula, qui lux 
avoit ordonn4 «ne action criminelle. 
AEbucius Laberalis que sa bouté fit stir^ 
Homioer lé meitteur des hommes, et 
auquel Sénèque paya vm tribut éclatant 
^ . . — , ,- — '. — . — ^' 

(1) Hî&t. li^tèr- d^ la Fran. L i38» 



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8o Histoire deS premiers , 

4'estime et d'admiration ^ en lui dédianfc 
son traité des bienfaits. Favorin qui étu- 
dia avec une ardeur égale la philosor 
isophie des académiciens ^ des pyrrho- 
niens et des stoïciens. 

Si les Gaules produisirent des hommes 
tels que les trois premiers ^ tecomman- 
dables par des vertus presque ignorées 
dans nos prétendus siècles de lumières ^ 
ou étouffées par nos arrogans préjugés ; 
il faut qu'une noble émulation de sa- 
gesse et de courage ait régné dans ces 
provinces ^ que la considération publique 
y ait été la récompense des vertus, et 
que d'éclatans exemples aient poussé les 
esprits dans cette sublimé carrière. 

Jusques dans Jes dernières classes du 
peuple, s'étoient propagées desopb^ons 
philosophiques qui , amalgamées à d'an- 
ciens dogmes religieux, produisirent 
dans les esprits des idées fortes , des 
verti;s mâles et intrépides, la haine 
et le mépris . des tyrans , l'enthousiasme 
de la liberté^ l'audace de l'indépeç- 

dance. 



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Peuples libres de la Fraitcê. 8i 

dance. Du milieu des Juifs ^ peuple 
long'tems malheureux et méprisé , jaillit 
avec éclat cette philosophie religieuse 
et populaire, qui tendoit à conciliet 
toutes les opinions salutaires , à écar- 
ter peu-à-peu les superstitions nuisibles ^ 
à rappeler le genre humain aux prin-» 
cipes sacrés de la nature, à réunir tous 
les hommes par les liens de Pamour et 
de la bienveillance, à écraser pour ja- 
mais rhydre de la tyrannie j philoso- 
phie sublime qui auroit rappelé sur la 
terre ces tems heureux dont -les poètes 
ont feint ou conservé le souvenir dai^s 
leurs peintures de l'âge d'or j mais que 
corrompirent bientôt des fanatiques qui 
en firent l'instrument de leurs passions j 
des conquérans batbares qui Payant em- 
brassée sans la sentir ni la comprendre , 
la souillèrent par les forfaits les plus 
atroces , par les vices les plus vils, 

Jésus né parmi les Juifs , vers la fin 
du règne d'Auguste , fut l'auteur de 
^cette religion philosophique, d'où soi> 

Tome IIL F 



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-èa Histoire des l>îi£âi£iis 

^îrerit dans la Suite toùteb les sectes 
clhrétrennes que suivent eifcôte un 
*grahd nombre de peupkfs. L'^lîidtoii'é de 
^éfes religions qui ont influa ai pui^sain- 
iheht sur Pétat ^ù genre kuitïain^ est 
'ëiSôéntiellèniént -liée à celle des notions j 
"et il èsrt impossible de décbiIVrir totites 
tés Vraies ' caifsfes des if^èlùlîcSnis , de 
àm^te d'iuhe 'iiiânière conÉVsinlêé le fil 
"tfes événemêns-, %i Von *ie réîîkmtfe jus- 
'^qu^à ^leur souréè j ^i -Fbn lîte se fôitae 
uiie^idée 'fùste de leurs commêndeineris 
et de ^leurs progrès. Toiîr j^u^r ^ihe- 
'îiiènt -de la doctrine d<as iïhi^tiéiis, il 
<feùt avoir quelque cofanoîàsànce de celle 
'dés Juifs <>ù elle prit hki^âhcë. 
• -Environ i5 siècles àviâit Jésus^, tems 
"où éxîstoient eii A^iè et en jAtfrique ^ 
dès H2«ipîres -fldrisSaife dMat Pdrîgifté et 
^la civilisation ^e perddit dans ^la -nuit 
de l'etémité -antérieure j vivôît dàtfsmïe 
'province '^aftîèuflière de PEgypte, un 
'peuple îfraité -idepùfs îdn^-^ms Jpâr -les 
•3Bgyptieil»,"'àjqpeu/p^^ IfôSw 



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; • 
PËttïtES tîHAES ÎDÊ LA PrAKCÊ. 83 

par les Spartiates» C^étoient les Juifs» 
• ïl paroît.que leurs pères avoient été un 
peuple iiomfi^^ ^t pasteur ^ qui après 
.avoir erré dans les dë^erts ^e P Arabie ^ 
passa sS^accessi-v^^i^^t tflajis }a Chaldëe^ 
sur les >borfî? ^U Jpurdaiïi^ jiiilla le^ 
frontières j de l'JEgypje.^ «t:fut euân Sou- 
mis ^t réduit ep, e$çUv4ge;pâr . ks .Egyp* 
tiens^ Abimti^ p^r^^ipe^Jpn^e .^ly^^ 
^par le .mépris ^t ^Ja . J^r^ujie ,<^ ]hsi& 
.maîtres^ 4^ vivoiçnt comme :la :}>rwte> 
ne çpncevant d'^uti^e bonhe»r qute ik 
Batis£stction de&Wqi^ n^|:^rels9 n'^^^nt 
d\ntres idées qne^jçejUi^ qui ,j5e lient 
à ces besoins > d^autre r^lîgijc«i que 
^quelques » tr^itionis , ççftfusfts cidp ;feu«s 
ancêtres^, Û4^gf2xé^ ,p^r l^s jgrpsMères 
,Bu,pei3stitionade ,1^ ^pppuiaçe égyptienne. 
^ Au .ffliiUeu .ji^e^x s?éJLaTii ,toHtràfCpnp 
iui.homnie rfliji i^t .l^ur;,14gîabt€air.«t 
.leur Ach,t?f ^ ^t ^ jp^ryAntcàiçô tirer 
,de IJhoTyible r^»f^^y^&^ r^o^8 J^ijel :ils 
gémissaient. JVî,a^é^ A^à^xt le ^qi» de 
, cet JaoffiîiîG, )tj5é; |#r ;4^s éyènemens 
* ^ / Fa 



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84 Histoire des ï^remiers 

extraordinaires de la classe de ces 
malheureux esclaves, eut occasion de 
s'instruire .dans la science secrète des ^ 
Egyptiens j et il forma le projet de 
policer peu-à-peu cette nation grossière 
et barbare, que l'oppression et le mé- 
pris sembloient devoir retenir à jamais 
dans l'avilissement et l'ignorance. Telle 
est la situation où les livres historiques 
attribués à ce même Moyse , nous re- 
présentent les Juifs avant qu'ils for- 
massent un état particulier. Moyse leur 
donna un gouvernement et des lois. 

l*a doctrine d'un seul dieu suprême 
et spirituel , enseignée secrètement à 
quelques hommes y chez toutes les na- 
tions connues alors, et qui, obscurcie 
par des superstitions grossières , servoit 
aussi de fondement caché à toutes les 
religions publiques de ces nations, cette * 
doctrine parut k Moyse propre à con- 
duire son peuple au but qu^il se pro- 
posoît. Il fut le premier de tous les 
légidateurs connus^ qui osa mettre cette 



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Peuples libres de la Fraîtce. 85 

doctrine au grand jour , et en faire la 
base d'une religicm publique, et popu- 
laire. Afin de XsL purifier des idées ma- 
térielles y et de mettre une forte, barrière 
entre Peidoration de l'être suprême ^ et 
celle des objets de la nature qui régnoit 
chez tous les peuples , . il représenta cet 
être comme un dieu jaloux, qui veut 
^tre aimé sans partage, qui défend de 
le , représenter par des images ou dea^ 
figures taillées , et qui punit sur les 
générations Pidolâtrie des pères. 

Jéhoya , le Dieu suprêmç tjue les Egyp- 
tiens louoient et adoroient dans leurs 
temples sous des symboles mystéjîeuxj 
Jéhova fut aussi le dieu des Juifs. Il 
leur p^vrla par la bouche de Moyse. Il 
leur apprit comment il avoit créé l'u- 
nivers y comment la désobéissance à ses 
ordres .avoit causé la chute du premier 
homme,, et intraduit le mal dans le 
monde j comment la corruption du genre 
humain avoit attiré sa vengeance y com- 
ment il avoit conservé la famille d'un 

F 3 



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^ HiSTOiRE DES PREMIERS 

juste, dé laquelle éioient sortis tQUte^ 
les nktîôife nouvelles. T^outes lefs na- 
tions àf oient alors aies HVres sacrés qui 
femontôîént ainsi jttsqti'à Forîgîne de& 
Siècles , et qui eiposoîeftt éii itfêine-tems 
fMstoîté bivîlef politique ^ religieuse 
éeé peuplefs , méléé de faBles et de mer* 
Veilles de toiîte «s]f)ècé. 

Les EVrës réHgîeû* du peuplé juif 
se distinguent par deS traits adaptés à 
îeùrsifuatrôn et aù'x vues du législateur^ 
Jéhpva â cboîsi les Juifs parmi toutes 
les natîôiis de }et utr&y pour en faire 
son peupié chéri j il è*est manifesté à 
lui, et à ïuî seul j il a fait une alliance 
avec letfts pères , et il ne Pa faite qu^'à- 
vec eux , il leur A pi^onïîs de faire entrer 
leur postérité daïis le pays de Canaan ^ 
arrosé par le Jourdain, où ils àvoient 
joui peridaiît quelque tem$ au repos 
et du toiilieur. I*e tems est Venu oÙl 
il va acconipiîr Ses promesses j il ma- 
nifesté sa voioilté par la bduche de 
Moyse son prophète. Il faut briser le 



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PeTJPÏiKS I.IBB.ES 3XE LA FrA^CE. 87,-^ 

joug des.Eg33)tî,ens, s'avajgicçi; sp,us, se9, 
pirdres v^e^s le.pay^ de Gana^gi, h^^i^,é 
p^ VP peuple 9^bl;u)n:é de dijeu^, cowu;t^f. 
tfti^ If fi ^i^ples iàolàïj^ j il faiftetxtçrr 
ii^Qej cç B^^p]^ îÇïpie ^t; s^crîjièg/ç ^ et 
alo^ lea Jijiife jjouiroijit daij^ celte tejfre_ 
prons^s^ 1^. toi^ Les déj^ices, dç toutes 
les ço^çioditéfi 9^ dont ils son,t p;]^iyés 
4ep;ii% 41 lojftg-teiBkS. Le pays de C^u^iaa^ 
^t i?: paysi 4^ dieu, c'es^t lui aui le 
diç^f^^^ ^ spn pj9upJi« r s'il observe e^çacte- 
zae;@t tioaj^' ^^ (x>jn9iàzideiaexiç 9 ^ soj^ 
peu^p]^ 4q^^ U ^sit le seul Sjpu\fraiiL« 
Xi^ J^ij^ partçjat sotus 1^ 6oi^4^1t^. 
de Moyse j ils échappent à la poursuite 
d^s Egyptiens, çt enti^ent dans les déserts 
de rA,çabîe, Ai| mîlie^i d'evif JÇéhoya 
s'eat choisi wa, saACtu^ire qi^'il habite ^ 
invisible à se^ §uj^ts comme les autres 
rois dç l'Orient, ni^l mpptel çi'ose ap- 
pjTOcIi^er de çç çanctu^ire, q\ie les mi- 
Tiistres q^\ sont eoiiiiçacrés à son service y 
|iul mortel n'ose en-^er dans ce sanc- 
tuaire redoutable que le grand-prêtres 

F4 



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88 Histoire des premiers 

son premier ministre , et il ne peut y 
entrer qu'une fois l'année. C^est de là 
que ce Dieu souverain dicte, ses loîs^ 
c'est de là qu'il annonce ses feveurs bu 
sa colère, c'est* de là qu'il fait à .son 
peuple des promesses bu des menaces. 
Ces promesses consistent toutes dansi 
des biens temporels , seuls biens à la- 
portée de l'intelligence habituelle des 
Juifs j ses menaces dans des maux de 
là même espèce : seuls maux qui aient 
pu jusqu'alors troubler leur ame ser-^ 
vile. L'obéissance est la première dea 
vertus , la désobéissance et le murinure 
le plus grand des crimes. 

Rien n'étoit plus propre que cette 
constitution et ces principes , à inspirer 
aux Juifs cet orgueil national , qui chez 
les peuples ignorans et barbares sup- 
plée si souvent au 'patriotisme, cette 
élévation et cette confiance capables des 
plus grandes choses, cette horreur des 
autres nations qui devoit produire un 
tlôignement invincible dans la paix } 



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pEl/PtEis LIBRES DE LA FrÂî^ CE. 89 

lin courage féroce dans la guerre, une- 
itigè" implacable' dans^ la servitude. • i 
Quelques semaines snfifisôieht pôut- 
passer du canton dé TEgypte habité' 
par les juifs, ^ dans la iëfte de' CanaàH* 
qtie dieu leur àvôit ptomisis.r Mais il 
falloît àûpàrSvàïït '-afFërriiî* te^ notiveP 
éta;t formtél*dès''dël>fîs" de Ifeséljàvage j 
il falloit accoutumer ce peuple enfant^ 
â' Pàmbu-r '^e^sk' constitution , au joug 
des nouvelles^ --tefe. ^Poùr» y parvèmr ^^ 
Moyse ' le ' fit errer «^ pëhdànt^' ïo jig-temsT 
dans lés dééérts de P Arabie. ï^endarit 
ce téms , ihmntîfplîà lètf*<5érém'bnies du 
* cûlte^ divin ,^t lia étroîtèmëritj'à la ré- 
ïigion touféè^^^leS àctibûB publiques et 
particulières^ 't6us lés évèiIéS^ièiÈS liëu* 
feuk et inâlbettreux. liés înurmuires et 
la désobéissance les éloignoiént toujoui*^ 
de* la terre -promise, une- s<iumissîori 
ayeugle , uiie obéissance Sans bornes , 
étoient les seules choses qui pouvoiént 
les en rapprocher j et leur 'mériter le 
bonheur d^y ' entrer. Tous les hommes 



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5K> HlSTOIIkE B£S 9REUIS9LS 

fait* qui étcAe^t sc^^ ^TEg^qi^.^ cou*, 
pables 4^ ^wQiu^s^ «t 4e. ilésQlï^isa^n^ç y 
éa.fttreiitQ^ç]^^%^ à^.re3(C^tio^ de d^u^; 

sqs pè;if9S,..gîift fy^s.9$j^i^ dA la, terre. djÇ^ 
Ç!^h|^9,9« , ^pçès a^q^r ekA^ - oii «s^e;^''' 

%>»^ftt.. • , _ • : . . ■! •...: _i 

?%«fcliq«e5?j §)^lf>0:l6S,,4Qugf:trj]^uS;4m(Jï 

ç^^i^bl^UîÇa £<»h^ et sa{çgg#i|Yer^,^iD^%^ 
fis« y toml>à?<?»l.feieBt4ç d^s.Vai?aTcW<^* 

Moy^ P¥^we% 4 tijççf (» p«ï^l? dj» sft 
^«««Ai^ IweiBièaîe , çijB l'étf»eftt[ ' p^ç à 
V«fleTI1lil^, dasa la, 9§Qqo40' Ce lég|sl^n 
tewr Favoit «e^li,. ^n3 dmtP ,. et pwi- 
v^ya»t 4e3 lëf^Jutipns «sal^eu^i^t^^^ ^ 
}1 avoit préfiftïé Je ressède en ét^blisr 
gant de kpairr de Dl@u> lat prooifisA^ 



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Peuples lîbbles de la Franh^e^ 91;: 

d'un envoyé, d'un messie qui délivrer 
roit la nation du malheur et de Pop- 
pression 9 comriîo il ravMt- délivrée dé 
la servitude d^gypte» y qui Ik i»endroî^ 
heureuse, et la fèroît dominer sûr teiisf 
les peuples d& Ist terre. Ces promesse* 
étoîent obscuresy comme^tpus^ lès ôraqletf 
des dieux j* mais cette oî)setirîfté même 
eh àugmentoît ïa vertu j elles powoîenf 
être adaptées à toutes les circonstances , 
et préservoîeh-* et jamais les Juifs , contre 
cet état de déeouràgemeilt e* de désM- 
poî* i^ui tuè les nations. 

I>an* le** tem^ de dcmgef ou d'op- 
pression ^ les l'épubliques juives , choisis* 
soient un cHe^ ou magisera^t extraordi- 
naire j à-peu-près- Semblable atit dîo* 
tatéurs , chez les Romaînsf $ et ceô chefs, 
sous le nom de juges ^é^^lèVoîènt contre 
les oppresseur^?, délîvroieât le peuple de 
la tyrannie, et i^ mêloièS&t aussi quel- 
quefois de fairo des charigemens dans 
la constitution et le gouverneiaent* 

Ces républiques subsistoient ainsi de^ 



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9.A HlSTOIKE DES PREMIERS 

puis environ 4^0 ans j lorsque les Juifs^ 
ëtablireil.t un gouvernement monar^ 
chique. Le premier de leurs rois fut Saiil ^ 
1^ second David j Salomon fils de David 
qui rëgpa ensuite , paroit avoir fait dans 
son tems. ^a gloire et :1e .njialheur de 
^n peuple. Il bâtit, à: Jérusalem un 
temple superbe^ point sacré de réunion 
pour les Juifs^ copime le capxtple poui: 
les premiers Romains., 
r- Après la mort de Salomon , dix . trir 
bus secouèrent le joug d^ Roboam soji 
fils, et choisirent un autre roi. ;La race 
de David ne régna plus que sur -deux 
tribus, et depuis cç tems, la nation 
fut divisée en .deux rpyaumes<y celui de 
Juda :et . celui^ d'Israël^ 

Ces dftux rQ)^^un^es après, avoir duré 
enviroi^^ trois sièclea et. , ide^i , furent 
détruits^ ^an Ifts/ ro^is d^Assyiçie , qui em* 
menèrent la plus grande partie des ha- 
bitans , les ; diçpeï-sèrent dans les autres 
provinces de l'empiife^ et firent passer 
dé nouvelles colonies dans leur pgys^ 



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, pEtTPLES LIBRES DE tÀ FrANCE. 9? 

Là commence ce que les historiens 
appellent la captivité de Babylone. Elle 
dura soîiante et dix ans. 

Cet événement loin d'affoîblîr la loi 
de Moyse dans le cœur des vtais Juifs , 
devoit au contraire lui prêter de nou- 
velles forces, et ramener' même ceux 
qui s'en étoient écartés. Les rois avoient 
transgressé la loi de Dieu , ils avoient 
placé le culte des dieux étrangers à côté 
dit culte de Jéliova*; la captivité étoît 
une suite naturelle de Pidolâtrie du 

4 

peuple juif, elle devoit durer jusqu'à 
ce que la vengeance de Dieu fût satis- 
faite,, et un messie devoit paroître qui 
rétabliroit le peuple de Dieu dans la terre 
sainte* Il parut. Ce fut Cirus (x) qui, 
vainqueur des Assyriens , et maître» de 
leur empire, permit aux Juifs de re- 
tourner dans leur patrie, et de rebâtir 
la ville et le temple de Jérusalem qui 
^ avoient été détruits. Quelques-uns ré- 

' (i) V. les proph. dlsaîe, ^ * ^ 



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94 HlSTOIÎLE IXES JPRÊMIÈRS 

vinrent soîxs la conduite de Zorobabelf 
issu de la famille de David, et for- 
mèrent de nouveau dans la Palestine ^ 
•un petit état dépendant de la Perse. 

Ici les Jui£s se divisent en deux na- 
tions j les Juifs proprement dits et les 
Samaritains. Les derniers étoient un 
mélange de Juifs restés dans le pcrys ^ 
auxquels s'étoient jointes des colonies 
Assyriennes j qui avoient adopté la re- 
ligion des Jui& , ^ans renon.cer à cella 
qu'ils professoient auparavant. 

Alexandre4e*Grand englouti^laJudée 
dans ses vastes conquêtes , ^et =attii;a un 
grand nombre de Juifs dans 3a nouvelle 
ville d' Alexandrie. .Après sa mort^ ce 
pays devenu d'abord. le partage des rois 
de Syrie 9 .passa ensuite ,par droit de 
conquête spus la domination égyptienne* 
A cette occasion^ cent.mille Juifs fiirent 
encore emmenés à Alexajadrie^ par le 
vainqueur, plusieurs autres y furent ^t^ 
tirés par des privilèges et des avantage^ 
dç toute espèce j ou poussés par ) les 



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Peïtfles libres de ex Fhaïtce. 95 
troubles que causoient dans la Judée 
les efforts des rois de Sjrrie pour re- 
prendre cette prcrvince. 

Ceirt quatre-vmgt dix-4uit ans avaiit 
-j.-c, âa Judée repaSsa sous :1a niwmi- 
-nation - des rois de Syisie. >Alors de rgrand- 
•prêtre des aJujA ^étoit «n >m^ewtë2iïs 
gouverneur du ^pays. Qe -fiinèôte 1^^ 
fut jiottr tes .Juifs ume «oorce de 'déso- 
lation 56* de ïHttlheurs. €«8 îtjïmas in- 
sensés qui Qichmoiiem des ïôis >âe Syrie 
le droit d^ ;gt>uvëmér ile tpeu^e ttrèc 
une Tërg'e iife ^r, ttôvOâùimtmm eessfe 
ce pdys v^pa* lêWr ambiiioft et letfrsifoc 
rèrirs de îtoute espèce. ®es ^a*tis *'é» 
letôi^t i6^m cé$ie, dont ^les ^efe igé 
dispu*8*ent i quelquefois rpor hs • «rajes^, 
le sdè^trfe 4t d?«n«5ns«fe. ^àifin /^g ^^j^^ 
sordtès'i¥#I©&:*!nt A»thioébtt«Epypfeït^ 
roi de Syrie, iqui .envoya ^uîfe xmféb 
dans la 4«défr, la ï«aipJit de satfg -m 
do^^tnàge/dt lui ^â^in&ntt gifuv«mMiv. 
Pet ^ttàifé r^que fe ^religion 1 éwit rk 1 «muœ 
ae.e«s t»€«to«>,tt^)tsfooltftaae Udéswiïe^ 



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9<5 . HlST?OIB.E DES PREMIERS 

et ordonna à tous les Juifs d'embrassef 
la sienne , fit élever des statues de 
Jupiter dans le. temple de Jérusalem et 
dans toutes les autres- villes^ et périr 
tous ceux qui refusoient de les adorer. 
Abattus par cette cruelle persécution., 
les Juifs se relevèrent encore par Pé- 
nergie de leurs anciens principes. Des 
messies ranimèrent le courage de la na- 
tion , et après une longue guerre elle 
parvint enfin j sous le règne de Démé- 
trius j à secoue^r le joug des rois de Syrie, 
et à rétablir avec une , autorité indépen- 
dante, le gouvernement dçs grands- 
prêtres, modéré par un conseil de 70 
jvieillards, connu sous le nom de san- 
Jiedrin. Ce nouvel état acquit alors quel- 
que considération , il devint l'allié des 
Syriens et des Romains , et soumit les Sa- 
maritains et les Iduméens. Les premiers 
contre lesquels les Juifs avoient gardé 
une haine implacable ', furent réduits 
sous le joug le plus dur j ils forcèrent 
les seconds d'ewbr^sser le Judaïsme. 

Eofia 



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PjêU!PI.ES IiïBîlBS DE LA FrANCE* 97 

• Ëbfîii les pontifes-tyrans^ souvent plus 
Varbarés' que ne le furent dans la suite 
les Néron oti les Calîgulk , s'arrogèrent 
le titre de rois. De-nourelles factions 
troublèièht Isl Judëe ^ Ibs partis implo- 
rèrent le stecDurs àes Romains , et ceux- 
ci^ qtii tie aiianquoient jaihais de .pro« 
fiter d^, troubles de leurs voisim pour 
les assenrir , saisirent cette occasion pour 
faire de la Judée tme province deileur 
empiré^ Pompée prit Jérusalem et le 
templéjil ^sa pénétrer dans le sanctuaiise^ 
défendît au pontife de porter le dîadBmô 
et le titte de roi ^ et le soumit À un 
tribut» Dans la. suite kOrassus marchant 
contre les PartJiés^r pilla le temple de 
Jérusalem y et ezlleva jusqu'aux, vases 
d'or quS servoieèt'àûx sacrifices. . 

César maître de Itempire, affranchit 
les Juifs de tout tribiit^ et leur permit 
de vivre selon leur religion et leurs 
lois. Le grand-prêtre continua de gou- 
Terner^ mais seulement sous le titre de 
prince. Ces privilèges qui furent gravés 
Tome III. G 



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^B • Histoire bks PRBMXEafcs / 

sur des tables d'airain^ exposés dans 
le capitole et dans plusieurs, villes ^i ne 
durèrent pas Ibug-ttékis. De nouveaiis 
troublas fournirent 'de nouvelles occa-» 
aions.. d'oppression;. r/Unô :£giïtù3Aé idu« 
méemié à. force dià ruses et de'iîetviceft 
rendus aux B.om;tiims y parvint' *'à ôb^ei^ii^ 
d-eux la. couronné de Jùdée^i Hérddé^ 
que l'on a'SQrflk>mlié;le gr^nd'^ fut la 
premier roi de cettemoiivelle idynaSfie* 
Ai sisD mort^ la Judéç §àt partagée' par 
les: iRdmains enxie * ses tmîs. fiU : j^ ^ mai« 
Axdielàûs^ maître 'déi' la plus'g^iàâe 
parti» fc rojrau'mfev, ^vete ife même titre 
que^son rpècef coniniît -tant d^éxcès ^t 
de cruautés 7 qiièi^jq^elqiies^^ins de ses 
sujets ,:' malgré, ,le?tir ^hôrrfeur- pour toui 
ce quL»'étôit pas de i leôr TeMgk>!a y^ai-* 
inérent mieux se soÂmdtttre âùx-Romalhs, 
que d^obéir plusi Jiïig-fems au barbare 
iduîàéén , qu'île iTcfgai-doieîit comme tin 
usurpateur* Arehelaiis'fut exilé à Vienne ^ 
dans^ lès Caules j^^ses pM 
réduites en province f-omaîîié^ .«t ses 



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Pêipples libres de la Frais-ce; 99 

tlemx frères Hérode-Antîpas et Philippe 
gardèrent les provinces c^u'ils gouyer- 
iioient sous le titre de tétrarques» 

Alors les Juifs n'étoient plus ce que 
les aToîent faits lea institutions , les lois 
et les opinions établies par le premier 
législateur. Ce peuple que Moyse avoit 
éloigné avec. tant de soin du commerce 
des autres nations^, avoit été dispersé 
parmi toutes lés nations , avoit passé 
successivement sous plusieurs doi^L^na^ 
tions étrangères. . ::.. 

Transportés d'abojçdsur les rives -dç 
l'Eupkrate,, mêlés aveC; les peuples; d^ 
ces contrées^ ils prirent Insensiblement 
leurs mœurs et leurs opinions ; ilsp se 
familiarisèrent avec Iqurs arts et leurs 
sciences^ tandis quç deâ colonies assy- 
riennes ^ mêlées dans la Judée avec le 
reste des Juîfs^ opéroiejit d'autres cbaur 
gemens, et formoient le peuple cqn^u 
sous le. nom de Samaritains. L'idée d'uQ 
SeuL dieu, conforme à la philosophie 
dea Chaldéensji loin de s'affoibLir €h«0 

G a^ 



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aôo H1STOIR1& ©ES i^iunvrïËtts 
ies Juifs de PEuphrate , se purifia par 
leur jcommerce avec ces étrangers. Ils 
rejettèrent le culte des idoles , que les 
Chaldéeus ahhorroient. Traités favo- 
rablement par les vainqueurs ^ ils se rap- 
prochèrent d'eux insensiblement , et 
«urent l'occasion et la liberté de con- 
nottre les principes de leur philosophie 
isecrète. A cette époque ^ les Chaldéens 
jti'étoieiit plus si sévères sva: la commu- 
nication de leur doctrine. Le juif Da- 
niel et plusieurs autres de sa nation, 
furent élevés aux dépens du roi d'As- 
syrie et instruits da!ns toutes les sciences 
des J[]haldéens, 

Sous le gouvernement des Perses ^ dont 
les opinions religieuses étoient à-peu- 
près les mêmes que celles des ChaldéenS;^ 
l'idée d'un seul dieu se conserva encore 
chez les Juifs dans toute ^a pureté^ 
fortifiée par le rétablissement du temple 
«t des anciennes cérémonies relî^euses. 

La domination des Grecs et des Ro- 
maiîis , qui les mêla davantage encore 



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Peuples libre» de la Frj&nce. xo* 

avec les autres peuples y les avantages 
dont ils jouirent à diverses époques de 
cette domination^ l'état florissant qu'on 
s'efforça de leur procurer en Egypte et 
sur-tout à Alexandrie, les ; portèrent à 
goûter de plus» en plus la philosophie des 
ï^ations , et les familiarisèrent peu-à-peu 
avec leurs arts et leurs sciences. Ce- 
pendant toujours attachés à- leur religion, 
dont les dogmes étoient essentiellement 
liés avec leurs idées de Jiberté et àe 
bonheur y ils^n'embrassèreW particulière- 
ment aucune secte de philosophie, et 
méprisant la dialectique et les mathé- 
matiques, qui pouvoient les conduire ou 
les accoutumer à un choix éclairé, ils 
s'efforcèrent seulement de lier à leur 
ancien système religieux, les opinions 
philosophiques qu'ils puisoient çà et là 
chez les autres peuples. 

Alors on^ trouve chez eux des^ prin- 
cipes de la philosophie d'Orphée , de 
ïythagore , de Platon j alors leur doc- 
trine se divise en publique et secrète ^ 

G à 



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io4i Histoire' des premier» 

comme celle des autres nations. Depuis 
ce tems on roît le dieu suprêiAe de* 
Juifs, habitant 9 comme celui des Egyp- 
tiens et de ceux qui puisèrent cheis 
eux j dans une lumière cachée et inac- 
cessible. Ce principe qui produisit chez 
les derniers des natures moyennes f 
médiatrices entre Fhommé et le dieu 
caché (i) , fit nattre chez les Juifs l'idée 
d'un médiateur de la même espèce ^ 
qu^ils nommjâent le verbe de Jéhova (2)^ 
le premier iffe de Jéhova (3) y le fils 
premier né du dieu caché : être assez 
semblable à POrosmade de Zoroastre^ 
au Thauth des Chaldéens , à PEmeph 
>oû Phtha des Egyptiens ^ au Logos de 
Platon. C'est alors seulement que Von 
corrimence à trouver dans les livres des 
Juifs des détails sur la nature de ce mé- 
diateur. Les docteiirs juifs qui le con- 

■- r—^^ ' r^ — ^ 

(1) Jamblîc. de myster. Egyptioitxm^ 

, (2) Sohar. Gènes/ fol. 53. , 

.(3) Ib. fpL88. 



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iondent a;vec Jte messie promis cftnfusé- 
Jjwnt dans les livi:es de Moyse , fon,t 
aussi dç ce fils de di^u un homme ^ 
un roi (i); il^ le plac^jit. infiniment jsui- 
4e$6U$ des anges j^ ..frU-dessus d'Abra- 
Jbiam et de Moyse jfe ^regardent comme 
Penvoyé du père caché ^ ayant coopéré 
avec lui à la création, du fnonde, des- 
tiné à le mjginifester aux hommes^ à les 
jranxener.à l'état de perfection dans le^- 
qiubei ils étoient avant la chute du pre- 
^ieif homme (2)^ 

(1) Srock* Hist^ phiL t. II. p^ looq. 

(2) he Breschit RaÈb^ (fol. I. col. *i. ) place 
le Meimra ou verbe de Jéhova^ au-dessus des 
anges f il lui fait pr^eiadr^ part à la création 
du moïKÎe.avec $qu père. 

On trouve la même chose dans Jaïkut 
Schimqni (II. fol. 53. *) ^^ù il est dit du mes- 
sie, qu'îi est au-dessus d'Ahrftbam et de Moyse , 
et qu'il 8©rA élevé ii3£»im€^t au-dessus des 
anges. 

Dans d'flajj;i?es passages 0t partiGulièrement 
dans le livre de Sùhar^ (Gènes, fol. 88. ) le 

G 4 



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4o4 Histoire i)ES mlemiers 

L^dée de ée premier né, du fils de 
dieu y de ce messie-, de ce médiateurentte 
dieu et les hommes , n'étoit autre chose 
qu^une suite du système des ëmanations 
répandu dans toùtes^ les philosophie» 
anciennes. Il étoît lui-même la première 

xnessie est appelé lé premier de ' de Jéhova^ 
Si Poil pénètre plus avant encore dans les opî-* 
.nions des Juifs, on y retrouvera d*ùne nia>- 
mière si claire Tancienne doctrine gnostique 
et égyptienne s^r les Eon^ et le icerbe, repré- 
sentié comme le premier Eon ou TEon. su*^ 
prême , qu'on ne pourra plus méconnoître Ïa 
source dans laquelle les Juifs ont puisé, sur 
te messie, des idées tout-à-fait étrangères à 
leurs ancêtres. Moyse, fils deMaimon, appelle 
le verbe , P esprit agissant dans la divinités 
(Maimonid. moreNereoch.. II. 6)vAbarbanel 
lui donne le titre de prince de toutes les' 
choses spirituelles et intellectuelles y de Iîb- 
mière intellectuelle suprême y de. première- 
production y »de première témanation du Très-^ 
haut. ( In exod. XI. ) 

( Voy. Hephaestion. p. 169-171 , ouvrage alle^ 
toand de Starck. Berlin ^'^J6^y 



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pETTPt.M LIBRES DE LA PRAITCE. loS 

*des émanations de la lumière divine ou 
du dieu suprême. La cabale oili doctrine 
secrète des Juifs admettoit dix de ces 
émanations qu'ils nommoient Sephiros 
ou splendeurs : êtres de raison assez 
semblables aux nombres de Pythagore 
et aux idées de Platon. Parmi ces splen-» 
deurs, trois jouoient le premier rôle. 
Le rabbin Eliezer dit en parlant dû 
inonde 9 qu'il a été créé par trois, Sepher, 
Sophar et Sapbar , qu'il appelle subs- 
tances (i). Asîs Rimmonim nomme ces 
trois substances des points qui sont en 
tnême tems trois et un (2). C'est la tri- 
nîté àes Egyptiens que l'on retrouve dans 
Orphée , dans Py tltagore j dans Platon 
et dans tous les philosophes ou docteurs 
religieux qui pnt puisé chez euxj avec 
quelques différences produites, sans 
doute , par le besoin de la lier avec 
quelques systèmes ou opinions parti* 

(1) Hephaest.p. 17a, • 

(a) Ibid. ' 



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to6 ÎIlÔTOlRB. DES PB.BMÎEB.» 

culièresy peut-être au^i pair Tenrie fiî 
naturelle de dëguLser , $ous une fonue 
xiouvelle^ des idées anciennes qu# l'os 
voulut s^appropîier aux dépens des pr^ 
xniers inventeurs. :;• ,( 

Moyse n'avoit donné aux Jui& gros- 
«îers aucune notion d'une ame spiri- 
tuelle et immortelle }, après la captivité 
de Babylone , -cette idée qu'ils puisèrent 
probablement chez les Chaldéens^ se 
développe diè» eux à mesure qu'ils 
avancent dans • la connoiss^nce de la , 
philosophie grecque et romaine. Leur 
doctrine sur une vie à venir , évidem- 
ment tirée de l'ancienne doctrine des 
Egyptiens^ source de la .métempsycose 
de Pythagore et de Platcwti , admet après 
la mort un état œoyejj, dans lequel 
l'ame est purifiée de ^es taches avant 
jquQ <l'être admise à la félicité éter- 
nelle (i). Si l'on ne retrouve pas ici 
la métempsycose des Egyptiens, dans 
— — ■■ , ._ ^ 

(i) Hephaest. p. 177. / ' 



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Peuples LIBRES dk; f^AJ^jik^cis,. toj 
toute son étendue , on y voit du moins 
le passage des, âmes dans* d'autres corpè 
humains, destinés à les conduire par 
degrés à la pureté de l'autre Ttie (i). 
Une autre opinîôïi plus commune encore 
parmi les Juifs, c'est qu^après la mort, 
les âmes restent pendant douze mois 
autour du corps qu'elles ont <juitté : opi- 
nion calquée sur la doctrine des mânes 
des payens, sur celle de Zoroàstre qui 
laisoit passer les âmes par les douze 
signes du zodiaque , afin de les purifier 
^ de les rendre dignes de la béatitude 
céleste. 

Les Juifs eurent aussi leurs Champs- 
Elisées et leur Tartare. Les premiers 
chez ce peuple grossier , ne dififéroient 
guères des fables des poëtes^recs, que 
par le goût qui manqua toujours aux 
Juifs. Mais les plus éclairés en avôient 
des idées toutes différentes, comme on 
le voit déjà dans le livré de la Sagesse, 

(i) Joseph, de beU. Jud. liv. II. g. 8. 



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to8 Histoire des. ïremieb.» 
faussement attribué à- Salomon (i). Hs 
faisoîent passer les âmes dans un monde 



(i) Livr de la Sagesse, c. III. Il est évident 
que ce liyre ^ le premier dans lequel on trouve 
des traces de la philosophie étrangère de$ 
Juifs , est l'ouvrage de quelque jïiif Hellé- 
niste, familiarisé avec la philosophie de» 
Orecs, Dans le chapitre II , il est assez clair 
qu'il veut réfuter les Eléatîques et les Epy- 
curiens. Dès le septième verset du premier 
chapitre y où il est dit que Tesprit de Dieu 
remplit tout l'univers^ et contient tout en lid, 
des expressions platoniques décèlent un au- 
teur qui, sous le nom d'esprit de Dieu, n'ep- 
tend autre chose que Tame du monde émanée, 
de l'être-suprême , et 'cette ame du monde 
îl la' décrit tout-à-fait selon le système des 
émanation^, dans le c. VII. v. 22 et suiv. Les 
taisons que l'auteur emploie c. I. v. i4> pour 
combattre la doctrine des Perses sur l'origine 
du mal, sont aussi toùt-à-fait platoniciennes, 
^et ne peuvent être expliquées entièrement 
que par le Timée de Platon. Plusieurs autres 
passages encore portent des traces évidentes- 
de platonisme et du système des émanations^ 



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Peuples LIBRES be la France, 109- 

intellectuel , où leur félicité ne çonsistoit 
que dans des jouîssaiices purement spi-r 
rituelles. Là ^ les justes couronnés étoient 
rassasiés de délices émanés delà lumière 
divine (i), ' 

Il en est df même du Tartare de§ 
Juifs. Quelques-uns y mettoient un feu 
matériel et élémentaire ^ dans lequel les 
am^es étoient brûlées éternellement j 
d'aïutres les faisoient consumer et ânéan^»^ 
tir dans ce feu dévorant. Mais les plus 
sensés regardoient ces punitions corpo*^ 
celles comme des fables , et peignoient 
l'enfer comme le séjour des étions les 
plus honteuses^ comme. la vie malheu-j^ 
reuse d'un homme vicieux et maudit (2).. 
D'autres croyoient que la perte de la 
grâce de dieu^ et l'éloignement de sa 
gloirb y étoient les seules peines des coix^ 
pables. 

■ !■ I ■ ■ I II II — —— ■ H «l I— — *— ^— ^^^— — „M»^ 

(1) Thaim, Berach. c. 2. 

(2) Philo. Hb. de coxigr. p. 43:^* coll. depro^ 
fugîs. p. 4^9* 



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î 10 HlSTOÏEE liBS *ÎIÊMÏËR« 

Les opinions n^étoient pas moins par- 
tagées sur la durée de ces peines. Quoi^ 
que le plus gf and nombre les crût éter-^ 
tielles^ de inéme que les- récompenses , 
plusieurs pensoient qu'elles étoient bor- 
nées à un certain tems^ doctrine con- 
forme aux principes de la philosophie 
orientale et de celle d'Alexandrie y doc*^ 
trine que Platon avoit enseignée expres- 
sément (i). 

A cette idée se joignoit ^ chez quel- 
ques Juifs 9 un reste de leur intolérance 
barbare et de leur aversion pour les 
autres peuples ) c'est qu'ils croyoient 
que ces peines ^ ' temporaires seulement 
pour les Juifs ^ seroient éteiiielles pour 
tous ceux qui n'auroient pas vécu dans 
leur religion. 

La résurrection des morts , l'idée 'de 
la fin 9 ou plutôt du renouvellement du 
monde j après une certaine période ^ 
celle d'un ou plusieurs jugemens après 



(i) (Voy. le Phœdon). 



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cettè vie, étaient encore, autant d^opî* 
nions ajoutées par les Juifs à leur sur, 
clénne ddctraie j et puisée , en tout ou 
en .partie , dans les anciens aystèmes phi- 
losophiques-i cet , religieux . qu^ils eurent 
pQoaision de rConnoitre. 
] Cette jpiultitude d'opinloisia nouvelles ^ 
adaptées peu^à-fpeu à la loi de Moyse j 
dwt néce&£[aîrement produire chex les 
^uiis. des- sectes différentes^ et ces sectes 
furent d'autant plus acharnées les unes 
QMVtré les ;àtètres ^ que le système fon^ 
dadODientàl de la religion judaïque inspi^ 
roit : aux ; hominies: l'aversion * et- la haina 
pfmx.iovLt ce^qmis'éfoiguoitdo: leurs opi- 
2li(te& . ■•''•• ''.i' • . .y-.-'.. /. , . .la 
- i L'origine . de :<^ difféyealltea secksj 
. rem^Onte. fbrt ;prè3 du retour de la ^ap-* 
lîvîté de Bft}>yione. Lorsque -Je-teihple 
£t le cultes furent rétablis!^ quelques Juij[^ 
jQpmmencèi^nti.iir ajouter ^ l'oliservance 
eisacte de la loi , des vertus et des oBuvres 
qii?elle n'or^oflonoit pas^^ ^t^formèrent unâ. 
t^spèce de sooiéitéc pieuse ) distinguée d'à* 



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lia HlSTOIRS 3>ES FRSMÎEB.S . 

bord par le nom de Hasidéens y c'est-à-dire ^ 
maints ou pieux j et les anciens observa- 
teurs de la loi pure et simple fiirent dé- 
signés par le nom d'ortodoxès. Les Haaî^ 
déens qui regardoient d'abord leurs ver-^ 
tus et leurs œuvres de surérogation y 
comme une chose purement volontaire ^ 
s'imaginèrent bientôt qu'elles ëtoient né^ 
cessaires , et voulurent eh faire des pré-' 
cepjtes indispensables. De là des doute» ^ 
des disputes , des querelles , et enfin de» 
scissions* Alors deux partis divisèrent 
les Juifs : les Hasidéens et les Caraites ^ 
ou observateurs de la lettre de la loi. 

Ces d^us partis se divisèrent bientôt 
cbacun en deux sectes différentes : les Ca« 
raïtes ^ en Garaïtes propres yet Saducéens \ 
les Hasidéens ^ en Pharisiens et Esséniens* 

Les Saducéens , strictement attachés à 
la lettre de Ta loi mosaïque , rejettoient 
tout ce qui n'y étoit pas contenu , et 
nioient par conséquent l'immortalité de 
l'ame , les peines et les récompenses d'une 
autre vie. Dans leur mprale^^ ils recôm- 

mandoient 



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!PéÙPLÊS LtBRÉS bE tA FniifCS. lllé 

ïhàndoîeritl'amoùr de Dieu , Paôiour de 
ïa vei" tu ^ râmôùi* du prochain • 

Lès Càtat tfes^ ptnoprémen t dits -j môîiis 
sévèreâ '(jiié 'les ^rçmfeïs^ joîgnôieiit à 
la loi, les ajîcîenneS'tïaditîoils (juî n'y 
étoient pà's contraires , telles qiie l'^m- 
inortalîté die Pâmé , les técomplenses ^t 
ïes ptinîlioiià d'une autre vie et quel- 
ques autreà* ' A *' '^ • 

LëklPhiafisîens ^ les plus supè'rstîtîerax 
de tous ,' étoùffôietit la loi sous une iniit- 
titude de jprëcep tés, d'tobseïvaïiceis et dfe 
c6reîiîonîe$ j et ïà regardant comnlé obs- 
cure par elle-même ^ ils lùî piréfétoîent 
ïa tradition quMls croyoiént pro|>rè à 
^expliquer et â Péclàircit. Persuadés qtie 
les espfïfà foïitoîeïit influer su^ Pujûîteïs, 
sur les actions dés hotomes , et même pro- 
duire 'des signes et des miracles fils don- 
iioient daûs toutes les extravagances de 
la magîe^ et se livroîent à toutes les su- 
perstitions qui pôùvoient naître de cette 
àoctrine. Us atténdoieàt , comme la plu- 

romè IIÏ. H 



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ti4 . ..HisTojEE pEs p]9.]Ç]ui;j(3;|^ 
part des autries Juifs ^ uii messie , qui de- 
voit délivrer ^a na^on de 1^ do2;ii[natioB 
j^opxaine^ soumettre aux Ju^s tous les 
peuples de la terre ^..^ jpliijr d'wrèçne 
Ji^ureux et .bnUant. 

I^es Esséniexis qui paili^rçQ): d'abord 
en, Egypte, d'oil^ ils sp répa??4ire»t ausgji 
jdans la Baleatiiie ,formoieiit u:|ie espèce 
de secte philosophique y uniqijeîneiy; pç- 
«i^pée du soin de soumettra les passipns 
jau |oug de la raison. Tels que les an- 
,fi|ens prêtres dePEgypte , tçls q^ie les Py- 
thagoriciens 9 qm avpient puisj^ leur 00ns- 
titutioii chez ces derniers ^ tels enfin que 
les moines 9 si multipliés dans lesçi^cles 
suivans; ils forjçaoient des corps sépar^ 
4u reste d^ la société y ils yivoient dai^ 
ie célibat j j/ieUoient leurs bi^s en çom- 
jaawx 9 et passoient la plus gr^inde * par- 
tie de leur yie dans les ç:^eVcipe$ de 

Jae^ Thérapeutes étoient de$ Esséniens 
d'une observ^ce plus étroite 9 qui jnet- 
toient la perfection dans la. ^ontenmla* 



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pEUP^ap? : I/IB11E$ BE J..4' FrAÎCCE . ?1 1 5 

' tipa,,;d4B3 la prjy^tîg^a.d^ piaisiiis Sien- 
suels^ 4^^ ^^ J^Anes et les macérations* 
X»eur ÇjefTi^iC/e diyi» consistoit dami la 
j>yièr^ j, . 4^n^ Fe^plicatiôBL de lew ;4oCfc' 
^ÎBè 9^ da)î^; >1^ lecture . d^3 Hvineâ saints ^ 
j^t 4a^s<>M^ x0pas $|içïf i^tt'tli^ fakpieàt en 

Outre C€^âec^£[tinMpèle9 vrépaiidtiès 
pajj-tog^ :qi^ il y at4it:4e«; Jîaife,,iJ exi^r 
toit enççfff^ ezifre ;ipUi:¥:,.d'^autre3 4iVi$ioB6 
f eligîeu$e§>qui pceapi(39t Jteur ftouieé: dmi!^ 
flV^^^%:54¥pl**iPP? .d» gpuverwïinent* 
Pà A VU fi^Sil^ajit.V origine des Samar 
f itaij^S j ; ik avoiçi^t 4l>anrdo]:iâé peurè^eu 
le culte ^es A^oks.^ W*î ua temple à 
l'i^s^tâf $ie, celui 4^ JérusàJem j' Jûaais la 
^ ^aine^ i^placaUl^ «d^ia" Juifs -^ devenus 
leurs ni^l^e$ et lleur^ tyilaiC^ «^ les. abattit 
tellem.^t^ ; qu'ils ne fjxbnt ^flm y depuis 
ÇBtfip é^pqn^^ qjiô g^tak, »ous le -poids 
d^ l'eççiiiy^ge. UnejopîiÛQn qui les.dis-^ 
tingn^ y ç^fist qu'U^'jn^' pitroisaenl; pas 
dXiÛLaiXGXiLdUf ^OTniTifi les autres Jui&^ un 



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Il6 . Hl^TOIÎlE DES PREMIERS * 

. mçssie conqttéraîit et sbliveraîn ^ mais tm 
messie prophète - * t* àocteui^ 0) • 
:^i Les migràtiôôS'fréN^ente» déS Juifs en 
Egypte 9 produisirent ; éticoté-- entré eux 
ddnx: scissions religieuses ^ «qui les- fii^ht 
distinguer en Juifs^e la Palestine et Hel- 
lénistes. Cette scission commenta souslé 
Tëgbe de Ptolémëé^ÎPlîrldâfétôr^ roi d^E- 
gyy te^: Ce prince^ j * qttî'favorîsoîf téàûcôùp 
lesv Juifs? 9 aVôit oônfié'à pliisieuiis d^entrë 
;eft:&jd(^^ emplois cônsîdërables'^ à sa cour 
et dans^-les armées, et léur'àVdi^ -accordé 
Ib. permission de Tiâtit* un teéi][)lé 'dans 
le nome d'Héliopolîô^^ et' d'y faire les 
exercices de lèlJtr crèKgîon coliime à 
Jénisateip. Ce temple eut un '^and- 
prêtre ^ des prêtres inférieurs - et * des 
lévites, tes Juifs s'y rendoient dû reste 
de l'Egypte et de^ toute la Grèîcs, pour 
célébrer les grandes fêtes j bientôt tbu^ 
ces Juifs ne rèeétiâurent pliis- l'autorité 
du sanhédrin de Jérusalem, mais celle 

(i) Jean IV. 26,3.6. 



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PeU^ JlrES LIBRES I>E LA FràI^CI. ivyP 

du synédrîn d'Alexandrie j dans plu- 
sieurs cas^ ils s'en .rapportèrent aux 
chefs des synagogues dispersées dans les» 
diiFérentes provinces. On les nomma 
juifs Hellénistes , pour les distinguer 
de ceux de la Palestine. 

On peut encore compter parmi le& 
différens partis des Juifs , du teuis. de 
Jésus 9 les Hérodiens , attachés à la fa- 
mille d'Hérode, et qui croyoîent proba- 
blement qu'il n'étoit pas contre la loi 
que le peuple juif fût gouverné par un 
prince étranger j les Galiléens qui ^'éle-^ 
y èrent lorsque les états d'Archélaiis furent 
réduits en province Romaine. Us regar- 
doient comme une impiété d'obéir à un 
maître , et aimoient mieux mourir que 
de donner à un homme le titre dq 
seigneur. Brûlant du noble enthousiasme 
de la liberté^ ils enseignoient hautement 
que ceux qui s'arrogeoient le droit dç 
les gouverner étoient des tyrans sacri- 
lèges auxquels il falloit refuser d'obéir, 
qu'il falloit. extermiiiei? j. ^ue les Jmfs/ 

. H 3 



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ii8 HtttoifeÉ ïiEà *ïLE»ri*ki 

Jie devdient rfefcoililohre aucune doiriiiià>^ 
tionque celle dfe Difeu^-et cju'il étôît temé 
de rétablir l'ancien gouvernement répu- 
blico-théocratiqtte établi par Dieu même 
dans là terre dé Gahaan. Ces èôbles et 
généreux principes se joignant à Pàttente 
d'un ttiessie , ils régardôiëht cet. envoyé 
de Dieii comme un héros qui opéreroit 
cette éclatante et salutaire révolution; 
Judas, île dans îâ Galilée ^ fût le pre- 
mier qui prêdla luautement ces prin- 
cipes, et qui, joignant Paudace à la 
doctKJie, osa tenter de renverser la ty- 
rannie des Romains avec les partisans 
armés qu'il avoît rassemblés autour de 
lui. 6ès opinions se répandirent avec une 
étonnante rapidité, comme tous Ifes prin- 
cipes que la nature a gravés dans le cœur 
des hommes , loî«que des âmes coura- 
geuseà rompent Paîrâîn qui Ifes comprime. 
Judaa fut regardé conime le messie (i). 

(j): Ori^en. Mqmeh XXV. in Luc 



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Mais ce Atèëàlé y qin âTplt plus dé zèle eè 
àe ffefmétë que de luniî^rè et dé^' pl^* 
dédûlcè^ succomba sous lé j[^dîds de Jia 
]^mssaiice ràinéMéé ïl petit Im-ffî^me Att, 
AillM des sîeÂs ^ qui , là plitpart , ptë- 
fêtëi^rit let ' inort à là àontè d^ôBéî* aHix 
tyràils; Les autres ftirèii*^ ^ispèfsés* j maiti 
îentA pnlicijpes cirtitmùêrènt à circuler 
dans la Judée , et ptodiiisiréât , dknsrl^ 
Stdie j dé noùl^eiresf fejiplosidiis^ ijti eau- 
Sèi^ént ëiifiii là nîînë eÀtièté dé^ l'état des 
Juifs; 

G^èst ahi iflîlîèii de eës feritientatîoii» 
^lie fiàrut Jéiius , Ibtfdatëttr de la reli-* 
gioit des Chrétieils. Il éfoît de Nai$âirëth 
en Galilée y et naquit dii ans avant Pin-* 
èntrectibh de Jiidas. Alors Héjrod^ étoit 
mi dé Judëë , prince térdeê y ijttqnîet y 
sdiip^biinëuaL 9 ëahguiriaîre, <Jt*e lêS «pi*- 
iïidnsi j-eli^eùses des Juifs fépbas^sloîent 
du tï^éne , qui avoit afeheté sa cdu^nhè 
dèîs Romains y aux dépens de là liberté 
et dé la prospérité de soU peuple ; et qui 
îà cdnsërtoit par des moyens rémblablek 

H4 



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Après avoir fait périr tous cei» qu^e lent 
naissance appeloit à lui disp^terlç trônç y, 
il ayoit introduit à.X^rusalexQ.,. que lea 
Julfe appetoiewt la cité sainte , des spec-» 
tacles payen's, qu'ils regardoient; .coxnnjie 
des profanations sacrilèges ^ il les avoit 
forcés de célébrer tous les ci:q^q ans des 
jeiix en Phonneui? d'Auguste ^ qu'ils ab-^ 
horroienjt comme l^ps^^se de .tou3 leurs^ 
mauiK« Les impôts étoieut excessif jJ^^^ 
pression > eivile et relrgîewse insuppor-^ 
table j des forteresses menaçantes étoient 
élevées dans plusieurs endroits j de nom- 
breuses troupes dç soldats qui les gar-- 
doient^ étoient toujours prêtes à fondre 
sur les Juifs ^ et. A massacrer ceux que 
mafqujolent la haîïie ^ la vengeance, ou 
le sôupçpi^ du, tyran, Dans cette.situati?c>xi 
cruelle, dont l'horrçU|Ç 4*9^^ :^ftgîPfi^îée. 
par l'antique orgueil de la nation;.,i.pa:ç 
l'état puissaAt où elle se trouvait alors*, 
et sur-itout. par l'impulsion de se^ luV 
onières; ^t de s^s opinions, nouvelle^j Igt 
Judîéé. entière frémissoit spus le. joug j 



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A 

# 



tous désiroient de le rompre y tous atten- ' 
doient avidement le messie j. dont les 
Pharisiens prédisoient hau^jnent la ve- 
nue -prochaine. Un dénombrement de la 
Judée , ordonné par Auguste pour humi-» 
iier Hérode , qui étoit tombé dans sa dis- 
grâce , augmenta . la terreu^i des Juifs et 
la içésistence de plusieurs* Six mille Pha- 
risiens refusèrent de prêter. serment au 
roi et à Pempereur (i.). , - 
- C^est à l'époque de ce dénombrement 
que naquit Jésus ^ dans la bpurgade de 
Bethléem , à ùùe lieue de Jérusalem., 
Marie sa mère^ qui étoit sur le point 
d'accoucher y s'y étoit rend^e avec Jo- 
seph son époux^ afin de s'y faii'e inscrire^ 
parce qu'ils étoient tous deux originaires 
de cet endroit j et, elle y accoucha, selon 
les quatre évangiles , ou histoires de Jésus ^ 
que les Chrétiens regardent- comme ins- 
pirées^ et qui ont été écrites entre cin- 

(i) Joseph de Bell, Jud. 1. I. c. 2.9. Antîq* 
Jud, 1, XYIL c. :x. 



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qttâtitë et soi:!taiitë-(iîJè att^ après sa nats^ 
iBiance. Marie ^ disent le$ évangélistes^^ se. 
Itbuva eiicëiilte âiraht là èëléforation dèsoii 
ihariage j Jos^h^ qui s'en apperçut^ vou-c 
l7>it la qttîttet âëcrèteinent f mais nn àiigi. 
lui apparat en firôhge ^ et iur dit de ne. 
pdîht itésitei^ de prendte Marie pour 
femiùe ^ parc^ <|u'elle avoit conçu paU 
Pbpératiori dû Saint^Eâprit ^ et que le 
£ls qu'elle mettrait au monde âeroifc 
le satitètir du peuple» Cette visitin de- 
toit inspirer à Joseph de la joie et de Im 
confiance. L'ôpiiiion publique amonçoit 
de toutes patts l'apparition prochaine dtL 
messie ; lès malheurs du peuple la £ai^ 
soient désirer âVec ardeuï ; et Joseph ^ 
ainsi que Marié j pàssoient pour ètrcr 
de là race de David. lie mariage fut 
célëbA5. 

Hnitjoùts apr^ la naissance de Jêsus> 
îl fut porté ail temple pour y être cir- 
concis selon la loi mosaïque. Là^ un vieil— 
iard nomiiié. Sîmébn , à qui Dieu avoi« 
assuré qu'il ne mourroit point sanS Voixr 



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fe thessîe ^ |)rît Pênfent entre ses bras ^ ^ 
et louâ Dîétt' à cause de 'lia Veniie de ce 
Z(iess2e. Une prdphétesse^ âgée déplus dd 
cent ans , téccmnut paifeillèinehi; le meà- 
sie danis fcet eiifent^^ et répandit daiiâ 
Jétùsalerii la iiouvellè de sa' haîssaiîcè* 
Dans le ihènî^e tems j des^ iiiages pu- 
blièrent que le ïnessîe étoit né^ et furent 
ïuî rendre hoitiihagfe à Bethlëéiîi. hà 
chose fît tant de brttit^ qu^elliô càùéi 
des inquiétudes aU soupçx>niiéux Hërode; 
et qu'il iroulut faire mourir fcelui qu'ori 
disoît lè messie. Pout se soustraire à sés 
teehercliës'^ Joseph se saura en Egypte, 
d'où il ne revînt qu'après la mott d'Hé- 
tode , qui arriva peu de teihs après. 

A l'âge de douze ans, Jésus fut meri4 
à Jérusalem par ses J)ârens, et présent^ 
au temple , selon l'usage des Juifs , qui 
à cet âge devehoient enfans de la loi. De- 
puis cette époque , Jusqu'à l'âge de trente 
ans , on ignore absolument Ce que devînt 
Jésus j chose d'autant plus étonnante, 
que , selon ses historiens , sa riaissanco 



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124 Histoire des premiers 
avoijt fait beaucoup de bruit , et que 
lorsqu'il fut reçu enfant de; la, loi ^ il 
avoit disputé avec éclat dans le temple • 
contre Ips prêtres et les docteurs de 
la loi. Si l'on osoit hasarder ici quelque 
conjecture y on diroit que Jésus^ pass^ 
une grande partie de ce tems en Egypte ^ 
où Joseph devoit avoir des connois'^ 
tances., puisqu'il s'y étoit sauvé pour 
éviter la persécution d'Hérode. La doc* 
trine qu'il enseigna y les principes qu'il 
établit j le courage avec lequel il s^ mit 
aur dessus des. observances minutieuses 
de la loi judaïque ^ son zèle contre les 
prêtres y les docteurs de la loi et les 
hypocrites Pharisiens, tout doit faire 
croire à ceux qui ne le regardent pas 
comme le messie , qu'il ne fut pas élevé 
dans l'habitude des superstitions ju-% 
daïques , et qu'il avoit puisé dans l'école 
d'Alexandrie les principes sublimes de 
cette philosophie univejselle , par les- 
quels il s'efforça de réunir tous Ic^ 
hommes^ 



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Peu JLÉS LIBRES DE LA FrAîTCË. '1^5 

' Enfin j àl'âge de trente ans ^ Jésus parut 
au milieu ilir*peiipltf juif, 'comme Uïi 
prophète et im'clbctteur; ^rbéVé' régnoitî* 
Là tyraniiiy^avoîf léAré" le inasque , la 
^lus grande ^partie de la Judée avoit été 
ïéduîte eh rovirice Romaine j selon le 
Hésir de qûefiques-uns, suivi de Phor- 

i tevLT ou dû 'repentir dé "tous. Malgré 
lé's ' fréquentes insurrections des Juîfs^ 
thàlgré Fatrdjacfetis^e iirrttêpldîté des Ga^ 
liléens qui préféroient la mort à la ser- 
vitude , et qui renàissfoient du milieu de 

; leur propre sang, le dénombrement s'é- 
toit fait dans la Judée comme danâ 
toute autre province Romaine, et les 
Juifs, forcés de courber la tête sous le 
joug des procurateurs romains , leur 
payoient en fréniissant toutes sortes dé 
tributs et d'impôts. Le gouverneur ro- 
main maître'dé tous les pouvoirs , exer* 
çbit le droit de vie et dé mort, plà- 
çoît ou dépdsoit à son gré le grahd- 
prêtre, comiriandoit toutes lés troupes 
de la province , et n'avoit de compte à 



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^ 



%Zp HiSTOIEB B£S BEE|iI|SE8 

rendre qu'à Fempereur. . Le grand cem^ 
çeil du sanhédrin y don% 1q nom existqit 
encore) n'oivoit pins qu'une ombre d'au? 
|;orîté et dp pouyoir. Il étpit borné fi 
linéiques légères pimition^ dgns les af- 
ifaires de religion j et da|is ces cas même 
il n'avoit que la cpercition jirécaire di| 
^uverneipent romain • La religion même 
n'^tolt pas exempte de contrainte. Lesorr 
peiqiens du graxid-prêtre étpient gardés 
dans la forteresse de Jérusalem y occupée 
par une légiqn romaine y on ne les livrôi( 
qu'awc grandes fêtes de l'année j et après 
chaque solennité j ils étoiei^t remis 
soigneusement sous la garde des sqU 
dats. Tibère fit plus en Italie, il ^t^ 
aux Juifs de cette contréç la liberté dn 
culte 9 leur ordx>nna d'embrasser la reli* 
gion de l'empire , ou de sortir de l'Ita- 
lie j sous peine d'être, vendus comme 
des esclaves. Sans égard pour les an^ 
, ciens privilèges , il les faispit enrôler diÇ 
force parmi les soldats j et tourmenter 
cruellement à la ïnoindre résistance. 



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jSa«s le gouyernem^nt de Ponce -Pilate, 
i|«*îyièm,e gouverneur de la Judée , la 
hainp 4es Juifs pour le gouveraeinent 
i&toit au comble , et Jes trouves $e suc* 
cédèrent rapi4!&me]it. Ils furent tels , que 
le cruel TibèfÇ' l^^-mêine craignit de les 
pousse): ^ IwHit^ ^ ordonna de les traiter 
arec xtko^s de rigueur* 
. ' Pilategouvefajpitla Judée depuis quatre 
ans ^ lorsque Jjéftus commença sçç prédi- 
cations. Jusqu'alors la force et le cou- 
rage n'^voieftÇ pas suffi pour rompre le 
joug des B^Offl,^in^ j le sort des QgiiHéens 
en étpit uxjLe prvdUYe. L'esprit fier e^; indé- 
pendftnti du. pe^uple juif étpit affaibli par 
Jb «nultitudç de sectes religieuses et poli- 
llq^ç» quelle di^i^^en^ et souy^t le dé- 
iobiroi^nt cruellen]fent. Le principe odieux 
4e Pi9tplj^;uQ(Ce ) qui leur fa^soit abbor- 
fer toutes Ifis autres nation^ ^ é][oignoit 
jl'eux tout soutient de la part des oran- 
gers qui jarta^oient leurs v^vp^ r ?.*^ 
'^uvQk g^^]iLeq,ter leijirs forçeç. Les 
^pitlire«> viles créatures des Komaihs^ 



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. Î128 ' ïlisTOfRE IDEÔ ÎPÊElMÏfeftS .- 

'aclietoîent d'eux la tyrannie religîétiife'^ 
et la consenroiént par leur zèle ajQrevx 
pour l'oppression et Pabrutissement du 
peuple. Cet abrutissement se jîkoit 
d'autant plus j que la plupart de ceux 
qui travailloient à le maintenir ou k 
l'augmenter, tegardoient leur ministère 
comme un art ou un métier, dont ils 
rëgloient tous les procédés selon les 
avantages particuliers qu'ils en retiroient 
ou pouvoient en retirer* > 

Chez les Payens , les lumières de la 
philosophie avoient dissipé , dans les 
classes supérieures, les ténèbres de ia 
superstition j et l'édifice monstrueux de 
la religion populaire n^étoit plus sou- 
tenu que par l'avide cupidité des prêtreô 
et la politique ambitieuse des granâs^ 
Les Juifs et les Payent àbhiorroîent éga- 
lement l^esclàva^e et soupîroient apr^ 
la liberté j les premiers 'par Pôrgueil de 
leurs anciennes institutîôAs j' Les seconds 
par le souvenir encore récent de lei» 

-^ ^ '' ancienibi^ 



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Peuï^les libres pe X.A Fraîtce. ,129 

ancienne gloire , par la honte et les maus , 
de la tyrannie présente. 

Deux choses tendoient donc à rap- 
procher tous les peuples , la raison et 
ramour de la liberté j deux obstacleâ 
s^opposoient à .ce rapprochement ^ \^ tjr- 
«•annie politique et le despotisme reli- 
gieux. La première , j^que^ fréquemment 
les peuples avoient voulu renvjsrser, mais 
toujours . en viîn , faiite d'union entré 
eiix; le second^ quxjéloignoit cette union 
par la diversité des Suites ^ par la hdae 
religieuse^ -par une. extinction funeste 
de tout V sentiment d'humanité et d'a- 
mour entre les hommes. 

Dans cet état de' .cïiôSes , c'étdît ùri pro- 
jet vraiment grand., vraiment sublime, 
vraiment divin j de saisir d^ïis tojites les 
religions, dans toutes les écoles, de phi<* 
losophie , les principes les ^ plu& : purs et 
les plus généralement rççus par les meil- 
lei^rs esprits , d'en faire la base d'une 
doctrine nouvelle , commune à tonà ïes 
tommes , propre à, être saisie par lès 
Tome III. l 



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i3o Histoire des premiers 

esprits les plus simples ^ avoués par la 
raison j liés aux intérêts les plus chers 
cîe Phumanité j c'étoit un projet sublime ^ 
de trouver un lien intérieur propre à 
réunir tous les hommes ^ toutes les na- 
ttions j propre à échauffer le germe de 
toutes les vertus y à développer tous les 
taîens, toutes les iacultés j à porter le 
genre huiùain au plus haut degré de 
perfection et de bonheur dont il soit 
susceptible j à détruire toute espèce de 

tyrannie (i). 

- » ■ I i ■ i ■■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ • , ■■ I ■ , I ■ ' I ■ I. Il ^ 

(i); Jésus avoîlrde grands talens, un cœur 
excellent enflammé de l'amour des. hommes, 
une sepsibilité extrême , une imagination ar- 
dente. La philosophie de Socrate et de Platon 
qui s'étoit répandue dans là Judée , et qu'il 
avoit pu connoître à Técole d'Alexandrie, 
dut faire sur son ame Timpression la plus 
profonde. Il dut sentir que ce ne sont nî les 
saicrîfices, ni les prières verbales^ ni Içs cé- 
rémonies extérieures, qui peuvent rendre 
l'homme heureux dans cette vie et dans 
Tautre j mais les actions vertueuses , la pa- 
tience dans les maux^ le contentemenc de 



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Pfiiri^tËs Libres bë là Pràkcs. i3i 

Tel fut le projet de Jésus , que plu* 
sieurs Chrétiens regardent comme le fils 
de Dieu j que les philosophes éclairés 
regarderont toujours comme le plus sage 
et le plus respectable des hommes^ s'ils 
ne confondent pas lès principes sublimés 
de sa doctrine ^ avec les monstrueuses 
extravagances dont on Pa surchargée. Jé- 
sus voulut rendre à l'homme sa dignité j 



soi-même ^ la confiance en Dieu , la pureté 
du cœur. Ces vérités morales enseignées par 
Socrate et ses successeurs enflamment néces-» 
8aîrement tous les cœurs purs et amis de la 
vertu. Ils durent enflammer bien plus encore 
celui de Jésus p élevé dans une famille choisie 
au milieu d'une nation malheureuse^ qui se 
croyoit la pation favorite de Dieu, qui n'attri"- 
buoit ses maux qu*au dérèglement général des 
mœurs y qui étoit sur le point d'être écrasée 
£ous la puissance >; des Romains , et qui at^» 
tendoit son salut de ce messie tëtnt désiré , 
; qui devolt lui rendre toute sa gloire et son 
bonheur. 
Çhe% une telle nation^ occupée de telieâ 

l a 



i 



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ïBa Histoire des premiers 

ses droits ^ sa liberté. Le seul moyen 
de réussir étoit de faire de toutes les 
nations une société de frères , unis par 
les liens indissolubles d'un amour ardent 
et sincère j toujours serrés les uns contre 
les autres^ toujours prêts à mourir pctur 
la cause commune , société dont la 
masse imposante devoit écraser la tyr 
rannie et faire tomber le sceptre de la 
main glacée des tyrans. 

Il prit pour centre de réunion Fidée 
d'un être- suprême^ qui faisoit le fon- 
dement de la doctrine dje toutes les re- 



esp^rances , fondées sur des promesses di- 
vines, il seroit étonnant qu'il ne se fût pas 
éleyé des messies de ttmtes les espèces j il 
seroit étonnant qu'il n'eûrt pas paru un homme 
tel que Jésus. Pressé par l'amour de l'huma- 
ïiité.et dfela patrie, pressé par le danger de 
sa nation, la tête pleine de prophéties, il ré- 
solut de se faîf e le réformateur de sa nation , 
.et ^ cru t^ de bonne foi qu'il étoit le messie, 
appelé àvôpéi:er la grande révolution qui de^ 
voit faire le bonheur du monde. 



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Peuples LiBREsT DE la Fraï^ce. i35 
lîgîons , et plus particulièrement de celle 
des Juifs j et purifiant cette idée par les 
lumières de la philosophie^ il bannit 
* de sa religion , il écarta de son sanc- 
tuaire Pappareil terrible dont la su- 
perstition Pavoit entourée. Il le peignit 
non comme un maitre redoutable, mais 
comme un père tendre, dont la bonté 
embrasse tout Punivers , dont les bien- 
faits sollicitent Pamour de tous les 
hommes. Dans ses sublimes instruc- 
tions , Dieu n^est plus ce Jéhova ter- 
rible qui vengeoit les crimes des JPuif» 
sur une longue suite de générations , 
dont les Chérubins défendoient Pap- 
proche avec des épées flamboyantes , 
dont le nom n'étoit prononcé qu^fen 
tremblant ^ ce n'est plus ce^ Jupiter me- 
naçant , sa'hs cesse armé de la foudre , 
toujours prêt à édraser les mortels trem- 
blans j c'est le Dieu des miséricordes , 
le père de la nature , dont Pamour sou- 
rit à Punivers , que dirige son éternelle 

I S 



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234 HlSTOXB.£ DES l'RSMIBB.S 

€t inépuisable bonté j ce n'est plus lo 
dîçiu des Juifs et des Fayens, c'est le 
dieu de Socrate, de Plfi^ton , le dieu des 
Stoïciens, annoncé par Jésus à la* mul* 
titude ignorante et superstitieuse. Cet 
être bienfaisant ne demande ni offrandes y 
ni sacrifices j il n'exige d'autre sacrifices 
que celui des inclinations vicieuses ^ 
d'autre offrande que la pureté du cœur, 
d'autre culte que l'amour. Par cette vén 
rite sublime tombent toutes les chaînes, 
toutes les entraves religieuses , tous les 
dogmes arbitraires dont les prêtres avoient 
chargés les hommes. Aimer Dieu par^ 
dessus toutes choses j et ne V adorer 
qii^en esprit et en mérité }. voilà le prin-^ 
cipe fondamental de la philosophie re* 
ligîeuse de Jésus. Ce ne sont plus des 
piètres orgueilleux qu'il faut écouter > 
mais la voix de Dieu qui piwle à nos. 
cœurs , l'esprit de Dieu qui descend 
dans toutes les âmes pures , et qui se fait 
entendre par la raison et la conscience • 
C'est Dieu qui est l'unique guide, l'u-^ 



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Peuples libres de la France. i35 

nique maître des liommesj à lui seul ils 
doivent obéir. 

Mais ce principe général j qui suffi* 
roit à Phomme isolé, ne suffit pas à 
rhomme social , dont les intérêts parti- 
culiers repoussent souvent les intérêts 
de son semblable. Séduit par l'amour 
de jsoi-même , il peut suivre Perreur de 
ses passions y en croyant suivre les lu-^ 
mières de la raison. ^ ce principe , Jésus 
en ajoute un second pour lui servir de 
guide et de modérateur. Aimez "votre 
prochain comme vous - même^ De ces 
deux principes , qui forment la base de 
la relfgion de Jésus , découlent tous les 
devoirs , tous les droits de Phomme j 
des droits de Phomme , la liberté j de 
la liberté , tout le •bonheur, toute la 
félicité possible j ces principes renversent 
le mur qui sépiaroit les Juifs des autres 
nations ; les autres .nations les unes 
des autres. Tous les hommes, le cœur 
échauffé de Pamoiir de Dieu , leur père 
commun , ne se regardent plus que 

14"- 



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i35 Histoire des premiers 

comme les membres d^une même fa- 
mille , s'avancent y réunis par la ten- 
dresse fraternelle ^ vers le bonheur 
qui leur est destine, augmentent leurs 
biens par cette union , et diminuent 
leurs maux ,^ en faisan^ des efforts com- 
muns pour en supporter le poids. 

Les Juifs et les Payens proyoient éga- 
lement à Pimmortalîté de Pâme , aux 
récompenses et au:^ peines \d'une autre 
vie j mais les moyens de mériter les 
unes et d'éviter les autres étoient vagues 
et incertains 9 moins liés à la vertu qu'à 
de vaines observances , ou à des actions 
extraordinaires j Jésus adopte cette opi- 
nion salutaire , et la lie à son système 
d'amour. Pour obtenir les récompenses 
éternelles , il ne îaut ni prophétiser j 
ni faire des miracles , ni offrir des sacri- 
fices j il faut être humble , doux , mi- 
séricordieux , pacifique , sincère j bien- 
faisant j il faut faire la volonté du père 
céleste , jl faut aimer Dieu et soit 
procÂain^ 



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Peuples libres de la France. iB/ 
Aucun temple nouveau, aucune céré- 
monie nouvelle ne sont ordonnés , au- 
cun acte extérieur de religion ne fut 
défendu par ce législateur philosophe 
et tolérant j' il observe les cérémonies 
religieuses de * son paya , travaillant seu- 
lement par son exemple et ses paroles , 
à en démontrer Pinsufïisance et Finuti- 
lité , et comptant pour leur entière abo- 
lition j sur les fruits que diBVoit pro- 
duire un jour la semence de ses divines 
paroles (i). Lorsqu'il envoie ces disciples 
annoncer sa doctrine à toutes les na-^ 
tions y il ne leur dit pas vous brûlerez 
lés temples, vous renverserez les idoles, 
vous rejetterez du milieu de vous tous 
ceux qui observent telle ou telle céré- 
inonie religieuse , il leur dit seulement 
vous prêcherez ce que je vous ai en- 
seigné- Il ne leur dit pas vous recon- 
noîtrez les faux prophète^ à telle ou telle 
croyance , à telle ou telle opinicm y ^ 

^ (i) Jean IV. s^-M^ III. i6. Vl. 5x . VIII. i^. 



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i38 Histoire des premiers 
telle ou telle observance religieuses j; 
mais vous les reconnoîtrez à leurs œuvres. 
Pout prêcher cette doctrine , propre 
à renverser un jour toute espèce de ty- 
rannie y Jésus employa tous les moyens 
que la prudence pouvoit suggérer , pro- 
fitant des diverses opinions répandues 
parmi les Juifs , sur la venue du messie j 
ijtnifant la conduite des prophètes les plus 
révérés^ ne négligeant rien pour prépa- 
rer le peuple à la révolution , se prê- 
tant même à ses erreurs pour l'amener 
à la vérité j faisant des miracles , parce 
que la partie ignorante du peuple avoit 
besoin de miracles pour prendre de la 
confiance j et que les anciens prophètes 
avoient fait des miracle*. 

Jean , fils du prêtre Zaçharîe , né six 
mois avant Jésus ^ parent de sa inère^ 
et dont une grande partie de la vie est 
ignorée , entreprit de préparer les esprits^ 
à la ^prédication du nouveau prophète* 
Environ un an avant cette prédication ^ 
la quinzième année du règpe de Tibèire^ 



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Peuples libres dé lj^ France. iS^ 

tems où l'oppression des Juifs étoit por- 
tée au comble, Jean , retiré dans un dé- 
sert dépendant de la tétrarchie d'Hérode- 
Antîpas y annonça la venue du messie y 
/attendu depuis si long- tems, désira alors 
avec une si vive impatience. Il avoît at- 
tiré sur lui les regards de la multitude, 
par la singularité de ses mœurs , de sa 
conduite , de sa nourriture , de ses vê- 
temeps. Quelques-uns le prenoient pour 
le messie , d'autres pour Elle , dont il 
imitoit les mœurs et la conduite. Con- 
yertissez-vous , disoit-il au peuple qui 
vent)it enfouie l'écouter dans le désert y 
convertissez-vous et faites pénitence j car 
le royaume de Dieu est proche. Ceux 
qui croyoient à ses paroles , confessoient 
leurs péchés et étoîent baptisés par lui 
dans le Jourdain. U n'y avoit rien de 
nouveau dans toutes des choses. Par 
le royaume de Dieu , les Juifs enten- 
doient la venue du messie , qui devoit 
rétablir dans toute sa pureté le gou- 
vernement théocratique. Les Juifs de ce 



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i4o Histoire des premiers 
tems croyoîent , et ceux d'aujourcniuî 
croient encore que les péchés du peuple 
retardent cette venue y et que la con- 
version et la pénitence sont des moyens 
de Paccélérer. Le baptême étoit aussi 
une cérémonie usitée chez les Juifs. Ils 
avoient coutume de baptiser les Payens 
qui embrassoîent leur religion j et il 
paroît qu'ils avoient pris des Payens cet? 
usage , qui ne s'établit chez eux qu'a- 
près la captivité de Babylone. Jean 
baptisoit les Juifs, afin de les préparer^ 
à une vie nouvelle , à une religion nou- 
velle , afin de les réunir tous par ce signe 
extérieur dans la croyance du messie' 
qu'il leur annonçoit, et qu'il les assuroît 
vivre déjà au milieu d'eux. 

Enfin , Jésus vint lui-même trouver 
Jean dans le désert , pour lui demander 
le baptême. Jean refuse d'abord, en di- 
sant que c'étoit à Jésus à le baptiser j 
mais enfin il se rend , le baptise , et 
annonce au peuple que celui qu'il vient 
de baptiser est le messie , qu'il ne con- 



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Peuples libres de la Fraitce. i4r 

nbîssoit point auparavant , mais que Dieu 
lui a fait connoître (i). 

Après son baptême^ Jésus se retira 
dans le désert de Jéricho , contrée aride 
et sauvage, où il se prépara pen4ant 

(i) Jean, ch. L 

11 paroît vraisemblable que la révolution 
tjue voulut opérer Jésus, avoit été préparée 
dans sa famille. Jean étoît son parent, il étôit 
fils d'un prêtre, et parconséquent avoit de Tins- 
truction» La mère de Jean étoît amie de la 
mère de Jésus, les deux enfans avoient pro- 
bablement été élevés ensemble, ils avoient 
étudié ensemble les prophètes et les autres 
livres (Jes Juifs. Tout annonce dans la conduite 
de Jean à Tégard de Jésus , et de Jésus à Te- 
gard de Jean , tout annonce dans leur doc- 
trine un plan concerté entre eux. Selon les 
prophètes, le messie devoit naître de la tribu 
de Juda , Jean étoit de celle de Lévi, il devoit 
dpnc sans jalousie se contenter du rôle dp 
précurseur. Il étoit écrit quç la voix d*un. 
prophète préparerùit dans le désert les 
"voies du seigneur; et quelle voix ppuvoit 
inîeûx préparer les voies de Jésus que son 
parent et son ami I » 



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l4^ H1STOIB.E DES PREMIERE 

quarante jours au grand œuvre qu'il 
alloît commencer. C'ëtoit Pusage che2 
les Juifs et même chez les Payens ^ que 
les prophètes et les législateurs se pré- . 
parassent à leur ministère par la retraite 
et le jeûne. Moyse et Elie en avoient 
agi ainsi. 

Cette retraite finie ^ Jésus se rendît 
encore auprès de Jean^ qui annonça 
pendant deux jours ^ An peuple assem*- 
blé au tour de lui ^ que ce Jésus qu'il 
avoit baptisé étoit le messie qu'ils atten- 
doient. Alors deux disciples de Jean , 
tous deux de Galilée^ s'attachèrent à 
Jésus , et trois autres de la même pro- 
vince s'étant joints à eux^ ils se rendi- 
rent tous àCana en Galilée. Jésus y trouva 
sa mère et plusieurs autres personnes de sa 
famille qui étoient à une noce. Il y fui 
invité avec ses disciples ^ et c'est là 
qu'il fit le premier des miracles que 
lui attribuent les historiens qui ont écrit 
sa vie. Le vin étant venu à manquer^ 
disent-ils 9 il bénit des v^^es pleins d'eau ^ 



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Peuples LifiB.ES de là France. i43f 

et Peau se trouva changée en vin. Jésuâ 
alla ensuite à Capharnaum y où demeu- 
roient deiix de ses disciples, puis il 
partit pour Jérusalem , où les Juifs se 
rendoient eii foule pour célébrer la fête 
de Pâques. Là Jésus commença ses 
prédications , il annonça sa doctrine et 
la confirma, dit-on, par des miracles* 
Un grand nombre de Juifs crurent en lui, 
et les étrangers , de retour dans leurs 
villeis et leurs villages , répandirent dans 
leô provinces , la nouvelle de la venue du 
messie. Mais pendant que Jésus instrui- 
soit ainsi le peuple , il parott qu^il ne 
négligeoit pas de se faire des amis 
secrets dans les classes plus élevées. Un 
membife du sanhédrin ticmùùé Nico- 
dème , Vînt le trouver peiidant la nuit , 
s'entretint avec lui , et lui resta attaché 
eecrètement. 

Après la fête de Pâques , Jésus resta 

-encore quelques mois en Judée ^ allant 

avec ees disciples de Ville en ville, de 

grillage en Village J prêchant partout sa 



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i44 Histoire des premieb.* 
doctrine^ annonçant partout le royaume 
*de Dieu sans 'déclar3i: positivement 
qu'il étoit le messie y attirant le peuple 
par des miracles et faisant baptiser par ses 
disciples tous ceux qui croyoient en lui. 
. De son côté Jean contînuoit à rendre 
témoignage au messie, et tâchoît de 
soulever le peuple contre le tétrarque 
Hérode y dont il blâmoit hautement lefi , 
vices et les mœurs déréglées. Hérode 
osa le faire arrêter et enfermer dans une 
forteresse.. Cette action n'ayant caù^é 
aucun soulèvement, il étoit à craindre 
que le sanhédrin n'osât contre le mes- 
sie , ce que le tétrarque avoit osé contre 
le précurseur j et Jésus , qui savoit que 
les^ prêtres de Jérusalem étoiént irrités 
contre lui , sçrtit de la Judée avec ^es 
disciples, traversa le pays de Samarie 
et retourna en Galilée I 

Les disciples furent sans douté plus 
frappés que le maître de l'emprisonne- 
ment de Jean j car il paroît qu'ils re- 
tournèrent, chez eus, et reprirent leS 

professions 



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PeupIiES libres de la Fkâkce. 145 

]ptofessîons qu'ils avoîent exercées au-* 
paravant^ tandis que Jésus parcdurbît 
seul les bourgades et les villages de la 
Galilée. Us reprirent courage et se ras^- 
semblajit de nouveau, lorsqu'ils virent* 
qu'ôi/ ne songeoit: point à les inquiéter y 
ils accompagnèrent Jésus qui contihùoit 
ses predicatic^ns et ses miracles, et qui 
$e retidit bientôt . aptes à Jérusalem pour 
célébrer la fête de Pâques, où il prêcha 
et fit plusieurs miracles j et après la 
soleni^Ué? i ils retournèrent 'en Galilée, 
. Cependant la ^octrine de Jésus , ré- 
pandue dans les provinces , , et sui^tôut 
dgnâ la^ Galilée , faisoit de jour eii jour 
4e:»^uy^à$ix progrès /et se joignant à 
V^ttmit^lfsiochaine du: messie , dont- les 
malheUir^ publics augméntoient la vî^à- 
cîté"^ tif»^; grande ! partie de la nation 
^mbJoiA 'prête à saisir la première-ot* 
ca^ion>[ :&3i^orable:.lde briser le joug* 
Jésus ^ .que la prudence, dirîgeoit dans 
touteS;ljSps .entreprises., crut devoir 
cacher^pj^dant quelque tems ses des- 
Tome ÏII. K 



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t46 HlSTOlUE DES PREMIERS 

sems. Uae grande foule de peuple 
s^étant rassemblée autour de lui j prèd 
du lac de Génézareth ^ il leur ordonna 
de ne point divulguer ses miracles; puis 
s^étant éloigné d0 la foule ^ il choisit 
parmi ses disciples d;ouze personnes des^ 
tînéea à le suivre sans cesse et à répandre 
sa doctrine ; suivant en cela Pexemple àes 
Pliarisiens qui ccmpoient les provinces 
pour faire des proséîytes^^ et y cnivoyoient 
4es missionnaires ou apôtres ^ dans le 
même dessein. Fresque tous les apôtre» 
de Jésus étoient des Gal^J^éei^^ quelques- 
uns ses parens ^ tous gens du bas peuple^; 
plus propres qùé les autres à* saisir et 
à annoncer sa doctrine simple, pterce 
qu'il» n'àvoient ni les, préjugés de la 
naissance 1, ni Forgueil de li| ^ience ; 
et que le cœur devant sur-tc^t^^r dans 
la. nouvelle religion j il est toujours plti» 
pur et plus ouvert ohes le peuplé que 
cJ^efi^ les riches et 1^ grands j coixempu»' 
par une multitude de vices et de pas- 
sioos, Outreces^douze apôtres 9 J^us avoît 



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encore .soixante - dîjj: disciples ^ulliui 
étoient , plus particulièrement ; a^a^éa 
que le^ autres, iBlusieurs fenuùieSsk.rC|iaiî 
raçcompagnoient pre&qtie : par - taW«^ Jet 
quelques- unes qui étoient riches avf^i^ijp^ 
çaviSOf^xé leur fortiuiÇ; à yejitret|iBa^^g|;'>i 
la npurritiiré de Jésus ^ et de ^efi ^4^ 

^^:X:?^K . ...1 .-v^ ... ...:;" 

Les nombres de dç^zg et de sp^^it^ 
dix qe dey oient pas paroître indijlf^^fni» 
aux,^J}4fs.j dont la plupart regard^^ie^jç. 
le ines^e,comnfe Iç ivestaui^ateui: à^Al%Str 
çien gjçuvernenaenli judaïque^ h^^oiife 
apiQt]:ç^^rqij$soient. destinés à^^rés^|i^$ 
çka/[;,i;m une, def dqu^ ^^bus d'Isra^l^c?^ 
les $ojx^nterdix disciples, àrempIiLC^ k) 
sanhédrin 9 qui ^yoit toujours été jçpm-r 
pos^ de sioixante-dix \ œembres. .^û^ïfe?® 
les^pj^écautîons: que Jésus ayoit..piâses 
pour cacher quelques-uns de.,^S !»i-, 
gracljes y et dérober la connoissanod, des 

(«:) jLttC^VIH..aV^:3. XXIV. 10. Marc. 

3CV...,4p. ' ,-, .... 



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r48 V- Histoire^ ^Bs pREMïEi» * > 

mùltîtiïdes qui îë suî voient dans le'9é* 
sedty^^ malgré la ^Tiidencé qu'il àvoit iefuë 
j^Qfsqu^sàlors de fié' peint dire positivement 
hii'-mème qu^il éfèîf le-ifeës^ié^'îl paroit 
qiie le '^onvernènrent' étoît attentif k ses 
déhlarches , et PbA prît même dés^'^mé- 
sàl^s truelles ' potïr éviter les trbùBles 
dont on se croyoit menacé du côté-de lâ 
Galilée '9^ siégé ïrl^^Sïïaîre* dés' îitsurréc- 
^S»a lès plus vîolëntted. 'Detbt ^ disciples 
dë-'^êàiie^ -qurjétbitHahiVs' en prison y 
vîiÉreift de sa^ piaxt^ i^itiâhder^^ 'Jésus 
s'îl' ^ étoît- vraimeTi^ •. fe ' messie ^j bu s'il 
failoit'-fe attendriè'"irti'~ à'ùtre;^' ^fte dé-î- 
marcâle 'paroîtrdït Bîëft îsxi'rkordîhalre de 
la jiaVt^dè celui qui âVôff ahiibnté^îtir-^ 
méiîite ^àii peuple la' iiiission " âe * Jéistis ^ 
et.q;ù%né voix cël esté' avoitâssttTé de 
la ;dîviiïrté' de cette mî^sîon j sf lek-cîf- 
constantés et les suites neiaisôieïirtr cAiire^ 
que éè4ui uhpièjgè qù'oii vouloit teiidte* 
À Jésus j afin d'avoir un sujet- pour s e 
saisir, de lui. JésusL fi^t-uné-réponsle àsseàc 
claire pour son but,- trop peu pour cehii 



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I^ET?FLis. LîiHLisDF-KÂ France. 149 
jft^ sesenn^mîs. Peu: de tems après ^ Jean 
fetv décapité dans sa prison. 
- QueJ^uçs précautions que Pon eût prises 
po)ttl^; prévenir Tédat dé cette exécution , 
elle dirt' Êtiorë une grandeiimpression sur 
le peuple y -. q.ui rei^Aoït Jean comme 
un grand prophète. Ses disciples se 
^i^irent* à ceux de* Jésus , qui profita 
de la circonstance pour envoyer ses apô- 
tres:^ deUxià deux.^ prêcher la venue du 
messie dans toute des villes de la Judée , 
et confirmer leur ptrédiication par des mi- 
?i^leÇi:Clb|)!eBdàijt Jésus ^ retiré à Ca- 
phdiiiaûiti^^attendoit Peffet de leur zèle, 
jl fbt )heureux. JLfi jG&te:^.de Pâquea ap- 
prochoit' 9 le peuple qur 18e rendoit à 
J^rusailém.y s'àssemhlbit en foule autour 
de Jésus , qui jugea à propos de se re»-\ 
tiret lAvec: ses^. Ôiscaptes: au-delà dtr lac 
de rTibémde j\ QÙociiftÇ'rmiUe iiommes 
le suivirent 7 Bansr -compter ies-femme» 
et , les- e^fahsi^ eti voulurent le^ prdèla- 
iweiÎTiîoi^iGe îix'étoill'iii le Hcai., ni, le* 
KLômènti^: iàsv» échappa. dé leifrs jaainsy 

K a 



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|i5o .• Histoire DB8 »ïiémïe«6î- - 

et se rétira dans une solitude j d'oà -il 
retourna à Gaphamaâm avec ses dîs* 
ciples. Pour cette fois , il Be crut pas 
devoir aller célébrer la. Pâque à Jéru-^^ 
salem. La mort de Jean y la kàine des 
Pharisiens, les soupçons du gouvèrtie- 
inent Romain contre les Galiléens,^ au« 
roient rendu ce voyage très'» dangereuse 
pour Jésus. En eiffet , pendant la «olen-^ 
nité , Iqrsque les Galiléens étoient dans 
le temple occupés à prés^iter leurs*^ of- 
frandes 9 Pilate les £t investir par ses 
soldats et massacrer impitioyableinetit au 
pied du sanctuaire ^ cruauté horrible ^ 
qui montre assez à quel point étoient 
montées, sinon les espérances des Gali- 
léens ^ du moins lés crainte^ du ' gou* 
vemeur. 

' Cet'acie de £érocitë. acheva dîaigriîiw 
esprits; Jésus avoit porté ses prëdièalionê 
et ses. miracles |i|L8quesr.daii^ les centrées 

de* Tyç. ^^ ^^ Sidcm. La foule le* sttivoit 
tdu^urf. Ses disciples étoient' initions 
de voix iia réisoiutioii sur laquelle il* 



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Peuples z^xbres bk là Fraîtce* aSt 
«rroient fondé leurs espérances. Quatre 
mille hommes étoient un jour rassem-* 
1>lés autour de Jésus ^ l'oceasioii sem-^ 
bloit favorable , Pindignation des Gali-^ 
léens étoit au comble ; Jésus évita encore 
cette multitude 9 comme il avoit fait la 
première fois , ne croyant pas sans doute 
sa doctrine assez aâermie ^ prévoyant 
que dans Pétat des dboses y la révolu-» 
tion des opinions devoit nécessairement 
précéder celle du gouvernement ^ et que 
la première amèneroit infailliblement la 
Seconde. 

Mais ce vaste et sublime dçsseiti étoit 
au*des$us de la portée des parens et des 
disciples de Jésus ^ gens grossiers et igno* 
rans ^ qui n'étoient encore firappés que 
' des avantages temporels * qu'ils atta* 
choient à la venue du messie. Ils Ip 
pressèrent de se rendre à Jérusalem f 
pour l#lfète des tabernacles ^ afia de scr 
faire unifl^rti dans cette capitale. Jésus 
s'y refusa d'abord j puis il s'y rendit 
SGcr^ement aveq q^lq^es -. uns de ses 

K4 



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iSi ' Histoire ï>es premiees 
disciples. Lorsqu'il arriva ^ les féfe* 
étoîent déjà à moitié passées j on l'y 
aToit attendu ^ et ses amis et ses enne- 
mis j surpris de ne point Vj voir, avôîent 
répandu divers propos sur son compte. 
Vers les derniers jours de la fête , Jésus 
parut dans le temple, et y prêcha pu- 
bliquement , disant assez clairement 
qu'il étoit envoyé de Dieu. Cette har- 
diesse augmenta le nombre de ses dis-' 
cîples et les inquiétudes du sanhédrin j 
on voulut le faire arrêter; et sans Nî- 
codème , qui parla en sa faveur y il 
l'auroit été isans doute. On se contenta 
de chasser de la ville un homme qui se 
disoit guéri miraculeusement par Jésus, 
d'une cécité de naissance f et on publia 
la même peine contre tous ceux qui le 
regarderbîent comme le messie. 

Jésus reparut encore à Jérusalem pen- 
dant la fête de la dédicace. L^ it dé- 
clara publiquement qu'il étoit^é filS^da 
Dieu. Le peiq>le ignorant, exïcîté sans 
doute par lés prêtres , regarda cette dé- 



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Peuples tiBRÈs de tk Fràkëe. i5S 

iblaration comme un blasphème j on lui 
reprocha de vouloir se faire passer pour 
un dieu j il eut beau leur expliquer sa 
pensée 9 il eut beau leur représenter que 
dans récriture on appeloit dieux tous 
ceux à qui là parole divine é toit adres- 
sée j et que lui ^îl ne s^appeloit que le 
fils de Dieu , parce qu'il faisoit leé 
oeuvres ide Dieu y et que Dieu Pavoit 
sanctifié j ces furieux né Pécoutèrent 
point j et la fuite seule put le sous- 
traire à leurs violences (i). 
■ De retour en Galilée ^ Jésus pressentit 
et annonça à ses disciples' la mort que 
les Juifs lui préparoient. Cependant il 
travailla de plus en plus à les confirmer 
dans Ja foi de sa mission et la divinité 
de sa doctrine, évitant soigneusement 
les endroits publics et se dérobant à la 
foule. 

Jésus prêchait depuis trois ans/ Se$ 
disciples 9 qui avoient tout quitté pour 

' (i) Jean X. ^ 



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\S4 H18TÔZ&X BIS 7!IBMI£KS 

le suivre 9 attendoient avec impatience 
la récompense de leur attachement 9 le 
peuple sembloit assez prépare ^ un plut 
long retard pouvoit le jeter dans le 
découragement , et dissiper en peu de 
tems les fruits des prédications de Jean 
et de Jésus. La fête de Pâques qui ap* 
prochoit ofiroit une occasioù favorable 
de soulever tous les^Juife^ du moin» 
contre la tyrannie des prêtres et des 
Pharisiens. Jésus résolut de s'y rendre f 
mais aupara^vant il envoya ses soixante 
et dix disciples y prêcher ^ deux à de\ix, 
dans tous les endroits par^où il devoit 
passer 9 afin de préparer le peuple à sa 
venue. A leur retour^ ils lui rendirent 
compte de l'heureux succès de leur 
mission 9 et il partit. 

Pans ce voyage f Jésus n'évita plus la 
foule comme il avoit fait auparavant ^ 
p^-tout il l'attirùit par ses prédications 
ej; sur-tout par dge nouveaux miracles. 
Ses disciples crurent voir le moment oit 
il alloit régner avec eux sur les douze 



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trilnis d^Israëb^ et bientôt après sur toiîÉ 
leâ peuples de la terre. Sâlômé mère de 
^enx apâdnes ^ et proche parente de Jésusy 
se |èta à ses pi^s pour 4ematider que 
ses fils fussent revêtus <les deux premiers 
csmplais dans ie royaume qu^il alloit 
fonder. La réponse de Jésus montre 
toute la. noblesse et la pureté de ses 
intentions : Quiconque^ lui dit-il ^ vou' 
drd être le premier parmi vous , qu^ïV 
sait "votre esclave / quiconque voudra 
être grand ^ qu^il soit votre sers^iteur. 
Cette maxime avoit été-' établie long-^ 
tems auparavant par le sage Solon, qui 
avoit donn^ à chaque citoyen le droit 
de tuer tout homîne qui voudroît s^em- 
parer de la tyfânnie j Jésus qui abhor* 
roit le sang condamne à Pesclavage les 
^unbitieux , les tyrans et les ennemis dd 
IVégalité/ 

Jésus s'étant arrêté à Bétbanie^ bourg 
çît^éà u^ quai:t de lieue de Jérusalem ^ 
y jÇt ^^ imir^icle* bien prppire à exciter 
rétoxmemei^t et Padini:ratiQi»:de la mtd^ 



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i56 ^ Histoire 3>£8 hheisiers 'i 
tâtude qui s'étoit rendue ^ou qui scuèh-* 
doit à Jérusalem.. Dams oè» *bôurg .de- 
meuroient Lazare et lejes^j deux pœurs y 
Marthe ejt M^viej tous. r trois amis et 
disciples de Jésus 9 et qui^ile suiroienft 
dans ses; voyages et s€ss etoumées. :r£n 
partant de Oalilée , # J^wSi: âvort- aj>^ 
pris que Lazare étoit inalkdeîj.én arrî^ 
yant à BéthfttfiQ on lui dît :qu'il étoit 
mort et déposé depuis trois |oùre dans 
un tombeau. Plusieurs. personnes étoiènt 
venues de Jérusalem pour consoler lès 
deux sœurs ^ uiip multitude s'étoit as^ 
semblée dans le bourg , -attirée par la 
venue - du messie y annoncée par • ses 
disciples. Au milieu de cette, multitude ^ 
Jésus se rendit vers la caverne 6ù Lazarç 
avoit été mis ^ selon la coutume àes 
Juifs , et appelant son ami par.6oiî nom^ 
on le vit sortir tout vivant du tomTjeàii (t^i 



. (1) Si Jésus fît des miracles >* c'ést-à-diré 
des- choses ^^^Uè'^^é ^peuple régarde /'comme 
extraordinaires et sùmàtutelbe^^^iJ; y £a4'sajia 



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• p Ce. miracle apétsé -à la portte def Jérti*- 
çakm,* aii>iiditeuî d'uiiô g*âiidè m^lti^ 



db]ttte porté qpar ïîefijprît ait peuplé , qui n'âu^ 
roifci pas ajoiité ^ foi) ànix paroles d'un méssîe 
qtplin'en àxir0tt^][)omt fait. Môyee avoît fait 
èbs piracks^ oiarèâ^ avoit fait (fes miracles, 
pne^jtjae tousn. leb prophétesr^avbiétit fait des 
ZEÛfadeç , fe bare^êîderoit * doïic ^nécessaire- 
taâniren fatce; £){aiU«nr6 led prophètes av6iei]A 
peint l^'messie* comme dèwntr-fàîte des ïèS^ 
ïade^T^ etonlui icfouv^ lés^lâËièMéS catàctèréà 
dfiiBb les anciettî ^tks dès S'ûâSà y oH il est 
dk^'sorKtoui^^Iqti'ilMatLta la pili^$àiice ^e rés^ 
tuacttttr jlesrmcaïaî «^ 'Sresch.x Rô^d. 77 •Y - 
20Îi&éstt8t lut* dônic; obligé oU de; T^nohcer â 
lieséciilâQn ck^^ socfripQi^ojet / du* dé* s^è prêter *â 
li»f£Dible^eb3St;>kii3(i préjugés dii ^peuplé qtfil 
Ji>ttb>itçagne«nîll^^$ti^bon' d'ÔbséHèr qu'il hé 
fôs^^ft^^des snir^cie^ ^Waprès"ay<!n!r 'exigé Id 
jbûhdélses.atrditenrsl^ et que lorsque les géiis 
i^fiitf uits^ c'estr^àrdire:: lîes létÉrëstWt leè ^génâ 
dû.go^verBement* lui en' demclndôîent', îlinié 
répO&doit qu-eàisieur ^ reprochaÀi 'leur aVeugle^ 
ra^eu t , ce qui .eaipâ|shoit l^s Ifeodittîes* dç cette 
<^s$^ de croire, aâ/l^iit « - -i> e^lj^^ 



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tude de ifw& àe tontes les cfflittséêsy 
quelque teias avam la fêter de P^âqtiés^ 



.y 



.Si rignprftnoç^ et les ^^ngés du peuîda 
Juif ne semUi<>i€pt'p^ e^vdiiè renda cette ctin» 
duite néce5fiair.e^ yaktiei>QÎebiea»niieTiii; croisa 
cjyxe Jésus. <|uï avoit .ta«Kl..tiiei do«iceùr^ -'éé 
Iratichise et de .boaté; da»8 lei caractère, nq 
s'.ast poiiit abi^s^ à ces mitéirâiiles joaglerie^; 
En effet ,, ciptoment. et ^' qifi jces prétend» 
izil^acles . x^ôUs sont-ils anoïoncés ? Ce jnfi^ 
que trente ik.S(O&x;a0te aas après tomevt jcèmc' 
qui^eu écmeat l'histoire, lu doiment doué 
ime Magne que les Jui& ^e la F|de^iiieii'i3ii^, 
tendaient i>M;^,.:^^ilM UÎl ]«n»s:t>ù.Ia nàtioti 
et tout l'empire étoiëiit en proie siut troofilea 
et aux désoFijyrf^.de toiitei espèce, et ékH 
pouYoit exister à peine queiquesL^enGtoshei 
qui eussent connu. JësÂ&jtd^srtanjbeKDÉs^&if 1< 
manie s'étoit introduite parjipi les Gi?ecs> ^ ' dé 
supposer toutes sortes* d'0RTragB8>:d*àve»^ 
tures et d'opinions ridicules ^ même auk pht« 
losophes J^S plus célébrés^ Dans de teltescir- 
çonstancf§)!i]i4$%C^ b&efti'aci&iLOes Mstoiiens 
de supposer k^4» : philosophe religieux: , toas 
les miracles qu'ils jugèoknt à propos* lia 



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PEinn.SS LIBRES DE LÀ TKJilS^CE. 1^9 

efiSraya le$ prêtres et tes Pharisiens y qui 
résolurent la mort de Jésus y et prirent 
des mesures pour le faire arrêter j mais 



ëtoient parfaîtement à Tabri des contradic« 
fions et des réfutations, de la part de ceux 
qm ii'étoîent pas de leur secte. Quant à ces 
derniers y on leur înculquoît^ dès Te ccmt-« 
saencement, que la foi étoit une des'cfadséà 
}fi$ plus nécessaires pour parvenir à la héati* 
titude^ et qu*un vrai Chrétien deyoit y ^â^ 
metbre sa raison. 

Il est natujrel aussi que ceux même des 
Sâèlj^s qui ne croyoient point à ces miracles^ 
tâchassent dé les i^ire croire aux autres^ afin 
de gagner des partisans à la doetrii^e de^éisWs J ^ 
pans ces fraudes pi^issesy^^ si ècéquemmën^ 
imitées dans, les premiers sy^dlos. de Téglist^.;: 
fef ^£hi:étiensJ[es^pius probes ne vo^oient qu'uj^ 
moyen innocent de gagner des am^s à Isv 
vertu ^ et d'étendre de plus en plus son 
empire. 

' Mais soît que Jésus ait voulu ou non ga- 
gner le peupfe parles prodiges, fé pense qu'îï 
ne {Mit pas iu^i âtâribuev tous èeox qui sontf 
Jcapportéairittrii&éYftagélistes. ^'"^ 



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i6o Histoire des P3r.emier:« 
îl se retÎTa dans un désert des environs 
de Jéricho. 

: Six jours avant la fête de Pâques ^ 
il revînt à Béthanie avec Ses disciples^ 
et y passa le jour du sabbat. Son arri- 
vée dans le bourg , le bruit de son der- 
nier miracle 9 la curiosité de voir ua 
inort ressussité , les ordres donnés poun 
s'emparer de Jésus j tout portoit en foule 
le peuplé de Jérusalem à Béthanie. Jésuâ 
choisit ce moment pour faire dans la 
;irille une entrée éclatante / au milieu 
de ses apôtres et de ses disciples ^ et 
suivi 4^ ïa niultitude qui se trouvoît 
dans Je bourg. Il sWance aJm^ ^vers lea 
portes de Jérusalem , monté ^lir un âne^ 
çelon une anc^nne prophétie*^ qui an- 
Aoiiçoit aux Jùîfe la * venue tl^un ror 
^onté sur cet animal. 

Tout le peuple étoit^ dans Pattente de 
la grande révolution , après laquelle on 
^p^piroit depilis si.long-tenis 'j dans leurs 
transport^ , ilç çoupoient des . ^branches 
^'arbres et les jeïtoient àur Jtei chemin ,- 

tandis 



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PEUÏ^IidES LIBRES OSE LA FRAjfCÏ. ,t6l 

tàix^ls que d'autres étendoient Aenh har 
hits sur son passage ^ à la ' uiâniàre-^dé^ 
Orientaux , lorisqu'ils vouloieiait tendra 
à quelqu^un des ^honneurs v£2itr0.o{:di-r 
naîtrez* Tous crioient sur le ichemip ; 
kàsannÀ au ^Is dei David ^ • k^i . %f p/^ 
ceiid qui vient -au* nom du ;iS4iff^nr! 
ce qui, chez les lui&l, lépondijà: i «q$ 
cris de zriye le roi! iéBws^ ,}i^xo§\Qm^ 
roi par le peuple^ entrer dans. l4r«?HlQ)i 
s^sivaJice droit au^ temple , et usant du 
pouvoir que les Juifs venoîent ^e^^iûi 
conféir^ivy.il renverse dans le^yestî^la 
les tables, et les coinptoirs des n%âxclibali4s 
et des^^brocanteurisi; puis il lenfre^ d^ns 
lé temple même, il y prêchp pt y fait 
des^'^tràcles. Quelques prêtre3> veulent 
lui / faire i^ rendrje>^ compte de:? m.::Çpny 
duita ^ lAais les cris, dç hosatmfi au. fils 
de Daûid y Âosanna au rùi^ 4^l3;rael^ 
répétés par la multitude et même .par 
les leafans.^ étouffent lew?S;:in,terrogaT 
4ion6: et leurs repifocfeçs. •*?;., 
- Eç peuple n^ayant seôonjié: Jé^ug qu^ 
Tome III. L 



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t6st :: Histoire iobs ^asMiEES 
j)ar des xris de joie r et d^approlmtîoiijf 

il sortît^ de la villç Tçrs le soir* Le len« 
demaki il reparott dans le temple ^. et se 
dcmnant ouvertetneiit pour le messie , il 
toïme > daiïs un disccnivs pleiiQ de feu 
contre les chefs dki gmnd conseil ^contrs 
les scribes , contre les. Pharisiens^ ék les 
ddcteursi^dQ la 4^i; U les peint comme 
dëfr-è^liducteuvi perfides qui égarent 
le* peuple^, commev des hypocrites, qui 
fermettt aux hommes vie royaume des 
cieux ^ comme des aiiimaux: r^paces qui 
dérôrent^ les maisons-rdes veuves; il les 
traité • d^âteugles ^ ' d'insensés ^ de .serr 
pens , dé sépulcrif s :bianchis ,^ de races 
de vipères j et il iSnit par mcjnacer le 
peuplé' de^ ne plus Teparoître , qu'ils ne 
cYient '*ousî 'Aaira«ma& oulJUs de JD^avid! 
Céplendàilt il ' reparut le lendeâiain • Ce 
jour-là les Pharisiens. ,c* les prêtres lui 
firent dés questiohs captieuses sur* le 
gouvernement des Romains ^ et sur les 
tributs que les Juâs leur payoient ; mais 
Jésus j saàis Vexposer à étre.^xepxis ^ 



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pEiT>tBS xiBUTES DE LA France. i63 

^répondit de manière à faire sentir qu'il 
n^étoife pas ami'd^ la tyrannie.- * ^ 

Ces ^questions cônfirmoîent assez les 
desseins *de ses eniiemis , connus depuis 
longrtèms. Jésus parut découragé /il ne 
reparut point le lendemain à Jésuyalem y 
çt pas$a cette joûfAée à Béthanié., s'en- 
treteiiant avec sfes disciples, et -leur îàn^ 
iionçànt sa mort comme prochaîïïe.- De- 
puis ce. tems , il se tint caché dàM des 
lieux écarf;és et déserts j une- seule fois 
encore il alla à Jém^alem / pèiir y man- 
ger Pâgneau i pa«câl , mais secrètement ^ 
seulement le solrj et s'abstéflanf^d-âlf 
fcr\aai)t«mple* ' D" - - . ; .. /^ ^ 

Enfin Judas 9 un de ses disciples, dé- 
couvrit f pour tr^èôfe Tîenîers , au sanhé- 
<lrin^, le lieu de ôa retraite , et indiqua les^ 
moyefas de l'arrêter sans bruit. Jésus ^ 
instruit de cette trahison , s^étoit retira 
4lans un jardin écarté. Là ^ l'idée de la* 
juortet du supplice Pavoit frappé'^ âu' 
potîntyqu'il éprouvoit des angoisès sèm^ 
Ua!6lës à ^llas de lai mort^ Il se f buièit^ 

L a 



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X64 HlSTOlkE BËS PREMIERS ' I 

dans la poussière y priant Dieu d'écarter 
» de lui les horreurs du supplice y. et une 
$ueur de sang, routpit sur tout son corps. 
U fut arrêté, Ses disciples , qui avoient 
quelques armes , voulurent le. défendre j 
il s'y opposa. Conduit- devant le sanl^é- 
drîn, il fut jugé di^e: de mort ^ pour 
avoir -dît qu'il étoif le messie et le fiJs 
do Dieu.y'ft cowîpo.-coupable d'âivoi* 
excité, dçs troubles et dîës séditions. Ce 
jugei^en^. ne;;devoît 4>bînt paroltre €x- 
traordjjUaiije 4e.ia pàft^è ce tribunal f 
plusieurs' juifs -qui, ^volent soulevé fe 
peuple ^ ^ : s^ ' j^Qfôn^nt pour des mes- 
sies 9 avoient été condamnés ait dernier 
supplice^.; . :* i : , l: . ^ 
. Le sanhédrin ne poiï^ott porter une 
Seiltence de mort^ Jé^m fut r^ivoyé à 
Ponce-Pilate ^ gouverneur de la. Judée 
pour les Romains, interrogé s'il' i étoit 
le roi des Juifs, il répondit qu'il l'étoit j 
mais . non dans le sens des rôis- de- la. 
terre. Je suis; venu^ dij&^îl, pour établir 
dajîîtif ,v»9»4sL l'ismpijrô dô. Ja jl. vér&é^. 



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pBUFrSS tlBILES BE LA FrÂSTCE. l65 

quiconque suit la vérité j écoute ma voix. 
Pilate y qui étoit un Romain éclairé ^ ne 
4ùt voir dans Jésus qu'un pliilosophe 
qui VQuloit étendre sa doctrine parmi 
le peuple^ il le jugea innocent} et ayant 
appris qu'il étoît Galiléen, il le renvoya 
llU'tétrarque Hérode qui se trouvoit alors 
à Jérusalem' pour la fête de Pâques, Hé-1 
x«djBi ne yoiulut point non plus le con-, 
édimnÊT j maJis les Juifs , acéôutumés à* 
suiyceianenglén^ent.les impressions de^ 
lQttr8 pf^ètKeS')»' demandent sëF faiort à- 
grat^ . 1 cris •. ; Us. . déclarent ^ eiattiémi de^ 
Céâa]:oqttico^qué<al>,sou>t un lioQinie qiii^ 
se. dit riQi}deAjiui/k Ç'étoît souô lé règne 
4u;4ov(p^janeiiX(Xîb^re. Pilatè fut obligé 
de céder. Jésus fut condamné à moirt, et- 
il StU^t le supplice des scélérats. 

Ainsi. mourut Jésusr^ que les hommes 
xaispmiableiS de • toutes les religions ne 
pe^ven^ â'empêcher de regarder du moins 
comlae un komme d'un caractère doux ^ 
sensible çtbumain ^ennemi de toutes les^, 
espèces de tyrannies^ et sup-teut de,lfi^ 

L 3. 



1 



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t66 Histoire 3ms PiiBlwti«Bai t-T 
tyranie religieuse 9 qui est la soœrcer^^f 
toutes les autres j comme un homme 
brûlant du désir de faire le bonhenr lâé 
tous ses semblables ; comme l'uniqu^^ 
de tous les législateurs qai ait répandu 
parmi le peuple les vrais principes de 
ce bonheur. Ceux qui ne le regardant 
point comme un dieu , ne peuvent s^em-i* 
pêcher d^ voir dans les traits incontes- 
tables de sa vie et dé sa doctrine, iHt irai 
philosophe .qui vouloit opérer une ^négé^ 
nératioQ morale et religieuse , sovErce in^^ 
fai|libl#^ I d'une régénératîBn. <> polirii^iïe j 
qui se prêta aux opinions- y au i-»carac-* 
tère.de sa.niaitîônj, poûryfâire gbàt^ séë 
principes, au penple-^^etiqm j sans doiîte^ 
auroit eu une carrière. phis longue- et 
plus 'heureuse , si ses païens , ses àp^es- 
et ses disciples., tons gens ignordiict et 
grossiers ,. n'eussent abusé de ^a^ sensi- 
bilité et de sa condescendance, ^jbtiï'liii 
f^ire précipiter une révoluËLim^ qui ne 
pouvoit s^opérer que lentement, et pour 
Ifi. porter ào des acitions imprudentes^ qpi 



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dévoient nécessairement avoii: les suites» 
qu'elles. ont eues* 

* La doctrijie sublime de Jésus n^pît 
fait; qu-une foible impression st^* If^ Juifa: 
grossiers et superstitieiq:. Ua. fouW: qui 
n'attendpît qu'une réyojution politique^ 
dans l'espérance d'un sort plus h^}3^en%j 
oublia ses ^principes V lorsqu'il fu^ çiis^ 
à moxt ^ et le confondit avec ply6JLeui:s. 
imposteurs , quî^ après ^'être donnés 
pour des messies 9 ayoient fini comme 
lui par le dernier supplice. 

Les apôtres n'avoient pas de* idée» 
beaucoup plus justes ; ils abandonnèrent 
Jésus dès qu'il fut arrêté ^ ils se tenoient 
cacbés' après sa mort ; tout sembloit in* 
diquer la dispersion et l'anéanti^ement 
total de ce nouveau parti^ qui^p^Adant 
trois ans, avoit mi^ tout? la Palestine 
en fermentation, et causé les plus vive» 
inquiétudes aux tyraiia téUgieux.de cette 
malbeureuse contrée. 
- * Cependant les apôtresc rassem|44$:p^.K 
la crainte dans d«â..eQdroit$ écartés. ,g 

L4 



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ï68 ;Hjf8T0lïL2 U1ES PREMIERS 

reprirent bientôt courage ^ lorsqu^iïs 
virent que l'on ne. faisoit aucune i«- 
cherdliè ^^ntre eux- Accoutumés depuis 
trois ans aux agrémens et à la considé- 
ratron de la carrière apostolique , ayant 
•petàu Phabitiide du travail, n'ayant plus 
ni leurs habitations , ni les^ outils de 
Jeurs antiennes professions , exposés à la 
dérision et au mépris des habitans de 
leurs bourgs et de leur province, aux 
yeiii' desquels ils ayoient manifesté avec 
tant d'éclat leurs magnifiques et vaines 
éÉpéTances ; tout les poussoit à conti- 
nuer >, à quelque prix que ce fût ^ le 
nouveau genre de vie qu'ils avoient. 
embrassé. Instruits par l'expérience , ils 
durent sentir combien il étoit dangereux 
de sc>ulever le peuple contre les prêtreis; 
combien il étoit difficile encore de s'as- 
seoir sur les trônes des douze tribus 
dlsi^ék Mais il étoit permis et conformé 
à l'esprit du judaïsme y d'enseigner toute 
âôctrîée qui n^attaquoit pas directe- 
ment kf culte extérieur ^ il étoit permis 



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lie faire des prosélytes , même parmi ^les 
3Payeius 5 et en îse bornajat^ à Filistructicar y 
les apôtres pôuvoient eapérer la liberté 
dont jouissoient toutes les autres sectes 
judaïques. ♦ : - . ^ : 

'Quelques juifâcroyoieiit^e^^Ie megs^iaf 
après avoir paru pauvre et souffrant ^ur, 
la tarre, y reviendroitensi^îte porté sur 
les nuées , pour commencer jin règne 
dei* mille ans; règne heureuk qui feroîtf 
la bonheur de' tous les kommes *, tel Cpur 
lerrègnie da:Satarne etilîâ^ d'or 9 ddnt 
le.s Pityeaa..attfinjdoien t; le jceioux* Gatta 
opinion , jirée de ,1a philosophie des pjeu- 
pJies aij.eîens^ dpnt la jâug^rt arpyqient 
à:une révolution 4e CQttftrfi&pèce , aypil; 
été adoptée par les Im£|> et • tappliquée 
par quelques cabaiîstear^àr l'idée qu'ils* 
avoient du messie (1). - - 



(1) Y. Pli^iar. de dèfect pracuh p. ^\5 
et de Pladt.. philosopha 1. 'Iv^i. 3.. Senec. 
in consoU ad Marc^ c. ^s^i .Comparez aved 
Athenagor. ofat pro .Christian^: p. ii^^v ^ ' 



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lues apôtres saisirent cette opinion^ 
qui pouvoit téunir toutes les croyances 
différentes ^surJa venue idn messie, «t 
au l>out de quarante jours, ils .repa<« 
rurent en public y annonçant la résur«> 
xection: de Jisus , préciiaiït la venue 
prochaine de son règne, et représexH 
l»nt sal nioi:it. cônrme une partie de sa 
mission (iz).: Alors une grande mul*. 
tâtude de ^jui6; étoit assemblée à Je-» 
tusAlém^. poup^ièélébrer la fête de la 
Penfceçôte^ J^sieurs écoutèrent cette 



1. 



" (|i) Selon les ëvariéelistes, j.-c'. avoît prédîtlui- 
même qiPil févîèhdroît bientôt pbnr jiiger'les 
Vîvkïte et^le^imoi^^y'^tqae Ja génération ne 
j^àsseroit point mièirtette- prédiction ne fût ac-» 
çôçi^lie. ,; Quelques savans qui ne croient pas 
que les évangélîstes aient été inspirés, pensent 
qu'ayant écrit long - tems après la mort de 
Ji^s," ils ont acrommodés leurs récits k ià 
doctrine des .apôtres ', et lui ont fait, dire des 
choses qui pouvpîent appuyer et confirme!; 
les opinions régnantes parmi le^ Chrétiens* 
Les apôtres dans leurs épîtres parlent de fa| 



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PeUPLBS X.XBES8 BS rX FnAlTCE. Ifl 

doctrine '9 dont les promesses ëtoientf 
si séduisantes pour le cœur humain ^ 
in cpusolantes pour des malheureux op^* 
prîmes , si flatteuses pour la vanité des 
Jîiî^ , les pTus' crédule de tous les 
lionîmes 9 et qui comptolétii toujours 
surhh domination universelle dont les 
àvoîeTit' bercés quelques -uns de* leurs; 
prophètes. Lé sanhédrin j dont le pou*^ 
voir étoit l^it^, 5^ IJ©. pouvoit sévir qud 
foiblement cpjij^tre, les prpgi^ès de cetto> 
doctrine j et^le .goui^serniemèitt romain , 
qui ne vfojroit ,dàns. les r -opinions rélî-^ 



11^ 



fin du inonde , et e:^orteiit les Chrétiens à 
^ se prëparer à cçtte, grande révolution, Selon. 
Eusèbe, Papias évêque d^Hiérapo^is , av.oit 
appris de la bouche des apôtre^ et des^ 
anciens , que Jésus , après la résurrection des. 
morts étaBlirôit svf la terre uï\ rpyaume tenir ^ 
porel qui dureroît mille ans. v oy. Euseb. 
'{Jiht'. ecclés. L.JirrC; JJp* P* "^0 Justin 
mei.rxyviDMlogiiQU/n, TrypAanei^^ 38 et sniv.)' 
et Irénée (Jdi^er^. Havres.* L Yi^c^ôB et suîv.) / 
pençoiiwftt de xtiêpe^ . . 



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gieuses que leur rapJ)ort avee la pdlî-^ 
tique 9 devoit la regarder coniure un« 
suite de jrêYexies sans couséquence (i)* 



^ (i) U n'était poij^ étoimfmp e^ue plusieurs 
j^ifs. crussent; «çncore^ |g^.4^vwit6 (le la:nûs« 
sjlon de , Jës^^s., i^^pi qu'jl eût été sujet :aiïx 
huiDÎiiations^.aux soufijrànces et ^ ^ uXQrt^ 
Le messie étoit peint si 3îyipr§ënient. dans les 
livrés jiTïfs, qu'on potiVdît^se îé figurer' tel 
^u'orf le '^ésît'c&t', et troùveî'<ïés *tràîts relatifs 
à tôus^i^s ëTèiiemetîs'de'ila^Vîrf'de' <:6ti± qui 
se donpoient f|wuratelsaiLy a» dans Fancîea 
testament plusieurs pas sage s qui représentent 
le mèssîe, vivant dan^ rhumiliation et les 
souffrances, 1et* devant être mis à mort. Les 
plus anciens docteurs juifs le représentent 
itussî consumé par les souffrances et réduit à 
Ik miàère \JaI'kutA.iSc/iun. surleps. XXJI. 8.), 
devant être prisonnier et. xin objet de raillerie 
et de dédain (/^zV.) * * 

Le Thahnud dit expressément -que le nsessîe 
seroit misà^mortj et le livre de Sohar , 
qu'il mourra 9 maïs qu'il ne reîJtera pas long- 
tems dans Tétat de mort et* qu'il ressuscitera».. 



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Jésus avôît établi une école de phî- 
lasophîe , les apôtres fondèrent une so-' 
cîétéj dans 4a suite seulement, Péglîse 



{Thalmud. succa c. 5. Sohat. liumer. fol, %i^ 

Ainsi le forideméht de tous les conte? que 
purent faire les' apÔtres sur la mort et la ré-* 
aurrection de^ Jeur -maître , se trouVoît àaxx^ 
les livres desJulftr^^et leur imagtoatidn âr^^ 
4ente devoît lui appliquer tout ce qui, dàn^» 
ces livres, pou volt être conforme à leur situa- 
tion ^^ et à faire naître en, eux de nouvelles, 
espérances. Jl n'est pas étonnant d'après cela, 
que quelques femmes dé la suite uè Jésus se 
soient imaginées lé voir sortir du tombeau 
aii lever de 4'a^rope j il n'est pas - étonn^ant? 
que' les apôtreiS- les en aient cru^ sur leur pà-^ 
Xole ; il n'est pa§ étonnant qu^ léç ^vangélî^Jt^^, 
^ient brodé, long-tems apxès , l'histoire de çetta. 
prétendue résurrection , et y aient ajouté. 
des circonstÊinces propres à la confirmer. 
Maid les contradictions évidentes que l'on 
troiive dans leurs récits, suffisent pour faire' 
QOA^Ître la' fraudêv •; ^^ '-^' " 



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1^4 ^ HiôTÇIEB !DES rHEMZSRS 

fut établie. Les amî6 et les disciples dé 
Jésus j rassemblés par les soins des 
apôtres 9 ranimés par les témoignagesi 
de sa résurrection , échauffés par les 
espérances procbaines qu'on faisoit Irîl- 
Jter à leurs yeux ^ fie réunirent de coèut 
et d'esprit ^ sans se séparer des Juifs y 
dont ils fréquentpient les assemblées 
religieuses , dont ils observoient toutei^ 
^sis cérémonies. Toute la différence con*» 
sistoit en ce qu'ils étoient baptisés f 
qu'ils ne règardolent jpàs les cérémo^^ 
nies religieuses comme une chos.e es- 
Mntielle au salut y mais seulement la 
pureté du coeur et l'adoration d'un seul 
Pieu . en ^eéprit et en vérité j qu'ils 
croyoient que Jésus mort et riessuscité 
étoît le Téritable messie ^ et qu'ils s'as* 
sembloient dans une maison particulière 
pour prier en commun ^ et faire des 
repas d'amour et de charité. 

Ainsi se forma à Jérusalem la pre« 
mière société- chrétienne. Attachée à 
l'observation des cérémogaieç.jjjid^ques^ 



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FEItPI.ES LIBRES »E lâA FrANCE; 1^5 

elle sembloît lactins une. religion, nou^ 
velle , qu'une réforme de Panciênne^^ 
Cette réforme avoit été faitél par celui 
qu'on faisoit ^passer pour le- véritable 
messie j el* c'étoit une opinion générale ^ 
que le messie réformeroit et purifieroit 
la religion (i).,La doctrine des apôtres 
«embloit tendre à. réunir les différentea 
cectes qui causoient depuis /'si lon^-* 
tems des divisiojss et des haines parmà 
'hi docteurs 9 l'incertitude; et le scandale 
parmi le peuple; elle ofProitun. juste 
,fiitlieu entre la sévérité des Esséniens 
^t le joug superstitieux: :des;Fliarisiens^ 
elle adoucissoit l'inégalité naturelle: et 
éocîàle qui choque le grand nombre^ 
et représentôit le père de la pâture ait 
fnànt; égalemeât tous les : hpmm^^ i et 
|>référant même les pauvres et les foibles 
iiui^ riches et aux puissans. £Ue détrm^ 
•oit 'foutes ies vaines teireurs que des 
superstitions minutieuses portoient fré^^ 

r (i) V.Sohar.rehadasch; fci. 42s^i» : 



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qùemmeiit! dans les âmes ^ elle ofïrôît 

comme accomplie j la missiooi du mesi^ 

sie 9 qui &d3oit depuis si long«*tems^ 

et sur * tout alors ^ l'objet dés désirs 

ardens de tous les Juifs; elle annou-' 

çoit comme procliaiiie cette félicité de 

l'âge d'or y objet des .peintures sédui* 

santés des projphètes et des poètes ; 

douce rêverie qui attire tous les cœurs 

sensibles^ à laquelle les opinions régnantes 

avoient accoutumé lefs esprite^ vers la« 

quelle le malheur des tems pouasoin 

vivement tous les désirs. Le passage 

du judaïsme au christianisme n'étoit^ 

donc qu'âme pente douce et insensible» 

lie juif qui recevoit le baptême n'étoit 

pas obligé de déchirer tout d'un coup 

les liens que l'éducation, avoit formée 

dans son ame ^ que l'habitude y arait 

fortifiés; il se trouvoit dans la nouvelle 

religion 9 sans éprx)uver l'inquiétude d'étxe 

séparé dé. l'ancienne. 

Far ces causes^ et par la morale su« 
blime des t^hrëtiens ^ qui mettoient en 

commun 



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- . p£t?tt5S LIBRES 1>E LA FràTTCE. I77 ^ 

comniun leurs bietis et leurs maux ^ leurs 
plaisirs et leurs peînes , la société chré- 
tienne de Jérusalem fit des progrès assez . 
rapides. Les autres sectes juives , jalouses 
de son accroissement ^ sentirent qu'elles 
étoient menacées d'une ruine commune^ 
6e réunirent pour persécuter et détruire 
une secte nouvelle^ qui tendoit à les 
renverser toutes. Un chrétien fut lapidé 
tumultuairement et sans forme j cette 
persécution servit à étendre lés progrès 
du christianisme. Plusieurs chrétiens sau- 
vés de Jérusalem se répandirent dans 
les villes et les bourgs de la Judée et 
de la Samarie ^ et rassemblant les an- 
ciens partisans de Jésus , ils formèrent 
des sociétés sur le modèle de celle de 
Jérusalem. D'autres se retirèi^ent en 
Phénicie , en Chypre et en Syrie, et 
peut-être en Egypte j où trouvant de. 
la protection contre les persécutions des 
Juifs, ils purent plus facilement encore 
étiablir des sociétés qui , par leur obscu-' 
rite , échappoient à Fœil du gouverne- 
TmiQ III. M 



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1 



178 Histoire des prehiehs 
ment ^ ou ne paroissoient pas as^ez nom- 
l)reuses pour mériter quelqu'attentîon. 
Les iifipmiers apâtres ëtoient des 
^ hommes simplet et grossiers 9 sans éru- 
dition et èan$ ^^liilosopliie, M^îs ^<^^^ 
ans après' la* mor( de Jésus ^ un homme 
s'étoit joint a\ix Chrétiens ^ instruit 
dans les sciences et la philosophie ^ et 
qui donna une nouvelle forme à leur 
doctrine. C'étoît Paul ^ juif grec ^ né 
dans la ville de T^rà^ ^n Cilicîe , îns* 
truit à Jérusalem dans l'école des Phari- 
siens y homme d'un esprit vif et ardent, 
qui j après avoir persécuté les Chrétienaf 
avec acharnement 9 se passionna pour 
leur doctrine lorsqu'il l'eût embrassée , 
ia prêcha aux Payens , et frappa le pre- 
mier coup de séparation entre le chris- 
tianisme et la s3Fnagogue. Par $ea sçins , 
le christianisme ae répandit dai>« TAra- 
bie et dans l'Asie mipeure , d'où il passa 
bientôt dfi^ns la Thrace , dans la JVlacér 
daine , dans la Grèce et la plupart de 
fies tles> e% §nQxk jusquesdan^ l'Italie. 



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pETT^ÏESÏfBlt'Ed DE LA FA'Al&bE/ %^^ 

Vm multitude àfe causes facilitôknt 
ces progrès : P^|>ât dé la^ liberté' que 
le clttîitî&iiîshie' ôffroît à ces p6?uî)IeS ^ 
^tii, après Pavôîr îèolâtrée , véhoient de 
ia perdre j la vaste étendue de l'empire 
et la communication facile de toutes ses 
parties ; la tolérance religieuse du gou- 
vernement Romain ^ sur-tout dans les 
"^provindes j les privilèges accordés dans 
tout l'empire âôx Juifs , dont les Chré- 
tiens n'étoient pas encore distingués j 
Pétat même des' Sociétés chrétiennes qui, 
n'ayant ni tcmii^lès, ni àtatues, ilî sanci^ 
tuaires, ni sacrifices^ rëssèriibloient plus 
à une secte philosophique, qu^à liiie 
religion nouvelle ; Punion vertueuse ^ 
Pég^Mté j^arMte , et la .tendre charité 
des Chrétiens ^ qui ofFroîenr le st^ulage-^ 
ment aux infortunés , la hôuri-ifûré aux 
T^tiViés iet aux orphéliçs jd^' * soins et 
âès secours aux malades , une sépulture 
honora)>le ^ et tin ïendre sotiveiiit a;ux 
liommes* les plus '' paùVres ^ la côtisola- 
tibh aux opprifliés j-auiX' liehès le^ doux 

M 2. 



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l8o .HiSTOIRK DES, JPUBMIEES 

plaisirs de la , çonsidé^ç^tion et de la 
bienfa^ancp^.à ^es:t^€eu^9 trpûblés par 
les ImmiUajiiolis ; :^[nue .. .scfryitude ré* 
cente ^ le .. retour de fcetté estime dm 
soi-même :,, de cette>: noble confiance .qup 
procurent à Phoitipiff son union avec 
ses sembla]bles, la conscience de lisi li*. 
bertë et de: le justlice. . - 

La doctrine de Jéms fut une docftrine 
de liberté ^t d^jnour , destinée à Retire 
la. vertu au-de6sus de tput^. et à la faire 
aimer par une délicieuse e:3&périence , h 
. y conduire par les- voies de la persuasion 
et de. la douceur. Le p^.tit nombre .de 
dogmes qu'elle avoit empruntés des. an* 
çiennes doctrines^ tendcâent tous vers 
ce. butj tous étoient dirigés vsfs.ia. prà-r * 
tique 9 ,touS sç rapportpiç^nt à l'amour da 
Dieu et de tous les homïues ^ à l'ester- 
cice de tou^s les vertus. Les op|iiii«9S~ 
ou les . cérémonies qui rn'gi,ypient â^Qim 
rapport ifr la. morale 9 , étoient ïegardi^ 
comwfi ^iniitiles et ijftd\^reiites.-/-u: .l!; 

.. Les ^remiéares . . sociétés c|iiçétieipi|9 

/ 



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tonseirèrent ptMidaittqiieJ^ués teins éet 
esj'rit de douceiir et ^e liberté. Tout ce 
qu*6ia exîgëoif'dfes Juifs ," c^ést 'qu^ls 
«ubs'^ittrassent *Ka^' ^^uli ^iëu 'tioii et 
pêté dé' tous' tes^ iô^mësVàf'celfe d^uii 
dîèu viiidîèàttf et jalôûx j qù^'ïïs^ i*èctW- 
liussetit le ïBfëssié'dans la pêîriomié iîi 
J'él^tié , et quW Wbhi^ssasâétoï lâ> litefttflb 
qù'îr âV6ît ^téeliée.- Tout ce qU'on exî- 
geoît defs Païens , b'èst qii'îls crussciit 
€În*un seuï IHett , et qu'As suivissent 
comme' une mètalè céleste , la morale 
de Jésus / si càïiforme à la toO]^ale dës 
Stoïciens, célèbre et respectée danis î« 
imondé depuis bien Ibiig-tfetos y -et '&ti^ • 
tcfut au polirent -dé Fétablissemeiit; dtï 
chtisrtîàilfeme. Maïs oh laîsàoit aèx?ïtilf» 
ta KSferté d^ôbservef tdûlfes^les cé^réftiènifes 
dè^ Faiicifeniie loî j et ori n'ôblîgebit pas 
les^Pàyehs à*s?y «oûinettrev - '" 

Ces cérémonies setôîent tombées' d^ellés* 
mêmeâ * pàntiî ' les Chrétiens j si elt^ 
fusâerit restées datis-le teriiple ) dans -te* 
synagogues et détfi35 rintériéur4es-liafbi* 

M 5 



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tatlons .domestiques. . MalheureusexDêil^ 

elles pirssèreiit ;dâBs. les, asai^mblées deà 

Çljir ';tien5,^ et las préjugés de Péduc^tîon 

et de l?habitud^^ si difficiles, à déraciner)^ 

|e9 p^lâ^rent ^ie^itdt ays^ dogmes purs 

dr'^fne religion sainte , qi|i tendoij; 4. 1^^ 

tejetj^T.;^î^eSr livres- que; les Juifâ^ regar- 

doient cqu^nte diyinp,^ furpïit eppoçejfc^ 

gardés çoimno tels parles Chfétiffii^; ils 

ft4Q^Î^»t,"Piême ceu^, des diflf^' rentes 

seictes 9, dont les mjsinbiires se joigrioienf 

è : ei|x } . )ine multitude ^ | d^obseryance^ 

99j9ea^$tltiéase$ furent .conservées.^ ^ en: 

«i^ign^^ 3^ et mêii^e regardées coince 

xï^oes^^irQs au sal^t. De;làî de4 .disputes 

fréqjieRf e^ , lorsque les . Payêns. f ur^t 

«dmâs^/danfS les sociétés ^chrétiençes,.. •itje^ 

Juifs ^ chiiétiens, voulurent 1^^. obli^gi^ «à 

l'«4>s«ï^t<>». de la Ip^/mqff^ïqflç. Olï 

eut recours aux apôtres j ils décld^i^nt ^ 

et leurs décisions salutair^^^, i:eg^44^^ 
pair de$ hommes simples commi^.VfXgjcesr 
sicln de Pespiit saint , |eta: |e prexnier 
fondement d^ la tyrannie sacerd^otale^ 



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1 



Peuples libres de la Fràkce. i83 
qne l'esprit du judaïsme communiqua 
bientôt aux sociétés clirétieiines. 

Paul qui le premier aToît apporté clies^ 
les Chrétiens Pesprit discuteur de la phi- 
losophie grecque ^ Pappliqua à la doctrine 
de Jésus; il écrivit aux communautés 
chrétiennes des épitres pleine» de rai« 
^onnemens subtils ; ces épîtres furent lued 
régulièrement dans les assemblées; et les 
Chrétiens qui, selon les intentions de 
leur législateur, delFoient ne 8€»!iger qu'à 
bien vivre , s'accoutumèrent insensible^ 
ment à raisonner sûr des matières inin»^ 
telligibles et étràngèl'ès àU3( principes 
6imples et évidens qui dévoient les^ réu^ 
nir à famaisl , 

Des usages judaïques introduits dans 
les assemblées , des troubles causés par 
les disputée auxquelles ils ddànèrent lieu^ 
et de la malheureuse habitildè^ de« djéci>^ 
siohs arbitraires ou scientifîquei, dans des 
contestations qui dètôieni; dispàrolfire de*^ 
Tant là charité , naquirent , dans les so-^ 
ciétés^hx^tie^nes , des formés de gouver- 

M4 



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ï84 . Histoire des prjemiem 

nement 9 «calquées sur celles djos syita*^ 
gogues ^ et modifiées par les goûts^t Jsès 
opinions des peuples 9 que les apôtrôs 
étoient obligés de ménager pour Fîntérêt 
de leur doctrine. Les apôtres^ que l'on 
crôyoit plus partîculièremeiit remplis' de 
l'efitprit saint 9 que le commuin des Chré^ 
tiens. , établirent j poui; rin;St;nactioA de 
quelques communautés chrétiennes ^ des 
anciens .ou prêtres ^ auxquels ils prétcjç- 
doient conférer les lumières particulières 
dont on les^ supposoit éclairés 5 fit dans 
d'autres, un conducteur ^ ou évêque, 
. chargé de ^l'ijispectio» et de Fécqiiomie 

dlj5 la 4Qmétév ... ? . , .-: r- ?: 

Ce gouyemement qui dégénéra dans 
la suite dans le despotisme le pl^s lior-* 
rible. et 1§ plus bizarre qu'on ait JLamaîs 
vu sur. iaC terre, pa^^oiçspit alors sou? les 
formes les plus justes et les pluç^ îrespec* 
tables. CBaque société chrétienne , et^ur* 
-tout celles de la Grèce et de l' A^^^ B?iûi6jire, 
^toit ime véritable démocratie , où l'as^ 
semblée générale faisoit. les Ipis^ déçir 



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iâoit 1^ quëstbpiis les plus importantes ^ 
élisoit Péyjèque et les anciexist j et dani» 
«elles mêmes qui sembloient pencher lé 
plu$^:Vera le gouvernement monarchique^' 
Té^èque, dëpendoit.en q^elquç feiçon àé, 
celste assemblée , ©t étoit , obligé do lui 
^endi^ des icoiQpt;^s. r 

Ces ^re|nières.'S€K^îétës:r;ishi^tienâes^:^ 
.indépendantes les. unes' des SlUëfos, diffé^ 
tëiktes les Qaep4&s f^tïÇrep^p^r Ips dqgme§ 
j^t lés usages 9 , consul toi^nti quelquefois 
les apôtres sur les contestations nqui s'élet 
«fôiententVeellesj mais n^^ntcpa^feryoî^^nt 
pas^ moins: Pesprit de liberté [qui avoit 
pré^idé^ leur institution-: Confondais a\reç 
les Juifs ^9 les Chrétiens par^gèrantr'pejp^ 
4ai)t qu^elq^ies temples suites de l'opinipl^ 
que, l'on avoit de ees dernig^j/ils furen| 
Irâiiquillesr îjOrfique les ;^^^rle^ furentf- 
p^rféçutéff lorsqu'ils furen^^ , persécutés ^ 
je^ ; j(j[uelquefQ^ ?^Sisi les j JfiiÊN 'W trour 
y»i^ilX enveloppés ïdan*^^.^s^,»]^aiij^ 
Je!s^'i[GjM^éUen^> ^uï^: étaient dd première 



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lS6 HlSTOlUB DES I^UBMIKTIS 

Claude , favorable au|||f uifs , en mon'» 
tant sur le tréne des tyrans , leur confirma 
des pritilègèg âont Tibère les avoît pri» 
▼es en les chaisant de Rome. Bientôt 
après il mit dé nouvelles entra vesr à 
cette nation tiH^iiléât« '^ennemie det 
dieux et d'un gouvernement étranger , 
implacable par lies maux de toute espèce 
qu'elle âtiàie soufferte. Accusés de faire 
des pJrosélytesiet d^insptrer antant qu'ils 
pouvaient du mépris j^dlir ïâ religion et 
les' dieùi' dè-Pémpire j on leur ôta la 
liberté de tenir déij assemblées réii* 
gîeuses , Hbéïté qta^iié ^i'àvfeient reçUe^ 
qu'à des conditions qu'on leur repro- 
choït d'aw>ir -toiliptieà. l*s Chrétiens 
qui, sur-tout hors de la Palestine, ne 
né regardéiènt plus tourne des juifi^ y 
dévoient patoître bien plus c^oupableâ 
encore à un ^ gouvernement inquiet 'et ^ 
atroce. Ferédàdés que lés défenseis fàî«* 
aux Juifs' hedévbienftpoiât les regardé*'^ 
ils continuèrent leurs âs^emblééè Téli^ 
gieuses qu'ils avoienH commencées à 



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Peuples tîBBfcE^î^*' LA FtiÀNCE. 187 
^Pombte des • privilèges de c^s derniers. 
Fltfs àrdens que les Juifs à faire des 
prosélytes, plus heureux dans leurs 
pî'Ogi^ès^ à cause de la simplicité et de 
là'piireté de leui* doctriilèf â cause des 
avantages de toute espèce t[U*éffi:;oit leur 
80^i4«é îlpltis- aéha^ës coiittê la tyram 
nie à proportion de leuf accroissement, 
plus intrépIdes^ et plus opiUiàtfei ^ue leè 
Juîfk^ par ie.lHé^ris du mftnde et de là 
vie que leur inspiroit la véÀiife ptocEaine 
é^tin règne brittàïit, où îl« seroîeiit re- 
vêtus de félicité et de ^lèiië ^ ils Wa- 
Voîelit Sans cesSe-les ordi*es^tbîtfaire* 
que* Ton décorolt'dtt>i!iom dei lois, tra* 
vaillbient âVec Wdëttf à Wittg^^tcms léfi 
liens civils (1) et religieux j^ui attachoienÇ 

' " '^ K ' ...y . ■ i !■ y .. I .1 y i ■■ > ! i<' l » iL I ■ ■ , ..>,. MM - 

.->»./.- I , ' j J 1. . - , , . » V. i . >> i. : • • ■ • - ~ • 

fc . * * 

-^i)-Pa^iiiiîéfil^?é^4^d Chté"rtéhs, îë* évêqué« 
et les prêtres étdièâties arbitre* ^tetf^îfférèïklâlj 
et St.^Paul Itii-Àéiâé hè Vo^îmt pa^^âvèè {^itô- 
mr que ieé disputes et le». cesitmjCatîlmââes 
frères ftiâsent porlél^s deya»tJlc«N^^uDai»x ^t 
vils. Dans les sociétés chféJ»«kl^M(dQ^t i§ 



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i88 Histoire des prïmiers 
les esclaves romains à leurs horribles^ 
piaîtres , ^ t ^^voien t au milieu de rétatune 
jtiouvelje $<^iciét|é politique ^doiit le ççtover* 
Bfiment et les. lois dé toute, espèce teur 
Soient à^ isoles?' un jour Je tyran. Cette 
conduite 4^s Chrétiens^ fo/^te à la ,!»«#?© 
que Pon poitoit aux Juifs.en gën^étal > 
les fit çJïa^sseF: de Romep^r reropereuï' 
Clause j et fies Juifs , don* ùfi, Içs proypit 
une. ^§Gte;,. furent enyelop^s 4^$ eeit^ 
jprosgrÂpft^o^Xi). ^ : .:: f 

' . Squs ifeyéprable Nérqft,^Ia rage des 
Juifs ^rédu^t^jau désespoir :pai: la £4t07 

, ^çité du'gpuveroen^e^itet l'iiUifépide fytr 
:naetë des Ç3;iiîéjèç|i§:,;au ççdliè^ 

|)4rt 4V>piBJlpQS fières let hardies dortt.il? 

... • . • f 

gOTcveijiemeiit approchoit "îeirttts delà déùïCh 
fivatie. pwie.> .t^)f»?? î^ cpft»w?ai;rté avoitrpart 



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Peuples libres de la Fean-ce* 185* 

3^étoîentenvîi*onnés, donnèrent occasîoit 

ftu tyran de rejeter sur ces derniers un 

crime atrùee^ qui ne pouvoît sortir quô^' 

de son repaire ^ et que l'horreur publique: 

lui àurôit imputé 9 quand mèr^e on eût 

connu dans Rome d'autres- monstres ca^ 

pables dé le concevoir et de l'exécuter* 

Le, feu prit en même-tems dans plu-^ 

6Îeurs quartiers de:. la ville; des gens; 

apostés menacent ceux qui ^^ulent'Far- 

rêter.ou l'éteindre j d'autres lancent pu-^ 

blîquement* des torches enflammées sur 

les édifices où il n'a point pris encore; 

Des multitudes d'hommes y de vieillard^ ^ 

d'enfans périssent dans les flammes^ 

Rontia n'est plus qu'un amas de ruines 

et de cendres. L'incendie dura six jours 

et sept nuits., et pendant ce tems , le 

monstre j placé sur la tour de Mécène, 

se délectoît à la vue de de spectacle^ 

et chantoit, en habit de théâtre ^ un 

poëme sur l'embrasement de Troye; 

Excès de démence que l'on ne pourroit 

concevoir que. dans les maisojos où l'on 



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190 . HiSTbillS P£8 PRSMIER8 

renferme ieB frénétiques , si la stupidité 
humaine n'aToit laissé dans l€s palais 
un libre cours à toutes les espèces dfli 
frénésies. 

Néron j accusé par la haine puhliqtie*^ 
rejeta le crime sur les Chrétiens | odieux 
au» prêtres des Payens 9 dont ils ébran- 
loient la puissance et temissoient la 
considération; odieux à cette muUitude 
d'artistes f de marchands ^ d'ouvriers et 
d'i^utres gens de toute espèce qui vi^ 
Voient du culte des idoles et du service 
diies temples ; aussi propres à détourner 
les soupçons ^ qu'à fournir un nouvel 
aliment à sa rage. Les Chrétiens i^renfl 
recherchés^ et pluaeurs périrent dans 
des supplices afEreux, tels ^^e pouvpit 
les inventer un Néron (i). 

Alors les Chrétiens furent persécutés 
comme chréfiens. Les Juifs qui ne vou* 
loient partager avec eux:ni la vengeance 
des crimes qu'on le^r imputoit y ni leurs 

,(i) V. Taâx, axm. lib. XY. c. 44. - 



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Peuplibs libres de e a Fr aiïcb. 191 
anciens privilèges quMls espéroient re- 
couvrer j avoient contribué à les faire 
di^||guer par les Fay^ens j qui ne 
voyoïent plus en eux que des troupes 
de séditieux j rassemblés de toutes 
portes de nations ^ constitués eh société 
sans l'aveu du gouvernement ^ formant 
des assemblées défendue^ par les lois ^ 
et composées en grande partie de gens 
du peuple 9 dont l'union pouvoit'être 
dangereuse ^ et de plusieurs gens riches 
qui pouvoîent les employer à leurs 
desseins (1). 

Cette persécution^ qui dura quatre 
ans 9 ne s'étendit que sur les Chrétiens 

(1) Dès qtre les Chrétiens ne furent plus 
considérés comme faisant partie de la nation 
juive , on dut* les regarder comme les aatenrrf 
d'une superstition nouvelle j et leurs assem- 
blées dénuées de la protection des privilèges 
de la nation julve^ durent pai-oître dignes 
de radnimad version et de la sévérité des lois; 
JLres- Ilomaitûs avoient bien de rindulgence 
poiir le culte des divinités qui n'é toit, pas 



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ipa HrsToïKE bes premiers 

les plus distingués ^ et sur-tout sur ceux 
qiii passaient pour leschefe et lesdoc* 
tebrs de la secte (i). Il paroit trègkro* 
bable qu'elle . ne s'étendit point oans 
les provinces , et que les Chrétiens ef- 
frayés s'y réfugièrent 9 pour y jouir de 
la tolérance religieuse qu'un usage po*- 
litique y laissait encore } ce qui au lieu 
d'afifoiblir le christianisme j contribua 
à le répandre de plus en plus* dans les 
lieux où il pouvait croître avec le plus 
de sûreté. 

Depuis Néron jusqu'à Domîtien , les 
Chrétiens * asse2 tranquilles ^ purent 

directement contraire à leur religion , mais 
non pour de - petites sociétés particulières et 
mêlées. Les anciennes lois de la république 
défendoient toutes les assemblées secrètes et 
nocturnes 9 et les mono-tyrans avoient bien 
plus de mptifs encore pour défendre, ces as-* 
semblées qù pouvoit se former la foudre 
qu'ils redoutoient. 

(i) Mosheini institut, hist. Chriété maj. 
jp. 1^3. 

travailler 



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PbiTPIiES Ï.ÏBRES DE LA FrANCE» ipS 

travailler sans beaucoup d'obstacles aux 
progrès de leur doctrine et à PafTer- 
mîssement de leur constitution. La ter- 
rible guerre des Juifs , qui , commencée 
sous Néron y finit sous Vespasien ^ par 
la destruction dé la Arille et du temple 
de Jérusalem , et la diispersion totale de 
ce peuple malheureux ^ procura aux so- 
ciétés chrétiennes une augmentation con- 
sidérable de frères ^ et occasionna le 
rapprochement des chrétiens-^juifs et des 
chrétiens-payens désunis et divisés jus- 
qu'alors par des opinions différentes et 
des querelles continuelles. 

Le temple étant renversé et réduit en 
cendres^ les sacrifices et les autres cé- 
rémonies du culte ayant cessé tout d^un 
coup î la nation ayant perdu ce point 
sacré de réunion j qui faisoit sa con- 
solation et no^rrissoit ses espérances, 
un grand nombre de juifs embrassèrent 
le christianisme^ et plusieurs de ceux 
d'entre les Chrétiens ^ qui avoient regardé 
la loi mosaïquia comme jétemellement 

Tome IIL N 



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194 Histoire des premiers 
obligatoire , crurent voir dans ce dé- 
sastre un signe de la volonté de Dieu 
et un ordre du ciel, pour l'abolition 
de cette loi j et par là ils se rappro- 
cbèrent du parti contraire. 

Ici l'on commence à appercevoir les 
traces d'une nouvelle constitution dans 
les sociétés chrétiennes , et le germe de 
ce qu'on nomma depuis l'église catho* 
lique. Les sociétés chrétiennes j jus- 
qu'alors séparées les unes des autres , 
n'ayant d'autres liens que le nom com- 
mun de frères j d'autres rapports que 
quelques conseils demandés par quel- 
4jues-uns aux apôtres , ou quelques dé- 
cisions aux communautés chrétiennes 
qu'ils avoient établies , commencent à 
s'unir les unes les autres , pour ne plus 
formej 'qu'un seul corps , dont chaque 
société particulière devient une partie* 
Le rapprochement des opinions y les 
correspondances de quelques commu- 
nautés et les voyages de plusieurs frères y 
facilitèrent cette opération ; le besoin 



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Peuples LIBRES de la France. ipS 
de suppléer à la présence des apôtres 
et à la communauté de Jérusalem , que 
les communautés de la Palestine avoient 
coutume de consulter, et peut-être , plus 
que tout cela , le sentiment des nou- 
velles forces qui nàitroient de cette 
union , la firent regarder comme' utile 
et nécessaire. Les Sociétés chrétiennes 
de Rome , d'Antioche* et d'Alexandrie 
commencèrent à former ces liens. Il 
^toit naturel que la première , qui étoit 
la plus importante, et par sa position 
dans la capitale de Pempire, et par lés 
intérêts et le but des Chrétiens , devînt 
insensiblement le point de réunion de 
tous» les Chrétiens , comme Jérusalem 
Pavoit été dé tous les Juifs. 

Soûs la fin du règne de Domitien ; 
des troubles scandaleux , «uscités dans 
la société chrétienne de Corinthe, une 
des plus démocratiques de toutes , par 
les prêtrèa qui vduloient absolument 
établir un évêque , contre le vœu des 
membres delà communauté, et par cet 



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ap6 Histoire des premiers 
évêque^qui s'obstinoît à conserver son 
siège malgré ce vœu, nous offrent le 
premier exemple d^une société chré- 
tienne qui s'adresse à celle de Rome 
pour demander des décisions et des se« 
cours* Clément , alors évêque des chré- 
tiens de cette ville , écrivit , au nom de 
toute sa communauté , une épître aux 
Corinthiens , qui leur fut envoyée par 
quelques députés chargés d'y établir la 
paix (i). 

Mais une chose vraiment remarquable 
dans cette union des sociétés chrétien- 
nes , c'est que la société primitive des 
Chrétiens ^ la société dérivée de Jésus 
lui-même , établie par les apôtres y et 
que les autres sociétés chrétiennes qui 
s'élevèrent ensuite dans la Palestine y 

- (i) P^oy. Clément, rom. épist. I. adCorinth^ 
num. /. XLIV^ XLVI. Iren. adv. Hœres. 
l. III. ç. 3. Euseb. hist, ecdeSr 1. V. e. b. 
TUlemont , mémoir. ecclés. t. U ^ p. xS5 et 
fiuiv. 



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Peuples libres de la Frâitce. 197 
consultoîent comme la dépositaire de 
la vraie doctrine j e^est ,que cette église 
mère j l'église de Jérusalem y ne se trouva 
point inclue dans cette union des autres 
sociétés chrétiennes ^ et que dans la suite 
elle en fut même exclue*et rejetée comme 
hérétique ► ' 

Cette société , fière de sa fondation et 
de ses commencemens ^ croyoit #6'être 
toujours conservée pure j en gardant 
soigneusement Pancien respect pour les 
livres juifs, et en observant exactement 
les préceptes de la loi mosaïque que Jésus 

avok observés lui-même. Contente de la 

* 

prééminence que son origine et les cir- 
constances lui avoient donnée sur les 
autres églises de la Palestine j elle n'a voit 
que peu ou poini; de communication avec 
le& sociétés chrétiennes étrangères ^ qui , 
fondées en grande partie par Paul , ou 
fidèles à ses principes , tendoiènt à l'é- 
loigner de plus en plus du judaïsme, 
applanissant par là les obstacles qui s'op- 
posoient à la conversion de Payens. Elle 



N â 



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ip8 ' Histoire des premiers 
ignoroît , ou du moins vouloit ignorer 
les nouveaux dogmes , les nouveaux prijir- 
cipes 9 les nouveaux usages qui pouVoient 
s'établir d^ns ces sociétés j elle ne rece- 
voit point les livres que fces sociétés adop- 
toient. L'évangile de Saint Matthieu , 
adressé aux Chrétiens de la Palestine , 
et différent de celui que nous avons au- 
jourd^ui 9 étoit le seul dont elle eût ajouté 
la lecture à cellp des livres de Pancien 
testament 9 i:eçus par les juifs de, cette 
contrée. . . 

Lors de la guerre deS Juifs qui causa 
la destruction de Jérusalem , ces Chré- 
tiens qui avoient éonservé jusqu'à leur 
ancien nom de nazaréens, tandis que 
les autres avoient pris celui de chrétiens, 
se réfugièrent à Pejila , où ils portèrent 
la sévérité de leurs principes j et lorsque 
l'empereur Adrien, ayant rebâti Jérusa^ 
lem, sous le nom èH JlElia capitolina ^ 
défendit aux Juifs de s'y établir, quel- 
ques - uns seulement" d'entre les Naza- 
réens , séduits par l'amour de leuï an» 



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Peuples libres de la Fraiïce. 199 

ciennepatrîe ^ abandonnèrent les lois et les 
usages de cette primitive église ^ qui pou- 
yoient les mettre dans le cas de la dé- 
fense j et revendant à Jérusalem j ils élu- 
rent un évêque de l'autre partie et furent 
membres de la grande union des Chré- 
tiens j dont les Nazaréens restèrent tou- 
jours séparés. 

Une chose plus remarquable encore ^ 
c^est que ces ISfazaréens et les Ebionites 
qui sortirent de leur sein j ne regardoient 
Jésus que comme un homme juste , qu'en 
l'appelant le fils de Dieu , ils n'atta- 
choient pas à cette expression une autre 
idée que celle qu'y avoient attachée les 
Juifs;. de sorte que lorsque l'église ca- 
tholique eut fixé à cet égard les opinions 
de ses membrçs , les Nazaréens et les Ebic- 
xiîtes s'en trouvèrent éloignés ^ et furent 
déclarés hérétiques par le droit du plus 
fort, c'est-à-dire j du parti le plus nom- 
breux (i), 

(i) Fi?y. Theodoreu hœretic. fabuL L IL 

N 4- 



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A I 



istoo Histoire b£s premiers 

Jamais les Chrétiens ne pàroissoient 
, plus dangereux que sous les règnes des 
tyrans barbares j alors leur esprit libre 
et républicain prenoit un nouvel essor j 
alors sans doute ils trouvoient parmi 
les hommes opprimés un grand nqmbre 
de partisans secrets, ils sentoient redou- 
bler leur courage et leurs espérances ^ 
et prenoient une nouvelle audace contre 
la superstition et la tyrannie» 

Lorsque Pempire gémissoît sous la 
verge de Pexécrable Domitien , les Chré- 
tiens étoieni; exposés à toutes sortes de 
vexations et de dangers. Cet avide ty- 
ran ayant augmenté les impôts que 
ses prédécesseurs avoient mis sur les 
Juifs y voulut confondre les Chrétiens 
sous cette dénomination. «Un trait rap- 
porté par Suétone , comme témoin 
oculaire 9 peut faire juger des outrages 

c. 3. t. IV. oper. p. 219. Epyphan. Hœres. 
XXIX. S 7./?. 1^3. Huetii origeniana^ t. /. 
p. 4^7* Commentar. in Matthœum^ 



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Peuplés libres de la Fkânce. 201 

auxquels cet édît les exposa. Cet his- 
torien, encore enfant , vit un vieillard 
de quatre-vingt-dix ans, amené devant 
le procurateur , qui fit examiner , sous 
les yeux d^une grande assemblée, s'il 
portoit ou non les marques de la cir- 
concision (1). 

Ces traitemens , infâmes aux yeux dé 
tous les peuples , durent sur-tout pa- 
roître tels à des hommes qui regar- 
doient la pudeur comme un trésor pré- 
cieux , et la pureté des moeurs comme 
la partie essentielles de leur religion. Les 
idées du règne de Jésus sur la terre , 
rëparilrent avec une nouvelle énergie j 
et à ces idées étoient jointes des prédic- 
tions avidement saisies , qui annonçoient 
la destruction prochaine de l'empire Ro- 
main. Le soupçonneux Doïnitien, s'ima- 
ginant que les espérances des Chrétiens 
étoient fondées sur quelque descendant 
de la famille de leur messie , fît amener 

(1) Suet. in Domit. c. 12. 



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2oa Histoire des premiers ' 

de la Palestine quelques parens de Jésus^ 
pourvoir s'il n'avoitrien à craindre d'eux^ 
et il résolut de détruire le christianisme 
qui s'étoit introduit jusques dans sa cour^ 
et même dans sa famille. Heureusement 
le poignard d'un affranclii en délivra le 
monde quelques mois après qu'il eût 
commencé l'exécution de ce dessein j 
et son successeur rendit la paix aux 
Chrétiens. 

En montant sur le, trône , il défendit 
les accusations contre ceux qui auroient 
embrassé le christîanispie , prétexte de 
la persécution de Domitien j Trajan eut 
la même tolérance , ou plutôt la^mêmç 
justice. Adrien ^ accusé dans des tems 
postérieurs^ d'avoir persécuté les Chré- 
tiens j éleva un temple à j.-c. ^ selon 
les conjectures de quelques autres j et 
les Àntonins , qui seront à jamais -les 
modèles de ceux qui voudrcmt déguiser 
l'horreur de la tyrannie , n'eurent jamais 
l'idée de persécuter une religion qui, 
offroit les principes lès plus pur& de la 



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Peuples libres de la Fràm-ce, ao3 

philosophie à laquelle ils avoient con- 
sacré toute leur vie. 

Cependant plusieurs Chrétiens furent 
mis à mort sbus les règnes de ces emper 
reurs^ mais alors ^ plusieurs ei]^uragés 
par leur grand nombre , par leAr cons- 
titution qui commençoit à s'affermir y 
bravoient les lois et les usages religieiix 
de Pétat j et leur zèle j qui trop souvent ^ 
dégénéroit en opiniâtreté et en fanatisme^ 
réyoltoit les peuples et les magistrats ^ 
et forçoit les empereurs les plus doux 
à employer les supplices contre une es- 
pèce de fureur religieuse j dont l'audace 
augmentoit par l'indulgence. 

A travers les ténèbres qui couvrent 
les progrès du christianisme^ depuis la 
mort des apôtres jusqu'au commence- 
ment du quatrième siècle, nous ap- 
percevons au milieu du second , les pre- 
mières, traces de cette religion dans les 
Gaules. Il paroît que cette nouvelle doc- 
trine trouva moins d'accès dans les con- 
trées froides et austères de l'occident ^ 



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9io4 Histoire des premiers 
où les naturels du pays, civilises par 
.des secousses violentes, restoîent tou- 
jours attachés aux superstitions de leurs 
pères, malgré les défenses de leur^ 
maîtres-; que dans les régions mallesr 
de Porîent, où des boule versemèns suc- 
cessifs , causant depuis long-tems des 
mélanges continuels d'opinions , de 
moeurs;^ de corruptions, de lumières, 
de vérités , d'erreurs , de superstitions 
de toute espèce , ayoient produit la sa- 
tiété , le doute , l'incrédulité ^ le mépris 
ou l'indifférence, et préparé insensible- 
ment les peuples à recevoir avidement 
un système simple et naturel qui les 
débarrassât des ruines bizarres de leurs 
anciens systèmes», et les ramenât aux seuls 
principes antiques qui pouvoient influer 
sur leurs espérances et leur félicité. 

Depuis long-tems les Juifs étoient ré- 
pandus dan$ les provinces de l'empire 
Komain , et avoient par- tout des établis- 
semens et des synagogues* Le commerce 
faisoitj déjà la principale occupation de 



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Peuples libres bs là FRAiirCE. nàS 
ce peuple^ et les poussoit dans toutes 
les contrées où ils pouvoîent pénétrer* 
Leur expulsion de Rome et de PItalie ^ 
sous le règne de Tibère (i)^ lès persé- 
cutions qu'ils éprouvèrent sous celui dé 
Claude et de quelques autres 9 enfin la 
destruction de leur état et de leur temple 
dans la Palestine , durent contribuer à 
les répandre davantage encore. Dans 
leurs malheurs et leurs persécutions ^ 
confondus souvent avec les Chrétiens^ , 
plusieurs de ces derniers durent cher- 
cher comme eux des refuges et 'des res- 
sources , et les Gaules qui étoient une 
des premières provinces de l'empire 
sembloit leur offrir Pun et ' Pautre. A 
toutes ces causes, si l'on ajoute les 
persécutions particulières des Chrétiens j 
à Rome , ou ailleurs j leur zèle prosély»^ 
tique 9 sur-tout depuis l'union systéma- 
tique du plus grand nombre de leurs 

(1) Joseph, antiq.jud. L XVIII, c. 4* 
Suet. in Tiber. c. 36. Tacit. ann. l. :&• c. '^5. 



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206 HlSTOliBlE DES PHEMIERS 

sociétés j on sera porté à croire que dès 
les premiers tems, plusieurs sectateurs 
de la doctrine de Jésus se trouvèrent 
répandus dans les Gaules. Mais avant 
Tan cent cinquante on ne trouve pas 
qu'ils y aient été réunis en sociétés ou 
églises. Les premières dont il soit fait 
mention paroissent avoir été formées 
par des chrétiens venus de Smyrne et 
de quelques autres ports de POrient^ 
qui s'établirent d'abord à Arles, puis 
à Lyon et à Vienne, d'où ils se répan- 
dirent à l'occident et au nord ' de la 
Gaule (i)^ Arles étoit une colonie 
grecque, une ville riche et commer- 
çante, toujours en relation avec les 

T ■ ^ T 1 

(i) En j 77 il y avoit des églises chrétiennes 
dans la Belgique ( Foj. Bucker Belgium ro^ 
'manum lib. VI. c. a./?. 191.) Vers Tan 180, j 
Irénée évêque de Lyon envoya prêcherl'évan- 1 
gile dans le pays des Séquaniens, et c'est 
alors que, fut établie l'église de Besançon. 
{Foy. Grandidier. àist. d'Ah. t. I. p. 181.) 



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Pbuples libres de là France. 207 

grecs de^ F Asie mineure j elle offroît 
aux chrétiens de ces contrées ^ et les 
facilités de la langue , et les douceurs 
de rhospîtalîté 9 et les ressources qui 
abondent dans une ville riche et com- 
merçante , et la sécurité qu'une secte 
naissante peut trouver aisément au mi- 
lieu d'une population nombreuse. Des 
causes à-peu-près semblables facilitèrent 
rétablissement de ces chrétiens grecs 
à Lyon , ville voisine des colonies 
grecques du midi des Gaules , et dont 
le grand commerce établissoit ou faci- 
litoit des liaisons de toute espèce avec 
ces colonies. 

Ces premiers chrétiens apportèrent 
avec eux dans les Gaules^ les senti- 
mens , les opinions et les usages parti- 
culiers des chrétiens établis dans les 
contrées qu'ils avoient quittées. Dans la 
Phrygie les persécutions avoient donné 
lieu parmi les Chrétkns à deux opi- 
nions différentes, qui influoient puissam- 
ment sur la conduite de ceux qui les 



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/ 
do8 Histoire des pb.£mie&s 
suivoîent. Quelques-uns> croyaient per-* 
mis et regardoient même comme un 
devoir y d'employer j pour échapper à la 
persécution 9 tous les moyens que la 
prudence pouvoit suggérer ^à la seule 
exception du renoncement à la religion. 
Ceux-là s'abstenoient souvent des as- 
semblées publiques défendues par les 
édits. Dans les cas indispensables, ils ne 
$'assembloient qu'en secret et>dans des 
endroits cachés ^ ils prenoiént la fuite 
pour se soustraire aux poursuites des 
magistrats, ou achetoient même à prix 
d'argent la tolérance et le repos. D'autres 
en plus grand nombre , regardoient cette 
conduite comme une lâcheté indigne 
des Chrétiens. Malgré les défenses des 
empereurs ^ ils continuoient de s'assem- 
bler, et en aussi grand nombre qu'au- 
paravant j les persécutions mêmes ne 
faisoient qu'augmenter leur audace in- 
trépide, et au milieu des supplices 
qu'on faisoit subir à leurs frères, ils 
affectoient hardiment toutes les actions 

qui 



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Peuples libres de là Frakce. aoj 

qui pouvoient leur en attirer de sem- 
blables. 

. Cette conxïuîte et ces opinions approu- 
vées .d'abord par Péglîse de Rome et 
plusieurs autres églises (i) , et con- 
damnées dans la suite ^ sous le nom 
^'erreurs des raontanistes y attirèrent sur 
les Chrétiens des perisécutions violentes 
de la part du gouvernement^ peut-être 
même les premières persécutions qu'ils 

^— — — M"*»iifc«^— *—*- * ■ ' I I I I II > I I I É > I I I il II . I 1^ 

(i) Tertuliien assure que les églises aposto-» 
liqueSy approuvèrent la doctrine des monta^ 
nlstes^ parce qu'elle ne différoît point de la 
leur} et on ne sauroit nier que cette asser- 
tion ne soit fondée* Le même assure encore 
que le pape (probablement Victor I.), écri* 
vit aux églises d*Asie et de Phrygîe, qui suî** 
voient les opinions de Montan, qu'il approu* 
voit ces opînldns , et qu'il vouloit entretenir 
la communion avec elles j àiais que trompé 
ensuite par un faux rapport de Praxéas , il 
révoqua les lettres de communion. ( /^<9y» 
TertulL de prœscrîpt. c. âi et 36, Le txkèm% 
de velandis virginibu$ c. a. 

TomQ m. . O; . 



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âio Histoire i>es frëmîers 

ëprouTèrent à cause dé leur religion (i) j 
et le sage Marc-Aurèle lui-même ne 
pouvoit s'empêcher de regarder comme 
des séditieux et des fanatiques j des 
hommes qui bravoîent arec fiireur les 
lois de Fempire, et qui préféroient le» 
tourmens et la mort à la moindre appa- 
rence dhine soumission tacite ,' et d'une 
obéissance facile. 

Sous le règne de cet emperteur , la sévé«- 
rité du gouvernement qui avoit sévi contre 
les chrétiens de Fhrygie 9 les poursuivit 
aussi dans les Gaules j lorsqu'ils y for- 
mèrent des églises et des assemblées 
nombreuses Ç2). L'an 177, au moment 

(1) Dans les premières persécutions, les 
Chrétiens furent confondus avec les JTuifs et 
punis Comme tels j celles qu'ils gouffrîrent sous 
Néron, n'eurent pour but que la punition d'un 
crime, et la féroce satisfaction du tyran. C'est 
proprement sous Maro-Aurèle^que les Chrétiens 
commencèrent à être persécutés à cause de 
leur religion, 

(2) Quand Eusèbe n'insinueroit pas que 



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PeUPI.es BIBRES de la FrAI^CE. 211 

où Von alloit célébrer à Lyon les jeux 
institués dans cette ville en l'honneur 
d'Auguste 9 on craignit saçis doute qu'au 
milieu de la multitude que la curiosité 
attiroit de toutes parts à ces solennités, 
les Chrétiens n'excitassent quelques trou- 
bles par les déclamations ^ les impré- 
cations 9 et même les violences de toute 
espèce^ auxquelles un zèle inconsidéré 
ne les portoit que trop souvent dans ces 
sortes de circonstances (i) j on leur défen- 
dit de paroître dans les endroits publics j 

I II II I 1 1 m I II I I I iif < I I I I ] Il I I I, „ 

les chrétiens des Gaules approuvèrent les 
opinions des môntanîstes, lorsqu'elles eurent 
causé de grands troubles dans les églises de 
Phrygie, leur cpnduite dans tout le cours de 
cette persécution prouveroit suffisamment 
qu'^ib les suîvoient , du moins , quant à la 
publicité des actîoùs et à leur isèle à braver 
les magistrats. 

(i) On sait que le zèle des Chrétiens contre 
les Payens dégénéroit souvent en opiniâtreté 
et en fanatisme^ Plusieurs alloient d'eux- 
mêmes s'of&ir au fer de» bourreaux, et à 

O a 



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Zix^ Histoire des premiers 

ils désobéirent (i). Alors une opinion 

dangereuse, s'étoit glissée parmi les Chré- 

la colère des magistrats qu^ils insultoient. On 
en voyoît renverser les idoles , accabler les 
prêtres et les dieux d'injures et de malédic- 
tions j et comme chez les Payens la religion 
étoit étroitement liée à toutes les opérations 
du gouvernement, îl n'est pas étonnant que 
cette haine furieuse contre les dieux du pa- 
ganisme^ ait fait regarderies Chrétiens comme 
des ennemis du gouvernement et du genre 
humain, qu'il étoît utile d'exterminer. ( P^oy. 
Tncit* ann. lib. XV. -c. ^^. XertulL apolog. 
c. 3o, 8. ) Procope, dit Eusèbe , i^de martL 
palaest p. Sip. ) étant sommé de sacrifier 
pour la prospérité des quatre empereurs, ré- 
pondit par un vers d'Homère, dont voici le 
sens : ce Le gouvernement de plusieurs est 
nuisible , il ne faut qu'un maître et qu^un 
roi. y> Cette réponse étoit bien contraire à 
l'esprit du christianisme, et à la doctrine de 
Jésus. 

* (i) Je ne crois pas que l'on puisse expli- 
quer autrement le passage suivant de la re- 
lation de cette persécution, envoyée aux 



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Peuples libres de la France. âii3L 
tiens y c'est que le piartyre étoît un bap^ 
tême de sang ^ qui efTaçoit taus. les pé- 
chés de la vie ^ et rendoît ceux, qui 

églises d^Asîe par celle de Lyon et de Vientae.. 
Voici ce qu'on y lit : ce On commença par 
nous interdire non - seulement Tentrée desL 
maisons j^ des bains et du barreau, on nous ^ 
défendit même de paroxtre en aucun lieu,. 
Mais la grâce de Dieu combattit pour nous 
contre te démon ; elle délivra les plus foibles 
du combat j et y exposa des hommes y qui , par 
leur courage, paroissoient comme autant de 
fermes colonnes, capables, de soutenir tous les 
efforts de Tennemi. Ces braves en étant donc 
"venus aux mains ^ souffrirent toutes, sortes 
d'opprobres et de tourmens^ * . ^ Ils com- 
mencèrent par supporter avec la plus géné- 
reuse constance, tout ce qu'on peut endurer 
de la part d'une populace insolente , les ac- 
clamations injurieuses-, le pillage de leurs 
biens ^ les insultes, les emprisonnemens,. les 
coups de pierre, et touiS les, excès où peut 
se porter un peuple furieux. et barbare ,, contre 
des personnes qu'il regarde comme ses enne- 
mis. {Longues aï hist. de V église galL /. S")'* 

6 3 



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2i4 Histoire des premiers 
avoîentle bonheur de le souffrir ^ dignes 
de jouir immédiatement de la gloiie 
future j qui faisoit Punique objet de 
leurs désirs. Cette opinion ^ jointe aux 
anciennes idées de liberté ^ au mépris 
d'un monde qu'ils croyoient devoir 
bientôt finir ^ à leur horreur pour les 
magistrats , qu'ils regardoient comme 
les ministras du démon ^ aux honneurs 
que les Chrétiens rendoient aux mar- 
tyrs pendant leur prison et après leur 
mort; cette opinion avoît prod,uit en eux 
ce fanatisme ihdomptable qui leur faisoit 
braver les tourmens et la mort, et voler 
avec fureur au devant de tout ce qui 
pouvoit les conduire à cette prétendue 
félicité, dont le désir absorboit toutes 
leurs facultés, 

La désobéissance des Chrétiens de 
Lyon excita contre eux la fureur du 
peuple , la sévérité et l'exécution des 
lois. On en mit plusieurs en prison ; 
on les traduisit devant les tribunanx j 
et la calomnié accumulant sur eux des 



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Peuples IiIbues-be la FaAisrck. ai5 

accusations que la haine publique re- 
cueil loit avec avidité , et;' dpnt leur 
conduite publique ne les justîfioit point 
assez y plusieurs furent mis à mort , et 
particulièrement les . chefs et les per- 
sonnes les plus distinguées. 

La relation de cette persécution que 
les églises de Lyon et de Vienne en-^ 
voyèrent à celles d'Asie , montre assez 
quel étoit Fesprit de ces premiers chré- 
tiens des Gaules ; ils traite;tit les auteurs 
de la persécution , c^est-à-dire , les ma- 
gistrats et Pempereur lui-notênie ^ dç dé* 
mûnsyde ministres enragés du démon ^ 
de ministres Jurieuo^ insfmits par le 
dém^n à faire la guerre auss sernteurs 
de Dieu (i)* Un d'eu3t interrogé par le 
président ^ sur SDn nom ^ $a ville , son 
paysj sa condition ^ refuse avec opi- 
niâtreté de satisfaire à ces questions j 
et s^écrie chaque fois, pour toute ré- 
ponse , je suis cktétien j aveu qui seul 

(i) Hist. de l^églis. gall. p. 8. et 14. 

' Ô 4 ' 



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31 6 Histoire dss pbjemibes 
pouvoît le rendre punisable aux yeux 
de la loi , (i) et qu'il aggravoit encore , en 
ajoutant que ces mots exprimoient son 
nom 9 sa patrie ^ sa condition ^ et tout 
ce qu'il étoit. Unjautre, placé près du 
tribunal pendant les interrogatoires , fai* 
soit toutes sortes de gestes et de con- 
torsions j pour exciter les interrogés à 
faire le même aveu (a)} Pévêque lui- 
même y répond au président qui lui de- 
mande quel est le dieu des Chrétiens ? 
si vous en êtes digne vous le connoitrez} 
et voilà ce que les chrétiens de Vienne 
et de Lyon appellent un glorieux té- 
moignage rendu à la vérité (3). . 

Telles furent dans les Gaules les com- 
mencemens de cette religion chrétienne ^ 
dont les principes purs tendoient au bon- 
heur du genre humain^* et qui le pion** 



(i) Euseb. Hist* écoles. 1. Y. c. x. Hi&t. de 
régi. gall. 1 , 12. 

(2) Hist. de régi. gall. \^,%%. 

(3) ïb. p, i5% 



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Peîtplïis libres de Ij'X France, mj 

gea dans la suite , par Patrocité des prêtres y 
dans Fétat le plus malheureux et le plus 
abject dont fassent mention les annales du 
mionde. 

En jetant un coup-d'œil superficiel 
sur la Gaule et sur l'empire en général ^ 
en voyant de vastes provinces naguères 
pauvres^ incultes j inciviliséés ^ turbu- 
lentes et orageuses , passer ra{)idement 
à un état tranquille et florissant j exer- 
cer Pagriculture et le commerce 5 culti- 
ver lès sciences et les arts , au lieu d'ai- 
guiser ^ comme au paravant, le fer pour 
s'entre-déchirer j substituer des jouis- 
sances agréables à des mœurs féroces 
et indomptab^les , Fambition de l'esprit 
et des talent à la soif du sang et de 
la tyrannie 5 vivre paisiblement sous 1^ 
joug des lois y après avoir vécu pen- 
dant si long-tems dans les convulsions 
de l'indépendance j jouir de la sécurité 
et de la paix ^ sous la protection d'une 
force respectée au-dedans et au-dehors, 
après des siècles passés dans les iuquié- 



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Ii8 Histoire DES premiers 

tudes ou les horreurs des dévastations 
et du carnage f en voyant ces brillantes 
révolutions , oir^, seroit tenté de croire 
que la conquête i^t le gouvernement des 
Romains furent un, bonheur pour les 
habitans des Gaules; on seroit tenté de 
dire avec quelques historiens , que ja- 
mais le genre humain ne fut plus heu-, 
reux que pendant les quatre-vingt der- 
nières années de cette période. M^is 
un peu de réflexion sur le véritable état 
de l'empire , sous le gouvernement des 
empereurs ^ fera bientôt disparoître cette 
douce illusion. 

Un territoire immense j Populence et 
le luxe d'un grand nombre de partie 
culiersy la magnificence des édifices pu- 
blics , la pompe des fêtes et des spec- 
tacles ^ l'état florissant du commerce ^ 
, des sciences et des arts , l'obéissamce 
entière à toutes les lois, la sûreté db 
l'état au-dedans et au- dehors , l'admi- 
nistration même la plus sage et la plus 
juste 7 toutes ces choses ne cansUtuent 



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Peuples libres de la Fràkce. 119 
pas le .bonheur des peuples. Quelques- 
unes y contribuejit, d'autres y sont di- 
rectement opposées. Les peuples de Pem- 
pire ne furent point ' heureux lorsque ^ 
sous Auguste 9 ils virent s'éloigner sans 
retour cette liberté dont le souvenir 
leur étoit cher j lorsqu'ils descendirçnt 
par une . pente insensible ^ dans la ca- 
verne où les successeurs du tyran pou- 
voient les égorger à leur gré j ils ne le 
furent point sous les monstres qui dé- 
solèrent l'humariité depuis Auguste jus- 
qu'à Nerva. Le règne momentané de 
Titus ne fut q^'un éclair, qui montra 
plus odieuses les calamités passées j plus 
affreuses celles qui suivirent. Depuis 
la mort de Domitien , jusqu'à celle de 
Marc-Aurèle , l'apparence du bonheur 
brilla sur une partie du genre humain j 
comme le soleil sur une contrée morne j 
mais au-dessous la mine étoit creusée, 
bientôt elle devoit éclater, et changer 
en monceaux de ruines le séjour de 
cette prétendue félicité. L'état éa genre 



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mzo Histoire des premiers 
humain ressembloît à celui d'un homme 
qui y afïbibli par une longue maladie ^ 
perd tout-à-cpup le sentiment de la dou- 
leur et se réjouit d'un moment de bien- 
être apparent, qui annonce en effet sa 
mort prochaine^ 

. L'homme est destiné par sa nature 
à développer peu-à-peu ses facultés, à 
perfectionner par dégrés les qualités de 
son esprit et de son corps. Dififi^ent 
des autres animaux, il vit également dans 
le présent et l'avenir, plus même dans 
l'avenir que danô le présent. Son pre- 
mier besoin est celui de ^a propre con- 
servation j et la nature de ce besoin 
est de s'étendre^ dans l'avenir aussi loin 
qu'il est possible. Quelques soient donc 
ces jouissances actuelles , la source de 
son bonheur sera toujours empoisonnée 
s'il ne jouit pas du sentiment profond 
de sa propre sécurité, et de celle des 
personnes qui lui sont chères ; s'il n'a 
pas du irioins la conscience des 
moyens qui peuvent la lui procurer. 



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Peuples libres de la Fràitce. 221 
De là naît la plus grande partie du 
bonheur des peuples vraiment libres : 
ineffable jouissance j qui dédommage 
de toutes les autres et qui sait y sup- 
pléer. 

Maïs sous le tyran (1), même sous 
'celui qui passe pour Iç plus sage et le 
plus juste ^ les facultés les plus propres 
à la conservation de l'homme sont en- 
gourdies j les qualités qui peuvent le 
mieux assurer cette conservation, Vér 
lévation de Pâme et la force du corps 
sont étouffées j la force générale qui 
résulte de Puniôn àe toutes les forces 
particulières , est entravée dans ses effets 



(1) Le lecteur aura déjà remarqué plusieurs 
fois que daiis le cours de cet ouvrage, le 
mot tyran est pris dans le même sens que 
le prenoîent les Grecs. Il signifie celui qui 
exerce une autorité contraire au droits na- 
turels des peuples* Dans ce sens , les Anto- 
xiins furent aussi bien des tyrans que Cali- 
^gula^ Néron ^ et leurs semblables. 



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222 Histoire des premiers 

et dans ses causes; l'homme purement 
passif sous la volonté de son maître, 
s'endort dans une confiance yague et 
paresseuse , il n'a plus la conscience de 
ses forces particulières j et s'il songe 
quelquefois que la force précaire de son 
maitre peut le protéger au-dehors , il 
ne peut s'empêcher de sentir aussi que 
pour la cause la plus légère elle peut 
l'écraser au-dedans. Dans cet état, le 
pire de tous peut-être^ il peut exister 
des jouissances particulières ; mais ces 
jouissances sont aussi éloignées du vrai 
honheur de l'homme , que l'habitude 
d'une prison paisible, est éloignée des 
douceurs de la liberté. 

La nature qui mûrit en silence le 
bonheur du genre humain , seimble tendre 
à son but par deux grands principes : 
la réunion de tous les hommes en une 
seule société de frères, la liberté et l'ë- 
^alité civile de tous les individus. De 
Ja_réunîon parfaite de ces deux prin- 
cipes , résultera un jour l^, plus grande 



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Peuples libres de là Frâitce. aaî 

félicité possible de l'espèce humaine; 
du rapprochement plus ou moins grand 
de ces deux principes et vers ces deux 
principes, résulte dans chaque société 
politique , la soi^me du bonheur plus ou 
moins grande , des membres qui la com- 
posent. 

Solis les premiers empereurs Romains, 
un grand nombre de nations, divisées au* 
paravent , se trouvèrent réunies par une 
3multitude de rapports utiles et salutaires. 
Le vice du gouvernement pouvoit les 
corrompre , mais il fut tempéré , sous 
Auguste , par la politique insidieuse qui 
feignit de respecter les restes des an- 
ciennes opinions et des anciennes formes ; 
sous ses féroces successeujrs , par les bornes 
naturelles àe leur extravagance et Téloi* 
^nement des provinces $ il le fut par la 
douceur de Fadministration , sous les 
, empereurs philosophes qui ne sachant ou 
ne voulant pas fonder le bonheur despeu^ 
pies, leur en montrèrent du moins l'image, 
x^amme dans une espèce de spectacl(^ 



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a!24 Histoire des premiers 
De là cette espèce de prospérité qu^oil 
vit luire de tems à autre sur les peuples 
de Pempire ^ depuis Auguste jusqu'à 
Commode* Mais de l'anéantissement de 
toute liberté résulta le malheur réel de 
ces peuples. L'inégalité ^ cause fatale de 
tous les malheurs des peuples^ étoit 
parvenue ^ sous les empereurs , à produire 
le comble des ma^x. Aux chocs de l'am- 
bition et des droits de la nature ^ avoît 
succédé le triomphe de la première. La 
tyrannie, concentrée dans la puissance su- 
prême d'un seul ^découloit de cette, puis- 
sance j comme d'une source inépuisable , 
et se répandoit sur toutes les classes y 
ôtant à toutes le pouvoir de la résistance , 
laissant à quelques-unes celui de l'oppres- 
sion. Les familles les plus distinguées , 
échappées aux fureurs des proscriptions , 
disparurent par les ordres sanguinaires 
des monarques tyrans , où se trouvant 
confondues avec les hommes nouveaux 
que l'or, la faveur, ou le crime éle voient 
tout d'i^n coup aux premiers emplois ^ 

elles 



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PfiUPLBS LIBILES I)£ LA FkàNCE. 22.S 

.elles partageoîent avec eux la double 
honte de soufifrir et d'exercer la ty^ 
rannie* 

Ainsi s'éleva une nouvelle classe d'liom-< 
tnes distingués des aiztres citoyens^ non 
moins barbares que les anciens patri- 
ciens 9 plus vils j. et qui devinrent les 
bras du despotisme , pour faire jouer le. 
joug sur tous les peuples de l'empire. 

Parmi les autres esclaves auxquels oh 
donnoit le vain titre de citoyens, une 
autre distinction s'étoit élevée , imper- 
ceptible lorsque les vertus étoient hoho* 
rées j monstrueuse lorsque tout fut vénal î 
la distinction des riches et des pauvres; 
Dans les derniers tems de la république ^ 
Rome , qui avoit englouti l'or de toutes 
les nations , ne renfermoit pas y s^il en 
faut croire Cicéron y deux mille citoyens 
qui eussent des biens-fonds (i) j toutes 
ces richesses se trouvoient donc entre 
les mains d'un très -petit nombre de 

(i) Qui rem haberent. Cic. de oflF. il ^ 8* 
Tome IIL P 



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particuliers (i). Les proscriptions et leë 
confiscations des empereurs ne contri-* 
buèrent pas à augmenter ce nombre ; 
et dans cette Rome superbe y pleine 
d'édifices somptueux^ de palais magni* 
fiques 9 de tout ce que le luxe et la va- 
nité peuvent imaginer de plus brillant 
et de plus pompeux ^ plus de trois cents 
mill^ pères de famille aroiënt part aux 
distributions gratuites de pain * qui se 
faisoient aux dépens du fisc. Ainsi ces 
ptétendus citoyens étoîent divisés en deux 
classes j Pune très-petite , qui possédoit 
dés richesses immenses } l'autre très* 
nombreuse 9 qui languissoit dans la mi'» 
sêre. Malheureuses toutes deux : la pre- 
mière y par le luxe insatiable qui Pen- 
trainoit impérieusement vers Fautre y 
par la crainte de la disgrâce ou des ca- 
prices du prince ^ qui pouvoit d'un coup- 
d'oeil ôter à tous les richesses et la vie j la 
seconde par la dureté même de son état^ 

(i) Cicer. in Verrem v. 4?^. 



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par ïtes Vils moyens qui la soutenoîent ^ 
destructeurs de totite îndluslrîej par la 
xbnipatals%)il désolante die sa situation 
avec les jouissances de ses maîtres j par 
là perte de sa considération , de tous 
Ses droits , de tout son prix. ^ 

Si tel étoît le sort dés Xîitoyens daïij 
la capitale qui pobipoit le suc de tQutéà 
les provinces^ que dcVoit-îl être dans 
tes provinces ^ sous la main des tytan$ 
tobaltem^s ^ otcupës isans relâche à 
texprîmer ce stic? Qùeldevoit être celui 
des autres sujets qui ^ n'ayant pas mêmç 
le titre de citoyens, àvoient encore à 
Souffrir du dédaigneux orgueil ^des mi- 
sérables qui le portoîent? 

Ceci suffiroît pour montrer combien 
^eu les hommes pouvoient être heureux 
.«ous le gouvernement des empereurs. 
Mais les premières classes dont nous 
venons d^esquisser Tétat ^ ne formoient 
pa:s la moitié des habitans de Pempire j 
le reste étoit en proie aux rigueurs con- 
tinuelles d'une oppreséion barbare /dont 

P a 



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m^S Histoire des premiers 
Pîdée seule fait frémir. De cent vingt 
millions d'individus que form oient, à 
ce que Ton présu\me , la population to- 
tale 9 pendant cette période j plus de 
soixante millions j dispersés sous le nom 
d^esclaves y dans les maisons de la ca- 
pitale et des provinces j étoient j comme 
les bêtes de somme, la propriété des 
particuliers. On pouvoit à chaque ins- 
tant , avec ou sans sujet , les battre , 
les mutiler, les torturer, les poignarder^ 
écraser à leurs yeux leurs femmes et leurs 
enfans^ les abandonner dans leurs ma- 
ladies^ sans alimens et sans secours, aiix 
horreurs de la faim et du désespoir , ou 
à la voracité des bêtes féroces , sans que 
ces ciliau tés fissent plus d'impression que 
les actions de la vie les plus ordinaires 
et les plus indifférentes. 

Des lois même3 , des lois faites dans 
un tems que les vils complices de la 
tyrannie appellent le beau siècle de 
Rome , sous Auguste , des lois ordon- 
noient de les massacrer par troupeaux, 



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, Peuplés libres de la France. 229 
après des ëvénemens auxquels ils pou- 
voient n'avoir aucune part , que souvent 
ils ne pouvoient ni empêcher ni pré- 
voir. Lorsqu'un maître ëtoît tué dans 
une maison 9 la loi faisoit assassiner tpus 
ses esclaves qui s'y trouvoient ^ et à la 
tonde j à la portée d'une voix humaine. 
S'il étoit tué en voyage , on massacroît 
également et ceux qui ne l'av oient pas 
abandonné ^ et ceux qui avoient pri§ la 
fuite. S'il se tuoit lui-même, ceux qui 
avoient fait leurs efforts pour l'en empê- 
cher, n'étoiënt pas épargnés j et si quel-/ 
qu'un des hommes qu'on appeloit libres , 
poussé par un mouvement de compassit^n, 
cherchoit à sauver un de ces innocens, 
le même supplice étoit la récomjpense de 
son action généreuse. 

Et cependant, à cette classe d'hommes^, 
les Romains dévoient tous les besoins ^ 
tous les agrémens , toutes les eommo- 
ditésr de la vie,. une grande partie de 
leurs jouissances de luxe et de vanité! 
Le sort de ces malheureux étoit d'autant 

p a 



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93a HiSTOI&S 2>£S FREMfSAa 

plus afFreux, que la plupart pris 4 la 
.guerre sur des pei^ples libres ^ ou aclxetéa 
chez des peuples qui les avoient asseryis 
de la zn^me manière , portoient dans le 
çœnv le feu dévorant de l'indépeQdan;Ge ^ 
et ressentoient 9 avec le désespoir de 
l'esclavage , la honte de servir dea 
piaîtres qu'ils méprîsoient. 

Dans les beaux tems de la république , 
le sort des esclaves étoife adouci. Plu», 
liés à leur$ maîtres par un coiûmercè 
inùtuel de services e% de bienfaits , que 
par la crainte servile et l'orgueil féroce 
et inflexible^ ils partageoient le bien-être 
et les plaisirs que leurs travaux procu-«. 
Toient à la iamille f et maîtres de se 
procurer un petit pécule qu'ils pou*/ 
Voient faire valoir à leiir profil; j leur- 
çLCtivité et leur industrie étoient excités, 
sans cesse par l'espoir de racheter uit 
jour leur liberté^ et même de s^élevet- 
^u rang des citoyens. Mais la tyrannie 
enfante l'excès de tous les ixiaux. Souâ. 
le règne d^ Auguste,; un ç^r^aijp^ :\^ediu$g 



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Peuples libres bs la Fraise, sâi 

PolUon j ami du tyran ^ nourrissoit dfis 
murènes avec* la chair de ses esclaves î 
qu'il faisoit précipiter tout yivans dans 
ses viviers^ sous prétexte de la fauta 
|a plus légère (i). Alors les ésclaveâ^ 
même en recouvrant leur liberté ^ ne 
pouvoient laver là tache de Pesclavage, 
et jusqu'à la quatrième génération , ils 
étoient couverts , au milieu de la cor- 
ruption et de l'infamie générale , d'une 
ignominie que mériioient seuls leurs 
vils maitres (a). Tel fut leur état dans 
la période que nous venons de parcourir. 
Au'tems d'Adrien et des Antonins seu- 
lement 9 les lois assurèrent leur vie contre 
les caprices et la cruauté de leurs maitres s 
triste- soulagement qui ôtoit peut-être à 
plusieurs l'unique ressource qu'ils eussent 
contre leurs maux. ~ 

Cependant la nature n'est jamais yio« 

(i) Dio. cass. /. i//^. Cé Z3. Plin. L IX. , 
c» 23. 

(2) FoJm ùibbon. l. c. t.. p. ii5-iii5. 

P4 ' 



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aSa HisToiRB des premiers 

léé împunëment j toujours le mal , re«* 
tourne son aiguillon contre celui qui 
Pa enfanté. Cette classe malheureuse 
et méprisée faisoit trembler en secret, 
et chacun de ses maitres et le gou- 
vernement. Vers la fin.de la république, 
les esclaves justement révoltés par FeX'- 
ces de leurs maux , mirent Pétat à 
deux doigts de sa perte. Les Idis ex- 
trêmes faites pour assurer contre leurs 
entreprises la vie des citoyens , prouvent 
combien à chaque instant ils la mena- 
çoient j et Sénèque nous apprend 9 qu'on 
n'osa les distinguer par un habit parti- 
culier, de peur que venant à connoitre 
le petit nombre et la foiblesse de leurs 
maîtres , ils ne fussent tentés de se réu* 
nir pour les exterminer (1). 

Ainsi la crainte fluoit et' reflubit con- 
tinuellement dans tout Pemjiire j depuis 

(1) Quantum periculum^ immineret si servi 
nostri numerare nos cœpevmU SeaçC, de 
Qemçnu 1. 1,0.24% 



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Peuples libres be la France. a33 

le prince jusqu^à Pesclave, depuis »Pes- 
clave jusqu'au prince j ainsi pour perdre 
Fétat il ne falloit qu'une étincelle , tom- 
bée par hasard sur cette masse énorme 
de matières combustibles 9 dont la sur- 
face de Pempîre étoit couverte. Nul 
homme n'étoit sûr de sa vie. Tous trem- 
bloient devant le prince , le prince de- 
vant tous. Ses satellites pou voient le 
massacrer et souvent ils le massacroient j 
ses soldats pouvoient le précipiter du 
trône' et souvent ils l'en précipitoîent. Il 
ne falloit pour opérer ces révolutions, 
que de l'or j et ces soldats eux-mêmes 
maîtres de la vie et du pouvoir de ce- 
lui qui se crôyoit le tyran suprême , ne 
jpouvoient sauver leur tête, lorsqu'il 
plaisoit au général de la faire tomber. 
Voilà le bonheur dont jouissoient les 
Romains sous le règne des tyrans. Qu'im- 
porte alors des palais magnifiques , des 
spectacles pompeux , des sciences et 
des arts, un commerce florissant, une 
abondance générale ! Qu'importe la réu- 



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a34 . Histoire des premiers 
nîôn d'un grand nombre de peuples 
en un seul territoire y si les hommes 
n'y sont unis que par d'a£freuses 
chaînes 9 si ce territoire n'est qu'une 
vaste prison 9 où l'innocence opprimée 
cherche envain un asile ! Qu'importe 
des lois et des règlemens y si ces règle- 
nîens et ces lois ne sont que les vo- 
Icmtés arbitraires d'un tyran y abhorrées 
k cause de leur cruauté et de leur 
injustice, incertaines et vacillantes si 
elles portent quelqu'apparence de jus- 
tice ! Qu'importe la paix au dehors si y 
toujours armés les uns contre les autres ^ 
les hommes s'égorgent et se menacent 
sans cesse 9 jusques dans le sein de 
toutes les familles ! Qu'importe les ri- 
chesses y leà talens y la puissance y les 
plaisirs j s'il n'est pliis ni patrie y ni 
sûreté y ni honneur y ni vertu j si l'apa- 
thie stoïcienne ou la fureur suicidale 
Sont les uniques restes de l'ancienne 
liberté ! Parmi les hommes qui vantent 
le bpnheur de ces tems affreux y qu^l 



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Feuplbs libil£s de là Frâitce. a3S 

çst celui qui voudxoit courir les risques , 
de naître au hasard dans une des classes 
d'un empire de cette espèce ? Qui oseroit 
prendre un billet dans cette immense 
loterie^; où les lots étoient soixante mil-^ 
jiions de bourreaux^ sur soixante mil* 
lions de patients j uh tyran sur cent 
vingt millions d^esclaves? 

Ces mallieurs s'étendirent aussi sur 
]a Gaule j par la conq^uête et Tadminis* 
fration des Romains» LMclat trompeur 
dont brilloit cette province^ venoit en 
grande partie des vainqueurs^ que les 
emplois j l'avidité ^ le besoin ou l'ambi-^ 
tion y poussoiecit en foule. L'ancien lia« 
bitant étoit ^ pour ainsi dire ^ caché sous 
le joug. Les anciens tyrans des cités 
gauloises 9 les nobles ^ partageant avec 
les nouveaux Pautorité subalterne ^ ac* 
quirent le pouvoir de vexer impunément 
leurs concitoyens. Les hommes libres , 
encore susceptibles de quelque énergie ^ 
étoient distribués parmi les troupes) 
lfi$, totems des Gaules s'épnisoiant d'o^^ 



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^36 HsrToinE dest fremieils 

née en année , pour alimenter dans 
tout Pempîre la force des tyrans. Les 
déprédations fiscales , précipitoiént dans 
la misère, plusieurs de ceux auxquels 
il restoit quelques possessions , il falloit 
avoir recours aux emprunts j les usures 
achevoiént la ruine , et l'usage de vendre 
la liberté pour vivre, subsista dans les 
Gaules , avec les usages romains qui 
rendôient si afifreux le sort dès esclaves. 
Les terres étoient mieux cultivées et 
le comnierce plus florissant j mais la plus 
grande partie des terres étoient passées 
des mains des Gaulois dans celles des 
Romains, dans celles des soldats qui 
avoient combattu pour les asservir ,. qui 
servoient constamment aies contenir sous 
le joug î mais Fénormité des impôts, la 
multiplicité des péages, les privilèges 
exclusifs, Tàvidité des traitans, arra- 
cboient sans cesse aux habitans les 
fruits de leur industrie et de leurs tra- 
vaux j et les richesses si vantées de la 
Gaule , n'étoient que les ricliesses de 



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Peuples LIBRES de la France. aS/ 

quelques particuliers^ et sur-tout des* 
agens du despote. C'est d'après cela 
qu'il faut se former ,une idée de ces 
villes très^opulentes de la Gaule et de 
l'Espagne dont parlent Mêla', Strabon 
et Pline. . 

Les amphithéâtres 9 les bains , les édi- 
fices somptueux et la plupart des monu- 
mens splendîdes et remarquables, étoient 
faits par les empereurs ou les gouver- 
neurs , aux dépens - des villes et des 
provinces. Un esprit de politique et plus 
souvent de vanité , excitoit à embellir 
les grandes villes. Le temple de Lyon 
consacré à Auguste avoit été construit 
aux dépens de toutes les cités. Néron 
violemment soupçonné d'avoir fait brûler 
la ville de Rome, pour se donner le 
plaisir de la rebâtir j fit rebâtir de même 
la ville de Lyon, après un incendie 
qui l'avoit consumée toute entière j et 
la fameuse statue colossale élevée k 
grands frais , dans la capitale des Ar- 
v«mes, porte trop l'empreinte de son 



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mauvais goût y pour n'avoir pas été pio^ 
jettée à son instigation ; croyant illustrer 
son règne pair ces ouvrages bizarres. 

Loin donc que cette Vaine magni- 
ficence des villes de la Gaule , prouve 
la richesse des habitans de cette pro-^ 
vince ^ c'étoit alors , coinme de nos 
jours , une marque certaine de la misère 
des peuples. La. multitude de mendîans 
qui habitent la Rome moderne ^ traînent 
encore aujourd'hui leur misère ^ dans 
des rues bordées de palais magnifiques^ 
et les heureux citoyens des cantons 
libres de la Suisse ^ n'ont que des ha- 
bitations simples et modestes. 

Enfin l'on ne doutera plus de Pôpptes^ 
sîon et de la misère des peuples de la 
Gaule ^ sous le gouvernement dès em*- 
pereurs \ malgré Pagriculture^ l'industrie 
et 1^ commerce de Cette province j si 
l'on fait réflexion aux revenus immenses 
qu'en tîroit le fisc» Les Gaules , 'dit 
Velleius Paterculus, rapportent presque 
autant en tributs que tout le reste de l'em* 



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^JÊITIPLEÔ LIBRES BÊ tA FRANCE. ri39 

|>îre. Avant Auguste elles rapportoient 
déjà quatre-TÎngt millions de nos livres j 
ce prince augmenta considérablement les 
impôts 9 probablement de. moitié^ et 
alors Findustrîe de ces peuples n'étoit 
pats à beaucoup près^ au point où ellô 
fiit portée dans la suite (i). 

Plusieurs causes cependant contri- 
buèrent encore à modérer les malheurs 
des peuples "de la Gaule* Le Gaulois 
peu contraint dans ses mœurs et ses 
usages, que la politique romaine étoit 
forcée de respecter, nMprouva pas su- 
bitement tous les besoins du Romain 
efféminé. Son imaginatioil n'en étoit 
pas encore à ce monstrueux dérèglement 
qui porte les désirs au-delà du possible; 
et fait violence à la nature par des jouis- 
sances bizarres. La terre fertile des Gaules, 
non encore frappée de stérilité par la 
manie des parcs €t des vastes jardins , 
offroit aux modiques besoins du cultir 

(i) f^opr» Gibbon. L /. ^ 



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a4o Histoire des prei^iers 
valeur , une subsistance aisëe , que la 
nature sait soustraire, pour ses amis, à 
Pœil avide' des tyrans. Le Gaulois plus 
laborieux y plus robuste , moins avide , 
moins perfide, plus vertueux que les 
l^bitans de la plupart des autres pro-* 
vinces corrompues depuis long'-tems, 
étoit préféré pour le simple service mi- 
litaire, pour le commandement des 
troupes, pour plusieurs places d'admi- 
nistration. jLa corruption s'avançoit pas 
à pas d'orient en occident j elle n'avoît 
-pasi encore entièrement embrassé la 
Gaule, l'Espagne^ ni la Bretagne, et 
'ces trois provinces formoient alors la 
force réelle de tout l'empire. Quand 
elles furent corrompues , ce vaste corps 
prêt à se dissoudre de lui-même , devînt 
la proie de? peuples du nord* 



TABLE 



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1 

1 



a4t 

TABLE 

DES SOMMAIRES: 



INTRODUCTIOlSr. 
Tome I, page i — 14^. 

LiVRE'PREMIER.V 

Révolutions de la Celtique p depuis les 
terris les plus anciens jusqu^à Césars 

iTome I, page i43 — aSa. 

Livre II. 

César fait la conquête de la Celtiquèi 

Tome I, page 233 — 3 10. 

Livre III. 

Gouvernement des anciens Celtes } ha^ 

bitudes ^ religion ^ carojctère, opinion ^ 

^ mœurs p commerce ^ agriculture ^ etc. 

Tome II ^ page i — 144* 
Tome m. Q 



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Il Z T B. s ï V. 

JDécadeTtce de la république Rontaine^^ 
Résolution. Etat des Gaules sous 
JLugîiste et ses successeurs^ jùsqu^à 
Vextinction de la liberté. 

Tome II , page 14^ — SaS* 

L 2 V »: £ y. 

Révolutions opérées dans la Celtique 
après la conquête de César. Mœurs ,,^ 
lois, usages p agriculture, commerce y 
opinions \. religion , . chiïstianisnie y. 
'sciences et arts. Conclusion. 

Tome m, page i — 240*.. 



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• ' • 243 

TABLE 

DES MAT I,È R E S 

Contejiues dans les trois 'volumes (i)« 



Abascante , de Lyon , médecin célèbre/ 
loué par Gallien, III. SS. 

AccoN , chef des Sénonoîs , révoltés contre 
lesKomàinSy e$t livré â ces derniers. 1. tij\. 
Condamné à mort. I. oijZ. 

Adrien , empereur romain , successeur de 
Trajanj son caractère. H. 3i8. 

Aduatiques , peuple de la Celtique, des- 
cendant des Cimbres et des Teutons. I. :j!S6. 
Assiégés par César. I. q5j. 
Ruse qulls emploient contre lui. Ibid. « 

(i) Le chiffre romabi indique le volume , et le chiifrç 
arabe la page. 



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P7f4 T A B t. E 

Vaincus et vendus à Tencan. I. aSji 

JSEbucius Liber ALis, philosophe gaulois^ 
surnommé le meilleur des hommes^ III. 79. 

JSEnobarsus {Cn. Domitius) , soumet , avec 
Fabius , les Arvernes et les Allbbroges. I. :2o5. 

Élève un trophée d'armes sur les terres des 
vaincus. Ibid* 

Agricui^turb , très-ancienne cheii les Celtes. 
II. 100. 

Introduite dans la Celtique par les Marseil- 
lois'. I. 1^7. 

Perfectionnée par les Gaulois. III. 9 — i4« 

État de Tagriculture chez les Celtes lors de 
l'expédition de César. II. 100 — 101. 

Différence entre Tagritulture des Celtes et 
celle des Germains. II. 101^ 

AoRiPPA, préfet de la Gaule. II. an* 

Agrotas, orateur célèbre, de Marseille , 
plaidoit en grec. III. 5o. 

Aix i première colonie romaine dans la 
Celtique I fondée par C. Sextius. I. 199. 



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DE S /M AT I i IL E S. ^45 

Alexandre (Zi? Grand) ^ roi de Macé- 
doine ^ soumet la Grèce. Introduction. 96. 

Ses conquêtes. Ibid. 

-^Attire un grand nombre de juifs à Alexa^--: 
drie. ÏII. ^4. 

Sa Ynort. Introduction. ^6. * 

Allobrogss , peuple de la Celtique ^ situé 
sur la rive gauche du Rhône, Leurs guerrea 
avec les Eduens. I. ^04. 

Vaincus par les Romains; !• 2o5. 

Ambiorix , noble de la cité des Carnutes ^ 
s'associe aux desseins dlnduciomar côntrô 
les Romains. I. q.&i^ 

Trompe, par une ruse, Sabinus , lieute- 
nant de César. I. ii6j -*- :a68. ^ 

Remporte une victoire sur les Romains^ 
I. a68. 

Soulève les cités des Belges. Ihîd. 

"Vaincu par Q. Tullius Ciceron. 1. 26& — 2693 

Marche contre Labiénus , est vaincu et se 
aauv€ dans la forêt défi ArdennesVI. tijo — ^273.; 

Q3 

- / ' 



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' ' J I 



3^4^ T A B II E 

Amphyctions (diète des) , ses fonctions^ 
ses inconvéniens. Introduction. 20. 

Antébrogius , noble de la cité des Ré- 
mois 9 txah't sa patrie pour favoriser César. 

I. 2.49* 

Aktibes, colonie marseilloise dans la Cel- 
tique. I. 196. 

Antiochus Eptphane, roi de Syrie, en- 
voie une armée dans la Judée et y nomme 
un gouverneur. III. çS. 

Veut détruire la religion des juifs. III. 96. 

Antoine ( Jifarc) se réfugie dans les Gaules. 

II. i55. 

Antonin, empereur romain. II. 3i8. 

Antonius Primus, gaulois célèbre. III. 54- 

Apôtres , abandonnent Jésus lorsqu'il est 
arrêté. III. 167. 

Reprennent courage après sa mort. III. 168. 

Tâchent de réunir les diverses croyances 
des juifs sur le Messie. III. 169 — 170 , ij2. 



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3> E S M AT xi H B S. 3^4^ 

Forment la première société chrétienne^ 
ÎIL 173. 

Restent unis $mx juifs. III. 174* 

Aquitaijs-b, partie de la Celtique, soumise 
par Crassus. I. 2.62. 

Arioyistb, chef des Germains. I. 2:^3 — ^224; 

Entre dans la Celtique , appelé par les Ar^ 
tyerniens et les Séquaniens* I. 224. 

Aide les Séquaniens à soumettre les Eduen&*: 

Se paie de sçs peines en s^emparant dea 
terres des vainqueurs et des vaincus. I. 225* 

S'établit dans la Celtique avec ses Germains^: 
îbid. 

Envoie à.^% ambassadeurs aux Romains pour 
leur demander leur amitié et le titre de roi*. 
rï. 225 — 226. 

Reçoit ces titres. Ibid^ 

Les nobles de la Celtique knplorent contrfr 
lui la protection de César. I. 241 — 2^42- 

-Vaincu par César. J. %\é^* 

Q4 



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A I 



â48 T A B L 1 

Armorique , province de la Celtique. II. gS^ 
Ancienneté du commerce.de cette province^ 

Arts £T Sciences ^ chez les Gaulois* lit. 
'4i — 62. 

Arvernes , peuples de la Celtique ^ situé 
sur la rive droite du Rhône. I. 204*^ 

Leurs guer^'es avec les Eduens. Jbid» 

Attaqués^ par les Romains et vaincus. I* 

Soumettent les Eduens. I. H24- 
Opprimés par Arioviste. I 225* 

Leurs vins. III. 12. 

Asie (peuples de V), leur antiquité. /«- 
iroduction. 3 — 7. 

Suivent mécaniquement la route de leurs 
anciens calculs asjtronomiques ^ sans faire de 
recherche. Ibid. 

Opinion de Bailly sur ces peuples. Intro^ 
duction. 7. 

Véritable 'cause de la torpeur de leurs esr 
prits* 8* 



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DES M À'T I i a ES. 249 

Assemblées (ûfe la Cité)^ ce que c^étoili 
chez les Celtes. II. 128. * 

Manière dont elles se tenoient. Ibid, 

Athenofolis ^ colonie marseilloise. I. 202; 

Atrebates, peuple de la Celtique , battent 
les troupes de César. I. 2.5^ — :lS5. 

Auguste, Voyez Octaye. 

Devient maître de tout Tempire romain*^ 
IL 164. 

Son caractère* II. i65. 

Exerce la tyrannie sous les formes de la 
liberté. II. 166. 

Le sénat lui décerne tous les honneurs et 
toute la puissance. Ibid. 

Son respect hypocrite pour le sénat, fl. \6j: 

Délibère sur la question de savoir s*il étoit- 
expédient pour la république qu'il se démît 
de son pouvoir. IL 167. 

Est nommé prince du sénat. IL 169* 

Feint de vouloir abdiquer Tautorité sou- 
veraine. IL 170» 



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! 



!iSo T X B î. E 

N 

Est chargé du commandement suprême do- 
Tarmée sous le titre d*empereur j du gouver- 
nement des provinces sous celui de proconsul^ 
et reçoit le titre dH Auguste^ 

Prend le gouvernement de plusieurs pro-- 
vînces. IL 172. 

Met une garnison dans Rome et dans 
Vltalie. IL 173. 

Reçoit à vie les puissances consulaires^ 
tribunitiennes ^ et la dignité de souverain 
pontife. ïbid^ 

Reçoit le titre de" père de la piatrie et dô^ 
dieu. IL 173. — 174. 

Permet qu'on lui élève à^^ temples dans, 
les provinces. IL 174» 

Se rend dans les Gaules pour y établir 
son nouveau gouvernement. IL 181. 

Sa conduite odieuse envers ,les Salasses^ 
IL 209 — aïo. 

Mène une armée dans les Gaules. IL :liii^ 

Ote les droits à plusieurs villes. II. 2i3» 

Adore les dieux des Gaiilois. IH. 63. 



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DES Matières. 2,5k 

Elève un temple à Circius , vent de bise , 
qui soul'floit avec impétuosité dans la Gaule 
narbonnoi^. III. 64^ 

Défend aux citoyens romains de prendre 
part aux sacrifices des Druides. III. j5. 

AuLERQUES , peuple de la Celtique , se ré-» 
Yoltent contre les. Romains. I. 262. 

Soumis par Sabinus. 16id. 

B 

Babylone, observations astronomiques 
trouvées dans cette ville du tems d'Alexandre. 
Introduction^ 5. 

• BabyloIstiens, leur antiquité, feurs calculs 
chronologiques. Introduction. 7. 

Baptême , cérémonie empruntée des payens; 
III. 140. 

En usage chez les juifs. Ihid. ' 

Bardes , poètes célèbres chez les ^cîens 
Celtes. II. 38. 

Se trouvent chez les Germains. Ibid. 



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r. 
1 

L 



a5a T A B L B 

Fâisoient uu trafic de la louange. II. 39; 

Satayes^ penplés Toîsins des Gaulois. H.^ 
069. 

Sortis de la Germanie. Ibid. 

Portoîent le titre d'alliés et frères des Ro- 
lUi^ins. Ibid. 

Fournissent aux Romains des hommea et 
des atmes. Ibidm 

Célèbres par leur bravoure. II. a.jo. 

Conduite atroce des Romaias à leur égard, 
H. 271 — 272. 

V 

S'opposent aux enrôlemens des Romains; ' 
II. 272. ^ 

Excités à la guerre contre les Romains par 
Civilis, leur chef. Ibid. 

Se joignent les Caiminefates. 274* 

Leurs guerres contre les Romains. II. 27a 
«— 3o2. 

Selges , peuple du nord de la Celtique j 
nenacés par César. I. 2>^6. 

Leurs mœurs, leur situation. I. 24^ — Mj^' 



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^ E s M A T I i B. E s. ^ a53 

Voient en frëmîssant les progrès de César 
dans la Celtique. I. tJ^j. 

Rompent toute alliance avec les Eduens , 
qui avoient trahi leur propre i^dLjs. Ibid. 

Se liguent avec les Cultes ^ ennenfîs des 
Romains. I. 248. 

Bellovaques, peuple delà Celtique^ s'op- 
posent à César, I. 3oo — 3oi. 

Sont vaincus. I. 3oa, 

Beziers^ vUle des Gaules. Ses vins. I^. xa., 

BiTUiTiTs, foi des Arvernes, vaincu par 
les Romains. I 2o5. 

Trahi par les généraux romains, est conduit 
à Rome et sert d'ornement à un triomphe. 
I. 2.06. • % 

BxES , perfectionnés par les Gaulois. III. 11. 

BoÏENs , peuple le plus brave de tous les 
Celtes d'Italie. I. i83. 

Sont excités par leurs chefs à rompre leurs 
traités avec les Romains* I. 184. 



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!^54 T A B I. k 

Efforts de leurs chefs pour^ l'es asservir. 

Vaincus par les Romains. I. 188. 
Se rietirent sur le Danube. Ibid. 

Bois , considérables dans les Gaules. III. ^^9; 

BBETACNis , fournit aux Gaulois de Tétaim , 
des peaux , des esclaves etdes chiens de chasse. 
III. 39 — 4^. " 

Brikion , chef dés Canninefates. II. :i^S* 

Sa hàîne contre les tyrans. Ibid. 

Commande ses concitoyens dans les guerres 
des Bataves. /-6zV. 

S*empare d^un camp des Romains. II. ^^6* 

^ c 

Caxigula, motifs qui engagent Tibèire à 
le désigner pour son successeur. II. iiS/. 

Succède à Tibère. Ibid. 

Idolâtré du peuple au commencement de 
son règne. H. aSS. 



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I 



13 E "S M A. T I i R E S. 7.5S 

! Son caractère et sa conduite atroce et extra- 
vagante* !!• Ï238 — 241» 

Fait une expédition ridicule dans la Ger- 
manie. II. 24^ — 34Ô. 

Sa mort. II. o^^j^ 

Caxïsthene j observations astronomiques 
qu'il* envoie de Babylone à Alexandre -- le- 
^rand. Introduction. 5. 

<]ANîisrius ( C. ) ^ lieutenant de César dans 
la Celtique. I. 3o3. 

'iPait un grand carnage des Celtes^ I. So^ 
-— 3o5. 

Cannineï'àtes , peuple de la Celtique , de 
lamême origine que les Bataves, entrent dans 
la ligue batave. IL q.j5. 

Commencent l'insurrection contré les Ro* 
laxains. Ibid^ 

' S*emparent d'un camp des Romains. IL 276, 

Canton , ce qu'on entendoit par-là dans 
ïi Celtique. IL 14 — 128. 

Cab-aîtes, secte judaïque* IIL 112» 



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J256 T A B I.^ 

Se divisent eh Caraïtes propres et Sadu* 
céens. III. 112. 

Leurs principes. III. ii3. 

Reconnoissent Timmortalité de l'ame , les 
récompenses et les peines d'une autre vie» 
l6iÀ 

Carottes , de la Gaule , estimées des Ro- 
mains. III. 39. ' 

' Carthage ^ colonie de Phéniciens. ïntro^ 
duction. \S I. 169. 

Sa situation. Ibid. 

Ses rapports politiques avec Rome et Mar- 
seille. I. 170. 

Casticus , noble de la cité des Séquaniens, 
conspire contre sa patrie avec Oergtorix. I. 
235. ^ 

Catholicisme, ses premières traces. III. | 
194— 195. 1 

Cecina, lieutenant de Vitellius, dans les 
Gaules. II. 259. 

Ses cruautés. II, tB^) — a<î5. 

Remporte 



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I 



3V E- s M A ♦ I i B. E S. nSj 

'Remporte une victoire sur les troupes 
d'Othon. II. 265 — a(î6. 

Celtes , peuples que les anciens compre-^ 
noient sous cette dênoiniination.L i43, 144, 
x46. . 

Leur liberté primitive. I. i44* H* 12; 

Leur gouvernement primitif. ïl. 12, — i5. 

Leur caractère et leurs mœurs primitives^ 
!• 147^ 1481 179. II. 16 — 24. . . * 

Leurs migrations. I. 147, 14^^ *49* 
Première irruption des ^Celtes en Italie. 
I. i(h. 

Ce qui les força à se fixer. I. 149, i5o. 
Différence dans leur caractère. II. i3o. 

Caractère du peuple. II. i36, i34, i3(5; 
i38, 139,143, i44- 

Caractère des nobles. II. i3q, i34, i35 • i36, 
x37,'i39> i38, i4p,i4i, 142, 143,144. 

Changement dans leur çaractèi'e. I. 16 1 ^ 

Ce que c^étoit que leurs rois. JI. ai. 
Leur religion primitive. II. a4-*-3o. 
Tomç III. îi 



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aSS T A*B I. E 

Les prejniei:s Celtes ii!ciirçnt poînt>de prê- 
tres. II. 27 — 3a. 

Moyens dont se servîrentMeurs- chefs pour 
les soumettre, II. 3o— r-33. 

Leur Jhiorreur pour la tyi^nie. II. 72 , 
75 f 7^- . 

Entrent dans le pays des Etrusques, font 
!a guerre aux Romains et brûlent la ville de 
Bome« I. 174 — 175. 

Changent de principes*. I. 175 — 178, 

Leurs expéditions lointaines. I. 178 — 179. 

Changemens dans le caractère et dan* les 
mœurs de plusieurs Celtes* !• 179 , i83 , 186. 

Destruction des Celtes en Italie. I. 188. 

Cause de cette destruction. Z6zV* 

Détruits dans les Alpes. J. 193 — 194* 

Se ligii^t^ontue les ïlomaîns et appellent 

les Germain^ à leur secours. I. 220—221. 

♦ 

Ce qu'ils étoient du téms de César. IL 
6 — 11* 

Gouvernement de la Celtique à cette époque; 
II. ZO— rll. . \ . 



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DES Matières. 2^59 
Leur religion à cette époque. IL 43—70, 
Origine de leur commeroç, IL 87 — 92. 
Progrès de ce commerce. IL 92—98. 
L'agriculture très-ancienne chez eux. II, 



ÏOO. 



Ils la perfectionnent, IL' loi. 

Différence entre leur agriculture et celle 
' des Germains. III. 101, 

Connoissoient à cette époque Pusage des 
caractères grecs, IL 118 — xig. ^ » 

Leur langue. IL 120-^1212. ' 
Leur poésie et leurs sciendes. II* 108. • 
Leurs habitations. IL 123-^129, 
Origine des cantons. JU 14. 
Origine des cités. IL 128. 

Dans quel tems ils eurent de^ pljices fortes^' 
IL 129. - 

Corrompus par les -Romains et les Marseil- 
lois* I. 218. 

Causés de «ettô corruption^ L 218— mo: 



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aôo T A B X E 

Changemens dé mœurs, de lois , d*asages^ 
et: d'opinions parmi les Celtes. III* i. 

J^oyez G AVLOis. 

Celtïlxus , noble de la cité des Arvemes , 
condamné a mort pour avoir tenté de se faire 
roi. II- 73* 

Celtique ^ 'ce qu'on entendoit par ce 'mot 
dans les tems les plus anciens. I. i43 — 144- 

Sçs productions naturelles. IL 96 — 98. 

État de ragriculturé dans ce pays lors de 
la conquête de César. Û. 98 — io3. 

' Division de la Celtique lors de Pexpédi- 
tion de César. I. 2.2.^ 

Nations qui rhâbitoient. L aSo. 

Gouvernement des différens peuples de la 
Celtique. I. 2^3i. 

Révolte excitée dans la Celtique* I. 267 
— ^:i73. - 

Ligue des cités contre les Romains. I. 2.74* 

Origine des cantons. IL i4* 

Ori^ne des cités. IL i^8. 
Voyez Gaule. . ' 

CfiauMS, général romain, conduit urtft 



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DES MATliRES» a6i 

fiombrense armée contre Ciyilîs et la ligne 
bataye. II. 293. 

Est battu par Civilis. .II. iiçS. 

Le bat à son tour. II. 298 — 299. 

Éprouve de nouveaux échecs. II, 2,gg. 

Ses troupes sonjt surprises dans la Batayie; 
II. 3o2. 

Fait la paix avec Ciyilis , et au nom dtes 
Romains une nouvelle alUance avec les Ba- 
*tayes. lôid. ♦ • 

Cés^K y forme des projets contre la Cel- 
tique. I. 226. ' 

Profite des trahisons des nobles et des 

prêtres de la Celtique. I. 282. 

f 
Défait les Helvétiens. I. 237 — 238» 

Reçoit une ambassade des nobles de la Cel- 
tique qui implorent sa protection contre Ario- 
yiste. I. 241 — 242. 

Propose tme entrevue à Arioviste. I. 24^. 

» Lui hvre ime «bataille et la gagne. I. 244- 

Marche contre les Belges et les défait. I^ 



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a62 T A B 1 B 

S^empare de la Capitale des Bellovâqties; 
I. z52. 

Soumet les Ambians. h '2.53* 

Songe à entrer dans les îles britanniques. 
I. 2^64' 

Est reçu par les Morins. I. 2,65. 

Porte la guerre dans la Bretagne. I6id. 

, Est rappelé dans la Celtique par des trou- 
bles, lèid. 

Perd une partie de ses vaisseaux et de ses 
soldats. lèid^ ' * " 

Subjugue les Morins qui s'opposent à son . 
passage, I6îd,. , 

Subjugue les Ménapiens. I6id» 

Veut emmener les nobles de la Celtiquci 
dans la Bretagne. 2.66. 

Fait la conquête de la Bretagne. I. 266 — 266. 

Est en danger de perdre la Celtique.^ I. 2yj. 

Combat Vercîngentorix. I. ^80 — 299. 

Soumet de nouveau plusieurs cités de la 
Celtique. I. 299 — ^Soo. 

Pait Ja guerre aux Bellovaques et les soumet» 
I. 3oo — 3os. 



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3> E s M. A jp I â R E S. 26S 

' 'Achève de soumettre la Celtique»: I. 807 

Sa conduite dans la Gaule àpïè» Favoîr 

soumise. lit iSi- — 155. 

♦ . . ■ , • 

AfFecte de trouver chez les Celtes les dieux 
des Romains. III. 63* 

$a mort.lî. i5%^ 

Chaldbens ^ leur antiquité et leurs calcula 
astronomiques. Introduction. 5^ 

Charmis, de Marseille ^ médecin célèbrev 
ni. 55. 
• 

Çh4îîe y objet de la vénéftitîon des Druides; 
II. 56. 

Origine de cette superstition. II. 56^58^ 

' Chervz y du Rhin^ IIL 39, 

Chevaliers ,. ce que ç^étoît chez- les Celtes^ 
11.^6^ 8,9. 

Chinois , leur antiquité. Introduction, ji. 

CiiRiMEKS, mettent tout en commu». Illr- 
Ï76 — 177. 

R 4 



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Première société chrétienne, m. 178^ tj^; 

Cette société n'est qu'une réforme de la re- 
ligion judaïque. III. 175* 

Caractère des premiers chrétiens. III* ijS 
—176. 

Causes de l'accroissement de leur doctrine, 
m. 178. • ^ \ 

Séparés des Juifs. I6id. 

Diverses formes de gouvernement établies 
dans les premières sociétés^ chrétiennes. III. 
184J 

' Véritables démocraties dans la constitution 
primitive des sociétés dirétiennes. III* «184 
'— j85. 

Bravent les ordres des tyrans* III* 187. 

Sont chassés de !tlome par l'emperelir Claude; 
m. 188. 

Accusés par Néron de l'incendie de Rome.^ 
III. 188—190. • 

Persécutés sous ce prétexte. III. 190 — 192. 

Tranquilles depuis Néron jusqu'à Donur 
tien. III. 192 — 193. 



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DES Matières. ^65 
Nouvelle constitution dans les sociétés chré* 
tiennes. III. 194. 

Premier exemple d^une société chrétienne 
qui demande à la société chrétienne de RoQie 
des décisions et des secotirs. III. 196. 

Société chrétienne primitive de Jérusalem ^ 
déclarée hérétique. III. 196^197^ 199. 

Redoutable aux tyrans. III. 200. 

Traitemens infâmes que leur fait souffrir 
Domitien. Ibid. 

Faroissen't dans les «Gaules. III. 2o3 — 207; 

Opinions et usages des premiers chrétiens 
des Gaules. III. 207 — ^09. 

Regardés par Marc-Aurèle comme des sé- 
ditieux et des fanatiques. III. raio. 

Persécutés dans les Gaules. Ibid. 

Leur conduite à Lyon. III. 210 — ^217. 

Christianisme , son caractère. IIL 175 

Cause de ses premiers progrès. III. 175 
— 182. 

Ses progrès. III. J78. 



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a66 Table 

Séparé du judaïsme. III« 178; 

Ses premières traces dans les Gaules. III: 

ao3 — 207. 

• • 

Eglises d'Arles , de Lyon , dç Vienne. III; 

CiMBRES , leur imiptioii en Europe. L 212; 

S*allient avec les Belges. I6id. 

^^ • 

Font la guerre atuc Celtes îndépendans. I: 

• S^avancènt dans la proyince romaine. 1. 2ii3. 

Franchissent les Pyrénées. /AzV. 

Sont repoussés des Espagnes par le$ Cel- 
tibériens. Ibid. 

Défaits par Marius et Catulns. f. 214 — ai5. 

CiMMjÉRiEKS^ Iteur grande migration. 1. 158* 
Suites de cette migration. I. 161. 
' CiTJÈ. Ce que c*étoit chez les Celtes. II. 128; 

•- Civiris, chef des Bataves. Ht 270. 

Excite ses concitoyens à se révolter contre 
les Romains, II. !l^%^%^5é 



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i> I! s .Ma t I i B. ES. 267 

Fait la guerre aux Romains. II. 277. 

Remporte sur eux une victoire éclatante; 
Jbid. 

. Excite les Gaulois à secouer le jpûg des 
Romains. II. 377—280^ 

Remporté une seconde victoire, II. 5^8 ï; 

Engage son armée à prêter serment de fidé- 
lité à Vespasien. IL 282. 

Se déclare ouvertement ennemi de Tem- 
pire. il. 285. 

Force des légions romaines à prêter ser- 
ment au nouvel empire des (ïaules. II. 289. 

Est abandonné par les Gaulois. IL /293— 

Surprend le camp de Cerialîs et remporte 
une victoire éclatante. II* 298. ^ ^ 

Est vaincu à son tour. II» 298 — ^99. * 

Répare .son échec, 11.^^299* 

Vaincu de nouveau , se retire dans son île.' 
IL 3oi. 

Surprend les légions romaines^. les épargne 
et fait une paix houorablç. IL 3oi — 3o2. 



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fer. 



a68 T A B t i 

CzyiLiSATiON , introduite dans la Celtiqxxei 
par les Maxseillois. I. i6j. 

Obstacles à ses progrès dans la Celtique; 

I. j68. 

Classictts, noble de la cité des Tjrévîriens , 
se joint à Cîvilisdans la guerre dés Batayes* 

II. 5^87 — ^289- 

Se croit maître de Tempire GatdoiS. IL 291; 

CrAUBE y succède à Caligula. II. ^8» 

Favorise les juifs. III. t86. * . 

-Fait des lois contre eux» Ibid. 

Les chasse de Rome. III. 188. 

Renouvelle les lois de Tibère contre les 
Druides et les sacrifices humains. III. j5. 

»Sa mort. II. uSoJ 

CrisfHiNB, rétablit et perfectionne la dé- 
mocratie à Atl^ènes* Intraduction. 5a. 

CLODius-QMaïKALis, gaulois^ orateur cé- 
lèbre. III. 5i. 

CoDRTTs , -dernier roi d^^^thènes , se 6$icri£e 
pour son pays. Introduction., 43» 



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i> E s Matière s. 2,6gi 

Colosse 4' Auvergne , statue cdlossale qui 
reprësentoît Mercure, ouvtage de Zénodore, 

statuaire gautoîs. III. 62. ^\ 

>^ 

Commerce , des Romains et ^es Gaules , 
sous les empereurs romains. III. i5 — 4^. . 

Gêné par les monopoles du prince et de ses 
'favoris. III. 16. 

Avantages des Gaules sur les autres pro- 
vinces romaines ^ relativement au commerce, 
m. 25. 

Commerce de vins ilans les Gaules. IIL 28J. 

Commode , empereur romain. II. 32q* 
Sa mort. IL 32i. 

Cornélius Gallus, gaulois, poëte célèbre; 
III. 53. 

Crassus (P. ) , lieutenant de César dans la 
Celtique , soumet tous les peuples maritimes 
depuis la Seine jusqu'à la Loire. I. nS'/. 

Vexe les Venètes. 1. 261. 

Est envoyé par César contre l'Aquitaine. 
L 262. 

Crïbles , de toute espèce , inventés par les 
Gaulois. IIL io« ^ 



I 



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• i ^ 



»70 



T A B I, E 



Crinos; dé Marseille^ médecin célèbre i 
lÛ. 55. . 

CYRirtis , île ancienne , .habitée par des 
Phéniciens , aujourd'hui la Corse. Introduc^ 
tion^ i6. , s 

Ctrus, roi de Perse, fait la guerre aux 
républiques Grecques et les soumet à un tri- 
but. Introduction^ 58—59. 

Passe pour un messie chez les juifs>-^j[II. 98^ 

Permet aux juifs de retourner dans leur^ 
patrie et de rebâtir la yille et le temple 
de Jérusalem. Ibid^ 



D 



Dames Romaines, se servent, pour don- 
ner' à leurs cheveux une couleur rousse , 
d'un savon inventé par les Gaulois. III. 34. 
[ • - 

Darius, roi de Perse, fait la guerre aux 
Grecs d'Asie. Introduction^ £1 — 63. ^ 

David , roi des juifs. III. 92. 

Dé>iêtriu5 , philosophe , relégué dans tmc 
île , par Vespasien. IJ. 3o4. 



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3> E s M A T JE ^ R E S. 



irjx 



DÉMosTHiNE , de Marseille, médecin cé- 
lébrer m. SS. 

Devineresses , chez les Celtes. IL 33. 

Etoient arbitras des guerres et des diffé- 
rends. IL 34 — 35. • 

Exerçoîent la médecine. IL 35-^36. 

K:égardées comme des, divinités. IL 57, 

Devins^ leur origine. H, 3i — 33. 

Dieu , la doctrine d'iin seul Dieu enseignée 
secrètement chez toutes les nations anciennes, 
III. 84. 

Se fortifie chez les jtiifs par leur commence 
avec les étrangers. III. 100. ♦ • 

DiviTiAC% Druide de la Geltîque , trahit 
sa patrie et en facilite la Cbnquête aux Ro-» 
mains. I. 227,:i28, 241,^42. 

Ravage, par ordre de César, lès terres des 
Bellovaques. L.25i. ^ 

Intercède auprès de César poiir les Bello- 
vaques. L 252. 

Doctrine SBÇKETTE , enseignée chez les 



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272 T -A B L E 

Celtes j à quelques prêtres et à quelques ^hnds p 
après de longues épreuves. III. 69. 

Ad'mettoit des esprits intermédiaires. I6id. 

DoMiTiEN., succède à Titus j son caractère , 
6a conduite. II. 3o8 — 309. 

Fait arracher les vignes des Gaulés. III. i3. 

Motifs de cet ordre. III. i3 — 14. , 

Domitiits-Aferj. gaulois, orateus célèbre. 

IIL 5i. 

.. . * '^ 

DRAPis y chef de la cité des Senonois , fait 
la guerre aux Romains. I. 3o2. 

Vaincu et pris par les ]R.omaiils. I.' 3o6. 

Druides, leurs fonctions, leur constitu- 
tion. II. 6 — 8. •• 

• Avoient usurpé tous les pouvoirs II. 10. 

Établissent les plus horribles superstitions; 
II. 39 — 4^. 

Se rendeni;^ les maîtres de la nation. II. 43 
—62. 

Établissent le$ sacrifices humains. IL 58 

Établissent 



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Établissent rexçommùnîcatiôn, II. 60—61^ 

Leur morale. IL 61—62* 

Leur doctrine. II. ôz-^^ô'/é 

Cachent aVeC soin leur jphîlosophîe. II. '^r^^- 

Ce que c'ètoit que cette philosophie. IL 
5r8— 79. 

Défendent de mettre leUr doctrine par écrit; 
ÏL li5. 

Se servent de Pécrituré. IL ny—^ng^ 

Se servent des crânes des ennemis en guîse 
de vases sacrés. IL i38. 

Conspirent avec les nobles contre la liberté 
de leur pays. I. ^227, 228, 282. 

Drùsus , assemble à Lyon les nobles de lu 
Gaule , et les engage à trahir leur patrie. IL 
atiS — 2i6i 

Entre dans là Germanie , dispersé les Ger- 
mains , pénètre jusqu'à TElbe ^ où la terreur 
le saisit et l'oblige à revenir. IL 1^17—218. 

Sa mort* IL 2i8. 

DuMSTAC , chef de la cité des Andes ^ fait 
h guerre aux Romains» L 3o2. 
Tonte III. S 



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uj4 Table 

Battu par Fabius. I. 3o4* 

DuMNORix , noble de la cité des Eduens , 
conspire, avec le druide* X)ivitiac, son frère, 
contre la liberté de son pays. I. 227 , 228 , 
235. 

Refuse de passer dans la Bretagne avec 
César, I. 7.66. 

Massacré par les ordres de ce général. lAid. 

DuRAC , noble de la cité des Pictons , es- 
pion des Romains dans la Celtique. I. 3o2. 



- Ebionites, secte de chrétiens, sortis de 
la société primitive de Jérusalem. III. 199. 

Se séparent des Nazaréens. I6id. 

Ne regardent Jésus que comme un homme 
juste. J6id. . 

Ebusus, île ancienne, aujourd'hui Ivîça , 
colonie de Phéniciens. Introduction^ \6. 

Écoles, de Marseille. III. 56^ 
d'Auttin. III. 58. 



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DES 'M A T I i B. E S* 376 

. $lcoL£S de Vienne. III. 58. 

de Toulouse. III. 5g^ ** 

de Lyon. làid. 

Edtjens , peuple de la Celtique. I. 2,04: 

Leurs guerres avec les Àrvernes et les Al- 
lobroges^ I6id. 

Font alliance avec les Romains. 16 id. 

Églises Chrétiennes, fondées à Vienne 
et à Lyon par des Grecs. III. 4^. 

# ■ 

ÉoYPTE , centre du commerce de Tlndé. III; 
18. 

Source de richesses pour les empereurs ro- 
mains. III. 20. 

Double droit de passage établi &ur les mar-* 
chandises dans les ports d'Egypte. III. ^1. 

Égyptiens , leur antiquité. Introduction. .7. 
Leurs calculs chronologiques. I6id.~ 

Sont les premiers commerçans du monde 
coimu» Introduction. 10. 

S a 



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sAj6 T A B li B 

Éloqiténce , les Gaulois s'y appliquent avec I 
succès. III. 48 — 53. j 

Elviens , peuple de la Celtique , découvrent 
une vigne dont la fleuraison ne dure qu'un 
jour. III. :i 2. 

£ssénieks y secte judalîque. III. 112. ' 

^aroissent d'abord en Egypte. III. 114. ' 

Se répandent dans la Palestine. 16 id. \ 

Forment une espèce de secte philosophique , ' 
^ uniquement occupée du soin de soumettre les 
passions au joug de la raison. lôid \ 

Formoient des corps ' séparés du reste de | 

la société. I6id. ' 

I 

■ Vivoient dans le célibat. I6id^ 

Ressembloient beaucoup aux moines. I6id. 

Étoffes, fabriquées dans les Gaules. IIL 

Avec des figures de diverses couleurs. I6id. 

EuTHTMENES , philosophe marseiliois. Il* 
Î04. 

Ses voyages. II. io5. 



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D 3E s M A T I i R E S. f t J77 
F 

. F Ai , espèce de blé> perfectionné et cul- 
tivé de préférence par les Gaulois. III. 11. 

Favorin , gaulois célèbre dans Téloquence ,, 
ï^hîstoire et la philosophie. III. 52* 

Écrit des ouvrages en grec. III. 4^. 

Femmes, sont les premières qui se mêlèrent 
de prophétiser^ II. 33. — 35* 

Les Germain^ attribuoient aux femmes queK 
que chose de saint et de prophétique. II. 34. 

Chez les Celtes, étoient arbitres dès guerres 
et des différends. II. 34 ^. 35^ 

France y d'où vient ce nom. I. 144, 

Fromaojes de Nîmes et du Géyaudan. IJI. 

Fronton , gaulois , orateur célèbre. III. 52. 
Enseigne l'éloquence à Marc-Aurèle. Ibidé^ 



53 



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iyS Table 

G 

Gabiniek^ gaulois , orateur célèbre. III. 5î. 

Galba , lieutenant de Cësar dans la Cel- 
tique , soumet la plupart des peuples de ce 
pays , depuis le lac de Léman jusqu'au-deià 
du Rhône. I. 258. 

Galba , successeur de Néron j son caractère» 
IL sl56. 

Donne le titre de citoyen Romain à tous 
les.habitans des cités de la Gaule qui Tavoient 
reconnu empereur sans balancer^ et se venge 
des autres. IL 2,56 — 257. 

Les légions des Gaules se soulèvent contre 
lui. IL 258— -aSg* 

Sa conduite dans les Gaules. IL 259. 

Sa mort. Ibid^ 

Galil££ns, secte judaïque. III. 117. 

Regardent comme une impiété d'obéir à 
un maître. Ihid^ 

Dîsoient hautement qull falloit exterminer 
les tyrans. Ibid^ 



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1 



:dè* Matières. 579 

Tendent à rétablir Tâncien gouvernement 
républîco-théocratique. III. 118. 

Regardent le messie comme nn héros qui 
devoit opérer une révolution républicaine. 
Ibid. 

Sont massacrés dans le témplé de Jérusar 
lem, par les ordres de Pilate. III. i5ô. 

Gaules. ( Ployez Celtique.) D'où vient ce 
nom. I. i44- 

La Celtique nommée ainsi par les Romains. 
Ibid. 

Conduite de César dans les Gaules après 
sa conquête. II. i5i — 155. 

Passent sous la dénomination d'Aug;uste. 
II. 172^ 181* 

Dévastées par Auguste^ II. 182. 

Diilerentes nations qi;ii habitent les Gaules 
sous Auguste. II. i83 — 184. 

Diverses espèces de gouvernement dans les 
Gaules sous Auguste. II. 186 — 192. 

Dénombrement fait par Auguste dans les^^ 
paules. II. 193 — 195. 

Impôts. II.. 195 — 19,8. 

& 4 



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:^B0 T A B II 35 

Gouverneurs ou légats dans les Gaules^ II« 
J98, 

Troubles dans les Gaules. II. raio-^iii, 

La liberté se ralluine dans les Gaules. IL 

Elle est étouffée par les nobles. I6id. 
Etat des Qaules sous Tibère. II. ^32. 

Insurrection dçs Gaules sous CQt çmpereur^ 
II. 23^ — 235. 

Conduite de Calîgul^ dans les Gaules. H. 

Ravagées par Çécina et Valens. II. 269 

Extinction de la liberté dans les Gaules. 
II. 32a. 

Etat des Gaules sous les empereurs. III., 
^35 — 240. -- 

Ses bois, ses forêts, ses mines.. III. 29. 

On fabrique de la toile dans toutes les 
Gaules. III. 32 ^ 

Communications des Gaules pour le coïSr 
iRçrce. III. 35 — '35^ 



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B E s M^A T I i a E S. a8i 

Gavlb Narbonnoise , n'est çluS distingaée 
de ritalie. III. 8. 

Fertilité de son sol. III. 8 — 9. 
Ses productions. 16 id. 

Gaulois, voyez Celtes, « 

Leurs mœurs, leur caractère. I, 172. 

Font la guerre aux Romains et brûlent la 
vme de Rome. !• 174 — 175. 

Changemens dans leur caractère et dans 
leurs mœurs. I. 179 — 183 , 186. 

Attaqués par les Romains dans les Alpes. 
I. 194% 

Assocîoient les dîenx romains à leurs divi- 
nités anciennes^ ou donnoient aux anciennes 
des noms romains. III. 64. 

Sous Auguste ils n*avoient encore rien voulu 
changer à leur religion. III. 65. 

Avoîent u»e doctrine secrette. III. 69. 

Avilis sous Auguste. II. 2^00 — 204. 

Partagent , au nord , l'énergie des Ger- 
mains. II. 206. 

Songent sérieusement à ^couer le joug des 
Romains, II. 2{J5, 



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Echouent* dans cette entreprise. II. 28^, 
Causer de leurs malheurs. II. 289 , 290 ,, 

2191 , 292 , 293. 

Se portent avec ardeur vers Tétude des 

sciences et des arts. III. 4^* 

Etudient la langue grecque. III. 4^ — 4^' 
Se familiarisent avec la langue latine. III- 

Vont étudier à l'école de Marseille. III. ou. 
Attirent chez eux des savans de cette ville^ 

S'élèvent jusqu'à la gloire de Rome dan» 
les sciences et les belles-lettres. III. 5g. 

Portent les sciences et les arts dans la Bre- 
tagne. III. 59 — 60. 

S'appliquent avec succès à l'histoire. IIL 
54—55. 

Il leur est aisé de s'enrichii; par le com- 
merce. III. 39, * 

Leur commerce sous les empereurs romains.^ 
III. i5 — 4^» ' 

Gênés par les monopoles du prince et d& 
ses favoris. III. 16. 



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DES 



Matières. 283 



' Passifs relativement au commerce de l'Inde* 
ÏII. 7.5. \ 

Leurs avantages commerciaux, Ibid. 

Font un commerce considérable de vins. 
III. 28. 

Fassent pour les inventeurs de la toile. III. 

Perfectionnent la fabrique des étoffes. Ibid. 

. Donnent, des couleurs distinguées à leurs 
tapis. Ibid. 

Inventent Tart de former, dans le tissu des 
ëtofïes , dès figures de diverses couleurs. Ibid* 

Leur pourpre est plus éclatante et moîhs 
chère que celle des Phéniciens. III. 33.r 
Fabriquent du verre. III. 34. 

Inventent un savon qui sert à donner aux 
cheveux une couleui; rousse. Ibid. 

Tirent de la Bretagne de l'étaim , des peaux, 
des esclaves et des chiens de chasse. III. 

Tirent de la Germanie des esclaves et des 
pejileteries. III. 4^. 

Fournissent ^ux Oermains des toiles peintes» 
Ibid. 



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3i84 Table 

Perfectionnent Tagriculture dés Romains* 
III. 9 — 14. 

Inventent l'art d'amender la terre par la 
terre. III. lo^ 

Invjentent les cribles.^ I6id. 

Inventent les tonneaux. III. 10 — 11.. 
Cultivent tous les grains comme en Italie, 
ni. 11. 

Perfectionnent quelques espèces de grains. 

A quel point ils portèrent la culture dû la 
vigne. III. 14. 

Leurs mœurs sont moins corrompues et leur 
luxe moins extravagant que ceux des Rot 
mains. III. 2.7. 

Germanicus , commande les légions^ da 
Rhin. II. 2.2.4* ^ ' 

Perd son armée dans la Germanie. 11. 22.5^ 

Ger^maiiSts , leur caractère et leurs mœurs* 
I. 221—2.23. 

Opposent au despotisme d*Auguste leurs 
mœurs et leur liberté. II. 2q4- 
Leur haine contre les Romains. II. 2S>j*^ 



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i)ES Matières. 2i85 

Les Celtes les appellent à leur secours contre 
les ÎElomains. I. 2.2.0 — 221. 

Passent le Rhin et pénètirent dans les Gaules, 
n. 2n. 

, Plusieurs d*€ntr*eux viennent s'établir dans 
la Celtique. I. 2.26. 

Demandent la paix à Auguste. II. 21a. 
Recommencent la guerre. II. 2i5. 
Dispersés par Drusus. II. 217—218. 
Font la paix. II. 219. * 

Plusieurs sont transportés dans les Gaules; 

Des nobles germains acceptent le titre de 
chevaliers romains. II. 220. 

Sont traités avec rigueur par Quintilius 
Varus. II. 221. 

Se révoltent contre lui et taillent ses légions 
en pièces. II. 22a. ^ ^ 

Reprennent leur liberté. lèid. 

Différence entre leur agriculture et celle 
des Celtes. II. 161. 

Leur constitution et leur religion du tems 
de César. IL 70, 72. 



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5t86 Table 

Idée qu'ils avoîent de la liberté. II. */^* 

Gekuat^i^, fournit aux Gaulois des es- 
claves et des pelleteries. ITI. 4^. 

Grèce, Grecs, premières colonies de la 
Grèce. Introduction. i6 — 18. 

Premières expéditions connues des Grecs. 
Introduction. 18 ,19. 

Leurs preriiiers gouvernemens. Ibid. 

Diète des amphictyons , ses fonctions ,^ ses 
înconvéniens. Introduction. !ao. 

Guerre des Héraclides, ses suites, //x/ro- 
duction. 21. . 

Les républiques grecques s'établissent. In^ 
troduction. 21 — 22. 

Origine de la noblesse chez les Grecs. In- 
troduction. %\. 

Caractère des nobles. Introduction. 2.5. 

Etablissement des républiques de Sparte 
et d'Athènes. Introduction. 2.6 — 53. 

Comparaison des lois d'Athènes avec celles 
de Sparte. Introduction. 5o — 5a. . 



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i>Ei5 Matières/ 287 
Décadence des Grecs d'Asie. Introduction. 

Cyrus fait la guerre aux Grecs d'Asie e|t 
les soumet à un tribut* Introduction. 58 — 59. 

Darius fait la guerre aux Grecs d*Asie. 
Introduction. 61 — 63. 

Xerxès fait la guerre aux Grecs d'Europe, 
Introduction. 64 — 71. 

La Grèce est soumise par Alexandre-le* 
Grand. Introduction. 96. 

La Grèce est soumise par les Romains, In^ 
troduction. 97 — 98. 

N Considérations générales sur la Grèce et sur 
ley premiers peuples connus. Introduction.^"^. 

. Tableau historique de là philosophie chez 
les Grecs et les autres ppuples anciens. Intro- 
duction. 98 — 142. 

Les Grecç portent la civilisation au midi à% 
l'Europe. î. i5i. 

Grecs, voyez Gk^ci^. 

Grands-Prêtres, chez les juîfç , sont en 
même-tems gouverneurs. III. 95. 



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a86 T A B I. K 

Malheurs causés par cet usage.. III. 95.' 

Le gonyemement des grands-prêtres réta- 
bli, m. 96. 

I 

Les grands-prêtres , tyrans plus barbares 
que les Néron et les Caligula, III. 97* 

Gui de CniNB , objet le'plus sacré de la 
religion des Druides. II. 56» 

H 

HAsinisKs^ secte judaïque. III. im* 

Se divisent en Pharisiens et Esséi^ns. /^zV« 
Leurs principes. lèiJ. 

Helviétiens , peuple de la Celtique , trahis 
par leurs nobles. I. 233-^234é 

Condamnent ati'supplice du feu, Orgétorîx , 
qui ayoit voulu s^emparer de la tyrannie. I. 
a35. 

Ravagent les terres des^Uobrûges. I* iS/* 
Menacent la province romaine. I6id. 
Sont battus par César. I. 237-^a38* 

HELYÎDÎtrS 



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I>£S MATliRES. 289 

HblVibius Prîscus , philosoJ)hé , mis à mort 
par les ordres de Vespasieiii IL 3o4* 

H^RODE , surnommé le Grand y reçoit des 
iloonains U couronne de Judée. III. 98* 

HéROD;E y roi des Juifs du tems ^e la naisr 
fiance de Jésus. III. 119* 

Son caractère. /^/ûT, 

Son gouvernement. III. 120— lat; 

HsAOBXEKS^ secte judaïque^ attachée à là 
famille d'Hérode. III. 117. 

HiLOTES, esclaves des Spartiates', traités 
par ces derniers de la manière la plus cruelles* 
Introduction. 28-^29. 

Histoire, les Gaulois s*y appliquent avec 
succès. III. S^-^SS. 

Huîtres > de Médgc^ estimées des RomaînSil 
ill. 28. 

I 

Iccitrs , noble dé la cité des Rémois , trahit 
sa patrie pour favoriser César. J. 249* 
Tome IlL ^ T 



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290 



Tablé' 



Iduméens , peuple Yoisîn des Juifs, sronmîs 
par eux , et forcé à embrasser le judaïsme. 
III. g6. 

Inde , routes anciennes des jnarchandîses 
de rinde. Introduction. 12 — 14- ^ 

Route des marchandises de l'Inde. III. *^— 

25. 

Cçtte route est inconnue jusqu'au tems de 
Pline, m. 23. • .. .. - 

Indiens , leurs connoissances astronomiques. 
Introduction. 6. 

Cpnnoiçsent les satellites de Saturne et "de 
Jupiter. Ibid. 

Le système de Copernic a été puisé chez 
eux. Ibid. 

Leurs calculs chronologiques. Ibid. 

Induciomare , noble de la cité des Tré- 
tiriens. I. if^^j. 

Rejeté du gouvernement de sa cité par 
Gésar. Ibid. 

Se joint avec .Ambiorix , noble de la cité 
des Carnutes , pour s'opposer à Cé§ar. Ibid. 



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DES M À ^ î i R £ S, abi 

Trompe César par une ruse. I. 267. 

TTombè sur les Romains et en fait un grand 
carnage. I. 268. 

Attaque le canjp de Labiénus» I. ^70.- 

Est vaincu. Ibid. ^ 

Sa mort. Ibid. 

Immortalité de x'Ame , inconnue aux 
Jtufs,jusqu*à *la captivité de Babylone. III. 
I06. • 

Opinîon puisée par les Juifs chez les Chàl* 
déens. Ibid^ 



Jardins , leur magnificence dans les Gaules» 

m. 14. * 

Jéàn, paï^ent de.Jéslis , annonce la vettue 
du messie. III. i38---i39, 140^ 142. 

Concerte avec Jésus ' le plan d'une révolu^- 
tioUf IIL 141. ^ 

S'efforce de soulever le peuple jtdf contre 
^es tyrans. III. 144. 

Est mis en prison. Ibid. 

Ta 



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•/:292 T Ji B I. « 

Sa mort. IIL i44« 

Ses disciples se joignent à ceux de • Jésns. 
m. 149. 

JiHOVA , dieu suprême , adoré , chez leg 
Égyptiens , sous des symboles ipystérieux. IIL 
85. 

Adopté par Moïse^ Ibid. , 

Jésus 9 auteur d'une religion philosophique. 

•III. 81. 

/• 

Naquit du tems de la révolte des Galiléens 
contre les Romains. III. ^19. 

Abrégé de ion histoire. III. 121 — 1^5. 

Conjectures sur la source où il puisa sa phi- 
losophie. III. i24« 

Son caractère. III. i3o. 

Sa doctrine. III. 129 — 138 , x8o. 

Moyens qu'il emploie pour la répandre, 
m. i3o. 

Son but. III. i3i — 132. 

Ses liaisons avec Jean. III. i38 — 14^* 

Demande le baptême à Jean. III. 140. 



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J 



a> E s Matière s. ^^5 

Concerte avec Jean le plan d*une ^révolu- 
tîon.^IIÏ. i4i. 

Ses miracles. III. %4^ , i56—i5^. 

Se retire en Galilée. III. i4^. 

Cache ses desseins. III. i45 — 14^* 

Envoie prêcher ses apôtres. III. 149, ^54^ 

Se retire au-delà du lac de Tibériade. III.^ 
ï49- 
Refuse le titre de roi. I6id^ 

Ignorance de ses parens et de ses disciples^ 
IIL i5i. . \ 

Prêche dans le temple de Jérusalem ^ et 9& 
donne pour l*envoyjé de Dieu. III. iSn. 

Déclare qu'il est le fils de Dieu. I6id^ , 

V. 

Explique cette déclaration. III. i53. 

Sa mort. IIL i65r . 

Regardé seulement comme un homm^juste^ 
par les premières sociétés chrétiennes, III. igçv 

Jin>A8, juif de la secte des GaliléenSr III. 118^.^ 

Prêche leur doctrine ouvertement. làid^ 

T3 



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294 T A B îi E 

JFait des efforts pour briser le joug des Ro- 
mains. III- 118. '^ . 

Est regardé comme le messie • Ibid^ 

Sa mortv*III. 119. 

Juifs , abrégé de leur histoire jusqu'à Jésus, 
III. 82 — 119. 

Leur caractère. IIL 88. 

Tirés de l'Egypte par Moïse. III. 87-^89. 

Forment douze républiques sur les bords du 
, Jourdain. III. 90. 

Moïse leur promet un messie de la part 
de Dieu. III. 90 — 91. 

Ont une espèce de dictateur pour les tems 
de danger. III. 91. 

Établissent un gouvernement monarchique.' 
III. 92. 

Leur division en royaume de Juda etroyaume 
d'Israël. Ibid. 

Leurs royaumes détruits par les rois d'As- 
syrie , qui emmènent la plus grande partie des 
juifs. Ibid. 

Captivité de Babylone. lU. 92 — 93. 



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DES MATlifltES. 2^5 

Sont renvoyés dans leur pays par Cyrus. 
III. 93. • 

Forment un petit état dépendant de la Perse. 
IIL 94. 

Divisés en Juifs , proprement dits ^ et Sa- 
maritains, I6id. 

Soumis par Alexandre. I6id. 

Font partie du royaume de Syrie, I6id. 

Passent sous la domination égyptienne. I6ici. 

Repassent sous la domination des rois de 
Syrie. III. g5. • ^ 

•Forment un état indépendant. III. 96. 

Deviennent lès alliés des Syriens et des Ro- 
mains. Jèid. 

Soumettent les Samaritains et les Iduméens. 

Troublés par des factions^ implorent le* se- 
cours des Romains. Illi 97. 

Leur pays réduit en province romaine. 
J6id. 

Hérode est nommé , par les Romains , roi 
des Juifs. III. 98. 

T4 



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■^r^ 4 



jip6 . Table 

Le royaume y partagé entre ses trois fil§; 
m; 98. 

Quelques juifs se soumettent entièrement 
aux Romains* 16idé ^ 

Révolutions dans leur caractère et leurs opi- 
nions. IIL 99-^119* 

Se familiarisent avec les arts et les sciences* 
III. 101. 

Mêlent à leur système religieux Ce qu'ils 
puisent dans la philosophie des nations. I6id* 

Se divisent en pltisieurs sectes. III. loi , 102. 

N'qnt, jusqu^à la captivité de Babyloiie, 
aucune notion de Timmortalité de l'amCé III« 
106. 

Puisent cette opinion chez les Chaldéens« 
I6id. • . .. ^ 

Leur doctrine sur une autre vie tirée des 
Egyptiens. lèidé 

Cïoient à une espèce de purgatoire. Jèicté 

Croient qu^après la mort les âmes restent 
pendant douze mois autour du corps qu*elles 
ont quitté. IlL 107* 

Conformité de cette opinion avec celle de$ 
payens* lèid^ 



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I 



DES M À T I è ft. £ S. 297 

Ont leurs Champs-Elysées et leur Taxtare. 
III. io7--*xii. 

Ce que Ton entendoil par Juifs de la Pa- 
lestine. III. 116—117. 

Juifs hellénistes. Ibid^ 

Temple des Juifs en Egypte. IIÎ. 116. 

Éprouvent une guerre terrible , qui finit par 
la destruction de la ville et du temple de 
Jérusalem^ III. 193. 

Se rapprochent des chrétiens, III. igS — 194. 
JtTLius Flouus , gaulois , hutoriôii célèbre* 

ni. S^. 

' JuLius Graec^nits , philosophe gaulois , 
aime mieux mourir que d'obéir à Caligula , 
qui lui avoit ordonné une actioU criminelle, 
m. 79. 

JiTLius SloNTANus , gauloîs , poëte célèbre; 
IIL 53. 

JijiitTS Ssct^Nnûs, gauloîs > orateur célèbre # 
formé à Técole de Lyoû. ÏIÏ. 5i— 5;^* 



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,2^8 T A B I. K . 

L 

Langue Grecque , introduite dansles Gaules 
par les Phocéens de Marseille, III. 43. 

Les Gaulois Tétudient avec ardeur. III. 4^* 

• . 

Se répand dans toutes les Gaules. III. 4^' 
-46. ,' 

Langue Latine^ deyient commune dans 
les Gaules. III. 4^* 

Lexoviêns , peuple de la Celtique, se ré- 
voltent contre les Romains. I. 262. 

Soumis par Sabinus. Ibl/i. 

LiciNius , esclave de Césal* , puis procura- 
teur des Gaules. II. :2i3 — ^14. 

Ses vexations. Ibid. 

LicuRGUE, donne à Sparte, sa patrie, une 
constitution et des lois. Introductibn, 2.6. 

Précis de ces lois fleurs défauts, /i^/r^^zwr- 
tion. 29 — 4 2* 



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DES Matières. 299 

Comparaison entre ses lois et celles de So- 
lon. Ibid, 5o — 52. / 

Liguriens , peuple de la Celtique , oppri- 
més par les Romains , tentent de secouer le 
joug, I. ^i5 — 216. 

LoLLius ( M. ) , lieutenant d'Auguste dans 
les Gaules, s'oppose inutilement aux Ger- 
mains et est vaincu par eux, II. 211 — 212. 

LucTÉRic , chef des Celtes , fait la guerre 
aux Romains. I. 3o2, 3o4, 3o5. 

Vaincu par les Romains. !• 3o6. 

LuÉRius , roi des Arvernes. I. 208. 
Ses richesses et ses profusions.- /^zûT. 

Lyon , ville la plus commerçante des Gaules , 
aprèà Marseille et Narbonne. III. 3j — 38, 

Etape générale pour les Gaules. III. 38. 

,0n battoit de la monnoie d'or et d'argent. 

M 

Macédoine , tableau historiée de ce pays. 
Introduction* 8:a, 89. 



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3bo Table 

Mages de CHAi.i]f£f ^ voyez CHArDésïrS^' 
MAKûFAbTirRES , dcs Gaules. III. 3i-^35. 

Marc-Aurâle ^ empereur romain.- II, 319. 

Son règne. II. 319— 32o« 
Sa mort. IL 32o. 

Marcus Afer^ gaulois, orateur célêbrev 
m. 52. 

On lui attribue le Dialogue des Orateurs. 
Ibid. . 

. Màricus , fanatique , qui se faisoit passer 
dans les Gaules pour un dieu. II. 267. 

Rassemble une armée contre lés Romains^ 
II. 268. . 

Sa mort. Ibid. 

Marn^, son usage pour Tamendement de* 
terres, inventé par. les Gaulois. III. 10. 

Marseix&e , MARSÊtXLOis , fondation de 
cette ville par des Grecs de l'Asie mineure* 
I* i63-^i65/ 



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1>£S MATliR£S* 3oi 

Rapporfô des Marseilloîs arec les Celtes 
voisins. I. 166* 

Introduisent , dans la Celtique , ragricul<« 
ture, la civilisation. I, x6j. 

Avantages de sa situation. I. 168. 

Ses rapports politiques avec Rome et Car- 
thage. I. 169 — 170. 

Sa première alliance avec Rome. I. i7o« 
. Avantages de cette alliance. I. 171 — 172. 
Son commerce. II. 90 — 94^ 104. IH. 37; 
Ses vins. III. 12. 

Étâ(;tdes sciences à Marseille^ dans les tems 
anciens. II* 104, 107. 

Jette parmi les Celtes les premières semences 
libres des sciences et des arts. III. 56. 

Etend sa réputation dans l'Italie et dans 
tout l'empire. lôid. 

La jeunesse la plus distinguée de Rome ac« 
court à son. école. lAid. 

Les Marseilloîs enseignent l'éloquence aux 
Romains. II. lo^. 



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3o!2 Tablé 

Corrompent les Celtes par des objets de 
luxe. I. 2.18 — 219', 

Médecine, les Gaulois s'y appliquent avec 
succès. III. 55. • . 

Minoc , fournit d'excellentes huîtres. JII4 
28. 

Ménapiens , peuple de la Celtique , sub- 
jugués par César. I. 265. 

Messie, Moïse promet aux Juifs, de la part 
de Dieu , un messie qui doit les délivrer un 
jour du malheur et de l'oppression. III. 90 

.Obscurité de ces promeàses. ÏII. 91. . 

Cyrùs passe pour un messie chez les Juifs; 
III. 93. 

Des messies relèvent le courage dgs Juifs 
après la persécution d'Antiochus Epyphanes* 
III. 96. - 

Regardé , par les Juifs instruits dans la phi- 
losophie des nations, comme un médiateur, 
qu'ils nommoient le verbe de Jéhova, etc* 
III. 102. 



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D E S M A T I è R E S. 3o3 

"Le messie dés ♦Ttrifs semblable à FGrôsm^de 
de Zoroastre ^ au Tliantli des Ghâldéens, à' 
rÉmeph des Egyptiens , au Logos de Platon. 

in;io2. ' '• '■ '''^' ' '• ■'^'-' \ 

Téms ;où Ton froûire darîs'les livres des^- 
Juifs des détails sur "fè messie, considéré comme 
médiateur. Jèid, 

Opinions dés docteurs juifs sur lé messie; 
IIIï io3 — Ï04. '^ 

Ces opinions sont une suite dû système des 
émanations xépan du dans les philoSophiçs àn- 
ciejmes. IIL 194^-.^ j . > ; /^ . .;, 

Métaux, on en tire des mines et des fleuves 
des Gaules. IIL 2.9. ' . . , 

L'or des Gaules passe pour le meilleur connu* 
ÏIL 29 — 3o. 

r 

Moïse , législateur des Juifs. IIL 83. 

Est instruit dp-n^: la sciê«€e ^secrète desr 
Egyptiens. I|L .84. 

. Le premier dés législateurs ..ccÇïîiusiijuij^n.- 
seigna publiquement la doctrine d'un seul 
<iieT?...m. 84— U5.C-.,,-. -: /: . ' , 

Peinture qu'il fait_;de Dieu. liî. €5, 87, 88. 



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3o4 T A B L B 

Emprunte son Jéhova des mystères des Égyp- 
tiens. III. 85^ 87, Ç8* 

- MoNTANisTES, secte de chrétiens, m. 209; 

Leurs opinjjons approuvée^, puis condam*' 
liées [par l'église de Rome. Ibid. 

, MoRiNS, peuple de la Celtique. l.n,6S. ^ 

Favorisent le passage de César dans |e8 
^ fles britanniques. Ibid. 

S'opposent à lui et sqnt subjugués. Ibid* 

Le platane est cultivé chez eux. III. 14. 

Mort, origine des peines de mort cheas 
les Celtes. II. 39—40. 

3sr 

Narbonne, colonie romaine, capitale de 
fe province romaine. I. 2;ii. 

Ville la plus commerçante des Gaules après 
Marseille. IIL 37. 

Karboi^noise p province romaine dans I^ 
Gaule. I. «xi« 

Se« 



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I 

Ses vins doux. HI. 12. 

Nard {des Gaules) , tient le premiar rang 
après celui de Syrie. III. 3i. 

Nazaréens, société primitive de chrétiens, 
établie à Jérusalem. III. 196^ — 199. 

Ne prennent point le nom de chrétiens; 
m. 198. 

Sont déclarés hérétiques. III. 197 , 199^ 

Ne regardent Jésus que comme un homme 
juste. III. 199. 

Néron, empereur romaiu. II. sSà^ 

Ses cruautés, iliid. 

Les Gaules se révoltent contre lui, ïï. nSù 

Sa mort. II. !i54— *-:a56T. 

ÏÏerva, empereur romain. ÏI. ^09. 
Etat de Tempire sous son règne. Jbid^ 

Sa conduite. II. 817 — 3i8. 

Nerviens , peuple de la Celtique , les pluà 
austères et les plus courageux des Belges j ré- 
sistent à César, le vainquent, préfèrent la 
mort à l'esclavage. I. 3.53 — 2,55. 
TomellL Y 



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3o6 T A B L B 

Nice, colonie marseiiloise. I. 196. 

NisME , ville des Gaules j on y fait d'excel* 
lens. fromages. III. 28. 

Nobles ; leur origine et leur caractère chez 
les Grecs^ Introduction. ^. 

Conspirent , dans la Celtique , contre la K- 
berté du peuple. I. ^^27, 229 , aSa , a35 , 259 , 

* 260. 

Causent^ dans THelvétie , la perte de leur 
patrie. I. 234- 

Bedoutent la vie agricole et sédentaire. I. 

Demandent à César la permission de tenir 
une assemblée générale dans la Celtique , 
et marchandent avec lui la liberté de leur 
patrie. 1. 2.39 — 240. 

Demandent des secours à César contre Ario- 
viste. I. 241 — 242, 

Laissent César s'établir dans la Celtique,, 
lui servent d'espions et de délateurs , et joignent 
leurs armes aux siennes pour déchirer leur 
patrie. I. 245 — 246. 



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DES Matières. 30/ 

Etouffent dans les Gaules le feu de la li- 
berté, qui commence à se rallumer. IL a,iS 

2,1J. 

Sont cause de la dissolution de la ligue ba* 
tave. II. 293^— 298, 

NoBLBSSE y origine de la noblesse chez les 
Grecs. Introduction^ a4» 

Voyez NoBLîis. 

o 

Octave , s'empare de Rome , établît un 
triumvirat avec Antoine et Lépide. II. i56. 

Ses cruautés. II. i58. 

Sa conduite envers ses deux collègues. IL 
i58 — 162. 

Seul maitre de Tenipire. IL i($â. 

Voyez Auguste, 

Olbie , colonie marseilloise. I. 202. 

Orgétorix , noble helvétieù, engage ses 
concitoyens à faire 1a conquête de la Cel- 
tique. L ^34. 

y a 



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3o8 T A B I. K 

Fait entrer dans ses projets les nobles du 
pays dès Séquanîens et des Ëduens. I. !233. 

Ses complots sont découverts. I. ii35. 

Sa mort. I. 236. 

Othon^ excite une révolte contre Galba.: 
IL 259. 

Proclamé empereur, lôiûf. 

Ses troupes vaincues par l'armée de Vi- 
tellius. II. 2.65 — 266. 

Sa mort. II. 266. 

OxYBiENS , peuple de la Celtique^ attaquent 
Kice et Antibes. I. 196. 

Sont vaincus par les Romains. I- 197. 

Cruautés des Romains à leur égard. léid^ 

P 

Paùi. ; apôtre de Jésus , son caractère. III. 

Persécute les chrétiens. liid. 



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DES M A T I i R E S. 309 

Se passionne pour leur doctrine. III. 178. 

Frappe le premier coup de séparation entre 
le christianisme et le judaïsme. Ibid. 

Applique à la doctrine de Jésus les sub- 
tilités de la philosophie grecque. III. i83. 

Pbrses > leur antiquité, leurs calculs chro- 
nologiques. Introduction. 7. 

Fbtaonb, gaulois célèbre. III. S/^* 

Peuples > premiers peuples connus. Intro- 
duction. 3. 

Opinions sur Tantiquité de ces peuples. In^ 
troduction. 5. 

Asservissement du peuple chez les Celtes 
du tems de César. JI. 6. 

Peuples sauvages, état de ces peuples re- 
lativement aux cçmmunications avant Tinven^ 
tiôn des arts. Introduction. 1 , 2,^ 3» 

Pharisiens , secte judaïque. III. 113. 
Leurs principes. III. ii3. 
Préfèrent la tradition à la loi* Ibid^ 

y 3 



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3io Table 

Donnent dans tontes les extravagances de 
la magie. III. ii3. 

Attendent un messie. UI. 114* 

Phéniciens y leur activité , leur industrie , 
leurs inventions > leur commerce. Introduo- 
tion. .9 — 12. 

Leurs découvertes, leurs colonies. Intro^ 
'duction. 9—16. 

Philippe, rôî de Macédoine y son éduca- 
tion. Introduction. 83 — 84. 

Ses dispositions. Introduction. 84* 
Son caractère. Introduction. 84, 86. 

Ses desseins contre la Gréce^ Introduction^ 

87. 

Ses expéditions dans ce pays. Introduction.. 
87—95. 

Sa mort. Introduction. ç5. 

Philosophie, abrégé de THistoire de la 
Philosophie chez les peuples anciens. Intro- 
duction. 108 — 14^0 

Renaît sons le joug des empexeiurs. III» 78. 



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3> E s Matières. 3ii 
Se renforce dans les Gaules^ III. ^^. 

Se propage jusque dans les dernières classes 
du peuple. III. 8o. 

PxACES FORTES. A quelle époque on en 
trouve chez les Celtes*, II. lap. 

En quoi elles cojnsistoient. II. 1^9 — i3o. 

. Flatahe y introduit dans les Gaules. III; 14* 
Impôt sur Tombre de cet arbre. Ibid. 
Cultivé jusqùes ches^ les Morins. Ibid* 

Poésie, les Gaulois s'y appliquent avec 
succès. IIL 53 — 5^. 

Pommes, des Gaules. III. ^^9. \ 

Pourpre , fabriquée dans les Gaules. III^ 
33. 

Plus éclatante et moins chère que celle de* 
Phéniciens. Ibid. 

Ne supporte pas Teau. Ibid. 

Prêtres, les prêtres de la Celtique «e 
joignent ayec les nobles de ce pays pour as- 
servir leur patrie et la livrer aux lïomains^ 
I. 227, 228^ 232^ 254^ 7 M^' 

V4- 



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3ikZ T A B> L t 

Protince Homainb , nom de la première 
partie de la Celtique ,, conq-uise par le& Ro-» 
mains, I. 211. 

État des Celtea dans cette province soualesv 
Eomains. lèid^ 

Toujours en fermentation jusqu'à César^ 

Concussions de M, Fonteîusetde ses suc- 
cesseurç dans cette proyince. I.. ^3^16-^2x8;, 

Pythéas j philosophe marseîltois. II. lo^*. 

Ses voyages. II.. io5^ 

Ses découvertes* IL 106—107^ 

R 

EeZ'Igion^ des premiers Celtes, II. 24-^3o^ 
Corruption de cette religion* II. 3ô— 43.. 
Corrompue par les Druides^ II. 43 — 53. 

Religion des Gaulois sons les. empereurs, 
m. 63wai7., .: 

Rapports entre lia religion dea Gaulpis et 
celle dea Romains. III.. 7 i—j^. 



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DES MaTIÈ RE S, 3l3 

Religion romaine , sa décadence. III. 76 
—79*' 

Rémois , peuple de la Celtique , trahissei^^t 
leur patrie. I. 248. 

RoME^ ses commencemens, !• i53 et suiy. 
Sa décadence. II. i^S. 
Ses guerres civiles. II, 148 — i5ï. 
Romains ;^ leur caractère. I. 173— 174* 
Leurs guerres avec les Boïens. I» 174 — '^jSt^ 

Leurs guerres contre les Gaulois Cisalpins* 
I. i88. 

Atfaquent les Celtes inalpins. I. 193. 

Préparent la conquête de la Celtique. li^ 
5Ld3.' '^ ''' ••* ^ ^ ■ ■• ' '-'■-'• 

Songent à entrer dans la Celtique. I. 195» 

Entrent dans la Celtique pour secourir les- 
- JVDarseiUoîs , : - dont les . colonies étoient' atta- 
, quées par les Oxybiens ^ visûnquent ces der- . 

niers et donnent leurs terres aux Marseillois. 

I. 196 — 197. 

T'ont la guerre aux Salasses et le^ sou- 
mettent. I. 198. ^ 



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3i4 T A B i; K 

Asservis par Auguste, 11. 166 — 180. 

' Maîtres de quelques cantons dans la Ger- 
manie. îï. iï$. 

Routes^ depuis les Pyrénées, jusqu'aux Alpes, 
m. 35. 

D'Arles à Milan*. ÏU. 35—36. 

De Rome à Lyon. III. 36. 

De Lyon dans les Gaules. Ihid. 

Par les montagnes d'Auvergne ^ jusqu'au 
fond de TAquitaîne. IhïS. 

Du midi au nord des Qaules jusqu'à Bou- 
logne. III. Z^. 

Des marchandises de l'Inde. III. :i3-r-25. 



j.Sabinus^ lieutenant de César dans la C0I-* 
- tique ^ abat Viridorix ^ che£ àkQ% Unelles. I. 

Sabinus ( Julius), noble de la cité des Tré- 
viriens , se joint à. Civilis' dans la guerl'e de#^ 
Batàves. IL 287. 



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ï) E s Mat I i r e s. 3i5 

Se dit fils naturel de Césax. II. 1^87 , 288. 

Prend , dans sa cité , le titre de César et 
se fait proclamer empereur par une multi- 
tude de Lingons. II. 291. • 

Éprouve un échec, se sauve et se cache 
dans un souterrain, avec sa femme et ses 
enfant. II. 292. 

- Est rais à'tnort, ainsi que sa femme Épo- 
nine j par les ordres de Vèspasién. IL 3o5 

. 307. . \. ;. • 

Sacrifices humains , jbatroduits chez les 
Celtes. II. 39 — 43. 

Manière dont ils se faisoieiif. II. 59. 

SaDXTCBENS. III. 112. -, 

Leurs priïicipes. 16 id.. 

c Nient Timmortalité de Pâme, les peines et 
les récompenses d'une autre vie. 16 id. 

Becommandeat l'amour de Dieu , de ïa vertu 
et du prochain. III. 112. — ii3. 

Sagesse (livre de la) , attribué à Salomon; 
III. 107—108. 



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3l6 T A B I. E 

Est l'ouvrage de quelque Jîuif helléniste. 
III. 108. 

Est le premier livre des Juifs où Ton. trouva 
des traces de la philosophie étrangère. Ibid. 

; Salasses , peuple de la Celtique > sont ven- 
dus en esclavage I par les ordres d'Auguste. 

II, %0^ 310, 

Saliens y . peuple de la Celtique ^ attaquent 
Marseille. I. 199. 

Sont vaincus par les Homains. Ibid. 

Opprimés par les Romains , tentent de se- 
couer le joug. I, 2i5— 2^16, , 

SALOMON^roi des Juifs. IIL 92. 

N'est point l'auteur du liseré de la Sagesse^ 
III. 107 — 108. 

Sam AKiT Alises 9 Juifs , restés dans la Pales- ' 
tlne du tems de la captivité de Babyloïie, 
et mêlés avec des Assyriens. III. 94. 

Soumis par les Juifs. III. g6. 

Sont réduits sous le joug le plus dur: 
ibid. 

Peuple connu sous ce nom, III. 9^9. 



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J 



jy M s MATlie.RES» 3l7 

Abandonnent peu*à*-peu le culte des idoles; 
în. 1x5- 

Bâtissent un templb à Tinstar de celui de 
Jérusalem. Jàid. 

N^attendent pas, .comme les autres Juifs , 
un messie conquérant *et souverain. III. ii5 
— 116. 

Samolum, plante sacrée chez les Celtes; 
ÏI; 55. 

Sanctius-Augitrinus , gaulois célèbre. IIIj 
64. 

SANHinRîN , conseil de 70 vieillards, qui 
modéroit chez les Juifs l'autorité du grand-: 
prêtre. III. 96. 

Saiti., premier roi des Juifs. III. 92? 

Saxtmure, d'Antibes. III. aS. 

Sauvagss (peuples), état de ces peuples 
relativen^ent aux communications avant Tîn- 
vention des arts. Introduction. 1, a, 3. 

Savon , propre à donner aux cheveux une 
couleur rousse, inyex^té par les Gaulois* JII; 
34. 



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3i8 Table 

Sciences et Arts , état des sciences et des 
arts dans les Gaules sous les empereurs. III. 
41 — 62. 

Scythes , ce que leç anciens comprenoient 
£ous cette dénomination. I. 146. 

Leurs mœurs. I. 147 t 148» 

Leurs migrations. I. 147, i4^, i49> i5o# 

V Sectes (parmi les Juifs), furent formées 

par* les opinions philosophiques qu'ils pui^ 

;sèrent chez les autres nations. III. 111. 
♦ 

Leur origine remonte fort près du retour 

de là captivité de Babylone. Ibid. 

Hasidéens* III. 112. 

Cardites propres. Ibid. 

Saduç/éens. Ibid. 

Esséniens. Ibid. 

Thérapeutes* III. ii4^ . . 

Samaritains. III, ti5. 

Jidfs de la Palestine. IIL ^1^. 

Juifs Hellénistes. Ibid. 



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i> E s Ma t I a b. je s. 3i9 
Hérodiens^ III. 117. . 

Galiléens. III., 117— 118. . 

SiquANiENS. Leurs vins. III, 12.. â 

Sextius ( C. ) général romain y soumet \^ 
Saliens et fonde la ville à^Aquœ Sextiœ (Aix) , 
première colonie romaine dàds la Celtique* 
I. 199. 

SiGiMER , chef des Chérusques , forme une 
conspiration contre les Romains > taille eu 
pièces les légions de Varus et rend la li- 
berté aux Germains. II. ^i^i— ;a22. 

SoLON , législateur d'Athènes j précis de ses 
lois. Introduction. 45 — 5o. 

Comparaison de ses lois avec celles de Li- 
curgue. Introduction* So^^52. 

Stàtius Surculus , enseignoit l'éloquence 
à l'école de Toxilcmse. III. 59. 

Statué colossale d'Auvergne, représen- 
tant Mercure(^ ouvrage de Zénodore. III. 63. 

Statues de Mercure et de quelques autres 
dieux gaulois 9 étoiçot sans s^e. III. 65. 



/" 



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3ao ' ^ 1^ A B L E 

StrpBRSTXTio^ , comtnent elle fat introduite 
chez les Celtes. IL 3i— 43.- 

Pytée au comble. IL 43 — ^^^ 
T ; . 

. Tasget , noble, tyran die la cité des Car- 
nutes , sert les Romains contré sa patrie eJ6 
achète d'eux la tyrannie. L 22.8. 

Est assassiné. IL 73. , 

TERÈNtiûs Varron , gaulois , poëte célèbre* 
m. 53. 

Historien. IIL 54* 

Teutomale , chef des Sali^^^s. L 204» 

Teutons. L 2i:a— !îi4* 

Entrent en Europe avec les Cîmbres. î. ai 2^ 

S'allient avec les Belges. J6id, 

Font 1a guerre aux Celtes ihdépendans* I-; 
aia — âi3. 

S'avancent dans la provîpcç; romaine. J. 3x3- 

Françhjlssent les Pyrénées^ I6id* 

Sont 



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DES MATtiB.ES. 32t 

Sont repoussés des Espagnes par les Cel- 
tibériens. I. 3i2« — 2i4- 

Défaits par Marius et Catulus. I. 214^— 2x5. 

rTnÉoLôGiE SECKETTE, dcs Ccltcs et des Ro- 
mains y n'adn^ettoit qu'un seul Dieu. IIL 67J 

Thérapeutes, sectfe judaïque. III. ii4» 

Sont des Esséniens d'une obserrance plus 
«étroite. Ibid, 

En quoi ils faisoient consister la perfection.} 
IIL 114— ii5. ^ 

Tibère , commande une armée domaine 
contre les Germains. IL 210. 

Fait «la paix aVec eui. Ibid. 

Mène , sans succès , une nouvelle arméei 
dans là Germanie. IL 224* 

Succède à Auguste. IL 225. 

Son caractère. II. 225 — 226, 236. 

Abolît les comices. IL '229. 

Sa politique. II. '280. ' 

Sa tyrannie. IL 23i. 

.Tome IIL X 



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3j2s T a b l i 

Ordonne la suppression des Druides et dé- 
fend les sacrifices humains sous peine de mort. 
III. rjS. • 

Sa mort. II. ^35. 

Titus , succède à Vespasîén* II. 807. 
' Son caractère. II. 807 — 3o8. 

ToLOSATES, peuple de la Celtique , mas- 
sacrent une garnison romaine. I. 2x5. 

' Se joignent aux Cimbres. Ibid. 

Tonneaux ^ inventés par les Gaulois. III.. 
10 — 11. 

Trajan, succède à Nerva. IL 3i8. 

Tribonius Rufinus , gaulois , orateur cé- 
lèbre, m. 52. 

Trinité , connue chez les Égyptiens et ch^z 
les Juifs, se retrouve djms la doctrine des 
philosophes les plus anciens. III. io5. 

TuTOR , noble de la cité des Lingons» II. 
287. 

Se joint à Civilis dans, la guerre des Ba- 
taves. Ibid. 



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DIS MÀTiinES. SaS 

U ' . 

Ursulus , gaulais, orateur célèbre. III. 5i. 

UsiPÈTES, peuple de la Germanie. I. is63. 

Établis dans la Celtique. I6id. 

Attaquent César. lèicH. 

Remportent sur lui une victoire éclatante. 
I6id. 

Vaincus ^ar César. I< 2.64* 

Traités par le vainqueur avec la dernière 
dureté. Ibid^ ^ 



/Valens, lieutenant de Vitellius. II. 2.59—-: 

Ses brigandages et ses cruautés dans les. 
Gaules. Ibid. 

Remporte une victoire^ sur Jes troupes d*0- 
thon. II. ^dS — 7.66. ' 

Varus ( Quintilîus ) , commande dans li 
Bas-Rhin, sous Auguster II. 221. 



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Z24 • T A B L s 

Traite les Germains avec une rigweTir ex- 
cessive* II. 21&1. 

Succombe souis une conspiration des Ger*- 
xnains. II* 222. 

Perd ses lé^oifs, ^i $ont massacrées par 
les Germains. 16 id. 

Venètes^ peuple de la Celtique , répandus 
sur les côtes de T-^rmorique. I. 260 — 261 • 

Sont les plus puissans des Celtes de cette 
contrée. Ibid. 

Ont une navigation et un cominerce. I. 

260 — 261. 
• ■ ■' 

Antiquité de leur marine et de leur com- 
merce^ II. 95. 

Tentent de secouer le }Qug des Romains* 
I. 261. 

Retiennent lés ambassadeurs de Crassus et 
engagent les peuples voisins à se révolter. 
Ibid. 

Vaincus, par César. I. 262. 
Vercinçêntorix, prince des\^xvemes# !• 



Digitizedby Ci OOQ le 



DES -M A T r i R E S. 3^5 
Se met à la tête d'une insui*rection contra 
les Romains. !• 274 9 ^7^ — 2^9^* 
Sa mort. I. 299. 

Vercundaridubiits ( Julius ) , noble de la 
cité des Eduens. IL ai6., ^ 

Premier prêtre du temple d'Auguste à Lyoç. 
Ibid. 

Est mis à mort par les ordres de Caligule. 

IL 244- ' ' ^ 

• - 

Veromanduens , peuple de là Celtique. ï. 
a53. 

Battent les troupes de César. Ibid. 
Sont exterminas par ce général romain. I. 

Verrb, fabriqué che.z les Gaulois. III. 34* 

Ve5l VEINE, plante «ac^ée chez les Celtes, 
IL 55. 

Vespasien, empereur romain. IL qJS6. 

Proclamé paroles légions d'Orient. Ibid. 
Sa naissance. IL 3o2. 

Son caractère. IL 3oa — So/. 



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326 T A B 1 E 

/ Sa conduite, II. 3o2 — 807; 

Fait mettre à ;nort Helvidius Priscus et 
chasse tous les autres philosophes qui hlâ- 
moient sa tyrannie. IL 3o4. 

Relègue dans une île le philosophe Démé- 
trius. JI. 304. 

, Donne des pensions à ceux qui enseignent 
'réloquence. 16 id. 

Sa conduite barbare envers Sabinus et Epo^ 
nine. II. 305^-^07. 

Sa mort.. II. 307. 

ViBius Gallus, gaulois, orateur célèbre^ 
III. 5o. 

ViENT^E, ses vins. III. 12. 

ViGTCE, sa culture s'étend , dans les Gaules-, 
Jusqu'à la Belgique. I6îd. 

Vigne de Viviers,, dont la fleur ne duroit 
qu'un jour. liici^ 

Cultivée dans toute la Narbonnoîse. III. i3. 

A quel point la culture de cette plante ftit 
portée ches les Gaulois. IIL 14» 



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DES Matières. 327 

ViNDEx , propréteur des Gaules, excite 
une révolte contre Néron. II. 2;5i — 2.54* 

Sa mort. IL ^zS^. 

Vins", yins douxdelaNarbonnoîse.III. la. 

Vins âe Marseille. I6id. 

Vins d^ Auvergne. lAicH. 

Vins du pays des Séquanîens. 16 id. 

Vins du pays des Arvemes. Ibid. 

Vins de Vienne. Ibid. 

Commerce de vins dans les Gaules. III. ^8. 

ViRGiNius RuFus, général i^omain. H. ^53. 

Conduit une armée révoltée contre Néron. 
II. 253— !i54. 

Re£ase Templre. IL 'xS/^. 

ViRiDORix , chef des Unelles. I. 5^623 

Vaincu par Sabinus, lieutenant de César; 
Ibîd* 

ViTELLiiTs, proclamé empereur dans les 
Gaules. IL sSç. 

' Succède à OtliQn. IL %66. 



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328 Tablb IX es m AT lis. es. 
Vaincu par Vespasien. IL sl66. 
Sa mort. II. 2.66 — 267. 

VocoNTiENS, peuple de ïà Celtique, savent 
préparer le vin d'une manière particulière. 

VoTiENus Mont ANUS ^ gaulois , orateur cé- 
lèbre, m. 5o — 5i. 

X ; 

Xerxes, roi de Perse, fait la guerre aux 
Grées. Introduction. 64 — 71 • ^ 



Zenodore j^ gaulois, statuaire et •ciseleur. 

III. 61. 

» 
Vivoit sous le règne de Néron. I&id., 

Surpassa tous les artistes de son tems. I6id^ 

Les Romains admiroient de lui deux cou- 
res , travaillées d'après Galamide. I6id* 

Fait une statue colossale dans la capitale de 
l'Auvergne. I6id. 

Fin de la Table des Matières. 



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