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Full text of "Histoire naturelle des médicamens, des alimens et des poisons, tirés des ..."

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y.<.^ i^^ 



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So^ <icAf>» 



HISTOIRE NATURELLE 

DES MEDICAMENS, 



DES 



ALÏMENS ET DES POISONS. 



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e'^ 



DE L'IMPRIMERIE DE J. GRATÏOT. 



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^ o ^_ 



HISTOIRE NATURELLE . 7s! ^ 

DES MÉDICAMENS, ' 



DES 



ALIMENS ET DES POISONS, 



TIRÉS DES TROIS RÈGNES DE LA NATURE y 

Classés suivant les méthodes naturelles modernes les plus 
exactes ; avec Tlndication de leurs propriétés , de leurs usages , 
4e leurs qualités nuisibles, et des moyens d'y remédier 5 leur 
Ansijse chimique, leur Emploi médical, etc. 

. Ou a joint partout les Noms spécifiques de Zoolosie , de Botanique et 
de Minéralogie , et distribué les. substances d'après leur genre , 
leur fianille, leur ordre d'affinité naturelle, avec leurs descriptions* 

Par J. J. VIREY, 

DociEuiL £S ai^EciiiE de la Faculté de Paris, Membre de plusieurs Sociëtës 
^vantes, Professeur IfHtstoire naturelle à rAthénëe de Paris, Maître en 
Pharmacie , ancieu Pharmacien en chef de l'hôpital militaire du Val-dfr» 
wM, Associé et Correspondant de diverses Académies étrangères , etc. 









Amis, -^<^smê"' 

f RÉMONT et Fils, Libraires , rue Pavée, n^ n , près du 
quai des Augustins ; 
FERRA J* , Libraire , rue des Grands-Augustins , n9 23* 



1820, 

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.va 






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AVERTISSEMENT. 




Une revue générale et complète de toutes l 
tances médicamenteuses, usitées, soit à présent^ 
autrefois, en divers pays, était devenue indispensable 
dans le cours actuel des sciences. On ne peut espérer , 
en effet, des progrès véritables pour la thérapeu-- 
tique, si la matière médicale reste toujours sta- 
tionnaire , tandis que les autres parties de la méde- 
cine ont acquis de brillantes connaissances et se 
sont enrichies d'une foule prodigieuse de faits dans 
ces temps modernes J 

Mais la base d^ l'étude des médiçamens (qui sont 
des productions de la nature) , doit être VMstoire natu* 
relie de ces substances , et leur classification dans leur* 
rapports d'analogie suivant les ordres , les familles 
les plus conformes à leurs aflSnités dp structure ou 
d'organisation. C'est ce qui n'avait point été exécuté 
encore d'une manière exacte et complète ,, nous osons 
le dire, même dansd'excellensTraitésde Matière mé- 
dicale , parce que la science de la nature était alors 
moins avancée qu'elle ne l'est aujourd'hui , et parce 
que les auteurs de ces savans ouvrages se sont plus 
souvent occupés de l'application ou de l'usage des 
médiçamens dans les maladies , que de leur nature 
intime et de leur distribution méthodique. 

Néanmoins, il nous semble qu'avant tout il est 
nécessaire , non-seulement au pharmacien et au dro- 
guiste, mais encore au médecin vr/' nent digne de ce 
titre , de connaître les principes du u pdicament qu'il 
emploie. Et comnient apprécier l'action de telle 
plante, si l'on ignbre sa famille et les propriétés 
obserVéeâ en d^àutJres'espèces de cette même famille?, 

A. 



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AVERTISSEMENT* 

lous pas tirer, de plus, des indica- 

de3 médicameps célèbres en d'autres 

i furent jadis appeîés au secours de 

mt ? De nouveaux essais plus ou 

peuvent en ressusciter le mérita 

niredit la nature peut guérir sans 

remèdes , et toutefois elle a disrr 

riétés bien évidentes à une multitude 

m», dont ellei a même enseigné Fem-» 

ploî aux instincts des animau:^. Pourquoi l'homme 

voudrait -rii se déshériter des biens qui lui sont 

présentés d^une n^ain si libérale , pendant cette vie 

précaire et chétive , sur ce filobe où tant de maux 

l'assiègent? 

Qui ne se trouverait pas he^^reux de contribuer 
par ses recherchés à rendre l'existence de ses sem- 
blables plus assurée, ou plus saine et plus longue, 
Sbit en écartant des substances vénéneuses, soit ea 
indiquant des remèdes plus salutaires , soit en éclai- 
rant sur les qualités des alimens et de tous les objets 
dont nous faisons Journellement usage? 

Nous avons donc cru devoir réunir dans cet Ot^-' 
vrage les notion^ tes plus exactes et les plus précises 
que l'on a pu recueillir sur ces diverses substances 
«médicamenteuses , alimentaires, yénéneuses. / 

Npu§ avions déjiù Içnté ^ (?^P3 la prçiyîîère édition de. 
Xiotre Traité de Pharmacie > (il'oÇi ir une esquisse de 
la matière médicalç des Iroip règnes^ d'après Je 
plan des oiéthodçs les plus nc^turellea. Noi^ avons 
agrandi et perfectionné ce travail, ert lui donnant 
tous les développemens que réclame l'état florissant 
dont brillent aujourd'hui les scieqces naturelles. 

Sans nous appesantir sur des descriptions détaillées 
de chacune des platites , nous avons pris un sipin 
particulier pour dislinguçr (^actç^^^çnt les espèces et 
pour exposer av^cJSdéJité Içuji^i^.çaï^clèrjes, propres^ 
Ou. voit; ^^ ^.ff^*.? ^^^^9 ^égligen^çàta^eneç s-^i^ç/^s^e. 



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avertissement/ vîj 

les plus dangereuses équivoques , et faire présenter 
souvent uh JîOiiôif ari lieu d^iin médicament précieux* 
D'ailleurs , la distinction des espèces est d'une haute 
iinpôrtantîë ^ j^dtecjue lés qualités âe deux plantes ^ 
quoique voisibe», pentcfti êite fOrt diSërentèà; Qui 
ne sait pa» que, faute de pouvoir bien distinguer una 
sorte d'ipécacuanha, ou dé quinquina, ou d'aloès , 
ou de scammonée, etC/ ^ le médecin , ,1e pharmacien j 
le droguiite , doivent commettre inyolbntairement 
des erreurs graves et capables même de jeter' ett 
péril rexislcnce des hcmimes ? 

Il nous l'^^é à ^éiHëtëteif ici taiià les Saivàns dont. 
TamiliêM^rii^erltâîritériotfs'^^éMiâ: d^enrieliir ce tra- 
vail du fruit de leurs profondés connaissance^ • si 
lAolre Ouvrage est' supérieur à iDeaucoup d autres de 
J't^poque actuelle, il ne le devra qu'à ces recherches 
dont il liôus à été permis si géiiéreusemqnt Je pro- 
fiter* 



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TABLEAU SYNOPTIQUE 

De V Histoire naturelle des Médicamens ^des jâlimem . 
et des Poisons y tirés des trois règnes de la nature. 



Introduction à l'Histoire naturelle des Mëdicamens , des 

Alimens et des Poisons , tires des trois règnes. ' Pag. 

Des Propriëtëft des Végétaux en général. i 

Considérations sur les couleurs des Médicamens simples du 

règne végétal , comme indice de leurs propriétés. 
Histoire naturelle des odeurs des Alimens et des Médicamens, 

avec leur classification. 
Considérations générales sur les Parfums. 
De la saveur des Médicamens. 
Histoire naturelle des Médicamens simples, tires 

des trois règnes de la iiature. 



31 

74 
io5 



REGNE ANIMAL. 

Pag. 



Pag. 



Animaux i^eftebres à 


sang 


Ophidiens* 


117 


chaud. 


107 


Batraciens. 


118 


MAMMIFERES. 


ih. 


POISSONS^ 


"9 


Primates. 


ib. 


Chondroptérygiens. 


ib. 


Carnivores. 


108 


Branchiostèges. 


ib. 


Rongeurs. 


IIO 


Osseux jugulaires. 
— thorachiqtkes. ' 


120 


Ruminans. 


ih. 


ib. 


Brutes. 


ii5 


— abdominaux. 


ib. 


Cétacés. 


ii4 


— apodes. 


121 


OISEAUX. 


ii5 


Animaux sans vertèbres. 


121 


Passereaux. 


ib. 






Callinacés. 


116 


MOLLUSQUES. 


ib. 


Palmipèdes. 


ib. 


Céphalopodes. 


ib. 


"^Animaux vertébrés à 


sang 
116 


ïestacés univalves. 


122 


froid. 


— bivalves. 


125 


REPTILES. 


ib. 


ANNELIDES OU VERS. 


123 


Chéloniens. 


ib- 


Terrestres. 


ib- 


Sauriens. 


117 


Intestinaux. 


124 



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CRUSTACES. 
INSECTES. 



Aptères. 
Coléoptères. 
Hémiptères, 
Lépidoptères. 



TABLEAU SYNOPTIQUE. ît 

Pag. . ' Pag. 

126 Hyménoptères. i5i 



i53 



*^7 ZOOPHYTES. 

ih. 

128 Polypes à cellules cal- 

12g caires. ih» 

1 5 1 — à cellules spongieuses, ib. 



KÈGNE végétal: 



Classe J. 

PLANTES ACOTYLEI>ONES. 



Champignons. 

Algaes. 

Lichens. 

Hépatiques. 

Mousses. 

Fougères. 

Naïades. 



i56 et 457 
i58 
159 
i4o 
ih. 
,41 
142 



Classe II. 



AIONOCOTYLÉBONES. 



Aroïdes. 

Cypéroïdes. 

Granadnées. 



^545 

.145 et 458 
144 

i44«t458 



Classe Ht. 



Palmiers. 

Asparagoïdes. 

Joncs. 

Liliacées. 

Asphodèles* 

Narcisses. 

Iridées. 



i48 
;5i 

l52 

i55 et 459 

i54 et 459 

ib. ib, 

ib. ib. 



Classe IF. ^ 

Drymyrhizées ou scî- 

taminées. 

Orchidées. 169 

Morrènes. iGb 



i57 



Classe V. 

DICOTYLÉDONES. l6o 

Aristoloches. ib. et 460 

Classe VI. 

ChaleÊ;. i6x 

Thyraelécs. 162 et 460 

Laurinées. ib. ib. 

' Myristicées. 164 

Polygonées. i65 et 460 

Classe VIL 

Arroches. 167 el 460 

Ainaranthes. 169 

Plantaginées. Sl^ 

Plumhaginées T 70 et ^60 

Classe VIIL 

170 

171 
'ib. 

■ ~ ^74 
ib. 

I78et46ï 

179 et 46i 

.182 
184 et 462 

. 186 
ib. 
186 et 462. 
188 et 4^a 



Jasminées ou Oléinées. 

Gattiliers. 

Labiées. 

Scrophulaires* 

Solanées. 

Borraginées. 

Liserons. 

Polémonics. 

liignoaes. 

Gentianées. 

Apocynéesk 



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TABI^BAU SYPTOPTIQUE: 

Pag. ■ 



Classe iX. 

.fiilospermes. J72 

Plaquemîniers ou ëbe- 

nacës* jq5 

Rosages. 194 et 465 

Bruyères. ib^jh. 

Campanulaci^cs. igS et 465 

Classe X*' 

Chicoracëes. 196 et 464 

Cinarocéphal^s* 198 

. Corymbifères. iqû 

, Classe XI» 

bipsacëpsi 206 

Valëriaiïe'es. ' ' ih. 

/ Rubiacëes. 2fc>^el464 

Claèvrtfeuillesu a«ï7ét464 

; Classe XIÏ. 

A?aBei9fc . .,. 219 

Ombellifères. 2 1 9 et 464 

. Classe XÎiL , 

atSei 465 
^a! et 466 

-■..A. :;ii55 
258 
258 



{ûnonculëes*. 
Papayéracées» 
Çri^Pffères. 
Capparides. 
Saporrateeîs. 
prables. 
i^illepertiiis- .. 
Guttifèi es. 



a^^ et 466 



Qrangers , he3péi^idées» 242 
yignes^ .. :i46 



Si^'; et 466. 
248 



Geranions. 
„, Malvacëes. 

Magnoliacëes. 

Anones. 

Lianes , ménisperineâ. 
' Berbérides. 

Tiliacées. 

Cistes. 

Rotacëess 

CaryopHyllëes. 

Classe XiV. 

JoidiaiiiQSK» ' 

Saxifrages. 

Gt^écfîHers é^ è^cftléï^. 

Porlulacëes. 

Ficoïdes. 

Onagraires. 
•Myrtes. 
• Salicaires ou cal^cfshci» 

^ tbémes. ^^^1467 

. Rosacëes.. , 267 et 467 

LëgumitiÀisfé^i ' 274 et 468 

-\ Tërëbinthacëes> 287 et 1d8 

' r rangulacees. 297 et 469 

\ "^ Classe Xf. ;'", 

ËA^b<^es ou *i^&ifm^ ' 

loïdes, 298 et 4% 

Cucurbrèrt^ey.' • So5 et ^'j(> 
Figuiers ou urticëe^ 807 

et 47Û. • 

Amentacëes. 5 12. 

éor^ifèr es. 5 1 6 et- 47 0^ 

M^dicamenspeiioonnus. ^21 



260 

ib. 
;x5S 

ib. 
256 

257 et 466 

25& 



261 
ib. 

262 

26S 
ib. 

^64 



m.W^ MINÉRAL. 



Bitumes. $25 

Auf^è»> minéraux^ bbïii- 

bustibles. • $28 

Métaux. j ia 

AoMéé^ . ib. 



5^? 



Alcalis.- 557 

Sek neutres. 558= 

Oityde^ feri*élix. 54 1 

Terres et pierres. 54^ 

Produits volcanir|U'éS. ^52 

Péti'ificationsi ' i5S 



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Pag. 




P»8- 


554 


(^aloriqne. 


36t 


567 


Electricité. 


365 


56i 


Magnétisme. 


565 



TABtEAtI SYNOPTIQUE, i) 

SÇTBSTAlïCES GElfÉftALES pS LA K ATUfLI, 

Eaux» 

Airs. 

Lumère» 

DES AUMEirS EN GÉNÉRAL. 366 

Sooiritiir^ de Fe«|^, to- Reptiles* 587 

maine. . 575 P^ssonf* ib. 

Alimens aiwi»w. ^'j6 AMlusqaes.^nittao^, in- 

Mammifi^r^» *^. sectes et rers, 5qq 

Oiseaux. 38 1 ^ 

coHsiDÉRATioifS ç^^iR^LES sur Fusoge dcs aiimenp 

wgét^^y ^traita des semencêJ^êtdeêfmiis. 4^4 

De\a nature des fruits et Dç qpelque» autres ^égrf- 

delenrs diverses espèces. 4io taux ^té^ jadis. 4^4 

DES 1>IVEJISES BOISSONS. 43q 

Des boissons froides. ^52 Tableau des quantilës d'al^ 

Des boissons chaudes. 44^ cobolcoutenu en différen- 

tes liqueurs alcoboliqxtes. 44^ 

DES POISONS ET VENINS. 448 

Des poisons et virus ani- Monocotylëdbnes. 4^8 

maux, et leur traitement. 449 Dicotylédones. 4^^ 

Des poisons du règne vë- Traitement contre les poi- 
gëtal. 455 sons végétaux. 47' 

Acotjlédones , iamilles de Des poisons du règne mi- 
plantes suspectes. 4^7 néral. 47^ 

PROPRIÉTÉS VES ^DicAMiLTus y par ordre alphabétique. 479 

Absorbans et siccatifs. 479 Amers , stomachiques , 

Acerbes, ou astringens et fébri&ges, etc. 4^8 

toniques, antiseptiques, Aromatiques, excits^nt le 

vulnéraires , etc. ib. système nerveux. 49^ 

Acides, rafraîchissans, tem- Caustiques ou^ exulcérans, 

përans, antiputrides. 484 ^ en application. / 495 

. "^ • •* 1 • Doux ou sucres, adoucis- 

Acres, irntan», ««•!"««, sans , tempëriMïs , nour- 



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^j 



TABLEAU SYNOPTIQUE, 



Pag. 



Excitam particuliers , dite 
diurëtiqueSy sudorifiques, 
altërans , attënuam , apé- 
ritifs, etc. 495 

Fétides , vermifuges et em- 
méuacogues. Soi 

Mucilagmeu^ , - émoIUens , 
adoucissans, tempérans , 
humectans. . 5o5 

Nauséeux ou fétides , agis- 
sant sur le système ner- 
veux. 5o5 

Nutritifs, restaurans , rçbo- 
rans. 5o6 

Oléagineux ou èrasjadou- 
cissans, résolutifs, ma- 
turatifs. 5iO 

Qmbellifères et autres; dis- 
cussifs , carmînatifs , ré- 
solutifs. 5 12 

Purgatifs, évacuans, cccOt. 
proticpes, drastiques,etc. 5^5 



P-«. 



Résineux, donnant une re- 
mue par l'alcohol; robo- 
rans^ stimulans, dessi- 
catife , vulnéraires , anti- 
putrides. 5i6 

Stimulans dits aphrodisia- 
ques 5 excitans, nervins, 
etc. 5i8 

Vircux , narcotiques et eni- 
vrans, anodyns, parégori- 
ques ou engourdissant le 
système nerveuxcérébral.520 

Vomitifs forte. 622 

Vomitifs nauséeux ou ex- 
pectorains faibles. 52S 

Auteurs les plus 'Utiles 
A consulter pour la çoia- 
tière médicale ou Phis- 
toire naturelle des mé- 
dicameus. 5^5 

Table de la matière mé- 
dicale et alimentaire. 55^ 



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% 



INTRODUCTION 

A L^HISTOIRE NATURE 
DES MÉDICAMENS, 
DES ALIMENS ET DES POISO 

TIRÉS DES TROIS RÈGNES. 



l-'A nature, en plaçant l'homme et les animaux sur 
ce globe , leur accorda tous les moyens d'y subsis- 
ter heureusement. Elle n'a pas voulu, sans doute, 
livrer à tocs les maux ïa plus noble de ses créatures, 
bien qu'ell e l'ait déposée nue et sans armes, pendant 
une longue enfance , sur la .terre , au milieu des bêtes 
féroces, des substances vénéneuses, et soumise à^ 
toutes les intempéries de l'atmosphère. Mais si la 
nature a pris soin d'instruire elle-même les animaux 
par des instincts , elle a fait don à notre espèce d'une 
intelligence élevée et de mains avec lesquelles nous 
avons su conquérir le sceptre de l'univers. 

Voyez, en eftet, ce sauvage qui paraît si brut et si 
féroce : il semble réduit, comme le simple animal , au 
pur instinct pour sa Conservation. Cependant, à l'aide 
de ses sens, de la vue , de l'odorat, du goût , et des 
conjeciurçs qu'il tire de ses explorations journalières», 
il démêle bientôt les propriété* de chaque objet., à 
tel point que nous devons à l'empiri&me des anciens 
et à celui des peuples les plus barbares une multitude 
de médicaméns précieux qu'on n'aurait jamais décou- . 
verts sans eux (i). Le besoin leur fait tenter l'usage 

(i) Bathari t plus ad augmentum medicaminum contiderunt , quàm 
omnium aeUUian «c/ioiop. Stunner, et Linné ^ maUr, medica , c^non 4. 



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2 IM^ODÛCTION, 

d'une plante qui leur tombe aous la main; ils en 
éprouvent des efifets singuliers, et voilà une connais- 
sance acquise^ ou plutôt une conquête pour l'art, 
entre des mains habiles. 

Ce n'est pas l'homme seul ; ce sont les animaux 
eûx-mèmes qui djévînlreiit les pteitûerë docteurs en 
médecine , si l'on peut le dire; et l'histoire médicale 
l'atteste. Sqit qu'ils soient gouvernés par on secret 
principe d'intelligence , comme l'admettaient les an- 
ciens ( Hippoerate seioai Oaiieai^ de viilit. partiurriy 
1. 1 , c. 5, Averrhoës, in 1. vu , physic. etc.) ; soit 
qu'une sorte de mécanisme instinctif les porte natu- 
rellement vers ce qui leur paraît utile, ce sont en 
effet les bétes qui nous ont d'abord enseigné les pro- 
priétés médicinales d'une foule de plantes. Le syr^ 
ài^ajLsme, ou la purgation par haut et bas, fut indiqué 
aux Égyptiens ^ar le vomissement que sSe procurent 
les chiens avec le cynodon dactylon , selon ^lien 
(tïîst. animal, lib. V , c. 46). Le bon efïet de la salive 
ppur cicatriser les ulcères a été démontré de même 
parles chiens qui lèchent leurs plaies (iïllien , lib. vu, 
C. 9 ). Les cerfe et les chèvres sauvages de la Crète 
montrèrent, dit-on, les premiers, l'emploi del'or/- 
ganum dktamnus ,^t des vulnéraires , si l'on en croit 
Gicéron et Virgile, ou d'autres anciens. Mais, en 
admettant qu'il y ait quelque supposition gratuite , 
en disant avec plusieurs d'entr'eux quç lliirondcllè 
sait éclair cir sa vue en frottant sa cornée avec le suç 
de çhelidonium glaucium ^ en guise de collyre ; que 
des serperis ont fait connaître l'usage de Vaneihum 
fœniculurrij et lecrapaudç^luidu plantagocoronopusy 
toujours esi-il vraisemblable que ia nature, loin d'a- 
bandoijiner ses plus faibles créatures , leur fournit les 
moyens de se garantir des niaux (i). Quand ou voit 



(i) Voyex 7ob Sclimiclii, diêsi de^ùrtdia hominum dodetri^uâ^lÀ^s^ 
i684 , itt-4o , et Paul Bdcçone , </b èoUrtid brutdtuni in se ifiM9 ^dfimçU^^^i 
t\ dans Msy^iet;, Biblioth, mecUc, tom. i, part, i, art. â5. 



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mTROÏ>tJ€TiON. 5 

k» tnoinâfes insectes, au sortir de Yœuî, et sans 
guiàfes sur la terre , découvrir précisément la plante 
quîleut convient le mieux, le nectar .caché au fond 
d'une fleur , et , s'ils ne trouvent pas le végétal qui 
leur est naturellement destiné , se repaître des autres 
végétaux d'un même genre ou de la même famille, 
ou doués de sucs analogues ( comme les chenilles de 
crucifères qui dévorent aussi les capucines, également 
antiscorbutiques), tout deniême que le ferait un bota- 
niste exercé, on peut croire que divers animaux nous 
ont indiqué l'empirisme médical. C'est une tradition 
générale dans les Indes , selon Kœmpfer , Garcias Ab- 
horto et d'autres voyageurs , que la mangouste ( pf- 
perra murigù) sait se garantir du venin de la pipera 
naja , ou serpent à lunette» , au moyen de la racine 
amère àtVophiorrhizà mungos^ L. On a dit que les 
belettes se défendaient de même du venin des aspics, 
au moyen de la rata grapeolens , et la cicogne aveb 
ï'ôrigàn ; que les sangliers guérissaient leurs plaies 
avec le lierre ; que l'ours , au printemps , se remet en 
appétit , soit avec les racines acres de gouet , arum 
Ynaculâiutn, qui le purgent, soit en dévorant des four- 
tois , dont l'acidité le réveille; que les cerfs nous ont 
, appris à manger les cardons , les artichauts et autres 
cspèceé de cyiiara^^Vt. 

Il est certain que liés chats et d'autres carnivores 
font diète et boivent de l'eau quand ils sont malades. 
Les moutons qui ont des vers au foie ( distùma hepa-- 
fici^7n,ft.ud.)vont lécher des pierres saléesouurineuses. 
Dans les terrains inondés , d'autres bestiaux hydro- 
piques avalent des téf'res ferrugineuses , comme le 
font aussi par instinct des filles aux pâles couleurs, 
des femmes erjiceintès , des nègres ayant le mal d'es- 
tomac. La voix intérieure de l'organisation est si ma- 
nifeste dans plusieurs maladies; elle i*éclame , par 
exemple , avec tant d'ardeur des boissons rafraîchis- 
santes et acidulés dans . des fièvres inflammatoires , 
qu'on ne peut la méconnaître , et que les brutes 

1. 



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4 INTRODUCTION. 

mêmes se guérissent sans peine en suivant cette di- 
rection conservatrice. De même, l'estomac se soulève 
spontanément d'horreur contre le poison, la mem- 
brane pituitaîre contre l'odeur putride ou nauséa- 
bonde. Sans doute, on éviterait un grand nombre de 
maladies, si, suivant mieux ces directions instinc- 
tives , salutaires , que la nature inspire à tous les 
ctres, on consultait sans cesse cette voix qui nous 
avertit au dedans • quand, nous voulons l'entendre. 

Certes, la médecine n'a point été inventée par 
la raison , mais d'abord par l'empirisme ; et après 
que l'expérience eut fait connaître les substances 
actives, on a cherché à les appliquer avec plus de 
raison. Ainsi, la médecine est fondée sur deux prin- 
cipaux appuis, I'expérience et la RAISON, mais avec 
cette différence que la première doit toujours pré- 
céder la seconde, et celle-ci toujours accompagner 
la première; car l'expérience sans la raison devient 
témérité dangereuse, et la raison sans l'expérience 
ne donnerait que de vaines théories. 

Cependant la raison nous apprend qu'une foule 
de circonstances, et des idiosyncrasies, selon le sexe, 
r4ge, le tempérament de l'individu, ou la saison 
et le climat, font varier les effets d'un même mé- 
dicament; et voilà pourquoi les empiriques^ pres- 
crivant indistinctement un bon remède en toute 
occasion, dégradent le plus noble des arts; ils font 
mentir la médecine, au point qu'on a mis en doute 
sa certitude. D'ailleurs, les degrés de sensibilité, l'état 
du moral, produisent souvent des effets extraordi- 
naires (i). Les poisons mêmes ne sont pas des poi- 
sons pour tous les individus. Le sucre , si doux 
et si salutaire, fait périr des grenouilles, et même des 
chiens, apré3 quelques jours, s'il est leur unique 
nourriture. Larcfisposition morbide, une simple pré- 

(i) Voyez Jo; Hénr. Schulze, dise, de inexpeclato medicamentorum 
4^cc^«. HaJlae, 1739, in-4o. 



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INTRODUCTION. 5 

^enlion, font encore que telle substance utile devient 
nuisible ea telle conjoncture. Tout ce qui est bon, 
neVest donc point en tout, ni toujours. Certain re- 
mède agit autrement à une dose fractionnée qu'à 
une dose entière. Par exemple la racine A^asarum^ 
en poudre fine, était le vomitif usité des anciens, 
avant l'ipécacuanha ; prise concassée seulement, elle 
purge par bas ; sa décoction bue chaude est dia- 
phorétique, ou fait suer; prise froide, elle agit comme 
diurétique; si c'est une femme qui en fait usage, 
et qui prend de l'exercice, ce remède agit comme 
emménagogue; enfin, que cette racine soit aspiréç 
en poudre par le nez, elle détermine des éter- 
im«mens; en la mâchant, elle agit comme siala- 
gogue (i). Donc la préparation diverse suffit pour 
rendre sudorifiques, par exemple, des médicamens 
purgatifs violens, tels que l'antimoine, ou des émé- 
tiques , tels que le zinc , ou des expectorans , tels que 
le kermès minéral. Même, la seule différence des 
doses rend par fois diurétique la scille, la scam- 
monée, qui sont des hydragogues à plus forte dose. Les 
effets des médicamens, comme les merveilles du ma- 
gnétisme, ont paru aussi inexplicables à un savant 
médecin, que l'est l'essence même de la divinité. De 
même, selon le lieu de l'application, un médicament 
acre, sera purgatif, ou sialagogue, ou sternutatoire. 
Tel stimulant colorant agira tantôt comme emména- 
gogue, tantôt comme carminatif. Il est une foule 
de circonstances dans lesquelles l'opium opérera 
comnie excitant, plutôt que comme narcotique. Des 
acres , et desantiscorbuliques , se borneiit par ibis à dé- 
terminer un flux d'urines. L'hellébore bien pulvérisé 
fait vomir; concassé, il purge; et en décoction pr&^ 
longée 5 il est devient sudorifique, ou diurétique. 
On n'ignore pas, d'ailleurs, que les iiiédicamen;5 



(i) Sudoriferis quoque et diureticis purgantia vix gradu différant, 
PecUlin , dt purgantibus , cap. xx. 



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6 INTRODUCTION. 

K^agisacnt pas tous également sur tou$ le* organes , 
et sur toutes les parties d'un niême organe. Sau- 
vages (i) et d'autres auteurs ont remarqué, par 
exemple, que certaines substances affectaient davan- 
tage la racine de la langue, et d'autres la pointe; 
que tel corps, dpux à la bouche, était cuisant sur 
la conjonctive de l'œil, comme l'huile; tandis que 
l'iémétique qui soulève l'estoniac ,' n'agit point sur 
l'œil. 

Si tout ce qui change l'état dq corps humain en 
bien ou en mal est un médicament, selon la dé- 
finition usitée de la plupart des auteurs, ce n'est 
plus la nature, mais la seule dose qui fera distin- 
guer l'aliment du médicament, et le poison de ceux- 
ci. En effet, tout ce qui est de trop, même d'une subst 
tance excellenle, devient nuisible, et souvent dan- 
gereux. Voilà donc l'aliment devenu venin. L'on 
appelle aliment ^ tout ce qu'on peut recevoir en assez 
grande quantité sans inconvénient , et qui s'assimile 
à nos corps pour les restaurer. On appelle médica- 
ment^ toute substance qui, en moindre proportion, 
modifie l'état de nos corps, et peut servir à rap^ 
peler l'équilibre de la santé. On appelle poison , 
tout ce qui est capable , quoique en faible dose , de 
détruire les fonctions régulières de l'organisme,- et 
même de produire la mort. Ainsi l'aliment devient par 
fois médicament, ft celui-ci par fois poison ; comme 
le poison peut devenir médicament, à très-petite 
dose, et le médicament est plusieurs fois usité dans 
les aliment. 

On ne peut donc nullement séparer l'histoire de 
ces trois ordres de substances dans une matière mé- 
dicale, puisque les alimens ont chacun leur pro- 

(i) T. B. de San vages : dissertation sur les inédicamens qui affectent 
certaines parties du corps humain pluiôt que d'autres ,et sur la causç 
de cet effet. Bordeaux, i75i , in-4o. Et Ant. Rudiger, rft*s. de veritate 
mçdicamenUn'um propriârpethodo hqne e:i^plor(^ncU. Lipsi» , îy-^o, in-4«, 
Jôely. 



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INTRODUCTION. y 

priété médicale particulière, et que le» pôiaona, 
clans la ipain d'un pr^ticieri e:spériuienté et bahile^ 
deviennent des reinèdô^ héroïques. Les nourritures 
conservent et souvent modifiant U santé , les poisons 
la rétablissent quelquefois, $'il est vrai que la difiii- 
rence entre ceox-ci et ks médicanieus ne soit que du 
plus au moins. C'est pourquoi nous nous aofniueâ 
écartés en ce pqint de toua nos prédécesseurs, qui, 
se bornant a^ ce qu'ils nomiDent médicament, ne 
comprennent p^$ toutes les substances usitées jour- 
nellement par les hommes, à l'état de santé et de ma- 
ladie, dans leufs Uvrea. 

Il est évident que la matière médicale traitant 
des substances actives sqr ntolre corps , dans leur 
étal de siinphci^^ ou sans mélange , et telles à peu 
près que la nature nous les offre , c'est une histoire 
naturelle de ces objets qu'il s'agit d'exposer. En 
effet, les alimens , les médicamens , les poisons, ne 
se tirent que dea règnes animal y végétal et minéral. 
11 faut donc que i'iu^toiye naturelle nous décrive ces 
substances d'abiordj fH)US apprenne à quels signes 
on les reconnaît, on les distingue de tout autre; 
quelles fal$iûcat^ns elles peuvent subir, ou encore 
quelles SMCcédanée^ on pourrait leur substituer. 

11 existe une multitude de traités de matière mé- 
dicale , et plusieursi sont ipeçommandables scaus beau- 
coup de rapports, mais ce sont presque tous des 
cnvrages de thérapeutique^ à ][H*oprement parler, 
destinés suitput à Tapplicalion des remèdes selon les 
circonstances. De là vient que beaucoup die ces écrits 
s'occupent fort pçu de l'histoire naturelle du mé- 
dicament; Ivû-mêrae, de tjes attrtbuis diatinctifs, de 
ses caractères, qui assurent son efficacité et sa bonté. 
On s'en repose s^r l6 pharmacien, lequel s'en rap- 
portera bientôt au droguiste, à son tour. Qne ré- 
sulté-t-il de cette négligence? Une racine sera substi- 
tuée peut-être ^ une autre; une gomme ou une 
résine mêlée à telle autre, sans qu'on ait les moyens 



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8 mTRODUCTïON. 

de la distinguer. Le médecin , prescrivant une drogue 
sans la connaître, sera bien aisément trompé dans son 
attente. Et qu'y a-t-il de plus dangereux que certaines 
substitutions ainsi faites , soit par ignorance , soit 
par la cupidité du gain? 

Quel est le médecin , le pharmacien , le droguiste , 
l'herboriste, qui connaissant mal les plantas, puisse 
exactement juger leurs propriétés, et apprécier leurs 
vertus? Qu'on attende après cela des rësultaU avan- 
tageux dans la pratique, si l'on donne /^oe/AMs«cj^ 
napium^ qui est un poison, pour du persil qui lui 
ressemble j si l'on substitue, sous le nom à^anthora^ 
la racine d'un aconitum k ceW^ du doromcum par- 
dalianches y laquelle n^est pas vénéneuse comme la 
première, quoiqu'elles aient été confondues jadis par 
d'igiîorans herboristes. Les apothicaires de Vienne , 
-disait Charles de l'Écluse, achètent, du lieu de 
racines d'hellébore nôir[, celles de huphthdîinum ^ et 
de coupahles herboristes substituent aux racines de 
j^ivoiue celles à^ œndtithe erocata^ au rapport de 
Johnson, parce que ces racines offrent de gros- 
sières analogies entre; elles. ^ 

: Il ne suffit pas,'surtout, de savoir nommer beau- 
coup de plantes, ou d'autres substances usitées en 
fiiédecine, si l'on ne connaît pas les familles même 
de ces plantes, ou les caractères dominans des pro- 
priétés qui les distinguent. Ce n'est plus, en efiFet, 
aujourd'hui une vérité qui puisse rester ignorée, 
celle que chaque famille naturelle des végétaux pos- 
sède des vertus généralement propres à la plupart 
des espèces qui la constituent, vertus qui se ren- 
contrent en chaque genre d'organe de ces végétaux. 
Les premiers auteurs qui ont tait cette importante ob- 
servation , sont Jacques Petiver (i) et Rud.Camerariùs, 
Elle a été mise en son jour par l'illustre Linné, 



(i) Phihsophical transactions , tom. xxi , H" 253, 



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INTRODUCTION. 9 

clans sa Philosophie botanique (1), et par Antoine 
Laurent de Jussieu (2). Ensuite Murray, dans son 
excellente matière médicale, sous le titre A^Appa- 
ratusrnedicaminuTriy a suivi la méthode naturelle de 
classification des végétaux, assez pour montrer ces 
singulières analogies. M. Cassel a soutenu plus ré- 
cemment encore cette opinion , qui nous paraît dé- 
sonnaisfixée irrévocablement par YEssai sur les pro- 
priétés médicales des plantes^ de M. Decandulle (3). 
Ce n'est pas néanmoins que cette loi soit exempte de 
toute exception, comme on le voit par les exemples 
de la pomme de terre parmi les solanées, de la 
patate parmi les convolvulacées, de Tigname partni 
les smilacées, ,de la coloquinte parmi les cucurbi- 
tacées, etc.; mais il est facile de retrouver toute- 
fois la fécule nourrissante dans les racines de plu- 
sieurs congénères de ces trois premières familles, et 
le principe amer purgatif de là coloquinte, quoi- 
qu'â de moindres degrés dans d^autres cucurbitacées , 
même dans le melon \x6^ mûr. Ainsi, jusque parmi 
les exceptions , il se retrouve quelque trace de la loi, 
et la ponihie de terré non mûre retient àes qua- 
lités nuisibles de sa famille. 

La vraie science consiste ainsi à connaître les 
choses par leurs principes. C'est pourquoi les mé- 
thodes naturelles sont plus philosophiques et plus 
instructives dans l'histoire naturelle, que les sys- 
tèmes artificiels. Nous avons donc dû préférer les 
classifications conformes aux affinités et aux rapports 
organiques de chaque être, comme réunissant des 
productions douées de vertus analogues ou sem- 
blables, plutôt que tout autre ordre suivi par la 



(1) Et dans sa dissent, de viribus planlar^ Aniœu. acad. , t. i , p. 4i8. 

(2) Mém. de la société de médecine de Paris. 1786 , p. 188 , iu-4o. 

(5) Paris , i8i6, iu-80. La première édition est de i8o4 y in.-4o. Thèse 
de Fauteur. Voyez aussi G. Gmelin , boianica el ckemia ad intdicinam 
applicatœ j Tubing, 1765; et Isenflamm , method, pUmtar, thedicinœ 
çUnicœ adminieulum y Erlan§; 1764, in-4o, etc. 



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îo INTRODUCTION. 

plupart des traiiés de matière médicale. C'est encore 

Ï>ar cette méthode jialurelle que les 3uccéda]aées sont 
aciles à connaître, et indiquées par la faniiJfe ell^ 
même. Certes, à peu de variations près, toutes^ 1^ 
plantes crucifères sont antiscorbutiques, toutes lejs 
labiées aromatiques, toutes les semences d'ombel- 
Jifères odorantes , ou discussi ves , carmin^tivea, etc., ; 
toutes leslâurinées, les myrtoïdes, peiivei^t servir 
plus ou moins d^ns l'épicerie, etc. 

Ainsi la nature n'a point élé avare de sps ^otx^. 
Sans doute, peu de remède^ suflBsent au génie d^ 
praticien habile j mais, s'il est Vrai que la p^part 
des coiitrées du globe peuvent ofiFrir à kurs haJjî- 
taîns des remèdes convenables aux maox qui les as- 
saillissent, devons-nous négliger de rappeler cegheii- 
reuses ressources d'une nature toujours prodigue? 
devions nous laisser notre ouvrage incomplet, et 
dépouillé de tant d'indications de médicamens salq- 
lutaires dont nous pouvons prçfiter un jour par 
d'utiles échanges ? Ainsi notre valériane celtique e&t 
recherchée par les orientaux, avec neutre cumit<:, 
tandis que nous leur demandons- 1^ s^né et les ta*- 
marins. . ..v 

D'ailleurs, pourquoi se borner, au milieu de tsant 
de riçhfB^es médicinal ? H w'y a peut-être p^s uilç 
senle des quarante ou*cinquante mille e^péjces d^ 
plantes» nxain tenant coiinues , ou à peu prè* , qui nç 
puisse au besoin montrer quelque propriété , quelquç 
nuance utile des vertus de ses congénère?» , ou qui ne 
$jB trouve en rapport avec celles, de sa fa^lille uuti^ 
relie. Sans contredit, cette^ multitude immense serait 
incommode ; mais il fallait au nu)iris taire connaîtra 
Jes principales , et peut-être que d'autres espèces , 
maintenant hors d'usage , seraient mieux appropriées 
à certains cas morbides que les plus employées. C'est 
ain3i qu'en Italie on a mis à profit la dlgitalis epigloUis 
ou Isiferruginea , comme plus dauce et plus salutaire 
que notre digitale pourprée* 



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INTRODUCTION. ii 

Le règne végétal présente le plus grand nombre de 
^ Ttmèdea avantageux; le règne animal en fournit très- 
■ peu , mais plusieurs sont fort actifs ; le régne minéral 
nous oftre les plus redoutables et les plus héroïques , 
mais tous chimiques, et par là les moins appropriés à 
l'organisation : ils ne sont jamais susceptibles de s'as- 
similer à notre nature , car leur action est presque 
constamment chimique, mais non vitale et organique 
sur nous. Ces remèdes ont presque toujours besoin 
d'une préparation chimique préliminaire^ tandis que 
les médicamens végétaux et animaux , ou organiques, . 
peuvent s'employer souvent tels à peu prés que la 
simple nature nous les présente. Aussi nous sommes- 
nous particulièrement étendus sur la matière médicale 
des végétaux. Mais , dans cette grande multiplicité de 
substances , s'il avait fallu décrire longuement chaque 
herbe usitée , que nous ne verrons probablement 
jamai3 vivante, comme tant de végétaux étrangers , il 
nous eût fallu remplir un grand nombre de volumes, 
et assez inutilement , ce nous semble. Nous avons 
donc cru suffisant de donner une dénomination exacte, 
^vec le renvoi aux meilleurs auteurs qui ont traité de 
chacun de ces végétaux pour les détails botaniques ; 
et nous taisons de même par rapport aux animaux et 
aux substances minérales. Mais nous "avons eu soin 
de classer exactement chaque objet dans un rang qui 
détermine, et l'ordre et la famille, et ses qualités ; et 
d'exposer les principes constituans connus d'après dea 
analyses exactes. Nous retraçons les caractères dis- 
tinctifs des substances sujettes à être fraudées ou fal- 
sifiées et sophistiquées. 

Nous avon^. pris le plus grand soin de rapporter 
exactement chaque médicament au végétal qui le pro- 
duit, ou chaque chose à son espèce propre. Ceci est 
d'une haute importance, et n'a été bien fait encore 
^oe dans VApparatus de Murray , 0!i dans quelques 
autres traités de matière médicale. Cependant , les 
plus modernes contiennent encore , ou des erreurs 



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ii2 INTRODUCTION. 

considérables sur ce sujet , ou des ignorances gros- 
sières. Par exemple , quel mélange incroyable dans 
les diverses espèces de quinquina? Combien de ra- 
cines votjiitives données pour Tipécacuanlm? Il n'est 
point indifiFérent 5 cependant, de faire usage de la 
racine d'une apocynée ou d'une rubiacée. La scam- 
monée de Smyrnc et celle d'Alep ne viennent point 
du même végétal , et leur différence d'action est très- 
grande. La vraie écorce d'Angustura n'est pas véné- 
neuse; et la fausse, produite par un tout auti e végétal, 
comme nous le dirons, est très-dangereuse. 

La connaissance des niédicamens étrangers, inusités 
parmi nous , n'eot point sans intérêt, puisqu'elle nous 
ouvre les yeu5c siir nos propres richesses négligées. 
Les lobéliacées agissent en plusieurs circonstances 
comme iinlisyphilitiques ; mais, étant voisines de nos 
j;^j^^ew/7ia,onae5sayéceux-ci,quisesonttrouvésdoués 
de vraies propriétés analogues. La pyrola umbellatay 
ou herbe à pisser des Américains, étant très-diurétique, 
il a été facile d'employer nos/7yro/a, etl'onenaobtenu 
de très-grands succès dans lés hydropisies. Le guaco, 
Fayapana , si vantés dans ces dernières imnées , sont 
des plantes du genre de nos eupalorium bu d'autres 
voisins, et nous ne faisons aucun doute qu'on ne 
puisse (iécouvrir en nos contrées des représentans plus 
ou moins dignes *de ces plantes célèbres ,* puisque 
nous possédons une partie de leur parenté. 

INous savons, toutefois , ce c[u'un climat chaud, un 
ciel toujours ardent et prospère, sous les feux de la 
torride , peut ajoiiiter en énergie à des médicamens , 
et en arôme aux pliis brûlantes épices; mais chaque 
contrée jouit de plantes qui atteignent leur maximum 
d'activité. Ainsi , les crucifères se dénaturent sous les 
climats méridionaux, et acquièrent des verlus plus 
antiscorbutiques en des régions plus froides. Les 
menthes n'ont pas une huile volatile, aussi pénétrante 
dans l'Europe australe', qu'en Angleterre , et dans nos 
départemens du nojd, où le froid la dissipe moins. 



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INTRODUCTION. i3 

lien est de même pour plusieurs produits animaux. 
Le castoréum du nord de l'Europe est plus estimé que 
celui du Canada , et le musc du Tnnquin ou du Thi- 
bet est bien supérieur à celui du Kabardin ou de la 
Sibérie. 

Telle plante ombellifère est salutaire , si elle naît en 
un terroir sec et élevé, qui devient acre et pernicieuse 
quand elle croît le pied dans l'eau. 

Pourquoi les herbes sauvages ont-elles plusd'odeur, 
de saveur , des qualités plus fortes et plus vives que 
les mêmes espèces cultivées ? 

C'estquelessauvagessont ordinairement plus petites 
et plus sèches que les races cultivées. Ainsi, toutes ont 
bien essentiellement la même intensité de saveurs , 
d'odeurs, etc.; mais , dans les premières, 'ces qualités 
sont très-concentrées et rapprochées; dans les secondes, 
au contraire, elles sont plus délayées. Ainsi , dans une 
poire sauvage, il n'y aura pas plus de suc acerbe que 
dans d'autres poires cultivées, pour l'ordinaire; mais il 
sera pins concentré ; de là , il sera beaucoup plus sen- 
sible. Et , de même, nous voyons que les plantes nées 
dans un terrain sec , élevé , exposé au soleil , ont beau- 
coup plus de qualités actives que celles nées dans le$ 
terroirs bas , humides , ombragés. C'est que les pre- 
mières sont d'une nature sèche et en conslriction ; 
les secondes, d'une constitution humide, molle et 
relâchée. Or ^ la culture ramollit les êtres que l'état 
naturel rend secs , tendus et durs. Les animaux do- 
mestiques , par rapport aux mêmes espèces sau- 
vages, sont aussi fort mous, faibles; et leurs humeurs, 
étant plus délayées, sont moins activés , leurs chairs 
moins sapides , ce qu'on distingue aisément entre la 
chair du lapin sauvage et celle du lajnn domestique. 
Les bétes féroces, tels que le lion, le loup, Fours, etc., 
sont , par rapport aux aniniaux sauvages, ce que sont 
ces derniers par rapport aux animaux domestiques. 
Plus un individu sera sec, dur , nerveux , de couîeiu^s 
foncées, plus ses qualités auront d'intensité par rap- 



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i4 ÎNTRODtfCIÎON. 

port à un autre individu d'espèce , d*âge et de sexe 
pareils. Car nous voyons que ces gros et grands corps 
d^houimes, à peau blanche , à cheveux blonds , n'ont 
ni la vigueur de muscles , ni la vivacité et la pénétra- 
tion d'esprit, ni la chaleur du tempérament, la roideur 
des tnembres, et l'impétuosité des passions de ces petits 
hommes bruns , secs , maigres et ardens. C'est que les 
uns ont un tempérament humide, détrempé et amolli ; 
tandis que les autres ne sont point retardés et engour- 
dis par cette pituite et ce phlegme. Aussi sont-ils 
moins faciles a dompter, à réduire en société Iran-- 
quille , et en domesticité que les autres. 

Des propriétés des végétaux , en général. 

Nous ne rappellerons pas les anciennes supersti- 
tions relatives aux vertus des simples. Pat exemple , 
jadis des astrologues établissaient que chaque plante 
était dominée par une étoile, et que telle présidait au 
foie, telle au cpeur , telle au cerveau, etc. 

D'autres ont recherché des indications d'après la 
couleur. Ainsi, dans les maladies de la bile, ou lors- 
qu'on a le teint jaune, ils donnaient des plantes à suc 
jaune , telles que la chélidoine , la rhubarbe , le sa- 
fran, le curcuma^ si l'on avait le flux de sang , ils re- 
couraient vite au sang-dragon , au cachou , h la tor- 
mentille, etc. Dé même la forme était pom^ eux un 
indice certain : comme les racines ou les fleurs d'or- 
chidées ressemblent 4 des parties sexuelles , il en est 
testé l'opinion que ces herbes sont très-aphrodisiaques ; 
comme le fruit d'anacarde oriental a la forme d'^un 
cœur , c'était un cordial , tandis que la figure réni- 
forme du fruit de l'anacarde occidental le rendait 
propre à guérir les maladies des reins. On a pourtant 
bercé long-temps l'enfance de la médecine moderne 
avec ces opinions ridicules. 

Bientôt aptes vinrent les premîers chimistes qui 
pe trouvèrent rien de mieux que de distiller au feu 



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DÎTRODUCTiON. i5 

àc réverbère îes pins tendres fleurs et des fruits dé- 
lidfeux. Quand ils en avaient extrait leur huile em- 
pyreumatique , leur esprit acide , leur phlegme, leur 
sel , et la terre ou le caput mortuum^ ils croyaient, 
en dénatutant ces substances organiques , avoir dé- 
voilé toutes les merveilles delà création. C'est ainsi 
qu'après avoir fait près de deux mille analyses sem- 
blables, et avoir trouvé que le poisoncomme l'aliment 
fournissait presque également les mêmes produits , au 
point qu'il n'y avait pas la moindre différence entre 
la ciguë et le pain , on reconnut l'inutilité complète de 
cette méthode , pour distinguer des plantes dont 
l'effet naturel sur le corps humain était si opposé. 

Il n'eti est pas ainsi de la chimie moderne qui ne 
décompose plus par le feu les substances organisées , 
mais se propose désoler sans altération leurs produits 
iùimédiats ou principes particuliers.. En attendant que 
l'analyse de ces produits soit assez avancée, il est né- 
cessaire de s'aider de toutes les ressources que l'ob- 
servation des êtres naturels , dans leurs rapports , peut 
nous offrir. 

Trois sens principaux nous servent pour décou- 
vrir les propriétés des substances naturelles: la vue, 
Todorat et le goût. Mais, avant d'entrer dans l'étude 
des couleurs, des odeurs et des saveurs des médi- 
camens,et surtout des végétaux , il importe de pro- 
filer de tous les indices que nous fournissent les 
classes naturelles de ces êtres, parce qu'on a remar- 

2ué combien il y avait d'analogies entre les vertus 
es plantes ou des animaux du même genre, et 
ensuite entre les genres d'un même ordre. Toutefois 
cette observation si féconde en résultats ne s'était 
point manifestée à ceux qui ne connaissaient point 
les rapports naturels des créatures, et qui confon- 
daient, dans leurs systèmes tout artificiels, les pro- 
dnctioris les plus disparates; toujours assez contens , 
pourvu qu'ils parvinssent à retrouver aisément ces 
créatures au besoin. En accollant, en effet, des 



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i6 INTRODUCTION. 

herbes ou des animaux étrangers les uns aux autres , 
on n'en pouvait déduire aucune Vérité générale, 
aucun principe commun à plusieurs. 

Mais quand on eut rapproché les plantes sembla- 
bles, comme l'avaient tenté partiellement les Bauhin, 
Tourne fort , Magnol , Morison et Jean Ray ; comme le 
firent plus universellement Bernard de Jussieu , 
Adanson , Linné ( dans ses fragmens d'une mé- 
thode naturelle ) , Antoine Laurent de Jussieu, et 
d'autres botanistes de notre âge ; et lorsque celte 
belle méthode fut appliquée aussi aux animaux, on 
sentit tout l'avantage de ces groupes naturels des 
êtres (i). 

Mais il n'en faut pas conclure que toutes les parties 
d'une plante participent également des mêmes pro- 
priétés. Le figuier, le papayer, ont un lait vénéneux, 
et ils donnent cependant des fruits très-doux à mah- 
ger , comme les garcinia offrent des fruits acides , 
tandis que leur écorce amère laisse suinter un suc 
jaune drastique. Le citron a l'écorçe aromatique , un 
suc acide et des semences amères. Les tubercules ra- 
dicaux de la pomme de terre ont bien moins les qua- 
lités vireuses des solanées que la tige. Il y a des 
végétaux qui ne possèdent des propriétés efficaces 
que dans la fleur , comme le tilleul , la rose, l'œillet, 
le syringa , etc. Autres sont les vertus des fleurs de 
lis , autres celles de ses bulbes. Il ne faut donc com- 
parer que tel oj'gane à tel organe , dans chaque 
genre ou famille naturelle. 

Or, quelles sont les plantes appartenant à la 
même famille? Sera-ce par le feuillage qu'on les re- 
connaîtra ? Mais on voit des géranium k feuilles de 
groseiller, de panais, de ciguë , d'alchimille , de 



(i) Quœcumque plan tœ gert ère conveniunt , eiîam viriute conveniunt ; 
quœ ordirfe naiurali continentur y etiam virtute propiiis accédant / guœque 
clafise noiurali comgruunt , etiam viribus quodammoào congruunt. Linné, 
philos, hotanic. $ SSy , et vires plantât. Amœn. acad. tom. i , p. 427. 



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Introduction. 17 

\)éloine , de mauve , de guimauve , d'aconit ; il 
s'ensuit qu'une telle base de classification serait bien 
illusoire. On n'a trouvé , depuis Gessner , que les 
parties de la fleur et du fruit qui soient assez cons- 
tantes pour déterminer les plantes , en sorte que 
toutes celles qui se ressemblent par ces organes ap- 
partiennent au même genre ou à la même famille. 

Qu'on m'apporte une petite fleur inconnue > du 
fond des grandes Indes, et que j'y trouve cinq pétales, 
cinq étamines , deux pistils , deux semences nues 
sous le réceptacle , je dir^i , sans avoir jamais vu la 
plante , qu'elle a deâ'^feuilles alternes , plus ou moins 
engainantes, une tige droite, fistuleuse, des racines 
tt des semences odorantes et sapides ; mais que ja- 
mîfls elle ne s'élève en arbre et à l'état ligneux. Ce 
ne peut être qu'une ombellifère. Dés lors j'entrevois 
tontes ses propriétés médicales. Est ce une crucifère, 
une labiée > une graminée? mon jugement sera tout 
aussitôt fixé , et le sanctuaire de la science s'ouvre à 
nos regards. Les composées ou syngenèses , les co- 
Inmnifères ou malvacées , les papilionacées ou dia- 
deJphes, et cent autres Êimilles ^'ofirent des indica- 
tions aussi utiles. ' 

Outre ces caractères de famille , il est des organi- 
sations particulières qui se prêtent plus ou moins aux 
venins. Par exemple , les végétaux làctescens sont 
tous suspects d'acre té dangereuse , comme les apo^ 
cynées , les convolvulacées , les euphorbiacées , les 
papavéracées ^ les figuiers , les agarics laiteux ; 
cependant , les plantes sémi - flosculeuses lactes^^^ 
centes , telles que les chicoracées , sont seulement 
amères ; et , néanmoins , on ne peut méconnaître une 
qualité vénéneuse dans la laitue vireuse, et des chon- 
drilla glauques. 

Plusieurs végétaux ^ portant des nectaires séparés 
de leur corolle , comme les nielles , les ancolies , les 
aconits , les hellébores , ou autres renonculées , ou 
des apocynées, des tricoccœ ^\Xq. , sont très-suspects. 



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i8 INTRODUCTION. 

Les végëtaux aquatiques contractent , |)our la pla^ 
part , une âcreté dangereuse , principalement les re- 
nonculées , les ombellifères , les pédiculaires, les jon- 
cacées, les aroïdes, les crucifères même, etc. Pareil- 
lement, plusiieurs plantes vernales, naissant dans Thu- 
midité , comme les daphne , les draba , les chrysos- 
pleniurrij présentent aussi de Tâcreté, tandis qu'en 
naissant dans des lieux chauds et secs elles perdent 
de cette causticité; et le céleri, qui est agréable à 
manger quand il est né dans des terrains élevés , 
prend un caractère acre, nauséeux, et même véné- 
neux , s'il a crû le pied dans l'eau. 

Au contraire , tous les pays chauds ei secs déve- 
loppent davantage les propriétés odorantes et sapicles 
des plantes ; de là , vient que les aromates et les épices, 
les huiles volatiles , acquièrent tfn parfum tt une 
exaltation admirables sous les cieux ardens de la 
torride. Lels poisons eux-mêmes y prennent une éner- 
gie effroyable, comme les sïrychnos^ les etiphorbiacées. 

Les végétaux toujoui*s verds annoncent qu'ils con- 
tient) ent des résines, ou desbauméis, oU dés huiles; ce 
qui défend long -temps leur feuillage âb là des- 
truction. 

On observe que les végétaux acides he sont jamais 
vénéneux, et que les plantes vénéneuses, qui offrent 
des fruits ou autres partiefs'acides , perdent leur venin 
en ces parties , témoins la tom&te'et d'autres ^olàniim^ 
la pulpe des fruits de strychnàSy des garcihiay des aver- 
rhoa, tandis que les écorce^s, ou d'autres |)'arti'esde 
^|ces arbres , sont plus où moins dangereuse?s. Aussi , 
les acides deviennent des contre-poisons de la plupart 
des venins alcalins du règne végétal. " 

Toute plante inodore et itisipide a peu de vfertus; 
elle n'est tout au plus qu'émolliente, adoucissante, etc. 
Ce sont donc lei^ odeui^s et les saveurs qui produisent 
surtout les actions médicamenteuses ; et quand le la- 
vage ou i'évaporation enlève ces propriétés, il ne 
reste plus de médicament proprement dit. Cèst ainsi 



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INTRODUCTION. 19 

qno âes îécuîes à! arum , de bryone , de mandragore , 
ies renoncules, lavées pour enlever tous les principes 
solubles^ sapid es et odorans /pi us ou moins dangerepx ^ . 
restent parfeitement insipides, inodores , et deviennent 
alimentaires. On fait de mêhie évaporer par la chaleur 
le principe vénéneux de la racine de manioc, pour ob- 
tenir la cassave qui nourrît, car la coction dissipe ou 
dénature plusieurs principes végétaux qui seraient 
funestes dans quelques aliment 

A cet égard , l'on a remarqué que les odeurs agis- 
saient principalement sur le système nerveux . tandis 
que l'action des saveurs sp fait surtout sentir sur 
les appareils fibreux ou contractiles du tube intestinal» 

Toale plante, toute substance d'odeur ou de sa- 
veur agréable sont , pour l'ordinaire, utiles a notre 
organisme dans l'état de santé ; tout ce qui est de 
mauvaise o(ieur ou de mauvais goût noi» nuit et nous 
répugne ; tout ce qui excite des nausées est , ou vé- 
néneux , on vomitif. Voilà les principes sur lesquels 
tous les animaux se gouvernent dans la recherche 
de leurs nourritures ; et Phomme sauvage , le singe , 
se déterminent uniquement d'après ces sens. Mais , 
dans l'étal de civilisation, qui nous laisse sans expé- 
rience des proiductions naturelles , et qui ne procure 
aucun exercice à notre -instinct, souvent nous pou- 
vons nous tropiper. C'est ainsi que des enfatis avalent 
des baies de garou , de belladone , ou d'autres plantes 
dangereuses , faute d'avoir les sens aiguisés par l'exer- 
cice. 

IlfauteeddQiep des fruits Ëides ou douceâtres, ayant 
nnesaveur plus ou moins nauséeuse. Ils cachent sou- 
vent un poison funeste qui se développe plus tard. 
Telle est la matieenille , fruit de forme et de couleur 
agréables , d'odeur charmante de citron , mais dont 
la pulpe , .d'abord insipide , développe une causticité 
affreuse et meurtrière. 

11 £iut bien se garder de considérer l'action des 
aabstances médicamenteuses et des poisons, comme 

a. 



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20 INTRODUCTION. 

constaule et uniforme. Un petit changement dans la 
nature, dans la préparation d'un médicament , suffit 
quelquefois pour en altérer ou modifier toutes les 
vertus. On observe que des acides châtrent, pour 
ainsi parler , toute l'énergie de l'euphorbe ou de la 
scammonée, quand ils agissent quelque temps (comme 
le suc de citron) sur ces matières si acres. La fermen- 
tation spirilueusè détruit, en grande partie, Tactivilé 
de l'absinthe , lorsqu'on la met fermenter avec le 
moût ; c'est pourquoi ce procédé n'offre pas un bon 
vin d'absinthe. L'air, à la longue, dissipe presque 
toute la vertu du séné qu'on expose trop à son action ; 
il en est de même d'une ébullition trop prolongée. 
L'action du feu , surtout , dénature une foule de mé- 
dicamens, au point que des extraits de ciguë, de toxi- 
codendron, et d'autres plantes vénéneuses, préparés 
par une forte coction , deviennent presque inertes», 
et même susceptibles d'être mangés sans inconvé- 
nient. Larhubarbe,commeon sait, perd toute sa vertu 
purgative par une légère torréfaction , etc. 

Nous pourrions étendre beaucoup ces remarques , 
qui trouveront mieux leiir application dans le couïs 
de cet ouvrage. La nécessité de ces études a paru dé- 
montrée à tous les médecins les plus illustres de l'an- 
tiquité, comme le prouvent les passages suivans : 

Galien (lib. i^ deantidoto^ cap. i5) dit: Medicus 
omnium stirpium^ fossilium et animalium peritiam 
haheat^consulOj ^inm^inùs^ plurimorum saltemquibus 
fréquenter utimur, Oribase établit de même : Simpli- 
cium medicaifientorunij etfacùltatum, quœ ineis in- 
sunt , cognitio ita necessaria est ut sine eâ nemo rilè 
m^edicare queat. Si l'on en croit Aetius: Omnium^ sim- 
plicium pharmacorum foires nosse oportet eum qui 
aliquod compositum est facturus. Et , presque par- 
tout, Hippocrate établit en maxime, que la médecin 
dbit être habile dans la connaissance de toutes les 
productions naturelles dont l'homme peut faire usage 
dans sa vie \ ce qui ^'e»t pas une &ible censure d« 



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COULEURS DES MÉDIGAMENS, 21 
tant de médecins de nos jours, qui dédaignent celte 
science indispensable. 

Nous avons dit qu'il y avait trois moyens d'explo- 
rer les qualités, les propriétés des substances ali- 
mentaires , ou médicamenteuses et vénéneuses , 
savoir , par la pue , V odorat et le goût. Comme les 
couleurs sont le principal indice duquel la vue pent 
tirer des avantages,, nous allons traiier d'abord des 
couleurs , puis Aes odeurs , et enfin des saveurs des 
matières simples usitées dans la médecine (i): 



Co N s I i>È RA^T I o N s sur les couleurs des 
médwamens simples du règne végétal', 
comme indices de leurs propriétés. 

La plupart des botanistes et Linné en particulier 
ont rejeté du nombre des caractères des plantes là 
désignation des couleurs de leurs fleurs, ou des 
autres parties, comme trop variables. En principe 
général , <iette proscription est fondée sur une mul- 
tildde de faits vnen jcle plu5 fréquent que les change- 
mens de couleurs dans \es fleurs de pavots, d'^œillets , 
de tulipes, d^alcées , de pieds d'alouette , de renon- 
cules, d'anémones, d'oreilles d'ours , de balsamines , 
de belles de nuit, d'hyacinthes, et mille autres qui 
semblent se jouer avec caprice sous Ta main indus- 
trieuse du jardinier. Combien de variétéis de teintes 
et de formes ne voyons-nous pas éclore, par Teffet 
de la culture, dan^ toutes les espèces qu'on y a 
Jong-temps soumises? Le feuillage^ les fruits, les 
semences , les racines même , acquièrent diverses 
nuances suivant le sol, l'exposition et d'autres soins de 



(1) Voy. sur la nécessité de cette recherclie , Joann. Ernest Hebenstreit, 
diês. de sensu externo , fctcultaium in planiis judice, Leipsick , i73o, 
în-4o. Et aussi Jean Floyer, p?iarmacobasanos , David Abercrombie , et 
ïréd. Hoffmann., etc. 



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S2 INTRODUCTIOIi 

cuUure qu'il n'cîit pas de notre objet de dénombrer 
ici ; plusieurs de ces variétés sont de véritables nia^- 
ladies des végétaux. 

Mais, ce qu'on n'a point assez remarqué , c'est que 
«chaque couleur des fleurs ou d'autres parties d'an 
'Végétal ofii e souvent le caractère propre de quelque 
principe dominant ; avec le changement de couleur , 
ce principe, ou la propriété médicale qu'il porte 
«vec lui^ change et s'altèi'e dans la même propor- 
tion. Il n'est point indiffèrent, par exemple, d'em- 
ployer l'œillet blanc ou le rouge pourpre, ou le 
panaché , en médecine ; le pavot iMtJkc et le pavot 
noir y la rose blanche ou celle de Provins, la violette 
blanche ou de nuance violette, etc., ont des qualités 
assez différentes. 

JNous irons plus loin , et nous examinerons les 
rapportai que la nature a mis entre tel genre de cou- 
leurs et telles propriétés parmi les végétaux. Une 
semblable recherche sur le règne animal ne serait 
peut-être pas sans intérêt* car, bien que Jc$, cou- 
leurs des animaux ne se voient presque jamais qu'à 
leur extérieur et même aux poils , plumes , écailles , 
coquilles, etc., elles résultent d'une niodificfition 
particulière de leurs humeurs; ainsi, à com- 
mencer par l'homme blanc, à cheveux blonds, 
jusqu'au nègre le plus noir, à remarquer les diverses 
qualités physiques et morales des quadrupèdes sui- 
vant la teinte* de leur robe, celles des oiseaux sçlon 
leur plumage, on reconnaîtra facilement que les in- 
dividus les plus robustes , les caractères les plus 
énergiques , etc., sont aussi indiqués par les Couleurs 
les plus intenses et les plus prononcées, tandis que 
les femelles, les individus dégénérés, affaiblis, ont 
des nuances ternes, décolorées, blanchâtres et fades 
dans la même espèce. 

Il est également certain que plus la couleur d'une 
partie quelconque d'un végétal sera foncée ou char* 
gée, plus la propriété aura d'intensité comparatii- 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. aS 

Tement à la même substance moins colorée. Tout le 
monde connaît assez l'effet de l'étiolement, ou de la 
privation de la lumière, pour blanchir, rendre 
fades , molles' et aqueuses les plantes , sans qu'il soit 
besoin <Je s'étendre sur ce sujet : mais si la vive 
lumière pontribue tant à l'intensité des couleurs, il 
n'est pas moins certain que chaque espèce de végétal 
affecte souvent ui^e couleur originelle^ inhérente à 
sa constitution , qui fait partie de ses qualités , qui 
donne un cachet particulier à son odeur, sa saveur, 
sa texture , etc. On peut bien, parJa culture, mo- 
difier jusqu'à certain point ces couleurs, ces pro- 
priétés 'y mais qu'on abandonne le végétal à son 
état naturel, et il reprendra 3a Kvrée originelle avec 
ses vertus primitives. Voilà pourquoi les plantes cul- 
tivées n'ont pas de propriétés aussi fixes et aussi bien 
déterminées que les herbes incultes, pour la médecine^ 
Une autre cause non moins puissante , c'est que le 
terreau fertile et abreuvé des jardins donne aux 
végétaqx de la procérité, et une' sorte d'embonpoint 
qui adoucit letirs pjfopriétés en délayant leurs sucs, 
en détrempant leurs principes colorans, tandis que 
5vir ijmisqI moins>riche, et plus aride, le végétal est 
fl3oin^ chargé de sucs nutritifs ©t muqueux ; il est 
plus grêle, plus sec, et contient sous un mêmfe 
volume plus de principes actifs que la plante culti-^ 
vée. C'est par cette raison que les végétaux secs des 
montagnes et ceux des pays chauds sont en général 
plus actifs que les mêmes espèces nées dans des 
vallons humides et fertiles} et qu'ils sont aussi plus 
colorés , lors même qu'ils ont vécu sous une tempé- 
rature égale. 

De la couleur blanche des fleurs et d^aUtres parties 
des végétafix. 

En général les fleurs blanches sont celles qui con- 
servent de toutes le moins de propriétés par la des- 



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24 INTRODUCTION. 

sieôatîoTî , et dont les principes sont les plus fugaces > 
témoins le lis, le jasmin , la fleur d'acacia, de troène,, 
de muguet, etc., qui perdent toute leur odeur, même 
à la distillation. On observe aussi que là plupart sont 
très-aqueuseç , comme les fleurs blanches de la famille 
des liliacées , asphodèles , narcisses ; plusieurs sont 
même hyahnes ou demi -transparentes à cause de l'a- 
bondar.ce des liquides muqueux et incolores qui 
gonflent leur tissu ; presque toutes sont fades et nau- 
séeuses au goût j 'felles fleurissent pour la plus grande 
partie dès le comniencement du printemps ; la cha- 
leur les fait trèspromptement passer. 

La couleur blanche est la plus fréquente parmi les 
fleurs des pays froids , les plantes alpines, printan- 
nières, et qui éclosent ava'rit que le soleil ait acquis de 
la force : il en est de même parmi les animaux dont 
plusieurs blanchissent en hiver ^ comme les lièvres, 
les martes , les renards, diverses espèces de canards^ 
de lagopèdes, etc. Comme partout cette couleur est 
l'indice de la faiblesse, d'une humidité surabon- 
dante , elle exclut les propriétés toniques , astrin- 
gentes , les saveurs et les odeurs fortes, à peu d'excep- 
tions près. Une exception a lieu pour les fleurs blan- 
ches de la téjradynamie ou des cruciformes , qui sont 
plus acres et plus antiscorbutiques que les fleurs 
jaunes ou d'autres couleurs dans celte classe. Ainsi 
le raifort, le cresson, le cochléaria, la drave, la pas- 
serage, qui fleurissent blanc, ont des qualités plus 
piquantes que les giroflées, le vélar, le tbalictron, 
la rave , etc., qui sont jciunes. Le froid et l'humidité, 
si pr'opres à développer le scorbut, sont aussi les 
plus convenables^ pour accroître le principe antiscor- 
butique dans les tétradynames ; car, sous les climats 
chauds et secs, ces plantes se colorent davantagCj^ 
deviennent ligneuses , prennent des saveurs parti- 
culières, mais perdent de leur propriété antiscor^ 
bu tique , qui est fugace et s'adoucit considérablement. 

Par la même raison, les variétés blaaches des' fraitSi 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. ^5 

sont plus fréqucntes^ous les climats froids. Ainsi les 
raisins , les groseilles , les fraises et framboises , les 
cerises, les prunes de cette couleur, y prospèrent 
mieux que dans les régions plus méridionales ^ mais 
en même temps ces sortes de fruits contiennent moins 
d'extractif , n'ont pas le parfum , la saveur sucrée 
aussi intenses que les mêmes espèces de fruits de 
couleur plus foncée ; ils ont seulement l'avantage de 
mûrir assez promptement : ils sont aussi plus laxatife, 
plus apéritifs et tempérans. 

Les bois blancs, comme les bouleaux, les saules 
et peupliers, les sapins, etc., sont également mul- 
tipliés dans les pays froids et humides; mais tous 
ces végétaux sont très-peu riches en principes as- 
tringens, toniques, qui abondent dans les bois rouges 
ou bruns des contrées plus chaudes , comme les chê- 
nes, les marronniers, les bois de teinture, l'acajou, 
letec, lecedrel, legayac, le bois de fer, l'ébène, etc.; 
les bois blancs et mous des pays méridionaux, comme 
le fromager, le mapou et autres arbres malvacés 
n'ont également que des qualités émollientes et des 
savenrs insipides; les campanules, la laitue et d'au- 
tres herbes lactescentes rafraîchissent , ainsi que le 
lait, la scorsonère, l'asperge, l'arroche, etc. 

Il reste donc prouvé qu'en général la couleur 
blanche est la moins capable de donner les propriétés 
médicales les plus stimulantes : ainsi la scille blanche 
est moins amère que la rouge, Toeillet blanc a moins 
d'arôme que le pourpré, la betterave blanche est 
moins savoureuse que la rouge ; ainsi les gommes , 
les résines incolores ou blanches sont les plus pures; 
les corps mucilagineux^ les farines, les fécules, les 
graines émulsives, les racines, écorces, tiges, etc., 
dccette couleur, sont plus émollientes et plus souvent 
propres à servir d'alimens que toutes les autres. 
La canelle blanche, le quinquina bianc, le santal 
blanc , auront donc moins de propriétés actives xjue 
les autres espèces plus colorées; au contraire, les 



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26 INTRODUCTION. 

aniiscorbutiques , les émolliens, les rafraîchissans^ 
perdront d'autant plus de leur activité qu'ils s'éloi- 
gneront davantage de cette nuance blc^ncbç. 

De la couleur jaune. 

Celle-ci est l'une des plus répandues dans le règne 
végétal, et, quoique souvent combinée à des prin- 
cipes tres-différens , elle ne se rencontre presque 
jamais avec des ^cides ; elle est au contraire l'indice 
le plus constant du principe amer. 

Voyez en effet toutes les substances végétales 
amères ; il en est peu qui ne soient pas jaunes ou 
qui ne donnei«t pas une teinture plus ou moins 
foncée de cette couleur. Ainsi le suc des aloëî> , de 
la chélidoine, les racines de rhubarbe, de genliane, 
de rhapontic, les fleurs de genêt, de baguenaudier, 
de sparte, de securidaca, de l'iris flambe, toutes 
les chicoracées, comme les chondrilles, épervi^res, 
pissenlits, crépis^ prenanthes^ lapsanes, hyoseris\ 
toutes les fleurs, les tiges à sucs jaunes amers des 
corymbifères, arnica, souci, doronic, œillet d'Inde, 
chrysocvom es, verge d'or, jacobée, année, conyze, 
eupaloire, tous l.es amers aromatiques, comme ab- 
sinthes et armoises, aurônes, santoline, tanaîsie, 
camomilles et matricaires, chrysanthèmes et mille 
autres semblables, offrent celte combinaison de la 
couleur jaune avec une amertume très-variée. On 
trouve également des sucs jaunes amers quand on 
incise fraîches plusieurs cynarocéphales, comme l'ar- 
'tichaut, le carLliame, la sarrète, les jacées, les cen- 
taurées et chardons: le bois jaune de l'épine vinelte 
est amer. 

Il y a même des sucs jaunes d'une amertume 
jâcre et mortelle dans les œnanthe , les phellandrium , 
dans les fleurs de plusieurs renoncules, des trollius y 
de i'argemone, du pavot cornu, etc. ; d'autres pur- 
gent avec violence, comme la gomme gutte. Non- 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. 27 

«eûlemeiït les substances naturellement jaunes, mais 
encore celles -que forme Fart, comme Vamer de 
Weller, et les autres produits jaunes obtenus par l'ac- 
tioQ de l'acide nitrique sur les corps organisés, ont 
cette saveur; elle se retrouve également dans la bile 
des animaux : de sor4;e que cette modification de 
couleur semble toujours affecter les mêmes propriétés. 
On trouve tlans des substances de diverses couleurs, 
comme la noix vomîqtte , le sîm^irouba^ la coloquinte , 
le principe amer combiné avec un principe colorant 
jaune; la fiimille des cucurbitacées, jtusques aux me- 
lons les plus sucrés, contient un principe jaune, 
amer et purgatif, mais souvent en tTop petite quan- 
tité pour exercer son action; enfin l'écorce de ci- 
tron, dWange, est jaune et amère; les quinquinas 
les plus jaunes sont les plus amers, ainsi que Tan* 
guslura, le |)ois jaune et fébrifuge du Zanthoxylam j 
divers remèdes anthelmintîiiques, etc. Pourquoi cette 
couleur esl^elle si multipliée dans les fleurs sémi- 
flosculeuses amères et qui n'écloseîit guère qu'après 
le solstice d'été? ces pilantes contiennent la plupart 
un hit plus ou moins amer qui jaunit par la des- 
sicâtion . 

Ces faits et d'autres non moins nombreux , que 
chacun peut connaître^ n'empêchent pas qu'on ne 
trouve des racines jaunes exempter* d'amertume, par 
exemple, la Ccirolte , la réglisse (1), et des herbes 
améres qui offrent très peu d'indices de cette cou- 
leur, comme le trèfle d'eau, le houblon, etc.: il 
est utile de constater les exceptions, afin qu'on en 



(1) Un erand nombre àe racines de plantes lëgumineuses ooniieanent 
des bucs doux ti sucrés , et sont de couleur jauàjàtre plus ou unoiiis ; 
ainsi , outre la réglisse ordinaire et rhérissée, on trouve celle du fevier, 
J^lMUoia iriééCunUios , Lin. , de VaracÂis hy]^ogœa , Lia.., ou pbtac^e de 
terre, du trèfle des Alpes , de Vastragalus ^lycyphyltos , Lin. , de plu- 
sieurs, cytises .et hedysarum ou sainfoins, des gafegà , du lathyrus tube- 
ro8uê^ Lia. , qui sont blanches et pleines de tecule , de l'acacia ordi- 
naire , robinia pstudo - acacia , Liii. , aussi sucrées que ses jeunes 
poiisses , etc. Ces végétaux purgent f£uelr[uelbïs. 



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28 INTRODUCTIOrr. 

puisse rechercher la cause. On remarquera encore 
que le degré d'amertume n'est pas toujours propor- 
tionné àPintensitéde Jacouleur: l'amertume du gland ^ 
du marron d'Inde, du lupin, etc., paraît dépendre 
d'un principig extracto-résineux combiné avec la fér 
cule , qui est d'un jaune pâle. 

Il résulte de ces observations que, quoique cette- 
/couleur ne soit pas une preuve absolue de la pré^ 
sence de l'amertume dans les végétaux, elle en offre^ 
cependant presque toujours l'indice et se trouve fré- 
quemment combinée avec des arômes et des purgatifs.. 

De la couleur rou^e^. 

D'abord le seul genre des rosiers nous fournit 
la preuve de la relatioh des couleurs des fleurs 
avec leurs propriétés 5 la rose blanche jouit d'une- 
saveur fade , et elle est la plus laxalive, la plus émof- 
Hentejles roses jaunes, rasa sulphurea ^ WiiJ),et 
rpsa eglanieriay Lin., bicolory cinhamomea y Lin. y. 
offrent à la saveur une amertume nauséeuse et pur- 
gative; enfin les roses les plus rouges, cominp celles, 
de Provins, sont au contraire astringentes et con- 
tiennent un principe acide. 

Le rouge est en effet dans les végétaux le carac- 
tère presque universel de l'acidité, de l'astriclion ;. 
l'on sait même que les acides ont la propriété de 
faire tourner au rouge plusieurs nuances des vé- 
gétaux, et surtout les couleurs bleues. De là vient 
que des fleurs bleues passent si fréquemment au 
rouge, ou du rouge au bleu, selon que l'acidité 
ou l'alcalinité prédomine. Telles sont les fleurs des 
bourraches, buglose, vipérine, pulmonaire, ancolie,, 
pied d'alouette, polygala , hépatique, bleuet^ sca- 
bieuse, etc.: cela se peut observer jusque sur la même 
tige de plante. • . 

Il n'est peut-être aucun fruit rouge, dans la na-^ 
ture, qui ne doive à quelque acide la manifestation 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. «9 

de celte couleur. Cela est évident pour les cerises, 
groseilles, fraises, framboises, airelles, épiues-vi- 
nettes, sorbes, canneberges, cornouilles, mûres,; 
grenades j et dans les pays chauds, pour les mé- 
lastomes, malpighies, tamarins, caramboles, ana- 
nas, etc., dont les couleurs tirent plus ou moins 
sur le rouge. Ainsi^ pour peu qu'il exiî^te un prin- 
cipe colorant daiis les fruits acides , ils prennent une 
teinte rouge plus ou moins foncée. C'est ainsi 
que si Von salure par un alcali l'acide qui dissout 
le principe colorant du raisin, des mûres, des ce- 
rises noires, des baies de nerprun mûres, etc., 
on obtient, au contraire, des teintes bleues ou vertes ; 
et plus ces fruits perdent de leur acidité en mûris- 
sant, plus ils noircissent. 

On observe que l'érable rouge , la betterave rouge, 
ont une sève ou des sucs plus chargés d'acide malique 
que l'érable à sucre ordinaire et la betterave jaunâtre 
deCastelnàudari. Le raisin rouge contient aussi bien 
plus de principe astringent et d'acidule tartareux 
que les raisins blancs ou moins colorés. Toutle monde 
a pu voir en autotnne que le feuillage delà vigne , de 
l'oseille , des rumex y des oxalis ou surelles , des phy- 
tolacca , des sumachs, des épines-vinettes et de mille 
autres végétaux acides devient rouge en se flétrissant , 
tandis qu'il jaunit et noircit sur ceux qui ne le sont 
l)as. Les insectes qui produisent des teintures rouges, 
les tirent souvent de plantes acides ou astringentes , 
^omme la cochenille du cactus opuntia , dont les 
fruits rouges sont acides , et teignent même l'urine 
de cette couleur. Le chermés tire la sienne d'un chêpe 
qui recèle abondammetit du tannin ; l'écarlate de 
Pologne prend la sienne sur la gnavelle {scleranthus 
perennis ^ L. ) , herbe astringente et rouge. Le rouge 
de la résine lacque est également dû à l'acidité des 
insectes qui la forment sur divers végétaux. 

Nous voyons qu'il existe dans toute la fimiille des 
rosacées ( deJussieu) un principe acide ou astringent; 



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3o INTRODUCTION. 

aussi les racines de fraisier, de tormentille , de quinte-^ 
feuille, la pimprendle , raigremoine , la ronce, les 
arbres pomacés et autres fruitiers, manifestent tous 
plus ou moins des couleurs rouges dans leurs diverses 
parties. Toute la famille des myrtoïdes , comme les 
myrtes, les grenadiers, les jainroses, les eucafyptusy 
les goyaviers , sont astringens et présentent des sucs 
rouges , abondans en tannin. Il en est de même des 
calycan thèmes , tfels que le henné , les salicaires , 
des géranions , de l'orcanette et des orties , ama^ 
rantes , ratai^hiâ , etc. 

11 serait trop long d'énumérer tous les végétaux 
qui contiennent réunis le principe astringent ou acide 
avec le principe colorant rouge. Op peut bien trouver 
des végétaux acides qui ne soi^Vït pas rouges, dU 
moins constamment , comme les citrons et oranges , 
les oxalw^ le pois chiche, etc. ^ mais je n'en connais 
aucun qui soit rougie sans être ou acide ou astrtn^ 
gent , ou sans conteïdr quelque principe decegensr^.i 

De la couleur toUge-brune. 

C'est surtout celte nuarice qui estPintMce constant 
des propriétés toniques et astringentes , et qui se re- 
marque principalement dans les parties ligneuses des 
végétaux, comme les bois , les écorces, les racines. 
Nous venons de citer les rosacées et les myrtoïdes ; 
les exemples en sont non moins frappans dans les 
chênes , les maronniers dinde, forme , le cerisier, 
le sumach , les arbousiers et Inruy ères, les polygonuimy 
commela bistorte, et le santal rouge, les bois de teinture, 
l'acajou, le cam pêche , etc.; mais surtout dans la femiUe 
des rubiacées, qui présentetit d^s racines tinctoriales^ 
comme la garance, les aspérules et galium, ti prin- 
cipalement les écorces des quinquinas. L'expérience 
fai. voir que les plus rouges sont aussi les plus astrin- 
gens , quoiqu'ils ne soient pas toujours pour cela les 
plus fébrifuges : ces qualités se retrouvant dans le 
caféxer , arbuste de tattiéme &mille. 



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COULEURS DES MEDICAMENS. 5i 

Le principe astringent semble tellement inhérent à 
cette couleur qu*OD ne les trouve peut-être jamais l'un 
sans l'autre. Voyez ces sucs concrets d'acacia vrai et 
d^acacia-nostras, la gomme kijri^ô, le cachou , le rocou , 
ITiypocistis, le bdclliuni , le ladanum, la myrrhe, les 
divers sang-dragon , la résine, lacque , et toutes les 
résines d'un brun-rouge, jusqu'à celles que l'alcohol 
extrait des millepertuis, du houblon : voyez les ex- 
traits bruns de plitMieurs bois et écorcesj les baumes 
rouges-bruns , comme le storax, le benjoin , le styrax, 
le baume du Pérou noir, etc. j tous recèlent plus ou 
moins un principe tannant, astringent , et confirment 
cette observation. 

Ce même principe tonique se trouve combiné avec 
une huile aromatique dans les écorces de canelle , 
de cassia lignea, de divers lauriers , le sassafras , le 
muscadier, le girofle, les pimens , ie bétel, le roseau 
aromatique , la zédoaire , les galanga , les souchets, 
le costus d'Arabie , le bois de Rhodes^ et les autres 
substances aromatiques d'une couleur brun - rouge. 
On peut tirer de toutes un extrait qui contient ce 
principe , lequel est fixe et subsiste même après que 
les odeurs de ces végétaux sont dissipées. En efiet , 
le tannin qui fait la base de ce principe tonique est 
de couleur brun-rouge partout où il se montre (i): 
aussi les sucs végétaux qui en contiennent brunissent 
promptement à l'air et à la lumière , comme les sèves 
des arbres amcntacées, la chair des pommes, poires, 
le brou de noix , et même difFérens bois , etc. 

(i) Voki les différeûtes substances tannantes dont se servent la plu- 
part des Énropëens, et autres, pour préparer leurs cuirs ; toutes ont la 
même couleur. — En France, en Angleterre, aux Etats-Unis, on em- 
fHoié les écorces de cbèue ; en Asie-Mineure , les cjpsules de marron- 
nier dinde. Les Tunisiens font usage du grenadier ; les Egyptiens, 
des acaciès( mimosa ). Vans lès provinces iliyriennes et à Naples, on 
emploie te myrte} vers Montp^-Jiier, le redoul {conaria) et le luslet 
( rhu9cotinu9 ^ L. ) : celui-ci sert aussi en Hongrie, tes Suédois mettent 
en œuvre Vuva ursi ; en Norlande, c'est iécorce cie sapin ; en Westro-* 
Bothnie, Técorce de saule ; en Laponie, Iécorce de bouJeau: aux îles 
de Férotfë, la racine d« toriaei^tiile j en Albanie, Macédoine, !• 
sumadi / etc. 



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52 mtKODUCTÎON. 

De la couleur perte. 

Cette couleur et lés suivantes présentent des ptd* 
priétés plus variables , des faits moins décisifs et moinâ 
constansque les précédentes : mais comme on en peut 
tirer encore beaucoup d'indications utiles , nous ne 
laisserons pas de les exposer. 

En général , Iç vert, si répandu dans le règne végé- 
tal 5 porte presque toujours avec lui des saveurs 
acerbes y siyptiqj/es^ et ce qu'on nomme de la i>erdeuP 
dans le goût. Tous les fruits , avant leur parfaite ma- 
turité , manifestent avec force cette saveur lorsqu'on 
les mâche. Lesfruitsqui restent toujours verts, comme 
l'olive, le houx, le nerprun , conservent une stypti- 
cité forte et déplaisante. La pistaclie , malgré l'émul- 
sion qu'elle forme , retient une qualité austère , maiii 
agréable. Le fruit du prunelier sauvage , le verjus , 
qui ont une chair verte, sont éminemment acerbes. 
On sait que plus les feuilles des herbes pour les sa^ 
lades sont d'un vf^rt foncé , plus elles sont âpres et 
de mauvais goût ; c'est pourquoi l'on ne prend que 
les plus blanches et les plus étiolées. Pjarmi les variétés 
de choux et d'autres herbes potagères , les plus vertes 
sont, en général, plus acerbes; les épinards, qui 
semblent faire exception , ne doivent leur saveur dou- 
ceâtre qu'au mucilage qu'ils contiennent, ainsi que 
Je pourpier. Les condimens qu'on nommej/î/ze5Â^rJ^5> 
doivent souvent leur saveur relevée, comme la pim- 
prenelle , la rue ( i ) , l'estragon , la roaunbole , le 
poireau, etc. , à leur extrême verdeur : tels sont aussi 
le thé, l'apalachine et d'autres végétaux employés en. 
infusions théiformes. 

Le principe acerbe affecte donc , en général , la 
couleur verte , et je ne doute pas <ju'on ne puisse le 
séparer , soit au moyen de l'huile , soit par l'éther ^ 

— — — • ^ - ■ 

(i) Cette herbe était uu condiment chez les anciens Grecs et Romains < 



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COULEURS DES MEDTCAMENS. 55 

qui se chargent de ce principe colorant des végétaux, 
lorsqu'on parvient à le conserver pur dans les cor- 
nichons, les prunes de reine-claude , les câpres et 
capucines , et autres substances confites , soit dans le 
vinaigre , soit dans Talcohol, il leur donne non-seu- 
lement un aspect plus frais , itiais encore une sa- 
veur légèrement âpre qui plaît. Ce principe se trouve 
combiné avec le principe amer dans les absinthes, 
l'aurône, la citronelle, l'ambroisie maritime, etc. 
plantes qui teignent l'éther sulfurique en un vert in- 
tense, mêlé de jaune: à mesure que les feuilles les 
plus vertes se flétrissent , elles passent au jaune, et 
les fruits verts jaunissent en mûrissant. 

De la couleur bleue. 

î^ous avons dit que le passage du rouge au bleu , ou 
du bleu au rouge, dans les fleurs , était celui dé Taci- 
dite à l'alcalinité , ou vice versa. Beaucoup de faits 
chimiques viennent à l'appui de cette asscrtiqn, et 
tout le monde sait que le bleu de tournesol , de Tor- 
He'Ale et des lichens se développe au moyen des al- 
calis , tourne au rouge par les acides. Les alcalis 
rendent bleues les fleurs rouges : les fécules bleues 
d'indigo et de pastel acquièrent plus d'intensité lors- 
qu'elles sont précipitées au moyen d'une liqueur 
alcaline , comme l'eau de chaux. Ces exemples ,^et 
plusieurs autire'sqii'on pourrait y réunir , font voir 
que ce genre dé couleurs a des' qualités opposées à 
celles des rouges ^ qui ne sont presque jamais véné- 
neuses. Au contraire , plusieurs fleurs et herbes bleues 
ne sont pas d'un usage sûr , bien que ce fait ait des 
exceptions. Ainsi, les acoriifs , lès^ pieds d'aîouettes 
sauvages, là mandragore, plusieurs morellés ( jo/a- 
num)y Aes liserons , dés apocynées , des pervenches , 
des iobëlies et phytéuma , l'hépatique , la pulsaf ille , 
des clématites , la nielle, lés lins, plusieurs légumi- 
neuses, etc. ont des fleurs bleues , toujours accom- 
pagnées de principes acres ou nuisibles. 

3 



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Ik INTRODUCTION. 

Les fleurs dont le bleu passe aisément au rouge oa 
au blanc, conime celles de chicorée , de bourrache , 
buglosse, pulmonaire, vipérine , polygala , bluet,^ 
campanule, hyssope, vesce, etc. n'ont pas sensi- 
blement ces principes nuisibles qui se manifestent 
surtout chez les espèces dont le bleu est fixe , intense, 
et pour ainsi dire essentiel à la plante. 

Nous remarquons même des végétaux qui, sans 
avoir des fleurs bleues, portent sur tout leur feuillage 
une teinte bleuâtre qui le rend d'un vert glauque ^ 
et qui est Pindice de qualités plus ou moins nuisibles/ 
Ainsi , les papavéracées,le pavot cornu , l'argémone, 
lesâncolies, là gratioleetderitelaire, les clématites, la 
laitue vireuse , les ombelliféres vénéneuses, telles que 
les œnanihe et lespA^/Zandr/tt/n, des hellébores, desçj^- 
nanchum^ ]emelianthus^ des euphorbes et tithymales, 
comme l'épurge, et beaucoup d'autres plantes, en 
offrent des exemples manifestes. Au contraire , si l'oa 
adoucit par la culture la laitue^ elle perd sa couleur 
bleuâtre avec ses qualités délétères. Il est certain que 
la fumeterre , qui est glauque , a quelque âcrelé dans 
son suc; car il irrite vivement les yeux. 

Il faut distinguer de la couleur glauque ou bleuâtre 
celle qu'un duvet blanc produit sur plusieurs feuilles^ 
comme celles des saules, des armoises, et autres qui 
ne contiennent point de principes délétères : de 
même, l'épiderme blanchâtre et furfuracéqui forme 
la j/2^wr des fruits, comme des prunes, des raisins, etc., 
et que le moindre contact enlève , paraît bleuâtre , 
mais ne Test pas réellement. Quelques plantes mari- 
times sont glauques aussi , comme le panicaut, les 
iupleurum ; les elymus , etc. Ou remarque aussi la 
même nuance dans divers chenopodium^ salsvla , ou 
kalis, dans le tàinarisc et autres végétaux aie. lins : 
nouvelle induction qui concourt à montrer les rap- 
ports de la couleur bleue des végétaux avec leur état 
alcalin. Parmi les champignons, ceux dont le suc 
devient bleu lorsqu'on lés brise, sont acres et funestes i 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. 55 

Ids sont plusieurs amanites laiteux , Toronge / 
verte, etc. . . 

En gérréral ^ les couleurs bleues ou glauques des 
végétaux et de leurs fleurs doivent donc. inspirer de 
la défiance pour l'usage intérieur; et, pour les arts, 
elles peuvent indiquer la présence des alcalis. Quanta 
aux fleurs violettes , comme cells des violettes , des 
mauves, des hybiscus et autres seml^lables, où le 
rouge contrcbalahce le bleu , elles sont exemptes de 
tout danger. 

Ùe îa couleur noire. 

Rarement celte couleur §e montre c^ans Ips pétâtes j 
ellc^est plus commune d^^s les écprçesqui envelop- 
pent; i^ racines^ dans les turiiquçs des seil^j^nces, pour 
les garantir des corps en virpnnans« ' 

La nature semble elle-même nous écarter cte cette 
couleur repoussante. Les fleurs brunâtres et tirant 
imr le noir de la belladonne , de la jùsquiame, de di* 
verse* morelles^ de^capsicum, descestrum^ etc., 
des cynoglosse, scrofulaifie, cabaret et aristoloches ^ 
hellébore noir ,'pariseltc( raisin de renard), ballotte, 
ortie puante^ etc*, contiennent toutes j un principe 
nauséeux, plus^u moins acre et délétère* 

Les plarttes solanées ^ifunestes ont presque toutes 
un feuillage noir^ indice de leurs qualités : telles sont 
surtout les belladonnes, les mandragores, les mprel les 
noires, le tabac; et ces plantes fournissent un prin- 
cipe colorant vert fonç^^dans les huiles fixes. Le 
ftisain , les nerpruns , les sureaux , le noyer et autres 
arbres aya^t des couleurs noirâtres, sont, doués dq 
qualités malfaisantes. îl est particulier de remarquer 
que chez les espèces dont le feuillage est taché dç 
noir , comme les arum , les renoncules maculas , la 
pcrsicaire maculée, le géranium hircinum ^ h. ^ W 
ciguë maculée , les orchis tachetés, le lierre, le ga- 
ieobdolon (galeopsis)^ le pavot noir, les aconits , etc. , 
il existe précisément des principes plus ou moin^ 

3. 



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56 BSTRODUCTION. 

caustiques oii délétère», qui ne s'observent point dan» 
les espèces voisines ; mais ces indices sont bien plus 
frappausdans la couleur dtes fruits,' car il n'en existe 
peul*être aucun de couleur noire qui soit cxeiiiptde 
datiger lorsqu^on en mange. On connaît les effets fu- 
i^tesdeâ baies de bellàdonne , de morelle noire , de 
bryone bien mûres , de redoul, des rhamnus ^ des 
rhusy dcd ménispermesfcoqpfes du levant), detviorne, 
S^empeirum y à^acttea , de' lierre et de tant d'autres 
qu'on pourrait citer; mai» ce qu'on n'a peut-être point 
assez considéré, c'est que. hoâ&uits noirs de merisier 
causent souvent beaucoup de mal. Cela est évident pour 
les fruits aiiiérs dùputier, cétiâier à grappes (/>rô«i^ 
pcûiù^ ; L\ ), dû mî^hateb , au bbis de Sàintè^Ltïcife , 
du ragourtiinier'', dé l'azârero ; et nrèmè' It kireche" 
iposser y ou l'eau-dè-Viedeceis cerises nôîrés'i tient - 
un prirîcipcf analogue à cfdwî du laorièr^ieHsie , et 
aussi dangereux*, niais' en* petite quantité, etcffestce' 
qui lui donne une sauveur pÉA^ticuKère. 

Il serait' long^ de fair€r ofctetèrvèr un prîriéîjië égale- 
mentdélétèi-èiet hbir dans lés famille* dés a/^cynées, 
Attstfyùhrhoé V éés conoàhultis^ etc. : «liés fèiirnissent 
, un lait^ qui dèvidnt d^un noir^ bru^tpé; et' dbnt^ 
l'âcreté drastique eàt'Mifeh counûe. Leà "sttds '^tioits des* 
T^us qui servent de verUis en Chine , dé la |iomme 
d'acajou et d'âutrea, font bien voir qu'^géhéral' 
cette cduletir annonôe tbfUjours la présdite d*uii 
poison plus ou moink redoutable. Il ne faut pasf con- 
fondre avec le noii* naturel' cehW que donnent léfe vé^' 
gétàux astrtngens , lorsqu'on les incise aVec desîn*»-' 
trumtîns dé fei', carte dernier n'arien depetnicieu:»:» 

. Où doit cônclure^dêces observation^, qtt'â quel- 
ques exceptions près les couleurs dès végétaux indi- 
quent , en 'général, leurs^ prindpes d6minans , et 
peuvent servir à ^ en éttWir lès différences dans ' la • 
matière médicale. 



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COULEURS DES MÉDICAMENS. 57 

Le BXiANG annonce des qualités émoUientes, rafraî- 
chissantes, nutritives, humectantes, etc. 

Le jaune, de3 propriétés améres, a ntbelmin tiques, 
purgatives, stimulantes, etc. 

Le ^ouge, 4es &;çultés acides , antibilieuses, as- 
tringentes, diurétiques, etc. (1). 

Le RoyaE b^u» ,iupe vertu toniqqe^ vulnéraire, 
tannante, fébrifuge , stomaqhique, etc. {2). 



(1) n est bien à considérer qu« la sagesse de la nature multiplie let 
-fruHs ronges acidulés en été et dans les pays chattds , lors^jie teits les 
corps ont besoin de rafraitihi»s<^u8 el de tempërans^ comme elle multi- 
plie aussi les malvacées , les Rcoïdes ëmollientes sur le sol aride et 
brûlant de l'Atrique. Elle fait ipûrir , au contraire, à la fin de.lsiu- 
lomue les fruits plus ^ecs des arbres ameutacées, cqiiiii:ie châtaignes^ 
noix , glands , etc. , qui peuvent se conserver pendant riiiyer : aufsi 
pluiieurs animaux en font provision. 

(a) Producliona végétales vioUUea et pourprées 



Les/£/C2/« violacés, varechs, goë'mons, 
contiennent peut-être plus diode . 
Uchena tinctoriaux , orseille^ pa- 
relie. 

^mm: il en est de violets. 

MaU, violet. 

Sor^o, ou fiolcits? 

Canne à sucre urio.leUe. 

Sang dragon , calamua et d/xiçœna. 

Ignames? 

Hellébore blanc 7 

Scille. 

Orchis. 

Aristoloche grande? 

Hypocistis ^ cyiinu%. 

Cabaret, asaruniA 

yu barbe, rhapontic , patience. 

^ccoioùa , raisin ier. 

I>s polygonum , bistortes , etc. 

Arroches. 

Betteraves. 

Chenopùdium , ansérines , rivine. 

Amaranthes, iUectbrum. 

Primevère y oreilles d'ours viol. 



es 



M 



Sauges , hormin ^ etc. 

Mélisse clament. 

S^silic vïoïet. 

Lamium purpurti^, 

BaUota nigrà, 
I Marrube. 

Cardiaque. 
. Scordium, bugle , etc. 



Digitale pourprée. 
Muflier^ antirrhinum. 
Solanées , Jusf^iiiahre. 
Nicotianes. 
Mandra^oves. 
Belladones. 
Morellea. 
iSôlànum. 
Pommes de terre. 
Bovraginées ^ gujglosse. 
Orcanette. 
Pul^rttoiiàrrç. 
Éapfttes / tiàperujgo, 

vnosma. ' 
Vipérine. 
Liserons , ipôhiœa, convoîvuîue. 
Patate violette. 
Cuscute. 
Rhododendron? 
Airelles. 

Bruyères , py rôles. 
Campanules, raiponce , lobélies. 
Sarrète, serralula tincior, 
JTacée. 
Asters. 
Pétasite. 

Garance? ' 

Quiriquina rouge? 
Kinô , nauclea gamhir? 
Sureau , yèble. 
Carotte ? 
Clématite bl«u«. 



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58 INTRODUCTION. 

Le VEïiT , un principe acerbe, austère , styptique ^ 
^e rastrictiori , etc. 

Lé BiiEU, des qualités souvent acres , alcalines , 
çiltérantes, caustiques, etc. 

Le noir, des propriétés délétères, nauséeuses, 
stupéfiantes , agissant sur le système nerveux, etc. 

C'est ainsi qu^on peut tirer diverses considéra- 
tions philosophiques , utiles pour la pharmacie et la 
médecine , de plusieur3 brî^nche? ie rhistoire natu-r 
relie, 



AnénlDnes vWcttcs. 

Pulsatilles, 

Pivoines. 

Hellébores noirs, 

Àncolîes.* 

Jpeiphinîum. 

Aconits? 

Pavots violets. 

i^adi» , ou petites rayes.. 

Chou violet-rouge. 

Oiroflées , iuliennes. 

Cardamines. 

Ibexides , ^jjicUum. 

Chon marin , çi^mhe. 

arable rougie , açerr^hrum. 

Millepertuis , Ttyperiçum ? 

Oranges rouges. 

Acajou , swietenia ? 

Tigne rouge et violette de Pinot, 

Cîerauions violet^. 

Herbe à Robert, bec de grue. 

Balsa minèi 

Sureile oxali^, . 

Mauves et guixpau ve^ ^ ^è^sçu^^ 

Bocbu. 

Ciêtus, 

Violettes, pensées. 

Saponaires. 

*3,\\\Q\A^çucubalu^^ lychnis', Q^j^sn 

Umma, . 
Joubarbe'. 
Ôrpin rose. 
Saxifrages* 
Cvroseillçrs. 
Cactiers^ 9 raquettes. 
Pourpriers. 

<t7navelie, sfinguinaire, sçkran^hus, 
Picoïdes. , J 

Citcée. .. ' \ 

"Fuchsia, > 

îktyrftiçs^ 



Grenadier? 

Sali ca ires? 

Pommes violettes ^ calvilles ? 

Alisier , a louches. 

Nèfles , cmtœgus. 

Sorbiers. 

ïloseiB rouges, violettes, provii^^^ 

Pimprenelles , tormeiitilles. 

fraisiers , ronces , cerisiers npir^^ 
runiers , prunes diverses. 
ÇacbQU? V. . 

Acacies. 
Bois de Catnpêcbe. 

de'firésil. 

Psoralier bitumineux. 

Lotus divers. 

Jpoliçhos , tiaricots d*Egyp^, 

Haricot, phas0olus. 

Lacque de Verythrina» 

Piscidia ery^krina, 

Robinia rpuges. 

Gesses, lathyrus. 

Pois de senteur violets. 

Sainfoin? 

Pteroçqrpus sanialinus. 

Çuinac, rhus, ' 

BrésiUet , cçmocladia. 

Ricin t 

t^x oiou^ laccifèruTn. 

Maurçll^, croton iinctoriui^m 

Manioc violet. 

Afomordiça balsamina. 

Melons? * 

Figues violejtes. 

IWûrier violet (et un 'blaç^ç \ 

SaUx purpurea- 

Fagus purpiirea. 

Chêne rouge? "'/.,, 

r à kermès. ^ .( ^ \ 

Genévrier? ^ , ,^, ' '^ . 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 39 

Histoire NATURELLE des Odeurs des 
jéHmens , des Médicamens ^ a\;ec leur 

• classification et des observations sur leur 
nature et leurs diverses modifications. 

Les animaux, les plantes, les corps inanimës ont chacun des 
odeurs iiarUculièEcs y distinctes entr'elles. 

lies odeurs des diflférentes substances de la nature, 
el celles des médicamens en particulier y font une 
Varûe si essentielle de leurs propriétés^ agissent telle- 
ment sur notre économie , que leur étude doit inté- 
resser également le médecin , le pharmacien et le chi- 
miste. Il ne s'agit point ici de ces recettes de parfu- 
meurs, destinées à flatter l'odorat. Notre objet n'est 
pas même d'examiner les effets très-singuliers des di- 
verses émanations ,. suaves ou fétides , sur notre sys- 
tème nerveux , leur influence spéciale sur le cerveau, 
Festomac, les organes sexuels dont nous ne parlons 
qu'en passant , ni les miasmes qui se développent dans 
certaines maladies (1), ce qui est du ressort de la 
médecine proprement dite. Notre dessein est d^ clas- 
ser les différentes odeurs agréables ou fétides, surtout 
les médicamenteuses } d'observer leur nature , tours, 
combinaisons et la manière dont elles se modifient ou 
se détruisent , soit dans divers mélanges , soit par 
l'action des réactifâ. Cette partie de nos connaissances 
est encore bien peu avancée , parce qu'elle existe 



(i) Par exemples une odeur acide dam la fièvre niliaire (G^iager, 
^ejtbr^ batav. , p. 33. ) La fièvie ataxique des prisons a une odeur pu- 
tride, ammouiacale ( Pringle , Mitliad. des armées , p. 3io), €hi connaît 
Vodeur de la variole , celle desfÎBmmes.dans k fièvre de lait après l'ac- 
coachemeut, etc. Voyez Brieude,(flfe« Odeura dans La Maladiea , Hém. 
loc. médec. Paris, au 1789. La plique, la lèpre et la plupart des affec- 
tions cutané exhalent des odeurs fétides psuticulières.^ 



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4o INTRODUCTION. 

presque toute entre les mains d'artisans privés la plu- 
part des lumières de la saine physique et de la chimie. 
C'est pourquoi je crois utile d'offrir d'abord Tesquissie 
Iiistorique des principaux travaux en ce genre , pour 
faciliter les recherches de ceux qui voudraient pour- 
liuivre plus loin cette carrière* encore neuve. 

$ I-. 

Un ancien philosophe ^ Théophraste, n'a pas dé- 
daigné d'écrire sur les odeurs , dans ses livres des 
causes des plantes , et dans un traité particulier, 
Aristote , son maître , s'en était déjà occupé dans les 
sections XII et XIII de ses problèmes. L'ouvrage de 
Théophraste , excepté les erreurs d'une mauvaise 
physique, contient des observations ingénieuses sur 
la nature des odeurs végétales et animales , sur les 
préparations de vins odorans, et sur celles des 
huiles aromatiques dont les anciens oignaient leur 
peau après le bain. Il en désigne plus de vingt espèces; 
ce qui prouve que les séplasiaires ^ les onguentaires , 
et autres parfumeurs de ce temps avaient déjà poussé 
*îè'ur art assez loin, 

jÇîriton , médecin plus ancien que Galien , avait 
nj4j^é , au rapport d'Aëtius {tetrabiblion II ^ sérm.^^ 
S^^JP^l) r '^^ odeurs au nombre des médicamens ; il 
^çi^ij^sait grand usage dans les maladies. On compose 
enœre aujourd'hui, dans l'Orient et dans l'Inde, 
nlij^jeurs préparations inêlées à des aromates ; de là 
v^m^^quela matière médicale, chez les arabes, ren- 
fer^jie. un nombre considérable de parfums, La coni- 
^l^pon énervée et sensible des méridionaux^ leur 
rend l'habitude des odeurs nécessaire jusque dans 
ïcùfs alimens journaliers j et la nature semble avoir 
.prié' soin de multiplier lès aromates sous les climats 
it^Vi^us ardens. Il n'en est pas de même des conatitu- 
ti6n«'(robiistes parmi les pays froids ; elles ont l'odo- 
-Tiai.plus obtus cl des iievlh nioln^ facile^ à ébranler ; il 



fc^ 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 4i 
y naît aussi moins de plantes aromatiques ; et autant 
la froidure s'oppose à la production des odeurs , au- 
tant elle diminue leur perception. C'est ainsi que 
l'odorat est moins délicat en hiver qu'en été , comme 
il est moins actif après le repas qu'a )eun. 

U serait facile de citer un grand nombre d'écrits 
sur les substances odorantes , mais fort peu renfer- 
ment des observations sur leur nature , ou d'utiles 
recherches sur leurs effets^ tels sont les ouvrages 
philologiques de Schroeck; (i) , de Klob (2) , de Metz- 
jger (3) 5 de J. Marius (4) , de Castellus (5) , de P. Ser- 
vius (6)5 etc. Cependant, le traité de J. Bravus (7), 
celui de l'érudit J, Conrad Schneider (8) , quelques 
remarques de Nicolas Pechlin (9) et de Wedelius (10), 
offrent des faits intéressans; mais le travail k plus 
important et le plus philosophique qst celui de Robert 
BoylCj sur la nature des effluves des corps (11). Les 
écrits de Cigarini (12) , de J. Corvîn (x3) , M»e aisser- 
tation de Tralles (i4) , traitent des odeurs relative- 
ment k la médecine. On trouve surtppt 4e bonnes ob- 
servationsdanslesaménitésacadémiqi;eî5deLinné(i5). 
JBordeu (16) , Brieude (17) , Lprry (18) , M. Alibert et 



(i) Historia moschl, Vindpb. , 1682, in-io. , 

(3) Jusl. Frid. Klobius , hiator, tiAn6àr/» , WiUèuberg , 1676, iu-^'. 

Anibamlogia , in çbs. natur. curips. Gerui. 

Oxsfcro/o^/a, Vieiin., 1686, in-80. 
(5) Petr. Castçlljus, 6fe/yce?/i« o^>ra/tî, Francof., 1698, iii-80. 
'^^ Phîlolog. spoletan. de odoribus , Roihîb , i64i , in-80. 

De aaporum ei odorum differeniiis , causis et t^fftctibus , Salmaiitica^ 



I 

(5; -, 

il? 

iS) De osse cribriformi , etc. , et de caiarrhia. 
9) De purganiibua med, , et les expërieiices de Belliui , les remar- 
ques de Yioyfx ^ phurmacobasdnos] les réttèxious de Pitavi, etc.. 
110) uétnœnitaUa muttrloe medicœ , et de opio. 
1 1) De natur, dëtermin. ejfluvior, et hl&iory of^ity etc. 
(12) Novœ de odoribus theoriœ truiina , Siemia, ^749 , in-4o. 
(i3) De organo , sensu et objecio offactâs, Prag. , I749 , ia-4o. 

!i4j De limitandis laudibus , et abusu ntpschi, 
lô) Qdores medicdmentprum , ambrosiaça ^ ' mediçcunenta graveoten" 
/?a,eic..tom. 3,5^9. ' 
(16) Analyse médicale du sang. 
(17J Mem. «bc. médec , au lyàg. 
{\S) Biëjn. sur les odeur)» ; soc. ^é4. , 1785 , ^ de mgrh» cutancu* 



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^a INTRODUCTION. 

quelques autres (19) auteurs ont rassemblé des mat©*^ 
riaux împortans sur cet objet. Nous ferons peu men- 
tion ici des traités sur Part dea parfumeurs et distilla* 
teurs (20) , remplis de recettes. bannaleSj^. dictées le 
plus souvent par un aveugle empirisme. Ils n'ont 
guère pour but que d'imprégner ou des corps gras 
(axonges , huiles), ou des alcohols et des vinaigres^ 
ou des poudres végétales , ou des substances spon- 
gieuses, etc., d'odeurslan tôt simples, tantôt mélan- 
gées ; de composer des cassolettes , des pots-pourrrs , 
des parfums pour funiigations, et autres préparations 
de ce genre. L'utilité qu'on en pourrait tirer-, si cea 
ouvrages étaient rédigés dans un esprit philosophique^ 
serait d'examiner .quels mélanges forment des odeurs, 
suaves ou déplaisantes, s'exaltent ou se modifient, 
ont djps rapports ou une sorte d'antipathie entre elles^, 
quels excipiens se chargent le mieux des substa'nees 
aromatiques d'une nature quelconque, afin qu'on 
puisse juger de leurs affinités ; quelles odeurs se dé- 
truisent par la distillation au bain-marie , par l'action 
des alcalis ou dçs acides, se transforment par des 
fermentations et la putréfaction , etc. Nous entrerons 
dans ces recherches en posant plutôt des pierres d'at- 
tente , qu'en élevant un édifice achevé. Notre dessein 
est d'engager des mains plus heureuses ou plus ha- 
biles, à terminer cet ouvrage : il serait plus particu- 
lièrement du ressort de ceux qui se livrent à l'art 
de la parfumerie. 

Existe-il des odeurs primitives d'où sont dérivées, 
toutes les autres, comme toutes les nuances des 
myonis colorés résultent de la lumière ? Il n^en est 
pas de même des odeurs ; car si toutes les couleurs 



(19) Voyez Haller , Elem, physioL , tom. v. De olfctctu» J'ai donne 
une dissertation sur les Odeurs animales dans le Journal de Médec. de 
Sédillot , an 1799 ( an vu ). 

{20) La Chimie du goût et de V odorat ^ le Traité de la distillation et dea 
odeurs, par Dejean ; V^rt du parfumeur } le Parfumeur impérial. 
Par 15, 181a, iu-S^, elc. 



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ODEIIRS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 45 

§ont des modifications d'unç seule substance, les 
odeurs reconnaissent autant de principes ^qu'il y a 
de corps différens; leurs innombrables modifications, 
parmi les yégétaux surtout , constituent une multi- 
tude de classes à part. De plus , telle odeur est, pour 
une personne , bien différente de ce quelle paraît à 
une autre ^ ainsi, le citron, qui déplaisait à plusieurs 
anciens; l'odeur putride du garum^ si prisée des 
Romains; l'asa fœtida, si suave à l'odorat des Per- 
sans; les œufs couvés, que les Siamois recherchent 
de préférence , sont tout autrement.jugés en Europe 
aujourd'hui. L'ail, le fromage passé , le hareng saur, 
opèrent bien diversement sur l'odorat de chaque 
individu , suiyant ses goûts et son idiosyncrasie 
particulière ; ainsi , on voit le Groenlandais boire 
avec délices l'huile rance des baleines. / 

Une forte odeur n'a pas plus qu'une faible le droit 
d'être considérée comme primitive , et celle des fleurs 
du châtaigner, qui est légère, a un caractère aussi 
particulier que celle du musc récent, souvent assez 
violente pour exciter un épistaxis ( hémorragie na- 
sa/e j. Il paraît donc que les odeurs, comme les sons , 
ayant tous deux l'air pour véhicule (i) , sont égale- 
ment variés , ont entre chacun d'eux leurs rapports 
et leurs répugnances. De même que les animaux ne 
sont guère aitehtife qu'aux sons relatifs à la conser- 
vation de leur espèce ou de leur individu, ils ne 
s'attachent aussi qu'aux odeurs relatives à leur nour 
fiture pu à leur reproduction. Le chien, qui flaire do 
si loin les. exhalaisons animales d'un lièvre, paraît 
insensible au parfum de la rose. Les vaujours, cer- 
tains scarabées (les coprisy les dermestes ^ les nicro- 
phores , etC; ) se plaisent dans les charogne» et les 
excrémens les plus infects. Le bœuf même ne paraît 



(i)Les poissons sentent les odeurs dans l'eau; mais ces arômes^ 
Relayés dans un lifjnidé /agissent pi obablemenl comme des saveurs sur 
leurs organes. ' . 



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44 INTRODUCTION. 

sentir, dans les fleurs les/ plus suaves, que l^aliment 
qui lui convient^ et nonce plaisir presque moral qui 
n'appartient qu'à Thomme. 

Souvent aussi une odeur ne déplaît que qu,and elle 
est trop forte ; car , étant . affaiblie , elle devient 
agréable. Telles sont celles de safran, de tubéreuse» 
de lis, de narcisse, qui entêtent lorsqu'elles sont 
trop concentrées. 

Si l'on connaissait la nature de tous les arômes et 
des effluves du corps , l'on pourrait classer les odeurs 
d'après leurs principes constituans. Mais cmtre qu'il 
n'est pas encore permis d'atteindre ce 1>utpar l'imper- 
feclion de nos connais^nces , combien d'arômes dis- 
parûtes n'assembleraient point, par exemple, la classe 
des huiles volatiles , les vapeurs acides , les émana- 
tions animales , etc. Nous les rangerons donc ici 
d'après leurs analogies , et nous les considérerons ea- 
suite sous d'autres points de vue. 

§ II. 

Des odeurs d^alimens. 

Comme aucun sens n'a plus de rapports avec l'odorat 
que le goût, et comme l'ocl.eur n'est souvent qu'un 
avant-goût , plusieurs substances sa|tisfont à la fois 
Qes deux sens voluptueux : tels sont les fruits , les 
liquides odorans et savourevix. Il y a fort peu de 
corps qui ne soient d'autant plus sapides qu'ils oat 
plus d'odeur : témoin les épiçes et autres aromates. 
Des substances dépouillées de leur odeur perdent en 
même temps toute saveur , et l'on reinarque aussi cet 
effet lorsque l?enchifrènement a lieu ; car les alimens 
paraissent presque sans s^avedr alors, p^rce que l'odorat 
est empêciié. De même les substances de mauvaise 
odeur sont si peu capables d'alimenter pour la plu- 
part, que l'estomac se soulève contre elles. 

Enfin , les médecins savent que les odeurs seules 
peuvent nourrir pendant quelque temps , et qu'elles 
raniment plus prompte ment encore que des alimens so- 



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ODEURS DES ALIMENS ET t>ES MEDIC. 45 

lîdes(i). Il y a pourtant dès corps^très-sapides , quoique 
inodores : le sucre , le capsicum^ par exemple , et des 
odeurs très peu sapides, quoique assez fortes, CG/tnme 
larose, l'œillet, etc. Deâ saveurs agréables peuvent 
s'accompagner d'odeurs repoussantes , comme les fro- 
mages^ le cfaviar, le fruit de durion (durio zibethi^ 
nm^Ltm. ) , qui sent l'ogiloTi pourri , etc. En revanche, 
des parfums siiâVes- possèdent quelquefois des sa- 
veurs déplaisawifeâ : tels sont ceux qui ne peuvent pas 
servir d'alimeiis , comme la plupart des huiles vola- 
tiles. On peut dire pourtant , en générai , qu'en fait 
d'alimens, aucun n'a d'odeur en tout sens déplaisante, 
et que la coetion ou les apprêts ^ comme dans les 
mandes , perfectiotinent leurs odeurs en même temps 
q^ \^rs qualités, àapides* 

Les odeurs les plus nourrissantes sont celles des^ 
chairs (d'où vient en- partie Tembonpoint des bou- 
chers, des charcutiers , etc. ), ensuite celles des fruits, 
des végétaux farineux, des sucssucrés. Aucune odeur 
de minétaux n^apparlierit à cette classe : elles sont la 
plupart nuisibles au contraire. Les odeurs spiritueuses 
rëstâfiiréht très-prbmptèment , mais non pour long- 
tetttps: ll^est reWàfquable que les odeurs les plus 
ptôpré^^Étik côndîfnéns des viandes sont aussi lés plus 
8àV<ytrreû^éâ ou celles qui agissent sûr L'estomac , 
cbnittie le^sépicèîries, lés alliacés, ctc: ; car des par- 
fums délicieux , tels que les apibrôsîaques , ou ceux 
dcsftèiïTô^sUaves ou de& baumes , n'y sont nullement 
(xratreMable&^. C^eàt^cmr'celà que les 'liqueurs dé t^ble 
aurorrt d'aiâtai^t ^pkis d^àgrémerit , qu'elles^eront aro- 
matisées avec ^feë substances tout erfsejnbte alimeù- 
taireâetbdoranÈtéS', au lieuqueles odeurs non aiimen** 
ta»esprieflfettefâ«ças^h ce' rtiêtoetetwps le palais, lies 
ombellifères, plahtes en jjénéral nbtfîtîveà, y con- 
viendront mieux que le» labiées même les plus déli- 



(i) C'est ainsi que D^mocrite se soutint en vie par Codeur seule du* 
pua chaud , pendant tioi» jours t yoyez aussi Uippocrate , i^*fi r^mi^nç* 



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46 INtRODUCTIOPf. s 

cates : les liqueurs de fruits odorans sont, par. cette 
raison. Les plus sa voareuses (i)i 

O^ distingue un grand noubibre d'odeurs d'ali-^ 
mens. Les principales sont i 

1" Les fades , que présentent les farioetiji , \ei 
graines céréales^, les mucilages, le dagou, lesalep, 
les concombres , potirons et autres cucurbitacéqs, la. 
châtaigne , la cassave . etc. Une odeur analogue plus 
agréable, est celle du pain frais , de î^articbaud,^ des/ 
truffes, de quelques champignon», de plusieurs ra~ 
cines farineuses , la patate , le topinambour > la pommq ; 
de terre , etc^ * ' 

' 2^ Les oléracéesj telles que la beltel^ve , l^arroctiel ^ 
les cardons, l'endive, la laitue, la scorsonère, led 
épinards, le pourpier, le bonhenri , les campanules, 
les mauves, et même l'asperge, le houblon, etc. 
Ces odeurs sont la plupart herbacées aussL 

3** Les légumineuses sont celles des fèves, hari-*' 
cots, pois, lentilles, vesces^ lupins/ orobes,dôlids^ 
soja, arachide, etc. 

4"* Les odeurs d^otnbeltifères^ Coitimê celles cïe cèr-*' 
feuil , persil , carvi, anis,^ cumin, fenouil, coriandre | 
sèche, angélique, impératoire^ et des racines dei 
panais, céleri, ninsin, chervi^ etc. : elles sont toutes, 
diurétiques, et se reinarquent mern^ sensiblement* 
dans l'odeur de l'urine- v 

5*^ Les antiscorhutiques i ou faibles , comme celles - 
de choux, de navets, de raves; ou fortes, icomme 
celles de raifort, cresson, cocHlé^ia, passerage^ 
moutarde , "Voquette , herb.ersain|:e-barbe. Le becea— 
bunga, la mârchantia^ ont .le;même gçnre d'odeur. 
On sait que la coction ou la putréfaction font -tour- 
ner ces odeurs en hydrogène sulfuré. , 

— ■• — r • • ' •' '■ \ '' 

(i) J'en ai fait voir des exemples claB«.«iOH Traité de Pharmacie $^ 
1 vol. in-8«^ , chez Ferra, rue des Grands-Augufttins^ n° aSj ^XRé^ioni^ 
.rue Pavée Saint- André-aes-Arcs , it»!». 



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r. 

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ODEURS DES ALIMENS ET DÈS MÉDIC. 47 

6* Les o^urs de fruits : soit de ceux à pépins , 
comme poires , coings , nèfles , etc. j ou celles de 
melons, d'ananas ; celles des fruits, à noyaux, telles 
que pêches, abricots j celles des fraises, framboises , 
mûres, etc., sont en général très-suaves. On trouve 
une odeur pommacée dans un géranion rouge d'Afrique 
( pelargonium de Lhéritier ) , dans les feuilles de 
l 'églantier et du blé de vache {melampyrum^ Lin.) 
L'alcohol nitrique exhale, comme on sait, le parfum 
agréable de la pomme de reinette: 

7** Les douceâtres sont celles de figues, de dattes, 
de sébestes, et des substances sucrées, comme les 
miels, la mélasse^ la manne, le sapa ou le moût cuit. 
H paraît que c'est principalement le mucoso- sucré 
qui exhale cette fadeur douceâtre, laxative, partout 
où il existe en abondance. 

8^ Les oléc^neuses sont faibles, comme les amandes, 
avelines, pistaches, cacao frais, olives mûres, pi- 
gnons doux, etc. Certaines semences oléagineuses 
exhalent des odeurs particulièj'es , comme les amandes 
amères , celles d'abricots , la noix , le chénevi , les 
graines de crucifères ; d'autres ont quelque chose de 
fide, comme les semences de cucurbilacées. Nous 
mettons à part larancidité. Ces odeurs se manifestent 
principalement dans les enveloppes de ces amandes 
huileuses. L'odeur des huiles du coco^ de l'avoira et 
d'autres palmiers , est agréable. 

Toutes les odeurs attachées aux substances nutri- 
tives ne constituent pas absolument leur saveur 
comme celle des chairs , des condimens, des boissons,, 
qui en sont inséparables ; c'est pourquoi l'on doit les 
regarder comme des odeurs-saçeurs , et de là vient 
que plusieurs personnes confondent souvent le mot 
goût avec le mot odeur. Telles sont : 

9** Celle des chairs crues et cuites , sans assaison- 
nemens. Il y a des dififérences remarquables entre la 
chair des quadrupèdes ruminana ou celle des herbi- 
vores rougeurs , et celle des carnivores, n^ême des 



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48 INTKODtJCTiON. 

espèces domestiques, dont le goût saurage la fait 
repousser de nos tables. La chair de venaison a pa- 
reillement une odeur et une saveilr plus fortes que 
celle des mêmes animaux 'réduits en domesticité. 
L'on peut faire la même observation sur les chairs 
des oiseaux ; car celle des gallinacées a moins d'odeur 
étrangère que celle des oiseaux d'eau ou de vase, qui 
sent toujours un peu le marécage. 

io^ L'odeur des poissons ou des animaux aqua- 
tiques est très-marquée et souvent déplaisante par' 
son excès , surtout chez les espèces qui vivent dans 
le limon. Les phoques et les autres amphibies parti- 
cipent à cette lïtême odeur de marée, comme les 
fucus et toutes les alguês marines, lesconferves, etc., 
qui peuvent servir également dé nourriture. Ce n'est 
pas le gaz hydrogène phosphore, du moins tout 
seul, maiô* sans doute l'hydlrogènë carburé des ma- 
rais, qui contribue à,îmit)régi?èr ces végétaux aqua- 
tiques de celte odeur : elle est tenace dans les 
éponges. Oh sait que la' Vuîvaire Y chenopodium i^ul- 
paria ^ Lin. ) répand, lorsqu'on la froisse, une puan- 
teur à peu près semblahle. Cependant certaines ex- 
crétions arliraales, chez les personnes rousses , chez 
les nègres Angolad et Jôloffes surtout, manifestent 
cette fétidité analogue à celle de l'hydrogène ou de 
l'azote phosphore. On est donc porté à soupçonner 
chez eux une semblable conbinaisoti , quoique l'ex- 
périence manque encore sûlr ce point. 

11** Les condimèns alliacés sont l'ail, l'échàlotte, 
le poireau, la cibôUlc, la rbcambole, l'oignon et 
autres espèces de ce genre. L'alliaire, la charagne 
£éiidè^ (chara fœiidaj LiK. ), les camàra, îahianct 
carhants Vaàuleata^ Lin., le teiicriumscofodonia^ 
Lin. , les petiperid^ tulbagia^ le thldspî alliaceurriy 
Lin. , la cicuta aiquàtica^ Lin., et bien d'autres 
plantes présentent dés odeurs analogues aux alliacés. 
Il faiit remarquer que celles-ci se rapprochent plus 
ou moins , par la coction , de l'hydrogène sulfuré , 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 49 

et que la plupart de ces plantes contiennent du 
soufre et quelquefois même du phosphore. L'asa 
fœtida, le sagapenum exhalent une fétidité alliacée, 
et Ton sait que la première de ces gommes-résihes 
sert d'assaisonnement aux mets en Perse : toutefois 
la plupart de ces plantes n'entrent point dans les 
assaisonnemens* 

is** Les tépices ou aromates sont les condimens lies 
plas agréables sans doute, mais comme on en fait aussi 
usage en tnédeciiie , nous les classei:ons plus loin. 

Les odeurs des boissons vineuses oû^lcoholiques, 
des vins, cidre, poiré, bière, hydromel vineux, 
A'étant pour ainsi dire qu^un avant-goût de ces li- 
queurs spiritueuses , ne sont guère susceptibles d'être 
considérées en particulier. Il est vrai qu'on peut 
encore distinguer un bouquet ou un aromé^ spécial, 
dans les diâerens vins , par exemple ; mais ce détail 
nous entraînerait trop loirl de notte but. Nous ne 
parlerons pas aussi des ùcidesy qui sont plutôt sapides 
^u'odoransi 

$ m. 

Des odeurs des rnédicantens. 

Assez d'fexempleâ nous montrent que lés odeurs 
opèrent snr nos corps comme des médicamens^ puis- 
qu'il y a même des médicamens qui ne consistent 
que dans une faculté odorante : telles sont les fleurs 
d'orange, celle de tilleul, la plupart des labiées^ des 
aromates, des antis^forbutiqiies, le musc, qui perdent 
toute vertu en perdant toute odeur- De même, si l'on 
privait les purgatifs de cette fétidité nauséeuse qui 
feur est inhérente, ori leur ôterait ïa plus grande 
partie de leur activité (1) j car s'il y a des substanccvS 

^ (1) Pechlin , de purganiih, medic^ Jean Floyer , Pharmncobaaanos , ib, 
^t connais des exemples de persounes purgées assez fortement par la 
^le odeur des médicamens purgatifs nauséeux. Voyez aussi David 
^rcrojnbie « Mai. medic. > etc. 

4 

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5o INTRODUCTION. 

qui manifestent une saveur vive et forte , sans arôme, 
marqué, comme rarùm, la pyrèthre, le capsicum^ 
et surtout le» substances salines, il n'est pasr moins 
certain que celles qui réunissent des odeurs aux 
saveurs, agissent bien plus énergiquement, tandis 
que les corps inodores et. insipides du règne végétal 
sont en général inertes et même inutiles en médecine, 
l^elles sont les plantes fades, aqueudes, qui ne 
sentent que l'herbe. Aussi , les prétendues propriétés 
cordiales et alexitères qu'on attribuait jadis, je ne 
sais sur quels fondemens, ^ la bpurraclie , à la buglosse, 
â'çertaines pierres précieuses , sont depuis lojtig-terap» 
reléguées parmi les ÊiWes de l'ancienne matière 
inédicale. 

Les arômes sont appropriés à la vertu principale 
de chaque substance. Ainsi, l'op ne voit point l'odeur 
muséeuse, qui est particulière aux purgatifs, a'allier^ 
par exemple 9 aux balsamiques astringens.. Quand la 
torréfactioû a dissipé, d^, Ja. rhubarbe, l'odieur 
nauséabonde , la propriété purgative est enlevée, et 
il ne reste plus que sa qualité astringente. Il est 
donc très-important de consulter l'odorat dans l'exa- 
men des médîcamens , et l'on remarque presque tou- 
jours que les roses pâles , les violette^ et les autres 
fleurs ne conservent leur odeur qu'autant qu'elles 
gardent leurs couleurs naturelles. La ^plupart des 
plantes qu'on desséche sont dans le même cas • aussi ^ 
les espèces dont les couleurs sont les pi us fixçs, ont des 
parfums plus durables , et les teintes les plus foncées 
annoncent également des odeurs plus intenses dan^ 
la même espèce : téinoins Tceillet, la rose^ l'iris , etc. , 
qui sont d'autant plus odorantes que leurs couleurs 
sont plus prononcées, et qu'elles ont été davantage 
échauffées par lés rayent du soleil dans leur èrois- 

. Mais les odeurs ne sont pas seulement bornées à 
une action légère sur nos corps;' elles y produisent 
quelquefois des efiFets îrès-violeni? et même meur- 



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ODEURS DES ALIMENS ET DESi MÉDIC. 5i) 

triers , car elles portent souvent avec elles des miasmes 
Biorbifiqaes. Il n'est pas nécessaire de citer les 
effluves putrides des cadavre^ tu décomposition, 
ni lés vapeurs contagieuses des maladies peslilen- 
tielles (i) , telles que là fièvre des prisons (adyna-- 
mkoatax'que)^ qui ofire quelque chose d'ammo- 
niacal â l'odorat; ni la sueur félide des hommes sur 
lesquels ou pratique une opération douloureuse, ni 
les vapeurs sulfureuses ou arsenicales (i) dont mourut 
Dippel^ et d'autres exhalaisons minérales. Mafs il y 
a des^ exhalaisons végétales et animales qui causent 
des ^ets singuliers: la fumée du tabac , chez les 
sauvages de l'Amérique septentrionale, servait à 
exciter tine sorte d'ivresse furieuse pour marcher 
aiix combats; leurs sorciers en usaient lorsqu'ils vou- 
laiei^f prophétiser. On sait que les anciens jongleurs 
rfïarope enïployaient au même usage la fumée ver- 
ùgineusè de la jusquiame, du chanvre, des solanëes; 
que les pythonisscs, les sybilles, recevaient les va- 
peurs de diverses plantes brûlées, lorsqu'elles ren- 
daient leurs oracles (Delrio, disquisit.magicar. lib, 5; 
Thomas Bekker, de oràculisy etc.)-, que les exor- 
cismes même ne se faisaient pas jadis sans qu'on donnât 
de la racine de pivoine et de valépiane aux hysté- 
riques crues possédées, et sans qu'on brûlât des 
matières animales devant elles ( voyez Bodin , de 
demoTwmaniâ ). On sait que les effluves du mance- 
niller, du noyer, de l'if, du genévrier, même de 
la tubéreuse j celle du l^rier-rose, quoique faibles, 
produisent, lorsqu'elles sont concentrées dans une 
chambre close, d'abord un violent mal de télé, puis 
le délire, et même la lipothymie. L'odeur du safran 



(i) Selon Diemerbroeck , avant d'être atteint de peste, les coi-ps 
«pliaient une odeur suave particulière qui ne ressemble à nulle autre, ^ 
I accès de peste survient immédiatement ensuite, lib. de peste i et Boer- 
»*ave, prosleciion. de morb, nervos. , pag. 436. 

(2) La liqueur arsenicale de Cadet exhale une puanteur insuppor- 
table. C'#8t un acétate d'arsenic hydrogéné. 

- 4. 



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52 INTilODUGTION. 

feit tomber quelquefois en syncope les mulets qui 
le transportent; les abeilles sont souvent engour- 
dies par l'odeur des fleurs des apocyns, où elles 
vont recueillir un miel nauséeux ; des émanations 
Irès-fortes de plantes font périr des oiseaux en cage. 
Nous ne parlons pas des fétidités exécrables que 
répandent divers animaux dans la crainte ou la 
colère, comme les visons, le chinche, la zorille, le 
conepate, espèces de putois ( i^zWrra , L. ) d'Amé- 
rique. / 

On observe que les od eurs influent sur difierens sys* 
tèmes d'organes ; par exemple, les stupéfiantes^ telles 
que celles d'opium, des plantes solanées, se portent 
sur le système nerveux, et Fengourdissent plus ou 
moins; c'est pourquoi, si l'on mêle ces stupéfians à 
des purgatifs acres , ceux-ci agiront beaucoup moins , 
et si l'on applique des narcotiques sur les inflam- 
mations les plus douloureuses, comme sur les ul- 
cères cancéreux, on assoupit la sensibilité. Certaines 
plantes odorantes excitent, au contraire ^ chez divers 
animaux, les organes sexuels. La vulvaire broyée 
-attire les chiens en ^ chaleur , et les fait uriner* On 
sait que les odeurs de la cataire, du marum, de 
la valériane, et surtout des racines de ces plantes, 
opèrent sur les chats d'une manière toute parti- 
culière, Olina ( degU ucceUi) a remarqué que les 
x>deurs d'ambre et de musc étaient propres à exciter 
les serins et autres oiseaux de volière à chanter en. 
.tout temps, parce qu'elles^ les mettent en chaleur. 
On sait l'étrange impression que ces ambrosiaques 
exercent sur le genre nerveux des femmes hysté- 
,riques (i) et des hommes hypocondriaques, tandis 
que les fétides les ramènent à l'état naturel: c'est 
sans doute par quelques causes analogues que des 

■ ' "I ' «I I II ■ I _ I ■ I II llll II M ■ I , I . ■ 

(i) Salomon Àlbertus , oratio de moscho , a montré qu'elles agissaient 
comme ^aphrodisiaques; les odeurs fétides reudent chaste, au contraire» 
eu diminuant rexcitabilité nerveuse. 



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ODEURS DES ALMENS ET DES MEDIC. 55 

lïerbes puantes , comme Fherbe Saint-Ghristophe (ca> 
iœaspicatay L., les cotida et stachys Jhetida ^ L.), 
attirent les crapauds^ etc. 

Lùiné forme sept classes d'odeurs de médicamens 
( amœnit. cu^ad. tom. 3 ) , savoir , les aromatiques , 
ksfragrantes, les ambrosîacjues, les alliacées^ les hir^ 
cines, les puantes et les nauséeuses; mais comme 
une foule d'autres ne sauraient se ranger sous ces 
classes^ nous sommes obligés d'en établir un plus 
grand nombre. 

Les odeurs; fétides qMÎ semblent être plus, parti- 
culièrement du domaine de la médecine, sont : 

1** Les nauséabondes y pour la plupart purgatives, 
oa éroétiques, se trouvent chez toutes les plantes 
tçû Mollissent de ces propriétés, et qui sont même vé- 
néBeQses;.telleasont les hellébores blancs (perairum) 
«D Jioir» ( helleborus ) , Vasarum , le glayeul , le jalap 
et les autres conpolpidusy le colchique, les bulbes 
de plusieurs liliacéea, les conualtaria^ la bryotae, 
la coloquinte ,. Faloè's , la nielle , l'ancolie, la pi- 
voine, les aconits et pieds-d'alouette, la fritillaire, 
le sureau et ryèblej, la mercuriale, les cassia^oa 
le sénés, etc. : si les tamarins et la casse ne sont 
pas nauséeux par eux-mêmes^ ils n'en viennent pas 
moins d'arbres nauséeux.^ 

a** Les cireuses ou narcotiques différent des pré- 
cédentes^ en ce qu'elles stupéfient, plutôt qu'elles 
a'excitent des évacuations: telles sont celles d'opium, 
de laitue vireuse, et les odeurs qui sont analogues, 
comme celles des solanunty des datura^ des-atropa y. 
ou belladbnne et mandragore , de la jusquiame,. des 
tabacs, des cynoglosses, des ciguës. Une odeur voi- 
sine encore,, quoique plus feible, est celle des scro- 
fulaires, du lithospermum y du paris kfplia , Lin.^ de 
la linaire, des nénuphars jaune et blanc, etc. 

3* Les acres ou corroswes sontcelleti dix lèdU/n 
paltéstrey L. on romarin de Bohême^ du myrica^ 
gale h^ on myrte deBrabant,^ des lauriers- roses, 



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54 IiyrRODUCTIGN. * 

cle plusieurs renoncules, des apocyns^ asclepias] 
stRmmouées y strychnos y le rhus radicansy L. , où 
toxitodenclion, etc; : cette odeur moins forte se 
retrouve dans le gniac récent, le buis, la rue, les 
cyclamen^ les daphne^ le garou; elle est plus dé- 
pîaisaute dans Tapocyn de Syrie, le fusain, les eu- 
pliorbes, le ricin, etc. 

4** Les hircines y odeurs hystériques, sont produites 
par plusicuis animaux : le castor en ofiFre une par- 
ticulière; le bouc, le putois, les coatis et mouffettes, 
les cochons de l'espèce du pécari et de l'engalla, 
l'hyène, en ont de plus ou moins violentes. Ce 
genre de fétidité se retrouve dans plusieurs plantes, 
comme l'ortie rùuge (lamium purpureum, L. ), le 
.galeopsis y la ballole, que4ques sauges, \e stackys 
syliuitica , L. , Vhypericuni hircinunij L., l'herbe à 
Robert , et beaucoup d'autres géranions , le hieracium 
fétide, le gnaphalium puant, etc. 

5* Une odeur voisine, mais plus faible, et qu'on 
Si nommée aphrodisiague y parce qu'elle se remarque 
dans le sperme des mâles âes mammifères, se re- 
trouve aussi dans plusieurs fleurs des saty rions, 
celles du châlaigner (castanea), du berberis^ de 
quelques ai très chatons des arbres amentacés, et 
dans ks poulets naissans» Une modification de cette 
odeur est celle des cérumens excrétés par les glandes 
placées aux parties sexuelles de la plupart des mam- 
mifères : la vulvaire en oftVe aussi un exemple parmi 
les plantes. 

6" Les eniménagogues amères sont la matricaire, 
la camomille puante, le pouliot, le marrube, l'au- 
roiie, l'armoise, la millefeuille , les absinthes, les 
camomilles, les doronics , le souci, l'œillet d'Inde, 
la cotula foetida^ la sabine. Ces odeurs sont aussi 
vermifuges, comme dans le semes-contra', la ta- 
naisie, la sanloline et d'autres cory.mbifères ou fleurs 
composées. L'eupatoire {eupatorium cannabinuniy L, ) 



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ODEURS DES AUMEMS ET DES MÉDIC. 55 

etVaya-pana, qui en est une espèce (i), Taunée, 
lesconyzes, quoique d'odeur plus agréable, appar- 
tiennent à ce mériie genre. 

7® Les nidoreuses sont fréquentes parmi les in- 
sectes. La punaise surtout, les réduves, les acan- 
thieâ, des sylphes, des carabes, des eoccinelles, 
et la plupart des stâphylins' exhalent cette fétidité 
Irès-repouasanle. Parmi Jes végétaux on trouve la 
coriand r e récente et Kaneth , Torchis fétide > le bptry s, 
Vanagyris^ le mélianthe, etc. Une modification moins 
désagréable de celte fétidité est celle du cassis, du 
noyer, du chanvre, elci : celle du rocou rébenk est 
plus vertigineuse encore que les autres. 

8** Les^odeurs carminaiif^à fétides sontceHes des 
gommes -résines, telles que la gommé ammoniac^ le 
sagapenum, le galbanura^ l'opopanax, le laser ^les 
anciens^ et plusieurs, autres ombellifères^ comme 
les thapsies^ çumih, meûm, la livèche^ les berces 
ou heracleum^ Tache ^ etc. Nous avons parlé ci- 
devant ^es odeurs agréables de cette même famille, 

qui servent exi'alimens., ainsi que des alliacées et des 

antiiicorfoutiques, 

9** Les» W/a/nfwé«^^5^ sont bien marquées par celles 
de pétrole ou naphte> de Tasphalte, du jayet, des 
marbres puans. - Plusieurs trèfles , des ononis et gct- 
lega^ le psoralea bituminosa^h: , quelques passiflores , 
une espèce de verge d'or, solidqgOj présentent les 
mêmes. Nodeurs. 

lo* lises fortes ow penétrarUes sont celles des valé- 
rianes, du nard celtique, dé la serpentaire de Vir- 
ginie, des aristoloches, quoique plus faibles, tie la 
camphrée ( camphorosma ) , du scordham , le cam- 



(i) Eupatorium aya-pana , Du: Petit-Tliouars , plante- d*odèur ana- 
logues aux eupatoires, vantée il y a quelques années comme l'un def 
plus excellens remèdes. Voyez aussi Venlenat , Jard, Malmaison y «t 
Bory Saint-Vincent , Voyage à Vile de Bourbon ,lQHà» ii, pag. 108* . 



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56 INTRODUCTION. 

phrc, rhoiki volatile de cajéput, celle de térébem 

thine, etc., etc. 

Les arômes non fétides des médicauiens, bien que 
plusieprs d'entre epx plaisept peuj so^t çeqx de^ 
genres suiyans. 

11^ Parmi les labiées ou P^riiciiléés de bonne 
odeur ^ il y en a deux principales : Tune qui se rap- 
{»roche du camphre, comme dans les kvandcs, Fhys- 
sape^ le thym, la marjolaine^ les» origans, la sar- 
riette; l'autre, qu'on a nommée cardiaque; se ré- 
connaît dans les sauges, les menthes j, les. basilics j^ 
et quelques leonurus. 

12** Les odeurs aromatiques proprement dites, où 
celles des épiceries ^ forment plusieurs so][(*tes. Lest 
unes, comme le girofle,, la muscade, la canelle et 
la canelle giroflée, le coulilawan, leravenlsara, le 
sassafras <, la canelle blanche, l'écorce de.Winter," 
la casçarille,4es lauriers^,^la badiane, paraissent en- 
core moins piquantes ou acres que celles des poi* 
yres, du piment de la Jamaïque , du poj^vre d'Ethiopie 
{ uuaria ) ^ des amomes , c£M:damome, gingembre ,^ 
cpstus^ curcuma, maniguette. Une autre modifica- 
tion, mais plus douce, de ces aropiesji est celle du 
calamus ou î^corus, des souçjietai, du ^ard indien^;, 
de 1^ benoîte, etc. Quelques fleurs , çqmme l'œillet ^ 
l'orobançhe 3^ sentent aussije girofle^ 

i3' Les balsçtmiques consistent presque unique* 
ment dans l'acide benzoïque et se reconnaissent 
partout pu il existe, comme dans le benjoin, le 
3torax calamité, le styrax liquide, ]e liquiidambar ,^ 
le houmi^i, Ic^ baumes du Pérou çt de Tolu, 1^ 
vanille, Içs bpargeons de peqpliçr^ etQ,. L'eau de 
millefleurs, tirée de l'urine des bestiaux herbivores ^ 
3e rapproche du même parfum. Il se reconnaît en 
quelques fleurs d^ophrys^ Ji. ^ peut-être dansl'abel- 
mosch ( hybiscus L. ), etc. 

>4** On doit ranger parmi les résineuses d'autres, 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 67 

odeurs balsamiques^ couirae celles des prétendus 
baumes de Gopahu, du Canada, de Judée on de 
Jâ Mecque, Acouchi , le Vert ou de Calaba^ qui ne 
sont^ avec les térébenthines du lentisque et dea 
sapins, mélèzes et pins, que des résines chargées 
d'une huile volatile ou essentielle , d'odeur plus ou 
moins suave. On en peut autant dire des résines^' 
tellca que Tencens, le mastic, Télémi, le tacama* 
haca, la ^ndaraque, l'animé, la résine chibou et 
nos résines ou poix communes, qui répandent , par 
la chaleur et la combustion , de fortes émanations : 
ce genre çl'arome se trouve , avec quelques modi«- 
fications, dans le romarin, la fi^o/iram^/Ta, divers gé- 
ranions, le souci d'Afrique, lechama^pitys, le bois, 
de cèdre, d'if, etc. 

16* Un genre voisin est celui des odeurs ^o/uttio- 
résineuses^y telles que la myrrhe, le stacté, le bdel- 
lium, le ladanum, et les végétaux , tels que le bois 
de Calambac, le chaume du Schaananthe^ la flouve 
odorante {^antfmxianthum^ L. ) , etc. 

16" L*odeur mxisqjiée ou ambrosiaque est très-ré- 
pandae dans la nature, surtout chez les animaux;^ 
car outre l'animal du musc, on sait que la civette^ 
le zibet, la genettc, l'ambre gris^ donnent à la mé- 
decine des remèdes analogues très-actifst On cite 
des hommes dont la sueur était naturellement mus- 
quée: tel fut Alexandre-le-Giand, tel fut Haller. 
Dans la classe des mammifères^ le singe ouistiti et 
divers sapajouà^ le didelphe opossum, les musa- 
raignes et le desman, plusieurs espèces de rats, 
surtout à l'époque du rut, comme l'ondatra, le 
piloris j îc rat deau, le muscardin, des lièvres en 
chaleur, et même la sueur de l'éléphant , les larmiers 
(fosses lacrymales) des cerfs, des antilopes, tels 
que le kével, le saiga, etc., sont musqués à cette 
époque. On reconnaît celte odeur, quoique altérée 
par une fadeur particulière, dans les bœu6, mais 
}1 y a des espèces de boeufs très-musquées ( bon mos^ 



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68 INTRODUCTION. 

chaius et le 6os grunniens , L. ) : le buflè l'est telle- 
ment, que les parfumeurs d'Italie (i) se servent 
de la vulve desséchée de sa femelle pour leurs 
parfums; la même odeur est trèst sensible dans la 
bile du bœuf, gardée pendant quelques jours. Pàruii 
les oiseaux, la chouette a une odeur musquée, mêlée 
d'une fadeur nauséabonde; mais ia première est plus 
sensible dansle canard musqué (a/ïa« moschatus^^ L. ) 
et le pélican des Philippines. Chez les reptiles, la 
chair et les œufs du crocodile , de quelques serpens 
(coluber jEsculapii de Lanrenti , etc.) , de diverses 
tortues, ont celte odeur bien marquée; elle est plus 
rare dans les poisâons; elle se retrouve chea les 
aièches:, la liqueur noire des poulpes'(o<r/«îrA«i' deaGrecs ) ; 
enfin, parmi les insectes, les capricornes ou c^- 
Tombyx moschator et suapeolena^ Yichneumon mos-- 
ekaior^ Vapk f raglans ^ {stipula moschifera^ de 
Fabricîus, etc., répandent un arôme semblable : il 
a?observe également dans une foule de plantes, divers 
géranions, des alcées et hybièciés^ ûa. moscateltine 
(Wox«), un iàifiyrus ^ un aïiiumy \xn holous\ une 
^aira^ une kleinia^ une scabieuse, le chardon nutant, 
le pavot des ^ilpesi, Ib rhapontio masqué, une mo- 
notropuy des diosrna^ etc., quoique la plupart des 
arômes des plantes soient quelquefois bien modi- 
fiés par des circonstances particulière» de cliomt, 
de culture, de lieu, d'époques de végétation. 

l'j- Les orangées' ou citronées sont peut-être en- 
core plus pour l'agrément de là toilette que pour la 
médecine. On compte dans ce genre les orangers et 
}qs citroniers, 'fleurs , fruits et feuilles , la bergauiotle, 
le cédrat, les limons, les fletirs ^'acacia, de fraxi- 
nelle ou diclamne blanc, la méjisçe ou citronelle. 



^ (i)" A Naples , selon Bartholin , nbserv. , centaria /, epist. 49. L^ ptu- 
jxart des mammifères oui des glandes odoriférantes vers i'anu^ : c'est. 
pour cela que les chiens se Uaireut euti'eux cette partie, afin de se 
rcconnaitre individuellemeat. 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 69 

le calament , le bois de santal jaune , la racine du 
tulipier, le basilic citroné de Wildenow, etc. 

18** Odeur de lotier.H^ comme le mélilot et plu- 
sieurs lotus y trifoUunij etc. Le fenu-grec Ta plus pé- 
nétrante , aip^i que la fève tonka ( baryosma de 
Gœrtner ) : cette sorte d'odeur est propre à plusieurs 
légumineuses j elle s'augmente par la dessication. 

1Q° L'odeur tonique et acerbe est sensible dans les 
écorcesdes bons quinquinas, les feuilles et la sciure 
des chênes, le café vert, les sucs d'acacias, le ca- 
chou, plusieurs bois , et même celui des saules, les 
écorces tannantes , diverses herbes astringentes , his- 
torié , aigremoine , tormentille , etc. 

20** L'odeur des amandes amères ou d'acide prus- 
sique se reconnaît dans la plupart des amandes des 
fruits à noyaux; le laurier-cerise, le puticr, le ra- 
gouminier, le pêcher présentent le même principe 
dans leurs feuilles et leurs fleurs, et même le meri- 
sier noir, le kirscheurwasser qu'on en tire, con- 
^ennent c^lte odeur, comme les lossolis, liqueurs 
d'Italie. 

$ IV. 

Des odeurs df agrément et de toilette. 

NécessaSrement celte classe est toute composée 
d'àromes agréables et qui paraissent n'affecter que 
l'espèce hun^aine. Si l'abeille, par exemple, préfé- 
rait les fleurs qui nous semblent les plus suaves, 
aux autres , elle ne recueillerait pas indifiPérem- 
ment le miel sur les fleurs d'odeur vénéneuse ou 
déplaisante (1). La nature a voulu que nous eussions 
besoin du témoignage des animaux, dans les soli- 
tudes, pour nous indiquer quels fruits inconnus, 



• {1) Les aconitB , Vaxalea pontka , Liiu , qui dounent uu miel dan-* 
R«reu3t , comme les solda U rie Xénophou et ceux d'Antoine k Tnvixovii: 
réprouvèrent daus i'.^ie- Mineure, 



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6o INTRODUCTION. 

quelles plantes étrangères, peuvent être mangés satn^ 
danger , tandis qu'elle nous a donné la faculté de ju- 
ger seuls des odeura agréables. West*-ce pas une 
preuve qu'elle nous a moins destinés aux jouissance* 
du goût qu'à des sensations moins n^i^térieHes? En 
effet, l'odorat dans l'homme s'attache à des arômes 
indépendans des saveurs : c'est ce qui le rend en 
quelque sorte un sens moral , selon les philosophes. 
Cardan prétend que les personnes qui pnt le nez fin 
sont les plus spirituelles j J. - J. Rousseau regardait 
l'odorat comme le sens de l'imagination ^ les bêt^a 
même qui ont l'odorat le plus subtil, comme le 
chien et l'éléphant, paraissent les plus intelligentes^ 
Cependant, on voit le chien s'attacher aux odeura. 
fétides et putrides des excrémens, des charognes. La 
plupart des animaux qui puent eux-mêmes , re- • 
cherchent des puanteurs analogues aux leuts, surtout 
à l'époque du rut , temps où tous, les animaux ré- 
pandent le plus d'odeur ( laquelle sert à attirer les 
sexes entr'eux ). De même, les plantes, pour Fa plu- 
part, n'exhalent leurs parfums les plus délicieux 
qu'au temps de leur floraison, et par leurs fleurs 
principalement , comme les animaux portent aux 
organes sexuels lem s glandes odoriférantes. Il paraît 
donc que le développement des odeurs chez les: 
corps organisés a lieu surtout par l'acte de la fécon- 
dation , et dans les parties mêmes qui y concourent j 
tellement qu'après cet acte, la plante défleurie , l'ani- 
mal qui a mis bas, n'ont plus les mêmes odeurs (a). 

Si les corps qui tendent à l'organisation , comme 
l'animal et la plante à l'époque de la fécondation, 
exhalent des odeurs plus ou moins agréables, au 
contraire, tous les corps qui tendent à se détruire 
répandent des effluves de corruption et de fétidité. 



(i) Ou observe que les animaux carnivores exhalent des odeurs fé- 
tides , ce qui rend aussi leur chair d'une saveur détestable; ils se ressem^ 
Ment en cela aux plantes vénéneuses qui sont également repoussantes. 



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ODEURS DES AUMËNS ET DES MÉDlC. fîi 
I^s minéraux , qui sont la plupart des substances 
simples ( excepté les bitumes qui viennent de» corps 
organisés), n'ont point des arômes agréables, et en 
rapport avec le goût ou les autres sens; ce sont des 
matières inorganiques pour Fodorat : aussi les meil- 
leures odcurâ viennent des plantes. Celles des ani- 
maux, formées de principes trop compliqués, tendent 
souvent vers la putridilé, ou la favorisent même, 
comme on s'en est aperçu; c'est pour cela que le 
musc^ Je casloreum, etc., nuisent beaucoup, selon 
les observateurs (i) , dans les maladies où il existe une 
tendance à la putridité : et même les odeurs^ les plus 
suaves, échauffées avec la sueur du corps le plus sain , 
acquièrent une fétidité bien plus grande. C'est peut- 
être par cette raison que l'u§age habituel des odeurs 
énerve beaqcoup , comme l'a remarqué Lorry. 

En général, les odeurs de la toilette pénètrent 
rapidement toute l'économie animale , par la voie du 
système absorbant. II suflBt d'en appliquer sur l'abdo- 
Bttèn, ou même sur la tête, pour qu'on rende des 
utines ou des vents par haut, imprégnés sensiblement 
de la même odeur, en très-peu de temps. Mais c'est 
surtout vers le cerveau que se portent les odeurs , et 
pour peu qu'elles soient fortes, elles causent une 
sorte de vertige. Toutefois , celles de roses , d'o- 
rangers, de fruits, n'entêtent pas. 

Non* avons déjà parlé de plusieurs substances ali- 
mentaires et médicamenteuses dont les arômes peu- 
vent servir à la toilelte : telles sont les ombelliféres , 
les labiées, les aromatiques, les balsamiques, les 
ambrosiaques , les citronées , etc. Il en reste peu 
d'autres, qui sont principalement les suivantes. 

1' Les odeurs de ros^s avec leurs variétés des 
espèces de ce genre , la racine de roses ( Rhodiolay 
Lin. ) les bois dits de Rhodes {amyris balsamifera y 



(i) Diemerbroeek , de peste, a vu le miu#c mûre en cette maladia 
voy«z aussi Soerhaave , murU. nêfv. 



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62 INTRODUCTION. 

Lin.)? l^'s fleurs de lathyrus tubhrosuSj Lm., da 
saule de Perse, du bouillon blanc, un géranion 
d'Afrique , etc. On trouve plusieurs insectes , comme 
des capricornes (le cerambyx suaveolens , hi^ . ^ et 
autres ), des ichneumons de Géer, qui répandent cette 
agréable odeur. 

2** Les Uliacées et iridées^ les lis, narcisse?;, jacin- 
thes , jonquilles ,/^^^coï^/77^, tubéreuses , divers iris, 
appariienr>entà cet ordre. Les fleurs du prunier, de 
la vigne, etc., se rapprochent de cette odeur , qui est 
très-fngâce, et se dissipe à inesure que ces fleurs se 
dessèchent, à l'exceplion du safran, dont l'arôme est 
plus fort. L'hydrochlôrate d'ammoniaque ferrugineux 
exhale une odeur analogue à ce dernier. 

5** Les violacées , ou odeurs de violettes , sont lé- 
gères, mais suaves; on sait que la racine de l'iris 
de Florence, quelques hyssus rouges, un /icA^/j her- 
cynien, le thé venu de Chine par la voie de terre, 
exhalent ce parfum délicat: il se reconnaît encore 
chez un poisson du genre des scares , et dans des in- 
sectes comme les meloë majalis ^Lïn., etc., et même 
dans les marais salans du bord de la mer, dans 
l'urine des individus qui ont pris de la térében- 
thine, etc. 

4^ hes fragrantes , ainsi dénommées par Linné, 
sont comme le jasmin, la giroflée, l'héliotrope^ le 
sambac ( nyctanihes ), la fleur de tilleul. Celles de 
syringa et de lilas , quoique diverses , participent de 
ce genre, comme plusieurs gesses ( IqthyruSyXm. ), 
pois de senteur , etcr ^ 

5** Les odeurs des plantes alpines , vernales , grêles , 
sont douces et peu marquées, comme celles du 
muguet, d'oreilles-d'ours et primevères, du sceau 
de Salomon , de quelques alyssons , des véroni- 
ques, etc. 

6" Les caprifoliées^ telles que le chèvrefeuille, le 
réséda, les capucines, les câpres, l'onagraire, les 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 65 

galium^ i'ulmaire , la fleur de sureau , l'aspérule odo- 
rante, conservent dans leur agrément une sorle de 
sécheresse ou de légère âcreté, plus aisée à sentir 
qu'à définir. 

Nous ne poursuivrons pas plu» loin toutes ces 
énumérations , raais nous ferons quelques réflexions 
$ur ces odeurs. On les sent mieux d'un peu loin> 
en général, que de trop près, parce que res ef- 
fluves se trouvent mêlés alors de parties grossières , 
moins suaves et herbacées. Aussi les fleurs qu'on 
broie donnent des odeurs moins délicates que dans 
leur état naturel (i). Par la même raison, les plantes 
à odeurs fugaces et légères .sont plus odorantes de 
nuit que de jour , comme les mirabilis , le ri^c- 
tanihesy la fraxinelle, et même le chèvrefeuille. Au 
contraire , il faut une chaleur vive pour les végé- 
taux dont l'aroTftc est plus tenace. C'est pourquoi les 
pays chauds, l'Inde méridionale, l'Arabie, donnent 
naissance aux plus forts aromates, et les lieux arides, 
frappés des rayons solaires, nourrissent des plantes 
plus odorantes que les lieux ombragés et humides ; 
^e même les espèces sauvages de rose velue, de 
febiées à feuilles crépues ou rugueuses, d'herbes 
demi-ligneuses, fortement colorées, sont bien au- 
trement odorantes et sapides que les mêmes espèces 
amollies par la culture dans un terreau gras , aqueux , 
où elles deviennent muqueuses, pleines de sucs ^ 
fades et délayés. Aussi la dessicalion augmente la 
plupart des arômes chez les labiées, Jes lauriers, les 
Diyrtoïdes , etc. , tandis que les odeurs légères des 
plantes alpines, des antiscorbutiques, se dissi|)ent' 
par la chaleur et sous les climats chauds, et que 
la plupart de ces. plantes sont plus odorantes Je 
njatin qu'après midi. Ces odeurs d'agrément sont 

(i) Il y a deux sortes d'arômes dans les yiolettes , la fraise , le chè- 
vrefeuille , etc. Le premier est très-suave et fugace ; l'autre plus pesant , 
«t dé8agréal>le est ceUi qvi'ou remarque en froissant ces ileurs et ces 
fruits. ' 



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64 ÎNThODÙCHôN; 

presque toutes de nature dissipablé tt facile à dé^ 
composer. 

Le btoiémfent est nécessaire, au Contraire, pour' 
développer Todeur des bois , des racines et autred 
corps compactes; et la chaleur, pour exalter les 
odeurs résineuses , tandis qu'il faut un degré de froid 
pour retenir les effluves volatils de» truflFes , des 
iris et -des lis^ qu'une chaleur trop forte décom- 
pose- V 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES PARftJlrfS* 

De leurs mélanges ou combinaisons. 

La science des parfums^ considérée comme une 
des branches de la philosophie naturelle et de la 
médecine, est encore intéressante sous le rapport 
de leurs combinaisons. Car enfin , quelles sont les 
odeurs qui se repoussent ou se nuisent entre elles? 
Lesquelles forment des composés , tantôt plus agréa- 
bles, tantôt plus infects, lorsqu'on les unit? Comment 
se fait-il que deux ou plusieurs odeurs puantes for- 
inerit quelquefois par leut mélange un composé suave^ 
et qu'au contraire des parfums suaves puissent com* 
poser une puanteur exécrable? Quels corps servent 
à exalter ou affaiblir tel ou tel arôme, à neutraliser 
tel autre? Comment une odeur fétide s'emploie-t-ellé 
à relever un parfum trop fade, de même qu'on 
relève un ragoût insipide par des assaisonneniens 
piquans, ou la fadeur des consionnances perpétuelles, 
par certaines dissonnances, dans la musique? Ce 
sont, je l'avoue, bien dés connaissances qui nous 
manquent, et qui méritent suttout qu'on s^y attache. 
Ce sont de ces tours de mam qui rendent tel par- 
fumeur, tel liqupriste distillateur, plus habile que tout 
autpe, dans l'art de flatter l'odorat et le palais. 

En général , cependant, les odeurs puantes se re- 



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ODEURS DÈS AEIMENB ITB 0ES MÉDIC. 65 

poossent entre ettw}> ïes*âilhicéè^avfec lesWireiraeary 
par exemple, deViennenÉ encore plus r^vohantes. 
D'autres s'unissent très-bien, comme oetlbs de» la«^ 
biées et des aromates, des balsamiques avec les 
résineuses. H eh est dP\ï«së2' agréables qtïi rièst^ con- 
viennent point ensemble, comme celles de fleurs 
de pécher et d'amandes araères avec l'orange ou le 
citçonj comme la vanille avec la canelle, ou ieà 
aromatiques avec les balsamiques, ni les ombelli- 
fères avec les rosacées, ni les musquées avec les 
odeurs de clia^r, elc. Il en est qui'se joignent natu- 
rellement , quoique de genres différens; telles s^ont 
les liliacées avec les nauséabondes, qui forment un 
composé peu agréable. Les an tîscorbu tiques ou les 
alliacées relèvent très-bien les odeurs fades) et les 
cléracées ; mais déplaisent beaucoup avec les odeurs 
de fruits, etc. 

Les aromatiques combattent les nauSjéabondes , 
comme les acides et les spiritueuses altèrent les vi- 
tesses ; de même les bitumineuses agissent contre 
les aphrodisiaques. Celles-ci et les hircines sont, au 
Contraire , exaltées par le musc et les autres am- 
brosiaques : les arômes des lotiers, l'eau distillcje 
de mélilot, quoique peu odorante, par exemple, 
augmentent beaucoup les odeurs fragrantes de plu- 
sieurs autres fleuri. H ne faut qu'un atome de musc 
et de civette pour accroître d'une manière extraor- 
dinaire l'odeur faible de l'ambre. On prétend que 
Certaine proportion de sagapenum, de galbanum et 
d'opopanax liquéfiés avec de l'asphalte, forme du 
nrnsc artificiel (i). L'acide stiifurique concentré dé- 
veloppe aussi dans le succin une odeur d'ambre 

gris. 

On peut ohservef* encore que lee odeurs de même 
genre s'exaltent mutuellement par leur union: de 



<i) Hialoire de VAtadèmit des- Sciences \, eixi 1706, pag. 6^ 

5 



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66 INTRODUCTION/ 

là vient la forte odeur de plusieurs pots pourris 
bien composés. Mais si l'on joint des odeurs dis- 
parates, le résultat est tout diflFérent. 

Des effets de la putréfaction sur les odeurs. 

On a dit généralement que tous les corps en 
putréfaction puaient : les substances animales sur- 
tout exhalent alors plus de fétidité que la plupart 
des végétales. Nous pouvons faire voir cependant 
des substances chez lesquelles la putréfaction déve- 
loppe une odeur plus ou moins agréable, et. dVutres 
qui sentent plus mauvais dans Tétat sain' que dans 
l'état de corruption. 

La bile de l'homme et celle des animaux (i) est 
susccplible d'acquérir , par une légère putréfaction , 
une odeur de musc très-intense. Il suflBt pour cela de 
la tenir en digestion pendant quelque tènhps dans un 
lieu tiède (Ramsay, de bile y pag. 12). Un extrait 
d'urine de vache a présenté la même odeur après 
une semblable digestion (Rutly, synopsis of minerai 
fpaters , t. 1 , p. 457 )• Le fumier de bœuf exhale aussi 
une odeut de musc. Tout le monde sait que des 
pommes pourries présenterït souvent une odeur mus- 
quée assez agréable. Les excrémens même de plu- 
sieurs animaux répandent ce parfum. Quoique l'odeur 
des fromages passés, des choux fermentes, ne soit pas 
agréable pour tout le monde, non plus que celle des 
harengs saurs et des autres poissons fumés, on peut 
dire cependant que cette putréfaction commençante 
qu'ils éprouvent, les fait rechercher davantage. C'est 
ainsi qu'on laisse développer le fumet des chairs de 
venaison , pour les rendre plus agréables au goût. Un. 
certain degré de fermentation paraît également né- 
cessaire à plusieurs mélanges d'odeurs , cassolettes , 



(1) Une teinture alcoholique de hel de loup , Haller, Cominvit. in 
Boerhaave , t«m. i , pag. 355 ) Schrœder , Phairnavap, 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES MÉDIC. 6^ 

pots pourris 5 afin d'en bien unir les divers ingré- 
rfiens, comme il est nécessaire à la perfection de la 
lliériaqup. C'est peut-être pour cette cause que la ci- 
vette reprend , dit-on , son odeur perdue y en la sas- 
pendant clans les cloaques ou autres lieux fétides. 

Il y a des puanteurs très-fortes , au contraire , qui 
se détruisent en grande partie par la putréfaction. Il 
y a des champignons (agarics, bolets, vesses-de- 
loups, etc. )•, les phallus impudicus , Lin., eidupli^ 
cato5, Ventenat , ou morilles, d'une fétiilité détestable ; 
fe pistil du àràcontium polyphyllum y Lin. , la fleur de 
stapelia variegata^ Lin., sentent la charogne ; et 
mêrue le myrtille ( vaccinium^ Lin.) a l'odeur des 
os pourris. Les bois de stèrculiay Aefœtidia^ Lin. , qui 
sentent les excrémens, perdent ces odeurs infectes 
lorsque la putréfaction ramène ces substances à leurs 
élémens constitutife. La coction agit à peu prés de 
«lême, puisqu'elle enlève plusieurs odeurs putrides. 

Des effets de la chaleur sur les odeurs, 

les odeurs n'étant que les parties volatilisées des 
aivers corps de la nature , ces émanations ne peuvent 
ftvœrliéuqueparle moyen de la chaleur ou dufrotte- 
iDent et de la division qui l'excitent aussi. Mais , en 
répandant les odeurs, la chaleur continuée les dissipe. 
Aussi les parfumeurs concentrent pat le froid les 
arômes trop fugaces, afin de les cohserver. Les lis, 
les hyacinthes , les iris , le jasmin , les tubéreuses , la 
fleur d'acacia , ont des arômes si délicats que la cha- 
leur de l'eau bouillante les décompose , et qu'on ne 
les peut pas obtenir par distillation ; ce qui fait pré- 
sumer qu'ils ne consistent pas en une huile volatile , 
comme les arômes des autres fleurs. C'est peut-être 
^ cette cause qu'il faut attribuer la disparition des 
odeurs fortes de l'ail , de l'ognon , en Egypte et au- 
tres climats chauds: aussi les aromates de ces contrées 
fournissent des huiles moins volatiles ou plus pesantes 

6. 



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6« lîtTROmjCTION. 

qae œlks de nos pays. La randidiië des' graisses et 
huiks fixes- accompagne souvent le développeïlïent de 
leur odeur par la chaleur. 

On sait que les arômes et les saveurs se dévelop- 
pent en même temps j par un léger degré d'ustidft , Ou 
par la cuisson , dans les chairs , les farineux et les 
autres substances fades et inodores ;^ mais: de plus , en 
dissipant les odeurs et le» saveurs fortes et véné- 
neuses, la torréfoction peut ertleVer à plusieurs sub- 
staiices ce qu'elles ont de ittalfeisant. C'est ainsp que 
là cassave perd l'odeur ykeuse et délétère dû suc de 
la racine de manioc. Enfin, si l'on pousse jiisqu'à 
l'ustion les substances végétales ou animales, on les 
réduit toutes à un même genre d^odeuu de brûlé ow 
d'empyreuwe. te chou et la eigiuë, le musc et la 
chair ,donTvent alors un même résultat, à peu de dif- 
férence près , dans les proportion^ de carbonate am- 
ûioniacal, de l'huile pyrôgénée, desgâz,etc; 

De Faction de l^air et de là lumière sur les^ corps 

odorans.. 

Oh peut observer , en général , que Pair, ou plutôt 
l^oxygèrie, est le principal destructeur des odeurs. En 
effet , si Ton. considère que tous les oxydes métalliques- 
sont' plus inodores que leurà métaux ; que les sels^ 
lieu très, à peu d^èxceptions près, que l'eau et les 
substances oxygénées (i) , sont privées d'odeurs ; si 
l'on remarque, au contraire, quelles alcohols et 
éthers, les huiles volatiles ,. l'ammoniaque , le ga^t^^ 
liydrogène, enfin toutes les substanccjs animales et 



_ (i) Léé acides eti içue ne sont pias'or(H>¥â'n& càfnitié ceux en eux. Si 
les acides nitrique ettnuriatiqiie simple et le<:lrfore agissent cependant 
•urTbdorat, il îhé^ semble qu'ils opèrent plutôt chimiquement ou par 
Mtîé sorfô de combinaison sur là nietÀbrané pituitaire, qu'à la manière 
des odeurs. Cela est surtout évident pow le chlore. Quant aux 




tèiiatfique doit être dan» le môme cas , puisqu'il est aussi volatil 



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ODEURS DES ALBIENS ET DES MÉDIC. % 
végétales volatiles, \éê pins combustibles, 1^ plus 
ij(/rogénées, sont aussi ka plue odorantes; si IW 
veut examiner que la parfaite combustiofi <^u 1 oxygé- 
nation de ces corps i leur enlève toute odeur , ou re- 
connaîtra la vérité de ce fait. De même le soufre , le 
phosphore, l'arsenic, etc. , qui ej^halent , en brûlant^ 
fie si fortes odeurs, en sont complèleinent .priyçs- 
forsqii^ils parviennent à Kacidité parfaite. On pourrait 
conclure de ces faits que les seuls corps "combustibles 
sont odorans, et que l'hydrogène syrtppt est le plus 
gfand véhicule des odeurs ; qu'enfip , c'çç.t çn 
rfesliydrogénant les corps que le.chlqre éteint , pour 
ainsi parler , tous les nmismes et toutç3 les odeurs. 
Mais je ne sais pas si dans l'état actuel de np3 cpa- 
Baissancea on peut tirer une conçlosiort ftpssi géné^ 
ïale , quoiqu'elle paraisse fonclée (i). Je dois dire^ue 
les anciens chimistes avaient entrevu ce fait, puit>- 
qu'ils plaçaient la source des odeurs dans leur pblo- 
gistique otx princ^)e inflanimablç. Ç^^ud^nton ^ 
objecté qtft des substances incombwstibles, cptnme 1^ 
^«rre, le quartz, acquéraient de l'odepr par froUe- 
fflent. Mais cette odeur paraît être celle du fluide 
^trique, et nédétrpit pas l'observation. 

Quant à l'action de la lumière , comme elle a ki.fit- 
colté de brûler les corps, ainsi qu'on l'adil^, çt comme 
elle concourt à produire dans les végétaux les cou- 
leurs, les saveurs, les huiles volatiles, les résines., .il 
n'est pas douteux (Qu'elle ne contribue à la form^iou 
de leurs arômes. Cependant elle mange souvent Jes 
couleurs et les odeurs dans les végétaux^ morts ; c'est 
pourquoi des vnses opaqvies conservent mieux que 
îles vases trausparens, les parfiams, leur^aux distillées. 



-T-x. 



ti-^On ppMTVBittouteniccnoore que les odewrsiie ae font sentir qu'an 
noment où £Ue^ 3e ctti^bmentM l'oxy^èi^e , conupe qn ie ^fÀi dans ie 
toofre, le phosphore; et que c*e8t en se détruisant qu'elles devienneut 
perceptible», et non autrement. Si le sulfate^de fer vert« 4e l'odeivr , 
c'est peut- et te parce qu'il tend à s'oxygéner dava^t«-^ge pui^u'^l ue eeut 
fius rien quoâil U.e8t aa uiaximum.a'oxyg;.énatiou. 



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70 INTRODUCTION. 

odorantes, etc. Doit-on attribuer à la lumière et à la 
chaleur du climat la dififérence remarquée entre le 
musc des pays chauds de l'Asie et celui du froid pla- 
teau dv la Tartarie , quoique produit par le même 
animal ? Celui-ci donne un musc d'odeur voisine de 
celle du castoréum, selon S. G. Gmelin. 

jPe Inaction de divers réactifs chimiques sur les 
substances odorantes. 

Par ce que nous avons dit , on conçoit que les 
acides doivent, ou détruire j ou bien affaiblir lés odeurs. 
Tels sont les acides minéraux , les plusoxygénans sur- 
tout ; mais les acides végétaux , comme Tacétique, 
agissent à un bien moindre degré. Toutefois ils dé- 
truisent coii.plélement l'odeur vireuse, nauséabonde, 
et plusieurs autres fétides dont ils sont spécialement 
les contre-poisons. Le vinaigre se charge des odeurs 
des labiées, des aromates, des alliacés , etc., et il 
forme des vinaigres pour la toilette ou l%médecine. 
La rose et les autres odeurs astringentes s'y com- 
binent bien en particulier. Les vins agissent à peu prèiJ 
de même , quoiqu'à un moindre degré. 

Lés alcalis opèrent, suivant les espèces d'arômes, 
de deux manières différentes. J'ai remarqué qu'en Iri- 
titrant du musc avec un alcali fixe caustique, l'odeur 
musquée s'éteignait sur-le-champ et était remplacée 
par celle de l'amnjoniaque. Les sous-carbonates ak^- 
îins pnjduisent ce résultat plus faiblement. L^s huiies 
volatiles J)erdent aussi une partie de leur odeur avec 
une lessive alcaline caustique, ainsi que les arômes 
des résines , de l'acide beiizoïque ; sans doute p^^r 
l'efiR t des conibinaisons qui s'opèrent. Il semble, au 
contraire , que les alcalis , et surtout l'amnîoniaque , 
développent ou aiguisent les odeurs nar coliques , le» 
vircu es , les nauséeuses ^ etc. La chaux vive agit à 
j)ei! près comme eux. 

On sa,it c^tie 1,'alcoJiQl se charge d'un grand nombt^ 



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ODEURS DES AUMENS ET DES MÉDIC. 71 

d'odeurs et les conserve bien , surtout les résineuses , 
celles des Irailes volatiles, etc.; mais il ne paraît pas 
susceptible de prendre celles des liliacées , des iri- 
dées, dai violetles j ni celles des oléracées , des légu- 
mineuses / des aphrodisiaques. Il altère les vireuses 
ou narcotiques , ainsi que les nauséabondes; il modifie 
un peu atissi les ambrosiaques ou les musquées par 
son odeur propre ; mais il s'allie bien avec les anti- 
scorbutiques , les ombellifères , les labiées, etc. De là 
viennent tant d'alcohols odorans pour la médecine, 
ou la toilette, ou la table. 

Toutes les odeurs de nature huileuse volatile sont 
facilement unies avec les corps gras , comme les 
graisses et huiles fixes les plus pures j et même plu- 
sieurs odeurs, que l'alcohol ne peut saisir sans les 
altérer , passent en leur état naturel dans les corps 
gras. Aucun autre excipient n'est plus capable, après 
Talcohol , de s'imprégner des arômes. Il est pourtant 
des odeurs suaves de fruits qui n'entrent pas aisément 
dans les* corps gras, et la disposition de ceux-d à 
«e rancir corrompt beaucoup d'odeurs ; celles des 
fleurs surtout .n'y passent guère l'année entière sans 
altération. . 

L'aclion de l'eau sur les odeurs offre ici trop peu 
de considérations importantes pour nous y appe- 
santir, car s'il en est peu dont ce menstrue ne se 
charge, il les conserve bien imparfaitement. 

De la nature des odeurs. 

V,^^ premiers chimistes qui ont traité des arô- 
mes, et en particulier Boerhaavc et Frédéric Hoff- 
ujann , ont regardé les esprits recteurs des plantes 
comme d'une nature unique, particulière, contre 
l'opinion de Boyle. Ensuite on a cru que l'arôme 
dépendait seulement d'une huile essentielle volatili- 
sée, et formant une sorte d'atmosphère autour de la 
substance odorante. Il est vrai que cela paraît être 
ainsi pour la fraxinelle, les labiées, les ombellifères 



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7f . «ÎSTBiCMWÇTÎOÎ^. ' 

,et aine fonle à^^ixinç^ yég^u^c et 4e fkws surtout., 
Pfi^r .ejiempl^ , le ayriog^ n'4 d'cdewr qju« d^B^ s^ 
fleur: apa>i e[h Sipùe, dbait-on, œ»nUe»jt ime huile 
€i9gçiitielle. Dans le geiaire de» Ijasilics, luiie çspèce 
ôfiflt le girofle, vin^ nwtfe la.canelle, wrje auU?e 1^ 
Cktrjpn^ ô^ie^i te SenouÙy cellerkile atyrftx Uqttide,^ 
d'^ulrea la eue, Fani», |a méliâ^e^^c. ^e &at)t ^u* 
4anl; die variétés d'huiles volaiilpa 4ont cm ne peut 
itirer aucup caractère .fîj^e. 1(6 même get)re die géra- 
^ion ren&rnie les parfuil:is les plus délicieux de muso 
et de rose, avec les fétidités Jes plus jexécrables du 
|k>uc et de la punaise. 

Mais presque tous les corps de la terr^ exhalant 
leur odeur propre (qui, si elle échappe^ quelque^ 
(foiis à notre odorat, est perçue par les, animaux doués 
.de plus de subtilité dans ce sens), la nature des. 
«arômes ne peut pas être unique. On a trouvé un^ 
Oiuile yol^tile presque inodore, c'est celle des cha- 
tons de noyer: ce qui prouve que ce n'est pastoui- 
ijours dans ce principe que réside surtout l'odeur j 
x'est plutôt une portion même d'une substance quel^ 
^conque volatilisée par la chaleur ou le frQttement. 

On peut distinguer cependant, parmi les odeur», 
.^es clajsses particulières; çs^v il en est d'acides, 
d'autre^ huileuses, d'autpcs bydrosul'furéea, d'autrea 
plus ou n>oirs aquei^^^s, d'autres résineus.e8, elc* 
Parmi les odeurs ctcides^ on peut ranger celle de^ 
fourmis, des âifférens vinaigres artificiels, des acides^ 
volatils du succin et surtout du benpin ou autres^ 
de i'ordre des balsamiques. Les odeurs de fruits, 
celles des substances sucrées ou *dou'ceâtreâi (manne, 
^miel, mêlasse )> tirent évidemnient vers l'acidité; 
tla lancidité est aussi une odeur acide déplaisante. 

^Lf!A odeurs des^rosacées et celles que nous avons, 
nommées toniques aeerbes, forment oertainement 
.qn ordre voisin des précédentes. Elles ne stimulent 
pas comme les huiles volatiles; elles semblent plutôt 
|!«(fraîchir et iiess^rrer comme les astringens. 



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ODEURS DES ALIMENS ET DES IVIÉDIC. 73 ' 
Les arômes fades des plantes oléracées ont l'odcuf 
à^iiçirhe; çeqx ilea violettes, dçs iris, des liliacées, 
des plantes vernales alpirres qui se perdent par ht» 
dessication ji paraissent de nature aqueuse, ou dé- 
pendre d'une modification particulière du mucilage 
dans oes végétaux. Les fétidités nauséabondes peu- 
vent être ;rapportée6 aussi à une sorte de nmci- 
Jage, comme dans le cdlchique, le^ glaïeul , la qou * 
ronne impériale, les ognons clés plantes hex^n- 
dfiques, etc. 

Il est évident que dans les ombellifères , les la- 
biées, ^ les épiceries ou aromates, les orangers et 
autres semblables, les arômes consistent en des 
huiles volatiles plus ou moins légères. Plusieurs 
odeurs fortes et pénétrantes , les car mi natives fétides, 
les emuiénagogues amères , tiennent également de ces 
huiles,^ ou bien du CÊgnphre; mais d'autres subs- 
tances du végétal paraissent concourir à leur arôme 
çn même temps. 

J'igpore si l*on peut supposer l'existence du phos- 
phore dans les odeurs alhacées^ mais il paraît assez 
bien démontré que le soufre existe en un état par- 
ticulier daijs tous les antiscorbutiques. On peut 
soupçonner que l'azote joue un rôle particulier dans 
les odeurs vireuses et narcotiques, avec d'autant 
plus ^e fondement que les végétaux qui les exha- 
lent, donnent tous b^aucpup d'ammoniaque dana^ 
leurs analyses à feu nq. 

L'hydrogène k l'état simple ou t;arburé par^iît se 
reconnaître dans les odeurs bitumincu«es , et peut- 
^tre dans, quelques hircinea, dan9 les musquées ou 
ambrosiaques, m^îs chargé de principes particuliers. 
Dans les résines ch^ufiées, Içs exlialaispns sontévi- 
flço^nent .hydrogénées. 



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7^ lINÏfiODUCTION. 

JJe LA Saveur DES Médicamens, 

Nous avons vu l'odorat, semblable à une senti- 
tielle avancée , prévenir Taniinal des qualités des 
corps, et lui persuader ou le dissuader de les goûier. 

11 est fort rare, en effet, que des matières nau- 
séeuses ou fétides ne soient pas nuisibles à manger, 
bien que plusieurs matières nuisibles ne soient pas 
odorantes. Ainsi, beaucoup de minéraux n'ont pas 
sensiblement d'odeur, et cependantsont des poisons, 
ou tout au moins des substances incapables de 
nourrir. 

, Mais le goût est un sens encore plus analytique 
ou plus intime pour nous dévoiler les propriétés 
des corps relativement à nos besoins. £n eflet^ si 
la vue ne s'exerce que sur les apparences exté- 
rieures des objets, si la piembrane olfactive aper- 
çoit les émanations ou les effluves les })lus délicats 
et les plus fugaces des corps , les papilles nerveuses 
de l'organe du goût palpent et savourent immé- 
diatement les corps eux-mêmes, divisés ou dissous 
dans la salive. Voilà donc un examen plus appro- 
ximatif d'un corps, une appréciation plus directe. 
Et l'odorat et 'le goût se prêtent mutuellement des 
secours par leurs rapports e|t leur, voisinage. Si la 
substance goûlée a de l'odeur , le sens de l'odorat 
donne en même temps son avis, tout de même que 
le goût confirme souvent le jugement de l'odorat, 
ou le rectifie : aussi ceis deux sens se trouvent-ils 
dans tous les animaux , très-rapprochés entre eux ; 
chez les insectes mêmes, il n'est pas probable que 
l'odorat s'exerce par les ouvertures des trachées res- 
piratoires, comme on l'a pensé, mais dans les palpes 
labiaux, comme s'en est aperçu Huber^ à l'égard 
des abeilles, qui sentent d'assez loin les fleurs. 

Los Kaveurs ne peuvent être senties que parla 
langue et quelques organes environnans, tels que 



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SAVECïl DES MÉDICAMENS. 76 

rentrée du pharynx , parties auxquelles se distribuent 
les nerfô gustatifs d'une branche de la cinquième 
paire, qui se rend à la langue (1); ceux de la neu- 
vième paire (2) accompagnés d'un rameau de la hui- 
tième (3) paraissent servir plutôt aux mouvemens 
de cette partie qu'au sens du goût proprement dit. 
Cependant la plupart des membranes internes de 
la bouche, le milieu du palais, et même l'intérieur 
des mâchoires et des lèvres ne sont pas insensibles 
aux saveurs fortes, telles que celles du poivre, ou 
de l'alcohol , ou aux astringens , aux amers , etc. Ja- 
cobson a même découvert, chez les mammifères ru- 
minans, un organe situé au milieu de la voûte pala- 
tine, qui semble être un supplément à leur langue, 
laquelle est d'ailleurs munie de papilles très-volu- 
nûneuses^ En efiet on présume que ces herbivores 
devaient être munis d'un goût particulier , qui pût 
leur indiquer. la nature vénéneuse des herbes au 
milieu des prairies où ils paissent. Les singes flai- 
rent d'abord, comme font les cliiens, tout ce qu'ds 
veulent manger. 

Elu reste, la langue est hérissée d'une multi- 
tude de petites éminences ou papilles nerveuses, 
très-sensibles, et capables d'érection ou de se dresser 
pour mieux palper les corps sapides. L'épiderme 
de la langue est toujours imprégné d'une mucosité 
sécrétée par des expansions glanduleuses, observées 
par Morgagni. Chez les animaux carnivores, les pa- 
pilles sont remarquables et accompagnées, dans le 
genre des chats et des civettes, depoinles Cornées, 
réfléchies en arrière : de sorte que ces animaux râ- 
pent ou même déchirent en léchant. 11 en est denleme 
des vesperlilions, des roussettes , des vaiii})iïk3S, etc. 

(1) Joh. Fred. Meckel, de qulnto pare nenHjrum cerebri, Gotting, 
i7'*8,iu-4o,pag. 97.- . . 

(2)^ J . Fr, W. Bœbmer , de nono pare neworUm cerebri , Goltmg, 1777, 

(3] Alb. Halierj icônes analomk. , fascic. 11 , tab. 1 , litter* g. 



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76 INTRODUCIÏON. 

Toutes les saveurs ne se font pas égaletneiit sentes 
à toutes les parties susceptibles de gustation. Ainst 
ramcrtume de T^sinthe ou de la coloquinte adhérer 
particulièrement a la gdrge, le poivre pique sur- 
tout le bout de la langue, ]e palais distingue k 
saveur de la belladomie; la moutarde, la pinipre- 
nelle agissent plutôt sur la luette, etc. 

La mpllcsse des organes buccaux , leur humidité- 
habituelle , les rendent sur tojut. capables de percevoir 
les saveurs. ;En eflFet, une langue «èche^ toucb^^e 
par du sucre ou tout autre corps s^pide, pak-fiii- 
tement sec, pe reçoit aucune autre sensation que 
celle du tact ordinaire: on negoûtenullementalors. Il 
faut nécessaire^ient que les molécules sapides puissent 
se délayer dans Thumidité et pénétrer dans l'organe 
spongieux qui s'en imbibe, qui les savoure ave& 
réflexion, ppisque tous les seps qui ne sont pas, 
attentifs sentent peu ou point. Aussi, selon la solu- 
bilité des substances) elles sont plus ou moins sa- 
pides; les insolubles sont insipides. Chez tous les. 
animaux, la bouche est humectée d'une liqueur sa- 
livaire, sécrétée par des glandes particulières, à moina 
que l'aimai ne soit destiné, comme les insçctes 
suceurs, à pomper des Uquides, tels sont la puce, 
la mouche, la punaise, etc. 

Le sens du goût n'est point uniforme dans sea 
jugemens, chez tous les animaux, et même chez 
tous les hommes. Indépendamment des idiosyn- 
crasies individuelles, qui font que tel rejette avec 
horreur l'ail, le fromage passé, que d'autres re- 
cherchent avec délectation, aucim autre sens n'est 
sujet à tant d'anomalies, à tant d'influences de I^ha- 
bitude; ati point que des excrémens même, €t que 
l'asa fœtidaj et des œufs couvis deviennent dés 
saveurs estimées de certaines nations. Ce qui est 
poison pour un animal , comme l'euphorbe , ou 
d'autres herbes vénéneuses, e^t dévoré avec délices 
par divers animaux: ainsi le phellandrium siqusxikiixe, 



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SAVEUR DES MÉDICAMENS, 77 

vénéneux pour rhomme, pour le cheval, est re- 
fberclié par le beéûf. Dé cétle sorte', chaque animal 
i sk uouttiiure tèsertée par la nature. 

11 es! d'ailléurà de^ élkl's inorbifîques qui changent 
maniféslefneril le goût des objets. Ainsi, danis^ la 
plupart des' fièvi^es, ou trouve le sucre déplaisant 
et le vin répUgrie; la chair et le bouillon gras ré- 
voltent dans* \e& maladies inflammatoires, par un 
instinct salutaire qliviiùus avertit de ne pas manger 
tbut ce qu'il' serait aïors impossible dé digérer. Il 
y a des rnalàdiès* d^ relâchemeril qui font ap)>éter 
au goût les subatàn-ces amèrès ou acerbes, et les 
fertirries ôU filles cHlbifotîlt^uei^, attaquées dô pida et 
de maldcia , manifestëbl les goûts les^ plus bizarres. 

On les voit dévorer de la ferre^ du plâtr©, de 
k cire, du sel à' pleines rtiains, oii des acides trés- 
forls, comme le citron, le' vinaigre, les frîiiis non 
mûrs, etc. Dans l'hypochondrie, la bouche paraît 
toujours acide, de telle sorte qu'on trotivé une saveur 
^<iidemême auit objets les plus doux; et quiconque 
a l^lKiie améré sent tbut amer; uïie liatigue rûvi^ 
qaeus^et épàissfe fait paraître tbut insipide. 

I^s sauvages grossiers, les habitans du nord , à 
peau épaisse, à langue calleuse, n'ont presque pas 
«ie serts- dû gôâtt , tandis qu'un citadin délicat , dont 
fe palais est exei*oé à tous les mets d'aune cuisine 
exquiae çt raffinée, discerne aiséhient les sàVedrîî 
les plus subtiles. An contraire le goût se "blase pai* 
Fhabitùde des saveurs violentes, et un tartarc ac- 
coutumé à dévoret deà éhairs dteitii-putréfiéf*^, ou 
an barbare dont le palais est cori'odé par le pi-# 
mertt et les liqueurs fortes, ne sentent plus lé» 
saveurs douces et lès nuances fiiîes d'un met dé- 
licat. Atissi'les' peuples du septentrion, doué^ d^un 
«ppétit vorate, e*cité par le froid, et de cet esto- 
Wac robuste, qtii est le résultat de la concentration 
des forces vitale^ vers FirttéiiVui^ , ont plutôt de la 
faim qufe dfe la fînesaedans le goût. Il suit aussi de cet 



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78 INTRODUCTION. 

état que les plus yiolens purgatifs, les drastiques 
les plus acres, sont' à peine actifs dans leurs in* 
testins. Un Français serait empoisonné par l'huile 
empyreumalique de tabac qui purge à peine un 
Lapon; celui-ci mange des pousses d^aconit, comme 
nous des asperges./ Aussi, les habi tans des climats 
chauds ont là fibre plus délicate, plus sensible,, un 
goût plus fin et un appétit beaucoup, plus léger- 
C'est le régime , c'est la tempérance, la diète pytha- 
goricienne ou végétale , qui aiguisent le goût, ainsi 
que l'abstinence de toute sensation trop énergique, 
comme le savent les gourmets. Les vieillards, les 
leucophlegmatiques, tous ceux dont la fibre est 1^- 
che et iiîerte , sont peu sensibles et au:^ saveurs 
et à l'action des purgatifs ou autres médicamens ; 
car il faut un état de tension vive et d'éveil de 
la sensibilité pour le goût comme pour les autres 
sens. 

On a tenté d'expliquer la cause des saveurs , mais 
Jusqu'ici sans succès. Les cartésiens , suivant leur 
physique corpusculaire, plaçaient, dans la codÉ|tira- 
tion des molécules des corps qui piquaient dwerse- 
meht la langue , la cause des diverses saveurs. Ainsi ^ 
selon eux, les molécules huileuses ou grasses étaient 
sph,ériques ; les acides, pointues; les salées , polyèdres ; 
les amères , fourchues ; les styptiques, en hameçons j 
les acres, en aiguillons; les douces avaient des pointes 
molles. D'autres physiciens imaginaient différens sels 

£our expliquer les diverses saveurs. Toutefois , ces 
ypothèses sont tombées avec raison. 
^ Quant aux çfiFets des saveurs sur nos organes , ils 
sont évidens ; et nous observerons qu'ils se manifes- 
tent de deux manières principales, i** Il y a des sa- 
veurs qui resserrent la fibre, qui la font contracter , 
ou qui échauffent et stimulent. 2° Il en est d'autres qui 
relâchent et amollissent^ au contraire, les organes. 
Les premières sont les acres , les styptiques ^ les 
amères, les salées , les acides forts ; les secondes sont 



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SAVEUR DÈS MÉDICAMENS. 7g 

des saveurs fades , donceâlres , oléagineuses , mu- 
queuses , sucrées , etc. Parmi toutes ces espèces , il 
en est qui flattent plus agréablement que d'autres nos 
organes , et ce sont celles qui s'écartent le plus de ces 
deux extrêmes : ainsi un léger amer, un acide corrigé 
par la douceur , un mucilage relevé par le sel , ou 
assaisonné par quelque chose de piquant, causent des 
sensations agréables, et qui maintiennent l'organisme 
dans l'équilibre de la santé. Telles sont toutes les sa- 
veurs alimentaires. C'est ainsi que deux sons ^ l'un 
grave, l'autre aigu , mais dans un accord parfait „ 
composent la plus douce harmonie , en ramenant les 
extrêmes au médium. 

De toutes les choses qui modifient notre organisme, 
les plus actives sont les odeurs et les saveurs , puis- 
que Ja médecine ne paraît opérer que par elles 
seules 5 car des corps sans odeur et sans saveur quel- 
conque passent ordinairement comme inertes dans 
noire économie. Aussi les anciens médecins et phi- 
losophes , Hippocrate , Théophrnste , Dioscoride , Ca- 
tien , etc. , s'attachèrent beaucoup à définir Ic^s qua- 
lités des médicamens. Parmi les modernes, on compte 
surtoutFernel , Montanus, Abercrombie, Wedelius, 
Fréd. Hoffmann, Floyer, Hebenstreitj Cartheuser, 
Linné , et la plupart des auteurs plus modernes de 
thérapeutique et de matière médicale. ' 

1** Des sapeurs excitantes y ou qui contractent et sti- 
mulent la fibre. 

Elles indiquent des condimens ou des médicamens 
propres à augmenter la tonicité des solides, à expulser 
(les fluides surabondans, à exciter le jeude l'organisme, 
à favoriser la digestion , les sécrétions et les excré- 
tions. Elles conviennent dans les constitutions lentes, 
inertes , détendues , molles, humides , difficiles à sti- 
muler, naturellement apathiques, et dans les maladies 
qui en résultent. Mais ces substances seraient perni- 
cieuses dans des circonstances opposées , ou lorsque 



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Po tNTRODtJGtTON. 

l'orçanisme est abattu pai* épuisement , sinïe de trop 
d, 'excita tioil. Tout ce qui stimule trô{> nois forces vi- 
tales précipite la course de Tèxistence. Les saveurs leà 
plus fortes sont les acres , leà anières , les aromatiques^ 
les salées , les stypliques , enfin, les virulentes. 

Des acres. On appelle ainsi les saveurs qui pro^ 
duisent dans la bouche une sensation brûlante ou 
corrosive , plus où moins forte , qui irritent , piquent ^ 
rongent les fibrilles, en causant une sorte de douleur. 
Car , si l'on prenait en grande abondance des subs- 
tances acres ^ elles agiraient en cautérisant ;placéeë 
sur la peau dénudée de son épiderme , elles semblent 
brûler comme le feu : aussi , appliquées sur la peau ^ 
causent-elles de la rougeur, de la chaleur et même' 
des ampoules. C'est ainsi qu'on opère, par les sina- 
pismes et les vésicatoires , des dérivations puissantes, 
en appelant un aflHux d'humeurs par irritation sur un 
lieu particulier. Ainsi Ton attire au dehors ce qui se 
portait au dedans, et on résout , par cette stimulation ^ 
les tUmeurs indolentes , les dépôts inertes* Les acres 
déterminent plusieurs excrétions , comme celles de la 
membrane olfactive , celle des glandes salivaires (par 
le tabac^la pyrèthre ); ils agissent auàsi sur lé canal 
intestinal , car plusieurs médicaméhs acres sont pur- 
gatifs : d^autres déterminent la sécrétion des urines 
ou celles du sang cataméhial, ou la sueur , ou l'expec- 
toration , etc. 

Il y a plusieurs sottéér d^âcretés; nous en distingue- 
rons^ quatre espèces. 

i"* Acres alîîat>és.he type en est l'ail, l'échalotte 
cïd^autres -végétaux aiialôgiie^, oOiîtone la scille,le 
cbtehique, les buibés d^anthéric, d^amai*yllîs , et , 
en^ général , de plûsieul^s liliàcées , asphodèles , iri- 
dëes', etc. ,. bien que dette saveur s'y trouve jointe 
pnf fois k titl principe tfaû^éeux! , purgatif, et même 
vénéneux. Il y a pàreiîleiïlent des saveur^ acres allia- 
êéeS datîs l'alltaire , le tWaspî alliacé , etc, Ces médica- 



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SAVEUR DÉS MÉDICAMENS. 81, 

mens excitent fortement ^organisme et le jeu du sys- 
tème inteslinal. Ainsi Tasa fœtida est un assaisonne- 
ment qui donne beaucoup d^appétîtaux Persans, qui 
en usent dans leurs mets. Plusieurs alliacés excitent 
je larmoiement. 

^^ Acres antiscorbutiques. Le type en est bien connu 
parle raifort^ le cresson , le cochléaria, la moutarde, 
Ja passerage,la roquette, et, en général, pa»: toutes les 
plantes crucifères, plus ou moins. Mais cette âcreté 
est fugace , et disparaît par la dessiccation de ces vé- 
gétaux. Elle se décompose aussi par la chaleur , et 
donne ou du soufre ou del'hydrogène sulfuré. Comme 
on oppose avec succès ces substances acres au scorbut 
et à Tatonie générale qui Faccompagne , elles ont 
recule nom distinclif d'antlscorbutiques. Elles excitent 
aussi la sécrétion de l'urine. 

5"* Acrespowrés. On les distingue parla saveur pi- 
quante comrne celles des poivres et des épices , tels 
que le gingembre , la zédoaire , le galanga , et d'au- 
tres drymyrhi^es , ou comme la canelle , le girofle, 
le poivre de la Jamaïque, le fagarier , le bétel , la noix 
d'aréque, l!écorce dç Winter, le canang , la mani- 
guette, la menthe poivrée , la pimprenclle , le piment 
royal y la sjerpentairé de Virginie, elc. Ce sont des 
stimulans très-employés, soit avec les alimens , soit 
comme, niédibamens contre l'atonie , ou comme sto- 
machiques , échauffans ^ nervins , etc. 

4° Acres caustiques, La plupart deviennent dan- 
gereux , pris à l'intérieujr ; placés en topiques , ils 
ulcèrent la peau (.sur l'individu vivant. ) Ainsi leis 
yégétaux nés le pied dans l'eau sont plus âcj^es que les 
mêmes espèces qui croissent tians des terrains secs : 
témoins la persicaire [polygonum hydropiper)^ le 
cresson et le raifort ^a ciguë et plusieurs autres oni- 
htellifèjçes , berle , phellandrium , les renoncules , les 
colla , les arum^ les nyrnpkœa ^ les plantes vernales 
des terrains humides^ c^mme les anémone pulsatilla 
^ - 6 



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»ii mTlW)ï)UCTK)N 

et autres , les çhrysosplenium ^ etc. Û'Viulres acre» ^ 
naturellement caz/^//igrz/e^^ sont les aconits, la ce vadille, 
la clématite, la coque-levant, la denlelairé, les eu- 
phorbes^ la gratiole, les hellébores , lés pîeds-d'a- 
louette, la staphysaigre , les renoncules, la saHne , 
le* toxicodéndi on , plusieurs plantes îaiteUses , comme 
des apocynsel nynanques, les thymelœa ou garou, etc. j 
rongent bientôt les chairs, et sont ainsi des poisoh» 
dans les premières voieé. Ce iroht dbncdfes nlédicàméns 
actifô dont oii doit faire usage avec prudeiice. Plu- 
scieurs agissfent comme drastiques, ou comme émé- 
tiques, tels sotit les euphorbes , ricinâ , ya^hopAa ^ 
colchique , hellébores , nicotianes , clémafites, fusain, 
laurier-rose , nerpruns, fehoncules, elc,, parce qu'il» 
sont accompagnés d'un principe nauséeux, purgatif. 

. Des amers. Ils donnent Tune des saveurs les plus 
déplaisantiss ail goût , et la nature nbtîs eii éïoigne 
involontairehient. C'est, en efiFet, avec raison , parce 
que la plupalH des amers les plus vîoTetrs sont des 
poisons ; d'autres purgent , d'autres t'unissent à des 
saveurs nauséeuses ou fétides qui soulèvent l'estomac- 
ïl ert est pouî^lant qnel(î[ués-uns qui n'bnfe rien de 
nuisible ni même die Irop désagréable j èfe ^pnt lea 
amers aromatiques, et des amers astriiîgenà. Ceux-ci 
sont d'eicellens tonicjties et fébrifuges. Ils fortifient le 
systcnie oi'gahiquej ils excitent l'appétit et la diges^^ 
lion : tous dessèchent, et à k longue ils énervent , 
durcissent là fibre et l'amaigrissent^ On tes prend aussi 
comme anliaphrodi^iaques j ils s'opposent audévelop- 
tK^ent de l'acidité dans les premières voies, et tuent 
les vers. On les emploie avec succès contre les ma- 
ladies arthritiques et l'hypochondrie ; ife résistent à 
la putridité , et soUkilent raelivité éa foie? ou la sécré- 
tion de la bile, É 

Nous observons quatre espèce» d'artiertutiife dan» 
les saveurs. 

1** Amers astringens. Ce sont à proprement parler^ 



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éÀVEUk DES mediçameNs. m 

les lebi^ifoges et anliseplûlaes dont Je (ypç st;ra Ife 
qoinquina : ces qualités se retrouveront encore plus 
ou moins dans la petite centaurée, les gentianes, le 
chamaedrys, le chardon bénit, la furaeterro, ie trèfle 
d'eau, la vraie angustara , le bois de quassia et ie si- 
Inarouba^ le café , la catline , la racine de coris , la 
chicorée sauvage , le Colombo ^ le rnarrbnier d'Inde, 
l'écorce d'autres arbres amers et astringens, etc. Ce 
sont des substances tjnnemiesde la putréfaction et des 
insectes, d«s vers parasites ; elles s'opposent plus ou 
moins au mouvement des fîçvres intermittentes, au 
flux dysentérique ou aqlres ; elles redonnent ainsi 
du ton et une cploralion plus vive aax corps. 

2** Amers odorans. Tels sont spécialement les ab- 
sinthes, les c^momilles^ l'aurône , l'année, la verbé- 
sine, les conyzes , les eupatoires , les marrubes, mille- 
feuilles, ôwpAl^a/mwm^hyssope, scordium, spicanard, 
zédoaire ,çurcuma, Vanis étoile, l'ambroisie maritime, 
lacascarille, l'écorec d'orange, la serpentaire de Vir- 
^tiie^ la contrayerva', l'écorce de tulipier^etc. Quoi- 
qu'on puisse en user contre les fièvres, ces amers sont 
plus irritans et stimulans que lés premiers , et ils 
paraissent plus convenables dans les atonies de l'esto- 
mac et des premières voies quand il existe une dis- 
position muqueuse, inerte, lis réveillent , en même 
temps, l'énergie du système nerveux si elle est en- 
gourdie , mais deviennent plus nuisibles que les pré- 
cédens si ce ^stéme est déjà agacé. 

3* iô/? Amers fétides sont , à proprement parler, 
des vertaifuges et des erhraénagogues , tels que l'ar- 
moïse, la santoline , la gomme ammoniac , Pansérine 
veirtnilugé,iles aristoloches, la vulvairè,/Fasa fbetida^, 
It faailote, le botrys, le camphre y la coralline, la 
mousse de Corse, les fougères , le galbanum , le 
houblon, l'œillet d'Inde , Je soUci , l'ortie puante , la 
pulicaire , la rue , la spigélie anthelrainthique , la ta- 
naisie , la valériape grande , le galéga , là maroute ^ 



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84 INTRODUCTION. 

le noyer, le pétasile , etc. Dans ce nombre, il y a 
des substances plus vermifuges et d'autres plus eramé- 
nagogues ; mais leur action se porte , en général , sur 
les organes abdominaux , ou de- la cavité pelvienne. 
En quelques circonstances , ces médicamens, pris en 
dose considérable, causent une trop forte excitation, 
et ne seraient pas sans danger. 

^ Amers nauséeux. Ce sont des purgatifs quelque- 
fois vomitifs , et les plus forts deviennent même de 
vrais poisons à une dose assez haute. Ainsi Taloës, 
la coloquinte, IVIajterium , la &usse angustura ou 
ferrugineuse , le bois de couleuvre , la noix vomique 
et la fève Saint-Ignace , les semences de coronille , de 
papayer , les amandes améres , divers agarics el bolefs, 
les nerpruns , la bryone , le genêt d'Espagne purgent 
fortement. D'autres sont plus doux, comme le feuillage 
de diverses cassia , les rhubarbes et rhapontic , lés 
semences de carlhamc , de citron , d'épine jaune 
(scolymus macuiaius ) , plusieurs lichens amers , les 
faux quinquinas à étamines plus longues que le tube 
de leur corolle {exostemma) de Persoon , qui sont vo- 
mitifs. Il paraît que le principe purgatif ou vomitif 
dépend surtout des qualités.nauséabondes, puisqu'en 
feisant torréfier légèrement la rhubarbe , la scammo- 
née ,' ou longuement bouillir l'asarum , le séné, la 
bryone , Je ricin , etc. y on dissipe leurs propriétés 
purgatives ptesque totalement : l'écorce de sureau et 
d'yèble, la gratiole sont encore de ce genre. 

Des aromatiques. Les substances douëeis de 
ces qualités affectent surtout l'odorat, et ont dû 
être d'abord traitées à l'article des odeurs ; mais elles 
picotent et titillent puissamment aussi le sens du 
goût. Il n'est: donc pas permis de les oublier. Le 
principe de leur action paraît résider spécialement 
dans des huiles volatiles , ou de l'acide benzoïque, 
ou des baumes, des résines plus ou moins solubles 
dans nos humeurs. C'est ainsi que \e^ ombellifères 



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SAVEUR DES MEPICAMENS. 85 

présentent des sucs odorans gommo-résineux, et 
des huiles volatiles ; les arbres conifères ofiFrent des 
*• résines et des térébenthines , les térébinthacées, 
différens baumes. Ces médicamens suscitent , d'or- 
dinaire, l'action du système nerveux, et agacent les 
facultés motrices j ilà sont précieux dans les prostra- 
tions des forces vitales, et contre les afiFections de 
torpeur , les paralysies, etc. , mais ils peuvent disposer 
aux affections inflammatoires les tempéramens jeunes 
etardens. Plusieurs sontaussi des assaisonnemens qui 
aiguisent Tappélif. 

On observe qu'en géhéral les aromatiques tiaissent 
dans les climats et les terrains les plus échauffés par le 
soleil. Telles jsont toutes les labiées qui aiment les col- 
lines arides 5 exposées au midij çarlesstachys^ lycopus^ 
galeopsis , scutellaria , qui ont de mauvaises odeurs , 
ainsi que la ballote, les marrubes, se cachent SQuvent 
dans l'ombre. Au contraire les épiceries les plus 
suaves, le girqfle, la candie etc., nous sont apportés 
de3 régions brûlantes de la Torride. 

Nous distinguerons deux espèces de saveurs aroma- 
tiques. 

1** Des aromatiques épicés et huileux volatils. 
Tels sont le calamus aromatique, l'ambme ; toutes 
les ombellifères d'odeur agréable , telles que l'anis , 
la «coriandre, le fenouil, l'angélique, Timpératoire ; 
puis des épices, comme la muscade, le bois de santal , 
celui d'aloës ou de calambac, la cascarille, l'écorce 
de citron, la mélisse citronelle et la plupart des la- 
biées, lavande, sauge, romarin, liyssope, clinopode, 
thym , sarriète, dictame , origan, la fraxinelle^ le jonc 
odorant ; les lauriers, les menthes , les nards celtique 
et indien , les œillets^ les fèves lonka et pichurim, 
les mélilot, triolets odorans, etc. La plupart de ces 
substances entrent dans des liqueurs de table, ou 
comme^assaisoilnemens dans les mets, ou servent en 
médecine sous diverses formes. On en tire de grands 
avantages comme siimulans, et pur fois oii en ob- 



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m ïNTRODCCTroN. 

tient, soit des eâuxdietillées, soit des huiles yolatiïéa^ 
qui servent pour parfuîner plusieurs substances, otf 
pour frictions excitantes , etc. 

2^ JDes aromatiques résineux ou bahamiques. Ce 
sont d'abord tous les baumes naturels, de laMecke^ 
du Pérou, de Tolu, acouchi, houmiri , Celui de 
Calaba, le benjoin, le storax calamité, le $tyrax li- 
quide, lès résines animé, cancamÇj mastic, encens, 
galipot, les térébenthines de Chio , celle du niélèse. 
celle du Canada, celle de copahu, le bdelliura , la 
copal, la sandaraque, la lacque, Je labdanum, la 
myrrhe , ta gomme-résine d'olivier, les résines depîn,^ 
celle de tacai*nahaca , le baumede peuplier , etc. Nous. 
y joindrons même le musc et l'ambre gris. La plu- 
part de ces substances répandent, par la chaleur ,t^ 
des émanations suaves, capables de stimuler vive-, 
ïiient le système nerveuxj mais, déplus, elles peuvent 
se prendre intérieurement à Tétat de division par 
divers intermèdes , ou dissoutes dans des mens-- 
trues spiritueux ou huileux , ou à Faide du sucre 
sous forme d'oléo-saccharum. Leur saveur est mêlée 
tantôt d'apide ( benzoïque ) , tantôt de résine, tantôt 
d'amertume piquante: toutefois l'arortiey prédomine,^ 
et souvent imprègne soudain l'économie* Ainsi l'urine 
même reçoit les odeurs que la térébenthine et le baume 
de copahu luitransmeitent. L'ambre et le musc agissent 
sur topt l'appareil iitérin avec beaucoup d'éner- 
gie, tandis que la tête éprouve de fortes douleurs 
lorsqu'on a respiré long-temps ces arômes, comme 
celui des fleurs. La poitrine s'affecte aussi des va- 
peurs de l'acide benzoïque c^n cause la totix et l*ex- 
pectoration. 

De 1.A SAVEUR sAiiiîE. Eïle piqup l'organe du, 
goût et fait excréter abonclaoameiit la salive ; ^nsi^ 
elle res;5erre l'organisme, mèmQ da,ns lesf çliaifs d'a- 
nimaux mox;is : le sel s'empare des liquides, et durcit 
l(j3 fibres qu'il rend, ainsi plus faciles k gar^iiti^ de la^ 



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SAVEUR DES MEDICAMENS. % 

patréfaçlion. Le sel marin (muriate de soude ou 

îiydrochlorale de sodium ), q^ui est le type de cette 

sareur, n^appartient nullement aux règnes organiséa. 

dans son origine, mais au règne minéral ; et s'il y a 

des plantes salées, ou plutôt saines, telles que les 

trighchin , salsola^ salicomia ^ halymus , cKerio'pq' 

diumy crilhrm^niy qtripleXy anabqsis , reaumuria j etc.,. 

c'est par cç qu'elles viennent en des terx^ains salés : 

ainsi le tamarix est murîaté sur les bords de la mer; 

i} contient seulement des sulfates, s'il naît loin dans. 

les terres. 

Ily a d'autres sels, néanmoins, qui astreign^^it 4?^* 
resserrent les fibres, com^me l'alun et d'autres sjiiif^tes 
acides , tels que ce\\xi de fer : il en est qui vQx^gfe^t 
ou corrodent ^ême,€omme les nitratc^j de mM-- 
cure, d'argent, ou les arsénites. 

Le sel marin étant d'un eœpk» universel pour l«s^ 
alimens, ses eiBFets sont faciles a reconnaître ; il excite 
bfaini , les sécrétions et les excrétions, mais pris ^i 
trop grande quantité, on l'accuse de produire Jans 
^^ humeurs une dégénération scorbutique ; les marins 

qui vivent teqplong- temps de chaire salées ou de pois- 
^'^ns, devieianent exposés à des ulcères de ouranrats 
<'araclère, à^^ sugillations scorbutiques , à des lié- 
worrhagies par /atonie, après que cesâalaisoxis ontdes^ 
séché l'écanQmie. On dit que le sel excite l'ardeur 
vénérienne apssi. 

Des styptiques ou ASTRiNGENs.Cesontlcs saveurs 
qui resserrent ou contractent le plus fortement les 
fibres et lést*accourcissent étonnamment. Les subs- 
tances acert>è3 ou austères, coagulent même la plu- 
part des fhiides animaux , elles arrêtent les :fl«x de 
toute espèce et les hémorrhagies avec une prompti- 
'"de mervcîHeuse , de même que les acides forts, 
dont plusieurs agissent d'une semblable manière. 
Aussi les substances sty-ptiques semblent être un com- 
posé d'acide et de principe amer ou du parenchyme 



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88 INTRODUCTION. 

végétal. En effet, tous les fruits non mûrs et encore 
aigres ou âpres sont acerbes, car la plupart deviennent 
ensuite doux et sucrés plus ou moins par la maturité , 
et en perdant leur acidité. 

Non-seulement la bouche éprouve en toutes ses 
parties un resserrement considérable par les astrin- 
gens,. mais il en est ainsi des autres lieux du corps 
où ils sont appliqués. Ainsi, ils détergent les ulcères, 
ils ferment les plaies, ils resserrent les orifices des 
vaisseaux pour suspendre l'écoulement du sang ou 
des autres humeurs, ils constipent le ventre; ils 
peuvent pi^oduire des obstructions ( ainsi qu'on en 
accuse le quinquina témérairement employé en*plu- 
sieurs fièvres); ils tannent, pour ainsi parler, la 
chair et la peau. Çn efiet, le tannin est Tun des prin- 
cipaux astringens, et se trouve en plusieurs médi- 
camens de ce gen^e. C'est pourquoi aussi tous les 
végétaux employés au tannage des cuirs en divers 
pays sont des astringens (i). 

D'ordinaire toutes les substances styptiques ont 
une couleur rouge plus ou moins brpne comme nous 
l'avons dit. Tels sont l'acacia, le kino, le èachou, le 
rocou', l'hy pocistis , le bdellium, le lycion des an- 
ciens, le sang dragon, la lacque, et les racines de 
tormen tille, de ratanhia, de bistorte, le sumach, la 
racine de roses, le marronnier d'Inde, les grenades 
et les balaustes , les écorces de chêne, la galle et la 
vélanède, le tamarisc; plusieurs rosacées, tels que 
roses rouges, prunellier, coignassier, néllier^ ul- 
maire, fraisier, bénoite, ai^renioine, ou les airelles 
et arbousiers; la plupart des rubiacées, comme le 
, café, les quinquinas, ronges surtout, les bruj^^ères 
ou éricinées , les bois de Çampéche et de Fernam- 
bouc, le bouleau , les myrtes, l'olivier, les oseilles 
et rumcx, persicaires, saules^ le; thé, en général 

(i) Voyez Ja note i , p. 5i , relative à la couleur des plantes. 



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SAfEUR DES MÉDICAMENS. 89 

tout ce qui noircit avec les dissolutions de fer; ce 
q)?i eomprend un très-grand nombre de végétaux. 
Le tannin pré€ipite en outre la gélatine ou colle 
animale, et décompose l'émétique, ou tous lesseb 
métalliques. 

Des saveurs viRUiiENTEs. Nous établissons ce 
genre d'après les substances les plus nuisibles et les 
plus caustiques sur l'économie animale. Elles ont 
pour qualité d'être irritantes à un souverain degré, 
et (lé répugner extrêmement au goût. Elles agissent 
en même temps sur la fibre qu'elles mettent en con- 
vulsion, et sur le système nerveux qu'elles blessent 
vivement. Tels sont, en^^néral, tous les poisons; 
mais ceux du règne minéral ont une saveur métal- 
lique particulière , qui ne se manifeste pas de même 
dans les venins animaux et^égétaux. La nature, 
attentive à garantir, le^ êtres Xivans, leur fait re- 
pousser sur-le-champ avec horreur les iriipressions 
de cette espèce , et détermine le crachement , ou la 
sécrétion de la salive pour^nettoyer la bouche. 

i** Des saueurs pirulentes du règne minéral. Ce 
sont spécialement celles de plusieurs oxydes ou sels 
lîiétfillique^telsque les oxydes de cuivre, ceu3C d'ar- 
senic, dŒB||rcure au maximum , la baryte pure 
(protoxydeWè baryum) et son carbonate. Ceu:» d'ar- 
gent , de bismuth , de zinc, à l'état de deutoxyde, tie 
sont pas sans danger. Nous pouvons encore classer 
parmi les saveurs extraordiniairement virulentes, les 
acides mi ."éraux concentrés, et les alcalis causti- 
ques, potasse , soude , ammoniaque , chaux vive, 
*qui corroctent. L'iode a pareillement une âcreté dé- 
létère. 

2^ Des scweurs virulentes des règnes organisés. 
Parmi les poisons animaux, il faut nonnner ici la 
cantharide, les buprestes et quelques autres coléop- 
tères vésicans. Il existe aussi des zoophytes très- 
acres, et dont le seul contact paraît brûlant .'telles 



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go ïNTRODUCTICm. * 

Bont les véldlcs^ les pbysalk^, et h l^flpart im 
méduses , ou orties de mer. 

Mais les sa^^mns Jes plus virulentes du règne 
yécéUl^ont celles de plusieurs cjuanypignons poîvréft 
et laiteux, des ihymelcea y des plumbago ^ Ul plu^xirt 
desapocynées acres et aitières, ^ojnxne le^ çeriera ^ 
les strychnos^ le lait des asclepw^ et ^nanokmnf: 
celui des lobeUa iupa ei urena i^st .oausliqiie ; Jes. 
bulbes de plusieurs reuoiioulesaquiiUpqt^es,^^/^/^!^^^, 
flammula, ihora^ les aconUuvfi a Isl ^ciemc^s fiam- 
muta y quelques mem^pemmm^ ie^ <}iie lepoccii/n^, 
le rhu6 toxicodendrqn frais, les l^iiis acres des eu* 
pborbiacées, snvVoxA àesJlippomQ^ef^>f^ium9 adelia 
penenata , celui àe^ ficus ioxicaria et êepU'ca, de /'i/to. 
toxicariay elc, sont très-vénéoeux et d'une saveur 
insupportable. ^ 

52^ Z7e^ saveurs débiikanteê y ou qUi relâchent ef 
détendent la fibre. Toutes celles de cette classe of- 
frent, ou des dimens^ ou des médicacnens adoucissans 
très-capables de détendre k fibre, relâcbersa tonicité, 
peruiettre sa dilatation, retarder le jeu de l'organisa- 
tion, diminuer Ips sécrétions ou excrétions, favoriser 
le sommeil, alanguir le mouvement cir^laloire, et 
même engourdir la sensibilité du sysfèm^Krveux. Ce 
sont donc des substances salutaires clM^s tempéra- 
mens ardens, très-excité^ tendus, secs, bilieux, prompts 
h à'émouvoir , naturellement violens ^ et dans les 
maladies inflammatoires les plus Ipugueuses ; mais 
ces médicamens serai:ait nuiaible^ dans des com- 
plexions déjà trop moUes^ inertes, abattues, hu- 
mides , ou lorque la constitution n'est pas asses 
excitée, par suite de trop de repos et de langueur* 
Ces mêmes substances prolongent la durée de kt 
vie en la relardant, 4]uand son activité est trop ra- 
pide. 

«Telles sont les saveurs acides ( faibles ) ^ les douces , 



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SAVEUR DES MÉDICAMENS. 91 

lesfddes, le^ grasses , les mucilagiiieuses et les nar- 
cotiques. 

Des aoibes. Nous pnrlons seulement de ceux 
que le goût supporte sans peine. Ils rafraîchissent 
4'abord et tempèrent l'aclion organique, bien que 
plusieurs participent encore des qualités stypliques 
etacerbes^, ou resserrent plus ou moins la fibre.'Néan- 
moins l'usage fréquent des acides rend pâle , relarde le 
cours du sang ; leur abus peut entraîner dans la 
cachexie > la chlorose et même l'hydropisie, la leu- 
corrhée, après avoir affaibli le système digestif, et 
causé la maigreur. Les acides trop violens, même du 
règne yégétal, deviennent des poisons à dose élevée, 
comme les acides oxalique et lartariique ; mais ce 
sont d'excellens tempérans dans les fièvres bilieuses 
et inflammatoires 5 à faible dose; car l'inslhict les 
appelle alors. Ils combattent la tendance à la pulri- 
dité,dans ces fièvres, comme dans le scorbut, la 
gangrène , l'état d'alcaleacence ou de décomposition 
organique. Ils maigrissent , ils macèrent la fibre , 
les chairs d'animaux qu'ils garantissent de la corirup- 
lion. Mais ils nuisent aux enfans vermineux^ -q^ix 
personnes maigres, froides, inertes et pâles, qu'ils 
pendent plus languides encore. 

B y à quatre sortes d'acides : les minéraux , les vé- 
gétaux naturels I les artificiels , ceux tirés des ani- 
maux. 

1° A<:ides minéraux. On emfploie les acides sulfu- 
rique , nitrique , murîatique on hydrochlorique , le 
borique , presque jamais l'arsénieux et l'hydriodique , 
rarement le cblorique. Ils ne se rencontrent pas ordi- 
nairement libres dans l'état naturel. L'arsénieux est 
Tm poison; les autres ne le sont qu'à fcH:te dose et 
concentrés ; mais , étendus^ d'eau , ils peuvent servir 
fn boisson : néanmoins, leur saveur est acre et dé-^ 
plaisante. 

a"* Acides pégétauvc naturels. Ce sont les plus appro- 



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9â BSTRODLCTION. 

))riés à noire tialure, et les plus employés; ils st 
rencontrent d'ailleurs en plusieurs fruits , tels que 
citrons , oranges î^ épine vinetle , groseille , tamarin , 
cerises , fraises , framboises , mûres, airelle, ou dans 
des plantes, telles que l'oseille, Foxalide, ou dans des 
baumes, etc. Ces acides sont le citrique , legallique, 
l'oxalique, le malique , le sorbique, le tartarique, 
le benzoïque ; celui-ci se rencontre dana les subs- 
tances balsamiques , comme l'acide gallique dans les 
végétaux aslringens , et le kinique dans les quin- 
quinas , le fungique dans les champignons,, le stry^ 
chnique dans les strychnos ^ etc. ; mais ces trois der^ 
niérs ne sont pas d'usage. L'oxalique et le tartarique 
se trouvent en partie combinés à la potasse ou à la 
chaux en divers végétaux ; le benzoïque sert comme 
parfum le plus souvent; le malique abonde dans les 
vins acides, le verjus , les sucs de pomme et autres ^ 
fruits , avec le sorbique qui lui ressemble. 

5** Les acides ar^z/îczV&soat d'abord le carbonique , 
bien qu'il se rencontre aussi naturell émeut dans îles 
eaux acidulés gazeuses, et à l'état de combinaison 
avec plusieurs terres, surtout la chaux; il est souvent 
produitaprès la fermentation alcoolique et par la com- 
bustion. Le vinaigre ou acide acétique est l'un des 
plus abondans et des plus usités ; il s'obtient surtout 
par la fermentation acéteuse ,,ou par la combustion, 
les décompositions 5 au moyen du feu , des substances 
végétales et animales. Il faut à peine faire mention des 
acides saccbolactiqueou muoique, subériqué, obtenus 
par l'action de l'acide nitrique. On use néaniiioins des 
acides lactique, dusucciuique, et par fois du campho- 
rique, en médecine..; 

4** Les ézcides.: animaux ]es^ plus entjployés sont 
d'abord le phospUorique , puis le formique ( mais 
celui-ci a beaucoup de rapports avec^ l'acétique ) : 
maintenant on fait usage du prussique , ou liydro-^ 
çy Unique à petite dose , parce qu'il devient un poison 



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SAVEUR DES MÉDICAMENS. 95 

àbaatedose. Il paraît exister natureUemerit avec une 
huile volatile particulière daus les amandes amèrej^ 
et le laurier-cerise. Les autres acides animaux sont 
inusités. Le prussique ralentit beaucoup la circulation 
(lu sang; le foimique s'emploie en frictions irritantes 
sur la |)eaa. 

Des saveurs douces. Le type en est bien connu 
par le sucre, qui offre la plus agréable des saveurs et 
la plus recherchée , par les animaux mêmes. Elle in- 
dique des substances relâchantes et humectantes ; 
aussi beaucoup de fruits sucrés et de corps doux , 
tels que le miel , la qianne , les sèves sucrées , sont 
des laxatifs ; tous les hommes et les animaux qu'on, 
nourrit de matières douces acquièrent une chair 
molle , grasse et délicate ; ainsi les vaches et les porcs 
nourris de siliques du caroubier en Espagne, ou de 
débris de canne à sucre dans les colonies , prennent 
une chair blanche et tendre. Les alimens doux sont 
aussi expectorans , favorables aux poumons , utiles 
aux vieillards dont la fibre eî>t trop rigide; ils adoucis- 
sent, ralentissent le mouvement des humeurs , alon- 
g^nt aitisi le cours de la vie en la modérant , tempè- 
rent le caractère ^ engraissent, ou rendent la consti- 
tution plus humide, favorisent la nutrition, disposent 
à l'amour , diminuent l'acrimonie de plusieurs affec- 
tions cutanées ou autres ; mais ils engendrent des mu- 
cosités nuisibles chez les enfans, et la diathèse acide 
dans les premièrt*s voies chez les per^nnes dont la 
digestion est diflScile. 

Aucune matière sucrée ne se forme naturellement 
dans les végétaux sans lo concours de' la chaleur et 
du soleil. Aussi tous les végétaux capables de fournir 
du sucre , en produisent davantage sous les ardens 
clinaats des tropiques: La canne à sucre en donne peu 
ou seulement une mélasse incristallisable , en d'aur- 
jres climats. C'est encore ce qu'on observe dans les 
racines sucrées de beltwaveô , de cheryi, de 0117 
relies , etc. 



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94 ÏNTRObUCtiÔN. 

Les fruits passent , à l'aide de la chaleur et dé là 
maturation, de l'état acerbe ou acide à l'état sucré ^ 
dans le raisin , par exemple ; mais chez les palmiers 
et les plantes céréales, la sève sucrée parvient à Pétat 
de fécule amylacée , ou de sagou. Au contraire , la 
germination fait rétrograder la fécule des céréales , de 
l'orge ou du blé, vers l'état dç sucre. Quand celui-ci 
éprouve l'action des acides, il perd sa faculté de cris- 
talliser , comme dans le raisin , les slics de fruits aigre$ 
douxv 

Les substances douces, outre celles qu'on vient de 
citer, sont les racines de réglisse, de polypode j 
iVabrus y d'astragales et autres légumineuses , celles 
de betterave , dé berle, la sève d'érable, de bouleau, 
' k châtaigne , les tiges de matis , de plusieurs fto/c^> 
le sucre de lait, la casse , les figues, les jujubes, les 
dattes , le melon , etc. Des matières sucrées peuvent 
se retirer de tous les fruits capables dé poisser à la 
fermentation spiritueuse , ainsi que des céréales. 

Des saveurs fades. C'est non-seulement l'insi- 
pidité , ou l'absence de saveur qu'on remarque en 
certaines substances , mais une sotte de déplaisance 
qui laisse le sens du goût inerte, comme de l'eaa 
tiède» Aussi les corps fades produisent aisément la 
satiété et rindîffiérence. Tels sont plusieurs légumes 
aqueux qu'on pourrait àpeinesupporter en aliment, 
si l'on n'y joignait pas des assaisonnemens piquans. 
Us convienn'Int pour abattre ou affaiblir l'action trop 
Irive de l'organisme , mais ils conduiraient à l'ana- 
sarque, à la leucophlegmatie les corps indolens et 
çtupides qui en feraient uniquement usage, comme 
les habitans des Pays-Bas et de k Suisse qui se gor- 
gent de farineux , de pâtes , de kîtàges , de légumes* 
te tissu cellulaire se gonfle de liquides séreux ou 
albuniineux par ce genre d'alimcns. Toutes les herbes 
étiolées sont fades , même celles qui deviendraient 
amères en crèissànt à la lumière. Ainsi la chicorée , 
l'endive et "autres salades deviennent fades et 



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SAVEUR tVÈS MEDÏCAMENS. 95 

aqueuses en croissani h l'obscurité , comme le feuil- 
lage int#ieulr dta chou ordinaire , au chou palnjîsle j 
Jes fruite ries à Pombre sont Herbacés et fade^ aussi ^ 
ÎToatéà ces sii^bstântetr offrent des nourritures insi- 
pides. Léé médièamens , qu'on en peut tirer sont de» 
délayant , des honfièctaris , qu'on décore aussi du nom 
d'apéritifs. 

Telles sont les racines de pissenlit, de scorsounèrey 
de barbe de bouc, de bardane, de chiendent, ou 
Tasperge, IWroche, les épinards, la laitue, l'eu- 
dive, le pourpier, la bourrache, les autres borra- 
ginées, comme la pîilmonaire, ou les ficoïdes et 
portulacées, la blette, les citrouilles et potirons, la 
saponnaire, le séneçon, les fécules insipides, etc* 

Quoique toutes* ces substances puissent paraître 
titiles dans la rigidité naturelle aux vieillards^ néan- 
moins , elles afifaissent trop les facultés sensitivo* et . 
motricespournepas produire une débilité déplorable 
à \a longue. 

Des sayeuks geassbs : telles sont celles des hwle^ 
fixes, des graisseji douces, et des matières butyr 
rcuses, presque aussi fades que les précédenteSi^ 
quand elles n'ont aucune rancidité. Les corp^ gras 
conti(Çnnent 8QUV43n<: un .pri*icip0 doux, observé 
parScheèle, indéperïdammen,i,d€ l'oléitie, d^ la stéa- 
rine, et de» acides iobtenus p^r &f « Chevreul. Ce* 
substances ont d^S; qualités touties spéciale^; pai^iT 
amollir, lubrifier, détendre les organes, €t pour dir 
miuuer la rigidité, l'aspérité , faciliter les mouve- 
mens et les frot^emens; niais l'abus deà corps grajç 
détend les organes: âqssi expose-t-il aux hernies ^ 
et rend les naipav-eii^ns plus lents ou plus faibles. 
Les individus tcpp gra« sont d'un caractère mou y 
somnolent ; 4^ grands tr^vau^ les accableraient* 
Les personnes fi^ai^ies s0nt ai^ contraire âpres, mé- 
contentes, et ia^i^iétes o^mme le/ vieillards, tandis 
gue celles gi^ oi)t de Feml^ocipoînt montrenJ; utx 



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96 INTRODUCTION, 

caractère aisé et jovial. Les corptf gras sont effi- 
caces comme maturatifs, en application; ils adoucis- 
sent les brûlures, calment les spasmes, les douleurs 
de colique, l'âcreté de la toux; joints à des liquides 
par l'intermède d'un mucilage, les corps gras for* 
ment des sortes de laits, tels que ceux des amandes 
douces, de pistaches, dé coco, qui sont adpucjis- 
sans, expectorans, nutritifs. 

Ainsi le cacao, l'avocat, les| amandes de pin, la 
noix, l'aveline, les huiles d'olive, de sésame, d'œil- 
lette, etc., même celles de colza, de rabette, etc., 
les graisses d'animaux, les beurres de quelques 
végétaux, offrent toutes ces qualitës.à divers degrés. 
Ce sont au reste, des alimens diflBcites à digérer, 
dont l'abus peut cauàer des maladies graves, sur- 
tout s'ils sont rances, ou unis à des acides ; ils re- 
lâchent aussi le ventre. 

Des MUCiiiAGiNEux. Ils ressemblent beaucoup 
aux substances fades, mais ilsontVdé plus qu'elles, 
un caractère glutineux ou visqueux, facile a re- 
connaître dans les gommes et les tnùcilages. Leurs 
effets sur notre économie , ont beaucopp de rapjiorls 
avec CQUx des corps, gras, puisqu'ils ont aussi le 
privilège de'lubrifier , d'amollir la fibre, de tempérer 
les douleurs calculeuses^ rhumatismales^ ïntesliriales, 
de coliques, de dysenterie, ou la toux férine ; ce sont 
des topiques émoîliens contre les inflammations phleg- 
inoneùses, ou dans la plupart des irritations. Ils 
assouplissent presque autant la peau que les corps 
gras, mais toutefois sont moins pénétrans ou rnoins 
onctueux. Pris à l'intérieur, les mucilagineux, les 
gélatineux, sont pesans ou diflScil es à digérer; leur 
fadeur naturelle a besoin d'être rehaussée par di^ 
vers assaisonnemens. Par la même raison, ils en- 
veloppent et émoussent les substances acres et véné- 
neuses ; c'est pourquoi on les presc3rit fréquemment 
contré les poisons caustiques. Ck>mme ils lubrifient 
les canaux 5 ils conviennent aussi dans la strangurie, 



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BÀVEtm im mm^MENs. §j 

^m téftà M cas y m il >idstè de là c<Airftrfdftiîi |t 

Les mucilagineux ^soïit àè'^eùk sorfies*: tes ani- 
maux et leà ^égë^us. 

f Êeé nÉui/il^rieiix du régne animai. Ils soât 
tirdiîiaifëincïi't tiûtritifs et très-aiités , mais par eux- 
œêrbiès fkcïèè et pésàris ou difficiles à dîgërer. Telles 
sont les ^élhtlïies ou gelées de chairs, celles dès qs^ 
les ciiïlé^ âniiiîalés extràlVés cjes quadrupèdes j ou 
des pài^dHs] fes suïfetâiices àlbùminéûses non con- 
cr'étéés; ijdkinfe le sferiim '^ù sang, lé felânc d'oeuf; 
les ihûWik , ïèïs que le frai cle grenoûine , la bave 
de limaçonà. Lfes aïiméns mucilagineux idé ce règne 
mu )^lUSléttt*s tiôfeà((!Ai's vîsqueui, tels que l'an- 
^ffe,là ikùipi^iej ites Menriies , ou des mollusque^, 
l'buîti^j la «rtôulfe, des vers, èfnfih la plupart dés 
ckiw d'àfeîiWabx hUtSsans. te làît jjassèiùssi pour. 

à* ÏJès rnuc\/ïàgès végétaux soiit ci'abofd toutes 
i^g^tiiiiâLè^s pures îndîg cxotiqiies, Tarabï- 

Vtf<^, l'âcftH^nttie, celtes dé cerisier , d'agaty,, etc. 
Erisàtië it6uà îfes mucilages produits jtar lès fécules 
Mx^k^' ^ès i^réàles où autres plahlès. On obtient 
Sùâàl àbônclâmmeht dès mucilages de semences de 
liû^ de "plàylîiùm , lie coings, de ïehugfec , de basilic, 
fllidrmiii'*^ /des r^i'cînès de bonsoude^ de guimauve, 
et dèia féàiHes aes m au Ves , des abutilon , de pres- 
que lôtiïès Tes màlvâcées, comriiè le gombo, des 
àn^ènrtè^ *<iu èliénopd(ïées,^c^^^ blettes, la branc*ii'r- 
Mhe^ lé %\xi\ la lîànè cfeiâpeba, le corchorùs oliioriue ^ 
tîltiàiéiii*s biicurbi1:aceés, les borragihëes, lâbugjiosse, 
i^/^bë^stéà: dés fruits, tels que la figue, les ju- 
fàbés^ aës" ôgnbris de lis et des narcisséês, des iri- 
deeè, dé îâ salsepareille, la pariétaire^ des farineux dans 
leJût cuisson. Té pourpier et autres portulacées , les 
gtài'nék^fè àfesailié, plusieurs fucus ou varechs, etc. 
Quelques mucilages sont joints à des principes na,u-î 

% . 

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gS INTRODUCTION. 

séeux ou fétides chez les narcisses, les asphodèles, 
les iris et glayeuls, cequiles rend vénéneux quasyd 
on les prend intérieurement. 

Des saveurs narcoi iques. Elles agissent en métne 
temps sur l'odorat et sur le système nerveux céré- 
bral, dont elles troublent les fonctions, ou qu'elles 
engourdissent et assoupissent, en causant par fois 
des tiraillemens spasmodiques; mais en même temps, 
le goût y répugne, et souvent l'estomac se soulève 
contre ces saveurs* Elles ont je^tie sais (fuoi de fade 
qui stupéfie , et se trouvent par fois jointes à des 
corps muqueux, ou bien à un lait un peu amer, tel que 
celui des pavots et de la laitue vireuse. 

Les narcotiques , très-employés dans la médecine, 
ont la propriété merveilleuse de calmer la sensibilité 
nerveuse, soit localement par leur application , soit 
/ universellement par l'état de sonimeil où ils plongent. 
Ils conviennent ainsi dans toutes les douleurs longues 
et plus ou moins violentes ; ils frappent d'inertie les 
fibres les plus irritées; ils apaisent et charment, en 
quelque sorte , les soufirances morales elles-mêmes. 
En topiques , ce sont d'excellens remèdes contre l'ir- 
ritation des cancers ; ils dissipeiit la chaleur , la ten- 
sion , la rougeur des inflammations. Ils enrayent les 
mou vemens vitaux, et, par là, retardent ou empêchent 
toutes les excrétions ou sécrétions , les crises des ma- 
ladies , les paroxysmes nerveux. Ils s'opposent à la 
digestion, à la coction dans les fièvres aiguës, dont 
ils entravent la marche , non sans péril. Us jettent 
l'organisme dans la langueur, l'atonie , l'insensibilité. 
Leur action est néanmoins accompagnée par fois d'une 
vive excitation , de spasmes , de satyriasis , de songes 
voluptueux ou pénibles, d'une froide anxiété et d'ac- 
cidens funestes. Ce sont , en efiet , des poisons à une 
dose assez médiocre, surtout* par le principe vireux 
et nauséabond qui les accompagne presque cons- 
tamment. 



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SAVEDR DES MÉDICAMENS. 99 

On peut distinguer deux sortes de narcotiques : leg 
emVrans et les naiyséeux. 

1° Des narcotiques eniprans. Ce sont d'abord les 

spiritueux, à haute dçse ,'ou lorsqu'ils plongent dans 

l'ivresse ,^omnie toutes les liqueurs fermentées j le 

gaz acidcl|Mu*bonique produit aussi un étourdisseuient 

comateux. Le houblon , le chanvre et le bangue des 

Indiens, l'amiac, l'eupatpired'Avicenne {eupatorium)^ 

le galbanuDi, la bétoine, l'harmala, Fivraie, l'œillet 

d'Inde , l'opium , la laitue vireuse , les payots , le thé 

récent surtout ^ ont la propriété de causer de l'ivresse 

avant d'assoupir. La saveur de plusieurs^ d'entr'eux 

est fort recherchée , comme celle des spiritueux et 

desoçiatiques , ou du bendje , du thé. L'on met du 

Tioaiblon , ou des feuilles de myrica gale , dans la 

hfee, non-seulement pour la conserver , mais encore 

poor ajouter à sa faculté légèrement enivrante. Beau- 

coQp d'odeurs de végétaux procurent aussi la caréba- 

vit cm un mal de tête, avec des symptômes de narco- 

tisme , comme les tubéreuses , les jonquilles , les lys, 

même le tilleul , le sureau , le syringa , le safran , la 

fraxinelle , le muguet , le noyer , le peuplier balsa* 

qpique , etc. 

2* Narcotiques nauséeux. Ce sont des poisons évi- 
dfens que le goût rejette. Oti les nommait jadis venins 
froids , parce qu'ils ralentissent l'action vitale j mais 
Os. sont d'ordinaire accompagnés d'un principe plus 
(Hi noioins irritant et acre qui détermine des mouve- 
mtns convulsifs dangereux , au milieu d'une torpeur 
&iieste. Tels sont les végétaux de la famille des sola- 
nétt en général,' les daiufay les hyoscyamus y les 
airopciy les nicoiianay plusieurs champignons fétides, 
la ciguë , \e phellandrium y le jujubier narcotique, le 
nénuphar à haute dosé , la doucc-amére , la pivoine , 
Vanagyris y le myrte du Brabant ou ledum palustre , 
les scrofulaires et digitales, etc. Presque tous les «o/a- 



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loo ÏNTllt)Dl3CnOÏ?. 

nUrriy au moins i3ans quelqtteb-urw;^ <ïe leurs j^arlié^ 
surtout chez les espèces dont le feulHag^ ou les fruits 
sont noirs, développent un principe narcolique et 
nauséeux , comme lés jùsquiàmès , là béîîaiïôAne , la 
pomnie êpiriéusè. Les contre-poisons tes jplàâeflBèàces 
pour remédier aux acculens que ces végehbg^rôfllii- 
séht, sont ie café et les acides végétaux priticSpâTéàiêiÂ. 

xtérharq ûes sur lès dwerses sàvèitts . 

Vtiicî le^ ty^ès ptlncipTaûx de cbateUttç des doàite 
*^àvéùrs , iàtiéà bù feîbîeà , \^\iè ridùs aVOrtS établies , 
*t V}t<i <i6hî^nîieht toiïtés celles qùé lïdUà cohnais- 

Sav/sttr^ 9xci4ànt€s» Saveurs déhilitantes, 

i. Acrfed i fflôuâ(?3e. I. Acides, okeîllë. 

±. Aidèrès, afbsiiidie. 2. Aoucés, sucre. 

^. A|[X>saatiques, muscade. 5. Fades, fécule* 

A, Calées y sel marin. 4* Grassçs , liuîie. 

V* ptyptiques, noix àe gaïle. 5. Muqueuses, çonûhè. 

'€. Virulentes ,Nnapèl. 6. Narcbfî^ues, opiuih. 

Piiisieùrs de ceB ^veurs ont d^ ana logées eAtr'elles: 
ainsi , les fades, les grasses et les mucilagineuses^iaon- 
trent de ^randsi rapports dans leur action siïr l'éco- 
noraîe aniiiiale. De même , ïès acïès Aéà Vîrhléntes ou 
caustiques biïl plusieurs quàTilés fort voisines. Ou 
trouVe aussi des acres jointes aux feirôtaîiàtiqilés , ^ 
celles-ci par JPdîs â'uk âmèrës. tes lîâlrCôtidUfes se ràp- 



ipar lois aux âmèrës. Les ilîïlrCôtidUfes se ràp- 
procJient tantôt des hiùqvïeusés , tantôt a e% àôrès et 
aes améres. Au contraire, les acides et les lià^ôôtîqti^ 
paraissent se défruîrel'ùrie Faufré , ôUlés sâlééà et les 
aîuêresj lés styptîqueV se irouvèrït plutôt avec les 
'acides quWéc les acres, tes douces sôlït voiriliës ttei* 

;^ (i).I^inné, dans «a disierta t^pn , iS^j^/jor ntedicamenlorum , ii^ftaBlit 
que aix saveurs ; înais ccUerqull' nomme, sayeuv 'sTdUe , ircH est p* 
<in« , ni ceUe c^u'il désigne sons le nom d'aqueuse. 



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SAVEUH DES MÉDJEAMENS. i^t 

faàes,^ mais éloignéed des salées. Voici quelques, 
c^xenmles des associations de diirerses saveacs. 

icm acide ypofygala Senega. Doux amer^ la douce-amère. 
— amer, gratiole. —1— aromatique,'' canfellc'. 

--^ arii^oâ^que,, poivre. -^— sl^etj^lue, p(4}p<^* 

^— ^ TUî|leQt;) les euphorbes. ■* — ■ aciq^ , les raisin^ , fraise^ >. 
^—-dW, p^ons. etcf. . 

■*--^^VWÎresrJânces,decru^ — ^ fadfe, betteravç. 

cïftrès. *' ' Arematî'cjues ailiers, ëcoi^cesd'o-^ 

'• — ^moqueiox, bulbes.d'a6pho*< ' i^angés. 

YÎruleBS;, 'pqB 



■! — " narcotique , ^^H^P^ i?^" ^î^ manceuiïjlçf 

lustre. ' ■ cras , fruiï d'âvo- 



Aculesamer^ alà^enge, oi?ang& ^ catier. ^ 

-— * s^tjqjje , acacia nost^as, dp ^iB^^r* 

etaiitres substances aus- Amers stjrptique , houx. 

tère's. — -- tiruienà , les itfychnos ^ 

^-— aromatîquQ , acîde benv. ' ' fa ntoil- vomiqiiè. 

zoîque* — — » narcotiqttejhduhlptt. 

■*— »- muqueux ^tonmtç çt anfre^ -— r nwcpeux , e^ateri^^n* 

baies.' 

U y a des. saveqps qui^'àfCGroissent par IjeuF réqni<m^ 
comme les acides q«i sVgwiseril par les àcpés, ler* 
«'wnéres.par Içs aroi^fiiJiqMçs , les, wi^çilâiginçusçai , qfui 
^'eviennen^ pU*5 (imolliente$ paç k^ru^raptiju^Sv, l^s 
&Jes plus o^iCtaeusçs w^pptes gras^^. 

D'autres saveurs semblent se repousser o» se dé^ 
IPuiremulnellenieD*, commeles acres avec les dooces, 
les styptiques avec les grasses, les salées avec lesmu- 
cilagineuses , ks antèreà avec les acides. 

Excepté quelques stibstanceç minéj^alçs et le su- 
cre, etcr.\ on* trouve presque toujours des odèiirk 
associées aux saveurs; càrieàf premières ajoutent telle- 
ment d'énergie aux Seconctos, que la disl^ipation de- 
IWeur emporte quelquefois la> âaveûr ïx\èmé deis^ 
corps. Cest ainsi que la chaleur ou le lavage , qui en- 
lèvent ^e pirincipe nauséeux , odorant des fécules de 
manioc, de fcryone , dé bulbes de renoncules , etc. , 
^eur ôtent également la sapidité désagréable quelles 



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loa INTRODUCTION, 

avaient pour les laisser fades: Au contraire , la torré- 
faction légère du café , de la croûte du pain , des 
chairs , etc. , développé également et la saveur et 
Fodeur de ces substances. ' ) ' 

. Les saveurs changent souvent par une simple mo- ^ 
dification des corps. Un fruit , non mûr , est d'abord 
herbacé, ensuite il devient acerbe ou slyptique; il 
passe à Tacidité ; puis, mûrissant parfaitement , il 
devient doux et sucré; bientôt il perd en saveur , re- ' 
devient presque fade et blet , ou se gâte , et ne donne ^ 
plus qu'une saveur amére ou nauséeuse. ^ 

Notre goût discerne les saveurs les plus favorables^ ^ 
k notre existence , et qui nous promettent des alimens 
salubres. Telles sont d'abord les douces , les mucila- 
gineuses , les grasses , les fades , les acides. Nous re- 
cherchons comme condimens les salées , les àroma* 
tiques , les acres , les styptiques , même les amères-, ' 
quand elles ne sont pas trop fortes ; mais nous rejfetons 
les nat'cotiques ou nauséuses , et les virulentes ou 
caustiques , quiti'annoncent que des poisons , ou tout 
au moins des vomitifs , des purgatifs. , 

Toute substance qui ne manifeste ni odeur , ni sa- 
veur, excepté peut^tre plusieurs oxydes métalliques 
de plomb , de zinc, de mercure, d'antimoine , etc., 
paraît inerte sur l'économie animale. Ainsi, les médi- 
camens tirés des végétaux et des animaux tirent leur 
principale activité de leur saveur et de leur odeur ; ce 
qui rend indispensable leur examen sous ce double 
aspect. C'est pourquoi l'on doit rejeter les substam^es 
qui ont perdu l'une etl'autre de ces qualités naturelles. 

Dans le choix qu'on fait des médicamens végétaux 
xm autres y on doit donc préférer tous ceux qui ont le 
pluj de 'Sapidité et d'odeur. C'est ainsi que des herbes 
sauvages, étant plus sèches, ou nées dans des terrains 
plus maigres et plus exposés au soleil que les plantes 
cjHltivées sous l'ombrage humide , dans le sol gras et 
abrité de nos jardins, ont les saveurs franches et les 



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SAVE01V DES MËDICAMENS. io5 

o^OTW vive» et pénétratjtes. Ces dernières sont, aa 
contraire , molles et à demi étiolées. Il fairt choisir 
aussi, en j^énéralyles variétés les plus colorées, comme 
^ntplus sapides et plus odorantes : témoins les œil- 
Jets rouges plutôt que les pâles , les violettes les plus 
foncées ; les roses rouges de Provins sont plus astrin- 
gentes que les. roses blanch^^s ^ qui sont la:i:aUves. 

De. même 5 Famertume dans lés chicorées est ploà 
grande chez les variétés sauvages; la scorsonnère des 
champs est préfiérable , cpmme médicament , à celle 
des jardins; la rhubarbe naturelle de Chine ou de 
Tartarie est plus recommandable que celle qu'on cul- 
tive, et qui est très-rancilagineuse ; la menthe crépue 
est plus active que les autres espèces ; les labiées des 
champs sont bien plus aromatiques que celles des jar- 
dins, cultivées avec tant d'engrais et de soins. Telle 
est l'influence des odeurs join tes aux savei;irs, que la co- 
loqdintéj privée de la première de ces qualités, n'estque 
la moitié moins active, malgré l'intensité insuppor- 
table de sbh amertume. Les aromates, seulement res- 
pires, peuvent produire le carus et un état soporeux , 
Jfoand ils îont ti ès-forts ; mais , seulement mâchés , 
^ deviennent anticontagieux et. stimulans. Ainsi , 
Yoitav du safran peut assoupir, tandis que , pris in- 
térieurenaent ou appliqué sur l'estomac , il le fortifie; 
il aiTete le vomissement et excite le flux menstruel. 



L'action des médicamens sur l'organisme vivant 
s'opère selon certaines proportions, ou correspon- 
dances pour ainsi dire harmoniques , afin de rappeler 
l'équilibre ou le médium de la santé. Ainsi, dans les 
affections d'atonie , les médicamens toniques ou robo- 
rans et fortifians seront requis , tout comme dans 
l'état contraire on doit recourir aux adoucissans et 
aux relâchans. On peut donc former une échelle gra- 
duée des propriétés des remèdes , qui sera l'inverse 



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1* Kabootiqubs, &tupéfialis, opklîijûeâ. % 

a? Déi*ayans , tempérans, ^cidutesV - 

3* ADOvciàBAS$ , lAxatife/ttiocttagmeux , oMagi- 

neuï. ' ^ • • ^ ' - : ' -"'^^''^ r ' ' ' ''"' 

4* KuTKim^» ^ analeptiques oii rêrfàwàhsl' 

^* !|£q]^*Ç{]? J4.îgb , tdniques, amera, fél^ri&gflf^ ' 

. iÇ* J^c^i^j^i^Sy ébhaijdBinas^aromaliquds: ' • ' • 

7** Çui|(j;iATXFà , vomiti&, nauséeux, fiçlîd«& 

^'^ AQ9^9 vâDérteox, eauBtiqioiea^etc. - i 

.. ' *' . • •. *' '-% 

Il s'ensuit de cette échelle fie propriétés de plus m^ 

P|lusaclivéi^ sur réconomiej qu^ell^s Ënissept par poj;^ 
ter à^l'excéSj rirritation dans les iTacultës'dfu senliiiteat 
et du mouvement, ouwrl^ systèmes néryeuj^ et mi?^ 
culai^e auxquels on ïes applique. Donc ^ pour r^m^iey 
Féconoipie à Véfat nornfiaf àe la santé ^ rapçïicaUojri qÇ; 
ces médicamens doitj se fi^redans l'ôjrdre inverse , ai^» 
manière que les narcotiques çonyiepnenl clans rirri- 
tation et lès irritans. dans l'àlQnîe. liïais ^es relies dp^, 




it^îes par e:^cès ^ , ^ ^ ._^ 

li'e^t rfouc que le praticien éclairé qui s^che^lui sçiû 
approprier sagemeijit le renqîè^e à chaque état d^ ma- 
ladie : ^tTfu o^êtxtfi , n itMÏ Kft a-u x'^^^'^i- Éxpenmentuv^ 
periculosum :, et ju dicium difficile. 



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MÉWCÀMENS SIMPLES, 

X^ TBOiS RÈGNES IfE LA NATfJRj^. 



Les 



premier!» objgt? «jue ^ç^ç coç^iji^teç ks BJé^kpin 



qiUTettt çtodiçr.k thç^-^pepUfljif ., oji §eV*j q w ^e des- 
tine i 1^ pJJi;m^çie5 sçijt le^ ^ét^ifqrrf^/vi ^infffk^. 

Sofl^ ce upm.de MJèip^A^W^JI^î^î l'o^^edoit pw sçw- 
lemeat comprendi;? Iç^ suJi?flta;(iççsi c^i^ , introduite* 
(bp^ Féçonpmie apioiaiei, oa ^p}iq^4cv3 ?a^ divors 
organes du pcçrps., y.prQ^MisfBptdqd ch^gem,QnS;> ^*. 
^U^res , spit pjeçnicieujç ; n;a^ m%ç lî'^r , l'e^u , 
l^aiiraens splides, ou liqpiilç^ , l»e3 po^ns, pwYwt> 
servir, enbcfiucçyp. d^çii;çppstance3^de,t^édicfttpef\9. 
Alors , cçs ^l?sjl^nçes ne sppt çQijisid^ççs q^etr-çjatiri 
Yemeat à leur ^cftipp cu^^tiyç su?: IjC çprp? vivait , 
àuas l'état de n3a,l^çsjai;^^^. 

Leis corps (?el^mtw^sg^tç4ug4ss^W*deujç.g!çaadçs^ 
divisions pj-i^çipajesj ; les, iip?^ spf^]t, ir^o^AN^ÇQXius , 
çoxDD^e le feu , l'air , l'e^au , J^^ tprrç , et tou.Sr^9. mi- 
Q^inç dont le;? pfjçlifes sppt de, n\ém^, Pâture <jvi^ le 
tout;, les autres sppi^ o]^,ÇrA^jfl^,^ ç'^pt-j^-dirç, JpTipé* 
de parties difieççin^jBnt cor^yps^esi , qcji fopt u^ toisf. 
indîpiduel par leur assemblage, tes corps orga^i^^si 
vwentiiXs naissent /se nourrissent pai* d,es organes 
intérieurs ; ils s'accroissent et se djéyeloppept, Jipo, 
^S^^2^jif^tqpq^^^^ op pajçVapplica^tion e^iitétiwu^ 
de mdécukd. i^kiscts { ^oxmm licuisqut'uii cristalf de 



I ^ DigitizedbyVjOOQlC 



io6 HISTOIRE NATURELLE, etc. 
sel marin, ou autre, devient plus gros , par l'aggré- 
tion de plusieurs petits cristaux qui se soudent sui- 
vant une certaine disposition), mais par intussus' 
ceptioriy et en assimilant des alimens de diflférente 
nature en leur propre substance. Ces êtres organisés 
ontencore pour qualité distipctive, celle d« se repro- 
duire y et de mourir y ou de se désorganber sponta- 
nément. 

On sépare en deux règnes les êtres organisés : on 
appelle végétaux , ceux qui , dépourvus de système 
nerveux, sont privés du sentiment;. qui, la plupart 
immobiles, fixés dans leur lieu natal ordinairement 
par des racines, aspirent par elles leur nourriture des 
sucs de la terre ou de Peau , et^qui n'ont que des 
organes annuels et caducs de reproduction. ' ' 

Les ANIMAUX se reconnaissent à une cavité cen- 
trale pour la nutrition , à leur faculté cje seniir par des 
n^rfs et des organes des sens, au pouvoir qu'ils oht de , 
changer de place à volonté, à des parties de la gêné-" 
ration qu'ils conservent toute leur vie. Tous ont îe 
sens à\x tatît, au moins, et cinq sens au plus. 
' Ces deux classes d'êtres organisés ne peuvent sub- 
sister que par un concours des autres élémens de la na- 
ture. La pierre ou le métal subsistent par enx-mêrties. 
Les formes des êtres organisés sontd'ordinairé arron- 
dies, revêtues de peau ou de cou vertures quelconques : 
les minéraux ont une figuré communément angu- 
leuse , géométrique. Les corps organisés sont composés 
de solidfs fibreux ou celluleux, et de liquides, qui cir- 
culent plus ou moins dans des vaisseaux*; il n'y a rien 
de semblable dans tout minéral. La chimie peut analy- 
ser et former de nouveau les matières minérales : elle 
désorganise lés corps vi vans, sans pouvoir les recods- 
truire. 

Nota. Ne devant pas donner ici une description détaillée 
de chaque objet de la matière médicale , nous le faisons coû- 
. nfaître par son genre, son ordre, sa classe, en citant exacte- 
ment les meilleurs naturalistes qui l'ont le mieux décrit. 



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MAMMIFÈRES, i xot 



. REGNE ANIMAL. 

D se divise en 4eux grandes sections : i° celle des ani- 
maux pourvus d'an squelette osseux intérieur, articulé, ou 
des animaux à vertèbres dorsales ; 2° celle des animaux sans 

vertèbres. * 

Les ANIMAUX VERTÉBRÉS ont tous une tète osseuse et 
un cerveau composé, cinq organes des sens, un cœur vX un 
sptème de circulation à sang rouge. 

Ceux qui ont un sang chaud, un cœur à deux oreillettes et 
à deux ventricules , qui respirent par des poumons, sont 
i homme y les mammifères ou quadrupèdes vwipares^ les 
cétacés et les oiseaux. Tous ces animani^ ont quatre 
membres (1). 

Tous les vrais vivipares portent des mamelles; on les appelle 
7mw?i7ni/ère.ç .• les oiseaux étant ouipare^ n'allaitent point. 

MAMMIFÈRES. 

PRIMATES, L. Forme humaine, des mains, 
frois espèces de dents, mammelles pectorales ( BufFon, 
Cuvier , Daubenton , Erxleben , Linné ). 

L'HOMME , Homjo sapiens ^ L.» (Nosce te ipsum» ) Les 
médicamens qu'on en tirait autrefois , comme la râpure de 
crâne pour l'épilepsie, celle des ongles pour feire vomir, 
Vurine contre Fictère, les excr^mens en cataplasmes, la 
momie comme vulnéraire (2), la graisse comme arihri- 
ti<jue (3) , etc. , ne sont plus d'usage. La salive d'honame à 

b) I<«8 cétacés n'ont que les rudimsns des membres antérieurs, point 
<»« postérieurs , mais des os du bassin. ^ 

W X^ momie d'Egypte contient de la pissasphalle ( poix et asphalte ). 
Celle dite d'Arabie contient de la myrrhe tt d'autres aromates. 

(3) Les graisses sout. d'autant plus pénétrantes quclïes sont plus 
nuides.Le» viei^s un peu raûces sont plus résolutives , les récentes plus 
emoUientes. L^graisses de carnivores passent pour plus résolutives , 
«wnme celles d^ôurs , de loup, de renard , de chat, de vipère et serpens. 
Les herbivores ont des graisses plus douces, comme le porc, l'oie, ca- 
fard , poule , etc. ; toutes tiennent de rélaïnê et de la stéarine. 



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io8 MAMMIFÈRE& 

. jeun , est mile sur les ulcères el les excormtip ps do gré puce^ e^^ 
autres, en maîaSfe ven&îennes^ On recommande quelquetok 
le lait de femme, quji est trjbs^sucréçt l^q^f^ux, comme uo- 
puissant analeptique^ Le kiit cle fenime cOQtie<it, selon Berze* 
îîus, eau, 928,75; fromage avec une trace de sucre, 28,00;, 
suicre de lait, SS^oô; murîate âe potasse, i^^Ô'] ^fco^plwte' 
de potasse, o,25; acide lactique, a{*élâiîe de jJètatssé' et traces., 
de lactate defer, 6,00; p^sphate de cfeawK, î0,5o; La c#ème 
a pour poids spécifique , i,Q244; tient beurre, 4j5 ; fto- 
n?affe , 6^!S'^ ç,eig t^fe^JA, Q,3,Q>, qui convçqt 4,4 de s^^^ 4^^ l^aît,, 
et des sels. L urine \ ^lé, ^^^ss\ emjpj^ojéç^ ^ Ve;!c.t^çiQ,i;ir , les. 
secondines contre l^epîlepsi^. p;ip<;(if^ a^sji^ije^ q^Q ^s, ^itcricos. 
mangent celles-ci a^vec plaisir. 



fiOUC, Gepcopiébecus nemams , Erxlv Gueaon à longne- 
queue blanche , à pelage marron noir et gris , à fësses velues, 
qui se trouve k la CQfîkkiçM<ie ex^ k IVÎadïii^ftcar. On a vanté 
un calcul ou béso^rd q^i se li^e^ de sa vésituk du fiel , ou se 
forme dans ses intestins, autour de quelque matière végétale, 
comme un bourgeon d^arbri^eau; It le rend souvent par k 
peur^ dît-on , lorsqu'on ïe Trappe. "On Ifetime alexiphar- 
maque, comme les bézoards orientëHix. Vertus imaginaires. 

CARNIVORES , Ferœ , L. Animaux à instinct 
sanguinaire, ayant les trois espèces de dents, des 
niolaires , six incisives et deu^ caninesi à chaque mâ- 
clioire; canal intestinal court j des clavicules ou leur? 
^'udimens. i*" Canins: odorat subtil, coït adhérent, ani- 
maux chasseurs. 2"* jPé^///w: demi-nocturnes et Voyant 
de nuit^ ongleà rétractiles pi;opres à déchirer et à 
grimper. 3** Plantigrades : marchant sur la plante des 
pieds, aimant l'obscurité , le froid , dormant en hi- 
ver , corps gras; ^ 

1" CHIEN, Canis domesticus j L. On connaît ses mœurs 
sociales et fidèles , ses variétés. xJalbum grœcum est son 
excrément, résultant des os qu'il ronge ; regardé comnje sic- 
catif, détersif dans Fangine. Jadis on cuisait datfe Vuu3fe> dès 
petits chiens , pour la rendre gélatineuse, adoucissante. La 
salive dçs chiens cicatrise Içs ulcères rebelles, l^es aaciens 



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maiemenJL les jèUiiieB chiens ; leur f rAis6e a ëtë vatii^ ëonube 
^odrhmsuitbmale, 

ÏX)UP9 Canis lupus, L. Son foie desséché, usité jadis dans 
les Q^a^^ 4>* (oipj verfus Imàgindïes. L^a^àeâic rie te tue 
Vas, maïs b^en la noix vomique, le liclien inilpinua. L. , el 
des coampignons yéne^^ ; aussi ia racine d aconit. 11 aime 
la ^linrégne. &raissê^ dît-on, résolutive dans lès rbuma-* 
^^smÀ; inusitée li^inCenibt. 

KËNÎmî/, Cahis vulpes^ I^ et Ç. Alôpex^ L, Ses pou- 
mons desséchés , pour les maladies du poumon ; vertps ima- 
Rinatfèè, Abiflfed fûs§,^rte vers Tanus ttïi fyiiictJc i odeur fé- 
tMe^ rirais moitts '^è fflhrftSÉ, càhîê Hydèna, L- Tous cëa 
«nftiiiiik éë fl«$reht'àti Vlëi i^rë éiitt^ eûjt. 

^ 2^ClV'eil^ Cw^e^to, L. Et le feîbet, >". Zi- 

ieàiap L. Lap^e hérissée de papille^; IbUicJtilefe de.l'i^iis 

ttcreunt upe humeur gri|sse, ongtiinen&e, brànâire, 4'oàéur 

àasipée. Ner?ine, anod^iS^i diap^oréti^ê. 3e soMphistique 

arec des coips gf^ ei àa sang des^bë^ payait foi^ aïia^- 

Jq^ au musc dans sa «oinipo^tion. Puissant anuspasmo- 

(fiqne^ bystérique. Ç^..ctfri|mien,gr^ eét pliih abon^nt au 

Jxanni au r$u. JLa Civette pë jJlmm ou de Malàoea , 

J^. Inâica , Geoff. (Sp^ineTat , Voy. Ind. ^ ^ p* i4^^fig. 91) 

en fournit aussL S^ibs tance très-aphrodu^iague en partie. so- 

itoblé dtânsiés'hmles. Ces animaux sont de FAsie méridionale» 

. . CH AT]^ Fjefis çOftis , L. Sauvs^e , est f rfs y à ^euë àtïndée, 
«t porte cfes n^^ 49k*es le long du dos. Se tboùve dans Pëu^ 
l'ope méridionale. Qti recherclhait jadis sa graissé comme ne^- 
me., adoud^saitie datiè les rhUibatis'meis , comtre les taches 
de fpeùte véroie, Jes pâ(naris. Inudtée et superflue. 

3* XJtfRS, U't^tis àrdtôlSy L. tiéàù pélâge brun, animal aussi 
fragî^ôrfe. Ainie PhWiftfA'té; les pays froids. Graisse an tiar ttir i- 
tique , fid irès-amer , Aiîti^itileptique. Intimés êi «14>ê]rflùs. 

iBLA!RBAto> Ûr^s mdes.L. Gtkiàe hïilîrhlittiàtistiiMte 
fcmfiîbtîons, ifës-fltddé^pfcféhèftlîaeiil'àttSs. Ahîitoal téfeace, 
<« creusant deés terriers ^moSs fins, prc^res à&ire des^pinceaux^ 
deschapçaulç. Oà ^ut Tt^privoiser. La TAtJPB, ialpa euro^ 
posa , jadis usitée contre la goutfie vague. 

HÉRISSON , 'EtlHOceUs eurôp^û9y L. A dés poils pîcjtiafed. 
Animal se roulant en boule ^.sa chmr^ sa Caisse, xecdmmaiar- 



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iio MAMMIFERES. ; 

déesdans les maladies de peau et contre la plîque, en Pologne. 
On en obtient une huile empyreumatique pour cet effet. Inu- 
sités et inutiles. 

RONGEVRSy Gliresj L. Deux longues incisives, 
sans canines k chaque mâchoire, grands intestinsavec 
cœcum. Animaux timides , prolifiques , s'approvision- 
nent pour l'hiver, ou dorment. 1** A queue nue et 
plate, follicules à l'anus j espèces aquatiques ^2"" ani- 
maux souterrains ( Pallas ). 

1 ** CASTOR^ Castor fiber , L. U a deux glandes ou follicules 
àPanus distillant un cérumen brun, onguineux, d'odeur fé- 
tide. Baglivi prétend qu'il combat le narcotisme de Topium* 
U est un excellent antihystérique et antispasmodique, ^nommé 
Castoréum. Poché réticuleuse à l'intérieur; tient résine a5 J 
adipocire, huile volatile, et de l'acidebenzoïque; un peu de phos- 
phate de soude et d'oxyde de fer, selon Bouillon-Lagrange 
et Laugier. Celui du nord de ^Europe est plus estimé que 
celui du Canada, Animale remarquable par son industrie. L'On- 
datra, castor 4Ki6e^AicM«,L. (éd. 12) donne une odeur mus— 
quée par les follicules de son anus. Habite l'Amérique du 
nord, près des eaux, où il construit ses habitations^ comme 
le castor , mais il est de la taille du rat. 

2** MARMOTÏIE, Arctomys Marmotta, L. Gmelîn. Sa 
graisse est, dit-on, antiarthri tique. Inusitée. 

PORC ÉPIC , Hystrix cristata , L. Corps couvert de pi— 
quans. Sa vésicule du fiel contient souvent le bézoadr^ nommé 
Pierre-de-Porc. Sorte de calcul verdâtre amer, vanté en 
infusion dans leé affections bilieuses, l'hystérie, etc. Animal de 
l'ancien continent. On croit, en quelques pays, que la chair 
de Souris guérit l'incontinence d'urine , et les crottes de cet 
animal ont été données comme vermifuges et purgatives. 

RUMINANS y Picora y L. Quatre poches à Fesfo- 
mac , pieds fourchus. Animaux à suif, à chair sapidfe , 
à lait caséeux 5 pouvant devenir domestiques. 1** Poiwt 
de cornes, dents canines supérieures. 2** Cornes ra- 
meuses, caduques chaque année , point de canines; 
animaux coureurs. 5* Cornes simples , creuses , non 
caduques, formées de cornets qui s'emboîtent sur des 
chevalet frontales osseuses. 



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MAMMIFERES. m 

1* MUSC 9 Mo8chu8 MoâcJUfirusy L. Le foQicule da pré- 
puce de cet animal secrète ua cérumeu-résiocKidipeuic, trèsodo- 
nnt, aphrodisiaque. Puissant spasmodique, hystérique. Celui 
duThibet ou du lunquin e^t plus estimé que celui de Sibérie 
ou de Kabardin, peu odorant; se felsifie avec du sang des- 
séché.. Le musc nauirel contient carbonate ammoniacal lo, 
cire 9, gélatine 6o, albumine et membrstnes animales 3o ; un 
peu de potasse, de muriate de soude et de carbonate dechaux, 
selon Thiémann : Bourgct y admet de l'huile éthérée. 
MM. Blondeau et Guibourt ont trouvé y dans vingt grammes 
de musc, eau 9 , ammoniaque oo65; et, par l'action de Pé- 
ther, de la stéarine, de l'élaïne, une huile acide combinée a 
l'ammoniaque, une huile volatile, un acide soluble à l'eau: 
ils ont extrait de la cholestérine par le moyen de l'alcool^ l'eau 
a séparé des muriates d'ammoniaque ^ de potasse et de chaux^ 
dn phosphate de chaux , de la gélatine , une matière très- 
âorbonnée ; l'ammoniaque a séparé dé l'albumine ; le résidu 
aprésen té de la fibrine, dés poils, du sable, des phosphate et car- 
bonate calcaires. Journ. de Pharm. , mars 1020. — Les Cha- 
insAux et Dromadaires ont aussi des dents canines , des 
i)osses ou concrétions adipeuses. On a d'abord tiré le sef am- 
moniac de leurs excrémens brûlés. 

2* ÉLAN, Cervua alcesy L. Ses sabots br&lés, crus antî- 
épileptiques j cette matière cornée , employée en chapelets et 
en colliers , pour les en&ns ayant des convulsions , par les 
honnes femmes, HaNte le nord de l'Europe. Son pelage est 
d'un cendré brun 3 taille d'un peUt dieval. 

CERF , Cenms elaphus , L. Son bois , dontles cornichons 
sont plus durs à letir bout, ou ses cornes, donnent de la gela— 
tine et du phosphate calcaire employés^ soit en gelée, soit 
calcinés ; de r huile empyremnatique et de l'ammoniaque car- 
bonatéepar le feu. L'os du cœur de cerf est la crosse de l'aorte 
endurcie et presque ossifiée dans les vieux cerfs. Leur suif 
aussi usité, leur priapejadis employé sec et en poudre, comme 
aphrodisiaque et. antipleurétique. 

3* CHAMOIS, Antilope rupicapra, L. Des Alpes. Ses 
égagropiles, boules formées dans l'estomac, de poils avalés, 
fenirés avec les fibres des racines de plantes (atfiam^antaoreo- 
^Vuium , L., et autres herbes aromatiques), inusitées. Velsch^ 
de JEgag:ro/?i/i« , Vienne, 1660 , 4**, êg. 

KifaMl£Xiy Antilope Gazellafh.oxi BezoarclioajE,rxiû>. 



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i,2 MAM»nFèR˧; 

à cornés drôîies, ti le PÀàÂ*r, ji^r^l6j^edf^k.A,yyH à'ktilrèii 

prètei^îù'. ïtùiïé àVfec dé^ ïerfes bolaîres. Inritae. 

BOUQUETIN, Gxjt>ra ifc^x , L. Scm sang dtsséché , crtt 
jadis sudoriiSque )2H:iti{)kuréttque : àniaial à forte odeur de 
bouc; vit sur les AlpeS. 

BOUC'et CtiÈVAE, Capm jEgagrùs .lu. ï)onne aussi un 
IbéiOàrd. LêlàUdecfaèVi*éestsùcré, leplùscQséeùx de tous, res* 
tààrant, iàit de bons fromages, prîgînaîré d'Àsîe et du plateau 
de laTa'rtarîe, côbïme îiés autres riuninansjdoméstiqùes. 

PÉLÎER et BREBIS, Oîn^s jimmvà, L. Est le Mouflon 
ou l'e^ècé éaûvage. OpIs ariea^ L« , est la r^ce domestique* 
Lait cafi(éeux , suif ^ IMne lasitës , ainsi qtife iâ chair. 

édE^ît^ et VÀC^, Èos iaùrusyïu, L'au^ocbis;,le kona- 
sûs, le bîsôn, sont leurs racés sauvitges. Le suif, le beiu*re, le 
lait ( cqseùm .seruhï ) Çi) j^ le fiel , la moelle des os cylindriques, 
sont trlès-emptoyés, coïnme là chair de ces bestiaujjc, leur 
éané, téùrs os, leurs cornes. Le iBel de bœuf donne à M.Thé- 
nàrd, eâù 760, huile 43, substance sucrée o,u picromel , 4.i^ , 
albumine 4, soude4, muriatë de soudera, suTfale desoude 8, 
^hoispfaifte de soddè 2^ phosphate de fer 1^ , oiydè <îe fér 5. Qtt 
:feit des bouilkois de neau (de soti pmittiàû èù m«>ti ) , ffés ta- 
blettes de boitîHon avec sh g^atîBfe. On (îoigfife le îàït àVecîe 
suc ipistrique de^a |>dche de sCto éstohiac, iij^jpetëe éatclTêtîèé 
C'efct la présure. Le ButïA, ^s buhalùs^Li. dotinë aùéiS Un 
laîtj mais dont l'odeur est celle du suif. On c^ faut H Ifrdiâage 
parmesan. Animal faroucïie. La VACliE DE TartaKiE', bas 



. . (j) tea lails conlielineQt à pkn près h» privkifks suivaûâ ffitts tiftStc 
prgp.ortion sur àe,ux iivces de chacun de ces liquides : 



fUU 



iàJik 



lllI^NOm NATIONS. 



LdartàelWiine... 

4eiument. 
deeltfèVre... 
de vache.... 
de brebis... 



ijizijx ^i'Aj>^^\^>^^<:^ i^^ .jM. 



Crème. 



1 o\lc. 1/3 

1 onc. ' 

2 onc. ifx 
2 onc. 



filtre. 



ègi^os. 
» 

» . 

S^ro's. 

, 6 gros. 

1 onc. 6 gros. 



Ca^étim. 



4gros. 
. 3 gros. 
% o^c. ij^j^ros. 
3 onc. o grès. 
Sbnce^. 
1 once. 



Matière sèlidè 
do petit lait. 



1 once a gros. 
1 once 4 gros. 
1 oncei grqs« 
— 6 gros^. 
1 bîicea^ros.' 
1 once 2 -gros. 



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Mammifères. hs 

^fUnnienSy L.> dont les queues servent aux pachas turcs ^ 
^ofloe un bézoard musqué. L'eau distillée d'urine de vache est 
un cosmétique d'odeur de benjoin , appelé £!au de mille 
jjeurs. Tient de l'acide benzoïque. 

BRUTES (Bellaœ etBruta^h.). Animaux à peau 
dure ou pachydermes , à pieds en sabots cornés , 
grands intestins , peau du nez sensible et prolongée. 
Plusieurs se vautrent à terre ou dans la boue, i"" SoU- 
pèdes, un seul sabot à chaque pied ; 2° plusieurs sa- 
botsj des soies plus ou moins rares au lieu de poils. 

1* CHEVAL, Equus caballus, L. Jadis son testicide 
était donné pour facilîtei: ^accouchement. 

ANE, Equus asinus , L« 

Le lait des femelles , bien moins caséeux que celtii des 
rummans , est séreux , sucré , comme celui de la femme 
(Parmentier et Deyeux, Traité du lait^ etc. ). Les Tar- 
taresfont grand usage du lait de jument, qu'ils soumettent 
à la fermentation alcoolique , et en tirent une eau-de-vie 
( humiss ) y vivent de leur chair , même toute crue. On ne 
dêdûgne pas celle de Fanon, en plusieurs pays d'Europe. 
W Chinois préparent des tablettes de bouillon, qu'ils 
nomment hockiah , avec une colle de peau d'àne , de iSÈBRE , 
on de COUAGGA ( chevaux ou ânes sauvages rayés. ) Le 
^ng d'âne avec vinaigre et eau de mélisse a été dûXiné comme 
utile aux maniaques par Fréd. Hoffmann. ^ 

2° PORC, Sua scrofa, L*_, et le Sanglier. L'axonge, ou 
graisse, ou sain-doux, très-émolliente , usitée. Chair, très- 
nourrissante. Le PÉCARI ou tajaçu, sus tajassus, L. , d^Amé- 
rÎGrue,l'ENGALLA du cap Vert, sus cethiopicus , L., ont des 
foDicules qui sécrètent une sorte de castoréum très-fétide. 
Encore inusitée. Jadis, les dents de sangUer ont été regardées 
comme absorbantes. 

Rhinocéros, Rhinocéros unicornisy L. , ou d'Asie, 
hicomisj L., ouleB^da d'Afrique. Sa corne nasale' formée de 
fibres ou soies agglutinées, crue très-alexitère contre les 
poisons, dans Plnde. Inusitée. 

Eléphant , Eleplms indlcus et capenais^y Cuvîer. 
Animal singulier pas son intelligence , sa taille^ sa trompe', 
>^ défeuses, ou lopgues dents incisives de sa^ mâchoira. 

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i 



,i4 MAMMIFERES. 

^upérienre, qui sont Vîpoire on ntorfil. Usk<é dans les ans; 
hrxjXé y en vftisseààxtîk»^ ctottime des Xis , donûe le noir d'Es- 
pagne -, spodium ) pcfav 'pémtdte, Llvôire ïbssSe de Mam- 
MOUT, Elephas mammonieus yijat. y dont rêspêée ne se 
trouve plus vivante , était jadis usité ; "est Hù |^lK>^]pii2^ sur- 
rànVé de (^haiix , iinicorne fossile des officines. 

HIPPOPOTAME, Hippapolamua amphanus, L. D'A- 
Brique. Ses grosses dents incisives* , jadis reccmtiiiandées 
comme alexipbarmaqnes. On en Ëibrique des dents fiic- 
iices 'pour rcfmplacer cielles qui tombent. Leur ivoire ne 
jatthtt pals. ' 

MORSE, Tricheàus rosrhàrus , L., et DuGONG, ï)u-^ 
gong indicusy La<5ép. ÎJè LaÎiantin, vache tnarine, Tr. 
Tnanatusy L. Leurs dents et letirs os p^r^tK, ^adie vantés. 
Peaux tenaces^ donnant une colle très4br€e. 

XHùfACÈS. Membres antérieurs oMkérës , formés 
en nageoires, nez en éverit,fx)aa lisse, land épais; ;, 
point cle membre^ postérieurs, quelle hodMSônUÎle, 
^bitation (fous Feav j 0à ils i^spit*eht à sa surface ; . 
clens: HiiameHes iiigciiHÉiles. i* Des ct'ents ; â"" àe^ fanons 
^balèirtèis. 

i«NARlPVHAL^ Menùian 7mm6wro9 /î». Nàtt t6ii)otirt 
avec deux 4^t6 4 la smchcôre 'siipéri€«d<i& j ^réites, prolon- 
gées en avant, e( silloiiifiéès en s|>Me; Pfmtct^nie, vanté 
comme les bézoards. Ansmal des tbses du -Nord^ comme les 
éûitahs. 

<:iKCS.kUyî: ^PJi^er macj^ejfludUsy L. Tète énorme; 
leerveau et mwelteépn»èreteti]toés d'une bxiîle grasse abon- 
èbekèB , fluide , qui , perdant à Vtàt de i%drogèae ( souvent 
^plibqAH3iré>)> ^e 'concrète en partSe eiti bùnc de baleine oU 
cétine, comme d^autres huiles de cétacés ^ de poissons. Le 
bhnc de baleitie est pectoral, ackmoissaBt. Qkx le ^tirffie en 
le dissolvant dans Palcodl pour l'isoler de'l%mle "rance de 
poisson; n'est pas «de l'ïidpocire. Voy. Cbèvreûl, J/zz/j. de 
fihim. Insoluble â Peau. C'est la cétitie. 

\2Amhre:gri»y autre espèce de matière gi^asse ddorante, 
iopaque^ dHin gris^aune ou 3>run, contenàht des dâ>r]s de 
^n^sques et des becs ife sèche, parait éu^ une concrétioa 



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OISEAUX. îi5 

j^arliculièlre âes intestins de cet animal malade ( Schwedi^ur, 
Fhihs. irans. , 1783 , part. 1, n*» j5 )5 tient adipocire Sa, 
résine 3o , acide benzoïque 11, charbon 5 , selon pouîllon- 
Lagrange. Soluble dans féther, ou dans l'alcool, ou Phuile. 
Selon M. Pelletier, au lieu d'adîpocîre, c'est une matière 
analogue à la chcjestérine des calculs biliaires humains , ipa- 
tière. désignée par lui, sous le m>ux propre d'Ambréine , que 
coDtieatrambre gris; elle est suscep;tible de passer à l'ét^ 
d'acide (ambr^ïque) par l'acide nitrique ; et il ii^jre de là 
que cette spbstance est a^^logue aux calculs biliaires. Nous 
msons plus loin qu'elle nous parait être le résultat de. la dé^ 
composition dfi certains poulpes ambrés, d^us les ea^ix* On 
falsifie Tamkre avec le nofusc, la civette, le labdauum, le 
storax. C'est un aromate céphflique, nervin, stutispasmo- 
dique, antihystérique. 

2' BALEIfïË, Baîœna mysticetus y L. , et les autres 
espèces, ayant, au lieu de denl;6, des fanons -aux gencives; 
c'est la baleine élastique pour plusieurs arts. Le priape de 
Weine a été donné cOmme aphrodisiaque , et antidysenté- 
nque. Vertus imaginaires. 

r 

OISEAUX- 

Bec, ailes , plumer, iacubatioaa d'œufs , pour carac- 
tèxe&. ( Brieaan , Buffon y La/tham. ), 

PASSt^REAVX. Monogames , pieds propres au 
saut ou à se percher, nid cpostri^it ^vec ai;t. Les ^grani- 
V9re8^1?aç conique \ les inseçUvores k heic ^lé , ayant 
laçl^air WPW ^yourems:^ q^ie les ^écédens. * . 

HïRON«SLLE SALANGÀNP , Jtfïrz/Tzrfo esculenta, L. 
Des bords de la mer, en Chiné ; amasse, pofur son nid, des 
matières aiymales, des holothuries, des fucus, qui font un 
naets trës-analeptique recherché , et délicat. Ce sont les Nids 
d'alc^pns , ont le?, n^èçne^, ^^p^eus que Fiçlithyocalle, ^pnt 4e ^ 
gélatine pure. Les nids des hirondelles ordinaires, sont em- 
ployés comme cataplasmes dans l'angine. 

PIGEON, Colmnha domestica^ L« Spifi $ang^ s^ fiepte 
chandè en application. 'Elle îdéntiçnt , acide uriquè, résine 
'wte, tilç elallbunien. PeUtu^tés à préseiit. ' 

8. 



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ii6 REPTILES. 

GALLINACÉS. Oiseaux granivores, d'un vol 
lourd , pieds marcheurs , à gésier et jabot, nid à tçrre 
et sans art, polygames ^ pulvérateurs ; mère n'appâ- 
tant pas elle-même ses petits ; chair très sapide. 

COQ et POULE. Phasianus gallua, L. Leur géâer en 
poudre est acide, passe pour antinéphrétique, et arrête, 
dît-on, rincontîrtence d'urine aux enfans. Leeœufs, albumine, 
huile d'œufs, bouillon de poulet, etc. , usités; coquilles d'œufs 
calcinées, vantées comme lithontriptiques, sont du carbo- 
nate et dn phosphate calcaire. L^œuf se compose d'eau, 
d'albumine, peu de gélatine , soude libre , sulfate et mu- 
rîate de soude; le jaune tient ea«^ huile douce jaune, 
acide phosphorique , matière rouge et substance aîbumi- 
neuse modifiée, du soufre. 

La fiente de Paon a passé pour antiépilepdque. 

PALMIPÈDES. Nageurs , membranes entre 
leurs doigts , marche boiteuse , chair huileuse ou 
grasse , nourriture dans la boue ; polygamie d'ordi- 
naire. 

OIE, Anaaanser^ L , et lescanards, ses autres congénères 
donnent une graisse moins usitée en médecine que dans l'art 
culinaire, contient 68 parties d'oléine, 3*2 de stéarine, sert 
pour prévenir les engelures, en s'en frictionnant^ à cause 
de sa fluidité. 

ANIMAUX VERTÉBRÉS à sang rouge, froid; n'ayant 
qu'une oreillette et un ventricule au cœur; deux oreillettes 
aux chéloniens et aux -sauriens; respirant, i® l'air par des 
poumons celluleux ; les reptiles ( quadrupèdes ovipares et 
serpens): 2° ou l'eau par des branchies; les poissons (et 
quelques reptiles à l'état de larves ), 

REPTILES. 

Corps couvert d'écaillés ou d'une peau nue; ovipares 
sans incubation ; s'engourdissant au froid. {Lacé- 
pède ^ Schneider j Daudin, etc.) 

CHÉLONIENS. Corps revêtu d'une carapace ou 
test osseux , marche lente , ou natation. 



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REPTILES- 117 

TORTUE BOURBEUSE, Tè^udo lutaria, L. Cara- 
pace à écailles imbriquées, et la- Tortue grecque. Test. 
grœcdj L. , qui est terrestre» Leur cliair est analeptique, 
dépuraiive, auliscorbutique; se convertit en gélatine par 
la cuissoa. Se trouve dans l'Europe méridionale. La ToR^ 
TUE FRANCHE, de mer, T. mydas y L. ^ a la chair uu peu 
musquée, verûâtre; est recherchée. Le Caret, T. carettay 
L., Wnit la belle écaille pour les arts. 

SAURIENS. Dies paUes onguiculées; corpsécail- 
Icux ou nu. Lézards coureurs ; plusieurs changent 
de couleur comme le caméléon. 

SCINC , Scincua officinalis , Brongnîart , Lacerta de L. 
Queue courte, corps grisargenlin, Avec des bandes grises trans- 
versales ; cru alexipharmaque, parait être aphrodisiaque. 
Vient d'Orient. Vit d'insectes, d'où vient son action sur 
les reins et là vessie. 

ANOLIS, Anolis himacuIcUus , et duUaris, Dàudîn; 
Employés en Amérique, et vantés en France comme dé • 
|urati& , antivénériens, poussent à la peau étant mangés. 
La chair de I'Iguane, iguana delicatisaima ^ Latr., d'Ame- 
ntjae, est de même. Le seps, le chalcide et autres lézards 
ne sont pîiis employés. 

On mange crus^ussi les lézarda , lacer tdagilis^Tj. écor<îhés» 
ei sans tête ni queue , ni intestins , contre la maladie véné- 
rienne , à Naples et en Espagne { Flore», especifico nueva^ 
mente aescubierto en el regno de Quatiluanay Madrid, 
1782, 8^). H en résulte une salivation et des sueurs.^, 

OPHIDIENS ou Serpena. Point de membres ; 
marche rampante, i** Crochets ou dents à venin ; 
a"* point de venin. 

1* VIPÈRE, Vipera berua , IfaucUn et Latreîllè; aussi 
\escoluber Rediy L. et coL aspis^ L. et V Aspic de Cleo- 
pâtre, qui est une variété; crue alëxîtère, sudorifique; chair 
dépurative; entre dans la thériaque de Venise.. Le nom dé 
vipère vient de vivipare. Chez la plupart des serpens ve- 
nimeux, Icîi œufs éclosent dans le sein de leur mère. Le 
venin d'une vipère seule n'est pas mortel : on cautérise la 
plaie, faite par sa morsure, avec de l'alcali volatil, et l'or* 
iisa de sudoriâqoes :( Teau de Luce, savonule- ammonia- 



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ii8 REPTILES. 

«al )• Son Teûm détrmt l'irrïuliififé miiieulalre , coagulé le 
sang; u'agît fMresque pas sur des aumiaux à sang froid; sert 
s^ la digèsiîoD de la vipère ; est de nature sepiique y ni ^ 
9cîde, ni alcalin, selon Fontana. Plnsieurs végéuox $Mo- I 
rifiques (des aristolodies, la contrayei^ra , Poptiiorhize, le 
polygala èeneia ) , guérissent lî^ blessure des sérpens ve- 
nimeux, .La vipère a la tète en cœnr ou en losange , le 
corps gris-cendré, ou nmgeàtre, arvec me bande noirâtre 
en zig-sag le long du dos. Plaques abdonainales i55^ cau- 
dales 59 paires, toutes à!ixh noir bleuâtre^ avec un bord 
|kltt9 pale. ScHis les crochets mobiles' , creut ^ dé ta mâchoire 
supérieure , sont les vésicules do venin qui s^exprime quand 
Vanimal mord. Ce venin s^écoule dans la plaie par le trou 
de ia dent en crochet. 

Lé bouîlïbn de vi^re tisîté contre les maladies cutanées" 
cl darireasés, et la syphilis, déji par les médecins du XVP 
siècle, comme spécifique. Les Napolitains et les Portugws 
emploient encore maintenant un vin préparé avec là vipère, 
contre la syphilis, qui est phn fiicilè à i^éHr dactis 1^ pays 
chauds que dans les froids. 

^' Ârétée a loué Tusi^e des vipères contre led ttialââies de 
la peatu 

2* OftVteT, Ânguià fra^ilis, L, , et les Cpui^EUVRES, 
ColuberruUrixy L., C\ jEseulapiij L. Peu usitées aujpur* 

d*hui ; vertus des lézards. 

BATRACIENS. Cor^s nii, pattes pour nagcp 
et marcher ; habitatibh aquatique dans lé jeune âge \ 
alors des branchies et état de larve j point <ïé côtes. 

r SALAMANDRE , Salamàndra terrestris et aquafica^ 
L. On a cru son humidité capable de résister àti ieii. L'hu- 
meur acre de la peau ,• dissoute dans l'huile grasse', la rend 
très-diaphorétique. Remède usité en Italie ^ cantfe les rhu- 

matishies , en frictions. 

CRAPAUD COMMUN, Bujb cinereus, Daudfn. Bave 
acre, alliacée de sa peau, irritante, mais peu vënéneuse, 
ainsi que son urine. Sa poudt^ , dite eethiàps animal y à pré- 
sent hors d'usage, est aussi dîi^phôrétique. Sa peau est bru- 
nâtre, pustuleuse; le venin de ôes pustules est formé d'un 
acide en partie uni h une basé de matière grasse très-amère ; 
d'une matière animale, analogue à la gélatine. Sa chair peut 



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P£MSSONS. Ï19 

seoutnger. C'est par Iiof rem se^Hifiit qii? ç^ animal opère 
sur les sujets délicafs* ^ 

GRENOUILLE, JRana eaculsntaj L. Sa chaSr, Veau 
ëaXLh cle son irai ; irafratchissans peu utiles. Le frai , sper- 
niola , ou sperma rarmrum y est un mucus animal oui préci- 
pite les dissolutions de métaux hlaqcs, est ^^^solu^le par les 
acides et les alcalis^ oontitfnl des phosphate e^ ç^rbona^e de 
chaux, etc. Loué par Sydenham contre les aphlhes et Pangîne. 

BME A TAPIREJt, Hyla tinctorial D^udin. Les 
Américains firottent de son ^ng la peau des perroquet^, 
pour leur foire cr<rître des plumes 4e diverses couleurs. ]L«a 
Raine verte , hyla viridiSy |jacép., indiaue fe J^^n ^ 1^ 
luauTiis temps y dans l'eau , comme les sangsues. 

POISSONS- 

Des tranphiçs ( oiiïe^ ) , des nageoire?. ( Slooh y 

CHONDRQPTÉRYGimS. y^ccooplent j «que- 
iette cartilagînepx ; point d'opercule ni 4^ me^^r^ue 
twraiachiale , mais plusieurs ouyçrj.ure?* 

LES BfiQOIIiS, Squaluê tareh^rias , L. La Rousfi^TB , 
chieh 4ç mer, squakis eqtulu^^ L.^ dom If p^^ feil le 
galuchat y et sert àpoKr le bois ^ U scie ^ sqwkli^9 prisfi^ j J^,^ 
est remarquable f fournissent de la colle forte. 

LES RAI^. La boudée. Raja elamta , L. La paste- 
Baqne, la torpille électrique, raja torpédo y L. La ^ raie 
sephen, ra/a sepheriy Lacép., donne le beau galuchat, vient 
de la mer Rouge. Tou& ces poissons rendent de la colle. Les' 
)UlTS i>p WB'^y œu& de raie, bourse cjua^aogtdaires apla- 
ties, brunes, cornés, se brûlent pour faire des fiimigations 
autihièmârroidflles. 

BRANCHSOSTÈGES. Cartilagineux , h ^p«r- 
eQleetmembra^^br^nc)iiale; sansaccQuplem^t. 

ESTlIJRGpQN, ^c4pe«^^r;iri!^w^ L. ,At Vlmjmo- 
coixp ,^ Sij^gp^ET, les 4. hJm> 9 ^ r^theims , Leur veaiie 
nautoire 4E;$s<M)4e ert La 4^Ue .^ p<^îs]^w, g^iioe ^re. 
On y uou^ire du phosphate de cbs^&.et d^ .s(H»4e, selon 



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I20 POISSONS. 

Hatchett. La peau et les vessies d^autres poissons fouraîssent 
aussi une colle. — Les œufs d'esturgeon forment le caviar $ 
la peau très-forte des esturgeons sert en courroies ; on peut aussi 
en obtenir de la colle de poisson ; son ueage interne est anti-i 
dysentérique , adoucissante 

OSSEUX JUGUiiAiREs. Nageoires sous la gorge» 
Sans accouplement , comme tous les osseux. 

MORUE, Gadus TTiorhua y L. Le stock-fiseh, l'églefin, 
le tacaud, G. harbatus^ L. Le merlan, G. merlangusy L* 
Plusieurs espèces, la molve, le callarias, la lote, la mus- ' 
telle , etc. , donnent une bonne colle de poisson , comme les 
Blennies, hlennius phycis y L. et blenniu^pholls^ L.^ etc. 

OSSEUX TMOB.ACÏQVBS. Corps Comprimé. l'^Yeux 
du même côté de la tête ; 2" yeux des deux côtés. 

1^ LIMANDE, Pleuronectes limanda , L. Yeux à 
droite, ainsi que la sole. Le turbot et le carrelet les ont 
h gauche. Point de vessie natatoire 5, * poissons pjats , de 
.Willugby. Alimens délicats. 

2*" PERCHE, Perça ftuviatilis^ L. Os de sa tète, re-.' 
gardés comme untipleurétiques et diurétiques 5 inusités à 
présent. On a cru à tort que les ScARES ruminaient. 

MAQUEREAU. Scomber scomber^ L. Le tlion , la bonite, 
sont du même genre, ont la chair saine , ferme, 

LE ROUGET , Mullus barbatus^ L. Le trigle volant, 
trigla evolans^ L. (prionote de Lacép. ). La dorade, cory-^ 
phœna hippurus^ L. La remore ^ eçheneis remçray L,, sont 
remarquables. 

OSSEUX ABDOMINAUX. Nageoires abdominales.; 

SAUMON, Salmo salar^ L., et les truites. Chair dé- 
licate. Vivent dans les eaux douces suriout , comme Je genre 
suivant. 

CARPE, Cyprinus carpio , L. Son fiel sert en peinture. 
Le Rarbeau, C barbus. Ses œufs indigestes purgent par 
haut et bas. L'Ablette, C.albula^ L., donne la matière 
nacrée d.e sa peau, qui sert pour imiter les perles. La laite 
de carpe et les œufs des poissons contiennent du phosphore 



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MOLLUSQUES. ,ot 

et Jes sels phosphoriques, une madère grasse ^ de la gélatine 
etderalbumioe , selon M. Vauquelin. 

L'os occipital trangulaire de la carpe , jadis vanté cent r(^ 
ia colique, la pleurésie, l'épilepsie : remède ridicule comme 

iien d'autres. 

HARENG, Clupea Jiarengus ^ L, La sardine, Fanchoîs, 
sont congénères. Reproduction abondante, chair saine. 

POISSON yOLANT, Exocœtua volitans, L. Dans les 
mers des tropiques. 

BROCHET, Esox lucius^h. Ses mandibules, sa graisse, 
jadis usitée; œuts indigestes tenant matière huileuse, âcre^ 
alLumine , sorte de gélatine, des muriates alcalins, dea 
phosphates de chaux et de magnésie , et du phosphore , selon 
M. Vauquelin, 

MAL, Silurus glanis^ L. , et la Loche d'ÉTANG, cohilis 
msilisy L. ^ etc. Poissons muqueux, à chair irès-putresci- 
We, donnent de bonne colle. ^ 

OSSEUX APODES. Point de nageoires inférieures 5 
des pectorales , av.ec celles du dos et de la queue. 

ANGUILLE, Murœna anguilla^ L, Sa peau s'applique 
sur des plaies pour les réunir. Chair grasse, indigeste, 
comme celle de tous les poissons lents et vaseux; tandis 
<|ue ceux qui OQt de grandes nageoires et qui sont agiles, ont 
w chair saine et délicate. Le foie d'anguille cru propre à fa- 
ciliter Paccouchement. 

ANIMAUX SANS VERTÈBRES. 

( Lamarck. ) 

Les Mollusques ont un cœur, des vaisseaui^ avec un sang 
blanc; un système nerveux distinct: ils respirent par des 
branchies, et sont doués des deux sexes chacun. 

MOLLUSQUES. i\Céphalopodes nus ; 2^ Gasiéto-^ 
podeaj y acéphales. 

1® SECHE, Sepia officinalisy L. Son os spongieux dor-^ 
wl est du carbonate de chaux, siccatif, contenant aussi 
un peu de gélatine: $ert aux oiseaux, et pour les mouleurs. 



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laa MOH^USQUES. 

ÉLÉDONE AMBROSIàQUE, Eledx^ ambrêsiacu», 
NoB. , octopus moachatua , Lamarck ( mém. soc. d^hùà. 
nat. an VU , in-i* p. 22 fig. 2 , Seba j ww*. ei \t journal 
de pharmac. 1819, p. 4oo, fig. ), a huU bras porunt ua 
seul rang de ventouses 5 habite la méditerranée et autres 
mers, paraît être la matière de l'ambre gris, en passant 
à Pétat d'adipocîre, quand îl est mort ou avalé par des 
cétacés. Il répand une odeur très-forte d'ambre j et sert 
en parfum^ en lulîe sous le nom de muscarolo; est Fé- 
lédon^ ou Pozole d'Arîstote, (hist. anim. lib. lY , c. 1) 
et Vosmylon de Pline. L'ambre gris recèle des becs et des 
os de poulpes; et l'encre de Chine, qui vient des Calmars, 
a pareillement l'odeur naturelle de l'ambre» Voyez ci-devant 
au CACHALOf, p. Il4. 

POULPE CkLUkYi, Sepîa loligo, L. La liqueur noire 
qu'il répand sert à faire l'encre de la Chine ; elle purge , 
et a une odeur ambrée. Se trouve , comme les sèches , 
dans toutes les mers. Sorte de matière carburée dans u» 
liquide ^nuqueux; la sepia des peintres. Les Chinois en 
avalent dans Içs toux , ks a&ctieii9 de poitrine ^ Ie$. flux 
de £i^ng, les maux de gorge., 

Belebjnite ou orthocératite. Coquillage analogue aux 
ammonites , maïs seulement trouvé fossile. Jadis usité ; mais son 
emploi superstitieux est tombé. C'est un carbonate calcaire» 

2** LIMACE , LimoB^ rubra et la dnerea , L. L^humeur 
visqueuse qu'elle répand sert quelquefois en topiques rafral* 
chissans contre les inflammations de la peau. 

MoUusques testacés tinivalues. 

POURPRE DES ANQENS, Murex brandarisy L., et 
Buccinuni lapillus^ L. Sa liqueur jaunâtre rougit au soleil > 
sur la laine. Vit dans la médîterranée. 

ESCARGOT ou COLjaiUÇON^ H^i^ pomatia^ L. A 
les mêmes propriétés que la limace , ainsi que d'autres co- 
quillages donc on usait jadis. Ce qu'on nommait blatta 
hyzaiitiria, était l'opercule du murex ramosusy L. Ma- 
tièie cornée , d'une odeur d'ambre lorsqu'on la brûle. 
Venait de Perse. Les colimaçons reproduisent Jeur tête 
coupée, dît-on, mais certainement les tentacules. Leur vie. 
s'étend à plus de sept années.^ 



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VERS. „3 

Molbisquea tesiacés bwalues. 

Z' HUITRE, Ostrea eduUa^ L. On sait qu'elle est un 
aliment recherché. Elle devient verte dans des étangs. De 
petites méduses la rendent vénéneuse quelquefois^ sa co- 
quille calcinée donne une chaux assez piu-e^ et un peu 
de phosphate calcaire, de la magnésie ^ et du fer selon 
M. Vauquelin. Les moules, mytulus edulis, L., sont par 
hh nuisibles à cause du frai des méduses, ou le quai, 
qu'elles contiennent à certaines^ époques. Ce frai surnage 
les eaux et est caustique; Téther et le vinaigre sont les 
remèdes. Coquille usitée dans plusieurs préparations. L'eatt de 
chaux d'huîtres est, dit-on, un bon lithontriptique. Le via 
avec \a chaux d'huîtres servait comme auiihydrophobique. 

BYSSUS, de la pinne marine, Pinna nohilisy L. 
Poli, coquilles y fig. 37. Soie brune brillante, textile, de la 
Médiierranéie. On en fabrique de beaux tissus, comme avec 
de la soie. Sert , brûlée, comme un antihjstérique. 

NACRE BT PERLES^ Vnio margariiifera\ Lam., ou 
kmyiilus margaritiferus y L. , elles apicutuy Iiani.,car- 
])ODate de chaux assez peu utile, ainsi qtie la coquille des 
peintres^ ih^ya pidorum ^ L., sert plutôt dai^s les arts et 
eonnne ornement; contient aussi un peu 'de A^ière ani-^ 
ttale très-coriace , selon Hatchet t. 

ANNÉLIDES ou VERS. 

Ils ont un vaisseau sanguin dorsal, une moelle épînière 
noueuse , des muscles annulaires autour dû corps ; ils rest- 
pirent par des branchies et sont hermaphrodites, i* Vers 
TERRESTRES ; îè® Vers INTESTINAUX OU parasites des animaux* 
Sans branchies. 

1** SANGSUE, Hirudo officinalis, L. Corps cylindrique 
avec des lignes jaunâtres , tronqué aux deux extrémités , 
une boudhe en Vefitouse , trois dents à îa g6rge , faisant 
«ne piaîe triangulaire. Lorsqu'on ariache îa sàiigstie qui 
«ice, et que Ses dents demeureirt; énirs la plaie , n Se fait 
•ne légère infiammâtion ; mais h^est pris venimeuse , non 
plus que la sangsue brune, H. sànguisugaj L. , qui est 
plus avide de sang , et s'attache .surtout aux faillies des 
chevaux dans \es prés humides. Le sel , Je tabac, les acides , 
les tuent. lEUes vivent long-temps sans manger, surtout eu 



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i^ VERS. 

hiver; manquent d'anus , sont vivipares, s'entife-sucent dans 
la faim , exsudent une mucosité dont la putréfaction les fiait 
mourir ; les temps d'orage aussi. Dans le beau temps se 
tiennent au fonds de l'eau , et viennent à sa surface à Vàp- 
proche de la pluie* Chacune peut sucer trois gros,, ou demi- 
once de sang. 

LOMBRIC, VER DE TEKKE^ Lumbricm terrestrîs ^ 
L. Est gélatineux. On en faisait jadis une décoction dans- 
l'huile pour la rendre adoucissante et émoUiente comme 
l'huile de petits chiens. Vit du suc de la^ terre végétale. Son: 
sang est rougeâtre. 

f VERS INTESTIN A UX. Comme il importe de con- 
naître les diverses espèces de vers intestinaux dé l'homme , 
à cause des maladies qu'ils produisent , nous les énumé- 
rons ici. 

Rudolphi , dont le traité sur les vers intestinaux est le 
plus complet ( Carol. Asmund. Rudolphi , Entozoorum, siif& 
\ermium intestinalium histor, nat, , Paris et Argeiitor. et 
Amsteld., 1810, in-8**, 3 vol. fig. ) compte environ quinze- 
espèces de vers qui attaquent l'homme, ce sont : 

I® I^e Dragonne AU, j^/ana medinensis jGm. -^Rudolph- , 
tome 2, partie i , p. 55 , qui se trouve dans le tissu cdlu- 
laire entre les muscles ; et on en a vu aussi dans Ifœil. Ce 
ver n'attaque guère les hommes qu'entre les tropiques. 

2** Hamularia subcompressa de Treutler , Observ. path. 
anat. x , tah. 2 , fig. 3 — 7 . Cette espèce habite dans^ les 
glandes conglohées ou lymphatiques , et dans, les ramifica- 
tions bronchiques du poumon. 

3** Tricliocephalus dispar y Rud. , découvert d'abord par 
Morgagni , epist. xiv , art. 4^« Ascaris trichiuray L. Mas-- 
tigodes de Zédor ; il se trouve dans les gros intestins j on 
l'a vu aussi dans des singes. 

4** Le Lombric , ascaris lumbricoïdes , L. , déerit d'abord 
par Tyson , Redi , Valisneri , etc. , habite les intestins 
grêles. Il est fort commun aussi dans le bœuf y le cheval , 
Pane , le cochon. Gros ver cylindrique , commun chez les 
cnfans , les tcmpéramens humides. 

5® L'Ascaride, ascaris permicularis^ L. , qui se tientr 
vers le rçctiun, le colon, passe aussi quelquefois dans les 



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VERS. 125 

organes génitaux, par rextérieur. Petit ver bhinc , élastique , 
kache à trois tubercules , cause des chatouillemens à Panus ; 
ils se propagent au nez avec dilatation de la pupille ( Char 
iert, malad. vermin ). Sexes séparés en deux individus chez 
ces^ vers. Femelles ovipares très-prolifiques. 

6| La Douve du foie , diatoma liepaticum , Abilgàard 
et findolphi 5 ^*cio/a hepatica , L. , et Millier , et Bloch , se 
tfouve dans la vésicule du fiel, d'où elle passe aussi dans 
Jes intestins par le canal cholédoque. 

7° Polystonui pinguicola de Zéder , Naturg. , p. 23o , 
n*' 2j hexathyridium pinguicola de Treutler: ver jaunâtre, 
long de huit lignes , observé dans le tissu cellulaire de 
Tovaire des fenunes. 

8" Polyatoma venarum de Zeder , ib, p. aSi , JiexatTvyrid. 
Treutler, Ohs, p. 23, tab. 4? fig- i — 3, tiré de la veine 
tibiale antérieure dans une saignée de pied. Cette espèce de 
ver est douteuse et mal décrite. 

9® Le CucuRBiTAiN , iœnia aolium , L. , Andry, Carlîsle , 
Soc, Linn. , tom. 2 , tab. 25 , Bréra , etc. Est assez com- 
mun dans les intestins grêles , où il arrive jusqu'à 20 et 
3o aunes de longueur , successivement. Ses anneaux séparés 
ressemblent à des graines de courge. 

10** Le Ver solitaire , tœnialata, L. , Pallas, Bloch , 
Wemér , Jœrdens , Retzius , Brera , Zeder , Schrank , 
Batsch , Bonnet , etc. , est le plus vulgaire dans le nord. Ses 
anneaux séparés ne reproduisent pas l'individu entier , 
comme on l'a cru. 

1 1* L'Hydatide , cysticercus cellulosœ ^ Rudolplîi , a 
d'abord été découverte par Malpighi , dans le tissu cellu- 
laire graisseux des cochons , et confirmée par Hartmann et 
Fabricius ab AquapenSl^nte. On la trouve chez l'homme , 
entre des muscles , quelquefois au cerveau comme dans les 
moutons, chez qui elle cause un tournoiement vertigineux , et 
dans difierens viscères. Les espèces de singes , comme le 
patas , le magot ( simia sylpanus > L. ) , en ont souvent , 
mais surtoutles cochons. Ceux-ci sont principalement attaqués 
par Vhydatis finna de Blumenbach , qui Jeur cause la ma- 
ladie appelée ladrerie ; cette affection remplit leur lard de 
ces hydatides analogues à des glandes scrophuleuses. \Jhy^ 
datia pisceralis de Goeze cause les fausses grossesses , les 
hydropisies hydatiques; est la pins commune dans l'homme , 



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126 CRUSTACES. 

selon Brerâ et. Treutler , Dissert. Uhydatis cerehràUs Ae 
Werner parait être aussi xine cause Ae folie chez l'homme, 
comme dans les mioutous, 

ia° L'HrDATiDE du totie.^ echinococcus homims y'KxiàiA^ 
pl^i; Polycephaluê hominis de Goèze , Jœrdens, Zeder , etc. : 
trouvée par Meckel dans le foie et d'autres viscères. ^ 

ly Le Bicorne rude , diceras rude y Rudolphi; ditrà^ 
chyceras rudis de Sultzer : sorti des intestins , enveloppé 
d'une tunique lâche avec deux cornes dûtes à la tête. 

i4* Strongylus giganteus^ Rud., se rencoijtre par fois 
encore dans ïes reins et la vessie urinaire. Est commun 
chez les bestiaux. 

15** Les Crinons, plus communs dans les cUevAux, 
rares chez les enfans , sortant ou du dos , ou de la poitrine , 
corkedones des anciens auteurs , sont rapportés à la. filaria 
papillosa y Rudolphi ; mais Chabert les croil être une es- 
pèce de strongylus* 

Les vers produisent beai^coup d'accidens , plus communs 
dans les pays marécageux et les individus humides , les 
enfans , les femmes , les complexions muqueuses vivant de 
laitage. La fougère , l'huile empjreumatique animale ou de 
Dippel 5 l'éther , les mercuriaux , le muriate d'étain sont les 
meilleure veimaifu^s, 

CRUSTACÉS. ( Latreille ) Décapodes^ - 

ISlacroures. 

Ils ont le corps recouvert d'un !;est calcaire * des jnem- 
bres articujés ; à l'intérieur on tr,ouvé une moelle épinière 
noueuse , un cœur, des v^is^eanx sai^guin^^ ils respirent l'eau 
ou l'air par d^s brajiçh^s^^^ursjt^es sont séparés 9 i** d^^ 
pattes pour l'ordinÉÛjre ; ^2" is<ijpoi4es. 

* I** EÇREVISSE , Caio^cfir nsiacusj L. Astacus fLuida- 
tilis, Latreille. Chair ^npurri^saftte , dépurât ive^ , dans des 
bo\iiîlons restaucaçs ^contire Ja . p^thi^e , \a lèpive. L.es pré- 
tendis .^WvV id^écréviss^s sçim iehx ooncrétlMis £oi!mées par 
couches 4e. çaii)Qnate calcaire , tenant aussi .du >plic)!f^labdite de 
fer, dé -oImoiic et 4e i»ag»éaie , «n peu«de ^blîae , situées 
aux qôjtés 4e lî^tcffnac 4e l'c^nimal , et qui servent à la ré- 
paration 4e jSȉn test ou 9a coque , lorsqu'il mue. -Ces pierres 
ou concrétiqns, puisent pour absorbantes, siccatives 5 on les 



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INSECTES. 127 

imite ayec là terre cimolée blanchie. Les pmces et les coques 
du Homard , cancer gammarus, L., du Poupart , cancer 
pàgurusj L, , et des crabes, servent au même usager leur 
duar parait être diurétique. Odeur de marée. 
v!* Crustacés iaopodeSj ptérygibnmches. 

CLOPORTE, Oniscue asellusy L. Sa poudre est ape- 
TÎuVe , fondante ; contient des muriates de chaux et de po- 
tasse; il perd moitié de son poids par dessication. Vanté 
dans Hschurie par Dioscorideet Baglivi. Vivipare. 

INSECTES. {Fabrkius, Latreille.) 

Annnaux recouverts d'un test corné , divisé par segmens 
fiiyànt àes membres articulés , point de système circula- 
toire , mais des nerfs 5 ils respirent par des trachées qui 
s'ouvrent attx côtés du corps en stigmates. Six pattes au 
pfes a tous les ailés. 

En général , les insectes , pris à Pintérieur , «ont irritant, 
agissent sur le système des reins et de la vessie , contien- 
nent des acides et une matière acre , vésicatoiré. 

Insectes .APTJitCËS et scats inmsformatîon. 

MILLEPIE0S , lulus terrestrisy L., et SCOLOPEN- 
DRES, scolopendra electricaj L., passent pour utiles dans 
i'ictère , comme les cloportes 5 pris aussi en poudre. 

ARAIGNEE, ^roiizea, L., hs %»s«&^r^, Walckenaè'r. 
Cta a vanté' la tradeseaniia ^phemera ^ L. , contre les mor- 
sures venimeuses 4es araignées. Leur toile regardée comme 
vulnéraire ; ranimai a ^té donné contare la fièvre quarte ; 
agit plus par la répugnance qu'il cause,, qu'autrement. La 
TA:RWytTXE, aranea tarentula^ L., lyçosa tarenUda , La- 
treiBe, est célèbre par sa prétendue propriété de causer le 
tarentisme^ spasme qu'on dit^e ^guérir par da danse. 

Le Pou avalé guérit, dit-on, de l'if^ve y Pediàdus 
hwnanusyli.^ et le Mormon , ped.jpidkisy L. 

Le premier insinué dans l'urètre, feit lurioer dans les 
stranguries. 

SCORPION , Scorpio eur<^pcBusy L. , infasé dans l'huile ; 
celle-ci crue alexipharmàque , antipestilentielle. Ecrasé sur 
«a piqûre , on croit qu'il la guérit. Propriétés imaginaires. Est 
vivipare. 



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ïa8 . " INSECTES. 

Insectes ailés hexapodes j coléoptéiies ^ aîleô IrecôU- 
VerteS. ( OUvlet.) 

CÀNTH ARIDE 5 Melôë vesicatorius^ L, j Lyttaveska»- 
toriuy Fabricius, Caniliaris pesicat. deGeoflroy, (Les melœ 
fasciatayJ^. et Lytta segetum, Fabr. sont aussi vésicans. 

• Les anciens eiûployaient , comme les Orientaux aujourd'hui, 
le my labre de la chicorée; aussi, les Napolitains et lés Chî- 
nois. Les Zonitis , Notoxus , Dasytes , Lagria^ Ceràcortia j 
outre les Meloëy lytta ^ Cantharis et Mylabris sont plus oii 

, moins vésicans ; aussi la Lytta septum; Fabr, Voyez notre 
Dissert. , Bulletin de Pharm. , tome 5 , p. 97 et suivantes; 
an 181 3, mars). Ely très ou étuis des ailes d'un vert doré. 
L'animal appliqué est ,^ comme on sait, un vésicatoire puis- 
sant. Sa teinture alcoolique, très-irritante; à l'intérieur^ agit 
sur le système urinaire. La cantharide contient : 1° huile 
grasse > verte , non vésicante ; ^^ matière noire , insoluble à 
l'eau, non vésicante ; 3* matière jaune vésicante , soluble à 
t'eau et à l'alcool , d'où l'on tire par l'éther un principe cris- 
tallin en feuillets blancs , très-vésicant; ^ acide urique et 
acétique, des phosphates de chaux et de magnésie , matière 
animale et débris d'insectes , selon M. Robiquet. Mercuriali 
et Werlhoff recommandent l'usage des cantharides , à l'inté- 

* rieur , contre l'épilepsie , et Hippocrate dans l'hy dropisie. Les 
emplâtres épispastiques enveloppant lès cantharides , dimi- 
nuent leur activ ité. Dévorées par la larve du Ptinusfur^ Fabr. 
et du Dermes tes bipunctatus, L., les cantharides imprégnées 
d'une solution d'alun sont exemptes de cette destruction. Le 
hérisson mange les cantharides sans danger. 

PROSCARABÉE et M;ÉL0Ë DE MAI, Meloë proscor 
rabœus et M. Majalis , L. Sont rubéfians , acides , mais 
m<)ins actifs que la cantharide qu'ils remplacent quelquefois. 
Leur couleur est d'un noir bleuâtre. Le premier a, été vanté 
contre l'hy drophobie , pris intérieurement. Lorsqu^on les tou- 
che , il sort de leurs articulations une huile jaune , acre , et 
un acide phosphorique , selon Dehne. Toute la famille àes 
vésicans, insectes coléoptères à élytres molles; est vésicatoire, 
selon MM. Duméril et Cuvier. 

COCtINELLE, Coccinella j^punclatq^ L. Cet insecte, 
écrasé, a été regardé comme antiodontalgique , appliqué sur 
la dent douloureuse. On a vanté de même la chrysomelapo- 



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rnSECTESb ,^9 

|MiK,le curculîo antiodontalgicus , sfelonRânîeriGeribi • quct 
^e$carabusy L. Ces vertiu sont fort douteuses ^ mais ces 
insectes ont une propriété yésicatoire marquée* 

MYLABRE DE LA GHiœRÉE, Mylabris cMchorii, 
Fabr. îioîr, trois bandes jaunes séries élytres. C'était la can- 
tharide des anciens , et celle des Chinois aujourd'hui; il peut 
laremplacer. Les buprestes agissent aussi comme vésicatoires, 
ainsi que les carabes, les ténébrions, les cistèles, les cicin- 
dèles y les scarites , etc. Vit dans le Midi. 

CERF-VOLANT, Zi^ca/iM^cerpw*, L. Mandibules def 
mâles très-avancées, comme des cornes ou pinces. Couleur 
noir-marron. S'appliquait en poudre contre les rimmatisme^ 
à l'extérieur. Inusité. 

HANNETON,iScaraicBw« mcfofcnlAa,L. Mélolonthai^uU 
garit, Fabr, On a yanté son usage interne contre la ragé. On 
«navale cinq sans tête, en Hongrie. Plusieurs autres coléop- 
îèpwont été vantés de même. 11 passe aussi pour diurétique. 

Insectes hémiptères j ailes à demi coriaces. 

PUNAISE , Cïmejc lectularius^ L, Dîoscoride Pa crue ua 
puissant emménagogue. Inusitée; cependant parait active. 
Acanlhia lectulariay¥:^Klionne un acide que Dehne pré*- 
sume être l'acétique. 

KERMÈS VÉGÉTAL, ou CHERMÈS, Coccua ilicis, L. 
Naît dans la France méridionale, sur le chêne vert (yeuse); 
la femelle a la forme d'un bouclier appliqué sur les feuilles , 
de couleur brune ; se recueille en juin , dans le midi de l'Eu- 
rope; on l'étoaflfe dans le vinaigre* Donne une couleur rouge, 
sokible en l'eau et Talcohol, de bon teint; est astringent, sti- 
mulant , aphrodisiaque. Suivant Lassaigne , le chermés a la 
phis grande analogie avec la cochenille : il contient une ma-* 
tîère grasse jaune , une matière colorante rouge semblable à 
la carminé, une matière smimale particul^re , dite coccine , 
des phosplmtes et muriates. 

COCHENILLE, Çoccus cactiy L. Ce gallinsecte d'un 
rouge brun, qui fournit une brillante couleur , naît sur le 
nopal, cactus tuna^ L., et le cact, coccionnellifer ^ L» ; et 
«or d'autres espèces de cierges, selon Thierry deMenonville. 
11 passe pour diurétique, cordial^ alexitère* Ce n'est que la 

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i3o INSECTES. 

femelle qu'on emploie. Là cochenille mestèque est plus esti* 
mée que la silvestre ; elles vienneat de rAmérique méridio- 
nale. Contient un principe colorant , la carminé, une matière 
grasse et une matière animale , selon Pelletier , Joumai de 
JPharm.fiomlW y p. ipS etsuiv. Est très-diuréiique. UA-- 
pJiis matricariœ^ puceron de la matricaire, peut remplacer 
la cochenille en teinture. 

GRAINE D ÉCARLATE DE POLOGNE, Cocàm polo- 
nicusy L. Naît sur les tiges de la gnavelle, scleranthus pe-- 
rennisy L., et §ur des polygonum^ des parietaria; «e recueille 
tous les deux ans ; teint en écarlate ; sert comme le kermès 
végétal , est astringent , cordial , diurétique. Contient priti- 
cîpe cramoisi 5o , gélatine lo , cire lo, mucus modifié i4, 
débris 1 4 , des phosphates et muriates. Toutes les cochenilles 
sont ovales ou hémisphériques dans Pétat vivant. Le mâl« 
seul a des ailes et change de lieu 5 on ne le recueille pas , cal 
il meurt et se perd après avoir fécondé la femelle. Celle-ci 
devient alors plus grosse, et meilleure à recueillir en cet état. 
On la fait périr par la vapeur de Peau bouillante ou du vi- 
naigre. 

LACQUE, Coccus lacca de Kerr. Croît dans Tlnde sur 
les figuiers des pagodes, le jujubier, et qi^elqués croton^ le 
lacciferum , etc. 5 il transforme en une résine particulière les 
SL?cs propres de ces arbres. La résine lacque est tonique , as- 
tring^^nte, odorante , sert dans les dentifrices, dans la tein- 
ture de i^rabé, et les arts, pour teindre les soies en car- 
min , faire de la cire à cacheter , des chapelets , des 
vernis , etc. Le âhçrmes lacca de Roxburgh, Philos: trans. 
( 1791 ) , tom. 81 , ùXU i5 , se trouve sur des mimosa , aux 
Indes orientales. Femelle hexapode rouge , fixée , et cinq 
mille fois plus nombreuse qîie sesiaâles, actifs • donne un beau 
rouge à l'eau. Analysée par Hatchett , la lacque en bâtons 
donne résine 68 , matière colorante 10 , cire 6 , gluten 5,5 , 
eorps étrangers 6,5 , perte 4; la lacque en grains 88,5 de ré- 
sine, a,5de mat. colorante, 4,5 decire,a degluten, et perte 2,5. 
La lacque pure donne résine 90,9, mat. colorante o,5, cire 4î 
gluten 2,8 , et perte 1,8 : chacune sur 100 parties. De toutes 
les résines, la lacque est la plus idioélectriqùe par frottement, 
La lacque en bâtons ou celle en grains détachés des rameaux, 
otK fondue en tablettes, a bonne odeur 5 contient, outre la 
résine , de la cire végétale , selon Hatchett , ou de la matière 
glutinèuse , d'après Vallée. JLesJîcus religiosaei indicafànv- 



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INSECTES. ,ai 

tussent k meiHenre : k moins bonne vient du rhatnnus ju^ 
jubuy dit pommier d'^Inâe; 

//w«cte« LÉPIDOPTÈRES OU Papillons. AiTes brillantes^ 
éçaiHeusea. ( Miaumurj De Géer ). 

VER A SOIE, hembyx meri, L. La soie distillée foop- 
nk niie hoile fétide àniJnoniacale pour lés gouttes d'Angle- 
tHW; la soie cifue est enduite d'une s<>rte de cire ou vernis, 
lie ver à soi* donne dans Falcohol Tacide b&mbique àé 
Cfaàtfsriffr , qài est ' dé Plaeide acétique. 

la plupart dès chenilles des lépidoptères, sont irritantes , 
nftéfiaiit^ sur la peau 3 lorsqu^on les applique écrasées, 
«IlespMivéïÉrsérTiF de vésicatbires. 

//z^^cj^tfrHT MÉKOFT]^RE3. AiJo» transparentes, veinées; 
' souvent un aiguillon vers l'amus* 

ÀBÉILIiE , jipîs hiemficà , L. La cire , le miel sont 
irès-entplojrés : celui dû mont Hymette , dans l*Attique', 
€Sil(^.p]iua; e^tiimé. Journal phcfrtmy toûi^e 2 , ps^e 199. La 
jWpws, cire imnarfeite^ s^n dan« ^^Iques' e;R&ptatr^ 
aétessits.. Ou préfère 1^« nmU de N^rbonnie , du ijàliueÂsi. 
B^ip^a p^tpjcauis^ ex ^ÎAuréiûjues. M. Guilbert a trouva. d|ins 
le mji^ (^4nnal. chim.j, jtcwae &in , page 109 ) wtaie maâière 
granuleuse purgative, comme la maïkne^, ^st une sorte de 
maimite, elle purge ^ayec des tranchées a la dose de 2 gros, 
<lanètç rtriel eommmi. îîy feii^te en dtitre deui sortes de 
«Hcre, tfti liquide in^ri^tafïisfiSyle, sucré hydrure, Patrtré 
cristaÉisa^le , a:nà!o^è a èelui dut raisin, 5elon M. Proust. 
Ed éiiÉte j Ae la cire , et un acide particulier, peut-être anar- 
î^c a *célui des fbutmls. Lé miel de lllé de Bourbon cÀ 
T^it et i!\m goût excellent. Les abeilles les recueîHènt sur 
la tnèfnosà keterophytta , *la Weinniannid glabra % etc. 
Le miel est ami des vieillards et des etifans", selon Paul d^- 
gine. L'abeille contient uaacide^ de la cire qui flue , non de 
sa bouche, mais de ses anneaux du ventre. Le miel obtenu par 
^xprtission eA àièlé de propolis et cire. La di^e entre dans 
in (m^neni et enqAatres , etc. Foyez Si^iràch e«i Hnber , 
Âsi ^{oe Réaumur. s» les abeilles. Les acides ,' Feonmo- 
oiaque , guérissent leur piqûre. 

CHRYSIDE BLEUE ET ROUGE , Chrysis ignita , 
f'abr. ou guêpe dorée de Geoflfroy. Cet insecte , digéré 



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^ 



i3a INSECTES. 

danè Palcobol , sert comme k eautharide , ep frictions dans 
la paralysie, aussi la Chrysis Utçidulay Fabr. 

FOURMI ROUGE, Formica nffa, L. Eii cataplasme 
contre les rhumatismes; éjaeule par l'anus un acide (acé- 
tique mêlé du maliqne et huile ethérée) piquant, volatil , 
qui s'unit bien à l'alcohol, passe pour iiphrodisiaqQé, et^poior 
ôter les taches de la peau* On retire par livre ( de 12 
onces) de la formica rufày outre un acide particulier ajr<>mar 
tique , une nuile éthéree à la dose d'un gros six grMns, et 
une huile grassç , demi'^ros par livre; on entireaAssiune 
huile résineuse , concrescible , odorante , acre : en Suède , 
cette fourmi amasse la résine de genévriers qu'on lui etilive* 
Voy. Huber , Mœurs des fourmis, et Latreille, \^u det 
fouWîs. 

Fourmi bîépinkuse de Cayenùe, Fôrmicà^ùpîhoaa^ 
Oliv. Form,. fungosa , Fabr. • fait son nid de feutre 
jçpmposé de fibres Rgneuses du homJbax glohosum , A^blet ; 
excellent contre les hémorrhagies en place d'amiadou. 

CYiaPS DU BÉDÉGUAR, Oyhips hedegudris {Hbsœl 
X. DiploUpe^ Geoffroy. Cette protubérance ViUeusè des 
rosiers est reflfet dé l'extravasion des sucs végétaux, ^àr la 
piqùire de cet insecte , qui dépose en même temps ^es Geu& 
sous l'épiderme. Ces galles sont très-astringentes , cobtiettr 
nent tannin , acide gaUique. 

CYNIPS DE LA NOJX DE GALLE, Cynipa querciU 
tinctoriœ d'Olivier ( Voyez fam, plant, ameifta^cés ). Ce 
cynips pique les pétioles des feuilles d'un petit chêne d'O- 
rient. La galle contient la larve de l'insecte. Le ^principe 
astringent , oU l'acide gaUique et 1^ tannin dominent à un 
haut degré dans cette excroissance, qui est très-tonique , fé- 
brifiige. Olivier, Voyage en Perse y £a\i de cet insecte un 
diplolèpeyCov^ïXwCeoSroj. 



Plusieurs maladies exanthématiques sont dties à des in-^ 
. aectes du genre des cirons , ou mites , Acarua ^ L^ , Sarcopte 
de Latreille; comme celui de la igale, Sarcoptea sca- 
bieù Latr* 



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ZOOPHYTES. i33 

ZOOVHTTES iElli8,Pémn). 

Ammkux gélatinetix, de forme ra j-onnante , priy& de 
ner& visibles et de vaisseaux, ajant un sac central de 
nutrition, se multiplient par des bourgeons ou par di- 
vision. 

Polypes formant des cellules calcaires. 

CGRABL^fOoralUum nobile, Lamarck , Isia nobilisy L» 
Tige pierreuse ( de carbonate de chaux coloré par une ma- 
tière animale et un peu de fer), affectant la forme d(» 
plante, sans racine, couverte d'un épiderme pierreux, 
habitée et formée par des polypes ; vient de la mer Médi- 
terrannée. On en fait teintures , syrop , dentifrices. A donné 
àVanalyse de Vogél : chaux 5o , acide carbonique 27 , magné- 
«eS, oxide de fer i , eau 5 , débris de matière animale et 
«d&te de chaux, des traces, et du phosphate de chaux 
aussi , selon Hatchett. Crû astringent , n'est qu'absorban% 

Le GoÉr^iL BLAïf G , moins usité est la niadrepora oculata , 
L Ses branches sont terminées par des cavités ^n étoiles : 
carbonate de chaux presque pur , selon Hatchett. Le Corail 
VOIR est un arUipathes: sa siibstance est cornée. Croit 
dans les mêmes parages. 

CORALLINÈ , Corallina nodoaa , et ruhens y L. Rameaux 
cornés, déliés, recouverts d'une subsunce calcaire blanche , 
«e donne comme vermifuge. Se tire de la mer Méditer- 
rannée. 

Polypes formant des cellules spongieuses , de nature 

cornée. 

EPONGE, 4§io/igfKi officinalis^ L. Tient murîate de soude, 
phosphate et sulfate de chaux. Sa substance se compose de 
gélatine et d'une sorte d'albumine coagulée, selon Hatchett. 
On la prépare, soit à l'eau, soit à la cire, pour arrêter les 
hânorrhagies ; charbonnée dans des vaisseaux dos , sa 
pondre se prescrit contre les scrophules ; contient du car- 
Jbonate d'ammoniaque et une huile empyreumatique , du 
soas-<;arbonate de soude , etc. 

Nota. Les Chinois apprêtent àes médicamens anatep-^ 
tiques avec plusieurs holothuries, zoophytes nu» et de» 



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i34 2JOOPHYTES- 

aromates ; c'est ce qu'on connaît en Europe sous le nom de 
nidê d'alcybns^ etc.) daixs les qfficme^. 

.La PIERRE JUDAÏQUE, £^utref<piç usitéç> majs dont V^n- 
ploi superstitieux et inutile est tonJ)é en désuétude ^ ne 
consistait mi'^n pointes d'ouRçiNS ( JSchinuSj L, ), d'al^oxd 
rapportés de Palestine, mais qui se tro'uvent aussi ailleurs ^ 
sont du carl)onate de chaux. 



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BOTANIQUE MÉDICALE. i35 



RÈGNE VÉGÉTAL, 



Olf 

BOTANIQUE MÉDICALE. 

Les végétaux se distinguent naturellement par groupe* 
ou familles qui affectent chacune des formes qui leur sont 
propres et oflBrent souvent une propriété médicale bien déter- 
minée. On les partage en trois grandes divisions, i** celle des 
cryptogames de Linné ou des Acotyledones de Jussieu, ainsi 
uommées parce que leurs parties de la fructification sont 
peu visibles, et que leurs graines pulvérulentes paraissent 
dépourvues de lobes ou cotylédons 5 enfin ces végétaux sont 
imparfaits par rapport aux autres. Tels sont les champignons^y 
les algues ou les lichens , les mousses ^ etc. 

f 2* Les MoNOCOTYLÉDONES out dcs graiués à uu seul lobe* 
leur tige molle , et ordinairement sans rameaux ni écorce ^ 
n'a point de moelle Centrale , celle-ci est entremêlée dans 
les fibres 5 leur accroissement en grosseur ne ise fait point 
par couches superposées , mais par dilatation. Leur feuillage 
est presque toujours simple. Les graminées , les palmiers et 
fougères, les liliacées^ appartiennent à cette classe. 

3* Les Dicotylédones qui comprennent tous les autres 
végétaux , sont les plus parfaits ou les plus composés. Les 
labiées, les amaranthes , les chicoracées , les ombellifères , 
les crucifères , les caryoplwllées , les ficoïdes ou plantes 
grasses, sont toutes herbacées ; les conifères , les amenta- 
cées y les térébinthacées y les tiliacés , etc. , sont tous li- 
gneux, ou en arbres. Parmi les rosacées , les papiliona- 
cées j il y a des herbes , des arbrisseaux et des arbres. 

Nota. L'on cite toujours de préférence la nomenclature 
* de Linné. Lorsque le pays natal n'est pas indiqué , il faut 
«ntendre que c'est la France ou les contrées voisines en 
Europe. 



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i36 CHAMPIGNONS., 

PLANTES ACOTYLÉDONES, 

ou CELLULAIRES ( la plupart). 

Famille I. CHAMPIGNONS. Subsiances fon- 
gueuses , d'ordinaire vénéneuses , sans feuilles ni 
fleurs ( BuUiard y Persoon ). 

MORILLE, P/iallus esculentus y Jj. Champignon ordi- 
nairement sain , inais non pas ses congénères -, le phalhus 
irnpudicus est fétide* 

CHAMPIGNON COMESTIBLE, Jgaricuscampestrisy 
L. Vient sur couches, a de Pâdipooire, de la graisse , de 
Talbumine , de la matière animale insoluble à Palcohol , un 
sucre sétiforme, de Tosmazôme, de la fungine ou portion 
fibreuse , de Pacétate dépotasse. DansVagaricus bulbosusylj,^ 
vénéneux, il y a en outre une substance grasse molle , jaune, 
acre ; dans Vagaricu^ tJieogalus , L. , on trouve une matière 
grasse , acre et amère ; Vagaricus muscarius si dangereux y 
dit fausse oronge , contient aussi la matière grasse , nuisible , 
du phosphate, sulfate etmuriate de potasse, etc., avec la 
fungine, selon M. Vauquelin. Dans Vagaricus volifoceua^ 
Braconnot a trouvé de la gélatine , de Valbumine , du sucre 
sétiforme , de la cire, de l'huile , des acides benzoïque et 
acétique , un principe délétère volatil , divers sels. On ob- 
serve aussi chez d'autres champignons l'acide fungique , du 
mucus animal ^t une niatière animale peu connue, etc. 
D'autres acides particuliers existent dans VhydnuTn ainua- 
turriy Vagarù.us piperatus^ etc. , selon M. Braconnot. Les 
agaricus torniinoaufi de Schœffer , agaricus necator ^ agari" 
eus hulbosus , verniis et autumnalis , etc. , sont très-dan- 
gereux , comme Vamanita muscariù, , Persoon , et Bolton , 
fung. fig. 27 , pag. 46 , aussi Vagaricus theiogaïus , etc. Le« 
genres offrant plus de sécurité sont les helvella , clavaria 9 
hydhuni , boletus , merulius , agaricus , gymnopusj iuherj 
phallus ( ou plutôt niorchella de Persoon ). Il faut éviter 
tous les champignons de couleur brune ou foncée , comme 
étant suspects. Les bolets et les agarics forment le plus 
grand nombre des espèces nuisil)les ; surtout dans leurs 
hjmenium, ou feuillets, ou foin. Les espèces munies d'un 
collier ou d'une i^oZ^a, et celles dont le suc devient bleu 
ou vert à l'air , sont fatales ^ aussi , celles à saveur poivrée. 



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CHAMPIGNONS. 187 

Lesyieux champignons sont plus dangereux que les jeunes. 
Les laiteux sont vénéneux , conone aussi les espèces de 
russules, rotules, coprins , micenes et omphalies de rersoon; 
tous les amanites eimn , les plus colorés surtout. 

AGARIC BLANC , Boletus laricis, L. Boletus purganê ^ 
Persoon. Croît en orient sur le mélèze , est friable , léger. Il 
contient une résine particulière et acre 10/207®* , un acide 
libre, une matière fongueuse, de Pextrait , de^sul&tes de 
potasse et de chaux , du muriate de potasse , une matière 
animale, à.es phosphates de chaux et de fer , selon Bouillon- 
Lagrange. Est un purgatif drastique. Tous les champignons 
sont plus ou moins suspects , comme alimens. 

AMADOU , Boletus ungulatus , Bullîard et DecandoUe , 
igniariusy L. Divisé , assoupli par la percussion , sert pour 
arrêter les hémorrhagies. Il contient à peu près les mêmes 
principes que l'agaric blanc. Imbibé d'une solution de nitre 
et séché , prend fey aisément. Dans le boletus pseudo ignia" 
rius y existe un acide particulier dit bolétique. La vesse-de- 
loup^ Lycoperdon bopista , L. , et sa poussière séminale 
abondante, très-subtilê, peuvent remplir les mêmes usages 
en médecine que l'amadou. Les champignons contiennent une 
fibrine particulière , la fungine^ selon Braconnot, surtout 
la yesse-de-loup , et du fungate de potasse. 

OREILLE-DE-JUDAS , Peziza auriçula , L. Dillen. 
Croît sur le sureau , cendrée , coriace. S'emploie macérée 
dans le lait ou le vinaigre , pour gargarismes , dans l'angine 
et autres maux de gorge. Contient aussi de la fungine , une 
sorte d'adipocire ; la pezize noire tient un acide fungique. 

TRUFFES , Lycoperdon Tuber\ L.» Il y en a des blan- 
ches d'une odeur alliacée. Les noires sont plus usitées. 
Aliment aphrodisiaque , échauffant , indigeste , ainsi que 
les autres champignons comestibles. Donnent un arôme fu- 
gace , de Pammoniâque , de l'albumine , du phosphate de 
chajQx , etc. , selon Bouillon-Lagrange , ^nn. chùn. , t. 46 , 
p. 191. C'est le tuber cibarium^ Persoon, et tuber guloso- 
rum de Bulliard. Les tuber moschatum , et tuber album , 
ont été trouvés dans le midi de la France. 



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i38 ALGUES. 

IL ALGUES. Expansions folmcées ou dhev,elues, 
humides ou aquatiqu«s« Pkiiatc» animalisées ou conte- 
nant beaucoup d'azoli^. 

MOUSSE DE CORSE, Fmcm« h^lmintochoriorijLaton^ 
Tçite* M. Decandollé et d^autres botanistes yiont distingué 
plusieurs espèces de, varechs filamenteux , géniculés , des 
Geramium^ les Corifèrpa foéciculata y atbidctj mtertextUy 
la CoralUna officinalis , les Fjjicus purpureus et plumosus 
d'Hudson» Ce^ derniers sont moins vermifuges* Les rochers 
de la mer Adriatique fournissent aussi ces varechs bruns 
qui ont une forte odeur de marée* Il n'y a pas un huitième 
àe fucus helmintfuKorton dans la mousse de Corse. Bouvyer 
a trouvé dans ces fucus une gélatine colorée et odorante , 
puis blanche 5 des muriate de soude , sulfate de chaux', 
phosphate et carbonate calcaires , magnésie , silice et fer. 
{Soc. philomath, ) 

VARECHS, GOEMONS, tes Fucus esculentue , pal- 
matus , edulis , saccharinus y L. , contiennent une gélajine 
végétale nutritive , plus ou moins sucrée , avec un sucre en 
petites aiguilles soyeuses, qui est analogue à celui des champi- 
gnons, tes cendres contiennent du carbonate de soude et de 
rhydriodate de posasse , d'où M. Courtois a retiré l'iode. 
Diverses espèces brûlées fournissent des cendres alcaline^^ 
de soude (i) , et de I'iode surtout. 

NO^OC, Tremelkt nostoc , L. Gélatineuse verdâtre , 
înfîisée dans l'eâù-de-vie , en dégoûte les buveurs , elle peut 
se manger. Veftus imaginaires attribuées à cette plante par 
les alchimistes pour fixer leur mercure solaire. Se trouve 
par les temps pluvieux en des lieux humides. Tient du phos- 
phate de potasse et dii sulfate id^ , un principe muqueux 
ou gélatineux et la bassorine > une matière grasse , de la 
potasse. Les Uha clavata et proliferçi , L. , se rencontrent 
encore dans l'helminthocorton. Ces plantes et quelques osceV 
laires ( Voy. Vauthier et Girod-Chantrans ) paraissent douées 
d/irritabililé. Appliquées à l'extérieur , sont rafraîchissantes. 
On peut manger les ujva edulis , saccharina , cil'uita ^ 
umbilicalis , palmata , lactuca et autres de divers pays. 

(1) Le fuci4a vesicuîoéus , L. , brûlé en charbou , fait Véihiops végétal s 
€8t alcalin , antiscrophuleux. 



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UCHENS. i39 

ieONFERVEr, Cànfofva ripulari», L. Matière yerte 
fikeoâe des eaux stagnantes ; composée de, carbone et 
chant; ne brùle pas mieux que la FontinaUa anlipyi^ 
tka, L. Odeur marécageuse, est le vermifuge de quelques 
paysasis , comme pb»ieurs ceramium. La pelotte d'eau douce 
est la cùnfsfva <cgagn^ila de Will. Dixon. Phihs. trans. 

tonie 47 P* 498* 

» 

. ni» LICHENS. Productions parasites sèches, 
portant des écussons pulrérulens ( leurs graines ) ; 
végétaux colorans , purgatifs , astringens. {Acharius ). 

UCHENS MÉDICAUX, la Pulmonaire du chêne, 

, Lichen pulmonariua , L. , sticta pulmonacea d'Acharius et 

d'Hofiinann. Expansion foliacée, grise, de nulle odeur, saveur 

un peu amère, paraît être béchique, détersive et apé- 

nù?e. 

LicKEH d'Islande, Cetraria UlancUca, Acharius, et le 
Uchen i^elieus^ L. Foliacés , cendrés, à découpures ci- 
liées : saveur un peu amére ; alimens en Islande ; se 
prennent en infusion contre lés catarrhes ; sont muci^ 
lagineox, antihectiques - (pielquefois purgent; naissent dans 
les bois des grandes montagnes. Le lichen dislande con^ 
tient; selon Berselius, sur 1 00 parties, sirop 3, tartrates 
de potasse et de chaux, un peu de phosphate calcaire, a, 
principe amer 3 , «ire verte 1,6, gomme 3,7, matière , 
colorante 7, fécule 44? squelette féculacé 36, une petite 
quantité d'acide gallique. Westring dit y avoir observé 
aussi un peu de résine et de l'albumine. Afin d'enlever 
le principe amer du lichen, on le lave dans de l'eau 
alcaline y et on Vy laisse macérer. La gélatine végétale a 
été reconnue par Fourcroy dâAs le lichen d'Islande, on 
l'en peut tirer. Willemet , ( Hist. des Lichens utiles ) , 
cite le lichen aphtoriim^ L. peltîgera apûiosa^ Acharius, 
comme drastique , vermifuge , et l'usnée du crâne hu- 
niain, ou des arbres, Lich. plicatus y L. , { stereocaulon 
d'Ach^. ), comme g^stringent; ses. vertus antiépileptiques 
sont imaginaires; sa décoction est détersive à l'extçi*ieur , 
ainsi que celle de plusieurs autres 5 il a une odetir agréa- 
ble qui sert potir la poudre de Chypre ou les sachets 
de senteur ( ainsi que le' Lich. rangifèrintis. , L. clado- 
'ùa Txmgiferina, Achat.) Le J^ich. pyvidaiua^ Ij., est 



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i4o MOUSSES, 

très-béchicpie, et, dit-^m/litbontriplîqae* Xe liich* cpcfii" 
finis, L., a les mêmes vertus : on l'emploie encore dans 
les fièvres intermittentes. Le Ilich. prunaatri, L., odo- 
rant aussi, est ^astringent, béchique, isert en Egypite pour 
flaire la bière , ou lui donner bon goût. On a vanté mal 
a propos le Lich. caninus, L., contre la rage. Le jEû^A. 
puatulatus, L., peut remplacer le piment, etc. Les por- 
melia parietina et candelaria s^emploient en,- décoction 
danjs le lait contre la jaunisse. ,L^ parm» murorum et 
lecidea geographica sont fébrifuges ; le lichen pulpinuê fait 
périr les loups, etc.j amers et fébrifuges, voyez Hofif- 
mann, 'licfienograph. Le lichen parietinua , L. , a donné à 
M. Gnmlprecnt une huile volatile butireuse, verdatrc, 
ayant k un haut degré l'odeur du lichen; est ^oluble 
à Talcohol. M. Trc«nmsdorfF Pa trt)uvée absolument sem-, 
blable à Thuile volatile qu'il a retirée du ^piinquina. 

LICHENS Tinctoriaux. L'Orseille, stereocaur^ 

Ion roccella , Ach. La Pahelle d'Auvergne , Verrucclr 
tia paréf/is, Ach. , et la lobaria tinctoria. A., donnent 
des teintures violettes ou bleues à l'aide des alcalis et 
de celui de l'urine putréfiée. La' chaux et l'ammoniaque 
muriatée tournent, en ronge les^lich. ' croceus ^ coccifirj 
puatulatusj ustus, prunastrij ontphaldides j L., etc. Oa 
obtient du brun des lichen pertususy tartareu&y pen- 
tosua^furfuraceuay pulmonariua, L. , etc.; on a du violet 
avec £es lichen jii$atua^ floridua, caUcarius, Jarinoauaf 
h>y du jaune avec les lichen candellariua , hœmatamdy 
aaxatilia, cenlrifugusy jmiiperinuaj tenellua, plvyaodea^ 
paeudo^corallinua , L. , etc. Voyet Westring sur les cou- 
leurs des lichens. 

IV. HÉPATIQUES. Expansions vertes foliacées^ 
aquatiques. 

HÉPATIQUE D'EAU, A/a/r/iantàx pofymorpJia, L. 
Algue d'eau douce, inodore; passe pour apéritive, acre, 
astringente. 

V. MOUSSES. Plantes portant une urne ou boîte 
remplie <Je poudre séminale, recouverte d'une coi£Ee 
en cornet. (Hedu^ig). 

MOUSSE AROMATIQUE , Hypnum criapum , !.. Sert 
pour des matelas ^ au lieu de laine. A une bonne odeur* 



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FOUGÈRES. , i4j 

LYCQPODE, J^ycopodàùm claçatum^ L. Grandes tiges 
tameases, yelues, (tonnant une poussière légère de cou- 
leor de soufre, très-infUnunable, que Teau ne mouiliç 
pas: contient une huile fixe, 60 parties solubles en al* 
cohd^ 3o de sucre, i5 de mucilage, et SpS de sub- 
stance inscduble, selon BucKolz ; avec sulfate calcaire et du fer. 
M. Cadet y a trouvé de la cire aussi ^ sert -pour rouler 
les bols et les pilules; usitée contre la plique de Pologne. 
La plante est astrîngennte, selon Westring. Les lyco- 
podium donnent k la Jainè une teinture bleue, à l'aide 
au bois- de Brésil Le lyc. selagcy^ h>y purge. La poudre 
de Ijcopode contient aussi des graines capables dîe ger- 
Eiination , selon Brotero^ Le pollen de. la massète d^eap.^ 
ou typha, remplace le Ijcippodc 

PERCE^MOU5S&, Po7jK</wA»m cow?7nww, L. Cm 
tiè8-sudoi:ifi<]UB , antipleuretique , peu usité. Aussi, la ^fur- 
noria Tiygromeirica, appliquée , sert contre 1à chute des 
cbeyeux. v v ' ^ 

VI. FOUGÈRES. Feuilles se dëtoûTatit j fructifi- 
cation , i* sur les feuilles ; ?** en épis. Plantes pecto- 
rales y douceâtres^ aslringentés , ou vermifuges, 
odorantes: 

1» C^ILLAIRE dé» MONTPELLIER, Adianthum 
eapiUùa f^enérie y LyiZroiv dans l'Europe méridionale 5 
tige simple; est béchique, pectoral. Celui d'Amérique est 
l'ndianthumpedatumi L., Decandolle. Le capillaire blanc 
est Vctépidium rhcteticum dç Sy^ej^Zj^^^gol^po^iuin rh<»- 
ticum; VadtarUhum psj^hiopicmm ^ croît en Atrîque. 

CAPILLAIRE eOMliftJN;BoRADiLLE,^Apfemwm otfia/z- 
thum nigrwn^ L. Est plus brun que les précédens. 
Mêmes yerjus. Jj.Ç.^ûpUlaire polytcic, aaphfdum tricho' ' 
mânes y Ij. y et Vaspl. ru(a.muraria, L., p^lla aauve->vie; 
qui ont tous des feuilles ailées , jouissent dçs'mêmes pro^ 
priétes; sont un peu «suîftigehs; taussi le* "pofytrichum 
commune^ L. / 

CÉTÉRACH, Aspleim^ Ceteracfi, L. Est la Dora^ 
miLE yantée contre les maladies des voie^ urinées coqqine 
«a très-puissant diurétique. 



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ï4« ' NAÏADES. 

SCOLOPENDRE ,' jâsplenium Scolopendrium , L. sco- 
lopendrium <^fficinarum de Swartz. Sont, arec le ptéçédétu, 
des astringens, yulnéraires , pectoraux. Le dernier a des 
feuilles simples • ceHç« du céiérach -sont pinnatîfidçs. 

FOUGÈRE MALE, Polypo^ium fiUx mm, l,, iwp 
dium filix mas^ de Swartz. FeuiUes cioiapo6é«s.:îS3L racine 
est vermifuge, un peu amèi^ jC^ a^riugeftte.; â'a<iu«» 
donnent une féculç nutritive. Le {^jnote^x.ogrwauidkScytlàÂf 
n'est que la racine chevelue du. polypodium baronwgijl^^ 
Dicksonia cwZci^a , Lhérit. , ' 

GALAGUALA , racine du polypodium adianihiforrne, 
Forster, aspidium coriaceum de Swartz^, vient des Anides, 
du Pérou, selon Ruiz et Pavon,it de ta nouvelle ttollande, 
^çlon.Labitiar^ière 5 est anûiByplâlitiqNre , siidOFifiqùè 5 Con- 
tient une ré«inè amère, vemiûfuge; /du sucre ^ huile aire 
jTQUg^, bcawoepjde mucilage, lunidonctmaricretçoloiraBte. 

POLYPODE, Pàlypodium pulgarcj L. Racine sucrée, 
feuille sim|>le. 5 pinnée j vertu apéijiti^e, |ondan^,,^r|a|ive. 
La petite fougère aquatique qui lui ressemble , polyp* àry^p" 
/m«, L., est acre, septique. • • ^ , ,: 

Fougère femelle, Pteris aquilina, sert a^iiss^c^BP^ 
vermifuge, astringente. La pteris esculenta est la nour- 
jciture des hahitans.de la teirre de Diemettj si|{^E^Î>e con- 
tient beaucoup de. fécule acerb^^ un txtraU r«^e^3ç,»ûi«' 
cissant le fer. :. . : ' ; m • 

a« OSMOHDE LUNAlAfc, Omunda timùfi^i^; 
Feuilles astrtîigêlites. PlusifeurV a^itrés espèces de fôàk^rç's 
ont des qualités analogues aux précédentes, t^extrâita^ô*- 
munda regalis^ L. a été vanté^oatiie te rachiti^iiift def itvt^^^ ' 
par le docteur Aubert. .\ . \ 

OPHIOGLOSSE ou LANGUE DE SERPENT , Ophi(^ 

^lossumvulgaref'ii.^esty^Mèfëke.^ * ^ 

. VIL NMjiDES. PlantiBSo^iqitttiqaes, sun» flears 
visibles. 

PRÊLE, EquUehan pédiatre, Iv et \t% lÀites '«sp^ces 
•ont astringentes ^ vulnéraires. JEjwi*. «#^fw» y fiuidaû^^ 
Umosumy etc. .■ ^ 



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AROÏDES. 143 

LENTILLE D'EAU , Lemjna major ei minoTy 1^ En 
topique , rafraîchit , ainsi que les Potamogeton ^ L, 

PLANTES MONOCOTYLÉDONES , 

ou ENDOOÈKES. 

Leurs racifies et tiges contiennent , ou du mucilage , ou 
de« sucs sucrés, ou une fécule. Nulle de ces plantes n'a des 
«lies laiteux , ni caoutdiouc , ni subér, etc. Hors ded palmiers, 
aucune n'a de semences liuileuses. 

NIW. uiltOÏDESL Tige sitiiple, fleurs en c6rnel; 
i"* enveloppées d'un spathe j a^^nites. Herbcè poiyrée» 
ouâcrejs. 

!• PIED-DE.YEAU , GOUm , Arum maeulatum, 
L. Feuilles en ferxle lance , tachées de noir 5 racine fort acre , 
incisive, détersîvê ; donne une fécule douce, nourrissant^ 
comme la Colocasie d'Egypte, arum colocasia^ L. Les 
racines d'arum, divaricatum ei/d'afum arborescens^ quoi- 
que acres étant fraîches, se donnent sèches comme la saïse- 
pareille, et en ont plusieurs vertus, en Amérique, selon 
Wright. Le chou caraïbe est Varum esculentum , L. i Oxi 
mange aussi les racines de Varum, macrorhizon, L. de l'ar. 
mucroruUum,f Lia racine d'ar. triphyllumàsins du lait est un 
aliment stimulant, utile, en quelques consomption». JJaruiu 
sagittœjolium a une racine comestible. Le gouet -Serpen- 
taire, arum droeunoulus , L. a une fleur d'une odeur de 
charogne, et les pï^jciétés du pre«iier, ainsi qu)& la m//b 
falustria , L. ; est d'Europe , comme ceux-ci. Le spadix de 
Varum,^ CQrdiJblmm, de l'Ile dé France, donne, selon Bory 
Su^Vincentj jusqu'^ 4^ degrés de chaleur, <[uand il fleurit*, 
le matin , même sous le gaz acide carl>onique , l'azote , «te. 
Le spadix de Varum, italicum est chaud, tnais moins selon 
Lamarck. 

ZOSTÈRE MARINE, Zostera marina, L. Lès tu- 
bercules ou pelotes de ses racines agglomérés par les flots 
de la mer, brWéset en poudre, servent comme antiscro-» 
phaleux ; est la pelote de mkr , ou égagropile marine. 

2* ROSEAU AROMATIQUE, Acorus calamus, L. Ra- 
cine odorante , stomachique , agréable; croît dans les pays 
frokd^ et buiwdes, en Hollande et aussi en Asie ; doni]^ 



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i44 GRAMINÉES. 

un extrait résineux par TalcohoL Tient amidon et principe 

aromatique, ou huile volatile , peut-^étre de Tinuline. 

DRACONTIUM, Dracontium pertmum L. Sert, par 
son acreté , comme vésicante , sur tout le corps. On applique 
ses feuilles sut la peau. Il s'y élève des phlyctènes. Remède 
usité éontre la leucophlegmatie et Thydropisie , par les 
Indiens de la Guyane et Démérari. On peut manger les 
racines du dracontium polyphyllum^ L., comme <;elles des 
arum arUarum , violaceum, et méAie de caUa paluatrù 
dans le Nord de l'Europe., etc. 

IX. CYPÉROIDES. Tiges droites, triangulaires, 
fleurs terminales y en ombelles. 

SOUCHET ROND, Cypenu rotundusj L. Croît en 
Orient, dans les lieux aquatiques. Racine à fécule. 

SOUCHET LONG , Cyperus longue , L. d'Europe. N'ea ■ 
parait qu'une variété 5 racines odorantes, saveur échauffiinte, 
aromatique. Le Papyrus des Egyptiens qui servait de papier 
i écrire, n'était que les tuniques d'un souchet, cyperjus 
papyrus ^ L. On mange les racines du cyp* escuJ^ntuSy L. 
ïlôties, elles imitent le café. Contiennent fécule et huile 
fixe, selon Byroli. \ ' 

SALSEPAREILLE ALLEMANDE, racine de Catex 
arenatîay L., a Podeur balsamique; est diurétique et sudo- 
rifique comme le gayac. On en obtient une eau distillée 
odorante, selon Merz (cUsê. de quibuêdamcaricibusy Erlan^, 
1784 > 4** ) • ôussi les cctrex hirta et dUticha» - 

X. GRAMINÉES. Plantes alimentaires , feri- 
neusçs et sucrées , chaume noueux , cylindrique , 
feuilles en fourreau, des épis j 1* semences farineuses^ 
2® semences non usitées. 

i** MAÏS , Zea maya , I. Fleurs mâles et femelles à part , 
farine nourrissante, résolutive en cataplasme; le suc. de sa 
tige est très-sucré 5 contient , outre le sucre liquide , du 
phosphate de chaux. Originaire d'Amérique méridionale, 
apporté au 1 5* siècle en Europe. 

SEIGLE, Secalè céréale', L. Farine résolutire émol- 
liente, pain humide, visqueux, rafraîchit beaucoup 5 est un 



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pttacîiîe. Le seigle ergoté, eu Tergot*, mâkdîc dii seîgle, 
ûBâijsé pat M. VàuqiieKn , contient tme matl^ire colo-* 
Mte jaune faave , une huile Manche douce, Uiie lAatière 
eolorame violette , capable ée tiefindre la laînè et W sole , uti 
acide, peut-être le phosphorique, une matière végictos-^tnimale 
très^ondanie , un peu dr'ammoniaque libre. L'ergnt cause 
desmakdies, pris en aliment; il a été vanté çooune prqpca 
à eirciterraccouchetnent, et même l'avortemeut. 

FROMENT, Trkicum hybemum^ L., et VœHivum , L, , 
ainsi mie les autres espèces Ou variétés cultivées , est origi- 
naire des contrées de la Tàrtarle et de la Sibérie , au rapport 
d'Heinzelmann, ainsi que le seigle et Forge , et de même que 
le sont nos animaux domestiques , car les uns et les autres 
^Y rencontrent encore i Vétat sauvage aujourd'hui; l'orge 
aux rives dii Samara , le froment à Baschitos , l'épeautre , 
tntwumspelta en Arménie , le «eigle aussi en Crète. Le pain 
de froment , analysé par Vogel^ lui a donné , fécule 53 , 5a, 
fécule torréfiée 18 , gluten combiné à la féCule 20 , 76 , sucre 
3,60, des traces d'acide carbonique, den^uriate de chaux et de 
carbonate de magnésie 5 la fécule amylacée , très-nourrissante > 
contient du gluten et un peu d'ail e matière 

naucoso-sucrée , du phosphate c$ilcair< 'Omens dti^ 

Midi tiennent plus de gluten et d ceux du 

Nord. Sert pour le pain des nations poiicees; jadis mangé 
en galettes {izymes ( sans levain ). L'amidon ou poudre k 
pondrer sert pour les pilulea , pastilles, etc. La semoule , le 
Vermicel , usités en alimens , etc. 

CHIENDENT, Pameum daatylum , h. ^ et cynodon 
dacfylum , Richard. Racine traçairte , apéritive , usitée em 
tisanaes 5 contient fécule , tartrate de chaux , et mucoso-sucré 
nutritif. Le chiendent des boutiques ou ordinaire est le 
iriticum repenSy L. On en petit tirer du sucre et même de 
l'alcool. 

ORGE, JHordeum âiêticJimny li.yi^tv^garê, et ^^allnum, 
L. Rafraîchit , tempère ; son gruau remplace le ri» , îseTt h 
îaire l|i bière, contient du glute|i , de l'albumine, une 
fécttlê mucoso-sucrée, du nitràtre de 50ude. Seloû M. Proust, 
l'orge en grains est composé de tésine jaune , une partie , 
^nune 4? sucre 5, gluten 3 5 jantidon 32, hordéine ana- 
logue au ligneux 55, sur tôè parties. L'orge germ^î^ con- 
tient au contraire, hordéine li, amidon 56, glmen i, 

10 



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i46 GRAMINEES. 

suere iS, gomme iB, résine jaune i , sur loo parties; de 
plus, on y a signalé une huile grasse, coagulable, dti phos- 
phate calcaire 9 magnésie, silice, fer, acide acétique* Le 
son ou l'écorce donne une résine acre ; Torge fait un pain 
grossier, visqueux. 

AVOINE , Avena aatiifa , L. Donne un pain lourd , mu- 
queux ; semence rafraîchissante en tisanne , usitée aussi en 
gruau. Contient du phosphate de chaux et silice , selon 
M. Vauquelin. A l'odeur de vanille. Toutes les graminées ont 
plus ou moins de silice dans leur tige ou chaume , et sur- 
tout les bambous, dont le tabaxir est une concrétion sili- 
ceuse avec potasse et chaux» Selon Vogel , la farine d'avoine 
donne, fécule 69, albumine, 4^30, gomme 2i,5o, sucre el 
principe amer 8,^5 , huile grasse 2 , d'un jaune verdâtre. Sa 
balle ou paille sert pour les matelas. 

RIZ , Oryza saliva ^\j* Nourrissant, astringent, donne 
moitié de son poids de mucilage , peu ou point de gluten , 
impropre à faire du pain j aliment des Asiatiques (en pilau). 
JjC riz de montagne , variété d'Asie , croît dans les lieux 
secs. Le prétendu riz sec de la Chine est le triticummono- 
coccum ,L. I^te|dk^^^ l'eau-dc-vie de riz. M. Braconnot a trouvé 
' dans le riz, oclffii^fécule, une matière végéto-animale, le sucre 
et la gomme , des phosphates ^ des sels végétaux k base de 
potasse et de chaux. M. Vauquelîn remarque que le phos- 
phate de chaux se dissout bien dans Feau de riz. .Celui-ci con- 
tient, 96 fécule , I sucre , i,5o huile grasse , 0,20 albumine, 
un peu de gomme et de phosphate de chaux. 

MILLET , Panicum miliaceum^ L». Aliment des nègres; 
forme une bouillie pesante , siccative , constipante. 

CORACAN y Cynosurus Coracanus^ L., Eleuaine Cora- 
cana , Willdenow. Donne des graines abondantes pour la 
nourriture, dans les Indes orientales , ainsi que le paapalum 
frumentaceum y t». , nommé cadoro, et le paspalum pilosuni 
4e Roxburg , etc. u j a plusieurs autres paspalutn cultivés 
vers Pohdichéry. 

SORGHO , Holcus Sorghum^ L. Aliment de ptuisîeuri ' 
V Wbitans d'Italie , rend leurs excrémens rougeâtres ; on en 
lai^Nde la polenta , et avec le millet , des macaronis. Arduini j 
a retiré du sucre des tiges du Jtokus cafer, en Italie 5 on en : 
^e auVi du holcu9 aaccluiratua. Dans l'Afrique » le Couz 



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GRAMINEES. i/|7 

Couz , hciciM apicatuê , L. , est raliment commun ; on eu 
fabrique de la bière aussi ( Mungo Park, Voyage^ p. 63 ). La 
DirRRA des Egyptiens , Iwlcus durra^ Forskahl, est Paliiiient 
du peuple , ainsi que les autres espèces de ce genre ; aussi le 
Poa abyssinica , ou le teflf , pain des Abyssins , selon Bruce. 

2** CANNE A SUCRE , SaecJiarum officinarum, L. Croît 
dans les pays chauds ; originaire des bords de l'Euphrate et' 
d'autres lieux d'Asie 5 portée vers 1 5o6 à St. - Domingue ; 
connue dès l'antiquité (le rhum ou taffia est l'eau- de- vie du 
sucre)' son sel essentiel, très-usité. La canne à sucre violette, 
Saccliarum piotaceum^Tussac, Flor. A ntill.y toiae i, p. 160, 
tab. 25, et Bonpland, Noi^, gen, et apec. , tome i , p. 146, 
à glumes à quatre nervures , très-poilues , donne plus de mé- 
lasse , et sert surtout pour faire du rhum. Elle vient de Ba« 
tavia. La canne d'0-Tahiti est plus grosse et plus grande , à 
longs entre-nœuds , à glumes binervées. Sprengel dit que la 
canne à sucre croit spontanément près d'Almansur , en 
Orient , vers Siraf et les rives de l'Euphrate {Hist. relHer^ 
hartœj t. i, p. 245)» L'art de faire du sucre ne remonte qu'au 
cinquième siècle , quoique plus ancien en Chine. Pierre 
d'Atienza planta les premières cannée a sucre à St. -Domin- 
gue, l'an 1 5 20 5 et non en 1 5o6 , comme on l'a dit. Le vespu 
contient des malates de chaux et de potasse. Le sucre nour- 
rit, adoucît , est pectoral, détersif à l'extérieur , et atténuant. 
On en extrait aussi de l'érable du Canada, acer saccharinum, 
L., des tiges du maïs, de la sève du Gleditzia triacanthos , 
L. , du bouleau noir , etc. , et surtout du moût de raisin , des 
racines de betterave et de carotte. Le sucre réduit plusieurs 
oxydes métalliques , sert de contre-poison ; est un aliment 
recherché des animaux aussi. 

BAMBOU , Bambos arundinaceay ou Arundo hamhos , 
L. ( Nastus de Lamark. ) Le tabaxir est un sucre brut qui 
découle des nœuds du bambou. La pellicule de son chaume 
sert de papier aux Chinois. On confit au vinaigre ses jeunes 
pousses ( nommées Achary On fait des, cannes de ^^^ jets. 

CANNE ou ROSEAU A BALAIS, Arundo phragmites, 
L. La racine et son chaume inférieur se donnent comme diu- 
rétiques, dépuratifs 5 est d'Europe. 

ROSEAU DES JARDINS, Arund<) donax, L. La canne 
a des vertus semblables , tient extrait muqueux , résinç 
waère , aromatique , huile volatile , sucre ; matière azotée. 

IQ. 



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i48 PALMIERS. 

SCHCENANTfifE , Andropogon SchœnanffiUtt y L. , ou 
jonc odorant ; contient une nêsine analogue k la myrrhe ; 
chaume et feuilles aromatiques, de'sayeur acre, échauffante» 
cet atténuant, discnssif, tonique; naît en Arabie, Syrie. 
Est le VËttV£& des Indes. 

NARD , FAUX SPICANARD, Andropogon Nardus, L. 
Couleur plus brune que le précédent j croît dans les Indes 
orientales 5 sareur amère , odeur du souchet ^ qualités do pré- 
cédent. Le vrai spicanard est une valériatie de llnde. Le 
Nakd SrtiiAQCË était un andropogon aromatique. La flouye 
odorante , Anihoxantkum odoratunij L. , d'Europe , ap- 
prodie de celle-ci. La larme-de- Job, Coix lacryma , L., est 
diurétique. 

' IVRAIE , Lolium temukntumj L. Cause Tivresse dans 
le pain ; sert aussi à troubler la raisoa dans diyeFses prépara*- 
tions stupéfiantes en Orient. 

XI. PALMIERS. Troncs sans rameaux , Quilles, 
terminales , bois à fibres fistaleuse^. 

DATTES, du Phamtx dactylifera, L. Fruits sucrés, char- 
nus, adoucissans , émoUiens , pectoraux , un peu astringens; 
naît en Orient , au midi. Le pollen du dattier contient du phos- 
phore et de la gélatine végétale 5 une sorte 4e cire , du pho^ 
phate de chaux et de magnésie , etc. 

S AGOU , Métroxylon Sofu y Rottboël. Smze gtnuina , 
Labillardière. Sagua Rumpmi, Wildenow. P^écule séparée 
des interstices fibreuses du tronc de t^ ps^iKÙ^r, et 4esiiéckée 
au four ; est en miettes grises, sayeur fisde et douceâtre ; ^est 
un analeptique léger , adoucissant. La moelle des troncs du 
Cycas circinatis et du Çycas rofolûta ^ L. , de Thunberg , 
en fournit aussi-bien que VArenga êacckarifera de Labillar* 
dière , qui croit dans les Moluques , comme le Sa^outier or- 
dinattre, et le Phwnix farinytra^ Ro]l>urgli Ç^J^lant. Co^ 
rom. 1 ,p. 53,tab. 74)* 

COCO , Cocos nucifira, L. , et Coqcs butyracea^h. 
Croissent dans les deux Indes, 9miB les tropiques : firtûts eoA« 
tenant une amande émulsiye , donnent beaucoup dTmîlebutr-' 
reuse, quiesténjoUiente, irés-usftée datis les pays chauds. Le 
fameux Coco des Meddives y de quelques drôguiers , est le 
fruit du Rondier des iles Sédbelles, Borassus secheil^nsis de 



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PALMIERS. i4^ 

Soimerat ( Voy. Ind^ tom. Il) ; il ressemble à deux fesses 
relues. Ses vertus alexiphdrmaques sont imaginaires. L'em- 
plâtre diapalme se faisait jadis ayec les rameaux du palmier en 
flécoction. La noix de coco donna à Trommsdorf , eau, sucre 
iguide , gomme j le noyau ^ outre le beurre , tient albumine, 
aucre licpûde , et un liquide aqueux. 

AVOIRA, palmier aouara de Guimée, Mlais guineensiSy 
li. et Aoblet. Donne , par ses amandes , une huile concrète à 
^degrés centig. , d'un jaune orangé naturellement, d'odeur 
dlris; elle est sohible dans Péther et Pàlcool chaud ; contient^ 
selon M. Henry, 3 1 parties de stéarine, et 69 d'élaïne, sur 1 00. 
ïbmie de bcms emplâtres avec le» oxydes de plomb. Nom- 
mée aussi Beurre^ de Galam, et Thiothio- par les Caraïbes. 
Est employée en frictions dans les pays chauds , passe pour 
émoUiente. On en extrait aussi Aes amandes de l'aréquier , 
«hou pahmste , areca oleracea , L. La Zamia coffra est 
l'arbre à pain des Caffres. Plusieurs palmiers , areca et etate^ 
•nt dans leurs fruits une pulpe nourrissante , comme celle du 
dattier 5 mais elle est caustique dans ceux du Caryota urens. 
Presque tous les palmiers peuvent fournir à leur sonunet un 
chou nbmmé palmiste ,. et que Ton mange cuit. 

Dans plusieurs palmiers vit une larve de charanson, grosse, 
Manche et grasse ; c'est le curcuUo palmarum^ L. La plu- 
pcut des Ipdiens mangent cette larve 

PALMISTE , Chou , jfyeca oleracea^ L. Les cycoê^ les 
Euterpe^ les cocotiers et autres palmiers jeunes offrent un 
chou à leur sonunet, qui est très-bon en aliment, mais il faut 
sacrifier l^arbre. Tous donnent aussi par incision , surtout 
Varer^a saccJiarifora , les cocotiers, le Nipafruticans , L., 
le dattier, le doume , les sagoutiers , une sève sucrée qui fer- 
mente bientôt en vin ( vin de palme ). On en peut tirer du 
sucre 5 mais l'arbre s'épuise ,, donne moins de fécule ou de 
fruits. Ou retire cette sève sucrée de plusieurs palmiers , et 
elle passe bientôt à l'état vineux ; tels sont les Boraasus^ Ca- 
ryota y Cocos y Çoryphay Elaie Syluestria, etc. Ce vin très- 
enivrant se nomme tari dans les Inde» orientales f distillé 
avec le riz , il donne Varaié 

AREC CACHOU, jreca Catechuy L. Le brou de son^ 
fruit est acre , nommé pinanga^ se mâche avec le bétel( feuille- 
au piper belle , L. ) et un peu 4e chaux ; comme siàlbgogue et 
stomachique,, dans l'Inde j il rougit la sidive. Ou tire par map* 



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i5o PALMIERS, 

cération de ce brou une gomme-résine pulvérulente , d'un 
rouge brun , astringente , très - tonique , qu'on a cru être le 
CAC$[OU , selon Rumphius , (^/nfiom^, tom, i^fig. 4, etRoi- 
burgh. Plant. Corom. , tom. i^fig. 75. ) Uarecafaufely L., 
non mûr, cause l'ivresse à ceux qui le mâchent. La résine 
Caragné parait découler d'un latanier, charnceropsj L. ; est 
un résolutif d'odeur fétide étant brûlée. Pelletier a trouvé 
dans cette résine du malate acide de potasse , une matière 
végéto - animale et des matières hétérogènes. Le tronc du 
Ceroxylon , de Humboldt exsude beaucoup de cire végé- 
tale. 

Le Çeroxylon andicola, haut de i6o à i8o pieds, exsude 
cette cire autour de son tronc, s'élève à 920, à 1 5oo toises sur 
les montagnes. Il supporte six à huit degrés de froid , selon 
Humboldt. Est VIriartea deltoidea , de Ruiz et Pavon. Ry a 
encore un palmier à cire au Rrésil, le Carnauba. Le Phœnix 
dactylifera a plus de \ 2,000 fleurs mâles. JJAlfonaia anvyg' 
daiinaahien 600,000 fleurs; comxnele Sejej qui est unaliment 
des Orinoquois ; chaque rameau porte 8000 fleurs environ; 
aussi les sauvages s'engraissent alors. La terre se couvre sous 
le pied de ces palmiers de plus de trois pouces de fruits. Le 
CorypJia pumos, deHumboldt , a des fruits que mangent aussi 
les chiens, les renards et les hommes ; telle est enGoveXsiJuhœa 
spectabilia , Humboldt et Bonpland.L'^{/o/i«ia oleifira donne 
une huile bonne à brûler. Tous ces palmiers sont d'Amérique 
intertropicale. 

PALMIER LONTAR , Lontarus domestica , Juss., Rnra- 
phius. jîmboine , tom. i , tab. x. On dit que l'extrait de ses 
fruits fournit le Bdellium ; près du Golfe persique. Ce n'est 
pas le palmier doum^ comme le croît Sprengel. Le cycas 
(palmier nommé Dammara a/£apar Rumphius; Amboiney 
t. 2, fig. 57 ) fournit, à la vérité, une autre résine qui sert à 
faire des torches pour brûler. Le palmier de la haute Egypte 
le seul qui se bifurque , est le Cucifera Thebaîca de Delille^ 
Descr'qjt. de VEgypte , tom. i , p. 53 , est le doum véritable, 

SANG-DRAGON, Calamius Draco, L. Croît dans l'Inde, 
près des eaux. Ses fruits donnent par macération le sang- 
dragon le plus commun ; résine rouge , astringente. Il y a 
A^auives sang' dragon ( fam. des papilionacées ) j celui-ci , en 
forme de boulettes , est enveloppé dans des feuilles de pal- 
miers. Les rotins , les cannes ou joncs sont de ce genre 
{calannis rotang y Tu.). 



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A5PARAG0roES. 



lûi 



ÏII. ASPARAGOIDES. i** FleUrs hermaphro- 
dites; 2** fleurs ciioïques. Plantes diurétiques. 

I* SANG-DRAGON fin, Dracœna Draco , L. De Tlnde. 
5e retire par incision , est le plus pur de tous ; sert dans le» 
Ternis , les dentifrices. Le dracœna terminalis a la propriété 
sudorifique , comme plusieurs smilax. 

Des Medeolay comme la virginica^ sont des diurétiques, 
employés aux Etats-Unis , dans Fhydropisie. 

PARISETTE , RAISIN de renard , Paris A-fblia^ L. Re- 
commandée par Boërhaaye , dans la manie. Croît eh Eu- 
rope. 

ASPERGE, Asparagus officinaiis^ L. Sa racine est une 
à^s cinq apéritives , et aussi V Asparagus acutîfolius , L. , ou 
€0f ruda des anciens. Tient fécule verte , cire végétale , un 
principe volatil résineux, de Palbumine, des phosphates et 
acétates de potasse ,et de chaux , une matière sucrée compçie 
la manne , et enfin un principe cristallin, nommé asparagine 
de MM. Vauquelin et Robiquet. 

SCEAU DE SALO] 

Racine vulnéraire , dit- 
rétique. Polygonatum 

MUGUET, Conv. màialis, L. Fleurs céphaliques ; sé- 
chées , sont sternutatoires. Tiennent matière verte animale. 

^o PETIT HOUX , FRAGON , HOUX FRELON, Rus- 

eus aculeatus, L. Racine, une des cinq apéritives; ses baies 
le sont aussi. Les semences des baies torréfiées imitent bien 
le café, selon M. Pignol. L'herbe aux langues, ou laurier 
alexandrin , ruscus liypoghssum , L. , est diurétique , comme 
le smilax asperUy L. 5 elles peuvent remplacer la salsepa- 
reille. 

SALSEPAREILLE, Smilax Sarsaparilla^lj. Sudori- 
fique actif, dépuratif, antisyphilitique, antirhumatismal. 
Vient d'Amérique. On mêle à ces racines traçantes , brunes , 
d'autres plantes et des lianes qui ont des vertus analogues , 
comme des bignones et des aralies.La racine de salsepareille 
contient de Talbumine végétale abondamment , at une fé- 
cule. On remplace la salsepareille par la racine de smilax as- 
pera^ L. , qui est cultivée dans le midi de l'Europe* Les salsepa- 



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reilles de Hondurâ» et de Camipêche sont Ies>meillçure», Çlles; , 
creteâéiàt en d^à Betrx iaseï hamides. É^autrèar racine* de 
smilax ont le» méme& vermK. 

8QUINE , SmitoK china , L. Racme^ tttbettcy^uses, cou-^ 
l(«ur du lié^. Vient de Chineyét de la JaHiAÏqtteiQtiaMs de U 
prépéde|i«e. Contieiit de la fécule roiigeàt^e ^e l'on iftang^ 
en Amérique du sud. 

SCEAU NOTRE-DAME, Tamnm qc^mmunisy Juss.^ 
ou RACINE VIERGE. Raciûe diurctique , incisivc , apéritifcOa 
}A dit âi)ré ei eaùaiique , ou métbt^ hydl'dgog^é/ 

ICjÏÎ AMË , *Z)ïo«corea satii^à, tu , et Dio^corea alatctj L. 
Sa racine , riche en fécule nourrissante , sert ^ dans les deux 
Inde« , d'aliment , et on cfn &it du facu^ sagou * «lussi , de& 
Diosoorea bulbiferaei triphylla) racines trèi-voljiiài^euses^ 
pesant ju»€[u'à 3o livres* Là aàtipa purge cetix quin^ont pa& 
^outuii^ d'fen manger. t -? r • 

Xlïl. JONCS. Tiges; siaiples, i^Aqualiqueftj a* no» 
aquatiques. Plantes acresj. 

i"* JOIXC FLEURI 5 B{iton?,u$ umbelfa^us^ L. Herbe apé- 
riiive a jolies fleurs. Le p^|y^ d'eau, aiisma plantage fl^* y 
et la sagittaire , &agittari4!^f^UiUy L. , 5ont acres , apéritivés, 
inci&ivès. 

^"^ HEIXÉBORE IH.ANC ..f^iprairum albwnyh. , ou Va* 
RAiRE. Sa racine est un violent .dijastique. Pelletier €t Caven- 
ton ont trouvé dans elle uiie matière grasse formée d^élaïne 
et de stéarine ,, avec uti acide Tt^latil ; puis un principe alcali 
végétal 5 Matic , cristallin , acre , îa rératrine , combinée à 
PacMe galliqiie ; une matière cblprarite jaune , de la gomme, 
de l^midon , du ligneux , dés phosphaté , carbonate et sul- 
fate ealcàJrëif dans les cendres. Son suc empoisonne les ins- 
trumens tranchans. Sa poudre est septique , mise sur les ul- 
cères 5 et ^ternutatoire. Croît en Europe; Le l^^tatruTn ni- 
Srumy L. lîsité de même. Parais&ent êtr« Phellébore blanc 
es anciens. 

L'infiision aqueuse de racines d' Hehfiiçts Âi&^ca esi ver»- 
nûfuge , sa teinture spiiku^e ^^^ooiére tpnique ., Biais acre ; 
aux Etajg-Unis. 

CÉVADILLE, f^eratrum tttbadilh j Retfc. Faseic. obs. 
"io^/2. 2* Lips. 17^9. Croit dans Hnde. Ses copsulea e{; 



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UUACÉES. i53 

^pranes puIr^riseesCotit pcrùr left pcmx:. Sent sfteniQtàloires et 
i^ennifuges. MM. Pelletier et Caventou ont trouvé ea çe« 
semeuces tme matière grosse formée d'élaïne, df .^arme et 
d^ acide céi^adiquej cHsiallitt, volatil ; plus , de la cire ^ du 
gallate acide de yecatriae, principe alcatin végétal , cristallin 
sable, une matière c<^>rante jaune, de la gomme, din ligneux^ 
dont le« cendres o^em des carbonate et phoqiliate de 
chaux , etc. La cévadîUe offre des capsules à trois loges ; 
on l^ppelle aussi sébqdilh. Elle vient du midi de TEiirope 
etdtWent. 

XIV. LTLTJIVÈES. Fleurs en Jys. Herbes nau- 
séeuses, incisives. 

COLCHIQUE, ColcMcum autumrmle^ L. Sou ognon 
est un trés-'puissant incisif dans le vinaigre et en oxymej. '; 

MM. Pelletier et Caventou ont retiré du colchique mie 
matière grasse composée d'élain^ , de stéarine et d'uu acide 
yoiadl; un gallate acide de vératrîne, matière très-acre , vo- 
mitive , eristalline ; de plus , beaucoup d^inuline , de l'amidoi;i, 
de la gomme , du ligneux , et des carbonate , phosphate, my- 
riate de chaux , etc. , dans les cendres. On sait que le col- 
chique est un poison. 

Au Malabar, la racine bulbeuse àe meihonica superha, 
Oesfbnuines , a les ^opriétés violèuftes du colchique. Celui- 
ci est plus actif encore au piNlntemps , avec Be% feuilles , qa'eti 
dtttonuie, avec ses fleurs, sekm Maranta, et les analjrsesde 
Moretti et Mélandri. Les bulbes d'hyacinthe , de naa^çisse , 
de fritillaire , de ghriom auperha , efcc, , sont très « véné--. 
neoses. 

HERMODACTE , Çolchicum illyricum, Miller. Hacînes 
tubéreiBses blanches , douceâtres , doùnant de la fécule et 
beaucoup d'inuline. Sont purgatives , dites incisives. Saveur 
nnpeu acre, couleur jaunâtre au dehors 5 inodores. On attri- 
bue aussi ITiermodacte à la racine A* Amaryllis lutea. Voyez 
Te feux hennodacte à VIris tuberosa. 

Le Crinum asiatioum est la racine contre-poison de P 17- 
pas des Mac^ssars , selon Eujojtphit^- Upas antiar {Bohon 
upas). 

LYS, liilium candidum^ L. Son ognon cuit est émollient, 
maturatif 9 et aussi ceux du martagôn , de Xomithogalum lu- 



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ï54 ASPHODELES , NÀÎRCISSES , IRIDÉES. 
teum^^ L. ) de la tritillaire couronne impériale, des ta- 

lipes , etc. 

XV/XVIetXVlI. l'JSPHODÈLlSS, ^•NAR^ 
CISSES, 3' IJ^WÉES. Plantes ayant un suc pur- 
gatif, ou nauséeux, ou incisif , oa vomitif. 

I* SCILLE , SciUa maritima, L. et Redouté , LîliacéeBy 
tome 3, fig. II 6. Deé bords de la mer Méditerranée. Elle 
contient un principe amer, visqueux, observé par Vogel,la «ci7- 
litine 35 ; plus, du citrate de chaux, de la gomme 6, tanin 24, 
un peu de matière, sucrée et du ligneux 5 . de plus , une suba 
stance acre volatile, et del'oxalate de chaux. Ognon rbugeâtre, 
épais , acre , amer , de saveur nanséuse et émétique ; puissant 
incisif, diurétique, en poudre, ^n oxymel. Les bulbes des 
asphodèles , des anthérics , la racine A.*Ant}iericum bicolùt^ 
Des fontaines , purgent , ont des propriétés analogues à la 
^cTllê , quoique moindres , ainsi que les Hyacinthus como- 
sus , et H» mus ♦7ri , L. , à fleurs blanches. 

La tulipe des jardins est la tulipa gesneriàna^ L., cultivée. 

J^e phormium tenaXy Forster, de la Nouvelle - Hollande, 

donne uû fil très- fort pour cordage^. Le zanthorrhœa arbo- 

rescens ^Sïmùi ^ aussi de la Nouvelle-Hollande , donne une 

résine jaune vulnéraire, très-tenace ; ses fleurs ont du miel. 

ALOES , Aîo'é perfoliata ,^. , A» soccotorina^ Lamarck, 
et des A. spicata , ïhlinb. ; A, linguoe-Jormis , Thunb. ; d 
A. elongataj Murrùjr. Le succotrin s'extrait par expression, 
les parties les moins pures donnent l'aloës hépatique , moins 
, mauvais que le cabaUin , résidu des fèces. Le premier esL 
brun , demi-transparent , d'odeur nauséeuse , de saveur âcir, 
irritante , amère , purgative , drastique^ très-échauffante. On 
peut extraire une fécule nutritive de cette plante , commje 
font les Cochinchinois. Elle croît a Soccotora , île près du 
golfe arabique. L^aloès de la Barbade approche des qualités 
des précédens; est extrait AsValoë vulgaris , Lamarck ; naît 
en Amérique. L'aloès succotrin tient , selon Bouillon -La- 
grange et Vogel , extractif 68 , résine 82 sur 100 ; Taloès hé- 
patique, extractif 5rî , résinera; matière insoluble albumi- 
neuse 6 sur 100. M. Braconnot désigne cet extractif sous le 
nom -de résino-amer, principe suigeneris. Il fait 81 ,^5, selon 
Troramsdorff; plus , 6,îi5 de résine et i2,5 d'albumine , un 
atome d'acide gallique. On peut aussi fiaire des colJyres aloé- 



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ASPHODELES , NARCISSES , IRIDÉES. 1 55 

iiqucs. Selon William Wright , Paloès caballin et hépatii^e 
Jw Barbades se tire par décoction dans l'eau ; on en sépare 
le* fèces ; mais Paloès succotrin s'obtient de Valoè spicata 
par expression , dans quelques îles d'Amérique , où cette 
plante a été introduite. L'aloes lucide et transparent s'obtient 
aussi de cette plante par infusion. 

ALOES PITTE , Agape americana » L. Sudorifique en 
décoction. Outre sa filasse , donne tm suc jaune très-analogue 
il'aloés, même en ELspagne, où il est cultivé. LcsTillandsies, 
L., ou Caraguates, surtout la Tillandsia uaneoides, servent 
en infusions contre les maladies de poitrine et les hémor- 
roïdes. L'ana"nas5 Bfximeliayet le Karatas y oSrent des fruits 
qu'on peut confire ; ils contiennent beaucoup d'acide citrique. 
Toutes ces plantes sont d'Amérique. UAgape sauvage du 
Mexique donne une sève sucrée qui , fermentée , produit le 
nnnommé pulque. 

AIL, Allium sativum^ L., ôgnon, allium cepa, L., écha- 
loite, yJ, ascalonicum y L. , rocarabole, A. scorodopraaum y 
X., porreau-, A.porruTn^ïu. Oii connaît leurs qualités médi- 
cinales et alimentaires; l'ail contient, selon Bouillon-Lagrange, 
du soufre avec une huile volatile vermifuge, blanche , caus- 
tique, acre, delà fécule, et quehpies phosphates ; plus, mucilage, 
albumine , sucre.. Ses cendres tiennent sels , des sulfates , de 
la potasse , du phosphate de chaux , etc. selon Cadet. L'ognon 
tient aussi sucre de manne, mucilage, gluten coagulable 
a la chaleur , acide phosphorique , citrate de chaux , acide 
acétique , parenchyme ^ et surtout du soufre , avec une 
tuile blanche acre , et une matière végéto-animale. 

SPICANARD FAUX , Allium victotiale. L. Son bulbe , 
donné comme le vrai spicanard , est plus faible. 

Le MOLY d'Homère ou de Circé est V Allium nigrum^ 
L. U j a les A. magicum , moachatum , odoratissimum, , à 
odeurs stimulantes, utiles dans les maladies nerveuses. Les 
aulx sont épispatiques, animent la sensibilité générale et Tar- 
deur. Leur odeur pénètre toute l'économie. Ils conviennent 
contre l'hydropisie. 

a* LYS ASPHODÈLE, Hem^rocallis lutea , L. Planta 
expectorante, h'alstrœmeria edutis^ a une racine mangea- 
We , son Ognon , ses belles fleurs cultivées par les nègres ; appe- 
lée artichajit de Jérusalem au Cap-Francais.^La iacca pinna- 



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^5^ IRIDEES. 

iifida peut aussi eervû: d^aliment dam. ka Txti^B t le-mâes 
lagoa en Sibérie.. 

NARCISSE pES vviisy, Narcissus poeticus^ L.^ et JV* 
j)seudo-narci6sua., L. Racine émétiquej is'appliaue aussi 
sur les brûlures. Son extrait est reconunande Goname 
antispasmodique; il agit comme vomiti£ Caventou a trouvé 
dans les âeur»^ matière grasse 6, matière colorante )aun& 
44> gomme a/J^t fibre végétale a6; il e» «at de' même 
àes narcissus tazefta et odorua ^ selon Loiseleur^ La ta<* 
béreuse ^ /7o/^a/^A«$ tubetvsay L.» a des vertim analo- 
gue* 

Amaryllis^ Amaryllis lutea^ JL.,. passe pour Ther- 
i^dodacte vrai , par aa racine qui purge. Ucanaryllis dis- 
tichu de Paterson, ( Voyage au Cap de bonne Espérance, 
£g. i'°;) hœmanthuô ^nudatus ^Lam. Son ognon a un 
suc plus vénéneux que le colchique; emf>oisonne le*flè*- 
chçs des Hottentots^ t^Hœm^ coccïwèi^ remplace lascille an 
Cap de bonne Espérance.. 

, y IRIS DE FLORENCE, Irisjhrentma^lj. Sa^ racine 
fjraiçlie, contient, gomme,. extrait brun , fécule, huile grasse 
amère , huile volatile, cristalline , oxalate de chaux ,. et du li- 
gneux , selon Vogel,^ est drastique ^ hydragogue ; séchée , sent 
la violette, est sialogogue^ errhine, incisiv:e. E.st blanche,, 
géniculée^ contient de la fécule. UlrU germanicay L., 
donne le vert d'iris; et Viriafa^idissimayju. > on xyais , gla- 
yeul puant, est nauséeux et yomitil. 

FLAMBE y AcoRus faux , Iris pseud- acorusj L. 
Fleurs jaunes , vît dans les lieux aquatiques. Purgatif dras- 
tique , nauséeux; sert aux paysans. Les glayeuls , Gladiolus 
communia^ L., ont des propriétés analogues, moindres,, 
donnent un extrait brun. 

HERMODACTE faux , Iristuherosa , L. ^ vient de l'Eu- 
rope orientale. Racines tubéreuses, douceâtres , donnant de 
la fécule , sont purgatives. Peu usitées. Les iris vèrfia et iris 
f^^r^ico/or sont purgatives; aux Êtacs-Unis. 

SAFRAN, Crocus satipus^ L. ( Var. tmiumnalisr 
Hoffm. ) CuUivé dana le midi. Les pistils ou stigmates, 
de la fleur ont une odeur forte , agréable , teignent en l>eaù 
^aune , d'une saveur avomatimie. Sont cordiales , emménago- 
gue^, anodines, exhikrautes. Le safran d'Espagnie est souvent 



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DRYMYRHIZEE& 1S7 

îmKW fPhuiîe, doane, distillé plusicur» fois ârec de Peau, 
une biiile volatile , «eloa Proust , et la polychroïie , prin- 
cipe de couleurs variable par les acides. Le safran a 
donné gomme 6, 5cr, albumine o, 5o , polyckroïte 65 ,0 , 
«ireOjSo, débris yégétal, huile volatile, des tracei, sur 
100 parties. 

Xnn. DRYMYRHIZÉES ou Scitjminèes. 
Plantes aromatiques , chaudes, de la monandrie , 
monc^nie. Feuilles d'abord roulées en cornets. 
Radnes féculentes. 

BANANIER ^ figue banane du Musa paradisiaca'L. ,- 
poïtant d'eîcellens fruits en ^and nombre , ou en régime 
sous un magnifique feuillage. Cru être le figuier d'Adam , et 
digne du paradis terres^l^ ; fruit du go&t de poinmies 
de reinettes mûres. Plusieurs Orientaux vivent de ces seuls 
iniits et du musa «apientum^ L. La plante périt après 
la fructification, se multiplie de bouture; croît sous le» 
tropiques dans les deux Indes : est originaire de Pancien 
Bwwide. Les fruits du musa Troglodytarujn ne sont pas 
«langeables. La liqueur du tronc est astringente et anii- 
diarAoïque. On tire de la filasse du tronc. 

GINGEMBRE, Amomum JZinziber, h.^zingiber offî^ 
dnakj Juâ». Racines noueuses, tenant de l'amidon, d'une 
tareur aromatique ttès-écbanffante ; stomachiques, cor- 
diales; servent d'assaisonnement aussi. UAmomum Ze^ 
fumbetyîj.yest le cassumiiniar , oçi zerubibet , curcujna 
zemmbeth d.e Roxburg, et le gingembre sauvage de quel- 
ques ^ auteurs , racine analogue k la précédente et à la 
zédoaire. Croît aussi dans l'Inde, aux lieux humides et 
ombragés. Herbes toutes vivaces; tiennent en leurs racines 
de l'oxalate de chaux. Le gingembre noir ordinaire est le 
plus aromatique ; la variété à racines blanches et légères , 
^«•t m0m»4 On \ei échande avant d« les m4ier. Le gin- 
gembre sauvage des montagnes vient de Valpinia ract^ 
tnoia, L. Ses racîttes sont blanches, moins pMvrées que . 
celles du gmgeMibre; mais on h s confit , comme aussi le* 
jeunes pousses du gingembre. 

ZEDOAiR£, Kétmpjèria rotundd, L, CarcUmd Ze-^ 
^MirMyRotl^ifrg: ceM^nd est jtes allongée. Racine qui tiet^t 



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,58 DRYMYRHIZÉES. ^ 

des précédentes. Arrête les yoïnissemens , là Uenterie; 
échauffe, dessèche j est emménagogue* Même lieu naul; 
tient oxalate de chaux et camphre. 

G AIjANG A, jimomum Galanga , Ijonreiro , Marania , 
L. Alpinia , Swartz. Le petit donne de la force au vinaigre 5 
8es fleurs ont iine huile volatile; sert pour aromatiser 
les thés. Le grand galanga est Valpinia galanga de 
Wildenow , et Roxburg. Racine tubéreuse , brunâtre , aro- 
matique , de saveur échauffante et brûlante 5 est cépba- 
lique 5 stomachique , utérine. Le chauUndjan aqarhî des 
Orientaux, racine très-«phrodisiaque, est le galanga. Eist- 
ce un lampujum de Rumphius? 

Le BALISIER, canna indîca y L., est odorant, cordial, 
vulnéraire. 

AMOME EN GRAPPES, Jtmomum racemosum, La- 
marck. Capsules rondes à trois loges, contenant des graines 
noires , aromatiques. Vertus des précédens. Vient de Ceylan, 
du Malabar. 

FÉcui-E d'arbow-root-, est tirée de la racine de muranta 
arundinacea ou indica^ L. et Tussac; plante de l'Inde 
orientale , cultivée à la Jamaïque et aux autres Antilles. 
Fécule antidysentérique. Le suc de la plante est employé 
contre le poison des flèches des sauvages. Cette plante 
se cultive dans les jardins ; sa racine fraîche en décoction 
est un excellent remède contre les maladies aiguës. Râpée 
et lavée donne une belle fécule blanche, alimentaire. 

CARDAMOME, Amonwan Cardantomum ^ L. , Èlet- 
• taria cardamomum^ Maton, tranaacL of linnean so- 
ciety^ tom. X fig. 4 ^^5. Petit et grand. Capsules trian- 
gulaires \ trois loges, remplies de graines aromatiques. 
Diffère peu de Pamome en grappes pour les vertus. Même pays 
originaire, cultivé à la côte de Malabar. 

. MANIGUETTE, graine de paradis, Amonuim me- 
lequettaylu. Semences anguleuses, blanchâtres , d'une saveur 
brûlante, aromatique; ont les qualités du poivre 5 , croissent 
à Madagascar. Dîflèrent de celles du Ganang. 

COSTUS, Costus arahicus, L. A plusieurs variétés. 
Racine jaunâtre, d'nne savçur acre, aromatique , tirant sur 
Todeur deTiris. Eststomachique , tonique , discussive • le ctjir- 



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ORCHIDÉES. i^g 

cmiUL longa Tient, selon Roxburg, de la racine dn costus 
indicus ( €isialic.research. , umie a p. a4^. ) Toua ces yé« 
g^ux donnent une huile volatile assez abondante. Les 
coHus corticosus sont des écorces de canélliers ou d'autres 
arbres aromatises» 

CURCUMA ou TERJRE MÉRITE, Curcu?na longUy 
L. Elst un amomum, selon Jacquin, Croit dans l'Inde, 
près des eaux* Racine noueuse , jaune en dedans , d'odeur 
aromatique , d'une saveur acre due à une huile volatile. Ana- 
lysé par Vogel et Pelletier, le curcuma donne ligneux, 
fécule, matière colorante jaune, une autre brune, un peu 
de gonune, du muriate de chauxi (Journ. pluirm, i8i5 
p. 293); est tonique, discussif, échauffe, sert d'assaison- 
B€ment dans l'Inde; teint en beau jaune, est résineux, 
ttmme au ronge avec les acides. Pris avec du soufre 
il guérit la gale. Sa matière colorante particulière jaune , 
peut servir à teindre en rouge cramoisi avec les acides* 

XIX. ORCHIDÉES. Racine à un ou plusieurs 
bulbes , hampe sinapJe, fleurs de la gynandrie. Herbes 
estimées aphrodisiaques. 

VANILLE, Epidendrum Vanilla^ L.^ ifanilla aro- 
matica, Swartz. Gousse brune, de la grosseiu- d'un tuyau 
de plume , huileuse au toucher ( on l'imbibe d'huile pour 
Ja conserver) 5 se couvrant quelquefois d'efflorescence d'a- 
dde benzoïque'y d'une odeur pénétrante très-agréable. Est ce* 
dbalique, stomachique, aphrodisiaque actif , etc. ; sert sur^, 
tout cans le chocolat et les liqueurs de table. Plante grim^ 
pante de l'Amérique équinoxiale. Le suc des gousses de 
Vepidendrum clapiculatum , L. , des Antilles , est excellent 
▼ennifuge , et très-diurétique , dans les hydropisies. Les 
nègres l'emploient comme antivénérien. JJepidendrum 
ntonile fleurit suspendu aux maisons des Japonais, sans 
eau ni terre. Ornement odorant. 

SALEP, BUÏ.BES DES Orchis ntascula^ morio ^ fusca , 
variegata, etc.^ L. Saveur et apparence de gomme adra- 
ganthe, formant une bouillie restaurante avec des aro- 
mates. EéSl crue aphrodisiaque 5 se prépare en Turquie 
çt en Orient. Le dudaim des Hébreux est un salep ou 
racine d'çrchidée. Les bulbes des SaUffiuni^ L., des Sera- 
pia^^li^psoni peçardés coijapie fortifians^ tous, contiennent 



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i6o ARISTOÏXXIHES. 

de lô fécule. Le salep se prépare en plongeant dans l'eâu 
bouillante les bulbes écotcés ; on les sèche ensuite. 

XX. MORRÈNES. Herbes acjoatiqoes > estimées* 
an tiaplirodisiaques, fleurs en rose, non submergées 
quand elles s'ouvrent, 

NÉNUPHAR , AjmpAéPa alba, L. j et luiea^'L. Grosse 
racine, ^ donne comme astringente, réfrigérante. Lé 
VOLET, ou nénuphar blanc, est préféré au jaune. Usité 
comme antidysentérique , sa racine se peut manger au 
besoin. * 

NELUMBO , FÈVES d'égypte , Nelumhium spedosum > 
Jussieu. Ses graines sont nutritives, sa racine est astringente, 
ainsi que la liqueur qui coule des pédoncules coupés» Elle 
arrête les vomissemens et les diarrhées. 

M ACRE 5 Trapa natanSj L. Noix ou fruit dans une cap- 
sule à quatre épines, nourrissant, farineux ^ Pherbe rafraîchit 

PLANTES DICOTYLÉDONES, 

ou EXOGENES. 

XXI. ARISTOLOCHES. Sont acres, emména- 
gogues. Calice nibnophylle , coloré. i° Fleurs de la 
gynandrie j 2" de la dodecandrie. Éniétiques. 

1 • ARISTOLOCHE LONGUE et RONDE , AristcHoclm 
longa et rotundory L« Racities tuberculeuses de deux espèces 
voisines qui naissent dans l'Europe méridionale 5 saveur 
amére un peu acre , odorante , couleur jaunâtre au dedans ; 
elles passent pour puissantes incisives, la Clématite, Jris- 
tolochia clematitia , L. , et la Pistolochia , L. , sont aussi effi- 
caces pour exciter le flûX menstruel. Ce sont des amers échauf- 
fans. Le Sachander , Aristolochia indicay Wildeno)V, des 
Indes orientales , andard^ritique excellent , dit-on 5 emmc- 
nagogue et carsainatif. Sa racfne seulement , est brunâtre , 
d'odeur forte , aromatique. Usitée en teinture alcoholique. 
UÂrist.fœiidaj Bonpland, déterge les ulcères, an Mexique; 
aussi VAristoïochia eipkoj de Lhéritier. ' 

Les Faux Contrayerva sont les Aristohchia 'odoraiis- 
sima exArisi, trildbei de la Jamaïque^ leurs racines traçantes 



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CHALEFS. i6t 

ont Todenr de celles de contrayerva, et se donnent dans les 
£éyres , mais sont très^stimulantes et échauiSantes ; nuisent 
dans les inflammations* 

SERPENTAffiE DE VIRGINIE, Aristoïochia serpen- 
taria , L. Racines fibreuses , brunes , odeur et saveur fortes, 
résineuses, campHrées; antiseptique actif, échauffant , alexi- 
pharmaque , diaphorétique ; se donne dans Phydrophobie 
aussi , et contre la morsure des serpens , comme VArist, an- 
gidciday Jacquin ( Voy. Collinsonie ). Aussi VArUt. aemper^ 
virens en Arabie , Forskahl , p. i56. 

HYPOCISTIS yOytiniia hypocistis^ L. Suc exprimé, des- 
séché de cette plante parasite 5 est noirâtre , très-astringent , 
arrête tous les flux. Croît au midi de TEurope. L^ypocistis 
coiment, selon Pelletier, matière insoluble charbonnée, ma- 
tière colorante soluble à l'eau, ne précipitant pas la gélatine ; 
de J'acide gallique; une matière colorante soluble à Talcohol, 
ne précipitant pas la gélatine ; d'autres substances solubles à 
Peau et àPalcohol, précipitant la gélatine ou du tannin; com- 
Jbinaison d'acide gsJlique avec une matière colorante. 

a® CABARET, Aaarum europœum^ L. Feuilles en forme 
d^oreille d'homme , fleur en cloche , racine fibreuse , drasti- 

3Be yiolent par haut et bas ; se donne quelquefois au lieu 
'ipécacuanha; en poudre est sternutaAoire. Ancien vomitif 
avant Témétique : aussi \ Aaarum canadense sert de même 
en Amérique. 

XXII. CHALEFS. Arbustes apétales, à calic* 
coloré i purgatifs ou acres. 

MYKOBOLANS CHÉBULES , et BELLERICS, des 
^erminaliacJiebula et belUrica^ Retz , Rheede , ou plutôt 
du Bcdanitea œgyptiaca , Dcflille et Desfont. Il croît des ba- 

na , chebuluy et bellertca, Roxb. , 
lircars , dans l'Indoustan ( Aaiat. 
82 ). Ces fruits purgatifs sont aussi 
des étoffes à teindre. Drupes ou 
à cinq côtes j saveur un peu acre ,^ 
les Indiques ( ceux-ci sont noirs ) , 
des espèces voisines qui purgent 
Indes orientales. Le vernie <te là 



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^6^ LAURINEES. 

Chine sort aussi d'an badamier , Terminalia vernix^ L. Se« 
exhalaisons «ont vénéneuses. Voyez aux Sumaghs. 

ARGOUSSIER, Hippophaë rTiamnoïdes^Jj. Arbiwtej 
est purgatif; à baies acidulés mangeables. Le Chalef , Elœ- 
agnus angustifoliaj L. , a des propriétés vermifuges. Leur 
bois peut remplacer les sudorifiques. 

XXm. THYMELÉES. Sous-arbrisseaux ayant \ 
un calice coloré comme une fleur, feuilles simples ; [ 
qualités caustiques. 

GAROU, Daphne gnidium^ L. JOLI-BOlS, Daphnt j 
ifiureola^ et, moins caustique que les autres, cneorum ; le mezœ-' \ 
reum , L., ou le Bois-gentil , parait le plus efficace ; Pécorce j 
brune sert de vésicatoire 5 est exulcérante en application sur 
la peau ; le vinaigre diminue son activité. A l'intérieur est 
drastique dangereux ; les baies aussi. Le camphre est leur an- 
tidote ; aussi des Daphne tartonraira et altaica. La matière ; 
vésicante est soluble dans Féther, dit Lartigue de Bordeaux. 
Le Daphne alpina fournit un principe acre , alcali végétal , 
observé d'abord par M. Vauquelin , et nommé Daphniie ; 
ensuite une matière amère cristalline. C'est, dans ces matières 
huileuses ou résineuses qu'il faut chercher les principes acres 
et caustiques des végétaux. Les fibres du liber, de plusieurs 
daphne , le lagetto^ ou bois dentelle, sont comme de la den- 
telle. Celles du Dirca pahistris servent à faire des tissus. On 
teint en jaune avec le Daphne gnidiumj et la Passerina 
iinctoria. Le Dirca palustri^^ de cette famille, sert en place 
de garou aux Etats-Unis , selon Smith Barton. | 

XXIV. LAURINÉES. 1^ Arbres à feuilles lan- 
céolées alternes, toujours verts, très -aromatiques; 
2** fruits ou baies huileux , et odorans. MYRISTl- 
CÉES. Fruits aromatiques donnant du suif. 

LAURIER FRANC, Laurus nobilis, L. Baies très-échau^ 
fautes , emménagogues • leur huile verte , extraite par infu- 
sion et décoction, est nervine, émplliente; les feuilles, carmi- 
natives , emménagogues. - 

CAMPHRE , du Laurus càrnphora , L. Du Japon ; le 
bois distillé laisse sublimer cette :hviile volatile concrète , in- 
flamiQtài^le « qu'on pu^fiâ^ eu IlolUnde^ esta^utiputride^ oa 



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LAURINÈES. i63 

k croit calmant, rafraîchissant ou sédatif, ce que d'autres 
observateurs ont contesté ; est aussi un vermifuge. On tire 
aussi du camphre du canellier , et des huiles volatiles de la- 
vande, de romarin, etc. Le Shorea robusta^ Plant. Coro- 
mand, tom. 3 , fig. !ai 2 , de Roxburg , donne , selon Corréa, 
à Bornéo , un camphré bien supérieur à celui de Chine et du 
Japon, nommé Baros (Marsden, History of Sumatra y 
p. 121 ). Ce genre a été établi par Gaertner. Arbre de Smna- 
tra et de Bornéo. Le camphre est idio-électrique , fait périr 
les animaux, à haute dose. Le camphre artificiel se fait avec 
lliuile de térébenthine, dans laquelle passe du gaz acide mu- 
riatique. 

CANELLE, liauruscinnamomumyïj. Seconde écorce 
ïoulée , rougeâtre , d'odeur suave , de saveur échauffante , 
contenant une huile volatile ; vient de Ceylan et d'autres îles 
des Indes. La canelle de Ceylan .a uAe huile volatile moins 
acre , moins poivrée que celle de la Guyane. Ces canellels 
contiennent , en outre , beaucoup de tannin combiné à une 
matière végéto-animale ( un acide rendant cette çombinaisoa 
soluble dans Peau ) , du mucilage et une matière colorante , 
selon M. Vauquelin. M. Planche y trouve de :1a fécule aussi. 
La feuille du canellier a trois nervures , et se donne pour le 
Maiabathrum comme celle du Laurus malabathrum , La- 
marck, qui est plus large: le Malabathrum est la feuille in- 
dienne des anciens. Les fleurs du canellier coronde et des 
autres variétés sont blanches , peu odorantes. Leur fruit est 
une baie comme au laurier. On en extrait , par ébuUition 
dans l'eau, une huile butyreuse verdâtre, propre à huiler les 
cheveux , ou pour brûler : elle répand une odeur agréable , 
une lumière éclatante. On écorce deux fois par an les canel- 
liers. Voy. Percival, Voyag. à Ceylan. Les canelles épaisses, 
dites de la Chine, à odeur de punaise, spnt peu estimées. Sto- 
machique , tonique , cordiale à un haut degré. . 

CASSIA LIGNEA , Laurus cassia , L., ou cânelle de Co- 
romandel. Ecorce mince , brunâtre , roulée , d'odeur moins 
forte que dans la précédente; mêmes vertus, quoique moindres. 
Cet arbuste croît à Sumatra , Java et autres îles de la Sonde. 

La Canelle géroflée des anciens , analogue à la Cassia 
lignea , o^ le Costus corticosus, vient du Myrtus caryophyh 
hta de Murray, Appar. med. et non pas du Laurus myrrha, 
Loureiro , 4ont le suc aromatique se rapproche de la myrrhe, 
LiX^ea myrrhay ou du raVe^tsarà. Voyez ^ux Myrtes. 

11. 



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i64 LAURINÉES. 

Le Bois cakelle, du Laurus cupularisy L., à 111e de 
France , el le Bois cànelle des Péruviens, Laur, quixos, 
ont des odeurs analogues à la canelle. Le Laurus benzoin , 
qui ne donne pas le benjoin , offre néanmoins une odeur ana- 
logue 5 et a servi d^épices aux Etats-Unis pendant la guerre 
de Pindépendance. 

Les Laurus fœtens et L. caustica ont des odeurs peu 
agréables , et une qualité acre , laquelle ant retrouve aussi dans 
récorce de Laur. parvifoliay L. 

L'Avocatier, Laurus persea y L., donne un ïruit buty- 
reux vert et à chair jaune ; mets agréable sous le nom d'avo- 
cat, ou à^agncucaii Non mûr, il est nuisible, cause des dysen-r 
teries. Son noyau tache le linge en brun ; ses feuilles sont 
pectorales en infusion , et odorantes» 

SASSAFRAS, Laurus sassafras ^ L. Bois et racine 4'un 
laurier de l'Amérique septentrionale, couleur d'un rouge 
clair ferrugineux ; échaiiiSe , dessèche 5 sudorifique actif, 
odeur volatile agréable ; oontenant une essence analogue à 
celle du girofle. S'emploie en Américpe contre le hroncho- 
cèle , comme le Laurus benzoin. L'huile volatile du sassa- 
fras est très - odorante; elle brunit , sent le fenouil; est 
pesante. 

FÈVE PICHURIM , Laurus ^ichurim. Arbre àes bords 
de l'Orénoque, lobes de semence; d'un laurier; sont bruns, 
aromatiques , oléagineux 5 ou en exprime un beurre aroma- 
tique; donnent un extrait tonique ; ou en obtient une tein- 
ture alcoholique. Le chocolat de Portugal s'aromatise avec 
le pichurim; son odeur tire sur celle de fenouil. Stoma- 
chique, antidiarrhoïque , et antidysentérique. 

RAVENT-SARA^ Epodia ra^ensarade Gs^nner ^ ^S^ 
ihophyllum aronmtîcum, Sonnerat et Poiret. Ses fruits et 
sa feuille odorante , contenant une essence analogue à celle 
du girofle; est une excellente épice, tonique , cordiale; a 
Madagascar : on en extrait une huile volatile. Forme une 
liqueur de table agréable aussi. On peut comparer cette 
feuille à celle du coulilawan, laurus culilahan y lut» ^o\\% 
deux originaires de l'Inde méridionale. L'écorce de ce dernier 
paraît être celle connue, il y a un siècle , sous le nom &e 
Tnassoy. 

a* MUSCADE et MAGIS, Myristka aromatica , La- 



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POLYGONÉES. * i65 

TDaaick , acad. se. i "^88 , page i68 ; et Thunberg et SQ^ner^u 

Arbre dioïque. On peut le rendre monoïque par greffe dei 

deox 86X65 , comme l'a fait Hubert à l'Ile de France , pour 

ne pas cultiver de mâles improductifs. Noix aromatique 

rougeâtre, dont la pellicule ou l'arille est le Macisy et qui 

contient une huile concrescîble , jaunâtre, volatile, o, o3i 

de son poids 5 est stomachique , céphalique, utérine, cordiale. 

L'huile commune de macis est faite par la macération de 

celoi-ci dans de l'huile. On nomme Guyamadou une huile 

concrète comme le suif, extraite des fruits de la mrola se» 

bifera, d'Aublet^ k la Guyane ; on en fait des chandelles 

odorantes ; l'arbre est de ce^e famille. Aussi la litsea sebi^ 

ferxt de Ju^sieu , le laurm glauca de Thunberg et la fève 

pichurim donnent un suif végétal; de même que Vajouea 

d'Aublet à la Guyane. 

Dans le fruit de l'avocatier , laurus persea , il y a une 
huile butyreuse agréable à. mapger, aux îles Antilles. 

MYROBOLANS D'AMÉRIQUE, fruits de VHernandia 
9onora élàidgera^ L. Ils sont oléagineux, peu purgatifs ; 
on fait une émulsion de leurs amandes. 

XXV./^0i^rG0iViéJB5.Herbesàtiges polygones, 
acides ou astringentes ; semences farineuses , trian-^ 
gulaires , flears apétales. Contiennent de l'acide oxa- 
Jiqae pur pu combiné. 

RHUBARBE, Kheuin undidaturriy L. et Rh. palmor' 
àtniy Li La première de ces racines est celle- de Moscovie; 
l'autre, celle de Chine ; cultivées toutes deux aujourd'hui 
en Europe. Purgatif, astringent , résinoso-extractif , vermî- 
foge; teint l'urine en jaune , sejrt aussi en teinture; contient 
del'oxalate de chaux. Le rheumcompactum,TLt.y est l'espèce 
de rhubarbe la plus communément cultivée aujourd'hui en 
France ; elle est tirée de Tartarie où elle croît ( Forster , 
f^oy. au nord 9 etc. ). Sa racine, plus pesante que les autres , 
parait jouir de propriétés médicinales plus actives et être 
plus ruineuse ; elle perd 6/7 par dessication. 

Le JRheum ribesy L., vient de Perse,. est nouvellement 
acclimaté, mais non employé ; cette espèce est peu p^rgative et 
très-gommeuse. La rhubarbe de Bucharie, ou de Moscovie, qui 
rient du rheum Mndwix/M/n, est en morceaux d'un beau jaune, 
tt dont l'intérieur présente desi lignes rouge* et blanches. 



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i66 POLYGONEES, 

de couleurs vives, une saveur amère , astringente ; une 
odeur ^eu désagréable ; teignant la salive en jaune, et 
craque sous la dent. Croît eu Sibérie. 

La rhubarbe des Indes ou de Chine, 2ï A. pcitrriatum^ 
arrivant par mer, est en morceaux, d'un jaune Éaïuve et 
sale , d'une texture plus dense , d'une couleur briquetée à 
l'intérieur, d'une odeur plus forte,- donnailt une couleur 
orangée à la salive; quelques morceaux fi^ont noirâtres en 
dedans et doivent être re jetés. 

Les rhubarbes contiennent un principe colorant parti- 
culier , surtout celles de Chine et de Moscovie ; ce pTÎncipe^ 
ïiommé caphopicrite, a été isolé pai* M. Henri, ballet, pharm* 
tome 6 , page 87. Les rhubarbes 4e France ont un principe 
résineux différent , quoique colorant aussi en jaune. Elles 
ont toutes de l'oxalate de chaux, selon Scheèle , et dupho5^ 
phate calcaire , du tartrate acide de chaux. 

On retire encore de la rhubarbe , mais de qualité înfé* 
rieure, du rheum hybridum: sa racine est ausai gommeuse. 
On peut manger les feuilles 4es rkeian unduloÂUT». et rAa- , 
ponticuiriy L. en Sibérie, san&en.^tre purgé. , „r 

Outre le principe anier colorant , analogue au tannin^ lea 
rhubarbes^^ offrent une huile fixe ^ douce ^ sélubfe à l'eÀer et 
àl'aloohol, de: la gomisue, un» matière amylacée, du fr 
gueux , du^ùriôalate de chaux, outre l'oxa^te^; un peu de 
sulfate calcaire. La rhubarbe de France cpi^tj^iu^ plus de 
tannin rougeâtre , beaucoup d'amidon , peu d'oxatate de 
chaux. On sait que le principe ^^rihgent domine dans les 
racines de rhubarbe qU^on torréfie. C^est alors un Donique, 
stomachique. Remède utile aux enfans. ' 

. RHAPONTIC, Rheum rhaponticum , ti> Originaire an 
mont Caucase. Racine .plus petite que les précédentes, 

{dus colorée, visqueuse 5 odeur, saveur et propriétés ana- 
og:ues, un peu moindres. Matth. Tilingii, Rhabarbarologiay 
Francof. Mœn. 1679,4^; 

PATIENCE, PARELLE, Herbe dite d'Angleterre, 
Rumex aquatièus ^\j, Tientsoufre , oxalatedê chaux et albu- 
mine végétale dans son extrait. Croît dans les prairies humides : 
racine dépurative, eccoprotique , employée coixtre les ma- 
ladies de la peau. Contient du soufre , surtout dans les 
pays froids,' conmie les Rumex patientia y i^€u%guineii$ y 
çriapusj cmutusy L., etc. La rhubarbe des mcoinca est U 



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ARROCHES. 167 

Rumex ohiusîfolîu» et alpinut^ L. , et smtoat le Rume» 
liippolàpatfmm , L. Se donnent, ainsi que ceux qui précé- 
dent , à double dose de la rhubarbe ; ses racines, purgent 
un peu , quoique astringentes ,. comme le Rumex patientia , 
t. Le Rumex crispus s^applique contre la gale^ , et s'em- 
ploie en boisson contre l'ictère. Tous les rumex ont des 
feuilles un peu acides, et contenant des oxalates. 

OSEELLE, Rumex acetoseUa et acelosa, L. Feuilles 
contenant de Poxalate acidulé de potasse et de chaux . toutes 
<mt des oreillettes. Racine apéritive, rafraîchissante. Aussi , 
le rum£x êCutatuAy L. , ou oseille ronde. 

RAISINIER A GRAPPES , Cbccoloba uvifera , L. De 
PAmérique , au bord de la mer ; donne un suc rouge très- 
Astringent. Cru à tort être le kino. Leur fruit est succulent. 

. CENTINODE , ou renouée , Polygonum aviculare , L. ^ 
yulnéraire , astringente. Les Polygonum, contiennent du 
tannin, et un principe colorant fouge ; leurs feuilles peu- 
tent fournir un bleu de pastel. Les graines de renouée s«)nt 
uès-vomitives et purgent. Leur odeur est nauséabonde , 
étant pulvérisées. 

SARRASIN , le blé noir, Polygonum, fagopyrumi^ L. Se- 
taences nourrissantes ; on en fait du pain et des cataplasmes. 
Apporté en Europe au xiv® siècle, selon Ruelle. Vieut 
d'Orient. 

BISTORTE , Polygonum bisêorfa^Ij. Racine génicufée , 
rougeâtrc , très^asjjringente. La ^ersicaîre , Polygonum per- 
iicaria , L. et le poivre d'eau , Polygonum hydropiper , L. 
sont vulnéraires , détersifs , diurétiques. La racine de la jîer- 
sicaire amphibie à été employée en place de salsepareille. 
Les nègres ^fument le polygonum hispidum , en guise d« 
labac, tabaquillo, vers tarthagène en Amérique. 

XXVI el XXVIL 1^ ARROCHES. Fleurs apé- 
tales; plantes émolUentes^ salines ; semences capsu- 
laires. a** AMARANTHES. Fleurs en épis colorés. 

i<> ÉPINARDS , Spmacia okracea, L. EraoUiens , hu- 
Biectans. 

POIRÉE et BETTERAVE,. Beta mlgaris^ et Betacich.^ 



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i68 ARRDCHES. 

L. Feuilles adoucissantes ; on tire du vrai sucre des rames 
de betterave ( Achard, Margraff). La Blette , BlUum car' 
pitatum , L. , humecte. 

ARROCHE, ou Bonne-dame, A triplex kortenêisy L. , et 
, VA triplex halymus , L. , ou pourpier marin , servent en dé- 
coctions émouientes j aussi VA triplex littoralis , L. ^ autre 
pourpier marin qui se mange en salade. 

BON-HENRI , Chenopodium bonus Henricus y L. Re- 
lâche le ventre. 

QuiN04 j ou petit riz du Pérou , Chenopodium quinoa^ 
Humholdt. Aliment commun des Péruviens et des Chiliens, 
selon Dombejr. 

VULVAIRE, Chenopodium vulvaria, L. Contient de 
Talbumine, de Tosmazome , une résine aromatique , une 
matière amère soluble à l'eau et à Talcool, du sous-carbo- 
nate d'ammoniaque libre , dit-on , et du nitre. 

BOTRYS , Chenopodium, botrys , L. , ainsi que la précét 

dente , sont aniihystériques. Leur décoction est utile dans 
les maladies de la peau, à l'extérieur. Odeur puante , vermi- 
fage. 

ANSERINE VERMÏFVGE, Chenopodium anthelmin- 
ihicum, L. Vient de Pensylvanie 5 est vivace. 

THÉ pu MEXIQUE, Chenopodium ombrosioïdeB , L. 
Stomachique , antîasthmatique. Odeur agréable. Se prend 
en thé. Le Chenopodium atriplicis , L. de Chine , à feuilles 
d'arroche^Ja ses pétioles et jeunes feuilles couvertes d'une sorte 
de poudre rouge pourpre , comme un fard, et peut s'en déta- 
cher. Le Chenopodium scoparium, Thunberg, anthelminti- 
que au Japon , comme le botrjrs. 

GRAINE DE CHOUAN, Anabaais tamariscifolia y 
Cavariill. , icon. , t. 3 , pag. 4^ , fîg. 288. Selon Desvaux , 
sont les sommités de cette plante d'Orient, usitées pour b 
teinture en rouge avec la cochenille. 

RIVINE, ou Herbe aux charpentiers, JRit^îna humi- 
lié , L. Est pectorale ; de Saint Dopiingue. Les racines 
de basella tuberom^ Bonpland, nov. gen. faac. VI. p. 189, 
ce mangent près de Popayan, et rendent, dit-on, les 



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ARROCHES. 169 

femmes très-fécondes. Les baseUa rubta et cordifolia sont 
aussi des aUmens pour les Américains. 

CAMPHREE, Camphoroama Tuonapeliacum ^ L. Sent 
le camphre; plante nervine, céphalique, antiarthritique. 

SOUDE KALI, Salsola hali et soda, et sais, saliva 9 
L., et sais, tragusj L., et autres, donnent du carbo- 
nate de soude par incinération (la barille d'Espagne ); 
çUe croît sur les rivages de la mer. Plusieurs Uhenopo^ 
dium et des j4 triplex maritimes donnent aussi de la soude ; 
comme les algues et varechs. Le Salsoaa trapus ^ L. , est sur* 
tout trés-alcalin. 

SALICORNE, Salicornia herhacea eifruticosa L. , for- 
ment moins de soude que les précédentes ; naissent aux 
mêmes lieux , sur les bords de la mer. Aussi , les anabasis 
ophylla dans l'Orient, les atriplex fialymus et jnaritimaj 
les chenopodium maritimum^ fruticosum^ setigerum^ la 
^aUcornia arabica^ les plantage squarrosa d'Egypte , le sur 
Tiana maritima de la Guyane, le bâtis maritima de la 
Martinique , la Reaumûria vermiculata en JBarbarie , et 
d'autres portulacées , ou des ficoïdes , comme les mesem" 
hryanihemum nodiflorum , copticum en Afrique , Vaizoon , 
hiapanicum ; ce sont des plantes grasses maritimes qui dé* 
Composent le sel marin , et dont les . cendres ont de la 
soude. 

PHYTOLACCA, Phytolaccadecandra, L. L'Agouman 
des bois , sert contre la morsure des serpens. La teinture 
idcoholique de ses baies sert en friction contre les rhu- 
mathismes* On mange, les jeunes pousses cuites, comme 
des asperges. Les vins du midi se colorent souvent avec 
ses baies. Plante à suc rouge; vient d'Amérique; ses 
feuilles sont un bon anticancéreux , dit-on. Les baies co- 
lorent en rouge, faux teint; purgent. 

2* AMARAKTHE , Amaranthus blitum , L. , Rafraîchit , 
resserre, comme les illecebrum^ L. \j amaranthus Jarini- 
ferua de Roxburg est cultivée dans l'Inde pour la nmir- 
riture. 

HERNIOLE, TURQUETTE, Hemiaria glabra, L. 
Vertus de la précédente ; passe pour très-diurétique , an- 
tinépbrétique ; aussi , la hemiaria hirsata, L. 



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17a LYSIMACHIESL 

XXVni. PLANTAGINÈES. Tiges Herbacée»; 
fleurs de la tétrandrie , en épis. Vulnéraires. 

PLANTAINS, IPlantago major ^ média ^ laticeolata, h^ 
Astringentes, vulnéraires; la Cokne de cbrf, PL coro^ 
nopuSy L.,. à feuilles divisées, a les. mêmes qualités.. 

' PULICAIRE, Psylliiun pulicariayJx&s. planiagopsyU 
hum y L. Dans le midi de la France on vend beaucoup 
de graines deplaniago arc/iana pour celles de psyllifun;- 
elles serrent k gommer les mousselines. Petites semence» 
noires, luisantes, mucilagineuses , purgatives aussi. 

XXJX. PLUMBJGINÈES.RGrhesicres.on^s- 

tringentes. 

^ DENTELAIRE, PTumhago europasa^ L. Herbe caus- 
iicpie^ corrosive;. des pa^uvres se font avec elle des ul- 
cères pour .exciter la pitié. On la croit utile contre le mal 
de dents. La /?/wm6, *caFicfe/i^, se nomme herbe au diable,, 
a Saint-Domingue , à cause de son âcreté • les pi. rosea 
et zejrlanica sont vésica^ites ,, en application, aux Indes^ 
Orientales^ 

BEHEN ROU€rE, Smtice Limeniumj L. Sa racine 
est astringente : usitée jadis dans la diarrhée , les bémor- 
rhagies, etc. É)n Russie et en Tauride, on .tauae fort 
bien le cuir avec ta statice coriaria^ L. 

XXX.LYSIM^CUÏJES. i' Fleurs inonopétales, 
feuilles entières. Plantes dépuratives. a** GZtOBU- 
jL^IRES, purgadves. ... 

1** MOUKON y ^nagallis arvensis^lj.y et les anagalL 
phœnicea et anag, cœrulea de Lam. On lui attribue des 
vertus imaginaires contre la rage, la mélancolie ,^ etc. 

fRIMEVÈRE,Pr/mz^.ç^'i>za7i«, L. est croie cépha- 
lique , anodine ; selon d^autres , expectorante ^ traumatique ^ 
de même que la Cortusa Matthioliy L. Celle-ci vantée^ 
dans lés ' maladies nerveuses , mais avec peu d,e\jsureté. 

LYSIMACHIE,» Ljfsimachia vulgarisy L* 



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POLYGALÉES. ,71 

îdlMMULAIRE, hys. nummulariay L. 

Astringentes et vulnéraires, un peu acres. 

ANUROS ACE ^[Jndrosaceniaximayh. Très-diurétique, 
dit-en. 

GRASSETTE, Pingidcula indgaria^ L, On en£sdtnn 
sirop purgatif. Elle guérit les gerçures de la peau. Le 
mouron d'eau, Samolus ifalerandi, L., a des propriétés 
analogues. 

a« GLOBULAIRE TUR^ITH, Globularia alypum, L. 
Sa racine est un bon purgatif: les autres globulaires pur- 
gent aussi. On peut les substituer au séné, selon Loise- 
leur des Longschamps. On emploie leurs feuilles aussL 
Ij^l globularia nudicaulis est amère , purgatiye. 

PAIN DE POURCEAU, Cyclamen europœum, L.; 

eu orihanita^ jolies fleurs; racines tuberculeuses; violent 

dra^qae, incisif, errhin, doit s'employer avec prudence. 

5on onguent appliqué sur l'ombilic purge et tue les vers. 

La SoLDANEXi^i. de^ Alpe4 9 Soldan^lla alpina, L. , a des 

prc^riétés analogues y^r s^s. racines. 

XXXL POLYGALÉES. Fleurs personnées , 
ou irrégulière^. Plantea béchiqùes , astringentes et 
atnéres, 

POLYGALA, Polygala.anmra^ t., et i^ulgaris^ L. 
Jolies plantes, laiteuses, amères, diaphorétiques. Usitées 
contre la pulmonie. 

SENJEKA, Polygalaseneha j L. Remède de la mor- 
sure àès serpens a isonùettes , en Amérique ; racine dia- 
phorétique et diurétique. Racine usitée,^ un peu acre et' 

ÏUfgativ^. Son é(^orce surtout est la plus active. On peut 
i remplacer par lePo^^, sangùinea d'Amer, septentro- 
Baie. Coinmerson a,trouv.é à Java le Polygala venenata 
dont les fleurs causent par leur odeur un violent mal de 
tête avec des étemuemens. On mêle queiauefois les feuilles 
de Polyg, iheezahs ^ Tu, y au thé, au Japon. 

RATANHIA , racine du Krameria triandra, Ruîz et 
Pavon. Racine grosse comme une plume à écrire , longue , 
roage foncée, astringente, dounant un extrait de roug^ 



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172 ACANTHES. 

de sông et trè«-styptique, propre à ftrr^r les kémor* 
thàgies; vient du Fërôu. La Krameria ixina e«t la ra- 
tanhia des lies Antilles. Commence 4 être employée. Sert 
aussi k teindre les vins. 

Le professeur Gmelin a trouvé dans cette racine-, tan- 
nin 43718 sur 10,000 parties , matière sucrée aooo, matière 
muqueuse très-azotée, 0,740 9 mût. muqueuse non azotée 
^À9^i fibre ligneuse, silice, carbonate, phosphate et sulfate 
de chaux, oxyde de fer. M. Peschier y a l'emarqué, outre 
l'acide gaUique^ un autre acide dit KramériqujS. Cette racine 
donne un quart de son poids d'extrait. 

EUFRAISE, Euphraaia offlcinalis^ L. Céphaliqae, 
ophtalmique. ! 

VÉRONIQUES. ' Les F'eronkU oMcinalis , ^idata, ^ 
TTiontarut^ arpensis ^ Jj. , etc. Sept vulnéraires, ineisîves, » 
diaphorétiques , antiphthisiques ; dans nos centrées , peuvent , 
remplacer le thé, comme la per^^ teifcrium, L., la pen 
chamœdrys ^lip , . . i 

BEGC ABUWC A , Veronka beccabunga , L. Aquatlqik ; 
est antiscorbutique, diurétique.' La peronicaanagtdlis.'^L.y_^^ 
est le petit beccabunga; supplée au, précédent qui .est 
plus grand 5 tiennent un principe acre, volatil, dé l'âlîïti- 
mine végétale , du àulfate de chaux , selon M. Planche. ' ^ " 

PÉDICULAIRE , Pedicularis paUistris , L. Est nau^ 
séeuse, acre, utile contre lés vieux ulcères, tue les poux, 
éOmmé la crête de coq. Hhinanthus criMagalli^ JL«., astrin^ 
gente et tonique , mais acre. 

XXXM. ACANTHES. Feuilles larges, fleurs per- 
sonnéçs. Herbes vulnéraires, pectorales. 

ACANTHE BRANC-URSINE , Acanthua mollis ^ L. 
Feuilles diurétiques , employées aussi en cataplasnleé nia- 
turatifs. (Belles feuilles , comme aux chapiteaux des coloiinei 
d'ordre corinthien ). Cité par Virgile. 

CARMANTINE, Jmticia adhatoda^ L. Arbuste ^t 
noyer de Ceylan, cultivé dans les serres : ses feuilles sem- 
blables à celles dû nojfer, sont purgatives ; font , dit-on , 
iaivorter. La Justicia paniculata , Willden. Sommités 
stomachiques ; entrent dans la drogue amère , dans l'Inde. 



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, 



JASMINÉES. 1^3 

HERBE AUX CHARPENTIERS , Justicia pectoralis, 
Jacqain. Fleurs rougeâtres, herbe de Saint-Domingue et de 
la Martinique : vulnéraire , résolutive , très-vantée en sirop 
contre les maladies de poitrine. Entre dans Télixir améri- 
cain. La Juêticia triflora , respirée ,e5t pectorale en Arabie. 

CRUSTOLLE ÉMÉTIQUE , Ruellia tuberoaa, L. , et 
d'antres de ses congénères, ont des racines émétiques, usitées 
à Saint-Domingue , en place d'ipécacuanha , par les nègres 
surtout* 

XXXIU. JASMINÉES, ou Oléinées. Arbres oû 
arbustes à fleurs monopétales , odorantes , feuilles 
opposées. 

JASMIN, Jasminum officinale j L. Fleurs recomman- 
dées contre la dispnée , et les squirrhes de Tutérus. Vient ^ 
d'isie^ Lie Mogorium Sambac , Juss. ou Jasmin de PInde , est 
trés-odorant. 

TROENE y Ligusirum pulgare , L. Ses fleurs en co- 
lymbe s'emploient en décoction et gargarismes contre les 
idcères. Sont astringentes et tempérantes. 

< FRÊNE A MANNE, de Calabre; celle-ci est une exsu- 
dation mielleuse du feuillage et de récorce du Fraxinua 
ormis , L. et rotundifolia de Miller , et d'autres frênes , dans 
les pays et les temps cnauds, surtout par les piqûres des cigales, 
cicxida orni , Olivier. La manne en aorte est plus impure 
que celle en^larmes. Celles dites, Géracy ou la plus sèche , Cor- 
2>acy ou la plus grasse et impure aveCdes larmes, viennent 
de Sicile. Formées d'un principe nenmié mannite, de ma- 
tière muqueuse, de matière sucrée solubleenPalcohol, comme 
la mannite, mais incapable de passer à la fermentation spiri*- 
meuse , et donnant de l'acide mucique avec l'acide nitrique. 
La belle manne est blanche , à demi cristalline ^ on la falsifie 
avec le miel et la farine. Purgatif doux , utile dans la toux* 

L'écorce du frêne , Fraxinua excelaior , L , est fébrifuge , 
diurétique ; ses feuilles sont astrii^entes. 

OLIVIER , L%uîle d'olives s'exprime des drupes de 
VOlea europœa, L. Les fèces- de cette huile , okum om^ 
phacium et amurca , sont astringentes , comme les olives et 
les feuilles d'olivier. L'olive pichoUM ou macérée dans la 



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1^4 LABIÉES. 

Saumure est la plus délicate pour manger. Là g<»mne d'oU» 

vier contient un principe particulier , Olwile de Pelletier, e«t 

unie à de la résine, un peu d'acide benzoïque. iJqkafror 

grana^ olivier odorant 5 ses feuilles servent pour aromatiser le 

thé. 

XXXIV. GATTILIERS. Arbustes ou plantes à 
fleurs monopétales, 1* en corymbe 5 2* en épis. 
Astringens» 

i^ AGNUS CASTUS , Vitex agniis castus , L. Arbuste 
originaire d'Italie : seâ sommités fleuries passent pour ré- 
frigérantes, antiérotiques, desséchantes. Le Tectona grandis, 
L. , de rinde , grand arbre de Tek • ses feuilles purifient 
Teau , servent contre les aphthes , Phydropisie. 

Les lantana caniara , aculeata et ini>olucrata , L. Jolies 
plantes à odeurs agréables , donnent avec leurs feuilles , une 
décoction théiforme utile contre le rhume , les faiblesses 
d'estomac 5 elles servent aussi avec l'alun en gargarisme , en 
Amérique , aux Antilles. 

tT verveine , Verbena ^cinalia, L. Herbe vulné^ 
raîre , s'emploie en topique rubéfiant , contre les rhuma- 
tismes ou. autres douleurs des membres , est aussi un fébri- 
fuge. La Verbena triphylla^ L., eiAloysia citriodora , d'Or- 
tégâ, a une odeur de citron , remplace le thé 5 croît au Chili. La 
verbena jamaicensis en décoction est astringente ; son suc 
purge, à la dose de 4 onces. On retire une résine rouge as- 
tringente de la Volhameria inermis , L. , arbuste de l'Inde , 
ainsi que de VAvicennia resinifera , L. , arbuste de la 
Nouvelle-Zélande. Peu connues encore dans les pharma- 
cies. 

XXXV. LABIÉES. Herbes à fleurs en gueule , 
liges 4-angulaires , feuilles et fleurs opposées, à odeurs 
fortes ; 4 semences nues. Plantes aromatiques , échauf- 
fantes. Tenant une huile volatile, souvent camphrée. 
Aucune n'est vénéneuse. 

SAUGES , la Sahia officinatia , L , ou la grande sauge , 
s'emploie comme sudorifique, échauffant ,ntile dans la para- 
lysie , le treioblement des membres 5 est cordiale , stoma- 
chique , un peu astringente avec le sulfate de fer. L'orvalle, 



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LAfelÉES* 1^5 

Ratifia sclm'ea^ L» , llionnm, S. horminuTn^ L. , là sâuge 
de Crète , S. cretica , L. , celle d'Ethiopie , œthiopica , L. 
Cultivées dans nos jardins 5 ont toutes des vertus analoguesL 
excitent le système nerveux , procurent une légère ivresse , 
servent contre les maux d'yeux, passent pour aphrodisîp- 
ques , etc. Selon Proust , on peut exploiter avaptageusenàent 
le camphre des huiles volatiles des sauges et des lavandes 
dans ie midi de TEurope. Il y a dans leurs huiles essentielles 
0, 125 de camphre^ sur 1000. 

ROMARIN, iÎ05mûrf/2w« officinalis^ L. Ses fleurs sont 
téphaliques , nervines , cordiales ; échauffent , fortifient. Son 
liuile volatile contient beaucoup de camphre , selon Kunckel, 
et 10 pour ï 00 selon Proust. 

COLLINSONIE, ColUnsonia prœcox , L. Vient du Ca- 
nada. Sa racine est employée conune la serpentaire de Vii'gi* 
nie, et s'y trouve mêlée dans le commerce. 

LAVANDE, Lavendula spica. L. Epis très-odorans, don- 
nent une huile volatile abondante. L'huile de spic ou spica- 
nord y se fait par Tinfùsion des épis dans une huile fixe; 
Aervine, antispasmodique , céphalique. Le Spicanard , 
est la racine aromatique de lavande. 

STÉCHAS ARABIQUE. , Lapendula stcèchas y L.; de 
TEurope niéridionale; a les mêmes vertus, est aussi diuré- 
tique. • 
* MENTHE CRÉPUE et POIVRÉE, MentJm crispa , 
indigène de Sibérie, et la Mentha citrala y y^ïïldenow ^ 
d'Europe, d'odeur excellente de citron, la Mentha gen^ 
tilis ouïe baume des jardins , la ]\J..piperita ^ L. Celle-ci 
lurtout produit beaucoup d'une huile volatile, piquante, 
chaude, qui semble causer du froid par sa volatisation, et dont 
on fait les pastilles de menthe poivrée,' est très-forte en Angle- 
terre. Stomachiques, digestives, diurétiques. La mentlie 
lauvage , M. sylvestris , L- , le baume aquatique , Mentha 
aquaticay L.^ qui est fort odorante^ le pouliot, M.puiegium, 
qui estunenunénagogue actif 5 le pouliot de cerf ,ilf. cer^ina, 
L., la menthe, autre baume des jardins , M. suaveolensl, ont 
toutes des propriétés analogues. Leur huile volatile contient 
les éiémens du camphre. 

MELISSE, Melissa officinalis. L. Citronelle, ainâ 
ttojKui].ée k cause de l'odeur. Céphali(|ae , utile dans les ^f- 



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176 LABIÉES. 

fections nerveuses cl hystériqaes. Le CÀUment, Meliasa 
ealaminiha ,L., ûdes propriétés analogues , moins marquées 
ou plus douces^ ainsi que le calament de montagne, Me- 
lissa nepeta^ L. ; tiennent peu d'huile volatile bla^iche. On 
lij^lle mélisse bâtarde , le Melittis melissophyllum , L. , 
le Jlfe/ww^ , plante apéritîve , diurétique, estimée. 

BASILIC, Ocymum basilicum, L., et ses variétés j 
d'odeur suave : on s'en sert comme émménagoguci 

SAtlRIETTE , satureia horUnsis , L. Plus acre et plu» 
chaude que la précédente ; vertus plus actives 5 teint en jaune. 
Eist vermifuge, comme la Thymbra spicata ^ L. , ou sarriette 
perce-pierre, ou satureia thymbra^ L. Le thym de cretb 
est la satureia capitata L, , est le thym des anciens* 

HYSSOPE, Hyssopus officinaUs^ L., tient peu d'huil^i 
volatile. Excellent antiasthmatique en infusion. 

THYM et SERPOLET , thymus Bulgarie et aerpiUum , 
L. Leur décoction déterge IçiS ulcères et calme l'érysipèle de 
tête. Gaub a trouvé du camphre dans leur huile volatile , 
aussi Cartheuser. 

ORIGAN et MARJOLAINE, Origanum bulgare et ma- 
jorana^Tu , amaracus des anciens et leur sampsùchus. Le 
camphre extrait, selon Proust, des huiles volatiles de ces 
plantes , n'e^ pas dissoluble dans l'acide nitrique. 

DICTAMNE DE CRÈTE , Origanum dictamnus , L/, 
célèbre vulnéraire cité par Virgile. 

LIERRE TERRESTRE, Glechomahedenaceay L., vanté 
contre les affections catarrhales. 

CATAIRE , Nepeta cataria , L. 

BETOINE, Betonica offîcinaKs y L. 

ORTIE BLAUCEEjlamium album et ori^cOla^Ij. 

CLINOPODE , CHnopodium vulgare , L. , etc. Les 
feuilles de clinop, rugosum , L. aux Antilles , sont eflScaces 
sur de vieux ulcères. On peut tirer une huile volatile de 
bonne odeur des sommités et de ses capsules aromatiques. 

Ces plantes ont toutes des propriétés analogues , échauf- 
fantes , fortifiantes ; en infusion avec le miel sont diaphoré^ 
tiques, discussives , font expectorer, passent .aussi pour ex- 
cellens vulnéraires. Le lierre terrestre est le plus usité : 



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lplq(iejlhqni?possè^ià.ulèl^)^^ ^trlngènteJ Le 

dictaDime^e Crète , i^élebre iKuloéraii-e et emméDiigogae âis 
mkns ^ la Moldaviqi|E yJjfn^çQcJ^haJkkm ntQlddviea j L-., 
jouit des propriétés de la mélisse : est usitée en Allemagne}. 

MABRUBE BLANC , Marrubium f>uîgare , L. , et 
paeiubhdictamnua , L. ^ yantée contre les maladies^ poï-r 

trine. \ 

BALLOTE, Battotànigrày eialbajTuAàÈdUoiaîanatàf 
L, usitée en Russie contre Phydropisie , selon Rebjnaoh, 

STACHYS , Stachys sylçaticay L. 

ORTIE PUANTE ; Guleopsie ladânum et G. gdleôhâo- 
hn, L. 
MAKRUBE AQUATIQUE , Lycopus eûràpoéiisy t. 

AGRIPAUME , CARDIAQUE , Leonurw cardiaca ^ 
Tnarruhiastrum , L. 

BOUILLON SAUVAGE , PhlomU fychnitù, L. 

Ce sont toutes déé plantes d'odètirs fortes, désagréables , 
plus ou moins ,qui sDUténiménagogues , ahtihy$tériqués , 
antiépileptiqUëS , dîi-oh , et vulnéraires à rextéri^Ut^ ; elles 
fcnt expectbrcnf, La' plupart sont des Vermifiigès actifs. 

$CORI>IÛM , Teàcrium scordium , II*. Ex(;^liept ^udo* 
rificpië, détersif , vermifuge. JLe jT* scorodqprç^?uniy l^. ou 
hvisse gerniandrée 5 le , Boriiy s , feuçriunt bqtry^ , Lr > 1«^ 
Maritm , T. marum^ L., q[ui passe poijr un excitant aphrq* 
àisiaqtie, même pour les cniats 5 o^^mèmes vertus , et la Sço- 
ftODOKÊ, teucr* scorodoma L. /est la s^uge dès bois. 

GERMANDRÉE, teucriuni CïiàmœdrjSj i^. eûlrETTE, 
T. cRaiHœhi&fa\ J^.y'éjù^'cïiarnœpitys dé Willa. Amères. 
6jyi(|u^', fébi^iftigfe 5 et aUflîsS le 1\ monlahuniy tV ou pb- 
limn de montagne, le T. poliuni^ L. T. creïicurn ou pd- 
liumdéCtèt^, etfc. Crue 'alexitèrès, aussi le iT. capitcÉtùm\ L. 




la*toq[ttie, aèuteÏÏariàgalericuïàîà \ L. , la çrapaudmey sidfi-*, 
niîs FiiôriiOna y L., sont ainères , astringentes , de peu d^odeur,- 
tt bons fébrifuges indigènes. Noircissent avec les sels de fei% 



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1,8 SCROPHULAHIES. 

XXXVl. SCROPHULMRES, ou Personèesi 

Fleurs personées de Tourncfort ^"^ graines renferv ' 

mées dans ttne capsule. Feuilles , i** opposées, a"* al- ^ 

ternes. Plantes incisives , atténuantes , nauséeuses. ' 

i" SCROPHULAIRE , Scrophuïaria aquatica et nôdosa, i 
L.ya]|gée dans les afTections scrophuleuses , les squirrhes^ 
les maladies cancéreuses, comme incisive, atténuax^te ^ sa* 
veur amère. La première corrige Pâcreté du séné dans les 
purgatifs. i 

GRATIOLE, Gratiola officinalià^ L., et aussi lapef^upiana^ 

L. Herbe aquatique, drastique, très-acre, usitée dansPhydro- - 

pisie, rictère; est aussi vermifuge. Tient gomme brune et 

résine très-amère purgative , une matière animale , ptiis de» ^ 

sels , comme muriate de soude , malate de potasse , oxalate el 

phosphate de chaux , selon M. Yauquelin. Son action dépend 

^e la résine amère. On a aussi employé cette plante contre 

la manie , selon Lentin. 

..■'■' 
CAPRAIRE, Capraria hijlora , L. Arbuste des Antilles, , 

dont les fleurs remplacenxle thé en Américjue. :, 

2** DIGITALE, DigitaUspurpurea, L. et la lutea, L» i 
La première, surtout, a été vantée contre Tépilepsie ; émétiqae ^ 
actif, très-diurétique, diminue Vaction du cœur, et ralentit la 
circulation ; vénéneuse à trop forte dose , utile à Vexlérieur 
comme vulnéraire; antîscrophuleux; contient un principe nar- 
cotique.L'alcohôl tire matière verte, vireuse, de consistance du 
suif, non annualisée. Ses c^endres donnent des phosphates, sul- 
fates , carbonates de chaux , selon Destonches ; mais on y a re- 
connu u» principe particulier alcalin, crîstallisable. 

La digitalis epiglottis^ de Brera, produit des effets plus 
doux que la digitale ordinaire. 

MUFLE DE VEAU , Aniirrhinum majus ; L. ELst utile 
contre les inflammations des yeux , eh topique ; sert aussi 
comme antihystérique. 

LIN AIRE, hinaria vulgari»^ Decand. jintirrliinurth 
linaria^ L. , et la velvotte^ antirrji. spurium^ L. Se donne 
comme désobstruante , diurétique , dans l'hy dropisie ; la 

})etite linaire, ant, minus , L., comme anticancéreuse , et aussi 
a cymbalaire , ant cymbalaria , L. On applique la 
linaire contre là strangurie 5 le mimulus liéteus sert conmi€ 
légume au Pérou. 



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SOLANEES. 17g 

XXXVII. SOL ATHÉES. Plantes vireuses, fleurs 
nionopétales, pentandriques, feuillage noirâtre triste:: 
l' capsules ; î^* baies. 

I* BOUILLON BLANC, MOLENE, Verhaàcum thap- 
-«V*, L Fleurs très-usitées dans les maladies ^de poitrine, 
même pour les bêtes à cornes 5 aussi , les verbaacum nlgrum 
^^ phlomoïdes centre la phthitÂe des bœufs; la blattaire, 
^erb. blattariày L. , qui, dit-on, attire les mittes, les 
blattes: leur semencç enivre le poisson. Les Celsla passent 
pour vénéneuses ou suspectes aussi. 

roSQUIAME, Hyoscyamus niger^ L. Plante tres-vi- 
reuse, cause des affections soporeuses et convulsives. Son 
extrait a été donné avec prudence dans les maladies ner- 
veuses et spasmodiques avec quelque succès. Des graines 
4e jusquiame , plein un dé à coudre , dans l'avoine des 
chevaux, les fait engraisser, et ensuite dépérir; secret des 
îûaquignons. M. Brande a trouvé un alcali végétal composé , 
dans la graine de jusquiame ; c'est V hyoscyamine. Appli- . 
çuée en topique , Igi jusquiame est anodine et résolutive , 
ainsi que Phuile de ses semences. La jusquiame blanche, 
du midi, hyosc. albuSy L. est aussi active; Vhyoscyamuit 
datora, For s\i, y est le bendjé. Ses semences font dor- 
mir les enfans ^n Egypte et Arabie. Sa racine paraît être 
le NÉPENTHÈs d'Homère. 

TABAC , Nicotiana Tabacum , L. On connaît ses usages 
et ses préparations variées. Ses feuilles , vertes , sont dé- 
tersives , acres , apophlegmatisântes. A l'extérieur , s'emploie 
contre les maladies * de la peau ; à l'intérieur , vomitif; 
sert contre l'hydropisie, la paralysie; s'injecte aussi en 
fiunée, par l'anus, dans l'apoplexie. Son huile empyreu- 
matique, très-acre ,• tue les insectes et autres animaux; 
aussi 'l'herbe de nicotiane verte , nie. rustica , L. On 
cultive la nie. latifolia^ L., pour le tabac. M. Vauque-^ . 
lin y a trouvé beaucoup d'albunyne animalisée, du sur- 
malate de chaux,, de l'acide acétique, des nitrate et muriate ; 
de potasse , du ngiuriate d'ammoniaque , une matière rouge 
soluble dans l'alcohol et dans Peau, un principe acre, 
Fola til, incolore, soluble en eau et en alcohol, donnant 
au tabac ses propriétés enivrantes, vineuses ; de plus udc résine 
Ferte. Le tabac sec tient du carbonate d^ammoniaque. 



;i2. 



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r8o SQLANÉES. 

Plantes originaires d'Amérique septentrional^ . I,.f s.Tamr«s 
4e Crimée cultivent la nie. paniculata de péférence, 
aussi la ruslica ep, Orient; la quadrivah^is de Pursh, 
Flor. amer. sept, tome i""^, p. i4i , »u Missouri. Le tabac 
doit subir un çonunencen^Len^ de fermeiuation p^ur eiâlier 
ses propriétés, lorsqu'on le fabrique; et pour cela, o^ 
l^umecte de n^élasse délayée* Le montant du tabac jjftp 
couba de la Martinique est^pjus agréabjç , à ea^çe qf^^om 
s'y sert de meilleure mélasse et d'un tabac ji4. ^n un pf^^a 
chaud. Le tabac d'Hollande est très^dou;x. 

POMME ÉPINEUSE^ Z)aû«m«^aTOWo»«/w, E. Graine 

dans une capsule épineuse, fleur en cloche* , !^rbe irès- 
liarcotiquje. il existe du nitre dans sou extrait, selon 
M. Planche. Ses graines, en poudre, dans le tab^c, causent 
un assoupissement funeste. Son usage à l'intérieur est 
mortel le plus souvent. Ses feuilles en topiques , et cuiies, 
sont très-anodines. Le ddtura metel^ L. , en Asie , est encore 
plus dangereux. Des^ femmes en font pr^adi^e à. leurs 
maris jaloux , dans l'Inde orientale , et pendant TivreiS^e 
qu'ils éprouvent, elles usent de la liberté, selon Mandelslo, 
Iter. orient, lib- 2 cap. 7 ; Joh, Matt. Fabec str^chno- 
mania. August. Vind. 1677, ^^^"4**- Le suc de datura 
strammonium s'emploie contre l'épilepsie et la, manie aux 
JÉtats-Ûnis. M. Brande a reconnu, dans la graine de la 
pomme épineuse un alcali végétal composé, qpi'il, nomme 
daturin, et qui est en quantité assez considérable. 

2^ MANDRAGORE , Atropa Mandragçm , L. , m^z/^^. 
offlcinalis , Miller. Excellent résolutif et anodin, à l'exté- 
rieur. Jadis sa racin^ a été regardée mal à propos comiup 
aphrodisiaque. Poison à l'intérieur • t}ent dç^^ Poxs^l^t^ de 
chaux. Fleurs bleues radicales. 

BELLADOKKE, Mrepa Belladénna, L. ijfeies déM- 
lères. Feuillea anticancéreuses , anodines en cataplasmes. 
Son extrait, donné avec prudence, agit dans les maladies 
cachectiques, dans la rage; paralyse l'iris. Lab^Uadonne 
contient, selon M* Vauquelin, une matière < animalisée, on 
principe amer, nauséabond, formant une conxbinaÎÂon in- 
•çluble avec le tannin, donnant de l'ammoniaqae , par 
le fettj des nitrate, muriate, sulfate, oxalaie et acéùite 
43e potasse* Elle ne parait pas receler le, principe acre 
dn tid>ac, 4it M, Vauqpïdiin, M» Brande y a déccmTertu» 



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SOLANÉES. ,8ï 

^cali variai composé; qn^il nomme atrcpin: le èUlfiltè 
d'atrq)m se forme en beaux <;risuux. 

ALKERENGE, Phy salis jUielengi^ L. mies âbtf'- 
D^hrétiques, lithontripliques , dit-on, aiuréliques dans 1^ 
/aimisse. Si elles sont froissées contre le calice en les cueil- 
lant, elle^ contractent une amertume nauséeuse ; purgent 

alors. 

MOREMiE NOIRE j. SolaniàH nigrum, L. Fèmlle* 
anodines en topique, contre TérésypSle et d'autres in- 
flâranuttiens de peâu^ et aus^i le W, insarkmiy L. , des 
pajrs i^ftuds. Voyez Dunal,; ma leà solarium. 

DOUCÈ-AMÈRE. Solarium dulcarhdra, L. Est dé- 
pnratiTé • àtile dans l^ydropisîe , les maladîies de la peau. 
Diwétt^e. JLes tiges seules sont cnti^lojées. 

POMME D'AMOUR, Sol. lycopersicum , X,. Baies ano- 
dines à rextérîeur. La melongèné, sol. m^longena^ L. 
Ses baies se mangent en Italie et en Espagne. Plante 
ïiMXotique, conune se^ congénères. On mange les feuîïles 
dW variété de solàn, nîgrum dans les colonies, sous le 
nom de brède. Selon Dunal^ il y a dès solahées à fruits 
plus où moins mangeables dans leur sarcocaiye ou chair^ 
tandis que la partie envîrO|nnant les semences est plus ou 
Jûoins nuisible. Les fycopèr^dcurn but i^es fruits rougeâtres 
de sàvewr aigrelette , comme les tottiate^. 

POWtatÉ DÉ TERRE, Solarium tuberosum, L.^ À plu- 
sieurs variétés. Apportées d^abord du Pérou par les Es- 
pagnols , vers le mUieu du XVI^ siècle , puis ensuite de 
Caroline par Walter Rsdeigfa., en Angleterre, vers la fia 
du même siècle. Donnent beaucoup d^amidou , et le quart 
de leur poids en mucilage. Une autre espèce , le solar 
num f^aîenjçuelœ^aéiéirouvée récemment en Amérique. Ses 
inbercules sont oblongs; le solarium montanum w a 
^ussl Sont diurétiques , selon Lobb ( Voyez Parmentier ). 
On en tiÉre èe^P«Icènoï, nibême aussi de ses baies ; la tige offre 
de la ife/6aa^j les 4eurs teijgfnent en jaune ; om. feît dil 
*agou de podittne^ de terre, etc. On obtient plus ou moins 
de fécule àes diverses' variétés de pommes de terre, selon 
M» Vauijuélin, H y a découvert aussi de Pasparagine if 
" y a de Talbumine végétale, du mucilage eh sirop épais j^, 
de Pacide tàrtair^ue, un parenchyme ou matière ubj^usi?^ 



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i82 BORRÀGINÉES. 

un peu nourrissante. Divers sels, carbonate, sulfate, hy- 
drochlorate, peut-être du sucre. 

Une analyse du suc de la pomme de terre donne de 
ralbumine colorée , du citrate de chaux , de Pasparagîne , 
une résine amère, aromatique, crystalline, en très-petite 
•quantité, des phosphates de potasse et de chaux, de l'acide 
citrique et du citrate de potasse, une matière animale 
particulière, selon M. Vauquelin. On a retiré aussi de la 
.gomme et du sacre de la pomme de terre récente, outré 
la fécule ( Peschier. ) 

CESTR.EAU, Cestrum venenaium , Lamarck , etoppoêitir 
Jblium, Leur suc mêlé au sang des serpens empoisonna 
les flèches des Hottentots Boschismans. On dit que le 
sang de tortue en est le contre-poison : peu croyable., 

POIVRE DE GUINÉE ou piment de lInde, Çapsicim 
a7imm2n,.L. Baies longues rouges, d'une âcreté brûlante. Sont 
irritantes, atténuantes, servent d'assaisonnemeiit , donnent 
du mordant au vinaigre, à Peau-de-yié, etc. ; le caps, groasurriy 
L. , aussi condiment aux Indes. Le capsicumfrutescensy quoi- 
que le plus petit, est le plus piquant 3 les caps, baccatum, 
caps, galericulum, etc., et leurs variétés, sont très-usités 
dans Tes pays chauds; on les confit au vinaigre: si Ton 
en ahuse,, il en résulte des obstructions du foie. 

C ALEB ASSIER D'AMÉRIQUE , Crescentia cujete , L.', 
et le GOUIS, Cr. lagenaria^ L. Aux Antilles. Leurs 
fruits ( qui servent de vase comme nos gourdes ) contien- 
nent une pulpe jaunâtre, piquante, peu agréable 5 usitée 
contre la diarrhée , Phydropisie , les bi^Alures , le mal de 
tête. On prépare un sirop de calebasse, très-renommé 
en Europe , pour son efficacité dans les maladies de poi- 
trine et les chutes: 4 onces de jus de calebasse purgent; 
son sirop nitré et acidulé avec le suc de limons est un 
excellent parégorique. Les calebasses cuites servent en ca- 
taplasmes sûr les phlegmons. 

XXXVÏlh JSORRAGINÉES. iPlantes humec- 
tantes, rafraîchissantes. Coroles monopétales, cinq 
étarftines , tige souvent herbacée , feuilles rudes au 
toucher. Plantes adoucissantes , humectantes , ou as- 
tringentes aussi. 

SÉBESTE, Cordia Sehestena ^ L. Arbris3eâu :à Ifruit pul- 



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BORRAGINEES. i«3 

çeuï/snrré, à noy^u, comme le Cordia myxa^ L. Usité 
dans les catarrhes, comme adoucissant^ humectant, lé- 
gèrement laxatif. On en peut extraire de la vraie glu , 
comme on le fait à Cayenne. Le Cordia geraacanthits , 
L, donne une sorte de Bois de Rhodes. Le premier croît 
dans PInde orientale, ce dernier aux Antilles. 

BOURRACI|E, Borrago officinalisj L. Fleur bleue en 
étoile, regardée comme cordiale. Ses feiiilles rafraîchissent, 
humectent, sont nitreuses. L'eau distillée a du sul£ate de 
chaux. Tient matière vcgéto-animale et nitrate de potasse. 

BUGLOSSE, Anchusck officinalia^ L. , et Âncfu angus- 
iifolia. Vertus de la précédente. Aachusa itaîica de Retz. 

ORCANETTE , Lithospermum tinctorium , DecandoUe, 
Flor. Franc. , n* 2716 , et aussi Vanchusa tinctoria ,\u. , et 
onosma echioides^ L. La racine de lithospermum tincloriurriy 
aelon l^elietier , tient une matière colorante d'un rouge brun, 
analogue aux résiner , mais donne de l'acide oxalique et une 
ïïiatière amère par Tacide nitrique : les alcalis la font chan- 
ger en un beau bleu. Estsoluble dans l'alcohol et précipitable 
par l'eau pure. Leur racine teint en rouge de lacque les corji 
gras , est apérftiv« et un peu astringente. Vient du midi de la 
France, Contient de l'oxalate acide de chaux. 

PULMONAIRE, Pulmonaria officinalis , L. Fleur in- 
fundibuliforme bleue et rouge , très-recommandée dans les 
maladies du poumon. — Les Rapettes, Asperugo procumr- 
Je/2«,L.; et Vohosma ecliioides ^ L. , qui teignent aussi en 
rouge. — Les Grémillets , Myosotis palust ris et aryensis, 
L, la lycopsis vesicaria^ L. , ont à peu près les mêmes 
propriétés. 

GRÉMIL, Lithospermum cffficinale^ïj. Graines diuré- 
tiques, adoucissantes. Donnent ^beaucoup de mucilage. 

HÉLIOTROPE, Heliotropium europasum^ L. Herbe 
aux verrues; les fait tomber en les ramollissant; relâche le 
ventre, prise intérieurement. \J heliotropium indicum, L., 
astringent pu vulnéraire à Surinam, selon Friis Rottboell. 

VIPERINE, Echium vulgare et pwlaceum^ L. Racine 
apéritive , un peu astringente. \J Echium rubrtim , L. , est 
I'Orcanette d'Orient, Jacquin, Litt.flor. austr.y tome^S, 
Append., tab. 3. Teint en rouge violet. 



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i^ . USERONS. 

. COTÎSOUDE, Symphytum (officinale , L. Racine àstnn- 
geùte , célèbre vulnéraire , consolide les plaies, arrête lei 
cours de ventre ; blanche au - dedans , noirâtre au - dehors ; 
saveur mucilagineuse. Le Symphytum consolida ^ Lr, estU 
gtande consoude. 

CYNOGLOSSE, Cynoglossum officinale ^ L. Fleurs bru- 
nes , racine btunâtte , blaûçhe au-dedaus , sâvjeur fade , mu- 
queuse , fljstringente , sédaUve , ainsi que celle d'autres es^ 
pèces copgénères. 

X;XXIX. LISERONS. Fleurs en cloches, tige 
souvent grimpante ou volubilé j herbes lactescentes, 
purgatives , arasliques. 

JA^iAP , ÇJonvolvulus Jalapa , L. , Ipomçea mqcr(frhiza^ 
Michaux\ Racine tub(erculeusj&, brune, riésipeùse, saveur acre, 
naùséusè. Tient, selon Pénry, et Félix Caâèt, u;ic^ onatiérq 
colorante brune , un principe sucre, de ï'amidpn, un âcid^ 
acéli<JOe bu malique , une matière albumineuse, de la résine 
et du ligneux. La dose à^u jali^p est de 6 à 4^ grains, 
li 'extrait aqueux de jalapest composé, selon Planche, de su- 
<?re,àè fécule, d'une matière colorée prune, et diacide acé- 
tique lîbte. ï^ùrgatif très-actif , et surtout par sa résine e^çtraite 
au moyen de Pàlcohoï. Vient d^Amérique en 1610, deXalapa, 
au Mexâjue. Elle contient axmi de k fécule nutritive et un 
extrait attaqués par les insectes. 

TURBITH , Convohulus Turpetliuxn , L. Racine I^ne ^ 
oblonguè, résineuse, d'bdeùr, de saveur, de vertus analogues 
à lia précédente , mais paraît plus acre , plus <^astique.^ Se tire 
de l'^Orîent. 

MEÇHpAjÇAN , 037zw/<^4^/ïf? JJ^^cAoa|c«n^ Racine 

blanchâtre , moins résineuse , moins purgative que les précé^ 
dentés , ' fatigue moins , est plus légère. Elle nous vient aussi 
du Mexique. Tient de la fécule. Le méchoâcan a donné à 
M. Félix-Cadet Gassicourt , principe huiïeùx soluble dans 
ValCool rectifié 2 , fécule amylacée 5o , albumine 2 , extrait 
aqueux t6, résidu 3o parties sur 100. Journ. Pkarm. 181 7. 
^of embre. 

SOIvD AKELLE, Conpolvulus Soldanella^ L. Rarioe três- 
cathartique , hydragogue , usitée en Allemagne. Naît en Eki- 
rope. Tige non volubilé. Se nomme aussi chou marin. 



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jfp 



LISERONS. i85 

f. Pknche a retire de 4 pncçs dp r^çii^c «de soldlinelle , ex- 
traitgommeux4gfos 36 grains, résine verte i gros 24 grains, 
amidon 3 gros 36 grains, matière ligneuse n onces, substances 
sflm^ 24 grains : le rest^ était eau et perte. 

SCAMMONÉE D'ALEP ou DE SYME , CbnpoÎPuàis 
&ûwnmp;iia,Ij. çtSibi;hQtp,2^ïbr.Gr<»cflB, tab. 192. Jadis 
tirée 46 la Myste* Sac laiteuK concret , des racines coupées 
de cette plante. Cette gojiune-résipe , cendrée , friable, doit 
se distinguer de celle de Smyri^e , plus noire ,et qu'on retire 
de quelques ap.oc3rnées( /^.fapaiUe43,p^!i9o). Est un violent 
drastique, mêlé souvent «^des sucs d'euphorbes ou^ithymiales. 
On l'adoucit par divers i^oy ens ( le suc de coings , ou la ré- 
glisse, ou la vapeur de soiifre enflammé). Pi^vérisée, c'est 
le diagrède.'des officines ; préférable à Celle de S^vrne, qui 
Tient d'une periploca. CeUç d'Alep est composée , selou 
BouiBon-Lagrange et Vogel, d^ résine Çq^ gomme 3, 
extraçtif 2, débris végétaux 35. 

USEROJfS D^ES CHAMPS, Gm^volvulm sepium et or- 
venais y L. Lesuç de ces pl^ijttçs purge Cojctemeiu. 

PATATE , Conpolvulus hatatas , L. , dont la iticine fari- 
neuse croît rapidement , eât un abment commun dan» les 
deu^ Indes , n'est point puijgative. Le conpoipuius chrysorhi-- 
«M* est la patate douce id'G-Taïti , et les Japonais mangent 
celle de oonpolpuhés edulia de Tbunberg* Tient çioins de 
fécule que la. pommée de terxe. Les corwohulus pandurcutua 
des Etàt^-Unîs , le conv. macrorhizos , à St.-DomiBgue , les 
conv, maritimus des Indes, le macrocarpus de Ja Miarti- 
nique, oT|t de grosses racines pleines de fécule avec une ré- 
sine purgative comme le jalap. Lt'Ipomœa quamoolit a aussi 
nne racine acre servant de sternutatoire chez les Indbus. On 
appelle rhubarbe aauvagç la racine de conv. panduratiis. 

BOIS DE RHODES , Convolvuîus scoparîus , L. Bois 
rougelitre sentant: la doso ; eit le vrai bois, dit roses, selon 
Masson et Bro^s^nnet,, ef: i^oi^ pas 1^ produii; 4u genista ca- 
fiariensis. On dit afissi q^e le copalme dp^çie un bois de 
roses, f^oy. au Liquidâmbar. 

CUSCUTE , Gi^çu^JEurppçeçb , L. Fikqix^ns entremêlés, 
«ans feuilles , plante parasite. Celle du thym est VEpithym , 
la plus estimée; son s^c purge;; appliquée, sert contre 1^ 
gale 5 est crue désobstruante. 



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i86 GENTIANEES. ., 

XL et XLL i'^ POLÉMONIES. Fleurs monopé- 
tales pentandriques^ corymbiformes. ^y BIGNONES. 
Fleurs irrégulières monopétales ; graines biloculaires j 
tige herbacée ou frutescente. 

lO POLÉMOINE, VALÉRIANE GRECQUE, Foie- 
monium cœruleum , L. Racine astringente et antidysenté- 
rique; vulnéraire célèbre Jadis. La Cohœa scandens^ Cava- 
nilles, qui vient de T Amérique méridionale , est une belle 
plante grimpante , d'ornement , à fleurs bleues. 

2^ SESAME , Sesamum orientale , L. Sa semence donne 
de l'huile bonne à manger , ainsi que sa graine, qui est vis- 
queuse , émolliente , pa^-égorique > utile dans^les coliques et 
les autres douleurs. On extrait deux livres de cette huîle de 
neuf livres de semences. Les nègres et d'autres mangent ces 
Semences en potage. L'huile sert aussi pour les vernis ; elle, 
est limpide et douce , ne rancit guère. L'herbe croît en 
Orient ; estnomvcièeJujeolinb , dans nos jardins ; fleur ana- 
logue aux digitales. Sert aussi contre la morsure des ser- 
pens. 

BIGNONES , FAUSSES SALSEPAREILLES. Les 

bignonia sarmenteuses , telles que les B. càndicans , B* 
sempervirenSy B.echinafa , L. , ont des racines vulnéraires, 
$udorifiques ; employées aussi en Amérique , leur sol natal , 
contre les morsures de serpens , et comme la salsepareille. 
Chisholm a vanté le suc de la bignonia opthtalmica^ instillé 
dans les yeux, contre les plus vives inflammations. Plusieurs 
bignonia ep arbre donnent des bois , comme l'ébène verte 
et jaune. La bignonia chica , Bonpland, fournit un fard ma- 
gnifique , en Amérique. La bignonia copaia , Aublet , à 
écorce purgative et émétiqué , sert , en infusion , contre les 
dysenteries, à la Guyane. 

' XLIL GENTIANEES. Corolle monopétale, 
herbes amères , fébrifuges , à feuilles opposées. Cap- 
sule, i"* uniloculaire , 2*" biloculaire. Plantes très- 
amères. 

La GRANDE GENTIANE , Ge/i^na lutea,!.., rubra^esi 
celle d'Allemagne. Racine épaisse , d'un brun jaune , très- 
amère, fébrifuge, vermifuge,^ntiseptique. Son extrait est très- 
stomachique, ainsi que sa teinture, dans le vin ouTacohol. On 



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GENTIANÉES. 187 

peut faire fermenter cette racine , et on en tire de Peau-de- 
vie dans les Alpes ; elle tient une matière analogue à la 
glu, une substance résineuse , unie à de Thùile volatile , 
d'odeur vireuse ou enivrante; un principe amer jaune ettrac- 
tif ; de la gomme unie aune matière colorante ; du phosphate 
de chaiix, selon M. Henry ; il y a du sucre ; Peau plusieurs 
fois distillée sur cette racine , offre une huile volatile blanche, 
butyracée ; en outre un acide libre , un principe nauséabond. 
Le principe amer paraît se rapprocher de celui que Tromms- 
dorf appelle savonneux dans Paloës. 

PETITE CENTAURÉE, Gentiana^entaureum, L. 
Jolies sommités de fleurs purpurines. Amer puissant , fébri- 
fuge et vermifuge ; sert contre les t)bstructions , la jaunisse, 
les maladies atoniques ; crue spécifique dans Phydrophobie. 
Chironia ceniaureum^ Lamarck , Erythrœa centaurium , 
Richard. ^ ^ 

GENTIANE CROISETTE, G. cmciata, L. Antisep- 
tique estimé ; amère , stomachique. Les gent, purpureUy 
punctata, acauUsy etc. , sont très-amères aussi. 

GENTIANE AMARELLE , Gentiana amareUa, L. 
Usitée dans les maladies du foie , les pâles couleurs. Aussi la 
chhra perjoliata y Ij» 

GENTIANE DES MARAIS, G. pneumonantlw , L. 
Moins active , mais amère , hépatique , ainsi que d'auties 
congénères et la villarsia nymphoides^ aussiXeC achen, amet-, 
fébrifuge des Péruviens , est la racine de la Gentiana peru- 
viana.; la centaurée ( Centory ) des Etats-unis est la chi- 
ronia angularis : elle est amère , aussi bien que la. frasera 
Walteri , de la même famille. Les Indous emploient la 
gentiana chiraita , Roxburg , comme un excellent amer, sto- 
machique et fébrifuge, et les Anglais danslTnde s'en servent 
également ; comme à la Guyane , on fait usage des couioubea 
purpurea et alba , d' Aublet. ^ 

, MÉNIANTHE , Menianthes trifoliata , L. et Mem nym- 
phoideSy L. Le trèfle d'eau, trois feuilles , jolies fleurs. Ex- 
cellent amer, antiscorbutique, fébrifuge, dépuratif. Usité 
en sucs , en infusion , en extrait , etc. L'amertume forte dû 
trèfle d'eau, tient, selon Trommsdorf , une matière féculente, 
eomposée d'albumine, 0, 75 , et résine verte soluble en 
alcohol , éther et huile , o , aS , de l'acide malique, acétate de 
potasse^ matière animale , extrait amer azoté , gomme irune^ 



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i88 APOCYNEÏ»; 

fécule blandie , selid>l6 à Peau boaHlante^et pré^ipitable^ 
refroidissemeaté 

2^ SPIGELIE, Spigelia anthelmia^ L. , laBrinvilliers, 
ct4§>. marilandica^ L. Herbes amères , un peu narcotiques^ 
vermifiiges usitées en Europe , nées en Amérique. La pre- 
mière passe pour un poison , racine et tige ; dite la Brinyi!- 
liers , du nom d'une empoisonneuse. 

OPHIORRHIZE , OphiarrhiM mungoê , L. , et hmceo- 
lata, L. Suivant Fordiahl et Btute, lettre t^cînes sont 
mnères, alexiph^icmaquejr^ usitées dans l^Qrient contre la 
morsure des serpens; sortes de serpentaires : aussi » la po* 
talia amara d'Aublet , k la Guyane. 

1LU\\.AP0CYNÉES. Corolle monopétale à cinq 
lobes , feuilles opposéeà entières ; arbustes ou arbres, 
ou herbes «ouveat lactescens. Graines^ i* avec coton, 
51° sans coton ; ce sont les Strychnées. Végétaux 
plus ou moins acres et dangereux, 

I* LATJWEÎR-ROSE ou laurose, Nerium oleander^ 
L. Prises à l'intérieur, ses diverses parties sont vénéneuses; 
aussi 5 Peau distillée. A Pextérieur , astringent ; feuilles an- 
tipsoriques ; entrant dans les poudres sternutatoirés. Il y 
existe un principe acre volatil.. 

COBAGA PALAouCropal, Nerium antidrsentericum^ 
de Bruce. Ecorce astringente de Ceylan et du Malabar. Est 
brune*-rouge , un peu acre et amère. Usitée «n Angleterre* 
lu'écorce éminemment antidysenterîque , légèrement acre 
et picmante au goût, passe aussi pour fébrifuge , mais doit 
être donnée avec prudence , cette plante étant suspecte» 
Une autre espace , le nerium tinctoriwn , Roxbnrgb : se% 
feuilles donnent un indigo avec la chaux ^ abondant* 

ECHITE ANTI VÉNÉRIENNE, Echites syphiUtica , 
Ij. A Cayenne. Sert , ainsi que ses congénères , en décoc- 
tion, agit moins dans les pays plus ftx>ids. Une autre espèce, 
VecfUtes loua , chez^ les nègres Mandingues , donne mt ex- 
trait véûé^eux pour empoisonner leurs flèches, selon Mungo- 
Pardk. Roxbitrgh observa aussi une ecluies antitfyaente^ 
rica de VIad« orientale , excellente contre- les cours de 
¥€»tr«. 



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APOCYIIEE& iSg 

DQMPTErV EHIN , jtsclepiaa pincentoxicum , L. Pbme 

MtantiÇy qffi excite uiie sueui: d'expresmn ; ente par là al«sK 

pknna<}ue, âmiliydrc^ikiue. On emploie sa racine , qui 

u'ent de l'axaJUxe de cbi^iiix et un principe acre* Est 

nn cynanchum, selon Rob» Brown. Est la racine d'kimn^ 

dinaria des boutiques. La racine d'asclepias procumbens 

est très^diapborétiqne , antidysentérîque. L'Ouatte , Ascle^ 

pias sjrriaca , L* uonne un lait drastique qui tue les ani^^ 

maax(i). 

ARGUEL, Cynanchum arguelj Delille, ^gjy^. Feuilles 
d'un verd blanchâtre, plus épaisses^^ que celles du senne , à 
snrfâce un peu chagrinée , purgent avec violence. Les^négo- 
cians du Caire , ont coutume de les mêler à deux espèces de 
«éimés., la cassia lanceolata de Forskahl , à feuilles étroites 
etaigiies {cassia acutifôlia , Lamarck ), et la cassia senna^ 
L , a feuilles rondes. Les proportions de ce mélange sont 
arguel 200 parties, senne rond 3oo , sehné long 5oo* 

ffÉCACUATfHA BATARD, Asclepias curas sainca, 
l. Fleurs jaunes , feuilles oblongues; Cptte racine blandiâtre 
des Antilles , est mêlée à Pipécacuanha ovdinaire , et bien 

S luar active que les autres espèces , asclepias prooer a y etc. On 
onne aussi à petite dose Vasclepias asthmatica ^ L. , de 
rinde orientale , dans Pasthme. Les asclepias decumbens 
et iuberosaj en Virginie, servent comme antidysentériq^es 
et s'appliquent en poudre sur les^^iîcères comme détersifs ; 
sont aufAL des ¥emxufuges. 

IIÎÉCACUANHA DE L'ILE DE FRANCE, Cj^nan^ 
chum Ipecacuanha , L. Willd. A des racines filamenteuses; 
est blanc, grêle, lisse , sans anneaux transversaux , est très- 
rare. Adonnera. Pelletier, émétine &,- gomme 35 , matière 
végéto^animalè I , ligneux 67 , point '^'amidiîm ni de matière 
gracie. Usité dans l'Inde orientale, hevynanchïim tomert" 
tosum, Lamarck , est un ipecacuanha- usité aussi par les 
Qûngulais» Le cynanehum* ifomitùrium aussi^ qpi'on croit 
^e la même planté que V^selepias^astkmaticai 

(i^es graines cotonneuses- fournissent le- duvet appela oualtt: On 
tire fbe Masse de^ ses tiges ; ses feuilles appliquées , sont résolutives. 
Johoi a tr««vé jdans B9D sii« » résin* 36y5o , substance ékstiifue', i2,5o , 
^otineux./^ , extractif 4 ^ acide tartarique tet albumine 53 pour cent. [IL 
y a. des phosphates dans les. cendres de la piaule. Ou dit qu'en une 
^lepioê fa^/îfm U^ait est dçux et sans danger. 



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190 APOCYNEES. 

se AMMONÉE D'EUROPE, Cynanchum monspelia- . 
cum, Ij.Soa suc concret purge comme la scammonée,mais 
est plus doux et se donne à plus haute dose , selon MagnoL 
Aujourd'hui peu usitée , se mêle aux scanunonées du com- 
merce. 

SCAMMONÉE DE SMYRNE, Penploca scammoniurrij 
Ij. Son suc 5 d'abord laiteux , brunit par la dessication; est 
bien plus violent purgatif, drastique, que les autres scammo- 
nées, ce qui le rend plus dangereux. Composée, selon Bouil- 
lon- Lagrange et Vogel, de résine 29 , gomme 8 , extractif5, 
débris végétaux 58. ( Voyez aux Liserons, famille 89, 
pag. i85. ) 

SCAMMONÉE ÉMÉTIQUE , le binnouge , Penploca 
emetica , L. Croît à Tranquebar , au Coromandel. Sa 
racine est une sorte d'ipécacuanha. Aussi, laperiploca indica, 
à Ceylan. ^ 

SCAMMONÉE SENNE , Periphca grœca, L. On re- 
cueille ses feuilles en Syrie et en d'autres lieux d'Orient' 
pour les mêler au vraî senne ; elles le rendent très-purgatif; 
il cause des tranchées et des superpurgations. On les recon- 
naît en ce qu'elles sont plus larges çt plus acuminées que 
celles du senne ( J)elil\e, \Egypt, ). Une espèce d'Asie , pen- 
ploca esculenta^ Roxburg , tome i , page i3, peut servir, 
en aliment. 

TUE-CHIEN DE VENISE, Apocynum venetum, L., 
est un poison dangereux 5 son odeur est forte , nauséeuse ; 
ses feuilles , avec de la graisse, tuent les chiens , les loups ^ 
les renards , etc. ^ . 

2° NOIX VOMIQUE, Strychnos nux vomica^ L. Arbre 
non lactescent , semences cendrées , en forme de bouton, de 
substance cornée , très-amère , émétique , funeste aux ani- 
maux , agit sur le système nerveux cérébral ; employée ré- 
cemment comme anti -paralytique à l'intérieur ; est aussi 
narcotique. Vient de l'Inde orientale. La graine , selon 
Despçrtes , tient matière amère , matftre colorante j aune , cire, 
poils ligneux , principe végéto-animal , gomme , d-u surmalate 
de chaux , fécule amylacée ; selon Braconnot , matière 8w- 
malisée , très-amère , huile verte , butyreuse , du phosphate 
de chaux, matière animalisée, peu sapide, matière cornée, . 
f t de la bassorine. D'après de nouvelles analyses de la noix 



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APOCYNÉES. 191 

TODwque, de la fève St.-Ignace et des bois de. Couleuvre, 
par MM. Pelletier et Caventou , ils y ont trouVé un principe 
âJcalin particulier , la strychnine , analogue à la morphine 
dePopiojn, principe éminemment vénéneux , amer , formant 
cies sek avec les acides 5 de plus un acide isagurique $ ma- 
cérées avec Peau , les noix vomiques fermentent et pour- 
rissent avec une odeur de vieux fromage. L'extrait de noîx 
yomï(pe aiYec.Vasa fœtida guérit les spasmes, selon Au- 
tenrietL 

FÈVE S AINT -IGN ACE , Jgnatia amara , L. Strychnoa 
igna/û, Lamarck. Du même pays. Forme d'une» noisette, 
analogue à la précédente pour les qualités ; d'une amertume 
Yiolente; cause des vertiges et des convulsions avec des 
Tomissemens , si l'on en prend. A guéri des paralysies , des 
fièvres quartes. Entre dans les gouttes amères , utile contre 
lescoliques d'estomac. Tient aussi de la strychnine. 

BOIS-DË-COULEUVRE , Strychnoa colubrinujn , L- 
Cause des tremblemens , est émétique , vermifuge, très-amer» 
*ïe, vénéneux surtout; mais, à faible dose, capable de 
guérir les fièvres quartes rebelles. Racine ligneuse , grise , 
couverte d'une écorce de couleur ferrugineuse; vient de 
Ceylan et de Timor, où l'on s'en sert contre les morsures 
ie serpens. Selon Roxburgh ( Plant, CoromancL tome i , 
page 8), ce bois de couleuvre n'est pas autre que celui de 
l'arbre à noix vomique, ou caniram. Au reste, tous ces 
ftrychnos ont des propriétés analogues ; mais la pulpe 
acide de leurs fruits se mange sans danger. Le bois de 
«erpent, Ophioxylon serpentinum L. , et Murray, a les" 
mêmes vertus que la fausse angusture ou la ferrugineuse , 
çui parait être l'écorce du strychnoa cohibrinum, L. 

Le bois du atrychnoa potatorum , L., très-amer , éclaircît 
IVau limoneuse , conmie celui du laurier rose. 

UPAS JlEXiT't, Strychnoa tieute, Leschenault {{:AnnaI. 
mus, , hiat. nat, , tome 16 , figure 23 ). Grapde liane , 
à écorce très-amère , fournit gomme résine , par ébuUition , 
poison afireux,rwpa*cfc/ava, ou ipo, de Bornéo,* dont on 
enduit les 'flèches. Ce poison, très-amer se prépare avec, 
l^écorce bouillie- dfc la racine, en extrait; on y ajoute de 
J'ognon , de l'ail , du poivre , du galaiiga ( hœmpferia ) , du 
gingembre et une graine de capaicum fruticoaum. Ce poison 
porte son action violente sur ui moelle épiaière , le cerveau ./ 



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igà HILOSPERMES. 

et eetme un tétanos mortel eiï peu! dlieùrès. Voyez aussi 
Vantietr ( famille des nrtîcéés ôli iiiàrîèrs ). Les animaux 
tués^pôf ces péisons', peuvent être xHeitL^és sànis danger. C'est 
le mélange de ce poisoti cfan^ le sang qui le rend le plus 
fune^e. Il paraît que le ticunas^ poison des Ariiéricains, 
produit par la liane cUrare^ est aussi une espèce de strychnoi^ 
d'après MM. Hùmboldt et Bonpland. 

Frangipa^ier , Plumeria, et le Taberné, tahernœmon\ 
tana citrifolia^ L., ont un lait caustique contre les verrues, 
en. Amérique. Le suc de cietté dernière peut aussi engourdir 
les organes. 

ST APELIES , Stapçlia artieulata ( Hort; Kew. tome i , 
page 3io ). Plante épaisse qui se mange écorcée, ainsi que 
Ja atapelia inoarnata , pilée par les Hottentots. Plantes 
d'Afrique , peu vénéneuses après leur cuisson. On mange 
également \es apocynum Indicum^ rasclepias asthmaticay 
Yasclepîas aphytta y a^clepîaa sîtpifacea ^ pergularia edulisj 
Willd., etc. Cîette qualité comestible est remarquable dans 
une famille de plantes vénéneuses. 

PERVENCHES, Vinca major et minor^ L. Astringens 
^&SQT, actifis , antidysentérîques , resserrent les organes 
6exuels; sont aussi expeetorans. Dans les pays chauds les 
plantes de cette famille acquièrent des* facultés réné- 
tieuses* 

TfOIX AHOUAÎ, Cerbéra allouai y L. et C. TJieveiia, 
L. Du Brésil. Ces arbres laiteux sont des poisons affreux. 
Leur^'semences eh formé de grelots se voient dans quelques 
droguiérs. L'étforcé de ceri^ra Twa/zg^fea^ est très-purgative; 
fruits vomitife; 

XLIV. HILOSPBRMBS, ou S^potiliebs. Tiges 
arborescentes î feuilles alternes, duveteuses, baies ou 
drupes, semences osseuses à graiid ombilic. Bois dur, 
fruit butyreux. 

BOIS-ÔE-PER, StdèYœcylûm \nemie, L. A récorce 
usitée comniéf atïtivéncriénne' et antiscorJ>u^tique^ Bois très- 
dur, d'Àtuén^è iMërtrbpicale. 

BEURRE^ DE' BÀMBA«4S e*^rah: par expression 
4e« aittwd«l*du:^ hàisi^bufyrnceà Rbxbufgh, asiat. res- 



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PLAQUEMIJSIERSu igS 

%archy tom€ 8, page 499- ) H T *^ àerix amandes cjn chaque 
drupe. Le be^re en est plus agréable que celui de cacao , 
et trés-blanc ; en Asie , celui du Bambarra , ,6ii Bambouc y, 
rapporté par Mungo Park ( P^oyag. inténd'Afn^ p. 352 ), 
est une espèce très-analogue. 

ÇAÏMITIER 5 Feuille d'or , ChrysophyUum ùamito y 
L. Les feuilles , appliquées par leur page inférieure verte y, 
sur une plaie , fonv suppurer ; par leur page supérieurey 
sojreuse , rougeâtre , elles arrêtent les hémorrhagies.. Bîi- 

çholsou V Sist. naL de St.-Domingue. - 

*' ■ • ' 

SAPOTILIER , Achras sapota , E. Semences apérîtîves , , 
usitées contre la grarelle et ies rétentions d'urine ^ d'Amé^ 
rique. Fruits excellens ou délicieux , comme ceux de Mi-- 
musops elengi , d^Imbricaria malabarica , etc. Le lait du* 
fameux arbre de la §ache , selon M. Humboldt , sert à nom'- 
rirles bommes ; cet arbre paraît être d^ cette famille^ 

XLV. JPLAQUEMimERS , oxi èbènJcès. 
Fleura nidndpétales , ' axiilàires , feuilles alternes j 
arbres à résines odorante^. - 

PLAQUEMINIER , Xe Dio&pyrôs lotus ,^ L. Ses fruits 
servent en aliment , en Orient. Lé diosp. kaki de Thun- 
bèrg ;1 ses: ÉruitÀ a» Jaçoj3i.9f>W< cbttlinè ^ôs. pttijq^s de:reine- 
chuie^i:JjQ dioap.virginùma donne une éc(H'<^e;,fébrifuge 
iians Jes;JÈ^tsrUnis d'Ana^riijuiç, he$ fruits, de ces arbres 
astringenè^d^Viennent blets rcoftxmeJes nèfles ; le bois d'é- 
bèiie /est.i^lui du diospyros ébenum , Linné fils. 

STdkAX CALAMITE ou STORAX SEC , enveloppé 
àansdes rosea^Ux. Découle par incision de ralibousiei". Styrax 
officinale , L. Arbre du midi.de l'Europe. Ce suc résineux , 
rougeâtre 5 balsaniique , d'odeur de benjoin, diffère du styrax 
liquide , contient de l'acide benzoïque 5 a une saveur acre, 
est tonique , balsamique , se dissout bien dans l'alcool , sert 
en fumigations. ( Styrax liquidé ; voyez au liquidambar. ) 

BENJOIN , Styrax benzoin , Jivjzxiàev { Phil. Trans. , 
tome LXXVU, part. 2 , p. 807 , tab. 1 2 ). On l'âlong-temps 
attribué à un badamier , Terminalia benzoin de Murrayj 
ensuite à un laurier, Laurus benzoe^ Laureiro , qui don- 
nent quelques sucs analogues. Le vrai benjoin croît aux 
îles de Sim^tra et de la Sonde, se retire par incision , se- 

l5 



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Ï94 ROSAGES. 

Ion M^rsden ^ est friaUe , dWe couleur rougéâtre, brune , 
amjrgâfiloJûle ^ employé, ou en l^migations , Ai pour lotions 
cosm4tî<|ues ( lait virginal) , ou à llntérîeur dans les mala- 
dies dé poitrine. Contient beaucoup d'acide volatil , cristal- 
lin, balsamique ; est Vasa dulcis. TLe benjoin contient , se- 
lou Buoholft y %6 gros 56 grains de résine , . 3 gros 7 grains 
acide^betttsoïijue , sS grains d'un i>aume analogue à celui du 
Pémn ^ 8;Crains d^^ principe aromatique particulier, 3o 
graine de iigBettx , et f>akiies hétérogènes. 

THÉ DE SANTA^FÉ 1>$ BOGOTA ^ Ahfoma iheœ^ 
Joffnii^^ >yil4finow ; Bçp^ prnijplia , Ortega ( Decfd. 
jpj^., tom^e }J^5 p. i3i , tal^. «y ,^g. I ). Ses iÇçiiUles ser- 
ve?|{ çô^n^^unéi^ent de tl^^ d^ns presque tou^je f^exip région 
4a l'Alnéi^que espagnole. IJp^ea finclpriçi de l'Anjérique 
fiept^ptrionale sert ^ jteîi^dre eif £auye. 

XLVÎ et XLVU. i** HOS^GES. Arbtfôtei à jo- 
lies fteika teriniijatea , ^feJiUses j|l$^.n¥S\, piflU^es. 
^^BRilUfÈitES. Sçuft-iâjrbri^eaiw Qtt.olwJf» àlieurs 
monopélales, axillaîres ou tetmm^je^ v Wi^4 0il ^ap- 
sule^ pQur fruits. Plantes ^ntihej^jj^tiaap 
irritantes , ou as Iringentej. ^ ^ -^^ * ' 

!-«» ^W&SA®E , BhodùâèrÉétmm. fipns^imuài^, ^L. , le 
Bh. jyokïiéUthj 1., est ûûttrïyrisdè&u d?6rneittéiità^ 
puritiés* è^t , comme te^ aUt^^^^èces dé -eè! |^nrei, très- 
ûsîté dàifts le Nord cotitue lëS'rh)»àiaâ3mi»o/4^;yAnia^>,'tes 
dartres ( S. G.Gtrielin ^tPàîlas ) y «ahcttà h^W^Jododin- 
drur^ phrysanifmm , L* , chez le^; Çpi^quf ^. Jl ^ivtçompe 
i^rjcptiqi;!^ ^ C^ii^ ivresse, dél|f;e^ sueii^jp, a^^ 1 

mi^0mjeiis ^ çépl^alaljjie suivie du sommeil . pt' aucr^on des 
rhui]a|tf^gs causés pairie froid. ï^ IfloMARn^' Mf Ê^^^^ 
JLèd^mjpatusfÇ^,] L. Odeur agreaplé dansff^ 'mère et q^^ 
écarte f^U3si les ï?^sf ctes 5 ceu^é ïiière est erifvrânte J^ 
neuse* h'qtazçaponticà , L. '^ jdq^ne iin n^îél Ven^^ 

2*' ARRQÎÎISIÉrV R-piN^ D'OURS, Uya z^m.j ^rhur 
fusupa urtèiylj. , (trctoi^tàpfiyf^^ ou Busserôle. feuilles 
ovales , coriaces , amèr'é5 et kiïtritfgcrites 5 trèç-Vanpées dans 
les maladies des rôîe^ urît^âirès , itiièinfe cbimrie/ HAon* 
trîptiques. Lés feuilles tiençeht du '^nnin , ttn pirii^èîpe iôà- 
gueux , de Textractif âùier ', de Pacide gaHii|tte, 'de la ifdtté, 
de là chaula ^ uti extractif pxigénàble. iJarbuti&^ij^drachn^ 



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el Varif. imedoy L. , ont des fruits astrinçens. Mojon en fait 
del'lMKHle-viie» 

iB{£LI^£^ Waièdniiérfh Ti^^rtilU^M-, lé*» ISamt^cAdiûm^t 
iésSidm»i)itjds y utiles d&fvi \b^ fi^vr^^ aâ^m^» ^t biliou««9« 
On p^tea fajgre du vin aÔjjLsi qu^ des CAifiimuKMiS^SfS- 5^ voc^ 
yiiis ù^oçov et ox^coçcua , h* d^ns. k I^ord* 

CAMAMMB 3 Mmpetrum nigrum , L. , esf âcife. * 

SARCOCOtLB^, Penœa sarcoçolla , L. et la Pen. mUrt 
cronata , L., , selph l^ergius. Arbustes d'Eth^op» et de 
Perse; leur gomme est roussàtre , sucrée , vulnéraire ^ a^trînr 
genu ; c'est fa sève desséchée , d'odeur aoisée : demiTtransr 
parence, solubilité dans l'eaù et la salive , amère, et un peu 
mmm^'^epji'^n^'m pmoip^ iiKrWulfisid^le ,. Ik ^rco* 
coUio,^ d^. Xhom^Q , tj/^nt 1^ na^u en^i^ si|£i^: ^pgfi vfm^ ^ 

VkWi^FfBW:^, Erim pulgarisev k^rèacea , et pnrpto'a^ 
cens y, \k. et^ 9 «m foni£|}€atî«n&i e|; e» bains' ^ sont-aritiviku^ 
iMtbmales,.an;tiparalj.tiq>iesi fŒ»ii$tte9r;iai^ , V(mipm^da 
plujolia 5 L. 5 Pàndromèdè a feuilles de poliupi. Le calîco- 
^^ > QU} èalJfniaibt^liab des Ëfats»-Unis',. est nn^ arbuste 
4çr<!^ d^p^^earciui: tn; infu^îo»* Seu dëcootion déiergela tei>- 
gfle% ^}^\ [^Miutdrameda^ mMuianai^ Lé ^Lea fbnillës àB^gaidh 
M^jir9aMi»iiâii»V^L^d^^ eirplaieo de>tkife) sontfSiamifr- 
lantes. - 

ï^ffliOILE^ Pypola rofundybUa^y'ij* ^ et les ômres espèces. 
âedk& TuinécaiDe , tarè^^^asân^é^ )&A'm L^ Pynoki'umb&iktt&^ 
irès-diurétique en Amérique septentrionale- , eiJ ajEitîsypWfi- 
tiqufi ; chimaphila de Ptir;sh^X%^,^iiS^'M^j/^a<^ t., a des 
feuilles ophtnalmiqiies en topique. 

XI.YUL CAUPJMIh^GmS. Iferbep^ÏM^s- 
centes, dépuratives^Cjwr«^r4giJièc*ç:, pHkt4€idri(Q(ua 
Feuilles alternes. 

RAIPOI^CK^ £7ain^aniJb iBopun^ l. On mange sa 

niriDA*; seebgi^qânesbpasiieiittpouB Qj^halmiqttesi, soU'fliie anti- 
<)t>49iqBe.; 

GANTELET, Campanula Tracheliumy'L.j recommandé 
e^OlP» V^i»Çjiie^feaAU*iwtiï»> teft>îfafla«toatoû»» de la. bouche. 
^Vfk^imm^^\àJa9icmeimofiiafm%'^ etAasJPfyrteuma 
Vif:Qkmf^mQMsulimvjyJjf.ymiyM^ y 

i5. 



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tQ6 CHICORACÉES. 

LOBÉLIEANTIVÉNÈRIENNE,/>)J^/fa^j^)r;Aitoîca,L, 

de Virginie, cultiyée en Europe, passe pour dépurative et 
antisjphilitique. Appelée la Cardinale bleue à caus^ de sa 
fleurs. La lobelia cardinalia est vermifuge par sa racine, la 
loBeHa caouchouc (JLunûï çt Humboldt^ JVbv. geti. etapec. 
fiaiscic. XII y p. 3o4) doime un lait concrescible en gomme 
élastique , à Popayan. Les autres lobelia s#nt des plantes 
d'Amérique septentrionale, telles que la lob. urensy dont 
râcreté est dangereuse , ainsi gue la loh. tupa, qui est véné- 
neuse. D'autres ont des odeurs fétides et un lait caustique. 
Les lob. longifhra et circijolia nuisent aXissi; la lob. injlata 
is'emploie contre la leucorrhée. 

XLIX. CHICORACÉES. Fleurs composées, 
synanlhérécs ou syngénèaes , souvent jaunes , herbes 
lactescentes , dites apéritives , dépuratives , à feuilles 
alternes , à semences , i"* sans, a!* avec aigrettes. 

ip CHICORÉE ENDÎVE, Ckhorium endivia , L. 

CHICORÉE SAUVAGE, Cix:. entybus, L. Tient beau- 
coup de nitre, selon M. Planche , et des muriate , sulfate de 

Î notasse. Excellent apéritif, hépatique , atténuant, utile dans 
es fièvres, semences dites froides mineures. Racine torréfiée, 
sert conmie du café dans le Nord. 

LAMPSANE, Lapaana communia ^ L. S'applique sur les 
^namelons écorchés, est analogue aux précédentes pour les 
autres propriétés* 

CHICORÉE BATARDE , Catananche cœruka , L. Ver- 
tus de la précédente. 

» • 

EPINE JAUNE, Scolymua majcalatuAy L. Sa racine peui 
irem!t»kcer cefle du Chardon-Roland. 

oP se ARIOLE , Lactuca acariola , L* 

LAITUDCULTIVÉE, Zac<wca «a/iVa, L. 
- Plantes rafraichissantes, adoucissantes, légèrement ano- 
dines et laxatiyes , abattent les ardeurs de Vénus ; semence» 
froides mineures. 

LAITUE VIREUœ, Lactuca pi^aa, L. Tige épineuse, 
vieuiltes d^un vert glauque 5 est très - narcotique et anodine , 
^ause des vertiges | mm appliquée est très-adoucissame. Son 



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CHICORACEES. 197 

fâu distillée eat an hypnotique assez efficace. Son extrait sert 
maintenant comme utile succédané de Topinm k double dose» 

CHONDRILLE, Chondrilla juncea , L. Herbe tempé- 
rante y apéritive. 

LAITRON ÉPINEUX, Sonchus asper, L., te Laitroh 
DOUX, S. tenerrimus y L. , aussi le S. oleraceus, L. , ou La- 
ceron, et les autres espèces de ce genre , ont des yertus ana- 
logues aux précédentes, tomme les Picria^ Crépis y Pre^ 
nanthesy Hjoseris^ L. , etc. 

Laitrons alexitères. Pursb a remarqué qu'on employait 
âyec succès , contre la morsure des serpens à sonnettes, le« 
Sonchua floridanua, Prenaniheaaerpentariaj Liathris squar- 
rhosa, efficaces aussi dans les inflammations de poitrine, 
dans rAmérique septentrionale. Le Prenanthea chondril- 
ioîdea exsude a ses racines une sorte de gomme - résine rou- 
geatre, examinée par Georgi(il[/e/72. ocorf. Pétersbourg, 1779, 
pag-68). 

EPERVIERES, Hieraciwn murorum^ L. , et sahaudum^ 
XiPUoaella^ et Auricula , et paludoauTn,lj,, etc. 5 plus 
amères que le laitron épineux , pms utiles, comme apéritives, 
dépuratives , un peu astringentes. 

PISSEiNLIT, Leo7}todon taraxacum, L., Taraxacum dena 
leonia, Lam., et ses congénères; est très- apéritive, rafraî- 
chissante , diurétique. Crell ( AnnaL chim. , lll , p. 1 27 ) y 
a trouvé de la matière sucrée , non moins que dans celle <£e 
gentiane jaune. Sucre fermentescible dans les racines ; acé- 
tate de chaux dans son extrait. Le Pissenlit bulbeux ^ Z. bul" 
boauay L. 9 a des racines adoucissantes , anodines. 

SCORSONNERE , Scorjionern hiapanica , L. Bon tempé- 
rant, apéritif, léger diaphorétique et diurétique, et aussi ses 
congénères acorzonera humilia et scorz. purpurea , L. Le 
Sersifi, dont la racine adoucissante sert en aliment, est le 
Tragopogon porrifolium, L. La Barbe de bouc, Tragopogon 
pratenae y It. ^ a ae même des racines nourrissantes, apéri- 
tives ; on les croit utiles aussi dans les affections de la poi- 
trine. Les racines et jeunes feuilles de Cardouille, Scoty" 
nma hispç^içua , L«, se mangent. 



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> 



fleurs flosculeuses en tèteaj i** calice épineux^ a*" non 
^neux. 

I ^ BARDAKE ^ Arctium Lappa^ L. Bacioe Ji^kée <:oatre 
les mialadi^s de peau 5 diàphoretique , déptiiirfivè. 

CHAKDON-StARIE, Caj-dims mananus^Xj. Zst cmi 
pectoral^ ant\pleurctii|ue9 apéritif. Est le Selybum marianm 
de Gœrtner. 

ARTICHAUT ,'Cimmz scolymus^ L. , et le Cardon , Ciru 
caf^unciUu^ , L. Apéritlfe , diurétiques , et par là scmt sup- 
"posés aphtodiâdaqnes. 

'CARUNIES 5 Varlinà acaiilis et vulgaris ,X. tWurétîques 
iet diaphorétiquesi La blanche est la première j sa rascine «e 
confit au sucre , sert comme aphrodisiaque ; contient de 
l'oxalate de chaux. 

ARTICHAUT SAUVAGE , Onopordum acanthiumyL 
Vertu conmie les précédentes , est astringent. 

CHARDON ÉRIOPHORE , Onicus eriophorus , L, , et 
le Chardon auxhémorrhoïdes, servent dansles tuoieurs sçiir 
rheuses. Ju*Ëchinops strigosus., X. Safleur ser^ pour ^lûadou 
en Espagne ; car elle a une bourre cotonneuse. 

•CHATÏDONNETTE, j^trastytishumiKè.^igùttimpra, 
\j. 'Celle-ci est de Crète , vertus anàlogtieîs i lîeHés du 
Chardonibéîiit. Leurs fleurs cailtemleldit, comme ïes pré- 
cédentes. D'autres donnem aussi une gomme exiracto-amèré. 

'CARTHAHE, Safran bâtard, Carthamua tiadofiu», 
Ses fleurs tiennent extr^^ctif colorant jaune,, jrésine, cire par- 
ticulière, couleur rouge dite carthamitey du sulfate de chauï 
^t^epmadse , d«$ muvmte et acétate 4e f»oiasse,^r^lai^&sfour 
DeipK. Originaire 'rt^Egypt^ m ^te'C. 'fo#wa«a* , L.îL«s8ettrs 
>du premier ^s^veMt en teiAiUfi^^^es sem#n6éis «^»ft paiK^- 
'tives parihMtt iet par feas , ^ttuisétft à Pé«tc«iac ; 4e s««md a 
•des racines déptiratives;^U4isitée« ; a*€$t fe^dhai*MiiéBit 
-des i^af tâieti«. ^ 

2«; S3«l»ÊTEv Verrattila tlnbtoria'éi S. arvmml^y<i^ ^ 
Cipèiumceri^ênseAe Lamarëk ^ 'm'itiëraires : 'cette derflfe'c , 
nommée Chardon A^^worAcûaff^^poirte -des gâIÎ\*$^oauiii?s 
par un diplolèpe. Vantées cônmie astringentes. La SerraUdO' 
spicata est un bon diurétique aux Etats-Unis. 



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GORYMMtÈRE^ 199 

BLUET, Centaiirea Cyanu^ I|j. Astringent: l*ean di&- 
tîQée sert contre les inflammatiotis de;» jeux* 

BEHEN D'ORIENT , ÇenUmtea beh^ y L. ou MUt^nm^ 
tkum ,be7ien. Racine amq'e , de Syrie. 

JA6ÉE DES PRÉS, Çentaurea Jacea , L; A^triiigéiiMLr 
utile contre les gonflemens-dés glaudes tonsiUaices. 

JACÉE AROENTINE, C. stoèhe, L. Vertu 

GRAJÎÇE CElVTAtJRÉE., C. Çfntaurium 
caire^e«tringent«^ çjatidysentériqjre; , comm'e I > 

•^unére ou im Rhapontxc, Ceni. qmara^ L. , c 

CSARDOOy ÉTOiLÉy Cak^ntpa stellatn^ LmArcky 
CehMutèiiûaieiimpa , L.^ Tient gomme , rééiiu? , 9ù})9tAVii^ 
mAoÊèèle 9 une couleur verte , sutfate' et murifite de'potii»(e et 
chaux , selon M. Figuier. Le Chardon bénit, C benedictaf, 
L. Cnieu^ henediciu^ y Gasrtfi. , ^i tient du nttj^. !^ur^ 
racines sont très-diuréti^es , regardées cp^^f^p limouprij^ 
tHfàes y dé^ol^struaiites f sont sj^èjp^», tôui^Ui^s et fem- 
/uges. 

. LL CORYMBIFÈRES. Heites à flwr$^oaTTipo- 
sées, i"" fldscateodedy k sèmenceSi» aigreUéôs ; 21'' ra>- 
diée» , à semences aig^^fté^s; 5^ radiées, rioa aigref!- 
tées; 4'' flosculenses , ritoft aig^mëes ; 5^ radiées , à 
semenee^ ai/iec deâts oa écailles. HeiHK)e6 odorantes, 
soavend fétided ei amèires. , 

i^ CACALIÉ, CacaUa aJpina^ L. et C saracçnica » 
11. Ses feuilles j:ec()j^miandée s dans la toux ^ leur suc adoucit 
la goi^e comlrte le suc de régîîsse ; la prenèii^re cfô8t près 
clés Bois , éh jEtitopé. La Çacall'a ànt-eitphotbkijfh , tu 
Contre-priiSoh des* éupKorbes. 

EUPjiypHig P'^yiGENKE, J^uj)(^rlifm ACfnnabh 
num , L, Saveur un peu aiu^jre 5 odorAUt)^ , lion Uepatique 
^v apéritif. Tient malate et phospliate de ctaux , nitre , 
résine , sèlod Bi^aéonnot ; sert dans les caoliexiés, lesca-^ 
tarrhes et toux ; est aussi diurétique , ^vtflnétttitfe. Sa» racine 
^st un pur^ijr4rAsl,ique. JM^ jgwjuatitjues. 

A^A^t^k\Eûpdmrium âya-^ana^ VenteBati Tourée 
mrles ri^^cteif'AupLaïiDine , natiwjlisée' k Qtarf'envuè y et aux 
lle^ de France et de Bourbon. Plante très-vaniée conir« 



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-lo'o CORYMBIFÈRES; 

{presque toutes les maladies , surtout de làr poitrme et de 
'estomac ou des viscères abdominaux. Ueupat. perfoliatum 
^st fébrifuge aux Etats-Unis. . 

GUACO , Eupatorium satureiœfolium , <ie Lamarck, 
^ikaniaguaco de Willdenow, célèbre contre-poison des 
serpens, par son suc instillé dans la plaie , où bu ; guérit, 
selon Mutis et Humboldt j les nègres et même les présene 
infailliblement , en s'en frottant. Saveur amère , odeur forte, 
tige volubile , selon CàvaniHes ( Anal, de Scienc. nat , 
tome VI, p. 3i4)« Vient d'Amérique méridionale. L'eupato- 
rium perjoliatum , L. a une puissance fébrifuge très-active 
^n Aïncrique. Elst émétique en décoction. iJeupatoràim 
dalea^lu,, a l'odeur excellente de vanille dans ses feuilles 
sèches: les EiSpaguols les substituent avec succès à la va- 
nille. 

PIED-DE-CHAT 5 G/zopAa/mm rf/o/cw/n 5 L..et tomen- 
tosum , L. Sur les montagnes calcaires. Fleurs recommandées 
dans la coqueluche des enfansf léger astringent etdiaphorc- 
tique. 

STiECHAS CITRIN ou IMMORTELLE JAUNE, 

Gn. Stœckas yLi. et luteo-album. Sommités usitées contre 
les fluxions du cerveau à serosd collu{>ie , et dans les obs- 
tructions. Aussi j le gnaph. arenarium , L. 

HERBE A COTON , FUago montana.h* eiàrvensis, 
L. et le Pied de lion , Fil. leontopodrum ,. L. Qualités de 
la précédente ; sont aussi astringentes, discussives en to- 
piques. 

CONYZE, Convza squarrosa , L. On fait un onguent 
contre la gale, le farcin, avec ses feuilles et sa racine 5 dans 
le vin sert aux ictériques. La conysé de Flnde est anthel- 
mintique, croît en lieux aquatiques. Conyze vulnéraire , 
Conyza sallcifolia , Lamarck , est un célèbre vulnéraire à 
rîle de Bourbon ou Mascareigne. 

CHRYSOCOME , Chysocoma linosytis ,Tu., est anthel- 
mintique , désobstruante. 

2*» ERIGÉRON, Erigeron acre et canadense , L. Pas- 
sent pour diurétiques, lithontriptiques; sont bons vulnéraires, 
naissent en lieux secs. Aussi VErig*, philade^hicus, le* 
liatrié , etc. 



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CORYMBIFERES. aor 

ASTERy jister amelju^ y L. Feuilles discussives, Vul- 
tiéraires, résolvent les tumeurs ; est utile aussi dans l'angine. 

VERGE D'OR, Solidago virga aurea L. Vulnéraire ce- 
Jéhre, diurétique, utile dans Thémoptysie. 

AUNÉE^/m/Za.-HefcmMm, L. Racine aromatique, un 
peu amére, acre, tient Vinuline, et huile volatile concrescible, 
fécule , extrait , résine , albumine, acide acétique ; carbo»- 
^late^de chaux et potasse en ses cendres, selon Rose et Funke 
(JnnaL chim. 76, p. 98). Excellent tonique, diaphorétique , 
stomachique , utile dans Pasthme ; à l'extérieur sert comme 
antipsorique ; est aussi un remède utérin, et employé dans 
les maladies exanthématiques. L'//^z^Zû&odo^a, L., d'Italie, et 
celle du Cap de Bonne-Espérance, sont plus aromatiques. 
Vin. dysenierica , L., est un tonique très-actif dans le flux 
de ventre. La PuLicAïag, In. pulicaria , L«, éloigne les in- 
sectes par son odeur. 

TUSSILAGE 5 Tuasilago farfara , L., et aussi Valpina 
ou Pas d'AwE , sont très-employés comme expectorans dans 
la toux, l'orthopnée , comme en fumigations aqueuses. 
Leurs feuilles appliquées diminuent les inflammations; utiles 
sur les ulcères scrofuleux. Le tussilage tient sulfate et mu- 
riate de chaux en fleurs et feuilles, selon BouUay et Planche. 

PETASITE , Tussilago petasites , L. Herbe aux tei- 
gneux ; ses feuilles appliquées guérissent les ulcères. Fleurs 
irès-diaphorétiques , poussent aux urines , utiles dans l'asthme ; 
sa racine ' est un remède contre les tœnia , vers solitaires. 

Ambavelle a fleurs bx anches , Hubertia ambavilla 
( Senecio , L. ). Arbrisseau. Fleurs employées en décoction 
par les Nègres contre la syphilis ; le suc de ses feuilles dé- 
lerge les tilcères vénériens. Des Iles d'Afrique. 

SENKÇON y Senecio vulgaris , L. 

JACOBÉE, S. jacobœa, L. 

Herbes utiles appliquées en cataplasme contre les inflam- 
mations, les douleurs de colique , et en gargarismes dans les 
maux de gorge. 

JACOBEE DES ALPES, Sen. doromoum ^ L. Sert 
dans l'asthme en infusion théiforme , en ^unigations aqueuses ; 
fleurs jaunes solitaires. 



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ao2 GORYMWFERES, 

ŒILLET DINDE , Tagetee fiatuîa y L- Soh sHcdes* 
séché sert dans les maux d'yeux j mais Vodeur forte de U 
plante annonce des préj)riétés actives , analogues à celles du 
Souci. 

ARNICA, Arfdca montahà , L. Fleui^« dîscussîves, 
stemutatoires, atténuantes, poà&s^iit à' lu pi^a^ et aux 
urines , quelqûefeis fontyocnir; tcès^usitéès Ams les chutes 
eu les cofqps ^ croisBent sûr les montagnes de Svâsse et entrent 
dans les vidovérair^s , Faltramck. Tie^nnieiit aeide IMbre, ana- 
logue an çtUi^ue y aelon Bouilkm-Lagrange. 

DOROTfIC, Dà^wncum parddiianches , L. Ses racines, 
d'odeur aromatise, sont dfeenssîvés, nûlSèti^nt Yénéneuses, 
caùùne Pa feit st^àéet uti etréùr ée sytkoivyinie des an- 
ciens ( Conrad Gèsùer )• I^s chasseurs *des Alpes en 
prennent contre les vèrti^s. 

3° SOUCI ,x;alenduta6ffîcinali8 , L. Fleurs âmères ^'on 
croit cardiaques , hépatiques, utiles dans Tictére ; sont dia- 
phorcliqiBEis, emménag^^jfué^. L'eau (Cstilfâe sert pour les 
maiiSLiL, d'yeux» 

PAQUERETTE , BeiKs perenhis, L. Grand vulnéraire , 
en fomentiatîowi. Prise en salade, lâche le ventre. Racine 
dite antiscrojA-nJeiise. 

GRANt)E Marguerite , Chjsanifiemum ïeucanthe- 
rnum^ Li eiCh. segeUmyi^ Herbes discussives, attenantes, 
en topique ^ se donsext aussi contre la jaunisse, l'asthme, 
Porrikc^àiiée* 

MATRÎCAHtÈS, Matricetria pafihenmiiZj L. , Pyté^ 
îiikritmpartketmu»^ Vtû\d. , et la caokomiixe sauvage , M* 
ckamorniHa , lu. Serbes actii^s comaoïé jetomérfa^og^os , et 
contre la flatufenoe, ITiystérie, Les «pB«aes des coliques; 
servent en c^iapIaiSûie ^ e A nfâcttOBS anèsi ^^n hùn^âsiMS le 
calcul des reins, etc. 

4« BAUME ou HERBE ftU COQ , Tanacetum Balsa- 
mita , L. , Balsamita suapeoîens , Dtsfont. Feuiilfes odo- 
rantes, stomachiques , cordMcs, <îépW%««fe , ut^érinKs ; sa 
graine est vermifufçje: Cfe crtiît qttô Cette bei^]be déwruit la 
qualité vireuse de Vopium. 

TAFAfêlE^ Tiàaimeitim pUigtxte^ L. Amâitw^^l^^' 
^sKBxim: yiittsiikfae i eiU aussi féhri£ti^ : 0^iii&9g/tQGfi$wles 
coliques venteuses. 



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CORYMBÏFERES. ao3 

ARMOISE, j^rtemiëia ifulgaris, L. Sommtés Simt uté* 
liiies fort ftctites ^ en décoctioii , en iiânis/ Braocmnot y a 
trouvé une matière «méfë attûnaflisée , 0t«ne huile veiatile 
odorante. On s'en sert conune un huxlàxfmtricpk ethjçty-- 

«ondriaque. 

MOXÂ , Ariem. mneaeiê ^ L. et Vji^ loMHfptWaa 9 L. 
d'Âffiqtte^ Xte duvet de ieure ieuilles efit te -ntôta â^nt oa 
Irûle des mèches sur le lieu de la goutte,, dee «rbuBoa*^ 
tismes , etc. ( Chev* Temple ). 

AÛRONE MALE ouiciimoiîELXE,:^ri. at/to/aaeizra^X. 
eiArtem. campestris ^Xt» Ses sommités 'très-discussives , 
antiseptiques, Yeri^iifuges, xoni^es. Dotineot couleur vefteà 
Palcool. Aussi ^Vartem. procera, Willden. ,, la remplâLCe. 

SASiTOlA^^^Ari. aanU>nixmei Art. mmÊra^ ii. ott Sc^ 
men contra/Les graines sont un puissant ^fftfHiiétige.'Ii/ârr^ 
temisiapalmgtaàe Lamardi -doDne^ IutétJe«eB2«iH;oatraxpe 
les autres espèces. La bai*botine ou sjçnxentine verte est Vart* 
judcdca , L. Usitées aussi cotftre les -veft lomirtics j^e ttï^ent 
tontes de TAsie Inineure. • 

Herbe blanche, A^icmàsiamaritin^ , tj^ 9 0i(^WUh 
ritimaj Desfont. , plante «nïête. 

ABSINTHE GRANDE, Art. Absin&îafn\ L. î!î:C)eï- 
lent stomachique , splénique et hépatique ; Son âmretttune 
excite Pappétit , dissipe les empâteniens , les langueurs ca- 
chectiques ; est antiseptique, fébrifuge , vermifuge. La^rânde 
absinthe , selon "Braconnot , tient , outre ï'eau et Sbre li- 
gneuse , huile vola^l^ verte , ma tîère résiniforme verte .( ou 
chlorophylle ), albumine., fécule particulière , înâtière fési- 
niforme très-amère , matière animalisée p^u $âpîdè , aiatfe 
extrêmement amère , un acide végétal partictAiet , des ni- 
trate, sulfate et muriate de potasse. L'aibsirithe sre nomme 
aussi Alirynne. 

ABS. PONTIQTJE ou ««MMTŒ , Art, porutiM , L. ou 
PETITE ABSINTHE, est nomuiée Serkis , on -{^laiite 8e beéute , 
en Orietit , où élfe^emploie comme trti coffru^tigtte. 

A. DES ALPES. A/it. riipestris , L. ou Génépi Manc 5 
ce sont aussi les.a/"^. rmUelïlna etqrt.^çtcïàlis , L. Le gé- 
népi noir est Varl. ^ica/a , Wild. , jet\[arl&/U' vaUesiciMa 
Lam. ^' 

A'. MARINE „ arL maritima ^ L, 

"Estimées comme la précédente j ont des veiftus peu dif- 



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io4 > , CORYMBIFÈRESk 

férentes. Oh en confit quelques-unes ftu sacre : usitées 
pour prévenir Miydropisie. Le génépi est l'absinthe des 
Alpes la plus estimée. C'est VArtemiaia cœrulescena^ 
Murray, fébrifuge en Italie. 

ESTRAGON, Art, Dracunculuê ,1.. Originaire du Nord 
on de Sibérie. Cultivé 'pour assaisonnement ; digestif , exci- 
tant l'appétit 5 échauffe , provoque les règles, Sdissipe les 
vents, etc. , 

SANTOUNE G ARDEROBE ou AURONE FEMELLE, 
Santolina chamœcyparîssus , L. Eloigne , dit-on , les in- 
sectes; ce qui n'est pas sur ,• selon Réanmur 5 mais bon ver- 
mifuge ,amer^ d'odeur pénétrante. La santolina fragrantis" 
aima , Forskahl ( Fhr. arah. , p. 147) 5 ^^^ ^^ puissant réso- 
lutif ; son suc antiophthalmique , est vermifuge : odeur très- 
forte ; vient d'Orient. 

50 CAMOMILLE SAUVAGE , Anthémis arvensis , L. 

CAMOMILLE ROMAINE, Anthémis nobilis, L. 

Les fleurs de lu seconde surtout sont un remède excel- 
lent dans les colimies flatulentes d'estomac, les afièctions 
spasmodiques , l'hystérie; poussent à la peau et aux urines , 
usitées aussi en cataplasmes résolutifs ,maturatifs , danç les 
bains, pour les calcideux. Elle donne, outre de^ la résine et 
du tannin , un peu d'huile volatile bleue, par distillation. Son 
eau distillée n'est point amère. La Stei^iafebrijuga du Mexique 
est une sorte de Camomille propre à chasser la fièvre par 
son amertume. La Camomille romaine est un fébrifuge , 
estimé. On emploie la camomille puante on maroute 
anth. cotula^ L. dans les accès d'hystérie; calme les 
spasmes , passe pour utile dans les écrouelles. Les crapauds 
aiment cette herbe. 

PYRËTHRE, Anthémis pyrelhrum, L. Crott en Cala- 
bre, en Crète; sa racine brune, blanche en dedans, est 
d'une âcreté piquante , sialogogue , utile dans les maux de 
dents ; employée aussi dans la paralysie , dans les poudres 
stemutatoires. Eist,, dit-on, excitante et aphrodisiaque. Ra- 
cine contenant inuline «t huile acre, gomme, huÛe fixe, 
principe colorant jaune , d'après M. Gauthier. Cette racine 
maniée fraîche produit une sensation de froid suivie de 
dialeur vive. v 

GEIL DE ^ŒMV.Anthem. tincloria.'L. Est vulnéraire. 



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CORYMBIFEJIES. ao5' 

i fleurs jaunes, apéritive, teinta en jaune. L'œil de bœuf 
épineux, BuphtJuùnmrn spinosùm ylj-' , est vulnéraire, s'ap- 
plique avec succès sur toutes les inflammations. 

MILLÈRE CONTRAYERVA, Milleria contrahierha^ 
LamarcketCayanilles, plante du Pérou, ^flaperia de Jussieu: 
elle teint en beau )aune, est amère. y 

MILLE-FEUILLE, ^chillea miUe-folium , L. , et ^. no- 
biKs, Lu Astringente; usitée dans les hémorrhagies; est 
tonique et vulnéraire. S'emploie aussi en topique dans là 
céphalalgie, les tumeurs, etc. Ses sommités usitées. Les 
achillœa inoschatay L., Wild. , aciu atrata^ L. , ax:;h^ 
nana, L. , se donnent pour lé généi*i, grand vulnéraire 
des Alpes suisses, selon Haller et Murray, Apparat, me- 
dicam. Voyez ci- devant les absinthes. L'on prépare en 
Orient avec les sommités fleuries de. Vachillœa falcaia, 
Forskahl, une teinture alcoholiqùe conjtre l'hypochondrie „ 
remède très-usité. 

PTARMIQUE, Ach. ptarmica , Li. Sa fe^e en scie, 
mise dans ^ lé nez, fait éternuer, ainsi que sa poudre. 
Saveur acre. La mille-feuille odorante , ach. àdorata , L. , 
sent un peu le camphre. Puissant vulnéraire et astringent. 
On croit qu'Achille s'en servait pour guérir les plaies. 

L'Eup AToiRE DE MÉsuÉ , OU Vach. ageratum , L. , odo- 
rante, est stomachique, cordiale, céphalique. Ses fleurs sont 
«mployées. ^ 

RIDENT VERRÉSINE, Bidern^ tripartita, L. Odeur 
forte ; est hépatique , vulnéraire ; appelée aussi eupatoire 
femelle bâtarde. La verèe^ma ^a^ïi^,Roîburgh, donne 
dans l'Inde de l'huile à brûler , par ses semences. 

ACMELLE, SpUanthua acmena^ Ij.y^cmella maur' 
ritiana de Persoon. Apportée des Indes orientales^ est, 
dit-on, un puissant diurétique qui guérit de la pierre, et 
contre les fleurs blanches ; sert aussi conune diaphoré- 
tique, atténuante, anodine. On use .de ses graines et de 
êes feuilles en thé. Le spilanthus o/l^rocea, L., cresson 
DU Para en Amérique, a une fleur antiscorbutique', de saveur 

Îâquante , et fait saliver , comme la sigesbechia orientalis , 
e coreopsia bidens, etc. 

SOLEIL, HeliwithuaannuuSj L. Graines noires , Hui* 
Ifiiu^i» donnent une émulsion pectorale, rafraichissantç; 



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:^o6 MPSACEES* 

mangées ei» àboBàsnce', elias fou^suJiàla iéte;^ks:geiiae9 
delà planteî cvke y^xâ^vem Vapp^tit vàHtrâir, dU*ou«^PlaiHe 
nitreuse. ^ 

TCtPJMAMBOlM^ He&anihus tuberosuè , X. Vient d'A- 
xmèMVBjULQy coDune le précédent^ sçs^nucines nourrissantes 
«ont très-diurc tiques, et donnent de fodeur à Turine, cas 
leur& fleurs distillent de la tëréJjçntUin^^ 

AMB&06IË MARITIME, AmbMmt^, mctritima, L 
Ea Tôscanis 7 répand &me odeur ^ eardia(|aev céphali^pe , se^ 
loa Boi^haave^i astringente, d'après GaJiienit et {Hoscoride. 

Pprrr GLOUTEROTT, LAMPOUlff)E^ Xanthium 
struTT^ariu^, L« JB-acii^e, ain^re^». ant|scropliuleuse et ànti- 
cancéreuse. 

Ml. I^PBj4CÉES. 1^ Ffeîïrs^ aggregées dans lé 
cîrltee- 2*» f^ALÉRIjÊNÉES. f^leara, séparées. 
Feuilles opposées. 

l ° se APIEUSE , Sfcahiosa grv^nais et s^lyatiça , L. Ses 
£ei|ill,e^ ^'eippl^ient dans ks maladjes, dé peau 5 pla.nj;e dé- 
juré tj^e, usitée^ aus^i diajis les, affections du DounÊï,Qn,, et 
çpnii^e iWgiae, 

: SITCeiSE,, 5ft)RS DP t>4ABLE, &ai..;^p^,^ L, Sa 
i;^iM. txo]»^é,i^ eisit vuiiie^jtfe; ^c& fei^^î^ ^ig^ent ^^ 
bleu comme le pastel; ont les vertus de la py/éçédent^ç. 

CHAftDQW^ A ¥QUW«S , pîpm^ fitfiibni^p^ J^, , et 

à ca^r^ . . 

Racip^ fitjrew;^^ WWratjTjÇî, éiMX^a o4eur. fovie dje> n^A^^st 
tr^5?r5«4arifiquf;, ,dm?:étiqpe^ 4i3Lti«^g^(jguç.;,.fy^ la, vue, 

.<;lï^«f8e, Jks^ifer*, gsiçse sq^ui; yquK ^tv^ antiépjlieptiquç., 
fV)<^n^ Ja «ub^iUc^j i^tjlq dans ûs, ufvi:95ps,; paraît, çob.- 
liÇfljjf d|i caipglM;^,, çpnMue^ ie^gr de^x suiiii^nj^s. Tient del^ 
fi&çwlp, ui\ |)iri»QJf!e. splui)^ à l'eau,, ^on dans l'éther m 
Vi^lçflJxol^ et. .q^^^ le^ dis»f>tmîi3ns métailiwe» 

^non ïa gélatine. Trommsdorf y ^ trQu^yé^n. outjre 5efc 
résine noire, ujie,I^uile volatile, vqrdàt.|;e^ canmhréej de 

"î^albunvqe v^étalè; et du nitrate de potasse. Voyez Du- 
frcsne. Histoire natur. €t^ médicale désFalérihnées. 



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RUBÏACÉES. ^07 

VALÉRIANE SAUVAGE, f^afer!>ife , Li Sa racme 
eu poudre se donne dans les maiisdl«$ spasmodtqnes ; to« 
BÎfieacûC GeHe raciae .«t$( jr««h9rc1p^ ilps (Xrije^^mr^^- 

m le Mccftàr db Vîrfjk* 

WARp CEUnOÛEi ^it/«r* ceûfert et w/wm», L. Crok 
snr nos Alp^s j en St^)^^ Gamiole* Sa i^acîne-et ses feuilles , 
stomachiques, djéii^ques pnissans. En A&i<|ue on en fait 
impa^M^'COshiétii^e, tonique. La* ^fcfifer. m^ntànay Îm, , 
a^ les ihêanes qoaBtës. 

, SÏÏÇ4 IJABD .p^ vrai, Jri[^kriamj(ita)nansi\ 
Ëoxburg (^jisiaiîc research» tome 2 , p. 4o>5* J?^^ «Toiles, çj 
tome 3 p. io5 et 4^3 )* Tiges, sobuaiteii >t r4<^îpes ^rès-» 
odorantes : usitéeâ diii^ Wttdoustait contrp épîtepsïe , hys- 
térie , affections convtrtsites * peut 5'ei«]^Io;^r ^aàs« icbtttrè 
W fièyres nervetisea essentielles, . • , \ : * ; 

L'ancien iiAftp pss Bitiin3A&K«$. e^ I^n ^M^kjgrjg^ 
;&^-de .Dufiréne.. . .«..li.î . .>. ^'.i-. >» ;. . -.-/î.,!, 

MACHE, yalef. hcmia oKtona,'t.^'ft^)n^te éù Ml^dé; 
rafraîchit,' ftunîec'te', étQl^,.f^aler^rielp^^,t^^ Jtr^sieul 
On mange eu 'ÎS^itè'une' vaWipîààë'4ijti^e; ' '*' 

tlqiie9;^0i^li^moh«ipéUle ; ieniUes^ifiQaécft^on rer» 
tieîIKes; 1^ tige fcèrfcpëô^ «emisâc^ iôapsttlkii^s j 
lierbéâ ,aiprét3gtiçà r^ Hige arbiàtfecëtrtç 5 cap^^les 
pa fruits ^q^y^è^^W^'its: PlaSit^ â^ripgentçs, to- 
piques ç!t ^4r.e;^;>;t^^^^^^ 

ASPÉM^Ll ^^RAW£E^ uispëf^od^tHa^, Ta Met 
pati^ne'/tét liéf^t^^^n^^ pé«ir l^titéiibiiÀy «B^ox4q[W»^^ e^ 
topiqàe. Uqa ^ré ëid^i^cfev^, 'tM^mr^ Lw letit 

^îkpe* >,-•-•'•'.■ — . r • . . 

CABLtEI/AFi' JïfetHÏE , iShUa^ uePism, L. LejcaiHe- 

lait blfi^nc , Ga/^uryL mollugo , L. et les es^éoeé, vofeiarta;, 



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ao8 RUBIACEES. 

agissent sur le système osseux , eu colorai^t le phosplmte 
calcaire coinme la suivante. 

- GARANCE, Rubia tinctorum^ L. Racine rouge tei- 
gnant Turine même de ceux qui en prennent , ainsi que leurs 
os 5 saveur un peu astringente, est un très-bon diurétiqt^ et 
apéritif; usitée dans le raçUtisine. Tiges et feuilles cou- 
vertes de crochets. Tu oldsnlandia nmheïlata y et la racine 
de rubia manjith^ Roxlwrg , teignen^tles nankins de Vlnde, 
et les calicos , de çoùl^iMrbankin.X^e;s plantes sont aussi apé< 
ritives , emménagogues. Les racines de Morinda umbellata 
et citAfolia , dans rjnde et aux MoluquêiSt , teignent eu 
rouge et brun , ainsi ^ que le patabea coçcinea, VHyârO' 
philax maritima , etc.* 

GROISET'f E^ Valaniia cruciata y L. Vertus des caille- 
lai ts, ;. aussi , la j^rardia arvensia^ L. 

2àO IPÉCACÙANHA GRIS ^ ou brun ordinaire. CalHr 
coàcà ipecacuànfia de Gomez et Brotero; C^A^Z/s emetica 
de Persoon ( exclus, synonym. Linn. et Willd. Lùinoéak 
JTranêacL , toni. YI ,,,planqhj5 XI ) ; Ip^çeacuariha fiisca 
de Pisonct Mi^rçgrave/H y^en a des racinef grises.^, d'aii- 
tres brunes, à épi^erme fen^Uïé ^ïi agneaux : cet/épÎT 
^..'^.erme se sépare aisément du bois bu medituUium, qui auiié 
qualité moins active. Vient du Brésil etdù Pérou, selon Jttttis. 
Sert d'émétique à la ddse d'unacirupule,, saveur aïnèr^.pB 
y A des variétés grises , rouges •• d'autres gris-blsmc^jt 
cassure résineuse.^ P^.^Ji^^ à Panalyse.de son épidern^e j paf 
réther , matière crasse 2 , matière;vpmïtive ou éméune, 16^ 
cire végétale Çl * gomnie i o , amidon 4^ , ligneux 20V des 
traces d'acide gfallique \ : le bois de cette* racine contierit très- 
peu d'émétinév^ d'après 'J. Pelletier. Tûpùgomea^yipUtcea 
«l'Aublet. 22a£ci//a dians la Nouvelle Espagne, sel^nrvH(;uQÇL- 
^oldtet K,unth(.JVov. gen.et speoi fasqic. XIJ^ pag. .37e). 

IPÉCACÙANHA hoir , dûPérc^, strié ou non aiHiUlé: 
Psychotria emetica dè'Mutrs , est plus rare. Racine aî^itutce, 
fusiforme, manque d'aiineaux , mais porte des stries icëgi- 
tudinales. Sonépiderme est noir 5 sa saveur n'est pai^ àmèi^ft 
Contient émét;ine 9', matière grasse 12 sur 100 : le reste 
est formé d'amidon , gomme , ligneux , etc. , selon Pellcr 
tier. Voyez Kunth ,^jyoif. gen. et spec. plant, fascic. -S^H, 
tWL* 3> p« 355f ,* 

Jae9 ipécacuaabas> apportés d'abord du Pérou et du Btér 



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RUBIACÉES, ÎÏ09 

sil en 1672) vendos , comme secret à Louis XIV vers 1690 , 
par Adrien Hçlvétius , médecin , père du philosophe. La 
prise ^e payait alors un louis.- Outre sa qualité émétique, est 
fecifique dans la dysenterie , les flux de sang et colliqua- 
tiOBs , en produisant une révulsion. A petite dose, fait expec- 
torer, en pastilles , devient stomachique , selon Daubenton. 
'Ojez aux articles violette , aux apocynées et aux eu- 
phorbes. Ij'asarujn ou cabaret , la dentelaire ou plumhago , 
la gratiole , la renouée ^polygonurnaviculare y etc, y servent 
aussi comme émétiques. 

l'a Psychotria Jierhacea { Psychotrophum de Browne, 
Jamaica ) donne des semences qu'on torréfie , et dont on 
peut user en place de café ; elles fortifient , quoique moins 
Bonnes que le café. 

PINCKNEYE 5 Pinchneya puhescens^de Michaux , arbuste 
d'Amérique septentrionale , peut s^acclimater en France 
méridionale ; son écorce peut remplacer le quinquina 5 est 
amère, fébrifuge. 

QUINQUINA. Beaucoup d'écorces mêlées portent ce 
nom dans le commerce : les* descriptions des espèces sui- 
Tantes sont faites sur . des échantillons venus de leur source 
par l'Espagne , en surons. • 

Vrais Quinquinas. Espèces à étamines courtes ^ à tube de 
bi corolle velw^i). ' . 

Q.GRIS, ouLOXA DU PÉROU, C ASC ARA ou CAS- 
GARILLA FIN A DE LOXA , Ci^iona condaminea y 
Bonpland ( PI. équinox. , pag* 33 , ^g. 10 ; et La Conda- 
mine , Acad. scienc. , 17 38 , pag. 23 7 ) , Cinchona officl* 
nalis , Linné , éd. 2 , pag. 244 5 Wilden. , Spec, plant, , 
p. 957 : n'est plus exploité iaujourd'hui que pour le roi d'Es- 
pagne , et est devenu très-rare. Ses écorces sont minces , 
fines 5 très-roulées ; leur épidémie grisâtre est fendillé trans- 
versalement ; Tintérieur est de couleur fauve et ferrugi- 
neuse ; l'odeur est un peu aromatique. Elles cassent net sous 
la dent ; sont très-coniques , très-résineuses, de médiocre 
amertume. L'arbre, toujours vert , s'élève à 18 pieds ; ses 
feuilles sont opposées , luisantes , ovales 5 ses fleurs Manches 

(1) François Attt. Zéa remarque qw^ le tube des corolles , quand il est 
velu, indique toutes les espèces les plus efficaces de quinqujna: il n'en 
est pas de même des espèces à tube non. velu, ^nçilesde hisior, nat^ 
t. 2 , p. 373. 

l4 



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ou rosées, d'iinéûgiiftLble iddëûif , dîipcèéés en*coryml)e,5oiit 
liiôiK^p^làlë^ y^L dînq diVîsioiis et en tube, suivies d^ùne cap- 
fute k dëVit kMg^ de ^ëtaiëncfes. ÎJè^ Andes du Pérou , prés 
Loïà et ;AyaVàÏ!Îi1k>mlietir lieii natal. Lés ééorcès ble&ées 
laî^efcît IransUdèr \ih iUc jâtinitrë , apiér et de Pode^r du 
qùinqûiiià ; ©éltèi dèîs i^àniéàùx srfiil plus âsinn^gehieà que 
celles '&h tibn\i\ coAtiëhriënt pitiés de tafanîii et d'ariiet^ les 
grùsèà *Dotdéîi ibhl'fjltis ifééînetîîsës ôii àrbKiâUcjuëstJ'Kiôiùtiis- 
dôiff'k retire uîië knite VôKHlle , Bdoraniedè là dîMlatioa 
d'une grande quantité de quinquina */Fyiifçfby , Mâfâbélli 
et aVutï^és ^hMftiM îi^h Ik^àieùtpî^ tiWlébrf, fkùte d^^îr ^ 
à'àfàétgi&ndJèh lMâ&tilês:Ce r^êdèfdt doh^é ëii tS^b kti 
&smé m <:în\:bôà j tféé^î dû f^éfoîi , par lés PeHiVièks,- 
en i64o y il l'apporta en Elspagne ; les Jéisidfbs le tépàii'^ 
dirent en i649' I^oI>^ Talbde>^ ehei^aliéF anglais, le vendit 
comme un «ecret à Xoûb XIV , en 167^; publié en i68a, 
il deyint un 'grand eb)èt de conunerce. L'on a découvert 
. depuis peu que les racines des quinqtdnas étaient très-lé* 
brifuges égalemeni, même plus que les écorces« 

QUINQUINA GRIS-PALE^ du Loxa femelle, Lima gros?, 
fin, blanc et ses autres variétés^ cihckona oi^atti, Ruiz et 
Pavon, Flor. péruy. , tome 2, pag» 52;, fig. ipS. Cascor 
rilh.pàGdo de Ruiz , iluiHolog. ,^ art. 7 , p* 74. Arbre haut 
de 3o pieds. Se rapproche des eoanubuènà. Croît aa 
Pérou , vers le Pozuao. Son écorce très^oulée , d'un cendré 
plu^'ou moins bIanch|Ltre en dehors, est d'un fauve clair 
en dèçiàiis ; répiderfl^ est crevassé transversalement^ sa 
âracture assez nette , nioiiis résihebse que dans le précédent , 
est ùh peii pliis aihèrè et moins astringente 5 saveur un peu 
sWvonneuse. (Voyea ci-après, p. 2i4» 

Ce quiiï^uîîna^ quelque assez e^ , est mêlé de diverses 
^çorçes, sunqtit de celles du Myro^permumpedicèllatwny 
Jacquin ( ]d7nerw» , éd. 2 , £g* 118), aAuste très-^iifférent, 
et de la &milie dïâs légumineuses 5 ses écorces sont aussi 
rêveuses , aromatiques^, gtiyelées au-dehors. 

Le Cincfiôna ovalifblia y Bonplând*, pag. 65, fig. 19 > 
arbre ^ croît aux AiMes, près de Cuença , où il s'appelle 
Coêcarilla peluda , donne une écorce semblable , crevassée 
en Jk>ng , d'un jaune clair à l'intérieiurj amère , astringente et 
résineuse , qui parait être également une espèce de quinquina 
gris. jyàHè lé commercé , an le ipaêle encore siVec celui ài% 
Havane^ 



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RUBIACEES. ati 

Q. WIàNGÉ du PÉROU, ou jaune fauve , de Santa-Fé , 
tsil'espèce qu^ VaM décrit sous le nom de cinchona^ offir- 
M'a ( j4cl, soc. hisL nai. Hafniena^ , tome I , pae. 1 7 , 
%. I ) , C. lancifolia de Mutis , et nitida de Ruiz et Pavon , 
^i Mor, pérup. , tôm. 2 , pag. 5o , tab. igi ; aussi , leur Cine. 
hnmhta , FL péruv. , tome », fig. i5i , le C. cortacea, 
Pokét ( Èfiaychp.^ 6 , pag. 38 ) , arbre à fleurs rougeâtrcs 
* en bôUquéU 5 son écorce assez large , fauve ' à Tintérieur ^ 
t6iïvenë d'uii épfderme bru^ ; rugueuse , fendillée transver- 
salement ; d'une odeur assez arorùatiquf ; est très-amer et 
toniqu^ niais 'moins résineux que les précédens 5 sa cou- 
Wr devient beaucoup plus foncée dans Teau et 4'alcohol. 
Ott racle cette écorce au Pérou , non à Santa-Fé ; elle a 
^coiip:d'aiialogie avec le vrai Calisajra , décrit ci-après ; 
^ l'estime beaucoup pour les fièvres intermittentes essen*» 
^^,' est devenue rare ,* car on exporte douze k quatorze 
^quintaux des divers quinquina, par an, de l'Amérique 
^î^gnole ( Don Hypolite Ruiz , Qidnologia. ) 

0» dit HAVANE, HUANUCO , s'attribue au C. glandur 
Iftray Ruiz et Pavon ?^rbre qui croît dans la chaîne des 
^àes, et ^â'on apporte de la province de Guanuco, vers 
Lima. Ces écorces, plus grosses que les précédentes, sont 
à'mi hma fauve au dehors , tuberculées ou galeuses ; le 
dedans est £aitve; la fracture est fibreuse , peu résineuse ; a 
aims d'odeur et d'astriction que le quinquina gris , est plus 
^Okdu FendiUémens perpendiculaires de Vépiderme. Elst 
^v^nc mâle &u gris. Croit dans les Andes. < 

Q. HUANUGO NOIftATlRE, C. glandulifera, Ruiz 

«t Pavbn, Eîcotcé tidirâtré avec des taches de brun noir et 

f fcbhmc ëén'dré; éfflcade, an'alogue au huanuco. Cascarilla 

ttegtiHa, dé-Rtiii, supptém. de QuinoL article i3, page 5. 

Q. CAIitSÂ Y A ^ JAUNE ROYAL , Cinchona pubescenê , 
VaÙ, 0,cordifi>lia,M\xtî§y C. XH^akiy de Ruiz et Pavon, et 
^ cinchm micrantha^ Croit dans les montagnes chaudes 
^« Andes. ^ .écorces larges , peu roulées , dfun tissu dense , 
peu'filandrein:, (piel^efois raclées, ou avec un épidermo 
^pais qui 5e lève enptequesj intérieur d'un j^^une foncé ^ 
^veur ti^ès-amère , astringente; décoction rouge comme la 
fleur de pê6lieW;trfe4ebriiPùge. ^ 

Il ne Êitit p'^le confondre avec un Quinquina de la 
J^OuvïLLK CÀB.'JaAeiKÈ , éû écorces jaunes, plates comme 

i4. ' 



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aia RUBIACEES. 

du Carton, filandreuses, friables, avec iin épiderme d'un 
blanc argentin , non fendillé. Elles donnent une décoction 
pâle ; qui précipite peu ou point de tannin ; sont peu amères 
et peu astringentes • leur action fébrifuge éprouvée faible. Il 
parait que c'est la portiandia hexandra^ de L. et Jacquin, 
stirp. ^meric. pagte 63, figure 182; la coutarea speciosa, 
A' Anhlet^, plant Guyane,*faLge 3i4, fig» Saa , Lamarck, 
illustr. des genres^ figure aSi. Arbre de quinze pieds de 
haut , qui croît dans les forêts de Carthagène, et à Sinamari, 
à la Guyane. Voyez ci-après, Y- 2i4- 

. Q. JAUNE RCftr AL BATARD, paraît être la l|ppigna 
ou glabre des Eq)agnols, Cinclanceolata^ Ruiz etPavon. 
Grosses écorces ligneuses , trèsTépaisses , non roulées 5 d'un 
jaunQ brun ; peu de saveur , point de résine 5 se rapproche 
du quinquina orangé du Pérou. Vient des Andes. 

Q. LOXA DELGADA ou DELGADILLA , est très- 
i*are|, vient du Cinc. hirsuta , de Ruiz et Pavon. Le tube des 
corolles est velu. Cette «spèce passe pour efficace. Écorces 
fauves , amères comme celles du vrai Calisaya', dont l'arbre 
paraît être lïne variété. Amarilla de Zéa. 

Q, ROUGE, EPAIS , Cinchona magnifolia y Ruiz et 
Pavon, ^or. Peruv. tome 2, page 53, figure 196. C: oblon- 
gifolia de Mutis, C. grandijblia de Poiret, encyclop. 6, 
page 38. Grand arbre qui croît près des eaux, dans les bois 
chauds des Andes. Son écorce'est épaisse, fibreuse, d'un 
rouge brun ou fauve, amère, très-astringente* Pépidertne estni*| 
gueux, crevassé en div^ers sens 5 sa fracture plutôt fibreuse qui 
filandreuse. Fourcroy en a fidt l'analyse avec M. Vauqueliui 
sa matière astringente, analogue au tannin,' perd de 
propriétés en s'oxydant. Jadis peu estimé _, ce quinquina 
devenu maintenant recherché et rare; ses propriétés soi 
très-actives , surtout dans les gangrènes. Les fleurs blancl 
de l'arbre , en épais panicules , sentent la fleur d'orange, 
y a un quinquina rouge pdle^ ou clair, qui; du reste 
ressemble beaucoup à celui-ci, mais il est* moins amer i 
moins astringent; son épiderme est plus blanc et moil 
rugueux. Est-ce le C. angustifolia de swartz ? ( Flpr. IrU 
occid. L*, page 38o, et Lamài*ck, Jllust. tab: lè^^fig» 3^J 

AUTRES QUINQUINAS indiqués seulement. Celui i 
écorces fauves , appelé k feuilles de mûrier est estimé ; viei 
çLe la Cinch. purpurea de Ruiz et Pavon; celui nonifi| 



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RUBIÀCÉES. ai 3 

Soccli, en grbsses éfeorces rouges, spongieuises, peu rou- 
lées, est le C.^laccijera'^e Taîalla. Ces écorces fraîches, 
raclées à Tintérieur , donnent une lacque rouge. Une autre 
espèce nommée aharquillado ou à fleur en gueule , parait 
kreV écorce d'un port landiay arbuste voisin du genre cinchonà 
ou lé C dichotoma de Ruiz et Payon. Une écorce fine qui 
vient de Cttcoplaya se tire du C. micrantha , id. L'asmo- 
nich, écorce d'une forte stypticité, dé couleur chocolat 
au-dèdans , 'se rapporte an Ç. rosea delà Flor. péruy. , 
peut être analogue au yw^pa. Il existe enfin beaucoup d'autres 
espèces citées par nous dans le Bulletin de Pharmacie ( an 
1812, novembre.) 

Les faux quinquinas. Exostema Persoon; à étamùieê 
sortant du tube y non veiu\f de la corolle. Qualités nau- 
séeuses et vomitives, très-ajmèrçs.^ sont souvent émétiques. '- 

Q. PITON et Q. caraïbe. Le premier vient du à 
fioribunda de Vahl. ( C, ,inontana àe Badier, Journal de 
phys,, 1789, février, page i2.g,) exostema ftonbunda^ 
Persoon et Bonpland. Ce sont dé grosses çcorçes brunes , 
rugueuses , d'un fauve ferrugineux au-dedans ; peu employées 
et peu eatimées ; utiles cependant, pour rextéi4eur surtout; 

Le CARAÏBE vient du Clnch. caribœa , L. Xes écprces sont 
peu difrérênî;es. du piton j toutes deux se retirent d'arbres 
qui croissent sur les pitons' ou montagnes des îles Antilles , 
ou Caraïbes. Lambert en a décrit une autre espèce , C. Ion- 
mfloraymi naît à la Gujrane* Ce^^sont aussi de grosses et 
lougues écorces , ligneuses. Toutes les trois, sçnt amères, 
astringentes et' inodores : pçu répandues dans le com- 
merce; nauséuse^. '[. ; : 

Q. à\i NOJ^A. En grosses étoroes ligneuses, longues; 

1 sont 




rieur 
L'abord 

fade, ensuite* lin peu acre et nauséeuse, vomitive. Cette 
écorce donne à l'eau et à l'alcohol une teinture très-chargée , 
astringente , sans amertume. Peut être employée à l'exté- 
rieur, pairaît peu fébrifuge d'après l'expérience. Vient-elle 
de V exostema angustifoUa de Persoon , cin.ch, angustijolia 
de Swarti, oi\du cinch, longiflora , de Lambert; de cin- 
chonâ ; piage 38 , figure 1 2. Exostema de Persoon. 

Nota. Voici le TABLEAU des expériences de M. Vauquelin, 
»wr les quinquinas. Ils d<!>nnent des précipités avec la coUe-fortc , 



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ai4 



RUBIACEES. 



le tannin et rëméUqoe. Tous précipitent aussi le sid&te de fer 
en vert. Annales de Chinùe^ tome Lix, page 1 15 et suiyantes , 
àimëe 1806 y août. 



ÉcokcBS DE QunfQUIKA 

prëcipiteat avec 



QuinquiiiA i^une. Bonnie un 
précipité. 



COLILE- 
VORTE. 



. blanc. 
Qiiinci. Sânta-Fé.. ..".... I — j roiigeàtre 

bfaDC. 
briiiî- 
rougie. 
bli^i)LC. 
6 



— gris caiielle-.. 

— rouge 

— griî» 

— gris, plat 

— jaune 

Clnchona officinalis, 

— ma^nifolia — abondant. 

— piton vrai — j o 

Quinq. de Loxa . rapporté 

par M. Humboldt... .. — 'abondant. 

— blanc deSanta-Fc, de 
M. Humboldt — 

— orangé , Sanfa-Fé , id. — 

— ronge, Sauta-Fé, id. 
( ou nova ? ) — 

— jaune , de Cuença , id. — 

— ordin»« d u Pérou , id, — 
Infusion dé noix<ie galle. ] — |a})ondaiît 

— d'écortie de cbène > — 7 ab<Hi4a9t. 

— de cerisier. .......... J — o 



abondant. 

o 
aI;yondant. 



=1= 



Tannin. 



abondant 
abondant. 

Q 

o 
jauup. 



|auaer 

jaune. 

o 

abondant. 

abondant. 

o 
abondant, 

o 

o 

abondant. 



ÉsfÉTIQITB. 



abondant. 

o 

' blanc. 

o 

blanc i^unâtie. 

blanc jaunâtre. 

o 

blatic iaunâtre. 

o 

o 

abondant. 

abondant. 



abondant. 

o 

o 

abondant. 

bianc jaunâtre. 

o 

o 



DescHamps a trouve un sel à base de cfaanx/form^ avec l'acide 
du kina, qui est brun, très-acide, p^ amer ;"«rîstall΀Mibie, et ne 
précipitant pas les nitrates des métaux blancs ( acid^e kinique ). 
Qn le sépare de sa base par Tacide oxalique. 

PORTLANDIE FÉBRIFUGE, Portlandia^rxindiJlQra, 
L. , et Brpwne, Jamaica.Arhre dont récorce intérieure, brune, 
qui est amère et astringente , n^ lé cède guèrp çn vertu aui 
quinquinas. Il en est ainsi de la portUindiâ hexaridra Jac- 
^iîi ( Coutarea speciosa d'AuLlet ) qui pariaît être le quin- 
qjiina de la nouvelle Carlhagène. (Voy. ci-devant, p. 211, sq.) 
Ce sont de faux quinquinas, 

QUIWQUIKA BLANC, Cosmibiiena dbiusifoUa, Ruiz 
et Pavon ,^or. peruv. ; tome 3, page 3, fig|ire 198 bis, est 
le QiTiN<^)cuNABLA]^c de Zéa, arbre du Pérou et de 3^r^a-Fc, 
dticrit aussi sous Je nom de Cinchpjia ovçLlifaliay 4^ Mïiti^j 



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RUBUÇÇE^. .^j^5 

de VahJ. Son éc^rpe ^ ceif^r^f %1^ 4,el}ftï;5\ IWft^Ce ^H* 
dedans, peu ao^eire , a^ai^t 4^^ qM^M^e^ B^^«SPe, ^Yom- 
iieuses selon Zéa 5 y^^\ pas ^tfjipg^tve* Voxez p. a^q. / 
Les macrocnemum^ o^X^^t,SLU^ des ^rç^ fl^r^fi^gç^, 
comme étant un, genre, vq^i^ <^? cir^hpno^^ à^^goriîanif^ 
pinhneya, etc. Yoy^z notre njqqiçire, W\^M^ ^ $1^^!^^ 
1812 novembre, page 48^* ^c(* 

M. Laubert a, recQçnu i'ajqiîdon d^ns^ le q^i^i^q^ , 4 
l'aide de Tiode. 11^. yau(^elin/a^ la, f^o^^pi^^, d^,^i||e ^^ 
chaux. M. Laubert a séparé ^vec L'é^f er u^^ ijl^aj^rf ^ftf 
du quinquina loxa ; elle est tir^^c^e, : on ob^iei^ ^uipi Ui^^ 
matière jaune aroiQatic[ue résineuse^ u^XMp^rinqipecj^f^ali^^, 1^^ 
partie colorante rougç, ^}^ T^£V^* t^^ ^i|]|ii^ p^^^ip^ije j^ 
matières jaune et cristalljnç^^ ]fi princj]^f çf iijMy^n csst ^^^ 
lésine. La matière colorante verdit elle li^ulç^ ^ycfi |ç.s se^ 
temigineux, ou même les i|ojrçil| ef Ijés p^ççip)t^y ej^ 
contient de l'azotiç Pu ?ne. i;i^^4j[^e s^fé^* 

Les meilleùrj^ qoii^gufi^ ^oi^^ ^^!P T^ 4f^5)9^Pf^S^ 
Jla fois le tan^n^n est la Aoii: ^e Q^]i/^ V^% ^ 4h^î 4ik W^' 
phate de potage dans plusieurs qvjii^ip^nas^. 

Sur les écorces <les q;jiinc]Quiini^y 9^ a,re;(n^mé,\ç$li<^^^ 
«Divans: Lecidea ru^siUqf Léc(^orai£U4fliceii^ l}$ffif^^lic0çi^ 

picua, iumidulap ceramiur^çt ijif^esiû^ à^ ^rfngf^, ^. 
Les Q0. loxa ^t Aj^ iPçrpii pf^^^d^ent \\té^ \%s^ f^^e^f 
de tous les fébrifuges , surtout cUns le^ uèvr^^ ^^^ÎWÇ^< ^ 
pernicieuses; on estime ensuite rprangé, Iç gçis; <^%i^;v9L» 
le gros roage , et le jaune^ <^£^^y:a vrai. ^^^, ^^)P\ di^' 




caraïbe ne sont pas sans propri^tés^ malgré le, peu ^^estime 
dont ils jouissaient; mais* ils sont; un pei}, i^qijii^fs comm^ 
tous les exostema. En général , \es ^osses^ çc^rçe^ , oii celles 
des troncs, sont mo\ns actives que les plus mincçs, ceUe^f 
des branches , qu'on préfère dans le coii[unerqç. Les cw- 
chona, de la pentandrie , mpnogynîe » de l<mné , 911^ d^f 
fleurs monopétales à 5 divisiomi r^^ipiep eii joiçjrçi]^ , dqf 
f^psules bivalves renl^nnanf. a^ graines j^ 4fi*^ ^ÇM\^^ '^^^ 
tières, opposées. 

Pour Vanguatura e^ Iq l^na^ ^^^ffPi 1[?X^ ^^^^^^/JJ^TftT^» 
^ pour la ccucarille , aux Ei^PHOi^Bi^s. 



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ai6 RUBIACEES. 

• CAFFEYER, Çpffea arabica j L. Jasminum arabicum 
de Jussieu, mém.^acad. scienc, 1 718. Le Bun ou Ban des 
Arabes , apporté d'abord en Europe par Witsen , décrit 
par RauTvolf et Prosper Alpin. Voyez notre dissertation 
dans le journal dfe pharmacie de 1816. Arbuste transporté 
de l'Arabie aux colonies des Indes orientales et occidentales; 
mais le café de l'Yemen et de Moka est le plus estimé pour 
son arôme. Ses graines ou fèves étant crues sont fébrifuges, 
selon Grindel , diurétiques, toifîques; donnent à l'analyse, 
selon Cadet et Hermann, résine 1,0, extrait et principe 
amçr 1,00, acide gallique 3,05, albumine 0,145 gomme 8,00, 
fibre insoluble 43 ,5 , sur 64,14 Parties , la perte est de 6,86; 
Annal, chim,^ tome 58, page 266- Payssé y remarqua un 
acide particulier nommé ca6que ou kinique ; Annal, chini', 
tome ^9, page 196 , sq. Séguin y a trouvé un principe amer, 
de l'albiuniTie , et outre l'acide , une huile inodore , dans le 
café non torï-éfié , indépendamment de l'huile empyreuma- 
tique amère qu'y développe la torréfaction. Annal, chim., 
tome 92, page 5, et Brùgnatelli , Ann, chim,, tome gS, 
page 299 , etc. Le principe amer du café est combiné à ce* 
qu'il paraît à de la soude. Lorsqu'on grille ces fèves, il se 
forme une huile empyreu ma tique suave, excitante, et une 
petite portion de tannin. Ellçs* sont célèbres pour leur 
qualité stomachique , antihypnotique , et leur action stimu- 
lai^tesur le système nerveux. L'arbrisseau toujours vert a 
des feuilles semblables au laurier, opposées et se croisant 
alternativement. Ses fleurs blanches^, odorantes, naissent 
aux aisselles des feuilles, sont de la 5rdrie, i-gynie. Le 
fruit est une baie rouge cpmme des cerises-, à pulpe dou- 
ceâtre, contenant deux graines accoUées par ïeur cAté plat, 
et enveloppées dans une arille; celle-ci donne le café à la 
sultane, qui est fort léger. Les vraies espèces de çaféyer 
susceptibles de donner de bons cafés, sont , outre. le précc- 
cédent , le coffea borboniçà f, Lamarck ou de l'Ile de 
Bourbon ,• où il croît naturellement , et peut-être le coffea 
odorata de Forster; les autres espèces décrites s'éloignent 
sensiblement de ces bonnes espèces. On commença àfaire 
usage du café à Paris dès le règne de Louis XIII, sous le 
nom de Cahouet, le premier café s'y établit en 1672. 

Le meilleur remplaçant .du café^ paraît être la racine 
grillée du çyperus esculentus , L. , ou souchet comestible î 
on en fait usage en Allemagne, outre la chicorée, les poi« 
chiches, etc., mais aucun n'a le parfum de cette fève d'A- 



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CHÈVREFEUILLES. 217 

tàhie, pas même les semences à'Astragalus bœùicus, L. , 
qu'on' a proposées , outre le gland torréfié , les baies dfîe 
ruscus aculeatus, les semences dVm psendo acorus, etc. 

BOIS-DE-FER , Siderodendrum triflorum, Vahl. -et 
Jacquin. Arbre ^ de la Martinique et îles voisines , ^ bois 
très-dur , de la létrandrie , i^gynie. Son écorce sert 
comme diurétique , stomachique , dans Pélixir américain, 
les autres bpis-de-fer spnt les j^giphila de la Martinique , 
de cette famille et TArgan , Sideroxylon inerme , L. Satrch' 
pirensj Lam. , famille des sapotiliers , p. 192. ' ] 

GOMME KINO. Gutta gambeer , extrait de la Naur 
c/<?a gwTTX&iV de W. Hunter ( Transact. Linneaii societi ^ 
tome 9 , p. 2^8) 5 et de VUncaria gqmbeer, Roxburg (plan^ 
corom. , tome 3 5 Funis uncatus de Rumphius , Amboiney 
V. p. 65 ). Se prépare^ eu faisant boiîillir les tiges et' les ra(- 
meaux de ces arbustes. On la mâche aussi en trochisques 
avec du bétel. Extrait rouge-brun , très-astringent., anales 
gueau cachou ; précipite' les sulfates de fer en noir ; solu- 
HeàPeau bouillante, et à demi dans Talcôhol , en teinture 
rouge de sang. Précipite le tartre stibié et la gélatine ; astrin- 
gent excellent et stomachique , antidiarirhoïque. Vient dfe 
rinde orientale.Rumph cite une autre espèce de Daxin gaïtà 
gambir, p. 65 , chap. 34 , qui est velue. Le kinô de Fôthigi> 
gill vient d'Afrique. Voyez aussi la jBu/ea. \ : '.'v 

AZIER ANTrASTHMATiQUE y Nonatelia officinalis , 'ÏJ. 
Sert en infiision , à Cayenne. Excellent bechique^ ' 

GARDÈNE ÉLÉMI , Gardénia gummifera , L. Croît a 
Ceylan ; donne une résine élémi' qui n'est pas la véritable; , 
peut-être la résine cancame qui lui ressemble, GeofTr. Tract, , 
mat. med. La Gardénia florida^ L., eu jaspiin du Cap, est 
très-odorante. Fleurit en pleine terre en Portugal. 

LIV. CHÈFREFBUILLES. Arbrisseaux , 1° à 
corolle monopétale ; 2° à corolle polypétale ; plantes 
détersi vos, atténuantes. 

i^ LINNÉE ^OKEk'LE. , LinnœaborealÈ , L. Antirhu- 
matismale , antiarthritique. Kord d^Europe. Spécifique con- 
tre les exanthèmes , la scarlatine , en infusion , ou fomen- 
tation. 

CHEVREFEUILLÎL Lonicera pericfymenum , L. , et 
\^ cultivé , £oAi. caprifoliwn , L. Feuilles déiersives, en gar- 



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ti8 CHEVREFEUILLES. 

gammes , Vulnéraires. Fleurs antiasihmatiques* L'écorce ^u 
hnicera corymboaa teint en noir , au Chili* 

VIORRE M ANCIENNE, yiburnumlantana,h.Ytv:^î& 
^et baies , sont rafiraichissantes , astringentes dans les garga- 
risâtes , et aussi PObier-bouli!:-de-neige, f^ib. Opulue ^li, 

\/ Hortensia J^aponica de Commersôn , a les mêmes pro^ 
priétés j c'est une belle fleut d'ornement. 

SUREAU , Sambucua niera ^ L. Sa seconde écorce trè*- 
active , antihydropique ; ses reuilles purgent ; sts fleurs «ont 
un bon diaphoréiique , utile dans les maladies de poitrine , 
discussif et atténuant ; ses baies sèches ( grana actes ) contre 
rhydropisie ; son rob est atténuant , savoUneux , diurétique , 
tonique. Les baies contiennent de l'acide acétique, de l'acide 
malique. Il existe de Tçxalate acide de chaux dans l'écorcc. 
La moelle est un principe particulier , la médi^Uine qui dif- 
fère du suber. L'écorce de sureau perd de «on activité par 
la dessiccation. 

\ y EBLE , S. Ebulus , L. Vertus du précédent ; ses fev^llea 
en cataplasmes résolutifs , contre la goutté et les hémor- 
jfhoïdes. Le Sureau a grappes, S. rojcentosa , L. , desmon- 
taçi^e^ , passe pour narcotique. Le suc des feuilles est aussi 
purgatif. 

2* GUI , P^iscum album , L. Plante parasita , dioïque 
^mà^e et femelle séparés ), objet du culte religieux des 
Druides jadis. La femelle a des baies blanches gluantes , 
|rès-purgativ,ç^ Herbe qu'on croyait antiépileptique. La glu 
en cataplasme est très-résolutive ; on fait aussi de la glu avec 
iç houx. On préfère le gui du chêne. 

LIERRE , Heàera hélix , L. Feuilles appKquéessurles 
cautères ; bouillies dans le vin , elles tuent la i^rmine, en to* 
pique ; les baies purgent. La gomme résine qui découle du 
tronc est septiquç , acre , astringente , de couleur rouge- 
brune , translucide ; brûle avec une bonne odeur. SoluWe 
dans l'alcohoLTient gomme 7 , résine 28, acide malique o,3o, 
lignt»ux très-d#isé 69 , 70 , selon Pelletier. 

CORNOUILLER , Cornus mascula , L- ( Il n'est paî 
moins femelle que mâle ). Les cornioles , ou fruits roiigés » 
sont très-astringens , dans les diarrhées. Ses semences don- 
nent de r^uile. , ainsi que belles du cornus sanguinea , !>• 
laes écorçes 4es cornus Jlorida et s^ricftX. , très-astringente* > 



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sont fébrifog^ft, aDIx Ei;a(s-^iU«. Aum , les cornuê drdnàta 
et canadensiê , L. 

LV. jiRALIES. Herbes frutescentes à feuille^ 
composées , à fleurs en ombelles ^ baies dispermes. 

§^Ai.£îËPAB£ILLE gaise , AraUa nudicauUê , L. ; de 
Virginie. Ses racines traçantes mêlées à la salsepareille , ont 
ies yertus moindreâ. Aussi , Par. focemosa , L. ( Vojrez fa* 
mille 12, et les collinêonia). Il découle an suc gommo-résp^ 
peax e( aromatise (le l'aiv^ umbcUifera^ L. 

GENS-ENG , Panax quinqueJùUum^ L. Racine de Chine 
fameuse, Tantée cornue un cordial, alexîpharmaque et aphro- 
disiaque. Venus douteuses. Laffiteau Pa trouvée aussi au Ca- 
nads^, sous le nom de garent-oguen. I>i6[ère du ninsin 
{Foy. p. 224 ). 

LVI. OM^lB^l^TFÈRES.Tig^s &it»kup^, aww 
en parasol , (je la Ùty^pe 5^-gyuiô. ,Skiilea a^ am^- 
tiquti^, $tîa)i4ant^«;)^9 aquatiques^ dangereuses ou vi^ 
repse^ ; x"* saûa coU^reltes ; q^ eoiilerelles aux ombél- 
Iules; 3"* çoJJepette^ , aux ombelles et ombe^luiesj 
4* ombellifer^ anomales. Toutes ^e^^s grainj^s^ con- 
tiennent plus ou moins d'huilés Vfifatije^. 

i^ ANIS , Pimpinellaanisufn^ L. Originaire d^£gjrpte. 
Ses petites graines si o^oc^^ ^^t ç^t¥^9i^^ y 4t|}i^ùibhi- 
gues, car^iin^|;ive£^, l'âne 4e^ quatre ^i^np^f cbaud^ mat 
jeûres 5 contijent m^^ hui^ vol^t^le ^end^^ , IjAaacke » 
concresciblfe ^ ^x ^gj^ ^|i-dessm ^ a^rç,.^ ÉU$ fs\ fort 
agréable pour. aromatiser 4çs ^oisf^^s* Çbii^sV ^^ i^ents, Sèâ- 
Vorise la digestion. Excîte rurine et les F^giés* 

BOUC AGE SAXIFIUGp/p«?îpiii/a '^a^jTras», L. 
Sa racine et ses semences chaudes pfu^^^ç pqiir guérir lé 
pierre , sont très-apéritives , détersivps. 

Persil-de-Bouc 5 pirppinçlla hircinç^^ Jj., j.ou^ des niônief 
propriétés 5 ainsi que le grand boucage,M*mg. mapifi^ L. 

. PODAGRAIï^E > Jpgppodium^Pf^^^ffiçi 5 L? Sa ray 
çîne y ses fetiilles sont , £t-pn , iox% u^^f (i l^ftftî \^ ÇOfit|;e. 

CARVI , Car^^parn , JL.. Se« graines p^tkfts ont ane 
odeuf aromatiqjUje , Ipi^ , spnt plny primes que Vanis , et 
coçpunç lu^ ^ cprdif^^ > c^pbali.<pi^ » ^tonuchiqaes , canâii^ 



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aîM> CWUBELLIFERlS; 

imtivesv'C^^^it^ï*'^ l'Urine y la sueur , le lait*, les règles ; tien- 
nent beaucoup d'huile volatile. 

ACHE, Apitim^rçLv^olens^ jL. Feuijleçi; semences chaudes. 
La racine est très-apéritîve ; contient de ro^fjlate de chaux , 
excire l^ittne , les règles , chasse la jaunisse et le gravier des 
reins. Les semences sont encore plus, aètives. L'herbe croît 
dans les: fossés d'^au. . s /•: 

. Le céleri est V:Apiumgretveolens\i'celeri ou âche cultivé; 
opium dulce.' f -^ . v .« 

PERSIL , Apium '- Petroselinùm , L. ;• ôi^i^înaire de Sar- 
^gne^ Sa. racines odorante est comme .celle de Tâche, 
i^nçf des cinq apéritives , et jtrès-diurétique 5 la plante , outre 
ses usages pour ^^ment , résout le > lait coagulé dans les 
mamelles, sert dans les obstructions, est: atténuante ,' dé- 
tersive. * • 

FENOUIL, A nethum .Fœnwuli4m^,yL.iCr oit dans le 
toîdi de la Frantîe.' SiEfnfiences oblàiièùp ',\ striées , aronaa- 
ticpies ',: chaudes, triè^^ëarmînàtlvts,' 'raciùes apéritives, 
feuilles diurétiques; Son ;huile volatile éstVcbncrescibfe et 
verte. Toutes cesplâïntes poussent aûk' urines, aux leègles, 
au. lait, sont; (stomiiîhi(ïU|es , béchiqu^^.^uMri, fortifient la 
yiie. Une variét/3. cultivée ^ des semenpespjMA douces el^plus 
agréables; Vànethum spwa, Roxburg (^plantes ^oromfifd\ 
tome 2 , p. 164), a des semeuses carminatives , très-usitées 
et agréables dans rinde* . a .. ./ , 

AîfETH, Atiethum graveolefiè \ LV Croît au midi de 
PEurope. Semenicës digestives, djscijssivès, arrêtent Ij^.y?" 
missemient et le hoquet"; diminuent ,* ditj-ôn, l'appétît véné- 
rien, concilient le somiheil. Ses feuilles sbnt maturàtives 
A^es tumeurs; l'huile volatile est presque încoloreV 

MACERON, SmyrniuTn olusairum y J^. Croît ?^,I»i<^'• 
Racine et herbe apéritive , emménagogùe ; utile çoûW 
les^ coliques , l'asthme. Sa semence est noirâtre. 

PANAIS, Pastinaca mtiva ^ L.' Sa racine est alimen- 
taîixî ; ses graines ont les propriétés dés précédentes. 

OPÔPANAX, Pastinqca Opopanax, L. Ce panais donne 
en Orient, lorsqu'on le coupe, une'gômme-résine ou suc 
laiteux, çoncrescible , jaunâtre , de saveur amère, d'odeur 
forte; léger, friable, soluble dans l'eau 5 bon discussif, 
résplutif, chasse les^ vents, dessèche, atténue dans l'asthme 
€ît : les obstructions ; tient , selon Pelletier , résine 4^ » 



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OMBELLIFÈRES. i^t 

gomme 33, ligneux 9, amidon: 4 5 malôte de châux 3, 
cire et caout-chouc, huileyolatile 6, matièra^îtraCtîve, etci 
Croît en Sicile aussi natureUenvem. Sous nos f^lifnfits 
méridionaux, la plante donne moins de résine et^ plus 
, de goinme que sous des climats plus chauds, où le con- 
traire a lieu , selon Gouauj d'où dépeupla diversité de cette 
gomme-résine. . , > 

THAPSIE, 7%ap5wzi^iflb«a,L., etlaTHAPsiE^n'OriENT,' 
Thapsia asclepium, L. Utiles dans les ulcères phagédé- 
mques. Racines acres , appelées faux turbithj et ^ussi^la 
thapsia garganica^ L. , qui est très-dra'sliqué , eniména- 
gogue. 

2« SÉSÉLI TURBITH, Seseli Turbith, L. Sa racine 
noire 'est âcr'e, excàte les mois, et purge par h^ut:e^bas. 
avec violence. Vient du midi et d'Espagne. Le Seseli de 
KONT AGTïÉ , seseli saxîfragum , L. , le S. monianum et le 
S. glaucum ont des racines moins acres , qui passent pour 
antihystérîques , céphaliques , antispasmodiques. - 

SÉSÉLI DE MARSEILLE, Sesçli tortuosum, L. A^. 
tidote de la ciguë, dit-on; entre dans la thériaque^ ses 
semences infusées dans du vin sont stomachiques^ apé- 
ritives, facilitent raccouchemeni , dissipent les flatuosités 
et leô tranchées. Racines antiasthmatiques. Il en est de 
même dir S, hippomarathrum , L. , dé Suisse. 

IMPERATOIRE,,/mjperatorîa ôstruthium^ L., ou Ben- 
join FB-ANÇAis. Sa racine longue, géniculée ,pl)rune , blanche 
au-dedans , très-odorante , a une saveur piquante , aro- 
matique; est sudorifique,.alexitère, ou cordiale. Usitée dans 
les affections cérébrales , l'apoplexie , la- paralysie , dans 
la colique flatulente ^ les maux d'estomac; tient une huild 
volatile abondante. 

CERFEUIL SAUVAGE , ChàsTvphyllum sylvestre , L. , 
ou ie/nw/wm, L. , QU.PpRSiL d'ane, ^d'odeur fétide, d'ua 
goût acre, antisypbi^ijjque. ^ussi, selon. Osbeck ;«• teint la 
laine en jaune et ;v.ert5;^v,de qualité diurétique. 

La ÇicuTAiREy CJiœropli. cicuiaria^ L., a des racines 
vénétieuses ainsi qiieia, plante. _ , ; ' 

cerfeuil; MÙ3QUÉD'ESJPAG^^ Chœro^Y^Ium 
aroniaticuTn, I^ , ou Mx^RfeHis , ; est comme les suivans/ 

CERTEUIL GUliTJVÉ , ^ Scàndix <^errfolmm, L. Se» 



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!à%^ OHBELLIFÈRES; 

feuilles 'distillées 'ont dànné line htïilè volatile» d'an jânne 
^e soufre^ maiscpii se dis^î|)e par 1à ^chaleur. 

GÉRPEUIL ODÔRATÎT, Scahdîx odomta, L.,Myr- 
rhis , odomtù, ^ S'cdpolî. ^ ^ 

Sont très-tésoititifs 5 diurétiques , emménagoguçs , lithon* 
à^iptlques , réélolvéùt lé sang coagulé , concilient un doux 
sommeil. Le Scandix pecten^ L,, pu Peigne-de- Vénus , 
et le Scdridix ànihriscUs^y L. , on cjèilejâl héfisisé, sont de 
"bons fourrages, augËOLênteùt le lait. 

CORIANDRE, Coriandrum sàtiviun^ L. Ses semencëA 
Bpilériqiiés sont trés-stomachiqùes , dissipent les vapeurs 
et migraines; leur huile volatil^ est ciirine. On regarde 
là coriandre conmiè le Correctif dû sëné. .Ces semences 
du reîste oiit les propriétés des pfécédens.Xieur, odeur est 
âgréaâble , assaisonne phisieiirs àlunens ou l>oissons. Odeur 
de punaise étaiit réôenlte. 

MÉUM, jEthusa meum^ L. , à peiities feuilles fines. 
Racine gommo-résineuse , d'une odeur de livêche, tù^s- 
^arminative , ënùliénla^ôgué , antiasthmatique, entre dans 
plusieurs c6m^6sitions et daiis la thcriaque. Vient de l'Eu- 
fope méridionale, l^'œihùsa cynapium y L., ou Cîgue des 
JARDINS, c[ui rêss'emblé du cerfeuil, est dangereuse, «a dea 
quàlitéis véiténeuses , causant des coliques et des vomis- 
semens; a Pbdeur ae l'ail, dès capsules striées, un long 
invcflucre aux fleurs, les feuilles i dîvisibns plus aiguës 
que cielle^ du.. cerfeuil. Il foiiit là distrnguër diiMivM 
DE MONTAGNE, qui est le phâliafidniém mutellina, L., à 
ombelle purpurine , h«fbe âcre et uil |teu tétiéhiÈ^se, quoi- 
que donnée pour le inélun. ^ 

CIGUE AQUATIQUE, actttôT'i>d5flf,lL.Trrès-dangereusç: 

PHELLATÎDRlUM, Phellandrium aquaficum , L. On 
^n fiât une teinture alCiSiôIique en Allemagne cohtre la 
phthisie pulmonaire,, cai^ ses semeniéés agissent sur les 
poumons dans la phthisie j>Ulnionatre ; vantées cômïne 
spécifiques; œnàn^ pkèliàndriuniy' selon Sprengel. 

S^'GEiNkNTHË FIÉTVLEVSE yÙtnahthefistulosayT.. 

Ces trois oml)ellifères , cdmnae la plupart de celles qui 
irroiisent daris lés eaux, sont très-^rés et vénéneuses, 
surtout par teors radiies; ont une odeur vireuse, nuisent 
aux bestiausiL xpà en mangent; appliquées au-d^ot^ et 



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OMBELLIFÈRES. 228 

mites ^ sont de puissanj résolutifs, anodins , très-propres 
pour les tumeurs scrophuleusçs et squirrheuses ; souvent 
aussi en topiques pour les inflammations de la verge dans/ 
les alFections vénériennes, A l'intérieur, sont émétiques, 
et agissent sur le système nerveux. Uœnanthe crocatà, 
L., a des qualités analogues^ son suc jaunâtre est corrosif, 
Wepfer , Cic. aquat. Cependant les racines d'œrtanthepimr. 
pinelhïdes servent en alitnej^t Sous le nom de nicchons 
et de jouanettes, vers Saumur et Angers. 

GRANDE CIGUË , Conium maculatum , L. , cicida 
major , Lamarck. Très-renommée par son suc vénéneux 
dans les pays iiéridiotiaux , et poison de Socrate dePho- 
don. Usitée en topiqiie résdlilttf, et dans les emplâtres. Stoerct 
a mis en vogue son extrait ( préparé à sa manière et avec la 
ficuleverte dlïsuc)poiir lëstûâladies cancéreuses , la goutte, 
le virus vénérien , la gangrène , etc. Elst calmant et fonciant 
ictif. Tient albumine atond'arite en été , moins au prin- 
temps. Sa chlorophylle , ou matière verte , est fort belle. 
M. Brande a découtertun alcali végétal, composé, dans la, 
ciguë , et il le nomme cicutin : il est peu abondant 5 .Pex^ 
trait de ciguë est peu vénéneux 5 il tient des sels abondam- 
ment. La ciguë' est moins vénéneuse dans les pays froids. 
Plante bisannuelle , à feuilles découpées , tachetées , d'une 
odeur fétide. Doit être distinguée du persil 5 est plus brune, 
pins grande , à feuilles divisées plus finement. 

CUMIN , Ouminum cyrhinum , L, Seriiehcès chaudes , 
aromatiques , d'une odeur peu agréable. Sont carmînative» 
et résolutives , atténuantes. Cette plante naît au Midi. Tient 
de rhuile volatile. 

BUBON, ou PERSIL DE MACÉDOInÉ, Bubon rnace^ 
dùnicum , L*. Ses semences fort odorantes et agréables , sont 
Aussi emménagogttes , carminmives^, céphaliques. 

GALBANUM. C'est lé suc ïaitetix oii gommo-résineux 
concret qiîî découle des incisions faites à la tige inférieure 
du Bupou gallfanumy L. , qiii croît dans rOrîent. Ce suc 
est soluble dans Peau, roussâtre , mollasse , d'odeur forte ^ 
de saveur acrimonieuse et un ^éii âmère. Cbiitieht, selon 
Pelletier , résine 67 , gbmnie 19 , hiiile 6 , corps ligneux 7, 
àes traces de malate àcidé de chàiix. C'est un puissant réso^ 
lutif; est très-enunénagôgue à Pihtérieur , antihysiéricpe et 
tf2Ui9{»a«tnod^qae; Selôoi Meiéttér ^ le galbanum donne ^sujc 



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224 OMBELLIFERES. 

5oo parties , 3 29 de résine , ii3 de gomme, 9* d'ajdrâgân- 
dne, I d'acide malique , 17 d'huile volatile bleue , i4 de 
débris végétaux ; le reste est la perte. Lobel dit que cette 
plante est cultivée chez nous d'après une graine trouvée 
dans du galbanum à Anvers. Le Bubon gummiferum^ L. , 

!)roduit une seconde sorte de galbamun en Orient , et ana- 
ogue au sagapenum*, d'une couleur rougeàtre. 

AMMI , Sison ammi , L. , Sison australe , Jussieu. Se- 
mences aromatiques d'odeur d'origan , viennent de Crète et 
du Midi. Vertus des autres semences d'ombellifères , du 
cumin , de l'anis , etc. 

Graines d'Adiowan, sont celles à! Ammi copticum ^ selon 
Naumburg ; apportées d'Orient en Angleterre , comme bon 
stomacliique. 

, FAUX AMOME , Sison am.omum, , L. Ses graines très- 
diurétiques , litliontriptiques 5 odeur aromatique de l'amome , 
saveur chaude. Le Sison segetum,^ L. , s'applique avec suc- 
cès sur des tumeurs indolentes. 

CHERVI 5 Sium, sisarum, , L. Racine d'usaga alimen- 
taire 5 excite l'appétit , réveille les facultés de l'estomaf. 
Est crue spécifique contre les mauvais effets du mercure. 
Originaire de Chine. 

KINSIN 5 Sium, ninsi , L. , du mèml^ pays , y passe pour 
uYi alexipharmaque et un aphrodisiaque excellent. On croit 
qu'il prolonge la vie. 

BERLE A LARGE FEUILLE , Sium latifolium, L., 
et celle à feuilles étroites ,5. langustifolium, L. , vqui naissent 
dans l'eau, ont des racines souvent vénéneuses ; leurs feuilles 
sont apéritives , diurétiques et très-antiscorbutiques ; ainsi 
que celles de la berle commune , Sium berula , L. 
. ANGELIQUE , Angelica archangelica , L. Racine et 
lige, excellent stomachique , c^minatif ; est apéritive > dia- 
phorétique et emménagogue ; convient dans les fièvres ina- 
lignes et contagieuses. Sa racine contient peu d^huile volatile, 
un suc gommo-résineux , musqué ; odeur agréable. Celle 
de France aussi agréable que celle de Bohême. L^angéliqûe 
sauvage , A, syhestris , L. , est plus faible. 

LIVECHE , AcHE DE MONTAGNE , Ligusticum levistl' 
cuiTiy L. Racine aromajtique , aussi ses feuilles et graines , ont 
les vertus de la précédente et de l'impératoire. 

Le Bois d'Ajmva, ligusticum* ajawain^ de Roi^burgli, 



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OMBËLIIFERES. ^^,,5 

eicellent'dàns l^Indefcontre les cp}iques flatuleji^es. Percival, 
Med. essaya^ tome i, p. 433. . • : 

LASER , Laserpitium nlet^ L. , les Las^ latifblïum, an-' 
gustlfolium et chironium , L. , ont des racines reconunan-^ 
dées dans les ëcrotielles , les épanchemens de sang , les 
marisca de l'anus 5 diminuent Pappétit vénérien , dit-on , etc. 

GRANDE BERCE, Heracleum sphoûdjlium , L. Willis 
( Morb, cqgivuls, ) regarde ses semences comme spécifiques 
dans le paroxysme hystérique. Feuilles émollientes. D'autres 
branc-ursines ou ^anacéeSy Heracleum panaceSfïj.y etc.,. se 
distillent avec les eaux-de-vie des ïartares , pour augmenter 
la force de Palcohol. 

FÉRULEDEL'ASA-FOÉTIDA, i^(?A7/Za^5n^^ 
croît en Perse. Trouvée aussi en m^ontagues du Ghilan , par 
Sam. Georg. Gmelin et par Hablizl ( Pallas , Prœfatio ad 
Gmelird itin.ytoïfie 4,p« 26). Excite, dit-on jPappétit véné- 
i*ien 5 est un stiinulant général. Son suc laiteux concret , 
amygdalin ou en larmes blanches et roussâtres , d'une 
odeur alliacée , insupportable , est , selon Kempier , un 
agréable assaisonnement des mets en Perse. ÏJ découle de 
Ja racine ^coupée. Cette gomme-résine , qui se ramollit , est 
très-incîi?ve , résolutive , antihystérique puissant. Tient , se- 
lon Pelletier , résine particulière 65 , huile volatile acre 3.^ 6; 
Bassorine 1 1 , malate acide de chaux et gomme 19. ' 

SAGAPENUMj.d'uiie F^ruZa... non décrite, ou Laserpi- 
tium? On trouve des graines de férule dans cette gom&e- 
résine brunâtre , en larmes; d'une odeur alliacée, approchant 
de Tasa-foetida. Saveur acre , mêmes propriétés que la pré- 
cédente. Se donne aussi dans l'asthme, les obstructions dei 
rate. Se tire de l'Orient et de l'ancienne Médie. Tient ^se- 
lon Pelletier , résine 54, gomme 3i , huile volatile 12 , îna-* 
late acide de cliaux^, déi)ris végétaux , etc. 

GOMMÉ AMMONIAC, Ferula persica? {OWi^t , 
Voyag. Pars» ) Gomme-résine amére , d'un Jaune pâle , eu 
larmes, et d'une odeur tirant sur celle du castoréum. A les 
vertus des précédentes , mais est un peu purgative. Sert aussi 
dans la goutte , en topique , dans, les . squirrhes et les obs-* 
tractions, les scrophules , etc. Tient gomme 18 ^ résine 70, 
gluten 4j eau 6 y sur loa , çejon Bracpnnot. On la retire en 
Perse et vers Cyrène de Vïteracleumgummiferum , selon 
^ildenow , Hort. BePoL] fig. 52. Les semences, qjui accom- 



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aa6 OMBELLIFERES. 

pagnent tonjotirs la gomme ammoniac , ont donné cette 
plante ; mais on n'a pu en obtenir de la gomme à Berlin, 
aes feuilles simples ,cordifof mes , trilobées , dentées , sontye- 
lues en dessous. Fleurs d'un blanc jaunâtre , en juin et juillet. 
Mais Sprengel croit que c'est plutôt la ferula ferulagq , de 
Desfontaines , d'après Dioscoride (lib. 3 , c. ^^Mat. med); 
Sérapion ( de Simplic. , c. 24^ ) 5 Shaw ( Travels , Sp. 
planL , n® 287 ) 5 et Jackson ( Account on Marocco ,1811, 
jLond. 4^ ) , qui ont vu la plante en Lybie CyrAaiqué. 

QUEUE-DEJ^OURCEAU, Peucedanum officinalt, L. 
Sa racine est très-diurétique , regardée comme utile dam 
les affections nerreuses, la léthargie, la phrénésie, la 
paralysie y l'épilepsie y mais usitée comme atténuante , ex- 
pectorante , apéritive. Le peucedanum silaus , L. , donné 
comme un puissant apéritif aux calculeux, est nommé saxi- 
frage àes prés. 

. ARMARINTHE, Cachrys libanotis, L. Sa racine a 
Podeur d'encens y d'où lui vient le nom de libanotis. Est 
très-échauffante'et.-détersive. L'herbe, en topique, arrête 
les hémorrhoïdes* Une autre espèce, cachrys odontolgica^ 
L. , mise sur la dent douloureuse , agît coinme:Ia pyré- 
thre. Elle croit en Sibérie, vers le Wolga ( G. S. Gme- 
Un). 

BACILLE, Fenouil marin, Crithmum maritimumt 
L. Croît sur les rochers maritimes. Vertus de la queue- 
de-pourceau. Excite aussi l'appétit 5 se confit au vinaigre. 

ATH AMANTE, Athamantha oreoselînum , L. Persil 
de montagne à feuilles noirâtres. Diaphorétique ,, diuré- 
tique , discussif ; sert aux calculeux. 

Le Libanotis , ath. libanotis , L. ^ mêmes vertus , est k 
ihysselinum ou persil parfumé des anciens. 

ATH AMANTE, dit Daucus db CaèTE, AthamanAa 
cretensisy L. Semences odorantes. Leur extrait est rési- 
neux^ selon Lewis. Carminatives, diurétiques, antihys- 
tériques, nervines. 

THYSSELINUM, Selinum carvifolia et S. sylveslrt, 
L. Racines vantées jadis comme alexipharnuiques. Vertus des 
précédentes. 

TERRE-NOIX, Suron, Bunium bulbocastanum , L* 
Racine alimentaire 5 sert contre l'hématurie et l'hémoptysie; 
tBxcîte à l'amour, dit«oçu 



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/ OMBELLiFÈREiS. 217 

CAROTTE, Dàucus carota, L. IWcine sucrée, alimen- 
taire: on en extrait un suc sirupeux et du sucre roux 
incrwtàllisable , de la fécule , du malate acide de chaux, un 
priacipe colorant jaune , selon Bouillon - Lagrange j plus 
de la gonune , un principe aromatique dans les semences, 
et du tannin: et là Carotte sauvage, ammi pisnagu, 
Lamarck Çdaucus de L. )• Sont aussi , par leurs graines, 
antihystériques, diurétiques, antipleurétiques. Le daucwf 

fftmmifery L. , donne une sorte d'opopanax , ou plutôt 
le BD^LLiuM sicilien ( Boccone, muséum^ L. i , tab. 20 > 

II servait jadis en parfum, et les Arabes en tirent encore 

^e la Sicile, selon Kœmpfer ( ama?yi. exot. p. 668 ), et 

Porskahl {jlor. arah.^. 126). 
CiiUCALIDE, GiROUiLLE, Caucalis leptophyllay E. 

Plante mangeable, est diurétique ; commie les Cauc. latijblia; 

daucoides et grandiflora^ L. 
FAUX PERSIL, Tordylium anthriscus y L., comme le 

Seséli DE Crète, Tordylium officinale, L., ont les vertus 

des précédens. Racines et semences usitées. 

PERCEFEUILLE, Bupïevmm perfoliatum ,1.. Feuilles 
vulnéraires j servent en topiques dans les tumeurs , lés 
écrouelles. 

L'Oreille de lièvre, B. rotujidifbliufriy L,, et d'autres, 
espèces congénères , sont apéritives , discussives , diurétiques* 

ASTRANCE, Otruche noir, A strantia majora L., 
et minor, L. Sert dans les s^ùirrhes de la rate 5 utile, 
dit-on, dans la mélancolie, par sa racine tiQire, fibreuse. 
Sommités mêlées aux vulnéraires de Suisse. 

SANICL.E, Sanicula europœa, L., ou officinide, jadis 
vantée comme un excellent vulnéraire , et un mondificatif 
des ulcères. Feuilles usitées. 

^ 4* CHARDON-ROLAND, Panicaut > Eryngium cam- 
pestre, L. Racine, l'une des principales apéritives, diu- 
rétiques, hépatiques, néphrétiques. Lç Panicaut iwaritime, 
^yng. maritimum, L., encore plus estimé. Le pani- 
caut à trois feuilles , eryng. tricuspidatum , L. , qui vient 
du midi, est un diurétique aphrodisiaque par sa racine'. 
^'^ryng. fœtidunty Aublet,.à la Guyane , est spécifique 
contre les fièvres ; mais il passe aussi pçur sédatif à Suri-; 
^ïain. JJeryngUanaquaticum a des racines aussi sudorifiques, 
<îue le contrayervay aux États-Unis. 

l5^ 



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%^S RANONCULEES. 

COTILET D'EA^J, Hydhcotyle vulgaris, L. Veniii 
du panicaut. 

LVII. RANONCULÉES. Cinq pétales, polyan- 
drie , polygynie. Herbes acres, souvent vénéneuses, 
i" Fleurs régulières j 2** irrégulières, avec nectaires. 

i<> CLÉMATITE, Viorne, Vigne blanche, Ckmatis 
vitalbay L. Ecorce et plante caustiques; appliquées , élèvent 
des ampoules ; est oplithalmique. La clématite bleue d'Es- 
pagne, clem. viticella, L. , est d'omeraent, 

CLÉMATITE FLAMMULE , Clematîs flammida, 
L. , aussi caustique et brûlante que la précédente. La clem 
ereclay L. , est de même. Servent pour cautères. Leur 
semencïj est drastique; leurs feuilles nettoient la lèpre par 
l'application. Uatrdgene alpina , L. , jouit àes mêmes pro- 
priétés: aussi, \e Knoufltonia pesicatoria des Hottentots, au 
cap de Bonne Espérance. 

PIGAMON, Talitron, Thaliclrutn flavurri , L., et m 
congénères, thaL minus ^ L. , iliah aquilegifoUum , L., 
thaL angustifolium, L. Herbe et racine jaunes, amères: 
nommée aussi fausse rhubarbe; usitée dans les ancien^ 
ulcèr€>s, purge à haute dose, guérit, dit-on, la jaunisse; 
est diurétique : vantée contre la peste , mais sans utilité. 
La racine de podophyllumpeltatum , h. la dose de 20 grains^ 
est un purgatif aux Etats-Unis , selon Smith Barton. Ses 
feuilles sont vénéneuses , ses fruits mangeables. 

ANEMONE, CoQUELOURDE, Anémone vemalisy L.,et 
anetn, pratensis^ L., et la passe-fleur des bois, anern» 
nemorqsq^ L., et la sylvie , A^ sjlçestris ^ L. 5 plante acre, 
caustique, exulçérante; mâchée, est un sialologue : aussi, 
les anem, trilobata et an. triternata d'Amérique. 

PULSATILLE , A. pulsatilla , L. Fleur violette. Sa ra- 
cine est sternutatôire , acre. Son extrait est actif dans la par 
ralysie. Tient un principe acre et volatil. On en tire par 
Palcohol une résine susceptible de cristalliser (Stoerck). 
Feuilles dctersives. Les belles anémones des jardins , A* co- 
ronaria , L. , sont moins caustiques. 

HÉPATIQUE , Ficaria hepatica , Jussieu; Anem» /^ 
patica , L* Passe pour apéritive , vulnéraire ; utile dans le 
diajîète et rhémoptysie , la dysenterie. Feuilles trilobées, 



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RANONCULÉES. 259 

jSBncni comme d^tersives pour les maladies de peau , et eu 
gargarisme. Fleiirs bleues. 

PETITE CHÉLIDOINE , FICAIRE , Ficaria ranun- 
adus , Haller ; Hanunculus fiçaria , L. Racine fibreuse , 
tuhérculée 5 son suc est antihémorrhoïdal , avec du viu ou du 
ieurre, mais est plutôt acre, styptiqué. Feuilles caustiques, 
mais douces et mangeables en Uplande (Linné, Mat. méd,). 
Croît dans les lieux humides. Usitée aussi contre les scro- 
phttles. Fleurs jaunes. 

RENONCULE FLAMME , 1>etite douve , Ranuucu- 
lus flammula , L. Très-acre ; cautérise la peau ; cause aux 
cfcevaux Tenflure et la gangrène ; et aussi la grande douve , 
Jî. Ungua y L. , et le thora , il. thora , L., et Raii, illyri" 
cus^ L. 

BACINET, Bouton d'or , Ranuncidus acris ^ L. , des 
prés. Egalement caustique. Ses pétales appliqués servent de 
vésicatoires dans la goutte et Tépiphora. Leur eau distillée 
est émétique. Les paysans se guérissent des fièvres intermit- 
tentes , en prenant sa racine sèche ; un peu moins dange- 
reuse que fraîche. Le Ran. aquatilis , L. , vénéneuse. Fleurs ' 
ilanches. , 

- GRENOUILLETTE , Renoncule bulbeuse , R. bul^ 
ho sus ^ L. , est très-acre aussi ; mortelle pour les rats ; ne 
nuit pas aux moutons. Sa' racine est vésicatoire. J'en aire- 
tiré une fécule douce et nutritive. 

RENONCULE SCÉLÉRATE , des marais, Ran.sce- 
leraius , L. , est très-acre et poison. Cependant les animaux 
la mangent en quelques pays sans danger. De même, la ra- 
nunculus aquatilis , L. , est âcrç ; les bestiaux la refusent , 
comme celle des champs, R, arvensis , L., et d'autres es- 
pèces congénères qui ont les mêmes propriétés. Celle des 
I>ois , jR. auricomiis , L. , est moins acre. En se desséchant , 
cçs renoncules perdent de leur âcreté. L'espèce cultivée 
<Ies jardins , qui donne de si belles fleurs , est la R^ asior- 
tîcus , L. , originaire de Perse et de Mauritanie. 

POPUL AGE , Souci DE MARAIS, CaltJia palustris , L. 
Herbe acre , caustique ; utile , dit-on , dans les maux de reins 
ou des lombes , en topique. 

PIVOÏNK y Pœonia officinal is y h. Racines tuberculeuses, 
brunes, d^odeur nauséeuse ^célèbres, comme antiépileptiques 



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a3o RANONCULEES. 

et emménagogues , ainsi que les graines noires , luisantes. 
Cultivée , sa belle fleur devient double, et,ses qualités pas- 
sent pour être moindres alors. 

QUEUE-DE-SOURIS , Myosurus minimus , L. Herie 
vulnéraire , astringente , comme les adonis vernalia et au- 
tuninalis y L. , \Acimii raceniosa , L. Racine noire de ser- 
pent ; est astringente , en Caroline. 

HERBE SAINT -CHRISTOPHE, Actœa spicata.h 
Les baies de celle-ci sont dangereuses. Sa racine , donnée pour 
rhellebore noir, s'emploie §^ l'art vétérinaire pour faire de< 
cautères aux bestiaux. 

2" HELLÉBORE NOIR, Helktorua niger, L. Ra- 
cines fibreuses , noirâtres , de saveur acre , nauséeuse 5 pur- 
gent violemment : recommandées dans Thypocondrie , la 
manie , dans la lèpre , Téléphantiasis , mais servent plu- 
tôt dans Phippiatrique , soit pour purger les chevaux , soit 
lorsque des maladies contagieuses ravagent le bétail : on in- 
sinue de ses racines dans la peau du fanon des bœufs , de la 
gorge du cheval , des oreilles des moutons , pour y faire un 
séton. Il en est de même de Vhelleborus viridis , L. , et 
*de VH> hyemalis , L. , qui vient sur les montagnes. Le 
PlED-DE-GRiFFON , H, fœtidus , L. , pcut être employé en 
petite quantité, comme vermifuge , par ses feuilles en pou- 
dre ; mais ces plantes sont dangereuses. Lé fameux Hellé- 
bore DES ANCIENS , et d'Auticyrc , est Vhelleborus orientor 
lis y L. , retrouvé par Toiirnefort ; on lui substitue souvent 
les autres hellébores., et à ceux-ci , les racines des adonis 
%fernalis et apennina , L* Les hellébores récens contiennent 
un principe nauséeux et vireux qui trouble le cerveau , mais 
qui se dissipe par la dessiccation , ou par la longue ébuUi- 
ti'on dans Peau , selon Boulduc. Ce principe passe à la dis- 
tillation, et peut s'obtenir ainsi. Usité contre Thydropisie^etc. 
Les Trolliuseuropœus et asiaticus , L., à fleurs jaunes, sont 
également acres , et ne s'emploient qu^avec prudence. Les 
racines des hellébores noirs de Suisse sont plus actives que 
celles d'Angleterre 5 celles d'Orient surpassent toutes les au- 
tres , selon Tournefort , et donnent plus d'extrait résineux. 

KIELLE , Nigella arvensis^ L. , et Nig. satwa, L. , 'a 
nielle romaine 5 ses graines acres, huileuses, atténuantes, 
apéritives dans les fièvres quartes , sont poivrées (i). 

(i) Dans rJnde orientale , les semences de nigella indica , Roxburgh , 
•ervenv de condiment aux alîraens. 



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RANOHCULEES.. ^H 

MCOUE, Aqailesia vidgarU , L. Herbe , fleurs , graines 
apéritiyes , acres ,>usitees dans la jaunisse ; diurétiques ;. ser- 
vent en gargarismes détersifs. Jo. André Eysel , de jiqiàl^^ 
ffd scorbidicorum asjlo. Franco^, 1716. 

PIED-p'ALOUETTE, Delphinium consolida , L. Ra- 
cine vulnéraire , consolide les plaies , dit-on , est ophthalmique, 
ainsi que le Z>. AjacU et elatum , L. Les graines de ceux-ci 
peuvent remplacer la suivante. 

STAPHYSAIGRE , Herbe aux potjx , Delphinium 
staphjrsagria^ L. Semences acres, nauséeuses 5 en foudre, 
tuent les poux 5 sont aussi utiles en masticatoires , en garga^ 
rismes apophlegmatisans , odontalgiques , et dans les ulcjères.. 
Vient de Calabre et d'Orient. MM. Lassaigne et FeneuUe 
ont trouvé , dans la graine de staphysaigre , un principe amer,. 
bnin précipitable par l'acétate de plomb , une huile vola- 
tile et une huile grasse , de Talbumine et une matière ani- 
malisée, du muqueux et du mucoso-sucré, un principe amer 
jaune , non précipiuble par TacéUtte de plomb , àes sels 
minéraux ( carbonate , phosphate , sulfete de potasse , de 
chaux 5 etc. ) ; de plus un principe alcalin végétal , composé , 
nommé Delpiiine , et qui est un poison ; il s^j trouve com- 
biné avec de l'acide raaliqùe, à l'état de malate acide» Ladel- 
phine est b^nche , trés-amère et acre , non azotées 

ACONIT , TuE-LOUP , Aconitum Ijcoctonum , L. Fleurs 
Weues , nectaires en capuchon , poison dangereux. Sa ra- 
cine est employée pour tuer les loups et les^Xîhiens. Cause 
«es vertiges , une stupe«r soporeuse et des spasmes iftortels. 
tes graines d'aconit ont procuré à M. Brande une matière 
acre, alcaline , cristallîsable, qu'il a nommée Aconitin. 

N APEL , Aconitum napellus , L. Les aconits, tiennent 
de l'acide citrique , avec potasse et chaux. On fait , de se» 
feuilles , ain extrait que Stoerck a employé avec succès inté- 
rieurement, à petite dose, dans leç paralysies, les rhuma- 
tismes , les maladies qu'on attribuait à l'éi>aîssissement de la 
lymphe , dans l'ankylose , l'amaUrosis , les tumeurs glan* 
duleuses. Il se servait de V Aconitum cammarum , L. ,, qui 
croit en Styrie. Les racines de I'Anthora , Ac. anthora, L. , 
^trent dans l'orviétan» Lés açoniium neomontanum , Kœlle 
( de Aconito) fi^acon, pariegatum^ Clusius, Hist^ a > p* 98 , 
%• 1 5 Vacon. tauricum , de Wulff et de Jacquin , ont à peu 
près les mêmes qualités. On lésa crus , mal à propos, cpr*- 



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i,ii papaVèragées. 

diaux et alexilères ; extrait ditrrétiqtie selon Fouquier. Les 
ZgfUhorrhizaapiifpïiael VHjdrastis canaderisis donnent de 
belles couleurs jaunes par leurs racines amères et âci'es. 

LVIII. PylPAVÈRACÉÉS. Calice caduc à deux 
feuilles ^ quatre pélales , polyandrie, monogynie. 
i** Fleurs régulières j 2** fleurs irréguliéres, dindelplies. 
Ces herbes contiennent un suc propre , assoupissant 
ou acre. Feuillage glauque. 

1° PAVOT BLANC , donnant de POPIUM , Papaver 
somniferum , L. On emploie sqs feuilles , s^s capsuler ou 
têtes, §es semences , ses fleiurs , surtout son suc laiteux des- 
séché. L'opm?» vie<it de Katolie 5 d'Egypte ( Thèmes ), de 
Perse. Le plus pur se retiré pai' incision àes têtes et ,de la 
tige du pavot. Le moins pur , ou Mécoiïium ,^eçu commu- 
nément dans le commerce , s'ôbtiejdt par expression et décoc- 
tion de cette plante. Tient extrait, résine, et, $elQn Ser- 
tuerner , un priùcipe particulier alcalin , là morphine y m^ 
tallisaMe, insoluble à l'eau, soluble à Palcoholet Téther^ puis 
l'acide méconique , et un autre prinQij)e ; le sel de Decosne , 
aussi cristallisable. Il y a pareillen>eat du^caout-chauc.dans 
Topium ordinaire , et de la morphinié dans le suc de pavot 
somnifère de nos contrées, seloUlVl. Vauqueliijg Dans nos 
. contrées , on en peut tirer ainsi un opium presque aussi actif 
que celiii d'Orient. Cette substance est gommp-résineuse , 
acre, amère , et conUent une huile concrète , volatile ,. très- 
vireuse , qui produit des convulsions. L'usage de l'opium est 
surtout d'assoupir les douleurs et le. sysiéuie nerveux céré- 
bral. Utile dans les flux dp ventre qu'.il arrête , dans les af- 
fections de la poitrine , les grandes inflammations ; il porte 
à la peau et à l'appétit vénérien , diminue la mobilité ner- 
veuse et les^ spasmes , mais nuit dans les maladies dites atra- 
bilaires et l'hydropisje. On préj)are l'opium de diverses ma- 
nières. Les graines de pavot fournissent de l'huile bonne à 
manger , Aiie hiiile cC œillette* Ces sentences sont adoucis- 
santes. ( ^of é^jS Tralles , de Opio. ). Le pavot noir n'est qBf'une 
variété? ainsi que les* belles fleurs de pavots de diverses cou- 
leurs. Le premier eflet de l'^lpplication de l'opium sur les 
nerfs est d'augmenter d'abord la douleur et la sensibilité , 
ou la vivacité 5 pour la déprimer ensuite. Dans tes pays froids^ 
l'opium est plus excitant que calmant. Il est utilement employé 
outre les maladies sy phi liiiques aussi. 



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CRUCIFERES. ^33 

XOQÇJELICOT , Papaver rhœas , L. Ses pétales sont 
pectoraux , adoucissans . très-usitës daas les affections de la 
poitrine , tiennent mucilage , principe colorant. 

ARGEMOKE, Papaver argemoue , L. Ses feuilles s'em- 
ploient en topiques contre les inflammations, son suc cclaircit 
les taches de la cornée des yeux (argeniata ). Il est jaune et 
acre, et se retire par expression. U argemoue mexicana, L. 
Semences émétiques ; est aussi somnifère ; usité en Amé- 
rique, coûmieles fruits àxxSangumaria canadensis,L. Le suc 
Je ces plantes est JAUne-4:ouge , comme celui des Bocconia* 
Les seuçLences d'argemone sont purgatives. 

PAVOT CORNU , Chèlfdonium glaucium , L. Son suc 
jaune ^ ses graines, ont les vertus du précédent. Il a le feuil- 
lage bleuâtre , y'nen^.Glauéium corniculatuni , de Juss. 

CHÉLIDOINE*, Eclaire ^ Chelidoinum majus , L. Ra- 
cme jaûtletrès-détèrsivè, atténuante, d'une saveur acre, qui 
piitge et pousse aux urines. On la recommande dans l'ictère 
et les obstructions, en décoction ;mais son usage interne n'est 
pas sur. L'herbe passe pour ophtlialmique. Contient matière 
p^ommo-résineuse jaune , nauséabonde , des citrate et phos- 
ptet« dé thaux , acide malique libre , un mucilage , de Pal- 
l^tunine , et quelques autres sels. 

2^ FUMETERRE , FuJnarm offîcinalis , L. La plante 
entière, eist très-apéritive ,- fondante. Tient du malate de 
ckaui^i en '..abondance eh'^sbn extrait ; rafraîchit , délaie 5 
passe pour? un excellent dépuratif dans les maladies cuta- 
nées, le scorbut^;, Tictèré , les affections mélancoliques , les 
obstructions. La Fétmetbrbe bulbeuse , Fultriaria buïbosa , 
h,j \a:F. capnoïdes y\j, , ont des propriétés semblables. En- 
trent dans les sucs d'herbes. Son extrait contient plusieurs 
seJs végétaux. 

LÎX.* CRUCIFÈRES. Fleurs à quatre pétales , 
et de la- tétradynaune( quatre grandes étîimincs, deux 
courtes). 1° Setnjences en siUqyes; 2° senaences en 
silicules. Plantes toutes plus ou moins anliscôrbutique» 
et diurétiques , acres, à graines hniieuses. Ln dessi- 
oalion enlève prç^qij^ toutes les vertus à ces planles. 
Aucune n'est vénéneuse. 

i*' RADIS, FAtJXRAfiFORT/ilap/iazm^ raphanîstrum ^ L. 
lïkais jSurlQut le radis cultivé , raphanus satii^us ^ L. , ou pe- 



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a34 CRUCIFERES. 

tïte rave , sont apëritife , excitent Pappétit et Turinc, Lénr 

graine est atténuante. 

MOUTARDE , SÉNEVÉ , Sinapis alba , L. , et S. ni- 

gra. Sa graine tient du phosphore , selon Margraff. A se- 
mence blanche ou noire. Suivant M. Thibierge, la graine de 
moutarde noire contient huile fixe , douce , légère, huile 
volatile et pesante , acre , irritante , de l'albumine végétale, 
du mucilage , du soufre , de Pazote ; inieinérée , on y trouve 
du phosphate de chaux. L'huile fixe est soluble dans Féther 
et Palcohol, Phuile volatile soluble à l'eau et au vin 5 tient du 
soufre en dissolution, et est vésicante. Ces semences, tritiirées 
avec l'eau et la chaux vive, dégagent de l'ammoniaque. 
L'huile volatile s^obtient par distillation, et est plus pesante 
que l'eau. On connaît l'usage de la moutarde comme assaison- 
nement pour exciter l'estomac et l'appétit. Appliquée à l'exté- 
rieur, est un rubéfiant très -actif, nommé sinapisme* Est 
aussi stemutatoire, résolutive. La Moutarde sauvage, «- 
napis arvensis , L. Sa graine est détersive et digestive, Les 
sinap. ramosa et dichotoîna, de Roxburg , sont usitées dans 
PInde orientale ; les Hindous se frotteûtavec Phuile de la 
sinapis ingra^ L. La moutarde dispose à la gaieté et.donne 

de l'alacrité. 

• 

CHOU , Brassicaoleracea^lj. D^ns son état naturel, il 
parait être le chou Colsa , brass. oler, arvensis , L. , dont 
la graine sert à faire de Phuile. Le Chou vert ^ br» oL vi- 
ridis , L. ; IcChou-cabu , br. ol. capitata , L. , ou pommé 5 
1^ Chou-fleur et. le Brocolis, en o/. botrytis , L. ; le 
Chou -RAVE , br* al' gongyloides , L. ^ le Chou-navet et le 
rutabaga de Laponie y br. ol, napo-brassica , L. Toutes ces 
races et leurs nombreuses variétés par la culture donnent un 
aliment copieux aux hommes et aux bestiaux. Le chou fut 
pendant 600 ans le seul remède dont les anciens . Romains 
firent usage , selon Caton le censeur et Pline le naturaliste. 
Son suc est très-pectoral , discussif , diurétique ; excellent 
dans l'asthme , la pleurésie , relâche le ventre. Ses feuilles 
sont aussi vulnéraires. Le chou ponmié sert pour faire la saiier" 
iraut , ou choucroute. 

RAVE et NAVET , Brassica Râpa , et Brassica 
Napus , L. Chou 4 feuille rude , br. asperifolia de Lamarck. 
Ont des racines épai^es (le turneps, la rabioule ), nour- 
rissantes, contenant un suc doux et sucré, fort béchique. 



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CHUCIFERES. ^5 

mik daiM les catarrhes, Tasthme, Tenrouement, la phthisîe, etc. 
Elles poussent aussi aux urines , mais sont des aliment 
venteux. La rave est ronde , le navet plus long , fîisiforme. 
Tou^ deux sont antiscorbutitjues , leurs semences apéritives. 
La Navette, variété du br, riapus, L., n'a qu'une faible 
racine , mais donne beaucoup de semences dont on extrait 
de l'huile, sont incisives, diurétiques, et augmentent le 
lait. 

ROQUETTE, Brassica Eruca , L., et la Roquette sau- 
vage, plus acre, Br. erucastrum , L. Ces plantes sont bé- 
chiques, antiscorbutiques, portent aux urines et sont fla- 
tueuses ; de là vient leur qualité aphrodisiaque. Semences 
utiles, comme acres et irritantes; excitent l'a j^étit. 

CHOU SAUVAGE, TURRÈTE, Turritis hirsuta^lu. 
Son suc guérit les aphthes, tue les vers : aussi, Vjérabis 
turrita , L. 

JULIENNE , Hesperis matronalis^^ L. Sert contre la 
dispnée, la dysurie et la stràngurie; est incisive. 

GIROFLÉE, Ckeiranthus cheiri^ L., ou violier jaune, 
a des fleurs cordiales , dit - on , excite les règles , sciçt ^n 
topique dans la paralysie. 

VÉLAR ou TORTELLE , Erysimum officinale , L. 
Herbe du chantre, vantée comme excellent béehique, en 
wop, en décoction 5 fait expectorer , dissipe les enrou,emèns. 
Tient du soufre. On en fait un sirop. 

ALLIAIRE, JErysimum alliaria^îj, 

HERBE SAINTE-BARBE, Erysimum barharea, L. 

La première sent l'ail, est aussi antiputride ; toutes deux 
sont très-antiscorbutiques , très-incisiv es ^t atténuantes, dé- 
tersives en application sur les ulcères ; usitées aussi dans la 
toux. Leur graine est acre , passe peur lithontriptique. Ces 
plantes contiennent du soufre. 

THALITRON , Sophie des Chirurgiens, Sysimbrium. 
Sophm, L. Est vulnéraire , astringente 5 déterge les vieux 
ulcères, arrête les flux diarrhoïques. Le sysim^br'» tenwfœ- 
Hum, L. , autre roquette sauvage , a les mêmes qualités. 

CRESSON DE FONTAINE, Sysimbrium Nasturtium, 
L. L'un des plus ejccellens dépuratifs et, antj^corbiitiques , 
sert dans les obstructions et le çalci^l dçs rçii^^ €M^ deU 



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236 CRUCIFERES. 

Tessie. Son extrait contient un sel ammoniacal. Dans les 

pays chauds, Proust y a trouvé du nitrate de potasse. 

CRESSON DES PRÉS, Cardamine praiensis ^ L. , ou 
Passer AGE des champs. Qualités du cresson, plante assez 
acre ; ses fleurs recommandées contre les convulsions. Ses 
autres congénères ont des propriétés analogues. 

DENTAIRE, Dentaria heptapkyllay L., ou pinnata^ 
L. Racine astringente , atténuante. 

\ 2^ LUNAIRE, BULBONAC, Lunaria reéUyiva, L., 
eiLun» amiua, L. Racines détersives, vulnéraires, en on- 
guent. Feuilles diurétiques. La poudre des semences est 
extrêmement amère , se donne dans Pépilepsie. 

ALYSSON , Aljssum çampestre^ L., et ses congénères. 
Sa graine , avec le miel , nettoie , dit-on ^ les tacher de rous- 
seur de la peau , et sert contre la rage : d'où lui vient son 

nom , «t huavéf* 

DRAVE, Draba venta y L. , et muràlis , L. Apéritive, 
détersive , etc. Semence acre comme le poivre j et peut le 
remplacer. 

^ GRAND RAIFORT cultivé , Cochlearia armoracia , L. 
RacineS' puissamment antiscorbutiqués, acres, incisives; con- 
tiennent du soufre , une huile pesante et un principe acre ; 
il y â un sulfure hydrogéné dans Palcohol de raifort , qui 
s'élève par la distillation. On trouve du vrai soufre en 
cette racine , nommée aussi Cranson. Peut s'appliquer en 
sinapisme. 

CRESSON SAUVAGE, CbcA&a/^a Coronopus^ L. Qua- 
lités analogues au précédent. * 

COCHLEARIA, CbchhanaofficinaKsj L. Herbe: abonde 
aussi en principes volatils ; le premier des antiscorbutiques 5 
son suc, sa. plante fraîche. Perd par la cuisson son âcreté, 
qui passe à la distillation comme celle des précédens. Tient 
sulfate de chaux 5 son usage est utile aux paralytiques en 
excitant le mouvement musculaire. 

IBERIDE, Iberis nudicaulis, L.^ et /6. amara^ L. peuvent se 
manger en salade; aritiscorbutique. Est la chasserage sau- 
vage. ' 

BOURSE- A -PASTEUR, Thluspi bursa pastoris, L. 
Semendes âccres, détersives, astringentes^ de même que 



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CRUCIFERES. ^3j 

celles/ de ses autres thlaspis congénères. TTil, arvense et 
campestre, L. 

NASITORD 5 Cresson alenois , Lepidium sativum , L. 
Nasturiium de Toumefor^ et Ventenat. Semences très-apéri- 
tives, incisives et antiscorbutiques j propres aussi à exciter 
les' règles. 

AMBROSIE, Lepidium procumbens y L. A les qualités 
du précédent. ^ 

PASSERAGE , Lepidium latifolium, , L. Herhe acre , 
irritante , peut s'appliquer pour les douleurs de la sciatique. 
Infusée dans la bière, et bue, facilite l'accouchement; mâ- 
chée, est sialologue, comme plusieurs congénères. 

ROSE -PE- JERICHO, ^wû5tofeca hierichontica ^ L. 
Plante desséchée , se resserre ; est très-hygrométrique , et 
«'ouvre , au contraire, à l'air humide. 

CAMELINE, Myagrum, sativum^ L. , et ses autres 
espèces. Ses graines sont, dit-on, utiles dans la paralysie, 
donnent beaucoup d'huile à brûler, et propre aux lini* 
mens, aux emplâtres. On les prend pour les graines de 
•ésame dans les officines. Herbe vermifuge aussi. 

MASSE DE BEDEAU, Bunias Erucago, L. Est acre, 
diurétique. 

CAKILE MARITIME, Bunias cakile, L. Bon antiscor- 
butique; sert aussi contre les coliques. 

CHOU MARIN, Crambe maritima^ L. Est fort bon 
vulnéraire, dissipe les inflammations, en topique. Devient 
mangeable par l'étiolement ; se confit au vinaigre. 

PASTEL, GUEDE, Isatis tinctoria, L. Dessicatif, as- 
tringent, excellent V vulnéraire. On sait que ses feuilles 
broyées et fermentées donnent du bleu de bon teint. On 
en extrait, au moyen de la chaux, un bon indigo, dit 
pastel, pour la teinture. Chevreul a trouvé, dans leur ana- 
lyse, de la résine verte, de la cire, de l'indigo, une ma^ 
tière végéto-animale , des principes colorans roùge et jaune, 
un acide incrystàllisable , du sucre liquide , de la gomme, 
une matière animale, un arôme, un principe d'ôdeUr d'os- 
mdzome , des citrate , phosphate , sulfaté de chaux , acétate 
d'ammoniaque, etc. 



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238 SAPONACES. 

LX. CAPPARIDES. Feuilles alternes , semences 
acres, comme ces plantes. * 

CAPRIER, Capparis spinosayli. Ses boutons à fleurs, 
confits au vinaigre , servent d'assaisonnement , ouvrent Pap- 
petit. L'écorce de Tarbre est acerbe, détersive, spléhique, 
utile dans la goutte , dit-on. L'écorce de la 'racine est diu- 
rétique , celle du capparis cynophaïïophpra présente Todeur 
forte du raifort; elle s'emploie contre Phy dropisie ; les autres 
capparis sont aussi doués des propriétés des crucifères; 
les cleome sont également antiscorbutiques. 

RESEDA, iîeWa luteola, L., et la GAUDE, Reseda 
luteay L. , qui sert à teindre en jaune, sont discussives, 
dissipent les inflammations et les douleurs, en topique. 

ROSSOLIS, Drosera rotundifolia^ L. Herbe un peu 
aquatique, acre, antiarthritique , détersive, rubéfiante, mu- 
cilagineuse , ophthalmique. Il en est de même de la par- 
hassia palustris ^ L. Son suc est ophthalmique, sa se- 
mence très-diurétique, apéritive. 

LXI. SAPONACÉS. Arbres exotiquea à feuilles 
composées, alternes: Petites fleurs axillaires. 8 éta- 
xnines j fruit capsulaire". Végétaux savonneux. 

PAULLINIE CuRURU, PaulUnia cururuy L. Sa décoc- 
tion enivre, ainsi que celle de paullinia pinnata, L., 
qui sçrt aussi pour enivrer le poisson. Feuilles vulnéraires; 
arbrisseaux grimpans du Brésil : se rapprochent des téré- 
Linthacés. Serjana de Plumier. 

SAVONNIER , Sapindus saponaced , L. , à fruits céra- 
siformes avec une pulpe gluante , douce et amère ; servent 

fiour savonner, rendent Peau mousseuse, mais biûleut 
e linge à la longue. Qualités astringentes ; arbre des An- 
tilles et d'Amérique. 

IjITCHI, Euphoria litchi , ou punicea, Lamarxrk (5g^- 
talia, Gaertner), fruits en panicules, grosseur de prunes, 
à écorces à pointes rouges , pulpe pâle , jgoût excellent dé 
raisin muscat, noyau comme celui de Polive; est le fruit de 
Chine, le plus exquis. ï/euphoria hngojia, Lam. , ou lon- 
gan des Chinois, a des fruits plus petits et bruns. Le 
ramboutan des MalaiSyNephelium lappaceurrij Labillari, 
donne un excellent fruit analogue au litchi , et qu'on mange. 



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ÉRABLES. 239 

y^heesia dfricana^ de Tussac, porte des fruits ronges, bons 
à manger. Apportés par les nègres â Saint-Domingue. Les Pe- 
fcadAublet, les &toaarï de la Guyane, BerihoUeiia deHum- 
Loldt, Cupania de Plumier, ont des amandes très-huileuses. 

LXII. ÉRABLES. Arbres à fleur» irrëgulières ou 
polygames ; à écorces astringentes et à sève sucrée. 

FAUX SIMAROÛBA, écorce de la Malpiglùa loti- 
folia, L., employée en place du vrai; a de plus faibles 
Tertus; vient d'Amérique, des Antilles. Les fruits du brin 
d'amour, Malpighia urens^ L., à feuilles piquantes , comme 
les orties, passent pour aphrodisiaques , à Saint-Domingue. 
L'on mange aussi les fruits du malp. moureila d'Aubletj l'é- 
corce est fébrifuge , à Cayenne. 

COCA ài^s Péruviens , feuilles de VErjthroxylum coea 
on Erjrih. peruvianum^ Willd. On y joint, un peu de 
chaux vive comme assaisonnement; c'est un aliment des 
Péruviens naturels dans leurs longues courses. 

Bois rouge, Erythroxrylum areolatum^ Jacquin ; est aussi 
on bois dur, astringent, qui entre dans Télixir américain 
de Courcelles. Vient des Antilles. Les bois de malpighia et 
dVr^/Arojç^/on teignent en beau rouge. 

ERABLE ORDINAIRE , Acer campes trê, L. Sa racine 
a été annoncée comme utile dans les maladies du foie. 

ÉRABLE ROUGE, Acer rubrum, L. 

Erable a sucre, Acer saccliarinumy Jj. 

Viennent dans l'Amérique boréale ; leur sève , très-clpr- 
gee en sucre, donne une mélasse brune par sa concen- 
tration; elle peut aussi faire àes liqueurs vineuses. Notrç 
Erable platane, acer plantandides , L. ( acer laciniatum^ 
Duroi ) , donne également une sève sucrée , qu'on regarde 
cotnme un bon antiscorbuf îque. Le bouleau noir aussi , acer 
tataricum, , L. Ses feuilles sont mangées par les vers à soie^ 

MARRONNIER D'INDE, JEscuIus hippocastanum,'L.{ i ) 
On vante son écorce et celle du marron comme bons fébri- 
mges,astringens, propres à tenir lieu du quinquinna ; mais n'ont 
presque point de vertus. M. Vauquelin a trouvé dans toutes 

(i) Apport^ d« Perte, par Ch. Çiusiut , eil i^5o\ en Autriche. 



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54o GUTTIFERES. 

les parties fie rei arhre, des résines liquide^, des résines 
«èches , une liuile gr^^sse, et, dans lesécorces, du tannin 
assez abondant, de l'acide galliqiie, une matière amère, 
une comhinaison de tannin et d'une substance animalisée, 
des phosj)hates , acétates , des oxydes de fer , de man^ra- 
iièse , etc.; anssi Pécorce du Pavia, œsculus papia^ L., 
arbre originaire de l'Amérique boréale, et œsculus flava,, 
Ai ton : sont toniques. Le marron d'Inde à une fécule 
amére. 

LXIII. MILLEPERTUIS. Herbes à fleurs polja- 
delphes, fruits en capsules. PJantes vulnéraires, 
nérvines. 

WnJ.EVEKTl]lS , Hjpericum perforatum y L., nom- 
mé jadis Juga dœmonum. Contient une résine rougeâtre, 
qu'on extrait par l'alcohol. Il est résolutif, propre à conso- 
lider les plaies et ulcères , atténuant , nervin. La teinture 
de ses fleurs a été en vogue contre la manié et la mé- 
lancolie ; aussi Vlijpôricum quadrangiilare , L. 

L Hypeiicum sessijfdlium, L., d'Amérique est le bois à dartre 
ou d'acossois, ou bois à la fièvre ; il fournit une résine purgative 
comme la gommc-gutte, à la dose de 7 à 8 grains; son suc est 
employé en topique contre les dartres. 

ASCYRON, Hjpericum ascyrum ,- JL> A les mêmes 
qualités que le millepertuis; mais sa semence est purgative et 
utile dans la sciatique. 

CORIS, Hjpericum coris ^ L. Indigène de l'Europe aus- 
trale. Grailles diurétiques, utiles dans les spasmes. 

U OUTE-SAliNE , Hjpeiicum andwsœmum , L. Grand 
millepertuis ; a des qualités semblables au premier. Uhjrpe- 
ricum angustifoUuni , Lamarck, à fleurs jaunes , donne un 
suc résineux, balsamique, très-vanté oonmie vulnéraire , a 
l'île Bourbon. 

Ulvypericurn lanceolatum de Lamarck ; grand milleper- 
tuis de montagne , de l'îlie de Bourbon , est antisyphilitique : 
donne également une résine odorante. 

LXIV. GUTTIFERES. Arbres exotiques, fleurs 
à quatre pétale^, fruits en baies , feuilles coriaces; 
donnent un suc propre, résineux , âdre , draslique. 

GOMME-GUTTE , Garcinia Cqmhogia, Willd. , ou 
rambogia giitta , L. , et aussi du garcinia morella , selo;* 



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GUTnFERES.i 241 

Hermdnn, et le Sttilagmitiscambogioïdes yMnTrûjy Guttae" 
fera^éra de Kœnig. Le premier arbre , le carcapulli de . 
Rheede , donne une gomme-gutte moins estimée que le se- 
cond. Ils croissent à Ceylan, à Siam,au Pégu. Cette gonmie- 
résine , d^un beau jaune , se retire par incision. ELst très- . 
drastique , vermifuge , bonne dans l^iydropisie et la lèpre. 
Tient , selon Bràconnot , résine jaune 80 , gomme no. Les 
Mangoustans ou Garcinia donnent de bons fruits acidulés , 
sacfés y comme le 0arCi mangostana , L. ; le gare. Tnataba" 
rica aussi : on enduit les filets des pêcheurs avec ce fruit, 
dont le suc les préserve longuement contre Veau. L'écorce 
de ces fruits est astringente. Substances toutes vermifuges. Le 
cùopia de Marcgrave, Pison et P. Barrère, est une sorte de 
gomme-gutte d'Amérique , glutineuse , nenace ( gomme-ré- 
sine ), du figuier maudit marron, de Saint-Domingue, Clusia 
rosea , L. 5 sert à panser les plaies des chevaux , et à ca- 
réner les vaisseaux. h'Ivypericum bacciferum , d'Aublet, 
donne à la Guyane une rausse gomme-gutte. ■ 

BAUME VERT, ou de Marie , ou de Calaba , sorte de 
résine Tacamaque de l'île Bourbon , vient du CahphjUum 
inophjlbim , L. , qui découle par incision de ce grand 
arbre de PInde orientale. Cette résine jaunâtre s'épaissit et 
verdit à l'air; est très- vulnéraire , anodine , nervale , d'odeur 
suave (Runaph, Amb. t. 2 , fig. 71. , Burmann, Zeylan. , 
tab. 60 ); 

Les moronobea de Cayenne donnent une résine nropre 
à goudronner / les vaisseaux, comme les clusia. Elle est 
jaunâtre. _ - 

VERJÎIS DE LA CHINE , Augia sinensis^ Loureiro 
[Flor. Coch.y tome i, page 4o6, Tsi-Xu des Chinois )• 
Son suc résineux noircit par la dessication. Est purgatif, fait 
de beaux vernis. 

COPAL ORIENTAL; (résine) de la Fatèria indica, L. 
Ekeocarpus copalUfera , Kœnig. , L'arbre de Ceylan , à 
fruit huileux, donne cette résine transparente, jaune , propre 
aux vernis, soluble a l'éther et aux huiles, non à l'alcohol , 
n^mmèe^Sandarous ^ ou Sandarouj par les Orientaux; est 
plus rare dans le commerce que celle d'Amérique ( Fcy^ 
aux Sumachs ). Sert en fiimigations céphaliques , entre dans 
des emplâtres résolutifs. Les fruits des Gri as , non mûrs , 
et des Mammea, de cette famille, se mangent dans les Indes;" 

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Si4a ORANGERS. 

sont âcldukfi, sv^crés. Le iaamei ( màmmea)^ âbricotief 

d'A]Daérîqi»é ; sa gpmme ou plutôt sa résine tue les chiqoes* 

IXY. ORANGERS. Arbres odorans, à feuilles 
alternes ponctuées, à fleurs aromatiques polyandres; 
fruits, 1^ en baies ; a** CAMBLiiiÉtes ou Théacées, 
à fruits en coques. Propriétés stimulantes. 

ï<^ LIMON 5 CITRON, Citrus me^ca^'L. Le citronier, 
originaire d'Asie (de Médie), déjà cultivé en Italie du 
jiemps de Virqile. Une huiJLe Volatile , odorante , se retire de 
Vécorce du Iruit, essence de cédrat et de berg^motte {àià 
Bergame ); il faut loo limons pour en doni^er ntie once. 
Le suc ( acide cit^que ) excite rappétit , arrête les vomis- 
semens, rafraîchit en limonade , es; antiputride, excellent 
dans les fièvres adynamiques , dans le scorl^ut. Il se dpnne 
aussi mêlé au sel commun, dans les fièvres rémittentes de9 
pays chauds j^selon W. Wrigh?;. Le zeste ou écorce est aro- 
matique , tonique ; les senaences sont amères et de bons 
Vermifuges. Risso, Mém. sur rhisf, nat. des orangers, etc. 
Cannai, mus. d'hist. nat. tome 19), dit que le citrus auran- 
^i«m a 4ix-neuf variétés, de plus le citrus vulgàris^ Risso, 
ou bigaradier cj&mmun, à onze variétés; le cit. limetta^ R. 
^ôu limettier et perette ^ et pomme rose , a sept variétés ; le 
ciiTé tn4sdica, R. , ou cédrat, montre trois variétés ; enfin le 
citr. limonium y ou limonier et bignette, a vingt-ciùq variétés 
cultivées. Le limon est encore plus afcîde que le citron or- 
dinaire. L- écorce de la raeine est fébriftige dans les iles 
Antilles* 

ORANGE, CitHés aurantium, L., et ses variétés, la 
Bigarade ou orange rouge, le Poncir^ , le Cédrat , la Ber- 
GÀMOTTB, le Balotin, la Limette, PHERMAPHRODiTÈ,etc., 
* sont originaires des Indes orientales , apportées d'abord 
par les Portugais, ^^a PahpeIiMoussç; qui vient de PInde, et 
naturalisée aux Antilles, est le citrus decamana^ L. Orange 
grosse comme la tête d'un enfant» Les oranges rôties, ajçli- 
quées sur les iilcéres, les dé^rgent et font cicatriser. Ce sont 
surtout le$ oranges amères* Lès feuilles d'ocanger , comme 
se» fleurs ^ sont antispasmodiques, cordiales, cépfaaliques. 
L'eau de fleurs d'oninges ( aqua naphœ àes officines ) est 
connue p^y ses agréables propriétés ; ces fleurs tiennent de 
Tacide acétique et chaux , albumine , extrait jaune amer, 



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ORANGERS. îi43 

Jo»Mne, huile yolatile, selon M. BouUây* Les oranges sont 
très-utiles dans le scorbut^ les mala(Ues putrides* Leur 
fcorce amère, stomachique ^ convient dans les coliques. On 
la confit, etc. Les oranges douces contiennent Une matière 
«icrée arec Pacide. Le Wampi de k Chiue^ Cookiaée Son- 
tierat, a des fruits acidides analogues , ainsi qae la lÂfnonia 
irifoliata, L., etc. 

%' THÉ, ThM viridis, L., et le Thk boiiy, Theà 
boha^ L. tKempfer, Mist. Japon, page 6o5 , figv 6b6, et 
amemLexaticAeiScic. pagie 618)* Fleui^ rosacées, arbrisseau 
toujours vert , qui peut s'acdiïnatér en Europe, en Corse; 
orffiiiaire de Chine et dn Japon. Arbre se rapprochant des 
teédarachs par les qualités astringentes avec un prirrcipe 
•timulant dans set teuilles , qui tiennent du tdfhnin et de 
l'acide gallique', selon M. Cadet , outre 5on principe narco- 
ii<jue ou enivrant oui excite des vertiges ou dés tremblemens 
aerveui. Sa feuille, si recherchée en infusion, caose de 
tant de guerres et de l'indépendance des Etats-Unis, est 
de plusieurs sortes. On distingue les thés en 710*5 et en 
verU. Il y a environ six à sept sortes de chacun d'eux. Les 
noirs sont : i ® le thé boui^ ou bouy$ a* le campouy ou 
camptum^ 3^ le congfbu^ 4° ^® saot-cnaony de qualité supé- 
rieure aux précédens , est cher et rare: les Chinois vendent 
a sa place le camphou de la plus belle sorte; 5** lepaot-' 
chaon, variété du précédent; 6*^ le peiao, fort rare et cher; 
«e« feuilles sont choisies 4 l'extrémité des rameaux : le choix 
de ses feuilles les plus blanches donne le thé lintchessiny 
•"^proprement fleurs de thé ( car les vraies fleurs de cet arbre 
û'oflfrent pas une infusioti agréable) ; 7*^ le thé anhay^ peu usité. 
Les thés verts, à feuilles plUs entières, sont : 1° le songloy 
^Q sonlo : celui qui a Podeur du poisson est avarié ou trop 
^eux' 2* te bih ou thé impérial a une légère odeur de savon: 
ïl donne une infusion verte; 3** le tonkajr ^ supérieur au 
« «onglo; 4* le hajsuen^ mal à propos noiàtimé hisu>in^ doit 
avoir du montant et donner une belle infusion verte; il a 
iJne légère odeur de inarron grillé; 5*^ le îtaysuen-skine , 
variété du précédent; 6^ le tchu-tcha^ variété très-chère; 

Î^le tchulan est aromatisé âtec la fleur de VoUafragrans 
'• , ou lanhoa. 

Tous les thés verts agissent plus sur le système nerveux 
Çie les noirs ; ils ont plus d'odeur^ de foin natturelle- 
îttem. On aromatise aussi les thés avec le curcuma, Tiris, 

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3^44 Orangers. 

de Florence , les fleurs de jasmin d'Arabie ( mogonufti 
samiac^, selon Macartney {ambassade, tom. 4-5 page lo), 
et celles du vitex pinnata L., celles du chhranthus incons- 
picuus de Swartz , etc. 

On a remplacé le thé avec Valstonia tlieœformis, "Wilden., 
ou la hopea têrnifolia d'Ortega 5 voyez aussi la capraire , la 
cassine, le chenopod. amhrosioides , ad Mexique; tels sont 
encore le ceanoûius arnericanus, L., ou le thé de la nouvelle 
Jersey ; Verythroxylum coca , L. , ou la coca des Péruviens 5 
le leptospernuim thea, Smith, de la nouvelle Hollande; la 
monarda didjma, L. , ou thé d'Oswego; la myrica gale y le 
priuos glaber, au Canada; le prunus spinosa; hi psoralea 
glandulosa , thé du Paraguay ; le rhododendron chrjsan- 
thum L., ché des tatars Kirguis; ri/iu^ arcticus^ thé des 
Korwégiens ; salifia officinalis , L. , thé indigène 5 sjnUàx 
glycyphylhs et Sm. ripogonum , de Smith , thé de la nou- 
velle Zçlande; teucrhmi ihea, Loureiro, thé commun des 
Cochinchinois , outre les feuilles de leur, thea cochinchi- 
nensisy^t thea oleosa , dont les semences feignissent de 
rhuile à brûler; enfin les veronica officinalis , et chanwe^ 
dry s , eiprostrata; lespiiurnum cassinoides et vib.pruni' 
foUum , et lœpîgatum , L. , la gauUeria procunibens , etc. 
Aujourd'hui on importe jusqu'à 20 millions de livres pesant 
et plus, annuellement de thé en Europe > selon. Lettsom et 
de Guignes. L'eau distillée est légèrement vircfise. 

On ne commença qu'en 1666 à faire usage du thé en 
Europe 5 il est devenu depuis très-usité , en Angleterre 
surtout. Le meilleur est d'une odeur de violette , de saveur 
un peu âpre ^ astringente ; celui des feuilles jeunes , ou de 
jeunes arbres , est plus fin ; sa décoction noircit le fer , con- 
tient de l'acide- gallique , surtout le thé bouy , qui est plus 
noir , plus astringent et sent la rose. Ou dessèche ces feuilles 
sur des plaques de fer chaudes. Son infusion se doit faire 
dans la porcelaine ou la terre. Le thé s'évente à l'air et dans 
les voyages par mer; on le conserve dans dqs barses ou 
boîtes garnies en plomb , ou des vases d'étain ou de porce- 
laine bien clos. Récent, iP est un peu narcotique, selon 
Kempfer; il donne un extrait astringent, un peu amer; on 
reconmiande son infusion comme propre à favoriser l'es- 
tomac , la digestion, égayer l'esprit; elle réveille les forces 
vitales, délaie les humeurs: aussi les buveurs de thé, à la 
Chine , n'ont jamais la goutte. D'antres auteurs l'accusent de 
«auser de,s tremblemens , d'affaiblir le système nerveux , de 



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MEtlACEES. a45 

receler nn princq>e vireux. Ses semences sont hufteases et 
rancissent promptement ; alors ne germent plus. 

GAMELLE ,TSUBAKKI, de Kempfer, KamelUajapo- 
nica, L., et JST. «o^angua^Lour. A jolies fleurs en roses, ino- 
dores. On tire de l'huile de leurs semences comme de celles 
du thea oleosa de Loureirg, en Cochinchine. Les feuilles de 
sasanqua sont souvent mêlées par les Chinois , avec le thé 
qu'ils vendent aux Européens ; ils aromatisent aussi ce der- 
nier avec, les feuilles de Tolivier odorant, olea fragrans y 
Thunberg , et avec la badiane , anis étoile. 

. LXVI. MÉLIACÉES. Arbres odorans , 5- oa 
lo-driques , à fruits en baies ou c^ipsules y feuilles 
alternes , i** simples, 2"* composées. 

i« CANELLE BLANCHE, CaneUa alha, de Murray • 
^tranmct» o^ lirmean sQtiety^ tome i , figui^e 8; fVinte-- 
Tarda caneïbi , de Solander , médical ohserv. and inqitiriea , 
tome 5 , page 46 ; qu'il ne faut pas confondre avec l'écorce 
de Winter,qui appartient à la famille des magnoliers, p. aSi. 
Son fruit en baie noire est aromatique et sert d'épices. Ecorce 
delarbre roulée, raclée , blanchâtre , plus épaisse que la 
canelle , de saveur acre et piquante , mais bien moins que 
celle de Winter qui est rougeâtre. I^ canelle blanche a une 
odeur de girofle. On la trouve en Amérique méridionale , 
aux Antilles aussi. On dit que la gomme résine alouchi , 
très-odorante , vulnéraire, découle de cet arbre. 

Selon M- J^enry , Vécorce contient de la résine ^ une huile 
volatile , une matière extractive ; une matière colorante ^ 
de la gomme , de Tamidon , de Palbun^ine , des acétates de 
potasse et de chaux , de Foxalate de chaux , des mirriates de 
potasse et de magnésie. Elle ne précipite pas en noir le deu- 
tosulÊEite^ de fer. La canelle blanche sert d'assaisonnement 
aux Antilles ; est un faux costus corticosus des oflScines. 

2° AZEDARACH , Melia azedarach , L. Arbre d'orne- 
ment y k feuilles bipinnéest Sa semence est huilense , ses 
feuilles sont vulnéraires , vermifuges , diurétiques , tuent les 
poux.Originaire d'OrienuOn prétend que Thuile de ses graines 
est anti^asmodique ; Técorce interne est très-vermifuge. La 
pulpe du fruit s'emploie contre la teigne , en Perse., selon 
Michaux. Le ilfe/ia sempervirm^ a les mêmes vertus. On dit 
<jue leurs fruits en grappes sont vénéneux. Donné Une gomme, 
AUX Indes orientales. 



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4« VIGNES. 

ÀNGUStURE VRAIE , Quinquina angustura, Bon- 
plandia trifoliata , WîUdenow , Cusparia angustura , 
HuHiholdt et Bonpl. PL cequinox. Ecorce assez plate, 
Biince 5 grattée à l'extérieur, d'un rose ceiKÎré, pâle à 
rintérieur , et couyerte d*un épiderme blanchâtre , fon- 
gueux. Texture dense , saveur amère , nauséeuse , suivie 
d'âcreté ^ qui pique le bout de la langue , odeur assez forte, 
peu agréable. Employée comme succédané du quinquina , 
^ yient d^Amérique méridionale , près d^Angdstura. Ne doit 
pas être confondue avecPANO-vsTURA ferrugineux, ou faux, 
de couleur de rouille , qui est un. poison tïès^mer, ek Vé* 
corce d'un strychnos probablement. /^o^^js p. 191I 
; ACAJOU MAHOGON, Swîetenia mahagoni, L. Bel 
arbre de* l'Amérique méridionale. Son bois d'un rouge 
brun , beau en meubles.. Celui de la côte de Coromandel , 
swieifinm febrifiéga ( Roxburgh , Ph Çorom. , tome i , 
pag. 18, tab. 17 ), a une écorce amère, très-emplojée 
comme fébrifuge , sort€^ de kinki^a de l'Inde , swiet. soj^ 
midn^ de Duncan; Teniam, inaugurale, Edimb. i7945in-8^ 

ACAJOU CEDREL , Cedrela oâorata^ L. et Brownç ,^ 
Jamdiq» Donne *des planches pour des meuble^ , distilla 
par incision une résine limpide , amère , aromatique. Soa 
odeur est peu agréable , passe , comme le Cedrela rosma^ 
rinus ^ Loureiro , de la Cochinchine, pour neryin, cépha-- 
lique, aritirhumatismal; ceïui-ci est d'une odeur plus suave ^ 
et produit une huile essentielle par la distillation. Le cedrela 
iuna donne un extrait fébrifuge ,, dans l'Indu La guarea 
trichisdides d'Aublet , a une écorcç purgative et éiiiétique 
à la Guyane. 

JJSJiflh VIGNES. Arbustes noueuz et sarmçn-* 
tenx y des vrilles , fruits en baies et grappes. Ont un 
principe acerbe , ' * 

VIGNE A VIN, ;^îrf*Wm>^ra,L. Originaire, dé Perse, 
répandue dans toute la zone tempérée par les ^Phétiiciens , 
et ensuite les autres peuples ^ a de très-nombreuses variétés 
de plants par la culture , plu^ ou moins Sucrés ou acides. 
Les raisons secs de Propenc^ , ceux de Damas, c^x de 
Corinthe, se prépaient, en les trempant dans uué îeisîve al- 
caline , et les faisant sécher au ftmr ( Uvœ pdaai». àapas- 
sulas ) , a'emploieut en décoctions béchiquès , pectorales , 
adoucissantes 5 rafraîchissent et relâchent ou humectant. Le 



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GÉRANIONS. a47 

yerjua {Labruscade Pline), raisin dit Iamt>ru9cpe, îrès-acide, 
contient beaucoup diacide citrique ^ sert comme condiment 
rafraîchissant ( omphaçium ). \je» vins , résultat du moût 
fermenté, se distinguent en yins , i^ alcoholiques et chargés 
en extrait résino-tartareux , comme ceux de Koussillon , de 
Bordeaux , de Grave et dëPoniacj 2° en vins sucrés, amers 
ou toniques , ceux de Xérès , de Madère , de Malaga , dé 
Malvoisie, du Cap; ou acerhes, comme le vin d*Aiicante ; 
3* en vin» alcoholiques^ acidulés , ceux de Botrrgogàe ; 4** 
en yins acides^ ou secs , comme ceux du Rhin , et plusieurs 

vins bUtncs^ 5<> en vîtas monsseùx ou gazeux, comme le Manc 

ou rosé de Champagne ; 6^ en vins liquoreux , le Tockay , 

le Mont»e*Pii)!pi9Qio , LachritnaTChristi , et autres vins très- . 

méridionaux, tirés de raisins sucre 

en Grèce- D'çwures vins se font t 

le Fine-Sànto de Toscane , ou d( 

long-temps y conime le vin de Coi 

gnan, de Chypre , de Rota , ou c 

prend une portion de Teau et déc 

trace acidulé de potasse , comme ] 

Celui de Schiraz en Perse , etc. 1 

seconde fermentation ^ est d'autan 

plus sucré et spiritueux. L^alcoliol ( 

de la fermentation vineuse des m^ 

laède d'un ferment de nature an 

tartre krut ( snriartrate de potasse 

alumineuses. Proust a extrait dé 1 

r^isins.Ce »ucre,peu cristallîsable , 

le sucre hydruré , peu sdluhle. Éc 

raisin r eus^làcent aussi le sucre en plusieurs eoié, 1 . 

REDIT i>ES AitAlBEs, Çi»sus arborea, Forskahl, page Sa. 
Sert contre la peste»et lés bubons, en application. On peut 
ûianger ^es fruits. 

LXVlïl. GÈRANIONS, .Fl<?ur? squvent irrégu- 
Hères , cinq pétales , capàtrfes 6 -^ Ibthifeîrejsr. Ôterbes 
^în peu acres ou acides /vtifeérair es' et astringentes. 

BEC-DEl-GRUE , Géranium cicutariumy L,,, à odeur 
lîttusquée , comme le O. moachatum , L. Le Ghran, spino- 
sum est très-résinëuii'et brûle avec une odeur balsamiq^ue* 

HERBE-^A-ROBERT , G. roiertianum\ L. 

PIED-DE-HGEON , G càîumUhum , L. 



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.-^ 



^48 MALVACEES. 

BEC-D&CICOGNE, G. ciconium > L. , eipratense. 
SANGUINAIRE , G. sanguineum , L. 

BEC-DE-GRUE BLEU , G. batracKioides , L. 

Plantes à fleurs régulières , toutes astringentes et dét^r- 
sives , usitées en cataplasme^ ou autres topiques. Arrêtent les 
flux de sang , de ventre , résolvent les tumeurs , etc. 

BEC-DE-GRUE , k racine bulbeuse , G. iuberosum , L. , 
et G. macrorhizum , L. Sa racine , dans le vin ,* est utile 
aussi pour les inflammations de la vulve» Le Gèr. majculatum^ 
racine qui sert dans du lait contre le choiera morbus des 
enfans , aux Etats-Unis. 

- GRANDE CAPUCINE , Tropœolum majus, L. 

^TITE GAPIICINE , Trop, minus, L. 

Ql^lfinaires du Pérou. Se mangent en salades y sont ânli- 
scorbutiques , excitent l'appétit, aident à la digestion. A 
Textérieur , spnt fort utiles dans les gales rebelles , pour 
déterger la'^auv Les chenilles des crucifères se nourrissent 
aussi de»^c{rg|jo^ 

BAL^IPÏÎE flr/tpatiens noli tangere , L. Capsule élas- 
tique lançaw se3 graines. L'herbe est tellement diurétique, 
qu'elle pem.^ifo(^QJChie Ig diabète. Son emploi passe pour peu 
sûr à l'ipfiè^^r. 

Sl»M.LE, ALLELUIA, OmliB acetosella, L., et 
ax^^ij0Xi corr^iculata ^ L. De leur suc , on retire l'oxalate 
aei^lét^ potasse (sel d'oseille ) , dans les bois des Alpes el 
de Jà-.Sîiiràe, où elles abondent. Sont très-rafraîchissantes, 
antipu^'ides , tiennent aus$i de l'oxalate de cliaux. Les Ox. 
frutejSbens d(9 la Martinique, Qx. tuberosa du Chili, Ox, 
compressa du cap de Bonne-Espérance , VOx. dotfecandra 
du Pérou , et bien d'autres , donnent beaucoup de suroxalate 
de potasse. L'acide oxalique peut former un éther avec Tal- 
cohol , par l'intermède de l'acide sulfurique. Plantes irritables. 

LXIK MJLFJCÉES. Planter émoUientes, à 
tiges tendres „ étamines monadelphes , pétales unis 
par leurs onglets, feuilles alternes; i** étamines sans 
nombre fixe j 2" étamines en nom bre bprné.(Ca vanilles, 
Uist. des Mahacésou columnifères^ ou monadelphes^ 
Aucune n'est vénéneuse. 

lo MAUVE COMMUWE, Maha ^heètris, L. 



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MALVACEES. ^\g 

PETITE MAUVE , Maha rotundifoUa, L. 

MAUVE CRÉPUE, cultivée, Malpa crispa y L. 

MAUVE ALCÉE, Maha akea, L. 

MAUVE MUSQUÉE, Malva moachata , L. 

Toutes ces herbes sont éminemment adoucissantes et hu- 
mectantes, propres à tempérer, à lâcher le ventre; con- 
tiennent un mucilage abondant. Leurs fleurs ont des pro- 
priétés béchiques. Celles de la mauve musquée sont roses 
et d'agréable odeur. Cavanilles a retiré une assez bonne fi- 
lasse des tiges rouies de la ûiauve crépue , originaire de Sy- 
rie : les autres sont d'Europe. 

• GUIMAUVE , Althœa officinalis , L. Feurlles et racines 
très-émollientes , diminuent Pâcreté des humeurs ou la sen- 
sibilité. Usitées surtout dans les maladies delà vessie. La ra- 
cine tient matière végéto-animale et mucilage , selon Plan-, 
che ; de la fécule amylacée , selon Robert , car elle devient 
bleue avec Piode. Fleurs béchiques. \J Althœa hirsuta , *L. , 
a les mêmes vertus. * 

LAVATÈRE EN ARBRE , Lavatera arborea , L. , et 
celle à trois lobes , Lav. triloba , L. , etc. y se cultivent. Peu 
usitées. Ont des vertus* analogues aux précédentes. La Zav. 
ihuringiaca , L. , est plus employée dans le Nord. 

ROSE TRÉMIÊRE,^/c^a rosèa, L. Fleurs et racines 
employées comme les précédentes. 

ABUTILON , Sifla abulilon , L. , Cavanilles. Guimauve 
à fleurs jaunes , originaire de l'Inde. Feuilles émollientes , 
mondificatives des ulcères ; graines apéritives , diurétiques. 
Le Sida cordijblia^ L. , cuit avec le* riz, adoucit dans la dy- 
senterie. Le Sida rJiomboïdea,^oxh.,e8i\sL guimauve de l'Inde. 

GRAINES D'AMBRETÏE, ou ABEL-MOSCH , ///- 
bicus abel-moschus , L* Semences d'une ketmie de l'Orient, 
qui %entent le musc. Sont brunes , réniforriies , employées en 
parfums , et en Afrique , dans le café. Sont cordiales , cé- 
phaliques , stomachiques. Le Gombo , Hib, escutentus , L. , . 
herbe potagère des deux Indes , qui contient une sorte de 
gélatine mucilagineuse , adoucissante , sert en émolKent ; 
IDsEiLLt: DE Guinée , Hib. sabdariffa , L. , qui est acide , 
sert aussi de nourriture rafraîchissante dans les pays chauds. 
On fait des cordes avec Vhib. cannabinus ^ dont les feuilles 
«e mangent aussi , et Vhib. tiliaceus, L. , et Vhib. Tiei^^ 



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s5o MAGNOLIACEES. 

rophjllus , etc. Les pétales d'hib. rosa sinensis sont âstrin- 
gens et colorent en noir le cuir 5 de même aussi quelques 
alcea. 

CQTON HERBACE, Gossypium herbaceum ^Ïj. Se cul- 
tive pouF le duvet textile qui enveloppe ses semences ; est 
originaire de TAsie méridionale. On recommande se» graines, 
noires , rondes , comme béchiques , antiasthmatiques. Une 
variété de coton naturellement jaunâtre ou blonde , a la 
fleur bleue. Le coton , af^elé gossypine , est un principe par- 
ticulier de fibrine végétale de celte famille ; il est très-lisse 
dans les bombax ; de là vient qu'il ne peut pas se filer comme 
dans les cotons. Le Cotonnier , arbre , Gosa, arhoreum , 
L, ; fournit uu excellent coton. Plusieurs Fromagers ( Bom- 
bax 5 L. ) 5 grands arbres à bois mou , comme le mapou de 
5aint-Domingue , donnent un duvet qu'on emploie pour le* 
chapeaux castors fins , en Angleterre. Le bombax gossypi- 
num y L. , fromager cotonneux , fournit une gomme abon« 
dante dans les Indes orientales ( Buchanaû's , Joumejrfrom 
Madras , tome i , p. 169 ). On en fait commerce , selon 
Milbum. Le Baobab , uidansonia digitata, L. , qui devient 
le plus gros arbre de la terre , en Afrique , à bois mou , est 
de cette famille. Sont tous émolliens. 

2^ CACAO , TJieobroma cacao , L. Petit arbre de l'A- 
mérique méridionale. Amandes un peu âpres, contenues dans 
une capsule remplie d'une pulpe acidulé ; sont butireuses , 
nourrissantes , émulsives. On préféra le cacao caraque , oa 
de Caracas, plus gros , le berbiche , et même le Surinam k 
celui des Iles ; on le grille, on l'écorce, on en fait du cho- 
colat. L'huile grasse concrète se nomme beurre de cacao. Le 
chocolat dit de santé n'est pas aromatisé avec la vanille. On 
fait en Espagne un chocolat ordinaire avec les semences hui- 
leuses de Vjirachis hypogœa , L. ( Vofe^ aux Légvmi- 
neuses ). On y mêle aussi de la farine' de XBsi\& et autres. Le 
bon chocolat est un analeptique excellent pour les vieilla^, 
les phthisiques , les valétudinaires épuisés. Le beurre de ca- 
cao non rance sert à l'intérieur aussi. Les amandes de cacao 
enterrées pendant 3o à 4^ jours**pçrdent de leur âpreté. 

LXX. MAGNOLIACEES. Arbres à belles fleurs 
rosacées, feuilles entourant le bourgeon terminal d^^ 
branches. Ecorccs amères , astringentes ou aronpia* 
tiques. 



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MAGNOUACÉKS. i5i 

ECORۂ DE WINTER , Drymia Winteri , de Forster, 
Nomlacla VpnU , tome 3 , p. i8i > fig. 48; et Comment. 
Goltirig., tome 9 , fig. 7; fVinttfra aromatica^h* Cette es- 
pèce n'est pas aussi estimée que la canelle hlanche, fau xco«/2/t 
corticosus, k laquelle on la substitue souvent, et qui est de la 
famille des méliacécs, p* 245. Est d'ua tissu un peu fongueux, 
cendré-rougeâtre , pointillée de rouge , épaisse de deux lignes 
pu plus , aromatique , crerassée , d'une saveur extrêmement. 
poivrée et tonique^ Son odeur tient de celle du poivre et 
du bas'ûxc ; sa saveur est d'une âcreté brillante , prenant à la 
gorge. Son infusion précipite en noir le sulfate de fer. 
M. Henry y a trouvé de la résine, de Vhuile volatile ,' une 
matière colorante , du tannin , de Pacétate de potasse , de« 
muriâte et sulfaté de potasse , de l'oxalate de chaux et de 
Poxjde de fer. 

' Elle vient de l'Amérique méridionale 5 fut apportée par 
Winter en Angleterre, l'an 1579 5 naît y ers le détroit de 
Magellan, Est très-échauffante 5 spécifique , dit-on , dans le 
«corbut, le vomissement, la parajysiç. E$t aussi fcb^fifoge^ 
propre au tannage. Les Dry mis m>agnolioefolia{^ ou cari^lo; 
des Cliiliens ) , et drymis granatensis , sont tontes acres ^lï 
poivrées, aromatique^, stomachiques. L'éçprce du fVtirmmn" 
nia agit de même. De l'Amérique austrate, 

MALAMBO , écorce aromatique , de^veur brôJiWte.y^ 
amère, de coulçur cendrée , rougeàtrie , à épi^cr^^i grià, 
avec des rugosités blanchâtres ; est an^Lûgue^ à cçlIe^e^iiH. 
ter , et paraît appartenir: à un arbre 4p la i^iêpie Êu^lp. O» 
ditqii'ilen découle unjç ^résine aromatiques Employée con- 
tre les fièvres , les spa§me& et le trisjawji^^ et comité stoma- 
chique. Vient du Choco'et de la Nouvelle-Grenad?; {Llle> 
tient résine amère ,^ huile volatile , ^re, 43it^ine> un extrait 
jaune-brun , des tarirate , citrate et oxalate de potage ,.des, 
sulfates, etc., selon MM. Vauquelin et Çadet^ Journal phaf nu 
i8i5,, îpag. 20 ). Les dficlielia lsiq,mpaca^^ L. , ou iJeuis 
de Champac, ont des fleurs d'odeuLs très-suavejS et déli- 
cieuses. ' , '.. ,, 

BADIANE, Anis^ étoile, Illww^m ç^i^tumi, L*, de 
Chine , enFloride aussi. Son écorce ^M odorante. Ses^^'amies 
sont en capsules étoilées , brunes, d'uiie odeur très-arowa- 
tifpifi.j J^es Çhinpis }es brûlent dansjem's temples et' Xm- 
mÀch^^t comm^ çti>piapbi(Hies. 4ps§i-iisitees en Çi^ro^e^, 
font d'excellentes liqueurs. Celui de la Floride a les mçUw&. 



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aSa MAGNOLIACEES. 

qualités 9 donne aussi une petite quantité d'uûe huile es* 
sentielle; c'est une épice des alimens dans l'Inde. 

KINKINAFAUX lœ VIRGINIE, Magnolia glauca, 
L., ou Sassafras des Swamps. En écorces un peu plates, d'un 
faune brunâtre, presque inodores, de saveur très-amère, 
nauséeuse. Se prend en- poudre , comme bon ^fébrifuge ; 
et en décoction dans un bain contre les^ rhumatismes; 
aussi les magit. acimiinata, grandiflora, auriculata^ et tripe- 
iala. Arbre à grandes fleui's blanches , odorantes , cultivé 
en Europe, aimé deis castors, qui rongent son écorce. Il 
croît, près des eaux. Le magn. Plumeriy L. , a les mêmes - 
Tertus. La magnolia precia j L. , amer fébrifuge en Chine. 

* TULIPIER, Liriodendrum tulipîfera y 1j. Bel arbre du 
Canada et de la Caroline, à fleurs en tulipes. Racine 
aya^t l'odeur du cédrat, ainsi que l'écorce; tient seloa 
Irommsdorf, extrait amer, principe gommeux abondant, 
substance résineuse, et peut-être un peu d'huile volatile 
odorante, plus la fibre ligneuse ; anpiatise très-agréablemenl 
les liqueurs des Iles et la bière. L'écorce des branches, 
amère , aromatique , remplace le quinquina , selon Hilde- 
brandt et Humboldt. 

SIMAROUB A , Quaa^ia stmaruba , L. , et la Quas. diot- 
ca ( Bergius , mat» med. ) , Simaruba amara , Aublct, 
Guyane, tome 2 , fig. 33 1. Les écorces de la racine sont 
blanches, filandreuses, d'une forte amertume, nauséuses; 
apportées par un jésuite en 17 13; employées avec grand 
«uccès contre la dysenterie 5 purgent , peuvent faire vomir ; 
sont astringentes ; arrêtent aussi la ménorrhagie. L'écorce 
tient de l'oxalate acide de chaux, ne précipite pas le fer 
en noîr. . 

BOIS DE QUASSIE, Quassîa amara, L. Donné 
d'abord par un nègre nommé Quassi, comnaie fébrifuge 
très-amer. Sa racine blanche, légère, vient de Surinam. 
Le précédent est de l'Amérique méridionale aussi. I^e Veau 
veirsée dans des gobelets de ce bois devient assez amère, 
ne précipite pas l'OTiétique. Le bois de quassie, appelé 
encore- hinkina quassie , est stomachique, utile contre la 
goutte. Son extrait dépose une matière animalisée, combinée 
à un principe amer particulier. La Quassie élevée, Qtuu- 
excelsa y SwQXtz , delà Jamaïque, a des vertus analogries, 
mais moindres. L'eau distillée sur cfes bois est 'àinère 
aussi. ^ 



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LIAPÎES MÉMSPERMES. a53 

LXXl. j4N0NES. Arbres rosacés, fruits noarris- 
»ans ou épicés. 

CANANG , POIVRE D'ETHIOPIE , Uparia aromatica, 
Lamarck y de PAmérique méridionale. Les baies ou capsules 
du canang; sont très^aromatiques ; épices échauffantes ( qu'on 
a cru venir de Vui^aria zeilantca , L. ) l*es espèces con- 
génères sont aromatiques et stomachiques , servent à donner 
de Podeur aux liqueurs des Iles. On les appelle aussi 
Manigitette. Produisent une résine odorante. L'écorce de 
Vuvaria tripetaloidea exsude un suc visqueux où gomme 
odorante. Le cananga virgata a des fleurs très-odorantes. 
Les COROSSOLS, gaghimens, pommes-canelle et autres 
fruits des jinona d'Amérique , Sont acidulés et sucrés. Ali- 
mens recherchés. Arbres de cette £amille. L'écorce de 
\anona ambotay^ d'Aublet, aromatique, piquante, déterge 
les ulcères. Le fruit du coross^lier, anona triloba, L., 
contient à sa surface , de la cire , de la chlorophylle , dans 
son intérieur du sucre încristallisable , fermentescible , du 
mucilage, un peu de principe amer, de Pacide màlique 
et des maintes de chaux et de potasse, du ligneux, etc. 
Son suc purge fort bien. JJanonu âaiatica rend un suc 
visqueux propre à coUer. 

Les ahona muricata , L. , à fruits cordiformes , épineux , 
peuvent servir aussi comme, cornichons; étant murs et 
rôtis, ils ont le goût de Pigname. \Jdnona squammoaa 
porte un fruit agréable ; les feuilles d'anona palustris 
sont anthelniintiques, comme les fruits; elles exhalent une 
odeur de sabine. ^ 

LXXII. LUNES MÉNISPERMES , Carmen- 

teuses , fruits en baies ou^^psulçs , fleurs en grappes. 
Plantes, ou caustiques , ou dépuratives et diurétiques , 
amères. 

COQUES-LEVANT, Menîapermum cocculus, L., 
ou Cissampelos cocculus, Lamarck. Ses baies ^analysées 
par M. BouUay présentent huile concrète , albumine vé- 
gétale, matière colorante jaune, un principe amer cristalli- 
•able , alcali végétal , la Picrotoxine , un acide ménisper-^ 
lûique, du ligneux et quelques sçls. Cet alcali végétal est un 
poison. Les petites capsules noires sont acres; pulvérisées, 
servent à tuer les insectes du corps j enivrent ou empoi- 



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û54 LIAMES MÉNISPËRMES, 

sonnent aussi les poissons , qui deviennent par là diïigeteux 
à manger. Se tirent des- Indes orientales. Les menisper'^ 
mum verrucosum , Roxburg , ou f unis fil leus de tlumph, et 
Je Thefiisp. cordyhlium^yV^à.. ^ très-tons fébrifuges et amers, 
dans les Indes orientales. Les baies du menisp. édulê^ 
Làmarck, sont sucrées, se mangent en Egypte, et Km 
€11 tire une boisson spiritueuse par fermentation. . 

COLOMBO, racine du Menispermuin columho^ d'An- 
drew Berry , asiatic. reseàrcJu , tome X p. 385 fig. M. Fortin 
vil le premier la plante à Mosambique; les Portugais 
apportaient sa racine en Europe. Plante dioïque, sarmen- 
t^use , à racine fusiforme; tient, selon M. Planche, une 
niàtière jaune , amère , une itnatière animale , un peu d'huile 
volatile , des malates et autres sels , et près d'un tiers de son 
poids de fécule amylacée. Est le Menisp. palmatum^ La- 
îîiarck, et cdlumba de Commersôn. Apportée de l'Inde orien- 
tale, cette racine, qui peut teindre en jaune, est jaunâtre, amère, 
pulvérulente, d'odeur de cumin, spécifique contre les indi- 
gestions, les coliques, les dysenteries , le choiera ptorbus, etc. 

PAREIRA BRAVA , n'est pas le Cissampelos pareira^ 
L. , mais VAbutà ruftscen^ d'Aublet ^ ou le Menisp, abnta 
de Lamarck, d'Amérique méridionale ; tronc , ou racine, 
brune, amère, aromaticpie, sont des diurétiques très-actifs 
en décoction dans le calcul et l'hydropisie, les maladies du 
foie , et les obstructions. La Pareira brava blanche est le 
cissampelos iVauiTe le butua, est le menùpé abuta de La- 
marck, liane aussi efficafce que le pareira; eht moins brune, 
avec lies couches concentriques. * 

LIANE A GLACER L'EAU , Cissampelos caapeba^ L 
Plus usitée par les Nègres , en Amériq[ue , sa patrie , qu'en 
Europe. Son mucilage -caillebotte l'eau; Est aussi un très- 
puissant diurétique : vantée contre là morsure des seiçens, 
par Chanvallon ( Voyage à la Martinique ). Paraît être Tin* 
dividù mâle du pareira. Voyez Plumier , americ. gêner* , 

BOIS NÉPHRÉTIQUE , Cissampelos Nous croyons 

que ce bois appartient à cette famille ou à ce genre de vé- 
gétaux , par sa texture poreuse , son aspect , et ses pro- 
priétés , plutôt que du Guilandina moritiga , arbre de la fa- 
mille des légumineuses auquel on l'avait attribué , mais a 
tort. Ce bois ^ jaunâtre, donne dans Teauunè in&sion bleue, 



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TÎLIACES. 255 

en h regardant au jour, et d'un jaune d'opale, quand on 
la considère à contre- jour. C'est un puissant diurétique. 
Originaire de l'Inde orientale. 

LXXIII. BERBÉRWES. Arbustes à fleurs en 
xoses^ fruit souvent en baies; végétaux acidulés , 
astringens. 

ÉPINE- VINETTE , Berberis vulgaris, L. Fleur jaune, 
reméqrquaLle par l'irritabilité de ses étamines et son odeur 
de sperme. Ses baies rouges, très-acides ( contenant de 
racidè malique et aussi le sorbique ) , sont incisives, astrin^ 
gentes, hépatiques ; elles se confisent. L'écorce de l'arbuste con- 
vient dans l'ictère, comme apéritive ; son bois teint en 
jaune, sa racine est très-amère. 

Le leontice leontopetalon , L. Sa racine tuberculeuse est 
employée pour enlever les taches de scha wls de Cachemire^ 
et autres étoffes de laine , en Asie mineure. 

CHAPEAU-D'ÉVÊQU^ , Epimedium alpinum , L. , à 
fleurs rouges , silique bivalve. Ses feuilles et sa racine empê- 
chent , dit-on , la conception ; sont astringentes. 

LXXIV. TILIACÉS. Arbres ou plantes à fleurs en 
rose polyandrique , feuilles avec des stipules , fruits 
en capsules. Ecorces filandreuses , tenaces. Fleur§ 
ncrviiies. 

TILLEUL, Tilia europœa^ L. Fleurs antispasmodiques, 
céphaliques, discussivfes dans le vertige , Pépilepsiç , etc. Son 
écorce sert à faire des cordes; est légèrement astringente. 

La TValiheria fruticosa s^emploie comme fébrifuge et 
antivënërienne a* Surinam , selon Friis Rottboell. 

COKETTE POTAGÈRE, Corchorus olitoriua , L. 
Aussi, le Corch. œatuans^ L. , au Levant. Ses feuillts émoi- 
lientes se mangent comme des épinards dans les pays chauds ; 
et celles du corcfi, capauiaris , L. , plante donnant aussi une 
filasse^ à la* Cochinchine. Inusitées en Europe. 

ROCOU, ACHIOTE, Bixa oreUana, L. , de la Nou- 
velle-Espagne et du Brésil , a Técorce TSJûndreuse , naît prés 
des eaux. Le rocou est un extrait fait par tuacération des 
graines de cet arbre 5 cette couleur d'un rouge aurore, d'a- 
bord d^uue odeur forte, vertigineuse , qui s^adoucit ensuite, 
est extracto-résinense , teint la laine en orangé. Substance 



i 



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-i56 ' CISTES. , 

astringente , discussive , fébrifuge , peu usitée en médecine» 
On en niéle au chocolat , en Amérique ^ pour lui donner 
odeur suave , goût agréable et une belle couleur. Le rocou 

Î)asse pour anticalculeux , à la dose de demi-gros , 3 ou 4 
bis par jour dans le chocolat. Les graines de rocou of- 
frent un arôme , un acide , une résine combinée au prin- 
cipe colorant , du mucilage végétal , de la fibrine, de Pei- 
tractif coloré par une matière particulière , selon John. 

LXXV. CISTES. Plantes à cinq pétales , réguliers 
ou irréguliers; fruits capsulaires. Herbes aslringenles 
ou pectorales. 

HÉLIANTHÊME , Cistus helianthemum , L. Plante 

antidiarrhoïque , astringente , vulnéraire , comme les cistus 

fumana , L. , C. guttaius , L. , etc. L'hypoçiste vient dans 

la France méridionale sur le Cistus incanus , L. , surtoai 

{f^oyez p. i6i ). Leurs étamines sont irritables. 

LADANUM 5 duC^^w* creticus, L. Plante frutescente, 
glutineuse ou exsudant une résine d'un rouge brunâtre, nom- 
mée aussi Labdanum. On l'amasse en promenant des lanières 
de cuir sur ces cistes , en Syrie et en Candie. Ce n'est pas 
le ladanum des Arabes , ou le parfum Loth de la Genèse , 
c. 37. Elle est digestive, maturative , tonique et astringente, 
d'une odeur aromatique. Est friable , inflammable. Sert 
encore contre le mal de dents , la toux , les accès hysté- 
riques. Il tient 5 selon Pelletier , résine 20 , gonune 3,6o , 
acide malique 0,60 , cire ^ , sable ferrugineux , huile vola- 
tile, etmalate calcaire. On extrait, en Espagne, unlabdanum 
moins bon , du cist. ladaniferus^ L. , mais par ébuUition. 

VIOLETTE, riolaodorata , L. , et PENSÉE ,^ Fiola 
tricolor ^ L. Celle-ci tient gomme et albtunine végétale , ex- 
trait sucré et ductile. Fleurs humectantes , béchiques , anti- 
pleurétkjues ; la graine passe pour bon lîthontriptique. Aussi, 
la piola canina , L. Leurs racines font expectorer , sont un 
peu émétiques. En Amérique , les mola itouhou et f>an^iflor<^ 
d'Aublet, ont des racines vomitives 5 peuvent remplacer l'ipé- 
cacuanha , comme le genre Pombalia , de Vandelli , ou les 
lonidium .de Ventenat. ^ ' 

IPJÈCACUANHABLANC, ou amylacé, lonidium ipéca- 
cuanha,^Yenu , yiola ipecacuanha yh. Porte sur ses racines 
des anneaux irréguliers semi-circulaires, blancs ; cassure non, 



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KUt ÂGÉES, ' îi57 

résmeiue\ cEonme é«iélitie. ^ , Htatière gi'às&e 2 V^inidon bu 
grande qu|intné,'p«u'de'Iigi]ieax/ Cette raciiwen insipide , 
inodore, tortue^ de coule^ir ^se^lanche; Voyez, aux Rubia- 
cée«,les caliicocca; çm^phèdis^ex pÉjchùtr-Uù ' ! 

LXXVi: RUTuipÉÉSM^v^ l'o^driquea , fruits 
jçap&uJaires ; i*" Fei^jllj^ opposées.; a** feuilles alternes^ 
Plantes souvent d'odeur forte et puante^ résineuse , 
détemvça j éohgtiïff^tfttea. . •': / ' . 

VTRIBtJLE bu HERSE, Trihulus terresfns ^ L. A, 
capsules épineuses • herbe détersive, astringente ; semence^ 
cordiales, dît-on. Herbe et tige très - diurétique contre Tis- 
churie , en infusion. 

FABAGE 
nemenl ; est^ 
selon les Tar 
amassent lé5 
Vent en pfede 

! Jante/Le zy 
éuillesfèmpt 

GA^AC^ 

de rAmériqiJ 

8i|eiârç^l('l^i9fi; è$t t«èé«ii«ûf{dan^laj gQimè^ibh]iHl]^ 

sine Briine ,* roussâtre , qui découle par incision de récorciç^. 
et celle qu'on tire par Pesprit-de-vin, prennent une couleur 
Lieue aifeç div^r^e«^siiiistaiu3ôs*/Là j6<^a<»^^ atfesi 

eu cjjaufl^nt le beis 4e g^yac. Est toxiiqu^e .,:ii(lislË3^iM^e ; 
rafiennit les gencives j. donne die Tacide.piialique avep i'a- 
çMè , nitrique , cojajtrjÇ. la ^^ùière de se cçjittporter, des ré- 
sines ordinaires. (5n falSiEcr la première avec de la,.ppixrr^r-i 
sine. Elle est formée en grande partie d^tm pi:incige pajrti- 
tôlier. Là gàyacinee&l spluble dans falcôhpl ^ * 



^ÏS-^AlTi1C' y Guàjacumsanciuni y L. A fleurs, bleues.^ 
Arbre plus petit ^ vi^t aussi d'Amépque , de Saint-Domipi- 
ÇvteV Bois égaieirient Jdur et de VnémeV ^îro^riétës , mais plus 
Wanehâtre. l^a Portiéra Ti^roTnetricdy ^nïz et PaVon; du 
PéroûVestti^ès-hygrométriqùe.' -' • r. - ' -^^ 

' a^4lUE , Hàlit^raifeoléns , L. Hterbé recommatidée 

' 17 



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;,58 CA^YpPHYUiBES. 

aif txefiib pair Py thago^e » ^t un puiÀwlt Tésoliatîf , emmé^ 
iii^pg^e;, y^rzB^îfuge , 4i^sipe hs flatuoflilés et pousse anx 
iirmes. P&itfi^^ dai^s les maUÙlîes contagieuses , ccnnme alexi- 
pharmaque ; sjç [M^sçrit cç];!^^ nervviieyCépbalMiue^ etcMUrt 
la rage ; enfin elle est antîaphrpdisîa^e^ Aussi , la rutaon^ 
gusiyfbUà / L. ^nt des'àntispajmodicjiies. A Postérieur /est 
un rubéfiante Doîinè 'huile yoIatUe verte^ abondante , aroma- 
tique, îii^ritanti^. ' 

HARMALA , Pegamim harmaîa , L. Sorte de rac dé 
Çyrie, doi^t les çrai^es lu^ires, ait ri^ç^ des Arf^, spnt 
irè^-eniVrantes ,'fi)iit dornagir , égaW^îf^- i».^lanco|iques paiç 
ùtiheiiî'éux diéiîi'e, dit K^ippler. S^y^ur â^4^e et un pei^ 
âfere , odeur nauséeuse/ 

^IICTAME 3LANÇ , Fraîk y^i^E , Dictamnus alb^fr, L* 
A feuilles de frêne, liàiis V çhale^^ elle exhale , le soir, 
une si grande abojidançis ^l^iu^ç ir;(^VùV ÇA vapeurs, qu'en 
àpprochàni un fkihKeau ] son XWQ^pM^^ prend feu. Racine 



et( . ^ _ ^, ,__._..__ ^ ^ ^. _^ 

saveur iin peu acre , des j^rpprrété^ aùtispasmodigueji. 

i;S^YlLCMrÔpk^ HerhesibfeuiHe» 

opposées^ cannée»^ fruit càpisaiaix^, flein^ en œillet, 
jlamais'pkis dediK/étàimÀed ; i* (^Stainint» 5y Ô 6a S); 
s"* ëiamifiés dlix. FleaH.cbntiftles, herbes rafraîchis- 

Herbes rafraiéhissantes , humectantes ^ peuvent être man-* 
gées i sont dphtalinic[iieif , eh tot>^<^ • aussi s'aiwpliqûent sur, 
les fiirbnéles. ; ' ^ i--. 

îào SPARGO^tE, Sppr^lgmrvemU,, L. On en fajtdé», 
prairies arti^ciçlles ^ noi^it les bestiaiu^. Vertus des pré*- 
cédentes. 

" CÉRAISTE, C^aètiwn arvisn^e , L., et le viscoium, 
le repens'y Vuquaiicumy 1^. Ttmtes^ P^I^^^ humèctontes.; 
nourriture dés bestiaux, mémç de Pnoniuie en disette. 

SA^UITE ,» 4ri€nofia medMi L. ^ et. Ai^reç^sç^- U4!<' 



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CAÏIYOPHYLLÉES. aSg 

«n lopiqnés sur les panaris et autres inflammations. Les Is* 
landais mangent VArenaria peploïdea^ L., fermentée. 

STËLLAIRÇl, 5teifar£a Hohstea, L. Vertus des précé-* 
dentés, et aussi la Stellaina ahine^ L. 

PÉRCÈ-PlfeRRÈ, GypmphUa êaxifmga, L. , et mu- 
ralUy Li, grande saxifrage des anciens^ vantée comme li-^ 
ihontriptiqpe. Ausâi, la C^sophila ostruthàirm Remplacent 
la 5aponaii*e. 

3APONAIRE, l$apo7taria officinales, L. , et *S^. vaccaria, 
L. Est !;rés-èslîméé comme atténuante, apéritive, fondante; 
teedmoaiidée aussi dans les afiectioiis vénériennes. Sçnunités. 

OEILLET, jbiànthus caryophjlkis, L. Le simple, rouge, 
adèfrfleQr^ciphaliques, d'odeur de girofle, cordiales, ner- 
yines , utiles dans les affections spasmodiques , la cardialgie, 
les fièvres contagieuses. Et aussi le Dianthua super6usy L. , 
l'œillet double , cultivé. Est la tunica des ofiîcines. 

OEILLET DES CHAUTREUX , L., Dianthua carthu" 
aktJÉçrumj L,, et Icé Œillets des champs. D. armeria^ 
L. 5 D* hajrbatiis, L. ; D. arènàriuay L. 5 D. prolifery L. , etc. , 
ont des vertus analogues., mais faibles. 

BEHEJK BLANC, Silène armeria , L., et L' attrape- 
mouche^ S, tnuàtïpulà y L. (car les niouches s'attachent 
contre cette plaiàte gluante )j le S. Behen, L., de Crète; 
racine jadis estimé^, cor4iale ; S. vèrginicuy la décoction 
de sa raciiie esî; antbelnfiintique aux Etats-Unis. 

CABNILLET BEftEN, Cucubalus Beheriy L. Fleurs 
antidartreuses, et ses congénères 5 ont des propriétés analo- 
gues , peu marques : -«st émétique aussi , selon Vendt. 

LYCHNIS ^fi(yViG%' y Lychtiis^ioica , L., et viacaria, 
eiflos euculi. Lu, coinine fe précédent; Lychn. Ctialbe-- 
doidca,Xu^\^ croix de Jérusalem des jardins; 

NIELLE BATARDE, Agroatémma GithagOy et la pas- 
sefleur ou coquelourde des jardiniers , A. coronariày L. ; et 
VA. floa Joifia^ L. , et A. cœli roaa^ L. Belles plantes et- 
trêmement vulnéraires, astringentes^ leurs racines surtout. 
Leurs semences purgent. • 

lJN,Sinum uaitàtiaaimum ,Tj\ S^s graines extrêmement 
émollientes, adoucissantes, pleines d^un épais mÙQj|age et 
dliuile (mpcilalgej un cinquièuBie, ^t huile, un sïSèîùé) : 
sont aussi diurétiques. 

17. 



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26o JOUBARBES. 

M. Vauquelin a trouvé dans leur mucilage, de la gommer 
une substance animale, de Tacide acétique , des acétates de 
potasse et de chaux, muriale et sulfate de potasse, phos- 
phates de chaux et de potasse , de la silice , etc. 

LIN SAUVAGE, Linum -catharticum ^"L. Plante pur- 
gative; est recommandée dans la goutte vague, les fièvres 
tierces, l'outes les herbes de ce genre donnent de la filasse. 
Leur huile laxative se sèche aisément à Pair. Le Linunise- 
laginoïdes, au Pérou , est amer et apéritif. 

LXXVIU. JOÛBJRBES. Herbes à feuilles 
épaisses, succulentes^, fruits oapsulaires ; plantes à 
suc détersif ou fade ; tenant du malate calcaire. 

NOMBRIL-DE-VÉNUS ^ Cotyikt , Cotylédon umbUi- 
eus , L. Croît sur les vieux murs , est rafraichissaiit , dé- 
tersif, antiphlogistique , utile dans les inflammations de la 
peau; très-diurétique. Le Cotylédon luieai^ Alton, remplace 
aussi la joubarbe. Les feuilles de C, calycÉ^^ ^%ctèX^pX un 
acide pehdant la huit; sont fades de jour, selon Benj. HeysÊ^ 

RACINE DE ROSESi Rhodiolarosea^U rtante dioï- 
que, à racine tubéreuse, fragile, bcune,:bfeneheàuAdedans, 
odeur et saveur de rose. Est trè5-céphali(|uey afitrin^ente. 
Croît sur les Alpes; sa décoction en. topique sert à faire 
grandir les cheveux. Gunner, i^/(9r<ip iVb/Y*»,., p. 49*. 

. ORPIN , REPRISE , Sedunt Telephium, t. HeAe vul- 
néraire , astringente , bonne contre la brûlufe et la dysen- 
terie. Le Sedum anacaniipeejv^^ L. , orpîn à J^ilk>s roiid^s; 
le S, cqxeaj L. , orpin ea-paniiiGules, soûl é^aréihent ra- 
fraîchissans et astringens , diminuent la chaleur ' dans le< 
fièvres bilieuses , sont diurétiques , et, à l'extérieur , utiles 
da|^s les érysipèles. Contiennent d,u malate de chaux. 
' TRIQUE-MADAME , Petite JouBiLBBE, S^^m album, 
L. Vertus des précédentes; entre quelquefois daij s le* salades. 
, PAIW-Û'0I5EAU, Verwiculaire brûlante, Sedum 
qcr^f lu* [liilecebia dfi Léméry et d'autres Pharmacolo- 
cistes ). Prise à l'intérieur, fait vomir, et est un puissant dé- 
tersif ^ur les cancers , les scrophulei ; passé pour un anti- 
scorbutique ; avec la |)ière, est plus active; à rejxtérieur , est 
^béfiante. 

. JOX^AJRBKy Seipperpivum tectorwiiy L. Très-rafraï- 



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GROSEILLERS et CACTIERS. ^6i 

diissaute, adoucissante et astringente. L'alcohol coagule son 
suc, comme 1^ alcalis, non les acides, et en sépare abon- 
damment du malate de chaux. S'applique sur les cors aux 
pieds pour les amollir , sert de pommade adoucissante*, so- 
luble; nommée par corruption Jombarde. 

LXXIX. SAXIFRAGES. Pétales quatre ou cinq , 
étamines huit ou dix. Fruit capsulaire j liges herba- 
cées et succulentes , rafraîchissantes. 

RACINE D'ALUN^ Heucheraamericana, nommée alum 
roo/, par les Anglo-ximéricains ; très-astringente, rougeâtre; 
appliquée avec succès en poudre sur les ulcères cancéreux! 

SAXIFRAGE BLANCHE, Saxifmgagranulata.JL.', la 
Sax, trîdàctylites , L. , qui est rouge ; la Saxi aizoon,îj, ; la 
Sax. géuiri, L. 5 la Sax. pelrœa, L* , et d'autres congénères , 
passent pour apéritives , diurétiques , utiles dans l'ictère, les 
obstructions, les scrophules. Leur nom, qui vient de ce 
qu'elles croissent entre les fentes des pierres , qu'elles di- 
visent en se renflant , les a fait supposer lithontriptiques. La 
saxifr, cotyledon,'L. , est antiphthisique , en décoction. 

pORINE^ Saxifrage dorée, Chryspsptqnium alterni- 
foUumj L'. , et Cresson de roche, C. opjjositifoUum , L., 
est un Loti apéritif , diurétique 5 sert également contre 
Pasthme et la toux. La Moscate£le , Adoxa Moschatellina , 
L., qui sent le musc , a des vertus analogues à sa famille. 

LXXX. GROSEILLERS et CACTIERS. Fruits 
en baie charnue, inai:^eable, acidulé, rafraîchissante, 
camme ces plantes. 

GROSEILLER COMMUN, à fruit rouge,' Rlbes rubrum, 
L. , ou à fruit blanc (variété). Fruits acidçs' dont on fait 
des confitures , du sirop ou du vin. Tiennent acide malique 
et citrique avec sucre et un ferment, albumine végétale et 
principe colorant, selon Fabroni et Guy ton de Moi-veau. 
Tempèrent, rafraîchissent. 

GROS. CASSIS, Rihes nigrurh^ L. Odeur tirant sur celle 
de la punaise. Ses feuilles en infusion sont antirhumâtis- 
inales, apéritives , diurétiques, ainsi que ses fruits, dont on fait 
Uu ratafia stomachique. Feuilles usitées aussi en thé. 

GROS. ÉPINEUX, Ribes grosmlariay L. Épineux 



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a62 PORTULACEES. • 

l^ôil^ suc tient lien de yer)tis pour assaisonner les ma- 
quereaux et autres poissons. Elst astrtng43nt^ mùat, devie&t 
laxatif! ITi^a m*pa, des auteurs. ♦' 

RAQUETTE, Cacjus opuntia^ L. , ou FiGtJiEii dIkde 
occirfteNTALE, croit aussi en Europe; est en forme de se- 
melles, épineux, articulé ; fleui*s jaunes, étamînes irritables, 
fruits en figue rouge, de sayeur douceâtre. Plante <:hami|e , 
irès-rafraichissante , adoucissante, ainsi que les Meloîi5- 
CHARDONS , Cactus mamUlaris , L. , etc. , a frujts doux^; les^ 
cierges droits à 4> 5, 6, 7, et plusieurs angles, ou les ronds; 
les Gactiers serpens ou rainipans^ C7. grandiflonu, L.^ 
celui dit Queue-de-souris, C. flagelliformis^ L. , etc. 

OPUN ITAS, comme les Cactiei^s a gocheniixe , Cadm 
coccionellifer , L. , et le C, tuna , L* , ou nopal j celui de la 
Cochenille sylvestre, (7. sylveatris^ de ITiierry de Me-, 
nonyille ; etc. Il parait que ces plantes recèlent un principe 
colorant rouge dans leurs fruits ( qui colore même en rouge 
l\irine de ceux qui en mangent ) et dans leurs tiges , sur lesquels 
vivent les'cocbeniUes. {Voy. page 1 29). Tous sont de PAiné- 
riqueiéqiiinoxiale ou des lies voisines. On en lire une gpipme 
insoluble connue sous le nom de Bassorine, ainsi que de la 
Glaciale, pag. suiv. 

\.l^l^lL\.POBTUhACÉES. Plantes 6u arbustes à 
feuilles épaisses , succulentes, fruit capsulaire* Tégé- 
taux rafraîcfaissans et saliiis. 

POURPIER^ Portulocq oleracea^ I^. Le satrrage est la 
même espèce. Herbe très- rafraîchissante, utiJe dans le 
scorbut, Pardeûr. d'urine, tes maladies bilieuses. Contient 
du malate de .cha\it« Se» semences, mises au nombre des 
semences froides , sont encore vermifuges. 

TAMARISÇ, TamarixfftlUcai t., et T.germanica,L. 
Arbuste à feuilles petites, comme Iç.cj près. Son écorceest 
apéritive, désobstruante dans les maladies de la lymphe; 
sert en décoction contre la gale , en fomentation. Les cendres 
de son bois contiennent une grande quantité de sulfate de 
soude et de magnésie. Ailleurs qnç sur lejs bords de la mer, 
il d<)nne du sulfate d,e. potasse et autres. sela , selon Julia. 

CORRIGIOLE, Corrigiola Utloralisy L» Vertus médi- 
cales du pourpier : aussi les Clajfonia cubensis^ Bonpland, etc. 

GNAVELLE, SclerarUlius per€nriis^\j.y et la, Sangui- 
naire, Sel annuuSyLi. Les graings d'écarlate sont des sortes de 



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première • elle «si dk»éti^è' et ^saixia^ié^^^oèvÉàhe la ^e* 
conde. 

LXXXIÏ. FIC0IDE8. Ffanhà â^pelééi ^r^^è^ , 
oïl à feuilles sùccùlenles , fleurs polyattdrtqaes.' Ra- 
fraîchissantes et salines. ... ^. 

ÈLINOlE , GlitùMloiàii&s) t. , d'^p^^ t Viftâfe, . 
eât ap^rîiive , nftréu^e. Feuilles ttdnérairës bù'àstrîbg^eûtès; \ 

FICOIDE , Mes^rnhryqnjhemMn fà^ Xj. et Met* 
emarcidum, L. Âlimens des n<^gres ds^ leur* dé^eitj^ lue 
Sesuvium poHutacastmmse m^nge aux Ântilfea., . , 

L'on emploie pour préparer Te maroquin la plante saïce , 
mcsembryahAenttim nôd^ruMf ^ik J^firicp'e, à ifÉe^oc. 

GLACIALE , Mi^ihbryàdthêtnuin èrysOitthium , L, 
Ramé grastté cultivée dlans^ lé$ jardiné , presque Couverte 
d'exsudations d'une gomme insoluble à Tean,' tradkpar'éiltè - 
comeie la glacç. Contient de. l'^^ide acétique et, dc^ u^ala^ 
et aoétat0 de potasse. 'Oifî^îiàired'Africpe.c^ tous ses 

congénères ; herbes très-bumectarites , mtkiiiagineuses sùr'iro 
sol brûlant , et vivant presque sàus bumidité. Utiles dsms lés 
fièvres ai^déiités , bilieuses ; ont des fprinès très-varîees^ , 

Paraît être le àed/e on oedja , de Forstahl ; produisant là 
gomme de Jedda ou celle dé Bassôra , qui est opaque et 
insoluble a eau, mais en acides faibles. IVfèlée a la gomme 
arabique et adragantbe , est là' 6assorine àes cmmistes. 

TÉTRAGONE ÉTALÉE, Tetragoriia exj^nmi , L. 
Croît dans les pays chauds; est un très-bop antiscqrbfttiqiste 
et* rafraîchissant ; se mange comme légume dans 1^ yoyagf<l 
sur mer (.Cook , Voyage autour du n\ondé ^ vt e^ 3* ). 

LXXXIIL ONAGIUIKES. Herbes ou artères ; 
1** capsules ou siliqués ; i^"" baies pput fruit; feuille» 
non grasses , un peu ai'dmàtîquès , bellôi^ fleurs. 

1* ON AGRAIRE, CSUhôthera Wéiinii , l!. Racine déter- 
sive sur les vieux ulcères malins. Fleur jâluèie, d'ornement. 

NÉRIETTE. Epiloimm roseum , L. , pt ses.CMigénèreSj; 
E.paluêtre\ É. pdri>iflorum^'L. , ^tc. Vertus de la, précé- 
dente ; se8 fleurs sont purpurines. Les feuiUes de JjABêieua 
peruvîana sont émollientes en cataplasme. 

CIRCÉE , Circœa lutetiana y L. On lui a supposé jadi^ 



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3^. ymffJ^^L'fO 

des vertti^rf^fWyji^ittfWjse^ jpcm»^ W ei\ea «or- 

les bois. " . :! f • 

j8orà^L'.Txès- 

. .I.t . /'':.[ ..1 

rnyilfb(Ul^\i. II. 
5 jau^e^ AAre > 
u sgci^r etdou- 
! pbiir cordial, 
fectioïîs de foie 

^lûatîquès, à 
ç^ , ;towjolirs 
Cl baie. Aro^ 

r î.- .: .' - ' 

clefMQluque^j 
ttQsesi^feuiUps. 
le pfîf^i^^.iïetÇ'^ . 
on rectifiée .est 
yec^ rjwilc! YQ^ 
rnageftnt Pçailf 
^ec l'îif ide.des. . 
ae et paralysie. 
Sje preM^ iritëi^eùï?èmeiit aVec- l'^hel^ (contre' rhumatismes. ^ 
TtèsHéchauffantê^, ^fe*t carmihatlve ; ^cphalique'^ ^udé^rîfîîjue ,' 
eifemiénagogtie;'$'applk}aè sur les 'dfentîs'éariée^ pour yîssipôr 
la dejuleui"; L'odènr dfe cette huilé él<)tgne*'trè^-Bieilles kni- 
mai^x, d^çu^Qtteup^ djes collections ^ilristoir&'nsfturellc; Tkui- 
bcyrg, Diss. 4ç, cJ. ^epuù. Ti^nt du ^camphre^ E^t. courent 
fakiâëe ay^ç miue';vj9}atilej de romarin? / . ; 

MYRT]E ORDÏNÀIRE^^^ i^ L. TrAs- 

bel arbrisseau , à ^feuilles odorantes , oephaliques , astrin- . 
gehtes ; a plusieurs variétés. Son écorçe et ses feuilles servent 
en Italie pour tanner W cuirs ^ sfes Traies pour |:pindré, et en 
extrait astringent j^é^flelirs et feuilles donnent une huile 
volatile pcîr'disâfïatîbtt j.Phtiile fixe des baies ( Myrtèum 
de Galien ) est unfort tonique, à Pext^rieur. Le Mîtrte 
MUSQUE^ Jbr^r^â ugni , de MoKna , et son Myrt, luma , tous 



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myrtes: r*§i 

deux da^ Chili; doimem pieir leurs > hûie» fennëriïées un'TÏii 
stomadikpae'etsuâve^ loaos racine siomàllttâys/îiitériqliei;'^ 
leiirs feMilles font un thé très-cordial 5 une altt^é Kspèce décrite 
par Feiiiliéé '( /^y. C!fe7ï,KMue î,p.45), lef Cheté'nyeswn' 
reoièdeî souverain côiitreie glaucoma ex autres inflâmma- 
tion& des yeux , ;par son sac exprimé du b<>iâ yeit. 

PIMENT , TOUTE it»iCE , Myrt. pimenta , T.. Arbre de 
la j£ûiiaïqùé , très-aromatrqne ; son fruit desséché au soleil 
avant isà maturité, nommé atissî Poivte de là Jamaïque^ sent 
les épices, est très-échauffant , piquant et pôivr'^ , sert comme 
condiment des mets , des ^liqueurs j donné uiie tuile 'essen- 
tielle , pesaîHe comme celle du girofle , et qui aies mêmes • 
propriétés.^- -^ • ^ r. . . . . ~ . » 

e03TÙS^CORTICX:^Çtr$, ou les Cai^elÏes GIROFLEES , 
Mjrrtus catyophyUatu ,àe Murraj ,^^ppar. medic, M, acris 
elfiag-aris^ Ij., d'Amérique. Ecorees fauves, foncées , saveur 
de piment * roulées en. paquets coiïiilié la caiïelle ordinaire ; 
ont des vertus analogues. ^q)/'<ps p. i63.* 

GmDlPLE ( Le clou est la fleur entière et le calice 
cueilli avant sa maturité , pétales non développés). Caryo- 
pfà^ïlitB^àTpmaticus y L. , Eugehia càryophyÛata. , de Will- , 
déAoWi Arhre des Grandes-Indes, à fleurs en corymhe ; 
le fruit' mûr , appelé ^^/z//?o;^^ ou clou-matrice du girofle, 
est inoins aromatique ^ «iert confît , comme stomachique , an- 
tiscbiî>titt(l^ue. Le girolle contient , selon Tro'mmsdorf , huile 
voflàtilë^i'ft.oyextractif/lietï soluhle 4^, tannin particulier i3o, 
gômuife 'i,3ô y tésine pàrticVilière 60; Je reste est du ligneux 
et d'èl^èqti.t'es Hollandais ont voulu réduire à Amhoine" 
sciillé cBnî^'ercedu girofle^ qiii croissait dans tontes les îles 
MôïtiqiVéis^ét à Tèrnâte où ils lint' fait arracher les ^^irofliers ; 
mais M. Poivre en a introduit*» rïle-dè-France ; on Ta de- 
puis transpoitéji Caye|t^î^e.7lyl^\i>Je 'es^ctHic;lle clu girofte 
s'obtient q^ussij^cr rfesce««Mm%^Comme le clou., elle écliaudb/ 
vivement .stimule restomac , est cordiale ,aiiti])araly tique , 
antiôdcÀitrflgi^e, etc. S(Jn'Ù5ârge principal est pour assaison- ^ 
néttîent ou parfiim. ^ '^ 

THÉr DE LA îfOU VELLE ^ HOLLAIN^DE , Leptosper-^ 
mûtn theàéVècopdriurH^ Smith ; a une odeur aromo tique et est 
astringèUt comme la feuille du mjrtus ugnL On dit que les * 
racines ^l Alahgium decapetalam et hexapétalum^ Lam., son t 
des pùrgatife hydragogues chez les Malais ; les baies sont 
aromatiques» * 



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^ . SAtlCAIRES. 

. GRENADIER ^ Pùnica grdrmtum , L. Ori^nairé d'A* 
fri(|ue , belles fleurs d^un, rouge ppaoeau , feuilles froissées, 
d-une odeur forte ; fruit en^baie remplie de cloisons rondes , 
membraneuses ^ pleines de suc rougeàtre, acide et sucre, et 
de semences ; il est très^rafiraicbissint ^ antibilieux , astrin-^ 
gent , cordial. $oa éooiroe , ou malpnorimn^ très^aslringente^ 
détersi^e > sert aussi pour tanner ; les balaualéê on fleurs 
desséchées sont très-toniques, astringentes , précipitent le 
f(^ en noir. Sa racine ,, ûrès-bou. anthelminti^pe ^ . en dé- 
coction contre les tœnias. 

SYRIUÏGA, Philadelphuê coronariasyïj. Fleurs- d'odeur 
très-forte; feuilles détersives; peuven(> se prendre en thé. 

Les Goyaviers, Paidkmt pyrifenim^ L.; les J^iMâosES, 
JEugeaiajambpsjfXi. , et-d'autres fruits des denxliidesrsont 
dé la famille des myrtes , comme le Meniecylon edule^^oT^ 
burg; de la côte de Coromandel. Xa pulpe de spn fruit est 
d'un bleu noir , astringente. On les mange , ainsi que lès 
amandes du Qdatelé^ LecythU oUaria^ L.; et Lec^.zabu- , 
cajoy d'Aublet; de cette famille. Leurs semences spnt émul- 
sives. • 

RESINE ROOGÈ de V Eucalyptus resinifera y de 
Smith et White. Bel arbre de la Kouyellê-Hollande , .yei^ 
Botany-Bay, fourhit une résine rouge , astringente^ usitée 
dans les dysenteries , et très-stomachique 5 découle par in- 
cision. Contient du tannin , comm'e. le cachou et le kinô ^ 
dont on Pa cru une espèce. tjAt^aroiiS reeinifera , du, même 
'pays, donne une résine pure et abondante, ainsi que le 
JCanihorœa, autre arbre des mêmes contrées, à résine 
jaune y propre à csdfater les canots et souder le fer des za- 
gaies. U Eucalyptus robusta, bel arbre ; V Eucalyptus pi- 
pentay de Smitn , a des propriétés poivrées. 

LXXXV. SJLICJIRES on CAi.rcAHir&è^itES. 
A pétales insérés au calice. Plantes astringèntesl 

SALICAIRE, Lyihrum SaUearia^ L. , ex.virgcUa^ L* Belles 
fleurs purpurines , herbes ophtalmiques , très^utiles dans les 
inflammations et la rougeur d^s y^ux^ astringentes , em* 
ployées ayec succès dainsles diarthées hyberpales et dysente* 
ries , des pays du Nord, selon de Haën. Peut se manger, se 
prendre en thé, fermenter en boisson vineuse. La Oinoria, 
dn Mexique , de Afoçii^o , à un suc «xcitant viôlenunent les 
sueurs, les urines et les selles, à la dose de quatre onces ; 



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£mssànt^amivé9(é^içii> Sjelon Sesi^, H^Ti^'oiiKOh des 'Mexi- 
cains. Le Henné y fçuîl^e dç ^ Jfjaufêonia inermi€y\j^y sert 
dans tonte l'Asie , de Damiette à.Macao, ponr teindre en 
cwifcur rose orangé^ les mains des femmes de ces pays : 

LXXXVl àpSACAES. Herbes, ou arbres à 
cinq pétales au moins , flaqrs potyanciriqu^. Ces 
régélâux conlierjneflt un priaçipr. astrinj^eitt oa 
acide; i° pomac^es ou fruits à pépin; a** rosiers; 
y sanguisofbes , herbes ; ^ potentiUes ou fraisiers^ 
5^ ulmaires ; 6*" fruits a nojfv^x; 7** arbres analogues 
aux rosacés. 

i« PQMMIER SAUVAGEVi^nw malUs,!,., et le Pôî- 
RiER SAuyAGE , Pym» communis^ L. , et leurs nembrieuses 
vsuriétés ai»éliotré.€;s par la^ulture* Ces (mits-^ dans l^état sau*- 
Tage, sont fort aiQertxQs., contiemiem un f^incipe* astringent 
et beaucoup drfs^îâei mAliqueiet sorbi<Jue ; la culfeire Ws rend 
doux et sucrés, propres à faire aussi du cid*e-et ê.tL^^tAtiriéé% 
sirops etgeIée6^^.:Le8pQiri0^deTi^]»^^]e^^;Çf)r&J^^ 
qne les pommes.: la ïUjNî;'ï;î;î;^,la. plvft dçiwe.dfrice^tewcf^V 
entre dans les tisaymçk^ r^fraÎGhjssa.ntcs. I^)pp}g^^sc|ifimi«M , 
et des poirés cuUes^ 4?^^^ 9 ,c:st Ifui^Ûve. . ' r 

COIGNASSIEJtb Pjmw i^donia^%s.^ e^.ses'Vftrié«éf ^ 
climat. La^ saveur dui.cwoj^ «stipnïy isiiritg^tïte^ resserré* 
fortement les entrailles, est fort stomachique, €0«^H»e le 
cotignac ou marmelade et,ge}çiie de ce »fiiuilf> On- fwntuie li- 
queur de son suc. l^es, pépins sont .tré^^ucilftgirtfi^xij ,toiiis^ 
ceux du genre IP^ruf sont d^ns cinq;log^ , , » ^ 1 .< j : 

AUÏÏLER, ALOUCHE , P>^m« iiriJi^ WÎM^iioWV^^^ 
ia^s.Aria, I#«j efc 1- Alisier à feuilles d^cJoûj^ée* , ou com- 
mun, JF^r. tçrn%m^i»,rW-^ Crat topnittuiis^ Li Leurs ftuks, 
mûris «ur la paiU(^!;Qti'ramolUà ou ^A^^y-se^cttangem^ sont 
astringens , boos. dftusjes flux dé venirè' pai^ i^lâicihlsmeni» 

L'AittiLANCHiERr,' J^/îWvde W*, ctiMSMfpjZiAff i/àmela»^ 
chier , I^. , ne ^sf;it gi^ère que dans les bosqueis d'ornemefili 

lïÊFLiER», Mé^ihte germanicay L. , ou le Mésliê«. 
Les. néfle3. out, 4e3 ^emcDce* ligneuses ,' ^sout^ e^ta^mimifiiit 
astringentes , mêm.ç, étant n^olles ^ diiS^l^fà^d^rer/. oau-h 
«eut des coliques par leur, principe? acerbe* Xie^. feniBe^^ et 
«cmences de Vaxbre servent en garga^îjBiies d^!^e^^«iÉl^^ . ttèari 



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268 ROSACÉES. 

actifs^ 11 en est de même dû Néflier du Japon, a ûeurs odo- 
rantes^ Mesp, Japomca^Thunbét^nGfùB^e» nèfles, 

NÉFLIER^COTOJNNIÇR, Me^iluscotontasier^ L.,eftle 
NÉFLIER , Luisson ardent, Mespilua f^rcminitlia ^ L,, neser^ 
vent que d'ornement ; fruits également astringens, rougeâtres. 

AZEROLIER , Mespitùs ^zaroîus ^ L^marck ; Cratœ-^ 
gu9 l4sâttolu^, L. Fruité t-6uges ; à pulpe jaunâtre , pâteuse ,, 
d^im ^ût aigrelet , sucré' ,^i*àfralchissaiit. Oh lek confît. 

' ACBEPïîiK , Mespiîus f Lam., est le tCraiœgus oxy:a- 
cànêfià^ïj. Fleurs blauches odorantes (et leurs variétés), ar- 
buste en buisson. L'on fait de ses fruits une boisson fermen- 
lée., rafraîchissante, acidulé. 

CORMIER, SORBIER DOMESTIQUE, Sorbu^ do- 
n^estwa'^ Ij^JuCs Cormes sont des fruits py ri fermes , âpres, 
trés-asu ingens , Uâ^e étant ramollis y secs , ils sont dessi- 
catjfs comme récorce de l'arbre. Bois tvès'-dtir. Les formes 
dounem une >?prtie;d^e cidre ou Une boisson astringente et ra- 
fraîchissante avec l'eâUfc i - » 

^ SORBIER^DES^OISELEURS , COÇHjÈÏNÊ , \We/3 «w- 
ciijmria , L. Fruits ' rouges en côrymbé , astrmgçns ; on en 
peu* faille de" là' ^bo'isiori, en tirer de l'èâù-dé-vîe , et unç 
matière nourrissante;* letrrs pé'pih^ fournissent de l'huile. 
L'écor^;de l'arbre seit , dans le Nord , 4'aliment au5t bes- 
tiaux. Bois astringenjtvDoone beaucoup d'un acide particulier, 
\esorbiq^e% ■ rr* •î'' ' > 

1« ROSIER CULTIVÉ-, Hoèa ceuti/vlià , L. La rose ; 
pâle dçs officines ,'doht on retire par distilïâtiôn une eau 
très- odorante , chargée df'huilé essentielle, et qui est rafraî- 
chissante 4ans. les' inûalamatidns des yeux. Les pétales^ de 
ceinte rose sont astringens et purgatÏK;tdïi en prépare des 
miels , des sirops , des onguens , du vittktg^e, etc. L-hiiilè 
essentielle concrète d,e tàses {athet-^se fait dans le Levant , et à ' 
Tuuis, plir .lar dialillation; de la Rose miJscate , ou rosier 
. toujours. Vert, Jtoaa^semperpirenSy L. , dont les- fleurs sont 
blapç^s , nombjpeuses'^ musquées , très-piirgaiives. L'huile 
butyreuse se retire aussi par simple mac^raiiou dans l'eaii. 

ROSE If^ANCHE, Rom alba, L. C'est un grand rosier 
qui donne plusieurs 'variétés 5 son odeur est moins agréable 

3 ne Fautre 5 ses jpétales sont plus laxatifs. La Rosr de Damas, 
losa damascenay de Miller j paifaît en être une variété; ses 



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BOSAۃES. !i69 

fleurs sont ro&ge- pales, de bonne odeur ,. et pkts pnrgatives 
que la première. . -i! ' 

ROSE DE PKO\mS, Rom propihcialiê.h/, kl JRùsit gai- 
/ica^L, Apportée de Syrie àvENrovinsparun comte de Brie, 
au retour des croisades. Fleurs d'un rouçe foneeet d^ocleur 
très-pénétrante , que ses pétales conseryeçt aprvs la. dessica- 
tiou) ils st)nt astringens , et s^emploient à la conserve de roses; 
ont des qualités détersives , toniques ,, céph^liq^eis 5 rs^ermis'- 
^t les gencives, utiles contre le yomissemçut, les.diaz^ 
rhées , etc. . ■. î ' : . 

EGLANTIER SAUVAGE, Basa canmayh. Rose de 
chien , C r nosb atos , Cystoehodon ; l0.gratie*cul des haies , qui 
^stsoa fruit, sert en çpmserves astringentes ,« passe ponr eï-^ 
cellent litbontriptique aussi. Sa racine a été.recoouftandéè 
dans rh3rdropho}>ie , assez ridiculement;. L'insecte qui. piqiÀi 
sa tige ( F\^esi p^ 1 3 2)^ y fait extravaser des sucs et produire 
une sorte de tubercule chevelu ^ daas lequel vie la larVè dé 
ce Cynipa rosœ, L. ,, oH du Bëdéoitaïi;^ nom anj»e ^ cette 
production très^ astringente, qui: contient du tannin ^ est, dâà- 
on, àntîcalculeuse. L'Eglantier odobaht, Basa rtièigi-' 
nosa^ L. , jR. eg:/a7i^ria ( Miller ) , a des jFeuille^ dfodeujpide 
pomme de reinette, et se prennent en iufusion comme leithé} 
•tp'elles peuvent remplacer. Il y a Lien d^a^tres rosiers^ ^ai^n^s^ 
po&çeaà, variés, ôu panachés , nains, etc. ji . 

3° PIMPRENELLE, Poierium Mnguia&rba^ L. Pfânte 
qui sert d^a^aisOnnement, est im. bon vulnéraire 5 détérsivei 
astringente, usitée dans les héiAorrhagiesjse donne atussi dans 
les catarrhes pulpGLonaîres. • » .: • •; ' 

AIGREMOINE, Agrimokia Eiïpàtonay L^ Excellent, 
détersif, astringent, s^mploîe en gargarismCj^ est vantée 
comme hépatique et spléniqué dans l'hy dropisie, la cachexie, 
Kctêre ; donne du ton aux fibres, La plante. 

PERCEPIER, Aphanes ar^^mia^ L. Puissani diliré- 
tique, cru lithontripiiqite aussi* L'herbe. ; 

PIEI>-DÉ-LION, Ahhimina^fufgnrisy L., et a^//ia, L. 
Très-vulnéraire; est -astringent, détersif ; utile dans les lilé- 
morrhées et la ménorrhagie. Sommités. 

4° tORMÇNTILLE , ^ormentiHa €rec(a,U Racine rou- 
S^aare, très-astringente^ fébrifuge, contient du tannin 5 très- 



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^70 ROSACÉES; 

uUle {)oiir iwcxéter loas lea ^o^lemens étQùx; est aussi un 
bon antiputride. Sert à tanner ^ noircit avec les sels de fer. 

Q^JINTEFEUiLLE, PutentOlaquinquefolium.U Qua- 
lités; de la précédente, mais moindres^ et aussi le Comaturn 
pabi^e j Iw , ou comaret* Racines et feuilles. 

ANSERINE, Pot. miserina^ L. , et l'AkcENTiNE, PoU 
rargenieaj L. Astrmgemes comme les deux précédentes^ sont 
fébrifuges comme leui*s- congénères. "La Poi, teptansQsi.ic'- 
bi^ge aussi. 4 r . 

FRAISIER , Fragaria vesca^ L. Fruit très-fondant, diu- 
rétique, rafraiohisftaDt , tempérant , acidulé , comme ses Vàrié- 
lé&i le M^aufie, Frùg. b^era, dé Duchêne (^Monogi\ffàg,)'y 
Iç Bre^iingue, Frag. ni^ta^ Duch. ; là Fràise-û^inhoisé , ou 
Càperon, Frag^maachcUadioïca^ Duch. 5 la Frutille , du Chili, 
Frag. f^iloemia^ Diarh* i la Ftaise tiHâhas , Frag, anànassuy 
. 0\x Quoimio^ quivlewid^Amérique , jetc. Linné reéoùtmande 
les éaises contre 1^ gotnte et lé graveHè.Les ràcities du frai- 
aîev seul; «nai^des apéritives', comme <^Ues da fr^iàier stérile, 
Fra^ êieriMs^^ L. , pluaèsfifiiigé^c^'; èïï[es colorent en rouge, 
conltejinent\iesûCides'ckriqttè,malïqn^, etc. * 

BENOÎTE, Getcth uitfanum^ L., rwaîr et montanunij,!^ 
Racine odorante, sèfit le girofle 5 selon Melandri et Moretti^ 
elte c^itient résine, tannin, eltractif oxjgénable, et autres sa- 
vonneux et muqueûi', hùîle volatile, acide gdllique , muriaie,' 
nitratf d« potasae^, malate acidïis de chaà^. La racine de be- 
noîte a donné à l'analyse y â. M. Trommsdorff, sutrooo par- 
ties ^.0,89 d'une huilée volatile butyreJuse n'âyaât pas Todeur 
de girofle, résine 4O9OO, tannin 4ro,o€^, adràgàtitine , où' 
gomme peu soluble 92,00, matière gommeuse i58; li- 
gnetix 3o*o , et tine trace de soufre. Les cend^res foumissel»L 
iiyer^ sels, outre de Voxy<le de fer et de manganèse. Est sudo- 
rifiquc, tonique en gargarisme, dans les ulcères scorbutiques;; 
pas^e en Allemagne pour excellente contre la goutte. Radix 
ca^CpkyUata des officines. ^ 

FRAMBOISIER, Mubusiàiém, t. La framboise rafraî- 
chit ^teiwèr^?, est.cordiale, d'imè od)^ur suave qui aromatise 
diverses Iiqyieurs.X6s feuilles sont déter^ves en gargarisme, 
et astringentes^ aussi }e Rubuscœsiu8^\jé Le fruit contient des 
acides malique , citrique , etc. Lesieuille»^e Rubua ojvticua 
fervent comme :4u thé dans le Nord, ainsi que celles du Pru^ 
rois epinosuj da PrtmUs ûifium et dé la Jtosa rubiginosa. 



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ROSACEES, 271 

RONGE , Rubus chamœmorua^ L. Son frnit, moins suave 
que le précédent , est plus acerbe et plus astrin^^ent ; teint en 
bleuâtre pourpre , resserre le ventre ; se% feuilles et cimes 
astringentes, détersiv«« dans les maux de gorc^e. Les feuillet 
de Dry as ociopetala ,wtées en place de Aé dans le Nord. 

5** ULM-flRE , Reine des prés , Spirœa xJmana , L. , o^ 
barbé-de-cbèvre. Herbe sudorifique , astringente , dite anti- 
^asmodîque. La racine de Spirœa trifolia ^ L. , est émétigu^ 
en Virginie ; est une sorte d'ipccacuanha très -vomitiîF, selon 
Smith Barton. 

FILIPENDULE, Spir, Jilipendula ^ L. Racines tubercu- 
lées suspendues à leur chevelu. Plante astringente j diuré- 
tique 5 usitée surtout dans les maux de reins, la leuct)rrhjée et 
la ménorrliagie. Ses racines peuvent être n^iangées. 

6^ CERISIER, Cerasus^ Tourii^f., Juss., Prunus ^"L. Le 
cerififiei: cultivé , Cera&us satiya^ T, , Prunm q^rtiauê^ L. , « 
plusieurs variétés. Le Méri3IEE ^QUge ou noir est Pespèce k 
fruits amers en rétat sauvage. La chair aitié;rè de ce fruit estpen 
agréable. La grosse na^érisc sert à beauq(jNjL^4c; ratafias. Cnl*- 
tivéç, donne les Bigai^eau^ ( Cprusm &i;if,f var. bigarelkt^' 
Mus.), (Jontla chair /ija^^^^ i]:^jli^çste ^ çt la, Guiqne ( Cer. 
«a^. var.jrWiana,Mus.)., à fruits^ doux, supqiiteils^ noir&où 
rouges, comme le^méri^, V<^spéce ai ^UÎi:, acide., <»i I9 
Griottier {Aigriottier)^ donne, divers^ variétés toutes 
rouges; le Gobèt, etc., ont des fituitf arrondis ; dans le? 
précédèns il est en cœur. t3n fait , avec les cerises , un vin et 
une eau^e-vie (hirèchen-ii^asser)^ qui se lire des merises, 
dans la* Lorraine alleniande, FAblace et la Suisse. Les iné? 
rises noires, en Dalmatie, donnent le marasquin , dit d^ 
Zara, sorte.de Urschen-wasscr. On distille une eau, de ce» 
rises noires non ferpientées , d'odeur suave , pectorale , utile 
dans lés coqueluches, calmante, et somnifère doux pour le# 
enfans. Les cerises sont rafraîchissantes , nutritives, laxatives^ 
antiputrides, leurs noyaux et amandes apéritifs. La goiiiix^e. 
du cerisier peut remplacer la gomme arabique. 

CERISIER M AH ALE6, Bois de Sainte -Lucie, Cerar 
sus^ pu Prunus Màhalçh^ L. Fleurs et bois o^orans , fruits 
noirs , amers; ses amandes servent aux parfumeurs dans les 
savonnettes ; son bois , d'usage en ébénisterie , est sudori* 
fique. Êe Ragouminieïi néôa, ou Minel du Canada, Pr.,L., 
Çeras. cq,nfj^mifi9 MUs*^ à £miit4; ajiiersj; le Pru^. virginianà 



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.^-jy. POâACEES. 

sert contre les fièvres in|;ermi4^t€^es ; ses feuilles entpoison- 
iieot les oiseaux. Le PuTiER, ou. cerisier à grappes, Useras, 
on Prunus p^uây des Alpes, fruit de môme; les amandes 
contiennent de l'acide prussique, sont nuisibles aux bestiaux, 
mai&le.^ engraissent ; on en tire une huile amjgdaline d'odeur 
agréaj)le, usitée en alimens ; le sulfate de fer a éte.Aonné comme 
-côntre-poison de ces amandes • rAzARERO, Ceras», ou Prunus 
^litsùanica , L. ,j*sorit de même qualité , purgatifs comme ceux 
'du Cer*. ou Pruiius aviuni , L. 

LAURIER -CERISE , Cerasus Lauro-cerasus, Musw, 
Prunus^ L., apporté de Trébisonde en 1576. Ses feuilles 
larges et luisantes, et sqs fleurs, ont le goût et l'odeur de 
l'amande amère , et le communiquent aux mets 5 mais sont ua 
poison, même leur eau distillée 5 son huile essentielle , plus 
pesante que l'eaû, plus abondante au printemps qu'en au- 
tomne ,< est très-dàiigereuse ( Fontana , Duhamel ). EUfe tient 
«n principe vénéneux^ espèce dliuîie Volatile fugace, outi'e 
de l'aci.de prussî^è. A pietite dose , elle cause de HTt'essc, 
non' le 'Érommeil ; à haute dose , elle empoisonne ; mais on 
neutralise son afction par 'les alcalis ou le lait. Réussit contre 
rbypocoftdrjè', dil-oh. L'eau du Prunus padus a de^ vertus 
analogues 5 a^t sur le «y stéme nerveux. En petitç quantité , 
l'huile de laufiëi* * cerisé-est d'odeur agréable 5 entre dans 
quelques ro«ô/zb d'Italie , 'sorte d'assâi^oiineméntl ' 

Prunier, Prugus, L. Lq Prunellier ou .piçnnier saur 
vage, Pr. spinosa ^ L., à fruit tr^^âçerbe; ,soi:^ spç. de^éçhv» 
avant sa maturité, donne 1' Acacia nostras^ bri^nk^e, extr^v 
mement astringent. Ses fleurs , infusées dans le, petit -Jait ^ 
sont très -purgatives. Le prunier cultivé, Pr. domestica^ L., 
ôrîgiuaire de Syrie et de Dalmaùe, à fruit dou:?^, acidulé, 
rafraîchissant, laxatif; a plusieurs variétés, \es dama^, .ijion- 
sieui', perdrigon, reine-claude, mirapelle,. impériale, . etc. 
A Tours et à Brignolles, se font les meilleui^s prunçaux, avec 
la sainte-catherine et le perdrigon, desséchés aii four et au 
soleil. Qualités adoucissantes, ïaxaxives; servent aijissi à falsi- 
fier les tamarins. Contiennent des , acides maliquç et , sor- 
bique, etc. 

ABRICOT, Pninus armentaca^ L. , Armeniaca^ Tour- 
nefort. Vient d'Arménie, a plusiçiuç-s variétés 5 nourrit, relâche. 
Fruit horaire, fiévreux 5 amandes amères, savonneuses. 

. PECHER-, uijjvy^dalua persica^ L. Arbre de Perse, à 



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ROSACÉES. 273 

feuilles etfleurs purgatives ( Les fruits le sont aussi en Perse ). 
La pêche a plusieurs variétés ; les pavies, alberges, mignones j 
pourprées , violettes , clievr)euses , brugnon , téton-de- Vénus, 
etc." Les jolies fleurs doubles du pêcher - nain , Amygd, piu- 
mila, L., d'Afrique , sont purgatives, et^ervent pour ornement. 

AMANDIER , Amygdalus comniunis , L. Vient de TA- 
frique septentrionale. Est de ^deux variétés ; les amandes 
douces , à co(Jues tendues 5 les afnères , à coques dures; L'a- 
mandier sauvage est amer. L'amande est couverte d'une pel- 
licule acre , résineuse. L'huile des amandes amères même est 
très-douce , doit s'extraire par expression , sans feu ; est aussi 
calmante que les amandes douces , qui sont pectorales , tem- 
pérantes. Les amandes amère«, pilées ,' éclaircissent les eaux 
troubles , sont un poison pour divers oiseaux , les perroquets, 
les poules. Schrader de Berlin a trouvé que l'odeur et le 
goût des amandes amères, comme des autres noyaux de 
fruhs rosacés , et des feuilles de pêcher, de laurier amandier, 
sY>nt dus à de l'acide prussique , qui paraît plus oxjgéné que 
celui de la lessive du sang { Journal de physique ^ tome lvi, 
p. 160 et 224; et ^"ssi M. Vauquelin, Annales de chimie^ 
tome XLV , p. 206). Mais il y existe, en outre, une huile, vo- 
latile qui se volatili^ en même temps,et se dissout aussi dans 
l'eau et l'alcohol. Fucholz croit que cet acide prussique , en 
s'oxj gênant , passe à l'état d'huile essentielle. Cette huile vo- 
latile, selon M. Martres , s'unit plutôt aux huiles fix«s cfu'à de 
l'eau ; elle nuit à l'embryon de la semence ; aussi celui-ci en 
est garanti par la nature , qui place cette huile vers la surface 
convexe des lobes séminaux. Les amandes fournissent de 3o 
à 4o pour cent d'huile fixe , selon Vogel. Les amandes amères, 
d'un à deux gros,en émulsion,sont fél)rifuges.Les amandes con- 
tiennent huile fixe 54)al!)umine 24, sucre liquideô, gomme 3, 
fibre végétale 4 5 pellicules 5 , eau et acide acétique , selon 
M.BouUay. Proust y a remarqué du caséum, et Vogel a vu les 
amandes anilres composées , d'huile grasse 28 , matière ca- 
séeuse 3o , sucre 6, gomme 3, fibre végétale 5 , huile volatile 
pesante et acide hydrocyanique , des traces. Les émulsions 
sont analogues au lait. 

ICAQUE, Chrysobalanus Icaco ^Li. Prunier d'Amérique, 
dont les fruits laxatifs remplacent les myrobalans ( Voyez 
p. i6j et i65). A des racines très-astringentes. ^ 

Bois sans égorge, ZMûîiaAeferop//y/Za,Commerson. Arbrç 
ii feuilles trè&-*variées; sou écorce se détache spontanément \ 
-: 18 



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^74 LEGUMINEUSES. 

elle est très-vomilîve et remplace bien ripécàcuanhâ aux llel 
de rinde orientale 5 Bory-Saini-Vincenl, Voyage aux îles de 
Fraucey tome 2, p. ii5, fig. 24* 

l/Ariatotelia maqUi de Dombey, arbuste du Chili, a 
des fruits acidulés dont on fait une boisson ; son écorce est 
astringente. Il parait appartenir à la famille de& rosacées. 

7« BOIS D'AIGLE, GARO, le Sinko de Kempfer, Aqm- 
lariaoifata, Cavanilles (Visa, bot. VII^ p. SSa , fig. 1x24), 
el Lamarck. De la presqu'île de Malacca. Se vend en Asie an 

Eoids de l'or. Bois résineux, jaunâtre, à veines noires.' En 
rûlant , embaumé les appartemens. Passe pour cordial , alexi* 
pharmaque. Moins estimé que l'agalloche ou bois d'aloès. 

LXXXyil. LÉGUMINEUSES. Fleurs d'ordi- 
naire papilionacées 5 légume bivalve pour fruit , feuilles 
piniiées , avec ou sans impaire , et se fermant : 1** co- 
rolles régulières , légume à plusieurs loges ; a** co- 
rolles régulières, légume uniloculaire ^ 3*" corolle un 
peu irrégulière , légume uniloculaire ; 4** corolle pa- 
pilionacée , élamines séparées ; 6** papilionacée , éta- 
Hiines diadelphes , légume uniloculaire , et des sti- 
pules ; 6** papilionacée , dix étamines diadelphes , 
feuilles pinnées avec imj^aires j 7** herbes papiliona- 
cées, diadelphes, pétiole en vrille; 8"* papiliona- 
cées , diadelphes , légume articulé , chaque articula- 
tion a une loge ; 9" papilionacées, diadelphes, léâ^nrhe 
en capsules uniloculaires ; lo'^ corolle irrégiilière , 
dix étamines séparées , fruit capsulaire. Des semences 
farineuses et flatulentes presque à toutes les espèces. 

i^ GOMME ARABIQUE et Gomme de Sénég4.l , suc 

Îropre exsudé dans les chaleurs par la Mimosa senegaJ y 
u , et la Mim. nilotica , L, , Acacia senegalein^^is , V^ illd. 
Acacies en arbrisseaux épineux de la Haute-Egypte et du 
Sénégal. Celle-ci est plus blanche , très-adoucissante , nourrit 
plusieurs habitans des déserts- Selon M. Vauquelîn , tient 
acétate et malate de chaux avec phosphate calcaire , un peu 
de fer et une matière azotée. La mim. farnesiana , L. , ex- 
sude aussi une gomme. Les <icacia tortuosa , CLcctcia aror^ 
bica , Roxburgh, et V acacia gummifsra^ de Broussotinet , 
donnent une gomme plus brune. 

ACACIA VBAI 9 «uo exp]:imé des gousses de JUt 3£irno9a 



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LEGUMINEUSES. 275 

nilotica , L; , Acacia vera , de Willden. Est d'un brun 
rouge , très -astringent ; resserre , contient beaucoup de tan- 
nin. Eist le véritable Lycion des anciens 5 suc acerbe pour 
des collyres , etc. Est en pains ou boules. Vient d'Orient. 

CACHOU , suc extracto-résineux , d'un brun rouge , des 
gousses t^oncassées de la Miinosa catechu , L. , Acacia^ Will- 
denow; sorte de fécule astringente qui s'extrait par macération 
dans Peau. Vient de l'Inde. 200 grains tiennent lopde tannin, 
et 68 d'extractif , selon Davy et M. Vauquelin. Se nomme 
aussi Caté* Celui du Bengale a tannin 97 , extractif 7!^, mu- 
cilage 1 6 , chaux et alumine 1 4. Celui de Bombay donne 
tannin log , extractif 68, mucilage i3v résidu terreux 10. 
Est très- tonique , astringent, stomachique 5 contient Heux 
tiers de tannin , a une saveur de violette ; arrête lesjliar- 
rhées et les vomi^semens. Le cachou s'obtient également de 
plusieurs autres acacia , conune de Vajcacia leucophœa , 
Willden. , selon Roxburgh ( Plant, corom. , t. 2 jfig. 175 ), 
et de Vacacia arabica , suivant Heine's ( Tracts hiàt, and 
statistik on India , p. 1 1 o ) , et de l'écorce de cassia au- 
riculata , selon Plukenet , tab. 3i4^ fig- 4* * 

L'arbre du cachou , du Malabar , est peu connu. E,ox-. 
hurgh dît aussi qu'on en extrait une sorte du palmier aré- 
quier ( Plant, corom. , tome i , pi. 75. f^oy. aussi Arec , 
pag. 149, Palmiers). 

ACACIES. Les autres espèces utiles sont la Mimosa inga^ 
L» , à pois «icrés , d'Amérique ; la M. scandens , L. , et 
foglfolia , L. 5 à fèves aussi nutritives ; la M^Jerox , L , de 
Chine , à légumes purgatifs , atténuans ; M. pennata , L. , 
de Ceylan , dont l'écorce sert à faire des cordes j la M. sa- 
ponaria y 1j,^ de Cochinchine, qui est propre à savonner et 
tlanchir le linge. Plusieurs acacies ont des fleurs odorantes , 
ou exsudent des sucs vulnéraires et balsamiques. La M. bal^ 
samica , de Molina , au Chili, la mimosa œrfota , de Fors- 
*ahl , donne une résine , qui sert en fumigations contre l'é- 
pilepsie des enfans, en Arabie. Ses fleurs empêchent le lait 
de se coaguler, dit-on 5 la mimosa dulcis se mange aux Indçs 
orientales. 

SENSmVE , Mimosa pud'ca , L. Ses folioles touchées 
*e replient; aussi , les mimosa sensitiva^ L. , M. casta , M. 
^^va, offrent encore des signes d'irritabilité, comme les M. 
P^g^ay prostrcUa p ,^'valvis ^ longisHiqua-, mimosa aspe^ 

18. 



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2,6 LEGUMINEUSES. 

rata ^ L. ; les Oxalis sensitiva , Dionœa muscipula ^ OnO' 
clea sensibilis , L. , sont aussi irritables. 

FÉVIER A TROIS ÉPINES , Gleditsia triacanthos, L., 
d'Amérique septentrionale. Ses fèves nourrissent les ani- 
maux ; sont nauséeuses ; sa sève donne du sucre. Arbre na- 
turalisé en France. 

CAROUBIER , Ceratonia siliqua , L. Sa gousse , nom- 
mée carouge , sert en aliment pour les habitans et le$ bes- 
tiaux , en Espagne , à Naples. En Orient , est un ophthal- 
mique ordinaire. ELst douceâtre , sucrée, utile dans la toux, 
la chaleur d'estomac ; purge un peu. 

TAMARIN , Tdhiarindus Indka , L. Arbre de l'Inde 
et de l'Orient , à gousse pleine d'une pulpe acide. Tient 
acides citrique et malique , tartarique et crème de tartre avec 
gomme , sucre , gélatine , matière féculente et amidon, selon 
Vauquelin. Pulpe brune, avec des fîlamens et des fèves cornées. 
Puissant rafraîCîhissant , laxatif, antiputride. Les tamarins 
transpoités en Amérique y ont une pulpe moins acide. Leur 
feuillage se ferme de nuit. On fait des confitures de ta- 
marins.* 

CASSE, Cassia fistula y L. Longues gousses brunes, 
ligneuses , cylindriques , à cloisons transversales , remplies 
d'une pulpe brune, douce ,laxative, tempérante. Tient paren- 
chyme , gluten , gélatine, gomme , extrait , sucre et valves , se- 
lon M.Yauquelin. Vient d'Orient et de l'Inde ; transportée en 
Amérique. Grand arbre comme le précédent. La cû*jw 
emarginata , L. , des Antilles , a les mêmes vertus. La cû^- 
sia marilandica purge comme les sennes. La caaaia occi- 
-dentalls y L. , d'Amérique , a l'odeur nauséeuse et la fleur 
jaune de toutes les casaia vertes. Ses racines charnues ser- 
vent conmie apéritives et diurétiques en décoction. La cas" 
sia chamœcriata , L. , a les feuilles pinnéés, qui se penchent 
quand on les touche 5 la décoction de ses racines dans Teau 
passe pour un antidote très-apprécié contre les poisons des 
JEchites, Cameraria , Plumeria^ Nerium et autres, donnes 
trop souvent par les Nègres empoisonneurs , selon Wilh^m 
Wright. La casaia fistula , de Java, donne des bâtons très- 
gros , mais leur pulpe n'est pas si bonne que l'ordinaire. 

SENNE D'ALEXANDRIE , à feuilles ovales lancéolée^, 
£e tire d'Egypte et de Syrie , de la caasia lanceolata , ^^ 
ForskaW, p. 85. Le senne, à larges feuilles , vient de la ctf*- 



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LEGUMINEUSES. 277 

^ senna , Delille. Egypt, , pag. 1 3. Il contient , selon 
Bouillon-Lagrange , un principe soluble à l'eau et à Tal- 
cohol ; devenant comme résineux par sa combinaison avec 
Toxygène. Il y existe , en outre , du sulfate de potasse , de» 
carbonates de chaux et de magnésie. Ainsi , la longue ébul- 
lition ôte de la faculté purgative au senne. Les follicules sont 
moins purgatives. Le senne qu'on nomme de la^palte , espèce 
de tribut payé en cette feuille', est le plus estimé. Les ^//z- 
cttfe^sont les semences ou gousses de l'arbuste , aplaties , mem- 
braneuses, réniformes. Ces feuilles et semences sont très- 
purgatives, nauséeuses 5 viennent de la cassia acutjfoliay La-' 
mark. Delille a remarqué qu'on y mêlait , dans le Levant , 
des feuilles de divers apocyns , ou Cynanclium , L. ; 
wyez'ARGUELjp. 189. Ces dernières feuilles se reconnaissent 
en ce qu'elles sont plus alongées et plus aiguës ; elles causent 
^^^ coliques et des superpurgations. Les acides adoucissent 
leur action. Le Senne d'Italie, casèia sennay L., à feuilles 
plus obtuses , diflFérent du premier , est pareillement pur- 
gatif, nauséeux , mais moins actif. D'autres sennes, cassia , 
sont purgatifs encore. La cassia alata , L. , des Antilles , 
herbe à dartres , guérit celles-ci par l'onguent fait avec ses 
fleurs. La cassia absus , L. , sert aussi comme senne dans 
les mélanges qu'on en fait en Egypte^ /-'oyejs CoUadon, Dis" 
9erL sur les cassia. 

a** NOIX DE BEN, du Guilandina moringa , L. , Hy^ 
peranthej'a moringa , de Valil , ou Moringa oleifera ou zei- 
lanica, Lamarck. Cet arbre de l'Inde, cultivé aussi en Amé- 
rique , a d.es racines acres comme le raifort 5 son bois teint en 
bleu avec le fer.Ses noix purgatives, triangulaires, blanchâtres, 
en forme de n&isettes, appelées glans unguentaria et balanus 
myrepsica , donnent par expression une huile inodore , très- 
limpide , qui ne rancit pas . et qui prend tous les arômes. 
Recherchée des parfumeurs ;* adoucissante contre les rhu- 
inatismes , comme celle de sésame , qu'on y mêle souvent. 
Les noix de Ben se peuvent manger aussi. Làes feuilles de 
Varbre sont rubéfiantes, aM|i^asmodiques 5 rubéfient la peau. 
Les Pois QQENiQUES, G^oW^uc,lj»y out dcs qualités analo- 
'gues. Le Gymnocladus canadensisy Lamarck , nommé aussi 
CHICOT , est regardé comme antivénérien. Ses semences ou 
pois triangulaires , donnent de l'huile , et sont quelquefois 
^ités comme purgatifs ; vient de l'Amérique, et aussi dans 
ks Indes orientales. 



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278 ' LÉGUMINEUSES. 

BOIS DE CAMPÊCHE, Hœmatoxylum campeclua- 
nuniylj» Arbre d'Amérique méridionale , à bois rouge-brun, 
teignant en pourpre ou violet, précipitant le fer en noir; 
est astringent. On en fait un extrait tonique; donne un 
priticipe colorant rouge , hématine de M. Chevreul, en 
petits cristaux , et une matière couleur de marron , une sub- 
stance animalisée, etc. 

BOIS DE BRÉSIL, DE FERNAMBOUC , DE SAPAJV, 
Cœsalpinia sappan^ L. ,se trouve aussi dans l'Inde; cœ- 
salp. crista , L. Son bois rouge teint en lacque , mauvais teint; 
est de saveur plutôt douce , extractive , qu'astpingente. Le 
cœsalp. bonducella, Willd. Son écorce est un bon fébri- 
fuge , en infusion avec du poivre noir cbez les Hindous. 
On la prend aussi en poudre ou en décoction avec la ra- 
cine de gentîana chirajta de Roxburg. Les belles fleurs 
de la poiucùana pulcherrima^ L., causent Pavortement, 
en Amérique aux négresses. Le bois d'Inde est donné 
quelquefois, à tort, ainsi que le Condori , adenanthera pa- 
ifouia , L. , à grains rouges , pour du santal rouge , qui est 
résineux, aromatique, plus austère. Ce Bois de corail peut 
teindre la soie en rouge , et donner une belle encre. 

' KINO DE L'INDE, paraît venir des BUtea frmdosa 
et superha ( Roxburg, p/a///. coromand. tome i®^ fig. 21). 
Il découle un suc rouge, astringent, des écorces de ces 
beaux arbres, f^ojez p. 217 , l'autre kinô. 

3« RÉSINE AMMÈ, découle de VHjmenœacourbaril, 
L. Arbre d'Amérique; elle, est d'un jaune de soufre, très- 
odorante , s'enflamme bien , entre dans des fiimigations et 
des onguens. Atténuante, céphalique, résolutive. La gousse 
de l'arbre contient une farine acidulé, nourrissante. La 
résine ne découle que des arbres malades. 

4*^ GAINIER, arbre de Jiidée, Cercis ailiquastrum, 
L. Ses belles fleurs rouges sont piquantes, antiscorbutiques, 
en salade. Acclimaté en France. 

BOIS PUANT, Jnagjrisjlf^, L., du midi d'Eu- 
rope, comme le précédent. Ses feuilles sont répercussives, 
emménagogues , cépbaliques. Semences émétiques très-for- 
tement. 

5** AJONC, Ulex europœus , L. Plante atténuante, diu- 
rétique, pousse à la peau, donne des nausées» 

BOIS D'ASPALAÏH,^*^a/a^A^5 camUcansPde TA^ie 



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LEGUMINEUSES. 279 

eu de V Afrique 5 odorant 5 supplée le bois d'aloès quelque- 
fois. 

FAUX BOIS DE RHODES, Geniata canariensis y L, 
Bois jaunâtre, à veines rouges, d'odeur de roses; vient 
des Canaries. Celui des Antilles est tiré de Vamjria bal" 
samifera, L. Servent en fumigations; sont cordiaux, ce- 
phaliques. ( Voyez pag. 1 83 et 1 85, le vrai boisde Rhodes, et 
la famille des térébinthacées. ) 

GENESTROLE, Genista tinctorial L. Les teinturier^ 
tirent une couleur jaune des fleurs de ce genêt; sont apé- 
ritives et diurétiques, ainsi que ses feuilles. 

SPARTE PURGATIF, Spartîum purgans ^ L. Ses feuilles 
et ses semences. Le Genêt a balais, Spar. scoparium^ 
L. , est diurétique , même pour les animaux qui en man- 
gent; passe pour un bon apéritif; semences émétiques. 

SPARTE A NATTES, Spartîum junceumy L., ou 
Genet d'Espagne. Il donne une bonne filasse; vertus 
encore plus marquées que dans le genêt à balais. 

CYTISE DES ALPES, faux ébénîer, Cjtisus lalur- 
nuTiiyTj. Feuilles diurétiques, résolutives, ainsi que celles 
des congénères. Bon fourrage. Les graines de ce faux 
ébénier contiennent une matière grasse , verdâtre , de l'al- 
bumine, un principe vomitif , une matière verte, des ma- 
lates , etc. ; sont très-émétiques. Les fleurs tiennent un 
principe colorant, une matière huileuse odorante, des traces, 
de Pacide gallique, de la gomme, etc. Les graines de 
faux ébénier, selon MM. Chevalier et Lassaigne, donnent 
une substance grasse outre de Ié^ gomme , plus abondante 
avant la maturité , et une matière vomitive , jaune brune , 
incristallisable , attirant l'bumidité , nonmiée cytisine , ana- 
logue à l'émétine. Le célèbre Cytise des anciens est la me- 
dicago arborea, L. ou luzerne en arbre. 

POIS D'ANGOLE, on DE PIGEON, ou DE SEPT 

ANS , Cytisus cajan , L. , d'Afrique. Ses pois^ ou semence* 
nourrissent les nègres , ont une saveur odorante ; ses bour- 
geons sont très pectoraux, sa raaine aromatique* 

LUPIN , Lupinus albus , L. Semences blanches , apla- 
ties^ un peu amer es, emménagogues,, vermifuges; à l'exté- 
rieur, leur farine est résolutive dans les affections de la 
peau; aliment amer, usité des peuples du Midi; rôties imi- 
tent le café* 



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Jt 



ô8o LEGUMINEUSES. 

ARRÊTE-BOEUF , Ononis spinosa.L,, ou BUGRANE, 
Onr arpensia , L. Racines principalement diurétiques , dé- 
tersives, apéritives; contiennent de Poxaïate de chaux. 

PISTACHE DE TERRE, Amchis hypogœa, L. Ori- 
ginaire d'Africjue, cultivée au midi de TEurope; ses gousses 
se recourbent en terre et donnent des semences hui- 
leuses, hourrissantes 5 dont on fabrique un chocolat commua 
en Espagne; on en tire une huile douce comme celle 
d'olives, et qui- ne rancit pas. Racine sucrée comme k 
réglisse. 

VULNÉRAIRE, Anthjllis vuIneraria^'L. Herbe trau- 
matique ; aussi Vanth. barba Jovis^ L. : Vanih. •cretica 
passe pour apéritive. 

PSORAyER GLANDULEUX, Psoralea glandulosa, 
L. Est le fameux Thé du Paraguay, trés-stomachique, 
vulnéraire, très - vermifuge , se prend en Amérique. ; 

PSORALIER BITUMINEUX, Piorflfea bituminosa.L. 
Ses feuilles sentent le bitume , sont diurétiques et trèsr 
1)0 nues contre le cancer. L'huile de ses graines espmée 
coijjme anlij)araiytique. Est d'Europe méridionale.. 

C( )jN TRA-ÏERVA du Mexique , Psoralea pentaphylla^ 
L. ,. d\4iiiérique espagnole. Racine un peu aromatique, 
d'un goût piquant, em})loyée dans les fièvres nïalignes 
et contagieuses. Se trouve dans les oQicines espagnoles. 
Jussieu , Mem. acad. se. 1744? %• ^7* 

J [lÈFLE DES ALPES ^ Trjfoliurn alpinum ^ L. Racine 
sucrée comme la réglisse; la remplace. 

PIED-DE-LIÈVRE, Trifolium arpeme, L. Antidjr- 
sentérique , béchique. Le trèfle cultivé ordinaire est le tri/b- 
liuni rubens ^ L. 

MÉLILOT, Meliîotus. officinalis, Tournef. et Jm^ 
Célèbre béchique, discussif , adoucissant. Le Triolet aro- 
matique, ou lotier odpranl, Melilotus cœrulea. T., dit faux 
baume du Pérou, est diurétique, vulnéraire, anodin. 
( Trifoïium , L. ) 

LUZERNE , Medicaga sativa , L. Herbe adoucissante. 
Aussi la LuPULiNE , Med. lupulina , L. Ce sont de« fou^ 
rages excellens. 

FENUGREC, Trigonella fçenumgrœcum, L. Grme 
odorante très-maturative , muqueuse, résolutif? > par^éi^" 



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LEGUMINEUSES. " i8i 

tiqae; s'applique sur le gonflement des mamelle^ , lu goiutte 
sciatique , etc. On la mange dans le Levant ; est très-stoma- 

cliique. 

LOTIER BLANC , Lotus dorycnium , L. Sa graine re- 
commandée contre les hémorrlioïdes par jRivière. Il a 5 

feuilles. 

LOTIER JAUNE , Lotus corniculata , L. Plante ano- . 
f'ine , émolliente , sert contre les brûlures. Le Lotus edulis , 
L , se mange en Jtalie. 

DOLIC , ou Haricot d'Egypte , DoUchos lablab , L. 
Se mange aussi comme les haricots en Italie. Ijcs Yeux-de- 
bourique , DoL urens , L. , vermifuges excellens , et le« 
Pois à gratter, D, pruriens , L. , des Antilles, à légume s 
couverts de poils roides , causent de vives démangeaisons , 
qu'on guérit avec une solution de sulfate de fer. Sont anti- 
hydropiques et anthelmintiques. Ces poils , mêlés à du sy rop 
épaissi en miel, peuvent s'avaler sans danger; ils piquent 
et tuent le^ vers, mais le mucus des intestins défend les pa- 
rois de ceuxrci contre ces poils. Le Dolic à gousses menues , 
D» catiang , L. , des Indes , le Z>. soja , L. , du Japon, ont 
des semences excellentes ; on fait une sauce avec le Soja , 
irès-estimée en Europe. Les DoL tuherosus ^ L. , et bulbo^' 
msj L. . ont des racines qui se mangent aussi. Les chevaux 
waugent le dqlichos biflorus , L. , dans l'Inde orientale. 

HARICOT, Phaseolus pulgaris, 1j. Originaire de ITnde ; 
fcrine émolliente , diurétique , noiu-rissante. Les haricots à 
grandes fleurs rouges , ou d'omément'^ phaseol, caracalla , 
^originaires du Brésil , sont odorans. Le haricot nain ou sans 
lame , phaseol. nanus , L. , est aussi alimentaire. La farine 
4u haricot mungo , plias, mungo , L. , des Indes , cultivé 
dans l'Amérique chaude , donne une sorte de sagou très- 
Hsité en Angleterre et dans la marine. Le phaseolus mi- 
nimoo^ de Roxburgh ,*se mange dans les Indes orientales. 

LAÇQUE de Y Erythrina monosperma , L. , de l'Inde. 
Ajl>re donnant une résiné rouge qui s'emploie comme la 
§omme lacque. JJEr, corallqdendroTiyL.; Arbre de corail 
à jolies graines rouges qui servent à faire des chapelets, comme 
le8mvant.'Kacinei8 sudorifiques, fleurs pectorales. 

' 6^ ABRUS , Abrus precatorius , L. Pois rouges et noirs, 
•^rvent en chapelets, passent pour ophthalmiques , cépha- 



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28â . LEGUMINEUSES. 

liques 5 éméti<jues 5 viennent de Plnde.^Racine sucrée coînme 
la réglisse , sert de même. • 

' BOIS-IVRANT, Piscidia erythrina ^L. Enivre les pois- 
sons, sans les rendre vénéneux. Vient de la Jamaïque. Aussi, 
la liane à enivrer les poissons , chez les Galibis de la Guyane, 
Robinîa Tnicou y d^Aublet. 

ARBRE- AUX-POIS, Robinia caraganaj^. , de Sibérie. 
Ses pois sont oléagineux , bons à manger ; son écorce sert 
de cordes. Les branches du robinia viscosa sont enduites 
naturellement de glu* L'acacia ordinaire est lé robinia 
pseudo-acacia 'y il y en a li fleurs roses et de visqueux. 

ASTRAGALE ADRAGANT, Mtragalus gummiferj 
Labillardière {Journal de Phys. , 1790). Exsude la gomme 
adraganthe, ainsi qu'un autre astragale non décrit, observé en 
Perse par Olivier ; mais Vastr* tragacantha , L. , qui croit 
vers Marseille ^ n'en fournit point ; «i Yaatragalus çreticus , 
Lamarck , déjà décrit par Tournefort ( f^oyage au Levant j 
tome I , fig. 21 ; et Sibthorp , Flor, grœc, , tab. 786 ) 5 
ni Vastrag. cristatus ^ Willdenow , que Sibthorp croit être 
la vraie T^c^yAxttvètc , de Dioscoride , et qui croît dans le Pé- 
loponèse. Olivier a décrit, en Arménie ^ Vastragalua verus. 
On a trouvé , par l'analyse de la gomme adraganthe ^ une 
gomme soluble 0,57, de la gélatine épaisse , ou cérasine o,43; 
de plus , de l'azote , de la chaux , peut-être un peu d'acide 
malique. Cette gomme en larmes blanches opaques , forme 
dans l'eau un mucilage épais , insipide , incrassant , qui tem- 
père et adoucit dans la toux , l'ardeur d'urine , l'hémopty- 
sie. Vient de l'Orient, comme la. gomme de Bassora qui en 
est une variété rougeâtre , point soluble à l'eau. 

' La Gomme jedda ou jeddah , apportée des royaumes de 
Juida et d'Adel , ressemble à la gomme adraganthe , ne se 
dissout pas , mais se ramolUt seulement dans l'eau , même 
chaude. 

Autres Astragales. La réglisse sauvage , Astragn gly-- 
cyphyïlojs , L. Racine sucrée , remplaçant la réglisse 5 les 
feuilles s'emploient dans les rétentions d'urine ; commune 
dans toute l'Eutope.La barbe de renard, astrag. poterùimy 
L., a racine vulnéraire et-nervine. L'herbe au lait , astrag* 
glaux , L., en Espagne , qui , donnée avec de l'eau d'orge, 
excite une abondante sécrétion de lait chez les nourrices. 
Uastr, cicer, L. , à semences apéritives et détersives. L'as- 



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LÉGUMINEUSES. , a83 

tragale à gousses velues , astrag. exscapus , Jacq. ( Jlarior. , 
fig. 17), aune racine très-estimée en Hongrie contre la^maladie 
vénérienne. Et d'autres congénères. Sont usitées en méde- 
cine. Voyes Decandolle , astrag, Paris, i8o!î, 4°. 

BAGUENAUDIER , FAUX SENNE, Colutea criœnta , 
L. Ses feuilles et ses gousses renflées sont purj^jatives , mais 
moins que le senne. Son fruit engraisse les brebis et leur 
donne beaucoup de lait. Le Baguenaudier , colutea arbores- 
c^;25 , L., est purgatif aussi. 

REGLISSE, Glycyrrhiza glabra, L. Racine jaune sucrée, 
apéritive , expectorante , béchique , ainsi que son extrait 
épaissi , diurétique ; croît au midi d'Europe ; plante vivace. 
Xa RÉGLISSE HÉRISSÉE , de Dioscoride et des anciens, Gfyc. 
echinata , L. Celle du Midi a des racines plus douces que 
celle du Nord, Le suc doux de ces plantes est d'un usage 
merveilleux , dit-on , contre les . dartres aussi en applica- 
tion ( Comm. Petropàl. 1777 ). La réglisse tient amidon , 
matière cristalline ou agédoïte , une huile résineuse acre , 
des acides phosphorique et malique , combinés à la chaux , 
à la magnésie , selon Robiquet. La matière sucrée est là 
saccogommitte , de Desvaux. • 

GALÈGA , LAVANÈSE, Galega officinalis, L. Est 
d'Europe ; plante sudorifique , vermifuge , alexitère^ utile, 
dit-on, contre l'épilepsie et les convulsions des enfans. Le 
galega tinctoria , L. , de l'Inde , donne un indigo pâle , et 
le G.pîscatoriay L., d'Amérique, enivre le poisson, comme 
les piscidia. 

INDIGO, ANIL, Indigofera tinctoria , L. Fécule bleue ; 
séparée , par fermentation , des feuilles de cette plante dans 
l'eau , en Amérique, sert en leïniuxe.JJ indigofera anil^ La- 
marck , dont l'odeur entête , et plusieurs autres espèces , 
Yind. trita , L., ind, hirsuta, L., argentea\ disperma, etc., 
en fournissent aussi dans les deux Indes. Le guatimala est le 
plus estimé, ainsi que le flore , le cuivré , etc. Se dissout dans 
l'acide sulfurique et les alcalis , sans être décoloré. Qualités 
atténuantes , utiles dans l'ictère ; est aussi astringent ; peu 
usité en médecine. Donne Vindigotine , principe mêlé à de 
l'ammoniaque , de la gomme , des matières vertes et rési- 
neuses et autres impuretés dans l'indigo ordinaire , selon 
M. Chevreul. 

7« GESSE TUBÉREUSE, MACUSON, Za%Aw 



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a84 LÉGUMINEUSES. 

tuberosus, L. Racine tubéreuse, sucrée, à fécule blànchô 
nourrissante. Braconnot ( Annales chim. et phye. , tom. 8 , 
p. 241 ) y a trouvé : eau, 828; amidon , 84; sucre de canne, 
3o ; matière animaliséé, 165 albumine, i4; fibre ligneuse, 
25 i des sels , une huile rance , une sorte d^adipocire , et un 
principe odorant. 

POIS GESSE , Lathjrus sativus , L. , à graines nourris- 
santes. Les Lathyrus sylvestria et pratensis , et latifolius^ 
L. Le pois de senteur , 'haiHyrus odoratus , L. , originaire 
de Sicile et .dç Plnde 5 les ^esses^ Lailu cljmenum^ L. , 
d'Espagne, et Lath.tingitanus^Ij., de Tanger, sont remar- 
quables. Plantes détersiVes , astringentes , vulnéraires , servent 
en fourrages. 

VESCE, f^icîa saliva y L. , et ses congénères sont de 
bons fourrages. Semences . détersives , atténuantes , astrin- 
gentes. Celles de la lentille. du Canada (variété de la vesce 
commune) font un bon pain. . 

FEVE DE MARDIS, Féverole, Vicia Faba, L., Faba 
f^i^/^m, DecandoUe. .Nourrissante, de dure digestion, 
Tenteuse ; sa farine est Pune des quatre résolutives. Une 
variété h fève amère remplace le café en Alsace , étant tor- 
réfiée. Tiennent . amidon ,. matière animale, phosphate de 
chaux , de potasse et sucre. La peau tient du tannin , selon 
M» Vanquelin. 

LES OROBES , Orohus niger^ et luteus^ et vernus^ et 
^haticusy L. A graines donnant une farine résolutive. L'Or. 
iuberoêus, L. , a des racines noueuses, nourrissantes. Selon 
Hippocrate, des Thraces, qui vivaient continuellenient d'o- 
ro*be, étaient atteints de gonagre (^Hpiçlem* , 1. 2, ch. 4* ) 

LENTILLE , £Avw/n Lens^ L. Semences de difficile di- 
gestion ,f astringentes ^ nuisent, dit-on, à la vue. L'Ers, 
Orobe des officities , Erpum ervilia , L. Sa farine est 
très-maturative et résolutive , nuit aux cochons 5 cause des 
tremblemens , quand on la mange dans le pain. 

POIS, Pisum sativum , L. , et ses variétés de culture. Cet 
aliment en vert contient un principe saccharin , utile dans le 
«corbut. Les pois secs sont plus lourds et venteux. Les pois 
donnent amidon , matière végéto-animale, albumine , sucre, 
mucilage , matière féculente et fibreuse , quelques sels. 

POIS CHICHE, Cicer Arietinuniy L. Originaire des 
pays chauds j aliment pesant, mais sain. Faiioe résèliitive 



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LÉGutaEUSES. a85 

dans les maladies de peau , les tumeurs ; semences diuré- 
tiques , vermifuges. La plante laisse transuder un suc très- 
acide ( Acide cicérique de Deyeux et Proust) ; c'est de Pacide 
oxalique et acétique. 

8^ CHENHjLE , Scorpiurus permiculatay L. Ses gousses, 
tordues ou courbées comme la queue d'un scorpion. Pont 
fait supposer utile contre la piqûre de cet insecte. Plante 
dessicative. 

PIED D'OISEAU, Ornithopua perpusiUua, L. Herbe 
ahticalculeuse; vantée contre les hernies. L'Or«rYAopw« acor- 
pioïdeSylj.ySi des feuilles rubéfiantes, en topique sur la peau. 

FER-A-CHE VAL , Hippocrepis comosa, L. Herbe as-* 
tringente. 

COROWILLE, FAUX SENNE , Coronilla Emerus, L, 
Arbuste. Ses feuilles purgent et se substituent au senne par 
les gens de campagne. Les semences très-amères de la Cb^ 
rônilla paria , L. , empoisonnent, selon Seiler. 

SECURIDAC A , Coronilla Secwidaca , L. Nommée aussi 
Fève lujpine. Graine brune , d'une amertume très-forte, nau- 
séeuse, qui purge * l'herbe empêche la conception, prise avant 
coït , selon Dioscoride; émeut l'estomac. Vient d'Espagne» 

SAINFOIN , Hcdysarum Onohrychis , L. Herbe matu- 
rative , discussive , udl^ dans la strangurie. 

SULLA, HedysaruTTL coronarium^li. Est d'Espagne; 
fourrage excellent; a les propriétés du précédent. 

ALHx\GI, MANTiE DES BÈBKEUX , Hedjsarum 

Alliagiy L. Sainfoin en arbuste épineux, d'oii suinte assez abon- 
damment une Manne purgative. Croît en Arménie, en Perse," 
et aussi dans les îles de l'Archipel. Un autre isainfo'n remar- 

3uable est VHedysarum gyrans , L. Sainfoin oscillaat , herbe 
u Bengale , dont les folioles latérales se meuvent d'elles- 
mêmes en se contournant , sans être irritables quand on le» 
touche. Broussonnet,/oMr/i.PAy^i, 1787. Après la féconda- 
lion, elles ne se meuvent plus ; les sensitivés aussi ne sont plus 
irritables alors. , 

SESBAN , jEschinomene Seshan , L. Semences très-sto- 
machiques , emménagogues , en Egypte. Ecorce fébrifage, 
fournit extrait amer, gomme rouge. La Nélitte,ou VjEscIi. 
cannabï/iay L. , donne de la filasse, et I'Agaty, yEsch. 
g-randijlora , L. , de l'Inde , comme la précédente , donne une 



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286 LÉGUMINEUSES. 

gomme propre k la teinture. On mange ses fèves. L'extrait 
d'agaty est amer , et employé contre les fièvres aussi ; ses 
fèves sont astringentes oustomachiquès: arbustes souvent mités 
en Asie* 

9^ AKGELIN, Andira Piaonis^ de la Guiane. Semences 
très-vermifuges. Leschenault a trouvé V Andira Ahtedii^ 
aux Moluques et en Pinde, qui est un excellent contre-poison. 

CABBAGE ou UMARI, Geoffrœa inermis, de Wright. 
Arbre de la Jamaïque , à écorce jaune , épaisse ^ amère , as- 
tringente 5 vermifuge ; à haute dose , elle fait vomir ; est fébri- 
fuge. La Geoffi Surinamenaisy Sw^irtz , a les mêmes pro- 
4)rîétés. Usitées en Angleterre et en Hollande. Les écorces 
de cette dernière , sont aussi vermifuges. 

SANTAL ROUGE, Pterocarpus aanialinus , L. Arbre 
de l'Inde orientale 5 à bois rouge foncé , résineux , odorant, 
de saveur austère , astringente , tonique , rafraîchit méine 
( J^oj. p. îi64 )• Il en découle une résine rouge , analogue à 
celle du suivant. Pelletier en a extrait un principe colorant , 
rouge, àiiXdi Santaline. 

SANG DRAGON, Pterocarpus Draco de Loèflîng. Ré- 
sine rouge, commune, tirée par incision de cet arbre deTInde. 
Le Pteroc. Marsupium de Roxburg , tOme 2, p. 9, donne une 
couleur orange, en teinture ^t en suc concret. 

FÈVE TUNRA , ou Tongo , Baryosma Tongo , Gaert- 
ner; Coumarouna odorata ( Aublet , Guyane, ]jag. 74^); 
Dipterix odorata^ Willd. Vient dans les gousses du Coumarou; 
arbre de la Guiane , a une excellente odeur de toélilot, forme 
cylindrique , avec un sillon de chaque côté ; se couvre par 
fois d'une eflËorescence blanchâtre en aiguilles^ cette fève sert 
pour aromatiser le tabac et autres objets. 

10^ BAUME DE COPAHU, Copdifera officinalls, 
Jacquin, Jmeric, picfur. icon., tab. 86. Arbre du Brésil, à 
écorce résineuse, d'où découle par incision une résine 
limpide, jaunâtre, d'odeur pénétrante, aromatique, li- 
quide comme du sirop , d'un goût acre et amer , soluble 
dans l'alcohol. Passe pour un excellent vulnéraire détersif; 
arrête les dyjsenterîes, les flux, la gonorrhéfe et la leu- 
corrhée; diurétique, apaise les douleurs néphrétiques; 
recommandée encore dans la phthisie naissante. Est une 
combinaison d'une résine et d*une huile volatile parti- 
culière , analogues à la térébenthine 5 se falsifie pv sott 



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TEREBINTHACEES. 287 

mélange ayec l'huile de pavots; alors graisse les doigts 
et le papier. V^oyez au baume Rakasira. 

QUINQUINA GRIS ( écorce des Jésuites ) du Myrosper- 
mum pedicellatum; Jacquin. Arbre d'Amérique, le premier 
quinquina apporté en Europe ; est résineux , odorant , moins 
amer et moins astringent que les véritables quinquina, 
dont il porte le nom au Pérou, tandis que les écorces 
des cinchona j sont nommées toutes cascarUla, ( Voyea 
Fam. des rubiacées, pag. 210 et suivantes. ) 

BAUME DU PÉROU, noir et blanc, sec ou liquide, 
du Myroxylum peruiferum, Willd. , Hernandez , Mexic, 
p. 5i , icon. Le blanc liquide, jaunâtre, comme le miel, 
se tire par incision de cet arbre du Pérou. Le roux ou 
rouge est sec , dans des coques ou cocos ; est moins pur , 
se desséche à l'air ; le brun ou noir licpiide s'obtient, 
par la décoction dans l'eau, de l'écorce et des rameaux. 
Ces baumes sont de la nature des térébenthines , et chargés 
d'acide benzoïque qui leur donne une odeur suave ; leur 
«aveur est acre , amère , sont nervîns , céphaliques , stoma- 
chiques , antiasthmatiques , vulnéraires. Entrent dans les 
partums. 

LXXXVIIL TÉRÉBINTHJCÉES. Arbres ou 
arbustes à feuilles pinnées , à odeul: forte , résineuse, 
quelquefois vireuse, ou bien aromatique : 1* fruits à 
une loge , monosperrae ; 2* fruits à plusieurs loges ; 
5"* fruits à plusieurs capsules monospermes 5 4"* se- 
mences dans une chair j b"* semences non entourées , 
d'un périsperme charnu. 

lo POMME OU NOIX D'ACAJOU, Cassuvium occi- 
dentale^ Lamarck, Anacardium occ, L. L^' pédoncule 
de sa noix est acidulé, astringent. Se mange, peut fermenter, 
et faire une boisson vineuse qu'on mêle au punch. L'a- 
mande réniforme de la noix a le goût des cerneaux, 
passe pour aphrodisiaque avec du lait. On rôtit ces njoix 
ou l'on blanchit cette amande à l'eau chaude. Sa coque 
contient une huile ou plutôt une résine liquide soluhle 
dans l'alcohol , usitée contre les scrophules ; acre , caustique , 
tachant le linge d'une manière indélébile ; la gomme rousse , 
insipide, translucide , soluhle à l'eau, adhérente aux dents, 
est l$i GoMiMgB d'acajou, aussi bonne que l'arabique , qui 



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a88 TEREBINTHACEES. 

«uînte de Varî)re;sert à vernisser. Vient d'Amérique. Oa 
fait un sirop de noix d'acnjou. 

AN ARC A DE, ou Fèvk de mal ac , Semecarpus A nacar^ 
dium, de Linné fils, est de Tlnde orientale. Diflère de 
la précédente , avec laquelle on la confond. C'est une 
noix en forme de cœur d'oiseau, d'une écorce dure , bruiic, 
sous laquelle est un mucilage huileux, noir, caustique, 
et ensuite une amande douce et blanche. On lui attril)ue 
la faculté d'atténuer les humeurs, d'exalter les sens et 
l'esprit, d'aviver la mémoire, d'être céphalique, échauf- 
fante {Bulletin de pharm, i8i49 p« > 71 )• Le suc mucilagi- 
neux dissipe les dartres, les écrouelles. Les fruits verts 
donnent une bonne encre : se mangent. Les médecitis in- 
diens l'emploient comme antisyphilitique. 

MAIN GUE, du Mangifera indica, L. , des deux Indes. 
Bon fruitjdépuratif. Ses noyaux sont vermifuges; l'arbre donne 
une résine liquide, odorante, antisyphilitique, dans l'Inde. 

SUMAC, Bhiis coriaria y L. La Roure des corroyeurs- 
Ses feuilles, fleurs et fruits sont acidulés , très-astringens, 
comme son écorce, qui sert à tanner. Elle est antisep- 
tique, arrête les flux, le scorbut^ etc. Le Fustet des cor- 
:royeurs, rhus cotùiùs , Ij» , est également astringent ; son 
bois jaune teint en couleur de café. Cet arbuste est un 
poison pour les moutons. Il en est de même duREDoui, 
ou Redon, qui peut-être appartient plutôt à la famille des 
nerpruns ou frangulacées ; est le cqriaria myrtifolia^L,, 
arbrisseau qui sert au tannage et k la teinture, mais dont 
les fruits doux et beaux causent des convulsions, le dé- 
lire, et même la mort aux hommes et aux animaux. On 
a employé mal à prcTpos les feuilles du redon, pu redoul, 
pour aduUérer le senne. Le rhus glabrum et le rhus ver- 
nixy L., s'emploient comme fébrifuges , leurs écorces 
servent comme mordans des couleurs rouges , en teinture. 

TOXICODENDRON, Bhustoxicodendron.L. , eirluisra' 
dicana^ qui en est une variété. Arbustes grimpahs, ori- 
ginaires de Virginie et du Canada. Leur suc laiteux est 
caustique , vésicatoire sur la peau , poison à l'intérieur. Les 
vapeurs qu'ils exhalent sont seules délétères, selon Van- 
Mons. On fait de leurs tiges et feuilles, vertes ou sèches, et 
de leur suc, un extrait fort utile et vanté dans la para- 
lysie et les dartres ^ contenant matière végéto-animale. H 



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TÉRÉBINTHACÉES. 289 

se prend à riiuérieur ; est moiiis dangereiuc que la plante 
fraîche. On en tire aussi une eau distillée 5 Dufrénoy, Traité 
des Maladies y 1788. Les feuilles se doivent cueillir avant 
la floraison. Les baies du rhus typhinum tiennent d'abord, 
^elon John , de l'acide gallique ; puis , en cnûrissânt , du 
tartrate acidulé de potasse 5 après êt^e cueillies , il s'y dé- 
veloppe de l'acide acétique. 

COPAL OCCIDENTAL DU SUMAC , Bkus copain 
iimuriyJu, Résine dure, transparente, jaunâtre, en masse; 
d'odeur assez faible. Se tire par incision. En Amérique 
septentrionale {P^oy, aux Guttifères , pag. 241 )• Sert pour 
les vernis ; est céphalique en fumigations. EÎst-ce la résine 
Caragné de l'arbre de la folie (où troublant l'esprit), selon 
Hermandez ? Cette résine contient , sur a5 parties , 24 de 
résine , un peu de matière végéto-animale , plus , des ma- 
tières étrangères , selon Pelletier. Le canarium^ commune 
fournit une résine qui Sert à brûler , à Amboine , pour 
éclairer. • 

VERNIS NOIR DU SUMAC, ilfe^*i>emz>,L., eiRh. 

iiicceâanea du Japon. Arbuste vénéneux , comme le toxi- 
bodendron. Ce vernis découle par incision , est blanc , mais 
noircit à l'air. Leurs graines donnent une huile ou suif vé- 
gétal pour faire des chandelles. 

2° C AMELEE , Cneorum tricoccum, , L. ^ d'Espagne. 
Arbuste acre , caustique , drastique , détersif puissant , mais 
dangereux. * .♦ 

BRÉSILLET BATARD , Comocladia dentata, L. Boî« 
d^un rouge noir , teignant comme celui du Brésil. Vient du 
înême pays. Aussi le ComocL illicifolia, teinr en brun bu*noir 
indélébile 5 leur ombre passe pour malsa4ne , comme celle 
des ^ylanthus giandulosa y Desfoiitaimes. 

L'écorce ie Uom,oclodia piibesceiiSy k la Jamaïque , est 
dWe âcreté qui enflamme la bouche , sert contife la paraly- 
m et les léthargies. * 

; B AUMIER DE LA MECQUE , Amyris opobdhamum , 
Porskahl, et IcBaumier de Giléad, Amyr^ giteadensia^ L,, 
jespèce voisine ; doùnent i^, par incision , le meilleur baume 
de la Mecque ou de Judée , qui est limpide , blanc , d'une 
odeur très-péjiétrante , suave ^ de citron et de romarin, téré- 
binthinacé^ de saveur acre, amère, astringente, qui surnage 
l'aau étant récent; est très-rarç; a® celui^^arébulliUou des 

19 ^ 



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rameaux et W5 Jeûîlle's dcj^^ est àyissi liuîleux, lîm» 

pîaé ; ô^ \k decocuoà, plus toftë. donne iîn paume plus épais. 




Tarbuste est le^CarpofyiUarnMin ^ £%%çsiamèaûi. le Xy lobai- 
êàmïïM (M «Riciiiél; ViéStt d'Aràbie^Hetirensé, Yémeù. On 
dbMfe Bo*f brài&è feuî^ as BïMd; la tïi-^béttihine AtiPinù» 
làmmh, t.^ dû miïa. rbj^^t aàl c3îii£êteï; f. 320. 

KESINE jÉtÉiP' Jr^ efemi^ri, jb;, Icîçàriba de 
WLarcgraye. Arbuste a'Amerîque menàibûale y i'où diécoiile 
par incisipn fcette résine ârôméîigpé jau d'odeur 

p^u agréable ji esV antiseptmue^ détei^ye^ fondante et calmante. 
J^ntre àa^s à^^ bnguens. On en tïreâussîùne autre d^ Arabie et 
d'Ethiopie, a^rbres peu connus, roj^. (jardfnê ëlémî,p. 217. 

BOIS DE RHODE^ DELA JÀMÀltjUE, AmyrUbd' 
sflmifera , fj. Brûle,ayec une odeur de roses-, sert en fumiga* 
lions c^baliiquçs. On en peut tireç par la ^s,tillatiôn îine 
hnile o<^raiite*.Bon bois rojigeatre^ïe coriçtrACtjon. \JAmy* 
ris toxifeia passe pour yéijénéux. Le svx de VAmyrisguia' 
jiensis J Aublet , est résineux et sert en vèrniS. 

ENCENS, OUBAN, Amjris lafid de Forskahl. Arbre 
i^^x^ pxacteiiQLent^ecrit et. connu , qui n'est pas le genévrier 
Jumperus tJmriJera ou la rausse sandaVaque , éomme l'a on 



? 
cru 




turéïlp,^ep îarai^és j^ encens niâte o\ï ferfietle, ii[iânne d'en- 
èns, etc. )v.,On l'attriÈue dans l'înâë'oVienfâlè ati BosweUia 



çens^ ^tc/)v..L 
serraiac& Kbibu 



6urg C^o;^^'z Éulîeèiii lue pJiàrrnàcie^ i8i3, 

£• 543 )• AE |)r e de la lâmiué des térémîitÏL^c'éèi^ keïon Cole-^ 
r'o^j^ et Jffemïnç, Asiat, resèdrcn., tô^e IX et tome XI, 
p/iS§/L^IiÈan est enfploy^ aaiis Tes teiiipïes, jadis et au- 
jourd'hui^, (Comme parfont et en fdmiffalûonf^ , polii" jpurifief 
mi MKSfltaaâè Ifô àhci*ks ^acrlilcel fet èkns les grandes 
tf^e&bWèS. Rfôin^filàicKâftré, eoMrêtë, Êrfiiietise an-dehori^ 
aé ^iVei'^'Uil tf bu àcrè 5 lîefil è&ftmib ^ et J>Ttti dé l^é^ne , selon 
PèMief K BhrcStihdt. CèVte gBmiâè, devî^ht féSiiiîforme par 

fecrtiui mSdkës tHagës: L'éncem dé Mékà où âes Indes est 
jrouçe&tire , le plus amer, sialogo^i^. L'oUban est astriuj^enlt 



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11ÈïlÉfeWtrHÀCÉE5> igt 

)tetts t^s'fitii:, et céphalîque; s'ap{)liqàe sur ïe$ dents cariées* 
Oûlèfalsffié ayèc le mastic. "Le gàli^^ùi est vaiffroaéncenM indi- 
gène , résine de pin. 

DÛPApA, eimetiè de Vlnde nské j|3ar lès lùdous dans 
îëthca temples, en le br&lant. Vient du Chloroafylon dapada. 
iSé BudbaAàn. Jàurriey ftom ÈùThhcuy , tome 2 , p. 44* 

ÉtIlRÎÏft, Vient d'ùït ArkyHk,sÀ(fà FôrskaM, voisin dé 
son !krnyr. %aù^. ^ ^ ^ dîrefsé^ o^tfÎQé^ sur Tarbuste qiA 
la produit. Êrucé f P^oyà^.^byss. ', iofne /^, jSff. iet 5) vedt 
QÙe'4e's6it ùneàéacie^ SàèsagutninUkra, (Jui est etoineùse; il est 
yràï cmè cette résîne est souveiit meïéé à )a çomnie arabique, 
et l*oç y rencontre dès feiilïlès d'acacîe. Lônreiro, jP/or. Cf>- 
cjuh, * ioTTie /| p.^ 3o9 , l'attribue à io'n Laurùs. nwrrha , à 
Truîts nûiléui/aé l^riàé, mais à tort. P^ojyek aussi J. Stackhou- 
se's /extracts from modem authors 'réspectîng tlie BalsarÀ 
ÏM M^rtft trees. icHk., i8k5. 8^). Li làyrrhe est de couleur 
lii*irfiâtré, ftrrugirfensèj à grains brillàns , gàmn^résineusè, 
fecre, àni^ré, âroinatS<^e, fi^able. Est attémiâiite , incisive, 
âtitis€'(>tî^è , toùiquè , maturaftîve , usitée contre les vers, et 
ilïssi ctettiéùk^ogue. Là m^rriie Équide, oti Stacte^ parak 
s'extraire par décoction du même j£^yr*w, qui croît en 
AbysiïAÎe , et dont là çonime-riésiàe s'amasse eix tWmetirs sous 
l*éi«>rc^* ta myrrhe tient gomme et résiné , une matière ani- 
idsdisée; èUe dorine «a^otè et ammoniàlque) a^it aux oxydes 
ttrétàlliqués ^ et décom|K>se ies dissolutions métalliques. Elle 
ttem^^cN^ntiSme^ d^résinfe amère,et66de jomihe ordinaire^ 

îit)ÊML.ny»i , èîirtc tk myrrhe , où Myrrha ihtperfectây 
Ô?efe;^armS(^yK^tes; Vieftt d'iAi jtrkyfw , L. , non décrit, 
épineux ( le Niouttoutt d' Adanson ) , arbre très-analogue à 
cèlm ^de la invi-Ae , «cton Fbi^kahl ( M(it.med. Arahuniy 
^^^ 49 ) "^ ïhevet. Le palmier d'où !K.empfer a dit qu'on 
retirait de <5ette gomme- résine (^mée/z. ejc»^., p. 668), ne 
pafr«ft îpiftj 4a prôdtïire. Elite est de deuk sortes : 1° l'Opoca/- 
pcLsum des anciens, tenace cè>Bikie de la'cire,de couleur fer- 
^gincînse, i^otM^t la luyrçl^e^^ amer^ aromatique, se tire 
d'Arabie ot dé Perse; a® fe ^d^Z^/nnçiratre, plus résineux, 
«ec, friable, jengraifts^.de. paveur et à'odjçur semblables au 
précédettt^.qiii.est :préféraWe. Gelui-ci vieçt iJ'Afrîquç, de 
Guinée. Substances très -résolutives, dîscu^ives,, sudori- 
fi^es, em];néuagogues') .çex^Vinfs; usitées dans les emplâtres 
*^7puqTÏes. Tient», s^elpii Pelletier , résine Sg , gomme 9, bajsj- 
*ori(ie 3o , built volatile, une petite quiucftité. 

19. 



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igs TERÉraNTHACÉES. 

RÉSINE C ANC AME, vient d'Arabie et d'Ethiopie, prcv- 
bablement d'une espèce i^Amyria^ peu connu, selon Spren- 
gel , analogue à la résine élémi. 

i BAUME ACOUCHI , Icica Acuchini, d'AuMet 5 AmyrU 
Acuchini^ Wildenow. Arbre de Cayenne, qui distille une ' 
térébentliine odorante, vulnéraire, nervine,, L'arbre d'en- 
. cens, ou eoumîer, de Cayenne, IcicaJieptaphyUay Aublet, 
donne également une résine fluide , d'odeur de citron , de 
même propriété. JJArouarou desGalibis esxVAmjris ambrxh 
siaca de Wildenow ; la résine du coumier en vient : elle est 
très-suave , et se hrule en place d'encens ; se donne contre la 
dysenterie, dans du vin"; sert en fumigations, et dans les 
diarrhées clironiques muqueuses , en Angleterre , à I» dose 
d'un gros. Les autres iciquiers, /c£ca d'Aublet , produisent 
des térébenthines aussi. 

BAUME HOUMIRI, Houmiria^kuhïet-, Myrodenimm 
ffoumiri, Lamarck. Arbre de Guiane , à bois rouge, d'où 
découle une résine rouge, balsamique, comme le styrax j 
transparente 5 a les qualités des précédentes .Cet arbre appar- 
tient peut-être à une autre famille. Son écorce résineuse sert 
de torche ou flambeau. 

TODDALIE. Ecorce épaisse d'un brun rougeâtre , re- 
couverte d'un épiderme brun ou fauve; saveur amère, aro- 
maticpie faiblement ; l'écorce intérieure , formant le liber , 
est singulièrement amère , piquante , poivrée. Employée 
■contre les fièvres intermittentes. Arbuste des îles d'Afrique 
et du continent d'Asie méridionale , Toddalia aaiatica , 
Juss. , Paidlinia aaiaticaj L. , Scopolia àisiatica ^ Smith et 
Willdenow. 

MOLLE j ou Poivrier d'Amérique , Schinua molle ^ L. 
Donne une résine blanche , qui sent comme le poivre et le 
fenouil*; purgative , détersive, astringente, ainsi que son bois. 
Ses fruits aigres et doux peuvent fermenter en boisson vi- 
neuse. Au Pérou. Arbuste dioïque. 

PISTACHIER , Piatacia vera -, L. Dioïque comme le 
précédent. Originaire de Perse. A pour fruit une amande 
oléagineuse , verte , de saveur agréable , tempérante, pl«* 
adoucissante qae les amandes douces , ainsi que l'huile àt 
■pistache, qui est verte. Convient en émnlsion dans la stran- 
gurie , la phthisie , les catarrhes acres. Arbre transporté de 
Syrie en Europe par l'empereur Vitellius. 

• • ■• , • • _ .•■■->'■ ^ 



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TÉRÉBINTHACÉES. mg^ 

TEREBINTHE , Pistdcîa ^erebinthu9 , L. Originaire de 
Chio; il en découle par incision une térébenthine fine, d'une 
odeur plus pénétrartle et plus suave que celle du sapin ; elle 
est vulnéraire , antiseptique , diurétique, astringente; les 
fruits de Parbre sont styptiques ; on les marine pour les 
manger. L'écorce résineuse est substituée à celle de Pencens 
ou Narcaphte , pour fumigations. 

MASTIC du Pistctchia Lentiscus , L. Dans l'île de Chjo. 
Le Lentisque distille pyr une incision cçtte résine jaunâtréT"^ 
transparente, concrète, en larmes, qui rend Phafeine agréa* 
ble étant mâchée. Cette résiné tient de l'acide acétique libre , 
selon Bouillon-Lagrange. Kst astringente , détersive , toni- 
que ; entre en plusieurs emplâtres. On tire des amandes de 
l'arbre Une huile douce pq^r la table. Le Piâtacia atlantica^ 
Desfontaines , qui croît en Barbarie , donne une résine sem-» 
blable au mastic. Fruit acidulé. Le pistacia chia , L. , donne 
également du mastic , selon Duhamel. 

RÉSINE CHIBOU , du Buraera gummifera , L. Arbre 
d'Amérique équinoxiale , le gommier à cochon de Saint- 
Domingue. Cette résine transparente , jaui^ , est un excel- 
lent vulnéraire ; glutineuse , se dessèche k l'air ^ d'odeur aro- 
matique de térébenthine. L'écorce de l'arbre a les vertus du 
simarouba ( Magnoliacées , p. 262 ). Le gomart d'Orient est 
le Bots DE COLOPHANE^ dounc aussi une résine tonique ^ 
styptique. Bura. orientalia , Lamarok. 

' RÉSINE CARAGNE , vient , dit-on , du Bursera gunh- 
mifhra^ selon quelques auteurs (.Jacquin , A merle, , tah. 65; 
Catesby , Carolin: , tome i , fig. 3o ) , ou de VJE^ineiiaça- 
ranifera, de Mutis 5 de l'Amérique méridionale. C'est une 
masse résineuse d'un vert brun, donnant, parla chaleur, une 
odeur suave. Est vantée comme antirhumatistnale et arthri- 
tique en ftunigations ( F'oyez ci-devant, p. i5o et 289 ). 

BAUME DETOLU, Toluifera balaamum.Li. , Her- 
nandez , Mexic, , p. 53, icon. , ou Baume A Cartha- 
GÈNE , sec ; résine d'un blond roussâtre , d'un goût agréable, 
douceâfre , puis amer , chargée d'acide benzoïqûe ; consis- 
tance glutineuse, mollasse. Se prend dans la phthisie et pour 
les ulcères internes , antiarthritique , nervine. S'apporte dans 
des coques, D'Amérique équinoxiale. Son odeur absorbe par- 
faitement celle du camphre dans les compositions médica- 
menteuses. Ce taunae est composé de résine , d'huile vola- 
tile et d'acide benzoïqûe. 



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MYBX>BAL4î^ jjlOKÇ^N , prunç du 4^^«»/sr il^Kro- 
halanus , L. Ç^upci acerl^.ç , acidulé , lai^a,ti£ 5 r^jPfiiia^m , 
arbire de Vln^e > est une esjMeçe anajogue. O^ 4i^ ^F^?^"^ 
ipandé despa fiL;uit, iîiai;igéç , rend iiubéci^e j 0^ assfiiso^^, 
ie riz avec sa pu^ aigrelette ; iVl^.^e doç^çe çaç rç$inç 
<(/^<K^.leswtres9iyrot)ialans^p. iÇi, i65et3op).yieiî.t4'AD4". 
rique équinoxiale. Le sponjiflas monhin sert d'ali,!^^ , ain^ 
qjie k spondiasçit]ysreay d'Otahiti ; rhéyy: , à jfru^ts agrçj^^lps. 

RESIISE D'AMERA , mal à Mppos nommée gomm& 
Elle découle naturellement des arBres VDLOJai)mj$ '^ ^pQndÎM 
amara , Lamarck , arbre du Malabar et d'autres çojt^tréW 
des Indes, VAmhalam^ de Van Rhàcde, Jl^rL MaJah^, t. i, 
p.89,fig. 5o« Résine d'un jaune «^roussâtre, un peu amèife^u^it^^i 
en âimlgatrons toniques. Les arbf^ monbins , oiu ^pondi^^ « 
dont plusieurs fournissent des fruits iagréàbl^ comme Iç^ 
prunes , laissent suinter aussi de leuir écorce une resi^^ 
analogue. 

S^BRUeÉE ANTIDYSEHTÊI\IQUE, Bmcea anii- 
dyseriterica j MiUer et Lhéritier. Soitè d£ fapxaFigu^iurà^ 
çuÎTant quelques auteurs. Ecprce épaisse , càésntB gceaue, 
cendrée , épidenme cendre , jjaunàtre, i poiats Uànics etru' 
bîginéuxy de" saveur amère et tenaç^, Lamarcik , Méin^ 
^ad.sc.y i'784-^PP^^^ parBrwîç. Arbuste d'Abyasâiie^ dont 
la seconde écorce iftfusée dans du petit-lait , ou les feuîlk» 
aussi pulvérisées , guérissent sans douleur et sansmconvénieni 
la dysenterie ., Ijiesfljux, selon Biruce. /^p^. Vadditipn, p. 324^ 

BELA*AYE, Mauduyt, Mém. soc.de médecine ^t. 3, 
p. 369 , d'après les observations deSonnerat, est i^^ écorœ 
d'atbûste dioïque , à fleurs maies , ayant cinq ét^rmines; à 
feuilles alternes trifoliées ; son écorce irès-^mïère , s'infuse 
dans une liqueur fermentée produite par le suc de cannes. 
Est amère comme le simarouba , ser^ comme puissant an-< 
4idysentériq^e. Pourrait ^re une b^ruçç^i. t[ne auiye espèce , 
Mrucea pdikicuiata , Stmeattpaa^n , vi^nt d^ç Sierra Leone , 
eomme la Br. fçrruginea^ 

40 POIVRIER DU JAPOîî , Faudra piperita /L. Ar. 
buste dont les fruits , de la grosseur a^un pois , Péeoi:«eet les 
feuilles, sont poivrés, aromatiques j assaissonnent les ali" 
mens en place de' gingembrç et poivrp. jjefasara fpuianen" 
sis , Lamarck , ou cacatin , sert aussi dé pôivi?e,'Én Amé- 
rique équinoxiale. Aussi, le Macqueria de 4^e*fiourbon > 
bois de poivrier* 



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RESINE TAÇAMAHÀCA , du Fagara octandra , h!, 
de Ltiiraçap et du i^exjque , est la vraie taeamaque , rare ; 
vient dans 4es caïebàsses : 'e'^f y'erââtre ", À^Ufîss^ , ^^ mor- 
ceaux , d'une qdeui: aelâvande , d'une saveur acre : céplja- 
li^ue , ct^i^de^ nejryii^e , utérine à re^^érieur, maturatiy^, 

îres 
la tacamaqujç ja^jne , y. 3 î 3. j 

faire I4 Lierç. Fftfl\Pf ? ânjèr^ ^ 

GLAYAJLIER-M^tSSKB , ^B^^;ijr&w cfcw 4ferw- 
lia , L. ArW« à bûû jaune , fettiWfts. sj^dorifiqucis a ^iwéu^ 
ques puiasanj&. Grok au Gsoiada. tft zanÈ0?f^lxm\frjijimtifium-> 
^ une écorce qui excite la saUvaûom et ijTJrÎA? kis glaftîe^§^- 
livaires 5 pulvéïssae , f Ue est u\ilç aui: fe§ ftWèçe^ dç wavi- 
vjûs caractère; çst peu^-ètreVéçQC^e, diteTçç^aiEz.Ji'Àmf- 
rique. Les Is^j^ o§( une s^^veux poiyjrée , uès-wvje w pdioçi- 
ta^ie. Le -^. capt^if^, , L. , (^qm J'éc^jçce t^t q;^ jayne , 
est u^ excejlent fébrifiiçe \ Saint-Domingue. 

RACINE DE JEAN LQ^ÈZ * ZanÙio^ylum ? Bois ou 
racine d'un veçet^l^jei^ cpjiinu , en fragmens'dë & a 9 pouces, 
quelquefois gros comme lé po^et 5' de texture poreifse , plus 
dure au centre ; de couleur dî? ps^Uè 3 écorce 'li«se,s^Kie, 
avec un épiderp^iç; §ppngi^]|p , ^^uj}ç^^v<^yr. ^it^^^y Mcj^rié- 
tés ioni<jues , ^n^idmçj^ ^^ft^t-:Ç,Ç pa^ «n (gu^sm, ou 

un morud? Voy. à ra^^^uçjm ' f* ^^.^'r , •- • - 

5; GAR4^»qp[.iE^ , 4w^^ mml^h\ h %^^^ 




acîdci ,Xi* , de même, o'envoîe quelquefois cônBt en Éiirop^. 

BOIS ^jpmçTTE,, Wiffm'V'm*if¥'B > ^^^^ ^^^ 

feuilles oujÇ une ^ççrll^l^ odeuj dç RÇ(y^<f # ^^W^^'^ ' W" 
lées dans k? li^Çujçjij^ djç^ p^^S^oi^ ^^ ^.W VS^ÇWf^ r ^^'^ 
laxatif e| iéïitifiûigç '^^ kf^xSi^^çf. ^x }^^§^ ?ff*?^'ï^% 

NOYER , Ju^lanx repa , L. Origiu^iî ^^JPer^^. A plur 
«eurs variétés de. noix. La roisac^e a^ à çoq»iç^ tcn^icp , J^ 
noix de fauge ou grosse noix,, fe npix durei , eRcLe cçxnfi<au 
rafrakhit , est indigeste j la noix sècke e§JL 4Ç€Ç* { ^^ «fflfe 
contient de l'acide gallique ; on en tire sans feii u;» huilé 
douce , prppre à la ^le 5 celle extraite a l'aide ^e la <^a- 
feur,est veifrmifuge et siccative, "bonne î bxTxTér, à vernisser;' 

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296 FRANGULACÉES. 

On fait du nouga de noix, on la confit ; onorép^ire un taiâfia de 
son brou , qui s$Tl aussi à teindre. Les feuilles sont très-dér 
tersives, diapliorétiques, antiarthritiques, antîsyphilitiques.La 
sève de Parbre contient du sucre cristallisable , selon Banon, 
Plusieurs noj^rs d'Amérique se^ëntrionale ont des qualités 
analogue^. L'écorce du jugl, cinerea et ^on extrait purgent, 
sont anthelmimbiques et très-odorans. L'écorce est vésir 
cante sur les morsures de serpens. La seconde écorce du 
noyer et ses chatons font vomir. La substance fongueuse qu 
les cloisons qui séparent les lobes de Pamânde, pulvérisée 
et donnée dans du vin, arrêtent les dysenteries qui ré^stent 
à tout autre moyen. La noix à été vantée en tout temps 
comme amivénéneuse. Son brou contient, outre un principe 
colorant noir, analogue à celui des sumachs et du toxicodenr 
dron , de l'amidon, des phosphate, malate et oxalate de 
chaux, de l'acide citrique, de la potasse, de la ^matière 
verte et du tanniii 5 jitin. chim. , 18 10 ^^uin, p. 3o3. : 

LXXXIX, i^iL^iVGZyL^Cjéfis. Arbustes, i* ? 
étamines atitr^les pétales, fruits en capsules; a* éta- 
mined entre les pétales, fruits en baie ou drupe^ 
5** étamines opposées -aux pétales, fruits en drupe;. 
.Végétaux à wc vert, purgatif, nauséea:! ou vqmitif. 

i^ S?rAPHYLÏN, IfEZ COUPÉ, Staphjha tri/oliaX^ 
On croit que ses noyaux ont les propriétés de la pistache. 
Arbuste nauséeux. Vient de Virginie. 

FUSAIN 5,jEpo/ïymM« europœué yX'. , et E. verrucosus, L. 




tique. 

2** APALACHINE, Cassine Teragua.Tj., ou Thé dçs 
Apâlaches, Ilex vomitoria^ Aiton et Willd. tes Sauvages 
des monts Apâlaches en Amérique, boivent Pmfiision dp 
ses feuilles grillées , pour s'énîvrer et ^e donneir du cotirage 
en guerre. Se prend en thé par les Européens; est un diu- 
rétique très-actif contre la pierre et la goutte. Si Pon en 
prend trop , il fait vomir; il purge aussi par bas ; diminue la 
faim. Diaphorétiqûe utile dans la variole;^ Vient aussi des 
Florides. 

HOUX, 7&j(? aquifotiîim , L. , Ses' baies , son écorce, ses 



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FRANGULACEES. 597 

racines sont émoHientes et résolutives en application , pur-* 
gent et sont acres intérieurement. Ses baies torréfiées rem- 
placeîit le café. La meilleure glu se fait avec Técorce pu- 
tréfiée et pilée de cet arbuste ^ est une sorte de caout-Kîhouc , 
mollasse, verte , soluble dans les huiles et Palcôhol, a l'odeur 
et la saveur d'une térébenthine. Appliquée , est très-résphi-i; 
tive , maturative.' 

3^ NERPRUN PURGATIF , JRJuimms 
Arbuste souvcfht dioïque, baies d'une odeur 
meuT douceâtre et un, peu âpre ; teignent ] 
et les semences , ^mères , la teignent en jaui 
trésfçurgdtives ; on en fait un sirop fondai 
sobstruànt , utile daps les empâtemens , la g 
pisie , selcfn Sydenham. Le suc de Nerprui 
Vogel 5 un principe colorant-, de l'acide ac 
lage , du sucre et une matière azotée ou le femjiënt. Lé 
priacipe colorant verdit par les substances alcalines ( ^i/Z^ef. 
pharmac. y tome 4)« Le suc épaissi de ses baies est le vert-»- 
de-vessie àjes peîpti^eç 5 son écorce içint çn jaune. Le Neeprum 
DES Teinturiers , Bhamuus infectorma^ L. , purgatif > est 
analogue au précédent 5 ses baies pulvérisées avant leur 
maturité , et alcalisées , sont la graine d'Avignon , qui donne 
une couleur jaune , le stil-de -grain , comme toutes les baieji 
4es autres rhamnns qui donnen,t aussi du vert. 

NERPRUN DE CHINE , Bhamnm tfieèzansy L. Ses 
fieuille^ rf mplaeent le thé et s'y mêlent, n^ais le rendent nau- 
séeux. Ou u§e au^si.des feuilles du Prinos glaber^ L. , de la 
même manière, et se noranie aussi fhé des Apalaches. Le pri-- 
nos yerticillatus à une écorce amère , fébrifuge aux Etats- 
Unis 'y peut «'acclimater en Francei 

BOURDAINE , JfîAa7W7z. franguïa^ L. Ses baies nAi 
mûre;^ donnent du vert-de-vessie ; mûres , se mangent et 
^nt peu purgatives. Son charbon léger sert pour la poudre À 
canon 5 soxi écorce teint en jaune , est amère , émétique , 
déier§iye , apéritive. Celle des racines est un^violeut purgatif 
qui cause des coliques. Aussi , le rlianinus saxatUis , L. 

ALATERNE , Rkam. alaternusj L. Arbrisseau' toujours 
vert , doni^ un vert-de-vessie j laxatif. « , . 

JUJUBIER, Rhnmnusy L. ^ Zizyphus officlnalis , La- 
marck. Croît dans lé midi de la Fi'ancé. Les jujubes sont 
nooirissantçi , hàeSi , mucilagineu^s , pectorale^ , adoii- 



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%g8 EUPHORBES ou TITHYMALOIDES. 

cissent la toux, les ardeurs des rçins et de la vessie 5 laxa- 
tives à haute dose* 

JUJUBIER DÉS UOTOPHAGESj Zi^yphu^ Lofas, 
L. Dcsfontaîues , u^c se* 1788. Fruits roussâtres , dégoût 
agréable* Les Lotophages d^HEomère ( Odyssée , Bv. 9 ) 
étaient surtout de la petite Syrte et dç Tile de perbi,«m: 
les côtes de Barbarie. On fait du vin de .ces jujubes par U 
fermentation dans Peau. %je Jujubier cotonneux , Bhamm 
Jujubay L. , a des fruits stypticpies. Des fourmis ^pnt , dit-on, 
une gommeJacque cornupine si4r ses branches , dans l^s Indes 
orientales; aussi, sur des ficus ^ des croion , des miinosa* Le 
Jujubier narcotique, Rh» ^sopQrifery L, En. Chine. La 
dccoctioi^ de ses fruits est anodine, ^rès-sopori^que , usitée. 

PALIURE, ARGALOU, BJmmfius Palmrus^ \. Ses 
semences sont diurétiques, ses feuilles et sa raci^e astrin- 
gentes, détersives ; ses frqi^ incisifs. 

CEANOTHE, Ceanothua ameriçanus , L. Arbrisseau à 
écorce antisyphilitique , est spécifique contre les blennor- 
rhées. L'écorce du, Ceanothus cœrulea^ L., du Mexicpe est 
un bon fiébrifuge : arbuste qu'on peut acclimater en France , 
comme le précédent. La première espèce donne le thé de la 
nouvelle Jersey, ta décoction des rameaux du CelaatruM 
majtenuè , du Chili , dissipe les enflures causées par les 
vapeurs d'un rhua. L'écîorce et les baies dii cèlaatruê scan" 
den^ ^op,t des vcaAitifs ppi;ic les sauvages du Canada. 

le. EUPHORBES on TITHYMALOÏDES. 

Fleurs monoïques oh dioïques , rareni€;nt herma- 
phrodites , point de pétales. Végétaux §^puve;çiY lâctes- 
cens d^une qualité caustique ou nau$éeu3e^ PJ^ï'gÇ^tîv^*^ 
# deux ou troi^ styles j 2** ua styk. 

1 ° MERCURIALE , MercuriaJisperennis , L. y et annua, 
L, Plantes mâles et femelles, ou dioïques; détersiv.es, nau- 
séeuses 5 purgent et relâçbent ; résolutives ; fout couler les 
règles. Celle qu'on nomme Vulgairement mâle, portant la 
graine, est la femelle. 

EUPHORBE 5 suc çonci^et des Euphorbia antiquorum^.^ 
ei^uph. officinarunij L. Selon Bracoimot, tient: fm.Uy 5 ; cire, 
19; ligneux,.! 3; malates de cbaux, aoj de potasse , a ; résine, 
37- On en tire aussi T^w/iAé Canariensis , L. Le suc dé celui- 
éi est mâme le plus fort et le plus i^ité, comiue o01ciaal$ il tieiu^ 



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!; 



ciï», ig^|xé$ii^ç , 3(7 , l^gniçux, 1 3,$. PianteiS l^o|^e8c;!ei],tes , à tige 
ligflçï^ e^ çpj^çuse 5 àç l'Iadç et â.e V^^friqûe , dans les^ 
liÇHî ari^%- î^ ^9 ^^ jauijiajtr^, iuodoiie, en lannes^ friable,' 
d'uye sapeur extré^en^ent caïusticpie et brâlante, se dissol- 
yant riùs dans Pean que dans Palcohol 5 dn^tique très-vio^ 
fei^t, dangereux hy dragojgae 5 il superpurge et enjSamme l'es- 
ïoi^ac, ^û n*esi très-inas.qùé par des adoucissans; sternu- 
tiatoire actif et même funeste. II résout, déterge et atténue 
puissamment dans ses applications à l'extérieur. Utile dansr 
Itjr^QÇÎfiç. , Vfipopl^iliç 5 lejs ac^s ^p. ^m\p,nejïi Fairt^n. 

^Ppie', çs^ im 4b^ fim <M¥c^V\î pçMpns , ca^O^ la lî^iort k^ 
tOQ3 les étt^^ qiii e^i «lapgppjt , et k ççjux qij^ bïft^«îj?t l^f. 
*è€ii/ç§ empçwkPioftCïçg 4e «îon suç, (^^^^quiç^ 9^IWx ^.^ 4?^ 
infijççtes viveftt çej^eç^an^ de U svbs^W^e dçs ç^ph^orbes ofl^ 
çjqaiçjSi. Oçi ^ujtivç à la CpchiQc^ine pn^e ev\p|)orl^ (mS^^r. 
Çente et épinew^e pmi;; la i^Aï^gev en Ug^^^^j, JEi^p^iiq 

EUPHORBES ANTIVÉKÉRI^NISES, Bujéorhia Ti- 
Tuccdli^ ÏL. , des Ind^s orientales. 8a t!£;e ést'lignc^use, eM- 
lée , sans épines. Cruérit très-bieu Tatifectipu vénérienne % 
est aussi pui%ative et vomitive : son sue aveugle dans leS 
yeux. UEuph. canescm&'y L. , herbe annueUe d'Espjpiçnê, 
Remploie encore comme annsyphilitimje , amsî q^e l*jEwjt>A. 
pilul^ra , L. , ou à fleurs en tête , qui croit au Brésil ctVen 
Asie, et sert également contre la morsure des serpens. Là 
Cacalla anteuphorbium , L. , est , dit-on , le contre-poison 
des euphor^^s, çgçL.^friquf. J^ovez p- iQQ. L'-^fj?^^ Çjf /le- 

postules s\ir l^i p^a^. 

ÉPURGE, ou Catapuce , Eupharbïa Latkyris^ É, 
Douze à quatorze de ses graines purgent Vi^e!mnpLent par 
haut et jpat bas dans l'hjdropisie ; s'emploient pour les bes- 
tiaux. Sa décoction est dépilatoire. Son lait ronge les ver- 
rues , SCS feuilles enivrent lés poiasons. TuMapifi. porlula" 
coïdesy le trihuldides j agissent comme çi^gatife/ et /en 
quelques cas, comme sudorjfiques. ■ ' 

RÉVEILLE -MATIÏÎf, EiJtph. helioscopia.h.^ainsicj^e 
le Réveii,i.e-matin des yigves y Eupin'.^ peplia J Lé ^hût-- 
g^tifs. lL.eur kit est acre et salé. Si Vo^ en touc}^ ^* pan-, 
piires , il y cause des démangeaisons ei m^c eiflore ' œiî 
«mpéc|i£At de dormir* . • - \ 



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3oo EUPHORBES ou tiTHYMALOIDES. , 

ESTJtËS, E^ph. JSsula, L. , et JSuph. piihjusa^ L. 
A lait très-purgatif par bas , et voQiitîf : les acides le corri- 
gent. On en fait un onguent contre la gale et la teigne. . 

FAUX IPÉCACUANHA, JSuph. Ipecacuanha, L., 
d'Amérique boréale. Sa racine fait vomir avec eflrort;se 
mêle aux ipécacuanhas vrais ; est blanche , lisse- Aussi , les, 
JEuphorbia tirucalli^ L^^ au Malabar ; mais cette espèce 
est dangereuse. 

TITHYMALES, la Monnoyère, Euph. chamœsyce^ L.; 
le MucRONÉ , Euph* fahata , L. ; FAuriculé , Euph. pe^ 
plis , L.; le Verruqueux , E. perrucoâajlt. ; le Maritime, 
E.paraliajs^ L. ; le Mâle , E^scltaracias^ L. , et la Femelle, 
E. myrsinites, L., qui purgent violemment; celui à feuilles 
de cyprès , E. cyparissias , L. , qui remplace la scammonée 
et empoisonne les brebis; tient, selon Johti, eau 77, résine i4, 
gomme 3 5 extractif 3 , albumine i, caout-chouc -5 , et lin peu 
d'huile grasse en son lait ; celui des champs , à larges feuilles^ 
Euph. platjphyllosj L., qui enivre les poissons (de *nême que 
VEuph. piacatoriaj L. , des Canaries); enfin le tîthjmalQ 
des marais, E.palmtris,L, , et rJB. amygdaloïdes , L. , sont, 
comme plusieurs autres encore, usités en divers lieux d'Eu- 
rope pour purger, faire vomir, surtout les racines des Euph» 
esula ou gerardiana y E. sUpaticajE.pithyusa^ E. helios' 
copia , etc. , selon M. Lpiseleur des Lpngschamps , et pour 
composer des onguens détersifs , des rubéfiais à la - peau , 
ronger des excroissances, etc. 

MYROBALAN EMBLIC, Pkyllanthus^ EmhKca , U 
Fruit purgatif, acidulé , brun , un peu austère , de U formé 
d'uïie prune hexagone, qui vient d'un, arbre dioïque da 
Malabar et de Chine , dont les fleurs sont attachées aux 
feuilles ( F'oy. aux Terminalia^ p. 161, 1 65 et 294, les autres 
my robalans). Sa racine astringente sert à tanner , précipite 
le fer en noir. Ses fruits se xonfiseat , excitent l'appétit 
Le Niruri, PhylL niruri , L., et le Phy liante . uriaaire , 
Ph, urinaria , JL. , arbres de l'Inde orientale , .célèbres par 
leur vertu fébrifuge et diurétique, en décoction; sont aus«i 
astringens , utiles dans la d/sentërie, les convulsions des 
enfans , l'aménorrhée. ♦ 

BUIS , Buxus s^mpervirens , L. Son bois est sudorîfiquc 
comme le^ayac , dans là syphilis. L'huile empyretunatique 
du buis est narcotique, utile, dit-p», dans.l'épjlepsie,' 1^ 



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EUPHORBES ou TITHYSiALOIDES. 3oi 

.«vàl d.e dents, les vers. Se^ feuilles pilrgent; en décoction; 
elles rejmplacent imparfaitement le houblon dans la bière. 
La racine oxiàbroiÊsain sert aux tourneurs. 

RICIN, PALME-DE-CHRIST, Riùinua communU, L. 
. Annuel en Europe , vivace et grand en Afrique , sa patrie. 
Ses semences, en forme de fèves, brunes mouchetées de 
noir , sont huileuses ; donnent par expression une huile 
purgative , vermifuge , détersive , bonne à brûler. EHIes 
.pui;gent. avec violence , par leur germe {corculum ) , qui f 
étant enlevé, laisse le périsperme huileux sans danger ; ainsi 
rhuile obtenue . par. décoction est acre et purgative; et 
.celle tirée par expression des sem0nces sans embryon , 
est douce (Jùssieu). Le Ricin d^ Amérique est une v^iriété 
qui croît jusqu^à 20 pieds de haut; son huile détruit les 
insectes, quand elle est faite par expression et parla cha- 
leur. Cette huile, douce, soluble dans Palcohol et dans Pé- 
ther , est usitéç dans la, colique néphrétique , celle de Poitou 
et la dysenterie , évacue le méconium des enfans. .On adoucit 
rhuile acre par utie ébullition sur l'eau. Le Ricinua medi- 
eus, L., a sept lobes, donne une bonne huile purgative par 
ses semences en Orient : Peau qui reste dans cette huile purifiée 
la fait rancir. Elle dissout bien le copal et le caout-chouc , 
ïnais forme des vernis trop gras ; se saponifie aisément. 

GRAJNES DE TILLY ou DES MOLUQUES, Croion 
iigliunu , L. Très-hydragogues , vomitives , plus acres que 
le ricin., ainsi que leur huile par expression , qui , en Uni- 
ment siir le nombril , purge et tue les vers. On corrige ces 
graines par les acides , ou la torréfaction , ou les huiles. Le 
bois léger de cet arbuste, nommé pavane /)oml de proprié- 
tés amères , émétiques, moindres ; est un puissant sudorifique, 
à petite dose. Vient des Indes orientales. La Ndix de Bancoul, 
le Bancoulier ^ Aleurites trilobata ^ L. ( Gmelin , et jB/icj)/'c. 
pi. 791 ); Croton moluccanum,!^» Se mange, écorcée 5 donne 
une huile concrète dont on fait des chandelles , ainsi que 
des semences du CrQtori sebifirum^ L. , StilUngia de Wild. 
Arbre a suif, de Chine , cultivé daiis nos colonies eç 
en Europe méridionale. On vante aux Etats-Unis la StUr- 
lingiasyli^cUica comme antisyphilitique , selon Smith Barton. 

CASCARILLE, Quinquina aromatique, Ecorce élbu- 
THKRiENNE, Croton Cascarillu , L.,^ et Çlutia eluteriak, L. 
Arbre des ^milles ^ à o4eur suave, surtQUt étant bi^lé» Sou 
^orce , apportée du Paraguay , est roulée en peUts tuyaux | 



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Soa feUttîÔ^èfeS ou tlTHYMÀtÔïMl 

odor^iàte, aiiieré, grîrâti^e àii dehors^ feVWrgîneàsé Àtiàèdiiiii; 
très-féïrrifii^ , arrête lé vô«dssemtriit , lei dysSènVéH^', h. 
ménorrhagie. Là cascatilîe liéht tiiucilà^e, j^ticîpe itAièr , 
résine, hoite volatile, selon Trômihsdo'rf, et de Totaîàte 
acide de chaus. Donne phis dfe résme que les qSinqiiiVms, a^t 
& moindre dose ; aromatisée, le tfe'bac^ mais enivre 5 fonmii efa 
teintufe un irès-bèati noir. Le fetït baome de la Martiniqoe, 
Croion balsâmfferuth ', L. , ârotfiaiise tes H^eiirs des iie^ , 
^tant distiiîé, ôiïisi que tes crwfcfls h fietriltefe d^origan, de peu- 
jpliër et d« ûoiiettleir. * 

Lé 'Cmhh tAàrfyt; flàipEi^d , JJ^p. gén. , tè&ib fe , ^. 7!^, 
doniie trtie sôtCe d'éifëètii^ ^uî d*écëti1è dfe Scfn gc6râè, 'priJi dii 
BeiiVetic'iAiû^iohei. "iiéCrvéà^ftdtMns'hi Fôdeiif'dticîtrbtf. 

Bçn^EàVid, z5j?rf., tôifre'i, ^. g^) ^e Cnrtcfn hMitifolms eà 
ÔiRte iôssi en Àiiiétî(jpè êx^ïitàîAàiii ; âîàhbuyeHè Aniîàionisîc, 
Lé2$ €rdl6n ûii>eïM èï à^dmhKcum èift àHêà Aes à^êtiisr. 

LÂCÔUÊ dçi Ôroton tàcciferurh y, L., de Ceylati çt àé 
CoçTiïncnîne, ^êlon Loureîro. Ést^en bâtons, rouge, odorante, 
crume 
Exsuâ 




a 



astrmgente, gqerit les goi;iorrhees, les dysçnteriçs, ___ _ 
Exsudé aussi àesjicu^j des rtiamnus et dés Tnimôsa, 

TOfUMÎÈSOL, ÇrôtQii iinciorîum'^ L. Herbe monoïque- 
ipj^eïée MAUBÉitE qaps Iç Midi , son lieu natal. Le lournesol 
en drapeaux ( cliïffons iihbibés du suc de maùrelle et exposés 
à une vapeur ai^moniacale d'urme putréfiée ) , éflScace §ur 
les carcinomes , lés écrouelles, W.mcères gangreneux. Le 
tournesol en paîAs se prèi^are en Hollande , imité par CKâp-? 
tal avec le lichen parelte et les alcalis^, ou la chaux mçlée de 
<îarbonate de potassé. Le bleu de touvnesol vire /lisément àii 
i^oitgê par les acîclés , et au vert , par les alcalis. Lacnuis des 
ÂÛemands. , , 

Le Bots Tfnvii.%j'Drybitdtndofdaia, de Thtinberg (Japon, 
p. Ggn j fig. 278). Sa lioix ou fruii; donhe beaucoup d'huile â 
bïûfer t, noVfimée hmuyemi par lès Chinois*. Le bancôùlier 
en fouftul aussi , toais qui est épaisse et buty reuse. 

PlGîîONâ bf NDE , NOIX DES BARBADES , ïatf^pha 
CùrCûs ,. L. Cï^wilès à trois coques , k semences huileuses , 
noires 5 Itès-Vlolent purgatif par haut etj:)>âs.* Lfpjr huile est 
ft-rit^nte^ ^ntijrhumatismale , mêlée au vin , en linimQiït', esi * 



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EUPHORBES ou TITHYMALOIDES. 3o3 

aussi ré^liiriye , propre à brûler. Le lait Acre de Pârbuste 
est vireux , tache lé linge. Ses feuilles servent en fomenta^ 
lions rubéfiantes. Croît dans les deux Indes. Les Jatropha 
gosaypifoliay L. , et Jatr. glandulosa ,' Vahl, l'un d* Amérique, 
celui-ci d^Atabie , ont les mêmes usages^ La Jatr, umbelhita 
se donne èoïîane un fortifiant et un calmant, k Surinam ^ 
selon Frîis RottboeU. Le Médicinier d'Espagne ^ ou la 
noisette. purgative, Jatr. multifida^ L., originaire d'Amé- 
rique. Uîié^ seule çràîne , est un très-violent purgatif, usité 
en Espagne. iToué \és médicînïers contiennent dans leurs 
giraines , outré l'huilfe fexe et un principe Icre , vénéneux , un 
acide j^àrticûlier dit jatrophîcjue , combiné à\ette hu^e et 
lui communiquant ses propriétés nuisibles ; /oi^r/x. de Plwr. 
t. IV, p. 289. 

MAKÏOC ,CASSAVE, /à^roi7Aam<im'%c?^,L. Arbrisseau ^ 
hi^s deux Indes ,à racine pleine de fécule et d'un suc laiteux, 
acre , vénéneux , qu'on chasse par expression et par torréfae* 
tïon. Il y â une variété dé manioc^ Jatropha janiphay L. , qui 
est douce et non vénéip^^euse, mais qui ressemble beaucoup au 
ihanioc, comme l'oranger, doux à l'oranger amer , ou les 
amandiers doux et amer. La cassave est lâ galette ou fécule 
torréfiée sur une placfué de fçr. Deux onces de cassave se 
renflent dans du bouillon , suffisent pour un repas 5 fermen- 
tée , donne deis b'oissbns enivrantes , diurétiques. Le Ta- 
pioca est la fécule blçincTie du suc.de manioc précipitée et 
lavée 5 vient dû Brési^. L^è manioc frais s'applique avec uti- 
lité sur lès ulcères. Lés feuilles à.es Jatr. gossypifolia et 
fnulCifida , en clécoctron , iônt antispasmddiques. Le prin- 
cipe vénéneux du sue est. volatil; distillé:, a une. odeur in- 
supportable , est lé plus affreux des poisons ( Fermin, Acad* 
Berlin^ ^7^4 )* ^^ ^'^S. "-^/^^^^ ^^^> dit-on, un antidote du 
âuc de manioc. L'éaii de* menthe & le sel d'absinthe • aussi, 

C AOlJT-ÇHOpC ^ GoMltfÈ élastique , suc coAcret ou 
sorte Aq gl^d^^éek^tt^^^^^^^^ elanl^xxt^. , Hevea^ia* : 
nenai^,^ A^kx^\^\.''ySiphonià càhukku y Willd. Arbre élevé 
de la Giriâne,*àflèuçsmoùbïqtlf»;5clmçRichitrd; Produit, par 
incisioii , un 1^ ^se desiseche â l'air , en substance très-* 
élastique ^ o^ lui doime la fbrmë d£ bouteilles qui , pre$sées> 
injectent l^ei liqurar; qfi'ort y met (de là vient le liôm dé se^ 
ringat donhî^Âl^vé.)* Le caout-chouc sç raihollit p^rr là 
chaleur , ^ dissoUX iditus le&Jiuilei ^ le {>étrole ou naphte , 
V^ier^ les essences (Beruiard, Journ, cfepAy*, avril 1781.) 



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3o4 EUPHORBES ou TITHYMALOIDES. 
On ça Éait du taffetas gommé, des sondes et I^ougies élafr* 
tiques , des toiles imperméables à Teau. Sa couleur brune 
vient en partie de la fumée à laquelle on le dessècbe. L'f/r- 
ceola elasUca {Aaiat. r^search. , tome 5), plante grimpante , 
donne tm caout-chouc encore plus élastique, en Chine 
( Voyez aussi Içs articles Arbre à pain et Figuier d'Inde ]. 
Les euphorbes , les figuiers, et autres arbres laiteux , donnent 
également du caout-chouc , comme le Contmiphora mada- 
gaacariensis , le Cûstilloa elastica de Cavanilles , VExcœ- 
caria agallocha^ le Hura crepitans , VHippomane mon- 
cinella , tous les Jatropha , omphalea , niabea y plukene* 
iia, etc. Voyez il Journal de Pharmacie y i8i5. Les 
robinia , lychnia , lobelia , et d'autres espèces , otit une sorte 
de caout-chouc liquide , comme la glu des houx et du gui. 

BOIS P'ALOÈS, VRAI AGALLOCHE , CÀLAMBAC , 
Èxcœcaria agallocîia^ L. (Diffêredu 602.9 d' aigle ^ voyez 
Fam. des rosacées, le Garo , p. 274)* L'agalloche est ïguré 
par Rùmphius, Herbàr. amboin. , tome 2, tab. 79 et 80. Arbre 
dioïque. \JAloexyIuni verum^ de Loureiro (Acad. Ulyssip*), 
rend un suc glutineux et résineux , âcne j qui peut aveugler , 
s'il saute dans les yeux , en coupant Parbre. Le bois est pe- 
^nt, résineux , aromatique, bnin-rougeâtre , amer; se vend 
«u poids de l'or en Asie, où il sert en ftimigations odorantes 
chez les princes et dans les temples ; très-rare en Europe. 
Passe pour cordial excellent , antirhumastimal et antiarthri"^ 
tique. L'espèce décrite par Loureiro est de Cochinchine , et 
répandue dans l'Inde par le commerce ; celle d'Amboine ou 
de Rumph est plus sou^nt apportée en Europe par les 
j Hollandais. 

2« MANCENILLE, Hippomane MancineUa, L. Vm 
des arbres les plus vénéneux de la terre ; fruîl en pomme 
d'api, d'odeur agréable de citron , plein 4'wii suc fade au 
goôt , mais si caustique qu'il ronge lès organes, ainsi que le 
lait qui découle de l'arbre incisé 5 on empoisonne les flèches 
avec ce lait; elles ccrnseJcvent plus ^'ur^ècle leur venin. Le^ 
corps gras , l'eau de mer, les acides, en sont , dit-on ; lecontre- 
poison. Cet arbre croît aux Antilles et en Amérique. Le 
Glutier des oiseleurs, Sapium auci(parium(bro\vhe^Jam.\ 
Hippomane dnglandulosa y L. , donne une gônime ékstique» 
molle, qui sert de glii pour prendre les perroquets; iri^« 
cet arbre est très-vénéneux par son ombté ïttènïe. Le Sa-* 
bMer, Hura crépitant y L. , lance an 'loin «cis graines aret^ 



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CUCURBITACEES. 8o5 

Iwruit; estâuifisi de cette femiUe , et d'Amérique élijuiaoxiale. 
L'émulsion de 8es semences fondes et plates est un purgatif 
vénéaeux et funeste. 

XCI. CUCURBITACEES. A fleurs souvent mo- 
noïques ou rarement dioïqnes ; herbes grimpantes , 
d'ordinaire, fruit en baie, feuilles âpres, racines 
souvent tuberculées. Plantes à suc purgatif et amer, 
1* style unique j 2*" Passifl.orjèes. Plusieurs styles 
aux fleurs fiennelles. 

I" BRYONE^ Vigne blanche , couleuvres, Bryonia 
iidica, Jacq. et Willd. Racine épaisse , blanche , d'odeur 
nauséeuse^ purge violemment par haut et bas ; est spléniqiie , 
hépatique , et les secousses qu'elle produifdissipent les obs- 
iruciions , Thydropisie : elle convient , dit-on, aux goutteux, 
aux asthmatiques. A l'extérieur, très-résolutive. Onen the une 
fécule nourrissante comme delà pomme de terre ; et, traitée 
comme la racine de mçmioc , on en fait de la cassave bonne 
à manger. Contient , en outre , un suc très-acre , nauséeux , 
de la gomme , une matière végéto-animale , du sucre , du 
inalate acide et phosphate de chaux , du ligneux , selon 
M.Vauquelin. Plante quelquefois dioïque et à baies noires , 
qu'il ne faut pas confondre avec le tamnus , ou vigne noire, 
ou sceau-notre-dame ( page iSa). 

ÉLATERION, Momordique piquante, Jtfo/nordica ela-- 
ierium , L». , Ecbcdium élaterium , Richard. Ses fruits mûrs 
«e détachent , en les touchant , et lancent , en se resserrant , 
leurs semences visqueuses. Plante très-hydragogue , anthel- 
lûimique , nauséeuse , acre , amère , purge par haut ^t bas , 
surtout les racines 5 ses feuilles pilées sont très-détersives , 
résolutives sur les squirrhes , les scrophules. L'extrait d'éla- 
lérion se fait avec le suc visqueux des fruits. Purgatif très- 
violent. Plante très-nitreuse. Le Trichosanthes amara donne 
aussi des fruits purgatifs amers. 

POMME-DE-MERVEILLE, Balsamine mâle, J»fo- 
niordica baUanùna , L. A fruits rouges , tenant de l'albu- 
mine végétale, qui , infusés dans l'huile , donnent un baume 
îiervin, antihémorrlipïdal , utile contre les gerçures du sein , 
les ulcères de l'utérus , les engelures. Plante très- vulnéraire , 
balsamique , rafraîchissante ; native de Xlûd^e , cultivée en 
Europe. JL^ moniordica charantia, L. , qui en vient aussi, 

30 



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/ 

f 



3ofi CUCURBITACEES. 

est fort amère , Femplace le houblon dans la bière , est ver* 
miluge. La momordica luffa, L. , oa anguleuse ^ de l'Inde. 
Ses fruits se mangent ; les anciens Egy^iens s'en frottaient 
le corp$ 9 contre les éruptions cutanéas. 

COLOQUINTE , Concombre A^nnsii , Cucionis cclocyn* 
•ÛÙB , L. Originaire d'Afnque ; ^s fruits desséchés purgent 
avec une extrême violence dans Phydropisie, Tapoplexie, 
la paralysie, les maladies articulaires froides (ankylose); 
les semences donnent une huile douce. Son ançiertume ex- 
cessive écarte les insectes , est anthelmintique. Tient résine , 
mucilage , albumine , et un principe amer^ nauséeux , très- 
purgatif. 

CONCOMBRE COMMUN , Cucumis sativus , L. Ori- 
ginaire d'Aisie. Tient beaucoup de matière végéto-animale, 
selon M. Planche. Ses semences sont une des quatre froides 
majeures ; on en fait des émulsions rafraîchissantes, diuréti- 
ques , antinéphrétiques , antipleurétiques , etc. On en tire de 
rhuile ; le fruit se confit au vinaigre ou au sel. Le cucumis 
flexuosus 5 L. , ou le Serpent , est plus sucré et parfumé; 
le Chaté, d*Eigypte et d'Arabie , Çuc. chate^ L. , est plein 
d'une eau sucrée , rafraîchissante. D'autres sont également 
bons : en Asie , le Cuc, dudaim, L. , de Perse ; le Çuc. pro- 
phetarum , L. , d'Arabie 5 le Cuc. conomon (Thouin ), du 
Japon , et aussi l'Angurie , Cuc. anguria^ L. , d'Amérique , 
qui se mai^e cuite. 

MELON, Cucumis melo, L. Originaire de la Tartarie mé- 
ridionale ; très-rafraichissant, sucré, humectant^ ainsi que ses 
semences , froides majeures , usitées dans la strangurie , Tar- 
deur d'urine ; néphrétiques , hépatiques. Le melon canta- 
loup , est le plus recherché ; variété originaire d'Arménie. 

• COURGE CALEBASSE , Cucurbita lagenaria , L. Se- 
ïnence , froide majeiure , diminue le sperme et les dé^rs vé- 
nériens , lâche le ventre ; chair nourrissante , humex^tante , 
rafraîchissante , diurétique. La cogourde, la gourde à péle- 
^ns , la trompette , en sont des variétés dont la peau devient 
sèche et ligneuse. Tiennent mucilage et mannite. 

POTIROIÏ, CITROUILLE, CucurbUap^o, L. I^aplus 
'grosse baie , ou fruit connu. Plus sa pulpe est jaune , plus elle 
a dé parfum. Vertus de la précédente. S'applique itPextérieur 
contre la brûlure , Pérysipèle , etc. 

PÉPOPÏ , CX^I^PUILLE MELOKKis OU MUSQUEE^ CuTCubUa 



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FîGUœRS ou tîRTIGEES. 307 

mApepô^lj. Meilleure an geàt cpie la ppécédente. L'Omn- 
gin, les Giraumoiis , le Piajtisson en sont des variétés. Qua* 
lkés,des pcécédens •; originaires des paj-s chauds. 

PASTEQUE, MEÎ.ON b^eau , Cwurhita citrufluie , l», 
A^mences «colorées et à feuilles découpées. 1^ ch^ir &^^iîét 
etrerte du firuit est toiite aqueuse. Se çuilAvec duTÎadpux, 
flans le raisiné , eu€*rovence. 

2* NRAJÎDIROBÀ p l-iAlïE GOjn»,E-yof«i>N , EeviUma 
miifoliçk^ Xj. Son ficuit est la noixndeSsfopeni. H[eii>e grim- 
nante Ae S^injt-Dopwi^.ue , alfxitère , /'ébdfe|^ ; ^KcBe^dans 
les morsures \-é nxneus^Xes ^ewo^n^k^shxài^iÊBtsiàe^ilkcêt 
tçaniens,, TLi,^ soRt xegaxdées conwiHe .un «ntâdrte des poti-»- 
^m yég^étaui et couuijLe un houx ^liegmiKihtque. On foH des 
.chandelles avec le suif fourni par'Cee'^Qienc^e, k Hondu* 
m* haLP,arxp^éa,eduJi8^d(a Vait^Thçv^tx^j^ reirvteloppe.de «e$ 
semenç^ , re^t un bon fcuit de Mad^gn^car. 

GKmAJ^UJJ^ BLEUE, Poêdflùraccemfea^, L. Fiante 
saianenteiiis^ àa ftpésii^ cukivJée *n Europe , et là. P. incan- 
na^t , X<^., du Pérou ; diuuétiques : 4eurs raormes sudorîfi-p 
qves^ ^tnO» PktPXes analogues anxcapparidées. On niang^ 
les fnûts çlp^B^mus , pulpeux ou gélatineux des passffiqra 
Voocm^» , jke^^nguléma , maii^hrmiê j iaùrîfoiia , et de 
piesque toutes ces .antses /em ,^Lmérique. Ou fait des con- 
serves de grenadilles vertes. Fi/EURS 1)E la Passion. La pa*- 
^fitrm gmy^nfpdarU ^i «»st ésnrti^ : i«si«ée à l^Ie di» 
France. 

PAPAXHR. , Catioa pùpaya , L. AAre dioïque de^ 
4eu^ Iodés , k .émît en melon , la papaye , à pulpe ^aune 
oclorimte., nutritive, i seittetoeefl noires , de saveur poivrée^ 
tpi sont un puissant vermifuge. Les feuilles sont sfavonneuses, 
leur suc .contient 4^ JWlpfun«bie ( Vauquelin, Jnn. Mua. ), 
avec une espèce 4e fibrine A^gét»le, putrescible, et«e conver-* 
lis^a^t ea Uu^ sorti? >4e^c.il^ |^ Pacide nitrique. 

coroHe , monalqu^^ ou diaïqMej , r" fructification en* 
veloppée dans un r^ceptaote; ^a"* fleiirs ou d^ns .des 
écailles , ou «épàrécs en chatow j 3** p^pis^Aciui» , frtûts 
m baies. FUuites ii«ic ,âcr^^ 

x^ îlGCIï» COMMUN , Ficus carioa , X. La figue 
vme 4WI «ddbe , grasse , Manche ou violette , très-humec- 

520. 



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3o8 FIGUIERS otrURTICEES.: 

tante , imolliente , Uxatiye , sucrée , pectorale ,.ï>^tîque ^ 
utile dans les n\aux de reins et de ves$ie , les gargarismes , 
et comme cataplasme maturatif. Le figuier sauvage ou ca^ 
prifiguier est un arbuste stérile ou k fleurs toutes mâles , et 
dont la figue picpiée par un insecte ( Cynws paenes , L.^^ I 
Diplolèpe de (jreoff. ) , sert à féconder les bguiers domesti- 
qués 5 k faire grossir et mûrir leur fruit , soit que Vinsecte 
chargé du pollen fécondant s'introduise dans les fleurs fe- 
melles , soit que sa picjûre seule ùisse extravaser les sucs et 
les attirie plus abondamment dans le fruit. Le lait de fi- 
guier ^t caustique , ronge les verrues. Tuejicus anthelmirir 
tica 5 donne un suc acre vermifuge. La figue Sitcomore d'E- 
gypte , Ficus sycomorus , L. , est moins agréable et plus 
indigeste que les autres. Le figuier des'pagbdes , Jicua re^ 
ligioaa^ L. , vénéré dans Tlnde orien»^ale; le figuier du Ben- 
^e^ ficus bengalensis, L. , dont les brancheb poussent des 
|ets qui descendent s'implanter en terre. Dans le ficus in* 
dica^ Lamarck , les rejets prenant racine , poussent d'au- 
tres branches qui font une multitude de berceaux et forment 
un arbre à plusieurs troncs. Le figuier vénéneux empoisonne 
les flèches à Madagascar et dans l'Inde ,fic. toxicaria , L. 
Le figuier septique de ces contrées , fie- septica , Loureiro , 
«st un puissant anthelmintique ; son suc est très-acre. Celui 
du figuier d'Inde est gluant , devient un caout-chouc moà, 
{>our prendre des paons sauvages, , 

FioiTiBRS A ZACQUE ; unc cocheuiUe , le Coccua Jaçca, 
de Kerr , piquant les branches des ficus religiosa et fie. iri- 
dica , L. , en fait exsuder de la lacque en bâtons et en grîains. 
lies croton et des mimosa, selon Roxburg, donnent égale- 
ment de la lacque par la piqûre de ces insectes, f^oyez aussi 
d.es rfiam^nus. 

Plusieurs figuiers, tels que les toxicaria y religiosa, 
anthebninthica ^ bengajensis , eic. ^ les cecropia peltataoïi 
coulequin bois trompette , les bagassa et ambora , les arto^ 
corpus , etc. , ont un lait , conune notre figuier , et qui se 
concrète en caout-chouc. \jcfi^us tinctoria , donné un bois 
J)ropre à teindre en jaune et une écorce textile. 

CONTKA-YER VA vraie, Dorstenta contrayerva^ L. ; Jac- 

3ain, /co7/ . rarior, fig. 6 1 4? à feuilles de bl?rce, rad icalès.Plante 
'Amérique méridionale. Sa racine noueuse , acre quand elle 
est fraîche, aromatique étant sèche, éminemment sudorîfique, 
cordiale ^ alexitère^ regardée comjae ui» luxt^dote cratre les 



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FIGUIERS ou URTICÉÉS. 3o^ 

poisons <piî coaguletit le sang. On emploie encore les dors- 
ténia Dratena et Houstojiiy comme la vraie contrayervaj car 
les propriétés , en sont fort analogues. Apportée eh'i58r , par 
Drake. La racine des dorstenia brasiliensia et dorstenia 
arijblia sont vomitives au Brésil ; la première est le caa- 
pia y de Marcgrave. 

2** JAQUIER , Arbre a pain , Artocarpua incisa^ L., et 
integrifolia ^Jj. , des îles de la mer du Sud. Arbre lactescent, 
qui donne le Rima ou fruit à pain , presque aussi gros que 
la tête , contenant une pulpe farineuse avant sa maturité. Le« 
graines avortant par la culture , le fruit est très-pulpeux , de 
saveur de pain frais et d'artichaut ou de topinambour, étant 
quit. Il y a de ces fruits qui pèsent près de cent livres ^ leur 
odeur est peu agréable. Le Jaquier , Artocarpusjaca , L., 
Sitodion , de Gœrtner , à fruit mangeable , de goût de châ- 
taigne , donne un suc par. incision , qui est élastique comme 
le caout-chouc , et aussi le Castilha elaatica, de Cervantes. 

MURIER , LE BLANC , Morua atba , L. Le plus cultivé 
pour les vers a soie 5 originaire de Chine, transporté en Perse 
^vec le ver à soie 5 en Syrie, sous Tempereur Justinien, et dans 
PArchîpel^en Italie, vers i44o > en Provence , en i494* L'é • 
corce de rarbre donne de la filasse , etun moroxate de chaux, 
ou de Facide morique ou moroxique avec la chaux dans Pé- 
corce du mûrier blanc. Son fruit tient du surtartrate de po- 
tasse* sert en sirop rafraîchissant , détersif. On fait du vin de 
m&res et du vinaigre» Les mûriers noirs, et rouges , morus 
ni^ra , L. , et rubra , L. , ont des propriétés analogues. Le 
mûrier à bois jaune , morus tihctopia , L. , qui croît en 
Amérique , sert en teinture , comme le morus zantoxylum,^ 
L. , de la Jamaïque. Arbres monoïques et quelquefois dioï- 
cpies. Presque tous les mûriers ont des bois jaunes. 

MURIER A PAPIER , Morus papyrifera , L. ,. Brous- 
sonetia , de Lhéritier. Arbre dioïque de la Chine et du 
Japon; son écorce bouillie sert en filasse et à faire du pa- 
pier urès-fort , dont on prépare des vêtemens. Les Japonais 
Schabillent de ce papier peint. Cet arbre ( la femelle seule- 
ment) est naturalisé en France 5 «e propage de bouture. 

UPAS ANTlAKyAntiaristoxicanayIjesc\kenavli(Ann. 
mus. hièt. nat. , tome 16 , fig. 22 ). Antiar vénéneux des 
Javans et de Macassar , grand arbre , d'où, découle, par in- 
cision , un suc visqueux , j^aunâtre , très-amer. Arbre mo* 



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3 1 o FIGUIERS OIT URTICÉES. 

noique. Ce suc empoisonna les flècKes j- la McTssttrc cati^ ^ 
outre des convulsions mt)PteHes' , de^ ▼oûiissemens et déjéc^ 
tions y. puis un tétanos aâfreux , eonmi'e Vipotieute , de Bor- 
néo et de Java, ou le bolwn ttpa»-} voyez àtti éétychnos, 
p, 191. L'antiar est 1'^ {oxi^aria ^ àe PevsooH; 

ORTIES , Urtica dioïca,^. , I'Ortie GRiiditE ; Wr- 
iica urens , L. , ou Grande ortie ',VUtlica piluliféra , L. , 
Ortie romaine , plantes à racines^^ astringentes , ti*és-diui^é- 
tS(jues , utiles contre l'hémoptysie , dépurent le sang. Les 
semences de l'ortie romaine se r<ecommande.nt dans Pasthtae, 
les toux rebelies. Llierbe donne de la filasse , sert ponrle^ 
urtications à la peau. Tient du nitrate de potasse. 

PARIETAIRE , Pafietaria officinalis, L. Rafràfehissant 
très-usité ei apéritif , dittrétii<|ue ; tient nitre .ei matière vé- 
gétb-animule qui s^élève avec Teau distillée j a les étamines 
irritables* 

HOtFBliON , Htumutus tupulus, L. Plante dioïque dont 
on se sert pour donner àia>bîère âne annerftime eonservatrice; 
dont on mange les jenives ponsse^^ comûi^ des a^ergies. Les 
fleurs sont aitièrés , contiennes uù principe enitrant , rési- 
neux, Ilarcot^Uje^<|ln supplée l'opium étf téiiitare'âtcoholi(|ue. 
ïrès-apéi?itives demsles ôbstf »ceioDs die fote et dé rate , Phy- 
pocondrie ^ très-diurétkpaes amêh Les pousses sottt dépura- 
tives du sang. , poussent à là peaà , donïïent à Vestù une cou- 
leur roséé^ eomieniiem tnie réîfitfeafiÈkèpe ,uné huîfe volatile , 
un extrait muoikigineiis, n^oséabond^dé Facide gàlliqué, du 
nitre et dxL mumte d«> potasse, /^oyéje Besfroches , J^iss. de 
humili hifmli i^iribus^ mèàicis. Ed&'bui^ , *8o3^, itt-8^ A 
réxtérieur , lesfeiûlles sont discttsèjj^és , aïiôdSries diaris les 
contusio&s et les luMOiioâSé La planté donne dé la filasse. 

CANNAÉtitB ,. Dtdisca cannaBina , dont on peut tirer de 
la^ filasse, eit aussi imberbe amÀi^ conàïfee le hoiibloti.Leuw 
tiges jyeKneâ peèvent se iâëa^t k la tttanière des asperges. 
Fébrifuge, sdon; PietPô RnbM, Mértt, soc. itcd», tome 7> 
pag. 431. 

CHANVRE , Cetnnabis sàtiva , L. Dioïque. Celui 

?u'on appelle te mâle est k fêmefle. Est originaire de 
erse. Ses ^raines^ huttéU^esh, émalsives, refroidissent, di- 
minuent les ardeuv^ de ¥érius, sont béchiques, apcritives 
daûsPictère, mdis trôubteiit lé (Cerveau. Le rouissage détruit 
une partie du parenchyme y^vt ié$ tiges et des feaifles , 



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nGUIERS OIT URTICÉES. 3 1 1 

^estTÎreux, cpii enivre et assoupit. Aussi, l'eau du rouis- 
sage est dangereuse en boisson, tue le poisson; le chanvre tient 
baile fixe colorée, amidon, principe vireux, enivrant. 

BANGUÉ, Cannabis indica^ L. Chanvre annuel de PInde, 
k feuilles alternes , et dont Pécofce fournit peu de filasse ; 
mais le suc de la plante fait une boisson enivrante agréa- 
ble, ainsi qiie la fiunée de ses feuiUes dans la pipe. Le 
Jdaiath des Turcs (ou Majuh de Clusius et des Indiens) 
est le suc du bangue en extrait, mêlé à l'opium et à A.e^ 
aromates. Cette composition enivre , cause des rêveries 
agréables ou voluptueuses; excite au plaisir. Herbe nar- 
cotique , non sans danger. Est Vassich des Orientaux. Ou 
k fume connne du tabac; elle excite la fureur et est dé- 
fendue: suscite des assassinat^ ( du mot aasich )> 

3^ POIVRE, Piper nigrum^ L., piper aromaticum y 
Lam. Le noir, et le blanc qui n*est que la même baie 
dépouillée de sa première pellicule par macération dan» 
de l'eau ^alée. Le plus gros et le plus pesant est le meil- 
leur. La plante est grimpante et bifurquée^ k feuilles ovales 
à cincf nervures ; ses fleurs sont en grappes. Elle croit 
dans tout le Maiabar et les ileis de la Sonde. Toute là 
plante est acre,, aromatique, stimulante. Le poivre sert 
comme condiment très-atténuant, apéritif, tonique, exci- 
tant, stomachique, efficace; augmente la circulation du 
sang, tùe les poux, éloigne les insectes, etc. Sialogogue 
puissant. Le blanc est plus doux, contient moins d'huile 
volatile. Le poivre avalé aiguise , dit-on , la vue , et excite 
Pirritabilîté générale. 

POlVRE-LONG , Piper longum, L., à feuilles à sept 
nervures , le pimpilin ou cattu tirpali des Bengalais. Fruit 
semblable à un chaton de bouleau^ les graines étant en 
grappe serrée, grisâtre, de saveur âci^e et échauffante. On 
le recueille avant sa maturité. Sert dans le Bengale en 
infusion ; on le confit au vinaigre ou dans quelque^ liqueur 
fennentescible , dont on tire de Falcohol acre. Usité en 
médecine , comme apéritif, atténuant, fortifiant. Les piper 
carpunya, et piper heterophyllum , du Pérou , ont des pro- 
priétés également chaudes et stimulantes. Le ^t^l^ piper 
ietley L. , dont le fruit est en chaton et la plante aussi 
grimpante : ses feuilles sont un continuel masticatoire des 
Indiens, avec la noix d'arèq^e(7^oj^ej& Palmiers, p. i49)* Sont 
amères, stomaclùques , toniques ; parfument raaleine, dé- 



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3i2 AMENTAÇEES. 

chaussent et font tomber les dents 5 passent pour très* 
aphrodisiaques; causent des irritations dartreuses^ sur la 
peau, et des dartres rongeantes. IjC piper ùriboa,^ iWà^ 
remplace le bétel à Amboine ; aussi , le piper inebrians , à 
Otahiti. Plusieurs nations sauvages du Pérou, des îles 
de la mer du Sud , etc. , font une boisson enivrante avec 
les infusions des piper meihysticum , L. , P. nhandi^ de 
Cayenne; piper inœquale et amalagOy de la Nouvelle- 
Espagne 5 du malamiris^ du churumaya^ etc. Le piper 
anisatum^ Kunth, et Humboldt, flor. œquinoxiqL p. 58,. 
nommé anicilo à rOrcnoque où il croît. Ses. feuilles et 
baies ont l'odeur et la saveur de Panis; les, naturels du 
pays emploient les baies en lavemens, et pour déterger 
les ulcères. 

CUBEBEj Pitj[7cr cwi^Ja, L. Fleurs dioïques, dit poivre 
à queue, de couleur cendrée brune. Est acre, aromatique. 
On en tire beaucoup d'huile volatile. Croît à Java et dans 
PInde orientale. Usité en médecine : a Ijbs vertus des 
poivres. 

XGIII. JMENTJCÉES. Arbres à fleurs en cha- 
tons, sans pétales, 1* hermaphrodites; 2"* dioïquesj 
3** monoïques. Arbres à écorces astringentes ,^ conte- 
nant du tannin. 

l'^ORME, Ulmus campestris , II. On a vanté en 1784 
Pécorce d'orme (improprement nommé pyramidal ) contre 
les hémorrhagies , les diarrhées, les fièvres intermittentes, 
les dartres et maladies de peau. La* sève d'orme tient 
carbonate de chaux ^ acétate de potasse , et matière végé- 
tale ; Vauquelin , Aniu chim. XXVII, p. 3a. \Julrnine est 
un principe découvert par Rlaproth dans l'excrétion d'un 
orme. Ses feuilles sont vulnéraires comme la liqueur amassée 
dans leurs vessies , que la piqûre des pucerons ou plutôt 
qu'une maladie développé sur elles souvent. On trouve 
des pucerons ou des psylles dans cette liqueur astringente 
et sucrée , appelée Baume d'ormeaui Sen aussi contre 
là brûlure. iJulmus chinensis, Persoon, a été apporté 
comme une espèce de thé en France. 

MICOCOULIER DU MIDI, Cehis austratis,L.Baks 
astjringentes , antidiarrhoïques, à noyaux huileux. Son bois 
teint en brun. 

2* SAULES, LE BLANC, Salix albci yTu. Son écorce grise. 



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AMENTACÉES. 3i5 

tr&-âmèrc, à. été proposée comme fébrifuge, et remplace 
arec succès le quinquina. Ses feuilles astringentes, utiles 
dans les hémorrhagies , refroidissent, dit-on, les ardeurs 
de Vénus. Le saule halix ou petit, m/, hélix, L.; le 
SAULE ROUGE, sol. purpuTca., Lo Hoffinan; Posier; sol. 
nminea, L., le marge au, saL caprœay L.; le saule 
NOIR, sal. amygdalinay L,, et le saule pleureur, scd. 
babylonica, L. ( dont on n'a que la femelle en Europe), 
ont les mêmes propriétés. Dans le Nord on tire, parti 
du coton du saule laineux, saUx lanata, L. 

Les écorces des saL pentaralra et JragiliSy Hoffinan 
(hisL salicum ) , sont pareillement fébrifuges. Reuss a trouvé 
dû tannin dans Técorce de aalix alba (^Journal dephar^ 
maciey i8i 5 novembre). 

BAUME FOCOT etTACAMAQUE, d'Amérique sep- 
tentrionale , du Populus balsamifera , L. qui est la femelle, 
et du Pop. candicansy d'Alton, ou piwinalîê ( Jard. Paris), 
qui est le mâle; Trew, Ehret, tab- 46* Le premier apporté 
en Europe en i-jSi , et le second en 1772. La résine 
odorante d'un jaune verflâtre, appelée Tacamahaca com- 
mun , découle de ces arbres dans les pays chauds 5 est un 
excellent stomachique. Leurs bourgeons sont très-résineux 
aussi ; leur odeur est très-forte. On les fait infuser dans de 
Vhuile pour faire un baume vulnéraire. ( Voyez guttifères, 
p. 241, au Baume vert.) 

PEUPLIER ORDINAIRE, Populus nigra, L. Ses bour- 
geons odorans s'infusent dans la graisse pour l'onguent popu- 
léuxn , donnent une résiné dans l'alcohol. L'écorce du peu- 
plier blanc. Pop» alba', L. , ou de l'ypreau, est prescrite 
dans la strangurie, ainsi que celles du tremble, Pop, tre- 
jnula, L. , et du peuplier d'Italie, Pop, fastigiata, L. , qui 
donne encore iiue teinture mordorée. L'écorce du Pop* 
tremuldides est fébrifuge aux Etats-Unis. 

CIRIER. GALE , Myrka Gale , L. , ou Piment rojal, 
arbuste d'odeur forte , aromatiqtK , qui éloigne les insectes 5 
ses feuilles astringentes se prennent en thé, mais portent à 
la tête ; sont aussi antipsoriques. Il sert aux paysans d'é- 
pices dans leurs mets. Les. CiRXERS d'Amérique, Myr^cerifera, 
L. , et pensylpanica , L. , donnent par décoction des baies , 
le quart de leur poids d'une, cire verte, dont on fait des 
lougies très-rodprantes. hesmyrica cordifoliaei quercifoUa y 
donnent du suif au Cap de Bpnne -Espérance. Les feuilles 



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3i4 AMËWTACEES. 

du galé sont yermifbges en Pensylvanie. Là racine dé myrka 
c^rj/èra donne une décoction très-a^lringente contre les hémor-^ 
rhagies utérines^ et tonique dans i'hydropisie ou Tanasarcpie* 
( Voyez aussi les croton à cire, ps 3oi ^ les^vz/teatP-Bo^.) 

3* BOULEAU BLANC, Betula aïba^ L. Sa sève est 
sucrée , apéritive , fermentescible. Son écôrce , qui se divisé 
en feuillets , peut remplacer le papier 5 est astringente et 
un peu ^féjbrifuge on tonique, comme celles du bouleau, dii 
hklre y àxicomptéaniaaaplenifolia y employées en Amérique 
septentrionale contre la diarrkée ; donne par distillation 
une huile très-propre à corroyer les cuirs, en Russie. Ses 
feuilles jadis vantées contre la gale et Phydropisie. Les 
chatons mâles du bouleau et de Taulne contiennent de là 
cire végétale. Les feuilles et Fécorce de PAui^ne, Betuld 
alnuSj L., sont très astringentes, vulnéraires y contiennent 
du tannin. La sève de bouleau contient du sucre y de Pacétaie 
d^alumine , de la matière extractive. 

FAINES DU HETRE, Fagus sylpaticay L. tiennent 
par expression sans feu une bonne huile ; elles sont utiles 
contre le gravier des reins, selon Boerhaave, Hisi. PlanU 648. 
Se mangent» La sève tient aussi de Tacétate d'alumine et de 
chaux , de Pacide gallique , etc. 

CHATAIGNE et MARRON , Caàtanea vulgaria , Lam. , 
Fagus Cast. , L. , et le CHINCAPIN , Cast.pumila,ïj^*> 
châtaignier d'Amérique , à petits fruits , mais plus agréables» 
La châtaigne. nouprit plusieurs peuples; vo/ez Parmentier, 
Traité de la CJiâtaignej, 1772. L'écorce est astringente; le 
fruit avec le miel est béchique. La châtaigne contient du 
vrai sucre cristalHsable , selon Parmentier et Guerazzi; la 
sève du marronier donne du nitrate de potasse. 

CHÊNE ROUVRE, Quercus Robur , L. Ç. ^essiltr 
flora, Smith.Le Chêne gravelin, Q. pedunculatay Schrattck. 
Q. racemosayïjSLm» Leur écorce très-astringente , contient 
beaucoup de tannin, se substitue aux quinquinas communs 
pour l'usage extérieur. Le^lands peuvent fournir dePhnilc? 
leurs cupules sont très-astringentes. Les glands du petit Ghekb, 
en Grèce , Q. jEsculua , L. , se mangent et causent un peu 
d'ivresse. Le Chêne quercitron, Q. imctotia^ de Bar- 
tram, de TAmérique boréale; son écorce teint le cuire» 
jaune , comme celle du qttercus nigra^ Le tan du quercu» 
faîcaia^ parait excellent contre la gangrèçe. Usité aux 
Etats-Unis* 



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AMENTACÊESi 3i5 

VELANÈDE , Qmerciês ^gylopé , L. , ctu d^ne Vélani , 
d« Crète. La* groese cupule de ses glands sert en teinture y 
codimé la noix dé gaÛe, a les mêmes vertus^^médicale» ; s'ap- 
porte à Marseille, comme celles du Q. cems^eiàa Querc. 
JEscukts y L. 

CHÊNE A NOIX DE GALLES DU LEVANt, ou 
d^AiEP, Q. if^èeioria (CMivier, Voyage Emp* Ottom. ). 
Les galibs n<»ffes se récoltent eajuiillet, sont les nueiUeures; 
les blanches, amassées plus tard, sont inférieures, ca# l^in- 
secte qui les- forme ( DipMèpe de Geoffr. et Olivier ), s^est 
échappé, et a détruit une portion du principe tannant. Les 
galles sont très-astringentes , toniques , utiles dans la gan- 
grène et les ulcères putrides aussi ( Voyez au Hègne anim^j 
Insect., p. i32). Celles d'Alep,de Natoue, sont plus estimées. 
Tiennent tannin, mucilage, acide gallique , extrait, sels cal- 
caires. Davy trouve dans la galle d'Alep ^ tannin 1 3o , acide 
gallique îi , avec de Pextractif , mucilage i î^, carbonate de 
chaux I â , et ligneux. Il y a dans la noix de galle y en outre y 
une matière verte et un principe colorant ou extractif que 
M. Laubert a séparé au moyen cLe Téther sulfiirique. 

LIEGE, Q. SuheTy L. Soa écorce, qui sert i faire des' 
bouchons, hrûlécen des vaisseaux clos, doi»iïe le noir d'Es- 
pagne. Le liège CTt astringent. Alcorkoqxj» (i) efi Espagne. 
Le liège on ambet est susceptible d'être acidifié pair Facide 
nitrique, tiem acide gallique , cire, réisine , aro)n«^ , eta; 

YEUSE, GHÊNE-VERT, Çtt^rei^* //e^f , L. Peuittage 
toujours tert. Pt<^rîéfés asirkigentes , pïus fortes que celles 
dn chêne (MpdiiMLkéi< 

CHÊJÏÉ A KERMÈS VÉG1ÉTAL, Qaerc. ôoccifira, L. 
Anafoguéftu précédeùt. La grâiùé d'écarlate ( insecte coccus ), 
sorte de cochéniJIe, vit sûr ses feuilles ; est estimée cordiale, 
tonique. Le suc de ces insectes vivans , dont on fait le sirop 
dekeirnBbès, esfiâstrinfgent, diaphctféUique, âivttétkfae.Çf^oyez 
Insectes ,, page 1 29^ ) 

CHÈIÎE BEIXGTE , Queteus Belhta , Desfoiifaines. 
Croît sur les càtes d^Afriqué. Journal de pkjrd^ue ^ t(>me 38,. 
— s—*.; — « I ■ 1 • I t — «— ■ ■ . •- T t 1 1 . 1 — ^-«-j — ; 

(i) Vedcornoque tit^ d'Aihërique, par M. Poudenx , qui l'allribue à 
BU arbre atiâlogjae âûx lîiiîlépeVtuis , est une ëcdrce subéreuser à Textë- 
rieur , ea Xvitètes d'ttri fàMve^clak * FintërieuV , amères, utt peu Vomi- 
tives , va aiée»conQ«aé excellentes contre les affectiooK de (joitrioe. On y 
trouve gomme^ io5 , exta-aclif 102 » résine 54 , eau et libre» végétales , un 
peu* d'àdde tartatiqiie , selott le docteur Rein* 



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3iÔ • CONIFÈRES. 

page 3^5. yLes Maures se nourrissent de ses glands crus on 
grillés, comme au temps de l'âge d'or ; encore en Elspagne 
et Portugal aujourd'hui. On en tire aussi de Thuile. Le 
Qiiercus jEsculus , L. , a des fruits mangeables aussi. 

COUDRE, NOISETTE, Corylus Avellana^ L. L^ave- 
line donne une buile douce et pectorale , qu'on prend , en 
Chine , avec le thé ; les émulsions de noisette sont teiiipé- 
rantes* La pellicule de Pamande est uli peu acerbe. Eicorces 
faiblement fébrifuges. 

LIQUID AMBAR , COPALME , Liquidamhar styraci- 
^wa,L. Arbre d'Amérique boréale; ressemblant au platane. 
E. Smith, d'après Sibthorp,croit que le vrai bois de Rhodes 
provient de cet arbre dans le Levant. Il en découle par inci- 
sion une résine fluide ^ d'un jaune roux, transparente* , d'o- 
deur suave de benjoin, de sayeur acre, aromatique, rare au- 
jourd'hui, servant pour les parfiims et pour la médecine. Est 
résolutive, maturatïve, usitée dans les onguens^mais le styrax 
liquide se fait par la décoction des rameaux jeunes de Parbre, 
est brun , liquide, d'odeur moins agréable. L'écorce de l'ar- 
bre brûlée s'emploie en fumigations odorantes. L'arbre s'ac- 
climate en France. On pense que le liquidatnbar orientalis , 
de Miller et Aiton , donne , d^ns le Levant , le storax cala- 
mite , résine odorante , sèche , envoyée dans des feuilles de 
roseaux ( calamus ). La Comptonia asplenifolia , d' Aiton 
( liquidambar asplenifolia^ L. ) , sert contre les diarrhées 5 
est un astringent surtout par son écorçe , .aux Etats-Unis. 

PLATANE D'ORIENT , Platanus onentalis , L. Arbre 
célèbre 5 feuilles oph|,hâlmiques dans le vin ; son écorce dans 
le vinaigre , raffermit les gencives et diminue l'odontalgie 
scorbutique. Le Platane de l'Amérique du ^ovàfplatanus^ 
occidentalis , L. Sa racine , qui teint en rouge , est un bon 
vulnéraire. 

XCIV. CONIFÈRES. Arbres à feuillage fin tou- 
jours vert, à fruit en cône , à fleurs monoïques ou 
dioïqiies , 1** calice partant les étamines ; 2^ nul ca- 
lice , écailles staminifères. Arbres résineux. 

i« RASAMALA ou STYRAX LIQUIDE , de VJUingia 
exceha , de Norona ( Annal, botan. , de Kœnig et Simps , 
an 1806 , n° 5 , p. 3a5 ). Il en découle une résine fluide , 
brunâtre, d'une agréable odeur, ou aromatique ,^ approchant 
de celle du benjoin , comme celle qui découle du copalme 
ou liquidambar» Cet arbre conifère est defOrient. 



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CONIFÈRES. 3i7 

UVETTE , Raisin «iaritime, Eph'dra distachja ^ L. 
Ses^ fruits en baies sont doux , se mangent. On les dit conve- 
nables dans le flux cœliaque et la ménorrhagie ; se donnent 
dans du vin. L'arbuste Croît dans le Midi, au bord de la 
mer. 

GINGKO DU JAPON , Gingko bihba , L. , SalishuHa, 
de Smith.^ Ses fruits contiennent une amande qui se mange 
crue ouxîuite , comme des châtaignes. Grand et bel arbre 
acclimaté en France. Appartient à la famille des conifères 
galbuli£^res. On tire de Miuile de ses graines , au Japon. 

IF COMMUN , Taxus baccata , L. Sa poussière fécon . 
dante peut servir au lieu de lycopode ; arbre d'ornement; son 
bois dur, d*un rouge pourpre, est cru vénéneux \ ses baies et 
ses semences ne le sont pas , comme on Pa supposé. Celles- 
ci sont huileuses. Les baies de Pif contiefinent , selon 
MM. Chevalier et Lassaigne , une matière sucrée fermentes- 
cible , incristallisable , de la gomme , des acides malique et 
phosphorique , une substance grasse d'un rouge de car i 
min. On mange les baies de I'If du Japon, Taxus niidi 
fera , L. 

2^ GENEVRIER COMMUN, Juniperus communia, L. 
Ses baies et son bois sont unités. Les baies sont incisives , dis- 
cussives , de saveur résiheuse , agréable, un peu sucrée, 
très-stomachique ; on en tire un rob ou extrait , on en fait 
aussi des fumigations odorantes ; femientées avec de l'ab^ 
sinthe , on en tire une boisson stomachique , appelée ^^72^- 
vrette ; elles se mêlent encore aux eatix-de-vie de grain pout 
leur donner une agréable odeur. Le vin blanc ^ infusé sur 
les jeunes rameaux de genévrier , est très-diurétique , anti- 
hydropîque. On peut substituer le bois de genièvre au gayac, 
comme sudorifiquejantisjrphilitique.Les baies donnent beau' 
coup d'huile volatile. 

he Jumperus phœnîcea , L., est le cèdre de Phénicie ; 
on se servait de la Cedria, goudron de cet arbuste pour les 
embaumemens chez les anciens Egyptiens ( Hérodot. , 
Euterp. , 1. 2 ; Galien , 1. 7 , rf<? Facultutib. simplic. m^. ] 
Rouelle, ilfem. acad. se, eic,).L€ Juniperus lycia.L., donuQ 
une résine odorante, qu'on a supposée être l'oliban, ou en- 
cens d'Arabie , mais à tort. 

GENEVRIER A HUILE DE CADE , Juniperus oxy. 
cedrus , L. Croît dans le Midi. Son bois distillé fournit une 
taile bçuhe, enoipyreumatique, d'odeur désagréable , puis^ 



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3i8 ÇC)NiFERES. 

sant détersif pour les ukères^ lagiUe> lerfarcin.et âiuti^esmàk- 
dies de peau des «^viimaux ; est au/»si mi yeiwifiige tarèsneffi- 
cace. Ke four^iit pas la sandaraque , ci^ome on 1 Wak .cm. 
'Leji^nipems flmnfera , L. , qi|i cuoit :€3i V^et^ne , ,esi de 
même; sa résine n'est point Pencens. ( Ployez plutôt 
Fam. dés térébinthacées^p. 290.) 

CABINE , Jtmipents ^^tbiuç, , L. Arbuste extrêmement 
emménagogue , peut foire aycMçter , e;st drés-yerinid&ige , for- 
tement diUiCétique , doiine beaucoup d'ituile «ycdatile ., sep- 
tique , inoolQre. Ses fei^Ules , aye^c de ila gi^ai^e , font jun op"- 
guent détersif contre les.achores de la^te desienfens. Ce vé- 
gétal excije vivement le système circulatoire. Sa poudre ^3t 
rongeante dans les.ulcères fongueux. On doit l'employer avec 
précaution ; il est de deux variétés , l'une  fçdilles de cy- 
près , l'autre à feuilles de tamarisc. Spn odeur est forte. 

CYPRÈS COMMUN , {Atpres^us semperpà^ns ^^. Arbre 
triste y à b^s très-dstringe^* Naît dans le midi de l'Ekirope. 
Ses fruits ^ aiissi astringens que les noix de gaUes, sont ver- 
mifuges. ]l.e CrPAÈé iF^uiTf d'Améhique , Cupr. disticha ^ 
L. , à bois peu corruptible , rouge; ses feuilles teignent en 
couleur canelle. 

THUYAA SANDARAQXJE, Ttmya articulata, Des- 
font, , Aikaitj tome a, p. î53 ^&%. 262 5 et firoussoRnet. 
Thuya ijuadrimii^ia ^ de VaU. On pense aussi que î'encens 
.en vient , mw «ji iQi^t. Croit ^m. Barbarie. La sandaraque est 
.une résjue ilaarfie , tji:inMpai}ente , astringente et tonique 
co^mne le mastic ; seart supto«t pour empédier le papier de 
boire l'iejr^cre ; eUe bràjie aiwee une bonne odeur , s'emploie 
dans les vscmws aussi (L^iSAttdaraque des anciens était im 
orpimeat, réalgar^ w^um d^rsefiic Mblinié ). iLes fruits 
ides thuya aoat stimukas et céaiiiiieux. 

PIN MARITIME , Pinus maritima , Miller , n^ 7, Pims 
9Yli>estris , L. Var. Cultivé da»s les landes de Bordeaux sur- 
tout. Par des entailles , il en découle une résine liquide , 
qu'on nomme gàUpot^ ou la périnne-^ierge des Provençaux : 
celle qui se dessècJie après l'arbre , «'appelle iarroif.Xes pe- 
tits grains de galipot, exsudés naturellement de l'arbre , se 
mêlent à l'encens pour le falsifier. Le galipot récent est une 
térébenthine inférieure aux autres , et qui se dessèche bien- 
tôt. Le .galipot cuit , épaissi et dépuré , est le brai sec , ou 
le m/ae des Provençaux , qui est brun ; mais si l'on y incor- 
pore un huitième d'eau ^ ou .a ^ résine jaune ^c&t: «ç^te ri- 



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CONIFERES. 3i9 

«me noîrck moins. En distillant le galipot dans Veau , on ob- 
tient une huile essentielle , eau de raze des Provençaux , 
inférieure à l'essence de térébenthine. Si l'on distille à feu 
nu le bois résineux du ce pin , on obtient le goudron , ou 
hrm liquide , de couleur brune , d'odeur forte ; lequel , 
fondu avec le brai sec , donne le brai gras. I^a suie du 
pin ou du goudron brûlé est le noir de ^umée. Ces résines 
servent au ^carénage des vaisseaux ^ le goudron est très-dé- 
^ersif, dépurattf; l'eau dans laquelle il a infusé s'emploie 

E)ur les xnçiladies de la peau , les ulcères dn poumon , etc. 
a poussière fécondante du pin , d'un jaune de soufre , est 
inflammable , remplace le lycopode. L'odeur du goudron 
chauffé soulage les malades affectés de phthisie pulmonaire, 
«elon Crichton. 

PIGNON DOUX, Pmu8 pinea, Jb. Ses amandes sont 
adoucissantes , pet^torales , en émulsion ; .donnent de l'huile ; 
on les con£t , ou on les mange crues , mais rancissent aisé* 
ment ; alors elles sont acres. Cet arbre naît au midi de 
l'Europe. Xi'Arau caria , Pinus araucaria , Dombey , des 
Cordilières et du C]bili , trèsTgrand arbre dont les amandes se 
mangent , est l'un des arbrçs les plus hauts , de 1 80 pieds. 

PIN ÇEUVIBRO, Pinus Cembra, L. Ses amandes se man- 
gent aussi , do^nent 5 onces d'huile par livre ; l'ajrbre pro- 
duit une résine, la térébenihine de BriançonyÂ\(xà,enr agréa- 
ble : a les vertus des autres térébemhines. 

PIN ORDINAIRE ,, Pinus ayli^stris, L. , Pinus Mugfio, 
d'Aiton , on Pin «crin , Pin ©^Ecosse , de Ghsnève , de Ta- 
rare, 4e RjGA, du Cânapa, etc. Sa ^résine odorante est 
analogue k la précédente .; l'huile essentielle qu'on en tire 
( baume dès Capathes ), est vulnéraire , détersive ; ses bour- 
geons remplacent le genièvre dans l'eau-de-vie. Nomme 
encore le Pin rouge , il fournit de bon goudron , le quart 
de son poids , et du galippt ou barras aassi : celui-ci con- 
tient de l'huile volatile et de la résine. Sa seconde écorc© 
se mçinge dans le Nprd , pulvérisée et mêlée dans le pain. 
Le Piuiuf tœda , L- , sert de torche , pour s'éclairer dans l^ 
ûuiu Le Pinus halepensis , L. , donne une excellente téré- 
benthine aussi 5 à Alep. 

SAPIN COMMUN , Abies axifolia , Lamarck ; Pinus 
AbieSy L. Donne la térébenthine de Strasbourg, qui est lim- 
pide, s'amasse sous l'écorce de l'arbre en tumeurs, que l'on 
P^xçe. Est meilleure que celle du mélèze (dite de F^enise)^ 



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3ao CONIFERES* 

et donne le quart de bonne essence , en k distilktit i Veâia> 
si on ]^ recueille enaout (/^o^czaux térébinthacées, p. agS)» 
Les cônes rôtis et broyés s'appliquent sur les. brûlures. 

SAPIN PESSE , ou à POIX, ou Epicia , Mies picea , 
Lam. ; Pmuj picea y L. Son écorce entaillée en août, il 
en découle la poix grasse , on poix blanche , ou de A)Mr- 
^ogTi^, qui, distillée avec Peau, donne une essence infé- 
rieure à celle de térébenthine. Le résidu de la distillation 
est la colophane^ La poix blanche ou résine , bouillie et 
noircie avec le noir de fumée ^ fiiit la poix noire , analogue 
au goudron et à la poix noire du pin , ou arcançon , résida 
de la distillation du galipot. Les Abies pectinaia et excelsa 
oi&ent, aussi de bonnes térébenthines. 

SAPIN, Baume du Canada, Abies, ou Pinus bahamedy 
L. Donne une térébenthine limpide, jaunâtre, odorante, 
nervine , trè^^fine , et pénétrante. Employée ccHnme baume 
de Giléad £aux par les Anglais. 

SAPIN SPRUCE et la SAPINETTE DU CANADA, 
Abies , ou Pinus canadensis , L., et P. alba^ Alton. Leurs 
jeunes bourgeons , infusés dans une bière feite arec Pavoine 
et la mélasse , donnent une boisson salutaire dans le scorbut, 
et rafraîchissante, antiputride. On la nomme épinette. Elle est 

Eiquante et enivrante. Les ranieaux an Pinus nigra ( Lam- 
ert , Pin. , tab. 27 , icon.) , en décoction avec du sirop 
de mélasse, sont un excellent antiscorbutique dans PAmé^ 
rique boréale 5 aussi, l'essence de pin, on Pextrait.de ses 
cônes , uni à Palcohol de cochléaria y pour les marins. 

MELEZE, Larix europœa^ Lam. , Pinus Larix , L 
Fournit k térébenthine dite de Venise , inférieure à celle 
du sapin et du térébinthe , mais meilleure que celle des pins. 
Donne une bonne essence. Epaissie sur le feu , forme la co- 
lophone. Les feuilles de Parbre exsudent aussi , ver^ Brian- 
çon, une Manne purgative dont on fait nsage; en ce papî 
elle purge moins que la manne des frênes. 

CÈDRE DU LIBAN, Larix Cedrus, Lam. , Pinus Ce- 
drus , L. Bel arbre , à branches étalées , à cime tournée au 
Nord. On a cru son bois incorruptible : sa scitire, astringente , 
sert à embaumer les corps ; fournit , dit-on , par distillation 
une huile empy reumatique , propre à éloigner les insectes , 
et il embaumer les cadavres; est la Cedriay de Rouelle. 



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MEDICAMENS PEU CONKUS. 3ai 



MEDICAMENS PEU CONNUS. 

ou INCERTM SEDIS. 

RACINE DE JEAN LOPEZ. François Redi {Expennu 
circà Parias res naturales ^ Amstelod. , 1681, p, i38), 
a parlé le premier d'une racine trouvée sur le rivage de 
l'Afrique , par Jean Lopez , et qui a gardé son nom^ Long- 
temps négligée , David Gaubius en rappela l'usage , soit en 
aécoction , soit en poudre , à la dose de demi-gros , contre 
les diarrhées colliquatives. C'est une racine ou un bois 
qui nous est apporté de Goa. Sa grosseur est variable ; elle 
est lisse , blanchâtre ou d'un jaune de paille , couverte d'une 
eçorce jaunâtre, rugueuse, lâche et presque cotonneuse au 
loucher : elle n'a ni odeur et presque pas de saveur, si ce 
n'est un peu d'amertume dans l'écorce. Nous pensons qu'elle 
peut venir d'an Tneniapermum , plutôt que d'un zanthoxy-* 
lum ou d'un monts ^ comme on l'a supposé, /^oy. p. agS. \ 

RACINE SÉCACUL des Arabes. Est celle d'une espèce 
de chervi , Sium sisarum^ L. Aromatique, stomachique, 
et passant pour aphrodisiaque , comme le ninsin dtes Ja- 
ponais , qui est aussi une autre espèce de chervi. 

ZATARHENDI des Arabes. Est un basilic , Ocymum 
MiarJiendiy Willd. Très-cultivé, à cause de son odeur char- 
mante. 

MASSOY. Écorce mince, presque plane , de couleur de 
canelle , ayant un épiderrae grisâtre strié. Son odeur est 
très-balsamique, sa saveur douce, puis piquante ; elle donne, 
eu la brûlant , une vapeur d'odeur de canelle. On l'appor- 
tait jadis de l'Inde orientale. C'est un tonique. Nous l'avons 
rapportée à un laurier , à celui qui fournit le coulilawan , 
Laurus cidilabany L. , vcyyez p. i64- 

RACINE DEFÉDÉGOSE, envoyée du Brésil en 181 7 
[Jour, de Pharm. , p. ^57) à M. Cadet. Est brune , ligneuse, 
spongieuse, ou à fibres écartées , et dont les cellules renfer- 
ment un suc propre. L'intérieur est d'un jaune clair, inodore, 
peu sapide ; mais son écorce est amère , astringente. La dé- 
coction est peu aromatique , noircit avec les sels de fer , ne 
précipité pas la gélatine 5 contient peu d'acide gallique. Les 
Bràsiliens l'emploient- comme "iKbrifuge et «udorifique. Nous 



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3a4 MEDICAMENS PEU CONNUS. 

présemant un aapect brillant. Nous sommesi portés k croire 
que c'est le suc gonmio^résineux, qui*découle de l'aAre bra- 
silien ncHiimé Guapabaiba ^ lequel est , selon Browfie, le 
manglier , Rhizopkora mangle , L. , arbre de la famille des* 
chèvrefeuilles, comme le lierre j qui donne aussi une gomme 
résine. ' . , . 

FAUSSE ANGUSTURE ^ ou ferrugineuse. Ecorce très- 
amère et vénéneuse y à épiderme de cotileur de rouille de 
fer; est fauve à l'intérieur; un peu aplatie ^ épaisse, d'une 
ligne ; assez large. On a cru devoir l'attribuer au Brucea 
a^t{dy8entericayL\iérii.yCpii est le pooginçosàe Brnce {P^ojrag* 
aux sources du Nil^ tom. V, in-4°, ?• 87 et fig. 43). Pelle^ 
tier, qui a fait l'analyse ebimicpie de cette écorce, y a trouvé 
tm principe alcalin , cristallisable , vénéneux , analogue à la 
ètrychnine ; il l'a nômmie Brucùie. Cette écorce est compo^ 
sée de ligneux en grande quantité , de gomme en propor- 
tion très-notable , d'une matière colorante jaune , d'un peu 
de sucre, d'une matièlre grasse et de gallate de brucine. 
f^m^ez page 294» 

= Mais nous avons exposé nos raisons , qui nous font pré- 
^mer que cette écorce , qui vient des Indes orientales , est 
plutôt celle d'un strycknos. Voyez aux apoçynées, p. 191. 

IPÊÇACUANliA BLANC, de Pison et de Gomez, ap- 
pelé Poa/a do campo , à Rio Janeiro, au Brésil; est la 
Richardia Brasiliensis de Gomez ( Memoria sobre a ipeca- 
cuanha etc. Lisboa, 1801 , în-4°, fig. 2). Racine d'un blanc 
^le, qui* devient plus jaunâtre en ^e desséchant, annulée, 
tortueuse, à écorce épaisse, a bois blanc, moins dure que 
Kpécaéuanba brtm , le bois intéri^pr filiforme ; a même da- 
teur acre et nauséeuse, étant récente, mais devient fari- 
lieus^ et peu acre apirès la dèssication. Plante ^e la famille- 
è.es rubiacées à fleurs en tête 5 corolle monopétale, à 6 divi- 
sions,- 6 étanûnes, i style ,3 stigmates, 3 semences en une 
ejrivdoppe coriacée. Feuilles entières, velues, opposées, ovale* 
lancéolées. Fleurit au Brésil , pendant totrt le printemps. 

> Cette espèce est envoyée dans le commerce, quoique peu ac- 
tiare;ir&ais, k défaut de Pipécacuanha brun qui devient rare; 
^Ue<loit être rapportée p. 2k)8. ». 

. QIÎINQUBSA» Jtf . Pelletier a retrouvé le cinchonin, prin- 
cipe fébr^ige d«s quinquinas. Ce principe est' blanc , et a 
4^^ii»iceVii pipr differens chimistes. J^ojézjf. ai 5. 



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REGNE- MINERAL. 3a5 

RÈGNE MINÉRAL. 

( Bergmann , JVemer y Haiijr j Berzélius , etc. ) 

Les minéraux sont des substances inorganiques , non in- 
dividuelles , dont chaque molécule a une existence iridépen- 
danie de toutes les autres , dont la forme naturelle .est d'or- 
dinaire cristalline ou anguleuse , et qui s'accroissent par 
juxtà-position. Ils se trouvent, soit à la sur&ce de la terre ^ 
soit à différentes profondeurs. La partie de la minéralogie , 
qui apprend à distinguer les diverses sortes de minéraux , 
est Yoryctogriosie» La fféogriosie indique leur gisement et 
leur état dans le sein de la terre. La chimie minérale re- 
cherche leurs diverses parties constituantes ^ et la nature 
de chacune d'elles. 

On divise naturellement les minéraux en deux grandes 
classes 5 !<> EN MATIERES COMBUSTIBLES 5 2* EN 
SUBSTANCES COMBURÉES. 

La première classe se sub4ivise en substances combus- 
tibles non métalliques , et en métalliques. 

La seconde est partagée x^ en matières salines plus ou 
moins simples et solubles ; 2® en terres ou pierres; 3% en 
fossiles ou pétrifications , et en produits volcaniques. 

Il n'y a d^ espèces fixes, en minéralogie, que les sub- 
stances qui ne peuvent pas se convertir les unes dans 
les autres , et que la chimie reconnaît simples , ou indé- 
composables par ses moyens. Ainsi les terres composées 
de plusieurs pierres, les mio^raux métalliques, les bi- 
tumés , etc. , sont Tdes sortes plus ou moins variables dans 
ia quantité ou le nombre .de leurs principes consiituans. 

MINÉRAUX COMBUSTIBLES, 

NON MÉTALLIQUES. 

1** IBITUMES. Matières composées, dont fori- 
gine parait être tirée des végétaux et des animaux j 
solubles en tout ou en partie dans, les huiles , ayant 
une odeur plus <iNjl moius forte. 



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$26 . MINERAUX NON METALLIQUES. 

NAPHTHE, Naphtha. Bitume liquide : est une huile 
éthérée , limpide , très-vdiatile ^ très-inflammable , incolore , 
d'odeur pénétrante, assez agréable, qui se retire par dis- 
tillation du pétrole. A Pair , sa partie la plus légère se dissipe , 
et le reste s'épaissit et noircit ; est alors le naphthe , devient 
rouge, ou de couleur ambrée» Le plus pur et le plus begiu 
vient de Baku, en Perse; passe pour un excellent anti»- 
fhuifiatismal et antipàral jtique , en frictions. Celui d'Eu- 
yope est distillé du pétrole de Gabian , etc. Sert encore h pré- 
server le pqtassùùmy le sodium ^ du contact de Pair. 

PETROLE. Bitume épais comme Phuile grasse, d'une 
odeur et d'une saveur d'acide succinique, pénétrante, 
plus léger que Palcohol lorsqu'il est pur , brûlant avec 
une flamme bleue. Le jaunâtre se tire d'Italie, près de 
Modène ; le rougeâtre , de Gabian , en Languedoc , d'Al- 
sace ou de Suisse; le noirâtre, des mêmes pays et du 
Nord. Il noircit à l'air, découle ou de la terre ou des 
rochers , ou il surnage tjuelques eaux thermales. A les pro- 
;priétés du précédent. {Petrolœum)^ huile de pierre. 
S'emploie dans Part vétérinaire surtout à l'extérieur. 

MALTHE, Maltha. Porx minérale: se trouve en Aur 
-vergne, en Suisse; est de consistance grasse, tenace comme 
la poix, noire ou d'un rouge brun, d'odeur désagréable, 
très-forte , m^is qui se dissipe avec le temps 5 souvent mêlée 
^ de la terre. La Piôsasphalte vient Aes mêmes lieux, 
et difjtère très-peu du précédjem. .En mêlant de la poix à 
l'asphalte, on fait \xne (composition propre à embaumer, et 
qui se reconnaît dans le,s . mpmies d'Egypte. Ce^ bitumes 
sont n^rvins , an ti gangreneux. De même , la Mumie mi- 
nérale ^ si estimée des Persans, comme vulnéraire, est un 
malthe poisseux ^ à de^Tii^ypriable; résidu du naphte. Se 
trouve dans nue montagne de la chaîne du Caucase. 

ASPHALTE, BiTinwE de Jud^e , du lac Asphaltide , où il 
surnage les eaux. E^t noir, sec, fragile, vitreux, électrique 
paR frottement, brûlant avec une odeur de succîn, une 
famée très-^épaisse. Se trouve ég«ilement en Alsace , ou 
vers Neufchâtel et Dâx, etc. Oii en fait un ciment imper- 
-méafele >à Peau; les murs de Babylone en étaient enduits. 
Sjért de goudron, ou dans les vernis, etc. Tous ces bi-: 
tûmes sont à ppu prps les mêmes., mais ; plus ou moins 
endurcis et séchés à Pair. Le Suif minéral trouvé sur 
Peau de la mer en Finlande, et dans une fontaine prc* 



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MmÉRAUX WON HÉTAUJQUBS. 5^ 

-de Strésl»ourg, est «ne oommie minémle^ ie CttùM-ckoue 
/msUe est aussi im bitume brun da Dêvby^fbîré eto An- 
gleterre, élastique «c do«wMit o«i éEfU des ^mcknts ana- 
logues à ceux du caom-diotrc, c'esir^-dire, du carboviàte 
d'ammoniaque et une huite pjrogénée , une f innée très^ 
épaisse , et qui noircit cm dépose dm carW^ae» 

JAYET on JAIS, Gagates. Bitume noir, compacte 
tîommc nne pierre , snsceptflîle dépoli, surnageant l'eau, 
Lrûlant avec une odeur fétide, antftiystérique ; fournit 
unacide par la distiilati(Mi , et Une hniiéeiiipjir«»£nâià[ae ; est 
peu fragile. Il devient légèrement électrique par ie £rol^ 
lement. On en fabrique des bijou$^ Se trouve dans les 
Pyrénées, FAUemagne, etc. Entre dans les v^efnis noirs. 
Parait déceler dans sa fracture mne origine ligneuse. 

AMPÉLITE ou PH ARM AGITE, Amptîitea. Noire, 
fragile et friable , mêlée d'argile. Se trouve en Lorraine, 
en Normandie; appliquée .sur le nombril, est vermifuge. 
Contient du fer, est schisteuse. 

HOUILLE, CHA^BON-DE-TERRE,i^A««rt/tijr, 2w>- 
.phytojithrax hydrogéné* A plihskups vflitiétésjde coolenr, 
de brillant, de densité. Se délite à l'air, s'il «stpyrhenx. 
Distillé, donne un pétrole et un bt^me qui ftfm rem»- 
placer k goudron. La hodJle à demi brâiée est le nCoci . 
des Anglais, ne rçpand plus d'odeilr. L«t couches de 
houilles sont dans des lits takairi^s ou d'ardoise, ou près 
des mines vitrioliques» EUe n'<est pas nare ett beaucoup 
de pays. 

TOURBE, Turfii. Détritus des végétaWx dans les bas- 
fonds marécageux. Est bien moins bitumineuse qtie les pré- 
cédens. Une sorte de h<m pourri dans nne toui^îére, 
près de Cologne, donne nne espèce de t(*rre •d*0►mb^e 
* qne les Hollandais mêknt à leur tabac. 

SUCCIN, KARABÉ, AMBRE JAÙKE, Succinum. 
Ressemble à une résine jaune plus ou moins transparente , 
pesante , électrique par frottement ( ekctrum des anciens ) , 
capable d'un beau poli, ne se fondant qu'à une gràiide 
chaleur, exhalant une ftimée blanche, aiâde, d'odeur agréa- 
ble (acide succinique ). Dans quelques moreexiùx, on a 
vu des insectes enveloppés. On en remarque de très-blanc , 
comme la résine copal, etdu rougeâtre. Se trotiv*! sur les 
bords de la mer Baltique , dans la Prusse ducale , en Si» 



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3i? MINÉRAUX NON MÉTALLIQUES. 

cile^ et àusai ailleurs, quelquefois attaché à des bois pu* 
tréâés. Passe pour céphalique et utérin, usité dansTHys- 
térie, Tépilepsie, par son huile empyreumatique^ Entre 
dans les vernis. La Mexlite de Wemer, Hônig^stéin ^ quit 
,se trouve en Saxe, parait être un succin qui donne un 
acide mellitique par le feu; selon Klaproth, est un mellî- 
tate d'alumine. L'acide sulfurique concentré noircit lesuccin, 
et lui communique une odeur d'anibre. C'est le piusçartir 
ficiel des Allemands. 

AMBRE GRIS, {ployez îlègne animal, aux Cétacés, 
pag. ii4 et laa. ) 

»• Substances combustibles , non métalliques ; car- 
bonées , ou sulfureuses , ou phosphoreuses. 

CARBONE , ne se trouve pas naturellement à l'état de pu- 
reté; fourni par les substances végétales et animales abondam- 
ment , aussi par les houilles , et à l'état d'acide carbonique 
dans les carbonates de chaux, si multipliés dan^ la nature. Le 
carbone a une grande attraction pour l'oxygène, ^'il enlève 
à l'eau , aux oxydes de tous les métaux , au soufre et au phoi- 

Ehore ; dissoluble dans l'acide nitrique , les alcalis et le gaz 
ydrogènej s'unissant k quelques métaux, comme le fer et 
l'acier , au phosphore ; servant de base à l'accroissement des 
corps organisés végétaux k l'état àe fumier ^ ou de humus y et 
des animaux à l'état à! aliment Le gaz acide carbonique se dé- 
compose aussi dans les plantes par le concours de la lumière, 
et abandonne alors son oxygène. Le charbon est très - peu 
conducteur de la chaleur et de l'électricité , trèsrfixe etinalt 
térable au feu dans des vaisseaux clos , adhère fortement à 
l'humidité et à l'hydrogène dont il s^imprègne ; est capable 
d'empêcher la putréfaction ou de purifier plusieurs substances^ 
et odeurs infectes. Ce corps ne paraît pas être essentiellement 
noir, si ce n'est celui qui a déjà éprouvé, ou l'action du feu, 
ou un commencement d'oxydation (i). Le charbon ordinair^e 



• (i) Si le Diamant ( et Tégrisëe, ou sa poudre ) devait être encore au 
iionfibire des médiçamen», il serait placé dans cet ordre : il est combus- 
tible et formé de carboue pur ou peut-être avec un peu d'hydrogène. Il 
\{ se trouve uon-seulement d^ns les royaumes de Golconde et de Vi.*apour» 

1| et à Java; mais au Brésil^ dans le district de Serra do Frio. (MAt^; 

F'oyage au Bréail , ^c. ) h% diamant »'^lectri»f vitceusemeut par» 
rolteiutat. 



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MÉTAUX. 3^9 

dorme da tannin par sa dissolution nitriqae , selon Hatchett ; 
}l contient un peu d'azote. 

GRAPHITE (faussement nommée ilfo(K&K/ie). Est la 
matière noirâtre, d'un aspect métallique, dont on ipait des 
crayons. Celle d'Angleterre est la meilleure. Fer carburé 
d'Haûy ; elle contient un dixième de carbone , et du fer. 
\J Anthracite est un carbure ailicéo-alumineux , du Valais , 
selon M. Vauquelin. La graphite , dite p/o/n6ag:me, ne con- 
tient pas de plomb , mais en a la couleur. 

SOUFRE NATIF, commun ou volcanique, pesanteur i ^99* 
Se trouve dans presque tous les lieux k volcans, à eaux ther- 
males , quelquefois cristallisé en aiguilles , d'autres fois mêlé 
dans les eaux hydrogénées ou hépaticpies. Se rencontre 
fréquemn^ent avec les sel gemme. Très - électrique par 
le frottement , minéralisé beaucoup de métaux , se sublime 
tn fleurs; sert à la poudre à canon; il donne en brûlant l'a- 
cide salfurique ou vitriolique et le gaz sulfureux, si suffoouanty 
tpii déteint le^ matières animales. Le soufre est béchique , 
antipsorique , diaphorétique. La fleur de soufre doit être lavée 
pour enlever l'acide sulfureux qui l'imprègne ; elle contient 
derhydrogène j est un hydrate de soufre 5 peut se combiner aux 
alcalis, aux terres et aux métaux, à l'état de sulfure. * 

PHO^HORE. Bien qu'il ne se trouve pas pur dans le 
règne minéral , cependant il est un des minéralisateurs & 
l'état d'acide, du plomb , du cuivre, du fer, du manganèse, 
dtt platine, des terres, etc. Il paraît exister aussi dans les eaux 
Hy dxQgénée^ des marais, d'où s'exhalent des feux follets en été. 
Le phosphore tiré dés substances animales a été dotmé inté- 
rieurerabcnt 5 est un échauffant et un excitant très efficace , ou 
même dangereux. Se prend dissous dans l'éther. Découvert 
«n 1677 , par Kunckel. 

SUBSTANCES COMBUSTIBLES. 

Se distinguent par le brillant , l'opacité , la pesan- 
teur 5 la fqsibililé , la conductibilité du fluide élec- 
trique ; sç divisent, 1* en métaux ductiles et mal^ 
léables , fprmapt des masses dures, tenaces, sonores, 
capables de poli , servant dans les arts , et appelés 
îiidis MÉTAUX PARFAITS^ 2** ^n ûiétaujx fragiles , faci^ 



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33o METAUX, 

lement oxidafales , dits demi-métaux ou imparfaits ; 
5"* en métaux^ ouacidifiables^ou difficilement privés 
d'oxygène. La cristallisatioa des métaux est d'ordi- 
naire l'oclaèdre. 

ÏUÉTAUX ÉLECTRO-POSITIFS, DONT LES OXYDES 
SERVENT DE BASES AUX ACIDES. 

I® OR, Aunim. Pur et écroui, pèse 19,257, Téau étant 
supposée 1000. Très-ductile, peu oxydable, attaquable seule- 
, ment par les acides chlorique et nitro-muriatique ( eau régale), 
ou par les hydposulfiires. Se trouve le plus souvent à l'état 
natif, non pur. Le précipité pourpre dé Gassius, Tor ful- 
minant , qui est un purgatif très - violent , inusités en mé- 
decine \ Vor potable n'est plus employé. On use maintenant du 
muriate d'or et de soude comme antisypbilitîque. On se sert 
de feuilles d'or pour envelopper des pilules, pour mêlera 
la .confection d'hyacinthe, etc. 

' PLATINE écrouî , pèse 22,6^0. Moins fusible que le 
fer, dissoluble dans les mêmes acides que l'or. Se trouve au 
Pérou et à Santa-Fé, aussi en Espagne et à Saint-Domingue. 
M. Vauquelin l'a trouvé dans une mine d'argent de Guadal- 
canal , en EiStramadure ( Annales chimiques , LX , p. 3 1 7 )• 
Natif, est mêlé au fer et autres métaux. Forme d'excellens 
vases chimiques* 

ARGENT, Argentum, pèse 1 0,474- Très-malléable. Se 
trouve aussi à l'état de régule natif , est minéralisé par beau- 
coup de substances , assez peu oxydable , dissoluble dans plu- 
sieurs acides. Le nitrique en forme le nitrate d'argent, qui 
étant fondu , est la pierre infernale , caustique très-violent 
•pour ronger les chairs. La lune-cornée (ou chlorure ), l'ar- 
gent fulminant et l'arbre - de - Diane , inusités. On argenté 
les pilules avec des feuilles de ce métal, 

MERCURE, Hydrargyrum , pèse i4,iio. Est fluide, 
ne devient dur et malléable que sous 3o deg. de froid , ou 
39 centig. S'oxyde en noir à l'air {œiliiops per se ), enrôlée, 
au feu. S'ainagalme bien avçc l'or et l'argent. Se trouve 
natif ou minéralisé par le soufre , elc.jTlthiops et Cirïàhre, 
natif ou artificiel ( sulfurés noir ou rouge ). De ce dernier 
pulvérisé vient le vennillon. Se trouve à Almaden , en 
Espagne; à Ydria , en Camiole ; k Deux-Ponts et au 
Pérou, etc. Les muriates ou les hydrochlorates et clJorureê 



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MÉTAUX. 33i 

corrosifs :i lenitratede mercure^ ses oxydes owpnrs ou dan» 
la graisse , en onguèns , et dan$ d'autres excipiens , sont 
irès^jusitês en médecine ; purgatifs , vermifuges , dépuratifs , 
spécifiques antivénériens , etc* Il bout à 35o degrés de cha- 
leur, pour sa distillation, a6n de Tobtentr pur. 

CUIVRE ROUGE, Cuprum, JEs, pèse 8,895. Se dis- 
sout dans presque tous lesaeides ( est la Vénus prostituée des 
Alchimistes ) , se trouve natif et minéralisé ; l'oxyde bleu , 
û5&ur ou Ideu de montagne et pierre â^ Arménie y Foxyde 
vert carbonate on mnlachite, et ver^ de montagne^ pyrite 
cuivreuse ; les arséniate , carbonate , muriate et sulfate de 
de cuivre, etc.* la ChtysocoUe verte et d'autres carbonates 
de cuivre servent en peinture, comme le verdet, vert-de- 
• gris ( acétate et oxyde de cuivre ) , et Vaziir, L'ammoniaque 
dissout le cuivre en beau bleu ( eau céleste ). Le sulfure et 
le sulfate ( vitriol bleu ) précipitent du cuivre par le moyen 
du fer 5 c'est le puivre de cémentation. Uni au zinc «de la 
pierre calaminaire , le cuivre de rosette donne le laiton ou 
cuivre jaune , similor ; uni i Tétain , f^t r airain ou 
le métal des cloches ; Je laiton avec Tétain £ak le brom^ 
des statues et canons; avec Tarseriic, le cuivre devient blanc, 
Jje cuivre est un poison à l'état d'oxyde. 

FER, JFVrrM/7î,pesanteur spécifique 7,788. Lephisabondant 
des métaux et le plus utile aux arts , très^ductile et -tenace , 
très-élastique, et le plus dur de tous à l'état A'acier (fer 
carburé ) ; doué de la propriété magnétique ; de savieur 
astringente, en oxydes ou rouilles (le noir est Vœtliiops , 
deutoxy de 5 le rougeâtre ou tritoxyde est le safran de Mars , 
plus oxydé et carbonate). Le fer est dissoluble partons les 
acides, oxydable à l'air et à l'eau , se combinant bien avec 
le soufre, l'arsenic, etc, , difficilement avec* le n^iercure. Se 
trouve rarement en fer natif ; est, ou à l'état d'ajmant, ou 
en pyrite martiale ( sidfure d'oii se tire le vitriol vert 
naturel, sulfate de fer ), ou en fer spatliique ( carbonate ), eu 
fer limoneux ( hydraté ) ou argileux, d'où vient VJiématite^ 
ou sanguine; est le feroligiste, rouge hydraté, argilifére, dont 
en fait des crayons rouges; ou en plombagine {csxThure de fer), 
pour les crayons gris, etc. Celle-ci tient g de carl^one, i partie 
de fer. JJ aimant est le fer oxydulé magnétique , d'Haùy • Le 
piispikel ( fer arseniqué ) , ou pierre de santé ^ sert à Épije 
des bijoux. Les» ocAre.ç martiales jaunes, rougissant au feu, 
#^nt des carbonates de fer hydraté avec la clu^u:^ et l'argile. 



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352 METAUX. 

JJjEtlte 5 ou pierre d'aigle , est une mine de fer limoneusQ^ 
en rognon. On nomme émeril une mine de fer grise , quart- 
zeuze, ou corindon granulaire, qui sert pour polir les corps 
durs. La terre cT Ombre , ou brune , et la terre verte de 
Vérone , sont des fers carbonates argileux. Le bleu de 
Prusse est du fer oxydé et précipité par l'acide prussiquc 
ou hydrocyànique des matières animales. Des hydrosul- 
fates de fer se trouvent dissous dans quelques eaux miné- 
rales qui passent sur des mines de fer hépatiques, h'ampélite 
_cst un schistejferrugin^x( voy^js aux Bitumes, p. 827). La sidé- 
rite, qui rend le fer cassant a iroid, est un phosphate de fer, etc. 
Ce métal, très-usité pour la teinture, l'encre , la médecine, 
est estimé tonique , apéritif ; se veconnait dans le sang 
des animaux; parait être un des principes colorans des 
corps organisés, et décompose l'eau, k une température 
élevée. Le colcothar, le sory, le misy , la chalcitisy sont 
des oxydes de fer, tirés du vitriol calciné, ou des sulfates 
peroxydes. 

ET AIN, Stannum^ gravité 7,296. Très-dissolublê dans 
les acides, très -fusible ; son oxyde gris est la potée d'étain; 
a un grand feu se volatilise en fleurs d'étain ( oxyde blanc ) ; 
combiné avec le soufre et le muriàte d'ammoniaque , donne 
l'or massif; combiné aux autres métaux, les durcit, les rend 
cassans, plus sonores. L^étain de Cornouailles , celui de 
Banca et Malacca , sont les plus purs. Le nitro-muriate d'é- 
tain est un apprêt pour les teintures. He métal sert à étamer 
les glaces , le fer et le cuivre ; la potée fait l'émail blanc , 
polit les corps durs , etc. Contient très-peu ou point d'ar- 
senic , dit Bayen. 

PLOMB, Plumbum^y pèse ii,352. Très-fusible, mou, 
oxydable, peudissoluble dans les acides sulfurique et muria- 
tique 5 peu sonore. Dans la fusion , s'oxyde en gris , en jaune 
( massicot ) , en rouge ( m.inium ) , en demi-yitrification 
( litharge ). Par le vinaigre , s'oxyde en céruse^ ou blanc-de- 
plowj} , en sel sucré de Saturne ( acétate de plomb ). Par 
les huiles et les graisses , ses oxydes se dissolvent , fonnent 
des emplâtres ( sortes de Combinaisons ) , ou des onguens. 
Le soufre précipite le plomb en noir. Ce métal volatilise et 
scorifie les métaux imparfaits ., dans la coupellation ; donne 
ujL verre jaune. La galène est un plomb sulfuré ; le sel marin 
se décompose par la litharge 5 le muriate de plomb peint en 
jaune. Le plomb vert est un phosphate de plomb. Ce métal 



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METAUX. 33Î 

est un poison , k l'intérieur ; siccatif utile , , à l'extérieur. La 
litharge d'Allemagne tient des oxydes de fer et de cuivre. 

a° ZINC, Zincum^ gravité 7,190. Très-dissoluble dans 
les acides , brûlant avec une âamme éclatante dans les feux 
d'artifice, et exhalant une fumée blanche qui se condense en 
oxyde blanc {pompholjx^ nihil alburriy laine philosophique). 
La tuihie est un oxyde gpis de zinc , qui s'attache aux chemi- 
nées où l'on fond la blende ^ ou sulfure de zinc , et qui sert 
comme siccative, ophihalmique , ainsi que le pompholy x ; ce- 
lui-ci , tiré du zinc pur ( toutenague de Chine ) , passe pour 
antiépileptique, peut remplacer la céruse. Le sulfate de iinc, 
vitriol blanc de Goslar , est très-astringent , émétique , sert 
en collyre , déterge les ulcères. La calamine ( oxyde natif 
hydraté de zinc ) sert pour faire le laiton , le tombac , etc. 
Elle contient de la silice , de l'oxyde de fer , de la chaux et 
de l'alumine. Le zinc rend les métaux aigres , est suscep- 
tible d'être laminé , d'étamer le cuivre; mais son oxyde peut 
faire vomir : bon conducteur du fluide galvanique , ou de 
l'électricité métallique dans la pile de Volta , 'etc. 

CADMIUM , nouveau çiétal trouvé par Stromey er , dans 
la tuthie ou cadmie des foÉkieaux : est blanc , plus ductile 
et malléable que le zinc 5 donne un oxyde jaune , forme des 
sels incolores 5 parait entrer en alliage avec l'étain et le 
cuivre. 

BISMUTH, TVismutlmm ^ pèse 9,822. D'un blanc plus 
jaunâtre que le précédent, fragile, lamelleux, très-dissoluble 
dans l'acide nitrique , et déposant alors par l'eau un magis" 
fercy blanc d'Espagne , propre à servir de fard ; mais cet 
oxyde , calmant contre les crampes nerveuses d'estomac , 
noircit à la vapeur du soufre. Le bismuth sert aussi pour les 
caractères typographiques. 

ANTIMOINE, Stibium , Antimonium, pèse 6,702. Cris- 
tallisant en aiguilles , très-oxydable dans l'acide nitrique , et 
par le nitre {antimoine diapho ré tique) , se calcine au feu, en 
donnant ies fleura blanches , argentines ; cet oxyde se fond 
en un perre de couleur hjacintlie. Le sulfure d'antimoine, 
natif est V antimoine cru , qui , calciné et fondu , donne le 
foie d'antimoine , crocus nietallorum; dissous par un alcali , 
produit le termes minéral et le soufre doré d'antimoine ( hy- 
drosulfatés ) ; sublimé avec le chlorure de mercure corro- 
sif, fait le beurre d'antimoine (chlorure ) , très - escarro- 



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334 METAUX. 

tique , qttî laisse précipiter avet; Fean ïa pùiidre dUAtgàroÛi 
( oxyde blanc ). Ces oSydes , uni« au tartrate acidulé de po- 
tasse , forment le sel tristile. , tiovamé éjnétique» L^antimoiuf 
se tire d'Auvergne ', cm y il sert daos lôs maliâtdie^ de \tt 
peau. 

COBALT, Cobahum, pèse 8,53^. Donne Te èafrey oxytfe^ 
c|ui fait le Terre bleu de smaït , ef ^ui doûne avec racidé 
hydro-chlorique Vencreperte de sympathie. Est aussi magné- 
tique, et uni souvent à l'arsenic, v - 

NICKEL , Niocoium. Rougeàtre , magaédunjus , uni à 
Tarsénic. Les métaux, TblliTrï ou ^tyji^^y CotutoînM^t 
Tantalium , Urane y TiTAi^B , sontt encore iiiusités'et peu^ . 
connus, ainsi que le Palladium, le RfioûiïiM, PBiiDitJM 
ou Ptène , l'OsMiUM , le GÉRIU]vï^,. ôtc. ,. combinés^ au pla-- 
tine , et le Sélénium , le Siriitm. • 

MÉTAUX ÉLECJRO-HEGATIFS, OU PRENANT? 
BEAUCOUP D'OXYGÈNE. 

3^ ARSENIC , Araenicum, ]^ 8,3o8 en régule. Bràle 
avec une odeur d-ail , susceptibl^ae s'oxydej: j^isqtt'à l-aci- 
dification ; se voit ordinairement à l'état d'oxyde blanc vi- 
treux , sublimé dans les fourneaux où l'on fond ses mines. U 
pèse 5,ooo , selon de Born. Uni aux autres métaux , les rend 
fragiles et blancs. Combiné au soufre , s'appçUe orpin , ou 
o/piTTîcn/, s'il est jaune, etréalgar, s'il est rouge ou plus oxyde. 
Seit en peinture et en teinture. L'arsenic blanc (^ oxyde arsc- 
nieux ) , avec la potasse , sert dans la teinture , comme ap- 
prêt ; je l'ai vu employé à très-petite dose contre les fièvres 
intermittentes^, avec des succès douteux. Ce poison affreux 
se combat par les dissolutions de «avon et les' adoucissans. 
La pharmacoliie ( arseniate de. chaux natif , chaux àr- 
sénîatée de M. Haùy) se trouve dans les Vosges ; est un 
poison. 

TUNGSTÈNE, Prolframum, ou SciiiéEiiN , découvert 
par Schèele. Passe à l'état d'acide ; se trouve combiné au fer 
dans le wolfram. Donne un verre bleu avec l'acide phbspho- 
rique. Pèse , dit-on , i'j,6oo. Son acide est jaune. 

MOLYBDÈNE, MofybdœnaXe sulfure de molybdènr 
ressemble à la plombagine., Fait avec le borax ua verre vif- 
let. Passe à l'état d'acide. 



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MINERAUX COMBURES. 335 

CHROME , Chromium, découvert par M. Vanqnelm ; est 
magnétique ; principe coloram vert de l'émeraude du Pérou: 
passé à récàt a'acîde y donne sa. couleur rouge au rubis 5 sert 
aussi en peinture , en émaux yerts sur porcelaine , etc. 

MANGANÈSE } Magtiesiumy pèse 6,85o. On lui enlève 

difficilement Toxygène , et il le reprend à Pair. Est toujours 

à rétat d'oxyde noirâtre, qui cède une portion de son oxygène 

à l'acide muriatique, ou plutôt prive de l'hydrogène l'acide- 

kydroclilorique, pour le ramener à l'état pur de chlore , en 

formant de l'eau. Sert pour les fumigation» oxygénées de 

I Guy ton-de-Morveau , qui détruisent les miasmes contagieux. 

I Chauffé avec l'acide sulfurique, donne beaucoup de gaz oxy* 

I gène pur. L'oxyd^ de manganèse est le savon des verriers , 

I Blanchit les vitrifications colorées ; doniie aussi un verre vio- 

I let ; ne passe pas à l'état d'acide ; se trouve dans les Pyrénées 

\ et ailleurs. Les mineurs de manganèse sont exempts de la 

gale 5 selon G^rillik 

MINÉRAUX COMBURES. 

II y a troi^soptes de; substances salines : 1* les acides ; 
2* les alcalines^ 3** les neutres ou saturées , dont la? 
base est , ou un alcali , ou une tenre , ou un oxyde 
métallî<)u« , etc. Leur forme est lé plus souvent cris- 
talline ; ils sont plus ou moins solubles dans l'eau et 
sapides. Les acides en ique sont plus oxygénés que 
ceux en eux^ 

1^ ACIDES. 

Le SULFtmiQUE (^u VITRIOLIQUE ), et PACIDE 
SULFUREUX, se rencontrent quelquefois naturellement 
près des solfatares, sont le produit du soufre Lrûlé ou 
coml^iné à Poxygèné , mais le plus souvent unis à diverses 
bases salifiables ; est éminemment antiputride ( Voy* Soufré). 
Densité de Pacide 1,842. 

AODE NITRIQUE et NITREUX ( eau forte), ACIDE 
AZOTIQUE. Se forme de toutes pièces par le concours 
des matières animales dans les nitrièresj se rencontre 
toujours combiné. ( excepté pent-être en quelques eaux des 
pluies d'orage). À pour base le g^ astote combiné à' roxy-i 



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336 SELS. 

gène ^ qu'il cède facilement aux corps combustibles qui en 

•ont avides. Densité i,3o i I537. 

ACIDE MURIATIQUE, hydrochlorîque, on marin, es- 
prit-de-sel. Est très-volatil 5 se trouve ordinairement com- 
biné à la soude dans l'eau de la mer. 

Le CHLORE, son radical ( qu'on regardait comme de Pacide 
muriatique oxygéné ) , est privé de l'hydrogène ^ qu'il cède 
à divers oxydes métalliques pour former de l'eau , et il se 
combine à eux à l'état de chlorure. L'acide hydrothlôrique 
parait se former dans l'atmosphère. Le chlore sert à dé- 
truire les couleurs végétales^ et à blanchir les toiles. 
L'acide hydrochlorique peut aussi s'oxygéner avec la baryte 
oxygénée, selon M. Thénard. Densité de l'acide muria- 
tique ordinaire 1,17 à 1,21. 

ACIDE PHOSPHORIQUE ( pojez phosphore). Se trouve 
combiné à la chaux et à divers métaux, dans le règne 
minéral. Abondant aiissi dans les os et les humeurs des 
animaux; retient obstinément une portion de chaux; se 
vitrifie en verre transparent : désoxygéné , donne Tacide 
phosphoreux et le phosphore. 

ACIDE FLUORIQUE. Très-volatil, brûlant les ma- 
tières végétales , corrodant le verre ou la silice : découvert 
par Schèele. Est, sous forme gazeuse, ou aérienne, non 
respirable; se trouve toujours combiné, soit au spath ^2/or 
( chaux fluatée ) , soit à d'autres substances. Son radical , 
le fluor ^ est encore peu connu, quoique MM. Thenard 
et Gay-Lussac l'aient décomposé avec le potassium ou 
sodium» 

ACIDE BORIQtJE. Sel sédatif d'Homberg. Se trouve 
pur dans l'eau de quelques lacs en Italie; souvent com- 
biné à la soude, fait le borax dû commerce; se volati- 
lise avec l'eau , est concret, en écailles brillantes , blanches, 
se fond en verre ; se rencontre aussi combiné à la chaux. 
Décomposé par le potassium en son radical nommé %oreé 

ACIDE HYDRIODIQUE. Constitué d'ioDE et d'hydro- 
gène ( ainsi que l'acide hydrochlorique de chlore et d'hy- 
drogène), en gaz incolore, d'odeur d'acide muriatique; 
composé de 100 parties d'iode et de 0,749 d'hydrogène. 
L'iode trouvée j par M. Courtois , dans les cendres des àicus 
ou varechs, douée d'une belle couleur violette, cristallî- 
sable en lames ; susceptible de s'unir aussi à l'oxygène 



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SELS. .337 

à l'état tmîssant • a la plus gtanclë affinité avec l'hydro- 
gène; se combine aussi à l'état d'iodure avec les métaux, 
le soufre , le phosphore , le Chlore. 

ACIDE CARBONIQUE, formé par ïa comhusUon du 
carbone ^ se trouve abondamment, où combiné à la chaux, etc., 
ou dans des eaux gazeuses, ou en gaz dans les maf- 
Jettes , airs méphitiques ; s'exhale de plusieurs substances , 
et des corps en fermentation. Asphyxie lorsqu'on le respire ; 
se décompose par l'intermède du phosphore et d'un alcali. 

%^ ALCALIS. 

POTASSE. Saveur acre, urineuse, attirant l'humidité, 
rongeant les chairs, formant avec elles ou les huiles des 
savons ; se trouva naturellement combinée dans le nitre , 
l'alun, et à divers acides; change en vert les couleurs 
ileues végétales , comme les autres alcalis ( les acides 
changent ces couleurs en rouge ) ; dissout , par le feu , la 
«ilîce et quelques métaux. On la rencontre aussi à l'état 
de carbonate dans quelques produits volcaniques; extraite 
surtout des cendres des végétaux, comme les potasses d'Amé- 
rique, la perlasse, celle de Russie, déDantzick, du Rhin, 
celles des cendres gravelées, ou du tartre, et du nitre; 
forme la pierre à cautère, etc. Soumise par Davy, à une 
forte action de la pile voltaïque, ou à une violenté clialeur 
avec le fer ou le charbcn, par Gay-Lussâç et Thénard, 
la potasse a donné un métal qui se décompose aisément 
à Pair, et dans l'eau avec flamme; est \e potassium qu'il 
fiaut conserver sous le naphie. 

SOUDE, Alcali minéral ou marin. Abondante dans 
lé sel marin, attire moins l'humidité, mais se comporte 
de même que la précédente. Est le iiatron des anciens et 
de plusieurs lacs en Afrique. Se trouve aussi combinée 
aux acides sulfurique, bôracicpe, etc., dans le borax, 
le sel de Glauber. La soude se retire de plusreurs plantes 
maritimes ( Voyez aux Végétaux, arrochcs,p. 169 , etc.)»- 
S'empîoîe pour les savons , le blanchissage , fa vitrification. 
Se réduit aussi à l'état métallique ou sbdiuTn. 

LiTHioN, nouvel alcali trouvé dans la pétalite, minéral 
analysé par Arfredson.' Est analc^e a la ^potasse. 

AMMOMAQUE, Ai-cali volatil plus particulier que 
les autres au règne animal. Elst, ou à l'état gazeux, ou 
iinî à l'eau j ot^ concret, s'il est combiné à un acide ou 



522 



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.33a SELS. 

à une htdle; soii odeur est vive, pénétrante;' il attaque 
les métaux, dissout le cuivre en )>eau hleu. Pa$se.pour 
diaphorétique , alexitère à l'intérieur. Se prescrit contre 
les blessures d'iinimaux vénéneux , etc* , dans Veau de 
Luce} est composé dTijrdrogcne et d'azote dans un état 
particulier, selon BerthoUet. Se trouve uni à l'acide mu- 
Tiatique dans les produits volcaniques , et efflorescent dans 
plusieurs pierres , ainsi que le nitrate et le sulfate d'am- 
nioniaque. 

Z^ SELS NEUTRES. 

SULFATE DE POTASSE, sel de Duobus , tartre vi- 
triolé, arcànum duplicatum. Plus souvent le produit de 
l'art que de la nature; se trouve cependant dans def 
laves du Vésuve. Contient acide sulfurique ^Oy potasse 52, 
eau 8. Celui de l'art est usité. 

DEUTO SULFATE DE SOUDE, commun dans plusieurs 

eaux des fontaines de Lorraine. Contient soude 1 5, acide 27, 

eau 58. Très-usité; en médecine, est purgatif; s'effleurît 

à l'air. Ce sel admirable de Glauber se rencontra aussi 

^dans plusieurs cend;:es de végétaux. 

SULFATE D'AMMONIAQUE. Contient acide et eau 96, 
alcali lo. Se^ trouve à la Solfatare naturellement et dans d'au- 
tres lieux volcanisés. Peu usité. 

SULFATE DECHAUX, sélépite, gjpse, ou plâtre. Abon- 
dant* dans la nature ; rend les eaux crues et pesantes ; cris- 
tallise sous plusieurs formes. Le gypse , conune le miroir 
d'âne , contient chaux 32 , acide 46 , eau 22. 

SULFATE D'ALUMINE potassé , alun. Alun de Roche ; 
contient sulfate d'alumine 49 y ^^ potasse 7 , eau 44* ^ ^^ 

Sréférable pour les teintures , parce qu'il est exempt de fer. 
I. Berzélius le trouve formé de sulfate d'alumine 36,85 , 
jBulfate de potasse 18,1 5 , et eau 45. Les aluns, plus ou moins 
acides et styptiques , n'ont pas le même effet dans les ap- 
prêts de teinture. L'alun calciné est septîque , puissant sic- 
catif ; l'alun acide cristallise en octaèdre , le moins acide 
en cube 5 • l'alun rougeâtre^ ou de Rome, Contient de 
l'oxyde de fer. Les aluns se forment dans les schistes sulfu- 
reux^ par efHorescence (i). On les compose aussi. (Li'alim 
de pluTue est un vitriol blanc. ) 

(1) Le pyiophore d'Homberg , ou Valim xéduit à Tëut de aulfuce , 



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SEtS. 339 

SULF. DE BARYTE, spath pesant. Contient baryte 60 • 
ncide 3o, silice 10, selon Klaproth. On le décompose par 
le charbon , au feu ( la pierre de Bologne j devient phos- 
phorique ) 5 on en fait du muriate de baryte, qui est donné 
conune un puissant fondant, remède dangereux. Le sulfate 
de strontiane , de couleur bleue , Célestine des jtninéralo- 
gistes 5 est à peu près de même. La baryte sulfatée fétide ( ou 
bitumineuse et sulfureuse ) est Vhépatite ; contient aussi du 
plomb sulfuré. 

SULFATEDEMAGNESIE,seld'Epsom, de Sedlitz, etc. 
Contient magnésie 19, acide 33 , eau 48. Très-usité enmé» 
decine : est amer , purgatif , s'effleurit à Tair , cristallise en 
prismes tétraèdres à sommets idem. S'effleurit dans les dé- 
serts de la Sibérie abondamment , selon Patrin , Miner* , 
tome I ) p. i8. 

PROTO SULFATE DE FER, ou vitriol vert, couperose. 
Contient acide 39, oxyde de fer 23 , eau 38. Plus le fer est 
oxydé, plus ce^el est jaunâtre. Sert pour Tencre, le bleu de 
Prusse; est un styptique eflScace^ et même un fébrifuge y. se 
précipite en noir par les substances astringentes et le tan- 
nin dans la thériaque ; cristallise en parallélipipède rhom- 
boïdal. ELst produit par la décomposition des pyrites mar- 
tiales. Se trpuve en plusieurs eaux minérales. Calciné ^ donne 
le colcoihar. 

. SULF. DECUIVRE, vitriol bleu. Cristallise comme le pré- 
cédent. Contient cuivre rouge oxydé 26, aoide 44? ^^^ 28. 
Saveur austère ; est septique. Le fer précipite le cuivre (par 
cémentation) de ce sel^ l'ammoniaque le dissout en beau 
bleu. 

SULF. DE ZINC, vitriol blanc. Saveur styptique, cristallise 
en pyramides tétraèdres à sommets idem. Contient zinc 
oxydé 20 , acide 4^? ^^i» 4^* S^il ^^^ ^^ filets soyeux, se 
nomme alun de plume ( Confondu mal à propros avec Pas- 
beste ). Usité comme ophthalmique 5 est aussi émétique. Vient 
de Goslar , dans le Hartz. 

NITRATE DE POTASSE, nitre ou salpêtre. Fuse et 
s^enflamine sur les charbons ardens , base principale de la 
poudre à canon ; cristallise en octaèdre cunéiforme ou en 
prisme quadrangulaire. Contient acide 33 , potasse 49 9 
eau 18. Puissant apéritif, diurétique. Donne l'eau forte, 

riT le moyen des matières combustibles, est susceptible de s'enflàmnfer 
lair humide. 

an. 



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34» SELS. 

oxjde les cotps <;oml)tistible5 , se forme dans les débris des 

matières animales , etc« 

NITRATE DE CHAUX. Déli^escent; se trouve dansleii 
e^ux mères de la lessive des salpetriers 5 s^rt à faire du nitre 
avec la potasse. Le nitr» de soude , ou cubique , inusité. 

HYDROCHLORATE ouMURIATE DE POTASSE, 
sel fébrifuge de Sylvius , natif en quelques eaux^ Contient 
potasse 61 , acide 3i , eau 8. 

HYDROCHLORATE ou MUR. DE SOUDE , sel marin 
et sel gemme. Le plus abondant de tous dans la nature , ou 
dissous dans Teau des mers et de quelques lacs , ou en masses 
dans la terre ; cristallise en cube. Contient soude 42t> acide 52, 
eau 6. Déliquescent ^ de saveur salée; usité par tous les peu- 
ples dans leurs alimens ; décrépite au feu. Le sel est en gros 
cubes, transparens d'ordinaire , quelquefois colorés. Se dé- 
compose ou par doubles affinités , oupar l'oxyde de plomb,etc.^ 
•employé comme résolutif dans les contusions , comme an- 
tiseptique pour préserver les chairs , et comme antipso- 
rique. 

MURIATE D'AMMONIAQUE, hydrochlorate d'am- 
moniaque. Se prépare plutftt par l'art, qu'il ne se trouve na- 
turellement dans le règne minéral. 

HYDROCHLORATE ou MUR. DE CHAUX , très-dé- 
liquescent, d'amertume désagréable d'où l'eau de la mer pa- 
raît tirer la sienne , car ce sel sW trouve. Le phosphore d'Hom-? 
ierg est ce sel fondu en fritte , devient phosphorique . Contient 
chaux ^l^^^ciie 3i , eau 2 5. Cristallisé en prismes hexaèdres à 
sommets tétraèdres. Passe pour un grand fondant en médecine. 

PHOSPHATEpE CHAUX , natif, est \Jpatite ; chaux 
phosphatée , Hauy. Contient chaux 35 , acide 45. Dans les 
os des animaux^ le phosphate est souvent avec un excès de 
chaux. Qn fait un phosphate de soude , purgatif , sans saveur 
déplaisante. La turquoise tient du phosphate de fer. 

FLUATE DECWAUX , ou chaux fluatée ,, ^athjluon 
Ron soluble à l'eau 5 devient phosphorique au feu , cristal- 
liise W çuhé 5 ccm^ienl chaux 07 , acide 16 , eau 27. Son 
ûçide est employé poijir gravçr sur verre. , . 

BORATE DE SQUDE SURSATURE :, Soude sous- 
fiORATÉE, RoRAx , Chrysocolle ; le brut ou impur se nomme 
tintai y est gras 5 apporte du Thihet , et se trouve aussi vers 
B^ilberstadt en Saxe. Qn, le purifie , au moyeu de la chaux 



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OXYDES TERREUX. 34i 

etda'miiriate de chaux; il cristallise en parallélipipède iliom* 
boïdal ^ est alcalin , verdit les couleurs bleues végétales ^sert 
de flux pour fondre les métaux 5 contient soude 17 , aoide 
34 , eau 47.. S'effleurit à Pair. 

CARBONATES ALGAUNS , TERREUX ET MÉ- 
TALLIQUES. Les alcali»^ les terres , les oxydes métalliques 
absorbent dans l'atmosphère l'acide carbonique qui s'y 
trouve , et forment des carbonates plus ou moins saiurts , 
dont nous parlons à Tartine de chacune de ces bases salifia- 
bles. Cet acide aériforme adoucit l|i causticité de ces subs*- 
tances. 

OXYDES TERREUX (de Métaux peu où 
point réductibles par le charbon )• 

SILICE , terre vitrifiable tirée du quaru. Est invisible , 
réfractaire au feu, attaquable par le seul acide ftuorique^ 
disspluble par les alcalis avec lesquels eUe forme du verre 5 
est rude et anguleuse au toucher , plus dure que les métaux; 
base du sable , des quartz , des grès , des pierres gemmes , 
des schorls, agathes, etc. ; rarement pure dans la nature. Sert 

f)our les poteries etc. ^ regardée comme l'élément terreux 
. e plus simple ; supposée être l'oxyde d'un métal , le si^ 

' ALUMINE, argile , terre glaise. Se tire pure de Falan j 
est douce , visqueuse au toucher ; s'imbibe d'eau , et formé 
une pâte ductile ; se combine à la plupart des acides , prend 
^w. retrait au feu (pyromètre de Wedgewood ), où elle ac- 
quiert une grande dureté ; se polit bien , flotte dans l'eau , 
où on la délaie. Peut servir pour décolorer le& liqueurs , 
ainsi que le font la chaux et là magnésie. Sert pour les po- 
teries fines et la porcelaine de feld-spath ; abonde dans les 
schistes, les micas , les trapps , les lithomarges, etc. Pré- 
sumée être l'oxyde d'un métal y Valufninium. 

CHAUX. Etant pure , se dissout en 400 parties d'eau ; est 
acre ^ caustique ^ agissant comme les alcalis , attirant l'hu- 
midité ; s'effleurissant par sa combinaison avec l'acide car- 
bonique qui forme la craie. Sert aux cimens; se peut com- 
biner au soufré en sulfure , base ies marbres, des albâtres , 
des marnes , etc. ; déposée ordinairement par couches ou 
bancs sur la terre ; paraît aussi se former dans le corps 



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34* OXYDES terreux: 

de plusieurs animaux 5 regardée comme Poxydc d^rf-mé-* 
tal ^ le calcium. ' 

MAGNÉSIE.Très-blaiiche , fine , légère , spongieuse ; se 
tire pure de la décomposition du sel d'Epsom , ou dès mu- 
riartes et nitrates magnésiens deé eaux-mères du nitré. Le . 
carbonate de magnésie , ou la maguésie blanche ordinaire , 
contient acide carbonique ^5 , eau 3o , magnésie 4^* ^^^ 
fusitble au feu 5 se dissout en très-petite quantité dans Teauj 
forme des sels triples avec Pami^niaque et les .acides. Se 
trouye assez abondamment dans les talcs, les asbestes, les 
serpentines et stéatites, les terres à foulons. Considérée 
<5onmie Foxyde d'un métal^ le magnésium' Elle est absor- 
bante et un peu purgative. 

BARYTE ou Terre pesante. Se trouve dans le spath pe* 
saut (sulfate ) et dans la withérite ( carbonate ) ; adhère très-* 
fortement aux acides ; prend une nuance verte ou bleue au 
feu, ou par le contact d'autres terres 5 est peu soluble, pa* 
ralt alcaline. Soupçonnée d^étre un deutoxyde métallique du 
hi^yum§ est un poison. La "withérite est employée en Angle- 
^ terre pour faire périr les rats. 

STRONTIANE , base de la célestine ( sulfate ) et de la 
Atrontiaiiite ( carbonate ). Se trouve souvent avec la baryte; 
ji'est pas un poison. Le muriate de strontiane donne à Tal- 
cohol la propriété de brûler avec une flamme purpurine , et 
le muriate de baryte , une bleue. Inusitée. Supposée être 
aussi Toxyde d'un métal , le strontium. . 

ZIRCÔNE, découve^e par Klaproth dans le zircon j ou 
\e jargon de Ceylan, pierre gemme * y est le 68/100 , et 
dans rhyacinthe. E^t pesante ^tprécipitée, conune les oxydes 
métalliques , par les prussiates , les gallates et les hydrosul- 
fates. Inusitée. Présumée l'oxyde d'tm métal , le zirco^ 
nium. 

THORIJVE est une terre nouvelle , observée par M. Ber»- 
sélius 5 oxyde du thorinium. 

GLUCINE3 trouvée parM. Vauquelin dsLUs les émeraudes, 
les aigues-marmes. Forme avec les acides des sels sucres au 
goût ; est analogue à l'alun. Inusitée«Crue aussi être l'oxyde 
idu gfucinium 9 métal. 

iTTRI A , trouvée par Gadolin dans un minéral ( la ga- 
^oliniie ) , qui vient d'Ytterby en Suède , etc^ Inusitée , ainsi 
que plusieurs autres encore peu connues. Supposée H^^ 
l'oxyde de V^Uriumy métaU 



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TERRES ET PIERRES. 343 

MINÉRAUX NON COMBUSTIBLES. 
TERRES MÉLANGÉES ET PIERRES. 

( Combinaisons salines multiples , selon Berzélius. ) 

Substances dans lesquelles dominent i* le genre 
siliceux^ gemmes, schorls, quartz, zéolithes; ^"^ genre 
argileux , terres à poteries , schistes , tràpps , litho- 
marges, etc. j 3** genre magnésien on talqueux, terres 
verdâtres, savoneuses, stéalitesou asbestes et rayon- 
nantes ; 4** genre calcaire , craiesi , marnes , etc. j 
^"^ roches mélangées , granits, etc. 

i^ GEMMES. 

Pierres précieuses; contiennent plus d^uminequc 
de, silice, mais ont Taspect cristallin. Inusitées au- 
jourd'hui en médecine. On y admettait jadis les cinq 
fragmenà précieux suivans. 

I* GRENAT, Px-ROPE ou Rouge de feuj contient alu- 
inine, silice, chaux et fer ; est de couleur purpurine ou 
rouge foncée ; Vescarboucle en est la plus belle sorte. Il y a ' 
des grenats communs , bruns , rougeàtres ou verdâtres ; 
^'amphigènt est le grenat blanc ou leucite , des basaltes. 

2,^ HYACINTHE. Zircôn ou jargon de Ceylan, qui a 
donné son nom à une confection. Contient les mêmes prin 
cipes que le précédent, en diverses proportions , et avec 
de la zircone ; est d'un jaune orangé ou de flamme. On 
rinute par le verre d'antimoine. 

3** SAPHIR^ ou CORINDON VITREUX ET HYALIN. L'orfental 
est d'un bleu d'azur , ordinairement ; s'il est rouge ou pour- 
pre, c'est le rubis , ou ^pinelle , ou balai ; s'il est jaune , c'est 
ia topaze orientale; s'il est vert, c'est Vémeraude d'Orient; 
s'il est violet , c'est une améthyste orientale ; Vastérie , gi-- 
rasol d^ Orient , est aussi un saphir. Ces pierres sont les 
plus dures après le diamant, ne contiennent presque que 
de l'alumine et du fer ; cristallisent en prismes à six faces ou 
on en dodécaèdre , ont le plus brillant éclat. Sont les Télésies 
d'Hauy. Le Corindon lamelleux y spath adamaatia, ou 



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344 TERRES ET PIERRES. 

corindon harrnophajie j en est une espèce , et réiMERiL est 
le corindon granulaire^ qui sert, par sa dureté, à polir 
l'acier. 

4« ÉMERAUDE d'Occident et du Pérou , Scliorl vert, 
ou jaunâtre , ou bleuâtre , Vaigue-mariue ; la tourmaline , 
schorl enfumé , qui devient électrique lorsqu'on le chauffe ; 
la topaze du Brésil, qui de jaune devient au feu d'un rouge 
de rubis ; le béryl, de couleur vert de mer , sont des schorls; 
cristallisent en prismes, comme le chfysobéryl, ou cymo- 
phane, la topaze de Saxe. Combinaison de silice , d'alumine, 
de fer, et de quelques autres substances variables* Silice 
fluatée alumineuse* 

. 5"^ SARDOINE , sorte de quartz-agathe et calcédoine , ou 
hilex et caillou coloré.. Les agathes , Vonyx , le cctcholong, 
sont de la nature des pierres-à-fusil , qui est le silex p/yro- 
juaque ; en différent par la couleur et les nuances , ordinai- 
rement brunes ou rougeâtres. Les chatoyantes , comme VœU- 
de-chat ou de poisson ^ et le girasol, sont analogues à ce 
genre de pierres siliceuses. Uopale laiteuse ^ ou pierre d^ 
lune ( à cause de sa couleur ) , et Vhydrophane , ou quartz ré- 
sinite , qui devient plus transparente dans l'eau , sont de 
cette famille , mais tiennent de l'argile , comme la chryso- 
prase , la cornaline, laprase, Vliéliotrope , le girasol d'oc- 
cident, le Jaspe j etc. 

QUARTZ CRISTALLISÉ , ou H^ahn , cristal de roche, 
en prismes à six faces; V améthyste commune (quartz violet); 
la prase ou quartz vert ; Vaventurine , quartz rougeâtre par- 
semé de mïca brillant (il y a aussi une vraie aventurine , 
feld-spathique ) ; le quartz irisé , et le chatoyant, sont de 
nature analogue. Le Grès est attaquable par les alcalis ( li- 
queur de cailloux) et par l'acide fluorique. On a cru qu'il 
pouvait se changer en alumine. 

LAPIS LAZULI , lazulite outremer. Pierre dont on fait 
le bleu d'azur ou d'outremer , inaltérable pour la peinture. 
Roche siliceuse, avec alumine, chaux et fer. Est analogue 
aux zéoîithes , pu mésotypes , acquiert de la phosphorescence 
au soleil. Le bleu s'extrait par calcination de la pierre , 
selon Boëce de Boot. On le remplace aujourd'hui par le 
phosphate de cobalt alumineux , de M. Thénard. 

20 GENRE ARGILEUX. 
JASPES. Argile siliceuse et ferrugineuse , rouge ou verte, 



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TERRES ET PIERRES. 345 

capable de beau poli ; le sinophj d'un rouge brun; Iç pechs- 
/ei/2 (pierre de couleur de poix) 5 le pétrosilex, sont ana- 
logues. 

FELD-SPATH BLANC , ou Orthose , Pétunt-zé des 
Cliinois, et le feldspath argiUforme^ qui est leur Kaolin, 
sont les bases 4e la porcelaine. Celui de Saint-Iriez , près 
Limoges , est très-beau. JJadulaire est le feld-spaih nacré le 
plus pur. Onnomme pierre de Labrador^ un feld-spath 
opalin , ou horn-blende chatoyant. Ces pierres contiennent 
de la silice, de l'alumine, quelquefois de la potasse et des 
oxydes de fer j font feu avec le briquet. 

ARGILE, GLAISE, à potier, à pipe, et limoneuse. Ont 
toutes plus ou moins la propriété de prendre les formes que 
la roue et la main du potier leur donnent 5 contiennent di- 
verses proportions de silice , de cliaux ou de magnésie et 
d'oxjdes de fer, etc. La plus belle terre à pipe vient de 
Biay en Normandie. L'argile avec la silice pure forme les 
poteries de grès , qui sont apyres, s'il n'y entre pas de chaux 
ou d'autres terres fusibles ; servent pour les creusets. Les 
alcarazzaa , vases faits en Espagne , avec une argile ferru- 
gineuse calcaréo-siliceuse , dite terre de Bouccaro , laissent 
transuder de l'eau et la tiennent très-fraîche par l'évapora- 
tion qui sjen fait. On ne couvre point d'émail ces vases , dans 
la pâtç desqueb on mêle du sel pour les rendre plus poreux. 

ARG. "BOLAIRES. Sont colorées. par des oxydes de fer. 
Le boL d'Arménie y argile ochreuse, de M. Haùy , a le ca- 
ractère savonneux des argiles 5 est rouge , tache les doigts , 
happe la langue 5 se trouve en plusieurs lieux de France et 
du Levant, et ailleurs. La terre sigillée , argile ochreuse 
pâle , analogue à la précédente pour les propriétés ; est tonique 
et astriagente conmie elle , en topique. JJargile rouge dé 
Goostantinople , dont les Turcs font des pipes , et la terçe 
de Patna , vers le Gange , sont des argiles bolaires 5 tien- 
nent aussi un peu de silice. On se sert, dans les peintures en 
détrempe^ de la terre verte de Vérone^ ou vert de montagne, 
talc zographique, qui contient 4o centièmes de fer et point 
de cuivre ; du rouge d'Angleterre , argile avec un oxyde 
de fer plus oxygéné , qui se trouve aussi dans le Berry 5 des 
ochres , etc. On sait que les nègres qui ont le mal d'estomac , 
et plusieurs femmes affectées de pica, mangent avidement 
de ces argiles bolaires. Plusieurs peuplades sauvages, comme 



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346 TERRES ET PIERRES. • 

les Otomaques en Amérique , etc. , lestent leur estomac de - 
ces sortes de terres quand ils ont faim ; les loups aussi. 

ARG. BRUNES. Ferrugineuses , mêlées de matières vé- 
gétales décomposées. La terre cC Ombre ^ ou plutôt d'Ombrie, 
et la terre de Cologne ou de Brihl^ se tirent des lieux maré- 
cageux ; tiennent de la nature àes tourbes. Servent en pein- 
ture. 

LITHOMARGES, Terres a fouion , Smectites, ou 
savonneuses, servant à dégraisser les étoffes. La meilleure 
est celle de Hampshire en Angleterre ; estverdâtre; il est 
défendu de l'exporter. Celle d'Osmund , en Dalécariie , 
celle de Lemnos ( île de Stalimène ) , la CimoUe des an- 
ciens, tirée de Cimolis (île de FArgentière ) , moussent, avec 
l'eau comme le savon , sont onctueuses ; contiennent un peu 
de chaux et de magnésie , avec du fer et beaucoup de silice 
et d'alumine. 

TRIPOLI. Argile siliceuse , maigre ^ colorée par le fer, 
tenant de la nature des schistes 5 sert pour polir les métaux ; 
est propre aussi à former des moules dans lesquek on coule 
des métaux, etc. Se trouve en couches^ souvent avec des 
empreintes végétales. Le tripoli jaune est le plus rude au 
tact , et le meilleur. 

SCHISTES. Roches feuilletées grises ou brune^ d'ordi- 
naire , formées d'argile, de silice , de mica , de fer, et quel- 
quefois de liorrirblende , etc. \,^s schistes les plus siliceux 
sont la pierre de Queux ( Cos ) , ou pierre-à-faux , et la 
pierre-à-rasoir jaune , schiste novaculaire , dont le grain est 
plus ou moins fin , qui servent à aiguispr les instrument 
tranchans ; les ardoises en grandes couches brunes , con- 
tiennent environ moitié silice ; le reste est alumine , magné- 
sie , chaux et fer. Il y a Vardoise en table , qui admet le 
poli et sert pour les calculateurs ; Vardoise à toit , en feuil- 
lets minces , souvent avec des empreintes , et parsemée de 
mica^j ^e durcit au feu 5 l'ardoise molle , crayon noir à 
dessiner , et Vardoise bitumineuse , se trouvent près des 
c ouches de hou ille . 

PIERRE-DE-TOUCHE , Lapis tydius ; est un trapp 
analogue aux horn-blendes ou schorl lamellçux , amphibole 
lamellaire ; fait feu avec le briquet; contient beaucoup de 
siMce , d'alumine , peu de chaux et de fer 5 est brunâtre ; 
se charge, par frottement , des molécules de l'or oud'autrea 



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TERRES ET PIERRES^ 347 

métaux qu^on essaie dessus en les dissolvant par un acide. 
Les basaltes sont analogues aux trapps , et peuvent servir de 
pierre-de-touche également. 

MICA , POUDRE lyOR , lépidoUthe de M. Haùy, 
Mica squammosa. Est ou blanc ou jaune , ou rouge avec un 
éclat métallique ; cristallise en lames hexagones. Se rencontre 
dans les granits y les gneiss ou granits décomposés. Sert poui;. 
sécher Pécriture 5 contient silice , alumine , magnésie et fer, 
combinés intimement. 

3° GENRE MAGNÉSIEN ou TALQ UE UX. 

TALC VERDATRE , laminaire , qui , pulvérisé , est le 
blanc de fard. Se trouve en feuillets minces , transparens et 
d'un brillant métallique ; doux et savonneux sous le doigt 
qu'il blancbit; sert en cosmétique. On le colore aussi en rose 

Îour le rouge de fard , avec la cochenille ou le carthame. 
iC i^erre de Moscopie est un talc en grands feuillets un peu 
flexibles , Asez transparens pour remplacer le verre , et 
moins fragiles. Il est d'un jaunâtre sale , composé d'argile , 
magnésie , silice , etc. 

ÉCDME-DE-MER. Magnésie carbonatée, silicifère, spon- 
gieuse , de M. Haûy. Terre dont on fait des pipes en là 
cuisant dans l'huile 5 vient du Levant et de Turquie 5 con- 
tient silice et magnésie ; le meerschauni des Allemands, pour 
pipes. A Balaclava, en Crimée, on en fait commerce , et à 
iconium en Anatolie. — Consiste en silice , magnésie , eau et 
acide carbonique ( Clarke , Travels , tome i , pag. 35o , 
chap. 22 , édit. 2"). 

CRAIE DE BRIANÇON. Sorte de talc écailleux ou de 
stéatite. Pierre douce , tendre , savonneuse , de laquelle on 
fait du blanc pour la peinture en détrempe , et des crayons 
blancs pour les dessinateurs. Est d'un blanc verdâtre comme 
le blanc de Jard , et composée des mêmes terres. 

TALCS STÉATITES. Analogues à la précédente , sa- 
vonneuses. Servent aussi de pierre à détacher la graisse des 
étoffes ; se nomme Pierres de lard , parce qu'elles paraissent 
grasses au toucher. Le blanc d^ Espagne en est une espèce. 

SERPENTINES et PIERRES OLLAIRES , Talc ol- 

LAiRE. Sont d'un vert plus ou moins obscur, paraissent 
grasses au toucher , solides. On .en fabrique des vases ijui 



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348 ' TERRES ET PIERRES. 

Tont au feu , ollaSy peu attaquables par les acides, d'un beau 
poli ; souvent donnent des indices de magnétisme assez lé- 
gers 5 contiennent beaucoup de magnésie , de silice et d'alu- 
mine , peu de chaux et de fer. On peut le» travailler sur le 
touf . La serpentine est tachetée comme la pierre oUaire. . 

JADE , Pierre néphrétique, verdâtre , dure , demi* 
transparente , capable d'an très-beau poU , paraissant grasse. 
A été jadis vantée contre les maux de reins j on la portait 
suspendue au col. Les Américains en faisaient des haches 
{pierre des Amazones ). D'abord molle , à ce qu'il paraît , 
cette pierre devient très^olide à l'air. Contient beaucoup de 
silice et de magnésie , moins d'alumine , de fer et de chauxr 
Se trouve aussi en Chine. On lEait des magots ou statues gro- 
tesques, du taie graphique ou pierre de lard , apportées en | 
Europe. 

ASBESTE , AMIANTHE. Pierres composées de fibres , 
d'ordinaire parallèles , d'un blanc soyeux , verdâtre , plus 
lâches et séparables dans l'amianthe. On fait de^elui-ci des 
tissus ( avec une trame de fil ) et même des toiles incombus- 
tibles , mais fragiles. Le lin fissile est le plus bel amianthe, 
pour servu: de mèche dans les lampes. Contient beaucoup de 
silice et de magnésie , moins de chaux , d'alumine et de fer. 
On nomme cuir ou chair-de-montagne , les asbestes d^un 
tissu entrelacé ; s'ils sont minces , c'est le papiet 5 s'ils sont 
poreux et légers , c'est le liége-de-jnontagne. Le faux abm 
de plume est une asbeste. 

40 GENRE CALCAIRE. 

CHAUX CaRBONATÉE , agaric minéral , lait de lune 
ou de montagne ^ moelle de pierre , etc. Est mêlée souvent 
d'alumine. Celle qu'on trouve vers Sienne 5 a Santa-Fioray 
sert à faire des briques si légères , qu'elles surnagent l'eau. 
Contiennent aussi moitié silice et un quart de magnésie. (Une 
autre appelée fibrine fossile contient de la chaux sulfatée 
pulvérulente. ) 

CRAIE. Se trouve par couches ; effet du dépôt des eaux 
de la mer et du détritus des animaux marins , ou des débris 
des montagnes calcaires. Celle présumée venir des éruc- 
tations volcaniques boueuses, est mêlée d'argile. La craie 
çoquillière, comme le falun de Touraine, est asseipure. 
Les pierres à chaux contiennent de la sflice, utile dans 



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TERRES ET PIERRES. 349 

les cii^em. Les montagnes granitiques contenant de 
la chaux dans leurs élémens , prouvent que cette terre 
est primitive, et non entièrement produite par les ani* 
maux, comme on l'a 4it- Le caractère des craies est de 
donner delà chaux au feu, et de l'acide carbonique par 
les acides. Les tufs sont des craies argileuses, solides^ 
poreuses. 

ALBATRES CALCAIRES, STALACTITES, STA- 
LAGMITES , chaux carbonatée ou concrétionnéè , fistu- 
laire, ou stratiforme , ou tuberculeuse , etc. Formés des dé- 
pôts de Peau chargée de carbonate de chaux en dissolu- 
tion par l'excès de Pacide carbonique. Souvent composés 
de couches parallèles. Le plus bel albâtre est jaunâtre, 
demi-transparent; se taille facilement en vases ou sta- 
tues , etc. Quelques-uns ont des veines brunâtres ondulées 
ou par zones ; mais Falbâtre tout blanc est gypseux ( sulfate 
de chaux ) , alabastrite des minéralogistes. Les stalactites , 
toujours percées à Tintérieur, se font par exsudation dans* 
les cayemes; contiennent chaux 64, acide carbonî(^ue 34, 
et eau 2. On a pensé qu'elles se formaient par un mode 
de végétation analogue à celui des plantes, ce qui paraît 
improbable. La chaux carbonatée incrustante est Vostéo- 
colle , ou pierre dite des os rompus. 

SPATH CALCAIRE. Est formé àes mêmes principes 
que l'albâtre, a plus d'eau de cristallisation. Le spath 
rhomboïdal d'/^fa/^cfe est transparent , et double les objets 
qu'on regarde au travers ; d'autres cristallisent en dents 
de cochon , en crête , en lentille , etc. 5 prennent des 
formes très variées ( Haùy ) 5 contiennent quelquefois de 
la silice, de la magnésie, etc. 

MARBRES ou chaux carbonatées colorées. Sont extrê- 
mement nombreux et variés; carbonates de chaux confu- 
sément cristallisés, susceptibles d'un beau poli\, résistant 
long-temps à l'air. Les marbresblancs , statuaires, de Paros 
et de Carrare y carbonate calcaire saccharoïde , sont pFescjue 
purs , ou ne contiennent guère que de la baryte et de la 
siKce- Le vert antique contient du talc vert, de la mS- 
gnésie et du fer(Bayen) qui colore Ja plupart de ces 
pierres. Les marbres lumaclielles sont presque totts com- 
posés de coquillages; les brocateîles jaunes et rouges, les 
brèches de couleurs mélangées, les griottes d'un rouge 



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35o TERRES ET PIERRES. 

bmn, les marbres noirs, etc., contiennent anssî de li 
silice et de Palumine. Tous se trouvent dans les montagnes 
de seconde formation , par couches. 

LUDUS et CONCRÉTIONS CALCAIRES. Les ooUtfœt 
sont des concrétions rondes comme des œufs, les pisch 
liihes comme des pois. Le flosferri est un assemblage de 
rameaux calcaires très-blancs , qui semblent Teffet d'une vé- 
gétation , ntffis qui est une stalactite rameuse , sans mé * 
lange de fer (i). Uoatéocolle^ ou priapolithe, jadis usitée 
en chirurgie pour recoller les os fracturés , est un dépôt 
calcaire des eaux dans des bois pourris, analogue aux in- 
crustations des çaux gazeuses de Wisbaden, ou à celles 
de la fontaine d'Arcueil, etc. Les ludus étant argilo-cal- 
caires, se fendillent en divers sens, et leurs interstices 
se remplissant de matières colorantes ou autres, forment 
les figures singulières des pierres de Florence , des ludus 
Helmoniii ou Paracehi ( médecins qui ont vanté ces con- 
crétion^ pour dissoudre le calcul vésical). 

PIERRE-DE-PORC, et PIERRE HÉPATIQUE, 
chaux carbonatée fétide, et baryte sulfatée fétide. La 
première est un marbre noir imprégné de bitume,* qui 
répand, par la chaleur, une odeur forte comme Purine 
de chat (d'où son nom de lapis felinus on suiUus); elle 
donne au feu une bonne chaux blanche. La seconde est un 

23ath pesant mêlé de soufre à Pétat de sulfure et d'un peu 
e fer. Il exhale, avec Veau, du gaz hydrogène sulfuré. 
Se trouve près les mines de sel gemme. 

MARNES, ou argiles calcarifères. Mélange de beau- 
coup de chaux et d'alumine avec la silice. Servent à 4'"' 
viser les terres trop argileuses, pour les rendre plu* 
fertiles 5 se délitent a l'air. Sont colorées souvent par le 
fer, et en couches comme les schiste», dans la terre. B 
en est de bitumineuses, de schisteuses, etc. 

5^ ROCHES MÉLANGÉES. 

GRANIT et GNEISS , ou granit se décomposant en sts 
j^incipes, le quartz et le mica. Formetît les plus hau\fes 



. (i) Les dissolutions salines qui grimpent et s'élèvent en ramifica- 
tions, sont lin exemple anralogue à celle du carbonate calcaire àei ' 
mines de fer spathique , ou carbonatëet , sur lesquellea te formels 
Floêftrri. 



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TERRES ET PIERRES. 35t 

-«nontôgnes ou primitives , les Alpes , les Pyrénées , l'Atlas , 
le Caucase , les Cordillères , etc. Le granit étincelle sous 
le briquet 5 souvent susceptible de poli ; toujours varié de 
plusieurs couleurs. Le granit a deux , trois ou quatre subs- 
tances, ( quartz avec schorl , ou feld-spath laminaire ou 
compact , et du mica , ou stéatite ) ; ce dernier sert à faire 
des pierres meulières. Le gneiss se délite facilement, parce 
• qu'il contient beaucoup d'argile, que l'eau renfle; on y 
trouve aussi beaucoup de mica. 

ROCHES COMPOSÉES, EMPATEES 'et SILI- 
CEUSES. Le porphyre ou brèche porphyrique est ronge ou 
noir, à grandes ou à petites taches, qui sont du quartz 
ou du feld-spath dans un ciment et pâle de silice. Sus- 
ceptible de très-beau poli, très- dur; sert k porphyriser 
les substances dures ; est à la longue un peu attaquable 
par les acides, lu'ophite est un porphyre à pâte verte, 
dont le fer ( principe colorant du porphyre rouge ) est 
moins oxydé. L'ophite taillée en forme de coin par les 
sauvages, est nommée pierre de foudre ( maïs la vraie 
Céraunias des anciens paraît avoir été une de ces con- 
crétions, nommée aérolithe , ou bolide, ou météorolitlie , 
contenant du fer natif, et qu'une nuée de témoignages 
assure être tombées de l'atmosphère , dans le météore qu'on 
appelle glohe de feu, qpi détonne avec fracas. M. Vauquelin 
y a trouvé beaucoup de silice et d'oxyde de fer, moins 
de magnésie, peu de nickel et de chaux; voyez aussi 
Izarn, lithologie atmosphérique, Paris i8o3,in-8^). Le 
poudding et les brèches sWiceuscs sont des roches à pâte 
siUceuse, contenant des fragmens assez gros de diverses 
roches. 

GRÈS et PIERRE MEULIÈRE. Le grès des rémou- 
leurs, est un aggrégat de grains de sable, qui sert à faire 
des meules à aiguiser; se trouve par couches, contient du 
mica. La meulière pour les moulins a le grain raboteux, 
carié, inégal; contient du feld-spath et du mica. Le grès 
à filtrer di le grain plus égal, est poreux, grisf son ciment 
calcaire ayant été en partie emporté, l'eau se filtr<ç dans ses 

1)ores. Une autre sorte est flexible; il en est d'autres très- 
égers. Le sable de l'auge des couteliers contient du fer. 

TRAPP. Est composé de silice, argile, magnésie, chaux 
et fer; en roches stratiformes, de formation secondaire. 
Les honi'blendes^ de la nature des schorls lamelleux , ou am- 



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352 PRODUITS VOLCANIQUES. 

çhiboles lamelkires , et analogues aux trâpps , peuvent 
«ervir de pierre de touche , comme les roches de corne» 

1** PRODUITS VOLCANIQUES ; 2° PÈTRl^ 
FICATIONS. Sont le résultat d'une aclion 
secondaire de la nature sur ses . productions 
premières 5 . i"* par le feu ; s"" par l'eau ou les gaz. 
(Palrin.) 

i^ PIERRE PONCE. Lave fibreuse de volcan, cendrée, 
poreuse, et en fibres luisantes, demi-vitrifiée (Givani, 
LithoL vesuvian. ^ p, r4o, et Holoimen ^ Méin sur les iles 
Ponces). Se trouve dans là plupart des îles volcaniques 
de tonte la terre, et près des volcans, même de ceux 

Ïii sont éteints depuis long-temps, comme le Irass de 
assel, en Westphalie. Cette vitrification légère surnage 
Teau de la mer , contient souvent des parcelles de mica , 
de schorl et de feld-spath. Donne à l'analyse de la silice, 
de Palumine, du fer, du nianganèse, souvent de la magnésie; 
quelquefois de la potasse. Est propre à polir les méttut, 
le marbre , Pivoire , les peaux , etc. Pulvérisée , est ua 
topique siccatif. Eât un granit vitrifié. 

POUZZOLANE, LapilJo, Lavearénacée ou scories po- 
reuses de volcans, en parcelles %i en poussière, d'ua 
beau brun, rouge ou noir , friables , composées d'argile, 
de silice, de chaux et de fer; donnant avec la chaux un 
ciment très-solide, impénétrable iTeau; se fondant air feu en 
scorie noire. Se trouve vers le Vésuve et eh Languedoc ( Fau- 
j as-Saint-Fond, Mém.sur lesjjouzzolanes, Amst. , 1 788, S^)' 
Le tufa des Italiens, cendres volcaniques délayées dans 
Peau et agglutinées en tuf, comme le peperîno^ le irass 
des Hollandais , sont àes sortes de [ icrre ponce divis(5e. 

LAVE, Pierre obsidienne et de gallinace. Verre vol- 
canique, noir, demi- transparent, contenant beaucoup àe 
fer. Se trouve en Islande et au Pérou ; celui-ci , de couleur 
des pkimes du vautour (àwra), ou delà poule {gallina)^ 
admet un beau poli; miroir des aijciens; ne contient ni 
magnésie ni chaux. 

BASALTE, en grosses colonnes polyèdres réunies en 
masses, le plus souvent perpendiculaires âans les mon- 
tagnes ou les Ucux volcaniscsj contenant àes particules 



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PÉTRIFICATIONS. 353 

ie granit, de gneiss, de marbre., même de houille; d'un 
bran noir, et si ferrugineux qu'il est souvent attirable à 
raimant; a plutôt 5, 6 et 7 pans ou plus, que moins 
( ces pans ne sont pas réguliers , et les colonnes sont sou- 
vent interrompues ou articulées ; plusieurs sonnent quand 
on les frappe, cassent comme le verre; sont propres a servir 
de pierre-de-touche, d'enclume aux relieurs, de pavé à 
chaussées). Se fond en verre noir, au feu; composé de moitié 
argile, quart de silice, puis de fer, chaux, magnésie et man- 
ganèse. Parait être formé par des éjections boueuses et 
chaudes de volcans, qui, se desséchant, se sont fendues 
en prismes et en sections horizontales ( Bergmann ). Le 
^e^orl volcaniquist est le pyroxène. 

; af PÉTRIFICATIONS. De formation postérieure 
a cfeUe des corps organisés qui se sont trouvés changes 
eni-pierrepar le remplacement, molécule à inoléclile , d'une 
substance pierreuse, à mesure que leur matière organique 
animale ou végétale se décomposait. Il en est de siliceuses , 
d'argileuses ( dans les schistes surtout ); le plus grand 
nombre est de carbonate calcaire, formées par la voie 
aqueuse. 

OSTÉOLITHES, uNicokNE fossile et turquoise; Vnmi 
corne est la défense de manunout , trouvée fossile en beau- 
coup d'endroits d'Europe, d'Asie, d'Amérique. Phosphate 
«orsaturé de chaux et privé de sa gélatine. La turquoise 
«fit formée d'os fossiles â'hommes ou d'animaux , imprégnés 
de phosphate de fer ; ce qui la rend bleue. Venait jadi* 
de Turquie, d'où elle tire son nom. Les bufonites ou 
pierres-dè-crapaud , sont les dents fossiles de poisson loup- 
de-mer ( anarrhîchas lupus , L. ) On nomme glossopètres 
ou langues pétrifiées les dents aplaties, tranchantes, trian- 
gulaires des requins {squalus carchariasy L. ); objets de 
curiosité, auxquels on attribuait jadis de grandes vertus 
en médecine. Sont du phosphate de chaux. La plupart 
des empreintes de poissons ou des ichthjoUthes sont 
entre les feuillets des schistes, et de nature argileuse. 

OSTRACOLITHES, coquillages pétrifiés ; les univalves 
sont le^ammonites y les nautilitesy les buccinites^ les tur^ 
Unîtes , etc. , et toutes ces petites coquilles spirales dans les 
hancs de terres et pierres calcaires ( carbonates ) 5 les 
tivalves ^onilQ^ pectinites ^ les chamites, mjrtuh'tes ^ gry- 

a3 



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354 PRINCIPES COERCIÈLES. 

phites ( anomia^ L». ), hyatéroUihes ( térébràtule qui re- ^ 
présente les organes extérieurs de génération de la 
femme ), etc. 5 les aslériteSy les échinites (étoiles de mer et 
oursins). On place parmi les univalves les belemniteSy en cône ; 
les entrochiles viennent de Vlais entrocha, Ellis. , et k8 
piètres nummulcures , qui sont des articulations Hencrimtes, 
sorte de zooph jtes marins d'origine , apparUennent à cetx« 
fnnille ; toutes sont de la chaux carbonatée figurée. 

HELMINTHOLITHES. Les dentalitea, les tubuliles^ 
les vermiculitea , et les madrépores , tuhipores^ cellepores^ 
millepores , fossiles , «.ont de même nature que les précédens. 
La pierre judaïque, labélemnite, ne sont pas ^es pointes d'our- 
sins , mais une coquille univalve, conique, y", p. 1 22 et ,1 34* 

PHYTOLÎTHES. Les végétaux pétrifiés sont de plu- 
sieurs sortes 5 on voit des troncs d'arbres imprégnés de ]^ 
substance des agathes , àes jaspes , et de qnaru ; d'autre» 
sont bituminisés; d'autres parties de plantes offrent d^ em- 
preintes dans les marnes, les schistes , les bouilles, etc. 



SUBSTANCES GENERALES 

DE LA NATURE. 

. Nous comprenons dans ce règne y qu'on pourrait appeler 
élémentaire, les principes qui se trouvent répandus dfflis 
notre monde. Ib forment deux classes, i^ ceHe des subs- 
tances coercibles à nos instrumens , comme les eaux, les 
airs ou gaz 5 2** celle des fluides incoercibles , comme le 
calorique, la lumière, l'électricité, le magnétisme. Ces 
principes sont les grands agens de la tiature , et plusieurs 
sont encore peu connus. 

PRINCIPES COERCIBLES, composés ou simples. 
1' eaux j 2* airs. 

I® EAU 5 ou oxyde d'hydrogène. Substance composée de 
88 parties d'oxygène et de 12 d'hydrogène ( en poids ), ou 
85 oxygène, 1 5 hydrogène, selpn les expériences de L^voisier, 
4u 24 juin 1783; solide et cristallisable en prismes et en 
lames par le froid, liquide à o du thermomètre de Réatunor, 
se dissolvant dans F^MT et se vaporisant par h chaleur , avec 



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PRINCIPES GOERGIBIiES. 355 

. une grande foice expansive ; pesant 85o fois plus que Pair ; 
inodore , iosipide , incolore, grand dissolvant de la nature* 
Se décompose par plusieurs corps combustibles qui adhèrent 
arec force k Poxygèue , ou par l'acte de la yégetation et de 
Tanimalisation dans les corps organisés. Elst élastique , peu 
ou point compressible , circule dans l'atmosphère en nuées , 
remplit les grandes cavités du globe terrestre ^ s'amoncèle en 
glaces aux pôles et sur les sommets des hautes montagnes ; 
esc nécessaire à la vie des plantes et des animaux , etc. La 
glace est employée aussi dans les usages médicaux et les 
opérations pharmaceutiques ou chimiques. 

Eaux potabx.es. Celles de pluie ou de l'atmosphère sont 
aérées, et assez pures comme étant distillées ; celIes^de%ources 
dans les terres sablonneuses 3ont les plus pures , ël^ite les 
eaux des rivières, ou courantes ; doivent bien cuire les 
légumes , ne pas décomposer le savon , ne contenir aucune 
substance extractive ou terreuse, comme en ont les eaux crues 
des puits, des lacs et des marais stagnans, ou celles des 
terrains tourbeux , schisteux et calcaires, etc., qui sont plus 
ou moins nuisibles, et chargées de carbonates et sulfates cal* 
caires , outre les débrb de matières animales ou végétales. 
On attribuait à tort les goitres des Valaisans aux eaux crues 
et tophacées; Deluc , Montagnes ^ T. ly page 17. 

Eaux MiNÉRALÈs.Sont de beaucoup d'espèces ^ i <^ les salines^ 
salées et purgatives comme celles de la mer et des fontaines 
salées de la Lorraine, delà Franche-Comté, à Jouhe près 
Dôle,àPouillpn près Dax, etc., qui contiennent des muriates 
et des sulfates de soude; il en est de même des eaux de 
Sedlidz, Seidschutz, Egra, Epsom, Bamett, Northall , etc., 
qui sont chargées de sulfate de magnésie ; se prennent conune 
laxatives et apéritives. L'eau de la mer est de cette nature. 

li,^ Lies eaux saponeusea^ thermales ou chaudes, coiome 
celles de Plombières, 'de Luxeuil, de Selter, qui con- 
tiennent des sulfates et carbonates de soude avec une uçia- 
tière albmnineuse ; passent pour fondantes, apéritives, 
dans les empàtèmens des viscères abdominaux» 

y "Les eaux salines , non purgatives , souvent thermales , 

2ii tiennent en dissolution du muriate de soude , des sul-* 
tes de chaux ou de magnésie , et des carbonates calcaires , 
sont celles de Bourbonne-les-Bains 5 ae Sylvanès , départe- 
ment de l'Aveyron; de Bains , dans les Vosges ; de Lucques ; 
de Liomotte, département de l'Isère; d'Aix (du Mont- 

a3. 



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356 PRINCIPES COERCIBLES. 

Blanc ) ; de Carlostad en Croatie , qui sont thermales , et 
celles de Lamothe et de Bagnols. On recommandé lès unes 
4C;omme utiles dans les maladies chroniques, en boissons, 
Bains et douches; les autres comme très-apéritives , rele- 
vant les forces de Vestomac et des viscères. 

4® Les eaux acidulés , gazeuses et salines , contenant du 
gaz acide carbonique , du muriate de soude , des sulfate et 
carbonate de chaux ou de magnésie. Les fluides sont celles 
de Seltz , de Balaruc , de Wals , de Langeac , de Bard , de 
Prémaux, de Saint-Mion, d'Aigueperse , de Fougues , Cha- 
teldon , Montbrison , Médargue , Vie -le -Comte , Saint- 
Galmier , Sulzmatt près Colmar , Alfter près Bonn , et 
celles de Thunbridge et de Scarburjr , en Angleterre.' 
Les thermales sont celles du Mont - d'Or , de Châtel- 
guyon , de Néris , de Dàx , de Chaudes- Aiguës , de Saint- 
Mart ( Puy-de-Dôme ) , d'Encausse ( en Comminge ) , 
d'Ussat , d'Ascîano j en Italie , et des bains de Pise et 
Chercliiaio , et celles de Wisbaden , qui sont aussi ferru- 
gineuses. Toutes excitent l'appétit , rafraîchissent , sont utiles 
dans l'atonie des viscères abdominaux. Les eaux de la fon- 
taine de Castalie , sur le Parnasse , sont, dit-on, gazeuxes, 
et enivrantes. 

5" Les eaux acidulés ferrugineuses froides^ comme celle» 
de Bussang , de Passy , de Saint-Gondon près Sully , de 
Contrexeville près Bourbonne et Mirécourt , de Fontenelle 
près la Roche-sur- Yon, de Montlignon, de Watweiler dans 
le Haut-Rhin , de Boulogne près Calais, de Provins , de 
Ferrière près Montargis , d'Alais dans les Cévennes , dé 
Cransac près de Rhodez, de Ségrais près Pilhiviers , de Ser- 
maiae près de Châlons-sur-Marne , de Spa , de Pyrmont, 
dePougues, Saînt-Pardoux près Bourbon l'Archambault , 
deChapelle-Godefroy, de Tongres, de Noyers près Mpîitar- 
gis , etc. , contiennent une surabondance d/acide carbonique 
et de l'oxyde de fer carbonate, avec des carbonates de soude 
ou dé chaux. Sont de bons toniques et apéritifs , raniment le 
système musculaire. Celles de Pyma , de Sch^valbacli et 
Sulzbach, sont martiales aussi. 

6® Les eaux ferrugineuse6 salines ^ non ffaizeuses y sont 
souvent thermales , comme celles de Vichy ,. de Bourbon- 
l'Archambaut , de Forges, d'Aumale, de Condé, de Rennes 
près Limoux et Carcassonne 5 celles de Niederbriinn , de 
NVadwil , de Bade , etc. , ont à peu près les mêmes principes 



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PRINCIPES COERCIBLES. 35? 

que celles du n**prëcédentV excepté Pacide carbonique que la 
chaleur fait «ans doute exhaler. Leurs propriétés sont ana- 
logues , dans la chlorose , l'aménorrhée , les scrophules , etc. 
7® Les eaux chargées àihydr(^ène sulfuré , ou hydro^ 
9idfatée8^ et de carbonates de soude , sont chaudes. Se ':^'ou- 
vent la plupart dans les lieux pyriteux ; Bagnères de Lu- 
dion , Barèges , Cauterets , Saint-Sauveur , Eaux-Bonnes ^ 
Cambo près Ba^ronne , Vemet près Perpignan , les Bains 
près d'Arles , Ax près Tarascon , Digne , Baden en Suisse , 
oagnols près MendCjCréoule près Manosque (Basses- Alpes), 
Bade en Souabe , Evaux près Guéret (département de la 
Creuse ), Locche (dans le Valais ), Wisbaden, Saint- 
Amand , Aix -la -Chapelle , Carlsbad , Tœpliz , Medvi , 
Bade en Hongrie , Acqui en Italie , Buxton et Bath en An- 
gleterre , etc. , en sont des exemples. Elles sont très-ac- 
tives , diaphorétiques , dans les maladies cutanées rebelles, 
les rhumathismes chroniques et les paralysies , les maladies 
dites de la lymphe. On emploie aussi leurs boues en topi- 
ques résolutifs. Celles d'Enghien ou de Montmorency sont 
froides , comme celFes de la Rochepozay. 

8** Les eaux contenant, ou un sulfate ferrugineux , conmie 
celles de Passy , de la Rougue près Alais , de Proyins , de 
Lauchstadt , ou un carbonate ferrugineux , conmie celle de 
A Vais, ou un sulfure jde fer, ^ssoixs avec des sels, comine 
celle de Contrexéville dans les Vosges , sont astringentes et 
toniques, usitées dans l^a débilité de l'estomac et du système 
nerveux , etc. f^ayez^ pour les Eaux minérales artificielles ^ 
notre Traité de Pharmacie , tome a®^ 

2** AIRS ^ ou Gaz _, substances très-élastiques , fluides et 
Taréfiées par leur combinaison avec le calorique , plus ou 
moins légères , invisibles , d'ordinaire incolores , compres- 
sibles 5 plusieurs se dissolvent ou se combinent avec l'eau , 
ou sont produits par sa décomposition , ou par celle des ma- 
tières animales et végétales, ou se trouvent naturellement 
répandus dans l'atmosphère , ou s'exhalent de la terre. 

Air atmosphérique, fluide environnant notre planète, 
nécessaire à la combustion comme à la respiration des êtres 
vivans ; pesant environ Sia fois moins que l'eau j formé du 
mélange de 21 à 23 centièmes de gaz oxygène , d'environ 
75 centièmes de gaz azote , et d'un ou 2 centièmes de gaz 
acide carbonique, et de vapeurs, aqueuses on autres , dans 



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358 PRINCIPES COERCIBLES. 

toutes les régions du globe et à diverses hauteurs. Le pied 
cube d'air pèse «jôS grains ; l'atmosphère soutient une co- 
lonne de mercure k 28 pouces, et une d'eau à 3a pieds d'é* 
ïévation , laquelle diminue à proportion qu'on monte sur les 
lieux élevés 5 de là vient le moyen de mesurer la hauteur 
des montagnes et l'usage du baromètre. En grande masse 
parait de couleur bleue; est inodore et insipide. 

Air vital, gaz oxygène, est cette partie de l'atmos- 
phère si nécessaire à là combustion et à la respiration , que 
tes actes ne s'opèrent point sans elle. Tous les corps com- 
bustibles tendent à s'unir à cet air, qui les brûle , les oxyde, 
les change quelquefois en acides , soit avec dégagement de 
flamme et de chaleur , soit par une combinaison latente , 
même dans l'eau ou des liquides qui contiennent de l'oxy- 
gène fixé 5 a été découvert en 1774 P^ Priestley.La respi- 
ration est une combustion , ou une combinaison du gaz oxy- 
gène avec le sang qu'il colore en rouge vif , dans les poumons 
ou autres organes respiratoires. Les branchies ( ouies ) des 
poissons séparent de même l'air oxygène que l'eau tient en 
dissolution. Les calcinations ou oxydations des métaux ne 
sont que la fixation de l'oxygène k ces substances par com- 
bustion, ce qui augmente leur poids ( de i o livres par quin- 
tal dans les oxydes de plomb). L'acidification dii soufre, du 
phosphore , du carbone , etc. , n'est qu'tme combustion 
parfaite. < 

L'oxygène pur s'extrait de l'oxyde de n^nganèse chauffé 
seul ou avec l'acide sulforique , ou des oxydes de mercure 
qui se revivifient par la chaleur , ou du chlorate de potasse 
(muriate suroxygéné ) chaufle , ou des végétaux qui déçom- 

Ï osent l'eau à la lumière, selon les expériences d'Ingen- 
louzs et de Sennebier, etc. Donne, par la compression, 
beaucoup de lumière. 

Gaz azote , autre principe constituant de l'atmosphère , 
pesant un peu moins que le précédent , incapable par lai^ 
même d'entretenir la combustion et la respiration, ce^^uî le 
rend mortel pour les animaux, mais propre à tempérer par son 
mélange la trop grande énergie vitale de l'oxygène ; contenu 
abondamment dans les matières animales , d'où l'acide 
nitrique le* dégage 5 insoluble dans l'eau; formant par 
sa combinaison avec l'oxygène , le gaz nitreux et V acide ni- 
trique (oxygène 7, azote 3 , selon Cavendish). Supposé être 
le principe alcaligène par quelques chimistes , parce qu'il 



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PRINCIPES COERaBLES. 359 

.fenne Valeali potatii ou ammoniatpw (arec tliydrogène 
une partie , azote six parties, suivant Berthollet). Insi- 
pide, ineolore et inodore ^ excepté celui qu'on extrait àes 
matières animales y qui contient de llijdrogene carboné et 
«ent le poisson pourri. Le gai nitrenx, mêlé à Poxygène, 
devient rutilant , et se change en acide nitreux ou nitrique* 

Gaz HirnuoGèNE ou inflammable, seize fois plus léger 
que Pair , d'une odeur fétide , détonnant avec le gaz oxy- 
gène lorscp'on enflamme leur mélange ^ ou seulement par 
ttne forte compression , formant de l'eau par ce moyen (est 
dans. la quantité de a onces 2 gros 25 grains par livré 
d^eau); se tire de ce liquide lorsqu'on Je décompose par 
le fer , le charbon et autres matières combustibles. Sa 
légèreté le fait employer pour les ballons aérostatiques y 
parce que la pesanteitr plus grande de l'ahr le force à s'éle** 
ver. Il entre dans là composition des matières animales et 
végétales; abonde dans les huiles et les graisses ; parait étre> 
par la décomposition de l'eau dans les pyrites , les sulfttres , 
les bitumes., la cause des explosions volcaniques^ et des 
tremblemens de terre , conmie il est celle de la violente ex- 
pansion de là poudre k canon enflammée. II ramène la plu- 
part àes oxydes métalliques vers l'état de régule , en s'em- 
parant de leur oxygène , regardé par quelques-uns. comme 
le phlogistiquej ou le principe inflammable des anciens chi- 
mistes 'y peut dissoudre le soufre , le phosphore ,..le caitone y . 
les huiles volatiles ,. l'arsenic, etc. AUége tous les corps dans 
lesquels il se combine. Réfrange extrêmement la lumière , 
comme étant très-combustible. Si l'on fait arriver ensemble 
le gaz hydrogène et l'oxygène qu'on enflamme , k un cha- 
lameau , d'^^rès la méthode de Glarke , on obtient une cha- 
leur violente, capable de fondre les corps les plus réfractaires. 

Gaz hydrooèkes composés: i° Le sulfuré y on hépa- 
tique ,. d'une- odeur insupportable d'œufs couvés , est pro- 
duit par les suUîires ou foie de soufre ,. alcalins, terreux 
ou métalliques et l'eau 5 sature comme un acide (i)* 
Ce gaz, tres-délétère ,. coounun dansles^ mines de soufre , 
de charbon de terre , noircit et attaque les métaux et même 
l'or; peut, en brûlant , déposer le soufre qu'il tenait en dis- 
solution. La moSeiie y Jeu bm^ou des mines, qui s'allume 

(1) Acide hydrothioniqut des chimistes allemands, ouhydto-8ulfuriqu« . 



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36o PRINCIPES COERCIBLES. 

aux lampes, détonne avec fracas, cl souvent arec dïinger 
pour lés mineurs, est de cette espèce. 

2^ Le carboné^ le plus souvent s'exhale des marais et des 
eaux stagnantes dans lesquelles se putréfient des matières 
végétales , a une odeur de fumier , brûle avec une flamnie 
bleue y s'échappe aussi des charbons humides qu'on en-* 
flamme; tient quelquefois de l'oxyde de fer en dissolution, 
et du gaz acide carbonique 4 dépose , en brûlant, une suie 
légère , charbonneuse ; l'oxycarboné s'obtient par la distilla- 
tion à feu nu des substances animales et végétales ; respiré, il 
cause des vertiges , la stupeur et la mort. 

3® Le phosphore , qui s'exhale en été des cimetières et des 
eaux croupissantes où se décomposent des matières animales, 
des poissons, etc. , qui s'enflanune à Pair de lui-même (est 
le feu follet connu du peuple ) ^ qui paraît quelquefois à la 
crinière des chevaux et autres animaux , se fait aussi artifi- 
ciellement avec le phosphore ; a une odeur alliacée et de 
poisson putréfié; est très- délétère. On dit que la fontaine 
de Pietra'Malày'en Italie, exhale de ce gaz, qui s'en- 
flamme lorsque les bulles parviennent à la surface de l'eau 
(Volta); il réduit promptement les oxydes métalliques en 
phosphures , et peut les tenir en dissolution. 

4° JJhuileux se rencontre dans les mines et les eaux char- 
gées de pétrole , s'enflamme bientôt à l'approchç d'un flam- 
beau ; celui qu'on extrait à la suite de la distillation de 
l'huile douce du vin , en faisant de l'éther , dépose , en brû- 
lant , une matière oléagineuse; c'est pourquoi on l'a nommé 
gaz oltfianU 

Gaz acide carbonique , formé par la combustion du 
carbone avec l'oxygène. Ce gaz , fort pesant , descend dans 
les parties basses de l'atmosphère , est dissoluble dans l'eau , 
qu'il rend mousseuse , acidulé et pétillante , comme dans les 
vins mousseux; contient 72 parties d'oxygène et 28 de car- 
]>one ; se combine à un grand nombre de matières miné- 
rales , s'exhale en moffettes ou airs niéphitiques de plusieurs 
cavitis terrestres , comme la grotte du chien ^ près Naples; 
asjihyxie promptement les animaux ; se dégage des char- 
bons allumés, des vin, bière, cidre en fermentation, ou 
de la Ci aie avec les acides , etc. ; arrête la combustion ; s^ 
pfijt dc< om oser à l'aide du phosphore et d'un alcali. Lors- 
qn'orj snicbnr^^e ce gaz de carbone pour en former du g?fl^ 
ox^de carboiieux y il s'enflamme à l'air pour devenir acide 



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PRINCIPES INCOERCIBLES. 36i 

Carbonique* Ce gaz , plus léger ^ -est insoluble à Veau 
(BeithoÙet). 

Les gaz acide muriatique , ou hydrochloriquc et le chlore, 
les ^Qz riitreux y su^ureux (qui servent a détruire les 
miasmes délétères répandus dans l'atmosphère par là putré- 
fiicdon, etc. )j le gnz ammoniacal^ Vacide jltioriqiie gor 
zeuxy sont le plus souvent des produits de Paru ( FcQrest 
aux Acides et Alcalis , ci-devant , pag. 336 et suiv. ) 

PRINCIPES INCOERCIBLES qui s'étendent au-delà 
de notre globe, -et qu'aucun de nos instrumens ne 
peut circonscrire ou fixer. 

LUMIÈRE. Est formée , selon les belles expériences de 
JVewton , de sept rayons que le prisme de cristal montre 
séparés 5 savoir le rouge, l'orangé , le jaune , le vert, le bleu^ 
I^indigo et le violet ( ou peut-être de trois rayons primitifs , 
le rouge , le jaune et le bleu , dont les autres sont des mé* 
langes ) ; gravite vers les corps , comme font tous les corps 5 
émane a:vec une vitesse inconcevable, d'après Roëmer, en 

5 min. et demie du soleil à la terre , et au moins en six ans 
es étoiles fixes jusqu'à nous; est ou réfléchie entièrement 
par uu angle d'incidence égal à celui de réflexion au moyeu 
des corps opaques , comme les métaux , ce qui produit la 
couleur blanche; ou absorbée entièrement, d'où vient le 
noir, ou réfléchie dans quelques-uns de ses rayons 5 de là 
les diverses couleurs des corps sur lesquels elle tombe 5 ou 
elle traverse les corps transparens , et polarise ses rayons 
selon la nature de ces corps , dont les plus combustiljles 
5ont les plus réfringens, comme le, diamant, l'eau, l'alcohol, 
les huiles , etc. Paraît être lacource du calorique, lorsqu'elle 
est rassemblée dans le foyer des lentilles ou de^ miroirs 
ardens^ donne aux végétaux et aux animaux des couleurs, 
ios odeurs et des saveurs vives ; dégage l'oxygène de l'acide 
clilorique et réduit le chlore aqueux à l'état d'acide hydro- 
cUorique^ réduit en partie le muriate d'argent et les oxydes 
de mercure , etc. ; paraît dé brûler les corps; altère et noir- 
cit plusieurs substances végétales d'usage en piédecine, 
lorsqu'on les conserve dans le verre, à la lumière (i). 

CAliOUIQUE. Celui qui est rayonnant, conune la châ- 

(1) ït y a de« corpR qui s'imbibent de lumière et qui la conservent 
dans J'ôbscurité; indépendamment des animaux lumineux, le dia- 



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364 PRINCIPES INCOERCIBLES. 

Quelquefois la foudre part de terre pour électriser un nuâge 
qui rétait en moins. Les corps idio-électriques étant peu ou 
point capables de recevoir une électricité étrangère , en sont 
de mauvais conducteurs ; c'est pourquoi ils isolent les corps 
qu'on place sur eux ; mais les matières anélectriques sont d« 
ions conducteurs j comme les chaînes et fils métalliques. 
L'activité électrique s'exerce en raison du carré des distances, 
comme la pesanteur. 

2** "L'électricité métallique (Volta). Lorsqu'on applique 
des métaux différens les uns sur les autres , zinc et argent, on 
zinc et cuivre , fer et or , etc, ils maîiifestent un état électrique 
difierent , qui est sensible à l'électromètre et k nos organes 
par des commotions ou contractions musculaires ( observées 
d'abord par Galvani en 1792 , d'où \e galvanisme). La pile 
de Volta est composée de plaques ou disques de deux métaux 
différens , ordinairement zinc et cuivre , ou argent , empilés 
par couples.Chaque couple est séparé par du drap ou du icàrton 
mouillé (avec une dissolution de muriate d'ammoniaque, ou, 
ce qui vaut mieux , de l'acide nitrique faible ) 5 on peut cou- 
cher la pile dans uue auge , et l'isoler par le verre. L'élément 
zinc est électrisé vitrcusement ; l'élément cuivre l'est résineu- 
sement ou négativement. Il en résulte que chaque pôle ou 
extrémité de cette pile isolée a une électricité différente, 
plus ou moins forte, selon la hauteur de la pile, qui produit 
différens phénomènes. Le pôle positif décompose l'eau, 
oxyde les métaux, forme des acides ; le pôle négatif désoxyde, 
alcalise, etc. Le schivSte , le charbon , bien d'autres substances, 
•offrent aussi des signes de cette électricité , qui n'est pas ex- 
clusive aux métaux. Plusieurs piles réunies composent une 
batterie. 

3® 1j' électricité animale , ou le galvanisme. Plusieurs pois- 
sons en donnent naturellement des exemples. Tels sont la 
Raie-torpille, Raja torpédo y L. ; l'Anguille de Surinam, 
Gj^mnotus electricusy L.j un Trichiure de l'Inde^ 7. ricliiu" 
rus indicus^ L.; le Poisson-trembleur d'Afrique , Silurm 
eleciricus , L. , et le Tetraudon electricus j L. , des îles *Co- 
mores. Quoique les métaux de diverse nature soient les meil- 
leurs excitateurs et conducteurs de cette électricité , il paraît 
cependant que les seules substances animales de diverse com- 
position , comme nerf et muscle , peuvent aussi produire des 
contractions , même dans les animaux morts depuis quelques 
heures 5 car ce sont divers muscles et leurs gaines aponévro- 



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PRINCIPES INCOERCIBLES. 365 

tiques , c[uî se frottant chez les poissons électriques , les 
chargent d'électricité. On l'a proposée en médecine, pontre 
les paralysies , comme l'hémiplégie , la surdité , les rhuma- 
tismes, la goutte sereine , l'aphonie, les tumeurs Manches 
indolentes des articulations , le goitre , etc. , et dans tous les 
cas où il y a défaut d'excitation nerveuse. Les secousses élec^ 
triques paraissent rendre en eflfet le système nerveux plus 
sensible. L'on peut ramener peut-être ici quelques faits du 
prétendu magnétisme animaly et les irritations ou crises 
nerveuses produites par divers attouchemens , avec ou sans 

métaux , comme par les tracteurs de Perkius , etc. 
» 
MAGNETISME , faculté qu'a l'aimant ou le fer , aussi 
le platine ( i ) , le manganèse , le chrome , le nickel , le co- 
balt et quelques serpentines ferrugineuses , d'attirer leurs 
molécules ( métalliques ou dans un état voisin ) , et qui exerce 
cette influence , quoique moins sensible , sur les autres corps 
de la nature. Les anciens n'ont Qonnu de l'aimant que sa pro- 
priété attractive 5 on lui reconnaît à présent six facultés ; Vat- 
traction y la répulsion ^ Isl direction ^ la déclinaison ^ Vincli- 
naàon et la communication. L'attraction de l'aimant ou du 
fer aimanté s'exerce même au travers de corps interposés^ 
comme le verre , un métal , etc. La répulsion a lieu entre 
deux aimans lorsqu'on les présente en contact par leurs pôles 
semblables , ou le sud avec le sud , le nord avec le nord ; 
mais les pôles contraires s'attirent, et le fer non aimanté peut 
être attiré par l'un ou l'autre pôle. La direction , la plus pré- 
cieuse de ces propriétés , a donné lieu k la découverte de la 
boussole , qui guide le navigateur au milieu des mers, même 
au sein de& nuits les plus sombres , et qui a fait découvrir le 
Nouveau-Monde. Car l'aiguille aimantée , librement suspen- 
due sur un pivot , ou à un fil , ou sur un liquide , tourne tou- 
jours son pôle nord vers le septentrion , et le pôle sud au 
midi. La déclinaison est une déviation de cette aiguille , du 
point nord précis. Elle n'est pas la même dans toutes les con- 
trées du globe , et il y a des lieux où elle parait ne pas exis- 
ter ( Halley, Carte de déclin, aim.^pl. 29, de la Physique de 
Musschembroeck, pour l'an 1 700 ). Mais cette variation n'est 
pas fixe , et est plus ou moins grande. De plus , cette décli- 
naison éprouve un petit mouvement diurne en sens inverse 



(1) Mais ou peuse que c'est à cause que ces autres métaux se trouvent 
«lUài avec dufer» 



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366 DES ALIMENS, EN GENERAL. 

du conrs apparent du soleiLL^inclinaison est Pabaîssemcntdfe 
Taiguille , proportionnel a son rapprochement d'un pôle de 
la terr€. Ainsi , sous la ligne équatoriale , l'aiguille est très- 
horizontale 5 et à mesure qu'on s'avance vers un des pôles, le 
pôle semblable de la boussole s'incline. La communication 
est la faculté qu'a l'aimant de faire part de sa faculté au fer , 
et surtout à l'acier , par un frottement dans un même sens , 
d'où vient l'aimant artificiel , souvent très-fort , capable lui- 
même de le transmettre. L'aimant est d'autant plus fort , 
Ïu'il est armé , c'est-à-dire joint au fer dans le sens de l'axe 
e ses pèles. En plaçant une barre de fer dans la position 
d'une aiguille aimantée , on peut l'aimanter en lui imprimant 
une conmiotion. Des tiges ou barreaux de fér long-temps pla- 
cés dans une certaine direction , deviennent aimantés , soit 
d'eux-mêmes, sôit par divers chocs, conune celui de la foudre. 
Les limes , en râpant le fer , s'aimantent souvent , etc. La 
terre a été regardée comme un grand aimant (d'où vient la 
directioi^ constante de son pôle nord vers l'étoile polaire , selon 
Guill. Gilbertus, deMagnete). On a ernployé les applications 
d'aimant pour suspendre l'odontalgie , pour engourdir le 
spasme des crampes , etc. , pour le^ prétendues poudres de 
sympathie de Digby , les tracteurs de Perkins , etc. 



DES ALIMENS, EN GENERAL, 

ET DE LEUR NATURE. 

L'homme n'est destiné par la nature , ni à subsister uni- 
quement de chair et de sang , comme les lions et les tigres ; 
ni , sous tous les climats , à se contenter des simples fruits de 
la terre , comme les lapins ou les écureuils. Cette créature 
cosmopolite et maltresse domine également sur les animaux 
et les végétaux dont elle choisit à son gré les nourritures les 
plus délicates et les plus subsuntieiles , selon ses besoins. 

Tout régime , en effet , n'est pas propre , en toutes les cir- 
constances , à conserver la santé. Sans doute , Phonune est 
omnivore : le nombre et la structure de ses dents , la con- 
formation de son estomac et de ses intestins, qui participe d» 
celle des animaux carnivores et des frugivores , indiquent 
bien que l'un et l'autre régime lui conviennent. Il s'ensuit que 
s'astreindre uniquement, soit à la vie pythagoricienne, soit au 



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DES AUMENS , EN GENERAL. 36^ 

régime purement animâd , n'est p«i« se conformer à notre 
natare , dans Peut de santé , et que cenx-Ià s'abusent qui 
recommandent exclusivement Pua ou Pautre. 

Il y a toutefois des nations entières qui yiy^nt oo de chair 
et de poisson seulement; comme d'autres, de fruits ou de 
Tegétaux , sans j joindre rien qui ait eu vie. Tels sont parmi 
ces derniers , les doux brachmanes de l'Inde et plusieurs au- 
tres Asiatiques des cbaudes régions des tropiques. Parmi les 
nations les plus carnivores , on compte les esquimaux , le$ 
samoïèdes , plusieurs peuplades tartares , les kamtschadales^ 
et des sauvages du Nord de l'Amérique , ou d'autres, voisins 
da pÂle sud ,' comme les patagons , etc. 

Mais y à cet égard , nous devons j&ire plusieurs observa- 
u'ons. Sous les climats chauds , l'homme mène une vie in- 
dolente , et la fertilité de la terre n^xige presque aucun tra- 
vail ; il a besoin de peu de nourriture ; la chair étant trop 
putrescible , des fruits doux, sucrés ou acidulés suffisent ; et 
néanmoins ceue faible nourriture débilite l'estomac , au 
point qu'il £aut sans cesse recourir à des épices et à des aro- 
mates , pour le stimuler. Enfin , les ji^uples frugivores sont 
timides et très-faibles, quoiqu'ils puissent végéter loi^g-temps 
indolemment sous un joug oppresseur , auquel leur pusilla- 
nimité les condamne. 

. Au eoutraire , parmi les climats glacés , la terre n'offrant 
presque pas de végétaux*, et. sa stériCté exigeant de grands 
travaux pour subsister, pour se garantir de la faim etdu froid, 
Vhoxnxï%B a été forcé de recourir à des nourritures qui dou* 
blent sa vigueur contre ces deux fléaux. La chair , lagraisse^ 
le sang, ont dû venir au secours , d'autant plus qde l'appétit 
est ardent , l'estomac robuste , et qu'on redoute peu la pu- 
tridité qu'empêche le froid. Il est résulté un caractère ^plus 
féroce et plus indépendant par ce régime. 

Il ^lit de là que les nourritures devront être plus anima- 
Usées et plus restaurantes à mesure qu'on habitera des con- 
trées plus froides , et le contraire aura lieu pour les régions 
chaudes* Il en sera de. même à l'égard de l'hiver et de 
l'été. 

ffons yervons de ^même , que les boissons spiritueuses et 
stimulaiAtes sont beaucoup plus appropriées aux peuples des 
climats froids d<Hit la fibre nerveuse et musculaire est en- 
gourdie , qu'aux nations des tropiques trop sensibles..CeUes- 
ci , au eôuti^oire , recherchât les boiisoRS raffalcbîssantes 



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368 DES ALIMENS, EN GÉNÉRAL. 

ou calmantes pour diminuer cette ardeur de vie qui lei 
consume. 

Ainsi , les boissons spiritueuses nuisent aux habitans de^ 
pays chauds, qui regardent Pivresse comme un état houleux 
d'abrutissement , tandis que les peuples des pays froids sem- 
blent s'en glorifier. De même , la nourriture , trop anima* 
lisée 5 produit des maladies dangereuses aui hommes qui 
vivent sous les feux de la Torride ou des tropiques ; mais 
un régime tout végétal deviendrait trop débilitant pour des 
hommes condamnés k supporter la rigueur dés hivers 
polaires. 

La proportion des alimens nécessaire pour sustenter , de- 
vient aussi plus considérable , à mesure qu'on habite des cli- 
mats plus froids. On mange davantage en hiver qu'en été , 
et en Angleterre ou en Allemagne qu'en Espagne et en Ita- 
lie. Mais il faut observer que les substances nutritives des 
pays chauds contiennent plus de principes restaurans que 
celles des pays froids. Ainsi , les blés de BaAarie ou du 
Midi , sont plus riches en fécule nutritive que ceux de Po- 
logne 5 la chair même du bœuf est plus substantielle à Cadix, 
que celle du bœuf à Hambourg. En effet, par la chaleur, 
la force végétative devient plus énergique dans les plantes ; 
elles acquièrent plus de maturité , ou des sucs plus élabo^ 
rés 5 il s'ensuit qu'il en faut une moindre qaantité pour 
alimenter , ou (pie les honmies^ les animaux qui s*en nour- 
rissent , sont mieux sustentés qu'avec des végétaux aqueux 
çt insipides , nés sous un ciel froid et brumeux. Ainsi , les 
fruits,les légumes d'Italie, par exemple , nourrissent presque 
autant que la chair peu succulente des bestiaux des pays 
froids. 

On sait que le règne minéral , ou les std)$tances inorga- 
niques , sont incapables de nourrir 5 elles ne peuvent pas se 
transfomier en nos organes. Aucun animal ne vit de miné- 
raux 5 car le ver de terre se nourrit de Vhumus , ou des dé- 
bris de végétaux réduits en terreau, mais non pas dear terres 
pures. L'eau seule est susceptible , en se décomposant, de 
passer dans les filières végétales et animales , en y abandon- 
tiant ses principes , dans quelques circonstances. C'est ainsi 
que , par l'acte de la végétation , aidé de la chaleur et de la 
lumière, solaire , l'hydrogène se fixe dans le végétal , et l'oxy • 
fène s'en exhale. Sans eau , il n'existerait aucune plante , et 
#ans plante , aucun animal , terrestre du moins. En eiiet y \e& 



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DES ALIMENS , EN GENÉRAIU^ 36^ 

ikiiimàux GamiYores ne subsistent que de races. herbÎTores*; 

donc, «n dernier résultat , toute nutrition originelle émane .^ 

du règne végétal. La sç ule exception peut-être à celle loi. 

est celle que présentent les poissons ^ Ils se, suffisent la plur.ï 

part à eux seuls , en s'entre-déyorant dans les mers. Aussi la 

nature , qui à pjçévu toutes ,ces. combinaisons , a rendu les , 

poissons extraordinairement féconds , au point que le moin- ^ 

dre hareng pond jusqu'à dix mille œu£s , et la mprue jusqu^à . 

neuf millions et au-delà. • j . 

Ainsi, le règne végétal prépare les matériaux bruts, leti 

carbone , l'hydrogène , l'oxygène , pom*. les approj^rier à la 

nutrition des. animaux ; et ceilx-^ci présentent une nourriture; * 

plus élaborée , et à laquelle^ e^t ajouté un quatrième principe »^ 

l'azote, pour Ja subsistance d'êtres plus parfaits^ plus apt^fs^j 

tels que les minimaux carnivores, et l'bonime, le-coi, ou plutôt « 

le tyran universel des êtres. ^ ' i - .- . 

De là suit que la nature des alunens devient d^autant plus ^ 

substantielle et plus restaurante , qu'ils sùnt tirés d^séti^s les 

fJus campliqaé& dans leur organisatioa^ L^ i^gnê wnéral est - 

incapable d'aiimenterf l'humus ou' teraseaU* ofire -dés matéb> 

riaux natritifs pour les végétaux •; eeux-ct^x^«n:fis8èklt à leur 

tcHi^r l0s animaux d'ordres inférieurs , et ces otûmatix becb^' 

vores seàreox «nfin à la vie des carnivores; . : 

De mêwtè, les animatik d'ordres îùftHenrs,- lés vers, les 
coquillages, les insectes, sont" de Éaibies alimens , peusupé* 
rieurs en cpalité nutritive aux végétaux, parce qu'ils ne con- 
tiennent que peu d^azote; les poissons, les reptiles, sont 
encore du maigre 5 car il est reconnu qu'ils nourrissent moin^, 
sous le B^êône volume , que la chair des oiseaux , et surtout 
^ne celle des mammifères , la plus substantielle de toutes. 
Aussi , ces deux dernières classes d'animaux ayant le sang 
chaud, t ou'unerespiration très-étendue et très-iatense, sont 
plus sensibles y plus perfectionnés dans l'échelle des êtres que 
les race&-à 3aiig froid , à faible respiration , chez lesquels 
Hiématose est ainsi bien moins parfaite , et ainsi la sensibi- 
lité, la vie animale, moins développées. Donc, plus la vie 
est complette, ou Forganisation perfectionnée, plus elle cons- 
titue des cAairs nutritives , comane la viande de boucherie. A 
cet égard , enfin , si la perfection de l'organisation établft la 
plus grande âaboration des chairs , pour servir en aliment , 
i^en résulte que celle de l'homme , nourri debout ce que la 

mature ofire de plus savoureux, doit être la plus substantielle. 

<,4 



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3ijo DES ALÏMENS , EN GÉNÉRAL. 

Avtssi peut-ôii expliquer par là le plaisir que ressèment les 
anthropophages ^ inangei* de la chair humaine , et la rage qui 
saisit ks animaux earnivores contre l'homme, quand ils ont 
une fois g<)ùté de sa chair. 

Hippocrateet les anciens médecins ont ditqu'ilyàrait beau- 
coup de nourritures diverses , mais un seul aliment , Savoir, le 
chyle extrait dé tous les mets qu'entasse un gourmet dans son 
estomac , au milieu d'un repas composé des produ<5tions les 
plus variées des deux hémisphères. Mais , toutefois il ne pa- 
raît nullement , d'après des analyses chimiques du chyle , 
qu'il soit le mênie lorsqu'on se nourri t de végétaux, ou bie|i 
d'animaux exclusivement. D'ailleurs , le chyle d'un bœuf ne 
peut pas être le nième*que celui d'un autre animal; et il passe 
dans nos corps qurfques principes indécomposes des subs- 
tances nutritives , puiscpe Turine se teint en, rouge quand 
on mange les figues rouges des Cactus ^ ou en' jaune par la 
rhubarbe , etc. 

De plus y ce qui est aliment pour un.aRimioil peut êt£e poi- 
son ou;corpi5 ineutepOur d'autres: un hérisson peut vivre de 
cantharidés , ' ou d'autres: insectes aussi vénéneux , sans dan^- 
ger ; une foule d'ajiimaux subsiste d'exerémens , ou mangent 
du. bois; des larves d'insectes éelosent dans Je suc moctel du 
manioc , et la putréfaction la plus^ exécrable sert de riche pâ- 
ture à d'autres. Chaque x^f^ture i^ àjoj^ son lot et s^s m^ts 
appropriés sur la grande taj)le, que. la terre leur présente. 

D'excellentes nourritures, prises à contre-^œur, sont nuisi- 
bles ou se digèrent mal, tandis que même les mauvaises éprises 
ayec goût et appétit, s'assimilent très^bien à nousé II faïut donc 
consulter et l'habitude et odièsyncrasîe, puisque desliommes 
s'accoutument à des substances nuisibles qui deviennent, par 
l'accoutumance, nécessaires» L'état de maladie fait aussi re- 
chercher ou rejeter certainesnourritures, autrement' que dans 
l'état de santé : c'est de cette manière qu'on ne peut pas suppor- 
. ter la chair dans, les fièvres, inûamimajtoires , ou qu'on désirv 
des mets acres ou acerbes dans plusieurs cachexies. 

Nous ne mangeons pas la. chair cdes.ammaux carnivores : 
nous les imitoiis. C'est que leur chair ^ trop animalisée, devient 
fétide ou alcale^cente 5 elle se. putréfie bientôt.- Le régime 
uniquement végétal ,. outre l'affiiiblissement qu'il cause ^ rend 
pâle , cachectique , engendre. des aigreurs dans les premières 
voies, diminue' la faculté prolifique , dispose à laleucophleg- 
matie , à la cacochymie fbtulente , k la dysenterie* Mais il 



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i>ES ALIMENS , EN GÉNÉRAL. 871 

^'opposé à la diathèse inflammatoire. Au contraire , le régime 
purement animal rend pléthorique , robuste, mais féroce, in? 
traitable ; fait périr tantôt d'apoplexie foudroyante , Untôt 
de fièvre putride, ou maligne, ou de dysenterie, d'Kémorrha- 
gies funestes. Le régime de poisson expose surtout aux ma- 
ladies cutanées, au scorbut, et autres affections analogues , ré- 
saltantes de la dégénération des fluides. Les graisses , en 
nourriture, produisent particulièrement du danger en deve- 
nant acres, rances, et en farcissant les intestins. Les mucila- 
gineuxet les gommeuï, ainsi que le sucre, les fécules, peuvent 
substanier pendant quelque temps , seuls, dans des climats 
i;hauds ^ mais les chairs grasses , huileuses , ne sont guère di- 
gestibles liabituellement que dans les estomacs robustes des 
peuples sauvages des pays froids. 

ta faim ou le sentiment du besoin de la réparation du 
corps est d'autant plus fréquente et plus vive , que les indi- 
vidus sont plus jeunes ou qu'ils s'accroissent 5 de là, vient que 
les enfans put plus souvent envie de manger que les vieil- 
lards , et ceux*ci périraient d'inanition les derniers : en effet, 
ils dissipe ut peu. Les dormeurs mangent peu par cette raison; 
car, au contraire, Us deviennent gras , et qui dort dine. Le 
travail, l'exercice , Font tout le contraire. De même, l'air vif 
et froM.3 en hiver surtout, excite la faim, la boulimie ; mais 
ceux qui vivent renfermés dans un air épais, surtout s'il est 
chaîné de particules nutritives , comme dans les cuisines , les 
boucheries , etc. , mangent moins. On sait , d'ailleurs , (jue les 
vapeurs de substances alimentaires soutiennent l'existence. 

Il y a des sayeurs qui empêchent la faim , comme d'autres 
l'excitent. Ainsi , les acides éveillent encore plus l'appétit que 
les salaisons , les substances acres , astringentes, amères, pi- 
quantes bu poivrées , qui , néanmoins , sollicitent l'appétit- 
Les substances froides ou une glace réveillent aussi la faim, 
de même que le fait toute affection exhilarante , l'espérance , 
la gaieté , etc. Au contraire , les corj s fades , les pâteux , les 
douceâtres , les huileiîx et gras , diminuent l'appétit ; mais 
principalement tout ce qui cause du dégoût et de la nausée : 
les matières putrides Ôtent sur-le-champ la faim. De même , 
dans les fièvres aiguës , on a dcL l'horreur pour \es nourri- 
tures, surtout celles de chair. Pareillement, les substances 
vomitives, les boissons chaudes, le thé, le.qafé, empêchent 
ou diminuent la faim : il en est d^ même de la fumée de tabac. 
On apaise- bientôt une grande faim par une boisson chaude 
d'e bouillon , ou par du potage : c'est pourquoi l'on comAience 

24 



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37a DES ALIMENS , EN GÉNÉRAIL 

le diiier par là. Les narcotiques suspendent encore la faiiô» 
Xout ulcère interne, toute surabondance de bile, ôtent d'abord 
Vappétit. Les mélancoliques , les scorbutiques , tolèrent long- 
temps la faim, comme certaines femmes hystériques: de là , 
ces exemples d'abstinences extraordinaires et les longs jeûnes 
des anachorètes. Les passions tristes, le chagrin, la tristesse, 
la haine , diminuent aussi le besoin de manger. 

Au reste, Pabstinence est souvent lé principal remède àeê 
grandes et incurables maladies, puisque le trop d'alimens de- 
yient lasource dHme infinité de maux, et pubque la sobriété est 
mère de la santé, comme le fondemcsit de la sagesse ; elle ai- 
guise les sens etles facultésmentalesi^nf 7nu« sanguine et adipe 
9uffàtiatu8j cœleste aliquid pervidere non potestj dit Galieti. 
Si l'homme mange et boit peu^ il est moins sujet h tomber 
malade que tout autre, et l'on voit arriver a une trè5*longue 
vieillesse les personnes sobres. La faim diminue lès humeurs^ 
dessèche , guérit plusieurs maladies chroniques , est néces- 
saire aux pléthoriques ; Coquin , tu es bienheureux d'avoir 
faim, disait à un pauvre un gastronome crevant d'une in* 
digestion. . * 

Il est utile de manger deux fois pariour, plutôt qu'une 
fois. Les personnes débiles doivent manger souvent, mai£^ 
peu à la. loifi ; il vaut mieux suivre des heures réglée! pour 
9es repas que de manger irrégulièrement , car l'habitude 
rappelle la faim à époque fixe. Le diner doit être plus co- 
pieux que le souper , car , en se couchant ^ après avoir 
beaucoup mangé , on digère mal : en eSet , la digestion 
s^opère mieux pendant la veille , parce que ^celle-ci est un 
exercice de nos facultés. Il ne faut pourtant pas faire de 
violens exercices après le repas , ni méditer profondément ; 
ce qui détourne de l'estomac les forces de la vie , et sus- 
pend la digestioni 

On doit plus manger en hiver , et boire plus «n été : 
\es assaisonnemens variaient dans la cuisine des anciens 
empereurs de Chine (disent les Mémoires sur les Chinois y 
tome XI, page 90) ; on y faisait usage des acides.au printemps^ 
des amers en été, des astringens en automne, et des salaison» 
en hiver. L'on mange aussi plus de végétaux, en général, 
dans les temps et les pays chauds , et plus dfs chair dans 
dans, les contrées et les saisons froides. 

Les buveurs de vin mangent moins que d'autres per- 
sonnes , parce que ce liquide nourrit et remplit , quoique 
uoiiir que des alim^n» solidç^ ^ aussi ^ l'on trouve que la 



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TfOtJRRITURES DE L'ESPECE HUMAINT?. 373 

soîf est encore plus insupportable que la faim , et la réfeo 
tien a lieu pluspromptement par des liquides que par de» 
solides, parce que l'aliment liquide très-di visé passe rapidement 
dans le torrent de la circulation, ija nourriture deS enfans 
et celle des vieillards doit être plus humide que celle de« 
hommes forts» La femme recherche davantage les alimens 
doux et sucrés. Le vin , qu'on a nommé le lait des vieil-^ 
lards 5 et toutes les boissons fortifiantes qui leur convien-^ 
nent , nuisent aux enfans et aux jeunes gens , dont elles 
excitent trop les fonctions vitales. C'est aussi pourquoi les 
fébricitans ont besoin de boissons rafraîchissantes et de 
,diéte , tandis (pie les convalescens ^réclament des nourri- 
tures restaurantes. ^ 

La nature des alimens mérite d'être étudiée , par beau- 
coup de motifs , puisque la santé eil dépend, si souvent. 
Ainsi , des nourritures trop fades ou trop mucilagineuses ne 
se digéreraient pas bien , si elles n'étaient pas rélevées par 
des assaisonnemens plus piquans qui stimulent l'estomac 5 et 
<ie même des substances trop échauffantes elles seules , oiit ' 
besoin d'être associées à des nourritures plus douces qui en 
tempèrent l'âcreté. D'ailleurs , selon les constitutions indivi- 
duelles d'âge , de sexe , de tempérament , comme selon le^ 
saisons et les climats , on doit savoir approprier les nourri- 
tures k chaque personne , tant dans l'état de santé qu'en celui 
-de maladie. 



DES NOURRITURES USITÉES 

PARTICULIÈREMENT PAR L'ESPÈCE HUMAINE. 

Personne n'ignore que la diététique €St l'une des parties 
les plus essentielles de la médecine ; et la science de la 
gueule, selon l'expression de Montaigne, en est tellemeat 
dépendante, qu'un médecin a prétendu trouver la source 
de toutes nos maladies idan« la diversité, de nos alimens (i). 



(t) Antiphane cleDéloa, dans Cl^tn^nt Alexandrin, Uv. i , Padago- 
cki, chap. r. Voyez aussi Pline, <^isi, nai, , Uv. xu , chap. 53 ; «t 
Hippocrate, lîb, de Flafihus, Ce qn'Hor^ce dépeint Uv. n , sat. a. 

Ut noceanl Jmmini credas , été. ^ 



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S74 lîOURRITURESMiX^PÈCEHUMAÎNE. 

Les anciens rois d'Egypte, suivant Diodore de Sicile , 
ne mangeeûem rien, chaque jour, que par ^ordonnance de 
leurs médecins. 

Koil* avons fait voir ailleurs (i) combien les diflférens 
alimens influaient à la longue sur les individus et les dU 
verses nations 5 combien PIndien vivant de riz et de fruits 
était plus doux que le Tartare qui se gorge de chair de 
cheval presque crue; combien les nourritures animales 
étaient nécessaires sous les régions froides^ et les ahmens 
végétaux, dans les climats les plus ardens de la terre, 
îîous avons remarqué ce que les divers régimes de vie 
X)pèrent, soit chez le» peuples maritimes ichthyophages , 
soit parmi les peuples pasteurs vivant de laitage , soit chez 
les nations agricoles qui se sùbstantent de graines céréales , 
ou chez les sauvages qui subsistent du produit de la 
chasse, etc. Les moeurs et les habitudes des animaux 
changent ellesrmêmes, suivant la diverse nature de leurs 
alimens. 

Il n'est pas moins utile de considérer si les changemens. 
sui'venus dans notre manière de vivre actuelle influent 
sur notre constitution physique et morale, sur la durée de 
notre existence, sur la production de quelques maladies, 
sur le développement de diverses aflections, etc. Les anr 
ciens Grecs et Romains dont nous connaissons assez bien 
la yie privée n'avaient par exemple , ni eau-de-vie et li-r 
queurs, ni café, ni thé, ni chocolat, ni sucre, ni beurre 
même (2), ni toutes nos épices de PInde , comme-girofle , 
muscade et macis, vanille, gimgembre , am6me , pi- 
ment, etc., dans leurs sauces; ils ne connaissaient^ ni le 
ta1>ac, ni la pomme-de-terre, la patate, le topinambour, 
ni nos fécules, ni le blé sarrazin, ni le sagou et le 
salep, ni même nos haricots actuels ( car ils avaient seu- 
lement la fève de marais et celle d'Egypte ou du Nélumbo) , 
ni plusieurs de nos fruits, comme Porange, le tama-r 
rin , etc. , ni quel(]U0S herbes comme les épinards , ni des 
céréales comme le maïs, etc. En revanche , ils mangeaient 
des choses que nous rejetons ou que nous négligeons 



{1} Dans notre Hiaioîre naturelle du Genre humain, t. i ■ p. 343 pi 
•viv. , et dans le Rn-uei/ périodigr e delà Société médecine ^ nu tu ( i799), 
xnesbiccor, sur la nature des âliniènë empli^yës e>i chilqiiè climat. 

(2) Il était si peu connu que Galien dit n'en avoir vu qu'une foi» 
cil 6a ^ic. 



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NOURRITURES DE L'ESPECE HUMAINE. ^75 

aujourd'hui, la mauve, la buglosse, les glandi doux, 1^ 
lupin , le fenu §rec , les racines de papyrus ( espèce de 
soucli^t 3 ; ils aimaient la chair des jeunes ânes sauvages , 
des petits chiens , des loirs , même celle du renard et d<e 
Tours ; ils mangeaient les perroquets, les ûamaoïs et d'aur 
très oiseaux rares; ils ne rejetaient point certains lézards; 
ils étaient fous de beaucoup de {)oi$sons et de coquil;^ 
lages auxquels nous attachons moins de prix jnaintenanc; 
ils ayaieut des ragoûts et des sauces qui nous révolteraieiH 
aujourd'hui. Qui mipingerait coMune eux, eu Europe, des 
chairs assaisonnées de ïue et de laser ^ qui est l'assa»- 
fœtida ? qui avalerait le sgarum^ c'e$t-à-dire , les intestins 
du miiquereâu putré^jjis et dissous dans de la saumure? 
qui leur disputerait du sumen de truie, ou la vulve pleine 
de ses petits, hréjés et meurtris avec le sang et le lait 
dans cet animal vivant, de sorte qu'ils sont transformés 
en matière purulente-? Telles étaient pourtant leurs dé- 
lices* A quelque degré que nous ayons poussé le luxe 
gastronomique, il n'y" a rien de comparable, dans nos 
repas les plus recherchés, à Pextravagance avec laquelle 
les Romains engloutissaient dans un seul festin les pror 
ductions les plus rares de l'univers alors connu; ils y 
dévoraient les revenus de plusieurs roya^mes. Mais aussi 
c'était le peuple- roi ; et ce dominateur du monde , populurn 
latè regenij avait commencé par la vie des Curius et des 
Claton , avec la galette , le chou et. le navet. 

Les septentrionaux qui vivaient de chair demi-crfte , ou 
de fromage, de laitage et de racines, ne pouvaient jadis 
s'accommoder d'alim^ns très-épicés. Cette simplicité de 
nos ancêtres a duré fort long-temps. Nous voyons, dans 
notre histoire, Charlemagne, par exemple, se contenter 
d'un ordinaire de quatre plats de viande ou légtunes^ 
outre le rôti, au rapport de son historien Eginhard. Les 
croisades firent connaître (pielqués jalim^is et /issaisbnne- 
mens de l'Orient, principalement le riz, le j safran et di- 
verses épices. Mais ce n'est qu'à Pépoque du passage du 
cap de Bonne-Espérance et de la découverte de l'Amérique 
que l'art culinaire moderne a égalé, surpassé l'ancien^ si- 
non en luxe, du moins en variété et en jfechérché de 
toutes sortes d'aîiméns , d'assaisonnemens et de boissons. 
Des mémeâ époques datent aussi plusieurs itialadies* deve- 
nues plus fréquentes , outre celles qui ont' été introduites 
parmi nous. Ainsi l'on attribue la multiplicité des a£Eections 



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376 ALIMENS ANIMAUX. 

catarrhkles et nerveuses, qui s'étendent chaque jour d'une 
matiière effrayante chez les nations policées, à ce régime 
trop recherché et trop délicat, aux abus du thé, du café, 
des liqueurs spiritueuses, des sucreries, du tabac, etc. Il 
néisft certain que les enfans et lès femmes en éprouvent 
•pirincipalement les pernicieux effets, dans les villes de 
-luxe surtout , suivant lés observations du célèbre médecin 
;Hiifeland. Boerhaave et Linné avaient déjà fait des re- 
marques analogues. La phthisie pulmonaire , qui enlève tant 
d'individus, le rachitis et les scrophules, la fièvre hec- 
tique et les iniermittentes , la leucorrhée, la péritonite 
puerpérale, lés ménorrhagies , une multitude de névroses, 
surtout celles des organes de la digestion, le scorbut, le 
diabète, les divers calculs, etc. tiennent en grande partie , 
de Paveu des observateurs , k des excès bu des erreurs da 
régime alimentaire. Ce n'est ^as sans motif qu'on a reconnu 
une dégénération visible de l'espèce humaine dans leis Etats 
leà pWs civilisés de l'Europe et dans les classes les plus 
opulentes de la société. 

Mais, afin qu'on observe bien la nature desalimens, nous 
allons en présenter la liste (i). 

ALIMENS ANIMAUX; 

i"* Des Mammifères. 

i^» Les'ruminans ( pecora\ L. ) sont généralement ceux que 
la domesticité nousL donne pour nourriture journalière , et 
qui offrent la chair la plus saine, la plus douce, ainsi 
que leur graisse, leur lait etc., parce qu'ils sont unique- 
ment herbivores, et que la nourriture végctale donne à 
tous, le* ' animaux, des humeurs et des chairs, beaucoup 
plitô douces que n'en ont les carnivores. Ceux-ci ont des 
humeurs e^ des ;ichairst de saveur et d'odeur putfescéntes 
ou fétide, ilçai répugnent ; aussi ne mange-t-on presque 
ûttcan animal camivore^ pour l'ordinaire. 



(i) Voyezjîsu^iles.alimens desanci^ns, Ludovic . Nonnius , dlœUiicon , 
sive de reciàariâ , lU). iv, Antverp. , i645 .^n-4o, edit. a« ; et Bruyerinus, 
Angelul SaJa /Ca^^elfatius, irf« usu t^arnium ; et , sur les repas des au- 
ciens, «iirtout Bulengerus , Stuckius, .CiajdcoBÎus , |iud. Pnteanus, 
Fromoiid ,Xoruarius_^ iu&t. Lipsius , c^c. j Vincent. ButxvLh de ^tu 
«Lutiquorurn î et une foule d'autres. 



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ALÎiŒNS ANIMÀtJX. 877 

Les ftnîAïaux ssijayages sont an gibier ; ils ont d'ordi- 
naire la chair plus^èche, pins noire et douée de pro- 
priétés phis stimulâmes , d'un funiet plus relevé que la 
chair des bestiatui ddhestiques. Les individus soumis à la 
castration donnent aussi' une^ chair plus molle et plus 
grasse, par exemple, le beôuf que le taureau, le mouton 
que le bélier. 

Les manunifères rongeurs sont un gibier doué d'un fumet 
particulier, mais (pielquefois leur chaiir exhale une odeur 
propre , à cause de certaines, glandes odorantes que portent 
surtout les, mâles. 

Les mammifères aquatiques sont de mauvaise odeur et 
sentent la £ange pour l'ordinaire. La chair des animaux 
sauvages est plus alcalescente que celle, des domestiques, 
et aussi plus sèche. Les mammifères amphibies ont une 
graisse rance, presque fluide, conune les carnivores. 

Le BCEUF, toj taur\iSj L., aliment ordinaire des 
athlètes et du peuple, avec la vache et le veau (Von nommait 
damalio les veaux engraissés au lait ). La vache stérile 
était préférée jadis pour sa chair. Dans les premiers siècles, 
il était défendu de tuer un bœuf sous peine de mort ( Varro, 
re rus tic. ^ lib. II; et Columella , lib. VI ). Les héros 
d'Homère vivaient surtout de chair de bœuf. On mange 
en Espagne la chair des taureaux tués dans les combats , 
ce qui rend leur chair plus tendre j mais plus prompte à 
se corrompre. 

Le lait dé^pache étak très-employé, he ^ohstruTJi était 
du lait nçuveau , caillé spontanément 5 on le mangeait avec 
du miel. La melca était du lait caillé pgr un. acide. H 
Y avait diverses espèces de fromages , caseus. Les athlètes 
en mangeaient, comme étant très-nourrissant (Pausanias, 
lib. VI). 0:>^^^i/a était du lait aigri au moyen d'herbes 
aromatiques (Columella, lib. XII, c. 8 ). Aphrogala était 
la crème fraîche 5 le beurre n'était pas cpnnurles Scythes 
et les Pœoniens Pont fait connaître aux Grecs , et Hip- 
pocrate ne. pa4c que de celui des Scythes. 

Les laits d'ânesse, de cavale, de chèvre, de brebis, 
étaient au^i usités. Poppée, femme 'de Néron, preaiait des 
l)ains de lait d'âne^se. , , 

^Lç^'.Tftnàres mailgent la chair dMWr^iX;^^hQthvbalasr 
L., aussi plusieurs pe^uplea de PAsie. , '^ 



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378 ALIMENS ANIMAUX. 

LA CHÈVRE jet le BOUC, capra hircusy L- La chair 
de chevreau était jadis estimée, les chevreaux de l'île d© 
Mélo surtout, et ceux qu'on avait Aistraits à la voracité 
des loups. La chair de bouc , très^st^ulaBte, était regardée 
comme capable de causer l'épilepsie. 

LA BREBIS ET LE BÉLIER , Om aries , L. Chair 
défendue jadis aux Egyptiens. Le mouton , vervex , était 
une nourriture très-commuue chez les Grecs et les Romains ; 
celui d^Espagne «st le plus estimé encore maintenant. 

LE CERF , Ceri^us elaphus , L. Les jeunes faons étaient 
assez recherchés. Galien rejette la chair des cerfs ( de Ali- 
ment, facult. , lib. 3 ). On croyait qu'elle exemptait de la 
fièvre ( Pline , lib. 8 , c. 82. ) On élevait aussi dans des 
parcs cet animal. Sa chair est dure. 

LÉ DAIM, Cervus dama , L., Le Chevreuil , Cervus 
capreolus , L. , usités , ainsi que d'autres ruminans sauvages, 
dans les grands repas. Le Reh ne , Cervus tarandus , L. 
Aliment commun des Lapons et d'autres nations du pôle 
arctique. 

LE BOtFQUETIN , Capra ibex, L. , et le Chamois , 
Antilope rupicapray L . , n'étaient pas dédaignés sur' les 
meilleures tables , selon Martial et Juvénal. 

LE CHAMEAU , Cam,elus bactrianus ^Tu. , ou le Dro- 
madaire , Camelus dromedarius , L. , se mangeait jeune ; 
les gourmands estimaient leur talon grillé. 

L'ANE , Equus asinus , L. On rechercUk beaucoup la 
chair de Tànou. Mécénas en vivait, selon Plii^ lib. 8 , c. 43. 
Celle de l'ànon^auvage ( Lalisio de Martial , liv. 1 3 , épig. 92) 
était surtout préférée : on la comparait à celle du cerf, selon 
Galien, liv. 3, Aliment, facult. ^ c. i ; et Oribase , Collect. 
lib. 2 , c. 28. On mange encore beaucoup d'ânons en Italie. 
On faisait ven^r le lalisio d'Afrique. 

LE CHEVAL j Equus caballus , L. Aliment ordinaire 
des Tatars et quelquefois usité en Danemarck 5 la chair en 
est dure , filandreuse*, noire. Le lait de cavale est usité des 
Tatars, comme des anciens .Scythes. 

LE COCHON et le SANGLIER , Sus scrofa , L. , 
sont les premiers animaux qu'on ait immolés aux dieux et 
au plàisirscde la table : Animal propter conpipia nntu(n. 
(Galien, lib. 3 j de Aliment. facuUat. ), riapporte q[ue là 



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ALIMENS ANIMAUX. 379 

jchaîr dvL porc est $i analogue à la nôtre , que des charcutiers 
scélérats ayant apprêté quelquefois de la chair humaine , 
ceux qui en goûtèrent sans le savoir crurent manger du porc. 
D'où ce médecin infère que cette viande est la plus conve- 
nable à notre nourriture ; elle donne beaucoup de sang et 
d'aliment; voilà pourquoi les athlètes en faisaient usage pour 
se rendre très-robustes. Mais elle cause des maladies de 
peau dans les climats méridionaux ; c'est pourquoi les Juifs 
et les Mahométans n'en mangent pas. Les cochons de lait 
étaient fort recherchés aussi. On trouvait cinquante saveurs 
à la chair de porc, et on estimait surtout, abdomina , le 
ventre ; ^landia , les rognons ; sumina , les tettes ; vuli^œ , 
la matrice , surtout celle de la coch« stérile , ou celle qui itait 
pleine de petits tout jeunes ; sincipUia , la huré du sanglier j 
yerrina , les parties sexuelles piâles ; pernœ et petasones , 
les jambons de derrière et de devant , et enfin les pieds , 
les oreilles , les c^e*, l'échiné , le groin , ^tc. Les jambons 
d'Espagne ( comme aujourd'hui ceux de Bayonne ) étaient 
en honneur. La vulve était surtout le morceau délicieux , 
PuU>â nil dulcius amplâ $ l'on foulait sous le* pieds le ventre 
de la truie pleine et vivante , afin que , broyant ensemble 
les petits , et mêlant le sang , le lait , les humeurs de ces par- 
ties , on en fît un plat digne des gourmands romains ( Plu- 
tarque ,. de esu çarniurriy oral. 2. ) D'autres tuaient les porcs 
avec des Proches rougies au feu , afin que le fer répandît le 
sang dans la chair et la re;ndît plus délicate. Apicius, lib. 7; 
c. I 5 veut que la vulve stérile s'assaisonne avec le laser ou 
l'assa-fœtjda et le vinaigre. Le sumen ^ ou la tettine pleine 
de lait , était encore un morceau friand. Les apri tniUiarii 
étaient des sangliers pesant un millier ( la livre ancienne de 
12 onces) : on préférait ceux d'Om])rie, et on les servait en- 
tiers sur table ; leurs lombes étaient la parde la plus savou- 
reuse. On nommait porcus trojaaus un cochon entier farci 
d'autres anjniaux , comme le cheval de Troie renfermait des 
guerriers dans son ventre. 

Avec la chair de porc , on faisait des isicia ou saucisses. 
Apicius enseigna l'art d'en préparer encoi^e avec la chair de 
poissons 5 de coquillages et des aromates. Les tor^acula 
^tajent des andouilles qui se vendaient fcuites dans les rues 
de Rome ; on les criait d'une voix iraiique.. Tuceta étaient 
d^s-pëtits saucissons fum^s ; A?7/a étftic aussi lin autre saucis- 
w>u 5 tejiia^A^ petites saucisses longues 5 lucanica eCbotuU 



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S8o ALIMENS ANIMAUX. 

étaient des boudins de diverses sortes ( luganiga des Ita- 
liens ) ; phaliêcus , sorte de farce ; silicemium , espèce de 
fromage de cochon, ainsi que les apexabo ^ longanum , eic. 
On y employait le sang , la chair hachée , le lard, etc. Voy, 
Martial, Apicius et Nonmius Marcellus. 

LE LIEVRE , Lepus[timidus , L. , très-estimé , selon 
Martial: 

Inier quadrupèdes ghria prima lepus. * > 

On préférait le rable de l'animal. Sa chair, disait^on , faisait 
dormir , rendait mélancolique , mais donnait sept jours de 
beauté à qui en mangeait. On recherchait encore le Lepus 
pariabilis, L. , qui se trotive dans les Alpes. Lk Lapin , Le^ 
pus cuniculus , L. , n'existait^ guère alors qu'en Espagne. On 
nourrissait des lièvres aussi chez les Romains , et on estimait 
surtout les rognons et les testicules de ces animaux. Plusieun 
Russes et Tatars ne mangent pas de lièvre. 

LE LOIR, Myoxus glis ,h. Gm., nourri dans desglira- 
fia et s'engraissant par le sommeil hy bernai. Animal recher- 
chq, dans les félins , et proscrit par quelques censeurs à Rome 
(Pline, lib. 8 , c. $7 ). Il se vendait au "poids, selon Ainmien 
Marcellin , lib. 28. On lé mangeait avec du miel et de là 
graine de pavot (Apicius, lib. 8, cap. 9 ). On mange quel- 
quefois aujourd'hui le Cochon d'Inde, Cauia porcellus , L. 

LE CHIEN ^ Canl$ domesticus , L. Les petits , soumis 
à la castration , étaient jadis mangés. Hippocrate , lib. 2 , dt 
JDlœta^ dit que leur chair humecte. Festus Pompeius rap- 
porte , d'après Plante , in Saturione , que les Roniains en 
mangeaient, et qu'on en sacrifiait aux dieux. Pline , lib. 29, 
c. 4 5 ^annonce aussi. On lij: dans Athénée , lib. n , que le Re- 
NARD, Cania vulpes ^ L. , était admis au nombre des ali- 
mens , en automne surtout , temps dans lequel il s*en graisse 
de raisins. Dioçlès de Caryste , médecin , ordonnait la chair 
du chien à quelques malades. Les Chinois , les habitans de 
Canaries , les sauvages de Sibérie et d'Amérique mangent da 
chien. 

* LA LOUTRE , Mn'Stela luira. Est, un aliment recherché 
par quelques gourmets , même en carême , comme étant do 
maigre , à cause qu'elle vit de poisson. 

L'OURS, Ursus àrctoft , Ij. On servait sur les tables 1«« 
plus délicates de Rome la x^hair rôtie des }€un«* ourses, ^ 



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ALIMENS ANIMAUX. 3»i 

4>n lui trouvaille goût du ^nglier. Pétrone, *fo//r. , en parle 
dans le festin de ïrimalcion , nom sous lequel il désignait 
Néron. On mange parfois en Suisse , en Allemagne, du 
BjLAia£AU , Ursus mêles. 

.2* Des Oiseaux. -^ 

La chair des c]||eaux est beaucoup plus légère et plus sè- 
che que celle des mammifères ; elle est aussi plus délicate et 
généralement recherchée , quoiqu'elle fournisse moins d'ali- 
Jiient aux individus très-robustes, ou qui ont besoin de dé- 
ployer de grandes forces de corps. Mais elle est plus salubre 
et recommandée aux personnes qui sortent de maladie , 
parce qu'elle est d'une digestion facile. Les oiseaux à chair 
blanche , tels que les granivores et les gallinacés , à vol 
lourd , sont surtout les plus recherchés-pour la table ^ comme 
ils font moins souvent d'usage de leurs ailes que de leurs 

{ïieds , la chair de l'aile est plus légère. Ensuite viennent 
es petits oiseaux baccivores ou granivores également déli- 
cats à manger ; mais les espèces in'Sçctivores ont une saveur 
plus forte. Les vermivores , qui barboltent dans la fang^ 
avec leurs longues pattes et un long bec , ne sont pas d'un 
aussi bon goût , et leur chair est plus ou moins noirâtre. Ce- 
pendant ils ont un fumet très-recherché comme gibier. Les 
oiseaux d'eau, souvent piscivores , sont encore moins esti- 
més, à cause du goût rance , et quelquefois fétide de leur 
graisse , de leur chair fibreuse. Il faut même ôter leur peau 
quelquefois, et faire macérer leur chair dans du vinaigre, 
pour lui enlever une saveur sauvage. 

LE COQ et LA POULE, Phasianus gallus, L. On 
nourrissait des poidets sacrés pour les f^ugures chez les an- 
ciens Romains* Les Grecs aimaient beaucoup les combats de 
coqs ; mais ces animaux étant maigres, p^rce qu'ils sont très-' 
luxurieux , on en fit des chapons : 

^e Ttimia exètusto macreâctiret inguihe gaUu9 , 
Amisit testes, nunc mihi gallua erit, 

dit Martial, lib. \% Ou lés engraissait avec une pâtée de 
farine et de lait ^ dai]^ Uit lieu obscur* On châtrait aussi les 
poules , afin d'en faire des poulardes grasses. Messalinus 
Cotta, fils de l'orateur, apprit à fricasser les crêtes , et Caiius 
a noyer les poulardes dans du Vin de Falerne , pour atten- 
drir leur chair. Les Anglais airneut encore Iqs com.bats de 
cocis. 



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382 ALIMENS ANÈVf AUX, 

LE FAISAN , phasîanus colckicus , L. Apporte dn 
Phase ou de la Colchide (Miùgrélie), dès le temps des ar- 
goiiautes 5 mais si rarjc d'aLord qu'un Ptolëmce , roi d'E- 
gypte y disait n'en avoir jamais goûté : devenu si commun 
ensuite , qu'Héliogabale en nourrissait ses lions et ses léo- 
pards. Acclimaté en Europe» 

J^E PAON , pavo crislatUs , L. Orîpnaire de l'Inde , ^ 
d'abord nourri et élevé à l'île de Samos. Varron rapporte 
que Aufidius Lurco en nourrissait des troupeaux , et en ven- 
dait par an pour soixante mille pièces d^rgent. Horace et 
Juvénal ont reconnu que sa chait était de diflScile digestion. 
Pour l'attendrir, on la compriniait sous dés pierres (Galien, 
jilim. Facult,, lib. 3). 

il. A PEINT ADE ,, numida meleagrts. L. , poule de Gui-^ 
née. Les sœurs de Méléagre , dit la fable, ont été chan- 
gées en ces oiseaux. Les Romains en recherchaient beau- 
coup la chair. On a prétendu qu'ils Connaissaient aussi le 
DINDON {meleagris gallopai^o y lj.)y d'après Varron, lib. lo, 
cap. 27, et Athénée, lib. i4, qui décrivent des poules de 
Méléagre, diflérentés par quelques traits, de la peintade. Mais 
le dindon, comme son nom l'annonce, vient de l'Inde 
(occidentale) ou d'Amérique 5 les jésuites Pont apporté en 
Europe au 16® siècle. ♦ 

LE COQ DE BRUYÈRE , tetrao urogallus , L. , Plin. , 
lib. 10, càp. 21. Chair bonne, mais dure. 

LE LAGOPÈDE, tetr. logopu^jh. Venait des Alpes. 
Plin., lib. xd, cap. 48- C'est la perdrix blanche. 

LETRANCOLIN, teir. fraùcolinus , L. Est Vattagen 
de Plirieylib. ïo , cs^). AS. Oiseau à chair très-délicate. Lé 
ietrao iéinixse^t le petit coq de bruyère , àTciiair dure. 

LA GÉtlNGÎIPE, tetf'tià honasîa \ L. , ou tàttagen 
d'ionie. Oiseau célèbre diirs le^ Vepàs par Péxcellenco de 
sa chair. Il epvenaiiv aussi de Lydie et d'Egypte,; il était 
d'un haut prix à Roôie. 

LA,' PERDRIX *^ têir'Oo perdix ,^L.-,*^uî est la grise ou 
la "petke. As^z oon'nue en Italie ■ môîs moins en Grèce. 
Martial dit d'elle : i. 

Rustica 8um perdix, quid refcrl si mpor idem est; 
Carior est perdix, nec sapit ilia mctgis, 

LA PERDRIX ROUGE ou BARTAVELLE, telmo 



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ALIMENS ANIMAUX. 383 

mifus^ L. Connue de* Orecs^, Il y en avait d'apprises à 
chanter, au rapport d'Athénée , lib. jj, et de Porphyre, de 
jibstinent. carnium , lib. 3« Onr les élevait aussi pour lei' 
combats entre elles, selon iElien, lib. i4> Histmre deà 
animaux. ^ 

LA CAILLE, tetrao cotumix ^ L. Nourrie aussi pour 
les combats , selon Julius Pollux ; on \eè immolait à Her- 
cule , car on croyait que leur chair causait Pépilepsie , et 
on en' attribuait la cause à ce qu'elles mangeaient des graines 
de veratrum^ ou hellébore blanc, qui les engraissaient. 
Galien, lib. 6, epidendor* text. 4^. Cependant on en mangeait 
beaucoup. 

L'OUTARDE , otié tarda , L. , et la CANEPE?riÈRE . otis 
tetrax y L; Pline, lib. lO, cap. 22, condamne leur chair, 
que Galien trouve intermédiaire entre la grue et l'oie , lib. 3, 
jàUment, facult, j cap. 19. 

L'AUTRUCHE , Struthio camelus , L. A la chair dure. 
Galien dit que l'aile est pliis tendre. Servie sur la table des 
rois de Perse ; Héliogabale en mangeait la cervelle. Apicius 
décrit , Tib. 6 , cap. 10 , la manière d'accommoder l'autru- 
che. Ausone , epiat. 2 , dit qu'on mangeait de ses œufs. 

LE FLAMMANT , pjiœnicoplerus ruben L. Sa langue 
était un morceau délicat, selon Apicjus {F'ùyez Pline, 1. 10, 
cap. 48). Recherché par Vitellius , Héliogabale , etc. Oiseau 
rare des pays chaude et des rivages de la mer. Ses plumes 
étaient employées pour se faire vomir, en les enfonçant 
dans la gorge. Sa chair est brune. Le- pélican , pelecanus 
onocrotalus , L. , donne aussi un aliment , mais peti recher- 
ché. • 

LA GRUE, ardeagtus, L. Celle dé l'île de Mélo était 
la plus estimée ; on l'engraissait dans des voHèfes avec les 
cignes (PWarque, discours deuxième, de carnium esu) y 
elle passa de mode à Rome. Une plus petite espèce , peut- 
être le butor, ou un crabier , ou ua héron , le i^ipio de Pline , 
lib. 10 , cap. 49 9 était en honneur aux iles Baléares, ardea 
stellarisy L. 

LA CIC06NE , ardea ciconia^ L. On commença d'en 
manger au temps d'Auguste, et de la préférer à la grue 5 
Horatius^ lib. 2, satire 2. En plusieurs- Keux, il est dé- 
fendu de la tuer, con^nte en Ho4laade. Ell^ passa de mode. 



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384 ALIMENS ANMAUX. 

LA POULE SULTANE, /a/ica porplvyrio, L. 'Très-^ 
connue ^n Sicile, d'où on Rapportait à Rome. La^Ufia^ 
cUrciy aussi recherchée, est la poi^le d'eau. 

LA BÉCASSE, -ScoZopojp rusticola^ L. La bécassine ,' 
scohpax gallinago, L., et la petite bécassine, scàlopax 
gallinula^ L. , étaient connues sur les tables. Du ietja^ de 
l'empereur Çarus , le poëte Nemesianus a chanté leurs 
louanges. 

Sans doute l'on connaissait jadis aussi le raie , rallua crex^ 
L. ;le pluvier, charadrius hiaticula j îj.ylecharadrmsmori" 
nellua ; le courlis de terre , cJiaraclrias œdicnemus^ L. ; le van- 
neau, tringavauellus^\j. ; les pluviers gris 5 les tringa^canutusy 
et squatarola ; les raies d'eau J rail, aquaticus; la por^ane, 
rail, porzanu; le corlieu, sçolopax arquata^ etc. ; Içs barges, 
scolopax totanus , glottis , et limosa , L. , :et plusieurs autres 
oiseaux de rivage à longues jambes, dont parle Pline j mais 
il est difficile d'en distinguer les espèces. 

L'OIE, anas anser^ L. Etait un mets très-fréquent chez 
les anciens , la sauvage comme la domestique. Le consul 
Metellus apprit Part d'engraisser leur foie , avec deJa pâtée 
au lait et des figues. Horace , lib. 2, satir. 8, dit : 

Pinguibua et ficia paaium jecur anseri» albi. 

LE CIGNE , anas olor, L. Quel(Juefois servi sur les ta-^ , 
blés , selon Athénée , lib. 9. Les anciens savaient l'engrais- 
ser, en lui crevant les yeux auparavant d'après Plutarque, 
^sii carn. orat. 2. 

LES CANARDS, anas boschas^ L.; et d'autres eèpêces, 
comme les sarcelles , anas querquedula , L. ; le cravant , 
anas hernicla , L. ; le chipeau , ctnas strepera , L. 5 le siffleur, 
ana^ peuehpe , L. 5 le morillon , anasfuUgulç,^ L. Aussi, les 
anas moUissima , ou Peider, qui fournit Pédredon 5 les anas 
inoschatayei la sarcelle , crecca; aussi les» mouettes, larus tri- 
dacijlusj L. , etc. Voici les parties du canard les plus esti- 
mées^ selon Martial : 

Tota guident ponatur anaa , aed pedote. iantùm 
Mt cervice aapUs cœiera redde "Coquo, 

•LE PIGEON, columba œnas j L. , et surtotit le ramier, 
cobimba palumbus , L. , étaient fort recherchés , ainsi qpe 
la tourterelle, columba turtur y L* Qa les noiurrissait pa- 
reillement daias dés colombiers ( w colminibus)* Il y avait 



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AUMENS ANIMAUX, 385 

atiafst dès colombes messagères. Les Syriens aTaient ces ol-* 
seaux en vénération , et les prêtres de Vénus s'aljstenaient 
d'en manger. Il y avait des pigeons si beaux , qu'on Ifes ven- 
dait plus de aSo fr. la paire, et même jusqu'à 5 à 600 fr. On 
prétendait que les ramiers diminuaient la faculté prolifique^ 
selon Martial. 

Inguina torquati tardant hebetantque palumbes , 
Non edit hanc volucrem qui eu fit eeae salax* 

La tourterelle était regardée comme plus dure à digérer 
(Galîen , atténuant, i^icius ration. , cap. ^). 

LA LITORNE, ouTourdelle, iurdus pilarisy L., étai^ 
le fameux oiseau le plus estimé des Romains : nîl meliuê . 
turdo. C'est pour en élever qu'on bâtissait ces immense^ 
oiselleties dont Varrorf parle, lib, 3 , cap. 5. On les envoyait 
par douzaines attachés en couronne. Ils étaient nourris dé 
mil , de figues , de farine , en pâtée. L^animal sauvage» 
était moiûs recherché, parce qu'pn prétendait qu'il mangeait 
de la graine de jusquiame. 

LA DRAINE , turdus viacivoniSy L. ; le mauvis , turcUt9, 
illïacus^ L. , et la grive, tard, musicus^ L., étaient for< 
recherchés aussi sur les tables , de même que le t^eklz^ 
tard, merula, L. Horace dit , lib. 2, satyr. 8 : 

. . Tum pectore adiéêto 

f^dtmuâ et merulaa poni,.^».. 

Galien regarde tous .ces oiseaux comme donnant un bon 
aliment. On connaissait aussi le merle blanc, commun 
alors en Aroadic sur le miont Cyllène. On apprenait à foilev 
k ces ns^rles. > 

LE LORIOT , oviolus galbula , L. A cause de la cou! eu* 
)«une de son plumage , on croyait qu'il donnait la jaunisse 
ou l'icière , ensuite, qu'il la guérissait ; mais il fait aussi pett 
Vun qoe l'autre. Le jaseur de Bohême , '«mpc//* garruhtà; 
est un bon manger an temps des raisins , Car ii est très-gras 
alor». 

LES ALOUETTES , alauda arvensis^ L. ; là farloiise , 
at. pratensis , L. ; le coçhevis, aU Cristafa , L. ; la calandre^ 
al. cdïaudra^ L. et alauda spinoletta. On croyait qu'ellea 
empêchaient la colique lorsqu'on e*n mans^eait , car les 
Romains et les Grées marchant les pieds nus étaient 
exposés à des coliques après le repas , sUs sortaient au froid 

25 



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33(5 ALIMENS AKM AUX. 

et a Phumidité, suivant la remarque du médecin Vincent 
Bu^îus ; c'est pourquoi ils l>uvaieut aussi de l'eau chaude. 

LE BECFIGUE, motacilla Jicedula^ L. Oiseau déli- 
cieux 5 selon les Romains , comme Test chez nous Portolak 
( emberiza hoi tulana , L. ) Il est surtout gras en automne. 
Aulus Gellius, lib. i5, cap. 8, dit qu'aucun autre oiseau 
que le becfigue ne se mangeait en eutier. Martial veut qu'on 
le poivre. Les motac. œnanthe , et alha , etc. ; les motteux 
soi^t encore des oiseaux délicats en automne. 

LES ROUGES-GORGES, motac. ruhecula, L. et les 
FAUVETTES 5 moL hoHensis , L» ,*étaient aussi servis sur 
table 5 comme à présent. ' 

LE MOINEAU , fringilla dotnestica , L. , le pinson , 
Jfnng. cœlehsy L. , le (rituel ^Jr. nwnlana ^ L. , etc., et 
d'autres petites espèces étaient une nourriiui^e populaire. On 
croyait que la chair du moineau excitait à l'amour , car cet 
oiseàto est très-libidineux. On l'élevait pour l'amusement» 
comme le moineau de la Lesbie , de Catulle. 

Des oiseaux pai*lans ou chantans étaient aussi immolés 
par fantaisie au luxe des tables , tels étaient te rossignol, 
jnotacilla luscinta , L. , cette voix emplumée , comme l'ap- 
peHe un poète , car cet oiseau n'a presque pas de chair. 
L'etourneau , sfurnus vulgaris , L. , était admis également 
sur les tables, selon Athénée , lib. 2, et Pline, lib. 10, 
c. 4^ ; surtout en automne et avec de^ merles. 

Les PERROQuiETS que les gourmands voulurent savourer 
étaient la perrucfhe a collier , psHtacus AUxandrL ^ L. , car 
ce fut le premier perroquet ''connu et apporté en Europe , 
du temps d'Alexandre , et probablement aussi le jaco ou 
perroquet cendré y psitt, trythaQUS , L. 

Il y avait encore des hupeiics, wpwpa epops ^ L., àe» 
alcyons, aîcedo Upida ^ L. , àe» pics ^ . pécus viridis ^ L. , 
pi^u,*^ wz^'o)', L. , eic.; diverses corneilles , le choucas des 
Alpes, corviis pyrrhoçQrax, L.; le geai-, corp. glandariusy 
L. } le choucas ordinaire , corv» rnonedula , L. $ le corbeau y 
con^. coraxy L. 5 la corneille, corv. cçrone, L.; la pie , corv. 
pica , L. , etc. : mais leurchair dure était peu estiméç , ce- 
pendant on en mange en Europe et aussi en Amérique. , 

Nous ne citerons pas une multitude d'autres oiseaux nom- 
més dans Pline, Galien et divers auteurs; Ou en faisait ra- 
îûjuent usage ea^alimens* 



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ALIMENS ANIMAUX. 387 

LA SALANGANE , Hirundo esculénia , L. , ptêpàre , 
kîr les bords des Biers des Indes et de Chine des nids arec 
de« fucus alimentaires ou avec divérs^ mollusques , qu'elle 
colle aux rochers. Ces nids se mangent et fournissent une 
nourriture gélatineuse ^ aromatique ^ considérée comme très- 
aziàleptique. Voyez p. 11 5. 

5** Des Rêpiile^. 

Peu de ces animaux servaient de nourriture chez lea 
anciens. Ils rejetaient les grenouilles qu'on mange en France 
et ailleurs , rana esculejita, L. ^ et quelquefois aussi la txtna 
iernporaridm On a souvent fait, us^age de la v ipèr e, vrpera beruSy 
conune un alimeiit et Un r^imède contre les naialadies cuta- 
nées , la lèpre ; ce qui est encore usitée parmi les nègres j ainsi 
que. la chair du serpent devin, boa cùnstrîclor i, L.j qui passe 
pour fort délicate. Il en est de même de la chair du lézard 
IGUANE ^ iguana délicat issima , Daudin , vantée contrie l'in- 
fection vénérienne comme les anolis. On trouve que les an- 
ciens ont ihangé quelques léz.^rds, comme le lacertaviridisy 
L. En Grèce, on ne dédaignait pas la cliair delà tortue ma- 
rine , testiido mydas , L. La tortue terrestre , testudq grûscay 
L., se jlertait aussi sur les tahleschez les anciens Grecs : les 
modernes en niàngent fréquemment ; et on emploie la chair 
de la iestudo ôrbiculans , L. j en bouillons restaurans ; aussi , 
la iestudo luiarla. Mais , en général ^ ces animaux étaient 
plus employés comme médicamens, ainsi que lesserpens, 
qu* comme nourriture. Voyez p. 1 1 6. 

^ Des Poissons. 

Autrefois les Egjrptîefns , les Syriens , et même les Grecs, 
s'abstenaient d'en manger , ccwnme étant une chair sacrée. 
Pyihagore avait aussi défendu d'en go&ter à ses disciples 
( Plutarq. Ub. 8. Sympos. quœst. 8. ) Mais les poissons 
devinrent par la suite si recnerehés, qu'il était, du bon tou 
d'en faire sa principale nourriture chez lesRhodiens, les . 
autres Grecs , et môme chez les Romains devenus riches et 
puissans. Rien n^égala jamais la pàssîdh qu'ils apportèrent 
dans ce genre d'^alimens, tandis que les héros des âges an-; 
tiques \e% rejetaient, au rapport de Platon , •comme trop 
délicats (i). Les Romains étàlirent des viviers magnifiques 

(i) En effet la chair de poîwon, quoique très-muquMise pour Tord i-» 
>^ire', donne bien u^oint 4'<i^tf^it nutiitiC que la chair.de quadnv^ 

a5* 



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3^8 ALIMENS ANIMAUX. 

pofir nourrir çes> animaux, et y dépeusèrent des sommes 
eiipriue?, tiicinius Mui ffîna en acquit son» surnom. Lucullus 
fit t^'^n^pQrtçjr uae montagne afin de faire entrer une anse de 
n}pr tli^n^ son vivier. Plusieurs poissons lui revenaient à cent 
iQui^ et plvîs 1(1 pièce. On apprenait à des murènes , sortes 
d'anguilles , à venir à la voix ou au bruit d'une clochette : 
Natal ad magistrum delicata inurœna , dit Martial. Divers 
poissons étaient achetés plus cher que des esclayes. On 
çjTQyait que la nourriture de marée excitait la luxure, et 
Galien la regarde comme propre aux vieillards, aux per- 
sonnes délicates ( lib. 3, c. 29, jiUmenL facult, ). Après le 
poisçQn l'on mangeait des figues , comme après la chair, de? 
légumQS. Enfin le poisson était devenu §i vulgaire , qu^ ron 
dédaignait même le brochet dans les tavernes de Kome , au 
i^ppqit d'Ausone , in MoseHd, Mais il ne paraît poin^ que 
le« anciens connussent le hareng, la morue et quelque* 
autres poissons du nord, si usités aujourd'hui dans toute 
l'Europe. Apicius faisait mourir les poissons dans le garum 
sçvaxii de lés JËaire cuire. 

. hes poissons des eaux vives et courx^ntes sont 
généralement plus salubres et *d^une chair plus ferme que 
ks espèces des lacs et des eaux stagnantes, vaseuses, ou 
qui se retirent dans la boue noire des criques et dçs ^nses de 
ip.èr, ou dans les marécages fangeux ; tellçs sant les «an- 
guilles, les congres, les raies, les moutelles, les lamproies, 
dont la chair e.st glutineuse , grasse et pesante , etc. Au 
contraire , les poissons qui se plaisent dans les fonds rocail- 
leux, les eaux agitées et limpides, tels que les saumons, 
les truices, l'ombre, l'éperlan, les perches, etc., s'ont les 
plus sains 5 ils ont des écailles, des nageoires épineuses^ 
tandis que les précMens ont des o§ cartilagineux ou i^oixs , 
une peau très-muqueuse et presque nue. Les poissons de 
haute mer sont aussi plus fermes et leur chair est plus 
sèche que celle des poissons fluviatiles. La nourriture dç 
poissons offre bien moins de restauration que la chair; aussi 
sont- ils du maigre^ et ils affaiblissent, conmie* on le voû 
par les religieux astreints a vivre de poisson. Cette nourri- 
ture est plus facilement putrescible que toute autre, et àis- 



pède. Ainsi , quoique q^uatre onces de chair de JbœuF ne donnent que 
a68 grains d'extrait , et la chair de carpe i52 crains, ou iacblir ^ 
Inrockel 168 graitis , cependant ces dernières ne soi^t que de ^ colle , 
tendis que le bœuf d!oune une matière sticàulente. K^toEtoy ^ Mém- 
ticad, 5c. 1750, 1732. 



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ALIMENS ANIMAUX. 389 

pose aux maladies putrides , ainsi qu'aux affections yermi* 
néuses^ au scorbut, aux ulcères, aux maladies de peau, 
gale , dartres , lèpre. Les anindatix mêmes , les oiseaux , qui 
vivent de poissons , contractent une saveur rance dans leur 
chair, leur graisse et même leurs œufs. Plusieurs poissonâ 
des fonds vaseux deviennent vénéneux. Voici les espèées les 
plus usitées, 

LA Lamproie, Petromyzon marinua, L. , qui est 
probablement Vexotmiston de Cassiodore, lib. 12, Far* 
episL i^j était moins estimée que la suivante. 

LE PRIKA crti LAMPROIE D'EAU DOUCE, petr. 
JltiPiatilis y L. oU lâ y^AaJi* de Galien, lib. 3 , Alimeiit. 
fucult. , étafîi d'tin grand prix sur lès tables romaines. 

Ausone , in JAoséUâ^ la décrit sous lé nom de mustella ; 

aussi Pline , lib. 9, c. 17. Alimens lourds. 

LES RAIES, outre la torpille , raja torpédo , L. , les an- 
ciens coi/iùaisâaient la cetidrée ou blanche , raja bâtis , L. ; 
le tniralet , ou raie A miroir , ra. miraletus^ L. ; Taiglè ou 
ratepenade , raja aquila , L. , qui a un dard pointu ; la 
pasteiiaque, raja pa$tinàca , L. ; la bouclée ^ raja cldvataf 
L. , etc. Mais ces poissons n'étaient pas estimés pour leuî* 
chair, et ne servaient guère qu'au bas peuple. Leur chair 
dure a besoin d'être attendrie, comme celle de fa raja 
oa^rhinckua^ etc. 

LES SQUALES , comme l'ange , Squalus squatinà , L. , 
Faigùifet , sq. acanthiaa, L., le glauque, sq. glailcus , L. . 
\t milandre , sq. galeus , L. , la roussette , sq. catulus , L. , 
et le requin , sq, carcharim^ L. , connus des anciens , ser* 
vaient fort peu d^alimens atjs^ riches , mais aux^ gens du. voir- 
sinage de la mer. Le marteau, sq. zjgœua, est aussi un 
aliment grossier. 

lA RAIE PÉCHERESSE , Lophius piscatorius , ou 
diable de mer , poissdn hideux , peut se manger. 

LE POISSON LUJVE, Tetraodon mola\ L. Son tàié 
est bon à manger , mais par fois nuisible. On le pêche dans 
la Méditerranée ; il n'est pas vénéneux cependant conune le 
fetraôdon oceîlatua des ÛeUves de la Chine et de VInde. 
Son contre -poison est une terbe très-amère, espèce de 
liàné inénispérriiés. 

L'ESTURGEON ordinaire^ jécrpenser s^turio ^ L. 



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390 AIJMENS ANIMAUX. 

était Pun des plus précieux poissons , et réservé pour la tatlu 
des grands, comme étant de qualité noble , selon Ovide, ha-r 
lieutic.Oxi sait avec quelles cérémonies on le servait, au rapport 
de Macrobe , lih. 3 , SaturnaL II était moins estimé du 
temps de Vespasien , suivant Pline , lib. 9; mais beaucoap 
sous Alexandre Sévère. 

Uelops des anciens paraît avoir été no^re grand esturgeon 
©u ichtîiyoooUe , Acipenser hiiso , L. , qu'on prenait en 
Pamphilie et vers l'embouchure du, Volga (Pline , lib. 9, 
c. i5, et Columellc , lib. 8 ). On sait que le cauiaro des 
Italiens et des Grecs est préparé avec ses çeufs sur les bords 
de la mer Noire ou du Pont-Eu^^in. Aujourd'hui le sterlet , 
qcipenser ruthemis , L. , et le tuck , acipensçr tuha^ de Kra- 
nier j, variété connue dans le Danube , sont dc^ poussons très? 
estimés. 

Le çaper de Pline , lib, 9 , c. 5i , est le haKst^ft capf^iscusy 
L. , ou le BAi:,iSTE porc qui rend un bruit semblal>le au gror 
gnement du porc quand on le saisit. Ses couleurs sont vive3 
et brillantes , et plus remarquables que rexccllence de sa 
chair. Le xuTrfêt était en Grèce d'un prix exorbitant. Le 
poisson- vieille , b(ihstes yetuta^ L. j, est, curieux par sa 
îbrme. 

LES ANGUILLES. La fameuse murène des anciens , 
murçeiia helena j L. ( murœnophis , de Lacépède ) , qu'on 
apprivoisait , fut d'abord élevée dans des viviers par Hirtius , 
qui encé.da six mille indiviviqs à César. \j^s meilleures ve-r 
naient du détroit de Sicile , et aussi de Tartessa , et Vitellius 
aimaltflieaucoup leurs laites. Celje du Tibre était mauvaise , 
selon Galien , lib. 3 y Alim . faculL C'était la murcBiia ann 
guilla 5 L. , ou l'anguille ordinaire. Ardiestrate , rpii vivait 
en Sardanapalc , disait que 1rs Messéniens étaient les plu^ 
heureux des hommes , parce qu'ils avaient grand nombre 
d'anguilles. Celles du lac Céphise étaient très-grosses. Aussi 
les Grecs les aimaient beaucoup , quoique les médecins les 
reconnussent com(ne aujourd'hui de diiUcile digestion. 

LE CONGRE , muroena conter y L. , qui parv iept jusqu'à 
dix pieds de long, était aussi regardé comme délicieux, suft 
tout sa tête. On préférait ceux de Sicyone j mais les Romains 
en usaient rarement. Ou cuisait ces poissons dans des feuilles 
4p bette. 

LA DONZELLE BAKBUE; Ophidlumharhatum,t.y 



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- ALIMENS ANiiMAUX. 891 

tst citée par Pline , lîb. 3;i ^c. 9 , conime «erraHl d'aliment 
aussi. 

LA VIVE, ou DKAGON DE MER, TracTiimtsdracoy 
L. 5 qui est Varaneus de Pline, lib. g, cap. 27 et 48 j a la 
chair blanche et bonne y mai» elle porte un aiguillon dont la 
piqûre est dangereuse. 

LES GADES^ LE MEPOLUS ou LA MERLUCHE, 
Gadus merluciîis y L. Jadis les RouKiins faisaient beaucoup 
de cas de son foie qui est jaune et très-huileux ; mais sa chair 
devenait quelquefois gluante , au rapport de GaGen ( Voyez 
aussi Pline , lib. 9 , cap. 17 ). C'était Vasellus des anciens , 
mis immédiatement après Testurgeo^ pour l'excellence de sa 
chair. Les gadua molva , ou la lingue qui se sale 5 le sey y ga- 
dus virenfty îe pollak , gadus polluchius , le tacaud , gadus 
harbatus , le eolin , gadus carbouuirius , L. , sont encore do 
Lobs poissons ordinaires. 

L'ANON , Gadus œglefînusj L. ,. ou i*«i ies Grecî^^ 
nommé aussi callarias par quelques auteurs ( quoi<jue diffé-r 
rent du gadus callarias , L* , ou nàwagja ) y a des rapports 
avec la morue (gadus morhua , L. ) , qui était ignorée ijes 
anciens , maïs q^ui est un poisson très-fréquent aujourd'hur en 
aliment, nommé, pa» les Allemands , cabéliau , et (juand il 
est sec , stockfisch. Mais cet ancien callarias était petit, et 

feut^étre doit- on le rapporter an capelan , gadus ininutus j^ 
*. , connu dans la Méditerranée. On ne connaissait pas jadis 
«n Grèce et à Rome , le MERLAW,^aci«âr merlangds , L. y don* 
on fait maintenant' une si énorme consommation.. 

LA MUSTELE,,Gatîi^m«5^eZa,.L»., etlai.QXE^g^flc/w« 
Iota ,L. 5 n'étaient pas absolument ignorées, mais elles étaient 
assea rares et peu recherchées. La mustèle se trouve dans la 
Méditerranée , et la lôte dans les eaux douces. 

LES PERCEPIERRES, LE LIÈVRE^ Blennimoeel^ 
hiis ,L. ^ la molle , blennius phjcis ^ L. ^ la baveuse >èfc/î-' 
nius pholis , L. 5 la coquillade , blennius galèrita , L. , etT 
quelques autres ,. ont été quelq^efois employées comme ali-^x 
ment par les anciens^, mais leur chair muqiieuse et huileuSQ^^ 
les faisait fort peu rechercher, , comme à présent.. , ^ 

LE DOFIN, eoryphtena hlppanis^, h^y dont Pline ^^* 
parlé, lib. IX, cap. 16, était admis snr les tahifes, lib. XXXII,^ 
<Mip. il y ecaofifte un bbn poisson ^ékglen on de.hati^-fiQ£r'< 



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39t ALIMENS ANIMAUX. 

Ce poisaou^ appelé aussi dorade, di£f!ère du ^arus aitr 
rata, L. , qui porte le même nom. 

L'APHYE, ou loche de mer, gobiu& aphja^ L.; le 
i)oulereau , g^oi. niger^ L. , ou le bouc de mer d'Ari&tote, 
et le boulerot blanc, goè. /ozo, L., étaient fort bien 
connus des anciens ; mais leur chair maigre , quoique assez 
agréable, ne paroissait pas assez relevée pour la table 
des riches. On en faisait du garum cotmnun. 

LE CHABOT ou MEUNIER, co«/a« gobio, L., a k 
«diair délicate, seloii Aristote; c'est peut-être Vaprieulu^ 
4e9 Romains : 

jipriculum piscem ^eciio primum esse Tarenii , 

dit Ennius. Le scorpion marin , cott, scorpius , L. , rend 
un bruit quand on le saisit; il était jadis connu , mais s» 
chair est indigeste; elle passe pour venimeuse à tort. 

LES RASCASSES, le PORC, r^corpœna porcus^ L., 
et la truie , scorp. scrofa , L. , sont citées dans Pline , lib. IX „ 
cap. 5 1 , et lib. XXXII , cap. 5 ; mais on en mangeait peu. 
On redoutait beaucoup la piqûre de leurs aiguillons , avec 
raison. C'était comme médicament qu'elles s'employaient 
contre les maladies da la vessie , du foi^ , etc. Hjppocrate 
' réconunandait leur fiel comme très-emménagogue. . 

, LA DORÉE 5 ou le poiason de Saint-Pierre, zeua faher^ 
L., était jadis comme aujourd'hui, l'un des poissons lea 
plus estimés^ pour la délicatesse de sa chair, selon Ovide,. 
Halicuticon , et Pline, lib. IX» ci^p. i8, et lib. XXXIl,. 
cap. II. Le capros aper y de Lacépède, ou le sanglier, 
était connu aussi, mais sa chair est dure et fétide. 

LES PLEURONECTES de toutes espèces étaient pré- 
sentés souvent sur les tables les plus somptueuses. Le 
grand turbot ^ pleuronecles Tnaximus\ L., qiii fut apporté 
d'Ancone à Domitien, et pour lequel il fit assembler 
l'auguste sénat de Rome; le carrelet , p/ez/r. rhombusy 
E.'; la ]>lie, pleur, plàtessor, L.; le giand flétaTij pleur, 
hlppoi^lossus ^ L. ; la limande, pleur, limanda, L. ; la 
sble, pl^ur, solea, L. ; leileas, pleur, fiesus, L.; pleur, 
livguceutia^ L., ou la languette; \e pleur, cynoglossua y 
o jyi le pôle ; le pleur. platessoi4es oj^i le flyndre , et d'autres, 
espaces, passent pour les meiJleur^î poissons avec raison; 
ï^-i^ffLi^t jf^di^ d'Ru. haut p^« Lq ]^oineaii de mer, 



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ALÏMËSS ANIMAUX. SgJ 

fdeur. passer yTh j <m le -'^•rtm des Grecd passait ëgaktoent 
pour délicieux. Horace, Mb. 11, sat. 8, dit : 

• • • • . « . . Cum pasèeris at^ue 

^nguétata mihi porrexit ilia rhombi, 

La sole est nommée linguacula par Varron et Festu^ 
Aitôone vante la pHe dans «oa élégie sur la Mortelle, 
pans Athénée, lib. IV, un parasite nomme la sole se- 
melle des Ûieux, par allusion à son nom. Perse, &ï^ VI, 
dit qu'il n'appartenait pas aux affiranchis de manger du 
carrelet. Le meilleur venait de Ravenne. Galien recon>- 
maide Pusage de ces poisisons conmie excellens et légers 
a digérer^ lib» III, alim. fitc,, cap. ag, et lib. VII, 
method* med* , et liJ>. dé attenuarUia vietûs rat., cap. 6* 
Aristôte et les Grecs^ n'ont pas connu , ce me sembk^, 
diverses espèces du aord^ cependant, en Sicile et à Aliènes 
le carelet, la plie, etc^ étaient; des poissons fort estiméf. 

Le^OORAMY de Pile de France, Osphronemus ^àramy-^ 
Lficép. Excellent poisson d'eau douce , long de 5 pieds. 

LES SPARES jouiss^aient encore d'une bien plus haute 
estime; lia dobade, sparus aurata^ L., dédiée à Vénus, 
à cause de sa beauté , emblème de la fécondité , et poisson 
«axatile trèsrdélicat, était si recherchée qu'elle se vendait fort 
cher; Sergius, patricien de Rome, eut le siimom d!aur- 
rata. Les» dorades qu'on avait apportées dans le lac Lucrin 
étaient préférées, selon Martial : 

If on omnis kmdfm pretiumque auraia merelur, 

Sed cui êolus erit concha Uicrina cibua, , 

LE P AGEL , sparuê eryikrinus , L. , le pagre , $p. pagrus^ 
L. ; le sargue, sp, sargus^ L. , méritaient également Paccueil 
qu^n leur faisait à cause de leur chair exquise , ainsi que le 
togue^ sparus boops, la saupe, sp. salpa\^ etc. ; mais lespa- 
raiUon , sp, arinularls , L. , Poblade , sp, melanurus, L., 
la mandole , sp. moena , L. ; le canthèr^ , sp. cantharus , L. j 
ie mornie, sp. morrnyrus^ L. ; la J>rême de mer, sparus 
hrama , La^ép., le denté, sparus dentei^G^ L. , etc. , ont la - 
chair n^oin^ agréable, et ne servaient cpi'au peuple. 

LE PICAftEL, Sparus smaris , L. , était très- distingué; 
car c'était avec li|i.q.ue se préparait le commun garum des 
Romains, selon Pïine,lib. 3i, n** 4^». Aussi, nomme-t-oé 
encore ce poisson g^QU , sur nos côtes. Cet assaisonnement 



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394 ALIMEINS ANIMAUX. 

ae faisait en laissant putréfier le gàrus dabs âe la saBi^nre, 
avec divers aromates. 11 en résultait une liqueur noire, pi- 
quante, qui était une vraie pourriture selon Sénèqne et 
Suidas 5 et dont Podeur était détestal^le* Senec. , ep. gS. 
Mais on exi fit ensuite avec d'autres poissons jlm pré* 
cieux. 

LES LABRES comprennent l'espèce la plus recherchée chez 
les anciens. Le fameux scare , labrus acarus , L. , jcheilinuA 
scarus, Lacép. qu'on croyait ruminant, et qui, étant com- 
mun sur les côtes de la Grèce , fut apporté exprès sur les ri- 
vages de la Campanîe , du temps de Tibère et de Claude , par 
une flotte de navires. 11 fallut cinq ans pour Vy acclimlter. 
Les gourmands surnommèrent sa chair, le cerveau de Jupiter, 
selon Apulée, in Apologet. Ovide, Halièut. , dit qu'il ru- 
mine les herbes ou fucus dont il se nourrit ( Pline , lib. 9 ). 
Epicharme prétendait que les dieux mêmes ne rejetteraient 
pas ses excrémens ; car Martial assure que les entrailles sont ce 
qu'il y a- de meilleur dans ce poisson. Les foies des scare« 
entraient dans le fameux plat de Vitellius. Sa chair est friable , 
légère, comme celle de tous les saxatiles^ selon Galien, 
lib. 3, alim>jfacu1t Oppien vgnte extrêmement ce poisson, 
halieuticon ^ mais il ne rumine pas réellement.. 

Les autres labres dont la chair était encore recherchée, 
sont Phépate , lahrus hepaius , L, , le tourd , labrus turdus , 
L. , vanté par Alexandre de Tralles, dans la pleurésie; 
c'est un beau et on bon poisson; le merle, labrua meruldy 
L. . qui , suivatit Oppien, n'est que le mâle du précédent; la 
girelle , lab.julis , L. , qui est très-4)elle et d'une chair savou- 
reuse ( non vénéneuse comme le croyait iElien ); le canude, 
lab* cyrtœdus ^ L, qui nage par couple , et dont la chair est 
excellente pour les estomacs faibles ; la vieille , lab* petula y 
L. , etc. Les labr. iinca , et labr. pavo ou paon de mer , soal. 
d'assez beaux et bons poissons. 

LE CORBEAU DE MER, mVçna w/Tzôm, L., parvient 
promptement à sa croissance; c'est l'un des poissons fins de 
la Méditerranée , cité par Aristote , Plinç et les autres an- 
ciens. On en faisait aussi du garum> On croyait que son 
foie fortifiait la vue ( comme celui du poisson de Tobie y 
ammodjtea tobiaûus » L. , dont parle l'Ecriture sainte. ) 

LA PERCHE, perça ftupiatUisy L. , jadis très-vantée, 
Ausone dit d'elle : 

N«c te , detictas merrsarum , perça , êikèo , etc« 



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ÀLIMEÎÎS AMMAUX. 595 

Le6 Romaîns en faisaient le plus grand cas , ainsi que de 
Tombre , scicpna cirrhosa , L. , dont la t^ie était surtout 
recherchée. La perça marina a la chair tendre et grasse. 

LE LOUP , perça labrax , L. eentropomus pwtctatua , 
JL.acép. 5 était ce &meux poisson dont Horape , livt 2 , 
«emi* 2 , fait ipention : 

Undè datum sentis lupus hic tibetiitua , an allô 
Captus hiet , etc.. 

Celui pris entre les ponts du Tibre était excellent, 

comme celui de Mégare en Grèce. On préférait surtout I4 

tête. Celse, lib, II, cap. 20, et Galien, lib. III, alim, 

fac.^ préconisent sa chair. Ce poisson est très-vorace, d'où 

lui vient son nom. 

LE S AND AT, perça lucio perça ^ L. (centroponje de 
Lacép. ), analogue au brochet, et d'autres espèces, étaient 
fort estimés, jadis, comme à présent. Les perça ce mua ^ 
p, zingel, p. alburnus^ etc., le sont ^encore. 

LE MAQUEREAU, «co/^Jcr*romi£rr,L. Voici encore 
un poisson bien accueilli sur les anciennes tables. On le 
péchait principalement sur les côtes d'Espagne , n^ais son 
plus grand emploi était poi^r le garum le plus exquis sçlou 
Martial: , 

JSxpirqnfis adhuc scombri.de sanguine primo , 
Accipe foLstosum y mènera cara^ ^arum. 

C'était ainsi le sang , les entrailles de ce poisson , mô^ , 
céré et pourris dans la satunure. Piine, lib. XXXI, cap. 8* 
Galien, Ijb. III, de cojnpos. jnedicajn.^ dit que cet assai- 
sontiement était noir; i} .était si cher que Je cpnge (me-r 
sure de trois litres ou pintes ) valait dçux i^ille pièpes 
d'argent. On j mêlait tantôt du vin {oejiQgarum)^ du 
vinaigre ( oxy garum ) ; de Teau (/i^drog^arwm), de l'huile 
{ oleogaruni ) ; on j ajoutait du poivre, etc., et on en 
assaisonnait presque tous les mets pour exciter l'appétit. 
Quoique d'odeur puante , quelques personnes en portaient 
sur elles en manière de parfiini, selon Martial, lib. H, 
épigr. 98; voyez aussi id,, lib. III, épigr. 49» 

LE THON, scomher thjnnus^Ij.^ se mangeait princi- 
palement en salsçLinenta pu salaisons, et la sam^ure dé- 
coulant du thon mariné servait beaucoup en ass^isonuetnent 
§ous le nom 4e piiiria. C'était à Antipolis, à /JThi^iTiijiL e^ 



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399 AlIMENS ANÎMÀÙ3L - 

eik Dûlmdtie qne se préparait la meilleure. HôràiJc, lîb. II, 

sait. IV, vante celle de Byzanoe : 

Quod pingui miacere mero , mariâqite decehit 
Non aiiâ qucan gué BytanUa puiruU ùrcà. 

On la préparait au printemps , époque de là fêche. Lé 
lacertuê piscis , le glaucus, qu'on prenait «reulement eâ 
été, et le cordj^biSy éuient des espèces de thons; peut- 
être les scojnber germon, Lacép., et se, trachurus , L.j 
et, le se. colias, L. ;. également employés en «fal^isonsTy^et 
assaisonnés ensuite de silphîum ou d'assa-fetida. Voyea 
âiissi Martial, lib. X, epigr. 48, et lib. XI, epigr. i3* 
Les œufs de ces poissons, salés, s'employaient comme 
ï'est aujourd'hui la Boutargue. On les couvrait de rue. 

LA BONITE, acomber pelaniisy L. , bon poisson de 
salaison, jadis aussi : Von nommait ses chairs salées cyhia^ 
ou melandrya, ou elacatena, suivant les pays où elles 
^apprêtaient. On préférait celles de Cadix , ensuite celles 
de la Sardaigne. Tout cela remplaçait notre morue et nos 
harengs salés. 

LE SXJKMJJLKt, rnullus harbatus, L., le pkis fa- 
meux de tous les poissons chez les Romains, est. notre 
ROUGET; et commc ils n'avaient pas pu l'élever dans de« 
viviers (Columell., lih. VIII, cap.' 17), il était rare et 
très-cher ^ vu sa pfetitesse , car les plus gro^ tte 'pesaient 
pas deftx livres. Suétone ( in Tiber. ) apprend que trois 
de ces poissons furent payé^ 3<),ooo sesterces, c'est 6000 
francs. Juvénal dit, Sàt* IV. que Oîspînus 

- . . . Mullutn 9ex millibus émit ^ , ^ m 

JÈÎqûaintem éanè pan6u8 seatefCia iii>yis. 

Le foie et la tête passaient pour les morceaux les plus 
exquis au palais des gourmands, au rapport de Galien et 
d'Aëtius, lib. II, cap. 79. On faisait périr cet animal dans 
le garum pur lui donner bon goût. On jouissait aussi dt^ 
* plaisir de le voir mourir , car il changeait de couleur, 
devenant pale et verdâtre, selon Pline, lib^ IX, cap. 17, 
et Sénèqtie, lib. III, naturaï, quœst.; Ce. q^i fait dirç 
à celui-ci des. Komains: oculis quoque gulosi sunt. On 
distinguait îes rougets de diverses régions. HxHibgabarle fit 
plus : il voulût retnplîr des jflats des setïb^ bàrbfflons àé 
êé poissoto dont il*fi|llàii d'immenses qùarritités' et avec àéé 
d^^ëtiseis ép6uvatttaiblës. Apîcitts^^iArr^ Un àsisaisoûiié^ 



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AUMENS ANIMAUX. 397 

men^ irès-recberché , alec , fait avec . des foies de rouget 
(Pline, }ib. XXXI, cap. 8), et il y joignait des< huîtres, 
des oamm de mer, des orties marines, de la chair 
4'bûznards et^li^e autre choses» Pour Valec vulgaire, c'écaii 
]a portion des poissons qui ne s'était pas entièrement àh^ 
soute dans 1^ garum. La Corse et la Sicile fenrnistoieni 
les n^eilleurs surmulets, suivant Jurénal, SaL V. Sa<^hair, 
]>lanche, Niable ^ louée par Galiei^, Hb. III, aliment, fête, ^ 
est encore trouvée de bon goût aujourd'hui , comme celle 
du. mullua imberbis , Xi. 

LE BARBET ou MULET BARBARIN , Mullussur- 
muletm 7 \^' j consacré jadj^ à Lueine , parce qu'il frayait | 
dit-on, trois fois par an, était avis>sfi recherché que le préçé*- 
dent par la grossière gourmandise 4^ Romains dégç^f^f^ 
et esclaves ; ils faisaient gloire de ces extra vagancesi , e( We 
absurde barbarie sç repaissait de voir ïe^ tounneos dl? 0^ 
poisson expirant dans des vases de cristal! ELn devenait ]L4tf 
ches et rai^pans;, ils étf^ient ^y^8^ devenus féroces, . ,. , 

^.ES TRIGLI^^., \^ qiielf .Pfni^oît ouRougkt, jPtU^ 
g/a cuculus , Lujle M^jç^arîm^t, j^ !ftsigb^ lœicaia , L. , l'Hi. 
ROKnet^LK ou (ÎA^j^iifï: , Tri^ hk^moy^ljf , qui est.k. <\>r-^ 
çu^ de Pline , Jib. Ç „ ç^f^ 4^ ( ï^wee ^'il fait , quand o^v 
le saisit ^ ent^^^re un bruit com^aa^ le croassement du.«oi>(^ 
beau ) ^ étaient et sont des poissons délicats , aussi bien qtm^ 
la Tn'gla lyra pu le Grognai^t ; la Trigla lucernao^Àe 
Milan , qui est phosphorique , a la chair plus duré qu^ ceflç 
dn GuRNEÀU , Triâla gurnardus. JPlusieurs de ces espèce^ 
à* longues nageoires sont àe^ poissons volans. 

LA LOCHE, Cobiiis barbàtuIa^Tj. ^ qui est la IVfou- 
TJELLE ou BarbotTb , et la LoGHE d'étang , Cobiiis fossiUs ^ 
L» , se mangeaient jadis en friture coifnme à présent. 

LE MAL ^ Silarus glariis , L. , Iç plus gros poisson d^èaji 
douce avec l'esturgeon , était auissi en usage chez ks^ anciens. 
Pline dit qu'il vit surtout dans le IVfein en Allemagne , èi^^ 
est très-»^vorace ; mais sa chair inoUe et indigeste était peu 
estimée et à bas prix ( Juvénal , Sut. r4, le dit aussi ). Lès 
Rhodiens en mangedient beaucoup cependant. Ce ailupuê- 
était peut-être celui d'Aûsone , qui donnait ce nom à Ves^ 
turgeon 5 Athéij^ée nomme hycca, , le^lure. On en prépaïaît 
Un garu^m ou Uquam&n 9 suivant Ccelius Aurelian. , Ta^rd. 
pas*. , lib^ a , cap. 1 5 et Aetius, Tefrab. , lib. i , seçt. ;| » 
çap. 159. . 



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39$ ALIMENS ANllVlAUX. 

LÈS SAUMONS , Salmo aalar , L, L'espèce oMinâîri* 
parait avoir été ignorée des Grecs , mais non deA Roihains , 
et l'on pense que c'est Vanchorago de Cassiodore (de Meiisâ 
principid , lib. ic)^ cpisl. 4 )• Cependant oti apportait jadis etf 
Grèce de ces poissons^ saïés , du Niépcr et du Danube ; maia^ 
c'était peut-être le Hbuch , Satmo fiucho , L. Pline dit que 
le saumon de Gascogne est préférable à tout autre ( Hist^. 
mund. ^ lib. 9, cap.* 18 ). Ausone décrit le saumon de la 
Moselle ? 

JVec te y puniceo rutilantem viscère satmo y 
Transietim, eéc. 

La^tRiîÎTE SAÙMOhîrÉç était Connue aussi^ Salmo trutiaju. ; 
il semble que les aticien^ aient préféré la Truite dommune 
Ats rivières , Salmo fàrio , L. Aujourdiiiii I'Omble cheva- 
tiER OU le Salmo umhla , L. , du lac de Genève est le plui 
techerohé parmi cjjs e'spèces , et l'on voit les plus beaui se 
vendre jusqu'à 4^0 francs , lorsqu'ils atteignent quatré.pieds 
de longueur. L'omAlé y Salmù sa'lPelinùs, L. , I'E^érIan , 
Se èperlanuê , L. y te Lavaeet ^ $. laparetùs, L. , ïé Thy- 
jàALtE.(i)^ S. ihymalltés ^ L. ^ I'Omsre bleu de Suisse, 
•S. fVartmanniy L. ,• etc. y sont etiçdre très-estimés desgour- 
metSi, Aussi .y]es Salmo albula , oxyrhinchus ou le hautin , 
Sabno alpinm ou la bei'gforelle , passent pour d'excelletis 
poraons. 

' L'ES CROCHETS ,. JËsox^tuciué , L. , avalent peu de prit 
jadis. L'Orphie ôû Broche, Esox helone^ a une chair dure 
et maigre , ainsi que le Spïit , Eaox spTiyra^na, égalemeni 
connu des anciens , mais ceïui-^ci à la cliair meilleure. 

Le muge , MugiicepJtalué^^ L. y ou le Mui^et (difle* 
reïit des MultfÂS )^ ^tak encore l'un Âes excèllens poissons 
des anciens ; ils l'avaient accoutumé à des viviers d'eaù douce 
( Varçon , Rei rusiic. ; \ib. 3 , et Columella , lib. 8 ). A 
cause de sa grosse tête , on le nommait aussi capiio. Celui 
d'Abdère et de Sïnope était ïe meilleur en Grèce , dans l'hi- 
Ter surtout , et sa tête était la pavtie la plus recherchée. On 



(ï) Ce nom luri a ëtë donné h dauâe de son 6c(eur approchante de celle 
du thym, selon j£lien, lib. xir, ilisL antm, , 6âp. 49. Mais cette 
odeur , jqiiolque meilleure que celle des autres poissons « n'est pas celle 
dn thym. Saint Arabroise, lib. vi de son Ifexameron,,(siii un éloge ma* 
gml&que de ce poisson de VAdige «t du Tésii^. 



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ALiMENS ANIMAUX. Sgj 

6îsait avec ses œufe des J* rifix/Êi on de la hotUarguei 
comme aujourd'hui encore. Ce sont sts ceu& salés et sèches 
au soleil. On en mange beaucoup dans le Midi ^ de même que 
du eapiaw^ ou des œufc ^és d'esturgeon. 

L'ALOSE , Clupea alosa , L. , était la ^ftr^ d^Aristoté; 
la Saedine , Clupea sprat tua , L. , et surtout TAnchois y 
Clupea encrasicoluè , L. , se servaient sur les tables des an- 
ciens^ mais principalement marines ou eii salaisons. Les an- 
chois , tyyfutfX9i des Grecs , grillés et macérés dans du vinai- 
gre , forment une espèce de garum, selon Rondelet ^dePis- 
cibus , pag, 210. On dit que souvent le Cailleux-tassart , 
Clitpea thriasay des côtes d'Amérique, est vénéneux,, quoi- 
que d'une chair sapide. Le hajleiïg est le clup. hareng y L# 

LES CARPES , Cjprinua carpio , L. L'espèce ordinaire 
et la reine des carpes ou à grandes écailles, Ae^<^â>T©f , étaient 
fort employées en nourritures par les anciens Grecs et Ro- 
iQains« Cassiodore Vante les carpeaux du Danube , pour la 
tablé des rois; et le lac de la Garde, en Italie, éuitsi renommé 
pour ces poissons , cpie des empereurs d'Autriche y sont ve- 
nus pécher ( Petr. Bembo , Hiêt. t^cnet. , lib. i ). Il estpro-» 
hàbïe que les anciens ne dédaignaient ni le Barbeau , Cjr^ 
prinus barbus ^ L. , ni la Tanche , Cipr, tinca , L. , ni la 
Brème , Oypr. brama , L, , ni IeChevane ou le Meunier , 
Çypr.Jeses , L, , ni la Bordelière , Cjrpç. ^licca , de Bloch , 
ni le CuARAGiN , Cypn carassius , ni même les petites es- 
pèces telles que le Goujon , Cypn gobio , L* , le Gardon , 
fypr. rutilas , L. , le Vairon , Cypr. phoxinus , L. , etc. 

LA JOÈLE ou PRESTRE, Atlterina heosetus , h. , se 
pèche en assez grande abondance dans la Méditerranée , 
pour fournir un bon aliment. 

Toute cette revue de poissons démontre que les anciens 
en faisaient un grand emploi dans leurs repas , comme les 
niodernes ; car, comme 6es peuples habitaient autour de la 
Méditerranée et dans des contrées où les lacs et les rivières 
•ont multipUésjils étaient devenus en graiide partie ichthyo- 
pliages. 

S'* Des mollusques ^ des crustacés, des inêectes et des 
vers sentant de nourriture. 

Parmi Iqs mollusques nus ou malacodermes, les saches^ 
9epia offîcinalis, L. , le calmar , sepia hligo , L. , ipi donno 



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loo AUMEBfâ AKtMAUX. 

une sorte d'encre, U petite sèche, sepia 9epwla , L, , ei le 
poulpie commxxn ^ ^ispia oetapmy L. , seryiûemtrès-firéquem-f 
ment en joliment, die;; J^es Gr«C5 surtout; maw Hippocrate, 
lib. 2 . de dlœta , et Galieo , lib. 3 , aliment, facult. , c 34 , 
disent avec raison que leur cbair est dure et de difficile di- 
gestion. Elle devient rouge , en la salant avec du nitre. Sui- 
vant perse 5 Satyr, 3, Ton employait la liqueur tioire du cal-*- 
mar, comme de Vencre ; quelquefois elle était rougeâtre, 
selon Oppien ( Halieuticon). Pline parle d'un poulpe im^ 
mense , du poids de 700 livres et avec des bras longs de 3o 
pieds, lib. 9, c. 3o. Uiogène le cynique ayant voulu manger 
un poulpe cru , pour s'biibituer k la chair crue , en mou- 
rut. On attendrissait s4 chair en la battant. On croyait qu'elle 
excitait à Pamour ; c'est pourquoi un vieil amateur dit dans 
Plaute ( m casina ) : 

An rc^te , on ne mangeait que W plus jeunes d« ces mol'- 
lusquea. L'encre de la sepia média est acre. 

Dans les testacés uiiivalves , on recherchait diverses pa- 
telles ouïes LÉPAS , comme la jDa^/ia inil^ata > L. , le gar* 
»0t , patella orepidula , L. , le lépas treillis , patella grmea , 
L., etc. . • 

Les unîvalves , roulés en spire , offraient quelques espèces 
propres a nourrir,, outre les colimaçons , hélix pom^atia , L., 
que mangeaient les anciens; ils faisaient plus , caiv les Ro- 
mains les savaient engraisser dans des lieux préparés exprès. 
Suivant Pline , ce fiit Fulvius Hirpinus qui , le premier , prit 
ce soin , lib, 9 , cap. 56. Varron^it, lib. 3, cap. i4, qu'on 
employait pour cela une çrtjche dans laquelle on i^ettait da 
son et du moût cuit en sapa. Ces colimaçons, devenaient 
^insi trè&-gïrosj ils servaient 9^ exciter Pappétit des buveurs ; 
d'après Horace ; on les servait grillés sur des grils d'argent, 
Aujourd'hui le bouillon de colin;La^ons sert aux hectiques. 

Les autres turbinées qu'qn itiangeait , étaient l.'anioial qui 
don9e la pourpre,^ murex I^rajijdari^ , L« ,. . divers str4mibu9 
des rochers 5 la trompette , m^urex tritonis^ L. , ou la.con(]ue 
des Tritons, donne une chair dure ( c'est lejasciolaire àe 
liami^ifcl^ ) i le gyrin , ou murex gjrinm , L, , etc.; peut* 
être celui-ci est-il le murex de la côte de Baïes. 

Il y avait un grand nombre de bivalves usitées dans les 
4bmenâ, outt»e les huîtres. Celles-^ci ( o^^r^a edulra , L. ) 
Paient parquées , et. Scrgius Orata enseigna .le premier l'^rt 



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ALÎMEN9 AMMAUX. 4ot 

de l^a conserver ^insi , Pline , li]>^9, ch. 54- Celles du Uc 
Xiucrin étaient excellentes; les Grecs préféraient celles d'A*- 
bydos, ou les Cyzicéniennes. On en faisait venir jusque des 
côtes d'Angleterre à Rome, Ju vénal , saL 4« Les 6ns goux- 
mets distinguaient le lieu d'où elles venaient ,. dit Lucilius^ 

Quid? ego ai cemo ostfea 
. Cognôtim fluvium^ Umum ac cœnum isapere ipauntk 

Ausone préfère les huîtres de Bordeaux de son temps. 

LE PIED D' ANË , Spondylua sœderopua , L. , la grande 
pèlerine ^pecten maximum , L. , diverses moules , mytulua 
edulis , L. , qui sont parfois nuisibles , à cause du frai des 
méduses ou lé quai, dont elles sont imprégnées , mais qu'on 
guérit avec l'étjier , ou le suc de citron et le poivre ; les bu- 
cardes j la coque , cardium edule , L. , des conques et des 
chames > etc. , servaient aussi à la table ; mais il est difficile 
d'établir les espèces de coquillages qu'ils nonmiaient leioa-' 
treoe , pelorides ^ pectunculi > glycymeridea , spondyli, tri" 
dacnoBy etc. Les dails ou phcSades , pholas dactylus , L. , 
qui se creusent des trous dans les rochers, et qui sont par fois 
^hosphoriques , sont de bons coquillages sur les bords de la 
Méditerranée j déjà connus des anciens. Pline dit qu'on man- 
geait quelquefois des huîtres glacées , comme on fait aujour- 
d'hui dans le nord de PEurope. On en assaisonnait d'autres 
avec le garum, selon Martial, lib. i3. 

LES GLANDS DE MER , Lepas balanus , L. , surtout 
ceux d'Egypte , étaient estimés , selon Athénée. On en man- 
geait à l'entrée du repas avec des huîtres ; d'après Macrobe, 
lib. 3. Héliogabale inventa des espèces de saucisses faites 
avec la chair de divers coquillages marins et des homards , 
des squilles , des langoustes , au rapport de Lampride : ce- 
pendant Apicius , lib. 2 , en a parlé avant l'époque de cet 
empereur ; il y joignaiit la chair des sèches. 

Après ces animaux se présentent les crustacés. Les gour- 
mands de Rome s'en régalaient avec des asperges. Ils ai- 
maient surtout la squille , palœmon aquilla , Fabr. On en 
mettait aussi avec les murènes, comme aujourd'hui on 
, ajoute des écrevisses à l'anguille. 

AdfeHur squillas inUr murœna natantes , 
In patinât porrectâ, 

LA CREVETTE ou SALICOQUE , Palœnwnîocuata, 
Fabr. Celle de Miutumes était la plus estimée d' Apicius. La. 

a6 



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4o^ ÂUMENS AimiÂtlX. 

ÔTade ou petite squille , crangon pulgàris , Fabr. ; là cigale 
^ mer , êcjrllarus latus , Fab. 5 les sqtiinàde^ , maja squi" 
nadOy Latx. , étaient sundut recherchées avec leurs œu£s. 
•L'écufcVtssK de rivière , astacuaflupi'atîlis , Fab. , et même 
le HOMARD 5 astdcua gamtnarus , Fab. , étaient k bas prix et 
peu estimés. Pour la laiugovste, palinurus i^ulgaris, Fab. , 
on la recherchait davantagCk 11 en était de même de quel- 
ques CRABES, tels que le grancio des Romains modernes , cav- 
cer Ttiœnaa , L. , et du tourteau , cancer pagurus ^ L. ]Noi:s 
tnàngeoiis oirdihàirèment èti France ; l'étrille , porturius 
puheé , Fab; , et lé poHanaê deputator , Fab. En Italie , 
les tables des graiids admettent le granzo , ocypcdus flutnn- 
iilis , Latr» 

A Pégard des insectes proprement dits , on sait que les 
' Atliéniens matigeaient deS cigales ordinaires , tettigonia pie- 
heia , Fab. , ou aicada de L. , principalement à Tétat des 
larves. Ils préféraient les mâles avaiit l'accouplement, et les 
femelles lorsqu'elles étaîém pleines d^œufs , au rapport d' A- 
ristote. On les faisait griller 5 elles étaient désignées sous le 
nom de tettigomelra. Il font les distinguer des cigales de 
mer dont nous venons de faite mention , et qui se servaient 
également sur leur table. Les Arabes , les Syriens et les 
Egyptiénisnedédaignàient point pareillementles SAUTERELLES 
surtout le ^y//w« migratorius , Fabr. , ou celles de passage 
qui arrivent en nuées en ces pays. Le criquet de Tartarie, 
. gryllua tataricuà , Fab. , celui d'Egypte , gryllus jEgyp- 
iius 5 Fab. , le gryllus gregariuade Forskahl, et le gryllus 
lineola, Fab. , sont encore des mets assez communs en 
, Orient ; on les fait cuire dans l'eau avec de l'huile de sé- 
same. On croit que cette nourriture cau^e la maladie pédi*- 
culaire. 

Les Grecs d'Asie et dlonie , les Phrygiens , aimaient avec 
passion le ver du coasua (non pas du bombyx cosaua , L. ) , 
mais la larve du charanson des dattiers , curculio palma- 
rum . Fabr. , ou du ver palmiste , qui ronge le boi^ , et qui 
est blanc avec une têtcr brune. Les Indiens le mangent en- 
core aujourd'hui. Voyez p; i/jp. 

Quant au miel , ce don céleste , comme l'appelle Virgile , 
les anciens avaient mis en honneur celui du mont Hymette , 
près d'Atliènes, et celui du mont Hybla, en Sicile. On esti- 
mait aussi les miels d'Espagne et du midi de la France. On 
'sait que les anciens en faisaient divers condits , qu'ils en 
mêlaient au vin pour faire leur mulaum, h de la farine pour ^ 



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ALIMENS ANIMAUX. 4o3 

divers gâte^^ix 5 le puis , espèce de polenta k plus délicate , 
se préparait avec du millet et du miel , au rapport de Fes- 
itts. . Les hellaiéa étaient des gâteaux faits avec de Phuile , 
le miel et la farine ; on ajoutait du fromage pour les p/a- 
centa , sorte de flans 5. les cruatula , qu'on donnait, surtout 
aux enfaivs , étaient .des croquets ou pains d'épices au miel 
et au lait. On mangeait chaudes les obelia , oublies ou gauf- 
fires miellées , à la fin du repas. Les tartes froides , acriblita 
Jrigida^ du second service , s'arrosaient de miel d'Espagne 
chauffé (Petron.j satiric). Les anciens, comme on sait, ne 
connaissaient guère le sucre crue par oui-dire , comme étant 
un miel produit par des rosAux dans les Indes 5 Strabon , 
lib. i5 5 Arrian , peripL maria erythrœi; Senec. epîst. 84* 
Lucain dit, Pharsal y lih. 3, des Indiens : 

Qui que bibunt tenerà dtdcea ab arundine aucvos, 

Pline, lib. 12, ch. 8, croyait que le sucre exsudait tel 
qu'une gomme de ces cannes , en morceaux gros comme une 
aveline, et il ne servait que pour la médecine. Galien ne 
l'employait que pour cet objet, lib. 7, de simpL medic. fa-^ 
cuit. Le plus ancien auteur qui en parle est Théophroste , 
dans un fragment dé son Traité sur le Miel. Paul d'Egine ^ 
lib. 2 , l'a cité sous le nom de sel indien. 
^ Après les insectes , on peut compter quelques espèces de 
zoopnytes , usitées sur la tablé des anciens 5 tels étaient divers 
ouRSiKS DE MER. JJecJiinus csculentus , L. , eist le ^eul qu'on 
mange aujourd'hui ; mais il parait que les anciens en esti- 
maient de diverses espèces, iwea Apicius^ lib. 9, telles que 
les fifiv^i , les cnemdyym:^ qui étaient fort gros. On en faisait 
venir de Misènê, dit Horace : 

Ostrea Circeis , Mîaseno oriunlur Echini, 

Ce que les anciens nonunaient orties de mer, parce q^c? 
leur attouchement causait une cuisson brûlante à la peau \ 
comme l'ortie , sont les méduses ^ que l'on n'a pas coutunxe 
de manger ; elles nuiraient à l'intérieur, et leur chair gé- 
latineuse se ÊMid presque toute par la cuisson. Mais on ap- 
pelle aussi orties fixes de mer, les actinies dont la chair est 
plus ferme ( Pline , lib. 9 ), Des holothuries et des ascidie^ 
iont également usitées en àlimens , comme Vascidia ruHica ^ 
L. , Vholothuria tubuloaay L. ( que les Chinois font sécKer 
et mêlent à leurs nids d'alcyons). On mange principalement 
les aciinia rufa , L. , actinia crassicomis , L. , dctinia trun^ 

26. 



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4o4 ALIMENS VEGETAUX, 

caftz, L, , etc. En hiver, elles sont meilleures , au ràppori 
d'Aristote ( Hist, anim, , lib. 4 )• Les Pythagoricien^ s'en 
abstenaient, parce qu^elle^ excitent le prurit #nérien(49)rm6. 
Pjthag. de Lilius Gyraldus). 



CONSJDÉRATIONS GÉNÉRALES 

SUR L'USAGE DES ALIMENS VÉGÉTAUX 

EXTRAITS DES SEMENCES ET DES FRUITS. 

* Le régime végétal a passé de tout temps pour rendre 
rhommc modéré , tempérant et frugal , tandis que le ré- 
gime de chair rend le caractère plus impétueux^ bouillant 
et féroce , comme celui des animaux carnassiers. On appe- 
lait , chez les ancij^ns , vir frugi Thomme de bien , tant on 
croyait que le régime avait d'efficacité pour modifier le 
moral. Fruges étaient les productions de la tefre , et 
Horace dit en ce sens : 

JVos numerus auntuB et fruges consumere nati. 

Il semble que Fhomme soit naturellement destiné i être 
frugivore. Si l'on considère sa structure , il n'a , ni les dents , 
ni l'estomac, ni les griffes, ni le$ habitudes d'un animal 
Carnivore ; tout en lui rappelle surtout l'organisation de la 
famille des singes, qui est éminemment frugivore pjir le 
nombre des dents, par la forme de l'estomac, du cœcum 
et des intestins; par les mains et même les pieds, par 
des ongles aplatis , par la faculté de grimper sur le* arbres , 
par le goût naturel pour les fruits, goût qui se décelé si 
vivement dès la plu§ tendre enfance, qui se prononce si 
impérieusement dans la plupart des maladies aiguës, où 
l'instinct nous fait appéter les aliihéns végétaux, acidulés, 
fafraîchissans , et nous fait tèpotisier avec horreur les ma- 
tières animales , graisseuses. 

L'instinct, ou plutôt la voix de notre organisation, crie 
hautement que la première nourriture de l'homme ( après 
l'allaitement commun à tous les animaux mammifères ) sont 
les ftuits (i). Cet instinct se déclare dans le penchant 

, (i) Fructua vient àe/rui^ )«uir, parce que les fruits offîrent de doucci 
jouissàaces. ' l ' ' ' ' ' " 



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ALIMENS VÉGÉTAUX. 4o5 

inné qne noas sentons à nous enfoncer dans la solitude 
des f<véts, dans l'étendue de vastes campagnes enrichies 
Ae tout les trésors de la végétation 5 c'est ainsi que le sau^» 
vage, l'homme champêtre ^ préfèrent à la vli^ turbulente , 
à l'esclavage des cités , leur libre existence , et des mets 
simples et naturels au luxe de grandes tables : ils ne s'en 
portent que mieux; ils ont la santé ^ la paix, les mœurs 
innocentes, dons célestes qae la naturé n'accorde qu'à ceux 
qui suivent ses douces lois : tel ^t le bonheur réservé à 
rhonune frugal, à l'homme de bien. 

Comparons, pour preuve, l'habitant des pays froids, que 
le besoin dç conserver sa vigueur et que la rareté des 
végétaux* forcent à vivre de chairs, avec l'habitant fru- 
givore des tropiques. Le premier montrera sans contredit 
plus d'activité, d'énergie musculaire, un corps plus sanguin j 
plus pléthorique , plus inflammatoire , une disposition plus 
impétueuse, plus irascible que le second; mais ce der* 
nier , sobre , doux , patient , tranqpille y réfléchi , cultive la 
«agesse , les sciences et les vertus 5 il a en horreur le sang 
et la férocité; il jouit dun santé longue et uniforme, 
d'une vieillesse heureuse et pacificpe. Tels furent les gym- 
nosophistes de l'Inde , à l'ombre des palmiers et des ba- 
naniers, dont ils- «recueillaient les fruits; les Brachmanes 
reconnaissent en eux leurs ancêtres; 'tels furent ces bieii- 
faisans lotophages, les plus justes des mortels, au rapport 
d'Homère ; tels étaient les innocens Esséniens et ces dis« 
ciples de Pythagore qui vivaient sur la terre sans causer là 
mort à aucun être animé. ' 

Sans doute, nous reconnoissons avec Buflbn et les phy- 
siologistes, que les seules substances végétales, dans les 
cl/mats froids et humides surtout , sont incapables de four- 
nir à une vie pleine et développée , de suffire à j^a repro- 
duction même de l'espèce humaine, sous un ciel qui 
dévoie les forces; il faut une nourriture de chair, de 
graisse et de sang dans l'hiver , dans les contrées glaciales 5 
■c'est par là que le septentrional conserve sa santé^ ré- 
siste aux « saisons rigoureuses , devient bouillant, auda- 
cieux, guerrier, prompt aux périlleuse entreprises,- aux 
conquêtes, aux voyages, se rend même féroce, indx>mp- 
table; o'eit ainsi que les Tartares ont tant de fois svài^ 
jugué les doux Indiens. Mais aussit&t que la chaleur et 
l'été reparaissent, ou lorsqu'on habite sous les zones équa- 
toriales^ il ÙM nécessairement jpecourir au régime végétaL 



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4o6 ALIMENS VEGETAUX. 

Les Européens qui s'obstinent k conserver leur genre de 
nourriture sous les tropiques, périssent presque tojis de 
fièvres gastriques et adyi;iamiques très-'Violentes , ou sont 
lentenient misés par des diarrhées , des dysenteries mor- 
telles , aggravées encore par l'abus . intempestif des fruits , 
lorsque les premières voies sont déjà débilitées. La nour- 
riture de fruits repaire bien moins que tout autre, sur- 
tout celle des fruits aqueux ^ si elle paraiit engraisser 
( comme on voit les grives et d'autres oiseaux baccivores, 
en automne , ou les hommes qui ne vivent que de dattes, 
de fîguea,* de raisins, de melons, etc., s'engraisser b^au- 
#oup ), ce n'est qu'une sorte de gonflemeut lymphatique 
du. tissu cellulaire, qui rend la chair molle, car cette 
£ausse graisse s'affaisse bientôt lorsqu'on cesse d'user de 
ces alimens. ' 

C'est à cause du peu de nourriture qu'ils fournissent que 
leur us^ge devient nécessaire dans les pays cha\ids ; ils em- 

{)êchent ainsi la turgescence el la pléthoçe, si nçiisiblés soiis 
es cieux ardens ; ils tempèrent et rafraîchissent ; ils. exigent 
en général moins d'efforts de digestion , ce qui s'accorde 
avec la faiblesse naturelle des organes digestifs ; en donnant 
moins de vigueur, ils maintiennent la vie dans une douce 
«t couiBtante médiocrité. Et que l'on prenne garde k la sa- 
ge^fie de la nature^ elle fait précisément nakre les isu\\x 
acidulés , sucrés , rafralchissans et aqueux pendant les 
chaleurs de l'été, et surtout dans les pays chauds, tandis 
qu'elle présente, à l'entrée de l'hiver, des fruits plus secs, 
plus substantiels, plus capables de conservation , comme 
pour nous indiquer notre régime le phis convenable et k 
plus natureL L'homme naissant nu ^ sa patrie originelle doit 
être , par cela même , entre les tropiques , conune celle de 
la famille des singes , .et ainsi la vie frugivore lui est essen- 
tiellement appropriée; cette nourriture est même tellement 
aurayante pmir le goâit, que son plus grand danger vient de 
ses excès. y^i 

Ligs reproches qu'on adresse à ce régime de yégétaux, 
surtout pour les en&ns ( Van Swiéten , Comment^ , tome 3, 
page 335 ) , sont de leur causer une sorte de cachexie , des 
embarras gastriques suivis ordinaii^ement de diarrhées ou de 
dysenteries rebelles , de flatulence, de colique»; de produire 
des empâtemcns abdominaux, qui deviennent le fbyer de 
fièvres intermittentes, bu le premier levain de «crophuleS| 
de diverses affections des systèmes lymphatique et cellulaire, 



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AUMENS VÉGÉTAUX. 407 

et de maladies cutanées. Mais les vices attaches k Fabus np 
contredisent pas les avantages qui résultent d^n usage rai-- 
sonnable. Qu'un marin, nourri de chairs salées et à demi 
pourries , pendant une longue navigation , rongé de scorbut , 
frappé de fièvres adynamiques , débarque mourant sur les 
keureux rivages de l'Inde; U implore les fruits , les végétaux 
frais, et bientôt il se lève rajonnant de santé et de joie dans 
sa convalescence. Misas s'il se laisse entraîner à la saveuic dé- 
licieuse des ananas, des bananes , des mangoustans , des^ 
mangues, des bilimbis, des marmelles , des icaques, de^ 
jamroses, etc. 3 s'il abuse des spiritueux; s'il entasse danâ 
son estomac toutes sortes d'alimens , il n'est pas surprenant 
qu'avec tant d'autres écarts qu'on ne dit pas , il ne tombe 
dans des djsenteries ou d'autres maladies incurables. 

C'est souvent une erreur populaire d'attribuer cette dîs^- 
position diarrhoïque aux fruits de l'été et des pays chauds, 
puisqu'il est très-certain, par l'observation, qu'an régime 
animal, échauffant, sans aucun fruit, engendre seul de fu- 
nestes djsenteries bilieuses, qui ont besoiii au contraire de 
l'emploi des fruits acidulés et laxatifr , pour remède , ainsi 
que l'a remarqué Degner, de Djaènter. y page aSo.'Il rap- 
porte même l'exemple d'un dysentérique guéri presque subî- 
tçmei\t après avoir mangé ^ dans l'espace de deux heures, 
trois livres de groseiDes rouges. Tissot, Zinunermann, 
Pringle, pensent de niéme sur les fruits. Mailles diarrhées 
muqueuses automnales qui dépendent en grande pahie de 
la rétropulsion de la transpiration ^ aux premiers froids , 
sont aggravées*par Tusage des fruits , qui augmentent l'afflux 
intérieur dans cette circonstance. De plus , les fruits qui ne 
sent pas très-murs (surtout les prudes, les abricots, les rai**- 
sins , etc. ) , contiennent abondamment un principe nmcôso'^ 
sucre , mêlé d'acide malique , ou IiTxatif et indigeste (comme 
dans la manne, là casse, les tamarins, etc. ); de là vient 
qu'ils purgent. 

Toutefois l'utilité des fruits rafralchissans ne peut être 
mcconntte dans une multitude de maladies. Linné attribuait 
la guérison de sa goutte à l'usage fréquent des fraises, et 
Daniel les a vues produire un excellent mieux être dans la 
phthtsie. Ant. Cocchi vante avec raison , dans son Traité siir 
la vie pythagoricienne, l'heureux emploi, danà les fièvres nia»- 
lignes et putrides , de tous les fruits acidulés et sucrés. Ainsi, 
Paiiarola ( Obs. 38 , 1. 2. ) cite une atrophie guérie au moyen 
de quatre livr^£i de limons mangés. Les goûts particuliers 



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4oà ALIMÉNSTÉGÉTAUX. 

que la»nature inspire dans ceitaines aSections , par exemple , 
pour des cornichons au vinai^e , et pour d'autres fruits 
aisrros ( Voyez Oehme , Med» , tome a, page 69 5 et Daniel,' 
Beytrœge jérnzeit , c^. 2 , page 96 ; Marcell. Donat. , Ohs, , 
1. 6, c. 5, etc. ), sont des indications presque toujours salu-* 
taires , et qu'il est du devoir du vrai médecin d'écouter re- 
ligieusement , selon Van Swiéten ( Cbm/n., tome 2, p. aSi ). 
Ce qui serait , en toute autre circonstance , un abus nuisible 
par son excès, peut être un besoin impérieux auquel l'ins- 
tinct nous porte alors , et qu'il faut se garder de contrarier. 
Par exemple, dans l'anorexie l'on n'a du goût pour rien, au 
moral souvent comme au physique 5 qu'un fruit aigrelet se 
présente à notre imagination naturellement , aussitôt Veau 
ifieni à la bouche \ vous entrez, en le mange,ant, en une 
\?eri?e singulière d'appétit. Cet effet se remarque principale-? 
ment chez les femnxes, les jeunes filles mal réglées/ Elles 
éprouvent même une sorte de pica pour les fruits verts , 
acerbes, les plus aigres ; et, bien que les excès de ce^enre 
soient maladifs, cependant, pris à certaine mesure, ces 
fruits i>roduisent quelquefois en elles d'utiles eifets, en don- 
nant plus de ressort, par leur action astringente, aux pre- 
mières voies , en imprimant une secousse tonique , souvent 
salutaire à toute l'économie animale. C'est pour cela que les 
enfans se jettent avec avidité sur les. premiers fruits verts 
qu'ils trouvent. C'est bien à tort (ju'oncroit qu'il en résulte une 
diathèse vermineuse ; ces fruits peuvent sans doute causer 
des coliques et divers embarras intestinaux, mais ils sont 
certainement plus contraires que favorables à la production 
des vers ; c'est même l'état vermineux des en&ns trop farcis 
de laitage et de pâtes , qui les porte à cette appétence désor^ 
donnée de fruits acerbes. Les auteurs qui ont cru que les 
larves des insectes qui peuvent s'y trouver donnaient hais^ 
sanee aux vers intestinaux, ont commis une grande erreur 
d'histoire naturelle; car jamais larve déteigne, de tipule, 
d'attelabe , de bruche ou autre qui attaque nos fruits , ne 
peut se transformer dans le corps en tsenia , en ascaride , en 
tricbocéphale, etc. L'on ne voit pas que les peuples frugi-^ 
vores à^s ])ays chauds soient plus sujets aux vers intestinaux 
que les habitans des contrées marécageuses , où Ton se. nour- 
rit de laitage et de chair, puisque Je contraire a été ob- 
servé. 

L'opinion des anciens sur les fruits horaires ne doit pas 
moins être coiisultéç« On nomme horair^^ (du mot «f», le 



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. ALIMEKS VÉGÉTAUX. 409 

temps de la canicule , qui est de quarante jours) les fruits 
succulens qui mûrissent à cette époque , et qui soni/iigaces 
ou passagers , c'est-^-dire , qui «e se conservent pas à cause 
de Pabondance de leur suc , à moins qu'on ne les fasse sé- 
cher. Galien ( Aliment, facult. , 1. 2 , c. i ) place surtout 
dans cette classe les pêches , abricots , figues , prunes , et 
toutes les cucurbitacées , etc. Ils sont , dit-il y humides , don- 
nent peu d'aliment , causent la flatulence , nuisent surtout 
dans les enibarras des premières voies , débilitent Testomac , 
sotit contraires dans les maladies du foie , de la rate , dans 
les squîrres/, les obstructions , etc. Il en est de même de plu- 
sieurs fruits automnaux. 

Cependant plusieurs peuples se nourrissent presque uni- 
quement , entre les tropiques , de ces fruits horaires ou d'au- 
tres qui leur ressemblent. Kœmpfer témoigne qu'un grand 
nombre de Persans méridionaux vivent heureux, sous des bo- 
cages de palmiers , des seules dattes qu'ils en recueillent 
( Amœn. exot. , Jase. 4 > ^^*' 9 )• On sait que les Bramines 
de l'Inde ne vivent que de végétaux, ex particulièrement de 
fruits et d'eau , dès les temps les plus reculés ( Suidas , Lexi- 
con . p. 454 ) et Grose , Voy* Ind. , p. 297 ). A Constanti- 
nople ^fnéme , une foule de peuple ne mange pendant tout 
l'été que des pastèques , des concombres crus , etc. ( Tour- 
nefort ^ Voj. Levant^ tome 2 , p. 286 ). Les Arabes vivent 
de dattes et de lait de chèvre ( Radzivil , Voryag. Arab. , 
p. 2i5 ). Beaucoup de familles en Egypte se contentent de 
dattes et de pastèques (Hasselquist , Resa nach PaL , p. 5oi ). 
On a vu àes Persans manger par jour jusqu'à trente-cinq li- 
vres de melons ^pastèques , sans le moindre mal ; la sueur 
sortant au travers des pores de la peau , comme d'un crible , 
suivant l'expression de Bernier ( J^cyyez Chardin , Voyage 
Pers^j tome 4» p. 5i , et Thévenot , auile des Voyages au 
Levant , c. 10 , p. 180 ). A, Minorque , ceux qui se nour- 
rissent de fruits horaires évitent souvent par ce moyen des 
fièvres tierces (Cleghome, of Minore. ^ p. 179). Il est cer- 
tain qu'on mange peu de chair dans les pays chauds ( en 
Inde et en Perse , selon Chardin, tome 4 5 P* 1 66 5 en Egypte, 
suivant De Maillet , tome 2 , p. 227 ) ; que plusieurs ordres 
religieux s'en abstenaient sans inconvénient ,• comme les 
Trappistes i il en était de même de' plusieurs anciens philo- 
sophes , Pythagore , Zenon , Plotin , Porphyre, etc. {Voy* 
Plempius , de valet, togaior. , p. 1 16 et suiv. ) On cite béaii- 
coup d'exemples d'hommes nourris des seuls végétaux , qui- 



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4io ALIMENS VÉGÉTAUX. 

n'en sont pas moins parvenus à une longue et saine vieillesse ^ 
et qui ont conservé par ce régime toute Factivité de leurs fa- 
cultés ( Voy. Grose, f^oyage^ p. 297 , pour les Bramines), 
et Newton , écrivant son Optique , vécut presque uniquement 
de pain , de vin et d'eau , selon Cheyi^e ( DUease ofbody and 
Tnind, y tome 2 , p. 80 , <5. 2 ). 

Il est certain toutefois que le régime parement frugivore 
affaiblit le corps ( Haller, jElem. phjaioL , tome 6 , p. 199), 
qu'il refroidit (Paxman, iliierf. Ind. y p- 16), et diminue 
beaucoup la faculté prolifique , bien qu'il ne paraisse pas 
produire cet effet aussi sensiblement chez les singes qui sont 
tous fort lubriques. Au reste , si les fruits horaires sontrcfri- 
gérans , les autres espèces n'agissent pas de même , car nous 
devons parler ici généralement de tous les fruits mangeables. 
Ils sont^cependant la partie la plus digestible et la plus nu- 
tritive des substances végétales, et d'une nature plus éla- 
borée et plus délicate que les racines , les tiges et les 
feuilles. 

§ IL De la nature des fruits et de leurs diverses espèces. 

On nomme fruit ^ en botanique , pon-3eulement tout corps 
charnu et nutritif entourant les graines , mais encore tout 
ovaire fécondé , soit simple , soit multiple, d'un végétal. Mais 
comme cette définition comprend un grand nombre iefruiU 
qui ne sont pas destinés à nourrir, nous n'examinons ici que 
ceux^qui servent d'alimens à l'homme ; «it^*» des GrecSk 

Il faut distinguer djsins le fruit , en général , ses parties : il 
y a l'enveloppe ^ extérieure ( JSpicarpe , de M. Richard ) qui 
est quelquefois une pellicule légère , comme dans les pommef^ 
les baies, les drupes, ou plus épaisse dans les peponîdes oa 
fruits des cucurbitacées et les oranges , ou ligneuse dans les 
noisettes et noix , ou coriace dans les chàtsiîgaes, glands, ejtc. 
J^e sarcoearpe ( Richard ) est la chair du fruit , tantôt paren- 
phyraateuse dans les pommes , . poires , melons , etc. ; tantôt 
pulpeuse , comme dans le tamarin , la casse , le courbaril ; 
tantôt muciiagineuse dans la figiie , ou succulente dans les 
baies de raisin , de groseille , dans les oranges, les grena- 
des , etc. \J endocarpe ( Richard ) est la peau interne du fruit 
ou la chemise. des graines. Dans le café , c'est VariUe ou le 
parchemin , ainsi que le macis de la muscade. Il 7 a des 
graiues.qui n'ont point de sarcoearpe: telles sont toutes les 
semences àes céréales renfermées dans la baie. On en peut 
dire autant de plusieurs semences capsulaires , et de celles 



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AUMENS VÉGÉTAUX. 4n 

encloses dans des gousses ou légumes y e% dans lés siliques. 
D'autres sont protégées d'une substance ligneuse, coniine dans 
les cônes ( strobilus ) des arbres verts et résineux. Enfin , il 
est des fruits aggrégés ( syncarpe de Richard et DecandoUe, 
morose de Mirbel), comme la mùre^ le fruit »à pain , ou i-ima^ 
Tananas, etc. On peut rapprocher de cette sorte le /x>/^cAo- 
rionide de Mirbel , tel que la fraise , Vétairon 9 du même au*- 
teur , ou les fruits de ronce , de framboisier , des coros- 
^ols , etc. 

Il est aussi nécessaire de connaître les parties de la graine/ 
outre son enveloppe extérieure et so^ périsperme , si elle est 
unilobée comme dans les- céréales , ou bilobée conune cher 
tous les végétaux dicotylédones , c'est^-à-dire , à deux lobes 
dans leurs semences. Il faut encore distinguer l^mbryon 
( coreidum ) qui^st la plantule ouïe germe ; en effet, dans 
les graines d'eupborbiacées , comme le ricin , les crotons , 
ks pignons d'Inde , la noix de Bancoul y l'embryon seul est 
purgatif et dangereux à manger, mais le périsperme charnu 
lui-même est nutritif, comme l'ont remai^pé A. Xm de Just 
«ieu et Gaertner. Çtès le temps de Sérapion , l'on prescrivait 
de séparer le germe de ces graines , en médecine , ainsi que 
l'enveloppe extérieure, comme l'ont reconunandélesBauhins 
et les (^harmacologistes Paul Hermann et Geoffroy* Adansoa 
a remarqué le même fait sur lesjatropha , et Aublet sur Yher 
pea ; Vomphalea , etc. 

Pour notre objet, il serait inutile^ de suivre les botanistes 
dans toutes les divisions de fruits proposées depuis Linné par 
Gaertner , Linck , Salisbury , Moench, Richsurd , Decandolle, 
Mirbel, Desvaux, Ehrart,. Brotero , Hedwig, etc. Linné 
n'avait établi , dans sa dissertation intitulée , Frucliua escu- 
lehti ( Upsal. , 176J, in- 4** , et dans ses Ainœiu acad. ), 
que six espèces de fruits , lés baies , les drupes , les pommes , 
les légumes en gousses , les 'graines céréales , et les noix 5 
niais nous sommes obligés d'en établir un plus grand nombre 
ici , et d'abord il sera question des fruits secs. 

1* Les cariopses ( Richard; le grain ou cerium de Mirbel ) 
«ont toutes les graines céréales usitées* en aliment : tels sont 
les blés , triUcum hyhérnum y\j. , l'épeautre , ttiticum spelta^ 
L. , et les autres espèces ou variétés ; le seigle , secale cereaU^ 
L. , les orges , hordeum hexastichum , L. , et distichum , L. , 
l'avoine , apena sativa yTu. , einuda^lj. ,. les sorgho , A6/ci*fi 
sorghutn y spicatus^ et 6ïco/or} le durra , holcus durra ^ 
Forsk. , le riz , oryza sativa , L. , le maïs, jçiea, L., le coracau , 



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4ia ALIMENS VÉGÉTAUX. 

eleusine coracana , Willd. ; les dirers panics^, le couscoaz on 
millet , panicum miliaceum , italicum , verticillatum , corviy 
L. , etc. , et la manne de Prusse , Jestuca fktitans , L., la 
lame de Job , coix lacryma ^ L. , la zizanie , zizania aqua-- 
tica , L. , auxquels on a recours dans les disettes. On sait 
que toutes ces graines consistent essentiellement en une fécule 
amylacée plus ou moins pure. Il existe aussi du mucilage ea 
quelques-unes , comme le riz , un principe colorant roa- 
geàtre dans les mils y une matière sucrée dans les. fromens, 
seigles et maïs , une quantité plus ou moins abondante de glu- 
ten dans les divers blés , de Palbumine et une sorte de résine 
dans l'enveloppe de l'orge , etc. Le gluten et le sucre parais- 
sent nécessaires avec l'amidon , pour former de bon pairt 
levé , car les graines sans gluten , comme le riz , le maïs , etc. , 
ne sont pas susceptibles de panification. i|^'orge et l'avoine 
forment un pain visqueux 5 le riz paraît être légèrement as- 
tringent ; lorsqu'on l'avale trop chaud y comme dans toute 
l'Asie y il affaiblit la vue ; le pain de seigle des septentrio- 
naux est acidulé et un peu relâchant ; les mils et sorgho, 
comme le maïs et le couscouz des Nègres , se mangent sou* 
vent en bouillie , en gâteaux non levés ou azjmes j c'est 
pourquoi ces alimens sont lourds. L'abus des farineux non 
fermentes cause diverses affections , comme dyspepsies, leu- 
cophlegmaties y obstructions mésèntériques y fièvres mu-» 
queuses , dispositions aux maladies du système lymphatique, 
hy dropisies , etc. 5 des bouillies de farine dont on gorge les 
enfans , procurent souvent le carreau , l'atrophie , les diar- 
rhées , etc. , qui en font tant périr en bas âge. L'orge et l'a- 
voitie en gruau rafraîchissent. Nous ne traitons pas ici de 
toutes les préparations des graines céréales, ifoyez à ce sujet 
la ^roma/o/pgz'a de Plenck , divers traites du célèbre Par- 
mentier , Zuckert , Mat. aliment. , etc. 

2° L'on place auprès des céréales , les semences des poly- 
gonées qui sont farineuses et nourrissantes , telles que le blé 
sarràzin , polygonumfagopyruni , L. , les poL tataricum et 
erisclum , L. , qui dqnnent un pain grossier , noirâtre , consti- 
Ipant , lourd à digérer , qui nourrit cependant plqs que le 
mil. Les estomacs robustes des peuples du Nord le digèrent 
bien. On dit qu'il échauffe et porte à l'apte vénérien , comme 
il échauffe les oiseaux de basse-cour auxquels on en donne 
( Mém, Soc, de méd. , 1776 , paru a, pag, 70 ). Le pain 
grossier de la Westphalie , ou bonpoumickeî y dont Fréd. 
HojQbiaima traité ^ est en partie coinpos^ de blé sarraâ^ * «t 



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ALIMENS VÉGÉTAUX. 4i5 

ce médecm dit que les Westplialiens sont sujets aux empâ* 
temens , aux engorgemens indolens et chroniques , et qu'ils 
ont un caractère lourd , épais et constant. 

3^ Les lémmes ou gousses des végétaux papilionacés 
présentent des graines de nature différente : d'abord les 
^isypisum satipum , L., et pis. maritimum ^ L., en Europe ; 
les dolichos lablab y chinensis , ensiforniis , lignosus^ scga, 
tetragonolobus j catiangy L. et Thunb. , ou haricots d'Asie, 
la caroube , ceratonia sïliqua , L. , contiennent plus ou 
moins de niatière sucrée , combinée & une sorte de fécule 
plus grossière que celle des céréales. C'est surtout ayant la 
maturité parfaite , que les pois et plusieurs dolics sont très- 
sucrés ; la gousse de la caroube a besoin , au contraire , de 
mûrir parfaitement. On accuse ces alimens d'être venteux , 
quoique fort nourrissans et agréables , surtout le loja au Ja- 
pon , et le catiang en Chine. D'autres contiennent un prin-*- 
cipe acide et une sorie de pulpe , comme le tamarin , la 
qasse , le dburbaril , hymenœa courharil , L. , qui purgent 
flus ou moins, et servent peu en alimens (Plusieurs paipi*^ 
lionacés tiennent un principe très-purgatif dans leurs fruits, 
comme les cassia seniiay et lanceolata^ les coronilla , les 
colutea^ les genistUy ulex^eic). Il en est dont la fécule s'unit 
à un principe tonique ou astringent j conune dans la len-* 
tille 5 erpum lensy L. , l'èrSy enfum enfilia, L. , le pois chiche, 
ciccr arietinum , L. , et odorant dans le fénu gre.c , trigo^ 
nella fœnum grœcum. , L. Ce principe est amer dans les 
lapins, lupiniLS albus, L. ; il est vertigineux ou enivrant dans 
le caragan , robinia caraganci^ L. , des Sibériens. On trouve 
encore un principe colorant , tonique dans le* gesses , vicia 
satii^a , L. , et même dans les haricots rouges , phaseolus 
9ulgaris , L* La^ève des marais , viciA faba , L, , contient 
du tannin et une substatice animale dans sa robe ou pelli- 
cule , et du sucre avec de l'amidon dans la fève même. Les 
pois d'Angole, cytisus cqfan^ L. , des Africains ; le haricot 
mungo , phaaeolus mungo , L. , qui fournit une sorte de sa-, 
gou k la marine des Anglo- Américains ; la lentille du Ca- 
nada, variété de la vesce commune, dont on fabrique une 
sorte de pain; la §essç ou pois carré, lathyrus sativus^ L. , 
qui paraît sucrée ; les fèves de Tagaty , œschinomene aesbany 
qui sont toniques ; enfin, plusieurs autres présentent des ali- 
mens variés. Il en est même qui contiennent un principe 
huileux, comme le caragan, l'arachide , arachis hypogœa^ 
•t mêlé k une fécide , combinaison très-nutritive , et que 



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4î4 ALIMEHS VEGETAUX. 

nous imitons dans les préparations calinaires , puisqu'on y 
joint souvent des corps gras aux farineux. Ces fruits , pris 
ayant leur parfaite maturité , sont alors plus mucoso-sucrés 
et de plus facile digestion , qu'après une maturation com- 
plète ; aussi , les pois verts, les jeunes fèves, se mangent avec 
moins d'inconvénient que lorsqu'ils- sont devenus durs et 
presque ligneux. On dit que le fénu-grec engraisse les Egyp- 
tiennes; que la lentille dispose aux cancers «t h Féléphan- 
tiasis ; que la caroube , aliment dés pauvres en Elspagne , est 
utile contre l'asthme ; mais , en général , ces alimens sont 
plus lourds et plus venteux (^uw»i^ci d'Hippocrate) que les 
graines céréales ; ils conviennent aux estomacs robustes; 
les individus qui ont des hernies doivent en user modéré- 
ment. 

4** Les capsules. Peu d'entre elles o&ent des alimens , ex- 
cepté le sésame , sesamum orientale , L., et lé pavot, joûpa- 
Mer somniferum^ L«, desquels on mange les. graines hui- 
leuses , ou plutôt qui donnent une huile propre ^ servir en 
alimens. Ces graines rentrent ainsi dans la classe des émul- 
sives. ' 

5® Les sïliques des crucifères renferment des graines ri- 
ches en huile nutritive , mais qui contient , avec beaucoup de 
mucilage , un principe acre , odorant ^ peu agréable , de pro- 
priété antiscorbutique ; les graines de moutarde , sinapis 
alba^ L. ) ou nigray L. , en présentent encore plus que le 
Colza, brassica okracea àrifensîsy L. ; la navette, brassica 
napusy L. ; la cameline , myagnim satwum, L. , etc. On 
sait que la moutarde sert plus jsn assaisonnement, qu'en ali- 
ment proprement dit. 

6^ Les crémocarpes de Mîrbel {polachèries deRicliard)^ 
ou lès graines d'omttéllifères ; l'anis , le fenouil, la corian- 
dre, le cumin, etc., sont plutôt des condimens que des 
nourritures. Elles contiennent, avec une fécule émulsive , 
beaucoup d'huile volatile ,4rès-stimulante dans leur enve-- 
Joppe extérieure. 

7° Nous réunirons ici plusieurs autres fruits également 
employés en condimens: soit aromatiques^ tels que la mus- 
cade et son macis ; lé girofle (qui est , à proprement parler, 
le calice du fruit ); la badiane , illicium amsatum , L. ; le 
canang, baie de Vuifaria aromatica, Lamarck; le piment 
toute épice, mjrtus pimenta^ L.; les ipoivres^ piper nigrum^ 
L. , et cubebaj et longum, L. ; le poivre du Japon yfaf;ara 
piperituj L. ; les graine» d'ambrette , hibiscus abelmosehuSf 



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ALIMÈNS VÉGÉTAUX, 4i5 

L. ^ là Yànflie , epidendron vanUlay L. ; lé cardamome et 
la mani^étte y amomum cardamomum « L. , et amomum 
tnelequetta , Xi. ; soit stimulans comme le café , ou astringens 
Comme Tarèque , brou de la noix du palmier , areca catechu , 
L. , ou piquans coimne les poivres de Guinée y capsicum 
' gro39U7n et annuum, L., etc. C'est principalement dans les 
climats ardens que Pusage des épîces et de ces divers stimu- 
laDs devient indispensable pour fortifier les premières voies 
débilitées par la chaleur extérieure , par les nourritures vé- 
çét^les, les fruité acidulés et rafraîchissans. Aussi, le^s In- 
diens font-ils un emploi continuel de beaucoup d'autres aro- 
mates , avec ceux-ci. Tous aident k la coction ou digestion 
des alimens , et Pérôn a remarqué que leur grand usage 
prévenait les flux dysentériques , si dangereux sous les tropi- 
îjues ; mais Içiir abus devient funeste aux Européens. 

8® Les noix et noisettes des bounistes comprennent la 
plupart des amandes émulsives ou huileuses des grands ar- 
bres ; la noix du juglans regia , L. , et des autres espèces 
d'Amérique ; l'aveline du cofylus ai^Uana, L. 5 la faîne du 
fagus sj^lvatica, L. ; les amandes douces de Vamygdalus 
communisjf L. ; la pistache du pistacia pera 5 L. , le cacao , 
Uieobroma cacao y L. 5 l'atnànae dts cocotfers, cocos nujùir' 
fera et biitjradéd , L. ; celle de Vêlais guineensis , L. , et 
d'autres palmiers ; l'amande de l'acajou , anacardium occi" 
dentale , X. ; les pignons doux àespinus pinea, L. ; du cem- 
tro, piniis cemhra ^ L. ; àxL pinus araucaria ^ de Molinà 
(au Chili) , qui sojit des fruits en cônes ou en strobiles; le 
gingto biloba , Thunb. , du Japon 5 les quatelés d'Amérique, 
lecythia ollaria^ Tu. , et zàbucayo, d'Aublet ; les amandes 
des canarium commune et oléijerum , dé Loureiro ; les at- 
bres à beurre, bassia butyracea, Roxburgh; celles de divers 
badaiDoiiers, termirmlia catappa^ L., et moluccana , JLa- 
marck , et de beaucoup d'antres arbtes étrangers , dont phi- 
sieurs nations fontungiPand usage. Quoique ces sortes de.fruits 
émulsifis soient fort nourrissans et d'une agréable saveur , ils 
ne sont pas tous également saine. Les pignons conservent, 
par élcemple , un principe résineux qui irrite légèrement les 
premières voies : il }r a dans la pistache un principe acerbe, 
savoureux ; les pellicules qui enveloppent la noix , la faîne , 
l'aveline , sont astringentes , ainsi que celles du cacao 5 celui- 
ci a besoin d^étre terré et torréfié ensuite pour acquérir une 
saveur agréable ^ en cet état, on le combine au sucre pour 
en former le chocolat. Lorsque toutes ces i^nandes émul** 



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4i6 AtlMENS VEGETAUX. 

sives vieillissent etse dessèchent trop, Wiuile qu'elles cloii4 
tiennent avec du mucilage ^ passe à la rancidité , et les rend 
acres , désagréables , tandiâf que , dans le premier état de 
fraicheur et avant leur parfaite maturité ( surtout la noix de 
coco ) , elles offrent une émulsion très-rafraichissante et dé- 
licieuse dans les pays chauds. Lear excès n^est cependant 
pas sans danger , et les diarrhées en sont fréquemment la 
suite , parce que* la substance huileuse et le parenchyme se 
digèrent avec difficulté. Outre Ja fécule , l'huile et le muci- 
lage de ces amandes , il y existe ua peu de matière sucrée. 
Dans quelques espèces , on trouve un principe amer et de 
Facide prussique : telles sont les amandes amères , celles 
d'abricots, de prunes, de pêches ; c'est pourquoi elles commu- 
niquent aux liqueurs alcoholiques, une saveur très-recherchéie 
sur les tables ^ toutefois ce même acide est un poison , non- 
seulement pour plusieurs animaux , que les amandes amères 
fo^t périr , mais encore pour l'homme , s^il est donné en 
trop grande abondance. Il ne parait pas qu'il favorise , à pe- 
tite dose , la digestion , corïxme on l'a cru, mais c'est plutôt 
le principe amer de ces amandes. D existe aussi une pous- 
sière rousse qui parait extracto-résineuse , et qui est acre, sur 
la pellicule ou l'endocarpe des amandes de tous les fruits 
a noyaux des arbres rosacées , et cette poussière suscite k 
toux. Un chimiste et pharmacien très*-distingué de Paris, 
M. BouUay, a reconnu une singulière analogie entre la ma- 
tière blanche suspendue dans l'émulsion des amandes, et 
le caseum du lait, soit pour sa nature ai^maiisée , soit pour 
sa coagulabilité , soit pour sa manière de se comporter avec 
les alcalis , les acides , soit même pour former une sorte de 
fromage, susceptible de se penser comme le caseum. 

Il y a d'autres semences émulsives^ cpi^'pp ^ nommées 
froides, comme celles des cuct^rbitâcées ; elles contiennent en 
effet plus de mucilage insipide que les précédentes , et sont 
aussi moins digestibles. On pourrait encore citer les semences 
de sésame , celles de soleil , lielianthus annuua , L. , et quel- 
ques autres qu'on mange ; ces dernières causent la caréba- 
rie ou pesanteur de tête ; leur écorce noire est imprégnée 
naturellement. d'une sorte de térébenthine 5 c'est pourquoi 
elles sont aussi diurétiques. 

9^ Les glanda, Nous classerons ici les fruits secs à fécule 
nutritive , principalement la châtaigne , castanea vulgarisy 
Lamarck, et le chincapin d'Amérique, castanea pumila^ 
ï^am.^ les glands doux qu'on mange,^a Orient, en Grèce y 



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ÀLtMENS VÉGÉTAUX. 417 

en E^âgne, des quercus œaculus, L. ,' et bellotay Desfon- 
taines; la macre*, trapa nalans, L.; le nelumbo d'E^rpie,^ 
nehimbium speciosum , Lam. ( amandes contenué's dans une 
sorte de baie mucilagineuse), et d'autres régétaux à fruits 
analogue^* On sait assez que la châtaigne contient , outre une 
fécule abondante, très-agréable, au yrai sucre cristallisable^ 
a un principe tonique; qu'flle sert presque d'unique ali- 
ment aux habitans des Cévennes , de la côte de Gènes , des 
Apennins ; que ces peuples deviennent aussi robustes et 
beaux, par cette seule nourriture , que par des alimens plus 
recherchés ( Tafgionî Tozzetti , F'iag^ ; et Pinelli , de Acid. 
sang.^ pag. 72 ). On fait griller les glands doux , pour leur 
enlever une sorte d'âpreté désagréable ; la macre aquatique , 
commune à Venise f et en quelques lieux de l'ancienne Lor- 
raine , donne une fécule un peu constipante , difficile à 4^** 
gérer. Les fèves du nelumbo sont délicates et agréables aa 
goùtv Les jambons de Bajonne n'ont tant de réputation qu'à 
cause cjue' les cochons y mangent beaucoup de châtaignes. 

Venons maintenant aux fruits succulens , moins capables 
de se conserver que les précédens , à moins qu'on ne les fasse 
sécher, ou qu'on ne les confise. On observe qu'ils naissent et 
mûrissent daiis les saisons et les contrées les plus chaudes , 
principalement; ainsi la plupart des arbres des grandes Indes 
portent ces sortes de fruits , tandis que les arbres conifères , 
et plusieurs amentacées qui produisent des fruits secs , susr 
ceptibles de se garder pendant l'hiver, «e plaisent dans des 
contrées plus Iroides. Est-ce hasard , ou plutôt prévoyance 
de la nature pour la sustentation des êtres animés 7 

I® Les baies sont de plusieurs sortes principales. Gsertneir 
nomme acinua les grains très-succulens du raisin , de la gro« 
seille, des framboises et ronces , telles que les rubus idœiia^ 
• cœsius y fruliœsus j arcticua, chanuèmorusjsaxatilis, oc^ 
cidentalis^ L. \ etc. 5 les ribea grosaularia y uva criapa , ni* 
grum y rubrum j alpmëmy L. , etc. ; les airelle ou myrtille , 
vaccinium mjrtillua , etuliginoaum yli* y les canneberges , 
ifa4;c, oxycoccus , et i^itis. idcea^ L. , l'épine-vinette , berberis 
ifulgaris et ainenaia, L. , les baies de sureau , aambucua ni-' 
gra , surtout celles si délicieuses dans les Indes , du litchi , 
euphoria //fcfo, Labillardière , du ramboutan, euph. nephc" 
liuiriy Lab., des autres eupJwria longan et crinitay Lab. , 
les nombreuses espèces de melaatoma d'Amérique ( ployez 
Bonpland, Monogr. dea mélaatom.y et Aublet, P/. Guyun.)^ 
l^s moureÛiers , malphigia^ L. , de diverses sortes , là dUlê-*, 

»7. 



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nia fyalittip X<* » ^c. , ^ont em^^ des Im^ àam lescpelles 
la 9Wyvs ^t ÏM f^id^^ Mirt(itiqu^ ^ t^itjriquiç «t m^iqqie sont tmU 
# un paneiK^t^ni? gél^itîfiQiix , $ouypn( coloré en pourpre ou 
W violet. Ihm \e «un^aii , il ejisif un ^çôme nauséalîoiid ? il 
#«t ^omachifi^^ dan* la groseille uoMre , trèjs-f^uave dans la 
fraQibo{seetU/wi£4«(^«&^) \e§ litchis, les euphoria, etc. 
kienti^pstpllis r^lriiiGlii^^^ipt fr plus cQiivçjiaUle dans les af- 
feaiûRâ hHifUst^ çcftam^n^ SiOUS dc^ cifE^ul: ardens, que 
l-usi^ de te$ fruît^t 

i VCt que dfirbel «l^Uf éHakQHj et Desvaux assimlnt^ 
sioDtt.deAjCrnJto œmpQs^^ w ^qu^i^^eux, r^«pUs d'iuie chair 
fendants ^«uorét 9 i^&fi»ip0 1«? poross^ls, arionajaçca^ L.^ 
le cfMrfawiieiH.ou pofliiiie c^pielle, a/^. murica(a,îj. i le chéri- 
molja, cttltivo inéin» im Poptug^J, an. tripe^U^la^ \Vilden.; 
Ie/;aro0sol éoailleiftx, <m. ^qjM^mm^sa, JL», ei plusieurs autres 
t^ècos é^kmem exfielle»t«« ; le jajjçt^pjt^, o^A/ia «grwar- 
«wfi , Lu, à Émit bleu? \m dorioi^s , difTi9 nibHhinus , L. , 
donc i^éeorce épineuse ^t jréfinQUse sent l'ognon pourri, 
Baiâîs dont la dialr est rési^^eu^ et p4Sj$e pour ^^rodisiaque ; 
l^exoellent mangouâMiA, garckiia mang&staHa. j L., et ses 
^spècea voisine^, eouune le lH'49dounTer,^<z#*e. ce^ebicay 
li. , c«e. 9 <|ni 4 le suc de ki friunboi^, du raisin ef de la ce- 
nsé k plus sacrée^ le Ridttei,r7Qei/9»«!i^4^sii?rica/?a9 L.,domla 
pit)pe«pprochede eelle d^ k pêc.be,; ]^ %Qy^y^^pûdUAmvxnf&- 
rum,.ffS!tVetL conuaemreàcultiv^r dausle midide la France, 
et qui a une pulpte «i saYOureusie.; les œuram^oles, ayerrhoa 
caran^Ma et bilimbi^ X. , a fruits luigideux , délicieux en 
compotes ;.k mairmelle, oràtef^ mw^meh^f L. (JEgle de 
Corréa, -.rft?<. ^oe. Hnn.^ Lcmd. j tome v), et une foule 
d^Mitres fruits des deux Inde», qu'il serais tr^p long d'énu- 
«lérev, août des baies snaples, rafraichissantei et nutritirq^ 
Leur abus peut aâaibltr 1^ oi^^^aes digestife , bien que la na- f 
ture aie joint des quittité» aromatiques à quelques-unes, ou 
un prineipe amer, comme à récons^du momei, une subs- 
tafioe résineuse à celle du duriou. Aussi doit-ou mâcher da 
bétel ocr prendjre du poivre , après avoir mangé beaucoup de 
ces fruits , si délicieux cpi^ils excitent à d.es excès. 
' 3^ Il y en a d'auu^es sortes, telles queles soroses de M^^* 
bel , ou s^ritcarpes de Richard , dans lesquels ou place Tana- 
Bas , br^meUa ananas y L.; la mûre , du morua nigra^ \m, \ le 
^rneux fruit à pain ou rima^ ariocurpue mcUa^ Wildenow ; 
et le jii^cquier , arLjaca , Wild£ii0W, qui sont ai^i des fruits 
cotoi^oaés. Ma» ks deux pv^mie^s sont trèsrsucrés et succu- 



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ALIMEÎÎS VÉGÉTAUX. ^ig 

âeôâavec les âcîdes citrique et malique; les derniers coi>- 
jlieiiéem uneiiécule légèrement acide et sucrée , niais trè^-^t 
nutritive et capable seule d'alimenter, comme on en voit de« 
exemples dans plusiears îles de la mer du Sud. 

4^ La fraise et ses diverses espèces ( Voyez Duchêne, HiaU 
des fraisiers ) est une sorte de baie nomoié» pofyckorionide 
par Mirbel : on coBnaît ses qualités. La 6gue, dont l'invo- 
lucre charnu renferme plusieurs graines, est un fruit dont on 
connaît beaucoup de variétés ; la figue sycomoi-e ^ ficus sycor 
frv^rus^ L. , d'Egypte, et les nombreuses figues exotiques, 
;offrent une pulpe mucilagineuse très-sacrée, émolliente , 
laxative et pectocale , mais qui amollit beaucoup tout le 
système fibreux , et gonfle le tissu cellulaire. Ses abiis 
jcausent des empàtemens muqueux abdominaux. 
; 5^ Les acrosarques de Desvaux soBt surtout la figue d'Inde 
jdu cactus opuntia j L.. qui, empreinte d'un principe colo- 
rant, teint l'urine en rouge lorsqu'on ^n man^e. Nous pou- 
vons ranger en cette classe les bananes , musa paradisiaca , 
L. ,^t nuisa sapientum j L.,, dont les fruits doux, fondans , 
<8e mangent égalemeat cuits xm crus , et sont si souvent em- 
ployés dans les deux Indes. 

; 6*^ Parmi les baies exotiques, nous rangerons encore les 
"païmitierS) chrjHopltgrUurr^ cainito\ oliififorme t, macoucouy 
fi'Aublet et Lamacck , à pulpe mucilagineuse , fade ; le gc-- 
nipa amerîcanay L., à f)ai:en€hyme aoidule, violet, ainsi 
que ^fk^i^^^s vhyiolaoca ; la morinda r^oe^ L. , qui est lé- 
gèpemei>« aniève .et aroDAMque , etc. 

. Les baies de ^os cUfliats n'approchent pas , pour l'agré- 
ment, de Ja jAupaït de celles ap'nn soleil plus ardent et des 
cieux plOiS prospères mûrissent. Elles sont souvent âpres et 
aoerbes «ùdgré leur parfjsute uiaturité , H ittéme lorsqu^les 
devie&i^e^i bleUès ou soties , comm&les azeroles, mespilus 
ç>tarGiu8y Lanïarcît \ les nèfles du M* gernmnica , L. , et de 
celui du Japon, M.sjaponimy Thuûb.; les alouches du /7y- 
^us aria , Willdenow*, et pelles jdu fjyr, torfninalis y WiUde- 
»0Mr ; les jCOMues du sorbus chmesticaj L. ; les fjruits de l'au- 
bépine, mespUiis iE>ç(^Qffanlha>j Lam.; Jcr ba^ès des arbou^ 
wers , aTiutu0 Huedo , L. , et mni ursiy L. Dans le Nord , on 
ijiange lencore les baies acerbes et purgatives de l'argoussier, 
hlppophaë rhamnoïdesf L. , et ctelles die la caniarine ou 
bruyère à fruip noirs , pmpeirum ni^rum, L. En outre , 
les grattie-^CHls de l'églautîer ou cynoqrtaodori de, la rosa ca-' 
nina, L., et djo^^iitrt&s vom^f p^lic^iiiexit iices qualités as- 



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4m àûMens végétaux. 

trîrtgfentcs , toniques , plus on inoins ace Aes , qui prodtlisertl 
Inême des coliques et la flatulence 5 mais Ces baies , mûrissant 
vers la fin <le l'antomne , iémbleni proposées par la nature 
pour arrêter les "flux diariiioïques , fréqtieiis à cette époque 

Î)ar suite de Pusage des fruits lascatifs ^ tels c|ue les melons , 
es figues et lc« raisins. C^est alors ausrf que se recueille la 
baie de ^énewier ,Juniperu8 contmunis^ L. > dont la fiacahé 
tonique ou stomachique semble encore plus appropriée à la 
Maison humide et froide qui précède l'hiver. 

Parmi les baies ,^P6n compte encore la tomate^ solarium 
fycùperaiaim^lj^y dont le sucacidule^mais un peu nauséeux, 
entre dans presque toutes les sauces dès Espagnols, des Ita- 
liens, des Égyptiens 5 lamélongène, sol. melongenajjj. ^ 
que les Maures mangent cuite , ainsi que la baie du «0/. in- 
canum, L., commune en Egypte, selon Hasselquist. Elles 
recèlent un principe légèrement vénéneuX' et de saveur dé*- 
plaisante , quî pourtant est sans danger dans ce» espèces. 

7° Les fruits pomacés ( mélonide de Richard), tels que les 
pommes, les poires, les coings, ne se distinguent des kaies 
•que par leur parenchyme très -charnu. Les variété» de^es 
espèces sont presque innombrables*. On sait que le coing est 
beaucoup plus astringent que d'autres espèces de poires. La 
grenade, piinida granatum^ L. , d'un suc acide et sucré ; 
contient dans son écorce ou malieorium beaucoup de tannin 
et de principe astringent , comme les balauste». 

8** Un autre genre de fruits est celui des hespéridies de 
Desvaux, ou des oranges, citrus aurantiunij L., et ses va- 
riéiés 5 dés citrons et cédats , citr. medica , L. ; des lioi^lls , 
citr, limonum^ Risso; des bigarades , citr. pulgaris^ Bisëo; 
des bergamottes et limettes, cUr. timettay Risso; des pâm- 
pell&ousses, cz^r. decu/na^a, L., et autres espèces. Dans 
cette famille, le wampi des Chinois , quinaria wampî ^ de 
Loureiro ,' les limonelliers , limonia dulcis et monophylla^ 
L. , etc., offrent tous abondamment un acide citrique fort 
agréable j quelquefois combiné à im principe amer , comme 
4ans la bigarade; à un principe Colorant rouge , comme dans 
l^range rouge, mais plus souvent contenant une matière su- 
crée. d«ns une pulpe Vésiculeuse. L'enveloppe extérieure de 
ces fruits est empreinte d'une huile volatile suave ^ dans un 
/parenchyme fongueux , amer. 

' . g^ Les péponides , fruits des cnctirbitacées , n'ont au con- 
tmire rien d'acide , mais plutôt^n suc doux ou fade, mucila- 
gin^t I auquel est coi^biné un principe nauséeux, purgatif » 



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AUMENS VEGETAUX. 4ti 

imier dans quelques espèces, comme les concombres ( en par- 
ticulier la coloquinte ); en d'autres il existe un principe stu- 
péfiant et réfngérant , surtout dans le genre des courges ou 
potirons. Les espèces que l'on emploie le plus en alimens 
lont les melons , cuoumis melo y L. ; les concombres et corir 
oichons, eue. satii^us, L. ; le chaté^ en E^pte , eue» çhaie , 
L.^ les eue, âudaim^prophetarum^ conomouy anguria^ L., 
et le serpent, eue.flexuoutaj L.;la luflfa de l'Orient, momor" 
4ica luffa^ jj. , usitée principalement contre les pUegmasies 
cutanées^ la pastèque , czxa/r£u/a eilrulluBy L.; la courge ca« 
lebassê, eucurb, ktgenariaj L.5 le potiron ou la citrouille » 
cucur.pepoy L. ; le pépon mus<yié ou giraumon, eucur. melo 
pepoy L., etc. L'on n'a guère fait attention qu'au pi*incipe 
amer e\ purgatif de ces genres de fruits ; mois le principe 
nauséabond et stupéfiant qui parait si suave dans le melon , 
est beaucoup plus actif dans d'autres .cucurbilacées ; il die- 
vient éminemment répercussif et réfrigérant en application 
extérieure sur les phlegmons, les brûlures, l'érysipèle, etc. 
Nous admettons encore la papaye , fruit du carica papaya » 
L. , au nombre des cucurbitacées ; ses graines sont un excel* 
lent vermifoge : le posoposa, car. poëopoHi , L., d'après le 
P. Feuillée , est encore une bonne papaye d'AiJcrique, 

10® Enfin les drupes ^ ou fruits à noyaux, terminent cette 
liste nombreuse. Dans nos coptrées,. ce sont les arbres de la 
Êunille des roisacées qui en produisent la plus grande partie » 
comme les diverses sortes de cerises et de prunes %i multi-^ 

5 liées dans 'nos vergers , ainsi que les variétés de péclies et 
'abricots , qui offrent des nourritures dont les qualités ont 
été appréciées. Les comioles du eornus mascula et êueeica , 
L., cultivés, ont une chair astringente, mais assez agréable 
dans leur maturité. Les fruits en drupes sont bien plu^mul- 
tipliés dans les climats chauds qu'en Europe. Les fameux 
«irbre^ des lotophages^ zifjphus lotus ^ Oesfontaines , qui 
nourrissent plusieurs peuplades barbaresques ; le jujubier , 
cultivé même dans nos provinces méridionales , zizyphus 
communia , Lamarck , ont des fruits sucrés , douceâtres et 
plu/ mucilagineux que ceux des autres espèces , comme du 
jujubier cotonneux , rhamium jujuha , L. , et dé PépineuX , 
riiamnus spina ÇJiristi, L. , qui croissent dans les Indes ; 
nne espèce^e la Chine a des iruits narcotiques , rhamnua 
soporjfer ^ C» STous ne citons pas le nerprun et la bourdaine, 
rluimnu^cathartieus eifrangula^Jj. , qui sont purgatifs. Un 
autre fruit mucilaginem est la sébeste , eordia sébe^ienaet 



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Uùg^ Micheli , L. , et VMug. pseudopsù 
de Jacquin , sont pkis ou moms agréables au ^oût /soit crus, 
soit en <Tompotes. Les mombins rouges , apondias mçmbm , 
L., sont de nieilleur goût que les jaunes ou bkncs dnsp. ïnyr&' 
bulanua* , li^Vh&yy^ep. cytlierea^la. , qui vient d^Oiahiti, 
a la saveur de la pomme de reinette. Lçs fruits du calaba^ 
caJophyllum calaha , L. , et Q. inophyUuin , ont une chair 
a,cidulej mais Famande de leur noyau fournit dé Phuileet 
se j.eut manger aussi, bien qu^ellfe ait quelque amertume. 
La plupart de ers drupes soat bien inférieures à la mangue , 
du mangifera indica , L. , dont la chair jaune , succulente 
fit sucrée ne nuit presque jamais ; oii doit enlever son épi-^ 
derme qui est de texture solide. On peut faire subir divers 
appréis à cas excellcûs fruits. La petite mangue , du ntanff.-^ 
fera pii mata y L., n'a que la grosseur d'une olive, mais elle 
a la même saveuF que les plus ^f<5sses qui.|>èséiit jusqu^à 
deux livres. 

1 1 o Parmi les drupes , il en est qui oiit une chair huileuse , 
comme Tolive , et qui ont besoin , comme elle , d'être soumi» 
i une sorte de macération dansi la sauj^ure , poiur lui en- 
lever leur savcftir.apre et acerbe. ïel est aussi le fruit du 
ganitre, eleocarpus serrata j L. , àCeykn. Quaût au fruit 
de Favocatier, lauin» përéea^ L., si agréable jyix Améri- 
cains , mais qui plaît moite d^âbérd a^ palais dei^ Euro- 
péens , il est butyreuï et ibndlûnt 5'il tj^'a nul besoin de prépar 
ration préliminaire : oiil'a^aisonnece^^ddt^t ^y^c du seJ. 



4ôa AtlMENS VÉGÉTAUX. . 

myxa , L. , dont la pulpe sucrée semble contenir imé Kââ-i • ; 
tiere gommeuse; aussi Ten^loie-t-on avec avantage dans les* i 
maladies de poitrine qui réclament des adoucissans. Ladaue^, \ 
fruit du phœnix dactilifera , offre les n&émes qualités , mais ; 
' elle contient plus de substance saccharine , dans une pulpe • 
onctueuse , qui passe aisément à la fermentation vineuse. Ces 
alimens très-communs des Orientaux et des Asiati(]ues les 
disposent à la langueur physique comme à Tinertie morale. 

Dans les Indes , plusieurs drupes remplacent nos prunes , • 
comme le kaki, diospyros lakiy L. , semblable à la reines 
claude; Picaque, chrysoba/anus icacOy L-; le nellika des 
Japonais et Asiatiques, phjUcyithus emblica, L. , qui est le > 
mirobalan emblic; le plaqueminier de Virginie ,^d*o*j[>yfX)5 4 
virgiuiana^ L.^ à fruits très-sucrés et acidulés; les poires • 
d'anchois, drupes du ^r/a* caulifiora, L. , etc. La jamrose^ 



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âtïMÊSS tÉGÉTACrX. ^t% 

Nous ciierioti9 eûcofé les dmp«$ mtmgeaht^^ An ^fheiUfH 

ijnefnon , L. v da êkoa itrens , d'Aoîjtet , dé la ha^M^ etc. j 
a uoix de Bei, moringa oleifèra, Ltofàifct, et une foUle 
d'autres vég4tattx qil'il serait trop long d'^'ttUiAéréi' , quand 
même nous les eonnahriofts tôOs parfaitement 5 <«ià{s riotJi 
croyons devoir nous borner awî ésj^èces le& pltfS usitée^ dëftil 
les- diverses régions de notre glolje. 

Il résulte de cette revue , qité parmi lés fruits ^ecs , fés plfli 
riches. en fécule nutritive sont les' câ^iopses^ou céréales^, le4 
glands et les légumes ou gousses. Il est à remarquei? âiis^si c(u*îli 
contiennent une certaine quailtité 4le ^Cfe> AirtoWt Avant 
leur parfaite maturité 5 car il semble que la fécule» soit du 
sucre passé. Ces alimens sont conSidérés^ comme venteux 
( excejxé les céréales ). 

Les fruits ob^gineux , tel» cpie les ttofec et noisettes ^ oô 
les graines huileu^s des siliques , de .qaelque» dapsuîes ^ 
sont d^uue digestion plus difficile qne \éi préeédens, éi coqa 
tiennent Hioins d'aHmeiii réel. lU sont si^^ts'à ^odùké ^ 
relâchement dans les premières voies 5 maiis- ik l^ewrenl 
cojiyenir dans les clioÉats froids et aux eètoma^ss^ iobustefe 

Les fruits aromatiques, ïés ^etdeftfce* d'diiib^ïliférè» , \éê 
épices, ne* sont point des titourrît^îHre^^ ittai^ ils rfevi^JMéftt, 
dans plûsiéu/s ckcot^stâ^ces é< dàtfs lëiT j^S^diâ^ sft*iM6<Mït, 
indispensables pour la digêstibtt dés* Mijftteiï* éï péUi? feàf 
assaisonnement. Aussi la nature les a prodigués^ dans toutes 
les contrées ardentes d^a terré. 

Par vapport aux fruits succulens,. les^bïMOs en j^tits graimi 
( acini , Gaertner ) sont e> les m^oins nutritifs et, les plus ra* 
fraicbissans de cette classe. Il en est de m^me des hespé* 
ridies.5 mais* celles-ci sont environnées- d'une écorce aroma<» 
tique , excellent correctif de l'acidité de leur ^c. 

Les étairons et pliMieuii»* SQroseri^ on syTWMrrpesvsotH de» 
fruits succiilens; siicrés, plim on Booins «tt«iii&,v nufis ed 
général bumeetanr, excepté te &uit k paiii,.qnr renfermé 
un parencby>me plus nourrissant qpe les autres espèces. 

P^rmi les baies de plusieurs rosacées , il en est beaucoup 
d'astringentes et même d'acerbes»; d'autre^ soi^t empreintes 
de sucscolorans^, quelquefois de propriété laxative, snrtonJt 
les baies noires pu violettes 5 toutefois ks rougis, sonctplus 
communément acides. _- 

Les drupes, ayant urne chair en général pjus solide , 
offrent plus ctalinximit ; celles qui sont oléagineuse^ se trou- 



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44 ALIMENS VÉGÉTAUX. 

vent d'ordinaiï'e accompagnées d'un principe acerbe on 
d'autre nature , qui les rend moins propres k nourrie. 

De tous les fruits succulens, les poHiacës^ les aerosarquet 
et la plupart des péponides présentent une matière nutri- 
ti\e plus abondante. On en peut extraire, ainsi que des 
drupes et des baies , une sorte de gélatine végéule ^ su- 
crée, agréable. Beaucoup d'autres fruits, donnent aussi des 
sucs fermentescibles et yineux. La germination déve- 
loppe également un principe sucré fermentesçible chez 
les céréales. 

S III. De quelques autres i^gétaux usités jadis. 

Les Grecs , comme les Romains i faisaient grand cas des 
truflFes , i^"* , qui grossissaient surtout après le tonnerre , 
comme les champignons. Celles d'Afrique ou de Lybie 
étaient les plus suaves. Mais les bolets où champignons 
étaient bien plus estimés, selon Martial. C'était le meta 
des dieux ^ nomme l'appelait Néron, parce qu'il owAt préci- 
pité Claude dans le ciel, selon l'expression de. Sénèque 
( apocoloquintosis ) , par la fureur d'Agrippine et l'art fu- 
neste de Locuste (Tacite, Annal lib. XII ). Cette mort 
décrédita les bolets, suivant Pline, lib. XXII, c. 22, et 
Martial , lib. V , épign XX. Toutefois , pour pVévenir le 
danger des mauvaises espèces , on les cuisait dans du 
vinaigre simple ou aromatique : Juvénal dit, sain V. 

F^Ubu8 anticipes fun^i ponenturMmiciê i 

Boletua domino, -i ' 

Galien parle d'autres espèces peu connues , comme ses 
Amajiitœ, myceta, pezicœ, etc. Aujourd'hui, lesprinci-^ 

{)aifx champignons employés pour l'usage de la table sont 
e champignon de couche, agaricus cantpestris , Vagar* 
deliciosusy Vagar* cantaretlus, Vagar. mouceron^ agar. 
iHolaceu&y agar. iremlinga, et agar. Georgii en Russie ,- 
les claparia coralldides et cka^.fastigiata ; les phallus escu-* 
lentus, et phal. mitra, les truffes , ^K&^r eibarium ; etc. 

L'ORGE fut jadis en honneiir çhe:p le? Athéniens, et 
il y avait des gladiateurs qui en étaient nourris* Chez 
les Romains, on le distribuait aux soldats qui avaient fîii. 
C'était un châtiment militaire et une ignominie, seloa 
Polybe et Végèce. Cet aliment affaiblissait, car il est moins 
nourrissant que le blé. 

Jadis, €onme ^u|ourd^ui^ l^ aj^perges étaient re- 



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ALIMENS VÉGÉTAUX. 42$ 

cherchées. On mange^ de la^ême manière les pousses 
jeunes de houblon et même celles*d'ortie au l>esom. 

LA BETTE, originaire de Sicile, serrait souvent aux 
forgerons, à cpii la chaleur du feu resserrait le ventre. .On. 
croyait qu'elle hébétait aussi l'esprit. La mauve, cette herbe 
sainte des Pythagoriciens , était notre malua alcea , L. , 
et chez lés Grecs , l'arroehe passait pour un légume ex- 
cellent. Les Romains faisaient le plus grand cas des diverses 
sortes de choux. L'artichaut, qui croissait d'abord en Sicile, 
fut inconnu aux Grecs, mais emplojé par les Romains, 
ainsi que les cardons d'Espagne. Il en Venait de près de 
Cordone et de Cartagène, qu'on payait jusqu'à 800 francs. 
On ne connaissait pas les épii^ards. Les différentes sortes 
de CHOUX ont été usitées de tout temps , quoique des variétés 
soient modernes ; anjourdliui , on emploie les brasmca pi^ 
rùiisy Lxciniata^ sahauda^ sectilÎA, botrytisy brocolis y 
Tubra, ei3C. L'a&roghe , ou bonne-dame, a/ri/7/ejp horUnsis, 
là mauve ronde, malpa rotundifoUa^ sont des herbes 
adoucissantes, conune la betterave. 

Dans les disettes on a pu manger le rumex patieniia 9 
le bromus secaltnusy les racines de spirœajilipendula, de 
hunium bulbocaatanum ^ Vorobus tuberbsus^ la vicia sa- 
tipa, Varum maculatum, ainsi qu'on mange en Amé- 
rique Varum esculentum ou chou caraïbe , la crambe mor 
ritimay le&Jiicus aaccliarinus et ^palmaius , etc. 

L'on faisait jadis le plus grand usage des divers cucur- 
hitaLcées, ^mme courge, potirons, ULclons, concombres* 
de même qu'aujourd'hui. On en apprêtait aussi des flans; 
on en cuisait avec des coings, de l'origan, etc. On en 
assaisonnait avec de la moutarde^. Du temps des empereurs 
Carin et Gallien, on faisait mûrir des melons même en^ 
kiver, dans des serres, pour leur table, au rapport de 
Trebellius Pollioj mais ce n'étaient pas nos espèces d'au- 
jourdiiuî. 

Lies RAYES crues étaient un aliment populaire , ainsi que 
les CABOTTES, panais , chervi , les racines d'asphodèle , d'arum 
dracontium^ L., et Ja colocasie d'Egy^pte, arum coloca- 
na^ L. , etc. Maintenant on use aussi des racines de 
scoràonera hispanica ; et de sersiti , tragopogon porrifolium, i 
àa panais , paaéinaca saliva ; la pomme de terre , surtout , 
le topinambour , helianthus tuberosua ^ le macuson , la^ 
ihyrua iub^cçs^USf en (juelfjues pays 5 la patate, conw)/^«/tt« 



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4a<} ALIMENS^VÉGÉTAlix. 

batatas ; Vigname , dioscorea alatayla cassave iu Jatrophd 
Tnari^ot , dans les deux Indes 5 mémei la racine de souchet, 
ejrperus esculentus , etc. 

On sait combien le pois chicke (cicer ari&linum, L. ), 
grille, les lentilles, les- pois, les lupins (après <pie la 
macëration- dans Peau en arait enlevé ramertame), enfin 
plusieurs semences de legumîneiises , étaient des mets 
communs. ' 

De métoe la laitue, Fendire, la chicorée, P©sciHe,le 
pourpier, le perstil, b roqoelte , le cresson , etc. , servaient, 
soit en salades, soit apprêtées de diverses manières. Les 
salades actuelles sont aussi celles de mâches, vaieriand 
loctùstaoliiiGfrkt, de eampanula rapuntsubm ou raiponce, dé 
céleri, de pissenlit, leontùdbn taraxacum, de èetarubra; 
de cueuniis sativuSy de sco/nonerof pkrordes , même de 
brassiceà capitata et rapa^ on y j.mnt * comme fK$saisonne<' 
mens Je cerfeuil et persil, Vartemisia dracunculus, la 
pimpinMv ùalka^ àfis fleur» d» capucine, tpopeeoium 
inajus^ de borragô offifcinaHs^ etc. - 

Çh&^ ks' E^^rptieûs , Pognon , le poii^eau étaient estimés 
comité de* diYin*te&, ^oy.* ce que Juvénal dit , satine i5 : 

O sanctas gentts quibua hœc nascuntur in hortis 
Numinal 

. Mais^ l'ait était détesté étiez les Grecs , quoique les marins 
en fissent grand usage contre les nausées du. mal de mer.Lei 

/moissonneurs, dès les temps les plus anciens, sont en pos^ 
session d^en manger , comme le disent Virgite ( ^^c*àL i ), et 
Horace (Ocfe 3, éporf.). jEmilius Macer énldonne 1» raison j 
c'est afin que Fodetir forte- de Pail écarte fe serpéits et les 
insectes qui vietidraient -attaquer ces tra^^aitteurs : 

Ui si forte aoporfessos defires^erit artus , ^ 

jinguibuh à nocuia tuti requiescére possint. 

Les buveurs en prenaient beaucoup aussi , d'après, le con- 
seil d'Hippocrate , lit). 4 y R^^- victùs^ in qçuL , pour aider 
la digestion du vin. 

Parmi les fruits^ on sait que les figues, lë^ raisins , les 
dattes , les olives^ et diverses pommée, poirés ,, coing* , gre- 
nades , nèfles , abricots , pèches , prunes , cerises, mûres , 
^aises , groseilles , étaieiït généralement connus. Le citro- 
nner fin acclimaté en Italie du temps di Pàlladîfa»-et de Vir- 
gile. Pliue distingue plusieurs variétés de s^s fruits (lib. 1 % , 
c. 3' ), parmi lesqueU Içs^ aurantia , q6i ne sont pas nos 



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ALIMENS VÉGÉTAUX. 4^9 

oranges : elles n'ont été appottées des Indes orientales que 
par les Portugais au i5* siècle. Les pistachiers n'ont été na- 
turalisés en Italie qu'au temps de Tibère ( Pline , lib. 1 3 , 
c. 5 ). Les amandes douces étaient ignorées au siècle de l'an- 
cien Càton ; elles ont été connues depuis sous le nom de 
noix grecques ou deTliasos(Macirob.*fo/wr«. , lib. 3, c. 18). 
Dès ayant Lncullus , les cerfees étaient fort usitées en Grèce. ' 

On j«iait des noix et des noisettes aux enfans dans les 
noces ( Catul. JSplihaL , et Virg. Echg. 8 ). 

Les Arcadiens vivaient jadis de glands doux du quercus 
ûBscuhis y L- , comme on mange ceux du bellote en Espa- 
gne aujourd'hui. Mais les châtaignes formaient surtout la 
nourriture la plus ordinaire àes habi^ns des Apennins. C'é- * 
taient les glands de Jupiter. Tantôt on les cuisait à la vapeur 
de Peau , tantôt on les faisait griller. On en mangeait aussi 
de fraîches ; selon Virgile, echg, 2. Celles de Tarente et dé 
Naples étaient les meilleures. 

Nous parlons ci-après des principaux "^vis : les anciens ' 
avaient quelques autres boissons: la posca y ou Poxycrat; le 
iytum ^ ou la bière d'orge, et une autre espèce de zjtus^ 
fait avec le paii;i fermenté dans Peau , comme le quass des 
Russes. On fabriquait encore une sorte de piquette , sicera^ 
aVecdivers fruits , avec la gousse siifcrée du caroubier , ce- * 
fatonla siUgim , L. Le cyceôn d'Homère ( lUad. , lib- 2 ) 
était un mélange de vin , de miel , d'eau, avec de la polenta * 
et du fromage râpé. 

Peut-être aura-l-on peine à ^ persuader que les anciens' 
fissent usage, dpins leurs asssisonnemens, de I'asa fœtida, 
sous le nom de laser ^ ou du (rtX(pUf des Grecs ; aussi quel- ' 
ques auteurs et traducteur ( celui de Pétrone, par exemple )' 
ont pensé que c'était plutôt l'a^a dulc'cê ou le benjoin , qui^ 
se retire d'un arbre du genre des styrax, dans PInde orien- 
tale ( du styrax benzpin de Dryander , Philos. tran$ac. , 
tome 67 , part. 2 , p. 307, tab. 12 ). Mais tous les auteurs' 
«itent la plante du laser et la décrivent comme une ombel- 
Hfère férulacée (1). Le suc du laserpitium le plus estimé , 
dit Pline , venait de la Cy rénaïque , où il ne se rencontre 
plus 5 mais il en arrive de Perse , de Médie et d'Arménie , 



(1) XheophraëU , lib. vi , Hiat^r. piùnt. , c^p. 5 .-Dioscorid. , lib. m , 
C^p. 94 ; Apiciu» , lib. 1 , Cap. 3o . et suçtout Pliue, HUi, mundiy lib. xiX , 
??; ^> P.- ^^^ *^ *"*^- ^^ l'édition de HardoMλ , t. 11; aussi J^iliu» 
«oJlux, lib. vr, Cvip. ïo. ; , . ' 



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4*8 AUMENS .VEGETAUX. 

qui est moii^ bon , parce qu'on l'adultère avec du sagdpe- 
num. La racine de la plante est épaisse , sa tige ressen)i>lé 
aux férules , sa feuille a Tache , la semence est aplatie 
comme une feuille. Le suc se retire de la racine ; le moina 
bon vient de la tige : ce suc est laiteux. La ^orte noimnée 
rnagydaris est moins dure et moins odorante* Le plus pur 
est roussàtre , avec des fragmeus blancs dans sa cassure : 
Teau le dissout , ainsf que la salive , etc. Saumaise ( Exercit» 
pUnian, y in Solin. , tome i , p. 254 ) A^^^c une monnaie 
d'argent de (îyrène , sur le revers de laquelle est gravée 
ujie tige de ce silphium. Son suc ou laser était plus suave et 
moins violent que celui de Médie.Les Arabes nomment en- 
core i'asa-fœtida lasar ; et dans la basse latinité , ce mot 
cpii était connu , a été transformé en celui d'a^a. Avicenne 
prend toujours le laser des Grecs et des Romains pour l'asa- 
fcetida , qu'il nomme angiuden , et qui se tirait du Chirvan, 
province de Perse. Nicolas My repsus considère le lasarum 
ou acordoiaaarum partout comme l'asa-fœtida. 

Il est même certain que tous les anciens n'aimaient pas 
cette odeur du laser , que Dioscoride dit être entre celle du 
gaLbaniun et celle du sagapenum ; car Aristophane , qui en 
parle dans une de ses comédies, l'appelle puant y KttKoffuf, 
et on lit dans Apulée : ^Maere infectas carnes, et lasara- 
tum porcellum , etc. Cependant le sentiment général était 
en faveur de ce condiment , à tel point qu'il se vendait an 
poids de l'argent ,4 et qu'il passait presque alors, comme 
maintenant en Perse , pour le mets des dieux. Il est remar- 
quable qu'on le recueillait , au temps de Théophrastc dans 
des peaux , exactement comme on fait encore aujourd'hui, 
au rapport de Garcias-ab-Hortp , et de Kœmpfer. 

Cet exemple prouve combien les goûts changent selon 
les temps et les lieux. Nous voyons l'ail , le fromage passé, 
devenir des alimens fort agréables pour les uns , et repoussés 
avec horreur par d'autres personnes. Il en est qui mangent 
crus àes ognons que d'aiitres ne supportent pas môme cuiis. 
Mais 5 pour ne citer que les anciens , ils ne trouvaient pas au- 
tant de délices dans la chair des melons que nous en trou- 
vons à présent. L'odeur même du citron , qui est pour nous 
irès-suave , était haïe de plusieurs d'entre eux , et ils ne 
faisaient aucun cas de son suc acide. L'odeur du garum ou 
des poissons putréfiés, qui nous parait si exécrable , leur 
était tellement agréable qu'ils en portaient sur eux , en guise 
de [tofum y dans des flacons d'onyx. Il n'est pas étonnant , 



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ALMENS VÉGÉTAUX. 429 

d'après cela , ^de les voir assaisonner leur chair d'asa- 
fœtida. 

En second lieu , les premiers Romains vivant d'une sorte 
de bouillie {puis ) , de galette azyme , de pâtes non levées, 
puisqu'on ne connut des boulangers et du bon pain , que 
l'an 58o de la fondation de Rome ( Pline , lib. 18, c. 10); 
les anciens Grecs mangeant souvent une espèce de polenta 
faite d'orge grijlé , et des figues (les Athéniens surtout), ce« 
peuples* avaient d'ordinaire les premières Voies fardes et 
embarrassées par ces alimens mucilaginèux. C'est pourquoi 
les médecins étaient obligés de faire souvent vomir et de 
conseiller la boisson de l'eau chaude. Mais ils avaient une 
autre manière de prévenir ces embartas gastriques , en sti- 
mulant l'estomac et le^ intestins par des nourritures salées , 
comme des poissons marines et par les assaisotmemens les 
plus piquans ; c'est ce qu'on nommait la drimyphagi'e, 
Alexandre de Tralles , lib. 8 , cap. 6 , la prescrivait souvent 
pour cet objet, et Cœlius Aurclianus , lib. i , tard. pass. , 
cap. I , emploie tantôt les vomitifs , tantôt la drimyphagîe* 
Aussi nous avons fait remarquer combien les anciens em- 
ployaient de condimens dans leurs sauces ; on peut mettre 
au premier rang l'asa- fœtida et le garum. Le grand usage 
des poissons exigeait même de nombreux assaisonnemens. 

En général, les ragoûts des anciens étaient bien plus 
assaisonnés ou épicés que les nôtres. On n'a' qu'à ouvrir le 
traité d'ApiciUs Cœlius ( de opsoniis et condimeiitis , sive 
arte coquinariâ , lib. 9 5 — cam annotatione Martini Lis^ 
ieri niedici , a* édit. Amsterdam , 1709, in-8**). On y verra 
presque tout assaisonné de garum , de laser, darne, de co- 
riandre fraîche, de cumin, de baies de mirte et de troène, 
de semences de fenouil et d'âche , de chardonnette ^ de sj ica 
nard , de feuilles de malalîathrum , d'asarum, de racines c!e 
pyrèihre , de costus , de baies de sumach et de sureau , ou 
avec du mastic , des graines d'ortie , du souchet odorant , 
du fenu-grec, du sésame , diver^ alliacés j l'échalotte , le poi- 
reau, ou de la passerage, du cresson , de la roquette, du 
cardamome , du séséli d'Ethiopie , de la , cataire de mon- 
tagne, etc. Ils joignaient souvent, au sel, le nitre et le sol 
ammoniac ; ils ^aimaient le verjus ^ non le suc de citron. Ils fai- 
saient grand cas de l'odeur du safran et de la canelle. l^a 
menthe , le pouliot, la sarriette , le thym , Thyssope , l'ori- 
gan , «t d'autre« labiées , ou des ombellifères , comme Pa- 
neth j la livôche , le persil , ou la ^•line de vitex ( agnus 



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43o DES DIVERSES BOISSONS. 

castus) étaient leurs condimens les plus communs. Us àjoiK 
taient du poivre à leurs confitures au miel ; ils avaient ausli 
des fritures, etc. 



DES DIVERSES BOISSONS. 

La nature n'a donné qu'nné seule boisaon aux anûbani^ 
savoir l'eau pure, à moins (pi'on tie considère en même 
.ten^s comme boisson les fluides alimentaires dont se sw'- 
tentent les animaux suceurs, tels que divers insectes cpri 
4)ompent où les sucs des plantes , ou le sang et les antres 
juumeurs de plusieurs animaux : par» exemple,. les^ vers in»- 
testinaux ^Aes puces et punaises , les puceronç , etc. II est 
.d'autres animaux qui ne boivent jamais , comme k plupart 
.d^s mammifères rongeurs, beaucoup de reptiles, les insectes 
^ mâchoires , etc. 

. L'homme peut vivre assez long-temps sans boire , et la 
modériftion danslac(uantiié des Hquîdes est plus utile qu'une 
lîrop grande proportion. L'eau pure est encore la )>oissoR la 
plus saine et la plus usitée delà majorité du genre Immaitil 
par tous les habitans des climats chauds entre les tropiques, 
dans presque toute l'Asie, PAfrique etl'Américpc méridio- 
nale , tous les peuples mahométans , toutes les nations sm* 
Vages , n'ont pas d'autre boisson habituelle. 
* Gependajit, comme la nature nous créa omnivores, elle 
nous attribua la faculté de savourer ou même de irediercbet 
d'autres liqueurs que l'eau, comme elle nous porte à pré- 
parer diverses sortes d'alimens , à les cuke et à les rendre 
ainsi plus digestibles. Jûm effet , l'homme, par cela même 
^'il est plus sensible , phis intelligent, ou qu'il exerce da- 
vantage la faculté de penser ^e les atftres créatures , a les 
yiscères int^tinaux plus délicats et plus faibles ; selon cette 
loi de l'économie anmaiale , que la force d'un organe ou d'on 
système du ccnps entraîne la débilité relative des autres 
organes. 

Aussi, les nations civilisées ,princmalement , recherchent 
des boissons fortifiantes , ou capabieJs de soutenir i'éner^e du 
système intestinal : de là vient l'usage maintenant si géné- 
ral des boissons feriuentées et c^imtteuses. Il s'y joint en- 
core une autre cause, le besoin, chez beauootip d'hommes, 
d égayer leur existence, et de noyer dans l'ivresse les tristes 



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DES DIVERSES BOISSONS. 43i 

loocis d\ine vie plus laborieuse et plas pénible que n'est 
celle, des animaux^ pour tout être qui pense. Ce sont par- 
ticulièrement les peuples des pays froids , toujours engour- 
dis sous des cieux âpres et glacés , qui ont besoin de secouer, 
par les boissons eniyrantes , leur système nerveux 5 tandis 
que les peuples des clîmals brMans aspirent, au contraire ^ 
à calmer par Pcj^pium et les narcotiques , une sensibilité tou- 
jours trop exaltée. Il en résulte , comme le dit Pline , que 
l'ivresse ne cesse nulle part sur la terre. 

Et d'ailleurs, Thomme ne cherche-t-il pas tous les moyens 
d'accroître le plaisir de boire ^t de s'enivrer , ou plutôt de 
su})merger ses jours en usant de condimens. excitans ,.t;els 
que le siil qui conserve bien les corps morts, mais aide à 
dissoudre les corps vivans ; on vajusque dans les Indes quê- 
ter le poivre et les épices, ou mendier dé nouveaux moyens 
de mieux boire et d'abréger ainsi sa vie. En effet, l'abus 
des boissons , et surtout celle du vin , de ces liqueurs spiri- 
tueuses , nommées si mal à propos les forces de la terre 
[viqum de vires) ^ relâché d'abord la contexture de notre 
organisme 5 aussi 9 les bil>erons montrent des chairs plus 
înolies , plus humides que lés hommes sobres 5 ils paraissent 
plus gras 5 quoiqu'ils mangent beaucoup moins , car les bois- 
sons nourrissent promptement, à la vérité , mais péti ; et l'on 
engraisse assez raj^dement les bestiaux, les porcs, les 
'wenfe, etc., par tnie abondante boisson émulsionnée avec 
dû son et dés recoupes. Les grands buveurs de bière , de 
^ÎB , etc. , tombent k la longue dttris l'hydropisie , ou l'ana-* 
*«^ue 5 leurs poumotis s'infiltrent de fluides lymphatiques, 
l'hématose on la sangurfication s'opère mal ; enfiiv, presque^ 
tous périssent dans un ^ peu avancé. Tel est, en effet, le 
malheur des buveui^, que le besoin de boire se renouvelle 
^'autant plws qu'on y cède pltt$ fréqttemmènt , à la manière 
de loutes^ies habitudes, qui deviennent împéricnses à mesure 
qw'on leur cfcéit dânrantage. 

Toutes lesf ^bstahces âeres et salées accroissent la soif, 
«oname toat ce qtii échauffe on dessèche : au contraire , tout 
ce cpî rafraî<^k , eèmme les acides , le vinaigre , les corp^ 
^osizùaif^rKefXSi et gras ^ les goiaimes , les subsfônces émulsive^ 
ûa immeetftntei, letf fruits «ùcculens, 6tent la soif.'Néan<t 
^oins, îl j a. des boîsSe»» qui soltieitent à boire davan^ 
^e , copw»e kfi api^Mieuac , ks vins austères , les li(piides 
trcm sucrée , etc. 
Génér^lieii^eiS^ l^ lli>Wfl0flU( jj^raisseiit plu^ agré^ij^les^ k 



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43a DES DlVTERSES BOISSONS. 

{^rendte que les alimens solides , parce qu'elles oflTrenl à 
à fois , sur toute la surface de la bouche , les moyens d^é- • 
prouver la saveur , taudis que l'aliment solide a besoin d'être 
numectéde salive, et ne touche que quelques parties à la fois. 
On peut établir deux classes principales de boissons, les 
froides elles chaudes; ensuite chacune d'elles se subdivise 
en plusieurs genres* Les boissons froides sont aqueuses , oa 
nourrissantes , ou vineuses et spiritueuses. Les chaudes sont 
ou nourrissantes ou stimulantes. 

. DES BOISSONS FROIDES. 

Comme nul animal n'en prend de chaudes , si ce n'est 
peut-être le lait suce à la mamelle maternelle , il s'ensuit 
que les froides sont les plus naturelles. En e0et, elles sont 
généralement plus toniques ; car les boissons à la glace sont 
même très- propres à rendre de Pénergie à Testomac , pourvu 
qu'on n'en fasse pas abus , surtout quand on éprouve de 
la sueur ou upe grande chaleur , parce que le froid subit 
produit un mouvement rapide de concentration capable de 
causer des coliques dangereuses, une péripneumonie , ou 
même la mort , comme on en a vu des exemples. 

i^ Des Boissons aqiMuses. L'eau la plus plus pure et k 
plus limpide est sans odeur , ni saveur , ni couleur , légère, 
aérée ; elR doit contenir peu de substances salines en dis- 
solution , surtout peu de sulfate ou de carbonate de chaui : 
elle doit être courante et non stagnante, car celle-ci acquiert 
toujours un caractère nuisible en croupissant ; de là vient 
que les eaux de sources , ooulant des montagnes , ou Peau 
des fleuves et des rivières est plus saine que celle des puits, 
ou que celle conservée en des citernes , ou dans des ton- 
neaux (celle qu'on boit sur mer), hes çaux des terrains ar- 
gileux ont besoin d'être filtrées ou éclaircies par des subs-^ 
tances amères , comme les amandes amères , le titan-cote 
{sirychtios potatorum ) , en Egypte et dans rinde.C'est pour 
la même raison que les Chinois ont pris ^habitude des infu- 
sions de thé , car les eaux sont malsaines dans leur empire. 

Les eaux salines et médicinales ne sont pas des boissons 
ordinaires, bien que les eaux acidulés gazeuses puissent 
être assez agréables, et même légèrement enivrantes. 

Les eaux de neiges fondues passent pour maAaines et 
pour catlser le bronchocèle, ou le goitre de plusieurs habi- 
nj^LS d«6 gorgés des Alpes 5 mais c*e^ à tortj car, quoiqu'elles 



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DES MVERSES BOISSONS. 433 

fims^fii eruM au goût , ceux qui en boivent ne sont par 
goitreux , et la plupart des goitreux ne sont pas ceux qup 
m îoni usage» L'eau de mer est laxative; ^le passe pour 
Sûudanie dans les maladies des glandes, mais elle nuit beau*r 
coiw, fait vomir , cause ou le scorbut ou la fièvre. 

On sait que les hydropotes ou buveurs d'Au ont en géné^ 
fâi les sens plus vifs , Pesprit plus rassis et plus net que les 
œnopoies , ou buveurs ^de vin et d'autres liqueurs fermen- 
iées. Ils sont moins exposéii aux calculs vésicaux et à la 
goutte , ont un appétit plus aiguisé , une mémoire plus so-t 
lide , une disposition moindre aux mal%iies inflammatoires 

Se le$ autres hommes. Mais parfois leur estomac est plus^ 
ble , letur teint plus pâle : les eaux stagnantes sont très* 
W$ibleS) ou disposent à des fièvres rémittentes , malignes ^^ 
mtermittentes , ou la -dysenterie ^ etc^ 

Les tisonnes y la limonade ^ etc. , sont , comme les s&r- 
ieis, des boissons la plupart délayantes et rafraîchissantes , 
àom la principale vertu vient de l'eau. Telles sont encore 
plusieurs, iiïfusiotis prises à froid dans beaucoup de mala-« 
dies^ et qui servent k tempérer l'ardeur fébrile 5 mais l'eflJet 
4e ces boi««0Q8 est relatif à la nature des médicamens ajoutés 
i J'eau simple. Leur abus débilite l'estomac et les facultés^ 
digestives ; l'eau vinaigrée > posca des aticiens' , est un util«f 
rafraîchissant, antiputride. 

2^ Des boissons nourrissantfs» Le lait des mammifères 
est la première boisson appropriée aux animaux de cette? 
«lasse , comm^ à l'espèce humaine. On sait qu'il est composé 
de sérum , de caseum et de bejirre j avec un sel essentiel 5 
^alogue au sucre. Plusieurs personnes ^ et m^me des na- 
tions entières , se nourrissent principalement de laitage. Hip- 
po^rate l'avait jadis observé chez les Scythes hippomologues, 
ou vivatit de lait de jument ; on sait combien d'habitans do 
& Suisse , des Pays^as , ou des Arabes pasteurs > etc. , 
*Ment de laitage , de fromage et de beurre. On dit que les 
anciens Gètes buvaient du lait mêlé au sang : 

Solitoaque cruentàm 
ZéUC polare Getaa ac pocula tingere vtnis. 
• SiDov. APolLiNAR. , pauegyTé 

On observe que le lait pris en aliment rend le corps mollasse ^ 
humide , pâl^ , qu'il engorge les viscères abdominaux , gon- 
fle l'appareil glanduleux et lymphatique qu'il obstrue; il dis*, 
pose aind. à la kucoplilegn^tie , à î'ajwwaçquej il relâché 

a8 



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fy% DtS DIVERSES BOISSONS. 

tous le* systèmes , particulièrement le musculaire et le net* 
veux; aussi les galactopoles deviennent inclolens, simples, ou 
p-esque idiots 41a longue; ils perdent l'appétit, Palacriiédes 
sens ; ils ont le ventre souvent relâché , et de la saburre dan* 
les premières voies ; aussi ont^ils souventLesoin de faire diète 
où de se purger.Le petit lait , doux ou bien aigri, sert, daûs ce 
cas , à nettoyer et r; lâcher les viscère» intestinaux. Enfin y 
la pierre ou les concrétions calculeuses résultent eJicore de 
Templpi excessif dij lait , ainsi que la diathèse scrofuleuse , 
eu les engorgémens goitreux , et la disposition vermineuse. 

Mai* la diète lactée est utile aux tempéramens trop secs , 
trop irritables , trop mobiles , comme sont les personnes me- 
nacées de phthisie , celles qui ont des dartres, ou la lèpre, 
ou des efflorescences acres et des boutons à la peau , ou 
qui sont disposées à la goutte , épuisées par la salivation, ou 
par des excès vénériens , ou par de longues fatigues. Le 
lait adoucit encore dans les affections catarrhaies , les ulcé- 
rations des voies urinaires ^ le cancer à l'utérus ^ ou contre 
kl causticité des poisons , ou Pôgitation excessive du système 
nerveux dans Tliystérie , la manie , etc. 

Le lait de-s animaux herbivores est doux et sucré , pins 
easéeux que les laits des carnivores , dont la saveur et IV 
deur sont rances et déplaisantes ; parmi les herbivores , Fâ-^ 
nesse , la cavale ont un lait moins easéeux , mais plus sucré , 
ainsi que celui de la fennne, que les ruminans , dont le lait 
est le plus easéeux et le plus butyreux. Voy, p. 1 1 a. 

On sait que le premier lait, ou le colostrum, est laxatif et 
utile aux nouveau - nés pour faire évacuer le méconium des 
intestins. Les femelles qui mangent des substances purga- 
tives ou très-odorantes transmettent ces qualités à leur lait , 
qui ehange de nature encore selon l'état moral ou lés^passioîis^ 
ïa nourriture ,. eiù. 

Le lait convient peu aux personnes grasses et bilieuses. 

La syra est du lait aigri qui sert de boisson habituelle aiu 
Islandais. • 

Les laits (T amandes sont des boissons factices , tels que 
le sirop d'orgeat, les émulsions à la pistache , le lait de coco. 
Ce sont des tempéranS nutritifs et adoucissans, mais quîidiini' 
nuent l'énergie digestive de l'estomac. Ils conviennent 
dans plusieurs cas d'cchauffement et d'irritation. 

Les Sirops y le môAt de raisin, la sève sucrée récente des 
palmiers , du bouleau , de Térable, l'hydromel simple , etc., 
offrent tous des boissons nutritives et plus ou moins restau- 
rantes et adoucissantes; mais elles affaiblissent le ton despre- 



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DES DIVERSES BOISSONS. 43^ 

îhîères voîes , engendrent des acidités ) ou diminuent la puis-; 
Sa née digêstive. Elles conviennent toutefois dans tous les cas 
d'irritation vive , ou d'ardeur brûlante , ou pour détruire l'ef- 
fet àes substances acres. 

3^ Des boissons vineuses. Ce sont les plus généralement 
usitées de nos jours, comme les différentes espèces de liqueurs 
fermentées qu'on peut réduire à trois genres ; les vijis ( ou 
cidre , poiré, etc. ), les bières y les liqueurs fortes > Quoique 
ces liquides ne soient nullement offerts par la nature , mais 
par l'art , et qu'ils soient par cette raison moins appropriés 
que les autres à notre nature , on ne peut les passer sous 
silence. 

Les vins proprement dits de suc de raisins , sont où aci- 
dulés et peu sucrés , peu substantiels , comme Içs vins des 
contrées froides ^ ou austères et chargés en principes, tels 
que nos vins du Midi, ceux du Roussillpn , de Bordeaux, etc.^ 
ou sucrés et doux , comme les vins liquoreux des pays très- 
ciiauds , d'Espagne , de Grèce , etc. 

I ^ Les vins acidulés, tels que ceux du Rhin , de la Moselle, 
du Necker, et même nos vins de Champagne, ceux de la 
Suisse ^ de l'Autriche , plus ou moins estimés, sont en général 
diurétiques et apéritifs, rafraîchissant, antiseptiques. Ils 
causent une ivresse plus légère , et Ton peut en boire davan^ 
tage avec ^ moins d'inconvéniens que des vins plus généreux. 
Leur usage est plus habituel poiir la table ; ils supportent peu 
d'eau. Les vins de Bourgogne , ceux de Hongrie blancs , sont 
plus généreux , plus stomachiques ou toniques et moins acides 
que les précédens 5 aussi leur qualité est supérieure , et ilil 
enivrent davantage à pareille dose. 

2" On nonuné gros vins ceux qui sont épais, chargea en prin- 
fcipes austères ou âpres , foncés en couleur. Tels 5ont les vin^ 
de Porto, ou du Portugal, ceux de Bordeaux, du Roussillon, 
dePontac, de Grave, de Wïermitage , etc. Ils resserrent, 
fortifient l'estomac , mais parfois le chargent , sont plus diflG- 
Ciles à digérer , ou trop pésahi! pour l'emîploi habituel de U 
table. Ils sont meilleurs quand l'âge les a dépouillés d'unel 

fartîe de leurs principes et du tartre dont ils sont chargés. 
Tailleurs , ils sont spiritueux et échauffent beaucoup. Cef 
sont des cordiaux remarquables. 

3° Les vins liquoreux ou sucrés abondent en matière saccha^ 
Fine , dont une partie a passé à l'état spiritueux; aussi sont-ils 
très-bons cordiaux j restaurans j stomachiques, canvetiables 

28. 



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436 DES DIVERSES BOISSOKS. 

on% vi^Ularà^ , aux convalescent en petite dosç , am êirc^f 
épuisés p^r des fièvres nçryeuse« , et débilités. X^e 1fi^ de To-' 
tay , près de cette viÙe , en Hongrie , tient l'un des premier^ 
rangs pour ]a célébrité (i); le plus délicat ç^t fait avec del 
l>aisins séchés sur le cep , au ^oleil , mais il ne sert que pour 
l'usage des princes. Ce vin a une odeur suave. Le vin du Cap^ 
pu de Constance, les vins espagnols d'Alicante, de Malaga^ 
de Madère doux . tes vins italiens de lacrymd Christij de 
Monie-Pulciano . de Graeco di Somma , près du Vésuve ^ 
Iç vîn grec de Malvoisie, k Tile de Candie, les vins muscat 
et de Frontignan, en France, etc. , sont généralement vanté* 
- comme vins de dessert : la plupart sont raîts avec des raisins 
à demi-séchés au soleil; la plupart sont jaunes ou de çouleui* 
d'ot", quelques-uns ont une odeur ambrée Comme la Malvoi^iç^ 
Qu une saveu r légèrement amère comme le Malaga et autres vins 
d'Espagne. Tqus conviennent plus ou ttioin^ dans la dyspep- 
sie , les nui lientériques , les cachexies , les £^blesse^, la con- 
valescence des fièvres intermittentes ^ putrides , ou, maliçnç* 
et nerveuses , quand Tétat inflammatoire est passé. 

Le cidre ^ le poiré , en Normandie, Vlvydromel i>ineux \ 
^ïi Pologne , sont encore des vins , mais moins ç$timés ; le4 
d^^ux premiers contiennent' beaucoup d'acide malique et uù 
principe acerbe qui cause des cgliques ^ de la flatulence , de la 
constipation. 

Quelquefois l'Ujrdromel acquiert une saveur ^gréliWe pa* 
k Vétusté , comme certains vins liquoreux , celui de Rota , d^ 
I ^alaga , etc. t^es $kye^ sucrée^ de palmier donnent aussi uii 
yin très-capiteux, nommé iarik la côte du Malabar. 

Les bières se préparent au moyen de graioen cé)rcal«s g^*^* 
jguée^ 5 qui développant du 3ucre eu cet état, s^ont su^ce]ptibles 
^ passer a la fermeutation spiritueuse. Les bièrçs: ordinaire^ 
s'obtiennent avec Forge. On en peut cepend^ut faire auçsf 
avec le froment , le seigle , l'avoise , le maïs , comme les- Oû- 
:pois en font avec le rîaj ; elle est nommée s'aii. Celle de'maïs, 
connue de^ ancien» Américains , s'appelait chiça. Quand oi^ 
ne joint pas à ces liquides Aes substances amères i teU que l^ 
houblon , ou le buis , le ledum palustre, ou l'absinthe , etc. , 
jw)|u: suspendre la fermentation , ils paient à Tacidité , et ne 



(i) Voyçz Dombi, JOUss^ri- de vino Tokaienai. Traj. ad Rhen. 1758 , 
sn-49. Les ving deë coteaux de ïarlzal , de Tallya , de Mal , de Li#zka\, 
^e ToiUua , i» SzjiHio , <k Kef«i2tur , ^nt i^iàtmm\. f^Jûfné^. 



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0ES DIVERSES BOISSONS. 437 

$6tkt plfts ^asceptiMes d'être bu5. Le^ biérei âfgres cào^éfti là 
côMcfae et la stratiffurie. 

Êti gétiéral , Ici bièire* , mente le« iiiiéut ferméntéw , con- 
tenant beaucout) d'acide carbonique et de mucilage vi^queuï^ 
«oHt téateiises 5 elles enflent , et nuisent aux individus trop 
gras et trop mous , ou lymphatiques : de là rient qu'elles di- 
minuent l'appétit, remplissent souvent l'estomac d'une sa** 
burre glaireuse , et que les substances amères qui entrent 
dans la préparation de ces bières servent à les rmdre plus 
digestibles. Cependant, comme il en faut une i .us grand» 
quantité pour enivrei: que du vin , elles déterminent une 
ivresse plus longue et plus nuisible. Les grosses bières brune« 
eu chargées , comme la mumie de Brunswick , sont en méraé 
temps sucrées et ^piriiueuses , mais enivratitrs et nutritives. - 

Les buveurs de bière ne sont pas aussi exposés à la goutte 
et aux calcjuls urinaires que 1^ IniteUrs de Vin , mais on dît 
4]ue les habitans de la Bohême $ont sujets atix calculs biliaires 
par l'abus des bières épai^^es. . 

Les Tartares préparent une boissoti avec du lait de jument 
soumis à* la fermentation alcoliolique, et aromatisé quelque- 
fois avec dé l'angélique où la.berdU Cette sorte de liquide 
légèrement enivrant se nomme howniss, Eti Si/ède et ailleurs 
on prépare àe^ piquettes , ou des boissons , avec divers fruits 
^u'on met fermenter, comme les baies de genièvre, leà 
prunes ^ les mûres , cerises , groseilles , etc. * 

On prépare encore , en Amérique , une boisson avec la 
racine de patate fermentée. Les Russes font une boisson aigre- 
lette, légèrement fermentée avec du pain ; on la nomme quasêf, 

Toutes les boissons vineuses ont la prcyrîété d'animer , 
d^accroîUje la vivacité du corps et de l'esprit en accélérant la 
vélocit^^P la circulation ; elles soulèvent en même temps les 
passions , et après avoir enivré elles plongent àans la torpeur; 
elles débilitent alors les systèmes nerveux et musculaire ad 
point qi^'on chancelé et qu'on siiccombe. Ces effets sont d'au- 
tant plus durables que le vin ou la bière sont pTlis cliavfrés m 
divers principes et en alcohol. Toutes ces boissoti^ tiuisent 
dans les fièvtes, dotit elles accroissent là violenèe; elles ne 
désahèrent point, et tnèhie emv>éohettt la digestion quand 
elles sont trop spiritueuses. Aussi ne conviennent-elles pas 
aux jeunes gens robustes , et dans l'été comme dans les pays 
chauds^ De là vient que plusieurs législateurs , comme Maho- 
met, ont proscrit ces boissons ; l'ivresse pato^t même un vice 
grossier aux Méridionaux. Les vieillards , les liàLitatré 



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438 DES DIVERSES BOISSONS. 

4çs région^ froides s'accommodent davantage de ce^lfoisaonc 
qai les raniment i aussi Odin , législateur des Scandinaves , 
promettait l'ivresse en son paradis 5 et l'ivrognerie dévient 
presque un mérite chez les nations septentrionales» 

4*^ 2)/>5 boissons ahoholùfues. Quoique les précédentes 
eon tiennent aussi del'alcohol, il s'y trouve en faible pro-: 
portion , et combiné d'ailleurs avec d'autres principes qui 
mitigent son action. Mais depuis que les Arabes ont appris à 
«eparer l'eau-dcTvie des liqueurs vineuses, et lorsqu^Arnauld 
de ViJIcDeuve eut distillé lé vin dans nos contrées méridio- 
nales , dès Pan 1 3 1 5 ,• selon Hermann Gonringius, on prépara 
des liqueurs de table j beaucoup de nations , surtout parmi le 
bas peuple , firent grand usage des esprits ardens en boisson 
stinmlante (i). Tels sont principalement leshabitans du nord 
de l'Europe , qui emploient fréquemment les alcohols de 
grains , les Anglais , Holkmdiys , Russes , Suédois , Danois , 
Allemands , etc. En Suisse , on prépare un esprit de cerises , 
ou kirsçlien-wasser ; en France , ce sont des eaux-rde-vie de 
vin • dans PInde , des alcohols de riz nommés arak; dans les 
colonie», des eauxrctervie de sucre appelés rhum, taffia, guilt 
dive ; les Tartares extdj^nt de Palcoliol aussi du lait fer- 
menté. Tous les fruits sucrés et autres matières , telles que la 
pomme de terre , diverses fécules , etc. , peuvent passer à la 
fermentation spiritueuse et donner de l'alcohol à la disr 
tHlation« 

On a depuis long-temps des exemples ♦d'individus bur 
vaut beaucoup d*eau-de-vie , qui se sont ènâammés , soiç 
spontanément, comme on l'a dit, soit plutôt par l'approche 
d'un corps brûlant ; les individus gras , à fibres molles, comm^ 
les femmes , jont particulièrement éprouvé ce sort. ^|^ 

Indépendamment des alcohols simples, o|i en pflpare une 
multitude d'autres avec des aromates , du sucre , ou des fruits 
pour des liqueurs de table 5 tj?ls sont les ratafias, les rosolio^^ 
les huiles ou chrêmes liquoreux. 

Sans doute , l'emploi des alcohols â dose modérée , et à un 
degré de rectification assez faible, comme de dix-huit à vingts 
4eux degrés de l'aréomètre^ surtout s'ils sont tempérés par 



>(i)Oa a fait dëriver le terme Ea-u-de-vib àlaquavilis, eau du Iruil 
(ie U vigne, seloii les Italiens ; mais il est àusisi probiible qu'elle tire 
^a déaomlaatioa de la faculté qu'elle a de ranimer piQinptement les 
foxcp^ vitale», 



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DES DIVERSES BOISSONS. 439 

Aes matières SHcrées ^ peui devenk* utile à de» personnes dé- 
biles , molles 5. inertes ; ou dan^ Patonie <J«s premières ^oies , 
«ontre la flatulence, Tanorexie; ou pour relever fes forces 
dans les lipothymies^ dans l'inanition. Il peut être salutaire en 

Îietite quantité dans les sueurs par faiblesse , ou pour exciter 
'excrétion des urines chez les buveurs de bière en la faisant 
dyigérer , ou pour ranimer, la vigueur dans la crainte , dans Ife 
froid vif, ou conmie cordial et alexipharmaque contre les 
miasmes putrides , les venins stupéfîans. Toutefois les dan- 
gers de l'abus. des, alcoUok sont plu^ grands, que iv'est leur 
utilité. 

D'abord, quoiqu'ils. excitent une prompte alacrité, elle est 
bientôt suivie d'une prostration et d'une ivresse torpide , 
pour peu qu'onaugmenteleur dose. Les spiritue;ux contractent 
fortement la fibre vivante ( comme celle des animaul morts , 
qu'ils, conservent bien par ce moyen ) : il s'ensuit qu'ils em-« 
pèchent son extension et son accroissement ^aus$i les hommes 
et les anim^^ux auxquels on fait prendre de l'eau-de-vie daas , 
leur jeune âge restent nains , conmae les carlins de Bolognç** 
$llle raccourcit non-seulement la taille , mais aussi la durée 
de la vie; car tous les ivrognes d'eau -de -vie prennent de 
bonne heure les marques d'une vieillesse anticipée , et pé- 
rissent bientôt^ ' 

Par suite des mêmes effets ,. le système n;fcusculaire s'affai-- 
blit, les membres tremblent, les fibres deviennent fragile* 
Ou perdent leur consistance ; leur irritabilité se détruit; les 
chairs des ivrognes d'eau-de-vie , à leur mort,., sç rompent^ 
sans peine; aussi,plusieurs de ces individus,bia&ésparralcohol, 
tombent dans l'aSaissemenrt ; ils se remplissent d'une graisse 
fluide. Ils ne sont plus guère susceptibles d'avoir des enfans : 
ces grands buveurs perjcbent leur fécondité. Aussi , dès le rai- 
lieu du dix-thuitièm^ siècle , on observait que les naissances,, 
qui étaient aupar^ivant de vingtmille chaque année , à Londres,^ 
savaient baissé à quatorze mille par la fureur du peuple pour la- 
boisson des esprits dé froment; et l'on a mis de forts impôts 
sur ce. spiritueux , principalement pour en dim,inuer l'fid)us. 

Gonune l'alcohol contracte ainsi la fibre , il arrive que les 
personnes qui eu boivent à jeun éprouvent des rçsseri Irien* 
d'estomac, desconstrictions au pylore, qui donnent naissance* 
a des squirrhes et au cancer de ces parties ; elles deviennent 
bientôt moins sensibles à la faim et aux alimens , d'où s'en- 
suivent des digestions difficiles. L'alcohol empêche ea eflfeî> 
kdi^estioat 



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44o DES DIVERSES BOISSONS. 

L'alcohol , ayant la faculté de coaguler lés hamcurÉ sûu 
IBales contenant de Palhnmine , coas^le le sang , cause des 
concrétions poly penses au coeur , ossifie les parois artériel W, 
les tendons , etc. 

La constrîction causée par Palcohol dans les prenEiièreé 
Toies , parait empêcher l'écoulement de la bile dans le duor 
éénuia ; d'où Tiennent Pictère , Phépatite , et autres mdladiéS 
du foie : il en est de même d^autres viscères. Le sang amassé 
dans les veinules ou les artérioles capillaires des poumons se 
dispose aux concrétions par l'effet àes spiritueux : de la nak 
la phthisie , qui attaque les buveurs d eau-dcrvie. L^jdro^ 
pisie est égalemc;nt la suite de l'obstruction des lymphatiques, 
comme les abcès au mésentère. L'excitation vive causée pat 
cette boisson redouble la fureur pernicieuse des maladies in^ 
flammatoires , surtout chez les jeunes gens 5 et elfe pewl csniys 
aer la frénésie , ou m^me l'apoplexie en portant avec trop de 
violence le sang au cerveau. Et, ce qu'il y a àe ptus funeste, 
«st le besoin sans cesse renaissant de êe remonter par de nôU-J 
velles doses d'eau-de*vie j sans laqiiélfle on reste plongé dan4 
la prostration la plus profonde, ae m^e que les n^angëurA 
d'opium, en Orient, restent stupides et hébétés avant d'avoit 
pris leur dose accoutumée de cette substance. On ne peni 
plus se dégager de cette fatale habitude qù'insensiblenaent | 
ce qui est prescpie impossible , tant cette Circé entraîne sçs 
%nobles adorateur^. 

Au reste , l'usage extérieur de l'alcohol détruit la vermine, 
^ésovtt les tumeurs et fortifie les membres. 

DES BOISSON^ CHAUDE». 

Nous avons déjà dit que les froides étaient les. plus natH- 
relies , et aussi les plus favorables à la sainte , les plus toniques 
pour l'estomac. Mais la même cause qtii nous a fait cuire nos 
alimens nous a fait rechercher, dans les boissons chaudes, des 
moyens de faciliter la digestion , parce qu'on a regardé cetw 
opération comme une coction. Cependant , beaucoup de na-p* 
lions sauvages , ou même de Brachmanes et autres kidous , 
viver^de seuls alimens cruds , et surtout de fruits. Toutefois, 
Je régime de chair exige plutôt la cuisson des alimens que le' 
régiuie végétal , et les habitans voraces des climats froids ont 
plus besoin de chairs que les peuples sobres des climat^ 
prûlans du globe. 

Lçs indiividus à fibres rigides o^t plus besoin de uoœfri^we^- 



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DES DIVERSES BOISSONS; 4^1 

et de boi^soB^hstides que cent à fibi^ies molles : ceux-ci devien- 
nent extrêmement mous et âascpies s'ils abusent de ces ingur^ 
giutiôns chaude» d^ âoupes , de potages , de bouillons, de lait 
ehaUd, etc.; car èi l'on voit les peaux les plus comccs , les 
contes les plus dures èe ramollir presque en gelée par l'eau 
cimude , et les mâins deà personnes qui savonnent devenir 
toutes rugueuses , il est certain que l'estomac et tous nos vis- 
êtres se relâchent éttormément par deé liquides chauds. Bien- 
tôt ces organes , ne pouvant plus digérer les alimens les plus 
légers 9 éprouvent tous les maux de la dyspepsie et de 
l'aâection hypocondriaque ou hystérique , avec des spasmes, 
des vents, des coliques 5 toute Péeonomie languif et s'affaisse; 
les femmes sont tourmentées de leucorrhée , ou d'amener- 
ichée, leiS hommtfl d'hémorrhoïdes :'le système nerveux sur- 
tout ressent, plus qu^ tout autre, le triste délabrement 
des viscères 5 il éprouve des secousses spasmodiques fu-- 
nestes , et souvent l'inçossibilité de s'occuper sérieuse- 
pietit jce qui équivaut à la perte de l'exi«tence, ou condamné 
à la nullité s«r la terre. 

En outre , la faiblesse de la vue, les dents noires et gâtées, 
le teint verdâti-e et plombé^ la goi*ge mollasse et tombante 
chez les femmes , sont enoore les malheureux résultats de cet 
abus àes bquides chauds. Jadis les amans chantaient les dents 
blanches et semblables à des perles chez les jeunes personnes; 
piais , dès le bas âge , une haleine fétide et repoussante , des 
dents cariées et des gencives gonflées d'an sang noit et scor-^ 
butique attestent les maux qui résultent des abus du thé et 
d'autres I>oissona prises bouillantes chaque jour avec de si* 
folles délices. 

La coutume pernicieuse de boire beaucoup d'eau chaude 
a produit, chez les Romains déjà dégénérés , les effets lesf 
plus nuisibles sur leur constitution ; aussi l'empereur Claude 
la voulut proscrire. Sénèque {Epist, 78) dit avec raison 
qu'elle n'énerve pas moins le courage que le corps. En 
ramollissant à l'excès, l'eau chaude prépare une vieillesse 
prématurée! , de même que l'abus d^ bains chauds qui' 
readent Ja chair flasque. L'eau chaude dans le vin excitait 
plus promptement l'ivresse ; les thermopotes avaient un téînt 
pâle et verdâtre , ce qu'on remarquait surtout chez les Rho- 
diens. Cependant elle était utile contre les affections convuU 
sives , les maladies de poitrine , celles des reins , de la vessie, 
€t la goutte , qui attaquent souvent les grands buveurs de vin, 
l^es boissons glacées éutient également connues* 



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44« DES DIVERSES BOISSONS. 

On doit penser que diScrentes boissons ^'étaient pas 
publiées parmi ces Romains si dévoués à la sensualité. Outre 
l'usage de boire de l'eau chaude , vendue publicpiemem dana 
les thermopoUes (lieux publics comme nos cafés), et les 
boissons d'eau ^ la glace , il y avait une multitude de vins, 
soit naturels , soit préparés. Les vins naturels de Scio , de 
Lesbos , ceux d*Albe , de Sorrente , de Falerne , le Massique,. 
le Cœcube , etc. , étaient les plus estimés ; on les buvait sou-t 
\ent avec de Peau chayde qui développait leiir saveur , et dé-^ 
layait ceux qui étaient trop sucrçs. On apprêtait aussi des 
vins avec l'absinthe , avec les roses ^ ou le mastic , ou le pou-, 
liot 5 ou la myrrhe , ou la poix ( i ) , pour leur donner diffé-. 
rentes saveurs. Il y avait le vin miellé ou /7*M/iSW^,f quelque-, 
fois on y délayait aussi de la farine- d'or|te ou des jaunes 
d'œufs (comme le samboybn des Italiens ); il y avait de& 
vins liquoreux faits. avec de$ raisins àes8è^ès{passum)y ou 
avec du moût cuit, comme leur sapa et defrutum» De plus ,. 
on faisait de VaquQ, inulm ou hydromel , de Voxjgala ou lait 
aigre, de la maza^ eau d'orge miellée , etc. L'usage habituel . 
de l'eau chaude en boisson débilitait l'estomac (2) , conjme 
nous en voyons aujourd'hui des exemples dans ceux qui 
prennent beaucoup de thé, à la iuaniè^e desXhinois* 

La pierre, la gravelle, s'attribuent principalement à l'usage- 
du yin et des liqueurs fermentées. pris, en excès ,, outre les 
autres causes prédisposantes ; mais le&.voyiig€>u«s ont remarqué- 
que \es maladies csdculeuses et la goutte n'existaient pas chez^ 
les Chinois, les Japonais , etc. , à cause du grand et fréquent 
emploi qu'ils font des boissons chaudes et aqueuses'de thé ,. 
de saki, espèce de bière de riz (Nicol. ïrigaut, Exped. 
Christian, apuâ Sinas , lib, /, et Petr. Maffcy , îndic.rer.y 
Ub, J^I). Les Arméniens qui boivent du vin sont sujets, à la- 
gravelle, tandis que les Persans leurs voisins , qui boivent de 
l'eau , en sont exempts (Chardin, Voyages en Perse ^ tome V^ 
page 298. V^oyez aussi Roberg, de Caldœ potu^ et Gebauer^ 
de PoifU calido liber). Valisneri , oper^^ tome II ^ page 468 , 
approuve celte coutmne de boire chaud,, malgré ses incon^ 
yéniens 5 on lui attrinue en partie le caractère rampant et ser-^ 
vile des Chinois, tai:Ldis que*l'usage du vin inspire l'esprit de 

(i) Martial dit: ReBinaiahibisvina ,fahrnaj'jugi^. 
(2) Martial , lih.. vi , épigr. 86. 

Btpotet caliâfikm qui mihi Iwet], a^iianiK 



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DES DIVERSES BOïSSOHS. 443 

Jibértë et de courage aux Européens , selon le sentiment de 
plusieurs médecins p^iilosophes. 

Cependant malgré ces grands inconvéniens signalés dans 
Tusage des boissons chaudes , elles deviennent parfois 
nécessaires. D'abord, quand Pestomac est trop chargé ou 
d^alimens ou de matières saburrhales, il est trèst-utile 
d'avaler de Peau chaude, ou du thé, soit pour exciter le 
vomissement, soit pour délayer et faciliter Pécou^ement 
des substances nuisibles. Ainsi , dans les coliques et la fla- 
tulence , Peau chaude est très-utile ; le§ boissons chaudes 
sont requises dans la plupart des maladies; Peau chaude 
bue à jeun nettoie Pestomac embarrassé et relâche le ventre; 
elle facilite aussi Pexpectoration , surtout étant sucrée ou 
miellée ; elle adoucit les douleurs , soit de goutte , soit d'en- 
trailles , soit de côté : elle fait uriner aussi ; elle calme les 
convulsions, fait fluer les règles, apaise la pleurésie et la 
péripneumonie , aide enfin à Paccrbissément et fait engrais- 
ser. Ou voit cel. effet sur les porcs qu'on engraisse très-ra- 
pidement en leur donnant du §on délayé dans beaucoup 
d'eau chaude, mais leur graisse est plus fluide alors. 

I® Boissons chaudes nutritives. Ce sont principalement 
les bouillons de viande de boucherie, ou de poulet, ou de 
tortues, de vipères, de grenouilles, de colimaçouiS^ d'éçre- 
visses, etc. On recommande quelquefois égalen^ent le 
bouillon de poissons , et on emploie , à cet effet , la carpe 
ou la tanche. Les bouillons de chair de mammifères sont 
par fois très-chargés en sucs gélatineux et en osmazôme; ce 
sont des consommée qu'on aromatise encore : ils sont nui- 
sibles dans les maladies aiguës , chez les tempéramens plétho- 
riques , mais convenables pour^ le^ personnes épuisées. Les 
autres bouillons sout plus léger^. 

On prépare encore des boissons restaurantes avec le lait, 
les œufs , etc. Mais Pune à.Gs plus usitées maintenant est le 
chocolat, dont les principes constituaus sont une matière 
oléagineuse ou butyreuse , et une sorte de fécule nutritive 
du cacao, auquel on ajoute du sucre et quelques aromates. 
Il engraisse, adoucit et humecte surtout dans le marasnie, 
l'atrophie, la fièvre hectique, la phthisie, mais passe pour 
lourd et difîîcile à digérer dans plusieurs estomacs. Cette 
sorte de boisson qui nous vient des américains est très-çom- 
laune dans le midi de l'Europe où chez les IJspagnols. Ei^ 



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444 DES DIVERSES BOISSON^. 

Amétiqnè, au. y joim dé U farine de itiaïs. Oki â t^mé cet 
aliment contre les affections hypoçhondf iaçfues , mai^ il ni 
rëmsit pas toti}Otifs , surtout s'il est trop ar<miatise ; il en est 
ainsi deê hëmorrhoïdaires qui f trouvent par fois uti àou» 
lagement marqué. En effet cet aliment détend et adoucit y 
surtout s'il est joint au lait , mais alors il charge daTantage 
au^si les estomaci délicats. 

2*^ Boissônè chaudes stimulanteè. Les non spîrîtnciises 
sont le café et le thé, deVenues si fréquentes de nos jour* 
dans presque toutes lés régions froides du globe. 

Le café , coïnme on sait , vient de l'Arabie , et a été ira-t 
porté vers le milieu du ^7* siècle , en Europe , d'où il 3'esl 
répandu presque partout. Comme cette boisson est préparée 
avec des semences grillées dont la torréfaction a développé 
un principe acre, empyreumatique , amer, il s'ensuit qtiè 
. ses effets sfont très-stimulans , dessiccatifs , atténtiâns oti diu- 
rétiques. Aussi le café ranime lès fonctions du système ner- 
veux , empêche le sommeil , est stomachique , yermifiige , 
antiseptique et tonique ; il accélère le cours du sang , dist 
sipe les maux de tête , les effets de l'opium et àes nârcîOr 
tiques , combat les fièvres intermittentes. Mais son excès 
peut causer des vertiges, une 4ï^position* & l'apoplexie, fi 
refoulant avec force le sang au cerveau. Il irrite aussi , quâad 
on en abuse , le système nerveux , cause des tretnblemew 
de membres , la paralysie , la pusillanimité j il augmente les 
raouvemens nerveux des hypocondriaques et des hysic^ 
riques, bien que ces individus ainîent de passion Uft boiâsson 
qui senible redoubler leur activité et leur vie. En accrois^ 
isant la vélocité du sang , le café augmente leshéinorrhoïdes, 
la ménorrhagié ; il ne convient pas ainsi aux individus trop 
piaigres , ou trop pléthoriques , bilieux , mobiles , ni aux hé-r 
moptoïques; il fait beaucoup maigrir et diminue la faculté 
.prolifique. On sait aussi qu'il dissipe l'ivresse \ on peut cor- 
riger une partie des ihauvais effets du café en y joignant du 
lait. Les orientaux qui le prennent trouble avec le marc, et 
sans sucre 5 en éprouvent des effets plus forts. On dit A\m 
qu'il raccourcit la vie en accélérant ses actes. Voy. p. 216. 

Le thé vertj et le thé bout , sont les feuilles d'un arbuste 
de l'Asie orientale usitées par les Chinois et lés Japonais , 
pour corriger les mauvaises eaux , en les y mettant infowr 
î chaud. L'usage qui n'en est passé en Europe qu'à la fin an 
17® siècle, s'est répandu surtout chez 1a$ habitans des payi 



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DES DIVERSES BOISSONS, 445 

froid», p^rce <|ue Us hm^w chaudes* lefl xeçxé^m. Quw% 
que les fçuilies dç thé récçptes «ont imprégu^f l d'uçi priu- 
çipe odorant oarcotiqw > qui sç dissipç eu partiç p^r le» 
ÇLoyen^ dç d^&icçation qu'on emploie pour cela (i), Elle« 
contiennent aussi un principe astrifigent et tonique* Le« 
îhçç irçrts wnt beaucoup plu3 acres et irritant que ie3 noirf 
ou thcs bout. L'emploi du thé est coureuahl^ 4an$ doutflf 
aux personnes trop grasses, somnolentes, qui upiaugent trop 
pt font pçu d'exercice; il apaise la soif, déga^je l'estcanac, 
cause un« légère hilarité, anime le cours du sang, (m C0U7 
Jerles urines, rétablit la transpiration, dégage les graviers 
de$ reins , mais il a de grands iaconyéniens. Le phUix qu'o^ 
f pr^nd ^«t cau^e qu^on en ab.use souvent ; alors il feit trem- 
bler les membres , rend Iç ^eîut pâle et liyîde , synaptôme 
de Textrême débilitation qu'il cause à l'e«tçun?iç et aut 
viscères abdominaux ; de là vient qu'il est si nuisil^le aux 
dyspeptiques, au^ hypochondrîaqu«s et hystériques , prin- 
cipalement i ceux qui «out maigrei? ^ttrop irritable* ; il en 
résulte encore l'anorçxie , la leucorrhée, laiPach^xie ,. et 
même l'hydropisie , par le relâchement qu'il produit. On a 
vu en réstdtèr 4ç^ paralysies , l'afl^iblisserneBi de la vue , 
la disposition ^ux coliques , la carie des dautc» Ou attribue 
aussi la difficulté des accpuchemens che? le^s, buvauses de 
thé au grand relâchement qu'elles éprouvent dans les forces 
de l'utérus. Voy. p. n^'i etsq. 

^ Nous avons parlé ailleurs des succédané^^ du tHé , em- 
ployés par diverses nations 5 maisuen général , l'eau chaude 
qui domine dans toutes ces infusions est la principale, cause 
des maux qui en résultent. Lé sucre et le lait tempèrent 
tiéanmoins lès effets nuisibles de ces boissons. 

Il en est d'autres également chaudes, ïmxs>. dont le prin- 
cipe stimulant vient des spiritueux. Tel çât le punch des 
Anglais 9 sorte, de limonade alcoholiqu^ 9 qui se prend or- 
dinairement chaude et se compose d'eau-d^vi©, ou de 
rhum , avec l'acide et l'arôme du citron , le su<^e , auxquels 
on joint plus ou moins d'eau chaude ou d'infusion de thé. 

(1) L*Mii distilla de thé bpiit est trà3-pdor«nt«i €|; contLem un 
principe nuisible , si Ton eu croit Lettsom. Il en. nyii s^ les uerfg 
sciatiques dénudés d^une grenouille; en moins d*uné demi-heure , le» 
exirémitçs postérieures lurent paralysées, et la grenouille i^oitrul dans 
Vheure. L'estrait de thé^ ayant perdu ce principe volatil , i^'a pas de 
propriété aussi nuisible, $i|r ces aniipau:^ dans IçiqueU ou rinjfecte. 
Voyez Lettsom , Diss, sistens obseruationes ad v^re^ 4<&^a^ pertinentes. 
Ludg. Batav, , 1769 , iu-4o. ' 

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446 I)ËS DIVERSES BOISSONS. 

Cette boisson d'odeur aromatique et spiritùeuse j irès-usiiéë 
par les Anglais , est légèrement enivrante , sudorifiqiie y 
excitante, utile contre les suppressions de transpiratiori 
dans les climats froids , brumeux et humides. Si le punch 
est très-léger ^ il peut Convenir eh quelques affections dan^ 
lesquelles prédomine la faiblesse directe et Patonie del sys- 
tèmes organiques. C'est aussi un cordial. 

Le vin chaud, avet ou sans aromates, lés soupes au vin 
et à la bière, avec des jautïes d'cfeuf , du sucre ^ etc., pris 
à la manière des Allemands , sont encore des boissons sti- 
mulantes plus ou moins reconimandables sous des climats 
humides et froids , pendant les longs hivers des contréeaf 
septentrionales ^ mais fort nuisibles dans les climats chauds 
et chez les tempérameùs ardens et pléthoriqueii , pendant lai 
jeunesse surtout. 

Tableau des quantités d'alcottol absoliiyde OySa^, contenu 
dans différentes liqiieUrs alcoholitjues y vins y bières , etc,j 
d'après les expériences de ferande. 

LIQUIDES AtCOHOLIQUÉS. ^"^ fj"*^ dTîooLr """* 

Bonne eaih-de-vie de Montpellier 58,50. 

Rhum , .: ^..... 55,68. 

Whiskey des Kcossais , • • . . 54,5o. 

— — des Irlandais.. , 55,Q0. 

Esprit de genièvre, gîn .w.. 5i^oo* 

•vins. 

"Vin de Lissa. ..••......*.. ^ .....* 26,47» 

— de raisins secs 26,40. 

— de MarsaUâ 26,o5. 

— de Madère !i^,^2, 

■ ■ autre.,'. 25,95. 

* sercial 21,46. 

-T- de Xérès , i9)8i . 

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