(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Biodiversity Heritage Library | Children's Library | Advanced Microdevices Manuals | Linear Circuits Manuals | Supertex Manuals | Sundry Manuals | Echelon Manuals | RCA Manuals | National Semiconductor Manuals | Hewlett Packard Manuals | Signetics Manuals | Fluke Manuals | Datel Manuals | Intersil Manuals | Zilog Manuals | Maxim Manuals | Dallas Semiconductor Manuals | Temperature Manuals | SGS Manuals | Quantum Electronics Manuals | STDBus Manuals | Texas Instruments Manuals | IBM Microsoft Manuals | Grammar Analysis | Harris Manuals | Arrow Manuals | Monolithic Memories Manuals | Intel Manuals | Fault Tolerance Manuals | Johns Hopkins University Commencement | PHOIBLE Online | International Rectifier Manuals | Rectifiers scrs Triacs Manuals | Standard Microsystems Manuals | Additional Collections | Control PID Fuzzy Logic Manuals | Densitron Manuals | Philips Manuals | The Andhra Pradesh Legislative Assembly Debates | Linear Technologies Manuals | Cermetek Manuals | Miscellaneous Manuals | Hitachi Manuals | The Video Box | Communication Manuals | Scenix Manuals | Motorola Manuals | Agilent Manuals
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Historique de la facture et des facteurs d'orgue avec la nomenclature des principales orgues ..."

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



/ 



PROPERTY OF 



? 



/^.V'V ^;(i ^v.^• ': . :/ 







1 8'7 



!»■ I ■■ 




BXJJLL» Itl^i^ jt'UKCHASE 1^5^ 



-t-4 ."i-Cf 



HISTORIQUE 



DE LA 










ET DES 



FACTEURS D'ORGUE 



AVEC LA NOMENCLATURE DES 



PRINCIPALES ORGUES 



PLAGECtS 



DANS LBS PAYSBA S BT DANS LES PROVINCES FLAMANDES DE LA BELGIQUE, 

suivi de la Galerie biographique 

D'ORGANISTES CÉLÈBRES 

et d'une Notice sur les 

MAITRES DK CHAPELLE ET ORGANISTES DE LA CATHÉDRALE D ANVERS, 



FA> 



Edouard G. J. GRËGOIR , 

IRrmbro de PAcadëmie SIf-Cécile de Rome et de plusieuii Sociétés artidtiquev. 



ANVERS. 

IMPRIMKRIB L. DKLA, MONTAGNE, RUB RBYNDEKS. 

1865. 



ML 



DÉPOSE. 



I STELLFEtp] 



AVANT-PROPOS. 



Les musiciens qui ont écrit sur la théorie, sur l'histoire 
de la musique et son développement, ont rendu des services 
signalés à rart musical. Sans eux, les noms des artistes lés plus 
célèbres ne seraient jamais parvenus jusqu'à notre époque. 
Jamais nous n'aurions connu les talents» les génies, les 
procédés de fart, au moyen desquels ces artistes ont conquis 
leur célébrité. 

Malheureusement on a peu écrit en Belgique sur l'histoire 
de l'orgue, son développement, ses progrès, ses innovations 
et aucun ouvrage de ce genre n'a été publié dans notre pays. 
En Néerlande on a édité plusieurs importants ouvrages de 
cette espèce dûs à la plume de Huijgens, Hess, Havingha, 
LooTENS et d'autres, livres qui sont aujourd'hui fort cbers et 



— 4 — 

bien rares. Là plupart de ces ouvrages datent du siècle 
dernier. 

Il est donc très difficile de se former une idée exacte de 
la facture d'orgues dans les Pays-Bas et dans la Belgique, 
du xi\"* au XVII"® siècle, ainsi que de Tart de l'organiste 
à cette époque. Il y avait dans la plupart des monastères 
des orgues de petite dimension qui aujourd'hui sont détruites. 
Il y a vingt-cinq ans, nous avons encore trouvé de vieux 
débris d'orgues qui ont échappé aux désastres, mais 
depuis cent ans la plupart des orgues ont été restaurées 
ou renouvelées. C'est déjà un progrès qui s'est réalisé et 
dont on doit tenir compte. 

A notre grand regret, nous sommes contraint par le devoir 
de constater l'état de décadence où était tombé Fart de jouer 
l'orgue dans les campagnes à la fin du siècle dernier et au 
commencement du siècle présent ; cependant, depuis une 
vingtaine d'années il s'est opéré une réaction salutaire qui se 
manifeste d'une manière sensible, et qui amènera dans une 
époque peu éloignée les plus fructueux résultats pour le 
culte divin. 

L'orgue est l'instrument le plus parfait de tous, pour 
diriger et soutenir le chant religieux, et celui dont les sons 
se combinent le mieux avec la voix. Cet instrument a subi de 
grands changements dans sa facture, tant pour la qualité et 
le timbre des jeux que pour les moyens de les faire parler. 
Dans un espace restreint, sous les doigts et les pieds d'un 
seul homme, on peut, avec l'orgue, obtenir la puissance, la 
diversité, la justesse, que ne pourraient produire trente ou 
quarante instruments à vent réunis. «Ses accents sont graves 
et dévotieux, comme dit Montaigne. Il peut s'unir à tous 



— 5 - 

les genres de voix ; il a des jeux variés, tour-à-tour doux 
ou éclatants, suaves ou terribles. Ses trompettes sonores 
semblent annoncer le jugement de Dieu ; ses flûtes lointaines 
paraissent l'écho du concert des anges. L'orgue est l'orchestre 
que demande le plain-chant. ^^ 

Voici comment s'expriment MM. Choron et De la Page 
sur l'orgue : 

€ L'orgue est sans contredit le plus magnifique et le plus 
vaste de tous les instruments. L'artificieuse disposition des 
tuyaux, la multiplicité des registres et l'immense variété des 
jeux que l'on y rencontre mettent cet instrument au-dessus 
de tous les autres. Sa vaste étendue, la force de ses sons et 
sa majesté le rendent digne de l'usage sublime s^uquel il est . 
destiné. Il ne faut pas croire qu'il soit facile de faire parler 
cet instrument avec la perfection qu'il exige. » 

Nous devons distinguer la facture ancienne et moderne. 
A la facture ancienne appartiennent principalement les jeux 
de fonds, ceux d'anches et de mutation. Ces derniers y 
étaient en proportion énorme, et plusieurs servaient de plus 
aux jeux de solo. Â la facture moderne appartiennent les 
perfectionnements des jeux susdits, et les fonds, quand ils 
sont conduits par une bonne soufilerie, sont d'une puissance 
au moins double des anciennes orgues. Les jeux d'anches y 
sont plus brillants et d'un moelleux plus agréable. On emploie 
aussi aujourd'hui avec plus de réserve les jeux de mutation. 
On doit encore ajouter les nouvelles familles de jeux har- 
moniques, flûtes ou trompettes ; lés jeux à anches libres, puis 
l'ingénieuse invention de Barker, par laquelle les claviers 
réunis ont la facilité du loucher d'un piano, la supériorité 
du système de la soufflerie qui devient plus abondante que 



— 6 - 

lancienne et avec moins de soufflets. Puis on a trouvé le moyen 
d*évtter les secousses, l'insufflation est mieux répartie, car on 
a du vent de différentes pressions pour donner plus de 
vigueur aux parties supérieures, autrefois plus ou moins 
dominées par les basses. Le mécanisme de l'orgue a été aussi 
admirablement perfectionné dans les derniers temps. Le 
jeu et le mouvement do chaque partie isolée ou des parties 
réunies, obtiennent une régularité, une précision admirables. 
Par le fer, les matériaux solides qu'on y prodigue, l'instrument 
réunit de sûres conditions de solidité. La sonorité était 
dans l'ancienne facture d'orgues souvent criarde à force du 
grand nombre de jeux de mutation que certains facteurs 
ont introduits. Aujourd'hui les bons facteurs emploient avec 
ménagement les jeux de mutation, et par ce moyen l'on 
acquiert cette rondeur et cet ensemble harmonieux qui 
distinguent les bonnes orgues modernes. 

L'orgue employé comme instrument dans les Églises 
catholiques vers le milieu du vir* siècle, sous le pontificat 
de Vitalien P', est le plus solennel, le plus riche en effets 
divers et le plus beau des instruments ; on peut le nommer, 
ajuste titre, le roi des instruments. Mais, sous quelque 
rapport qu'on l'envisage, quelque nom qu'on lui donne, 
toujours sera-t-il que c'est une des plus belles productions 
du génie de l'homme. 

Les principes, sur lesquels repose la fabrication de Torgue, 
appartiennent incontestablement à diverses sciences, telles 
que : la Physique, la Mécanique, ï Acoustique, V Harmoniologie, 
la Musique, la Géométrie, etc.; de sorte que, pour être bon 
facteur d'orgues, pour pouvoir perfectionner ce genre 
d'instruments, il faut nécessairement posséder ces diverses 
sciences à un degré suffisant. 



— 7 ■- 

Et si l'art du fabricant d*orgues est demeuré stationnaire 
pendant des siècles, il faut l'attribuer, surtout, à ce que les 
facteurs n'avaient qu'une connaissance imparfaite de ces 
sciences. 

C'est surtout depuis un demi-siècle que les orgues se sont 
considérablement multipliées en Europe. L'usage en est sur- 
tout répandu en Hollande et en Belgique. Dans beaucoup de 
ces instruments on découvre des imperfections qui dépendent» 
en général, de la vicieuse disposition des jeux. 

Saint Dustan, prélat d'Angleterre, évêque de Worcester 
en 961 , fut un des ecclésiastiques qui contribuèrent le plus 
à propager les orgues dans les églises. Il coula de sa propre 
main deux cloches pour l'abbaye d'Abington, qu'il dota d'un 
orgue, et il enrichit beaucoup d'églises et de monastères 
d'Angleterre de cet instrument. De 960 à 980 il a fait placer 
un orgue'] à l'abbaye de Malmesbury. Dustan mourut le 
19 mai 988. 

Prœtorius raconte que dans l'année 994, on avait des 
orgues à l'église Ste-Pauline d'Erfurt et dans celle de 
Sl-Jacques à Magdebourg. On prétend que vers le xr* siècle, 
l'église d'Halberstadt était ornée d'un bel orgue dont Gaspard 
Calwer donne, dans son Saxonia inferior anliqua gentiHs et 
christiana, les plus curieux détails. 

Dans] les vastes cathédrales de Tltalie, on a des orgues 
que l'on roule, et qui suivent le chœur dans les diverses 
chapelles où il se transporte pour chanter l'office. 

Mitro Jocobello, facteur italien, plaça le premier orgue en 
Italie à ;St-Marc, à Venise, l'an 1364. Les plus grandes 
orgues en Italie n'ont que deux ou trois claviers tout au plus. 
Les jeux les plus en usage dans les anciennes orgues sont : 



— 8 - 

fliUe bouchée, flûte ouverte, hautbois, cor anglais, clarinette, 
les cornets, l'écho, cromome, voix humaine, trompette, prestant 
doublette, clairon, bombarde et cymbales. 

L'usage depuis deux siècles a subi une transformation 
complète. On avait jadis des registres appelés avet^(//e^, qui 
ont disparu et qui dégradaient singulièrement Tinstrument. 
Parnod ces registres nous citerons : Reliqua, Vibil (ne 
touchez pas), Noli me tanger, Cymbale, Bârpfeife (tuyau 
d'ours) jeu d'anches qui doit imiter le grognement de l'ours; 
Fiffaro Régal, un des plus anciens jeux de l'orgue peu en 
usage cependant ; Rossignol, Coucou (que M. Hess appelle 
un jeu d'enfant, indigne de figurer sur l'orgue), Carillon, 
(l'orgue de l'église de Rostock — 1770 — avait dans le positif 
un carillon de 48 cloches); puis on employait encore d'autres 
registres analogues. Ainsi à Vorgue de St-André, à Erfurt, 
on trouvait en 1772 un registre aveugle sous la dénomination 
de Fuchs-Schwantz (queue de renard) qui fit réellement 
apparaître une queue de renard, non-sens dans une église 
et qui provoque au rire. Sur l'orgue à Guben, en Lauswits, 
et sur d'autres on a placé la dénomination : Sine me Nihil, 
sans moi rien, ou sans moi vous ne ferez rien. 

On ne se contenta pas même d'orner les orgues de jeux de 
mutation ou frivoles, mais il y a cinquante ans, on adaptait 
aux pianos, le basson, le triangle, le tambourin, la grosse 
caisse, etc., dont l'usage a entièrement disparu aujourd'hui. 

Constatons avec bonheur que toutes ces ornementations 
factices, ces jeux frivoles, .ont été remplacés par des jeux 
harmonieux, par des perfectionnements et des améliorations 
que des hommeë de goût et de talent ont introduits dans la 
facture d'orgue. 



— 9 — 

En Allemagne, en Suède et Norwège, en Hollande (églises 
protestantes) l'orgue accompagne le peuple qui entonne par 
des milliers de voix les chorals larges et imposants. 

Les plus grandes orgues, ont jusqu'à quatre à cinq claviers 
échelonnés l'un au-dessus de l'autre ; et on en rencontre 
beaucoup de cette catégorie en Allemagne et dans les 
Pays-Bas. En Belgique elles sont rares. 

Parmi les plus anciens facteurs d'orgues que Ton connaisse 
en Allemagne on cite Joachim Schund qui plaça en 1356 
l'orgue de l'église St-Thomas à Leipsick et Nicolas Faber qui 
construisit en 1360 l'orgue de la cathédrale d'Halberstadt, 
avec 22 touches, 14 tons diatoniques et 8 tons chromatiques. 

En 1350 un moine a construit un orgue à Thorneteii 14'26 
l'abbé Conrad Winkler fît bâtir un orgue à St-Ulric, à 
Augsbourg. Au xvrî* siècle on avait déjà placé en Alle- 
magne un grand nombre d'orgues. 

Les orgues que nous avons rencontré en Belgique datent 
d'une époque plus éloignée. Un Stieven Van HoUebeke d'Ypres, 
travailla en 1203 à Torgue de Biérbeek (Louvain) et les 
comptes de la ville de Bruges mentionnent un facteur d'orgue 
du nom de Waltero (orghelmaker) en 1299. 

Le clavier était d'une petite étendue, et au xv"* siècle il 
avait deux octaves et deux octaves et demie; au xvi"* siècle 
on le portait à quatre octaves aux grandes orgues. 

Le plus ancien orgue conservé de France est celui de 
Soliès-ville (Var), qui fut construit en 1450, et celui de 
Gonesse, près Paris, qui date de 1508. De ce dernier il 
ne reste plus que la forme extérieure. Un des plus grands 
orgues de ce pays, est celui placé à l'église St-Eustache à 
Paris, reconstruit en 1844 par Daublaine-Callinet, incendié 

2 



— 10 - 

ie 16 décembre 1844 ; il a 4 claviers, 72 jeux, puis deux 
claviers de pédale. Un des meilleurs instruments de Paris 
est Torgue de la Madeleine (inauguré en 1846) par Aristide 
Gavaillé. Il a 4 claviers, 48 jeux et 1 4 pédales de combinaison. 
L'orgue de Saint-Denis du même facteur, inauguré en 
1841, a 4 claviers, 69 registres et 4500 tuyaux. Le levier 
pneumatique a été employé pour la première fois dans cet 
orgue remarquable. 

En Angleterre on a aussi construit des orgues de grande 
dimension. Le plus grand orgue du monde est celui qui se 
trouve à l'église Si-George à Liverpool. La souflBierie travaille 
par une machine à vapeur, et c'est la première fois qu'on 
a appliqué la vapeur à un instrument. Il coûta 3000 livres 
sterling. 

A Boston on a placé un orgue qui a plus de 60 pieds de 
hauteur, 48 pieds de largeur, et 24 pieds de profondeur. 
Il compte 5474 tuyaux dont le plus grand est de 32 pieds. 
Cet instrument monsire a été inauguré le 25 octobre 1863 
avec grande cérémonie. Il a 4 claviers, 86 registres et 12 
registres accessoires. Il y a 3 jeux de 32 pieds et 13 de 16 
pieds. Cet instrument coûta 80,000 à 90,000 florins. 

Un orgue d'un des plus célèbres facteurs de son temps, 
Eugène Casparini, se trouve à l'église St-Pierre à Gœrlitz. 
II a 3 claviers et 64 registres. Il y a quatre sommiers 
à la pédale qui forment un ensemble de 21 registres. Les 
registres secondaires sont : 1* soleil avec lequel jouent 
quatre cloches, 2' Rossignol, 3" Chant d'oiseau, 4** Tambour. 
5» Coucou, 6** Tremblant, T Sonnette du soufileur. 

Parmi les grandes orgues citons encore : 

Oliva (abbaye Eistercienne près de Danzig) 3 claviers, 



~ n - 

84 jeux, 92reg. et pédale. Il y a cinq jeux de 32 pieds entre 
autres un Viola di Gemba. • 

Beauvais, un orgue de 5 claviers, 6i rég. et pédale. 
• Francfort, un orgue construit en 1833, par Walker de 
Louisbourg, composé de 3 dav., 91 reg. et 2 pédales. Il a 
12 soufflets. Ce facteur a construit un orgue identique pour 
St-Pélersbourg. 

Freiberg, orgue de G. Silbermann, composé de 3 claviers, 
48 reg. et pédale de 10 reg. Il a six soufflets. 

Weingarten (abbaye en Souabe) un orgue de 4 clav., 71 
jeux et 2 pédales, construit en 17S0 par Gnbler. II y a en 
tout 6773 tuyaux. H a un rossignol et un tremblant. 

Cet instrument est orné d'un remarquable buffet qu'on 
trouve dans l'ouvrage de Don Bedos de Celles. 
Salzbourg, un orgue de 3 clav., 70 reg. et pédale, construit 
' en 1845 par Aloys Mooser de Fribourg. 

Lubeck, église St-Martin, un orgue avec 4 ctav., 80 jeux 
et 12 soufflets, construit par J. Schultze. 

Lubeck, église Sle-Marie, un orgue de 4 clav., 80 reg. et 
2 clav. de pédale, construit en \9^i par J. et E. Schulze. 

Délia Cava (couvent près de Salerne) un orgue de 3 clav., 
84 reg. et 8000 luyaux. Cet instrumeni monstre, h 6 octaves, 
ne coule que 60,000 francs. 

Hambourg, église St-Nicolas, un orgue de 4 clav., 67 jeux 
exécuté par Alp. Schnitger, mort en 1720. Il y avait 16 
soufflets, et au terrible incendie de Hambourg le S mai 1 842, 
il a été la proie des flammes. 

Orgue à Tours, construit par Jean B. Le Ferre sur les 
données de Don Bedos de Celles. Il a 5 claviers, 6S jeux, 
pédale séparée et 1 3 soufflets. 



\ 



-. 12 - 

L*orgue deFribourg, construit par A. Mo'oser, est renommé 
pour ses jeux de voiûo humaine. M. J. Voigt, mort en 1851, 
âgé de 38 ans, tirait un immense parti de cet instrument ; 
aussi son grand talent était bien connu des amateurs et des 
touristes. Cet orgue a 4 clav. et 64 reg. dont 10 à la pédale. 

L'orgue Appolonicon à Londres, construit par Flight et 
Robson. Cet instrument colossal, dont les claviers sont 
disposés de manière que six organistes puissent jouer à la 
fois, peut se jouer aussi au moyen de cylindres. On y travailla 
5 ans, et il a coûté 10,000 livres sterl. (250,000 fr.). Cet 
instrument est aujourd'hui dans un délabrement complet. 

L'orgue de St-Sulpice à Paris qui a 4 clav., 65 reg. et 
pédale. Il a plus de 7000 tuyaux. Cet orgue avait primitivement 
5 clav. et fut construit en 1 781 . En 1848 il a subi de grands 
changements. 

Yalencia, un orgue construit par Richard Ibach et fils de 
Barmen(1860) composé de 3 clav., 67 reg. et pédale, avec 
11 reg. accessoires. Il y a 3759 tuyaux. 

M. Don Pascual Ferez, organiste avantageusement connu, 
a fait ressortir tous les mérites de cet instrument. Il y a 9 
jeux de 16 p. Cette cathédrale contient un des plus beaux 
instruments de l'Espagne. Cet orgue a été expertisé par 
plusieurs organistes et un facteur d'orgue, qui ont délivré 
des rapports très élogieux pour M. Ibach. 

L'orgue de rhôtel-de-ville de Birmingham construit par 

M. Hill, de Londres, a 4 clav., 54 reg.* et pédales de deux 

octaves d'étendue. Il y a dés montres, bombarde et grosse 

taille de 32 pieds. La salle où se trouve cet orgue, peut 

contenir 3245 personnes. 
Kronstadt, cathédrale, un orgue de 4 clav. et 77 reg. Il 



— 13 — 

a été construit par Ë. Bucholz de Berlin en 1839 et coûta 
60,000 florins. 

L'orgue du palais de Sydenham à Londres devait coûter 
30,0S0 thalers. Le nombre des registres était de 130 à 150. 

Un des plus grands instruments de TAUemagne est l'orgue 
placé à. Munster par E. F. Walcker et C de Ludwigsbourg 
(Wurtemberg). Il a 4 clav., 105 reg. et 2 pédales. Il y a huit 
machines à vapeur et cet orgue se distingue par la supériorité 
des jeux d'anches. Il a été inauguré en 1856. 

La facture d'orgues est un art ingrat et difficile, surtout 
quand on pense combien le métal et le bois sont sensibles 
aux transformations de la température; aussi, disons-le sans 
hésiter, peu de facteurs ont le talent requis pour la 
construction d'un bon orgue. Peu d'entre eux parviennent 
à donner à leurs orgues ce son moelleux, cette harmonie 
religieuse, cette variété dans les jeux, qui constituent trois 
qualités nécessaires au roi des instruments. L'orgue en lui- 
même est un instrument qui représente tout un orchestre. 
Par sa divine harmonie, par ses accents mystérieux et aus- 
tères, par ses murmures doux et plaintifs, par ces accents 
funèbres, il est un des instruments les plus complets qu'on 
puisse imaginer. 

Des autorités supérieures nous apprennent quels sont les 
effets d'un jeu vraiment religieux. Il faut que les sons de 
l'orgue, dit le cardinal Bona, soient de nature à réjouir 
les cœurs attristés des hommes en leur insinuant les plaisirs 
de la piété céleste, à exciter les indolents, à animer les 
âmes ferventes, à appeler les justes à l'amour divin, et les 
pécheurs à la componction. Le St. Concile de Trente, veut 
expressément que les évéques bannissent des églises toute 



— 14 - 

musique d*orgue dont le caractère serait fol&lre ou prolkne. 
Le Concile de Tolède (1567) ordonne que le jeu d'orgue, 
étant excessif dans beaucoup de localités, soit corrigé, 
afin qu'une modulation lascive ne trouble ni fes prières 
sacrées ni la dévotion des auditeurs. Pris dans son 
ensemble, l'orgue doit être un instrument qui porte le' 
recueillement pieux des fidèles à la prière, et il faut qu'il 
fasse entendre des mélodies propres à inculquer à la masse 
des sentiments qui élèvent l'âme à la dévotion. Mais, hélas! 
les orgues dans beaucoup de nos églises ne sont pas dignes 
de la maison de Dieu, et l'instrument dont je parle n'est pas 
celui qui retentit dans nos temples. En général, quelques 
facteurs d'orgues en Belgique ont le tort, de vouloir donner 
aux claviers de leurs instruments celte légèreté exagérée 
du toucher des pianos. Ensuite nous avons remarqué 
que les jeux d'anches sont trop perçants et que les jeux 
de fond laissent à désirer sous le rapport de la force des 
sons. Par les procédés et les modes de cette fabrication 
on rencontre beaucoup d'orgues qui sous le rapport de l'art 
ne satisfont point l'artiste qui est appelé à porter son juge- 
ment sur ces instruments. 

Et, disons le, combien de dupes ne fait>on pas journellement 
par l'ignorance et le servilisme ! Il est* difficile et nous le 
constatons à regret, d'opposer une digue salutaire au flot 
toujours montant de la corruption, conséquence fâcheuse de 
l'influence malheureuse que certaines individualités même 
de talent, exercentsurla facture d'orgue, surtout enBelgique. 

Nous ne pouvons finir ce préambule sans exprimer nos 
vifs sentiments de gratitude à MM. Ph. Van den Berghe à 
Menin, Dekkers à Bergen-op-Zoom, J. Bastiaans à Harlem, 



-'15 - 

De Jaegher à Bruges, Ed. De Busscher archiviste à GaDd, 
J. Bienvenu à Lille (Gampiqe), De Lange père à Rotterdam, 
Van Vugt à Lierre, P. Van Doren archiviste. à Malines, 
Ed. Van Evea archiviste à Louvain, Bossaert archiviste à 
Bruges, P. Kuyl vicaire à N.-D. d'Anvers, J. Bessems à 
Anvers, H. Obberhoffer à Luxembourg, J Lemaitre à 
Audenarde, A. Geusters à Eeckeren, Ed. Gortebeeck à 
Termonde, P. Cariier à Grammont, J. Van Dyck à Aerschot, 
P. Daelmore à Bierbeek, Gh. Stevens à Ninove, F. Hageman 
à Leiden, Gh. De Zuttere à Slalhille, J. Weber à Bois-leDuc, 
qui ont mis tant d*empressement à faciliter nos recherches. 

Si nous constatons avec plaisir le grand nombre de 
personnes qui ont participé à notre publication, par contre 
nous annonçons à regret que plusieurs facteurs d'orgues 
sont restés indifférents à notre aride et long travail. 

Nous espérons que Fouvrage que nous livrons à l'appré- 
ciation du public, et qui est le fruit de laborieuses recherches, 
sera favorablement accueilli par tous ceux qui s'intéressent 
au développement de Tart de l'organiste et de la facture 
d'orgues. 



Edouard G. J. GREGOIR. 



Anvers-Wyneghem, 1865. 



L'ORGUE. 



L'opinion des historiens concernant la musique et son 
ancienneté, est très diffuse ou divisée. Ce sujet important a été 
Tobjet d'études et de recherches nombreuses, de la part des 
hommes qui se dévouent aux progrès d-un art qui réveille Tâme, 
et inspire des sentiments de piété et de grandeur. Le goût de 
la musique qui se manifeste généralement aujourd'hui est un 
véritable progrès. Il est Tindice d'une amélioration intellectuelle 
et morale, dont tous les amis qui cultivent les lettres et les 
pences doivent se féliciter. L'usage de l'orçue n'a pas moins 
contribué au développement de cet art et à la glorification divine. 

L'origine de l'orgue est un point qui, comme nous l'avons 
déjà dit, est resté jusqu'ici un problème, cependant on croit 
g^éralement que cet instrument a pris sa source du plus ancien 
instrument appelé Flûte de Pmty dont la forme fut d'abord de 
sept tuyaux de roseaux d'inégale longueur. Déjà dans Pindare 
(Pythia xii) on trouve la description d'un petit orgue dans la 
forme de la Flûte de Pan. Ctesibius, l'Alexandrien, et surtout 
Archimède ont basé leurs expériences sur cette flûte dans 
Hydrodymmica et trouvé l'orgue hydraulique décrit par Vitru- 
vius, Tertalldanus et autres. Velserus donne un résumé de 
ïargmum, que Porphyre Optatien qui vivait au rv™® siècle, a 
décrit dans une pièce de vers figurés, la forme de l'orgue hy- 
draulique. 

3 



• — 18 — 

Vingt-six vers iambiques tiennent lieu des touches, et un 
vers placé horizontalement, désigne le sommier sur lequel sont 
posés les tuyaux. M. F. Danjou a publié une intéressante notice 
sur ce sujet dans la Revue mvMcale de Paris. 

L'orgue dans l'ancien temps était selon Mart. Capella, savant 
du v® siècle, l'instrument par excellence du Cirque. On comprend 
aisément que l'église ait, dans les premiers siècles, rejeté de 
ses temples l'orgue et d'autres instruments. 

Avant l'invasion des Barbares en Orient au v™* siècle, 
ïorgue y était très répandu, non seulement en Grèce et en Italie, 
mais dans toutes les provinces. Le susdit Capella constate, 
qu'il a trouvé dans tout l'Empire au commencement du v™* 
siècle des hydraules. (Hydraulas per totum orbem inventi.) 

Afin de constater l'existence des orgues, nous puisons nos 
sources dans les auteurs de l'antiquité. Voici le texte de Jean 
Heidfeldius : 

Joh. Heidfeldius Sphinx Theol. philof. cap. 30 (inquit) Veteres 
habueruni Organa Hydraulicay H est. Instrumenta Mtisica, qtue 
per, aquam sortantes excitarent voces. Texte de Rodiginus. 

L. C. Rodiginus (1) Lect. Antiq. Lib. 9. HydravMcalnstrumenta^ 
a Ctesibio exeogitata primum^ vi Vitruvius (rv. 9.) scribit, et est à 
Plinio repetitum. Natur. Hist, Lib, 7. 

Il est constaté que l'orgue hydraulique est attribué à Ctesibius, 
barbier, mécanicien renommé d'Alexandrie, qui vécut sous le 
règne de Ptolémée Evergète II, qui florissait environ 124 ans 
avant l'ère chrétienne. 

Héron, son élève, né à Alexandrie, homme d'une grande 
érudition, perfectionna l'orgue hydraulique. Dans son ouvrage : 
Spiritalia seu Pneumatica, Héron donne la description de cet 
orgue, qui a été traduite en allemand dans la traduction de 
l'ouvrage de Don Bédos de Celles, Berlin chez E. Felisch 1793. 

Le philologue Isac Vossius, chanoine, j51s du célèbre Gérard 
Vossius(dont le nom était Voss et qui a publié plusieurs ouvrages 
qui renferment des documents utiles pour l'histoire de la 
musique) né à Leide en 1618 et qui mourut à Windsor en 1689, 

1 Rodiginus, professeur de mérite à Rovigo, Vicence et à Padoue naquit à Rovigo, 
en 14^. Son livre LecUonum antiquarum, fut publié à Venise par Aide l'an 1516, In-fol. 
Il se mêla aux événements politiques, fut banni de sa patrie et mourut à Rovigo en 1585. 



— 19 — 

publia en 1673 un ouvrage dans lequel il s'exprime ainsi sur 
l'orgue : Qmd hodiemi Organarii, si more antiquo loqui velimus, 
non sint vere Organarii, sed Ascauke seu Utricuiariiy quomodo ab 
antiquo dicebantur (inquit) iUi qui utribus^ sollibu^ aut manticis 
ventum iibiis idspirabant, quemadmodum hodie fit in Templis, 
Ridiculi enim sint (ita pergit) qui hœc vocabuLa de iis accipiunt 
mendicis, quales vulgo cum coma musa, ut loquv/ntur, per plateas 
discurrunt et non distinctos, sed continuas, et inamxnos prorsus 
cuUto excutiunt sonos. 

^ Un auteur connu, Suétore, rapporte qu'on avait un orgue à 
Rome, sous l'empire de Néron (qi;i se donna la mort le 11 juin 
de l'année 68 et qui régnait de 54 à 68). D paraît que l'orgue 
hydraulique était tellement en usage, qu'on l'employa dans les 
théâtres pour accompagner les pantomimes ; puis on l'introduisit 
dans les palais ; enfin, il se propageait dans tout l'univers et 
d'innombrables auteurs en parlent dans leurs ouvrages ; cepen- 
dant il est impossible de formuler une idée nette de l'état de la 
facture d'orgue ancienne. A l'époque des terreurs et au milieu 
des bouleversements, les princes et les particuliers ne songèrent 
guère à la musique et cessèrent de cultiver les arts. Il n'y avait 
plus de jeux publics, plus de concerts au théâtre. Sidorne- 
ApoUinaire, vers la fin du v™® siècle, se plaint amèrement de 
ne trouver à la cour du roi Visigoth Théodoric que des bouffons. 
Il n'y avait ni chanteurs ni concerts de musique vocale ou 
instrumentale ave d'orgue hydraulique, ni joueurs de lire. — 
Tout cela avait disparu. 

Le savant Polydorus s'exprime ainsi sur les instruments de 
musique et l'orgue ; 

Polydorus Virgilis lib, 3. C. 18 ; Multa insuper novissimis tem- 
poribvs instrumenta Mv^ica inventa sunt, quorum et Auctores jamin 
oblivionem venerunt : ex quibus propter suavitatem concentu^s, omni 
admirations et laude digna sunt illa, quœ organa nuncupant, etc. 

L'orgue le plus grand, le plus artistique et dans sa simplicité 
originale (flûte de Pan) le plus ancien de tous les instruments 
de musique, en est aussi le plus puissant et le plus remarquable. 
Il fut inventé en Italie 150 ans avant J.-C, pourvu dès lors de 
soufflets et de touches mobiles, et 120 ans avant J.-C, Ctésibius 
à Alexandrie, l'augmenta d'un appareil au moyen d'eau chaude, 
d'où il porte le nom d'orgue hijdraulique. 



— 20 — 

Toutefois, nous possédons peu de données certaines touchant 
l'invention et l'enfance de cet instrument ; l'histoire n'a relaté 
que l'imperfection des orgues primitifs et ce n'est que depuis 
qu'il reçut une organisation meilleure que l'orgue devient d'un 
usage plus général. 

A la fin du rv® et au commencement du v°^® siècle, où 
vécut St-Augustin (i), l'expression organum était tellement en 
usage pour désigner l'orgue pneumatique, que ce père faisait 
observer que ce n'était pas l'orgue seul qui portait ce nom, mais 
qu'on appelait organa tous les instruments musicaux. 

De tous ces renseignements il est reconnu qu'aux iv®, v® et vi« 
siècles, les orgues pneumatiques étaient connues en Afrique, en 
Grèce, en Italie et en Espagne. Il n'y avait qu'un seul registre 
de flûte. 

On prétend que la décadence des beaux-arts avait entraîné 
la perte totale des orgues hydrauliques, mais on ne se forme pas 
d'idée exacte comment on aurait plus épargné les orgues pneu- 
matiques qui ont existé simultanément jusqu'au xii"*® siècle. Les 
auteurs de l'antiquité dont les ouvrages sont nombreux le 
constatent. Entre autres Saint-Augustin, un homme des plus 
distingués entre les docteurs de l'église (mort à Hippone en 430) 
auteur d'un traité de Musica, dit le suivant : Organa dicwntur 
omnia instrumenta miisicorum. Non solum istud organum dicitur 
quod est grande et inflatur follibus, sed etiam quidquid aptatur ad 
cantUenan et corporeum est, Quo instrumenta utitur qui cantate 
organum dicitur, 

Cassiodori (2), autre historien latin du v"*® siècle et auteur de : 
ï)e artihus ac disciplinis liberalium litterarum, en parlant de 
l'orgue à soufflets, cite le suivant : Locus Cassiodori. ad Pf. 
CL Ita se habet, Organum itaque est quasi turris diversis 
fistvlis fabricatay quihus flatu folium vox copiosissima destinatur, et 
ut eam modulatio décora componat, Linguis quibvsdam ligneis ab 

(1) Saint- Augustin naquit le 13 novembre 354, à Taguste, petite ville d'Afrique, et Ait 
par ses prédications et ses écrits, un des plus fermes appuis du Christianisme, n mourut 
évéque, à l'âge de 76 ans. 

(2) Cassiodori, roi des Goths, latiniste distingué, né & SquiUace, sur le torrent de 
Favelone, vers 470, et fondateur du monastère de Viviers en Calabre. 

Son traité de musique : De artibtu ac diseipUtUê etc., a été publié en plusieurs langues 
Cassiodori a atteint l'âge de près de cent ans. 



-21 - 

interiore parte construitur, quas disciplinabUiter magistrarum digiti 
reprimenteSf grandisonam efficiunt et sumnssimam ^antUenam, 

Pendant le moyen-âge, Torgue était peu ou point en usage au 
service divin ; les moines et les religieux de tous les ordres des 
couvents avaient un goût remarquable à cette époque pour les 
beaux-arts, et c*est à eux que la facture d*orgue doit Timmense 
développement qu'elle reçut. 

Le savant J.Bingham, dans Tarchéologie chrétienne,démontre 
par un grand nombre de passages des pères de Féglise, que 
Torgue n*était pas en usage dans les assemblées religieuses des 
premiers chrétiens, et que le mot organo signifie, non les orgues, 
mais en général tous les instruments de musique des Hébreux. 

Sylvestre II, Pape (Gerbert) mort en 1003, était connu comme 
un des hommes les plus dévoués de Fart musical ; il a même été 
nommé H Musico^ pour le distinguer des autres papes. Son 
instrument favori était Torgue, et on lui attribue des améliora- 
tions à Torgue hydraulique et aux horloges. L'histoire nous 
apprend qu'il a même construit un orgue hydraulique. 

On n'a pas de renseignements très exacts sur ce prélat, mais 
il apprit l'art des orgues pendant qu'il était abbé de Bobio, en 
Milanais ; d'autres prétendent que te fut dans ses nombreux 
voyages en Allemagne. «« C'est le troisième patron que l'orgue 
peut compter parmi les pontifes romains, •* dit M. £. Bertrand. 

W. Sommerset dit qu'au milieu du xn"® siècle, il existait 
encore à Reims un orgue hydraulique fait par Sylvestre II. 
qui était un des grands génies du moyen-âge. 

La vapeur n'était pas ignorée des anciens. Gerbert apprit le 
secret de la vapeur, chez les Sarrazins d'Espagne, dans les 
traités grecs, et c'est lui qui l'appliqua aux orgues ; aussi il est 
reconnu que la vapeur d'eau sait produire beaucoup plus d'elSPet 
que le souffle de l'air froid. On doit aussi à Gerbert le poids- 
moteur. M. Bertrand nous apprend que Gerbert faisait, la nuit, 
des observations astronomiques avec des tubes garnis de verres ; 
pendant l'orage, il attirait la foudre avec des flèches de fer ; 
enfin il prêcha le premier la croisade. Cet homme était en avance 
de plusieurs siècles sur ses contemporains grossiers ; aussi ses 
idées restèrent stériles pour le monde et lui-même. 

Il dit que la musique instrumentale (l'orgue) dans le courant 
du moyen-âge s'est sensiblement introduite dans l'église. 



— 22 — 

Bartholomsôus, moine anglais, dans son : De Proprietatihvs 
verum (vers 1366) parle de Torgue. Cet ouvrage fut traduit en 
holla^dais par Jacques Bellart, et imprimé à Harlem en 1485. 

La traduction s*exprime ainsi sur Torgue : Organum is een 
ghemeyn naem aire vaten van mmieken, nochtans int speciael soe is 
organum een instrument van veel pypen, ghemaect mit slotelen en 
mit hlaesbalghen. 

C'est du x°*® au xii°*® siècle que l'usage des orgues portatives se 
répandit, et de nombreux manuscrits du moyen-âge le constatent. 

Et quel était ce magnifique instrument dont les effets étaient 
si marquants ? Quel en était le mécanisme et comment les sons 
pouvaient-ils être produits au moyen de Teau? Jusqu'ici tous les 
écrits sont restés obscurs sur ce point et Vitruve lui-môme dit 
que pour bien saisir l'ensemble de cet instrument, il fallait 
l'avoir vu, et avoir des connaissances spéciales dans ces matiè- 
res. Nous faisons suivre quelques fragments d'une étude sur 
l'origine de l'orgue due à la plume de M. E. Bertrand et publiée 
dans la Maîtrise^ journal musical de Paris : 

I J'ai pensé que les lecteurs de la Maîtrise^ pour la plupart orga- 
nistes ou amateurs d'orgue, seraient curieux de rechercher dans 
l'antiquité païenne les premiers essais et les origines de cet instrument, 
consacré depuis dix siècles au culte chrétien^ et tellement identifié 
maintenant avec lai, qu'on trouve étrange et pénible d'apprendre 
qu'il n'est pas né dans le sanctuaire. Certes, il y a loin des grandes 
orgues de nos églises à l'hydraule des amphithéâtres ; mais, il faut 
pourtant l'avouer, c'est à l'art païen que l'Église a emprunté l'embryon 
déjà curieux du gigantesque, majestueux et solennel instrument qui 
ajoute aujourd'hui à la splendeur de notre religion. 

> Deux descriptions techniques, une quinzaine de passages éparses 
dans divers auteurs, et quelques figures recueillies sur des médailles 
et des bas-reliefs : voilà ce que l'antiquité nous a laissé. 

> Le document le plus ancien où l'orgue apparaisse nous reporte 
au II' siècle avant notre ère ; c'est un chapitre du mécanicien Héron, 
disciple de Gtésibius d'Alexandrie, à qui on attribue généralement 
l'invention de l'orgue hydraulique. 

» Il faudrait presque commencer par un point d'exclamation. 
N'est'il pas merveilleux que. la première et la plus ancienne mention 



— 23 — 

soit une description complète et minutiettse, telle qu'on n'en retrou- 
vera plus pour éclairer Thistoire de Torgue à des époques plus 
rapprochées de nous ? 

• Et ce premier orgue n'a rien de primitif ; c*est une machine fort 
savante, où les lois de la mécanique, de la physique et de Thydrotas- 
tique sont appliquées avec cette précision raffinée qui a illustré 
l'école d'Alexandrie. 

1 II n'est venu à Tidée de personne qu'un tel instrument fût le 
premier essai du genre. Une machine aussi compliquée ne naît pas 
tout d'une pièce dans le cerveau d'un homme. Elle a été faite sur des 
types plus simples et plus naturels ; ajoutons même que ce type pri- 
mitif, si simple qu on le puisse concevoir, est encore complexe avec 
ses trois éléments : tuyaux, souffle et clavier ; il suppose au moins 
une demi civilisation, et a dû avoir des précédents plus simples 
encore. Ces précédents, nous allons les étudier. 

» Ce n'est pas sans raison que la plupart de ceux qui ont esquissé 
l'histoire de l'orgue en ont cherché le premier mot dans la flûte 
champêtre, — non pas le calamus^ on la variété des sons résulte de 
plusieurs trous percés le long d'un tuyau unique, — mais cette autre 
espèce de flûte, ikommee Jl4te de Pan ou syrinx^ composée de plu- 
sieurs tuyaux inégaux, en forme d'aile. N'est-ce pas là le premier 
jeu d'oi^e) Les anciens eux-mêmes regardaient l'orgue comme une 
syrinx perfectionnée. Héron appelle toujours syrinx la rangée de 
tuyaux de sou hydraule, et Philon d'Alexandrie {De tel eonstmct., 
p. 77) va plus loin ; il donne ce nom à tout lorgue : c Cette syrinx 
dont on joue avec les mains, et que nous appelons hydraule. t 

I Par la syrinx, nous voilà reportés jusqu'aux temps mytholo- 
gique. Athénée en attribue l'invention à Marsyas ou à Silène; 
Pindare à Minerve, et ailleurs à Mercure ; mais la tradition la plus 
générale et qui a donné à l'instrument ses deux noms les plus connus» 
l'attribue au dieu Pan. La nymphe Syrinx, pour échapper à la pour- 
suite amoureuse de ce dieu, implore le secours du fleuve Ladon, son 
père, qui la métamorphose en roseaux. Le Zéphyre étant venu à 
murmurer parmi ses roseaux nouveaux-nés, le dieu Pan en coupe 
plusieurs» les assemble avec de la cire, et les promenant sur ses 
lèvres, imite avec son souffle les bruits harmonieux du vent. Le 
géniegrecavaitdecescharmantes traditions pour toutes les origines. » 



— 24 — 

• La matière des tayaux' a beaucoup varié : roseau, chaume, 
corue, ivoire, os, buis oa métal ; tes roseaux du lac d'Orchomène 
étaient particulièrement célèbres pour cet usage, mais le métal devait 
leur être souvent préféré, comme gardant mieux le son. Ces tuyaux 
étaient reliés entre eux par du lin, de la soie ou de la cire. Le 
nombre des tuyaux a varié, comme celui des cordes de la cithare ; 
la syrinx du berger de Virgile en a sept (Eccl., II, 37) ; celle du 
berger de Théocrite (id.. VIII, 18) en a neuf. Sur les camées et les 
marbres antiques, le nombre varie également ; tantôt six, tantôt 
sept, et quelquefois il y a plusieurs trous sur un même tuyau. — 
On en jouait en faisant glisser les lèvres sur le bout des tuyaux, du 
côté où ils sont alignés, et cela est parfaitement exprimé par ce vers, 
si connu y de Lucrèce. 

t UiMO sape cabro calamos percurrit Mantes (I. IV). 

» Cet instrument était préférable au chalumeau pour les bergers, 
parce qu'il se pouvait jouer d*une seule main, Tautre main tenant le 
bâton pastoral. Les bas-reliefs nous le montrent aux mains de Pan, 
de Sylvain, des Satyres, des Tityres (d'où le nom de tityrmus qu'il 
avait dans le dialecte dorien). C'est l'instrument favori des églogues 
de Virgile et des idylles de Théocrite. II faut noter que la syrinx^ 
comme le caiamuSy autre instrument primitif, resta toujours popu- 
laire et champêtre, et que les artistes ne s'en servaient pas dans les 
concerts, dans les fêtes, dans la musique savante. 

» Le calamus^ civilisé et perfectionné, adonné naissance pour l'art 
antique à la flûte {tibia). Quel a été le type savant et artistique de 
la syrinx? Nous croyons que ce fut l'orgue, et on a pu voir plus haut 
que c'était aussi 1 opinion des anciens qui, sans doute en savaient 
quelque chose. Héron et Philon, tous deux disciples de Ctésibius 
d'Alexandrie, inventeur de l'orgue hydraulique, devaient savoir, 
mieux que personne, quel type vulgaire leur maître avait voulu per- 
fectionner ; et depuis l'âge mythologique jusqu'au siècle de Ctésibius, 
la syrinx primitive avait dû subir, entre les mains des artistes, bien 
des améliorations qui préparaient déjà l'invention de ce mécanicien. 
Mais l'histoire est avare de renseignements là-dessus. 

» Pindare, cependant, nous en ofire un fort curieux, dans la XIP 
pythique dédiéeàMidas d'Âgrigente, vainqueurdu combat de flûtes; 
il y est parlé d'une syrinx remarquable ; parmi les tuyaux, les uns 
sont de roseau d'Orchomène, les autres d'airain ; et ces tuyaux sont 



— 25 — 

fort nombreux, car le poète nomme Finstrument c une musique à 
beaucoup de têtes, » et dit que sa mélodie de flûtes produit c des 
voix innombrables, toute espèce de voix. > Bien plus, le scboliaste 
raconte que Hnstrument "s'étant démonté par hasard, l'artiste Midas 
le retourna aussitôt et en joua comme d'une syrinx. C'était donc autre 
chose qu'une simple syrinx, et la rangée de tuyaux était montée sur 
quelque chose, sur un coffret sans doute. 

« Ici Ton pourrait s'égarer dans les conjectures ; mais ce qu*il y a 
de certain, c'est qu'il s'agit d'un perfectionnement notable de la 
syrinx, et cela à une époque encore fort reculée de la civilisation 
grecque. > 

> Jusqu'ici, nous trouvons bien deux éléments de l'orgue : le 
rang de tuyaux ou jeu, et le clavier. Reste à trouver le vent, le 
soufQe artificiel, car le souffle humain est trop faible et trop inégal 
pour alimenter un instrument un peu considérable. De plus, il faut 
un réservoir pour amasser et économiser le vent. Où les anciens 
pouvaient-ils en prendre l'idée? Dans un instrument très connu d'eux 
commode nous, aussi ancien, aussi naturel, aussi universel que le 
chalumeau, dans la cornemxise,{tiMa utriculari8desLd.iins^pj/tkaules 
et ascauhs des Grecs). Elle consiste, comme on sait, en un ou deux 
tuyaux percés de trous et enfoncés dans une outre; l'outre est gonflée 
de vent, ' soit par le souffle de la bouche, soit par un soufflet placé 
sous le bras. 

> L'outre et le soufflet étant connus des anciens, ils pouvaient les 
appliquera leur syrinx, et, en effet, ils le firent. 

» On a des médailles antiques où ce singulier orgue est reproduit. 
Le cardinal Bianchini et La Chausse donnent deux figures tirées 
de médailles antiques dites contorniates ^ malgré quelques difie- 
rences de détail, on peut les décrire ainsi toutes deux : un jeu 
d'une dizaine de tuyaux inégaux, posé sur un coffret au-devant du- 
quel est un clavier d'autant de touches ; une outre est adaptée par 
derrière au coffret, pour servir de réservoir élastique au vent qui 
est fourni par un soufflet placé sur le côté de l'instrument. Certes, 
voilà l'orgue le plus simple et le plus grossier qu'on puisse imaginer. 
Bien que ces médailles contorniates n'aient été frappées que sous 
l'empire romain,, sous Constantin, tout au plus tôt sous Néron, dont 
elles portent l'image, on ne peut s'empêcher de croire qu'un tel 



4 



- œ — 

orgae est plofl ancien, peut-être le pins ancien de tous, car il est le 
plus primitif par sa conception. 

» Les premières origines de Forgue étant ainsi quelque peu débrouil- 
lées, on peiit aborder, dans le détail, Tétude des diverses espèces 
d'orgues, soit hydrauliques, soit pneumatiques, qui ont été usitées 
dans l'antiquité. Disons seulement que Forgue à soufflets (et le petit 
orgue utricul.nre dont nous venons de parler en est une variété), 
Torgue à soufflets, disons-nous , a existé simultanément avec Thy- 
draule, quoi qu*on ait 'pu alléguer à Fencontre ; et comme il est de 
beaucoup plus simple et de plus fondé sur des procédés plus naturels, 
les auteurs qui ont le mieux traité cette matière, Millin, Forkel et 
Meister entre autres, s^accordent à penser qu'il a précédé Finvention 
de Fhydraule, et en adonné Fidée, qu'il lui a toujours fait concur- 
rence dans la période antique, jusqu'au jour oii il lui a survécu, et 
que dès lors il Fa fait oublier en prenant des développements mer- 
veilleux au moyen âge et dans les temps modernes, i 

Nous continuons rhistorique de l'orgue. 

Les premières orgues pouvaient être portées, et on les nommait 
crgano portare, pour les distinguer des orgues nommées positives, 
qu'on lie pouvait déplacer. 

Citons ce que Saint- Augustin et d'autres auteurs anciens nous 
ont communiqué touchant les orgues des premiers siècles et des 
siècles suivants ; ils nous rapportent que deux orgues auraient 
fonctionné au iv°^* siècle dans le temple de Jérusalem ; ils rap- 
pellent ce que Zarlino dit d'un orgue qui aurait existé l'an 
580 dans l'antique cité de Grado, et nous arrêtent devant l'orgue 
offert comme présent à Charlemagne par le calife de Bagdad. 

lies orgues portatives étaient pourvues de poignées à la main 
pour la facilité du transport, et la soufflerie se trouvait dans le 
bas de Finstrument. On ne se servait de ces orgues que dans les 
théâtres et les amusements publics, et bien des siècles se sont 
passés avant que l'orgue fut introduit dans les églises. En 640 
on les introduisit dans les temples en Angleterre et en 660 le 
pape Vitalien P', à Rome, dans le but de faire cesser les 
chants défectueux des fidèles, en proposa Fusage. 

C'est le pape Vitalien qui réforma aussi le chant ecclésiastique 
par des règles fixes, en y mêlant le son de Forgue et autres 
instruments. On appelait ce chant : Çantus Vitalianvs. 



- 27 - 

Pépin, père de Charlemagne et roi des Francs, qui était très 
pieux, introduit le premier orgue en 751 , dans le but d'améliorer 
le chant d'église et de donner plus de grandeur aux cérémonies 
du culte, et ce fut sous son règne que Ton commença à avoir des 
orgues en Occident. L'orgue, très imparfait alors, ne tarda pas k se 
répandre dans les églises de France, d'Angleterre et d'Italie. 
En 757 l'empereur d'Orient, Constantin Copronyme vi, envoya 
un grand orgue à tuyaux au roi Pépin qui en fit présent à 
l'église St-CorneiUe à Compiègne (i). 

Charlemagne attachait une grande importance à la musique 
instrumentale, et c'est lui qui ordonna aux comtes de ses provin- 
ces d'Italie et des côtes de l'Adriatique, de se procurer de la Grèce 
des hommes en état de construire les orçues et d'enseigner l'art 
de leur facture. 

Louis-le-Pieux, fervent propagateur des ans, amena en 826 
à Aix-la-Chapelle le prêtre vénitien Georgius, qui fabriquait des 
orgues. Afin de le retenir en France, le roi Louis le nomma 
recteur de l'abbaye et de la basilique de St-Salvius sur l'Escaut. 
Georgius enseigna, à la manière des Grecs, la construction 
d'orgues, qui se répandit ensuite dans le Nord de l'Allemagne. 

On prétend que l'orgue placé à Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle 
était construit par Georgius. 

L'organographe Pràtorius, célèbre écrivain du xvi°*® siècle, 
nous apprend qu'un duc de Mantua reçut d'un artiste napolitain 
un orgue, dont les tuyaux, le clavier et même l'extérieur dej^ 
soufflets étaient d'albâtre. LicErtel, qui décrit les raretés de 
la chapelle du duc de Bavière, raconte que l'orgue de cette 
église est en bois d'ébène, orné d'une masse de pierres précieuses; 
le clavier reluit de perles et les soufflets sont plaqués d'argent. 
On reconnaîtra par ces considérations, qui nous paraissent 
exagérées, que nos ancêtres n'ont pas épargné de sacrifices pour 
rendre cet instrument aussi luxueux que possible. 



(I) Aventinus s'exprime ainsi sur cet orgue : (Annal B(^or llb. S. fol. 900.) Gonslantlnus ad 
Plpinumjubetproliclscl legatos : Mun'era,quseà legatis deserebantur, erant instramentum 
Musicss maximum, res adhuc Oermanls et Gallls incognlta. Organum appellant, clcuUs 
ex albo plumbo compactum est, simul et foUibus inflatur, et manuum pedumque dlgltts 
pulsatur. 

A. Sehriek, seigneur do Rodome dans son livre : De Cêltuehe en Nederlandtche oudheden , 
imprlmô à Ypres en 1614, page 589, affirme le même fait, mais U d Hqtte c'était en 753. 






— 28 — 

Dans la dernière moitié du ix"*® siècle, le jeu d'orgue était 
tellement en usage en Allemagne, que le pape Jean viii pria en 
880 Févèque de Freisingen, de lui envoyer un bon orgue et un 
exécutant capable. En même temps des constructeurs quittèrent 
la Bavière pour se fixer en Italie. 

Parmi les personnes qui savaient ordonner la construction 
des orgues au x°*® siècle nous devons citer: Hucbald, au monastère 
de Saint- Amand ; Aribon, auteur d'un traité de musique ; Saint- 
Odon, abbé de Cluny, mort en 942, qui enseigna cette fabrication ; 
Tarchevêque de Dole, M*" Baudry mort en 1107, était aussi en 
France (ou les orgues étaient rares) un digne propagateur de cet 
instrument. 

Dans la seconde moitié du el™® siècle, il y avait en Allemagne 
déjà des orgues et des hommes qui s'occupaient de la facture 
d'orgue ; mais l'étendue n'était que de 8 à 12 touches. 

Pour le toucher des deux mains, il n'en était guère question, 
et on donnait tout bonnement les notes de la mélodie. Les 
tuyaux n'étaient pas encore réglés par les registres et le tout 
entonnait à la fois comme la Mixture, L'harmonie était in- 
connue, et la mélodie était restreinte à une petite étendue. 

Depuis le xi"^® siècle onn'a pas des nouvelles positives des pro- 
grès de la construction des orgues, soit qu'ils fussent négligés par 
les circonstances des guerres ou par les fanatiques qui trouvèrent 
l'usage ]de l'orgue peu convenable pendant le service divin. L'orgue 
resta sans perfectionnements notables jusqu'au xv"*® sièce. 

Il paraît que la facture d'orgues et l'art de jouer de cet in- 
strument étaient très cultivés dans les monastères de l'Occident 
aux rx"^® et x""® siècles, même la musique y trouva de nombreux 
adeptes. Mabillon (Annales Bened, tom. II) dit, que l'usage de 
l'orgue était exclusif dans les églises des couvents et on citait 
des établissements religieux des xi"*® et xii°^® et même du x"® 
siècle, qui étaient ornés de belles orgues. Dans un couvent de 
Winchester (Venta) , en Angleterre, on avait en950 un orgue d'une 
grandeur gigantesque, avec 30 soufflets, s'il faut en croire la 
description du moine Wolstan (Vie de St-Suitun). Il avait 10 
touches, 240 tuyaux et deux organistes pouvaient s'y faire 
entendre en même temps. Les soufflets étaient mis en mou- 
vement par 70 hommes forts, ce qui prouve combien on était peu 
avancé dans le mécanisme de la soufflerie. 



29 



Chez plusieurs sectes duxii"*® siècles et des suivants, tels que 
les Vaudois et autres de cette époque, Tusage de l'orgue et du 
chant rencontra une vive résistance. Même un Pierre Gluniacensis 
prit contre eux la défense de l'usage de l'orgue. Plusieurs 
ordres religieux, entre autres, les Chartreux, considéraient 
l'orgue comme une nouveauté frivole. A la réformation des 
monastères, au milieu du xv"*® siècle, dirigée par Busch et 
Cusa, en Allemagne, on défendit au commencement l'emploi 
de l'orgue aux chanoines réguliers. Même les abus de l'orgue 
étaient tels, que les évêques et les consistoires d'églises ont dû 
prendre des mesures énergiques pour supprimer l'orgue, prin- 
cipalement pendant le service des morts (xv™® et xvi"® siècles). 
Beaucoup de congrégations se réduisirent au chant simple,' 
et adoptèrent même une psalmodie très lugubre ; on cite parmi 
ces congrégations les Minimes de St-François de Paul, et les 
Capucins qui récitaient pour ainsi dire les psaumes. 

Les Bénédictins ont de tout temps, et jusqu'à nos jours, 
admis l'orgue et tous les autres instruments. 

Les Dominicains aussi admettaient l'orgue et formaient beau- 
coup d'organistes. 

A la fin du xv™® siècle commença pour l'orgue une époque 
mémorable. On prit l'iniative d'introduire plus d'octaves, et 
l'usage des sons chromatiques. On améliora le mécanisme, et 
diminua la largeur des touches, afin de faciliter l'usage des 
accords. Vers 1470 à 1480, un Allemand, à Venise, du nom de 
Bemhard, trouva le moyen d'accorder le manual une octave 
plus hayt, ce qui avait pour suite de pouvoir accompagner le 
chant à double basse. C'est après et par ce travail qu'il inventa 
la pédale pendante, trouvaille qui fit généralement une grande 
sensation. C'est aussi dans le courant de ce siècle qu'on a con- 
struit beaucoup d'orgues perfectionnées. 

Le plus ancien petit orgue portatif du xv°*® siècle, que nous 
ayons rencontré en Belgique, se trouve au pensionnat de Ber- 
laymont, à Bruxelles. Il a 25 touches et deux soufflets, qu'on 
peut détacher. Il a des tuyaux carrés qui imitent la trompette. 
Cet instrument curieux a été donné à ce couvent par Marguerite 
de La Lain, comtesse de Berlaymont, qui fonda ce pensionnat, 
en 1625. M. Smet, facteur à Duflel, avait le même orgue en sa 



— 30 - 

possession, mais après sa mort, il a été détruit, les héritiers 
n'en appréciant pas la valeur. A l'extérieur de cet orgue il y 
a une peinture exécutée au blanc d'œuf. On employait aussi ces 
orgues pour la musique profane. Les exécutants l'attachaient au 
corps ; d'une main ils louchaient le clavier et de l'autre ils fai- 
saient mouvoir les soufflets. Déjà au xiv™® siècle l'usage de cet 
instrument était très répandu mais le son en est très désagréable. 
Nous avions fait une description détaillée de ce petit instrument 
unique, qui ait échappé aux troubles, mais pendant la publica- 
de cet ouvrage cette pièce s'est égarée. 

Au fur et à mesure que les orgues se multipliaient, des 
organistes de talent se formaient. 

Parmi les organistes de cette époque, nous devons une men- 
tion spéciale à Paul Hoflfheimer, organiste de la cour de Vienne, 
qui naquit à Ratisbonne en 1459. Les écrivains anciens sont 
unanimes à déclarer que personne n'égala le talent de HofT- 
heimer, qui mourut en 1^7 à Salzbourg. L'empereur donna à 
ce musicien des lettres de noblesse et le roi de Hongrie le créa 
chevalier de l'Éperon d'or. 

Au XVI"*® siècle on avait déjà des orgues de grande dimension. 
Parmi l'un des plus puissants nous citons l'orgue de l'église 
Saintes-Marie et Madeleine, à Breslau, qui avait 3 claviers, 36 
jeux et pédale. Il contenait 114 tuyaux d'étain, 1567 de métal 
et 53 en bois ; 12 soufflets desservaient cet instrument. 

Au XVII™® siècle plusieurs jeux furent considérablement 
améliorés et on inventa de nouveaux registres de flûte et d'an- 
ches. Dans le courant de ce siècle on construisit un bon nombre 
d'orgues à 3 et même à 4 claviers d'une étendue de 4 octaves. 

Les jeux d'anches sont de deux espèces. Dans la grande partie 
de ées jeux, la languette mise en vibration frappe surl'anche : 
on l'appelle languette battante ; mais lorsqu'elle pénètre 
dans l'anche même, on la désigne sous la dénomination de 
anche libre. (En allemand aufsdûagend et durchslagend.) Parmi 
ces derniers, qui ont un charme particulier, nous citons ldi\Voxe 
humana^ jeu difficile et ingrat, mais qui imite merveilleuse- 
ment la voix humaine. 

Dans le courant du xvip® et xviii"^® siècle on a construit en 
Allemagne de grandes orgues, qui ont encore conservé leur 



— 31 — 

renommée, et qui sont restées des monuments pour leurs con- 
structeurs. La fabrication d'orgues était surtout très avancée 
en Saxe, et là naquit un homme de génie qui de tous les con- 
naisseurs doit être vénéré ; nous voulons parler de Godefroid 
Silbermann, facteur de pianos et d'orgues, né à Frawenstein, 
en 1684, et mort vers 1755. Plusieurs autres membres de cette 
famille, entre autres, Jean André Silbermann, Jean Daniel 
Silbermann et Jean Josias Silbermann, se sont distingués dans 
la facture d'orgues. 

Parmi les hommes du xviii'"® siècle qui ont brillé au premier 
rang, et qui se sont occupés de la construction des orgues, nous 
devons particulièrement citer Bédos de Celles (Don Jean), 
bénédictin, né à Caux, en 1706 et mort en 1779, l'homme le 
plus savant du dernier siècle sous le rapport des connaissances 
de l'orgue, et dont l'ouvrage capital : Uart du facteur d'orgucy 
Paris 1766 et 1778 en (2 volumes), restera l'un des plus précieux 
monuments de l'histoire de la construction d'orgues. On attribue 
à D. Bédos plusieurs belles orgues ; parmi les meilleures on 
cite l'orgue de la cathédrale de Bordeaux. 

Puis Andreus, Antegnati, Azzolino Bernardine délia Ciaja, 
Bauer, D. Beck, Biroldi, L. Blasi, Bchak, Bucholtz, Buckhard, 
Callinet, Cavaillé-CoU, Clicquet, Davrainville, Débain, Engler, 
Forster, Flight, B. Fritz, Gabier, Harris, Hill, Henning, 
Hildebrandd, Junge, Menzel, A. Mooser, Ramaï, Reiss, Robson, 
Rotenburger, Sauer, Schneider, Schubert, Schulze (famille), 
Sérassi (famille), Seuflfert, Tassini, Tôpfer, Trampelli, Valvasora, 
Walker, sont tous des noms fameux dans les fastes de l'orgue. 

Dans beaucoup d'instruments de nos jours on découvre encore 
des imperfections qui dépendent en général de la vicieuse dis- 
position des jeux et des soufflets. Mais des perfectionnements 
heureux ont été créés dans l'emploi du crescendo et decrescendo^ 
dans la soufflerie, dans les dispositions des pédales d'accouple- 
ment et dans les combinaisons ingénieuses pour ouvrir ou fermer 
à volonté un certain nombre de jeux. 

De tous les renseignements que nous avons obtentis, il résulte 
qu'en Hollande il y a eu des orgues d'une grande richesse, et 
que les plus grands peintres et statuaires ont rehaussé par leur 
talent ces instruments. Il serait difficile de déterminer l'époque 



— '62 — 

où la construction des orgues a pris naissance dans les Pays- 
Bas. Il paraît cependant, selon Havingha, qu'en Hollande la 
construction des orgues était inconnue, lorsque déjà en Angle- 
terre et en France cet art était plus ou moins répandu. De là 
il résulte que primitivement les orgues des Pays-Bas étaient 
plus complets qu'en Angleterre et en France, où ces orgues 
n'avaient que 12, 15 et 22 touches. D'après Glareanus (Dodeca- 
chordon page 256), les Néerlandais avaient tellement perfec- 
tionné les orgues, que des commandes se faisaient chez eux pour 
l'étranger. 

Plusieurs auteurs rapportent qu'on avait déjà des orgues en 
Hollande au xii™® siècle. Dans l'ouvrage Histoire de V église 
St'Lieven Monster, à Zierikzee, Alkmaar 1824, page 22 on 
trouve : In de St.-Lieven Monster in Zierikzee, werd in 1549, 
dooT Hendrik Niklaasen, een nieuw orgel gebouwd, ont het oude te 
vervangen, hetwelk, naar men wU, in het begin der XIP^^ ofreeds 
op het laast der XP^ eeuw gesticht tuas. Nous avons moins de 
confiance dans la déclaration du facteur Limburg, déjà relatée 
par J. Hess et G. Lootens, qu'un orgue se trouvait à l'église 
St-Nicolas, à Utrecht, au millésime 1120, orgue qu'on déclarait 
d'ailleurs d'une facture très défectueuse. 

M. G. Lootens, organiste, né à Delft, qui vivait à Middel- 
bourg où il mourut en 1818, a publié l'ouvrage fort curieux et 
très rare intitulé : Aenmerking over de oudste orgelen, 1771, imprimé 
à Zierikzee, chez L. VanZwymvoeren. Nous avons sous les yeux 
ce livre et voici la traduction relative à ce dernier orgue : 

« Certain digne et instruit facteur d'orgues, Albert Van Os, 
à Flessingue, m'a raconté que, il y a près de 40 ans, en enlevant 
personnellement l'orgue placé à l'église St-Nicolas, à Utrecht, 
par M. Limburg, dans sa vie facteur d'orgues à Utrecht, il à 
trouvé sur le sommier du grand clavier à la main, la date de 
1120. Cet orgue n'avait ni tirans ni registres, mais bien 12 rangs 
de tuyaux, dont le plus grand était de 12 pieds ; tous les tuyaux 
parlaient sur chaque touche, sans qu'on pût en détacher une, et 
ne sonnant qu'un registre de Mixture, Le clavier commençait 
par le /a grave, et s'étendait jusqu'au ia dessus la ligne. Le clavier 
supérieur avait des registres fixes ; le second, des registres 
mobiles. A la pédale il y avait une trompette de 8 pieds qu'on 
avait ajoutée plus tard. « 



— 33 — 

Tous ces détails cependant sont très problématiques et nous 
les publions avec une certaine réserve. 

L'historien Van Hasselt (Am. Oudheden, p. 259^ parle d'un 
orgue érigé à Arnhem Tan 1385, et à en juger par le compte que 
Van Hasselt mentionne, il est permis de croire que ce fut un 
orgue portatif. Toutefois, il faut noter que le matériel pour les 
tuyaux ainsi que les autres appareils étaient fournis dans ce 
temps-là, et plus tard encore, par l'église même. 

Un orgue a dû se trouver antérieurement, à savoir en 1374, 
à Amersfort en l'église Saint-Georges. Nous lisons dans Van 
Bemmel : «* Autrefois, cette église avait deux orgues, comme il 
appert du premier vicariat en l'an 1374, fondé sur l'autel nord 
de St-jfreorges sous le premier orgue, lesquels orgues parais- 
sent avoir existé encore tous deux en 1568, après la nomination 
cette année là de maître Peter Van Zeebeeck aux fonctions 
d'organiste, entre autres sous la condition qu'il devait toucher 
lui-même du grand et du petit orgue ; mais plus tard, l'un et 
l'autre furent démolis et remplacés par l'orgue actuel. Au centre 
du portail, au sud de cette église, on voit un bel orgue construit 
en 1636 par Oaltus Germamen et son fils German Galtussen, qui 
svMt de fortes réparations et de notables restaurations en 1720», 

Il est probable que l'ancienne église d'Amsterdam, qui date 
du XIV™® siècle, eut un orgue au xv"*® siècle, à en juger par ce 
que nous lisons à ce sujet dans une description d'Amsterdam de 
Wagenaar : ** Il y a deux orgues dans la vieille église ; le grand 
orgue, placé à l'ouest, au-dessus de l'entrée principale, est d'un 
beau travail. Le plu^ ancien qui eût existé ici, avait douze pieds 
de haut. Mais de 1530 à 1540 il en fut construit un par Henri 
Van Nieuwenhof, puis maître Jean, surnommé Bestevaar, que 
quelques-uns nomment Hanske Van Coelen, et maître Harmen, 
trois frères : lequel orgue a coûté alors 1320 florins, 2 sols et 
8 deniers. « 

Hess,' dans son ouvrage, Disposition des orgues remarquables, 
raconte que le premier fondement de cet orgue date de l'an 
1540, et qu'il a été réparé et amélioré les années 1567, 1685, 
1700 et 1726. Le Long {Réformation de la ville d'Amsterdam) le 
fait remonter à l'an 1539. . . 

Le témoignage de Le Long confirme suffisamment que, avant 

5 



— 34 — 

l'emploi de cet orgUé en 1539, il a dû s^en trouver un plus ancien 
dans ladite église, lequel aurait vraisemblablement existé 
plus 4e 39 ans. 

Amsterdam s*est distingué par de belles oi^es. La nouvelle 
église fondée en 1408 savait deux orgues. Le plus grand avait 
3 clav., 43 reg. et pédale. On louait surtout le voxe humana. Cet 
orgue 'a été détruit par incendie en 1645. 

Dans la description de la ville de Delft, on lit que de Fan 1429 
jusqu'en 1455, on a bâti trois orgues à Téglise neuve. Le 
premier, nommé Urnulay placé au côté du Nord, au point cen- 
tral de Téglise^ a été construit par un facteur du Brabant, 
nommé Jan Van Ântwerpen, en 1429, qui a reçu pour cet 
orgue, 95 Guillaumes d*or et 25Ëscalins de Philippe. Le second 
instrument a été commandé en 1451 ; on le nomma Vorgue 
Sainte-Croix^ placé au-dessus de Tautel St-Oeorges, dans le 
<join sud-est, par le facteur Adrien Pietersoen de Delft. Le troi- 
sième, construit {)ar ce dernier, en 1554, et le plus grand des 
trois, a été placé contre les portes, près de la tour. 

L'accord de Jan Van Antwerpen ne prescrit qu'un orgue 
positif de 3 registres à ajouter au grand orgue, puis des pédales 
et des nouveaux claviers. 

Voici ce qu'on lit dans led archives II Ânno 1456 de la viUe 
de Delft : 

« Ifit jair ODS Heere 1455, doe bestede die Eerckmeesters van 
Sinte-Ypolîtus, binnen Delft, als Ciays Floryns zoon, Dirck van 
Bleyswyck, ende Jacob van Bleyswyck Geryts zoon, meester Jacob 
Van Bilsteyn die orgel-meester een nieu werk te maeken van sesti'en 
voeten, en dair in een posityff van vier voeten, met dryerhande ge- 
tuyt na den betoecb off patroon, dat die Kerckmeesters wirsz, dair 
oif hebben, oa manieren en wesende als Tatrecbt is in den Doem 
H Sinte Martini, beter ende nîet ai^her. etc. v 

Van Bilsteyn reçut pour cet orgue 600 florins de Rhin, et de 
plus l'ancien orgue, ce qui prouve que déjà avant cette époque 
il y avait un orgue à l'église St-Hypolite de Delft. 

C'est ainsi qu'il appert d'un certain document que dans la 
paroisse de Gulenburg fonctionnait un organiste en 1503 et que 
cette année et probablement antérieurement il s'y trouvait un 



— 35 — 

orgue. Culenburg était à la vérité une ville de peu d'importance, 
mais en tout cas plus grande que Scheveningen où il devait y 
avoir également un orgue, à en juger par un acte de 1463, aux 
termes duquel Téglise devait payer Torganiste et le souffleur. 
On y lit : ^ Item die Kerk jaerlicx wytreycken die orgelist drie 
pont grœt en vyf stuivers mit acres daerom. Item die Kerk m>oet 
jaerticx wytreyken die blaser ses pont hoUants en drie stuivers, *» 

Ce n'est pas tout. Nous voyons dans Balen (description de 
Dordrecht), que la chapelle Saint-Pierre ou Paul, fondée en 
1404 comme annexa à la grande église de Dordrecht, avait un 
orgue au xv"*® siècle. 

La cathédrale de Gouda fut détruite par le feu en 1438 et 
Walois (description de Gouda), parlant de ce désastre, dit : 
•• Avant l'incendie on y comptait deux orgues et soixante-douze 
autels. « L*autel du St.-Sacrement, construit longtemps aupa- 
ravant et qui est également cité, fut reconstruit en 1457. 
« Tous les jours un prêtre doit y lk*e une messe basse, 
ajoute l'auteur, en l'honneur du St.-Sacrement Le Jeudi, une 
messe avec une prière au patron. Saint Georges, avec diacres 
et sous-diacres, et avec accompagnement d'orgue et chant. »♦ 

Il est ceii:ain qu'un orgue fut placé en 1479 dans la grande église 
de Hoorn. Cette année-là le petit orgae fut placé au côté nord 
de la grande église, avec le petit escalier, qui est encore considéré 
aujourd'hui comme une œuvre d'art bien entendue par beaucoup 
d'hommes compétents, et remarqué comme tel. Si l'on en croit 
Centen (chronique de Hoorn) le grand orgue au sud de l'élise, 
placé d'après Veluis en 1523, n'aurait été renouvelé qu'alors. 

Visitons les vieilles églises de Bois-le-Duc : Il paraît probable 
que la belle église St.-Jean avait deux orgues au xv"*® siècle. 
Citons Van Oudenhoven : *♦ Dans cette église existent depuis 
longtemps deux excellents orgues, l'un au-dessus du jubé et 
l'autre au-dessus du chœur de Notre-Dame, au nord du grand 
chœur, dans lequel l'évoque ordinait habituellement les prêtres, 
actuellement séparé de l'église et disposé pour l'auditoire philo** 
sophique, etc. « Cette église était «au xv"*® siècle d'une rare 
splendeur, et pendant les troubles de 1566 des Calvinistes elle 
fut tellement dévastée qu'il ne resta que l'orgue, la chaire et 
quelques autres ornements. 



- 36 — 

Il est constaté par une pièce officielle qu'un orgue se trouvait 
à l'église St.-Pierre à Leide Tan 1402. M. Van Rammelman 
Elsevier a communiqué cette pièce, trouvée dans les archives de 
la ville, et il en résulte queClaesBoerken a été nommé organiste 
de cet orgue en 1402. Voici cet intéressant document : 

« Scout Scepen ende Rade der stede van Leyden doen cond ende 
kenlic aile luden dat wi overdraghen sien mit Meestr. Claes Boerken 
on s te dienen in sulken dieosten als hierna bescr. staet. 

» Eerst sel hi bewaren onse Vuercloc also ghewoenlic is ; voert sel 
hi bewaren dit orghel van Sinte Pieters tôt salke hoochtide en des 
sat'dagh in onse Vrouwemisse als betamelic îs na costume derbeilige 
Kercke, mer waert dat jement eerste mis deden jof festa q =posit. 
belde, dair soide bi of nemen' solke beuskbeden als hem gbebuerén 
mocb, bier voir sellen die poortmeestren di bi tiden wesen sullen 
Meestr. Claes aile jair wtreiken van d*stede wegben acht en twintich 
pont payments. Desgbelyx selle die Ooodsbuismeestr. bim aile jair 
wtreiken tme en twintich pont payments te betalen een vierendeel 
van der somme voirs. tôt beilig.= misse aile jaer een vierendeel, tôt 
Kersavônt een vierendeel, tôt Meyendacb en een vierendeel tôt 
Sint Jansdag^ natal. Hier en boven sel de stede Meest Claes 
wtreiken aile jair tôt Kersavônt dat laken tôt éenen roc, jof vier 
pont payments dair ver gbeven. Dese voerwaerde sellen ingaen tôt 
Sinte Jansdag natal, naestcomende ende sel duren vijfjaer lanc 
sonder wederàegghe, dat is te weten dat Meest. Claes bim dese vyf 
jare bim niet verbuyre noeb verbinden en sel vorder dan in den 
dienste voirs. Desgblyx en sellen die poort-meestr. van der stede- 
wegben noeb die Godsbuysmeestr. van=Goodsbs. wegben gbiene 
andre dienre aennemen binnen desen vijf jare van Meest. Claes (ten 
waer dat den Gberecbt dochte dât si niet mit bim bewaert en ware) 
raer tenden der vyf jaren voirs. — Ist dat enicb van den andren 
onslegbe wil wesen, bie sel 't bim te vore seggben, ende een balf jair 
na der wete, sel elx van andren sceiden mogen onbegrepen. — Voert 
sel Meest Claes gbebruke aile vribeden die een poorter van Leyden 
sculdicb is te gebruken ende vri sitten van scote van waerghelde 
ende van Kerckgelde also lang als bi dièse dienst bewaert. In kennisse 
der waerbede bebben we onsen stede zegbel aen dese br. ghebangbe. 
— Gbegbeven in 't jair ons Herr= A®, iiii^ en twie op ten xviii" dacb 
in Mey. « (CiBcilia 1880, i\r» 7.) . D/. KIST. 



— 37 — 

Parmi les orgues construits par des facteurs Néerlandais au 
XV"® siècle, le plus connu et le plus méritant est celui de 
St. -Martin à Groningue, commencé par le savant Rodolphe 
Agricola, syndic de la ville, en 1479. Voici ce qu'on lit sous 
l'orgue : Opuù Rvdolphi Agricolœ ante Annos CCXII. Patrice 
hujus Civitatis Syndici semel iterumque amtuniy ac denuo vetustate et 
inerti refectione corruptum, Coss, et Sert. G. ah gratam memoriam 
Civis sui immortalitate dignissimi integritati pristinœ restitui cura- 
verunt ex. S. C. Ann. Aer. Chr, cioiocxci. 

Nous ne pouvons passer ici sous silence le jugement de Hess, 
relativement aux qualités de cet orgue et à la perfection acquise 
au XV™® siècle ^ans la facture de ces instruments. Le premier 
renouvellement a eu lieu en 1542 et plusieurs changements 
l'ont suivi. D'après ce qu'avance Hess, il faudrait supposer que 
les registres nommés par lui sont tels quels : « J'ai été spécia- 
lement abasourdi, dit-il, de la force et de la clarté du 32 pieds 
prestant, de l'agrément du jeu de flûte 4 p. ; bien que ses tuyaux 
aient atteint l'âge de près de trois siècles. ♦♦ L'appréciation de 
Burney n'est pas non plus sans importance ici : «» L'orgue de 
St-Martin, dit-il, a été fait par le célèbre Rudolphe Agricola; on 
y a beaucoup changé et ajouté dans la suite. Toutefois ce qui est 
d'Agricola, notamment les tuyaux, est ce qu'il y a de plus re- 
marquable. C'est en 1740 que A. Hinsch, à Groningue, acheva 
l'orgue à la satisfaction générale. Nous aurons l'occasion de 
compléter toutes les descriptions des orgues importantes des 
localités ; nous découvrirons sans doute encore un grand nombre 
de villes et villages des Pays-Bas qui possédaient un orgue au 
xyme giècle, ct uous uous eflforcerons de continuer ce travail 
dans les données biographiques. n 

Les orgues dans les Pays-Bas étaient déjà supérieurement 
bien conditionnés auxxv"*® et xvi°*® siècles, et dans beaucoup de 
villes, on en rencontrait deux et même trois dans une église, 
tous confectionnés par des facteurs du pays. Les plus célèbries 
étaient dus à Adrien Pietersoen (i). 

A la réformation des églises, il y avait des plaintes sur le 
bruit éclatant des trombones et d'autres jeux des orgues ; 

(1) Cette indication est peu claire, et le nom propre de ce facteur e£t inconnu. Il s'appelait 
Adrien et était fils de Pierre. . 



— 38 — 

les chrétiens fervents désiraient des harmonies célestes pour 
élever leur âme à Dieu, cat le chant était dominé par les 
accents de Toi^ite, et on perdait totalement le sens^des paroles. 

C'est pourquoi les conciles recommandaient généralement de 
la modération dans remploi de Torgue pendant le chant, ou 
bien que les organistes devaient tout bonnement altérer avec le 
saint exercice du chant. 

Luther aussi était porté à introduire^ l'orgue ; dans un ouvrage 
de ce réformateur publié en 1529 il dit entre autres : ** Auf die 
Orgd soU man die besten gmtiû^n Gesomge sehlagen, ober keine 
weUliehe Lieder hinfort, ^ 

Erasmus, moine, né à Rotterdam le 28 Aoyt 1467, mort à 
Bonel le 12 Juillet 1536, élève d'Obrecht. était aussi un anta- 
goniste des abus de la musique mondaine à, TégUse. Il r/^te.mait 
un chaat recueilli modéré et édifiant. 

La strophe suivante tirée d-un de ses ouvrages, l'indique assez : 
^ Habeant $ane Templa soiennes cantus sed modemtos. « 

En Hollande aussi, à la réforme du xvi"*® siècle l'orgue fut 
banni du service divin. 

Des sentiments analogues à ceux des Calvinistes étaient 
répandus dans les Pays-B^,. et on attribua la suppression de 
l'orgue à cette, réfoirme. Cependant, au cona^aaiencement, raati- 
pa*hie des réformistes contîe l'usage de l'orgue, n'était pas 
générale ;. ce n'est que plus tard que ces sentiments se 3ont dé-» 
veloppés,et il y avait alors une indifférence prononcée contre la 
musique d'orgue. Il est assez étonnant que Jean VerstfOgeUr 
curé et après . prédicant à Garderen (Veluwe), nue fuit aucune 
mention de l'orgue dans son livre qiu traite des Psaumes, imprimé 
chez Magnus van den Merberghe-vaa Oosterhout.en 1555. 

En 1545, Quiringh ^et d'autres marguilliars de l'église de 
Delft, décidêrenii de faire pl«ioer un orgue à la tour, et bien 
aux frais de M. Qiiiringh, 4omt le positif aurait 9 nagistres; uu 
autre clavier se composerait d'un : Daef^ een fieu^te^een^mbety^^m 
gernshooruy een sufflet, een trompei, eti4e een trambUmt tm 
de\ ^leluim diUer wede te spehn (pour faire jouetr le ctarillon). 
M. Quiringh se réservait le droit de fair-e expertiser cet orgue, 
et l'église était obligée de payer un organiste et Tentretien de 
cet instrument. Si l'église désirait la propriété de cet instrument 



— 39 — 

on devait mettre une certaine somme à la disposition de 
M. Quiringfa. 

Diaprés une description qui existe encore, on voit que cet orgue 
était d'un grand luxe, et que le son était tellement agréable, 
qu'on en trouvait rarement de cette qualité. Ces ornements, 
ont été détruits à la suite de troubles religieux. Plus tard un 
autre orgue a été placé dans <$ette église. 

Le synode de Delft résolut en 1638 que l'orgue devait être 
employé comme accessoire. Au-dessous du petit orgue il y 
avait rinscription suivante : 

Laudate Deum tympano e tibia, laudatecumHydraulis e ùrgano, 
(Louez Dieu avec le tambour et la flûte ; louez-le avec la mu- 
sique à cordes et l'orgue.) 

L'influence de la réforme française fat déplorable pour le 
développement de l'art de jouer l'orgue, ce qui fut encore 
aggravé par le nombre de français, wallons et flamands qui 
vinrent se fixer dans la partie du Nord des Pays-Bas. Pierre 
Bloccius né en Brabant, un fervent calviniste et instituteur 
(Rector scholarum) à Leiden, condamnait aussi dans ses écrits 
l'usage de l'orgue. 

Du temps de l'iconomachie ou destruction des images, qui a 
commencé dans les contrées wallonnes, puis dans le Brabant 
et les Flandres, on en voulait aussi aux orgues, et même les 
brigands se servaient des tuy^^u^ dk)rgues en pleine rue. Les 
destructeurs avaient même à Anvers enlevé les tuyaux de 
l'orgue de la cathédrale, qu'ils transportèrent à Gand^ pour atta^ 
queraux sons de leur infâme musique l'église de St-Bavon, où on 
avait enlevé les images et les orgues* {Voir Brandt EisU der 
reform,) 

Cependant dans les Pays-Bas, pendant le piUage des églises 
et le massacre des images, la plupart des orgues ont été con- 
servés, grâce aux soins pris par les magistrats communaux. La 
régence de Middelbourg se vantait au roi d'Espagne' qu'elle 
avait pu sauver de l'iconomachie du 22 août 1566 toiltes les 
orgues de la ville. 

Constatons que dans plusieurs villes, à cette époque, oii a 
supprimé l'orgue dans le culte divin. Le synode 'pi*ovirifeiàl 
de Dordrecht, décréta l'an 1674, Art 50: ' '^ ^' 



— 40 — 

« Aeogaende het spelen der orgelen in de Oemeenten, houd meii 
dat het gansch behoort afgheset te wesen, volgens den leere Paul! I, 
Cov. XIV. 19. ËDde alhoewel men het als noch in sommige deser 
Eercken alleen in't einde der Predicatien gebrayckt, op 't schejden 
^ van den volcke, so dienet nogthans meest om te vergeten ,wat men te 
voreo gehoord heeft, ende is te besorghen, dat het hier naer tôt 
superstitie sal gebruyckt worden, ghelyck het nu tôt iichtvaerdicheyt 
dient ; dewelke so het afgeschaft ware, men soude te Aelmoessen 
bequamlycker aen de deureo in *t nytgaen des volcx versameien, 
dan dat men snlcx in 't midden der Predicatie tôt groote hindernisse 
des dienstes doen moet. ». 

En 1578, le synode sous la direction de Pierre Datheen, ré- 
solut l'exclusion de Torgue. « Dat de Orghelen, ghelyck se voor 
eenen tyd geduldet waren, alsoo met den eersten, ende op 
't aldergevoeglyckste, moesten weggenomen worden. w 

Dans les réunions du synode, en 1618 et 1619, il n'est plus 
question de l'orgue. 

Il est vrai, qu'on avait permis à l'organiste déjouer avant et 
après le service ; cet usage suggéra de grandes difficultés aux 
magistrats des villes. Aussi M. Van Hasselt (Kronyk der stad 
Arnhem) raconte le fait suivant, qui date du 21 juillet 1559 : 

« In dit jaar door de Predikanten een géscfarifb overgegevèn zynde 
aan de Magistraat tegen het spelen van denOrgêl, zoo is verstaan : 
dat op aile tyden als er Godsdienst gepleegd wordt, op het Orgel zou 
gespeeld worden, gelyk in denaburigeProvintien, op|ulketyden, dat 
de Godsdienst daardoor nietgestoord wordt, en isdaarvan aen dePredi- 
kanten kennis gegeven, met byvoeging : dat het Orgel niet tôt den 
Eerkendienst, raaarals eene politieke zaak zonde gebruikt worden. » 

Un certain Dominus Nyken prêcha contre l'usage de l'prgue 
et le^. ^opinions étaient très partagées, sur l'emploi^ de cet in- 
strument. . . , . 

L'orgue alors passa entre les mains des magistrats de la 
ville. Ils nommaient les organistes, et donnaient les instructions 
nécessaires à.ceux-<;i.^ Ces instructions çoiicl^9.ient que l'orga- 
niste ne pouvait se faire enteudrejpendant^.lei service ; qu^ sem- 
lement après la cérémonie il. lui^ était permis, de jouer; de^ îcat 



— 41 — 

instrum^it. Chaqaite semaine, à heure .fixëe, l'organiste était 
appelé à se faire entendre! pour divertir : les membres de la 
commune.: . : - ni . • 

L'usage des jJréliides après le service et: les concerta d'orgue 
àhetoe j8xe; a »|)iris son origine au=xviF^Biôcle.iMalgpéla défense 
dé Vusage de «cet instiniiiment pa^ l8s>synod«s,iOŒi a pui générale^ 
ment «éonsppvêrile go<Ht de Fôrgue; et oU' énpfeça de laonveaux, 
ce 4^i Qût Keu'hotammeiitâ;Mi(idelb0urgj«iEïï';16O2, l'orgue i de 
la nouvelle église dé cette ville fut achevé/'et'bn nomma aux 
frais delà ville, un organiste capable. En 1608, à Goea aussi, 
on)îiaomma un organiste; qu'on paya provisoirement aux frais 
delà bourse des pauvres. Cet orgue fiit détruit par ^llnceiidie, 
le 11 septembre 1618, et un nouvel instrument fut placé en 1641. 

Enfin, malgré l'antipathie de toutes les autorités de: Téglise, 
l'usage de l'orgue se conserva dans les Pays-Bas, et on y con- 
struisit beaucoup de nouveaux orgues* Les organistes- étaient 
nommés aux frais de la commune comme cela se pratiqua àGoesi 
à Middelbourg et dans d'autres villes. - 

Voetius (G.), (p. au Gymnase d'Utrecht) a fait des tentatives 
pour bannir, complètement de Véglise l'usage ^e, l'orgjie, tmais 
le 12 mai 1636, les Magistrat^, d'accord ayec j€i§ marguiUjers 
de Leiden, décrétèrent l'u^^ge de l'orgue pendant, le chant des 
PSîa^meS|. Plusieurs autres yiUes ^uivireiit l'impuls^ï^- donnée 
par, la yille.^^iLeideA.et ce résult,ateût sur les chefs ide; l'église 
un,e grande; influence. En 1636, quan4 cette école prit le titre 
d'Université, il prononça un discours d'inauguratiçjifjihtitulé .: 
Over fie orgelmuzi^k, als geen deel of toevoegsel, uitifnakende van de 
openUykeÉerdiemt (Musicam organicam nec partem, nec appen- 
dicem esse cultus publici, T. I page 592). Il voulait par son 
influence bannir de l'église l'orgue, mais dans un écrit anonyme: 
Èxamenprimae disputationis etc., Voetius fut attaqué rudement. 
En 1637 il répondit à la' critique acerbe par l'ouvrage suivant : 
Thersites heautonti, morœmenos, seuRemonstrantium hyperas pistes 
etc. retusiis. Il accusa l'auteur d'être lin «* sociniaanschen Remon- 
strarit,-^ qui était l'ennemi de l'église reformée. La conclusion 
des écrits de Voetius est, qu'il corisidèré l'orgue, et la musique 
d'orgue, comme ne faisant point partie du culte divin. 
• Le chant d'église laissait à cette époque beaucoup à désirer, 

6 



— 42 — 

^t nom voyons que Forgae fut également admis dans eertainefi 
kxcalités pour amélierer rexécirtion du chant sacré. 

Les critiques publiées à cette époque relevèrent généralement 
Tesprit public et bien en faveur de l'emploi de Ibrgue pen- 
dant le service. Aussi dana une ville importante. Tan 16^, à 
Leidexk, on institua de nouveau l'emploi de l'oi^e dans le temple. 

Honneur aux Magistrats de Leiden, qni assistés par le conn 
histoire, ont les premiers reconstitué Tusage de Torgue pendant 
les Psaumes ! Plusieurs villes stûvirent bientôt l'exemple des 
Magistrats de oette ville, parmi lesquelles nous citerons Délft 
et Dordree}it. Plusieurs Magistrats l'introduisirent sans^ l'iMer'* 
yention des membres du consistoire. 

Le synode de Delft entre autres prit la résolution suivalite 
en 1638 : Het orgelspel wordt gehoudenvoor een midddmatige zaaky 
en wordt omr t^uJMs gelaten in as vryheid van de Kerkeh, 

Ces mesures stimulaient la divergence entre les adeptes de 
l'orgue et leurs ennemis. Malgré la guerre déclarée à un 
des plus sublimes instruments, les Magistrats de Middelbourg 
prirent la décision suivante : 

a 29 Dec. 1640. Synde dan de Heereo, etc., dat twee Predikanteh 
binnen deze stad, uit den naém van de consistoire, haer hadden 
aengeduit, enjait den name, etc. dat men nietkan viuden datdaerin 
èenige onstuehtinge voor de Q-emeente îs gelegen ; maer tôt contrarie 
vêle menschen opwekt en styft uit sin^en, oock ordentelyk singen 
voarcompt ; dàt men daerin tôt het afschaffen niet en kan verstaen, 
maer dat men de orgeiist sal gelasten metalleordentelykbeytensoeten 
toon, daegelyks op de preekdagen, soowel in de week als Sondagh 
tespelen. » 

Les Magistrats de Nymègue aussi accordèrent à l'organiste 
• d'accompagner les Psaumes. Ce fut par arrêté du 10 Août 1662, 
îuais dans les campagnes on avait encore généralement une 
aversion contre l'usage de l'orgue. 

A La Haye aussi des difficultés surgirent, car c'est à cette 
époque que le grand Constantin Huygens publia son ouvrage : 
Ghebruik en ongebruik van 't orgel, in de Kerken der Vereenigde 
Nederlanden, dont la première édition a paru à Leiden en 1640. 
Plus tard, une seconde édition a été imprimée. Huygens a 



— 43 — 

examiné dans cette brochure, s'il faut ou non employer 
l'orgue pendant le service divin, surtout à raison de ce qui se 
faisait à (Jenève et en France, où on avait supprimé cet instru- 
ment, et de relise ai^licane où on l'avait conservé* Ce livre 
offre un grand intérêt, et il a beaucoup contribué à la profusion 
de l'emploi de l'orgue. Huygens propagea son écrit sur mie 
gramde échelle, et des letfareô, lui adressée» par des savants, 
furent publiées sous le titre : Respoma, etc. 

Ces lettres sont de : Casparus Streso et Eleasar Lotius, 
prédicants à La Haye, P. Comelisz, Hooft, Marcus Zuërius, 
Boxhornius, Daniel Heinsius, Casparus Barlaeus, Adolfus 
Vor&tius, G. Voetius, G. Grotius, Louis de Die», Alb. Joachim,^ 
J. Forestus, Jacques Gelius, Jean Polyand^ et J. L, Calandrin». 

A la fin de ce livre se trouve un extrait de la résolution prise 
par le consistoire de l'église de La Haye, du 20 décembre 1641. 

La lettre de Voetius fait connaître qu'il traitera lui-même 
cette grave question, et en 1663 dans son PolUia EccUdaâticay 
ii publia le chapitre suivant : Org<mis et (hntu organica in merû'. 

Jean J. Calckman,. à la Haye, publia une brochure^ fort pi- 
quante contre celle de H'Uygens intitulée : Antidoum. Tegm^^ 
sehrift van *t gebruyck af onffebrwgck van -t orgel (La Haye 1641). 
Calckman déclare que ceux qui ont de nouveau introdi^ l'oi^e, 
sont des idolâtres», t» Ovk de Magisfraten der steden, welke 
het gebruik van het orgel by het gezang hadden ingevoerd^ voor 
afyoden. die aan het uithrytende^ en alsi êfrwgendetot verdee^iâ en 
sckiBuring tussehen orgelisteti en amirorûrgcMsten. » - 

A la fin du xvii"*® siècle et au commencement du xviii"»® 
siècle, on a construit un grand nombre d'orgues en Hoïlande. 
A Leiden d'où est partie l'impulsion de remploi de l'orgue en 
1637, on a conservé à^l'égli^e appelée HêogUmdsche-Ketk, l'orgue 
construit par Gallus^ où on trouve Finscription suivante : 

*• Germanus Galkis, Anno 1637, me fedt. ^ On trouve d'un 
autre côté les armeë (en peinture) des naarguilliers de l'église : 
J»©. V. d. Bergb, Corn, van Dorp, André Clouek et A. van Cor- 
tenbosch. 11 paraît qu'on a voulu consacrer la décision du con- 
sistoire de Leiden, qui eut une si heureuse influence sur le 
déveh>ppement de l'emploi de l'orgue. Puis le chant du Psaume 
150 en uiîage à cette époque Looft den Heer in %yn heyligdom : 



— 44 — 

Looft den Heer met sang en organen, indique suffisamment la 
sympathie publique à employer l'orgue au chant sacré. 

Un autre fait non moins important à relater, c'est que Tannée 
1639-1640-1641 on a construit le grand orgue à Féglise 
StrPiêrre de cette ville. 

C'est à cette époque qu'on a construit des orgues à Amster- 
dam (1652), Alkmaar (1645), Delft (.1645), La Haye (1641), 
Monnikendam (1640), Brielle (1679), Goes (1643), Hinlopen 
(1635), Yst (1653), Dokkum (1668), Rinsumageest (1641), 
Drônryp (1635), Grouw (1654), Anjum (1667),. et Arum (1668). 

Ou peut considérer que pendant les années 1610 à 1773 on a 
renouvelé ôb construit dans les Pays-Bas plus de cent-cinquante 
orgufes pa]if*mi lesquels housi citons : . 

Harlem,' Leeuwârden, La Haye, Zwolle, Amersfort, Deùtichem, 
Dcilfshaven.Bi'eda» Deventer, Dordrecht (grande église) ,Leerdaîn, 
ExLkhuyzen^-.Kampën; Doesburg, Leiden (hooglàndsche Kerk 
renouvelé en 1717), Oor&chot, Naarden, Nykerk, Oudewater (où 
uû orgue a été détruit par les Espagnols), Nootdorp, Noordwolde, 
Purmerend^ Rhenen,> (d'après Hess, selon une ancienne inscrip- 
tion, tîn.orguea été-fait câdéàu par lepape Adriaan d' Utrecht), 
Raam^donck, îtotterdam (église de rEst)^Schagèn, Rosendaal, 
Schieid^m, Terborg, Scheveniaogen, Warnsveld, Weesp, Fies- 
singne, Zutpien, Wormer, puis dans, un grand nombre d'églises 
de Frise. ' 

Au wmmencement^ttxvmfp^siècle on a construit des orgues 
à Amsterdam, (HOO^gtainde église) va Wanswert et Uithuizen. 
En 1701, La Hgye (nouvelle église) et à Groningerbroek. En 
1702, à Sneek et Goes ; 1710, à Zaandam ; 1712, à Edam ; 1716, 
à Bois-le-Dufe (renouv/elé) ; 1718, à Kuylenburg et iOosterbie- 
rujn ; 1719. à Wynaam ; 1720, à Zwolle ; 1721, à Brielle ; 
1722, à Z^t-Bommel et Harderwyk ; 1723, Alkmaar (renouvelé). 
Puis à Utrecht, Maasluis, Gouda, Harlem, Donjum, Leeu- 
waaardeiï, Morra, Menaldum, Klundert, Abbega, Gorkum, Be*- 
verwyk, Bodengraven, Naarden, Hallum, Waspik, Midwolde 
et une foule d'autres. 

En 1773 lorg d'une nouvelle introduction des Psaumes rimes, 
la facture d'orgues prit une plus grande extension dans les 
Pays-Bas, et pn construisit de grandes orgues (1773 à. 1805) à 



— 45 — 

Zierikzee, Hoorn, Nymègue, Zalt Bommel, Dordrecht (Saint- 
Augustin), Bergen-op-Zoom (église française), Oudenbosch, 
Leiden, Maassluis, Willemstadt, Giessen, Sommelsdyk, Axel, 
Harlingen, Damwoude, Drempt, Minnetsga, Leyderdorp, Oude- 
bloorn, Thiel, Appeldoorn, Monnikendam, Loorduinen, Beilicum, 
Roden, Maestricht, Bolsward, Jelsum, Oostmarsum, Ravesteih 
et cinquante-huit autres. 

L'introduction des chants évangeliques en 1806 et 1807, eut 
une influence salutaire sur Tamélioration du chant et sur la 
propagation de Torgue dans les communes. Depuis cette année 
on établit des orgues à Neuse, Poortvliet, Oostburg, Ulrum, 
Opperdôes, Heemse, Dirksland, Bathem, Steenderen, Sprang, 
RÎioon, Hoogkarspel, Aarlanderveen, Fisterwolde, Waddings- 
veen, Boskoop, Epen, GarnVeerd, Koorndyk, Nederlangbroek, 
Rotterdam (nouv. ég.), Aardenbiii^, Zoetemeer, Olst, Berkel, 
Hàllum, Aalten, Appingendam, Oldenzaal, Nyawier, Oostwold, 
Jellum, La Haje (ég. française), Midluni et dans plus de'150 
autres localités encore. 

La Hollande qui ne s'est pas moins distinguée par ses com- 
positeurs au:??: xV™®, xvi"** et xvii"*® siècles (i), a pris une plus 
large part que la Belgique au développement de l'école d'orgue 
et dans la construction de cet instrument. Le lecteur en jugera 
par le grand nombre d'ouvrages historiques, critiques et notices 
biographiques que nous publions plus loin. 

Deux chefs d'école, les organistes Jean Pierre Swelingh au 
xvime siècle, le S. Bach de la Hollande, et Jean Adam Reincke 
au XVII"»® siècle, ont par leur talent régénéré un art qui parais- 
sait condamné à une décadence certaine. Honneur à ces deux 
vétérans qui ont puissamment contribué à la renaissance et à la 
création d'une école qui a formé un nombre d'organistes remar- 
quables ! On peut considérer que Swelingh est le fondateur de la 
grande école d'orgue allemande. 

L'école d'orgue a été jadis florissante, dans les Pay^-Bas, et 
les musiciens-organistes faisaient une étude approfondie de tous 
les détails de l'instrument ; aussi un grand nombre d'entre eux 
ont contribué par leurs lumières et leurs connaissances techni- 

(1) Voir nos ouvrages : Btiai hUtarique etc. et Lei Mu»icieiu Néerlandais, Bruxelles chex 
P. Schott, 1861 et 1S64. 



— 46 — 

ques à la construction et à la glorification de longue. Parmi les 
virtuoses sur cet instrument nous pouvons ranger au premier 
rang : J. N. Lentz, J. Verryst, J. Robbers et B. Tours à Rot- 
terdam ; maître Lambrecht (1456), Berghuis (père et fils) D. et 
C.SchoUàDeIft; Radius et Y. BriiynsmaàNymègue; Swelingh 
(famille), J. et N, Van Nt)ort, H. Rypelenberg, J. Bakker, 
Nouts, Z. Verbeek, Haverkamp, N. Clermont, J. Bodengraven, 
J. Potholt, N. Luly et G. Witvogel à Amsterdam ; G. Havingha, 
et G. De Wit à Alkmaar; A. Ë. Veldcamp, Van Blankenburg 
et Cousin à La Haye; J. J. Van Eyck, J. Wognum, Fischer, 
Retel, P. Van den Bogaert, Andries, Henric à Utrecht ; 
J. Dussart à Harlem ; J. Hess et J. Van der Brugge à Gouda ; 
P. Modens à Monnikendam ; Sombag et N. Woordhouder à 
Leiden ; L. Des Milleville à Bois-le-Duc ; Ramp à Za^heA ; 
J. Bakker àArnhem ; J. Bruininkhuizen àMaassluis ; J. Lustig 
à Groningue ; C. Van Nek à Hoorn ; J. Zeeman et Stookmans 
à Breda ; ces artistes ont pris une part active au développement 
de la facture et de la musique d'orgue dans la Néerlande. 

A Toccasion de la citation des organistes, nous allons déve- 
lopper en quelques lignes Thistorique de Fart de toucher Torjjae. 

Un fait reconnu par tout musicologue, c'est que dans une grande 
partie de nos églises, le jeu des organistes laisse beaucoup 
à désirer. Plusieurs causes ont amené la décadence toujours 
croissante dans cette partie de Tart. Une de ces causes remonte 
aux dernières années du xvi"*® siècle et au commencement du 
xvii"^ siècle. Quand on a introduit Taccompagnement du chant 
par les instruments il en est résulté que Tart de fof'ganiste est 
allé en déclinant, et que la nouveauté attrayante des instruments 
de musique, surtout là où il y avait de mauvais orgues, a 
offusqué le talent de Vorganiste, qui n'avait ni Toccasian de 
briller, ni le goût de se perfectionner dans son art. Il y a 
aujourd'hui encore de grands obstacles à la renaissance de Fart 
des organistes. Cet obstacle principal nous le trouvons dans le 
peu d'encouragement donné à ceux qui cultivent cet instrument 
sublime: les traitements en général des organistes s<mt si faibles 
qu'ils ne sufiisent pas à leurs besoins, et que cet emploi est 
ordinairement considéré comme accessoire. 

Le premier organiste célèbre du xiv™® siècle, fut l'aveugle 



— 47 — 

Francesco Landino ; il naquit en 1323 à Florence, et mourut 
en cette ville Veut 1S90. A cause de son talent remarquable on 
le surnomma: Francesco degli organi. Cet homme de génie, dont 
le père était un des bons peintres de son époque, fut couronné 
de lauriers pendant les brillantes fêtes qu'on donnait en Thon- 
neur du roi de Chypre, qui fut émerveillé du talent du jeune 
Landino. 'Le doge de Venise le couronna poète. 

Le XV™* siècle nous a conservé le* souvenir du célèbre orga- 
niste Anton dagPOrgani, ou Squarcialupi, né à Florence dans la 
seconde ttioitié du xiv""** siècle, et attaché à la cathédrale de cette 
ville. Il mourut en 1430 et est aussi un des plus anciens orga- 
nistes de talent, qui méritent une première place dans ce livré. 
Au XVI™* siècle l'histoire signale G. Frescobaldi, organiste de 
St-Pierre, à Rome ; il fut le premier qui joua la fugue. 

Vers la fin du xvi™® siècle et au début du xvii™®, Amsterdam 
possédait un organiste éminent, Jean Pierre Swelîngh, né 
à Deventer en 1560, organiste à la Vieille-Église d'Amsterdam. 
Il avait appris la musique chez Zarlino, maître de chapelle 
à Fégl'Se Saint-Marc (i) ; on sait que l'école vénitienne, 
fondée en 1527, avait déjà acquis une immense prospérité, 
grâce au musicien Belge Willaert, qui fut aussi maître 
de chapelle de ladite église et professeur de Zarlino. La re- 
nommée de Swelingh, comme organiste, se répandit dans toute 
l'Europe. De tous côtés on lui envoyait des élèves, à telle en- 
seigne qu'il était nommé •* le fabricant d'organistes »». Parmi 
les musiciens célèbres qui furent ses élèves, nous citerons : 
M. Schild, de Hanovre ; P. Seyffert, de Danzig ; S. Scheidt, de 
Halle; J. Schulz, dit Praetorius, de Hambourg; et surtout 
H. Scheidemann, plus tard organiste à Sainie-Catherine de 
Hambourg, qui lui fut adressé aux frais du conseil de fabrique 
de cette ville. 

Le successeur de Scheidemann fut son élève J. A. Reincke, 
également né à Deventer, lequel Reincke fiit le maître du grand 
Jean Sébastien Bach. 

I Arnold Slicht, Smld,et E. Amerba^h, sont les plus aaclana organistes allemands qui an 
XVI" siècle ont publié des compositions d'orgues. 

L'œuvre de Amerbach est imprimé en 1571 chez Jacques Berwakls Kren. Il est intitulé : 
Orgeloder Instrumenta Tabulatwr, ein Nutiliche» Bùchlei», inwêlchen nothwe»dige Erklœrung der 
Orgel oder Itutrumenlen Tabulatur. 



— 48 — 

Plus tard, au xvii"*®- siècle, le plus célèbre des organistes^ 
fut J. Pachelbel, à Nuremberg, qui eut rhonneur iiisigne d*être 
appelé en cette qualité à Oxford. 

L'art de toucher Torgue fit des progrès rapides sous Tinfluence 
de ces hommes d'élite, étoiles qui éclairèrent de tout leur éclat 
rhistoire de Torgue, et d'un grand nombre d'autres musiciens 
de mérite. Mais c'était vers la fin du xvni"*® siècle ,que l'inter- 
vention de l'immortel Jean Sébastien Bach devait venir révolu- 
tionner de fond en comble tout ce qui avait exista avant lui. 

Il n'est que juste d'honorer la mémoire d'hommes de mérite, 
mais quand il s'agit d'hommes éminents, qui ont élevé l'art ou 
la science à une hauteur précédemment inconnue, à tel point 
que les hommes les plus remarquables de notre temps contem- 
plent encore avec respect la position élevée que ceux-là avaient 
acquise ; lorsque leurs œuvres restent l'idéal de la grandeur et 
de la beauté et continuent d'éclairer — semblables à des étoiles 
lumineuses — la voie de développements futurs, la reconnais- 
sance impose à la postérité le devoir de remémorer respectueu- 
sement leur souvenir et de contribuer à rendre leurs noms 
immortels dans l'avenir. 

Tel fut Jean Sébastien Bach, telles furent ses œuvres. Lui, 
qui avait laissé tous ses prédécesseurs dans l'ombre, est encore 
sans égal dans les formes les plus élevées de l'art. Par la puis- 
sance de son esprit transcendant il est devenu le reformatent 
de la musique, spécialement de la musique d'église protestante ; il 
inaugura une ère nouvelle; son école a formé beaucoup de 
grands hommes, notamment ses o;nze fils, qui tous ont été des 
musiciens éminents ; et même les musiciens les plus célèbres 
de ce temps-ci, tels que Weber, Mozart, Haydn, Beethoven, 
Mendelssohn, Schumann et d'autres ont étudié ses œuvres. 

Parmi les organistes qui ont conservé la tradition de l'école 
d'orgue de J. Bach, et qui se sont fait un nom distingué dans le 
monde musical, nous citons: J. Rembt, mort en 1810, J. Krebs, 
J. Kittel, M. Fischer, Ch. Rinck, Fr. Kuhmstedt, Fr. et 
J. Schneider, Hàssler, Umbreit, Mendelssohn, J. Trier, Ritter, 
Becker, J. G. Schneider et tant d'autres. 

Bach avait atteint sur l'orgue un talent inconnu jusqu'alors, 
aussi a-t-il écrit pour cet instrument des œuvres les plus 



-49- 

remarquables, si nombreuses, et si diverses, que peu de com- 
positeurs régalent sous ce rapport. Chacune de ses œuvres est 
distincte des autres comme idée, comme forme et comme 
développement ; . chaque mélodie est nouvelle, fraîche et pleine 
de vigueur ; chaque marche d'harmonie pleine de fougue et de 
force ; en un mot tout est marqué en cet homme du sceau du 
génie le plus élevé et la source d'où a coulé ce torrent d'harmo- 
nies paraît avoir été inépuisable. Parmi ses compositions pour 
l'orgue, celles composées pour le service religieux protestant, 
avec une mélodie chorale pour base, ont une valeur artistique 
spécialement hors ligne et son Clavecin bien tempéré est un chef 
d'œuvre justement apprécié aujourd'hui. Seules elles suflSraient 
à éterniser sa mémoire et aussi longtemps que des chorals 
seront chantés dans les églises, ces œuvres-ci principalement, 
de même que les autres, seront de plus en plus goûtées et 
successivement estimées davantage. 

En un ,mot, J. S. Bach est sans contredit un des plus beaux 
génies qu'ait produits l'Europe à l'époque si brillante de la renais- 
saissance des lettres et arts : Bach joua en Allemagne un rôle 
analogue à celui que le célèbre Palestrina joua en Italie : il 
contribua puissamment à la régénération de la musique et par 
ses œuvres d'orgue et ses compostions grandioses il ouvrit à 
l'art des routes neuves et inconnues : aussi ses œuvres sont 
aujourd'hui le vaie-mecwm et le guide indispensable de tous les 
organistes du monde. 

Les événements politiques qui surgirent au xvi°*** et surtout 
à la fin du xviii™® siècle, amenèrent insensiblement l'abandon des 
études sérieuses de l'orgue. Pendant ces luttes continuelles, où 
les habitants étaient accablés de toutes les horreurs de la 
guerre, le goût de l'art s'éteignit et les commotions politiques 
eurent une influence désastreuse sur le développement de la 
musique en général. 

On peut le dire hardiment, les souvenirs de l'ancienne école 
se perdaient graduellement en Hollande et en Belgique. A l'ex- 
ception, de quelques organistes, on cherchait vainement dans 
le talent. des contemporains un reflet des traditions classiques 
des anciens maîtres. Cependant au xix"*® siècle la pratique et 
le goût de l'orgue semblent revivre, et des auteurs versés dans 

. 7 



— 50 — 

« 

la matière ont publié des ouvrages qui représentent Tart de 
Torganiste d'une manière précise et complète. C'est aux labo- 
rieuses recherches de quelques hommes dévoués, que nous 
sommes redevables de la prospérité du jeu d'orgue. 

Un bienîTait pour la propagation de la musique, c'est l'organi- 
sation des concerts d'orgue en Hollande, qui ont pris un grand 
développement depuis cent ans. 

Ainsi, l'inauguration de l'orgue de Delft, construit par Mitten- 
reyter en 1765 (1** août), fut suivie le 18 du même mois, d'un 
concert accompagné avant, pendant et après le chant, de tim- 
bales, trompettes, cors, hautbois, etc. 

A l'inauguration de l'orgue à l'église luthérienne à Bodengra- 
ven, un concert eut lieu après un sermon analogue à la 
circonstance, de M. J. Hamelau, le 16 avril 1771. Puis on 
organisa des concerts de musique vocale et instrumentale à 
Woerden (5 mai 1768), àZoelen (25 septembre 1768), à Schiedam 
(9 septembre 1773) précédé d'une improvisation sur le Psaume 
cxjLVii par M. H. Certon; à Zierikzee (20 décembre 1770), puis 
à Oostmarson, Oudshoorn, Langueer, Roordahuiznen, Osch, 
Meeuwen, etc. Les organistes qui présidaient à ces concerts 
sont : MM. J. FiscAer à Utrecht, Retel à Woerden, T. Bruynsma 
à Nymègue, Van der Hage de Rotterdam, G. Berghuis à Delft. 

En Belgique à l'inauguration d'un nouvel orgue, plusieurs 
organistes assistent à célébrer dignement, et à expertiser le 
nouvel instrument, mais les concerts d'oi^e ne sont pas admis 
dans les églises du culte catholique ; cependant, ajoutons que 
cette solennité se fait souvent publiquement. 

La musique a toujours eu le privilège d'adoucir les mœurs; elle 
améliore l'homme et par conséquent lé civilise. Nous applaudis- 
sons donc de tout cœur à Hntroduction des concerts d'orgue, qui 
se donnent surtout dans les églises protestantes des Pays-Bas, 
et qui pendant un siècle se sont généralisés jusque danâ les 
campagnes. Cependant c'est là que l'orgue est profané et qu'il a 
besoin de protection. On a en Hollande un seul cours d'orgue, 
à l'école de musique de La Haye, fondé en 1853, et qui est 
confié à M. G. F. Nicolaï, artiste de talent. 

La Société pour V encouragement de Fart mtisical de son côté, 
a déjà fait à diverses reprises des tentatives pour favoriser 



— 51 — 

renseignement musical de Torgue. Ces tentatives datent de 
1832 (1). En 1835, 1838 et 1840 elle a fait de nouveaux efforts 
pour fonder une école d'orgue (2), mais sans résultat. En 1841 
elle avait déjà le projet de créer une classe d'orgu« à Técole de 
musique à La Haye (3). En 1845 elle a proposé la publication 
des œuvres de J. P. Swelingb, puis en 1853 elle institua une 
classe d\)rgue à l'école de musique à Rotterdam» La Société a 
de plus primé ou publié plusieurs compositions d'orgue de 
J. G. Bastiaans, J. A. Van Eyken, G. Welberg, J. Worp, etc 

Des musiciens-organistes tels que H. Dykhuyzen, ont reçu 
l'appui de la Société pour continuer leurs études. 

Il manque en Hollande un établissement pour former des 
organistes de campagne. La Belgique est mieux partagée sous 
ce rapport,: car tous les ans un grand nombre d'instituteurs- 
oi^anistes sortent des écoles normales. 

fl y a dans le§ Pays-Bas, une école normale (4) à Harlem, et 
cette ville possède un artiste distingué en M. Bastiaans pour 
diriger une classe d'orgue. En y instituant un cours d'orgue 
pour un certain nombre d'élèves, nous croyons que cette. école 
fournirait un contingent d'organistes capables. 

Constatons l'évolution importante qui se manifeste maintenant 
partout, et qui est le fruit des efforts prolongés tentés dans 
différentes voies par des musiciens convaincus, et qui ont 
fini par aboutir à l'heureux résultat qu'a produit la propagation 
du goût de la culture de l'orgue. Ce goût se développe, grandit 
chaque jour, gagne de proche en proche, et finira par envahir 
tous les pays qui ne sont pas insensibles aux bienfaits d'un 
instrument le plus exquis de ce monde. 

(1) Plan tôt het oplelden van organlsten. 

(2) Hephaaide doch vruchtelooze pogingen tôt het stlchten eenmr <»vet-schooL ' 

(3) Plan tôt verblndlng eener orgel-school met de Koninklljke muzijk-school ta 
'8 Gravenhage. 

(4) MM. J. Bastiaans et J. H. Overdeok ont fait parvenir en 1848 & l'Institut des Pays- 
Bas» on mômolre sor le perfectionnement de la facture d'orgues et sur une nouvelle con- 
stmctiott. MM. L. Morlts, J. V^ilms, G. Bertelman et J. Van Bree, ont rMlgé un rapport 
sur ce travail. Le but des auteurs est de simplifier le mécanisme de Tongue, et de remédier 
& beaucoup de vices dans la oôimtruotlon des orgues, puis de régulariser la soufflerie- 
M. Bastiaans propose toute une nouvelle construction d'orgues. La commission sur les 
données tiiéoriqUes doit borner ses jugements, mais désire dans l'Intérêt de la facture 
d'orgues,qtte M. Bastlaansirouvera roccasion de mettre en. pratique le fruit de ses études 



,52 



La facture d'orgues en Belgique n'a pas été très prospère à 
toutes les époques, et comme nous l'avons déjà fait comprendre» 
il serait difficile et même impossible à l'historien de rendre 
compte d'une manière exacte de l'état dé la facture d'orgues dans 
notre pays. D'abord toutes les orgues anciennes sont détruites, 
et l'on n'a par-ci par-là conservé dans les archives des églises que 
des plans d'orgues avec devis, qui sont d'une grande simplicité, 
et dont nous entretiendrons le lecteur dans la biographie des 
constructeurs d'orgues. 

La facture d'orgues, il est vrai, n'a pas suivi régulièrement 
en Belgique les progrès que les autres arts ont opérés parmi 
nous. Cependant il y a eu des hommes qui ont donné des preuves 
de leur talent dans cette facture ; ainsi nous citons : J. De Bukèle, 
Brebosch, Golôus, Séverin, Le Blas, Berger, De Ryckere 
(frères), Coppin (le vieux), Forcivil, P. Van Péteghem, J. De 
Volder, D. et L. Dell Haye, Van Overbeek, artistes dont nous 
nous occuperons spécialement dans les notices biographiques. 
Puis MM. Merklin, Hypolite et François Loret, Ruef, A. Clerinx, 
M. Van Péteghem, et d'autres ont placé en Belgique et en 
Hollande un grand nombre d'orgues. 

Le siècle dernier â été pour la facture d'orgues en Belgique, 
une époque mémorable. La construction d'orgues y prit une 
extension remarquable sous la direction d'hommes de génie. 
Le clergé supérieur, les marguilliers des églises, les organistes, 
tous contribuaient au développement de cet instrument, qui 
jouait un grand rôle dans nos cérémonies religieuses, d'autant 
plus que le chant dans nos églises était très défectueux. Les 
Forcivil, les Van Péteghem et tant d'autres ont placé à cette 
époquQ, des orgues d'une remarquable solidité et de grande di- 
mension inconnus jusqu'alors en Belgique, et parmi lesquels nous 
citons ceux de Ste-Gudule à Bruxelles, St-Paul à Anvers, 
St-Rombaut à Malines, et tant d'autres. La réputation de nos 
facteurs s'établit à l'étranger, et c'est ainsi que plusieurs 
d'entr'eux placèrent des orgues en France et en Hollande; 
aussi le grand nombre 4'orgues construits au siècle dernier, 
indique suffisamment l'importance qu'on y attachait. 

Dans les données biographiques le lecteur trouvera des détails 
plus développés sur les orgues de l'ancien temps. 



— 53 — 

La Belgique, pays éminemment artistique, a produit depuis 
plusieurs siècles des noms glorieux dans les annales artistiques 
de la musique. Parmi ces musiciens nous citerons particulière- 
ment : Barrière, homme versé dans la littérature musicale et 
profond contre-pointiste, J. Clément, Adam de Haie, G. De la 
Rue, Hucbald, Josquin Des Prez, Roland de Lassus, J. Van 
Ockeghem, A. Pevemage, C. Rore, G. Salice, J. Tinctor, Verdelot, 
A. Willaert, G. Dufay, G. Garnier, N. Gombert, J. Arkadelt, 
A. Agricola, Th. Créquillon (maître de chapelle de Charles- 
Quint), G. Van Turnhout, J. de Berchem, C. Verdonck, Louis 
Brooman, Ducis, Cornet, Richafort, etc. 

Les ' artistes-organistes de réputation en Belgique sont : . 
S. Van der Meulen, R. Waelrant, Floris Nepotis (organiste de 
Charles-Quint), Bredeniers, H. Liberti (à Anvers), P. Wyckaert 
(à Gand), H. Canalis (à Brescia), F. A. Kempis (à Bruxelles), 
Marscha (à Bâle). Le xviii"*® siècle a produit quelques 
organistes de talent parmi lesquels figurent avec honneur : 
J. Baustetter, L. Boutmy, Magherman, D. Raick, J. J. Robson, 
M. Van den Ghein, P. Van den Bosch, G. Staes, P. Van 
den Driessche, Phil. Walleti, A. Grau, Martin Storne, 
H. Verhaghe, etc. 

Ch. Bumey, dans son ouvrage A général History of Music 
(1776), fait mention de plusieurs de ces organistes qui ont laissé 
des œuvres d'un grand mérite. Chose à constater ici, c'est que 
laBelgique est très pauvre en ouvrages didactiques et historiques 
sur Torgue, tandis que TAllemagne et les Pays-Bas nous ont 
légué des publications remarquables. 

Les quarante premières années de ce siècle ne nous ont 
rien appris sur les progrès de Fart déjouer l'orgue en Belgique, 
où on n'avait pas d'école, et ce n'est qu'en 1842 que commença 
une nouvelle ère pour cette partie si intéressante de l'art musical, 
grâce au savant directeur du Conservatoire de Bruxelles. 
M. F. Fétis créa cette année un cours d'orgue au Conservatoire 
qui fut donné, par un musicien de talent Ch. Girschner, de 
Berlin, organiste non sans mérite. M. J. Lemmens, élève de 
cette école et qui se perfectionna ensuite à Breslau, sous la di- 
rection de feu A. Hesse, succéda à Girschner. Cet artiste, qui 
possède un talent supérieur sur l'orgue, a formé un bon nombre 



— r>i — 

d'élèves-organistes qui répandent dans le pays le goût de cet 
instrument. La création de cours d'orgue dans les sept écolea 
normales des évoques (St-Trond, St-Nicolas, Thourout^ Malonne^ 
Bonne-Espérance, St-Roch et Bàstogne), des deux écoles 
normales de l'État (Lierre et Nivelles) et de la classe d'orgue 
au Conservatoire de Liège, donnée par M. Duguet, n*ont 
pas moins aidé à propager les bonnes traditions de l'art de 
l'organiste en Belgique. 

Puisque nous nommons M. Fétis, révélons un fait qui 
a produit quelque sensation dans le monde musical de la 
Belgique. 

M. Fétis a lu à la séance du 7 mars 1850, à l'Acadén^ie de 
Belgique un premier rapport intitulé : Sur Vétal actuel de la fac- 
ture (Torgvss en Belgique, comparé à sa situ^ition eii AUemagnej en 
France et en Angleterre, 

M. Fétis constate l'infériorité du talent des organistes belges 
et de celui des facteurs d'orgues. Certains soi-disant réforma- 
teurs annonçaient qu'en Belgique aucun organiste n'était même 
en état d'accompagner le plain-chant. Ceci est un peu hasardé, et 
nous pourrions de rigueur réfuter cette assertion. Sauf l'Aile-' 
magne, et peut-être l'Angleterre, la facture des orgues des 
autres pays de l'Europe n'était pas prospère et les perfection- 
nements dans la facture d'orgues nous viennent pour la plupart 
de ces deux pays. • 

Dans une séance tenue en 1856, M. Fétis a lu un second 
mémoire sur la facture d'orgues. Ce rapport a été publié dans le 
Moniteur, et souleva l'indignation des intéressés, c'est-à-dire, 
des facteurs inhabiles, dont M. Fétis signalait l'incapacité et 
l'ignorance (termes du rapport). 

M. Fétis par suite de sa proposition de faire construire un 
orgue en Belgique par un étranger, fut injurié, calomnié même, 
dans les journaux et dans des pamphlets anonymes. On l'accu- 
sait d'être un mauvais citoyen, qui trouvait plaisir à dénigrer son 
pays au profit de l'étranger. Tous, sauf M. Merklin, ont désap^ 
prouvé la déclaration de M. Fétis, et voici comment M. Merklin 
s'exprime sur la conclusion de M. Fétis : « Tout ce qui est là-éedans 
est dur, mais vrai. Il n'y a point à hésiter: la facture belge des orgues 
doit être réformée ; f espère être le réformateur, « Et M. Mericlin 



— 55 — 

visite la France, rAllems^e, l'Angleterre, et revient ** riche 
d'observations, de savoir et le cœur gonflé d'espérance. » Par 
suite de ses recherches, il établit une fabrique d'orgues avec 
une société d'actions, chaussée de Namur, à Bruxelles, où on 
emJ)loyait 200 ouvriers. Plus tard il a conçu l'idée hardie de 
fonder une maison à Paris. 

Dans cette ville il avait à lutter contre la maison Cavaillé-Coll 
et M. Ducroquet, maison fondée par MM. Dàublaine etCallinet. 
M. Merklin a fait Facquisation de cette dernière, où il y avait 
aussi près de 200 ouvriers. 

M. Merklin a fait disparaître l'étoffe mélangée d*étain com- 
mun et de plomb, pour leur substituer Fétàin pur, qui est beau- 
coup plus sonore et plus solide. Il a obtenu à l'exposition de 
Paris la médaille de première classe et cet orgue a été acheté 
pour l'église St-Eugène à Paris. 

M. Hîlarion Esclava, maître de chapelle de S. M. la reine 
d'Espagne, pendant son voyage qu'il fit à l'étranger, a été chargé 
par ï'évêque de Murcie de faire choix d'un facteur pour la con- 
struction d'un orgue de la cathédrale de cette ville. M. Esdava 
fixa son choix sur M. Merklin. Cet orgue, un des plus gigantes- 
ques qu'on ait fabriqué en Belgique, a 4 claviers, pédale séparée 
et 64 jeux. M. Merklin y a placé des clairons harmoniques 
inventés par M. Cavaillé-Coll. M. Schutze beau-frère de 
M, Merklin, mécanicien hors ligne, a tracé le plan de cet 
instrument, et y a fait placw un levier pneumatique, inven- 
tion de M. Barker, et qu'on ne peut appliquer qu'aux orgues de 
grande dimension. 

Nous ne blâmons pas tous les éloges que M. Fétis accorde à 
M. Merklin, mais quand on se pose en réformateur ou en con- 
trôleur des progrès des facteurs d'orgues, M. Fétis, aurait, il nous 
semble, pu développer plus son mémoire sur les facteurs belges. 
C'est cette exclusion impardonnable quia été cause des attaques 
injurieuses contre M. Fétis, car disons-le, tous les facteurs 
exclus du rapport de M. Fétis, ont cru à une association artis- 
tique et pécuniaire entre M. Merklin et ce dernier. Quant à nous, 
nous ne voulons pas pénétrer au fond de la question ; laissons 
parler les intéressés eux-mêmes, blessés dans leur position et 
dans leur avenir. Voici ce qu'un facteur a publié sur le rapport 



— 56 — 

de M. Fétis et sur les éloges qu'il fit d*un orgue construit en 
Belgique (l) : 

« En effet, les journaux faisaient grand bruit d'un orgue de 
32 pieds, qu^on veuait de monter dans un atelier d'un facteur où 
des concerts nombreux étaient donnés comme épreuve d'un instru- 
ment d'église, et où le public était convié à venir admirer ce que l'on 
faisait passer pour un chef-d'œuvre de construction d'harmonie et 
de puissance. Naturellement ma curiosité fut piquée, je ne tardai 
pas à me rendre sur les lieux, pour juger par moi-même de la valeur 
de cet instrument et du mérite des éloges fabuleux dont le saturaient 
les organes de la publicité. 

» Mais malheureusement je fus trompé dans mon attente ; car, 
après un examen attentif, je remarquai dans cet instrument les 
mêmes défauts que ceux que j'avais rencontrés dans les autres 
grandes orgues que j'avais visitées précédemment. Je dirai même 
plus : c'est que ces défauts étaient accusés d'une manière bien plus 
sensible et plus caractérisée. Je m'empressai d'examiner d'abord 
le jeu du bourdon de 32 pieds ; quel ne fut pas mon étonnement de 
n'avoir pu trouver aucun tuyau qui parlât convenablement ; 1 un 
octaviait, l'autre quintait, un autre trahissait une faiblesse telle, 
qu'on l'entendait à peine, d'autres donuaient un son sourd et confus : 
en un mot il n'y avait aucun tuyau dont on pût saisir distinctement 
le ton. Je ne pus m'empêcher de faire remarquer au facteur com- 
bien ce jeu de 32 pieds laissait à désirer. Croyant, sans doute, qu'il 
avait à faire à un ignorant, il me donna cette réponse absurde : que 
ce jeu ne servait que pour soutenir les autres ! Je lui répliquai, à 
mon tour, que, pour soutenir quelque chose, il fallait que le jeu pût 
se soutenir lui-même ; que ce soutien devait être basé sur les prin- 
cipes de l'harmonie ; que, lorsque je prends sur la pédale un ut 
32 pieds, note qui doit servir de base à mon acQord et de soutien 
à mes autres jeux, le tuyau ne doit pas me donner un sol; ou quand 
je prends un ré^ que le tuyau ne doit pas me répondre par un la^ ce 
qui est diamétralement] opposé à l'harmonie. Qu'arriverait-il, en 
effet, si la contre^basse, qui remplit dans un orchestre la même fonc^ 
tion qu'un bourdon de 32 pieds dans un orgue, faisait la même faute, 

(1) Extrait d'une brochure intitulée : Quelqties mots sur la facture d'vrgues, Bruxelles 1^> 
chez Demat. 



— 57 — 

se trompait de note, quintait, octavait, etc. L'instrumentiste serait-il 
bien venu à répondre au chef d'orchestre que la contre-basse ne sert 
qu'à soutenir les autres instruments, et, par conséquent, qu'il est 
indifférent à Tharmonie que l'on prenne un sol au lieu d'un utoxx bien 
un la au lieu d'un ré^ k ces observations on me donna pour réponse 
les rapports élogieux consignés dans les journaux, et dont le .secret 
ne tarda pas à m'êlre connu. J'ai remarqué ces mêmes défauts capi- 
taux dans les autres jeux de fond, tels que les bourdons de 16, et la 
montre dé 16 pieds, etc. 

> Je fis alors de tristes réflexions : je me trouvais en face d'un 
instrumentqui,audire dufacteur, ne coûtait pas moins de 150,000fr. 
Ce prix fabuleux n'avait d'autre justification que l'adjonction 'd'un 
jeu de 32 pieds, sans lequel l'acquéreur n'aurait pas eu plus de la 
moitié de la dépense à faire ; ce jeu devait résoudre le prol}lème le 
plus ardu de Taii; de la facture d'orgue ; sa puissance, sa précision, 
la netteté de seâ vibrations devaient fournir à l'harmonie u-d élément 
aussi riche que majestueux, et je ne rencontrais qu'un échec nouveau 
d'une tentative si souvent renouvelée . L'art, au Ifeu d'avoir fait un 
progrès, était resté stationnaire. Cependant je ne bornai pas mon 
examen à ce seul jeu, qui avait attiré tout d'abord mon attention. 

» Ce qui me frappa encore davantage, c'était de voir que les tuyaux 
du bourdon 32 et tous les autres tuyaux en bois, étaient construits en 
sapin. Voulant connaître la raison de ce que je- considère comme un 
ajt^us. je demandai au facteur pourquoi il ne construisait pas ses tuyaux 
en bQU bois de chêne ? Il me répondit que le sapin était préférable au 
bois dé chêne, parce qu'il produit des sons plus moelleux. De cette 
réponse ridicule j'ai dîi conclure que le facteur ne possédait aucune 
notioi] de physique ni d'acoustique. Il s'imaginait qu'un tuyau 
d'orgue devait être léger et vibratoire, comme la table d'un violon, 
d'un piano ou de tout instrument à cordes, et que, dans l'orgue, 
c'était le tuyau qui déterminerait la qualité du son, ce qui est diamé- 
tralement opposé aux principes physiques; Car il esta remarquer que 
l'enveloppe ou' le tuyau n*est ici pour rien ; il ne sert qu'à séparer une 
partie dair. C'est' la colonne d'air contenue dans le tuyau qui est 
IWîgine du son, et l'air vibre indépendamment des parois dans 
lesquelles il circule ; que cette envelbppe soit de chêne, de sapin, de 
carton ou d'étain, le son sera toujours le même, mais rémission en 
sera déterminée, augmentéeou diminuée selon la longueur, la largeur 

8 



— 58 — 

thi tnyau, suivant son embouchure et «on orifice. G'«st au facteur, 
inais au facteur habile d'en tirer par ses dispositions les qualités de 
sonqu'il désire obtenir, soit doux, soit fort, soit moelleux, soit tran- 
Hshant, 4a ^nalité du son reste toujours indépendante de la matière 
«employée. 

f Les inventions et les pm'feotionnements devaient, suivant ce que 
les journaux et les rapports publiés ju'avaient appris, entrer pour 
une bonne part dans le mérite exceptionnel de instrument que 
j^examinài. Je dois cependant constater qu'à cet égard j*ai fait de 
vaines recherches pour trouver une innovation quelconque. 

< Nous le demandons, en terminant : quiB devient Tart dont lavenir 
est ^confié à de semblables mains, sacrifié complètement aux intérêts 
de la profession, prostitué au contact des opérations qui mettent 
à leur service les moyens les plus déloyaux, les instigations les plus 
viles, la fraude la plus audacieuse. La réponse est facile à quiconque 
sent que les destinées de Tart rappellent à un progrès constant et 
înfatigaiil^ lorsqu'il ne descend pas au rôle infime d'un moyen, mais 
devient un but vers lequel se tournent les instincts généreux du 
cœur, les inspirations sublimes de Tâme et des sentimeuts, Tactivité 
féconde et puissante de l'imagination du véritable artiste. » 

Plusieurs artistes et facteurs d'orgues ont malheureusement 
autour d'eux et dans la presse assez de flatteurs, qui les égarent 
par leurs plates adulations. Mu par un sentiment de réelle 
bienveillance, nous ne les suivrons pas dans cette voie. Notre 
but est de faire connaître la vérité dans tout et pour tous. 

M. H. Loret qui se trouvait en France au moment de la lec- 
ture faite par M. Fétis à l'Académie, écrivit la lettre suivante 
au journal le Diapason, publié à Bruxelles : 

c Monsieur le Rédacteur, 

» En arrivant d'un voyage que je viens de faire en France, où 
j'avais été appelé pour placer des orgues dans les villes de Valen- 
ciennes, d'Avesnes, du Gâteau et dans l'abbaye de Notre-Dame>du 
Oar, j'ai trouvé chez moi deux numéros du Diapason, et j'y ai lu 
avec avidité deux articles de M. Fétis père sur les organistes et les 
facteurs éT orgues. J'applaudis au zèle de notre savant musicographe 
qui sans doute a pour but d'exciter les facteurs beiges à remplir 



— 59 — 

dignement leur mission ; ce zële est tout-à-fait louable et ne peut 
avoir qu'un bon résultat pour Tart religieux dans la facture des 
orgues. Mais M. Fétis est il resté dans le vrai ? n'a-t-il rien exagéré 
dans ces deux articles ? J'en appelle au jugement d'hommes experts 
en cette matière ; quant à moi, je ne crains pas d'affirmer qneM. Fétis 
y a exagéré l'ignorance des facteurs belges, et beaucoup trop exalté 
le mérite des facteurs allemands qui jusqu'à ce jour ont travaillé en 
Belgique. Comme ma réputation est ici en jeu, je vous demande, 
M. le rédacteur, la permission de me servir de votre journal pour 
réfuter les assertions gratuites de notre savant musicographe. Je ne 
serai pas long. Je demanderai d'abord à M. Fétis s'il a jamais examiné 
les orgues que jai placées dans l'église de St- Joseph, dans^ celle du 
Finistère. A-t-il pris la peine de monter à la tribune? A- t-il comparé 
ces orgues avec celles que des facteurs allemands sont venus placer à 
Bruxelles. Je sais que M. Fétis sera obligé de répondre négativement 
à toutes ces questions, et qu'il nous dira franchement qu'il n'entre 
pas souvent dans les églises de Bruxelles. Or, je le demande, que 
doit-on penser d'un savant qui prononce des jugements sur des 
objets qu il n'a point vus, lîi examinés,^ ni comparés ? Je pourrais 
m 'arrêter là pour détruire les assertion» de M. Fétis : mais comme il 
a attaqué mon honneur d'artiste et celui de mes confrères belges, et, 
de plus, qu'iLen appelle au gouvernement pour faire venir des facteurs 
étrangers dans le but de nous donner des leçons dans la facture 
d'orgues, à mon tour, je demande au gouvernement qu'il soit étabU 
un jury chargé d'examiner les orgues qui ont été construites en 
Belgique depuis cinq ou six ans, et qui prononcera, si les produits 
des facteurs belges méritent d'être dépréciés, comme M. Fétis vient 
de le faire. Je soumets toutes mes orgues à ce jury ; si je suis con- 
<iamné, si mes ouvrages sont déclarés uiférieurs à ceux des facteurs 
étrangers,je me soumets d'avance à leur jugement ; mais j'en appelle 
ici à la loyauté, à la bonne foi, -à la justice de M. Fétis ; je demande 
même qu'il fasse partie de ce jury ; je ne redoute aucunement 
l'examen le plus rigoureux ; je le demande, je l'exige, et je somme 
M. Fétis de le demander avec moi. S'il me refuse cette satisfaction, 
je demande qu'il soit regardé comme un calomniateur pactisant avec 
l'étranger et indigne de toute considération. 

» Je demande pardon au public de l'indignation qui, malgré moi, 



— 60 — 

a dû percer dans cette lettre ; le public comprendra que n'ayant pas 
Tusage d'écrire et que me trouvant blessé dans mon honneur, après 
avoir tant travaillé pour apporter dans mes ouvrages toutes les amé- 
liorations qui ont été inventées dansces derniers temps, que calomnié' 
par un homme dont l'ascendant est immense, d'un homme qui n'a ni 
vu ni examiné mes nouveaux instruments, placés à Bruxelles, à 
Avesnes en France, au collège de Brugelette, etc., etc., il m'était 
impossible de ne pas repousser avec indignation ces assertions gra- 
tuites et calomnieuses. Je le devais pour Thonneur de mon pays 
autant que pour le mien. » 

M. Tabbé N. A. Janssen, homme de talent, publia à son tour 
en réponse à M. Fétis, une lettre que sa longueur ne nous permet 
pas de reproduire. Elle est insérée dans le N** 13, 1850 du même 
journal. 

Cette polémique oflTre pour Fart le plus grand intérêt, et 
rhistorien impartial ne saurait rester indifférent à ces discus- 
sions. Ce n'est que dans cette intention que nous la reproduisons. 
En résumé nous ne contestons pas le talent de M. Merklin, 
mais est-il bien réellement le réformateur prétendu de la facture 
d'orgues en Belgique? 

Enfin, constatons que la facture d'orgues a été très • pros- 
père dans les Pays-Bas et en Belgique, aux xviii™® et xix™* 
siècles, et si certains facteurs ont adopté des modes de con- 
structions ou des procédés condamnés aujourd'hui, au moins 
ils ont donné des preuves de leurs hautes connaissances en 
cette matière. Les noms des Forcivil, P. Van Peteghem, 
Golfius, Eckman, Ch. Millier, Galtus, J. Bâtz, Coppin, C. Rob- 
bers. Van Hagebeer, Hoornbeek, H. Hess, P. Van Distelen, 
VanGiessen, Verhofstad, Ruckers, L. Dell Haye, J. Duyschot, 
A. Hinsch, J. Mittenreyter et J. Moreau, doivent être cités 
avec déférence parmi les inombrables constructeurs d'orgues 
que les Pays-Bas et la Belgique ont produit. 



ODVRAGES HISTORIQOES. 



NOTICES ET CONSIDÉRATIONS SUR L'ORGUE, 



PUBLIES DANS LES PAYS-BAS ET EN BELGIQUE. 



Abbink (J. J.), Levensschets van den bèroémden orgelspeler 
Daniel Brachthuizer, Amsterdam, A. Vink, 1832. 

Andries (Jean), violoniste et musicologue à Gand. 

Vorgue,çublié dans le Message^' des sciences historiques à Gand. 

Précis de l'histoire demiisique depuis les temps les plus reculés etc. , 
Gand, 1863, chez De Bùsscher frères. Ce livre traite de l'orgue 
et des organistes. 

Bernoulli (Daniel), docteur en médecine et professeur 
d'anatomie à Basel, né à Groningue, le 29 janvier 1700, mort 
à Basel le 17 mars 1783. Recherches physiques, Mécaniques et 
analytiques sur le son et sur les tons des tuyaux d'orgues différem- 
ment construits. 1762. Mémoires de l'Académie royale des sciences, 
pages 431— 885. 

Beyen (Pierre), carillonneûr et organiste à Nymêgue. Brief 
aan den heer J. Hess, ter geleide van eene nauwkeurige beschryving 
van het nieuw en uitmuntend orgel in de St-Stephanus of groote 
kerk te Nymegen ; beneven eene beknopte uitbeelding der gesteldhetd 
van het nieuw orgel in de Waalsche kerkmede aldaar. Nymègue, 



— 62 — 

A. Van Groor, sans date, in-4^ et 18 pages. Il s'y trouve une 
lettre datée du P septembre 1782. Cet orgue a 56 jeux, 3600 
tuyaux et 8 soufflets. 

BosT (Louise). Het orgel de koningin der instrumentent Cœ- 
cilia, 1853. 

Brahe. Redevoeriiig by gelegenheid der inwying van een nieuw 
crgel. (Dictionnaire de Reynvaan, page 482.) 

Brill (Jean), Discours prononcée Voccasion deVinauguration de 
VorgueàLa Haye, le 21 Mai 1786, LaHaye, Henri Backhuyzen, 
1786, in8°et-60pages. 

BuRMANNUs (François), docteur et professeur de théologie à 
Utrecht. Het nieuw orgel in de Heerlykheid van Catwijck aan den 
RhiJHf den drieengen God toegeheihgt, in eene Leesrede over uitge- 
rsproken op den 20 july 1765. Utrecht, 1765, J. A. Van Toi. 

Calckmann (Jean Jacques), attaché au Consistoire de La 
Haye en 1650, auteur de Touyrage : 

Antidotum — tegen-giftvan H gebruick ofongebruick van 't orgel in 
{le Kerken der vereenighde Nederlanden ; in s* Gravenhage by Aert 
Meuris, 1641, in 8^. (Antidote contre Tusage et non emploi 
de Torgue dans les églises des provinces-unies de la Néerlande.) 
Cet écrit violent a été publié à la suite du mémoire anonyme de 
Huygens, dans lequel ce dernier prétendait que Tmtroduction 
de Torgue dans les églises n'est point contraire àla religion catho- 
lique. Calckmann au contraire condamne l'orgue à l'église, et 
essai de constater que rien n'est plus opposé à l'esprit religieux 
que l'orgue pendant le service divin. L'écrit de Calckmann fut 
censuré le 20 décembre 1641, et la même année il publia une 
collection de lettres qu'il avait reçues de pasteurs des églises ré- 
Ibrmées de plusieurs pays. Ce recueil était intitulé : Responsœ 
jirudentium ad auctorem Dissertationis de Organo in Ecclesiis 
confo&d, Belgii, Leiden, chez Elsevier 1641. in-8®. Ces lettres 
do, plusieurs savants sont très intéressantes pour l'art religieux. 

Ce livre contient des réponses au livre de C. Huygens, presque 
toutes en latin, et de bien des savants tels que : C. Streso, Eleasar, 
M. T. Lotius, P. C. Hooft (avec une poésie), Z. Boxhornius, 
1). Heinsius, A. Vorstius, G. Grotms, J. Calandrini, de Genève 
et beaucoup d'autres. 

La synagogue de La Haye a condamné l'écrit mordant de 



— C3 — 

Calckmann, et cette protestation est même signée de Calckmann 
et des membres suivants : 

Ende was onderteekent, 
Jan Jansz. Calckmann, Samuel Cabeljau, pas- 
tor, Eccl. Hagius, Cornélius Triglandius, pastor, 
id. Henricus Hondius, Ouderling. 

Derx (G.), à Harlem. Handboek voor jonge organisten en andere 
beoefenaren van het orgel, ter verkryging der ontbeerlykste hennis 
van het zelve, Utrecht, chez L. E. Bosch, d'après l'Allemand ,. 
prix 90 cents, 1848. 

De Gervais (Gaspard Joseph). Onderrigting van het orgel 
keuren in-4**. 

DouwES (Nicolas). Grondig onderzoek van de toanen der Muzyk 
etc. 1699. Ce livre contient dans sa deuxième partie des consi- 
dérations sur l'orgue. Chapitre I, II, III et IV. 

Engelbërts. Bydrage tôt de geschiedenis van den staat der 
kunsten en der lux in de middeleeuwen. Amsterdam, Meyer et 
G. Warnars, 1796. Page 813 à 834 ; cet ouvrage traite de la 
musique religieuse et des orgues. 

FÉTis (François), né à Mons en 1784, directeur du Conserva- 
toire à Bruxelles. Rapport lu à V Académie de Belgique, sur les 
manufactures d'orgues ^ de MM, Merklin, Schut^e et comp. Paris^ 
chez Pion, 1856 in 4^ 

Fétis, Th. Fallon A. Fontainas, Stevens, P. Bender et 
J. Lemmens, commission spéciale instituée par M. le Ministre 
de l'Intérieur de Belgique, afin d'aviser aux moyens les 
plus efficaces pour la construction d'un grand orgue à l'église 
SS. Michel et Gudule à Bruxelles. Bruxelles 1859. Rapport 
adressé au Ministre de l'Intérieur, 

Francken (Egide), à Maessluys. Heilig gebruik der orgel ver- 
toont in eene leerrede over Psalm CL vers III-IV, Gedaen op de 
inwyding van *t Maessluyssche orgel, met eene toegift over het ver- 
borgene manna en de witte keursteen. Delft, Pierre Van der Kloot, 
1734, in 8®. Il y a une planche qui représente l'orgue. L'ouvrage 
contient 232 pages. 

Gregoir (E. g. J.). L'orgue en Belgique, série d'articles pu- 
bliés dans la Belgique musicale, revue de Bruxelles. 

Description des grands orgues de Francfort (église St-Paul), 



— 64 — . 

d'Averbode (couvent des prémontrés) et de Parc (couvent des 
prémontrés) ^Belgique). 

La musique religieuse en Belgique, publié dans la Maîtrise, 
journal de musique religieuse à Paris. 

Théorie de Cargue, ouvrage publié àBruxelles chez J. B. Katto. 

Havingha (Gérard), organiste et carillonneur à Alkmaar, 
né vers 1702. 

Oorsprong en voortgang der orgelet, met de voortreffelykheit van 
Alkmaars groote orgel by gelegenheit van deszelfs hersteUinge opge- 
steld, Alkmaar, 1727, chez Jean Van Beyeren, imprimeur de la 
ville, in-8® de 247 pages. Cette histoire de Torgue est divisée 
en sept chapitres principaux. 

Le chapitre III traite des trois petites orgues de cette ville, 
surtout d*un orgue construit par Jean Gonâuentius, puis les 
réparations qui ont eu lieu depuis 1703 à 1704 du grand orgue 
avec une liste des organistes qui ont fonctionné à cette église 
depuis 1602 jusqu'en 1722 et Tétat de cet orgue quand il Ta ex- 
aminé en 1723. C'est un très intéressant ouvrage. 

J. Wognum et iE. Veldcamp ont publié des mémoires 
critiques sur cette ouvrage. 

L'ouvrage de Havingha est un des plus intéressants que nous 
connaissons dans le domaine de cet art. M. F. Hageman de 
Leiden a bien voulu nous prêter ce livre. 

Hess (Joachim) organiste à Gouda. en 1774. Handleiding tôt 
het leeren van clave ciiçfibel of orgel. Gouda, 1769, in 4**, chez Jean 
Van der Kloos. Dispositien der m^rkwaardigste Kerkorgelen in 
Duitschlanden de Nederlanden , Gouda. 1774. Luister^n fiet orgeL 

Korte schets van de aUereerste uitvinding, en verdere voortgang 
in het vervaardigen der orgelen tôt op onzen tyd. Gouda 1810, chez 
Wouter-Verblaauw. 

Vereisohtens in eenen organist, Gouda 1779, in 4®. Handleiding 
van het clavecimbel of orgelspel. Gouda chez Van der Klqs 1792. 

HuYGENS (Constantin), chevalier et seigneur de Zuylighiem, 
Zeelheim et Monickeland, conseiller du prince d'Orange, jçié à 
La Haye en 1596 mort en cette ville en 1687, âgé de 90 ans. 

Ohebruik en onghebruik van "t orghel in de Kerken der Veree- 
eenigde Nederlanden, Leiden, chez Bonavanture et Abraham 
Elzevier» 1640, in 8<*. Unedeuxième. édition a paru fiAu^^terdam 



I 



— 65 — 

en 1660 chez Ârent Grerritz Van den Heuvei, imprimeur dans \ 

la rue Pîeter-Jac5ob-straet. ' 

Hummel(J.), éditeur de musique II Amsterdam en 1760, a 
publié : Ohdérivys am clamer en orgets te stemmeUy d'après l'ou- 
vrage de Fritz, édité e^ 1757 à Leipsidc. Hummel, Stienne ! 
Roger, Michel Lecène, J. Enschedé, A. Steup^ A« Olo&en; j 
Platner, F* Witvogel et J. Swaebe, sont les grands éditeurs 
de musique des xvm^® et xix^® siècles dans les Pays-Bas. 

Jansskn (N. a. abbé), M. Fétis et les facteurs (Torgties en 
Belgique, lettre puibHée dans le Diapason^ Tevue musicale dé 
Bruxelles, 1850. Cet écrit piquant est une réponse au disco^jips. 
sur les i&ctpurs d'orgues prononcé à l'Académie de Bruxelles 
par M. Fétis le 7mars 18B0. 

EEB^EJAvny HeiUg gebrtùk der Orgelen. Dordrecht, P. Ootman, 
in 8^ sans date.' 

KiST (N. C), Het kerkelyke argelgébruiky bifionderlyk in Ifyder^ 
land, Een hidorisch opderwek. In het arckief vaor kerkelylœ ge- 
schiedenisy x® deel 1840. Quelques exemplaires ont été tirés^ide' 
C6 chapitre. 

Id. lets over de kerkelyke orgelmuzyk by de Nederduitscke her-- 
vçrmde gemee/nte te Utreckt, Utiteclit, Kemink et. âU, 1842, 
inW -de 22 pages. 

KiST (A. Ë.), Aanleidingen en oorsprong der orgels. &gmphonia. 

Opmerkingen:voor organislen, Muziluial Tydsckr^^ 1836» avec 
un complément de E. G. Lagemans, rédacteur de ce journal. 

KiST iJ)^ F. G.), Setorgel m 4e Dom-kerk te l^trecht, '184^, 
Oœeilia. IHspositie van het orgel in de St-Nicdai-ket^ te Uiveeht, 
id. Een geschikt en niet kostbaar instrument om hetpedaalte leeren 
bÂspelen.^ m moffdighmd çp het zdve te verkrygen, 1S44, GcRdUa. 

Knock (Nicolas Arnold), docteur en droit en Hollande. Dis-^^ 
pdsitMi.dêr. meii^hëçiiardigste kerk-ùrgdsn, welke^in 4é prminùien 
Frksland, xQr*ù$^ingen^'en elders aa^ngetroffm worden- Crromngue, 
Pierre ûoekèiiia, ITiSS, mÂ^. C'sst un (complément à l'ouvraga 
de ^m 'jLvister van bet orgel. 

KupscH (G. G.), ancien oi^anisté à; iBa4in> (1825)^, établi à 
Rotterdam, a publié dans CœciUa, 1842: lets over het or^elspét in 
Nedeadand. Nog iets over het arge^spelipr ans V&der^md. 

Lemmens (J.), à Bruxelles : Ècolei cfim^gue, iasée ^r le Plains 



— 86 — 

thcaU romaifi, ouvrage très important publié par la maison 
Schott, et qui contient d*excellents conseils sur l'étude de la 
pédale et du doigté de Torgue. 

LooTENS (Guillaume), organiste et carillonneur à Middelboarg., 
Beschryving van het oude en nieuwe orgel in de Groote of Sint- 
Lieven Monster-kerk ier àtad Zterïkxee. Beneffens eenige korte 
aanmerkingen over de oudste orgelen, toi die op dezen tyd, Zierikzee 
pour compte de P. J. Lootens (frère de Fauteur), organiste et 
carilloimeur de la ville de Zierikzee, 1771. Imprimé à Zierikzee 
chez L. Van Zwymvoeren, avec une préface. Petit in 4^ de 
46 pages. 

M. F. Hageman a bien voulu mettre à notre disposition cet 
ouvrage curieux et fort rare aujourd'hui. 

Loret-Vermeersch (François), facteur d^i^es à Malines. 
Quelques mots sur Vorgue, Nouveau Système. St*Nicolas chez 
J. Edom et B. De Cock, 1842. 

Le même ouvrage traduit en flamand, publié chez le mêynoie 
imprimeur, 1842. 

LusTiG (Jacques), né à Hambourg en 170à, mort à Groningue 
^nl796. 

Orgel'proeff traduction de V Orgue de André Werkmeister, 
Amsterdam, A. Olofsen, avec planches in 8^ et 151 pages, 1755. 

MENsmGHA(Jos.), Eligia in organum aedis Martinianae, apus 
Rudolpki Agricolae, Groningue chez Barlinchof, in 4^. 

MsYER (S.), ancien organiste à l'église Wallonne à Groningue. 

Systematisch handJ}oek voor organisten etc., avec onze gravures, 
traduit d'après l'ouvrage de J. J. Seidel, Groningue chez F. Wil- 
kens, prix fl. 4.25, 

Bydragen tôt de geschiedenis van het orgelmaken. CœcUia, 1853, 
pages 89 et 112. 

Herinneringen aan het orgelspel en het onderwys van G. W. Hauff, 
in leven organist te Groningen, genomen ter ontwïkkeling van wer- 
ken voor aankomende argdspelers. Série de six articles fort inté^ 
ressauts pour les jeunes organistes publiés en 1860 dans le 
journal Ca?dlia. Utrecht, Kemink et fils. 

Oberhoffer (H.), organiste à Luxembourg, 

Zur Hebung des Orgelspiels, publié dans la revue de musique 
religieuse CœcUia^ éditée à Luxembourg. 



— 67 — 

Binige Bemerkungen aber Neubouten van Orgeln^ am «« Otgtm, 
des Luxembourg Kunstverein. » 

PiNKBRTON (R.), Kerhdyhe inrigtingen in RusUmd, Harlem 
1817, traite de Torgue. 

PiTscH (C. T.), leU (mer het Piano* en Orgelspet van onaen lyd- 
Ned: Mm. Tyd, 1844, N^ 7. 

Radkker (Henri), né vers 1710, organiste du grand orgaet à 
Harlem en 1734. 

Korte beschryving van het berœmde en prachtige orgel in de 
groote kerk te Haarlem, 1775, chez J. Enschedé et fflb, in 8* de 
32 pages. 

ScHAGEN (Jean), Uitspraak gedaan by de inwydiag?van het orgel 
te Monnikendam den 6 augustns, 1780. Monnikendam, «Eean 
Gorter, 1781, in 8*^ de 77 pages. Cet écrit contient des considé- 
rations exactes sur Thistoire de la musique des Hébreux. 

ScHoocKUis (Martin), naquit à Utrecht en 1614 et mourut à 
FrancfoPt-sur-rOder en 1669. Ce savant fait mention de la- 
musique des oi^es d*église et de la nature du son et de Técho, 
dans deux de ses ouvrages publiés en latin à Utrecht. 

ScHUTTRUP (Evrard), Reàevoering over de nutti^ieid der mu- 
ziek en haren invlœd in den openbaren Godsdienst,. 1755,. prononcé 
à Toccasion de rinauguration de Torgue & Alkmaar: 

VanBbrkhey. Dichtverrukking opdên beroemden arganist 
VogUr^ Leiden 1787. 

Van Blankenburg (Quirin), '( Clavedmhel en orgelhœk dev- 
Psùlmen^ waar in de zelfdenoten die de Gemeente zingt totvUmjende 
maat'Zangen zyn gemaakty in 4^. 

Elementa Musica, La Haye, Laurent Berkosk©, 1739, in 4® de 
200 pages. En deux parties. 

Le chapitre xxviii de cet important ouvrage traite de l'orgue. 

Y m Elewyck (Xavier), amateur de musique à Louvàin. 

Discours sur la musique religieuse en Belgique^ Louvain, chez 
Van Linthôttt et CS 1861. Cet écrit est un extrait des procès- 
verbswix du Congrès de musique religieuse à Paris, tenu en 
1S60. Ces (fiséours intéressant traite de l'orgue. 

Yanden GHegn^ «te. Cette brochure^ icalprimée à Louvain chez 
Van Linthottt, 1862; contient beaucoup de détails sûr lés orga- 
nistes belges du siècle dernier. 



i ■> 



— «8 — 

Hmoireée l'orgue, publiife. daais les Petites Affiches de Louvain. 

Van Gelder (H.), OrgelinivydingsPeden^ Amsterdam, Yntema, 
iirS® sai^s date. 

Van Hasselt. Bedenckens des Kerckerwaeds dezer Gemeenteri, 
ùffiUe repanUién derâr^gelenraèisoem, im hemamàls dieselve it de 
Reformeerten kercken alhier, als eenich deU des Gùdesdien^ tt ge- 
bruicken.. Cette piôoe intéresâSQlte se trouve étos le livte : 
Arnhemsche Ovdheden (Antiquités d'Arnhem), page 345^260, 
aunée 15S9. 

. VanHeuiin (Jean), membre de< 1$ Société des arts et des 
sciences à Utrecht, et professeur de droit à Bois-le-Duo. 

De orgelmaker^ è^helzendee^neuitvœrige beschryffing van aUe de 
V^itrenmwendige deHendeê orgek «te. Cet ouvrage en trois vo- 
lumes contenant 1228 pages in .8^, estito des pluà^^Mportants 
livres publiés en Hollajade . sur la facture d'oi^uesv D contient 
30 belles planches gratées« et Tauteur a traduit en grainde par- 
tie l'œuvre si parfaite de D. Bedos.de Celles. Il contient dès 
données très exactes de tous; les /détails de Torgueet de sa con- 
struction^: ain^i que d'excellents conseils aux oi^anistes, qui 
trouveront un guide sûr dans le livre de M. Van Heum; Les 
chapitres relatifs aux organistes^ sont : ' > 

Onderrigt voor ùrganisteîiy wegéns de behandeluig des ùrgeis^ 

Onderrigt voor de ^eenen, welke een <ytgel wiUen dom\ vervaer- 
digenofrepareren, 

Onderrigt voor de geenen die een ergel moeten opnemen (3°*® Vo- 
lume). L'ouvrage est édité avec soin chez Blussé,etâls à 
Dordrecht, mdcccv. Il est dédié au célèbre prédicateur protes- 
tant Ewaldus Kist. 

Van Loonsma (Stephen T.), organiste à Yht: Muzikaai A, B. 
Boek, ofden organist inzyn leerjaren^ %ynde een kortbegripwegens 
de behandeling v$ai liet clavier of davedmbaliilrspel. Amsterdam^ 
A. piofsen. 1741, in .4^ 42 pages et4 planches. . 

Van Reyn (G.)., (Grçschiedenis, vm Rotterdam. Cet ouvnag^llQime 
une descriptioii /brt ixitéressante du grioid ot*gue de Téglt^ede 
St-Laurent à Rotterdam, dont le lecteur lira quelque fra^Quente 
dans les, notices biographiques.. Plusieurs autres ouwàges 
histpriques.de.ce genre, puldiés epHoll9Ji<l.e,4oni|ei)it quelques 
détails sur les orgues dans les P^ysrBas. , 



— 69 — 

Van Til (Salomon), mort ear 1713*. J^eia^. émg-lHcht^ en 
Speelkonst der Hebreeuwen^ 1692, Dordrecht, chezD. pimsvti^itè 
de l'orgue. - i ■ 

Van Wachten (Ernest) (rédacteur-gérant). De MaatsclÉapp^ 
toi bevordering der i0onkimst en de vetbétering tmn hel nfrfé&pel 
Nederland: NederL Mu:^. Tyds, aûno 1845. 

Van Zuylen (R. A.), savant ar<Aiviste à Boia-IerDuc, A 
publié en 1864 dans le journal De Noord Brabander : 

Het groot orgel in de}iatlfédr$Ml.vain:St-Jan te 's Hertogenbosch, 
description fort intéressante et qui nous a été très utile. 

Veldgamp (^neaB), organiste à La Haye et à Alkmaar 
en 1645. Onderricktinge wegètis eenige iperiodm tég^fts^h^inu^er 
geven in het bœk genasmt; OomjD^pn^ii^r ar^^^doi^tSayiilghai 
in 8^ de 37 p, ayeo 8 planches. Alkmaar 1727,- oli^z; K. Mol. 
Zjofop *t orgfA te Dordrecht^. Dorite^ht in 4% chez .F. Outtûaii» 

VsRSGHUisiLE^ft&XNVAANi. . Catéchisme de nuiNtque. JSeniffe 
gedachten over het woord sela, en raadgevin§.^aan Hnén jongm 
organist, Amsterdam, J. De Jong.etL. Jy Burgvliet, .1787, iaS®. 

Van den Berg (Ahasy^rus)^ ppé^ioant jt Ari^m> M 
xvin"^® siècle. b . . ,^ .-r » 

Ter irmyiHg vt^n het nieuwe orgeP do^t hunne dèorl. ■ M k^imikli 
ho$gheid^ den heere prinse en.n^vf^ùuw de princesse vanvOrange en 
Nassauen enz., aan de kerk teApeldoom gesdu^nkef^^ Apnhem 1780 
qhezP. Byl. • , ^ . ^ . .; 

VoETius. Polit Pocles, T., 1, pÉ^e 595f. ,r 

Musicam çrganicam nec parte^n^ neç ^fpendûe^m esse euHus 
pubUci. , . , , ; . . 

J9^ Or^Ofik^t c«(^ttôor9^mfcow^flkTi8,jP.^ô44. .. 

Vossius (Isaac), néàLeideu en 1618, ip«ort â. Wip^ÇiQr W 
21 Février 1689. Isaaci Vossii,Virijp$çtii^nfi,.qid If^p^êmaitm 
€^u ,^>. mrifyuiS . r^^fin^^ ev:udiiissmfm . ^^psU c(ffnfipentarmmf 
sent^ntiçt^esi pag^ 99» ^it^ :(iei'oi?gir^,u \w ^ :' \ /. v ' \m 

WiAERDA (Hçprji)i eom^il^ f&^^ciiéti^ÎÂli de Sot^opterlwli.^^ 

Nauwkeurige verhandelingi^^ Vmr4^ eev4e : ui^vindingefh^i^'* 
Aj»sti^daça,c]^z I^i^tçr Ande^^^it^ld^ 1733, iiv:8?^333dâ pages. 
Le.phapitrejLXi traite de Tor^pie.. \ :.: , » ^ 

^IT&BNS (J^ p. A;,} Plechtige imt^dingv^ hetini^miOU^ii^ 
de Kerk der Nederfiuitsehe hiBrvçrmde ^emeent^'te. Vianen^ op den 



— 70 — 

30 oct. 1803s Utreeht, cbea la ymiye J. Van Terreen et ffls, I8(M^ 
in 8<» de35 pà^es. . * 

WoGNUM (Jacques), organiste à Âlkmaar, réplique à Técrit 
de Havingha. 

Verdediging van Jacob Wognum tegen de lasterende voor-reden^ 
over de oorspronk en vaottgang der org^eUn^eto^^ chez Nicolas MoL 
AlknÉutr» in 8:^ (sans date). 

ÉCRITS ANONYMES. 

Besdtryinnff'van het groot en uittàv^tend orgetin de Sl-Jans 
kerk ieOmda, Gk)uda ehez* Jean Van der Klos, imprimeur de 
la ville, 1764, 22 pages. Brochure fort rare et jJ^ein dlntérêt. 

Quelques ^ts sur la fadure d^argues^ Brt^elles, 1856, chez 
De Mat^ Êôrit historique, critique e]t analytique sur la facture 
d'orgues ^t priiieipalennient siir un orgue S€«i;i des ateliers d'un 
facteur de Brux^es. : « 

Documents pour servif^ à ' Fhistoire <te' h- facture d^ orgues, 1845i 
Belgique musicale, revue piubliée à Bruxelles. 

Orgues. Les anciens ont-Us connu Vharmonie. Le Diapàsony 
journal demusique publié â Bruxelles, 1852, N** 46 et S2. 

Over hèt ôrgel in de herv&rtndé *3érk te Assen, Amphion, i&W, 
page 120, publié à Chroningue. >. 

G. G. H. lets over eene verbeterde inrigting van orgels met ééii 
klavier. Journal musical, 'Ned. Muz. Tyd. 1843, 

OeschiedkumHge iypgaiae van het ofgelsdeszelfs oorsprong, verbe- 
teringenvolmaking. Publié dansZ)en Gregoriaan, 1835,3°*®anîlée. 

Het nieuw orgelspel'iian "vyf noten, toegepast aan dehieuwe spel- 
lîngvak den zoon tanP, À H. en A. T. Van Acker, Gand, chez 
tes 'i^urà Goesin et M. Bohin, 1817, in 8<^. -^ 

W. S. KorUaeimysingè'dM het tegengiftvan den orgélrbestofin&r 
angésont is. Dura vitant nmUivitiaincontrafmcurrunii AÙcmàa^, 
Jean Van den-Brieli libi^ï^éi 1641> in' 8», 32 pages. 
. *Be ètgànm^ Dân^lé MlàihtM Tyisoknft; 1836. 
-'■'M. 'Féti^^hrm>àrkdplaàà'émm*a^ compà-: 

Um d*orgue, publié dans le/)tflpfl«*]f»(N***i, 8, 5^ et «;^3ô*làtuléôy, 
«^ufnal>iwuëi(ial publie à ©rubcèlteà'c^^^ Scott ist ^«.^'Mïé' fcri- 
ti^u^' sévère ^éc^îtè^^ de* fe"«ï«itt^'(l^!hv savate iftusicieti et' 'Jl'ilii 



— 71 — 

critique fort habile de Bruxelles, a produit une sensation pro- 
fonde dans le monde musical. 

^éditeur a ajouté à ce travail une planche de musique qui 
indique de nombreux plagiats qu*on rencontre dans les œuvres 
d*orgues de M. J. Lemmens. La même critique se trouve dans 
le journal Cœcilia, page 79, 1851, rédacteur feu M. F. Kist. 

Kerk muzyk prgelspelen^ en de Heer Janssen^ Cœcilia^ 1851, 
page 148, 

Het nieuw orgel in de St.'WiUebrordus Kefk te Utrecht^ Ned, 
Muz. Tyd., 1843. 

leUover het niemf . vervoiSLrdigde orgel in de WiUemskerk, te 
Batavia, Néd. Muz. Tyds., 1841. 

Van deargelregisters en derzelver gebruiky publié dans le journal 
Symphoniay 1839, page 74. 

lets overhet keuren van orgels, publié dans Den Gregoriaan, 183& 
page 123. 

Over het regte gebruik en de harmonische zamenstelling en die 
veranderingen der registen. Publié dans Symphonia^ journal 
ni^sical édité en Hollande Tan 1839. 

Oeschiedkundig verslag van het orgel: Idem. 

Aanleiding en oorsprong der orgeU, Idem. 

De imtrumenten. Idem. Ce chapitre traite dé Porgue. 

Een orgel in het hooge morden van Amerikâ^ CcscUia, 185L 



. \ 



LES FACTEURS D'ORGUES 



MÉERLAllDAlâ ET BfiLOIS 



• '•» 



Vm Wli, Laa archives de cette église nqbeutioïKQeat : MeesUsr 
Adrien, orghelstelder voor een baifjaer gngie^enbem t9maf§ed(mkt» 

ADRIEN PiETERSûBN. 'Td.iest le 010111 4-«m lisùcteUr >dV)rgaes 
qu'on trouve dans la deatdiptio?^ deâ)0]tg«a68>de la ville de D^ft, 
qui vivait au. xw^f siècle et. naquit vors 1405. 

ÂdHaan^Ruteri^Qiaà (Aidifi^ii Pietei^ i;|[Ldique« en Hollandais, 
que ce facteur portait le prénom de Adrien et qu'il est fils de 
Pierre. M. Fétis a conclu que ce facteur s'appelait Pietersz 
(Adrien), mais c'est là une grande erreur, et dont nous avons 
aujourd'hui la conviction. On s'aperçoit de suite que M. Fétis 
ne connaît pas la langue hollandaise et par là, plusieurs 
auteurs ont été induits en erreur. Il se peut que ce facteur est 
né à Bruges, (on n'a rien de précis à cet égard), mais en 1455 il 
habitait Delft, ou il mourut de misère à l'hôpital des vieillards 
vers 1470 à un âge avancé. 

L'orgue de la vieille église de cette ville avait 23 jeux. 

A l'église de l'hôpital il y a un petit orgue de 10 jeux, placé 
par le facteur Morlets en 1656. L orgue de l'église française de 
2 claviers, pédale séparée et 18 jeux, a été construit en 1696 par 
J. Duyschot, et examiné par Dirk SchoU, organiste de la nou- 
velle église. C'est le recteur Boudens de Delft qui en fit cadeau. 



— 73 — 

Les organistes connus de la vieille église sont : 1 Janvier 1609, 
Corneille Schoonhoven, auquel succéda son fils Jean Schoon- 
hoven; 4 Juillet 1637 : Conrad Van Stroonburg, mort ^n 1(687; 
1668 : Jean Van Koetsveld fut adjoint à son fils; l'^ Mars 1687 : 
Corneille Jan SchoU; 8 Février 1773 : Michel Ad. SchoU, 
2® organiste qui fut nommé plus tard organiste, puis Arnold 
Van Grauwenhaan, 2® organiste. Ce dernier remplaça J. Van 
Koetsveld. Son fils Samuel Van Graauwenhaan lui succéda. 
Jean Sloos le remplaça, qui quitta en 1830. Pierre Kersbergen 
lui succéda. Celui-ci quitta en 1835 Téglise nouvelle. Alexandre 
Klerk le remplaça. 

Anneessens (Pierre H.), actuellement facteur d'orgues à 
Ninove a construit une centaine d'orgues dont la plupart sont 
d'une petite dimension. Il a été chargé de l'exécution d'un 
grand orgue à la beHe église d'Alsemberg (près Bruxelles) que 
nous avons expertisé il y a quelques années, et dont la soufflerie 
laissait beaucoup à désirer; cependant il y a quelques bons jeux 
dans cet orgue qui contient une pédale séparée. 

Après notre expertise ce facteur a remédié à plusieurs défauts 
de cet instrument. 

Il a placé des orgues de 2 clav. , de 25 à 48 registres avec 
pédale, et un grand nombre de 10 pieds dont la plupart ont 
15 registres. Puis un certain nombre de 8 pieds avec 10 à 15 
registres. 

Anneessens-Teurrekens (Charles), fils du précédent, s'éta- 
blit en 1863 à Grammont. 

Dans une circulaire publiée cette année, M. Anneessens an- 
nonce qu'il se charge de la réparation et de l'entretien des orgues. 

M. Anneessens a perfectionné certaines parties de l'orgue et 
déjà il a entrepris plusieurs instruments nouveaux ainsi que des 
réparations importantes. 

t Anthonis (Maître), à Anvers, qui eii 1524 (1) accordait et 
remaniait les orgues à la cathédrale d'Anvers. La même année 
une personne du même nom "était souffleur de l'orgue. Nous 
ignorons si c'est la même. En 1530 le même Anthonis a reparé 
ces orgues. En 1537 il conservait encore ses fonctions. 

(1} Betaelt aen Meester Ânfhonis die d'orghelen stelt ende onderhoudt voor zyn gagie. 
(Extrait des Ai'cliives de la cathédrale \5Î4]. 

10 



— 74 — 

Anthony (Jules), à Gand, a refait l'orgue de la cathédrale de 
St-BaTon en cette ville, Fan 1617 ; il paraît que cet orgue a 
subi de légères réparations, du moins à en juger par les sommes 
minimes y consacrées. 

AssENDBLFT (Pierre et Jean, père et fils), facteurs d*orgues 
renommés à Leiden, au siècle dernier. En 1770 ils ont construit 
un orgue à l'église luthérienne de cette ville (i), composé de 
2 clav., 20 jeux et pédale accrochée. La firme Assendelft a 
construit un excellent orgue pour M. Krayvanger à Delft, de 
2 clav., 17 jeux et pédale séparée. M. Berghuis toucha cet 
instrument une fois par semaine et reçut du propriétaire des 
gages annuels. 

Assendelft entretenait les orgues à Delft en 1777, année qu'il 
se démit de cet entretien. J. Duyschot était accordeur des 
orgues dans les églises neuve et ancienne en 1694, et reçut 
pour ce travail fi. 50 l'an. 

Bader (Daniel), d'origine allemande, fecteur d'orgues à 
Anvers en 1600, fut membre de la célèbre Œlde de St. -Luc (2), 

On n'a pas de renseignements sur Bader, qui se fixa plus tard 
en Allemagne. 
4 Barbe (Antoine) à Anvers, qui accordait (3) les orgues en 1613. 

Bâtz (Jean H. H.) et non Baitz comme dit M. Fétis, bon con- 
structeur d'orgues né à Frankenroda (Saxe) le 1®*" janvier 1709 
où son père était instituteur. De 1729 à 1733 il travailla dans 
les ateliers du facteur Thieleman, à Gotha, et se rendit après 
en Hollande, où il prit part à Texécution du grand orgue de 

(1) Notts faisons suivre un résumé sur les orgues k Leiden. Il y avait en cette vlUe à 
l'église St-Flerre un orgue au xv"* siècle. 

Le 26 août 1566 les orgues de l'église St^Plerre ont beaucoup souffert du pillage. Un 
petit orgue placé du côté sud du chœur, a été transporté l'an 1733 à l'église Mare Kerk. 
Ce petit Instrument date de 1629, et sera bientôt reconstruit. En 1512 lors de l'écroulement 
de la tour de St-Plerre, on a pu sauver l'orgue. 

Le grand orgue de St-Pierre a été b&ti de 1639 À 1641, et renouvelé en 1773 et 1808. On a 
conservé dans les archives le plan primitif de cette église. 

(2) La conl'rérie St.^Luc, dont les privilèges datent de 1434» fut supprimée vers 1795. 

(3) Betaelt aen Meester Antoine Barbé voor een Jaer gagie dorgelen te stellen. (Xxtniit 
des Archives.) 

1^ confrérie Notre-Dame fut l'ondée en 1478 et les services commencôfent le Vendredi 
12 Février de cette année. Le prlnclp:il fondateur est M. Jean Tlegelere. Parmi ces mem- 
bres on remarque en 1644 Au. Ruckors, Joan Boots, J. B. Govaens, probablement musicien» 
9t fa 'teurs de la ville. 



— 75 — 

Harlem, placé par MûUer, dont il était lé plus digne élève. 
Après raehèvement de cet orgue en 1738, il se fixa à Utrecht. 
Cet homme estimable sous tous les rapports mourut en cette 
ville dans les bras de sa famille le 13 décembre 1770, après 
avoir achevé le grand orgue deZierikzee. Il eut deux fils, Gédéon 
Th. Bâtz (né le 6 juin 1751 à Utrecht) et Christophe Bàtz, qui 
vu les circonstances difliciles de l'époque n'ont rien produit de 
remarquable. Les fils de ce dernier Jonathan Bâtz et Jean 
M. G. Bâtz continuèrent après leur mort les affaires. Christophe 
Bâtz mourut entre 1795 et 1800, et Jean Bâtz naquit le 11 mars 
1790, et mourut le 19 novembre 1836. 

Voici les orgues de Jean H. fi. Bàtz : 

1755. Gorinchem(l), grandeéglise, un orgue de 3 cl. et 32 jeux. 

1768. Beuschop, de 2 clav., 27 jeux et pédale, examiné par 
J. P. Fischer et Retel. Un brillant concert eut lieu à cette 
occasion. 

Woerden, église des mennonites. 

1765. Utrecht, Idem, de 10 jeux. 

Vianen, église française, 1 clav. et 6 registres. 

Utrecht, église catholique, 1 clav. et 8 registres. 

Stomwyck, église catholique, 1 clav. et 8 registres. 

Heusden, église française, 1 clav. et 9 registres. 

Amersfoort, église luthérienne, 1 clav. et 9 registres. 

Benshoek, église réformée, 1 clav. et 11 registres'. 

Oostarhout, église reformée, 1 clav. et 11 registres. 

Tilbourg, église reformée, 1 clav. et 11 registres. 

Yselsteia, église reformée, 2 clav. et 19 reg. 

Utrecht, église mennonite, 2 clav. et 10 registres. 

Hoorn, église reformée, 2 clav. et 18 registres. 

Woerden, église reformée, 2 clav. 27 reg. et pédale séparée. 

Gorkum, église reformée, 3 clav. et 32 registres. 

La Haye, église luth., 3 cl., 59 reg. et pédale séparée* 

Zierikzee., église réformée^ 3cL, 46 reg. et pédale séparée. 
Cet orgue coûta fl. 19,500. Il y a environ 32 ans, il a été la priiie 
des flammes. M. G, Lootens a fait une description très détaillée 
de cet orgue. Il a été construit en 1770. 

(1) ïl se petit que tous les noms des communes ne soient pas exactement notés, car b^aa- 
coup de cea indlcwttoîis ont 6té UliBibloment écrites par nos estimables cerreeponUantti. 



— 76 — 

L'orgue de Zierikzee était un des plus anciens de la Zélande. 
et fut construit en 1549 par Henri Niklaassen. Il paraît 
que quand cette ville a été' livrée aux Espagnols, ce n'est 
qu'à de grands sacrifices qu'on a pu sauver cet orgue au pil- 
lage en 1576. Il y avait encore un orgue plus ancien du 
côté droit de la chaire, mais on n'a aucun renseignement sur 
celui-ci. 

L'orgue construit en 1549 avait 2 clav. et 19 reg. Beaucoup 
de registres étaient en plomb et il y avait 4 soufflets. L'orgue 
était en général criard. 

G. Lootensà Maassluis qui en 1760 remplaça A. F. Grooneman 
(nommé à Goes), à l'église de Zierikzee, trouva l'orgue dans un 
état convenable ; c'est Peuscheur père et fils d'Anvers qui ont 
entretenu pendant nombre d'années cet orgue. 

M. J. De Gruytters, carillonneur à Anvers, était appelé en 
1763 pour l'entretien de cet orgue. C'est en 1763 que Lootens 
s'établit en qualité d'organiste à Middelbourg, et son frère 
J.P. Lootens lui succéda. L'an 1764, M. De Gruytters nettoya et 
mit l'orgue dans un bon état ; cependant quelque temps après, 
l'orgue était tellement délabré, qu'il n'y avait presqu'aucun re- 
gistre qui parlait convenablement. M. De Gruytters ne se con- 
naissait pas dans l'art du facteur d'orgues. C'est en 1765 que 
l'habile facteur J. H. H. Bâtz fut consulté, qui fit quelques 
réparations. L'année suivante l'organiste Lootens était chargé 
d'un projet d'un nouvel orgue, qui fut enfin adopté en 1768 et 
confié au susdit Bâtz. L'ancien orgue n'a plus servi dès 1770, 
mais pendant 201 ans il a été en usage dans cette église. C'est 
le 30 juin 1768, en présence des frères Lootens, qu'un plan 
fut arrêté, composé de 3 clav. et 46 registres. Le 5 juillet le 
contrat fut signé pour la somme de fl. 19,500, plus les frais de 
transport, feu et lumière et autres accessoires. L'orgue devait 
être achevé en trois années et demie. L'architecte Jean Van Es 
en avait la direction quand au plan du jubé, Jean Dekker en 
était le menuisier, Mathias Van Nojen plaça les six colonnes 
sous le jubé. En 1770 déjà Bâtz commença le placement sous 
la direction de J. P. Lootens, puis de son frère G. Lootens, qui 
étaient chargés de l'expertise. Le 11 décembre 1770 commença 
l'examen de l'orgue-qui dura jusqu'au 17 du même mois, et que 



— 11 — 

les experts ont trouvé supérieur dans tous ses détails. Il y avait 
3108 tuyaux et 9 soufflets. 

Bàtz déjà en 1769 était maladif, et malgré son état faible il 
tenait à accorder lui-même, l'orgue de Zierikzee. Voici comment 
Lootens raconte le dévouement de ce facteur : « Hy was sinds 
eenigen tyd meer en meer onpasselyk, zelf zoo, dat hy om zoo 
te zeggen stervend zyn orgel stemde, tôt dat hy, ganschafgemat, 
op Woensdag den 5 December, schier dood van 't orgel naer 
zyn logement wierd gedragen. In dien toestand resolveerde hy 
om zig na Utrecht te laten transpoirteren : Sulks wierd onder- 
nomen op de volgende Zaturdag, na veel sukkelen kwam hy 
's Woendags by syne familie te Utrecht, en de volgende dag, 
zynde den 13 December 1770 overleed dees beroemde kunste- 
naar, oud 61 jaaren, 11 maanden en 12 dagen. »» 

Bâtz peut être classé parmi les meilleurs facteurs du 
XVIII® siècle. 

Voici les dernières lignes du livre de M. Lootens sur cet 
orgue, et son auteur : 

«* Dus blykt onwedersprekelyk, dat de maker zoo wel 
in 't een als ander, met de uiterste zorg en attentie, hier ailes 
heeft in 't werk gesteld, wat tôt deugd, tôt luister en cieraed 
in een orgel kan verstrekken, en daar in gelukkig is geslaagd ; 
nietten onregte beklaage dan aile waare orgelkenners met my, 
de dood van dees groote en vermaarde kunstenaar die met het 
voleindige van dit uitmuntend werk, het einde van zyn leven 
heeft gevonden ; dog de naam van J. Bâtz zal nimmer sterven, 
maar steeds totby hetlaatste nageslagtmet eer en roem vermeld 
worden. « 

Batz (Jonathan), né à Utrecht, le 5 Février 1787, était fils de 
Christophe Bàtz et petit fils de Jean Henri HartmanBàtz. Après 
avoir reçu un bon enseignement littéraire dans un pensionnat 
de la Gueldre, il manifesta un grand désir, — à Tâge de treize 
ans — de s'appliquer à la facture d'oi^ues, et bien chez son oncle 
G. T. Bâtz dont il fut et resta plu» tard le soutien pendant les 
moments difficiles qui précédèrent la restauration de 1815. Le 
V^ Janvier 1820 Bâtz eut le malheur de perdre son oncle et , 
bienfaiteur ; mais Tindustrie, se développant insensiblement, le . 
mit bientôt à même d'étendre de plus en plus le cercle de ses 



— 78 — 

travaux, et d'agrandir la renommée de la firme en solidité, de 
même qu'il la faisait estimer de plus en plus par ses progrès 
scientifiques et sa probité. 

En 1826 la firme subit quelques changements. M. C. G. Witte 
s'y associa, de façon qu'en 1834 une véritable compagnoniiage 
s'était formé. 

Depuis, un nombre considérable de nouveaux travaux ont 
été effectués de même que des restaurations importantes ; en un 
mot cette période fut vraiment productive. En négligeant le 
grand nombre des restaurations opérées par cette firme, la liste 
des orgues nouvelles qu'elle a livrées sufiira amplement à dé- 
montrer son activité et sa célébrité. Orgues nouvelles : 

Helvoetsluis, église réft)rmée 1820. 

Nieuwenhoorn, id. id», 1821. 

Weesp, id. id. 1823. 

's Graveland, id. id. 1824. 

Harderwyk, id. id. 1827. 

Amsterdam, église luthér. 1830. 

Utrecht, au Dom 1831. 

Bois-le-Duc, église réf., 1831. 

Amsterdam, Institut des aveugles, 1831. 

Utrecht, église cath., 1834. (Porte de Waardpoort.) 

Paramaribo, église luth. , 1835. 

Amsterdam, église cath., de Krytberg, 1836. 

Zaandam, 0. Z. église des Meiinonites, 1838. 

Delft, église réf., 1840. 

Batavia, Willemskerk, 1841. 

Mydrecht, église réf., 1842. 

La Haye, salle gothique de Sa Majesté, 1842. 

Amsterdam, Amsteikerk, 1843. 

Zeist, église réf., 1843. 

Woerden, église luth., 1846. 

Harmelen, id. id., 1848. 

Déjà di^uis plusieurs années Bâtz était atteint de la goutte, 
dont les accès pendant l'hiver fureat trôs-graves les deniièi'es 
années de sa vie, ce qui l'empêcha de plus en plus de prendre 
une part active aux travaux de sa maison. Toutefois son actiYité 
l'emportait sur la soufiranoe et il continua de coopérera la 



--- 79 — 

facture des orgues jusqu'à ce que la mort vint, le 18 juillet 1849, 
enlever ce digne artiste, qui était en même temps jm modèle de 
loyauté. Le choléra, qui exerçait ses ravages à cette époque 
Tarracha à sa famille éplorée, à ses amis, à son associé Witte 
et à tant d'autres qui l'estimaient profondément. 

Les orgues de ce facteur sont bien exécutés, et faits avec 
beaucoup de sôin. Les matériaux sont d'une qualité et d'un choix 
remarquables. 

Berckmans (Léo Joseph), fils de Ferdinand Berckmans, hoi- 
loger, facteur d'orgues et mécanicien habile, né à Anvers en 1750, 
Après avoir habité Schooten (Anvers), il s'établit à Merxem (i). 
Il a construit un petit orgue de 8 registres, acheté pour Téglise de 
Wyneghem au commencement de ce siècle. M. De Volder a 
refait cet instrument en 1827, qui il y a environ six ans, a été 
acquis par M. Mondt, facteur à Anvers, qui l'a restauré pour 
l'église des Rédemptoristes, à Anvers. M. Berckmans décéda à 
Merxem le 27 décembre 1812. C'était un facteur médiocre. 

Berger (A, J.), facteur d'orgues au siècle dernier à Bruges 
a construit dans les Flandres un grand nombre d'instruments 
parmi lesquels nous citons celui de Blankenherghe de 4 pieds 
placé en 1763. 

BiNViGNAT (J.), qui habita Maestrioht en 1812, et plaça un 
grand nombre d'instruments dans la province du Limboui^ 
hollandais et dans la. province de Liège. Il était français. Son 
fils lui succéda mais s'occupa plutôt de la facturé de pianos. Ce 
dernier mourut en 1849. 

BocHÉ (J.), à Nivelles, construit en 1789 l'orgue à Dieghem 
(près Bruxelles) composé de 3 claviers, 32 reg. et pédale 
accrochée. Les jeux de fond de cet instrument ont parfaitement 
réussi. On a aussi de bonnes org\içs de oefacteuràVilvorde, 
Machelen et Crainhem, pTovince de Brabant. 
^ BoBMAJNs (J.), facteur à .....fut chargé en 1626 delà construc- 
tion d'un nouvel orgue à l'Oise collégiale de Lierre, pour lequel 
il reçut fl. 975, et une pièce d'étoffe pour sa sœur défi. Ig. 
(Ënde eenen doeck voor syne suster van 12 guldens). Boeman^ 

(1) L'ancien orgue de Meixem a été placé à Hautem. On a trouvé sur un des tuyaux que 
cet orgue était construit par un Joueur de cor de la famille Geelhand. (Een horenblazer der 
famille Oeelhand.) 



— 80 — 

avait la faculté d'employer les tuyaux de l'ancien orgue. (Met 
voorwaerde van tei appliceren de pypen van de oude orgei die 
nog passeren kunnen en ook meer andere registers daer in te 
stellen, midtsgaders eene kleyne orgel diènende tôt den stoel 
volgens contract). (Extrait des registres de Téglise). En 1627 
François Péris a été chargé par le chapitre de l'exécution du 
grand et petit buffet, pour la somme de fl. 850', puis 11. 27 pour 
les sculptures en bois. 

Cet instrument dont un joli buffet ornait la belle église de 
Lierre, a été vendu à la fabrique de l'église de Nieuwmoer 
(Anvers) qui l'a fait renouveler. Il y avait de bons registres de 
fonds à cet orgue, qui depuis cinquante ans avait subi plusieurs 
réparations. Depuis lors il a été restauré par J. Kerkhof, et a 
maintenant 20 registres avec pédale séparée, et peut être classé 
parmi les bons orgues de la province d'Anvers. 

Voici la liste des maîtres de chant dé la grande église de 
cette ville, qui a quelque mérite pour l'archéologie : 

1436 : Rase, prêtre, à qui on doit un Antiphonal ; 1595 : Guil- 
laume Nick, prêtre ; 1648 : 7 août, Jean Hesuis ; 1651 : 3 jan- 
vier, Henri De Bey ; 1659 : Jacques Moons, remercié le V août 
de cette année; 1660: 9 janvier, Vincent Ddsart; 1660: 10 mars, 
Jean Gallez, prêtre ; 1670 : 19 septembre, Pierre Hacoult ; 
1673 : 3 février, Jean Exters, prêtre, décédé le 20 Novembre 
1708^ et non en 1808, comme nous avons dit dans notre ouvrage 
sur Les Artistes musiciens Belges ; 1709 : 16 août, François 
Goutier, prêtre ; 1741 : Jean Schupkens, prêtre, qui renonça à 
ce poste le 15 décembre de cette année ; 1742 : Guillaume 
Gommaire Kennis, admis le 2 mars, et qiii renonça à sa place le 
28 novembre 1749, pour occuper le même emploi à l'église 
St-Michel dé Louvain î 1749 : 19 décembre, Oger, remercié 
de ces fonctions le 14 mai 1763 ; 1763 : 3 juin; Christophe 
Drymans, prêtre, qui décéda le 20 octobre 1797, au moment de 
la fermeture des églises ; 1802: Gabriel Ceulemans, qui renonça 
à son poste en 1814 ; 1814 : Joseph Bogaerts, qui est encore 
maître de chapelle, et qui est le doyen des musiciens de la 
Belgique. 

L'organiste actuel de cette église est M. Jean Verstylen, 
lauréat du conservatoire de Bruxelles. 



— 81 — 

Bosch (Apollon), facteur dans les Pays-Bas, a placé en 
1679 un orgue à Briel de 3 claviers, 18 jeux et pédale accrochée. 
Le facteur Moreau de Rotterdam Ta perfectionné en 1722. 

En 1685 il travailla avec Gerrit Van Giessen à Torgue 
d'Amsterdam. Voici les inscriptions de ce dernier orgue : 

Côté sud : Memorie van dit orgel. Anno 1540 ù dit orgel aan 
irie Meesters besteed^ en Anno 1567 geheel vemieuwdt door Mees- 
ter Pieter v<m Uttrechty en met eenpositiv ofrugwerkjvermeerdert, 
en dot van zuUcen heerlyken geluid, datgeen Meester oait dorst 
bestaan zoo goet daar by te leveren^ tôt Anno 1685 Appoloni Bosch, 
en Gerrit Van Giessen inplaatze van %yn gestorven Meester Nildaas 
Van Hagen (vieille église). 

Côté nord : Dai nôch met 5 registers van dien eigen aard heeft 
vergroot. Maar heeft hy Gerrit Van Giessen nu de kunstigste Mees- 
ter Anno nOOdaaren boven ookeenvry pedaal in dot werk gemaekt 
bestaande uit 5 registers, zoo dot dit orgel nu heeft 40 registers, etc. 
« Bossus (Hans), facteur d*orgues et de clavecins à Anvers, en 
1550, fut reçu membre de la célèbre Gilde de Saint-Luc. 

C'est lui qui fut chargé de Texpertise des oi^es à l'église 
St- Jacques à Anvers (154^ construites par Jean Verdorick, 
organiste-constructeur d'orgues. Il était accordeur de cet 
instrument. 

, Brbbos ou Brbbbos (Gilles), excellent facteur d'orgues à 
Anvers en 1560, année qu'il accordait les orgues à la cathédrale. 

Brebos a été pendant nombre d'années accordeur des orgues à 
la cathédrale. Il était membre de la célèbre confrérie de St-Luc. 

Voici ce que nous extrayons des archives de la cathédrale 
d'Anvers (1576) : 

•» Betaelt aen.M' Brebos van donderhouden van Dorgels voor 
een jaer gagie. »» 

A. Smits, autre accordeur, succéda probablement à Brebos. 

Gilles Brebos a été chargé de l'exécution d'un orgue pour 
compte de la chapelle de la confrérie Notre-Dame en 1572. 
Voici la disposition de cet orgue, extraite des archives : 

Bovenwerk : prestant 8 voet, octave 4 voet, cymbale, octave 
fluit, cornette of nacht horen, ghemsen horen, de stemmeken 
(probablement voix humaine), schalmeyen. 

Kas. Achter den rug : prestant 4 voet, holpype 8 voet, super 

H 



— 82 — 

oetave, qymbale, ^«topte fluit, schiefelet (probablement flageo- 
let), coppele fiuyteii' 4 voet, eromlioreD 8 vôet, tremblant, nach- 
tegaél, timbale, moesele^ 

On a conservé à la cathédrale les contrats passés avec Van 
Distelen (1609), Hans Suys même année, et Brebos. 

L^engagement de ce dernier fait mention de sa demeure : 

Mi GHUes BreboSj in den Wittm Beér, Jode ik'aet. 

Le iacteur 4e clavecins Bossus, était chaîné de surveiller les 
travaux. 

Servaes Van der Meulen était Forganiste de cet oi^e, et il 
figure dans le contrat. Les maîtres-servants, Vincent De Smit 
et Simon De Decker, payèrent à Brebos la somme de 390 florins 
de Bral)»it pour le nouvel orgue* ' 

On confia à Brebos la construction d'ua nouvel orgue à 
révise StJacques à Louvain (i), en 1560. Cet orgue remplaça 
celui d*un nommé DàniëL U coûta fl. 300 de Rhin. Plus tard 
Brebos Faugmenta de 4 registres, moyennant une somme de 
florins 30« Le même facteur fut ensuite chargé de la restauration 
de l'ancien orgue construit par un facteur nommé Daniel, auquel 
il ajouta un R^mgtwl et un TtmUHmr, 

L*an 1572 les maîtres-servants Vincent De Smit et Simon De 
Decker, chargèrent ce facteur de réparer Tintérieur de Toi^e^ 
détérioré par les Calvinistes. Il re^ut pour ce travail 330 flw de 
Bva3»aat. 

Cet orgue placé derrière la chapelle n*a pas subi plus tar4 le 
moindre endommagement, de la part des fastidieux. On attribue 
laconservation de cet insb^ument, à la vigilance de Torganiste 
de cette époque, Servaes Van der Meulen (artiste qui jouis- 
sait d'une grande réputation) ^ qui clandestinement s'était allié 
aux Calvinistes, et rehaussait par son talent ^q 1681 les prédi* 
cations et assemblées des réformateurs. Quand la paix fut ré- 
tablie, les maîtres-servants reçurent du prince de Parme, 
Alexandre Farnèse, l'ordre de destituer cet organiste. 
> Bremsbr (Blasius), à Anvers, qui en 1671 plaça un nouvel 
orgue à Féglise Ste-Walburge à Anvers. En 1797 cette église 
a beaucoup souffert pendant la tourmente ; depuis cette année 

(1) L'orgue de St-Mlchel, à Lonrain qui provient de l'abteye d'Uerkenrode, et qui Ait 
placé en 1706, était uû des plus grands du pays. 



— sa — 

OR n'y a plus fait de service, et an Tavait transfoi^mée en ma- 
gasin. En 1817 elle a été démolie. 

L'église Ste-Walburge datait d'environ 660 et fut bâtie par 
St-Amand. 

Bremser ^it en 1674 accorâleur des orgues de la cathédrale. 

Breindbnfeld '(Henriy, à Trier (Prusse), né en Westphalie, 
qui a eohstruit des orgues dans le Luxembouiî^hoUahdais. 

Dans le Luxembourg hoUandais Tart de jouer l'orgue n'a pas 
atteint un haut degré. C'est le facteur Breidenfeld qui dans les 
derniers temps a placé un orgue à Notre-Dame à Luxembourg, 
de 2 claviers, pédale séparée et 30 registres. Puis cEesi orgues à 
Pfaffenthal, à Ëttelbruck, à Ësteriuich, à Grrevénmacher et un 
oi^e de 7 reg. placé en 1857 à l'école normale à Luxembourg, 
oùTorganiste Obberhofer est chargé de Fensetgnemèirt musical. 

La plupart de ces orgues sont de très bonne construction. 
M. Sonreck, facteur à Cologne, a construit un instrument pour 
Téglise St-Jeaa à Luxembourg de 2 clav. et 24 reg. H y a onze 
orgues dans tout le duché, et en général tous ces instruments 
se distinguent par la supériorité des soufflets; les jeux de fonds,, 
et les intonations en sont très justes. M. Thinnes, organiste à 
.Ëttelbruck, se distingue aussi parmi les rares exécutants sur 
Forgue du duché de Luxembourg. 

Câchsux ou Casseuk (Corneille), à Ârras^ a été chaîné en 
1732 de Texécution d'un nouvel orgue à Tfaielt, acheté en 1737 
pour la somme de 650 livres grand courant. 

Le 17 avril il a été examiné par G. De Brabandere, maître- 
organiste de St-Salvator à Bruges, et P. Schepers, maître 
organiste et carillonneuràGand.Ce dernier rencontra quelques 
défauts, qui ont probablement été remédiés par le susdit facteur. 

Lucas Hellebuyck était Torganista de cette église. 

Cacteux a construit l'orgue de féglise à Waereghem en 1734, 
qui a 1 clav. et 16 reg. Il est d'une excellente harmonie. Puis le 
même facteur a placé des orgues à Aïachelen, à Ste-Walburge 
h Bruges, et beaucoup d'autres. 

M. C. Van Houtte de Waereghem, nous écrit que Cacheux 
paraît être décédé par suite d'avoir avalé un araignée en accor 
dantrorgue de Thielt. 

I^é meilleur orgue de Oachôui! est celui de Datdizeele. Il a 2 



— 84 — 

claviers et 18 r^g. sans pédale. L'organiste de cette église 
M. Blancke, mérite nos éloges en propageant la bonne musique 
d'orgue. 

CoNFLUENTius (Jean) ou Hans Van Coblents, excellent 
constructeur d'orgues, dans les Pays-Bas au xvi"^ siècle, qui en 
151 1 a construit un orgue à l'église St-Laurent à Alkmaar. 

Corneille van Herk, bon organiste à Alkmaar, a fait les vers 
suivants sur Torgue de Confluentius : 

Over de voortreffelykheid des orgels. 

lie ! door dit heerlyk werk niel stil verbeeld den heemel ; 

Dil lieifelyk geluyd ons hert bewegen moet. 

Slond iemand ooit verbaast op *t zien van *l Lucht geweemel, 

AI deez* verandering noch duyzend maal meer doei, 

Hoe komea over een de pypen, die maikander . 

In lengle en falzoen gantsch niet gelyk en zyn. 

De kringen cven eens des Hemeis, de een door de ander 

Vàst loopend ioopen, en elk sterre geeft haar schyn ; 

Aanschouwer ziet gy bief zoo veele guide mohden ? 

Weet, ieder brald den lof des Heeren krachtig uyt. 

U Is Alkmaar niet genoegveel volks Lof te verkonden, 

Zoo deze plaatze ook niet laat hoorea zulk geluyd. 

ALKMAAR. — INSCRIPTION DE L'ORGUE PAR JEAN MUHELLIUS 

REGTBUR. 

Anno Domini 1511. 

Calendis Maji sonabat Quatn graphicè vaiio melici modulamine 

cantus Hoc sortait artifid machina puisa manu. 

JOHANNIS CONFLUENTINI Opu^. 

C'est en peu de mots l'éloge de l'orgue qui fut inauguré en 1511. 

Ce facteur était plus connu sous le nom de Jan van Coblentz 
(Jean de Coblentz), et peut-être était-il natif de la ville de ce nom. 

Dans une petite église d'Âlkmaar on bâtit un orgue en 1535. 
Nous faisons suivre l'historique de l'orgue d'Alkmaar. 

L'orgue de St-Laurent à Alkmaar à été bâti quelques années 
avant celui placé en 1511. r 

On ne connaît pas exactement l'époque du placement des 
anciennes orgues à Alkmaar. La chronique de Egmont (1) nous 

(1) Anno 1506. ViGésimo Octavo die Biartli anttqua quœdam structura, vulgari nomin* 
die Sehu^t appeUata ; et duo Organa antiqua in Templo Alcmariensi Incendie conflagrantur 
sed nova ejus Templi structura miraculose illaesa permanslt. Chron. Egmont. Bf . S. 



— 85 — 

apprend que deux orgues ont été la proie des flammes à Téglise 
St-Matthias. 

L'orgue de Confluentius avait un clav. et 7 jeux et 38 touches. 
En voici les jeux : Prestant, 6 pieds, HolpgpG p. Octittf.' 3 p. Flûte 
3 p. Cretnshoom un demi p. Mixtur seherp. On y a ajouté plustard 
une trompette. Cofluentius y ajouta peut être à la même époque 
un second clavier composé de : Holpyp 6 p. Rohrfluit 3 p. Octav. 
1 l/2p. Octav. un demi p. Finalement on y construisit une pédale 
(trompette) de 17 tuyaux. Il y avait 3 soufflets de 8 pieds de 
longueur sur 4 de largeur. En 1703 (23 juillet) Jean Duyschot 
Ta reparé, travail qui fut achevé le 28 janvier 1704. M. Havingha 
a publié le contrat passé avec le sieur C. Van Herck et J. Duy- 
schot. Les examinateurs étaient : Eg. Veldcamp, H. Bakkerus 
et G. Kempher. En 1561 on construisit encore un petit orgue 
dans la grande église de cette ville ainsi composé : Ptèstant 6 p. 
Holfhdt 6 p. Octav, 3 p. Gemshoom 1 p. Syffkt. Mictuur. En 
1614, sur Tordre du Bourgmestre, L. Bckmans a entrepris un 
grand orgue, pour lequel il employa les tuyaux du «usdit orgue. 

Un troisième petit orgue à la chapelle fut construit en 1535. 
On n'en connaît pas l'auteur. Il se trouvait du côté nord de cette 
église. Il avait 7 registres, et 3 soufflets. J. Van Hagebeer l'a 
déplacé à la grande entrée en 1656. L'orgue conserva cette place 
jusqu'en 17(H, et fut reparé par J. Duyschot en décembre, 
après qu'il eut livré un devis au Bourgmestre. Ce travail coûta 
fl. 500, et pour diverses dépenses il reçut encore fl. 25. Il y avait 
7 jeux et 103 tuyaux y furent ajoutés. Les examinateurs 
E. Veldcamp etH. Bakkerus, dans un rapport au Botirgmestre, 
demandèrent à suppléer un cornet et une pédale. En 1706 
J. Dùyschotle compléta ainsi pour une somme defl. I00.Le22mar^ 
1706 les organistes H. Bakkerus, Veldcamp, C. Van Herk 
et C. Kempher ont dressé rapport très favorable sur ce travail. 

En 1724 l'orgue de la chapelle se trouva de nouveau dans un 
très mauvais état. Le 19 janvier 1726 le bourgmestre P. Scha- 
gen signa un nouveau contrat avec P. C. Schnitger, qui s'en- 
gagea à le mettre en bon état pour la somme de 1910 florins. 
L'orgue avait alors 14 jeux dont un vox humana. Ce travail 
fut approuvé le 9 novembre 1726 par C. Van Herk, G. Kempher, 
6. Havingha et J. C. Wils, tous organistes. 



— se ~ 

Clbrij^x (Arnold), à St-Troad, élève de Van Dintei-, père, 
né à St-Trond en 1813, s'occupe de la construction des orgues 
depuis 22 i(n&. Sous le rapport de la solidité ses orgues ne lais- 
sent rien à 4éwer, Un d^. ses plus grands orgues qui a 2 clav. 
30 reg, et péd^e séparée so< troiive à Tégliâe St-Jacqu^ à Liège. 
Dans cette yille il a placé plusieurs instruments à St-Nicolas, 
à^St-Oroix. St^Martin €flK:. M. Clerincxaplacé près de 45 orgues. 

GoQL.(^.) àjLeiden, à la fin du xvm"'^ siècle a construitrorgue 
àB Téglise française à Rotterdam, composé ainsi : 

P^ clav. U reg., 2^^ claT. 7 reg. pédale séparée, 6 reg. dont 
un bourdon: de 1j6 pieds. Oet instrument n^ c<mtient aucun JQii 
d'anch^qu'onpiâsse citer. 

Ije elAviei? a^éoctaves. Il y a deux registres d*accoupleme(nt 
Cet instrumeiït a été commandé en 1708; îl. y avait ajprs le 
manuel p^inpipal et pédale, h Moreau d^ Rotterdam a ajouté 
en 1755 unçlaviar. A. Wolfeçts à Rotterdam (en 1779) et F. G. 
Beineman ^n 1804) (mi fait des réparations à cet orgue. Frie- 
dericbs ia Goiida a: réparé en 1816 les clavjiers et les équerres 
(winkelhaken). En 1865 M. Witte d*Utrecht sera chargé de 
placer à cette église un nouvel orgue* ., 

Les organiste? connus dp cette église sont : 1 janv. 177Q au 
l$août l&ll, J. Robbers5 1811 à sept. 1833, J, B. Bremer; 
1833 à sept 1354 §. Pe Lange, père ; 1854 au 1 mai 1863, 
J , Bremerv ôls; 1863, S: De Lange fils. 

M. Cqo;^ a construit en 1710 à Goea» uiv orgue de 2 clav. 
38 jeux et-péd. séparée. 

CoKNELts 'GfiBBTs;^, à Ùtrecht en 1534, reçut ppur accorder 
et piour avoir travaillé aux tuyaux de Torgue du Buur^Kerki â. 
La même aiUBée il répara le petit orgue de la confrérie fie la 
Vieiige Oit reçut 6 fl« 7 sou^. Ce mattrereçiit eu 1536 des margnU^ 
lersde Tégli^ Bmr-KeTk, il. 15, pour avoir pl^ des trompettes 
el^un second registre. i 

En }543ce:fjstcteur.r^Q|i|tà{ Tav^ncf p^e aon^e de fl. 135 (i), 
puis une sepondie de^ 11. ipQ. On a d^ftÉw;t rorg^e.à réglise JSî«^- 
KéviùoiàTm- man^i$i>er Ë4 Wyertsjs et ^cm ouvrier reçurent 4 0. 

(1)1513 Jimgegevèn M. CénuUê^eèàèêx.^u^itèbkafÊitt^pÂe ftdmit MM U gtUt Mf ef ttteimakkn 

ll&gL ifiompX de la VUl^i ' . / ' \ 

1547. Rek. Si-Nic. Kerk. Nofih betaêlt vooir ComelU ùeertMÎ., den orgelmaker van éat wpl 
ende van de nawerk. taamm'lSS gl. (BTMDs <MmManl<|oée8 par feu M. F. Klst)- 



— 87 — 

pour avoir travaillé pendant 16 jours. L'année suivante le con- 
structeur a encore reçu il. 80. Les organistes Michel Van 
Groenenbttpch et M*^ Gyébert ont expertisé cet orgue et Font 
approuvé: Après l'approbation de ces orgaiiistes on a payé au 
fiadteut* une somme de il. 125, &t à ses deux ftls 6 florins. 8 sous 
comme cadeau. 

L'organiste Vari Scayc et le pfrisur <tes prédicants ont égale- 
ment émis un avis favorable sur cet inôtimmènt. L'an 15*7 Cor^ 
neilis Geertsz reçut encore une somme minime, puis fl. 186. 
Michel et Peter (probablement les deux organistes déjà nommés) 
ont reçu pour l'expertise chacun 22 sous. ' Les ressources de 
l'église étaient insuffisantes pour payer ces sommes considé- 
rables, et une commission fut chargée de faire une quête dans 
les caâipagnes. £ht daarmn êene commissie 'Ma$t werd cm met em 
wagén ap het land rcmd te rydein, ten einde bydragen voar hét Ut- 
rechtsche orgel te verzoeken. Cet orgue était alors dans un bon 
état. Les appointements des organistes avait déjà bien accru, 
ptiisqu'en 1551 l'organiste reçût une somme de il. 24. Pour 
l'entretien de cette année, Cornelis reçût fl. 1. En 1560 l'orga- 
niste eut les honoraires de fl. 24 par semestre, et les enfants de 
chœur étaient déjà en usage. Il y en avait seize. Ce facteur 
vivait encore en 1549. 

Cors Quyttns, à Utrecht, né vers \è milieu du xvi® siècle, 
accorda en 1579 l'orgue à l'élise St-Nic<das dé cette ville, et 
reçut 35 s. cette année. 

•> Is alsoe het voom. posityff met de kerk nu onld^igs te wUten, 
depypen vol kalkwaters geloopen waren, en dot Cors Qupynsz 
wederom gesteld heeft 35 st. »» Extrait des archives de cette église 
par F. Kist. En blanchissant l'église ♦ les tuyaux s'étaient remplis 
d'eau de chaux. ' 

^ CoucHET (Jean), à Anvers, accordeur dés oi^ues à la cathé- 
drale de cette ville en 1644, succéda à là famille Ruckens 
dans cet emploi. Dès 1641 il fit partie de la célèbre gilde de 
St-Luc. En 1646 il fit des réparations importantes aux orgues 
de la chapelle Notre-Dame à Anvere. 

* Daneels, à Anvers, à la fin xv™® siècle, a été chargé de l'exé- 
cution d'un orgue pour l'église collégiale de Lierre en 1694. 
(Extrait des mémoires de l'ancien chapitre Royal de cette église). 



— 88 — 

-* Davids (Guillaume), à Anvers en 1710, fit des réparations 
aux orgues de la cathédrale de cette ville en 1734. Davids suc- 
céda comme accordeur des oi^es de la cathédrale à J. Forcivil. 

En 1726 M. Dell Haye reçut une somme de fi. 30 pour des 
réparations jt Torgue de cette église. Ce dernier plaça à Torgue 
du St-Sacrement un bourdon pour la somme de fl. 76 en 1728. 

Davids a placé un , orgue â Wetteren en 1722, et fut maître 
du célèbre Pierre Van Peteghem. 

Le même facteur construisit un orgueàHemixem,quienl775 
•fut placé par M. Van Peteghem au couvent des religieuses de 
Velseque (Alost). Il reçut pour ce placement une somme de 
fl. 300. En 177911 y ajouta une trompette et unvoxe humana. Les 
troubles ont été cause que cette réparation n'a pu se terminer 
qu'en 1794. Un organiste, père Cicdiaen, récoUet, accompagnait 
M. Peteghem pour expertiser l'orgue. Cette restauration coûta 
fl. 439. Ce facteur mourut vers 1727 à 1728. 
M De Bukele ou De Beukele (Jean), facteur d'orgues célèbre 
à Anvers, né vers 1430, artiste q«i jouissait d'une grande re- 
nommée. Il est mort à Anvers en 1504. Ce facteur a placé 
beaucoup d'orgues même en Hollande. Il était plus connu squs 
la dénomination de Meester Jan van Antwerpen. 

On trouve dans le livre des comptes de l'élise neuve de Delft, 
un facteur d'orgues sous cette désignation. Il fiit chargé de 
remanier l'orgue construit par AdrieiiPietersz puis amélioré par 
Zwits en 1479 et 1480. Il ^ y plaça des tuyaux, des tiroirs et de 
nouveaux soufflets et travailla au déplacement des orgues. 

Dans les anciens temps on désignait ordinairement dans les 
livres des comptes les artistes et les hommes de métier, et 
«urtout dans les Pays-Bas, sous la dénomination de leur pro- 
fession en y ajoutant le prénom. Ainsi on indiquait Jan d'orgel- 
maeker, Pieter de schilder, etc. 

De Bukele accordait et entretenait les orgues dans la cathé- 
drale d'Anvers (i) en 1493 jusqu'à sa mort. 

De Bukele construisit en 1479 le premier orgue de Delft (2). 

De Bus (Maître) à Bruges au xv"*® siècle, accordait les orgues 

(1) Aen Meester Jan d'orghelraaker voor het orghel te onderhouden. 

(2) Gemaekt door een Meester oit Brabant genaamt Johannes, welke daar voor gehad 
h«eft 95 Wilhelmus en fô Phillppus Schllde. (Extrait de Vouvrage de G. Lôotens.) 



— 89 — 

I 

à relise St-Jacque<s de 1487 à 1494. L*imiûée 1488 il reout pour 
une année de gages 4 se* gr; » î '>i. ., >. . î 

M. Bossaertiarchiyiste à Bruges, nous sigiiâle; que depuis 
des siècles il y a eu à Bruges des faet^rs d^orgues, mais les 
livres dés comptes de £a ville et des diartes ont été Ji»rtflés en 
1280, à llncendie du Beffroi, et on ne peut officiellement trou- 
yer des pièces à l'appui de cette assertion. ' 

De Bus (Josse), à Audenaerde, a construit un orgue eniS05 
àréglise derhôfâtal Notre^Ddime. en cette ville. Il aècKyrdait 
annuellement les orgues à Tégiise Ste-Walbui^è. : .; - 

Voici les musiciens attachés à Téglise Saiûte-'Wialburgfe à 
Audenaerde. Primitivement les organistes étaient des eodlé- 
siastiques : . . 

Gilles Van Aspere« le plus ancien oi^smiste cité dafis les 
coi9apltes.de Téglise. Iltouchalesdeuxorgues.Delmi^e^ natif d^Au^ 
dehardei, (rtBfmplaoa dès Tâge de 13ans le précédent. Il fiiti^doré 
prêtre en 1547. Delmiere fut carillonneur et se démit, de se^ 
fonctions en faveur de Maes. (Michel), musicien de taleirtl* 
1696 : Jean Van Loon, maître dé chant. 16Q9. : Etienne Van^ 
Milt, quilui succéda. Van Lint(J. B.) organiste -en 1726. i)e 
HoUander né à Lille, en ......; it vint à Bruges où il était atta- 
ché à l'église St^-Jacques. En 1734 on le nomma maître dechant 
àSte-Walburge^ U décéda à Audenaerde le 13 avril 1749. On a 
coiiservé de ce maitre instruit 7 Regina Cœli, 16 Saltïe Jiegitia, 
\Z AlfHai et 12 Am Begina. Adriea Gauquiei^, de Granimont, 
organiste en 173&; Henri 'De Bruille le. remplaça en l/fS8L 
Guillaume Christ, organiste en 1745.Treel8v.oiiga2iisteeii\Vi... 
Rochefort (Pierre Nlcdlaô), néàHuy»;.iBaaître de «hant à la 
collégiale de Termonde, devint orgâjaÂste à Ste-Walbi^rgë 
en 1752. Cet artiste^ donna sa démissionii ses âppointemëints 
(75 fl. de ïëglise et 50 de J^ viUe) à'étâiit pas en rapport lâveb 
le service. Ma^x (Charles), maître de chant et homnae.id'un 
rare tarent, ^nommé le 12 mars 1761, occupa cette Jdaxje 
jusqu'en 1788 époque de s^ mort. Marx a compo8é.6,4li;e 
Maria,! i 6 i T<^ntwf^ ergo et pne mesm iéi Requiem À 4 vudmc et 
quatuor. Ameels (Raphaël Jaçq^iie^), organiste décédé le 29 Jan- 
vier, il)8P3, âgé d^ 54 ^*v r Am^eto (Jean), fils, dttpmfédeht*^^ né 
le 1' novembre. 1700, fut OFganist^ p^nd^nt 50 aneet^donna sa 

12 



— 90 — 

dèmissioa en 1881. LemaltPô (Léon), lui succéda à Tàge de 13 
ans. Il est encore organiste maintenant. * * 

L'ol^e.de Téglise Ste-Walburge date de 1829. Il n'avait 
qu!un clavier, M. VanPetegh^tn y ajouta un second. 

* De C&àanb ou Grane (J.) à« Cuylen6urg vers 1750, a été 
chargé de rexécution d'un orgue à Zoden de 2 clav. , 12 jeux ei 
pédale. M. Van Zoelenat fait cadeau de cet instrument qui fut 
exâmÎQé par Y. Bruynsma de Nymègue. Il a été inauguré aTec 
pompe le 25 sei^ltembre 1768. Il' plaça un orgue' à Zutphen de 
2 claviers, 24 jeux et pédale eépai^ée. Un orgue à l'église de 
Balenburg de. 8 pieds, • : 

DsLMOTTE (C et Thl. frères), ô Saint^Légeir ^Toumay^, de^ 
puis 1858. On doit à ces constructeurs les orgues suivants : 

Bdgùpjis. -*- Le«rs^NîOTd :'9.jeuxv Erregnies : id. avec pédale 
jpeÀdante. Ghoj : 11 jeux ; cet orgue est entiôrebént neuf sauf 
quëlipies jeux àe Tancipn orgue qui ont été replacés. Ramect^ix .- 
9jeull>aveepédaleaccpochëe. baseeles r 10 1/2 jeux avecpé* 
dsde 'pendante. "Geiles : 2 clav., 14 jeux et pédale pendante avec 
5 pédales dé combinaison. 

: JP>ance.*-^Hx)upltnes-Lys: 12jeuxj Leérs: 2cli et 14 jeux» Tour- 
coing (£<rJacqttes) : ^ ôlav.. 13 jbux et pédale séparée. Tourcoing 
(collège) : 2 daT. , 17 jeux, pédale sépâk*ée et expression. Ily a en 
outre 6 pédales de combinaison *: 1^ Accouplement du ihanUel 
à; la péds^é ; 2^ aco. de claviers ; 3? aoc pour les jeux à anches 
de pédales ^, 4^ pour les jeux dé combûàisoû et (Pànohe^ du 
gi^M orgue ; 5î*^éd. pour les jètix du récit ; ^ Trémolo^ 

Orgue en canstrmtSxm 11864. — Gominbs' :* orgue de Sdav.^ 38 
registres et pédale: séparée. Il y aura le levier pneumatique et 
lO^pédales de combinaison. : 

' DsMOOR (Corneille) à Anvers au T£n^ siède qui renouvela en 
1543 le grand orgue à l'église Ste-Walburge, à Audénardé, 

De Sv^art (Théodv) facteur des églises St^Jeaai, Ste-Marie et 
St-Pierre àUtrecht à la fin du xvi^ siècle. A difféwnteô re- 
prises ce constructeur a fait des réparations aux susdîtes<n^es. 
Comme honoraires il reçut en 1668 à l'église St-Mariè fl. 6. 

En 1602 il fit des réparations à Forgue de l'église Ste-Marie 
avec Jacobus, Jacobus zooïïj Ils i^ettouvdèrent même cet instru- 
ment et l'organiste, chargé par léf ' ehat)îtré, l'examina, ' • ' * 



— 91 — 

Voici les extraits des registres des églises qui affirment le 
travail de. ce facteur : 

Ste-Maria-kerk : 1602 Item. Magistro Henrico C&rnétU^ uU 
lUm Tkéodoric etJacoba Jac. organontm confeetaribuSf quodaUqua 
nova opéra in organis. ecclesiœ nostrœ^ nece Maria eanfecis^ent 
fuxta fredulam etc. Aoude Munster kerk 1603^ • 

IJieodmco Pétri ovganorwni oonfeeteH etc» Yifl. SuPierre il609 
Th^odoricù Pétri De Swart^ orgemario pro annita pemUme^tc. 

St''Nie.rkerk:l6l3'It:Solvi TheadoricaPeUide Swartperuxomm 
suam juxtamanum in Itifro poeitum pra anno sobiriavi fl/^id.' 
1619 Sdvi Theodorico etc. pro anrma sûapensione^jtixta' qùitan.'uts. 
It. eidem pro extra4mimariœ orgimorum reparatiom juxta cediudam 
per caplum ad vigetUi fioi\ etc. ^otviy, eidem. xx ^. 
. Augusto 1603^ sdm.TheodoricoPetri (De Swart) et Jacobo Joannis 
fabricis organum duos centos fiorenos (20Oâ:.) pro reparatione orgof 
norumetç. (Comptés de L'église St-Jean, extraits des notois ecm- 
muniquées par M. F. KisL) En 1622 il reçut encore pour TBOh 
tretien luifl. vin s^ En I633> maître Qaltus le remplaçais et il 
faut supposer que; De Swart mourut entre 16231 et 1624 ; il 
était né vers 1570. Cet artiste jouiissait dlun^ certaine réputatloDfw 

D£ Ryckerjs ou Ite Ryken frsres^ bons facteurs d*oi!gues 
au siècle dernier à Courtrai, ont. construit un grand orgue à la 
cathédrale de cette ville en 1767, entièrwieiit. restauré en 
18&4 par M. Van, Dinter^ . 

lia été chargé de rexécutioa d'ui>i orguehà BornhenH dont 
M. Van Peteghem fait Téloge. Ce dçiuûer<x a placé en 1784 
de nouveaux. soufflets pour la somme de fl.-48ûv 

 Tégli^e de TESst k Middelbourg, De Rykere plaça nn: orgue 

. commencé en 1779 et achevé en 1782* lia 2 claviers,- 3^ jeux 

et pédale réparée. Cet orgue a été remanié par Joachim 

Reichner, de La Haye J. Van Qverbeke et par Schmidt (1802K 

L'orgue de Téglise. neuve d^Middelbourg est de M. ,Kam. 
L*organiste M. S. Verwys nous a communiqué quelques dét$Us. 

i DiETHEùR (Jean),i à Malines, . qai en 1680fut chargé de net- 
toyer et réparer les. orgues à Tégiîse; Sb-Rc^abaut en cette viUe. 
Cet instamment à|)parten{^it'icette année à.ia ville ; les comptes 
de la ville mentionnent le suivant:: n ^ it ^ <■,;.■ . > i 

Accoord met Jan Deiheur over beisuypere(& emi'eparerei^.der 
stadsorgel in St-Rombauts kerk. 



/' 



(y? 

DiAKEN (GttiUaume), à Harlem en 1640, a construit un orgue 
à Téglise de Goes (Hollande) le 8 décembre 1643, qui coûta 
il. 6000. Il a 24< registres et pédale séparée. L*orgue a télleiiient 
satisfsLit que le facteur reçut encore une t^omme de fl. 2100. 
(Naderhand zyii aan den maaker nog gl. 2000 en gl. 100 vbor 
den Hemel of kap hetaalt.) 

DiLLËNS (Charles), vraisemblablement à Malines, fut chargé 
en 1712 de construire un oi^e pour Téglise Ste-Catherine de 
cette ville. Le Polkey-Boek de cette ville mentionne encore, 
que M. Dillens était chargé de mettre en bon état les oi^es de 
relise St*Rombaut de Malinesv^^ > 

Dubois (Crispin), à Bruges, lut chargé eh 1645 de l'exécution 
d'un orgue à l'église de St^Donat de cette ville. C'était l'église 
principale de Bruges qui a été démolie au commencement de 
ce siècle. 

r Be Volder (Pierre Jean) facteur d'orgues et compositeur esti- 
mable né à Anvers en 1767, habita une grande partie de sa vie 
Gand et Bruxelles. J. F. Redein qui était en 1790 P violon à la 
Cathédrale et des concerts à Anvers, lui donna des leçons de 
violon, et bientôt par ses études persévérantes il était en état 
de contribuer aux concerts de la ville. En 1791 il était attaché 
au jubé de la cathédrale à Anvers en qualité de violoniste. Ëii 
1794 il s'établit à Gànd, et De Volder fut nommé direc- 
teur des concerts de la Sodaiiték Gand. Il c(:fmposa les opéras-: 
La jeunes^ de Hëmi F, représenté àOand le 29 Mars 1826, et 
te Château de Lachlev^,^ » opéra en 3 actes. On lui dut encore : 
Nocturnep. piand et violon, dédiée au prince d'Orange, imprimée 
àGand,puis cinq messes, plusieurs concertos de violon et décor, 
symphonies et qnatuors, et une quantité de compositions de genre. 
Sa réputation était tellement bien établie, que le 28 mai 1816, 
l'Institut royal des Pays-Bas le nomma membre. Dans la con- 
struction d'orgues on lui doit des perfectionnements et des amélio- 
ratioi^s notables dans . les registres de crescendo et diminuendo. 

De Volder ât son apprentissage chez un facteur hollandais 
qui se fixa a Anvers. De Volder mourut presque subitement 
d'une maladie de cœur; il a construit plus^ de 150 oi^es. Parmi 
les principaux nous citerons : ' 

Tronchiennôi': un orgue à 2 claviers et KS jeux, en 1810. « 



~ 93 — 

Gand, à Téglise St-Michel, un orgue à forte etpiano. 

Courtrai, renouvelé Porgue à Téglise St-Martin, Pan 1818. 

St-Ressain, un orgue avec positif de 20 jeux, en 1820; 

Gand, à régliae St-Sauveur, un orgue. 

Gand, renouvelé Torgue à TégUseSWeaà. Il a 2 claviers, 
22 jeux et pédale suspendue. 

Bruxelles, renouvelé Torgue à Téglise du Béguinage. II a 
2 clavier^, 20 jeux et pédale pendante. 

Ath, église St-Julien, construit en 1828 un grand orgue avec 
positif de 25 jeux, sans pédale. Les négociants en toile de cette 
ville, vu la satisfaction etc., ont acoardé à titre de gratification 
au facteur une somme de 1000 florins. 

Hal, renouvelé en 1829, un orgue de 2 claviers et 25 jeux. 

Bruxelles, renouvelé Torgue de Ste-Gudule en 1829. 

Il a trouvé sur une petite plaque le nom d*un facteur, daté 
de Fan 1749. Egidius Leblas. -r- Anno 1749. 

Cet orgue s^ un récit, 4à jeux et. pédale séparée. 

Anvers, Tan 1829, renouvelé Torgue de Forcivii, de 2 clav^ 
et 27 jeux à Téglise St-Jacques, qui a été après restauré par 
Th. Smet de Duffel, en 1849. 

Lembeck, en 1830, construit un oi^e à 2 dav. et 22 jeux. 

Bruxelles, renouvelé Torgue de Téglise des Minimes en 1833. 
lia un positif et 24 jeux. 

Bruxelles, placé en 1835 un orgue à 2 claviers et 20 jeux à 
Téglise de St-Nicolas. 

Namur, au Collège de la Paix en 1839, un orgue avec positif 
à' crescendo^ de 22 jeux et pédale séparée. 

Quaroble (France), placé en 1840 un orgue de 11 jeux. 

Leuze, renouvelé en 1840 Torgue de 34 jeux avec écho. 

Louvain, un orgue de 10 jeux en 1840 à TUniversité. 

Blicky, placé en 1841 on orgue de 13 jeux« 

Bruxelles, construit un orgue pour le Conservatoire en 1836 
avec positif âf crescendo de 16 jeux. 

Voici la lettre flatteuse que M. De Volder reçut de M. le comte 
De Theux sur cet orgue (1838) : 

i J'ai entendu avec un vif plaisir, dans la séance musioale qui a eu 
lieu dimanche dernier au Conservatoire Forgoe, que vous avez con- 
struit po'iir cet établissement. D'après Tavis d'hommes distingués par 



— 94 - 

leurs connaissances, lea perfectionnements qfae vons avez apportés à 
cet oi^ae le rendent remarquable par Tharmonie de ses jeux, la puis- 
sance et la doneear des soas^ la rariété des effets et surtout le 
mécainïsmedrïcrescenioeidu^creîgceiuloqm lui.donnent Texpresslon 
qui lui manquait préeédement. Je suis heureux que Tart musical doive 
ce nouveau progrès à un Belge. Je vous en félicite, Monsieur^ et 
vous prie d'agréer Faesurance de ma considération distinguée.' 

» Le mifiiêtre de Vintérieur et des affaires étrangères. 

» Comte DB Thbux. » 

* I » 

Anvers, à Téglise Notre-Dame, restauré l'orgue en 1822. • . 

Nous avons sous les yeux tous les détails de la réparation 
importante de cet orgue projetée en 1821, réparation qui se fai- 
sait sous la <lirection de M. Sûrement, le campositeur, et qui 
s'acheva en 1829. Le prix convenu pour la restauration était 
de six mille fl. des Pays-Bas. Avec les frais accessoires les dé- 
penses ont monté jusqu'à, fl* 8750. Il y avait sept soufflets et 
2 nouveaux claviers. On a fait une souscription volontaire en 
ÉBtveur de ce travail qui produisit une somme assez ronde. Voici 
un extrait du texte de cette souscription : « Le souvenir de 
l'excellence de tous les jeux de ce bel instrument, autrefois si 
admirables et en état de d^érissement ont exalté le zèle des 
amis de la gloire des arts dans notre ville, et de la ma^ificence 
du culte solennel, dû au Tout puissant, dont on ne peut chanter 
les louanges avec assez de grandeur et d'éclat, pour chercher 
les moyens les moins dispendieux afin de parvenir à la res- 
tauration complète de l'orgue susdit, et à le rendre digne 
d'orner convenablement le temple augusie qui fait Ts^miration 
de tous les étrangers etc. « 

M. Dell Haye aussi a fait quelques changemenits à cet orgue. 
M. F. Loret a fait de grandes réparations à la 'soufflerie en 
1840, cependant malgré les grandes dépenses affectées à cet 
orgue, cet instrument dans son ensemble' laisse encore beaucoup 
à désirer. i- • . i- •• - .:-. 

L'orgue de la cathédrale (i) est isortl de l'abbaye StrMiéheL 

(1) En 1567 il y avait d^à un orguer au chœur car tàmbrecht VanOord a p^t les volets 
de l'orgue du cl»œur en 1567.. ("Couplet. d|? to M/4^a<«.j ,. . ;;.:•-. 

Le 25 septembre 1777 les maîtres-servants de la confrérie Notre-Dame de la cathédrale 
& Anvers, décidèrent de faire construire un nouvel orgue. Cet instrument était Offeii;' par 



- 95 — 

Il a.aujourd'Iitti.3 clav,, 48 rostres et pédalo séparée. Le troi- 
sième davier a été ajouté par J. De Volder en 1822. M. Meridin 
a placé Cexçellent^ nouveaux çotifflets • il y a 4quèlqaes asnées^ 
naais^ c'est en 1822' que M. De Volder ajouta le Piano forte 
par la mécanique de son invention. 

Le buffet de Torgue de la cathédrale d'Anvers «st'sans con- 
tredit «n des plusjremai^uables:^t coidme conception^ëticemmé 
exécution. Il est difficile de faire une dessoription de <^ette œuvre 
d'un effet aussi grandiose et aussi' im]|)osànt & la fois. L'ima^- 
nation ii^teen dessous de cë^uUnspire la Idéalité. 'Les touches 
de l'orgue sont surmontées de panneaux dans lesquels sont ri- 
chement sculptées des allégories musicales. Les tujàùx forment 
cinq cdonàes, l'idée en est grandiose et ta coQcet)tion heureuse^ 
ces lignes forment avec les sculptures qui lès entourent un 
effet ravissant. Les colonnes ou tuyaux sont soutenus par /des 
anges richement sculptés, composés et arrangés en forme de 
consoles. Les deux colonnes du milieu tiennent pour couronr 
nement chacune un beau candélabre d'un dessin simple et 
élégant ; de chaque côté sont placés deux anges qui au son de 
leur trompette .proclament: les grandeurs de Dieu. Les autres - 
colonnes formant les coins et qui> servent d'encadrement, sont 
surHKmtées de deux séraphins pinçant de la guitare. Entre les 
tuyaux ^ui ferment les colonnes on a eu l'heureuse idée tant 
pour les lignes que pour l'effet de placer des tuyaux plus bas 
que les litres ; dessus sont placés des séraphins jouant sur leur 
instrument les louanges du Seigneur. Ces statues sont d'une 
remarquable beauté. , . 

Une frise magniâqueiet richement composée de têtes d'anges 
«t ornements décore la corniche ; elle soutient la niche dans 
laquelle est placée la statue de Ste^Cédle^ cette statue surtout 
avec les anges qui l'^tourent forment un groupe^magniâque. Le 
'Sentiment reUgi^eux est empreint dans tous «les détails de 
cette^uvre ; en général le buffet de l'orgue de lacathédrale 

une personne Inconnue. Les innombrables ornementations d'art de cet orgue, étaient de 
Jean E. Pompe, statuaire d'Anvers. Cet insti-umeat à ét^ vendu le 17 novembre 1796. 
It'acte iMMSô.p^r J4afouU)ie^ receveur d^ domaines et J. «T. Verb^en, offider municipal, 
mentionne : 

Otgue N"'^. Vn Jeu d*ôrgue avec le buffet bien' sculpté, surmonté de figures tout en 
bois de chône, adjugé pour cent quatre florins à Gobiért. Quatre soufflets avec les supports 
en bon état, adjugé» pour elmi florins à Gobiért. 



— 96 — 

d^Anvers peut passer pour une des plus belles productions daiis 
ce genre que la ville possède et elle peut sans hésiter classa 
en première ligne ce travail purement artistique parmi les 
nombreux chéf-d*œuvres qu'elle renferme dans son sein. Selon 
la tradition ce travail aurait coûté 40,000 francs (i). 

L*orgue actuel de la cathédrale a été placé en 1804, et le 
9 novembre on a payé à M. G. Lemire lasomme de florins 6000 
courant (Betaelt op 9 december 1804 aen C. Lemire voor de 
groote orgél van O.-L.-V. kerk 6000 gl. courant). Cet orgue 
aura probablement beaucoup soitffert à la révolution française. 
M. L. B. Van Peteghem a reçu en 1804 pour démonter cet 
orgue fl. 156. (Aen Van Peteghem voor het demonteeren der 
groote orgel.) Jusqu'ici nous n'avons pu découvrir l'auteur de 
cet oi^e qui est cependant très convenable pour le service. 

A la première exposition d'industrie à Gand en 1820, M. De 
Volder obtint la médaille d'or. Nous faisons suivre ici des rap- 
ports qui constatent le talent de la famille De Volder : 

Exposition db Oand. — Rapport. 



M La facture d'orgues a été longtemps traitée dans nôtre pays aVec 
beaucoup de succès, surtout à Gand, où pendant près d*un siècle eile 
a fait un objet d'industrie considérable, particulièrement dans la 
femîlle Van Peteghem; mais jamais elle l)*dvait été portée à ee 
degré de perfection que l'exposition nous a fait connaitre. hesjbrte 
pianos et la plupart des instruments à vent et à cordes venaient 
autrefois de l'étranger ; depuis quelques années oir est parvenu à 
en faire avec succès dans les Pays-Bas. 

» M. De Volder, de Gand, membre de Tlnstitut des Pays 'Bas., a 
présenté à Texposition un orgue à crescendo et à diminmendo' fait et 
inventé par lui. Cet instrument est à trois registres^ 

• L'auteur est parvenu par un long travail à nuancer les sons et 
à leur faire produire les effets de l^lHirmonica, dé manière qu'on peut 
les renforcer ou diminuer à volonté, sans se servir des registres. 
C'est dans la facture d'orgue une nouvelle et très-importante amé- 
lioration, qu'on ne peut trop apprécier. 

» M. De Volder a présenté aussi à rexpoàïtion te dessin d'un 
orgue k f&rte et pianOy inventé et exécuté par lui; dans cet orgue 

(1) Nous devons cette description au sculplenr auversols Mj J. Be Braekeleer. 



— 97 — 

placé dsiis réglise de Sl-Miohel à 6and/ and sfmpie pédale suffit 
pour obtenir Téffet en> forte et en piano, de manière, qu*ea pressant 
du pied, Torganiste n'a pH^ besoin de quitter lé olayier des mains, 
ptfr la^raisoti qa-îl a le plein jeu par l'effet de la pédaie, ^nsi qne pour 
Faccûnipagnecnent. Cet orgue^'ëi qu^un seuî clavier et fait «cependant 
fô même effet qcie Vil en avait deux, il a beaucoup moins do tuyaux 
(]ue d'autres. orgues d'un mèiae rang; il est moins compliquent 
moins sujet à se désaccorder. ^ . ' 

V La bammissioDt, i qui *kt dèootrverte de l'orgue ' à crescendo et 
éRèiinncndo f^ paru trës-ingénieuse, trës-utife et très-importànte, 
propose pour son auteur une médaillé d'or, et ne peut se dispenser 
de mentionner- trës-fkvorablement, à cfette occasion, son orgue à forte 
et piabo qui, sans l'exposition du pretniér objet; n'aurait pu seul 
entrer au concours. » 



■} 



Ml » 



ÉGLISE St-Michbl a Gand: . . 

. A M^ De Volder, à Gand. 
, 9 Les marguiUiers de Téglise paroissiale de St-Michel à Ganrf^ 
voulant vous donner une marque ' de leur pleiiiè satisfaction, et en 
récompense de la bonne exécution de l'orgue placé '*dans l'église 
susdite et de la générosité avec laquelle vous vous êtes chargé de 
sa confection, vous ont décerné la médaille dor que vous trouverez 
jointe à la présente. Agréez, Monsieur, l'assurance de notre parfaite 
considération. » 

{Signé) B. Derack, Curé, comte Délia Faille, D.Coorebyter. 
Gmd^ le 17 Juin 1822. . 



i»- ',» . fîj) yt)''jr t" 



ÇoNSBRVATOUiB uoYA^ ,pç! Mus;5QpB A Bruxelles, Î^^v 

JProcès-verbal de la réception de Torgue, placé au CofteervaSoire. 
* MM: Fétifr, Làdos; professeur ^àu^-dit^Ccrtiyérvatéfre, Faueonier, 
oFganiste^a€çompagnirteûràuGonse?rVatoirè,'*t MM.^De Volder, père 
et filsi facteur d'orgues, domiciliés à Bruxelles,' étant réunis dans la 
grande clasiae du Oénservatoît*e, et après avoir pris connaissance des 
articles d'un acte passé entre MM. les membres de la commission 
admini^ijative dudit Conservatoire, et M. De Volder, et approuvé 
par M. le infnîstte de riiitérîeurrié 11 Pêmér 1836, Nouscommîs- 
sa4re8 soussignés,* nomiiiés à Teffet de procéder à la réception 

13 



— 98 — 

d'ao orgue çoostrait par M. De YoMer pour le Oonservatoire aox 
ooiiditioos exprimées en Tacte précité, et en conformité deTarticle 3ix 
•dudit acte, avons procédé à Texamen que noas étions appelé à foire, 
' »En conséquence, nous avons d*abord examiné le buffet de Finatrur 
ment, et avons reconnu que, conformément au devis en Tarticledeux 
de Tacte d^acquisition, le dit buffet est construit en bois d'ormes et 
orné de sa façade en tuyaux d'étain ou étamés et dorés aux lumières 
ainsi que de divers attributs sculptés. 

» Ayant fait ouvrir le dit buffet, nous avons trouvé qu'il est dis- 
posé pour avoir deux claviers à la main, dont le premier, qui est celui 
du grand orgue, est placé et fonctionne ; quant au second clavier,, sa 
place est marquée ainsi que celle de ses registres, mais ils ne sont' 
point encore en place, l'article quatre de l'acte précité contient une 
clause particulière qui accorde à M. De. Volder jusqu'au preinier 
janvier 1837 pour faire la livraison du dit clavier et de ses jeux ; 
•nous avons également reconnu que suivant les conditions du contrat 
le clavier de pédale est composé de treize marches qui accrochent au 
clavier du grand ^rgae «enstruit en acajou, chêne, tilleul, ivoire et 
ébène, à cinquante qtiatre touches ; qu'il est égal, facile à jouer et 
qu'W peut être réglé avec facilité, à l'égard du clavier de pédale. 
Attendu que Tinstrum^it n^est pas destiné à une église, mais à une 
salle 4e pou d'étendue, nous avons exprimé à MM. De Yolder le désir 
que le mécanisme fit moins de bruit, et MM. De Yolder ayant reconnu 
la justesse de notre observation, se sont engagés à faire le perfection- 
nement que nous demandions. 

B Passant à l'examen de la soufflerie, nous l'avons trouvée 
en bon état, composée de trois soufflets neufs biens construits 
fournissant un vent égal et sans secousse à tous les degrés d'ex- 
pression avec assez d'abondance pour alimenter tous les jeux de 
l'instrument. 

» Examinant ensuite tous les jeux séparément, nous avons 
trouvé dans chacun une bonne harmonie, tous les tuyaux 
parlant avec netteté et promptitude, et la sonorité ayant une 
égalité satisfaisante dans le mélange des jeux ; ces qualités ne s'ai- 
tèrent pas. 

» Enfin, après avoir examiné avec attention toutes les parties de 
l'instrument qui était soumis à notre critique, nous avons reconnu 
que M. De Yolder a rempli toutes les conditions de son engagement, 



^99 — 

en ce qui concerne le grand orgue, et la pédale, le délai dans lëqtei 
il doit fournir le clavier expressif da positif n étant pas expiré. En foi 
de quoi nous lui livrons la présente déclaration. > 
t Fait double à Bruxelles etc. 

» (Signé) F. Fétis, B. Fauconier, N. Lados. 

. » Pour copie conforme, le secrétaire adjoint du Conservatoire. 

» (^S'i^n^) Gloden. » 

M. De Volder avait d'importants travaux sur le métier», 
lorsqu'une maladie cruelle l'éloigna de ses ateliers^ du monde^ 
des nombreux amis que lui avaient fait ses qualités sympathi- 
ques, et brisa tristement cette carrière longue et laborieuse, 
qui était encore pleine d'espérance. Il décéda à Bruxelles-en 1841 .. 

De Volder (Hfenri), fils rfu précédent, naquit à. Anvers en- 
1794, et se fixa avec son père à Gfand et à Bruxelles, ville- 
qu'il habite enccs^e actuellement. Ce modeste et consciencîeitx 
facteur a construit 50^ orgues, parmi lesquels on c6nq)te : 

Bruxelles, à Téglise Ste-Madeleine, un orgue de 12 jeux. 
• Id. au pensionnat de Berlaymont, un orgue avec positif. 

Charleroi, un orgue à 2 claviers, 25 jeux et pédale séparée en 
1844. Puis des orgues à Jemmapes ; Blogie (Mons) ; Theuillies 
(Thuin) ; Nalinhes ; St-Louis, en Amérique, un orgue avec 
positif de 21 jeux; Zammel (Campine) ; Aublin; Bruxelles, renou- 
velé l'orgue (en 1852) à St-Jacques sur Caudenberg, avec positif 
et 19 jeux ; Asche, renouvelé l'orgue avec un positif de 25 jeux; 
Ixelles ; Namèche ; Eghezée ; Bruyère, commune de Batice : 
Carlsbourg (au pensionnat); Racourt (Landen);. Bouffio.; 
Schaerbeek, à l'église Ste-Marie, un orgue avec positif et pédale 
séparée de 26 jeux ; Sovet (Schimay) ; lîasseniioyen ; Saîht- 
Ghislain ; Braive ; Gand (Institut des frères), un orgue à cres- 
cendo de 2 claviers, 20 jeux, et pédale accrochée ; Ehenin : 
Viller s-le-Peuplier . 

Ses deux fils, Charfes et Léon, ont aussi embrassé la carrière 
de leur honorable père. 

Dell Haye,, èrronément appelé par M. Fétis Louis Hey,. 
Cette famille jouissait au siècle dernier d'une grande réputation 
et plusieurs générations se sont signalées en^ Belgique.. Le plus 
ancien,,LouisDeU Haye, a été baptisé à Chièvres re29septembre 



-< 100 — 

1696, Aucun orgue de ce constructeur ne nous a été. signalé. Le 
plus actif et le plus instruit; de. cette famille est sans contredit 
Louis Dell Haye jeun^, jBls du précédant, qui se fit un nom 
distingué en Hollande et en Belgique. 

La famille Dell Haye a accordé et entretenu les orgues de la 
cathédrale à Anvers, pendant plus d'un siècle (1725 -à 1848), 
car en 1725-29; L. Dell Haye succéda à Davids, et en Ï735 il 
fit de grandes réparations à l'orgue, qui coûtèrent fi. 3000. Enfin 
la famille Dell Haye, eut pendant plus d'un siècle le monopole 
de la fabrication des orgues en Belgique.' ' 

Par le résumé de la généalogie de cette famille nous sommes 
parvenus à connaître les facteurs d'orgues qui sont au nombre 
de cinq, savoir : 

Louis Dell Haye (i), né en 1696 à Chièvres, et qui est venu 
s'établir à Anvers,' coiiime facteur d'orgues vers 1724. Nous ne 
connaissons pas ï'annéê de sa mort. Il accordait les orgues à la 
cathédrale en 1*725. ' 

Louis Dell HaVe, son fils qui lui succéda, et qui plaça 
des orgueis à Gouda, Bergen-op-Zoôm et dans une foule de 
villages, entre 1768 et 1773, mort entre 1778 et 1779. 

DiEUDONNÉ Joseph Dell Haye, à Anvers, fils du précédent, 
né le 4 décembre 1725 à Anvers, décédé en cette ville le 
4 septembre 1811, âgé de 85 ans. 

Jean Josepô DeLL Haye, fllè du "précédent, né -le 28 juillet* 
1786, mort le .10 janvier 1845. 

Jean Corneille Charles Dell Haye, fils aine du précédent, 
né à Anvers le 23 mars 1809, mort à Merxem (près d'Anvers) le 
13 octobre 1863, d'une attaque d'apojplexie. 

On peut évaluer que la famille Dell Haye a placé plus de deuk 
cents orgues en Belgique et en Hollande. Parmi ceux placés par 
Louis Dell Haye jeûné, nous citerons : 

Nieuwenbosch (abbaye), instrument médiocre d'après Eg. Van 
Peteghem qui accordait cet instrument en 1772. (D'orgel van 
d'abdye van'Nieuwehbosch is' Van Là Haye "ènde seer sleght.) 
Gand (Ste-Anne), çaême témoignage. Eecïoo, orgue passable 
selon E. Van Peteghem (redelycke orgôl).: Waetervliet, orgue 

(I) Cette famille desceud du célèlire Michel De Bay,, docteur ep théologie, & Louyain et 
député du Concile de Trente, raorj; en 1589. 



\. 



"V 



— 101 — 

nettoyé le 15 mai 1765 par-P. Van Peteghémv Wachtebeke, 
orgue restauré plus tard. Damme, orgue |iestauré le 9 juillet 1749. 
Bergei;K)pTZoom,. église réfoimée, orgueià 2 claviers et^ re- 
gistres 1770. L'orgue decétte église avait été détruit parKïieendîe 
en 1747. Merchtem» un orgue que .M; L. Van Peteghem a res- 
tauré en 1795 pour la somme de.ll00ii.3reda, grande église, 
un orgue de 2 ciav., 16 jeux et pédale. Gouda, hôpital, orgue 
de 2 clav., 21 jeux et pédale pendante (1772); Gouda, église 
cathoUque, orgue de 12 jeux (1769)* Gand, Notre Dame, orgue 
restauré en 1771 par P. Van Peteghem, 1738 Alost, frères 
Notre-Dame, r^tauré en 1771 par P Van Peteghem pour 
400 fl.; cet orgue à été détruit au temps des troubles. Louvaîn, 
St-Michel, orgue de 3 claviers. 

Dell Haye (Louis, jeune) n'avait: que 13 ans à la niort de 
$on père. C'était un esprit intelligent, et c'est spus les conseils 
de M. Egide Van Peteghem qiie celui-ci a pu continuer les 
affaires de son père. D'après des renseignements que nous 
avons reçus, un des membres, de cette famille doit avoir habité 
Gand vers 1733, car cette année M. P. Van Peteghem s'établii 
çn cette ville ; il paraît que Dell Haye craignait la concurrence 
et parti t cette animée pour Anvers. 

Orgues de Jean J. Dell Haye : Brecht, restauré l'orgue en 
1820. Van Rooy,. de Ryckevcrsel, . a fiait le buffet. En 1835 
Dell Haye a construit un noùviel orgue -composé de 15 registres 
avec pédale pendante de 1 1/2 octave. -Wuestwezel en 1^2, un 
petit orgue de 10 jeux. Ryckevorselv 1840; Utt orgue de 14 re- 
gistres. M. Mondt y ajouta en 1862; une pédale pendante. Puis 
des orgues à Tilburgi Eincfiioven, Doni^en; E^èrghem (un bel 
instrument), Rupelmonde, DeGelaegen,CumptigfGodsenhoven, 
Zandberghen, Santvliet, Cruybeek, Anvers (SIrPaul restaura- 
tion), Anvers (église St-Antoine), Aavers (collège des Jésuites). 
Anvers (StrCharles réparation), Anvers (chœur de la cathédrale). 
JDiest, Notre-Dame, un bon orgue de 2 claviers et pédale ayee 
bourdon 16 p. (1828). 

Jean J. Dell Haye obtint un brevet pour avoir apporté des 
perfectionnements à la pédale. 

Orgues de Jean C. C. Dell Haye :,Boom^ un grand orgue ; 
Hingerie, St-Aîhand, etc" ■ ' 



— 102 — 

En 1732, Loaiâ Dell Hajevratnè, a&it des pét)aratioiis à Torgue 
de la confi^ie du St-Saorement de la cathédrafo d'Anvers (i). 

Dreymann, k Mâyence» mort il y a qirelques années, qui a 
depuis 20 ans placé des orgues à Bruxelles (Ste-Claire 1846), 
Anvers, Nivelles,^Hansbeke, Woubrechte^m, etc. Le grand 
orgue de Bergen-op-Zoom a été achevé par Ibach de Barmen^ 
Les instruments de M. Dreymann se distinguent par la variété 
du timbre^ de la grâce jointe à la solidité. 

DuYSCHOT (Roelof Barents)^ bonfacteur d'orgues à Amsterdam 
au XVII"** siècle; a construit : 

1641, Un orgue à l'église Wallonne de La Haye, de 2 clav., 
15 jeux et pédale,: doA de S. A. Frédéric, prince d'Orange, que 
Duysschot a amélioré sous la direction» de D^ SchoU. En 1772 à 
l'occasion du renouvellement de l'église il a été restauré. 

1666. U a apporté des améliorations notables à l'orgue de 
l'église nouvelle d'Amsterdam. Il ajouta un clavier et 13 jeux à 
cet orgue. 

1676. Duyschot augmenta le grand orgue d'Alkmaar de 17 
jeux et d'un troisième clavier. 

1683. Un orgue à l'église de l'Ouest à Amsterdam de 3 clav,, 
38 jeux, pédale séparée et 8 soufflets. C'est en, 1686 qu'il fut 
achevé. 

1696. Église française à Delft, un orgue de 2 clav., 18 jeux 
et pédale séparée, examiné par Dirk SchoU. Cet instrument a été 
donné par M. Boudens, recteur à Delft. 

En 1684 il a été chargé avec son fils des grandes réparations 
à l'orgue d'Alkmaar, pour la somme de 3150 florins. 

DuTscHOT (Jean), fils du précédent, à Amsterdam. On lui 
doit les orgues de : 

1696 àDelft, à l'église Wallonne, im orgue de 2 clav,., 18 jeux: 
et pédale. (Avec son père). 

1702 à La Haye, à l'église neuve, un orgue de 3 clav., 35 jeux 
et pédale séparée. Examinateurs : Scholl, Sombay, Cousin et 
Quirin Van Blankenburg. 

(1) Les orgueft des Forcivll, des Van Peteghem et des Dell Haye, (mt aubl éaoa les der- 
niers temps des transformations complètes Mais ajoutons que ces changements n'ont pas 
toujours opéré des améliorations, car sous le rapport de la solidité, ce» orgues peuvent 
rivaliser avec les meilleurs instruments de ce siècle. Us étaient tous construits en bots 
de chône. 




— 103 



171 là La Haye, église Wallonne, un orgue del di. et lljeux. 

1712 à Zaandam, un ouvrage 4e 2 clav., 13 jeux et pédale. 

En 1694 il entretenait les orgues à Téglise de Delft pour la 
«omme de fl. 50. Il eut pour successeur. Pierre Van Asseldelft» 
:aîné, de Leiden, puis son fils Jean Van Asseldelft, le jeune. En 
1777 oeM-d renonça à cet emploi, et il paraît que depuis cette 
«époque les orgues n'ont plus été entretenus régulièrement, 

Bekmans (Liévin), bon facteur d'oi^ues daas la première 
moitié du xvii"® siècle, est auteur du nouvel orgue d'Alkmaar 
{St-Laurent). Nous ne connaissons pas le- lieu de résidence 
d*Ëekmans. Il mourutpendant qu'il construisait cet instrument. 
Nous faisons Buivre de nouveaux détails «ur lesorgues d'Alkmaar : 

Église St-Laurent : l'orgue était en 1639 composéde 3 claviers, 
56 jeux, pédale séparée et 3850 tuyaux. En 1639 l'entreprise 
de cet instriunent a été confié à Liévin Eekmans, mais celui-ci 
mourut entre-temps et l'orgue fut achevé par Jacques Van 
Hagebeer en 1645. Examinateurs : Gérard Havingha, \£, E. 
Veldoamp et Jacques Wognum. C'est un des plus beaux instru- 
ments des Pays-Bas. L'orgue de la chapelle ou petite église 
avait 2 claviers et 18 jeux. Il a été construit par Chrétien MuUer, 
d'Amsterdam, l'an 1762. M^® Jeanne Gertrùde Le Châtelain en 
a fait cadeau à l'église, après que la vieille église et l'orgue 
avaient été détruits par l'incendie. 

L'orgue à l'église rémonstrante avait 2 claviers, 10 jeux et 
pédale accrochée. Les autres instrupients des églises d'AQonaar 
étaient de petites dimensions. 

C'est en 1620 que l'organiste J. H. Van Bouchain, nati^ 
d'Aix-la-Chapelle, fut mandé à Alkmaar, en qualité d'orga- 
niste à St-Laïu'ent. Cet artiste, dans une requête adressée au 
Boui^mestre, demanda la construction d'un grand orgue ; c'est 
à la suite de cette requête qu'il reçut Fordre d'en faire avec 
L. Eekmans un projet. La ville s'engagea à fournir les maté- 
riaux ; selon le projet l'orgue était un 16 pieds, mais par l'inter- 
vention dedeux amateurs distingués, André et Laurent Schagen, 
l'orgue fut considérablement augmenté. Le sculpteur célèbre 
Jacques Van Campen fit le modèle du bufiet, * exécuté par 
Jacob Janz. Grooten Turk menuisier à Alkmâar. Enfin en 1639 
L. Eekmans commença ce gigantesque instrument. L'oz^aniste 




— 104 — 

et le facteur se sont distingués supérieureinent dans Taccom- 
plissement de leur, devoir .Malheureusement tous deux décédèrent 
en 1641. Galtas «t Germer Van Hagebeer, d*Amersfoort, père 
et fils, Tachevèrent. En 1645, Targue se composait de : 1«' clavier, 
15 jeux ; 2® clavier, 8 jeux ; 3® elavîa*, 14jeux et pédale de 3 jeux. 
Le grand clavier avait 64 touches les deux autres 59. La pédale 
en avait 35. Il y avait 6 soufflets et 2 tremblants. En 1645 il a 
été examiné par J. Crabbe,^ l'organiste de cet orgue, Dirk 
Sweling, (fils de Jean S.) à Amsterdam, Corneille Helmbrekôr 
à Harlem, A. De Vooisi à Leiden et H. Reins à Medenblik. 

Après 39 ^ans, G. Van der With, fit des instances pour le 
perfectioniiement de rorguë. Çè plan se trouve dans l'ouvrage 
de G. Havingha et fut ctonfié à Jean Duyschot et son père 
Roelof Duyschôt'de- Goor, qui y placèrent 6 nouveaux soufflets, 
une nouvelle pédale, un voxe hamana, etc. Il reçut fl, 3150. En 
août 1685 cet instrument iut expertisé par G. Van der With, 
H. Rypelberg, d'Amsterdam et J. Buss de Leiden. Il y avait 
alors 40 registres, etrorguëfit^l'^dmirationdetous les amateurs. 
Havingha parleavee .éloge de l'organiste Van der With. L'érga* 
niste E. Veldcamp proposa de nouveaux perfectionnements en 
1702. J. Duyschot le répara, sous la direction de l'orgaMste 
Sylvain Van Noord^ d'Amst^dam, puis il fut examiné par lui, 
Veldcamp, Bakkerus et Van HeA. G. Havingha à sa nomination 
en 1722 fit un examen consciencieux de cet orgue ; il trouva le 
nom du facteur ainsi indiqué : Hermannus Van Hagebeer 
Anno 1642 den 1 Jvlius. Havingha proposa de grandes i*^aj?àt- 
tiens à cet instrument, qui furent entreprises parE. C. Sehnitgèr, 
pour la somme de fl. 7400. Un rapport favoirable fut rédigé par 
C. Van Hérk, organiste de la Chapelle, J. De Graaf à Amsterdam, 
P. Havingha et, G. Havingha, organistes à Groningue et 
Alkmaar (9 août 1725). L'orgue avçiit alo;ps 56 registres. - 

Elbbrink (G.), actuellement à Oldenzaal (prov. d'Overyssel) 
né là, Tubbergen, élève de la maison J. Bâtz à Utrécht. Ce jeune 
facteur plaça -un orgue de 2 dav. et pédale Séparée à Geesteren, 
commune de Tubbérgén: Il a 23 . jeux. (Communiqué par 
M. Christiaans de Bois-le-Duc.) 

Elias (Nicolas^, à Utrecht en 1468, a* feit d'importantes répa- 
rations à l'orgue de l'église Buur-K&rk,:àQ^ cette ville, où il tra- 
vailla pendant vingt jours. ^ 




— 105 — 

Cette année on désigne comme organiste Tinstituteur Peter, 
qui est peut-être le même qu'on a déjà rencontré. 

En 1^9 Qn trouve encore le facteur Gôyert van de Gheer, 
auquel on paya de petites réparations. 

Engelare (Maître), facteur d- orgues à , plaça un petit 

orgue acheté par le chapitre de l'église collégiale de Lierre le 
17 décembre 1596, pour la somme de 80 11. et une pièce d'or de 
la valeur de il. 3-3 pour sa femme. (Extrait des archives de 
cette église). 

Flaes etBRUNJES, à Amsterdam, élèves de J. Bâtz, qui ont 
construit les orgues suivants : 

Wormermeer 1855, église mennbnite, un 8 pieds de 2 clav. , 
17 registres et pédale pendante. 

Amsterdam 1858, diakene weeshuis, un 8 pieds composé de 
1 clav., 8 reg. et péd. accrochée. Il y a un registre de combi- 
naison pour supprimer quelques jeux. 

Andyk 1861, égl. réf., un 8 pieds de 2 claviers, 8 registres 
et pédale accrochée. 

Amsterdam 1862, égl. rem. et réf., un 8 pieds de 2 clav., 
péd. séparée et 24 reg. Il y a^3 jeux de 16 pieds et des registres 
d'accouplement. 

De Helder, 1863, égl. men., un 8 pieds de 2 clav., 8 reg., 
péd. accrochée et reg. d'accouplement. C'est un excellent petit 
instrument. Il a été expertisé par M. Kwast de Purmerend. 

Zaandam 1863, égl. réf., un 8 pieds de 2 clav., 29 reg. et 
péd. séparée. Il y a un tremblant et registres d'accouplement. 
M. Bastiaans a donné, à l'occasion de Tinauguràtion et de 
l'expertise, un concert où il a fait briller les belles qualités dé 
cet instrument- 

Monnikendam 1859, égl. réf., renouvelé entièrement l'orgue, 
et examiné par J. Kwast et J. Knoot. Il a 33 reg. et une pédale 
de 4 jeux. 

La Haye, égl. rémonstrante, un orgue de 2 clav., 21 reg. et 
péd. séparée, inauguré le 18 septembre 1864, par M. Nicolaï et 
P. Renaud. Cet instrument qui coûte fl. 6180, a complètement 
réussi. 

Ils ont sur le métier deux nouveaux orgues dont' un destiné 
à l'église réformée (oude zyds kapel), d'Amsterdam, qui se compose 

14 



— 106 — 

« 

^e 2 day., 17 reg. et pédale. B y a un tremblant et plusieurs 
registres d'aocouplem^it. Ces facteurs ont de plus restauré un 
grand nombre d^orguea. 

% FoRCiviL (Jean Baptiste), facteur d^orgoes renommé de la 
cour du duc de Lorraine, gouverneur d'Autriche sous le règne 
de Marie Thérèse, impératrice d'Allemagne (i), (1697), se fixa à 
Anvers vers 1690, et fat accordeur, ainsi que mentîoiment les 
archives de la cathédrale, de cette église en 1692, alors que 
Delien était organiste. 

M. Forcivil a placé en 1703 à Torgue de la cathédrale trois 
nouveaux soufQets pour la somme de il. 132. La même année il 
a entièrement nettoyé Torgue de la confrérie du Saint Sacrement 
et reçut fl. 68. Il y avait à cette époque trois ôi^es ; celui de 
la cathédrale et ceux de» confréries de la Ste-Vierge et du 
St-Sacrement. Vamiée 1718, M. Antoine Hellemans succéda à 
Forcivil pour l'entretien des orgues. L'année 1724 Gilliam 
Davids le remplaça, et ce facteur fit des réparations à Torgue 
de la .confrérie du Saint-Sacrement pour la somme de fl. 177. 

Forcivil accordait et entretenait aussi en 1705, Torgue de la 
confrérie Notre-Dame à la cathédrale et répara la soufflerie. 
* 1705. Voor zyne jaerlykse gagie guld. 18, en voor den blaes- 
balk die gestikt was» gl. 16. •> (Extrait des archives de la cathé- 
drale). 

Forcivil quitta Anvers entre 1720 à 1725, et se fixa à 
Bruxelles. Il trouva en M. L. Dell Haye à Anvers un rude con- 
current, et c'est probablement là le motif qu'il quitta cette ville. 
C'est en 1720 qu'il se maria à Bruxelles. Voici l'extrait des 
archives de cette ville : 

L*an 1720 le 4 du mois de septembre Joannes Bapttsta Forcivil 
et Anna Le Tondeur y coram me C. J. Renard VicePast,, Ste^Oimgs 
Bmx. attestibus Joannê Baptista De Ryck et Joanne Baptkta 
Lavsreys, vigore dispensationis supratribus prockimationibtiSy contror 
xenmt matrimonium. 

Forcivil, après le terrible incendie de l'église du couvent 
des Jésuites à Anvers (1718) dans lequel ont été ej^evelis 
les orgues, de belles peintures de P. P. Rubens et des mar- 
breries à^xme grande richesse, a été chargé de l'exécution 

0) Ceci «et relaté dans les comptes de M. P. Van Peteghem 



- 107- 

(Tua nouvel oi^e vers 1720 à 1722, Cet orgue se trouve- 
encore aujourd'hui & cette église (paroisse St-Charlea). Il n'avait 
que quatre octaves, mais après la révolution fraaç^ae on l'a 
porté à 4 i/2octave8.Ënl8588urlapropositiondeM. J. De Béer, 
organiste de cette église depuis 1842, et qui remplai^ M. Joseph 
De Trazegnies, on ajouta une pédale pendante de deux octaves. 
Cet orgue très moelleux de son, a deux claviers. Le grand oi^e 
a 15 registres, le positif a 9 registres. Pendant son séjour i 
Anvea^ Fordvil plaça un orgae au diœur du couvent des 
Dominicains. Après il a construit vers 1732 le grand orgae de 
cette église. D a 3 dav., 58 registres et pédale séparée.. 
M, M. F. Loret et Dell Haye y ont fait de ^-andes réparations, 
cependant cet orgue laisse aujourd'hui beaucoup & désirer. Cet 
instrument est orné d'un bu&'et gigantesque. 

Panai les meilleurs orgues de Forcivil, nous plaçons en 
première ligne celui qui se trouve à l'église de Broechem 
(prov. d'Anvers). Il a 2 clav,, ^ jeux et pédale accrochée. Cet 
orgue se trouvait au chœur de l'église des Dominicains (aujour- 
d'hui paroisse de St-Paul) et vers 1827 U a été placé à Broechem. 
La qualité de certains jeux était tellement harmonieuse que cet 
orgue fut généralement connu sous le nom du zUveren orgel 
(orgue d'ai^ent). Irf prestant est d'un moelleux fort agréable. 
Il y a sur cet oi^ue un viola di gerrUia, un gemshoom et bourdon 
de 16 pieds. L'ensemble est très^satiaffûsant et le tout en bois 
de-chène. 

En 1728- 1729 le même facteur coostrui^t l'orgue de St-Jacques 
à Anvers. Forcivil a placé un des plus grands orgues de la 
Belgique, c'est celui de l'église Ste-Gudule & Bruxelles. Cet 
instrument se compose de 3 clav^ 57 registres, 3391 tuyaux, 
pédale séparée de 2 octav«s et 6 soufflets. 

Nous avons trouvé l'orbe de Ste-Ckidule dans un très-mauvais 
^t, malgré les grands frais que l'administration de cette église 
y a tait depuis 40 ans. 

AprèsM. P. De Volder, M. H. Loretde Bruxelles y a travaillé 
de 1836 à 1846. Puis M. Schmit de Bruxelles (allemand de 
naissance) a placé de nouveaux soufflets. Ce iadjear a lait de 
g rwiM JftH réparations à cet instrument, et nous n'oserions nous 
déclarer sur la réussite de ses travaux. Il est question depuis 



— 108 — 

longtemps delà construction d'un nouvel orgueà Ste-Gudule qui 
coûterait 150,000 fr. Des difficultés que nous ne pouvons relater 
ici ont surgi depuis. 

Forcivil a été chaîné d'un nouvel orgue à Féglise St-Sauveur 
à Gand, pour la somme de fl. 900. Ce fut en 1705. En 1714 un 
des jeux de cet orgue fut complètement renouvelé. Voici la 
détail de cet instrument : 

Le clavier avait 48 touches. Il y avait 3 soufflets et un cornet 
écho de 24 touches. Un cornet de 5 tuyaux avec son secret et 
son clavier particulier. 

L'orgue avait : Montre ouprestant, 4 p., Bourdon, 8 p., Cornet, 
à chaque touche 5 tuyaux. Flûte parlante, 4 p., Doublette^en 
octaves, 2. Grosse tierce coupé à proportion, 2. Nazart en quinte 
flûte parlante 3. Sexa quiaUer, coupé à chaque touche, 2 tuyaux, 
L'arigot parlant, 1 p.. Fourniture, 2 tuyaux. Cymbale à. chaque 
touche, 3 tuyaux. Trompette coupé,^8p.. Tremblant et Rossignol. 
Le clairon avait 48 touches. 

Lierre, béguinage. Un orgue à 2 claviers, 22 reg. et pédale 
accrochée, avec un beau buffet monté d'une horloge. Cet instru- 
ment a été restauré en 1785 par P. Van Peteghem, puis 
M. Th. Smet a ajouté un basson et viola di gemba. Orgue 
St-Pierre et Paul à Malines de 2 claviers et une vingtaine de 
registres. Orgue à Eeckeren (Anvers). Les principaux jeux de 
ce bel instrument sont : Bourdon de 16 p., cornet, bourdon 8 p. , 
flûte, nasart, clairon, trompette, montre, • prestant, gemshoom, 
viola di gemba et basson. Il y a une pédale placée en 1844. 

MM. Th. Smet et Vermeersch ont fait de grandes réparations 
à cet orgue en 1843-1844, en augmentant les notes des claviers, 
et en plaçant un nouveau sommier au positif. On a remplacé les 
registres voxe humana, clarinette et seûca quialter par une trom- 
pette, prestant (8 p.), violadi "^emba^ geemshoorn, basson et clairon. 
Ces derniers ont été renouvelés, ainsi que les petits soufflets. 
Ces réparations ont coûté fr . 4500. 

Puis des orgues à Wackerzael, à Wechter, à Galilen, à 
Lokeren, etc. 

Nous sommes heureux d'avoir pu relever les talents d'un 
homme de gépie, resté inconnu jusqu'ici par tous les historiens. 

Pendant l'espace de 40 ans, cet habille facteur doit avoir 



placé une quantité d'oi^ues, car lui et P. Van Petegnem etaieni 
les facteurs par excellence du xvin' siècle ; aussi les orgues de 
ces deux artistes sont bien supérieures à tout ce qui était connu 
daps l'art de la construction des orgues en Belgique, et les 
travaux de ces remarquables facteurs ont après de longues 
aimées conservé toute leur puissance et leur solidité. 

Forcivil doitêtre décédé à. Bruxelles entre 1732 et 1733, mais 
malgré nos recherches faites k BruxeUes, nous n'avons rien pu 
découvrir de précis à cet égard, seulement dans les notes du 
vieux Van Pcteghem, il est dit, qu'à la mort de Forcivil, celui-ci 
se fixa à Gand en 1733. (i) 

FoacrviL (J.), fils duprécédent, qui d'après des communications 
qui nous ont été faites, s'était indignement conduit, et quitta 
fort jeune l'atelier de son père. 

Forciviljeune, doit avoir travaillé peu d'années dans la facture 
d'oi^ues. Dans les notes de M. P. Van Peteghem nous rencon- 
trons que Forcivil (den jongen Forcivil) a placé un nouveau 
sommier à l'orgue construit par Dell Haye àWachtebecke. C'était ' 
entre 17ti9 et 1770. 

Le premier orgue que P. Van Peteghem entretenait lorsqu'il 
s'établit à Gand est celui de Lokeren, de Forcivil. (Is eene orgel 
van Forcivil -en is d'eerste orgel die ik hier in pensioen hebbe 
gehat, synde noch niet getrauwt.) 

Le jeune Forcivil plaça un orgue à Wavre-St-Catherine près 
deMalines, que M. VanPeteghem aremanié en 1781, et où ila 
renouvelé la trompette qui était très-mauvaise. Il reçut pour ce 
travailâ. 75. Il est probable que par suite de la mauvaise vie que 
menait le jeune Forcivil, il n'eut plus la confiance du clei^ 
et qu'il abandonna la carrière de son père, 

Friederichs (Jean Gaspard) à Gouda, plaça en 1804 un 
oi^e à "Wageningen, puis il a placé un orgue à l'église du Sud 
à Amsterdam, l'an 18^, composé de 2 clav., 29 jeux et pédale 
séparée. Eglise •* (aan deoude Wetering) « un oi^ede9 registres, 
puis plusieurs orgues portatifs. Friederichs est venu se fixer 
en Hollande en qualité de menuisier. Il travailla aussi au grand 
orgue de Rotterdam. Il décéda à Gouda l'an 1825. 



— no - 

» 

Friedebici (Chrétien), élève de Silberman, à Géra,, a placé 
un orgiie à Zeyst de 2 clav., l&jeux et pédale accrochée. Il était 
facteur de la cour de Saxe, naquit à Merona en 1712 et mourut 
en 1779. Il inventa en 1772 un clavecin d'un nouveau système^ 
connu sous le nom de Fort bien. 

Freytag (H. H.), né à Hambourg en 1759, fils d'un menuisier 
originadre de Wurtemberg, vintsefixer en Hollande, àGroniugue^ 
Voici les orgues exécutées par ce facteur : 

Provincede Gronmgue : Reerum, unorgue de 1 clavier et lOjeux ;. 
Zuidhoorn, 1 clav., ^ jeux; Zuidbroek, 2clav., 22 jeux et pédale 
séparée; Bellingwolde, 2 clav.,.l8 jeux; Oostwolde, 2 clav., 
18 jeux; Fmstenwold, 1 clav., ISjeux; Warftum, 2 cl., 20 jeux. 

Province de Frise : Bolsward, 1 clav., 10 jeux. 

M. Freytag a réparé et agrandi les orgues de Enkhiiizen, 
Kampen, VoUenhoven, Loppersum, Noordwolde, Bolsward, 
(église réformée). M. Freytag & aussi amélioré et reiiouvelé en 
partie le grand orgue à Fé^ise St-Laurent à Rotterdam. Ce 
grand travail avait été -commencé par Wolferts en 1791. En. 
1805 les marguillers de cette église l'ont chargé de. refaire te 
travail de Wolferts. Il y a été occupé de 1806 à 1810, et des 
attestations des marguillers de cette église, prouvent que 
M.^Freytag s'est acquitté de ces changements à la satisfactioft 
de tous. Ce facteur est mort en 1811, et MM. Meere et Bâtz ont 
continué l'exécution de l'orgue de Rotterdam. 

Freytag {H. Ë.), fils du précédent, à Peize (Groningue) a 
placé des orgues à Groningue (égl.luth. 9reg.), Borger(Drentlie) 
(de7 j.). M. Freytag depuis 1816à 1860 a racommodé et renouvelé 
40 à 45 orgues. Il a de plus construit plusieurs orgues portatifs 
et pianos. En 1852 il a restauré l'orgue de l'église évangélique à 
Groningue sous la direction de M. S. Trip. Cet instrument a 
3 clav., 31 reg. et pédale séparée. Cest en 1699 que A. Schnitger 
a placé cet orgue et non Radeker comme dit M. Hess. Ce dernier 
était ouvrier chez Schuitger. En 1726 et 1782 F, Schnitger et 
Hinsch ont réparé cet orgue. 

Gabry (Balthasar Jean), aé le 20 août 1792, qui travailla dans 
les ateliers de J. Friederichs, et s'associa Avec un des neveux 
de ce dernier, mais aucun orgue nouveau n'a été construit pen- 
dant cette association. Ce neveu de Friederichs naquit en 1791 




'J*- 



— 111 — 

et mourut en 1834. Après, Gabry a construit en 1842 un or^ue de 

I davier avec pédale à Téglîse remonstrante de Oudewetering. 
En 1848 il plaça un orgue à 2 claviers et pédale à Bloemendael. 
La firme Lohman 3e Leiden a achevé et placé un orgue après la 
mort de Frîedericlis à Oegstgeest, commencé par Grabry. 

Ce facteur mourut à Gouda le 21 avril 1853. . Son neveu 
A. D. Gabry s'est fixé en qualité de facteur en 1853 à Gouda. 

II a construit un orgue avec 1 clavier à Téglise catholique 
à Harlem, et il fait en ce moment (1864) des changements à 
l'orgue de Wageningen, qui fut placé par Friederichs en 1804. 

Galtus ou Galtussen (Germer), né à la fin du ^vi« siècle, 
excellent facteur d'orgues à Amsterdam, a été chargé de l'exé- 
cution d'un ^Tgae à l'église St-Georges à Amersfort Pan 1626. 
Il a construit en 1640 un orgue à Monnîkendam de 20 claviers, 
17 jeux et pédale, et c'est lui qui commença en 1650 l'orgue de 
l'église neuve à Amsterdam. 

Gattus accordait les orgues à ITtrecht. L'orgue à l'église 
St-Nicolas (Utrecht) était dans un si mauvais état l'année 1623, 
qu'on a suspendn le paiement de Forganîste Wouter VanGelder. 

Galtus a reçu en 1623 pour de grandes réparations à forgue 
de St-NicoIas d'Utreeht, 1^ fl. 56, » 118 fl. Le 24 juillet fl. 51. 

L'an 1624 pour réparations à cet orgue, fl. 125. Payé à son 
flls une somme de fl. 6. Le 7 sept. 1624 payé à Galtus fl. 100. 
En}625on apayéàunautrefacteur(JacobJoaiînesz,) une somme 
minime. L'an 1688 on lui payait encore d'un engagement 
précédent de l'église Ôt-Nicolas^ une somme de fl. 10 et 4 sous. 

En 1629 il entretenait l'orgue à St-Nicolas pour la somme de 
fl. 8. Michel Van Noort était encore oi^aniste cette année. 

L'an 1630 Galtus a travaillé aux orgues des églises St-Nicolas 
et Ste-Marie (Utrecht) et reçut fl. 22. Cette année il accordait 
lesoi^esà St-Jean et reçut fl.6. En 1631 et 1632 il reçut fl. 12 
et fl. 8 de l'église St-Nicolas pour l'entretien. L'an 1637 il a con- 
struit Forgue à tHooglandsehe Kerk à Leiden. Ce facteur mourut 
vers 1650 au moment qu'il construisit un oi^ue à Amsterdam 
que Van Hagebeer acheva. 

Garels (R.), dans les Pays-Bas, a construit en 1732 un orgue 
à Maassluis. M. Van Wyn a fait présent à l'église de cet orgue 
qui a été perfectionné après. J. Hess était organiste à Maassluis 




— 112 — 

à cette époque. Il a quitté cette ville pour s^établir à Gouda le 
5 janvier 1756, Cet orgue avait 3clav., 42 jeux et pédale séparée. 

Geerkens (P. J.). constructeur d*orgues qui restaura sous la 
direction de Elbert Van Eem, Torgue à Téglise des Âugustins à 
Dordrecht Tan 1799. L'orgue de la grande église de Dordrecht 
a été bâti en 1671. (Auteur inconnu.) 

Parmi les t)rganistes de talent de cette ville nous devons sur- 
tout une mention honorable à MM. Van Eem et B. Leemschot, 
aveugle, élève de H. Boers, Brachthuysen et El. Van Eem. 

Gelis Hermansz , à Utrecht, qui en 1626 fit des réparations 
à Torgue de Téglise St-Jean. Voici le texte des registres : 
«♦ Egl. St-Jean, Novembre 1626. Voordehlaesbalckenvandenorgell 
te versteUen betaelt XV st. sept, aen Gelis Hermansz orgelmaecker^ 
betaelt voor versteUenvantorgel volgensde ordonnantieen de quitantie 
de somme van XXIII gU VIII st. II II p. 

L'année 1627 ce facteur fit quelques réparations à l'orgue de 
l'église Ste-Marie d'Utrecht. Les organistes d'Utrecht du 
XVII™® siècle sont : Wouter Van Gelder (St-Nicolas et Ste-Marie), 
décédé en 1608 ; Magistro Henrico Cornelii, (Oudemunster kerk) ; 
Auguityn Pieterszoon (St-Pierre) ; Guil. VanDuynkerken, mort 
en 1623 (St-Jean) ; Ger. Van de Weyer (St-Nicolas), organiste 
aveugle ; Gérard Ewichard (2® organiste à St-Nicolas) ; J . Perreus 
(du chapitre au Dom) ; Gerbrando Antonii (au Dom) ; Mart. Jansz. 
d'Anvers, qui remplaça pendant l'année 1625 Gerbrando Antonii 
qui quitta la ville (au Dom) ; C. Cnoop (Ste-Marie). 

Gerrit-Gerryt (Jean ou Gherytsz. le vieux) à Utrecht, qui 
accorda l'orgue à l'église St-Nicolas en cettef ville au mois de 
mai 1420. L'organiste était maître Goert. Voici ce qu'on trouve 
dans les archives d'Utrecht à ce sujet : 

«* 1420. Rek. St. Nie. kerk. Item ghegheven op mey-avant Gèryt 
die orgelmaecker voor 't accorderen en de weder overhoren 3 R. gL 
current. Item ghegheven M. Goert onsen organist 5 R. gl. » 

Un Gerryt vivait encore en 1504, car il accordait l'orgue à 
l'église de St-Nicolas.. Henri Nobele en était l'organiste. 

Parmi les organistes qui fonctionnaient à Utrecht au commen- 
cement de ce siècle, nous citerons Herman van Munster, 
Herman Cruse, organiste de St-Paul en 1414, et Jacobs, orga- 
niste à l'église Buur-Kerk. 



— 1.13 — 

Les archive» de la ville d^Utredht constatent le mariage de 
Oesb. Lap, avec Katryn (Catherine) Gerrit, fille du facteur 
d'orgue, fdie orghelmakers doohter). La famiHe Lap était des 
notables de la Hollande, et plusieurs membres se sont distingués 
dans les Sciences et les Beaux-arts.* Du reste, les facteurs d'orgues 
Gerrit jouissaient d'une grande réputation, et étaient en posses- 
sion d'une fortune considérable. Ce facteur est selon toute pro- 
babilité mort à un âge avancé vers la fin du xvi*» siècle. 

Gerrit (Peter, maître Pierre) probablement fils du précédent, 
mentionné dans les comptes des églises d'Utrecht, ville qui était le 
siège de nombreux facteurs d'orgues au xv™® et xvi"*® siècles, 
naquit vers le milieu du xv* siècle, et construisit un nouvel orgue à 
l'église St-Nicolas à Utrecht en 1477. Voici ce qu'on trouve d'après 
M. Dodt dans les comptes de cette église : L'an 1467 Gerrit a 
arrangé l'orgue de St-Nicolas à Utrecht. Item gegeven M, Gherit, 
de orgelmaker, voor deorgel scoen te maken, te sam. 3 st, 6 mt, 6 d. 

1477. (1) Rek. St-Nic. Kerk, « Item ghegheveu te oticos door die. 
orgel besteed werd 17 gL Item M^, Peter die orghelmaker op 'die 
nye orgfiel 20 R. gl. •• 

La réputation de ce facteur était tellement établie qu'on le 
demanda à Rotterdam (en 1589) et d'autres villes pour la répa- 
ration des orgues. 

Le même facteur plaça un orgue à l'église Ste-Marie ^ 
Utrecht, en 1481. C*esten 1479 qu'on a trouvé les traces de 
cetorgue, d'après le testament du chanoine Jean VanMekeren, 
qui dit : Ad organum in ecdesia prœdicta (S*^-Marie) juxta tyrdi- 
tiatixmem ex ecutorvm statuentium eentum et. quinquaginta flo- 
renosy Ren. curreiit. semel mlvendos. « Il y avait six orgues à 
Utrééht en 1479. L'organiste à 'St-Nicolas était -un nommé 
Meerten. Nous fetisoîfôî suivre l'article du livre des comptes. Si 
tfest un supplément depaienïent de l'ot^e cité plus haut, ou si 
l'église S*«-Marie était unfe dépendance de StrNicôlas, c'est 
ce qu'aucune pièce n^ peumis-He constater. 

- 1481. Rek. St'Nic. kerk. Item Mey&ter Peter ^ die orghelmaker 

' 9&PynsgL(^ot\mAvi Rhin courant) cwrrenf, facit.Amh, gl. lOjt, 

Item ghegheven meyster Peter , die orghelm^iker uts. Item ghegheven 

{\) Pai&S'lacoBinraiid de Ho^rnaer on avait un orgue en 1496. Doët, titiMtfv—r Kerkelfiie 
ff€9ekiedenië, 

15 



— 114 — 

meyster Meerten^ onsen orgelist^ van syn jaerdienst^ 6 Ryns gl, 
■cuhenL ^ L^organiste recevait donc la somme de 6 fi. du Rhin 
par an, L'organiste Meerten fonctionnait encore en 1486. C'est 
lui qui remplaça Goyert. 

L'an 1535, Gerrit est encore mentionné dans les comptes des 
églises d'Utrecht. Selon toute probabilité il mourut vers cette 
époque. Cornelis Geertz le remplaça. Les organistes du xvi* siècle 
attachés aux églises d'Utrecht sont : 1534 à 1570 : Ghysbert (i) 
(église St-Salvator) ; 1543 : Gregorius (église Oude Munster) ; 
Er. Van Scayc (St-Pierre) ; Mich. Van Groenenburch (prieur des 
Dominicains) ; J. Rietvelt (St-Nicolas) ; Peter (prénom d'un 
organiste qui examina en 1547 un orgue à St-Nicolas) : Gornelisz 
(prénom d'un organiste à Ste-Marie, de l'année 1556); J. Bruno 
<St-Nicolas) ; Pierre Weyborgh (Buurkerk) ; Peter Adriaensz, 
(prénom d'un organiste de l'église St-Nicolas en 1571) ; Jacques 
Van Schendel (St-Nicolas et Buur-Kerk) ; Henric Gornelisz. 
^prénom d'un organiste de St-Jacques en 1581). 

GpERT VAN PiSA, à Utrecht en 1643, travailla à l'orgue du 
Dom. Voici ce que M. Dodt mentionne dans son livre : Kerkelyk 
Archief, etc. 

It. 47 gL voor *t geen hy verdient ende verschoten heeft met ken^ 
nme vd. kameraer en de J^ J. Van Eyck, 

Gois (Jacques), à Utrecht, qui en 1615 était appelé comme 
<;onstructeur et accordeur de l'église St-Pierre de cette ville. 
.« St-Pierre, 1615. Jacoba Gois organario pro annua pensione 
IIII fi, VIII st, (Comptes de cette église.) « 
- GoLFius (Hans), un des plus laborieux facteurs d'orgues à. 
Anvers du xvii"*? siècle, né en Allemagne et élève de Hocque. 
Les marguilliers de l'église St-Laurent à Rotterdam confièrent 
à Golfius l'an 1642 l'exécution d'un grand orgue sous l'inspection 
de Jean Baptiste Veryst, organiste à Bois-le-Duc. Cet orgue 
avait 3 claviers, 44 registres et pédale séparée. Les ornements 
de boiseries furent confiés à M. François Symons, aussi un 
artiste étranger à la Hollande. 

M. G. Van Reyn dans son histoire de Rotterdam, dit 

(1) 1534 *>■ Item Ohysberto, organiste de 12 mensibus, quod mense 3 flor. fac. 36 flor. 
Item, adhuc eldem pro tabbardo suo, 6 fl. Item, adhiic eidem de domo sua, flor. 4. » 
(Communiqué pat feu F. Klst). 



— 115 — 

que déjà en 1467 il y avait un orgue à cette église. L'orgue de 
Golflus fut achevé après quatre années de travail, donc en 1646. 

Nous faisons suivre Thistorique de Tordue de cette église. 

A Féglise de St.-Laurent à, Rotterdam il y avait déjà en 1442 
un orgue (i). L'an 1589 l'orgue était entretenu par Pieter de 
Utrecht. Il fut examiné par les organistes de Delft et Brielle. 
L'an 1602 à 1603, l'église envoya à ses frais un organiste à 
Amsterdam pour apprendre l'art déjouer l'orgue. M^^Lodewyk 
était organiste de 1572 à 1617, et fut remplacé par Jean Claes, 
chirurgien. En 1642 un nouvel orgue a été livré par Hans Golfius 
d'Anvers, qui futterminéenl646, sou s la direction des organistes 
Dr. J. Furnerius et J. B. Veryst. Il avait 3 claviers, 44 jeux 
et pédale séparée. Il coûta plus de 37,000 fl. En 1788 on décida 
la nouvelle construction d'un orgue à l'instar de celui dé Harlem. 
Des plans furent adoptés par les architectes Guidici, Ginkel et 
Berkman de La Haye. Plusieurs parties accessoires du jubé ont 
été exécutées en Italie. On joignit aux architectes les statuaires 
Keerbergen et Scherpenhuizen. Les statues principales ont été' 
commandées à Anvers. Enfin, en septembre 1789, M. André 
Woliferts de Rotterdam fut chargé de ce gigantesque instrument, 
et les frais étaient estimés fl. 66 à 70,000. Comme conseillers 
ont été nommés MM. H. Hess à Gouda, J. H. Bâtz à Utrecht, 
puis les organistes J. Lustig de Groningue et Bruininkhuizen, 
organiste aveugle de la grande église de Rotterdam. Un orgue 
provisoire fut placé par A. Wolfferts. La révolution de 1795 
vint mettre obstacle à l'achèvement de cet instrument. 

Cependantonplaçales deux soufflets examinés par J. Berghuis 
de Delft, J. Robbers et J. Tours à Rotterdam. Après une con- 
clusion on trouva beaucoup de défauts et le facteur fut reconnu 
incapable de continuer honorablement l'orgue. En attendant, 
l'usage de l'orgue fut décrété le 11 février 1798, et inauguré pai> 
B. Van Velzen. A défaut de finances nécessaires on a dû 
interrompre tout travail. Une nouvelle expertise eut lieu en 
1803 par le facteur F. Heineman et les organistes J. Robbers 
et J. Tours, et de nouveau désavoué ! Des perfectionnements 

(I) 1642. Op dit jaer heeft men hier In St-Laurens kerck tegen den Toren eene schoono 
ende kostelycken orgel beginnen te maecken en te stellen, en Is de yolgendejaren volmaeckt 
en heeft veel gelt gekost. S. Lois. Beschryving van Rotterdam. 



furent confiés aux susdit Heineman, qui était chargé de diriger 
les travaux de Wolfferts. Par malheur Heineman décéda à la 
fin de 1803, et. plusieurs années s'écoulèrent avant de trouver 
un homme capable de le remplacer. En 1806 on en chargea 
M. H. Freytag de Groningue, toujours assisté de Wolfierts. 
Les deux facteurs ne s'entendaient point et Ton fut obligé de 
renvoyer ce dernier, dont il se suivit un procès, en défaveur 
de Wolfferts. M. Freytag assisté deMM.Robbers et Tours, par- 
vint à construire Torgue, de 3 claviers, 42 jeux et pédale- séparée. 
Ce facteur décéda en 1811 et fut remplacé par Meere. En 
1815 à 1816 on décréta Tachèvement complet de Torgue. On 
consulta J. C. Friederichs de Gouda (mais sans fruit) et L. et 
J. Van Dam, de Leeuwarden. En 1819 De Volder de Gand fut 
convié à proposer un nouveau plan, mais sans résultat. En 1820 
mourut le facteur Wolfferts. L'an 1821 l'achèvement fut confié 
aux plus anciens facteurs d'oi^es des Pays-Bas, MM. Abraham 
Meere S. et J. Un contrat fut signé avec eux pour la somme de 
fl. 36,000. En 1825, un fatal événement, la mort de Meere J., 
vint de nouveau aggraver la position des administrateurs de cette 
église. En septembre 1828, les organistes C. Brachthuizer, à 
Amsterdam, J. C, Berger de la grande église de La Haye, 
J. Robbers et B. Tours de Rotterdam, furent chargés d'ex- 
pertiser le travail de Meere. Le rapport rédigé par M. Tours 
fut très-favorable. L'inauguration eut lieu le 14 septembre 1828 
par le D"" Th. Hoog» et les organistes précités se firent 
alternativement entendre. Vu le grand âge de Meere, on confia 
les perfectionnements à son ouvrier. Meere, S., décéda en 1841, 
et M. B. Tours fit connaître à la commission de la commune 
l'état déplorable où se trouvait alors l'instrument. 

M. Jon. Bàtz et C® d'Utrecht, qui s'était fait un nom distingué 
comme facteur d'orgues, fut demandé à perfectionner cet orgue. 
Après un cojitrat, on passa à l'examen des resitaurations faîtes 
par ce facteur en 1845. MM. J. Bremer et J. Paling en firent un 
rapport. Finalement cet orgue se compose de 4 claviers,j90 re- 
gistres, pédale séparée et 16 soufflets, dont quatre pour la pédala. 
Sur le clavier de pédale il y a trois jeux de 32 pieds. On peut 
conclure de ce résumé que cet orgue a coûté près défi. 200,000. 

Orgues connus de Golflus : ^teenockerzeeh, renouvelé par 



_- 117 -^ 

M. Vermeersch, qui a rencontré le nom de ce facteur sur une 
languette d'un tuyau. 

Orgue à Tabbaye des religieux nommée De Wygaertf restauré 
par P. Van. Peteghem. Golfius a travaillé pour compte de 
Hocque (1632) au grand orgue de l'église St-Jeaa à Bois-le-Duc. 

GosNO (J), à Bruxelles au siècle dernier, et élève de J. B. For- 
civil. Nous n'avons pas rencontré des orgues de cet artiste, que 
M. P. Van Peteghem mentionne dans ces notes. 

GoYENANT ou JoYNEANT (Jean Baptiste) à Bruxelles, plaça 
en août 1771 un orgue à Olmen (Campine) qui coûta fl. 900, 
payé sur l'ordre des autorités par le secrétaire de la commune, 
M. G. Vertessen. En 1863 M. Loret de Bruxelles y a placé un 
nouvel instrument. Il a 2 claviers et pédale séparée. Cet orgue* 
parait-il, laisse à désirer. 

Graindorge (Arnold), à Liège a a^andi en 1845 l'orgue de 
l'église St.- Jacques à Bois-le-Duc. Cet orgue qui est au ton d'or- 
chestre, a 3 clav., 27 reg. et pédale séparée de 2 octaves. Il y a 
encore place pour 15 reg. Cet orgue fut construit en 1803. Le buf- 
fet est en style corinthien dû au talent de M. Veneman de Bois- 
le-Duc. Il y a 3 soufflets. Le même facteur plaça un hautbois 
dans l'orgue de St-Jean en cette ville. On doit à M. Graindorge 
beaucoup d'orgues, entre autres celui de.St-Denis à Liège. 
L'orgue de St-Servais à Liège est du facteur Rifflart qui a vécu 
à la fin du siècle dernier. 

n Harno ou Hamo à Auvors, a travaillé les sonnées 1513 à 1515 
aux orgues delà cathédrale de cette ville.* On a payé des sommes 
assez considérables pour ces améliorations. L'an 1524 on a fait 
aussi d'importants paiements pour les frais de l'orgue de la 
confrérie de Notre Dame. I^es livres de comptes mentioganent 
tous ces paiements, (Extrait des archives de la cathédrale.) 

Hellemans (Antoine) à Anvers, qui en 1718 reçût des gages 
commQ accordeur de la cathédrale de cette ville. Nous avons 
rencontré un seul orgue médiocre de Hell^msms, c'est celui de 
l'abbaye d'Eenaeme, avec un clav. cùurt. M. P, Van Peteghem 
restaura cet instrument vers 1778. 

Helmans (Jem)r facteur hollandais qui travailla au grand 
orgue à l'église St-Martin de Groningue pendrait plus de 10 ans, 
et qui a tellement défectué cet instrument qu'il a ^Uu à Arp. 



— 118 — 

Schnitger beaucoup de temps pour le tirer du mauvais état où 
il se trouvait. C'était en 1691. 

Heineman (Françoîsr), de Nymègue, vivait à la fin du siècle 
dernier à Rotterdam, et travailla au grand orgue des églises 
St-Laurent et Wallonne en cette ville. En 1803 Heineman a 
réparé Torgue de l'église Wallonne à Rotterdam. Ce facteur 
mourut en cette ville Tan 1803. M. J. Van Heurn parle avec 
éloge de M. Heineman, dans son ouvrage sur la facture d'orgues. 

Hess (H. A. H.), facteur d'orgues de réputation établi à Gouda; 
nous ignorons les détails de sa vie. Voici l'état des travaux 
faits par ce facteur : 

Bodengraven, église réformée, 1760, un orgue de 1 clavier 
et 15 jeux, examiné en 1760 par J. Potholt, organiste à la vieille 
église d'Amsterdam . Cette église a été incendiée en 1774 ; 
Bodengraven, église luthérienne, un orgue de 8 pieds ouverts,, 
et 13 jeux. Cet instrument a été donné à cettef église par MM. 
J. C. Régis et J. M. Riet ; Dordrecht, église des Augustins, 
15 mai 1773, un orgue de 2 claviers, 35 jeux et pédale séparée; 
Schiedam, église française, 1 clavier, 12 jeux, inauguré le 
9 septembre 1773 ; Schoonhoven, 1763, un orgue de 2 claviers 
et 15 jeux ; Utrecht, église catholique, 1772, un orgue de 22 jeux. 
Il y avait un orgue au Dom d'Utrecht, exécuté en 1574, de 
3 claviers, 25 jeux et pédale accrochée, dont on n'a pu trouver 
l'auteur ; Willemstadt, 1774, église luthérienne, un orgue de 
8 pieds ; Haastregt, 1791, un orgue de 2 claviers et 18 jeux ; 
Hess a encore construit un grand nombre d'orgues portatifs 
(huisorgels). 

M. Hess, qui mourut à Gouda en 1795, est probablement le 
frère de l'organiste et savant musicologue J. Hess. 

Heyspennink (G.), probablement facteur d'orgues enHollande. 
Les archives de l'église des Augustins de Dordrecht mentionnent 
ce qui suit : 

1625. AP Gerrit Heyspennink fl. 60 voor het herstellen en in 
goede wde brengen van orgeLen in de Grôote en Augustyne kerken, 
alsmede zyne reis en teer kosten daarom gedaan. 

Voici les organistes connus de la ville de Dordrecht 

1583, Gérard van Grys ; 1594, Adrien Sewaarsen, qui reçut 
par an fl. 200 ; 1602, Henri Joostens, qui reçut fl. 100 ; 1604, 



— 119 — 

Hendrik, (prénom d'un organiste) ; 1627, Garbrant Teunisz ; 
1662, A. Broeders ; 1671, A. Cools ; 1685, Isaac Broeders ; 
1719, A VanderHeggen; 1808, Van Eem ; 1821, B. Leemschot, 
décédé en 1845 ; 1845, Ochsendorf ; 1846, G. De Vries. Ce 
dernier était alors organiste des Augustins et en 1854. il passa 
à la grande église, (i). ' 

HiNSCH (Albert Antoine), bon facteur d'orgues d'origine 
allemande, s'établit à Groningue vers 1710, et s'est fait con- 
naître par les orgues suivants : Un orgue à Harlingen de 2 cla- 
viers, 34 jeux avec pédale séparée ; un orgue à Bolsward, 
construit en 1781, à 2 claviers, 34 jeux et pédale séparée. 
M. Van Dam, facteur à Leeuwarden, a ajouté un troisième 
clavier à cet orgue, qui contient aujourd'hui 45 registres. Il y a 
un bourdon de 16 pieds au grand manuel, et un au clavier de 
pédale, puis un voxe humana de 8 pieds, un dulciana de 8 pieds, 
et une trombone (bazuin) de 16 pieds sur la pédale. L'ensemble 
de cet instrument, selon la déclaration de l'organiste actuel 
M. J. B. Perrin, est parfait ; Monnietsga, un petit orgue aux 
frais de Jean Gerlofsna, secrétaire de la cour de justice à 
Barradeel. En 1740 ce facteur a achevé l'orgue à Groningue, 
coordonné primitivement par Rud. Agricola, syndic de la ville de 
Groningue, et qui fut dévoué à la restauration des sciences, des 
lettres et des Beaux-arts. Ce dernier mourut à Heidelberg 
l'an 1485 ; Midwolde (1750) église réformée, un excellent orgue 
de 2 clav., 35 jeux et pédale séparée; Groningue, hôpital dit 
Pepers Gasthuis un orgue de 2 claviers et pédale séparée. 

Hinsch se distinguait principalement dans les jeux à anches. 
Il est mort à Groningue en 1785. .Hinsch a agrandi l'orgue à 
l'église luthérienne à Groningue, dont M. Arp. Schnitger avait 
fait cadeau à cette église. 

HocQUE (Florent), à Cologne. En 1617 un concours eut lieu 
à Bois-le-Duc, pour la construction d'un grand orgue à l'église 
St-Jean. On connaît deux facteurs qui y prirent part. Ce sont 
F. Hocque et Nicolas Nyhoff. L'entreprise de l'orgue a été 

(1) Les orgaes de Dordrecht au slôcle dernier selon J. Hess étaient : Grande églUe : 
un orgue de 3 claviers, 51 Jeux, pédale séparée et plusieurs registres muets. U était orné 
d'un beau buffet. L'ancien orgue des Augustins avait 2 claviers, 27 Jeux et pédale séparée. 
Eglise françaite : Un orgue de 2 claviers, 19 Jeux et pédale accrochée. Eglise luthérierme-: 
Un orgue de 10 Jeux. 



— . 120 — 

accordée au premier le 15 juin 1618 pour la somme de fl. du Rhin 
9600 et un présent de fl. 100 pour sa femme. Un organiste de 
cette époque Ph. Van Heynisschen s*est rendu à Cologne pour 
conférer avec le facteur. L'orgue fut achevé en 1622. Une in- 
scription sur le Buffet l'indique ainsi : Florentins Hocque Grav, 
Organopœ, 1622. Cependant on ne paya au facteur que la somme 
de 88T7 fl. et 16 sous. Il restait donc encore un travail à termi- 
ner, que la guerre est venu interompre. Hocque chargea Hans 
Golflus ou Goltfus en 1632, de terminer l'orgue (pour fl. 75) ; 
mais sur l'avis des organistes ce facteur n'avait pas les ca- 
pacités voulues pour l'achèvement de cet instrument. La 
régence de Bois-le Duc nomma en 1634 une commission afin 
de s'entendre avec le facteur Galtys et maître Gemert, 
qui passa un contrat avec eux le 18 décembre 1634. Ces 
artistes recurent fl. 5 par joui*. On y travailla 210 jours. 
L'ensemble des frais s'accrut jusqu'à la somme de 2458 fl. 13 sous 
fet 6 deniers. En 16â5 ces facteurs ont mis la dernière main 
à ce magiiifique instrument. 

En môme temps ils étaient chargés d'un petit orgue au jubé, 
fini eti 1636. Des organistes d'Amsterdam, de Harlem etd'Utrecht 
ont éXarniné le gt*and orgUe. Voici quelques lignes de leur rapport : 

»» Het orgel in ailes %oo wel endè bekoorlyck opgemaêckt te éyn^ 
dis èenîch in de seventhien provincieny jœ in geheel christenrycke 
ende dàt sy vet sulcks het selvige voôr goed walreh bpnemende 
auddtende ende appfobeirende. ^ 

Le bUJffet, tel qu'il existe encore aujourd'hui, est dû au sculp- 
tëut* de Cologne G. Schyselfer ; c,est, soUs tous les rapports, 
un cheiF-ll'cieuWe de style et d'art. 

A la an du siècle dernîet', l'orgue était complètement dérangé 
et le facteur F. C. Heinemau de Nymègue, le restaura ; ce 
travail fut achevé enl'78'7. J. Hess et Van der Dussen de GoUda 
et Arnhém éii firent le plus brillant éloge. Primitivement, 
il avait 3 claviers 35 jeux, pédale et 3S50 tuyau jc. Hôineman 
l'augmenta de 26 jeux. En 1835 et en 1844 MM. Curten et 
Arnold Graindorge de Liège le reparèrent. Ce dernier ajouta 
un hautbois sur la proposition de l'excellent organiste P. J. Van 
Paesschen. L'orgue ia S souÔiets de 10 pieds de longueur sur 
6 de largueur. 



— 1j21 — 

Plus d'un demi siècle cet orgue fiit pour ainsi dire à Tabandon, 
mais depuis quelque temps on est en rapport avec les facteurs 
VoUebreght et fils de Bois-le-Duc, pour faire les changements 
nécessaires, qui sont évalués fl. 2000. 

Hocque mourut à Cologne entre 1632 et 1633. 

HoLTGRAVE, à Devouter, plaça un bel. orgue à Téglise protes- 
tante de cette ville, qui cputa fl. 15,000. Cet orgue a été perfec- 
tionné par Bâtz, Heineman, Frieda et Meere. 

HooGHUis (Louis) à Bruges, qui a placé un grand nombre 
d'orgues dans les Flandres. Nous devons à la complaisance de 
M. Ph. Van den Berghe les quelques détails qui syivent sur les 
orgues de ce facteur : 

Warneton, 1858, un orgue à deux claviers, 20 jeux et pédale 
séparée. Il est d'une construction solide et tout en bois de chêne 
(M. Hooghuis n'emploie pas de sapin). En 1859, M. Hooghuis a 
construit l'orgue à l'église paroissiale de Menin, composé de 
3 claviers, 22 jeux et pédale séparée. Il a un bourdon, contre- 
basse et bombarde de 16 pieds. Il y a diverses pédales d'accou- 
plement, au moyen desquelles on se sert de tel et tel jeu à volonté 
et l'on peut faire entendre les 3 claviers simultanément. Les jeux 
de fonds sont d'une force peu commune, et en même temps d'une 
grande douceur. Le récit, à expression, est remarquable par la 
finesse et le moelleux de ses différents registres. L'ensemble de 
l'instrument est très-harmonieux et peut hardiment supporter 
la comparaison avec les ouvrages de nos meilleurs faxîteurs. La 
qualité du son rappelle plutôt les anciens orgues que les modernes 
du genre de ceux de M. Cavaillié Coll. L'organiste actuel est 
M. Louis Isebaert, ancien élève de l'école normale de Thourout. 
Sans avoir un talent transcendant, il joue d'une manière très- 
convenable. Ses improvisations sont graves et appropriées au- 
service divin ; contrairement à beaucoup de ses collègues de 
la Flandre, il a banni du jubé toute musique profane qui n'est 
pas en rapport avec le culte religieux. 

C'est M. A. Mailly qui a inauguré cet orgue ; il a été on 
ne peut plus satisfait des qualités de l'instrument. 

M. Hooghuis a aussi restauré en 1856 le grand orgue de la 
cathédrale de Bruges. 

Un frère de ce facteur est é gaiement établi à Bruges. 

16 



199 

ÏÏOORNBEEK (Corneille), habile constructeur d'orgues des 
Pays-Bas, né vers la fin du xvn™« siècle. Il a construit : 
Ainsterdam 1716, à Féglise neuve luthérienne, un instrument de 

2 claviers, 37 jeux et pédale séparée. Cet instrument fut 
expertisé en 1719 par E. Haverkamp, M. Veldcamp et 
N. Clermont. En 1720 Ch. MuUer y a placé un 3^ clavier. Il 
^coûta 10,000 fl. ; 1718 renouvelé un ancien orgue à Véglise 
St-Jean de Bois-le-Duc, de 3 claviers, 35 jeux, pédale séparée 
et 3350 tuyaux. Il a été examiné par Veldcamp à La Haye, 
et Nicolas Woordhouder, de St-Pierre de Leiden. Cet orgue 
a été primitivement bâti en 1580. L'orgue de cette église est 
<;onsidéré comme un des meilleurs de la Hollande, et il a fait la 
réputation de Hoornbeek. En 1566 l'église de St-Jean a été tel- 
lement ravagée parles iconoclastes qu'il ne resta plus que l'orgue, 
la chaire et autres objets intérieurs; Hoorn, un orgue de3 clav., 
26 jeux et pédale pendante; Kampen, un orgue de 3 clav., 
34 jeux et pédale pendante. 

Ibach (C. et R. frères), facteurs renommés A Barmen, ont 
placé à Bergen-op-Zoom à • l'église paroissiale un orgue de 

3 clav., 41 registres, pédale séparée et 11 registres d'accou- 
plement et de combinaison. Il y a sept jeux de 16 pieds et un 
crescendo. Il a été inauguré par les organistes Lux de Mayence 
et Alp. Mailly de Bruxelles, le 27 janvier 1864. Depuis 1813 
M. D. C. Dekkers était organiste à cette église. Le 1®' janvier 1857 
M. C. P. Dekkers était organiste à l'église luthérienne. 

Un orgue se trouvait à l'église réformée qui au siège de 1747 
a été avec l'église et la tour la proie des flammes. En 1770 
M. Louis Dell Haye d'Anvers plaça un orgue de 2 claviers, 
22 jeux et pédale accrochée. 

Jacobs (Jean), à Utrecht, accordait et entretenait de 
1618 à 1629 les orgues aux églises St-Nicolas, St-Jean et 
Oudemunster de cette ville. Il remplaça J. Gois. Les comptes 
mentionnent : 

« 1622. Eglise St-Jean. Item Jan Jacobs den orgelmaker deur 
crdonn. van *t capittel voor jaerl. gagie, II II gl. »♦ Oe fecteur 
mourut vers 1630, et Galtus lui succéda dans ses fonctions. 

KAM(Guillaume Henri), élève des frères LohmanàLeeuwarden 
est né à Berkel en 1809, fils de Samuel Kam, prédicant à 



— 123 — 

Berkel, dans la commune West-Souburg (Zélande). Il mourut le 
5 juin 1863. H s'était fixé à Rotterdam en 1837, sous la firme 
Kam et Vander Meulen. 

Voici les orgues construits par la firme Kam et Vander Meulen, 
qui sont tous à 2 claviers, excepté ceux de La Haye (église 
Willemskerk) et Dordrecht (égl. réf.) qui en ont trois. Ceux de 
Lent et Bérgenschoek ne sont munis que d'un seul clavier. 

Delfshaven, égl. cath., 14 reg. ; Oudewater (i) égl. protest., 
27 reg. ; La Haye, égl. cath., 24 reg. ; Naaldwyk, égl. cath., 
20 reg. ; Ryswyk, égl. cath., ISjeux; Dordrecht, égl. cath. 
24 jeux; Dordrecht, égl. de Tévêque, 12 jeux ; Middelbourg, 
égl. française, 18 jeux ; Middelbourg , égl. des Mennonites 
14 jeux ; Zierikzee^ à Tégl. réf., 31 jeux; Pynarker, égl.réf.,18j. 

Les orgues suivants ont été placés par M. Kam : 

Zateringen, égl. cath., 18 jeux ; Nieuw Lekkerland, égl. réf., 
18 jeux; Brielle, égl. réf., 18 jeux ; Ouwerkerk,- égl. réf.,. 
20 jeux; La Haye, égl. Willemskerk, 42 jeux; Lent, égl. réf., 
8 jeux; Landpoort, égl. réf. id. ; Bergschenhoek, égl. cath., 
11 jeux ; La Haye, égl. cath., (Binnenhof), 17 jeux ; Dordrecht, 
égl. réf., (1859), un orgue de 32 pieds et 53 jeux; MM. j. A. 
Van Eyken et Devries de Dordrecht ont expertisé cet instru- 
ment. Cet orgue a des qualités supérieures ; La Haye, égl. 
réf., 24 jeux; Berlikum, égl. réf., comme à Lent ; Oostburg, 

égl. réf., 19 jeux ; Middelburg, égl , un orgue comme à Lent ; 

Gorinchem, égl. Luth., 15 jeux ; Middelburg, égl. réf. 27 jeux; 
Overschie, égl. réf., 17 jeux. Les orgues de La Haye, de 
Oudewater, de Zierikzee, de Dordrecht, de Middelbourg ont 
une pédale séparée. Les autres une pédale accrochée. 

Les orgues de Zierikzee, La Haye (Willemskerk), Dordrecht, 
(grande église) et Middelbourg, (église nouvelle), peuvent être 
rangées parmi les instruments les mieux réussis delà Hollande. 

Parmi les organistes qui ont examiné et approuvé les orgues 
de la firme Kam, nous citerons : S. De Lange (père), à 

(1) A l'égUse de Oudewater il y avait un orgue contre le mur de la tour ; on y trouvait 
encore un buffet du grand orgue, dont les panneaux représentent en peinture des portraits 
d'evôques et autres personnages du clergé romain se trouvant agenouillés. Cet oi^^e 
ne pouvait être joué vu son ancienneté ; on plaça en 1645 un petit orgue, & côté de l'ancien* 
Au-dessus de l'orgue & une colonne on trouve eu vieilles lettres l'année 1003. Est-ce l'an- 
née de la fondation de l'église ou de l'orgue, voilà oe qu'on Ignore. 

L'ancien orgue a été pillé par les Eftpagnois. L'orgue de 1645 avait 2 ch 13 jeux et péd. sép. 



— 124 — : 

Rotterdam ; feu F. Smit, organiste à La Haye ; B. Tours à 
Rotterdam:; Labrand à Middelburg ; Overman à Zierikzee; 
Kersbergen à Delft ; H. Marinus à La Haye ; G. Nicolaï à La 
Haye ; Marinus et G. Hutschenruiter à Rotterdam ; J. A. Van 
Eyken à Elberfeld ; Van Paesschen à Bois-le-Duc et Appel à 
Gorinchen. 

* " KEERSMAÈCKERS(Gommaire),probablement domicilié à Lierre, 
plaça en 1638 un nouveau sommier au grand orgue à l'église 
collégiale de cette ville. Ce secret avait 8 à 9 porte-vents. On 
lui paya pour ce travail fl. 23. 

Kerkohff (J,), à Laeken (Bruxelles), et qui a restauré l'orgue 
de Nieuwmoer, qui se trouvait à la grande église de Lierre. 
M. Kerkohff a été contre-maître chez M. H. Loretet depuis 
1864 il s'est établi à Laeken. 

Keygherman (Thomas), à Gand, travailla en 1566 à l'orgue 
de l'église à St-Bavon. M. Edmond De Busscher, archiviste de 
la ville de Gand, et membre de l'Académie royale de Belgique, 
nous a fait parvenir ces renseignements : 

»• Je n'ai absolument rien recueilli sur les orgues et les fac- 
teurs d'orgues à Gand. Dans le dépouillement que j'ai fait des 
comptes de la ville de Gand, de 1316 à 1700, je ne me souviens 
point d'avoir rencontré beaucoup d'annotations relatives à ces 
instruments. Notre ville, je crois n'a guère brillé à cet égard 
durant la longue période du xiv"*® au xviii™® siècle ; du moins, 
les documents que j'ai consultés pour mes études sur les pein- 
tres gantois, ne m'ont rien signalé d'essentiel. La corporation 
des peintres et sculpteurs de Gand, ne comprenait ni les lutiers, 
ni les facteurs d'orgues, et nous ignorons même à quelle 
corporation ou à quel métier ils appartenaient. » 

Déjà en 1543 Keygherman renouvela le petit orgue à l'église 
Ste-Walburge, à Audenaerde. 

KôNiG (Louis), à Cologne, acheva en 1775 le grand orgue de 
l'église St-Etienne, à Nymègue, commencé par C. MuUer. 
M. Fétis a encore singulièrement dénaturé ce nom. Ainsi, page 377 
<le sa Biographie universelle, il dit : 

Koning (Louis De), facteur d'orgues à Keulen, en Hollande, a 
achevé le grand orgue à Nymègue, etc. M. Fétis n'est aucune- 
ment versé dans la langue hollandaise, car Keulen veut dire en 



— 125 — 

hollandais Cologne (ville). Il n'eiste pas de ville dans les 
Pays-Bas du nom de Keulen, Malheureusement M. Hamel a 
textuellement copié toutes les graves erreurs de M. Fétis dans 
son Manuel complet des facteurs d'orgues. 

Kônig plaça aussi un orgue à Téglise St-Martin à Venloo, et 
plusieurs instruments dans le Brabant septentrional. 

KoRFMACHER, à Linnich, près d'Aix-la-Chapelle, auteur de 
l'orgue de 3 claviers et pédale séparée à Téglise St-Aubin à 
Namur, a restauré en 1852 l'orgue à l'église St-Martin d'Arlon. 
Cet instrument très-ancien et dont l'auteur est inconnu," a 
2 claviers, 23 registres et pédale séparée. Voici ce que nous 
lisons dans un journal du 1®' février 1853 sur cette réparation : 

t II y a près de dix ans que des réparations furent faites à l'orgue 
de réglise St-Martin à Arlon. Ce travail n'eut pourtant pas le 
succès que l'on était en droit d'espérer et il fallait bien aviser à une 
restauration complète de l'instrument pour en tirer parti. Ce soin fut 
confié au sieur Eorfmacher, de Linnich, constructeur du grand orgue 
de cette dernière ville et de celui de l'église St.^Aubio de Namur. 
Ces œuvres capitales ont établi la réputation du sieur Korfmacher, 
qui est incontestablemenî; une spécialité rare dans son genre. A Tins, 
trument de l'église d'Arlon il a opéré une véritable transformation 
par l'extension donnée à la plupart des tayaux et par l'adjonction de 
plusieurs registres nouveaux, entr'autres ceux du hautbois, de .flûte 
lointaine, un écho, viola digemba 8 pieds et bombarde 16 pieds, etc. 
— L'harmonie de l'orgue actuel est riche et magnifique. — Le jeu 
en estd'une grande force et d'une expression hardie, répondant immé- 
diatement à la touche du joueur. Les effets de con sordini se pro- 
duisent avec une grande facilité, sont très moelleux, et on ne peut 
plus convenables pour accompagner la voix. » 

L'orgue de l'église St-Donat, composé de 2 clav., 15 registres . 
et pédale séparée a été également restauré en 1852 1 par 
M. Korfmacher. M. J. P. Arendt est organiste des deux églises 
et depuis 1817 il fonctionne à l'église St-Martin. Il remplaça 
M. Fischer. Le même facteur a construit un bonjorguejà 
StrTrond, composé de 2 claviers, 22 registres et pédale séparée. 
Il mourut il y a environ deux ans. 

lùiuissT (Jean P.), organiste à Naarden, a restauré l'orgue 
de réglise de cette ville en 1762, qui fut détruit par la foudre 



— 120 — 

au mois de juin de cette année et en 1764. Cet instrument a 

3 elay. , 8 jeux, pédale accrochée et 4 soufflets. 

KuNCKBL (J .P), en son vivant fecteur d'orgues à Rotterdam» 
a placé un orgue de 2 clav., 12 jeux et pédale accr. à la vieille 
église catholique en 1784 avec deux soufflets. La maison Witte 
d'Utrecht sera chaînée d'un nouvel orgue à cette égHse. 

KuYTER (Jean) indiqué dans les archives de Téglise St-Nicolas 
à Utrecht, facteur en cette ville Tan 1563, et qui entretenait 
l'orgue de cette église à raison de 20 sous par an. Un fait assez 
im'^rtant doit être mentionné ici. La preuve que le chant a été 
introduit dans les écoles au xvi® siècle se trouve dans les 
archives de ^'église St-Nicolas. 1563. Van een taeffel te mnecken 
daer men den kyndsn^ in die sckole haeren zanck op noteert etc. 
(A une planche pour noter le chant à l'école des enfants). Il est 
donc certain qu'on apprenait aux adolescents les chants d'église 
dans les écoles au xvi°*® siècle à Utrecht. 

Kuyter a fait des changements à l'orgue del'égHse St-Nicolas 
d'Utrecht en 1561 et 1564. Voici ce que les comptes d'Utreciit 
mentionnent, d'après feu M. Kist : 

M 1561. It. betaeU M. Jan Kuyter van 't gebeten werck dat van 
de rotten (ratten) bynnen in den cleynen vegisteren ende oack in den 
groten registeren gegeten was, geheel te vemyemuen ende een deeU 
van Ugrote werck te emenderen eio.^ 18 gL « 1564. It, Jan Kuyter 
omme dat hy 't grooie orgel jaerlicx in accoardt hiell, gegeven 1 gL 
Le nommé Peter, facteur, lui succéda. Kuyter mourut vraisem- 
blement vers 1564-1565. 

4 Lannoy (Pierre), habile constructeur, né au commencement 
du XVII® siècle, et habita Anvers en 1641, année qu'il fut chargé 
par les marguilliers de la cathédrale d'utiles réparations aux 
grands orgues de cette église. En 1655 il accorda l'oi^ue du 
chœur à la cathédrale et succéda à Coninge. (i) 

En 1655-1656 il pa^sa un contrat avec les maîtres servants 
de la cathédrale pûur les dépenses de l'orgue, et en juger par 
les fortes sommes qu'on, y affectait, cet instrument doit avoir 
été très remarquable. Voiei la note de différentes dépenses : 
Lannoy, fl. 1600 ; Jean Van der Veken, fl. 544 ; Lannoy pour 

(!) Le prédécesseur de Lannoy, Jean Coninge, qui accordait et entretenait l'orgue du 
chœur en 1649, reçut cette année pour ce travail fl. 4^ 



— 127 — 

le positif fl. 900 ; J. Van Cam, fl. 432, 7 1/2 sous ; G. Van 
Arenbosch, doreur, fl. 427^ 10 sous ; Quilinus, artiste peintre, 
fl. 186 ; P. Molyn, fl. 83. 12 isaus ; pourboires (drinkgeld} fl. 18 ; 
Fn DeVoo, souffleur, fl. 100 (pendant le travail); Michel 
Boursoy, fl. 275, 11 sous ; P. Verbruggen sculpteur, fl. 1793 ; 
Menuisier, fl. 134, 19 sous ; pour les poutres fl. 29 ; Goddaert, 
fl. 22 (pour les colomies de l'orgue). En 1682, P. Verbruggen fit 
quelques nouveaux travaux au buffet de Torgue, Lannoy reçut 
en 1662 pour Tentretien etc. fl. 42. 1662. Aen M^ Lannoy, 
crghelmdker van *t steUen en donderhouden van groote orgM 42 gl. 
En Ï661-1662 il reçut encore des paiements de réparations, que 
nous rencontrons dans les comptes de la cathédrale. Il mourut 
vers 1663-1664 (1). 

Lévrier, facteur probablement à Amsterdam, a construit eu 
1636, le grand orgue à Téglise Nieutue zyds-Kapel en cette ville, 
de 2 claviers, 17 jeux et pédale séparée. 

Léonard, de Clev^, plaça le premier orgue à Téglise St-Sauveur 
à Gand, Fan 1590. En 1819 M. De Volder a construit de nouvelles 
orgues à cette église. 

Letser (Jean J.), associa à M. Th. Perenboom depuis 10 ans, 
est né à Huissen (Gueldre) en 1821 et fit son apprentissage dans 
les ateliers de MM. Merklin, Loret et Clerinx, Voir plus am- 
ples détails au nom Perenboom. 

Limburg à Utrecht, (2) au xviii® siècle, a démoli Torgue con- 
struit au XVII® siècle à l'église St-Nicolas de cette ville, orgue 
qui n'avait aucun registre, mais seulement trois rangjées de 
tuyaux, dont les plus grands étaient des prestants de 12 pieds. 

LiNDSEN (J.), à Utrecht, qui construisit un nouvel orgu.e à 
l'église des Augustins (catholique) à Utrecht, Cet orgue a 
2 claviers, 22 registres et pédale. Il y a plusieurs registres d'ac- 
couplement, etc. Le journal CceciMa^ dans son n*> 20, 1844, cri- 
Ci) C'dst en 1654 que François Hempny, parent des célèbres fondeurs d^ cloches à 
Amsterdam, tut chargé de nouvelles cloches pour le carillon. Une dépense de fl. 5897 fut 
faite à cette occasion. 

(2) Les orgues d'Utrecht au siècle dernier selon J. Hess étalent : Dont. Un orgue de 3 
clav. 25 jeux, et péd. accr. Cet instrument avait en 1724 plus da SOO ans. La petQture à 
cause de son ancienneté était dètoriée. Eglise St-Jacques. Un orgue de deux clav. 25 Jeux 
et péd. séparée. Église St-Nicolcu. Un orgue de 2 cl. 13jeux et péd. accr. Eglise LuthArietme. 
Un orgue de 2 clav. 14 Jeux et péd. accrochée. 



~ 1:^8 — 

tique sévèrement Fœuvre de M. Lindsen. Cet article est trop 
long pour le reproduire ici. Ce facteur décéda à Utrecht en 1863. 
Le Blas (Égide),élôve du célèbre Forcivil,à Bruxelles en 1728,a 
construit en 1759unorgueàrégliseNotre-Dame-de-la-Chapelle, 
puis aux églises St-Anne et des Riches Claires à Bruxelles. 
Un orgue de 2 claviers à Berlaer (Lierre), restauré en 1784 par 
P. Van Peteghem pour la somme de fl. .800. M. Le Blas était 
ne au commencement du xviii® siècle. 

Le Picard (Jean Baptiste), probablement à Liège, fut chaîné 
en 1750 de Texécution de Forgue à Notre-Dame à Tongres, 
instrument qui était considéré comme un des plus importants du 
pays. Il coûta 10,000 fl. Le facteur employa à ce travail 3 ans, 
et Ta modulé sur l'orgue de la célèbre abbaye de Herckenrode, 
placé en 1747. Le buffet de Torgue en style renaissance, est 
l'œuvre du sculpteur Termonia de Liège, qui y travailla deux ans 
^et reçut 2900 fl. Il est très-beau, mais n'est pas en harmonie 
avec le style gothique de l'église. L'orgue a 4 claviers et 
42 registres : 19 pour le grand orgue, 12 pour le positif, 5 pour 
le récit, 6 pour l'écho et pédale. Il manque à cet inistrument une 
pédale séparée, qui correspond avec le clavier du grand 
orgue. La soufflerie de cet orgue est très-défectueuse, et elle a 
besoin d'être restaurée. Cet orgue a été achevé en 1752, et on y 
trouve l'inscription : Le Picard me fecit. L'organiste actuel est 
M' Emile Laminne, qui remplaça en 1848 M. Van der Heyden. 
(Nous devons cette communication à M. Laminne.) 

Le Picard plaça un grand nombre d'orgues et entre-autres un 
à Hautain-l'Evêque. 

LoHMAN. Famille qui pendant plus d'un siècle s'est établie 
en Hollande et dont plusieurs membres ont placé des orgues. 
Le plus aîné est : 

LoHMAN (Nicolas), menuisier à Neufunixzyl (i) en Frise, s'a&- 
sociaà son beau-frère Balthers, menuisier-facteur d'orgues, qui 
apprit l'art de la construction des orgues en Allemagne. 
N. Lohman décéda en 1742. 

LoHMAN (Dirk), né le 14 juillet 1730, resta dans les ateliers 
de son oncle Balthers jusqu'à l'âge de 18 à 20 ans, et s'appliqua 
fort jeune à la construction des orgues. En 1750 il s'établit à 

(1) Nous n'avons pas rencontré cette commune sur la carte géographique. 



— 129 — 

Leer chez un neveu du côté maternel nommé Wallis, facteur 
d'orgues ; il prit part à la grande restauration de l'orgue de 
Leer, et à la construction des oi^ues des églises de Thôpital 
et française à Emden. En 1754 lorsque Wallis se noya en 
patinant, Lohman lui succéda, acheva les deux susdits orgues, 
et se fixa à Emden. En 1786 le comte Van Heiden le chargea 
de réparer Torgue de Zuidlaren, et vers la même époque il 
travailla aux orgues d'Anlo, d'Eelde et de Stedum (Groningue). 
En 1792, après l'achèvement de ces instruments, il vint s'établir 
à Groningue, où sa réputation était établie depuis longtemps. 
Plus tard, il se chargea jusqu'en 1810 particulièrement de l'en- 
tretien de ces instruments, et ses fils lui succédèrent pour la 
construction des orgues. Il mourut le 4 juillet 1814. 

Ce fut lui qui le premier, à Groningue et plus tard dans la 
Néerlande, introduisit la température uniforme, de môme que les 
ventilateurs libres ; d'ailleurs, il donnait à tous ses instruments 
une intonation pompeuse à une époque où des proportions res- 
treintes et de faibles intonations étaient en vogue. Il fut un des 
plus célèbres facteurs d'orgues de son temps et toutes ses 
œuvres portent le cachet d'une grande expérience jointe à un 
profond savoir. 

Les œuvres de la famille Lohman sont nombreuses et toutes 
ont obtenu l'approbation d'experts compétents, poui^'la solidité 
de leur structure et leur intonation forte en même temps 
qu'agréable ; ce que démontrent au surplus les innombrables 
rapports qui tous parlent avec éloge des travaux exécutés 
par eux. Ajoutons, qu'aucun d'eux ni de leur firme n'a eu d'autres 
maîtres que leurs prédécesseurs ou leurs parents et qu'aucun 
non plus n'a jamais travaillé dans un autre atelier ; que la 
plupart de leurs orgues se distinguent spécialement par l'intona- 
tion des tuyaux. 

Lohman (Gérard, D.), né à Emden en 1764, fils aîné du pré- 
cédent, a travaillé constamment chez son père, et prit une part 
active aux travaux de celui-ci. Il eut le malheur de perdre 
accidentellement sa main droite eu 1801 pendant un voyage, et 
par suite de cette infortune il abandonna sa carrière. 

Lohman (Nicolas Antoine), frère du précédent, né à Emden, 
eu 1766, travailla avec son fr^e jusqu'en 1801, lorsqu' arriva 

17 



— 130 ^ 

Vaccidentmallieureux. Depuis cette année Nicolas^ continua 
seul les affaires. Il eut trois fils, tous facteurs d'orgues, qui en 
1819 travaillaient sous la firme N. A. Lohman et fils. Nicolas 
Lohman décéda en 1836. 

LoHMAN (Diederik Henri), fils aîné du précédent, naquit à 
Gronîngue, le 17 avril 1797, et apprit la facture d'orgue avec 
son père. Il s'est occupé spécialement de la réparation des 
orgues, et mourut à Amsterdam en novembre 1856. 

Lohman (Henri B.), frère aîné du précédent, naquit à Gro- 
nîngue le 20 octobre 1799, et continua à la mort de son père la 
construction des. orgues sous la firme Lohman frères. En 1836 
il se fixa à Gouda, puis en 1841 à Leiden, où il mourut le 29 
septembre 1854. Il eut 7 enfants, dont l'aîné seul a embrassé 
la carrière du père. 

Lohman (Gérard, G.), frère du précédent, né à Groningue en 
1802, s'associa avec son frère, mais en 1836 il continua seul 
les affaires. Il décéda à Groningue d'une phthisie en 1856. Il a eu 
plusieurs enfants dont l'aîné travaille à Leiden sous la firme 
Veuve H. B. Lohman. 

Lohman (Nicolas Antoine), fils de Henri B. Lohman, né 
è, Zutphen en 1834, se fixa après la mort de son père et de son 
oncle à Groningue. Au commencement de l'année 1862, il 
changea sa résidence à Assen (Drenthe). 

M. N. Lohman a eu l'obligeance de nous faire parvenir beau- 
coup de renseignements pour cet ouvrage- 

Lohman (H. B.), veuve, à Leiden, qui continue principale- 
ment l'accordage et l'entretien des orgues avec son neveu aîné, 
et l'ouvrier Jean Schaaffelt. 

Nous faisons suivre la liste des orgues construits, renouvelés 
ou agrandis par cette famille : 

Orgues de D. Lohman, aîné ; 1755, Emden, église luth., orgue 
de 1 clavier et 9 registres, agrandi par J. F. Wenthin ; 
1760, Emden, égL franc., orgue de 1 clav. et7 reg. ; 1757, 
Emden, égl. de l'hôpital, un orgue de 2 clav. et 15 reg. ; 1783, 
Hage, un orgue de 2 clav., 22 reg. et péd. sép. Puis il plaça 
des orgues à Rysum (1776), Greetzyl (1770), Perrsum (1771), 
Vicquard(1771), Eilsum(1770),Pilsum(1774), Neermorh (1774), 



— 131 — 

Uttura (1773),Petkum (1775>, Loga(1776), Leer (égl. cath. 1776). 
toutes des communes du rpyaume de Hanovre. 

La firme N. Lohman et fils plaça des orgues à Groningue, 
égl. catli. A. Kerk, renouvelé Torgue de Schnitger en 1792 ; il 
avait 1 clav. et 7 jeux ; 1791, Stedum, orgue de 2 claviers et 
13 jeux ; 1793, Groningue (égl. ci-devant cath., rue Ebbinge), 
orgue de 1 clav. et 8 reg. ; 1796, Winschoten, restauré Torgue 
de 2 clav. et 17 reg. ; 1799, Kantens, réparé Torgue de 1 clav 
et 10 reg. ; 1794, Harkstede, renouvelé Torgue de 1 clav. et 
7 reg. ; 1786, Zuidlaren, réparé Torgue. 

Orgues de N. A. Lohman : 1798, Eelde, renouvelé Torgue 
de 1 clav. et 8 reg. ; 1798, Middelstum, renouvelé Forgue de 
2 clav. et 15 reg. M. Van Ockelen y plaça en 1863 un nouvel 
orgue ; 1799, Garmerwolde, amélioré un orgue de 2 clav., 
20 registres et péd. sép.; il a été renouvelé depuis; 1802, Usquerd 
ou Uskuerd, renouvelé un orgue de 2 clav. et 11 reg. ; 1802, 
Termunten, renouvelé Torgue de 2 clav. et 9 reg. ; 1802, 
Zuidlaren, renouvelé Torgue de 2 clav. et 13 registres. Cet 
orgue n'existe plus, et en 1861 il a été remplacé par Forgue de 
Beusicom, construit par A. Meere ; 1805, Bedum, renouvelé 
Forgue de 2 clav. et 16 reg. ; 1805, Leeuwarden, réparé Forgue 
de 2 clav. et 15 reg, de Féglise Westerkerk ; 1806, Anlo, réparé 
Forgue de 2 clav. et 16 reg. ; 1807, Ulrum, orgue nouveau de 
1 clav. et 10 reg. ; 1807, Krewerd, réparé Forgue de 1 clavier 
et 7 jeux; 1808, Sappemeer (égl. men.), renouvelé un très- 
ancien et excellent orgue, de 1 clav. et 10 reg. (Cet orgue se 
trouve aujourd'hui à la commune divisée de Kleinmeer); 
Nieuwolda, renouvelé Forgue placé en 1787 par J F. Wenthin, 
composé de 2 clav. et 21 reg. ; 1809, Godlinze, réparé Forgue 
del clav. et 11 jeux ; 1810, Nieuw Scheemda, réparé Forgue 
de 1 clav. et 8 reg.; 1811, Noordwolde, réparé Forgue de 2 clav., 
20 reg. et péd. sép..; 1812, Kleinmeer (égL cath.), renouvelé 
en partie le petit orgue ; 1808, Groningue (St-Martin),^ réparé 
l'orgue, renouvelé en 1816 et ajouté 8 reg. nouveaux ;, 1817, 
Zuidwolde, orgue de 1 clav. et 8 reg. ; 1818, Etelfzyl, renouvelé 
Forgue del clav. et 10 jeux. (En 1814 cet orgue a été endommagé 
par les Français); 1815, Adorp, réparé un petit orgue. 

Orgues de N. A. Lohman et fils : 1820, Noordlaren, uu 



— i:V2 — 

orgue de 1 clav. et 9 jeux ; 1821, Siddeburen, orgue de 1 clav. 
et 1 1 r?g. ; 1824, Genemuiden, ajouté un positif de 10 reg. ; 
1830, Losdorp, orgue de 2 clav. et 14 reg, ; 1817, Haren, renou- 
velé le petit orgue construit en 1751 par A Hinsch ; 1822, 
Nieawier, renouvelé un petit orgue ; 1822, ZwoUe (égl onder 
de bogen en steegje^ kerk) renouvelé le petit orgue ; 1822, 
Hasselt, renouvelé l'oi^ue de Knol, de 2 clav. et 25 reg. ; 1818, 
Meeden, renouvelé et replacé le petit orgue ; 1821, Uithuizen, 
réparé Torgue de 2 clav., 27 reg. et péd. sép. : 1816, Zuidbroek, 
réparé et renouvelé Torgue de 2 claviers, 30 reg. et péd. sép. ; 
1824, Amsterdam, vieille égl., amélioré et renouvelé l'orgue ; 
1828, 't Loo, réparé et renouvelé le petitorgue ; 1829, Arnhem, 
(Ste-Walburge), entièrement réparé Torgue de 2 clav., 22 reg. 
etpéd. ; 1831, Marrum, orgue de J. Hildebrandt, de Leeuwarden, 
renouvelé. Cet orgue a été deux fois la proie des flammes, et 
fut renouvelé en 1833; il a 2 clav., 15 jeux et pédale accr. 
Ils ont amélioré et réparé les orguep de Hélium, de Kampen, 
de Leens. de Oud Zevenaer, de Hengelo,de^Drempt, de Arnhem, 
(égl St-Jean), de Steenderen, de Groningue (égl. de l'hôpital), 
de Alm, de Zwartsluis et de Hem. 

Orgues de Lohman frères : 1858, Soetermeer, un orgue de 
2 clav. et 22 reg. ; 1840, Voorschoten, entièrement renouvelé 
l'orgue de 2 clav. Il n'est resté que le buffet; 1841, Onderdemdana, 
orgue de 1 clav et 8 jeux ; 1842, Noordwykerkhout, un orgue 
de 2 clav. 6t 11 reg. ; 1843, Balk, orgue de 1 clav. et 11 reg. ; 
1843, Leiden, renouvelé l'orgue de 2 clav. et 10 1/2 jeux à l'égl. 
remonstrante ; 1845, Voôrhout (égl. cath.), un orgue de 1 clav. 
et 7 reg. ; 1851, Ryndyk, renouvelé l'orgue ; 1851, Leiden 
(HooglaiMsche Kerk), amélioré l'orgue de 2 clav. et 18 reg., 
construit par G, Galtus. Ils ont réparé, agrandi et replacé les 
orgues de Leyderdorp, de Ryswyk, de Waddingsveen, de 
Bellingwolde, de Moordrecht, de Hazerswoude, de Terband, 
de Katwyk, de Roelofarendsveen, de Leiden (grandes répara- 
tions à l'orgue de 3 clav. et 37 reg.), de Rypwetering, de 
Wassenaar, de Oudshoorn, de Noordwykerhout et de Leiden 
(égl men). 

Orgues de G. W. Lohman : 1855, Oterdum, un bel orgue d^ 
2 clav et 16 reg. ; 1855, Sappemeei', égl. men., un orgue de 



— 133 — 

i clav. et 15 reg. ; 1856, Middelstum, un orgue de 1 clav. et 
8reg., agrandi en 1852 par N. A. Lohmaii ; 1856, Hélium, 
réparé et renouvelé Torgue de 1 clav., achevé lor^e la mort 
de G. W. Lohman parN. A. G. Lohman. 

Orgues de N. A. G. Lohman : 1854, Zydervelt, placé et 
réparé un orgue (qui se trouvait dans une autre commune), de 
2 clav. et 13 reg.) ; 1855, Hilversum, réparé un petit orçue ; 
1858, Lisse, réparé entièrement l'orgue de 2 clav. et 12 jeux ; 
1856, Oegstgeest, orgue (commencé par Gabry de Gouda) de 

1 clav. et 9 jeux, achevé entièrement ; 1860, Hemelum, renou- 
^relé Torgue de 2 clav et 13 reg. ; 1861, Bedum, renouvelé 
.'orgue de 2 clav. et 16 jeux ; 1862, Stavoren, renouvelé et 
'eplacé l'orgue de 2 clav, et 17 reg à l'église nouvelle ; 1862, 
Dragten, renouvelé l'orgue de 2 clav. et 18 reg ; 1863, Pekel 
(égl. cath.) , entièrement renouvelé un petit orgue ; 1864, 
HoUandsche veld, renouvelé un petit orgue de 12 jeux. Ce facteur 
a réparé, amélioré ou agrandi des orgues à Scheveningen (1856), 
à La Haye, (maison des orphelins 1858), à Leiden, (Ooster Kerk 
1857), à Warmond (1857), à Leyderdorp (1859), à Leiden 
(égl. cath. 1859), à Hilversund (égl. réf. 1860), à Leiden (égl. 
men. 1860), à Eppenhuizen(1861),àBakhuisen(égl. cath. 1861), 
à Rottum (1862), à Veenhuizen (colonie 1863) età Milwolde ( 1864). 

Voici encore quelques orgues qui nous sont connues de cette 
famille : 

1819, Eenrum (Groningue),^ un orgue de 2 claviers, 28 jeux 
et pédale séparée; 1827,Warnsveld (Gueldre), un orguede 12 jeux 
avec piano ; 1828, Zutphen, (Broeder Kerk)^ un orgue de 2 clav. , 
29 jeux et pédale séparée ; 1832, Zutphen (église luth.), orgue 
de 2 claviers et 13 jeux ; 1829, Farmsum (Groniifgue), orgue de 
2 clav. et 18 jeux ; 1834, Vorden (Gueldre) agrandi l'orgue de 

2 clav. et 17 jeux ; 1888, Stnstermeer, un orgue de 2 claviers et 

10 jeux; 1842, Rotterdam (église catholique), orgue de 2 claviers, 
27 jeux et pédale séparée ; 1842, Warmond, orgue de 2 claviers 
et 16 jeux ; 1842, Zwammerdam, un orgue de 1 clavier, 

1 1 i*egistpes et piano ; 1844, Scheveningen» un orgue de 2 ela- 
vi ers et SOregistres. 

Lohman et fils (N. A.), à Groningue, qui ont placé un 
^nd nombre d'orgues et ont fait de notables réparations en 



— 134 — 

1839 au grand orgue de St-Jean à Gouda, et aux orgues des 
églises à Boskoop, Moordrecht, Waddingsveen et Leiden 
(St-Pierre). 

Ils placèrent en 1845 un orgue à Féglise réfoj'mée à Bîldt, 
de 2 claviers, 24 registres, pédale séparée et 3 soufflets. 
Il a été expertisé par M. Nieuwenhuysen, d'Utrecht, te 
31 août 1845, qui donna un concert d*orgue à cette occasion : 
On vante le Prestant, la Viola di Gemba et le DtUciana de cet 
instrument. A Leiden, église des Mennonites, réparé et ajouté 
des registres à l'orgue. 

LoNCKE (Pierre), à Hoogstade (près de Fur nés). Le père de 
Loncke gagnait sa vie à nettoyer les horloges en bois et les 
grosses montres des paysans de la contrée. 

Dès sa tendre enfance, le jeune Loncke se sentit entraîné par 
une force irrésistible à faire des instruments de musique et de 
petites pièces de mécanique ; déjà à Tâge de neuf ans, il était 
obsédé de l'idée fixe de faire un orgue ; aussi tâchait-il d'en 
imiter les sons dans tous les petits instruments en roseaux et 
en tuyaux de paille qu'il confectionnait alors. Il ne trouvait pas 
moins de plaisil* à fabriquer de petites pièces de mécanique. 
C'étaient des mannequins représentant des gagne-petits qui 
simulaient les exercices de leur métier, mus par une mécanique 
d'horlogerie de son invention. 

A 12 ans, il réussit à faire un petit instrument, auquel il put 
enfin donner le nom d'orgue ; comme il n'avait pas les moyens 
d'acheter du plomb, les tuyaux étaient faits d'écorces de branches 
d'arbres, qu'on détache facilement au moment où la sève reprend 
ses fonctions, mais qu'il devait renouveler chaque jour ; il y 
avait onze tuyaux et autant de touches au clavier, et deux 
petits soufflets, confectionnés à l'aide d'un vieux tablier de cuir 
que son voisin, le maréchal-ferrant, lui céda charitablement. 
Cependant avant l'hiver ses tuyaux d'écorces furent remplacés 
par des tuyaux de plomb. 

Mais quelque grands que fussent ses efforts et son zèle pour 
produire davantage, son -ignorance du mécanisme intérieur de 
l'orgue et sa pauvreté y mirent des obstacles insurmontables. 
Bien qu'il n'eut vu de sa vie un orgue à l'intérieur, il avait, 
cependant, une certaine idée du sommier, puisqu'il était persuadé 



— 135 — 

de son existence ; il lui eut été facile de s'en assurer si sa sim- 
plicité et sa timidité lui eussent permis de demander à voir 
rintérieur d'un orgue d'église de son voisins^e. 

Cependant le jour approchait où il allait s'emparer de tout ce 
qui, jusque-là, avait été pour lui un mystère. Il apprit avec un 
indicible plaisir qu'on allait placer des orgues dans l'église de 
son village ; dès lors il prit la ferme résolution de ne rien 
négliger, même de tout oser, pour voir et palper ce qui faisait 
la rêve et le désir de tous ses instants. 

Les orgues arrivèrent enfin ; le jeune Loncke se mêla aux 
curieux pour voir décharger la mécanique et les caisses remplies 
de tuyaux. Il examina tout ce qui pour lui avait été mystère et 
secret jusqu'alors, et ce court espace de temps lui suflSt pour 
comprendre tout ce qui, pendant trop longtemps, avait fait son 
supplice et lui avait coûté tant d'études, tant de méditations, 
tant de veilles. 

Le jeune Loncke ne tardg, pas à être connu dans le Veume 
Ambacht, et une partie du département du Nord, qui l'avoisina. 
Il débuta par restaurer et nettoyer des orgues. 

Dans la longue liste des orgues réparés ou restaurés par lui, 
il aime toujours à rappeler ceux de Langhemarck, près d'Yprês^ 
et les grands orgues de Bergues-St-Ninox (Nord) ; ces orgues 
et les travaux qu'il a dû y exécuter, ont été ses seuls et uniques 
maîtres, car ils ont fini à l'initier à tous les secrets de la fac- 
ture d'orgues. 

Voici maintenant la liste des orgues nouvelles que Loncke 
a placées : 

Loo, (couvent), 5 reg. ; Bussezeele (Nord), 14 reg. ; Leysele, 
24 reg. ; Houthem, 14 reg. ; St-George, (près Nieuport), 

6 reg. ; Au sas Slykens (près d'Ostende), 8 reg. ; Perwys, 
14 reg. ; Steenskerke, 16 reg. ; Lapscheure, 14 reg. ; Honcke, 

7 reg. ; PoUinchove, 24 reg. ; Lombartzyde, 8 reg. ; Egge- 
naertscapelle, 14 reg. ; Furnes (couvent des sœurs noires), 
6 reg. ; St-Sylvestre-Capelle (France), 26 reg. et pédale 
séparée de 2 octaves ; pour M. l'abbé Struye à Ypres, 8 reg. ; 
à la chapelle de l'hospice St-Clercken, 6 reg. ; Poperingue, 
(couvent des Bénédictins), 8 reg. ; Hooglede, (Congrégation 
9 reg. ; Zande, 14 reg, (en construction) ^ Ces orgues ont été 



— 130 — 

construits de 1843 à 1864. Les orgues de Leysele, Pollinchove, 
et St-Sylvestre ont deux claviers, les autres n'en ont qu'un. 

LoRET (Jean Joseph), organiste, facteur d'orgue, mécanicien- 
horloger, né à Termonde le 6 mars 1757, s'est fait un nom 
distingué parmi les hommes qui avaient une connaissance pro- 
fonde de la physique, delà mécanique, de l'acoustique, de l'astro- 
nomie et de la musique. M. Loret a été pendant 55 ans oi^aniste 
à St-Gilles à Termonde et carillonneur de la ville, et jouissait 
d'une réputation méritée. Il fit ses études à Dixmude chez un 
de ses oncles. Il a livré un grand nombre d'orgues de petite 
dimension, surtout dans les Abbayes. Cet homme instruit s'éta- 
blit en 1845 à Malines, où il mourut le 11 septembre 1847. li 
a placé des orgues dans la Frise, entre autres un orgue à Sneeck 
et à Westdorp près du Sas de Gand. Il était chargé d'entretenir 
et d'accorder la plupart des orgues dans les Abbayes dont un 
grand nombre ont été supprimées en 1797. M. Loret était très 
au courant de l'accompagnement du plain-chant, et avait un 
certain talent d'improvisateur. 

Les dispositions précieuses dont le ciel l'avait doué né ren- 
contrèrent aucun obstacle dans l'élan que le jeune Loret était 
impatient de leur donner. Animé d'une noble et vive passion 
pour les arts en général, il vit couronnés de succès ses premiers 
efforts. Quoique bien jeune, le studieux Loret avait acquis déjà 
dans les principales parties des sciences des forces suffisantes 
pour s'avancer désormais seul à seul avec son talent et son 
courage. Loret avait un de ces caractères heureux qui font 
aimer l'homme". Il était très modeste, et ses amis — etle nombre 
en était grand — pouvaient en toute circonstajace compter sur 
son dévouement. Il aimait avec passion tout ce qui élève l'âme : 
l'histoire, là musique, la physique, l'astronomie se partageaient 
le temps qu'il ne consacrait point à son art de facteur d'orgues. 

On peut hardiment écrire sur sa tombe, de sa carrièpe si 
longue et si pleine de mérite : Transivit Bemfadendo (il passa 
en faisant du bien). 

Loret (François Bernard), fils du précédent, ingénieur- 
mécanicien, facteur d'orgues, à Malines, ne à Terj^ionde le 
6 avril 1808 et élevé à l'école d'un père qui a consacré toute sa 
vie à l'application des sciences, d'un savant modeste, dont tous 



— 137 — 

les hommes distingués recherchaient la société. Loret montra, 
dès Tâgede 16 ans, une aptitude extraordinaire dans Fétude 
approfondie de la mécanique, de Thorlogerie, des sciences 
physiques, de la géométrie, de la musique, de Tacoustique et 
des instiniments de musique. Il appelait la science à l'aide de 
l'industrie, et réalisait dans le silence et l'obscurité de l'étude 
les premiers progrès de la révolution industrielle qui devait 
assurer le triomphe de la révolution politique. Il n'est guère de 
branches de l'industrie dans laquelle il n'ait introduit un pro- 
cédé nouveau. On en peut juger par le grand nombre de brevets 
d'invention . et de perfectionnement, qu'il a successivement 
obtenus, et qui sont appliqués avec succès dans difierents pays 
où M. Loret a trouvé la récompense scientifique de ses travaux. 
En 1835, il obtint en Belgique un brevet dinvention pour lés 
premiers perfectionnements qui ont été apportés aux orgues 
de notre pays. En 1841, un brevet pour de nouveaux perfec- 
tionnements aux orgues ; en 1857, un brevet d'invention pour 
un nouveau système de réservoir à la soufflerie des orgues, 
ainsi que pour un nouveau système de soupape appliqué aux 
sommiers de ces instruments. Son nouveau système de soupape 
est destiné à remplacer avantageusement le levier pneuma- 
tique de M. Barker. Le système de M. Loret fait disparaître 
toutes les complications et inconvénients qui résultent du sys- 
tème pneumatique, si coûteux et d'un entretien si difficile. Le 
nouveau système de réservoir pour la soufflerie est propre à 
donner un vent régulier à l'orgue. Ceci est sans contredit la 
partie la plus importante du mécanisme de l'orgue. C'est elle 
qui donne la vie à tous les jeux dont se compose ce vaste in- 
strument, c'est d'elle que dépend la pureté, la force et la jus- 
tesse des sons. 

Il semblerait qu'à cette époque M. Loret était exclusivement 
occupé des perfectionnements à introduire dans la construction 
des orgues, qui exige tant d'aptitude et de connaissances 
diverses ; mais il étudiait en même temps plusieurs autres 
améliorations industrielles, pour lesquelles il obtint également 
plusieurs brevets, en Belgique, en France, en Hollande, en 
Angleterre, en Autriche et en Amérique.'Par ses inventions, 
M. Loret occupe une place incontestablement distinguée parmi 

18 



— 138 — 

s^ coutpa^iotes. Ou 9, o^lçul^, qi^, par suite é& pei^oetioQna* 
m^nU introduits dans la facture des^ orgues par hov^i^ il a pu 
réduire. d'uiiQ manière, coj^sidérable le prix de revint d^ ^^ 
instruments. Des certificats authentique?, plus insti^uctifs 
9,ssurénient que les périodes pompeuses de la récIaniiQ iwpu- 
dente, ont prouvé que les fabriques d'église seules ont bénéficié 
des sonunes considérables par suite de Tapplication des procédés 
de rinventeur belge à la fabrication des orgues. 

Nous devons ajouter que ce facteur n'a pu régulièrement 
entretenir ses nombreux instruments, au nombre de plus de 
300, ce qui fait que beaucoup d'entr'eux se trouvent discords 
et altérés. Par suite de cette négligence, M. Loret s'est fait 
un tort immense, surtout en Belgique. Il serait utile que. chaque 
facteur entretînt régulièrement ses instruments par enga- 
gement signé; malheureusement beaucoup de constructeurs 
ont failli à des engagements contractés avec les églises, et ce 
n'est pas sans regret que nous privons ces lignes. 

Depuis quelques années M. Loret est en positionne pouvoir 
entretenir ses instruments régulièrement, et son fils aîné est 
spécialement chargé de ce travail aride. 

L'activité prodigieuse de Loret lui valut successivement, de 
la part de plusieurs souverains, ministres et honnpes éi^ftinents 
de divers pays, des encouragements précieux et des éloges 
bien mérités. Voici du reste les récompenses sérieuses, les 
seules que l'on puisse ambitionner, obtenues par M. Loret : En 
1841, à l'époque où s'ouvrit la première exposition nationale, 
François Loret y obtint la première médaille pour ses orgues ; 
en 1847, la première médaille ne pouvant plus lui être décernée, 
il obtint la médaille de rappel pour son exposition d'orgues, de 
métiers mécaniques et de machines aratoires ; en 1849, il tint, 
à honneur de représenter son industrie à l'exposition agricole 
de Malines, où il venait de s'établir, et il y obtint égalemen,t 
une médaille pour ses appareils à teiller le lin. 

L'an 1851, il fut nommé membre de l'Académie natiQnal,e de 
Paris, et en 1857, il obtint au concours général ouvert par 
cette Académie, la médaille de 2® classe pour ses innovations 
en mécanique. L'année suivante, il y obtint la première mé- 
daille d'honneur en or pour ses innovations en. mécanique et 



i^aaa 



. — 139 — 

pour les diverses améliorations qu'il avait apportées dans la 
facture des oi^es. 

Par suite de ces brillants succès, M. Loret fat nommé 
membre titulaire de la Société impériale, royale et universelle 
de Londres. En 1861, il remporta au concours général de cette 
société la médaille d'honneur de première classe en or. 

On doit aussi à M. Loret des opuscules sur tous les détails 
de la facture des orgues, qui malheureusement n'ont été tirés 
qu'à un petit nombre d'exemplaires et ne sont point, jusqu'ici, 
répandus dans la librairie. 

Nous faisons suivre la nomenclature des grands 'orgues 
sortis des ateliers de M. François Loret : , 

Arequipa (Pérou), un ol'gue de 3 clav., 22 reg. et pédale 
séparée, (1852). Ce gigantesque instrument a été commandé 
par M. M. E. de Rivero, consul-général de Pérou. II a été 
expertisé par Jacq. Llanos, maître de chapelle, Jean Lianes» 
F. Puche, E. Dias, tous organistes, et Théodore Scholten» 
organiste-facteur d'orgues, qui ont signé, le 18 mai:3 1854, 
un rapport favorable. Rotterdam, église Notre-Dame (des 
jésuites), sur le Wynhaven, un orgue de 3 clav., 40 reg. 
et pédale séparée, (1863). Cet instrument a été inauguré 
par M. T. Roothaan, d'Amsterdam. On ne peut que féliciter 
le f, R. Van Ryckevorsel, cure de la dite église, ^. de 
l'acquisition de ce nouvel orgue. La Haye, église St-Thérèse 
(des jésuites), un orgue de 3 clav., 40 reg. et pédale séparée. 
Il a coûté ir. 60,000. Anvers, église 8t-Paul, restauré le 
grand orgue en 1843. Tilbourg, institut des freins, un orgue de 
grande dimension. M. Loret a reçu les éloges lès plus flatteurs 
de Mgr Swyzen, sur cet instrument. Pet-uwelz, Notre-Dame de 
bon secours, un orgue de3elâv. (16 pieds). Steenufiblv un orgue 
examiné par M. Henry dé Bruxelles. Muyzén, orgue expertisé . 
par le chanoine CL. André en 1833. Cet orgue est de Loret 
père et fils. Lamswaarde, (Hollaûde), un orgue de 2 clav. 
Waterloo, un orgue de 2 clav. et 22 i*eg. St-Willebrord, 
(Anvers), un grand oii'gue. Une polémique assez vive â'est enga- 
gée en 1849, concernant les orgues de l'église St-Willebrord de 
F. Loret, et de Borgerhout de M. Méi'klin. M. Henskens, alors 
organiste à l'église St-Jacques, critiqua dans le Journal d'Anvers 



— Ui) — 

d'une manière un peu vive Torgue de M. Loret. Ce dernier, dans 
une réponse publiée dans le même journal, a fait ressortir la 
partialité dont M. Henskens était animé, et à laquelle ce dernier 
répondit de nouveau. MM. P. F. Devocht, Henskens et J. Lem- 
mens ont lancé un rapport dans le public (18 juin 1849), sur 
l'orgue de Borgerhout, dont le but était de recommander les 
orgues de Merklin, et de dénigrer celui de St-Willebrord. 
M. Loret, dans une nouvelle lettre publiée, a tâché de justifier 
son système et de condamner l'orgue de Borgerhout. Nous 
avons touché ces deux orgues et ni Tun ni l'autre n'a pu nous 
satisfaire,. Malheureusement tous ces débats, toutes ces attaques 
personnelles n'ont produit aucun résultat sérieux pour l'art, et 
nous regrettons sincèrement que dans plusieurs de ces écrits on 
rencontre si peu de loyauté et de franchise. 

Bornhem, abbaye des Prémontrés, un orgue de 2 clav. et 22. 
reg. Cet orgue coûta fr. 11,000. Cranenburg (Prusse), un grand 
orgue qui coûta 12,000 fr. Nouvelle Orléans (Amérique méri- 
dionale), église St-Joseph, un grand orgue. Mobile (Amérique 
méridionale), un orgue de 3 clav. Puis plus de 200 orgues en 
Belgique. 

Parmi les orgues construits pour les Pays-Bas par M. Loret, 
nous citerons: Ossendrecht (Zélande), Grauw, Dronryp (Frise), 
Boscapellen, den Helder (H. Sept.), Didam, (Gueldre), Wyk-by- 
Dumstede, (Utrecht), Leiden, Gothen, Munster (près de La 
Haye), Houtenisse, Chaam (Breda), Alphen, Klundert, Nieuw- 
Vossemeer, Bavel, Kl^in-Zundert, Prinsland, Katwyck, (collège 
des Jésuites), Zegge, Waspik, Leenden, Breda (église Saint- 
Antoine), Goirle, Tholen, Haaren, Etten (pensionnat), Uile- 
koten, Veghel (sœurs de charité), etc. 

Loret (Hyppolite), à Paris, frère du précédent, ci devant à 
Laeken lez-BruxeUes, né à Termonde en 1810 et qui s'est feit 
une réputation distinguée par les orgues construits au couvent 
des Prémontrés à Averbode, celui de l'église du Finistère et de 
St-Joseph à Bruxelles, et l'orgue de la commune de Poederlé 
(Campine). Ce dernier, construit sous la direction du curé de ce 
village, M. Bols, amateur zélé de musique, est un des instru- 
ments les mieux réussis que nous ayons rencontré. Il a 18 re- 
gistres, 14 jeux et pédale accrochée, de deux octaves et deux 



— 141 — 

touches. Il a 5 pédales de combinaison. Nous engageons tous 
les amis de Tart chrétien, à aller voir cet instrument, qui est le 
plus parfait modèle de l'harmonie céleste de tout ce qui a été 
fait en Belgique. L'orgue de Calmpthout (Anvers), construit 
en 1861, qui contient 2 clav., 19 reg. avec pédale et crescendo, 
peut être également classé parmi les meilleurs instruments de 
ce facteur. Le cor anglais de cet orgue est remarquable et là 
flûte harmonique, viola di gemba, montre clarinette, voix céleste, 
font honneur à ce facteur distingué. 

M. Loret a commencé à travailler aux orgues à Tâge de 18 
ans. Il reçut chez son père des leçons d'acoustique, de physique 
etc., d'après les traités de ces sciences des plus célèbres auteurs. 
Le premier orgue qui a été construit à cette époque est l'orgue 
de l'hôpital à Termonde, et celui de Woluwe-St-Pierre. Puis 
M. Loret a placé une bombarde de 32 pieds à l'orgue de Sainte- 
Gudule à Bruxelles qui lui fit en grande partie sa réputation. 

Les jeux d'anches des orgues de H. Loret, sont en général 
d'une beauté remarquable, et le lecteur saura combien de diffi- 
cultés le facteur a dû vaincre pour la réussite de ces jeux. 
Ce facteur a formé une quantité d'élèves dont plusieurs sont 
établis à l'étranger, et qui se distinguent dans leur carrière. 

Depuis la mort de son épouse (1859) des différends de famille 
ont étésuscités et, après une liquidation, M. Loret s'est retiré à 
Paris, où il est établi. 

On reprochait dès les premiers temps de sa fabrication, certains 
défauts aux instruments de M. Loret ; défauts inévitables à 
tous les facteurs qui sont au début de leur carrière, car ce n'est 
qu'à la longue et par le tâtonnement que l'on parvient à la 
perfection. Dans cette division de la facture instrumentale, ce 
progrès est en raison du nombre des instruments construits. 
Parmi les plus remarquables orgues de Loret nous citons : 

Orgue d'Averbode, près de Diest, dont M. Van den Bogaert, 
musicien studieux et habile virtuose, est l'organiste. 

1' Clavier. — Récit : Voix humaine, 8 pieds. Cor anglais 16 p. 
Flûte harmonique, 4 p. Quinta Dena^ 8 p. Melophone, 8 p. 
Musette, 8 p. Melophone, 4 p. Voix Céleste, 4 p. Fugura, 8 p. 
Flûte harmonique, 8 p. 

2® Clavier, — Positif: Cornet. Salicional. 8 p. Flûte octaviante, 



— 1« — 

4 p. Bourdon, 8 p. Octave, 2 p. Bourdon, 16p. Trompette, 8 p. 
Clairon. Hautbois-Basson, 8 p. Dulciana, 4 p. Prestant, 4 p. 
Bourdon, 16 p. Flûte harmonique, 8 p. 

3® Clcûvief, — de Bombarde : Clairon, 4 p. Bomlmrde, 16 p- 
Octavin harmonique, 2 p. Melophone, 4 p. Violon di Gremba, 8 p. 
Bourdon, 16 p. Trompette^ 8 p. Grand Cornet : Flûte Py- 
ramidale, 4 p. Fugàra, 8 p. Flûte harmonique, 8 p. Flûte 
ouverte, 8 p. 

4® Clavier. — Grand orgm : Trombone, 16 p. Octave, 2 p. 
Quinte, 6 p. Fli&te à cheminée, 8 p. Melophone, 8 p. Montre, 8 p. 
Trottipettè, 8 p. Ftmrriiture. Quinte harmoûique. Prestant, 4 p. 
Vwylon majeur, 16 p. Montre, 16 p. 

Pédûle séparée, 2 octaves: Trompette, 8 p. Octavin harmonique, 
2 p. Gros nasard, 8 p. Flûte basse, 8 p. Sous basse, 16 p. 
Montre basse, 16 p. Baijuin-Bombarde, 32 p. Bombarde, 16 p. 
Trombone, 16 p. Clairon, 4 p. Prestant, 4 p. Melophone, 8 p. 
Montre, 8 p. Violon basse, 16 p. Contre-basse, 32 p. 

Il y a plusieurs registres de combinaison, 5 d'accouplement 
et le crescendo et tremblant sur les deux premiers claviers. 

M. H. Loref peut être classé parmi les meilleurs facteurs 
d'orgues de ce temps, tant par la solidité de ses instruments 
que par la beauté de timbre des jeux. L'orgue d'Averbode est 
sous le rapport de la solidité, de l'harmonie, de la diversité des 
jeux, le plus bel instrument que nous connaissions. Cependant 
cet orgue à besoin de la révision d'une main habile. 

M. Loret a construit l'ancien orgue du confeervatoire de 
Bruxelles, puis l'orgue de la cathédrale de Linm (Pérou), 
(à peu près de la dimension de celui d'Averbode), 'de l'église 
St-Jacques sur Caudenberg àBf'uxelles, de Pâturages, d'Hornu; 
de Frameries^, de Junïét, de Gilly^ de Gosselies, de Châtelineaii, 
de Tourelles, de Bréda, de Poâtacelles; de Bruges <St-GiUè!s,) 
de Disoft et un grand nombre d'orgues dans les coutents et 
établissements religieux de Bruxelles, pour le Chili, le Pérou 
et les colonies françaises. En France il plaça des orgues à 
Avesnes, à Câtîan, à Tourèoing (St-Crisphel), à Amiens, à 
Paris, (église dès jéâuitefe), àVau^rard(aucollôèe), Paris (sémi- 
naire du St-Esprit), Paris (église St-Joseph5, lÀrsA (damés diî 
SacréOoeitir), aux abbayes ée Lattgonriet et de Gou*rîn dans le 



— 143 — 

« 

Morbijh^sO, à. duincamp, à Nantes» ^ Cliavagne, à; Chauve, etc. 
M. Loret a construit en tout 460 orgues. 

LoyAB;RX (Léon), à Gand, a placé beaucoup d'orgues. Il plaça 
à Eecloo un orgue, de 3 claviers avec pédale séparée. Il a en 
1857 amélioré Torgue à LootenhuUe, construit en 1757 par P. 
Van Peteghena ; il y a placé un nouveau soufflet, allongé le 
clavier et mis un nouveau clavier ^ec pédale accouplée. Il y a 
aussi 2 pédales de combinaison pour jouer Toctave basse et 
supérieure, ce qui produit un double accouplement. 

Ce facteur,malgrénos instances, n'a pas consenti à nous donner 
la liste des orgues construites par lui. 

Maarschalkenv^eerd (P) et Stulting (C) , facteurs à U trecht, 
élèves de J. Bâtz. Tous deux naquirent à Utrecht, le premier 
en 1812, le second en 1803. Cette firme a construit les orgues 
suivants: 1842, Utrecht, église St-Willebrord,dé2clav.et 16 jeux. 
Ilyaun Bourdon etBasson de 16 pieds. 1845,Égl. cath.àHouten 
(Utrecht) de 1 clav. 3 soufflets, et crescendo, (Dans cet ouvrage 
on a employé pour la première fois une disposition mécanique 
d'après laquelle toutes les équerres tournent sur des gonds, de 
fer dans des coussinets de cuivre). 1846, Qrgue au pepsionnat 
h Amersfort de 7 jeux, puis comme l'orgue précédent. 1847, Un 
orgue placé chez M. A. Keyder, à Zaamdam de 7 jeux, puis 
comme le précédant. 

En 1848 l'association a cessé et M. Maarschalkenweerd a. 
construit seul les orgues suivantes : 

Égl. cath. à Muiden, un orgue avec combi laison de 2 clav. et 
10 jeux : le facteur y a introduit pour la première fois un réser- 
voir carré en élévation pourvu de ventilateurs qui opèrent 
alternativement. Loge Union Royale, à La Haye, de 1 clav. 
5 jeux et pédale accrochée. Égl. St-Martin à Utrecht, de 2 clav. 
14 jeux, avccBourdop 16 pieds. Égl. cath. à Nieuwkoop, comme 
le précédent, moins 3 jeux. Id. à Harmelein de 14 jeux, puis 
comme le précédent. Id. à Helmskert de 2 clav., 12 jeux, et 
3 soufflets. Id. àZeyst, 2 clav. de 14 jeux, péd. accrochée, avec 
réservoir. Id. à Rumpst, 1 clay. 8 jeux, pédale et réservoir. 
Tous ces instruments sont munis d'une pédale accrochée. 

Cette firme a fait de grandes réparations aux orgues de 
Driebergen (égl. protest.,] Wolfaartsdyk et Breda. (grandes 



— 144 — 

églises). M, Maarschalkenweerd a restauré les orgues de 
Vianen (égl. cath.) Soetermeer, Haastrecht et Poeldyk. 

Meere (Abraham j^), facteur d'orgues à Utrecht en 1821. 
Cette année les marguilliers de Féglise St-Laurent de Rotterdam, 
firent un contrat avec les facteurs de cette famille pour Tachè- 
vement de l'orgue de cette église. Ils ont travaillé à cet instru- 
ment de 1822 (août) à 1828. L'inauguration eut lieu le 14 septembre 
de cette année, et les organistes Brachthuyzen, Berger, Robbers 
et Tours firent un rapport très favorable sur l'exécution de la 
firme Meere. Meere jeune mourut pendant l'exécution de cet 
orgue en 1825. 

Meere (Abraham S^), facteur d'orgues à Utrecht, qui fut 
chargé à la mort de Meere j^, d'achever le grand orgue à l'église 
St-Laurent à Rotterdam, et qui se chargea de l'entretien annuel 
de cet instrument. Vu son grand âge, ce facteur n'a pu satisfaire 
à ses engagements, et ses ouvriers étaient chargés de cet 
entretien, qui fut plutôt nuisible, et porta atteinte à la réputa- 
tion du facteur. Meere mourut l'an 1841 dans un. âgé très avancé. 

Meere (Abraham), facteur d'orgues à Utrecht, né en cette 
ville en 1817, fils de Ab. Meere et de Jeannette Elsnerus. Ce fac- 
teur mourut du choléra pendant un voyage et en passant par 
la commune de Hedel, en 1849, âgé de 32 ans. C'était le dernier 
descendant du nom de cette famille. La famille Meere a restauré 
l'orgue de St-Jacques à Utrecht et y ajouté un positif, travail 
qui laisse à désirer. 

La famille survivante de Meere est partie pour le Cap de 
Bonne-Espérance. 

M. G. Nieuwenhuysen, organiste du Dom à Utrecht a bien 
voulu sur notre demande faire des démarches à cet égard, et 
beaucoup de renseignements nous ont été communiqués par lui. Il 
nous fait parvenir plusieurs communications, que nous faisons 
suivre. 

Arnold Jacques Meere, fils de Abraham Meere, j' et C. Hoog- 
betum, décédé le 19 septembre 1824. 

Anthoine Ar. Meere, fils de Herman Mçere et M. De Ruyter^ 
mort le 8 mai 1832. 

Abraham Meere, ' fils d'Arnold Meere et de J. Van Eck, 
décédé le 11 novembre 1841, âgé de 80 ans et 7 mois^. 



— 145 — 

Merklin, (Joseph), de Oberhausen (Bade), facteur d'orgues, 
établi à Bruxelles depuis 1843, fils d'un facteur à Freibourg. 
Il puisa dans l'atelier de son père le goût de ce bel instrument 
et montra les plus heureuses dispositions pour la construction 
des orgues dès l'âge le plus tendre. Après avoir travaillé chez 
Walker à Louisbourg, et chez Korfmacher à Linnich, il vint 
en Belgique et s'engagea dans les ateliers de M. Loret à St- 
Nicolas. Le premier orgue que M. Merklin construisît en Bel- 
gique, est celui commandé par le gouvernement pour l'école 
normale de Nivelles. Nous avons été convié un des premiers 
par le facteur à donner notre appréciation sur cet instrument vers 
1844. Cet orgue, de petite dimension, n'oifre rien de remar- 
quable. M. Merklin a placé sur plusieurs de ses instruments le 
Crescendo ; il ne l'a pas inventé, mais il a doté ce mécanisme 
de toutes les améliorations dont il l'a cru susceptible. On 
peut reprocher à certains de ses orgues, la lenteur de parler, qui 
dépend de la mauvaise combinaison des soufflets. 

Donner aux sons divers de l'orgue un caractère à la fois 
-religieux et austère, lô rendre susceptible de toutes les in- 
flexions de la voix humaine et de la plupart des instruments 
de l'orchestre, corriger surtout la sonorité criarde et nasillarde, 
qu'on reprochait avec raison aux facteurs d'orgues d'autrefois, 
tels sont les perfectionnements que M. Merklin s'est proposés, 
et qu'il a souvent atteints. 

Indépendamment des perfectionnements que rêve M. Merk- 
lin dans la confection des instruments, il ne se préoccupe pas 
moins de trouver du nouveau dans l'art, si progressif de nos 
jours du facteur d'orgues ; aussi les produits de nos facteurs 
témoignent que ce genre d'industrie est vraiment en progrès. 

Il y a une douzaine d'années, M. Merklin nous a invité à 
juger plusieurs de ses instruments, entre autres les orgues 
de l'Abbaye de Parc, celui de l'institution du Sacré-Cœur de 
Jésus, de M®"® Van Celst à Anvers, celui de Roosendaal et 
d'autres. Pour nous convaincre du talent de M. Merklin nous 
avons visité plus de quinze orgues sortis de ses ateliers, dont 
les journaux avaient fait de brillants éloges. 

En principe l'orgue de Roosendaal, composé de 2 claviers, 
32 registres, pédale séparée et 7 pédales de combinaison et 

19 



— 146 — 

d'accouplement (dont Tinauguration eut lieu le : 21 décembre 
1852), nous semblait répondre à toutes les exigences de l'art 
du facteur, et à notre surprise, nous trouvant il y a quelques 
années en cette ville, Torganiste nous fit connaître que l'instru- 
ment était dans un état complet de défection, même à ce 
point, que nous n'avons pu le toucher. Est-ce la cause des ma- 
tériaux peu solides, ou l'église est-elle humide? Jusqu'ici cette 
question n'est pas encore élucidée. 

Quant à l'orgue ^e M"® Van Celst, c'est un des meilleurs que 
nous connaissons 4e cette dimension. 

En 1847 M. MerMin s'associa avec son beau-frère M. Schiitze, 
homme expérimenté dans le mécanisme de l'orgue, et très au 
«ourant de la mise en harmonie des jeux. 

Depuis cette association la fabrique occupe un grand nombre 
de bras, et le nombre des orgues et harmoniums placés par la 
firme Merklin-Schixtze est prodigieux. 

En 1847 MM . Merklin-Schûtze placèrent un orgue à l'exposition 
nationale à Bruxelles, et obtinrent la médaille en vermeil. En 
1853,1a firme fonda une société d'actionnaires sousladénomina- 
tioD Merklin-Schûtze et C*^. Deux années aprôs,cette société 
acquit la propriété de la fabrique d'orgues de Ducroquet à 
Paris. En 1855 ces artistes obtinrent des récompenses très- 
honorables à l'exposition de Paris. Peu après la société se 
transforma en Société anonyme pour la fabrication des orgues, 
établissement MerkUn-Schûtze. Nous faisons suivre la liste des 
principaux orgues de cette maison : • 

Liège, église St-Barthélemi, un orgue qui fait honneur à 
M. Merklin ; l'orgue du Collège des Jésuites à Namur ; un 
grand orgue de 4 clav. et 64 registres pour la cathédrale de 
Murcie. Il y a 2 jeux de 32 pieds et 9 de 16 pieds, puis 7 pédales 
d'accouplement et 8 pédales de combinaison ; un orgue à Notre- 
Dame à Tirlemont de 2 clav. et 24 jeux ; un orgue à l'Institut 
des aveugles à Bruxelles (Schaerbeek) ; le grand orgue de 
St-Eustache à Paris, et ceux de St-Eugène et St-Philippe du 
Roule ; le grand orgue du Conservatoire royal de Bruxelles, à 
4 clav., 54 reg. et pédale séparée ; un grand orgue à l'église 
St-Michel à Courtray, desservie par les PP. Jésuites ; celui des 
cathédrales de Rouen, la Havane, Bourges, Lyon, Dijon, Arras, 



— 147 — 

puis les orgues de Téglise St-Nicolas à Boulogne-sur-Mer, de 
St-Sernim à Toulouse et les instruments d'une plus petite di- 
mension à Vorsselaer, à Deurne (un excellent orgue renouvelé), 
au camp de Beverloo, Borgerhout, Wommelghem, (orgue peu 
harmonieux et dont le bruit des soufflets dérange les fidèles). 
Westmalle, Borsbeek, aux Sœurs-Notre-Dame à Namur, à la 
paroisse St-Loup de cette ville, à St- André à Lille, à Bierghes 
près Bruxelles, (un de ces premiers instruments est peu solide),^ 
Meir, Bouwel (Campine, un orgue qui a de grands défauts), i 

à Wazemmes, à Denan, etc. Un orgue pour M, le vicomte Clerque ] 

Wissock de SousbergheàGand,inauguré en 1863 par M. A.Mailly , 3 

La maison Merklin-Schûtze, de Bruxelles, vient d'obtenir | 

un beau succès à Rome. L'orgue que lui avaient commandé les I 

religieuses du Sacré-Cœur a été essayé à deux reprises diffé- J 

rentes l'année dernière, en présence d'une société d'élite, aux pre- . 

miers rangs de laquelle on remarquait plusieurs cardinaux, des | 

membres de la haute prélature et de. la diplomatie et bon 
nombre d'Académiciens de Ste-Cécile. On a exécuté quatre 
compositions, le motet Corarca, le J^alve Regina, le Salve Joseph 
et la prière Oremus pro Pontifice Nostro Pio, M. Meluzzi, maestro 
de la chapelle Giulia, a rédigé un rapport on ne peut plus 
élogieux' qui a été traduit en français, imprimé et distribué à 
un grand nombre d'exemplaires. 

Le 3 novembre dernier (1864), on a inauguré à l'église Notre 
Dame de Liesse, un orgue de M. Merklin-Schiitze. Les orga- 
nistes de talent MM. Ed. Batiste de Paris, et Grison de Reims, 
ont touché cet oreiie a cette occasion. M. Merklin a fabriqué 
une immense quantité d'harmoniums, orchestriums^ etc. de 
toutes les dimensions, mais ces instruments ne peuvent plus 
rivaliser avec ceux que nous avons entendus en Allemagne,^ 
qui sont d'une douceur d'harmonie remarquable. L'harmonium, 
une des plus merveilleuses inventions du xviiii"*® siècle, 
a pris depuis vingt ans une extension extraordinaire. C'est 
un excellent instrument d'étude pourries jeunes organistes, 
et d'une grande utilité pour les petites chapelles, les insti- 
tutions religieuses et les écoles de chant. MM. Debaiii, 
Alexandre, père et fils, Rudolphe à Paris, Beaucourt à Lyon, 
Chapell, à Londres, Scheidmeier, Ross, Ph. Trayser et (>, 



— 148 — 

Behwind et Kraser à Stuttgard, Merklin et Martin, ont beau- 
coup perfectionné Tharmonium. 

Voici comment s'exprime la France Musicale de Paris (1855) 
sur un orgue de M. Merklin- Schiitze : 

« L'orgue qu'ils ont exposé est destiné à Téglise St-Eugëne, à 
Paris. — Cet instrument a une qualité de son, une facilité de mé- 
eanisnae, une hartnoni<% pure et suave qui atteignent tout ce que nos 
meilleures maisons ont fait de mieux. — Il se compose de trente-quatre 
jeux disposés sur trois claviers à mains et un clavier de pédales. 

» Nous avons admiré la rondeur^ Tharmonie, la plénitude des 
jeux de fonds, la puissance et Téclat des jeux à anches. — La voix 
humaine a surtout captivé notre attention ; TillusioD, le prestige 
étaient complets, et, nous ne craignons pas de le dire, c'est ce que 
nous avons entendu de plus parfait jusqu'à ce jour. Outre le carac- 
tère général de l'orgue sous le rapport harmonique, la partie méca- 
nique est très-bien traitée et fonctionne avec une précision et un 
ensemble qui ne laissent rien à désirer. Nous citerons même u^e 
amélioration, qui sans être d'une haute importance, n'en est pas 
moins d'une grande et incontestable utilité, et sert à donner une 
nouvelle preuve du soin qu'apportent ces habiles facteurs à la 
perfection de leur œuvre. Nous voulons parler d'une pièce mécanique 
qui permet à l'organiste de changer ses jeux en effleurant les registres 
du bout des doigts. C'est là une^innovation heureuse qui sera cer- 
tainement appréciée de tous les artistes, trop souvent forcés d'inter- 
rompre leur morceau pour ce changement de jeux. » 

M. Merklin a été décoré de l'ordre de Léopold et de l'ordre 
d'Isabelle la Catholique d'Espagne. 

Meiardi facteur du xvii™® siècle, a construit en 1654 à 

Grouw, un orgue composé de 3 claviers et 16 jeux. Nous n'avons 
pas rencontré d'autres instruments de ce facteur. 

Meyer-Wiebes et Wiebes-Meyer, père et fils, deux menui- 
siers de profession, ont construit en 1783 un orgue à Stavoren, 
composé de 2 claviers et 18 registres, mais cet instrument 
laissait tellement à désirer qu'on n'en a pu faire usage. 

Un nommé Meyer, qui décéda en 1816, , a construit un petit 
orgue de 2 clav. à Noordwyk. Il a confectionné un nombre con- 
sidérable de grands et petits orgues portatifs. 



~ 149 — 

• MiNU ou Mend (Paul), accordeur des orgues à la cathédrale 
d'Anvers en 1684, qui succéda à Bremser, probablement décédé 
vers cette année. 

MiTTENREYTER, (Jean), constructeur d'orgues à Leiden (i) 
vers le milieu du siècle dernier. On lui doit : Delft 1765, à 
Téglîse luthérienne, un orgue à 2 clav., 23 reg. et pédale sép. 
Examinateur G.. Berghuis. Le 18 octobre 1765 à l'occasion de 
l'inauguration, un grand concert eut lieu avec trompettes, cors, 
hautbois et timbales. Leiden, église catholique, restauré l'orgue 
qui contient 2 clav., 12 jeux et pédale accrochée. Puis il plaça 
des orgues à Hoom, Voorschoten, (un 8 p.), Leyderdorp, 
(un 8 p.), Amsterdam, deux orgues à 2 clav. et un à 1 clavier, 
Zaandam et Rotterdam (orgue avec 2 clav. et pédale séparée 
à l'église dite in de Leeuwenstraet). On doit à ce facteur une 
quarantaine d'orgues dont on dit beaucoup de bien. 

Mondt-Groenewout (H.), s'établit à Anversen 1856 etatra- 
vaillé dans les ateliers de MM. Dreymann à Majence, Van 
Peteghém à Gand, Merklin et les frères Loret. Il a été chef 
d'atelier chez Korfmacher à Linnichet continua ses études chez 
Hiiiin, à Lintz (au Rhin), chez Bâtzà Utrecht et chez Sonreck 
à Cologne. Il a construit: 1860. Anvers, chapelle St-Ignace, un 
orgue de7jéux,avec pédale et crescendo, et des pédales decombi- 
naisonàchaque registre; 1862. Renouvelé l'orgue à N.-D. à Bruges 
qui date de 1579. Cet orgue a 2 clav., 28 reg., pédale, crescendo et 
pédale de combinaison. Il a restauré un petit orgue de 8 reg., 
à Wyneghem, placé au couvent des pères Rédemptoristes à 
Anvers. En 1864, M. Mondt a construit un orgue à l'hôpital 
St-Jean à Bruges de 2 clav., 19 jeux et pédale. Cet instrument 
a été inauguré en présence de Mgr Faict, vicaire général, qui 
remplaça Mgr Malou. Cet orgue est d'une construction solide, 
l'harmonie en est douce, mais les claviers avec accouplementi 
offrent trop de résistance aux doigts ; 1864. L'orgue de la cha- 
pelle Ste-Anne à Anvers, de 9 jeux avec clavier tranapositeur, 

« 

(1)L6B orgues de Leiden, au siècle dernier, d'après Hess étaient : Égl. St-Pierre. Un prgue 
-de.dclav. 35 Jeux et pédale séparée, renouvelé vers 1774. Êgl. Hoogkmd*che-Kerk. Un 
orgue de 2 clav. 18 Jeux et pédale accroohée. Egl. Mare-Kerk, Un orgue de 2 clav. 24 Jeux 
et pédale séparée. M. Hess fait l'éloge de cet instrument. Egl. Françai$e. Un orgue de 
t clav. 18 Jeux et pédale accrochée. EgC C«ttholique. Un orgue de t clav. 12 Jeux et pédale 
accrochée, amélioré par J, Hittenreyter. 



— ir/) — 

crescendo et pédales de combinaison sur tous les jeux. M. Mondt 
a obtenu du gouvernement belge en 1858 un brevet pour des 
perfectionnements à la soufflerie. 

Nous devons signaler ici Égide Boutmans, qui depuis près de 
30 ans a travaillé dans les ateliers de MM. Dell Haye et Mondt, 
et qui par sa conduite exemplaire et son activité a su mériter 
Testime de ses chefs. 

MoNKENS (Bastien), à Diest (Brabant) restaura en 1523 un 
orgue à TégliseSte-Sulpice en cette ville auquel il travailla pen- 
dant trois ans. Cet orgue subit une transformation complète^ 
et on y ajouta un positif. Cet orgue n*était pas en harmonie 
avec la grandeur de ce monument. 

Le 2 décembre 1526 on a fait examiner ce nouvel instrument 
par les organistes Henri Vander Vliet et Pierre Schuttysers de 
Léau (Louvain), qui avaient été demandés à Diest. Après 
quelque remarques peu importantes, ces artistes ont dressé un 
rapport très favorable sur cet instrument. Cet orgue se trouve 
aujourd'hui à Quaetmechelen, près de Diest. 

On prétend que la facture d*orgues était au xvi® siècle plus 
florissante en Belgique que dans les autres pays. 

MoRLETS (F.), plaça un instrument à Téglise de Thôpital k 
Delft en 1656, qui eut 1 clav.,10 jeux et pédale séparée. M. Hess 
fait reloge de cet instrument. 

MoREAU (J. F.), habitait Rotterdam (i) en 1718, et naquit vers 
1680; il s.*estfait une réputation distinguée par le grand orgue 
de Gouda. C'est le 8 octobre 1732 que les marguilliers de l'église 
St' Jean de Gouda résolureilt de remplacer l'ancien orgue, placé 
contre le mur, par un grand orgue. En 1751 on a perfectionné 
cet instrument, qui fut examiné par l'excellent organiste Jacques 
PothoU. Ce même artiste est venu à Gouda en 1762 et 1763, et 
a fait briller son talent sur ce gigantesque orgue. 

L'^n 1733, ce facteur fut chargé de l'exécution de cet orgue, 
qu'il acheva en 1736. Cet instrument a 3 claviers, 60 registres, 
52 jeux, pédale séparée, puis 4295 tuyaux^ et 8 soufflets. 
Les tuyaux sont en bon étain anglais. Il y a 7 reg. de 16 pieds. 

(1) Selon Hess, on avait encore les orgues' soi vantes à Rotterdam au siècle dernier : 
EgUNttwùffOoêterkerk. Un orgue detôlav. 29 jeux et pédale séparée. ÊgL Française. Un 
orgue de t olav. et pédale séparée. BgL arménienne. Un orgue de' 2 clav. 20 jeux Qt pédale 
accrochée. Egl. catholique. Un bel orgue de'S clav. 26 jeux et pédale séparée. 



— 151 — 

Les registres les mieux réussis sont le^ registres de flûte, Técho, 
la viola, di gemba, le gemshoom et. le cornet. Les touches des 
claviers à la main sont au nombre de 51, celles de la pédale à 29. 
Un rapport très-favorable a été dressé par les examinateurs 
N. Woordhouder à Rotterdam, A. Veldcamp à La Haye, 
G. Witvogel à Amsterdam et J. Van der Brugge (mort en 1754), 
à Gouda. Ce gigantesque instrument a été l'objet d'un examen 
trè^ sérieux dé la part de ces organistes distingués. 

Rotterdam, un orgue à l'église anglaise comme celui de 
Bodengraven de Hess. C'est Moreau qui en 1721, plaça à l'église 
de l'Est, le petit orgue de l'église St-Laurent de Rotterdam. 

J. Moreau eut un âls, Jean Moreau, également facteur 
d'orgues, qui en 1762 succéda à Peuscheur pour accorder l'orgue 
de Zierikzee. Moreau père mourut vers 1756. 
* Mors (Ant.), (indiqué dans les archives de la cathédrale sous 
le nom de Moors), né à Anvers vers 1485, fut chargé de l'exé- 
cution d'un orgue à l'église St-Pièrre à Louvain en 13E3, pour 
compte de la confrérie du St-Sacrement, l'une des plus opu- 
lentes de l'église. Cet instrument était placé dans une des cha- 
pelles et coûta 175 florins du Rhin. Déjà au commencement du 
XV® siècle, l'église était en possession d'un orgue. Le sculpteur 
Gérard Goris, qui travailla aux stalles, restaura en 1438 le 
buflet de cet instrument. L'organiste en 1434 était Peeteren 
Ysleben. L'orgue actuel de cette église fut exécuté en 1556 par 
Jean Çrimon de Mons. On l'a attribué, mais à tort, au facteur 
Jean Golflus, constructeur du xvii® siècle. Le buffet de cet instru- 
ment est richement sculpté en style àS la Renaissance. Cet orgue 
qui se trouve à l'entrée du collatéral gauche du chœur, passait 
pour l'un des meilleurs du pays. 

Mors a construit des -orgues pour la cour de Charles-Quint 
et la gouvernante des Pays-Bas, Marguerite d'Autriche. Mors 
était chargé en 1551 d'accorder et d'entretenir les orgues à la 
cathédrale d'Anvers. Dans les livres des comptes on signale 
souvent ce facteur. L'organiste en 1556 était Jean Anthonis. 
Mors mourut probablement vers 1560. 

Mors a construit en 1553, l'orgue de l'église Notre-Dame à 
Termonde et reçut 100 L. g. Cet orgue a été expertisé et 
approuvé par lesorganistes Henri ZaxAmoortere ou Lachmoortere 



— 152 — 

et Nicolas De Smedt de Qcuxelles et de Gand. En 1555-1556 les 
archives de cette église mentionnent : « 1555, 4 Liv, 3 et, en 
4 d. groote hetaaU aen Anthoon Mows over verbetering aen den orgel 
toegebracht. n II répara donc cette année cet orgue. Les organistes 
connus de cet orgue sont : 1520 à 1530, Claeis Anthoni ; 1530, 
Christophe Ruckens. A la fermeture des églises au siècle dernier, 
Conrad Loret était organiste, qui succéda à François Van 
Hasendonck. En 1853 on nomma M. Ed. Gortebeeck* 
* Mors (Henri) , facteur à Anvers, au xvi® siècle, peut-être le frère 
du précédent. Mors a été chargé de la construction d'un orgue 
pour le compte de Charles-Quint. Les comptes des archives du 
département du Nord de Lille, mentionnent que ce facteur 
reçut en mai 1517 la somme de 62 livres 10 sous pour la vente 
de petites orgues au roi Charles-Quint, qu'on portait avec lui 
en Espagne. 

MuLLER (Chrétien), célèbre facteur d'orgues à Amsterdam, 
né en 1600 à St-Andriesberg, a construit pendant un demi 
siècle un nombre considérable d'orgues en Hollande. C'est sur- 
tout par le grand.orgue de Harlem que ce facteur a acquis sa 
réputation. Cet instrument justement réputé est composé de 
3 claviers à la main et pédale séparée, 59 jeux, 3618 tuyaux 
et 12 soufflets. Il fut construit en 1738. On a depuis transformé 
le jeu cimbel du clavier supérieur de 3 pieds en cornet. 

Constatons que Muller, après l'achèvement de l'orgue à 
Harlem, a reçu du Bourgmestre de la ville un superbe cadeau, 
pour la manière brillante dont il avait construit cet orgue, con- 
sistant en une montre à tylindre et plusieurs ducats. Les ou- 
vriers reçurent une montre en argent et fl. 25. 

Le buflFet est d'un aspect grandiose. Il a le principal de 
32 pieds dans les deux tours latérales, les principals de 16 et 
de 8 pieds dans les tours centrales ; au centre est placé un 
groupe sculpté, formé de quatre anges représentant le chant-solo 
avec accompagnement de flûte, violon et violoncelle. Sur les 
côtés deux anges soufflent du trombone ; sur le positif se 
trouvent encore deux anges reposants et à la partie supérieure 
de l'orgue les armes de Harlem flanquées aux deux côtés de la 
statue àe David pinçant de la harpe et à!Asaph chantant. 
Les colonnes de marbre bleu, ornées de chapiteaux et de 



— i;5;.{ - 

soubassements blancs, lesquelles soutiennent l'orgue entier, 
sont de style romain. 

Parmi les 59 jeux, il y a 4 jeux de 16 pieds ouverts, un 
bourdon de 16, sonnant 32 pieds, une montre de 32 pieds, un 
double trombone de 32 pieds, une bombarde et un trombone 
de 16 pieds, puis un contre-basson de 16 pieds. Douze soufflets 
fournissent le vent à cet immense instrument , construit d'après 
l'ancien système. 

Les meilleurs registres sont le principal de la pédale, le 
trombone, la trompette, le voxe humana, le dulciana, le baar-pypy 
le gemshoorn, le basson et le' hautbois. En général les jeux 
d'anches sont les mieux réussis. MuUer reçut pour cet orgue 
il. 21,600, de plus l'ancien orgue lui fut cédé. Le sculpteur 
Hadery, auquel on doit le beau buffet, reçut .fl. 7000. Le sculpteur 
Van Logteren travailla aux statues en bois; enfin l'orgue coûta 
à la ville fl. 59,000. 

Les examinateurs de ce bel instrument sont : G. Havingha, 
à Alkmaar, G. Witvogel à Amsterdam et H. Radeker, organiste 
du susdit orgue. A la révolution française, les troupes ont 
bivaqué dans cette église (1795), et le facteur P F. Schmidt^ 
de Gouda, a nettoyé l'orgue. 

Dans notre ouvrage les Artistes-musiciens Néerlandais, nous 
avons publié la liste des organistes qui ont fonctionné au grand 
orgue d'Harlem. L'organiste J. P. Schumann, exécutant 
médiocre, a été pendant 57 ans attaché à cette église, c'est-à-dire 
de 1801 à 1858. Ce musicien est âgé aujourd'hui de 90 ans. 
M. J. G. Bastiaans, artiste distingué, élève de Mendelssohn et 
de Becker le remplaça en 1858, 

Les principaux orgues de MuUer sont : Leeuwarden (i), 
église des Jacobins, un orgue de 3 claviers, 38 jeux et pédale 
séparée. Rotterdam, 1749, église luthérienne, un 8 pieds, 
composé de 2 claviers, 21 jeux et pédale séparée. Arnhem, 
église luthérienne, un 8 pieds. Nymègue, 1770, église St-Etienne. 
Les marguilliers de cette église confièrent à Muller l'exécution 
d'un orgue plus considérable encore que celui de Harlem. Il en 

(1) D'après J. Hess on avait encore au siècle dernier les orgues suivantes à Leeuwarden : 
Sglise Wetter-Kerk, un orgue de 2 claviers, ISjeux et pédale BtXicrochée. Eglise Gnlileer-Kerk, 
un orgue de 2 claviers, 12 jeux et pédalé accrochée. 

20 



— 154 — 

9.Yait dressé les plans ; malheureusement sa mort est venue 
mettre obstacle à la réalisation de ce grand ouvrage. C'est 
L. Kônig de Cologne qui succéda à Muller, mais les dimensions 
de l'orgue furent moins étendues. Il a 3 claviers, 67 jeux et 
pédale séparée. Un orgue construit en 1762 de 2 claviers et 
18 jeux à la chapelle de Alkmaar. Amsterdam, église Wester- 
Kerky réparé un orgue construit en 1687, et qui coûta fl. 16,820. 
Il a 3 claviers, 39 jeux et pédale (qui n'a que 6 jeux), dont plu- 
sieurs sont d'une grande pureté. M. Knipscheer, facteur d'orgues 
à Amsterdam, a réparé cet instrument en 1843, et y ajouta 

2 jeux principaux. La peinture de cet orgue est du célèbre 
G. DeLairesse. L'église a été achevée en 1611 par H. De Keyzer, 
architecte. Wyck ou Beverwyck, 1757, un orgue à 2 claviers, 
22 jeux et pédale séparée. Cet instrument a été offert par 
Madame Van Hogelande. 

Muller est mort entre 1770 à 1771, au moment d'achever 
l'orgue de la grande église de Nymègue. Cet orgue avait primi- 
tivement 3 claviers, 57 registres et pédale séparée. Il y avait 
8 jeux de 16 pieds. Aujourd'hui il a 67 jeux, et fournit à 
M. Dykhuizen un instrument sur lequel il fait briller admira- 
blement son talent. 

MiiLLER (frères), à Reiferscheid (Prusse), ont construit un 
bel orgue à Heerlen (Lirabourg), commencé en 1835 et achevé 
en 1862. Il a 2 claviers, 40 registres et pédale séparée. Cet 
instrument a des qualités supérieures sous le rapport du son et 
de la solidité. 

MiiLLER, ... actuellement à Dusseldorf, a placé quelques 
bonnes orgues dans la province de Limbourg, entr'autres à 
Kerkraede, Brunsum, Wilré, etc. Ces instruments sont solides 
et d'une bonne intonation. 

* MuNiECK (Paul), à Anvers, a fait d'importantes réparations 
à l'orgue de l'église Ste-Walburge de cette ville l'an 1690, 
bâti par B. Bremser. 

Naber (C. F.), à Deventer, s'est fait une réputation par 
l-orgue de l'église St-Georges à Amersfoort (1843), composé de 

3 claviers, 38 registres et pédale séparée. Cet orgue a été 
examiné par M. G. Van Eyken. 

Ce facteur instruit décéda à Deventer le 23 août 1861, 



— 155 — 

âgé de 63 ans, et son fils F. S. Naber continue les affaires pour 
compte de la veuve. Un fils de second lit, A. M. Naber, se 
destine aussi dans la même carrière. 

Orgues placées par feu C. F. Naber : 

Amersfoort. Cet orgue a 2 prestants, bourdon, basson et 
subbas de 16 pieds, fuis viola di gemba^ 8 p., voxe humana. de 8 p. 
et bazuin de 16 p. Appeldoorn, église réformée, 36 registres ; 
cet orgue a été donné à cette église par S. M. Guillaume P"^. Il y a 
2 prestants, bourdon, basson, subbas et bazuin de 16 pieds. 
Sliedrecht, église réformée, 26 jeux ; il y a un bourdon, basson 
de 16 pieds et une flûte d'amour, carillon et dulciana. La pédale 
a un subbas et bazuin de 16 p. Vrieseveen, église réformée, 
19 jeux; il y a un violo di gemba. Almelo, église catholique, 
17 jeux. Il y a une flûte d'amour et viola di gemba. Raamsdonk, 
église réformée, 36 registres ; il y a bourdon, subbas. bazuin, 
basson de 16 pieds et des registres d'accouplement. Doetighem, 
église év. luth., 15 jeux. Deventer (i), église év. luth., 15 jeux. 
Arnhem, St-Jean, 12 jeux. Delden, 26 jeux ; c'est M. le baron 
van Heokeren-van Twickel qui a fait don de ce bel orgue. Il y a 
bourdon, basson, subbas et bazuin de 16 p. Wilr, égl. réformée, 
16 jeux. Raalse, égl. cath., 28 id. Zalt-Bommel, égl. cath., 
23 id. Holten, église réf., 14 id. Winterzwyk, église réf., 32 id.; 
Les orgues de cette dimension se composent à peu près des 
mêmes registres. Goor, église cath., 10 jeux. Terborg, église 
réf., 20 id. Voorst, église réf., 15 id. ; c'est M.. le baron 
Schimmelpennink-van de Oye qui fit don de cet instrument. 
Boslo, église cath., 12 jeux ; M. le baron van Wynbergen- 
van-Boslo en fit don. Hakkum, église réf., 24 jeux. Weye, 
église réf., 19 id. ; M. J. Le Umbgrove fit cadeau de cet orgue. 
Paramaribo (Indes), église réf., 19 jeux. Gronlo, église réf., 
19 id. Harderwyk, église réf., 36 id. Velp, église réf., 17 id. ; 
M. le baron van Spaan-van Bilsioer en fit présent. Gorsel, 
église réf., 16 jeux ; M. Naber fils a entrepris cet instrument; 
le fils aîné F. S. Naber l'a placé. Noordschermeer, 16 jeux. 
Alkmaar, réparé en 1855 et examiné par J. Bastiaans et 

(1) Au siècle dernier on avait selon J. Hess les orgues suivants à Deventer : Grande ég liée, 
uAorgaede3clavler8.26 jeuxet pédale accrochée. Église Berg K^k, un orgue deSclaviers. 
10 jeux et pédale accrochée. Êgliee luthérienne, un orgue de 1 clavier. 



— ir)t) — 

Ezierman, organiste à Alkmaar. L'orgue d'Appeldoorn a 
3 claviers. Tous les autres en ont deux. Ces orgues, sauf 
ceux d*Appeldoorn, Sliedrécht, Raamsdonck, Delden, Winter- 
zwyk, Huerden, Harderwyk, (qui ont une pédale séparée) sont 
munis d'une pédale accrochée. 

Il plaça des orgues de petite dimension à Ootmarsum (insti- 
tution), Siloode, Etten, Reuthum, Colmschate, Diependeen, 
Kampen, Elst,*Almen, Wierden, Huerden, Rumpt, Doesborgh 
et Zwolle (église cath.); ces orgues ont été placées de 1820 à 1861. 

Naber (F. S.), fils du précédent, facteur à Deventer, plaça : 
1862, Nederlandsch Maitray, église réformée, un orgue de 
2 claviers, 14 jeux et pédale accrochée. Cet orgue a été donné 
par M. Van Berkel d'Amsterdam. 1863, à la loge le Préjugé 
Vaincu à Deventer, un orgue de 1 clavier, 5 jeux et pédale 
accrochée. 1863, Grootschermeer, église réformée, 1 clavier, 
8 jeux et pédale accrochée. 

' Nargenhost (F.), d'origine allemande, qui avait sa résidence 
à Amsterdam en 1550, et s'est fait connaître par le placement 
de deux nouveaux claviers, ajoutés au grand orgue de l'église 
St-Pierre à Hambourg, en 1548. Nous n'avons pas d'autres 
renseignements sur cet artiste. Comme il n'a plus laissé des 
traces de son domicile en Hollande, il se peut que ce facteur ait 
quitté les Pays-Bas pour s'établir en Allemagne. 

Nau (J.), à Louvain, fut chargé du placement d'un orgue à 
Desschel (Anvers), orgue que M. E. Van Peteghem a achevé. 
Ce facteur mourut en cette commune vers 1775 dans la plus 
complète misère. 

« Voor liet orgel tev0recke^i aengenomen door wylen J, NaUy 
orgel moeisschery gewoont hebbende tôt Loven en tôt Desschel mise- 
rabel overleden, voor eene som van gui, 650. » (Extrait des notes 
de la famille Van Peteghem 1775). 

Niklaasen (Henri), à Utrecht, qui^ était chargé d'un nouvel 
orgue à l'église St.-Liévin à Zierikzee en 1549. Cet instrument 
remplaça le vieil orgue, qu'on dit originaire du xii™® siècle, ou 
même de la fin du xi®. 

Voici les registres de cet ancien orgue de Niklaasen : Manuel, 
prestant 12 p. ; bourdon, 12 p. ; bctaaf, 3 p. ; mixtuur, 2 l/2 p. ; 
scherp, 1 p. ; cornet diskunt ; trompet, 12 p. ; tremulant, n-achtegaal 



— 157 — 

et wintsluitiiig. Positif, prestant, 6 p. ; octaafi 3 p. ; holfluit, 3 p ; 
scherpy 1 p. ; mixtuur, 1 p. ; siffelet, 1 p. ; testiaan (discant) ; 
bourdon, 6 p.; super octaaf, 1 1/2 p. ; sexquialter (discant), 1 1/2 p.; 
cromhoom, 6 p. ; tremulant et wiîitsluiting. Il y avait donc 

19 registres sonnants. On vantait beaucoup le bourdon, ïiolfluit 
et siffelet. 

» Penseler (Chrétien), probablement à Anvers, a été chargé 
de Texécution d'un orgue à Téglise de Hobokeri (compte de Téglise 
de 1600), pour la somme de 1163 florins. 

MM. La Fosse, organiste de la cathédrale à Anvers et 
de Meyer, à Cruybeke, ont été chargés de l'expertise de cet 
instrument. 

Pbreboom (Th.), facteur d'orgues, né à Maestricht le 

20 juillet 1828, fit son apprentissage chez M. H. Loret, à 
Bruxelles, où il resta pendant sept ans. Depuis dix ans il a 
construit vingt-deux orgues, dont quatre de grande dimension. 
En voici les principaux : 

1° 1857, l'orgue de l'église St-Jean à Tongres (Belgique), à 
24 jeux, 2 claviers et pédale séparée, avec crescendo au positif. 
Cet instrument est un des plus beaux du canton de Tongres, 
par sa puissance, la rondeur et les différents registres ; 
2^ l'orgue de Russen (province du Limbourg belge), à 24 jeux» 
2 claviers et pédale séparée, construit en 1854 ; 3° l'orgue de 
l'église St-Servais à Liège, à 24 jeux, 2 claviers et pédale 
séparée ; 4° l'orgue de Lowaigne (province du Limbourg belge), 
à 2 claviers et pédale séparée ; 5** réparé et agrandi l'orgue de 
St-Servais à Maestricht, qui compte 56 jeux, 4 claviers et une 
pédale séparée de 2 octaves. Il y a trois grands soufflets moteurs 
et deux réservoirs ; 6° reconstruit à neuf l'orgue de l'église 
d'Ensival (Belgique) et de Voerendael, qui contiennejùt 2 claviers 
et pédale séparée. 

La firme de cette maison porte : Pereboom-Leyser. 

Dans plusieurs circonstances, ces orgues ont été examinées 
par des juges très-expérimentés, qui ont constaté la solidité et 
la bonne construction de ces instruments. 

Depuis 1860 il y a eu dans les ateliers de MM. Pereboom et 
Leyser plus d'activité. Ilis ont placé depuis cette année des 
orgues à : P Gossop-Leeuw (Limbourg Belge) ; 29 Mortroux 



— 158 — 

(province de Liège) ; 3® Wynaiidsrade (Lirabourg) ; 4® Maestricht 
(église luthér.) ; 5** Urnaont , canton de Sittard (au couvent des 
frères Dominicains) ; 6® Neerither (Liinbourg) ; 7^ Hervé (hôpital) t 
8^ Retinne (province de Liège) ; en magasin, un orgue de 
16 pieds avec 2claviers, pédale séparée et crescendo sur le positif, 
destiné à Téglise de Charneux. Ces facteurs s'établirent à 
Maestricht en 1850. 

• Pescheur ou Peusscheur (Henri), facteur d'orgues qui jouit 
d'une grande réputation, habitait Anvers au xviii® siècle. Nous 
avons rencontré ce facteur dans les archives de la cathédrale. 
En 1709 il remplaça J. B. Forcivil en qualité d'accordeur et de 
réparateur des orgues de la confrérie de Notre-Dame. En 1717 
il a réparé l'orgue de cette confrérie, et reçut pour ce travail 
il. 18. L'entretien lui rapportait fi. 15. L'an 1727 et 1737 l'orgue - 
a de nouveau subi de légers changements. En 1748 Pescheur a 
réparé les soufflets et reçut fl. 18. Pescheur a nettoyé l'orgue 
<le la confrérie de Notre-Dame en 1755 et reçut pour ce travail 
11. 50 (résolution prise par les maîtres servants le 15 octobre 1775) . 
Pescheur eut un fils qui lui succéda et qui mourut à Anvers 
le 11 juillet 1762. Alamort de cet artiste M. Louis Dell Haye le 
remplaça. 

PiETERS (Jean), dont le nom véritable était Harmens, a con- 
struit l'orgue de l'église de l'Ouest à Leeuwarden et ceux de 
Workum, (2 claviers et 16 jeux), de Oosterbierum (1719 de 
2 clav., et 13 reg.), de Wynaam (1720 de 1 clav. et 9 registres). 

Raadersma (Jean R.), à Wienwerd, né en 1772* s'adonna 
d'abord à la culture, et commençaen 1803 sans maître la facture 
d'orgues. Après avoir achevé quelques petites orgues, il plaga 
un orgue nouveau à Ytens, à Mantgum et à Spannum. Il restaura 
l'orgue de Ylst, et mourut en 1816 à Wienwerd. 

Raadersma (Pierre Jean), à Wienwerd, fils du précédent, 
naquit en 1803, et s'appliqua à la menuiserie. Il construit plu- 
sieurs orgues portatives, et on lui doit les instruments suivants : 
Scharnegoutum, un orgue de 2 clav., 12 reg. et péd. accr. 
Wier, un orgue de 10 reg. avec registre du piano. Wommels, 
un orgue de 2 clav., 18 reg. et péd. accr. Ce facteur mourut 
en 1851. 

Radeker, facteur hollandais, élève de Ch. Muller, qui plaça 



— 159 — 

un orgue à Téglise luthérienne à Groningue. Il paraît que 
Radeker a travaillé au grand orgue de Harlem (1738), et qu'on 
ne connaît pas d'instruments de lui. Il reçut à Taché vement de ce 
gigantesque instrument un cadeau d'une montre en argent et 
fl. 25, cadeau qu'on fit aussi à plusieurs ouvriers. 

Reitsema (Tolkert), a construit en 1753 un orgue à Abbega 
(Friser de 1 clav. et 8 reg., et en 1767 un orgue à Woudsend 
de 1 clav, et 7 reg. Il était instituteur à Nieuwsland. 

Rettlar (Caspar), père rédemptoriste qui s'occupe de la 
construction des orgues. On lui doit l'orgue de l'église St-Joseph 
(Rédemptoristes) à Bois-le-Duc (1864), composé de 2 claviers, 
29 registres et 3 soufflets. L'ensemble de cet orgue est très- 
harmonieux et chaque registre répond au caractère de 
l'instrument. Il y a 4 registres ^ de 16 pieds. Le buiFet en 
style gothique est de M. Veneman. L'organiste M. Ch. Bouman 
nous a fourni ces renseignements. M. Rettlar a également con- 
struit des orgues à Ruyden (Belgique), Wittem (Limbourg), 
Amsterdam (Keizersgracht). Il a en ce moment encore un 
orgue en construction. 

RicHNER ou Reichner (Joachim), à La Haye, travailla aux 
grands orgues de Dordrecht et Schiedam, pendant les années 
1802 à 1807. Il plaça vers 1790 un bon orgue à Ryswyk de 
2 claviers et 26 jeux, renouvelé en 1839 par H. B. Lohman. 
C'est lui qui renouvela en partie l'orgue de Middelbourg (i) 
placé en 1782 par De Ryckere. Il se fixa à Rotterdam, où il 
mourut du choléra en 1833. 

RicHTER et J. M.Oerstenhauer, (ces deux facteurs jusqu'ici 
inconnus), ont en 1780 pour ainsi dire renouvelé l'orgue à 
l'église réformée de Monnikendam, examiné par les organiste? 
d'Alkmaar, Hoorn et Monnikendam. Il a été inauguré Ic- 
6 août 1780 par un discours du D' J. Van wSchagen. 

Cet instrument a été renouvelé en 1859 par MM. Flaes et 
Brunjes. Il a 55 jeux dé 16 pieds, plus le tremblant, cloche 
(colcante klok) et pédale d'accouplement. Les anciens organistes 
de cet orgue sont : G. De Milleville, G. Van Vierhouten, 

(1) D'après J. Hess, les orgues qu'on avait au siècle dernier à Middelbourg sont: Egliu 
nouvelle : un orgue'de 2 clav., 28 Jeux et péd. accr. Egliae françaite, un orgue de 1 clav., 
10 jeux et péd. aco. EglUe attglaiae : un ox^^e de 9 Jeux. BglUe tutkérimtne, un orgue de 
i clav., 13 jeux et 5 demi-Jeux, puis pédale accrochée. 



— 160 — 

A. F. Meyer et M. Numaii. Depuis 1859 M. J. Knoot en est 
Torganiste. Voici une inscription de Torgue, que ce dernier 
nous a fait parvenir : 

« Hoe lang ik tôt pronkpyp geb^^utkt, dat is my nu vergeten, maar 
in 1639 ben ik tôt binnenpypby de Bourdon verkozeh en myn voldaan 
bevonden hebbende tôt A® 1778 zoo ben ik naar myn bevinden 
A^ 1780 alweder daartoe verkozen, hebbende myn dienst volgens nu 
drie orgeU in deze kerk gedaan. « 

RiEM (Jean), à Utrecht en 1446, qui répara cette année 
Torgue à l'église Buur-Kerk, Les organistes de cette année à 
Utrecht étaient N. Van Aken, Guillaume Peyer, Albert 
Goeyertz et Goeyert-de Gheer (ou Goert). En 1450 ces organistes 
fonctionnaient encore. Un instituteur, d'après les archives, 
était en 1445 chargé de toucher Torgue à St-Nicolas. On voit donc 
que cet usage, qui se perd de plus en plus aujourd'hui, date 
déjà du XV"*® siècle. Dans le couvent de St-Nicolas fC^s couvent) ^ 
il y avait un orgue en 1473 ; on a payé cet année 6 L. pour, la 
restauration de cet instrument. On adéplacé en 1473 cet orgue. 
A Téglise St-Nicolas il existait aussi en 1474 un petit orgue, 
probablement au chœur. Le fossoyeur de Téglise était en même 
temps le souffleur de l'orgue. 

RoBBERTS (Jean), à Rotterdam, ' qui brillait parmi les bons 
constructeurs d'orgues dana les Pays-Bas au milieu du 
XVIII® siècle. On lui doit un excellent instrument de 2 claviers, 
19 registres et pédale, placé à Delfshaven (église réformée). 
L'organiste de cette église, G. De Vos a proposé d'y ajouter une 
pédale séparée composée d'un bourdon 16 pieds, octave 8 p., 
octave 4 p. et trombone 16 p. C'était vers 1774. C'est en 1773 
qu'il restaura le grand orgue de 16 pieds à l'église de Maassluis 
qui se compose de 3 claviers, 42 jeux et pédale séparée. Ce 
perfectionnement se fit sous la direction de l'excellent organiste 
de cette église l'aveugle Jean Henri Bruininkhuizen. 

RoBOSTBLLi, facteur d'orgues du siècle dernier, probablement 
d'origine italienne, a construit l'orgue à St-Trond (i), aux 
Récollets, de 4 claviers, 39 jeux et pédale, puis un orgue à 
Ferrières daté de 1771 et qui sortait des Augustins à Hasselt ; 

(1) Il y avait un orgue à l'église collégiale à St-Trond, àe 4cIav.^40Jeax et pédale séparé». 



— 161 — 

des orgues à Langdorp (2 clav., 24 reg. et pédale accrochée), 
Herent, Bierbeek, Kriksbergen, efc. 

RoGiER (Ch.), facteur d'orgues à Bergen-op-Zoom (i^ a placé 
les instruments suivants : 

Kruisland, un orgue de 12 registres ; Achthuizen, un orgue de 
lOreg., (1857) ; Heere, un orgue de 12reg. ; Hangwyke, ùri 
orgue de 10 reg. et pédale accrochée ; Bergen-op^Zoora, com- 
mune luthérienne, un orgue de 10 registres. 

Roos (Jean), à Utrecht, prit lin engagement avec les mar- 
guilliers de Téglise St-Nîcolas de cette ville, pour le placement 
d'un orgue au prix de fl. 200, à Kockenghem, à quelques lieues 
d'Utrecht. Cet accord a été fait le 5 janvier 1564. On voit que 
déjà aux xv®etxvi® siècles on plaça des orgues dans les églises 
de campagne aux Pays-Bas. En 1463 Sch^eveningen était déjà en 
possession d'un orgue de petite dimension. 

On rencontre dans les archives de la Buur-Kerk Tan 1567 (2) 
qiz'un certain Péter répara cet orgue. Cette restauration fut 
encore expertisée par Michel Van Groenenburch et un nouvel 
organiste Peter Wyborch. On avait fait pour fl. 3 de dépenses en 
vin. Le facteur reçut fl. 20-. 

(1) L'ancien orgue de Bei^en-op-Zoom a été acheté par les margulUiers de Duffel en 
1738 et a été remplacé en 1^64. 

Selon J. Hess, il y avait les orgues soiVMites an siècle dernier à Breda: Grattée ëglne : 
un orgue de 3 claviers» 16 jeux et pédale accrochée*. Eglise françaiie : un orgue de 13 Jeux- 
Bglùe luthérienne : un orgue de 5 Jeux et 7 demi -Jeux. L'orgue de Notre-Dame, qui se 
trouvait du cOté de la porte du Sud, a été placé en 1715 contre la voûte de la tour, et subit 
des réparations très-importantes. 

0tj Voici ce que les archives d'Utrecht de cette époque mentionnent : 
i543. Sted. Register. Item gegeven M. Cornells Gtoertsz, orgelmakèr op de hand van 
*tgroote orgel te vermaken 125 gl. noch 100 gl. 1545. It. gegeven M. Cornelis orgelmakèr, 
d06 hy *t werk gelevert haa, 125 gl. It. nochM. Cornelis voorz. tweezonenOgl. 88t.l547. Noch 
van oncosten gehadt toen wy op *t land togen om te bidden tôt ten orgel, van wagen ende andere 
tsàm<3n'25£t. 1567.2é«i;. BuMr-^erir.Alsoe'tgroote orgel meestendeels gebrokenende ontsteit 
was, soe hebben wy dat verck aenbesteedt uae vermogen der cedulen daeraf synd^, 
M. Pleter, oi^elmaker, omme wederom té maken, daerofT beloeft hebben te betalen 
hondert ende sestich guldeo, etc. 1568. Gegeven van het posityf te halen, optreckeii ende 
ackorderen. 1579. Kamer Rek. Orgel te Minderbroers. It. M. Pieter Janz orgelmakèr, 8 X.. 
ende dit voor syn moeyte ende arbeyt, gedaen aen 't orgel. 1580. It. betaelt Willem Alias 
Kuyckenende Âdriaen, van dat &y luyde, elex acht nachten In de kercke gewaeckt ende 
*t orgel bewaert hebben, etc. M. Bemt, oi^elmaecker, aenbestayt dat hy een groet orgel. 
soude maecken ende daertoe employeren die pypen van de twee cle^ne orgelkens, etc. 
betaelt 14 gl* 5 st. Noch voor 't orgel te accorderen, ^ st. Noch den doctgraver betaelt 
van dat hy M. Bemt den orgelmakèr geholpen heefi. etc. 121/2 st. 1581. Rek.- St-Nic. Kèrk 
Item gegeven M. Pieter Jansz, die orgelmakèr syn soon. van 't clyn ot te povnttyf, etc. 
Communiqué par f«»u M. Klst dans là rari Ha.) 



— 102 — 

TloYER (Charles), bon facteur d'orgues à Bruxelles, où il vivait 
Ters le milieu du xvii® siècle. Nous n'avons rencontré aucun 
orgue de ce facteur, qui partit pour Marseille, afin d'y placer 
un orgue à la cathédrale en 1657. A la démolition de cette 
église il y a peu de temps, on a démonté cet orgue, et on trouva 
sur un des sommiers le nom de ce facteur. H. Van Peteghem, 
qui entretenait les orgues de Royer, cite dans les livres de 
comptes le suivant : Gronenbrille, is eene goede orgd van Royer 
(1768) ; Hôpital riche à Gand, een goede orgel van Royer. 
* RucKERS (1), famille justement réputée parmi les meilleurs 
facteurs de clavecins et d'orgues de la Belgique. Le plus ancien 
^st Ruckers (Hans le vieux), qui vivait à Anvers vers 1590 et 
mourut en 1642 ou 1643. Il accordait le» orgues à la cathé- 
drale à Anvers en 1592 et l'année suivante il ajouta un grand 
nombre de registres à l'orgue de la confrérie de la Ste- Vierge. 
H. Ruckers fit partie comme la plupart de ses confrères de la 
xîélèbre gilde de St-Luc, et îl accordait presque toutes les 
orgues des églises à Anvers. Q. Van Blankenburg, dans son 
ouvrage, Elementa Musica, (commencé en 1680) parle avec 
éloge des clavecins de Ruckers. En 1599 nous trouvons dans 
les archives de cette église : 1599, Aen Hans Ruckers voor de 
orghelen te onderhouden van syn gagie etc. Les comptes de la ca- 
thédrale mentionnent que H. Ruckers reçut en 1612 (2) fi. 24 
^our Taccordage et l'entretien de l'orgue. 

Ruckers fit des réparations à l'orgue de la cathédrale en 
1621, et reçut pour ce travail fl. 36. Un nommé Jean Supply 
(peut-être un plombier) reçut la même année fl,. 8 pour des ré- 
parations faites aux tuyaux. 

Ruckers (Hans) accordait et entretenait encore l'orgue du 
•chœur de la cathédrale en 1631, et cette année nous lisons 
dans les comptes de cette église : Van d*orghel d'onderhouden 
sic. fl.2û, 

- Ruckers (Jean), succéda au précédent à la confrérie de la 
Sainte-Vierge en 1633. 

(1) M. Gènard, archiviste de la ville d'Anvers, a publié le premier une notice sur la fa- 
mille Ruckers dans la Revue ^Hietoire et éTArekéohgie, t. I, p. 458. 

(2) Us nommé Jean Rlole était carUlonnear cette année et reçut fl. 100 par an. Il mou- 
rut vert IGXt. 



* Eh 1644 un Ruckers (André), entretenait Tôrgue à là cha- 
pelle de la Ste- Vierge. Les comptes de cette année mention- 
nent : Confreer Ruckers {pvohahlement mort vers cette année) 
heeft dit jaer geschonken aen de Capelle (confrérie N,-D.) het ghene 
hem goet quamvoor het stellen van de orghel (Extrait des archives). 
André Ruckers aura remplacé Jean Ruckers. Jean Gouchet 
succéda à A. Ruckers. 

RuEF (Frédéric), bon facteur d'orgues, hé à Waldsee 
(Wurtemberg), et qui depuis 38 ans se dévoue à ce bel art. 
Après avoir travaillé dans les ateliers de Walker (6 ans), de 
Wirth à Augsbourg, de Fritz à Vienne, de Bachholz à Berlin, de 
de^Witte à Utrecht, de Naber à Deventer, de Merklin, de Loret et 
Clerinx, il se fixa il y a 12 ans à St-Trond. Après avoir fait de 
grandes réparations à une foule d'instruments, M. Ruef a con- 
struit les orgues suivantes : Mielen, 2 clav., 18reg. avec pédale 
. séparée; Cras-Avernas, 12 reg.; Borgloon (au couvent des 
religieux), 6 reg.; Attenhoven, 2 clav. et 20 reg.; Messélbroeck, 
2 clav., 17 reg , pédale séparée avec crescendo ; Wyneghem, 
2 clav., 21 reg. et pédale séparée (en construction, et ordonné 
par Fauteur de cet ouvrage). 

M. Ruef est pour ainsi dire un nom nouveau en Belgique 
dans la facture d'orgues. La longue pratique de son art, et son* 
talent d'organiste lui ont fait palper les défauts de beaucoup 
d'orgues ; arriver par de sages combinaisons, par des simplifi- 
cations utiles, à construire au meilleur marché possible, tel a 
été le but du modeste M. Ruef. Il a remarqué avec nous, que 
beaucoup de nos orgues sont d'un ton acre, et que la soufflerie- 
est très vicieuse. Il est à espérer que M. Ruef et son fils dote- 
ront la Belgique d'orgues solides et harmonieuses. Tout nouvel- 
lement entré dans une position plus lucrative, il a déjà fait un 
pas immense, et D arrivera au but, parce que chez lui il y a 
savoir, vouloir et pouvoir. 

RiiTTER (Guillaume), à Kevelaer (Prusse), est né en 1812 à^ 
Issum, province de Gelderen, de parents laboureurs, et môntrîv 
fort jeune des dispositions pour la facture des instruments. Il 
débuta par la restauration de l'orgue de Gelderen, à la satîsfactibUf 
de tous. Chose à remarquer, M. Rûtter n'a jamais fréquenté les 
ateliers de facteurs d'orgues, et c'est à. bii-même qu'il doit se» 
connaissances dans la facture d'orguesr 



-- 164 -- 

Il a cohstiniit son premier instrunient en 1840 ; c'est lorgue 
dé Notre-Dame à Kevelaer de 24 registres et pédale séparée, 
et cette année il s'établit dans cette commune. Ses orgues placées 
eh Hollande sont : Gouda (égl. St-Joseph), un orgue de 2 clav. 
et 28 reg. (1854) ; Zevenaer, un orgue de 22 reg.; Neérbosch, 
un orgue de 2 clav. et 22 reg.; Hernem, un orgue de 19 reg.; 
Millingen, un id.; Haraersfeld, un orgue de 22 reg.; Sëvenum 
(Venloo), un orgue de 24 reg,; Schiedam (égl. cath. 1864), un 
orgue de 34 reg. Tous ces instruments ont une pédale séparée. 
M. RUtter a construit en tout 32 orgues, et c'est un facteur 
instruit et actif. 

ScHEîiER ou ScHŒiÏER, père et fils, à.Leeuwarden, qui entre- 
tenaient le grand orgue de St-Michel en cette ville de 1824 à 1859. 
Cette famille a quitté en 1859 Leeuwarden, et depuis ce temps 
M. J. Van Loô entretient cet orgue auquel M. P. Van Ockelen 
fit de grandes. réparations en 1837 ; il a aujourd'hui 4 clav., 
63 jeux, pédale séparée, 12 soufflets et 17 reg. de combinaison. 
Ily a 8 jeux de 16 pieds. M. A. Hempenius (i), organiste de cet 
orgue nous a communiqué quelques renseignements. 

Cette famille plaça un orgue en 1842, à l'église réformée de 
Hoogeveen, amélioré plus tard par V^n Ockelen. A la mort du 
père Scheiier ses deux fils sont partis pour l'Afrique du Sud^ et 
nous ignorons s'ils ont continué la fabrication des orgues. Il 
parait que les orgues de ces facteurs ne sont pas très-solides. 
A Zwolle et aux environs de cette ville ils ont placé plusieurs 
orgues de petite dimension, 

ScHNiTGER (Arp.), et non Schnitker comme dit M. Fétis, 
né à Goldswarden le 2 juillet 1648, un des plus laborieux 
et estimables facteurs d'orgues du xvii® siècle. En 1662 il com- 
mença l'état de menuisier chez son père à Neuenfelde. L'an 1666 
il entra dans les ateliers de son cousin Bârend Huess, facteur 
d'orgues à Glûckstadt. Lors de la mort de ce dernier (1676), il 
prit un engagement avec la veuve de Huess, pour continuer les 
orgues qui étaient sur le métier. Il acheva les orgues de Stade, 
Freybpurg, Borstel, Assel, Scharmbecke, Bilckau et Jorck. 
C'est en 1679 que Schnitger s'établit à Neunfelde en (][ualité de 

(l) Un membre de cette famille, A. Sempenios, orgaaMie-instltuteur, mort en 1811, a 
construit l'orgue de Hylaard (Frise), en 1783, composé de 1 clavier et 8 jeux. 



— 165 — • 

constructeur d'orgues, où il acquit une espèce de ferme, qu'on 
appela Orgelbauer koff. Pendant ce séjour il bâtit plusieurs 
orgues. Le premier grand orgue que. Schnitger construisit, est 
celui d^ l'église St-Nicolas à Hambourg, composé de 4 claviers, 
67 registres, pédale séparée et 16 soufflets. Achevé en 1687, il 
fut examiné par trois organistes. Cet orgue a été entrepris à 
la journée. Le.facteur reçut fi. 1-80 et ses ouvriers 90 cents par 
jour. Les matériaux étaient livrés par Téglise ; cependant ou a 
payé des sommes supplémentaires. Dans le fameux incendie de 
1842, cet orgue a été détruit. Depuis cette époque la réputation 
de cet artiste grandit, et bientôt il prit rang parmi les premiers 
facteurs de ce temps. En Hollande surtout sa réputation était 
grande. Ce facteur mourut à Hambourg en 1720. Schnitger 
s'était marié deux fois. Il eut quatre fils et une fille. Ses fils 
étaient : Arp, Hans, Jean Jurgen et François. Le premier est 
mort pendant que vivait encore le père ; Hans s'est noyé en se 
baignant dans l'Elbe ; Jean George et François ont embrassé la 
carrière de leur père. Voici les orgues placées dans les Pays-Bas 
par Schnitger : 

1684, Wittmund, un orgue de 2 clav. et pédale séparée ; 1685, 
Zelling (Fi'ise), réparé l'orgue ; 1691, la régence de la ville de 
Groningue a demandé M. Schnitger pour réparer l'orgue de 
l'église St-Martiiî (i), commencé en 1479 par le syndic de la 
ville Rudolphe Agricolà. Schnitger ajouta plusieurs registres 
et deux, nouveaux soufflets ; 1691, réparé l'orgue deDelfzyl; 
1692, réparé les orgues à l'hôpital du Saint-Esprit à Groningue 
(y ajouté un nouveau positif), étàUithuizermeeden (Groningue); 
1694 à 1697, un orgue à l'église A Kerk à Groningue, da3 clav.. 
34 rég., pédale séparée et 8 soufflets. Ce magnifique instrument, 
qui coûta ft 13,000, et fut expertisé par trois organistes, à été' 
détruit en 1710 par l'affaisement de la tour. Déjà en 1671 un 
orgue à cette église a été détruit par un incendie, occasionné par 
la foudre ; 1695, un orgue pour le collège musical de Groninguô 

(1) Vi>lci quelques détftils que nous trouvons dans I^ouvragv de J- .Hess, Di$po$itim det 
merkweerdigtte kerk-orgelm : Gouda, 1774, sur cet Or^ue : A' 1542, 1* restauration de cet 
orgue ; A* 1640, un facteur a pendant 10 ans travalUô et embrouillé cet Instrument ; 
A* 1^1* changements opères pat lefacteur A. Sclinltger : A* 1729i placement de jeux par 
F. C. Schnitger ; A* 1740, le facteur célèjbre A^ A. Hlnsch Gronln^iue a achevé cet orgue 
qiil est un des plus anciens des Pays-Bas. 



— RK5 — 

de 6 registres. II a coûté fl. 100 ; Noordbroek (Gronihgue), uir 
orgue de 2 clav., 20 jeux et pédale séparée ; Middelstuxn, id. et 
pédale pendante ; Harkstede ,. un orgue de 8 jeux (1698) ; 
Nicuw-Scheemda, un orgue de 7 jeux ; La;r Haye, un petit orgue 
pour M. Gebhard ; Groninguie, un petit orgue pour un cantor; 
réparé les orgues à Noordwolde et Zeeryp (Groningue) ; 
1696, Groningue, Hôpital (Geertruids-Gasthuis), réparé Torgue 
et ajouté une nouvelle pédale de 5 registres et 3 soufflets ; 
Eum, un orgue de 2 clav. et 28 reg. ; Pieterburen (GroningueV 
un petit orgue d'un clavier.. Son ouvrier Jean Ratje a achevé cet 
instrument au départ de SclHiftger de Groningue ; 1699, Gro- 
ningue, église luthérienne, un petit orgue d'un clavier, dont le 
facteur fit présent à cette église. Les marguilliers ont honoré le 
facteur d'une somme de 100 thalers, pour y avoir ajouté un. 
deuxième clavier et 3 soufflets ; 1700, église de l'Académie à 
Groningue, un orgue de 3 clav. ,.32 reg. et pédale séparée. Il coûta 
1750 fl. Il a subi d'importants changements II y a aujourd'hui a 
cette église un orgue de M. P. Van Ockelen ; Uithuizen, un 
orgue de 2 clav., 28 reg. et pédale séparée. Il coûta 1600 fl.. 
Selon la déclaration de Schnitger, il ne gagnait rien à cet insti'u- 
ment, ses ouvriers ayant fait de folles dépenses. Schnitger qui- 
était un homme très-pieux disait à ce sujet : Gott wird iluien 
ihren Lohn geben. Puis des orgues à Sneek, (3 claviers, 36 jeux 
et pédale séparée) ; Terwerd ou Verwent, (2 clav. 26 reg. et 
pédale séparée), et un orgue pour M. Piccardt, à Harkstede 
(Groningue) ; Leiden, égl. luth. (17 12),. un orgue de 15 jeux et 
pédale séparée. Schnitger a placé dans l'espace de 40 ans plus- 
de 150 orgues. 

Nous faisons suivre quelques renseignements sur les orgues 
de Groningue. Uorgue actuel de l'A Kerk a été agrandi en 1857.. 
Il a 3 clav., 44 reg. et pédale séparée. Il y a 5 jeux de 16 pieds. 
En 1712 on bâtit une nouvelle tour à l'église A Kerk, et ce n'est 
qu'en 1814 qu'on plaça l'orgue qui setrouvaitàla Broederenkérk. 
Cet^orgue fut donné par le Roi lorsqu'on fêta le 200® anniversaire 
de l'Université. L'orgue de l'église nouvelle a 3 clav., 42 reg. et 
pédale séparée. Il a 6 jeux de 16 pieds. Le gentilhomme 
J. G. Trip a beaucoup contribué à la restauration de cet orgue. 
Eu 1831, on employa pour la première fois l'orgue pour 



— 107 — 

lequel Jean Reinders Oorsema légua une certaine somme à 
la ville pour la restauration des orgues. En 1854 l'orgue de 
St-Martin subit de grands changements opérés par P. Van 
Ockelen et fils. On y ajouta 7 registres et 11 furent renouvelés. 
Cet instrument a aujourd'hui 3 clav., 52 reg. et pédale séparée. 
Il y a un prèstant sur la pédale de 32 pieds et 7 jeux de 16 pieds. 
A Torgue -de Téglise Peper Gasthtiis, qui paraît avoir été placé 
en 1631, on a fait diverses réparations, et pour la dernière . 
fois en 1846. Voici d'après M. J. Auwen les sommes dépensées 
à cet orgue: 1663, fl. 230,90; 1680, fl.800; 1697, fl. 1022; 
1715, fl. 35; 1725, fi. 132; 1756, fl. 950 ; 1785, fl. 300; 1814, fl. 325; 
1832, fl. 120 ; 1846, fl. 200. 

ScHNiTGER frères (Jean Jurgen et François Gaspard), fils du 
précédent, nés à Hambourg, firent leurs études à Berlin. Séduits 
par des compagnons, ils firent des dépenses folles, que leur 
père a dû satisfaire. Il parait qu'ils avaient laissé des dettes 
considérables. Retournés à Hambourg, ils ont pris une large 
part aux travaux de leur père. François ayant des relations 
honorables par l'intermédiaire de son père en Hollande, s'établit 
à ZwoUe et fonda une maison de commerce, pour la facture des 
orgues avec son frère aîné. C'est probablement à la mort de 
leur père qu'ils se Axèrent en cette ville. Parmi les meilleures 
orgues placées dans les Pays-Bas par les frères Schnitger on cite : 

Harderwyck, 1723, un orgue à 2 claviers, 26 jeux et pédale 
séparée. La pédale a été ajoutée en 1727, année qu'on améliora 
<5et orgue. Il fut examiné par Louis de Millesville de Bois-le-Duc 
et Ramp de Zutphen. Leeuwarden, église luthérienne, 1712,- 
un orgue de 1 clav., 15 jeux, pédale séparée et 3 soufflets ; 
ZwoUe, à l'église St-Michel, un orgue de 4 clav., 63 jeux, 
80 registres et pédale séparée, construit en 1721 et examiné 
par E. Haverkamp, A. N. Woordhouder et Veldcamps. Il y a 
1 reg., de 32 pieds et 6 de 16 pieds. En 1725 ils ont perfectionné le 
grand orgue à Alkmaar. Havingha reproduit dans son ouvrage 
Oorspronk der orgelen le contrat passé pour les grandes répara- 
tions de cet orgue. Il reçut pour ce travail fl. 1910. Le contrat 
fut signé le 19 janvier 1726 par P. Schagen, secrétaire, sur 
l'ordonnance du Bourgmestre. Le 9 novembre 1726 les orga- 
nistes C. Van Herk, G. Kempher, G. Havingha et J. C. Wils 



— 108 — 

ont adressé un rapport favorable à la ville. L'orgue de la grande 
église de ZwoUe a été réparé en 1817 par A. Van Gruisenetâls 
de Leeuwardeii. De 1824 à 1859 M. Scheiier et fils ont entretenu 
cet instrument. Les organistes connus de cette église sont : 
Nicolaï(1775), Rohner(1801), S. A. Hempenius(1821)et sonfils 
Hempenius(1849). François Schnitger mourut àZwolIe en 1729. 
Nous ne connaissons pas Tannée du décès de son frère Jean. 

ScHOT(Jean), à ******, construisit Torgue de la grande église à 
Breda, composé de 2 claviers et 20 registres. 

ScHONART-DE KissiNGEN, à Amsterdam, auquel on confia un 
orgue à l'église nouvelle d'Amsterdam en 1652, sur le plan de 
l'architecte de la ville Jacques van Campen et sur les ordres du 
Bourgmestre. Cet orgue avait 2 clav., 26 jeux et péd. séparée. 
M. Witte y ajouta en 1839 un basson 16 p. et une trompette 8 p.' 
» Sesuen (maître), qui accordait les orgues à la cathédrale 
d'Anvers en 1581. Vers la même époque, M. Servaes-Van der 
Meuleu, l'organiste, accordait également les orgues. « Aen 
Servaes voor d'orgels te accorderen. « (Extrait des archives de la 
cathédrale d'Anvers). 

SÉVERIN (André), moine et facteur d'orgues de mérite, né à 
Maestricht dans la première moitié du xvii® siècle et qui vivait 
à Liège en 1656. La suivante épitaphe gravée sur une tombe, 
se trouve dans l'église collégiale de St-Jacques à Liège : 

André Se vérin, en sou art sans pareilles. 

Nous a fait ces orgues. Tune de ses merveilles, 

Reçut à Maeslricht sa vie et son cstre, 

Et mourut, rempli de grâces, dans ces cloistres ; 

Ainsi, d'un destin très-heureux. 

Son corps repose dans les 4ieux, 

Son âme esclate dans les cieux, 

Et son ouvrage au milieu. 

Ce facteur, dont on ignore les travaux, jouissait d'une grande 
réputation. Il a été enterré sous l'orgue de St-Jacques, construit 
par lui. Cet orgue est orné d'un magnifique buffet ; il a été 
démoli plus tard, et en 1854 M. Clerinx l'a entièrement renou- 
velé. Il a 3 çlav. avec un écho expressif, 44 reg. et péd. séparée. 
Il y a 6 jeux de 16 pieds et une soubasse'de 32 pieds. Cet orgue 
est d'uiie bonne harmonie, seulement pour la grandeur de 



— 169 — 

Pédiflce il n'a pas assez de puissance. On prétend que Séverin 
était moine au monastère de St- Jacques à Liège. 

Smet-van Tienen (Théodore), à Duiïel (province d'Anvers), 
né à Gheel (arrondissement de Turnhout), le 1®^ janvier 1782, 
décédé à DufFel le &1 Novembre 1853, fit son apprentissage chez 
Van Overbeek, à Malijies. Il se fixa à Dûffel vers 1822 au 
moment que Van Overbeek travaillaàrorgue de cette commune, 
mais ce- dernier s'adonnait à la boisson, et on donna la préfé- 
rence à M. Smet pour achever Torgue. M. Smet par sa probité 
et son caractère aimable, se forma bientôt une brillante clientèle . 
Voici les orgues construits par ce facteur : 1828, restauré Torgiie 
de 3 claviers à la grande église de Diest ; 1829, un orgue de 
2 clav. à Téglise Notre-Dame des Dominicains à Louvain ; 
1831, un orgue au béguinage à Diest, à Houthem, Lenth et 
Tessenderloo ; 1832, restauré Torgue de Broechem ; un orgue 
à St-Laurent ; un orgue au petit séminaire àMalines de 2 clàv.; 
1834, un orgue à Schaffer, Herenthals (béguinage), Zoérle- 
Parwys ; 1835, un orgue à Jodoigne, Londerzeel et Ranst ; 
1836, un orgue à Wortel, Molenbeek et Klyn-Vort ; 1837, un 
orgue à Anvers (Augustins), de 2 clav. et 18 reg. avec bombarde 
de 16 pieds. Cet orgue a aujourd'hui 27 registres ; 1838, un 
orgue à Bouchout, nouveau positif ; orgue à Westerloo, aug- 
menté d'une pédale séparée par M. Merklin ; 1839,, un positif à 
l'orgue de Broechem (de J.-B. Forcivil) ; puis à Treméloo, 
Webbecom (Diest), Schoonbroeck et Malines (Sœurs noires). 

Orgues placées en société avec M. H. Vermeersch : 1839, un 
orgue à Blaesveld, Lummel (Limbourg), Gheel, un orgue à 
St-Dymphe ; 1840, un orgue à Anvers (chapelle St-Nicolas), 
Wingh, St-Goris, Contich; 1841, un orgue à Diest (sœurs péni- 
tentiaires), Santhoven, (un excellent instrument); 1842, un orgue 
à Loxbergen, Eekelen ; 1843 à 1851, à Waelhem, Pulderbosch, 
Hoevel, Oostham (Limbourg), Gestel (près de Lierre), €oursel, 
Oostmalle, Bouchout, Beverloo (restauré et placé un positif), 
Anvers (sœurs de charité). Les orgues de M. Smet se distinguent 
par une grande solidité, mais laissent à désirer sous le rapport 
du timbre dans les variétés des registres. 

Homme modeste et serviable, sans envie et sans prétention, 
il s'était fait beaucoup d'amis, et la droiture de son cœur lui 
avait mérité l'estime générale. 

aï • 



— 170 — 

Smits ou Schmidt (Pierre), à Gouda, a été chargé de la con- 
struction d'un orgue de 2 clav. et 18 jeux à Wadelingsveen, Taii 
1808, puis un orgue de cabinet de 2 clav. et 12 jeux. Ce facteur 
nettoya, après la révolution française, le grand orgue de Harlem. 
En 1802 il a amélioré TorgneàTéglise Oost-Kerk de iliààelhonrg. 
Il restaura en 1800 J'orgue à Klundert, construit en 1749 par 
Garels. Smits construisit un orgue à Roosendaal en 1810. 

Smit (Jean), à Bruxelles à la fin du siècle dernier, s'établit 

à Saventhem en et qui au commencement de ce siècle a 

amélioré l'orgue de la grande église de Ninove. Cet orgue sorti 
des ateliers de Van Peteghem frères, au siècle dernier, appar- 
tenait à la grande abbaye de Ninove, qui a été supprimée à la 
révolution française. En 1811 la ville a acquis la propriété de 
cet instrument, qui est dans un bon état. Les organistes connus 
de cette église sont : 1800, Somolon, mort vers 1801 ; 1813, 
Daniel Stevens, décédé le 8 mars 1813; 1813, Jean Michel S tevens, 
décédé le 28 mai 1814 ; 1814, Pierre Charles Stevens, fils du 
précédent, actuellement encore organiste. Smit a entretenu 
Torgucde Ninove jusqu'à sa mort etPierreAnneessens lui succéda. 

Il y a un bon orgue à Ninove, au couvent des pères Récollets. 
Dans les communes de Meulebeke, Wynghene et Vy ve, de la pro- 
vince de la Flandre occidentale, il y a aussi d'excellentes orgues, 
t Smits (Maître), à Anvers, entretenait les orguesà la cathédrale 
de cette ville l'an 1598, et succéda à G. Brebosch. 

Smits (François Corneille), néàlteek le 18avrill800, filsd'un 
négociant et bon organiste. M. Smits dpit à lui mênie ses con-^ 
naissances dans la facture des orgues, et sa modestie extrême, 
est cause que jusqu'ici son nom est resté pour ainsi dire inconnu. 
Nous rendons justice à l'honorabilité et au talent de M. Smits, 
qui est depuis 1823 organiste ù Reek, et occupe les fonctions 
de Bourgmestr*e de cette commune. M. Smits a deux fils qui 
travâîBent dans l'atelier de leur père. L'un, François, né à Reek 
en 1834, l'autre Guillaume Jacques naquit dans le même endroit 
en 1844. Smits père a été associé jadis avec son frère qui mourut 
jeune. Sous la firme Smits frères ils ont placé un orgue de 
8 pieds à Ewyk et à Dreumel (Gueldre). 

Nous faisons suivre les orgues de M. Smits : l^ Bois-le-Duc, 
église StrPierre, un orgue de 3 claviers, 45 registres dont 6 de 



— 171 — 

16 pieds et pédale séparée. Cet orgue a été fait cadeau par 
M. Marinas de Wys, et coûta environ 22,000 fl.; 2^ Schyndel, 
orgue de 44 reg., dont 5 de 16 pieds ; 3^ Amsterdam, église 
St-Willebrord, orgue de 3clav., 46 reg., péd. séparée et 5 reg. 
d'accouplement.Ilyaunjeu de32 pieds et 7 de 16p.;4^Reek 1825, 
oi^ue de 53 reg. dont 6 de 16 pieds ; 5^ Aarle Rixlel, un orgue 
de 36 reg. dont 4 de 16 pieds. Il y a 3 clav. avec place néces- 
saire pour pédale séparée ; 6® Grave, orgue de 3 clav. , 30 reg. 
dont 3 de 16 pieds ; Il y a sur cet orgue un viola di gemba et un 
voxe humana de 8 pieds. Il a en outre 4 reg. d'accouplement, 
tremulant et 3 soufflets ; puis une pédale accrochée, qui est 
sur le point d'être transformée en pédale séparée ; 7° Boxtel, 
orgue de 36 reg., dont 2 de 16 p. : 8^ Veghel, orgue de 34 reg., 
dont 1 de 16 p. Il a 2 clav. et péd. sép.; 9® Someven, orgue de 
31 reg. dont 3 de 16 p.; 10® Utrecht, égl. plaine Maria, orgue de 
24reg. dont3de 16p.; 11** Wanroy, orgue de 23 reg. dont 3 de 
16 p.; 12° Leeuwen (Gueldre), orgue de 30 reg. dont 3 de 16p.; 
13® Ravensteen, orgue de 28 reg. dont 3 de 16 p. ; 14® Heesch, 
orgue de 30 reg. dontS de 16 p. Ilya2clav. et pédale pendante ; 
15® Lille-St-Hubert, (Belgique), orgue de 20 reg.; 16® Batavia, 
un orgue de 20 reg.; 17® Deurne (Brabantsept.), 20 reg. Puis à 
S'oedenrode, 20 reg., Gemert, 22reg.,Borkelet Scliaft, 18reg., 
Den Dungen, 22 reg., Michiels-Gestel, 22 reg., Môergestel, 
20 reg., Drunen, 20reg.,Nieuwkurk, 18 reg., Rosmalen, 21 reg., 
Druten, 23 reg., Balgoy, 18 reg., Beert, 18 reg., Kekerdom, 
20 reg., Uden, 20 reg., Milheze, 18 reg., Dussen, 18 reg., 
Affesden, 20 reg., Overlangèl, 18 reg., Macharen, 19 reg. Toutes 
ces communes, à l'exception de Druten, Balgoy, Kekerdom et 
Afferden, sont situées dans le Brabant septentrional. Les autres 
dans la Gueldre. Plusieurs de ces instruments sont encore en 
construction. M. F. Smits fils travaille depuis 1862 à Tagran- 
dissement de l'orgue à la nouvelle église de Helmond, où il 
ajouta un clavier et une pédale séparée. Il s'occupe aussi 
depuis neuf mois du placement d'un orgue à Amsterdam, qui a 
3 claviers et pédala séparée. 

.* Snoeck (Philippe), né à Tournay à la fin dn xvf« siècle, se 
fixa à Anvers, et construisit en 1618 un nouveau positif au grand 
orgue de Téglise collégiale à Lierre. Ge positif coûta la somme 
de il. 262, et le facteur reprit l'ancien positif pour 100 il. 



— 172 — 

Sommer (J. H.) à Amsterdam, né à la fin du xvii* siècle, 
construisît l'orgue de Téglise catholique à Noordwykerhoud, 
qui se compose de 1 clav. et 8 jeux. En 1852 il a été déplacé 
de l'église ancienne à l'église nouvelle et fut amélioré par 
H. B. Lohman. 

SoNRECK (J.), à Cologne, a construit un orgue à l'église de 
St-Jean à Luxembourg (faubourg) composé de2clav.,24 reg. et 
pédale séparée. 

Sporeman (Jean), à Franeker, a construit un orgue en 1789 
de 1 clav. et 8 reg. à Blessum. Il a restauré l'orgue de Stavoren 
à la fin du siècle dernier, qui se trouvait dans un très mau- 
vais état. C'est probablement l'orgue de Meyer. 

Stancks, à Gouda vers 1760 ; il a placé vers 1780 à l'église 
catholique de Kaeloforends de 2 claviers et 15 reg. En 1845 
M. B. H. Lohman l'a pour ainsi dire renouvelé. 

Stevens (Gérard) à La Haye (i) a construit en 1719 un orgue 
pour l'église St-Jacques de cette ville, composé de 3 clav., 37 
jeux et pédalé séparée. Un orgue de petite dimension à l'église 
anglaise à La Haye de 10 jeux. A l'église luthérienne de cette 
ville, un orgue dé 3 clav., 39 jeux et pédale séparée. 

M. Stevens plaça Un orgue à l'église anglaise à Middelbourg 
pour la somme de fi. 1675, y compris les ornements. Il a 9 jeux 
et un tremblant et fut inauguré le 6 septembre 1761. Les anciens 
organistes de cette église (organistes de la ville) étaient : 

1647, Église réformée, Jacques De Gfoot ; 16^, G. Brediûs; 
1670, Rémi Schryvers; 1681, N. De Regnault ; 1681, H. Bus- 
tyn, carillonneur et plus tard organiste ; 1722, B. Bouchard 
église wallonne ; 1726, Jean Joly, église anglaise ; 1761, Hein- 
richs ; 1764, F. J. Heinrichs, son ifrère ; 1801, J. H. Van der 
Sloot. (Communiqué en partie par M. G. Zip de Middelbourg). 

Strumphlér (J.), né à Amsterdam, a construit en tout 
36 orgues, dont un 16 pieds avec 3 clav., 48 jeux etpéd. séparée 
à l'église luthérienne à Amsterdam (1795), et unorgueà Weesp, 
(égl. luth.), de 1 clav. et 11 jeux (1799). Puis il plaça deux 

(l) Au siècle dQrnier on avait encore à La Haye, selon J. Hess, les oi^^es suivantes ; 
Eglite Klooêter-Kerh^ un orgue de % clav., 20 Jeux et pédale accrochée.. Eglise catholique, 
un orgue de 2 clav., 17 Jeux et pédale accrochée. Eglise catholique ehenVenvoffé de Pûrtugai, 
un orgue de 2 clav . , 1 5 Jeu& et pédale accrochée. Eglise catholique nommée 4e Framehe Pére^ 
un orgue de 14 Jeux. Eglise catholique ches Vambassadeur Espagnol, un orgue'delO'^eùif. 



— 173 — 

orgues de 2 clav. à Amsterdam, un de 2 clav. & Purmerend et 
à Enkhuysen (i) et des orgues de 1 clav; à Ryp, à Warmenhùizen, 
à Welsen, à Wormçr, à Sloterdyk et à Alkmaar (égl. rem). On 
loue beaucoup les orgues de 8 pieds de ce facteur, qui décéda à 
Amsterdam en 1810^ Son maître-ouvrier J. Teevens, était un 
excellent facteur, et un homme très-considéré. Il naquit en 1773 
et mourut Tan 1836 à Amsterdam. 
à SuYs (Hans), (i) facteur d'orgues à Nurenberg, qui a été 
chargé de F^écution d'un orgue pour la chapelle de Notre- 
Dame à Anvers en 1509, oi^ue que Van der Distelen avait en- 
trepris, mais qui a résilié son engagement. Un contrat passé 
par notaire a été signé pour la somme de fl. d'or 650. 
Voici un fragment de ce contrat t 

« Eeogeo Orgele voort eengen Doeve van drie Manicreo, en de 
een cibele van drie Manieren : Nog twee manieren van flniten. ende 
Hoeipypen, nog Wegelen, Walthornen, Scheelpypen, Trompetten, 
Scbalmeyen, sincken Royspypen, ende Tamboareynen, ende nog 
meer andere selsame stemmen die nooyt in orgelen geboort geweest 
en zyn, ende dat daer aff de grootste Pypen lanck weseh sal achte 
voeten, ende d'ander naer advenant van dyen etc. 

{Archives de la confrérie Notre Dame.) 

Il reçut de plus un cadeau pour sa femme et un supplément de 
50 fl. d'or. La quittance de maître Suys date du 20 octobre 1514. 

• Suys prit l'engagement de n'entreprendre aucun orgue, et on 
lui fournit un atelier, souffleur, chambre à coucher et toutes 
les matières, savoir : plomb, étain, fer, bois, cuir, fil, charbon 

. de bois, puis un forgeron à sa disposition. 

SwABTSBURG (J. Mo, à Leeuwardeu, a construit un instru- 
ment à l'église wallonne de Leeuwarden. Il avait 2 clav., 
13 jeux et pédale pendante. Il plaça des orgues àBeers, de 
1 clav. et 8 reg. (avant 1788), à Beetgum de I clav. et 7 reg. 
et à Buruwert de 1 clav. et 9 i/2 registres. 

(1) L'église de rOuest à Enkhuisen, date de 1351 ou plus tard. H y avait 4eiiX orgaet , 
dont le plus grand fut construit en 1568-1560, et le petit en 1667. Ce dernier a éM détruit 
pour améliorer avec les mêmes tuyaux le plus grand orgue. En 1838 cet orgue a subi de 
grands changements, dont les frais ont été payés par deux charitables habitants de 
cette ville. Cet orgue est aujourd'hui un des meilleurs de cette province. 

(t) Les archives de 1664 citent un facteur sous la dénomination de Hans den Duytf, 
Am Hauê dm Duytâ (Hanê VaUêmand) voor 't orghêl te réparerez en. te êtellen fl. 12. C'est pro> 
bablement un facteur allemand qu'on a voulu désigner, par ce prénom. 



— 174 — 

SwYXNEN OU SwiNNEN (Jean), constructeur à Loiivaîn en 
1465-1467. Jignore si ce facteur .a construit des orgues. 
M. E Van Even, archiviste de la ville de Louvain, nous a feit 
parvenir la note suivante : 

** Joanne Swynnen, orghelmaker, 30 janvier 1465. . 

" In vico dicto Ham interbona Adriani Roevere dictiBoest ab 
ua et bonaMagistri Johannis... fvacat), Orghelmakere ab alia 
partilus 13 fév. 1467. n 

Teevens (Joseph), facteur d'orgues qui jouit li'une grande 
réputation, né en 1773, et mourut à Amsterdam en 1836. Il a 
construit beaucoup d'orgues' dans les églises catholiques, parmi 
lesquels se trouvent ceux de Wormerveer, un 8 pieds de 2 clav. 
qui conta fl. 2,500, de Goor. fl. 1800, de Téglise Posthoorn h 
Amsterdam fl. 2000. Ce dernier a été achevé par son neveu 
Overdik, qui mourut à Amsterdam en 1863., Teevens étudia la 
construction d'orgues chez Strumphlerr^^^T^ il fut longtemps 
chef-ouvrier. 

TiMPE (Jean-Guillaume), facteur d'orgues, né en 1760 au vil- 
lage de Glaan. Voici les orgues construites et réparées par ce 
facteur : 

1813, à Zutphen, construit un orgue de 40 registres, 3 claviers 

et pédale séparée ; 1813,. à Groningue, un orgue de 20reg., 

2 clav. et pédale séparée ; 1814, à Amsterdam, déplacé l'orgue 

de l'Académie ; 1814, remis à neuf, à l'église de Winschoten, 
un orgue de 7 registres; 1815, à l'église catholique de Zutphen, • 

un orgue de 20 jeux ; 1815, l'orgue de l'église de Duiven ; 1818, 
à l'église neuve d'Embden, un orgue de 30 registres ; 1818» 
Zutphen, église St-Jean, un orgue de 2 clav. et 16 jeux ; 1819, 
Bedam, un orgue de 8 registres ; 1820, Amsterdam, un orgue 
de 8 pieds ; 1820, Blankenheim, un orgue de 10 registres ; 
1821, Middelbért, un orgue de 8 pieds et 15 registres ; 1822, 
Veendam, un orgue de SB registres ; 1829, à la nouvelle église 
de Groningue, un orgue de 42 registres, 3 clav. et pédale sé- 
parée ; 1832, à l'église d'Amsterdam, il a réparé un orgue de 
16 pieds ; 1835, Veenhuizen, un orgue de 8 pieds, puis un grand 
'nombre de petites orgues de chapelle. Timpe est élève de 
Lohman à Groningue, atelier qu'il quitta en 1806. Ce facteur 
est mort vers 1840. ». » 



i 



— ITÔ — 

TiTS (Jean), à Hoogstraeten (i), Campine belge, qui^Fut hau- 
tement recommandé _ par le prince Salm-Salm, a construit 
l'orgue à l'église St- André à Anvers, contenant 2 claviers, 
24 registres et pédale. Il coûta fl. 1900. La caisse de TorgUe 
était de J. F. Bex et coûta fl. 839 et 15 sous. 

Le 5 juillet 1784, J. F. Baustetter, maître de musique, 
J. Hoefnagels, organiste, F. J. De Trazegnies, organiste de 
Sainte-Walburge et Jean Hyckmans ont expertisé cet orgue. 

Nous faisons suivre quelques particularités sur les orgues 
de l'église Saint- André, tirées de l'ouvrage de M. le curé P. Vis- 
schers (Geschiedenis van SinUÀndries kerk) : 

*» Le premier orgue de cette église a été complètement brisé 
par les Calvinistes le 20 août 1566. L'an 1675, Blasius Bremser 
a été chargé de la construction d'un nouvel orgue, par engage- 
ment avec les organistes Van Hamme et Muys. En 1755, à 
10 heures du soir, à l'aflaissement de la tour, ce second orgue 
a été complètement détruit ainsi que le jubé. Blasius Bremser 
ou Bremster a placé un nouvel orgue en 1674. On prétend que 
Mlle Verbiest offrit à l'église St- André une somme de fl. 2000. 
L'an 1785 après la suppression- des Brigitines à Hoboken, 
M. L. Dell Haye a été dans cette commune aux frais de l'église, 
afin d'examiner l'orgue de ce couvent, et d'en faire l'achat En 
1791 M. Van Peteghem renouvela l'orgue de Tits pour la 
somme de 3500 fl. En 1793 le même facteur a placé une bom- 
barde pour la somme de 960 fl. On vantait beaucoup ce travail. 
Plusieurs personnes pieuses ont contribué pour une somme de 
2488 fl. dans l'achat de cet orgue. L'organiste J. De Gruytters 
donna une somme de fl. 145. Le petit orgue a été vendu à la 
chapelle (Schippers-kapel) de l'église St-Paul pour la somme 
de 600 fl. « 

Voici la disposition de l'orgue de Tits, dont l'expertise a été 
tellement défavorable que les tuyaux ont été vendus au Marché 
du Vendredi : 

Prestant, bourdon, vox hummiay viool de gambo et trompette 
de 8 pieds, cornet, octave, olpyp^ ses quialter, nasçardt, quint, 
fluifty iraveeTy mixttier, fagot. Positif : prestant, olpyp, viool di 

{l) h ya un ancien orgue ft^la belle église de Hoogstraet^.dont l*aut43ijr est Inconnu, 
et qui a i davk et 14 registres, n a dé04 subi quat^ réparations. 



- 176 - 

gemba de 4 pieds. Puis fiuyt does, octave, cornet, quint, mixtuer, 
clairon, basse et çromhoren. JEenpedael van Ibclavieren, Nous 
avons textuellement copié ces qualifications. 

Le contrat de Torgue de M. Tits a été signe le 14 septembre 
1778. Nous faisons suivre le rapport des examinateurs : 

« De orgel voltrokken zynde is er over dezelve de volgende door 
ervarene regtersin zoo gewigtige zaek uitspraek gedaeu gewbrden. 
De ondergeteekende verclaeren dat de orgel der parochiale kercke 
H. Andréas, behalve dat de conditiën in hei préliminaire contract 
getrOfifeo tusschen deheeren Kerckmeesters en de sieur Tits, orgel- 
maeker, niet geobserveert en syn , noyt door den selven totdtisdanige 
volmaecktheyd gebracht kan worden, dat het sal konnen dienen tôt 
een loffelyk gebruyek van de' voors. Kercke. 
> Âctum 't Ântwerpen, hac5julii 1784. « 

Thyman (Goesensz.), tel est le nom d'un facteur à Utrecht, 
qui travailla à l'orgue de l'église St-Nicolas en 1516 après Pierre 
Gerrit. Il est mentionné dans le livre des comptes de la ville. 
L'an 1522 on cite encore deux facteurs Jac. Gysbertz et Mer- 
ten Jansz. 

Thyman Goesensz a reçu 8 sols l'an 1533. L'organiste de 
l'église St-Nicolas en 1533 était Guillaume Scayc le jeune. 

Van Alst (Jean). Les comptes de la ville de Bruges de 1338, 
mentionnent 1 es noms des bourgeois de la ville, parmi les- 
quels se trouve le susdit facteur qui jouissait du privilège de 
Bourgeois de la ville. 

1338. Jan Va7i Alst, orghelmaker. (Archives de la ville.) . 

Depuis cette époque, il paraît qu'il y a toujours eu des facteurs 
d'orgues à Bruges, qui était autrefois la ville des Beaux-Arts 
par excellence. 

Van Arckel (Ch.), à Leiden (i) au siècle dernier, restaura 
l'orgue de l'église Hooglandsche Kerk en 1781, et celui de Saint- 
Pierre en cette ville en 1808. On raconte que le 8 juin 1807 au 

(1) Nous lisons dans VoMvreigeBeschryving der stad Léiden, publié en 1770 en cette vUIe 
chez la veuve Abr. Honkoop, ^t dû & F. Van Bileris et Daniel Van Alphen, qu'en 1675 
M. Hamey, anglais, comme témoignage de son titre de professorat, fit cadeau d*un orgue 
à rAcadômie; en 16Q3 M. Charles le Vray était le musicien de l'Académie et avait le titre 
de Ordinariê Murieant, Il avait fl. 200 d'appointements. Durecieur 11 recevait un supplément 
d« S ducats tous IM ans. 



— 177 — 

désastre de Texplosion d'une poudrière, ce facteur travailla 
à cet orgue. ^ 

Van BiLSTEYN(Jacques),fa:cteur au xv* siècle, (peut-être à Delft) 
qui plaça en 1455 l'orgue de l'église St-Pierre à Leiden, puis 
un orgue à St-Hyppolite à Delft. Voici un fragment du contrat 
passé avec les marguilliers de Delft. Cet instrument était de 
16 pieds avec un positif de 4 pieds : 

f la 't jaer onzes Heeren 1455 deii 4 augustas, besteeden die 
Kerkmeesterea vao Sinte Ypolitus Kerke te Delft aan Meester 
Jacob van Bilstejn, die Orgelmeester, een nieuw Orgel van sestieo 
voeten, en daar in een positiev van vier voeten, met driederbande 
geluid, naa den betoogh of patroon, dat do Kerkmeesters daar af 
hebbeo, naa mauierea en formen als dat werk te Leideu is tôt Sinte 
Pieters, ende alsoo goed vab geluyd wesende als t' Utrecht is, in 
den Doem Sinte-Martini, beter ende niet arger etc. » 

On voit par le résumé de ce contrat, qu'on avait déjà un 
orgue en 1455 au Dom d'Utrecfit et à l'église Saint-Pierre 
à Leiden, puisque Torgue de Delft devait être de la même 
dimension. ^ 

• Van den Boekele (Jean), à *****. Les marguilliers de l'église 
St-Jean à Malines commandèrent un orgue à Van den Boekele 
l'an 1487. 

Van den Brink (Léonard), né à Amsterdam le 1®' juin 1761, 
a été chargé de la eonstruction d'un orgue à l'église catholique 
de St- Antoine à Harlem. A l'église nouvelle réformée de cette 
ville il y a aussi un bon instrument, augmenté et perfectionné 
récemment par M. Knipscher d'Amsterdam. Van den Brink et 
Overdik ont perfectionné deux orgues à Amsterdam, construits 
par P. Van Peteghem. Van den Brink a d'abord travaillé chez 
son père, maître-maçon, puis il s'appliqua à l'étude des orgues 
portatives, et construisit des orgues d'église. Il restaura une 
quantité d'instruments et décéda à Amsterdam le 16 août 1833, 
du choléra. (M. C. Van Veen, organiste à Amsterdam, a eu 
l'obligeance de nous faire parvenir quelques renseignements sur 
les facteurs de cette ville.) 

Van den Brink (Mathias J. A.>, fils du précédent, naquit à 
Amsterdam en 1808 et succéda à son père dans la construction 

25 



— 178 — 

des orgues. Il a restauré et agrandi plusieurs orgues et ' c'est 
lui aussi qui a agrandi considérablement et renouvelé maint 
petit orgue d'église; il a aussi amélioré en Hollande les premiers 
orgues dont le clavier se fait devant et sous le front de Tinstru- 
ment, Torganiste ayant le dos tourné vers la caisse, et pouvant 
voir toute l'église et l'autel. Ce dispositif est très goûté ; à 
preuve qu'il termine un bon orgue construit d'après ce sys- 
tème (1864). 

Van Dam (L. et fils), à Leeuwarden. Cette firme a placé plus 
de 100 orgues et renouvela une quantité d'instruments. Pendant 
les quinze dernières années ils ont placé 33 orgues nouveaux. 
M. L. Van Dam, malgré nos vives instances, nous écrit qu'il se 
trouve dans l'impossibilité de nous faire parvenir la liste com- 
plète de ses orgues. 

Van den Eng (B.), à Utrecht, né vraisemblablement vers 1530, 
et qui remplaça le facteur d'orgues connu sous le nom de Peter 
den orgîielmaker en 1572. Van den Eng reçut des sommes considé- 
rables pour accorder et entretenir les orgues à Utrecht. En 1580 
il a été chargé d'un grand orgue à l'église St-Nicolas ; on lui 
permit d'employer les matières du positif. Il reçut à cet efiet 
fl. 14. Les archives font mention du vol d'un orgueàSt-Geerteet 
d'objets de cuivre à St-Jacques. Par suite de cet événement, oîi 
chargea le trompettiste Peter (guetteur de la tour), de veiller au 
moins une fois la nuit, afin que rien n'arrivât à l'orgue. On a 
même déplacé l'orgue de St-Nicolas pendant la tourmente, car 
Aug. Corn. Blommert et Dire Cornelisz, maçons, reçurent 
33 sous pour avoir sauvé le positif. C'était en 1579. Herman 
Aelbertsz a veillé pendant treize nuits, du 25 août au 5 septembre. 
Il reçut fl. 3 et 18 sous. M. Peter Augustynsz, organiste 
en 1581 à St-Nicolas, accordait l'orgue cette année. En qualité 
d'organiste on lui paya pour cet accordage fl. 43, 15 sous* 
Son colllge Jacq. Schendel, de la Buur-Kerk, recevait fl. 30. 
Celui-ci reçut de plus cette année fl. 2 et 4 débours faits 
pour la description de Yorgae(beschryving van het orgelJ.Yam den 
Eng est mort vraisemblablement vers 1581. 

Van den Eynde (Jacques), à Ypres en 1710, a construit 
en 1718 l'orgue à la cathédrale de Bruges, où son nom se trouve 
sur le sommier de l'orgue. L'instrument se compose de 3 claviers. 



* 



— 179 — 

17 registres, au grand orgue (53 notes), 9 registres au positif 
sans jeux d'anche et le récit qui a un petit cornet. Comme qualité 
de son, il y a du moelleux dans les jeux, mais les jeux d*anches 
(trompettes et clairons), laissent beaucoup à désirer. La souf- 
flerie est défectueuse en ce qu'elle ne fournit'pas le vent néces- 
saire pour alimenter tous les jeux de Forgue. Le style du buffet 
est du xvii™« siècle. La grande église de Bruges a été bâtie au 
VII® siècle et fondée par St-Egide. Auxii"^®,xiv™® et' xvi*"® siècles» 
cette église a été la proie des flammes. Le 18 juillet 1839, l'in- 
cendie a fait de grands dégâts à cet édifice. 

Les organistes connusqui ont fonctionné à cette église sont : 
XVI® siècle, Jacques Spillebeen, (date de sa réception inconnue); 
1599, Josse ou Judocus Doens remplaça cette année le précédent; 
1613, 1®^ juillet, Philippe Verdunoy ; 1629,. Robert De Cock, 
successeur du précédent ; Arnold Bedart le remplaça; cet orga- 
niste mourut en 1655 ; 1655, 18 avril, Pierre Capelle ; Léopold 
Timmerman succéda le 27 mars 1678 à Capelle ; 1732, Pierre 
De Brabandere, qui fonctionnait encore en 1787 ; 1787,* 2 sep- 
tembre, Augustin Van der Poorte, qui donna sa démission le 
1®' janvier 1807 ; 1807, 4 janvier. Berger Hubené ; Lievens suc- 
céda à ce dernier et décéda le 16 décembre 1858 ; 1860, 15 avril, 
L. De Jaegher, actuellement encore organiste. 

Les maîtres de chant de cette église sont : 1737, J. Cornil; 
1740, J. Keukelaere ; 1789, Du Jardin ; 1800, Charles Pattin ; 
1809 à 1812, Raes ; 1812, De Mey. Raes, déjà cité, a repris ses 
fonctions après une absence de sept ans, et succéda à De Mey ; 
il resta jusqu'en 1840 ; 1840, J. Malfyt, qui était directeur pro- 
visoire, nommé définitivement en 1852. Il fonctionne encore 
aujourd'hui. 

Bruges possède encore plusieurs orgues. CeluiàSt-Gille avec 
pédale séparée, construit par Hyppolite Loret ; celui de 
Ste-Walburge par le même. Un orgue à Notre-Dame, restauré 
et augmenté d'un clavier de pédale par M. H. Mondt d'Anvers. 

Van der Meulen (H.), né le 25 juin 1810 à Leeuwarden, de 
parents honnêtes, fit son apprentissage en même temps que son 
associé G. Eam, chez les frères Van Dam, facteurs d'orgues à 
Leeuwarden. L'an 1837 (au mois de mai) Van der Meulen etKam 
s'établirent à liotterdam sous la firme Kam et Van der Meulen 
(voir Kam). Ce facteur mourut à Rotterdam le 27 août 1857. 



— 180 — 

Van der Bekens ou Wander Bekens, à Utrecht, élève de 
A. Meere, plaça un orgue àFéglise catholique St-Jean à Schîedam 
de 2 claviers, 21 registres et pédale accrochée. Puis il construisit 
des orgues de 2 claviers à Delft, à La Haye, à Wateringen, à 
Breukelen, à Broek in Waterland, à Schiedam (i), à Utrecht 
(un bel orgue) et un orgue de 1 clavier à Ankeveen. L'orgue de 
Broek in Waterland est cité comme un excellent instrument. 
Ce facteur est décédé. 

Van der Haghen (Pierre), à Gand qui, en 1647, restaura 
Torgue à Téglise St-Bavon. 

Van der Haeghen, ***, à Gand, qui travailla à la même époque 
que Van Peteghem chez J. Forci vil à Bruxelles. Il se fixa à 
Gand où il s*asa,ocia à un menuisier nommé Fréma. Quand 
P. Van Peteghem vint se fixer à Gand (1733), Van der Haeghen 
partit pour Lille, où il construisit beaucoup d'orgues pour le nord 
de la France. M. Max. Van Peteghem a restauré en 1853 un orgue 
de ce facteur à Seclin. Il paraît que la construction de cet instru- 
ment est du même système que les orgues de P. Van Peteghem. 

Van der Phaliesen (Antoine), chapelain et organiste à 
l'église St-Pierre àLouvaia (2) en 1461, un plaisant du cru et far- 
ceur raffiné. Il touchait 8 Saint-Pierre d'or ou gulden Peeters 
par an, en qualité d'organiste. Il paraît qu'il s'occupait aussi de 
la confection d'instruments de musique. Ce farceur restaura, 
en 1643, les trompettes de l'orgue de l'abbaye de Parc (3), près 
Louvain, et ce travail lui rapporta 33 florins du Rhin. 

(1) Le grand orgue de Schiedam A régi Ise réformée a 3 claviers, 36 Jeax et pédale séparée. 
Il y a 5 soufflets. C'est un très-ancien instrument, qui n'avait probablement au commence- 
ment ni positif ni pédale. Cet instrument datait de -1540. En 1680 on ajouta le positif. Ce 
n'est qu'en 1702 que l'orgue appartenait à l'église. En 1750, 1776 et 1795 il subit de grandes 
réparations. En 1820 A. Meere et fils d'Utrecht l'ont considérablement réparé et y ont ajouté 
la flûte traversière de 8 p. En 1837 M. B. J. Gabry de Gouda y ajouta un Jeu de flûte et de 
registres de combinaison. MM. Kam, Van denHaspel, Van der Weideet SchOIgens à Rotter- 
dam, ont successivement entretenu cet orgue. En 1786 Schiedam possédait un organiste de 
talent, M. Smlt, qui partit pour l'Amérique. M. J. P. Textor, organiste de la grande église, 
qui a bien voulu nous faire parvenir ces détails, est organiste et cariUonneur en cette ville 
depuis 1819. En 1831 il a été nommé organiste de la grande église. Son père T. C. Textor, 
décédé en 1816 était organiste à la commune wallonne et carlllonneur de la ville. 

(2} Un facteur du prénom Daniel, dont on Ignore le nom de famille, plaça un nouvel orgue 
à l'église St-Jacques (succursale) à Louvain, l'an 1493. Cependant cette église possédait 
déjà un orgue en 1460. On lui paya la somme de fl. 35 du Rhin. 

(3) L'abbaye de Parc fut -fondée en 1129^ mais le plus ancien monastère du ressort de 
Louvain est celui de Vlierbeek, qui date de 1125. 



y 



— 181 — 

Van der Phaliesen est mort le 17 mars 1487. Ort grava à sa 
mémoire quelques paroles sur une pierre fixée dans le mur du 
champ funèbre. Il était organiste de laconfrérie du St-Sacrement. 
Ce religieux était généralement connu sous le sobriquet de Pr^r^ 
Antoine, Voir les détails sur ce prêtre dans le Messager des 
sciences historiques de Belgique^ Gand chez L. Hebbelynck 1855, 
par Edouard Van Even. 

Van der Weele (Frédéric), à Middelbourg, aremaniéTorgue 
à Téglise luthérienne de cette ville en 1822, composé de 2 clav., 
17 registres et pédale pendante. Ce facteur entretenait déjà les 
orgues en 1792. * 

Van Deventer (Mathias) , facteur d'orgues des Pays-Bas au 
commencement du xviii"® siècle. En 1726 il a construit un orgue 
à l'église luthérienne de Nymègue, qui a été amélioré et déplacé 
en 1756. Il avait 10 jeux et 3 soufflets. 

Van Dilken (J.), facteur d'orgues deè Pays-Bas, au commen- 
cement du x\in« siècle. Il vivait encore en 1775 en Hollande. 
Nous n'avons pas trouvé des renseignements sur ses travaux. 

Van Dinter (P. A.), facteur d'orgues qui s'établit d'abord à 
Tirlemont et depuis 1857 àMaeseyck. Son père P. F. Van Dinter, 
également facteur d'orgues, naquit en 1785 à Rotterdam, et 
s'installa du côté du Rhin, avec un autre de ses fils. Il décéda 
à Tegelen (Limbourg), le 18 août 1854. 

Un des meilleurs ouvrages de P. Van Dinter est l'orgue de 
l'église St-Martin à Courtray, construit en 1854, et que nous 
avons expertisé. Cet orgue contenait 3 claviers, 47 jeux et 
pédale séparée. Les jeux de fonds en général sont des plus 
agréables, et les jeux d'anches ont été tellement ménagés par le 
facteur, que tout y est suave et empreint d'un caractère religieux 
qui remplit l'âme de sensations célestes et indicibles. Le 
hautbois, Veuphone^ la clarinette et la viola di gemba sont d'un 
ravissant effet. En 1862, lors de l'incendie de cette église, causé 
par la foudre, l'orgue a été détruit par les flammes. 

Nous faisons suivre les principales orgues de ce facteur, qui 
ont 2 claviers : Maeseyck, église St-Catherine, orgue de 
26 reg.; Id. aux églises des Ursulines et des Sœurs de charité; 
Bilsen, 22 reg. ; Haurraert, 20 reg. ; Bincom, 14 reg. ; Wasseiges, 
24 reg.; Diepenbeek, 22 reg.; Meerlaer^Vorst, 24 reg. avec 



— 182 — 

pédale séparée ; St-Peeters Aelst-Gent, 26reg. avec expression; 
Tirlemont, église des Dominicains, 30 reg. avec pédale séparée 
et bourdon 32 pieds. Puis des orgues à Thisnes, Nadewezel, 
Hoeleden, Roosbeke, Miscom, Eelen, Uikhoven, St-Antonius- 
hof-Gent, Capellen> Coulille, Beesel, Ronsberg, Kersbeek, 
Attenrode, Overlaer, Mont-St-André, Glimes, Belfeld, Beegt, 
Kermpt, Ruisleden (au couvent), Bilsen (au couvent), Tirlemont 
(couvent des religieuses) , Maeseyck (institut des sourds et muets) . 
M. Van Dinter a jusqu'ici construit 64 orçues. D y a dans cette 
famille plusieurs facteurs d'orgues. Mathias Van Dinter, demi- 
frère et élève de P. A. Van Dinter, est établi à Weert ; 
François Van Dinter, constructeur d'orgues à Monheim-sur-le- 
Rhin; puis un autre frère qui a quitté la maison paternelle à la 
mort du père, et partit pour la Suisse, afin de se perfectionner 
dans la construction des orgues. 

* Van Distelen ou Van der Distelen (Daniel), à Anvers, fut 
chargé par les maîtres-servants Diego de Harre et Carstiaen 
Van Esbeemdett, de la confrérie Notre-Dame de la cathédrale 
à Anvers, de construire en 1505 un orgue pour la somme 
deOSOfl. (dans la chapelle). Corneille Peeterseels, menuisier, 
se chargea du buffet (19 septembre 1505). Van Distelen cepen- 
dant ne put livrer l'instrument, et on s'adressa au facteur 
Hans Suys, de Nuremberg (décision duTjuin 1509), qui entreprit 
l'exécution de l'orgue pour la somme de fl. 700. Au fur à mesure 
que les travaux de Suys avancèrent, on lui paya cette sonune 
en parties. Le payement final eut lieu le 20 octobre 1514. 
Daniel Van Distelen avait entrepris l'orgue le 13 février 1504. 
Ce facteur ne s'était plus présenté (ten apzichte van M, Daniel 
orgelmaker achtergebleven). On a passé un contrat le 7 juin 1509 
avec Hans Suys. On prit la résolution suivante : 

ç( Anne 1505 den 13 february naer scryven 's hofifs van Oameryck, 
syn gecomen Ciaes Pott etc, ende syn al samen overcomen eiide 
geaccordeert in der presentien van M. Jacob drganist, tôt beboe 
ende in den naeme van den selven gulden, met meesteren Daniel 
Van der Distelen orgelmaker^ ende hebben aen bem besteet eea 
orgelwerk, seer schoon ende sierlyck cm dat te steilen in Oozer- 
Lieve-Vrouwcn Capelle, in Onzer-Lieve-Vrouwen Kercke binnen 



— 183 — 

Antwerpen, endedat vooreene somme van sesse horidert R jnsguldeus 
tôt twintig stujvers elcken gulden. Ende op 19 september van den 
selven jaere isdoor deselve Meesters oft regeerden van den giltlen 
van Onze^Lieven-Vrouwen Love oock aenbesteet het houtwerck der 
voôrst orgele met M. Cornelis Peetersens sclirynwercker» op seckere 
condîtien, voor de somme van sestin ponden vlaems. Maer alsoo het 
voorscr. werek oin eenige redenen, len opzigte van den voorscr. 
M. Daniel Van der Distelen is achtergebleven, soo îs A** 1509 
op 7juny een ander accoort gemaeckt met M. Hans Suys v.ui 
Narembjerg, orgelmaker, wegens het maecken van een nienw orgel.» 
(Suit le contrat passé avec Suys.) 

Les maîtres servants de Tannée 1509, Marcus Van Kercken, 
Magnus Van Bullestrate, Erasmus Schets et Mathias Crombach 
signèrent un contrat avec le susdit facteur, marqué du sceau de 
la ville. 

Le 18 août 1566, jour de TAssomption, les Calvinistes ont 
envahi la cathédrale et le lendemain, les hérétiques en nom- 
breuses troupes dirigées par le docteur Hermanus, prédicant, ont 
brisé les précieux objets et riches ornements, enfin les icono- 
clastes ont endommagé les autels, les orgues et d'autres objets 
de prix de cette belle église. 

Van Eysdonck (Paul) , né à Helmond au commencement du 
siècle dernier, a construit beaucoup d'orgues, mais les contrats 
et dispositions d'orgues de cette famille ont été détruits. 

Les orgues qu'on connaît de lui sont : 1764, Oerschot, un 
16 pieds de 1 clav., 12 reg. et pédale accrochée; 1760 à 1770, 
Elst (Gueldre), un 8 pieds. Cet orgue a été placé en 1807 
à Huisseling par L. Van Eysdonck. Il mourut à Gemert 
en 1773. 

Van Eysdonck (Léonard), fils du précédent, à Bois-le-Duc, 
travailla fort jeune dans l'atelier de son père, qui restait à Gemert 
en qualité de facteur d'orgues. Il habita une partie de l'année à 
Orthem, et plaça un orgue à l'église de cette commune. Il répara 
aussi l'orgue à Oss, auquel P. Van Nitelrooy, son neveu^ prit 
part. Ce dernier fut nommé fort jeune organiste dans cette 
commune. Van Eysdonck naquit à Gemert en 1735, et mourut 
à Oss le 8 avril 1812. Il était aussi facteur de clavecins. 



— 184 — 

Van Geeraerdsbbrghen (Jean), à ******, plaça en 1458 un 
orgue à Thôpital Notre-Dame à Audenaerde (i). 

Van Giezen (Henri), vraisemblablement à Utrecht, construi- 
sit en 1723 l'orgue du Clerezy à Hilversum de 1 clavier et 
8 jeux. 

Van Giessen (Gerrit), probablement à Amsterdam à la fin du 
XVII"® et au commencement du xviii™* siècle, travailla aux 
orgues à Téglise St-Nicolas à Amsterdam, (aujourd'hui vieille 
église), en 1700. Il est élève de N. Van Hagen. 

Van Giessen, qui vivait en 1700, car cette année il ajouta au 
susdit orgue un clavier de pédale, passa pour un des plus distin- 
gués facteurs de son temps. 

Van Gruizen (A.), constructeur de l'orgue à Sloten (Frise)» 
composé de 2 clav. et 16 jeux (1786), à Harlingen (égl. cath.), 
de 1 clav. et 9 jeux (1783), à Sneek (égl. mennonite), de 1 clav., 
12 jeux et pédale accrochée (1786), à Roodahuizen de 2 clav. 
et 14 reg. (1785). En 1819 un facteur du nom de Van Gruizen a 
renouvelé l'orgue de Stavoren. Par un fort ouragan en 1860, 
cette église a été en partie détruite ; on bâtit une nouvelle 
église et en 1862 N. A. Lohman y plaça l'orgue restauré. 

Van Gruissen (A. et fils), facteurs d'orgues à Leeuwarden, 
ont réparé le grand orgue de l'église St-Michel à Leeuwarden 
en 1817, et accordaient annuellement cet instrument. 

Van Hagebeer (Germer), célèbre facteur d'orgues des 
Pays-Bas, domicilié à Amersfoort, né au commencement du 
xvii® siècle. Il a achevé en 1645 le grand orgue à Alkmaar, 
commencé par Eekmans en 1639, un des meilleurs des Pays-Bas. 
Cet instrument de 16 pieds a 3 claviers, 56 jeux, pédale séparée 
et 9 soufflets. C'est ce facteur qui était chargé d'achever l'orgue 
à l'église neuve à Amsterdam, commencé par Galtus (1651). 
Duyschot l'augmenta en 1676 d'un 3® clavier de 17 jeux. Cet 
artiste mourut en 1645. 



(1} C'est à roblig<iance de M. L. Lemaltre, organiste à Audenaerde, que nous devons ces 
renseignements sur les musiciens et les orgues de cette ville. 

L'orgue actuel de Ste-Walburge a 2 clav., 30 reg. et pédale. La façade est d'une belle 
sculpture et représente des statues Jouant la flûte et la trompette. Le hautdu bulTet est 
représenté par deux anges sonnant le dernier Jugement avec leurs trompettes, puis lerol 
David avec sa harpe et la statue de Ste-Walburge, patronne de l'église. On ne nous a paa 
désigné l'auteur de cet orgue. L'orgue de l'église dite I*am9lê ne présente rien de 
remarquable. 



— 185 — 

Nous faisons isuivre d'après G. Havingha, les dispositions de 
différentes époques des orgues de l'église d'Alkmaar. 

Petit orgue de la chapelle construit en 1535, dont l'auteur 
est inconnu. 

Prestant, 6 voet, holpyp,Qv,, octaav, 3v,, /luyte,3v., gems- 
hooruy li/2v., mixtuur, 3 en 4sterL, trompety 7 v. Il y avait 

3 soufflets d'environ 6 pieds de longueur et larges de près 
de 3 pieds. Il y avait aussi un rossignol en étain, qu'on 
supprima. Eu 1704 J. Duyschot l'a renouvelé pour la somme 
de 680 fl., et l'augmenta de 103 tuyaux. 

En 1726 F. C. Schnitger remania cet orgue, et il avait la 
disposition suivante : 
Prestant, 8 voei, quintadena, 8 v,, rôhrfluit, 8 v., principal, 

4 V., rôhj'fluit, 4v,, speelftuyt, 4 v., quinta, 3 o., octaaVy 2v., 
Sifloity 1 1/2 V.; sex quialter, 2 sterk, schei^, 4 sterk, fagot, 16 r., 
trompety 8 v., voxe humana, 8v. Il y ajouta 3 soufflets en bois de 
chêne de 8 pieds de longueur, un nouveau clavier en bois de 
buis et les touches en bois d'ébène, puis une pédale accrochée 
de 27 notes. 

Disposition du grand orgue en 1645, de Van Hagebeer: clavier 
du milieu, prestant, 8 voet, bourdon, 16 v., holpyp, 8 v., quinta- 
dena, 8 v., octav, 4 v., opene fluyt, 4 v., écho holfluyt. Av., super 
octaav, 2 v., nassat, 1 1/2 v,, gemshoorn, 1 1/2 v., sexquialter, 
2 sterk, tertie, schuiflet, trompet, 8 v., voxehumana, 4 voet. 

Clavier du haut, prestant, 24 voet, prestant 12 v,, octav 8v., 
testiaan, mixtuur, scherp, groot scherp, trompet, 8 voet. 

Positif, prestant, 8 voet, quintadena, 8 v,, octav, 4 v,, fluyt, 4 v., 
super octav, 2 v., fluyt, 2 v,, nassat, 1 1/2 v., quintanv^, 1 1/2 v,, 
sex quialter, sufflet, 1 v., tertie, mixtuur, 4 sterk, scheiy, 4 sterk, 
trompet, 8v, 

Pédale, prestant, 8 voet, octav, 4 v., trompet, 8 voet. 

En 1690 G. Van der With, l'organiste, proposa de remanier 
cet orgue, et on y plaça le basuyn de 16 pieds, le baardpyp 
de 8 pieds et plusieurs autres registres. 

En 1774 le grand orgue avait 3 claviers, 56 jeux, pédale 
séparée et 3858 tuyaux, et F. C. Schnitger l'a réparé en 1725. 
L'orgue avait alors 9 soufflets, et il était réputé parmi les meil- 
leurs orgues. Il y a 13 jeux à la pédale dont un prestant de 

lu 



— 186 — 

24 pieds et de 16 pieds, un roerquint de 12 pieds, un trombone 
de 16 pieds et une trompette de S pieds. 

Voici une pièce latine et hollandaise, inspirées par la beauté 
de cet orgue : 

EXPLIGATIO HIERO GLYPHlGiË TABULiE 

Sibi Vertus optima merces, 
AUoniti ciangore gravi, feu melle foDoro, 
Laudant Augustam peregrinus et inoola molem : 
Corda ieyant. Hinc ! Gula, famés auri. Ira, Tyrannis 
Bfonstra, ruunt, Themide et genio infoperabilis Urbis 
Ad stygias Umbras Damnata. Locantur Olympe 
Beliigionis Am'or, probitas ^ubmissa. fidesque ; 
lo ! Triumphe ! Ganunt ! iElernis gralia Steliis 
Advoiitat, einclura Pios radiaiHe Goronâ 

R. DE HOOGHE 

J. U. D.etGom. R. 
Auci D. D. 1695. 

Sur Torgue des frères Françoi^i et J. G. Schnitger : - 

Myn schoonheid bliakcn u vry als wondr'eu in 't gezicht, 
Nbch ben ik min voor H oog, als H keurige oog geslicht. 
H Uilwendig schoon kan maar uitwendige oogen streelen, 
Uyn' ziei streeld zielen metU gezang van duizend keelen. 
Nu iszy Ck ken myn deugd) dit schooneLichaam waard, 
En blyft als 's wareids roem naar heur waardy vermaard. 
IVat my voor lieene ontbrak, bezilte ik nu* of meerder ; 
Doch roem my meest, omdat ik roem den Alregeerder : 
Of zwygd het nydige cor, van oordeel al te grof, 
Geen nood : 'k heb stems genoeg, ik zing myn eigen lof. 

J. LAKEMAN. 
MDCCXXV. 

Van Hagen (Nicolas), constructeur d'orgues des Pays-Bas au 
xviim© siècle, mort en- 1685, a travaillé à l'orgue de Téglise 
St.Nicolas à Amsterdam. Les inscriptions que G. Havingha 
reproduit dans son ouvrage : Oorspronk der orgelen (origine des 
orgues), ont été citées plus haut. 

" Van Haghen {Nicolas), à Anvers, qui en 1663 succéda en 
qualité d'accordeur et racrotteur des orgues de la cathédrale à 
Lannoy. Plusieurs payements à ce facteur sont mentionnés dans 
les livres des comptes de cette église. Van Haghen doit être 
décédé vers 1685, et forma de bons élèves. 

Van Hirtum (Nicolas), à Hilvarenbeek, a construit Forgifè 
de Oedenrode en 1809, composé de 1 clavier et 8 jeux. 



— 187 — 

Van Hirtum (Bernard), flls du précédent, à HUvarenbeek 
(Brabant septentrional), né en cette commune le 21 mars 1792^ 
apprit la construction des orgues chez son . père Nicolas Van 
Hirtum qui fit ses études en Allemagne et principalement à 
Cologne. 

Nous faisons suivre la liste des orgues de B. Van Hirtum r 
1815, orgue àPéglise réformée deChaamavecl clavier et lOjeux^ 
1820, orgue à Cappel in de Lan^straet, commune réformée 
(Brabant septentrional), composé de 2 clav. et 26 reg. Il a 
4 soufflets et un reg. d'accouplement ; 1825, orgue à Meir (Bel- 
gique), de 10 reg.; 1828, orgue à Oisterwyk (Brabant sept.),, 
égl. cath.), de 2 clav. et 24 reg.; 1829, orgueà.régl. réf. de 
Cuik (Brabant sept,), de 10 jeux ; on a réservé aux deux orgues 
précédents les places d'un kromhoom et d'une trompette de 
8 pieds ; 1835, orgue à l'égl. cath. de Westerhoven de 11 ieux ; 
1838, orgue à l'égL cath. de Eersel (Brabant sept.), de 11 jeux; 
1840, orgue à Hilvarenbeek de 2 clav., 34 reg. etpéd. séparée 
de 2 octaves ; il y a deux bourdons et trombone de 16 pieds ; 
1845, orgue à régi. cath. de Son (Eindhoven), de 2 clav. et 
20 reg!, puis accouplement ; 1837, orgue à l'égl. cath. à Bakel 
(Helmond),de2 clav. et 20 reg. avec accouplement ; 1856, orgue 
à l'égl. cath. àLierop (Helmond), de 4 pieds, composé de 10 reg. ; 
1859, orgue à l'égl. cath. à Diessen de 8 pieds, qui contient 
2 clav .•et 20 registres. Tous ces instruments sont un ton plus 
bas que le ton d'orchestre. M. Van Hirtum a un flls, Jean 
Van Hirtum, né en 1819, et qui a embrassé la carrière de son père. 

Van Hollebeke (Stiévin), fils de Bernard Van HoUebeke, 
facteur d'oi^ues à Ypres, né au xii™® siècle, a été chargé de 
réparer l'orgue dans la commune deBierbeek (Louvain)en 1203. 
C'est le plus ancien constructeur d'orgues que nous ayons ren- 
contré en Belgique. Voici le contenu du registre de Bierbeek : 

REGISTRE DE LA CONFRÉRIE 

VAN 0.-L.-V. TER RAYEN. 

. (Stenreo), Wede«i»ent (JUIN) 

1203 - Wede- 
iQaeni (Mars) 1206 ^^ Chapitre des « Diversche costen. 

F* xvii^* Omme dieswille dat de orghele deserkerkezeergecranct 
wesendf^ van de el&te eeuw, so heeft d'ootfang^bere der 



— 188 — 

yors« kerke deken ende officiers deser guide (van 
0.*L.-V. terRayen), gemerct deD grooten coste der 
vernieuwinghe der vors. orgbele, eeri deel der beeos- 
tinghe doen anveerden, 't gène gheconserteert was,-so 
dat hier comt voor de eerste betaKoghe . . vi lib. (l) 

liera, Stevin Van Hollebeke, fe. .Bernaerds, de 
orghelraakere vau Ypere, betaelt voor twalf grote pypen 
omme de lage bourdon, welkebo vende contracte gemaect 
waeren ij lib. xi S. 

Item voor de swarte toutsen van den klauwiere, ooc 
overwercke viii S. 

Ce document est d'une haute importance pour la biographie 
nationale, et c'est une preuve évidente qu'au xiii® siècle on avait 
en Belgique des facteurs d'orgues. 

L'orgue de Bierbeek, selon le contenu de ce registre, datait 
du XI® siècle 

Van Houtte-Vanden Poel (Charles Louis), à Waereghem 
(Flandre occidentale), né le 14 avril 1809 à Zweveghem (Cour- 
tray), de parents cultivateurs, commença à placer des orgues 
depuis 1830. Nous faisons suivre la nomenclature des orgues 
placées par ce facteur : P 1830, SchuyiFers Capelle ^Thielt),un 
orgue de 1 clav , et 13 registres composé de : prestant, 8 pieds, 
flûte basse, flûte 3 p., doublette 2 p., nazard, fourniture, 
3 tuyaux par touche, cornet, 5 tuyaux par touche, trompette, 
basse 8 p., trompette, supérieure, clairon basse 4 p., cromhoom 
supérieure, tremblant ventil ; 2° 1833, Tieghem, de 16 reg.; 
il y a une voix humaine et plusieurs registres de 8 p.; 3^ 1835, 
Zweveghem (Courtray), de 18 reg.; le grand orgue a 14 reg., 
dont un bourdon 16 p.; bombarde supérieur et 3 reg. de trom- 
pette ;4<> 1836, Curne (Courtray), de 14 reg.: 5^ 1836, Houthoeve 
(Bruges), de 12 reg.; 6^ 1836, Slipscapelle (Menin), de 9 reg.; 
70 1838, Delcapelle (Ypres), de 14 reg.; 8° 1839, Beerst (Dix- 
mude), de 14 reg. et péd. accr.; 9° 1839, Caster (Avelghem), de 
12reg. et péd. accr.; 10^ 1840, Damme (Bruges), église de l'hô- 
pital St-Jèan, de9reg.; IP 1841^ St-Denîs (Courtray au couvent), 
de 8 reg.; 12® 1842, Gheluwe (couvent Menin), de 6 reg ; 

.1} La livre vaut fl. 7. Un shelUng avait la valeur de 7 sout. 



— 189 — 

13^ 1842, Amougies (Renaix), de 7 reg.; 14^,1842, Rechemr 
(Menin), de 12 reg. et péd. accr.; 15® 1842, Courtray (couvent 
Poulines), de 8 reg.; 16° 1843, Damme (Bruges), 14 reg. et 
péd. accr.; il y a un bourdon 16 pieds, hautbois et tremblant ; 
17° Keyem (Dixmude), de 15 reg.; 18° Ruymbeke (Thourout), 
de 8 reg.; 19° 1844 Bruges (couvent St- Joseph), de 4 reg.; 
20° 1845, Westende (Furnes), de 8 reg.; 21° 1846, Wenduyne. 
(Bruges), de 8 registres ; 22° Cortemarck (Thourout), de 20 reg. 
et péd. accr.; 23° 1849, Mooreghem (Audenarde), de 8 reg.; 
24° Boitshoucke (Furnes), de 8 reg.; 25° 1850, Heyst (Bruges), 
de 12 reg. et péd. accr,;"26° 1852, Wacken (Thielt), 14 reg. et 
péd. accr.; 27° Commines (Menin), 18 reg. et péd. accr.. 
28° 1853, Waerdamme (Bruges), 8 reg. et péd. accr.; 29° 1853, 
Ostende (église des capucins), 12 reg. et péd. accr.; 30° 1853, 
Courtray (maison des aliénés de St-Anne), de 8 reg.; 31° 1854, 
St-Louis (Courtray), de 8 reg., 32° 1854 Espières (Avelghem), 
de 13 reg. et péd. accr.; 33° 1846, Steene (Gistel), de 13 reg. et 
péd. accr.; 34° 1858. Moka (île Mourisse, en Afrique) de 10 reg. 
et péd. accr.; 35° 1859, Courtray (couvent Amerlynck), de 8reg.; 
36° 1859, Thourout (institution St-Joseph ou école normale de 
rÉvêque), de 10 reg. et péd. accr.; 37° un orgue en magasin de 
18 reg. et péd. accr.; 38° un orgue en magasin de 12 reg. 
Tous ces orgues ont un clavier, sauf ceux de Zweghem, de 
Cortemarck et de Comraen qui en ont deux. M. Van Houtte 
accorde un grand nombre d'instruments dans les deux Flandres. 
^ Van Lier (Jean). Lesarchives de l'église de Gheel (Campine), 
mentionnent qu'un orgue a été placé en 1521 à l'église St-Amand 
en cette commune, puis en 1546-1547, un autre orgue fut bâti 
à l'église St-Dymphne. Son nom se trouve sous la dénomination 
suivante : Meester Jannen Van Lier, Est-ce le nom de famille 
de ce facteur, ou indique-t-on le prénonl avec indication de sa 
demeure Jean de Lierre, ville flamande dite Lier? Ce fait nous 
semble douteux. 

Van Loo (Jean), facteur d'orgues que nous rencontrons dan» 
les notes de P. Van Peteghem. Ce constructeur plaça un orgue 
à Sottegem l'an 1673, orgue que ce dernier accordait. 

VANNiEUWENHOF(Henri), le vieux, facteur d'orgues surnommé 
Bestevaer eiHanske van Coelen, a placé un orgue à la vieille église 



— 190 — 

à Amsterdam (à FOuest), en 1539. Cet iiisti'ument coûta 
13,200 fl., 2 sols et 8 deniers. J. Hess prétend que cet orgue- 
date de l'an 1540 et fut réparé et amélioré les années 1567, 1685, 
1706, 1726etc. M. Le Long (réformation de la ville d'Amsterdam) 
le fait remonter à Tannée 1539. 

Van Mydrecht (Dirk), qui restaura l'orgue en 1458 à l'église 
St-Nicolasà Utrecht. 

Van Nieuwenhof (Nicolas), fils du précédent, né àAmsterdam- 
Ce facteur a bâti le petit orgue à la cathédrale de Bois-le-Duc, 
en style Renaissance. Van Nieuwenhof fut nommé Poorter 
(Burger) delà ville de Bois-le-Duc le 11 mai 1569. Ce petit 
orgue se trouvait sur l'ancien jubé qui a beaucoup souffert à 
l'incendie de 1584. On le répara en 1610 lors de la construction , 
du nouveau jubé. Cet instrument a 2 clav. de 3 1/2 octaves» 
20 registres et pédale accrochée. 

Van NiTELROOY (Paul), à Oss, près de Bois-le-Duc, né à 
Gemert en 1788, fit ses études dans les ateliers de son oncle. 
Voici les orgues construits par ce facteur et son fils : 

Ottersura (Limbourg), un orgue de 2 clav. et 15 jeux. Un 
16 pieds ; Luthoyen, un orgue de 2 clav. et 16 jeux;- Schayck, 
un orgue de 2 clav. et 17 jeux ; Oss, un id. de 2 clav. et 13 reg. 
Un 8 pieds; Volkel, un id. de 1 clav. et 10 registres. Un 8 pieds; 
Herpen, un id. de 2 clav. et 18 registres, un 16 pieds ; Nutel- 
rode, un id. de 2 clav. et 18 reg., un 16 pieds ; Beek, un id. de 
2 clav., 24 reg et pédale séparée. Tous ces instruments ont 
une pédale accrochée. On dit beaucoup de bien des orgues de 
ce facteur. Ce facteur et son fils ont agrandi l'orgue de Huise- 
ling qui a aujourd'hui 2 clav., 18 reg. et pédale accrochée. Van 
Nitelrooy mourut à Oss le 18 novenibre 1859. 

Van Nitelrooy (Léonard A.), à Oss> fils du précédent, 
naquit à Oss le 12 mai 1816. Il a construit plusieurs orgues 
avec son père et depuis la mort de celui-ci, il a placé : Mook 
(Limbourg), un 8 pieds de 2 clav. et 15 reg., Mook, un orgue de 
1 dav. etSreg.^- Deurzen, un 8 pieds de 1 clav. et 8 reg.: 
Oocherbeek (Gueldre), unorguede 1 clav. et 8 reg.; Groesb^eek 
(Gueldre), un 8 pieds de 2 clav. et 14 reg.; Hengelen (Gueldre), 
un 16 pieds de '2 clav. et 12 reg.. Tous ces orgues sauf Mook (2) 
ont oaae pédala accrochées. 



— 191 — 

Van Ockelen (P.), et fils, à Groningue, qui ont placé et res- 
tauré une quantité d'orgues depuis plus de à) ans. Ils excellent 
surtout dans le développement dé la force, qui est parfois éton- 
nante (citons comme exemple Torgue de Steenwyk), dans la 
pureté du son et dans la fabrication de certains jeux d'anohes 
battante. Le registre de la clarinette, fait par eux d'après ce 
système, a parfaitement bien réussi. Leur dernier appareil à 
vent, avec un réservoir ou magasin à vent, et des soufflets à 
plis intérieurs et extérieurs, mus par une roue, est remarquable 
par la persistance et Fégalité du courant d'air. L'esprit inventif 
îàe ces facteurs d'orgue appert aussi d'un petit instrument k 
anches battantes dans lequel on introduit l'air par un tuyau de 
^utta percha, de sorte que la force et la faiblesse, le gonflement 
et la diminution du ton s'eflectuent au gré de l'exécutant. Cet 
instrument, qui se joue d'ailleurs des doigts à l'aide d'un clavier 
fend absolument lé son du hautbois et peut le remplacer à Yx)r- 
chestre. C'est pourquoi on le nomme hautbois à clavier. Voici 
maintenant un relevé des orgues d'église fabriqués par Van 
Ockelen et ses fils et des principales réparations et améliorations 
effectuées par eux à : Assen(1819), orgue avec 2 clav. et 16 jeux, 
examiné par G. Hauf et A. J. Duymaer-van Twist ; Stryen, 
2 clav. et 16 jeux; Smilde (Drenthe), 2 clav., 18 reg.; Garmer- 
wolde (Groningue), 2 clav. et 18 reg.; Saaxumhuizen (id.), 
2dav., 16 jeux ; Usquert(id.), 2 clav.. 16 reg.; Kloosterburen 
(id. égl. cath.), 1 clav. , 10 jeux; Veendam (id. id.), 2 clav., ISjeux; 
Groningue, égl. cath., clav.,20 jeux; Tjàmsweer (Groningue), 
1 clav., 10 jeux ; Akkrum (Frise), 2 clav.^ 18 jeux; ZwoUe, 
égl. cath., 2 clav,, 14 reg. et pédale libre ; Harlingen, église de 
Pouest, 2 ôlav., 18 reg. ; Steenwyk, grande église, 2 clav., 
26 jeux et pédale libre ; Beerta (Groningue), 2 clav., 18 reg. 
Réparations et améliorations ; Zwolle (grande église), Hasselt 
Veendam, Appingadam,Uithuizen, Groningue ^ hôpital Pelster), 
Noordbroeck, Leens, Leen8'(A. Kerk), Dalen, Harlingen, Sap- - 
pemeer, etc. 

Van Ockelen a restauré l'orgue à l'église Saint-Martin à 
Groningue en 1854. Il a placé 15 nouveaux registres , examinés 
par MM. Witte de Utrecht et Hauff. La description de cet 
orgue a été faite par MM. Hess, Burney et Werkmeister* 



— 192 — 

Van Overbeek (Jean), facteur d'orgues en Hollande, tra- 
vailla à Torgue de Téglise de FEst à Middelbourg en 1782. Déjà 
en 1766 ce facteur entretenait les orgues de Middelbourg, 
ville qui était selon toute probabilité sa résidence. 

Van Overbeek (Paul), peut être lils du précédent, construc- 
teur d'orgues à Malines, né à Aerschot (Brabant) en 1766, 
s'établit à Malines le 13 mai 1816^ après avoir demeuré à Lierre; 
et accorda une grande partie des orgues de la province d'An- 
vers. Van Overbeek était noté parmi les bons facteurs 
d'orgues de la Belgique. Il plaça un grand orgue de.2 claviers 
à l'église de Meerhout (Campine) (i) qui se fait distinguer par 
des jeux de trompette qu'on rencontre rarement, et dont l'en- 
semble est très harmonieux. Van Overbeek avait épousé 
M"® Jeanne Schryvaers, et mourut à Malines le 8 août 1822. 

Van Overbeek a restauré vers 1820 l'orgue de Duffel, et il 
plaça des instruments à Westerloo, à l'Hermitage de Lierre et 
beaucoup d'autres. 

S'étant adonné à la boisson, ce facteur fut congédié par les 
marguilliers de l'église de Duflel, lorsqu'il travailla à l'orgue 
de cette commune. 

Van Peteghem (Pierre), famille célèbre dans la facture 
d'orgues, qui a illustré notre patrie pendant près de 150 ans 
et dont lès instruments solides excitent encore aujourd'hui 
l'admiration des connaisseurs. Le nom de Van Peteghem 
n'a cessé de s'attacher à toutes les grandes entreprises re- 
latives à la construction des orgues au siècle dernier. Il est 
vraiment surprenant que Gerber, Fétis, Danjou, Hamel, 
Gessner, Bernsdorf et tant d'autres aient ignoré les travaux 
considérables de cette famille distinguée, dont les orgues, 
malgré leur ancienneté, ont encore conservé certaines qualités 
de son. 

Nous sommes heureux de constater les premiers la réputation 
d'une famille de gens honnéies, d'hommes intelligents et expé- 
rimentés, et de perpétuer ainsi à la génération future, le rang 
distingué que les Van Peteghem occupent dans les annales de 
l'histoire nationale de la Belgique. 

(1) Parmi les orgues anciens de la Campine nous devons citer celui de St-Âmand àGheel, 
auquel M. Merkiin ajouta un positif. Le beau buffet de l'orgue de Mont- Aigu est dû à 
deux menuisiers de Meerhout MM. De Swert et Vangenechten. On le dit un chef-d'œuvre . 



I 

! 

I 

! 
I 



' — 193 — 

VanPeteghem (Pierre, le vieux), fut considéré comme le plus 
habile artiste de son temps pour la construction de cet instrument. 
Il naquit le 24 janvier 1708 à Wefteren, où son père André 
était brasseur. En 1723 le facteur G. Davids d* Anvers vint placer 
un orgue à Wetteren et logea chez les parents du jeune Pierre. 
Davids, frappé de Fintelligence de celui-ci, l'engagea à venir 
travailler dans ses ateliers, engagement qui fut accordé parles 
parents. A la mort de Davids vers 172Ô, Pierre continua ses 
études sous la direction d'un homme éminent J. B. ForciviJ 
qui s'établit vers cette époque à Bruxelles. Initié par un homme 
de talent dans Tart de construire les orgues. Van Peteghem lie 
tarda pas à se distinguer. A la mort de son maître vers 1732, 
Pieri*e continua les affaires avec la veuve, et c'est sous sa direc- 
tion qu'on plaça les orgues à l'église St-Paul à Anvers, à 
Ste-Gudule et dé laChapelleà Bruxelles,à Beverenet à Cruybeke. 
Le Blas et Gosno étaient également attachés à cette maison. 

En 1733 Van Peteghem s'établît pour son compte à Gand, et 
dès ce moment date l'état florissant de la facture d'orgues dans 
les Flandres. On peut le dire hardiment, sous le rapport de la 
solidité aucun facteur en Belgique n'avait pu égaler les 
orgues sorties dés ateliers de M. Van Peteghem. Ces instru- 
ments, qui parfois sont d'un ton trop perçant, peuvent encore 
aujourd'hui servir de modèle aux jeunes gens qui se destinent à 
la carrière de la facture d'orgues. Nous avons entendu plusieurs 
orgues de facteurs du siècle dernier et beaucoup sont d'une 
harmonie grêle, même sourde ; d'autres sont d'une harmonie 
éôlâtante. Des orgues des facteurs français, même modernes, 
ont le défaut d'être trop brillantes dans les différents jeux à 
anches. Pour nous, nous préférons, quoique cette opinion n'est 
pas partagée par tous, les orgues d'une harmonie ronde, 
moelleuse et puissante à la fois. Nous avons remarqué que 
beaucoup de claviers sont difficiles à jouer pour le jeu lié de 
l'orgue, et que les touches s'enfoncent trop. Quelques facteurs 
enipfoient aujourd'hui lé système du levier pneumatique de 
Ai. Èàrker, de Bàtïi, qui fut accueilli comme un grand perfec- 
tioîïnement, malgré son mécanisme compliqué et son prix élevé. 
Voici commen't SÏ. fabbe Jârisiseh s'exprime sur le levier pheu- 
niâtlque déîï. Barker (lettre adressée à M. t^^étis) : 

•H 



• — 194 — 

« D'abord, cher lecteur, veuillez bien remarquer qu'un orgue de 
grande dimension, no orgue» par exemple, à trois claviers, de quatre 
octaves et demie, soit, au moins, 54 touches, ou 54 petits soufflets. 
Chaque petit soufflet est appliqué à chaque touche de chaque clavier, 
et chaque petit soufflet a deux soupapes, Tune desquelles commua- 
nique avec la touche du clavier^ pour alimenter le petit soufflet, 
tandis que l'autre soupape sert à laisser échapper le vent du petit 
soufflet, au moment oii Ton retireïe doigt de la touche. Chacune des 
deux soupapes mentionnées se referme au moyen d'un ressort ou 
d'un contre-poids. La première soupape est pourvue d'un petit levier 
communiquant avec cette même soupape et avec la touche du clavier. 
Ce n'est pas tout : la première soupape correspond à la seconde, au 
moyen d'un petit pilotis, de manière que lorsque la première soupape 
«'ouvre, la seconde se referme^ Arrivons à la deuxième soupape de 
chaque petit soufflet. Celle-ci laisse échapper le vent au moment ok 
le petit soufflet se baisse ou se ferme. Les premières soupapes de tous 
ces petits soufflets réunis ont un canal à vent alimenté par la grande 
soufflerie, de la manière qu'un sommier reçoit le vent du grand ou 
des grands soufflets. 

• Il s'agit maintenant d'appliquer tous les petits soufflets aux ela- 
yiers ; enfin l'inventeur y arrive par un bâti présentant cinq rangées 
de petits soufflets. > 

Dans les anciennes orgues on n'avait pas non plus le registre 
d'expression, qui produit un si heureux effet sur certains jeux. 
|Caufmann (Frédéric), né à la fin du siècle dernier, et G. Grenié, 
né à Bordeaux en 1762, ont pris une part active au perfection- 
nement de l'expression. 

Kaufmann inventa un moyen fort simple de nuancer la force 
du son dans les tuyaux d'orgue, sans augmenter ni diminuer la 
quantité du yent. 

M. G. Grenié, amateur à Paris à la fin du siècle dernier et 
au commencement de ce siècle, inventa VOrgue expressifs 
M. Grenié a fait des recherches pour perfectionner le crescendo 
et decrescendo, qui consistaient à faire des trappes à la caisse de 
l'instrument et à les renfermer par une pédale, pour qu'on 
entende les sons avec plus ou moins d'intensité. La découverte 
nouvelle de M. Grenié consistait en un procédé mécanique 



— 195 — 

pour ouvrir ou fermer progressivement la soupape, de manière 
à modifier la puissance du son. 

Aujourd'hui on ne construit plus d'orgues de quelque impor- 
tance qui n'aient un registre de crescendo et decrescendo (i). 

Quant à nous, nous applaudissons de tout cœur à l'emploi 
du registre de nuances sur l'orgue, d'autant plus, que l'exécu- 
tant a à sa disposition une ressource qui le met dans la possi- 
bilité, s'il en connaît l'usage, de donner à l'ensemble de l'har- 
monie plus de caractère, plus de variété, et de peindre avec 
plus d'intensité ces inspirations divines et secrètes du cœur, 
qu'un artiste de talent peut déployer dans ses improvisations. 
Cependant, selon nous, l'intensité dix crescendo n'est pas encore 
arrivée à sa dernière expression, et nous la désirerions plus 
pénétrative, afin qu'on puisse bien distinguer aussi de loin 
l'effet produit par ce registre, qu'on emploie ordinairement 
du pied. 

Si l'on tient compte des qualités du son et de construction 
qui caractérisent les anciennes orgues de bonne facture et des 
innovations et perfectionnements apportés à la soufflerie, au 
mécanisme et à l'ensemble des jeux, on peut dire à bon droit 
que les instruments de P. Van Peteghem, déjà relativement si 
supérieurs et si conservés, auraient défié peut-être la facture 
moderne, dans le cas où ces heureuses modifications eussent 
vu le jour de son temps. 

Homme laborieux, d'une parfaite honnêteté, P. Van Peteghem 
fut généralement estimé et mourut à Gandle 4 juin 1787 d'une 
apoplexie. , 

En 1776 Van Peteghem s'associa avec son fils Lambert. Nous 
avons eu le contrat sous les yeux. Il avait alors en construction 
les orgues de Renaix, Nieuwerkerke, Gysegem, Baesele, Alost 

(1) Au Congrès de Malines (29 août 1864) on a pris la décision suivante à l'égard du 
regiàtre d'expression : 

w Aucun des systèmes d'expression ê'appUquant aux tuyaux de l'orgue ne peut être 
approuvé, par ce que tous ces systèmes tendent à dénaturer le vrai caractère des Jeux 
d'orgue. 

» Le registre d'expression faisatU mouvoir leêparoiè â^une botte dans laquelle quelques Jeux 
sont enfermés, peut être admis, attendu que ce mécanisme ne cause aucune altération 
dans l'instrumeni, à la condition toutefois qu'il ne s'applique qu'& quelques Jeux et non à 
l'orgue tout entier, et que l'organiste n'en abuse pas. D/après les véritables traditions des- 
grands compositeurs, le crescendo doit se produire par la multiplicité graduée des parties,, 
remploi des octaves inférieures, des pédales, etc. « 



— 190 — 

{béguinage), et Moeren. Dans Facte de liquidatior avec Lambert 
Van Peteghem à la mort de P. Van Peteghem, on avait en con- 
struction les orgues de Noore-Schotte, Zottegem, Wauveghem 
et Lokeren. €et acte fut passé le 2 juillet 1787 et signé de 
L. Van Peteghem, la veuve de Pierre Judoca, Le Veau et autres 
membres de la famille. 

Nous faisons suivre la nomenclature des orgues placées par 
cet habile facteur : 

Deynze, 1740, un orgue à 18 reg., qui coûta fl. 1500 ; Gand, 
St-Martin à Ackerghem, 1742, 18 reg., fl. 800; Gand, bégui- 
nage, 1742, un petit orgue ; Ursel, 1749, 16 reg., fl. 850 ; 
Maldeghem, 1752, 18 reg., fl. 900; Cruyshautem, 1754, 16 reg., 
fl. 1150; Ruddervoorde, 1756, 15 reg., fl. 900; Audenarde, 
1757, 25 reg., 2clav.,fl. 950, (Ste-Walburge), accord passé avec 
le bourgmestre J.B. Bauwénsetles échevins; Lootenhulle,1757, 
14 reg.; Alost, 1758, 43 reg. et pédale séparée, fl. 4300. Le devis 
de ce grand oi^e a été approuvé par D. Raick (abbé), orga- 
niste de la cathédrale à Anvers et J. Boutmy à Gand. L'ancien 
orgue repris par le facteur était taxé à 500 fl, soit un total 
de 4800 fl.; Gand, abbaye des Augustins, 1758, avec son fils 
Lambert, fl. 800 ; cet instrument a été la proie des flammes 
en 1837. Gand, abbaye des Dominicains, 17®, restauré l'orgue 
de 2 claviers, qui coûta fl. 600; Waerschoot, 1760, 16 reg., 
fl. 814 ; Melle, chanoines réguliers (abbaye), 1762, 14 reg., 
fl. 700; Bandeloo, 1763, inconnu ; Kieldrecht, 1762, 14 reg., 
fl. 850; Loocferisty, 1763, 15 reg., réparations, 400; Dender- 
hautem, 1763, comme Affligltem, fl. 1100 ; Grammont (hôpital), 
1765, 11 reg., fl. 800-; Overmeire, 1765, 15 reg., réparé,il. 400 
St-Gilles, 1766, avec son fils Lambert, 17 reg., 2 clav., fl. 850 
Eernegem, 1766, 16 reg., fl. 750; Gand, St-Michel, 1766 
augmenté l'orgue d'un cromhoorn et voix humaine ; Selsaete 
1760. renouvelé fl. 500 ; Ondegem, 1767, 16 reg., fl. 900 
Grand Acrenne, 1767, 16 reg., fl. 850 ; Gand (St-Bavon) 

1767, renouvelé le sommier ; Denderleeuw, 1767, 16 reg. , fl. 800 
Ichtegem, 1767, avec son fils Lambert, fl. 850 ; Meerendré 

1768, inconnu, fl. 1200; Een^éme, 1769, 16 p^g., &. 750 
Wicheien, 1769, 16 reg., renouvelé, fl. 450^; Maegdedael 
abbaye, 1769, 15 reg., fl. 600 ; Tern^th, 1770, 25 r^g., fl. 950 



I 









— 197 — 

Hoh(dcen, 1770, ajouté la pédale et réparé, fl. 1^00 ; Enghien, 
Pères Carmélites, 1771, 28 reg., 2 dav., H 1050; Marcq, près 
d*Enghien, 1772, 16reg.,fl.l000 ;Nieuwenbosch, «Jbbaye, 1772, 
inconnu ; Nokere, 1773, avec son fils, 17 reg., fl. *950 ; Seve- 
neecken, 1773, 21 reg., 2clav., il. 1100 ; M^issem et Westrem, 
1773, des orgues de petite dimension; Aertrycke, 1773, avec son 
fils, 16 reg., fi. 850 ; Lennick-St-Martin, 1773, avec son fils, 
16 reg.; fl. 1000; Middelburg (Flandre), 1774, 18 reg., fl. 1300; 
Lede, 1775,22 reg., 2 clav., renouvelé fl. 1200; PoUaere, ÎT76, 
12reg.,fl.675; Schellebelle, 1776, 15reg., fl. 925; Laerne, 1777, 
orgue renouvelé qui était usé, 14 reg., fl. 500; Vicogne (abbaye) 
(France), 1777, 2 clav., fl. 7292. Cette abbaye a été détruite 
en 1794 et Forgue fortement endommagé et incendié. Pour 
replacer cet instrument il reçut fl. 700 ; Amsterdam, 1782, 
maison de ville de Hoorne,' 20 reg., 2 clav., fl. 1720 ; Valen- 
ciennes (St-Nicolas), 1775. Cet orgue a été détruit par les 
Français en 1789, fl. 3157; Auvelghem, 1783, inconnu, fl. 2498; 
Tirlemont (Alexiens), 1777, fl. 5000; ïk)urnay, Notre-Dame 
1775, 40 reg., 3 clav., fr. 30,0(X). Ce grand instrument est un 
des meilleurs sorti des ateliers de M. Van Peteghem. C'est 
Torgue qui se trouvait à Tabbaye de Affligem. Après la suppres- 
sion de ce monastère il a été placé à Tournay. Actuellement 
cet orgue se trouve au séminaire de Bonne-Espérance (Binche); 
1784, Louvain, collège St-Paui, fl* 2200, expertisé par M. Van 
den Gheyn ; Lierre (béguinage), restauré, fl. .450 ; Hoboken, 
1800 ; expertisé par Baustetter et P. Van den Bosch ; 1786, 
Louvain (grand collège), fl. 1500; 1786, Teraaonde (Augustins), 
fi. 1300; 1790, Wouw (Hollande), 20 reg., 2 clav., fl. 3000, 
placé par %ide Van Peteghem ; J776, Malines (abbaye des reli- 
gieuses de Roosendaei), 2 clav., fl. 2,000 ; 1777, Malines, 
^Dominicains), contrat passé avec le notaire J. Ë. Admni,fl. 1050; 
1779, Termonde (abbaye, Brigîttinnes), fl. 800î\aj<Hité en 1787 
un clairon, et à la suppression de ce eouvent; cet orgue a été 
placé à l'église de Appels, reçu pour ce travail &, 250 ; 1779, 
fieeth, restauré Torgue, fl. 2000^ examiné et approuvé le 
2 juin 1783 par M. Baustetter, maître de chant à la cathédrale 
d'Anvers, M. Andries (i), curéà fioboken et le curé de Waerloog, 

(1) M. AndrlOB a 6té «ocivent â«iiiaiHlè à exp«rttser des orgue*. 



— 198 — 

grand connaisseur de la facture d'orgues (groot konstwerker en 
kender van orgels), archives de la famille Van Peteghem; 
1780, Loenbout (Campine), 24reg., 2 claviers et pédale. Cet 
instrument est orné d*un beau buffet, et se fait remarquer par 
sa douce harmonie. Le petit orgue, probablement très-ancien^ 
est usé. Il n'a que 4 octaves. 

M. Van Peteghem a encore placé ou restauré les orgues à 
Ouckene (1779), St-Anne-ter-Muyden (1782), Belcele (1784), 
Deftinge (1778), Herdersem (1778), Nieuwmunster (1785), 
Lierre (béguinage) (1785), Gand (St-Bavon), renouvelé (1767), 
Louvain (collège hollandais (1772), Anvers (abbaye St Bernard) 
(1774), Lierre (abbaye Vredenberg), Desschel, Ypres (récollets) 
(1775), Malines (dominicains) (1777), Neerbrakel, Bandeloo, 
Drongene,Edeghem, Hofstade, Putte, Keerbergén, Coekelberg, 
Malines (St-Jean), Iltam, Lierre (chapelle St-Pierre), Opwyck, 
Schelle (1777), Massenhoven, Malines (béguinage), Roosendael 
(baronie de Breda), Gand (St-Sauveur), Gand (église StJ3- Agnès), 
Termonde (orgue du chapitre renouvelé), Wachtebeke, Lokeren, 
Hautem (St-Lieven), orgue comme à Velseque (1780), Schaer- 
beek (1777), Diest (Alexiens), Leliendael (couvent), Bornhem 
(couvent anglais 1777), Reeth, Baesrode, West-Meerbeeck, 
Turnhout (expertisé parM.Robson), Màasluis (sœurs-noires), 
Malines (petit et grand séminaire), St-Denis près Gand, Malines 
(St-Pierre), restauré en 1789, (expertisé par M. le curé Andries 
de Hoboken), Leefdael, Latem, etc. 

Van Peteghem (Lambert Benoît), fils du précédent, né à 
Gand, mort de la fièvre le 5 septembre 1807, travailla fort jeune 
dans les ateliers de son père. A la fin de la carrière de Pierre 
Van Peteghem, beaucoup d'orgues ont été placées sous la firme 
Lamb, Van Peteghem et père. Nous les faisons suivre : 

Buggenhout, unorgile àl6 registres, (réparation) de fl. 550 ; 
Enghien, réparation, fl. 64 ; Basel (Waes), 2 clav. et 23 reg., 
fl. 1250; Renaix St-Pierre, 15 reg., fl.*9000; Calloo, lOreg., 
fl. 800 ; Lembeke, 16 reg., fl. 1000; Haringhen, 2 claviers, 

25 reg., fl. 2950; Alveringen, 2 clav. et 28 reg., fl. 2500 ; 
Evenbodegem, 15 rég;, fl. 1000; Everbeke, 14 reg., fl. 900 ; 
Maria Hoorebeke, 16 reg., fl. 1100; Eversam, abbaye, 2 clav., 

26 reg., fl. 2100; Zulte, 14 reg., fl. 1000; Perwyse, 13 reg.. 



— 199 ~ 

fl. 800 , Oost-Nieuwkerk, 14 reg., fl. 950; Nieuport, 2 clav., 
19reg., restauré, fl. 1000; Wanneghem, 16 reg., fl. 1150; 
Maeseele, 13 reg., fl. 1000 ; Machele, 13 reg., fl. 1000 ; 
Eicove, inconnu, fl. 850. Ces orgues ont été placées de 1769 
à 1786. 

Orgues placées par Lambert Van Peteghem le vieux, seul, 
de 1776 à 1807 : Middelkerke, 16 reg., fl. 850 ; Ath, 10 reg., 
fl. 550 ; St-Martin (Maerle), 9 reg., fl. 800 ; Ter Heyden (Hol- 
lande), 16 reg., fl 1700; Baelegem, 14 reg.,fl. 800 ; Lissewege, 
16 reg., fl. 1300 ; St-LéûP^'" '^^ — *6^ reg., fl. 525 ; 
Keyghem, 14 reg., fl./ nvers), restauré, 

14 reg., fl. 330 : Gand (hôp^ Gand (béguinage), 
renouvelé, plan approuvé par Aelsters, musicien à 
Gand ; Vladsloo, restauré, fl. 800; lede, 12 reg., fl. 900 ; 
Oudenburg, abbaye, 21 reg.,fl. 1700; b/ergem, 12 reg., fl. 900; 
Segelsem, inconnu ; Tronchiennes, placé en 1806 à Somergem. 
Orgue en projet, mais qui, lors de la révolution n'a pu être 
livré, 200 livres ; Eecke, 12 reg., fl. 900; St- Antoine, Busbeke, 
15 reg., fl. 800 ; Maldeghem, 7 reg., fl. 100; Middelkerke, 
16 reg., fl. 800 ; Oudenhove, Ste-Marie, augmenté d'une 
pédale, fl. 1500 ; Berlaere, 21 reg., fl. 1500. 

Van Peteghem (Egide François), frère du précédent, né à 
Gand. Voici les orgues qu'il a placés de 1764 à 1802 : 

Opdorp, un orgue de 12 reg:, de fl. 400 ; Velsicque, inconnu, 
fl. 1100 ; Turnhout (hôpital), 14 reg., prix inconnu ; Lippeloo, 

15 reg., fl. 1000 ; Roosendael (abbaye Malines), 20reg., fl.2200; 
Tirlemont (Alexiens), 2 clav., 22 reg., fl. 1500; Malines 
(St-Rombaut 1777), 3 clav. et 41 reg., 4 accessoires et pédale, 
fl 8500, dont 1000 pour l'ancien orgue et pour nourritures, etc. 
Cet instrument a été ordonné par M. Jean Henri comte de 
Frankenberg et Schellendorf, et archevêque de Malines. Il y 
avait 5 soufflets et 2595 tuyaux. L'expertise de cet instrument 
eut lieu en 1782 par un organiste de Rouen, M. Bros, et un 
abbé, maître de chant de la grande église de cette ville, qui 
en furent très-satisfaits. L'archevêque, voulant récompenser le 
facteur, lui paya les frais d'un voyage en Hollande, où 
E. Van Peteghem alla visiter les principaux orgues. En 1787 
cet instrument a subides changements, car par suite d'humidité 



— 200 — 

on ne pouvait plus le toucher. Van Peteghem reçut pour ce tra- 
vail et pour l'accorder, le 24 juin 17Ô3, fl. 967. L'archevêque 
a fait présent de cet orgue à la ville de Malines ; Niel, 12 reg. , 
fl. 1100; Aertselaer, 13 reg., fl. 1100 ; Montaigu, 2 clav., 
23 reg. et pédale séparée, fl. 1600, on a ajouté lapédale en 1782, 
total fl. 2100; Termonde (abbaye Brigittinnes), 14 reg., fl. 800 ; 
Baesrode, 12 reg.^ KK) livres ; Turnhout (grande église), 2 clav. 
et 30 reg.. fl. 1800; NoordTMeerbeek, 2clav., 22 reg., fl, 1600; 
Malines (St-Catherine), 2 clav., 26 reg., fl. 1400 ; gratifié à cette 
église par M^® Marie Van Pyperzeel ; Bornhem, réparation, 
fl.480;Louvain collège du Pape, 2clav. , 21 reg. , fl.2200; Laethem 
réparé, fl. 300; Berlaer, (Lierre), 9 reg., fl. 800; Hoboken, 
2 clav. , 14 reg. , restauré, fl. 1300; St-Denis, près de Gand fl. 1000, 
Wavre-Notre-Dame;2clav.,23 reg., fl. 1800; Beersel, 11 reg., 
fl.. 1000, placé par ordre de son père Pierre Van Peteghem ; 
Termonde (Pères Augustins), 2 clav., 18 reg., réparé fl. 1300 ; 
Diest (Pères Alexiens), 14 reg., fl. 1150 ;' Viersel, 8 reg., fl. 750; 
Ath' (St-Julien). renouvelé, 2 clav., 19 reg., fl. 1800 ; Temsche, 
(réparé), 2 clav., 34regj et pédale séparée, fl. 2400 ; Dender- 
windeke, 12 reg., fl. 1000; AÎivers (St-André), 2 clav., 26 reg., 
fl. 3400; Lebbeke, 2 clav., 34 reg. et pédale séparée, fl. 5000 ; 
Appeltaire, 12 reg.,. fl. 1000; Merchtem, agrandi, fl. 1100 ; 
Malines,(Han8wyck), 2 clav., 26 reg., fl. 3000; Utrecht^inconnu. 
Ce facteur s'est principalement distingué dans la confection des 
jeux d'anches qui étaient d'une rare rondeur de ton. 

Van Peteghem (Pierre Charles), le jeune, né à Gand le 
15 janvier 1792, mort en cette ville le 24 juillet 1863. Il est fils 
de Lambert le vieux, et plaça près de 100 orgues. En 1858 il 
quitta les affaires. Voici les orgues placées par ce facteur 
de 1823 à 1846 : 

Baeveghem, un orgue de 10 registres defl. 900; Schellebelle, 
5 reg., fl. 300; Ternath, 17 reg., fl. 1170; Gaesbeke (Bruxelles), 
agrandissement^ 12 reg., fl. 825; Ypres (St-Pierre), renouvelé, 
15 reg.y fl. i275 ; Lembeke Notre-Dame, amélioré, fl. â60 ; 
Berghem (Flandre), changements, 2 clav., 22 reg., fl 1040 ; 
Bois-Seigneur-Isaac, 16 reg., fl. 925; Bruxeileà (Ste-Catherine) 
renouvelé, 16 reg., fl. 742 ; Stuyvekenskerke, 12 reg., fl. 600 ; 
Oostduynkerke, 12 reg., fl. 1200 ; St-Jacobs (chapelle), près de 



— 201 — 

Dîxmude, Sreg., fl. 750; Gand (Ste-Anne), 14 reg., 11. 775 
Teralphen, 12reg., fl. 1160 ; St-Denys (Boukel), 11 reg.,fl.90O 
Beckerzeele, 11 reg., fl. 960 ; Rooborst, 14 reg., fl. 1550 
Lennick (St-Quentin), restauré, 14 reg., fl. 1200 ; Ypres 
(St-Martin), 2clav., 30 reg. et pédale, fr. 12,453 ; Poperinghe 
(Notre-Dame), restauré, fl. 665; Wulpen, 12 reg., fl. 1070; 
Assche (hôpital), renouvelé, lÔ reg., fl. 590 ; Nieuwkerke 
(Alost), agrandissement, fl. 275 ; Adinkerk, 10 reg., fl. 1000 ; 
Lokert, 8 reg., fl. 1000 ; Lennick (St-Quentin), agrandi, 
2 clav., 24 reg., fl. J500 ; Parike, 15 reg., fl. 1200 ; Schendei- 
leke-, 12 reg., fl. 900; Beveren(Waes), agrandi, 2 clav., 25 reg., 
fl. 540; Galmaerden, 14reg., fl. 1225; Waterland, agrandi, 
12 reg., fl. 438 ; lUegem, 12 reg., fl. 600; Ledeghem, 15 reg , 
fl. 1600; Melsen, 13 reg., fl. 580: Bailleul, agrandi, fr. 3300 ; 
Moerkérke, reîiouvelé, 14 reg., fl. 625; Menin (abbaye des 
bénédictins), 13 reg., fl. 1000; Meulestede, 10 reg., fl. 775 ; 
Schoorist, 15 reg., fl. 975 ; Ronsbrugge, 14 reg., fl. 13Ô0 et en 
1836 un positif de 6 reg., fl. 600 ; Nederhasselt, 10 reg., fl. 100; 
Furnes, agrandi, fl. 694 ; St-Nicolas (Grooten Bygaèrde), 
15 reg., fl. 1450; Gand (St-Jacques), changements, fl. 600 ; 
Asper, 16 reg., inconnu; Furnes (hôpital), 8 reg., fl. 590 ; 
Roulers (abbaye des Sœurs noires), 10 reg., fl. 665 ; Chapelle 
St-Amand, près de Gand, 9 reg., fl. 550; Melse (abbaye des 
Sœurs de charité), 8 reg., fl. 600 ; Hauwaert, 11 reg., fl. 600 ; 
Kerkem, 9 reg., fl. 900 ; Pieters-op-den-Dyk, près Bruges, 
15 reg., fl. 700 ; Menin (collège St-Louis), 9 reg., fl. 600; 
Crombeen (chapelle à Gand), 7 reg., fl. 252. Ces orgues ont été 
placées de 1824 à 1835. Ypres (St-Pierre), projeté, 21 reg.; 
Furnes (Ste-Walburge), agrandi, fr. 1057 ; Gand (Notre-Dame 
St-Pierre), (1846), 35 reg., 3263 tuyaux, fr. 10,702 ; Louvain 
(St-Pierre)i restauré. 

M. Van Peteghem a de plus placé des orgues de petite dimen- 
sion à: Bouchoutte, Gand (Sœurs de charité), Zaffelaere (abbaye), 
St-Pîeters, Ledeberg, Poperinghe, Heune , Dickelvenne, 
Zèle (Termonde) , Ten Brielen , St-Antelinckx , St-Jooris 
près Bruges, Messine, Snarkerke, Poperinghe (St-Jean), 
Roulers (au collège), Meerelbeke, Moortzeele, Oorzeelo 
(couvent), Tournay (aux Ursulines), Gand (pères Dominicains), 

26 



— 202 — 

Gand (nouveau bois, couvent), Gand (couvent des Jésuites), 
Zevecote, Haeltert, Gand (chapelle du château espagnol), 
Louvain (St-Pierre), agrandissement (qui coûta fl. 1000 de B.), 
Bierbeek, Waerschoot, Sluys (Hollande), Anseghem, Deyse 
(couvent MaroUes), Laerne, Courtrai (couvent St-Nicolas), 
Gand (chapelle St-Antoine) , Gentbrugge , Shelderode , Eecloo 
(collège), Lennick (St-Martin), Castere, Gand (Saint-Nicolas) 
et Lofiingen. 

Van Peteghem (Pierre), fils de Lambert Benoit, conslruisit 
des orgues à Eename, abbaye de St-Pierre (1793) de 2 clav. et 
28 reg. pour fl. 2200 et à Anseghem (1790) de 16 jeux. . 

Van Peteghem (Pierre François), fils d'Egide, né à Gand le 

1 août 1764, y décédé le 3 mars' 1844. Il construisit un orgue en 
1887 à Amsterdam (béguinage), par ordre de son père, de 2 clav. 
et 19 registres pour fl. 2000. Ce facteur a fort jeune embrassé la 
carrière commerciale, et abandonna entièrement la facture 
d'orgues ; jusqu'à l'époque de son mariage (8 août 1797), il 
exerça sa profession avec distinction. 

Van Peteghem (Pierre Charles), fils de Lambert le vieux. 
Il signait Charles Van Peteghem. Il est né à Gand le 3 avril 
1776 et mort célibataire à Waerschoot. 

Il a construit des orgues à Gand (St-Nicolas), en 1838, de 

2 clav., 24 reg., pour la somme de fr. 7156, 45 c; Etterghem, 
1827 ; Heestert, 1823, 14 reg., fr. 7113 ; Borg Lombeke, 1824, 
11 reg., fr. 900; St-Omer, 2 "clav., 28 reg., fr. 9600; 
St-Sepulcrè, 1820 ; ajouté en 1824 des jeux, fr. 1600 ; Erweti- 
ghem, 1828, 2 clav., 25 reg., fl. 1950 ; Esschen, 1818, 12 reg., 
fl. 950 ; Louvain (St-Jacques), 1816, 18 reg., fl. 1250; Mechel- 
beke, 1814, fl. 550; Maercke 14 reg., 1813, fl. 650; Paemel, 
1812, (augmenté), 16 reg., fl. 1050 ; St-Nicolas, 1811, 2 clav., 
et 30 reg. fl. 2500; Westcapelle, 1810, J2 reg., fl. 1100; 
Louvain (St-Pierre), 1808, renouvelé avec son père Lambert, 
18 reg., fl. 1300. 

Van Peteghem (Lambert Conieille le jeune», fils de Lambert 
Benoît), né à Gand le 23 septembre 1779, mort à Waerschot 
le *****% a construit un orgue à Antonius Busbeke en 1810, 
agrandissement de 2 clav. et 20 reg. Ce facteur a été toujours 
associé avec son frère Pierre Charles. 



— 203 — 

Van PETEGHEM-Cornel (Maximilien), fils de Pierre, né à 
Gandie 11 Décembre 1822, facteur qui travailla fort jeune avec 
son père. En 1858 il reprit les affaires et en 1864 il a bâti un 
vaste atelier à la grande station du chemin de fer. M. Van 
Peteghema établi depuis quelque années. un atelier à Lille. Il a 
un frère Edouard Charles, né en 1828, qui s'occupe aussi de la 
facture d'orgues. 

Ce .facteur plaça plusieurs orgues, entre autres celui de la 
grande église à Termonde, qui a été construit en 1860 et con- 
tient 3 claviers, 36 registres et pédale séparée. Il y a un trem- 
blant et une pédale d'expression. Le buffet, qui est de Tancien, 
orgue, est de grande beauté. Le devant du jubé est en marbre, 
et orné des quatre évangélistes en grandeur naturelle. 

Van Puffelen (Charles), à Zalt-Bommel, né le 26 décembre 
1826 à Middelbourg, resta pendant cinq ans dans les ateliers 
du facteur J. A. Menues à Middelbourg, puis continua les 
études de la construction des orgues "pendant dix ans chez les 
facteurs Kam et Van derMeulen, C. Naber, Merklin, H. Loret 
et Sonreck à Cologne. Depuis peu d'années il s'établit à Zalt- 
Bommel; en 186311 plaça un orgue à Waardenburg(Guèldrè> 
composé de 2 clav., 15 jeux et pédale accrochée. A l'orgue de 
Klundert (1 clav. et 13 jeux) il a fait de grandes réparations et 
améliorations. M. Van Puffelen a été associé avec un autre 
facteur et pendant ce temps il a construit en association quatre 
nouvelles orgues et fait plusieurs réparations. 

Vatter (Chrétien), facteur d'orgues du Roi de la Grande- 
Bretagne George P, a renouvelé vers 1724 l'orgue de la vieille 
église réformée d'Amsterdam, composé de 64 reg., 54 jeux et 
8 soufflets. 

Il y avait deux orgues à la vieille église. Le plus grand, un 
bel ouvrage, se trouvait à l'Ouest de la grande entrée. Entre 
1530 à 15^, Van Nieuwenhof (Henri) plaça un orgue et en 1569 
et 1682 on y ajouta plusieurs registres. 

Le 13 octobre 1726 on a inauguré cet orgue. Il y avait égale- 
ment à cette église un petit orgue de 16 reg. , 15 jeux et 3 soufflets. 

Il se trouvait au côté Nord de l'église (Jeroens-choor). Vers 
la moitié du xvii® siècle on l'a orné de boiseries d'art où se 
trouvaient les armoiries et le sceau de la commune. Les portes 



— 204 — 

extérieures sont peintes par un artiste distingué, Corneille 
Brizé, et représentent divers instruments et livres de mu- 
sique. A Tentour de l'orgue il y a une galerie 'où Ton plaçait 
jadis les chanteurs et instrumentistes qui formaient avecrorgue 
un agréable concert ; aussi au xviii® siècle l'organiste se faisait 
entendre tous les soirs aux promeneurs (tôt vermaak der wan- 
delaaren), mais depuis longtemps cet usage a été aboli. Le 
grand ouvrage de Jean Wagenaar, sur l'histoire de la ville 
d'Amsterdam (Amsterdam 1765) contient une belle gravure du 
grand orgue. 

La nouvelle église d'Amsterdam fut fondée en 1408 et possé- 
dait deux orgues. Le plus grand avait 3 clav. et 43 reg. avec 
pédale. Le grand orgue se trouve à l'entrée de l'église et repose 
sur quatre colonnes en marbre. Cet instrument, véritable 
objet d'art, peut se fermer avec quatre portes, qui sont peintes 
par Jean Bronkborst. L'artiste a représenté David chantant 
les louanges du Seigneur et les pucelles de Jérusalem. 

On vante beaucoup le voxe humana, et l'ensemble de l'archi- 
tecture de cet orgue. 

Le petit orgue se trouve du côté Sud de l'église. M. J. Wa- 
genaar a publié, dans le susdit ouvrage uue gravure qui repré- 
sente l'intérieur de l'église, l'orgue et la belle chaire qui a été 
aussi détruite par le feu en 1645. 

Un bel orgue à l'église du Sud d'Amsterdam, dessus l'entrée 
de l'Ouest a été placé en 1687. Il avait 37 reg. et l'exférieur est 
d'un grand luxe. Un groupe représentant VAmour se trouve 
sur le haut de l'orgue, et on y a mis l'inscription suivante : 
Deo et Proximo. Il coûta 16 à 19,000 fi. et en 1682 les marguil- 
liers reçurent l'ordre de le faire construire. Dans l'ouvrage 
précité de Wagenaar, on trouve une belle planche représentant 
cet orgue. Les belles peintures sont de Gérard de Lairesse. 
L'orgue de l'ancienne église wallonne d'Amsterdam se trouvait 
du côté de l'Est. Il a été bâti en 1680 et renouvelé vers 1745. 

A l'église d'Amsterdam, Engelsclie presbyteriaaTische kerk, les 
membres principaux ont fait construire un orgue à leurs frais 
qui coûtait fl. 4295. Il avait 2 clav. et 13 jeux. L'église Nieuwe 
Zyds-Kapel à Amsterdam, possédait un orgue du côté Nord de 
l'église, dont on vantait la supériorité sous le rapport du son 



— 205 — 

et de la pureté. A Téglise ancienne Wallonne on avait au siècle 
dernier un orgue de 2 clav., 25 jeux et pédale accrochée. 
L'église remonstrante avait au siècle dernier un orgue de 
2 clav., 20 jeux et pédale accrochée. A la vieille église luthé- 
rienne on plaça Tan 1692 un majestueux orgue derrière la 
chaire, dont les volets sont peints par le célèbre Philippe 
Tideman. L'orgue était de plus orné de belles figures. Il avait 
2 clav., 30 jeux et pédale séparée. 

Voici, la disposition de l'orgue de la vieille église (en 1774), 
dont la base a été fondée en 1540 : ' 

Grand orgue : 14 jeux, dont prestant, bourdon et trompette 
de 16 pieds. Clavier du dessus: ISjeux dont quintadena de 16p. 
Prestant : baarpyp, quintadena, viola di gamba, trompette, duU 
ciaan et voxe humana de 8 p. Positif de 15 jeux dont basson 
de 16 p. Puis trompette, prestant, holpyp et quintadena de 8 p. 
Pédale de 11 jeux composé de prestant, .16 p., subbas 16 p., 
bazuin, 16 p., octave et trompette de 8 p., octave de 4 p., 
nagthoorn et singhoorn de 2 p., roer quint de 6 p., mixtuur et 
trompette de 4 p. Registres. muets : 4 reg. de séparation, 3 de 
tremulants, 1 ventil, 1 calkantenklok, 1 d'accouplement. 

Voici une pièce de vers composée sur l'orgue de l'église re- 
monstrante d'Amsterdam : 

Op het nieuw Orgel in de kerk der Remonstranten te Amsterdam^ 
dat in den beginm door de stramiieid van het werk van zelf 
geluid gaf. 

*i Nieuwe Orgel, am H gehoor te strcelen. 
In de Armiâansche Kerk gezet, 
Begon van zelf vry luid te'spreeken, 
En dat in U midden van H gebed. 
Hoe, wat is dit ? vroeg een der Heeren ; 
Een ander antvvoordd' : hou u stil, 
Het volgt het grondstuk dat wy leercn ! 
Dit Orgel heefl een vrye wil. 
{Pieter Langendyh *sgediMen, Haarlem, by J. Bosch, 1751.) 

Van Swanenburg (J.), a restauré en 1501 l'orgue de la nou- 
velle .église à Delft, construit par Adriaan Pietersz,, et amélioré 
par Swits et Jean De Bukele. Voici la description de cet orgue 
(1774) dont la première construction date de 1455, commencée 
par Adriaan Pietersz. : 



— 206 — 

Clavier principal: restant 8 voet, qaintadeena 8 v., kolpyp 8 v^, 
octaav 4 v., open finit 4 v., octoat; 2 v., gemshoorn 2 v,, quintfluit 
1 1/2 V., sexquiaUer discant, trompet 8 v., voxhumana 8 v. 

Positif: prestant 8 v., quintadeen 8 v., octaav 4 v., /ïwit 4 r. , 
super oct.2v., fluitjelv.^sexquialtra, mixtuur, scharp dulciaanSv- 

Clavier du milieu : octaav 8 voet, bourdon 16 v., mixt, 5-9 dife 
4v.,scherp 3-5, dtA:2 v. Pédale bazuin 16i;., trompetSv.y idA v. 
Le clavier avait 4 octaves. C'est en 1548 que Ton a mis cet 
orgue dans Tétat où il se trouvait à la fin du siècle dernier. 

Van Tricht. Dans les livres "de comptes de la cathédrale 
d'Anvers, nous trouvons Tan 1456 le facteur Dame Van Tricht, 
qui travailla à l'orgue. Nous faisons suivre difi*érents extraits 
de ces comptes (i) qui datent du xv« siècle : 

1455. It. den speellieden voor Sacrament xii g. 

— An den beyaerder ende luyers viii g. (Il y avait donc 

déjà en 1455 un carillon à la cathédrale.) 
1455. It. Dame Van Tricht van der oerghelen te versiene 

VI se. VI d. (schelins et deniers.) 
1569. Aen den beyaerder ende luyers vi g, 

— Aen den organist enden blazer xii g. 
1471. Meester Clas den organist vu « iiii se. 

1482. Den beyaerder van de Kruismis de beyaerden viii se. 

1491. It. gerekentmet meester Janne de orghelmaker van 

der bethalinghe die hem gedaen is geweest te dien 

tyden soe quam etc. ii c. x ^. (Au même facteur 

nommé du prénom de Janne (Jean) on paya différentes 

• sommes. Peut-être J. De Bukele.) 

1493. It. meester Clas organist ix ^. 

— It. Jan dé orghelmakere omdat hy zien dat hy ene de 
werck van den orghele vloer (verloor) ende dàt hy 
voertane de orghele zoude regelen etc. iiii^ x se. 

1498. It. Meester Clas de organist ix gr. 

1498. De organist van des nachts als men Onze Vrouwe 
etc. XVI gr. 

1499. Aen den beyaerder xxviiii se. 

— Meester Clas organist van synen loen 't sjaers vii«un se. 

(1) Les années 1433, 1433,.143S, 1499 puis 14^, 1457 et 1458 manquent dans les livres de 
comptes. 



\ — 207 — 

Ea 1526 les comptes mentionnent encore un facteur sous la 
dénomination de Jan de orglielmaker (Jean le facteur d'orgues). 
Un nommé Glieerde était cette année carillonneur. 
« Verdonck (Jean), organiste-constructeur d'orgues à Anvers, 
a été chargé de l'exécution d'un orgue en 1546 à l'église Saint- 
Jacques de cette ville, dont l'expertise a été faite par Hans 
Bossius, facteur de clavecins. 

Verhofstad (Mathias), àLeiden,névers la fin du xvii® siècle, 
a placé un instrument à l'église protestante à Edam, de 2 clav., 
20 jeux et pédale dépendante En 1716 cet instrument a été 
examiné par les organistes Veldcampsà Alkmaarét P. Modens 
à Monnikendam. Le même facteur a construit un petit orgue 
de 10 jeux en 1718 à la petite église de Edam, expertisé par les 
mêmes artistes. 

En 1719 il a été chargé d'un orgue à Kuylenburg, contenant 
2 clav., 21 jeux et pédale pendante. Il a bâti l'orgue de 3 clav., 
31 jeux et pédale séparée au Broeder-Kerk à Nymègue. A sa 
mort Mathias Van Deventer ajouta plusieurs registres, un 
trombone de 16 pieds et nndulciana de 8 pieds à cet instrument; 
1723, un orgue à Bommel (grande église) de 2 clav., 18 jeux, 
pédale accrochée et 4 soufflets. Verhofstad était cité parmi 
les bons facteurs de son temps. Ce facteur â été demandé 
par E. Veldcamps pour examiner le grand orgue d'Alkmaar. II 
mourut vers 1725. 

Vermeersch (Henri), à Duflel, s'associa à M. Th. Smed en 
1839. Voici les orgues de M. Vermeersch, construits depuis 
1853, année qu'il succéda à M. Smed : 

Heyndonck, un orgue de 1 clav. et 4 pédales de combinaison; 
Luiks-Gestel ; Anvers, Sœurs de chafité, un orgue à 3 clav. et 
pédale ; Contich, un nouveau positif ; Steenockerzeel, un orgue 
de 2 clav. Capellen-au-Bois, un orgue à 2 clav.; Beeringen, un 
orgue à 2 clav., pédale, 28 reg., crescendo, decrescendo et 
4 pédales de combinaison ; Kruishautem, un orgue de 2 clav., 
pédale et 26 reg. avec viola di gemba de 8 p.; Minderhout, un 
orgue de 2 clav. et pédale avec pédales de combinaisc>n ; Zolder 
(Limbourg), un orgue de 18 reg. avec pédale accrochée 
Saint-Nicolas, un orgue au pensionnat de Notre-Dame avec 
pédale accrochée, 4 de combinaison et soufflet à réservoir ; 



— 208 — 

• 

Cortenhaeken, renouvelé ; Wilmarsdonck, renouvelé ; Diest, 
au couvent des Croisés, un orgue de 2 clav. , 16 reg. et pédale 
accrochée ; Lierre, église St-Gommaire, un orgue de 2 clav. 
et pédale, dont les principaux registres sont : bourdon 16 p.. 
montre 8 p., bombarde 16 p. et trompette 8 pieds ; Merxem, 
un orgue de 3 clav. avec pédale accrochée. Il y a au positif 
Técho du crescendo et du decrescendo; Koningshoyckt, un 
orgue de 2 clav. et pédale ; Boom, pensionnat de Notre-Dame 
de Présentation ; Bruxelles, église des Minimes, un orgue de 
2 claviers; Anvers, couvent des Récollets; Floreffe, renouvelé 
eh partie Torgue -du Séminaire de 2 claviers ; Wersbeken, 
renouvelé; Heffen, un orgue de 2 clav.; Lierre, église de 
THermitage, un orgue de 2 clav., 29 reg. et pédale, dont bour- 
don de 16 p. et bombarde de 16 pieds. 

Le plus grand travail de M. Vermeersch est le déplacement 
et le renouvellement du grand orgue à la métropole deMalines. 
Cet orgue fut construit par Eg. Van Peteghem le vieux. Il a 
aujourd'hui 3 clav. et pédale séparée composés de : l^^ clavier: 
12 registres dont les principaux sont: montre, bourdon et 
bombarde de 16 p., grosse nazart de 12 p.; 2™® clavier : 14 reg. 
dont plusieurs de 16 p. puis pédale séparée et accrochée. La 
pédale nouvellement construite a 27 notes, un subas de 
32 p., bazuin de 32 pieds, et bombarde de 16 pieds. Il y a un 
soufflet à réservoir de 3 mètres de longueur sur 2 de largeiu-, 
puis un souffleta réservoir spécialement pour la pédale séparée. 

VoLLEBREGT (Jean Joseph), firme VoUebregt et fils, né à 
Rotterdam le 22 mai 1795, facteur d'orgues à Vught (Bois-le- 
Duc), fils d'un facteur d'orgues, qui fit son apprentissage chez, 
celui-ci. Pour se perfectionner dans son art, il alla travailler 
chez MM Lohman, Bâtz, Naber et Copenie, puis en Allemagne 
et en Angleterre. Son fils Jean Jacques VoUebregt est né à 
Rotterdam le 19 octobre 1825. Voici les orgues construits par 
cette maison : 

Ste-Agathe couvent, 1846, un- orgue de 1 clav., 10 jeux 
et pédale accrochée ; Geldrop (Brabant septentrional), 1848, 
un orgue de 2 clav., 20 jeux et pédale ace; Erp, 1848, orgue 
de 2 clav., 20 jeux et pédale séparée ; Bols-le-Duc, 1849, église 
Ste Catherine, un orgue de 3 clav.. 46 reg. et pédale séparée. 



I 

1 



— 209 — 

orgue qui a fait en grande partie la réputation de cette firme. Le 
grand clav. a 3 jeux de 16 p. ainsi que la pédale ; Zevenbergen, 
1849, orgue de 2 clav., 22 jeux et pédale ace; Maarhees, 1850, 
orgue de 2 clav., 18 jeux et pédale ace ; Maseyk, 1850, Institut 
des aveugles, orgue de 1 clav. et pédale accrochée ; Heusden, 
1851, orgue à 2 clav., 22 jeuxet pédale ace; Best, 1851, orgue 
de 20 jeux et pédale ace; Breugel, 1853, orgue de 17 jeux et 
pédale ace; St-Antoiiie, 1854, orgue de 16 jeux et pédale ace; 
Kaatsheuvel, 1855, orgue de 28 jeux et pédale sép.; Leiden, 
église Sainte-Marie, 1857, orgue de 2 clav, 28 jeux et pédale 
séparée; Noordwykerhoud, 1857, orgue de 2 clav., 14 jeux 
et pédale accrochée. ; Elshout, 1858, un orgue de 14 jeux et 
ped. ace; Berliecum, 1860, un orgue de 26 jeux et pédale 
sép.; Geertruidenberg, église réformée, 1861, un orgue de 
1 clav., 10 jeux et pédale ace, instrument simple et solide ; 
Miestekerken, 1862, un orgue de 2 clav., 18 jeux et péd. ace; 
Marmond, 1863, grand Séminaire, un orgue de 2 claviers et 
pédale sép.; Assendelft, 1863, un orgue de 2 clav., 18 jeux ^et 
pédale accrochée. Sur le métier: un orgue de 2 clav., 28 jeux 
et pédale sép. pour Téglise catholique de Gorinchem. Ils ont 
encore placé des orgues de petite dimension à Heusden, Dongen, 
Merkhoven, Moensel, Moordrecht, Orten, Batenburg, etc. et 
dans plusieurs couvents. 

VooL (J. J.), facteur d'orgues portatifs à Amsterdam, a con- 
struit un orgue à Féglise de Boskoop de 2 claviers et 19 jeux, 
inauguré le 18 décembre 1808. Il a été réparé par MM. Gabry 
et Lohman de Groningue en 1824. Vool a placé un orgue à 
Téglise remonstrante d'Amsterdam de 7 jeux. On dit beaucoup 
de bien de ces orgues. 

A^agner(i) (Jean Michel et Jean, frères.) Ces facteurs, établis 
àSchnietfeld(Saxe-Henneberg) ont construit en 1770 l'orgue de 
la grande église d'Arnhem qui a 3 claviers, 47 jeux, pédale^ 
séparée et 3105 tuyaux. Cet instrument fut payé, dit-on, 80,000 
à 100,000 florins. Voici la disposition de l'orgue de Wagner : 

Clavier principal : Prestant, 16 pieds ; Givot oct, gemshoorn, 
viola di gemba, bourdon, ^(?m/?^t, (tous de 8 pieds). Puis Quint 

(1) Parmi ces facteurs d'orgues nous avons cité beaucoup de constructeurs étrangers, 
qui ont placé des orgues en Belgique et en Hollande. . 

27 
" I 



— 210 — 

'e^mixtuur de 6 p., super-octaav et coppelfluit de 4 pieds, plus 
fagot de 16 pieds et cimbel de 3 pieds, 

Clavier du dessus : prestant, musical, ged, salicet^ (luitravers, 
hautbois etvox humana de 8 pieds, puis octaav^ finit doua de 4 p., 
cornet de 3 pièces et tertiaan de 2 1/3. p. Il y a un écho de 8 p. 

Positif: il y a 12 jeux dont un prestant de 8 p. et quintadeena 
de 16 p., plus finit d'amour de 4 p.. et dulciaan dç 16 p. 

Pédale : onze jeux dont majoor bas de 3?, p., priîicipaal bas^ 
subbaSy violon bas, travers bas etbaznjin de 16* pieds. Il y a 8 
soufflets de 10 pieds de longueur sur 6 de largeur. Sur 100 
livres d'étain on a mélangé 16 livres de plomb. Les facteurs 
reçurent fi, 10,000 et la ville devait livrer tous les matériaux. 
Le buôet a été construit par des menuisiers de la ville. On 
louait beaucoup cet instrument. La flûte traversière et la flûte 
doûcesont en bois de buis. 

Waltbro **** à Bruges, au xiii® siècle, un des plus anciens 
connu en Belgique. On le rencontre dans les comptes de la 
ville Tan 1299, qui sont en latin. Voici cette annotation : 
^ Waliero orghelmaker pro organis in capitolio ponendis v. L. xv/ 
s V d. " Dans les comptes de 1338-39 qui font mention des per- 
43onnes qui jouissaient du droit de bourgeoisie on rencontre : 

1338. f*^ Jan Van Alst d'orghelmaker. Peut-être Jean d'Alost 
d'après la signification flamande. 

Warnevstitz (Pierre), à Gouda, né à Nymègue vers 1776 à 1780, 
a construit Forgue de Rotterdam (Siriool Koolsinger), église 
catholique, de 9 registres, espèce d'instrument portatif, le der- 
nier de ce facteur. Puis l'orgue de Reenwyk (église réformée) ^ 
de 9 registres, pédale accrochée et 2 soufflets (1821). 

Ce facteur mourut à Gouda en 1853, Il était élève de 
Heineman. 

Wbnthin (Jean François), à Emden, a construit en 1774 
l'orgue à Emden, composé de 2 clav., 40 reg. et pédale séparée, 
dont les tuyaux des registres du prestant sont d'étain anglais. 
C'était un excellent instrument. A Midwolder hamrçk^(Gro- 
ningue 1787), un orgue de 2 claviers, 21 registres, dont un 
voxe humana et voxangelika de 8 pieds. Puis l'orgue dç Sweins 
(Frise), de 13 registres et 2 claviers. Ce facteur jouissait d'une 
certaine réputation et est d'origine allemande. 



— 211 — 

WicHLÉBEN, *, facteur réputé et probablement d'origine' 
allemande, déplaça l'orgue de l'église principale de Goùdà dans- 
l'église luthérienne. Les iharguilliers de la susdite église l'avaient 
vendu pour fl. 1100. Le facteur fît comprendre aux mar- 
guilliers que là pédale séparée serait d'une trop grande puis- 
sance pour bette église et l'a transformée en pédale accrochée. 
Cet instrument à 2 claviers et 20 jeux, dont un voxe fmntana de 
8 pieds. En 1729 ce facteur construisit Foi^e de St-Pîerre 
d'Utrecht, composé de 2 claviers, 21 jeux et pédale pendante^ 
Joachim Hess dit beaucoup de bien de ces orgues. 

WiTTE (C.-Gr.-I^,), (firme Batz etO, facteur$ d'orgues de 
S. M. le roi deà Pays-Bas), né à Rotenburg (Hanovre), le 
12 jahvier 1802, attaché à là inaison Batzà tJtrecht depuis 1826,. 
et successeur depuis la mort de J. Batz, en 1849. 

Après avoir appris l'art de la construction des orgues en 
Hongrie, Wittè éb rendit en Hollande et en 1834 il s'associa à 
la maison J. Batz â TJtrecht. 

Cet habile facteur a acquis dé solides connaissances dans la 
construction d'6i*gues. Il en a placé plûà de 30 depuis là mort 
de J. Batz, sans compter leà petites orgues et les nombreuses 
réconstructions. 

H plaça l'orgue à Féglise du sud à Rotterdam, composé de 
3 claviers, 40 jeux et pédale séparée ; celui de là vieille église 
de Delff de 3 clav. , 40 jeux et péd. séparée ; celui de l'église 
réfo^fliéé de Hoorh, composé de 3 clav., 32 jeux et péd. séparée; 
celui de Gorihchem, composé de 3 claviers, 36 jeux et pédale 
séparée ; celui de l'église nouvelle de Dordrecht, composé de 
2 clav.j 25 jeux et pédale séparée. Puîâ on lui doit encore les 
orgues suivants : 

1860, à i'ëgliëe réforinée dé Putten, de 2 claviers et 16jéùx, 
orgue offert par Ifa douairière Vàh de Wàl ; 1860, à Fégl. réf. 
de Spykeriissé, 2 clav. et 18 jeux ; 1860, à l'égl. i*éf. de fiuïi- 
schoteri, 2 clàV. et l2 jeux ; 1061, â l'égl. St-Jeân à Utrëcht, 
2 clàv. et 17 jeux; 1861; à l'égl. cath. de Culemburg, 2 clav. et 
ISjéui; 1862, â Fégl. réf. de Naârdeiî, 3 élav., 45 jeux et 
péd^. séparée ; 186^, égl. réf. de Aihérongen, 2 clav. et 17 jéui; 
1863, à l'église cath. de Amersfoôrt, 2 clav., 22 jeux: et pédalé. 

En 1864 il a construit un orgue à Rysoord, égl. réf., ihau- 



— 212 — 

guré par M. J. H. Paling, et le 30 octobre 1864, un excellent 
orgue de 2 claviers, 20 registres et pédale a été inauguré par 
Forganiste L. Holsboer et F. Hageman de Leiden, à Téglise 
Kloosterkerk à la Haye. L'ancien orgue, dont le buflfet date du 
XVI™® siècle, a été acquis par les marguilliers de l'église réformée 
* de Woudrichem. On lui doit encore des orgues de petite dimen- 
sion à Ameide, Buren, Leerdam, Ryp, Delfshaven, Leiden, 
Loosduinen, Kralingen, Beusschem, Puttershoek et Ophemert. 

Constaminent occupé du perfectionnement des diverses par- 
ties de cet instrument, M. Witte a su se faire une brillante 
réputation parmi les facteurs de l'époque. Ses instruments se 
recommandent surtout par la solidité et par le fini. 

WoLFFERTS (André), élève de Roberts, naquit à Dordrecht 
de parents allemands en 1751 et s'établit à Rotterdam en 1777. 
Il plaça le grand orgue à l'église St-Laurent à Rotterdam (1789) 
qui, d'après la décision prise parles marguilliers devait surpasser 
toutes les orgues des Pays-Bas. Cette décision datait de 1788. 
Il déplaça l'ancien orgue au côté nord de l'église, qui servit 
provisoirement pour le service et reçut pour ce travail fl. 800. 
Le travail de WolfFerts ne répondit pas à l'attente. Wolflerts con- 
struisit des orgues à l'église catholique de Rotterdam, à l'église 
réformée de Zalt-Bommel, à Leiden (église luthérienne, orgue 
de 32 registres, 2 claviers et pédale séparée, 1790), à Som- 
melsdyk, à La Haye, à Maassluis et dans d'autres localités. 
Wolfferts s'était distingué dans la construction de petites 
orgues, mais il n'avait pas les connaissances requises pour un 
orgue de grande dimension. Il est décédé à Rotterdam en 1820, 
Il eut un fils Jean, né le 29 avril 1777, qui était organiste. 

Wyckaert (Philippe), dominicain instruit à Gand, qui fut 
organiste et facteur d'orgues. Il plaça aussi des carillons, mais 
on n'a pas de renseignements précis sur ce moine, attaché au 
couvent des Dominicains. On prétend qu'il est auteur d'un 
traité d'orgue. Les comptes de la ville de l'année 1687 con- 
statent que Wyckaert a placé des airs au carillon du beffroi à 
Gand. Les archives de cette ville conservent des préludes de 
lui. Il était né dans les Flandres vers le milieu du xvii°^® siècle 
et mourut le 21 février 1694. Wyckaert connaissait bien la 
facture des orgues et des carillons. 



— 213 — 

Voici quelques détails sur les orgues de Gand : 

Le 20 et 21 août 1566, époque de désastreuse mémoire, les 
églises ont eu à souffrir. Les comptes de la ville de Gand men- 
tionnent qu'en 1605, les échevins de la Keure et des Parchons 
accordaient à l'église de St-Nicolas un. subside de 53 livres, 
6 escalins et 8 gros, pour l'aider à couvrir les dépenses d'un 
orgue digne du temple religieux. Cet orgue disparut plus tard 
et fut remplacé par un nouvel instrument sorti des ateliers de 
M. Van Peteghem. 

L'orgue ancien de l'église St-Bavon à Gand était orné d'un 
beau buffet de bois de chêne richement sculpté et couronné de 
statues qui portent les armoiries de l'évêque Triest. On ignore 
par qui cet instrument fut construit. C'est en 1595 que le cha- 
pitre contribua pour 200 florins dans les dépenses des nouvelles 
orgues de St-Bavon. 

Lors de la réouverture des églises, en 1802, Ste-Walburge 
ne fut point rendue au culte. Un aubergiste se rendit-acquéreur 
de ce temple qui fut détruit en 1813. 

Il y avait un orgue à l'église St-Nicolas à Gand. Cet instru- 
ment a été remplacé en 1856 par un orgue, magnifique de 
40 jeux complets, 13 pédales de combinaison et 2346 tuyaux, 
construit par l'excellent facteur de Paris, M. Cavaillé-Coll. 

L'église St-Jacques à Gand, possédait un orgue remarquable 
au XVI"*® siècle. Il fut détruit lors des dévastations des icono- 
clastes, 2® période 1578. 

Un orgue à l'église St-Quentin (succursale) exécuté en 1750 
par P. Van Peteghem, qui .passe pour un instrument parfait. 
En 1847 M. Loret y ajouta un bourdon et une bombarde de 
16 pieds. 

YsoRE (Louis), à Anvers, a fait des réparations à l'orgue de 
la cathédrale de cette ville en 1611. On lui paya pour ce travail 
fl. 140-5, selon accord fait avec les maîtres servants de l'admi- 
nistration de la cathédrale. Il fut le prédécesseur de H. Ruckens. 



En terminant ces biographies dont la plupart sont jusqu'ici 
restées inconnues, nous nous faisons un devoir de mentionner les 



— 214 — 

facteurs auprès des quels nous avons sans insultât, h diverses re- 
prises, fait des démarches pour obtenir la liste de leurs orgues. 
Ces constructeurs sont : MM. Lovaert père et fils et Loret à Gand, 
Hooghuis à Bruges, Vereecken à Gyseghem, Van Hoey à 
St-Nicolas, Capuyns-Ceulemans à Malines, L. et Mart. Dryvèrs 
à Louvain et à Rotselaer, Knipscheer à Amsterdam, Naber à 
Bommel, Leyser à Huyssen, Ypma à Alkmaar, Sehaaf à 
Echternach, Van Dinter et Beerens à Weert, Fransseïi frères 
à Horst et Beekes à Delft. 



NOTICE SUR LES • ORGANISTES 



BELGES ET NÉERLANDAIS (i). 



A' Kempis (Florent), organiste (2) belge de talent, attaché à 
Téglise Ste-Gudule à Bruxelles en 1650, naquit au commence- 
ment du XVII® siècle. On a publié de lui: Stjmphoniœ, unias 
duorum et Trium violinoimm, Anvers 1644. Missœ et Motetto octo 
vocum cum basso continuo ad organum, 1650. Misa pro defunctis 
octo vocum. 

Cet organiste laissa en manuscrit des pièces de chant, des 
motets, des messes, des symphonies, etc. Nous avons rencontré 
au Cdlegium Musicum à Utrecht une' œuvre de Nicolas 
A' Kempis, intitulée : Six volumes à 1, 3, 4, 5 et 6 instrvmentSy 
Anvers 1641 et 1649. A' Kempis doit avoir brillé au premier 
rang parmi les musiciens belges du xvii® siècle. 

Ces musiciens sonl peut être de la famille du célèbre théolo- 
gien Thomas a Kempis. 

Andries (J.), maître organiste à Utrecht en 1629, auteur.de 

(1) Le lecteur trouvera un grand nombre de biographies sur les organistes Belges et 
Néerlandais dans nos ouvrages : Euai hittorique etc. (1861) ; Galerie biographique dee artiêtee 
mMsteien» Belgeê (186(2}, et Le» artietes-muaicicn* Néerlandai» (1864). 

(2) Le Guide Hfutieal (N* 11^ 1865) publie une notice sur les Musiciens Belges sous 
Charlemagne, extrait de Let arf e» Belgique »ou$ Char le$r Quint par A. Henné. Dans cette 
revue on cite les organistes suivants : Floris Kepotls, organiste belge attaché en cette 
qualité ik la cour de Charles-Qulnt ; Jacques Bouquet, organiste attaché à la cour de 
Maxgu^rite d'Autriche. 



— 216 — 

l'ouvrage in-folio : Musyck à 5 instinimenten nevens den basso 
continua, gemaeckt door My Andries, organist Hnnen Utrecht. Cet 
ouvrage fut payé par Téglise du Dom 25 L., comme il résulte 
des comptes : 

«* 1629. M^ Andries, componist en de musicant, 25 L. voor een 
partye, bestaande in vyff musykboeken in scriptis by hem geînviteerd 
ende aen de stadt vereert, die geUit syn in de kist van de stads 
trompeta. •» 

Andries était aussi carillonneur à Utrecht, et jouissait d'une 
certaine réputation. Cet artiste vivait encore en 1643. Un 
artiste Guillaume Nicolas Van Duynkercken se distingua aussi 
à cette époque. Il était organiste à St-Jean à Utrecht. En 1622 
il reçut fl. 50 pour èes gages annuels. Il mourut en 1624 et 
Michel Van Noort le remplaça. 

Andries (Gérard), organiste de talent, vivait à Nymègue au 
XVI"*® siècle. On a publié de ce musicien à Anvers en 1543 des 
chansons à 4, 5, 6 et 8 parties. 

Bruininkhuyzen (Jean Henri), organiste aveugle, qu'on cite 
parmi les meilleurs virtuoses hollandais sur l'orgue du siècle 
dernier. En 1770 il était organiste à Maassluis, et en 1773 il 
examina le grand orgue perfectionné par J. Roberts. On ignore 
les détails de la vie de cet artiste qui mourut à la fin du siècle 
dernier. 

Canalis (Florent), musicien belge dont on ignore les détails 
de sa vie. Il fit ses études en Italie, et s'établit à Brescia en 
qualité d'organiste. En cette ville on publia de lui l'an 1588 des 
pièces de musique religieuse. 

Ceusters (Egide François), organiste de talent né à Vorst 
(Campine belge) en 1764, où son père était organiste. Vers 1784 
il était carrillonneur de l'abbaye (et probablement organiste) à 
Tongerloo. En 1795 il a été admis en qualité d'organiste et 
instituteur àHoogstraten (Turnhout). 

Ceusters a écrit beaucoup de musique religieuse et des pièces 
pour carillon, parmi lesquels on remarque quatre messes et 
motets. Ses pièces de carillon sont d'une extrême difiiculté, ce 
qui nous fait supposer qu'il avait acquis une grande habilité sur 
le carillon. Cet artiste forma plusieurs élèves parmi lesquels 
brillent au premier rang M. Homans, père, de Meerhout. Il 



— 217 — 

mourut le 27 octobre 1834 à Hoogstraten, et fut cité parmi les 
meilleurs organistes de la Gampine. 11 cultivait avec ardeur les 
compositions des bons maîtres tels que Hàndel, Pleyel, Edelman, 
Stephan, Wagenseil, Van denGheyn, Van derBorght, etc. 

Cleyn (Jean Charles). Ce musicien, sur la vie duquel on n'a 
point de notices, habitaitLa Haye en 1787. Nous avons trouvé 
dans une note de M. J. C. Broers, qu'un concert a été organisé 
le 18 septembre 1787 à La Haye, au profit des pauvres (gère- 
formeerde diaconie armen) à l'église St-Jacques, dont le détail 
fut publié chez J. A. Bouvink et J. P. Wynants. in 8^. 

Le lecteur aura la conviction que les grandes fêtes musicales 
datent déjà bien loin dans les Pays-Bas. Voici le programme 
du susdit concert : 

L Een groot symphonie ; II. Psalm 150 en 117 choôrzang* 
nieuw muziek van J. C. Cleyn ; III. Concert obligaat voor de 
violoncel ; IV. JSei*ste tydvak, Rei van moedelooze christenen, 
chorus ; De Haagsche Hofmaagd, solo; Rei van VaderlanderSy 
chorus. Les paroles de cette composition sont de Guillaume Klis. 
V. Discours du prédicateur D. A. Reguleth. VI. Tweede tydvak. 
Rei van jongelingen enjonge dochters, duo ; Het gered gemeenebestj 
solo; Godsdienst, vryheid en vrede, trio; VIL 2® discours; 
VIII. Derde tydvak. Reien van christenen, vaderlanders, jonge- 
lingen en jonge dochters ; Slot en zamensang, chorus ; IX. Con- 
cert clarinet ; X. Psalm .68, nieuw muzyk door J. C. Cleyn; 
XL Symphonie. L'orchestre se composait, de 60 musiciens et 
de 40 chanteurs. 

De Buus ou Buys (Jacques), né dans les Pays-Bas vers 1510, 
selon Kiesewetter, organiste à St-Marc à Venise, où il fonda 
une imprimerie de musique. Dans la citation de Winterfeld, qui 
publia la nomenclature des organistes de cette cathédrale, Buus 
ne figure pas. Les renseignements sur ce. maître manquent, mais 
il e^t plus que probabile que ce musicien brillait dans son temps. 
On a de Buus, Qv4 invenit mulierem^ $. 6 voix. Recercan da can- 
tarée stLQîiared'^rgano ealtri stromenti^ Venezia> 1547. Canzone 
franci^se «^ sei vœi^ Venezi^v, 1543. Lebro délie Can%om francesse 
à 5 îwci, Venezia, 1550. Motetti e madrigali aAeb voci, 1580. 
Ce dernier livre paraît être une réimpression. Buus est proba- 
blerhent décédé vers 1565. 

28 



— 218 — ■ 

Un Nicolas Buas on Buys était en 1563 attaché en qualité de 
haultKîontre aux prébendes d'Àerschot. 

De Gruytters (Armand Aimé Marie), néà Nieuport en 1744, 
organiste de la paroisse de St-Georges (église démolie aa 
commencement de ce siècle et rebâtie il y a quelques années}^ 
cariHonneur de la ville ^t de la cathédrale à Anvers, et qui 
passait pour un des bons artistes exécutants de son temps. Il 
était âls de Jean De Gruytters, musicien et de Joséphine 
Rodriguez et mourut à Anvers en 1813. 

De Vois (Alewino), né à la fin du xvi"* siècle, organiste de 
talent qui succéda au Dom d'Utrecht à Ant. Wyborch et 
Jacq. Perreus, vers 1626, année que nous rencontrons cet 
artiste pour la première fois dans les comptes du Dom. (Gœ- 
'Cilia 1850.J II reçut des appointements beaucoup plus élevés que 
ses prédécesseurs, car outre ses gages annuels de IIF il reçut 
200^ pour toucher l'orgue pendant ou avant et après la prédi- 
cation^ ce qui nous fait supposer que le talent >de cet organiste 
était debeaucoup supérieur à celui de ses devanciers. En 1632 
De Vois occupait encore ce poste. En 1645 il était organiste à 
St-Pierre à Leiden^ et cette année il a expertisé avec Dirk 
Sweling, Helmbreker et H. Prins de Medenblik, l'orgue de 
Van Hagebeer construit à Alkmaar. On cite encore un organiste 
de talent attaché à Téglise St-Pierre à Leiden, M. Jurien Bu&, 
né à Harlem en 1685, qui examina cette année Torgued' Alkmaar, 
et était ancien organiste du Westerkerk à Amsterdam. 

Delmeere (1) (Jean\ organiste, naquit à Audenaerde en 1523, 
fut nommé organiste à Tégiise Ste-Walburge en 1546, et 
succéda à Gérard Van Aspere. 

En 1547 il a pris l'habit eclésiastique. Il remplit égale- 
ment plus tard les postes de chantre de la même église, de 
cariHonneur et de facteur de la chambre de rhétorique PoojvoW*. 

Ce piufiicien, qui a fait d'importantes réformes dans Forganisa- 
tion de la musique à Ste-Walburge, mourut à Audenaerde en 1591 • 

DouwES (Nicolas), organiste né à Leeuwarden vers 1619, 
fonctionnait en Frise en qualité d'organiste, et fut un des musi- 
ciens-littérateurs distingués des Pays-Bas au xvii® siècle. On a 

. (1) Voir la notice due à M. Ed. Vanderstraeten, de Bruxelles, qui a. publié en 1866 
Rechercket fur la m—ique â Audtmurde avant le XIX* tiécle. 



— gl9 — 

die lui : Qroiidig onderzoek van de toonender Muzyk, etc. 
G. Brakel fecit, A. Franker, chez Adrion Heins, libraire^ 
1 mai 1699, in 8^ en deux parties. L'encadrement du titre est 
orné de toutes espèces d'instruments desxvi"^*etxvii"*® siècles. 
L'ouvrage est dédié àr MM. J. Van der Waeyen jeune et 
et J. Hagels, amateurs de musique. Une deuxième édition parut 
à Amsterdam l'an 1773. 

L'ouvrage est suivi d'une pièce de vers adressée au sava ntet 
intelligent Douwes, par J. Tjallingi, organiste et magistrat de 
village à Ried. 

Cet ouvrage, très bien imprimé, est sous lé rapport des indi- 
cations des anciens instruments* très-utife. Douwes doit être 
décédé vers 1722. M. Fétis le fait naître- en 1689, ce qui n'est 
pas possible, puisque l'ouvrage a été publié en 1699. 

Nous faisons suivre les vers de Tjallingi qui se trouvent dans> 
te susdit ouvrage :: 

Hoé menig brave Fen Keeft schrandcrlyk gesclireeven 

Van Sang en Speelens-Konst ! boevvel maar slechls ten deel, 

Doch deesen Konstenaar gaat deesen Konst geheel 

Aan Frisôs kindéren, aan vrye Friesen geeven. 

Hitaalvoerd, iioede wiud in H Pypen-boschgedreev^n,. 

Een sterk gedreun verweckt. Hoe dikwyls en boe yeel 

Dat yder medekldfik mag kllnken ni H gespeel ; 

Nocb^ leert hi liehC lyk Wind en Snaaren Speeituig maken .. 

Konstlievers ! lees dit Boek ! en prys dees Yveraar, 

Die H groote Ronst-geheim aan ans maakl openbaar 

Der wysen wenscheiyk werk doet aan wysheit raaken, 

La première partie de ce livre contient des considérations sur 
tes principes de la musique et des douzes modes suivi d'exemples 
de composition ou d'assemblage des tons. La seconde partie 
traite de l'orgue, du clavicorde, de clavecinsr, de viotons, du 
chalumeau, du hautbois, du cornet, des trompettes, de la trom- 
pette marine (trompet Maryn), manière de- mettre les cordes 
sur les clavicordes et clavecins,, et de trois manières différentes 
d'accorder les instruments à claviers. Les exemples de musique 
sont en notes très-claires qu'on emploie pour les Psaumes, ce 
qui prouve qu'en Hollande déjà à cette époque la typographie 
musicale était très-avancée. 

DuMONT (Henri), compositeur, vit le jour à Liège en 1610, 



— :l2i) — 

organiste à 1 église St-Paul à Paiîs, où il continua ses études 
musicales. Plus tard, le roi Louis XIV, émerveillé de son 
talent, l'attacha comme musicien à sa cour, avec le titre de 
maître de musique. La reine lui donna ie titre d'intendant de sa 
musique. Dumont a composé une foule de compositions qu'on 
exécute encore dans les églises de France. Le Manuel du 
chantre de M. Goraant, publié à Paris en 1838, contient une 
messe en plaiu-cliant de Dumont. En 1674 il obtint sa retraite. 

Dumont mourut à Paris en 1684, après avoir occupé le poste 
d'organiste pendant quarante-cinq ans. 

On doit à ce musicien plusieurs compositions dont les messes 
royales sont ti'ès répandues, même en France. 

DusART (Jean), organiste réputé du xvu*» siècle, né en 1655. 
organiste du grand orgue à Harlem. Il remplaça G. d'Aspyck 
et mourut probablement vers 1692, année où S. Van Noord lui 
succéda. Jacques Koning dans son ouvrage : tieschiedenis van 
het slot te Muiden, fait l'éloge de cet artiste. Un nommé Thomas 
Dusart, peut-être de la même famille, était en 1628 musicien 
de la ville. Il est cité comme artiste distingué sur le cramhoarn 
et le cornet. 

Geerkens (Pierre Jean), mentionné à la p^^e 112, fut baptisé 
à Dordrecht le 12 juillet 1757 et mourut en cette ville le 
21 septembre 1833. Cet organiste de talent est élève de J. Hess 
à Gouda, et se perfectionna plus tard en France clie2 diflerents 
organistes. Il plaça aussi un nouvel orgue à Téglise réformée à 
Korendyck, île Dordrecht. 

Ghysbert, fils de Melchior, un des meilleurs et plus anciens 
organistes connus en Hollande, qui occupait la place d'organiste 
à l'église St-Salvador à Utrecht en 1534 et qui avait le traite- 
ment de fl. 36 l'an, puis fl. 6 pour une toge et fl. 4 pour sa 
maison. C'est la première année que les organistes étaient 
revêtus d'un costume spécial. Voici l'extrait des archives : 

Ghysberto organiste de 12 mensibus, quod. mense 3 fi,, fac. 36 /ï. 
Item, adhuc eidem pro tabbardo sua, 6 fi.. Item adhuc eidem de 
domo stuif 4 fl. 

C'est Ghysbert et Michel Van Groenenburch qui examinèrent 
l'orgue d'un certain Corneille Geertsz (i),placéàréglise jButtr-Zerfc 

(1) Probablement Cornellsz Qerritz. 



— 221 — 

en 1545. Cornelis reçut fl. 125, et ses deux fils fl. 6 et 8 s. On 
avait Tusage à cette époque de régaler d'un repas le facteur et 
les examinateurs, cardans les comptes des archives on trouve : 
Item noch des middachs de pastoren mette voom, personen te gast 
gehadt ende costen aen wyn en spys 6 gl, 12 st. 

En 1568 Ghysbert était organiste du Dom. L'organiste de 
VOud Munster était le nommé Gregorius. Voici ce que les archives 
d*Utrecht mentionnent à ce sujet : 

€ 1545. Rek. Butir-KerA, Item geschenct den Mr. die d'orgel 
opnamen ende goet gepresen hebben, als heer Ernst van Scayc, aan 
St-Peters, den prier van de prekers, Mr Michiel Van Groenenburch 
ende Mr Gy^bert organisten ende meer anderen etc. J2gl. Item 
Willem Bonert, van fynen Iaken, cm die orgeldeuren mede te be- 
cleeden 6 gl. Item, Fioris dieglasschryver, van 't patroon van 't orgel 
te maken en van een wapen in 't calanderglas te maken, 2 gl. Item 
voorsz. van H scrift te scry ven van 't welck boven 't orgel staet 6 st. » 

{Communiqué par feu M. Kist,) 

Ghysbrecht paya une somme de 11. 200 au sculpteur De Noie, 
pour Tachèvement et Térection du St-Sacrement. Voici la pièce 
autenthique de ce don ; «* Buur Kerk 1568. Ontvangen by handen 
M. Ghysb, Melchiorsz., organist in den Dom ende Catharina syn 
huysvrouw, 16 .^aart 68, op losrente die som van 200 gl. ende dit 
by belieftenisse van myn heren Schout ende Burgemsesters^ dewelck 
syn geemployeert ende gegeven M. Jan De Noie, beeltsnyder^ tôt 
volmakinge ende erectie van het H. Sacram. etc. 1569. Item', 
gegeven onsen organist van eenjaer 24 gl. Item. Oysb., organist, 
12 gl. van een jaer renten. 6 Choraels voorz. Jiebben elck 5 gl. ♦» 
Cet organiste décéda vers 1571-1572 dans un âge très avancé. 

Grau (Pierre Antoine), né à Audenaerde en 1762, y décédé 
le 28 février 1842 à Tâge de 79 ans, organiste à Téglise N.-D. 
de Pamele. Il s'appliqua dès sa jeunesse à Tétude de la musique 
et fut longtemps à la tête de toutes les réunions musicales. La 
société dite des Amateurs du concert d'amisle comptait au nombre 
de ses directeurs et son zèle infatigable contribua beaucoup au 
soutien de cette société, qui fut à Audenaerde la seule assemblée 
musicale jusqu'en 18^0. Noue trouvons dans un prograi^me de 
concert donné par oette société, datant du 1' octobre 1800, 
que M. Grau y exécuta un pot-pourri arrangé par lui. 



— 222 — 

Il était aussi à la tête de cette- société de théâtre, qui soas 
le nom de Konstminnaren van Rymspraek en zangkunde binnen 
Atuienaerde, représenta pendant plusieurs années et vers la 
même époque d'abord au local dit du Sacksken, ensuite à celui 
de la plaine des Jésxdtes, des opéras des meilleurs maîtres. Par 
le règlement du 7 mars 1803, nous voyons que M. Grau était 
bailli de la société ; plus tard il fut tour à tour directeur, tréso- 
rier et commissaire de la société de rhétorique dont une section 
était spécialement consacrée à la musique. M. Grau était 
Thomme indispensable à toute réunion musicale ; c'était un véri- 
table artiste possédant la science de la musique à fond. 

Tous les instruments à cordes lui étaient familiers, il les 
maniait avec la même dextérité ; mais c'était surtout au piano 
qu'il brillait, car des artistes distingués tels que Haussons, 
Wautiers et autres, ont déclaré que dans une ville de V rang 
M. Grau fût devenu un célèbre' artiste. Il avait une agilité 
incroyable, rien n'était trop difficile pour lui. Son talent d'or- 
ganiste était également remarquable. Un autre talent qu'il 
' possédait à un assez haut degré, c'était celui de carillonneur. 
Peu d'artistes du pays auraient pu lutter avec lui, et même on 
dit que la place de carillonneur à Bruges lui a été offerte, mais^ 
qu'il la refusa et resta à Audenaerde. 

Une attaque d'apoplexie faillit l'emporter en 1839. Il se réta- 
blit, mais déclina insensiblement vers la tombe (1842). Les 
amateurs exécutèrent à ses funérailles une messe en musique, 
etlecorpsd'harmonie l'accompagnajusqu'à sa dernière demeure. 

Helmbreker (Corneille), organiste de St-Bavon à Harlem^ 
l'an 1625, est cité parmi les meilleurs organistes de son 
temps. Il mourut probablemejit en 1654, année que d'Aspyck 
le remplaça. 

Helmbreker eut un âls, Théodore, né en 1624 à Harlem, qu'if 
voua à la carrière musicale, mais ce jeune homme avait un goût 
particulier pour la peinture. Après le décès de son père il 
partit pour l'Italie et fut protégé par le sénateur Loredano et 
le cardinal de Médicis. Il se fixa à Rome où il mourut en 1694. 

Henric, fils de Corneille, organiste à St-Jacques (1581), â 
Utrecht et en 1591 à l'église Ste-Marie, s'est fait connaître par 
l'ouvrage : Parnassm Musicus, à binst,, Hamborch, 1625. 



— 223 — 

Il manque des renseignements sur cet organiste. En 1591 
Henric toucha Torgue pendant la prédication à Utrecht, à 
l'église Sainte-Marie, mais cela ne dura que 3 mois, puis 
on le congédia. Cependant on résolut en 1596, que Torga- 
nîste serait tenu de toucher Torgue tous les jours de la 
Toussaint à la Purification, au Dom, «* pendant que le public 
se promènera. » Voici ce que les magistrats publièrent à Utrecht 
«ur cette décision : 

** 1591. Kam. Rek. Item Mr. Renrick, organist, ili jaers gagie 
van dat hy onder de predicatie in Ste-Marie Kerke op het orgel 
pîach te spelen, waarmede hy bedanckt ende hem syn gagie opgeseit 
is, 6 Zr. 5 se, ♦♦ 1601. Ste-Marie kerk. Item Magistro Henrico 
Coi^nelii organistœ pro anniui sua pensione juxta augmentationem> 
unno 1595, XII octohr. factum cessae hoc anno cum^nt, in aprile et 
octobri sobri juxta quitant LX fi, » 

Une preuve évidente que l'orgue était envisagé comme un 
instrument très-important en 1585 se trouve dans la rude charge 
des fonctions de cet organiste. Ainsi il reçut 18 L. du 1 mai 1585 
au 30 janvier 1586 à Ste-Marie pour jouer après le sermon, 
puis 25 L. pour ses gages annuels, puis encore une somme de 
18 L. 15 es. de service régulier. En 1602 il fut chargé d'exami- 
ner la restauration et le renouvellement de l'orgue à Ste-Marie, 
fait par les facteurs Théodoricus et Jacobus, et reçut XXIV fl. 
Henric mourut en 1608 et on paya sur l'ordre du chapitre à 
A. Van Hardixveld et à sa veuve, quelques florins. Corneille 
Loewenhautio lui succéda. 

Hess (Joachim). Depuis la publication de notre ouvrage (1863) 
Les artistes musiciens Néerlandais, M. D. Van Vreumingen, 
élève de J. Hess et depuis quarante trois ans organiste à l'église 
luthérienne de Gouda (âgé de 73 ans) nous fait parvenir les 
lignes. suivantes : Cet artiste qui était très renommé naquit à 
Leeuwaarden en 1730 et mourut à Zeîst entre 1810 et 1811. 
En 1749 il était organiste à l'église luthérienne à Grouda, en 
17K à Maassluis et enfin organiste du grand orgue à Gouda, 
où il remplaça J. Van der Brugge, mort le 5 janvier 1754. On 
lui doit encore : Beschryving van *t orgel in de St-Jans kerk te 
Gouda, 1774. De son Manu^el du clavier et de Toi^gv^ il y a. en 
quatre éditions. Oorsprong en voortgang der orjfefen, 1810. M. Hess 



094 



était frère morave (Hernhutter) (i) et pour ce motif il passa ses 
dernières années à Zeist. 

HuLLEBERS (Frédéric Chrétien), excellent organiste attaché à 
la vieille église à Amsterdam (2), naquit en cette ville Tan 1696. 
En 1766 on publia de lui des fugues et un livre de psaumes har- 
monisés, dont on dit beaucoup de bien. Burney, qui parcourut 
r Allemagne et les Pays-Bas en 1772, dans le but de recueillir 
des matériaux pour un livre d'histoire de musique, parle de 
HuUebers. Cet artiste mourut à Amsterdam vers 1764 à 1765. 

HuRLEBUscH (Chrétien), organiste renommé. Nous avons 
publié une notice sur ce grand artiste. Voici les vers que 
F. De Haes publia sur le talent de cet organiste : 

Wat zanggezinde rei vaa zaligende Geesten 

Daelt uit het hoogste Koor van de eiadelooze feeslen. 

En gaet, den grootea Vorst' van H eeiiwigjuichend' Rijk 

Tereere, hier ten dans', op hemeisch Kunstmuzijk t 
Wat staea wy ? op wat grond ? hoe schemeren onze oogen ! 
Zyn wy ons zelven, of het weereidrond onttogen ? 

Gewis wy zweven in hel zalig' Paradys. 

Het vrolyk Geestendom zingt hier Gods naem' ten prys\ 
Wy hupplen in H gewest van H ryke vergenoegeu, 
Waer ziiivre weelde en vreugd de stemmen H samenvoegeu. 

'k Hoor bevende Orgelen, Hoboos, Trompet en Finit, 

ô Liefelyk Muzyk ! ù nooitgehoord geluid ! 
Wie zou niet, voor een poos\ in iranen willen zaeien. 
Cm eeuwig zulk een* oogst van zielevreugd* te maeien ? 

Dus riep ik uil, verrukt door uweà Orgcltoon, 

Kunslryke Harlebascli, zoozuiver en volsch'oon. 
Dat myne pen geenszins nacr eisch dien af kan maien, 
Uw gadelooze Kunst zet myne Kunsrhler païen. 

Dat aller Kunsten Vorst' uw' schedel zelf versier' 

Met een* gewyden kransvan eeuwigen laurier 
Zoo moet ge, die voorlang dewangunsl kost braveren, 
Den dood, die H al verslind, zelfs door uw kunst trotséreu. 
1747. 

(1) Hemhut ou frère morave, membre d'une petite communauté ou société religieuse qui 
se distingua par une grande simpUclté de mœurs» et originaire du petit village de. Hemhut 
en Saxe. 

(S) Parmi les bons organistes d'Amsterdam nous devons encore mentionner J. Merghai*tt 
de réglise nouvelle luthérienne, mort en 1863, âgé de 51 ans. Hofman et Munlkhuisen do 
la vieille église luthérienne et Gorolyn, auteur d'un livre de Psaumes harmonisés. Jean 
De Graaf, organiste en 1725 & la nouvelle égUse. Puis parmi les modernes S. R. De Vrles 
de l'église remonstrante, élève de J. Bastiaans, J. M. Martens, P. Mathysen, J. B. Geel, 
N. Klaassen et C. Van Veen, professeur de musique depuis 1815, organiste à l'église 
Moses et Aâron depuis l'année 1820 et carUlonneur du Palais depuis 1840. 



Kempher (Gérard), artiste de talent, né à Hoorn y ers la 
moitié du xvii® siècle, fut d'abord organiste à Kampen, puis 
dans le même emploi à Alkmaar où il était en même temps 
carillonneur. Kempher avait de grandes connaissances de la 
construction d'orgues, et on lui doit plusieurs améliora- 
tions à l'orgue d' Alkmaar. Il est mort en cette ville le *J.l dé- 
cembre 1701. 

KiST (C), organiste et carillonneur qui vivait à Utrecht à la 
fin du XVI® siècle et au commencement du siècle suivant. Il a 
composé : Courante, Sarabande, Allemande, qu'on trouve dans 
l'ouvrage (2® édition) Oude en nieuwe hollantse boeren lieijes en 
contredansen, bestaande uit zestien deelen, Amsterdam chez 
Etienne Roger, muzyk en boekverkooper et Michel Charles 
Le Cène. Kist etDicx étaient placés à côté des premiers maîtres 
de leur temps dans les Pays-Bas. 

Lambrecht (Maître), organiste néerlandais du xvi® siècle à 
Delft, dont on faisait beaucoup d'éloges. Dans une description 
d'un orgue de Delft nous trouvons : Meester Lambrecht, die seer 
vermaert was in zyne kunst, 

LiGNAC (Charles- Joseph), né à Liège le 12 avril 1803, profes- 
seur de solfège au Conservatoire de cette ville, et un des bons 
organistes de Liège. Il remplissait ses modestes fonctions avec 
amour, et mourut à Liège le 5 octobre 1844. Cet artiste, qui 
était heureusement organisé pour l'art, fut généralement 
regretté. 

Marschal (Samuel), naquit à Tourriay en 1557 (l), s'établit a 
Bâle où il était musicien à l'Université et organiste, emploie 
qu'il occupa jusqu'en 1627. Il manque des renseignements sur 
la carrière de ce musicien. On a de lui : Der gantze Psalter 
H. Ambrosii Lobwasers mit A stimmen, Leipsick, 1594. Psalmen 
Davids kirchengesang und geistliclie Lieder von Dr, M. Lutlwrs, 
etc, mit 4 stimmen, Bâle, chez Kœnig, 1606, in-12°. 

Marin (François), organiste né au siècle dernier à Bruxelles, 
auteur d'un grand nombre de compositions de musique sacrée et 
virtuose habile sur l'orgue. C'est probablement le père de 

(l)Un organiste belge du xvi* siècle, mais dont on Ignore les détails de sa vie. a vécu 
en 1563 ; c'est Michel De Boc ou De Bouck, organiste marié, de la chapelle du roi des 
Espagnols et archiduc d'Autriche, etc. 

29 



-^ 226 — 

M*"* Marin, ancienne lauréate du Conservatoire de Bruxelles, 
morte à Louvain il y a quelques années. 

Orlandus de Làssus (Rodolphe), second fils du célèbre com- 
pojsiteur de ce nom, était en 1587 organiste à la cour de Munich 
au traitement de 200 fl. Il mourut en 1625. On lui doit beau- 
coup de pièces de musique sacrée. Le dernier survivant de cette 
famille est mort à Munich, où il était organiste, au mois de 
juillet 1864, âgé de 82ans. Nous ignorons si Rodolphe Orlandus 
de Lassùs naquit en Belgique. 

Padbrué (Corneille). Ce musicien, qu'on xite parmi les meil- 
leurs artistes de son temps, habitait Harlem au commencement 
du XVII® siècle. On n'a pu recueillir jusqu'ici des renseignements 
sur l'éducation musicale de ce maître, ni sur sa vie artistique. 
Il est connu que Padbrué était lié avec le célèbre poëte néerlan- 
dais Hooft, qui le reçut ainsi que beaucoup de savants, à son châ- 
teau de Muiden. Jacques Westerbaen et JoostVanden Vondel, 
ont consacrée Jeur muse à ce musicien. Le premier parle dans 
ses poésies de l'orgue, ce qui nous fait supposer que Padbrué 
cultivait cet instrument. On connait de ce musicien : Kusjies 
in 't Latyn geschreven door Joannes Secundtts, Ende in Duytsche 
versen gesteld door Jacob Westerbaen. Den tweeden druk vermeer- 
dert en verbetert met 5, 4 ende 3 stemmen met een Basso continuOj 
Door Cornelis Padbrué, Miisicyn van Haerlem^ 't Amsterdam 
gedruct by broed^r Jansz, woonende op deetc. Aimo 1641, DwarséP, 

Nous croyons de notre devoir de faire suivre quelques vers 
sur le maître tant vénéré par les meilleurs poètes néerlandais. 

Lof van Jubal vooi Cornelis Thymensz. Padbrué, 

Mtisicyn van Haerlem. 

Wil ymand in gemeene vreugd 
Tôt God syns blydschap wylen. 
De siele werd veei meer verheugd 
Door orgelen eu fluyten, 
Het keel-gesangh, het snaer geklanck, 
Doet onsen yver swellen 
Om met eerbiedelycken daok 
Gods wondr*en te verteilen. 



— 227 — 

aldersoetste Lamechs zoon. 
Die eerst dit kost bedenken ; 
Wat eeren beeld, wai waerde kroon^ 
Wat krans zal ik u schenken ? 
Wy biddeii, zyl hier môe te vrée, 

Dat uw nakomeiingen 
Dûor kloecke kunsl van Padbrué 

Totuwer eere singen. 

JACOB WESTERBAEN, 16^7. 

Deuntje aan M. Kornelis Thymensz. Padbrué. 

genoeglykke Tymen, 
Als uw longbegint te lymen, 
Op het velt of in het koor, 
Lymt gy ailes aen uw oor, 
Wat in veilen schuilt en veeren. 
Nachlegaleh zelfs verleeren 
Hunnen zoeten zangh om u. 
Geen konyu in duin is schuw, 
Harten komen aengcstooten. 
Ôp uw goude en zilvre noten 
Dryft het Sparen door de stadt. 
In den Hout ruischtioofnochbladt, 
Noch geen luchjen in de biaren, 
Ais gy zangh en spel wi!t paren. 
Lustig Tymen, nocheen reis, 
Tymen, zing den oorlogh peis. 

JOOST VAN DEN VONDEL. 

PoTHOLT (Jacques). Les biographes ne sont pas d'accord sur 
ce nom, cependant nous avons la certitude que cet artiste iië 
s'appelle nullement Pothoff comme on nous l'avait désigné. 
Dans la description du grand orgue de Gouda (1764), îl est 
indiqué du nom de Potholt. 

L'orgue de Gouda (St-Jean) a été examiné en 1736. Quinze 
ans après on a fait quelques perfectionnements à cet instrument, 
qui furent examinés par Potholt. Voici comment un écrit ano^ 
nyme publié à Gouda en 1764, s'exprime sur cet organiste : 

- Geéxamineerd door de B. Jacob Potholt, beroemd en konMryk 
organist van de Wester kerkvan Amsteldam; die na dat hy wederam 
in de jaaren 1762 en 1763, ander de Uitvoering vdh zyne uitèie" 
kende Musicale gedagten, door eene buitengewoone^ dog hem gewoons 






vaardige behandeling van het Clavier^ het vermogen van ons Orgel 
een en andermaal heproeft had^ zyne loffelyke goedkeuring van het 
werk met zidke woorden heeft gelieven te uiten, dat wy otn niet te 
Kchynen tegens onze beloflen in het voorberigt gedaen, te zondigen^ 
dezelve hier lie fst zullen zwygen. « 

OvERH art-Radius, organiste à Nymègue (i) en 1661. Avant 
la réforme et encore en 1622 il y avait un oi^e à Téglise 
St-Stiévin à Nymègue. En 1580 l'organiste se mit du côté des 
réformés. 

Le livre des comptes de cette ville de 1578 cite : 

Meester Haarick Noster, orgànist, XXV gulden unnd van uhr 
werck tôt stellenn und op fest und hoechge tytzdragen dairop toe 
spoelen, etc. 

Le même compte se présente en 1587 à 1588. 

Lors de la fondation de l'Académie à Nymègue, plusieurs 
musiciens se fixèrent en cette ville. Ainsi le livre de la commune 
de Nymègue de 1661 contient : 

28 Àugustus. Op requeste vao de lyffhebbers van 't musyccollegie 
heeft een eerbare Raedmeester Overhart Radius, cm syne excelle- 
rende qualiteiten, so in 't spelen op *t orgel, clavecimbel, opde viole, 
gebeneficeert voor den tyd van een jaer met eene als vriewooninge, 
^elegen in de Broederstraet, waeren tegen, etc. 

Ainsi cet organiste passait pour un musicien d'excellentes 
qualités. 

Ramp (Nicolas), excellent organiste, né vers la fin du 
XVII® siècle, a étudié fort jeune la musique, sous la direction de 
maîtres capables. En 1719 on le nomma organiste à l'église 
réformée de Zutphen (2), après avoir passé un brillant examen. 
Ramp s'est fait connaître par quelques compositions restées en 
manuscrit. Il décéda à Zutphen en 1756. 

Reincke (Jean Adam), célèbre organiste dont nous avons 

(I) M. Ed. Van der Straeten signale dans une notice "publiée dans le Messager de» 
Mcienees historiqueê etc.» Gand 1863, un organiste mathématicien de la ville de Nymëgne, sur 
lequel aucun renseignement ne nous est parvenu. Cet artiste s'appelleWlnand Van'Westen, 
et est auteur d'un ouvrage q\x\ traite de la géométrie, de la géographie, de-Iajgiuslque.etc. 
Il fut publié à Arnhem en 1644, chez Jacques Van Bleseif. 

(S) Nous avons rencontré une composition d'un organlstejusqu'ld Inconnu P. A. Van Hagen 
h Zutphen. En voici le titre : Musique militaire d 2 claviers, 2 cors de chasse et fagotlo, 
Amsterdam chez J. Huramel N* 489. 



— 229 — 

publié dans notre ouvrage Les Artistes-musiciens néerlandais une 
notice biographique est, d'après des renseignements obtenus, 
un des maîtres de J. S. Bach. Le talent de Reincke comme 
organiste était tellement considéré, qu'il fut le successeur du 
fameux H. Scheidemann, son maître. Nous ne connaissons pas 
les œuvres de Reincke, mais il paraît qu'on retrouve ses inspi- 
rations dans les compositions de Bach, preuve que ce grand 
musicien doit avoir étudié sous Reincke. 

ScHENDEL (Jacques), organiste à Utrecht en 1578 à l'église 
Buur-kerk, artiste qui fut chargé d'expertiser à difl'érentes 
reprises les travaux des facteurs d'orgues. Voici ce que les 
archives des églises d'Utrecht nous font connaître : 

" 1578. Rek. Buur-Kerk, Deur ordonantie van Mynheer Scout 
ende hurgemeester, betaalt Jac, Scfiendel, organist, voor e^n jaar 
gagie etc,, 36 gL « 

En 1579 on augmenta les appointements de cet artiste qui 
reçut fl. 60 par an. 

L'an 1581 Schendel fit la description du plan d'un orgue de 
Peter Jansz. Les archives citent : 

« Jac. Schendely van verteerde kosten in 't heschryving van het 
orgel als boven, 2 gL, 4 st, « Cet organiste mourut vers 1590. 

ScHOL (Dirk), claveciniste et organiste éminent, mort en 1727, 
et déjà cité dans notre ouvrage les Artistes-musiciens néerlandais. 
Nous faisons suivre quelques vecs de H. P. Poot (i) publiés en 
1722 à Delft chez Renier Boitet. 



Amsion Schol, wic vint zich niel 
Verplicht uw ryk venmfl te danken ? 
Wie klaegt, wy kennen geen verdriet, 
Als ge ons met bas- of vcdelklanken 
Of klavecimbeisnaren streelt, 
Of als gy met uw rappe vingeren, 
Op fluiten of schalmeien speelt, 
En H spoor gQieil dcr brave zingeren, 
Of klopt op *t speeltuig van metaei : 
Waerom % \ klinkt godiyk allemael. 



fl) Né à Abfitvoud près Delft l« 29 Janvier 1689, mort le 31 décembre 1733. 



— 230 — 

De icouwrik, ja de nachtegael, 
Ontsleekiaen uwen toon zyii gallcm, 
Die H bosch verheugt met morgeiUaei, 
Ik krans mel lauwerblaén en palleiu, 
Indien *t me vry stae, uwe kriiln. 
En wien hel lust uw geesl le zoeken, 
Dien wyze ikaen hci noch duin. 
Maer in uwe eedie nooleboeken, 
Die d'eeuwigheil zyn loegewydt : 
Want deugt on kiinsi tari iiylen lyt. 

Maer och, hoe vrolyk lieft de Kerk , 
Op *t hooren van uw orgeltoonen, 
Haer blaeuweu schedei boven 't zwerk ! 
Hoe wenschtze uw* vingren dan te ioonen ! 

De tempelwanden treffen aen. 
Een blyde weôrgalm roert hunn* gorgel : 
Terwyl gy aerdigh onder *t slaen 
Ëix ooren strengelt aen uw orgel. 
Orlandoos orgelslem wort stom, 
Wie u veracht is doofof stom. 

De zangrei plagt in Aronshut, 
De godlheit met zyn stem te pryzen, 
Van harp en psalter onderstut, 
Op godtgewy,dou trant en wyzen. 
Gy, zanghelt, kunt in H hooge koor 
Vorst Davids luit met windklank volgen. 
En H huis verzaet gy H gretige oor 
Van blyden, droeven of verbolgen ; 
Want speelt gy klaeglyk, ieder schreit ; 
Of bly,daer baert gy vrolykheit. 

L'an 1727 à la mort de Schol, Poot composa, sur ce grand 
artiste, un poème funèbre dont nous extrayons les vers 
suivants : 

Op het overlyden van Dirk Schol, orgelist en klokspeler te Delft^ 
mitsgaders de eeuwige roem der mmyke. 

Met reden zit het koor der zangers rood beschreit 

By Hartogh Goverts stroomen : 
Ansions wederga vertrekt naer d'eeuwigbeit, 

Om nooit weerom te komen . 
De vader van den zwièr der kcurigsto muzyk, 



— 231 — . 

Een lusl dcr kunslvcrstanden, 
. Werd slil en zacht in Scliol, hoe out, te vroeg een lyk, 

Tôt schâ van Batops landen, 
Apol, de godt des zangs, staet eveneens onlstelt 

Met zyne zanggodinnen, 
Alsof hun Orfeus weer verscheuri lagh over 't veld, 

Door H woén der wynpapinnen. 
Wat Duitsche Flakkusmell 'smansheenereismelstem 

En snaren ook gerusler ? 
Ja Ireur siechts, poôzy, want gy verliest in hem 

Uvv echte Iweelingzuster, 
AI wat Apell voorheen in d'eedle schilderkunst, 

En Fidias in 't houwen 
Daerbeelden, of Horueer in puikdicht,ryk van gunst, 

Daer kenners op betrouwen ; 
Ja't geene Castor oit in H paerdewennen vvas, 

En helt Achil in H stryden, 
Was Sclioi in 't gloriveit der kunslmuzyk die ras, 

De vreugt werl onjser tyden. 
Gy dan, die hier bedrukt om dit verscheiden treurt, 

Behoeft geen klagt te sparen, 
Want dus een kunstverlies viel ooit uw stad te beurt 

In al haer levensjaren. 

D. Schol peut être rangé parmi les meilleurs virtuoses sur 
Torgue du xviii® siècle. 

ScHUYT (Corneille), bon organiste de 1600 à 1611 à Leiden, 
a composé: Il primo libro de Madrigali, 1600, diCornelioSchuyt, 
HoUandese, (organista délia famosacitta di Leyda). 

Dans les mémoires de P. Hooft on trouve des poésies sur ce 
maître intitulées (i) : 

Op het Musyck-baeck van Meester Gornelis Schuyt van Leiden, 

aen M, Knotter, 

De moeder van de sachte vreucht. 
De suster van de soete gaven, 
Daer Bacchus met ons verheugt, 
Daer ons de Goden tnede laven, 
Musyck, die maecht, die suyver maecht. 



(1) Oedruokt by WUIera Jansen Dorn. Helnslc. Nederduyksche poemata, by een rerga- 
dart «a JUTtgegevaik âoor P. S. 



0'>> 

Gekleel nu eerst nacr onse landen. 
Die Knottcr u soo seer behaecht, 
KonU haer begheven in dyn handen. 

Omhelst baer, stoot se niet van dy, 
Daer sich de Godeu metverlusten, 
En wal ghy doel, hoe swaer bel sy, 
Lael wal om haren wille rusten. 

Waer Jupiter self, soo men seyt, 
Aïs Phœbi slem is opgbeheven, 
Heeft zynen donder neer gheleyt, 
Om bem toi vreucbden le begheven. 

Ce musicien doit avoir brillé parmi les bons organistes de 
son temps (i). 

Storme (Jean Martin), organiste de réputation, né à Wervick 
le 9 mars 1769, y décédé le 1"^ Novembre 1857, organiste à 
Téglise primaire de cette ville depuis 1812, fit son éducation 
musicale chez son prédécesseur Wallet. 

Jean Martin Storme a laissé en manuscrit un grand nombre 
de compositions, parmi lesquelles se trouvent des préludes, des 
versets, et autres compositions dont M. Tabbé Labbe à Bruges 
en a conservé quelques-unes. Sa dernière composition est une 
messe avec orchestre composée pour le notaire Vuylsteke. 

Storme possédait infinement de talent sur Torgue et interpré- 
tait J. Bach à ravir. Les improvisations de cet artiste dans le 
meilleur style fugué ont maintefois étonné les personnes com- 
pétentes; 

M. Storme avait conservé jusqu'à sa mort une verdeur peu 
ordinaire, et la dernière année de sa laborieuse carrière, il 
maniait Torgue avait toute la vigueur d'un jeune homme, et 
développa avec un art surprenant tout ce que sa brillante ima- 
gination pouvait engendrer. 

« 

(1) Un nîusicien, poète et chanteur du nom Ban (Jean Albert), qui vivait à Harlem au 
xvii* siècle, doit avoir joui d'une grande réputation, car Van den Vondel a composé des 
vers sur le talent de Ban, Bannio ou Bannlus^ et P. Hooft a adressé des lettres à Ban, 
dont une datée d'Amsterdam du 17 avril 1642. 

1\ a publié Zang-Bloemsel, Amsterdam 1642, in 4', ouvrage fort intéressant pour l'histoire 
de l'art musical, mais qui laisse à désirer sous le rapport de l'art poétique. On lui doit 
encore : Kort Sangh-Berieht op zyne zielroerende Zangen, Amsterdam, 1643, ouvrage d'ensei- 
gnement musical. 

Ban était intimement lié avec les hommes célèbres tels que Van den Vondel, Hooft et 
Huygens. Les ouvrages de Ban sont très rares. Il a composé beaucoup de musique sur des 
paroles hollandaises. 



— 233 — 

Un poëte de ses amis écrivit sur sa tombe ces deux vers 
flamands : 

Hier sluimert Slorme... Slille dan ! 

4 

Muzyk en dichl droomt de onde man. 

Storme (Pierre G.), fils du précédent, naquit à Wervicq(i)le 
3 septembre 1797, et fit son éducation musicale sous la direction 
de son père. 

M. P. Storme quitta sa patrie en 1815 et fut chef de musique 
pendant six ans, après avoir pris un engagement comme trom- 
bone-solo dans un régiment hanovrien. En 1821 on le nomma 
organiste à Téglise St-Michel à Liinebourg (Allemagne) et pro- 
fesseurde musique à la, Ritter-Akademieqiïonsnipipvima. en 1851. 
On fonda à cette occasion une école normale où on admet 
40 élèves, et où M. Storme enseigne Forgue et l-harmonie. 
L'orgue que M. Storme tient à l'église St-Michel a 3 claviers, 
49 registres et pédale séparée. Il y a 7 jeux de 16 pieds et un 
subbaas et pasaune de 32 pieds. 

Cet artiste cultive Tart musical avec dévouement. 

Strase (F. ), organiste belge de talent à Bruxelles, habile 
claveciniste et virtuose sur la clarinette. Il vivait au xviii® siècle. 

SwELiNGH ou ZwELiNG (Jean Pierre). Les Pays-Bas ont 
exercé une influence salutaire sur le développement de la 
musique aux xv® et xvi® siècles. Hawkins, Burney, Forkel, 
du Bos, Guicardii le Florentin, Kiesewetter, Fétis, A. Gathy, 
Gerber et d'autres ont écrit sur la musique dans les Pays-Bas. 
Parmi les musiciens les plus renommés et qui brillent au 
premier rang des organistes des xvi* et xvii® siècles, nous devons 
mentionner Swelingh, un des fondateurs de l'école d'orgue de 
cette époque. Ce musicien naquit en 1540 à Deventer. 

Après avoir acquis un talent distingué comme organiste, 
Swelingh partit, dans le but de perfectionner son talent de com- 

(1) Il y a eu des orgues fort remarquables ft Wenrlck, mais malheureusement les sans, 
culottes français, lors de leur invasion, en incendiant les églises, ont brûlé les instru- 
ments en même temps que les archives, de maniéré qu'aujourdjhtti U ne reste que les 
pénibles souvenirs de quelques rares vieillards. 

L'orgue avait 3 claviers et pédale séparée. II était d'une rare harmonie et d'une grande 
force. On voit encore dans cette église, une des plus grandes du pays et très-remai'quable 
comme style ogival, les anneaux et crochets dans la muraille att Ibnd du jubé, qui soute- 
naient le bnfTet de l'anoien orgue, dont le sommet atteignait à 1» voûte lA plus élevét. 

50 



— 234 — 

positeur, pour lltalie. C'est à Venise qu'il s'établit (1557) od 
J. Zarlino fut son maître. Bientôt le nom de Swelingh grandit 
et se fit une réputation européenne. Arrivé à Amsterdam et à 
la vacature du poste d'organiste à la vieille église, Swelingh fut 
appelé à remplir cette place. Dans cette position il forma un 
grand nombre d'élèves parmi lesquels il faut surtout mentionner 
M. Schildde Hanovre, P. Syffarth deDantzick, Samuel Scheidt 
de Halle, Jacques Schiitz et Henri Scheidemann, ce dernier 
maître de J. A. Reincke qui forma toute l'école de Hambourg^ 
De cette école sortit le célèbre J. S. Bach, qui eut pour maître 
J. A. Reincke. Swelingh était un maître très-considéré dans 
son temps. Il fut très-lié avec le poëte Van den Vondel, qui 
composa des vers en son honneur. 

Swelingh mourut à Amsterdam le 9 octobre 1621 , âgé de 81 ans. 
Voici comment le Korte Chronyk der stad Deventer, page 147, . 
annonce sa mort : " 1621, 9 october, is te Amsteldam overleden 
J. P, Swelingh van Deventer, organist der ovde Kerk aldaar, enjia 
vêler oordeel voornaamste musikant syner eeuw, »» (Est décédé à 
Amsterdam J. P. Swelingh de Deventer, organiste de la vieille 
église, et d'après le jugement public, le principal musicien 
de son siècle). 

Son portrait a été gravé par Jean MuUer le 16 octobre 1621 
et on y trouve l'inscription suivante : Vir singulari modestia ac 
pietate, cum in vita tum in morte omnibus suspiciendtcs. »» 

Hooft et Van den Vondel ont écrit les épitaphes suivantes sur 
ce maître : 

» Hier ieil,.die steide wyz* den koninklyken woord&, 
* Eu Sion galmen deed dal men \ in Rolland hoordc. 
{Poésies de Hooft publiées en 1703, page 635.) 

OP MEESTER 

JOAN PIETERSEN SWELINGH, 
Pliœnix der musyck en or^elisi van Amsterdam. 

Dit is Swelingh sterflyck deel, ten konst ons nagebleven, 
H Ousterflyck haut de maet by Godt in H eeiiwigh leven . 
Daer slreckl hy, meer dan hier kan vatten ons gehoor, 
Een goddelycke galm in aller Engien oor. 
(Poésies de Van den Vondel, publiées en 1658, page 190.) 



— 235 — 

Baudartius aussi dans ses Mémoires, page 163, fait Moge 
de ce musicien. 

J. P. Swelingh n'est pas le seul qui s'est distingué dans sa 
famille. Son fils Diederich Swelinghétait organiste à Amsterdam, 
mort vers 1655 et Dirk Swelingh, son petit filff, également or- 
ganiste àe la vieille église. Dirk Swelingh mourut en 165^: 
Hooft et Van denVondel ont publié des vers sur sa tombe. 

Le journal musical Cœcilia a distribué à ses abonnés il y a 
quelques années le portrait de ce grand maître. En 1851 on a 
distribué une circulaire pour la souscription d'une statuette en 
composition plastique, souscription qui n'a pas eu de suite. Cette, 
statuette aurait due être exécutée par M. George, qui est l'au- 
teur de la statue de feu Guillaume IL On doit cette entreprise à 
M. G. F. Dannenfelser d'Utrecht. 

On a écrit le nom de Swelingh de plusieurs manières. Le» 
pièces authentiques de sa main étaient signées Jan P. Sweelink (i) . 

On a de ce musicien des Psaumes de David publiés en 1614, 
Amsterdam, aux dépens de Hendric Barentsen. Premier livre 
de Psaumes de David, mis en musique à 4, 5, 6 et 7 parties, 
seconde édition, Harlem, aux dçpens de David Van Horenbeeck, 
etc., Anno 1624. Van Horenbeeck a publié dans cet ouvrage 
une préface dédiée à J. C. et Théodore Boorten où il fait l'éloge 
de Swelingh. Regina Cœli, Amsterdam 1590. Ce morceau a été 
publié dans la Gazette musicale de Paris en 1841. Chansons à 
4 et 5 parties, Anvers 1592 in 4° ; Id. (avec des chansons de 
Verdonck), Anvers 1594 ; Nieuw Cyterboek, Amsterdam, chez 
Jauk, 1602 ; Rimes françaises et italiennes, 1612 in 4^ ; 
Psaumes en 3 livres, Leiden, chez G. Basson, 1612-14 ; Vier- 
stimmige Psalmen, auss den ersten, andern und dritten Theil, 
etc., Francfort an der Oder 1616, chez Martin Guthen. Livre 
second et troisième des Psaumes de David, nouvellement mis 
en musique à 4parties, Amsterdam, chez Jean Walschaert, 1618. 
Livre quatrième, etc., Amsterdam, Jean Jauk, 1623 ; Cantiones 
Sacrœ Cum Basse Continue, 5 vox, Anvers, P. Phalisen, 1623. 
Livre septième des chansons vulgaires, etc., contenant des 
pièces de P. P. Sweelinck, Jacques Vredeman et Gérard Jan 

(1) M. Andries de Gand, parerreur, cite ce maître sous le nom de Zoellng, «lans son ouvrage: 
Préciê de Vhiêtoire de la mtuique. 



— 2115 — 

Schagen, 1618, CoraeiilejSicolaï. i)(5r WeilbetHûimter Mtisici und 
organisten zu Amsterdam^ virstimmige Psalmen, Amsterdam, 1618. 

Canon à 4 parties en manuscrit, aujourd'hui entre les mains 
de M. Van Rappard à La Haye. Il paraît que Swelingh a traduit 
en hollandais Touvrage de son maître J. Zarlino, Inêtitu^ions 
harmoniqtiesy publié primitivement à Venise en 1558, traduction 
restée en manuscrit. Aux éloges donnés à Swelingh, et qui ont 
été rapportés dans la première édition de la biographie uni- 
verselle des musiciens, de M. F, Fétis, on doit ajouter' une 
notice sur l'école de Swelingh publiée dans la Maîtrise^ 
p. 119, 1857, Paris chez M. Heugel. 

Les poètes avaient autrefois là louable habitude de chanter 
dans leurs poésies le talent des artistes musiciens, et c'est par 
eux que nous en avons découvert plusieurs. Parmi ces poètes 
nous citerons : P. C. Hooft, célèbre poète néerlandais {né à 
Amsterdam le 16 mars 1581, mort à Rotterdam en 1647), com- 
posa des vers sur J. A. Ban, Maria Tesselschade, Visschers, 
Francisca Duarte (cantatrice française) ; J. Van denVondrf(né 
à Cologne le 17 novembre 1587, mort à Amsterdam en 1679) ; 
F. De Haes(né à Rotterdam enl708, mort en cette ville en 1761) ; 
puis Pierre Van Langendyk, Jean Vos, Corneille Loots, Poot et 
J . Koning ont contribué à immortaliser le talent de plusieurs 
artistes néerlandais. 

Swelingh (Diederich), fils du précédent, organiste également 
à la vieille église d'Amsterdam et élève de son père, était 
cité parmi les bons virtuoses de son temps. Van den Vondel, 
Hooft et d'autres poètes l'ont également cité dans leurs poésies. 
Swelingh était fort bien reçu au château de Hooft à Muiden. Il 
mourut en 1652. Père et fils reposent au même tombeau. 
' Swelingh a écrit la musique du drame de Van den Vondel : 
Gysbrecht van Amstel. On a aussi de lui de beaux chorals. 

Van den Vondel a écrit les vers suivants sur cet artiste : 

Aldus heert Livius ons Zivellns afgcbeelt, 
Maer mel zyn* fenixgalm uit's Vadersasch geleelt. 
Di3 Neef, de Grootvaer en de Fenix vader zongen, 
Een eeuw deir Aemstel toe met hemelsche orgeïiougea. 
Zoo Thcbo door een lier toi ziilck een wasdom quam ; 
Wat zoii men dichten van het orgei H Amsterdam ? 
Daar David en Orlande om strydl zich lalen hooren, 
Als Diedryckziclen vangt, en ophangt by heur ooreu? 



-- 237 — 

Voici encore deux autres pièces de vers publiées sur cet 
artiste : 

Het orgel in den rouw over Diederich Swelingh, 

orgelistvan Amsterdam, 

MOESTUM MUSA SOLATUR. 

Gy zanggodinnen* valt aen 'l schreien 

Aen H jammeren met beele reien ; 

De 20on van Orfeus is verscbeien, 

Nu zwyght de galm der orgeltongen. 

Die door de pypen quam gedrongen, 

Daer hemelsche Engeleii op zongen. 

Hoe kouleu kil zyn deze handea, 

Daer Jesses snaer me komt le slranden. 

Met zyn Marenssen, en Orlandcn ! 

Hoe juichte H hari van oude en jongen^ 

Wanneer zyn vingers ongedwongen 

Op noten en op stekken sprongen ! 

Men kon, door kerkgewelfen en kooren , 

Den vadcr in den zoone booreD, 

Nu zal eeu zerk die stemme smooren. 

Gestoeite noch gepropte bankken, 

Niet langer Xnrelin^'s kunst bedankken, 

Voor zyn moerasch in *i eeuwigb leven, 
Wal z weep beef t u naer \ graf gedreven ? 
Is ook uw geesl van H lyf ouibonden 
Door 't bassen van den Uout uil Londen, 
Die aile iiooten heeft gescbonden ? 
En los geborsien van zyn keten, 
Op 't dor geraemt des volks gezeten, 
Zyn' Heerden sirol heeft afgebeten ? 
Ten miuste kus, ô koor der zJngeren, 
Met uwen mont, dit ya der vingercn, 
Daer iedcrs ooren op versiingcren. 
Die zyn vermaek voor niemanl spaerde, 
Nocb met ditgrafgescbriftter aerde : 
Hier ruste Grootvader, Zoon en Yader, 
Zj volgen Davids barp te gader 
Een eeuw van verre, om boogb nocb nader (1). 
MDGLII. 

(1) J- Van den Vondels poézy, te FnmelMr, voor Léonard Strik, boakverkoooer 
MDCLXXXII. 



— 238 — 

Indien een wildenan nocli hoorde op luchte sp4*ongcn^ 
En vingerdans, wat geest door H orgei qiiam gedrongen, 
Watgoddeiyke galm. zich spr^ide in ieders oor, 
En rolde in H hoogti gewclf, door kerck, kapel, koor. 
Zoo velc mengels van registercn en klancken, 
Waer voor onze eeuwen noch Orlandus zanglust danken, 
Zou hy gelooven dat geval die loncn mengt, 
Als verwen onderecnmet kunsten geest gesprengt ? 
{Bespiegelingenvan (iods en Godsdienst,) 

On cite encore un Swelingh (Dirk), organiste de la vieille 
église, fils du précédent, sur lequel on n'a pas de renseignements 
En 1645 ce musicien examina le grand orgue d'Alkmaar, fait 
par Van Hagebeer. 

Treels (J.) Parmi les bons organistes belges du xviii® siècle, 
on cite le père Treels, qui succéda à Michel Maes, en qualité 
d'organiste à Téglise Ste-Walburge d'Audenaerde. Treels était 
élève de De HoUander. 

Van Blankenbur» (Quirin), déjà cité dans notre ouvrage 
Les Artistes-mtLsiciens nëerlandais. Cet auteur dans son livre 
jElementa musica (i), commencé en 1680, publie le résumé suivant 
sur Torgue que nous avons textuellement traduit : 

DE L'ORGUE. 

1 1. L'orgue, tel qu*il est représenté par Printz(2), n'avait dansle 
principe que 13 tuyaux et est devenu actuellement le plus remar- 
quable instrument de musique du monde entier, attendu que non 
seulement il imite tous les instruments qui ont un son- permanent, 
mais même les voix humaines, à telle enseigne que des paris ont été 
engagés sur le point de savoir si oui ou non mon orgue était accom- 
pagné de chant. Décrire Porgue me parait inutile, attendu que Ton 
peut tous les jours constater ici de quelle manière cet instrument 
produit le son de la trompette, du cor de chasse, du cornet, du haut- 
bois, du basson, de la flûte, du flageolet, de la viola di gemba et de 
la voix humaine ; je ne décrirai pas non plus les additions de nazart, 
de clavecin, de sexquialter ni d'autres mixtures aiguës, lesquelles y 
ajoutées dans des conditions convenables produisent des résultats 
aus§i nombreux que beaux, ni la force des sons puissants tels que le 

(1] Nous avons acquis cet ouvrage très bien conservé. 
Chap. III, page 30. 



— 239 — 

bourdon, le prestaot de 16 ou 32 pieds, qui joints anx autres 
élargissent d*une rue en longueur la puissance des sons de Torgue. 

»2. Il appert de tout ceci qu'une grande science est requise de celui 
qui veut exercer les fonctions d'organiste, puisqu'il ne doit pas seule- 
ment connaître à fond son art, Tusagede tous les instruments et le style 
delà musique chantée, mais en outre être improvisateur habile et expé- 
rimenté, à l'effet de pouvoir créer ex abrupto sur l'orgue une espèce 
d*opérasar des motifs divers(qui ne peuvent être mesquins ni vulgaires, 
comme on dit aujourd'hui, mais qui doivent respirer le bon goût). 
Enfin il s'agit de dénouer le nœud, de faire la vérification de l'addi- - 
tion, à savoir : bien traiter une fugue ou un texte, avec détails, 
déductions, contradictions et généralement tout ce qui se rapporte 
i lart. 

>3. Sous ce rapport notre pays compte plusieurs hommes remarqua- 
bles et dignes d'estime ; maisd*autre part il y a aussi un grand nombre 
de personnes qui ne savent pas même déchiffrer la musique, voire la 
juger : Celles-là sont promptes à condamner, car la crainte de 
passer pour des ignorants les oblige à employer toute sorte de 
manœuvres. 

> 4. Lorsque, il y a quelques années, j'avais Thabitude d exécuter 
quelqu'une de mes compositions, on trouvait toujours qu'elle ne 
valait pas le diable ; il fallait que cela vint de loin, pour être bon. 
Mais lorsqu'à la place du vrai nom de Blankenburg, je substi- 
tuais la traduction italienne (Di CastelUanco)^ mes compo- 
sitions étaient trouvées admirables ; ce qui a duré jusqu'à ce que 
j'eusse quitté le masque, car alors ce fut la même histoire qu'avant. 
Ainsi il m'arriva vers la fin de décembre 1725 que l'on me remit un 
thème de 12 notes, en y ajoutant que je ne saurais pas traiter la 
fugue. Je me mis à l'œuvre et livrai la fugue demandée le 3 janvier 1726, 
en y ajoutant une courte lettre. Dix ans plus tard on a vu ici un 
ouvrage imprimé à Londres, intitulé Six fugues de M. Hàndel ; la 
sixième était composée du même sujet que celle composée en 1726. 

B 5. Je fus d'abord d'avis de ne faire semblant de rien, mais je fus 
pendant que J'écris cet ouvrage (septembre 1738) tellement rapetissé 
par quelqu'un, qui paria que mon œuvre n'était qu'un jeu d'enfant 
en comparaison de M. Hândeh que l'on doit m'excuser si, oblij^é à 
défendre mon honneur, j'ai fait imprimer ci-après ma susdite compo- 



— 240 — 

sitioD (que j*aî nommée de ce chef Fugue obligée)^ pour donner un 
élément d'appréciation au monde entier et même à M. Hândel. 
Celui-ci ne saurait me juger partialement puisque déjà il s*est loya- 
lement déclaré au sujet de mon Emblema Musicum^ dans leqael 
t deux font un et un fait deux », par expression symbolique appli- 
quée au mariage de la princesse royale d*Angletere avec S. A. Mgr 
le prince d^Orange, travail au sujet duquel Jean Joseph Fux, 
maître de chapelle de l'Empereur et Antoine Caldara, vice-maître 
de chapelle, m'ont envoyé de Vienne leur félicitation par écrit. 

» 6. Si je ne me défendais pas avec énergie contre les perfidies du 
susdit c( quelqu*un > et d'autres soidisant maestros nommés dans 
une préface (l), ce livre, que j'ai écrit avec tant de zèle et animé 
des meilleures intentions pour ceux qui veulent étudier, serait par 
eux méprisé et honni, afin que leur impuissance dans renseignement 
de Tart, ne devienne pas de notoriété publique : voilà pourquoi j'ai 
dû faire ici mes preuves, à Teffet de trouver crédit tant chez les 
hommes compétents que chez les personnes non initiées qui pourraient 
se laisser égarer par des maîtres ignorants, n 

Van Blankenburg fait suivre ce résumé d'une fugue de 
deux pages à quatre parties pour orgue en sol mineur, intitulée: 
FAiga obligata, année 1725. Le sujet de ce morceau est le même 
de la fugue éditée à Londres faisant partie du recueil des six 
fugues de HândeU seulement dans la fugue de Hândel le sujet 
est placé à la main droite et la reprise du thème se reprend à la 
main droite, tandis que chez Van Blankenburg c'est l'opposé. 
La composition de ce dernier, que nous regrettons de ne pou- 
voir publier ici, est très bien écrite et atteste des connaissances 
solides du contrepoint. 

Van den Bogaert (Pierre), fiils d'Augustin, organiste et 
accordeur des orgues de différentes églises à Utrecht à la fin 
du XVI® et au commencement du xvii® siècle, a pris une part 
active au développement de la construction de l'orgue. Il naquit 
vers 1535 et fut organiste à Utrecht l'an 1555. C'est un des 
hommes les plus laborieux à citer dans l'histoire de la musique 
au XVI® siècle. En 1580 on augmenta ses appointements, vu la 
nécessité de surveiller les orgues au troisième massacre 

fl) Schombag (ou Somhng). Camplofi, I. P» A-. Fltoh«r, D. SMtol, et<s. 



\ 



— 241 — 

d'Utrecht. Deux gardiens Kuycken et Adrien surveillaient la 
nuit, Van den Bogaert le jour. 

Ce musicien accordait en 1581 l'orgue de Téglise St-Nicolas 
et reçut cette année pour ses gages d'organiste et accordeur 
fl. 43 et 15 s. Il se chargea aussi de l'entretien des orgues. En 
1575 l'organiste Van den Bogaert était indiqué sous le nom de 
Wyten Bogaert, indication que l'on retrouve encore plus tard. 
En 1605, au mois d'août, on fêta avec pompe le 50® anniversaire 
d'organiste de Van den Bogaert. Une fête musicale en harmonie 
eut lieu à cette occasion et les comptes nous apprennent qu'on 
y fit des dépenses de vin, ce qui fait supposer qu'on a digne-^ 
ment fêté ce respectable vieillard. Van den Bogaert était aussi 
carillonneur, et J. Legerman, maître d'école et cantor le rem- 
plaça. VanGelder et Jean Michel Van Noord le remplacèrent en 
qualité d'organiste. Van den Bogaert qui était généralement 
estimé, mourut en 1619 vers Pâques, dans un âge très-avancé. 

En 1614, vu le grand âge de Van den Bogaert (i), on lui four- 
nit un adjoint nommé Legerman. L'activité de Van den Bogaert 
fut sans égale. En 1613, peut-être âgé de 70 ans, il était orga- 
niste aux églises St-Nicolas, Ste-Marie, Ovdmumter.et Saint- 
Pierre, ce qui est constaté par les comptes extraits de leurs 
archives par feu M. F. Kist. Il était de plus carillonneur à Saint- 
Nicolas et accordeur de plusieurs orgues. 

Il est certain que cet organiste s'est appliqué à l'étude de la 
construction des orgues, car en 1601 il accordait l'orgue à 
l'église St-Nicolas, pour lequel il reçut fl. 1 et 16 s. Il assistait 
aussi cette année, comme il résulte des archives, à la recon- 
struction ou à l'expertise d'un orgue, où on prit encore du vin. 
En 1602 cet organiste reçut fl. 100 par an en qualité d'organiste 
de St-Nicolas. Cet année il devint organiste à St-Pierre avec 
les mêmes honoraires. 

Ainsi Van den Bogaert s'est pendant 65 ans dévoué à la car- 
rière musicale, et dans toutes les pièces officielles on conclut 
que malgré son grand âge, cet artiste s'est distingué dans ses 
fonctions. 



(Ij Ende dat hem daerboven sali betaelt worden gelyrkc twintich gulden die hem sintt hoogc 
«uderdom en continuele dien$teniyn getuppleert om daernuule J . Legerman bovenm. tôt syn hulpe 
gehruikende té beloonen en daeromgegmen \^ gulden. 



*>AO 

Dans les archives on constate le décès de ce musicien et 
en 1620 on paya de la part de l'église St-Nicolas à sa veuve il. 25. 

Il paraît que cet organisteestlefrèredeJeanVandenBogaert, 
né à Utrecht, et le fils d'Augustin Van den Bogaert, instituteur 
de St-Pierre et en 1580 instituteur de la vieille église réformée 
à Utrecht. ' ^ 

Voici quelques renseignements officiels tirés des notes de 
jfeu M. Kist sur cet organiste : 

» 1575. Rek. St-Nic. kerk. It, betaelt aen Peter Augustym^ 
organisty van syn jaerlicx loon, 18 gl, It. meester Peter organiste 
voor syn moyten, als men d*orgelen maecte, betaelt 15 st. It. op 
20july, als men 't werck van de organen opnam in het couvent^ 
(couvent St-Nicolas), inpresentie van ons jyrvyr M. Peter y organisi 
in den Dom, onsen organist, M. Auguslgn^ Peter Aertsz, beide die 
Mrs die 't werk gemaekt hadden,' ende meer anderen, doen gedronken 
tien kannen wyns, die kan negen st. facit 4 gl. 10 st. 1581. It. 
M. Peter Augustynsz, organist der voors. kercke^ voor een jaer loons 
endevan't orgel te accorderen, 43 gl. 15 st. 1584. It. noch van 
tvoersz. orgel 't geheelejaer te accorderen, 1 gl. 15 st. 1585. It. 
. betaelt mr. Peter AugiLstynsz Van den Bogaerty organist voor een 
jaer loonsy 50 gl. It. Peter Wyborch, org., een jaer pensie, 60 L. 
Qegevffn voor traen, voor 't orgel mede te smeren, 18 st. 159Q.Kam. 
Rek. It. de drye buitendieners van mynhere den scout in den Dont 
ende in de Buur-kerkey goede opzigt gehadt hebbende op de ondaften 
ende insolentien, die aldaer onder het spelen opte organen ende 
undersins gepleecht worden, 9 L. 1601. Rek. St-Nic. Kerk, 
** Betaelt mr. Peter AtigtLstynsz. Wyten Bogaert organist honderd 
guldens van een jaer loons ofte dienste verschenen Lichtmis 1601 m^ 
als der kerckmrs ende geemene geburen met hem overgecomen ergo 
alhier C guident Noch denselven Organist van een geheeljaer door 
het orgel te accorderen als sulcx met hem is overcoemèn ende mede 
nae onder gewoenten 1 guld. 16 st. Mr Peter Augustynsz. Van den 
Bogaert organist betaelt van *t besteck van *t voai*s. orgell ende *t ac- 
coerdt te maecken en *t selve werck op te nemen ende voer zyn zoen 
van *t voors. accordt te schryven ende mede van *t voors. werck op te 
nemen een hoUandschen daelder, facit te samen 8 gvlden 17 st. 
Willem Reijers van Swaenenborch betaelt van wyn gehaelt ende 

droncken int opnemen van voorsc. orgell by de kerckmrs. gede- 



^ 



\ 



— 243 — 

puteerden, orgelmaeckers ende meesters, vermogem quita7itie 
19 guld. 15 st. 

Van den Gheyn (Matthias), né en 1721 et mort à Louvain 
en 1785, déjà cité dans notre livre sur les artistes musiciens 
belges. Depuis Tépoque (1861) de notre recueillement, nous 
avons été assez heureux de rencontrer de ce maître savant une 
collection de fugues. La plupart des fugues de Van den Gheyn 
sont à 3 parties, et ne sont pas écrites dans le style sévère 
comme celles de Hândel et Bach. Dans plusieurs de ces pièces 
il y a des intercalations figurées de fantaisie, où l'auteur sans 
avoir égard à son sujet, «e laisse entraîner par la fougue de ses 
inspirations, énergiques et de son habileté de claveciniste. 
M. Van den Gheyn a étudié les musiciens de son époque, et 
s'est parfois inspiré de leur manière ; souvent il est neuf et 
original. 

En un mot Van den Gheyn est un de ces compositeurs qui 
préfèrent naïvement la simplicité et la pureté du style aux 
trivialités. Ses œuvres marquent un véritable progrès dans la 
musique des compositeurs belges et Van den Gheyn occupe un 
rang éminent parmi les musiciens du xviii® siècle. Au nombre des 
fugues qui méritent une mention spéciale comme travail savant, 
nous citerons celle en ré majeur marquée de fuga allegro, com- 
position restée jusqu'ici inconnue aux biographes. 

Nous pourrions étendre notre analyse sur les œuvres si variées 
et si délicates de Van den Gheyn, mais les expressions les 
plus nettes sont impuissantes à rendre l'effet et l'émotion pro- 
duits par les sons de Van den Gheyn dans cette langue, qu'on 
appelle justement la langue musicade. 

Van der Borght (Natalis), organiste de talent né en 1729, 
mort à Louvain en 1785. Nous avons publié une notice sur ce 
musicien dans notre ouvrage traitant des artistes musiciens 
belges, et depuis nous avons rencontré de cet auteur plusieurs 
compositions. M. Van der Borght estàpeine connu en Belgique, 
et cependant il est un digne contemporain de Kraft, Raick, Van 
den Gheyn, Van Helmond, Robson, Van den Bosch, Boutmyet 
tant d'autres qui ont illustré l'école belge, non seulement par 
leur talent d'exécutants, mais aussi par leurs œuvres. Le hasard 
a mis sous nos yeux douze compositions pour clavecin de ce 



— 241 ^ 

maître, dont plusieurs se distinguent. M. Van der Borght est 
naïf comme presque tous les musiciens anciens, qualité domi- 
nante mais très-louable. Il est savant et simple à la fois, et il 
couronne dans son allure et dans sa forme cette candeur, cette 
jovialité qui rappellent si heureusement les anciens maîtres. 
En général ses œuvres sont moins difficiles que celles de ses 
compatriotes Van den Gheyn et Van den Bosch ; par contre, il 
a trouvé de nouveaux effets, et on trouve toujours dans sa mu- 
sique une harmonie pleine de charme et d'originalité. On peut 
reprocher à ce maître que sa musique n'est parfois pas assez 
nourrie, et qu'il abuse de fiotures à 2 parties qui fatiguent 
l'exécutant. Dans une des suites on remarque un charmant 
adagio, puis le vtvace giga presto en ré majeur est pétillant de verve 
et d'allure. Enfin ses œuvres dénotent chez leur auteur une 
grande habileté de mécanisme et une organisation musicale 
exceptionnelle. Ce morceau qui est un véritable spécimen de la 
musique de Hândel et qui est aujourd'hui au moins centenaire, 
renferme de piquants détails que ne désavoueraient pas les 
plus hardis de nos compositeurs modernes. 

La dernière et douzième composition du recueil, est une 
Fantasia en fa mineur marquée de trois bémols, écrite dans le 
genre de celle d'Emanuel Bach (né en 1714, mort à Hambourg 
en 1788), consistant en une suite de figures d'une assez grande 
difficulté, et qui demandent une netteté et une précision d'exécu- 
tion remarquables. En résumé, il serait à désirer qu'un éditeur 
intelligent sous la direction d'un artiste, publiât les compositions 
des artistes belges du siècle dernier, comme on a fait en France 
pour L. Ph. Rameau, Chambonnières, Louis et François 
Couperin, H. Purcell, N. Porpora, le père J. B. Martini et en 
Allemagne pour G. Hândel, J. etE. Bach, J. Haydn, W. Mozart, 
L. Van Beethoven et tant d'autres. Déjà M. Schott à Bruxelles 
a publié plusieurs compositions de Van den Gheyn trouvées 
par M. VanElewyck de Louvain, et nous ne pouvons qu'adresser 
nos éloges au but louable qu'ils se sont proposé. Puis pour 
les jeunes artistes ce serait une excellente étude à £aire que 
d'étudier les œuvres des maîtres àpeine connus dans leur patrie (i) , 

(}} Parmi les oomposltions que nous avons trouvées, se trouve une collection de 
ô sonates pour clavecin d'un auteur omis par M. Fétls dans sa Biographie univenelle, 11 
si^or Honaur. Ces œuvres ne présentent rien de particulier. 



— 245 — 

La plupart des œuvres de Van der Borghtsont restées incon- 
nues. Une publication soignée et doigtée avec indication 
du style obtiendrait, nous n'en doutons pas, un franc succès. 
Certes c'est une grande et belle mission que de mettre en 
lumière, que de propager des compositions d'hommes de ta- 
lent qui font la gloire de Tart musical ; mais de quelle 
volonté ne faut-il pas être doué pour conduire ce projet 
à bonne fin ! Cependant avec Taide d'un éditeur et la protection 
du gouvernement nous ne désespérons pas de nous mettre un 
jour à Toeuvre. 

Van der With (Gérard), artiste remarquable sur l'orgue 
né à La Haye vers 1640, fut d'abord organiste et carillon- 
neur à Hoorn. Le 29 mai 1684, il était appelé à remplir les 
mêmes fonctions à la grande église d'Alkmaar, où il remplaça 
H. Bakkerus, 'qui fut nommé organiste de la chapelle, poste 
qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée le *** juin 1708. A l'entrée 
de Van der With, on fit de grandes réparations aux orgues ; 
son influence était telle, qu'il obtint deux nouveaux carillons à 
la tour et à la Waag, commandés par le bourgmestre de cette 
ville. Le contrat des changements opérés sur la demande de cet 
organiste à l'orgue d'Alkmaar, a été publié par Havingha 
En 1685 ce travail fut achevé par Duyschot, puis examiné par le 
susdit organiste, Rypelberg et J. Bus. 

Cet artiste de talent, et dévoué à son art, mourut le 
5 décembre 1690 et fut remplacé par J. Bus. 

Van der With était un homme loyal, respecté pour ses qualités 
d'homme et nous sommes heureux de rendre un dernier hom- 
mage à sa mémoire. Voici comment Havingha (i) s'exprime sur 
ce musicien : « Maar als de mensch het meend naar zijn sin te 
hebben,en ailes tôt vermaak daar op te doen, zoo tôt verheerlijckinge 
van sijn schepper, tôt opmonteringe vanzich selvsenzijn medemensch, 
volgt met snelle schreeden die korte reijse en eeuwige verhuijsinge, 
zoo dat hij zijne plaatze selvs niet meer en kend. Dit kwam dien 
heroemden Van der With naar weinige jaren over ; *t was in 

(1) M. Havingha cite deux amateurs Andr6 et Lai\rentSchagen d'Alkmaar, qui cultivaient 
avec succôs le chant et les instruments, qui ont beaucoup contribué à la perfection du 
grand orgue d'Alkmaar, et qui ont fondé dans leur maison un coUegium muticum. C'est sur 
l'avis de ces amateurs qu'on a introduit à cet orgue certains cemitonium. Ces amateurs 
étaient décédés en 1*727. 



— 246 -- 

'tjaar 1690 dat men deezen anderen ApoUo voor de dood moeste 
zien swichten en zyn werk en dienst voor een ander overlaten. •» 

Organistes de la grande église d*Alkniaar : 

1620, J. H, Van Bourchain, né à Aix-la-Chapelle, mort 
en 1641 ; 1641, Jacq. Crabbe, de Sneek/qui quitta en 1670 ; 
1670, H. Bakkerus, d'AÎkmaar, jusqu'en 1684, année- qu'il 
toucha Torgue de la chapelle, mort en 1708 ; 1684, 29 mai, 
G. Van der With de La Haye, organiste de la ville de Hoorn, 
artiste de talent, mort le 5 décembre 1690 ; 1690, Jurien Bus 
de Harlem, organiste à Amsterdam, mort le 20 juillet 1691 
1691, J. Kempher à Campen, mort le 21 décembre 1701 
1702, E. Veldcamp à Leeuwarden, mort le 22 avril 1722 
1722, 3 septembre, G. Havingha, organiste à Appingendam 
1724, C. Van Herck ; 1808 à 1809, Kornlein, décédé cette année 
1809, Corneille Bërghuys, mort en 1815 ; 1816, J. G. Krauch, 
décédé en 1836 ; 1837, J. H. Ezerman. 

Van Eyck (Jean Jacques), gentilhomme et musicien aveugle 
dont aucun biographe ne fait connaître la vie. Cet organiste, 
flûtiste-carillonneur, mérite une place marquée dans ce livre, 
et jusqu'ici on n'a pu constater l'année dé naissance de Van 
Eyck, malgré les recherches de MM. Kist et J. Dodt, dont 
on nous a communiqué beaucoup de détails, en partie publiés 
dans le journal Cœcilia et dans les Archives de l'histoire 
religieuse et mondaine de M. Dodt. Van Eyck naquit à la fin du 
XVI® siècle. En 1625 Van Eyck était carillonnèur au Dom à 
Utrecht. En 1628 on le chargea de l'entretien et de la direction 
des cloches de toutes les églises et de l'hôtel-de-ville. En 1630 
Van Eyck reçut une somme (i) de 400 L. pour les frais du ca- 
rillon et pour enseigner deux élèves, afin de pouvoir le remplacer 
à sa mort. Il faut supposer que les bons carillonneurs étaient 
rares à cette époque. Malgré sa cécité Van Eyck avait un talent 
non moins remarquable sur l'orgue et la flûte. Un fait important 
à relever c'est que Van Eyck a publié des variations pour flûte 
intitulées : De Lustelyke Mey, où il emploie les fioritures et les 
figures si prodiguées par Hofmeister, Drouet, Tulou et d'autres 

(1) 1630. It. de*e eam«raer gestelt in kanden veut J. J. Van Eyck, beyermeester, de totftme van 
400 L\, daermedete beeottigen een aecoort van 30 eymbaeltgeiu metten appendicien vandien, omme 
daerop een bequaem. of twee te inHrueren, Un thuU êyne ktuut van beyeren met kem miet eu kome 
teêterven, ete. 



_ 247 — 

dans leurs compositions publiées au xix® siècle. Nous pouvons 
hardiment constater que. Van Eyck est le créateur de ce genre 
de variations, très à la mode il y a trente ans. M. Kram à 
Utrecht a communiqué à M. Kist un ouvrage bien rare intitulé : 
Der Fluyten Lusthofy beplant met PmLme»^ Pavane Almandey en, 
Couranten, Balletten, Airs, etc. En de nieuwste voizen, konstig en 
lieflyck gefigureerty met veel veranderingen. Door den Ed. Jacob 
Van Eyck, Musicyn en Directeur va^n de klock-wercken tôt Utrecht 
etc, dienstig voor aile konst-lievers tôt de fluit , blaes en allerlei 
^peeltuigh. Tweede deel. Amsterdam by Pâulus Matthysz, 
gedrukt 1654. Met een vignet. Cette œuvre contient 67 pièces 
et est dédiée au célèbre Constantin Huygens, chevalier, Messire 
Van Zuylichem, secrétaire de S. M. le prince d'Orange. 
La première partie de cet ouvrage était : Euterpe of speel- 
Goddin. 

M. Asselyn a publié des vers sur le Fluyten Lusthof de 
Van Eyck. Le même ouvrage est suivi de : 't Witnemend kabinet 
vol PavaveUy Almanden, Intraden, etc. En de nieuwste voizen, om 
met 2 en 3 Fiwlen of ander speeltuigh te gebmiken, 2 deel, *t Am- 
sterdam, by Paulus Matthias, in de Stoef-steegh, in 't niuzyk- 
boek, gedruckt 1649 au nombre de 67. Il est dédié à M"® Adriani 
Van den Bergh qui jouait la viola di gemba et la flûte. En 1655 
Van Eyck examina avec J. Van Noord et N. Luly Forgue de 
la nouvelle église d'Amsterdam, construit par WolffSchonat. 
On trouve encore un grand nombre de pièces de Van Eyck, 
qu'on peut classer parmi la musique de chambre de cette époque. 
Ces compositions pour flûte n'ont pas une grande valeur musicale, 
mais ses œuvres, sous le rapport de l'originalité, ne sont pas 
sans intérêt. Van Eyck touchait en 1625 le petit orgue au 
Dom d'Utrécht, mais on n'a rien de précis de son talent 
sur cet instrument ; enfin Van Eyck mérite une place paripi 
les bons musiciens du xvii® siècle, et il décéda en 1656 à un 
âge avancé. 

Dans les archives d'Utrécht publiées par M.Dodtilest constaté 
que le 1®' avril 1657 les héritiers de J. Van Eyck ont reçu une 
demi-année de traitement pour services. Joseph Dicx lui a 
succédé le 31 décembre 1657 aux appointements de 350 florins 
par an: 



— 248 — 

Voici quelques vers publiés par Van Asselyn en Thonneur de 
Van Eyck, qui sont imprimés dans Touvrage : Der Fluiten Lusthof: 

Zieltjes, die H gehoor verplicht, 

Aen de galmea der simbaaien ; 

Hoort W^an Kyeli die lokt iu 'l sligh, 

Bosschen dicht vol nachtegaalen ; 

Dien hy op het zoet geluit 

Van zyn kick en orgeipypen, 

Lockt dat zy schier zou grypen. 

Kroont gy, kroont zyn ziele fluyt, 

Met gewyde lauwre kransen 

Op het maatigh vingre danssen, etc. 

Outre son talent, d'organiste et carillonneur, Van Eyck était 
un instrumentiste fort habile. Nous avons sous les yeux quel- 
ques fragments (de Lustige Mey)àeQQ^ compositions de flûte qui 
offrent certaines diflScultés. En somme, Van Eyck était un de 
ces musiciens populaires, comme on en rencontre peu au 
XVII® siècle. Aussi dans FouvragedeM. Dodt, Archiefvoor kerke- 
lyke en wereldsche geschiedenissen, etc., Utrecht 1843, nous trou- 
vons qu'il était appelé à se faire entendre en public sur la flûte. 
Voici cet extrait tiré des livres <Je comptes d'Utrecht : 

1649, May 17. Jo. Van Eyck gecontinmerd zyn tractement, van 
80 gL tôt 100 gl. geatigmenteert, mits dat hy de wandelende luyden 
op 't kerkJwf somwylen met het geluyt van zyn fluytgen vermake, 

Enl632VanEycken sa qualité de carillonneur touchait fl. 80 
par an, mais vu son grand talent on l'augmenta jusqu'à fl. 100 
en 1645. 

A la mort de Van Eyck, un autre musicien détalent et peut- 
être son élève, Jean Dicx, le remplaça. Celui-ci reçut en 1657 
fl. 350. Dicx a écrit : Frans air, 2 var. Cet année Henri Van 
Maerle et J. Servaes étaient les organistes du Dom. Clermont 
dirigeait la musique. A la mort de Dicx en 1688, D. Slichtenhost 
et Ch. Valbeek le remplacèrent. L'organiste du Dom en 1658 
était Dirk Nyenhûysen, peut-être un membre de la famille des 
Nieuwenhuisen. 

Van Groenenburch (Michel), prieur des Dominicains à 
Utrecht, né vraisemblablement au commencement du xvi® siècle, 
et qui expertisa l'an 1545 l'orgue de l'église Buur-Kerk en cette 



— 249 — 

ville. En 1567 Van Groenenburch était un des examinateurs de 
Torgue construit à la même église par un nommé M. Peter. 
Voici des extraits des archives publiés par feu M. Kist : 

<» 1567. Rek. Buurkerk. It. als men dat orgel bestede aen 
M, Petety ont te vermaeckeni verdroncken aen wyn, 3 guld, It. 
gescenct de meesters, die de orgel opnamen ende goed gepresen 
hebben, als Michiel van Groenenburch^ en de M. Peter Wyborch, 
*tsamen 15 gl. 5st, -— 1569. It,, gegeven den organist van een 
jaer 24 gl, « 

Cet abbé doit avoir eu des connaissances approfondies de la 
construction des orgues. 

Van Herck (Corneille), né vers 1670, était un des bons orga- 
nistes de son temps. C'est ce virtuose qui fut appelé avec 
E. Veldcamp, H. Bakkerus et G. Kempher à examiner Torgue 
d'Alkmaar.Ge rapport est signé de Van Herck et daté du 28 jan- 
vier 1704. Van Herck vivait encore en 1726. Il était organiste 
de la chapelle. Ce musicien ne cultivai^ pas seulement la mu- 
sique, mais les muses trouvaient aussi en lui un représentant 
éclairé et dévoué. 

Van Hoogstraten (L. A.), organiste à Harlem en 1818 a 
composé plusieurs œuvres, entre autres une sonate pour piano 
avec accompagnement de violon, œuvre vi, Amsterdam, Steup. 

VAmphion (1819), journal musical, donne un rapport favo- 
rable sur cette œuvre. Van Hoogstraten était au siècle dernier 
organiste à l'église mennonite à Harlem et J. Hess fait Téloge 
de cet artiste. 

Voici ce que le livre de M. J. Hess dit de cet organiste 
lorsqu'il toucha à la Restauration l'orgue de l'église mennonite 
à Harlem : 

** Bn wanneer de Holpypy Si;., en Dukiaan 8 v., door den kun- 
digen heer Van Hoogstraten organist dier kerk bespeeld worden^ 
sweemt het geluid zeer naar de melodium. De zoogenaamde swel 
is de eerste die door den konstryken Friderichs orghelmaker in 
Gouda, daaringebragtis, en word tôt nog toe alleen in de Engelsche 
orgels gevonden. « 

Van Noord. H y a plusieurs organistes dans les Pays-Bas 
du nom de Van Noord. En 1665 J. et A. Van Noord ont examiné 
l'orgue de l'église nouvelle à Amsterdam, construit par 

32 



— 250 — 

J* Duyschot. Sybrand Van Noord, ancien organiste à la vieille 
église d'Amsterdam, était de 1692 à 1695 organiste du grand 
orgue à Harlem et se fixa après à Amsterdam. En 1703 le 
bourgmestre d'Alkmaar l'appela en cette ville pour examiner 
l'orgue. En 1655 un Jacques Van Noord, organiste de la vieille 
église, examina Torgue de la nouvelle église. En 1623 un 
Guillaume Van Noord était organiste à Utrecht en partage 
avec G. Van Duynkercken. En 1624 ce dernier mourut. Un 
Michel Van Noord était en 1604-1629 organiste à St-Nicolas à 
Utrecht et était déjà organiste au Dom. Malgré nos recherches 
il nous a été impossible de constater l'existence de chacun de 
ces organistes. Un J. Vàn Noord composa : Petites branles ge- 
broocken. Frère Fraper, deux variations. Malle symes, 2 varia- 
tions met 1 gel. En .1626-1628 Michel Van Noord occupait 
encore les places d'organiste à Saint-Nicolas et Saint-Pierre 
à Utrecht. Wouter Van Gelder partageait à Saint-Nicolas. 
Le dernier paiement dé M. Van Noord est de novembre 
1628 à mai 1629 qui s'éleva à fl. Lxxii et i . Il mourut vers 
1630 à 1631. 

Veldcamp ou Veldcamps (Egb.Enno), né àLeek(Groningue), 
d'abord organiste à Leeuwarden puis en 1716 à Alkmaar, con- 
naissait à fond la construction des orgues ; aussi, il assistait à 
la plupart des expertises de ces instruments. Il mourut le 
22 avril 1722, après quelques heures d'indisposition. M. Havingha 
de Groningue, organiste à Appingendam, lui succéda le 
3 septembre 1722. Veldcamp était noté comme un des 
principaux organistes de la Hollande. Havingha dit dans 
son ouvrage Oorsprong der orgelen : - Veldcamp is een braav 
en regischapen organist, wiens hennisse in ailes doorgehlonken 
heeft. » Son fils Eneas Egbert Veldcamp était organiste à 
La Haye en 1727. 

Verbeke (Paul), moine prémontré déjà mentionné dans notre 
livre Les Artistes-musiciens néerlandais^ était lors de la révolu- 
tion française organiste et carillonneur à l'abbaye d'Averbode 
(Belgique). Après les troubles de 1797, il était organiste 
de la grande église à Aerschot (Brabant) jusqu'en 1824, année 
qu'il se fixa à Bois-le-Duc. Son successeur à Aerschot fut 
J. N. Wuyts, organiste de 1833 à 1846, et mourut en cette 



— 25Ï -^ 

qualité à Malines Tan 1858. M. J. A. Van Dyck lui succéda 
à Aerschot. 

Verryth ou Verrbit (Jean Baptiste), organiste qui jouissait 
d'une certaine réputation vers le milieu du xvii® siècle. Il était 
organiste à Rotterdam vers 1650, qui fut l'année de sa mort. 
On connaitles ouvrages suivants de ce musicien : Pavanen met 
5 instrumenten gedrucki tôt Antwerpen, 1638. Ce livre est 
mentionné parmi les ouvrages appartenant au Collegium 
Musicum à Utrecht; Flammœ dtvinœ, binis ternisque vocibus 
eomcienendœ cum basso generaU ad organum, Anvers, 1649. 
in-4<*. Canwni amarosi à 3, lib. 2® Canzoni amorosi k i, lib..2. 
Ce dernier est con^jervé à la bibliothèque du roi de Portugal 
Jean IV. 

Wallet (Philippe Jacques), né à Wervicq le 1"^ mai 1718, 
reçut l'instruction musicale dans cette ville. Après avoir fait 
de profondes études de l'harmonie et du contrepoint, il obtint 
la place d'organiste de l'église primaire à Wervicq en 1750, 
poste qu'il conserva jusqu'à sa mort. €et artiste jouissait d'une 
grande réputation comme organiste. En musique il était com- 
positeur de mérite.Un de ses contemporains Pierre Deborchgi*ave 
le nomme dans ses écrits expert mmicien.Ce musicien, qui forma 
beaucoup d'élèves, décéda en 1793. 

Wansing (Frédéric), amateur-organiste capable et élève de 
J. Jurrens, naquit en 1759 (décembre) et décéda à Amsterdam 
en septembre 1827. Il est auteur de vingt-une messes et paraît 
avoir excellé dans les improvisations sur l'orgue. Cet artiste 
occupait une place honorable dans le monde musical, et comme 
homme privé, il a été constamment entouré de la sympathie des 
musiciens et de la considération de ses concitoyens. Il était 
organiste à Véglise Moses en Aaron, et ses messes ont été publiées 
après sa mort. 

Weyborch (Pierre et Antoine, père et fils), laborieux orga- 
nistes et trompettistes à Utrecht en 1559, artistes qui prirent 
une part active à la culture de la musique. P. Weyborch it 
expertisé l'orgue construit par un facteur Peter à l'église Buur- 
Kerk, en 1567. En 1579 il tenait l'orgue au couvent des Récol- 
lets, où il reçut pour six mois 30 L. 17 s. Les appointements 
des organistes étaient déjà bien accrus, car Schendel reçut par 



- 252 — 

an 60 fl. En 1581 quand le facteur Peter Jansz signa le contrat 
avec les marguilliers de Téglise St-Nicolas à Utrecht, pour la 
restauration des orgues, ceux-ci chargèrent Weyborch et un 
autre organiste connu, Henric Cornelisz, organiste de Saint- 
' Nicolas, de Texpertise de cet instrument. Weyborch s'est telle- 
ment distingué dans ce travail que les marguilliers de la 
confrérie romaine résolurent d'acheter deux sépulcres à leurs 
frais, tandis que Henric ne reçut que 31 s. J. Schendel forma 
le plan et reçut pour ses peines fl. 2 et 4 s. En 1581 Weyborch 
reçut encore comme organiste fl. 60. En 1582 et 1583 Weyborch 
était organiste à Téglise St-Nicolas, tandis que Schendel fonc- 
tionnait à Téglise Buur-Kerk. Tous deux avaient les honoraires 
de fl. 60. Weyborch était en 1588 organiste au Dom. En 1601 
Weyborch était encore organiste au Dom et reçut de la ville 
60 L. En 1603 il était aussi organiste à Téglise Otuimunster- 
Kerk. En 1602 Antoine Weyborch a expertisé Torgue, res- 
tauré par plusieurs facteurs. En 1603 Pierre ,et Antoine 
remplissaient simultanément le poste d'organiste au Dom. 
En 1605 le service était ainsi ordonné qu'il ne fallut qu'un seul 
organiste, et le fils de P. Weyborch, Antoine, succéda à 
son père. 

C'est aussi Weyborch qui, en 1559, était chargé de se 
rendre à Anvers, pour acheter des instruments, pour compte 
de la ville d'Utrecht. 

En 1614 Antoine Weyborch fonctionnait encore en qualité 
d'organiste aux églises du Dom, St-Nicolas. Ovdmunster et 
Ste-Marie où il y avait deux orgues. En 1620 J. Perreus lui 
succéda, cependant en 1622 Weyborch est de nouveau cité 
dans les comptes. 

Voici difierents renseignements sur ces artistes que nous 
rencontrons dans la Cœcilia de feu M. Kist : 

" 1567. Rek, Buurkerk It, als men dat orgel bestede aen M^, 
Peter om te vermaken, verdroncken aen wyn, 3 gl. It,, gescenct 
den meesters, die die orgel opnamen ende goed geprezen hebben, als 
Michiel van Groenenburch ende M^ Peter Wyborch, V samen 15 
gl, 5 st, It,, alsoe 't groote orgel meestendeels gebroken ende ont- 
steelt was, soe hebben wy dat werck aanbesteedt, nae vermogen der 
cedulen daeraf synde, M^ Peter orgehnaeker, omme dat wederom 



— 253 — 

te maken, daeroff beloeft hebben te betcUen fiondert ende sestich gui- 
den, etc. It,, noch mede den pastaren mit den voorsz. persoen ende 
orgelmaeker mit meer anderen tôt 12 personen te gast gehadt, aen 
spys ende cost, 3 gl. 10 st. It., M^ Peter orgelmaeker betaelt op "t 
orgely 30 gl. » 
1579. It., den 8 Sept, syn vergadert geweest beide de bwige- 

meesters etc., ont te accorderen mst M' Pieter Wijborch, nopende 
het bedienen van het organistschap te Minderbroeders^ ende doen 
verteert 9 L. 17 se. It., M^ Pieter Wijborch, organist, betaelt 30 
L., voer een hcUf jaer pensie, omdat hy als orgelist gedient heeft te 
Minderbi'oeders. »» 

*♦ 1581. Item d! voorsz. orgel ende posityf gemaeckt synde als 
boven, hebben die voorsz kerckmeesters, tôt opnemen van dien gecom- 
mitteert M' Pieter Wijborch, organist, ende Henric Comelisz, 
organist. St. Jacob ende 't selve nae behooren opgenomen hebben, 
ende omme d! selve dierCsten ende andere voorgaende diensten by de 
voorsz. Wijborch de voorsz. kercke gedaen, hebben de kerckmeesters 
hem toegeseyt een de van voorsz. twee grafsteden, van de Romeynen 
hroederschappe gecoft, ende voorts nu Henrick betaelt voor zyn 
moeyten ^\st. ^ 

" Item, Anto. Wijborch, stads tromper, van sekere instrumenten 
van Sacquebouten, cornettm ende acht boucken musyks by hem 
gecoft, 95 i. 2 se. Item P. Wijberch org., 60 L. »» 

»* Item Magro Petro Wijburgh organiste ecclesiae nostrae pen- 
sionem suant hujus anni L fl. ^^ 

*• Rek. Sint-Pieter-Kerk. Soivi Mro Petro Wtenbogaerts 
organico nostro pro annua sua pensione cessa 1 Sept. 1602 et 
1 Mai 1603. n 

** Antonia de Wyburgh ratione reparationis Organorum 
eccles. nostrae et bibita fuer ein edibus dicti fabr. mag. xitii 
pocula vini. i» 

•' Item Petro Wyeborch organistae nostrae pro pensione sua 
annua juxta decretum de data 14 Dec. 1596, c f, »> 

«1603. Rek. Dom-Kerk. Item organesti, nostris Petro et Antonio 
de Wyborcg pro pensione suaannuu uts. Item, calcanti folles orga- 
norum UtSi w 

^ 1610. Item Mgro Antonio Wyburch organistae xxv fi. Magis- 
tro choralium a Putten, SuccentQribus uts. » 



— 254 — 

" Stedel, Regist.van Andries Waelkens etc., als possesseur van 
synen huisinghe gheheten Ghroot Lepelenborgh, staende opte Camp 
ande stad wailen, ende heloofde M^ Pieter Weyborch, organist, als 
possesseur van syn huisinghe daer hy inné woent, genaemt Clein 
Lepelenborghj te vryen ende te condemneren van al sulke noyt daer- 
voor, die voosegde twee huisinghen tôt hehoef v. d. ende van dejuerl. 
rente ende aile aencleven van dien etc. » 

« 1620. It. Magistro Antfionio Wybarch lUs. It. Confectori orga- 
narum tUs. It. Calcanti folles uts. » 

« Item Antonio Wyéborch organistae nostrae pro pensione sua 
annuajuxia decretum etc. cxxv f. Item confectoribus uts. » 

Antoine était en 1616 organiste aux églises du Dom et 
Oudnrnnster-kerk , places qu'il conserva jusqu'en 1622, pro- 
bablement Tannée de sa mort. En 1623 Jacques Perreus le 
remplaça à l'église* Oudmunster, et Gerbrant A.ntoniusz au 
Dom, qui fit la besogne temporaire pour un organiste Mart 
Jansz, d'Anvers. 



LÉS 



ORGANISTES ET MAITRES DE CHAPELLE 



DE LA CATHEDRALE D ANVERS, 



depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. 



Depuis *^trois ans nous avons eu le bonheur de fouiller les 
archives de la Cathédrale d'Anvers, où des renseignements 
utiles ont été recueillis par nous, dont déjà une partie a été 
publiée en 1861 dans notre ouvrage Les artistes musiciens 
Belges (i). 

Le chœur de la Cathédrale est établi depuis 1398. 

Les comptes de Téglise (a.dministration de la Cathédrale) r ^ 
datent de 1431 et sont parfaitement conservés. La confrérie ^ ' 
Notre-Dame, date de 1478 et lé premier service y fut célébré 
le 12/évrier de cette année. Parmi les premiers maîtres-ser- 
vants de cette confrérie on distingue : H, Jacob van Savoijen, 
grc^ef van Romont, Riddere van 't guide Vlies^ derden sone van 
Louis deneerste, hertog van Savoijen; H, PeetervanBossu,riddere 
van 't guMen Vlies, Cancelier van Vrankryck ; Misier Ghig van 
Roctseforty Raet van Mynheer van Oostenryck ; Heer Jan Kalge- 
nenson, Borghemeester van Antwerpen, 

{l) Beaucoup de ces rauslbiens sont indiqués sous la dénomination de leur prénom avec 
indication de leur emploi. On trouve par exemple: Jandcn orghelitt* Jacob dentanghmcetler. 
M. L. De Burbure nous a communiqué quelques dates de ce travail. 



— 256 — 

La confrérie du Saint-Sacrement date de 1672. On a conservé 
dans ses archives un livre des plus précieux que des souverains 
et des grands personnages, qui ont visité la cathédrale, ont 
signé de leur main, et qui se trouve illustra de beaux des- 
sins à couleur et d^armoiries de familles. 

Avant la révolution française il y avait à la Cathédrale trois 
orgues. Celui de la Cathédrale, puis un orgue à là chapelle des 
confréries Notre-Dame et du Saint-Sacrement. 

Le jubé du chœur fut construit en 1596. Il était soutenu par 
seize colonnes en marbre rouge. L'orgue qui y figurait était 
placé en 1657 et P. P. Rubens (mort en 1640) en avait fait anté- 
rieurement le plan. 

Un chœur de musique était établi à la cathédrale, où les 
enfants recevaient Téducation musicale aux frais du chapitre. 
Un maître dirigeait cette éducation, et la maison (établie 
Marché au Lait) où se donnait cet enseignement, portait le titre 
de ChoraelhuiSy maison chorale. Cette institution si recomman- 
mandable à tant de titres, a jeté une vive lumière sur les 
progrès de l'art musical en Belgique, et plusieurs piusiciens 
illustres des xv® et xvi® siècles ont fait leur éducation musicale 
à cette école. Les livres des comptes sont en flamand et très 
soigneusement conservés. Ils ne sont pas tous au grand com- 
plet. Pour les recherches artistiques sur les travaux des peintres, 
sculpteurs, architectes, doreurs, etc., ils offrent des ressources 
inépuisables. 

Nous allons faire connaître alphabétiquement la liste de ces 
maîtres (l) : - 

Adorne (Jacques), organiste de la cathédrale en 1508, 
En 1491 les comptes de cette église font mention d'un organiste 
Claes (Nicolas). 

Adrienssens (Wibrand), maître de chant en 1614. En 1641- 
1642, maître J. Fournaux lui succéda. 

J. Reuslin était carillonneur à cette époque et occupait encore 
ce poste en 1688. 

AERD,un des plus anciens organistes connus de la Cathédrale, 
fonctionnait en cette qualité l'an 1434. 

(1) Il se peut que quelques musiciens aient échappé à nos recherches dans ce long et 
laborieux travail. 



— 257 — 

Nous faisons suivre quelques extraits des comptes de la 
Cathédrale des xv® et xvi® siècles relatifs aux maîtres de chanta 
organistes, etc., qui n'ont jamais été publiés : 

1431. Item den organist ende blazer in Sacrainento dagen te 
samen xii gr. 
n Item den Beyaerders te goder vi gr. 

Il est donc constaté que l'usage du carillon était connu en 
1431. M. Ed. Fétis, fils, dit dans son ouvrage Les musiciens 
Belges, tome second, p. 18-19, qu'on croit généralement que 
Torigine des carillons date du milieu du xvi® siècle et qu'Ajivers 
avait possédé le sien dès 1540. C'est là une grave erreur, 

1431, Item den organiste ende blazers te goder, xii gr. 

1434. It, Heirr. Aerd orgonùte xxviii croenen. De croene voor 

XXV cromst, moken vu 9 xv se. vi d. 

1435. Item den organiste ende blazers, xii gr. 

n II Clioraels van den tortysen de draghenne, xi gr. 
n Den stormluyders, viii gr. 
1455. Item den Sanc meestere van onser Vrouwe love, xviii gr . 
• »• It, H. Ooergheloen de orglielist xl peters enz. ix « gr. 
1465. H, Godenoel orghelist xlii peters. 
« Den Peter xix stuvers enz., ix *»^ xix se vi d. 
»» Den Sanc meester van ons Vrouwen love, xvmgr. 
1483. Den Sancgmeester aile maenden, v st. 
« Comtjs ende Verss xxxiii, ni <g,, 
*» un sangliers die mette meester enz., vi «. 
1551. Item Meester Cornelis DeMildert organist van den kerken 
Sint Jansmis, ix^. 
» Meester Hans Erffus van den orgeUn te onderhovden te 
Paesschen, xii se. vî d. 
1556. Item. Heer Meester Gerstiam de niewe organist van den 

Kercken enz,, ix ^. 
1572. Item. M. Scenaes organist xviii ^. 
Barbé (Antoine), inhumé dans la Cathédrale et maître de 
chant pendant nombre d'années depuis 1529. Il fonctionna 
jusqu'en 1564. Un artiste du nom de Rombauts est également 
cité parmi les organistes de ce temps (1530). Barbé décéda pro- 
bablement vers 1565 à 1566. En 1565 il reçut, selon le livre de 
comptes, une certaine somme. 



— 258 — 

Barbireau pu Barbirianus (Jacques), maître de chant à 
Téglise collégiale de Notre-Dame en 1448. Il conserva cette 
place jusqu'à sa mort qui arriva en 1491. On a conservé de lui à 
la bibliothèque impériale de Vienne une messe à cinq voix avec 
Tinscription : Virgo parens ChrisiL On a encore de lui une messe 
à quatre voix et un Kyrie de messe de Pâques. Barbireau est 
probablement sorti de Técole deVanOckeghem. Il n'est que peu 
cité par les historiens, et il était en correspondance assidue 
avec R. Agricola. Quand celui-ci se trouva à Heidelberg, Bar- 
bireau lui demanda beaucoup de ses. compositions. (Agricola 
(Rodolphe) naquit àBaflo près de Groningue en 1442 et mourut 
en 1485.) Le journal musical Cœcilia de M. Kist publia une 
notice sur ce maître. 

Bauldouin (Noël), né en Belgique dans la seconde moitié du 
XV® siècle, occupa la place de maître de chant de 1513 à 1518. 
Les livres de comptes de la confrérie Notre-Dame mentionnent 
souvent ce musicien. Il succéda au maître de chant nommé 
Meester Jacob de sanghmeester. 

Baustetter (J. t.). Voir notre ouvrage: Galerie biographique 
des ArOstes-musiciem belges (1862). 

Bessems (Joseph), remplaça M. Kennisen 1845. M. Besseras 
apprit les principes de musique de M. Gharels, maître de chant 
à Téglise St-Charles, où il était enfant de chœur. Le jeune 
élève avait une fort agréable voix de soprano, et Kennis, dit 
le vieux, le chargea des solos à Téglise des Dominicains. Agé de 
13 ans, M. Groeters lui donna des leçons de violoncelle, et 
quelques années après il remplaça le musicien Truyts à la partie 
d« violoncelle ; ce dernier lui légua à sa mort son violoncelle 
comme récompense. Parti pour Paris, M. Bessems se perfec- 
tionna sous la direction de MM. Franchomme et Chevillard, 
deux artistes de talent. Une place de deuxième violoncelle lui 
fut offerte à Paris, mais M. Bessems préféra rentrer dans 
sa ville natale. 

A son retour en 1833 on le nomma maître de chapelle à 
Saint-Charles (ancienne église des Jésuites). En 1839 il fut 
désigné comme maître de chant dans une école primaire, et en 
,1845 à l'école de musique. Sa nomination de professeur de mu- 
sique à T Athénée date de 1850. M. Bessems on peut le constater. 



— 259 — 

continua consciencieusement à perpétuer la tradition des bonnes 
œuvres de musique sacrée. 

Blavier (André). Voir le susdit ouvrage. Co musicien mou- 
rut vers 1764. M. Van Noortbeek lui succéda. 

Bille (i) (Pierre Joseph) naquit à Moulbais-Chasteler le 18 
août 1745. Il était* jfils de JeanB*® Bille let de Marie Marguerite 
Foucart. 

Il fit ses premières études sous les auspices du chapitre d*Ath. 
Doué d'une très-belle voix il s'adonna aussi à Fétude de la musi- 
que, qui devait un jour être sa véritable vocation. 

Le jeune Bille fut ensuite envoyé par le même chapitre à 
Puniversité deLouvain, à Teffet d'y faire ses études supérieures. 

Son goût pour la musique et le chant s'accrut avec l'âge. Il 
s'y adonna bientôt complètement et après avoir achevé le cours 
de philosophie, il s'attacha comme chantre à l'église Saint- 
Pierre,, à Louvain. 

C'est alors qu'il composa les messes et autres chants religieux, 
à deux voix, dont le recueil, imprimé chez Urban, à Louvain, 
parut en 1775 sous le titre de : Duodecim missœ etmissapro 
de functis ; sequuntur quatuor antiphonœ de Beata Maria Virgine 
et viginti quatuor nwdulamina; duarum vocum, auctore P. J. Bille, 
exMoulbais, insignis ecclesiœ collegiatœ Divi Pétri Lovanii, musico^ 

Ayant quitté Louvain pour se fixer à Anvers, il s'y maria, en 
l'église de N.-D. le 6 novembre 1780 à Barbe Louise Alexan- 
drine Ippersiel. Dès 1779 il était attaché en qualité de vicarius 
musicus tenar au chapitre de la Cathédrale. Il y resta pendant 
4 ans, c'est à dire jusqu'à la fin de 1783. Il résida ensuite suc- 
cessivement à Pommerœul, Leuze, Sart-Moulins et Braine L'ai- 
leud et finit par se fixer à Bruxelles, où il devint économe^ 
directeur de l'Hospice de Tlnfirmerie au Biguinage. 

Bille continua jusqu'à la fin de sa vie c\ s'occuper de musique 
et de chant. Malgré son âge avancé il avait conservé sa voix 
d'une pureté remarquable, et il mourut, frappé d'apoplexie, le 
13 septembre 1807 dans l'église même du Sablon, où il avait 
été invité à chanter au jubé, à l'occasion d'une grande solennité. 

Il laissa un grand nombre de morceaux inédits dont les 
manuscrits passèrent entre les mains de ses amis. 

'(1) Quoique Bllla n'appartienne paâ à lar catégorie des maîtres de chant et organistes de 
la Cathédrale, nous croyons devoir accorder à cet homme de talent une place dans 
cet ouvrage. 



— 260 — 

' Les productions de Bille et notamment celles contenues dans 
le recueil précité, très-connu sous le nom de Leuvensche boeks- 
kens, ont conservé la vogue, jusqu^à ce jour, dans les églises de 
campagne. Une se^conde édition en a été publiée en 1830 par 
Hanicq à Malines. Ce recueil nouveau contient outre les 12 
messes et la messe pour les morts, 4 antiphones de la Vierge, 
24 motets, ainsi que 4 motets nouveaux. 

L'approbation donnée alors à cette publication au nom de 
lier TArchevèque de Malines, est conçue en ces termes : <* Les 
»» douze messes etc. du célèbre Bille sont justement renommées 
« pour leur facilité et leur simplicité, qui les met à portée de 
»» tout le monde. Un ecclésiastique versé dans le plain chant, 
^» les a revues et corrigées en quelques endroits. Il y a en outre 
« ajouté 4 nouveaux motets inédits du même auteur, etc. De 
M cette manière Touvrage a acquis un surcroit de mérite et 
•♦ d'utilité etc. Nous approuvons cette nouvelle édition et la 
« recommandons particulièrement à toutes les églises. « 

Loin d'être irréprochables en les examinant au seul point de 
vue de Tart, les productions de Bille méritent, en se reportant 
à l'époque dé leur première apparition, d'être appréciées et 
jugées avec bienveillance. En introduisant dans le chant d'église 
la qualité des voix Bille s'eflbrça de faire diversion à la monoto- 
mie du plain chant, et sa musique est une sorte de transition 
entre le plain chant uni et le chœur. 

Bille laissa plusieurs enfants, deux fils et cinq filles. Son fils 
Jean B*® Bille mort à Bruxelles le 8 janvier 1845, devint direc- 
teur du Grand Hospice de l'Infirmerie au Béguinage, lors de la 
fondation de ce magnifique établissement (1824) et conserva ces 
fonctions jusqu'à son décès. 

M. Eugène Stroobant, littérateur flamand distingué, est 
par sa mère. Rose Bille, petit-fils du musicien, auquel nous ve- 
nons de consacrer la présente notice. 

BoETS (Gaspard), org&,niste en 1640, succéda à Foumaux. Il 
y resta jusqu'en 1658 et Hendrikx lui succéda. En 1647 Gaspar 
Boets reçut fl. 50. Les comptes mentionnent : 

It, betaelt aen Gaspar Bodst, sangm^ voor extraordinair etc. 

It. betaelt onse sangers speellieden op den biddag G, 47-7. 

Les speellieden ont fonctionné à la Cathédrale jusqu'à la fin 
du siècle dernier. 



— 261 — 

En 1659 cet artiste occupait encore cet emploi. En 1660 
D. Van Brul était organiste. 

BoRMANS (Antoine), organiste du chœur en 1632. Il occupait 
ce poste en partage avec Liberti. H. Cramma était carillonneur. 

Bredeniers ou Bredeneers (Henri), né à Lierre vers lamoitié 
du XV® siècle, ancien organiste de Philippe-le-Beau qu'il accom- 
pagna en Espagne vers 1505. Il a été organiste, de 1493 à 1501, 
de la confrérie de la Sainte- Vierge. Nos renseignements pris 
à Lierre aux archives ne nous ont rien révélé sur ce musicien. 
A la bibliothèque royale de Bruxelles on a conservé de lui une 
messe à quatre voix et un de ses motets, Misit me Pater, qui fut 
imprimé à Anvers en 1529 chez le célèbre Plantyn. Bredeniers 
était le chef des enfants de chœur de la chapelle et mour-ut 
selon toute probabilité à Lierre vers 1525. 

Briest, organiste de la Cathédrale en partage avec Liberti, 
Tan 1628. Il reçut cette année 15 fl. pour 3 mois, puis fl. 30 
pour 6 mois. Liberti reçut pour jouer le positif fl. 45. Il con- 
serva ce poste pendant peu de temps. 

Bull (John), indiqué dans le livre des comptes sous le nom 
de Doktor Bol et Boll, naquit en Angleterre et se fixa à Anvers 
en 1617. (Voir notre ouvrage précité.) Bull habitait une petite 
maisonnette à Téglise même, où est établi aujourd'hui le con- 
cierge. En 1618 Bull reçut fl. 100 par an, et en 1624 ses appoin- 
tements montaient à fl. 160. 

Voici ce que le Guide Musical de Bruxelles publie sur J. Bull 
(No« 25-26, 1861) : 

« M. Clark, hàtons-nous dele dire, n'avait pas in venté John Bull ; 
il n'en avait pas même fait la découverte fortuite. John Bull était un 
compositeur fort connu en An(];leterre, et cité dans toutes les biogra- 
phies. Né en 1563 dans le comté deSommerset, il s'était signalé par 
des dispositions précoces et avait été reçu, fort jeune, docteur en 
musique à TUniversité d'Oxford. Il fut nommé parla reine Elisabeth 
organiste de la Cour et professeur au collège Oresham. 

» Le docteur John Bull entreprit pour sa sanlé un voyage suc le 
continent. 11 visita TAllemagne et la France. Partout son mérite le 
fit accueillir avec une grande distinction. Plusieurs souverains vou- 
lurent rattacher à leur service ; mais il préféra retourner dans son 



{^ys« Jacques I^ qui ayait succédé à Elisabeth* le nomma son orga- 
niste particulier. C'est à cette époque de sa vie que se rapporte fa 
composition du God save ihe King. John Bull fit ce chant pour 
célébrer Tespëce de miracle par lequel le roi Jacques avait échappé 
à la conspiration des Poudres. Ainsi s^expliquent les paroles bien 
mieux que dans Thym me de Saint- Cjr, qu'on prétendait avoir été 
traduites dans le God save the King. Sauvez le roi, tenyez le roi ! 
se comprenait très-bien dans un chant composé à Toccasion d'un 
événement oii l.i vie de Jacques P avait été grandement exposée. 
Mais de qui ou de quoi s'agissait-il de venger Louis XIV? Une 
chose étrange, c'est que John Bull, qui aurait dii être plus en 
faveur que jamais après avoir donné au souverain ce témoignage 
musical de dévouement, quitta, à quelque temps de là, l'Angleterre 
pour aller chercher fortune au Continent. On ignore où il avait 
terminé ses jours. Nous pouvons apprendre à ses compatriotes que 
ce fut la Belgique qui lui donna d'abord une retraite honorable, 
puis ensuite un tombeau. John Bull vint à Anvers en 1G17, et 
sollicita la place d*organiste des trois orguesde la cathédrale devenues 
vacantes par la mort de Rombout Waelrant. Le chapitre de la cathé- 
drale la lui accorda, et John Bull prêta serment, en sa nouvelle 
qualité, le 29 décembre de la même année. Il mourut à Anvers, le 
12 mars 1628. » 

Glas (Maître), organiste mentionné dans les comptes de 1480 
et années suivantes. En 1480 il reçut 7 livres et 4 esc. L'année 
1480 mentionne encore : lU den sangmeester van onze Vrouwen- 
koor XVIII gr. 

Callaerts, (J.). Voir notre ouvrage précité. Depuis un an 
il est carillonneur de l'église et remplaça M"^ Volckerick. 

Cocx ou CocQ (Jean) maître de chant à la confrérie de Notre- 
Dame en 1667. En 1668 Cramma que nous avons déjà rencontré 
en 1636 et qui remplaça Riole était encore carillonneur. De 
Wever le remplaça. 

Cornet (Séverin) né à Valenciennes vers 1540, maître de 
chant en 1573. Il épousa, paraît-il, la fille de Barbé, fit ses étu- 
des en Italie et fut le maître de C. Verdonck. Cornet succéda 
à Barbé. 

Damiens (prêtre) musicien qui enseigna les enfants de chœur 
Àla Cathédrale en 1735 et années suivantes. Conf. du S^Sacrement. 



— 263 — 

De Backer (Maître), maître de chant en 1714, à la confrérie 
du Saint-Sacrement. De Tiëge fut son successeur. De Backer 
succéda à Van der Weyden. 

Les archives mentionnent ce qui suit : 

Betaeld aen de weduwe Barbara Van de Wene echtgenoct van 
den sangmeester De Backer Gui. 26. (1714) 

De Cort (J) organiste de Torgue de la Cathédrale en 1687. 

CoENAES {**"*) organiste de la Cathédrale de 1576^1579. 

Delarue (Pierre), ou (Petrus) Platensis, né vers 1480, 
maître de chant vers 1500 à 1505. Il fit ses études en Italie, et 
on a conservé de ses compositions musicales à la chapelle pon- 
tificale et aux bibliothèques de Bruxelles et de Cambrai. 

Delien ou Deleije (Walter) abbé, organiste de 1687 à 1702. 
Govaerts lui succéda à la confrérie N.-D. 

Delien fut nommé organiste de la confrérie N.-D, le 28 déc. 
1687. Les chanoines du chapitre de la Cathédrale avaient 
nommé un autre artiste. Contre le gré des maîtres-servants, 
ils avaient chargé cet organiste ^e toucher Torgue du chœur et 
firent retirer Delien ; c'était le jour de St. -Thomas, 21 déc. 
1687, avec le consentement de Tévêque. Par suite de ce diifé- 
rend, il y eut le matin entre 9 et 9 i/2 heures, un grand 
tumulte à Téglise, pendant la procession (voor den noodt van 
denkeyser). Un procès eut lieu- où intervinrent les avocats Reyn 
et fils, Bollaert, Martens et Nys. Par suite de cette procédure 
l'arrêt ratifiant la nomination de Delien a été conservé. Toutes- 
ces pièces se trouvent dans les archives. 

Delien mourut vers 1703. Les archives font part d'un paie- 
ment à ses héritiers. 

Aen de erfgenamen van Delien zaliger orgelist, betaeld voor zyn 
gagie tôt aUerheiligen. gl. 30 (extrait des archives.) De Wever 
était carillonneur. à cette époque et reçut 42 fl. l'an. 

De Fesch (Guillaume). Voir notre ouvrage précité. Il est 
encore auteur de : Sonate in due libri ; il primo : 6 a violino, 
violone, ed cembalo, ed il secundo : 6 a due violoncelli — da Gui. de 
Fesch oper, qua to libro primo, Amsterdam 1725, in-4**. 

Voici ce que les archives mentionnent sur la démission du 
maître de chant de Fesch : 

* 1731. Alsoo den Sanghmeester De Fesch op Sondag in oclober 



— 261 ~ 

1731 de dienende H. Meesters deser Capelle liadde misnoegt en het 
behoorlyck respect benomen^ soo hebben d'Heeren Meesters hun 
daerover vindende gegraveert en den Sanghmeester voor eenige tydt 
by svspentie het ocsael te verbieden dat hem behoorlyck is aengedient^ 
als wanneer gevolghl is de vo&rdere disgratie etc. 

« JULIANO VeRHOEVEN 

» Secret. « 

J. Fiocco lui succéda. 

Delin (Charles). Voir notre ouvrage précité. 

De Tiege (J.), maître de chapelle en 1715. Il reçut un dernier 
payement en 1716. Serigiers lui succéda. 

Dey ou Do y (Ignace), organiste de la confrérie de la Sainte- 
Vierge en 1558. 

De Trazegnies (famille). Voir notre ouvrage précité sur les 
musiciens Belges. 

DiSY (Jean), maître de chant, en 1511, de la confrérie de la 
Sainte Vierge. 

DiSY (Jacques), organiste de cette confrérie en 1511. L'année 
1512 est illisible dans le livre des comptes. 

DoEi (Jean), maître de chant de la confrérie Notre-Dame en 
1498-1505. 

Eve (d\ abbé, Alp.). Voir notre ouvrage précité. D'Eve était 
en 1719 maître de chant à la confrérie Notre-Dame et remplaça 
Paul Serigiers. De Wever figure encore comme carillonneur. 
En 1724 Everaerts lui succéda. De Fesch succéda à D'Eve. 

Faber (Jean Frédéric), né vers 1702, organiste de la confrérie 
du Saint-Sacrement en 1725; fut définitivement admis en 1726 
après la démission du chanoine D. Raick. Faber fut ordonné 
prêtre et chanoine à la Cathédrale. La confrérie du Saint-Sa- 
crement, par suite de troubles, a été fermée depuis le 27 sep- 
tembre 1797 jusqu'au 5 janvier 1806. Faber était avant 
organiste de l'église Saint- Jacques. 

Voici la liste des membres exécutants du jubé en 1731 : 

Couraeken, Placqué, Rero, Dydt, Bossier, Stein, Poderu, 
Van Rero, Jome, Bathrano, Bouton, Hendricâx, major et miner, 
Scherpenbergh, Van Hierschot, Claesens, Van Heelen, major et 
minor, Lemier, Velyn, Kolfs, Vandersteen, Bohelaer, Provost, 
Vadder et Soriliaco. 



,— 265 — 

Au dessus de cette liste se trouve inscrit : 

Voor extraordinaire scHoone mitsieck ten tyde van d^ octaef van 
het Allerheyligste. 

Fiocco (famille). Voir notre ouvrage précité. 

FouRNAUX (Jean), maître de chant de la confrérie Notre-Dame 
en 1643, succéda à Adriessens. Gaspard Boets ou Bodts rem- 
plaça Fournaux. 

GoDENOEL, un des plus anciens organistes de la Cathédrale, 
fonctionnait en cette qualité Tan 1467. Dans les comptes de la 
Cathédrale on mentionne un paiement fait cette année pour 
des réparations aux soufflets. Les comptes souvent ne citent 
pas les noms des artistes, mais on trouve : Betaelt aen de 
orghenist mitten blaeser en beyaerder. 

GossÉ (François Joseph), fut enfant de chœur à la Cathédrale 
de 1745 à 1751. A son départ pour Paris à cette époque, Tad- 
ministration voulant récompenser son talent et son zèle, lui fit 
une gratification pécuniaire, pour couvrir ses frais de voyage. 

GoDART (Lambert, abbé), maître de chant de 1789 à 1791, y 
resta jusqu'à la fermeture de nos églises. Il remplaça Tabbé 
Baustetter. (1) 

G. Kennis succéda à M. Godart. Godart reçut de la confrérie 
N.-D. du 17 avril 1798 au 17 mars 1799 une somme de 120 fl. 

Parmi les chanteurs distingués du siècle dernier à Anvers, 
nous devons signaler M^ Corneille Jean Van der Heyden, fils 
de Jean Van der Heyden, né à Anvers en 1735, cantor et 
chanoine régulier à la fapeuse abbaye de Saint-Michel, mort à 
Anvers, le 8 janvier 1821, âgé de 86 ans. 

GovAERTS (Jean-Charles), organiste de la confrérie Notre-^ 
Dame, depuis le mois d'octobre 1702 (succéda à Delien) jusqu'en 
1743. C'est un des musiciens qui ont le plus longtemps fonc- 
tionné en partage avec M. l'abbé H. Bogaerts. De 1743 à 1844 

(1) Les musiciens du jubô en 17^ étalent (Extrait des archives de la Cathédrale) : 
' VaQ Hoof (excellent violoniste}, GllUs, Rygerbach, Fosslan, Larbeek, Meyer, Bille, 
Charles, Redlng, Van Eeckhoudt, C. Lemler, Van de Velden, Huygens, H. Lemler, Toble 
Stlenon, J, Stlenon, senior, De Lise, Janssens, De Gruytters, Kennis, Verdussen, Blavler, 
Ghuiselln, (violoniste distingué). Belslers, GlUis, De Trazegnles. Le camionneur de la 
Cathédrale était Ar. De Gruytters, qui succéda à Everaerts. Ce dernier mourut de 1740 
à 1741. Cette année le musicien de talent M' J. Van Hoof avait le titre de V violop de la 
Cathédrale. D figure spécialement dans les livres de comptes. 

{Aen Van Hoof aU 1*** violiste extrait de«i archives.) 



— 266 — 

on ne mentionne pas d'organiste dans les. livres des comptes de 
cette confrérie. 

Il est probable que Govaerts, vu son grand âge, a. été renx- 
placé provisoirement par G.-F. De Trazegnies junior^ 

En 1705 Govaerts reçut fl. 114. En 1717 La Fosse remplaça 
Govaerts qui probablement fut empêché cette année. 

M"^ Bogaerts, prêtre, reçut en 1723 une somme de 114 fl en 
qualité d*organiste. En 1728 ces deux organistes fonctionnaient 
encore enpartage. 

Govaerts est mort vers 1743 À 1744. La veuve Govaerts a 

reçu des honoraires de fl. 114 pendant plusieurs années ; même 

en 1757 les héritiers de cette veuve reçurent une somme de 

114 fl. C'est une pension dont on a voulu honorer la famille 

un serviteur fidèle et honorable. F. G. De Trazegnies lui 

uccéda. 

Hendrickx (Nicolas), organiste en 1659, occupait encore 
ce poste en 1686. Il remplaça Boets. 

Hertqgs (Benoit), dont le nom a été latinisé dans celui de 
Ducis, élève du célèbre Josquin Deprés, naquit selon toute 
probabilité à Bruges à la fin du xv^ siècle. Il a été organiste de 
la confrérie de la Ste.-Vierge et partit après, en 1515, pour 
l'Angleterre. Ce musicien obtint (selon M' De Burbure) par la 
considération dont il jouissait, le titre de Prince de la confrérie 
de Su-Luc. Nous renvoyons le lecteur à la notice intéressante 
que M^ Fétis a publiée dans sa biographie universelle sur ce maître, 
dont nous avons extrait ces quelques Hgnes. 

Jacob (Maître), nom d'un organiste qu'on trouve mentionné 
dans les livres des comptes depuis 1491 dans la confrérie Notre- 
Dame. Nous le rencontrons encore les années 1526 et 1527. 
H. VanPerck lui succéda. Ce musicien est cité dans Tatîte qu'on 
passa avec Van Distelen le facteur d'orgues pour la construction 
d'un nouvel orgue en 1505. 
Kennis (G). Voir notre ouvrage 'précité. 
La Fosse (Jacques), organiste du Saint-Sacrement, auquel 
succéda le R. P. Raick en 1721, année de la mort de La Fosse. 
Dans le livre des comptes on mentionne la suspension et 
l'admission de Faber et de De Trazegnies ainsi que la démission 
de De Fesch. La Fosse succéda, à l'orgue du chœur, en 1704 



à Delien. F. De Wever était le carillonneur et succéda à 
H. Gramma. 

Le Gorbisier. Maître de chant à la confrérie Notre-Dame en 
1684 qui succéda à J. Gocx. 

LiBERTi (Henri), plus connu sous le nom dé Van Groeningen. 
Il succéda à J. Bull ou BoU en 1628. En 1630 cet organiste reçut 
en qualité d'organiste flor. 175, puis pour jouer pendant les 
processions au positif flor. 60. Gette année Gaspar Boets est 
cité comme organiste. Un Jean Glouwe chanteur reçut la même 
année flor» 37. En 1645 Van Brul a fonctionné en partage avec 
Liberti, et ce dernier se trouve indiqué sous le nom de : 
Liberti van Groeningen (Liberti àè Groningue). 

Voici ce que les comptes de la Gathédrale de 1631 mention- 
nent. It. M^ JSyndrik van Groeningen orgatiist voor syn jaarlykse 
gagie etc. guld. 100. It. betaelt M^ Wiehrant zangmeester guld. 60. 
M' Hans Ruchers van orgelen 't onderhouden 4SI guld. 
, En 1652 Liberti reçut flor. 210 en divers payements. Le 
carillonneur reçut flor. 1(X). 

Au commencement du xvii"*® siècle Jean Riole était carillon- 
neur et il mourut vers 1636. Il y avait aussi à la Gathédrale des 
stads speeUieden (musiciens de la ville) qu'on cite souvent dans les 
comptes. Liberti mourut vers 1661, et c'est un des musiciens 
qui ont brillé sur l'orgue au xvii® siècle. Il paraît qu'il naquit à 
Groningue, puisque les comptes mentionnent Liberti van 
Groeningen. Les archives de 1662 et 1663 mentionnent : Aen 
Nicolas Van Hagen orgelmaker aen 't stelien etc. van de groote 
orgel gl. 48. En 1666 il reçut fl. 72 et l'an 1670 le facteur accor- 
dait encore l'orgue du chœur. It. aen Meester Hendiik van 
Groeningen van de hoogmisse Basso continuo te spelen gl. 30. 

MuNTBN (Henri), maître de chant de la confrérie Notre-Dame 
en 1581 succéda à Suerzyn. S. Van derMeulen touchait l'orgue 
de cette confrérie. 

Obrecht (Jacques), musicien célèbre de l'école flamande du 
xv^ siècle. Ge musicien doué d'un vaste génie, occupe une belle 
place dans l'histoire de la musique. 

Obrecht, néàUtrecht vers 1430, fut attaché au Dom d'Utrecht 
depuis 1465. A la mort de Jacques Barbireau en 1491, il le 
remplaça en qualité de maître de chant à l'église collégiale 



- 268 — 

Notre-Dame à Anvers. (Note de M' De Burbure).Obrecht serait 
mort à Anvers, selon M' De Burbure, entre 1505 et 1507, et il 
forma deux musiciens qui se sont fait un nom distingué, nous 
voulons parler d'Erasmus (i), qui fut en 1473 attaché en qualité 
d'enfant de chœur à Téglise principale d'Utrecht, et d'Antoine 
Wyngaert de cette ville. Obrecht a séjourné à Florence 
de 1470 à 1480 et retourna à Utrecht. On ne connait rien de 
précis sur la jeunesse de ce maître. Parmi les lettres trouvées 
d'Erasmus, on en cite qui sont adressées à Jean Obrecht. Vers 
1470 il était, paraît-il, organiste auDom d'Utrecht. M"^ Dodt 
d'Utrecht a fait des recherches sur le célèbre Obrecht, et il a 
trouvé à la galerie du Dom de cette ville ce qui suit : 

In 'tjaer ons herr mcccclxxxvii (1487) op SinteEgiditis avand 
sterft blynde Janes organist deser kerken. 

Selon les données de M^ Dodt, Obrecht serait mort à 
Utrecht le jour de St.-Egide 1487. Les dates à. nous communi- 
quées par M. L. De Burbure ne s'accordent nullement avec celles 
indiquées par llhistorien Dodt de Flensburg. Peut-être qu'Obrecht 
qui fit beaucoup de voyages est retourné à Utrecht, et que 
l'artiate Obrecht de la Cathédrale d'Anvers est déjà un fils du 
célèbre compositeur flamand. 

Toutes ces données nous paraissent si peu vraisemblables, 
que nous en laissons la responsabilité aux auteurs précités. 

Voici maintenant une note publiée dans la CœciUa sur 
Obrecht : 

u Wy zien dat Fétis het jaar van Obrechts dood niet opgeeft, en 
evenmin het jaar van diens geboorte met zekerheid bepaalt. Omtrent 
het eerste punt zyn wy door opsporingen van den heer Dodt van 
FI. in staat gesteld, iets niet uit de lucht gegrepen in het midden te 
brengen, ont tôt de ondersteUing te leiden, dat Obi^echt in het jaar 
MSloverleden'is. Immers onderde brieven van Erasmus leest msh 
er eeneny gerigt aan Johannes Obrecht, en eenen anderen aan 
Johannes Mauricus waann Erasmus dezen laatsten verzoekt om, 
brieven aan Johannes Obrecht af te geven. Intnsschen wUlen wy 
niet beweren zegt de H. Dodt dat die Johannes Obrecht onzen 
hooggeprezen contrepuntist zou wezen want deze kunstenaar wordt 

(1) Deslderlus Erasmas ou Gerits Gereitz moine, nô & Rotterdam, le 28 août 1407, mort 
A Basel, le 12 juillet 1536, un des hommes les plus savants de son temps. 



les?* 



269 — 



door Glareanus immers Jacobus genaamd. Evenwel ligt Johannes 
niet minder naby dan Guilielmus Obrecht, de Prior van Sion; en 
men mag wel zeggen veel naderby, wanneer m£n in aanmerking 
memty wat nog in de galery van den Dont te lezen staat. ^ 

Comme aucun organiste du nom de Janes Obrecht n'est connu 
il est plus que probable que ce dernier est bien celui dont nous 
écrivons la biographie. On trouve dans les archives de la Cathé- 
drale d'Anvers qu'à la fin du xv® et au commencement du xvi* 
siècle un artiste du nom de Jacob (ce qui veut dire Jacques) était 
maître de chant de la Cathédrale à la confrérie de Notre-Dame 
de cette église. 

En 1492 Obrecht occupait pour la première fois le poste de 
maître de chant à la Cathédrale, et s'il est né en 1430 il avait 
alors atteint lâge de 62 ans. 

Rien n'a pu nous renseigner dans nos recherches faites à 
la Cathédrale pour découvrir l'année du décès de ce maître. 

Il est assez étonnant qu'aucune pièce, qu'aucune pierre 
sépulcrale n'ait été consacrée à la mémoire d'un homme aussi 
éminent, et qui a laissé beaucoup de compositions publiées par 
Petrucci à Venise. 

La société pour V encouragement de Vart musical des Pays-Bas 
a dans sa bibliothèque, d'Obrecht : Missa; Ave regina. Parce 
Domine. 

La plupart des organistes du Dom à Utrecht sont restés in- 
connus. Les archives ae ce chapitre n'existent plus. Cependant 
une pierre sépulcrale a été trouvée, portant l'inscription 
suivante : ** In 't jaer ons heir mcccclxxxvii op Sinte Egidius 
avond sterft blynde Janes, organist deser kerken, ^ (L'an de N.-S. 
1487 le soir de St. -Egide, est mort l'aveugle Jean , organiste 
de cette église). 

Est-ce le fameux Jean Obrecht, qui était en 1465 maître de 
chant au Dom à Utrecht, et qui était plus tard maître de chant 
à la Cathédrale à Anvers? En tout cas l'artiste susdit était un 
musicien d'une grande valeur, puisqu'on a voulu perpétuer son 
nom par une pierre sépulcrale. 

Oergheloen, organiste du chœur en 1455 reçut cette année 
9 livres gr. Den H. Oergheloen de orghelist, etc. L'an 1477 men- 
tionne un organiste du nom de Clas ou Claes, mot flamand 
qui indique Nicolas. 



— 270 — 

Paul (J), maître de chant à la confrérie du St. -Sacrement 
de 1693 à 1704, probablement Tannée de sa mort. Il était éga- 
lement attaché en cette qualité à la musique du chœur en 1704. 

Pauwels (Joseph), organiste du chœur de 1666 à 1670 et 
années suivantes. Cette année 1666 il y avait deux organistes 
au chœur, Hendrickx et Pauwels. Il est probable que Hendrickx 
était déjà fort âgé cette année. H. Cramma était le carillonneur 
en 1669 et mourut vers 1680. Pauwels succéda à Liberti et 
occupait encore cet emploi en 1686. Il avait le s mêmes honoraires 
que son prédécesseur. Les archives mentionnent qu'en 1675 on 
fit une dépense de 58 fl. à Torgue du chœur. 

Pevernagb (1) (André), maître distingué né à Courtray en 
1541. A cette époque les maîtrises (aujourd'hui pour ainsi dire 
disparues) étaient dans leur plus grande splendeur, et formaient 
la carrière d'un grand nombre de musiciens. Pevernage quitta 
fort jeune Courtray pour occuper la place de simple musicien 
à la Cathédrale d'Anvers. Pevernage, dans cette heureuse cité 
des arts, s'occupa activement à former des concerts où il repro- 
duisit ses compositions et celles des maîtres les plus illustres de 
France, d'Italie et de Belgique, et c'est à lui que revient l'hou- 
neur d'avoir le premier organisé des concerts réguliers. 
Dans la bibliothèque du médecin Ferreulx, mort en 1620, on a 
trouvé de lui des chants à 5, 6, 7 et 8 parties. 

Pevernage est souvent indiqué dans les comptes de la confrérie 
de N.-D. sous le nom de Pevernagie, Il fat maître de chant de 
cette confrérie depuis 1570. Il décéda à Anvers en 1591 et on 
trouve à la Cathédrale Une pierre sépulcrale en son honneur. 
Pottier succéda à Pevernage. 

La société pzur V encouragement de Vart musical des Pays-Bas 
possède dans sa bibliothèque de Pevernage : Nata et grata; 
Virga generosa. 

La Bibliothèque musicale de cette société est une des plus 
riches connues. Elle possède des œuvres de : J. Clemens non 
Papa, Ch. HoUander, A. Willaert, J. Vaet, J. deCleve, Josquin 
de Prés, Ph. de Monte, Orlandus de Lassus, Ciporian de Rore, 
Ph.Bassinon, J. Mouton, J. Arcadelt, Corn. Canis, N. Gombert, 

(1) Un artiste Antoine Pevernage était attaché en 1563 en qualité d'enfant de chœur aux 
chapelles de Flandres. 



-- 271 — 

D. Phinot. Le Maistre, Tb. Ârcquillon, G. Jannequin, Claudia, 
J. Lupé, Raucourt, Th. Crecquillon, De Pit, Manchicourt, J. 
Castileti, (Alias Guyot), J. Baston, Certon, H. De la Court, 
Ant. De la Court, J. Deslins, Phih Le Duc, J. De Kerl, Jac. 
Regnard, Cadeac, Ânt. Mornable, J. Maillard, Louis Loys, 
Phil. Verdelot, H. Bruneau, J. Pinchon, Dan. Torquet, Hedsin, 
J. Courtois, Hyeron Vinders, Verdiere, J. Larchier, Nie Payrn, 
Lambert De Saive, P. Speilier, Ch. Luyton, J.Van Ockeghem et 
d'un grand nombre de maîtres des xvii°^«, xviii"»* et xix°^* siècles. 
Elle possède en outre des ouvrages esthétiques, biographiques et 
historiques d*une grande valeur. 

Philips (J.). Voir notre ouvrage précité. 

PoTTiER (Mathieu), maître de chapelle de 1592 à 1615, époque 
où il se fixa à Bruges en qualité de chanoine. 

Raes (Jean), maître de chapelle de la Cathédrale au conir 
mencement du xvz? siècle et qui succéda à J. Obrecht. 

Rajok (Dieudonné, prêtre). Voir notra ouvrage précité. C'est 
P. Van den Bosch qui remplaça cet organiste de talent. Voici 
les pièces que nous avons rencontrées dans les archives sur la 
démission de cet organiste, qui a été congédié le 10 juillet 1726 : 

•• Anno 1726, 16 july om 11 uren heeft aen den knaep Liebreghts 
gheseyt dot hy uyt synen naeme saude gaen by de sesse dienende 
Meesters ende huh segge dat hy De Ryck, hun doet bedancken van 
ketspelen op het orgely om de affronde die men hem saude aenghe- 
daen hebben. •> 

•• 1726. Faber het orgel bediend sedert het afdancken van de 
heer De Ryck, heeft zich bévraegd of hy het orgel altyd m^gt be- 
dienen als definitief organist aengenomen. Faber was organist van 
St'Jacobs kerk. 

De Ryck heeft naergesuspendeertte zyn, den nieuwenorganistmet 
in&olentie doen van het orgel gaen en self gaen speelen. ^ 

RoMBOUT était organiste de la Cathédrale en 1529 et succéda 
à Doerne ou Van Doorne. 

RoMBAUTS(Jos.),organiste en 1696 de la confrérie Notre-Dame. 

Serigiers (Paul), succéda en qualité de maître de chant en 
1716 à De Tiege, à la confrérie du Saint-Sacrement. En 1718. 
D'Eve remplaça Serigiers. 

Seuerzyn , maître de chant en 1576 à la confrérie Notre- 






Dam6. Les archives de la Cathédrale mentionnent ce qui suit : 

- Aen meester Seuerzyn, sangmeester een halfjaer gagieii ver- 
schenen Sint-Jansmisse, Anno 1581. »» S. Van der Meulen était 
Torganiste. Seuerzyn fonctionnait encore en 1583. Jacques 
Reuslyn était carillonneur et en 1614 il conservait encore cette 
place. 

ScENAJES (J.) organiste au service de la Cathédrale en 1561 
et 1566. On mentionne un paiement de 9 livres en sa faveur. 

SoMERS (J.), maître de chant de la confrérie du Saint-Sacre- 
ment en 1771. Ce musicien faisait partie de l'orchestre et fonc- 
tionnait provisoirement ,puisqu'en 1772 on désigna H.Baustetter . 
Alamême époque un artiste Blavier faisait partie de Torchestre. 

Van Brul (Daniel), organiste de la Cathédrale en 1645. Les 
livres des comptes de 1643 mentionnent plusieurs paiements 
de trois organistes : Van Groeningen, Wiebrant et Van Brul. 

Van den Bosch (P. J.), organiste de la Cathédrale d'Anvers 
né en 1736 mort en 1803. Nous avons publié dans notre ouvra- 
ge sur les artistes musiciens belges, une biographie détaillée sur 
cet artiste de talent, mais depuis nous avons été assez heureux 
de mettre Ja main sur les manuscrits laissés à sa mort. Nous 
avons trouvé dans sa fameuse bibliothèque une collection de xii 
sonates pour clavecin, dont plusieurs sont d'une conception hardie, 
d'un style pur et élégant. Toutes ces sonates sont à deux parties, 
offrent une grande difficulté d'exécution, et on peut hardiment 
louer la sagacité rare avec laquelle le compositeur y fait briller 
l'unité de pensée et du style. On sent dans plus d'un endroit la 
main exercée du maître. En général il y a au milieu de toutes 
ces oeuvres une grande richesse de mélodie et de contrepoint. 
On n'y rencontre ni abus de modulations, ni changements 
trop fréquent de rhythme. Enfin il faut reconnaître que Van 
den Bosch possédait à un haut degré la connaissance des eflTets 
dont disposaient le clavecin maigre d'autrefois et la science 
musicale. Parmi ces pièces nous distinguons surtout : le largo 
Andante en mi mineur de la sonate xii qui est un petit chef- 
d'œuvre de facture, de mélodie et de contrastes ; le larghetto en 
ré majeur de la sonate vn ; Vallegro finale en la mineur 3/4 
qu'un de nos premiers auteurs ne rougirait pas de signer de 
son nom ; puis Uandante en si bémol de la sonate x, mélodie 



— 273 — 

gracieuse avec un accompagnement fort original et le final 
en la majeur d'une grande difficulté de mécanisme. Ne cherchez 
pas dans cette musique cette teinte passionnée, ces mélodies 
rêveuses et mystérieuses, qu'on prodigue tant aujourd'hui. 

Nous ne desespérons pas de publier un jour cette riche col- 
lection de sonates. Les œuvres publiées de Van den Bosch sont : 
IV concertos pour le clavecin et l'orgue œuvre ii. It. œuvré m 
Cette dernière dédiée à S. A. M^ le duc d'Ursel et d'Hoboque, 
Lieutenant Général et Gouverneur de la ville de Bruxelles, etc. 
Six suites pour le clavecin, avec violon ad libitum, œuvre iv. 
Quatre sonates pour le clavecin, avec un violon et basse ad 
libitum, dédiées â M' le «omte deRobiano, Général des États de 
Brabant, etc., œuvre v. Toutes ces compositions sont éditées à 
Paris chez Le Menu, marchand de musique de Madame la 
Dauphine, (à la Clef d'or) et gravées par Ribart. Parmi les sona- 
tes œuvres v, nous remarquons le menuetto eh ré majeur de la 
sonate iv, qui est un morceau d'une grande originalité. 

Voici quelques lignes extraites des voyages du docteur 
Burney (1770 à 1772) en France, en Allemagne et dans les Pays- 
Bas, et qui parle avec éloge de Van den Bosch. Burney ne loue 
pas l'exécution de la musique d'église de la Cathédrale qui était 
meilleure en Italie et même à Londres : 

« Anvers. Le jour après mon arrivée j'entendis chanter des 
belles Vêpres. Au côté droit de l'Ouest du chœur il y a trois grandes- 
orgues, et du côté de chaque voûte des chapelles il y a un positif. 
M. Van den Bosch, un fervent et. excellent exécutant, était orga- 
niste. Le chant est accompagné ici par une contrebasse et un ser- 
pent. Il y a à Teglise des Dominicains deux orgues; le grand, le meil- 
leur de la ville, commencé en 1654, a 54 jeux, 3 claviers et pédale. 
Après la procession à la Cathédrale je me rendis au jubé. L'orgue a 
50 jeux, est d'un ton agréable, mais très dîscord. Après le service 
M' Van den Bosch me fit voir ces instruments et sa bibliothèque. 
C'est un homme de mérite distingué dans son art. Sa manière de 
jouer est moderne, il a beaucoup d'habilité sur la pédale, un bon goût, 
beaucoup d'énergie, tant dans ses compositions que dans l'art déjouer. 
Le lundi 20 juillet je me rendis chez M. Blariere, (Blavier) maître 
de chant à l'église St.-Antoine. Je trouvai en lui un homme qui a 



/• 



— 274 — 

exercé U composition avec talent. Parmi les morceaux de musique 
qu*il me montra il y avait une covnposition de Francisca Panna» 
ipaprimée à Anvers en 1688. » 

Burney parle aussi avec enthousiasme de la famille Ruckers, 
facteurs de clavecin, de J. Van Dulken de Hesse, et de Bull un 
de ses élèves, qui fait parfois 100 ducats de ses clavecins à 
queue. Ceux de Van der Esschen, un Néerlandais, sont louables. 

Van den Doren ou Van Doorne (Jacques), maître de cha- 
pelle en 1508 (signalé de Maître Jacques Varganûte, dans les; 
archives). En 1526 le nommé Jacques Van Doren était organiste, 
de Torgue de chœur. L'organiste Claes qui fonctionnait en 1485 
conserva encore sa place en 1501 et Doems le remplaça en 1502. 
Bip 1503 on désigne" Torganiste du nom de Jacob den organUt, 
En 1509-1510 on rencontre Torganiste Jacques Van Doren indi- 
qué aussi du nom de Doren, le même rencontré en 1503. 

Les comptes mentionnent en 1501 et 1503 le facteur d'orgue 
Jan^et Jannes, (Jean de Bukele) et Tan 1509 indiqué Jan et 
Jostines le maître de chant du chœur. 

Van Elcum (Gieles), maître de chant de 1544 à 1560* 

Van Noortbeek (Louis abbé), maître de chant de'1765 à 1771, 
remplaça A. Blavier àla confrérie N.-D. ; Baustetter lui succéda. 

Van Perk (Henri), organiste de la chapelle de la Ste-Vierge 
en 1529. Nous avons encore rencontré vers la môme époque un 
organiste du nom de Stubant (1535). En 1529 Van Perk. était 
organiste du chœur. 

Van Turnhout (Gérard), célèbre musicien et maître de chant 
du chapitre en 1564 en remplacement de Barbé. Il mourut en. 
1594. En 1567 il composa un Te Deum qu'on exécuta le 30 avril 
de cette année à Tentrée solonelle de Marguerite de Parma. 
Les calvinistes, docteur Hermanus à la tête, ont commencé à 
Anvers leurs agressions contre les églises le dimanch« 18 août 
1566,lors de la sortie annuelle de la procession de Notre-Dame. 
Le 30 avril 1567 une grande solennité eut lieu lors du renou* 
vellement du service religieux de la confrérie Notre-Dame qui 
avait été interpmpu pendant 8 mois. C'est à cette occasion que 
Van Turnhout composa c^e Te Devm, 



— 275 — 

Voici ce que leB archives mentioûnerit à ce sujet : 

€ Vergezeld van eenen talryken en schitterenden stoet van Raeds- 
heeren, hovelingen en ridders van het Gulden Vlies, begaf zy zieh 
naer O.L.V. kerk, waer zy aen den ingang door geheel het Capittel, 
met bunnen choordeken RogeHus De j^am* aen het hoofd, ontvan- 
gen werd. Zy was in het Te Deum aenwezig dat ter dier gelegenheid 
met de grootste plegt aen het hoog Altaer gezongen werd ; de goede 
hertogin stortte bittere tranen by het zien der vervsroestingen welke 
de beeldstormers in de kerk gepleegd hadden, en beloofde van 
haren kant mildelyk by te dragen, om de k«rk in haren ouden luis- 
ter te herstelien. > 

Van der Meulen (Servaes), un des bons organistes du xvi» 
siècle, attaché en 1572 à la confrérie de la Ste- Vierge. Nous 
publions la lettre par laquelle sur la demande du prince de 
Parme on destitua cet artiste. 

Lettre du Prince de Parme (i) uux maîtres-servantSy pour 
suspendre Servaes Vander Meulen et nommer Raymond Walrant, 

ALEXANDRE, Prince de Parme. Chir. 

de Tordre, Lieutenant Gouverneur et Capitain Général* 
Très Chefs et bien aimez. Aiant entendu que vous auriez repris 
Sei'vais Vermeulen au service delà Chapelle delà Vierge Marie pour 
organiste d'icel le en laditte Eglise de Nostre Dame de cette viile,ijon- 
obstant qu'il ait servi aux hérétiques et fuict schandal publique enla 
ditte Eglise depuis la réduction de cette ditte ville contre Taccord 
delà reconciliation de icelle a Tendroict delà personne Ramund Wal- 
rant de ùous recommandé par oultres lettres nostres a ceux du Cha- 
pittre pour estre receu pour organiste delà ditte Chapelle; nous en 
sûmes esté bien emeirvellez, cause que nous n'/ivons voulu laisser 
vous faire cette, afîn qu'incontinent cette veue, vous aieza destituer 
le dict Vermeulen, et en sa place avoir pour recommandé et accepter 
le dict Walrant et le favoriser en tout ce que vous sera possible et 
que sa possession ait commencement doiz le jour qu'il fut admis de 
jouer par Jean Nijs, gouverneur pour cette année et aultres mrs 
delà ditte Chapelle, qui fut a ce que entendons le xiij, en quoij 

(1) FamcM naquit en 1515 «t mourut «a 15^. 



— 276 — 

ferez service a Dieu, et a dous chose aggreable, et partaat n'y veilil- 
iez faire faulte. Très chers et bienaimez. Dieu vous ait en sa garde^ 
D'Anvers, le xxij Novembre 1585. 

Signé ALEXANDRE. 

Inscription : a nos chers et bien aimez JeanNijs et aultres maistres 

delà Chapelle delà Vierge Marie en TEglise de N'* Dame d'Anvers. 

♦ 

{Archives de la Chapelle,) 

Peu après les marguilliers ont remercié Van der Meulen 
auquel on donna une pension annuelle. 

Van der Weyden, maître de chant en 1703, succéda à M. 
Paul. L'an 1714 on paya à la veuve De Vos : Aen de weduwe 
De Vos erfgename van Van der Weyden zangmeester fi. 35. L'an 
1758-1759 on paya aux musiciens et aux Stads SpeeUieden pour 
leur service 11. 514- 13s. 

V^iEBRAND, maître de chant en 1635 et années suivantes. En 
1634 il reçut pour ses gages annuels il. 100. 

Cet artiste toucha aussi l'orgue. Les comptes de 1643 men- 
tionnnent : Wibrand oud sanghmeester een jaer pensioen guld. 50. 

ViNGERHOETS (F). Organiste qui succéda en 1832 à J. Philips. 
Il occupa ce poste temporairement jusqu'en 1845, année que 
Delin le remplaça. 

VouwEL, RouwEL OU VouwELS, organisto du chœur en 1682, 
poste qu'il occupa encore en 1687. H. Cramma était carillon- 
neur, que nous avons déjà rencontré en 1643. Cramma est 
encore désigné dans dans les comptes de 1687. 

W^AELRANT (Raymond),fils ou neveu deH. Waelrant, naquit à 
Anvers vers 1550. Waelrant peut être cité parmi les bons 
organistes de la Cathédrale. Il entra définitivement en fonc- 
tions le 28 novembre 1592^ et resta jusqu'au 19 septembre 1615, 
et fut pensionné. Voici ce qu'on trouve sur cette démission : 

•« Hy beloofde dat, indien syn opvolger Jan Bol, door ziekie of 
andersinU aen den dienst van desen Love te cort sotde blyven^ 
hy uyt enkele devotie gratis op de orgel sou gespeelt hebben, 
(Compte des maîtres servants Ch. Van Immerseel et Jean 
Goyvaerts anno 1615.) 

La pension de Waelrant était de L. xij Gr. par an. 

Waelrant fut près de 30 ^ans organiste et vu son grand 



— 277 — 

âge on Ta remplacé par J. Bull. Cette décision est signée de 
J. Del Rio, doyen et le chevalier Blâsius de Besar, ancien 
bourgmestre et alors échevin. 

Cet organiste de talent, dont le nom véritable est Walravens, 
est mort en 1617. Son oncle et peut-être son père Hubert 
Walravens, fut chanteur au jubé de 1544 à 1558 et mourut le 
19 novembre 1595. Ce dernier naquit en 1517 et passa quelque 
temps en Italie, où on publia plusieurs de ses œuvres. La 
Société pour VencouragemenX de Part musical des Pays-Bas, a dans 
sa bibliothèque deH. Waelrant(et nonWaelraet): Psalmus CI; 
Verba mea. 



Nous faisons suivre différents renseignements extraits des 
comptes de la Cathédrale qui n'ont jamais été publiés : 

1502. It. den organist Doems etc. 

1503. Meester Jan de orghdmaker etc. 

1510. It. Meester Jan den sanghmeester omdat hy singt snachts. 
1510. It.aenM. Van Doren omdat hy speeltende opte Kersnacht. 
1526. Aen Meester Jacob van Doren orghelist van synen jaer- 

lyksen loon etc. 
1592. It. betaelt aen M. Walterus DeUen orghelist voor syn 

jaer gagie gl. 96. ' 

It. betaelt aen den sanghmeester M. Paul voor een jaer 

gagie gl. 51. 
1610. It. aen Hans Ruckling (Ruchers) van d*orgel tonder- 

houden etc. ' 
1653. It. Jan Couchet van 't orgd te stellen en te onderhovden 

gl. 42. 
1659. Betaelt aen M. Boeds sanghmeester etc gl. 92-6. 
1670. Aen Josephus Pauwels, organist van 't spelen op de orgel. 
1675. It. aen Hubert' Cramma beyaerder van extraordinair 

etc. gl. 59-9. 

1681. It. betaelt voort repareren van de blasbalk van de orgel. 

It. aen M. Paul sanghmeester etc. gl. 49-10. 
1688. It. aen M. Hendrickx op d'orgel gespeelt etc. 

It. aen de speellieden gespeelt in de processie etc. 



— 27S — 

1690. It. betaelt aen François de Wever beyaerder, 

1691. It. betaelt een jaer gagie aen Jan Bapt. Forcivillé voor 
*t accorderen endeonderhoud van d'orgel gl. 12. 

1699. It, aen destads speellieden in deprocessie gl. 5-12. 
Betaelt aen d'heer Paul sangm. voor 3 maenden gâgie. 
François De Wever beyaerder gl, 55-2. 

1700. It. oenMynlieerDeli den orgajiistvoor een halfjaergl. 48. 
Aen François de Wever beyaerder gl, 36. 

1704. Aen Myniieer Van der Weiden i/4 jaers gasie etc, 

Aen La Fosse org, 1/2 jaer gasie gl. 48. 

Aen Jan Baptiste Forcivillé, (facteur d'orgues etc.) 
1712. Aen M. La Fosse organist voor een jaer gasie gl. 96, 

Aen Antoine Hellemans voor 't stellen van *t orgeL 

Aen M, De Tiege sanghm. een ijijaer gasie. 
1717. Aen Priester La Fosse voor een jaer gagie gl, 96. 
1719. Perquitantie aen deii sanghm, Deve ijijaers gagiegl, 12-15. 

Aen d'heer La Fosse organist 1/2 jaer gagie, gl, 48. 

Per quitantie aen de weduwe'van Franciscus De Wever 

betaelt voort beyfiaerden van ijzjaer gagie ^Z. 45-8. (De 
Wever mourut en 1718). 

Aen den beyaerder Thsodoricus Everaerls gl. 53. 
1721. Betaelt aen den organist N. Rycke een jaer gagie , gl. 88. 

1725. Betaelt p^ Van de Wyngaert aen Louis Delà Haye orgel- 
maker p^ restant van 't accoordt van liet repareren ende 
eenige nieuwigheid aen *torgel gemaekt, gl. 60. 

1726. Aen den sanghmeester De Fesch een jaer gagie, gl. 51. 

1727. Christiaen Trasignies organist 15 maenden gagie, gl. 120. 

1728. 19 feb. Alsoo sieur De Laye (Dell Haye) orgelmaker uyt 
eene besundere liefde tôt den Godsdienst heeft gepresen- 
t§ert te maken een Bourdon in het orgel deser Capelle 
(Ch. du St-Sacrement) sonder dat hy voor synen arbeyt 
ende comte iets hetminstepretendeert, ende dat de Camere 
maeralleenlyksalbecostigenhetverschot ende oncosten, etc. 

172S. Uytgaef aen extra ordinaris musiek op feestdagen, gl, 72. 

1729. Aengqsnde de stads speelluyden dewelcke altoos in de groote 
stadsprocessie op Venerabel dagh gespeelt hebben ten laste 
der Capelle, gl, 9 courant, 

Betaelt aen d'heer Sanghmeester De Fesch een jaer gagie 
als blycktp, quittanti, gl. 52. 



- 279 — 

1734. Ae7i S^ Everaerts Beyaerder eenjaer gasie, gl. 58, 
Aen M, Treseniers eenjaer gasie, gl, 96. 

1737. Confrérie du St-Sacrement, 20 sept. Ter selven dagen 
(Us boven geresolveert om het orgel deser Capelle te doen en 
laten kuysschen door den orgelmaker Delà Haye, en daer 
voor met hem door de dienende Heeren Meesters ten min- 
sten pryse te accoi^deren. 

JULIANO VERHOEVEN, secret*. 

1742. It, den organist heeft voor *t orgel te spelen in de Choor 
alsook voor de parochie en de bas continito een jaergl. 210. 

Le carillonneur avait fl. 100. J. F. Faber était maître de chant. 

1747. Aen den Sanghmeester voor een gratifîcatie, gL 6-10 i/2. 
Aen den beyaerder voor het spelen van de octave, gl. 10-12. 

Sur la liste des musiciens de la Chapelle de 1779 figurent des 
musiciens de talent tels que Van Hoof, Bille, Redein, Van 
Eeckhout, Tobie, Janssens, Blavier et Giselin. 

1748. Betaeltsooaendesangers deserkerkealsaende speellieden 
van hunne diensten gl, 237-5. 

1753. Betaelt aen Louis De la Haye (Dell Haye) orgelmaker 
van *t reparer en van de Blaesbalcken aen de groote orgel 
gl. 30. 
1759. Aen Frans Trezeniers organist, gl, 96. 
Aen De La Haye orgelstelder, gl, 12. 
Aen Joan De Gruytter (i) beyaerder, gl, 40. 
1768. Aen M. Vaji Noorbeeck Sanghmeester, van het extraor- 

dinair musiek ten tyde van het octave, gl. 20-8. 
1772. Aen d*heer Banstetter Sanghmeester, gl, 20-8. 
1779. Aen Banstetter id. 

Voici d'autres renseignements relatifs aux musiciens de la 
Cathédrale d'Anvers : 

En 1709 Torganiste reçut pour ses gages annuels du chapi- 
tre flor. 150, puis flor. 30 pour jouer la messe de paroisse et 
pour jouer la Basse continu il. 30. Le carillonneur reçut par an 
fl. 100 et pour les messes de paroisses fl . 7. En 1716 les musiciens 

(1) À.r. De Grnytters, probablement flls de J. De Gruytters, mort en 1818, était cam- 
ionneur de la Cathédrale & la fin du siècle dernier. Jean Jos. Janssens (né k Anvers en 
1768} lui succéda. D mourut en 1832. M. J. F. Volckerick le remplaça, et en 1864 l'orga- 
niste Callaerts succéda à ce dernier. Un musicien nommé Servals de Hasselt a provi- 
soirement fonctionné après M. Janssens. 



— 280 — 

et Stads SpeeUieden reçurent fl. 218-4. En 1729 Dell Haye 
reçut pour accorder le grand orgue et le positif 11. 28. En 1758 
rorganiste du chapitre reçut.fl. 210 et plus des extra fl. 15. En 
1762 les musiciens et speellieden reçurent fi. 299-4. L'an 1767 
Forganiste du chapitre reçut une somme pour des services en 
rhonneur des deux impératrices attaquées de la petite vérole : 
Den organUt van het spelen etc. ten tyden mn den bidagh geliouden 
voor de behoudenisse van de twee keyserinnen siek aen de kinder- 
pockxkens. 

En 1770 on paya à H. Gellaerts une somme de fl, 27-6 pour 
réparations aux cloches. L'an 1766 on paya à l'organiste fl. 11-J2 
pour 3 jours de prière en faveur de sa Majesté qui était malade. 

BetaeU voor 3 solemnele biddaghen van haere Majesteiten zieck 
liggende, guld. 11-12. 

En 1770 les musiciens et Stads Speellieden reQUrentû. 301. La 
même année L. Van Noorbeeck, maître de chant, reçut une 
somme pour le jubilé. 

L. Van Noorbeeck sangmeester van het mtistek ten tijden van 
den jubilé. 



ANNEXE AUX BIOGRAPHIES DES FACTEURS D'ORGUES. 



Adrien Pietersoen, né en 1400, dont le nom de famille est 
resté ÎDconnu malgré nos recherches ; nous sommes cependant 
â même de donner de nouveaux détails sur ce maître facteur 
qui jouissait d'une grande réputation. Adrien s'est ruiné en 
entreprenant Torgue construit à la tour de l'église Ste-Ursule 
à Delft, ville de sa résidence ; par suite de la non-réussite de 
cet orgue, ce facteur se trouva sans ressources et se réfugia à 
l'hospice des vieillards où il mourut en 1480, âgé de 80 ans. Voici 
le texte sur ce facteur relatif à cet orgue, extrait des archives: 

€ Doch dit werk viel zoo wel niet uyt ; de meester schynt bj het 
maken van dit werk verarmd, en zich tefifens bezeerd te hebben» 
zoo dat hy buyten staet was om zyn werk te voltoyen,. in zoo verre 
dat hy in het Oude Mannenhuys onderhoaden moest worden zoo 
dat deze Eerk met 3 orgden te gelyk eenigen tyd mogt pronken. » 

En 1501 on travailla aux deux plus grandes orgues. Le 
peintre Corneille Van Scheveling fit de belles peintures aux 
flancs des orgues dont le contrat se trouve encore parmi les 
archives de cette église. 

AssENDELFT OU Van Assendelft (P), a construit en 1739 
l'orgue à Donjum, composé de 5 jeux. 

Baders ou Bades (Arnold et Tobie, frères), deux facteurs 
qui en 1645 ont construit l'orgue de Ylst, composé de 2 clav. et 
14 jeux, et en 1668 celui d'Arum et celui de Dronryp en 1653, 

56 



— 282 — 

composé de 2 clav. et 18 reg. (i). Cet instrument a de bonnes 
qualités et le Voxe humana est de toute beauté. Les orgues de 
Baders ont un Tremulant registre qui fait vibrer chaque note. 
Sur beaucoup de petites orgues modernes on plaça un registre de 
tremblant ou tremulant. Selon nous, l'effet produit par ce système 
est d'un très mauvais goût et ne convient nullement à Téglise. 
Nous constatons avec bonheur qu'en Hollande ce registre est 
moins en usage qu'en Belgique. Sur les orgues de Rotterdam, 
(grande église) Zalt-Bommel, Waddingsveen, Thiel, Steenber- 
gen, Ochten, (Gueldre) Oudshoorn, Leiden, (égl. luth, de Wol- 
ferts 1790) Harlem, (égl. neuve) Gouda, (St.-Jean) Dortrecht, 
(orgue de cabinet de M. Pompe It. (égl. des Augustins)*et Bois- 
le-duc (gr. église) il y a un carillon. En Allemagne aussi on 
avait la manie de placer des carillons sur les orgues. Sur 
l'orgue de Albenburg construit par Trost en 1739, il y a un 
carillon de 2 octaves ; sur celui de Breslau (égl. Ste. -Marguerite) 
construit par J. River, il y a deux carillons. L'orgue de l'église 
principale de Breslau, construit en 1751 par Michel Engler, a un 
carillon et deux timbales qui sont frappées par deux anges. L'or- 
gue d'Eisenach, construit en 1707 par Sterzing, a un carillon. 
L*orgue d'Halbestadt qui a 73 jeux possède aussi un carillon de 
4 octaves. Il fut construit en 1718 par Henri Herbst et ses fils. 
Les orgues de Koningsberg, Hinschberg (1727), Copenhague, 
Magdebourg (1698) et Postdam (1732), ont un carillon. 

Baders (Conrad), auteur de l'orgue d'Anjum (Frise) en 1667. 
Il n'a pu achever cet instrument et H. Jans y mit la dernière 
main en 1668, probablement l'année de la mort de Baders. Cet 
orgue a été renouvelé par A. Hinschen 1749. 

Batz. a l'orgue du Dom à Utrecht se trouve une plaque en 
cuivre sur laquelle on lit J. et J. M. Batz, ,traject fecerunt. Il a 
donc été construit par le3 frères Bât*. J. H. H. Bâtz et C^^ 
placèrent encore des orgues à : Benachpp., de U jeux ; Bunnik 
(Utrecht), de 12 jeux, placé par les frères Bâtz. Il y a une pédale 
acjC. et 3 soufflets ; Heusden, .église aUemaoade, un orgue de 
2 clav., 10 jeux et pédale sép. de 2 jeux. Voici (UW pièce de 

v( 1) On 4pH auasl & un des Badeït Torgu^ de Terband gui se compoae de 14 regis^s. On 
nous écrit que selon toute probabilité l'orgue de Ternaard de 3 clav., 22 reg. et pèdal^ 
wt9. est également de fitwiers. 



— 283 — 

vers adressée à M. Bâtz à roccasioA' du* plâXîemenÈ tiû grand 
orgue à Zierikzee^ incendié en 1832 : ' 

Wat koustig Orgel praalt in deze kerk por^aalen ! 
Wiens heerlyk gezigt H aanschouwers obg doet dwaalen, 
In bouwkunst, pracht, en praal zeer cierlyk H zaam* gesteld 
H Verrukkende geluid^ niet bars^metgrootgeweld' 
Of krassende, komt hier een kieaqh geboon V6rvaelen^ 
Maar aller aangenaamst zoetvloyende onder *t speelen, 
Komt lieflyk in bel oor door Lootens (organist) konaien band. 
Als hy \ clavier bespeeld ntet Fluyten en Prestant, 
Bourdons, Roer-fluit, Trompet, Bazuin en bolle pypen 
Wauneer by door 't pedaal, aceoorden komt te grypen. 
Tôt ondersteun, en grond, van Tenôr eu niscant, 
Waardoor zicb booren laat, *t geluid aan alla kaut ; 
*Was BfttB die kunstenaar^ die beeft bel voort gebragU 
Dus is by grooriyks waard, bier door te zyn geagt ; 
Roemt dan uw maaker, gy geluiden zoo voUedig, 
In ailes even net, in ailes evenredig, 
Gèen konst ontbrèekt er aan, zqo dat dees groote man, 
Scboon dat by niet meer is ; dog nimmer stefven kan. etc. 

A V. OS. 

Bekbs (J.), facteur à Utrecht, a placé en 1835 un orgue â 
l'église catholique- à Gouda, de 2 claviers et 17 jeux. En 1845 
M. B. J. Gabry Ta réparé. 

Berner, à Osnapruck, a construit l'orgue de Ootmarsum qui 
se composait de 2 clav., 22 jeux et pédale séparée. 

Cavaillé-Coll, excellent facteur à Paris, a construit un 
grand orgue à l'église Saint-Nicolas à Gand, inauguré le 12 
mars 1856 par l'organiste français Lefebure Wely, et remplaça 
celui de M. Van Peteghem. Cet orgue, dont nous faisons suivre 
ïa disposition, est dans le style gothique fleuri, sur les plans de 
l'architecte Gantois M. J. Van Hoecke. Le buflet en bois de 
chêne a dix-neuf mètres de hauteur, huit de largeur et quatre 
de profondeur. Ou en doit les moulures et sculptures à MM. De- 
lanier et P. Baert. 

Clavier du récit expressif, 56 notes : Flûte harmonique, de 
8 pieds; Flûte octaviante, 4 p.; Viole de Gambe, 8 p.; Viole 
d'amour, 14 p.; Voix célestes, 8 p.; Octavin harm., 2 p.; Trom- 
pette harm., 8 p.; Clairon, 8 p.; Basson et Hautbois, 8 p.; 
Voix humaines, 8 p. 



— 284 — 

GlaTier du grand orgue, jeux de fond : Montre de 16 et de 8 
pieds; Bourdon, 16 p.; Flûte harmon., 8 p.; Bourdon, -8 p.; 
Prestant, 8 p.; Dulciana, 4 p.; jeux de combinaison : Quinte, 

3 p.; Doublette, 2 p. ; Fourniture de 4 rangs; Cymbale, 3 rangs; 
Bombarde, 16 p.; Trompette, 8 p.; Clairon, 4 p. 

Clavier du positif: Quintation de 16 pieds ; Flûte harm., 8 p.; 
Bourdon, 8 p.; Viole de Gamhe, 8 p.; Dulciana, 4 p.; Flûte oct., 

4 p.; Doublette, 2 p.; Flageolet, 1 p.; Trompette, 8p.; Basson 
et Hautbois 8 p. 

Clavier de pédale, 27 notes. Jeux de fond : Contrebasse ou 
Flûte, de 16 pieds; Basse ou Flûte, 8 p.; Octave ou Flûte, 4 p. 
Jeux de combinaison : Bombarde, 16 pieds; Trompette, 8 p.; 
Clairon, 4 p. 

Il y a 13 pédales de combinaison. La treizième sert à produire 
les effets d'orage, non-sens d'après nous à Téglise. L*orgue 
possède donc 40 jeux complets et 2,346 tuyaux. 

La soufflerie se compose d'un grand réservoir alimentaire et 
de 11 réservoirs régulateurs, contenant ensemble environ 
8000 litres d'air comprimé. Nous avons entendu cet orgue, qui 
Sous le rapport du mécanisme est supérieurement conditionné. 
Selon nous, lés jeux d'anches en général dominent trop dans 
les orgues des facteurs français. 

CoRTiNG (J), à , plaça un orgue en 1784 à Cleeve (église 

réformée) comp6sé de 3 clav. et péd. sép., dont un Bourdon 
et Basson de 16 pieds. 

De BuKELk (Jean), plus connu sous le nom de Jan van Ant- 
werpen. Ce facteur, qui est un des plus anciens connus, doit 
avoir placé beaucoup d'orgues, car il a cultivé son art pendant plus 
de 50 ans. Nous avons pendant la publication du présent ouvragé 
fait de nouvelles trouvailles intéressantes sur ce maître distin- 
gué. Nous extrayons ce qui suit de la description dé la ville 
deDelft: 

«« 1479-1480. Église Ste-Ursule, maître Jan d'Anvers plaça 
un nouvel orgue à la tour, n'employa que le buffet et reçut 
50 livres flamand. Il pla^a plus tard l'orgue Ste-£)roix au 
milieu de l'église. 

* A** 1479-1480. Maecte Meester Jan van Antwerpen ende 
groate orgelin den Tàéren^ een gheheel nieu Piep^werck^ Laden 



— 285 — 

mde hotUen Blaes^balghen, ende liet dair niet stœn dan die casse, 
ende hadder off lij pont groot vlaems etc. »» 

En 1492 le même facteur renouvela Torgue Ste-Ursule avec 
un nouveau positif et reçut xix liv. flam. etc. 

«• 1492. Worde Sinte-Drsulen orgel geheel nieu gemaekt, alsœ 
daUer niet en bleeff staen dan den bock, ende maecte Meester Jan 
van Antwerpen, ende dair worde oeck ant werck gemaect een nieu 
Posityff. ende worde hem betaelt xixpont g. x^ vlaems, ende noch 
sekere lyff-renten die de Kerck of cost om xij L g x** eens. « 

De Craan, construisit en 1767 un orgue de 2 clav. et 20 reg. 
à Waspick. L'orgue de Batenburg qui a 8 reg. a été construit 
en 1770. 

Dell Haye (Jean), a encore construit des orgues au Bégui- 
nage et aux Ursulines à Hoogstraeten. 

Dell Hâte (D.) a restauré en 18051e positif de Forgue de la 
Cathédrale d'Anvers et reçut pour ce travail fl. 43-9 3/4. 

DuYscHOT (J., fils) a placé en 1722 l'orgue à Delft (Béguinage) 
composé de 5 jeux , 

ERFFusJ(Hans) entretenait l'orgue de la Cathédrale d'Anvers 
l'an 1551 et reçut xii s. vi d. 

Les livres des comptes de, 1567 donnent de grands détails du 
nouvel orgue construit par G. Breboset l'ensemble des dépenses 
faites pour cet orgue monte à V lxxviii ^ xv se. iiii d. L'orgue 
fut expertisé par l'organiste du roi (Gekeurt door den organist 
des Coninckx). Lambrecht Van Noord, peintre distingué, reçut 
pour la peinture de cet orgue 67 liv. 10 sch. Le détail du voyage 
à Malines, delà charpenterie, du bois, etc., occupe deux pages 
in-folio. Cet orgue avait une pédale. 

FoRCiviL (J. B.), à Bruxelles, a construit un orgue à l'église 
St-Nicolas à Mons. F. Loret a renouvelé cet instrument qui a 
3 clav. et péd. séparée. 

Freytag, à Groningue. L'orgue de Beerum ou Bierum a été 
placé en 1792, et le général C. Van Moorveil, seigneur de 
Bierum, en fit cadeau. L'orgue de Finsterwalde a été achevé 
en 1809, et le facteur reçut un cadeau. (Nog boven zyne bedongen 
Penningen een schoon douceur gekregen.J, Loppersum, 1803, un 
nouveau positifde 7 jeux. Noordwolde, 1803, renouvelé Lorgue 
qui datait de 1621. Il avait 2 clav., 20 reg. et péd. sép. L'orgue 



■V?- 



— 286 — 

de Zuidbroek a été construit en 1795 d'après une ancienne struc- 
ture. Zuidhoorn, un orgue nouveau en 1792. Freytag et Schnitger 
ont construit en 1785 Torgue de Téglise mennonite à Gronîngue 
de 8 jeux. 

Friederichs (Jean), à Gouda. En 1823 ce facteur estimé a 
considérablement agrandi l'orgue de Téglise du Sud à Amster- 
dam qui avait 6 soufflets. L'orgue avait alors 29 jeux avec péd. 
sép. Il plaça en 1816 un orgue à Bloemendael qui était avant un 

orgue portatif. Il avait alors9reg. Réparé en l'orgue 

de Harlem (église nouvelle). Harlem (égl. luth.), un petit orgue 
réparé en 1807, puis amélioré en 1836 par Gabry. Réparé 
l'orgue à l'église menuonite de Harlem. Réparations en 1818 à 
l'oi^ue de Moondrecht (ancien orgue de l'hôpital de Gouda). 
Nederlangbroek, un orgue nouveau de 8 jeux, examiné par 
Nieuwenhuysen, père, d'Utrecht. Ouderkerk (aan denAmstel), 
égl. réf., placé en 1817 l'orgue de l'église Wallonne d'Harlem, 
avec quelques changements. Examiné par Bragtbuysen. Réparé 
en 1818 l'orgue de Rotterdam (Oosterkerk), qui a 3 clav., 35 
reg. et péd. sép. Renouvelé en 1816 l'orgue de l'égl. française à 
Rotterdam qui a 23 reg. avec péd. sép. Scherpenzeel, 1822, 
construit un nquvel orgue de 2 clav. et 18 jeux. Cet orgue a été 
nettoyé et réparé plus tard B. J. Gabry. Wageningen, 1803, 
un orgue nouveau de 2 clav. et 19 jeux. Zeyst, 1821, placé 
l'orgue de Téglise Wallonne de Naarden. Au renouvellement de 
l'église cet orgue a été placé en Zélande, et Bâtz construisit 
l'orgue nouveau en 1843. 

Gabry (B. J.). Voici la liste des orgues de ce facteur : 
Bloemendaal (Harlem, 1848), un orgue de 2 clav., 18 registres, 
2 soufflets et péd. ace. Gouda (1854) Torgue à l'église (Bischop- 
pelyke klerezy) de 2 clav., 10 reg. et 3 soufflets. Cet orgue est 
construit par G. A. Gabry. Harlem (St-Jean) un orgue portatif 
de H. Meyer d'Amsterdam (1803) qu'une commission a acheté, 
puis placé par B. J. Gabry en 1843. Il avait alors 2 clav., 17 
reg. et pédale ace. Harlem (Bisschoppelyk klerezy) un orgue de 
6 jeux. Olgstgeeste, un orgue de 8 jeux, placé en 1852 après 
sa mort, achevé par Lohman de Leiden. Oude Wetering (1843) 
un orgue de 9 reg. et péd. pendante. 

Il a réparé en 1830 l'orgue à l'église de l'Ouest d'Amsterdam, 



— 287 — 

eelui de Gouda (égl.cath. 1845) où il a ajouté plusieurs registres. 
Celui de St-Bàvon à Harlem (1837), il y a placé une partie de 
nouveaux claviers. Schiedam (grande.égl.), réparé entièrement 
en 1837. Wageningen, réparé Torgue en 1827. Waddingsveen 
{égl. rem.), changements faits en 1825. 

Gabrt (â. D.), signalé page 111, est né à Âmersfort en 1825, 
et succéda à son oncle, qui lui apprit la construction des orgues. 

Galama (Louis) et Hendriks (Sybrand), ont construit Torgue 
de Midlum (Frise) qui a 1 clav. et 9 jeux. Il a été placé 
avant 1788. 

Garels plaça un orgue à Maasland de 2 clav. et 18 jeux. Le 
livre de Willebecq indique G. Gharles. 

Gerstenhouwer, vraisemblablement à Utrecht, a construit 
des orgues à Hoogkarspel (gr. égl.), composé de 9 jeux, où il 
ajouta un deuxième clavier. A Monnikendam (gr. égl.) de 19 
jeux, et péd. Il y a 6 reg. de 16 pieds et cet orgue fut construit 
en 1781. Un orgueà Zwaag en 1792 (église cath.), de 12 jeux. 

Hagedoorn, facteur qui habitait Leiden au commencement 
de ce siècle, était un homme fort original, d'une humeur diffi- 
cile, mais très distingué dans sa carrière. Personne, parait-il, 
n'était admis dans son atelier. Il a construit beaucoup d'orgues 
porisitifs et quelques orgues d'église. Il plaça des orgues à la 
commune catholique à Ryndyk puis à Koudeherk. Ce dernier 
construit en i820avait 1 clav. et 19 jeux. En 1851 H. B. Lohman 
le restaura ; la foudre a endommagé la tour et l'orgue cette 
année. 

Heineman, à Rotterdam. Les orgues construits par ce facteur 
sont :Bois-le-Duc, grande église, renouvelé l'orgue qui a 7 jeux 
de 16 pieds. Echtfeld, un orgue de 8 jeux, que Meere a achevé 
en 1806. Waardenborg un orgue de 10 jeux puis un carillon. 
Zalt-Bommel, un orgue de 3 clav., 37 reg., avec carillon et péd. 
sép., perfectionnée. Ce facteur a réparé l'orgue deThiel en 1780 
de 2 clav., 20 registres et carillon. La disposition de cet orgue 
a été donnée par l'abbé Vogler, célèbre musicien qui se trouvait 
alors en Hollande. 

Il y a deux facteurs de ce nom. Celui de Nymègue paraît avoir 
excellé dans son art. C'est lui, paraît-il qui a construit l'orgue 
de Waardenborg (Gueldre) de 10 jeux. 



— 288 — 

Hess (H), a construit les orgues de : Gharlois (1787) composé 
de 2 clay. et 20 jeux. Gloetingen, de 2 clav, et 16 jeux. Orgue 
de cabinet pour M. P. Belaarts, van Blokland, composé de 19 
reg. Il parait que le buffet de cet orgue était tellement luxeux, 
que l'organiste Lustig qui le toucha un jour s'écria : Al stond dit 
werk in het hofvan den Keizer van Rusùmd^ zoo zoude zij zich er 
niet aen behoeven te schaemen. Un orgue de cabinet (1787) pour 
M"^ A. Pompe van Meerdervoort, composé de 2 clav. et 11 
jeux dont un carillon. Orgue de 9 jeux pour M. Castendyk, 
puis nn orgue de 8 jeux pour M*" Y. Vermande, et des petits 
instruments pour MM. Henbruggen, G. Spaan et G. Olivier. 
(Orgue de bureau). En 1791 il a placé à l'église nouvelle à Har- 
lem l'ancien orgue de la grande église, qu'il a agrandi. En 1826 
B. J. Gabry y a travaillé, et en 1863, Knipscheer d'Amsterdam 
l'a remanié. Hess a aussi construit un orgue à Oudshoom de 
2 clav. 15 jeux et pédale accrochée. Il y a un carillon sur cet 
orgue. L'orgue de Haastregt a été construit en 1778, et M. 
Besaams en a fait cadeau. Schiedam un orgue de 12 jeux, 
amélioré en 1832 parB.. Gabry. Wilsum, orgue portatif, puis 
en 1806 Meyer l'a changé en orgue d'église ; il avait 2 clav. 
et 13 jeux. 

HiLLEBRANDT (J. H.), à Leeuwardcu, a construit en 1820 
l'orgue d'Akkrum et à Dragten, de 2 clav. et 18 à 20 jeux. Les 
orgues de ce facteur étaient peu solides et l'intérêt dominait 
l'honneur chez Hillebrandt. Aussi à sa mort il laissa une grande 
fortune, chose assez rare chez les facteurs d'orgues. 

HiNSCH. Nous avons reçu de M. N. Lohman, un manuscrit 
de ce facteur, signé A. Hinsz, contenant une réponse sur une 
donnée d'un orgue de H. J. Millier, facteur à Wittmund, qu'il 
devait construire pour la Hollande. Voici un fragment de cette 
lettre : 

« Dp UE Missive dient tôt antwoord dat de gesonden dîspositie, 
in zien zoort wel is. — Dock kan en mag ick cens ander mans 
rekening niet maken. Ik weDS, en flatteer mij, dat de Heeren met 
een man in onderhandeh*ng zijn, die de vereiste boedanigheden heefi, 
bestaende in kundigheit, eerlykheit, cm niet zoo als de Heeren van 
Magistraat der stadt Nimwegen by ongdiik zyn te pas gekomen. 



^9 — 



Hebben de Heeren voor omtreDt vi«r ja^ar, een zeer groot orgel aa 
een orgel-maker besteed, en langzamer hand geld geschoten, zoo dat 
oock omirent rèeds 12 duîseiit guldeu waren uitg^geven; dog na 
verloop Van eenîgen tijd, daar in komende gerûgten, de Heeren 
agterdagt krijgende, wierd ick verleden voorjaar verzogt daar te 
komen, zonder te melden wat ick daar verrigten zou/des halven 
oock geen sin daar toe hadde, egter op anraden en anspreken, heb 
daargeweest, en tôt mîjn leed zîjn, zeer slegt bevonden ; ick zogt de 
man nogtehouden, maar bij mijn nader onderzoek onideckte zig. 
een criminele acksie, daar door hij genoodzaakt wierd schijnlijk de 
stadt te ruiinen. Ick wierd wel zeer sterck verzogt, het werck te 
verveerdîgen, dog heb mij oœ reeden daar voor bedankt, etc. » 

(signé) ALBUSCIUS ANTHONI HINSZ. 
Groningen, 24 Jannarij 1774. 

Ceci s'adresse peut-être aux facteurs C. Muller ou L. Konig. 
L'orgue de H. J. Millier sur lequel on demanda Tavis de Hinsch, 
avait 31 reg., 2 clav. et péd. sép. Le plan de cet orgue est signé 
de Millier à Wittmund du 8 janvier 1774. 

Hinsch plaça encore des orgues à Almelo (1754), de 2 clav., 
26 reg. et péd. sép. Appingadam, un orgue de 20 jeux. Anjura,, 
de 2 clav. et 14 reg., commencé en 1667 par Conrad Baders et 
renouvelé en 1749 par Hinsch. Bolsward. gr. égl. (1781), un 
orgue de 2 clav., 22 reg. et 10 jeux à la pédale, dont Prestant, 
Bourdon et Bazuin de 16 pieds. Driezum (1782), un orgue de 
11 jeux. Groningixe (Pepers Gasthuys), cet orgue a été construit 
en 1785. Hallum (1768), un orgue de 2 clav. et 18 jeux. Lop- 
persum (1736), un orgue de 2 clav. et 18 reg. En 1803, M. Freytag 
y plaça un nouveau positif. Rhoden (1780), un orgue de 2 clav. 
et 17 jeux. Wassenaar, un orgue de 13 jeux dont un Vox 
humana de 8 pieds. Sexbierum, un orgue construit en 1767, de 
2 clav., 20 jeux et pédale ace. Godlinse, un orgue de 12 jeux et 
péd. pendante, dont un Vox humana de 8 p>. Uithuisder Meedeu 
(Groningue), un orgue de 2 clav., 28 jeux et péd. sép. Ce bel et 
solide instrument a 4 soufflets. Hinsch peut être classé parmi 
les meilleurs facteurs d'orgues de son temps, et la composition 
de ses jeux est eji général sagement combinée. 

HoooHT'YS (Guillaume), à Bruges au siècle dernier, a construit 



Torgue d'Aardenburg (Hollande), composé de 2 clav. et 22 reg. 
dont un Vox humuna de 8 pieds. Viola di gemba de 8 p., violon 
de 4 pieds. Un grand nombre de notabilités de cette conunune 
ont fait présent de cet orgue. 

Keyser (Joachim), à Jever, répara l'orgue de Farmsum en 
1696. Voici l'inscription que M. Lohman a trouvée sur la 
soufflerie : 

t 1696. Heb ik Hoog Welgeboren vrou\v Cathrijnâ Van der 
Noot, weed. Reugers, vrouw vanPuninga en Farmsnm A. C. zijnde 
nuonder half jaar weed. geweest, in junij 26 jaar oud, hebbende 
5 kindertjes, waar van 3 soonen en twee dogtefs. Dit orgel liebben 
laten repareren en deze peusters (blaasbalken) laeten niewe maecken 
door Monsieur Jouchem Eeijser, waervan dezen tôt gedachtenisse 
van onze naecomlingen. 

(signé) A. MOONTINGHE, curé. 
B. BOMELINGH, inst. et deux Marguilliers. i 

L'ancien orgue de cette commune avait 17 jeux et 6 reg, 
muets, entre autres des timbales et un rossignol. Sur le haut du 
buffet se trouvait un oiseau, qui par un mouvement du pied, 
lançait dans l'air ses ailes. Le tout était d'une intonation forte, 
mais les tuyaux ont dû être fondus : c'était du mauvais plomb 
mélangé d'un peu d'étain. Il paraît que cet orgue était très 
ancien. 

M. N. A. Lohman nous en a fait parvenir les pièces officielles, 
trouvées dans les documents de son grand-père. 

Knipscheer (Henri), à Amsterdam au siècle dernier, a placé 
en 1810 un orgue de 8 pieds, à Berkel, composé de 2 clav. et 
21 jeux. Cet orgue a été donné par les deux vieillards W. Vrees- 
wyk et L. Hollost. 

Un nommé Knipscheer a construit en 1831 l'orgue de l'églisQ 
remonstrante à Gouda, qui se compose de 2 clav. et 17 jeux. 
MM. Flaes et Brunjes l'ont réparé en 1849. Zandvoord (1849), 
un orgue de 2clav., 17 jeux et péd. sép., cadeau de M. Santha- 
gen qui coûta fl. 5400. Il a été inauguré le 16 décembre 1849 
par P. J. Schumann organiste d'Harlem. 

Knol (Rudolphe), élève de D. Lohman, facteur d'origine 
allemande, en Hollande au siècle dernier, a construit l'orgue de 



- 291 — 

I clav. et 10 reg. à Nieuweert en 1788» Au commencement de^ 
ce siècle Knol plaça un orgue à Hasselt, de 2 claviers. 

KôNiGou KoNiNG (Louis). L'orgue de Nymègue a 1158 tuyaux.. 

II y avait un carillon. M. Hess loue beaucoup cet instrumenta 
Il a encore placé des orgues à : Nymègue, église française, 
de 10 jeux. Oudenbosch (1773) un orgue de 10 jeux. 

KiiNKEL (J. P.), a construit vers 1788rorgue à Téglise remon.»- 
strante à Rotterdam, composé de 2 dav., 21 jeux et une péd. 
sép. de 5 jeux; Torgue de Téglise JamenislCy à Rotterdam, 
l'orgue de l'église des Mennonites à Zaandam de 2 clav. et 20 
jeux. Un orgue àEnschedé (1803) composé de 2 clav. et lÔreg. 
incendié il y a 3 ans. La Haye nouvelle église française un 
orgue de 2 clav. 21 reg. placé en 1811. On ne loue pas les 
orgues de ce facteur. 

LiNDSEN, que nous avons mentionné page 127, était établi à 
Beek, en 18^, près de Nymègue, et construisit son premier 
orgue en 1836, dont M°*® Dommer d'Utrecht fit cadeau à cette 
église. Il plaça des orgues à Harlem (1857), à Zaaiger et à 
Amsterdam. Ce- facteur a placé en 1851 un orgue à l'égKse 
cath. (de Liefde) à Amsterdam. 

LoHMAN (Dirk), a écrit en 1761 un ouvrage inédit inti- 
tulé : Die aUter orgelmemuren^ qui se trouve entre les mains de 
N. A. Lohman, facteur d'orgues à Assen. 

Machiel (Maître). Tel est le nom d'un facteur de Bruxelles 
qui restaura en 1560-1565 l'orgue deN.-D. à Termonde. Les 
archives mentionnent : 1564. Betaeld aen M. Machiel (peut-être 
prénom d'un facteur Michel) den orghelmaker vam't Bnissel 6 liv, 
gr. over V vermaeken van den Orgli^l, 

MEERÉ,#d'Utrecht a placé en 1790 un or^ue à Maarssen de 2 
claviers et 15 jeux. 

Meere, à Delft, a réparé l'orgue à Oude Wetering. 

Meere (A.), à Utrecht en 1817, a construit un orgue de 8 
jeux et carillon à Ochten, (Gueldre) ; Oudewater, égl. réf., un 
orgue de 2 clav. et péd. sép. MM. Kam et Vander Meulen l'ont 
achevé après la mort de Meere, senior. Vianen (1803, gr. égl.,) 
un orgue de 2 clav. et 21 reg., puis un carillon. 

Meiardi (J.),. facteur au xvii® siècle, a construit en 1654 
l'orgue de Grouw (Frise) de 3 clav.^ 17 reg. et pédale dont un 
tambour. 



— 292 



Merklin-Schîitze. Le 1*' et 2 février 1865, on a inauguré en 
présence de Mgr. Tévêque à Sées, un grand orgue à la belle 
église du Séminaire. M. Ed. Baptiste fut chargé de faire en- 
tendre les nombreuses ressources de ce nouvel instrument. 

MiTTENREiTER (J.), a Construit l'orgue à la grande église à 
Hoorn, composé de 3 clav,, 40 reg. et péd. sep. Il y avait deux 
Prestants, Bourdon et Bazuin de 16 p. Cet orgue a été la proie 
des flammes et la firme Bâtz y a placé un nouvel orgue. Le 
buflet était dû à M. Jean Schadde, sculpteur à Leiden. Leyder- 
dorp, un orgue de 2 clav. et 19 reg, placé en 1780 et réparé en 
1843 par les frères Lohman. L'orgue de la nouvelle église 
catholique à Rotterdam, qui se compose ^e 24 jeux a été placé 
en 1777. C'est un des plus beaux instruments qu'on trouve dans 
les églises catholiques des Pays-Bas. L'orgue de l'église men- 
nonite à Rotterdam a été construit par ce facteur en 1774. Il a 
25jeuxdont3 de 16 pieds. Voorschoten, église catholique, un 
orgue de 9 reg. Mittenreiter, Hess, Heineman et Friderichs, 
ont travaillé au grand orgue de Gouda. Mittenreiter plaça en 
1780 l'orgue de 14 jeux à Berlicum. M. Hardorf l'a changé en 1854, 

MoREAU (J., le vieux), a construit un orgue à l'égl. cath. à 
Kralingen de 8 jeux. B. J. Gabry l'a agrandi en 1834. Zoeter- 
woude (1744), orgue qui se trouvait à l'église cath. à Rotterdam 
et placé à Zoetèrwoude en 1778. 

MuLLER (Chrétien). Ce facteur a encore construit des orgues 
à : Bennebroek, composé de 11 jeux et péd. séparée. En 1826 
B. J. Gabry l'a réparé. Harlem, égl. cath., un orgue de 10 jeux, 
il a été renouvelé en 1837 par M. Van den Brink. Menaldum, 
un orgue de 2 clav. et 13 jeux. 

Muller eut un fils également facteur, qui construisit l'orgue à 
l'église' mennonite à Harlem, composé de 2 clav. et 21 reg. 
M. B. Gabry y plaça un Viola di Gemha de 8 pieds et un Près- 
tant. En 1827 et en 1851 il l'a réparé. M. Friederichs y travailla 

avant. 

Muller fils a construit un orgue de 6 jeux à l'église luthérienne 
d'Harlem. 

MuLLER (H. J.), facteur à Witmund (Frise de l'Ouest), a con- 
struit un orgue à Manslagt, composé de 2 clav., 14 jeux et péd. 
pendante. Il y a un Viola dt Gemha et un Kromhoatm de 8 pieds 



— 293 — 

Nargènhost ou Nagenhorst, selon Burney, a placé en 1548 
(et non en 1550) deux claviers à Forgue de St-Pierre à Hambourg, 
construit à Bois-le-Duc, probablement résidence de ce facteur. 
Selon Burney ces claviers ont été expédiés par eau de Bois- 
le-Duc. 

NoLTiNG (F,), à Emmerik est Tauteur de l'orgue de Téglise 
catholique à Vianen, composé de 2 clav. et 17 reg. Il a été 
placé en 1809 et fait présent par un des marguilliers de Téglise. 

Paradysvogel (J ), à Amsterdam vers 1750, qui plaça un 
orgue à Barneveld (Gueldre) en 1766^ composé de 2 clav., 21 
reg., péd. pend, et 4 soufflets. A. Bleumer, organiste, toucha 
cet orgue à Fexpertise. 

PiETERS (Jean Harmen), a construit l'orgue de Mantgum, qui 
^e compose de 12 jeux et pédale pendante. 

Pleger (J.), à ****, a construit en 1670 l'orgue de Campen 
(Overyssel), qui compte aujourd'hui 3 clav., 41 reg. et péd. sép. 
On ajouta au positif trois jeux de flûte. Il y a sur cet orjgue 
Prestant, Bourdon, Trompette, Basson, Sublas et Bazuin de 
16 pieds. En 1742 il à été orné d'un beau buflTet et amélioré par 
Hinsch. En 1709 Schnitger et Freytag placèrent la pédale. 

Reichner. Il y a eu père et fils de ce nom de facteurs. 
Reichner junior, construisit l'orgue de l'église remonstrante à 
La Haye, composé de 2 claviers et 15 jeux. Loosduinen (1791), 
un orgue de 2 clav. et 17 reg., réparé en 1817 par H. Friderichs. 
Reichner junior a placé l'orgue de Ryswyck. 

RoBBERTS (J.), a construit l'orgue de Sommelsdyck, composé 
de 2 clav., 25 jeux et pédale séparée. 

RucKERS (Hans). Nous avons trouvé une belle plaque en 
ivoire qui se trouvait sur le devant d'un clavecin et parfaite- 
ment consl»rvée. On y lit en beaux caractères : Haju Ruchers 
mefecitj Anno 1610. J. P. Bull (et non N. Bul) me fecit Anno 
1791 Antverpiœ. 

Schnitger (A.), a construit un orgue à VoUenhoven, de 2 
clav. et 20 reg. Il plaça de plus des orgues à : Sneek (1710), de 3 
clav.,36jeux et péd. sép.; cet orgue est supérieurement combiné. 
Il y a sur cet orgue un Foo; humana, Kromhoorn ôt Dulciaan 
de 8 pieds. La pédale a 8 jeux dont Prestant et Bazuin de 16 p. 
Le facteur y a placé 6 soufflets et plusieurs registres d'accou- 



— 2&4 — 

plement. L'orgue en tout a 44 registres. Uithuisen (Groningue^ 
1701), de 2 clav., 27 jeux et péd. sép. II y a sur cet orgue quatre 
soufflets, puis un Vox humana de 8 pieds. Bourdon de 16 p., 
Bazuin de 16 p. et 2 registres de Trompette de 8 pieds. 

ScHWARTZ {L.), à Antholt, a construit Torgue à Ede, qui se 
compose de 2 clav., pédale et 3 soufflets. Il a 25 registres dont 
violon basse, subbas et bazuin de 16 pieds. 

Smit (Senior), à Gouda, a construit l'orgue de. Steenbergen, 
composé de 2clav., 16reg. et un carillon. Waddingsveen (1806), 
un orgue de 2 clav. et 19 jeux. En 1841 les frères Lohman, de 
Groningue, Font déplacé de la vieille à la nouvelle église. 

Stevens (G.), plaça en 1764 l'orgue de Scheveningen, qui se 
compose de 12 jeux. En 1812, Friderichs de Gouda, l'a amélioré, 
en 1845 Lohman l'a agrandi, puis il fut achevé par Van Dam, 
de Leeuwarden. 11 a aujourd'hui 2 claviers. 

Strumphler(J.). L'orgue de l'église renouvelée d'Amsterdam 
a 3 clav., 48 reg. et péd. sép. Il y a 8 jeux de 16 p. Sexmond, 
un orgue de 17 jeux et 2 clav. L'orgue de l'église mennonite 
d'Amsterdam est également de ce facteur. Il a 19 jeux et fut 
construit en 1777. Cet instrument, joué par M. Knock, avait 
d'excellentes qualités. 

SwARTSBURG (J), plaça un orgue en 1740 k Moorhu (Frise), 
de 8 jeux. L'orgue de Buruwerta été construit en 1735. N. Grons» 
étudiant, inort à l'âge de 20 ans, en a fait cadeau. Il répara 
encore des orgues à Huizum (de 9 jeux) et construisit l'orgue à 
St-Jacques (paroisse à Hylaard) composé de 4 jeux que Jean 
Sporeman renouvela en partie. 

Tesschemaker, à Elberfeld, a construit un orgue à Velzen, 
qui se compose de 13 jeux. On dit beaucoup de bien de cet orgue. 

Van Dam (Lambert), à Groningue, plaça au siècle dernier 
un orgue à Voorburg de 2 clav. et 26 reg. Le bufiet est du même 
goût que celui de la grande église de Rotterdam. Il plaça aussi 
un orgue de 2 clav., 18 jeux et péd. sép. à Bergum. Oudeboorn, 
1779, un orgue de 2 clav., 16 jeux et pédale pendante. 

Van DEN Plas (N. J.), curé à Ternath (Belgique), s'occupe 
depuis peu d'années comme amateur de la fabrication des 
orgues. Son frère et son neveu, menuisiers, prennent part à la 
construction, et jusqu'ici M. Van den Plas a terminé trois 



— 295 — 

targues. En 1852 il plaça Forgue à Téglise St-Jean et St-Nicolas 
au faubourg de Bruxelles, composé de 2clav., 20 reg. et péd. 
séparée de 6 jeux, puis deux accouplements. L'orgue de Capelle 
St-Ulric, a 2 clay., 9 jeux et péd. séparée et fut placé en 1860. 
€e petit orgue avait été destiné pour le récit de Torgue précédent. 
L'orgue des Sœurs Noires, à Assclie, a été construit en 1864. 
Il a 2 clav., 20 reg. et péd. sép. de 27 touches. Il y a de plus 
9 pédales d'accouplement et de combinaison, dont un registre 
de tonnerre qui touche cinq marches des pédales, un tremblant 
agissant sur les jeux de récit, et pédale d'expression pour le 
récit au positif. L'orgue de Ternath qui est sur le point d'être 
achevé a 3 clav., 39 reg., péd. sép. et 7 péd. d'accouplements. 
Il y a sur cet orgue un Principal, Bourdon (en bois de chêne). 
Bombarde et Sous-Basse de 16 pieds. Il y a sur le grand orgue 
14 jeux de combinaison et h. 7°^® pédale d'accouplement agit sur 
les jeux de ce dernier orgue. On y trouve de plus un Trémolo 
agissant sur le récit, une pédale d'expression pour le positif et 
pour le récit. En général, les registres des orgues de M. Van 
den Plas, sont sagement disposés, et nous ne pouvons qu'encou- 
rager le prêtre-amateur à travailler au perfectionnement d'un 
art qui prend de jour en jour plus d'extension en Belgique. 

Van Gelder, à Rotterdam, a construit l'orgue à Heilo (près 
d'Alkmaar), qu'on appelle orgue de cabinet (kabinet-o^yel). 

Van Gruizen (A.), habitait Leeuwarden. 

WoLFFERTS (A.), factcur distingué, construisit en 1786 
Forgue de Zalt-Bommel. Il a été examiné par Bruininkhuysen 
et Beyen, organistes réputés de Rotterdam et Nymègue. 

Van Zwanenbroeck (Jean), un des plus anciens facteurs 
Néerlandais, qui répara les orgues de l'église de Delft en 1501 . 
Voici ce qu'on trouve dans la description de cette ville sur ce 
facteur : 

«* Anno XF" ende een, wrocht meester Van Zwanenbroeck ande 
twee groetste Oi'gheletiy ende hadde voor zyn avbeyt xiiij Reinguldeîi^ 
ende voort isser diewyl ande Orïielen gewrocht ende bysonder an 
Sinte Ursulen Orghel binnen vj- ofte vif jaireti dae nair, alsœ dat 
men versceyde Meester en dair toe haeldd, ende die Kerck dairom 
groete costen moste doen. »* 

ZwiTS, vraisemblablement facteur d'orgues au xv® siècle à 



— 296 — 



Delft, et qui travailla à l'orgue de Téglise de cette ville. Nous 
faisons suivre quelques extraits de la description de la ville 
de Delft : 

*» A° 1460. Worde ontboede Meesier ZwUs die te voeren ovei 
ix ofte thien jairen Sinte Ursulen werck ghereformeert hadde^ alzoe 
Meester Adriaen Pietet^swen oudt was^ ende werck niet meer hel- 
pen en mochte dat hy in den Thoren gemaect hadde ende hoe-wel 
dese Meester Zwits wel geloont worde^ nochtans en verbeterde hy 
7 werck niet ze'er. ^ 

^ A® 1450 reformeerde Meester Zwits Sinte Ursulen Orghely 
ende had dair off over vyftich Rinsgulden, behdlve ander costen die 
de Kerck hadde, « 



ANNEXE AUX BIOGRAPHIES DES ORGANISTES. 



Agricola (Rodolphe) ou plutôt Roelof Huisman, musicien, 
peintre, poëte, organiste et philosophe, qui étudiait la construc- 
tion des orgues, naquit à Baflo (Groningue) en 1442. Il reçut 
son éducation à la célèbre St-Maarten school à Groningue et 
continua ses études à Louvain et à Paris, puis en 1476 et 1477 
àFerare et àPadoue. C'est la régence de Groningue qui résolut 
le 15 décembre 1691, de faire placer Tinscription de Torgue 
St-Martin que nous avons déjà publiée. En 1497 il ordotana et 
construisit même Torgue de St-Martin à Groningue, dont nous 
avons déjà reproduit une pièc^ officielle. Après un voyage* en 
Italie, Agricola devint en 1477 syndic de la ville de Groningue, 
ville qu'il quitta en 1482, pour remplir les fonctions de profes- 
seur à Heidelberg, où ce savant mourut en 1485. On prétend 
qu' Agricola fit ses études chez le fameux Ockeghem. Gethoïnme 
éminent est un de ceux qui contribuèrent pour une grande 
partie à la restauration des sciences, des arts et des lettres. 
Allardus d'Amsterdam a recueilli à Cologne : R. Agricolœ lucu-* 
brationes aliqtwt lectu dignisimœ, etc. publié en 2 volumes in*4^ 
en 1539. Le nom d'Agricola s'attache glorieusement à la 
pléiade des grands hommes du xv® siècle. Son portrait se 
trouve dan Billi Belqica de Foppens et dans Geschiedenis vati 
Friesland de Schotanus. 

Bekghuys, à Delft, au siècle dernier (i). Burney le cite à 

(1) Un savapt, Helllngwerf (Pierre), mathématicien à Hoorn, a vécu au commencement 
du xviii* siècle, et a fait imprimer à Amsterdam, en 1718, un ouvrage in-4*. dans lequel il 
traite de Munca, et où il explique la manière mathématique dont 11 calcule l'étendue de» 
tons et la longueur des tuyaux de l'orgue 

r»8 



— 298 — 

côté des meilleurs organistes de son temps. Il avait aussi un 
talent remarquable sur le carillon. 

De Macque (Jean), organiste et compositeur, né en Belgique. 
Il fleurissait au xvi® siècle, et était organiste du vice-roi de 
Naples, poste qu'il occupa pendant 50 ans (1540 à 1590). 
Ses messes, qu'il composa pour la chapelle royale, sont restées 
en manuscrit. Il paraît que Fabio Colonna de Naples, savant 
du XVI® siècle, qui inventa Tinstrument Pente contachordon^ 
monté de cinquante cordes» s'occupait aussi de la facture 
d'orgues, et Colonna fit entendre à De Macque un orgue hydrau- 
lique de sa tjonstruction. Dans la riche collection de morceaux 
de musique des xv^etxvi® siècles, laissée par le célèbre docteur 
Jean Ferreulx, mort à Anvers en 1620, on trouve de De 
Macque, Chansons k6 voix. On a gravé à Anvers chez P. Phalèse 
(1593 à 1596) et à Venise, des œuvres de M. De Macque. 

Lambrecht, prêtre, organiste àDelft. Voici ce que Boitet dit 
dans sa description de la ville de Delft : 

w A® 1451 worder een nieuw Organist aengenomen een jonk 
Priester gehieten Meester Lambrecht. « 

Dans le même ouvrage on trouve les renseignements suivants 
sur les orgues de cette ville. (Beschryving der stadt Delft ^ 1729) : 

*• 1451. In den selven jaire om der Organisten willen, worde 
gemaect t Cruys-Orgel recht over Sint Joi'is Outair uit cruyswerck 
ende worde meest becostight van t Cruys-GUde ende was een ver- 
maert werck, 

" In dèse tyt worde medebegonnen te singen die seuen Getyden. •• 

Ainsi, c'est sur les instances de l'organiste Lambrecht que 
l'orgue Ste-Croix, vîs-à-vis l'autel St-Georges, de l'église Sainte- 
Ursule de Delft, fut construit en 1451. Ce fut un orgue célèbre. 

Clbyn ou Kleyn (J. C), déjà mentionné, était en 1771 orga- 
niste de l'église KloosterKerk à La Haye. Burney le cite dans 
son livre d'histoire : Tke présent state of music in Germany, ~ the 
Netherlands, and united provinces^ or the journal etc. y Londres 
1773, 2 vol. in-8^. Une deuxième édition a paru en 1775. C'était 
d'après Burney le seul organiste digne d'attention à La Haye. 

Reincke (né en 1623, mort en 1722), a fonctionné plus de 
70 ans comme organiste. Il a composé des morceaux de mu- 
sique à quatre parties. Voici ce que J. Lustig raconte dans ses 



— 299 — 

/ 

^- 

voyages traduits de Burney (1786) sur cet organiste qui était 
aussi le maître de son père : 

c Page 398. Un des meilleurs élëves^ de Scheideman, le seul maître^ 
de feu mon père, Jean Adam Reincken, également né à Deventer 
(comme Zweling) qui pour ne point passer en qualité d organiste, fit 
graver au bas d'une p^e d^une composition à quatre parties et 
en très grandes lettres : J. k, Reincken. célèbre directeur {Direc- 
torem celebratissimum). » 

Lustig raconte encore : « *s Avonds, tôt op den sterfddg toe, 
in den Raads wynkelder zich weeten te lardeereriy en, volgens zyne 
uitdimkkelyke verordening, moe$ten, in hoop van met zyn persoon 
de Mxisiek ganschelyk te doen uitsterven ; lioewel zich beroepende op^ 
Red. 77: 18, 19 ; acht dagen naa zyn overlyden, op een Eilandje 
buiten de stadt, aile zyne kompositien en kostelyke mtisiei-imtru- 
menten openlyk verbrand, maar, Iiet ontzield lichaam, in eene 
koperekist, na Lubeck,20urèn van Hamburg, Oostwàarts, gebragt, 
en aldaar in de Katharinen kerk staatelyk begraven worden, Wat 
grillen ! »» 

Remmers (Jean Adam). Cet organiste de talent naquit vrai* 
semblablement à Amsterdam, et dans cette ville il étudia spécia- 
lement l'orgue sous la direction de Munnikhuyzen, organiste Èèi 
la vieille église luthérienne. Bientôt Remmers fut admis 
comme professeur dans les premières familles d'Amsterdam; 
A la mort de l'organiste de la grande église wallonne, il obtint 
cette place par concours, et après un brillant examen. Remmers 
avait un talent particulier à manier les registres de l'orgue ;- il 
mourut à Amsterdam le 1^ février 1818, dans un âge avancé. 
Son esprit naturel et son heureux caractère lui acquirent 
l'amitié de tous. 

Stechwy (J.y, organiste à l'église du Sud, à Amsterdam en 
1771, dont Burney fait l'éloge. C'était un artiste habile, mais 
ne possédant pas le talent d'improvisateur comme son contem- 
porain Pothof. Burney cite aussi l'organiste de la nouvelle 
église, M. Linzen, qui lui fit entendre le registre du Vùx humana, , 
dont leDocteur mélomane a été émerveillé. 

Straze, déjà mentionné, était organiste à l'église Ste-Marie 
et Madeleine, à Bruxelles, en 1771. Burney dit que Straze 



, -300- 

était un des meilleurs clavecitûstes de la ville et toachait 
Torgueen maître. 

TouwEN (Michel, fils de Nicolas), prêtre, un des plus anciens 
organiates des Pays-Bas, qui toucha pendant 21 ans l'orgue de 
réglise Ste-Ursule à Delft, c'est-à-dire, depuis 1429 à 1450, 
probablement Tarmée de sa mort. L'abbé Lambrecht le remplaça 
en 1451 (i). Touwen était venu d'Ermengart Pyne, et fonda- à 
cette église l'autel Ste-Anne. Cet organiste avait par an pour 
toucher l'orgue xij Phil. scilden. Dans les archives on indique 
cet organiste de een eerlick Priester. 

Trehout, Trehovius ou Trehouw (Grégoire), musicien et 
organiste néerlandais du xvi® siècle, maître de chapelle du roi 
de Danemark. Gerber dit que Trehout est le premier qui dans 
la sohnisation employa la syllabe si, et qu'il fut vers 1700 maître 
de chapelle en Danemark. Selon des données puisées à bonne 
source, Trehout épousa une femme d'Utrecht, et fut maître de 
chapelle en 1602. M. Dodt a prouvé par la pièce suivante que 
Trehdut était <îette année attaché à la cour de' Danemarck : 

« 8 Novembre 1602. Op te requeste van Matthias BourbonnoiSf 
borgemeester tôt Amsterdam^ als procuratie hebbende van dencapel^ 
meester des Conincx van Denemarken, meester Gh^egorius Trehout^ 
gezien de brieven van voorschriftevan Zyne Majesteyt, is goetgevon- 
den, dot men deselve zovde sende aan de fieeren Staten van Utrecht, 
ende haere Ed, ernstelyck recommandèrent dat de zaak van den 
voord. Capelmeester, sulcx soude mogen worden afgedaen^ dat den 
Co7iinckf noch de heeren Staten meer daarmede niet en werden 
gemoeyt, w 

Une autre pièce qui réclame l'héritage de la femme de Trehout 
en faveur d'un de ses enfants, constate l'authenticité de cette 
pièce : 

« 10 msLVS 1602, Rodenburchyetc, van wegen Nie, VanMeerkerk, 
drost op de vaert ende Mr. Ger. Schade, als mombers van het on- 
mundige kynt van Gregorius Trefiou, geprôcreert by Aertgen 
Gv^bels^ syn sal overleden huysfrou erfgename zyns moeders, gear- 
resteétt te liebben etc. n 

Van Hagen, organiste à Rotterdam en 1771, naquit à 

(1) Le malt(« d*ëc(^e de l'élise de Çeift, Zybrant, apprit la musique à plusieurs prêtres 
et écoliers en 1455. 



— 301 — 

Hambourg, et fut élève de Geminiani, (cité comme le meilleur 
organiste à Rotterdam) et se distingua sur le violon. Son fils fit 
ses études à Paris, chez M. Honaur, claveciniste. Sa fille était 
douée, selon Burney, d'une jolie voix. 

L'ouvrage de Burney ne donne qu'une idée très imparfaite de 
rhistoire de là musique dans les Pays-Bas. Beaucoup d'artistes 
ont été omis par l'historien anglais. Ou bien, Burney a été 
mal accueilli dans sa tournée artistique, ou bien il ne s'est 
pas donné la peine de prendre les informations nécessaires 
pour réunir les matériaux de son travail, qui contient cependant 
des détails dignes d'intérêt. 

YsBRANDT (Maître), nommé en 1541 organiste et carillonneur 
de la grande église d'Alkmaar, reçut pour ces fonctions par 
an 30 fl.; 24 fi. comme organiste et 6 en qualité de carillonneur. 
En 1532 l'organiste ne reçut que fi. 18. Aen de (yrganist in de 
kerk 18 ^ulden. (Alkmaar en deszelfs GeschiedeniSy door G. Boom- 
kamp, 1746). C'est le plus ancien organiste connu d'Alkmaar. 



^ous terminons ici ce travail, que nous n'avons la pré- 
tention de croire ni complet ni parfait, mais que nous livrons 
avec confiance à la publicité ; nous continuerons sans 
relâche nos recherches dans le domaine de Tari musical, 
malgré la conduite d'un confrère déloyal, qui ne se contente 
pas d'incriminer nos œuvres, mais qui emploie des moyens 
indignes, dans le but de mettre obstacle à nos recherches 
parfois si arides. L'envie seul peut animer le confrère 
désobligeant, dont nous nous occuperons tout particulière- 
ment dans une revue consacrée à la littérature musicale 
en Belgique au xix* siècle. 



— 302 — 



00 



t 

o 

a 

CCI 

n 



o 

CCI 

m 

I 

& 

m 

*3j 







•es 
tn 



H 

oa 

o 

GO 









CNCOCDOOQO-^O^O^QDM^QOOO'^On 


• 


W ^ ^ ^ lO «^ 




•• 

" •» 'tî ** 63 


'ë 


2 « .S S 'S ^ -- -- 


rtfo «^ ^r •'5.i:0'«»««« 










C 'C s o o o o js a » « S *- >! v^ 




^(^(«OKOBStfotfeawHHa 




ç*RaR«a«^Rftft5;^* 




0000»'*H»<N«O.*00'<»lOCO»« 




»S r-" ^ 


• 


•• 

CD 


fin 




M 




H 


•>•'•> 00 


i 


2 -g es >.2 fc,<=3 £*c5«**&2 




S8^-2 2s30.©xx2feE5PP« 




£ o 3 o o 3 a « o ,9 •- -* r** .h 




a BS O-O wcwcoajcoOoCMHH 


• 


j^ftftRa«Rft«'S*ft^ft« 


1 


• 


H 




Q 




P 




Q 


•» •* • 


flS 


. £ e* 2 j. S 


8 


ïllisïlï--ï«'lii 




Ofa«C0QOCc4Kb4S(/}OcOfi>' 


• 






«ÇOxOOOO'*»'^(NCOtO<N05IÇO»»'* 


m 


s "^ 


U 


• 9 


i 


r» <k* '^ 


•g e« "^ 


eu 


s 

> 


.|ll|llllli-îf;fli|i 

a:fflO>SoS^Pfi(5HSHHa3H 


" 


■ 





ERRATA ET OBSERVATIONS. 



Préface, page 15, lisez Oauimerie de Bierbeek. 
Page 18, 9« ligne, lisez Occident. 

» 48, 7« » » au commencement du xviii* siècle. 

» 53, âO« » » Wallet et Storme. 

» 55, 16« » » Eslava. 

» 70, 35e » » schotl. 

y> 74, Renvoi. Les liggeren de la Gilde anversoise de T Académie de 
dessin sont de 1453, et on n'a rien de précis sur Texistence 
avant cette année de la confrérie St-Luc, mais il est constaté 
qu'il y avait des administrateurs avant cette époque. Quant à 
la suppression de cette GUde^ elle s'est opérée insensible- 
ment à la révolution française. (H. Rombouts a bien voulu 
nous communiquer ces renseignements.) 

» 89, 15e ligne, lisez Delmeere. (Une communication particulière 
écrite illisiblement nous a fait commettre cette erreur.) 

» 105, 12* ligne, lisez Wormerveer. 

»111,.6« n M. Gabry, de Gouda, a bien voulu nous prêter 
un manuscrit faisant suite aux dispositions des orgues de 
J. Hess, recueilli par M. Willebecq, élève de Hess et orga- 
niste à Gouda. Ce livre est intitulé : Fervolg van de in 
'tjaar inAgedrukUenuilgegevene dispositien door Joachim 
Bess» 

» 112, 19« ligne, lisez \&5». 

» 113, 21» » » 1489. 

» 116, 34e » On nous écrit que cet orgue n'a que 3 claviers. 

» 119, 7* » ^2^62 1730 au lieu de 1710. 

» 128, 31* » » Neufunkxzyl, royaume du Hanovre. 

» 143, 32e et 33e » Harmelen et Heemskcrk. 

» 156, 33e » » 5 au lieu de 55. 

I) 174, 7e » » una au lieu de ua.